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Full text of "Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon"

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fi 

) 



MÉMOIRES 



DE L'ACADÉMIE 



DES 



SCIENCES , ARTS ET BELLES-LETTRES 



DE DIJON. 



MEMOIRES 



DE L'ACADÉMIE 



DES 



SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES 

DE DIJON. 



PARTIE DES SCIENCES. 



t^thnéfi éû3^. 



DIJON , 

FRANTIIf, IMPRIMEUR DE L'ACADÉMIE. 

1836. 



MEMOIRES 



DE L'ACADÉMIE 



DES 



SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES 

DE DIJON. 



i DES SCIENCES. 



tTcnnéfi iû3^. 



DIJON , 

FRANTIIf, IHPBIMEUB DE L'ACADÉMIE. 

1836. 



/ 






MÉMOIRES 



DE L'ACADÉMIE. 



a±=c 



HISTOIRE NATURELLE 

DES POISSONS 

DU DÉPARTEMENT DE LÀ COTE-D'OR , 

PAR J.-N. VALLOT9 

BOCTEVR EM MéDBClVIy MBMBBX DB PLU81BUB8 SOClirés Bàjàjmgy 

BATI0IIALB8 ET iTEABCiEBS. 



L'étude de Thistoire naturelle a de tout temps été 
cultivée à Dijon ; il est aisé de s'en assurer en recourant 
aux Mémoires , tant anciens que nouveaux , de FAca" 
demie des Sciences , Arts et Belles-LetWes de Dijon , et 
aux différens ouvrages ex professo publiés à Dijon sur 
diverses parties des sciences naturelles. 

Le développement acqub, par les sciences depuis 
quelques années , exige que chacune de leurs parties 
soit traitée à part ; jusqu'à ce jour l'ichthyolog^e du dé- 
partement de la Cote-d'Or n^ayant occupé les loisirs 
d'aucun de nos compatriotes ' , je l'ai choisie comme 

' a Cette classe utile (des poissons) ^ qui n^a pas encore 
été observée pour notre département ^ dans un aussi grand 
détail que les autres y n^est ordinairement connue que par 
les espèces quMIe fournit sur nos tables , et par le plaisir 



objet d'un travail neuf , puisque lliistmre des poissons 
d'eau douce deja France n'a pas encore été faite. 

Notre département plaoé entre les bassins de la Seine, 
de la Loire et du Rhône ' , ( par la Saône ) , se trouve 
un des plus riches de France en ichthyologie. 

Pour donner à mon ouvrage toute la certitude dé- 
sirable , je me suis aidéd^une foule de renseignemens ^^ 
je me suis procuré tous les poissons de notre pays , je les 

que procarent les moyens de les prendre. » Vaillant , Sta-- 
tistique du département de la Cote-d'Or^ mss» j tome i y 
p. 196. 

Dans la liste des 17 poissons dont Vaillant donne les 
noms 9 cet auteur indique sous le no 4 la Loche franche , 
et sous le n° 5 la Moutelle ; il ignorait que ces deux noms 
désignaient le même poisson. 

' La pente du Rhône est communément par mètre , de 
^iô ^^ millimètre. 

* MM. Boudot , professeur de FËcole des Chartres y et 
archiviste du Département ^ Baudot , juge honoraire du tri- 
bunal de première instance; Roger 9 directeur de la poste 
à Auxonne , m'ont donné, la liste des poissons de la Saône \ 
M. Andriot, docteur-médecin à Fontaine-Française, m'a 
procuré celle des poissons de la Yingeanne ( Vigenna, nom 
qui désigne aussi la^rivière de Vienne ) et de la Venelle ; 
M. le docteur Bourée , médecin à Châtiilon- sur-Seine , m'a 
communiqué celle des poissons de cet arrondissement \ en- 
fin M. Quentin, archiriste à Auxer^e, m'a envoyé la liste 
des poissons de ITonne. Je ne saurais trop reconnaître l'o- 
bligeance de tous ces Messieurs, auxquels j'adresse de sin- 
cères remercimens. Je me suis également adressé aux meil- 
leurs pêcheurs de Dijon , près desquels j'ai recueilli diverses 
dénominations que j'ai tontes rapportées au nom scienti- 
fique. 



(7) 
ai déterminéiteaeMipeQl^ nnssi mon ouvrage fait d'après 
nature , oontient'dkfi Qbi0ry^tion9 neuves et des éclair- 
cissemens corieax sùVa^ divers points d'ichthyologie. 
M. PataUle p^ y prc^riétaire à Mfjdlly-sur-Saône ,^t 
amateur jsàlé de b science , ft eu la complaisance de me 
procurer tous les poissons de la Saône; je le prie d'a- 
gréer ici mes remerctmens et de recevoir les témoi- 
gnages de ma reconnaissance. Tous les autres poissons, 
dont je pcfrle , ont été trouvés sur le marché. Il est 
assez difficile de se procurer toutes les espèces de pois- 
sons , en les demandant aux pécheurs , parce que les 
noms n'étant point fixés , chacun en impose à sa volonté; « 
aussi le même nom est-il appliqué à des poissons bien 
difierens. Voici ce qu'à ce sujet me mandait M. Pataille. 

(( Vainement , m'écrit-il , on demande aux pécheurs 
a d'habitude, même aux plus anciens , s'ils ont remarque 
« tels ou tels poissons, etc.; la plupart se bornent à ré- 
« pondre que les poissons pris , ils se hâtent de les jeter 
a à la boutique , d'où ils les retirent pour les livrer aux 
« particuliers ; que s'ils en rapportent à la maison pour 
(( leur usage personnel , ils les remettent , sans le^ 
<( examiner , à la femme qui les écaille , les vide à Tins- 
<( tant , puis les met sur le gril ou les jette dana la 
<( poêle. » Lettre du i5 ai^ril iS36. 

Ainsi , lorsque Ton voudra se procurer les diverses 
espèces de poissons , le meilleur moyen sera d'accom- 
pagner les pécheurs , et d'examiner ce qu'ils ramènent 
dans leurs filets , parce que sous le nom générique de 
friture y ils confondent tous les petits poissons, dont ils 
ne peuvent pas se défaire utilement sur le marché : ils 
ne s'attachent qu'aux poissons dont la taille ouia qua- 
lité leur fait espérer un débit avantageux. 

J^ai eu le soin de signaler et d'éviter les doubles em-r 



( « ) ^ ; 

plois , (( ce fléau de Thistoirè »i lntMl^irt i | f ùttw prêt à 
« s^introduire , dit Cuvier ^flù^^^MÊL éht êfUis^ D m , tom. 
«(, 1 , ;?. 78 , sitôt qu'on n'app(Nrli|M^4nai» «rfil^ oompila- 
«c^ion la critiqua l^ plus sévère ; doNiblet emplois si nui- 
« sibles aux vrais progresse la scieiMWV » comme il le 
répète oui^. cité y p. ia8. 

Alleon Dulac , dans ses Mémoires pour sentir à this- 
toire naturelle du Lyonnais y en fournit la preave ^ 
compilant Rondelet et Artedi , sans soin et Ans choix , 
il confond tout , jusqu'au point de donner des poissons 
marins pour des poissons d^eau douce. On en trouve 
nouvelles preuves dans plusieurs ouvrages récens , 
comme il est facile de s'en assurer en consultant les 
annales agricoles y Utiéraires et industrielles de tA- 
riège, Foix, i836, p. 887-390. 

Sous le titre : 4* classe d'aiumAux a sang rouge , 
on cite les poissons de ce département , sans en assigner 
les caractères , et sans donner leur nom scientifique. A 
cette occasion , je ferai les observations suivantes sur 
quatre poissons dont les noms vagues rendent assez difFi-* 
cile leur détermination exacte. 

« Le Meunier ou Têtu , ainsi appelé parce qu'on le 
m trouve en quantité à Tentour des moulins , est un 
« poisson blanc d'eau douce que Ton trouve en abon- 
ft dance dans le Bas Salât , surtout du temps de son frai 
« en mars. On Pappelle aussi en français Têtu , et en 
« patois Cap Bejré , parce que sa tête à museau poin- 
te tu est v^erie comme du i^erre, » p. 889. 

Ce poisson peut être ou la Dobule, Cjprinus Dobula, 

t)U mon Cyprin bouche en croissant , Cjprinus toxos- 

toma ; Tauteur n'ayant point parlé de la couleur noire 

du Péritoine , me laisse à penser que son Meunier ou 

Têtu est notre chevanne, Cjprinus Bobula, ce dont il 



(9) 
pourra s'assurer par l'examen desiienlspharynpennfs; 
le nom de Meunier n'a été donné à cepobson, qu'à 
cause de sa blancheur. 

« Le Gardon , Tulgaircment la ^àge, a comme le 
i( Meunier , le corps liirfje et couvert d'écaïlles, le doS 
« bleu , ta têie verditire, le venirc blanc et les yeux 
K grands ; mais il n'a pas le museau anssi pointu , « 
.?. 38*^ 

Cette ancnptioD , copiée de Bondelet , n'apprend 
rien. Ce pcâsson peut être ou le Çyprinus rutilas, Lin., 
ou mon (^rimis rufus ,\v!A. y ou mon Çjrprinusfuscus , 
ou le Çyprinus erythropfohalmus , Lin. -, l'inspection de< ^ 
dents pharyngiennes pourra seule déterminer auquel 
de ces quatre paissons appartient le Gardon de l' Ariège. 
« AjA Sardine de ritHère , en patoîs Sopkio, est un 
(( autre petit poisson blanc, diOërent du Gardon; c'est 
« le moins estimé des poissons du Bas Salât, •» p. 390. 

Cette Sardine peut être ou mon Cjrprimu toxostoma, 
Vall. , ou mon Cy^priims mugil, Vall., ou le Gfprituis 
jactdus, Jurine; la couleorduPéritoineet l'examendes 
dents pharyngiennes feront disparaître l'incertitude. 

K Le Satron , vulgairement appelé Jtabole, est tm 
a très-petit poisson, peu estimé, d'environ deux pouces 
u de long;.... on le prend en abondance avec des 
K bouteilles percées par le fond et renfermant de la mie 
K de pain pour l'attirer. Il est abondant dans te ruisseau 
(I de la Gouarège , p. 3^0 . » 

Ce poisson est le Vairon, Çyprinus phoxinus , Lin. 
Le docteur Despine fils , Manuel de lévanger aux 
Eaux {tj^ix en Savoie, i834, pp- 8^9, donne la 
liste des poissons des environs d'Aii , avec une syno- 
nymie défectueuse pour les suivans : 
« a. Truite, Salmofario. 



> V 



( 10 ) 

« 3. Truite saumonée, «So^po tniàiP''^ii' 

f( 4. Truite saumonée npîre ,tj&ii&|fta ml^wiffi vulg^ 
truite des Alpes. » V . /;,. .^ : ;, 

D'après Jurine, ces trois espèce! de pcHMMS se ré- 
duisent à celle de la truite tM:*dinaire. ^■'. • . 

« 5. Umble chevalier, Salmo ihymallus, vulgaire-' 
ment Ombre cha^alier. » 

Il paraît que la liste des poissons des environs d^Aix 
a été formée d'après le ConserweUeur suisse, (j^de très- 
infidèle , comme le fait remarquer Jurine , HisU des 
poissons du lac Léman, p. 186, dans le passage sui- 
*vant : 

<( Dans le Conservateur suisse , dit-il , on a commis . 
(( une double faute d'impression , en nommant Ombrç 
« clievcdier le Salmo umbla, et Umble, le Salmo thy^ 
m mallus. » 

« 6. Garpeau , Salmo cyprinoïdes. » 

Le Salmo cyprinoïdes est un poisson de Surinam ; le 
Garpeau, dont parle l'auteur, est le Salmo carpione, 
Linn. 

« 17. Meunier, Cy^prinus cephidus ,yulg. Chei^ène^» 

L'examen des dents pharyngiennes de ce poisson ap- 
prendra si c'est la dobule , Cyprinus dobula , ou le Gher 
vène du lac Léman , Cyprinus idus , Bloch. 

« 18. Sardine, Clupea sardinia, vulg. Mirandèle. » 

Ayant demandé infructueusement quelques échan- 
tillons de ce poisson , il m^est impossible de dire s'il ap- 
partient à ma Clupea sardinella, ou au Cyprinus albur- 
nus, qui porte en Savoie le nom de Sardine. 

Les naturalistes d'Aix sont invités h éclaircir ce point 
d'ichthyologie, 

u 21. Lamproie , Petromyzon fluviatUis , vulg. 
Lampray. )) 



(11 ) 

Ne serait-oe pasplutâtle Petromyzon branchialis , 
Lion. , Ammoçete Lamprqyon? 

« 22. Gorydale. 

(( 23. DormiUe , volg. DremiUon. » 

Quels soat ces deux poissons indiqués sans dénomina- 
tion systématique ? 

« 24. Barbotte, (7oii</5£ar&atuiâ. 

<( 25. Loche franche , Cobilis tœnia. » 

Ces deux derniers poissons sont- ils désignés avec leur 
véritable dénomination systématique ? Cela est douteux , 
surtout en ayant suivi le Conservateur suisse. 

« 26. Misguri : lisez Misgum. » ^• 

P. 9. (( On a vu dans le lac quelques raies et même 
des esturgeons ^ mais ils sont devenus très-rares depuis 
que les sels, qui se consomment dans le pays, n'arrivent 
plus par le Rhône. » 

Il serait curieux et intéressant de connaître les cir- 
constances qui ont fait croire à la présence des Raies 
dans le lac. Les savans d'Aix peuvent seuls indiquer la 
source de cette assertion singulière. Les Raies étant des 
poissons essentiellement marins, quelque malin n'aurait- 
il pas jeté une Raie dans le lac pour faire croire à Fexis- 
tencede ce poisson dans la Savoie? 

Ce serait une nouvelle mystification à ajouter à celles 
assez multipliées faites aux naturalistes. 

Jean-Daniel Meyer , peintre en miniature à Nurem- 
berg , a publié en 17489 dans cette ville , un ouvrage ' 
pour représenter d'après nature ( excepté cependant les 
lièvres cornus, jict, Div^ion,, i835 , ;?. 79), des mam- 
mifères , des oiseaux , des reptiles et des poissons , avec 

' Johan Daniel M£Y£a8 Yorstelliingen allerley thiere 
mit ihren gerippen. 



(12) 

kurs squelettes ; les figures sont disposées sans ordre. 
Cuvier , Hisl. naU des poissons, tom. i , p. 3o2 , note 5 , 
a dénommé toutes celles relatives aux poissons ; mais 
s^en rapportant , soit au nom de chaque figure . soit à la 
description correspondante , il est tombé dans quelques 
erreurs très-importantes à signaler. 

La planche 53 du tome 2 est intitulée : Die ro- 
ihauge, appelé dans le texte Ruhellio. 

D'après ces deux noms , Cuvier rapporte la figure 
au Çjrpnnus erythrophthcUmus. 

Mais dans cette figure , la position de la nageoire 
dorsale correspond à celle des ventrales ) aussi convien- 
drait-elle plutôt au Cypiinus bUcca, Bloch , planche X , 
à raison de la longueur de la nageoire anale et de la 
couleur safi^année de l'iris ' . 

La planche 98 du même volume a pour titre : Der 
heseUng, qui suivant Cuvier représenterait le Gardon , 
Gyprinus jeses. 

Dans cet article , Cuvier attribue le nom de Gardon 
au Cjprinus jeses ; et dans le Règne animal, édiU 2 , 
tom. 2 , p. 275 , il donne le nom de Gardon au Cjprinus 
idus. 

Laquelle de ces deux synonymies doit-on adopter ? 

Le Heseling de Meyer ne serait-il pas le Cjprinus 
erylhrophthcdmus ? 

La planche 96 présente la figure supérieure , inti- 
tulée : Der steinbeisser , rapportée par Cuvier au Cobi- 
lis iœnia. 

' Il est difficile de déterminer exactement le poisson re- 
présenté dans cette figure; les naturalistes de Nuremberg 
pourront seuls le reconnaître par la comparaison et par 
rinspeclion des dents pharyngiennes. 



(13) . 

En lisant dans le texte allemand , la description in- 
complète de ce poisson; en s'assurant que le dessin 
ne représente aucun aiguillon ; puis en comparant la 
figure donnée par Meyer , avec celles de Bloch , de 
Jurine , etc. , oi^ s'assure que ce poisson est la Loche 
franche, Cobitis barhatula, Linn. , dont Meyer uvait 
déjà donné une figure sur la planche 74 dt^ tom. 1. 

 la vérité en comparant les deux squelettes dessinés 
par Meyer, on y trouve des diSerences marquées, 
surtout pour le crâne. Il fendrait donc revoir ces 
deux espèces en nature. 

La figure inférieure de la planche 96 est certaine- 
ment celle duYèron, Çyprinus phoxinus, indiqué avec 
doute par Cuvier , dont l'incertitude provenait du texte 
obscur de Meyer. 

Ce peintre, ayant reçu d^un pêcheur, ce poisson 
sans être nommé, crut le reconnaître dans le Ry série, 
Jtjssling, dont parle Gesner, de AquaUUb. , p. é^rj^^linea 
12, et dont la figure se trouve sur la même page , au- 
dessous de la ligne 25. Mais il s^est évidemment trompé, 
car le traducteur ' allemand de Gesner dit positive- 
ment : « Ce poisson a le péritoine noir, comme le 
« nase, le dos vert-bleu, les côtés et le ventre 
<( blancs. » Or ces caractères ne se trouvent point dans 
le Vèron, mais bien dans le Cj-prinus jaculus, Jurine, 
auquel la figure de Gesner convient parfaitement. 

La figure supérieure de la planche 97 est intitulée : 
Die Laugele. Cuvier la rapporte à la Yandoise, sans en 
donner le nom systématique latin. 

Le Laugele de Meyer est effectivement le Cypri- 

* Voyez Neue Sehauplatz dernaiun Leipsig. 1779 1 tom, 
▼n,p. 335. 



(14) 

nus jaciduSy auquel Jurine attribue une nageoire anale 
à XIV rayons , et Meyer xv. 

Gesner dit avoir trouvé dans le Laugele, dont il 
donne la figure , p. 3o , cinq dents pharyngiennes , 
comme dans le BaUerus^ la Bordelière des Lyonnais, dé- 
crite p. 28. 

Gesner se sera probablement borné à signaler les 
dents extérieures, et il aura négligé les dents inté- 
rieures. Il a fait le même oubli dans la denture du 
Cjpnnus erjthrophûtalmus, 

La figure inférieure de la planche 97 , intitulée : 
Die Néinauge, représente le Petromyzon branchiaUs 
Linn. , ammocete lamproyon , Cuv. 

Ayant %i tous les poissons dont je parle , j'aurais 
pu me dispenser de citer les auteurs; mais m'étant 
fait une loi du suum cuique , et d'ailleurs persuadé 
que la science se compose non-seulement des faits, 
mais encore des observations auxquelles ils ont donné 
lieu , j'ai regardé leur rapprochement comme d^autant 
plus nécessaire , qu'il fournît le çioyen d'éclaircir 
beaucoup de récits équivoques. Ainsi on peut recon- 
naître que Jean Hermann , sous le titre de Cjpnnus 
rutilus y consigné dans ses Observationes zoologicœ, 
page 3^3 , s'en rapportant avec confiance au nom donné 
par les pêcheurs, a décrit le Cjprinus rutilus, le Cyprinus 
rufus , Nob. , et le Çyprifius eryihrophihalmus ; ce dont 
on peut s'assurer à Strasbourg, en comparant les échan- 
tillons laissés par Hermann, et en examinant leur appa- 
reil dentaire pharyngien. Jurine , ffist. des poissons du 
lac Léman, p. 2i3 , dans son artic^ Rosse , a de même 
confondu sous le même nom le Cyprinus rutilus, le (7^- 
prinus rufus, Nob., et peut-être le Cyprinus fuhus, 
Nob. ; et dans ses Remarques sur la sjnonjmie de la 



(16) 

Rosse y il reconnaît que ce nom a été donné à plusieurs 
espèces de poissons différens. Aussi Cuvier, Règne 
animal y édii. a , tom. a , p, 2176 , à Toccaslon des Cy^ 
prinus grislagine et Cyprinus jeses cités à la note (1) , 
dit-il : (( La difficulté de reconnaître les figures donnée» 
par les auteurs , d'espèces si semblables , est encore 
augmentée , parce qu'il y a dans les rivières d'Europe 
plusieurs autres espèces qui n'ont pas encore été repré- 
sentées. » 

Lorsqu^on se bornera à déterminer les Cyprins seu- 
lement d'après les figures données par les auteurs , on 
multipliera les causes de confusion. Si Ton veut éviter 
les erreurs, il faudra adopter la méthode que j'ai 
choisie , et baser les caractères des espèces JuMii forme , 
le nombre et ta disposition des dents pharyngiennes , 
dont la considération importante a été négligée jusqu'à 
nous. Je suis parvenu , de cette manière , à préciser avec 
la plus grande exactitude tous les cyprins du sous^enre 
Able, dans lequel la confusion était excessive. 

L'ichthyologie des eaux douces de la France n'a été 
traitée , ex professa, que par trois auteurs , dont deux , 
Selon et Rondelet , vivaient au seizième siècle , et le 
troisième , Duhamel du Monceau , au xvm*. 

L'importance des poissons dans l'économie domestiquQ 
et dans les arts , aurait dû cependant stimuler le zèle 
des naturalistes français , et les déterminer à s'occuper 
d'une partie qu'ils ont entièrement négligée ; plusieurs 
à la vérité , ont voulu traiter des poissons , mais ils se 
sont bornés à copier les anciennes descriptions , sans 
avoir eu le soin de lés rattacher aux objets réels , qu'ils 
ne cherchaient pas même à se procurer, et encore 
moins à examiner. Basant leur travail sur des noms , i]s 
ont introduit dans richthyologie une confusion extraor- 



/ 



(16) 

dinaire : il suffît pour s'en assurer de lire le court traité 
d'Alléon du Lac , sur les poissons du Lyonnais , et de 
parcourir V Histoire naturelle c/e^poi^^o/z^^ par Lacépède, 
et celle de Bosc , son copiste. 

Depuis le seizième siècle , les noms ont été ou altérés, 
ou changés , ou transposés ; aussi en est-il résulté une 
difficulté assez grande pour retrouver les véritables 
objets dont les auteu^rs de cette époque voulaient parler. 
Ainsi, d'après Olivier de Serres' , on aurait élevé de 
son temps beaucoup plus d'espèces de poissons qu'au- 
jourd'hui : voici le passage où se trouve le nom des 
poissons qui, suivant le père de notre agriculture, 
étaient nourris dans les viviers ou les étangs. (Yoy. le 
chap^ x|||||,du cinquième lieu du Théâire d* agriculture 
et mesnage des champs. J'y ajoute entre parenthèses 
les noms systématiques. 

<( Il est vrai qu^en général , l'on sait bien que les 
(( terroirs pierreux et sablonneux nourrissent les Truites, 
(( ( Salmofario , Linn. ) \ Loches , ( Cobiùs barbatula , 
a Linn. ) ; Brochets , ( Esox lucius, Linn. )^ Perches, 
« { Perça Jlu^^iatiUs f Linn. )^ Barbeaux, ( Cjprinus 
« barbus, Linn. ); Gardons, ( Cjprinus idus, d'après 
« Cuvier) , ( Cjpr. erythrophthcd., d'après Rondelet ) 5 
.« Carpes , ( Cjprinus carpio , Linn. ) ; Goujons , 
« ( Cjprinus gobio, Linn. ); Dorades * j ( /« Dorée , 

■ Né à Villeneuve-de-Berg , petite ville du Vivarais , en 
Languedoc ( aujourd'hui département de l'Ârdèche). 

* II paraît que ce nom a été aussi donné à un autre 

poisson. Dorade , c'est le Gardon-Roscies des Anglais. Ses 

œufs sont en masse un peu ferme , roussâtres et estimés par 

liièaucoup de personnes. Aldrovandi , p, 608. Les Roscies 

des Anglais ne seraient-ils pas les Rosières de Picardie? 

Les Cheviniaux ; Meuniers et Dahles sont des Cyprins 



(17) 

te Carpe qui se trouve dans FC^on ); Ghal;>ots, ( Cottus 
« gobio y Linn. ) \ Gheviniaux , ( Ç/prinus ) 5 Meusniers^ 
« {Cyprinus)\ Esperlans, ( Cypnrms bipunctaùis )\ 
« Dables , ( Cyprinus dobula ) , et les limoueux et fen- 
« geux, aussi des Carpes, ( Cjprinus carpio , Linn. ) , 
« et Barbeaux, ( Cyprinus barbus , Linn. ) ; la Tanche, 
« (^Cyprinus tinea^ Linn.)-, la Bourbette, ( Gadus 
a Iota ) -, le Lanceron , {Esox lucius, Linn. , jeune ) ; 
« l'Anguille, ( Murœna anguiUa), et autres ,•••• le 
« Brochet , la truite ( estimée la Perdrix d'eau douce ) 
(( et la perche , les trois poissons plus désirables qui se' 
a nourrissent en eau douce. » 

Depuis ce temps , Tétude de Thistoire natmdlea (ait 
de si grands progrès , elle a procédé à une dfelinctioa 
tellement précise des objets , omfondus jadis sous un 
même nom, que les descriptions, assez souvent vagues ,. 
données par les Anciens , ne peuvent plus être adaptées, 
qu'avec la plus grande réserve , aux espèces admises 
aujourd'hui par les naturalistes modernes. 

Malgré cela , les ouvrages de Bondelet > et de Be- 

du sous-genre Able , dont les espèces ne peuvent être dé- 
terminées qu'en les retrouyant dans le pays où écrivait Oli- 
vier DE Serres. 

' L'ouvrage original de Rondelet parut à Lyon en 1 554* 
La traduction , qui a été publiée en î 558 , fut entreprise 
par Joubert, à la sollicitation de Rondelet. LYpitre du 
traducteur à Fauteur ne laisse aucun doute à ce sujet. «Ti- 
gnore sur quelle base Amoreux s'est appuyé pour attribuer 
cette traduction à Dumoulin; opinion qui a été adoptée 
par Cuvier , Biographie, et par Barbier , Dict, des Ano^ 
nymes* Si Amoreux eût consulté jETo/Z^r^ Bibl, anat», tom» 
1 , p. 2o5 ; et mieux encore , s'il eût lu la préface de la 



(18) 

Ion ' n'en sont pas moins précieux, parce que ces auteurs 
ont parlé de ce qu'ils ont vu; et les localités dans 
lesquelles leurs observations ont été faites, fourniraient 
le moyen de retrouver les objets dont ils se sont occupés. 
Mais jusqu'à cette heure , de pareilles recherches n'ont 
pas même été tentées ; et malgré le grand travail de 
Duhamel intitulé : Traité général des pèches y beaucoup 
restait à faire pour compléter l'histoire de nos poissQns 
d^eau douce , principalement de ceux rangés dans le 
sous-genre Able , dont toutes les espèces sont confondues 
sous les noms de Meunier y Poisson blanc ^ , etc. 

Ayant comparé soigneusement toutes ces espèces , et 
m'étant procuré dans les localités indiquées , des ren- 
seignemeiis précis , je suis parvenu à porter la lumière 

traduction , intitulée Le traducteur à l'auteur | il aurait re- 
connu que le traducteur était réellement Laurent Joubert , 

a non usité à traduire les escris d^autrui en François é 

ce tellement conjuré par Pamitié d^entre nous deux (joint 
<c aussi plusieurs plaisirs que j'ai reçu de vous , lesquels je 
ce ne mesconnaîtrai jamais ) , que j'ai été contraint avec 
ce Pimportunité de quelques autres , de promettre cette tra- 
ce duction y etc. » 
Une assertion aussi positive ne laisse plus de doute. 

' Dans le Levant, les poissons ont toujours été très-esti- 
més \ mais jadis les Kabitans de TËurope continentale en 
faisaient très-peu de cas. Yoy. Belon, Observations déplus^ 
singular, , lib, i , chap, lxxii. 

* Le nom de Poissons blancs est très-vague. Je lis en 
effet dans la Statistique du département de la Drôme, par 
Af. Delacroix , i835,/?. 234 • ^^ pêcbe dans Pétang de 
Chavannes des Carpes , des Tanches , des Brochets et de» 
Goujons , vulgairement appelés poissons blancs* 



(19) 

dans cette partie de lUchthyologie restée jasqu^à cemo* 
ment fort obscure , ou plutôt fort embrouillée. 

Les poissons ne sont entrés que tard , comme néces- 
sité , dans le régime alimentaire des Européens occiden- 
taux ; on en trouve la preuve en lisant le chapitre in- 
diqué ei-dessus et intitulé par Belon : Les nations du 
hevani aiment rmeux manger du poisson que de la 
chair. De son temps , on ne voyait guère de gibier aa 
marché de Gonstantinople , le pœsson y abondait. Gela 
est changé maintenant , d'après Olivier : a Les Turcs , 
c( dit-il , font très-peu d'usage de pcûsson, aujourd'hui; 
« le poisson salé qui vient par le commerce de la Mer 
<( Noire ou de quelque contrée de la Grèce , étant à vil 
(( prix , est recherché par les Grecs , les Arméniens et 
(( les Juifs pauvres , et la consommation en est con- 
te sidérable. » F'oyage dans HEmpite Othoman , 
tom, 1 , p, i35. Le même auteur répète : « Les Arabes 
« et les Turcs mangent , en général , peu de poisson. » 
Ouv». cil, , tom, 4 ) P' 4^2. 

Le voisinage de la mer , Fabondance du poisson dans 
ces parages , la facilité de s'en procurer , et de le con- 
server au moyen du sel , expliquent la préférence que 
les nations du Levant donnent à ce genre de nourriture; 
d'ailleurs de tout temps les orientaux ont été de grands 
jeûneurs. 

Dans les pays méditerranéens de l'Europe , Tabou- 
dance du gibier , la multiplicité des troupeaux d'a- 
nimaux ruminans, engagèrent les peuplés à les Êiire 
servir à leur nourriture , et à ne recourir au poisson 
que rarement et par extraordinaire. Dans ce cas même , 
ils ne mangeaient pas indistinctement toutes les espèces j 
ils faisaient un choix , et ne servaient sur leurs tables 



(20) 

que les plus savoureuses , et celles qui offraient le moins 
d'arêtes. 

L'Eglise ayant fait une obligation de s'abstenir à 
certaines époques derannée, ' de la cbairdes animaux à 
sang chaud ; pour se conformer à la règle , on fut obligé 
de se nourrir de la chair des animaux à sang froid. On 
choisit lespoissonsquifournissaient aux peuples ichthijn&-> 
phages, une nourriture abondante. On crut, à cette 
époque , que tous les animaux qui vivaient dans l'eau , 
et qu'une partie de ceux qui se nourrissaient de poissons, 
se trouvaient nécessairement dans cette dernière caté- 
gorie-, en conséquence, la chair des cétacés^, celle 



' Les moines latins faisaient trois carêmes de quarante 
jours chacun , et en outre les vendredis et samedis du restant 
^ de Tannée, ce qui donnait 190 jours maigres. 

^ Longtemps le Dauphin vulgaire et le Marsouin com- 
mun figurèrent avec honneur sur nos tables , et ils sont en- 
core une heureuse proie pour les populations pauvres dont 
les ressources sont précaires. La chair de ces cétacés était 
connue sous le nom de Graspois, Crassus Piscis ou Grassus 
piscis f c^est- à-dire poisson épais, ou poisson gras. 

Dans le Bosphore de Thrace, ou Détroit de Constanti- 
nople , le Dauphin , tantôt seul , tantôt en troupes , vient , 
en bondissant tout près de son Kaïk , effrayer le voyageur 
novice et quelquefois Famuser en le rendant témoin de sa 
lutte avec un poisson plat ^\\ a saisi , mais qu'il ne peut 
avaler. Neuf années d Cdnstantinople par A. B rayer, JD, 
Af. P» i836, tom. i y p. ii5. 

Il est fâcheux que Pauteur n'ait pas précisé les animaux 
dont il parle , le nom de Dauphin ayant été donné au Cor- 
moran , à des mammifères et à plusieurs poissons , et celui 
de poisson plat étant trop vague. 



\ 



(21 ) 

des Loutres , et de certains oiseaux d^eau ' , etc. ; celle 
des grenouilles , des écrevisses et de certains coquil- 
lages, entrèrent dans le régime alimentaire des jours 
d'abstinence, qui étaient d'au moins 190 par année. 

On recourut d'abord ad poisson de mer et surtout à 
celui salé , dont on faisait depuis longtemps usage en 
Orient -, ce qui aura amené la pèche du hareng , qui 
prit une grande extension et devint une importante 
branche de commerce. Sous Saint-Louis, des droits 
étaient déjà établis sur la vente de cette espèce de 
poisson. 

Beaucoup d'individus ne pouvant se procurer ce 
genre de nourriture, faute de moyens pécuniaires , se 
rejetèrent sur les poissons de rivières ; il s'écoula sans 
doute beaucoup de temps avant que l'on ' se fut assuré 
de la qualité de chacun d'eux ; car à l'époque où écri« 
vait Albert-le-Grand , la Carpe ne jouissait d'aucune 
estime , on n'attachait de pHx qu'à sa langue. Peu à 
peu , on se familiarisa avec l'usage des diverses espèces 
de poissons , et on se décida à les faire entrer presque 
toutes dans le régime alimentaire. L'habitude une fois 



' Martin Lister , en parlant de la nourriture très-frugale 
des Parisiens , s'élève contre la multiplicité des ragoûts \ et, 
après avoir signalé les inconvéniens qu'ils ont occasionnés 
à plusieurs de ses compatriotes ^ ajoute : ce Je recommande- 
a rai cependant la Macreuse, espèce de poule d'eau qui, 
ce préparée à la sauce piquante, est d'excellent goût, sur- 
ce tout quand on l'arrose de quelques verres de vieux Bonr- 
« gogne. Ce gibier a , comme on sait , le privilège d'être 
ce classé parmi les poissons : aussi les prélats et les dévotes 
ex en font-ils leurs mets de prédilection pendant le carême» » 
Revue britannique, i836 , tom, vf^ p» i5(j. . 



(22) 

contractée se continua et s'entretint comme on la voit 
de nos jours. Il est cependant des pays de FEurope oii 
le préjugé contre certains animaux aquatiques ^ s^est. 
soutenu. Ainsi , par exemple en Angleterre , les gre- 
nouilles sont en horreur : de là vient aussi le nom de 
frog eater, employé Comme injure par la populace 
anglaise pour désigner les Français. 

« Quand Tanglomanie se répandait en France , les 
te Anglais, par leur instinct de haine pour nous, de- 
« vinrent anti-français ; plus nous nous rapprochions 
• <( d'eux , dit Chateaubriand , Essai sur la littérai. an* 
<c glaise, i836, tom, ^^p. 289, plus ils s'éloignaient 
<( de nous. Un Anglais sur notre scène était toujours 
<( un milord ou un capitaine, héros de sentiment et de 
« générosité. Sur le théâtre anglais, on voyait dans 
« toutes les parades de John Bull , un Français maigre , 
<c air de danseur ou de perruquier afiamé ; on le tirait 
<( par le nez , et il mangeait des grenouilles. » 

Le prince Puckler-Muskau , dans son ouvrage alle- 
mand Tutdfrutd , partage cette horreur ; on en a la 
preuve dans le passage suivant fort peu poli : a Le 
« peuple français avec son bavardage et ses cuisses de 
« grenouilles à la broche , m'a paru pitoyable. )> Voyez 
la traduction intitulée : De tout un peu, i835 , tom. 3, 
p. 202. Il revient un peu de ce jugement, dans un autre 
passage où il parle de l'ignorance des Français rela- 
tivement aux mœurs allemandes : « Il serait aussi vrai 
<( de représenter de jeunes et élégans Français de Paris 

' Malgré cela dans quelques pays les Têtards du Bufo 
fusctts, qui atteignent jasqii^à. la grosseur d'un œuf de poule , 
sont mangés comme des poissons ^ ils ont été pris pour tels 
par les auteurs ^ dans leurs ikbles de pluies de poissons. 



(23) 

(( OU de Lyon, discourir près d'une iricassée de gre- 
<c nouilles en buvant du Cognac. » Chroniques , lettres 
et journal de Voyage, i836, tom. i , p. 3o6. 

Le même auteur , en rendant compte de sa visite au 
musée d'Oxford j où on lui fit voir la tête et le bec toufr- 
à-fait extraordinaire du Dodo, Didus ineptus , Linn. , 
parle d'un oiseau curieux qui a les ailes garnies de 
piquans, à Taide desquels il embroche de petits poissons 
comme sur une lance. Mémoires et F^oyages du prince 
Puckler-Muskau y i832, tom. i, p. a68. 

Le prince Puckler-Muskau répète ici un conte ri- 
dicule : Toiseau dont il parle est une espèce de Jacana. 
Ce serait le Parra brasiUensis, Gmel. y Syst. nat. , 
erfif. xiu, ;?. 708, 5p. II, si cette espèce existait au» 
trement que sur Tautorité équivoque de Harcgrave; 
Quoi qu'il en soit, c'est réellement un Vanneau armé , 
mais qui n'embroche pas les poissons avec Péperon de 
son aile. C'est un conte dans le genre de célui'telatif au 
Rev^ersus squamosus, ( Diodon spinosissimus , défiguré 
par rempaillage ) que j'ai expliqué. Act. DSHon., 1829, 
p. 148. 

De tous les départemens français , celui de la Câte- 
d'Or , dominant les trois bassins de la Seine qui com- 
munique à la Manche, de la Loire qui communique à 
l'Océan , et du Rhône qui se rend à la Méditerranée , 
est le plus riche en poissons d'eau douce ; aussi soii 
ichthyologie peut-*elle avec raison passer pour celle do 
toutes les rivières de France. En efiet , à part le Mal , 
SUurus glanis , Linn., que l'on pêche dans le Rhin, et 
peut-être encore une ou deux, espèces confinées dans 
quelques rivières , oii peut regarder l'îchthyologie du 
département de la Cote-d'Or comme celle de tous le» 
départemens non maritimes. 



( 24 ) 

Si dans quelques rivières de la France on trouve des 
espèces qui loe sont point indiquées dans le présent ou- 
vrage, il sera important de les faire connaître , afin de 
compléter Thistoire des poissons d'eau douce de la 
France. 

Le point le plus difficile était de bien caractériser les 
flq)d6es confondues jusqu'à ce jour sous un nom géné- 
rique commun , et c^est ce à quoi nous nous sommes 
appliqués. Pour les espèces du sous-genre Able, désignées 
vulgairement sous le nom de Poissons blancs , Meih- 
mers ^, etc. , j'ai remédié à la confusion introduite dans 
l'histoire de ces poissons, dont le même nom est donné 
à desespèces bien différentes et bien distinctes. Quoique 
ces noms varient suivant les localités, les caractères 
4onC j^ai fait usage en les fondant sur les dents pharyn* 
giennes, fourniront à tous les lecteurs le moyen de 
trouver le véritable nom des différens poissons qu^on 
pourra leur présenter. 

L'étude des poissons procure un double résultat : 
celui de Futilité et celui de l'agrément. 



* Cette dénomination de Meuniers a été donnée à ce« 
poissons 9 non point à cause qu'ils se tT^^^^^ P^^s des 
cliftes d'eau , ou dans le voisinage des usines , comme on se 
plaît à le répéter, mais à ca^se de leur couleur blanche, 
comparée à celle de la farine qui couvre les Têtemens des 
meuniers ou fiyineurs. C'ett ainsi que dans le siècle dernier , 
lorsque la mode exigeait que l'on se couvrit les cheveux 
d?amidon pulvérisé , les perruquiers étaient désignés par le 
«obriquet de Merlans à frire , à raison de ce que leurs vé- 
temens, blanchis par \a poudre y étaient comparés à la cou- 
leur du Merlan 9 Gadus Merlangus^ Linn. , couvert d^ fa- 
rine avant d'être mis dans la poêle. 



( 25 ) 

Les poissons , dont beaucoup sont employés^ habitiiel' 
lement dans réconomie domestique comme aliment, 
deviennent, pour certains jours et pour diverses époques 
de Tannée, une nourriture obligée , voilà pour Tutilité; 
puis , la connaissance des particularités qu'offirent plu- 
sieurs d'entre eux, la manière de se les procurer , Mut 
une satisfaction pour Tesprit, une occupation pour le 
corps, voilà Pagrément. 

Parmi les agrémens que peut procurer la connais- 
sance des poissons , il faut ranger le plaisir de la pèche, 
dont elle indique les procédés. 

Plusieurs ouvrages ont été publiés sur cet exercice. 
On trouvera de très-grands détails à ce sujet dans le 
Traité des pêches, par Duhamel, iom. i ^^secU i'*- Cet 
auteur traite des difiEérens filets , et n'oublie pas la pêche 
à la canne, vulgairement appelée dans notre .pays, 
pêche à la ligne. U existait à Florence une jiciidemia 
degtUnûdi, dont chaque membre adoptait le nom d^un 
poisson. Cette Académie, fondée en i549 P^^ Gome I*% 
fut plus tard incorporée daos TAcadémie délia Crusca, 
Yoy. Bey. brilan. , i836 , tom. y, pè 817. • 

A.-F. de Coupigny , célèbre par ses bons mots et par 
quelques romances^ a fait un Traite de la pêche que Ton 
dit fort spirituel et fort piquant. Cet auteur , sur la fin 
de sa vie , devint un des plus déterminés pêchéqrs que 
Ton connût *, il lui arrivait souvent de faire cent lieues 
dans les chaises de poste de ses amis, afin d'aller pêcher 
quelque poisson qui ne se trouvait pas dans la Seine. 
Voy. Mém. encjrclop., i835, p. SSy, w** 298. 

Une Notice sur la vie et les .ouvrages de jM. Aodré- 
François de Coupigny est insérée dans le Journal de la 
Sociélé dé la morale chrétienne , i836, n#^.> tom. x, 
«** 6 , pp. 3o8-33o. 



( 26 ) 

Saivant Fauteur de la notice, Goupigny avait le goût le 
plus prononcé, que jamais homme ait eu , pour la pèche 
à la ligne; c'était en lui une véritable manie, assuré- 
ment la plus innocente de toutes; elle lui fit donner le 
nom de Rai pécheur, en souvenir de celui de la 2\ible^ 
Bande. 

Le Traité de la pêche , publié sous le nom de Gou- 
pigny, est encore une de ces spéculations de libraires qui 
se servent sans cesse de faux noms pour attirer des 
acheteurs. Ce Traité n'est point de Goupigny , il est de 
M. Horace Raisson. Ousf. cit., p. 827. 

Cette passion de la pêche n^était pas le partage du 
seul Goupigny ; on la retrouve encore dans un célèbre 
chimiste anglais. 

Humphry Davy eut dès son enfance un goût très- 
prononcé pour la pêche, /ie(^. britan., i836,lom.-v, 
p* 268; et dans Tannée de sa mort, malgré ses souf- 
frances, il eut le courage d'achever son Traité de la 
pèche {Sabnonia) ^ petit chef-d'œuvre de patience , 
d'observation , où l'on trouve les détails les plus curieux 
sur les mœurs des poissons.. Ous^. cit., p. 287. 

Dans le Laos , pays situé à l'est du royaume de Siam , 
M. Pallegoix a souvent admiré la dextérité des enfans 
qui , d^un long javelot , perçaient le poisson dans les 
eaux claires des torrens, et revenaient le soir à leur 
cabane chargés du fruit de leur pêche. Bulletin de la 
Société de géographie , i836 , tom. S^p. 5o. 

Ce procédé a un certain rapport avec celui employé 
dans nos pays par les enfans , qui se servent d'une four^ 
chette solidement attachée au bout dHin bâton pour 
transpercer le Chabot. 

Pour découvrir plus facilement la place où les han- 
netons de la pêdie ont été déposés, les pêcheurs indi- 



(27) 

gènes de l'Archipel des lies Garolines, ayant de chercher 
a les retirer, commencent par mâcher de la noix de- 
coco qu'ils crachent danâ la mer, pour en rendre Teau, 
par le moyen de Thuile qui s'en détache , plus calme et 
plus transparente. BibL unii^., ib35 , Lîuér. i tnai, 

Ainsi les Sauvages des Iles GaroUnes savaient, = ayant 
Franklin , rendre unie la surface de bi mer.. ' ' - 

Les Russes, en Sibérie, font entrer le poisson dans 
leurs filets, au moyen de boules d'argile chauffées au 
feu , qu'ils déposent sur le bord de la rivière. Re^. brk.^ 
1837, tom. vil, p. 340. r • 

Il est fâcheux que le professeur Hanste^i^ de Chris-^ 
tiania , n'ait pas donné des détails plus précis sur ce pro- 
cédé de pèche. 

Obo, poisson d'Afrique, remarquable par unetrès- 
g^nde quantité d'ai^tes. Il parait appartenir au genre 
Clupe. Voyez Fables Sénégalaises , par Roger, ;?.• 180. 

Espèce de poisson qui ressemble à la Carpe, ayant de 
même beaucoup d'arêtes , vu par Gaillié à Couroussa. 
Les habitans le font sécher à la fumée et en veadent à. 
leurs voisins et aux marchands qui passent chez. aix.; 
Foyage à Tomboctou, tom. i, p. 368. Ce poisson,. es-, 
pèce de Carpe , est long de huit pouces sur quatre ou 
cinq de large ; il contient beaucoup'd'arêtc^, /^ag". 369. 

Pour réussir à la pêcl^e à la ligne ou à la canne , il 
faut, dit Bloch , lehthyologie * , p. ao , avoir égard au. 
goût des poissons , pour employer un appât convenable. . 

* Ichthyologie ou Histoire naturelle générale et particu-' 
lîère des poissons, avec des figures enluminées diaprés na- 
ture, par Marc Eliezer Bloch (traduit par Laveaux). Berlin, 
1785} 1786} trois parties in-foiio. 



(48) 

Oq prend le Vilain avec des pois cuits ; rOq>he avec 
un morceau de hareng , et la Carpe avec un ver. 

M. Bourée , dans la note qu'il a: eu la bonté de m'en- 
voyer, a inséré des considérations importantes sur :1a 
population des riviènes. « Les eaux de nos contrées, 
dit-il , sont beaucoup moins poissonneuses qu^autrefaîs; ^ 
indépendamm^it de Fabus de la pêche qui a amené une 
véritable dépopulation , il s'élève de toutes parts étS 
jisinies contre la multiplication des lavoirs à minerai , 
qui ont Tinconvénient de porter , dans nos rivières et. 
nos ruisseaux , des eaux troubles et de donner lieu à un 
dépôt limoneux abondant qui bouche les trous où cer- 
tains pmsscms aiment à se retirer. » ' 

M. Baudot père , juge honoraire au Tribunal de pre- 
mière instance , qui a eu la complaisance de me donner 
le nom des poissons connus par les pêcheurs de Fagny- 
la-Yille , m^écrit ( i3 not^. i835 ) : « Il y a environ douze 
ans, la pêche dans la Saâne était fructueuse; actud-« 
lement elle a beaucoup perdu de son produit. » 

Deux causes contribuent à la diminution du produit 
de la pêche : la première vient de la multitude des 
pêcheurs , la seconde vient de rétablissement des ba- 
teaux à vapeur qui effraient le poisson et rejettent le 
frai sur le terrain. 

Avant que l'immortel Linné eut fixé les bases de 
l'étude des animaux , on rangeait parmi les poissons 
tousceux qui vivaient dans l'eau, quelle que fût leur or- 
ganisation intérieure. Ainsi la Loutre , le Castor , plu- 
sieurs oiseaux palmipèdes, les Grenouilles , les Ecre- 
visses , les Coquillages , etc. , étaient rangés parmi les 
poissons, et leur chair regardée comme aliment maigre. 

Il suffit de parcourir les ouvrages d'ALBEUT-LE-GiiAND, 
tom, VI, lib. XXIV, de ViwcEWT du Beâuvais, et même 



(29) 

ceux des fondateurs de la science , Roitdelbt , Belon 9 
Gesner, de leurs copistes et commentateurs, àldro^ 
vaudi , JoNSTON , etc. , pour se convaincre de Texactitude 
de cette assertion, confirmée par Textrait suivant , 
d^autant plus important à publier, que les naturalistes 
modernes ont entièrement négligé', dans leurs travaux , 
de signaler les recherokes dé ces premiers observateurs. 
* Rondelet , de Piscib. flux^iaûL , lib. p. ao8 , cap, 
xxxiv , sous le titre de Cancro fluyiatiU , donne la figure 
et la description de VOçypodaflmniUilis , Latr., répé- 
tées par Gésier, ÀLOROVAimi, Jonston. 

P. 210 , cap. XXXV, de AstucoflunatUi. L'écrevisse, 
cancer astacus , Linn. 

Nos pêcheurs, qui se soucient fort peu des distinc* 
lions établies par les savans, continuent à regarder 
Fi^crevisse comme un poisson , dont la pêche leur est 
très-productive*, cecrustacé offrant plusieurs partici^la- 
rites intéressantes , je rapporterai d'abord la note qui 
m^a été transmise à son sujet , par mon estimable con- 
frère , le docteur Bourée. 

« L'Ecrevisse, me marque-t-il , se trouve dans toutes 
« les rivières et tous les ruisseaux de Farrondisse- 
« ment de Ghâtillon-sur-Seine , où elle présente des 
« variétés de couleurs : il en est de presque noires , ^ qui 
(( conservent cette couleur même après la cuisson ; 
a elles sont plus dures ; il en est dont les pattes sont 
<( rouges ; on en pêche dans TOurce qui sont entière- 
tt ment rouges^ celles-ci et les précédentes sont recher^ 
« chées des connaisseurs qui trouvent leur chair plus 
(c délicate. » 

' Elles ressemblent à celle figurée et décrite par Marsi- 
gli Danub. , toni. iv , p. 86, tab. xxX| fig, 1 , sons le nom 
de Schwartz Krops, Cancer Aiiger. 



( 30) 

Notre confrère à rAcadémie , feu M. Picardet qui , 
au talent du poète , joignait celui du peintre , avait 
dessiné pour son usage , des fleurs , des insectes , et 
différensanimauir dont il désirait conserver le souvenir. 

Parmi ces dessins , il en est un qui représente une 
« Ecrevisse de huit pouces de longueur , du ruisseau 
« de Merceuil, hameau dans le bailliage de Sauliea 
« en Bourgogne. » Telle est Pinscription mise par 
Fauteur au bas du dessin qui, mesuré, donne cette 
étendue depuis l'extrémité des nageoires de la queue y 
jusqu'à celle de la pince gauche. Ce dessin offre sur 
le côté gauche de la carapace, région stomacale , les 
mêmes tubercules que ceux indiqués par Marsigli , page 
précédente, note '. 

Lucas Antoine Portius a donné sur TEcrevisse, 
des détails anatomiques , que Ton peut consulter avec 
fruit; on les trouvera dans la Collection aceulémique , 
part, étrang,^ tom. iv, p. 127-1 36, pL m et iv; il 
sera facile de les comparer à ceux représentés dans le 
Dict. des Se, nat. , ados, crustacés, pL 1 j/ig* 3-4? ^t 
décrits tom. 28 , p. 169 , 3o8. 

Je ne quitterai pas Thistoire de TEcrevisse ' , sans 
rappeller 1® un des usages auxquels on l'emploie pour 
la chasse des lapins, 2,^* une expérience assez singulière 
sur ce crustacé. 

~ * Foiir, duvet blanc ou brun qu'on irouve sons l'enve- 
loppe crust^cée des écrevisses. JSncy. métk», Desc. des 
pêckes^p. 63. • 

Ce sont les branchies de ces crustacés, branchies qui ^ 
par leurs pa#ties externes, sont encore bien plus apparentes 
dans les entomostracés et dans quelques larves aquatiques 
d'éphémères. j4cL Divion,, i836 , p. 233 et 234* 



(31 ) 

i« Parmi les moyens , \_extraits du noui^. Dict. dhist. 
nat.y éd. 2, iom. 17, p. 607-611 j et copiés sans en 
avertir, par le Comte Français (de Nantes)] indiqués 
pour chasser le lapin , il est dit : « Nous avons TEcre- 
<( visse. Elle s'avance jusqu'au fond du terrier oii 
<c elle trouve l^animal ; elle étend sur lui la patte , le 
a serre sans perdre prise, en sorte que se sentant 
«ainsi piqué, il Tentraine avec lui jusque dans la 
« poche qui l'attend à Fissue du terrier. » 

« Avec la patte du Crabe on fait un appeau qui 
« imite parfaitement le cri du lapin , et si Ton sait 
« s'en servir avec intelligence , saisir le lieu , le temps, 
« la circonstance et se cacher soigneusement, on 
Il réussit à faire une chasse abondante. » Le Cultiva^ 
tair, journal des progrès agricoles, i836, tom. 12, 
p. 36. 

2"* L'expérience suivante est relative à un phéno- 
mène naturel observé siur les Ecrevisses , par le doc-^ 
teur Heinemann , à Schwerin. 

Qu'on prenne une Ecrevisse fraîchement pêchée, 
entre les doigts de la main gauche , de manière à ce 
qu^un doigt tienne la tête , et que deux autres serrent 
un peu la poitrine *, que Ton passe ensuite le bout d'un 
doigt de la main droite sur le dos de l'animal, chi 
le verra d'abord après quelques frottemens, faire beau« 
coup de résistance; peu à peu son agitation diminuera, 
et elle cessera au bout d'une minute \ si l'on retire alora 
tout doucement les mains, l'animal restera immobile 
et sans donner aucun signe de vie. Cette immobilité 
dure pourtant rarement au delà d'un quart d'heure , 
etc., etc. Bulletin Férussac, lâ^S. Se, mathém*, tom. 

IV, p. 262, /l°2l3. 

pans les eaviiro<iS <jte Santiago, M. Gay a décmivert 



(32) 

une espèce de Sangsue qui vit sur les bratichies de 
FEcrevisse-, il a aussi découvert une très-petite espèce 
de Branchiobdelle , qui a la singulière habitude de 
vivre dans la cavité pulmonaire de HAuricula dombeu. 
Institut, Séance du 2 auril i836. 

Les petites Tbr&te^, indiquées par Delamarre, ^ct. 
Divion^y 1827,/?. 7a, sont tjipus cancrifomUs , indiqué 
bien exactement dans un passage de Mouffet / négligé 
par tous les entomologistes. 

<( Ghristophorus Leustnerus , se scarabaBum in loco 
quodam invenisse, scripsit ad Gesnerum , vaginaria (uti 
soient) crustula,cui quasi formicas caput subluteum, 
atquealae multae erant adixœ -, ventre inferiore pinnae 
spargebantur, caudis astacorum similes, quibus (ceu 
in aquis rémiges) divagabantur. Gauda prominebat 
pro sua munitione exigua sed in longissimas setas 
divisa. Ex aqua palustri in fontanam conjectus , paucis 
interjectis diebus vita excessit. » Moufeû insector. 
Tlieatrum, p, 164, Jonston y Ins. y p, 74, col. 2. 

P. 211, cap. XXXVI. De Asiaco pofvo. 

Cette deuxième espèce de Homard, dit Latrcille , 
HisU nat. des inseci. et crustac. , tom. 6 ^ p. 284, n'est 
point citée par les modernes. Depuis , Risso en a fait un 
genre sous le nom de Melia ( Voy. le Nou\f. BuUet. de 
la Société philomatique y n*^ 66, 18 13, mars y tom. 3, 
pag. 233) , et Ta désignée ensuite sous le nom de Calipso 
dangereuse ; elle n'est, suivant M. Desmarest, 'Z)£C<. 
des se. nat. y tom. 28, p. 296 (1) , que la Galathée , soit 
la Spinigera, soit la Squandfera. 

P. 212, cap. xxxvn. De SqwllafluvialiU. 

Sous ce titre , Fauteur donne la figure et la descrip- 
tion de la larve du grand Hydrophile. Gesner dit, De 
AqualiUbuSy p. 545 : De SquUla fluyialUi, (gryllum flu- 



(33) 
vîatilem forte coijcimodius nominabimus); et p. 546, 
Un, 44 9 ^us '^ ^itr^ d^ Wassergugen , il désigne les 
Dytiques et les Hydrophiles.^ 

P. 212 , cap. xxxvm. Z)e Cicada/luuiatUi. ' 

Rondelet parle dans ce chapitre^ de la Naucore, Nau* 
caris cimicoïdes, Fab. 
t P; 2i3, cap. XXXIX. De lÀbeUa flwdaiiU. 

.On reconnaît facilement la lawe d'une Libellulcif, 
: P. 21 3, cap. XL. Dé Musca fluifiatiU. 

Dans ce .flhapitre, Rondelet donne de la Gronda 
punaise à Asnrqns, Geoff. , JVotonecta glauca, Linn. y une 
description trè^-^xacte, à la fin de laquelle il invite les 
savanset les amis de la naturà à s'occuper de Tétude des 
animaux aquatiques et à publier le résultat de leurs re- 
cherches. 

P. 214^ cap. xLi. De MuscuU$ aquœ dulcis. 

L'auteur, dans ce chapitre, indique toutes les coquillea 
bivalves d'eau douce, telles que la Mye des peintres, les 
Anodontes, et figure celle désignée sous le nom d'Ano- 
dcmte de canard, Mjiilus anaiinus, Linn. 

P. 214, cap. XLU. De Cochleis fluvialUibus. 

Le commencement de ce chapitre indique les uni- 
valves d'eau douce , mais surtout les Limnées. Trois fi- 
gures grossières sont représentées : celle à gauche ap- 
partient à une Limnée , Testa longiuscula in aciUum 
defidens stromborum modo ,* celle du milieu ressemble 
au C/yclostoma impurum. Drap. ^ et la troisième, dési- 
gnée dan3.1e texte de la manière; suivante : Harwn 
ppstrerKui depressa est magis, acideis aspera, et placée 
à droite, e^ le Planorbis naudleus. Gmel. , syst. nat.^ 
tom. X111, p. 36 12, sp. 98. 

:Gesner, De AquaU, p, 5^6^ lign. 60, parle des 
Tinea vçl t^cn^fhuke aquaUcœ, Agrouèlles , EscroêUes j 

■ ,. .. , ..3 ■ 



(34) 

Gommants jmlex y Udd. ; p. 546, lign. 44 9 ^^ Can-^ 
Putrides ofuaticœ , aujourd^bui Nauçoris cimicoïdes^, 
Linn. ; p. 5^5 , de Phrygamo casam sïbi constmente , 
avec sa figare, pag. laSo, charréê , non à cause de 
sa rea^embiance avec les cendres lessivées, mais à 
cause de rallemand Kerder ou Kafxler, mot générique 
employé pour désigner tous les insectes aquatiques dont 
les poisons sont ^ayides. Ces larveis de Pfaryganes^ sont 
appelées AzeroUei aux environs de Dijon ; elles sont em- 
ployées, parles pêdieurs à la ligne, pour dmoreer. Elles 
sont encore désignées sous le nom de Cadets , du mot 
cmulà ott thêca, à cau^e du logement qu'elles se cons- 
truisent. L'étymologi€^ à^A^epoUe vient du grec «(roffror ^ 
ouvrage de mosaïqlie^ parce que les tuyaUx de larves 
de Phryganes sont< formés par le rapprochement de 
grains de sable , de coquillages , de brins tie végétaux , 
de portions de feuilles , etc. 

AzëTôltè, Ài:ëUôte, pMt aussi venir de Casait^, 
CàsuddUœ. Duham., tom. i, p. 29,soU5lenom depetites 
loges renfermant des vers, pÉigè 56^ sect. 1, pi. xvi , 
figures 11^ 12 , 19-25 , parle des larves de Phryganes. 

• P. 314. G<ea»6r , âbuâi le titre de Conchœ i&ngte spe- 
des in duhS>us cufuis rejp^Htut, do^Mie ttfte figure très-^ 
neconnaissable de ¥ V7^& ^imùtà , Ijm: 

Si nouls aviô^ à 'j^arter des pôfeéons^ttalngers, je 
ngniaterafs de giraves erreut^ ébh^péeâf à Làcépède, 
pp«r n*avc»r pas voulu Irévoquei* eu dsoUte le témoigila^ 
d'un autre écrivain, reproché juste qiu lui est adressé 
dans les Méttioires' de llnaltitut , A et. Paris. /1829, 
toiti. vm, p. ccxv. Je mè bornerai à celle i^lative au Paip- 
son teinturier dont parle Lacépède , ffist. nai. des pois^ 
sons,édit. 12 , tom. 5 , pp. 55-59 , d'après Charvet, qui 
n'avait pas reéonun dans ce prétendu poisson VApijrsia 
protea. Rang, Monograph. Aplys., p. 56, sp. i3 



(35) 

appelé Baril-dé-^inn par les N^^res pêcheuK dé la 
Martinique. 

Daus les ^ct. Dwiàn.y 1829 , p. i43 , j'avais rap* 
porté, à tort, ce Poisson teinturier à une*Sèchë. 

On aura une idée exacte de la nature du travail de 
Lacépède , en consultant Cuvier, Hist. ruà. des poiss, , 
lom. I, pp. 171-181. 

Je ne parlerai point non plus d^un poisson qui enivré^ 
comme si ou avait bu du vin par excès , et qui dontie 
la mort si on en mange beaucoup; Dutertre , SisU nat. 
des AntiUeSy tam» 2, p. 2o5, n'ayant ' obtenu sur lui 
aucun renseignement, je fçrai seulement remarquer 
qu'il pourrait appartenir aux poissons formant le genre 
Caranx. Le Coulirou, Caranx de Plumier, la &usse 
Garangue, Caranx f£dlax, sont sujets à devenir veni* 
mexa^.Cuvier, Hist. naU, Poiss., tenu 9, p. 67^ 
p. 95. Plusieurs Tetrodons , Diodons , Ostracions , le 
iSportfsf/ytAn/iuf, leMégalopeCailleu-Tassart, Ch^a 
Tkrissa, Linn., dans certaines saisons, dans certains 
parages, deviennent vénéneux à du point incroyable. 
Dict. Se. nat. y tom. 29 ,p./^i7.. D^utres poissons sont 
dans le même cas. Dict. Se. nai., tom. 22, p. 553. 

Linné a le premier , de concert avec Ârtédi , fixé les 
caractères de cette classe d'animaux vertébrés ' : il les 

■ Linné â divisé les animaux yertébrés de la manière soi« 

▼ante : . 
Cœur à denx ventricules et à deux oreillettes ; aang ronge 

' (^ovipares, oiseaux* 
Cœur à un ventricule et à une oreillette \ sang ronge et 
f M i poumons véslculeux, amphibies. 
' \ht9Jïic\î\e^^. poissons. 
On reconnaît les vertèbres des poissons, à la fosse co« 



( 36 ) 

a fondés sur des dispositions extérieures tellement en 
rapport avec la structure intérieure j qu'elles deviennent 
des signes constans. 

Les poissons, animaux vertébrés à sang rouge et 
firoid, sont destinés à vivre dans un élément autre que 
Tair ; ils sont doués d'une organisation spéciale, dont la 
différence avec celle des autres animaux ^ devient sur- 
tout ^ frappante dans les systèmes de respiration, de 
locomotion et d'appareil tégumentaire. 

Lea poumons vésiculeux des animaux supérieurs, qui 
reçoivent immédiatement Pair atmosphérique , sont 



' 1 

r 



nique , dont chacune des faces de leur corps est creusée ; 
ces fosses sont remplies par une substance membraneuse et 
^gélatineuse molle qui passe d^un de des vides à Tauti'e par 
un trou dont chacune des Tertèbres est presque toujours 
percée dans son centre. Ces portions molles forment un 
<:oj:don pu chapelet gélatineux alternatiTèment mince et 
épais y qui enfile toutes les Tertèbres. 

Dans quelques cho^droptérygienS| les corps des Tertèbres 
peuTent être considérés comme des anneaux ^ et le cordon 
qui les enfile n^ayant point d'inégalités dans son diamètre , 
ressemble à une Téritable corde , dont il porte , aussi depuis 
longtemps, le nom dans la Lamproie. Cuç, , Hist, nat, des 
poiss» f tom» i ^ p» 357. 

La partie antérieure de Tépine dans les Loches, les Cy- 
prins, {Présenté une structure très*- singulière ; p. 36 1. 

Dans les Cyprins , les côtes portent en appendice un ou 
deux stylets adhérens à quelque point de leur longueur , 
qui se dirigent en dehors et pénètrent dans les. chairs. Il y 
a aussi de ces stylets qui partent du corps de la Tertèbre 
en dessus de la c6te pour pénétrer dans les chairs. Oest 
ainsi que les arêtes des poissons se multiplient, p. 362$ et 
de là le proTerbe Dos de Brochet , ventre de Caqte. 



(37) 

chez les poissons remplacés par des branchies, c^est-à- 
dire par des arcs garnis d'une membrane muqueuse 
frangée , dont l'aotion sépare Tair contenu dans Teau , 
que les poisscms avalent par la bouche, et rejettent par 
les ouïes. 

En effet , les poissons ont aux deux cotés du cou un 
appareil nommé branchies , lequel consiste en feuillets 
suspendus à des arceaux qui tiennent à Tos hyoïde et 
composés chacun d'un grand nombre de lames placées 
à la file et recouvertes d'un tissu d'innombrables vais- 
seaux sanguins. L'eau que le poisson avale s^échappe 
entre ces lames et agit , au moyen de Pair qu'elle con- 
tient , sur le sang continuellement envoyé aux branchies 
par le cœur ' . 

Outre l'appareil des arcs branchiaux , l'os hyoïde * 
porte de chaque côté des rayons qui soutiennent là 
membrane branchiale. Une sorte de battant composé 
de trois pièces osseuses , V Opercule y le Subopercule et 
V Interopercule y se joint à cette membrane pour fermer 
la grande ouverture des ouïes *, il s'articule à l'os tym- 
panique et joue sur une pièce nommée le Préopercule. 
Plusieurs chondroptérygiens manquent de cet appa<* 
reiL 



' Voyez I sur la respiration des poissons , le Mémoire de 
M. Floureos. Act, Paris., i83i , tom. x,/?. 53-71. 

^ Geoffroi St.-Hiiaire y Philosoph. anatom. , p. 8jy a une 
autre opinion. Il regarde Vopercule, Vintéropercule, le préo^ 
percute et le subopercule y comme correspondans de Vétrier, 
de V enclume f du lenticulaire et du marteau , les quatre os 
du ctmdnit auditif dans les animaux à* respiration aérienne. 
Cette opinion est réfutée par Cuvîer. Hist>nat. des poissons , 
tom. 1 ^ p. 34^9 4^2. 



(38) 

Les organes de la locomotion sont les nageoires, c'est- 
à-dire des expansions flabelliformes , situées sur le corps 
du poisson , qui peut les plier ou lea étendre à sa vo- 
lonté. Ces expansions sont formées d'une membrane 
soutenue par des rayons ' ; ces rayons sont de deux 
sortes : les uns consistent en une seule pièce osseuse , 
ordinairement dure et pointue, quelquefois flexible et 
élastique, divisée longitudinalement; on les nomme 
rayons osseux. Les autres sont composés d^un grand 
nombre de petites articulations, et se divisent d^ordi- 
naire en rameaux à l'extrémité ^ ils s'appellent rayons 
mous , articulés ou branchus. 

Artédi , le fondateur de l'icbthyologie et dont les ou- 
vrages doivent être médités par toute personne qui veut 
s^occuper de l'histoire des. poissons, s'est servi de la 
considération des nageoires pour classer ces animaux-, il 
les a considérées d'après la place qu'elles occupent sur 
lé corps , place qui détermine le nom sous lequel elles 
sont désignées. 

On appelle nageoire dorsale ou simplement Dorsale , 
la nageoire placée sur le dos *, il y en a quelquefois deux^ 
alors celle du côté de la tête prend le nom de première 
dorsale , et celle du côté de la queue , celui de seconde 
dorsale. 

Les nageoires situées sur les parties latérales du corps , 
près des ouïes , c'est-à-dire de ces ouvertures qui laissent 
apercevoir les branchies ou les organes de la respiration, 
dans les poissons, portent le nom de pectorales j elles 

' Ces rayons , qu^ils aient des brandies ou des articula- 
tions, ou qu'ils soient simplement épineux, se laissent tou- 
jours diviser en deux moitiés sur leur longueur. Cuv,,H»N* 
Poiss*, tom. I ,/7. 3o5, 367, 378, 549* 



(39) 

soat paires e| correspondent aux e^tirémités antérieures 
ou thoracbiques des animaii^ d'un ordre supérieur. 

Les nageoires placées sous 1^ ventre sont également 
doubles \ elles, répondent aqx extrémités postérieures ou 
pelviennes des animaux dont nous vendons de parler et 
sont désignées sous le i^om de t^enUates ou inférieures^ 
mais on emploie rarement cette dernière désignation , 
la première seule est usitée. 

L'existence et la, position des nageoîre$ ventrales ou 
des ventrales est Irè^variée \ aussi cette variété esl- 
elle d'un grand secours dans la classification des poi^ 
sons (îiomme.nous allons l'indiquer. 

Lesi poisscms , chez lesquels les nageoires ventrales 
n'existent pas, constituent la classe 4^ A f odes, par 
suite de la comparaison ou de Tan^dogie dça nf^eoires 
ventrales avec les pieds ou les e^tréipités pelviennes 
des animaux qui en sont pourvus. 

Si les nageoires ventrales soqt situées en savant ou 
au'^essous de Vouverture des ouies, elles caractérisent 
la. classe des poissoiis jugiUmre^. 

Lorsque les nageoires ventrales sont placées^ sous 
les pectorales , les poissons sont appelés ihor^çhiqwss. 

Enfin les nageoires ventrales situées en arrière des 
pectorales constituent la classe dos poissons abdomir 
naux. 

On appelle nageoire de Tanus ou nageoire anale , 
ou ^simplement AnaLe , celle qui est située en arrière 
de Tanus ^ elle est impaire. 

La nageoire de la queue , ou simplement caudale^ 
aussi impaire , termine le corps du poisson. 

Dans les descriptions , les nageoires sont indiquées 
d'une manière abrégée par la lettre initiale de leurs 



f 

•J 



(40) 

caractères \ et comme ces nageoires offrent des rayons ^ 
dont le nombre est souvent employé pour déterminer 
les espèces , on le fixe par des chiffres placés à la suite 
de rindicatioii des nageoires, ainsi D. 22 : P. i5 : 
V. 10 : A. 8 : C. 24. signifient que la nageoire dorsale 
a vingt-deux rayons ; la pectoro/e quinze ; la centrale 
dix *^ Y anale huit , et la caudale vingt-*quatre. 

L'oreille des poissons consiste en un sac qui repré- 
sente le vestibule , et contient en suspension de petites 
masses le plus souvent d'une dureté pierreuse , aux- 
quelles on attribuait jadis des propriétés merveilleuses. 

Le corps des poissons est recouvert d'écaillés cartila- 
gineuses, disposées à recouvrement, de dimensions 
variables , depuis la Lamproie qui ne présente rien de 
ressemblant à des écailles, ou T Anguille qui les a 
petites, minces et comme noyées sous un épiderme épais, 
jusqu'à celles , de près de trois pouces de diamètre , 
vues par Broussohet , qui n'a f^as désigné dans son 
Mémoire consigné, Joum.' phys. 1787, juillet ^ p. i3 , 
le poisson qui me paraît -être le Chœtodon Macrolepidcn 
tus. Ces écailles sont presque toujours enduites d'une li- 
queur mucilagineuse , sécrétée par des glandes , dont la 
réunion sur les flancs des poissons constitue la ligne laté^ 
raie, qi^i commence à l'extrémité des opercules et se ter- 
mine à la nageoire de la queue. 

' Il y a son vent des variations dans le nombre de ces 
rayons y peut-être à cause de la manière de les compter, 
Itinsi que Bloch le fait observer dans son avant-propos , à 
roçcasion du rayon dentelé de H nageoire dorsale de la 
Carpe, que Linné dit être le second, Artédî , Gronow et 
Leske le troisième , parce qu^iis ont compté le premier rayon 
court} caché en grande partie dans la membrane adipeuse 
et négligé par Linné. 



■■* 



(41 ) 

La difiSérence de structure dans les appareils de la 
respiraticm , de la locomotion et dans Fappareil tegu- 
mentaire ^ en entraine nécessairement uqe dans la 
disposition des organes internes des autres fonctions. 
Cette observation n'avait point échappé aux anciens 
naturalistes. Aldrovandi, dont les ouvrages seraient 
bien plus utiles s^ils étaient moins diffus , a donné le 
premier des gravures grossières il est vrai , relatives à 
la structure intet*ne du Brochet et de la Carpe. ParaU- 
pomen, pp. 88-98. 

Artédi , dans la seconde partie de son Icbthyologie^ 
donne des détails très - étendus sur la structure 
de toutes les parties des poissons. 

D^uis, Panatomie a occupé plusieurs sa vans. Fran-* 
^is Petit a donné , u^cU Paris., lySS, p. 197, pi. 12- 
17, celle de la Carpe, et cVst dans ce travail qu'ont 
été prises les planches données par Bonna terre. 
Tableau encyclôped. et méthodique des trois règnes de 
la nature, Ichthyologie , 1788, pi, A. B. 

Duhamel , Traité général des pêches , a donné le 
squdette et quelques détails anatomiques de plusieurs 
poissons. On trouve , mais sans explication , le squelette 
de la Carpe , 2* part., p. 162, sect, 1 , pi, m , copié dans 
l'Encyclopédie méthodique *, celui du Carrelet, 2,* part., 
p. 319, sect. IX, pi. XII ; celui de la Baie bouclée, 
2* part., p. 275 , sect. ix , pi. vu , Jtg. 3 •, celui de la 
Torpille, 2* part, sectpix^ pi. xiii ^Jig. 5-6. 

Duhamel donne aussi quelques détails splanchno- 
l(^ques relatifs à la Baie grise, 2* part. , p. 3i^^ pi. 
Tiu jjig» 5-10 ^ aux œufs et reins de Baie, pi. xxii ^Jig. 
4-7 V AUX œufs de Boussette , Scjllium, CuV. 

Màrsigli, Danub., tom. vi, tab. ix-xxi, a figuré les 
détails anatomiques de TEsturgeon. 



(42) 

Un travail plus étendu a été^onné par Yicq d'Azir 
dans le Recueil des Mémoires des sm^an^ étrangers, 
1773 , iom. vu , /?. 18 , pi, 1 , u 0I p. a33 , pL iv-viu. 

Si Ton désirait des détails plus étendus sur la struc- 
ture et la physiologie des poissons ^ il faudj^ait recourir 
à Touvrage intitulé : The structure €md phjrsiologjr €^ 
/YsAe^ ^ Alexander Monro, M. D. Edimburg., 1785, 
fol. pi., sans négliger PEncyclopédie méthodique, Sys- 
tème anatom., tom. 4 9 PP- lyir-TSS. 

Grouan, Hist. des Poissons, a donné aussi quelques 
détails anatomiques ^ et tab. m^fig. 1 , il représente le 
grand muscle latéral dont la chair est feuilleté^ , comme 
je le rappelle à Tarticle Brochet. 

M. Geoffiroi Saint-Hilaire s'est aussi beaucoup occupé 
de Tostéologie des poissons dans sa Philosophie anaUsh 
mique, tom. 1 , p. é^j\ , pi. 9 yfig. 107 ; il a bit con- 
naître les os slyJoîdes de Pépaule des Amphacanthes, 
Guv. , H.N.,Poiss.,tom.Xj p. 117; les secondes pièces 
des stylets de Pépaule de FAmphacanthe à chaînettes, 
Cuv., oui^. cit., p. \irj. 

Meckel donne des preuves que la concordance des os 
n'existe point. Guv. , Hist. nat. , Poiss. , iom. i , pp. 
243-543. 

M^is ces recherches d'anatomie transcendante , fort 
du goût des Allemands, si amateurs de spéculations 
théorétiques ou abstraites ' , n'ont pas encore trouvé 
en France d'échos pour les faire prévaloir. 



* Tonte découYerte en Allemagne s^y produit à Tétat de 
rêve ou d'utopie. Les plus grands philosophes y bâtissent 
dans le vide. Ce. sont de beaux monumens auxquels il ne 
manque qu'une chose , en vérité : U base. Génie spéculât^ 



( 43 ) 

Depuis la rédaction de ce passage , les journaux ont 
annoncé que M. Jourdan a traduit de Tallemand la se- 
conde édition de Touvrage de G.-G. Garus , intitulé : 
Traité élémentaire danatonUe comparée ^ suii^i de re- 
cherches danaiomie philosophique ou transcendante sur 
les parties primaires du système nerveux et du squelette 
intérieur et extérieur. 

L^auteur pousse son système jusqu'aux dernières con- 
séquences; il ramène tout animal au squelette, repré- 
senté par la coquille de l'œuf, par le test des animaux 
inférieurs et par la réunion des os dans les animaux su- 
périeurs. Il regarde la coquille de Fœuf, origine, 

Toilâ en un mot le trait distinctif de rÂllemagne. France 
littéraire, 1835, iom. xxn^p. 71. 

Les Allemands aiment à planer dans les espaces imagi- 
naires j la rêverie et le long travail intellectuel sont leurs 
plus vives jouissances ; ils ne sVttachent pas à ce qui est 
réel ; ils concluent de la possibilité à Vacte, et se perdent 
dans des théories métaphysiques fondées sur le vague. 

Il y eut un temps où tontes les hypothèses, pourvu 
qu^elles arrivassent d^ Allemagne , étaient acceptées par nous 
en France sans presque aucun contrôle. Il semblait quMies 
portassent au front le signe visible de Tinfaillibilité. Plus 
elles sortaient des habitudes reçue« , plus ces filles de la ré- 
vélation nouvelle étaient accueillies avec avidité. Mais ces 
temps sont passés ; un trop grand nombre de ces £intômes 
nous ont trompés. Revue des Deux Mondes , i836, tom. 

Far suite des idées allemandes , M. GeofTroi St.-Hîlaire , 
Principes de philosophie zoologique, 1 83o, prétend que le 
poulpe est analogue à un animal vertébré plié par le dos, de 
manière à ce que le cloaque soit appliqué sur la nuque. 

Cuvier a réfuté cette singulière opinion. 



(44) 

dit-il , de la vertèbre , comme la véritable proioyertebre , 
close encore de toutes parts et ifésiculeuse. Suivant lui , 
le squelette se rapporte à la vertèbre ; d'oii il s'ensuit, 
d'après son système, que la vertèbre procède de la co- 
quille de l'œuf. Ne serait-on pas dans le cas de lui 
appliquer l'observation suivante : 

La yertèbre proTÎent de la coquille de Pœuf , sans doate ; 
mais il faut conyenir qu'elle a bien changé sar la roate. 

On peut lire une Notice relative au travail de 
M. Geoffroi Saint-Hilaire sur la vertèbre , insérée dans 
les Mémoires de t Institut, 1827, tom. vn, pp. clviij- 
clxiij. 

Oken , par sa loi posée pour l'ostéologie philosophique, 
admet que tout le squelette ri est qu^une vertèbre répétée, 

Spix et Oken trouvent dans les diverses parties de la 
tête la répétition des diverses parties du corps : dans 
le crâne , pris séparément , la tête de la tête \ dans le 
nez , le thorax ; dans l'hyoïde , le bassin \ dans les os 
maxillaires et les dents , tout l'appareil osseux des 
membres supérieur et inférieur. Yôy. annales des se, 
nat. , 1827, tom. xi, p. 5^. 

M. Oken , dans un Mémoire sur le système dentaire , 
Bull, de M, de Férussac, 1824, Se. médic, tom. 1 , 
p, 97; tom, 3, p, 97, «a cherché à prouver que les msH 
choires sont des répétitions des bras et des jambes , et 
que les dents sont les analogues des doigts et des 
ongles , etc. 

Meckel , de son côté , compare le gland et le clitoris à 
la languie; le vagin aux fosses nasales; le petit bulbe, 
qui termine la moelle épinière, au cerveau. 

Dans lé Journal complémentaire du Dictionnaire des 
se, médic.y 1821 , tom. xi , pp. i24-i3i , on lit quelques 



(45) 

détails sur Panatomie transcendante et sur les os sui- 
vans : 

Les os wormiens, ou os occipito-pariétal ; 

L'os épineux , situé en avant dans la membrane vo- 
litante du pteromys ; 

L'os falciforme, dans les pattes antérieures de la 
taupe ; 

Les os marsupiaux des didelphes , etc. *, 

Les os du cœur chez le bœuf, le cerf; 

Les os du pénis et du clitoris. 

( L'as du pénis du morse servait aux B^mtschadales 
de massue à la guerre. ) 

L'os du pénis a été comparé par Àutenrieth à Thyolde, 
et Oken lui a donné le nom d*kyoïde des parties géni- 
tales, parce quMl regarc^it autrefois le bassin et Thyolde 
comme des homotypes. Leuckart croit qu'on peut com- 
parer à plus juste titre Vos du pénis à la colonne verté- 
brale , et lui donner le nom de Hachis ou Squelette 
génital. 

Dans le Bull, de M. de Férussac , 1824 > Se. médic, 
tom. 1, ;?. 193 , se trouve annoncé le travail du docteur 
Webe^,qui publie , iVo^'. ^cf. Acad. Cœsar.-Léopold., 
nàtur. curios., tom. xi, iS^S, p. a,/?/. 411 9 en alle- 
mand , de nouveaux matériaux pour l'histoire de la 
conformation de la tête et du bassin. Le docteur Weber 
prétend que diaprés les dimensions de la tête, on peut 
conclure celle du bassin. Un cas pathologique, indiqué 
dans le Bull, de M. de Férussac, 1829 , Se. médic, 
tom. XVII, p. 168, est employé pour confirmer ce sin- 
gulier rapprochement. 

P. 3i3 , Guvier compare les sept vertèbres de la tête 
admises par Geoffix)i , avec les os du crâne. 



• I v I ■• ) . 



( 4< ) 

le «M enli^ daiM lef détaib d-dessiis . qoi 
miffÂfmVêirettkftnt Tancien vers btin : 

Nofcit^r ex nojêo quania ûi kâsia vûo, 

et la crimparaisoD de» ori6oes transrersal et Tertical, 
d<mt ploMcor» parties portent le même nom , afin de 
mettre le» lecteurs, qui désireraient s'assurer de Tabus 
An raisonnement , à même de consulter les sources oii 
ils pourront puiser pour asseoir leur jugement. Ils 
tr/iuvi;rant des animaux dont les uns vivent dans leur 
colonne verti;liraic , tandis que les autres vivent en 
dffliors ; et afin d'avoir le pour et le contre dans ce grand 
proc^rs, ils pourront recourir au premier volume de 
VlHiUiira naturelle des poissons, p. 807 et suivantes. 

V. 4^2 , oii se trouve appréciée Topinion de ceux qui 
ont voulu retrouver dans les os de Topercule des pois- 
sons les quatre osselets de Torcille de Thomme , subi^ 
tementet prodigieusement développés. P. 543 etsuiv., 
oii Hont jiif;éH les vaines spéculations métaphysiques et 
les rappr(x*Jicnien8 très-superficiels, d'après lesquels 
on a voulu considérer la classe des poissons comme un 
(lévclopptsuicnt , un perrcctionnement , un anoblis- 
somont de celle des mollusques , ou comme une pi:;e- 
mièro ébauche , comme un état de fétus des autres classes 
des vertébrés ^ 

Cette dernière partie de phrase a pour but de rap- 
peler une nouvelle brandie d^anatomie transcendante 

expoëée dans un Métnoire de M. Serres, dont deux 
parties out été publiées dans les Annales des Se. nat., 

iBay , tom. xi , pp. 4? 7® > '^''** *"> PP* 82-143. 



" Suivant quelques Anatbmistet » les poissons , dans leur 
pif mier âge ^ correspondent , eu égard à leur développe- 
luenl I aux mammiftres dans leur état de fœtus. 



(47) 

Une loi de symétrie, comme le démontre cet auteur , 
T6ot que les organes se développent par deux parties 
latérales qui , cessant de s^accroitre , laissent un inter- 
valle et donnent lieu à un vice de conformation , comme 
(ND le voit dans le bec de lièvre. 

Suivant M. Sares , les variations infinies de formes 
organiques que nous offre la série des animaux , sont 
reproduites par les variations nombreuses des formes 
organiques des embryons. Ainsi , pa^ exemple , de la 
cinquième à la septième semaine , Fembryon humain a 
ane queue qui disparait dans le cours du trobième mois. 

Chez les jeunes embryons humains la glande thynoîde 
est double ^ elle est double , permanente dans les mam- 
mifères. 

Ihi deuxièine au troisième mois de Tembryon hu- 
main,- la matrice forme deux intestins isolés, comme 
dans les lièvres. 

Du troisième au quatrième jour de la conception, 
Tembryon humain offi^ cinq pièces distinctes , concou- 
rant [dus tard ,. par leur réunion , à la composition, du 
maxillaire supérieur *^ les crocodiles ont ces cinq pièces 
constamment séparées. 

Je ne pousserai pas plus loin ces détails , d'après les- 
quek les anatomistes transcendans font passer succes- 
sivement Pembryon humain par toutes les classes de 
b zoologie , en commençant par celle des vers et par- 
tant, comme on le voit, de la conclusion affirmative de 
la fameuse thèse soutenue le i3 novembre 1704, par 
Etienne-François Geofiroi , et aytint pour texte : An 
homims primordia^ i^enrUs ? thèse dont la traduction se 
tiouvedans Touvrage d^Andry , intitulé : De la généra- 
lion des vers, tom. %^ p. 784 et suiy. ,- thèse dont le 
principe avait déjà été plaisanté d'una manière aussi 



(48) 

ingénieuse que sanglante par Plantade ' , ( sous Tana- 
grararae Dalenpatius ) , comme on peut le voir dans les 
Nou\felles de la République des Lettres , mai 1699, p*. 
552 , art. v , avec une planche. Portai , Hist» de l'ana-* 
tomie et de la clùrurgie , tom.^^ p. 2^3i , en a doniié 
Panalyse ^ copiée dans le Dict. abrégé des se. médic. , 
lom.^SyPp. 379-280. Panckonckè, 1828. 

Mais des plaisanteries n'étant point des raisons , nous 
nous bornerons à répéter avec Cuvier , HisU nat. des 
poissons y tom. 1, p. 545 : « On- pourrait toujours tout 
« rapprocher , comme on le voudrait ; car enfin deux 
« êtres , quelcpi'éloignés qu'ils soient , se ressemblent 
« toujours par quelque point , ne fôt"ce qiK par Pexié^ 
« tence. » .. 

Toutes les fois que Ton^ a voulu sortir des d^nitièns 
caractéristiques , on s'est égaré dans les ôomparais(»s 
les moins admissibles ; et l'on en a eu la preuve dans la 
considération de la Sèche ou du Poulpe représenté par 
M. Geoffroi St.-Hilaire comme Tanalôgue d^un animal 
vertébré , plié en deux par le dos , de. oianière a rap- 
procher le bassin de la tête. F^oir les journaux, du ûom* 
mencement de i832. 

On trouvera d'excellens détails sûr l'organisation 
des poissons dans le Diciionn. des Se. nat. , tom. xui, 
pp. 148-240. 

Le travail le pltis complet sur Panatomie des poissons 

* Plantade I secré^tire de PÂcadémie des sciences dé 
Montpellier, connaissant probablement le 'tour joué par 
Harisoeckér à Leuwenoeck , latinisa son nom en ajoutant 
la terminaison tus, Plantadeàfs, et en fit Panagramme 
Dalenpatius, ainsi qu'on peut s'en assure]^ en comparaat 
tontes les kttres. ; 



(49) 
est sans contredît celui donné par Cuvier dans 4a 
premier volume de son ffisU naU des Poissons , accom- 
pagne d'un superbe Ados, ouvrage que la mort de 
Fauteur laisse incomplet , au grand regret de la 
science. 

On trouve à la vérité des renseignemens curieux 
dans VAnatxymie comparée et le Règne animal du 
même auteur 5 mais des observations postérieures à 
la publication de ces ouvrages, et les découvertes 
journalières qu il faisait sont autant de détails qui 
ne nous sont point encore connus , tels par exemple que 
les appareib spéciaux relatifs à Toreille des Cyprins, 
des Silures , etc. , promis dans YHisU naU des poiss. , 
lom. I, p. 470. 

Il me suffit d^avoir indiqué les sources dans les- 
cjaelles pourront aller puiser les amateurs désireux de 
comparer la structure interne des poissons avec celle 
de tous les autres animaux ; je me bornerai maintenant 
à indiquer les bases de deux classifications employées 
pour distribuer les poissons. Si Ton veut connaître 
toutes celles qui ont été établies , on pourra recourir 
au Dict. des sciences hat. , tom. xxii , p. 44^? ®^ surtout 
à Cuvîer, Hist, nat, des Poiss., tom. 1, p. 102 et 
sidv. 

Le petit nombre de poissons qui se trouvent dans 
nos rivières, quoiqu'elles aient des rapports avec les 
trois bassins du Rhône, de la Loire et de la Seine, 
aurait pu à la rigueur me dispenser d'adopter une 
distribution systématique; mais le désir de faciliter 
la détermination et surtout l'arrangement méthodique 
dans les collections de ces animaux, peu connus en 
général , m*a déterminé à exposer les bases de la clas- 
sification , créée de concert par Artedi et Linné , et 

4 



(50) 

dé celle créée par Cuvier. On pourra à volonté choisir 
Tune ou l'autre. 

Je commence par la plus ancienne , adoptée par 
Gmelin, p. ii3o,qui Ta modifiée dans son édition 
du Sjstcma naturœ de Linné ; j'ai eu Tattention d'in- 
diquer dans chacpie classe , les poissons de notre dé- 
partement qui y appartiennent. 

SYSTÈME d\rTEDI ET UIXJHÈ. 

I. Apodes. Nageoires ventrales nulles. 

IIAnguiUe, 
IL Jugulaires. Nageoires ventrales situées en avant 
des pectorales , c'est-à-dire articulées tant avec Té- 
pisternal ' , qu'avec les clavicules furculaires, (iSfa- 
méral, Cuv. , p. SyS.) 
La Lotte, 
IIL Thoràghiques. Nageoires ventrales situées sous 
les pectorales , c'est-à-dire attachées sur les clavi- 
cules Circulaires, {Uumércd, Cuv.) 
Le Chabot, Tête plus large que le corps. 
La Perche, Opercule des branchies denté en scie. 
LEpinoche, Epines dorsales distinctes. 
lY. Abdominaux. Nageoires ventrales situées en arrière 
des pectorales. ^ 
La Loche. Corps d'égale dimension dans sa lon- 
gueur. 
, La Truite. Nageoire dorsale postérieure adi- 
peuse. 
Sous le noQi de Truites, les voyageurs en Suisse, 
confondent plusieurs poissons du lac Léman, bien 

' Qai y sniyant Cuvier, Hist. nat. des Poissons , tom. i ^ 
p. 35o ; représente la queue 4^ l'os hyoïde. 



(51 ) 

disÙDgiiés par Jurine. Ce savant en a donné des des- 
criptions très-étendues et des dessins très-exacts que 
je drus indiquer pour éclaircir ce point d^hbtoire 
naturelle. 

!• L'Omble chevalier, Salmo umbla, Linn. 

>Bkx^, JchthyoL, pari, in, p. i3i , pL ci. L'Ombre 
chevaHer. 

Jurine, HisL des poissons du lac Léman, p, 179, ti* 
7 , ph 5. 

Duhamel, Pécher y 2.* part, , p. aao , tom. 3, ^. 68, 
secdon iv , pL xiv. ., 

Aldrovandi ^de Pisdbus, p. 649-651 , signale cette es^ . 
pèoe facilement reconnaissable par ses écailles pluspetitetf; 
que celles des autres*, sa chair, plus "grasse et blanche; 
approche de celle de l'Anguille. L'Omble chevalier diî)( . 
lac de Genève, est surtout célèbre. Jurine n'en a pas ^ 
vu au-dessus du poids de douze livres. Ce même savant 
a fait sur ce poisson une observation trop importante 
pour la passer sous silence. Dans le mois de janvier 
1814 9 on lui apporta des Ombles , qui , après qifelques 
jours de conservation dans Tarche d^un bateau et même 
dans un réservoir, placés dans une eau vive et courante , 
(orent frappés de cataracte. Mém, de la Sociéu de 
phjs. et dhist. naU de Genève j i825,tom. ni, i»* 
part.,, p. i83, 

a. La Fera ' , Corre^onus fera, Jurine. Mém. de la 
Sociét. dephys. et dhist. nat.deGenèye, fom. m, 
!'• partie y p. 190 , «** 9 , pL 7. 

Aldrovandi , de Piscibus, p. 663. 



' Ce nom a da rapport avec celai de FariOf employé par 
Âusone pottr désigner les jeunes Saumons, 



(52) 

Cette espèce , dépourvue de dents y se nourrit essen- 
tiellement^ de coquillages et d'herbes; la dernière 
limite de sa longueur paraît être de 18 pouces. H est 
rare de voir des Feras de trois à quatre livres. • ; 

Ce poisson est sujet à une afiEection grave, impro- 
prement nommée petite vérole des poissons, puisqu'elle 
n*a aucun rapport avec cette dernière et qu'elle a son 
siège dans les chairs et non sur la peau. 

Cette maladie , qui ne tarde pas à faire périr la Fera , 
se reconnaît par des tumeurs irrégulièrement dissé- 
minées sous la peau qui fait saillie. Ces tumeurs ^ de. la 
grosseur d'un pois à celle «d'une noix , . contiennent un 
liquide semblable à de la crème ^ et qui n'a ni goût 
ni odeur; les chairs environnantes sont violettes et 
décomposées , et les os complètement mis à nu. ffist. 
des poissons du lac Léman, p, 194? ip^- 

.3. LaGravenche, Corregonus hyemalis, Jurine. Ou" 
vrag. cité , p. aoo , »** 10 , pL 8: 

Les Gravenches marchent en troupes ; on les entend 
de loin au bruit qu'elles font en ouvrant et fermant la 
bouche à fleur d'eau , de manière à imiter assez 
bien le barbotement des canards. La plus grande 
longueur qu'atteignent ces poissons , n'excède pas un 
pied ; alors ils pèsent une livre ^ p, 2.02. 

On les pêche à la lanterne et à la serpe , au dire 
de ^. Alexandre Duval, qui donne à ce sujet des 
détails anecdoliques très piquans dans ses Impres- 
sions de i^oyage^ tom, 1, p. i34-i56« Il place la scène 
a l'auberge de Bex , et donne à ce poisson , qu'il dit 
délicieux , le nom de Truite. 

Cette manière de pêcher est la même que celle 
signalée par Belon dans le chap. lxxv du livre i des 
Singularités, p. i5^. 




(53) 

Llss os des poissons n*ont ni épiphyses ni canal 
médullaire ; mais il en est quelcpies-uns , comme ceux 
des Truites, où le tissu de Tos ' est plus ou moins pé- 
nétré d'un suc huileux. 

Cette disposition est bien plus sensible dans un 
poisson des Indes orientales , appelé Escan bona ( au 
lieu de Ican bona ow Ikon bona) ^ par le rédacteur 
de Tarticie suivant : 

a Escan bona des Malais, espèce de Ghaetodon, 
« dont les os sont accompagnés de tumeurs assez con- 
« çidérables, spongieuses, tendres, facilement atta- 
« quables au couteau et remplies d^huile. Hun ter 
« avait dans sa collection des os semblables , qu'il attri- 
« buait (à tort), à la colonne vertébrale de quelque 
« grande raie. » Magas, encjrclop., ir^^S^tom. i, 
p. 148. Extrait des philosopha U^ans,, 1798, pa/t. 1, 
«•m. 

Ce poisson est le Platax noduleux , Chœtodon arthri" 
ticus, dont Guvier donne Phistoire dans son IfisL naU 
des poissons^ tom. vu , p, 229-232. 

Il est du nombre de certains Chétodons dont les 
premiers interépineux, tant supérieurs qu'inférieurs, 
sont renflés en grosses massues. 

Le Brochet. Mandibule supérieure aplatie plus 

courte. 
L'j4hse. Membrane branchiale à viu rayons. 
Les Cyprinoïdes. Membrane branchiale à 111 
rayons. 
V. Braiîghiosteges. Point de rayons k la membrane 

' J'ai trouvé la même disposition du tissu de Tes pénétré 
d'un suc huileux , dans les os de la tête de TAlose j du Bro- 
chet) des Cyprins , etc. 



C 54 ) 

branchiale , ni d^os aux branchies , rayons artiodés 
seulement aux nageoires. ..' o 

Artedi caractérisait les Branchiostèges, parràbséncé- 
de rayons à leur membrane branchiale. > 

(( Branchiostegi in branchiis nulla ossicula gerunt , » 
dit-il. Gen. pisc, p. S5. 

Cette division est rejetée aujourd'hui. Gmelîn^ y 
avait placé une partie des poissons, que Linné appelait : 
^mphibia nantes ; la confiance du naturaliste suédois 
dans le docteur Garden qui avait pris les reins des 
Diodons et des Tetrodons , situés très-haut , pour des 
poumons , Favait induit en erreur ; CuMier , Règne 
animal, édiu 2 , tom. 2. , p. 366 (2); cependant il avait 
désigné , d'une manière très -exacte , leurs caractère». 

Gmelin range dans cette classe , mais fort mal à pro- 
pos : lèsMormjrres, poissons malacopterygiens-abdomi- 
naux, dont Cuvier, Règne anim, , cit., p. 288, donne 

* On n^est point surpris de la confusion adoptée par 
Gmelin y lorsque Ton sait la manière dont cet auteur s^y est 
pris pour donner une i3e édition réformée, dit- il, du Sys' 
tema naturœ de Linné. Les amateurs de calembourgs substi- 
tueraient MU d k Vr, et ne se tromperaient pas beaucoup. 

Cuyier, Hist, nat. des poissons, tome 1 , /?• 1 55- 1689 
donne des détails curieux et piquans sur la manière dont 
a été faite cette édition , qui est effectiTement un ouvrage 
de fabrique dont les Allemands ont appris la méthode aux 
Français , et dont la librairie actuelle offre de si nombreux 
et de si fréquens exemples. 

Si Ton est curieux de connaître le degré de confiance 
que Ton doit accorder aux différens ouvrages publiés sur les 
poissons, on trouvera dans VHist, naturelle de ces ani^ 
maux par Gavier, des renseigneînens exacts ^ consfgnés 
dans le tom. 1 ^ livre premier» 



(65) 

une bonne descripticm, en éclaircissant leur synonymie. 

Il y place d'autres poissons que Cuyier répartit de la 
manière suivante dans sa méthode : 

Syngnathus, PegasuSy 5* ordre, les Lophobranches. 

Diodon, Tetraodon, Batistes, Ostracion^ 6* ordre, 
les Plectognaihes. 

Lophius, dans la xiii* famille , Pectorales pédiculées, 
des poissons acanthoptérygiens.. 

Centriscus , dans la xv* famille , Bouches en fâte , 
des poissons acanthoptérygiens. 

Cjrclopterus, dans la 3* famille, Discoboles, des 
poissons malacoptérygiens subbrachiens. 

Aucun des poissons, placés par Gmelin dans sa divi- 
sion des Branchiostèges , n^étant d'eau douce , ne peut 
se trouver dans Pichtyologie de notre département. 
YI. CHONDROPTÉaTGiEns. Rayous des nageoires cartila- 
gineux. 

L'Esturgeon. Eveuts solitaires et linéaires. 

La Lamproie, Sept é vents ronds de chaque côté. 

Par le secours de cette distribution, on parviendra 
facilement à déterminer tous les poissons de notre pays. 

Système de Guvier. 

Guvier a adopté la distribution suivante : il a sépare 
les poissons en deux séries , dont la première comprend 
tous les poissons osseux , c^est-à-dire tous ceux dont 
le squelette est osseux ^ et la seconde réunit tous les 
foiss6ns cartilagineux , c^est-à-dire ceux dont le 
squelette au lieu d^os ne présente que des cartilages. 

I** série. Poissons osseux. 

Vos intermaxillaire forme le bord de la mâchoire 
supérieure , et a derrière lui le maxillaire nommé 
communément os labial ou mystaôe : squelette 



( 56 ) 
osseux ou fibreux : mâchoires complètes libres : 
branchies en forme de lames ou de peignes. 
Cette série fort nombreuse se partage en deux divi- 
sions qui forment six ordres , dont plusieurs ren- 
ferment des familles formées de genres y partagés 
eux-mêmes en sous-genres. 

!'• DIVISION. ACANTHOPTERYGIENS « . 

Rayons des nageoires osseux , quelques-^uns piquans. 

Rayons des nageoires épineux ou piquans -, cette pre- 
mière division forme aussi le premier ordre des pois- 
sons. 

i'* famille. Pergoides. 

Ventrales thorachiques , sept rayons branchiaux. 

Deux dorsales; 
Perche, 
u4pron. 

Une seule dorsale : dents en yelonrs. 
GremUle, 

2? famille. Joues cuirassées. 
CoUe. 

Epinoche. 

II* DIVISION. MALACOPTERYGIENS *. 

, Tous les rayons mous , excepté quelques rayons des 
nageoires osseux, mais non piquans, tels que le premier 
de la dorsale ou des pectorales. 

' On appelle ainsi les poissons, dont une partie des 
rayons est simple et en forme d^épines. Cuv. , fflsl. nat., 
Pois9., tom, i y p* aça. 

* Ce sont les poissons ossenx , dont tous les rayons des 
nageoires sont articulés. Dans les Carpes la soudure des ar- 
ticulations donne à certains rayons ^apparence d^épines; 
Cuy.y UTisS» nat* des poissons p tom* 1 1 p. 291 , 292. 



(67) 

n^ ordre. MALACOPTERYGIENS abdominaux ' . 
Nageoires ventrales situées en arrière des pectorales. 

!'• famille. Cyprinoïdes. 

Bouche peu fendue ] mâchoires faibles, sans dents; 
os pharyngiens fortement dentés : rayons branchiaux 
peu nombreux. 
Ctpruts. Bouche petite , trois rayons plats à la mem- 
brane branchiale. 

Carpe, D. longue et A. garnies d'une épine den- 
telée pour second rayon. 

Barbeau. D. et A. courtes, forte épine pour 2* 
et 3* rayon de la dorsale; barbillons. 

Goujon, p. et A. courtes , sans épines : barbil- 
lons. 
Tanche y écailles très-petites. 
Brème, épines et barbillons nuls. A. longue , D. 

courte. 
Ables* d. et a. courtes , épines et barbillons nuls. 
Loche, corps alongé, enduit de mucosité : lèvres 
propres à sucer. 

a* famille. Esoces. 

Brocltet. 

3* famiille. Siluroïdes. 

Aucun poisson de cette famille ne se trouve dans nos 

eaux. 



' ^ Dans les vrais abdominaux , Vos coxal ( représentant 
Pos innominé , la cuisse^ la jambe et le tarse )| de forme 
triangulaire , a sa pointe libre dans les cbairs ; «on côté pos- 
térieur, comme dans tons les autres poissons , donne attache 
aux rayons de la nageoire ventrale. Cuyier, Hîst* nat. des 
poissm , tom. I y p. 377. 



(58) 
4* famille. Sàlmoïtbs. 

Deuxième dorsale , petite , adipeuise , non soutenue 
par des rayons,^ ^ 
Saumon y dents très-apparentes. ' 

Truite, dents très-apparentes. 
Ombre y dent$ très-fines, à peine visibles. 

5* fomille. Glupb&. 
Alose. 

IIP ordre. MÀLÀGOPTERYGIENS sîtbbrachieks. 

Ventrales attachées sous les pectorales. 

\^^ famille. Gadoîdes. 
Lotte, 

IV ordre. MÂLACOPTERYGIENS apodes. 
Nageoires ventrales nulles. 

Anguille. 

V ordre. LOPHOBRÀNGHES. 

Branchies en petites houppes rondes^ disposées en 

séries et par paires le long des arcs branchiaux. 
Cet ordre ne renferme que des poissons marins. 

VP ordre. PLECTOGNATHES. 

Os maxillaire soudé au coté de Tintermaxillaire. 
Petite fente branchiale. 

<]let ordre ainsi que le précédent ne contient que des 
poissons marins. 

IP série. Chondroptérygiens. 
Squelette cartilagineux , parce que son tissu n'admet 

jamais assez de phosphate de chaux pour acquérir 

une consistance osseuse. 
Cette série se divise en deux ordres , qui sont les 7* 

et 8*" des poissons. 



( 59 ) , 

VII* ordre. CHONDROPTERYGIENS à branchies 
tibres par le bord externe. 

STURONIENS : opercule , rayons nuls à la mem- 
brane branchiale. Esturgeon. 

Vffl' ordre. CHONDROPTERYGIENS à branchies 
fixes , adhérentes par le bord externe. 

i" famille. Sélaciens ' Guv. , Plàgiostomes ^ Dumer. 

Les poissons qui composent cet ordre se reconnaissent 
à leurs branchies adhérant par le bord externe , lais- 
sant échapper Teau par autant de trous percés à la peau, 
qu'il y a d'intervalles entre elles. 

Cette femille , ne renfermant que des poissons marins» 
aurait pu être supprimée sans inconvénient dans notre 
travail; mais j'ai jugé convenable de la conserver^ pour 
ne point rompre l'intégrité du tableau ; ensuite , parce 
qu'elle renferme i"" les Squales, connus par leur voracité; 
2" parce que la facilité et la promptitude des communi- ' 
cations rend actuellement très-communs à Dijon , plu- 
sieurs espèces de poissons de mer , tels que le Congre , 
le Merlan , le Maquereau , le Hareng', la Sole, la Li<- 

* Cavier a donné à cette fkmilie le nom de Sélaciens p 
dn mot gœc se'AAXOS , employé par les Anciens pour dési* 
gnerniie espèce de poisson cartilagineux. Les parties dures 
des Sélaciens, c^est-à*dire celles qui remplacent les os chez 
eax, consistent intérieurement en un cartilage homogène et 
demi-fransparent qui se reirêty seulement à la surface , d^une 
couche de petits grains opaques et calcaires , serrés les uns 
contre les antres. 

• Onmértl donne Tétymologie de Plàgiostomes, tirée des 
mots grecs irAâyiet, transversal 9 <r7ôiua> bouche. 



(60) 

mande, le Turbot, etc. , et plusieurs espèces de Raies 
que Ton voit aujourd'hui , non-seulement aux crochets 
des traiteurs , mais même sur notre marché. 

Dans les poissons de cette famille , seulement, la cein- 
ture de l'épaule s'attache à de larges apophyses de 
l'épine : elle est d'une seule pièce qui entoure le corps. 
Cuv. , Hist, nat, des Poissons y t. i, 382. 

La Raie bouclée , Reda claifota , Linn. , Dicl. Se. 
nat. ytom.^^p» 36i , p. SyS, Rloch, Ichthjrol. , part. 
in, p. 60, plane, lxxuii, l'une des plus estimées, se re- 
connaît à son âpreté et aux gros tubercules osseux , gar« 
nis chacun d'un aiguillon recourbé , qui hérissent irré* 
gulièrementvses deux surfaces. 

dette espèce de Raie est représentée par Duhamel , 
Traité général des pèches y a* part., sect. ix, pL ^^fig* 
1, îa, qui donnc^g:. 3-6 de la même planche, la repré- 
sentation de ces tubercules , sous le nom de Boucles. 

Les boucles de la Baie sont des écailles plus dévelop- 
pées , dont la nature est analogue à celle des dents. Leur 
base , ovale et renfiée , est creuse à l'intérieur , et il y 
pénètre des vaisseaux qui y vivifient un noyau pul- 
peux , très-semblable à celui d'une dent. Cuv., Hist. 
nat., Poiss. , içm. i, p. 4^2. 

Artedi a donné une bonne description anatomique 
de cette espèce. Ichthjr. ^ part. v. p. io3-io6. 

La Raie blanche ou cendrée, Raia halis, Linn., Z)icf. 
des sciences naturelles , iom> 44 ? P* ^79 ) Bloch , Ich- 
thyologie , part, m , p. 5o , pi. lxxix , a le dessus du 
corps âpre , mais sans aiguillons , et une seule rangée 
d'aiguillons sur la queue : elle est tachetée dans sa jeu- 
nesse , et prend avec l'âge une teinte plus pâle et plus 
uniforme. 



(61 ) 

La chair ' de ces deux espèces est très-dëlicate , 
parce que le ^voyage Tattendrit , et lui enlève son odeur 
repoussante et sa saveur forte. Elle (ait pendant Phiver, 
comme on le sait , les délices des tables délicates , et 
constitue un mets recherché , comme l'a dit jadis Al- 
bert-le-Grand , opéra y iom. vi , p. 6S^ , sous le titre : 
Raychœ, Raye. 

L^anatomie de la Raie présente une foule de considé- 
rations intéressantes , qu41 n'entre pas dans mon plan 
de développer ; je me bornerai à indiquer la substance 
glanduleuse fort apparente qui se trouve dans l'épaisseur 
des ptnt>is de Tœsophage de la Raie , et je renvoie au 
. travail de Guvier , donné en grande partie dans le DicL 
des Sciences naturelles ^ iom. 44 9 P' ^^^* ^^^^^ ^vec la 
liiopce, Raja rubus, Linn* , et plusieurs autres, que Ton 
&it les Rasilics, etc. , Rloch, Ich.,part. m, p. 63 ^ j'ai 
parlé des Raies , parce que leurs caractères les difieren- 
cient de tous les poissons des autres classes. 

On trouve dans le Manuel de t étranger aux eaux 
iAix en Savoie, parle docteur Despine,Jils, 18349 
p. 8 et 9 , un tableau contenant le nom des poissons des 
environs d'Aix. 

hauteur dit : « On a vu dans le lac du Rourget 
« quelques Raies et même des Esturgeons : mab ils 
« sont devenus très-rares depuis que les sels , qui se con- 
« somment dans le pays , n'arrivent plus par le Rhâne. » 



' Dans les poissons , les muscles de la nageoire pectorale 
présentent deux couches à chaque face. Ce sont ces couches 
qui, agrandies par degrés dans les squales , deviennent enfin 
les énormes muscles des ailes de la Raie, lesquels forment 
]a plus grande partie de la chair mangeable de ce poisson» 



(62) 

n serait curieux de connaître robservation , par suite 
de laquelle on a dit avoir vu quelques Raies dans le lac; 
les Raies n étant point anadromes , ne peuvent se trouver 
dans Teau douce. Voyez ci-dessus ,p. v\. 

On ne sera donc pas surpris , si je ne fais aucune 
mention des Harengs frais , Clupea harengus, Linn. , des 
Soles, des Limandes, etc. , espècesde Pleuraneçtesjuxniik^^ 
des Merlans , Gadus merlangus , etc. , etc. , poissons 
de mer plus ou moins estimés , qui , depuis la rapidité 
des transports multipliés, se trouvent assez abqndfim^. 
ment sur notre marché ; à l'exception des Pleuropjçctes,. 
ils appartiennent tous à quelques-uns des genres de no& 
poissons d'eau douce. 

a* iamille. Suceurs. 

Gorp$ alongé , terminé en avant par une lèvre char- 
nue , circulaire , ou semi-circulaire. 

Lamproie. ' 

Ammocète, 

i" ordre des poissons. ACANTBfÔPTERTGtENS. 

Les poissons de cet ordre se reconnaissent, parce 
qu'ils ont toujours la première portion de la 
dorsale, ou la première dorsale , quand il y en a 
deux, soutenue par des rayons épineux, c'est-à-dire 
très-piquans. L'anale a aussi quelques épines pour 
premiers rayons , et il y en a généralement une à 
chaque ventrale. 

Excepté le rayon externe de la ventrale dans ces 
poissons , .les autres sont presque toujours tous "^ 
articulés. 

!'• femille. Percoïdes. . 

Cette famille qui a reçu ce nom parce qu'elle a pour 
type la Perche commune, comprend des poissons à. 



(63) 

Qorps obloDg, couvert d'écailles généralement dures 
m âpres. L^opercule ou le préopercule et souvent 
VMS les deux y ont les bords dentelés ou épineux; 
les mâchoires , le devant du Yomer et presque toujours 
les palatins sont garnis de dents. 

!•' genre. Perche *. 

Cca*. gen. Préopercule dentelé, opercule osseux 
terminé en deux ou trois pointes aigiîes , langue lisse. 

* I. Perche commune. Perça Jluviaiilis, Linn. Gmel. 
S. N», éd. xin, p. i3o6, sp.'i. 

Bloch y Ichthyologie , part, a > p. 6a, planche lu. 

Juriney Hist» des poiss, du lac Léman, p. i5a, n« 4» P^* 3* 

JMct, se, nat.y atlas, ichthyologie, pL jSy fig, a. Persèque commone* 

GaYier^ Sist, nat, des poiss,, tom, a, p. ao. Perche flayiatile. 

Lacépè^ei Jffist, nat, des poiss., tom, 8, p. a3. Persèque Perche. 

Duhamel , Pêches, a^ part,, sect, y, pi, ▼, fig. i y p, 98. 

Mtyefy Représentations, tom, i y pL 73. 

Rondelet y de Piscib, fluviatil. lib,, cap, uni y p. 196. 

Gesner , de ^quatilib, , p. 8aa. 

Geoffroiy Mat, medic, in-^**y tom, 3 y p. 275. 

Aldroyandii de Piscib,, p, 6a3. 

!• D. 16 : a» D. 16 : P. 14 , i5 : V. 6 : A. la : C. 

ao-a4* 

40^4^ Vertèbres ;y 19 paires de côtes. 

Le nom de ce poisson tborachique vient du latin 
Perça, dérivé du grec irfpKo«, moucheté de noir, à cause 
des bandes noirâtres transversales de son corps. Aldroif,, 
dePiscib,,p. ^5. 

La Perche se reconnaît à sa couleur verdâtre , in- 
terrompue par des bandes verticales noirâtres , et re- 

' Les perches ont de petites dents en crochet , formant 
râpe y ou velours , aux deux mâchoires , à une plaque en 
atant du Tomer ; à une bande longitudinale de chaque pa- 
latin j mais elles en manquent à la langue. 



(64) 

levée par le beau rouge des nageoires ventrales et 
anale. 

Ce poisson est trèis vorace ' ; il vit de petits poissons,' 
de reptiles, d'insectes , etc. ; il attaque FEpinoche , qni 
dès qu'elle est saisie , redresse ses arêtes , les enfitmoe 
dans le palais de la Perche , qui meurt de faim. Si on 
Fen débarrasse , elle reste toujours la bouche béante. 
La plus grande dimension à laquelle il puisse parvenir 
n'est que de 18 à 20 pouces ^ et alors il pèse environ 
quatre livres. Bloch la fixe à deux pieds , et au poids de 
trois à quatre livres. Il est rare de la voir de cette taille 
dans nos rivières. 

Il fraie au commencement du printemps , en avril et 
en mai •, un des ovaires s'oblitère , et il ne s'en dé- 
veloppe qu*un ; ses œufs sont réunis par de la viscosité 
en longs cordons entrelacés en réseaux ^. Bloch, /cA- 



* Les poissons mettent peu de cKôix dans leurs alîmens , 
et leurs forces digestives suffisent pour dissoudre tout ce 
qui a eu vie. Ils avalent dWtres poissons malgré leurs épines 
et leurs arêtes ] les Crabes et les coquillages ne les effraient 
point , et on en trouve souvent les débris dans leurs intes- 
tins. Ils rejettent ces matières indigestes, corn me les oiseaux 
de proie rejettent les plumés et les os des petits oiseaux 
qu^ils ont avalés. Cuv, , Hist. nat. des poissons , tome 1 ^ 
p. 488. 

* La peau qui renferme les œufs , et qui forme , dit Blocb, 
un boyau troué , est large d« deux pouces , et longue de 
deux à trois aunes; considérée au microscope, on trouve 
toujours quatre à cinq œufs unis par une peau dure , et la 
peau forme un angle où ces œufs se réunissent , de sorte 
qu^ils paraissent quarrés ou hexagones. Bloch , Ichth.f p. 63. 
Pour se défaire de ses œufs y ce poisson se frotte Tanus con- 



I 

(66) 
AjTologie, part. i,p. loi , p/. xix , J!g. 18 , en donne 
la figure ; fig. 17 9 il représente une petite masse de six 
œufs attachés ensemble et formant une figure à six câtés ; 
le tout vu à la loupe. 

Les rayons épineux de sa première nageoire dorsale 
90Dt pour la Perche une arme défensive \ en effet , 
quand elle tient cette nageoire relevée, aucun autre 
poisson ne peut en faire sa proie , sans s'exposer à être 
grièyement blessé. Cette observation a été faite depuis 
très-longtemps par Vincent de Beauvais. Cet auteur, Spe^ 
odum natural. , tom. 1 , lib. xvii , cap. lxxviu , en par- 
lant de la Perche , suivant lui , le meilleur poisson d^eau 
douce , dit c « Au moyen de ses piquans , elle se dé- 
« fend contre tous les autres poissons ^ si elle craint 
« rapproche du Brochet , elle redresse ses épines et 
<c échappe ainsi à la poursuite de son ennemi. » 

La Perche , qui a la vie dure et qui , suivant Lacé- 
pède, ne fraie au- printemps qu^à Tàge de trois ans, est 
un poisson d'une saveur délicate; il est assez fréquemment 
servi sur nos tables qu^il ne dépare point. On lui donne 
qaebudbis le nom de Perdrix deau douce. Cette dé- 

tre un. corps aigu ^ auquel il fait adhérer le cordon de ses 
œQ&, puis se retire en faisant des mouvemens alternatifs 
jusqu'à ce qu'il se soit débarrassé de la totalité. 

Ces œufs , dit Marsigli y Danub, , tom. iv y p. 66 , sont 
UtAcs , durs y sans saveur ; ils cuisent difHcilement \ aussi 
ne les sert-on point sur les tables. Arnault de Noble ville et 
Salerne disent ^u contraire : les œufs de Perche grillés sont 
assez bons. GeofT.fAfâ/. médic^ tom. 3^ p. 278, etLieutaudy 
Mat, média., tom. ^y p* 363, disent : les œufs de Perche 
<ont asseï estimés ; ils donnent cependant quelquefois des 
Bassées. 

5 



(66) 
nomination française me paraît avoir sa source dans 
une sorte de calembour. On lit en effet dans Gesner, 
de AquaûL , p, 828, Un. 29 : et rappellerais en grec 
« les petites Perches \ Percidia ,• les moyennes , Per* 
(( cidas^ et les grosses^ Perças. » On a joué sur les 
mots Percidia, Percidas^ en transportafnt le ^ à la place 
du c^ on a obtenu Perdicia, Perdicas, dont Tanalogie 
avec le mot français Perdnx, saisie très-promptement > 
a fourni la dénomination dont l'étymologie a été encore 
fortifiée par la comparaison que Ton a faite de la déli- 
catesse de la chair de la Perche avec la délicatesse de 
la chair de la Perdrix. 

(( Dans le lac Léman, lorsqu^on pêche les Perches 
« en hiver 9 avec un grand filet , sur un fond de 40 à 
(( 5o brassées , on en voit beaucoup flotter à la surfece 
« de Teau avec Testomac refoulé hors de la bouche ; 
a elles périssent au bout de quelques jours si on ne fait 
(( pas rentrer cette vessie en la perçant avec une 
<( épingle. » Jurine, uict. Geneyf., tom, 3, !'• part. , 
pag. xSS". 

€e phénomène était connu d^Aldrovandi. Cet auteur, 
de Piscibus^p. 62^, signale d'une manière très-positive 
la vésicule rouge sortant de la gueule des Perches ex- 
traites , pendant l'hiver , du lac de Genève. 

Cet accident, que Bloch, Ichlli.y part, ii, p. 65 y 
appelle mal à propos Tjmpanitis, résultat du défaut 
d'équilibre entre Tair intérieur de la vessie natatoire 
du poisson et Tair atmosphérique , ne s'observe jamais 
dans notre pays , dont les rivières n'ont pas une pro- 
fondeur suttisante pour lui donner lieu. 

a Lorsque Ton retire asâez vite d*une grande pro- 
(( fondeur les poissons , ils n'ont pas le temps de corn- 
(( primer leur vessie ou de^ la vider de l'air qu^elle 



(67) 

t contient. Cet air, n'étant plus comprimé par la grande 
« colonne d^eau qui pesait 3ur lui » rompt la vessie et 
« se répand dans Tabdomen , ou bien il la dilate ex- 
« trêmement et &it saillir Toesophage et Testomac dans 
c la bouche. » Cusner, Hisi. naU des poiss. , tome i , 
page 5a6. 

La Perche devient la proie, non-seulement des grands 
poissons , des grosses Anguilles , mais encore des canards 
ft autres oiseaux d^eau. De petits animaux , et notam- 
ment des Cloportes ' , s'attachent quelquefois à ses 
branchies, déchirent ces organes et lui donnent l^, 
mort. Lacépède, BisU naU, Poiss» > tom* 8 , p, 38. 

Les Perches bossues dont Linné fait une espèce , ne 
le deviennent que par la courbure de Tépine dorsale , 
courbure dépendant d'une cause accidentelle comme 
dans le Brochet. 

On trouve des Perches borgnes de Tœil gauche. 
jict. Paris,, 1748,^. 127, a8. 

La Perche est victime d^une espèce de Gymothoé^ 
qiii,.sHnflinuant dans les branchies, dévore vivantes 
ces parties délicates et cause bientôt sa mort. On n'a 
pas donné le nom spécifique de ce crustacé dans le DicU 
classique dhisU naU, lom. xin, p. ao3, où l'on en 
parle. 

La Perche est tourmentée par plusieurs espèces de 
vers intestinaux, tels que 

1. L'Ascaride de la Perche, Ascaris Perces, Goeze, 
GmeL,p, 3o36, 5/?. 64. 

' Lacépède ne savait pas que c'est une espèce de Cimo- 
tibé ; il ignorait également la vraie cause du refoulement 
de restomac. 

Les Jeunes Perches sont connues sous le nom de Mille 
cantons f c'est un mets délicat. 



(68) 

2. UEchinorhynque de \sl Verche, Echinorfynchus 
Percœ, VallaSyGmeL, Se. nat. , xui , tom. i , p. Zoéfij 
sp. 3o.- 

3. Le Cuculan de la Perche, Cuculanus Lacustris, 
fB.y Percœ, Goeze^GmeL^p. 3o5i ysp. 6 ^ S. Encycl., 
pi., Vers, pi. XXXI, fig. 6. Cuculanus elegans, Zeder. 
Dict. des se, nat. y tom. xii , p. \\i , tom. Lvn , p. 5\^. 
Atlas, Vers, pi. 3o, fig. x3. 

4- La Fasciole bouteille, Faseiola lagena, Braun, 
Gmel. , p. 3o57, sp. 3o, appelée Distoma nodulosum. 
Encycl. méth. , Vers, tom. a, p. 278, n" ii3. 

5. Le Txnia noduleux, Tœnia nodulosa, Goeze, 
Gmel., p. 3072, sp. 3o. Encycl., Vers, tom. 2, p. 753,, 
Vers , pi. xLix, fig. i2-i5. Trienophore noduleux. Dieu 
se. nat., tom. 55 , p. i85, tom. 57, p. 596. Atlas, Vers, 
pi. 48 , fig. 3. 

On prend dans les rivières , et notamment dans la 
Seine , un poisson qui semble tenir de la Perche et du 
Gardon , non-seulement par sa forme extérieure , mais 
encore par la consistance et le goût de sa chair* Ces 
points d'analogie ont engagé les pêcheurs à lui donner 
le nom de Perehe gardonnée. Encycl. méth. , DieL des 
Pèches, p. 218. C'est VAcérine vulgaire , p. j5. 

Guvier, Hist. nat. des poiss., tom. 9, ^. 20, donne 
sur la Perche des détails anatomiques fort étendus. G^est 
sur elle qu'il a fait le travail anatomique contenu dans 
le 1*' volume de son Histoire naturelle. On pourra aussi 
consulter le Nouv^. Dict. dhist. nat., édit. 2, tom. xxv , 
p. 186, et le Dict. des se. nat., tom. xxxix, p. i45; 
toais surtout Artédi , Ichthyologia , pars y, pp. 74*76, 
qui donne la description des parties intérieures et exté* 
rieures de la Perche , à laquelle il attribue 4^ vertèbres 



(69) 

et 19 paires de côtes. Bloch ne lui accorde que 89 ver- 
tèbres. 

Oa obtient avec la peau de la Perche une coUe qui 
surpasse de. beaucoup celle des autres poissons. Bloch, 
pag. 65 , indique la manière de la préparer. 

Les pierres de Perche, qui se trouvent dans la tête, 
prèsTorigine de la colonne vertébrale, Geoffroi, Mat. 
médic. , in-'J^'' , tom. 3 , p. 278 , se rapprochent de celles 
da Dorsch, qui sont les calculs auriculaires du Gadus 
CaUarias» 

IL L'Àp&on commun, Aspro vulgaris, Cuv. , Perça 
asper,\Àïai.^ GmeL, S. N., ediu xni,/?. 1809, sp, 3. 

ftonddlei, De piscibus fluviat, lib,,^cap, xxxit, p» 907. De as- 
pero piscicalo. 

Gesàer, De aquatilibus , p, 478. Asper pîsciculus Gobiooi similis. 

Aldroy. De piscib., lib, ▼, cap, lukyiiiy p. 61 5. 

Bloch, Ichthyologie j part, m, p. ]5i , pL cvii jfig, 1 , a. 

Bonnaterre , Tableau encyclop, Ichthyol. , pL Sj^ fig, 206. 

Lacépède, Hist, nat,, Poiss., t, vu, p, lay. Le Dipterodon apron. 
Nouv\ Dict. d*h, nat., éd. 2, tom, ix, p, 493* Dipterodon apron. 

Cuvier, SiisU nat, des Poissons, tom, 2 , p. 188, p/. a6. 

i« D, 8 : 2^ D, i3 : P, 14 : V, 5 : A, la : C, 17. 

Ce petit poisson, de la longueur de six à sept pouces , 
est Vfrdfttre; il offre trois ou quatre bandes verticales 
noirâtres , et huit épines à la première dorsale. 

n a le corps albngé , la peau rude ou âpre , les deux 
àursales séparées ; de larges ventrales ] des dents en 
velours , la tête déprimée \ le museau plus avancé que la 
boache, et terminé en pointe arrondie. 

Le mot Apron du DicU des Sciences nat. , tom, 2 , 
/'..Soi 4 renvoie au genre àUpterodon ( au lieu de diptS'-- 
rodpn), àqat le mot renvoie à celui à^ cingle, où, 
««n. IX , p. ^\o , se trouve effectivement TApron. 



( 70 ) 

Ce poisson facile à distinguer par la rudesse de ses 
écailles , vit de vers , dUnsectes , de poissons plus petits; 
il a la vie dure , et fraie , dit-on , en mars ; cependant 
au mois de novembre j'ai vu les œufs fort gros et desti* 
nés à être poiidus dès lé courant de décembre ' ^ ses 
œufs, fort gros proportionnellement, sont d'un bï^nC sale 
et abondans; suivant Artëdi, il a qiiarante^eiix ver- 
tèbre^ et seize paires de c6tes. 

Sa chair est blanche, légère, saine, de b6ti goÛtèt 
estimée. Le Péritoine nacré ou argenté , est piqueté dé 
noir. 

Ce poisson, connu aujourd'hui à Lyon, d'après Guviéi*, 
sous le nom de Sorcier y se trouve dans le Rhône et ses 
affluens -, les pêcheurs des bords dé la Saône, le dérîgnent 



■ ce Le Roi poisson f m'écrit M. Baudot^ i5 novembre 
i835, fraie dans le mois de janvier 5 à cette époque il ré- 
pand une odeur, et a un goût d^urine }'U ne les conserve 
que pendant la durée du £rai. » 

L'opinion de M. Bandôt , fondée sur le récit d^nn pé- 
cheur , a pour base une observation mal '&ite ; elle pourrait 
aussi être le résultat d'une confusion , carLieutaud,) MaU 
médic, tom. 3 9/1. SSo, dit:. ce la chair du Go,uJ9n a i|ne 
mauvaise odeur* » ' i . .. 

A l'époque du frai , les poissons se frottent le. ventre 
contre tous les corps qu ils rencontrent. Les Aprons, dont 
parie M. Baudot, se seront frottés contre les pierres de 
fosses d'aisances établies sur la Saône, et se seront impré^ 
gnés de leur odeur : ils auront ainsi doiané lieii' à l'od^ut' 
et à la saveur signalées par M. Baudot. 

On sait que tous les poissons sont attires par les matières 
fécales , et les pécheurs n'ignorent pas T&lranliage que lerur 
procure cet appât. 



(71 ) 

«MIS la déaomiaatioQ de Roi poisson , Roi des poissons, 
et quelques personnes à Dijon Tappdlent Dauphin. 

La figure de TApron , ses couloirs Font &it confondre 
fur. des observateurs peu attenciÊ , avec le CSiabot et 
ayee Je Goujon, dont U^difEère par sa peau rude comme 
deB^de la Bousspue, ( Squalus camcula. Lion.) t, telle 
est la source des noms vulgaires qui hii ont été donnés. 

hp bom de Roi poissant ou de Roi des poissons ^ , est 
9f]^Uqué à XApron et au Cïiahot , soit àx^awse de la dé* 
licatesae de leur chair , soit plutôt à cause de ce que 
ces deux poissons ayant été pris P-un pour Tautre , au- 
rait éfté àéÀ^k% par le même nom. 

Le nom de Dauphin vient de la largeur de la partie 
postérieure de la téfte de ce poisson , priaeipalement 
)oraqaHl a iété cuit ^ et 4e la comparaison qu'on en a 
£eiite avec la tête du Dauphin , fruit de Timagioation 
4e8 peintres, des sculpteurs et autres artistes. 

Les pêdieurs de la partie de Iq Saéne qui traverse 
notre département , ont fait depuis longtemps une ob- 
servation d'après laquelle ils se sont assurés que 1^ 

' On a appliqué le nom de Piscis regius à dlrers poissons. 
Voy:. jN^om^ Diçt, Sç. mit, , éd. a , tonu 27^ p. 028 , et 
Dici. ^ç. nat,, tom^ J^% ^ pag> \fyj. 

AldroYandi, de Piscibus , p. 79, en parlant du Maigre., 
ainsi appelé à cause de la blancheur de sa chair , qui n'est 
nullement colorée par le saiiig, dit : la Daine eA P/oyence 
est appelée Peis rei, c'est-à-dire Poisson-roi, ou Roi-pois- 
son , on Poisson royal 9 nom 9 contînue-t-il y que les plus 
iostmits donnent au Piscis lotus de Rondelet , appelé Daina, 
ni«/f«, Coracin , enfin Corb; et p. 49B9 à l'article De Lato, 
il répète Peis rei. Poisson royal , c'est-à-dire digne d'être 
terri sur la table des rois. 



(72) 

pèche sera mauvaise , s^ils ramènent un Apron dans 
leurs filets: aussi mécontens de cette. rencontre , pre- 
naient*ils le poisson , et le lançaient-ils avec dépit sur 
leur Bachot ' ; ils n'en faisaient alors aucun cas : mais 
depuis 9 ayant connu la délicatesse de la chair de F A* 
piron, analogue à celle de la Perche , ils ne le jettent 
plus , et se trouvent très-bien de le manger. 

Le mécontentement des pécheurs, lorsquUIs ranSènent 
ce poisson dans leurs filets , vient de ce que sa présence 
est d'un très-mauvais augure ; elle annonce en effet. que 
la pêche sera infructueuse , aussi la cessent-ils alors ^ ; 
c^est de cette circonstance que vient à PApron le nom 
de Sorcier, appliqué comme injure. 

Ce poisson ,, qui se tient ordinairement au fond de 
Teau , ne sort de son réduit , pour nager dans la rivière, 
que par le mauvais temps , c'est-à-dire , par le temps 
froid et par les vents de nord et d'ouest , époques aux- 
quelles les autres poissons ne vaguent point ^. Cette 

' Bachot ; on appelle ainsi le cofTre on la liuche de h, 
barque, destiné à recevoir le fruit de la pêche. 

* Un ancien pêcheur possédait une grève dans la SaÀne ; 
lorsquUl voulait pêcher, il jetait son filet dans cet endroit ; 
sHl ramenait un Apron, il remettait sa pêche à un antre 
jour. 

. ' L'agitation de Teau , contraire à la pêche des p«îssoha 
d'eau douce , favorise celle des poissons de mer dans la 
Syrie. 

M. De Lamartine décrit la manière dont les Arabes pè- 
chent le poisson , et dont il a été témoin dans le golfe de 
Caïpha. 

tt Un homme , dit-il , tenant un petit filet replié , élevé 
au-dessus de sa tête et prêt à être lancé , s^avance à quelquea 



(73; 

considération a engagé à lui donner le nom de Boi des 
poissons , parce qu^on le comparait ou à un souverain , 
dont la présence fait ébigner la foule , pour lui laisser 
la place libre , ou au lion ( roi des animaux ) > à la vue 
duquel fuient les mammifères. 

De même TApron , ne vaguant qu'en Tabsence des 
antres poissons, parait les avoir Ëdt retirer pour jouir 
du champ libre , ou leur avoir inspiré une sorte de ter- 
reur qui les aurait fait fîiire ; c^est la chouette des pois- 
sons , puisque , comine cet oiseau , il ne vague qu'en 
Tabsence des autres. 

Cette singulière circonstance , observée constamment 
par nos pêcheurs de la Saône , n'a été notée par aucun 
ichdiyologiste , et comme elle est intéressante dans l'his- 
toire de PApron , j'ai jugé convenable de la publier , 
d'autant plus qu'elle est analc^ue à celle attribuée au 
Grenouiller, Blennius raninusy Linn. , Raniceps bleu" 
fàoSdes, qui habite les lacs de la Suède , où il semble 

pi dans la mer, et choisit Hienre et la place où le soleil 
ttt derrière loi et illumine la vagae, sans Téblonir. l^attend 
les fagoes qui Tiennent, en s'amoncelant et en se dressant ^ 
fondre à te^ pieds sur Técneil ou sur le sable. Il plonge un 
regard perçant et exercé dans chaque écume , et sUl aper- 
çoit ^^elle roule du poisson , il lance son filet au moment 
uéme où elle se brise et entraînerait ce quelle apporte 
avec son reflux : le filet tombe , la vague se retire , et le 
poisson reste. Il faut un temps un peu gros pour que cette 
pêche ait lien sur les côtes de Syrie ; quand la mer est calme, 
le pécheur n'y découvre rien ; la vagué ne devient transpa- 
rente qu'en se dressant an soleil à la surface de la mer. » 

Souvenirs , impressions , pensées et paysages , pendant un 
voyage en Orient, par M, Alphonse Dfi Lamajltine , i835, 
tom* 9 y p. 9949 995. 



(74) 

redouté des autres poissons , qui s^écartent le plus qu'ils 
peuvent des endroits fréquentés par lui. 

Si , comme le dit Gesner , de AquaH. ^ pp, 354 9 877 , 
1275 ' , lé demi-chctrassius s'oppose siudéveloppemèiit 
des Carpes , ( impediens efutn incrementa et saginadones 
cjrprinorum. quos a pabulo depeltit), ce Ti^est fMmit par 
antipadiie , comme on fiotirrak ie croire ^d'après 'un 
passage d^ermann ^. L'assertion des pédbe^Évs ,'<Âtée 
par Marsigli ^ , et répétée par Hermann, ObservM. zoo* 
logicœ, p. 317 9 est certainement feu8seVpui|M|ue la 
Laite d^une espèce de poisson ne peut pas féc^ider les 
œufs d'une autre espèce. 

/ ■ » 

m. L'AcÉRiKE VULGAIRE , Grcmille 4 cppii^çame , Pçrdie 



' Halbkaras (dîmidioç Carasios) Karpkamss quoniam 
è Caraso et Carpa veluti compositus Tidetur , -dit Gesner. 

^ Si verum est, quod Gesnerus rrfert camssos fiigar^ 
Carpiones ( dit- il ) ^fcdsum erit quod piscatores referont d^ 
ovorum Carpionis lacté Caraseii fecundationen 

Cette manière de s^exprimer ferait croire à ^ne•i9.i|pit^l 
dont Gesner ne parle pas. 

' Cyprinns III. SUticb-Kharpfen^ Tab. xx,i| sipiilitndi- 
ne inter Cyprinum et Cara^sium médiat , ^aopi ex otîs Cy- 
prini^ .quantum pisoatores asserunt, et sen^iine Tel liaçte 
Carassii y aut è contra progenera^ur. IV^^rsiUi ^ Danub* , 
Pannon, , tom. !▼ 9 />• 61 • 

^ Un amateur ^ à Auxonne , a fippel^ Grei^nille nn pois* 
son qu'il rangeait parmi les petites espèces; p^aîs les pêcheurs 
de profession n'en connaissejit point de ce nom* 

Le particulier grand ;amateur de pêche | à Auxonne | qui 
m'avait parlé du poisson appelé Gremille, est mort, avant 
d'avoir pu m'en transmettre mn échantillon ; de sorte qu'il 
est impossible de rapporter cette GremiUe à un genre. 



(75) 

l^joaaière. Perça cemua, Linn. , Gmel. , S N. , p. 
a3ao., sp. 3o. 

- iSafttr^ de aquatUib,, p. .907 , ioon ; cemua fiuvUMis, Defcrip- 
tio.j^^ 938. jlspredo Johann Cali angli , p. 826 » <2^ percœ flu» 
piatÛis génère minore, 
' Iftoâgli, Hamift. , tom» IT9 p. 67» tah, .xx» , /S^. s. Pefeoa n. 

Bohaindy Pèches, ^•pari.y sect, nr, p. S9» p^ fm^^if. tt iVwche 
flrdoaiiée ( voyez ci-dessus, ji. 68 ) ou goijjouiiière. 

Bloch. Ichtyologie , part» n^p» 68 ^ pi. lui , jî^. a. t^etiU perche. 

rionaaterre. TafrZ. encyc. , Jchth, , pi. Sj, fig, 320. Le j^st. 

i^Êtépèée. Biaî, nat, des Paiss, , tem. ¥ii f p, â8a. Le poit , i^ho- 
kcentre poit. 

JToui^efltf i£M;f. Aùf. nat,, édiL a, tom. 149 p«6ii. Qoloceatre 
^ostV lont. i3 , p. 4^* Grenaille. 

ÉHct, des sciences nat. , tom, xix, p. 358. ji4tûis iekthyoL , pi. 
0yfig' a. Gramiile goujoiiiiière. 

Caviar. Sist. nat. des poiss.^t* 3, |»..4* Acériae vulgaire, pL 4>* 

de petk ipoissop , appelé à Auxerre Perche à g^ufon, 
estd'un goût agréable , se raconaait k aon.corp^- ioBg et 
HhMDt, olivftlre, tacheté de brun, à des fossettes aux 
08 de la tête -, le préopercule et l'opercule ,v^idtïi ^ue 
de petite» épines sans-dentriures* 
^- L'jl(oérine,dant les dents sont en vdiours^-n^a qu'une 
'iorside à 07 ou 2B rayons ; Artedi , Ichfhyologie^ f^art. 
]r,<.p..8o, Al, fan donne quinze paires »de -oôtes, et 
SSVcartèbres, que fflodi, IchthyoL ^ p. 7o,'Pé4iHt à 3o. 

XSe'péîsBm a la yie.dure, il se nouirrît ^des petits 
(f attires espèces, de vers;, d'insectes, et devient la 
^me tdu 'Brochet , de TAnguille , de la Perche ^ «de la 
Lotte, des oiseaux d'eau \ sa chair tendre, de bon goût, 
cttfiluk agréable et pl«s csalobre'que cdle de ia Perche, 
wdit^deBlodi. 

'•'* Ce poisson se Hxmve daps la Seine aux boudies des 
petites rivières tributaires; il est long de 7 à 8 pouces 
^ pèae 3 onces ; il fraie aux mois de mars ^ d'avril , 
les œu& sont petits et d'un blanc jaunâtre. 



(76; 

Dans t Encyclopédie méthodique, DicU des Péche$.^ 
p. 217, on Ut : (( Gremille, espèce de perche de ri^ 
R vière , petite , qui a sur la tête ou auprès , des.ardil- 
(( Ions qu^elle relèye à sa Y(Jonté et qu'on a comparé 
(( à une couronne \ se plaît principalement dans les 
« petites rivières d'eau très-vive. » 

L^auteur a-t-il voulu parler de F Acérine , ou bien de 
la Loche de rivière , ou bien d'un autre acanthoptéry* 
gien?Cest ce qu'il est difitcile de décider d'après les 
vagues renseignemens qu'il fournit. 

Grosley , dans ses Mémoires historiques sur Trqyes, 
et dans ses Ephémérides , m* parL, chap. 8, tom. k 
(1811), p. i63, parle d'un poisson signalé dans cette 
ville sous le nom de Chagrin^ les détails qu'il fournit 
et que nous allons rapporter , nous permettent de re- 
connaître dans ce poisson FAcérine vulgaire. 

« Chagrin, petit poisson dont la chair est très-r 
« délicate. 

« Nos pécheurs de la Seine au-dessous de Troyes.,. 
u qui prétendent n'y voir ce poisson que depuis 3 
<i ou 4 ans , l'ont ainsi nommé à cause de la forme àxk 
« son écaille ; il a sur le dos et sous le ventre deux 
<( crêtes'hérissées et aussi fortes que celles de la Perçue; 
<( il porte sur le dos deux rangs parallèles de taches 
<( d'un rouge noir, dont la teinte pénètre dans h 
<( chair; nos pêcheurs ont imaginé que ce poisson 
« vient delà mer. » 

Ce poisson est la Gremille commune ou Acérine 
vulgaire, dont la peau est effectivement rugueuae 
comme du chagrin , ou plutôt comme la peau ^ de 
chien marin , Squabis catulus , Linn. 

. Bosc a donné la dénomination de Gentropôme saB«*. 
dat , Perça lucio perça , Linn.^ à l'Acérine vulgaire. II. 



(77) 

dit en posséder un individu pris dans la Seine, Nouv^ 
Dict. dHisU nat, , édit. 2 , tom. 5 , p, J^%6. 

£t Guvier dit positivement en parlant du Sandre : 
« il est inconnu à Tltalie , à la France et à PAngle- 
« terre. » Hist. tuU. des Poissons, tom. 2 , ;^. 110. 

Bosc s'est trompé dans ce cas , comme il s'est trompé 
pour le Termes radicum, qui, suivant lui, ravageait 
ses confitures. Yoy. ma note à ce sujet dans les j4ct. 
Divion.f 1827,^.72. 

L'individu de Gentropome Sandat pris dans la Seine , 
et possédé par Bosc , Noui^. Dict. dHist. nat. , iom. y , 
p. 486 , était tout bonnement TAcérine vulgaire , pois- 
son dans lequel on trouve plusieurs vers intestinaux , 
savoir : 

EchinorhjTichus cemuœ, Gmel. , S. N. , p. 8048 , sp. Si . 
CucuUanus lacustris , i cemuœ, Gmel. , p. 3o5 1 , sp. 6, j* 
Fasciola luciopercœ, — Perc» — Lagena, Gmel. , 

S. N. , édit. xm , p. 8057 , sp. 28 , 29,80^ Disto^ 

ma noduloswn, Encycl. mélh. , Dict des Vers, tom. 

2, p. 278, n"* ii3. 
Tœma nodulosa, Gmel. , p. 8072, sp. 5o. Trienophore 

noduleux, Encycl. , Vers, tom. 2, p. 753, Atlas, pi. 

xux, fig. i2-i5^ Dict. Se. nat. , tom. 55 , p. ]85 , 

pi. 489 fig. 8. 
Tœnia percœ cemuœ, Gmel., p. 8079 , sp. 77-79 , 

Dict. Se. nat. , tom. 68 , p. 64. 

Deuxième famille. Joues cuirassées. 

Cette famille comprend des poissons dont la tête , di« 
Versement hérissée et cuirassée , offre un aspect sin- 
gulier , à raison des sous-orbitaires plus ou moins éten- 
dus sur la joue , et s^articulant en arrière avec le préo- 
percule. 



A 



(78J 
IV. Le Chabot , Coitus ' Gobio, Linn. , Gmel. , S. N. 

XIII, p. 1211 , sp. 6. 

Bléch , Johthyolog,, part, ii, pag, ii , planche xxxix, fig, i , ti. 

Jùrine , Hist. des Poissons du lac Léman, p, i5oy n9 3, |i/.^a. Se* 
chot 6^Chassot ^. 

Marsigli, Danuh,, tom, iv,p. 73, tah, xxiy y fig. a. Gobio flavia- 
tilis capitatiis. 

Duhamel , Pêches, a« part., sect. t , p. ia3 , pL %\ , ySg-. S y 6. Ca-^ 
Bot testa, ^«ec^. Yiy p» 1^7 9 Chabot. 

Meyer , Représ. , tom. a , pL xii. 

Cuyier, J7Û/. naï. des Poissons, tom, ïv,p. i45-i5a. 

Lacëpède, ffist. nat. des Poissons , tom. y y p. 3a4' 

PrcTOst, uénnales des Sciences naturelles, idSo, tom, zix, p^ 
165-176, pi, 4i» Mulus Gobio. JIfém, de la Société de Physique et 
d*Hist. nat, de Genève, 1828, tom, iv, p, 171-183 , pi, 

Bonuaterre, Tableau encyclop. , Ichthyologie , pi. ^yfig- i49» 

Rondelet, de Piscib.fluviatil, liber, cap. xxy,p. aoa. JDe Cotto» 

Gesner, de jéijuatUib, , p^ 47^ > P* 7^^* Botetrissia. 

Jfouv. Dict. d*Hist, nat,, éd. a, tom, viii, p, 19a. Meunier. 

Dict. des Se. nat. , tom. xty p, 6a. Le Chabot ou le Meunier. 

3i vertèbres, 10 paires de côtes. 
1* D. 7 : 2!" D. 16 : P. 14 : V. 4 : A. la : C. 14. 
Membrane branchiale à 6 feuillets. 
Le Chabot a la tête large, déprimée, presque lisseet 
seulement une épine ^ au préoperculé \ la première 

* Cottus de xirln , tête, diaprés Hesycliius. Ce nom a été 
donné à ce genre à cause dn volume de la tête des espèces 
qui y sont contenues. 

^ Le Chabot porte en Savoie le nom de Chasso ou Chas^ 
sotf qui , suivant Gesner, a du rapport avec celui de Scazon 
donné par les Italiens à ce poisson. 

' Bloch indique deux piquans : Tun grand a la pointe 
tournée vers la bouche ; Tautre , petit , a la pointe tournée 
Ters le tronc. Les auteurs ne parlent pas de ce dernier ; 
mais pour le sentir | il suffira de passer le doigt le long de 
la tête. Cuvier,/7. 146, eu parle sous le nom de « très- 
petite dent cachée sous la peau. » 



( 



(79) 

dorsale est très-basse. La ligne latérale, un peu sail- 
lante 9 conserve cette dispo»tion sur la peau du pois- 
son enlevée et séchée. 

Ce poisson thorachique , noirâtre, de trois à cinq 
pouces de longueur , est connu depuis longtemps. Vin- 
cent de Beauvais, Spéculum naturœ, iom. i, lib. xvn, 
cap. XL , en donne une description très-précise sous le 
nom de Capitatus ,* Albert le Grand hii donne le même 
nom ; l\in et l'autre en reparlent encore sous le nom 
de Gobio, qui depuis a été appliqué à plusieurs au- 
tres poissons. 

Rondelet en donne une mauvaise figure et une des- 
cription suffisante. 

Le Chabot est un des poissons sur lesquels on a accu- 
mulé un si grand nombre de noms ' , quMl en est ré- 
sulté dans beaucoup d'ouvrages une confusion assez 

i 

' Les Français rappellent Chabot, les Romains Misons p 
les Manceaux un Musnîer, parce qu^il se trouve dans les 
Mefs des moulins; les Milanais, un Scatzoteï Botf les In- 
snbriens , Strincius et Botetrissia. Botulns à grapaldo di- 
citur, hinc et Botetrissia, compositum ab InsubrisTOcabu- 
Inm est. Gesner , p. 4?^* 

Clou de cbeval , à cause de sa grosse tête. 

Artédî, Ichthyologie , part, iv , p. 77, écrit Chalot } 
c'est sans doute par erreur typographique. An surplus , 
part. y\pp» 82-84 9 il décrit très-exactement les parties ex- 
ternes et internes de ce poisson ; il signale la membrane 
très-noire dans laquelle sont enveloppés, soit les laites, 
•oit les ovaires, et n'oublie pas la couleur noirâtre du pé- 
ritoine. 

Il indique 3i vertèbres assez comprimées sur les côtés , 
et enTiron j o paires de côtes légèrement attachées aux ver- 
tèbres par un cartilage. 



( 80 ) 

difficile à tlébrôniller. Cette multitude de noms recon- 
naît pour cause TexameQ particulier que cl^acun a fait 
d'une des parties de ce poisson. Les uns , ne s^attachant 
qu'à son énorme tête, Font appelé Capitatus, Testa, 
Testard ', Teste dazCy Tête (Tâne^, Chabot, etc. Sur 
la Bèze on lui donne le nom de Bdne ^ et , suivant 
M. Locquin , Jacquard, Gau. 

Les noms de Jac(piard, Gau , donnés sut la Bèze 
au Chabot , viennent des deux vieux mots , Jacquet 

' Le nom de Têtard ( Tulg. Queue de casse , c^est^à-dire 
Queue de , poêle à frire), est usité pour désigner les larges 
des Batraciens ( Grenouilles , Crapauds et Rainettes ). 

Pour se former une idée de ia manière dont sont faits les 
livres, j^engage à lire dans VEncycL méthod», DicU des 
Pêches, p, 35 , l'article Chabot ou Tête d'âne ,• on y trou- 
vera : ce Le trait de ses ailerons a la rapidité de la flèche ^ s» 
pour dire ; Ce poisson nage avec la rapidité d'un trait. 

* Dans le Dict. théorique et pratique de Chasse et de 
Pêche , 1 769 , l'auteur , Delisle de Sales , publie l'article 
suivant : 

Same. Poisson à nageoires épineuses, qu'on trouve assez 
communément dans le Rhône , dans la Loire et dans la Ga- 
ronne. Le peuple des naturalistes croit qu'il ne vit que de 
fange , tom, 2 , p. 33o. 

Sous le nom de Same , les auteurs confondent des pois- 
sons de mer et des poissons d'eau douce ^ mais ce nom de 
Same venant du patois dauphinois Saumo , ânesse , me 
porte à croire que le Same des rivières est le Chabot, ont 
peut-être VApron , (;e qui est difEcile à décider, par suite 
de l'indication inexacte donnée par les auteurs. 

^ Le nom de Bane ( borgne } , est donné à ce poisson par 
les pêcheurs de la Bèze ^ sans doute par antiphrase. 



(.81 ) 
(petit coq), Gau (àegallus, coq), à raison de . ses 
nageoires dorsales qui , redressées, sont comparées k la 
crête d'un coq. 

D'autres , s^attachant uniquement à b ferme de son 
earfè enduit d'une mucosité visqueuse , comme rAn- 
guille, lui ont donné le nom de Trissîa; d^autres en- 
fin, considérant la forme générale du poisson, Tout 
désigné par le mot de Botatrissia : de Bote, Crapaud , 
à cause de la grandeur de sa gueule, et trissia, à raison 
de son corps anguilliforme. F'ojez Gesner , de AquaU , 
p. 711, lin. 52. Rondelet, dont Touvrage doit toujours 
être consulté quand il s'agit dlchthyologie, avait très- 
justement comparé le Chabot à la Grenouille pêcheuse 
{Lophiuspiscaiorias, Linn.); il ressemble effectivement 
enpetità ce poisson, soit par le volume de satêteetTaiiH 
pleur de sa gueule , soit par son ensemble , soit par ses 
habitudes; d'autres enfin l'ont désigné diaprés les lieux 
oii on le disait se trouver : a Les Manceaux , dit Belon , 
« l'appellent un Musnier, parce qu'il se trouve dans 
« les bieis des moulins. » Gesner , de AquatU. , p. 47^* 
Je soupçonne ici une erreur de la part de Belon qui 
aura confondu le Chabot avec le Chevanne , par suite 
de répithète Çapitatus donnée à l'un et à l'autre de 
ces poissons , quoiqu'il y ait une grande différence de 
tolome et de forme entre leurs têtes. 

Le Chabot est facile à reconnaître par sa tête plus 
large que son corps , par sa peau muqueuse , par ses 
écailles presque nulles. 

n se nourrit d'insectes aquatiques, dé vers, de 
petits poissons; il sévit même, dit-on, contre sa propre 
espèce. - 
n fraie à la fin de l'hiver , en mars et avril , éloigne 

6 



(82) 

lès pierres avec sa queue pour déposer ses œufs dans 
les petits enfoncemens qu'elles laissent* 

Sur le Rhône on le nomme Sechoi, Ohassoi, quel-' 
<^efois Sorcier, * d'après Cmner, Hist. nat. des PoUs^, 
iom. vr^p* i5o. 

Lor^ue le Chabot est en danger , il gonfle la mein* 
bif^ne de ses ouies , soulève son préopercule de manière 
à piôtivpir blesser avec Tépine osseuse , aiguë , recou- 
verte de peau qui le termine. 

' Ce poisson , dont la chair délicate devient rouge , par 
là cuisson, comme celle du Saumon, constitue un 
aliment très-agréable et fort sain; ^ il est après le 
£roujon le poisson que de mai en juillet, rÀnguilIe 
âiine lé plus; aussi s^en sert-on pour amorcer les 
lignés de fond. 

Lès Laites tout renfermées dans une membrane très^^ 
lioire, comme le péritoine, Dieu Se. nat, , tom. xi , p. 
62.' Les ' sacs de ses ovaires, sont teiùts en noir , Cmner. 
La femelle pleine est fortement gonflée par les œufs 
petits et de éôttleurjaiïne. 

Les entk'ns, pour pi*endre ce poisson , soulèvent avec 
{irécàutiqn les pierres sous lesquelles il se blottit , 
et s'en emparent en les transperçant d'une Iburdiette 
Solidement attachée au bout d'un bâton. 



j, 'A Lyon ^ le nom de Sorcier est aussi donné à VApronp 
résultat de la confusion faite de ces deux poissons par 
les "^(^eikT^iel par Ijes. marchands. 

* Quelques personnesr en lèvent la tête de ce poisson sous 
le prétexte qu'elle est am^re ; ce qui n'est pas. Cette pré- 
caution est plutôt le résultat soit de la figure hideuse de 
cette tête, soit de Tabsence de chairs dans cette même 
tété. 



(83) 

Le Chabot aime les eaux limpides , au fond desquelles 
il se tient immobile. 

Dans les endroits très-pien'etût de Flsar , on pêche et 
Ton apporte au marché de Munich le Steinkressen , 
(Gonjon de pierres), Cyprinus urattoscopus ^ , qui meurt 
tout de suite hors de Teau , ce en quoi il diffère du 
Cbojon, qui perd difficilement la vie, et avec lequel pn 
Ta confondu. BuUet. Feruss. , 182^, Scienc, nat. , tom. 
Xix, p. ii5, n*6i. 

Ce Cyprinus uranoscàpiis est lé Chabot désigné , par 
les anciens auteurs ^, sous le nom de Gcbio, nom qui lui 
a été conservé par les modernes comme dénomination 
triviale , ou spécifique. Gronovius avait donné le nom 
A^Uranoscopus au Chabot , Cottus gobio, à raison de la 
forme de sa tête , comparée par lui k celle du Bat , 
Uranoscopus scaber , Linn. , désigné sous le nom de 
CoUus anoslomus par Pallas, ZooL rossic., tom. 3, p. 
ia8, n* loi. 

EpivocHE , Gasterosieus ^ , Bloch , Ichthy. y part* n , 
p. 71. 

Epines dorsales libres, ne formant point une nageoire: 
k bassin se réunissant à des os hu^ranx phis larges 

*■ ' • ■ ■ 

* Les yeux da Chabot , fort élerés sur la tête et toamia 

Tert le ciel, ont porté quelques auteurs 4 ranger ce poisson 

avec les iTranascopus , dit Dubamel, Pèches, up part. ^ 

*.On peut s^en assurer en «onsaltant Gesner^ de Aijum» 
sSib.',p. \<jS y qui intitule le clmpilre du Gliabot : De Cotto 
Bondeletlas : qnem itidem Oohimn fiwnoMlem , ab Ausonii 
Gobiè dirersum , eruditi quidam kppellant. 

) De Y««Nf » tentre , et «sitr , os , parce que le rentre de. ce 
poisson est en pûtie osseux. 



(84) 

qu^à l'ordinaire , garnit leur ventre d*une sorte de cui"- 

— rasse osseuse. Les ventrales placées plus en arrière que 

les pectorales , se réduisent à peu près à une seule épine* 

Ces poissons 9 très-voraces, avalent des vers près- 
qu^aussi gros que leur corps et les laissent digérer dans 
leur œsophage; ils se nourrissent aussi de larves, de 
chrysalides , d'insectes , aquatiques , de petits poissons 
qui viennent d'éclore. 

<( Les pêcheurs de notre pays ne se sont point ap* 
IL pliqués à remarquer le nombre des épines du dos , » 
m'écrit M. Pataille. 

Gela n'est pas étonnant , parce que TEpinoche , étant 
un poisson dont on ne fait aucun usage, n^a point dû fixer 
l'attention des pécheurs qui s'attachent uniquement à 
distinguer les poissons dont ils sont assurés de tirer parti. 

Cîependant des Anciens avaient remarqué la diffé-* 
rence de l'Epinoche et de l'Epinochette ; d'autres en 
ont parlé sous une dénomination commune ; Gesner , 
de aquatilih., p. B96 , parle des Epinoches , sous le nom 
de Pungido, désignées, dit-il, à Lyon par le mot ardère. 

Albert-le-Grand , opéra , tom. vi , p. 658 , sous le 
nom de Pungitius, et Vincent de Beauvais , Spéculum • 
natur. , iom. 1 , Ub. xvii , cap. hxxxi , sous celui de 
Pungitiyus , parlent d'un petit poisson qui a deux épines 
pour nageoires ventrales. 

On distingue plusieurs espèces dans ce genre. 

y. La grande Epinoche, Gasterosteus aculeatUSf^ 
linn., Gmelin, Se* nat., édii. xiii, p. iSaS, sp. z. 

Bloch, Ichthyologie , part, if , p. 73 , pL lui , fig, 3. 
• fielon donne k ce poisson le nom de Jtipe, 

Rondelet , Ve piscib , JluviatiL , p. 206 , cap, zxx, fig, super* 

JLacépède , Hist. nat., Poiss , y y 385. 

Aldrovandi , Ve pisçib,, Ub. ? , cap, uulti, p* 6aS| de pungUU 
pisee jilberU, 



(85) 

Dobaine], Pèches, 2» part,^ sect. m, p. 5i6, pi, xxTt, fig, 6. 
Schardeott Epinarde, Epiaaude, Savetier '. 
BoDuaterre, Tableau Encyclop,, ichthyologU, pi, 5j ^fig. aaa. 
Caner, tiist, nat. des poissons, tom. 4* P* 43 1 -4^3* 
Sncyclop. méthodiq,, Hist. nat., tom, 3 , p, 409. 
Nouv, Dict. d'hist. nat,, édit. a» tom, su , /». 45i. 
IHct. des sciences naturelles, tom,3LYin,p, i68. 

Artedi^ Ichthy. , pcat. r^p. ^6^ dit, le Péritoine ta- 
cheté de points noirs ; xv paires de cotes, 3o vertèbres. 

Trois épines libres sur le dos , font facilement recon- 
Daitre ce petit poisson dont la longueiir varie de 1 pouce 
et demi à trois pouces; il fraie en avril et juin, et dépose 
les œu& sur les pétioles des feuilles de nyropbaea , ne vit 
^e deux à trob ans , il pond fort peu d^œufs. Lacépède, 
p. 386 , pense que la durée de trois ans est supposée. 

On confond sous ce nom deux espèces : 

A. Gasierosieus trachmus, Guv., Blocb, pi. 53, fig. 3. 

Tout le côté, jusqu'au bout de la queue, garni de 
piaqaes écailleuses. 

« G^est re^>èce qui se trouve en Sadne , sur les bords 
« de laquelle elle est connue sous le nom à^Epinglâte. 

Il vit de frai, de petits poissons, de vers, d'insectes, de 
demoiselles. Dansquelques pays employé comme engrais, 
n n^y a que le peuple qui , dit-on, en fait usage à causé 
de ses œufs , opinion fondée siu* le passage suivant : 

Epinocbe , petit poisson sans écailles , dont la plus 
grande espèce s'appelle poisson épinarde, parce que ses 
aiguillons ressemblent à la feuille d'épinards. 

L'Epinocbeest une nourriture qu'estiment les gens de 

' Ce nom lui a été donné ^ dît Duhamel , à cause des 
pointes très- piquantes placées sur son dos, et comparées à 
une alêne ; Toiià pourquoi y dans le département de laCôte- 
d^Or , les petits enfans lui donnent le nom de Cordonnier» 



la campagne. Dict. ihéor. et pratique de chasse et de 
pêche , tom. i, p. 32i. 

M. Delisle de Sales ^ auteur de ce Dictionnaire , a été 
induit en erreur \ rEpiopch^ n'est nullement estimée. 

« On rencontre en très-grande quantité, dans la 
rivière de Bièvre , le petif Mulet remarquable par les 
deux ^aiguillons qu'il porte sur le dos. » Hygiène pu- 
hlique , par ParenUdu-Chdielet, i836 , tom. i , p. 1 18. 

Le petit Mulet est FEpinoche caractérisée par l'au- 
teur , d'après Klein qui ne parle en effet que de deux 
aiguillons sur le dos , quoiqu^il y en ait certainement 
trois. 

B. Gasterosteus gymnurus, Guy., Willugb. , 34 !• 
La région pectorale seule garnie de plaques écailleuses. 

Le Binocle do Gàsteroâte s'attache à la peau de ces 
poissons et l^ur suce le sang. 

Le Botriocéphale solide leur remplit quelquefois 
presque tout l'abdomen dont alors les intestins, compri- 
més 5 sont réduits à un fort petit espace. Guvier , Hist. 
naU des Poissons, tom. iv,^. 4^4* 

Le JficnostomacaryophiUinus vit dans leurs intestins. 
Bremser^ J?ï^ des i^ers, p^ i32. C'est YHypostoma 
caryophyUùmm., YAçU Se. nàt* , tom. 3^ , p^ 4^^ 9 ^^^* 

57 , p. 58i , pi. 4i- 9 %• 4* 

On trouve encore dans l'Epinoche : 

\^ Ascaris glohicola , O. Fabr. , Gmel. , S. N. , xm 5 

p. 3o36 , sp. 65 ^ 

V Ascaris lacustris,0. Fabr., Gmel., p. 3o36 , sp. 66\ 

Le Tœnia soUda, MuU. , Gmel. , 3079 , sp. 80- 7>- 

nia gasterostei, MuU. , Gmel. , p. 3079. Botriocéphale 

solide, Dict. class. d'Hist. nat., tom. 2, p. 4^4^ ^^^Y^'* 

méthod.y vers, tom. 2, p. 148 , sp. 14. Tœnia fUcoUis^ 



(«7) 
Ency. méth. vers, tom. 2, p. 718, sp. a3^ Dict. Se. 
nat. , tom. 53, p. 64 ; tom. 57 , p. 610. 

YI. UEpihochettb , Gasterosteus pungitius, Linn., 
CkneL , Se. nat. , edit. xni , p. i3â6 , sp. 8. 

filoch 9 Ichtyologie, part, tty p. 76, planche un , /^.. 4. 

Aldrovandi , <2dr Piscib. , p. 698. Acaleati alteram g enai. 

Hondelet , de Piscib. fiuviatil» Lib. ^ cap, zxx 9 p. ao6^ y^. ûi^r. 

Lacëpède, y, 891 . 

Boanaterre, Tableau encyclop., ichthyologie , pi. Sj^fig, ssS. 

^oiM^. Dict. d'Mist. nat., édit. a, tenu xii , p. 4^3. 

DiU. Se, nat; tom. zyiii, p. 169. jétlas, ichthyologie,pl. ti^fig. 1. 

CavieTy Zfûf. ix/i^. des poiss,, tom, IT9 J>- 5o6-5o8. 

L^Epinochette n'a guère que 18 lignes de longueur : 
c^est notre plus petit poisson d*eau douce : elle a sur le 
dos neuf épines toutes fort courtes ^ les côtés de sa queue 
oQt des écailles carénées. 

A. Gasterosteus lasins, Cuv. 

Cette espèce ne diffère de la précédente que par Tab- 
sence d^écailles carénées à la queue ; c'est celle de la 
Seine. ^ 

L'Epinochette fraie en mai et juin ; elle est fréquem- 
ment attaquée par le Binocle de tEpinoche ; elle est 
sujette au Botriocéphale solide qui , par sa présence , 
gonfle le ventre , en sort souvent spontanément par 
Tanus ou par une déchirure de Tabdomen , lorsqu^on 
le comprime \ alors on peut trouver ces vers dans Peau. 
Bull. Fer. , 1829, Se. nat. , t. xvni , p. 3i3 , ti* 197. * 

L'Epinochette est très-bien indiquée sous le titre de 

Spinachia, par la phrase suivante de Vincent de'Beau- 

' vais, Spéculum natur,, Ub. xvn, cap. xciv : L'Epino- 

chette , quoique petite, est hérissée d^épines de toutes 

^garts, et conséquemment à Tabri de Fattaque de quelque 

^poisson que ce soit. 

En effet, aussitôt qu'elle craint du danger, elle hérisse 



(88) 

ses piquans, de la même manière que la Perche redresse 
sa dorsale. 

Le Brochet n*attaque jamais TEpinoche ; la Perche , 
au contraire , est si vorace qu^elle se jette sur tout ce 
qu^elle peut attraper ; TEpinoche , pag, 64 , lorsqu'elle 
est prise , redresse ses rayons et les enfonce dans le pa- 
lais de la Perche. Bloch , ich, , part. 11 , p. 64. 

Le PéritCHue de TEpinochette est moucheté de points 
noirs. Artedi , Ichthy. , pars v, p. 97 , 98. 

L'Epinoche n'est pas le seul poisson qui se défende 
avec ses aiguillons. J. Hermann , ObseruaU zaologlcœ, 
p. 309 , propose le nom de Silurus ichneumon y pour 
désigner le poisson du Nil , appelé Gourgour ou Shahr, 
et au Caire Shalh, par Pococke. 

L'épine de la première dorsale et des pectorales 
très-forte , peut causer la mort du Crocodile qui avale- 
rait ce poisson , décrit sous les noms de Silurus clarias 
par Hasselquist , Silurus schalpav Schneider , Pimélode 
scheilan, par Geoffr., poiss. d Egypte, pL xiu ^Jig. 3,4» 

!!• ordre. MALACOPTERYGIENS « ABDOMiirAux. 

Les ventrales sont suspendues sous Tabdomen en ar- 
rière des pectorales , parce que le bassin est sus- 
pendu dans les chairs du ventre. 

> Cet ordre comprend lamajeure partie de nos poissons 

d'eau douce. 

* Pour appliquer exactement la dénomination de Mala^ 
coptérygien, on est obligé de faire abstraction des premiers 
rayons de la dorsale ou des pectorales dans certains Cyprins , 
où ces rayons présentent des épines fortes et solides ; à la 
Vérité ces épines se forment de Tagglutination d^nne mul- 
titude de petites articulations dont on voit les traces. Cv»., 
' Hkt» nat,, Poiss,, ton. i j p» 55y. 



/ (89) 

CoTier le divise en cinq familles. 

I** ÊuniUe. Ctpumoîdbs. Bloch, ichthyologie , pari, i, 

p. 19, des Carpes. 

Os pharyngiens fortement dentés. Rayons branchiaux 
peu nombreux. 

Dans les Cyprins , Tun des premiers rayons de la dor- 
sale a quelquefois ses articles soudés en sorte que ce ne 
sont pas vraiment des rayons épineux , malgré cette 
af^Murenoe. Cm^. p HisU nai. des poissons, tom, 1,, 

pugr. 379- 

!•' genre. Ctpuh ■ . 

Trois rayons aux ouïes. 

Les Cyprins n'ont de dents qu'au pharynx. L^os 
supérieur du pharynx présente une plaque unique , et 
les deux os inférieurs sont armés chacun d*un certain 
nombre de très-grosses dents , qui frottent en partie 
contre celles de Pos analogue, en partie contre Tos su- 
périeur. 

!•' sous'genre. Caepb. 

Dorsale longue , ayant , ainsi que Tanale , un os plus 
mi moins fort pour deuxième rayon. 

La denture des Cyprins est une partie importante de 
leur histoire , trop négligée par les naturalistes mo- 
dernes. Àlbert-le-6rand a , je crois , le premier parlé 
des dents des Cyprins , mais sans aucun détail. 

Rondelet a parlé de Tappareil dentaire pharyngien 



' Dans les Cyprins Vintermaxillaire forme la presque to- 
talité du bord de la mâchoire supérieure. Le maxilkUre 
forme ce qu'on appelle communémeiU os labial ou os des 
fi*y$tàces* 



(90) 

de la Bordelière , Cyprinus lotus, BL; mais sans fixer le 
nombre des dents. 

Gesner a (ait une attention spéciale à cette organi* 
sation; il Ta décrite pour plusieurs espèces de poisscms; 
aussi , en comparant ses notes ayec mes propres re-* 
cherches , je suis parvenu à reconnaître exactement IcfT 
espèces de Cyprins dont il a parlée 

Guvier, Leçons et anatomie comparée , lom. S, pp^ 
190-192, a indiqué le nombre et la forme des dents 
pharyngiennes de quelques Cyprins ; et-Jurine, itf!^ 
moires de la Société de physique et d! histoire - naturelle 
de Genève, tom. impart. 1, 1821 , p. 19 , a publié une 
Note sur les dents et la mastication des poissons appelés 
Cyprins i mais il s^est borné à peu d'espèces , et ne s^est 
pas même occupé de toutes celles du lac Léman. 

Avant d'entrer dans le détail de la denture de tous 
les Cyprins mentionnés dans cette Ichihjologiefrançaise, 
je vais rappeler la disposition des dents dans les animaux 
à sang froid et dans un invertébré. 

Le Lézard ordinaire , Lacerta agilis, Linn. , a le fond 
du palais armé de deux rangées de dents. 

L'Orvet , Anguis fragilis , Linn. , a sur la moitié 
postérieure de chaque arcade palatine de très-petites «t 
très-courtes dents, rangées sur deux rangs. 

Dans la Couleuvre, Coluber natrix, Linn., chaque 
arcade palatine et mândibulaii^ est armée dé dents 
coniques crochues , très-pointues , dirigées en arrière ; 
il y a par conséquent qù'àtreSangées, à peu près, de dents 
longitudinales à la mâchoire supérieure , et deux à Tia- 
férieure. 

Dans la Salamandre ^ Lacerta Salamandra,^ Linn,, 
on trouve au palais deux rangées longitudinales de 



(W ) 

denU- nombreuses, petites, attachées aux os qui repré- 
$^tent le vomer. 

. Dans les Crapauds et les Grenouilles, les dents 
forment une ligne transverse interrompue dans son 
fiilieu ; elles sont implantées dans les os palatins. 

Dans les Cyprins les dents font corps avec les arcs 
pharyngiens. 

Dans le Coluber scaber, Linn., les dents sont situées 
for la portion de Fcesophage appliquée contre les ver- 
tèbres le plus rapprochées de la tête. 
. Enfin dans TEcrevisse les 4ents sont placées sur Tes- 
tDniac* 

On voit, par ces détails, que les dents peuvent oc- 
cuper toutes les parties du canal alimentaire , depuis 
Tare des mâchoires jusqu'à Torifice de Testomac. 
: Les dents des poissons ont besoin d'être examinées 
jans^leur structure, pour s'assurer si elle a de Tana- 
logie avec celle des dents des mammiCèreç» 

Ces dents ne sont point enchatonnées dai^s des al- 
véoles ; elles sont ou soudées à la mâchoire , ou quel- 
quefois seulement fixées à la gencive ou à d'autres 
parties molles. 

P^ la coction , la couronne des dents se détache 
quelquefois de leur corps et se présente alors coinme 
une sorte de petite coupe. On ignore combien il doit 
tféCtioler.^^. temps pour qu'elle soit complètement adhé- 
rente avec l^fx>rps.dela dent. 

Tai ttifayé fréquemment , dans des Cyprins cuits , 
des dents .<{tii vacillaient , probablement parée que le 
noyau osseux n'aVait pas encore acquis une dureté suf- 
fisante. 

Le nombre des dents chez chaque Cyprin est cons- 
tant; mais il peut varier par la chute ou roblitération 



(92) 

d'une ou plusieurs d'entre elles. Jurine soupçonnait que 
les dents tombées étaient remplacées -, je pense le con- 
traire, parce que ces dents, Élisant partie des mâ« 
choires pharyngiennes , n'ont point de germe pulpeux. 
Au surplus , c'est une opinion sur laquelle on discutera 
longtemps à raison de Pimpossibilité d'observer les dents 
pharyngiennes pendant la vie du poisson. 

M. Isid. Geoffroi St.-Hilairë, Traité de Tératologie, 
tom. 1, i83a, p. 4^6, dit : <c On sait que chez un grand 
nombre de poissons, les dents sont , dans Tétat normal, 
non pas implantées dans des alvéoles osseux ; mais seu- 
lement adhérentes aux parties molles La dent 

véritablement comparable à un poil , est une dépendance 
du systêûie tégumentaire, et non, comme l'admettaient 
tous les anciens anàtomistes, du système osseux, n 

J'ignore comment il sera possible de (aire cadrer les 
dents pharyngiennes des Cyprins avec Vadkérence aux 
parties molles et avec la dépendance du système tégi^ 
mentaire. 

TABLEAU DE LA DEITTURE DES CYPRINS. 

Neuf dents disposées sur trois rangées. 

Le Barbeau, Cjrprinus barbus, hinn. 
Huit dents disposées sur deux rangées. 
Cjrprinus fuUfus , Nob. 
Le Rotengle , Cjprinus erythrophthalnuÀS,.lÀïm. 
Le Goujon, Cyprinus gobio, Linn. 
Sept dents disposées sur deux rangs. 

Le Spirlin, Cyprinus bipunctatus, Bl. 
Cyprinus mugiUs, Nob. 
Cyprinus rufus, Nob. 
Le Meunier , Cyprinus dobula, Linn. 
Cyprinus jacuJtus , Jurine* 



(M) 
Six dents disposées sur deux rangs; 

L'Ablette , Cyprînus aHumus, Linn; 

Le Vairon, Cjrprinus phoxinus ,lixak. 
Six dents sur un seul rang. 

Le Vangeron , Cjprinus rutUus , Linn. 

Çjrprinus fuscus y Nob. 

Çjrprinus toxostoma, Nob. ^ 

Cinq dents. 

La Tanche , Cjprinus tînca , Linn. 

La Bouvière , Cjprinus amants , Bloch. 

La Brème, Cjrprinus brama, Linn. 

Çyprimis xanûiopterus , Nob. 
La Bordelière , Çyprimis latus , Bloch. 
Quatre dents. 

La Dorade de la Chine , Çyprimis auratus, Linn. 
Dents à couronne plate sillonnée. 

La Carpe , Cjprimis carpio, Linn. 
La forme des dents , jointe à Pexamen de la figure 
deFapophyse de Tos basilaire, dans laquelle est sertie 
hphque pharyngienne supérieure , fournit le moyen 
de distinguer toutes les espèces que nous avons exa* 
minées, et dont nous donnons Thistoire. 

Yn. La Carpe, Cjrprimis ' Carpio, Linn. Gmel., 
S. N. , édit. xm , p. \^ii^ sp. 2. 

Bloch , Tchthyologie , part, i > p. 77^ pi* vn, 

Inriae, HiaU despoUs, du lac Léman, p. 004» n* 11, pi. 9. 

liicëpède, Sist, nat, des poiss,, tom,x, pi 39a, 

Dahamel, Traité général des Pêches, a* part., p, 609, sect. m , 
fl xxTi , fig, 1 , tom, 3 , p. 69. 

Bouwterrey Tableau encyclopédique des trois règnes de la na^ 
t»$. Ichtyologie ,pl.ii>tfig.iy extraite des jâct. Paris., 17^. 

' De «virfit, Vénus, à cause de la fécondité de ce poissoa 
^1 dit-OA I dVprès Aristote | fraie cinq à six fois par an. 



( 96 ) 
préjugé qiii existait oontreJes poissons y et notamment 
contre la Carpe , que Ton choisit de préférence pour 
les peupler aujourd'hui. 

En effet, la très*grande fécondité de ce poisson , qui 
fraie en mai et en août , et dont les œufs, d'un jaune 
rouge , sont très-^abondans ; la facilité de relever dans 



de Feau consenrée dans un tonneau , cliarbonné întériea- 
rement. 

En i8o4, ^' Schanb, chimiste de Cassel, employa la 
poudre de charbon végétal pour désinfecter une fosse d'ai- 
sances, abandonnée depuis longtemps parce que personne 
n^osait y descendre; et en i8o5, Krusenstem, capitaine 
de Taissean russe , employa le premier le procédé indiqué 
par BertboUet , pour conserver Peau pure et bonne dans 
les Toyages de long cours. 

En 1810 9 &!• Figuier reconnut que le charbon d'os pos- 
sède à un plus haut degré que le charbon de boit ^ la pro- 
priété de décolorer et de désinfecter. 

Vers 181 2 , M. Desrone fit Tapplication ^e cette nouyelle 
découverte au raffinage du sucre de betteraves. 

En 1822, M. Payen reconnut les grands avantages pour 
Fagriculturej de l'emploi du mélange du résidu des raffi- 
neries avec le dixième ou le quinzième de sang coagulé. 

Pendant l'hiver ^ on est quelquefois obligé de pratiquer 
des ouvertures dans la glace de l'étang. Dès qu'on aper- 
çoit , dit Bioch , dans ces trous une espèce de ver noir e% 
longi ou que les Carpes y viennent, il est nécessaire alors 
d'ôter un peu de l'ancienne eau, pour y en introduire de 
nouvelle. Bloch, IchA», part, 1 j p» Ç8. Comment cela 
pourrait-il se faire dans les étangs alimentés par les eaux 
pluviales ? 

Le ver noir et long dont parle Bloch est sans doute «ne 
larve de Ditique ou d'Hydrophile. 



(97) 

les étangs , la saveur de sa chair que Ton finit par ap- 
précier ,• le cas que Fou fait des œu& de ce poisson qui , 
suivant Lieutaud, passent même pour être sains, et la 
délicatesse des laites ou laitances , placèrent bientôt la 
Carpe au premier rang des poissons dont Thomme peut 
Êivoriser la reproduction pour ses propres besoins. Ce 
poisson devint en quelque sorte domestique. 

La Carpe vit habituellement de larves d'insectes , de 
vers, de petits coquillages, de graines, de racines .et 
déjeunes pousses de plantes ' . Les feuilles et les graines 
de salade les engraissent promptement. Elle fait en- 
teodre , en mangeant , un bruit particulier qui est pro- 
duit , soit par le choc des mâchoires, soit par le cloque- 

* 

ment deTeau. 

Dans la Carpe , les lobes du foie sont si longs , si 
profondément divisés , et tellement disposés , qu'il de- 
vient diQicile de les compter au milieu des trois circon- 
volutions et demie de l'intestin , dont ils remplissent tous 
les intervalles. - 

La vésicule du fiel est grosse. S'il arrive qu'on la 
crève en vidant le poisson , on peut , dit Bloch , /?, 81 , 
Ëdre passer l'amertume avec du fort vinaigre. 

Le temps où les Carpes sont les meilleures , c'est de- 
puis Pautomne jusqu'au printemps. 

La Carpe (raie sur les herbes au milieu du printemps. 
Hbert-le-Grand , Oper,, tom. vi, /?. 65 1, a signalé 
Terreur de ceux qui prétendaient que la carpe femelle 
avalait la laite du mâle pour se féconder. 

Ce poisson s^élance au-dessus de l'eau avec une 
adresse remarquable pour éviter le filet qui l'entoure 

■ Blocbi Ichthy,, part, i , /?. 80, attribue à la Nayade 
Tnlgaire la grosseur des Carpes des étaugs de M. Schlegel. 

7 



(98) 

et le presse de toutes parts. Albert-le-6rand , Oper. , 
tom. m y p. 65 1 y et Vincent de Beaùvais, Specyhtm 
naiur. , lib. xvii , cap. xl , parmi les ruses de la Carpe 
pour éviter les filets des pêcheurs , parlent des sauts 
qu^elle feit. Cette manière d^édiapper oblige les pê« 
cheurs à placer deux ou trois filets , à une petite dis-^ 
tance les uns des autres ; de sorte qi^e si les Carpei 
échappent au premier , elles sont prises dans le second 
ou le troisième , éomme le dit Jurine , Ad. Genêts. _, 
tom. 3,1'* part. , p. ao4. 

Arnault de Nobleville et Sateme, médecins d'Orléans , 
dans la continuation de la Mat. médic. de Geoffroi , 
tom. 3, p. 2,66, parlent de deux os de forme ovale, 
placés au-dessus des yeux , auxquels ils attribuent les 
mêmes vertus qu'à la pierre de Carpe. Ce sont les 
pierres doreille. 

La pierre de Carpe ' , à laquelle on attachait jadis 

' Hftbet et in medio capitis snfastantiam quandam , mt* 
jnscitlam , crassam , cordis fere figorœ j duram sed tenacem 
et flezUem dam recens est j sub dentibus mordentis : tan- 
quam in acetabulo qaodam reposîtam \ si militer nt lenciscat 
fluviatiiîs quem Gardonnm Yocant GttUî. Gesner,p. Syi, 
lin. 12. 

Sttnt antem in maxillœ recnrvœ medio dentés qnîni fere 
«ccnmnlatiy cbœradum (saillies) instar , sitn et magni- 
tndine inœquales 9 très majuscali ^ duo ezigui , prœdvri f 
cavî y superficie snmma lata , sive plana y obtnsa , sed li- 
nels quibasdam exasperata 9 anus tantvm et candidior cœ« 
teris y et superficie lœvi est in mncronem brevissimam 
fastigiata. Gesn., p. 371 , lin, %j. 

On voit f par ces dérails , que Gesner connaissait les dents 
pbaryngiennes de la Carpe aussi exactement que les icKthyo- 
logittes modernes. 



(99) 

des vertus merveilleuses , remplace les dents pharyn- 
giennes supérieures ; c'est une plaque triangulaire , de 
substance dentaire ou d*émail, très-dure, qui est enchâs- 
sée et comme sertie dans une dilatation de Tos basilaire , 
et située à la face supérieure du pharynx ^ c^est contre 
elle que les pharyngiens inférieurs compriment et 
broient les alimens. Guvier, HisU naU des poissons, 
lom. 1 , p. 494 9 P* ^^' 

La Carpe est un poisson lent , paresseux , peu dispose 
à 9e déplacer ^ ' pour les forcer à Texercice , on leur 
associe le Brochet , qui en les poursuivant les sollicite à 
un exercice qui contribue à leur développement. 

Dans les Chroniques , Lettres et Journal de i^oyage 
extraits des papiers d'un défunt, 1.836 , tom. i^p. 66 ^ 
on lit : 

« Dans la cour de la maison des bains d'Àlexander* 
Il bad, il y a un grand bassin rempli d'une eau de 
« source fraîche, courante et limpide comme du cris- 
« tal , dans lequel on pêche un instant avant de les 
« cuire, les délicieuses Truites et les Carpes exquises 
« qui se servent journellement sur la table. II n'y a en 
« effet aucune comparaison entre les Carpes que Ton 
« mange ailleurs, et celles-ci , ce qui peut s'attribuer 
« tant à la pureté et à la transparence de Teau dans 
« laquelle elles vivent , qu'aux petites Truites dont elles 
« s'engraissent -, c^est au surplus une observation à vé- 
« rifier, et que je recommande aux amateurs. » 

Packler Muskau avance une assertion erronée; 
en effet , les Carpes n'étant point voraces , ne peuvent 



' Cependant elles forment des routes dans la Tase, 
comme Duhamel s^en est assuré. Traité des Pèches pf^ 609. 



( 100 ) 

manger les Truites ^ ce sont au contraire ces dernières 
qui mangent les Garpillons. 

Un abonné du Bas-Rhin a envoyé au Cultivateur 
la note suivante : 

(( En 1792 , il existait à Strasbourg une Carpe ayant 
au museau un anneau d'or, sur lequel était gravée 
Tannée où elle avait été mise dans le réservoir ; cette 
époque remontait à François P' ; son poids dépassait 5o 
livres. Deux fois elle avait fait le voyage de Strasbourg^ 
à Paris , à l'aide du procédé qui vient d'être désigné, 
(pain trempé dans de bon vin rouge sucré, mis dans 
la bouche , paille neuve humectée entourant le poisson ); 
la dernière fois , c'était au mariage de Louis XYI ; le 
conventionnel Merlin de Thion ville, en 1792, Tacheta 
10,000 fr. et la fit servir sur sa table. » Le Cultii^ateur, 
Journal des progrès agricoles , i835, Ai^ril^ iom. XI, 
p. 254. 

L'action du conventionnel Merlin était simplement 
une bravade révolutionnaire , comme depuis il en a 
fait étant à Mayence; car la chair de ces Carpes, 
monstrueuses par leur grosseur , est courte y mollasse 
et insipide. 

Il y en avait dans les fossés du château de Pont- 
chartrain qui étaient très-grosses ; beaucoup avant la 
mort de Louis XIY , M. le Comte de Maurepas a dit 
à Duhamel qu'il en avait fait pêcher une , pour con- 
naître quelle était la qualité de sa chair, qui ne s'est 
point trouvée bonne ^ Duhamel a vu servir sur une 
table , une Carpe d'une grosseur monstrueuse 5 on con- 
vint unanimement que c'était un mets au-dessous du 
médiocre. Cependant les Carpes de 1 2 à 1 5 livres de l'é- 
tang auprès de Montreuil-sur-mer , et qui se vendaient 



( 101 ; 

juscpia deux louîs, étaieut ea grande répulatîon. 
Duhamel, TraUé général des Pêches , p. 5ii. 

La Carpe est du nombre des poissons indiqués dans 
t Ecole de Saleme. Le commentateur de Tédition i493, 
aous Farticle 8, dit : « La Carpe est un poisson d'eau 
c douoe bien connu, mais très-visqueux ; aussi les gens 
« ridies le fixit cuire avec le vin , pour lui enlever sa 
c viscosité. » 

Ce mode de préparation , toujours usité , est connu 
en Bourgc^e , sous le nom de moretie, prononcez 
(meorette), expression pittoresque dont le radical 
mare désigne la couleur noire de la sauce; notre 
môreUe est appelée à Paris étuvée. 

Suivant Amauld de Villeneuve, auquel on doit la 
découverte de Feau -de-vie , de Thuile de térébenthine, 
des eaux spiritueuses, dans son Commentaire de F Ecole 
de Saleme, peu de poissons d'eau douce entraient 
encore au xiv* siècle dans le régime alimentaire. 

PSarmi les Carpes péchéesen août i836 , dans la ligne 
du canal, depuis le bassin jusqu'à Larrey, se sont 
trouvées des Carpes plus courtes , plus épaisses , à dos 
bombé, ce qui les faisait paraître comme bossues. C'est 
suivant les pécheurs une simple variété; serait-elle ana- 
logue aux Carpes à dos fort recourbé , du canton de 
Revermont? Les naturalistes du département de FAin 
pourront nous rapprendre. 

Il y a dans le canton de Revermont ' en Bresse, deux 

r 

' Revermont ; on donnait anciennement ce nom à une 
seigneurie dn Bagey , dont les comtes de Savoie s'emparè- 
rent vers la fin da xi® siècle. Cette seignearle comprenait 
les terres qui se troavent présentement entre les Mande- 
mens ( remplacés par les Bailliages ) de Coligny et de Pont 
d'Ain. 



r 102 ^ 

lacs souterrains , qui se dégorgent dans les sécheresses, 
et inondent une grande étendue de pays ^ l'un s'appelle 
le Dron, Pautre Cerdnes. 

Là terre qui couvre ce dernier lac souterrain , s*élèvc, 
en certain temps ^ se détrempe , et Ton voit sortir dé 
cette espèce de limon des Carpes dont le dos est, dit- 
on , fort recourbé. Après la vérification du fait , il fau- 
drait examiner si c'est une espèce particulière à cet 
étang , ou si la courbure de ces Carpes vient des Heux 
souterrains oii elles vivent. 

Beguillet, DescripU de la France, gouvernement de 
Bourgogne , p. 264 , [1]. 

La Carpe est un poisson sur lequel on a beaucoup 
écrit ; tous les ichthyologistes en ont parlé. Voyez le 
Nomf. DicU dJdst. naU, éd. 2, t. v, p. BaS, et DicU des 
se, naU y tom. vn, p. iS5. Elle est susceptible d'acquérir 
de grandes dimensions, p. 100, et d'offrir quelquefois des 
monstruosités par la difformité de la tête. Rondelet a 
donné la figure exacte d'une Carpe à front très-bombé 
et à museau très-court , sous le titre de Cyprini mira 
specie. De Piscib, lacustrib. Uber, cap. vu, p. i54. 
uicU Diinon. , i835, p. 19. Gesner, de AqualUibus p 
p. 373 , donne aussi la figure d'une Carpe monstrueuse , 
sous le titre : Cyprinus rarus et monstrosus, qu'Aldro- 
vandi , Monstror. historia ,p. 1 42 , 352 , a copiée , parce 
qu'on a dessiné une tête humaine pour remplacer celle 
de la Carpe. 

Cette curieuse monstruosité de Carpe, A et. Dwîon., 
i835 , Se, pp. 77, 78, a reçu des Allemands le nom 
de Mopskarpfen. Elle résulte de la brièveté extrênaé 
de toute la région maxillaire supérieure , que la* mâ- 
choire inférieure , seulement un peu plus courte qu'à 
Pordinaire , dépasse de beaucoup en avant. La face se 



( 103) 
termine presqulmmédiatement au devant de Toeil, 
par une sur&ce assez large , quadrilatère , à peu près 
Tertiqde, s'étendant depuis la bouche jusqu'au sommet 
delà tête. ^L'œil, de grandeur, ordinaire , est placé 
piesqu^à égale distance du sommet de la tête et de Ton- 
TerUire buccale. Traité de Téralologie, par M. Isidore 
G0(ffm SU'UUaire, i83a, tom. i, p. a84-^5 ^ pL i, 

Cette monstruosité présente des variétés à raison 
de Falongement ou de raccourcissement du museau. 

L^aloQgement du museau donne la Carpe à bec pointu 
semblable à celui d'un Hochequeue , dont il est parlé, 
Au. Paris. , 1747 , Hist., p. 5a , § iv. 

Une autre monstruosité bien plus importante pour 
nos tables , est celle désignée sous le nom de Carpeau , 
renommée pour la délicatesse de sa chair , et indiquée 
par Ihihamel , Pèches , 11* part. , sect. lu^ p. 5i3. 

DeLatourrette a publié des Recherches et obsen^alibns 
wle Carpeau ^ y dans le Journal de physique , 1776 , 
ofiiûbre^p. 271-^0. U a démontré que ce poisson n^est 
qu'une Carpe chez laquelle , par des circonstances par- 
ticiiUères, josqu^à présent inconnues, les organes^xuels 
ne se sont pas développés, ou sont atrophiés ^. Le D' 
Gaspard , dans ces derniers temps , a confirmé d'une 
manière très-précisè l'opinion de Latourrette. 

Cette yariété de Carpe se pecJie dans la Saâne et est 

■ Les petits Carpeânx d'une livre et au-dessous sont nom- 
mh à Lyon Pergneeux, saiv. PEncycl. méth. , Dict. des 
fiches, p. i43- 

* Une autre monstrooaité est produite par Phermapluo* 
Atisnie ) aceidenlel dans la Carpe, quoique coustaat dans le 
Senraii» Cnvier^ Ifist. nal. des Pois., tom. i^ p^ 17O1 534* 



(iOi) 

très-recherchée ; elle ofiFre , comme ses congénères , de 
grosses dents adhérentes aax os pharyhgiens înférieursî^ 
et pouvant presser les alimens îehtre elles et un bourrelet' 
gélatineux qui tient & une 'plaque osseuse soudée sôt&' 
lai !'• vertèfcré^ ce bourrelet , connu vulgaîremfent sbui^T 
le nùm Aè larigue de Carpe /recaorré la. dernière pîècë?^ 
> liiédiaiie de I^pparefl hyoïdien qui feit saillie sous elte,^ 

Pour engraisser les Carpes , on les renferme dans liàV 
petit filet y et on les nourrit dé paan trempé dans du lait^ 
comme le dît Defham , TTtêolôg, physique y p. iô ,' è*' 
ài*rosé par intervalle de quelques gouttes d^eau de vie , 
comme rihdiquef^nçy.méS^., sjsi.ahat.y <.4>P'^4-' 

Klein , Fisc. mùc. Ef^tab, xi , /. 4v parie de potb 
très-fin^qttePbn' remarque quelquefois sûr la têt€, les 
écailles /et lès riayons des nageoires de Cyprinoïdes. •'' 

Ces poils sont des animaux parasites du genre Lemëé' 
et probablement la Lemœa clavatu y Mull. y' Zoàt/- 
Damcàytom. i, p. yS. - *> 

• Ea Carpe est quelquefois atteinte du Tœnîalatiàepir,' 
Pall. , Gmeh, p*. 3o8i, sp. 86, CaryophyUœus pîsciwh,^ 
Goeze, Gmel. , p. 3o5a, sp. 15 Géroflée changeante',^ 
Dict. Se. nat. , tom. 18, p. 496 , figurée et décrite dafni' 
la traduction de Ton vrage , sur les vers de Bremsérj- 
p*. îiS, i36. Appendix^ pi. i, fig. 5. 

M. Duquaire, dans un Mémoire sur les Etangs', à^ 
exposé tbieux qu'on ne Favait fait avant lui les ravages 
de certains animaux ennemis des poissons ^ tels sont : 

i"" La Grenouille, qui ne se bornant pas au menu 
fretin , saute sur les plus grosses Carpes , se oramponne. 
sur leur dos , leur implante dans les yeux ses deux, 
pattes de devant, leur ronge la peau du crâne, tantôt 
les fait périr , tantôt les laisse aveugles. On prévint' 



( Î05 ) 

oeç incdoYénient par la présence des Brochets '. Ces 
as9^ons sont dénuées de fondement. 

' Les Brochets ne senriraient à rien dans ce cas (en sap* 
posant que M. Duquaire Tait tu ) , car y sUl iaut en croire 
Duhravius , éYéque de Bohême , le même malheur arrive 
au Brochet. Me promenant , dit-il , avec Tévêque Thurzo , 
nr le bord d'un étang , en Bohême , j^ai tu une Grenouille 
sauter sûr un Brochet , lui enfoncer les pattes antérieures 
daps les yeux | les déchirer avec elles et ses dents; etc.) etc. 

Isaac Wfllton , dans son parfait Pêcheur , The compleat 
An^T of the Contemplative man*s récréation , 4* cdit,, 
London^ 1668, /?. 1479 148^ rapporte les détails du coQi- 
bat de la Grenouille et du Brochet , et signale Tobstination 
de* la première qui ne lâcha prise qu'après la mort de ^on 
adversaire. 

€eâiit prouve l'inutilité de la présence des Brochets pour 
eiipêcher les Carpes de devenir la proie des Grenouilles» 
Au rarplut Walton ajoute : <c Cela parait aussi peu pro* 
« bable que l'arrachement des yeux d'un chat par une sou- 
« rit. » En effet c'est Thistoire de la souris qui niche dans 
l'oreille d'up chat. 

Les Anglais ont contribué à répandre en Histoire natu- 
iriie des opinions fort étranges , parmi lesquelles il faut ran- 
ger celle d'un naturaliste dont parle le prince Puclder Mus- 
kan y Mémoires et Voyages, i833, tom. 2 , p, 32o. 

ce Les Crapauds , est-il dît, ont la faculté de se propager 
a par les pattes de devant. Quand les Crapauds mâles ne 
ff trouvent pas de femelles ^ ils se posent y dans les étangs y 
« sur des Carpes y fixent leurs pattes sur les yeux du pois- 
« son y et restent souvent dans cette position jusqu'à ce que 
« les Carpes en perdent la vue. Notre naturaliste assurait 
« qu'il avait été lui*méme témoin de cette expérience, qu'il 
« appelait spirituellement de l'amour aveugle. j> 

U paraît que le naturaliste dont parle l'auteur a voulu , 
pour £iire un calembour^ et mystifier la société où il était. 



( 106 ) 

A Farticle Carpe, Walton, ouu. cité, p. 161, 16a, 
rapporte Tassertion d'un propriétaire qoi prétendait 
que toutes ses Carpes, conservées dans son étang, avaient 
été mangées par des grenouilles fixées si fortement à 
leur tête , qu'on ne pouvait l^ en séparer qu^avec 
beaucoup de peine, ou en les faisant périr. 

Ne serait*<3e pas cette assertion du propriétaire dont 
parle Walton, qui serait répétée par M. Duquaire'f^ 
Tout porte à le croire. 

La Carpe à la vérité , n^attaque pas les g^renonillet 
comme le Brochet , mais devient-elle la victime de ce 
Batracien, comme le dit le propriétaire anglMsPLe fait» 
qui paraît au mcans fort douteux , est fondée je pense , 
sur un passage du Traité des alimens , par JUhûs 
Lémery, a* édition, p. 878, à Tarticle itfolte//e^ ou aa 
trouvent confondues les Loches et les Lottes; il dit au 
sujet de ces derniers poissons : a II est à remarqua* qa^on 
« les tire quelquefois de Teau avec des grehouiUoB qui 
<( leur pendent à la gueule , et qui s'y sont attadkëe» 
c( comme pour sucer de la nourriture , etc. » 

Cette assertion singulière a pour base une observation: 
mal faite. On aura péché une Lotte qui n'avait pas encore 
eu le temps d'avaler entièrement la grenouille dont die 
s^était saisie, et l'on en aura conclu que le Batracien , 
pendant à la gueule de la Lotte, s'en nourrissait en la 
suçant. 

Les observations mal &ites sont la source de toutes 
les opinions singulières répandues dans le monde. 

2'' Le Chat. 

3"" Le Putois. Voyez le Mémoire sur les Etangs, par 
M. Duqoaire , dans les Mém. de la Société dAgriemlr^ 
ture de Lyon, 1834 , pp. 46, 47. 



( Î07) 

L^aateur n'a signalé ni la Loutre ' , ni le Rat d^eau ^ , 
SBDS doute parce que les habitudes de ces carnassiers 
flooc as^ez connues. Mais il aurait dû parler du Ga^nard, 
qui est un des plus grands ennemisdu poisson, et la 
peste des rivières et des réservcûrs qu*il dépeuple. 

Dans les forêts de PAustralie , le D. Morsten a décou- 
vert une espèce d'araignée , qui a neuf pouces d'enver- 
gare, kait pattes et six yeut , le corps d'un gris sale , 
zébré et tacheté de petits points rouges. Elle affecte 
particulièrement les endroits humides et marécageux , 
se retirant dans des troncs d'arbres pourria. oii elle se 
creuse un trou tubuleux de six pouces de diamètre, 
grossièrement tapissé d^un enduit plastique et filant 
dreux, qui ressemble assez à de Tamadou. 

Ces araignées descendent de .Ifsur retraite ^ geignent 
lefixid de Teau, d'oii elles sortent souvent japrès^^ne 
demi hfure, çpaportant avec elles, tfintô|i de petits 
p(HSK»ns^ des larves ou gros vers. Reifufi,bril(mmqiie , 
i835, lom. jLyiiip. 177. 

l^ fiunille des araignées , qui offirait déjà jine .e3pèce 
diasseresse, en a donc une autre pêcheuse. C'est dans 
r^Qftralasie un nouvel ennemi des poissons , ^ robser- 
vation du dpcteur Morsten est exacte. 



' Pottrs'atinrer si les ravages exercés d*BS im^l^g, sont 
le&it de la Loutre , il faut placer sur les bords de l'étang 
q«el(pie8 pierres blanches , sur lesquelles les Loutres vien« 
Beat fiettter , ce qui donne la certitude que l'on désire. 

* « Le Bat d'eau , m'écrit M. Baudot, se place dans les 
baillons qui se tronyent sur les bords de la Saône , pour y 
guetter sa proie ^ et n'attaque que le poisson de moyenne 
poMeur; il est souvent attaqué lui-aiém^ par la Loutre , 
<|«i le saisit et le mange. » 



( 108 ) 

A. Reinc des Carpes ; Cyprin spéculaire \ Carpe à ini- 
roir; Carpe à Cuic. Cjrprinus carpio, &. macrolopido^ 
tus, y^ alepidotus , Gmel., S. N», édit. xiii, tooi. i^ 
p. 141 1 , sp. a , var. /3 , y . : , 

JonstOB, de Piscibus, tab, aç ^fig* a , Spiegelkarpf. 

Marsili, Danub, Pannon.y tom. ly, p, 69^ tab. ao. Gyprinos ii. 

Duhamel , Traité général des Pêches , ii« part. ^ sect, m , p, SiOy 
p. 556 , pi, XXVI , fig, a. 

. Meyér , Représ, , tom, 1 ^pl, 8. Carpe Dauphin , à cause de la têt€ 
tronquée. Voyez ci-dessus, p. loa. 

filoch , Ichthyolog, , part, i , pag, 89 , pL 17. 

Bonnaterre , Tabl, Ichthyolog. > p. 189 , pi. 76 , ftg, 3i8. 

Lacépède^ Hist, nat. des Poissons , tom. 10 ) p, 3a6. 
. Nouv. Dict. d'Hist, nat., éd. a, tom* 5, p, 3^9; tom, 9, p* f^f 
tom* 39 , p. 137. 

l^ict. Se. nat. , tom. viij p. li^y sp. 5y p. i43 9 sp, 6 ; tom. xlt ^ 
p. ^y y aiÏBSy pi. ôg, fig.'Q. 

Cette variété accidenteHe de Carpe ne {leut pas cotisa 
titner une race ' , encore moins une bu deux espèces , 
comme l'ont fait plusieurs auteurs : elle est à là Carpe 
ce que la Tanchor est à la Tanche. Elle est assez ratre 
dans notre département , et c'est seulement parhaseùrd 
que tous lés ans on eh rencontre une ou deuk en péchant 
les étangs. 

L'échântilt'oti sur lequel j'ai fait mes observations , 
était laite , et de la taille de 1 3 pouces depuis Textrémité 

' Malgré, rassertîon de CuTier formulée dans les termes 
suivans : 

oc L'on eu {àeGatpe) élève une race à grandes écailles ^ 
a dont certains individus ont la peau nue par places ^ on 
«c même entièrement ^ que Ton nomme Reine d$s Carpes p 
« Carpe a Miroir, Carpe à Cuir, etc. » Règne animal p 
tom, ^ 9 p. 271. 

Hermann, Observai, zoologicœ, p, 3i6 , ^ij^ regardait 
le Cyprin spéculaire comme une simple variété de Carpe* 



(109) 

de la téce ^ jusqu^à la naissance de la nageoire caudale; 
ilm^ayait été donné par it. Dupuis , marchand de pois. 
SOQ, qui Pavait trouvé dans les étangs fangeux de De- 
ffligny , empoissonnés depuis deux ans. 

Cette variété diffère de la Carpe ordinaire par la pré- 
sence de larges écailles , placées sur les deux c6tés de la 
crête dorsale, et celle dequelques autres disséminées irré- 
gniièrement sur le corps , dont la plus grande partie de 
k aur&ee^ lisse, d'un gris jaunâtre, ou couleur de 
j^aise , imitait du cuir poli ; disposition qui explique un 
des noms donnés à cette variété. 

La grandeur des écailles, leur largeur, et leurs reflets 
ks ont Êdt comparer à de petits miroirs , cause d'un 
autre nom sous lequel cette variété est connue. 

La taille plus considérable de cette variété l'a fait 
ip|ieler Beine des Carpes. 

(Test donc bien à tort que Bonnaterre a joint un asté- 
risque au nom de ce poisson , comme espèce non in^ 
diqoée ^r Linné dans son Systema naturœ. 

Cette variété est plutôt remarquable par sa rareté que 
par rexcellence de sa chair , qui ne vaut pas mieux que 
celle d'une Carpe vulgaire de pareille taille. 

n serait curieux de savoir quelle est la disposition 
individuelle qui favorise le développement des écailles 
sur plusieurs parties du corps , et leur chute sur le reste,, 
car à répoque où l'on empoissonne les étangs on ne re- 
marque aucune différence syr les individus qu^on y 
projette. On peut présumer que des organes digestifs, 
plus énergiques dans ces individus, favorisent d'une 
manière puissante leur développement , et celui d^un 
certain nombre d'écaillés , en provoquant la chute des 
antres. Cette cause est probable si Ton fait attention au 
nombre, des dents pharyngiennes de cette variété j j'en 



( 110 ) 

ai compté six à une mâchoire et huit à Tautre ;*et 
Cuvîer n^en accorde que quatk et quelquefois cinq à la 
Carpe ordinaire. 

J'ai vu la couronne plate et sillonnée en travers de 
deux dents se détacher cocàplètement de leur support y 
d'oii je conclus que les couronnes des dents pharyn- 
giennes tombent. Il est difficile de prouver si elles se re- 
nouvell^it, comme le dit Jurine. Je suis porté à crcrâre 
que les couronnes tombées, les dents s^oblitèrent, et 
j'attribue à cette cause la diminution idu nombre des 
dents. On peut voir dans d'autres Gypriils la couronne 
se détacher de même : je m'en suis a^uré plusieurs fi». 
On doit sans douté à cette chute la différence signalée 
dans le nombredes dentô qu'il iaut toujours fixer d'après 
le plus élevé. 

Je ne parle pas de la plaque dentaire pharyngi^ine 
supérieure, ënchatonnéedans la cavité triangulaire sphé- 
rique de l'apophyse de l'os basilaire, parce qu'elle res- 
semble à celle de la Carpe ordinaire ^ les dents pharyn* 
giennes inférieures sont également à couronne plate 
sillonnée. Il en est de même de la structure singulière 
des apophyses des premières ^ vertèbres de la colonne 
dorsale \ de celle de l'apophyse de la 3* vertèbre de 
l'épine, apophyse appelée Os mitral, par Petit, ^d» 
Paris», 1733,/?. 2i3, aai, et regardée par Cuvier, 
comme formée par de simples démembrcmens des apo- 

' M. Weber voit les analogues des osselets de Foreille 
des mammifères dans les pièces osseuses qui sont aux côtés 
des premières vertèbres , et qui soutiennent la vessie natoire 
des Cyprins. Ces pièces ossenses , qui sont de simples dé- 
membremens des apophyses transverses des premières ver- 
tèbres , ont une connexion médiate avec le labyrinthe. 

T^oy, Cuv. , Hisl. nat, des Poissons , tom, i y p» 4^3. 



(111) 

pbysâs transverses des premières vertèbres : cette struc* 
tore singulière n'ayant point été signalée à Farticle de 
b Carpe ordinaire , je vais en donner une idée , 
poisqu'ancun naturaliste n'en a parlé. 

Les Pariétaux se touchent sur une grande partie de 
ieor kmgueiur, Fos impair est en arrière d'eux» et 
peut être regardé comme un occipital supérieur ^ 
pourvu postérieurement d^une crête mince irrégulière* 
mentdattelée, et élargie supérieurement pour former 
an lai^ sillon triangulaire. 

VOcdpital inférieur ovL B asilaire est remarquable 
par la dilatation de sa portion inférieure et par le 
prolongement de sa portion postérieure, imitant un 
prisme triangulaire creusé à sa face supérieure. A l'os 
banlaire appartient la facette articulaire , en forme 
de cAne creux , par laquelle la tête s'attache au corps 
de la première vertèbre , très-mince et , seulement de 
diaque coté , munie d'une apophyse , épineuse trian* 
pdaire courte. 

La a* vertèbre est pourvue de cinq apophyses , dont 
quatre latérales , et une dorsale ; les deux latérales an* 
térieures dirigées horizontalement , sont aplaties à leur 
atfémité , rayée en dessus. 

Les deux autres latérales postérieures très -larges, 
partent de la partie moyenne du corps de la vertèbre; 
dies sont aplaties et imitent les ailes de fer blanc 
attachées aux Oiseaux de plaisir. Leur partie anté- 
rieure passe sur les deux apophyses antérieures de 
cette même vertèbre, et leur partie postérieure se 
£rige au-dessous des apophyses antérieures de la troi- 
âème vertèbre; mais elle se redresse pour ceindre 
leur base. 

La 3* vertèbre est également pourvue de cinq apo- 



( 112 )' 

pbyses , dont la dorsale confondue avec celle de metâe 
nom de la 2" vertèbre , concourt à la formation d'aune 
énorme et large crête verticale dont réchancrure pos* 
térieure est bornée inférieurement par la petite pointe 
de l'apophyse dorsale de la 3® vertèbre. 

Les quatre autres apopbyses dirigées perpendiculai- 
rement en bas , paraissent n'en faire que deux ; la base 
des plus longues apophyses part de Tapophyse dorsale. . 

Les apophyses les plus courtes prennent leur origine 
à la partie inférieure et moyenne de la vertèbre.' Ces 
pédicules, après s'être avancés horizontalement, s'élar^ 
gissent subitement en se dirigeant en bas, après avoir 
fait corps avec une portion des deux premières apo- 
physes. 

Une suture réunit les apophyses les plus courtes , qui 
présentent alors une plaque terminée par un <x)urt 
prolongement, à Textrémité duquel se trouve un 
petit bouton comprimé. 

Cette plaque a été indiquée et figurée par Petit , 
ulct. Paris., 1733 , p. 2i3 , aai , sous le nom d'o5 mi^ 
irai, à cause de sa forme. 

C'est contre cette plaque que s'appuie la partie pos- 
térieure du prolongement de Tos basilaire dont nous 
^vons parlé plus haut. 

VIII. La Dorade ' de la Chine , Oyprinus auratus, 
Linn. , Gmel. , S. N. , tom. xin , p. 141^8, sp. 7. 

" On lit dans le Dict, pittor. d*Hist. natur» , i835 , tom^ 
2 , p. 5y4 ' Dorade ( poîss. } , nom valgaire du Cyprinus 
amants y Linn • 

L'auteur a sans doute voulu dire Cyprinus auratus, Linn., 
car Linné n^a point de Cyprinus amarus ; c'est Bloch qui a 
adopté ce dernier nom pour désigner la Bouvière. 



(113) 

Baster, Oper* suhsces,^ tom, a, p. 78 , tah. 9. 
' Dflfaamel, Traité général des Pêches, tom. 3, p. Sy , 122, ii* 
pirt,, sect, it, pli M 

Les figures i-5 oui été copiées par Bonnaterre, Tabl, encyc, Jcht, , 
P^' l^jfig' 324-3a6, pL 79 , fig, 337. 

JBncyclopédie méthod. , Hist, nat. , tom, 3 , p. 209. Poisson doré 
iélaCliitte , />« 217 » Kin-yu. 

Bloch. f Ichtkyologie , part, m ^ p, loa , pi. xciu et pi. xciv , fig. 
1-5. 

Lacépède , Bist, nat. des Poiss., édit. i/t-ia , tom. x, p. 36o. Le 
Cyprin doré. 

Timweau dict. d*hist. nat., édit. a y tom. ix^ p. 69. Cyprin doré. 

Dict. se. nat., tom. yii , p. i43. 

Epines dorsale et anale dentelées. Ce poisson , d'abord 
noirâtre , prend par degré ce beau rouge doré qui le 
Guractérise et lui a fait donner vulgairement le nom 
de Poisson rouge. ' 

Ce Cyprin , transporté depuis plus de deux siècles, de 
U Chine en Europe , est actuellement assez répandu 
dans cette dernière partie du monde. Il supporte aisé- 
ifient les variations de température de notre climat , et 
daii9 plusieurs localités on Télève dans les bassins. 

Les premiers Cyprins dorés que Ton a vus en France, 
y ont été apportés d'Angleterre , oii ils étaient connus 
depuis 1611 , pour la Pompadour ' , dont les salons 
aidbrés jouaient un si grand rôle sous Louis XY. 

' Un asses joli conte I intitulé Le Pigeon blanc, dont 
Diderot ayait fait quelques lectures à ses amis, et qui pou- 
tait alors contenir quelques applications sur le roi, M^ue de 
Pompadour et les ministres , avait éveillé y en juillet 1749 > 
la tolUcitude de M. Ber rie c 9 lieutenant de police à cette 
époque. Mémoires, correspondajice et ouvrages inédits de 
Diderot, i83o, tom. lyp» 28. 

Gt conte blxiu, comme le désigne l'auteur, est publié sout 
le nom soirant : V Oiseau blancs ilpouTait avoir dans le 

8 



( 114 ) 

La bassessç de certains courtisans , dans l'espoir d'ob- 
tenir des faveurs du Souverain , a voulu conserver le 
nom de la favorite, en l'appliquant non-seulement à 
deux oiseaux : Columba Pompadora, Lath. , et ^m- 
peUs Pompadora, Linn. , mais encore à deux {dan tes ^ 
Tune le Cafy-canthusJIoridus, Linn. , et l'autre une es- 
pèce de Quadrette , comme le dit Bosc , dans le Nouv. 
Dieu cthist, naL, édit, 2, iom. 27, /?• 56i. 

On peut voir des poissons rouges ou des Cyprinsdoréi^, 
dans les boutiques de plusieurs marchands, mais surtout 
dans le grand bassin du Jardin botanique de Dijon, oii 
ils passent l'hiver. 

Lorsqu^on les élève dans des bocaux , on les nourrit 
avec des fragmens de petites oublies ou de la mie die 
pain. 

Il est des amateurs qui , pour se procurer un spec- 
tacle extraordinaire, font febriqu^ de vastes bocaux 
à doubles parois. Ils placent dans le centre une €»ge 
remplie d'oiseaux \ l'intervalle entre les deux parois- est 
rempli d^eau ; on y place des poissons dorés , et l'on a le 



temps quelque sel^ mais il est aujourd'hui fort insipide et 
surtout très-insignifiant. On peut le lire dans les CEus^res 
complètes de Diderot, 1 81 9 , /. v , 1 '« part. , p. 1 94-246. 

^Un M. de Resseguier s'est fait mettre à la Bsstilie, pour 
des vers très-yiolens et très-bien faits contre le Roi et M*<* 
de Pompadour. 

VEpttre de Satan à Voltaire est de ce même de Resse* 
guier : Tàbbé d'Oliret a été l'éditeur de cette mauvaise fif^- 
tre, et M. de Pompignan le censeur. Mém* cités, p. %56. 

V Epttre d,u Diable à Voltaire est mise par Barbier , Dici. 
des Anonym. , sur le compte de M. Giraud | médecin, lilais 
l^issertion de Diderot doit être préférée* 



( 115 ) 
plaisir de voir voler des oiseaux au milieu de poissons 
qoi nagent. 

Lorsque les Cyprins dorés sont enfermés dans des 
imses, ils n'atteignent guère que la taille de six à 
huit ponees; mais dans les étangs, ils atteignent celle 
de douze à quatorze pouces. 

Pai vu deux échantillons de ce poisson , pris au mois 
d'octobre i836 , dans Tétang de la commune de Saint- 
Gennaio-du-Bois , ( département de Saône-et-Loire , 
arrondissement de Cfaâlon , canton de Buxi ). Les pe- 
diears les regardaient comme des variétés accidentelles, 
et ne redberchaient point à quelle espèce de poisson on 
poavait les rapporter -, ils se contentaient de les dési- 
gner sous le nom de Poissons rouges , Carpes rouges; la 
eooleur en effet était aussi vive que celle des Cyprins 
delà Chine. On remarquait à la surface de leur corps des 
pointsdorés très-brillans et des reflets dorés fort éclatans. 

Dans ce fioisson, la dépression de la tête , au point 
de son adhérence à Fépine, est très-sensible^ la mâ- 
choire inférieure est fort ascendante ; la ligne latérale 
est droite , composée de 29 à 3o glandes ^ les écailles 
sont grandes. 

Près de chaque narine, antérieurement et supé- 
rieurement , on remarque une membrane redressée 
qoand.le poisson est dans Teau , et affaissée quand on 
Fen extrait *, c'est une valvule , ou une espèce de soupape 
qui recouvre l'ouverture de la narine , comme on le re- 
inarque dans les Crocodiles. La longueur de la tête- est 
trûs fois dans celle du corps , à partir de l'opercule à 
l'origine de la queue. 

La largeur du corps est deux fois et demie dans sa' 
longueur totale , depuis Textrémité du museau jusqu^à 
l'origine de la queue. 



( 11« ) 

L'échantillon que j^aï examiné avait sept pouces et 
demi. La nageoire dorsale, composée de dix-neuf rayons^ 
s^étend depuis Torigine des ventrales jusqu'au-delà du 
point antérieur de Tinsertion de Tanale , à laquelle on 
ne trouve que six rayons ; les ventrales en ont neuf. La 
caudale est fourchue. L'appareil dentaire pharyngien 
offre supérieurement une plaque ovoïde, sertie dan^ 
une cavité de même forme de Tos basilaire. 
' Les dents pharyngiennes inférieures , au nombre de 
quatre à chaque mâchoire , sont disp<^es sur un seul 
rang : trois ont la forme d'une hache dont le tranchant 
serait tronqué et imiterait le dos d^un couteau; la qua'^ 
trième est cylindracée. * 

Cette espèce , voisine du Gàrassin et de la Gibèle , 
diffère de Pun et de l'autre par des caractères impor- 
tans -, et pour en signaler la différence , je vais la mettre 
en regard des caractères comparatifs, des deux derniers 
poissons, donnés par Bloch^ IchthyoL, page 63. 

Gibèle ' . Carassin * . Cyprin de la Chine. 

Ecailles grandes. Ecailles plus petites. Ecailles grandes. 

Ligne latérale courbée. Ligne latérale droite. Ligne latérale droite. 

Kag. caud. en croissant. Nag. caud. droite. Nag. caud. fourchne!. 
A- 8 ray., D, 19. A. 10 ray., D. ai. A. 6ray., D. 19. 

Double rangée de dent3 Rangée simple de Rangée simpl&de dents 
pointues, au nombre dents arrondies, an euformedeliache^an 
de huit. nombre de cinq. nombre de quatre. 



' La Gibèle est . mentionnée par Cavier dans les termes 
auivans ; oc à corps un peu moins haut , à ligne latéirale ar- 
ec quée vers le bas , à caudale coopée en croissant, j» 

£lle est plus commune autour de Paris. Règne anim^p 
édit. 2 , tom, ii^ p* 271 . 

* ce Le Carreau, Carassin, à corps très-éleyé | à ligne la- 



( 117) 
. Au premier coup-d œil , on prendrait l'espèce que je 
décris pour upe.Gibèle ou pour ua Garassiu; mais, un 
examen plus attentif aura bientôt &it remarquer les 
différences. 

Son corps est couvert de grosses écailles , même au 
▼entre, qui, dans les autres espèces , n'en a que de 
petites ; ses ovaires sont considérables , même au mois 
de novembre. m 

Làveàux y dans la traduction , &it dire à Bloch : « La 
« Gibèle n'a pour séjour que les petits lacs et les ma- 

« rais, où elle est exposée à être dévorée par les 

.« Grenouilles qui Tentourént. » 

Mais Ginelin rétablit le texte en disant : Oi^aparU a 
ranis sœpius devoraia. Ce qui est conforme à Tassertion 
.de Bloch *. ^ i . 

Il parait que Lavea^ux , en tr^uisant , se rappelait le 
préjugé signalé aux articles Carpe et Brochet. 

La .chair de la Carpe dorée est tendre , savoureuse. 

Ce poisson offire , dans ses couleurs et dans ses na- 
geoires, de nombreuses variétés : tantôt il est sans dor- 
sale , d'autres fois il n'en a qu!une très-petite. La figure 
.et Ii^ taille de la nageoire de la queue varient extraor- 
dinairement \ aussi ont-elles fourni à Martinet l'occasion 



« térale droite , à tête petite , à caudale coupée carrément. » 
Il est rare dans nos enyirons , mais fort commun dans le 
Nord. Ouv. cité ^ /?. 271. 

iV. B. Dans le Dict, des Scienc. nat, , tom, yii y page 38 y au mot 
Charaésin, on est renvoyé k Particle Carpe , où il n*est nullement 
question de Charassin, 

' Bloch dit : Der Frosch seinen ( Cyprinus Gibelio } 
laich. verzehret. QEconqmischae naturgeschichte der Fische 
J^eutschlands Erster theit, lySzyp. 72. 



(118) 

de (aire des gravures qui , réunies au nombre de 4^ 
planches, composent un ouvrage intitulé : HîsU nai. 
des Diyrades de la' Chine, 1780 , et dont le texte a été 
rédigé par de Sauvigny; 

Le Cyprin doré a la vie dure; sa chair, au dire de 
Bosc, est agréable à manger \ cependant , jusqu'à cette 
heure , on s'est contenté d'élever le poisson doré , seule- 
ment par curiosité. Il a quatre dents pharyngiennes 
comprimées et tranchantes ; il fraie en mai. 

M. Malot, à Yillers-les^Pots, élève dans les bassins 
cle son jardin une grantle quantité de ces poissons. 

Le Cyprin doré, si' recherché à la Chine, n'est pas 
le seul poisson que l'on puisse élever dans des vases,, 
pour l'agrément. 

Les habitans de Tenasserim et de Mergui en ont tm 
autre. Dans ces provinces de l'Asie orientale , oii les 
combats de lutte , de pugilat , de buffles, de coqs , sont 
fort à la mode, « on élève pour le combat tme espèce de 
poisson que les Siamois appellent PlakaL Ces poissons 
sont enfermés dans un grand vase , et quand on a fixé 
les termes du combat et que les paris sont arrêtés , 
chaque amateur met un poisson dans un bassin d'eau 
froidie. Dès que les deux poissons s'aperçoivent, ils 
courent Pun sur l'autre, et le combat ne finit que 
lorsqu'un des poissons succombe 3ous les coups de sdn 
adversaire. » Nouy. Ann. des F^ojag, ^ x^'iS ^ lom. 
3, pag> 395. 

L'auteur n^indiquant d'aucune manière Tespèce de 
ce poisson ni les armes dont il foit usage, reporte invo- 
lontairement nos idées sur les combats ou duels de 
hannetons, avec lesquels s'amusent les enfans; ou sur 
les combats du Bourong-gema, Tilrnix combattant, 
Hemipodius pugnax, Temming, oiseau très-recherché 



(119) 

des Javanais pour son habitude des combats ; ou enfin sur 
ks combats de coqs , à Toccasion desquels les habitant 
de Bornéo n'achètent de Tacier de TEurope que pour 
garnir les éperons des coqs, armure qu'ils préfèrent 
quand elle est feite d^un morceau de rasoir, au dire 
d'un Toyageur cité dans les Nowdles Annales des 
Foy^iges^ i832, tom. n^p. i3« 

Les combats de coqs étaient aussi de mode en Angle-, 
terre , ou , pour augmenter Tardeur de ces oiseaux dans 
les combats et les rendre vainqueurs » quelques cham- 
pions avaient le secret de leur &ire avaler de TaiU 
Joum.. de pharmacie , 1819, sepU, p. 4^9^ 

Les Chinois élèvent et dressent des cailles et même 
des grillons pour le combat. 

. Tous ces rapprochemens ne mettant pas sur la voie 
pour retrouver le poisson combattant , il faut diriger 
90s recherches d'un antre câté. 

n suffît de se rappeler un genre de poisson désigné 
tous le nom d' Acanthure , et dont le caractère se tire 
de la quene armée de chaque côté d^une ou plusieurs 
finies épines mobiles. Dans l'état de repos, ces épines 
sont inclinées vers la tête et couchées contre le corps , 
danstinefosscjtte longitudinale, dont le poisson la &it 
sortir à volonté pour la redresser perpendiculairement 
iox câtés de sa queue et la rendre une arme très-dan- 
gereuse. 

Ces fortes épines mobiles , tranchantes comme une 
lanoette , font de grandes blessures à ceux qui prennent 
ees poissons imprudemment. 

C'est donc à une espèce d' Acanthure quHl fout rap 
porter le Plakat. On ne^ pourra la déterminer exacte- 
ment qu'à la vue du poisson \ car le genre est trop 
nombreux, comme on peut le voir dans Guvier, Hisi. 



( 120 ) 

nat. des Poiss, , tom. x, pp. 1 66-256, pour réussir k 
bien nommer Téspèce en question. 

C'est aussi au genre Acanthure qu'il fetit rapporter 
le poisson vénéneux dont il est question dans le para- 
graphe suivant. 

Le fleuve Bendjer, dans Plie de Bornéo, nourrit un 
poisson vénéneux qui pique les pieds des gens em{doy^ 
à traîner les bateaux par dessus la barre. Cette blessure 
fiiit aussitôt gonfler Ja jambe avec une inflammatîoik 
violente et cause lé délire qui est bientôt suivi de la 
mort ; car , jusqu'à présent , les indigènes n'ont pas dé- 
couvert de remède pour guérir ces accidens terribles. 
Eyriès, Abrégé des Voyages modernes y tom* xu , pp. 
\rjrj^ lyg. Ce poisson appartient au genre Acanthure-, 
dont une espèce, (Acanthure bleu) , est décrite et 
figurée par Puhamel; Pêches , tom. 3, sect. iv, p. 6S'^ 
pi. xu jfig* 3 , sous le nom de Porte^IanceUe. 

M. Isidore Geofiroi Saint-Hilaire a quelquefois pro- 
duit Talbinisme chez dé jeunes Cyprins dorés de la 
Chine , nés avec leurs couleurs normales ; il lui suffisait 
pour cela de les placer pendant quelques semaines dans 
de Peau de puits. Si l'expérience durait trop longtemps, 
ils ne tardaient pas à dépérir et à mourir; si au con^- 
traire on l'interrompait et qu'on replaçât les jeunes 
Cyprins dans de l'eau de rivière, on les voyait peu à 
peu reprendre, au moins en partie, leurs couleurs nor^ 
maies. Traité de Téraiol. , l832, tom. i, pp. 299, 3i8. 

IX. La Bouvière ou la Peteusb. Cjprmis amarus, 
Blochy Gmel. , S^t. nat. , xiu , p. i433 , sp, 49*' 

Gesner , JDe jiquatilibus , p, 27. De Bubuica Bellonii. 
Aldroy. Depiscib.,p. 620. De Bubuica B^nouii. 
Duhamel, Traité général des Fichés, 2^ part., iii« sect, , p. 5i4 9 
pi. xxyi, fig» 5. 



C Ï21 ) 

BottBÊieney JSneycL métk. l'ahleau icMyol.,pl. 60, fig, 3^3. 
filgch, IckÈky^lagie , part. \^p. ^^ pL, \iii yfig, 3. 
J.EttmsoiUyObseivat» zooUfg,,p. 3ao. filickleiu. 
lac^pède, Hist, nat. des Poiss,, tom. xi y />. 68. ' 
JAiir. JXct, d'HUt, nmt; éd* a, tom, 9» /F. 76 y Idir. 4 1 P* s86» 
Snf le Z2£(;t. dgsi sci^Hcei nat, ,. tom. y t p. sdop^ on reuToie aa 
not Cl}fpnn,oii la BouTière n'est pas .mentionnée ; et au mot Péteuse, 
toB XZX1X , p. ào5 f 'on est renyoyë an mot Soupière. 

D,,io : fr, 7 : V, 7 : A, 11 : C, 20. . "' 

3o vertèbres, et 14 paires Ae câtes. 

Le Dom de Bouvière a été donné à ce poiâsbn', parce 
qoW le trouve dans la boue , ou plutât parce qu'il a 
on goût de boue , x>u peut^tre à causé de la. boue que 
FoD trouve dans son pbarynx : de là Boueière. Belon ne 
8*étsait point rappelé cette circonstance , ni celle de la 
conversion du v voyelle en f^ consonne, a eniployé 
le CSminin de ÈUbulcuSy cW-à-dire Bubulç'a, four 
désigner ee poisson qui n^a aucun rapport avec un 
Ixmvîer. 

Duhamel, p. 5 il 9 dît : « Je ne sais pourquoi on 
« nomme ce poisson Péteuse. » * 1 • 

S'il eût consulté Gresner , de Aquai. , p*vj ^ il aurait 
la : ^fiKi Péteuse , àbombis obscœnis tracta, etci Le 
bruissement produit par ce poisson lorsqu'on* le; saisit 
est la cause du nom qu'il porte. 

Ce bruissement s^observe encore dans la Loche de 
rinèrë, Cobitîs tcenia, Linn. , mais surtout dans le 
Hisgum , Cobitis fossilis , Linn. , poisson très-commun 
dans lès fossés autour de Mayence. 

Les pêcheurs de la Saône ont tellement altéré le se- 
cond des noms de la Boueière , qu'ils l'ont presque ren- 
du méconnaissable ^ en effet ils emploient le mot Pe/- 
Iftet, PeuUet, pour désigner ce poisson : voici com- ' 
inent cela est arrivé : 

Au lieu de Péteuse, féminin, ils auront dit Peteu, 



( tM) 
masculin 5 et en variant très-peu la pnmônciatioD , ils 
ont fait Peuheu, puis Peuhé, en adoucissant la der- 
nière diphthongue -, et enfin PeuUet , PeUeieL On sait 
combien Torthographe des mots varie d'après la pro- 
faonciation. On eti a la preuve journalière dans les re- 
lations des voyageurs ou les noms d^un même lien sont 
si différemment écrits , à raison de la prononciation. 
Un pécheur m*a apporté cç poisson sous le nom de 

Gesner^ de AquaiiUb. ,p. 27 , sous la rubrique fiu^ 
bulca Bellomif rapport^ les propres expressioiis de 
ribhtbyologiste français; et, p', 874, £n. 49 > îl parle 
du même poisson (sans le.rapprochér de celui de Belon) 
dans les termes suivans : « In Albi flumine pisciculi 
« quidam , Carpis exiguis similes , caïuuntur ktiuaculi , 
« amari, ingrati,.Oberkottichen dicti : Piscibus albis 
« adnumerant ; » et p. 844 9 ^ ^^ ^^^^ encore sous le 
nom de Riemling. 

Chàbwsseauj nom que les pêcheurs du Poitou et 
d^Aunis donnent à un petit poissoil de deux ou trois 
jppucçs de long , dont les écailles sont petites et blai^ 
ches, qui a, depuis les ouïes jusqu'à la queue, 
une bande de deux à trois lignes de lai^ur , d^un bleu 
clair et luisant. Il a un petit aileron sur le dos, un ou 
deux derrière Tanus ; Talleron de la queue fendu , deux 
nageoires sous la gorge , une derrière chaque ouïe , et 
la tête petite. Encjrclop. ïïnéth., Dict. des Pèches^ 
p. 35. 

L^auteur ne dit pas si c'est un poisson de mer ou 
un poisson d'eau douce : dans ce dernier cas ce serait 
la Bouvière , à laquelle on donne à tort deux anales. 

Duhamel , en parlant de XdiBomfière ou Péteuse, dit : 
a Petit poisson d'eau dopce^ qui y par la fiurme de son 



( 123 ; 

corps, a, en petit, assez de ressemUance avec la 
Carpe. » 

Malgré des caractères aussi précis, ce poissoD a été 
confondu avec d'autres , par les auteurs qui se borneot 
à copiisr, sans examiner les objets. De la Chesnaye- 
des-Boîs, IHct. raisonné et universel des animaux , en 
foomit la preuve aux mots Bouuier, tom. i; p. 33o, 
H Péteuse, tom. 3 , p. 409 , où les descriptions ne con- 
viennent nullement au Cyprinus canarus, 

Ob trouve encore Une autre preuve de cette confu- 
sion dans le Dieu théor. eiprat. de chasse ei de pèche, 
(ptrDelisle de Sales) , où, dans le tom. i, /?. 101 , ou 
lit : « BoirviEE , poisson de rivière , couvert de petites 
eailles argentées et perlées , quoiqu'il se tienne ordi- 
annment dans la vase ; il n'a que trois à quatre do%ts 
ée longiieur ; ou le croît apéritif. Le peuple , qui s'en 
nourrit , lui a donné les noms de Péteuse et de Rosière, » 

DlQsle t4»n. 2 , p. 3ao, ou lit : a Rosière, Cyprin 
long d'un demi pied ; sa chair est bonne à manger , 
quoique de difficile digestion. » 

Ge dernier passage , copié d'autre^ ouvrages > n'a pas 
de rappcHTt avec le poisson qui nous occupe. 

La Bouvière aime les eaux pures et courantes qui ont 
tm fond de sable ; elle se reconnaît par sa couleur ver- 
deur en dessus et d'un bel aurore en dessous ^ le deu- 
xième rayon de la dorsale forme une arête assez roide. 
C'est le plus petit des Cyprins d'Europe ; sa taille est de 
12a i5 Ugnes au plus ; il est transparent , comme presque 
tous les petits poissons. 

Ce poisson ne fait pas un objet de gain pour les 
pêcheurs; ils y font même si peu d'attention, que 
Soch n'a pu apprendre d'eux le temps du frai. Cet 
auteur donne comme syn^myme du Cjrprinus amarus. 



( 124 ) ^ 

dont la chair est amère , le petit Phoxinus de Rondelet, 
de Piscib. fluv^iailL liber, p, 2045 mais c'est une erreur. 
Ce petit Phoxinus est une BordeUère , bien caractérisée 
par la longueur de sa nageoire anale. 

Bloch donne encore pour synonyme de la Bouvière , 
la petite Bambele à écailles , de Gesner , De AquaiUxb., 
p, 843. Mais en recourant au texte du naturaliste suisse, 
on remarque que la taille assignée à la Bambèle , ne 
convient nullement à la Bouvière. 

Malgré sa petitesse , la Bouvière se trouve quelque- 
fois enveloppée dans les filets ; mais les pécheurs ne 
daignent pas la ramasser , ils rabandonnent-sur place ; 
on la prend au printemps pêle-méle avec les Ablettes. 
Elle fraie en avril et en mai ; à cette époque elle a une 
ligne dHin bleu d^acier , de chaque côté de la queue : 
ses œu& peu nombreux, sont fort gros , ainsi que j'ai eu 
occasion de l'observer. 

Gomme il faut vider ce très-petit poisson , ainsi que 
tous les autres , pour le manger , il est bien difficile de 
ne pas rompre la vésicule du fiel , de la grosseur d*tm 
pois , située sous le lobe droit du foie qui est très-volu*- 
mineux : alors , ce poisson est d'une amertume insup- 
portable ; il a d'ailleurs un goût de vase désagréable , 
( cause de son nom Boueière ) \ aussi n'est-il jamais 
servi sur les tables. 

Ce petit poisson a la tête plus large que le corps \ et 
au dessus des ouïes elle offre une grande résistance ; le 
front est aplati , les narines sont très-ouvertes et un peu 
saillantes , les yeux sont rouges. 

Ces poissons vont ordinairement au nombre de trois 
ou quatre et se poursuivent continuellement. 

L'appareil dentaire de la Bouvière présente supé- 
rieurement une plaque ovoïde enchatonnée dans l'os 



( 125 ) 
basilaire , pourvu d^un appendice triangulaire horizon* 
tal , portant dans son milieu une lame perpendiculaire. 
Les deux mâchoires inférieures portent chacune 
cinq dents crochues placées sur une seule rangée. 

a* sous^genre. Barbeaux. Barbus, Cuv, 

Ce sous-genre a pour caractères : la dorsale et Tanale 
courtes ^ une forte épine pour second ou troisième rayon 
delà dorsale ^ quatre barbillons , dont deux sur le bout, 
et deux aux angïes de la mâchoire supérieure. 

Par les nageoires , dorsale et anale , très-courtes , ce 
poisson diffère des Carpes , oii la nageoire dorsale 
longue, a, ainsi que Panale, une épine dentelée pour 2* 
rayon. Il se sépare naturellement des Goujons qui 
manquent d'épines à toutes leurs nageoires , des Tanches 
qui sont dans le même cas et dont les écailles sont très- 
menues , des Brèmes et des Ables dépourvues d'épines 
et de barbillons. 

X. Le Barbeau commun. Ç/prlnus barbus, Linn.^ 
Gmel., S. N., édit. xui, p. i\o^^ sp. i. 

filoch y Ichlhyologîe , part, i , p. 91 , planche xviii. 

Dahamel, Fiches , a* part, , sect m, p, 5i<^j pi. xxyu^ftg. i* 
JkAean ou Barbotte ) fig, u j mâchoire iuténeure yers le ba« des 
krachies '. 

* C'est un 08 pharyngien qui, dans les Cyprins, se reconr'» 
lie pour entourer nne partie de l'œsophage. 

On trouTe dans le Coluber scaher, Linn. , Gmel. , S. N,, 
éiL xzn ^ p. 1 109 , n^ 272 y Anodon scaber, Smith ( l' r^/io- 
doM de Klein y saivant le DîcL Se, nat, i, ^^ p, i83 ; Nouv. 
Dict. d*Hist. naU, éd. 2 , t. 2 , /?• i25 , que les natura- 
listes postérieurs n'ont pas connu ) , outre ses petites dents 
maxillaîres y des dents œsophagiennes , formées par les apo- 
physes additionnelles des premières vertèbres de Tépine. 
Par cet arrangement le serpent peut casser les œtt& dont il 
fidt sa nourriture ^ et se substanter ainsi. 



(126;^ 

Meyér, Représ. , tom, a , pi. lo. 

Marsili, JDanub, ^ tom. iv, p, 18, tah, Tiiffig. 1. 

Bonnaterre^ Tableau encycL des trois Règnes, icthyologie, pi, j6f 

Lacëpède y Hist, nat, des Poiss, j totn. x y p. Sao. 

Bondelet, de Piscihus fluviatilibus liber , cap, six, p. 194. 

Aldrovandi , De- piscibus j lib, y y cap, xti , p. 697 , de Barbo. 

Nouv. Dict, d*h, nat,, édit, a, tom. S y p, a34* 

Dict, Se. nat. , t, iVp supplém,, p. 6. ^tlas icht., pi. 70 y fig, i. 

XVI paires de côtes et 4^ vertèbres. 

Le nom de ce poisson lui a été donné à cause des 
l>arbillons situés au bout et aux deux angles de la mâ-> 
choire supérieure. Il n^y a jamais eu équivoque sur la 
détermination de ce poisson , quoique son nom de Bar^ 
botte ait été donné à d'autres poissons. 

Le Barbeau , qui croit fort vite , se nourrit de petits 
poissons , ( Bloch , p. 92, dit de Chélidoine ) : il avale 
des Perches , des mollusques , des vers , des insectes, des 
cadavres d^animaux submergés , des plantes en décom- 
position. Il a la vie dure , la chair blanche et de bon 
goût -, c'est au mois de mai quUl est le plus gras. 

Suivant Marsili , Danub. , tom. iv, p. 19, la chair de 
ce poisson est blanche , ^moUe , regardée par les Alle- 
mands comme insalubre : aussi s^en absUennent-iLs pei>- 
dant les mois de juin et juillet , époque pendant laquelle 
le Barbeau est couvert de tubercules, et sujet à la dys- 
senterie , ce qui avait fait dire qu'il était menstrué. 

Dans roder, il y en a de deux à trois pieds de long qui 
pèsent six à huit livres. Il fraie au milieu du printemps, 
en mai et juin , et dépose ses œu& sur les pierres du 
fond , dans les endroits où le courant est le plus rapide. 
On le sert sur les tables : la partie moyenne de son corps 
est celle que Ton mange. Cependant on dit tête de Bar^ 
beau et queue de Truite , pour désigner les meilleurs 
morceaux de ces poissons. 



(127) 

Tant qa*il est jeune , il a pour ennemis tous les poi&« 
sons Yoraces et les oiseaux d'eau \ le fiel est jaune. 

Les œufs de Barbeaux , comme ceux de la Lotte et 
du Brochet , sont nuisibles , et troublent les fonctions 
digestives. Yoy. Mém. de tAcadém. des Sciences dé 
Dijon, 1820, p, a4o-253. Aussi sont-ils rejetés soi- 
gneosement par les cuisinières attentives ; cependant 
Hoch , p. 93, dit en avoir mangé , ainsi que sa fiimille , 
sans en avoir été incommodés. 

« Plusieurs Barbeaux se trouvent-ils réunis dans un 
réservdur où ils manquent de nourriture ; ils sucent la 
<joeoe les uns des autres , au point que les plus gros ont 
bientôt exténué les plus petits. » Lacépède, Bist. nat. 
iss Paissons , tom. x , p, 324. 

Le Barbeau a neuf dents pharyngiennes , placées sur 
trois rangs , quatre en bas , trois au milieu , deux au des« 
soSyCn forme de massues 9 terminées par une pointe 
un peu crochue. Cm^ier, Anal, comparée, tom. 3 | 
p. 191. 

Cette disposition n^est pas constante , puisque dans 
le méoie individu j'ai vu une mâchoire qui portait cinq 
dents en bas , deux au milieu et deux au dessus. Le pro- 
longement de Tos basilaire est placé de champ. La 
cavité de Tos basilaire est en ogive élargie , et présente 
une saillie dans son milieu. 

Dans les intestins du Barbeau vivent : 

1. VEchinoiynchusbajrbi, SchranckyGmel., p. 3049^ 
a* 41. 

%* Le Coiyophdlœus piscium , Goeze , Gmel. ^ 
p^ SoSft, sp. I. Géroflée cJumgeanle, Dict. Se. nat. , 
tom. zvui , p. 49^* Gary(^hyllée des poissons , Dict. Se. 
Qat> ton. x^vtty p. 553. 



( 128 ) 
3, Monosioma cocfdeariforme , Dict. Se. nat., t. 32, 
p. 488* 

4» Fasciola punctum , Dict. Se. nat», t. Sy^ p. 586. 

5. Scolex auriculatus, Dict. Se. nat., t. 29, p. 3oi} 
tom. 57, p. 606, pi. 46, fig. I. 

6. Tœma recXang^a/um ^ Batsch,Gmel. , p. 3o8i , sp. 
84. Botriocephahis rectangulum, Eucyclop. méthod^. 
Vers, tom. a , p. 147, n** 10. Botriocephahis rectangw 
him, Dict. Se. nat., t. 57, p. 610. 

3* sous-genre. Goujon, Gobio, Cuv* 

Barbillons, dorsale et anale courtes, Tune et Pautre 
sans épines. ,^ 

XI. Le Goujon , Çyprinus Gchio, Linn. , Gmel. , S. 
N. , édit. XIII, p. 141^9 sp. 3- 

Bloch , JchthyoLogie , p. 49» P^* y^i^y fig* 9. 

JurinC) Hist, des Poissons du lac Léman, p, 217, n^ 16, pL 14* 

JEncycL Dict, des Pêches , p, 69. Goajou de rivière, Vairon , p. 
992. 

Bonnaterre, Tableau encycl, des trois règnes, Ichthyol, , pi, 77, 
fig, 319. 

Duhamel, ' Traité général des Pèches, 2,* part,, sect, lu^p» 
497,/>/. :uLHiyfig.5, 

Lacëpède , Jffist. nat, Poiss, , tom, x , p, 333. 

Aondelet, De piscihus fluviat, lib. , cap,jiXJHfp, so6. 

I 
' Cet auteur, ^^ part, y p. 565 y dit: Chabot y voyez 
Goujon de rivière ^ d ce mot, p, 566 , 2^ coi, , on lit : 
ce Goujon de rivière. Quelques-uns ont nommé le Chabot 
oc Goujon de rivière ^ il a un grand aileron sur le dos. s» 
Duhamel , par ce caractère , désigne clairement le Goujon 
qui nV qu'une nageoire dorsale , tandis que le Chabot en a 
deux : nouvel exemple de la fausse application des nom8| ^ 
aussi Duhamel , dans le texte , p. 497 y ^ Tarticle Goujon^ 
ne lui donne pas pour synonyme le nom de Chabot. 



( 129) 

Ifeyer, Représent., tom, i , pL 74 ^fig, sup. 

Getner, de Aquatilih, , p, 473 , 474, donne, jf. 479» me meilleure 
fignre du Goujon *, c'est la seconde de cette page. 

Aldrovaudi, de PUcib.,lib. v, cap. xxyii , De Gobio iluviatili. 

Manigli, Danub,, tom, ly^p. 33 , tab, ix, fig. a. Mala, sed 
deicriplio ezîmia. 

Jfotfir. Dict, d'Hist, nat., éd. a, tom. ziii , p. 3a8 ; tom. », p» 66. 

An Çypriniis Benacensis , Pollini^ Temolo des Italiens l 

VicU Se, nat, t tom. xix , p. 245. 

D. 10 ; P. 14. i5 : V. 8. 9 : A. 8 : C. 28. Côtes 14 
paires. 

Le Dom français de ce poisson , qui a 89 ou 40 ver- 
tèbres, vient évidemment du latin Gobio ^ attribué 
eDcore à d^autres poissons \ on l'appelle à cause de cela 
et pour le distinguer , Goujon de rinère^ à Lyon il est 
dit Goiffon , Goeffon, 

Artedi , par erreur , appelle ce poisson Gonion et 
VcÔTon. Il donne une description des parties externes 
et internes, IchlhjoL^ part, v, /?. i3 , sp. 5. 

Le Goujon le dispute au Vairon pour Téclat et la va^^* 
riété des couleurs de son manteau , mais on le distingue- 
ra Ëicilement à ses barbillons, à son iront déprimé , à 
ses nageoires dorsale et anale , courtes et tigrées de 
noir. Sa taille est de cinq à sept pouces ; suivant Du- 
hamel il en faut douze pour faire une livre. 

« Dans cette espèce de poisson , le nombre des indi- 
c yidus femelles est cinq à six fois plus considérable 
« (|ue celui des mâles. )> Lacépède , HisU nat. des Pois- 
sons, tom, x,p. 338. 

Le Goujon vit de vers , de larves , d'insectes aqua- 
tiques, de coquillages, de végétaux ; il est fort avide 
des charognes que Ton jette dans les rivières , et on 
est toujours sûr d'en trouver beaucoup auprès d'elles ; 
on l'accuse de manger le frai des autres poissons. 

n fraie en mai, juin, dans le courant des riviè^ 

9 ' 



( 130) 
res ; la couleur de ses œufs est bleuâtre , leur volume 
est très-petit*, la femelle les dépose contre les pierres ^ 
mais peu à peu, ce qui dure un mois. 

A répoque du frai , ces poissons voyagent en petites 
troupes et semblent se plaire les uns avec les autres. 

Jurine n'accorde au Goujon que cinq dents pharyn- 
giennes , la première courte , les quatre autres longues 
grêles et crochues à leur extrémité ^ AcU Gen., tom. i 
part. 1, 1821 jp. 24, parce qu'à l'imitation de Gesner 
parlant du Cyprinus erythrophthalmus, il a négligé les 
trois dents de la rangée intérieure , comme il est aise 
de s'en assurer par l'inspection. 

L^appareil dentaire pharyngien du Goujon présenti 
sur l'apophyse de l'os basilaire une cavité en, ogive 
terminée par un prolongement en forme de sabre. 

Les dents pharyngiennes inférieures sont au nombn 
de huit sur deux rangées à chaque mâchoire ; cinq dent 
sont extérieures et trois intérieures. 

La chair du Goujon est blanche, grasse, délicate, 
excellente et très-estimée. Suivant Marsigli , les Alle- 
mands en font peu de cas. Dans certains cantons on le 
confond avec les Têtards du Bufofuscus, dans le 
fritures. 

Le Goujon perd difficilement la vie, on peut le 
conserver en réservoir , mais en peu de temps son corpi 
se couvre de mousse , ce qui le fait périr. C'est un de 
meilleurs poissons à introduire dans les étangs poui 
servir de nourriture aux Brochets et aux Truites. 

Autour du foie de ce poisson , on trouve quelquefi)i 
t Ascaris gobioms, Goeze , Gmel., S. N. xiu, p. SoBy 
sp. 74. Filaria ouata, Encycl. méthod. , vers, tom. a 
p. 396, sp. 17. 

Dans son mésentère on rencontre un autre parasit 



( 131 ; 

appelé Ugula abdominalis, a, gobionis , Bloch , Gmel. , 
p. 3043 , sp. 2 , ^ , a. 

Schonevelde , Ichthjologîe y p. 35 , parle du Goujon 
sous le titre de fundulo. 

4* sous-genre. Tanche, Tinca , Cuv. 

Il joint aux caractères des Groujons, celui de n'avoir 
qae de très-petites écailles et de très-petits barbillons. 

Les opercules des branchies sont lisses et sans écailles : 
le ventre est arrondi ; nageoire du dos unique , courte 
et à rayons osseux : lèvres protactiles, barbillons. 

Les Tanches diSerent desGoujous dont les écailles 
soDt de grandeur ordinaire ; des Ables et des Brèmes 
dépourvues de barbillons ; des Carpes dont la nageoire 
d(n^le est longue -, des dupées , au ventre caréné. 

m. La Tanche , Çyprinus tinca, Linn. , Gmel., Se. 
nat., édit. xiii, p. 14^3, sp. 4* 

Ârtedi, Icthy.j part, y, p. 27. CyprinuA macosas ' totos nigrescens 
otranitale csadaD sequali. 

Joriney Hlst. des poissons du lac TAman , p, ao5 , n* la , pi. lo. 

Dict. des Se, nat , tom. 62 , p. ]83, Atlas , Ichth., pL 69 y fig, i. 

Hoch , Ichthyol., p. 70 , pi, xiy. 

Ltc^pède , Hist. nat des poissons , tom, x , p. .^39 , 345. 

Dolmnel , Pêches , p, 5o6, a« part,, sect, m y pi, xxv , fig. a. 

Mandgli, Danuh., tom. ivi p. 47, tab. xv. 

Bomialerre, Tableau encyclop, des trois Règnes, ichthyol,, pi, 77, 
/Ir- 3ao. 

Bondelct» de Piscib. lacustrib, liber, cap, Xy p. i5j. 

Geofiroi , Aîat médic. , tom. 3, p. a66. 

Getuer, de jâquatUibus , p 1 178. 

Mfjer , Représ,, tom. a , pi, 5i. 

' Cette hnineiir , ainsi que celle qui recouvre les antres 
poiisons, est un luucus difficile à délayer dans Teau. Cuv., 
Bku Mot. des Poissons p tom. i ^ p. 52 1. 



( 132) 

Houv, DLct. d'hist» nat., édU,Qf tom. iXy p* 66; tom, xuiii, 
p, 4o3' 

D. la : P. 17 : V. 11 : A. 10 : C. 22*24* 

Par erreur typographique , Linné , S. N., édit. xii , 
p. 626 , indique 25 rayons à la nageoire de Tanus. Cette 
faute est répétée, dit Bloch , part, i, p. 72, par plusieurs 
auteurs modernes, WuIfF, Pennant, Zûckert, Fischer; 
elle est aussi répétée par Gmelin , SjsL nat., tom. xiii , 
p. 141 3, qui n'a pas eu l'attention de larectifier, malgré 
Pavertissement de Bloch. 

Le nom de ce poisson , que Ton écrit aussi Tenche, 
vient du mot latin Tinctus , à cause de son dos coloré 
d'un vert noir , comme s'il eût été teint. Ce poisson 
prend quelquefois une belle couleur dorée , comme on le 
verra dans l'article suivant , p. i35. 

Les Tanches se nourrissent des mêmes alimens que les 
Carpes : de plus, elles avalent les sangsues et les dé- 
truisent , elles atteignent rarement la taille d'un pied. 

Elles fraient à la fin de mai et en juin , autour des 
herbes marécageuses ; les œufs sont verdâtres , petits et 
excessivement nombreux. Ce poisson évite la Perche et 
le Brochet , en se cachant dans la boue -, il a 16 paires 
de côtes et 89 vertèbres. 

Les os oii sont attachées les pectorales et les ventrales 
sont très-forts *. 

La Tanche a la vie dure , moins cependant que la 
Carpe^ quand on I9 n^piurrit bien , elle croit promptement 
et devient assez grosse; on en trouve de 7 à 8 Uvres; 
quand le beau temps veut venir, elle saute hors de l'èau; 
sa chair blanche , pleine d'arêtes , molle , fade , est im- 

' Scapula et os innominatum robattiora | quam aliis pis- 
cibot» Gmel. , /7. i4^* 



, I 



( t33) 
prégnée fréquemment d'une odeur de limon et de boue. 
Vincent de Beauvais, Spéculum natur., iom. ij Uh. xtii, 
cap, xGYi , appelle la Tanche , Teucha. « Ce poisson , 
« dit-il , est de rivière ou d^étang ^ tout le monde le 
« connaît y il se tient dans la vase , comme T Anguille , 
« dont il a la couleur , et la chair &de , difficile à di« 
« gérer. » 

On est revenu de ce jugement pour FAnguille , et 
même pour la Tanche , désignée par Ausonne sous le 
nom de Ressource du bas peuple, ( Solatia uulgi ) : en 
effet quand la Tanche est dégorgée ' dans des eaux 
mes j sa chair acquiert beaucoup de délicatesse , au 

' Aa sud d^Aix-la-Chapelle , non loin de la porte Mars- 
ckier, se trouve Borcette ( de Porcetum) ^ remarquable par 
<ei eaux chaudes , qui , après avoir servi à dilférens établis- 
Mmens de bains , vont se rendre à un petit lac en forme de 
carré long) bordé d^arbres , et sur lequel flottent de légères 
fumées. 

Le petit lac de Borcette , appelé lïtang cbaud y à cause 
dei eaux chaudes quMl reçoit , ne gèle jamais , nourrit quan- 
tité de poissons médiocres. On ne peut manger de ces pois- 
SOBS qu^après les avoir fait dégorger longtemps dans Teau 
froide ; ils meurent à Finstant , si de Teau froide on les re- 
jette dans Tétang où ils sont nés. Revue de Paris , i836 , 
toai, 3i ^ p, 55m 

est Acbeux que M. Nisard n^ait pas précisé le degré de 
température de l^étang chaud , et quUl n^ait pas donné le 
véritable nom des poissons qui y pullulent \ ils sont sans 
^oite différens de ceux observés : dans les eaux thermales 
^^ Los-'Banos , près de Manille ^ par Marion de Procé ^ 
^Q8 Que fontaine thermale près Fériane , par Bruce ; dans 
lei sources ^d*eau chaude d^une petite vallée située à moi- 
tié chemin de Mascate à Mathah y par Clodoré. 



( 134 ) 
point qu'une Tanche de trois livres est fort recherchée.' 
Il en est de même, au dire d'AUéon Dulac, Mém. pour 
servir à Fhist, nat, du Lyonnais, tom. i, p. i23, de la 
peau épaisse de ce poisson , EncjcL méth.y Hist. nat. ^ 
iom, 3^ p. 389. 

La Tanche est fort sujette aux vers ; on y en trouve 
de plats et fort longs , indiqués sous le nom de Fer des 
Tanches, dans le Journal des Sauans , 1728 , /?. 79 , 
Jtg. , et reproduits par Andry, De la génération deg- 
vers dans le corps de F homme , 3* édition, 174^ 9 tom^ i, 
p. 5a , fg. 

Geoffroi en avait déjà parlé dans les Mémoires de 
t Académie des Sciences , 1710 , Hist,, p, Sj, § 4* 

G^est la Ligula simplicissima , Rudolph. , désignée 
par Gmelin , sous le nom de Ligula abdominales , SjsL 
naU, xiii, tom, i, p, 3o43, sp. 2, P. b-, Dict. Se. nat., 
tom. XXYI9 p. 4^^9 ^o^* ^7» ^'6\i. Atlas, vers, pi. 4^» ' 
fig. 5. 

En Italie , la Ligule très-simple d^une espèce de 
Cyprin du lac Facino, est connue sous le nom de Macor» 
roni piatti , et regardée comme un mets agréable. i 

Outre la Ligule très-simple , on trouve encore dans* 
les intestins de la Tanche le CaryophjUœus piscium, 
Goeze, Gmel. , p. 3ô52, sp. i. Tœnia laiiceps , Pallas, 
Gmel., p. 3o8i , sp. 86. Laryovhyllœus mutabUiSy Ency* 
raclh., vers, tom. 2, p. 4^5. Gérojlée changeante, Dict. 
Se. nat., tom. 18, p. 496. Atlas, vers, pi. 4^9 %• 11 » 
12. Bremser, vers, p. ii5, p. i36, Appendix, pi. i , 
fig. 5. 

Gesner, de aquatiUb., p. 1177, décrit la Tanche, 
dont il donne la figure p. 1 178 , et parmi les singularités . 
dont il parle , j'ai remarqué la suivante : a Dans la tête ; 
fc des Tanches , on trouve deux petites pierre^."» : 



( 135 ) 

AroauU de Nobleville, et Salerne, parlent de deux 
pierres qu'ils ont trouvées dans la tête de la Tanche , 
Mai. medic.y auL^ Geoffroi, tom. 3 , p. 269 , mais sans 
les désigner. 

Ce sont les osselets de Touie , dont le grand a une 
fonne presque ronde avec un angle rentrant. 

L'appareil dentaire de la Tanche se reconnaît &• 
cilement : la dent pharyngienne supérieure est pyri- 
&rme , enchatonnée dans la cavité de Tos basilaire. 

Les dents pharyngiennes inférieures sont au nombre 
de cinq sur une même ligne à chaque mâchoire *, il 
arrive quelquefois que l'on en trouve moins , par suite 
de la chute forcée de quelques-unes. 

Ces dents portées sur un pédicule rétréci , s^élargissent 
à leur sommet qui est sécuriforme^ et qui imite la der- 
nière articulation des palpes des coccinelles : elles sont 
terminées en dehors par un léger crochet^ et leur 
sor&ce triturante offre un petit sillon. 

A. La Dorée d'étang , Çyprinus Tinca auratus. 

fAotk^Hist, nat, poiss, , part, 1 » i>« 74» ^^^' ^▼^ 

Jfou¥. Dieu d'Bist, nat. , édit, a , ton. 3a , p. 404. Tanche 
dorée. 

%t deâ Se, nat» , tom, Sa , p. i85. Tanchor. 

TaUêOuene^cL des trois règnes. Poiss., p. 1919 n* S y pi. 77, fig. 
321. Tanche dorée. 

Caul.y 1^. if. ziziy tom. i, p. 14149 ^P* 4) ^- Tinca aarea. 

Ucépèdey Hist, nat. Poiss. , tom. 10 » p. 345. Cyprin tanchor. 

L'éclat de la robe' de ce poisson égale celui des- 
poissons dorés de la Chine -, aussi plusieurs amateurs en 
Allemagne se sont-ils empressée de déposer, dans leurs 
viviers ou leurs réservoirs , cette belle variété. 

La Tanche , dont la couleur est presque noire dans 
marais fangeux, devient d^un jaune doré dans les 



( 136) 
rivières dont le fond est sablonneux et le cours rapide , 
ou dans les étangs dont la pureté des eaux est remar- 
quable , ainsi qu^on le voit en Silésie. 

Au surplus les teintes de ce poisson offrent beaucoup 
de variétés de nuances , dépendantes de l'âge, du sexe, 
du fjenre de nourriture et du climat. 

Bosc, en parlant de la Tanche dorée, qui se trouve 
dans certains étangs de la Silésie, variété produite par 
la pureté des eaux de ces étangs , parait ignorer que 
celle variété se rencontre en France. 

M. Dupuis vient d'en trouver (mars 1 836 ) quatre 
échantillons au moulin des Etangs près Dijon ; précé- 
demment il avait vu des Tanches moins colorées que la 
commune ; Tune offrait une teinte jaune , mais sans les 
taches qui caractérisent la Tanchor. 

Je dois à sa complaisance Féchantillon que j'ai fait 
déposer dans le bassin du Jardin des plantes. . 

Suivant Bloch , p, 76, la Dorée d'étang a la vie dure : 
réchantillon , qu'il élevait , a survécu au Goujon , à la 
Bordelière , au Rotengle , à la Rosse , et même à la 
Tanche ordinaire qu'il avait mise dans le même vase. 

Lacépède regarde à tort comme espèce , cette variété 
de Tanche. Il la porte sous le /i** la de son 1 1* genre. 

Bloch nous apprend que la reine de Prusse avait 
fait venir de Silésie des Tanches dorées , pour les élever 
dans les canaux de Schernhausen. Un prince allemand 
et quelques grands , à l'imitation de la reine , en ont 
fait venir pour les conserver dans leurs bassins. 

L^échantillon décrit et 6guré par Bloch, lui avait 
été donné par la reine de Prusse. 

Cette variété ne se propagerait pas par le frai , et 
M. Dupuis pensée qu'elle reprendrait la teinte sombre 
de la Tanche ordinaire , parce que les quatre échantil- 



( 137 ) 
Ions quUl a trouvés , se sont rencontrés parmi les 
Tanches communes qu^il avait pêchées dans le vaste 
réservoir du moulin des Etangs , commune de Saulon. 

5* souS'genre, Les B&êmes, Abramis, Guv. 

Les poissons de ce sous-genre n'ont ni épines ni bar- 
billons ; leur dorsale courte est placée en arrière des 
ventrales \ leur anale est longue. Ib sont distingués des 
Carpes ^ des Barbeaux , des Goujons et des Tanches , par 
.l*absence des barbillons \ des Ables , par la longueur de 
Fanale. 

XnL La Brème, Çyprinus brama p Linn. , Gmel., 
Sc^nat, , xiii, p. 1436 , sp. 27. 

Bloch , Ichthyolog, , part, i , p. 64* pi. xiii y p. loa, pi. xwyfig. 
9>]a, iKnîsxfig, 14 t Brème ëclose rëcemmenî; fig. i5, écailles. 

Duhamel, Pêches , o^ part. , sect, m, p, So^y pi. JLxVyfig. i. Les 
lettres V. X. représeutent l'os pharyngien , garni de dents , de la 
Brème. 

Marsîglî, Danuh.j tom. ly, p. 49» ttib. xvi. 

Lacëpèdfl, HisU nat, des Poiss., tom. xi , p. 7a. 

Meyer , Représent,, tom. i, pi. 7a. 

Bounaterre, Tabl. encycl. des trois règnes, Icht,,pl. S^yfig. 346. 

Rondelet, de Pisc. lacustr. liber, cap. yi , p. i5|. De Cyprino lato. 

Yvesner , de ^^quatilib. , p. ^76. Cyprini lati Icon accuratius, 

Nouv, Dict hist. nat,, édit. a , tom. iv, p. 35oy tom. xz, p, 77. 

IHct. des Se, nat., tom. y, suppl., p. 7a. 

D^ la : p. 17 : V. 9 : A. 29 : C. 19. 

Le nombre des rayons n'est pas un caractère cons- 
tant pour distinguer les poissons ^ en effet , Blocb en 
indique 29 , et J. Hermann , Observai, zoolog. , pag. 
3a7, n'en trouve que 26. Ce dernier naturaliste a vu 
la vessie natatoire épaisse et devenue presque cartilagi- 
neuse par la dessiccation. La Brème, dit-il, a deux 
moelles épinières placées Tune sur l'autre, mais sépa- 
rées. Pag. 328. - 



( 138) 
Le nom de Brème , Brama , vient évidemmenl par 
contraction d^^bramis. 

Ce poisson , qui a une longueur triple de sa largeur , 
qui a la vie assez dure , est facile à connaître par son 
corps large et aplati ^ par son dos aminci en tranchant; 
par sa nageoire dorsale courte , placée en arrière des 
ventrales; par son anale longue à 29 rayons. Artédi en 
compte 27 et quelquefois 28 ; il annonce 44 vertèbres, 
Ichthyologie , tom. y , pp, 20-23. 

Tels sont les caractères de la Brème adulte , qui a . 
12-18 pouces de longueur, et pèse de ia-14 livres. 
Celle de la Saône ne pèse jamais plus de 3 ou 4 livres- 
La Brème, dans sa jeunesse, est confondue, dit 
Bloch, Ichihyologie , p. 69, avec la Bordelière, à la- 
quelle elle ressemble beaucoup par son corps mince » , 
de forme alongée , qui lui a fait donner le nom diEper^ 
lan bâtard ' par les pécheurs parisiens. Elle est repré- 
sentée par la figure inférieure des Phoxinide Rondelet, " 
de Piscib. flu\fiaU , p. 204 , caractérisée par la longueur 
de la nageoire anale. 

c( Les Brèmes gardonnées scmt de jeunes Brèmes. » 

' n ne faut pas confondre les Eperlans bâtards ( jeunes 
Brèmes) arec VEperlan bâtarddit Grasdos (jeune AtLérine ) 
figuré par DuLamel, Pêches, 2* part., sect. vi, pi, iv, 
^g. 5, Les faux Eperlans soni ^ dit Cuyier, Hist, naU des 
Poissons, tom. x, p. 417, des Athérines qui Tivent en 
grandes troupes et sont regardées comme un aliment asses 
délicat. Gesner, de AquatUihus, p. 4^2, donne, diaprés 
Jean Caius , médecin anglais , la figure et la description 
d'une Atkérine; mais la figure, n'offrant qu'une nageoire 
dorsale, ne convient nullement aux Athérines; elle res- 
semble beaucoup à celle de la page précédente. 



( 189 ) 
EncjcL , Dlci. flèches, p. aa. Ne seraient-elles pas plu- 
tôt des Bordelières , comme le dit Duhamel ? 

Cresner, de AquatUib.^ p, éfii^ sous le titre: De 
Epelano Sequanœ seu fluviaUli , Bellonius , confond 
une jeune Brème , dont il donne la figure , avec le vé* 
ritable Eperlan. 

La Brème se plaît dans les eaux stagnantes et bour- 
beuses; elle se nourrit de plantes, de vers, etc. ; aussi 
jnord-elle facilement à Thameçon. 

Suivant Vincent de Beauvais , Spéculum natur.^tom. 
I, Ifb. XYM jCan, XXXV, ce poisson , qu^il désigne sous le 
nom de Brena , se soustrait aux poursuites du Brochet 
«H se plongeant dans la vase ; ce qui trouble le fluide et 
Ja cache à son ennemi. Assez bon poisson, fort abon- 
dant et qu'on multiplie aisément. 

La Brème fraie au printemps, en mai , juin, et même 
dès la fin d'avril , s'il fait chaud ; les œufs sont petits et 
Tougeatres , déposés sur les herbes. Bloch , Ichthjolog. , 
part. 1, p. loa, pL xix, fig. i-ia, 14, i5. A cette* 
époque, les écailles du mâle sont chargées de tubercules 
dont on ignore l'usage. Lorsqu'il survient du froid à' 
l'époque du frai , l'anm des femelles se referme , s'en^ 
flamme , le poisson enfle , dépérit et meurt. 

La chair de ce poisson , qui , bien nourri , croît aussi» 
vite que la Carpe, est blanche , de bon goût , et aasez» 
généralement estimée. 

Les Brèmes d'Auvergne , grasses et de grande taille, 
sont recherchées. De là le proverbe : a Qui a brasme , > 
peut bien brasmer( régaler) ses amis. » Ge6ner,p. 877. 

La Brème, dans sa jeunesse , est atteinte de la ligule: 
très-simple, Encjcl. méthod., F'ers , tom. 2, p. 494 >' 
sp. 6* LtgulaabdominaUs, G met. , Sjst, nqt, , tom. xiu, • 
p. 3043 , sp. a, /3, g. Ligula cingulum , Rudolph. , qui; 



(140) 

atteint jusqu'à cinq pieds de longueur. On regstrde ces 
vers, dans quelques endroits de l'Italie , comme un 
mets agréable. Guyier, Règn. o/pra. , édiu a, tam. 3, 
p, 075. Ik sont connus sous le nom de Macarord piaUi. 
Encycl. méthod. , Vers , n , 49^* 
On trouve encore dans les intestins de la Brème : 

1. Echinotynchus bramœ, Goeze. Gmel. , p. 3o5o, 
sp. ^6* 

2. Caryophjllœus piscium, Goeze. Gmel, p. 3o5a, 
sp. i. Tœnialaticeps, Pall., Gmel., p. 3o8i,sp. 86. Gé" 
rojlée changeante, Dict. Se. nat. , tom. xviu, p. 496. 

Caryophyllus mutabilis, Encycl. méth. , Vers, tom. a, 
p. 435. Bremser, Vers, p. ii5, p. i36; appendix, pi. 

1, fig. 5. 

3. Fasciola bramœ, MuU. , Gmel. , p. 3o58, sp. 38. 
Distoma globiporum. Encycl. méthod. , Vers, tom. 2 , 
p. a6i,n'' 18. 

La Brème est quelquefois contrefaite comme le Bro- 
chet et la Truite. 

InSleia, Cyprini lati sunt, caudam incurvatam vel 
sinuatam gerentes, ac si ea bis Aracta fuisset \ piscatores 
vocant Leidbrassen , quasi relicporum duces , quibus 
conspectus felici omine amplam capturam sibi polli- 
centur. Suntautem hi Cyprini inter reliques quasi nani, 
' contracti corporis , et in orbem fere recurti. Ichikyol. , 
nuctore Stephano à Schoneyelde, D. M. , p. 33. 

Jurine parait n'avoir eu aucune connaissance de 
cette observation feite par Schonevelde. 

Bloch, p. 69, attribue la difformité signalée par 
Schonevelde , à ce que le poisson , étant encore jeune ^ 
s^est embarrassé dans des herbages et s'est forcé Fépine 
du dos en voulant seNdébarrasser. Linné a aussi parlé 
des Brèmes bossues et de Perches atteintes de la même 



( 141 ) 

difformité. Bloch a vu la même chose dans le Sandre et 
dans la Rosse. 

Hermann a va aussi quelquefois des Brèmes bossues 
monstrueuses , c^est-à-dire que la partie du dos après la 
nageoire dorsale était concave , et la portion du ventre, 
qui portait la nageoire anale , était très-convexe. Ob- 
servai, zoologicœ, p. 327. 

L'appareil dentaire pharyngien de la Brème se com- 
pose d^une plaque ovale alongée, sertie dans une ca- 
vité de Fapophyse du basilaire. Cette cavité y en ogive 
pentagonale , est un peu élargie postérieurement. Le 
prolongement de Papophyse basilaire est comprimé et 
de la même largeur dans toute son étendue. 

Les dents pharyngiennes , au nombre de cinq à chaque 
mâchoire » sont assez fortes à leur base \ elles sont com- 
primées à leur sommet , terminé par un crochet ^ quatre 
<le ces dents ont leur sommet entouré d'une bordure 
noire ^ la cinquième n'offre qu'une tache au sommet. 

Dans une autre Brème dont j'ai examiné la denture , 
j'ai trouvé seulement sur les côtés , à la base du crochet, 
im point noir ^ sans doute origine de la ceinture dont 
J^ai parlé. 

XIV. La BoRDELiERE, Çyprirtus lotus, Bloch., Gmel., 
Se. nat. , xui, p. ]438, sp. 5o. 

Bloch , IcKthyologie , part, i , p. 56 ^ tab, z. Cjprinns blicca. 

IhihBméi^ Traité gén, des Pèches , part» ii, sect, iii^ p, 5o6. 
^erlan bâtard. Planche xxvi , fig, 4 > Platane. 
. Duhamel y ouy. cU, , p. 5i4,f 6. De la Bordelière, Ballerus, 
Hondelet. 

Rondelet , de Piscih, lacustrib, lib,, cap, yin^p, i5^, DeBallero. 

Gesner , de jâquatàlib, , p, 98. De Ballero. 

Aldro?andi, de Piscib., lib, r , cap, xlit , p, 645. De Baliero 
Aristotelis. 

Bonnaterre, Tableau encyclop, et méthod. des trois règnes , ich- 
thyolQgie, p. ao3y sp, 55, pL ^pfig» 348. Bordtlière. 



( M2 ) 

J. Aermanii, Observât, zooiogicœ, p. 326. Cyprinns Mekel. 
Nouv. Dict. d*Hist. nat , édit. a, tom. 4 » P* i^-' t tom. 9, ji. 78. 
/>fcf. Se, nat- , tom y , p. 160, suppL, p 74* 20. \hramis blicca. 
Lacëpède, Hist, nat. des poiss., tom. 11, pp, 81-8). Cyprin large* 
7f . B. La Synonymie donnée par Lacépède est fort embrouillée. 

Ce poisson , facile à reconnaître , porte aussi le nom 
de Petite Brème ou Hazelin, du mot allemand Haszlè$ 
Levrault, à raison de son agilité. 

Les échantillons de ce poisson que j^ai examinés au 
mois de février et que je m'étais procurés sur le marché, 
avaient cinq pouces et demi de longueur depuis Fex- 
trémité du museau , jusqu^à la naissance de la nageoire 
caudale. La tète qui ofire, au-dessus des yeux, un léger 
enfoncement, outre la dopression marquée à Torigioe 
du dos , est trois fois un quart dans la longueur da 
corps , et la largeur de ce poisson , qui est très aplati , 
se trouve trois fois dans la longueur totale. 

La lèvre inférieure arquée , ou la mâchoire inférieure 
ascendante, est plus courte que la supérieure qui la 
recouvre. 

La naigeoire dorsale est située dans Tîntervalle des 
nageoires "attàlé et ventrale. Le dos est caréné avant 
la nageoire dorsale , et arrondi postérieurement à eette 
nageoire. ; • 

Les écailles qui recouvrent ce poissdti , sont minces 
et plus petites que celles du Cyprlnus fuscus, Nob. 

D. Il : P. 16 : V. 9 : A. îaS-ay : C. 22. 

La ligne latérale est courbée, et formée de 5 1 glandes. 

La membrane des nageoires dorsale et anale est 
finement piquetée de noir , ce qui n^a pas lieu dans 
la Brème. 

Le péritoine est nacré avec quelques points noirs. 

L'app^ejl dentaire pharyogieo de ce poisson con-* 
siste : • 



( 1« ) 

1* dans une petite plaque ovoïde , ^rtie dans une 
cavité en vallon étroit de la base de Tapophyse du 
basilaire \ à la partie postérieure de cette cavité , est 
un prolongement droit inférieurement , et arrondi en 
sabre recourbé supérieurement ; Tos mitral , accompa- 
ffïé de deux apophyses latérales descendantes, est 
lancéolé. 

a"" Les mâchoires pharyngiennes sont garnies chacune 
de cinq dents mignonnes, crochues à leur sommet, 
disposées sur un seul rang , comme dans la Brème ; 
on y remarque aussi cette tendance à présenter une 
couleur noire , pour former couronne autour du som- 
met ; quelquefois cependant cette apparence noirâtre ne 
se &it pas remarquer d'une manière bien prononcée. 

Ce poisson a été très-bien décrit par Rondelet ^ ce 
savant avait signalé les dents pharyngiennes sans en 
préciser le nombre ; mais en comparant la description 
qu^il a donnée avec tous les caractères que j^ai rap- 
portés, on acquerra la certitude qu'il avait bien 
examiné ce poisson , et que nul doute ne peut s'élever 
sur les détails dans lesquels il entre. 

La Bordelière, peu estimée, ne sert guère qu*à 
nourrir les poissons dans les viviers *, elle se trouve dans 
la Saône , pêle-mêle avec les autres poissons blancs. 

Alléon Dulac, Mém. pour servir à thisU nat. du^ 
Lyonnais, tom. i, ;?. i58 , dit de la Bordelière : « Elle 
« est bonne à manger; elle est si semblable à la Brème, 
« qu'on a peine à distinguer Tune de Fautre. » 

Rondelet avait dit seulement : ci Bramae tam similis 
« est, ut parum cautis pro bramis saepe vendatur, sed 
« ab iis magnitudine corporis et squamarum distat , ac 
« pinnarum ac caudae colore. » 



(144) 

On lit dans Duhamel , Traité général des Pêches,^ 
a* part. , m* sect. , p. 564 : « Ballerus , poisson d*eaa 
« douce que Rondelet croit être la Bouvière, n 

Cette erreur de Duhamel vient sans doute d'un 
lapsus ccUami, en vertu duquel le mot Boux^ière a été 
mis au lieu de Bordelière, Cela est d'autant plus pro- 
bable, qu'à cette même page 564, on lit : « Bordelière, 
« £ai/eru5 d^Àristote et de Rondelet, ayant quelque 
« ressemblance avec la Brème; on Ta appelée Çyprinus 
<c lotus et tenuis. 

Duhamel , Traité général des Pêches , ii* partie , m* 
sect. , p. 5o6 , donne à la Bordelière le nom de Brème 
gardonnée, à cause de ses écailles brillantes comme 
celles du Gardon. 

Le nom d'Eperlan bâtard, donné , suivant Duhamel, 
à un petit poisson de la Seine, convient parfaitement à 
la Bordelière , dout la surface du corps a effectivement 
un éclat perlé ou nacré , bien plus apparent que 4x\m 
du Spirlin-, aussi Gesner, de AquaUlib. , p. 27, dit : 
<( Piscis blicca Germanorum , seu alburnus lacustris , 
(( Sabaudis Platte , unde diminutivum Platton, à Ge- 
a nève , Plateron ^ B!ick à splendore. » 

Duhamel, Tra'té général des Pêches, 7? pari., 
sect. m, pi. xwî^Jig. 4? P* 5o6, § 3, parle du Plestia* 
ou Platane ; on pèche dans la Seine un petit poisson 



' ÂDJourd^HuI ce nom est employé à St-Saphorin, pour 
désigner leRotengle, Çyprinus erythrophthalmus. Voyez Jm- 
rine , Hist, des Poissons du lac Léman , p. 209. 

* Si le poisson appelé par Duhamel Plcstia est le même 
que le Çyprinus plestia ^ Leske^ ce serait la Bordelière. 



( 145 ) 
quW appelle Esperlan bâlxird, et qui parait res- 
:sembler à de petites Brèmes , qu'il dit lui sembler être 
le Plestia de Belon , ou le Platane , dont il donne la des- 
cription. 

Nous ne pouvons prononcer sur cette ressemblance , 
jiuiaque nous n'avons point vu le poisson de Grèce, dont 
jiarle Belon, Singularité z , liu. i, chap. lui, p. 117 , 
^hap, LV, p. laS, et que Gesner décrit d'après lui, de 
^quuUilibuSy p, B67 , 482 , i2a5. Mais nous pouvons as- 
surer que le poisson représenté par Duhamel est la 
Sordelière. Voici comme il le décrit : 

Tête petite , museau pointu , œil de médiocre 

g^ndeur, prunelle noire et iris blanc ; le corps , assez 

semblable à celui de la Brème , est bombé du côté du 

dos, et encore plus sous le ventre; sa chair est blanche , 

moins estimée que celle delà Brème. On en trouve dans 

les laes de Savoie , dans les étangs de la Bresse, dans le 

Hhâne et la Saône. Duhamel, Pèches, iV part., sect. 

m, p. 5i4* 

Belon, Observ, de plus, singul. ,li\f. i, chap. lui, 
p. 117, chap. Lv, p. 12S, p^rle d'un poisson nommé 
Plestia, aux embouchures du Strymon ^ , et Platane, 
en Macédoine. 

Gesner, de AquatUib. , pp. 482 , 867 , 1225 , discute 
sur ce poisson *, et Duhamel , ouv. cil. , p. 5o6 , § 3 , fait 
un article du Plestia ou Platane, où , en adoptant les 
détails donnés par Gesner , il regarde le Plestia ou le 
Platane comme le même poisson que la Bordelière. Les 
naturalistes grecs pourront seuls déterminer l'exactitude 
du rapprochement fait par Gesner et par Duhamel. 

' Karassou des Turcs. 

10 



(146) 

6* soiiS'genre. Les Ables, Leuciscus, Klein. 
Vulg. Poissons blancs. Blanchaille. 

Dorsale et anale courtes , épines et barbillons nuls. 

Ce sous*genre contient des poissons dont la chair 
est peu estimée^ aussi les espèces sont-elles souvent 
confondues sous la dénomination commune de Poissons 
blancs i et dans quelques endroits on leur applique in-- 
distinctement les noms de Meânier, Chevfanne, etc. , 
Gardon. 

Bloch et ses successeurs n^ont point suivi Fusage des 
environs de Paris , dans Tapplication de ces noms fran- 
çais , quHls ont répartis presqu^au hasard , comme le foit: 
remarquer Cuvîer , Règn. an. , éd. a , «. 2 , p. ayS (a)- 

Les Poissons blancs dont on fait peu de cas pour les 
tables, sont employés de préférence pour nourrir les 
poissons voraces dans les viviers. Tels sont la Bosse ^ 
la Bordelière et la Gibèle, Duhamel, Pèche, paru 
1,^.9. 

XV. Cyprin brun. Cyprinus fuscus, Nob. 

Ce poisson dont un échantillon pris sur le marché ^ 
m^a été désigné sous le nom de Blanc, avait sepC 
pouces de lon(];ueur \ et un autre , seulement quatre 
pouces et demi. 

La longueur de la tête était trois fois tiii quart dans 
celle dii corps , c'est-à-dire entre tête et queue ; sa lar- 
geur était un peu plus de trois fois dans la longueur* 
totale du corps. 

Son corps aplati le fait ressemblera la Bordelière^ 
mais il est plus épais que celui de cette dernière ; le» 
écailles qui le recouvrent sont aussi plus épaisses , plus 
larges et plus grandes. 



(147) 

La mâchoire inférieure peu ascendante y est légère- 
ment dépassée parla mâchoire supérieure. 

La nageoire dorsale se trouve placée dans Tinter- 
valle des ventrales et de Tanale, mais très-rappro- 
chée des premières. ' 

La ligne latérale courbée , est composée de cinquante 
glandes ^ j*ai compté douze rayons à la nageoire dorsale, 
neuf à chacune des ventrales , et treize à Tanale. 

Le péritoine nacré, est piqueté de points noirs très-fins. 

L'appareil dentaire pharyngien a du rapport avec 
celui du Cyprinus ruiUus ; mais il en difiere par lés 
dimensions. 

La plaque pharyngienne ovoïde alongée , est sertie 
dans une cavité de la même forme dans Tapophyse de 
Vos basilaire ; le prolongement de cette apophyse parait 
«m peu aplati en dessus , et offre en dessous une crête 
verticale transparente. 

Les dents des mâchoires pharyngiennes sont au nom- 
lire de six sur une seule rangée ; mais elles sont plus me- 
xiues, plus petites et plus délicates que celles de la Rosse. 

Cest en effet par la comparaison des deux dentures 
cjuUl est focile de s'assurer delà grande différence qui 
existe entre le Cyprinus rutilus , Linn. , et mon Cypri- 
wmsfuscus^^ l'apparence extérieure de ces deux poissons 
ne permet pas d'ailleurs de les confondre. 

])e plus l'aplatissement et la forme trapue du corps 
de la dernière espèce , la situation de sa nageoire dor- 
sale la rapprochent de la forme ^es Brèmes. 

Ce poisson firaie en mai. 

XVI. Cyprin nageoire jauite. Cyprinus xanthopierus, N. 

Cette espèce se rapproche de la Rousse, Cjprinus 
rutilus, Linn. 



( 1« ) 

L'échantillon sur lequel je fais cette description était 
long de cinq pouces à partir de l'origine de la nageoire 
caudale. . 

La ligne latérale est formée de 46 glandes. 

La longueur de la tête est 3 fois i/a dans celle du 
corps. 

La largeur du corps est environ 3 fois dans, la 
longueur totale. 

La dorsale à xi rayons , est située un peu en arrière 
des ventrales à ix rayons: Panale ofifre xiu ray<Mis, 
la caudale , xix. 

Ce poisson est court , ramassé ^ son corps est aussi 
large que celui de la Bordelière, dont il difiere par des 
écailles plus grandes. 

La denture m'a offert cinq dents sur une seule ligne à 
chaque mâchoire. Quelquefois , je n'en ai vu que quatre 
sur l'une d'elles : à côté des plus élevées , j'ai vu une 
saillie osseuse : serait-elle une base de dent fracturée ? 
Il est difficile de s'en assurer. 

Plusieurs dents gingivales se remarquent dans cette 
espèce ; ces dents triangulaires, qui se retrouvent dans 
mon Cyprin bouche en croissant , n'ont encore été si- 
gnalées par aucun ichthyologiste : elles sont un nouveau 
sujet de recherches; aussi dois-je le signaler aux na- 
turalistes. 

L'espèce de Cyprin dont je donne la description , se 
rapproche de la Bordelière avec laquelle cependant on 
ne peut la confondre; il y a en effet trop de différence 
dans le nombre des rayons de la nageoire anale. 

Cette espèce, prise dans l'Ouche au dessous du Parc, 
nage avec une très-grande rapidité pour se soustraire à 
l'épervier que jette le pêcheur. 



( 149) 

XVn. La DoBULE ' , Cyprinus dobula, Linn. Gmel., 
Syst.nat., éd. xiii, tom. i, p. 1424» sp. i3. 

Rondelet, De piscib, flupiatil.j p, i(py seulement la figure, 

Dict, des sciences naturelles, tom. i, suppL,p.^, i© Le Meûuier, 
Lmdscus^dobulà.' 

Bloch, Ichtl^ùlogie , part, i, p. 36, tab. y. 

HermaoD , Obseru. zoolog, , p. Saa. CypriauB orthonotiu. 

Cavier , Règne anim. , édit. a, tom. 2, p. 275. Le Meûaier '. 

MejeTy Représ. , tom. 2 ,/>/. ç-». 

Jfouv. Dict. d'hist. nat., édit. a, tom. 9, p. 72. Bosc a en f^rand 
tort de rapporter, ouv. cit,,p.j\j le Cyprin Cheyauae an Qyprinus 
je^es , Liuu. 

Ce poissoa est connu ici sous le nom de Chei^anne , 

On le reconnaît à sa tête large, (d'où Chei^anne, di« 
minutif de.cAef), à son museau rond, à ses pectorales 
etyentrales rouges. La mâchoire supérieure dépasse lé- 
gèrement rinférieure. 

La longueur de la tête est un peu plus de trois fois 
dans la longueur du corps ; le dos est large et arrondi ; 
les opercules des ouïes ne présentent pas les lignes de 
leurs divisions comme dans les autres Cyprins. 

la ligne latérale offre 44 ^^ 4^ écailles- . . 

' Le nom Dohule vient du mot saxon Diebel, on dn 
not polonais Duhîel, employé pour désigner des poissons 
appelés Capito fluviatiUs. 

* U eiuste nne confusion extraordinaire dana la nomen- 
datare de ce poisson, comme dans celle des poissons • da 
nême sons-genre \ aussi Bloch et ses snceesseurs n^ont point 
SQÎfi Pnsage des environs de Paris dans Papplication des 
noms français, quMIs ont répartis presque au hasard : les 
pêcheurs, donnant le même nom à des espèce^ différentes ^ 
contribuent à augmenter la confusion. 



( 150 ) 

La nageoire dorsale a sa partie antérieure insérée 
sur un point qui correspond à la partie postérieure do 
la base des ventrales. 

D. lo : P. ^ : V. 9 : A. 9 : C. 18 , fourchue. 

Péritoine nacré , marbré d'une grande quantité de 
points noirs très-fins et très-rapprochés ; dents pharyn- 
giennes au nombre de sept à chaque mâchoire : deux 
intérieures et cinq extérieures , toutes crochues à leur 
sommet. 

On compte 4© vertèbres et i5 paires dé câtés. 

Ce poisson , dit Bloch , se nourrit d'herbages et de 
vers , tels que de petites sangsues noires ' et de jeunes 
limaçons blancs ' , qui s'attachent aux herbes ; il firaie , 
du milieu de mars au milieu de mai , sur les pierres des 
rivières •, il meurt promptement hors de Feau. 

Sa chair est blanche, saine, mais remplie d'arêtes, 
et par cette raison peu recherchée. L'intestin ne pré- 
senté qu'une circonvolution et demie , comme dans la 
Tanche. 

Les Dbbules de la Havel , dit Bloch , ne pèsent 
pas plus d'une demi livre; celles de la Sprée pèsent 
jusqu'à une livre et demie. ' 

Lacépède , HisU naU des Poissons , tom. x , p, 896 , 
indique le poids des Dobules de deux à quatre livres. 

Un. marchand de poisson m'a dit que le Ghevannean 
atteint quelquefois une taille de 18 à 20 pouces, et 
qu'alors il pèse quatre à cinq livres environ *, mais ces 
caractères ne conviennent point à notre Dobule. 

Cependant voici ce que , d'après des renseignemçnsr 

' Blocli 9 sons le nom de petites sangsues noires et de 
jennes limaçons blancs , n'indiquerait- il pas des Planaires 
( brune et lactée ) ? 



( 151 ) 
fin eiaocs, m^écrit M. Pataille père, propriétaire a 
Haxilly-sur-Sa&e : 

« Che%f€ume. Les plus gros de ces poissons pèsent 3 à 
5 livres au plus ; dans ce dernier cas , leur longueur est 
cie i4 à i6 pouces environ, (depuis, et y compris, la tête 
qui se mange, jusqu^à Torigine de la caudale). Une 
cirooDStanoe particulière à ce poisson est la suivante : 
comme il est très^vide et vorace, il est presque le 
fleul que Ton prenne la nuit au cordeau. On amorce 
principalement avec des Groujons. Sa chair est assez 
lionne è manger ; mais elle contient beaucoup de petites 
arêlfs.' » Ce passage a trait au Cjrprinus dobula. 

n existe donc plusieurs espèces de Cyprins voraces : 
k Barbeau , ( Cjprinus, barbus, Linn, ) ; la Dobule, 
(Cftef^onne de nos pécheurs); ensuite llde de Bloch^ 
(^Cjrprinus jeses de Jurine; Gardon de Cuvier).. 

Le Ghevanne de la Bèze a quelquefois i6 à i8 pouces ; 
il pèse alors jusqu'à 6 livres. Je ne puis qu'engager les 
naturalistes des bords de la Bèze, à s'assurer si le 
Chevanne de cette rivière est le même que celui de la 
Saône *. 

Le nom de Chevanneau , appliqué à plusieurs ei^çes 

' Ayant exposé mes doutes sur le Che vanne , à M. Pa- 
tûBe y Toici ce qiiHl m^a répondu i 

ce Le nommé Canserefc fils, pécheur à Heuîliey, et raison- 
ce nant très-bien son état , m^a dit : Le Ghevanne de la Saône 
«c et celui de la Bèze sont assurément de même espèce ; mais 
ce ce dernier , à raison de la différence des eaux , devient 
ce plus gros et beaucoup meilleur } et dans la Tille , rivière 
« de sable y il y est, ainsi que la Truite, beaucoup meîl- 
« leur encore que celui de la Bèze, toujours quoique de 
<c même espèce , et cela par la différence des eaux, so hettre 
du 22 août i836. 



( 152) 
de poissons , a induit en erreur tous les ichthyologiste»; 

On en a la preuve dans la citation suivante : « Je ne 
« sais , dit Bloch , IchûvyoL , paH, \^ p, 2,^^û\e Gar- 
« don ou la Yandoise sont le même poisson que la 
« Dobule. » 

Duhamel a même, sous ce nom, décrit et figuré 
mon Cyprin bouche en croissant. Quoi qu'il en soît', 
réchantillon sur lequel j'ai fait la présente descriptiOD^ 
avait un pied de longueur , depuis l'extrémité du mu- 
seau , jusqu'à l'origine de la queue , et pesait une livre 
six onces. * 

Le Dieu des Se. naU , tom. i , siippL , p. 3 , i" , ctle 
Nom^, DicU (Thist. naU , tom. 9 , p. 72 , ne contiennent 
que peu de renseignémens sur le Meunier <m la Dobulé^y 
qui a sept dents sur deux rangées, deux en haut , cinq 
en bas , toutes pointues et un peu crochues. Cuvier, 
Anat. compar. , tom. 3 , jp. 1 9 1 . 

Lacépède, Hist. naU des Poiss.y tom. x, p. 388 j re» 
garde le Cyprinus dohula et le Cyprinus grislagine 
comme le même poisson. Cuvier , Règn. anim. , éd. a , 
iom. a , pp. 2,rj5 et 276 (1) , en fait deux espèces. 

C'est un point à examiner. 

Rondelet, de Piscibus flitviatUib. liber , cap. xv, 
p. 190 , dans son chapitre intitulé : De Cephalof flu,- 
piatili y donne la figure de la Dobule , poisson appelé 
eh latin Cànito, en français Manier , parce qu'il se 
trouve , dit-il, dans le voisinage des moulins , ou au bas 
de leur digue. 

La véritable cause du nom Meunier, donné à ce pois- 
son , vient de sa couleur blanche , comparée à celle des 
farineurs. f^ojez ci-dessus, p. 24 (0* C'est par la 
même raison , qu'avant la révolution , le sobriquet de 
Merlan était donné aux perruquiers à raison de la 



( 153 J 
poudre dont leurs habits étaient couverts. Quelques 
personnes appellent ce poisson Baiboiteau , à, causo d& 
la ressemblance qu'on a cru lui trouver avec le Barbeau, 
d'oii on a fait les noms Garbotin , GaxbiAteau. 
' On donne encore à ce poisson le nom de FUain, à 
raison de ce qu'il se plait dans la fange et les ordures , 
dont il se nourrit , ou plutôt à cause du peu de cas que 
l^iMi fait de ce (o/ poisson. Ce poisson est aussi conau^ 
sons tes noms de ChevenCy Ckes^ansy Clias^eney Cha^ 
lidsféaU:{sùt ta Loire ), Chaboisseau ( petit Chabot ) , 
dMvés de Chef; à Angers on Tappelle Cliouany de- 
TAnglais Chus , Chie\^en , d'oii Che^ene. 

D'airtres lui ont donné le nom de Testardyk cause 
de 4a grosseur de sa tête , et à Rome il porte le nom de 
Squale. 

Toutes ce^ dénominations vagues ont causé le plus, 
glrand désordre dans la nomenclature ichthyologique , 
et les commentateurs qui se sont, bornés à les admettre 
les ont- appliquées à tort et-k travers , à des poissons fort 
différens , comme il est facile de s'en assurer. Rondelet ,. 
lol-méme ^ dans le chapitre cité plus haut , a confondu 
la Diobule et mon Cyprin bouche en croissant. 

Gesner^ de A{iuatilibuSf p, 2,16 j 217, a décrit. la 
Bokule sous le nom de Capito, pesant cinq livres et 
demie, ( livre de 18 onces ) , long de dix-huit pouces. 
L'origine de la dorsale à dix rayons , dit-il , se trouve à 
égale distance de Torigine de la tête et de l'origine de la 
queue. Les dents au nombre de sept , sur deux rangées, 
cinq en dehors et deux en dedans, sont légèrement cro-* 
chues au sommet. Ce poisson (raie en mai. Dans les en- 
virons de Baie , les pêcheur^ garnissent leurs hameçons 
avec un insecte appelé Aletmuggen , ( Capitonis musca, 
mouche de Capito ); c'est une mouche grande, oblongue. 



t 154) 
noirâtre, qui pendant Thiver , est cachée dans Peau. Ne 
serait-ce pas une espèce de Phrygane ^ ou de Semblis ? 

Les œufs de ce CapUo, dit Cresner , sont bons à manger, 
Oi^a palato sapiunt. 

Je vais décrire Tappareil dentaire pharyngien de ce 
poisson. 

L'apophyse de Tos basilatre : présente une cavité 
presque triangulaire , dans laquelle est sertie la plaque 
dentaire supérieure; cette apophyse est terminée posté- 
rieurement par un prolongement large et comprifné b* 
téraleraent ; la première vertèbre a de diaque câté one 
apophyse assez longue et fort aiguë. 

Les dents pharyngiennes inférieures au nombre de 
sept sur deux rangées , cinq en dehors , deux en dedans^ 
sont toutes crochues à leur sommet. Le nombre de C68 
dents peut varier par suite de la chute de plusieurs 
d'entre elles. J*ai vu des mâchoires oii une dent man- 
quait à la rangée extérieure , d'autres oh il en manquait 
deux à la rangée extérieuréet une à la rangée intérieure^ 
d'autres où une dent manquait à chaque rangée , daiift 
d'autres enfin une dent ne manquait qu^à la rangée inté* 
rieure. La place des dents manquantes est très-risibkl 
sur le rang extérieur. 

Les dents tombées se remplacent-elles chez les Cy- 
prins ? C'est ce que l'observation ne peut faire cou* 
naître ; et comme les dents pharyngiennes des Cyprins 
paraissent être un prolongement recouvert d'émail , des 
mâchoires , il est bien à croire que les dents une fois 
tombées ne se remplacent plus. En effet dans les 
Squales où le remplacement a lieu , il ne s'opère jamais 
dans la place vide, mais seulement par des dents posté-^ 
rieures couchées qui se redressent alors. 

La description du Cyprinus dobula , donnée par 



( 155 ) 
J. Hermann, Observât, zoologicœ, p, 821, sur un 
échantilloD de huit pouces et demi , présente quelque 
diflfêrence avec la nâtre. Gela dépendrait-il de la dide- 
rence de taille des échantillons examinés ? 

On confond souvent le Cyprinus jeses avec le C^- 
prinus dobula, Bloch a signalé leurs différences , que 
nous allons mettre en parallèle. 

Tiuun ou Meuiueii. Cyprin Dobule. Çyprimis dobula, 
nus jeses, Bl. , p. ^^^pl. vi, Bloch , pL v. 

DeveiiAiit très-gros. Moins grosse. 

Tète beaucoup plus épaisse. 

Corps plus gros, bleuâtre. Corps étroit | de couleur Ter- 

dâtre. 
Largeur d'une Carpe. 

Lobes de la queue obtus. Lobes de la queue aigus. 

Ecaillés gra'pdea. Ecailles petites. 

Poida jusqu'à dix livres '. Poids ne dépassant jamais une 

livre et demie. 
Vie dure. 18 paires de côtes. Vie peu dure. i5 paires de 

côtes. 
Chair grasse, garnie d'arêtes y 
paraissant jaune quand elle J* ajoute : Sept dents crochues, 
est cuite. sur deux rangs. 

' Le baron de Tschudy écrit à Duhamel, Pèches, 2« 

jfari, , sect. m , p, 5oa , qa^on prend dans la Moselle des 

Chevannes qui pèsent dix à douze livres. Ce sont àe% Cypr. 

jeses* Elles ont été indiquées par Ansone , sous le nom de 

CapUo. 

V Achon, Attchon ou Aucon de la Moselle est un poisson 
blanc qui ressemble au Vilain ; seulement il est un peu plus 
alongé. Il est médiocrement estimé. Duhamel, 7fi part., 
sect. ni , p. 493 , § 4. Ne serait-ce pas la Dobsfle ? 



( »56; 

A Toccasion du Cyprinus jeses , décrit et figuré par 
}\\Y\ne^ HisU des poiss. du lac Léman y p. 307, if 
li^pL 11, sous le nom de Chevène , je ferai remarquer 
que ce poisson est le Cyprinus idus, Bloch , Ichlhiolog., 
part. I , p. 202 , pL 36 j ainsi quUl e^t &cile de s^en as^ 
surer par la comparaison des figures et par celle des 
mœurs et des habitudes. 

L'Ide, appelé par Cuvier le Gardon^ Bègn. anim. ^ 
tom. 2 , p. 275 , habite les grands ' lacs ; sa longueur 

' Il faut rapporter à Tlde le poisson appelé Cyprinus cla^ 
valus siye Pigus par Rondelet , de Piscibus lacustnb, Ub*, 
cap. y^p- i53 , Gesner , de Aquatil, , p. ?ijS, C'est en effet 
le Cyprinus idus mâle , au temps du frai, pris dans le lac 
de Côme et dans le lac Majeur, où seulement il se trouTCi 
au rapport ^t% Milanais. Artédi, JchthyoL , part, ty^ 
Synon. ^p, 1 3 , jp. a5 1 le signale sous le nom de Cyprinm 
piclo (ne faut- il pas lire picho?) Pigo et Pigus dictus. 11 
dit : ce Des épines blanches et pyramidales paraissent à la 
£n du printemps et au commencement de Tété y sur le milieu 
des écailles, et durent environ quarante jours; passé ce 
temps on n'en observe plus. » 

Duhamel, Traité des Pèches, n^ part», sec t. m, p. Si/^ 
en parle , sous le nom de Carpe épineuse ; et Lacépède j'^ist, 
nat, des Poiss., t. 11, p. S6, répète ce quW dit Rondelet. 

On trouve peu de renseignemens sur le Pigo , Cyprinus 
pigus, dans le Dict. des Se, nat., tom* ^o ^p.^Sy. 

Pigo , poisson semblable à la Carpe , qu^on pêche en été 
dans le lac de Côme et le lac Majeur. Ce poisson a an milieu 
de chaque écaille, du côté de la tête, une espèce d'épine 
ou de boucle , piquant comme celle de la Raie \ sa qneae 
est fourchue; son tentre est blanc, tirant sur le rouge 
pâle ; le dos d'un bleu noirâtre. Les plus grands de ces 
poissons pèsent cinq à six . livres ; la chair en est délicate* 
EncycL méih,, Dict* des Pêches ; p. 21 9. 



( 157) 
est d\m à deux pieds, et son poids de six à huit livres ; 
il a la vie dure; il mord surtout quand on prend pour 
appât des queues d'Ecrevisses et des Grillons, Grjllus 
campestris ; sa chair blanche est tendre et de bon goût ; 
ila 4^ vertèbres et i5 paires de cotes. 

Dans l'article consacré par Jurine à son Cyprinus 
jeses ' , on Ut : C'est , je crois , le seul Cyprin * qui 
mange d^autres poissons et morde ajox hameçons auxquels 

tient un Chabot ou une Loche Il parvient à une 

grosseur assez considérable, puisqu'il n'est pas rare 
d'-en prendre de 4 ^ ^ livres. Quoique sa chair soit 
blandie et délicate , on la prise peu , à caase du nombre 
des arêtes. 

On voit , par le rapprochement de ces passages et 
par la confrontation des figures , que le Çyprinus jeses ^ 

' Le nom de Jeses ne aerait-il pas une altération de ce* 
hi de Jefunus ? 

On lit en effet dans le Traité des Alimens^ par Lémery , 
a« édit,f p. 4^3 9 AU sujet da Mulet de rivière : 

a Le Mulet, Cephalus, est encore nommé en latin Mu-- 
a gdf parce quUl est fort agile; il est appelé par quelques- 
ce uns J^unus ,,.»., parce qu^il ne mange point de chair. 
<K Cést pour cela , dit Jovius , que les poissons , qui comme 
« lui n^en dévorent point d'autres, honorent et respectent 
te très*fort le Mulet , le regardant comme un bon et sain 
« poisson, ao 

* Les détails contenns ci-dessus, p. i5i , dans notre 
article Dobule , prouvent qu'il y a plusieurs espèces de 
Cjprinff qui mangent d'autres poissons. 

Le basilaire auquel adhère la plaque pharyngienne de la 
Dobnle a postérieurement une crête longue et large ^ placée 
de champ. La forme de la plaque est triangulaire. 



( 158 ) 

de Jurine est très-différent du Cjprirms jeses de Bloch. 
Il est le même que le Cyprinus idus , Bloch. 

Cyprinus jeses. 

Celui de Jurine diffère de celui de Bloch : 

D. à la partie post. des Y. D. à l'origine des Y* 

C. à peine échancrée. C. fonrchue. 

Corps alongé y droit de la D. Corps gonflé , bombé de la 

à la tête. D. à la tête. 

Aussi la figure du Cyprinus jeses de Jurine est-elle 
la même que celle du Cyprinus idus, Bloch, pi. xxxTf, 
appelé Gardon par Cuvier , Jiègn. anim. , édit, 2 , Ipifi; 
2, ;?. 275. Ainsi , le Gardon de Cuvier est différent dn 
Gardon de Rondelet et de Duhamel. 

Le Cyprinus dobula et le Cyprinus leuciscus , dil 
Bloch , se ressemblent beaucoup *, cependant le Meunier^ 
Cyprinus dobula , est plus arrondi et a les nageoires pec- 
torales, ventrales et anales rouges , tandis que ces mêmet 
nageoires sont d'un rose très-pâle dans la Vandoise. •• 
a Chabuisseau , nom que les pécheurs de la Loin 
donnent à la Chevanne, en Poitou et en Aunis, à m 
petit poisson de deux à trois pouces de long , dont le 
écailles sont petites et blanches , qui a depuis les ouie 
jusqu'à la queue une bande de deux à trois lignes d< 
largeur, d'un bleu clair et luisant; il a un petit aileron sui 
le dos , un ou deux derrière Tanus ( ces deux derrièr 
l'anus sont de la part de Duhamel une erreur dépendan 
d'une déchirure de la nageoire anale), Taileron d 
la queue fendu , deux nageoires sous la gorge , un 
derrière chaque ouie, la tête petite. Quelques-un 
le nommeht Chabisseau; on le nomme aussi en patoi 
des bords de la Loire, Garbotin, Garbatteau. )> Duhs 
mel, Traité gén. des Pêches, n^^part,, secU ni , p. 565. 



( 159 ) ^. 

« Un excellent correspondant que j^ai au hbrd de 
la Loire ) et qui me recommande forlib de ne le pas 
nommer , m^écrit que les uns nomment la Ghevanne 
Garbotdn, d^autres Garbotteau, et d'autres Chabois" 
seau, » Ouu. cité, p. 5o2. 

Cet article est une nouvelle preuve de la confusion 
introduite dans la nomenclature des poissons , lorsqu^on 
se rapporte uniquen^nt aux noms , pour les indiquer. 
Aussi Duhamel n'a-t-il pas reconnu dans le Chabuisseau 
du Poitou et de TAunis, la Bouvière , i^ojez ci-dessus, 
p. iaa,ou plutôt le CyprUius jaculus ; ce dont pourront 
s^assnrer les naturalistes des bords de la Loire , en exa- 
minant la denture de ce poisson. 

N, B. Le nom de Chahoisseau est employé par CoTier ^ 
pour désigner les Chabots marins, Cottus, Linn. Lacépède 
l'attriboe ( mais bien à tort } , à son Cjprin jesse. 

Dans cet ouvrage j*ai eu à plusieurs reprises,, p. 7, 
p. 74, Toccasion de signaler la difTiculté de se procurer 
pour Fétude , les poissons que Ton désirerait ; je reviens 
encore ici sur ce sujet. Toutes les espèces du sous-genre 
AUe,Ga\,^ ont été confondues jusqu'à ce jour 5 j'ai 
préci3é les caractères de toutes celles que j'ai examinées ; 
le nombre et la disposition des dents pharyngiennes 
m'ont servi de base fixe. Aussi je regrette beaucoup 
de n^voir pu obtenir, malgré des demandes réitérées, 
les deux espèces suivantes , connues dans l'arrondis- 
sement de Châtillon , et sur lesquelles mon estimable 
confrère, le docteur Bourée, m'a envoyé la note suivante : 
fL Meunier^ vu'g- VtlœUy Cjpiinus oblongus, ou 
« Dcbula, commun dans la Laigne, où il acquiert de 
« grandes dimensions ; rare dans nos autres rivières. 

« Ce poisson est connu sous le nom de F^ilna dans 
« Tarrondissement de Châtillon. 



*. ( 160 ) 

(c C^ei^alàij Chauigneau, sans doute le CheUiume, 
« Leudscus jéses; très-abondant dans toutes nos ri- 
c( vières , ou ce poisson blanc acquiert quelquefois le 
c< poids de trois livres. » Lettre de M, Bourée, ii 
noi^embre i835. 

Mais il sufTira de comparer l'appareil dentaire pharyn- 
gien de ces deux poissons , dont Tun est certainement 
la Dobulc, pour reconnaître leui^litlërence, indiquer 
leurs caractères et appliquer les noms. 

« La difliculté, dit Guvier, de reconnaître les 
« figures données par les auteurs d'espèces si serablableS| 
c( dans le sous-genre Able, est encore augmentée, 
ce parce qu'il y a dans les rivières d^Europe plusieurs 
« autres espèces qui n'ont pas encore été représentées. » 
Cuvier, règn, animal y éd. a, tom, ^^ p. 2.^6^ à la noie. 

Les descriptions que je donne n'auront pas Tincon- 
vénient que Guvier attribue aux figures ^ et Ton peut 
s'assurer de Tinexactitude de Tarticle suivant , inséré 
par Bosc dans le Noui^, Dict, dllist, nat, , édiU a , 
toni, VI, p. 4i4* 

c( Chevanne, poisson du genre Cyprin , qu'on appelle 
« aussi Meunier y Vilain ^ Testard^ et qu'on trouve 
« dans les rivières et les ruisseaux 5 c'est le Oyprinus 
« Jeses ^ de Linnaeus , et non le Cjp/inus cephalus 
« du même auteur, comme Duhamel ^ et d'autres Font 
« cru. Voy. au mot Cyprin, » 

' Bosc aurait dik citer les autorités sur lesquelles il s^ap- 
pnie pour dire que notre Chevanne est le Cyprinus jeses p 
Linn. ; ce qui n'est pas. « 

^ Duhamel, dans son Traité général des Pèches^ n^A 
point rapporté la Chevanne an Cyprinus cephalus ^ Linn. 
J'ignore s'il l'a fait dans quelqu'autre ouvrage. 



( 161 ) 

Pai prouvé que la Chevanne de uos pays est' W Çjr^ 
prinus dobula, Bloch; et la Ghevene de Jur^, le 
Cyprinus idus, Bloch^ on verra plus bas que le Che- 
vanne de Duhamel est mon Cyprin bouche en croissant. 

Le Chevenne mâle , au temps du frai , en mars et 
avril , a sur ses écailles des épines irès-prononcécs. 
Duhamel en parle Pêches, /7. 5i 4 , sous le nom de Pigo, 
et lui donne le nom de Carpe épineuse y au surplus les 
mâles de beaucoup de Cyprins, du sous-genre jéble, 
offrent à Tépoquedu frai des écailles charg;ées d'épines. 

La Chevanne offre quelquefois dans son intérieur : 

1® La Giroflée changeante ^ 

a* Le Distoma inflexum y Encycl. méth., vers, t. 2, 
p. 273 , n» 79 ; 

3* Le Tœnia torulosa, Batsch, Gmel. , Syst. nat. , 
édit. XIII, p. 3o8i , sp. 85, Dict. Se. nat., t. 53, p. 64. 

Je n'ai pu encore, malgré des demandes multipliées , 
parvenir^ me procurer les poissons dont les noms suivent : 

Alense, Câted'Or. 

Bonille, petit poisson rond, blanc^ et très-bon, Yonne. 
Carpe beurnole , Câted'Or. 
Carpe tanche, id. 
Carrelet , poisson plat , Yonne, 

Ckatooille, ayant la peau deTAngailley et sur les côtés 
de la tête , deux crochels, id, 
Chevalot, Càte-d'Or. 
Gardon ) id. 
Gardon carpe , id, 
Gremille, id. 
Landoite, id, 
LoDTOtte , petit poisson blanc plus court que PAblette y 

Yonne* 
Me&nier, Câte^d'Oret Yonne, 

11 



(162) 

RotÎMon I Meunier ^ Yillena , Yonne. 

RoQSM oour^ et large , Câte^d'Or. 

Rousse longue aux yeux rouges , /</. 

Roussel, Gardon rouge, ayant les panneaux rouges, Yonne» 

Seufle rousse , Cote^d'Or. 

Yandoise , id, 

Yapdoise imitant le Rotisson , mais plus petit ^ Yonne* 

Yilna , Côte-d'Or et Yonne. 

Il me serait facile de rapporter plusieurs de ces pois* 
sons aux espèces dont j'ai tracé l'histoire \ mais les noms 
ont donné lieu à trop d'équivoques , pour les appli- 
quer sans voir les objets \ il n'y a d'ailleurs point de 
certitude , parce que les pécheurs ne sont point d^ac- 
cord entre eux ; d'ailleurs m'étant fait une loi de ne 
parler que des poissons soumis à mon examen , je m'in- 
terdis tout rapprochement jusqu'à ce quUl me soit per- 
mis de vérifier par moi-même les caractères de ceux 
compris daos cettç liste. 

XYIII. La Rosse, Cyprinus rutilus, Linn. , Gmelin, 
Syst. nat. , xiii , p. 14^6, sp. 16. 

Bondelet, de Plscibus lacustribus liber ,p, i56, cap, tx, enie* 
ietaut le titre et la figure ', mais adoptaot le nom de f^angerQ/i. 

' Uîncurie de rimprimenr a placé en tête de ce dbapitr^i 
qui contient une description exacte de la Rosse , appelée 
Vangeron par notre auteur, le nom et la figure de la Férup 
Coregonus Fera , Jurine , Act. Genev, , 1825, tom. 3, 
irtpart.fp. 190, n^ 9, j:?/. 7, décrite au chapitre xTin| 
p. 164, en tête duquel se trouve la figure du Yangeron. 
Cette transposition de figures a été signalée par Gesneri de 
Aquat. , p. 35 , et ensuite par Aldrorandi , de Plscibus p 
p. 620. 



( 163 ) 

Genier , De AquatiU,p, 966. De Rutilo y sipe Rubello fiUiTiatili. 
Marigli y Danuh» Pannon. , tom. ly, p, 41 > iah. xiii, fig, 4* 
Duhamel, Traité général des Pêches, w part. , sect, m 9 p. 499^ 
pi XXIV , fig. a. 
filoch , Ichthyologie , part, i , p. 28 , pi, a. 
Bonnaterre, Tableau Encyclop,, ichthyologie, pi. Soyfig, 334- 
Lacépède , Hist. nat. des Poiss,, tom. x, p. 397. 
Jorinei Hist, des pois s, du lac Léman, p. an, n* i5, />/. i3. 

Ce poisson , dont l'épine a 44 vertèbres , est connu , 
dans ce pays, sous le nom de Rousse. Quelques pê- 
cheurs l'appellent Dresson (dénomination altérée de 
Rousse ou Rousseau ). 

On le reconnaît par la couleur rougeâtre ou orangée 
de ses nageoires. Les N. A. et G. sont d'une couleur 
orange bien plus prononcée sur les ventrales -, l'extré- 
mîté de la D. est d'un vert foncé. Le dos est caréné 
depuis Tocciput à la nageoire dorsale , et arrondi depuis 
cette nageoire à la queue *, le corps a une forme ovale , 
un peu resserrée depuis l'anus. 

La nageoire dorsale correspond , à peu près , à la 
partie postérieure des nageoires ventrales. 

D. 12 : V. 9 : A. 12-, ligne latérale un peu courbée , 
formée de 44 glandes -, longueur de la téle : 3 fois i/4 
dans celle du corps. 

La mâchoire inférieure , légèrement ascendante , ob- 
tuse et dépassée sensiblement par la mâchoire supé- 
rieure. 

Péritoine nacré , piqueté de points noirs nombreux. 
L^appareil dentaire pharyngien consiste en une plaque 
en poire , sertie dans la cavité de même forme de l'apo- 
physe de l'os basilaire, terminée par un prolongement 
aplati, disposé horizontalement, et muni d'une crête 
médiane, imitant la saillie du sternum de poulet. 

Les mâchoires pharyngiennes inférieures sont , cha- 



( 164) 
cnne, pourvues de six dents, (quelquefois une ' ou 
deux avortent, comme je l'ai vu), disposées sur un 
seul rang. 

Cuvier, Anai. compar. , tom. 3 , p. 191, se borne à 
dire : « La Rosse , Cyprinus rutilas , a les dents comme 
« la Tanche, et encore plus grosses à proportion. » 
MaisJurine, Act, Genei^., tom.i, part.i^ 1821, p. 
a4j en précise le nombre. « La Rosse ou le Vangeron, 
(( Cyprinus rutilus , dit-il , a cinq dents qui ressemblent 
« à celles de la Tanche. » Jurine n'a vu qu'un indi- 
vidu à mâchoires incomplètes par l'avortement ou la 
destruction de la sixième dent, à moins qu'il n^ait exa- 
miné mon Cyprinus xanÛiopterus,\, ci-dessus, p. 147. 

Suivant Duhamel, la Rosse de rivière a ordinairement 
dix pouces de longueur. On en trouve quelquefois d'un 
pied et demi et du poids d'une à deux livres. Bloch dit 
une livre , ou tout au plus une livre et demie. 

Voici le passage de Duhamel : 

« De la Rosse de rivière, Itoce, Rose, Roche. 

■ Gmelin, S. N. , éd. xiii, p. 14^7» ne donnant que 
cinq dents à cliaque mâchoire pharyngienne du Cyprinus 
rutilus f Linn., me fait croire quHl a fait son observation 
«ur mon Cyprinus xanthopterus , qu'il est facile de confon- 
dre avec la Rosse quand on néglige le caractère fourni par 
les dents. Gesner en a fait usage assez fréquemment, comme 
on peut s'en assurer par le passage suivant : 

a De capitone anadromo illo quem Miseni Zerle Tel Blicke 
ce nominant. » 1 

oc Maxilla utrinque valida , dentibus senis oblongît val* 
ce lata. Maximi qui apud Misenos capiuntur bilibres sant. ^ 
Gesner, de AquatU, , p* 1270. 

Les dents du poisson mentionné par Gesner iont en 
même nombre que celles du Yangeron. 



( 165 ; 

. Elle confine beaucoup avec le Gardon -, elle a quel- 
quefois 1 1/2 pied de long. , et pèse i i/a livre. Nageoires 
d'un rouge beaucoup plus vif que dans les Gardons. 

Rosse , plus large que le (xardon ; trois et demi de 
largeur faisaient plus que la longueur ^ beaucoup plus 
courte et plus large que la Ghevanne ou le Vilain. 
Ecailles de la Rosse approchant beaucoup de la gran- 
deur et de la couleur de celles de la Carpe. 

Longueur, to pouces. 

Iris de couleur d'or ; dessus de la tête d'un brun oli- 
vâtre foncé , chargé de noir ] gueule petite -, mâchoire 
inférieure parait un peu plus longue que la supérieure. 
(Ce doit être le contraire.) 

Chair moins délicate que celle du Gardon. » 

Duhamel, Trait, gén, Pêch.^p, 499, pi* xxiv^Jlg, 2. 

« Rosse, poisson de rivière fort commun en Suède; il 
est de la grandeur d'une Carpe , et de même genre ; ses 
nageoires et ses ailerons sont d'un rouge vif; l'iris de ses 
yeux est de couleur d'or ; le dessus de la tête et le dos 
d'un brun olivâtre foncé ; les côtés d'un jaune clair. Sa 
gueule est petite et sans dents ; sa chair est bonne , mais 
un peu amère. » EncycL méthod. , Dict. des Pèches, 

p. 244- 

«c Rosière , poisson d'eau douce à nageoires molles et 
du genre des Carpes ; sa tête est grosse 5 ses yeux sont 
grands ; sa chair est bonne à manger , mais de dif&cile 
digestion. >» Op. ciu^p. 244* 

Il est difficile de dire auquel des Cyprinus rufus, 
Nob, , ou du Cjprlnus rutilas , Jur. , appartiennent la 
Rosse et la Rosière citées par l'Encyclopédie méthodique. 

Les échantillons que j'ai observés avaient neuf pouces 
ie longueur, depuis l'extrémité du museau jusqu'à l'o- 
rigine de la queue 3 ib n'étaient pas du même sexe ; aussi 



( 166) 
ai -je remarqué de très-grandes différences dans la pro- 
portion de la tête avec le reste du corps , et dans celle 
de la largeur , comparée à la longueur totale. Le nombre 
des rayons des nageoires n*était pas le même non plus 
dans les deux sexes ; tel est le motif pour lequel on ne 
doit pas beaucoup compter sur les caractères des pois- 
sons, tirés du nombre des rayons des nageoires, dans les 
Cyprins du sous-genre Able. L'appareil dentaire pha- 
ryngien m'a fourni des caractères invariables et 
eonstans, que Thabitude et Texercice ne tardent pas à 
familiariser avec Taspect extérieur des poissons , aspect 
plus facile à saisir qu'à décrire. Il ne faut donc point 
être étonné si dans le Dict, des Se. nat, , tom, i , suppL, 
p,^^ sp, 2,^ tom, xLvi, p. -292, et dans le Nouv*. DicU 
dhisU nat. , édil. 1 , tom, ix ^ p. 78 , les auteurs ont 
confondu la Rosse avec le Gardon ; c'est le résultat des 
mêmes noms donnés par les pêcheurs aux différentes 
espèces de la sous-division du genre Cyprin , désignée 
par Cuvier, Règn, amm. , éd't, 2, tom. a, p. ayS, 
sous le titre : des bibles y et par le vulgaire , sous celui 
de Poissons blancs. 

La Rosse est aussi connue sous le nom de F'angeron, 
du mot suisse Winger, dont le radical ff^ink , clin-d'œil, 
désigne la rapidité avec laquelle nage ce pvoisson , qui 
s^ la vie dure et se nourrit de substances végétales et 
même animales. . 

A l'époque du frai , on rencontre souvent des Van- 
gerons couverts d'aspérités. Ce phénomène s'observe 
dans plusieurs autres espèces de Cyprins : le Chevène, 
le Gardon p etc. Je l'ai remarqué dans le Vairon. 

Ce poisson fraie en avril et au commencement de mai, 
ordinairement vers midi; la femelle dépose ses œufs, 
verdâtres , auxquels la cuisson donne une couleur rouge. 



( 167) 
dans les endroits couverts d'herbages ou de brancb^s^ 

« C'est 9 dit Bloch , le plus rusé de tous les poissons 
« de nos contrées ; il reste toujours caché dans le fond 
tu de Teau, tant qu'il entend quelqu'un sur l'eau. » 

De jeunes Yangerons , ayant à peine deui pouces de 
longueur, ont déjà leur ovaire et leur laite tout à fait 
développés* Cette disposition sert à éclaircir le chapitre 
de Rondelet, intitulé : de Phoxinis.Y. ci-dessous, p. 168. 

On recherche peu le Yangeron , à cause de ses nom- 
breuses arêtes , petites et fourchues , quoique sa chair 
soit délicate et légère ; et lorsqu^on se décide à le servir 
sur les tables , on le fait frire. 

Les Truites et les Brochets font une guerre continuelle 
à ce poisson , employé avec avantage pour amorcer ', il 
est très-^sujet aux vers. 

« On trouve fréquemment dans les Yangerons , dit 
« Jorine, ouu. cité, p. 21 3, un Taenia logé hors des 
« intestins; ce qui distend leur ventre au point que les 
K pêcheurs ont fait de ces individus une espèce parti- 
a culière , à laquelle ils ont donné le nom de F'entru ou 
« Goitreux, » 

Jurine n'a pas indiqué si ce Taenia était VEchi- 
norfnchus rutili , MuIl.,Gmel.,Syst. nat., xiii, p. 3o5o, 
sp. 45. Encycl. méthod. , Yers , tom. a, p. 3o3, sp. 9, 
ou V Eclùnoîynchus q^m^^MuU. , GmeL , Se. nat., 
xiu, p, 3o5o, sp. 4^, 44» P* 3048, sp. 32. Encyclop. 
méthod., Yers, tom. 2, p. 3o3, sp. 10. 

C'est aux observateurs à décider. 

Jurine , ouy. cit. ^ ^. 2i3, a publié des remarques sur 
la synonyçiie de la Bosse. Suivant lui , Bondelet a , le 
premier , faXt connaître ce poisson sous le nom de Van-' 
geron. 

Selon dit peu de chose sur la Bosse , qu^il Croit être 



( 168 ) 

quelque bâtard de la Brème , constituant cependant une 
espèce différente. 

C'est effectivement le Cfprlnus lafus, Gmel., Sysî. N., 
tom. i, p. 1438, sp. 5o , appelé Rosière par Rondelet, 
qui en avait déjà parlé sous le nom de Ballerus, 

Sous le titre de Phoxinis , Rondelet parle d'un petit 
poisson qui, suivant Aristote, a des œufs dès qu'il 
est né. 

<( Cette disposition, dit Rondelet, se remarque dans 
« plusieurs espèces de poissons ; je Ta i rencontrée sou- 
« vent en Picardie sur le poisson appelé Ros'ère, * dont 
tt la taille ne dépasse jamais six pouces; son corps est large 
« et comprimé; ses yeux sont grands relativement à son 
<( corps; il est de couleur jaune, et ressemble entière- 
<( ment à de petites Brèmes ; quelque petit qu'on le 
« prenne , il a toujours des œufs ; ^ aussi les pêcheurs les 
ce plus instruits disent qu'il naît avec des œufs. » Ron- 
delet, de piscib. flui^. lib. , cap, xxviir, p, 204. 

La Ros'ère est représentée par la fi.^nre inférieure, 
dont la nageoire anale fort longue ressemble à celle 
de la Brème. 

« Rosière, poisson d'eau douce du genre des Carpes; 

' Ce nom ne viendrait-il pas de Roscies , dénomination 
par laquelle les Anglais désignent le Gardon? 

De Leucisco altero , s^u primo, Rondelet. AIdrov. , de 
Tiscibus , lib, t, cap, xxiii , /?. 608, Gardon. Ab Aiiglis, 
Roscies ^ Helvetiis, ein SwaJy Bellonius, Sargum , Sago* 
nemve ; Monspeliensibus, Siège, p, 608. 

* Déjeunes Vangerons, Cypri jus rutilas , ayante peine 
deux pouces de longueur, ont déjà leur ovaire et leur laite 
tout-à-fait développés. Jurine , Hist, Poiss* du lac Lé- 
mon j p, 212. 



( 169 ) 
€ il est long d^un demi pied . et sa chair est bonne à 
« manger quoique de dillicile digestion. » Dicl. Hiéor. 
etpraU de Chasse , tom, 2 , p. 32o. 

« Belon parle aussi d'un poisson qu'il nomme Rosse, 
m qui est moins grand que la Brème, que les Anglais 
« nomment Rochiez ; ' il inclinerait à penser que c'est 
« une espèce de Brème ; mais comme il a le dos brun 
« de même que le Gardon , et les ailerons ainsi que 
% les nageoires rouges , ce qui ne s'aperçoit point à la 
c{ Brème, il en conclut qu'il ne faut pas confondre ces 
« deux poissons , d'autant plus que son corps est plus 
(( épais que celui de la Brème ; sa tète ressemble assez 
« à celle du Gardon , ses écailles sont plus grandes et 
« moins brillantes , et sa chair moins délicate. » Dulia" 
mel. Pèches, ii« parf, , sect, lu , p. 499. 

Dans cet article Duhamel confond deux poissons , 
savoir : le Cyprinus latus , Rosière de Picardie , et le 
Cjpfinus rufus , Rosse de Belon , ce dont pourront 
s'assurer les naturalistes de Tancienne province de 
Picardie. 

Dans le même chapitre , Rondelet rappelle la Rose 
qui ressemble à la Rosière , mais elle est un peu plus 
grande ; elle a la queue rouge ,^ son corps est moins 
lai^e et de couleur bleue. Ce poisson est toujours plein 
dœufs. Rondelet, loc, cit. , p, 2.o5 ,fg, super, ,• c'est le 
Cyprlnusrutilus, vid, supr. p, 167. 

Dans la traduction française , part. 2 , p. 1 5 1 , il y a 
deux infidélités. Voici la première. « Vous le voyez tel 
qu^il est au premier pourtrait. » Phrase qui n'est point 

' Je rappellerai que le Gardon est appelé en anglais 
Roscies, en Suisse S-wal, à Montpellier Siège. Belon lui 
donne le nom de Sargus on Sago. AIdr. y de Pisc, p, 608. 



( 170) 
dans le texte, il faut lire : au second pourtrait. « Celui 
de dessous, n lisez : celui de dessus. Le texte latin porte : 

« Huie qui subjungitur non multum absimilis 

(( est Rose. )> Ce qui signifie : la Rose ressemble à la 
Rosière qui est dessous. ' 

La seconde inexactitude est bien plus forte ; elle dit : 
(c moindre que le premier » et le texte latin porte : ' 
Paulo major, ce qui signifie : la Rose ressemble 
beaucoup au poisson représenté à la a* figure ou à la 
figure inférieure , mais elle est un peu plus grande. 

Cette petite explication était nécessaire pour rectifier 
le passage suivant de Gesner. a Omnino inversae sunt 
« figurae , et nomina quoque mutanda , nam figuram 
a Rose piscis subjungi ait , quae major sit et minus 
« lata. » Gesner , de AquatiUb. p. 841 • 

Gesner n'a pas compris la phrase de Rondelet ; les 
mats huic qui suhjungitur , ne se rapportent pas à la 
Rose , mais à la Rosière , ce dont il est facile de s'assurer 
par la confrontation du texte avec les figures. 

La figure intérieure ou celle de la Rosière , à raison 
de rétendue de sa nageoire anale , ressemble beaucoup 
à celle du poisson décrit et figuré par Duhamel , Traité 
génér. des Pêches, n*^art., secU in, p. 5o6^pL xxvi, 

La figure supérieure est efiFectivement celle d'an 
jeune Cyprinus ruiilus. 

Si l'on a trouvé de l'équivoque dans le texte de Ron- 
delet , c'est pour n'y avoir pas fait attention et pour 
s'être arrêté à la proportion des figures sans avoir 
comparé les descriptions. 

Siego. 

Rondelet n'ayant pas donné de description exacte 
de SOS Mugîtes , Leucisci, rend très-difficile la déter- 



( 171 ; 

minaiion des espèces de poissons qu'il a mentionnés 
sons ces titres ; cependant en les cherchant dans les lieux 
oii il les indique , on parviendra à les retrouver comme 
je Fai fait pour le Cyprinus erythropklhalmus , et pour 
le Çjrpnnus bipunctatus, 

Bondelet, dans un chapitre, de Piscib. fluviadUb. 
Ub., cap. XVI11 ^ p. 193 , parle du Si'ego, Siège, poisson 
extrêmement fréquent dans les ruisseaux et les rivières 
des Cévennes, dans THérault; sa taille est d'une cou* 
dée ' ; il ressemble aux Mug^ies , seulement il a le mu- 
seau plus pointu. 

Cette description, donnée par Rondelet, est aussi 
inexacte que la figure supérieure de ce chapitre ; figure 
dans laquelle est oubliée la nageoire anale, et où le 
placanent des nageoires ventrales bien en arrière de la 
dorsale , ne conviendrait qu'au Cyprinus eiythrop/uhal" 
musp A la figure n'était pas aussi alongée. 

L^ensembie de cette figure se rapporterait à mon Cj^ 
prinus mugUis , ou peut-être au Cyprinus jaculus , 
Juriae : les naturalistes des Gévennes peuvent seuls con- 
firmer ou infirmer cette S3rnonymie , par l'examen des 
dents pharyngiennes du Siego , poisson dont plusieurs 
aoleiirs oot parlé plus on mmns exactement d'après 



Yoici ce que Delisle de Sales dit de ce poisson : 

c Su»c , espèce de Muge d'eau douce , qu'on trouve 

dans les rivières, proche des Cavernes. » Dict, théor, 

apnotb/uede Chasse et de Pêche, 1769, fom. 2, p. SSp. 

Vaprès cette indication il serait diflScile de savoir 

' Cette mesmre est erroa^ , et k fiçare donsée pir 
Koadelet ne pe«c servir à sacmae détemdjiatios ; el2e est 
tiitp incomplète. 



( m ) 

où se trouve le Slego ; car il ne viendrait à personne 
ridée que les Cei^ennes ont été converties en Cavernes 
par l'auteur du Dictionn. cité. Au surplus les bévues 
des traducteurs sont connues depuis longtemps et con- 
firment Texactitude du proverbe italien : Tradutore , 
Traditore. 

« Le Siego , écrivait Dalechamp à Gesner , ne se 
trouve pas dans notre Saône , mais dans THérault qui se 
jette dans la mer à Agde. w JVomenclator àquatil. 
' animant., per Gonradum Gesnerum^ i56o,/?. 3o5. 

Cette assertion de Dàlechamp est contredite par 
celle très-positive deBoussuET, qui dans son ouvrage in- 
titulé : De natura aquatil, carmen in altéra parte , 
p. 104» dit expressément : ce Ce poisson se trouve dans 
la Saône. » 

Aussi je suis porté à croire que ce poisson est, comme 
je Tai insinué plus haut , ou mon Oyprinus mugilis , ou 
le Cyprinus jaculus , Jurine. 

« Le Friton et le Siège, dit AUepn Dulac, sont 
l'un et l'autre des espèces Ae Muges de rivière; leur 
manière de vivre est la même , leur chair a le même 
goût et le même suc. Le bec du Siège est un peu plus 
pointu que celui du Friton; c'est ce que nous ap- 
prennent Rondelet et Gesner. » Hist, naturelle du 
Lyonnais y etc., tom, i, p, i58. 

Duhamel parle aussi du Siège ; loin de le faire con- 
naître exactement , il en augmente la confusion. 

(( Siège, on nomme ainsi en Languedoc de petits 
poissons, qui ressemblent au Gardon et encore plus à 
la Vandoise ; i^ojez Fritons. » Traité général des 
Pèches y tom. 2 , p, 670. 

ce II me semble , dit Duhamel , que le Siège approche 



( 173 ) 

plus de la Yahdoise. » Ouur, citéy n* pari,, sect, m, 
p, 556. 

Lacépède ne parle pas du Siego dans son Histoire 
naturelle des Poissons ; aussi les Dictionnaires modernes 
d'Histoire naturelle ne font aucune mention du Siège. 

XIX. Le RoTENGLE, Cjprinus erythrophtlialnius , 
Linn. , Gmel. , S. N. xin, p. 14^9, sp. 19. 

Roadelety de Piscib.fluviat, liber , cap, xvi , p. 191. De Leucisco. 
Le Gardon. '. La forme de la tête^ la directioa de la mâchoire infé- 
rieure ne laissent aucan doute. 

AldroTandi, de Piscih. p, 608 , lib. y, cap, xxiii. De Leucisco 
altero seu primo Rondeletii. 

Duhamel , Pêches, o,* part,, p, 49^, sect, m , pi, xxiy, fig, 1. 
Le Gardon. ' 

filoch, Ichthyol., part, i, p. ^5, sp, lypl, i. 

Bonnaterre, Tableau encyclop. des trois Règnes, ichthyol., p. 199, 
4p. 38 y pi, 8i y fig, 337, La Sarve. • 

Lacëpède, Hist, nat, des poiss, , tom. x^p. ^00, 

Jurine, Hist, des poissons du lac Léman , p. 209, n* 14 y pi, 12. 

Nouv, Dict, d'Hist, nat., édit, 2 y tom. 9 , p.j\. 

Ce poisson parfaitement décrit par Artedi,/c/?fA7'o/., 
pars y, p. 9, ' sous le nom suédois *Sa/v ou Sarf, 
est désigné par nos pêcheurs sous les noms de Cherin, 

' CnTier^ Règne animal, 2« édii,, tom, ^^ p» ^j5^ rap- 
porte le nom de Gardon an Cyprinus idus , entièrement 
dîfRrent du Cyprinus erythrophthalmus^ et Bosc, N, D, 
H, N, , éd, a , tom, <)y p» 7^% au Cyprinus rutilas. Dans 
le JDict. des Se, nat,, tom, xtiii ^ p, 54; tom, xl^i^ p, 
29^ , on appelle aussi , par erreur y le Gardon Lçmiscus 
(lisez Leuciscus ) rutilas, 

* Le nom de Sarve, altéré de Sargus, est donné an Gar- 
don par. quelques auteurs. 

' Bramisaffinîs. Iconhujus nuUa extat. Artedi, /c^/^^o/.^ 
pars lY^ p. 4 y sp, 3. 



(174) 

Cfiairuif Charln, Schern, dérivés probablement da 
suédois; à Genève on l'appelle Raufe, à Evian PUuelle, 
à St.-Saphorin Plateron. 

D'après AUéoa Dulac, le Gardon , poisson blanc mat, 
peu estimé , a le corps lai^e , le dos bleu ^ la tête 
verdàtre , le ventre blanc et les yeux grands. Mémoires 
pour sennr à {Hist. naL du Lyonnœs , iom. i , p. 141. 

Cette description vague convient à plusieurs pois- 
sons. 

Rotenglcy poisson assez semblable à la Brème, fort 
connu en Allemagne; ses nageoires sont rouges , son 
corps et ses yeux sont tachetés de la même couleur* 
Encyclop. méth,, Dict. des Pêches y p. 244» 

Roule, poisson de rivière et de lac , blanc, plus large 
que la Rose et la Carpe et plus épais que la Brème. Sa 
couleur est d^un brun jaune; il a la queue et les na- 
geoires du ventre rouges; il a aussi une tache rouge 
sur les ouies. On pêche de ces poissons dans le Rhin 
et dans plusieurs lacs d'Angleterre ; il s'en trouve qui 
ont douze à seize pouces de longueur. Encycl. méth^. 
Dieu des Pêches , p. a44- 

Duhamel est plus précis ; le Gardon, dit cet auteur, 
est semblable à la Yandoise , dont il diSere par la 
rougeur des yeux, par le corps moins large et le 
museau moins aigu ; ses œufs fermes et roux sont déli- 
cats; il a le dos bleuâtre , voûté , les côtés argentés et 
brillans. 

Ce poisson blanc est aussi appelé Garda ou Sargus;. 
il est long de huit pouces, quelquefois, mais rarement^ 
de onze pouces; il a reçu le nom de Gardon, parce 
qu'il vit plus longtemps que beaucoup d'autres dans un 
vase plein d'eau; la largeur de son corps est quatre 
fois ^lans sa longueur, les écailles paraissent distin** 



( 175 ) 

ffxées par des traits bruns qui forment des lozanges ' , 
la chair est blanche et délicate , mais elle n'a pas beau- 
coup de goût; néanmoins elle est assez bonne quand 
on apprête ce poisson au sortir de Feau et lorsqu'il a été 
péché dans une eau très-vive ; quand il est gros on le 
fiût griller, s'il est petit on le fait frire. On en prend 
quelquefois qui ont près de douze pouces de longueur : 
Ceux-là sont les plus estimés parce que leurs arêtes sont 
moins incommodes. Yoy. Duhamel, p. 498» 

Ce poisson^ est distingué depuis longtemps comme 
le prouve la citation suivante : 

« Gardo piscis est fiiuviatilis , gratissimi saporis den- 
deàœ {lisez Yendosiœ) similis, sed per ruborem 
oculomm ab ea di^tcernitur. Uterque autem mediocris 
quantitatis (lisez qualitatis) est. » F^incentde Beauvah, 
Speculm naturœ , tom. 1 , Ub. xvii , cap. lv. 

GesDfir répète ce passage en ces termes : Gardus 
piscis Yendosiœ similis est : sed rdbore oculorum ab ea 
differt; uterque mediocris est magnitudine. 

J. Cu^ parle aussi du Gardon, u Ce poisson , dit-il, 
a le corps large , le dos bleu , voûté , la tête verdâlre , 
bis cdiés argentés et brillans y le ventre blanc mut. Sa 
chair est blanche. 

Lacéjpède n'a point parlé du Gardon. 

Le Rotengle est facile à reconnaître par sa mâchoire 
inférieure ascendante, par la dépression à la partie 
postérieure de la tête, résultat de la saillie brusque 
de l'origine du dos. La longueur de la tête est trois JEbis 
ex demie dans celle du corps. 

Le pêcheur Noblot m'a donné ce poisson sous le nom 



' Jarine attribue le même caractère au Cyprinus rutilus* 



( 176 ) 
de P^andoise; ainsi est confirmée la note suivante d'AU 
léon Dulac ' . 

Le pêcheur Reverdy me l'a donné sous le nom de 
Housse; c'est, d'après M. Pataille, sous ce même nom 
de Rousse, que ce poisson est connu sur la Bèze. 

Le Rotengle est agile et vivace , d'où vient le pro- 
verbe des Français , parlant d'un homme dispos et sain : 
Il est sain comme un Gardon. 

Malgré la description que Duhamel a donnée du 
Gardon , cet auteur l'a confondu avec d'autres poissons* 
c< Gardo, Gardon, petit poisson assez estimé, dit-il; 
a suivant Rondelet on le nomme en Languedoc Siège 
« et les petits Fiitons y mais il me semble que le Siège 
« approche plus de la Vandoise. » Duhamel, Pêches, 
p. 566. 

Dans cet article, Duhamel confond le Gardon de 
Rondelet , avec le Siège et le Friton du même auteur, 
qui en sont bien diflerens. 

D'après la description du Gardon, faite par Ronde- 
let , Belon et Duhamel , Jurine avait soupçonné que ce 
poisson pouvait être son f^angeron [Cjprinus rutilus). 
Afin iîe dissiper ses doutes à ce sujet il consulta divers 
auteurs français , et ne trouvant le nom de ce poisson 

' La Vandoise , dit Alléon Dulac , est un petit poisson 
qui a le corps large et le museau pointu. Il est couvert d'é- 
caiiles moyennes et de petites lignes. Sa couleur est entre 
le brun, le vert et le jaune 5 il a Testomac petit, et le foie 
blanc, où est attachée la bourse du fiel. Il devient fort* 
gros. Sa chair est molle et assez agréable au gortt. Mémoires 
pour servir à l'histoire nat. du Lyonnais, tom. 1 , p, 147. 
Voilà la source de l'opinion de l'auteur du Dictionnaire des- 
Sc. nat. 



(177) 

ardans le tableau encyclopédique de Bonnaterre, nî 
dans Touvrage de Lacépède, il se détermina à iaire 
tenir de Paris , dans de l'eau-de-vie , quelques-uns 
de ces poissons. En les examinant, il reconnut que 
quoique ces deux espèces fussent très-voisines , elles 
éfaient néanmoins différentes. Le corps du Gardon 
lui a paru un peu plus étroit que celui du Vangerony 
la tête bien plus épaisse , et le dos roiid plutôt que ca- 
réné ; outre cela la nageoire anale est moins longue , 
n'étant composée que de onze rayons , de même que 
la dorsale. Quant à la couleur des écailles et des na- 
geoires , il ne peut en rien dire , parce que Feau- 
de-yie les avait altérées. Mém. de la Société de Phy^ 
doue et d Hist. nat. de Genèv^e , <. 3 , i'* part. , /?. 216* 
J'ai démontré que le Gardon de Rondelet et le Gar- 
don de Dubamel se rapportaient au Cjprinus ery-* 
throphûialmus ; on en a aussi la preuve dans le passage 
suivant de Gesner. 

c GarduS) dit-il, piscis Yendosiœ similis est; sed 
« nibore oculorum ab ea differt , uteix{ue mediocris est 
« magnitodinis, obscurus. » Gesn,, de AquaU, p, 32. 

« Argentinae Gardon dicitur ReUel vel Rotang. 
tt Ova solidiuscula et rufa habet , quœ multis in cibo 
« grata sunt. » Gesn. , p. 3o. 

U dit ensuite : « Le Gardon des Français est appelé 
« Schwal à Zurich; sur les bords du lac de Gons- 
« tance ( Acronium lacus ) ein Furn , dans lequel les 
tt yeux sont plutôt jaunes. Sarge, Sargon, Cardon, 
« Roscies des Anglais, Scha^al des Suisses. Galculum 
tt quemdam , vel similem calculo , sed molliorem sub- 
« stantiam in capite babet Gardus noster. » P. 3o, 
Un. 7.6. 
Celui envoyé de Paris à Jurine était probablement 

12 



( 178 ) 

notrp Cyprifim rufus. Si Jurîpe eût examiné les dents y 
il nç Iqi serait point resté d'incertitude. 

Le Rotengle se reconnaît à la coulegr dorée de son 
iris , à sa tête petite , relativei^ent à sop corps lai^c et 
plat, s^ rétrécissant subitement de Tanus à la queue \ \g» 
nageoires ventrales , anale, caudale, sont d'qn rou^^ 
cte cinabre *, les écailles sont grandes et striées ; la ligpe 
latérale est courbée du coté du ventre ; et la nageoire 
dorsale est insérée beaucoup plus en arrière que lea 
ventrales. Dans leur jeunesse ob pourrait confondre le^ 
Cherim avec le Spirlin ; mais on les distinguera fa* 
eilement parce que dans le Spirlin, la base de la na- 
geoire est colorée, tandis que dans les jeunes Chérins 
c'est l'extrémité. 

Les nageoires du Rotengle scoit rouges comme celles 
de la Rosse , mais le corps est plus haut et plus épais. 

Ce poisson, dont la longueur est de lo pouces à la, 
et le poids rarement d'une livre , se nourrit de plantes, 
de coquillages et de substances animales ; c'est de tous 
tes Cyprins , celui qui se prend le plus aisément à toutes 
sortes d^appàts. Il parvient quelquefois à un pied de 

Il fraie en mai, en avril, suivant Bloch; à cette 
époque on voit sur les écailles du mâle de petites ex« 
croissances dures, pointues, qui disparaissent après; la 
daair cassante est peu estimée ; d^ailleurs , remplie dV 
rêtes, elle est pénible à maqger. 

Le meilleur emploi que l'on puisse fair^ de ce poisson 
qui a la vie dure , est de l'employer à la nourriture des 
Brochets, des Perches et autres poissons voraces qu'on 
^lève dans les étangs , ou que l'on conserve dans des 
viviers. .> , 

. Oo le prea4 dans toutes les saisons de ^'année^ 



( 179 ) 

JLe Rotengle fraie en avril ; lorsqu'il fait chaud pour 
la saison, le frai ne dure communément que quatre 
jours ^ les œufs sont déposes sur toutes sortes de plantes 
aquatiques ; ces œufs ne sont point pondus en masses , 
Biais peu à peu , de manière que si une partie est perdue 
fkv quelque cause , Taulre se trouve conservée. 

Dans te temps du frai et en hiver , ce poisson est 
ordinairement maigre ; mais en été , il est gras , et 
a chair est blanche et de bon goût , surtout s*il est 
jeune. Cependant comme il a beaucoup d'arêtes, il 
n'y a guère que les gens du peuple qui s'en nourrissent. 
Bloch, icht.fpart. i,p. 26. 

Il a 37 vertèbres et xvi paires de côtes. Artédi a dit : 
« Ce poisson a 14 ou i5 côtes longues; celui que j'ai 
il décrit avait huit pouces neuf lignes. » 

Dans le DicL des Se. nat,, au mot Gardon, tom, xvui, 
p. i54 ) on renvoie au mot Able , tom, 1 , supplém, y où 
il n^est nullement parlé du Gardon. Au mot Rosse, 
lom. 4^ 9 P* ^9^ 9 ^^"^ ^^^ ^^ même renvoyé aux 
mots Able et Gardon. Au mot Rotengle, ijom. 4^9 
Z'. 3 10 , on est encore renvoyé au mot Able. 

Jurine , HisU des poissons du lac Léman, p, 216 , 
s'est assuré de la dififérence qui existe entre le Gardon^ 
décrit par Rondelet ^ , Selon et Duhamel , et le Fan-- 



* Les erreurs qui , ayant F Invention de Pimprimene | 
naissaient de la négligence ou de Tignorance des scribes ^ 
sont, en ce qui touche Thistoire naturelle, extrêmement 
fréquentes \ et comme les fautes allaient toujours en crois- 
lant dans les copies qui se faisaient d'un même livre , Per- 
rear, loin de disparaître, se fortifiait davantage. C'est à 
cetjte eause qu^il faut attribuer les noms défigurés qui se 



( 180 ) 

geron, on la Rosse , Cypriniis rutilas , Lin. : le corpt 
du Gardon lui a paru un peu plus étroit que celui du 
Vangeroriy la tête bien plus épaisse, et le dos rond 
plutôt que caréné ; outre cela , la nageoire anale est 
moins longue , n'étant composée que de onze rayons, de 
même que la dorsale ; tandis que la Rosse ou le Van* 
geron a treize ou quatorze rayons à sa nageoire anale , 
et douze à la dorsale , comme on peut le voir p. 177. 

Plus haut Jurine avait dit: Duhamel, Traité des 
Pèches , art. 5 , p. 3io , a décrit la Rosse de riinère et 
le Gardon, de manière à faire apprécier la différence 
qu'il y a entre ces deux espèces de Cyprins ; mais la 
description qu'il fait du premier de ces poissons laisserait 
croire qu'il a en vue YErythrophthalmus, plutôt qnc le 
Rutilas, quoique la figure qu^il en donne appartienne 
plus au Rutilas par la position de la nageoire dorsale 
presque opposée à la ventrale. Jarlne, ou\f. cit., p. ai4. 

Le Gardon est accidentellement épineux, Magaz* 
encycL, i8o5, tom, 6, p. 210. Cette observation a été 
foite sur le mâle qui perd ses épines après avoir renda 
sa laite , comme la Rosse , le Chevène. Cette remarque 
ancienne a produit : De Cyprino clavato, sive Pigo. 
Rondelet , de Plscib. locustr. Ub., cap, v, p. i53. 

Le Gardon a le corps large , le dos bleu , voûté ; sa 
chair est blanche et délicate. Quand on parle d'un 
homme bien portant, on dit qu'il est frais et vif comme 
un Gardon. On Tappelle Gardon , parce qu'il se garde 
très-longtemps dans un vase plein d'eau. Deleuze dit 

tronyent dans Albert le Grand ^ Vincent de Beanvais, etc. 
Beaucoup de ces erreurs ont pour origine la substitution 
d^une lettre , comme on le yoit dans Bufo^ mis pour Bmbof 
Hirundo, pour Hirudo, etc. 



( 181 ) 
que ce poisson parait être le même que le F^engeron du 
lac de Lauzanne. Pisciceptologie , par J. *** ( J, Guça) , 
^* édit., 1828^ p» 1^2. 

L'ostéologie du Rotengle, Cypriims erythrophihalmus, 
«fire quelques singularités que je vais faire connaître. 

lu os impair ou occipital supérieur est pourvu d^une 
crête triangulaire mince , dentelée irrégulièrement à 
ion côté postérieur. 

L W basHaire ou occipital inférieur e&X remarquable par 
son apophyse, dont la partie antérieure, creusée en val- 
lon, reçoit la plaque dentaire pharyngienne supérieure. 

La partie postérieure de Tapophyse, disposée de 
diamp, imite un sabre obtus légèrement recourbé, dont 
le dos élargi présente à sa base une cavité ouverte des 
deux câtés. 

Les dents pharyngiennes inférieures sont au nombre 
de huit, disposées sur deux rangs, cinq sur Textérieur 
et trob sur Tintérieur. 

Sur une mâchoire pharyngienne je n^en ai trouvé que 
«X, par suite de Toblitération ou de la chute d'une 
dent de chaque rangée. 

Ces dents terminées en crochet recourbé sont com- 
primées à leur partie supérieure, garnies intérieurement 
de dentelures peu apparentes il est vrai sur les dents de 
la rangée intérieure. 

La première vertèbre a de chaque côté une apophyse 
très aiguë disposée horizontalement. 

La seconde vertèbre , plus longue que les autres , a 
cinq apophyses dont une verticale et quatre horizon- 
tales. La dorsale, évasée à son sommet, présente une 
cavité irrégulière sur ses bords et imite un verre à 
pâte \ la base de cette apophyse , assez volumineuse , se 
projette en avant. 



( 182) 

Les deux apophyses antérieures sont comprimées, 
lancéolées et dirigées horizontalement. 

Les deux apophyses postérieures, également horizon- 
tales, partent de la partie médiane de la vertèbre ; elles 
imitent les ailes de ces oiseaux de plaisir inventés pour 
provoquer l'adresse des tireurs ; la partie antérieure de 
ces larges apophyses est aiguë et dirigée sur les apo- 
physes antérieures , et la partie postérieure , également 
aiguë, se dirige sous la base des apophyses de la troi- 
sième vertèbre , base qu'elle enveloppe. 

La troisième vertèbre présente quatre apophyses 
dirigées en bas et dont celles d'un même côté se réu- 
nissent par leur base. 

Les antérieures , plus longues , sont comprimées laté- 
ralement à leur extrémité , et les postérieures, compri- 
mées de devant en arrière , forment une sorte de lame 
triangulaire , contre laquelle porte le sommet de l'apo- 
physe de V occipital inférieur ou de l'os basilaire. Cette 
lame triangulaire occupe la place de Vos mitral, indi- 
qué dans la carpe , par Petit. 

Sous la rubrique de Ruvlo sis^e RubeUo Jlus^iatUi 
i^Cjrprinus rutilus) ^Gesnev donne une description exacte 
du Cyprinus erj^throphthalmus , et il le caractérise dans 
les termes suivans : « Dentibus quinis (i) , qui ab inte- 
« riore parte singuli serrae instar asperantur -, quod ia 
ce aliorum piscium dentibus nondum memini animad- 

' Gesner n''a parlé que des cinq dents du rang extérieur^ 
parce que les dentelures , peu apparentes sur les trois 
dents de la rangée inférieure, les lui auront fait négliger* 
Cependant Gmelin, S. N., édit. xiii , p. i43o, no 19 , dit 
positivement : Mandibules œquales duplici dentium serra^ 
tomm incurvorum série armatce, inferior incurva* 



( 183 ) 
« vertisse. PIscis satls yivax , parit junio mense. Mus- 
« carum fluviatilium ( sive Lacustrium ) genus quod- 
€ dam magnum , oblongo , t^retë , varioque corporis 
« alveo ( Tufblschosst ' vulgus do^trum a|>pellant)i 
Y Has infigunt hamis ad ineScalEldoâ rutiles. » 4xésn&r^ 
de aquatiL p. 966 , lin. 4^-56. 

xi. Cypeiw tÂvvEy Cypfifi^ fidiffii ^ Hôb. 

Cette espèce de Cyprin , confoDdue avec beaucoup 
d'autrçs sous le nom vulgaire de Blanc, se rapproche 
(le la Rosse par son apparence extérieure. 
. .^JLe museau de ce Cyprin est plus obtus , la mâchoire 
inférieure est légèrement ascendante. 

Le pcHSSon mâle que j'ai examiné avait cinq pouces 
quatre lignes de longueur depuis Pextrémité du museau 
jusqu'à Torigine de la nageoire caudale. 

La tête est contenue 3 i/4 dans la longueur ducorps^ 
c'est-à-dire dans l'espace compris entre Textrémité de 
l'opercule dies ouies et la naissance de la nageoire cau- 
dale : proportion que j'ai toujours conservée dans 
loutes mes mesures. 

La largeur du corps est contenue un peu plus de 
quatre fois dans la longueur totale , c'est-à-dire depuis 
J'eitrémité du museau jusqu'à l'origine de la nageoirç 
j^ndale. 

La ligne latérale^ moins courbée , offre au moins 
5p glandes. 

La nageoire dorsale est placée de manière que son 
preaiiei^ rayon correspond aii dernier des ventrales.^ 

D. 9. Y. 10. A. 10. 

' Ne serait-ce pas des Libellules? 



( 180 
Le péritoine est nacré , piqueté de points noirs as^ez 

larges. 

L^appareil dentaire pharyngien de ce Cyprin se 
compose de la plaque sertie dans la cavité de Tapophyse 
de Tos basilaire , et des dents placées sur les arcs pha*- 
ryngiens. 

La cavité de Tapophyse de l'os basilaire présente un 
contour pentagonal , et une surface comparable à celle 
d'un ogive ^ cette surface est traversée par une ligne 
saillante et arquée. 

Les dents pharyngiennes sont au nombre de huit sur 
chaque mâchoire ; elles sont crochues à leur sommet ; 
disposées sur deux rangs , on en voit cinq extérieures 
et trois intérieures , ou six extérieures et deux inté- 
rieures , comme je l'ai remarqué dans l'individu sou- 
mis à mon examen ; une de^ mâchoires offrait la pre- 
mière disposition , et l'autre la seconde. 

N'ayant encore observé qu'un individu de Cyprinus 
fuluus y je ne puis assurer si la même irrégularité a lieu 
dans d'autres. 

Ce poisson a été trouvé au marché, où il était mêlé 
avec les Rjusses, Cypnnus rut'Uis, Linn. , pour former 
des fritures. Si ch lir , farcie d'arêtes comme celle de 
ses congénères , conserve toujours une saveur de vase. 

J'engige les naturalistes à examiner attentivement 
tons les poissrms qu'on leur présentera sous le nom de 
Rousse; ils trouveront probablement -de nouvelles 
espèces , dont il sera nécessaire de fonder les caractères 
sur h disposition de l'appareil dentaire pharyngien; 
cette bise est la seule certaine et la seule exempte 
d'équivoques. 

Le nombre des rayons des nageoires est sujet à 
varier ; celui des glandes de la ligne latérale n'est pas 



(185) 

oonstant.Les rapports entre la longueur de la tête et 
celle du corps , ceux de la largeur avec la longueur 
totale sont trop incertains pour ne pas laisser beaucoup 
à Tarbitraire ; Tinspection de la denture pharyngienne 
est le seul moyen pour préciser les espèces d'une ma- 
nière constante. 

Gesner s'en doutait : mais il n^en a point fait usage 
pour distinguer les poissons dont il parlait ; aussi dans 
don article de Rutdo ^ il en a confondu plusieurs comme 
je le dis ci-dessus. 

XXI. Cyprin houx , Çyprinus rufus, Nob. 

J^ai reçu de Dijon , de Pontailler et d'Auxonne , sous 
le nom de hresson y un poisson que quelques pêcheurs 
appelent Feurtou, d'autres Rousse, à raison de la res- 
semblance quMI offre au premier aspect, avec le ^- 
j?rihus nUîlus , Linn. 

Il faut en effet beaucoup d'habitude pour ne pas 
confondre ces deux espèces , et si je n'eusse pas choisi 
^appareil dentaire pharyngien pour servir de caractère, 
j^siurais été fort embarrassé pour préciser exactement 
cette espèce , qui présente une sinuosité sur le bord 
postérieur de la pièce principale de Popercule. 

La mâchoire inférieure est ascendante, un peu dé- 
passée par la mâchoire supérieure ; la dépression de la 
tête à la nuque est très-apparente et imite celle de la 
figure intitulée de Leucisco, donnée par Rondelet^ de 
t^iscib, fluviatU. lib,, cap, xvi , p, 191; fig. que j'ai 
rapportée à Verythrophthalmus et qui conviendrait 
peut-être mieux à notre Oyprinus rufus. 

Ce poisson, appelé par nos pêcheurs Dresson, 



( l'86 ) 

Dreucon ' y sans doute par corruplion du moi Rousseau^ 
a le péritoiae nacré , piqueté de noir. 

La cavité de Tos basilaire, qui reçoit la plaque 
dentaire pharyngienne , cfst en ogive élargi , traversé 
par une crête ; la queue ou Tapophyse postérieure dé Tos 
basilaire, comprimée latéralement, est placée de champ. 

Les dents pharyngiennes inférieures sont au* nombre 
de sept sur deux rangées à chaque mâchoire -, savoir : 
cinq à la rangée extérieure, et deux* à la rangée inté- 
rieure. 

Les deux dents les plus grosses ne présentent pas des 
crochets aussi poiptus que les autres. 

Cette espèce de poisson est peu estimée ; la multitude 
d'arêtes qui farcissent sa chair, 1^ rendent incommode à 
manger. Aussi n'en fait-on usage qu'en friture. 

On n'avait rien de positif sur (.'époque du frai de ce 
poissoù, qui jusqu'à présent a^ été confondu avec la 
Housse ; si , comme dans ce dernier poisson , les jeunes 
étaient pourvus d'cèufs et de laitance , on aurait retrou- 
vé tous les Phoxini indiquée pair Rondelet, de Piscibw 
flu^f'iaiiL liber, p. 204 , cap. a8. . 

Le péritoine est nacré , on y remarque des points 
noirs très-fins et rares. . ^y 

J'ai trouvé , sur le marché , des échantillons de ce 
poisson , désignés sous le nom vulgaire de Blanc. 

Les échantillons que j'ai examinés avaient Tun cinq 
pouces neuf lignes de longueur , l'aqtre six pouces trois 
quarts. La tête grosse offrait un museau un peu saillant , 
des narines larges et enfoncées^, des yeux gros, une 

' Ce nom vulgaire pourrait aussi venir du grec ffiy^tt^à 
cause des nombreuses el fines arêtes, comparées à des 
cheveux , dont sa chair est farcie. 



\ 



C 187 ) 

bôuChe ovale ; la mâchoire supérieure recouvre Tinfé- 
rienre un peu remontante et arquée sans rebord. Cette 
léCe était comprise trois fois et demie dans la longueur 
da lx)rps, dont la largeur était près de quati'e fois 
dans la longueur totale , c'est-à-dire y compris la fête, f 

La mâchoire inférieure plus courte que la supérieure, 
était Bd ()eu ascendante , et la dépression de la tété h la 
naissance du dos était moins marquée que dans lie C/- 
prinus rulilus , Linn. 

La ligne la.térale jaune un peu arquée en avant . était 
composée de cinquante glandes. Les nageoires P. V. 
A', sont rouges. 

L^orfginede la nageoire dorsale correspond à peu près ' 
aa milieu des ventrales, dont le disque offre une légère ' 
teinte orangée, tandis que le sommet et la base sont 
blanchâtres. 

7*ai compté 8 rayons à la nageoire dorsale , loà Ta^ 
nale, et lo à chacune des ventrales. 

On reconnaîtra facilement ce poisson aux caractères 
signalés ci-déssus ; et aux suivans : sous un certain jour 
lasurfocede ce poisson offre un aspect nacré, frappant ; 
soiùsun autre, il présente une couleur bleue admirable 
/entre la ligne latérale et le dos, qui examiné perpendi- 
culairement est d'un gris verdâtre. 

Le péritoine est nacré et piqueté de points noirs 
rares. Je me suis assuré de Tépoque du frai de ce poisson, 
il a lieu en janvier , février et mars. 

Toutes ces différences entre les caractères de ce pois- 
son et ceux de la Rousse , Cjprinus rulilus , ne peuvent 
laisser les plus légers doutes sur la constance de cette 
espèce. 

lurine, HisU des poissons du lac Léman ^ p. 21 3, 
annonce avoir vu souvent des Yangerons, Cyprinus 



(188) 

rutiluSy Linn. , dont le corps était sensiblement plus large 
et les nageoires bien plus colorées que chez d'autres de 
même grandeur.... Il a supposé que le frai de ce poisson 
pouvait être fécondé quelquefois par des raufes , Cypri* 
nui eryihrophihalnms , Linn. , qui habitent les mêmes 
lieux, et produire ainsi une espèce de métis. 

Jurine, n'ayant point examiné les dents pharyn* 
giennes de ces métis , nous met dans l'impossibilité de 
prononcer sur eux. De plus, il est une loi certaine dans 
la nature, c'est que la promiscuité des espèces n'est 
que le résultat de TinQuence de l'homme et de l'état de 
domesticité auquel il réduit les animaux ; que d'ailleurs 
cette promiscuité ne réussit que dans des cas fort rares. 
Autrement il n'existerait nulle constance dans les es- 
pèces, et le désordre le plus complet se ferait remarquer 
dans la nature. Or c'est ce qu'on n'observe pas , et c'est 
d'ailleurs ce à quoi s'oppose l'ordre établi par la volonté 
du Créateur. 

XXII. Ctpri» bouche-eh-groissaut , Cyprinus loxos^ 
toma, Nob. '. 

Ce poisson est connu sous les noms de Seuffe , Seufle, 
Seuffre, etc., évidemment dérivés du mot grec KE<î>AAir, 
prononcé d^une manière vive et contractée , en adou- 
cissant la première syllabe, Seffle, et ensuite Seffe, 
d'où Saiffe, 

Le nom de Cephalus a été appliqué sans distinction 
à plusieurs poissons du sous-genre Able, à raison du 
volume de leur tête. 

' Pour éditer d'augmenter la confusion de la nomencla- 
ture ichthyologiqne , j'ai adopté des dénominations parti- 
culières et précises , au lien des noms anciens , causes de 
beaucoup d'équivoques. 



(189) 

Le Cyprin bouche-en-croissant, se reconnaît par sa 
bouche arquée ou en croissant et située en dessous ; la 
mâchoire supérieure dépasse d^une manière très-sen- 
sibie Finférieure , dont la lèvre amincie a Tair d'être 
tranchante sur les bords. 

La longueur de la tête est contenue quatre fois dans 
celle du corps, depuis la partie postérieure de Topercule 
jusqu'à la naissance de la nageoire caudale ; la largeur 
du corps est cinq fois dans la longueur ' totale du pois- 

S(H1. 

La ligne latérale légèrement inclinée , en partant de 
la tête, est presque droite dans le reste de son étendue ; 
elle est formée par 55 à 57 glandes. L'insertion du rayon 
antérieur de la nageoire dorsale correspond au milieu de 
la base des ventrales ; le lobe supérieur de la nageoire 
caudale est plus court que l'inférieur. 

Hors le temps du frai , Porifice du cloaque est dans 
une espèce de fossette ovale formée par deux replis laté< 
raux de la peau du ventre. 

Le Péritoine est noir : telle est la cause du nom è^Ame 
notre donné à ce poisson par quelques-uns de nos pé- 
dbieurs , dont l'un m'a apporté ce poisson sous le nom de 
Seufle grise, Alonge ; il en faut cinq à six pour la livre, 
lorsqu'il n'a que cinq à six pouces de long ; j'en ai vu 
on de la taille de huit pouces , pesant cinq onces. Sa 
diair est fade et peu estimée ; mais , dit Rondelet , con- 
fite dans le sel , elle devient meilleure ; aussi rappelle- 
xAl l'usage où l'on est de la ttaiter ainsL 

Cette espèce fraie en mars et avril. 

L'appareil dentaire pharyngien de ce poisson s% 
fistingue par l'apophyse de l'os basilaire élargie en 

' Je ne compte jamais la longueur de la nageoire anale. 



( 190 ) 
ovale , pour reœvoîr la plaque de même forme , tenant 
lieu des dents pharyngiennes supérieures, contre laquelle 
viennent jouer les inférieures ; l'apophyse est terminée 
par un prokuigement aplati , dont Textrémité s'appuie 
sur les apophyses de la 3*" vertèbre dorsale, comme dans 
tous les autres Cyprins. 

Les dents pharyngiennes inférieures , au nombre de 
six j sont disposées sur un seul rang ; leur tige assez 
longue est terminée par un élargissement securiforme , 
ressemblant beaucoup au dernier article des palpes de 
la coccinelle. 

Une mâchoire ne m'a présenté quelquefois que quatre 
dents , suite de la chute de quelques-unes , comme on 
l'observe dans bien des poissons. 

Dans les villages des bords de la Saône , du côté de 
Pontailler , le Cyprin bouche-en-croissant est salé, 
comme le hareng , par les gens de la campagne , mais 
jamais avant le mois de septembre, à cause des chaleurs ; 
après avoir vidé le poisson, ils le placent dans un vase 
ou baquet sur une couche de sel , alternativement : 
après une quinzaine de jours, ils le suspendent à la che- 
minée pour le sécher , et ils le conservent pour l'usage. 

Rondelet , dan$ son chapitre de Cephalo flu^^iatUiy a 
bien décrit ce poisson , fort commun dans nos rivières-; 
voyez de Piscib, fluv^iatiL liber , p, 191. 

Ce Cenhalus /lu\^iatilis de Rondelet est très-certaine- 
ment notre Cjprlnas tojcostoma, caractérisé par son 
péritoine noir, [Peritoneum nigricansy la toile du ventre 
noire, i^oj. la traduction franc., p. i38) , par son genre 
de vie et par la nourriture dont il fait usage : f^escitur 
cœno et aqua^ a carne abstinet, ut exfrequenli dUsec^ 
tione et i^entriculi inspectione cogno^îmus. Rondelet , de 
Piscib, Jlus^, y p. 191. 

Or la Dobule , Cjprinus dobula ,- la Chevesne , ( Cj- 



( J91 ) 

prUttiS jeses^ Jurine» non Linn., non Bl. , CyprinUsidus, 
Bloch) , etc. , et l«Sfitttres Cyprins auxquels on a rap- 
porté à tort le Cephalus Jluuiatilis de Bondelet,, sont 
çamaciers et voraces. A la vérité la figure placée en 
ifiie du chapitre de Bondelet , ne convient point à notre 
Cyprin baochc-^rcroissant; elle ressemble à notre 
C3ieveiine, Cjrptinus dobula, Linn.; mais Rondelet 
Va confondu avec la Dobule, Çyprinus dobula, dont 
iji donne la figure, et avec le Capito d'Ausonne, ( Cy- 
prinu^ jeses, Bloch) , dont il cite les vers. G^est ce dont 
aucun ichthyologiste ne s'est douté ; aussi ne doit-on 
pas être surpris de la confusion observée dans la no- 
menclature icbthyologique. 

Cresper, de jiquatiUbus , a donné une description 
bien plus exacte de mon Cyprin bouche-^n-croissant , 
dans son chapitre intitulé : De naso pisce Jlui^iaUU ; il 
saSît de parcoijrir le texte suivant pour en être con« 
vaincu. 

Cypi^iniis nasus duorum trinmve palmorum magni^ 
tadiQÇ(7-io pouces), seni utrinque dentés, pixidatim 
ÎQ^inviQçm infixi. Venter intrinsecus nigerrima mcm- 
bl^çMi^ fiipbitur. Mihi specie , squamis et colore capito* 
nem fl. referre videptur. Sed ad eam magnitudinem non 
perveniunt , et oris formam peculiarem habent. 

QeSQ^r p'a pa$ indiqué cettç forme particulière, c^est- 

à-di^e }a bouche i^n crQi3S9nt et située en dessous, 

€DiQi|ift. daQ3 \e^ squales , d'où le nom de SqiuJus donné 

à ce poisson par quelques auteurs. ' 

Yemo tempore praeferuntur et pinguescunt , apud 

nos tamen novembri mense laudantur : si modo unquam 

laudandi sunt , nam caro eorum semper laxa et insipi- 

da est , quamobrem assare eos potius quam elixâre 

peritiores coqtii soient. Gesner, p. jii , De naso pisee 

JlwiaUli. Cypririus nasus, Herm.^ Obi. zool.^ p. 326. 



( 192) 

AIdrovandi , de Piscibus, lib. v, cap. xxnr, p. 6to, 
indique notre Cyprin bouche en croissant, sons le 
nom de «Si/nu^, Pachyrhinchus , en italien Sai^e*j.Oa 
le confond , dit-il , avec le Cap^'to fluuiat^Us y auquel il 
ressemble, mais il est plus mince et a le nez épais; la 
couleur noire de son péritoine, dit-il , a porté les Aile* 
mands à donner, par plaisanterie , à ce poisson le nom 
d'Ecrivain, Scriba. 

Tous ces caractères et le nom ital ien, analogue à Smffe, 
conviennent à notre poisson ; mais lorsque Aldrovandi 
ajoute : u Cette couleur noire du pr^ritoine se remarque 
« aussi dans le Capitofluv. ; » il me parait alors désigner 
le Cyprinus nasusAe Bl. , dont nous parlerons plus bas. 

Duhamel, Traité général des pêches , ii* part., 
secU m, p. 5o2, pL xxiv^Jig. 4» sous le nom de 
Chexfonne ou Chevesne de Selon ; Meunier àe Rondelet; 
décrit notre Cyprin ; le péritoine noir , et la taille de 
dix pouces ' ne laissent aucun doute à ce sujet. 

Les noms donnés par Duhamel sont fondés sur ceux 
indiqués par le pécheur duquel il tenait son échantiltàoi.* 

Je ne saurais affirmer si le Cyprinus nasus d^Artedi 
est mon Cyprin bouche en croissant ; je le pense diaprés 
ce qu'il dit de son Cyprinus nasus *. 

' Dans cette longueur est comprise celle de la nageoire 
catidale, dont je ne fais aucun usage dans mes mesurea. 

^ Cyprinus rostro nasiforme prominente, pinna ani osaî« 
culorum xiv. 

Nasus Auctorum, Nase Germanorum. 

Figura Leucisci. Venter planus latus, 

Pinnae omnes pronœ partis aliquantùm rubescunt. 

Squamae amplae. Linea iateralis yentri propior. 

Perltonœum nigrum. Parit apriii in fluviis. . 

PetrI Artedi gênera piscium, p» 5, sp, i5. 



(193) 

. Blûch , sous le nom de Nase ( Cyprinus tiosus) , Ichth,^ 
p. 3 1-33, a décrit et figuré un poisson différent du 
nôtre , par sa forte taille ' et son poids ; Meyer, Lacé- 
pède et Bosc , copistes de Bloch , n'ont rien donné de 
certain sur ce poisson , propre au Rhin , disent-ils. 
Gmelin , S, IV. y p. i43i , sp. 21 , ne donne non plus 
rien de précis sur le Nase. 

Cavier donne au Nase un caractère qui Téloigne en- 
tièrement de notre Cyprin , c'est le nombre des dents 
qu'il fiie à une vingtaine, f^oy. ci-dessous , p. 195. 

Le. 'Nasus fœmina minor, Marsili , Dan. , pi. 3 , 
fig» 2, me parait pouvoir se rapporter à mon Cyprin 
bouche-en-croissant. 

Meyer, Représ. , tom. i , /?. 4» '^* ^* » figure un 
nase long de i3 pouces ^ il donne , fig. 1 , le dessin des 
dents, qui ont Tair de ressembler à celles de notre Cy- 
prin bouche-en-croissant \ il rappelle la dénomination 
vulgaire du nase , qui , à raison de sa chair peu délicate 
et fiircie d'arêtes , est connu sous le nom de poisson de 
iailleut. Meyer fait observer que le Nase a aussi le pé- « 
citoine noir et six dents , représentées sur la même 
planche; elles diffèrent peu de celles de mon Cyprin 
bouche-en-croissant. 

La couleur noire du péritoine était un caractère trop 
saillant pour être négligé ; aussi a-t-il été signalé par 
tous les observateurs qui ont vu le poisson en nature, 
le Tavais. remarqué avant de savoir qu'il dût me servir 
à distinguer mon Cyprinus toxostoma et le Cyprinus 
jaculus des autres espèces du sous-genre ^ble. 

Ayant retrouvé ce signalement dans plusieurs au*- 

' Cest le Nase de Willugby , long d'un pied ; le Nase de 
MarsiUi Danub, p iom* ^v | p. 9 ^ />/. 3 ^ fig* 1 . 

i3 



(194) 

teurs , je dois les mentionner pour mettre les natuta^ 
listes à même de s'assurer si les Cyprins, dont ils parlent, 
sont dififérens de notre Cyprin bouche-en-croissant , car 
nous verrons un autre petit poisson du même sous^ 
genre nous offrir le péritoine noir. 

Artedi , dans la troisième partie de son Ichthyologpe, 
Gêner, etspecier., p. 5, sp. i5, parle d'un Cjrprinus 
rostro nasiformi prominente, pinna ani ossiculorum 
guatuordecim , rapporté, dans sa Synonymie, Ichthjr. 
pars IV , p. 6 , 5/1. 9 , au Cjprinus nasus, Linn. Cest, 
dit-il, le Nasus des auteurs, le Nase des Allemands; 
les Italiens l'appellent Savettay et les habitans de Fer- 
rare Sueta. Celui de Belon seulement a un demi-pied , il 
ressemble au Leuciscus ( figura leucisci ) , il a le ventre 
plane et large , son péritoine est noir. 

De tous les Cyprins qu'a disséqués Artedi , le Nase 
est le seul où il ait rencontre ce caractère. Il me parait 
que dans cet article le savant Suédois parle de mon Cf'*^ 
prin bouche^erircroissanU 

Dans V Encyclopédie méthodique, hisU nat,, iom. 3, 
p. 274, on lit : (( Le Nase.... a la gueule très-étroite , et 
l'endroit où elle est fendue représente un arc de 
cercle... « n'a ordinairement qu\in demi-pied de lon- 
gueur. » 

C'est bien certainement de notre Cyprin bouche* 
en-croissant qu'il est question dans ce passage. 

Lacépède qui parle des poissons , sans les avoir vus ^ 
et qui s'est contenté de copier Bloch avec plus ou moins 
de fidélité, dit : « Le Nase a le péritoine noir.... Lors^ 
« que ce Cyprin pèse un kilogramme ( deux livres,, ce 
(c qui arrive quand il a vingt pouces de longueur 
(( comme celui dont parle Bloch), il arrive souvent 
« que ses nageoires offirent une couleur grise. » JSist. 



( 195 ; 

ma* des poissons, iom. xi , p. 65. a On lui donne , dit* 
« il p. 55 , le nom d^Ecrii^ain i^enfre noir * . » 

Cet article de Lacépède , copié par Bosc , suivant 
lequel, d'après Bloch , Nouv. dict. hist, naU, édit. 2^ 
Iom. ne , p. 75 , les deux mâchoires du Cyprin nase sont 
drmées de six dents, ne convient à notre Cjprinus 
loxostoma qu^à raison de la couleur noire du péritoine, 
et des six dents pharyngiennes , sur ime seule ligne , à 
diaque arc pharyngien. 

Les naturalistes allemands sont invités à examiner de 
nooyeau le Cjprinus nasus, décrit et figuré par Bloch, 
dans la description duquel, IchthjoL , part, i, p. 82, 
je trouve des caractères bien difierens de ceux de notre 
Cy[Ncin boudie-en-croissant. Bloch annonce « bouche 
« carrée ; il y a , dit-il , à chaque mâchoire six dents 
« aplaties des deux côtés et qui engrainent les unes 
1^ dans les autres. L'individu que j'ai examiné avait 
fc dn pied trois pouces de long , il pesait une livre. » 
Cette taille difiere beaucoup de celle de notre poisson* 
D'ailleurs, d'après Cuvier, le Nase a une vingtaine de 
dents pharyngiennes , toutes comprimées , et qui vont 
en diminuant vers le haut ; les inférieures seules sont 
on peu grosses. Cuvier, Anal, comparée, tom. 3, 
p. 191 , comme on Ta vu plus haut , p. 198. 

La couleur noire du péritoine se remarque non seu- 
lement dans quelques-uns de nos poissons d'eau douce, 

' Lacépède n'a fait que copier Aldrovandi , qui , Hist* 
Fisc», p. 601 , dit : Le Capito d'Âusone a le péritoine noir \ 
et p. 611 : Le Nase d'Albert se trouve dans le Bas-Rhin. Sa 
longueur est de deux à trois palmes. Le péritoine est très- 
noir : de là , en plaisantant , les Allemands ont appelé ce 
poisson Ecrivain^ 



( 1^6 ) 

mais aussi dans des poissons de mer. Je me bornerai à 
celui signalé par Muller, sous le nom de Clupea i^illosa, 
Gmel. S. N., p. 1409? sp. i4? Scdmo groenlandîcus , 
Bloch,pl. 3815 Salmone Lodde, Lacép.,Hist. nat. pois., 
tom. IX) p. 279; Salmo arcticus, CovmAcV'^ BuUeU 
'Féruss,, 1828, Sciences naU, tom, xv, p. 184. C'est 
le Capelan, Duhamel, Histoire générale des Pêches, 
sect, I , pL xxYi , petit poisson employé pour appât à la 
pêche de la Morue ; sa taille est de 6 à 7 pouces au plus; 
Il arrive vers la fin de juin , en se formant par essaims 
de plus de 60 milles de longueur sur plusieurs milles 
de largeur -, il part vers le commencement d'août ; son 
péritoine est noir. 

Linné, S. N. , p, 53i , sp. aS, à l'art. Vimba, dit 
d'après Kramer : Abdomen intus mgrum 5 c'est certai- 
nement par un lapsus calami, car Artedi , en parlant 
du Cyprinus i^imba, dit positivement : Peritoneum ar^ 
genti coloris ,• aussi Gmelin ^ S, N. , p, i435 , sp, a5 , 
C P^imba, a supprimé la note de Linné. 

XX. Cyprin Mugile, Çyprinus mugilis ', Nob.' 

Cette espèce , confondue par nos pêcheurs avec notre 
Cyprin bouche^en-croissant , sous le nom de Seuffe 
donné à Tune et à l'autre , en difiere essentiellement. 

Sa mâchoire supérieure, légèrement prolongée , forme 
un mufle ; la bouche est en dessous ) mais la mâchoire 
inférieure se termine antérieurement par un ovale 
aigu, comme la petite pointe de Tœuf. 

La tête est large , et le front légèrement déprimé. 

' Ce nom vient de multum agUis , qui correspond au 
nom Dard donné à une espèce du sous- genre Able. 



(197) 

La longueur de la tête se trouve un peu plus de trois 
fois dans celle du corps , dont la largeur est le quart de 
la longueur totale ; le dos est arrondi ^ la nageoire dor- 
sale est en arrière des ventrales. 

La ligne latérale se compose de ^5 glandes» 

Le péritoine nacré est ponctué de noir. 

L'appareil dentaire pharyngien présente la disposition 
suivante : 

L'apophyse de Tos basilaire offre une cavité à ogive 
élargi , avec un petit enfoncement en arrière. Dans cette 
cavité est sertie la plaque rhomboîdale formant la mâ- 
choire supérieure ; le prolongement de Tapophyse imite 
une lamé mince, large , disposée verticalement, et 
tronquée à la partie postérieure. 

Les mandibules pharyngiennes inférieures sont cha- 
cune garnies de sept dents alongées , crochues au som- 
met, et disposées sur deux rangs, savoir : cinq en dehors, 
et deux , plus courtes , en dedans. 

Le Cyprin Mugile fraie en mars et avril. 

On le sale sur les bords de la Saâne. 
. M. Pataille m'a transmis sur ce poisson des rensei- 
gnemens précieux que je dois faire connaître. 

u Malgré les caractères saillans que vous avez signalés 
« dans les deux espèces de Seufles, m'écrit-il , les pê- 
« cheurs persistent à n'en reconnaître qu'une seule 
« espèce, dans laquelle ils les classent toutes, n'y 
« regardant pas de si près. Je vous envoie la descrip- 
« tion du procédé usité sur les bords de la Saône pour 
<t saler et dessécher les Seufles. 

« On prend un vase de terre , ou mieux encore un 
« baquet en chêne-, après avoir vidé le poisson et rem- 
« pli son corps de sel , on met d'abord un lit de Seujles, 
^ puis un lit de sel , ensuite un autre lit de poisson , 



( 19S ) 
R puis un lit de sel ^ et ainsi de suite , jusqu'à ce qp!'(m 
<( ait employé tout ce que Ton destine à la salaisoB. 
<( Cette opération , à raison des chaleurs de Tété , ne se 
<( fait qu'à commencer au mois de septembre. Lorsque 
« le poisson est bien saturé de sel , c'est-à-dire après 
f a dix ou quinze jours au plus, on le retire du saloir et 
<( sans ressuyer on Tenfile par les ouïes dans de petites 
<( baguettes qu^on place dans les cotés de la cheminée, 
<( où ilxs'enfume , se dessèche et devient une espèce de 
<( hareng sauret , après y être resté au moins une quin-* 
<c zaine de jours , ou plus, suivant le feu déterminé par 
<c la saison d^hiver ou d'été. A mesure des besoins , on 
« le détache de la cheminée. Lorsqu^il est bien desséché , 
« on pourrait le conserver dans un endroit très-sec, 
<( près de la cheminée. L'hiver est la saison oii la chair 
(( de ce poisson est meilleure , étant alors plus ferme et 
<c moins fade que l'été. Frais , ce poisson se mange ordi-> 
« nairement grillé. Sa taille est de 5 à 6 pouces. i> 

Bondelet, de Piscih. fluifiaiU.lib, y cap, xvii^p, 102^ 
me parait avoir parlé de notre poisson , sous le titre : 
de Leucisci secundd specie ; les traits suivans me portent 
à le croire : « A Gallis f^andoise ' , à Santonibus et 
« Pictonibus Dard, quod sagittse modo sese vibret; à 
« nostris (c'est-à-dire en Languedoc), Sophio; à Lug- 
« dunensibus aSui^ , » (ou plutôt Saijfe, comme il 
est dit dans la traduction française , et comme il est 
prouvé par le nom de Seuffe y donné chez nous, non- 
seulement à cette espèce , mais encore à d'autres du 
sous-genre Able, ) 

* Artedi, IchthyoL , pars iv, ^. 10, dit ; Ce poisson 
s'appelle en français Fandoise, Dard et Suisse. ( 11 faut 
lire Saijffe. ) 



( 199 ) 

ft Piscis iste ex iis est qui sale condiuntur,et qui lacustris 
est, itaoonditusseipsomelior efficitur. Rond., p. içS. » * 

Duhamel , Traité gén, des Pêches , ii* part» , m* secU, 
p. Soi y art. VI, de la Vandoise ou Dard, Leuciscus, 
Albicula , Jaculus , pi. xxiv , fig. 3 , parle de notre Cy- 
prin Mugile. 

a La Yandoise , dit-il , est un petit poisson d'eau 
« douce , de la longueur d'un hareng , mais plus large ; 
a il est rare d'en prendre d'un pied de long ^ ; il va si 
tt vite dans Teau, qu'il semble s'élancer comme un 
« dard ; ce qui lui a fait donner ce nom par les pécheurs 
« de la Loire \ il devient fort gras ; sa chair est molle , 
« néanmoins d'un goût assez agréable ; elle passe 
« pour être fort saine, 

« La Yandoise que je vais décrire avait huit pouces 
« quatre lignes de longueur ^ ^ son corps , propor^ 
« tionnellement à sa longueur, est moins large que celui 
« du Gardon. Le museau est plus pointu ; la gueule 
« n'est pas grande ; son ouverture est ronde, à peu près 
« comme celle de la Carpe ; la mâchoire supérieure est 
« un peu plus longue que l'inférieure ; la ligne latérale, 
« un peu courbée du câté des ouïes , se prolonge en 
« ligne droite du côté de la queue. Ce poisson se pré- 
« pare comme le Gardon -, et quand il est frais et péché 
« en bonne eau , il est assez bon. » 

Cet article est répété dans VEncycL méthod. y Dict. 
des Pèches, p. 298. 

' On péclie en grande quantité dans le Gange une petite 
espèce de Cyprin appelée Angana , pour être envoyée dans 
l'intérieur du pays. Tableau pittoresque de l'Inde, par 
Backingham , ]833, /?• 243. 

^ Ici Duhamel confond ce poisson avec la Dobule. 

^ f n y comprenant la longueur de la nageoire caudale. 



( MO ) 

Notre Cyprinus mugîHs, la P^andoise de Rondelet et 
de Duhamel , est très-différente de la F'andoise de Ju- 
rine , Cyprînus jaculus , longue seulement de quatre 
pouces , et de la Vandolse à laquelle Lacépède , qui 
certainement ne Ta pas vue et qui l'a appelée impro- 
prement P^audoise, Hist. nat. des Poiss. , tom. lo, 
pp. 3(^5 , 396 , attribue la taille de cinq à six décimètres 
(18-22 pouces). 

Le Nouu. Dict. <T Hist, jiat, , édit, 2^ tom. 9 , p. 7a; 
tom, 3i,p. 399, a suivi Lacépède. 

Le Dict, des Se, nat, , tom, 1 , suppl. , p, 4 > 3® ; tom, 

49, p. 4^7 î '^^* 5^ f P* 4^^ 9 ^*t • " I^^ Vandoise ou 
Vaudoise * , corps élargi * -, mais Cuvier , Bègn. anim., 

' Le nom de Vaudoise f employé dans VEncyclop, méih. 
et répété par plusieurs copistes, est fautif; il faut lire Van^ 
doiscy de Vendosia. Les pécheurs de Zug et de' Lucarne ^ 
dit Gesner, appellent JVinger la Vendoise et le Dard des 
Français. Le nom Vendosia vient de Paliemand TVinken^ 
cligner, à cause de la rapidité de la natation de ce poisson. 

' Le Rotengle, Cyprinus erythrophthalmus y Linn. , est 
désigné par plusieurs de nos pêcheurs sous le nom de Van* 
doise : c^est ce nom qui a guidé Altéon Dulac, dont la des<* 
cription a été adoptée dans le Dict. des Se, natur, 

ce La Vandoise , dit Alléon Dulac , est un petit poisson 
ce qui a le corps large et le museau pointu. Jl est couvert 
ce d^écailles moyennes et de petites lignes; sa couleur est 
«c entre le brun , le vert et le jaune ; il a Testomac petit et 
«c le foie blanc, où est attachée la bourse du fiel. 11 devient 
ce fort gros. Sa chair est molle et assez agréable au goût. » 
Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle du Lyonnais , 
tom. I , p, 147. 

Ainsi , en employant le même nom ^ on désigne denx 
poissons différens. 



( 2Ô1 ) 

é£i. a , iom. a , p. ajS , cnsant : « corps étroit » , carac- 
tère convenant à notre espèce comme à d'autres , prouve 
quelle confusion existe dans les descriptions, faites 'Sur 
des noms, sans examiner les objets. Nous indiquons dans 
h note (2) la cause de la contradiction entre corps 
élargi et corps étroit y attribué au même poisson , ou 
plutôt au même nom. 

C'est une nouvelle preuve de la confusion qui existe 
dans la nomenclature des poissons et qui rend si difficile 
la détermination exacte de ceux mentionnés par divers 
auteurs. 

Lemery , Traité des Alimens , 2,* édiU , p. 4i7> nous 
en fournit encore la preuve à Poccasion du Mulet , ap- 
pelé en latin Cepkalus, Mugil. a L'os que Ton trouve 
« dans la tête de ce poisson , dit-il , se nomme en latin 
« Echinas et Sphondylus ab echinatd specie, parce 
K qu'il est entouré de pointes , comme une châtaigne 
« ou comme un hérisson. » 

Cet os ne serait-il pas la mâchoire pharyngienne gar- 
nie de ses dents? à moins qu'il ne soit Posseletde To^ 
reille 5 mais ses dentelures sont presqu'imperceptibles. 

Diihamd, Traité des Pêches, a* part., vi* sect. , 
p. 146 , parle de notre poisson dans les termes suivans : 

« Indépendamment des Muges qui passent dans les 
eaux douces, les auteurs parlent d^un petit Muge qui 
n'a guère plus d'un pied de longueur , qu'il nomme 
Muge de rivière, et qu'on appelle à Strasbourg vil pois- 
son , Schnotfisch ; ses écailles sont d'un vert argenté et 
sa chair molle , ce qui , comme je l'ai dit , convient aux 
Muges qui ont passé du temps dans les eaux douces ; ils 
ont l'avantage d'avoir la chair grasse et déUcate , mais 
elle n'a pas autant de goût que celle de ceux qu'on 
pèche à la mer. » 



( Mi ) 

Hermann^ Observai, zootogicee, p. Sas , falàmey 
avec juste raison , Duhamel d'avoir rangé le Schna^isch 
parmi les poissons délicats. 

A la même page, Duhamel parle d*uû autre poisson^ 
qa^on devrait peut-être rapporter à notre Cyprin Mugil. 

« II y a y dit^il , en Languedoc une espèce de Muge 
qu^on nomme Same; il ne difiCère du Cabot, que parce 
que sa tête est un peu moins grosse et son museau plus 
pointu ; on trouve sa chair plus molle, il est sujet à sauter 
par dessus les filets pour s^échapper ; à ces indices le 
Same parait être , à peu de chose près , le Mulet dont 
nous avons parlé plus haut. On en prend dans la Cra*- 
ronne, le Rhône, la Loire ; on dit qu'il se nourrit de vase. » 

Same étant le nom vulgaire donné au Mulet de mer, 
Mugil cephalus, Linn. , pourrait &ire soupçonner équi- 
voque de ma part dans la citation que j'extrais du Traité 
gén, des Pêches; mais des noms de poissons de mer 
ayant été plusieurs fois appliqués à des poissons d'eau 
douce , il ^st probable que celui de Same a été em- 
ployé aussi abusivement que ceux de Cabot, Chabot, 
Têtard, etc. 

Gesner , de AquatU. , p. 3a , sous le titre DeMugUis 
vel cephaU Jluinatilis génère minore quod piscibus albis 
adnumerandum iddelur, a donné une bonne descrip- 
tion de ce poisson , mais sans figure. Non opus est, 
dit-il, icône. Nam per omnia capitonem fluviaXilem 
refert, idsi quod minor est. Voici le texte de Gesner* 

Haselae nostrae ( quas cephales aut mugiles fluviatiles 
minores dixerim , nam fluviatilem cephalum sive Squa- 
lum,multo magisquam leucisci supra dicti referont ) 
pisciculi sunt molles, duos aut très palmos longi , albi- 
cantes, per dorsum in viridi nigricantes, cauda et 
pinna dorsi glaucis , cseteris r ubicundis \ minime lati ) 



( 20à } 

sqiiamiilis tenuibus , argenteis , brançhiis ternis. O^ip 
eonm arisds referta est , ut mugiluin fluviatiliuin nsitf^ 
jorum. Ex his qui in fluvio apnd nos capiuntur^ 
oculis rubere audio : qui in lacu non item observavi , 
postea lacustres supema oculorum parte flavere. Dentés 
in £siucibus utrinque conditos babet ut Gapito fluvia- 
tilis, in mandibula curva, exteriore ordine quinque 
majusculos, intérim binos minores , omnes ferè in 
sununo leviter aduncos. Parère incipiunt medio apriii 
vei paulo ante. 

Sao tempore (maio et apriii praecipue, deinde junio 
et julio ) satis grati in eibo et salubres babentur. Àli- 
quando vero vermes eis innascuntur ( iigulas nostri 
Tocant, Nestel ) et omnino insalubres fiunt. Hyeme 
macri sunt ac minime placent. Fluviatiles etiam lacus* 
tribos prsefcruntur. Elixari debent in vino fervido ; 
circa initium novembris ova in hoc pisce reperi , quœ 
magia quam piscis placebant. 

Haselae nostrae dentés in faucibus utrinque conditot 
habet ut capito fluviatilis (Gyprinus dobula) in mandi- 
bula curva. Exteriore ordine quinque majuscules , in* 
terius binos minores , omnes fere in summo leviter 
aduncos. Gesner , de AquaU, p. 33 , Un. lo. 

Hermann, Observ. zoologicœ, p. 32 1 , dit : « le 
k poisson appelé Haesel à Baie, Schnotjisch k Stras- 
« boui^ , est le Cyprinus dobula. » C'est une erreur dé- 
montrée par le texte de Gesner , rapporté ci-dessus. 

Le Schnotfisch des pêcheurs de Strasbourg est mon 
Çfprinus mugilis. 

En effet la dénomination allemande Schnotfisch, 
signifie ^il poisson, c'est-à-dire poisson de null^ 
valeur, non estimé, comme je Tai expliqué àTarticle 
Bobule^ p. i53; caractère convenant parfaitement au 



( 204 ) 

Çypriniis mugiUs, dont on fait peu de cas , comme d^ 
toutes les autres espèces du sous-genre Able. 

XXIV. Le Ryssling ', Cyprinus jucidus^ Jurine , 
Ip^andoise du même, HisU des Poiss. du lac Léman, 
p. 221, 71" i8, p/. 14. "^ 

Rondelet, De piscib ,fluviatil. lib ., cap. xv 1 1 1 , p. 1 93, fig, supérieure^ 
Cesuer, de u4quatilibus ,p, 479» Riserle, Ryssling, fig, passable, 
Meyer^ Représ., tom. 2, pL. 97. Di« LaugeLe, 

Ce petit Cyprin , longtemps confondu avec l'Àble , 
auquel il ressemble beaucoup , en diOere par la gran- 
deur (2) de sa nageoire anale qui n'offre que quatorze 
rayons. 

D, 11 : P, 16, 17: V, 9, 10 : A, 14 : C, 28. 

Ligne latérale formée de 44 glandes. 

La tête de ce poisson est petite ; sa longueur est un 
peu plus de 3 3;4 dans la longueur du corps*, l'ouverture 
des narines très-ample ; l'œil fort grand \ l'iris argen- 
tin , jaune et pointillé de noir en haut ; les mâchoires 
sont d'égale longueur ; et quand la bouche est ouverte, 
la mâchoire inférieure , qui est ascendante , ne dépasse 
pas la supérieure , comme chez PAble. Le corps est 
plus épais et plus large que celui de l'Able. 

Les écailles du dos ont, durant la vie de l'individu , 
une couleur olivâtre , qui passe promptement au bleu 
après la mort. Les nageoires à l'époque du frai , au prin- 
temps , sont fréquemment lavées d'une teinte rougeâtre* 

■ Pour éviter toute équivoque , j'ai substitué le nom al- 
lemand de ce poisson à celui de Yandoise adopté par Jarine. 

* Dans la Yandoise , Tanale est plus saillante ou pins 
haute , mais moins étendue ou moins longue que dans PA- 
blette , ou TAble \ c'est cette disposition que Jurine appelle 
grandeur. 



( 206 ) 

La grandeur ordinaire de ce poisson est de quatre 
pouces , sa largeur est un peu plus de quatre fois dans 
sa longueur totale. 

Péritoine noir comme dans mon Çyprinus toxostoma, 
dont le Çyprinus jaculus diffère par la taille , et surtout 
par la mâchoire inférieure ovale et sans rebord , imitant 
celle du Çyprinus mugilis par sa denture. Aucune des 
descriptions données par les divers auteurs, (dont Jurine 
rapporte le texte), du poisson qu'ils appellent Vandoise, 
ne convient à celui dont a parlé Jurine , et qui est le 
ndtre ; la figure de Bloch, qu'il a citée, se rapprocherait 
plutôt de notre Çyprinus toxostoma. 

Le petit Cyprin dont nous parlons dans cet article , 
est connu à Dijon sous le nom de Seuff'e^ et les enfans 
rappellent un Blanc. Il est très-abondant à Taval du 
pont des moulins d'Ouche , à raison du voisinage de la 
tuerie. 

Lorsqu^on veut le pêcher à la ligne , il suffit d^a- 
morcer avec des mouches dont il est très-friand. 

La ligne latérale est jaune ; elle commence à la partie 
supérieure deToule, descendant ensuite pour parcourir 
le milieu des côtés du poisson. Au dessus de cette ligne 
on remarque une bande assez large produite par une 
multitude de points noirs très-fins , placés sur les écailles. 
La mâchoire supérieure dépasse un peu l'inférieure , 
ascendante et ovale ; ce qui diflFérencie le Çyprinus ja^ 
culus, Jurine, du Çyprinus toxostoma , auquel on serait 
tenté de le rapporter , à cause de la couleur noire du 
Péritoine ; mais en comparant la bouche de ces deux 
poissons , on verra que celle du Cyprin bouche-en-crois- 
sant est en croissant, avec la lèvre inférieure , bordée; 
tandis que la bouche de notre Ryssling est ovale , avec 
la lèvre inférieure sans rebord. 



( 206 ) 

Les dents pharyngiennes, crochues au sommet, sont 
sur deux rangs au nombre de sept , dont deux sont 
sur l'intérieur, et les cinq autres sur Textérieur 5 (dans 
le Çyprinus toxostoma , les dents pharyngiennes 
au nombre de six , sont sécuriformes , et sur un seul 
rang ) *, la cavité de Vos basilaire dans laquelle est sertie 
la plaque dentaire est en ogive élargi. 

La queue du basilaire est en spatule disposée verti* 
calement. 

De plus , Tanus est aux 2/3 de la longueur totale du 
poisson , dont le dos est olivâtre. 

Il y a dans les anciens auteurs d'ichthyologie , une si 
grande confusion dans les dénominations des poissons 
blancs, que je n^ai pu me décider à rapporter les 
synonymes d'Aldrovandi et des ichthyologistes subsé- 
quens. 

Je me suis borné à bien décrire le poisson que j'ai eu 
sous les y^ux. Son frai a lieu au printemps. Ce petit 
poisson se mange seulement en friture , c'est la seule 
manière de ne point être incommodé de la multitude 
de fines arêtes qui en farcissent la chair. 

La couleur noire du Péritoine se remarque dans le 
Cottus gobio et dans les athérines , Cuu., HisU nat. des 
Poissons, tom, x, p. 4^^? ^^^^ ^^ rappelle que TÀm- 
phacanthe cordonnier , poisson des Sechelles , de Tlle 
Bourbon , de la cote de Malabar , a la chair fort bonne 
quoique noirâtre. Cuu., op. cit., p. 149. 

Le nom de Vandoise me parait avoir été appliqué à 
différentes espèces de poissons ; aussi existe-t-il à ce 
sujet une grande confusion. Àldrovandi, HisL Piscium, 
p. 606 , en fournit la preuve dans le passage suivant : 

« Leuciscus, en Français Kandoise , Flndosad^Al^ 
<( bert : sur la Loire et dans le Poitou ; on l'appelle un 



( 207 ) 

« Pard ' y à Lyon Suiffe^ sur les bords de quelques 
« lacs de Suisse , Winger ,• en Savoie , f^engeron : il 
« diffère du Vangeron du lac Léman ^ , auquel les 
« Suisses ont donné un nom à cause de la couleur de 
. tt ses nageoires. » 
C'est effectivement , d'après Kondelet , le Çyprinus 

' Yendosîa vel Dardas Galloram piscicnlus est qaem Ar« 
gentinœ vocatur ein Lauck , Basileœ Laugele , à Zng et 
Bieg Winger, en Savoie circa Neocomum Vengeron. ( Dif-^ 
lèrenl du Yangeron da lac de Genève , qui a les nageoires 
rangea , Çyprinus rutilus, ) 

Ciim minimis densîs agmînibus natant , auîmœ à net tris 
dicnntor , ainnt enim pisciculos esse vix longiores palmo ^ 
i^amosoS} quibas muiti abstineant| quod circa latrinat 
pascantur. 

Ego in fancibns ntrinque mandîbalam curram qninif ar-* 
matam denticnlis reperi , ut in Ballero. 

Commendantur strigiles apriii et maio mensibus. Memini 
etiam £sbniario edisse non insuaves , qno tempore lactés vx 
mare pleni erant et eodem mense laudantnr à nostrit. 
Gesner^ de Aquat., p» 3i , 32. 

G*ett un Çyprinus jaculus , Jurine , dans lequel Getner 
a^avra pas vn les deux dents de la rangée intérieure. En effet 
Gesner n^indiqnait quelquefois que le nombre et la formf 
des dents extérieures , comme il est facile de sVn assurer 
dans sa description du Çyprinus erythrophthalmus. 

* Yangeron , poisson des lacs de Lausanne et de Nenfcliâ« 
tel. 11 a près des ouïes deux nageoires couleur dW , deux 
SOBS le ventre qui sont jaunes ^ un aileron derrière Tanua | 
IB ssr le dos; celui de la queue est fourchu. Ce poisson a 
lafigare et la chair semblables à celles de la Carpe. Encyd. 
méik,, Dici. des Fâches ^ p. 293. 

Ce Yangeron est le Çyprinus nMus, Linn, 



( ôoô ) 

rutltus, Llnn. Malgré la distinction faite par Gesner ^ 
du F'angeron du lac Léman, ( Cyprinus rutilas ) ^ cet 
auteur u^a pas moins, dans cet article, confondu les noms 
du Çyprinus jaculus, Jurine, et celui de plusieurs 
autres poissons. 

Le Cyprinus jaculus , Jurine, est XeRyserleyRyssUng 
de Gesner , dont la figure convient parfaitement à notre 
poisson : mais ce qui ne laisse aucun doute est la 
couleur noire du Péritoine. 

On trouve dans le Ryssiing , le Triœnophore nodun 
leuxy Dict. Se. nat., tom. 55, p. 69, i85, pi. 48, fiig. 3, 
tom. 57 , p. 596. Encyclop. méthod. , vers, tom. z » 

p. 753, pi. XLIX, fig. 12-l5. 

. XXY. L^Able, Cyprinus albumus, Linn. , Gmel. ^ 
S. N. , édit. xm, p. 1434 9 sp. 24* 

Rondelet y pUcium fluvial, lib ,cap. xxxirt,p. ao8, de Albnrno. 

Duhamel, Pêches, ^^ part. , sect. m, p. 4^3 , pL zxiiif fig. ip 
fig, 2 , et p. 55o. 

Bloch , Ichthyologie , p. 47» pi' viii ^fig- 4» 

Bonnaterre, Tableau encyclopédique des trois règnes. Ichthyol., 
pi. 83 , fig. 34S. 

Jurine, Hist. des Poissons du lac Léman, p. 319, n^ ly, pi, 14* 

Nouv. Dict. d'Hist. nat., édit. a, tom. i , p. 5o, tom. 9, p. 76. 

Dict, Se. nat, , tom, i , suppl., p. 4> j4.tlas icht., pi. 70 , fig»'^ p 
tom. i5 y p. 364* 

Germann y Observât, zàologicœ , p. 326. Cyprinus albumus. 

Ce poisson , dont il faut 20,000 pour obtenir une livre 
d'essence d! Orient, a reçu les noms diAbleUe, * ./iblet, 
jiliiet, du. mot latin Albus. 

' Il y a quelques autres espèces de poissons que le peuple- 
nommé Ablettes^ ce ne peut être qu'à cause de leur blan-* 
chenr et de Pargent dé leurs écailles, dit Delisle de Saleiy- 
auteur anonyme du Dict, théor* et pratique de Chasse'^ 
de Pêche, tom\ i y pé 3. 



( 209 ) 

On le reconnaît à son corps étroit , argenté , brillant. 
Les mâchoires sont égales quand la boiiche est fermée, 
et quand elle est ouverte , la mâchoire inférieure , qui 
était ascendante, dépasse la supérieure*, le front est 
droit, les nageoires sont pâles, le rayon antérieur de la 
nageoire pectorale est jaunâtre. 

La nageoire anale, à 21 rayons, sufiit pour distinguer 
ce poisson de celui appelé par nos pêcheurs sur le pont 
de rOuche , Seufle, et avec lequel, à raison de sa taille 
qui est aussi de 4 pouces , on pourrait le confondre ; 
mais la Seufle ayant son péritoine noir , et seulement 
10 rayons à la nageoire anale, est suffisamment 
distinguée de TAble. 

Àrtedi , dans la diagnose de TAble , donne 20 rayons 
àTanale qui se fait remarquer par sa longueur, et 21 
dans la description IchthyoL , pari, v , p. 17 , sp. 7. 

La dorsale est située bien en arrière des ventrales \ la 
caudale est profondément échancrée. 

La ligne latérale descendante antérieurement , droite 
postérieurement , parait dorée sous un certain jour sur 
lepoisson vivant ; les écailles finement striées, adhèrent 
peu à la peau et tombent au moindre attouchement. 

La taille ordinaire de TAble est communément de 
quatre pouces*, elle atteint rarement celle de six 
pouces; ' cependant je viens de voir un Able de 5 pouces 
3/4. La longueur de la tête était 3 3/4 dans la longueur 
du corps ) la largeur de cet échantillon était un peu 

> FAble de Willugliby , long de 6 pouces , large de deux , 
i dents comme la Carpe , plus longues et plus aiguës ^ à pa- 
liis garni d'un os triangulaire , cité dans VEncycL méthod, , 
Sist, nai,, tom. 3 y p» 3 , est-il le même que le Cyprinus 
^wnushCelaL me paraît très- douteux. 

»4 



( 210 ) 
plus de quatre fois dans sa longueur totale. Duhamel 
a donné à VAble les noms à! Ablette, Ov^eUe ' , Albula 
minor, ou AlbumUs. Voyez Pèches , a* part. , secU 3 , 
p. 4^3 , et 11* part. , sect. ii" , p. 229 ; le même auteur 
dit : <c TAble est un petit poisson blanc qu'on prend an 
<( haut de la Seine, et qn^on nomme à cause de la res- 
« semblance, mais mal à propos, Eperlan ^ (Teau 
A douce. » 

a L'Ablette, dit Gesner, de Aquatll. , p. 27, est un 
« poisson de rivière de la grandeur du doigt, semblable 
<i aux petites aphyes ^ ; il est vorace et se laisse fecile» 
<( ment prendre à Thameçon. Est-il le même que ces 
a petits poissons appelés en France des Blanches, k 
c( cause de leur couleur et de leurs écailles'^ ai^entées 
a qui tombent au plus léger contact? » 

■ Ce nom d^Ovelle vient , dit Gesner, de Aquatil., /?. 
43 1 , lin. 56 , de ce qae ce poisson a des œufs en font 
temps. 

* Ne s^agiraît-il pas da Spirlin? que Duhamel appella 
Able bordé, et qu'il dit, mais à tort, être une simple va* 
rîété accidentelle de VAble. Il en est, suivant les pécheurs | 
une espèce qui porte une raie sur les parties latérales, c^est 
VAble rayé^ on le rejette parce que la couleur des écaillef 
de cette raie teràiraît Pessence d'Orient. Cet Able rayé est 
le Spirlin. 

3 C'est salis doute à raison de cette ressemblanoê que J. 
Hermann , Observ. zoolog., p. Sic, a désigné, suivant les 
naturalistes de Strasbourg , de jeunes Ablettes sous le nom 
de Cyprînus aphya, à moins que sous ce nom il n^ait TOidu 
parler du Cyprinus jaculus de Jurine. 

^ Les cannelures des écailles de TAble, dit Réaumnr| sont 
au nombre de dix^ dont six en érentail^ tournées da ei^i 



(211 ) 

Marsigli, Danubius pannonicus , iom. iv, p, 54 , 
tab. xYiu jjig» 2 9 parle de l'Ablette sous le nom de 
Phoxinus squamosus , /"*. Suivant Bloch , ce poisison , 
outre les noms dont nous avons parlé , porterait encore 
en France celui de Borde; à Genève on l'appelle Rondion 
ou Mange^Merdei dans le canton de Vaud et en Savoie, 
il porte le nom de Blanchet, Blanchaille , Sardine. 

Ce dernier nom ne serait-il pas la cause de celui 
porté sous le n^ i8 du tableau des poissons des en- 
virons d^Àix , inséré dans le Manuel de F étranger aux 
Eaux dAix en Savoie y par le docteur Despine fils, 
18349 p. 8 , et mentionné ci-dessus , p. 10? 

On y lit : Sardine , Clupea sardinia, le lac, Mirandele, 
vulg. * 

de la quene y et quatre du côté de la tête. Aci, Paris, , 1 7 1 6 , 
f, a36. On distingue sur TAble deux lignes latérales ponc* 
tuées , ibid, , signalées déjà par Rondelet ^ et revues par moi. 

Dans son curieux Mémoire , Réaumur rappelle , p» 242 , 
a un insecte qui se loge volontiers dans les livres rarement 
fenilletéfl) ressemblant fort aux A blés par sa couleur ar- 
gentée | et qui en a aussi quelque air par sa figure, à ses 
jambes près. Son corps est couvert d'écaillés qui se déposent 
inr les doigts qui le touchent^ » 

Cet insecte , appelé vulgairement Poisson d'argent, est 
kForbicine , Lepisma saccharina, Lînn. ^ indiquée par Al- 
drovandi ^ de InsecL , p. 670 , n» 5. 

* La Sardine, étant un poisson de mer non anadrome, 
ne peut se trouver dans le lac du Bourget. La Sardine de ce 
lac est ou VAble ou le Cyprinus agone, Scopoli , Deliciae 
fhr. et Faun. Insuhriae, 1786 , part, 1 , p. 71 , dont je 
donne le texte à Tarticle Clupea Sardinella, 

Cest aux naturalistes d'Aix à nous apprendre auquel de 
cet deux poissons doit être rapportée leur Sardine. 



( 212 ) 

Je serais lenlé de le croire d'après la remarque 
suivante faite par Jurine. u L^Able , dit ce savant, porte 
« aux environs de Vevay le nom de Naze, » HisU des 
Poissons du lac Léman, p, 221. Razoumowsky , £fist» 
7uU. du Jorat , 1789 , tom. 1 , p. 182 , § 4^ , en a conclu 
que le Cjprinus nasus se trmivait dans le lac de 
ïïeufchâtel. 

Des équivoques de cette nature se retrouvent dans 
tous les livres qui sont faits à coups de ciseaux , et dont 
les auteurs n'ont jamais vu les objets dont ils parlent. 

L'Able est la proie des poissons voraces, et employé 
comme appât pour les prendre \ comme il a beaucoup 
d'arêtes , il n^est acheté que par les gens du peuple qui 
le mangent en friture. Sa chair est d'assez bon goût^ 
quoique peu estimée. 

On compte 11 rayons dans la nageoire dorsale; \6 
dans les pectorales-, 9 dans les ventrales \ 21 dans Ta- 
nale ^ et 24 dans la caudale. 

L'appareil dentaire pharyngien de TAblette se re* 
connaît aux caractères suivans : 

Plaque ' sertie dans l'espace pentagonal alongé de 
l'os basilaire , dont le prolongement dorsal est de champ 
et spatuliforme. 

Les dents minces et aiguës , au nombre de six , sont: 
placées sur deux rangs : savoir, quatre à Textérieur^ 
et deux à l'intérieur. 

Le péritoine nacré est piqueté de points noirs. 

Les Ables traient en mai et jttin , près du rivage , ou 

• ■ 

> Cette plaque, 'qui adlière au basîlaîre par une mev 
brane intermédiaire, se détache facilement par la cniatç 
et tombe iorsqu^on enlève les chairs pour dénuder Pos. Ce 
arrive pour tous les Cyprins ^ dans la même circonstance 



f 413) 

ibse rassemblent en troupe; à cette époque on voit, 
chez les mâles , le dessus de la tête, du dos et même des 
opercules, hérissé de petites aspérités qui transforment 
la surface de ces parties en une espèce de râpe. 

Tous les ans, à 1 époque du frai, des particuliers de 
Lyon viennent dans notre département pêcher les 
Ables » , pour s'en procurer les écailles, dont ils tirent 
Tessence d'Orient, (conservée par Tammoniaque li- 
quide), et employée pour la fabrication des fausses 
perles ^ , genre dUndustrie découvert en 1680 par un 



* Les particuliers dont nous parlons rejettent avec soin 
VAble rayé, c^est-à-dire le Spirlin , Cyprinus bipunctatus. 

* \2 Àrgentina sphyrœna est employée en Italie pour co- 
lorer les fausses perles. 

CTest le derme qui sécrète sous les écailles cette matière 
d'un éclat métallique argenté , qui rend tant de poissons si 
brillans; elle se compose de petites lames pâles comme de 
Fargent bruni , qui se laissent enlever par le lavage soit de 
la peau , soit de Pécaille , dont elles Ternissent la face infé- 
rieure. CVst cette matière qui colore les fausses perles. 
Voyez le Mémoire de Réaumur à ce sujet dans les Act. 
Paris., 1716, p, 329. 

Il se sécrète aussi de cette matière argentée dans beaucoup 

de poissons , dans Pépaisseur du péritoine et des enveloppes 

que le péritoine fournit à certains viscères, particulièrement 

à la vessie natatoire. Cuvier , Hist. nat. des Poiss, , tom. 

1 , p. 483. 

U se sécrète aussi de cette matière argentée dans l'inters- 
tice des muscles : je l'ai retrouvée sur les os de la mâchoire 
inférieure de TAlose et dans beaucoup d'autres poissons ; 
d*où je conclus que les membranes muqueuses sont les 
organes dans lesquels se sécrète la matière nacrée. 



( 214 ) 

Parisîen nommé Jacquin ' , ainsi qu'en a acquis la cer* 
titude J. Hermann, Observât, zoologicœ, p. 327. 

Les Lyonnais , après avoir détaché les écailles , aban- 
donnent sur le rivage les corps dépouillés de TAble ; sa 
décomposition , excessivement rapide , répand dans le 
voisinage une infection épouvantable , qu'un prompt 
enfouissement préviendrait efficacement en. procurant 
un engrais avantageux. 

L'Able est tourmentée quelquefois par la Ligule très- 
simple. 

XXVL Le Spirlin*, Cyprinus bîpunctatus, Bloch, 
Gmel. , Syst. nat. , édit. xiii, p. \épZ , sp. 48. 

Bloch, Ichthyologie , part, i, p. 43» P^' viii,^/§^. i. 

Bonnaterre, Tableau encycl, des trois Règnes, icthyologie , pi, Sa^ 
fig. 340. 

Jurine, Hist. des poiss, du lac Léman , p. 226, tz» 19 , pi. 14* 

Rondelet^ de Piscib, fiuifiatil, lib., cap. xviii, p. \{fi ^ fig, infer^ 
Fritoa. 

Gesner, De Aquatil,, p. 844 > Phoxinus squamosus. 

« Dans le Dict» des Sciences natur. y tom, i5, p. 365^ 
on appelle ce Parisîen Janin , parce qu^on sVst contenté de 
copier la faute typographique du Dictionnaire du Commerce 
de Savary ^ c2iT ^ dit J. Hermann , j^aî souvent entendu don- 
ner le nom de Jacquin , an fils de Tinventeur. L^assertîon 
d'Hermann est d'ailleurs confirmée par le témoignage plos 
ancien de V Encycl. mélk. , Dictionn. des Arts et Métiers ^ 
tom. 2, 17839/7. 4^0. 

» Bloch, Ichthyologie , part, 1 ,/?. 44, a dit : ce M. Her- 
<c mann, professeur à Strasbourg, m'a envoyé ce poisson 
ce sous le nom de Spirlin. y> 

Dans ses Obsen^at, zooiog, , p, 320 , Hermann assure 
n'avoir jamais envoyé à Blocb de Cyprinus bipunctatus , ne 
connaissant ni ce poisson ni le nom de Spirlin* 



C215) 

Lacépid« » JSKh, nat. des jtoissons , iom. xi , p, d/. 
Cavîer , Règne anim. , édit, 2, tom, a^p, 976. Le Spiriin oa Eper« 
lan de Seine. 

Ce poisson , dont la taille est d^environ 3 pouces 9 m*a 
ëté donné par le pêcheur Reverdy , sous le nom de 
Vairon de Saône. 

On le connaît aux environs de Pontailler sous les 
noms de Lugnote ou Lîgnotte , à cause de sa ligne laté- 
rale fortement caractérisée , ce qui Ta fait aussi appeler 
uible rayé ou Ahle bordé. 

« Quelques-uns nomment Ables bordés ' ceux ou la 
partie colorée a plus d^étendue , et ils prétendent qu'ils 
sont moins alongés. J'avoue que je n^ai pas aperçu sen- 
siblement cette différence. » DuJiam., pag. 433. 

Dans les environs de Dijon , les enfans le nomment 
Poisson blanc, et quelques pécheurs, Eperlan. Un 
autre pêcheur me Ta donné sous le nom de Chérin. 
A Genève, on l'appelle Platei; à Goppet , Boroche. 
Ce poisson est assez semblable à TAblette \ il en dif- 
fère par beaucoup de caractères , et entr'autres par deux 
points noirs sur chacune des écailles delà ligne latérale. 
Sa mâchoire inférieure , ascendante , est recouverte 
par la supérieure lorsque la bouche est fermée ; ses na- 
geoires sont orangées à leur base ; les yeux sont grands \ 
le corps est aplati \ les écailles sont grandes et sillonnées^ 
ime double rangée de points noirs accompagne les 
écailles de la ligne latérale sinueuse et arquée. 

La dorsale, composée de 10 rayons, est en arrière 
des ventrales, qui en ont 9 : pectorales, 16 : anale ^ 
ix>iige à sa base, 18 : caudale, xxiv-xxvi. 

* L'Able Bordé a le corps moins alongé que TAble. Du-^ 
iamel^ 7^ part, , sect. m ^ p, 493. Contradiction du texte* 



(216) 

La longueur de la tête est 3 i;i fois dans celle du 
corps ; la largeur du Spirlin est 3 fois i/a dans sa lon- 
gueur totale. 

Le Spirlin a 33 vertèbres et i5 paires de côtes. Le 
péritoine est nacré et piqueté de points noirs petits eu 
rares. 

Lacépède , HisU naU des Poiss. , édiU m-ia , tom, xi, 
p* 6j^ se borne à copier Bloch plus ou moins exac- 
tement. 

Bosc , Nouv. DicU dHisU naU , édiU a , tom. 9, p^' 
76 , copie Lacépède. 

Dans le DicU des Se, nat. y tom, 5o , p, apS , on se 
borne à dire : 

Spirlin , nom spécifique d'un Cyprin , Cjprinus bi- 
punctaius , du genre des Ables. 

Rondelet, de Piscîb,Jlu\^iat. Ub, , cap, xviii, p. ipS, 

Jlg. infer, , parle d'un petit poisson appelé à Lyon Fritou 

et Friteauy semblable au Siego y mais plus petit. Sa 

taille n'excède pas trois pouces \ il est commun dans la 

Saône. Loc, cit. 

Dalechamp avait envoyé à Gesner deux Frétas, 
Friton et Friteau salés. Nomencl, , p, 3o6. 

Ce poisson, jusqu'à ce jour, n'a pas été reconnu par 
les naturalistes. Tous les auteurs d'Ichthyologie se sont 
bornés à copier Rondelet \ loin d'éclaircir le passage ils 
Pont embrouillé. 

« Le Friton ou Fnian , . est le nom qu'on donne à 
« Lyon, dit Rondelet, chap, i5, trad, franc, , à un 
« petit poisson semblable au Siège, » AUéon Dulac , 
Ifist, nat, du Lyonnais y tom, i,p. i58. 

« Fritons ou Friteaux, On nomme ainsi en Lan- 
ce guedoc, suivant Rondelet, les petits Sièges, poisson 



( 217 ) 

ic qui tient beaucoup du Gardon ou de la Yanddse. » 
JDuham*, Pêches, ii* parL, secU m, p. 566. 

Dans cette citation , Duhamel a erré : les noms de 
J^ritons (il faut lire Fritous)^ ou Friteaux , sont em- 
ployés à Lyon et non en Languedoc. Rondelet n'a point 
^t que les petits Sièges étaient appelés Fritous ,• il a dît 
seulement dans le chapitre cité : « Le Siego appartient 
m. au genre des Mugiles , de même que ce petit poisson 
«(.appelé à Lyon Fritou et Friteau, » 

Lacépède et les Dieu dHisU nat. les plus modernes 
^excepté celui de Lachenaye des Bois, tom. 2, p. 228), 
xie parlent point du Fritou ou Friteau, Ces noms ont un 
«2ertain rapport Si\ec fretin , mot employé pour désigner 
^es choses de peu de valeur , et appliqué plus particu- 
lièrement aux petits poissons en général, sans doute 

rce qu'on les mange frits. 

La chair du Spirlin est blanche , d'un bon goût , et 

mange ordinairement en friture. 

Ce poisson se plaît dans les ruisseaux d'eau vive et 
cîourante 5 il joue à leur surface ; il fraie dans le mois 
de mai ^ alors il cherche les endroits les plus rapides « 
£ifin de se frotter contre les petits cailloux. Hors ce 
lemps, il se tient continuellement à la surface de l'eau. 
U se nourrit d'herbes , de vers , et sert de nourriture à 
la Truite. 

On le trouve dans la Saône, dans l'Ouche , etc. 

U vit longtemps dans des bocaux de verre , dont on 
renouvelle l'eau, et alors on l'entretient avec des subs- 
tances végétales. 

La mâchoire pharyngienne supérieure oflfre une plaque 
sertie dans la cavité pentagonale élargie del'osbasilairei 
dont le prolongement , placé de champ , est ovoïde. 

. Les dents pharyngiennes inférieures sont au nombre 



(218) 

de sept, dont cinq sur le rang extérieur , et deux suf 
le rang intérieur ; elles sont crochues au sommet. 

Je ne sais pourquoi Cuvier , Anal. comp. , tom* 3 ^ 
p. 191 9 ne donne que cinq dents au Cjprinus bipunc^ 
tatus; il n'aura, sans doute , examiné qu^un individu, 
chez lequel des dents étaient tombées, ainsi que je Tai 
vu moi-même sur une des mâchoires d^un des Spirlins 
qui m^ont servi à faire ma description. 

Duhamel a parlé du Spirlin, dont la ligne latérale, 
formée d'une suite de points géminés , imite effec- 
tivement une sorte de bordure. Il le désigne sous le nom 
A^Able bordé. 

XXVII. Le Vairow , Cjprinus phoxinus, Linn. , 
Gmel. , p. 14^2, sp. 10. 

Bloch , Ichthyol. , part, i , p. 5i , pi. viii , fig. 5. 
Jurine, Histoire des Poissons du lac Léman, p, 329, n^ 20 ^ 
pi, 14. 
Duhamel, Pêches, 2* part.,sect. m, p. 5i5y pi, xxvi ,fig» 7. 
Bonuaterre, Tableau EncycL ichthyol., pi. 79, fig, 328. 
Lacëpède , Hist. nat. Poissons , tom, x, p, 387. 
Boudelet, de Pisc.fluv. lib., cap. xxi&,p. 2o5, de Pisciculo vario» 
Meyer, Représ. , tom, 2, tab, gôyfig. infér. 
Gesner , de jéquatilib, ,p.^\\, 
Aldrovandi , De piscib., lib. v, cap,Xy p. 582. 
Nouv. Dict. d*Hist. nat-, édit, 2, tom. ix, p. 71. 
J. HermanO) Observât, zoolog,,p. 3i8. 

D. 9. P. 14. V. 8. A. 10. G. 26-28. 

Le nom français de ce poisson lui vient de la variété 
de ses couleurs , pisciculus uarius , disent les anciens ; et 
nullement , comme le dit Duhamel , parce qu'il est de 
la grosseur à peu près d'un ver. Cet auteur, trompé par 
son orthographe , a écrit Véron , et de là est tombé à 
son étymologie \ il aurait dû indiquer le ver dont la 
grosseur peut servir de comparaison à celle du Vairon. 



( 219 ^ 
n est surprenant qu'un poisson, aussi commun et 
Aussi bien caractérisé par ses écailles fort petites , poin- 
cillées de noir et irisées , par la variété de couleur des 
^inq bandes longitudinales des côtés du corps, ait été 
eonfondu avec d'autres; cela vient, comme Cuvier, 
ffisl. nat, des poissons, tom, lo^ p, 4^3, Ta feit ob« 
server relativement à Lacépède , de Thabitude où Toa 
est de faire des livres avec des livres , et de ne pas 
étudier les objets dont on parle. 

Dans le Dict, des sciences naturelles, iom. i , suppL, 

p. 4 9 en parlant du Yéron , Leuciscus phoxinus, il est 

dit : « Sa cbair est amère. )> Cette assertion n'a diantre 

autorité que le passage suivant de Duhamel : a Le 

ft Yéron a quelquefois deux pouces et demi de longueur; 

« on dit que sa chair est toujours un peu amère, peut- 

« être parce qu^on a de la peine à vider ce poisson sans 

« rompre la vésicule du fiel. » Pêches, a* part., 

/?. 5i5. 

Duhamel dans ce passage a confondu le Vairon avea 
hBouinère ou Péteuse, Cjprinus amarus, Bloch *. 

La chair du Vairon est au contraire fort délicate , 
comme Ta dit Rondelet depuis long-temps. FelUs mul^ 

tumhabet, quare non nisi ei^isceratus coquendus 

Came est molli et suai^i. Aussi a-t-on soin de vider ce 
poisson avant de le préparer pour la table. 

Duhamel ne s'est pas contenté de confondre les pro- 
priétés du Vairon avec celles de la Bouvière \ trompé 

' Si Duhamel eût reconrn à Ârtédi , IchthyoL , pars v ^ 
/). 1 1 , sp* 20 , il aurait promptement recounn le GouJod, 
appelé par Schoneyelde , Ichïhyol. , /?. 35 , Fundulus , Gal- 
K« Govian, liai. Vairon, Angl. Gudgion. Artédi, par er-? 
rear mus donte , a dit : Gallis Gonion et Voirons 



( 226 ) 

par le mot Phoxînus donné par Rondelet à la Rosière, 
et par Linné au Vairon ^ il a encore sous ce dernier 
nom rangé un autre poisson, qui , d'après sa détermina- 
tion, a fait naître un nouvel embarras, ainsi qu^il est 
aisé de s'en assurer par les passages suivans : 

« Véron , petit poisson de rivière , qui n'est pas le 
(c Yairon dont nous avons parlé , quoiqu'il ait des rap- 
« ports avec lui. » DicU théor. etprat. de chasse et de 
pèche (par Delisle de Sales), 1769 , tom, 2, , p. 418. 

« Vairon , petit poisson blanc et à nageoires molles , 
« qu'on pêche dans les rivières -, c'est une espèce de 
« Goujon. » Tom. ^^ p. 4'^ î tom. 1 , p. 452. 

La variété de couleur offerte par le Vairon , Cjrprinus 
phoxînus, Lin., et par le Goujon, Cyprinus gobius. 
Lin. , est la cause du même nom donné à deux poissons 
très différens. Ce qui a engagé Gesner à dire : Cralli 
veronem suum digiti ( palmi minoris ) longitudine 
faciunt. 

Aussi Delisle de Sales, sous le titre Véron , indique le 
Cjrprinus phoxînus, et sous celui de Vairon, le Cjprir 
nus gobioy Lin. 

et Artedi semble penser quMl y a des Vérons de cinq 
« pouces de longueur ; je n'en ai point vu qui approche 
« de cette grandeur , ce qui me fait croire qu'il veut 
« parler de la Rose ou Rosière de Picardie, qui, sui- 
« vaut Gesner, est un poisson à écailles assez ressemblant 
« au Goujon, et qui a quelquefois un demi-pied de 
« longueur : le corps est un peu aplati, l'iris des 
« yeux jaunes 5 suivant lui , les plus petits ont des œufs^ 
ce il me parait que toutes ces choses établissent plus dé 
Il ressemblance avec le Groiijon , qu'avec le Vairon que 
« nous avons décrit. » Duham. , Traité des pêches, u* 
part. , sect. m , p. 5i5-5i6. 



( 221 ) 

Duhamel a très bien vu. 

« Les Vairons de cinq pouces ' , suivant Artedi, dît 
« Duhamel , sont des Roses ou Rosières de Picardie, 
« décrites par Rondelet , de piscibusfluyiatiUbus Uber. , 
« cap, xxviii,p. 2o5 , Phoxinus, Rosière , dont Gesner, 
4k de aquaUUbus, p. 27, rapporte les termes, et p. 844 j 
« donne une nouvelle description sous le titre Bambele; 
« ces Roses ou Rosières, suivant Gesner , ressemblent 
« au Goujon. » Duhamel, pèches, 2,* partie, p. 5 16. 

Aussi dans le Dict, des Sciences naturelles, tom. 3, 
suppL, p. 174, on lit : 

« RiMBELE (Ichthyol.). Dans le canton de Zurich, 
u on appelle ainsi une espèce d^Able , très voisine du 
« Véron (Leuciscus phoxinus). Voyez Able. » 

N. B. Il n^est pas question de Bambele dan» Tart. AbU 
où l'on est renvoyé. 

« RosiÈKE ( IchthyoL ) , un des noms vulgaires du 
« Véron. Voyez ce mot et Able , dans le supplément du 
« tom. 1 de ce Dictionnaire. » D. S, N,, ^. 46 » p» ^^91* 

Dans ces deux articles, Able et Bambèle , le nom de 
Rosière n'est pas rappelé. 

On a eu tort dans le Dict. des Se, nat. , de donner le 
nom de Rosière, comme un des vulgaires du Vairon. 

Pour débrouiller cette confusion il faut recourir aux 
texte originaux et les comparer. 

Quelquefois d'après la remarque de Raj , Rondelet a 
parlé dans plusieurs endroits d'un même poisson sous 
différens noms, jirtedi, Bibl, Ichthjr, , p. 26. 

Revenons actuellement au Vairon , dont la discussion 
précédente nous avait écarté. 

« Il est facile de distinguer le Vairon ( sons genre Able ) 
de la Bouvière ( sous-genre Cyprin). Les caractères essen- 
tiel» sont très-différens. 



( 222 ) 

Ce petit poisson, dit Rondelet , ressemble par la 
figure de son corps au Cephalus ^mdadlis. Rond., 
de Piscib. fluvf, lib. , cap. xy ^ p, 190, le Ghevanne, 
Cjprinus dobida, La variété de couleur répandue sur 
sa robe a été signalée par tous les observateurs , et 
c'est elle qui a engagé Pazumot à signaler les Vairons 
sous le nom de petits Poissons de la belle fontaine de 
F'emianton, comme je Tai déjà fait observer dans les 
Act. Dinon., 1827,/?. 71. 

Le Rotriocéphale du Phoxin attaque le Vairon. Dict. 
Se, nat.y'tom. Sj ^ p, 71. 

Le Vairon se nourrit de vers , de larves d'insectes 
aquatiques , de substances animales et végétales en dé- 
composition; il fraie à la fin du printemps, Blocbditàlafin 
de juin , et périt aussitôt quUI est bors de Teau ; sa taiUe 
surpasse rarement deux pouces et demi. Il préfère les 
petits ruisseaux oii il ne trouve pas autant d'ennemis 
que dans les rivières. Pendant Thiver , il se cache aà 
fond de Feau autour des herbes qui y croissent ; aussitât 
que Tatmosphère est réchauffée par les rayons solaires, 
les Vairons viennent en troupe, se jouer à lasurfece de 
Feau en s'élançant souvent au dessus; ce qui Ëiit, dit 
Jurine , que lorsqu'on veut les conserver dans des bo- 
caux , où ils vivent fort longtemps , il faut avoir l'atten- 
tion de les couvrir. Dans les beaux jours d'été, lorsque 
le ruisseau qui traverse le jardin botanique n^est pas à 
sec , on peut se procurer le spectacle des jeux du Vai- 
ron au dessous du dernier barrage ; on voit les Vairons 
en troupe se presser en foule contre ce barrage , afin de 
jouir de l'eau qui s'échappe en cascade , et plusieurs 
d'entre eux s'élancent au dessus de la surface de l'eau , 
retombent et recommencent le même jeu. 

Le Vairon aime beaucoup à remonter le cours des 



( 223 ) 

ruisseaux , et à recevoir de la nouvelle eau : aussi dans 
le grand bassin du Jardin Botanique , on les voit, réunis 
en masse considérable, se porter continuellement contre 
le grillage globuleux placé à l'extrémité du conduit qui 
Talimente , lorsque les fontaines des Chartreux ne sont 
pas taries , ou plutôt , ne sont point rendues mal saines , 
par la quantité de savon employée par les laveuses; car 
dans ce dernier cas , presque tous ces poissons meurent^ 
et on voit leurs cadavres flotter à la surface de Feau. 

L^étang de la Yalduc , à deux lieues de la ville de 
Martigue en Languedoc , renferme , suivant Foderé , 
«ne espèce de petits poissons de la grosseur du petit 
doigt , le seul qui puisse y subsister , dont le frai très* 
abondant recouvre quelquefois une partie de la chaussée. 
Montfalcon, HisU méd, des mar,, 1826, a* éd., ^. 70 (1). 

Ne serait-ce pas le Vairon ? 

Pàzumot| Nouy. Mém, Acad. de Dijon, 1782, a* 
semestre, p. 114? parle des petits poissons de la belle 
fimtaine de Yermanton , sans leur donner de nom. Ces 
petits poissons sont des Vairons , comme il est facile de 
s'en assurer. Le Péritoine nacré des Vairons est piqueté 
de très-petits points noirs. 

L'appareil dentaire pharyngien du Vairon présente 
sur Tapophyse de Fos basilaire , un cavité pentagonale , 
lossi large que longue. Le prolongement postérieur de 
Tapophyse est en forme de sabre tronqué. 

Les dents pharyngiennes inférieures sont crochues , 
au nombre de six à chaque mâchoire , et disposées sur 
deux rangs; Fextérieur montre quatre dents, et l'in- 
térieur, deux beaucoup plus petites, plus minces , que 
la loupe fait distinguer très-facilement. 

Sur une mâchoire j'ai vu seulement trois dents au 
r^ng externe , et une au rang interne. 



(224) 

Sur d^autres , j*ai vu cinq dents extérieures et une 
intérieure. D'autres fois il y a quatre dents extérieures 
et seulement une intérieure. 

Le Vairon de la Bèzè a le dessous de la mâchoire 
inférieure noir. Au mois d'avril on voit sur la tête du 
mâle des petites épines coniques -, j'ai revu à la fia de 
mai ces mêmes caractères sur des Vairons pris dans 
rOuche, à l'aval du pont de Thôpital. Un mâle avait 
sur la tête une multitude de ces petites épines coniques^ 
si remarquables sur la majeure partie des mâles da 
genre Cyprin , à l'époque du frai. 

« Véron, petit poisson de rivière , différent du 
Vairon dont nous avons parlé ; il ressemble assez pour 
la forme du corps , à un petit Gardon ^ mais il en di£Gère 
beaucoup par les couleurs, qui sont très-brillantes, 
surtout dans le temps du frai.... Ces couleurs appar- 
tiennent à la peau , car il n'a pas d'écaillés. » EncjrclJ 
mélhod., Dieu des Pêches y p. 298. 

De cette description , il faut conclure que Tauteiir 
n'avait jamais vu de Véron. 

Genre des Loches ou Dormilles, Cobiûs, Linn. Dru^ 
milles, dans quelques parties du Dauphiné* 

filoch, IchthyoLogie , part. i,p. 172. 

Tête petite , corps alongé , revêtu de petites écailles 
et enduit de mucosité \ les ventrales fort en arrière 
et au-dessus d'elles une seule petite dorsale , la bouche 
au bout du museau , peu fendue , sans dents , mais en- 
tourée de lèvres propres à sucer , et de barbillons. 

Les Loches sont sujettes à la ligula ahdominalis^ 
Bloch, Gmel. , S. N.,xni, p. 3o43 , sp. 2, a. Ligule 
irès'simple , Encyclop. méthod., Vers, tom. 2, p. 494 > 
sp. 6-, Dict. Se. nat. , tom. xxyi, p. 4o3> lvii, 611. 
Atlas , Vers , pi. 46 , fig. 5. 



4. 



( 225 ) 

' XXVni. La Loche franche, Cobitis barbaUday Linn. , 
CfmeL , S. N. , édit. xui, p. i348 , sp. 2. 

Bloch, IchthyoL, part, i, p. 179 , pU xnxiyfig. 3. 
' Joriney Hist, des poissons du lac Léman ^ p, iSô^n^ 5, pL a. 

Marsilii Danub. , tom. iv, p, 24, tab, ix, fig, 1. De Cobitide 
fluTtatili , /y. 74 9 tab, xxv , fig, 1 , Fundulua. 

Boonaterrey Tableau emoyclop. y ichthyQl,, pi, 61 yfig. 341. 

I«ftcëpède| Hist, nat. des poiss, , tom, iZyp. 10. 

Rondelet, Depiscibus fluv. lib., cap. xxvii , ' p. 204. Barbatula* 
^tip, zzTiy p. ao3, <2e Cobite fluviatili ; la figure ne convient guère ^ 
^ nboa de Tabeence des barbillons. 

fielcoy Lochia pinguis. Dromilla» 

Aldrorandi, de Piscib, , lib, v, cap. xxiX) p* 616. De Cobite 
floyîatill. Cap, xxxi, p, 618. De Cobite barbatnla. 

liejrtr, Représ., tom. 1 ,p/. ji^fig- in fer. dio Grundel. 
- Dict. des se, nat. , tom. ix , p. 484* -^tlas. Ichthyol. , pL 6y y fig. 1 . 

Nouv» Dict, d'hist. nat., édit. a, tom^. rit^p. a36. 

Duhamel, Traité général des Pèches, it« part., sect. m, p» 
5ai , p/. xzTii , fig» 4* 

JDau quelques communes du Lyonnais , Sarbou, 

40 vertèbres , 20 paires de cotes. 

Il» 10 : P. 11 : V. 7 : A. 7-8 : C. 2^-2,6. 

Ce poissoa est appelé DormiUe, * Baromètre y ' à 

> La figure supérieure de ce chapitre a une grande ressem* 

^Uallce avec celle dn Gobioïde Bronssonnet, donnée dans le 
iVow. Dict. d'Hist. nat. , édit. 2 , tom. xii ^ p. 454 9 pi* 
D. Z%^Jig. 7. LVrcure dé la nageoire de la quene, fort 
pononcée dans la fignre donnée par Rondelet 9 ne s^obsenre 
pu dans le dessin du Gobioïde. 

La figure aura peut-être été déplacée, comme il y en a 
plusieurs exemples dans Touvrage de Rondelet \ cependant 
on y Toit figuré raiguîllon de la Perce. 

^ Ayant les travaux de Gesner| la Moutelle s^iippelait 
déjà Doi-mille sur les bords du lac de Genève. - 

3 Le nom de Baromètre a été donné à la Loche franche p 
parce i^k l'approche de Forage elle se tient à la snrfiice de 

i5 



( 226 ) 

Genève; Gremelielte, à RoUe; Moutaile^ Mataile de nds' 
seau, à Lutry •, Moustache, petit Barbot, à Versoix et à 

Peau pour saisir les monclierons qui s^en rapprochent da- 
vantage , ainsi que le dit Jurine. 

Cette habitude ne dépendrait-elle pas plutôt de Porgani- 
sation de la Loche qui la rendrait très- sensible aux Ticiisî- 
tudes de Tatmosphère? On observe un pareil effet dans un 
de ses congénères y le Misgurne , Cobitis fossilis, Linn. y 
Loche d^étang , Bloch y /cAMj'o/.^ part, i ,/?. iji^pl, xxxif 
^g, 1 ^ Lacépède, ix, p. 22 ; Misgurne fossile ,applée Ba* 
romètre vivant, que ^ par un lapsus calami , Linné ^ S. N*f 
éd. XII y p. 5oo , a dit Thermometrum vivum , désigné par 
Frisch, Miscell. Berolin.^ tom. yi^ p. 1199 Tab. it^ n' a^ 
sous le nom de Lampe tra barbata. 

Ce poisson monte à la surface de Tean , Tagite et la trou-* 
ble au moment de Torage; et cette habitude le £ut conser'* 
ver , dans un vase plein d'eau ^ dans plusieurs officines d^ 
pharmaciens allemands ; il est . appelé par Cuvier Laçk^ 
d'étang, dans son Règne animal^ éd. 2 ^ tom* 2, p. 278* 
Sa robe bleuâtre ^ chargée latéralement de cinq lignes noire* 
longitudinales , distingue cette espèce de ses congénères. 

Le Misgurne, Cobilis fossilis , Linn. , J. Hermann, Obfm 
zoologicae , p, 3o7, avale sans cesse de Pair atmosphériqvey 
en convertit l'oxigène en acide carbonique , en le faisant 
passer au travers de ses intestins \ il le rend par Panns» Qn 
peut consulter les curieuses expériences de M. Ehrmann à 
ce sujet. Voyez Cuvier , Hist, nat, des Poissons , tom* i^p» 
619 , et Règne animal , éd. 2, tom. 2 , p. 278. 

Dans tous les poissons , il se fait à la peau et sons lès 
écailles une transmutation semblable. Ibid, 

Gabriel Clander a donné à ce poisson, bien représenté 
par Meyer , tom. 2,^ pi, g5 , le nom de Thermometrum vi' 
vunif parce que, dit-il, lorsque la température de Tatmos* 
phère doit varier, du chaud au froid ou dn froid au chftady 



( 227 ) 
5t.-Prix *, Gaul, à Strasbourg. J. Hermann , Obsetv. 
jsoolog. y p. 307. 

Dans notre pays on lui donne le nom de Moutelle, 
parce qu^à raison de sa forme et des couleurs de sa 
peau, on Ta regardée comme une petite Lotte, Mustela, 
et on lui en a donné le nom ; effectivement Gesner , de 
uiqueuU, , /?. 714 ) parle de la Loche franche sous le nom 
^e Mustela minima, ^ et p. 4^o, il avait rappelé 

ce poisson, dès la Teille de ce cbaDgement, manifeste une 
«^tatioa contiiiaelle ^ mais snrtout lorsque le temps menace 
d^orage et de tonnerre , ce poisson Tannonce par une sorte 
de btnissement ( Sibilos edere solet)* 

Cest en suivant Clauder que Linné a mis Thermome^ 
tmm vwum. 

Le nom de Loche d^ étang a fait commettre à AUéoa 
Dalac y Mémoires pour servir â VHist, natur» du I/yonnaisp 
tom, 1$ p» i52, une singulière bévue : s^attachant aux mot^ 
Loche et Goujon , employés par Rondelet pour désigner les 
Gobies Aphye et Paganel, il a cru que Rondelet voulait 
parler de nos poissons d^eau douce, désignés sous ce nom \ 
et AS £dsant point attention au titre du livre De Piscibus 
ttagni marini, il a copié le chapitre , et Ta donné comme 
i&diqvantla Loche. Cependant Rondelet avait eu Pattention 
dédire : La Loche franche, c'esi-k-àire CobitisfluviatiliSf est 
plu longue et plus grêle. Mais c^est ainsi qu'on fait des livres 
avec des livres , comme le fait observer Cuvier^ Histoire na^ 
tarelle des Poissons y tom. x , p. 4^^ 9 o parlant des tra- 
it ntx de Lacépède , quMl rectifie dans toutes les occasions. 

Le même Alléon Dulac^ Mémoires, p^ i56, donne sous 
ik| le nom de Chabot une description fort confuse de la Loche 
^1 de rivière j Cobitis taenia y qu'il n'avait jamais vue. 

*j * Moteila ( sic vulgus profert pro Mustela ) dicitnr 
i^tl pisciculuS} magnitudine fere piscis Chasse t {id esiGobii 



J 



( 228 ) 

la déaomiaatioa Mouielle (dérivée deMust^), donnée 
en Bourgogne à ce poisson. Quelques-uns, dit-il, écrivent 
MoutloUe-y d'autres disent Estoile, par mauvaise pn>* 
nonciation , à moins qu'on n^ait voulu par ce nom âéA* 
gnér les taches de son corps. 

D'après ce passage , le nom MouUoile était employé 
pour désigner et la Lotte et spécialement la Loche 
franche ' . 

hes Loches, dit Âlbert-le-6rand , d'après Aldror., 
de Piscib., p. 618, sont de petits poissons qui porteniks 
noms de Lostes ?•, ou Loxes , oaFundides, parce qn'ili 
s'enfoncent dans la vase pendant Phiver. 

Belon donne l'origine du nom Dormîlle. a Les LyoD- 
<c nais , dit-il , par le déplacement de quelques lettres 
<( du mot ^ndromis y ont employé celui de Dromille, 
« pour désigner un petit poisson très-abondatft te été, 
a rare en hiver, et dont la chair maigre et sèche est 
« par cela même très-saine. » Gesner , e/e AqualU.,f. 
45. De Andromide, Bellonius. 

Lugdunenses detorlis quibusdam ah Andromide 
litteris Dromillam vulgo vocant, pisciculum qaem 
sestate frequentem habent, hyeme raro Defluvîi^ 

capitati) : cinerei est coloris, et stellîs insîgnis; in deliciii 
maxime et propter caritatem à divitibas tantum delîcatidll 
emttur. Gesner^p. yi5, 

Gesner, ea parlant de la cherté de ce poisson, a été 
trompé par le nom Mastela, qui était employé ponr désî^* 
gaer ^ÏÊ^Lotte qui efTectivement orne plutôt Iti table des ri* 
ches que* celle du pauvre. 

> Ce qui est prouvé par la note ci-dessus qni parl« dei 
étoiles sur la peau. 

* Origine du mot français Lotte^ 



( 229 ) 

tilibos edanf enm qui dicitur andromis. Quibus ex 
verbis intuli pitcem bunc macra ac sicca , et ob id 
salubri came oonstare, quo fiu^tumestutLugdanensium 
Dromillam cum Plinii andromide contulerîm. G^sner^ 
ilejéi/uatil.fp. 4^. De jindromide, BeUonius. 

Cest bien la Locbe franche. 

Les moXsmçigreel sèche sont les opposés de visqueux 
^i mollasse, qualité de la chair des poissons dits lourds 
et indigestes. 

La Loche franche ou Moutelle se reconnaît à son 
corps cylindroide, nuagéet pointillé de brun sur un fond 
jaunâtre, à ses six bariiillonis , à sa tête sans aiguillons , 
à ses écailles très-petites. 

Sa longueur varie de trois à quatre pouces. 

Ge poisson commun dans nos ruisseaux ^ se tient 
comme le Chabot sous les pierres , d^où il s^échappe 
cpanA éù les remue , avec une telle vitesse que Tœil 
peut à peine le suivre. 

n fraie au printemps , c'est-à-dire en mars et en mai , 
suivant Marsigli , qui dit que sa couleur à cette époqhé 
devient d'un rouge cinabre; ses œu& sont nombreux, 
jaunes et petits ; ils sont déposés sur le sable et entre 
les pierres. Ils sont si abondans, dit Marsigli, qù^ils 
s^édiappent du ventre de la mère, déchiré par la 
caisson. 

n se nourrit de vers et d'insectes ; on peut le conser- 
ver longtemps en vre dans des bocaux , sans qu'il soit 
nécessaire de renouveler l'eau trop souvent , dit Jurine ; 
ce qui détruit l'assertion d'H. G., qui, dans le Dict. des 
Se. nai., X, ;?. éfiS^dÎM : il meurt très-rapidemoat dans 
un vase dont Teau est dans un repos absolu , comme 
rassure aussi Bloch , p. 180. 

Sa chair est grasse , délicate et de f(x*tbon goût , trèS" 



( 230 ) 

récherchée en aatomne et an printemps , c'est-à-dire es 
novembre et en mai ; aussi Bloch a-t-il indiqué la ma- 
nière d^élever ce poisson dans les viviers. Elle est 
répétée dans le Dieu des Se. nat. , tom, ne , p. 485 , qui, 
pour faire réussir ces poissons dans une rivière ou dans 
un ruisseau, donne un extrait de Blodi, tiré de son 
lehîhyologie y part, i , p. 180 , 181 . 
- On trouve quelquefois dans les intestins de ce poisson 
V Eehinorhjneus cobitidis , Goèze, Gmel. , p. 3o48 , sp. 
32. Eehin, earpionis, Koelreut, Gmel., p. 3o5o, sp. 
é^'^. Echin. affinis, Mull., Gmel. , p. SoSo, sp. 44* 
Eehinorhynque de la Loche y Encyc. méth., vers, tom. 
a, p. 3o4, n** 10. 

XXIX. La Loche de rivière. Cobitis tœrUa, Lion. 

Bloch , Ichthyologie , part, i , p. 177 , pL zxxi ^fig, a . 
Bonnatorre , Tableau £ncyclop, des trois Règnes , icktfyologie y 

Duhamel , Pêches , 2« part,, sect, m, p. 621, pi, xxm, fy, 3* 

Maraili , lianub,, tom, iv, /y. 3 , /?/. i , fig. 9. Caada perp«rani 
furcata de Cohitide aculeata. 

Rondelet, de Piscib, Jluviat, liber , cap, ilxvii , p, ao4*, de Cobite 
aculeata ;y^. super. Perce. 

JLacépède, Sist, nat, Foiss,, tom, iXyp, 18. 

Gesocr , dé Aquatilib, , p. 479. Cobilis acoleata. Rondelet. JLodw 
perce * , de Belon, 

Meycr, Représent., tom, a, pi, ^yfig, super, Der Steinbesser. 



> Cette espèce est appelée Perce, parce que 9 par son corps 
oblongi cylindrique et gluant, elle a Tair de percer les 
pierres. Gesner , de AquatU. , p. 479- 

Ce nom me paraît plutôt ?enir du grec «ifu«, movdieté 
de noir \ caractère qu^offire en effet ce poisson. 

Gesner , p, 48a , sous le titre Cobitîs aculeata , parie d'un 
Pêscis mordems lapidem, appelé en grec DacoUiMus, en Fran- 
cis Perce ^ el en Savoyard Maripiem (lisci Mord-Pierre)^ 



( 231 ) 

Jiouv. Dict. d'HisU nat., éd. 2, tom, yii^ j;. a^. 
IHct, Se. nat» , tom. ix > p* 4^* 

IfUcell. Berolia. , tom. yiy 1740» p. lao, tab, lY y fig» 3. 
Loche à piquans. 

40 vertèbres , a8 paires de côtes. 

Cette espèce, -beaucoup plus petite que la précëdente, 
et dont Artédi donne une description très-étendue , 
IchihyoL, part, v, p. 4-^5 se reconnaît à ses six bar- 
bUloDS , à son corps comprimé , orangé , marqué de séries 
de taches noires , et surtout à Taiguillon fourchu et 
mobile que le sous-orbi taire forme en avant de l'œil . 
Schonevelde Tappelle Tœnîa comuia, Icthyolog. p» j4* 

Les habitudes de ce poisson se rapprochent de celles 
de la Loche franche : il est beaucoup plus vif qu'elle ; 
se tient entre les pierres 5 perd la vie difficilement , et 
&it entendre une sorte de bruissement quand on le 
saisit. Il vit de vers , d'insectes aquatiques , de petits 
poissons , de frai ; il fraie en avril et en mai. 

Sa chair maigre , coriace et peu recherchée , est in- 
ctnnmode à manger à cause des aiguillons et des arêtes, 
feit signalé bien clairement par Rondelet , en indiquant 
le fraude des marchands de poissons , qui vendent la 
Loche de rivière , pour la Loche franche. Duhamel a 
donné à la Loche de rivière le nom deBarbotte grasse ' . 

désigné ensuite sons le nom de Mustela Jluviaiilis parva 
imberbis. 

On Toit que dans cet article Gesner a fait une maéédoine 
da Cobiiis Uenia {Verce) et de la Lamproie ( Mord-Pierre). 

AldroTandi.y ife Piscib., lib, v, cap^ xxx , p. 617 , De 
Cobite aculeata , répète le dire de Gesner. 

> Il ne faut pas sVrrêter à cette épithète , donnée par Du- 
hamel , et confondre cette espèce avec la Lochia pinguU de 
BeloB ) la Loche franche. 



( 232 ) 
« Ce poisson , dit-il , long de quatre polices , et large 
d'un demi pouce , se plaisant dans la fange , est moins 
bon que Isl franche Barbotte; » et p. 55o, il ajoute : « la 
figure 3 est une petite Barbotte , dite Grane , ( sans 
doute pour Grasse ). Elle est différente du Barb^u , 
par sa grosseur , par la forme de sa tête ,^ par le nombre 
de ses barbillons. Quelques-uns veulent que ce soit une 
Loche. » 

, C^est en effet la Loche de rlvfière, Cohitis tœnia,ijaak*^ 
dont ï Encyclopédie méthodique y HisU naU, tom. 3 ' , 
p, 232 , dit : (( La Loche en Bourgogne , Mouteillé. » 

« La Loche de rivière a été trouvée dans un vivier 
<( du hameau des Grands Moulins , bord de la Bèze. » 
Note fournie par M. Pataille. 

M. Dumas, secrétaire perpétuel de l'Académie royale 
des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, nous apr 
prend que dans quelques communes du département du 
Bhone^ le Cobltis tœnia. Lin. , est appelé Shaiauillie. 
« Cette ^espèce, écrit-il, moins grosse que la Loche 
franche, en diffère essentiellement par une disposition 
remarquable de son sous orbi taire. Cet os proéminent 
en. dehors et eu arrière se termine par un double ai- 
guillon ^ son articulation avec les autres os de la face est 
très mobile; un muscle fixé à sa base lui fait éprouver 
un mouvement de bascule de dedans en dehors, d^où ré- 
sulte nécessairement la s;iillie des aiguillons ; ce petit ap- 
pareil de défense est surtout misen jeu, lorsque ranimai 



^ 
j ^'A 



> Haûy, aatearde ce Dictionnaire , c^firmë le proverbe 
Ne sutoT ultra crepîdam. Autant ses découvertes cristaHo- 
graphiques font renda*^ célèbre , autant le Dictionnaire 
ichthyologique lui fait peu d'honneur. Cuvier, Hiat. nat. 
des Poissons f tom. i jf" i52 , en porte le même jugement» 



( Î33 ) 

est saisi ; les blessures quUI peut &ire sont bien légères \ 
c^est ce qui a valu sans doute au poisson qui le porte ^ 
le nom de ShatouUUe ou Chatouille. » Voyez Lettre du 
ai juin 1837, adressée à rAcadémie de Dijon. 

Les noms de Shatouillie , ou Chatouille y appliqués à 
cette Loche fournissent une nouvelle preuve de Tabus 
des noms, puisque celui de Chatouille a toujours été, et 
depnb longtemps , employé pour désigner TÀmmocète. 

Je li*ai trouvé dans aucun des ouvrages d^cbthyolo- 
gie que j^ai consultés le nom de Satouille, ShatouUUe 
ou Chatouille^ donné à la Loche. 

Ces noms ne se trouvent ni dans la table de Duhamel, 
ni dans celle de Lacépède. 

Aldrovande parle seulement du ChatiUon, ChatUlon. 

Gesner dit Chatoile. 

Dans YEncycL méth. , Poissoris , Pèches, on trouve 
QiûJliUon, Chatouille. 

Hais tous ces noms désignent FÀmmocète. 

Suivant Marsili , la chair de ce poisson est dure et 
tenace ; ce qui confirme le dire de Rondelet. 

Les œufs de la Loche de rivière sont très-petits , peu 
nombreux et blanchâtres. 

Ce poisson fraie au mois de juin , entre le3 pierres y 
dans le courant des rivières. 

Deuxième famille des Malacoptérygiens abdominaux. 

ESOCES. 

Bord de la niAi^oire supérieure formé par Tinter- 
maxillaire ; nageoire dorsale opposée à Fanale. 

f^h f .Xp,hthyolog. , part, i^pag. 18a. 

Une description détaillée de la tête du Brochet est don- 
née par Cuvier , Règne animal, éd. 2^ toM. a, p. 2824 



(234) 

XXX. Le Bkocetet , Esox ( peut-être à^esiiare , à 
cause de la voracité de ces poissons) lucius, Liim., 
(jrmel. , Se. nat. , xm, p. 1890, sp. 5. 

Bloch , Ichthyologie , part, i , p. i83 , pi. xxxir. 

Juriue , HUt, des Poissons du lac Léman , /». si3iy ri^'fii, pi. i5. 

Duhamel, ifpart.,p. 5aa, pi, zztii yfig, 6, <om. 3 , ji. 70. 

liacépède y Hist. nat. des Poiss,, tom, Xy p. 20. 

Meyer, Représentations , tom. 1 y pi, 9. 

Bounaterre , TabL encycl., IchthyoL, pi, 7a yfig* 996. 

Geoffroi , Hîat. média, , in-i^y tom., 3 , p. 969. 

Rondelet, de Piscibus JluviatiL liber , cap. xiii , p, 188. 

Marsigli, Danub., tom. iVy p, 63, tab. xxiiyfig. 1. 

2fouv. Dict. d*h, nat., édlt. a, tom^ ir, p. 363. 

J, Hermann , Observ, zoolog, , p, 3i3. 

Dict. des Se. nat. ^ tom. xv , p, 307. 

Yertèbres^ 61 : paires de côtes , 3o. Bloch, {>. 187^ 

D. 20 : P. i3 : Y. 12 : A. 18 : G. 25. Membrane 

Jiranchiale, 14 feuillets; vertèbres, 61 ; 39 paires de 

côtes, d'après Artédi, Ichihjolog. , pùri. Vy yx. 53-55. 

Le nom de ce poisson lui vient de sa forme alongée , 
comparée à une broche ; sa dénomination latiùe , 
LuciuSy donnée par Ausone , vient du mot avxv , Lupus y 
altéré par les copistes , qui se contentaient souvent d'a- 
bréger les mots et de favoriser ainsi leur transformation. 
Dans le DicU des Se. nat. , tom. xv , /?. 317, on dérive 
le mot Lucius de lucere. 

Le Brochet ' est , comme on le sait , d'une voracité 

» Les Brocliets sont au nombre des poissons qui ont le 
plus de dents. Le Brochet ordinaire en a de très-grandes en 
crocliet; sa langue, ses deux os palatins en sont hérissés 
d^une multitnde dont les palatines sont pins grandes^ le 
Tomer est tabercoleux comme une râpe. Cuvier ^ Anatom. 
comparée y tom. ^ %p* 1 92. 

La conforvA^Uon du sac de Foreille dans le Brochet pré- 



C 235 ) 
ettrême; on pourrait l'appeler Requin deau douce, 
comme le fiiit observer Lacépède, et il mérite le nom 
de Loup des rivières ', qui lui est donné quelquefois. On 
tire parti de cette voracité pour entretenir dans les 
étangs une certaine proportion parmi les poissons qu'on 
y élève. C'est pour cela , par ei^emple , qu'on met du 
Brochet dans les étangs , pour modérer la multiplication 
excessive de la Carpe , dont la fécondité est si consi- 
dérable. Il suffit ^ pour atteindre ce but, de mettre dix 
Brochets pour cent Carpes. 

On reconnaît facilement le Brochet à son museau 
oblong, obtus, large et déprimé. 

«c Les petits intermaxillaires sont garnis de petites 
K denta pointues , au milieu de la mâchoire supérieure, 
« doQtilis forment les deux tiers; les maxillaires qui en 
« occupent les côtés, n'ont p^s de dents. )> Cuvier, 
Règh* anim.y édit. 2, tom. 2, p. 28. Et dans son AnaU 
ùomp. , iom. 3 , p. 578 , il dit : Le Brochet a des dents 
dans tous les endroits de la bouche où il peut y en 
avoir. 

aeate une disposition qai n*a été trourée jasquUci que dans 
ee senl poisson. Ouv. cité, iom» 2, p. 4^7* 

Cest un petit appendice creux. 

Le grand osselet de Toreille interne du Brocliet ofEre deux 
tttbercules ou avances à son extrémité antérieure. P. 4^8. 

La partie antérieure du crâne offre un grand espace vide, 
AU travers duquel passent les nerfs olfactifs. Dict.Sc. naU, 
tom* fyh ^p* i68. 

Les intermaxillaires des Brochets sont très-petits , courtSf 
triangulaires et aplatis. Dict. Se, nat,,- tom. ^1 ^ p. 171. 

s On appelle le jeune Brochet Lançon ou Lanceron , à 
cause , dit Belon ^ de la rapidité avec laquelle il s'élance 
VOLT sa proie. '• ^ ' - 



( 236 ) 

Dans la tête , ({uelques parties demeurent toujours 
cartilagineuses ^ , quoique le reste du squelette ait une 
grande dureté ^ par suite de cette disposition , on sépare 
fadlement les os de la tête du Brochet , dans laquelle 
on a prétendu trouver tous les instrumens de la pas- 
sion, comme on a cru les démontrer dans la fleur delà 
grenadille. Voyez ci^dessous, p. 248. 

On distingue aisément sur ce poisson la manière 
dont les chairs sont disposées dans les animaux de cette 
classe , comme nous allons l'indiquer. 

\j&& grands muscles ^ latéraux du tronc sont divisés 



■ La colle que Ton tire des mâchoires du Brochet à y 
saivant Spielmann , tant de ténacité , qu'elle enlève réntaîl 
de la faïence. Digressions académiques , par 'Guytoa de 
Morvean , ^77^9 P' ^84 9 (i)« 

Notre compatriote ne dit pas avoir Térifié la réalité de 
Tassertion de Spielmann , qu'il faut entendre de la manière 
•uivante t 

La colle tirée de la tête du Brochet ( c'est ainsi qu'il 
faut entendre les mâchoires | indiquées par Spielmann } 
n'est pas plus tenace que la colle de poisson ordinaire \ elle 
peut en efTet enlever de la faïence l'émail qui la reca«vr9 
s'il n'y est pas très -adhérent. 

^ 11 est difficile , dit M. Geoffroi-St.-Hilaîre, de faire de la 
myologie arec des poissons : leurs muscles sont rapprochés 
par un tissu cellulaire si court et si serré qu'on hésite sou- 
vent sur leur réelle séparation. Pour savoir à quoi sVn te« 
nir, il faut observer à la fois deux sujets de la même espèce , 
Tnn frais , l'autre bouilli. Le feu agit vivement sur le tissu 
cellulaire et le déchire , et les muscles laissent apercevoir | 
d'une manière plus prononcée , Icfurs limites et leur encais- 
sement. Philosoph, anatomique , p* 96. 

Cuvier n'a point été découragé par la dii&caltè signalée 



C Î37 ) 

transversalement par des lames aponévrotiqnet , en 
autant de couches de fibres qu'il y a de vertèbres. Ce 
sont ces couches , qui , détachées par la cuisson (lors- 
qa'elte a dissous la gélatine des tendons) , font paraître 
la chair des poissons feuilletée. Cuvier, Hisu nat. des 
Fioiss., tom. 1, p. 391. On peut se former une idée 
très- exacte de cette disposition, en jetant un coupd^œil 
fur la iab, ni^Jîg, 1 , de VHisU des Poiss., par Gouan. 

Le Brochet , très-carnassier , avale des grenouilles j 
dessèrpéns, des rats, des jeunes canards et autres oi- 
seaux d'eau , même des chiens et des chats qu'on noie à 
leur naissance pour s'en débarrasser *, il est aussi goulu 
que le Requin ; sa nourriture habituelle consiste en 
poissons. Albert-le-Grand, Oper., tom. vi, Ub. xxiv, 
p. 656, et Vincent de Beauvais, Specul. natur^, tom. 
ly lib. xvn 9 cap. lxiv , donnent sur le Brochet des ren- 
amgnemens assez exacts \ ils indiquent très-clairement 
k précaution employée par ce poisson pour avaler les 
poissons Acanthoptérygiens ; ils signalent sa voracité, 
qui lui a fait donner le nom de Loup des rmères, et 
qui pourrait le faire appeler le Crocodile de nos rivières, 
et cela avec d'autant plus de raison , que , pareil à ce 
taurien , pendant les chaleurs de l'été il se tient presque 
eonstanunent à la surface de Teau oii il dort des journées 
entières; ce qui permet, suivant Jurine , de le pêcher 
au harpon. 

Le Brochet fraie, suivant Bloch , de février en avril, 
et, d'après Jurine, pendant les trois mois du printemps. 
Sa chair, dépourvue d'arêtes, forme uue excellente 

ptr M.Gepffroi-St.-Hilaire; et on peut lire une myologie très* 
savante des poissons dans V Histoire nat. de ces animaux , 
tom. 1 1 liftÊV^ cAap. itfP^ 3d5« 



C 238 ) 

nourriture^ ses œufs sont nuisibles, comme ceusrdela 
Lotte et du Barbeau ; aussi a-t-on soin de les jeter^ Mais 
le foie est estimé et recherché , au dire d' Arnault de 
Nobieville et Saierne , MM. D. D. d'Orléans , et au dire 
de Lieutaud. 

Les Brochets de la Norge étaient jadis très-estimés, 
soit par leur grosseur , soit par la délicatesse de leur 
chair ; aujourd'hui Ton n'en parle plus. Le Brochet a 
la vie dure , d'après Bloch. 

Les Brochets truites de la fontaine sans fond près de 
Sablé en Anjou , et indiqués par Tinfetigable compilateor 
Buchoz, DicU min. et hydrographe de la France, tom. 
I , p. 3i8 , comme une espèce singulière qui ne se voit 
point ailleurs , ne sont , s'ils existent , qu'une variété. 

(( Un de nos pécheurs m'a assuré avoir vu, il y a envi- 
ron douze ans, un Brochet, pesant une livre et demie et 
sorti du Doubs , qui était absolument noir. Ce poissoD 
ne fut vendu à Dijon qu^avec peine à cause de sa 
couleur. Le pêcheur prétend que cette couleur provenait 
de ce que ce Brochet avait été retenu dans un creux 
d'eau bourbeuse. » Lettre de M. Baudot, i3 noi^ewbre 
a835. 

Cette variété accidentelle de couleur ou cette mêla- 
nose , que l'on remarque aussi dans l'écrevisse , se re- 
trouve encore dans la Truite , ( la ;Truite saumonée 
tioire , Salmo alpinus ) , dans l'Omble chevalier , etc. 

M. Dupuis , marchand de poissons en gros , a vu plu- 
sieurs fois des Brochets noirs, il en a aussi rencontré 
d'entièrement bleus. 

Ces variétés de couleur , sur une espèce aussi tranchée 
que le Brochet , vient bien à Tappui de l'opinion de 
Jurine consignée à l'article Truite. 

Suivant Hermann , Observai, zoologicœ, p. 3x4 > les 



( 239 ) 

Brochets noirs se trouvent dans les eaux froides et dures ; 
dans les eaux stagnantes ils sont jaunes. On en voit de 
rouges. 

Jurine , Mém. de la Société de phys. et dhist. nat. 
de Genit^e, iom. m , i" part., p. 175 , a vu un gros 
Brochet contrefait , de manière qu^à partir de Tocciput 
le dos s^arrondissait , puis le milieu du corps se courbait 
en sens in verse, pour se relever près de la queue, qui 
conservait toujours la rectitude naturelle. Il a examiné 
avec soin les vertèbres de ce poisson , sans pouvoir pé- 
néfrer la cause de cette déviation. 

Cette difibrmité se remarque sur plusieurs espèces de 
poissons. 

Dans la fontaine du Gabard, en Angoumois , on pêche 
KNMrmitdes Brochets aveugles * , et jamais un qui ne soit 
borgne de Tceil droit , lequel , chez les aveugles , a été 
attaqué le premier , et est beaucoup plus endommagé 
tpe l'autre. Cette fontaine est une espèce de goufire 
dont ^xi ne peut trouver le fond. Ad. Paris., 1748» 

Uist.,p.^^% 1. 

La cause de ce phénomène aurait-elle du rapport 
«vec celle de la cécité de TOmble Chevalier {Salmo 
wnMd)j tenu en réservoir? fait dont Jurine, Mémoire 
cM , p. i83 , s^est assuré par expérience. Cet auteur a 
vu de même les yeux des Feras {Corregorms fera) ^ 
commencer à blanchir au bout de quelques heures 
qu'elles étaient placées dans le réservoir , oii Ton peut à 
peine les.garder un jour. Mém. cit.^^pp* 193, 194* 

■ Ce pbéDomène de cécité â-t-îl da rapport avec celui det 
ctaards de Yalvasor, aTeuglea et sana plames, dont M. Da- 
BiEL de Cette a entretena TAcadémie de% Scieoces le 3o 
octobre i836? 



( 240 ) 

Cè^ différens phénomènes sont bien dignes de fixer 
Vattention des naturalistes. 

Au dire de Bloch , Ichthjolog. , pari, i , p. i85 , le 
brochet est, de tous les poissons, celui qui croît le plus 
promptement '. A la fin de la première année, il a 
8-10 pouces ; la troisième , de i8 à 20 ; un Brochet de six 
ans doit avoir une aune et demie de long; un de douze 
ans, deux aunes. Il parvient jusqu^à la longueur de six 
à huit pieds. 

L'œsophage et Testomac sont garnis de grands plis, 
qui donnent à ce pdisson la facilité de rendre à son gré 
les corps qu'il a avalés , faculté qui , dit Bloch , ne lui 
est commune qu'avec le Gabeliau. 

Cette assertion est inexacte , parce que tous les pois- 
sons voraces ont , comme les oiseaux de proie , la faculté 
de rejeter les matières indigestes qu'ils ont avalées. 

« Le Brochet se trouve dans la Seine en descendant 
le fleuve depuis Châtillon \ il y est très-rare en remon- 
tant vers la source. Il est abondant dans l'Ource et assez 
fréquent dans l'Aube. » Note de M, Bourée. 

« Il n'est pas rare , dit J. C*** ( J. Cuça) , Piscisceplol., 
« 1828, p. 80 , de voir des Brochets dont la grosse 
« arête et une partie de la chair sont de couleur verte. 
<( Les gourmets estiment beaucoup cette variété. Le foie 
t( du Brochet est très-bon à manger. » 

I 
» M. Dnquaire , dans un Mémoire sur les Etangs, et lei 

Moyens d'en tirer tes meilleurs produits , rapporte le fait 
suivant : 

ce On avait mis dans nn étang da Beaujolais , de trois quarts 
ce dWpent, seize petits Brochets : au bout de deux ans 
ce quelques-uns d^entr'eux pesaient cinq à six livres. 39 Mém* 
Société d' Agriculture ^ d'Hist, nat. de Lyon, xH^^p. 45. 



( Ml ) 

L^ppareil de Paudition chez les poissons est logé sur 
les parties latérale et intérieure de la tête \ il se trouve 
à peine séparé, de la cavité cérébrale par une mem- 
brane. Le Brochet seul , parmi les poissons , semble pré-* 
senter une troisième division du sac auriculaire. 

Pour envoyer les Carpes et les Brochets au. loin, il 
&ut leur emplir la gueule avec de la mie de pain gon- 
flée dans Teau de vie , et leur verser ensuite dans la 
gneule un demi verre d'eau de vie ; arrivés au lieu où 
on les envoie , on enlève le pain et Ton met le poisson 
dans Teau. Véaule philosoph.^ 1806 , tom, l, p. 187. 

Le Brochet est sujet à plusieurs espèces de vers in- 
testinaux. 

On. trouve dans son foie : - 

1® VAsc€uis lacustris, Fabr., Gordius lacustris, Linn., 
6mel. , Se. nat., xiii, p, 3o36 , sp. 66. 

Dans ses intestins vivent : 

a^ V Ascaris acus, Bloch , Gmel., p. 3o37, sp. yi. 

3* V! Echynorynchus Lucii, MulL, Gmel. , p. 3o49 > 
sp» 38. 

4* \jt Tœnia nodulosay Goèze, Gmel., p. 3072, 
sp. 5o , figuré dans l'Encyclop. , Atlas , vers , pi. 49 > 
fig. i^i5. Tricuspidaria y Bremser, vers, p. 196, 399. 
Triœnophorus nodulosus , Bremser ,p. i38. Trienophore 
noduleux, Encycl., vers, tom. a, p. 753. Dict. Se. nat., 
tom. Lv , p. i85 , pi. 48 9 fig* 3. Cuvier , Règne animal , 
édit. 2, tom. 3, p. 270. 

Cette espèce de vers est très-abondante au printemps, 
on n^en trouve point en automne d'après la remarque 
de Bremser. 

Dans résophage et Festomac du Brochet vit 5^ la 
Fasciola Lucii, MulL, Gmel., p. 3o58, sp. 36. Distoma 
tereticoUe, Encycl. méth. , vers, tom. a» p. a68, 



.iC 



(242) 

sp. 54* Douve à long col y AnnaL Se. nat., i8a4 i 
tom. 3 , p. 490 9 tab. 23. Mém. de la Société de physique 
et d'Hist. nat. de Genève, i8a3, tom. a, i'« part., 
p. 145 , tab. 

Dans le crâne du Brocbet , à l'état frais, ( Cuv., hist. 1 , 
p. 333 ) , les solutions de continuité sont fermées par 
des membranes ou des cartilages ; une solution de con- 
tinuité entre le pariétal , le mastoïdien et Toccipital ex« 
terne , se remarque dans le Brochet , qui en a encore 
une autre entre le frontal postérieur , la grande aile et 
le mastoïdien -, c^est même au milieu de ce cartilage 
dans le Brochet qu^est suspendu un très-petit vestige 
de rocher. Cuvier , Histoire naturelle des Paissons, 
tome 1 , page 333. *• 

Cette disposition est la source d^une assertion dont 
tout le monde parle dans la société , et qu'il est assex 
difficile d'éclaircir , quand on veut s'en occuper. 

Le Brochet est , comme on le sait , un des poissons 
que Ton sert sur les meilleures tables \ du temps d'Au- 
sone , il n'était point estimé ; il était un mets de cabaret; 
la conformation singulière de sa tête , dont le museau 
se rapproche de celui ou du canard , ou de Fomitho- 
rinque , a donné lieu à des considérations variées, d'a- 
près l'une desquelles certains religieux , probablement 
des Jésuites , astreints au régime maigre , ont cru trou» 
ver, dans les pièces qui composent cette tête, les ins* 
trumens de la passion : peu de personnes sont dans le 
cas de les indiquer. 

Désirant faire tourner à l'avantage de la science cet 
objet d'amusement , j'ai jugé utile de rapporter à cha* 
cune des pièces la dénomination anatomique des os 
qui entrent dans la composition de la tête de brochet, 
dénomination accordante qui n'a jamais été dmuiée , 



(243) 

et qui servira à éviter des erreurs analogues à celles 
coDteDues dans le Nouv. Dict, dHisi. naU , où il est 
dit, edlîl. 2 , tom. 20 , p. 332. <( Le Mésentère est ce 
« qu^on nomme le Riz de veau chez le jeune animal ; » 
et iom. 22, p. 5j6j a Nerf de bœuf: on nomme ainsi 
a les tendons de cet animal.... on prend ordinairement 
« pour cela les tendons de la jambe et du calca- 
« neum , qui correspondent au tendon d'Achille dans 
« l'homme. » 

Le Mésentère est connu dans les cuisines sous le nom 
de Fraise. 

Le Riz de veau est le Thymus du jeune animal , 
ain» a{^lé parce qu'il offre des rides ^ ou à cause de sa 
blancheur comparée à celle du Riz. 

Le Nerf de bœuf est la verge tendineuse, desséchée 
de cet flni'"»^ 9 mentionnée dans le Moyen de parvenir 
(par Beroalde de Varville) , tom. 2 , p. 345. 

Voyez pour de plus amples détails , AcL Divion. , 
1818, p^ 5i , et 18 19, p. 58 (2). 

1. La portion désignée sous le nom de Lanterne par 
^pidqiies personnes, et par d'autres sous celui de 
Cabmne, de Poteau ou de Siège, parce qu'elles la 
oomparaient au banc sur lequel on représente VEcce 
fftmto assis; cette portion, dis-je, est formée par le 
€raB6y auquel on laisse adhérer les frontaux principaux, 
dont le long prolongement antérieur sert de suspensoir, 
â c^est une lanterne , ou imite une colonne , si l'on ad-* 
met la seconde comparaison. 

On trouve dans cette masse les Frontaux postérieurs } 
les Mastoïdiens, reconnaissables à leur longue apophyse ; 
les Pariétaux ; tos impair ou interpariétal ou occipital 
supérieur^ les occipitaux externes remarquables par 
leur d'été intermédiaire ; les occipitaux latéraux fldn- 



( 244 ) 

quant le Basilalre; les Rochers , et les grandes ailes\ ' 
a. V Echelle est représentée , suivant les uns , par le 
rapprochement des deux dentaires , dont les dents sont 
prises pour les échelons ; et suivant d'autres , par le 
rapprochement des maxillaires, dont plusieurs per- 
sonnes font ou une scie ou une Urne. 

3. Le Couteau ou la Hache est formé par la réu- 
nion de VHyostemal et de VHjrpostemaL 

4. Les Palmes sont représentées par les ùder^ 
maxillaires y pris par quelques personnes pour le /Zo- 
seau, par d'autres pour le Fouet. 

5. Le nom de Lance est donné au Sphénoïde^ quel- 
ques personnes croient trouver la Lance dans les mfer- 
maxiUaires. 

6. La Croix principale est VEthmoïde, constamment 
cartilagineux , qui , tronqué , est pris quelquefois pour 
le Marteau. 

7. Les Croix des larrons se trouvent dans les Tem^' 
poraux. 

8. On appelle Marteau, le Jugal; il me paraîtrait 
plutôt se rencontrer dans le Sous-opercule ; d'autres 
personnes ont cru le trouver dans YEûimoïde tronqué. 

9. Le Fouet, ou le Faisceau de verges, est la queue 
de l'o^ Hyoide. 

10. Le Coqi on croît en trouver la ressemblance 
dans la réunion du Jugal avec le corps du Tympanal 
et le Piérygoïdien interne. 

11. Le Soleil et la Lune sont représentés parles 
opercules , dont la forme orbiculaire et Téclat nacré 
ont servi de points de comparaison. 

12. Les Dez sont les premières vertèbres 5 quelques 
personnes les remplacent par des houles, c*est-à-dire > 
par le CnsiaUin. 



( 846 ) 

- 13» Le Vase du fiel est formé par la Sclérotique ou 
la tunique la plus extérieure de l'œil. 

i4* La Couronne d épines est trouvée dans la Ruys-^ 
chienne, qui forme effectivement un cercle de plis 
ntyonnans et très fins. 

i5. VEcriteau parait représenté par le Cubital et le 
Rçidiali il le serait:peut*étre mieux par Vos lingual. 

, i6. Les Cordes sont les tendons engagés dans les 
diOntaires. 

ij.yV Eponge est rapportée à une portion spon- 
.gieqse située à la base de la queue de l'os hyoïde \ ne se 
trouvant plus dans Téchantillon qui m'a été envoyé , je 
rll'iâ pu la rapporter à sa véritable dénomination. - 
.. ,i8. Les Chus: on appelle ainsi la pièce placée si:q)é- 
rienrement à la partie postérieure des inter^maxillaires. 
Ou ni| trouve rien; d'analogue à o^V^ pièce, dans la 
;P^rqhe* ... 

, 19» • Les Tenaiffes : cm prend pour cet instrument d^ 

mPhtIÎods osseuses particulières au brochet, et placé^f^T 

le profôqgeuient des frontaux , et recouvrant leu)r,^:M^iO- 

mité^ c^ portion^^çoi^t réunies par une substancç^icar- 

; tiiagii^Kise. - . • ..,;..-■. .. i • ; ...■,;•,. 

On ne doit pas s'attendre à trquver dans touVc^ p^ 
pièces une repréâentati<Hi fidèle, des olijel^ dont elles 
portent les noms ^ il &ut nécessairement aider ^ la coqi- 
,paraiso|i qui «n'a pu prendre naissance que dans quel- 
ques monastères. 

Suivant la direction des idées des personnes qui vou- 
dront ezaioiner .les, pièces»^ osseuses et cariilagineuçes de 
la tête du Brochet ^ prisesisolément ou réunies , chacune 
.dédies pourra Élire de nouvelles comparaisoi^ et consé-* 
quemmçnt donner un autre nom aux pièces désignées \ 
mais cela ne changera rien à leur dénomination anato- 



(^46 ) 
mîque; ces comparaisons vulgaires rappellent un sin- 
gulier passage des Chroniques , Lettres et Journal de 
Voyage , extraits des papiers d*un défuM^ i836, tom. a, 
p. 324- C'est le suivant : 

a A l'entrée du village (Poney) , s*éïève une vieille 
•« croix de bois;... un coq en couronne rexirétnité , et 
« sur sa traverse sont attachés plusieurs objets, emblé- 
« matiques sans doute, tels qu'aune coupe , un anneau, 
<( des tenailles , un poignard , un flambeau , une petite 
• « écheHe, etc. , dont j'ai aussi peu compris la signification 
« que j'ai pu en obtenir l'explication de ceux à qui je 
« l'ai demandée. Il y a là , je crois , quelque chose d6 
<c maçoniqvie, et ces usages, qu'on respecte sdn^'M 
« connaître l'origine , sont peut-être un reste de Ceux 
« des Templiers. » . r,. îï 

Le prince PatfKrer Muskau , qui ,• d'après la 
littéraire, nou\f. série, i836 , tom, i , p, ^4^5 écrit à'iéc . 
une grande prétenlioo à l-driginalilé, aurait -pa,' s'il 
eûrvoulu se donner la peine de consulter le prètiiilir 
paysan*, reconnaître , dans ces objets , les Instrumens 
de là pflssibn : ce qu'il appelle atineau est la coùrônbé; 
ce à quoi il donne le nom de poignard est la lance ^ le 
flambeau à bien du tap^rt avec'la* lanterne ; etc. 

J'ai rapporté ce passage pour démontrer ' comment 
'jes choses les plus isimples et lespius-Viilgaires sont 
quelquefois converties eii choses e.\tPaordinaires, par 
les voyageurs superficiels. 

Les raisons suivantes me p3i*tent' à soupçonner les 
'Jésuites d'être les inventeurs de ces^^mparaisôns. 

1" Ces religieux avaient rhâbitnde de tout rapporter 
à la Croix et à son mystère : la Croix angélique de Si. 
Thomas d' Acquin et la fleur de la GvenàdilieÇPassiflora) 
en sont la preuve. '■'■■■' 



■ 1 



(247) 

M'ayàirt troii?é la représentation de cette croix | ni daaa 
TonTrage ^a Jésuite Gretser sur la croix ^ ni dans lea 
Amusemeris phylologiques de M. Peignot^ je la donne ici. 

sulaSaSalus 

laSat a sal 

8 a t r t a S 

t r e r t 

r e c e r 

e c i c e 

c i h i c 

m *' i h i h i m 

tii hiMih eu 

i.gu iMxMi mec 

gufcRihiMxuxDomi nime 

afcRihi Mxur u x Domi nim 

t {tf'R ihiMxurCr uxDomin i 

liTeBihiBfxur u x Dom i nim 

gùfeRihiMxu xD omi ki ime 

i''9 u sexes mec 

ni tsest eu 

q t s t q * m 

u q t q u 

a u q u a 

ma u a m 

s m a m s 

e s m s e 

m e s e m 

p m e m p 

e p m p e 

a r e p e r a 

odarer ado 

orodara doro 

Cette Croix, composée, dit-on, par saint Thomas 



(248) 

'd^Acquin 5 contre le tonnerre quMl appréhendait ex-^ 
tfaordinairement , comprend le distique suivant , publié 
sans figure par le Jésuite Gretser. Jaœbi Gretseri 
Opéra omnia de sonda cruce, p. ^4^3. 

Crux mihi certa Salus ; Cnix est quam semper adoro : 
Crux Domini mecum ^ Crax mihi refuginm. 

En partant du centre où est la lettre C , on trouve 
dans les quatre sens , et dans une multitude d^autres, 
les quatre parties du distiqi^e cindessus. 

Nieremberg , Hist. naU peregr. , p. 299 , a donné 
la figure de la fleur de la Grenaàille , reproduite mr 
Parkinson, Paradisus, p. 894» avec le titre : TheJe^ 
suites figure cfthe maracocy GranadiUusfrutex iridUcus 
Christi passiords imago. 

Dans le dessin on a placé la couronne d^épiaes m 
sommet, tandis qu^en réalité la couronne est à la^base 
de la fleur. L'espèce qui a servi à faire cette figure de 
fantaisie, est la. Passifloralaurifoliay Encycl. fiqtan. , 
tom. 3 , p. 34, sp. 9. 

Voici les objets signalés dans Tépigramme latine,' 
feîte sur cette fleur par un Jésuite. ' ! 

La colonne : c'est lé pistil , Linn. , dans lequel on 
distingue le support colonniforme , droit et cylindrique 
de Fovaire. 

Les cinq plaies sont représentées par les anthères 
des cinq étamines. 

Les trois clous sont les trois styles , ou nerfs épaissis 
vers leur sommet , ayant presque la forme de clous , 
( clai^œ très, Tourn.) terminés chacun par un stigmate 
en tête. 

■ 

La couronne d'épines ; on l'a trouviée dans cette cou- 
ronne ( Nectaire , Linn. , Corolle frangée, Tournef. ) , 



( «49 ) 

ccMnposée d'un grand nombre de filamens ( étamines 
rudimentaù^s, Dunal ) contenus dans la fleur. 

Le fouet était supposé représenté par les vrilles. 

La lance se trouvait dans la forme des feuilles 
simples de la Grenadille à feuilles de laurier , espèce 
très-différente de 4a Grenadille incarnate , Passifiora 
incarnaia, Liqn. 

Il tàut lire dans Tépigramme latine, comment 
Fauteur, a 'comparé la béatitude des élus, avec Todeur 
agriéaUe et la pulpe très-suave du fruit ( i^ulg. pomme 
de Liane), qui,. dans IsiPassi/lora laurifoUa, succède 
à Ibl ûem [i^ul/^fique y c'est Tépitbète adoptée par le 
Jésuite , dont les confrères attachaient beaucoup de prix 
à.cçfl^ étuniis de ïrapprotshemens. 

SJrelier , dfins son JHu^ùs subterranèus, p. 49 > 1*^*. 
vnki êed. %^ ^n donne un exemple frappant, à Toccs^ 
âoti A^iuiejiAffiiqsionite, dans le centre de laquelle il a 
dewnéim^ Yierge , comme de nos jours Millin , Voyage 
ékmsIeJnia de la France^ iom. i, p. 6d, pi. 3^ a 
drame la figure d^une Vénus dans une coquille. 
• 2f. Maitrés de leur temps, les Jésuites remployaient 
fréquemment à des occupations plus pu moins sérieuse 
ou fiivok^. Ne s€9rait-ce pas ,à eux qu'est dû )e procédé 
saivant,pour former d'un seul coup de ciseaux une 
croix en papieir? 

Pour obtenir , d'un seul coup de ciseaux , une croix et 
divers accompagnemens , on prépare un carré long avec 
un papier , dont un des angles supérieurs est ramené 
contre le côté opposé ^ on agit de même pour l'autre 
angle ; il en résulte une figure pentagone que l'on alonge 
en rapprochant les deux cotés parallèles, jusqu^à ce 
qu'ils s'affleurent. On plie alors le papier par le milieu, 
et l'on obtient un trapèze. En donnant un coup de ci- 



C 850 ) 

seaux dans le milieu. da côté droit oppose an cdté 
oblique , et prolongeant la section parallèlement an plus 
long; coté , le problême est résolu. 
' En dépliant les pièces , on trouve : 

1* Une croix latine complète ; 

2* Deux demi croix, c'est-à-dirè deux tiges, arec 
chacune un seul croisillon ou une seule branche ; datés 
dit croix des larrons ; /' 

S"" Deux lances : celle de Longin et celle àeVéwtigei 

4* Deux morceaux de papier angulaires , conipairâ^à 
dès pierres qui retiendraient le pied de Kau croix ';* ^ I - ^'^ 

S"" Deux morceaux imitant les dés avec lés^éb'fik 
jouée la tunique sans couture. ■ ' ^''- - " ?îî / 

S"*. Désirant charmer Tennui, réstdtat dë-lMl»Vfe 
uniforme, les moines étaient forcés de i<ecotifir>àAaie 
multitude de moyens pour se procurer des diè^tMctibils 
nécessaires, témoin Tinvention du ^lilair^'^i défait 
récente du temps de Leibnitz et qui ^^âttfit^'33 
^ches disposées en croix. Yoy, Reime de là'Câflé^Ch, 
i836, tom. a, p.^S. "•»*^ 

S'il était démontré que la comparaison des^piècàs de 
la tête du Brochet avec les instrumens de la posûon 
dat&t du moyen âge, on trouverait la source -db' cette 
opinion dans la légende du Saint-^raal , a^eêt-Ak^ditt 
du vase mystique qui contient le sang du Christ. Voy. 
VEi^angUe apocryphe de Nicodême , cap. ytvféi xv, et 
surtout rhistoire du Graal, racontée par M. Faurid, 
et rapportée dans les Etudes sur Goethe, pair %» 
Marmier , i835 , p. 4^4* 



( 251 ) 

Qaatrièiiie bm. des Malacoptérjrgièns abéhminàux*^ 

Salmones, Cuy. Dermoptères, Dumer. 

Bloch , Ichthyolog. , y art, x , p, io3. 

Ces poissoDS offreat une première dorsale à rayons 
inoos 9 suivie d'une seconde petite adipeuse , c'est-à-dire 
formée âmplemeat d'une peau remplie de graisse et 
non soutenue par des rayons. 

XXXI. Le Sactmon , Salmo salar, Linn. , Gmel. , 
Se. nat., xiii,p. i3649 sp. i. 

Bloch, Ickthyolog , part, i fp, 106 1 pLxKf ^f part, m, p. la^ 

Duhamel , Pêches , a« ptirt,, sect, it , p. 184 i P^' ^9 fiS* i'^* 

Karmgfi, Ùafiub. , tant, ly, p. 79; tmb, xxtii. 

BoÉnatmito» VàbL encycl, 'des trois règnes , Ickthyolog,, pi. 65 p 

Lacëp^e, Hist. naU Poist. , tom, n y p, i^. 
fioBilelet , de Piscib fluviatîlîb, liber, cap. 11 , p. 167. 
Le SlHkiiiÀti a^d«i denfa dèiik tous ' les endroUi de la bouche où il 
|e«t j ea avoir Cuv., Anat, comp,, tant, 3^^.. 178. 
Qptopr.^^e Aquatilib. , p. g6gi, 
"$, Hermano , Observât ^ zoologicce, p.3io. 
Wauv,'tfict,-'d*Ht^t, nat^ , édit. a, tom. TSXfp» d5i. 
Ceollkai ^ Afat. medèc, , iA-4®, tom, 3> |r, qtQ, 
Jpfcf. des Se. nat, , tom. lt, p, 533. 

Artedit'TctA^^^i'^/^' v,j7. 48-60. . 

• ■ ' ■ - . - . 

D, i5 : P. 14 : V. 9-10 : A. i2-i3. 

Vertèbres , 36 , et 33 paires de côtes. 

Le Saumon est un poisson de mer qui remonte les 
Qeaves à Pépoque du frai ' ; il le iait en troupe et en 
deux rangées qui forment les côtés d'un triangle ; il ne 
se trouve point dans la Méditerranée ; il se plaît dans 

' U n^y a que les Truites et les Saumons | dit Bloch | où 
faie TU des ceufs de la grosseur d'un pois. 



( 452 ) 

rOcéan , et affectionne ^rtout le voisinage de Temboa-' 
chure des grands fleaves , dont il habite les eaux douces 
et rapides pendant une partie de Tannée , et dont il re-^ 
monte le cours à des distances fort considérables < ; voilà 
pourquoi on le trouve très-haut dans la Loire, dan$ la 
Seine, et même dans FArroux, etc. Les tachîes irrégu* 
lières brunes de son eorps s'effacent promptement ^ms 
Teau douce. Il fait, pendant Fhiver, Tornementdes 
tables délicates et somptueuses ; il vit de petits poissons, 
d'insectes , de vers ; il fraie en février, mars et avril; 
sa natation est si rapide , qu'il peut parcourir i44^o 
toise$(T^o66 mètres) par heure. . .. ., 

Ces poissons sont sujets à une maladie particuliëk^ doitt 
on ignore la cause, et qui leur fait alors doônçr 1ç nom 
de Lcidres ; leur chair est mollasse et sans consistanpe. 
Si on garde les Saumons quelque temps après leur moi^ 
la chair se détaché de' îépiné dorsale et gUs$e ^tis la 
/peau, comme dans un sac. lAx:éfèdey Jffùfiu^j^aL des 
Poiss, , tom, ^i pj ^s6\' 

Dans le Saumon et dans les Truites, les înterTàotil' 
laites, sont situés sur le devant de la m.àchoire supé- 
rieure, avec un peu de mobilité^ les maxillaires ^n 
os labiaux, mystaces, sut les datés , jusqu'à la commis- 
sure , armés de ^ents qui continuent la série des dents 
intermaxillaires. Guvier^jËTiV^. naU des Poiss, , iom. i, 
p, 333 , pL m fifg» 5. 



/ 



'•»' -.'.-. ;. T 



i . 



4. t 



, f Albert Je Qraud, Oper,, tom* t1, jr. ^^<^i et .Y^GeAt 
jde ^eauvais ^ SpecuL r^aiur, , tom, 1 1 lih, TWiy cap. ^xxrn , 
ont bien indiqué le nLoyen dont se sert Iç Çau.ijpLoii popr 
franchir les cataractes et pour surmonter les obstacles qu'on 
lui oppose. 

A Tépoque du frai, les mâles ont sur \ts écailles des ta- 
elles brunes et des petites éminences. Blocb | p. 1 14« 



( 258 ) 

Le Saumon ordinaire et les Traites ont des dents en 
crocfaet aux denx mâchoires ^ sur la langue , aux arcades 
palatines , au vomer , au pharynx et même aux os qui 
représentent les arcades zygomatiques , et qui , dans les 
poissons , forment ce qu'on nomme les mystaces ou la 
lèvre extensible. Guvier , Anatomie comparée, iom. 3 , 
pp. 189, 190. 

Les oyaires des Truites sont collés à la région de Té- 
pine et divisés intérieurement en lames transverses. 
Rid. , p. 534. 

Duhamel, lïist. gén. des Pèches y 2* part. , secU 11, 
p. 294 9 pL XVI , Jig. 1-19 , donne la description et la 
figure très exactes d'un insecte qui s'attache au Saumon, 
sans en indiquer le nom. 

Ce crustacé est le Caligus MuUeri, Leach. Encjclop. 
mélhod.. Ados, Insectes ^pL 335, yîg'. 17-24* DicU 
Se. nat. , tofh, xiv , p. 536 , iom. xxviii , p. 392. Adas^ 
Crustacés, pi. 5o, Jig. 4. 

« H. Duméril rapporte , au genre Bopyre un petit 
crustacé figuré par Duhamel, Péclies, pi. 16 j Jig. 
11; )i Dict. Se. nat., tom. v, suppL, p. 3i, iom. 28, 
pp. 388, 389 , sans doute par erreur. 

Le Saumon n'a pas la vie dure ; il a la chair rouge. 
Destandes, par suite d'expériences faites pour tâ- 
cher de découvrir la cause de cette couleur , Fattribue 
à un petit corps rouge, assez semblable à une grappe 
de groseilles, situé dans l'estomac; il a reconnu en effet 
qu'elle s'observe dans la chair des Saumons cuits en- 
tiers, tandis qu'elle n^existe plus quand on les coupe 
par morceaux et qu'on les fait légèrement griller. 

Alléon Dulac, Mém. pour sentir à Fliist. nat. du 
Lyonnais, tom. ^ ^ pp. 166-188, parle avec beaucoup 
de détails du Saumon ) il rapporte les expériences de 



( 2M ) 
Deslandes, et décrit ensuite la pèche des Saumons dans 
la Loire, en donnant les dessins des ai^cUoirs construits 
à cette occasion. 

Cette pêche est en effet une branche d^iûdustrie assez 
fructueuse ^ 

Lés œu& de Saumon sont enfermes par couches dans 
dés membranes particulières , arrangées les unes sur 
les autres en forme de plis. Bloch ^ Ichthjolog. , peut, i, 
p. 101 jpLxïXjJig. 16. * 

Le foie est gros et rouge, mais nullement bon à 
manger. Bloeh, p. ii5. 

La sclérotique est épaisse d^une ligne en arrière /et 
aussi dure qu'un os en ayant. 

I En Ecosse ^ dans le comté de BanfF, le prÎTilège de la 
pêche du Sanmon , de la Spey , dans les limites des domai* 
nes du duc de Gordon , est affermé huit mille livres sterling! 
(aoO)OOO fr. ) par an. Revue britanniq,, i835, xtiii, p. 147*. 

Les Boothniens construisent leurs traîneaux arec des 
Saumons gelés , enveloppés de peaux et fiiés par des tra* 
Terses en os de Rennes. Ces traîneaux sont très-solides et 
très-coulans ; et dès que le thermomètre remonte au point 
de glace I ils ue peuvent plus servir : les Boothniens les 
Irisent alors. Ils mangent les Saumons, font des sac^ avec 
les peaux et donnent les os aux chiens« Voy* du cap, Ross 
au pâle Nord, 

3 La figure ix, planch. viii, de rÀ.tIas joint an premier 
Tolume de V Histoire natur, des Poissons par Cuviery mon- 
tre un ovaire (de Perohe) fendu longitudinalement pour 
faire voir les nombreuses lames membraneuses dont il se 
compose, etqui se tapissent à chacune de leurs surfaces d^na 
nombre d^œufs si considérable , que lorsquUlsont acquisieur 
développement , ils cachent entièrement la membrane à la* 
quelle ils adhèrent. 



( S5S) 
Le Saumon pamrit dans «m iiitérie«r : 

l. VEMnqrywJms Sabnofds , Gmdt, /»• 3o48 ,t 
sp. 33. 

a. V Echinorynchus sublobatus , GmeL, p. 8049, 
5/?. 34* 

3. V Echinoiynchus quadrirostris , GmeK, p. 8049 , 
5;>. 35. Teirarjrnchus appendiculatus , Dict. Se. nat. , 
tom. 53 , p. 3i6 , tom. 57, p. 592. 

4. Le Botriocephalus proboscideus , Dict. Se. nat., 
tom. 57, p. 6io. 

5. Le CucuUanus lacusiris, Ç, Solaris, Gmel. , Se. nat. ^ 
édit. XIII, tom. 1 , p. SoSa, sp. 6, Ç. Ascaris marina, 
Gmel. , p. 3o35, sp. 61. FUocapsularia communis , 
EocycL, vers, tom. a, p. 899. Filaria piscium , Diet. 
Se. nat. , tom. 17 9 p* 9 , nf 29. 

6. LaFasciola v^arica, Gmel., p. 3o57, n* 3i. Z)£y- 
toma yarica, Encycl. méth., vers, tom. a, p. a7a, 
n"» 8o. 

7* Le Tœnia nodulosa, Gmel., p. 307a, sp. 5o. 
Triœnophore nodideux , Diet. Se. nat. , tom. 55 ^ 
p. i85 , pi. 43 , fig. 3. 

8. lue Tœnia Salmonis , Gmel., p. 3o8o, sp. 83. 
Boiriocephalus proboscideus , Eneyel. métfa., vers , 
tom. a, p. 145, n'*4* 

9* Il est eneore sujet au Lemœa salmonea. Lion. , 
qui adhère à ses ouïes. 

Steele, eompatriote de Swift, parvenu à la Chambre 
des Communes , en fiit expulsé eomme auteur de li- 
belles séditieux. A Toeeasion de la eréation des douze 
Pairs , sous l'administration d'Oxford et de Bolingbrocko, 
il écrivit une lettre mordante à sir Milhes Wharton , 
sur les Pairs de circonstance. La liaison de Steele avec 
le grand corrupteur Walpole ne Penrichit pas \ faisant 



( 256 ) 

trêve à ses pamphlets, il commença la littérature indus* 
trielle et inventa une machine pour transporter du 
Saumon frais à Londres. Chateaubriand, Essai sur la 
Uuérature anglaise y tom, 2 , /?. 267. 

Sans cette machine, le Saumon frais parvient à-toutes 
les villes de France. <( On en fait rostir des darnes ' sur 
le gril , lardées de clous de ^roâe , puis on i &it sauce 
avec sucre , canelleet vinaigre. » Rondelet, des Poissons 
de rii^ière , p. ia4« 

Je ne quitterai pas Fhlstoire du Saumon sans rappela 
que la queue d'un poisson de cetf e espèce a servi ^ avec 
Ja dépouille d'un orang-outang , à préparer la femense 
sirène achetée aS^ooG francs , et placée dans le Musée 
du Collège des chirurgiens de Londres , où le prince 
Puckler Muskau Ta vue en août 1827. Mém. ei 
yoyages , i833, tom. 2, p. 129. 

Cette mystification va de pair , avec celle de Thydre 
de Hambourg, dont la source reconnaît les disputes théo» 
logiques; avec celle d\iGiœnia,et avecd'àûtrés signalées 
dans les ^ct, Di\fion. , 1817 , p, 22, 1820 , p. 3o4, 3i2. 

Les Anglais visant toujours à Toriginalité, cherchent 
toutes les manières de se distinguer -, ils convertissent la 
pêche en chasse. 

<( Dans les environs du mont Snowden , on prend 
<( beaucoup d^excellens Saumons , et cela , d'une 
c( manière fort originale. On les chasse à Faide de 
« certains petits chiens , dressés à cet exercice , qui les 
a retirent de la vase dans laquelle ils s^enfoncent à 
« certaines époques. » Mémoires et yojages du prince 
Puckler Muskau , i833 , tom, 3 , p. ^2,. 

■ Nom véritable des tranches de Saumon ^ dVprès le 
Dictionnaire de Trévoux ^ au mot Dalle* 



(867) 

La gr&nde pêche de la G)loinbie a lieu au printemps 
lorsque les Saumons remontent le fleuve. Lorsqu'ils sont 
engagés dans un étroit passage du fleuve , les Indiens 
debout sur les rochers ou sur des échafauds de bois ^ 
les pèchent avec de petits filets tendus sur des cerceaux, 
les vident , les dessèchent , les emballent , et en forment 
des colis pour les envoyer au loin. Revue briUmnique , 
a836 , tom. V , p. 3o49 3o5. 

XXXII. La Truite, Sabnofario^ Linn. , Gmel. , S. N., 
xnii p. 1367, sp. 4* 

Blocli, Ichtky.,part. i^p, lai , pL xxii , p. 127 , pL xuix. 

Juriae, IC^t, des Poiss, du lac Léman, p. i58 , /i» 6 , p/. 4. Salma 
tmtta. 

Marsîgliy Uanub,, tom. it, p. 77, tab. xxyi yfig. 1 , a. 

Boimaterre, Tableau encyclop,, ichthyologie,pl. 56,fig, a66y 26J0 

Lacépèi&e, Hist, nat. des Poissi , tom, iz, p, a36. 

Duhamel, Pêches , a* part., sect. 11 , p. 196, p/. ii^fig- 1 y a. 

7. Hermann , Observât, zoologicœ , p. 809. 

Bondelet, JDe Piscib, lacustrib, liber, cap. xv , p. 16a , cie Tmttif. 
JDe Piscib. fiuviatillb. lib. , cap. ly , p. 169, De Trutta flaylatili. 

Meyer^ Représ,, tom, i , pi, 44* 

GeolFr.f Mat, médic, 4®> tom. 3, p. 289. 

Aldrovandi , De piscibus , p. .588. 

ifouv. Dict. d'Hist. nat.,édit, a, tom, 3o,p. 83, toTii. 34, p. 5da. 

27û;^. des Se, nat,, tom, lv» p. 544* 

D. i3: P. i3:y. 9: A. Il : C. 26. 

lurine fait observer que ces nombres sont sujets à 
de fréquentes anomalies. 

Membrane Branchiale à 10-11 feuillets. 

60 Vertèbres et 3o paires de côtes. Bloch, p. 124- 
Peau de Testomac très forte. 

Le nom de Truite a été donné à ce poisson du mot 
TruUay dérivé du mot Trudo (je pousse avec violence) 
à cause de Timpétuosité avec laquelle ce poisson se 
meut contre le courant. 

»7 



( 258 ) 

Albert le Grand , Opéra, iom. vi , p* 661 , et YioceDt 
de Beauvais, Spéculum natur., iom, i , Ub. xvir, çap.* 
xGvii , parlent de la Traite , sans cependant entrer, dans 
de grands détails^ ' 

Duhamel et Jurine ont fait sur ce poisson des recher- 
ches multipliées pour s'assurer si les espèces en étaient 
aussi nombreuses, que Tont avancé plusieurs natura* 
listes : ils ont Tun et l'autre reconnu le peu de certitude 
des caractères indiqués pour les désigner. 

n n'est pas de poisson qui se colore avec autant de 
facilité que la truite \ elle peut ensuite perdre la cou- 
leur qu'elle a prise et reprendre la première \ les expé- 
riences de Jurine , oun^r. cité, p. 160 , ne laissent aucun 
doute à ce sujet ; aussi cet auteur regarde , comme 
appartenant à la Truite, les espèces désignées soas les 
noms de Truite ordinaire, Truite Saumonée, * Tt*ààe 
de lac et de rinère , Truite des Alpes , Truite Fariç, 
Truite Carpione ^. Dans le lac Lucendro, au 



' La Truite sanmonée est distinguée comme espèce dant 
le Dict, des Se. nat, , tant. 55^ p» 544} Atlas, ichthyolog., 

^ D'après des expériences très -multipliées, consignées 
dans les Mémoires de là Société de physique tl tPhisiaire 
naturelle de Genève, tom, m , 1'*^ partie, p. 159-166 9 et 
d'après des observations très-exacteis, Jmrine a condm Tiden^ 
tité de toutes les espèces signalées ci- dessus { en Attriboftnt 
leurs différences à des modifications dépendantes de Pi^ , 
du sexe , des saisons , de la nature des eaux , du genre d'»* 
liment et de Finfluence de la lumière. Cuvier n'a proba- 
blement pas goûté ces raisons | puisque dans le Règne 
animal, édit, 2 ^ tom, 2 , p. 3o3 , 3o4 y il conserve comme 
espèees les trois suivantes : 

La grande Truite du lac de Genève ^ ( Salmo L^manus, 



(459) 

Gothard , les Truites étaient rouges , tandis que celles 
de la Reuss , qui en sortent ^ sont blanches. La cupidité 
mal entendue d'un aubergiste du bourg dé THoliîtal , 
qui ayant affermé le lac Lùcendro ,' voulait rendre sa 
pêche plus productive , en faisant jeter de la chaux en 
trop grande quantité , a détruit presque tout le poisson; 
lorsque l'action de la chaux aura disparu dans ce lac , 

CaT. ) j dont la chair est très-blanclie ; il y en a de qnaraiita 
et de cinquante livres , Ouv, cité, p. 3o3. G^est la Truite 
de lac, de Jarine ; Juriue nVn a pas tu au delà de trente- 
lix livret. 

La Traite saumonée , Dict. Se. nat. , Atlas , ichthy. ^ 
pi. 73 9 fig. 2 9 Salmo initia, Linn. ; Bloch, ichthy. , part. 
I, p. 1179 pi. XXI 9 a TU la tête jeter de la lumière, dane 
robécurité. 

La Tmite pointillée , Salmo punciaius, Cut. , Bloch ^ 
icktbyologîe , part. iii| p. i35| pi. cir; c^est celle deê 
Alpes , de Jurine. 

Il est assez difficile de juger entre Jurine et CuTier. Le 
premier parle diaprés les faits et ses obsenrations ; il a 
faiUeurs pour lui l'autorité d^Artédi, ichihy,, pari, n^ 
p. 76 , ys® ai4 9 qn'il ne cite pas : le dernier est le repré* 
tentant de la science , au xix siècle. 

De nooTelles recherches me paraissent nécessaires pour 
fixer ce point d^histoire naturelle ; Guvier , qui avait con* 
aaissiuice de Fourrage d^Artédi ^ du travail consciencieus 
de Jurine ^ ne Payant pas adopté ^ fournit quelques motifî 
de doutée. 

Léi naturalistes de Genève sont invités à s^occuper de 
cette recherche : ce sera le moyen de caractériser les espèces 
confondues. 

Artédi regarde comme excellent caractère spécifique, le 
nombre dea vertèbres qui est constant s mais ai Ton j 



( 260 ) 

il sera curieux de s'assurer si les Truites s'y reprodui* 
ront rouges, Nouu. ann. des \foyages ^ i835, iom. 4» 

p. tt^l64- -, * 

C'est à croire diaprés les expériences de Jurine, 
et d'après une lettre écrite par Pasch à Hermann, 
pour lui apprendre que les habitans des bords du 
lac de Thoun ( canton de Berne ) , disaient qu'aa 
mois de décembre toutes les Truites étaient rouges , et 
qu'au mois d'août. elles étaient toutes blanches* J. Her- 
mann, Observ. zoolog», p. 3ii, 

Tecoùrty il faut se conformer aux indications qu^il trace. 

oc Pour éviter toute erreur, dit-il, JcAthyoLp part, u^ 
p, ^6 y jj ^ n^ 21 5-21 7, il faut faire cuire le poisson de 
manière à ce que la chair se sépare facilement des ar^tef et 
du squelette \ on enlève la colonne vertébrale ^ on. la pUce 
sur une assiette et on sépare soigneusement les ver^tèbres au 
moyen d'un instrument tranchant; il .ne faut pas négligef 
de compter la vertèbre là plus rapprochée de )a tétq , ni celle 
qui joint la queue. Pour plus grande sûreté | il faut répéter 
Topera tion sur plusieurs échantillons de la même espèce. a> 

Quelquefois les espèces d'un même genre ont le même 
nombre de vertèbres \ mais alors leurs caractères extérieurs 
les différencient assez. D'ailleurs ce cas est rare^ ^ Artédi 
ne l'a observé que dans le seul genres Cyprin. 

Bloch , Ichthyologie , ( traduite en Français) par Dele- 
vaux ), a donné le nombre de vertèbres et de paires de côtes 
de difTérens poissons : il n'est pas toujours d'accord| comme 
on peut le voir , avec Artédi , d'où l'on pourrait conclure 
que l'assertion de ce dernier ichthyologiste n'est pas cons- 
tamment exacte \ c'est pour cela que les naturalistes sont 
invités à répéter ces observations pour leur donner le degré 
de certitude désiré. 

n reste encore beaucoup à faire pour porter l'ichthyologie 
au point où la science la souhaite* 



( 261 ) 

Alors la température serait encore une cause du 
diangement de couleur des Truites. 

La couleur de la chair des Truites est trop variable 
pour pouvoir servir de caractères : M. de Courtivron 
s^en est assuré d'une manière positive sur les Truites 
de rignon qui traversait son jardin. Il a transmis ses 
observations à Duhamel ^ elles sont consignées dans le 
TraUé général des pêches y u* part, y secU ii, p. 206-207, 
p, 214) àToccasion des Truites de Courtivron, et rappe- 
lées par Jurine, ffist. des poiss. du lac Léman, p. 164.' 
Or les Truites de Courtivron sont les Truites deTIgnon; 
elles ne difièrent d^aucune manière de celles du Yal- 
Suzon , de Sainte-Foi , de la Bèze ' , et autres rivières 
du département de la Cote-d^Or. 

« Ce poisson se trouve quelquefois dans la Saône ; il 
c provient du Doubs , lorsque cette rivière déborde 
f dans le temps du frai quialieu du i5 décembre au i5 
« février. » Note de M. Pataille. 

Ce poisson , d'après Bloch, fraie en septembre et en 
octobre, entre les racines des arbres et les grosses 
pierres. 

Les œufs de truites sont de la grosseur d'un pois, 
d'une teinte orangée et d'une excellente saveur; ils dis- 
tendent fortement l'abdomen de la femelle à l'époque 
du frai* Hoch, IchthyoL, part. 1, p. 102-124 «p/* 
xoLjJig. i3, en donne la représentation. 

Ce poisson parvient à la taille de douze à quinze 
pouces et pèse de douze à treize onces le plus commu- 

* La truite est commune dans la Hante-Bèze , jusqu'à Mi- 
jwbeau. Note de M. Boudot, 

Pour pécher ce poisson à la ligne, il faut amorcer avec de 
U chair d'écreyisses prise aux pattes ou à la queue. 




( 26^ ) 

sèment ; îl est très-vorace , et sévit même contre sa 
propre espèce ; les truites mises en réservoir se mangent 
souvent les unes les autres , suivant Jurine ^p. 169 (i)« 
La rapidité avec laquelle les plus grosses Truites 
s^élancem sur un hameçon couvert de plumes , atteste 
que les insectes sont du goût de ce poisson. Il vit de 
petits poissons , de coquillages , de crustacés , de vers 
et d^insectes ; il est surtout très avide de larves de 
phryganes, connues aux environs de Dijon sous le nom 
d^Azerottes, mot déformé de Casellotles, Casellœ, di« 
minutif de Casa, fourreau dans lequel se tiennent ces 
larves. 

M. Dupuis, Tannée dernière , a pris dans TOuche, 
derrière le clos de M. Brugnot, une Truite qui pesait 
1 1 livres 1/2 et qui avait environ vingt-huit pouces. 

Jurine, Hist, cit. , p. lyS , a vu des Truites bossues 
et contrefaites , dont la forme arquée et tout à fait en S, 
le surprit singulièrement ; depuis il a vu un Brochet 
contrefait de la mâme manière , sans pouvoir pénétrer 
la cause de cette déviation, malgré le soin avec lequel 
il avait examiné les vertèbres de ce poisson. Schone- 
velde a signalé une pareille difformité sur la Brème. 

La Truite fait, comme on le sait, Tornementdes tables 
délicates; elle passe pour le roi des poissons d*eau 
douce, et fournit un aliment de bon goût et recher- 
ché; accommodée en sortant de Teau, elle est bien pré* 
férable. 

K La Truite domine dans la Seine , elle est commune 
dans r Aube et dans TOurce ; la variété dite Saumonée 
se trouve aussi dans ces rivières ; mais elle est plus 
commune et surtout plus belle dans les eaux vives des 
fontaine9> commeà Touillon, à Thoires, àChâiillon, etc. , 
cil elle présente des tadies œuilletées, d'un rouge 



C Î63 ) 

plus au iiKÛnfi ardeuc , qui varient eu étenduo. v Note 
de M. Bourée. 

La Truite aime une emx claire, froide, qui sorte 
^ momagnes, qui coule avec rapidité et dont le fond 
joît (û«rrew \ dans les TÎTÎers od la nourrit avec le foie 
des animaui. 

« À rentrée de Thi ver, on voit souvent attachés sur la 
Thiite des espèces de vers à peu près semblables , pour 
la forme , à une épingle , qui la sucent ^ la truite ne re- 
fMrend sa santé qu'en pénétrant dans les ruisseaux oh , 
en se frottant sur le sable , elle se débarrasse de ces vers 
inconunodes. » Piscicepiologie par J. C*** , ( Cuça ) , 
4* édk. , i8d8 , p. 68. 

Ne serait-ce pas V Ascaris farioms ou \ Ascaris 
TruUas, Goèze, Gmel. , p. 3o3<$, sp. 68, 69? 

Une observation analogue, faite anciennement sur TA- 
lûse, a donné lieu k la fable de ses arêtes qui la tuent, 

La Truite est encore tourmentée par VEckinorhy-n'- 
chus TruUœ, Goèze, Gmel. fS.N., xni, p. 3o49, sp. 36* 
Eucydop. méth. , vers, tom. a, p. 3o5 , sp. 18 ; 

Par la Fasciola farioms, Mull. , Gmel. , p. 3o58, 
Sf. 33. Fasciaia TnOJUte , Froelicfa, Gmel., p. 3o58, 
tp. 34» flqp|>elée Disloma UtareaUim, Ency. méth. , vers, 
tom. a, p. 278, sp. ii4) 

Par la, Fasciola Lucii , Mull., Gmel. , p. 3o58, sp. 36* 
Act. Crenev. , 1823, tom. 2, r* part., p. i45, tab* 
Distoma ieretic(dle, Ency. méth. , vers, tom. 2, p. 268, 
sp. S/^/Doiu^ à long col, Ann. Se. nat. , 1824, ^™' ^9 
p. 490 9 tab. 23 ; 

Par le Tœma TruUœ, Froelich, Gmel., p. 3064^ 
Vf. 3o. 

Du temps de Ronddet, \e$ habitans des Cevenncs 
employaient les feuilles de noyer ou autres odorantes 



1 



( 264 ) 
jHîur conserver les Truites et les envoyer au loin , en 
imitant le procédé employé par les riverains du lac de 
Garde , pour transporter le Garpion , Scdmo carpio ; 
après Tavoir fait frire dans la poêle, ilsTenveloppent de 
feuilles de laurier , Farrosent de vinaigre , et le trans-* 
portent dans les autres villes d'Italie. Rondelet , d^ 
Piscïb. lacust. Uber. , cap. xn, p, i58, p. 171. 

XXXin. L'Ombre, Coregonus * thymcdlus, Linn. ^~ 
Gmel. 9 Se. nat. , édit. xui , p. 1 879 , sp. 17, sub Salmo-^ 

Bloch , Ichthyol, , part, i , p. 128 , pi. xziv. L'Ombre d'Auvergne. 

Jnrine, Hist. nat. des Poissons du lac Léman, p, 187, n^ 8, pi, 6. 

Marsigli , JDanub., tom. vr , p- yS , pi xxVffig. a. Thymallus. 

Bonoaterre ' , Tableau encyclopédique des trois règnes. Ichthyol. 
pi, 53 , fig. 20a. Mauvaise 6gure faite sur un individu aitëré, pi, 69, 
fig, 381, assez bonne. 

Meyer, Représ., tom. a , pi. 5a. 

Geoffroi , JkTat. médic; in-^^^ tom. 3, p. 99a. 

Dubamel, Pêches, a* part., sect. 11, p. ai 8, pi, m, J^, a* 
Umbre de Clermout-Ferraud. * 

Rondelet, De piscib ^fluviatil. lib.,cap. xiiyp. 187. JDeThjmo ; cap* 
Yf p. 17a. De Umbra fluviatili. 

Gesuer, de jéquatUibus , p. ia33. 

Aldrovandi , lib. v, cap. xiv. De Thymallo. 

Aldrovandi ^ de Piscib., lib. y, cap. xv, p. 396. De Umbra fla* 
yiatili . 

Dict. Se. nat., tom. x, p. SSy. L'Ombre d'Auvergne. ^llAr, léhih., 
pi, 7a, fig. 1. 

* De xipv, pupile de Toeil, et y«M«, Angle^ parce que la pni« 
nelle a l'air d'être anguleuse antérieurement. 

Dans les poissons du genre Coregonas, les pierres delà 
tête sont oblongues et planes. Artédi , Ichthyol, , pars Xj 
page 39. 

^ ce Bonna terre s^est quelquefois perdu lui-même dans sa 
collection, an point de mettre (n° 2 1 2) V Ombre d'A.avergne| 
Salmo thymallus, à Ja place dn Scictena umbra^-^ CaTierj 
Hisi* nat* des Poiss*^ tom* i^ p, i53. 



JTmi^. IHbL â^BliU nML, tam, thi p p* S7» GtrigiMM Tl^ymalc ; 
iom. VLtiif p. 49^. Le nom seulement. 
7. Hermann, Observât, zoologicœ , p 3ia. 

D. ao : P. 16-17 : V. 10-11 : A. i3 : C. a8-3o. 
L'Ombre a 69 vertèbres et 34 paires de cotes. 
Membrane branchiostège à 1 o feuillets. 
Le nom de ce poisson vient , dit-on , de la rapidité 
avec laquelle il nage. 

EiTaglens oculos céleri levis Umbra natatu. 

AUSONE. 

Yincent de Beauvais , qui peut-être ne connaissait 
pas Auaone , dit : L'Ombre a reçu ce nom à cause de sa 
couleur d'ombre. Spéculum natur. , tom. 1 , lib. xvii ^ 
cap. xcviu. Rondelet dit : A cause de sa couleur rem- 
brunie. Cresner, à cause de la ressemblance de ce poisson 
avec rOmbre de mer« 

Quoi qu'il en soit , on distinguera facilement du Sau- 
mon et de la Truite ce poisson , dont la première dorsale, 
aussi haute que le corps et du double plus longue que 
haute , est tachetée de noir et quelquefois de rouge. 

L^Omhre vit d^insectes aquatiques , d'escargots , de 
coquillages , dont on trouve les tests en quantité dans 
son estomac, de petits poissons , de petits mollusques, 
de firai , et d'autres substances animales ^ il aime surtout 
les œufs de la Truite et du Saumon. 

La femelle va déposer ses œufs sur les bords caillou- 
teux, en avril et mai. Ses œufs, de la grosseur d^un 
pois, sont jaunes, et leur présence augmente considé- 
rablement le ventre de la femelle. 

La chair de FOmbre est blanche , ferme et d'une sa- 
veur très-agréable , surtout dans les temps froids*, elle 
est plus grasse en automne que dans les autres saisons. 
Jurine donne sur l'Ombre du lac de Genève des dé- 



( 266 ) 

tails curient que Von peut voir dans son Hisimre des 
Poissons du lac Léman. 

Ce poisson croit fort vite ; il atteint la longueur d*nn 
ou deux pieds et pèse alors deux ou trois livres ; il nage 
fort, vite , et est par conséquent fort difficile à preiidre 
hors le temps du frai. 

Il meurt promptemént hors de Teau. Il n*y a , jusqu^à 
présent, rien de certain , dit Bloch , sur Todettr 
agréable que les Anciens disaient s'échapper du corps 
de ce poisson , odeur comparée au thym par Elien , au 
miel par Ambroise , etc. 

Il est &cile de s'assurer que cette opinion des Andieas 
est £3ndée sur une observation faite avec peu de soins. 
Sur le bord des rivières et souvent même dans leur lit, 
icroissent plusieurs plantes aromatiques , et principal 
lement celles désignées sous le nom vulgaire de baume^ 
(ce sont des espèces de menthes, mentha aquatica, 
Linn., mentha hirsuta, Linn.), à raison de Todetar 
qu'elles exhalent lorsqu^on les froisse. 

A répoque du frai , les Ombres se frottent le ventre 
contre tout ce qu'ils rencontrent ; si dans l'endroit , oix 
ils déposent leur frai , se trouvent quelques touffes de 
menthe, le frottement en dégage l'odeur qui adhère an 
corps du poisson ; et si dans cette circonstance le poisson 
est pris, il exhalera Todeur de la plante labiée qu'il 
aura rencontrée. 

En général , au moment du frai , la chair des poissons 
devient pitis molle , moins savoureuse 5 aussi les gour- 
mets se rinterdisent-ils à cette époque. 

L'Ombre , dans la Loue qui tombe dans le Doubs , 
près de Dole , pèse îa à 3 livres ; aussi bon manger que 
la Truite. Les pêcheurs d'Heuilley en pèchent quel* 
quefois de cette taille. 



( *<*y ) 

« L^mbra est bote à manger , dit ïoubert , quand 
PUmbre (lises Ombre) est bonne. » Eondetet, des 
Poissons de riinère, p. 127. 

a TocAK. Ce poisson qu*on pèche dans T Allier et antres 
rivières , peut être comparé , pour la grandeur et la 
couleur, aux harengs de bonne saison ; son dos est vert 
d'dive, un peu plus foncé qu'aux harengs; cette teinte 
s*éclaircit sur les cotés ; et vers le tiers de sa circonfé- 
rence , elle devient changeante et brillante comme la 
nacre de perle ; ses écailles sont fort petites \ le haut de 
son dos est un peu voutq ; sa tête est petite ; et quand sa 
gueule est fermée , la mâchoire supérieure excède un 
peu rinférieure ; l'extrémité du museau est brune, ti« 
rant au noir, et dénuée d'écailles jusqu^au haut de Ik 
tête \ Tœil est petit et vif; la prunelle est brune , et Tiris 
argenté ; les opercules des ouïes sont marquées des plus 
vives couleurs de nacre; les nageoires sont placées 
comme à la Truite; les écailles étant en lozange, il 
semble, en regardant le poisson dans un certain sens, 
que son corps soit rayé ; ce qui contribue à le rendre 
plus brillant. On en prend dans les eaux douces et 
dans les eaux salées. » Encyclop. méthod. , Dict. des 
Pèches, p. 279. 

Le nom de Tocan désigne ordinairement les Saumo- 
nanx au-dessous d'un an. Rondelet, de Piscflm^, lib.^ p. 
169 , cap, m , de parvo Salmone; mais dans le cas pré- 
sent , il désigne le Thym, Thjmale ou Themero, décrits 
dans VEncyclop. méthod. , D'eu des Pêches, p. 277, 
rOmbre fluviatile , Coregonus Hijmallus , Jurine , 
comme il est aisé de s'en assurer par la description. 

La peau de l'estomac est si dure dans ce poisson , 
qu'on croirait toucher un cartilage. Dans l'Ombre, l'oe- 
sophage donne du côté droit la branche à l'extrémité 



( M8 ) 

de laquelle est le pylore. Cette branche, transverse on 
même montante y prend tant d^épaisseur dans sa tunique' 
charnue, qu^elle forme un véritable gésier, dont Fes- 
tomac ordinaire représente alors le jabot. Cuv. , tom. i, 
pag. 5o4. 

A répoque du frai , c^est-à-dire au mois de mars , ce 
poisson marche en foule, par couple monogame ; il dé* 
tourne les pierres avec sa queue *, la femelle dépose dans 
les fossettes qu^elles laissent , ses œufs , que le mâle ar* 
rose immédiatement de sa laite. Le frai , dit M arsigli , 
est ensuite recouvert, et les petits poissons édosent 
en juin. 

Cinquième famille des Malacopterygiens abdominaux. 

GLUFES. 

Corps écailleux , nageoire adipeuse nulle, mâchoire 
supérieure formée , comme dans les Truites , au milieu 
par des intermaxillaires sans pédicules, et sur les cotés 
par les maxillaires. 

Dans les dupées, le sternum consiste en une série 
d'os impairs , auxquels les cotes viennent se fixer \ les 
cotes sont fines comme des cheveux. 

XXXrV. L^Alose , Clupea o/b^a ^ Linn. Gmel. , S. 
N. , xin, p. 1404? sp. 3. 

N. B. Excluez Bloch , tab, 3o , fig, 1 , qui représente une feinte '^ 
dont le bas ventre était dëpoaillë de ses écailles. Cette figure a induit 
en erreur J. Hermann dans sa Tabula affinitat, animal», p. 826 (s). 

' Ce mot Feinte vient de Vint, d'où Ton a fait Ficte on 
FenictBy pour désigner la C/i/pea^cto^ appelée quelquefois 
Pucelle, de Pulchella^ gentille ^ gracieuse ^ à cause de sa 
forme délicate. 



( 269 ) 

' Bloch annonce MQiement a5 vertèbres à Tépioe da dos. 

ArtëdU , Ickthy., part, y, p. 34 , 55 Tertèbres et 3o paires de côtes. 

Duhamel , Fâches, a« part., sect, m , cap, 1 , p, 3i6 , pZ. i *, 
fig. i,p.54i. 
* Laoépédey Hist, nat, Poiss,, tom. n, p. ai8. 

fionnaterre. Tableau encyclop. tUs trou Bagnes, ichthyoUg. , 
pi, 75, fig. 3ia. 

fioudelet, de Piscibus liber,, yii y cap, xv , p. 220. De Thrissa. 

GcolTroi, Jlîat. médic., 4«, tom, 3 , p. 235-239. 

Gesner , de ^quatilib,, p, ai. De Alausa , Clupen vel Thrissa. . 

Nou¥, Dict, d'Hist. nat,, édit. 2 , tom. i , p. 337. 

Did, des Se, nat,, tom, iHy p, 4^8* 

. Le nom de ce Poisson vient du mpt Halsa employé 
par AJbert-le-Grand, pour le désigner; suivant les 
Saxons, T Alose est appelée Jesen. Dans la basse Alle- 
inagne on l'appelle Ferich, et en làùn Aristosius ou 
Aristosus *. 



I Pahamel a figuré sur celle planche quelques détails ana.^ 
t^QÛques de PAlose. 

* Albert *Ie*Grand , Opéra, tom. vi^p.66t^ parle, sous 
\é tiLQm de Verich, d'un poisson désigné en latin sous le nom 
HAnstosms , à cause de la grande quantité d^arêtes dont sa 
diair est lardée; aussi ce poisson est peu estimé ; et diaprés 
Vincent de Beau vais, Specul, natur,, tom, i, //^. xvii^ 
cap. xcvin 9 qui écrit Vtnth au lieu de Verich , il est la 
nonniture seulement des gens pauvres. 

Ss pêche se fait en usant du son d'une cloche y au dire de 
nos deux auteurs , répété par Bloch , Ichthyologie , part. 1^ 
pag* lôç. Gesaer croit que ce poisson est une espèce d'Albae \ 
mait'ia description donnée par Albert-le- Grand et par Viu^ 
cent de Beauvais est trop vague pour permettre une appli- 
cation exacte \ car cette description conviendrait également 
à presque tous les Cjprinoïdes , aux Clupes | etc» ^ etc. 

Souvent les côtes , ou plusieurs d'entre elles , portent , en 
appendice, un ou deux stylets adhérens à quelque point de 



( 270 ) 

1/ Alose ' se reconnaît à Téchancrure du milieu delà 
mâchoire supérieure , à Tabsence de dents sensibles , et 
h une tache irrégulière noîre derrière les ouies. 

Elle atteint jusqu'à trois pieds de longueur , et re- 
monte au printemps dans les rivières. Elle suit princi- 
palement les bateaux chargés de sel, et pendant le 
mois d^ivril et aux mois de mai et juin on en pèche 
dans la Saône où elle vient frayer ; passé ce temps on 
n'en trouve plus , elle retourne à la mer. 

Ce poisson est simplement de passage dans notre dé- 
partement, c'est un excellent manger, mais la grande 
quantité de petites arctes qui traversent sa chair le 
fait peu rechercher ; aussi Albert-le-6rand , dit-il , à 
cause de ses nombreuses arrêtes, ce jpoisson n'est mange 

leur longueur, qui se dirigent en dehors et pénètrent dans 
ks chairs. Il y a quelquefois. aussi de ces stylets qui partent ^ 
du corps de la vertèbre, au-dessus de la côte, pour péné- 
trer dans les chairs. C'est ainsi que les arêtes des poissons se 
multiplient ; on en voit un exemple notable dans la fiioiiUe 
des Harengs, dont presque toute la chair est traversée d^a*-» 
rétes fines comme des cheveux. Cuvier, Hist. nat» des 
Poissons, tom. i,/>. 362. Aussi Hermann , après avoir dit. 
Observât, zoolog. 9 p. 3 1 5 : ce Le squelette de TAlose est " 
a quelque chose d^admirable ; mais on ne peut l^obtenir qee 
«c psr le secours des insectes aa , donne la description de crini 
qu'il possédait. 

Cette disposition nous donne la facilité d'expliquer la 
aiultitude dVrêtes dont sont pourvus les Cyprinoîdes, 
surtout ceux appartemant à la division des Ables, 

> Parvam Alausam GalU Pucellam (Pucelle) nomînant, 
velut transpositis lîtteris pro Clupella. Nomenclator aquai» 
tt mm amt. , per Conradum Gesnemm , i56o j p. 322« 

Telle est rorigine du nom Pucelle. 



( 271 ) 

(}u^ par les pauvres. Il meurt promptement après son 
extraction de Teau. Il se nourrit de vers , d'insectes et 
de petits poissons. Il a pour ennemi, le Brochet, la 
Perche. 

Rondelet , Gesner , Aldrovandi , ont parlé de ce 
poîssonf^ ils ont feit sur ses noms des commentaires assez 
étendus. Gesner assure positivement que le Thrissa des 
Grises est le Clupea des Latins ; aussi , dit-il , les Aloses 
adultes sont dites Thrissœ et les jeunes Triclùdes, à 
cause de la grande quantité d'arêtes capillaires de oe 
poiasoD >appelé par Albert-le-Grand Aristosius. 

Aldrovandi signale la rugosité âpre du ventre, aminci 
esï carène, si on la suit à rebours, et la couleur noire 
de fa langue. 

n répète Tassertion de Rondelet qui avait dit : plus 
les Aloses «ont péchées loin de la mer, plus elles sont 
délicates , et c^est la raison pour laquelle on les mange 
meilleures à Lyon qu'à Bfarseille. 

Gesner parle d'excellemes Aloses péchées dans la 
Loire, « Elles sont, dit^il j de la taille de grands Rar- 
« beaux) leur diaii^ est tendre comm^ celle de TOmbre 
« ( ThjrmaUus). » 

Rondelet 9 en parlant de la grande quantité d^ Aloses 
que l'on pédi^ dans r Allier, dit s'être assuré du pouvoir 
de la musique sur ce poisson qui saute dans les filets 
teedus pour le prendre ; il a fait ces observations à Ma« 
ringnes , petite ville du département du Puy-de-Ddme. 

Si on peuc ajouter foi à la narration de Rondelet ^ il 
a va des Akises siocourir au son des violons , et sauter 
ett nageant sur la surface de l'eau. 

Il y a encore de Texagération dans le trait qu'ajoute 
cet historien \ il dit avoir vu prendre dans l'Allier, d*un 
seul coup de filet , plus de 1200 tant Aloses que poissons, 



( 272 ) 

Dictionnaire théorique et pratique de diasse et de pèche 
(par Delisle de Sales) , tom. i , p: 18-19. 

Je ne quitterai pas l^histoire de TAIose sans rappeler 
la Clupea, dont les Anciens ont parlé diaprés Callis- 
ihenes de Sybaris , comme le dit Stobée. 

« Callisthenes sybarita autor est , citante Stobaeo j ia 
ArariGallis Qu vio nascitur magnus quidem piscis clqpea 
( xxuvw- ) Dominatur ab incolis , qni crescente lima 
albus est : decrescente, totus nigrescit : et corpore 
niminm aucto a propriis spinis interimitur | in hajus 
capite lapis reperitur similis grumo salis , qui Qp,time 
fiicitad quartanas sinistro lateri corporb alligatusde* 
crescente luna. Haec quidem an clupeae in Arari accidanl^ 
viri naturse studiosi quibus cognoscendi façultatem 4a-> 
minis illius vicinitas praebet , observabunt. Ego aliquan* 
do an de carpioqe potius haec intelligenda e^sent , dnbi* 
tavi. » Gèsner, de AquatiUb, , p* 2,\. 

Voici la traduction dé ce passage- par Gdlbit ; 

a Le philosophe Galisthene^ ( ainsi qu^escript Stobé ) , 
dict , que Arar est appelle:, pour autant quUl se mede 
dedans le Bhosne , SX t«f « Toiiî /«»• , et adiouste ^ que. ce 
fleuve de Arar nourrit un poisson , qu'il applèlle Glupea, 
( que nostre du Pinet , traduict Alose ) , leque^l hat en 
la teste, une petite pierre, comme un grain de sel, 
laquelle sert pour les fiebures quartes , si Tpn l'attache 
au costé gauche, sur le défaut! de la lune. Mais je ne 
peux penser, que ce soit une. alose; car le mesme 
autheur escript, que ce poisson est blanc au croissant 
de la lune, et noirastre au défaut;, eti qu'il d^vieotsi 
gras, que enfin il se tue de ses arestes, et espines pro- 
pres. » Gollut , p. jS\ 76, àV. u, ch. IX ; sous les titres : 

Poisson admirable en la Saône. 

Poisson de mirable nature. . 



( 273 ) 

Gollût y ne s^occupant nidlement d^ichthyologîe » 
n^avait jamais examiné soigneusement TAIose : il ne 
oonnaissait pas la pierre d'oreille de ce poisson ; aussi 
a-t*il traduit Similis grumo scUis , semblable à un 
morceau de sel , par les mots : Comme un grain de sel > 
ce qui offire un sens entièrement différent, et totale* 
ment oppose au texte de Gesner , et conséquemment à 
celui de Stobée. 

Gesner , à la suite de la citation de ce passage, dit :. 
« Ifœc quidem an Clupeœ in Arari accidant, observa^ 
iiiffl^etc*, c'est-à-dire, les naturalistes rapprochés de 
la Sadne , sont invités à nous dire si les Aloses de cette 
rivière ont toutes les qualités dont parle Callisthènes. » 
Jusqu'à présent ce passage est resté obscur , mais il est 
fiudie de réclaircir comme nous allons le démontrer. 

La petite pierre ' , comme un grain de sel , existant 
dans la tête de P Alose, est Tos de Toreille. 

QalUsthènes avait certainement vu la pierre d^oreille 
de PAlose ; sa forme et sa blancheur lui avaient rappelé 
les grains de sel blanc auxquels il Ta comparée , et cette 
comparaison n'est pas entièrement dénuée d^exactitudeJ 

Les vertus, attribuées aux pierres d'oreille de l'Alose, 
pardifférens auteurs de matière médicale et entre autres 
par Geoffiroi, ne laissent aucun doute sur la nature et 

* Os saltem îllud petrosam , qnod in capite ejnsdem 
{Alosae) detegimus, ad propellendum calculum et arenam» 
imo virtutis snœ alkalinse ergo, ad absorbenda primamnl 
Tiamm acida utilissimum judicatur. Sl Fn Geoffroy , 
Traciatiis xfe Mat. medîc, , tom, 3,/?. 238. 

Les médecias d'Orléans se donnent à tort comme ayant 
déconyert la pierre d'Alose 5 elle était connue longtemps 
avant eax. 

x8 



( 274 > 

sur le caractère de cette &meude pierre , dont Gtstkr 
n'avait aucune idée. 

On attribuait à ce poisson une petite pierFe ' , cotnne 
un grain de sel , merreilleuse amulette contre la Ghrte 
quarte; on disait ce poisson, blanc au croissant de k 
lune, et noirâtre à son dé&ut; enfin on ajoutait c de 
poisson devient si gras qu'il se tue parsespropresarétes^' 
ainsi que le répète Jan Pierius Yalerian, Comment. stÊt 
les HyérogUphUjues par Gabriel Chappms, tom. i, 
p. 53îa. 

Passons aux autres merveilles attribuées à rAlosê , 
blanche , disait-on , au croit de la lune , et noire à sob 
déclin. 

A répoque où Tastrologie était très-fort en Tog^ , 
on attribuait à la lune un pouvoir extraôitlinaikie \ jûHâa 
en examinant avec un peu plus de soin , on rèdcHtaïut 
Fabus , fondé seulement sur certaines épcMjués. 

L'Alose , comme on le sait , est dé couleur bhmdiie , 
avec utié tache noire derrière les otiles \ mais l6rd^%B^ 
est écaillée , elle laisse voir quelquefois sur ëes câtés des 
taches noires dont le nombre est très-variaMc. 

Si à répoque de la nouvelle lune un pedlèur à|ttîs 
une Alose pourvue seulement des deux tàehes ncmâ^ il 
la regardera ôomme blanche; si troiâ selndilûles^ tt^k^ , 
il en prend une autre chargée d^une grande quantité 
de taches noires , il regardera cette dernière commue 
noire ; il attribuera alors à Tinfluence de la lune cette 
difiérence de couleur , dépendant uniquement delà disr 
, position individuelle de ces poissons. 

' On trouve dans la tête de FAlose un os qui est estiiAé | 
«te. f dit Léiriery , Traité des Alimens^ 2* (dit. , p. 4^5} 
JDîct, Se» nat. , tom* vLjp* 44o« 



( 875 ) 

Le changement de couleur de TÀlose a lien par sa 
desquamation; en effet la chute des écailles laisse 
apercevoir les taches de la peau. 

Le changement de couleur du poisson suivant les. 
I^iases de la lune, préjugé fondé sur Tinfluence attri- 
buée jadis pai^ les Astrologues, au satellite de la terre, 
^tait le résultat de la. présence des tâches sur les flandï 
de ce poisson , taches dont le nombre est très variable** 
Lorsque ce poisson est écaillé, on voit sur ses côtés des 
taches dont le nombre varie : Hermann en a compté 
sept d*un câté et huit de Tautre -, j^en ai vu quatre d^ua 
cdté et siiL de Tautre. 

Sot des Aloses non écaillées, j'ai compté huit taches 

d^un oâté et six de l'autre, outre celles placées derrière 

les ouies.' Quelquefois je n'en ai vu que quatre et même 

' trois 9 d'autres fois six sur un coté, et seulement cimf 

sur Taiitre : en général , il y a une très-grande variété 

dans le nombre des taches. 

La troisième merveille de l'Alose est son excessif 
embonpoint, cause de sa mort amenée par les arêtes. 

Ces prétendues arêtes sont totit simplement dés vers 
intestioanx dont la trop grande abondance entraine là 
mort do poisson. 

L'Alose nourrit en effet dans son intérieur une sorte 
dé "Mrs filiforme , appelé par les naturalistes Eckyno* 
rpidms alosœ, Herm., Gmel., syst. nat., xni, p. Soi^ç, 
jp« 4^; Encyd. méth,, i^erSf lom. 2, p. 3t2, n* 52. , 

Ce ver filiforme , trouvé dans une Alose , dont il 
tara percé la peau , aura été pris pour une arête par 
des observateurs superficiels et ignorans : la (able, bâtie 
sur cette erreur, se sera ensuite propagée. Comme beau-' 
Qoup d^àutres , puis on l'aura admise comme un fiût 
po^tif. Cette explication est confirmée par des observa-' 



( 276 ) 

tiotis analogues faites dans l^Epinoche et rËpinôcheUCy 

à l*occasiôn du Botryocéphale solide ; v^oy. ci-dessus, 

pp. 86, 87 ] et dans la Truite, à Foccasion de V Ascaris 

farionis, ou de V Ascaris TruUœ, Voy^ ci^-dess., p. a63. 

Les prétendues arêtes ou épines qui tuent TAIose de- 
venue grasse, c'est-Wire gonflée, sont simplement 
desî vers intestinaux , dont la trop grande abondance 
dans ce poisson lui donne la mort. 

L'Alose en effet nourrit dans son intérieur une sorte 
de vers' filiforme, appelé par les naturalistes EchinçH 
ryncfms Alosœ, Herm. €rme!. S. N. xiii, p. 3o49^ 
sp. 3o. Encyclopéd, méûiodU/ue, vers, tom, a, p, 3ia, 
n"* 5a; le Bothriocéphale de T Alose, Dict» Se. nat., 
tom. 57, p* 6lo. 

Ce ver filiforme », trouvé dans une Alo^ morte , aura 
été. pris pour une arête par des observateurs ignorans, 
et la fahle bâtie sur cette erreur , se sera ensuite pro- 
pagée comme beaucoup d^autres, puis aura été admise 
comme un Ëdt positif. 

Les Aloses qui se sont rétablies de la maladie que le 
frai leur a occasionnée , retournent à la mer. Dubamel , 
Traité génér. des pêches, ii« part. , sect. m, p. 319. 

OctostomaAlosœ, Douve qui se trouve en abondance 
dans les branchies de PAlose -, elle est repliée entre les 
lames branchiales et imite de petits flocons de mucosité. 
Kuhn, Mém. du Mus. d'Bist. naU, t. 18, p. 358, sp. 1. 

La longueur de la tête de l'Alose est 3 i;a fois dans 
celle du corps 5 à la base de la langue assez courte , on 
remarque l'appareil pectine des arcs branchiaux qui 
présente un aspect très agréable , ce dont il est fecile 
de s'assurer en ouvrant les mâchoires. 

Le cœur est tétraèdre , les appendices caecales très- 
nombreuses soai appliquées contre l'estomac. ^^ 



( 277 ) 

Taî toujours été surpris que les ichthyidogistes ne se 
soient jamais occupés de rechercher les faits réels sur 
lesq u els les commentateurs ont disserté longuement et 
Inutilement, à Toccasion des récits merveilleux rap* 
-portés diaprés les Anciens. 

A la yérité , Guvier , à plusieurs reprises , est parvenu 

il reccmnaître les véritables objets défigurés dans les 

anciensauteurs. J'ai eu aussi la satisfaction de retrouver 

placeurs objets mentionnés par Pline, voy. Act. Div., 

}835 , p. 84 ; par Bondelet , Op, cit. ,p. 28 ; et dans la 

drooDStance actuelle, j'ai accepté l'invitation, faite dans* 

le XVI* siècle, par Gesner aux naturalistes rapprochés de 

la Saône , et j'ai ramené les merveilles annoncées par 

CaUisthènes , à leurs véritables causes. 

XXXY. L^Agone , Clupea sardineUa, Nob. 

Rondelet, de Piscib. lacust, llb. , cap» 11. De Chalcide. 

Ce poisson , commun dans les lacs du Dauphiné , et 
vendu, jadis, à Lyon, sous le nom de Célerin ' , n'a pas 
été décrit d'une manière exacte par les ichthyologistes 
modernes. La' figure, que Rondelet eh a donnée, est la 
lépétition de celle placée de Piscib. , Ub. vu , cap. xii , 
p. 217 , all^g^ée au Clupea spraitus, Linn. , par Lacé« 

* Oa pèche dans les lacs de Savoie des poissons qii*oa 
nomme Céienns, parce qn^ils ressemblent beaucoup aux 
Célerins de mer ; leurs écailles sont menues , luisantes et' 
pea adhérentes. Us sont très-gras \ on les prend an prin- 
temps , et on sale les plus petits | parce qn^ils se conservent 
mievx , ayant moins d'huile que les gros. Encycl., Diction* 
4e*toutes les Pêches, ann { 1796 ), p, 35 , extrait de^RoiH 
delet^ JSisi. des Poissons des lacsp ckap» ^y p^ io5. 



(278) 

pède , Hist. nat. des Po^ss. , iom» lo , p. 216 , signdée 
depuis longtemps par Gesaer , de AquatUibus, p. 990 » 
comme une mauvaise figure de Sardine , et mentionnée 
par Cnvier, Règn. anim., édiU a, tom. 2, p. 235. . 

a Dans les lacs des Alpes françaises , dit Bosc , on 
a nomme aussi Célerins des poissons très-probablement 
<c delà famille des Cyprins, mais dont on n'a point dé* 
« terminé Tespèce. » Nouv. DicU dHist. nal., éd. 2, 
lûm. 5, p. 46a. DicL Se. nai., tom. 7, p. 35 1. 

En rédigeant cet article, Bosc ne s^est pas rappde 
Farticle ^gon, qu'il avait placé dans le tome premier. 

a Agon , poisson qu'on pèche en abondance dans les 
(i lacs de Garde et de Gome en Italie. On l'appelle 
(( Sardine sur le .premier de ces lacs , p^rce qu'il a h 
« grosseur et la siveur de ce poisson de mer ; comme la 
« Sardine , il perd de sa bonté peu d'insfans après sa 
« mort. Aussi n'est-ce qu'à Garde et à Gome que j^en 
a ai mangé d'excellens. Il est décrit sous le nom de (V- 
« pn'nus agone dans les Delicrp Insubriœ de Scbpoli } 
a mais il n'a pas été figuré. » Nou\^. DicU dffisU noLp 
iom. 1, p. 209. 

a La Sardine du l^c de Garde, dans la Lombardiey 
a est une espèce de Gyprin , le même que celui appela 
<( Agone sur le lac de Gome , également dans laX<om- 
« bardie , et mentionné sons ce nom , pjge 71 de la 
<c première partie de la Fauna Insubra de Scopoli. » 
Nouif, fHct, d H'st. naU , éd'U 2, tom. 3o, p. 197. 

Dans ces trois pissages, Bosc s'est borné à adopter, 
sans critique , le nom donn^^ par Scopoli à son Gyprin 
Agone^ mîiis la description de l'Agone donnée par Cu- 
vier , cadre avec celle de la Finte, {ClupeaJînta^Civr.^ 
Clupea Jicta , hàcèj^de ; il aurait fallu dire Clupea 
faUax, car Lacépède na point de Clupeaficta)\ Fenlh 



\ 



( 279 ) 

tles Flamands , Agone de Lombardie , Lacida > alachia 
d'Italie. 

Il La Fînte , dit Guvier , est plus alongée que l'Alose 
fc et a des dents très-marquées aux deux mâchoires et 
« cinq à six taches noires le long des flancs; son goût 
« est de beaucoup inférieur. » Cuider, Règn. anim. p 
a* idà., iam. a, p. 820. 

Les auteurs ne s'accordent point sur les dents de ce 
poisscm. Scopoli lui en refuse , parce quUl le rapporte 
an Cyprin et non à une Glupe. Voici la description qu^il 
donne : 

Cyprinus (^^one) lanceolatus, quinque uncialis, 
oompressus; pinna dorsali anique i3 radiata. Corpus 
totom argenteis squammulis obtectum, vix semipedale : 
dorsum fuscum , latera pallidiora fusco maculata ; ma- 
culis octo aut novem; venter attenuatus, albidus; 
dentés nulli. Maxilla inferior longior , irides argenteœ 
macula nigra haemisphaerica prope branchias linea in- 
sidens* Membrana branchiostega , radis 3. 

Nomen à Bellonio datum retineo : nam inter Cyprinos 
Lûuuei, Gronovii aliorumque nullum invenio cujus dif- 
ferentia specifica nostro huic conveniat. Descriptus 
tamen extat apud Willughby , IchûijoL , lib. \^ g. 9 , 
J8. Ejusque iconem dédit nuper Clariss. Bertrand, 
Traité des Pêches, p. 11 , § v, pL hfig* 5. Hujus duplex 
tarietas occnrrit quarum una major in lacu Yerbano, 
'ilia vero minor in Lario, utraque à nostris Agone vo- 
cata. Inter Cyprinos clarissimi Leske banc speciem non 

' Bondelet , de Piscib • fluviatU. liber. , cap, xyi , en par« 
lant du Gardon , dit qnVn Italie on Pappelle LascAa, et en 
Languedoc Siège. Le rapport de Lascba avec Lachia a pu 
caaier plus d'une équivoque. 



( 380 ) 

invenio, neque inter illas quas Lianaeas receiMt 
cirrhis destitutas, et cauda bifida instructas. Sola est 
idus et orfns, in quibus pinna ^ni constat radiis tredecim, 
àquibus tamen nostra haec pluribuscaracteribusdiflEerrt 
videtur. Gave etiam ne confundas cum Glupea Harengo, 
cui Salvianus et Larias Agoni nomen dederunt, cujus 
liabitum quodamraodo refert. Joh. Anl. Scopoli , /îcfi- 
ciœ florœ et faunœ Insubriœ , pars i. Ticini, lyM, 
pp. 71^ 72. 

Il est à croire que ScopoU a fait cette singulière des- 
cription sur notre Clupea sardlnella ,• mais en la rappor- 
tant au genre Cyprin , il rend très-diilkcîle son adoption* 
Le lacus F'erbanus est le lac Majeur ; et le Larfus ^ 
le lac de Côine. Rondelet avait déjà dit que le Ghalds 
se trouvait dans ces deux lacs. > 

a Petits poissons ressemblant à de grosses Sardines, 
« apportés d'Italie par Fougeroux de Bondaroy , pédiés 
(( dans le lac de Guarda '. Dents nulles au bord des m&- 
(( choires ; longs de 7 à huit pouces. En passant le doigt 
a sous le tranchant du ventre , depuis Tanus jusqu^à la 
41 gorge , on sentait des dents à peu près semblables à 
ce celles d^une faucille , de même qu'aux Aloses , aux 
a Feintes, aux Harengs, aux &irdines, etc. On les confit 
a avec une saumure. Fougeroux de Bondaroy , qui à 
« mangé de ce poisson en Italie, dit qu'il est fort bon. 
a Les Agonsde Beion se trouvent dans le lac Majeur, 
« celui de Côme , de Garde, de Lugano, etc. On iie 

> La pécbe dn lac de Garde fournit en abondance des 
poissons d'espèces très-variées et d'an goût délicat , qaî 9 
des ports de Desenzano , de Salo et de Peschiera p sont 
portés dans les pays environnans. Voyages d*un exilé ^ par 
le baron d^Haussez^ 1835, tom* i ^ p» s^Si. 



(Ml ) 

« peut assurer si ce sont lesSardanelles du lac Grigolei, 
^ à une petite distance de Yéronne. » Duhamel, Trailé 
gén. des Pèches, u* part. , m* sect. , p. 490 > S ' » S ^* 

« Gesner dit qu^un pécheur Tavait assuré qu'on non^ 
^ mait vulgairement Gobioni les petits Agons ; qu^on 
« conservait la dénomination àiAgçns, pour ceux de 
ti moyenne taille , et que les plus grands s'appelaient 
te AUnes ou Cepiœ. » Duhamel, Ouv. cil, , p. 4^1. 

Voici le texte de Gesner : « Piscator Lacarnensis 
Agonos minimos , vulgo Gabianos dici mihi asserebat, 
iqajusculos AgonoSy maximes Cepias. Sed Gepiae videntur 
esse Clupeœ, genus ab Agonis diversum , et à mari 
asoendens quod Agoni non faciunt. » Gesner, de 
AtfMiotUib. , p. 19. 

CSe passage est une preuve de la confusion qui existe 
partout en ichthyologie ; car les petits Agons, Gobioni, 
sont de véritables Goujons , méconnus par Pollini , qui 
les a décrits et figurés sous le nom de Cyprinus bena-- 
censis, dans son ouvrage intitulé : F'iaggio al lago di 
^arda. Les Agons sont notre Clupea sardinella, Yall., 
«t les Aloses le Clupea alosa, Linn. 

M . Du Liparis de Belon , trouvé dans un lac de 
mk Macédoine, appelé Govios ou limnous piscfUac, 
«I ayant les mâchoires garnies d'aspérités , et a des as- 
«t pérîtes sous le ventre. > » Duham. , Ouv. cit., p. 492. 

J. Hermann, Obseru. zoolog., p. 3i6 , a parlé de 
la Clupea sartUnella sous le nom de Misobini; il décrit 
<3es individus salés dans lesquels il ne peut saisir tous les 
c^aractères; cependant il indique Tabdomen non-seule- 
suent caréné, mais denté en scie, a On les prend au moLs 
'«c de mai, dit-il , dans le lac de Corne, et on les nomme 
te Agones ; on les vide derrière les ouïes du câté droit. 
^ Ou en prend de plus petits ; au mois de septembre , 



( iS2 } 

« dans les profondeors du lac; on les appelle alon 
« AgoTies gras. Etant salés , on leur donne le nom de 
a MisaUini. d Hermann , Oui^. cit., p. 3fi6. 

Les rebseignemens fournis à Hermann ne sont point 
conformes à ceux donnés par Àidrovandi. « Ces poismii^ 
« dk-il 9 sont exquis dans les mois de juillet , août , 8ep> 
«( tembre et octobre. » Ils les décrit sous la rubrique 
de Saracho, et y rapporte le Chalcis de Rondeletv 
jiquo vulg. Aldrw. , de Piscib., lib. v , cap. ltiu , 
p. 665-66 j. 

Suivant Gesner, de Aquatilib^ , p. 19, p.^Sfj, \à 
, nom SAco ou Aquo, radical A^Agone ' , a été donné à 
la Clupea sardinella, Nob y à cause des petits aiguiUons 
ou des écailles aiguës qui , sous le ventre, (orvièBt une 
ligne rude et épineuse. Cet auteur, f?. 89, jdécritce 
poisson sous le nom d*Albula mmima ^ et p. a6 , Im, 3f, 
i! parle d'unr poisson blanc ( Tfeissfich des lacs de Carift»- 
thie), si gras, qu^il est inutile d^employer d'autre graiaBe 
pour le faire rôtir; et Rondelet, de Piscib. lacustnb,^ 
p. t49 9 dit des Agones : Ces poissons s^engraissent tel- 
lement dans le lac de Gomë et dans le lac Majeur 9 que 
placés sur le gril , leur graisse coule comme de Thuile. 
Ces deux poissons seraient-ils les mêmes? Je le croirais^ 

Lacépède , qui n'avait jamais vu d^Agone , n'en a pas 
inscrit le nom dans son Hist. nat. des Poiss. ,* seulement 
iom. X9 p. 386, il dit : Agonen, Lagonen, /ooms 
donnés en Suisse au Cypnnus leueiscus (Saiffe) , quand 
il approche de tout son développement. 

C'est donc par erreur que Scopoli et Bosc son copiste 
ont rangé TAgoné parmi les Cyprins. 

' Agone , ab acU} eo qnod 8nb yentre lineam habet ser* 
ratam. Gesner. 



( M3 ) 

Comment Bosc, en mangeant ces poissons, n^a-t*fl 
pas reconnu les caractères des dupées , que Rondelet , 
Selon 9 Aldrovandi , Fougeroux de Bondaroy et Duha- 
mel , avaient très-bien déterminés ? Soopoli , en ran- 
geant TAgone dans le genre Cyprin j a augmenté la 
confusion parmi les poissons des environs d^Aix , signalé^ 
dans le Mimuelde l'étranger aux Eaux d Aix, par la 
docteur Desnne J-ls, iQ3\^p. 8. Je trouve, n* i8, 
Sardine, Clupea sard'wa, le lac, vulg. Mirandèle. 

S*agit-il de la ilupea sardineUa, Yall. , ou bien n^a- 
t-onvouln qu'indiquer, soit 1e Cjprinus albumus, 
Linn. , TAblette appelée Sardine en Savoie , soit le 
Goujon , Çjrnn'nus gobio ? 

C'est nne question à résoudre par les naturalistes de 
la Savoie. 

ni* ordre des poissons màlàcoptértgieiîs suBBRACHiEifs. 

Nageoires ventrales attachées sous les pectorales , 
parce que le bassin des poissons de cet ordre est immé- 
diatement suspendu aux ois de Tépaule. 

L*os coxal, représentant l'os innominé, 4a cuisse,' 
h jambe et le tai*se , est de forme triangulaire ; la pointe 
du triangle est en avant et s^attache à la symphise des 
es appelés Humérus , par Cuv., Poîss., i , p. 377. 

Notre département ne possède qu'un seul poisson de 
cet ordre 5 c'est la Lote, espèce du genre Gade, Gadus^ 
Linn. , reconnaissable à ses ventrales , attachées sous 
la gorge , et aiguisées en pointe. 

Bloch , IchthyoL, part. 11 j p. 122. Aigrefins. 

XXXVI. La Lotte. Lotte commune ou de rivière, 
Oadii5 /cita> Linn., Gmel., S. N., éd. xiu, p. ii72,sp. i4* 

Hocb , IclUhyûlogie , part, iiy p* iSà^pl, lzz. 



(484) 

Marsîgli » Danuh,, tom» ir, p. 71 , to&. j.%fr ffig» 1. 
Juriae , ^ûf. des Poissons du lac Léman , p. 148 y n^ ^%p^' <• 
Lacëpède , Hist.nat des Poissons , tom. iv , p. 209. 
iDict. des Se. nat., tom. 37, p. a3a. jdUas, içhthyoL,pL 35 9)^. ». 
BoDuaterre , Tableau encycL, pL 3o , fig. .1 10. 
Meyer , Représ. , tom. i , p/ . 7 1 . 

Rondelet , Z7é; Piscib, lacustrib. liber,, cap. xix , de Lota, cap, xxi 
de pisce qui U vulgo Barbota dicitur, 
GresDer , de AquatiUb,, p. 707. 
Nouv, Dict, d*Hist, nat., tom, xyiii ^ p, ao4- 

!'• D. i3 : 2,' dorsale, 76 : P. ai : V. 7 : A. 55. 

58 vertèbres , 18 paires de cotes. 

Ce poisson jugulaire couvert d'une mucosité gluante, 
se reconnaît facilement à sa forme alongée, à son ecHrpi 
presque cylindrique , jaune , marbré de brun , à la 
longueur de la deuxième nageoire dorsale, à la iongocm 
de Tanale , à sa tête un peu déprimée, à un seulJbarbîlr 
Ion au menton. Les Gades ont des dents, en crochets, 
nombreuses et fortes partout , excepté à la langue et aai 
arcades palatines^ leur vomer n^en a qu^une bande 
transverse en avant. 

Ce poisson a reçu une foule de noms. Molette 3 
Mouielle, Barbotiey source de la confusion qui se re- 
marque dans les ouvrages des anciens ickthyologistes : 
pour s^en faire une idée , il suflit de recourir à Belon^ 
Rondelet , Willughby , qui Font regardé comme deui 
espèces différentes. Gesner en fait six espèces ; d'après 
lui, Aldrovandi, Jonston , en font de même six espèces. 
Il suffit de parcourir Tarticle Mustela , donné pai 
Gesner dans son ouvrage intitulé : De JlquatiUbus^,^ 
-p. 696-728 : sous ce titre Fauteur range la Lamproie , 
de Mustela sive Lampetra, fig. qui, p. 699, est désignét 
sous le nom d'anguille étrangère*, p. 708 , sous celui di 
Nuneugaal , novem oculorum anguilla ; la Lotte, et i 



^ 



( 285 ) 

i^occaâioii de ce dernier poisson il dit , p. 709 i « A 
^ Sens on l'appelle BouUause, à cause des bulles con- 
^ tenues dans son yentre-, en Savoie on la désigne 
^ soos le nom de Moustelle , MouttoUle y Moustcile $ 
^ sur le Rhône', dans le Valais Setchot ' . » 

Rcmdelet a parlé deux fois de ce poisson , d'abord ^ 

p. 164, sous le nom de Lota, et ensuite, p. i65, sou$ 

celui de De pisce qui à uidgo Barbota v^ocàtur. Malgré 

la mauTaise figure Ëiite d'après un individu desséché , 

on ne peut méconnaître la Lotte dont tous tes caractères 

se retrouvent non-seulement dans la figure , mai» 

enebre dans la description. La différence de nom en 

avait imposé à Rondelet. 

Le nom de Barbota ^ donné à ce poisson, vient du 
bftitiilloii de son menton. Les Grecs appellent la Lbtt» 
Claria ; on peut lire dans Selon , p. 117, Observai, dé 
plus. Singularitez y Iw. i, chap. lui , l'anecdote de ces 
Jai6 qui , se disputant sur les écailles de ce poisson y 
farient sur le point d'en venir aux mains. 

> Le nom Setchot, donné à la Lotte, est évidemment 
currompu de Septem oculL En eflet le corps alongé de la 
Lclte, de la Lamproie, de TAnguîHe, du Mal, dû Misgùm,, 
et de beauconp d^antres poissons les a fait ranger sons la 
même dénomination , Mustela* On conçoit alors comment 
knrt synonymes ont été transposés, ft comment le nom 
ée la Lamproie , Sept œils, a été appliqué à la Lotte ^ celni 
Ile Hmùiattge , an Misgurn fossile, etc., etc. 

Aussi Gesner avait-il déjà signalé Tinconvénient de 
donner le même nom à des poissons diiférens. 

^ Barbotte, parce qn'il se plaît à barbotter dans Feau 
trenble. Dict. théor. et pratique de Chasse et de Pêche, 
( par Delisie de Sales ) ^ tom» i ^ /?. 76. Lote , tom* 2 , /?. 1 aq. 
Mustele^^. 196. 



( *8« ) 

' ÀIdrovandi psit\e aussi plusieurs fois de la lotte, 
d'abord sous le nom de Barbota Gallorum, AidroY., di 
Piscib. lib. v, cap. vi, p* 5jS^ ensuite 5ous celui 
LoUa Gallorum , lib. v, cap, xlvi, p. 648 ; puis sou 
les noms de Cotatrissia ' fluPiatUis, à.cause de sa grand' 
gueule et de- son corps anguilliforme , et de MusteUe^ 
fluuiatUis et lacustris Gesneri, il donne la figure d'un^^ 
Lotte de la plus grande taille ^ à la page 678 il Tappelle^ 
Trissia fiuvdailUs. 

, Albert-le*6rand , opéra, tom* w , désigne la Lotte 
sous* le nom de Boriopha y et Vincent de Beauvais , 
Spec. nat.y'tom, 1, lib, xvir, cap. ixxv, sous celui de 
Borboiha *. 

. Albert-le*Grand a formé le nom Borbocha de Barba 
et Boca, pour caractérisa: le barbillon sous-meatonier 
de ce poisson. 

' Iresner 9 /h jéquat., p. 71a , dit : « On doniie le 
% nom de Borboche à tous poissons qui se tiennent 
« toujours au fond des rivières ou des lacs , et dont te 
« forme, imitant celle de TAnguille, est cependant plus 
tf courte €;t plus renflée. » Il dit ensuite : a Bar* 
(( boUe désigne un poisson pourvu de barbillons. » Et 
enfin les Borbotes sont des poissons visqueux , comme 
.FAnguille , et que Ton dépouille comme elle. Sous 
ce nom sont désignés , le Siàirus glanis ,' la Lotte ^ 
rSstutgeon. Gesner, de jàquadlib., p. 1048. 

Cardan donne de la Lotte une description trè&-exacte ^ 
il lui impose le nom de Botta, outre , à laquelle left 

■ Botatrissia désigne aussi le Chabot, cliez Gesner 9 i/<9 
AquaHLy p* 7*1 ) ligne Sa. 

« Vmcent de Beauvais a fréquemment altéré la vérilahte 
orthographe des noms. 



C 287 ) 

IHilanais Font comparée. La première lettre de ce moi 
^yant été remplacée par une l, devient Toriginedu Hiom 
JLoUe, sous lequel ce poisson est aujourd'hui connu^ 
"Comme la tête , dit Bloch , a beaucoup de rapport avec 
celle de la grenouille , «t le tronc avec celui de Tangùille, 
Jes Hollandais Tout appelé Putael, et les Anglais 
£elpoui. 

Les anciens auteurs, dépourvus' de la connaissance 
des véritables caractères des êtres , s'en rapportaient 
seulement aux noms dont on se servait pour les désigner, 
et comme ces noms étaient imposés arbitrairement , les 
mêmes étaient employés pour, désigner des objets très- 
différens ; c'est ce qui rend si diflicile la détermination 
de ceux dpnt les Anciens ont parlé. 
\ Aivs^ par exemple Aldrovandi , de Piscib. , p. S^S. f 
fii chapitre à& Barbota Gallorum, après avoir indiqué 
(à tort je pense) que le nom Barbote avait été donné i^ 
la Lotte, BOB à cause de son barbillon, mais parce 
^■elle 'barbotté dans la vase comme le catlard , ajoute : 
« Ce poisson n'a jamais plus de six pouces , rx a de très 
grandérapports avec la Lotte des Lyohnais. » Il est cer- 
tain que dans ce chapitre il a confondu ce qui regarde là 
Lotte, et ce qui regarde la Loche, Corbitis barbatula. 
Lion.,, ou plutôt le Cobitis tœnia, Linn. , dont la ion- 
^eur n^est effectivement que de six pouces. 

La Lotte , dont la cornée est très convexe , a été dési' 
gnée- anciennement par le mot Musiela (radical de 
Jkfaui/dle qu'on lui donnait dans quelques endroits ) , 
appliqué encore à beaucoup d^espèces de poissons , soit 
marins, soit d'eau douce. Le motif de cette dénômina- 
iion se tire, dit Gresner, de Aquaidib. p. 700^ de la 
longueur du corps de ces poissons, jaune sur le dos, 
blanc sous le ventre, comme dans les Belettes , p. 698^ 



( 288 ) 

Bg. 1^; ille tirait, à musteUno colore id est sublîindo *y 
•t dans un autre endroit, il Tattribuait à l^habitude 
qu^a la Lotte de se tenir en embuscade dan& des trous, 

' Rondelet, iie Piscibus marinis , lib, xit, pag* ^oo^ 
itait déjà parlé de la couleur aubllTide, cause du nom 
Mustela. 

Yoici le texte de 'Gesiier : DeMuste.la, sive Lampetnii 
Bellonius. 

Hune pîscem, Mustelam , nominant Latlni , à maculati 
hujus nominia quadrupedis tegminis similitudine ^ p. 6961 
lin. 17. 

. Dans ce passage , il est évidemment question de la Lotte ^ 
dont la peau ofire des marbrures bien prononcées. 

Quod si Musteiae, Lampetr» slnt, a mûstelliiiô colore^ 
id est , sublividô ( quid si a corpore oblongo potiusl 
iitmÀrinfleetiain ptato) dictas fuisse arbitror, pog» 698 y 
Un, 16. 
' On ne peut méconnaître à ces traits la Lamproie. - 

Mustela , dicitur nam ut Gale ( y«A» , id est MvstdU) 
serpentes persequitur , p. 700, lin. 53. ... 

Cette phrase, a trait à des espèces de Squales , dont W 
nom Mustela a été donné à la Lotte, poisson rusé ^ se \9r 
nant, disait- on, en embuscade comme les .Belettes et 1 
Chats. 

La Lolte aime particulièrement une eau claire , ditBlôch 
et se cache au fond dans les creux formés par les pierres 
d'où elle épie les poissons sur lesquels elle se jette avec ra 
pidité. Sa cornée transparente, dit Jurine , Act» ùen, 
1821 , tom. i ^ p' 2 , (2), est très-conTcxe , tandis que dan 
la plupart des poissons Poeil est aplati en ayant et conyexi 
en arrière. . • — - 

Les pierres d'oreille des Gades sont elliptiques ^ créneléèflV 
dans leur bord, relevées dans leur milieu. 

L'orifice antérieur des narines dans la .IiO tte. a ses JboJ^d^ 



( MO ) 

et de 8*élaiicer sur la proie qu'elle guette , avec une 
^^té comparée à celle des Chats et des Belettes , Màs^ 
iela,\d*6ix le nom de Moutelle, employé dans quelques 
lieux \ mais borné en Bourgogne aux Loches. 

On nourrit la Lotte dans les viviers avec le foie de 
bœuf haché. 

La Lotte est si vorace, dit Jurine, qu^on a trouvé 
dans Festomac d'une, qui ne pesait qu^une demi-livre , 
jusque quinze Perchettes presque entières, AcU 
Genev. , iom. 3, i** pari. > p. 149. Elle détruit le firai 
des autres poissons, et beaucoup de fretin \ elle s'attache 
même à TEpinoche qui lui enfonce ses arêtes dans 
le gosier; elle chasse pendant la nuit; la meilleure amorce 
pour la prendre est le Séchot et le Goujon ; prise sa cent 
brasses et au-dessous, les Lottes ont souvent leur vessie à 
air atrophiée , elles sont alors complètement aveugles. 

Ce poisson qui a la vie dure , fraie en février , sui- 
vant Jurine , et décembre et janvier, suivant Bloch. 
Ses œufs ' sont nuisibles comme ceux du Brochet et du 
Barbeau^ mais son foie ^volumineux est regardé comme 
on mets délicat; aussi a-t-il donné lieu au dit- on 

Tolgaire: 

Pour an foie de Lotte 

Femme donne sa cotte. 

• 

tabvleiix, et la tubulure du bord se proloage, par un de 
lea côtés, en un tentacule. 

lia Lotte , longue de plus de douze décimètres , apportée 
1« Danube à Chantilly, Tue par Yalmont de Bomare, et 
cîi6e par Lacépède, Hist. nat. des Poissons ^ tom. iv, p, 
atSy était certainement un Mal, Silurus gtanis , Linn. 

s Ova alba , exilia , mollia , obiter perquirenti lactés \i- 
dlentur. Marsili, Dan. Pannon., tom. iv,/7. 7a. 
» Hepar pro iliecebrâ existimatur. Marsili, /oc. cit. 

>9 



{ 290 ) 

Au dire de filoch , une comtesse de Beuchlingen em- 
ployait la plus grande partie de ses revenus pour se 
|)rQcurer des foies de Lotte. 

La chair de ce poisson , garnie d'arêtes , est blanche , 
ligréable au goût. 

Dans les appendices cœcales de la Lotte vit le Tœrda 
rugosay Batsch, Gmel. , Syst» nat. , p. 8078 , sp. 75, 
Sôirtocephalus rugosus, Encycl. mëth. , vers, tom. %y 
fi 146 , sp. 6. 

On t route encore dans la Lotte le Triœnophore nodn- 
leiix. »Z>/c/. Se, nat,, tom, 55 ^ p, i85^ pi, ^^Jîg, 3. 

lY* Ordre des poissons MiLiicoPTÉEiGiEjfs. apodes. 



Ges poissons ont tous une forme alongée, une peau 
épaisse et molle qui laisse peu paraître ïéurs écailles ^ 
ils ont peu d'arêtes. 

L'anguille*, Bloch, IchthyoL, part, in^ p. 1. Corps 
serpentiforiiae. 

XXXYII. L'Anguille, Murœna ' AngwUa, Linn.^ 
Gmel. , 3- N. , xiii, p. ii33, ^. 4- 

Bloch, Ichthyologie j part, m , p. 3 , pL Lxxin. 

Juriue, Hist. ^es Poissons du lac TArfian , p. i|7, Ao >>P^* i* 

Marsili , Danuh., tom, iv, p, ^^.pU i) fig» 3. 

Bonnaterre , Tabl, encycl,, JchthyoL,pl, 24 ^fig, 81 • 

Laccpède ^ Hlst, nat, Poiss, , tom, 3 , .p, 390. 

Dîct, tLss Se, nat. , Atlas ^pL 82, fig, 1. Murène Anguille , tom, 
2 , p, 143. 

Koftdëlët , «fé Piscih/fluinàt, îiher , cap, kiiit , p, 199. 

Meyer, Représentations , tbm. 1 , pi, 42* 

Gesner , de uéquatilib, , p, ^6. 

L'Augaille manque des dents palatines et linguales; loais la 
deux mâchoires et le vomer 8ont<>hénssés de petites dents droites > 
fortes, mousses, séktëes. 

' De /uiffir» conlet^ glifiser, parce qn^à raivoB de m mu- 
cosité } elle glisse des mains. 



C 291 ) 

Albert le Grand , Opéra , tom, vt, p. 648. 

Nouv, Dict, d'Ifist, nat,, édit, a^ tom» i, p, 53o. 

Geof&ol 9 Jlfat. médic, , 4^, tom, 3 y p. 193. 

JDict, des Se, nat, N. B. Au mot Anguille, on est renvoyé à l'ar- 
ticle Jlfurène, où il n'est point question du poisson dont nous parlons y 
malgré la bonne figure insérée dans Vuétlas, Ichthyol,,pl, 8a , fig. i. 

Artedi donne une description complète des parties internes et 
externes de ce poisson , Ichthyol. , part, y y p. 66. 

Le nom français de ce poisson vient de son nom grec 
ETXEATs qui lui a été donné soit parce qu^ii se tient au 
fond de la vase , soit parce qu'on Ty pêche , soit parce 
que sa flexibilité lui permet de se rouler sur lui-même. 

L'Anguille a le corps long , étroit , uni et couvert 
d'une mucosité visqueuse ; Y ouïe est petite et fort eu 
arrière. '""^^ip* 

Ce poisson connu depuis long-temps, et dont la forme 
nelaisse aucune incertitude pour sa détermination exacte, 
oflQre aux naturalistes un problème qui, jusqu'à ce jour, 
est demeuré insoluble malgré les travaux de Spallanzani. 

Quelques naturalistes , £)?&. nat. Cur., Dec, annus 
1, 1670, obs. 119 , CoUecU Acad., part» étr., tom. 3, 
p. 19, regardent l'Anguille comme vivipare, et Elsener 
prétend avoir vu des jeunes dans le sein de la mère ; 
mais les naturalbtes modernes n^ont pu s'assurer de 
cette assertion. 

La chair de ce poisson fait les délices des tables succu- 
lentes ; je me bornerai seulement à dire que ce poisson 
a la vie très dure , et s^il &ut en croire certains obser- 
vateurs , des Anguilles avalées par des Brochets ou par 
des Esturgeons, auraient été rejetées entières et 
pleines de vie. 

On prétend avoir rappelé à la vie , en les plongeant 
dans l'eau froide , des Anguilles gelées depuis quatre 
jours. ArcJiw. littér. de t Europe, tom. 1 , p. 80. 

L^absence des nageoires ventrales a &it placer l'An- 



( 292 ) 

guille, par Linné , dans sa division des poiaÉms 
Apodes, 

On trouve de temps en temps des Anguilles borgnes 
de Tœil gauche. AcU Paris, , 1748 9 p- 27, 28. 

Ce poisson a j comme nous Pavons dit , la vie très 
dure ; mais si on le pique à la queue , il périt sur le 
champ. M. Moreau, président du comité central d^a- 
griculture , en a fait souvent Texpérience , et il a indi- 
qué ce moyen à plusieurs pécheurs qui s^en sont servis 
avec avantage, pour extraire , de leurs trous, Ua An- 
guilles qui s^y étaient retirées. 

M. Moreau a pris également sur un pré une énorme 
Anguille qui s^y était réfiigiée, parce qu^on avait mis 
rouir du chanvre dans la rivière où elle se tenait. 

Elle se nourrit de vers , dHnsectes , de petits poissooSi 
du frai des gros, des cadavres en décomposition, de 
substances vitales , et même, dit-on, des pois ttifi- 
vellement semés , dont elle est très avide , et qn^elle va 
chercher ^ elle ne va à la chasse que la nuit , dit Bloch ; 
pendant le jour elle se cache dans la bourbe, où elle s^en- 
fonce en faisant deux ouvertures à sa retraite obscure, 
afin que si Tune se trouve par hasard bouchée, elle 
puisse s^échapper par Fautre. Dans les viviers , onîa 
nourrit de foies de bœufs. 

Le cœur de TAnguille est carré. 

L'Anguille est sujette à une éruption qui consiste 
dans des taches blanches, depuis la grandeur d^un 
grain de millet , jusqu'à celle d'une lentille \ les pé- 
cheurs croient que cette maladie se guérit par le con- 
tact du Stratiotes aloïdes , Linn. 

Dans TAnguille et dans le Congre , Tethmolde reste 
toujours à l'état cartilagineux , et disparait quand les 
squelettes sont trop macérés. 



( MS ) 

téeê pécheurs , dit Cavier, reconnaissent quatre Aortes 
d'AngoUles commanes , qu'ils prétendent former autant 
d'espèces, mais que les auteurs confondent sous le non^ 
de Murena angmila, Linn. 

V anguille vetTÙaux , que Guvier croit la plus com- 
mu&e. 

VjinguiUe à long bec, dont le museau est plus 
comprimé et fdus pointu. . 

VjingmUe plat bec, grig^eel des Anglais i le museau 
p | q sm>hti et plus obtus ; rœil plus petit. 

VÂnguiUô pùnpemaux , gbu^eel des Anglais ; mu- 
seau |du8 court à prcqportion , yeux plus grands qu'aux 
autres sortes. 

CuTier,^^. animal, éd. ^^lom. a, p. 3499(1)» 
ATOÎt promis une description comparative et des figures 
exactes dans sa grande histoire des poissons ; mais . la 
mgrt Ta empêché de tenir sa promesse. 

m Le^^n^eurs de la Sai^e , dans les environs de 
« Pèntainer, distinguent deux espèces d'Anguilles ^ 
« kl blanche. et la grise rougeàtre. » Noie de M. 
BMaiUe. 

Les pêcheurs de la Saâne, dans les environs de 
SpQvre , distinguent quatre espèces d'Anguilles , l'ar- 
g^née sous le ventre , la jaune, la brune et la longue 
iioire. iVofe de M. Baudot. 

r Ia diflfêrence de couleur n'est pas on caractère suffi- 
Mit pour constituer des espèces; aussi je r^jarde 
Qpoime de amples variétés les Anguilles blanche et 
grise ro^seàti:?. 

Les Anguilles sont sujettes à plusieurs vers intesti- 
naux. 

i. Ascaris anguUlœ, Bedi , Gmel. , p. 3o35, 9. 60 j 
c'est on JUorhjrnchus^ 



( 494 ) 

" Zeder et Rudolphi ont vu dans Pestomac de VÀh^ 
gniUe le Liorhynque de l'Anguille. lÀorhyrtchus dend" 
aulatus, Rud. , Dict. Se. nat. , tom. 5j, p. 548. 

Ne serait-ce pas Y Ascaris anguUlœ vue par Redit^ 
' SI. Echinorhynchus anguUlœ, M uU. , Gmel. , p. 'io^6j 
sp. 21, Encyclop. méthod. , vers, tom. 2, p. 3049 
&p. 11. 

3. CucuUanus lacustrisy Mul. , Gmel., p. 3o5l , ^. 6, 
il. Vivipare suivant Leuwenoeck. 

4* Fascîola anguUlœ, Leuw. , Gmel. , p. 3o56, s^ 
22, Ency. méth. , vers, tom. 2, p. 261 , sp. 17. 

5. Tœma Tiodulosa, Gpeze, Gmel. , p. 8072, sp. 5o* 
Triœnophore noduleux, Ency. , vers, tom. 2, p. 753, 
Pict. Se. nat. , tom. lv, p. i85, atlas, pi. 489 fig* 3. 

6. Tœma anguUlœ , Ratsch^, Gmel. , p. 3078, ip, 
74* Rhytelndnthu$ anguiUœ, nduv. Dict. d^Hist. nat«| 
éd. 2, tom. 29 , p. 285; Botriocephalus dat^iceps, Enc^V 
"^rs, tom. 2, p. 145, sp. 3. IMct. Se. nat.^ tom. S7, 
p. 610 j tom. 5 , suppl. sy p. 47* 

• La peau d'Anguille, ooupée en lanières, est employée 
par certains paysans pour attacher leurs fléaux , parce 
qu'elle a plus de ténacité que le meilleur cUir. l<a peau 
d'Anguille est souple et transparente ; les Tartares dee 
confins de b Chine s^en servent au lieu de vitres à leurs 
fenêtres. 

Il y a une cinquantaine d'années, lorsque la mede 
existait de porter les cheveux longs , soit roulés d^ns ml 
Fuban , soit renfennés <ians une bourse de soie ,' on atCar 
chait les cheveux près de la tête ave(yiine4aii(ière dé 
peau d^ Anguille , pour les feire grandir , disaient les 
perruquiers. 

(f On voit quelquefois de jeunes Anguilles, dit Bloch , 
pari. m ^ p. 6, sortir du derrière des Cîcognes et des 



( m > 

Hérons qui les ont avaloes ' j j'ai été, Qo^^^ue^^-ily. 
témoin d^un &it analogue : on avait mis, pap. plaiaant^«' 
rie une Loche de marais , Cobitis fossUis , Lin. , dans la 
gueule d^une chèvre; cettç Loche s'était inuroduîte 
dans les boyaux à force de se démener , et eoj^ copu.la 
vit sortir par Tanus. » 

Bloch,^a/t. m, p. 6, ngte (y). 

Bloch ne dit pas si les Anguilles et le Misgurn dont 
il parle, ont été rendus vivans.; je ne le crois, pus, cela 
serait en effet une exception bien extraordinaire aux 
expériences de M. Flourens, consignées dans lesuinnales 

I «e L'Bstargeon arale l'Anguille tout entièi'e , et souyent 
sans la blesser; dans ce dernier cas, il arrire que déliée, 
YÎsqnente et flexible, elle parconrt tontes les sinuosités du 
canal intestinal , sort par leur anus , et se dérobe par Une 
prompte natation , à une QOUTeUe poursuite. Il n'est per« 
•onne qui n'ait ?u un lombric ayiilérpar dçs çani^rds, sortir 
de même des intestins de cet pisi^an , ^opt il arait auÎTi^ 
tous les replis. » Lacép^de^ JSi^t» paL ^9 Pq^» p tom* 3^^ 
p. 3o9|3io. 

Est-ce réellement le lombric avalé par le canard qui çst 
rendu? ne serait-ce pas plutôt Y ascaris anatis? 

Suivant Booçler, les maquignons introduisent une Aa- 
gùille dans Tanus des cbevaùx pour les rendre plus Tiff, et 
les faire paraître plus gras. Quelques Tétérinairés font araler 
aux cheraux poussifs, uiîe Anguille qui traverse leur canal 
tlimenlaire sans périr. Gesnèr dit avoir connu une per- 
Mmno qui rendit entière une AngniHe qu^-elle avait aralée. 
L'essaiera qui voudra. Suivant tfuslqiies ornithologistes on 
fit avalée jusqu^à neuf fois la même- Anguille à an plongeon 
qui la rendit oatiére chaque fbtf h ' 

J'en appelle toujours aux expériences de M* Flourens y 
qui subiraient alors une exception bien aingulière» 



(fW) 
dès Sdeneès naturelles 1882 , iom. 27, p. 53, et dans 
les Mémoires de tinstiud, i833, fom. xn, p. 483, 
'5ba, 53i. * 

L^orifice antérieur des narines de rAnguille a sei 
YJbtàn tdbuleux. 

L'enveloppe générale du corps de ce poisson offre 
des écailles petites , minces et comme noyées sous un 
épiderme. épais. 

• Avûit de quitter Flnstoire de PAnguilIe, je dois 
rapp^er celle retirée du puits de la maison de dételtr 
tion de Beaiîlieu €ui mois de juUlet i83\, et dont 
M . Eudes des Longchamps a donné Thistoire et la figure 
dans les Mémoires de la Société Luméenne de Normanr 

die, i833 ,, p. 47 ? P^- 4 > %• 4*'"^* 

Cette Anguille était remarquable par le dévek^pe* 
ment extraordinaire de ses yeux , dont les (urbites }4u8 
agrandis déformaient la tête. Cette monstruosité dépen- 
dàit-elle de la profondetur du puits dans lequd Vivait 
cette Anguille, ou étailnélle congéniale ? C'est sur quoi 
l'auteur n'osé se prononcer ; il se contente seulement 
de faire observer que la Carpe commune , et le Cyprin 
doré de la Chine , ont qûeilquefois montré un dévelop"* 
pement extraordinaire des yeux. 

La faculté dont Jouit TAnguille de yivre hors de Peau, 
pendant quatre, et même cinq jours , surtout lorsque le 
vent du nord souffle , me. fait penser qu'une d'elles , 
échappée de la petite rivière de l'Odon , éloignée d'un 
bon quart de liôue , aura gagné la maison de détenfkm 
de B^iuliâu^^elâera tpmlsfeéedans le puits. "/• 

j Dans.la :8éance de rAoadémie- des sciences ( la octo- 
bre i835 ) , M. Arago a montré des Anguilles de diverses 
grosseurs , prises dans un^fteuve souterrain. Des poissons 
de même e^pèbe ^^frùWQttûi jd'un puits artésien creusé 



(m) 

à Elbeof ,ont été aivoyét à rAcadémiepar M. Girardiii« 
professenr de chimie à Bouen. jict* lànn., Budigal., 
i836, foui, a, p, 199. 

n* série. Poiwons GAUTiULoiirEux ou Chohb&opté&t- 
GiEifs , ou , pour parler plus exactement , à Péhioste 
GWBxnSf Cuif. > HisU nat. , Poissons , tom. 1 , p. 553. 

Ces poissons manquent des os maxillaires et inter- 
maxillaires, ou plutôt, ils ne les ont qu^en vestiges 
cachés sous la peau , tandis que leurs fonctions sont 
remplies par les os analogues aux palatins , et même 
quelquefois par le vomer. 

Le squelette de ces poissons est essentiellement carti- 
lagineux *, la matière calcaire s'y dépose par petits 
grains et non par filets. 

La substance gélatineuse , qui , dans les autres pois* 
sons, remplit les intervalles des vertèbres et communique 
seulement de Tun à Tautre par un petit trou , forme 
dans plusieurs Ghondroptérygiens , une corde qui enfile 
tous les corps des vertèbres sans presque varier de 
diamètre. 

h* ordre des GHOimROPTéRTGiBNs , ou TII* ordre ^ delà 

classe des poissons. 

SnmoxnExrs ou GHOHDROPTÉnTGiEif s à branchies libres. 

' Les ouies n^offrent qu^un seul orifice très-ouvert et 
gpmi d^un opercule , mais sans rayons à la membrane 
Iri&nchiale. 

' Les V* et YI* ordres , les Lophobranches et les Plec- 
iagMihes, ne renferment que des poissons marins, étrangers 
à notre département et aux eanx douces de la France. 



( 298 ) 
Genre. Estubgeok. Acipenser, Linn. 

Bouche placée sous le museau , petite et dénuée de 
dents; corps plus ou moins garni d^écussons osseux , 
implantés sur la peau en rangées longitudinales. ' 

Bloch, Ichthyologie , part, m y p* 78. 

XXXVIII. L'Esturgeon ordinaire. Acipenser sturio, 
Linn. y Gmel., Se. naU, édit. xiii, p. i483 , sp. i. 

Bloch, Ichthyologie , part, m , p. 80 y pi. lxszviii. 
Buhainçl , Pêches , 2* part., sect, tue , p a20 , pi, z et ii. 
Lacépède , Hlst. nat. Poiss,, tom, a , p. 257. 
Nouv. £>ict, d'Hist. nat., édit. 2, tom. i, p» i5o. Acipenaor 
Esturgeon, tom. z, p. 479. Esturgeon. 
£)ict des Se. nat., tom. xv, p, 371. Atlas ,ichthyoL, pi. 10. 
J. Hermaun, Observât, zoologicœ , p. 294. 
Geoffr., Mat. médic.,in-\** y tom. 3, p. 187. 

Ce poisson est connu depuis longtemps : Jçs Anciens 
Font signalé ; dans le Moyen- Age , Albèrt-le-Grand , 
Opéra, tom. vi, p. 669, et Vincent de Bteauvais / 
Spéculum natur,, tom. 1, lih. xvii, cap. xcv, ont parlé 
de TEsturgeon. 

Rondelet , de Piscibus flu^iatilib. lib,, cap. vi , 
p. 173 , Da. Attila^ donne une n;iauvaise figure de 
l'Esturgeon. 

L^Eslurgeon ordinaire se reconnaît aux écussons forts 
et épineux disposés sur cinq rangs. 

Ces écussons sont de véritable$ éicâilles dont la forme 
et la grosseur ei^fqnt de vrais boucliers. 

Il remonte les fleuves à Pépoque du frai : il fréquente 
la Loire , le Rhône ; ainsi il n'est point surprenant qu'on 
en prenne quelquefois dans nos environs. 

Il y a une trentaine d'années , à l'époque des Aloses^ 
un Esturgeon a:été pris dans le Doobs. M. Moreau ^ 



( 899 ) 

président du Gomicé central d^Agricnhare , de Dijon , 
qni Ta vu , m*a dit qu^il avait environ hait pieds de 
longaeur. Ge poisson suivant des bateaux de sel , avait 
remonté le Bhâne , la Saône , et s^était engagé dans la 
rivière du Doubs ' . A peu près à la même époque 
un autre Esturgeon a été pris à Lyon , près de Tem- 
bouchure de la Saône. Sa chair est assez semblable à 
celle du veau. 

L'Esturgeon peut avec sa mâchoire supérieure fouiller 
dans la bourbe et le sable , et faire passer dans sa gueule 
les poissons et les vers quUl y trouve. Il se nourrit de 
Harengs , de Maquereaux et de Gades ; engagé dans 
les fleuves , il attaque les Saumons ; sa chair est grasse 
et de bon goût, sa laite est surtout fort délicate^ ce 
poisson fraie au printemps, c'est«a-dire en avril et en 
mai. Ses. œufs sont de la grosseur d'un grain de chêne vis. 

L'épine dorsale de PEsturgeon consiste en un car* 
tilage homogène et demi-transparent-, mais beaucoup des 
os de sa tête et de son épaule ont au moins une lame 
de leur sur&ce, complètement durcie et ossifiée. 

On compte 2,8 vertèbres. 

En partie, dans l'Esturgeon le trou de communica- 
tion des vertèbres est si large que les corps des vertèbres 
peuvent être considérés comme des anneaux , et que le 
cordon qui les enfile n'a point d'inégalités dans son dia- 
mètre. 

n se forme dansTrés reins de l'Esturgeon commun , 
et dans ceux du Hausen , une production calculeuse 
rayonnée du centrera la circonférence ; le peuple Russe 

' n aurait pu totit aussi Lien remonter la SaAne plus 
kautf et se laisser prendre dans la partie de cette rivière 
quitraTerse notre département. 



( 300 ) 

lui attribtie des vertus merveilleuses. BuUei. Féruss., 
18309 Se. nat.y lom. xxni, p. i3i. 

Oa trouve quelquefoisdaas les intestins de rEsturgecm : 

i"* VEcfunoFynchus.sturioms, Goèze, Gmel. , p. 
SoSoj sp. 48. 

%• VOpfÙQSiome de t Esturgeon , Dict. Se. nat., 
tom. 57, p. 540 , pi. 3o , fig. 7* . 

3i^ Le MonostomafoUaceum, Dict. Se. nat., tom* 57, 
p. 582. 

4"* Sur les branchies et les opercules de ce poisson vit 
hi^Nitfschie élégante, Dict. Se* nat., tom. 5y , p. $68. 

yni* ordre des Poissons. Il* ordre des GinTiLiGurscx. 
CBONDROPTiRiGiENS à brauchies fixes. 

Dans ces poissons, les branchies sont attachées à la 
peau par leur bord extérieur ; en sorte que Vèmx ne 
isort de leurs intervalles que par des trous de la sÂïr&ice. 

1'* femille. SELiaENs. 

Elle comprend les Squales ; la peau de plusieurs f en^ 
tr'eux est employée dans les arts pour polir : et les 
Raies, dont la Bouclée et la Ronce se trouvent sur hos 
marchés et se voient fréquemment pendues aux crochets 
de nos restaurateurs. 

2* famille. Suceurs. 

Les poissons de cette iamiUc n'ont ni pectorales ni 
ventrales \ leurs parties dures n^^ consbtent qu'en un 
cartilage homogène et demi-tcansparent^ leur corps, 
alongé, se termine en avant par une lèvre charnue, 
circulaire ou demi-circuljaire \ et Panneau cartilag[in6ux 
qui suj^rte cette lèvre , résulte de la soudure des pa« 
latins et des mandibulairea. ^ 



( 8M ) 

Le corps de tontes les vértèbtes^ est traversé par un 
seul cordon tendineux , rempli intérienrement d*une 
substance mucilagineuse ( corde ) qui n^ëprouve point 
d'étranglemens , et qui les réduit à la condition d'an- 
neaux cartilagineux à peine distincts les una des autres. 

Cette corde ne constitue pas Tépine; elle représente 
seulement les cartilages intervertébraux. AcU Paris. , 
1821, i8a6, tom. v, Hist. , p. 188. Cuvier, Progrès 
des Se* nat., i834 9 tom. 4 9 P* ^^9 ^3. 

Genre Lamfeotx* Dict* Se. nat., tom. 89, p. 3i2. 
Petromyzon '• 

L^enveloppe générale du corps ne parait rien offrir 
qui ressemble à des écailles. 

: Canutères génériques : Sept ouvertures branchiales 
de chaque câté \ la peau se relève au-dessus et au-des- 
sous de la queue , en une arête ou plutôt en une crête 
longitudinale qui tient lieu de nageoires , mais où les 
rayons ne s^aperçoivent que comme des fibres à peine 



Les deux narines de la Lamproie scmt rapprochées sur 
k sommet de la tête , et s^ouvrent par une petite ouver* 
tare commune. 

• 

XXXIX. La grande Lamp&oib , Lamproie marbrée ^ 
Lamproie marine, Petromyzon marinus, Linn«, Gmd.^ 
Se. nat., xin, p. i5i3, sp. 1. 

' Moch y IchtkyologU , part, ttty p- ^i^pl- lzxtu. 
Boanaterre, Tableau £ncycl. , ichthyol. , tab, i^fig* i. 

* ' - 

• De mf%, pierre, et ^vj.,, je suce; traduction grecque 
it peints lambere, d'où lamhenB petra9^ parce que ce pois- 
son adhère aux pierres , par sa bouclie. 



( 802 ) 

Lacépèdei HUt. naL Poissons, tom, i, ^. 3» 

Rondelet, de Piscib. maria, , lib, xiv, cap. m. De Lampeirl. 

Gesner, Ue Jtquatil,, p. 697. Lampetra ' major fluriatilis. 

AldroYandi , de Piscib, , p, 533. Lampetra major. 
. J. Hennaiiny Observât. %oelog.,p, 290. 

AUbert-le-Grand : Tertium (îiampetne gênas } est magnom ad spis- 
ntaduiem krachii homiuis , et ad longitudinem cnlxiti yei ampliosy 
et non^ habet oculos. Gesner, de ^quatilib. , p, 702 , lin, 3o. 

Getner n*a pas remanpié qa*Albert-le-Graad co^fonciait b Lam- 
proie avec i'Ângoiiley qui effectiTement n*a point d'eTens Çoculùs) 
latéraux. 

Au sarplas , Gesner , de AqumHUb,, p, 698 , parait confondre I^ 
Lamproie , la Lotte , le Mal , FAnguille. etc. 

Jfouv. Dict. t^kist, nat., édit, 2, tom, sS, jy. ^35. PetromjKon 
Lamproie. 

Dict. des Se, nat., tom, Sç, p. 3 18. La grande Lamproie. Atlas ^ 
IchthyoL, pi, 17. 

Le dos d^iin vert brunâtre où jaunâtre , marbré <fe 
brun ; corps anguilliforme , uni , couvert d'une mucosité 
gluante \ deux nageoires dorsales bien distinctes et d'une 
couleur orangée pâle ; corps long de deux à trois pieds ^ 
marbré de brun sur un fond jaunâtre; la prem^ré 
dorsale bien distincte de la seconde ; detix grosses dents 
rapprochées au haut de Panneau maxillaire \ les dents 
nombretises, pyramidales, disposées en cercle dans la 
cavité de la bouche , sont des caractères sufiisans pour 
distinguer ce poisson de ses congénères. 

La Lamproie marine remonte les rivières au prin- 
temps , à répoque du Irai , aux mois de mars , avril et 
mai , suivant Bloch ; lorsqu'elle commence à s^engagef 
dans Fembouchure des fleuves , son squelette est géla- 
tineux ou à peine visible ; plus tard il s'épaissit; c'est 

' Lampetra mustela dicîtur, nam nt gale, ( >«x?, id est 
mnstela ) , serpentes perseqnîtar. Gesner, de dquaiUibtts^ 
/>. 700, Uuf 52. Gesner atlribne à la Lamproie une habitude 
de rAngoille et de iâ Lotte. -^' 



ce qaè fe Vo%tfirfe appelle la Carde, et il se durcit à la 
fio de là «biMi. Aussi , ce poisson , qoi atteint la taiUe 
de «ketà à cinq pieds^ a la chair très-délicate, surtout 
lorsqu'il y a peu de temps qu'il a quitté la mer. C'est 
nn manger très^stimé. 

Tons les ans 9 le jour de la St. Thomas d'Acquin, an 
Duc de Bourgogne régalait son confesseur avec une 
Lamproie ; et s'il n'était pas possible de se procurer un 
poisson de cette espèce, il lui faisait donner , en dédom- 
magement , une certaine somme. 

Cette anecdote étant relative à notre département , 
je rapporte la pièce originale qui la constate : 

JEiai des Officiers et Domestiques de Jzàjs , Duc de 

Bourgogne. 

Confesseur : 

Frère Jean MA&cHAirr , Evéque de Bethléem. 

M. le Duc donna è M. de Bethléem, son confesseur , 
irois francs , le quatre mars , pour et en récompensatioa 
de la Lamproie saint Thomas d'Acquin (tombant le 
7 mars) , dont on ne peut finer (trouver) à Provins où 
il étoit , laquelle ledit confesseur a accoustumé d^avoir 
tous les ans. Compte de Jean de Noident, commençant 
le i*'jamner 1418 ^finissant le dernier juin i4' 9« 

Voyez Mémoires pour sentir à (histoire de France et 
de Bourgogne , par M. de la Barre, Paris, in-4% 1729^ 
tom. 2 , p. 92. 

Ces Hémoires ont été recueillis par Dom des Salles , 
Bénédictin , et mis au jour par de la Barre. L^exemplaire 
de la Bibliothèque du Roi l'attribue àN. de Bois-Morel, 
religieux de St. -Bénigne de Dijon , qui se fit protestant. 
Voy. tiarbier, Dict. des Ous^rages anonymes, a* édit., 
i8i3, tom. 2y p, 393, w® 11713. 



/ 



(804) 

Les dttails cootenius dans la pièce cfoe je tiens de 
dler y sont bien plas exacts que ceux conaJU^nés dans le 
JHct» des Se. nat., iom. Sç , p. 322 , et reprodniHiJk? la 
manière suivante; : 

« Le confesseur de Philippe-le-Hardi était un domi- 
nicain , qui , d'après deux bulles d^Urbain Y , pouvait 
te dispenser du jeûne et de Tabstinence de la cbair. On 
donnait à ce confesseur une Lamproie , le jour de la 
St. Tbomas d*Aoquin , ou 4^ sok s'il ne s^en trouvait 
pas. » n avait boiKhe à la Cour et loo livres de pension, 
assignées sur la terre d'Arconcey. France Uuér. , i836, 
fom. 24, p* 128. 

Les Ducs de Bourgogne, Philippe-le-Hardi et ensuite 
lean-sans-Peur , envoyaient chaque année, le 17 jan- 
vier, une oflErande aux Antonins (religieux de saint 
Antoine) de Norges près Dijon , Abnanach de la pro- 
innce, 17779 p* 2i5 , et cette offrande consistait en au- 
tant de porcs gras qu'il y avait de princes et de 
princesses dans leur maison. Philippe -le -Hardi en 
donna neuf en 1896. France littéraire , i836, tom. 24, 
pp. 128, 129. 

M. Pataille , à Toccasion de la Lamproie , me transmet 
les renseignemens suivans , qu'il tenait d*un excellent 
pécheur d'Heuilley : « La Lamproie , en quittant la mer 
« pour se rendre dans nos rivières, n'est point arrêtée 
« par les écluses \ lorsqu'elle se trouve barrée par une 
<( portière , d'après la conformation de sa bouche et de 
« ses dents , elle s'attache fortement à la portière , &it 
(( un mouvement de la queue qui la jette et la lance 
c( plus haut , où elle s'attache de nouveau , et ainsi de 
u suite, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à franchir la 
c( barrière qui l'arrêtait. Quelquefois même elle s'at* 
« tache ainsi après les bateaux , oii elle est si fortement 



( 305 ) 
t fixée, qtfon ne peut Ten arracher. » Lettre du 
Ad 0Oûi i836. 

La Lamproie peut perdre de très-grandes portions de 
son corps , sans être pour cela privée de la vie. 

La Lamproie se nourrit de substances animales mortes 
ou vivantes ; fieiisant sa proie de petits poissons , elle 
devient elle-même celle des Brochets et d'autres poissons 
voraces , ainsi que des Loutres, aux poursuites desquels 
elle échappe par la fuite ou par une retraite dans 
quelque réduit obscur et étroit. Elle atteint une grosseur 
considérable \ celle décrite par Bloch avait trois pieds 
de long et pesait trois livres ; quelquefois elle pèse de 
quatre à six livres , et est grosse comme le bras. 

Peut-être est-ce à cause du bon goût de ce poisson , 
que la ville de Glocester est dans Tusage de faire tous 
les ans présent au roi d'Angleterre, d'un pâté do 
Lamproie , aux fêtes de Noël ; Bloch , part, m , p. 32 ; 
et comme elles sont très-rares dans cette saison , on 
donne quelquefois jusqu^à une guinée pour une seule 
Lamproie. 

L^ovaire de ce poisson consiste en petits disques , ou 
plaques très-minces , attachées en arrière le long de 
ré[nne du dot, à un vaisseau comme un lacet ; les œufs 
sont de couleur d'orange et de la grosseur de grains de 
pavot. 

Thom. Bartholin donne, dans la centurie Y, une 
note de Bhodius sur la couleur tantôt rouge, tantôt 
verte du foie de la Lamproie. Guvier , Histoire natur. 
des Poissons, iom. i, p. 68. 

Les dents de la Lamproie sont des cornets minces 
moulés SOT des germes assez charnus -, il y en a sur les 
lèvres, sur les mâchoires et sur la langue, de formes 
et de directions différentes , sur lesquelles Guvier pro- 



( 306 ) 

mettait , Hisi. mO. des Poissons, tom. i , p* 49^ > M 
revenir. La mort de ce savant nous privera de tous les 
détails qu*oQ attendait de lui. 

On trouve dans la Lamproie XeMonosloma temUcoUis, 
Dict. Se. nat., tom. 67 , p. 58a. 

XL. La Satoillc. Peiromyzon branchiaUs. Linn. , 
Gmel. , S. N. , éd. xiu, tom. 1 , p. i5i5 , sp. 3. 



Bloch y Ichik» , part, m 9 p* 37 , pi. lxviii , flg. a. Le Lamprillon. 

Bonnaterre, Tabl, Encyclop, , Ichtyologie , pi, if fig* 3 (i). 

liscépède , Hist, nat, des Poiss., tom, ly p. 34* 

J. Hermano , Obsetv, zoolog, , p, 391. 

Jf. D, d'Blst, n, , éd, a , t, a5 , p. 4^6. Peiromyzon Lamprojon. 

Bondeiel, de Piscihus flutdatU, liber , cap, nxir^ p, aoa. 

Meyer f Représent,, tom, a y pi, 97. Die N eûnaofe. 

< 

Ce poisson , qui se tient dans la vase des ruisseaux, a 
beaucoup des habitudes des vers auxquels il ressemble 
tant par sa forme \ il est connu depuis long*-temps sous 
les noms de Chatouille, Chatoille, Chatillon, CUvdle, 
Lamprillon, Lamprojyon, etc. 

Albert-le-6rand le signale par ces mots : unum p«r- 
vum generis Danubio quasi calami quantitatem et palmi 
longitudine non excedens. Gesner j p. jo%y Un. at8. 

Gesner , de AquaûL , p. 706 , dit que le nom de 
'ChaioiUe a été donné à ce poisson , parce que renfermé 
dans la main, il y produit , par ses mouvemeos^ une 
sorte de chatouillement particulier. 

Cresner s*est trompé dans cette explication : les qoqis 
de Saioille, Satouille, Chatoille, Chatillon, dérivent 
tous par corruption de celui Sept œil, Sept-em ocnU, 
donné originairement à ce poisson , à cause de ses $1^ 
ouvertures branchiales de chaque côté. 

Les Allemands le désignaient sous le nom de iVisu* 



(307) 
npi^en, Nmmaugen ■ enneopklhabtmt , à cause, dit 
Gesoer , des sept oaTertures branchiales et des deux 
yem, de j/ifâotU. , p. 740 , lin. 60 , p. laSi , laSa. Il 
"valait mieux dire, à cause de sept ouvertures bran- 
chiales, de celle de Tcnl, et de celle de la narine, 
aboutissant à un soupirail commun ^ . 

* Flemmiag , dans son Traité sur la pêche , a fait repré* 
senter, pi. L, ce poisson | ayec neuf onrertnres de chaque 
côté. 

Si , comme on le dit dans le Dict. des Se, nat,, tom* 34$ 
p, 49^ 9 1^ >aot Neunaage est un des noms allenuinds da 
Misgun fossile ^ CobiUsJossUis , Linn., c^est par suite d'une 
erreur dépendant de la confusion faite par les anciens 
ickthyologistes, qui ont rangé , sous le titre Mustela, tous 
les poissons angttilliformes, c'est-à-dire, à corps alongé et 
cjlindroUe, on cylindrique. 

A Tarticle Lote nous avons déjà signalé Tabns du mémo 
nom donné à difFérens poissons. ^ 

a 'Block , et Bonnaterre son copiste , pour faire ressortir 
Feront de l'Ammocète Lamproyon , ont représenté un jet 
d'eau sortant de cette partie, ainsi que Tarait déjà fait 
Rondelet. 

En parlant du Pefromyzon Pricka , Bosc , Nom. Dict* 
d*hist. nat., édit* a ^ tom» 7.S ^ p. 436 , dit : ce Dnmëril en 
«e a fait un genre , sous le nom d'Âmmocète. as 

Cet article prouve la négligence avec laquelle Bosc tra- 
vaillait, même sur les objets les plus communs. Dans le cas 
présent il a confondu la Pricka , ou Lamproie de rivière , que 
M. Duméril laisse dans le genre Petromyzortp avec le Lam- 
prillon, dont il a fait effectivement le genre Ammocète* 
1 Le rédacteur de l'article Lamproie, Z>/c/./7/7A)r. d^hist. 
nai. i^ i836 , tom, 4 ) P* 34o 9 regarde , mais à tort^ la petite 
lamproie, Pfitro/nyzon planeri , comme étant hiSatoille. 



^ 



( 3eé ) 

On Conçoit facilement lé seiiis de Lamprojrôn , Lam^^ 
prillony diminutif du mot Lamproie. 

Le nom de Civelle vient de Cweide, avoine, parce 
que les Ammocœtes se mangpent en masse , comme les 
chevaux mangent l'avoine. Cette explication 'est <lonnée 
par Sachs Gammarol. P. 97 , à Foccasion de la Civade 
(^crangon vulgaire) ; e garumna, dit-4l, copiosc extra* 
hunt et pusiliatim dévorant , sicut avenam veterinae. 

Ce petit poisson long de six à huit pouces , gros comme 
un fort tuyau de plume , a été accusé à tort de sucer 
les branchies des poissons ^ . 

Le corps est cylindrique , annelé, pointu aux deux 
extrémités; la bouche est dépourvue de dents; et par 
en bas, le bord en est coupé des deux cotés. 

Gesner en a parlé sous les titres : Minimœ lampredœ 
icon, p. 706; Mustela sive Lampetra minor BellonU, 
p, 696; Murœnœ genus v^alde parvum in Danubio 
quasi calami quantitatem et palmi hngitudirte non exee* 
dens y p. 702; Lumbricus aquaticus , die Neiîneugen, 
p. 703. 

Aldro vandi, d!ePÎ5ciJ., p. 58i, de Lampetra^uinadU* 

Duhamel , Traité général des pêches , toni. i , sect, i, 
p. 3o , se contente de dire : a la Chatouille est une espèce 
ce de petite Lamproye , grosse seulement comme un 
« tuyau de plume à écrire et qui se trouve dans la vase} 
« c'est un excellent appât. » 

Ce poisson est fort bon à manger en friture ; mais il 
est repoussé par beaucoup de personnes , à cause de 
sa ressemblance avec un Lombric. 

< Oo l'a accusé de sucer les branchies des poissons^ peut- 
être parce qu'on le confondait avec le Petrotnyzonplaneri, 
CuTÎer , Règn. unim., édit. 9 , tom, 2 , p. 406. 



( 300 } 

. Bonddet d&igae.ce pflMoo sous le nom. de Lam-^ 
projon, de ChatUlon, Lamprillon, et le caractérise par la 
phra^ suivante : jiliœ ( Lampetne) , x^ermibus terres^ 
tribut, crassioribus €Lssimilantur. Lampetra parva, et 
fluviatilis. 

Dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, tom. 2 , 
supplément, p. i5, n'' a, la SatoUle est décrite sous le 
nom à^Ammocaste lamprojon ; elle diffère des Pélro- 
myzons^ parce que sa bouche est dépourvue de dents.' 

Le nom d'Ammocœte vient du grec «/«ftt« ( sable ) , 
et ntîTK (lit), parce que Tanimal vit ordinairement 
dans le sable, où il se tient habituellement. 

Mon confrère M. le docteur Bourrée, médecin à Châ- 
tillon, dit ce poisson très commun dans toutes les rivières 
du Châtillonnais , où Ton s'en sert pour faire des appâts 
pour pécher F Anguille. 

Un autre confrère, M. leD. Andriot, médecin à Fon- 
taine-Française, auquel j'avais écrit pour obtenir le 
nom des poissons de la Yingeanne , me dit dans sa ré- 
ponse très obligeante : « Dans mon jeune âge j'y (dans 
« la Venelle) ai souvent pris , surtout dans les fossés qui 
« avoisinent la rivière , une espèce de petite Anguille 
.« jaune qu^on appelle Satouille dans le pays. » 

Ces détails suffisent pour faire reconnaître VAmmo^ 
Costa .lamprayon, désigné sous le nom de Branchiale 
^àa!OA.VEncYcL méthod., Hist. naU, tom. 3, Poissons. 

Tontes les parties qui devraient constituer le squelette 
àeUiSaiÊoUle, sont tellement molles et membraneuses ' , 

> Les Ammocètes n^ont pins de squelette ; toat leur ap- 
pareil musculaire n^a que de^ appuis tendineux ou membra- 
neux. Cuyier , Jlist. nat, des Poissons, tom, 1 , p. 568. 

D'autres poissons présentent une structure aussi singu- 



-:â^ 



(310) 

qu^on pourrait considérer ce poisson comme n'ayant 
point d'os du tout. 

L^ouverture de la bouche, mince et accompagnée 
de deux lobes , est garnie d*une rangée de ]^tits 
barbillons branchus *, sa lèvre charnue n'est que 
demi-circulaire, et ne couvre que le dessus de Ift bou- 
che ; aussi F Ammocète , dont la forme générale et les 
trous extérieurs des branchies sont les mêmes que 
dans les Lamproies, ne peut-il se fixer comme lesr Lam- 
)>roies proprement dites, et lorsqu'on l'accusait de 
sucer les branchies des poissons , cette assertion venait 
de ce qu'on la confondait avec le Petromjzon Planeri. 

Nageoires à peine visibles. Les dorsales sont unies 
entre elles et à la caudale , en forme de replis bas et 
sinueux. 

liére; outre le Myxine glutinosa , Linn. ^ Gasiroh.ranchus 
cœcuSf Bloch ^ les Trachyptères et les Gymnètres en offrent 
une analogue . 

ce Leur squelette , quoique fibreux , est y dans toutes ses 
parties , tendre comme celui du Cycloptère ; les os de la tête 
ont à peine pliis de consistance que du carton fouillé \ lés 
vertèbres tiennent si peu enseiiible , que le corps se brise dé 
lui-même par les efforts du poisson ^iyant | comme celui de 
rOrvet ou de POphisaure, ou comme lia queue du lésard* 
Ses longs rayons , dans le premier Age surtout , se romqpent 
comme des fils de verre \ la chair est si molle , qiu^eUt se dé- 
compose en quelques heures, et que même data*l^eB{^t 
de vin le corps se conserve difficilement entier. 39 Cuvier^ 
Hist. naU des Poissons , tom, x , p. 325, 



CHIRURGIE. 



RAPPORT 

FAIT AV VOX D^ITHE COMMU6IOH COMFOSéS DE XX. SiXGtlEêf 

SEZré BT PINGEON, 

SUR tTN BRATËR PERFECTIONNÉ , 

yftilSATé FAft M. BOISAKT , CBlUUliaiBV-DBKTUTB-'aSllVlAtlf' 
DU COLLiaS XOTAL'BT DSS P&lffOVS DB DUOV» 



On a fidt de nombreuses tentatives ponr perfectionner 
le brayer , et le rendre plus propre à remplir les indica* 
tbns offertes par les bemies ; mais toutes les modifica«« 
tions tentées par k science ou signalées avec grand bmit 
par le cbarlatanisme, n^ont pas jusqu'à ce jour rempli 
le but qui les a fidt proposer; le praticien est toujours 
oUigé de revenir an brayer ordinaire , et ces déceptions 
continuelles lui font accueillir avec défiiveur toutes 
its corrections proposées comme un perfectionnement. 

Telles sont les préventions sous Tinfluence desquelles 
nous nous sommes livrés à Texamen des principes et des 
observations qui ont conduit M. Borsary, cbirurgien-» 
deatiste-bemiaire du GoUége royal et des Prisons de 
Dijon , à modifier un instrument généralement r^rdé 
tsomme approcbant delà perfe^stion ; et i^us n'étions pas 
«uis qœkpies craintes relativement à la' valeur de Ml 
modifications; mab, nous devons le dire à la louange dé 
M. Borsary , notre examen lui a été plus favorable que 
nous n^osions Tiespérer. 

En eflet , aucun bandage -n'a offisrt jusquMci les 
mêmes avantages , savoir la mobilité de la peiotte dans 
tous les sens , et la solidité du porte-pelotte« Ici , Técus^. 



o« ) 

son est mobile ou immobile à la volonté du malade ; il se 
meut de droite à gauche et de gauche à droite , selon le 
besoin , à Taide d'une vis de pression goudronnée ; upe 
ouverture longitudinale pratiquée à la plaque du porte- 
pelotte , donne passage à deux boutons fixés sur la plaque 
de la pelotte qui peut s'élever ou descendre à volonté , 
et qui est maintenue au point convenable par une cré- 
maillère d^itel^e , ce qui permet au malade de chan- 
ger fiicilement et à volonté la pelotte , et de la diriger 
dans le sens le plus désirable. 

Ce mécanisme si simple mérite d'autant plus les 
éloges , qu'il permet à la pelotte du brayer, d'agir (dus 
directement sur l'ouverture herniaire , d'en circonscrire 
plus rigoureusement les i dimensions, et de multipUcir 
son application à tous les- cas , sans rien pter à la soUdilé 
du bandage; oes perfectionnemens. paraîtront encore 
avoir plus de valeur » nous ajoutons que le prix de œ 
brayer ne dépassera pas celui de l'ancien , et que dès- 
lors il restera à la portée de toutes les fortune^. 

M. Borsary a donc fait une chose utile à la.Gûrorgîé 
liemiaire , et l'expérience viendra sans doute confirmer 
ces prévisions. Qn sait d'ailleurs que le brayer <Nrdinaire 
n^a pas toujpurs le pouvoir de maintenir les hernies, 
celles des vieillards surtout ^ et que cela tient à ce quH 
ncrpout pas dans tous les cas s'adapter convenablement 
Il 4eg pcirties qui joffrent dUnfinies variétés de confor- 
mation. Sans doute on peut le plus isouvent , par une 
lik*sion plus ou moins prononcée du ressort , satis&ire 
à toutes les exigences dé ces dispositions organiques ; 
mais quelquefois aussi c'est vainement qu'on tourmente 
l'instrument pour lui faire atteindre complètement le 
but ; il reste insuffisant, et la hernie continue à s'échap- 
per au dehors. 




I 



(313) 

En multipliant davantage son action et en la particu- 
larisant mieux, le brayer de M. Borsary doit plus 
efficacement satisfaire à ces exigences , si même il n'en 
triomphe pas dans la plupart des cas *, aussi n^avons-nous 
pas hésité à le regarder comme étant plus propre que 
l'ancien» à remplir toutes les indications réclamées 
pour la complète' contention des hernies , et à rendre 
tous lies services que Ton est en droit d^attendre d'un 
liandage herniaire , surtout si , comme nous l'avons in- 
diqué à l'auteur, il s^attache à donner à son instrument 
toute la solidité dont il nous a paru susceptible. 

Tels sont les motifs sur lesquels repose Tapprobcition 
que nous vous proposons de donner, aux perfectionne- 
mens introduits dans le brayer par M. Borsary, et Tin* 
sertion , dans vos Mémoires , de la description suivante 
de son bandage, accompagnée de la figure destinée à 
en rendre Pintelligence plus &cile. 

DESCRIPTION DU BANDâCE DE M. BORSAAT. 

Sons le ressort H I J K , on voit une plaque en enivre 
£xée par deux vis, dont Fnne sert à maintenir la plaque ^ 
«t Tantre Técnsson qui porte la pelotte et qui joue librement 
dans la fourchette formée par le bout du ressort et la plaque 
<le cnirre. Le porte-pelotte a tee entaille semicirculaire ^ 
qui lai permet un mouTement d^ler et venir selon le be- 
soin ^ et qu'on arrête au point désiré par une vis de pression 
à, t£te goudronnée N. Une ouverture longitudinale pra- 
^'tîiquèe à Técusson qui porte la pelotte , est destinée à donner 
^Missage à deux boutons accolés, fixés sur la plaque de la 
jfàl/OÊ/bc I qui peut , par ce moyen , monter et descendre à 
^TÎSbliié. Elle est maintenue au point convenable par une 
crémaillère dentelée , fixée elle-même dans le haut par une 
"^O, et appuyée par un ressort qui la presse. Au moyen 
de ce mécanisme ^ on voit que Ton peut changer facilement 



(314) 

6l à Tolonté les pelottes et les diriger selon le besoin. L*oa* 
Terture longitudinale est pratiquée de manière à introduire 
les pelottes de bas en haut , au moyen d'un pont en cuivre , 
rivé de chaque ç6té de Touverture , pour empêcher Técar- 
tement de la plaque en écusson du porte-pelotte M, et en 
assurer la solidité. Un autre pont^ placé à côté de Tentaille 
longitudinale, sert à donner passage à It courroie du ban- 
dage qui se fixe au crochet qui lui est opposé. La longueur 
du fer à bandage ordinaire doit être relative à la circonft4 
rence du bassin , qui varie depuis 8,99 10, i2 0ui5 ponces 
pour les enfans , et de 1 5 à 22 ponces pour les adultes. 

Le mécanisme de ce bandage est le même pour les hernies 
doubles, inguinales ou crurales; seulement 9 éoit être à 
deux branches et k deux ressorts. 

EXPUGATIOIV DE LÀ PLANCHE. 

FIGVBE ire. 

A) B, C}D, E, Bandage enve}oppé de ses garnitures et monté 

de sa pelotte garnie. 
F 9 Pelotte de rechange de ce Bandage» 
G y Couverture en maroquin qui recouvre Fécns- 
son et qui tient à la vis goudronnée et bou- 
tonnée à la partie inférieure de la crémaillère. 

FIOURE 2«» 

H) ly J| K, Ressort à nv. 

L j Plaque en acier non garnie. 

M y Ecusson détaillé armé de sa crémaillère. 

N, Vis goudronnée de Tentaille semi-circulaire* 

O I Petite vis servant à fixer le ressort - après son 
écusson. 

P y Extrémités du ressort. Bandage à deux branches 
réunies par une courroie postérîeurem^t f 
formant de petites pelottes avec leurs garni- 
tures. 



TABLE 

DES MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE DES SCIEPTCES^ ARTS 
ET BELLES-LETTRES DE DUON. 

PARTIE DES SCIENCES. 



mSTOlRE NATURELLE DES POISSONS de la G0TE-D*0R. 

Abdmninaax (poissons) , p. 89, 88. Angnilles bornes, p. apa. 

AUe, p. i5, 34, i3]y 204» ao8 y Anguille retirée d'au poits^ p. 396. 

309, ai 1 y aia, sai . uénguis fragilis , p. 90. 

AUe bordéy p. aie, ai5, ai8. ^nodon scaber , p. ia5. 

Able rayé y p. aie, ai 3, ai 5. Aocdoote, p. a3. 

AUes, p. 57 y 146, i6iy i66j ai3 , ^plysia protea , p. 34* 

970. Apodes ( poissons ), p. 3o, 58, 990. 

AUet , p. ao8. Apron , p. 56 , 69» 80 y oa. 

AUette, p. 93, ao4y ao8; ato. jipus cancnformis , p. Sa. 

jibramU,^, i38. jiquo , p. a8a. 

jÊbramis blicca , p. 14a. Araignée ichthyopbage , p. 107. 
Académie degrUmidi, p. a5. — pêcheuse, p. 107. 

Acanthoptérygiens ( poissons )y ^r^ntina sphyrœna , p. 21 3. 

p. 56^ 69. ^ristosius , p. 369. 

AcanUrarcy p. 119. ^ristosus, p. 369. 

— Uea , p. 130. Artière , p. 84* 

Acérine yfugaire, p. 68 » 74-77* Ascaride de la Perche, p. 67. 

Achon , p. i55. jâscaris acus, p. aii • 
jicipenser sturio , p. 298. — anatis , p. 396. 

Aco ^ p. 383. • ' — anfçuillœ , p. aoS, 904* 

jiaiieati altentm genus , p. 87. — fanonis , p. 36^, 376. 

Agoiiy p. 378. — globicola, p. 86. 

Agone, p. 377. — éobionis,^, i3o. 

AfoneOy p. 383. -^lacustru, p. 86 , 341* 

Agro^es , p. 33. •» marina , p. 355. 

Alachia^ p. ajg, •» perccB, p. 67. 

jilausa , p. 369. •» trutUB, p. 3o3 , 376. 

Albicula,^, 199. jésper pisciculus , p. 09.- 

jâlbula minima , p. 383. Aspreao JohanncB , p. 75. 

-~ minor, p. 310. Aspro vulgaris , p. 69. 

Jilhumus, p. 3o8. 31 G. Astacus fiiviatilis , p. 29. 
Alei mogeii , p. i53. — paivus , p. 33. 

Alenae, p. 101. Athérine, p. io8. 

Alonge, p. 189. Attilus , p. 998. 

Aloae, 1^. 53y 58, 368. Aubet, p. 308. 

Ame-noire, p. i8)Q. Auchon, p. i55. 

Amoiocète, p. a33. Auçon,jp. i55. 

AmBOcète Lamproyon , p. 11, 14, Auricula Dombei, p. 3a. 

6é. p. 3o6-3io. Avaloirs , p. 354. 

Ampiiacanthe, p. 4a, 306. Aveugles (poissons), p. 239, 289. 

Amphibia nantes, p. 54* Azellottes, p. 34* 

Andromis, p: 338. Azerottes, p. 34. 

Aagana, p. 199. Balistes, p. 55, 

A]igiiille,p. 17^ 5o^58, 285}S86, Ballenu,^. i4| 141, i4j, 168, 

290|3oa. :so7. 



(316) 



Branchies ) p. S/. 

Branchiobdele , p. 32. _ r 

Brauchiostèges ( poissonB *) , p. 53. 

Brème, p. ôj^ 93» i3i, 1^7 , 169. 
L gardonaée, p. i44* 
•— (petite), p. 122 , 142. 

Srena, p. iSç. 

Brochet, p. 16, 4^ » 4^» ^^ > ^» 
io5, 234' 

— aveugle , p. 239. 
•>- contrefait , p. 239. 

Buhulca Bellonii, p. 120, i2a« , 
Bufo fuscus , p. 22, i3o. 
Cai>ot, p. 202. 

— testa , p. 78. 
Caligus Miuleri, p. 253.' 
CaUpso dangereuse , p. 32. 
Canard, p. 107. 

Canards de Valvasor« p. 239. 
Cancer astacus , p. 29. 
— fluviatilis , p. 29, 

— m^er, p. 25). 
Cantharis aquatica,-^, 34. 
Cap beyré « p* ^* 
Capelan , pi' 196. 
Capitatus , p. ^^9-81. 

Capito Ausonii , p, 191 , 195. 

— fluviatilis, p. i49 9 1^3, 2o3. 
Carangue , p. 35. 
Caranx , p, 35. 
Carassin, p. 116. 
Carreau, p. iiC. 



Bamhèle, p. 221. 

Bambèle (petite ) ) pu 194* 

Baue, p. 00. 

Barbatula , p. 225. 

Barbeau, p. 16, 17, 57 > 92, 125» 

l5l, 2.^2. 

Barbeau ( tête, de) , p^ 126. 
Barbot ( petit) , p. 226. 
Barbota , p. :^84t 285. 
Barbote , p. 11, 1 25 , 284 « 285. 
Barbote (franche), p. 232. 
Barbote grasse , p. 23i. 
Barbou , p. 225. 
Barbus, p. 126. 
Baril-de-vin, p. 35. ' 
Basilic, p. 61. 
Baromètre vivant , p. 225. 
Binocle de Ptlpinoche, p. 87. 

— dn Gastérosté , p. 86. 
Blanc, p. i83, 186, ao5. 
Blanchaille, p. 146,211. 
Blanches, p. aïo. 
Blanchet, p. 211. 
Blennius raninus, p. jS. 
Blick, p. i44< 
Biicke, p. 164. 
Blicklein, p. 121. 
Bopyre , p. 253. 
Borbocha, p. 286. 
Borboche,p. à86. 
Borbotha y p. 286. 
Borde, p. 211. 
Bordelîere, p. i4» Q0> 93, 124, Carpe, p. 16, 17, 21,28, 4i> ^1^9 

i38, 141 ) 14^) '4^ 89, 93, i65, 296. 



Borgnes , p. 239, 292. 
Boroche , p. 2i5. 
Bot, p. 7^. 
Botatrissia,'p. Si, 

— fluviatuis , p. 286. 
Botctrissia , p. 78 , 79. 
Botriocéphale du phoxin , p. 222. 

— solide , p. 86 , 87, 276. 



Carpe à cuir, p. 108. 

— beurnote, p. 16 c. 
— - dauphin , p. 108. 

— épineuse , p. id6 , i6t. 
-— à miroir , p. 108. 

— monstrueuse, p. 102. 

— rouge, p. 11 3. 
— • tanche , p. 161. 



Botriocephalus clapiceps , p. 294. Carpeau , p. 10 , io3. 



— proboscideus , p. 255. 
•^- rectangulus , p. 128. 

— rugosus , p. 290. 
Botte, p. 286. 
Bouches-en-flûte, p.' 55. 
Boucles de la Baie , p. 60. 
Bouille, p. 161. 
Boullause , p. 285. 
Bourbette, p* 17. 
Bourong gema, p. 118. 
Bouvier , p. i23. 
Bouvière, p. 93, 120, laa, 

144, 219, 221. 



p. 55, 



124 



Carpion, p. 264* 
Carpione, p. 258. 
Carrelet, p. ^\ , i6i« 
Cartilagineux (Poissons) , 

297. 
Caryophyllœus mutabilis,^, i34f 

140. 

—piscium^ p. 104, 127, i34> i4^* 
Castor, p. 28. 
Cazets, p. 34* 
Céleri n , p. 277. 
Centriscus , p. 5S» 
Centropome sandat > p. 76 , 77. 



( 317 ) 

C^ÙIUS, p. l5^y itôy 90I. 

-^ fiuviatilis , p. i52y 190, 193^ 
20a y a2a. 
CepiiB , p. u9t, 
CtebiMMu , p. i58. 

Chahoîaseaii , p. i53, iSç. — trissa, p 

Chabot, p. 17, a6, 5o, âi| 7I1 789 ^-^villosa , p. 196. 

81, laôy aoa, 337. Clapëe, p. i3i. 

ChaboÎMeaay». laa, i53, 168, 169. Clopes, p. a68 



Clupea harengttSf'p, 6a. 
— Sardineua. p. 10, an, 977* 

a8o. 
— < sardinia ^ p* 10 , a8S« 
•^sprattus , ç. 977. 



p. 53. 

tus f p. 40. 



16, 



Chmtodon ûmriticus , 
Chœtodon macrotepiao 
Cha^u,p-76. 
Chairifiy p. 173. 
Ckalot 9 p. 79* 
Chalcis, p. sâa. 
Charaaain, p. 117. 
Ckario , p. 173. 
Charrëe y p. 34* 
ChassOy p. 78. 
Chaasot, p. 78,8a, 397. 
Chat y p. 106. 
Chatilion , p. a33. 
Chatillon, p. a33,3od* 
Chaloile, p. a33. 
Chatoille, p. 3o6. 
Chatouille, p. 161, a33, 3o6'. 

Chayigaeaa , p. 160. ,^ 

Cherin , p. 173, 178, ai 5. — tny malus, p. 964* 

Chevalot, p. 160. 101. Corydale,p. 11. 

Cheranne, p. 8, 01, 146, 149» i5i, Cotte , p. 56. 

i5a, i5o, 160, i6j, i65, 19a. Cottus , p. 78. 
Cbevanneau, p. 149* Cottus anostomus, p. 83. 

Chevène, p. 166. — gohio, p. 17 , 78, ao^. 

CheTeniieaalacLëman,p. 10, 161. Coaleurre , p. 90. 
Chevesne, p. 190, 19a. Coulirou, p. 35. 

Cheviniau, p. 17, Crangon valgaire, p. 3o8. 

Chien marin , p. 76. Crapaud 9 p. 91 » io5. 

Chieven , p. i53. Crocodile de nos rivières , p. a37. 

Chondropwrygiens ( Poissons ) , Croix augëlique de St. Thomas y 



Cobitis aculeata, p. 93o. 

— barhatula, p. 11 , iS , 
aa5 , 287. 

—fluviatilis , p. a95 , 227. 
'•^fossilis , p. 326 , 295 , 307. 

— tœnia ^ p. 11 , 12, 227, 23o- 
a3a, 387. 

Cûchleœ JluviatUes ^ p. 33. 
Coluber natriXj p. 90. 

'~- scaber , p. 91 , laS. 
Coucha longa , p. 34« 
Congre, p. 299. 
Coracin, p. 71. 
Corb, p. 71. 
Cordonnier, p. 85. 
Corëgone thymale , p. 365. 
Conegonus fera , p. 5i, i6a| a39w 

— hyemalis , p. 5a. 



p. 55 , 58 , 397. 
Cbbnan , p. i53L 
Ghonette des poissons 9 p. 73. 
Chub. p. i53. 
OcadaflU^bMU, p. 33. 
Cimotho#y p. 67. 
Cingle, p. 69. 
Ciradiây p. 3o8. 
Civelle , p. 3o6 , 3o8. 
Claria , p. a85. 
Cloa de cheval , p. 79. 
Cloporte 9 p* 67. 
Clupea , p. 58| 369, 271 , 079. 
Clupea alosa , p. i'68. 

—faUax, p. 878. 

•^ficta, p. 368. 

-^finta, p. 978. 



p. 947. 
-— obtenue d'un seul coup d« 

ciseaux , p. 949 • 
Guculan de la Perche, p. 68. 
Cuculanus elegans , p. 68. 

— lacustris > p* 779 355 , 994. 
Cyclopterus, p. 55, 3io. 
Cyclostoma impurum , p. 33. 
Cyprin , p. 89. 

Cyprin bouche-en-croissant, p. 8y 
i59, 188, 193-196. 
-— de la Chine , p. 116. 
.— doré, p. ii3, 996. 

— fauve, p. i83. 

— large, p. 142. 
•~- mugile, p. 196. 
»-< foux, p. i85». 



( 318 ) 

Cyprin spëcalaîre , p. io3. Cyprinus toxostoma , p> 8, 9 y 93 

— tauchor , p. i35. i88, 193 , 195,205. 
Crpriaoïdes, p. 57, 89. — uranoscopus , p, 83. 
Cyprinus agône, p. ai i^ 278, 379. — vimba , p, 190. 

— albumuSf p. 10, 93, 208. — xanthopterus, p» 93 | 147 
•^amarus, p. 93, 120, i23, 219. 164. 

— aphya, p. 210. Dable, p. 17. 

— auratus , p. o3 9 I19. JDacolitnus , p« 23o. 

— barbus, p. lOy 17, 92, 125. Daiue, p. 71. 

— benacensis , p. 129, 281. Dard , p. 198-200 » ao7« 
-— bipunctatus, p. 17, 9a, 171 ^ Z)ardus, p. 207. 

siSy 2]4> 316 y 2i8. Dame, p. 256. 

— bliccaj^, 12, lii. Dauphin, p. 71. 

— brama > p. 93 , 137. . Dauphin ynulgaire, p. ao* 
•— carpio , p. 16, 17, 93. Demi-charass, p. 74* 

-» -— alepiaotus, p. 108. Dents , p 90. 

•— — macrolepidotus , p. 108. Denture des Cyprins, p. 90* 

•— cephalus , p. 10 , 160. Dermoptères , p. 25i. 

— clauatus ,'p. i56, 180. Didus meptus , ^, 23. 

-^ dobula, p. 8, 10, 17, 92, 1499 Z>iodon spinosissimus , p. â3| Sf 
i55, 161, 190, 2o3, 222. 55, 

•» erythrophthalmus, p. 9, 12, Djpterodon Apron, p. 6g, 

i4) 16, 92, i3o, 144) 1719 17^9 Discoboles, p. 55, 

181, 180, 200, 207. Distoma globiporum, p. 140. 

"—fulpus, p, iJLy 92, l83. ^ infleanim , 1^, 161. 

^fuscus, p. 9, q3, i4a> ' 4^> *47» '~" ^oureatum , p. 263» 

— ^6x0 , p. 1(5, 92, 128, 220. — nodulosum, p. 68, 77, 
*^ grislagine y p. i5 , i52. — tereticolle , p. 24I9 a63, 
^— icftfj^ p. 10, 12, 16, i56, '^varica, p. 255. 

]58, 161, 173, 191. Dobule,p. 8, 10, 149» i5if 190 
'— jaculus ^ p. 9 , i3, 145 92 , 101, 199. 

159, 171, 172, 193, 200, 2o4> Dodo , p. 23. 

ao5, 207, 208, 210. Dorade, p. 16. 

^--'jeses , p. x2, i5, 191, i55- Dorade de la Chine, p. 93, ii3« 

i58, 160. Dorée, p. i6. 

— latus , p. 90, 93, i37, i4i> Dorée d*étang , p. i35. 
168, 169. Dormille, p. 11,224, 228. 

•— leuciscus, p. 158} 282. Dorsch , p. 69. 

— mekel, p. 142* Douve à long col , p. 242 , a63* 
•—mucosus, p. i3i* Dremillon, p. 11. 

-^ mugilis, p* 9, 92, 171, 172) Dresson, p. i63, i85. 

196, 200, 2o5. Dreuçou , p. 186. ., 

•^•Tiasus , p. 191-195, 2i2. JDromilla , p. 225. 

^'oblongus ,^. 159. Dromille, p. 224 y aaS* 

— orthonotus , p. 147. . Dytique, p. 33. 
— /i^oa;i/zu.r^ p. 9, i3, 93^ 220. Echarde , p. 85. 

— picloy^. 106, £chinorhynchus affinis ^ p. i^ 

— plestia, p. i44» ^^o- 

— rarus et monstrosus,y, 102. — alosœ > p. 275. 

^- rufiis, p. 9, 14 y 93) io5, 169, — anguillûB , p. 294* 
178, i85. — barbi , p. 127. 

— rutilus j p. 9, 14» 93, 147, — bramce, p. 140. 
162 , 164, i65, 160, 170, 176, — carpionis j p. 23o, 
180 , 182, 184, i85, 187, «07, ^- cernuœ , p. '^j. 

•— tinca, p. 17, 93, •— cobitidis, p. 23o. 

— — auratus, p. i35é •— lucii, p. 241» 



(319) 

Echinorhynekus quadrirostris , p/ Friteau ^^p. ai6 , 317. 
a55- FritOD, p. 172, 176, ai6| zvf, 

— rutili, p. 167. Fritou, p. 9149 si6y 917. 

— smimonis, p. a55. Frog-eater , p. 2a. 
—> sturionu, p. 3oo. Fuudule , p. 228. 

ji^ 4ubioèatiu, p. a55. Fundulus , p. i3i) 219, aaS* 

— • truttof, p. 9o3. Furo, p. 177. 

Ecliiiiorhynqae é% la Loche ^ p. Gadoides, p. 58. 



a3o. 

— de U Perch« , p. 68. 
E c rc Yi < pq »p.ai, 98, aç, 91. 
EcrÎTaiiiyp* ic^i 195. 
Sdlpout, p. a87. 

Eptia m is Sequanœ, p* i39« 
Eperlan , p. ai 5. 

— bàUrd , p. i38 , 1419 144. 
*— d'eau douce y p. aie. 

— do Seine, p. ai5; 
Epinarde, p. 8d. 
EpiDOode f p. 85. 
E^Mi^lôto , p. 85. 

E^iioclie y p. 5oy 56, 64} 83| 88 

— (mnde), p. 84. 
EpÎBOcbette , p. 87. 
Eaean boaa^p. 53. 
EicroëUee, p. 33. 
bocee , p. 57, a3S. 

£100; lueùu , p. 16 9 17, a34» 
Eperlan , p. 17» 

— bAtara , p. i45. 
Egaence d'Orient ^ p. ao8 , ai3* 
Estoile, p. aa8 



Gadus caÛarias , p. 69. 

— Lota , p. 17, a83. 

'•^ Jlferlangus , p* a4y 6a. 
Galathëe, p. 3a. 
Gale ) p. 3o2. 
Gammaru^ pulex ^ p. 34. 
Garbotin , p. i53, i58 , i59« 
Garbotteau , p. i51, i58, i59. 
Gardon, p. 9, la, 16, 14^, i56, i6if 

i65, 166,168, 169, i74-»76>»8o. 

— carpe, p. 161, 177, 179. 

— rouge , p. 162. 
Gasterosteus , p. 83. 

-— aculeatus , p. Si. 

— gywwarMJ, p. 86. 
^-lœvis , p. 87. 

— pun^Uius, p« 87. 

— tracnurils , p. 85. 
Gastrobranchus coffciix^p. 3io. 
Gau , p. 80, 81. 

Gaul.p. 227. 

Géroflée chanseante > p* 104» 1279 

iSi, 140, 101. 
Gibèie, p. 116, 146. 
Giœnia , p. 256. 



Esturgeon, p« 41 y ^^y ^ ^i> ^^9 Gobie aphye , p. 227. 

295 , 398. — Paganel , p. 227. 

Fasciola anguillœ , p. 294* Gobio,n, 79, 83 , lap. 

— hramœ ^ p. 1 40. Gobio juunatiLis capitatus, p. 78. 
— •/âripRii^ p. 263. 
— > tucii , p. 241, 263. 

— luciopercœ, p. 77. 
m^punctum, p. 120. 
k- truUœ , p. a63. 
— - varica , p. a55. 

Faaciole bouteille, p. 68; 77. 
Feinte , p. a68. 
Fera, p. 5i, 16a, a39. 
Feortoo, p. ]85. 
Filaria ovata, p. i3o» 

'^ piscium, p. 355I _ , ^ ^ 

VUocapsulaHa communis, p. s55. Graiâp , p^ a32^. 

Foie de Lotte , p. 289. Grasdos , p. i38. 

Foin des crustacés , p. 3q. Graspois , p. ao. 

Fraiae , p. a43. Graveuche , p. 5a. 

Ffetin , p. 917. Gremille, p. 56, 74'76> 162 

Fnloi, p. 916. Greiuillette , p. 226. 

Fritan , p. ai6. Grenadille ; p. a48. 



Gobioîde Broussonnet , p. aaS- 

Gobioni, p. 281. 

Gobius fiuviatilis , p. 129* 

Goeffon , p. 129. 

Goiffon, p. 129. 

Gouioa, p. 219. 

Gordius taeustris , p. a4i* 

Goujon, p. 16, 57, 71 f 9a, ta8, 

a 19, aao, 927, 389. 
Groujon de rivière, p. laS, 139. 
Gk)uigour, p. 88. 
GoTÏan , p. 919. 



( âîo ) 

J^uciscus feses , "p, t60é 
•"^phoxinus, p. ai9»9ai« 
^-' secundus , p. 198. 

Lézard ordinaire , p. 90^ 3io« 

LigDote , p. ai5. 

Ligula abdominalis , p. i3iy iZ^f 
189, 224. 

— cingulum , p. i39* 

— simplicUsima , p. 184. 
liigulé très-simple , p. ^ij^ ao^. 
Limaçon blanc ( jeune ) ^ p* i5ei» 
Limande , p. 62. 
Limnée^ p . 33. 

Xiiorhynchus denticulatus , p. 99^. 
Loche, p. 16 , 5o , 57 y aa4| 997-* 

939, a3a, 287, 280. 

.— d'étang , p. aao, 297. 

•» de marais, p. 295. 

•— franche , p. 11, i3| 9a5) 997. 

— perce , p. aSo. 
i— Il pi^uans, p. 23i. 

— de rivière, p. 121 , 93o, 939* 
Lochia pinguis , p. a25) 93 1*- 
Lophius, p. 55. 

— piscatorius ^ p. 81. 
Lophobranches , p. 55y 58, 997. 
Lo8te, p. 228 
LQtte> p. 5o, 58, 228, 283, a85, 3o9; 

•— commune ou de rivière, p. 983» 
-' aveugle , p. 289. 

— de 12 décimètres y p. 989. 
Loup des rivières , p. a35j 937. 
Loutre, p ai, 28, 107. 
Louyotte , p. 161. 
Loxe, p. 228. 
ttucius , p. 234« 
Lugnâte, p. 21 5. 
Macaroni piatti , p. i34 y i4o- 
Macreuse, p. ai. 
Maigre, p« 71* 



Grenouille , p. 28 , 91, 104. 

— pêcheuse, p. 81. 
Grenouiller, p. 73. 
Grillon , p. 1^7. 
Grundel,p. 225. 
Gudgion, p. 219. 
Gymnètres, p. 010. 
Haesel, p. 2o3. 
Halbkaras , p. 74* 
Halsa , p. 269. 
Hareng , p. 62. 
Hazelœ , p. 209. 
Hazeling, p. 142. 
Hemipodius pugnax, p. 118. 
Heseling, p. 12. 
Holocentre post , p. 75. 
Hydre de Hambourg, p. 956, 
Hydrophile , p. 33. 
Hypostoma caryophillinum, p. 86. 
Icaii bona , p. 53* 
Ikau bona ^ p. 53. 
Insecte qui Rattache au Saumon ^ 

p. 253. 
Interopercule , p. 37. 
Jacana , p. a3. 
Jacquard , p. 80. 
Jaculus fp, 199. j 
Jesen , p. 269. j 

Jugulaires ( poissons ), p. 89. 
Karpkarass, p. 74* 
Kin-yu, p. ii3. 
Jjacerta agilis , p. 90. 

— ' salamandra, p. 90. 
Lachia , p. 279. \ 

Ladres , p. 252. 
Lagonen , p. 282. 
Lampetra , p. 284» 3o2. 

— harhata , p. 226. 
Lampray , p. 10. 
Lamprillon , p. 3o6. 
Lamproie, p. 10, 55,62| a3i| 2849 ^^1* P* ^S a85, 289, 3oa. 



285, 288, 3oi 
Lamproyon , p. 3o6. 
Lanceron , p. 17, a35» 
Lançon, p. a35. 
Lanàoise, p. 161. 
Langue de Carpe , p. 104. 
JLatus , p. 71. 
Lascha, p. 279. 
Lauck , p. 207. J 

Laugele, p. ]3, 14, 2o4f 207. 
Lepisma saccharina , p. .211. 
Lemea salmonea ^ p. 255. 
Leruée, p. 104? 



Malacoptérygiens ( Poissons)!^ pw 
56 , 88. 

— subbrachiens , p, a83. 
Mange-Merde , p. an. 
Marsouin, p. ao. 
Jlifelia , p. 3a. 
Merlan , p. a4f 6a, i5a. 
Méseutère, p. a43. 
Meunier, p. 8, 10, 17, 18^ 94» 78^ 

92, 146, 149» i52, 159, 160-169, 

1Q2. 

Millecantons , p. 6j, 
Mirandele, p. 10, 211, a83. 



£euciscusj p. 170, 173, i85, 1949 Misgurne, p. 11 , lai, 9a6, 985 > 
199) 206. 295, 307. 



( 3îl ) 

If ûoltiiii , p. d8i • Ocypoda fluviatilîâ , P . 19. 

Misons, p. 79. OE!uts de Truite, p. aoi. 

MonostomacaryophyllintUf^,^. Oiseau blanc ( L* ), p 11 3. 

>— cochlearijorme, p. 128. Omble chevalier, p> 5o, aSg. 

*— foliaceum , p. 3oo. 

— tenuicollù, p. 3o6. 
Mopskarpfeii , p. loa. 
Ifomayre, p. 64. 
llôratte, p. 101. 
Iford-Pierre , p. q3o* 
Mort- Pierre I p. a3o. 
Motaîle de ruisseaux, p. 226. 
llotelle, p. 284. 
Moastache , p. 226. 
Moestale, p. 285. 
If oostoile , p. a85. 
Moutaile , p. 226. 
Mouteille, p. 282. 
Montellei p. 227, 229, 284, 287, 

289. 
Moutoille , p. 228 ,285. 

l(oS«» P* ^73, 201. 
Mugit, n, i5jy 170, 201. 
-— cephalus , p. 202. 



Mulet, p. 167, 201 
Malet (Petit ) , p. 86. 
Mvlus gohio , p. 78. 
Mwrmna anguilla , p. 17, 290. 
Murène ungnillc, p. 290. 
MuMca fiuvitttitis , p. 33. 
MkseuÛ aqvm dmcis , p. 33. 
Mosnîer, p. 79,81. 
MusUla, p. 284,285, 287, \ 289, 
3o2, 307. 

*^ fluvimtilis parva , p. 23i« 

.— minima, p. 227. 

S^re dee pdittres, p. 33. 
lyxine glutinosa , p. 3 10. 
Nageoires , p. 38. 
Ifaooore » p. 33. 
NoMicoris cunicoides, p. 34. 
Ifaae» p. 193-195. 
Kasus , p. 191 y 194* 
Ifaze, p. 212. 
Ifeinange, p. i4* 
Kerf dejbœnf , p. 243. 
N estel , p. ao3. 
Neunange, p. 285. 
Neiinauge , p. 3o6. 
Neuiiaugen, p. 307. 
Ifeuneiigen, p. 284, 307. 
Votonecta glaMica , p. 33. 
If nnei%'aal , p. 284. 
Oberkottichen , p. 122. 
Obo, p. 27. 
OdoHoma iiiosœ, p, 976. 



Ombre, p. 58, 26 1. 

— d'Auvergne , p. 264. 

— chevalier, p. 10, 5i. 
Opercule, p. ^7. 

Ophiostome de TEsturgeon, p. 3oo; 
Ophisaure , p. 3 10. 
Oq)he, p. 28. 
Orvet, p. yo, ^10. 
Os des mystaches , p. 89*' 

— labial, p. 89. 

— mitral, p. 110. 
Osseux ( Poissons ), p. 55, 
Ostracion , p. 55. ^ 
Ovaire de Perche , p. 254. 

— de Saumon , p- 254* 

— de Truite, p. 25i. 
Ovelle , p. 3 10. 
Pachyrinchus , p. 192. - 
Pargneaux, p. io3. 
Parra brasitiensis ^ p. 23. 
Passijlora incamata , p. 249. 

— laurifoLia , p. 248. 
Passion (lustrumens de la), p. 

243-246. 
Pectorales pëdiculées, p. 55. 
Pe^asus, p. 55. 
Peisreî, p. 71. 
Perça cernua. p. 75. 

— fluviatilis , p. i6 , 65. 

— lucioperca, p. j6. 
Perças, p. 66. 
Perce, p. 23o, 23 1. 
Perche, p. 16, 17, 5o, 56, 62. 

— gardonuée, p. 68, 75. 
^- à Goujon , p. 75. 

— goujounière , p. jS» 

— ( petite) , p. 76. 
Percidas , p. 66. 
Percidia, p. 66. 
Percoïdes, p. 56, 62. 
Perdicas, p. ^, 
Perdicia , p. 66. 
Perdrix d'eau douce, p. 65. 
Persèque, p. 63. 
Péteuse, p. 120- 123, 219. 
Petite vérole des poissons , p. 52. 
Petrohiyzon branchialis , p. 11 ^ 

14, 3o6. 
*— fluviatUis , p 10. 
-^^tnarinus , p. 3oi. 
.— planeri, p. 3o8, 3iO« 

— pricka, p. 3o7. 

ai 



( 322 ) 



Peultet. p. 121V 

Phoxint, p. 168. 

JPhoxinus , p. la^y i38, 167, 1869 

320, 221. 

•— squamosus , p. 21 1 ^ 21/^ 
Phrygaue , p. 34. 
Phryganum , o, 34. 
Picot, p. 83. ^ 
Pierre Je Carpe, p. 98. 

— de Pcrcne, p. 69. 
Pigeon blanc ( Le ) , p. ii3. 
Pigo, p. i56, j6i. 

"Pigus y p. j5ô, 180 
Pimélocfe scheilan, p. 88. 
"PiscicuLus varius , p. 218. 
Piscis Latus , p. 71. 

— regiùs , p. 71. 
Plagio8tOBie« , p- 59. 
Plakat, p. 11 3. 
Planorbis nautUeus , p. 33. 
Platane, p. 141, i44> i4^* 
Platelle , p. 174* 
Plateron , p. i44> ^74* 
Platet, p. 2L.5. 

Platte, p. i44* 

Platton , p 144* 

Pl^ctQgnatheâ {rDissoii&) , p. 55, 

5^ y 297. 
Plestii^ jf p. 144» 14^* 
Pleuronectes , p. 6a. 
Poisson admirable en la Sa6ne, 
p. 27a. 

-» blanc , p. id , a4* 

■ — d'argent, p. 211. 

<— doré de la Chine, p. 11 3. 

•^ de mirable nature, p. 272. 

— roi, p. 71. 

^j— rouge, p. n3, ii5. 

«— royal, p. 71. 

*— det^ilieur, p. 19^* 

— teinturier^ p 34. 

— yil , p. 2o3. 

poissons blancs, p. 146, 166, ai5» 

— cartilagineux, p. 55. 
-— osseux , p. 55. 

>— ( Petits ) de la fpnCaine de 
Vermanton , p. 222 , 223. 

^^ ^- de rétaug de la Valduc , 
p. 22a. 
Post , p. 75. 
Préonercule , p. 37. 
Pucelle, p. 260, 270. 
Punaise (&raiide)^à avûoBS ^ p. 33. 
Pungitius , p. 84* 
Pungititius, p. 84» 
Patael| p. 287» 



Putois , p. 106. 
Queue de casse, p. 80* 

— de Truite, p. 126. 
Rabote, p. 9. 

Kaie, p. 11, 60, 6u 

— bouclée, p. 41- 
Haniceps bleunoïdes , p. 73^* 
Hat d'eau, p. 107. 

Bauffe, p. 174. 

Raychœ , p. 61. 

Reine des Carpes , p. iû8. 

Requin d'eau douce, p. 935» 

Rettel , p. J77. 

Reversus squamosus j, p. s3. 

Jthytelminthus anguillcB , p» S94«r 

Riemliug, p. laa. . :,. 

Ripe , p. 84. '' 

Riz-de-?eau , p. a43v ,. 

Riserle, p. ao4* • 

Aoce, p. 164. 

Roche , p. 164* 

Roi -poisson , p* 70. 

Roi des poissous r p^ 71, 73» 

Rondion, p. 211. 

Roscie , p. 168, 177. 

Rose, p. 164» 170, 220, aai» 

Rosière, p. ia3, i65, 168-1709^ 999^ 

22.». 

Rosse, p. i5, 146, 16a y i64'&^7S 

169, 179^ 180. 
Rotaugle, p. 144, 178, X79> l^W. 
Rotaug, p 177. \ 

Rothauge , p 12* 
Rotele , p. 174. 
Rotengle, p. 92, ]73-i75> aoo« 
Rotisson, p. i6fl. 
Rousse, p. 162, i63, 176, 184» l8>S^ 

187. ^ 

Rousset, p. 16a. 
Roussette, p. 41 « 71* 
Hubellia , p. la. 
Rubeltus fluviatilis , p. i63 ^ iSa» 
Rutilus ,^. 1,63,: 18a. 
Ryserle, p. i3, ao8. 
Ryssliug, p. i3, 2q4, ao8. 
Sago, p. 168, 

SaifTe , p. i8i3, 19a, 998, 282. 
Salamandre, p. 90. 
Salmo alpinus , p. lo. ' 

— articus ,ip, 196. 

— carpÎA , p. 264.. 

— carpione , p. 10. 

— cyprinoïde-tf p. 10. 
—/ario , p. 9, 16, 367. 
«— eroenlandicus , p. 196* 



( 

^mo pmnctaiu*, 9* ^9* 

•— salar , p. a5i. 
. -^ thywtmlùâs ^ p. 10. 

'—trutta , p. 10, 2571 95^ 

— umbla , p. 239. 
Sil»OD«lodde, p. 196. 
Salmones, p.68-a5i. 
Same, p. 8o-aoa. 

SMdrCtP.TT* 
^■«gsiM uoin , p. joo. 

Sarachus , p. 28a. 

SiMlm», pw iov9i>>97&| aSS. 

•— de lÎTi^re > p* 9* 
§«€» ^ »73. 
§tf«e» p. 177. 
Saigon, p. 177. 
SàrgHM, p. »68 9 174. 
Sanr , p. 173. 
Sarve y p. 173. 
Satoille^ p. 3o6. 
Satonille, p. sl33, 307. 
Aitron y p* 9* 
StarnoB f p* i^ I a5i« 
Savei| yp. 19a. 
Savetier , p. S5. 
Sa? et ta f p. 174. 
Sm é wo» » p. 79» 
Scaxon » p- 70. 
Scheriu 9 p. 173. 
SchnotfiacD , p. aoi, so3* 
Schwaly p. i77« 
SchwarU krops 9 p* 99, 
Scimna , p* 71* 

— umbra , p, 964. 
Scoleac auiicuCàtus ^^ loo. 
Scriba, p. 199. 
Scrophuîœ aquaticœ , p. 33. 
Sechot, p. 70, 89. 
S4adeiis , p« 69, 3oo. 
Siécfcot^ p. 980. 

Sep t-œ^ , p.. 507. 
Setcbot', p 985. 
Seuffe, p 188, 198, 9o5> aop. 
Seuffle, p. 188, 197. 
Seufle gnsT, p. 1^. 

— rousse» p loa. 
Seuffre^p. 108. 
Shahr , p. 88. 
Shalh» p. 88. 
Shatouiliie ; p. 982 » 933. 
Siège, p. 9, 168» 171, 216, 279. 
Kego, P- 170-172, 176, 216, 217. 
Silurolaetf, p. Â7- 

Silurus clanas , p. 88. 
—^lanis, p. 20, 286, 989. 
•- ichncumon g p. 88. 



8)3 ) 

Silunu schal, p. 68» 
Slmus, p. 192. 
Sirène , p. 256. 
Sitrich-knarpfeiii p. 74* 
Sole, p. 62. 

Solttaure ( jeu de ) , p. aSo* 
Sophio » p. Sb 198* 
Sorcier, p. 70, 72, 82. 
Sparus erythrlnus, p. 35# 
Spiegelkarpf , p. 108. 
Spinacia , p. 87* 
Spirlin, p. 99^ 910, 9i3-9i6» 
Spirliug, p. 178. 
Squale, p. i53, 988* 
Squalus , p. 19t. 

— • canicula , p. 71. 

'^~' ctUulus , p, 76. 

— Squilla flupiatUis , p. Sa* 
Steinbeisser , p. 19. 
Steiubesscr , p. 93o« 
Steinkresaen , p. 8). 
Stratiotes aloiaes, p. 99a* 
Strincius , p. 79. . 
Sturooiens , p. 59» 997. 
Subbrachiens, p. 58. 
Subopercule , p. 37. 
Suceurs, p. 69 ^ 3oo« 

Soeta , p. &94. 
Suiffe , p. 198 , 907* 
Swal» p. 168. 
Syngnathus , p. 55. 
Tœiiia anguitU», p. 994* 

— carnuta , p. a3x. 

— fiiicollis , p. 86. 

— easterostei , p. 86. 

— laticeps , p. 104, i34, i4o» 

— nodutosa , p, 68 , 77, 241 1 
955 , 994. 

— . percœ cemucB , p. 77. 

— recta ngulum ^ p. i^. 

— rugosa j p. 290. 
•— salmonis , p. 955. 
»— solida , p. 86. 

_ torulosa , p. 161 • 

— truttce, p. a63. 

Tanche, p. 17, 5?, 93, xo8y i3i. 

— dorée , p. iâ5. 
Tanchor , p. 108, i35. 
Temolo, p. 129. 
Tenche , p. i3a. 
Termes radicum , p. 77. 
Testard , p. 80 , i53 , i60| ao2# 
Teste d'Aze , p. 80. 

Testu, p. 80. 
Tête d'âne , p. 8o. 
Tctraçdon , p. 55» 



(3Î4) 

Tetrarynchus appendiculatus y p. Timbre de Cleitnont-FeiTaiid , p^- 

255. 264. 

Tctrodon , p. 54- • Umidi ( Academia deg 1* ) , p. a5. 

Têtu , p. 8. Unio sinuàta , p. 34, 

Teucha, p. i33. Uranoscopus , p. 83. 

Thermometrum vivum , p. 226. Vairon 9 p* 9 , 93^ 128 , 199 > 166 f 
Thorachiques ( poissons) y p. 39. ai8, 219-292, 224. 

^hrissa, p. 269, 271. — de Saône , p. 2i5. 

ThymaLlus y p. 264» 271. Vangeron, p. 95, 16^-1649 166- 
Thymusy p. 243. 168, 170, 177, 180, \^^ ^^r 

Tinca aurea, p. i35. ^98. 

Tinet» aquaticœ , p. 33. — • Ventra ou goitrénx , p. 1(57- "• 

Tocau, p. 267. Vanneau armé , p< a3. 

Torpille , p. j^i» Vandoise , p. i3 , 162 / 172, 173 i 
.Tortues ( Petites }, p. 32. 17!, 176) 198-20O1 204-2069 ai7.- 

Trachyptères, p. 3io. Vaudoise , p. 200. ' 

Triœnophoriu noduLosus , p. 241 9 P^eudosia , p.. 175, 177, 200* 

294* Vengeron,p. 181, 207. 

Tncuspidaflu y f* 241* Veuth,p. 269, 278.' 

Triénophore nioauleuz , p. 68) 77, Ver des Tauclics , p. i34. 

208, 241 ) 255, 9909 294. Verich , p. 269. 

Trissia fluviatilis , 1^, Q.i6. Ver noir , p. 96. 

Truite » p. 9, 16, 17, 5o, 58y 257. Vérole (petite)des poisaonsi p. Sa. 

— ( Queue de ), p. 126. Veron , p. i3, 218-221, 224. 

— carpione, p. 258. Vertèbre ( la ) , p. 44* 

— des Alpes , p. 10 9 258. Vertèbres des poissons , p^ i35« 
>— de lac, p. 259. Vilain, p. 28) ]53, 159, x60y i65.' 
•» de lac et de rivière, p. 258. Villena , p. 162. 

-— saumonée, p. 10, 258, 269. Vilna , p. 159, 16a. 

— — noire, p. 10. p^imba,f. 196. 
S*rutta fiupiatilis , n. zSff, J^indosia, p. noô* 
Tufelscnossz , p. liÔ. Wasscrgue^eu , p. 33. 
Turnix comb&ttaut, p. ii8. Weiss fiscn, p. 282; 
Umble chevalier, p^ 10. Winger , p. 200,207. 
JJmbra fluuiatilis, p. 964* Zerte , p. 164. 

» 

CHIRURGIE. 
Rapport sur un Brayer perfectionné ^ présenté par M. 

B0RSAB.Y| • ••••••••••••••••••p. 3ll 



ris DP ïéÂ. TA.BLB* 



( 325 ) 



CORRECTIONS ET ADDITIONS. 



P. i3 y supprimez les onze premières lignes. 

P. dj y note a« , GeofTroi, lisez M. Geoffroi. 

P. 52 , ligue a6 , Daval , £zj6z Dumas. 

P. 83 , avant Epinoche , placez Genre. 

P. 89 , !•>' sous'genre , Carpe , et les deux lignes suivantes y à placer 

p. 93 , avant VII. La Carpb. 
P. 1089 lignes, Macrolopidotns, ^ûez Macrolepidotos. • 

P. 191, ligne 6, oSo^ j lisez 389. r, ^ 

P. 146, ligne 8 , etc. Gardon , lisez Gardon y etc. 
P. i5i, ligne 16, Jurine : lisez Inrincy 
P. i53, Kgne la, Chus, lisez Chub. 
P. i58, ligne pénultième , Garbattean, lisez Garbotteau. 
P. içSylign. Q , Ecrivain ventre, lisez Ecrivain, de ventre* 
P. i95,XX,/wezXXUr. 
P. aai , après la ligne 16 , ajoutez Bambele. 

Bambvlx 9 Cyprin de 6 à 7 doigts long. Caroncule jaune k la join-> 
ture de ses nageoires , ligne latérale oblique , brune *, iris des yeux de 
couleor d*or safraué ; dans le lac de Zuric. JDict, théor, et pratiq, de. 
Chasse et de Pêche ( par Delisle de Sales) , tom, a , p. 74* 

P. a55, réunissez le n» 4 ^Q ^^ ^< 

P. a6o, ligne 25, Delevaux, /ûez La veaux. 

P. a68, ligne dernière, ajoutez: cette étymologie n'est point ezactei 

v^, p. 370, 
JP. a84f ligne dernière, Nunengaal, //^ez Neiinengen. 



FIN DXS CORBCCTXOirS KT ADDITIOITS. 



MÉMOIRES 



DE L'ACADÉMIE 



DES 



SCIENCES , ABTS ET BELLES-LETTRES 



DE DIJON. 



, MEMOIRES 

VGADÉMIE 



'.LES-LEITHES 



^és lettres. 



DIJON , 

[If, IMPRIMEUR DE L'ACADÉMIE. 



• ' > ^ ^ 



MÉMOIRES 



DE L'ACADÉMIE. 



.'U 



■■ ■ ■ « 1 



ss 



PHILOSOPHIE LITTÉRAIRE. 



COUP-D'OEIL PHILOSOPHIQUE 



SUR 



LES PHASES DE LA UTTERATUBE EN FRANCE. 



17"* 8IÈGLE. 



La par M. JfkVLt k la séance puMiqae de F Académie de Dijon , 

le a6 août i836. 



C^est une remarque à laquelle le témoignage de 
rhistoire et Fexamen de la critique nous amènent, 
que l'époque où la littérature d'une nation est arrivée 
à son plus haut point de splendeur , est celle qui a tu 
succéder à de violentes agitations une situation tran- 
quille et prospère. Les grands siècles littéraires ont été 
précédés de convulsions dans PEtat. Il semble que Tes- 
prit humain ait besoin de ces secousses pour atteindre à 
toute sa puissance. Mais , pour que les arts mettent à 
profit ses forces , il faut que le calme succède aux orages : 



(6) 
c'est-à-dire que les hommes aient foi dans le présent , 
qu^ils puissent même étendre cette sécurité danii Ta- 
venir. 

Le siècle de Rome, auquel l'empereur Auguste a 
laissé son nom , signalé par les plus grands événemens 
qui aient agité le monde romain, fut eaméme temps 
l'une des époques du plus haut développement de l'es- 
prit humain dans la civilisation antique. Durant la lutte 
colossale qui avait renversé la constitution romaine , la 
scène avait été occupée par des hommes qui comptaient 
des rois parmi leurs cliens , et dans leur trésor la dé- 
pouille des provinces. Toutes les supériorités du caractère 
ou de l'esprit avaient été mises en jeu dans les débâts où 
avaient figuré César , Caton , Cicéron , Brutus , et tant 
d'autres personnages illustres. Lorsque la société ro- 
maine, remuée à fond par ces bouleversemens , vînt à 
se rasseoir enfin sous l'administration habile et calme 
d'Auguste, les esprits fatigués du mouvement des 
grandes passions et des grands événemens se reposèrent 
dans la jouissance des arts de l'imagination et dans les 
paisibles travaux de la pensée. Rome se consola de sa 
liberté perdue en chantant ses origines et en racontant 
ses triomphes. La poésie et l'histoire firent éclorie les 
chefs-d'œuvre qui ont illustré ce siècle mémorable. 

La littérature romaine fut la continuation de la litté- 
rature grecque qu'elle imita. Bien que les institutions et 
le génie des deux peuples fussent dissemblables , la forme 
et l'expression furent les mêmes dans les deux littéra- 
tures. Par la forme, j'entends les procédés de l'art d'abord 
instinctifs dans l'ame de l'artiste , et , plus tard, conver- 
tis en règles par l'analyse philosophique. J'entends par 
l'expression le résultat des sentimens et des idées 
propres au poète ou à l'écrivain qu'il tire de son organi- 



( 7; 

sation individuelle , qu'il emprunte à Finfluenceda 
climat , de la religion , de la coutume , de toutes les 
choses extérieures , en un mot, qui peuvent modifier la 
pensée de Thomme. Or, ces choses furent en partie 
les mêmes chez les Grecs et chez les Romains. Ainsi , 
les deux littératures, indépendamment de Timitation, 
devaient être analogues entre elles, sauf toutefois que 
BcHne dooÛDe Fart alors même qu'elle s*y essaie ] le mot 
de SOD poète : tu regere imperio, reluit dans toutes ses 
^Eavres* 

Aiprès.un intervalle de seize siècles, et avec la diffé- 
Tenœ des temps , des institutions et des mœurs, le même 
phénomène apparut encore sur la scène du monde. 
Durant le seizième siècle de notre ère , la société euro- 
péenne avait été remuée dans ses fondemens par les 
doctrines et les guerres de la réforme. Le régime 
féodal < abattu d'abord en France par Louis XI, avait 
fidlli se relever à Faide des foctions qui avaient ébranlé 
l'Etat sous les règnes des fils d'Henri IL Mais Richelieu 
lui avait porté le dernier coup^ il avait fixé l'ascendant 
du pouvoir royal. Q»:and Louis XIV vint s'asseoir sur 
ee trâne dont les avenues étaient dégagées , il trouva 
Fune des deux religions rivales prévalant définitive- 
ment dans l'Etat, puis la puissance aristocratique 
humiliée sans retour devant la couronne. Alors la société 
française, encore tout émue des longues agitations 
qu'elle avait subies , se recueillit , comme avait fait Rome 
autrefois, pour enfanter, à la faveur du calme, les 
prodiiQtions de Fesprit. La France , en arrière de l'Italie- 
et de FEspagne , put étaler avec orgueil ses poètes , ses 
orateurs, ses moralistes. L'éclat de sa littérature refléta 
bientât sur toute FEurope : la langue latine avait été la 



(8) 
langue savante des peuples nouveaux , la langue fran- 
çaise devint la langue universelle des peuples polis. 

Le catholicisme prévalant sur la réforme, et la 
royauté devenue pouvoir unique dans l'Etat, sont les 
deux faits qui dominent la société française au dix- 
septième siècle : ces faits déterminent le type de la 
littérature. 

I^ réforme, matériellement désarmée, luttait eticore 
de doctrines avec la religion catholique. Claude dispu- 
tait contre Bossuet , et la foi de Turenne était le prix de 
la victoire. De cette position militante du catholicisme 
dérivait pour lui la nécessité de se montrer grand et 
imposant dans ses actes , puissant dans sa parole. Delà 
rélan donné à Féloquence de la chaire , Ténergie et la 
profondeur de la philosophie morale. Pascal, Bossuet, 
fénélon , Bourdaloue , sont Texpression du catholicisme 
V dominant la société par Pascendant de la Vertu et du 
génie , de la religion fondant son autorité , non plus sur 
la force , mais sur le libre assentiment des facultés de 
Tame. La littérature sérieuse dut donc être marquée 
d'un type religieux. 

D'un autre coté , la royauté concentrait dans son 
action le mouvement de la société; les intérêts et les 
passions aboutissaient au pied du trône , source de la 
fortune et des honneurs. L'opinion personnelle du 
prince dut faire celle de la cour, et l'opinion de la cour 
^'imposer à une société monarchique. Delà , l'influence 
du monarque sur Texpression des beaux- arts, de la 
poésie*, delà, dans la littérature d'imagination , une ex- 
pression limitée par. la mesure, par la réserve, par le 
sentiment d'une dignité soutenue. Ainsi , les deux faits 
qui caractérisent l'époque , l'ascendant de la religion eC 



(9) 
celui de la royauté , expliquent toute la littérature : sa 
tendance, sa force, ses lacunes. , 

On frit un reproche à cette littérature classique des 
finrmet auxquelles elle s'est assujettie , celles des littéra- 
tures grecque et romaine. On s'afflige à plus juste titre 
de œ que , dans les arts de Timagination , elle s'est atta- 
chée à reproduire l'expression souvent peu fidèle de la 
cîvfliflation ancienne , plutôt que d^avoir retracé dans 
des peintures fortes et naïves les faits et les mœurs de 
nos pères , en associant ainsi à la gloire de nos arts Tin- 
térêt et la popularité des souvenirs. La faute en fut 
moins à nos grands écrivains qu'aux circonstances qui 
dirigèrent leurs inspirations. La nature départit à 
quelques êtres privilégiés les hautes facultés de l'esprit; 
mais la société en règle l'emploi. Ces hommes supé- 
rieurs réagissent à leur tour sur la société qu'ils 
échan6fent et qu'ils éclairent ; mais , dans cette réci- 
procité d'action, c^est toujours le mouvement social 
qui prédomine. 

Il faut reconnaître d'ailleurs que des traditions établies 
dans le siècle précédent n'ont pas été sans influence sur 
la forme de la littérature d^imagination , quand le mo* 
ment de son essor en France fiit arrivé. A l'époque de 
la renaissance , nos savans et nos gens de lettres , confir 
nés dans leur cabinet, en dehors, en France, du mou- 
viement social , vécurent solitaires en face de lejors livres ; 
^ris des chefe-d'œuvre grecs et romains, oubliés de 
leurs contemporains qu'ils dédaignaient à leur tour , ils 
s'identifièrent avec une société qui n'était plus, ils ;se 
firent les hommes du passé ; préoccupés des pensées et 
des sentimens des Anciens, ils crurent que l'office de 
Pintelligence humaine était désormais de les connaître 
et de les imiter ^ ils déclarèrent notre propre fonds im- 



(10) 

productif, et ce préjugé du savoir était loin d'être dis- 
sipé dans rage qui suivit. 

II en était autrement chez un peuple voisin. En Es- 
pagne , les gens de lettres guerriers ou navigat6«ri.|iFe- 
naient une part active au mouvement d'une soeiété 
pleine de vie , dont les actes exaltaient leur imaginatîoil 
et leur ardeur : c'était Tépoque des triomphes dé TEs- 
pagne , qui dominait les deux mondes. Hommes d'actioD 
plus que de cabinet, et bien moins érudits qu'artistes, 
les poètes de cette nation peignaient les mœurs oontem* 
poraines , peu soucieux des exemples et des r^les l^^ués 
par l'antiquité. 

Pendant qu'au midi de la France , Cervantes , Lope 
de Véga , puis Galdéron , en&ntaient avec une merveil* 
leuse fécondité ces drames désordonnés et brillans qui 
illustraient la littérature espagnole, Shakespeare , avec 
moins d'éclat , bien qu'avec une supériorité plus rédie, 
fondait en Angleterre un théâtre tout national. L'essor 
original que sut prendre ce grand poète procède sans 
doute d'un esprit observateur, d-un génie souple et 
hardi qui voit tout et qui reflète tout *, on sent encore 
qu'il a étudié l'humanité dans l'homme même , et non 
dans ses œuvres; mais il faut tenir compte aussi des 
mœurs sociales au sein desquelles il vécut , et qui ne lui 
imposaient ni gêne ni contrainte. Comme une nature 
sauvage et vigoureuse , ce génie inculte s'abandonne à 
un jet libre. Ce qu'il nous faut remarquerlci , c'est que, 
lors même que des esprits plus aventureux que nos éru- 
dits du seizième siècle eussent tenté chez nous de sortir 
d'une voie tracée pour se livrer à l'élan d'une inspira- 
tion tout individuelle et moderne , ils eussent certaine- 
ment rencontré dans la constitution même de la société 



( 11 ) 

€1 dans les mœurs publiques de^ obstacles plus difficiles 
â surmonter qu'un préjugé de littérature. 

Figurons-nous en effet notre Corneille , étudiant au 
Xea du théâtre espagnol le grand tragique de F Angle- 
terre, ialors ignoré hors de sa patrie^ et voulant, en 
saiyant la trace d'un poète historique et national j pro- 
duire sur la scène française les vengeances de Louis XI , 
les intrigues ténébreuses de Catherine de Médicis, Tau- 
dace et les complots des Guises. Le poète , avec la ru- 
desse naïve de son génie , se fut trouvé d'abord en pré- 
sence du cardinal , armé d'une ordonnance qui défend 
aux sujets du Roi de rien écrire concernant les affaires 
publiques et le gous^emement de notre État ( ordonnance 
de 1629 ) Vl^ ministre tout-puissant, qui comprimait 
sous une main de fer les restes agités des factions , n'eût 
poiùt toléré sans doute la représentation scénique et 
jmpulaire de la turbulence des grands , de Fambition du 
liaut clei^ , des faiblesses ou des crimes du Palais ; il 
fallait donc de gré ou de force déserter la scène natio- 
xiale. C'était une nécessité du temps pour le poète de 
Transporter chez les Romains les combinaisons de son 
génie politique , et chez les Espagnols du moyen âge la 
fierté de ses sentimens. 

La nécessité avait plié les âmes sous le despotisme de 
IBichelieu, mais on le haïssait; l'indépendance du ca- 
Tactère eut son refuge alors dans le for de la conscience. 
Sons Louis XIY, l'ascendant du pouvoir domina les 
volontés mêmes •, le dévouement et Fadmiration justi- 
fièrent une soumission sans réserve. Plaire au prince 
fut la 'première élude de l'artiste comme de l'homme de 
cour. Sous Richelieu , la raison d'état eût interdit les 
sujets nationaux 5 sous Louis XIV , c'eût été la raison de 
convenance. La royauté chez les Français , devenue 



/■ 



i 



(12) 

Tobjet d'un culte , participait à l'inviolabilité de la re- 
ligion ; et Ton sait que le législateur de Part décidait 
que celle-ci d^omemens égayés n^ était point susceptible. 
Le Roi unissait à la n(d)lesse et à Télégance des manières 
un goût prononcé pour la régularité et Tordre qu'il 
voulait retrouver dans ses plaisirs comme dans les af- 
faires. La dignité , la noblesse et la grâce devinrent 
donc le type exclusif des beaux-arts : c'étaient les qua- 
lités du monarque. — Shakespeare avait écrit ses drames 
en vue du peuple , Racine composa les siens en vue du 
Roi. C'est à ces deux points de vue opposés , qu'avaient 
choisis ces grands artistes, qu'il faut successivement 
nous placer nous-mêmes pour apprécier la dissemblance 
des deux écoles et pénétrer à fond la tendance de Técole 
firançaise. 

L'Anglais , livré , comme je Pai dit, aux inspirations 
libres d'une imagination forte et non réglée , s'attache à 
reproduire toutes les situations de la vie sociale, à 
mettre en jeu tous les ressorts du cœur humain. La folie 
elle-même excitera des émotions dans son drame , avec 
ses formes dégradées et ses accens déchirans. Que la 
peinture soit vraie : hideuse ou charmante , elle est du 
domaine de son art ; et son public applaudira avec les 
mêmes transports à la fidélité du tableau. 

Le Français, préoccupé d'un type de pureté, d'élé- 
gance , de perfection soutenue , choisit , sépare , limite 
en toutes choses : situations, passions, caractères. L'i- 
mitation naïve d'une nature commune , les mouvemens 
désordonnés d'une passion violente, les contrastes em- 
pruntés à l'inégalité des conditions sociales , furent ban- 
nis d'une scène qui devait se modeler sur les sévères 
convenances du Palais. La société , que le poète avait 
sous les yeux , voulait retrouver encore l'empreinte de 



( 13) 
ses formes dans la représentation scénique des mœurs 
étrangères, ^expression de figures antiques dut être 
plus d^une fois transformée en un idéal de politesse ou 
d'élégance qui fut alors un mensonge de Fart. H y a 
plus : de la nécessité où Racine était placé de prendre 
ses sujets de préférence dans la société ancienne , et en 
même temps de se rapprocher de notre société moderne 
pour Fexpression des passions et des caractères, il est 
résulté que, lorsqu'il a introduit sur la scène française 
Andromaque et Phèdre y il leur a prêté des sentimens 
chrétiens ; je veux dire qu'en ranimant les deux Grec- 
ques , dont Tune est le type du dévouement maternel , 
et Tefutre , celui de l'épouse en proie à une criminelle 
passion , il a tiré du fond du cœur de ces femmes des 
accens, des douleurs et des remords que l'antiquité 
payenne ne connut point. Belle et heureuse infidélité , 
comme Ta excellemment remarqué Fauteur du Créniei 
du Christianisme , parce qu'elle a enrichi le drame de 
savaiiteis et profondes émotions ; mais qui ne témoigne 
pas moins, toute louable qu'elle est , de la préoccupa- 
tion du poète ; soit qu'il en fût dominé à son insçu , soit 
qu'il* eût cru devoir en efiet revêtir ses personnages 
soéni^ës des formes inhérentes à là vie humaine , dans 
adn^âéèle et dans son pays* 

Cette contrainte n'atteignit point à notre théâtre le 
girakid peintre de mœurs dans la vie privée. La comé- 
die , qui s^attaque au côté faible de la nature humaine , 
jnit un libre essor en présence d'une cour où il n*y 
avait d'inviolable que la majesté royale. Molière put 
traduire sur la scène les travers des grands et Fabus 
même du masque de la religion. Le roi, qui le permit, 
râlait souverainement les bienséances sociales, de 
même qu^il était dans les arts l'arbitré du goût. Noire 



( 16) 
jetant le choix dans Fexpression, Fartiste s^expose à 
faillir. 

Le mauvais goût se déclare dans la peinture Iieurtée 
et confuse de deux natures , Tune grossière et Tautre 
polie ] il se montre encore dans la peinture à nu de ces 
difformités dans l^ordre moral que la pudeur publ^ue 
doit cacher ou flétrir ^ cette expression coupable n'est 
plus l'œuvre de la naïveté , elle est le fruit d'pn éga- 
rement de l'esprit ou d'une corruption du cœur. Le 
mauvais goût se décèle enfin par les formes d'un style 
qui poursuit l'originalité à l'aide de Combinaisons ard- 
ficielles, qui s'étudie à remplacer par une chaleur 
simulée l'élan d'une imagination vigoureuse, à sup^ 
pléer à une inspiration franche par uii arrangement 
de mots pénible ou bizarre. Ces vices, dans la littéra- 
ture , sont des signes de décadence qui n'aj^raisseqt 
que dans une société avancée. 

La littérature , au dix-septième siècle, (ut donc clas^ 
sique en France par instinct et par nécessité^ oê fut 
celle d'une société forte et dirigée dans ses voies paor deè; 
pouvoirs incontestés qui dominaient les volontés et les 
consciences : foriné glorieuse qui éUouit l'Europe en lu 
charmant , et rendit même pour un temps les peuples 
voisins infidèles à leiu' propre génie. Où cette littérature 
est véritablement incomparable , crest sous le type reli- 
gieux , parce que lés grands esprits du siècle , qui ont 
soutenu de leurs facultés la religion , ne pouvaient ren- 
contrer aucune entrave à leur élan. Bossuet, Pascal, 
Fénélon et Bourdaloue sont sans rivaux dans l'Europe 
chrétienne , de même que parmi nous sans successeurs. 
Ce n'est certes point un Français qui contestera la pri- 
mauté qu'ont obtenue quatre autres grands maîtres dans 
les lettres purement humaines -, mais on a pu dire de 



(17) 

notre Gomellle quMI a manqué quelque souplesse à son 
génie ; de notre divin Racine , qu'il s'est montré par- 
Ibis timide dans son essor ; de Molière inventeur , qu'il 
a trop peu écrit ^ de Tiniraitable La Fontaine , qu'il est 
resté sans pareil dans un genre secondaire. Bossuet et 
Pascal dominent les anciens et les modernes *, sublimes 
intelligences et rois de la pensée , ils seront l'honneur 
étemel de la France chrétienne et littéraire. 

Que s'il nous faut en. terminant juger les deux écoles, 
dont la dernière en date chez nous a envahi sans retour 
le domaine de l'art , nous dirons que celle-ci a étendu 
le cercle des sentimens et des idées , puisqu'elle a ouvert 
devant Tartiste un horizon sans bornes : là git sa puis- 
sance. Mais nous dirons aussi qu'en rompant Punité, en 
e&çant tout centre commun dans les affections du cœur 
et dans la pensée, elle a favorisé l'individualisme au 
détriment du lien social *, elle a introduit jusque dans 
les arts je ne sais quel scepticisme qui , justifiant toutes 
les témérités, tend incessamment à fausser le goût et à 
ruiner les mœurs. L'autre école ^u contraire , en main- 
tenant les esprits sous la tutelle de la règle , put entra- 
ver ,. il est vrai, quelque nouvel essor et ravir à notre 
ame quelques émotions ^ mais elle faisait obstacle aux 
écarts de l'imagination , aux aberrations de la pensée ; 
et, sous ce rapport, elle oQrait à la fois à la société un 
point d^arrêt et un point d'appui. L'école illimitée est 
dans le mouvement du siècle. L'école classique a dû 
$'éteindre avec les mœurs qui l'avaient enËintée^ elle 
reste immortelle dans ses monumens. 



RECHERCHES ^ 

SUR LE LUXE DES ROMAINS 

DANS LEUR AMEUBLEMENT. 

LU ▲ L'jlCÀDiMIK ) DAVS LA séAHCB DU 10 AOVT 1836, 

« 

PAR GAB. PEIGNOT. 



Rome une fois devenue maîtresse du monde, et 
n'ayant plus qu^à jouir du fruit de ses conquêtes , ne 
tarda pas à être séduite par ce luxe dont les peuples 
vaincus, et surtout les orientaux , lui avaient offert l'at- 
trayant et dangereux exemple. Il est vrai que le débor- 
deinent n^eut pas lieu tout-à-coup : on ne passe pas si 
subitement de raustérité de mœurs et de la noble pau- 
vreté des Gincinnatus , des Gurius et des Fabius , au 
relâchement et aux richesses inouies des Crassus , des 
Scaurus et des Lucullus ; ce n'est que successivement 
qu'on a vu certaines branches de ce luxe , s'échappant 
pour ainsi dire du char de la victoire , se glisser dans 
Rome , et gagner progressivement les diverses classes 
de la société. Par exemple , le triomphe de Scipion TA- 
siatique , ( Fan 189 av. J.-G. ) , et celui de Gn. 
ManUus, ( Fan 187 ), dans lesquels on étala , parmi les 
dépouilles de Tennemi , beaucoup d'argenterie ciselée y 
d^étoffes attaliques , de lits , de tables d'airain , com- 
mencèrent à inspirer aux Romains le goût de ces su* 

perfluités dangereuses. Le triomphe de Mummius l'A- 



% 



(20) 

chaïquc, (Tau ii6), leur fit connaître les vases de 
Gorinthe , les tableaux , les statues, comme objets de 
décoration des temples, des palais , et même des maisons 
particulières. Le triomphe de Sylla , ( l'an 81 ) , fut re- 
marquable par le poids immense de For et de l'argent 
tant en lingots que monnayé dont on y fit étalage. Ajou- 
tons à ces trésors la collection des livres d'Apellicon , 
que la prise d'Athènes mit à la disposition de Sylla , et 
qui 5 transportés à Rome , y inspirèrent le goût des bi- 
bliothèques V, mais, par la suite , plutôt comme meubles 
d'apparat , que comme objets d'utilité. Enfin le triomphe 
de Pompée, ( l'an 61 ), fit naître la passion des perles, 
des pierres précieuses en tous genres , et d'une infinité 
d^autres frivolités. Telles sont les sources d'oii décou- 
lèrent ces goûts pernicieux qui , au sein de la victoire , 
changèrent insensiblement le caractère du peuple ro- 
main , l'énervèrent et finirent par hâter la chute de la 
République et ensuite celle de l'Empire. 

'Mais on aurait une idée bien incomplète du luxe qui 
existait à Rome vers la fin de la république et sous les 
premiers empereurs , si Ton s'en tenait à la relation , 
en masse, de toutes les richesses que les triomphes ont 
accuoBiulées dans ses murs. Ces richesses , d'abord na- 

' Nous dirons cependant que Sylla n'est pas le premier 
dont le triomphe fut orné de livres pris sur Tennemi. Avant 
lui , Paul-Emile avait étalé dans le sien la collection de 
Fersée , roi de Macédoine , dont il triompha Pan 1 67 av. 
J.-C. Mais Tun et l'autre ne firent point part au public de 
ce fruit de leurs conquêtes. Cette gloire était réservée à 
Lucullus , qui mit à la disposition de ses concitoyens les 
trésors littéraires qu'il dut tant à la victoire qu'à son go&t 
secondé par un« immense fortune. 



( 21 ) 

tionales puisqu'elles étaient toutes versées dans le trésor 
public , relevaient la gloire du peuple romain , et l'enor- 
gueillissaient sans altérer la simplicité de ses moeurs , 
sans porter atteinte à Faustérité de son caractère ; mais 
bientôt , les généraux s'en appropriant une partie et 
disséminant l'or avec profusion, ces richesses devinrent- 
le véhicule qui entraîna les particuliers dans le désir im- 
modéré de toutes les jouissances du luxe le plus effréné. 
Ce fut à qui posséderait ces objets somptueux dont l'A- 
siatique efféminé faisait usage ; ce fut à qui Fimiterait 
soit dans l'étendue et la magnificence des bâtimens , soit 
dans la richesse et l'élégance des vêtemens, soit dans 
la somptuosité et la délicatesse de la table , soit dans 
l'éclat inoui des spectacles et des jeux publics, soit enfin 
dans la variété, la singularité et la splendeur de l'ameu- 
blement. Des sommes incalculables furent consacrées à 
tous ces genres de luxe , et c'est par l'énormité de ces 
sommes que l'on peut juger et de la fortune particulière 
de certains Romains, et du funeste emploiqu'ils en firent 
dans ces temps de la plus haute splendeur de Rome. 

Nous ne parlerons ici que de l'ameublement des parti- 
culiers, et du prix qu'ils mettaient à certains objets, 
parce que c'est là que se remarquent davantage tes pro- 
grès et les excès du luxe. La revue que nous allons passer 
de quelques-uns de ces objets donnera une idée de la 
dépense que faisaient les Romains pour satisfaire leur 
goût en ce genre , et se procurer des jouissances danS 
tout ce qui tient non-seulement aux aisances de la vie , 
mais encore à l'éclat de la représentation , lorsqu'on a le 
triste bonheur de vivre au sein de l'opulence. 

Avant d'entrer dans le détail des meubles , il serait 
peut-être à propos de parler des riches habitations qui 
les renfermaient , et de dire quelle était la forme et la 




(22) 

distribution de ces palais somptueux ; mais cet objet , 
( dont nous avons fait un traité particulier , encore iné- 
dit ) j nous entraînerait beaucoup trop loin ; nous nous 
contenterons pour le moment , afin que Ton puisse juger 
de la valeur des maisons dç quelques citoyens notables , 
d'en citer trois ou quatre , prises au hasard dans notre 
Traité, et dont nous donnerons seulement le prix d'acqui- 
sition ou l'estimation , d'après les écrivains du temps , 
tels que Cicéron , Pline, Vitruve, etc. , etc. 

Nous dirons donc très-succinctement que la maison 
de PuBLius Glodius lui coûta quatorze millions huit cent 
mille sesterces, ( 2,906,000 fr. de notre monnaie ac- 
tuelle )• G^est ce Glodius que Milon tua dans une ren- 
contre, sur la route deLanuvium, le 20 janvier, 5i 
ans av. J.-G. , à trois heures après midi ; événement im- 
prévu qui nous a valu l'une des plus belles harangues de 
Cicéron. 

La. maison de Locullus, qui avait appartenu à Cor- 
nélie. mère des Gracques, puis à Marins, lui coûta 
deuxmffllions cinq cent mille drachmes (i,25o, 000 fr.); 
mais c'était la moindre de ses nombreuses propriétés. 

Gelle que GicÉaoN, (le moins riche de tous ces grands 
personnages, car il n'avait guère que vingt-cinq mil- 
lions de fortune ) , acheta de Grassus l'orateur , qu'il 
ne faut pas confondre avec Grassus le riche , ne lui 
coûta que trois millions et demi de sesterces (700,000 
francs.) 

Celle de ce même Grassus , située sur le mont Palatin, 
lui revenait à six millions de sesterces (1,200,000 fr. ) 

La basilique qu'un certain Lucius Paulus iSmlilios 
fit construire , absorba , dit Appien d'Alexandrie , les 
quinze cents talens (4,200,000 fr. ) que, Jules César lui 
avait envoyés des Gaules , pour l'attirer à son parti* 



~F 



( 23) 

Le palais de Messala était d'un bien autre prix ; il 
avait appartenu à Antoine, et fiit payé quarante-trois 
millions de sesterces (8,740,000 (r.). 

Quant au palais d*or de Méron, la valeur en est inap* 
préciable \ on sait seulement qu^Othon, pour en termi- 
ner une petite partie , y dépensa 1 0,000,000 de fr. ^ 

On peut bien présumer maintenant que pour garnir 
les appartemeos de telles habitations , il follaié des 
meubles qui répondissent ^'leur importance , aipsi qu'à 
(a fortune et au goût du maître. Ce sont doncees meu- 
bles , ou du moins les principaux ? , sur la valeur des* 
quels les auteurs anciens nous ont laissé quelques 
renseignemens , dont nous allons donner une notice ou 
plutât une espèce d'inventaire , auquel nous ajouterons 
certains détails et certains rapprochemens propres à 
diminuer la sécheresse inséparable de toute nomencla- 
ture. Nous parlerons (l'abord des tableaux et des statues, 
des tables , des lits , des coupes et des vases , des lampes 
et des candélabres \ ensuite des pierres précieuses , des 

' Nom avon» pensé que quelques rapprochermens ou 
cbaiparaitont ebtrô la xaievr de certains objets anciens et 
celle ^da certains b&jets modernes du même genre ^ pour- 
Tiielti ajouter qnëlqne inlérét à cet opnscnle. On trouyera 
d^iio dlatts^es notes renvoyées à la fin , et désignées par 
das loUïjpf :€apîtalet, la valeur de quelques objets modernes , 
tek qae Mtimens, tableaux, pierres précieases, etc. 9 que 
Ton pourra cpmparer avec celle des objets anciens de même 
nature y à-mesure qu^on lira le texte. Voyez la note concer- 
nant la valeur de certains bâtÎDicns modernes, à la lettre (A). 

* Les limites de cette Notice nous forcent à nous res- 
treindre à un petit nombre d^arlicles choisis dans chaque 
genre. 



1 



(. M ) 

étoffes, des parfums; puis de la vente du mobiliei' de 
deux empereurs^ avecdes détails sur celuid:^HéliogabaIe ; 
enfin de quelques autres objets de iantaisie auxquels on 
mettait un grand prix ; le tout terminé par une notice 
chronol(^que du montant de la fortune particulière de 
certains personnages connus soit par leurs richesses , 
soit par Jeurs prodigalités, depuis Sylla (né Tan i38 
av» Ji'fC.), jusqu'à Pline Iç jeune (mort Tan ii3 de 
J.-^.)vce qui fisiit un espace de deux cent cinquante- 
un ans , pendant lesquels on a vu ^ au milieu des guerres 
civiles , des actions , de la dépravation et des excès en 
tous. genres, on a vu, disons-nous, surgir du sol ror 
main les deux monumens les plus imposans de Thistoire, 
le tombeau de la République et le berceau de TEmpire. 

DES TABLEAUX ET DES STATUES. 



Commençons par le trait du donsul L. Mummius , 
qui , comme nous Favons déjà dit?, inspira aux Romains 
le goût des tableaux de prix , en exposant à leurs yeux , 
peu habitués à ce spectacle , ces chefs-d'œuvre de la 
Grèce, fruits de la victoire qu'il venait de remporter. 

Lorsque ce Mummius, Pan i^6 av. J;-C , eut brûlé 
Corinthe et soumis rAchaïe, ce qui lui valut les bon* 
neurs. du triomphe et le surnom d' Achaïcjoe , il fit 
vendre le butin pris sur l'ennemi. Parmi lès effets ex- 
posés aux enchères, se trouva un Séiccfms^ sufpertjè^tati 
bleau peint par le célèbre Aristide de Thèbes. Le roi 
Attale I" en offrit vingt-huit talens et demi (114,060 
francs), et on le lui adjugea. Mummius, iqiii se côn- 
naiissait mieux en stratégie qu'en peinture ' , voyant 

' Voyez à la fin , note (B), ce que Velleîns Patercalus et 
Tacite ont dit de ce Mummius. 




(25) 
ee haut prix , sUmagina que ce tableau <était une espèce 
de talisman qui possédait quelque vertu. Il le fit enlever 
malgré les plaintes du Roi , et ordonna qu'on le trans- 
portât à Rome , où il fut placé dans le temple de Gérés. 

'V Alexandre tançant la foudre ^ peint par Apelles, 
décorait le temple de Diane à Ephèse. Il était fait avec 
une telle perfection que les doigts et la foudre sem- 
blaient sortir du tableau. Le peintre en reçut d'abord 
vingt talens d'or ( 96,000 (r. ) ; mais par la suite le prix 
en fot extraordinaire. On ne compta plus une somme 
déterminée , dit Pline ; il fut couvert de pièces d'or ; 
d'autres assurent qu'il fut vendu un boisseau plein d^or. 

"Vjijax furieux et la Médée tuant ses enfans, que 
fit Timomaque de Ryzance , ont été payés par J. Gésar 
quatre-vingts talens (384,000 fr.) Ces deux tableaux 
furent placés , par l'ordre du dictateur , dans le temple 
de- Vénus. (Voy. Puifir, AV. vu, C. 38.) 

M. Aghippà acheta des habitans de Gyziqueun Ajax 
et une Vénus, trois cent mille deniers ( 228,487 fi*. ). 

HonTEiîsius l'orateur paya les Argonautes de Gydias » 
la somme de 27,888 fr. ; c'était pour embellir sa maison 
de campagne sur le territoire de Tusculum. U consacra 
ce ^tableau par une espèce de temple qui fut peint par le 
niéme €jd4as. Gette maison de campagne fut achetée 
dânâ là suite par Gicéron , qui en fit son délicieux Tus- 
cûlaliitm ; qu'il préférait à ses dix-huit autres maisons 
dè'éampagne. 

Venus Anadyomène ou sortant de la mer, fiit évaluée 
eu payée cent talens ( 480,000 fr.) Ce chef-d'œuvrte, 
^lat'Plide^ a été célébré par des vers grecs , qui , en le 
•sunpassant, Pont illustré davantage. On ne put trouver 
personne qui pût réparer la partiç inférieure qui était 
endommagée; mais ce dommage même tourna à la 



^ 



(26) 

gloire de l'artiste. Ce tableau périt de pourriture , et 
Néron y en substitua un autre de la main de Dorothée. 

LucuLLus paya 10,800 fr. une copie de la Bouque- 
tière de Pausias, peintre qui vivait du temps de Phi- 
lippe. — Une copie de la Gljcère, servante de Pam- 
phile qui en avait peint l'original , lui coûta 9,628 fr. 
— Il acheta le modèle de la P^énus genitnx ,11 ,6 i6.fr. 

Tibère préféra un Alalanie et Méléagre, tableau 
libre de Parrhasius, à un million de sesterces (200,000 f .). 
Il avait le choix entre ces deux objets , insérés dans la 
clause d'un testament où il était ncHmmé légataire , et 
où le testateur lui laissait l'alternative ou du tableau , 
ou de la somme de 200,000 fr. ' . 

On connaît un tableau d^ Aristide de Thèbes, déjà 
eité, représentant une bataille entre les Grecs ; et les 
Perses. On y comptait cent figures. Mnason , tyran 
d'Elatée, paya, dit-on, ce tableau à raison de dix 
mines ( 900 fr. ) par chaque figure \ ce qui' Êiit 
90,000 fr. pour la totalité ^. 

Les PP. Gatrou et Rouillé parlent ( dans leur ffis- 
taire ro/7uwne[ jusqu'à l'an 4? de J.-C. ] , Paris , tjsiSr 
48, 2 L ^o/. i/2-4°9 ^^' ^^^9 P- 1.8^)9 d'une superbe 
peinture à fresque qui fut transportée, avec 1§ mur, 
de Lacédémone à Rome , sans éprouver la moindrie. dé* 
térioration. Mais ils ne donnent ni le sujet de ceM^ 
peinture , ni son estimation, ni la source où ils ont-p^fisé 
ce fait. Us disent seulement que cela arriva sous le çon*^ 

' Voyez à la fin, note (C), un rapprodiemeDl ^tr» 
rhistoirè de ce tablera etceiîedj^Samt'Jérâme 4ilÇbrrègfi. 

^ Voyez à la fin , note (D) , un relevé des prix de qv^qa^s 
tableaux madecnea qn^on peut comparer avec les prix des 
taUeaux de TanUipiîté. 



ïT.'ir,' 



( 27 J 

solat de L. Afranius Nepos et Q. Csecil. Metellus Celer, 
TaD 693 de R. «^ ils auraient dû dire 694. ( Le procédé, 
pour transporter les fresques , sans le mur , est mainte- 
nant très-commuq en Italie. ) 

Statues. La première statue grecque qui excita la cu- 
pidité des Romains fut celle d'Empédocles , célèbre phi- 
losophe, que leshabitans d'Âcragas (Âgrigente en Sicile) 
lui firent élever, parce qu'il avait refusé la souveraineté 
de leur ville , ne voulant pas , disait-il , compromettre 
leur liberté , et qu'il avait fait de grandes libéralités au 
peuple , et doté de pauvres filles. Cette statue était cou- 
verte de pourpre ; on y avait rapporté une cuirasse do- 
rée et d^autres omemens : le tout fut pillé et enlevé par 
les Romains. Dès-lors ils prirent goût à ce genre de dé- 
pouilles ^ et à mesure qu'ils multiplièrent leurs conquê- 
tes , ils encombrèrent Rome et d'autres cités de toutes 
lès statues qui leur tombèrent sous la main ' . 

Métrodore de Scépis dit formellement que les Yolo- 
ciniens furent attaqués par les Romains, sans autre 
motif que celui de s'emparer de deux mille statues qui 
servaient d'ornement à leur ville. L. Mummius, cité 
plus haut , en enleva un grand nombre de l'Achaîe ; 
LucuUus , du Pont ; Antoine, d'Ephèse; Néron fit en- 
lever toutes celles qui étaient à Olympie. Caton seul 
se contenta de transporter de Cypre à Rome la statue 
de Zenon ^ par considération pour le mérite de ce phi- 
losophe. 

Mais le bon Cicéron n^eut pas recours à ces violens 
moyens pour orner son palais et ses maisons de cam- 

. ' Rome seule en comptait plus de 70,000 9 sous les em- 
pereurs. 



( 28 ) 

pagne d^ ces sortes d^embellissemehs. Nous voyons 
dans ses Lettres à AtUcus, liv. i, ép. 6, qu'il écrit 
à cet ami, quHl a remboursé à Gincius, pour des sta- 
tues de Mégare, pro sigrds Megariçis, qu'il lui avait 
envoyées de Grèce , une somme de deux millions quatre 
cent mille sesterces ( 480,000 fr. )• Il dit ailleurs. au 
même Âtticus : « N'hésitez point à me faire parvenir 
tout ce que vous trouverez digne de mon Académie.... 
( c'est-à-dire de l'une de ses maisons de campagne ap- 
pelée la Puteolane)'^ j'ai encore des' fonds pour cela. » 
Qidqiud dignum Academid \fidebis , non dubitaris mit" 
tere. , . ,• arcœ nostrœ confidito. Cicéron prie encore son 
ami, par la même lettre , de lui envoyer des Mercures 
de marbre pentelicien (à cinq couleurs) , dont les têteisr 
soient de bronze. 

Une statue colossale d! Apollon ( trente coudées de' 
hauteur ) , que Lucullus transporta du Pont à Rome , 
pour être placée dans le Capitole , avait coûté , selon 
Pline, cinq cents talens (2,4°°5°°° ^^' )» ^^ suivant 
un annotateur moderne de Pline , 2,780,000 fr. 

Il existait à Athènes une statue de Minerve, pesant 
quarante talens d'or pur (1,860,000 fr. ). On ne dit 
pas si elle a été transportée à Rome. 

Pline, liv. xxiv, chap. 18, raconte que la statue co- 
lossale de Mercure, exécutée en Auvergne par Zéno- 
dore , artiste qui vivait du temps de Néron , a coûté 
dix années de travail et quatre cent mille sesterces par 
an , ou 800,000 fr. , ce qui fait pour la totalité du 
prix de l'ouvrage , quarante millions de sesterces 
( 8,000,000 fr. ). 

Ce Zénodore fut mandé à Rome pour exécuter la 
stattue de Néron dans des dimensions également colos- 
sales. Ce sculpteur , tout habile qu'il était , n'osa ja- 



( 29 ) 

mais entreprendre de la jeter en or ou en bronze, 
quoique Néron le désirât, preuve, dit Pline, que Part 
de la fonte était déjà perdu. La statue, haute de cent 
dix pieds , fut exécutée en marbre et placée dans le 
vestibule du fameux palais dor. Elle y resta jusque sous 
le règne de Yespasien ,%qui , ayant bâti le temple de. la 
Paix , fit transporter le colosse au bout de la rue sacrée , 
près de son amphithéâtre ' , le consacra au soleil et lui 
plaça sur la tête sept rayons de bronze dorés , ayant 
chacun vingt-deux pieds et demi de longueur. Dans la 
suite , Tempereur Commode fit abattre la tête de cette 
statue et mettre la sienne à sa place \ il était donc dans 
la destinée de ce malheureux marbre d*oGFrir successi- 
vement aux regards des Romains les deux plus mau* 
vaiseqi^êtes de toute la série impériale , depuis Auguste 
jusqu^à Augustule. 

On admirait dans le Forum établi par Jules César à 
Rome, et qui portait son nom, une très-belle statue 
équestre le représentant, quoiqu'elle n'eût point été 

' Cet amphitliéâtre existe encore ; les Romains rappe- 
laient Colosseum, du voisinage de cette statue colossale , ou 
plutôt à cause de la masse énorme du bâtiment \ et les mo- 
dermet ^ par corruption , Pont appelé Cotisée, L'abbé Bar- 
thelemi désirant savoir ce qu'il en coûterait aujourd'hui 
pour construire un tel édifice , a fait mesurer les anciens 
murs avec la plus grande exactitude par le P. Jacquier , ha- 
bile mathématicien-géomètre , et il a trouvé que leur seule 
construction coûterait dix-sept millions de notre monnaie. 
Que serait-ce s'il eût évalué la dépense de tout le Colisée ! 
Ainsi Cassiodore n'a point exagéré en disant ( Epit. 4^ y 
liv. V ) que Titus , ou plutôt Yespasien avait (ait couler un 
fleuve d'or pour construire ce monument. 



(30) 

Ëiite pour lui. Le cheval et la statue avaient été sculptés 
par Lysippe pour Alexandre-le-Grand. César fit ôler la 
tête d'Alexandre de dessus la statue et y substitua la 
sienne. Cet échange de têtes dans les statues était assez 
commun à Rome sous les empereurs. 

Il existait dans la partie du Gapitole consacrée à Jû-» 
non , un chien ^ en airain , léchant sa blessure, qui était 
d'un travail si parfait , et d^une vérité si frappante , 
que nulle somme ne pouvait le payer , summa nuUa 
par uidebatur. Un édit public ordonna que les gardiens 
en répondissent sur leur tête. Ce chef-d'œuvre fut dé- 
truit, dit-on, dans l'incendie du Capitole qui eut lieu 
l'an 67 de J.^C. , de la part des soldats de Yitellius, 
poursuivant le frère de Vespasien. 

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les ta- 
bleaux et les statues dont les auteurs latins nous ont * 
conservé le souvenir; nous croyons avoir mentionné 
les plus remarquables. 

DES TABLES. • 

On peut mettre les tables au rang des meubles pour 
lesquels les Romains conçurent une véritable passion , 
même avant que l'Empire eût amené tous les rafiinemens 
du luxe dans les plus petits détails de Pameublement. La 
manie d'en posséder à tout prix fut telle que les femmes 
la reprochaient aux hommes , quand ceux-ci leur re- 
prochaient leur fureur pour les perles. 

Ces tables étaient de différentes formes : les unes , 
carrées ; les autres , ovales 5 celles-ci , en forme de crois- 
sant; celles-là, rondes. Les rondes se nommaient orbes; 
les demi-rondes , semi-rotundœ ; celles appuyées sur un 
seul pied , s'appelaient monopodiœy celles qui en avaient 



(31 ) 

deux, bipèdes; trois, tripedes; et au-delà, polypedes. 
Quelques-unes étaient de la plus grande magnificence, 
soit par la rareté du bois dont on les fabriquait , tels que 
Je cèdre et le citre tiré du fond de l'a Mauritanie , soit 
par les (H*nemens dont on les décorait , soit par les sup^ 
ports allégoriques qui les soutenaient et qui ordinaire- 
ment étaient des animaux sculptés en ivoire , enrichis 
de lames d'or et d'argent , et quelquefois entièrement 
composés de ces précieux métaux. Pline nous parle de 
deux dauphins d'argent massif, d'un travail exqms ^ 
que possédait G. Gracchus, et qu'il avait achetés sur le 
pied de cinq mille sesterces , ( looo fr. ) la livre ' . 

Ce luxe prodigieux dans leslables ne pouvait manquer 
d'exciter la bile de Jùvénal. « Les tables de nos sobres 
ayeux , dit-il , n'étaient faites qu'avec les arbres du 
pays i si par hasard Paquilon renversait un vieux noyer , 
il servait à oet usage. Mais , aujourd'hui , les riches 
xnaDgent sans plaisir , le turbot et le daim leur semblent 
insipides , les roses et les parfums blessent leur odorat , 
si leur^ tables ne sont soutenues par un grand léopard à 
^^eule béante , fabriqué avec Tivoire des plus belles 
clents que nous envoient Syenne , la Mauritanie , «t les 
toréts de TArabie où les déposa Féléphant fatigud de 
leur poids. )» Une chose remarquable , c'est que ^Hvoire 



' Quelques commentateurs prétendent que ce n'étaient 

point des dauphins , mais des tables de Delphes. Il semble 

cependant que le passage de Pline est assez clair : Delphinos, 

«lit-il , quinis millihus sestertiûm in lihras emptos C, Grac* 

<:hus habuit. Des tables de Delphes sVxprimeraient par 

mensœ delphicœ, et jamais par delphinos. Il est plus natu- 

Tel de penser que ces dauphins étaient des ornemens de 

tablé , ou peut-être dp lits ou de tout autre meuble. 



(32) 

était alors plus estimé que Fargent ; car le même poète 
BOUS dit encore : « Les riches ne dédaignent pas moins 
de faire usage d'une table avec un pied d'argent que de 
porter un anneau de fer. )> Cet embellissement des 
tables provenait sans doute de ce que les Romains ont 
été très-longtemps sans connaître les nappes ni les ser- 
viettes. 

Passons maintenant en revue quelques-uns de ces 
meubles dont l'histoire nous a révélé soit la magni- 
ficence , soit le haut prix. 

La plus belle table connue, et la plus renommée était 
celle de Ptolomée, Roi de Mauritanie *, elle était tout en 
cèdre , et avait quatre pieds et demi carrés de surface et 
trois doigts d'épaisseur ; on n'en donne pas l'estimation; 
mais , avec ses accessoires qui étaient sans doute d^une 
magnificence proportionnée à ses dimensions , elle devait 
monter à un prix supérieur à celui des «utres taUe^ 
dont nous allons parler. 

GicÉRON , quoiqu'ayant une fortune qui , comparée à 
celle des grands personnages de son temps , ne passait 
pas pour excessive , paya une table de citre, un million 
de sesterces , ( 200,000 fr. ). Pline nous instruit de ce 
fait en ces termes : Extat hodiè ( mensa ) M. Ciceronù 
in iUd paupertate, et quod magis ndiuun est , îUo œ%fo 
empta H-S X. Ce qui signifie /bien : a La table de 
<i Cicéron existe encore , et , chose remarquable , avec 
(( sa modique fortune, et dans ce siècle , il la paya un 
ce million de sesterces. » M. Adam , dans ses Antiquités 
romaines , quoique se servant du mot decies , n'en porte 
Festimation qu^à 19,375 fr. ^ c'est évidemment une 
erreur. / 

Yerrès avait enlevé en Sicile une magnifique table 
en citre ; Gcéron le lui reproche en ces termes : Tu 



C33) 

99zaximam et pulclierrimam mensam citrecan à Luiadio 
^Mistulisti 1 Orat. yi , in Yerrem. 

GkjAjJs AsiNius possédait aussi une table qui fut 
payée onze cent mille sesterces ( 220,000 fr. ). Pline 
«rjoute que dans la vente des meubles de ce Romain , se 
trouvèrent deux tables de ce bois de citre, ornées de 
marqueteries , de nacre de perle et d'ébène , qui furent 
vendues si cher que le prix eût suffi pour acheter deux 
riches métairies. 

Que dirons-nous de celle de Nonius, afiranchi de 
Tibère , qui était tout en bois de cèdre , et qui avait 
quatre pieds de largeur sur un demi-pied d^épaisseur ? 

TiBÈKE lui-même en possédait une de quatre pieds et 
trois doigts de largeur sur un doigt et demi d'épaisseur.' 
Senèque, au rapport de Xiphilin, avait cinq cents 
tables à trois pieds , d'un très-grand prix , toutes en bois 
de cèdre , avec des pieds d'ivoire et parfaitement égales 
entre elles -, mais l'auteur ne nous en dit pas la valeur*' 
^oici ses propres expressions : Qidngentas tripodas 
^uibuit de Ugno cedrino pedibus ehumeis , sirnUes et pares 
inter se, in quibus cœnahaX, 

A la mort du roi Jubà, deux tables furent vendues , 
Vune douze cent mille sesterces ( 240,000 fr. ) , et l'autre 
tsn peu moins cher. 

Une table, également de citre et qui était héréditaire 
dans la femille de Gethegvs , avait coûté quatorze cent 
Tnille sesterces ( 280,000 fr. ) ; elle fut la proie des 
flammes dans un incendie , du temps de Pline. 

"Nous ne prolongerons pas cette liste. Les tables dont 
i^ous venons de parler suffisent poijp Eure connaître la 
somptuosité des Bomains dans ce genre. 



(34; 

DES LITS. 

Les h(s étaient eucore uu objet de grand luxe chez 
les Romains. On en distinguait de t/ois sortes : i"* le 
lit pour le sommeil , lectus cubicularis ou torùs ; 2,^ le 
lit de table, lectus tnclinaris ; et 3** le lit nuptial, lectus 
genicdis *. 

1** Du Ut cubkulaire. Ce n^était point à cette sorte de 
lits que les Romains attachaient le plus d'importance , 
parce que placés dans la partie la plus retirée de la 
maison , ils étaient moins exposés à là yue de ceux qui 
la fréquentaient. Ces lits avaient la forme de nos lits de 
repos ; mais ils étaient plus élevés , car on n'y montait 
qu*avec un marche-pied ou gradin. Trois des câtés du 
lit avaient un dossier, c'est-à-dire à la tête, dans le fond 
* du coté de la muraille, et aux pieds \ le devant seul était 
ouvert. Il n'y avait ni ciel , ni rideaux ; mais Torierller , 
le matelat , le lit de plumes et la couverture y étaient 
d'usage, comme nous le voyons par plusieurs épi- 
grammes de Martial, liv. xiv, epp. 146, 147, 148 > 
i5a, etc. C'est de l'Egypte qu'on tirait les lits de 
plumes, rembourrés du 'duvet de l'oie , aniiiial très- 

' Qaelle est Pétymologie des mots lectus et torus? Si ron 
en croit Varron, De ling. lat., c. iv, 35, le mot lectus 
vient de Tusage où Ton était , dans les premiers temps , de 
ne garnir les lits que de foin et. de feuilles , quàd herbis et 
fi-ondibus lectis incuhahant / et le mot torus provient de ce 
que super herbam tortam discumbebarit ; ou de ce que lecitts 
toris id estfunibus Menderetur. Varron est-il plus fort sur 
les étymologies de sa langue , que Ménage ne Test sur celles ^ 
de la nôtre ? Cela ne serait pas facile à décider d'après les 
présent article. 



(35; 

commun sur les bords du Nil. Cependant les grands de 
^ome étalaient encore un certain luxe dans ces sortes 
de lits , soit pour la qualité du bois dont ils étaient fa- 
briqués, soit pour les ornemensdont on les décorait, 
soit pour la richesse des couvertures et des courte* 
pointes. Il y avait même des lits en forme de paon , lecti 
P^vomnL Martial nous le révèle dans cette épigramme : 

Nomina dat spondée pictis pulcherrlma pennis 

Nunc Junonis avis ^ sed prias Argus erat. 

xivi ep. 85. 

a, Les briUàntes plumes de Junon font ainsi nommer 
«c ces lits ; jadis ils portaient le nom d'Argus. a> 

a* DuJit triclinaire ou de table. Avant la seconde guerre 

punique , Pan 20a av. J.-G. , les Romains , pour prendre 

leurs repas, s'asseyaient sur de simples bancs de bois ; 

mais Scipion F Africain , ayant apporté de Garthage des 

lits sur lesquels on se couchait pour manger, on adopta 

^ Borne cette nouvelle mode. Ces lits, qu'on appelait 

f^t^nicam, africains , étaient fort bas , d'un bois commun, 

Rembourrés seulement de foin ou de paille , et couverts 

de peaux de chèvre ou de mouton. Un nommé Archias, 

'Menuisier ou tourneur de son métier , les imita et les 

fit un peu plus propres *, ils portaient le nom à^Archia^ 

^^^s, du nom du fabricant. Leur simplicité, la modicité 

du prix, les rendirent très<-communs, et la moyenne 

ol^sse du peuple continua à s'en servir jusqu'au temps 

d^Auguste. , 

Mais le luxe des grands, qui avait commencé long» 
^^xxips avant cet empereur, ne s'était point accommodé 
de cette simplicité *, d'ailleurs Gn. Manlius leur fraya 
le chemin dès l'an 187 av. J.-C. , en faisant paraître 
ÏH>xirla première fois, dans son triomphe, des lits d*ai- 
ï'ain, des tapis et des couvertures de grand prix , qu'il 



(36) 

avait enlevés aux vaincus (les Gaulois dé TAsie). Dès- 
lors les archiaques en bois ordinaire , avec leurs formes 
unies et leurs peaux d'animaux , furent dédaignés , et 
bientôt les nouveaux lits, travaillés avec beaucoup 
d'art , fijrent au niveau de tout ce qu'il y avait de plus 
recherché dans le reste de Tameublement. Leur somp- 
tuosité particulière consista dans Tébène , le cèdre , l'i- 
voire , l'or , l'argent et autres matières précieuses dont 
ils étaient faits ou enrichis ; dans de riches coussins et 
matelats rembourrés du duvet le plus léger ; dans de 
superbes couvertures de diverses couleurs , brodées d'or 
et de pourpre ^ dans des trépieds d'or et d'argent -, enfin 
dans une infinité d'accessoires qui ajoutaient à l'éclat et 
à la commodité de ces meubles. 

Rien n'était plus commun , sous Auguste , que de voir 
des lits de table en bois de citre , entièrement couverts 
de lames d'argent , ou bien garnis de sculptures et de 
ciselures en or et en ivoire , de plaques d'écaillés de 
tortue * , et d'autres matières les plus précieuses. 

' Il est question de ces sortes de lits dans l'épigramme 
suivante, que Martial adresse à Amœnus, fin matois , qui 
yent Tendre sa maison. Nous en donnons seulement la tra- 
duction : 

■ a i?a maison, dit le poète, t*a coûté cent mille sesterces, 
et tu voudrais t'en défaire à meilleur marché. Tu cherches 
cependant à tromper Tacquéreur en cachant les défauts de 
l^édifice sous le luxe des ornemens. D^abord tes lits éclatent 
du feu de Fécaille de tortue, et ils sont en bois de citre 
massif de Mauritanie , ce qui est rare. Une table de DelpLes, 
travaillée avec art, y brille garnie d^or et d'argent En- 
suite tu parles de deux cent mille sesterces , et tu assures 
qu'elle ne sera pas donnée à moins. En eflët^ c'est vendre 
à vil prix une maison si bien parée. » 



(37) 

Du temps de Sénèque, un accroissement de luxe 
présentait assez souvent ces lits entièrement revêtus de 
Icunes d'or et d'argent ou d'électrum , mélange de ces 
3eux métaux. Un auteur grec fait même mention d'un 
lit d*or massif, qu'on voyait dans File de Pandère *, mais 
[^e lit appartenait à un lectistemium ' . En général , la 
diversité des lits de luxe était étonnante ; il y en avait. 
pour les différentes saisons « pour Thiver , pour Fêté ; et 
léboL se remarquait à la matière du meuble y au choix 
des étoffes pour les couvertures , à la perfection des 
broderies, etc. 

Ces riches couvertures que Ton étendait sur les lits, 
et sur lesquelles se couchaient les convives, allaient 
quelquefois, dans les ventes, à un prix très-élevé. On, 
en connaît, dès le temps de Gaton , qui ont été adjugées 
pour la somme de huit cent mille sesterces (160,000 f.). 
Méron en a acheté une de drap babylonien , c'est-à-dire 
de diverses couleurs dans le tissu, qui lui a coûté quatre 
millions de sesterces (776,000 fr. ). 

Il est bien présumable qu'on ne se servit pas de lits 
de table aussi richement garnis , dans le fameux repas 
que J. César donna au peuple romain lors de ses quatre 



' Le lectistemium oa lectisterne , était un festin d'ap- 
pareil que Ton donnait aux dieux dans les temples \ on y 
dressait des lits couverts de riches tapis et de coussins par- 
semés de fleura et de feuilles odoriférantes. On couchait les 
statues des dieux sur ces lits , et on leur servait les mets les 
plus délicats, qui sans doute ne leur causèrent jamais d'indi- 
^tions. En pourrait-on dire autant des pontifes et de leur» 
acolytes chargés de la desserte f La cérémonie du lectisterne 
a été fondée à Rome Tan 398 avant J.-C. , à Toccasion d'une 
peste qui ravagea la ville. 



(38) 

triomphes, (Tan 46 av. J.-C.)- Plùtarque dit qu'on y 
servît vingt-deux mille tables , à trois lits chacune ; ce 
qui suppose d*abord cent quatre-vingt dix-huit mille 
convives; mais comme chez les citoyens sans façon, il 
se plaçait souvent quatre personnes au lieu de troi^ sur 
chaque lit , et que le peuple , dans cette circonstance , 
ne tenait sans doute pas beaucoup à l'étiquette , on peut 
porter la masse de ces convives à au moins deux cent 
mille. (Nous donnons la description de ce festin dans 
notre Traité des Repas des Romains. ) 

3^ Du Ut nuptial. Ce lit , que Properce appelle lectum 
ndversumy était dressé dans une salle située à Tcptrée 
de la maison et qui était décorée des images des ancêtres 
de répoux. Jamais ce lit ne sortait de Tappartement , 
parce que c'était le lieu que dans la suite la nouvelle 
mariée devait habiter ordinairement pour vaquer à ses 
occupations journalières, telles que filer, broder, feire 
des étoffes. C'est ce que lui désignait le cérémonial qu'on 
lui disait observer en entrant dans la chambre ; on la 
faisait asseoir sur un siège couvert d'une peau de brebis, 
garnie de sa toison. On avait le plus grand respect pour 
le lit nuptial , et on le gardait religieusement /tant que 
vivait la femme pour laquelle il avait été dressé. Si le 
mari se remariait, il devait en faire tendre un autre 
pour sa seconde épouse. C'était de rigueur, et jamais on 
ne s'écartait de cet usage. Aussi , voyons-nous Cicéron 
traiter de crime atroce l'action infâme de la mère de 
Cluentius, qui devenue éperdument éprise de son 
gendre qu'elle épousa, se fit tendre le même lit nuptial 
qu'elle avait dressé deux ans auparavant pour sa propre 
fille , et duquel elle la chassa. 

Nous n'avons trouvé aucun détail sur la valeur et 
l'estimation de ces différentes sortes de lits avec leurs 



(30) 

garnitures ; mais il n'y a pas de doute , d'après ce que 
nous avons dit du prix de simples couvertures, que 
ceux qui figuraient dans les palais des Scaurus, des 
Saliuste , des Lucullus , des Tibère , des Néron , étaient 
d'une valeur extraordinaire* 

DES COUPES ET DES VASES. 

Ces meubles tiennent une place considérable dans 
rhistoire dû luxe de la table chez les Romains : on sait 
à quel excès était porté leur faste dans tout ce qui re- 
gardait la grandeur, le goût, le travail, la qualité et la 
variété des pièces qui formaient l'appareil de leurs 
buffets , qu'ils nommaient abaques. Ils avaient des 
coupes, des vases, des flacons de toutes les espèces et 
en toutes sortes de matières, en bois de hêtre, en terre 
cuite, en pierre, en cristal , en verre, en ambre, en 
cuivre , en argent et en or. Les coupes et les vas^s étaient 
ou unis , ou ciselés , et parfois enrichis de pierres pré- 
cieuses *, on les nommait pocula, calices y phiaUe , 
sc^pTiiy scaphia, çuluUus. Le caniharus était une coupe 
à deux anses. Les Romains se passionnaient donc pour 
ces sortes de meubles , soit à raison de la matière , soit 
à raison de la forme et du talent de l'artiste qui les avait 
fabriqués. Si Tun de ces objets était antique ou avait 
appartenu à quelque grand personnage , cela en aug- 
mentait beaucoup la valeur ^ . Mais un reproche à faire 

' Cette dernière considération prêtait quelquefois à la 
critique et à la plaisanterie. A Rome , comme chez nous , 
on se moquait de ces antiquaires maniaques qu^ donnent 
aux morceaux qu^iU possèdent , une illustration ridicule» 
Nous en voyons la preuve dans Martial , viii ^ ép. 6 ; il se 




(40) 

aux Romains , c'est de n'avoir pas rougi d'employer 
quelquefois des coupes d'une forme plus qu'indécente ; 
Juvénal et Pline les en ont vivement gourmandes ; Pline 
appelle cette licence, per chscœnitates bibere ; heureu- 
sement ces rares turpitudes ne paraissaient que sur la 
table de quelques débauchés. 

Voyons maintenant quels sont les vases précieux sur 
la valeur précise desquels les Anciens nous ont laissé 
quelques renseignemens. 

L. Grassus possédait deux coupes ciselées par le célèbre 
artiste Mentor ; elles lui coûtaient cent mille sesterces 
( 20,000 fr. ) ; il avouait qu^il n'avait jamais osds'en 
servir ; mais il en avait plusieurs autres qui lui revenaient 
à six mille sesterces , la livre , ( 1,200 fr. ) , et dont sans 
doute il ne faisait guère plus usage. Yoy. Pline , liv. 
xxxni , ch. II. 

Les vases murrhins, dont les premiers furent vus au 
triomphe de Pompée sur Mithridate , ont été , du temps 
des empereurs , un objet du plus grand luxe. Un seul 
vase de cette matière, contenant trois setiers, a été 
vendu soixante-dix talens ( 336,ooo fr. )^ mais, outre 
ce vase , il y en avait à ce triomphe une telle quantité 
d'autres, que l'on en couvrit neuf buffets. 

Deux coupes en argent , ciselées par Zopire , célèbre 

moque d^an vieil antiquaire (Euctvs), qui, à table, au 
lieu de faire boire ses convives, ne leur parle que de l'an- 
cienneté de ses coupes , de ses vases , etc. L'une a appartenu 
au roi Laomédon ; Pautre a servi au féroce Rhœcus dans 
aa querelle avec les Lapithes ; ces deux vases-ci viennent du 
vieux Nestor^ etc. , etc. , etc. Chez les modernes, 'Walter- 
Scott , dans son Antiquaire, a aussi parfaitement peint le, 
ridicule des maniaques dans le genre dont nous parlons. 



( 41 ) 
artiste romain , étaient estimées douze mille sesterces 
( 2,4^^ fr • ) ^ sur Tune était représenté l'aréopage et sur 
l'autre le procès d'Oreste. 

Pythéas , autre artiste célèbre , excellait aussi dans 
les ouvrages ciselés : on les vendait ordinairement sur 
le pied de dix mille sesterces ( 2,000 fr. ) les deux onces, 
entre autres une coupe où il avait gravé Ulysse et 
Diomède ravissant le Palladium. 

T. Petronius, personnage consulaire, condamné àmort 
par Néron , brisa , avant de mourir , un vase murrhin , 
estimé trois cents talens ( 1 ,44oîOoo fr. ), par haine pour 
le tyran et pour l'en priver. M'. P. Durand, traducteur 
de Pétrone , croit qu'il est ici question de l'auteur du 
A$af;^nco7z; cependant son nom ne parait point dans la 
liste des consuls , à moins quHl n'ait été consul subrogé. 

Néron dut éprouver un vif regret à la nouvelle de la 
destruction de ce vase précieux , car il était fou de ces 
sortes de meubles , et lui-même paya cent talens 
( 480,000 fr.) , une coupe murrhine à deux anses ' . 

Le même Néron, quelque temps après, et sur le 
point d'expier tous ses crimes, (il s^est tué le 9 juin, 
68 de J.-C), apprenant la révolte de ses armées et 
voyant quHl était perdu sans ressource, brisa dans son 
désespoir, deux belles coupes de cristal du plus 
grand prix , et sur lesquelles on avait gravé des vers 
d'Homère. Il crut punir son siècle en empêchant 
qu^aucun autre y pût boire. (On estimait l'une de ces 
coupes soixante et quinze mille sesterces ( i5,ooo fr. ) , 
ce qui ne serait pas un fort grand prix. ) 

Le cristal était très-estimé des Anciens, surtout 

' Voyez à la fin , note (E) , les dîyerses opinions des sayans 
sur la pierre précieuse dont se fabriquaient les vases murrhins. 



( 42 ) 

quand il s^en rencontrait des morceaux d'un certain 
volume. On rapporte que l'impératrice Livie en offrit 
au Capitole un du poids de cinquante livres. 

N'omettons pas le trait du vase de cristal de Poilion ; 
il fait trop honneur à Thumanité d^ Auguste pour le 
passer sous silence. Ce PoUion, favori du prince ^ 
avait imaginé un singulier supplice pour ses esclaves 
coupables de quelques &utes : il les faisait jeter tout 
vivans dans ses réservoirs pour y devenir la pâture 
de ses murènes qu'il engraissait de sang humain. 
Auguste soupait un jour chez lui; un esclave a le 
malheur de laisser tomber un vase de cristal qui se 
brise. PoUion , furieux , d'un seul signe , donne l'ordre 
du fatal supplice. L'esclave tremblant se jette aux pieds 
d'Auguste , le conjure , le supplie de ne pas permettre 
que pour une telle feute , il soit guni d'un châtiment 
aussi affireux que celui d'être jeté vivant dans le 
réservoir et dévoré par les poissons. Auguste, fraj^ 
et indigné de ce nouveau genre de barbarie, &ic 
délivrer l'esclave , ordonne que l'on brise les vaseis de 
cristal et que Ton comble les viviers de Poilion; œ 
qui fiit exécuté. C'est ce Poilion qui fut consul, et 
dont le nom figure en tête de la quatrième éclogue de 
Virgile, Sicelides musœ, etc., etc. (Oii le spirituel 
auteur de la Physiologie du goût a-t-il trouvé que 
Domitien est le héros de cette aventure? L'erreur est 
un peu grave. Voy. h. Physiologie, etc. , édit. de i834, 
tom. 1 , p. 17a,.) Le charmant poème de la Gastrono^ 
mie n'est pas non plus exempt de quelques erreurs 
d'érudition. 

Une mère de famille , peu opulente , paya , dit Pline , 
une coupe cent cinquante mille sesterces , ( 3o,ooo fr. )• 

Nous avons dit précédemment qu*on enrichissait 



( « ) 

les coupes de pierres précieuses. Le passage suivant de 
Juvénal, (sat. v, ParasiU), va nous le prouver. Le 
poète s'adresse, dans ce passage, à quelque chevalier 
d'industrie^ car Rome n'en manquait pas plus alors 
que Paris maintenant. « Virron se sert , dit Juvénal , 
d'une large coupe d'ambre, enrichie de pierreries; à 
toi l'on ne te confie point de coupe d^or. Si par hasard 
on t^en donne une, on a soin de mettre à tes cotés, un 
gardien chargé d'en compter les diamans , et de suivre 
de l'œil tes ongles rapaces. N'en sois pas choqué, 
cette coupe est ornée d'une pierre fameuse , car Tir- 
ron , à l'exemple de ses pareils , transporte de ses , 
bagues sur ses coupes , les diamans que portait au 
pommeau de son épée ce jeune troyen préféré par 
Didon au jaloux Hiarbe. ' Tu n'auras qu'une tasse à 
quatre becs et désignée par le nom d'un cordonnier de 
Bénévent, tasse fêlée, bonne à troquer contre des 
allumettes. » Ce cordonnier se nommait Yatinius, il 
fut l'inventeur de ces sortes de coupes. 

Nous terminons ici ce que nous avions à dire sur 
les vases et les coupes -, mais il est un autre objet qui 
tient également aux repas, et qui même en est un 
meuble essentiel , dont nous croyons devoir parler aussi : 
ce sont les plats. Les auteurs anciens nous ont conservé 
le souvenir de quelques-unes de ces pièces extraordi- 
naires dont la matière et la forme prouvent que le dé- 
bordement du luxe allait jusqu'à la folie. G)nsacrons 
donc quelques lignes au souvenir historique des plats 
chez les Romains. 

* Encore une critique de ces pauvres maniaques d'anti- 
quités ; on ne s'attendait guère à trouTer Enée* en cette 
affaire. 




( *i ) 

Des plats. Ils étaient à peu près de la même forme 
que les nôtres. On en faisait en terre vernie , en bronze , 
en argent et même en or. On les nommait tanx , caûnus, 
discus, paropsis. Le lanx satura était un plat rempli 
de toutes sortes de fruits, ou contenant un ragoût farci 

• 

de différentes viandes. Les plats qui composaient le 
premier ou le second service ( primœ aut secundœ 
mensœ), n'étaient jamais servis simultanément , à moins 
qu'ils ne fussent chargés d^œufs , de fruits ou de frian- 
dises que Ton pouvait prendre à la main , sans le minis- 
tère de récuyer tranchant *. Mais pour les grosses 
pièces , les ragoûts , etc. , ils étaient apportés séparé- 
ment ; et quand le morceau était remarquable par son 
volume ou par sa rareté , on l'introduisait dans la salle , 
aux acclamations des convives , avec pompe , musique et 
parfois en chantant et en dansant ; ceux qui l'apportaient 
étaient couronnés de fleurs. Les plats , qui renfermaient 
ces morceaux extraordinaires , s'appelaient rhombus , 
patina, et étaient ordinairement du plus grand luxe et 
d'une étendue proportionnée. C'est de ceux-là dont nous 
allons parler. 

On prétend que Sylla en avait qui pesaient jusqu'à 
deux cents marcs d'argent; et Pline ajoute qu'on en 
aurait trouvé pour lors à Rome plus de cinq cents du 
même poids. Cette fureur du luxe ne fit qu'augmenter 
par la suite. 

Du temps de l'empereur Claude , un de ses esclaves , 
nommé Drusilannus Rotundus, qui était trésorier de 

' Cet ofEcier de bouche s^ap pelait carptor, carpus, scîssor, 
on dirîbiior ^ il découpait les viandes d'une main savante. 
On le nommait aussi chironomons ou gesticulator , lorsqu'il 
découpait en cadence au son des instrumens. 



( 45 ) 
la haute Espagne, fit faire, dît Pline, liv. xxxm, un 
plat , nommé PromuUis, pour la fabrication duquel il 
fallut établir une forge exprès. Ce plat-mo/wfre était en 
argent pur et pesait cinq cents livres-, on le servait 
au milieu de huit autres petits plats du poids de cent 
marcs chacun. La machine qui soutenait ces neuf plats 
rangés symétriquement, s^appelait du nom du grand 
plat, Promidsidarium. « Combien, ajoute Pline ^ eût- 
il fallu d^esclaves comme le propriétaire pour porter 
et disposer une telle vaisselle sur la table ? et dans quel 
festin eût-on pu le servir ? » 

C'est sans doute ce plat qui a servi de modèle à celui 
que fit fabriquer quelques années après le glouton Yi- 
tellius , et dont il fit la dédicace avec tant de pompe. 
Il appelait ce plat le bouclier de Minerve, à cause de 
son excessive grandeur. On avait bâti un four en pleine 
campagne pour le fabriquer. Rome de Tlsle, d'après 
Pline (liv. xxxv), dit que ce plat énorme, en terre 
cuite y coûta un million de sesterces ( aoo,ooo fr. ). N'est- 
il pas présumable qu'il était plutôt en métal , soit en 
argent , soit en or , ou du moins incrusté de ces matiè- 
res, et que la somme de deux cent mille francs n'aura 
été que le prix du travail ? Je fonde cette conjecture 
sur deux £eiits : le premier, relatif à la matière , est que 
ce plat a été conservé comme un monument remar- 
quable jusqu'au temps d'Adrien qui le Jit fondre, et 
l'on ne fond pas la terre. Le second , relatif à la somme, 
est que Yitellius , pendant les huit mois de son règne , 
ayant dépensé pour sa table neuf cent millions de ses- 
terces ( 180,000,000 fr. ) , que serait la modique somme 
de 200,000 fr. pour la matière et les frab de &brication 
de ce plat énorme auquel il attachait tant d'importance, 
qu'il en fit une dédicace solennelle? Qu'on se rappelle 




(46) 
les dépenses inouies qui se faisaient alors à Borne pour 
satisËdre aux exigences du luxe , soit en fait d^ameu- 
blement, soit en fait de bonne chère ^ et la ocmjectiire 
que je hasarde ne paraîtra peut-être pas entièrement 
dépourvue de fondement. 

Le goût pour ces énormes plats qui sans doute n^é- 
taient souvent que des meubles d'ostentation, a survécu 
aux Romains. Nous en retrouvons plusieurs dans les 
premiers âges de notre monarchie -, quelques-uns pro- 
venaient peut-être des Romains. 

Après la mort de Mummol , patrice de Rourgogne , 
qui périt à la suite de sa perfidie , en 585 , on trouva 
parmi les effets qui furent saisis chez lui , outre une 
quantité considérable de vaisselle d*or et d'argent, 
quinze grands bassins d'argent , dont un , entre autres, 
pesait cent soixante-dix livres. 

On connaît encore un plat dW massif, du poids de 
cinquante livres , que Gbilpéric^ roi de Soissons (as- 
sassiné à Ghelles en octobre 584 ) , fit faire et enrichir 
de pierreries, pour honorer, disait- il, la nation fran- 
çaise. 

Saint Arnould, évéque de Metz, en 6i4, Tun'des 
aïeux de GhaHemagne , possédait un plat d'argent , du 
poids de soixante-douze livres, qu'il vendit pour sub- 
venir aux besoins des pauvres. 

Quand Sisenande, roi d'Espagne, voulut engager 
Dagobert dans sa révolte , il lui promit un plat d'or, du 
poids de cinq cents livres , et que l'on disait précieux 
plus encore par la beauté du travail que par sa valeur 
intrinsèque. 

Enfin, Lothaire, étant sur le point d'être attaqué 
par ses frères dans Aix-la-Ghapelle, y pilla le trésor de 
Gharlemagne son grand-père , et brisa , disent les An^ 



(47) 

ts de S. BerUn , un plat d'argent d'une immense 
^^xxiension, qui représentait en bosse , Tunivers avec 
1^ Cours des astres et des planètes , et il le distribua à 
^^s soldats. Ce prince , roi dltalie , mourut en 856. 

DES LAMPES ET DES CANDELABRES. 

Ces meubles étaient encore à Rome un objet de luxe 
ohez les riches particuliers. S. Clément d'Alexandrie 
et Eusèbe attribuent aux Egifptiens Pinvention des 
lampes. On en connaissait de différentes sortes , celles 
qui étaient consacrées aux temples, d'autres destinées à 
éclairer les appartemens dans les réjouissances ou les 
festins; les lampes de nuit, les lampes d'étude, les 
' lampes sépulcrales, etc. , etc. Aucun meuble chez les 
Anciens n'a eu des formes plus variées , et quelquefois 
de plus indécentes , surtout celles qui étaient portatives 
ou de table. Dans les premiers temps , les lampes 
étaient simples , en terre cuite ou en bronze ; ensuite 
cm en a Ëdt en airain de Gorinthe, en argent et en or. 
On en a trouvé un grand nombre à Herculanum , de 
toutes matières et de toutes formes. 

Les lampes destinées aux appartemens et surtout au 
tricUnium ( salle à .manger ) , étaient ordinairement en 
bronze ou en argent ^ et suspendues par des chaînes de 
même métal. On les appelait lucemce^ et quand elles 
avaient plusieurs branches (espèce de lustre), elles 
prenaioit le nom de Poljmixos. Martial nous en repiré- 
sente une dans cette épigramme, liv. xiv, ép, 4^- 
Ulastrem cùm tota meis conTivia flammisy 
Totque geram myxos , ima lucerna vocor. 

a Mes brancheg allumées éclairent tout le festin ; qaoiqiie 
a j^aie plosiears bras^ je n'ai qa^un nom | oéloi de lastre. » 



\ 



f( <8 J . 

Toutes les lampes n'étaient pas suspendues; on en 
voyait beaucoup supportées' par des candélabres ; et ces 
candélabres étaient d^un travail précieux. Les plus 
beaux se faisaient à Egine pour la partie supérieure, et 
les tiges se fabriquaient à Tarente. Les candélabres or- 
dinaires se vendaient cinq à six cents francs de notre 
monnaie -, mais d^autres allaient quelquefois jusqu'à 
dix mille firancs. C'est ce qui a fait dire à Pline , que de 
son temps on ne rougissait pas de donner la valeur des 
appointemens annuels d'un tribun militaire , pour un 
ustensile dont le nom rappelle Fidée de chandelle. Par- 
lant de ces sortes de meubles , il raconte une aventure 
assez extraordinaire pour que nous ne la passions pas 
sous silence. 

ccUn crieur public, nommé Théon , exposait en 
vente sur la place un candélabre ; soit que les enchères 
n'allassent pas à son gré , soit par un autre motif, il 
réunit à ce lot , comme accessoire , un esclave bossu , 
hideux et foulon de son métier , qui s'appelait Clé- 
sippe. Une dame romaine, du nom de Géganie, acheta 
le tout moyennant cinquante mille sesterces (10,000 fr.). 
Le lendemain, elle fit parade, à table, de son aa](ui- 
sition, et exposa à la risée de ses convives, le bossu 
dépouillé de ses vêtemens. Mais peu après, cédant à 
une passion effrénée , elle lui fit partager sa couche ; 
puis sur le point de mourir, lui légua des richesses im- 
menses. Le bossu Clésippe rendit à ce candélabre des 
hommages comme à une divinité , et éleva à Géganie 
un magnifique tombeau qui fut moins un témoignage 
de la reconnaissance du légataire, qu'un^ monument 
de la honte de cette femme. » 

Quoique les chandelles moulées ou à baguette, ainsi 
que les bougies , existassent chez les Romains , comme 



(49) 

le pronvent plusieurs épigrammes de Martial , AV. xiv, 
epp* 4^ 9 4^ 9 4^ 9 ^U^ n'étaient point d'un usage gé- 
néral, puisqu'on n'a trouvé ni à Herculanum^ ni à 
Pompei , aucun candélabre percé de manière à les 
supporter. 

DES PffiRRES PRÉCIEUSES. 

Pline raconte que Scaurus, gendre de Sylla, est le 
premier à Rome qui ait eu un écrin rempli de pierre- 
ries , qui sans doute provenait de la riche succession de 
ioa beau-père. Cet écrin fut le seul connu juaqu^à ce 
]ue Pompée , lors de son triomphe sur Mithridate , dé- 
liât au Gapitole celui qui avait appartenu à ce Roi , le 
jliis riche et le plus somptueux de tous les princes 
iraincus par les Romains. 

L'écrin de Mithridate, si Ton en croit Yarron et les 
latres auteurs du temps , était beaucoup plus précieux 
|ue celui de Scaurus. Outre les rubis, les topases, les 
liamans, les éméraudes, les opales, les onyx, et beau- 
îoup d'autres pierreries d'un éclat et d'une valeur 
oestimable, on y voyait une quantité infinie d'an- 
leaux, de bagues, de cachets, de chaînes d'or d'un 
ravail exquis , et d'autres objets de toilette et de pa- 
gure noivnioins admirables. 

Mais combien d'autres merveilles brillèrent à ce 
riomphe sur Mithridate ! Un échiquier garni de toutes 
es pièces , entièrement composé de pierres précieuses 
ncrustées dans l'or \ trente-trois couronnes en perles ; 
a Eaimeuse vigne d'or d'AristobuIe , estimée par l'his- 
orien Josephe (/iV. xiv), cinq cents talens (2,400,900 f.) ; 
e trône et le sceptre de Mithridate \ son char éclatant 
l*or et de pierreries , qui avait appartenu à Darius \ le 
xianteau brodé à fleurs d'or , qui passait pour être celui 

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lue Celui de Scaurus. • •_• 
iiamaDi, les émérau> 
coup d'autres pierr-r- 
inestimable , on v 1 .-. 
neaux, de bagues. » 
travail exquis , et c c. 
Ture non^moins aoazr 

Mais combiec * 
triomphe sur llitz - 

ses pièces 9 eoti-"* 

incrustées dan 

la bmense t: - 

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.)r, et 
[)ierrcs 
la, elle 
les An- 
out cela 
;i Telle lui 
■.;arquahle 
I riiistoire 
. elle avala. 
/<'pélcr ici ; 
MIS nos Re- 
l'cstins av^ec 

X1828), 

■nie de Cali- 
•ire galerie. 
• (Muonie pu- 
riste de l'o- 
Irès-ordi- 
?e d'éme- 
■it encore 
l'fje , ses 
Ht char- 
néme, se 
.000 f.), 
•hesses , 

raccrois- 




\ 



(50) 

d^Alexandre ; c'est celui que Pompée revêtit lors de son 
triomplie; enfin les armes de Mithridate qui étaient 
d^une ricbësse inonie -, mais son diadème et le foiMreau 
de son épée n'y parurent point; ils avaient été volés. 
Le diadème, étincelant de pierreries, avait été pris par 
Caius , et le fourreau , plus riche encore que le dia- 
dème , avait été dérobé par un certain Publius qui le 
Vetià&t à Ariarthe. C!e fourreau , tout couvert dés '{lierres, 
les [dus précieuses, avait coûté qdafl^ centà^ t&lens» 
( 1 ,920,000 fr. ). Pompée ne sut rien aldris dé €ie^ detixL 
vols; mais Phamace les ayant découverts, en rëvéta le^ 
auteurs et les fit punir. 

César, à Texemple de Pompée, dédia' six écrins dan^ 
le temple de Vénus Grenitrix; etH^i^elluâ, fibd*Octa — 
vie , en plaça un dans le petit temple d" Apottôn ', sur 1 
mont Aventin. 

Le même César fit présent à Servilie, mère de M 
Junius Brutus , d'une perle qu'il avait achetée ^citis 



prémieir consulat (59 av. J.-C. ), six millions dé s^ 
tcrces ( ï,aoo,ôoo fr. ) ^ . 

Tout le monde connaît les excès du liixe et de la 
digalité de Ciéopâtre dans ses orgies avec Antoine lors 



' U nous semble que M. Mazois^ dajis sou savant *ot eu * 

rieux ouvrage, Le Palais deScaurus, seconde édition $ 

Paris, 1822, in-80, fig. , sVst trompé, p. 118, en citan -^^^ 
Lollla au lieu de Ser ville. César a bien aussi séduit un^ ^ 
Lollia, femme d'Aulus Gabinius^ mais ce n^est point pou~ -^^ 
elle qu'il fit la folle dépense dont nous parlons ; c'est pou ^^ 
Servilie, mère de J. Brutus, à laquelle, outre les présen-^^* 
considérables qu'il lui prodigua , il fit adjuger à vïl prix 9 

pendant la guerre civile , de très-belles terres qu'on reudai^^t 
k l'encan. 



(51 ) 

^qa^'il daorda en Egypte. Dans le premier repas qu^elle 
lui donna , elle lui ftt présent , non seulement du riche 
«unedblonent qui décorait letricbmum, mais eDe y 
«jouta tout le service de table ; c'est-à-dire qu^elle le 
pria d^aocepter toute la vaisselle qui était eh or, et 
tous les vases également en or et enrichis de pierres 
précieuses. On prétend que , non contente de cela , elle 
loi oifirit encore cette superbe chrysolithe, dont lés An- 
ciens ont tant vanté la rareté et la valeur. Tout cela 
s'était passé dans le premier repas *, le second qu'elle lui 
• donoÀ deux jours après ne i'ùt pas moins remarquable 
par un autre genre de folle prodigalité^ c'est l'histoire 
de la fieimeuse perle , estimée 125,000 fr. , qu'elle avala. 
Cette histoire est trop connue pour la répéter ici ; 
d'ailleurs nous Tavons donnée en détail dans nos Rb- 
CHBBCHBS sur le luxe de Cleopâtre dans ses festins avec 
I JuleS'^César , puis avec Marc-Antoine. Dijon (1828), 
iJi-8*, pp. 16-20. 

Le luxe de Lollia Paulina , devenue femme de GaK^ 
gula., mérite bien aussi de figurer dans notre galerie. 
« J'ai vu , dit Pline , non pas dans une cérémonie pu- 
blique, où l'on étale ordinairement tout le faste de l'o- 
pulence, mais dans un souper de fiançailles très-ordi- 
naire 'j j'ai vu ^LoIlia Paulina toute couverte d'éme- 
raudes et de perles , que leur mélange rendait encore 
plus brillantes. Sa tête , ses cheveux , sa gorge , ses 
oreilles , son cou, ses bras , ses doigts en étaient char- 
^gés' • L'état, qu'elle afiectait d'en montrer elle-même^ se 
joiontait à quarante millions de sesterces (8,000,000 f.), 
içuœ summa quadragenties colUgebai. Et ces richesses , 

' Yoyez à la fin note (F) sur la loi Opia^et snr raccroia" 
sement dn luxe des dames romaines. 



(62) 
elle ne les devait pas à la prodigalité de Tempereur; 
c'était le bien de son aïeul , Marcus LoUius, c^est-à-dire 
la dépouille des provinces. Mais une telle fortune ne la 
^uva pas d'une mort tragique ; la jalouse Agrippine , 
à qui elle avait disputé la main de Claude y lui envoya , 
par un tribun , Tordre de se tuer , et se fit apporter sa 
tête. » 

Méron offrit à Jupiter Gapitolin les prémices de sa 
barbe ' dans un vase d'or entouré de perles du plus 
grand prix. 

Lorsqu'il assistait aux jeux du cirque , pour ménager 
sa vue il se servait, en guise de lorgnon, d^une su- 
perbe émeraude concave, non gravée ; car les Anciens 
respectaient trop cette pierre pour Tentamer par Iîl 
gravure. 

Héliogabale^ si Ton en croit Lampride, faisait mettr 
à sa chaussure des pierres précieuses d'une valeur i 
timable \ et tous les jours il en changeait , ne voulan 
plus revoir celles qui lui avaient servi une seule fois 
Il faut le dire , longtemps avant Héliogabale , le luxe e^ t 

* La tonte de la première barbe était une cérémonie reli - 

gieuse chez les Romains ; on Toffrait aux dieux. 

La barbe longue fut en usage à Rome depuis la fonda— 
lion de cette Tille jusqu^à Fan 4^4 > c^est-à-dîre pendan — t 
quatre siècles. Alors un certain Publîus Ticinius Mœna ^s=^i 
fit venir des barbiers de Sicile , et introduisit le premîe=^^f 
cbez les Romains Pusage de se raser. ( V. Pline y vu , 59. ) 
Cet usage se conserva jusqu^au temps d'Adrien ( élu em] 
reur le 1 1 août 1 17, £. vulg. ). Voulant cacher quelque e: 
croissance quMi avait au menton , il laissa croître sa barh— -»e 
( y. Spartian. in Adrian, 26 ) \ mais Pusage de se rase= — ^f 
fut rétabli peu de temps après. 






(53; 

la mollesse s'étaient singulièrement accrus chez les Ro- 
xnains. Ils n^avaient plus mis de bornes à Tusage et au 
nombre des pierres précieuses travaillées par les ar- 
'tistes les plus habiles pour la parure des deux sexes. 
Ces pierres étaient des émeraudes , des saphirs , des 
tqpa^es, des améthystes, etc. '. Les grands en déco- 
daient leurs vêtemens et en relevaient ainsi la magnifi- 
cence ; les femmes les plaçaient dans leurs coiffures ; 
les bracelets, les agrafes, les ceintures en étaient sur- 
chaïf^, et le bord des robes souvent parsemé aveo- 
profusion ^. 

DES CAMÉES. 

Puisque nous sommes à parler des pierres précieuses 
si estimées et si recherchées des Anciens , nous dirons 
qull en est une sur laquelle leurs lapidaires se plai- 
saient davantage à exercer leur talent , parce que cette 
pierre, par sa nature, prêtait davantage au génie de 
Tartiste , et le faisait quelquefois parvenir à un résultat 
aussi singulier que curieux. Cette pierre est la sardoine- 
onyx , ou agate-onyx. Les couches alternatives de 
différentes couleurs dont elle se compose , étant enle- 
vées artistement selon le suje^ qu^on a à traiter , for- 



* Nous renvoyons à la fin, note (G), des détails snr le goût 
des modernes pour les pierres précieuses, sur quelques col« 
leçtions , et sur les plus beaux diamans connus. 

^ C'est sans doute pour que ses nièces, les princesses 
Braniski, Galitzin et la comtesse Samolinow, fussent aa 
niTeaii deB dames romaines , que le prince Potemkin leur fit 
un jour présent d^une garniture de robe , composée de quinze 
archines ( trois quarts d^aune de France ) de fil de diamant. 



(54) 

ment des camées plus ou moins précieux, à raison d 
nombre de couches et de la beauté du travail. 

Piine {lii^. xxxvii, a3), ra^^rte, d'après Démos- 
trate , que ce fut Scipion TAfiTicain cpn , le premier , a 
porté une sardoine à Bome , et que> dès-lors cette pierre 
lut trèsnesUmée des Bomains. On la tirait de différens 
endroits;, entre autres, de 1? Arabie et^es inde^. 

On en pcKSsède encore plusieurs qui datent du temps 
de&emperéurs romains, et qu'un beureux hasard a fait 
édbapper à la barbarie des siècles. Mous allons citer 
quelques-uns de ces superbes camées. 

L'un de ceux que l'on met au premier rang , et que 
M. Visconti regarde comme le plus beau camée anti- 
que , existait dans le musée minéralogique de M. Drée^ 
il a cinq couches et seize lignes de hauteur. Ûhabile 
artiste y a gravé le buste de Faustine, femme d'Anto- 
nin"-le-Pieux. A la vente du musée en question ,*^ce cu- 
rieux morceau a été payé la somme de 7,171 fr. 

Parmi les camées antiques qui sont à la bibliothèque 
du Roi , on distingue les suivans : 

L'Apothéose d! Auguste , gravée sur un onyx à qua- 
tre couches , dont deux jbrunes et deux blanches. Il est 
ovale et a 1 1 pouces de largeur sur 9 de hauteur. 

Cérès et Triptolème cherchant Proserpine , gravés 
sur un vase de 6 pouces de hauteur , connu sous le nom 
de if ose de Brunswick. 

Lbs Mystères de Cérès et de Bacchus, gravés sur une 
coupe à couches de sardoine brune , de 4 pouces 6 Ug. 
de diamètre et de 4 pouces de hauteur. 

L'Apothéose de Germanicus, sur un onyx à quatre 
couohes, d'une grande beauté. Germanicus y est repré- 
senté enlevé sur un aigle. 

Germanicus et Agrippine dans un char irainé par 




( 55 ) 

n^fettj: dragons, bel onyx à trois couches bleues et 
brunes. 

uigrippine et ses enfanSy onyx à trois couches. 7ï- 
hère, onyx à trois couches. 

, JufiVer armé du foudre^ ^oigle à ses pieds, gr^pd et 
bd poyx à trois couches. 

Jln^ Querelle entre Mmerueet ffeptuneyOO^^k tcois 
couches. 

Tike dyiugusie, onyx à trois couçjlies. 

rA^f- Aw^»- opy^ ^L deux couç;hf^ V Tune Mrache 
çt Ij^autfe noire. Ce morceau çst plus reaiar<<|aable 
ppUTpla beauté et la délicatesse du tr^y^LU'qu^par la 
gn)Ddeur de la pièce. 

..fpùms sur,'iM iaurecfu mariny enfourêe de petits 
çofifHtrs, . çnyx. k . deux couches ^ f em^arquiMe par la 
gueuse de la gravure. 

., VfiL^muf^efiu, grajad pnyx^à deux couches , runebian- 
çhe et TaiitFe d^un bcua foncé. 

MaroAurèle et Fausûney onyx a quatre. couches, 
4op$ deux Uaoch^s $i deip^ Ulas. Ou présume (pie cette 
d^rniorei cpuleur.aété^a^iqiiée après coup. 
. , . J^ous citerons Qpoûre :ia . T&e du. Christ. flageUé , pré- 
f^tant d^es gouttcii? de sang^tses dans l«s taches :niêiDes 
df[ Ja pieire.^AI^^s fi^^ pierre u'e^x point un onyx; ç!est 
une agate ponctuée verte à points rouges ( jaspe sazH 
gwp.df^s lapidaires, héUotmpe des Anciens ) , que les 
g^veurs empbijent ii^k^efois . fort Joteureusement , 
cornue on vient de W vqir dans cette. tête, de Christ. 

Il QOMS serait foc^ilç .de, citer une infinité d^autres ca- 
sa^ et pierres. prépieifses qui npus viisnnent des An- 
ciens ) mais le^ Umites asysigpées h pet opuscule ne nous 
1<3 ,perme;tteat pas. 



( Ô6 ) 

DES ANNEAUX. 

Les Romains ont toujours attaché une trèg»grand 
importance aux anneaux , qui d'ailleurs , comme 6n 1 
sait, ont été en usage chez tous les peuples, dès là plu 
haute antiquité. Les Sabins se servaient de l'ànneatu ^^ 
du temps de Bomulus ; il est présumable quHls {brenc 
les premiers de l'Italie qui reçurent cet usage des Grècs^ 
tes Etrusques pourraient peut-être leur disputer cétt^ 
priorité. QucH qu'il en soit , l'usage des anneaux passa^ 
des Sabins aux Romains. Pline ne nous dit pas leqbeL 
des rois de Rome l'a adopté le premier 5 mais ce qu'il y 
a de certain, c'est que tes statues de Numa et dé SerVius^ 
Hostilius furent les premières où l'oii en trouva dés 
marques. Les Romains se contentèrent IcHigtetnps de 
Taiineau de fer , et Pline assure que Marins fot le premier 
qui en porta un d'or, lors de son troisième consulat Taft. 
io3 av, J.-C. 

On reconnaissait à Rome trois différentes sdrtesr 
d'anneaux. La première servait à distinguer les con— 
dîticms et les qualités. La seconde était les anneaux d^ 
noces ou d'épousailles , aimuli sponsaUtU^ et la troisième» 
comprenait ceux qui étaient destinéa à servir de sceaux» 
tmnuU c/Urographi. 

Dans le principe , il n'était pas permis aux sénateuï'S» 
déporter Panneau d'or, à moins qu'ils n'eussent été 
ambassadeurs ; et il ne leur était permis de le porter en. 
public que dans les fêtes et les cérémonies nationales ; le 
reste du temps ils portaient l'anneau de fer. Ceux qui 
avaient eu les honneurs du triomphe étaient assujettis st 
la mêmeloi ; mais depuis Marius , ils s'en sont affranchis. 
Par la suite , la sévérité de la loi fléchit : les sénateurs. 




(67) 

les tribuns légionnaires et les chevaliers eurent le droit 
de porter l'anneau d*or . Bien plus, on le permit quelque- 
Ibis au peuple ; Auguste accorda cette permission aux 
aflfranchis , et Sévère à ses soldats ; mais c'était en ré- 
compense de quelque acte de bravoure ou de quelques 
services importans rendus à l'Etat. Ainsi les anneaux 
étaient pour les Romains ce que sont pour les modernes 
les décorations des différens ordres. En général le peuple 
portait des anneaux^d'argent et les esclaves des anneaux 
de fer. 

Dans Torigine, les Romains ne portaient qu'un seul 
anneau à TavantHlemier doigt de la main gauche, de là 
appelé digitus annularis. Quand par la suite des temps 
le privilège s'aflaiblit , on en multiplia l'usage , et même 
quelques particuliers en portèrent non-seulement un à 
chaque doigt, mais un à chaque phalange de chaque 
doigt. La bague la plus précieuse se mettait au petit 
doigt ; elle ne servait jamais à cacheter ' . St. Clément 
d'Alexandrie permit aux Chrétiens de porter une seule 
bague à ce même petit doigt. Lucien parle d'un riche 
Romain qui avait seize bagues , par conséquent deux à 
chaque doigt , celui du milieu excepté. Au reste , tout 
lionime riche était , dans les m* et ly* siècles , une espèce 
d'écrin ambulant. Certaines gens mettaient tant de 
recherches dans le choix de ces bijoux qu'ils avaient 
des garnitures de bagues différentes pour chaque saison, 
plus légères en été , plus pesantes en hiver. C'est ce qui 
excitait la bile de Juvénal. <c Peut-on, s^écrie-t-il, se 

' On la plaçait à la main gauche , dît Macrobe , parce que 
Taction per|>étnelle de la main droite aurait pu faire courir 
quelque risque à la pierrerie. Pline donne un autre motif) 
il dit que Tannean pouvait embarrasser la main droite. 



(58) 

refuser à la sature, lorsqu'on voit un écbappé des 
bourbiers d^Egypte, un Crispinus, autrefois esclave da^s 
Ganope, r^ter noncba)iaminent sursesépaulesl^ pourpr^ 
tyrienne, et les doigts en sueur^ agiter dans Tair.flç^ 
bagues d'été ^ trop délicat pour supporter de;s fipip^^p 
pli^ pçs£i^P y> Lajnpride ^emarq\ie g^ç. pef^pi)oe à-cet 
égard ne ffeoussa le luxeau£^i loin.qu,'|]|iUog9b9Jei|iiiAe 
|x>i:|a jajoaais deux fois le m^oie anneau. 

Qjuand les bagues ou . s^^i^^i^ dçyi^^nt un .(^jel de 
luxe , on en composa de toutes les espèces , soit d' WjI^I 
et unique poétal ) soit de plu§ieurs^étai|X ip^l^g^^^oa 
de deui^ niétaux disjtjngu^. Ensuite gnjiçç <etiriçlMl>4e 
pierres précieuses;, p;iais il n'étak pas tj(^ijaura. «wpis 
dapg^r 4!en avoir d'un grand prix, (iç .séPMtwrilHoiûui 
fut proscrit Qu plutôt. fpTpé de s'çxiler.» parce quUl^aviût 
à son ^neau une pierre précieuse quç, le. tdonurir 
dintoine convoitait , et qu^il se fut procuriée en «M^rifiuit 
le .propriétaire. . C'était 9 dit Pline ^ ^ne ppuledeja 
grosseur d'une noisette « e^ valeur, de. vipgl.mîUe «aç»^ 
terces ( 4000 fr. )* 

A^vant que les anneaux fussept orné^ d^ pierres pré? 
çieuses, op lias portait à sa &ptaisie, et à diaqaemain; 
mais aussitôt qu'ils /eurent reçu cet . accrsH^sement de 
luxe , <vi ne les porta plus quià.la main gauche eA 4» se 
rendait ridicule en les mettante la jnjiin droite. 

L'étui ou éorin , dans lequel on .renfiermaît les 9st 
neaux ,^gui^9 cachets ^ lew^^senai^msikJiaçtjrliaAfiGa. 
Ces objets étaient . au rang, des .byoux im. plua.nureB. 
Quant aux anneaux de la troisième espèce devant servir 
de sceau ou cachet , on faisait graver sur le métal ou sur 
la pierre précieuse un signe quelconque y soit le portrait 
de ses ancêtres, de ses amis» de.quelqiie divinité, de 
quelque prince, de quelque homme çél^re^.soit l'em- 



(59) 

blâme de quelque événement mémorable^ Pyrrlius avait 
«rticmaimieau fin Apollon Avec sa lyre an milieu des 
Sbsça^Sylfai avait sur le sien, le portrait de Jugurtha 
}9^il avait yatncu. Sue œkiide Fompëe^éèaient sestrœs 
mioniphes^ il.en avait un. autre portant uoi Uon armé 
Tuaeépée. Ia 6gured'.une Vénus armée ornait Panneau 
JeiCéear. Àugiuite eutd*abord.un sphynx ; maiâ comme 
m^ en fit de$ . (daisanteries , parce que certains édits 
sodHé^dex^ela^^nean n'é|;ûent pas fort clairs , il y subs- 
lâliili la figtire d'Alexandre gravée par Diosooride^.puis 
aofio la sienne, et ses suocesseurs immédiats continuèrent 
k #9: servir de son anneau. Pline le Jeune avait un qua- 
hige^fialba, une. liêlé de chien; sortant d'une prouede 
eaisseau ; Commode , une amazone , et c'était Martia ^ 
n#ooncubiae^ qu^il avait fait graver dans ce cos- 
iMMe i etc. , etc. Nous pourrions citer une grande qttan<« 
tilé id'aulres empreintesd^anneam ;: mais i^ous- renvoyons 
•HiK cbap. XI j, XII et xiu.du./oA. Kmhmanrd de tmmMs 
Uèw mgidans , Sfevigae ^ 1 657 , pet. in-4}', pp. fi* lao. 

DES ETOFFES. 

Les principales 6i2d)6tances que Ton employait à la 
SibriGatio& des étoffes dkex, les fiomains , -étaient la Jaine 
et le lift que FoB entremêlait parfois (kins le tissu; puis 
vJAtle é^Miitf/ (-oolon ) , et longtemps après ils con- 
nurent la soie. Mais la laine était Tobjet essentiel de 
leurs soins et de leur industrie -, ils en feisaient un Hel 
cas que la direction des troupeaux de bêtes blanches 
était confiée aux censeurs, à ces magistrats suprêmes 
qui avaient infection sur la conduite et les mœurs de 
obaque citoyen. Ils ccmdamnaient à de fortes ameudes 
oduiqui né|^geait ses troupeaux , et iiécon4>ensaient 
du titre honorable diOviims, celui qui av^t concouru 



(80) 

à ramâûntioa des kines. Célakiiiiebtaiiciieoonsîdé- 
laUe d^agricoltiire et de oommefce. On reckeRbait 
surtout les moatons de k Gahtie, de la Fouille, de 
Tarente , de 11 ilet et des enTirons de Guiose, parce 
que leur toison ' surpassait les autres en finesse, en 
longueur et en douceur. On attachait un tel prix à odie 
des moutons qui paissaient sur ks bords da Galèse en 
Calabre, qu^on leur mettait sur k dos une espèce de 
housse pour garantir leur toison de Tatieinie des buis- 
SODS, et pour k rendre plus propre à receroirk teinture 
et les apprêts (YAmmoit, liy. n, c. 2). Qtmnt à h 
blancheur, les laines des environs du Pâ ne sonflEraient 
aucune concurrence. Pline et Gifaunelle vantent ans» 
cdles de k Craule. 

Hais ce qui ajoutait un |Hix excessif aux étofiics-en 
laine, c^était k teinture; et elles n'aoquâaient'uue 
haute valeur que par k couleur dont elles étai^it im- 
prégnées. Parmi les couleurs, la pourpre Pemporla 
toujours au plus haut d^é sur toutes les autres, soit 
à raison de sa cherté , soit à raison de son éclat qui lai 
fit donner la préférence pour en faire le symbole de h 
grandeur et de la puissance. « C'est devant cette coo- 
kur précieuse , dit Pline , /!rV. ix , que les £ausceaux et 
les haches romaines écartent k foule ; eUe est la majesté 
deFenfance; elle distingue le sénateur du chevalier; 

' Le mot toison vient cLe tonsum, sapin àe tondere, fon- 
dre. Il se dit en latin velluSf qui Tient dé vellere, arra- 
cher, parce qne, dans le prînci|>e , -on iie tondait pas les 
moatons , mais on arrachait la laine de dessus leur dos. Cette 
coutume subsistait encore dans quelques endroits de l'Italie 
du temps de Pline. ( Voyez sur cette étymologié, Isidobe^ 
de originibusy liv. xix, C.-27. } 



(61 ) 

au pied des autels , elle fléchit les Dieux ; son éclat 
rehausse les vétemeus ; elle se mêle à Tor dans la robe 
.triomphale : excusons donc la passion qu^elle inspire. » 
Ce passage prouve que la pourpre, honorée dans tous 
ks temps diez ies Romains , y a toujours été , pour cer- 
tains Tétemens dont elle relevait Téclat, la marque 
d*un privilège attaché soit à la naissance , soit aux di- 
sputés. Ces sortes d'habillemens étaient au nombre de 
trois , la prétexte , le laticlave et la trabée. 

. La prétexte , robe ou espèce de tunique blanche bor* 
.dée de pourpre , était le costume ordinaire des patri- 
•cieiis; leurs fils la prenaient au sortir de Tenfance et 
ne la quittaient qu'à dix-sept ans. Les magistrats la 
portaient dans les solennités publiques ; le préteur ne 
Ja quittait que lorsqu'il rendait un jugement criminel 
âé&vorable à Taccusé; et les magistrats qui avaient 
pris part au jugement retournaient leurs robes en signe 
de deuil. 

Le laticlave était une tunique bordée pardevant 
d'une large bande de pourpre , semée de nœuds tantôt 
de pouqure comme la bande même, tantôt d'étoffe 
d'or , et semblables à des têtes de clous ^ c'était le cos- 
tume des sénateurs , des magistrats patriciens et des 
magistrats plébéiens supéi^ieurs. 

La trabée était une robe de pourpre à bandes; les 
premiers rois de Rome la portaient. Après leur expul- 
sifHi, et quand la république fut bien assise, elle devint 
commune aux consuls , aux augures , aux diverses ma- 
gistratures supérieures , aux prêtres , etc. ; mais elle 
avait des nuances diffîrentes pour chacune de ces di- 
gnités. Par exemple , celle des triomphateurs était or- 
née de palmes d^or brochées ou tissues dans l'étoffe ; ies 
prêtres en portaient une de pourpre.mêlée d'une autre 



(62 J 

tQDulear motus éclatante ; celle des cavaliers , qu'ils tiie 
prenaient que les jours de renie, était dPun fond iiknK$, 
et rayée de bandes de pourpre tissiae^ d^ns Tétûfite; Ce- 
pendant , IcHTsque Tnsage de là trabée fut devenu si ge^ 
néral ^ les cohsuk y renoncèrent pour pi^endihe une srutre 
robe , qui , à cause dé la variété de ses coulent^ ^' pdrtaf, 
outre le nom de {nrétexte , celui àéu>ga pahnMa: Cette 
robe , qui était précédemment cdlè desf triompliateurs» 
devînt commune aux consuls et aux préteurs. 

D'après ces détails , il est donc certain que te pour- 
pre , comme couleur , a tCFujours 'été mise ait rang dès 
objets du plus grand luxe , surtout la douille pourpre 
de Tyr ' , qui , du temps d'Auguste , se vendait^'^inille 
deniers (près de 800 fr. ), la livre. Là teinture sintpie 
en pourpre, d'une seule livre de laine, coûtait loi^ fr. *, 
mais la couleur poùrpre-^violet se vendait moins dber, 
une livre d'étoffe pourpre- violet ne coûtait guère que 
80 fr. la livre. Pline , parlant de l'animal qui prodoit 
la pourpre ^ , dit que la phis belle provient de Tyr en 
Asie, de Meninx et des cotes de Gétulie en Afrique, 
et dé la Laconieen Europe. Il en est qui prétendant 
que la' pourpre de Grétûlie , mise d^abord en vogue par 
le roi Juba , selon Pline , et connue dès le temps du roi 
Syphax , selon Silius Italiens , était jdus précieuse qu6 
la pourpre de Tyr. 

La plus grande quantité de pourpre (comme subs- 
tance servant à Ja teinture ) , qui soit mentionnée dans 
Phistoire, est celle dont parle Plutarque, f^ie et A* 
lexandre : « Ce prince , dit-il , s^étant rendu maître de 
Suse, trouva dans le château quarante mille talens 

• Voyez à la fin la note (H) sur ce passage. 
> Voyez à la fin la note (I) sur ce passage. 



(63) 

4^af^[ient monnayé et une quantité considérable de 
tueubted et d'effets précieux de toute espèce, entre au-* 
très cinq mille tatens' de ponrp^ d'Hehnioné (ville 
de rAr^foHde ) , qn^on y avait amassée pendant Fespace 
de tàkt quati^^-Vitigt-dik ans , et qui conservait en- 
core toute' sâi flbiir et tout son éclat. Cela vient, dit-on, 
de ce que la teintuf é en écarlate s^y faisait avec dtt 
miet, et la teinture en bhnc avec Tlmile la plus blan- 
èhe ] on en voit aujoùtd^hui d^aussi anciennes qui ont 
encore toute leur fraîcheur et toute leur vivacité. » 
1^1 ejsft le récit de Plùtarque , ce biographe incompa- 
rable, maid bel et bien crédule. Il est perïàis d'élever 
dés ébutes sur cette quotité de pourpre. 

T^rtullieâ dit, dans son traité de Pallia , que Ton 
voyait à Rome des étoffes sorties des fabriques de Ba- 
bybne , oh brillaient des plûmes d(f paon , que Tàrt fai- 
sait servir à romement du fond ; ce n'était sans doute 
qn^tine imitation de ces plumes , faite à FaiguilléJ 

La laine a été très-longtemps là seule matière des 
étoffes en uisagè chez lés Romains pour Thabillément du 
plusgriand nombre des citoyens ; car ce n^est guère que 
soQS lë règcie des empereurs que Ton a commencé à 
portef dés tùniqtteé ou chemises de lin. Selon Tôpîscus, 
la mode en est venue d'Egypte ; mais il parait qnê cette 
sorte dé tissu était fort chère dans le principe, car nous 

* Nous suivons ici la traduction de Ricard; il prétend 
que le talent comme poids, était de soixante livres ; ce qui 
ferait pour la totalité trois cent soixante mille livres pesant 
de pourpre \ tandis que M. Dacier , dans sa traduction , 
porte cette quantité à cinq mille quintaux, c'est-à-dire cinq 
cent mille livres. Le bon Amyot dit : c^ Il se trotava trois 
à ctnt mille livres pesant de pourpre hermioniqtie. » 



( 64 ) 

avons trouvé qu'une pièce de toile a , un jour ^ été payée 
193,628 fr. sous le r^;ne d^ Auguste , &it dont nous 
nous gardons bien de garantir l'autheotidté. 

Les vétemens en coton , Bjssus ( car il est reccmna 
que ce mot latin ne peut s^appliquer qu'an ooton), 
étaient d'un prix assez élevé. On les nonunait vesles 
byssinœ , et on les payait jusqu^à 1 185 fr. 

Quant à la soie , elle ne fut connue à Rome que vers 
la fin de la république -, et encore était -elle si rare que 
son prix excéda de beaucoup celui de la pourpre la plus 
précieuse. Dion nous apprend que J. César , dans les 
spectacles qu'il donna lors de ses triomphes , couvrit 
le théâtre de voiles de soie ; c'était de la soie lissue 
avec d'autres substances , telles que le lin , le coton, etc. 
L^usage en passa bientôt dans les habits des plus riches 
citoyens. Tibère la proscrivit par un décret. Cependant 
son successeur Caligula porta une espèce de casaque de 
soie de couleur pourpre ; et même il se montra quel- 
quefois en public avec un habit de triomphe et une 
robe de cette matière. Mais l'empereur Aurélien , si 
Ton en croit Yopiscus , ne voulut pas qu'il entrât le 
moindre objet en soie dans s^ garde-robe. Il refusa 
même à l'impédurice sa femme , un manteau de soie 
qu'elle lui demandait en grâce : « Je n'ai garde, dit- il, 
d'acheter des fils au poids de Tor, absit ut aurofila 
pensenUir. » En eflTet , la livre de soie valait une livre 
d'or. Il faut dire que jusqu^à Héliogabale , les étofifes , 
dites de soie , n'étaient point de soie pure ; il entrait 
dans le tissu, comme nous l'avons déjà dit, d'autres 
substances , telles que le lin ou le coton. C'est cet Hé- 
liogabale qui passe pour avoir porté le premier une 
robe toute de soie. 

Ces détails prouvent que la soie était toujours excès- 



(65) 

srvement rare chez les Romains. Us la tiraient particu- 

lièaremetit de la Perse qui possédait les belles province^ 

de rAssyrie et faisait le commerce avec les Indes. Ce 

n'était qu'à grands frais que Ton s'en procurait. Justi- 

nien , sur le point de &ire la guerre aux Perses , pensa 

à changer la direction du commerce de la soie , et à la 

tirer par l'Ethiopie , pour empêcher que les trésors de 

ses Etats ne passassent en Perse. Mais il fut mieux servi 

par d'heureuses circonstances : des moines de l'Inde y 

cil la soie des Seres était alors cultivée, lui apportèrent 

dé la graine de vers à soie ' . L'essai s'en fit avec succès 

l'an 557 de J.-^. , et cette soie fut plus estimée que celle 

que Ton avait tirée jusqu'alors d'Assyrie et de l'île de 

Gos^ sans doute parce qu'elle était plus pup. C'est de 

là que la soie s'est répandue en Europe, mais très-len- 

tendent. Elle avait été plus de huit siècles à venir 

de l'Asie à Gonstantinople ; et il lui fallut plus de 

liuit siècles pour venir de Gonstantinople en Sicile , où 

2e comte Roger l'apporta vers le milieu du douzième 

siècle. 

APPENDIX 

Aux OBJETS DE LUXE ET d'aMETJBLEMEITT 
Gl-DESSUS MESTIONlfÉS. 

Quoique nous ayons déjà mentionné beaucoup d'objets 
qui appartiennent à l'ameublement des Romains, nous 
c^Toyons devoir encore rapporter , comme une espèce de 
v*€capitulation de tout ce que le luxe ofi&*ait de plus 
x*eaiarquable à Rome, sous les empereurs ^, le récit que 

■ Vid. rpoTH Myriob. j Cod. ô^^de Theoph. Byz, hist. 

^ Le débordement du luxe était déjà tel sous Tibère j 
?^^il se regarda comme dans Timpossibilité d'en arrêter le 




(66; 

Jules Capitolin nous feit de la vente des meubles 
deux de ces princes , savoir i"* de celle de Marc-Aurèle 
qui fit lui-même cette vente pour ne pas surcharge:: 
d'impôts extraordinaires Rome et les provinces à l\ 
casion de la guerre qu'il projetait contre les M arcomans 
a,"* de celle de son fils Commode , dont le mobilier (x 
vendu après sa mort par Pertinax. Nous dirons enanit» .SJtç 
un mot du luxe d^Héiiogabale. Voyons d'abord la yeatM'.mkte 
de Marc-Aurèle. 

« Marc-Aurèle , dit J. Capitolin , fit mettre à Tencai 
sur la place Trajan , les omemens impériaux , et vend] 
des coupes d'or, de cristal, des vases murrhins, d^. 
vases royaux ; des vêtemens de femmes en soie , 

vailles en or , et beaucoup de pierres précieuses qu ïl 

avait trouvées dans le trésor privé d'Adrien ; ainsi q^^we 
des statues et des tableaux des plus célèbres artistes, et 
raille autres efiets précieux servant à l'embellissemessbt 




tonreftt 9 ainsi que le prouve le passage suivant d^tme de 

lettres en réponse au Sénat qui lui demandait des réform 

oc .... En effet , que défendre , dit-il , que réformer ? Seraît=-€e 

ce ces parcs immenses et ce peuple d^esclaves? ces mai 

rc d^or et dWgent, et ces merveilles de la toile et de I 

tf rain? ces vêtemens efféminés qui confondent les di 

icc sexes , ou ces dépenses particulières de femmes qui éch 

<c gent de Por contre des pierres , et transportent chez ] 

oc tranger, cliez Pennemi même , les trésors de I^m|ire..» 

<c Qu^ont produit tant de lois de nos ancêtres , tant de 1 

a d'Auguste? Les unes abolies par le temps, les autres, 

a qui est plus honteux , abolies par le mépris , n'ont ^fiit | < 

a qu'enhardir le luxe ; car si on se livre à des excès aimOD ; t 

a encore défendus, on peut cratindre la défense; mais ^h i 

oc après la défense, on la transgresse impunément} il il^I^ ; « 

ce plus ni crainte ni honte«.t... » 1 ^ 



(67) 

da palais. Cette vente dura deux mois et fournit assez 
d'or pour mettre Marc-Aurèlé en état d'achever , 
eomme il le souhaitait , la guerre oontre les Marcomans , 
sans augmenter les impôts. 

Dans la suite , il fit savoir à ceux qui avaient acquis 
ees effists , qu^il les reprendrait au prix quHIs en avaient 
donnée et il ne témoigna aucun mécontentement ni à 
ceux qui les rendirent , ni à ceux qui les gardèrent. » 

C^est Pertinax qui fit vendre les meubles de Commode 
aon prédécesseur , parce qu'il ne restait plus dans le 
trésor qu'un million de sesterces ( 200,000 fi*. ). Nous 
ne parlerons point ici de la vente des domaines , des 
esclaves ) des bouffons, etc. ; ne nous occupons que du 
mobilier. 

« Voici , dit Capitolin , ce qui distingua la vente des 
effets de Commode : on y mit aux enchères des vétemens 
tissus d'or et de soie, des tuniques , des surtouts, des 
lacemes ( espèce de manteau ), des dalmatique$ à 
manches, des casaques à fi:*anges, des manteaux de 
pourpre à la grecque , des capuchons tels que les portent 
les Shruides, des toges, des armes de gladiateurs, bril- 
lantes d'or et de pierres précieuses , des épées comme 
celle que les peintres et les. sculpteurs donnent à 
Hercule , des colliers de gladiateurs , des vases d'or pur, 
d'ivoire , d'argent , de bois odoritérans ; des coupes de 
même matière , des vases samnites propres à chauffer la 
résine et la poix dont on se sert pour dépiler. On y 
voyait aussi des voitures d'une invention nouvelle , si 
commodes et faites avec tant d'art que par l'arrangement 
des roues et des sièges très-bien disposés on pouvait y 
être Si Tabri de l'ardeur du soleil, ou s'y ménager un 
air firais. D'autres , en roulant , indiquaient les heures 
et la longueur du chemin qu'on avait parcouru ^ elles 



(68) 

étaient très-commodes, et prouvent que la mécanique 
était déjà une science assez avancée ' . » 

Si du luxe de Commode nous passons au luxe 
d'Héliogabale , nous trouverons encore dans Tameu- 
blement de celui-ci , des choses plus surprenantes , ou 
^ur mieux dire, des prodigalités et des objets qui 
tiennent vraiment de l'extravagance. Voici ce que les 
historiens nous rapportent du mobilier de ce fou cou- 
ronné. 

Les salles du palais n^étaient tendues que d^étoffes 
d'or et d'argent , enrichies de pierreries. Ses lits étaient 
d'argent massif, relevé de ciselures en or ; les matelats 
et les coussins couverts de tapis brochés en or , étaient 
remplis de poil de lièvre , ou de ce léger duvet que l'on 
trouve sous Paile des perdrix. Ses tables , ses sièges, sa 
vaisselle , tout ce qui servait à l'ameublement de sa 
chambre était en or pur. Son palais n'était éclairé que 
par des lampes remplies de baume d^ Arabie. On n^y 
brûlait pour l'échauffer que dû cinamome et de la 



' Vitruve , qui TÎvait deux cents ans avant Commode y 
parle d'une machine de ce genre dans son Architecture , 2fi 
partie, ch. 3, art. 6. ce On attachait, au moyeu de la roue 
d'un char, dit-il, une dent qui, à chaque tour, poussait 
une des dents d'une grande roue qui en faisait tourner une 
antre, et celle-là une autre encore qui enfin, attachée à une 
aiguille , la faisait tourner et marquer le nombre de toises 
et de lieues. Il y avait aussi à cette machine une espèce de 
roue de compte | qui , à chaque mille que le char faisait y 
laissait tomber un caillou dans un vase d'airain , pour mar- 
quer et pour avertir que l'on avait fait un mille. » ( V. Abr£« 
G£ des dix Livres d'architecture de Vitruçe ( par Gh. P^r- . 
rault). Paris, i^74i ià'i^^ p« aiS.) 



C 69 ) 
canelle. Il ne buvait que dans des coupes d'or et jamais 
deux fois dans la même. Les vases destinés aux usages 
les plus vils étaient également en or pur>Xes chars enri- 
chis d'argent, d'ivoire ou de bronze d'un travail pré- 
cieux , étaient indignes de lui \ il voulait qu'ils fussent 
plaqués en or, parsemés de perles et de pierreries. 
Quelquefois il conduisait lui-même ces chars tirés par 
des éléphans ou par des chameaux , ou par des dogue», 
ou par des cerfs, ou même par des lions et des tigres. On 
l'a vu d'autres fois joindre le scandale à la folie : il pa- 
raissait nu sur un char traîné par des femmes, f I avait 
toujours dans ses voyages une suite de soixante voitures. 
Ses habits , ses armes, les lits et les coussins sur lesquels 
il reposait, étaient de la plus grande somptuosité. I 
portait des tuniques d'étoflFes d'or , de pourpre , des 
manteaux à la perse » co«^ei<f de pierres précieuses et 
si pesans qu'il disait que le poids du plaisir l'accablait. 
11 avait aussi' ^' sa chaussure des pierres fines et gravées , 
ce dont tout le monde riait , car conunent juger du 
travail des plus habiles artistes sur des pierres attachées 
aux pieds. Il se fit faire un magnifique diadème , mais 
il ne s'en servit que dans son palais ; aucun empereur 
n'avait encore osé le ceindre en public. Il fut le premier 
Romain qui porta des i^obes entièrement de soie. Il 
faisait répandre de la poudre d'or et d'argent dans les 
galeries couvertes et sur les escaliers par où il devait 
passer, comme dédaignant de marcher sur la terre telle 
qu'elle est pour les autres hommes*, tout son regret était 
de ne pouvoir y faire répandre aussi de la poudre 
d'ambre jaune. Souvent il s'amusait à mettre en pièces 
ses plus riches vétemens , ou à faire couler bas des 
vaisseaux richement chargés , croyant étaler ainsi une 
magnificence vraiment royale. Passons sous silence une 



( 70 ) 

infinité d^autres folies inconcevables ^ relatives aux toiles 
d'araignées , aux rats , aux grenouilles , aux mouches ^ 
etc. , qu'il faisait recueillir de toutes parts. 

Les prêtres de Syrie lui ayant prédit qu'il mourrait 
de niort violente, il prépara des cordons de soie, de 
pourpre et d'écarlate pour s'étrangler. Il avait aussi des 
épées d'or enrichies de pierreries ^ et , dans des boites 
de perles , d'hyacinthe et d'émeraudes , il conservait 
des poisons pour s'ôter la vie, si quelque malheur le 
menaçait ^ et tout cela , disait-il, afin que sa mort fut 
magnifique , et digne de l'appareil quHl avait déployé 
toute sa vie. En outre, il avait fait construire une tour 
fort élevée pour s'en précipiter, et le sol au bas était 
couvert de lames d'or et de pierres précieuses , afin , 
ajoutait-il , de périr dans le sein du luxe. Mais toutes 
ces absurdes précautions; d'^^ûppc^nt inutiles , car il fut 
tué par ses propres gens le 1 1 mars :&j^ ^ honteusement 
traîné par les rues , dans les égoûts de la vîJJe , et enfin 
jeté dans le Tibre. Il a régné trois ans, neuf mois et 
quatre jours. J'oubliais de dire que , comme Néron , il 
ne porta jamais plus d'une fois ses habits ' , son linge, sa 
chaussure et ses bagues , disant qu'il ne convenait qu'à 
des mendians de se servir de linge lavé. 

Quittons ce prodigue insensé pour fiinir par un mot 
sur Aurélien. Quoique le trait que nous allons citer , ait 
moins rapport au luxe qu'à la générosité de ce prince , 
nous ne le croyons pas en j;ièrement étranger à notre sujet. 

Aurélien , voulant subvenir aux frais du mariage du 
tyran Bonose avec Hunile , fille d'une Emilie distinguée 
chez les Goths , ordonna que les noces se fissent aux frais 
de l'Etat et que l'on fît de sa part les présens suivans à 

' Voyez à la fin la note (K)« 



C 71 ) 

h nouvelle épouse, : des maateaux de demi-soie et 
oooleur d'hyacinthe, une tunique de demi-soie, enri^ 
diie de clous dW et du poids d'une livre ; deux chemises 
à deux bandes et le reste des choses qpi conviennent à 
one dame : « Vous donnerez à Fépoux , ajoute-^t-il , cent 
pittfippes d\)r , mille antonins d'argent et dix mille 
sesterces de cuivre. » On conviendra qu'il n'y a rien de 
merveilleux dans ces présens , surtout venant de la part 
d'un empereur; mais du moins ils donnent une idée du 
earactère éconmnique d' Aurélien et de Pétat du luxe 
8008 son règne. Cependant on prétend qu'il aimait la 
pompé el le &ste. C'est lui qui , le premier , a ceint le 
diadème à Rome. Il a été assassiné par ses soldats le 29 
janvier a75. 

DE DIVB&S OBJETS DE LITXE ET DE FAUTAISIE 
AUTRES QUE LES MEUBLES. 

r 

Nous mettront d'abord au nombre de ces objets les 
parfums, pour lesquels on sait que les Romains avaient 
Une véritable passion. On ignore le temps oii l'on^ 
commencé à en (aire usage ; mais il est certain que peti 
après la débite d^ Antiochus et la réduction de l'Asie , en 
565 de B.-189 av. J.-C. , les parfums étaient connus 
et qu^'on les prodiguait déjà. En 664-90 av. J.-C. , 
les censeurs Licinius Grassus et Jules-César prohibé- 
x«Bt la vente des parfums exotiques. On assure que 
ft^art de fiiire les parfums fut porté , à Rome , au plus 
liaut degré de perfection. Les parfumeurs , unguentarii, 
Ctvaient leur quartier nommé i^icus thurarius, dans la 
vue de Toscane qui faisait partie du Yélabre. Horace les 
appeUe Tusci turha impia idci, parce que ces parfu- 
meurs étaient ordinairement les entremetteurs , (es mi-* 
lustres des plaisirs de tous les jeunes débauchés. 



( 72 ) 

Les Romains faisaient le plus grand abus des parfums 
et des essences même les plus exquises. Ils ne se conten- 
taient pas de parfumer leurs cheveux , leurs vêtemens j 
ils parfumaient encore toutes les parties de leur ccMrps , 
même les pieds 5 ils imprégnaient même de parfums les 
murailles de leurs maisons. C'est surtout dans les festins 
qu'ils les ménageaient le moins. 

Pline , iV. xni , c. 3 , dit que a les parfums se ven- 
daient plus de quatre cents deniers ( 356 fr. ) la livre. 
Il y en avait de liquides et d'autres en pâté ; quelques- 
uns donnent la préférence à ces derniers. Ils se plai- 
sent à être, je ne dis pas arrosés, mais enduits de 
parftims. J'en ai vu , continue Pline , qui se . faisaient 
oindre la plante des pieds. On a prétendu qu'Othon en- 
seigna ce raffinement à Néron. Un simple particulier 
fit parfumer les murs de ses étuves -, Cçiligula versait 
des essences dans ses baignoires; et ne croyez pas cette 
jouissance réservée au seul maître de l'Empire -, un des 
esclaves de Néron s^est donné dans la suite le même 
plaisir. Enfin, jusque dans les camps, on frottait les 
aig;les d'essences aux jours de fêtes. » 

Le même Pline nous apprend encore que Néron fit 
brûler aux funérailles de Popée son épouse (qu'il tua 
d'un coup de pied pendant qu'elle était enceinte ) , plus 
de parfums que toute l'Arabie Heureuse n'en peut pro- 
duire en un an. ( Nous dirons en passant , qu'aux fu- 
nérailles de Sylla , l'an 78 av. J.-C. , on brûla au de- 
là de deux cents caisses de parfums. ) 

Revenons à Néron, car en fait d'extravagances, on 
le trouve toujours sur son chemin. Néron donc avait 
un singe qu'il chérissait. (Si c'eût été un tigre, rien 
n'eût manqué à cette affectueuse sympathie. ) Ce singe 
vint à mourir. Son digne maître lui fit de superbes, fu- 



(73) 

avilies ' , aux frais desquelles il employa toutes les 
ichesses d'un nommé Paneros, le plus riche usurier de 
4mie y que Ton dépouilla de sa fortune pour cet objet. 

C'est encore ce fou couronné qui péchait avec un ha- 
Leçon dW et des filets dont les mailles étaient de 
Mirprc mêlée de fils d^or avec des cordeaux en soie. 

LiOrsqu^il voyageait, il avait toujours à sa suite mille 
argons, tant pour sa garde-robe, que pour sa cui- 
ne , etc. , etc. Les mules qui traînaient ses équipages 
Aient magnifiquement caparaçonnées ^ Targent bril- 
it à leurs pieds. Ses muletiers étaient vêtus de belle 
in^^ de Canuse, et ses cochers parés de bracelets 
argent ainsi que ses coureurs. 
Pbpée, son épouse, dont nous avons parlé plus haut, 
isait chausser en or les plus belles de ses mules ; je 
ts chausser, parce que l'on ne ferrait point les che- 
lux chez les Anciens ^ et sur cela j je m'en rapporte à 
ftbretti , qui , ayant examiné tous les chevaux repré- 
incés sur les anciens monumens , sur lés colonnes et 
vr les marbres , déclare n'en avoir jamais vu qu'un 
ni soit ferré. On garnissait quelquefois ]es pieds de ces , 
ûaiaux d^nne espèce de bottines en genêt ou en cuir , 
or même en fer , attachées avec des liens autour du sa- 
ot ou du paturon. 

' Alexandre fit aussi de folles dépenses en fonérailies 
»oiir la perte d^un ami ; mais dn moins cet aini n^était pas 
m vil animal. La pompe fnnèbre dHépbestion coûta , dit- 
in 9 douze mille talens ^ c'est-à-dire 57,600,000 fr. de-notre 
aottnaiè. Il eat vrai (pie cela ne coûtait pas beaucoup à 
Uexandre. Ses coffres regorgeaient de toutes les richesses 
le r Asie. Voyez ci-dessus, p. 62, ce que^ d'un seul coup 
le filet, il enleva au cbâteau de Suse. 



(74) 

Bu YRix d'acquisitioit i)e cEaTÂiHSÂHiMAiix. Il semUe* 
rait que les Romains ont pris exem|de sur les Grecs 
pour mettre un haut prix à TacquisitioD de certaine 
animaux. Citons deux ou trois feits empruntés aux 
Grecs ; ensuite nous passerons aux Bomains. 

On sait que Xénophon , après la r^raite des dix milk 
qu^il commandait , vendit son chev%l cÎDqnante da- 
riques, ce qui ne forme cependant que 2,270 fr. de 
notre monnaie, somme qui nous parait iMt modique, 
et qui devait être très-forte pour le temps, puisque 
rhistoirc en a conservé le souvenir. 

Philippe de Macédoine a acheté de PkUonicw de 
Thcssalic, pour son fils Alexandre, le fiimeux B110&- 
phale, pour la somme de treize talens (4t9834 fr.). 
Le chien d^Alcibiade lui a coûté 5,4^4 fr. < . 
Chez les Romains , nous apprenons d'AuIn-GeUe , que 
le superbe dieval séien , ainsi nommé de Gneius Seios, 
son premier possesseur , que Haro-Antoine fit périr da 
dernier supplice , fiit payé la somme de cent mille ses- 
tcrcw (20,000 fr. ), par Corn. Dolabdla, gendre de 
Cjrt^ron ; on dirait que ce cheval portait malheur k ses 
innitrcs , car ce Dolabella se fit couper la tête par son 
esclave pour ne pas tomber entre les mains de Cassins. 
Varron , /r'^. 11, c 1 , raconte qu'un attelage de che- 
vaux n coûté à Rome quatre cent mille sesteites 
( 8o«ooo fr. ) *. 

La siMiateur Axius a payé un âne la même somme 

de 80,000 fr. \ et, selon Pline, un animal de la même 

csjH'œ n*a clouté que soixante mille sest^t^es (i2,ooof.)* 

Ou voit aussi des poissons portés à un haut prix chez 

' VoyAii A la fin la note (L). 
* Voyez à la fin la note (Mj. 



(76) 

Romains ; mab cela n'arrivait qu'accidentellement. 
Par exemple, Pline, Us^. ix, c. 36, raconte qu^Asinius 
Celer a donné , sons Caligula , un exemple de prodiga- 
lité , en payant un muUe ( poisson qui , au dire de Ma- 
crobe, ne pesait pas plus de deux livres ) , la somme de 
hiait mille sesterces ( 1600 fr. )*, aussi, ajoute-t-il , 
K cette somme énorme reporte notre imagination étcm- 
née vers ceux qui , dans leurs déclamations contre le 
hixe, se plaignaieiit de ce qu'on achetait les cuisiniers 
aussi cher que les chevaux. Aujourd'hui, continue-t-il , 
im cuisinier coûte autant qu'un triomphe ' , un poisson 
ampit qu'un cuisinier ; et déjà nul mortel ne semble 
d^uti plus haut prix que Tesclave qui a le mieux ap- 
profondi Tart de ruiner son maître. » 

Juvénal , soi. iv, parle aussi d'un surmulet qui a été 
payé ii5o fr. par un nommé Grispinus. 

Un rossignol, dont on fit présent à Àgrippine, femme 
de Claude , fut payé six mille sesterces ( 1200 fr. ). Il 
est vrai qu'il était blanc ^ chose infiniment rare, si le 
fiât est vrai cependant. 

Nous ne prolongerons pas la nomenclature de ces 
firivoUtés et de tant d'objets d'ameublement^ ce que 
nous en avons dit suffit pour prouver que les Bomains 
ti'ont pas été moins sujets à ces goûts dispendieux , fu- 
tiles et capriciein , que tous ces peuples que l'or a cor- 
rompus et conduits à leur perte. 

Finissons par jeter un coup d^œil sur quelques-unes 

' ■ C^est un modus ïoquendi de la part de Pline : un bon 
cnisinier coûtait 3 à 4000 fr. de notre monnaie. Il est vrai 
qn\»n en a vendn dont le prix s'est élevé jnsqu^à 20 et aa^ooo 
fr. , mais c'était piatôt objet de fantaisie, qn'évalnation dn 
talent de resclave. 



(76 J 

de ces fortunes colossales , particulières , qui , à la suite 
dé tant dé conquêtes sur Tennemi , n*ont pas peu con- 
tribué à faire de Rome la sentine de tous les genres 
de corruption. 



TABLEAU 

DE QUELQUES FORTUNES PARTICULIÈRES A ROME, 

VERS LÀ FIN DE LÀ RÉPUBLIQUE 
ET DANS LE PREMIER SIÈCLE DE L^EMPIRE. 

Il nous a semblé que ce petit tableau , ( qui n'est 
qu^un résumé d'un travail assez étendu que nous avions 
préparé jadis sur le même objet ) , serait convenablement 
placé à la suite de recbercbes relatives aux dépenses 
qu'occasionna le luxe chez les Romains. La dépense est 
une conséquence de la fortune , et la curiosité se porte 
naturellement à savoir si l'une a été en proportion de 
l'autre. Ce tableau offrira donc le montant de la fortune 
particulière de la plupart de ceux dont le nom figure 
dans les recherches précédentes. Nous n'avons pu at- 
teindre à spécifier ce montant, résultat assez difficile à 
obtenir, qu'en relevant, réunissant et comparant, dans 
\ki grand nombre d'auteurs anciens, tous les passages 
relatifs à la vie privée et publique , et même aux actions 
les plus minutieuses des personnages dont nous parlons. 
Ces personnages , pour la plupart , sont ceux qui ont 
occupé la scène et joué un grand rôle dans les événemens 
les plus remarquables de cette longue révolution qui a 
converti la République en Empire. Nous avons présumé 
qu'on ne serait pas fâché de voir ces illustres ambitieux 
sous un aspect ordinairement négligé ou du moins peu 
précisé dans l'histoire , c'est-à-dire sous un aspect qui 



( 77 ) 
les présentât aussi avides des dons de la fortune , que 
^les feveurs du pouvoir. Commençons par Sylla, nous 
finirons par Pline le Jeune. 

Stllâ le dictateur , ( mort 78 ans i|V. J.-G. ) : sa 
fortune particulière était estimée • . . i5o,ooo,ooo fr. 

Elle proTenait d^nne partie de Por immense étalé dans son 
triomphe j et d'une partie de For non moins considérable 
qoe produisirent ses terribles proscriptions; cependant il faut 
dire que la faveur de la riche courtisane Nicopolis, qui le 
fit son héritier y et les biens que lui laissa sa belle -mère y le 
tirèrent d'abord de la gêne où il était dans son jeune âge. 

ISouÈ n'avons rien de précis sur le montant de la fortune 
de Marius 9 ( mort 86 ans av. J.-C. ); mais elle était au 
moins égale à celle de Sylla, son émule et son rival , à qui 
ilfiraya la voie des proscriptions , car Plutarquedit : «Marins 
« laissa des richesses si grandes qu'elles auraient suffi à 
a plusieurs rois. » 

RosGius , comédien , ( mort 6a ans av. J.-C. ) , jouis- 
sait d'une fortune d^au moins 20,000,000 fr. 

Ce célèbre acteur, ami de Cicéron , gagnait ^ au dire de 
ce dernier , aoo,ooo fr. par an , sans compter les présens 
qu'on lui fiiisait. Il excellait dans la comédie. 

Son camarade ^sopus, excellent tragique, laissa en 
mourant 5,000,000 de fortune, quoiqu'il fit de son vivant 
une dépense excessive j un jour , un seul plat de sa table lui 
coÀta ao,ooo fr. ; et son fils , plus prodigue encore que son 
père , en servit un qui , par le moyen de perles ditooutes y 
revenait , dit-on , à 200,000 fr. 

M.. Pub. Crassus, dit le Biche, (m. Fan 52 av. J.-C. ), 
possédait en seuls fonds de terre .... 60,000,000 fr. 

Le nombte de ses maisons à Bome , de ses esclaves et de 
fes troupeaux à la campage , montait à peu près à la même 
somme. C'est lui qui disait qu'un particulier n'était pas riche, 
si de son revenu il ne pouvait entretenir une légion. 



(80) 

moins avec celle de Sylla^ Mais quand il fut assassiné, il 

y avait en dépôt chez Galpurnie sa femme , 19,^0,000 f. 

Antoine Toulait s'en emparer ^ mais Octave s'y opposa. 

Verres, (mort 44^^ ^^- J.-G. ), fut accusé par 
Cioéron chargé des plaintes des Siciliens, d'avoir extor^ 
que dans la seule province de Sicile ^ la valeur 
de . . é . • . 20,000,000 fr. 

Convaincu , malgré la belle défense d'Hortensins , il prit 
le parti de s'exiler lui-même sans attendre la condamnation; 
maitf vingt-six ans après, il fut proscrit par Antoine à qui 
il avait refasé des vases de Corinthe, et fat tné par les soldats 
dé ce triamvir. 

^ M. T. GicÉRON, le prince des orateurs latins (mort 
43 ans av. J.-G. ) , a laissé en mourant une fortune 

de . . 26,000,000 fr. 

D'après les hantes dignités dont il a été revêtu , les goa- 
vememens dont il a été chargé, ses travaux au barreau, 
etc. j etc. , cette fortune , tout élevée qu'elle paraisse , prouve 
que Cicéron a été très-modéré dans les moyens de se k 
procurer ' . Antoine lui reprochait d'avoir été négligé . par 
ses amis dans leurs testamens ( ce qui passait à Rome pour 

\ 

r 

' Un auteur allemand , parlant de la dot de Tereàtîa ^ 
femme de Gicéron , s'exprime en ces termes : I^os T^EXif" 
TiJE, uxoris Ciceronis, dôdeca myriadôn dicitur fuisse f et 
haereditas quae obvenit, ennea dènariôn myriadôn , ibidem 
adducitur» Latinus interpres per nummos sestcrtios 480,000 
et 36o,oco. Quatuor nummos in denarium computandof 
qui denarii collecti unciales nummos hostros 26,260 consti- 
tuunt, ( II nous semble qu'on peut estimer cette somme en- 
viron 1 57,600 fr. de notre monnaie. ) Vid. Otho Spbrliit- 
GiiJS , de Nummis non cusis dissertatio. Amstelodamî , 1700, 
pet. /ft-4^t P* ^6. Terentia ayant été répudiée par Cicéron ^ 
fut épousée par Salluste l'historien. 



(81) 

^«■ne etp^e de mépris ) ; Cicéron déclara y dans ta réponse ^ 
^ae son bien s'était accru , par cette seule voie j d'enyiroii 
cinq millions de notre monnaie actuelle. 

M. GATOiff (m. 4^ ans av. J.-G. ), n'ayait, au rap- 
port de Sënèque , qu'une fortune de • . . 800,000 fr. 
C. A. Salluste (m. 35 ans av. J.*G. ), laissa une 

fortune d'environ 60,000.000 fr. 

n la dut à ses exactions dans la Numidie et aux faveurs 
dont le combla J. César; s'étant retiré des affaires , il bfttifc 
à Rome un superbe palais et des jardins magnifiques qui 
portent encore son nom. Il se livra à Tétudef bon histo- 
rien 9 il fut grand moraliste dans ses préfaces ; mais il %yait 
été fort débauché dans sa conduite. Milon, Payant surpris 
dans un commerce criminel avec sa femme, la fameuse 
Fausta, fille de Syila, Pavait fait noter dUnfamie, chasser 
du Sénat et condamner à une forte amende. Ces petits dé- 
^agrémens furent la source de sa fortune, car il quitta 
3iome, et se jeta dans le parti de César qui le combla de fa- 
-veurs et lui procura le gouvernement de la Numidie. Par 
3a suite il épousa Terentia que Cicéron avait répudiée. De 
Sa sa haine pour Torateur romain , et le peu de justice qu'il 
i rendit dans son histoire de Catiiina. 
M. AnTOiNE ( m. âi ans av. J.-C. ) ; on porte sa for- 
une à 120,000,000 fr. 

Ce taux n'est certes pas exagéré , si Ton fait attention à 
^utes les folles dépenses , à toutes les prodigalités où l'ont 
^ntndné ses plaisirs en tous genres, sa générosité et sou 
effiréné; il poussait ce luxe jusqu'au point de se servir, 
it l'orateur Messala , de vases d'or pur pour les besoins les 
las honteux. On assure qu'il dissipa du trésor public y 
septies millies ( 140,000,000 fr. ). L'or était si com- 
un chez lui, qu'un jour il ordonna à sgia intendant de 
loiineir un million de sesterces (200,000 fr. )) à un de 
^'^s amis qui était dans l'indigence. L'intendant, surprix de 
^énoonité de la somme ^ l'étalé dans un endroit par où 



(82) 

Antoine devait passer. Antoine demande, ee qne t\êl que 
cet argent. -— • Cest ce qne tous avez comiband'iè qne Ton 
donnât à un tel.-— Ce n'est que cela, dit Antoine s^tfpereerant 
de Fintention de son intendant : qu'on dpuble la.^omme. 
Virgile (m. 19 ans av. J,-G.), laissa, si Ton en 

croit Servius, uqe fortune 46 1, 987 ,'4^4 f^- 

C'est pen comparativement aux fortunes dont nous .par^ 
ions; mais c'est beaucoup en ég^rd à la naissancp obscnre 
du poète. Servius ajoute qu'il avait un palais à Rome. Tout 
cela provenait des bienfaits d'Auguste et de sa famille y- en- 
tre autres d'Octavîe, qui, pour le iu Marcellus eris , lui 
fit compter, à tant par vers qui composaient la tirade,. la 
valeur de 62,000 fr. de natre monnaie. Les amis d^ Vir- 
gile contribuèrent aussi à son bien-être. 

On ne dit rien dé la fortune d'HoR ace ( m. 7 ans av. J.-C). 
Vivant cbez Mécène, il ne manquait de rien; il avait ce- 
pendant ui^e maison de campagne dans les environs de 
Rome. En général, il mettait en pratique cette aimable 
philosophie qui fait le charme de ses vers * . 

C. Cl. IsiDORus ( m. 8 ans av. J.-C. ), simple parti- 
culier à Rome , déclare par son testament que, malgré 
ses pertes énormes dans la guerre civile, il laisse dans 



' On les Ut avec tant de plaisir, qu'on serait presque tenté 
d'excuser la folie de ce bibliomonomane anglais ( Jacqoe^ 
Douglas ) qui , en j 739 , pour toute bibliothèque , avait 4^^^^ 
éditions d'Horace (de 1476 a 1739), tiiutes différentes leiv 
unes des autres; il en a publié le Catalogue, /«-&>• Vwk 
autre anglais, M. Underwood, n'avait pas fait acte àe 
inoindre folie, en exigeant par son testament, daté de 1733, 
qu'on plaçât son corps tout habillé, dans son cercueil , avec 
V Horace de Sanadon posé sous sa tête ; une autre petite édi- 
tion du même poëte dans sa main gauche , et enfin V Horace 
de Bentley, 1728, x/x-4^, sous son coccyx. 



(83) 
ses coffres, en espèces, (soixante millions desester- 

<XS)j • 12,000,000 fr« 

Sur quoi on prendra 220,000 fr. pour les frais de ses fané- 
Tailles. Mais outre cet argent, illaissait encore 4,1 16 escla- 
yr€B ', 3,600 paires de bœnfs et 200,057 têtes d'autre Bétaih 
H. TiGELLius, affranchi ( m. vers Tan 10 de J.-C. ), 
^tait une espèce de bouffon, qui, par son caractère 
enjoué , ses bons mots et ses talens en musique , s'était 
attiré la faveur de J. César , de Gléopâtre et d'Auguste. 
Il parait qu'il avait amassé une fortune considérable, 
car, dans cinq jours, il dépensa au jeu * et en orgies 
avec ses camarades , la somme de ... . 193,628 fr. 
Horace lui fait une singulière oraison funèbre dans les 
premiers vers de sa satire 2 , //V. 1 ; il dit que toute la ca- 
naille de Rome prit le deuil à la mort de Tigellius : 

Mendici , minax , balatroiies , hoc genus omne 
Mœstnm ac soliciium est cantons morte Tigelli. 

AUGUSTE (m. l'an 14 de J.-C), a laissé une fortune 
que Tacite porte à environ 200,000,000 fr. 

Cependant Auguste lui-même déclare dans son testament 
que ses héritiers nWront que trente millions ; mais ce tes- 
tament porte en même temps des legs considérables : aa 
peuple 8,000,000 fr. , aux tribus latines , 700,000 fr. ; à 
Parmée , environ 4) 000,000 fr. , et beaucoup d^autres legs 
particuliers. Cela ne doit pas surprendre , si , comme Au- 
guste rassure dans le même testament , il a reçu pendant 
yinst anS| en dons et en héritages, plus de cinq milliards 
de sesterces (1,000,000,000 fr. ). 

' Voyez à la fin, la note (N) sur les esclaves. 

* Nous avons yu mieux que cela en 1780 , à Paris. Un 

M. Bergeret de FrouTille qui, je crois, était Conseiller aa 

Parlement, perdit au jeu, dans une séance, de trentersix 

heures, une somme de 27,000 louis, c'est-à-dire 673,000 
iî 



(84) 

. Nous dirons ici, en passant, que les revenus de TEmpire^ 
sons Auguste , étaient de 800,000,000 fr. , et que sous Té- 
çonome et parcimonieux Vespasien , si habile en matière 
d'impôts, ils furent, dit-on, de 7,000,000,000 fr. 

Apicius ( mort vers Tan 3o de J.-C. ), célèbre gas- 
tronome romain , avait une fortune que les auteurs 
du temps portent à i9,373-,934fr' 

On le croit auteur du Traité de Opsoniis^ cependant la 
chose n^est pas certaine , car on connaît troia Apicius : Tnn 
qui vivait sous Sylla, le second sous Auguste et Tibère, et 
le troisième sous Trajan , et tous trois célM)res dans les an- 
nales de la bonne chère | mais ce qu^il y a de siir , c^èst que 
celui dont nous parlons , le second , s^était acquis une telle 
réputation de gourmandise, que Pline , //V. x, ch. 48, l'ap- 
pelle Nepotum omnium altissimus gurges, a le gouffre le 
<c plus profond qui puisse exister ( en fait de bonne chère). » 
Sénèque raconte que cet homme , voyant sa fortune réduite 
à environ 2,000,000 fr. , car il en avait mangé plus de dix* 
sept, se tua crainte de mourir de faim '• 

' Nous pouvons comparer à Apicius un certain Anglais | 
du même goût et du même appétit, qui s'est fait distinguer 
à Londres dans le dernier siècle. C'est M. Rogerson , qui , 
pour sa table et pour ses expériences culinaires, a dépensé 
dans un espace de temps assez bref, cent cinquante mille 
livres sterl. (c'eSt-à-dire la modique somme de 3,75o,ooofr.). 
C'était tonte la fortune de notre gastronome. Réduit à la 
misère et au triste état de mendiant , il consacra la dernière 
guinée dont on lui avait fait la charité , à acheter un orto- 
lan , à le faire accommoder le plus succulemment possible , 
et il le mangea \ regardant cette haute jouissance comme la 
dernière à laquelle il pût prétendre, il ne se donna pas 
même le temps de faire la digestion , il se fit sauter la cer- 
velle; c'était mourir au champ d'honneur ^ tout en nar- 
guant les caprices de l'ingrate fortune. 



/ 



(85) 

Cn. Corn. Lentulus Augur (mort l'an 3o de J.-C. ) ; 
comblé de biens par Auguste , se trouva maître d^une 
fortune de .... • 80,000,000 fr. 

Il éprouva que la possession de telles ricliesses n^était 
pas sans danger sons Tibère , car elles lui coûtèrent la vie 
sur un ordre du' tyran* II* avait été consul* en Pan i4* 

TiBÈKE (mort l'an 87 de J.-C.). Ce prince, aUssi 
avare que cruel et débauché , amassa une fortune plus* 
considérable que celle d'Auguste. Lorsqu'il mourut , on 
trouva dans ses coflres ...;... 540,000,000 fr. 

Son successeur Caligula y dans les quatre ans quHl régna , 
ébréchafort ce trésor , au milieu de mille folies et de mille 
cruautés auxquelles le glaive de Chéréas mit un terme. 

Ckispus pAssi^NtJs ( mort 44 ^^^ ap^ès J.^. )^ possé- 
dait une fortune de ..'.,..•.'. . 38,739,99a fr.» 

C^était un orateur distingué qui ' avait épousé en pre- 
mières noces Domitia, tante de Néron, et ensuite Agrip- 
piqe f digiie mière de ce monstre. U avait eu Timpriidence 
de la nommer héritière de tous ses biens dans son testa- 
ment. Comme il ne mourait pas assez tôt an gré de celle- 
ci', elle jugea à propos dé le débarrasser par le poison des 
soucis de la vie et .d'une fortune aussi considérable. Ce que 
Passienus regretta le plus en mourant, fut un arbre dont 
il s^était épris dans ses jardins ; il Tembrassait , le baisait , 
coucbait à Pombre. de ses brancbcs^ et arrosait ses racines 
avec du Siin; . 

Callistp , afifranchi de Caligula , dont il reçut des ri- 
diesses immenses, et contre lequel il conspira, devint, 
ensuite (avori de Claude, qui le combla aussi de biens. 
Il laissa en mourant une fortune qu'on estime à envi- 
ron '. . . . . 4<5, 006,000 fr. 

Narosse (mort Fan 54 de J.-C. ) , fut d'abord àffAh-' 
chi , puis secrétaire de Claude. Vil courtisan , il se ser- 
vit de la faiblesse de sou maître pour s^enrichir de» dé- 



(86) 
pouilles de ceux qu'il voulait perdre. Il amassa une 
fortune de 5o,o6o,ooo fré- ^. 

C'est lui qai conseilla la mort de Messaline* Il tenta 
défaire aussi périr Agrippine; mais il succomba, ce fut 
elle qui le fit exiler, et ensuite le' contraignît à se donner 
la mort. Néron le regretta; c'était 'bien juste! 

Pallas (mort Fan 61 de J.-C.)>«galenacntaflrranchi de 
Claude, avait amassé une fortune de . 36,ooo,ooo fr. 

Néron, ckei qui la soif de 1- or égalait celle d4.. sang,. Je 
fit assassiner } et cependant Pallas avait été le fiiTori de ce 
bon prince. 

Sénèque le philosophe (mort Tan 6£de J.-G.), était à 
sa mort riche de plus de ....... 60,000,000 fr. 

On prétçnd que dans la Bretagne seule il avait des biens 
pour cette somme. Quatre ans de faveuirs , près de Néron , 
son aimable élève , avaient su.ffi pour élever ce colosse de 
fortune, à Tombre duquel Sénèque prêchait la morale et 
le mépris des richesses. Mais un mot du disciple reconnais-, 
sant suffit pour faire écrouler le colosse dans le sang di| 
malheureux précepteur. 

PunE le Jeune (mort Tan ii3 de J.-C*), possédait, 
une fortune d'environ . ....... 20,000^000 fr« 

On en juge par les détails qu^offrent plusieurs passages 
de 9e9 lettres.. Il avait, à cent cinquante milles de Rome ^ 
une terre qui lui. rapportait 80^000 fr. de revenus, et ce 
n'était qu'une faible portion de ses possessions; 11 donna 
trois cent mille sesterces à son ami Romanus pour qu'il 
pût être admis dans l'ordre des chevaliers. Il en donna 
cent mille à sa nourrice; il dota la fille de Quin^ilien. de 
cinquante mille sesterces ; il en fit de. même pour CoreUia 
et pour beaucoup d'autres. Tout cela suppose une fortune 
considérable qu'il devait sans doute tant à la faveur de 
Trajan qu'à ses propres talens pour le barreau. 

'Non pas de rentes, comme le dit M. Bouillet dans 
son Dictionnaire classique des noms propres, etc^ 



( 87 ; 

Nous aurions pu augmenter cette Notice de beaucoup 
d'autres articles, et même de quelques-uns qui, étrangers 
aux Romains, mais ù peu près du même temps, offriraient 
des exemples de fortunes encore plus monstrueuses que 
celles dont nous venons de parler. Pline, par exemple, 
cite un Ptolêroée « qili ,' selon Varron , entretint à ses 
K dépens huit mille bommes de cavalerie , du temps 
« oii Pompée disait la guerre èn Judée , et qui donnait 
« un repas de mille couverts où^ chaque convive bu- 
« vait dans une coupe d^^H*^ et ou, à chaque service , 
« on diangeaitde plats et de vases. Il cite uii Pythius 
tt de Bithynie , qui fit présent à Darius du platane et 
a de la célèbre vigne dW ^ et qui traita les sept cent 
« quatre-vin^^huit mille hommes de troupes de Xer- 
a ces,, lui promettant en sus la 'Solde et les appirovision-* 
« nemens pour toute cette armée pendant cinq mois, 
a si , de dinq enhns , il voulait au moTBS en laisser un 
(( à sa vieillesse. Que serait Pythius lui-même , comparé 
« au roi Grésus? » On sait que ce Tt»i de Lydie passe 
pour avoir été le plus riche des princes de l'antiquité , 
et , selon le beau mot prophétique de Solon , il en de- 
vint le plus malheureux. 

Mais en voilà suflisamment pour donner une idée 
des fortunes colossales qui eiââtaient chez les Anciaiis ' . 



Nous terminons ici le résumé de nos recherches siur 
les objets d'ameublement des Romains et sur la fortune 
particulière de quelques-uns d'entre eux. Que conclurons- 

* Voyea à la fin la noté (O) relative à Pindicatioii de 

m 

quelques fortimes modernes que l'on pourra comparer avec 
les anciennes. 



( 88 ) 
nous de cet exposé ? Que Tor abondait à Rome. Mais cet 
or, fruit dé tant de conquêtes , fruit de tant de rapines 
dans les gouvernemens confiés aux proconsuls , circulait- 
il parmi les citoyens? Képaindait-il Taisance dans les 
diverses classes de la société? Le peuple , ^ jaloux de 
cette liberté dont il jouissait sous la République., et que 
le premier des Césars sembla d^abord respecter , était* 
il plus heureux, était-il à Fabri du besoin? Non. Il 
Êiut avoir étudié de près la vie et les mœurs des Ro^ 
mains pour être convaincu que le rôle brillant qa\)n 
leur fait jouer dans Thistoire est bien diffîrc^nt de celui 
auquel était condamné la masse du peuple -daâs Fioflé* 
rieur de la ville et .dans les campagnes. Pour, un petit 
nombre de fortunes colossales qui élevaient leur cime do* 
rée sur quelques points des sept montagnes , quel mal- 
être , quelle misère régnait sur le reste de ce sol aiidel 
Voye:): ces nombreuses cohortes d^esdaves attachés.à la 
glèbe, nourris avec parcimonie et exposés à chaque instant 
aux caprices d^un.maitre qui avait sur eux droit de vie 
et de mort ; voyez ces affranchis qui ne vivai^it guères 
que de la libéralité de leurs anciens maîtres et pour les- 
quels la sportule était le fond le plus dair de leur re- 
venu ', voyez ces citoyens, propriétaires d'un petit coin 
de terrain ingrat, qui, pour prix de leurs sueurs, leur 
rendait à peine la moitié du pain que réclamait la fa- 
mille ; car , personne ne l'ignore , l'Egypte et la Sicile 
étaient les greniers de l'Italie ^ et quand les vents 
étaient contraires , la famine arrivait. Voilà donc où 
aboutissaient ces fortunes monstrueuses! Semblables 
à ces fbnestes trombes qui , autour d'elles , aspirent et 
dessèchent tout, elles étaient le plus terrible fléau de 
Rome et de l'Italie. Leur éclat passager brillait comme 



(89) 

ces reflets de lumière qui, sillounant subitement la nue, 
vous laissent ensuite dans une obscurité plus profonde. 

Quelle différence de notre position à celle de ce peu- 
ple si vanté 1 Grâces au Christianisme et à la grande 
ame d*un de nos rois, Tesclavage, depuis bien des 
siècles, a disparu de notre belle France. La féodalité, 
autre poids énorme qui pesait sur le trône et sur le 
peuple , a également disparu. Ce n^est plus cette France 
du moyen âge, dont la carte, au x* siècle, était divi- 
sée en trente ou quarante grandes portions apparte- 
nant chacune à un maître , à un fier suzerain ; c*est 
cette France moderne , dont la carte , au xix* siècle , 
est divisée en des millions de parcelles qui appartien- 
nent à autant de propriétaires. Dans nos campagnes, le 
cultivateur, appuyé sur le manche de sa propre char- 
rue , sourit d^avance à Tespoir d'une récolte qui ne fuira 
pas ses greniers. Dans nos cités , une active industrie , 
entretenue par une louable émulation , fait circuler le 
bien-être parmi ces milliers de familles qui y sont ag« 
g^omérées. l&ifin partout , Tasp^t de la société , sous 
le rapport matériel et industriel ( le seul dont nous par- 
lons ici) , offre une amélioration sensible, en ce qu^il 
prouve que Taisance est généralement plus répandoe* 
C'est sons ce point de vue que notre situation est bien 
préiarable à celle de ces Romains si vantés. Quant à la 
^kÂre des armes, à la culture des sciences et des arts, 
nous n'aTons pas besoin d'attendre- que , par la suite 
des sièdes , le prisme de rhistmre ait grossi et embdli 
les objets, pomr lutter avantageusement avec ces an- 
ciens maîtres du monde. 



(90) 

NOTES. 

Ces Notes offrent , comme nons Tavons dit an bas de 
la page 23 , des rapprochemens ou comparaisons entre 
Testimation et la valeur de certains objets cbez les An- 
ciens , et celles de certains objets du même genre chez 
les modernes. Nous avons cru convenable de reporter 
ces rapprochemens à la fin de Touvrage et non h la 
suite de chaque article dans le texte , pour éviter la 
confusion qui aui*ait pu résulter soit de la nature de 
certains. objets, soit de la longueur de quelques ar- 
ticles. Ainsi tout ce qui constitue la galerie ancienne a 
été exposé précédemment , et tout ce. qui appartient à 
la galerie moderne du même genre , va être Tobjet des 
notes suivantes , qui porteront successivement y comme 
dans le. texte , sur les bâtimens y sur les tableaux , sur 
les pierres précieuses , sur les habillemens , sur les for- 
tunes particulières y etc. y etc. 

(A) pag. 23. Le rapprocliemeiit snîvant de restîmation 
et dé la valeur de- quelques édifices actuels de Paris , avec 
restîmation et la valeur de ceux de Pancienne Rome qae 
nous avons cités , prouvera que dans tous les temps les ca- 
pitales cherchent à se distinguer par des monnmens fastueux 
et de grand prix. 

Le palais fiourbon (où siège maintenant la Chambre 
des Députés), est estimé 894^i<>oo fr. 

Le palais du Luxembourg ( où siège la Chambre des 
Pairs ) I est évalué y avec le jardin et les dépendances , 
la somme de • . • 5y3oo,ooofr. 

L'ancien palais, du Temple, avec ses cours et jardins ^ 
est estimé 29000,000 fr. 

L'hi^tei ( occupé par le ministère des finances ) , rue de 
Rivoli, est évalué 1 1 ,060,000 fr. 



(91 ) 

Celui (qu'occupe le ministère de la marine ), place Loois 
XV) est porté à 6,7009000 fr. 

L'hôtel des Invalides est estimé . .... 31,166,1 15 fr. 

On a fait en 1818 Pinventaire du mobilier de tons les 
chÂteanx royaux de France ; il monte , dit-on , non compris 
les porcelaines et les verreries , à • . • . 429^00,000 fr. 

La maison de Beaumarchais , qni était située sur le bou- 
levard Saint- Antoine , n'a été vendue, en 1818, à la ville 
de Paris, qoe la somme de 5o8,ooo fr* 

Lliôtel Rœderer, rue du faubourg Saint-Honoré , a été 
acquis , en janvier 1 837 , au prix de 37 1 ,000 fr. 

Un pavîITon , dépendant du palais Bourbon , appartenant 
à Mi>^^d e Féncbères , légataire de M. le duc de Bo<iâl)iVi| 
prince de Gondé, mort en ]83o, a été,, dit- on, aSlftté 
récemment par le jeune prince duc d'Aumale, pour la 
somme de • •. • 40O9O00 fr. 

Beaucoup d'autres bôtels de Paris montent bien cer- 
tainement à des valeurs plus élevées que celles de ées trois 
derniers; mais outre que leur^ nomenclature excéderait les 
bomet d'une simple note , des renseignemens nous inanquenf 
SUT leur estimation précise. 

_ 1 

(B)/K a4* Velleius Fatercnlus, liv. i, c. 1 3, a dit de ce Con- 
sul : JSiuwimùts tdm ntdisfait, ut capta Corintko, quum ma^ 
ximomm artificum perfectas manihus tabulas ae statuas m 
ItaUam portandas locaret, juberet prœdici conducentibus , 
si eas perdidissent , novas esse reddituros. — D'un autre 
c6té, Tacite, liv. ïit, c. 31 àe% Annales, a dit du même 
personnage : ...tf Z. Mummii triumpho, qui primas id ge-^ 
nus (Graecontm) spectaculiin urbe praebuent. 

Comment un homme à qui l'on a délivré un certificat 
d'ignorance aussi crasse, a-t-il pu être le premier qui ait 
£nt connaître à Rome le genre àez spectacles de la Grèce? 
Tacite annit-ii entendu par id genus spectaculi, le maté» 
riel d'un théâtre grec qui existait à'Corintbe, et que Mum^ 
mins aurait fait transporter à Rome ? Cela est présumable. 



(M) 

Les formée élégtntea du matérid de la «cène grecque aa- 
roAt remplaoé les tréteaux rustiques dont on frétait servi 
jusqu'alors à Rome. 

(Ç) p. a6. De nos jours, il en a été à peu près de même pour 
le fameux Saint Jérôme du Corrège (peint sur bois y 6 pieds 
4 pouces de hauteur, sur 4 pieds 4 pouces 6 lignes deUr« 
geur). Le prince de Parme, à qui ce tableau appartenait , 
offrit un million an général Bonaparte pour le conserver* 
Bonaparte refusa, et le tableau fut transporté à Paris. Il n'y 
est plus. Jean Y, roi de Portugal, mort en i/So, en avait 
offert aux Antonins de Parme, qui le possédaient alors, 
4$>OjOOO fr. Ils étaient sur le point de le donner, quand 
Pin.S^nt Don Philippe le fit enlever et placer par la ^uite 
dans une des salles de TÂcadémle quHl fonda à Parme ea 

Le tableau de la Vierge à VécuelUi ou le Repos en 
Egypte, également du Corrège, a eu le même sort. (Il est 
aussi peint sur bois ; cintré dans la partie supérieure , il a 
6 pieds 9 pouces de hauteur et 4 pieds 5 pouces de largeur). 
Vers 1 j5o , le général Brawn en oi&it 30|Ooo. thalers 
(i5o,5oo fr. ); quelque temps après, le sénateur Barbieri 
de Mantoue proposa 600,000 liv. de Parme ( i5o,ooo fn ) \ 
et vers 1754 9 le roi de Pologne fit offre dé 20,000 sequins 
C 240,000 fr. ) ^ le Duc de Parme a refusé toutes ces of&es. 

(D) p, 26. Les modernes ne se sont pas moins distingués que 
les Anciens dans le luxe des tableaux de ha.ut prix. Nous 
allons en citer quelques exemples pris au hasard dans un re- 
levé assez étendu et assez détaillé que nous avons fait des ta- 
bleaux dont Padjudication a passé 10,000 fr. dajis beaucoup 
de ventes.publiques. ., 

En 1771 , le Portrait en pied de Charles P% peint par 
Van-Dyck , payé par la comtesse Dix Barry , 24,000 livr. 

En 1772, chez M. de Choiseul, la Forêt de la ffaye , 
par Paul Poter , adjugée au prix de .... . 27,600 livr. 



(93) 

- En 177^9 c^^* ^* Blondely V Enfant prodigue , de 
I3a¥id Teniers , venda 39,cx>o iî?r. 

Bu 1 78a ) cbez M. Mènars ^ i* Accordée de village , de 
Greuze , adjugée au prix de 1 6,65o lirr. 

En 1783^ M. d^Ângîvillier a payé, pour la collection da 
Roi, les Charlatans , de Karel Dujardin. . . i8,5oo livr. 

En 180a , chez M. Tolozan , le petit tableau des Saules, 
fart. Poter, ... • a7,o5o livr. 

— Cliez le même f V Adoration des bergers , /pair Kem^ 

brand» • • • iO|00oliT. 

. «— Chez le même, V Annonciation, par le Sueur, 1 1 , 090 Ht. 

-« Chez le même, une Foire de Gand , par Téniers 9 
Tendue » ............ 1 2,720 liv. 

— Chez le même, le Mangeur de jambon, par Té* 
niers, •..•••••• 17,000 livr. 

•^ Chez le même , le Marché aux chevaux , par 
"Wcavermans, i6,i5oliv. 

-*- Chez le même , Jésus chez Marthe et Marie , par le 
Sueur I •' io,3oo llv* 

— -« Chez le même , le bon Pasteur et Saint Jean , par 
Murillos. Le% deux tableaux adjugés poW . . 40|65o Ut. 

. En i8o5, à Lopdres, le tableau Ae% grandes Bacchanales, 
da F/oussin, qui faisait partie du cabinet de Louis XVI, a 
été , dit-on , Tendu quinze mille guinées, . . 875,000 fr. 

En 1807, ^ Londres , Vénus surprise avec Mars dans les 

Jilets , adjugée à M. Clifibrt, moyennant 5ooo guinées, 

«nviroB 120,000 fr. 

. En i8i5, à la Malmaison, ]a Vache de Panl Poter , 
payée, dit- on , par Tempereur Alexandre , 200,000 ronb. 

. En 1825 , chez M. Lapeyrière , Paysage vu en automne, 

par le Lorrain , adjugé à 27, 000 fr.. 

«^ Chez le même , le Pâturage, par P. Poter , 28,900 fr. 

— Chez le même, la Sainte Famille , de Rubens , 
adjugée à 64,000 fr« 



(94) 

•— Chei le mimé ^ I A Madone <m Sainte Famille f du Cor- 
rège , «^< -8o,oo5 fr. 

En 1826, à Londres , chez lord Rostoch 9 la Fille d'Hé-» 
rode, par le Titien, ai3y36ofr» 

En 1827, chez M* Bonnemaison, la Danaé, du Cor- 
rège, • » • . Soyooo fr. 

Etc. , etc. I etc. , etc. 

(E) /y* 4^ • ^^ vasea mnrrhina ' étaient, anx yeux des Ro- 
mains , ce qu^il y avait de pins précieux , de plus rare et de 
plus recherché ; mais de quoi étaient-ils composés? Quelle 
substance, quelle pierre servait à leur fabrication? Les 
savans sont très-élo ignés d^étre d^accord sur ce point archéo- 
minéralogique \ voici un résumé de leurs diverses opinions 
à ce suj.et. 

Pline 9 sans s^expliquer sur la nature de cette pierre, pré- 
tend qu^elle venait de l'Orient , quMle s'y trouvai^ en plu- 
sieurs endroits peu célèbres , surtout du royaume des Parthes; 
que cependant la plus belle se tirait de la Caramanie« Quel- 
ques auteurs, entre autres Cardan, Mercurialis, Scaliger, 
Rempler et Mariette (dans son Traité des Pierres gravées)^ 
ont pensé que la matière des vases murrhins était tout sim- 
plement de la porcelaine , et ils se sont fondés sur ce vers 
de Properce : 

Murrheaque in Parthis pocala cocta focis. 

Ce vers en effet semblerait annoncer que la matière de 
ces vases était cuite au feu. Mais cette opinion n'est point 
admissible , puisque la découverte de la porcelaine est d'une 
époque bien postérieure à celle où l'on faisait usage àe^ 



' On prétend que le mot murrhin provient de ce que les vases qae 
Tou nomme ainsi , servaient aux riches voluptueux , pour boire- des 
vins parfumes de myrrhe ; et le mot myrrhe , espèce de gomme ré- 
sine , dont il est beaucoup parlé chez les Anciens , et dont cependant 
on ne connait pas encore Torigine, provient du grec murrha, dérivé 
de mttrd^ couler, distiller. 



( 95 ) 
-vatjtfrltiwnrliliia à Rome. L^inTentîon de la porcelaine ne date 
â' la Chine que dji if • siècle de Père Tulgaire. 

M. Lagrange , dans une très-longne note qni se tronye 
Jans sa traduction de Sénëque , édition de Toun, en 8 vol, 
J/i'&Oj tom. III, pp. 4o&^4^o, plaide fortement anssi la 
cause de- la porcelaine. 

M. Pabbé Le Blond, rejetant le» conjectures précédentes, 
a cherché à démontrer dans une savante dissertation ( Mé^ 
moires des Inscriptions; tom. 4^^ p. 17),- que les vases 
morrhins étaient ou plutôt deraient être de sardoine orien« 
tale; et M. Larcher (même tom. de ces Mémoires, p. a38) , 
après avoir discuté cette opinion et Taroir confrontée ayec 
les passages de Pline , pense qu'il fautfaire de nouTellesre* 
cherches et surtout ne pas perdre de Tue la description de 
Pline. 

M. Mongez a fait ces recherches et les a consignées dans 
les Mémoires de l'Institut, littérat, et beaux-arts, tom. 2 , 
p. 1 36 ; il croit avoir trouvé la solution du problème dans 
un passage de Vaierius, naturaliste suédois. Les Kalmouka ^ 
dit Yalerins d'après un voyageur de sa nation , emploient le 
cacholong, variété opaline de la calcédoine, à faire des vases 
et des idoles. Le pays des Kalmouks confine au nord-est 
avec l'ancien royaume des Parthes qui vendaient ces beaux 
vases aux Romains. On peut donc reconnaître la matière 
des murrhins dans celle des vases fabriqués encore aujour- 
d'hui chez cette nation qui conserve ses usages de temps 
immémorial. Ainsi., selon M. Mongez , la matière des vases 
mnrrhins n'est ni la porcelaine , ni la myrrhp , ni le benjoin } 
il fant la chercher dans le règne minéral. Rejetant donc les 
pierres opaques, les gemmes entièrement transparentes, 
les onix et les sardoines , il se fixe au girasol et au cacho-i 
long I qui n'est lui-même que du girasol un peu plus mêlé 
d'argile. 

M. Hager, dans sa Description des Médailles chinoises, 
• Paris I i8o5, ir^^/^^^ est d'avis que ces vases étaient les 



(96) 

mêmes que les célèbres Tases connus à la Clime sons le aom 
d^Yu ', pierre qui se trouve encore dans les montagAes, les ri- 
vières , les vallées et les ravins tant de la Chine occidentale ^ 
que de la petite Bulgarie , et dont les Chinois ont fait dans 
tous les temps et font encore des vases , des bijoux et même 
des instrumens de musique. La pierre d^Yu est peut-être 
une espèce de jaspe ou d^agate, dit M* Hager, et Ton 
pourrait s^en assurerai si le sceptre , dont Pempereur Kien- 
Long a fait présent au roi d^Ângleterre, est, comme on le 
prétend , de la même matière que les anciens vases murrhias. 
On en voit de très-grands à la Chine , et ils y sont très-pré- 
cieux. M, Sylvestre de^'Sacy a combattu Topinionde M. 
Hager dans le compte qu'il a rendu de Touvrage de ce sa- 
vant ; voyez le Magasin encyclopédique, i8o5y tom. 3| 
pp. 3i 1-322. M. Hager Ta défendue dans son Panikéon 
chinois, Paris ^ i8o6| /Vi-4°. 

M. Rozière^ ingénieur des mines j cherche à établir dans 
un savant Mémoire inséré au Journal des Mines, tom. Î6| 
que la matière des vases murrhins est le Spaik^/luor * ou 
chaux flnatée. Il appuie son opinion sur la descriptioii même 
des Anciens, qui , selon lui , ne permet pas de douter que 
ce ne soit bien réellement cette matière qui avait servi à Ja 
fabrici^tion de ces vases tant vantés^ et non pas, comme Tout 
pensé d'autres savans , le verre volcanique , le jade ou pierre 



' Te signifie pierre précieuse. Le nom géuérique des pierres pré- 
cieuses étant, comme par excellence, le nom de cette ^erre , cda 
prouve le cas qu*e\i font les Chinois. - > 

* Le Spath-fluor, ou chaux iluatée, qu'on appelle vulgairement 
prime d'améthyste ou prime d'émeraude , est une pierre dont le trait 
caractéristique le plus apparent consiste dans le brillant et la vivacité 
clés couleurs dont elle est rubanée. \,e bleu royal, le violet pourpré, 
le vert céladon , le jaune de topaze, des parties incolores et vitreuses 
se voient souvent sur la même pièce , et composent des- zones paral- 
lèles et contournées qui rappellent les contours de certains albâtres, 
et qui avaient probablement, suggéré le surnom d'albâtre vitreux que 
Ton avait donné k cette belle substance. 



( 97 ) 

J[9 Yuellû stéatite, pierre de lard. (Voy.DelAnntijyAïi» 

némlogie'des Anciens , Bruxelles , i8o3) a vol. /Vx-B*', tom* 

a f p. 87. ) Cette chaux flaatée antique se tirait de TOrient 

et particulièrement du pays des Parties, dé la Caramaniey 

de TBgypte , etc. , etc. Quant aux faux murrhins que Ton 

fiibriquàit àTlièbes, ce devait être une matière vitreuse^ 

mêlée d*émail et colorée par bandes contournées , imitant 

plus eu moins bien les couleurs de notre spath-fluor. L^opi-»» 

aion de M. Rozière reçoit un nouveau degré de probabilité 

par t*«xislence d'un vase antique de cette matière qui se troa* 

vait dans ia collection de M. Giliet^Laumont , et qui seloa 

toute apparence était un des murrhins qui ont iàit jusqu'à 

«0 jour l'objet d'une foule de dissertations et de suppositions 

plus tftt moins ingénieuses. 

M. Abel Remusat, dont la mort prématurée ' a causé 
tant de regrets aox savans , a publié V Histoire de la ville 
de Khotfin , tirée des annales de la Chine et traduite du 
chinois > suivie de recherches sur la substance minérale apt^ 
pelée par les Chinois pierre de* Yu , et sur le jaspe des An* 
dens» Paris, Dondey-Dupré , 18249 in-S^ de xti*24o p. 
L'auteur, dans la seconde partie de cet onrrage^ présente 
une dissertation très* savante sur la pierre d'Yu des Chinois^ 
appelée kach ou gach, par les peuples turcs et mongols; 
c^^Bt \0 y echem , y esel on y echef des Persans et des Arabes y 
et lejaspis des Anciens. M. Remusat a recueilli avec soin 
tout'ce qu'il était possible de découvrir sur cette productioit 
des hautes montagnes de l'intérieur de l'Asie. 11 cherche à 
démontrer %vec beaucoup de sagacité qu'elle ne pouvait être 
la matière des précieux vases murrhins , et que ceux-ci de-* 
vaient être du spatii-fluory flnate de chaux, comme l'a déjà 
dit M. Rozière. On serait donc porté à croire que cette opi^ 
nioa réunit en sa faveur le plus grand nombre de probabi* 
lités désirables. 

' Il a iié Ticiime di> cf^çlért^^ U 4 j^i^ i832, k Tâge de 43 anf. 

7 



(98) 

Malgré cela, quand nous voyons tant d'opinions diverses 
avancées par des savans du premier ordre , sur un si^et aussi 
obscur, et qui prête tant aux conjectures, nous ^mmes 
tenté de nous écrier : AdAtfc sub judice lis est. 

(F)/?. 5i.Ce n^était plus le tem ps où Ton exécuitail^^U ri- 
gueur la loi Oppia, si sévère contre le luxe dek femmes. Gette 
loi, rendue sur la proposition du tribuh, Pau de B^» 54<>r2t3 
av. J.-C. , défendait aux feuunes de porter dansi leu.r paviire 
plus dWe demi-once d'or, de se vêtir d'une rofee^ dedl- 
'veriM:8 couleurs et de faire usage de voiture à Ronse on dans 
d'ftutres villes , à un mille ( 4^449 pieds métr. } de leurs en- 
ceintes , si ce n'est dans la circonstailce d'un sacrifice public. 
^ Alaîs, par la suite, le luxe des dames romaines prit un 
accroissement inoui. Mous avons plusieurs ouvrais mo- 
dernes sur cet objet. L'abbé Nadal a fait une J^issertation 
relative à ce luxe ; il l'a divisée en deux parties : la première 
traite du lever, du bain, des onctions, des parfums , des 
vétemensdu matin, de la toilette, du miroir, des peignes, 
des aiguilles, des poinçons, des fers., de l'inconst^Ace dans 
les coiffures , de la fureur pour les cheveux blojids, des 
yoiles ^ des coiffes , des mitres et dés fards de diverses es- 
pèces. Dans la seconde partie , l'auteur parle des habillemens 
des dames romaines, de leurs différentes espèces et de leurs 
«irnemens. Cette Dissertation est dans les Mémoires de 
P Académie des Inscriptions, in-4^, t. iv , p. %%j , M^m>f 
et •in^ri.a^ t. v, p. 297. Elle a été aussi imprimée sépiirémeiit 
en ^"7^^^ in-ia, avec le Traité àe^ Vestales , du même 
auteur. 

Un ouvrage qui donne plus de détails que le précédent 
sur le luxe des dames romaines, est celui de M. Bœttîger, 
savant allemand , dont on a une traduction française ( par 
M. Clapier ) , sous ce titre : Sabine, ou matinée d'une dame 
romaine à sa toilette, etc. Paris, i8i3, in-8® de viij-4o6 
pag.^âvec i3 gravures. Cet ouvrage est plein d'une éru- 



C99) 

dition irès-Tariée; maïs il serait à désirer que la traduction 
jet l'exécution typographique eussent été plus soignées. 

(G) p. 53. Une telle profusion ne se remarque point chez les 
modernes ) quoique le luxe des diamans surtout y soit porté 
â, «Il aases haut degré. Si des écrins de grand prix entrent 
maintenant dans le patrimoine de quelques familles opu- 
lentes y on nVn lait pas étalage public ^ comme cela se prati- 
quait à Rome. Aujourd'hui I les femmes seules, dans à»^ 
occasions particulières , dans des réunions splendides , re- 
lèvent les charmes de* leur parurç par Téclat ^es diainans \ 
encore sont- ils disposés avec plus de goût que de profusion. 
Ce surcroît d'embellissement 9 qui Ta si bien à la beauté , a 
surtout lieu dans les fêtes qui se donnent à la Cour. Quant 
aQX.hommeS) ils ne font usage de pierreries que pour qnel- 
cpies petits meubles portatifs qui ne tirent nullement à con- 
séquence 9 tels qu'épingle pectorale, bague , cachet , etc. 

Cependant , si à Rome il existait au Capitole et dans les 
temples de magnifiques écrins , déposés arec une sorte de 
consécration , comme pour relever la gloire du peuple ro- 
main , nous devons dire que depuis longtemps , ^chez les 
modernes, de riches collections de pierres précieuses, for-' 
mées dans le palais des rois , tiennent à l'éclat du trdne y et 
mie les souverains de l'Europe, ainsi que ceux de l'Asie • 
possèdent chacun en ce genre un trésor plus ou moins pré- 
cieux. Ce trésor est appelé en France Diam^j^s de jl4 
Co umoinr B. Four en donner une idée , nous nous permeU 
trons encore ici une petite digression que l'importance de 
Pobjet nous fera pardonner. Cette digression consiste dans 
un résumé, que nous avons rédigé le plus brièvement pos- 
sijble , de l* inventaire des diamans de la Couronne de France p 
dressé en 1791* Nous y ajouterons un mot sur les bijoux. 
Nous nous bornons à donner l'ordre dans lequel est placée 
chaque pièce , son poids et son estimation. 
Voici ce résumé^ : 



C 100 ) 

La premfère partie de PînTeiitaîre regarde les pierrerieff 
el est dÎTÎsée en quatre chapitre». . - . 

Le premier , relatii' aux diamans y comprend trois cent 
soixante«sept articles, dont le pluà fort est le superbe dia- 
mant blanc, appelé le Régent ; forme carrée, ( i4 lign* dé 
longueur, 12 de largeur et 8 d*épaisseur),'40ins arrondtt| 
ajant une petite glace dans le filetis, et uitë autre an coin 
dans le dessous \ îi pèse cent trente six karats quatorze %^* 
jiièmes, et est estimé 12,000,000 de liv. Il y en a pla*' 
sieurs autres d'un grand poids, tels qu'un de ▼iagt'^oatrtf 
karats treize seizièmes , qui est en forme de poire , et qu'on 
estime 200,000 fr. ; et plusieurs estimés 60,000; 65,ooof 
80,000 ; 1 5o,ooo liv. , etc. Enfin la totalité des trois cent 
soixante«8cpt diamans est estimée 16,730,4^5 livres. 

Le second chapitre est consacré aux perles. La plus belle 
pèse sept karats cinq seizièmes ; elle est estimée 200,000 Ht^ 
Toutes les perles, au nombre de deux cent quatre, conte^ 
nues dans ce chapitre , sont estimées 996,700 livres. 

Lé troisième chapitre regardé les rubis , rubis*balai , ta* 
pazes, émeraudes, saphirs, améthistes orientales et grenats 
syriens. La totalité de ces objets est estimée 36o,6o4 liv. 

Le: quatrième chapitre donne, en quarante-quatre ar« 
tîcles, le détail des parures de diamans, savoir : 

ha pâture blanche qui contient 10 la toison composée de 
douze cent cinquante-cinq pierres, tant briilans que rubis , 
estimée 4i3)O00 liv. • — a^ la plaque de l'ordre du Saint* 
Esprit, en deux cent quatre-vingt-dix briilans et un rubis, 
estimée 324)too liv.; — 3^ une épaulette en douze dia^» 
mans, estimée 3o6,ooo liv.; — • 4^ La croix du cordon de 
Tordre du Saint-Esprit, estimée 200,000 liv. 

La pamrede couleur, 5° La toison estimée 3,394,000 \rf*^ 
( il s'y trouve un très-grand diamant bleu , pesant soixante* 
sept karats douze seizièmes , estimé 3,ooo,ooo liv. , et ua 
autre pesant trente et un karats douze seizièmes , estimé 
3oo,ooo liv.); — 6© la plaque de Tordre dn Saint-Esprit, 



(101 ) 

t%Ûmèe 9^2)000 liv. ; — 7° la croix de Tordre, 69,000 Ht.; 
— 8^ Tépaulette, io5,ooo; — 9^ Tépée garnie en diamanS| 
329,075 Ht.;— 10^ une garniture de boutons (%8 pour 
.rhabit, 18 pour la veste, 10 pour la culotte), estimëe 
294f85i Ut.ç ->* 1 io boucles de diamans pour souliers (80 
pierres ),«8ti|»é0s ifiço Ht. ;— ia°, boucles de jarretières^ 
t^S^S Ut^; *^ i5° etc., etc. Les quarante-quatre articles 
portes dans le ckapitre des parures , sont estimés en tota» 
IM 5,834^49^ l^v* » ^^ Ia totalité des quatre chapitres re^ 
latifsaux diamans, perles, pierres de couleur et parures. 
Ta à la somme de 331922,197 livres. 

La 8e<»nde partie de Tiaventaire concerne les bijoux de la 
Couronne, qui consistent 1^ en vases, coupes, urnes, etc. , 
de cristal , jaspe , etc., estimés 5,i44»^90 Hv.) — - 2** en 
bronxef et marbres, estimés 34 1 9o36 liv. ; — 3^ en tableaux, 
au nombre <de 1049 estimés 4m^4^ livres. Le total de ces 
trois airticles est de 5,627^272 livres. 

Enfin la totalité de tons les objets compris dans les deux 
parties de l'inventaire des diamans et bijoux de la Coh« 
ronne, monte à la somme de 29,44994^9 Uvre«* 

Outre les plus beaux diamans dont nous venons de parler, 
noi^s pourrions en citer beaucoup d^autres infiniment pré- 
cieux. Kous en donnons la description dans un petit Traité 
du diiimant (xnèàiï) ^ que nous avons divisé en sept dia- 
pitres ; i^ de la nature du diamant; 2^ des lieux où on le 
trouve; 3^ de sa taille; 4° description des plus beaux dia«- 
mans «onnus , avec leurs prix ; 5» inanière de distinguer les 
diamans vrais des diamans faux; 6° de Testimatioii des dia- 
mans ; 7^ notice des ouvrages publiés sur le diamant. 

Les principaux diamans, dont nous parlons dans ie cha- 
pitre 4 de ce pelit Traité, sont : 

Le Mathan , ainsi nommé parce qu'il appartient au Rajah 
de Mathan , dans Pîle de Bornéo; il a la forme d'un œuf ^ 
pèse 367 karats, et est estimé , j S^ooo^oop fr« 



( 102 ) 

Le MoGOL , tirant son nom du grand Mogoi , auquel 
il appartient ; il ressemble , pour la forme et la grosseur ,* 
à la moitié d'un œuf; il pèse 297 karAts neuf seizièmes , et 

est estimé ..•.-.•... iSjôîS^ooo fir« 

Le diamant de Russie, sur lequel nous manquons de 
détails , mais qu'on estime •..••... ^^^S^ooo fr« 
Dans le même pays existe TOrlow, pe6ant~i93 karats^ 
et qui a coûté , dit-on , 2,25o,ooo ir. comptant , outre 
une pension Tiagère de 100,000 fr. au profit du Tendeur. 
Le Bragance ; c'est , dit* on , le plus gros diamant connu) 
il est brut et appartient à la maison de Bragance (Portugal) ; 
il pèse 1680 karats, est à peu près gros comme un œuf , 
avec la forme d'un pois. Les lapidaires * du Brésil l'esfi^^ 

ment 7,500,000 ^« 

La Mer de gloire , diamant de Perse , très-gros. On 

révalueà 3,645,ooo fr. 

Le grand Duc de Toscane ; il appartient à l'empereur 

d'Autriche , pèse 1 Sç karats 1/2 , et est estimé 2,627,000 fr. 

Le Jean "VI, qui se Toit au trésor du Brésil; c'es| 

un magnifique brillant, taillé en forme de pyramide/, et 

qui est enchâssé au haut de la poignée d'or ouvré de la canne 

de Jean VI 5 on l'estime 872,000 fr. 

La Montagne de splendeur, gros diamant de Perse| 

estimé 762,000 fr» 

Le Nassuck, diamant appartenant à la Compagnie des 
Indes orientales; il pèse 89 karats i/4 9 et est estimé 

la somme de 750,000 fr*. 

Le PiGGOTT, diamant apporté en Angleterre; il pèse 
47 karats 1/2 ; il fut mis en loterie en 1 80 1 pour la somme 

de . • . • • 750,000 ff* 

LeSANCT, qui faisait partie naguère des diamans de la 
Couronne de France et qui, depuis i832 , est possédé 
par la famille Demidoff de Russie ; il pèse 53 karats ip et 

a coûté . ... « 625,000 fi** 

Etc. y etc. , etc. 



( 103 ) 

Nous ajouterons que les joarnaux de février 1807 ont an- 
noncé quUl y aura à Londres , le troisième dimaniche (16) 
du mois de juillet suivant , une vente publique de diamans 
rares et précieux. Huit de ces diamans font partie du butin 
conquis dans le Décan par les armées confédérées sous les 
ordres du marquis de Hastings. Le plus précieux est le nas- 
suck ( mentionné ci-dessus ) ; il est de la plus belle eau et 
pèse 357 gmins et demi. 

Ou rendra en même temps les bijoux connus sotis le nom 
d^Ârcot, qui ont appartenu à la reine Charlotte , et au nom- 
bre desquels se trouve le diamant rose du sultan Svlim^ du 
poids de 63 grains ; 

Le diamant spbérîque de 63 grains et demi qui ornait la 
croix de Tordre du Saint-Esprit de Louis XVI; 

Un autre diamant de 108 grains , autrefois propriété de 
Joseph Bonaparte ; 

Les pandeloques en brillans de Marie- Antoinette | pesant 
] 00 grains et demi ; 

Un saphir de jS karats et demi \ 

Des boucles d^oreiiles en émeraudes, de jS karats et 
quart. 

Des boucles d^oreilles en brillans ^ de 223 grains et demi \ 

Un brillant de forme ronde ^ de 1 25 grains et demi \ 

Un poignard turc, enrichi de diamans et de pierres 
précieuses. 

Etc. 9 etc. 9 etc. 9 etc. 

On trouvera peut-être que nous nous sommes un pen 
étendus dans cette note relative aux diamans. Nous avons 
vottlu prouver que les modernes attachent autant de prix 
que les Anciens à ces somptueuses superfluités. 

r 

(H) p* 62. Sénèque ^ dans le chupitre xi de la Consolation 
à HehiCf se sert de l'expression Saturatam midto oonchylio 
piuTwraite. Entendrait'il par là la double pourpre? Il est 
certain que Pline ^ //V. ix ^ chap* 4> 9 ^^t qu^on faisait re- 



(104) 

teindre en couleur pourpre de Tyr , les laines déjà teinte» en 
écarlate , pour leur donner une belle couleur qu-il nemmflr 
hysginum^ mot sur lequel les savans ne sont pas d^ccord. 
Turnebe a rassemblé leurs opinions , dans ^e& Adversarùif 
]ib. zzx , c. 20 \ ce qu^il dît pour les concilier est raisonnable^ 
Vîtruve af&rme positivement que Ton imite la pourpre en 
mêlant la garance qui est rouge , avec le hysginum^ or comme 
on sait que la pourpre ou le violet est le résultat du mélange! 
du rouge et du bleu , il faut en conclure que le hysginuin est 
le bleu y ou du moins forme une belle couleur violette. 

(1) p, 62. Selon Pline, les pocfrpreS ( petite testacées qui^ 
comme l^uitre, Habitent un coquillage uuivalve ) vivent or-* 
dinairement sept aiis. Ainsi que le murex , elles restent ca- 
chées trente jours vers le lever de la canicule. Elles s^a^ 
éemblent au printemps , et se froitaiit les unes contre les 
autres f elles jettent une espèce de cire gluante. Le murex eA 
fait autant \ mais cette fleur de pourpre si recherchée pour la 
teinture, se trouve au milieu du gosier : c^ést uiie petite 
goutte de liqueur , contenue dans une veine blanche et dont la 
couleur est celle d'une rose foncée. Le reste du coirps est inu- 
tile. On tâche de prendre les pourpres vivantes , parce qu'elle» 
jetteùt cette liqueur en mourant. On l'extrait des plus 
grandes , après les avoir arrachées de leur coquille. Les plus 
]>etites sont écrasées vivantes avec la coquille même. 39 ( Voy. 
Pline , ix , ch. 60 , 36 , etc. ) 

(K) p* jOé On a vu aussi dans les temps modernes 
quelques personnes opulentes avoir cette manie de ne porter 
jamais deux fois le même habillement; mais ces cas sont 
assez rares 9 car outre qu'ils supposent dans ceux qui agissent 
ainsi une fortune immense , il y a là quelque chose d'une 
Vanité plus que ridicule. Voici les faits que nous avons re- 
cueillis à cet égard. 

Elisabeth de France, flUe de Henri II, née en 1 545, femme 
dé Philippe II ) roi d'Espagne, morte en i56d, ne porta 



( loi ) 

jamais cleox fots la même robe; toua lea jônta elle en avait 

une nouvelle. Brantôme raconte qu'il tenait cela dn taîUeaf 

même de. cette princesse. 

. Le Bom^gnignon Chassenenx lions ap|>rend ( dans soli Ça* 

iùlogus giùtiae mundi, part, xii, consid. 96) qu'il a vu 

& Milan une femme qui avait trois cent soixante-cinq IkabiU 

lemens , et qui en changeait tous les jours. Sans doute que 

dans les années bissextiles elle en faisait faire un de plus. 

L^impératrice de Russie , Ëlisabetb Pétrowua II, née en 

1711 ) fille, de Pierre-le-Grànd et de Catherine, fut une 

)>rince8se singulière dans ses goùts) elle possédait une garde^ 

jrobe telle qu'on n'en a jamais vu : elle la laissa garnie de 

bait mille sept cents bàbits complets, de déshabillés in* 

nombrables, et d'une grande quantité d'étoffes en pièces. Elle 

eût pu changer plus de vingt fois de robe par jour sans ja^ 

mais porter la même pendant un an.— «Cette princesse était 

tourmentée d^une erainte extraordinaire de la mort , et ses 

médecins ne s'en trompaient pas plus mal. Dans les der* 

nières années de sa vie , elle payait chaque saignée sept 

mille cinq cents roubles, dont chacun de ses médecins or<^ 

dinaires recevait deux mille et le chirurgien quinae cents* 

Stant à l'extrémité , elle promettait à chacun de ces mes<*- 

sieurs vingt-cinq mille roubles, s'ils pouvaient lui sauver la 

vie; mais l'inflexible Atropos ne ratifia pas le marché, car 

Elisabeth mourut le 5 janvier 1762^4 di ans, après en 

avoir régné neuf. 
■ # , 

(L) p. 74. Chez les modernes , un petit chien de dame 
a aussi été payé assez cher. Le fait est singulier et peut 
trouver place ici, quoiqu'il soit très-connu. 

Lotfise-Marie de Gonzague , fille du duc de Nevers et de 
Mantoue, naquit en 1612. Ayant perdu dès le bas âge Ca*> 
therine de Lorraine sa mère , elle fut confiée à M^^ de 
Longueville sa tante , qui prit soin de son éducation , et 
qui par la suite la produisit à la Cour* Cette jeune fer^ 



( 106 ) 

sonne était fort belle. Un jour, c^étaît en 1644 y ^ prome- 
nant à Parts sur les boulevards , elle aperçut un charmant 
petit chien que possédait un Italien, nommé Promontorio, 
qui Élisait métier de vendre toutes sortes dé ckoses, et, 
entres autres, des petits cbiens de Bologne. Elle demande 
le prix du petit animal quVlle désirait : « Cinquante pis- 
tôles ( 5oo fr. ) , Madame , répond Tltalien , mais j^y mets 
la condition qtiie vous ne me le paierez que quand vous se** 
rez reine, xt Marie de Gonzague rit de la proposition , l'ac- 
cepte et compte bien n'avoir jamais à débourser un sou 
pour cette acquisition ; car , certes , Tidée d'un tr6ne ne lui 
était jamais venue, pas plus qu'à tant d'autres dames de la 
Cour.— Cependant, dix-huit mois après, la même Marie 
de Gonzague éti demandée en mariage par Uladislas YII, 
roi de Pologne ; l'affaire est promptement conclue ( en 
1 646 } ^ et la tbilà reine de Pologne. Notre Italien , qu'un 
hasard inconcevable avait fait devin , ncr tarda pas à se pré- 
senter à la nouvelle reine, et réclama le prix du petit 
chien, puisque la condition du paiement était accçmplie. Rien 
de plus juste, dit la reine, et elle s'empressa de fiiire 
compter à Promontorio les cinquante pistoles, le regardant 
comme une espèce de prophète ; du moins ce n'était pas un 
prophète de malheur. —-Après la mort d'Uladislas , en 
1649, Marte épousa Jean Casimir , son beau>frère, qui fut 
aussi roi de Pologne; elle en eut deux fils, et mourut lé 
10 mai 1677. 

Un chien de Terre-Neuve a été payé 800 fr. par M. de 
Momày , et revendu à un moindre prix, en i836 , à Fon- 
taine-Française ( Côte -d'Or ) . 

(M)/7. 74* On connaît aussi chez les modernes certains 
chevaux qui ont été portés à des prix très- élevés : 

En novembre 1828, les feuilles publiques ont annoncé 
qu'un cheval de course anglais, le Colonel , a été acheté par 
le Roi d'Angleterre , moyennant la somme de quatre mille 
guinées ( io5,ooo fr. ) 



t 107 ) 

En fëTrler i833 , on a sa par la même roîe , qu'on antre 
cheral de course ^ le prince Elewelyn ^ a été vendu 75,000 f. 

Bn mars i836, un cheyal de selle , le Temr, a été adjugé 
ckes M. de Mornay , à Fontaine-Française ( Côte-d'Or ) , 
pour la somme de 18,000 fr. ; il en avait coûté ^ dît- on 9 
19,000. 

En novembre i836, lord Cbesterfield a, dit-on , vendu le 
célèbre cheval Priam, à M.Tattersall , poiir la somme de 
trois mille trois cents gninées , ( 91 ,875 fr. ). 

Ces faits suffisent pour prouver qu^en fait de prodigalité 
de l*or pour satisfaire certains goûts 1 les modernes ne le 
cèdent en rien aux Anciens. 

(N)/7.83.Ce nombre ne doit pas étonner; beaucoup de 
particuliers à Rome nourrissaient de dix à vingt mille es- 
davesy seulement pour ie faste et sans en tirer aucune utilité.^ 
Mais ie prix des esclaves instruits que Pon nommait anagnos' 
tae et de ceux qui étaient versés dans les arts , s'élevait trè»- 
bant : il allait de t8 à 20,000 fr. Pline , /rv. xi , ch. 89 ^ 
raconte à ce sujet des folies inconcevables. Le grammairieik 
Daphnvs fut payé àGnatius de Pisaure ^ par Scaurus, prince 
du Sénat, la somme de sept cent mille sesterces (1 57,606 f.). 
Séjan acheta de Lutorius Priscus, Teunuque Pezonte, le plus 
bel homme de son temps , moyennant cinquante millions 
de sesterces ( 1 1 ,25o,oco fr. }. Un esclave de Néron , devenu 
payeur de Parmée dans la guerre d'Arménie pour Tiridate , 
paya son affranchissement treize millions de sesterces 
(2,9!&5,ooo)* Mais en général un bouffon se vendait 3 à 
4ooo fr., et un esclave vigneron ne coûtait guère que 1600 
francs ; il suffisait pour cultiver sept jugères de vignes. (Le 
jngère râlait 66^ toises carrées ou 25 ares cariées. ) 

Tout cela est très-bien pour ces temps anciens où le genre 
humain était divisé légalement en hommes libres et en es* 
ekires y et où iine dame romaine , à qui Ton reprochait de 
£ure torturer ses esclaves , avait Pinsolence de dire : Est-ce 
qu^un esclave est un homme? Mais Theureuse influence du 



.( 108 ) 

cliristianisme ayant fait silpprimer. Tesclavage depuis Iriefi 
des siècles , et tons les efforts des nations policées actuelles 
tendant à éteindre la réhabilitation de cet affreux usage, 
que l'ayidi té du commerce exerçait dans les Ilea depuis la 
découverte de TAmérique, n'est-il pas surprenant qu'en 
Fan de grâce 1 836 , on trouve dans un journal des Colonies 
l'affiche suivante que nous rendons textuellement? 

« An nom du Roi, de la Loi et de la JUSTICE , on &ii 
« savoir que Dimanche 29 mai, heure de midi, sur la place 
a du marché du bourg 4® la Trinité , il sera vendu ijfux en-^ 
ce chères publiques : 1^ un nègre nommé Elie, âgé de 34 ans \ 
a 2** une jument sous poil blancy hors d'âge^ 3^ une négresse 
tt nommée Gertrude , âgée de 1 7 ans ! 3» En vérité notre 
siècle offre à ^observateur un spectacle bien singulier, bien 
hïzatre , â minimes nd majora. 

(0) p. 87. Si l'on compare quelques-unes de ces for-^ 
tunes particulières des Romains avec certaines fortunes 
{particulières modernes , surtout en Angleterre , on trou* 
Vera encore quelques rapprochemens assez curieux. Pline , 
parlant des biens immenses que possédaient quelques-unc 
de ses compatriotes , a dit qu'une moitié de l'Afrique était: 
divisée entre six propriétaires \ un écrivain moderne , par*- 
lant de la concentration des terres en Angleterre , a dit 
que toutes celles qui sont situées, enjt^re Londres et Flj- 
mouth (environ vingt lieues carrées), sont partagées entre 
trois seigneurs. En général , depuis le règne du terrible ré- 
formateur Henri YIII, des fortunes colossales se sont éle- 
vées à Londres. Entrons dans quelques détails. 

En 1817, un seul bien rural anglais a été vendu ]m 
^omme de . ^ ••..... ^ •...• • 4^,000,000 fr 

Dans la même année, le duc de Northumberland , paL 
d^ Angleterre , mort; au mois de juillet | âgé de j5 ans, 4 
laissé à son fils aîné un revenu de quatre-vingt mille livre 
«terh ( plus de 1,920,000 fr. ) , et à chacun de ses antr^ 
iMifaas un capital de cent mille livres s terlings (près d 



(109) 

n,5oO)Ooo fr.)« On estimait son terenn total 3,600^000 f. ' . 

On a prétendu qne lé - revenu annuel des propriétés dn 
due de Devonshire en Angleterre , non compris celles d'Ir-* 
lande, s'élevait , à Noël de 1816 , à la somme de cent qùa-o 
rante mille liv. 8terl. ..•«..».•»•. 5,360yOOO fr« 

On a annoncé, en 1814 y ^<^® 1^ jeune duc de Buc« 
clengb, alors âgé de 18 ans, outre le duché de ce nom qui 
lui arrivait par succession , venait encore d^hérlter du du* 
ché de Queensberry et du comté de Doneaster, ce qui lui 
faisait un revenu foncier de deux cent mille liv. sterl, 
( près de 5,ooo,ooo fir. 

Les journaux du mois de mai 1^828 ont publié que fé^ 
le duc de Bridgewater a laissé, à Ses kéHtiers des propriétés 
dont le revenu foncier montait à ....:. 2,800)000^1*. 

On a lu dans les journaux de i833, que le. comte de 
Fitz- Williams allait partager ses immenses propriété»' entre 
ses deux fils , chose inusitée en Angleterre ç que l*atné au- 
rait les terres situées eu Angleterre, donnant un revenu'de 
soixante et dix mille liv. sterl. ( 1,750,000 fr. ), et <j(ue 
le second se contenterait des terres Âtuées en Irlande ^ 
dont le revenu est seulement de trente mille livres aterl, 
(environ 720,000 fr. )• ' . ) 



' Les NortbumberlançL sont de la maison de Percy. An cominen-' 
cernent de la révolution ^ vers 17929 un Français, M. Tabbë de Percy, 
fut obligé de quitter la Noftnaiidie et de s*enfuir en Angleterre. Dé- 
barqué à Londres , il perdit par nn vol le peu d'argent qa*il possédait. 
Ses compagnons d'infortune, lui rappelant qu'il était parent de la 
fan^ille anglaise des Percy , l'engagèrent k s'adresser au duc de IVor- 
tliumberland y chef de cette famille, pour lui demander quelques se- 
coure. L'abbé écrivit au duc. Celui-ci répondit sur-le-champ, et dé* 
manda un délai de quelques' jours pour prendre des informations; il 
s'adressa à cet effet à lord Harcourt , ctiez lequel demeurait alors la 
duc d'Harcourt. Dès qu'il fut assuré que l'abbé était réellement d^ 
|a famille des Percy , il lui envoya une boite en qr avec mille livres 
sterl. (a5,ooo fr. ) en billets de banque ; et lui annonça que sa maison 
Ini serait ouverte tous les joiu-s. 




( 110 ) 

En octobre i833, les même» journatix rapptKriaîent que 
le testament du dac.de Sutherland, marqiij( da Stafford^ 
ayant été déposé à la Cour des prérogatives , la Taleur des 
biens-meubles a été déclarée an-d^-ssns d'on million sterl* f 
ce qui est le maximum pour lequel se perçoivent lès droits 
de mutation ; la loi n^ayant pas prévu qu^un particulier pût 
4tre plus riche que cela , tout ce qu^il laisse au-delà est 
franc de droit. 

Enfin, au mois de novembre , même année i833|. nous 
levons p^isé à; la même source ( les journaux ) , une liste 
des principaux propriétaires territoriaux d'outre-Mancbei 
avec Tévaluation suivante de leur revenu ^ selon eux , 

Le duc de Rutland a de rqjite 2,520|Ooo fr« 

lie duc de Bedford. • . a,4<>^9000 fr« 

Le marquis df Bu.ckingham 2^a56,ooo fr. 

Leduc de. ]!lor£>lk . ^ . . < 2|i 12,060 fr* 

Le duc de Murlborough ••••.. ^. • . 2,040,000 fr. 

Le marquis d^Hertlord .••....••# 1,800,000 fr. 
: fje courte de Grosvenor • . . ^ 1,680,000 Ir. 

Le cointe de Lonsdsle. • ' . • 1 ,.680,000 fr. 

. Le marquis de Lansdown i,44o,boofr. 

Le duc de Portland t,344)OOofr. 

Le marquis de Siglo 1,128,000 fr. 

Etc. , etc. , etc. , etc. 

Si de ces nobles puissances nous descendons à de simples 
particuliers, nous trouverons que U fortune n^accorde pas 
toutes ses faveurs à la seule classe privilégiée. 

Uïi célèbre joaillier de Londres, M. Rundell , mort en 
1 827 , a laiss^ une fortune qui s^éloigne peu de deux millions 
de liv. sterl. ( près de 5o,ooo,ooo fr. ) , dont 3o,ooo,ooo 
pour la seule partie mobilière. LWregistrement de son tes- 
tament au bureau , doctor's commons , a coàté pour droits 
de timbre i5,ooo liv. sterl. ( 375,000 fr. ) 

Un fabricant de cirage pour les bottes , M. Day , mort à 
Londres en i836, et qui n^a jamais fait d'autre état , a lais- 
sé à ses héritiers plus de 1 1 ,000,000 fr. 



( ï" ; 

Dam mn ouvrage de M. James Liickock| qui a paru en 
]836| on trouve une appréciation de la riçhesae immobi- 
lière des habitans de Birmingham , Tune des Tilles les plus 
industrielles de TAiigleterre ^ et qui compte iSo^ooo luibi- 
tans. Voici comment la richesse y est repartie. : 

Un habitant possède. • ^ 4^0,000 liy. st. ( i0|OOO|0O0f.) 
Deux habitans . • • • • 3oo,ooo liv* st. ( 7,5oO)OOofr.s 
Tioia habitans • • . • 200,000 Ht. st. ( $,000^000 ir.) 
Quatre habitans . . • . i5o^oo Ut. st» ( 3,75o|OoQ fr.) 

Cinq habitans J00|000 Ut* st. ( a^ioo^ooo fr.) 

Six. habitans , etc. 

Mous ne prolongerons pas ce tableau qui deaicebd jusqu^aû 
taux, minime de i5 Iît. st. ( 36ofr. ) |. possédé .par 5ooo 
habitans ; nous dirons seulement qu'il y a en tout, aa^çoS 
habitMiS) c'est-à»dire chels de famille ayant propriété im-' 
mobilière , et 5o^ooo ayant propriété mobilière. 

Ne quittons pas lés bords de la Tamise sans parler d'une 
célébra iamille qui, par sa haute, réputation financière^ 
•emblerait descendre en ligne directe du premier banquier 
de la Cour du grand Boi Salomoni si toutefois le Iloi:Sa- 
lomoA avait des banquiers , chose plua que douteuse d*a* 
près le silence de la Bible.; n'importe. No a s ne citerons ici 
qae le troisième des cinq frères de cette opulente famille f 
M« Nathan Bothschild , chef de la maison de.JU^ndjres j mort 
aecidentellement à Francfort, le 28 juillet i836y et qui a 
laissé une fortune estimée. .•.•••• 107,000,000 fr. 
Par son testament, il a légué 1^ à sa yeuTe une rente 
dedQyOooliy. st. ( 5oo,ooo f. ), plus son b^W de Piçc^dilly, 
|a^il UTait acheté»de la princesse Amélie , plus tous, les meur 
lies , yaisselle plate , bijoux , etc. •?-« 9^ A chacune de 9e$ 
Het 124,000 liv. st. ( 3,ia5,ooo f. }. _ 3<» A chacun des 
"èrea de sa femme 1 ,000 liv. st. ( 25,ooo f. }• •— 4^ A cha- 
îne jdes sœurs de sa femme Jloo 1. st. ( i^,5oof. ). -^ 5^ A 
l. Benjam. Cohen , l'un des exécuteurs testamentaires , 
),ooo lir. st. (^a5o,ooo fr. }. Après le prélèvement de ces 



( H2 ) 

legs ^ des dons de diarîté , etc. , «a fortune doit être par« 
tagée également entre ses quatre fils. 

On prétend qne la ftmille Rothschild pent réaliser dans 
son sein pins de 5oo,ooO|OOo fir* Ne' soyons donc pas sur- 
pris de la puissance financière qn^elle a exetcée en Europe; 
et convenons y d'après les immenseaf opérations àé MM. 
RotscKild ayêc les divers gôuvernemens, que ce n'est pohik 
à tort qu'on leur a appliqué la qualification de' Ban^iera 
des Rois et deiftois des Banquiers. 

11 existe encore des fortunes colossales dans beantonp 
d'autres parties de l'Europe , telles qu'en Espagne (oà M, 
le duc de Medina-^Cbli jouit d'un revenu de 9^875,066 f^), 
en Italie, en Autriche, en Hongrie, etc.f etc. j maïs ces 
détails nons entraîneraient beaucoup trop loin.' ' ' * * 

On est peut-être surprift qu'ayant fait si large pari aux 
grandes fortunes d'Angleterre, nous n'ayons rien dit de 
celles de Prjince. La raison en est que la situation àeê doux 
pays , sons le point de vue qui nous pccup^ , est Jbut^^fidl 
différente. En Angleterre, le sphisme de Henri Vnr et la 
suppression de tant de riches établissemens religieux que ce 
prince prononça , furent le principe de la plupart de cet 
grandes fortunes dues à son adroite politique , et qui dès^ 
lors ne firent que croître» et se consolider. Elles subsistent 
et subsisteront encore long-temps. Eu France , c'est autre 
chose t h, révolution de 1789 promenant le niveau de l'éga*' 
)ité sur les sommités en tous genres, les abattit et préci*' 
pita dans le gouffre toutes les fortunes colossales et bien 
d'autres. Si quelques-unes , depuis le fort de. la tempêté qui 
s'est apaisée , mais qui parfois gronde encore , se sont rele* 
vées ou élevées V nous pensons qu'ils est à propos d'attendre 
que les flots soient entièrement calmés, pour en parler...* 

Nous ajournons D^aiileurs nous ne connaissons qu'uns 

fortune dont le revenu excède plusieurs millions , et deux 
ou trois autres dont le revenu va de un à deux milliom 
fitt plus. 



(lis; 



ADDITION. 

A la page toi , après la onzième ligne qui terminç la no- 
menclatnre des diamans de la Couronne, le passage suivant , 
relatif au vol du garde-meuble , ayant été omis à l'impres- 
sion y nous le rétablissons ici : 

Dans la nuit du i5 au 16 septembre 1792, des bri- 
gands armés ) au nombre de quarante , s'introduisirent 
par escalade dans le garde-meuble et enlevèrent les 
diamans de la Couronne. Deux de ces misérables, nom- 
més Douligny et Chambon , furent arrêtés au moment 
oii , découverts , ils se précipitaient de la galerie sur la 
place , et on a trouvé beaucoup de diamans dans leurs 
poches ; mais le reste de ces bijoux précieux fut empor^ 
té par ceux de ces brigands <iui avaient fui les pre- 
miers , et qui , se sauvant avec précipitation , en per- 
dirent plusieurs en chemin ^ car ji huit heures du ma- 
tin , une superbe émeraudç fut ramassée au milieu de 
la rue Saint-Florentin par un domestique qui la reporta 
au garde-meuble. Ce n'est que le 9 décembre suivant 
que le diamant le Régent fut retrouvé caché dans une 
pièce de charpente où Ton avait pratiqué un trou d'un 
pouce et demi de diamètre. Malheureusement ce ter- 
rible désastre n^a pas été entièrement réparé. 

Marat y annonçant alors dans son journal le vol fait 
au garde-meuble , dit qu'il y eut pour vingt-cinq mil- 
lions de diamans de dérobés, puis six millions remis à 
Roland , ministre de Pintérieur. 

Quant aux deux brigands arrêtés, DouUgny et Cham-« 
bon y on instruisit leur procès , çt ils furent condamnés 



( lU ) 

à mort le 26 septembre 1792 , après 24 heures de séance, 
par la seconde section du tribunal criminel de Paris , 
mais il y eut sursis ; par la suite ils obtinrent tacitement 
leur élargissement ; ils changèrent de nom , et Ton n^en- 
tendit plus parler d^eux. 

Napoléon , étant consul , fit orner la poignée de son 
épée du superbe Régent et de quelques autres diamans 
qu'on eut le bonheur de retrouver. 



NECROLOGIE. 



NOTICE 



SUR M. PONCET , 



PROFESSEUR DE DROIT À LA FACULTÉ DE DUON. 



La ville de Dijon et rAcadémie ont perdu en M. 
Poncet un homme digne de nos regrets , un homme qui 
a fait honneur aux lettres et à la jurisprudence , un de 
ces hommes chers à Tamitié , et en qui le public recon- 
naît d'abord la vertu réunie au savoir et au mérhe. 

M. Bénigne Poncet naquit , le 20 octobre 1766 , de 

parens dont la mémoire est encore honorée dans une 

campagne , où ils s'étaient retirés et où ils sont 

morts '. Il eut pour oncle maternel M. Lemoine, curé 

de Notre-Dame de Dijon , homme de piété et d^onction^ 

déporté en 1792, et mprt à Presbourg en Hongrie^ 

^n i8i3, victime de son zèle qui lui avait fait braver la 

ontagion pour porter les secours spirituels aux pri- 

mniers de guerre français , qui se trouvaient en grand 

^mbre dans cette ville. M. Poncet consacra, depuis, 

cet oncle , une inscription tumulaire d^un style an- 

(ue, que Ton lit sur une table de cuivre , dans Téglîse 

A Jtncîgny ^ canton de Mirebeau. 



(116) 

que ce digne pasteur avait longtemps administrée et 
édifiée par ses vertus. 

D. 0. M. 

». — 

BENIG. LEMOINE, DIVIOW. 

HUJUS ECCLESI^ PASTOR ET EXEMPLUM , 

PAtJPERtJM PATER f 

l^ORIENTIUM EXIMIUS CONSOLATOR , 

PUBLIGIS DEJEGTUS PROCELLIS > 

MtJLTA PRO FIDE, PRO REGE PASSUS ] 

CAPTIYIS NOSTRATIBUS UîSERVlEirS , 

LUE QUA NEGABANTUR CORREPTUS , 

POSONU OCCUBUIT 

VIE 3o NOVEMBRIS — • AUNO 51 l8l3. 

JETATIS SUJE 77* 

OFTIMI SAGERDOTIS CIKERES ÂbSUHT, 
MEMORIA VIGET. 

HOCCE PIETATIS MOirUMElfTUM 
aVuISCULO DILEGTISSIMO 
. BEKIG. ET STEPHAJEÎ. PONGET, DlVlONENSES , 

P. 

Ce fut SOUS les auspices de ses parens, et principalement 
4e cet oncle vénérable , que M. Poucet commença ses 
premières études. Il puisa de bonne heure à cette source 
ces principes solides d'honneur , cette religion éclairée, 
cette piété douce et indulgente , et tous ces senttmens 
honnêtes que nous avons aimés en lui , et qui gerjonèrènt 
sans peine dans une ame aussi bien disposée par la na- 
ture. 

M. Poucet , après avoir terminé , d'une manière 
brillante , le cours de ses humamtés et de sçs études 



( 117 ) 
juridiques au Collège et à la Faculté de Dijon , fut reçu 
avocat au pariement de Bourgogne, le ao décembre 
1785* Quelques années après, en 1791 et i79a/ir oc-' 
cupait remploi de chef de division dans les bureaux du 
district de Beaune. Un nouvel et vaste théâtre, s'ouvrait 
alors à l'ambition de la jeunessefrançaise. Le jeune bar- 
reau surtout s^élançait et s'égarait dans les voies d'une 
réforme politique devenue nécessaire, ïiiais impru- 
demment conduite dès l'origine aux lueurs décevantes , 
aux théories périlleuses d'une philosophie .toute spécu- 
lative. Bientôt Fédifioe , dont il fallait réparer ou re- 
nouveler peu à peu les vieux étais, s'écroulant avec 
fracas sous les coups précipités des novateurs, chacun 
se trouva engagé par ses passions , par ses talens , par 
les chances de la fortuné , loin de la carrière que son 
éducation première lui avait tracée. Les événemens 
graves qui s^accumulaient et la nécessité des temps 
ayant imposé à M. Poncet d'autres devoirs que les 
joutes du barreau et de l'école ou les travaux paisibles 
de l'administration , il satisfit à la loi-, et prit les armes. 
En quittant ses. foyers , il fut nommé Ueutenant , par le 
tshoix de ses camarades , dans un bataillon de grenaldiers 
de la Cdte-d'Or -, il prit part à la belle défense de 
Yal^iciennes en 1793; fut blessé grièvement, étant de 
«ervice dans les ouvrages avancés. La place rendue, et 
'le bataillon ayant reçu Tordre de départ pour Lyœi , 
puis de là pour la Savoie, M. Poncet suivit son corps 
dans ces différens pays. En Savoie, il fut promu au 
grade de capitaine. 

. â. Poncet , homme de méditation et de studieux la- 
beurs , ne parut pour ainsi diredans les camps que pour 
montrer qu'un esprit dlionneur , une chaleur patriotiquci 
dignes d'un Français et dignes de son jeune âge , respi** 



(118) 

raient en lui, comme cessentimens vivaient à vrai dire 
dans les cœurs de toute cette jeunesse dont il partagea 
le généreux élan. Peu après sa promotion à ce nouveau 
grade militaire , il fut appelé k d'autres fonctions^ou il 
devait acquérir une réputation plus belle , plus durable , 
dans une carrière plus ^conforme à ses premières études 
et à ses talens. 

Toute ^activité de la nation , détournée des profes- 
sions littéraires et civiles , s'était reportée vers la poli- 
tique et vers la guerre. Cependant, un peu de calme 
dans ^intérieur ayant accédé aux orages de la révo- 
lution, ^on s^occupa de la réorganisation des études 
presque abandonnées. Après avoir payé sa dette de 
soldat, M. Poucet fin requis , selon Pexpression du 
temps, pour Tinstniction publique. Nommé, le ao dé- 
cembre 1795 , par le directoire du département de la 
Côte-d'Or , professeur de législation à Fécole centrale 
de Dijon , qui venait d'être^ instituée ,' il quitta Tarmée et 
la Savoie , et vint prendre possession de sa chaire dans 
les premiers mois de Tannée suivante. 

Ce fut alors que commença la carrière honoraUe que 
M. Poucet a parcourue parmi nous. Mais qu'étaient ces 
chaires de législation , créées au milieu du •renouvel'^ 
lement ou plutôt du bouleversement social? Tout se res- 
sentait alors du génie de la révolution. Des cours 
informes et incohérens dé droit public ou privé , sans 
unité de doctrine , abandonnés à Tesprit novateur ou 
servilement philosophique du professeur , parsemés de 
maximes puisées dans le Contrat social ou dans les au- 
tres écrits des publicistes du dix -huitième siècle, 
Science équivoque et mal digérée y où les paradoxes du 
temps se trouvaient mêlés à quelques débris de la juris- 
prudence antique , et qui du reste fournissait peu de 



( 119 ) 

notions applicables à la vie civile , aux nobles professions 
du barreau et de la magistrature. 

M. f oncet ressuscita à Dijon Tétude du droit ; il fut 
un des premiers en France qui rendirent k cette étude 
sa gravité , et la dégagèrent du feux esprit qui Pinfeo- 
taîL M. Poucet rédigea un cours oii il passa en revue 
tout Tancien droit civil , romain et français , mis en re- 
gard avec les nouvelles lois ; il signala avee soin les 
modifications qu^uu nouvel ordre decboses avait néces- 
sitées dans la législation , et suivit pied à pied toutes les 
vicissitudes de cette science. Ce travail quUl termina 
en quelques années, digne d'un bomme mûri dans 
récole y remarquable surtout alors par la solidité de la 
doctrine , par la lucidité de Texposition et retendue des 
connaissances qu'il supposait , conquit Festime des 
himimes éclairés pour un jeune professeur qui avait été 
enlevé à ses premières occupations par les chances d'une 
vie si diverse et déjà si agitée. Mais M. Poucet avait 
été doué par la nature d'un esprit réfléchi , constant , 
d^une grande puissance d'attention ; il joignait à ces 
dons une sagacité et une pénétration qui lui rendaient 
le trafvail fecile , et que l'on eût pu encore apprécier 
dans lés matières de pure littérature où son goût naturel 
lé portait, et qu'il n'avait point négligées au milieu do 
ses importans devoirs. 

Le cours de M. Poncet fut la pépinière des adeptes 
de la magistrature et du barreau dijonnais ; et ses leçons 
manuscrites , recueillies , transmises de main en main 
par les étudians , et conservées encore avec honneur 
sur les tablettes des jurisconsultes, furent le premier 
tmvrage de droit , et le plus complet peut-être qui ait 
paru sur cette science avant les doctes commentaires 
qu'a enfantés le nouveau code civil. 



( 15^0) 

Ce n'est donc point &ire un patiégyriqne , e^est se 
renfermer dans l'exacte vérité, de. dire. que M. Poncet 
iiit à Dijon le rénovateur de la jurisprudence , qqe lui 
seul parmi nous a rempli la lacune entre la ruine dés 
anciennes études juridiques et la fondation des nouvelles 
écoles , qu'il a renoué la chaîne de cette gp:^ve science 
dans une ville qui devait aux institutions judiciaires et 
aux lumières du barreau son impcurtance et une grande 
partie de son illustration. De même , il a formé par ses 
leçons la magistrature qui a occupé en dernier lieu nos 
tribunaux et nos parquets. L'on peut juger Picore du 
maître par les élèves \ et la révolution de i83o , qui 
a frappé plusieurs d'entre eux , a pu nous apprendre 
quel vide le silence .de leurs voix et Finterruption dc^ 
leurs conseils a laissé dans le forum dijonnais. 

M. Poncet occupa la chaire publique de législation 
jusqu'au 24 octobre i8o3. Après la suppression de cette 
diaire , il continua ses cours gratuitement. Professeur 
libre jusqu^en 1806 , il exerça , pendant deux ans , cet 
institut domestique si cher aux Papiniens , et dont 
s'honorèrent^ ces grands jurisconsultes de Tancienne 
Borne. 

Enfin le renouvellement des Facultés de droit rappela 
M. Poncet dans l'instruction publique. Nopmé l^vj 
janvier 1806 , par décret impérial , professeur de légis" 
lation criminelle et de procédure cii^ile et criadnelle à 
l'école de droit de Dijon , il a rempli ces fonctions sans 
interruption jusqu'au 2,3 avril i833, jour où il a été ad- 
mis à la retraite avec le titre de professeur honoraire à 
la Faculté. 

Il semblait que l'enseignement de Taride procédure 
fut peu digne de l'habile professeur qui , si longtemps ^ 
avait dicté des leçons de droit civil, seul, sans rival, 



( lîl ) 

àaeOiS ime ville savante , avec taat de distinction. 
M* Pdocet, avecla sagesse ordinaire de son esprit, ne 
dédaigna pas le triste labeur qui lui était imixisé, et il y 
Hmiva en efiet son plus solide titre de gloire. Il féoonda 
uitaol ingrat. Il soumit cette science positive et presque 
arbitraire anx grands principes du droit civil et de la 
raison, universelle. Il a développé sa méthode dans deux 
ouvrages Justement estimés ' • Et c'est là surtout cer 
qui jreoommandera sa mémoire à la postérité. Car ses 
autres services ont été rendus à sa ville natale. Les 
traités qu'il publia sur une partie stérile et jusque là 
négligée de la jurisprudence Tout placé au rang des 
maîtres dans la nouvelle école française. 

H. Ponoet est le premier qui ait rattaché la procès, 
dure aux principes fondamentaux du droit , et en ait 
fidt une science. Sa théorie àes Actions^ et surtout celle 
des Jugemens, sont certainement }es ouvrages les plus 
remarquables qu^on ait publiés sur ces matières dans les 
teidps modernes. Ceux qui les méditeront avec Tatten- 
tion qu'ils méritent, regretteront à jamais que k temps 
n'ait pas [)ermis à leur auteur d'achever Tédifice dont 
il avait si solidement établi les bases. M. Poncet peut 
être considéré comme le Damât de la procédure. Ce 
n*est pas seulement un juriste , c'est presque un législar 
teur. Il se montre, comoie l'ami de Oaguesseau, tout- 
, à^^fois'philosophe, -jurisconsulte. et chrétien. C'est la 
même hauteur de pensée, la même proibndeur de vues, 
et cette même raison éclairée par une étude approfondie 
de la religion et des vérités qu^elle enseigne. 

' Traités élémentaires de LégisUtion et 'de Procédure. 
—Traité des Actions; i vol. in-8**. Dijon, 1817. 

Traité des Jogemens ; a toI. in>8o. Dijon y Lagier , 1822. 



( IM ) 

M. Poucet, rendu à la vie privée, mais accablé d^in*- 
firmités, s'aperçnt bientâl que ses longs travaux l'a- 
vaient a&ibli avant Tàge. Ses jours avaient été {rieins ^ 
et il n'avait suspendu le cours de ses leçons <{uè lorsque 
ses forces n'y suffisaient plus. Il se consola par4a culture 
des lettres et de Tamitié , «t surtout paf la pratiqué des 
Tertus religieuses qui lui avait toujours- été chère»* Il se 
reposa ou plutôt languit environ deux ans , court inter- 
valle entre la vie et la mort, mais encore dignemodt 
rempli. Qui dira ce que Tame de cet excellent homme 
renfermait de bienveillance , de simplicité , ^ piété , 
autant que son esprit était doué de sagacité , de finesse , 
et orné de doctrine ? Ceux-là le savent qui ooft été admis 
éans sa femiliarité. Mais le seqret de tant de belles 
cpialités n'avait pu rester enfoui dans le sanctuaire do* 
mestique. M. Poncet avait acquis chez tous les âges et 
dans toutes les opinions cette estime universelle , cet 
attachement d'affection, qui en faisaient un modérateur, 
un conseiller, et , disons-le , un homme de téserve dans 
nos tristes discordes ; un de ces hommes que les partis 
désignent d'abord , lorsqu'enfin le besoin de la tecon- 
dliation civile se fait sentir ; un de ces hommes utiles 
et rares qui laissent de longs regfets, parce que c'est à 
eux qu'il est donné de dresser le pacte de pacification à 
la suite des dissections publiques '• Il s'entretenait 
souvent avec ses amis de sa fin prochaine , et s'y prépa* 
rait en philosophe chrétien. 

' M. Poncet, dans sa retraite, aux dernières élections 
municipales ( de 1 834 ) y venait d^être nommé membre da 
conseil de la commune de Dijon | par le concours des ci^ 
toyens de toutes opinions. 



C123) 

n est mort le 5 février i835 , à l'âge de 68 ans, entre 
ses amis et sa respectable épouse , leur dictant ei\core 
des pafoles de paix. Cette dette amère de Phumanité fut 
adoucie par la religion et par les soins d'une femme 
digne de lui. Les derniers mots qu^il prononça , consi- 
gnés dans son testament , déposent de tous les sentimens 
qui résidaient au fond de son ame. C'est la conscience 
de rhomme de bien qui s^duvre à la vue de Tétemité. 

M. Poncet avait été reçu à TAcadémie de Dijon , 
section des Lettres j le 22 juillet 1802. 

Fràntut. 



NOTICE 



SUR LÀ YIE ET LES OUTRAGES 



DE M. CL.-NIC, AMANTQN. 



Messieurs , 



Si des circonstances imprevnes^nt retardé de qudqnes 
mois l^expression de nos regrets sur la perte de notre 
digpie confrère M' G, N. Amanton , il est certain que ce 
retard n^a en rien altéré ni la vivacité ni la sincérité 
de ces regrets. Non-seulement ils ont retenti et reten- 
tissent encore dans cette enceinte, mais ils sont bien 
partagés par tous ceux qui ont connu cet estimable 
concitoyen, ce véritable homme de bien. En effet, 
Messieurs , quel est celui qui ne se rappelle cet heureux 
naturel , cette bonté , cette douceur , cette amabilité de 
caractère, qui a fait de M. Amanton, le. meilleur des 
époux, le meilleur des pères, le meilleur des amis; 
cette belle ame que n'a jamais effleurée ce penchant à la 
critique sardonique, ordinairement si commun dans 
les contrées où Tesprit abonde ; cet amour de son pays 
dont il a continuellement cherché à relever et à illus- 
trer les notabilités; ce dévouement sans bornes aux 
intérêts de l'Académie , dont 11 nous a donné tant de 
preuves pendant plus de vingt-cinq ans qu'il en a été 



( 125 y 

membre résidant ; enfin cet amour constant du travail, 
attesté par une ii^nité de productions, plus substan- 
délies à la vérité qu^étendues, mais qui, publiées de 
1783 à i835 inclusivement , donnent la mesure de la 
variété de ses connaissances en jurisprudence , en admi«« 
nistration, en littérature, en biographie et en histoire 
littéraire*. Ce n'est donc pas un vain tribut , Messieurs , 
que celui que vous m'avez chai^ de payer à la mé- 
moire de notre honorable confrère. Si le zèle de Tamitié 
suffisait pour répondre à votre confiance , j'aurais peut- 
être l'espoir de quelque réussite^ mais il y a d'auti^es 
conditions à remplir et pour lesquelles je sens toyite mon 
insuflisance ^ votre indulgence y suppléera. 

Claude-Nicolas Àmanton est né le ao janvier 1760^ 
d'une honorable famille , à YiUers-les-Pots , près 
d^Auxonne (Câte<rd'Or). Après avoir fait dans cette 
ville de bonnes études, sous un maître habile, il vint 
à Dijon suivre les cours de l'Université-, qui alors 
a^avait qu'une Faculté de droit ' . Il (ut reçu avocat aU 



' Depuis soixante ans seulement que cette Université 
était fondée dans la capitale de la Bourgogne, ce L^édit du 
«c Roi, portant établissement d^une Faculté des droits 
ce ( ciyil , canonique et français ) en la ville de Dijbn , est 
<c daté de Versailles , décembre 1722.^ Cet édit institue 
cinq professeurs , savoir : un pour les institut} du droit 
ctTÎ! , un pour le digeste ^ un pour le code et le's novelles ^ 
un pour le droit canonique , et un pour le droit français. 
Les cinq premiers professeurs nommés furent MM. Bret| 
avec le titre de doyen; Bânnelier, Delusseux, Fromageot, 
et Davot^ aux appointemens fixes de mille livres cbacuii. 
M. Provin, secréuire arckiviste et receveur ^ aux appoin* 
temens de quatre cents livres. 



( 126 ) 
Parlement le ai juillet 1783. Aimé et estimedes célèbres 
avocats de Dijon à cette époque , les Ranfer , les Morin, 
les Morisot , etc. , il débuta, sous leurs auspices, dans 
la carrière du barreau. Mais , aux études sérieuses du 
droit, se joignait déjà chez liii le goût des lettres. Dès 
1783 , il avait composé , en société avec M. Ligeret de 
Chazey , une petite pièce lyrique intitulée : V^pùAéo$e 
de Hameau; Dijon, 1783, tn-8''. Il parait que cette 
composition bourguignonne ne fot alors qu'une légère 
distraction à ses travaux judiciaires; car non<-seulanent 
il se familiarisa avec tous les détails qu'embrassaient les 
jformalités de la procédure, avec le texte des différentes 
coutumes , avec les savans commentaires des Bouhier, 
des Davoty des Bannelier , avec les ordonnances de nos 
rois; mais se rendant compte de ce qui se passait au bar- 
reau, il commença, en 1787, à insérer divers articles 
dé jurisprudence dans la Gazette des Tribunaux, pu- 
bliée alors par M. Mars ' . Il consigna dans le Journal 
de Bourgogne ^ , plusieurs lettres sur la proposilîoa 
d^un établissement pour Tinstruction et la défense gra- 
tuite des causes des pauvres dans la ville de Dijon et 
le ressort du Parlement , proposition pour laquelle il fot 
en société avec MM. les avocats Maurier , Dagallier, 
Legoux , Derepas et Présevot. 

Quand, en 179a, les troubles de la révolution com- 
mencèrent à éclater et à prendre de jour en jour un 
caractère plus sérieux , M. Amanton se retira à Auxonne. 

■ Yoyez le tome xzii, J787, p. 36 1 et suiv. ; tome xxy, 
1.788, p. 335 et çuiv. ^ tom. xxvii , 1789 , p. 179 et suit. 

* B»* des ^j février et 39 avril i788« 



( 127 ) , 
n éprouva d'abord quelques tracassieries ; mais la dou* 
oeur de son caractère^ la prudence de sa conduite 
firent qu'il en fut quitte pour quelques mois de surveil« 
lance. Pendant ces temps d'orage , il continua son état 
d'atocat et publia un mémoire curieux sur une ques* 
tioQ de séparation d'habitation , soumise à un tribunal 
de fiunille. Les affiiires du barreau devenant moins 
multipliées, il se livra , dans le silence du cabinet , à 
r^tude , et se perfectionna dans dijBTérentes parties dont 
il présumait que la connaissance le mettrait un jour plus 
à portée d^étre utile à ses concitoyens. C'est ainsi que 
peu de temps après , il consigna dans plusieurs Recueils 
périodiques estimés, une infinité d'articles intéressans. 
On trouve dans la Feuille du cultii^aieur , du 17 nivdse 
an vni, une question fort importante sur les chetels, 
qu^il traita avec beaucoup d^habileté. Huit lettres sur 
divers sujets furent insérées par lui dans le Journal 
d'économie rurale et domestique : voyez les numéros de 
messidor an xi à novembre 1807. Cinq autres lettres 
parurent dans le Moniteur ums^ersel de vendémiaire 
an IX , fructidor an xi , pluviôse an xiv. Il enrichit de 
plusieurs articles curieux, \ePetit jUbum/ranc-comtoi^, 
Enfin ces dijBTérens travaux partiels , aind que beaucoup 
d'autres que l'auteur publiait hors de ces feuilles,' at* 
testent, dès te temps, un zèle infatigable , toujours di-* 
rigé vers des objets d'utilité publique ou d'histoire 
li^éraire , comme on le verra encore, mieux dans la 
série de ses ouvrages qui termine cette notice. 

Cependant la tempête révolutionnaire commençait à 

se calmer, et Ton songeait à relever les institutions que 

la fureur démagogique avait détruites dans le Sort de la 

' tourmente. De ce nomi^*e furent les Sociétés savantes 



( 128) 
et littéraires de France, supprimées en 1798 '^ Tontes 
aspirèrent à renaître de leurs cendres; T Académie des 
sciences, arts et belles-lettres de Dijon neftiCpask 
dernière à solliciter son rétablissement ^. L'Adminis-* 
tration de la Cote-d'Or et" le Gouvernement s'empres*- 
sèrent de seconder ses vœux. La Compagnie réinstallée, 
en 1798, reprit le cours de ses séances ordinaires, et 
dès-lors elles n'ont plus été interrompues. M. Amanton 
fut reçu membre de cette Compagnie , le 10 frimaire an 
Yiu (ao novembre 1799)* On peut dire que jamais 
académicien ne s'est montré plus digne de ce titre , par 
son zèle et surtout par son assiduité , du moment ou 



■ Le décret qui les supprima fut rendu par la Conventioa 
nationale le 8 aoÀt 1793 , sur le rapport de M. Tabbé Gré- 
goire, qui cependant, il faut lui rendre cette justice, fut 
celui qui par la suite s^opposa avec le plus d^énergîe au 
efforts du vandalisme qui voulait .tout mutiler et saccager 
dans les dépôts des monuinens des arts et dans les Biblio- 
thèques publiques, sous prétexte des armoiries et autres 
emblèmes anciens conservés sur les livres. 

^ L'Académie des sciences de Dijon, fondée par M. 
Fouffier, en vertu de son testament du i^' octobre 1725^ 
autorisée par lettres-patentes du Roi, de juin 1740, fut 
supprimée par le décret de la Convention du 8 août 1793. 
Elle fut rétablie , sovs le Directoire , le 1 4 prairial aii vi 
( 2 juin 1 798 ) , d'abord sous le titre de Société libre d*agn» 
culture, sciences et arts^ et le 19 fructidor an x (6 sept, 
j 802 ) , elle reprit son ancien titre à^ Académie des sciences, 
arts, etc. ; enfin une ordonnance du Roi du 22 octobre i833 
a assuré l'existence légale de la Compagnie , et la jouissance 
des droits électoraux que la loi accorde à ses membres ré* 
sldans. 



( 129 ) 
irenant^, 4pielqtifts années après, fixer sa résidence à 
Dijoav îl £it'(dus à portée de suivre les séances hebdo- 
oiadaives de FAbeidéiiHe. ; 

Mais pendant tout le temps qu'il demeura à Âuxonne , 
il y reçut les témoignages les^ plus flatteurs dé Testime 
et de h confiance de ses concitoyen^. Il fut, en 1803, 
notnmé premier adjoint au maire de cette ville , qui 
alors 'était feu M. Tavocat Girault , son ami , cet nomme 
de bieiiv ce digne coU^pie, si instruit , si actif, si labo- 
rieux^ dont noiisavons eu-à déplorer la perte en 1823 ^. 
M. Girault ayant donné sa démission en 1806 , 
M. Amanton lui succéda immédiatement dans les fonc- 
tions pénibles de cette première magistrature locale , à 
Auxonne , et les remplit avec son zèle accoutumé jus- 
qu'en i8ii. 

C'est alors que notre collègue , qui n'avait cessé de se 
livrer aux soins de l'administration , sans cependant 
négliger la culture des lettres , auxquelles il consacrait 
tous ses momens de loisir , songea à venir s'établir dans 
la capitale de la Bourgogne , théâtre plus étendu , plus 
conforme à ses goûts littéraires et qui , dans tous les 
genres , lui offrait plus de ressources que la ville d' Au- 
xonne. Le Gouvernement qui avait apprécié son zèle et 
ses talens dans la partie administrative, Pappela^ en 
1812 , aux fonctions de conseiller de préfecture du dé- 
partement de la Gote-d^Or. Pendant dix-huit ans , il 
parcourut cette nouvelle carrière avec un succès égal à 
celui qu'il avait obtenu comme maire. C'est en 1814, 

* M. Amanton 9 dans la notice nécrologique qu'il a con- 
sacrée à ce digne collègue , lui rend toute justice pour le 
bien quUl a opéré dans son administration, et pour ses pro- 
fondes connaissances en histoire et en archéologie. 

9 



( 130 ) 
que la reconnaissance du GrouvernemeDt lui décerna le 
tilrede Glieyalier de la Légion d'Honneur. ^IJne fois 
établi à Dijon , M. Amanton qui aentail tout le prii de 
ce nouveau séjour , se montra^ digne d'habiter . cette 
terre qu'une longue renommée a , pour ainsi dire , dé« 
clarée classique en fait de littérature, de. sciences et 
de beaux-arts '. Son attachement^ son dévoy^menl ii 
r Académie, le rendirent un des memtoes les!pkis^as>^ 
sidus à suivre ses séances ordinaires et à partidipdr à 
tous ses travaux. Il en fut nommé président bisannoél 

■ 

* Ménage disait et publiait de son temps : a Après Paris y 
« il n^y a pas de Tille qaî fournisse tant de sujets'à la repu- 
a blique des leltres que Dijon. » 

L^hymnique et sévère Santenil , parlant de la même ville , 
dit dans ses poésies : 

Doctœ urbis stndia et mores mirabar honestos. 
Vidi oratores centom ceotonique poetas ; 
Omnes accensi studiis asqualibus, omnes 
Irraere, et nostris certatim accurrere musis » 

Richelet dit quelque part .* oc La capitale de la Bourgogne 
<c est Dijon, où il y a de très -sa vans et très-babiles gens. » 

Yoltaire^ dans un discours prononcé à PAcadémie fran- 
çaise, s'exprime ainsi sur Dijon : oc Cette ville qui a pro- 
« duit tant d^Kommes de lettres et où le mérite de Tesprit 
ce semble être un des caractères des citoyens, » 

EÀfin on a dit ailleurs : oc Dijon s'honore , à juste titre , 
oc des grands hommes qu'elle a produits dans tous les gen* 
a res : prélats, hommes d'état, grands capitaines, roagis- 
cc trats , orateurs et écrivains du premier rang , poètes et 
«c musiciens célèbres, peintres et sculpteurs du premier 
â mérite, historiens érudits, jurisconsultes profonds | mé« 
ce décins habiles ; il n'est aucune partie dans laquelle cette 
ce ville n'ait fourni des sujets distingués. i> 



( 131 ) 
en i8i3,etn^a pas cessé dès-lors de se rendre utile à la 
Compagnie , soit comme membre des diverses Commis- 
sions qu'elle formait dans son sein , soit en enrichissant 
ses Mémoires et sa bibliothèque ^ d'une infinité de pro* 
ducûons qui , comme nous Tayons déjà dit , étaient plus 
8^bstantielles qu'étendues , mais qui annoncent de la 
fiicilité , du goût et des connaissances très-variées. C^est 
surtout.dsps la biographie que notre confrère se plaisait 
à gercer son.taie,nt. Dans toutes les notices nécrologiques 
,qu'il,pous a données et parmi lesquelles on distingue 
celjes qu'il a consacrées à la. mémoire du.fHxifesseur' 
Lombard ^ de ,]M[grin de la Qiasieigneraie^ de Farchi- 
tecte Racle, de Leschevin , de J.-B. Wolfius, du docteur 
Ch^ussier , dja q^ipte de G^^sendi, du ms^rquis de Thiard , 
du.jparquisdç.Gourtiyron^ etc., etc., etc., on remarque 
uf^ §ty|econyenable«, un jugement sain, «tunç érudition 
qui«:hia9ée sur des recherches profondes, a procura à 
Fauteur une foule de (délaib intéressans \ et remarquez, 
iMi^eurfr,,qju'u)[), sentiment patriotique a toujours di- 
rigé la plpisife/de; AI* Aman ton; ce n'est pas jseulement 
suuç 39^ tffivmf !t>iograph|iqi|L que porte cette observa* 
tîon^.Queilpji.ji^rcoifre tout ce quHl a écrit sur ThistairQ 
iitiéir^[i^e et^fur be^^ucqiy;) d'autres sujets, pa trouyerii 
tQuJ9Uif que; Iq^ Bourgogne et \^ Bourguignons ont été 
l'unique,. objet de ^ 3eâ vailles. U av^t cela de'Ooppipmi 
avec, son confrère et compatriote M. Girault ; a^^s Jk 
résultat de leurf travaux ser^ , dans la suite des^ temps ; 
cpnsi^lté avec ifruitpar ceux qui s'occuperont de j'hîs-* 
toirç de la Bourgogne. 

j^joutons,. Messieurs, que l'activité que déployait 
JML.. Amanton dans ses occupations littéraires et acude^ 
Cliques, n^était pas restreinte à l'intérieur de cette en- 
ceinlç \ ell« le mit en relation av^ un grand nombre de 



( 132 ) 

Sociétés savantes qui s'empressèrent de Tassocier à 
leurs travaux. II fut membre associé oôrrespondanl de 
la Société royale des Antiquaires de France, des, Aca- 
démies de Rouen , de Caen , de Bordeaux , de Besançon, 
de Lyon, de Nancy , de Mâcon, etc., etc. Plusiéun de 
ces Compagnies ont déjà témoigné leurs regféts sur là 
perte de cet estimable confrère. ' ' 

Revenant encore sur ses travaux , n'oublions pas qu'il 
a été propriétaire du Journal de Dijon èi 3e' la Côie^ 
dOr, depuis i8i3 jusqu'en i83i , et qu'il à enrilcbi ce 
recueil d'un grand' bombre de notices intéressantes^ 
soit sur les événemens du jour , soit sat deà sujets litté-^ 
raires. ' " 

G -est ainsi que remplissant avec zèle, exactitude eCr 
dévouement ses fonctions de conseïlW de prèfeciïire ^ 
il consacrait aux lettres ses moiliens dcf loisir , loVscJu^r— 
ri^la IHêvoIution de juillet i89o. MM. les conàèiUérSy 
ses collègues , donnèrent leur' iBetnissrôb/âin^i que Mi 
le préfet , exemple qui ne fut point sulVi |^r -M. Aman- 
ton ;• et , pendant quelque temps , resté' seul à Tadminis- 
tration , il en supporta tout le poid^ et Vàbqùittà 'de ces 
multiples fonctions avec un vrai déViklément; Ceh 
n'enbpêcba point que peu après il tUt cotisîdër^'éomtee 
démissionnaire et remplacé dans lô^ Tonbtiohs dé con- 
fiSieiltef* de préfecture. Ce coup liii fti^t d'autant phis'sen- 
SfÙe^'il ne s'attendait' point à eti être frappé. Dès-lors 
lé mour de Dijon lui devint pénible ; il y l*esta cepen- 
dant encore jusqu'au 27 .octobre i832, époque où il 
se rendit avec sa famille au château de Heudon près 
Paris ^ dont son digne fils , M. Ferdinand Amanton, avait 
été nommé lieutenant de Roi par S. M. Louis-Philippe. 
* 'iTest là que notre collègue , parfaitement résigné , a 
pa^ les dernières années de sa vie , aumiliai des soins 



( 133 ) 
qae lui prodiguaient la meilleure des épouses , une ai- 
mable nièce et le plus tendre des fils ' . 

Entièrement débarrassé de tout emploi public, ha- 
bitant Tun des plus beaux sites de France , il trouva le 
repos et la plus douce consolation dans le sein d^une fa- 
mille adorée, dans les charmes de Tétude et dans la 
société d'hommes de lettres résidant près de MeudoU;, 
tels que lesLaya , les Raynouard , les Patin , les Firmiu 
Didot , les Panckoucke , etc. , etc. , dont il avait reçu . 
Paccueil le plus flatteur. Enfin il venait de terminer un 
ouvrage que son zèle patriotique lui avait fait entre- 
prendre en rhonneur des illustres Auxonnais, lorsqu'une 
maladie assez courte , mais sans vives douleurs , Ta fait 
descendre au tombeau le 28 septembre i835,àdeux. 
heures du matin. Il était âgé de 75 ans. Il serait diffi- 
cile de peindre les viË; regrets de sa famille éplorée et 
de tous les amis qu'il s'était déjà faits, soit à Meudon , 
soit dans les environs. Mais la nouvelle de sa mort , ar- 
rivée dans le département de la Gote-d'Or , n'y a pas fiiit 
une moindre sensation. On peut dire que dans la magis- 
trature , dans l'administration , dans la société et surtout 
dans cette enceinte , Messieurs , les regrets ont été 
aussi unanimes que profonds. J'ajouterai cependant que, 
d'après les relations intimes et journalières qui ont 
existé entre nous pendant tant d^années , personne ne 
peut dire avec plus de justice et un sentiment de dou- 
leur plus prononcé que celui que j'éprouve : 
Msltis ille bonis flebilis occidit , 
Nulli flcbilior quam mibi 

' M. Amanton laisse encore tin autre fils, M. Victor 
Amanton , qui est en ce moment inspecteur des forêts à 
Alger. 



(134) 
NOTICE CHRONOLOGIQUE 

DES OUVRAGES DE M. AMÀNTOliri 



1 . Apothéose de Rameaa , stènes lyriques ^ paroles ie 

MM (Ântianton et Ligeret de Chazey)^ musique de 

M (Deval). D^on, Causse, 1783, //s-8^. 

2. Mémoire et Consultation, sur une question de sépara- 
tion d^habitation , soumise à un tribunal de famille. Z>^o/^ ^ 
Causse, 1792, i>i-8o. 

3. MiMoiRE adressé au Corps législatif par Tadministra- 
tion municipale d'Auxonne , sur la nécessité de consenrer 
Técole d^artillerie et l'arsenal de construction établis dans 
cette commune par Pancien Gouvernement. Dijon, Frandn, 
ojs yn ( 1799 ) , i>ï-8®. ' ^ 

4- MiMOiRE pour le grand Hospice civil de la ville d'Au- 
xonne 9 sur une question de liquidation de la dette publique. 
Dijon, Franiin, an Viii ( 1800), //z-8^ de ^o pag, 

5. Coup-d'oeix. sur les finances dé la ville d'Auxonne, et 
sur les ressources qu'elles offrent à une bonne administra- 
tion ( par MM. Amanton et Jacques Gille ) . Dijon , Fran" 
tin, an ix ( 1801 ) 9 i>z-8o. 

6. Recherches biographiques sur le professeur dVrtillerîe 
Lombard. Dijon, i8oa , /«-8® de ^i^ pages. 

Ces Recherches sont intéressantes , surtout par les notes philolo- 
giques, histori<}ues et bibliographiques qui les accompagnent. Jean 
Louis Lombard , ué à Strasbourg le a3 août 1733, et mort à Auxonne 
le i«' avril 1794» fut un homme de mérite, qui exerça les fonctions 
de professeur d'artillerie à Auxonne , depuis 1769 jusqu'à sa mort. 
Très-instruit, il fit faire des progrès à la science y et publia de savaus 
ouvrages sur sa partie. Napoléon avait pour lui une estime particulière. 

7* Uromancie. Extrait du Journal d'économie rurale et 

domestique. MisurocrisopoUs , an xiii ( iSoS), in-^^. 

Cet article est dirigé contre les charlatans de campagne , qui pré- 
tendent connaiti^ et guérir les maladies à Finspection des urines. Il 



C 135 ) 

est signé : UftoscopiriLiA , cultivateur. Ce prétendu cultivateur n'est 
Miijre que M. Massoo-Fouri alors pharm^cieu à Âuxonne. M. Aman- 
ton a ajouté des observations très- judicieuses à cet opuscule. 

8. Recherches biographiques sur Denis Marin de la 
Chas.teîgneraye , conseiller d^état, intendant des finances de 
France sons Lonii^ XIV. Dijon, Pmntin, 1807,1/1-80 de 
a8 pag. •— Notes additionnelles, 1807 9 ^'^-B® de 6 pag. 

' Denis Marin 9 né à Anxoune en janvier 1601 y d'un cordonnier selon 
les uns y et d*im marchand selon les autres, est mort le 37 juin 1678, 
laissant la réputation d*un homme de bien qui a rendu de grands 
services à F£tat et à sou pays. 

9. Notice biographique sur Léonard Racle, de Dijon. 

NouTelle édition, avec quelques corrections, des additions 

et des notes. Dijon, Trantin, 1810, in-V^ <i® '7 pages. 

— Addition, ou plutôt Compte rendu de cette notice, par 

M. Chardon de la Rochettè. //e-8o de 7 pages. 

Léonard Racle, d^chitecte-ingénieur, né à Dijon le 3o novembre 
1736, est mort à Pont-de-Vaux le 8 janvier 1791, Il a eu de la celé- 
'brifé dans son temps, et l*a méritée; Voltaire en faisait grand cas; 
7^a notice de M. Amanton a d'abord été insérée dans le Magasin 
encyclopédique , août 1810. Et la notice de M. Chardon de la Ao- 
chette JBe trouve dans ses Mélanges de Philologie et de Critique , 
Paris, 181a, 3 vol, in-%^^\ V. tom. ni ^ pp. 391-399. 

lo* Dissertation de J.-B. Bullet, sur le festin du Roi 
boit, avec des notes. Paris, Sajou, 1810, f/s-8^ de ao pag. 

L'éditeur avait fait insérer cette dissertation dans le Magasin ency- 
clopédique , décembre 1810. —-Elle a été réimprimée, avec des aug- 
mentations, dans Vjénnuaire de la CSte-d^Or, 1897-, il en a été 
tiré cent exemplaires k part, 1838, i/z-12 de Zn p. 

1 1 • Notices biographiques sur Claude Gillot et sur Paul* 

Ponce- Antoine Robert , peintres ^ par le choYalier de la 

Touche; avec des notes de MM* Millin et Amanton. 

Dole, Joly , 1810, //1-8** . 

C'est un extrait du Maga-sin encyclopédique , décembre 1808, 
p, 3o6. 

là. Lettre à M. Chardon de la Rochettè, contenant des 

éclaircissemens certains sur le véritable lien de naissance 



( î36 ; 

Au célèbre organiste L. Marchand j etc. ( Extrait du Ma^ 
gasin encyclopédique, ) Pafis ^ Sajou , i8ia , i>f-8«>. 

i3. Note sur François Juret , Dijonnais. Dijon, iSiS^ 
in^%^. 

Ce Jaret, ne en i553 à Dijon, j est mort le 21 décembre 1626. 
Oëtait un homme distingué dans les lettres et p]tl& encore par la sa- 
gesse de ses opinions politiques dans ces temps de trouble; il fut 
l*ami intime des du Harlay, des de Thou, des Gillot, des Dapuy, 
des Pithou, etc. Celte note, fournie à M. Âmauton par Chardon de 
la Rochette^ est d'autant plus importante que Papillon , dans sa J9i- 
hlioihèque de Bourgogne , dit que Juret est plus connu par ses écrits 
que pu* les circonstances de sa vie. Chardon supplée dans cette note 
au silence de Papillou. 

i4* Notice nécrologique sur Jean-Edme Durande , 
avocat à Dijon. Dijon , Frantin , i5i3 , //z-8°. 

M. Vavocat Duraude, né k Dijon en 1721, y est mort le la mai 
a8i3, emportant Festime et les r^rets de ses concitoyens. 

j5. Notice nécrologique sur Philippe-XaTÎèr Leschevin 
de Précour, commissaire en cbef des poudres et salpêtres ^ 
à Dijon. 18149 in-bo, «. Addition , 18149 inS^, 

M. Leschevîn, né à Versailles le 16 novembre 1771 , (il eut pour 
|>arrain le comte d* Artois , dépuis Charles X ) , est mort k Dijon , 
le 6 juin 1814* C'était un savant distingué ; son édition du Mathana- 
jMus prouve une érudition immense qu'on pourrait peut-être qualifier 
ne surabondante. Il a beaucoup d'autres ouvrages qui attesteut des 
connaissances aussi profondes que variées dans les hautes sciences ^ la 
physique, la chimie, la minéralogie, etc., etc. 

16. Recueil de planches gravées dVprès la collection 

des jetons des villes et maires de Dijon^ Beanne et Anxonne, 

tirée du cabinet de G. N. Aman ton. Dijon, imprimerie de 

Trantin y 1814 9 in-É^ . 

Ces planches, qui renferment chacune dix jetons , ( armes et revers 
il l'exceptiou de la dernière qui n*en a que sept ) sont au nombre de 
quinze, non compris uu frontispice allégorique et le portrait de 
Fauteur. Elles étaient destinées à orner une numiimato^apA/e bourgui- 
gnonne, qui n*a pas eu lieu. Ou n'en a tiré provisoirement que 
VINGT épreuves, et, selon totfte apparence, il n'^y en aura famais un 
plus grand nombre. De ces vingt exemplaires , quatre sont tirés sur 



( 137) 

papkr vélîn grand-nûsin , et cinq sar papiers de diverses coulews* 
Le premier ietov gravé remonte à 1609 , et le dernier de Diioa 
( pi. xui ), est de 1767. La pi, ziy eu reuferme douze de Beaune ^ et 
la x?^ 9 sept d'Auxonne. 

1 7. Notice sar M. Louis Bredin 9 directeur de Técole 

Vétérinaire de Lyoo 9 né en 1738 , mort à Lyon le 17 mars 

i8i4* Dijon , Frantin , 18149 ^-8^« 

''i8. NoTtGB nécrologiqiie sur M. Rémi OUi^ier, né à 
Paris le 26 février 1727 , mort à Dijon le 25 décembre 1 81 4* 
Dijon , 1 8 1 5 9 in-S^, 

M, OlUvier est l'auteur de r£rpn^ de VEru^clopédie, Paris ^798- 
1800 y 12 vol, in-S*. 

j 9* Notice sur Jean Boichot j statuaire du Roi. D^'on ^ 
i8i5,//i-8^ 

: M. BcHchct , né à Ghâlon-s.-S. en 1738, est mort à Âutun le 9 dé- 
cembre 1814* 

20. Notice historique sur le général Nansouty^ né en 
17689 mort le 1 2 février 181 5. Dijon , Frantin, 181 5 1 inAf* 

21 . Notice sur M. Pierre Baillot , professeur de Uttéra-f 
ture française à la Faculté des Lettres de l'Académie de 
Dijon , né dans cette ville le 8 septembre 1 752 y mort dans 
la même ville 9 le 20 février i8j5. Dijon , 181 5 , Zn^^o* 

C'était nu homme de bien très-estiiBé ^ habile professeur, «t qid 
A formé d'excellens élèves. 

22. Notice sur M' Cl. Didiet , ingénieur en chef des 
ponts et chaussées , né à Châlons-sur-Marne 9 le 3 septembre 
3753 9 mort àDijonle i^'mars 1816. Dijon ^ 1816, //i-8^. 

Encore un homme de bien , fort instruit et emportant les regrets 
de tons ceux qui l'ont connu. Cette Notice est de M. Girault , et les 
notes , de M. Âmanton. 

23. PARTicuLARiTés inédites et peu connues sur La Mon- 
noye , Crébillon et Piron, recueillies par C. X. Girault 9 et 
publiées avec des notes par M. Âmanton. Dijon , Frantinf 
182O) in-^. 

Cet particularités sont curieuses. 



(138) 

a4* Notice sur M. Claude^XâTier Gùravlt 9 Ancien ma* 
gistrat , membre de TAcadémie des sciences | arts et belles- 
lettres de Dijon , suivie de la liste d» ses outrages. Dijon ^ 
LcLgieri Paris ^ A. A, Renouard , iSsS, 1)1-80. 

M. Giraolt, ne à Aazonne le i3 avril 17641 est mort à Dijon le 3 
novembre iSaS. Cétait un des membres les plus laborieux de l'Aca- 
démie de cette TÎUe; Tbistoire, la numismatique, Tarchéologié loi 
étaient familières , comme t'attestent «ea aembreas pavi^ges. On 
trouvera dans le Compte rendu des travaux de cette Académie, 
( Séance publique du a3 août j8'j3 ) » pp* 975-379, une notice né- 
crologique dans laquelle nous avons tâcbé de payer à cet académiden 
le joate tribut d& à lesqnalités estimables et > à Ses ciriumisBaaces très- 
étendues. 

' a5. Notice svr M. J* B. Yolfids 9 prêtre du diocèse de 
Dijon. Dijon, Frantin, i823, //i-8^. 

Cette Notice est un eitrait d'un Mémmre beaucoup plus étendu 
dont M. Amanton a fait part à 1* Académie. M. Volfius, homme de 
beaucoup dTesprit , a été longtemps |>rofeaseur d'éloquence an Collège 
de. Dijon. Il est né dans cette ville le 3 av^ 1734 ,. et y est mort 1^ 
8 février 1822. 11 avait été sacré évéque constitutionnel de la Côte* 
d*Or, le i3 mars 1791 ; il donna sa démission en 1801 ^ et fut récon- 
cilié avec l'Eglise le a8 avril 1816. ■ 

a6. Lettres bourguignonnes , ou correspondance sor 
divers points d^kistoire littéraire , de biographie , de biblio- 
graphie , etc. Dijon, Lagier, 1823 , i>i-8® de '^S pag* 

n y a beaucoup de détails cprieux dans cette collection de treize 
Lettres sur différeus sujets. J'aurai un jour occasion de revenir sur la 
sixième qui est toute bibliographique, et qui a besoin d'un supplé- 
ment que j'y ajouterai. Ce recueil a deux fac-similé , l'un de l'écri- 
ture d'Alexis Piaoh, et l'autre de la signature du poète Vebgier. 

27. Lettre ( de Gabriel P. ) à M' C. N. A. , sur 
un ouvrage intitulé : Les PoiTES français depuis le xli^ 
siècle jusqu'à Malherbe, avec une notice historique et litté* 
Taire sur chaque poète. ( Paris , Crapelet \ 6 voL «1-8^ } i 
«— et Notice sur la nouvelle édition des Euvres de Lovise 
Labé, lionnoize» (Lyon 9 1824 9 1 voL in^%^)\ par M' 
€. N. A 9 (Amanton). Paris, 1824? i/>-8^- 

Là Notice de M. Amanton ofïre de l'intérêt; il y rend justice à la 



( 139; 

profonde ëroffilion des éditeurs des QEiuMres de Ziouise Labé » parmi 
lesquels il place an premier rang, le savant M. Breghot du Lut, qui a 
eu la plus grande part à la pablication de cette belle et curieuse 
édition. 

28. Notice sarVabbé Fiard , prêtre do diocèse de Dijon. 

D^on , Noëllat , i8a5 9 zW-So. 

M. Fiardy né \ Dijon le 98 novembre 1736 , j est mort le 3o sep- 
tembre 1818, avec la réputation d'un homme instruit , mais bizarre 
démouographe. Ses ouvrages deviendront rares. 

39. Notice «nr M. Jean Contarier^ ancien profeMeur 
an Collège royal de Dijon; né dans cette ville, le 23 avril 
1768 ) il y est mort le 20 noTembre i834 9 emportant Tes- 
time et les regrets de tons les gens de bien. -» Notice sur 
M. le baron Denon , administrateur des Musées , etc. ^ né 
à Chalon-sur-Saône, le 4 janvier 17479 mort à Paris , le 
27 ayril 1825. Dijon y Frandn, i8a5, ùir^^. 

3o. Lettres sur trois Lyonnais, premiers présidons an 
Parlement de Bourgogne dans le xti^ siècle, de t5o5à 
i55i , (Humbert de Villeneuve , Hugues Fournier et Claude 
Patarin). Lyon, Barret^ 1826 , in-^^ de 26 pages. — - Let* 
tre à M. Amanton , au sujet de ses Lettres sur les trois 
Lyonnais, etc. \ par M^ N. F* Cochard. Lyon, Banet, 1827, 
jvi-80 de 1 5 pages. 

Les détails biographiques sur ces trois magistrat^ ont exigé des 
recherches assez pénibles de la part de M. Amanton *, elles ont été 
complétées par M. Cochard , et sont un morceau préciewL sur 
rhistoire de la magistrature en Bourgogne. 

3â. Obseetations sur Thistoire de Napoléon diaprés 

Im^méme , publiée par Léonard Gallois ^ 3« édition. Paris, 

T/oiif'^, 1827, i>z-8o. 

L*auteur s'est attaché à relever des erreurs graves échappées à 
M. Gallois 9 sur les premiers temps de Bonaparte, sur sa fortune , 
quand il était lieutenant d'artillerie, sur etc.; MM. Amanton et 
Girault d'Auxonne out connu le jeune lieutenant quand il était en 
garnison dans cette ville ; et certes , il était bien éloigné de briller par 
la fortune. 

32. Notice sur M. François Cbantsier, docteur en méde- 



( i40 ) 

cine, né à Dijon le s juillet 1746 9 mort i Paris le 1$ juin 

1 828 V Dijon , Noëllatf . 1 828 , in-^^* 

Cette Notice e ëtë tirée k csirr exemplaires* Il y a un supplément 
qui rectifie quelques erreurs de dates et du prénom. Nous faisons usage 
de ces corrections daus cette ennouce. M. Cbausiner était membre de 
TAcadémie de Dijon depuis le 14 novembre 1776. 

33. Annuaire du département' de la Côte-d'Or, pour 
Faiinée 1827. Dijon, NoeUat, 1828, in^x^de 4^6 />. 

L^anteur a terminé ce volume par une nonVelle édition 
de sa Dissertation sur le festin du Rm-hoit, ( Yoy . ci-de- 
vant , no 10.) 

34* Notice sur M. le comte de Gassendi , ancien général 
dWtillerie. Dijon , Odobé , 1828, //i-8o* 

M. de Gassendi , né en Provence le 18 décembre 1748 9 est mort à 
Nuits ( Côte-d'Or ), le 14 décembre i8a8. Il se délassait des travaux 
militaires avec. les mus^. Il a publié un fort volome de stA poésies 1 
z/i-i8y tiré à cent exemplaires. 

35. Vavban. Dijon, Odobé, 1829 , in^Z^ ^ tiré d cin" 

quante exemplaires» 

On a toujours été incertain sur le lieu et sur la date de la nais- 
sance du maréchal de Vauban. Cetttf^otice lève tous les doutes à cet 
^ard, puisqu'elle rapporte son extrait de naissance relevé sur les 
registres baptistaires, par M. Royer, maire de la commune où il est 
né. 9 en résulte que Sébastien Leprestre, fils d*Àlbin Leprestre ( le 
nom de Vauban n'était pas encore dans la famille ), est né le i5 mai 
i633 à Saint-Léger de Foucheret, commune de l'ancien bailliage de 
Saulieu ( C6te-d'Or) et maintenant du canton de Quarré-les-Tombes, 
arrondissement d'Avallon. Vauban est mort à Paris le 3i mars 1707' 
On voit dans la salle des grands hommes au musée des antiques , la 
statue de Vauban , en marbre, ouvrage de Gh. Ant. Bridan, père, 
célèbre sculpteur bourguignon , né à Ruvières , en 1 7S0 , mort en i8o5. 
( V. la savante Description du Musée royal des antiques , par M. le 
comte de Clarac. Paris, i83o , i/i-8^, p. 3So ). — Voyez aussi la Notice 
des objets d'arts, exposés qu Jlfusée de Dijon, ( par M. de Saiut- 
Mémin). 2>//on, 18349 in-ia,p. 102; mais ici il est question de 
Pierre Bridan , fils du précédent ; il a fait la statue en marbre de 
Bossueti objet de Farticle 471 de la curieuse Notice de M. de Saint- 
Mémin. 

36. Notice sur M. de Boisville, évêque de Dijon» Dijortf 
Odobé, 1 83o 9 V/i-8o de 4 p. tiré à 60 exemplaires. 



(141 ) 

2j. Notices sur M. Châtillon et sur M. Torombert« 
Difon, i63o jin-Q^. 

Nie. Claude Châtillon, aimable poète, ne à Rouen le 14 octobre 
1776 , est mort fc Paria le 7 janvier i8a6. Il avait été reçu àasodë cor- 
respondant de l'Académie de Dijon le a4 <^^i>'^^^ iftaS. 

M. Cbarles-Louis-Honoré Toromberf , avocat à Lyon» né à Belmont 
en Bugey le 17 décembre 1787 » y est mort le 8 mai 1829 ; il « travail- 
lé sur réconomie politique. 

58. YiRoiLE. VIRAI en borguignon \ choix des pins beaux 
livres de rÉnéid||||snivis d'épisodes tirés des autres livres 
( traduits jadis en patois bourguig]&o») a^ec sommaires et 
notes 9 publiés par C. N. Aman ton , et un discours préliAii» 
naîre par G. P. (Gabriel Peignot). Dijon, imprimerie de 
Fmntinf ckez Victor Lagier , i83i', 1 9ol, m-id^ de 32/ 
pages, tiré â a44 exemplaires sur pap.Jik grand-raisin , et 
SIX sur grand papier fort de Hollande. 

Ce curieux voluriiey dont la publication est due au goât d'an ama* 
tenr dijonnais qui en a fait les frais, est digne de figurer dans le cabinet 
de tont bibliophile édairé, Unt par le fond da sujet que par sou im- 
pres^on exécutée avec le plus grand soin. Il deviendra rare et sera 
nn jour très-recherché. 

39. Pairaibôle de TAnfiin pri^digue, et le livrô de Ruth 
revirai po lai premeire foi an borguignon , par ein baibitan 
de lai rue Sain-Felebar , ai Dijon. — Parabole de rfinfant 
prodigue , et le liyre de Ruth traduits pour la première fois 
en patois bourguignon , par un habitant de la rue Saint- 
Philibert, à Dijon. (Q, N. Aman ton ). Dijon, Frantin , 
imprimeur du Roi et de l'Académie, i83i |.«>?-8^.</e ^% p.p 
iirédtoixASTE.. exemplaires. 

Les seize premières pages de cet oposcule sont consacrées aux re- 
cbercl^es sur les diverses traductions de la Parabole de l'Enfant pro- 
digue dans les différons patois de France , etc. , et sur d'autres pièces 
en patois bourguignon. Ensuite vient la traduction de cette Parabole 
et Celle dii livre de Ruth, dans ce patois. On peut les regarder 
comme un chef-d'œuvre dans ce genre; c'est la simplicité , la naïveté 
•tla finesse d'expression de ce patois 9 l'un des plus agréables et des 
plus es^ressifs qui existent; mais il faut le connaître pour l'apprécier 
k sa juste valeur. M. /kmanton excellait dans cette partie. 

Une seconde édition de ce corieox opuscide > corrigée et augmen- 



tëe» a paru à Dijon , aa mois de septembre de la même année i83i , 
iH'B9 de 38 pag. , également tirée à soixante exemplaires; celte édition 
est fort belle. 

40. Notice sur feu le marquis de ThUrd, Membre hono- 
raire de r Académie dei Sciences , Arts et Belles*Lettres de 
Dijon. Dijon, Frantùi, i83a, in-S^ de 28/?.^ Urée £k i5o 

exempt. 

Gaspard Pontbus de Thiard , né au cbftteaa de Jaill j pires Semor 
en Aoxois , le 26 mars 17^3, est mort k Semar le a8 avril 1786. 

4 1 . RiTiLATioNs snr !es deux GrébilloMPan^, 1 835, £pi-8^ 
C'est le tirage à pari d*an article foami par M* Amanton k la Franct 

littéraire, août i835. L*autear j bat en brècbe Pilliistration nobi- 
lière dont on a yoalu environner le berceau des Grébillon. 

42* Elooe de M. le marquis de Courtivron, associé ho- 
noraire résidant de T Académie de Dijon. Dijon, imprimem 
de Frantin, ib'dôj in»8^. 

H. 4e Courtivrpu , né dans le château de la terre de ce nom » le iS 
juillet 1753, est mort au château de fiussyHla-Pesle , le 28. octobrt 
j83a. L'auteur de l'éloge a suivi M. de Gourtivron dans toutes les 
phases de s# longue carrière , carrière remplie de la manière la plus 
honorable, soit comme militaire, soit comme savant y soit comme 
administrateur. 

43. KoTiCB sur madame Gardel. Dijon, i835^ iis-8^« 
M. Aij^anton u'» consacré une Notice à cette célèbre danseuse de 
l'opéra que parce qu'elle est née à AuxQnne ; fille d'un musicien aa 
corps royal d'artillerie , nommé Houbert , elle a vu le jour , le 8 avril 
1770; elle fut reçue k l'opéra le i3- janvier 1786, épousa M. Gardel 
jeune le 24 décembre 1795, et est morte à Paris le 18 mai i833. 

44* Galerie. AuxoNNAtsE) ou revue générale desAuxga- 
nais dignes de mémoire , comprenant Im réimpression àei 
biographies de Maillard du Mesle, intendant des îles de 
France et de Bourbon ; et de madajne Gardel, première dan- 
seuse de PAcadémie royale de musique, duxonne^ *X. T* 
Saunié, iSSi, i>t*8o de 128 p. , avec une gravure et deax 
planches. 

M. Amanton est mort au moment où l*on terminait rimpressioif 
de cet ouvrage , dernier tribut de son zèle pour la gloire de la Bour* 
gogne et particulièrement de ks compatriotes. 



NOTICE 



SUR 



.!• 






■ « • 



I 



• •*» r 

• ■ « . I 



M. RIAMBOURG. 



Je pais dire de lai sans nulle flatterie que 
nul autre de "son temps n'àVàit tout ensemble 
plu» de yrerhaàj et que je n*y ai remarqué 
aucun ééfjuiU 

Aàkauld n'AsDiLLTy JIfémoires, 



• I 



^ ' Ceci n^est poinU iiiréloge académique ': ce sont quel- 
ques parole^ brèves 9 sincères en mémoire de l'homme 
le rncâns ambitieut dèl liouange qui fût jamais.' Simple 
téiÀoin,* je voudrais, je'n'espère ix>int pouvoir dire ce 
que < j'ai vu et ce que je sçns. 
' On a défini M; Riàmioukg une forte et saine intelli- 
jgeoce au -service d!une vertu supérieure. En ajoutant 
que (fêtait un homme du xm^ siècle naturalisé dans 
le nâtre , la ressemblance eût été plus complétée encore 
et plus frappante. Les qualités en quelque aorte fon- 
damentales qui ont fait surgir à la fois, dans cette 
époque éminente , un si grand nombre dé natures d'é- 
lite, il les réunissait toutes à ce degré d'harmonie 
qui a manqué trop souvent aux plus rares génies de'ce 
temps-ci : l'équilibre des (acuités , la sérénité du coup- 
d'œil, un grand sens, et cette force calme et vraie 
qui nVi pas besoin de s'exagérer, parce qu'eUe est sûre 
d'elle-même. 

Penseur, il rappelait Nicole^ magistrat, il faisait 
souvenir de Mathieu Slolé \ écrivain , c'était la marche 
un peu lente , mais ferme et allant droit au but , de 
l'auteur des .£»aîi de morale } c'était de plu9 l'ordon- 



nance sévère et pleine de rhomme de cet âge et de tous 
les âges qui a su le inieuiK composer , de Bourdaloue. 
Mais le digne imitateur d^ Mathieu Mole, le disciple 
de Bourdaloue* et de Nicole 'n'était point comme un 
étranger au milieu de nous. Il connaissait bien son 
temps y le xv^l' siècle , au déclin duquel il avait gran- 
di , et le xix', où il semblait appelé à vivre de longues 
années encore. Il n^avait point accepté les^enseigne- 
mens de la science encyclopédiqtié ; mais il les avait 
reçus , discutés , appréciés ai leur valeur. On s'aper- 
cevait qu^il avait passé par Pécole polytechnique avant 
d^entrer à Port-Boyal. Ej^is dans^de^ juste9 boriieB/de 
Faustère discipline des maîtres dVDoiplACet' det jPasoal^ 
il i|,'en eut jamais }a, .rigidité, ^mpte, rhétérodcôie et 
Tesprit d'exdusioOfvSa vertu demeura traitableechu* 
Inaine ; son esprit n^était pas étroit et fermé , oomxne 
il appartient aux sectaires ,. mais ouvert et compréhén- 
sif , comme il sied à la vérité universelle. Les [dus 
jeunes d'entre nous s'étonnaient de le voir aussi inces- 
samment accessible aux idées nouvelles, non pour les 
subir indistinctement sans doute , mais pour pénétrar 
jusqu'au fond avant de les juger. 

Toute la vie de M. Riambourg est dans ce portrait. 
Il n'était point de ceux en qui Thomme dément le phi- 
losophe, mais de ceux qui prennent au sérieux leur 
mission terrestre , qui ont foi à quelque chose , et se 
tiennent pour obligés d'agir selon ce qu'ils croient. 
Il n'y eut pas de vie plus une que la sienne. Ce fîit 
un dévouement continu à sa famille , à la société , et 
par*-dessu3 tout , à ce qu'il regardait à bon droit comme 
l'élément vital de la société, à la religion. 

M. Riambourg naquit à Dijon, le 24 janvier 1776. 
Après avoir traversé Fécole polytechnique , qui ne 



(146) 

pouvait être pour lui ce qu^elIe fut pour tBSxt dVutres , 
le dernier mot du savoir humain , il brilla un instant au 
barreau, fut appelé à siéger dans notre Cour d'appel , 
sous TEmpire, et tint son premier serment sous la 
menace des bayonnettes autrichiennes. Mais, délié par 
Fabdication de 18149 il refusa de le renouveler durant 
les cent jours, et se retira jusqu'à la seconde restaura- 
tion. Rentré à la Cour comme Procureur général , il 
exerça ces hautes fonctions avec une rare indépendance. 
Il fot nommé Président de Chambre en 1817. En i83o, 
il renonça définitivement à la vie publique : ce fut pour 
se vouer tout entier à des travaux de philosophie reli«' 
gieuse et d'érudition chrétienne dont jusque là les 
devoirs de la magistrature lui avaient à peine permis 
quelque ébauche^ et c'est au milieu de ces savantes et 
pieuses méditations qu'une apoplexie foudroyante Ta 
frappé le 16 avril i836. 

M. Riambourg n'a publié que trois ouvrages : en 
i8ao , les Principes de la Résolution française définis et 
discutés y en 1 829, YEcoU d Athènes ; en i834 , Du Ra- 
tionalisme et de la Tradition» Dans le premier de ces 
écrits , la pensée philosophique et religieuse tient une 
grande place sans doute ; mais la pensée monarchique 
prédomine. Dans les deux autres , le philosophe chrétien 
se montre seul. Il y a là plus de faits et plus d^idées que 
dans de gros volumes publiés à Paris et prônés dans les 
feuilles publiques. Les questions les plus graves de la 
philosophie et de l'histoire y sont non-seulmnent remuées 
mais résolues , avec une lucidité et une loyauté de dis- 
cussion qui ne sont plus guères de notre temps. Il est 
rare aussi d'avoir raison avec si peu d'intolérance et 
même de hauteur. 

Celui qui trace ce peu de mots ne pourrait, sans ré- 

10 



( 146 ) 

pét6r ce qu'il a dit ailleurs , rendre un hommage moins 
incomplet à ces excellens travaux , comme à ceux que 
9L Riambourg préparait avec Tassiduité de son zèle et 
la constance de son caractère , et qui seuls auraient don- 
né la mesure de sa supérior^ité dans les matières reli- 
gieuses et philosophiques. On ne peut guère qu'entrevoir 
ce qu'il valait , soit dans Rationalisme et Tradition, soit 
dans les nombreux morceaux de critique dont il a enri- 
chi divers recueib, et spécialement dans une série 
d'articles singulièrement remarquables sur rînsufBsaiiBti 
des doctrines écossaises» On admire seulement combien 
d'aperçus féconds il semait dans sa polémique , et com- 
bien son impartialité de juge dominait , alors même que 
la dialectique du censeur se montrait plus pressante et 
plus victorieuse. Tant il était fidèle en tout à la maxime 
de PApôtre : Non plus sapere quàm oportet sapere, 
sed sapere ad sobrietatem ! 

Cette maxime résume également sa vie privée , plus 
admirable encore que sa vie publique. Mais que dirions- 
nous de ses vertus qui ne parût faible et insuffisant à 
tous ceux qui l'ont un peu connu ? Qu'ajouterions-nous 
donc ici , sinon qu'il est glorieux à l'Académie d'avoir 
inscrit sur sa liste un nom aussi pur , aussi respecté ? 
Reçu académicien honoraire le 24 janvier 1816 , 
M. Riambourg ne considéra point son admission dans 
cette compagnie comme un vain titre. Nos Mémoires 
pour 1823 contiennent une appréciation approfondie 
d'une doctrine alors puissante ^ , que M. Riambourg 
sut des premiers réduire à sa valeur légitime. En 1825, 
il nous donna sur le beau et sur le goût * des pages con- 

' La philosophie de M. Fabbé de La Mennais. 
* Mémoires pour 1825, pag. i54 et suiv. 



d^W* siAstatiddlés V égalas dans un autre ordre dU- 
dëe# à celtes qiie Mcmceaquieu avait écrites pour TEncy- 
dépédte éoiis le 'teéme titre. L^année d'après, il publia, 
toujours dans le recueil de rAcadémie , un fragment 
sur cette question capitale : Faut-il s'étonner quily ait 
des mystères dans la Religion ? ' Il y revint dans nos 
Mémoires pour 1829 ^ ; et si depuis , la composition de 
son ouvrage sur le Rationalisme et d'autres recherches 
qui commandent la solitude l'avaient un peu éloigné de 
Dijon et par conséquent de nos séances, on ne saurait en 
accuser ses sentimens pour l'Académie , au sein de 
laquelle siégeaient ses amis les plus chers. 

Tel fut M. Riambourg, l'homme de tous les devoirs, 
mai^ trop simple jpeut-étre dans ses mœurs et dans ses 
écrits pour que sa réputation ne demeure pas inférieure 
à son mérite \ infiniment éloigné d'une vertu âpre et 
tendue comme celle des stoïques, mais homme d'une 
perfection intime et sans effort, qui échappait^ l'admi- 
ration par sa continuité même *, homme véritablement 
modèle , qu^l est plus facile de regretter que d'imiter, 
et qu'on ne pourrait louer dignement toutefois qu'en 
suivant de loin ses traces et en tachant s'il se peut de lui 
ressembler ^. 

Th. Fo^set. 



* Mém, pour 1826, p. 271. 

^ Mém. pour 1829, p.. 32i. 

' Admiratione tepotius quant temporalibus laudibus et, 
si natura suppeditet , imitaiione decoremus. 

Tacit. de vit, Jul. Agric» 

Sed loDgè sequere et yestigia sempcr adora. 

Stat. 



(148) 
On nous saura gré de joindre à ctette nécrc^Qgi^ 
de M. Riambourg Tépilaphe qui a été grayée ^^v j^ 
tombe , et qui a été composée par l'un de nos confi^elï 
et de ses amis. 

HIC REQUIESCIT iy PJLCB DOMIKI 

JOÀITNES BÀPTISTA CLAXJDIUS RljiMBOURG , 

m REGIA DlVIONESSl XUDICIORUM GXJEU OLIM FRJESES, 

VIR iNstcnis 

RELIGIONE EUGA DEUH AG PlETATE EXIMIA , 
SINGULARI ERGA AMICOS FIDE , 
DOGTRINATAM IN DlVimS QUAM IN HUMANTS LITTERIS STTMMA, 
GRAVITATEET iEQUITATE IN^ERENDO MAGISTRATU CONSPIGUA, 
INCONGUSSA IN PURLICIS PROCELLIS 
ANIMI FORTITUDINE ET CONSTANTIA. 
PRIVATO OTIO REDDITUS, 
PHILOSOPHIE NEGNON THEOLOGIE STUDIIS 
MAGNAM SIBI PARAVIT SGIENTIE ATQUE INGENU LAUDIM 

QUAM FIRMAVERE 

PLURIMA HAUD PARUM COMMENDANDA SGRIPTA 

OB DEFENSIONEM CHRISTIANI DOGMATIS. 

NATUS ANNO 1776, DIE 24 JANUARII , 
OBUT DIE 16 APRILIS 1836. 



BERNARDA SIGATJLT CONJUX CARISSIMA 
HOC POLORIS ET AMORIS MONUMENTUM 

P. c. 



POESIE. 



CHASSE NOCTURNE 



ET 



PLAIINTES DE L'AMIRAL CHABOT 



9ra2>Uiim» i^UAme, 



Chaque nnit qui précède la fête de Noël on 

entend ramiral chasser dans tea forêts.. 

Tradition populaire. 

Chabot ent le malheur de se mêler enz intrigvea de 

Conr, et il en fat la victime. 

A. SÀVAGirBA. 

Il monrnt le i*' jnin 1543, par suite de rémotion 
^QB lui causa la sentence qui le déclarait innocent. 

Selon Bbartômb. 

Voy-le ey aller, Toy-le cy, va avant, voy-le cy 
par les portées, voy-le cy aller, il dit vray; il^bat 
l'eau le cerf, il bat Teau. 

LÀ yBlTBRIB SB lACQTES DY FOVILLOVZ, 
SBIGHBVB DV DICT LIET, GEBTIL-HOMliB 
D? PATS DB GASnVB BW POICTOY. 



^■, 



'.*_ 



*VÎ 



A minuit , Iors<{ue les té&èbres 
Jettent dt lears Toilea funèbres 



«VkDans cette pièoTy dont la fiirme est neoYe en France, Schiller 
Seul a abordé ce genre en Allempgue ( le JPondeur de clodke)^ il y a 



rf * 



il 



Les grandes ombres à nos bois ; 

Lorsque des Fidèles la voix ' * 

Du Christ célèbre la venue ; 

Quand la nei^eèlàfèrr^iBÛe . 

Donne son manteau virginal , 

Et que ie flambeau sépulcral 

De la lune au front blanc j s*è\èye 

Comme dans notre ame un doux rêve« 

A Pagny Tombre de ClMlbot/ ' 

En murmurant paraît bientôt. 



IL 



As-tu donc oublié , Valois , nos jeux d^Amboise y 
JNotre jeunesse heureuse y ensemble et si courtoise , 
Les coups de mon épée aux champs italiens ? 
Quoi! je gémis captif!... Ah! brise mes liens! 
Qvand de Bourbon trahit , je te restai fidèle , 
Aux douleurs de Madrid se retrempa mon zèle!... 
Mais y de ton amitié ,, toute ta Cour me haït 
Et pousse avec Satan la langue dePoyet.... 

IIL 

11 est minuit , la grande chasse 
De PAmiral dans le bois passe \ 



deux sujets : d'une part , selon la tradition , la Chasse noctuvae de 
rombre de PAmiral dans ses forêts jusqu'à la'mort du cerf; d'autre 
part, les Plaintes de Chabot dans- sa prison, jusqu'à sa délivrance 
qui fut promptement suivie de sa mort Ce morceau a été lu dans 1* 
fiéance publique de T Académie' de Dijon, le^a6 août i836. Lc^ 
fitrophes alternent , et ce que l'on pourrait appeler les deux actions y 
marchent sur deux rythmes diflférens , l'un rapide pour la chasse f 
Fai^tre grave pour l'histoire. 



(151 > 

Ecoutez les piqueurs crîer 
Et Fardente me^ute. aboyer. 
Tous les Teneurs à Tassemblée , 
Sous la haute yoùte étoilée , 
Ont fait au lire leurs rapports ; 
11 a diotsi le cerf dix-côrs j 
Sur jambe haut et bien càurahle, 
Qui promet chftsse délectable. 
••■ Oà "euténd. tieunir les chenaux , 
Vibrer les - cors et les échos ! . . . 

IV. 

O mon roi ! je te plains ! nux intrigues des femmes 
Tu livres ton palais ! Sais- tu pas que leurs âmes 
Sont des livres scellés ! Leur regard gracieux y 
Cest l'orage quVuinofioe iinbel éékîr des cieux. 
Tu pleures d'Orléans.. ..'Eh' bien! j'ai tû l'abîme 
Dans toute son horreUf!, ^ jH^i itf audit le crknè;... 
Ils ont... parle poison... brisé sonarenir!... 
Hélas! d'aToîrltop tu la mort doit me punir. 



V. 



Sur tes pa^'jeUeluKe jirûr^^ 
Veneur ^ «t ^oit. la i r^osée p 
Le cerf est, sncor loin d'ici . • •^. 
Non , iHH^ ,\Toy4e*Kiy>, T-i^y-le-cy ! 
Ton sage limier en silence 
Suit Verre et lamente s'élance.. •• 
La grande ombre de l'Amiral 
Court rapide... • On dirait Fingal 
Qiii glissfr à traTef s les «nages 

Et reTÂest^-ac bruit des'orage»,''^ 
Où sa gviiHde ame se forma , 
Revoir le palais de Selma. . 



( 152 ) 



VI. 



Mais, tu le sais, pour toi je donnerais ma TÎe^ 
Souviens-toi de ce bras qi|i frappait à Pavie !..• 
Au jour où ton courage égala ton malheur , 
Quand tu t'écrias : Tout est perdu fors l'honneur,,.. 
Tu succombas , mais grand comni^e un héros d'Homère ^ 
Dont la chute ébranlait sur son .axe la terre... • 
Au dur jeu des combats ^ Charles-Quint cette fois 
Fut bien heureux ^ car Dieu lui fit gagner deux rois. 



VII. 






L^ cor lointain des 'Teneurs tonne ^ 
Et toute la forêt résonne 
Au galop hardi des jChevaux. . 
Avec soin levez les défaux , 
Et toujours gardez bien le chatte i 
De ruse le cerf souvent change. 
Piqueurs ! piqueurs ! il gagne Peau y 
J'entends au loin bruir l'écho 
Des bords sinueux de la Saône \ 
Il fuit d'aval , l'onde bouillonne \ 
De nos limiers suivons les pas ; 
Quand il bat l'eau ^ le cerf est las. 

Vin. ' 

Moi) j'ai vu des grandeurs le néant et le vide ! 
J'ai vu courbé bieii bas le courtisan avide , 
Qui se redresse fier au jour de la douleur 9 
Et qui vient de son rire insulter au malheur l_ 



( J53; 
Maïs toi , François premier , ton ame est noble et belle ^ 
Et toujours Tinfortune eut de vrais droits sur elle. 
CheTalier par Bayard ! écoute le guerrier 
Qui jamais de Phonneur n^a perdu le sentier ! 



IX. 



Il suit le fil de VeaoK profonde ; 
Fasse , le . cerf $ passe , il bat Ponde f . 
Et des flots ne sortir^ pas 
S^il sent les. piqueurs sur ses pas* 
Il fuit la rive avec vitesse ; •••. « 
Remettez, les limiers, en laisse ; 
Alors trompé. , .timidement 
11 abordera lentement. 
Cachezrvous prés de la rivière , 
Piqùeurs ! et restez en arrière ^ 
Cav sur Imi-méme il reviendrait 
Et par les forts il s^enfuirait. 



X. 



«Ten tends qnelqu^un. . • On vient. . . Qui me parle de grâce ?. • • • 

Je ne crois plus quVn Dieu !... Devant lui tout sWface... 

Maïs écoutons... Combien le cacbot m^a vieilli !... 

Mes aens y tout émoussés , à peine ont recueilli 

De vagues bruits ! — Le Roi, Messieurs Le Roi s'a- 



vance! 



Us m'ont trompé , Cbabot !... L'ami de mon en&nce , 
Viens , oh ! viens sur mon cœur ! . . — Ab ! Sire, il est trop tard. 
Les pleurs hâtent l'instant du funèbre départ ! 



•.•• 



( 15* ) 



XL 



>••• 



R«tiron8-noii8 y faisons silence ^ 

Pour que le cerf de Peau s'élance < 

Sa force Tabandonne... Au bois 

A terre il tiendra les abois, •• 

Halali ! . • . découpiez ^ • . • alerte ! 

En pleurant il court à sa perte. ' 

Mels'pfed'à tdrre, fott piqùeur ^ 

Plonge ta dague jusquW cœur! 

Il tombe!..,ii est mort Tu. La grande ombre 

S'évanomt dans le bois sombre !..'• 

Tout bruit s'éteint dalas k fbifèt , ' 

Et la nuit reprend son sécfet.- 



, Ju^Es , J^ÀUTjET, 

• ( ' ' • ■•Il > ti*f < ■ • 



. I 



t; 155 ) 



•!••<;• <••♦! !• ••«■-.# t ,1 



LES DiÊtdt CfiïÈï^S dà;nois. 



» b : 



; --liMi.- 



I ••«■il.». 



Entre deux c1iien$ danois. né3 de la mème.m^re, 
La ressemblance était entière ; 
pans les taches de leurs manteaux ^ 
Dans leur allure et dans leur caractère • 

' • r • 

Rien qui fit distinguer ces Ménècnmes nouveaux. 
Mais en vain la nature • en mère' impartiale» 

Sans préférence avait doté 
Ces deux jumeaux ^ du sart ^influence fatale 

Détruisit (iette égalité. . , 

L^nn 9 commensal de l'opulence , 

Vivait au sein de ra}>on4ançe.} 
Chien de bonite maison^ ai| colJi^r argenté j 
11 bondissait devant le coursier de son maître 

Avec grâce et légèreté ; 
Son poil luisant , son œil plein de vivacité 
Et ses flancs arrondis annonçaient le bien-être ^ 

Et la vigueur et la santé. 

L'autre , sans maître, sans asile , 
Errait à l'abandon au milieu de la ville $ 

Comme l'Arabe du désert , 

Il ne vivait que de rapine 
Et cherchait son dîner de cuisine en cuisine ^ 

Dans 1» premier logis ouvert. 



( 156) 

A de fôclieiises aventures 
Ce métier i^exposait \ les pierres ^ les bâtons , 

Des chiens du logis les morsures ^ 
Lui faisaient payer cKer les moindres' rogatons. 
Les marmots da pays^ turbulente cobue, 

Le harcelaient tous à Tenvi. 
Sanglant , couvert de boue , il fuyait dans la rue , 

Par de vils roquets poursuivi. 

Un Jour ce malheureni^ nomade 
Rencontre son jumeau qui lui dit : Camarade , 
Comme te voilà fait ! n'es-tu donc pas honteux 

De traîner bassement ta vie 

Dans cet excès d'ignominie ? 
D'être à la fois poltron ^ voleur et paresseux t 

Ami , lui dit alors son frère ^ 

Un peu moins de sévérité , 

Et nVccablepas ma misère 

Du haut de ta prospérité. 

Favori d'un grand de là yàle. 
Habitant son palais , admis à ses repas , 
Tu n'es point vagabond et ne dérobes pas. 
Caressé , bien choyé , tu te montres docile y 

Fidèle ^ sobre et généreux. 
De combien de vertus la pratique est facile , 

Mon ft^re ^ quand on est heureux ! 

. . Par ]VI. B&£S8i£&. 



C ^^'^ ) 



GLOIRE A, DIEU , PAIX AUX HOMMES. 



MÉDITATION POÉTIQUE 

QUI À BBMPOrré LS PBIX DB POisn DSCIBHé PAB L'ÀCAOilIIE 
DABS 8À SBABCB PCBUQUB 9^ii6 AOCT lâ36. 

PAB M* ACCUBSB AMJXf . » 
A POBT-8AIBT-B8PBIT ( CAAD ). 



Non nolrif, Domiiw , non nobU , std nooiâm 
tno ds gloriam. Ps. cxiii. 



I. 



Vous aves tout créé d^une seule parole ^ 

Le soleil est votre auréole ; 
La gloire vous entoure ainsi qu^un vêtement y 

O Seigneur I et vos mains divines , 

Comme une tente des collines j 

Ont élevé le firmament. 

Gloire à vous ! car c^est vous qui formez les orages ; 
Vous prenez votre essor sur le flanc des nuages ^ 
Et sur Paile des vents vous traversez les airs^ 
Votre souffle a créé ces messagers fidèles 
Qui franchissent du ciel les voûtes éternelles ^ 
Plus prompts que les éclairs. 

La terre , à votre voix y s'élança dans l'espace ; 
Vous l'avez affermie , et l'abyme l'embrasse 



(158) 

Comme un vaste réseaa ; 
Vous élevez les monts, vous courbez la vallée ^ 
E^ l'onde de la nue ) en torrent éconUe ^ 

Roule au flanc du coteau. 

Vous guidez , au vallon , la fontaine limpide ; 
Et Tonagre sauvage , et le chevreuil timide 

S'abreuvent dnÊM ses flots ; 
Sur ses humides bords Toiseau du ciel habite , 
11 chante sous l'ombrage , et c^est là qu'il abrite 

Ses petits frais éclos. 

Vos mains dans nos vergers répandent l'abondance ] 
Vous élevez le cèdre, et dans son ombre immense 

La cigogne a son nid ; 
Superbe de vos dons , la terre vous adore , 
Et dans ses mille voix du soir et de l'aurore | 

C'est vous qu'elle bénit. 



n. 



Votre nom même est un mystère ! 
Gloire à vous! gloire à vous ! vous êtes le seul grand! 
Toute gloire ici-bas passe et tombe éphémère \ 

Loin de vous la joie est amère , 

Et l'espérance est le néant ! 
Gloire à vous ! car c'est vous , Dieu que la terre adore ^ 
Qui donnez à la lyre une corde sonore y 

A l'homme un cœur pour vous bénir ; 
Gloire à vous ! je commence une hymne sur ma lyre; 
Elle n'a dit que^ vous depuis qu'elle soupire j 

C'est par vous qu'elle veut finir! 



m. 



Combien s^étaienl promu. osa gloiraimm^irlelle! 
Combien avaient bftti dos BabeU en ces lient ! 

Et , combien dans lenVitempkirâjf^ . j 

Ayaient dit i Nous AO]iiA»QS.d«s>^Piefuzi ! 
Puis ils sont morts, et lM|b^<iQifidèie,.<j 
Comète vagabond, a.délaitipiRNrs cieuxl 
Comme Inès dans la tomb^ un moipent cQuronnée , 
Ils ont mis sur lenr front nn glorieux bandeau \ 

Mais leur guirlande s^estfaii|éi» 

Sur la pierre de leur tombea«. 



Ainsi sur la tenré tout passe! 
Le temps nous détnwfc tour à toror; 
Là j chaque ruine a sa place ^ 
Et ohaqne béros a son jour. 
Le voyageur triste s'égare 
Sur les murs gisans de Mégare, 
D'Athènes ou d'Herculanum ^ 
Sur les débris de tant de gloire. 
Le pâtre sifBe , et sa mémoire 
En garde à peine Fancien nom. 

Sur la tombe vide d'Achille 

On doute si Troye exista y 

Les Dieux sont morts , et le reptile. 

Rampe sur l'autel de Vesta. 

Un jour, égaré dans sa route , 

L'étranger cherchera , sans doute y 

Où s'élevait Rome autrefois, 

Et sur la plage qu'il contemj^e 

Les échos seuls d'un ancien teQipie 

Au loin répondront à sa voix^ 



À 



(160j 

Danft le désert , les pyramiJef | 
Ces vieux témoins de nos efForts j 
Sont d'immenses sépulcres vides 
Qvi n^ont'pu protéger leurs morts; 
Bt dans la n^uit des catacombes , 
L'œil ne toit , en<ant sur des tombes ^ 
Qiie la pondre di» «us passés, 
Des blatout vH^ eh ruine, 
L'épitapke gn^ie on latine 
Dont les mots tout presque efiacés. 

Un géant apparut naguère; 

Après un déluge de sang, 

A tous les rois il fait la guerre, 

Et vainqueur s'assied dans leur i:ang; 

Dans le creux de sa main profonde , 

Il contînt les destins du monde 

Doiit il devait briser les fers ! 

Trahi deux fois , deux fois il tombe , 

Et sa gloire n^a qu'une tombe 

Que souille l'écume des mers. 

Ainsi la gloire est un mensonge 
Ici- bas où tout doit mourir , 
Yain rêve que la nuit prolonge , 
Fantôme que l'on croit saisir , 
Qui vous remplit le cœur d^ivresse. 
Qui vous étreint et vous oppresse 
Et qui vous échappe au réveil ! 
C'est le flambeau des nuits funèbres 
Qui ne luit que dans les ténèbres 
Et s'éclipse aux feux du soleil • 

Oh! dans cet exil où nous sommes. 
Seigneur ! la paix , la paix à nous ! 
Donnez la paix au cœur des hommes 



( 161 ) 

Et gardez la gloire pour tous! 

La gloire à yous , grandeur suprême y 

Car TOUS derez tout à Yous-même ; 

Mais mettez la paix dans mon cœur^ 

Cette paix qui vit d^espérance 

Et qui même ici- bas commence \ 

Une éternité de bonkenr» 

Dans ce désert , aride pleine ^ 

Montrez-moi donc .quelque Oasis ^ 

Une ombre au bord de. la fontaine 

Où le pèlerin rêve assis; 

Où Tame fidèle qui pense , 

A son gré mène et recommence 

Ses rêves d^amour ou d^espoir $ 

Où le poète qui soupire 

Trouve quelque écho pour sa lyre j 

Un banc de gazon pour s^asseoir. 

Ok ! montrez-moi quelque retraite 
Où Ton vous adore à genoux ; 
Où , dans une langue secrète , 
Les cœurs conversent avec vous ; 
Où rinspiration divine, 
Dans notre cœur qu'elle illumine j 
Coule comme un fleuve de miel; 
Où jamais la poussière immonde. 
Que soulèvent les pas du monde , 
^e voile Tazur de mon ciel. 

Là 9 seul , connu de quelques sages , 
L'on ne me verrait plus le soir, 
Dans nos politiques messages 
Puiser ma crainte ou mon espoir ; 
M'enquérir , dans ma vie amère , 
Qui , d^iJ^téocle ou de son frère y 

IX 



(16Î) 

Règne au trône de Portugal ; 
Si les Yolcans jettent des iayes ^ 
Si les peuples passent esclaves 
On s'ils brisent un joiig royal. 

Jamais dans Tarène publique 
Je n'irais plus battre des mains 
Et souiller mâbUnclie tunique 
Dans l'onde impure des chemins $ 
Mendier au monde qui passe 
Dans son souvenir une place ^ 
L'obole de gloire à genoux ; 
Cueillir un laurier dans la fiinge !! 
Non ! à Dieu seul gloire et louange y 
Gloire à Dieu seul et paix à nous ! 



Gloire à vous ! car c^est vous ^ Dieu que la terre adore j 
Qui donnez à la lyre une corde sonore , 

A l'homme un cœur pour vous bénir ; 
Par vous j'ai commencé cette hymne sur ma lyre \ 
Elle n'a dit que vous depuis qu'elle soupire | 

C'est par vous qu''elle veut finir ! 



LISTE 

DES IfflllBRES DE L^AGADÉMIE DES SCIENCES , ABTS 
ET BELLES-LETTRES DE DIJON , 

POUR l'anhée i836. 



BUREAU. 

Président, M- Antoine. 

Vice^P résident y M, Peignot. 

Secrétaire y M. Pinoeon. 

Secrétaire- Adjoint y M. Jules Pautet* 

Bibliothécaire y M. Pingeon. 

Bibliothécaire- Adjoint , M. Jnlei Pautet. 

Garde des médailles et antiquités y M. FEYEETDEST.-MiMiN. 

Conservateur des collections d'Hist. naturelle. M., Antoine. 

Trésorier, M. Tilloy. 

CONSEIL D'ADMINISTRATION. 

Président, M. Antoine. 
M. Feyret de Saint-Memin. 
M. Bressier. 
M. Frantin aîné. 
Secrétaire, M. Toussaint. 

COMMISSION ANNUELLE D'AGRICULTURE ET 

D'INDUSTRIE , 

roRKéx DAirs lk ssin de L'icADémi. 

M. TiixoY. 

M. MORLAND. 

M. SENi. 

M. Pautet (Jules.) 

COMMISSION PERMANENTE DES ANTIQUITÉS , 

FoaMÉs dahs le ssie os l'académie. 
Président, M. Baudot. 



(164) 

M. DE ChARREY. 

M. FevrET DR SAINT-MiMIK. 

M. Peignot. 

Secrétaire, M. J. Pautet. 

ACADÉMICIENS HONORAIRES RÉSIDANS. 

M. Ranfer , baron de Bretenière (OIK^) conseiller 

d^état) premier président de la Cour royale. a4 Jonvkr 

1816. 
M. le clievalier de Berbis ^^ ancien député de la C6te- 

d'Or. m Aïai iS!i2, 
M. Chaper (A.) ^ y préfet de la Côte-d'Or. a6 Décembre 

i832. 

ACADÉMICIENS HONORAIRES RÉGNICOLES. 

M. le comte de Tocqueyille (OlK^)y commandeur de 
Tordre du Mérite civil , dît de la couronne de Bavière , 
de Tordre de TAigle rouge de Prusse , de seconde classe; 
ancien préfet de laCôte-d'Or. 6 Mars 1816. 

ACADÉMICIENS HONORAIRES ÉTRANGERS. 

S. A. R. le prince Auguste-Frédéric d'Angleterre ^ 

DUC DE SUSSEX, à Londres. i3 Mai 1818. 
Lord HoLLAND ) Pair d'Angleterre, à Londres. 6 Jlfa/.i8i8. 

ACADÉMICIENS RÉSIDANS. 

M. Antoine , docteur en médecine , agrégé au ci-devant 
Collège de médecine de Dijon , ancien médecin des hôpi- 
taux civil et militaire de la même ville , professeur et di- 
recteur de Técole secondaire de médecine , membre corres- 
pondant de l'Académie royale de médecine et de la Société 
des arts et agriculture de i'Arriège , etc. ; l'an des fon- 
dateurs de la Société médicale de Dijon. (Cl. des Sciences). 
21 Décembre 1786. 

M. Vallot, docteur en médecine, professeur-adjoint d'his»- 
toire naturelle à la Faculté dea sciences de l'Académie 



C 166 ) 

royale de Dijon ; médecin titulaire du Grand-Hôpital ; 
professeur à Pécole secondaire de médecine , et de bota- 
nique an Jardin des Plantes; membre de la commission 
départementale des antiquités de la Gôte-d^Or , corres- 
pondant de la Société royale et centrale d^agriculture de 
Paris 9 et de l'Académie rayale de médecine de la tnéme 
. Tille 9 membre de plusieurs autres Sociétés savantè^'^ na* 
tionales et étrangères. ( Cl. des Sciences ). 26 Jaiiifier 
1792. 

M. MoRLAKD, docteur en médecine , professeur d'histoire 
naturelle à la Faculté des sciences , et de botanique au 
Jardin des Plantes ; professeur à l'école séékmdaire de 
médecine. ( Cl. des Sciences et Cl. des Belles -Lettres }. 
3o Novembre 1798. 

M. le comte Charbonnel (C. V)^ (G. 4b), lieutenant 
général des armées du Roi , inspecteur-général d'artillerie. 
( Cl. des Sciences ). 21 Avril i8o3. 

M. Berthot *, inspecteur-général de l'Université de 
France , recteur de l'Académie royale de Dijon , doyen de 
la Faculté des sciences , professeur de mathémati^Ms à 
la même Faculté. ( Cl. des Sciences ). 7 Juillet i8o3. 

M. F ROT AT, docteur en médecine, ancien chirurgien major 
et médecin en chef dans les hôpltkux -tidilitaires et aun 
armées; membre de l'ancienne société de médecine' de 
Paris, des sociétés de médecine de Lyonî, Strasbourg, 
Nancy, etc. ( Cl. des Sciences et Cl. dès Belles-Lettres ). 
7 Juillet \^ob. •.;■''-■ 

M. Deyosge , directeur de l'école des B^eaux-Arts et pro- 
fesseur de peinture à la même école , membre de la com- 
mission départementale des antiquités de la Côte-d'Of» 
( Cl. des Beaux- Arts ). 1 1 Mars i8o6. 

M. Proudhon ( ^ ) , ancien bâtonnier -de l'ordre des avo- 
cats , doyen et professeur de la Faculté de Droit. (<^1. des 
Belles-Lettres). \j Juin 1807. \ . . ..'. 

M* Peignot (Gabriel), inspecteur de l'Académie royale 



( 166 ) 

de Dijon , ancien bibliothécaire de la Hante-Saône ; etc. 
(Cl. des Belles-Lettres). 8 Décembre iSiS. 

M. Gu^NEAv d'Aumont y secrétaire de la Faculté des 
sciences, professeur de physique à la même Faculté et au 
Collège royal ; membre de l'Académie de Nancy. ( Cl. des 

. Sciepces et Cl. des Belles-Lettres )• 24 Janvier 181 6. 

M. Nault , ( O. * ) , ancien procureur-général à la Cour 
royale. ( Cl. des Belles-Lettres }. ai Février 181 6. 

M. Grasset , propriétaire, membre correspondant du con- 
seil supérieur d'agriculture près le ministère de rintérienr. 
( CL des Sciences )• 3o Décembre 1818. 

|A. pERj^iy^T DE CHAaaETi propriétaire. (Cl. des Belles- 
Lettres et Cl. des Beaux- Arts ). 8 Mai i&aa* 

JVA. TiLLOY, pharmacien, membre du Jury médical du dé- 
partement de la Cd te- d'Or. (Cl. des Sciences). 3 Juillet 
182a. 

M. LoRAiN , avocat à la Cour royale, professeur à la Faculté 
de Droit. ( Cl. des Belles-Lettres ). a4 Juillet i8aa. 

M. Saloues , docteur en médecine. ( Cl. des Sciences )• 24 
Juillet 1 8aa« 

M.. SsN£ , docteur en médecine , professeur de chimie à la 
Faculté des sciences. ( Ci. des Sciences ). 7 Août 1 822. 

M. Baudot, juge honoraire au Tribunal de première ins- 
tance, membre de la Commission départementale des 
antiquités de la Côte-d'Or, de la Société royale des an- 
tiquaires de France, de la société d'émulation du Jura, 
etc. ( CL des Belles-Lettres). 28 Janvier 1824. 

M. Toussaint, conservateur de la Bibliothèque publique 
de la ville de Dijon. (Cl. des Belles -Lettres) . 1 9 Mai 1 824* 

M. Baessier 4^ , directeur de l'enregistrement et des 
domaines, membre de la Commission départementale des 
antiquités de la Côte-d'Or. ( Cl. des Belles-Lettres )• 3 
Décembre 1824. 

M. Feyret de Saint-Memin, conservateur du Musée, 
membre de la Commission départementale des antiquités 



( 167 ) 

de la Côte-d'Or , corresjpondant dé PAcadémie des Beaux- 
Arts de rinstitut , correspondant de la société d^ému- 
lation du Jura. (CI* des Beaux- Arts). ^^ Décembre 1824* 

M. Frantik ataé, ( CL des Belles-Lettres ). ^4 ^^ i8a6. 

M. PiNGEON ) docteur en médecine , membre de la Commis- 
sion départementale des antiquités de la C6te-d^Or, l'ua 
des fondateurs de la société médicale de Dijon , médecin 
des épidémies de Tarrondissement de Dijon ^ corres- 
pondant de TAcadémie royale de médecine ^ du cercle 
médical de Paris , de la société royale de médecine de 
Bordeaux , de la société de médecine de Lyon, de la socié-* 
té royale de médecine, chirurgie et pharmacie de Tou- 
louse , de la société médicale de Bruxelles, de lasociété 
médico-chirurgicale de Berlin , de la sckclété dé méde- 
cine de Leipsig ] des Académies de Lyon et dm Rouen ^ 
de la société des sciences, agriculture et arts du Baa* 
Hhin, de la société d'émulation du Jura , etc. ( CL des 
Sciences). 10 Décembre 1828. 

M. Dàrbois, professeur de sculpture à Técale spéciale des 
Beaux- Art s. (Cl. des Beaux- Arts). i4 Décembre i83i« 

M. Stiétenart ( J.-S. ), professeur de littérature grecque 
à la Faculté de Dijon. ( CL des Belles-Lettrea )• i4 J^o9. 
i832. 

M. Paul ( Jean-Charles ) , officier d'Administration de U 
marine en retraite , ancien sous-chef au ministère de la 
' marine , chef de la division du secrétariat de la préfecture 
de laC6te-d'Or, membre de la Commission départe- 
mentale des antiquités. (Cl. des Belles- Lettres ).i 4 ^o* 
vembre i832. 

M. Pautbt ( Jules ), homme de lettres, membre de la 
Commission départementale des antiquités de la Câte- 
d'Or. ( Cl. des Belles-Lettres ),i6 Janvier i833. 

M. L. NaocT, géologue, conservateur du Musée d'kiltoire 
naturelle, membre de la Commission départementale des 
antiquités de la Côte-d'Or . 1 o Juillet 1 833. 



( 168 ) 

ACADÉMICIENS NON RÉSIDANS. 

M. Adelon , docteur en médecine , professeur à la Facnlté 

• de médecine de Paris , membre titulaire de l'Académie de 
médecine 9 à Paris, i»' Décembre i824. 

M. Ancelot é , membre de l'Académie fi-ançaise , à Paris. 
26 Décembre 1821. 

M. le marquis îd'Arbaud-Jouques # (O* ♦), décoré de 
la plaque de l'Ordre de Charles III d'Espagne , conseiller 
d'Etat y ancien préfet dé la C6te-d'Or , à Aîx. 7 Mars 1 8a3 . 

M. Artur, professeur de phpique à 3i Décembre 

1834. 

M. Ch* Babbage, de la Société royale de Londres et de 
celle d'Edimbourg , secrétaire de la Société astronomique 
de Londres, etc., à Londres, 7 Aoât i82>. 

M. le duc de Bassano ( G. C. 4^ ) , grand'croix de l'Ordre 
de Saint-Etienne de Hongrie , grand^croix de l'Ordre de 
la Fidélité de Bade, etc. ; ancien ministre - secrétaire 
d'État , pair de France , à Paris. ^ 

M. Bastard , ancien professeur de Botanique y à Ckâlonnes 

prés d'Angers. s4 •^'^^'^^'' *S*^' 
'M. B0NAPOUS, directeur du jardin botanique, à Turm. 14 

Décembre i83i. 

M. BoLLUT Grillet , docteur médecin, àDôle. 9 Décembre 
i835. 

M. BouRjÊE, docteur en médecine, président du Comité dé 
salubrité de Châtillon-sur-Seine, correspondant de la So- 
ciété royale des antiquaires de France , à Châtillon. 18 
Juillet i832. 

M. Breghot du Lut, conseiller à la Cour royale de Lyon , 
membre de l'Académie royale des sciences , belles-lettres 
et arts de Lyon , etc. , à Lyon. 8 Décembre 1824» 

M. Brifaut , membre de l'Académie française, à Paris. 16 
Mars 1825. 

S. S. le duc HZ Brissac, (C. ^), pair de France, ancien 



( 169 ) 

- préfet du département de la C6te-d^0r, à Paris. a4 J^^ 
1812. 

M. le cheyalier Caitcht (O. W }, officier non commandevr 
de Tordre du Saint-Esprit , garde àe% archtres de cet Or- 
dre j etc. 9 à Paris. %i^Juin 1812. 

M. le comte Maxime de Choiseul-p^Aii.lecourt i^^ mem- 
bre de rinstitut , ancien préfet de la Côte-d^Or, à Paris. 
"ili Septembre \^\ S. .1 . .. 

M. Colin , professeur de chimie à l'Ecole royale militaire 
de Saint-Cyr , à Saint-Cyr. 1 2 Avril 1 820. 

M. CosTE , de r Académie royale des. sciences 9 belles-lettres 
et arts de Besançon. 26 Juillet 1809. 

M. CaAPELET, imprimeur à Paris. i3 Juillet i836. 

M. Delcros ^ , capitaine de première classe au corps royal 
des ingénieurs géographes , employé aux opérations de ht 
carte de France ^ à Paris. 29 Novembre 1820. 

yip DESFONTAiMsa 4jt 9 membre de Plnstitut ( Académie des 
sciences), professeur de botanique au jardin du Roi , à 
Paris. 3 Juillet 1 798* 

M. le baron des Gbnettes (€. ^) , médecin en chef des 
armées , membre du conseil de santé au ministère de la 
guerre , à Paris. 14 Mars 1 8 1 o* 

M. FofssETy juge au Tribunal de première instance, à 
Beaune. 28 Juin 1 820- 

JVI. Frsmiet-Monnier , greffier en chef des Etats du Hai- 
naut, à Mons. 4 Mai i8o5. 

M. Genissbt, secrétaire perpétuel de PAcadémie de Be- 
sançon. 24 Février i83o. 

M. Girard de Caudemberg, ingénieur des ponts et chaus- 
sées, àSaint-Malo. 16 Décembre 1829. 

M. Greffo, YÎcaire-général de Belley. 'h Juin i835. 

M. Guillaume, juge au Tribunal de première instance de 
Besançon , etc. , à Besançon. 22 Mars 1 820* 

M. Hecker , professeur de médecine à FUniversité de Ber- 
lin. 27 Avril i836. 



( 170 ; 

Sir Herschel (J.-Fr.-W.)» àe la Société royale de Lon« 
dres, etc. , à Londres. 7 jéoât 1822. 

M. Hetfeldrr, premier médecin de la régence de Sigma* 
ringen , en Sonabe. 10 Juin i835. 

M. Hubert , inspecteur de TAcadémie UniTersitaire d^A- 
miens. 5 Mars i834« 

M. le cheyalier Huzaro 4b ^ cKevalier de Pordre de Saint- 
Michel 9 membre de rinstitut, etc« ^ à Paris. 22 Aoâi 
1798. 

M. Jacotot, ancien professeur de littérature à l^niversité 
de Lourain , à Lille. 2)1 Août 1 798. 

M. Labouderie (IVbbé de), TÎcaire général d^ Avignon ^ 
membre de la Société des bibliophiles y à Paris. 20 Açril 
i83i. 

M. Auguste de Labouïsse , homme de lettres , à Castel- 
naudary. ^6 Mai 1824* 

M. DE Lasalette #, maréchal-de«camp d'artillerie , \ 
Grenoble, i^r ^a/y i8i5. 

M. Legrand # (G. ^)y décoré de direra ordres étrangers, 
maréchal- de-camp du génie en retraite, à Yosne près 
Nuits. 28 Novembre i8o4* 

M. le chevalier Lenoir 4i^, administrateur des monnmens 
de Féglise royale de Saint'Denis , à Paris. 2 jDécembn. 
1818. 

M. le comte Le Peletier de SAiNT*FARGEAtr , à Paris, 8 
AvrH 1829. 

M. LoRET ^, docteur en médecine , ancien chirurgien- ma- 
jor , membre de la Société médicale de Paris , de celle 
d'Histoire naturelle de Paris, des Sociétés linnéennes 
de Bordeaux , de Lyon , correspondant du Muséum d'His- 
toire naturelle de Paris. 26 Mai i83i. 
M. Maillard de Chambure, avocat à Semur. 3o Dé^ 

cembre 1825. 
M. Malo (Charles), homme de lettres, membre des Aca- 
démies de Lyon, Rouen, Bordeaux, Toulouse, Mar- 



( 171 ) 

seil le, directeur de la France Littéraire, à Paris* iS 

Juillet 1827. 
M. Marchant, docteur en médecine, membre de PAca*- 

démie royale des sciences , belles-lettres et arts de Besan- 
çon. ^Février 1800. 
M. Martin , docteur en médecine , ancien président de 

PAcadémie de Lyon, à Paris. 19 Février 1812. 
M. Massom-Four , ancien pharmacien, à Paris* 12. Ainil 

1809. 
M. Masuter , agrégé au ci-devant Collège de médecine de 

Dijon, professeur de chimie médicale à la Faculté de mé- 
decine de Strasbourg. 23 Décembre j 784* 
M. MoLLEVAUT , membre de lUnstitut, etc., à Issy, prêt 

Paris. 
M. MoNNiBR , membre de la Société royale des antiquaires 

de France , à Lons-le -Saunier. 9 Juillet i834* 
M. DR MoNTMETAN (Isidore), secrétaire de TAcadémiedes 
. sciences , agriculture , lettres et arts d'Aix , à Aix. 23 

jivril 1828. 
M. Nodier (Charles), conservateur de la Bibliothèque de 

Parsenal de Paris. 27 Décembre 1826. 
M. PAILX.ET , (de Plombières -lès-Dijon), homme de lettres, 

à Paris. 7 Mai i834« 
M. Par&es (Sam. ) , membre de Tlnstitut royal de lalGrande- 

Bretagne , etc. , à Londres. 24 Juillet 1822. 
M. Passy , géologue , préfet de TEure , à Evreux* i»' Juillet 

i835, 
M. PiRicAUD, bibliothécaire de la ville de Lyon, membre 

de TAcadémie royale des sciences , belles-lettres et arts 

et du Cercle littéraire de -Lyon , à Lyon. 4 Mai 1825. 
M. Persoon, naturaliste, à Paris. 3 Décembre 1823. 
M. PiHAN DE LA FoREST, homme.de lettres, à Paris* 3 Jum 

1&35. 
M. Planche , pharmacien , membre titulaire de PAjcadémie 

royale de médecine , à Paris. 24 Février i8x3» 



( 172) 
M. Pommer, professent à la Faculté de médecine de Zurich. 

24 Juin i835. 
M. PuTis , membre du Conseil général du département de 

TAin, à Cuiseaux. 25 Mai i83i • 
M. QuATREMiRE DE QuiNCY (O. 4^ ) , cHevalier de l'Ordre 

de Saint-Michel , membre de Plnstitut , etc. à Paris. 8 

Août 1821. 
M. RoLLE , ancien bibliothécaire de la yille de Paris. 2 

Mars 1825. 
M. Seguier (O. # ), ancien préfet de la C6te-d*Or , préfet 

du département de rOrney à St.-Brisson par Gien (Loiret). 

12 Juin 1822. 
M. SiTREMAiK DE MfssERT, ancien ofBcier au corps royal 

d'artillerie , etc. , à Beaune. 23 Juillet 1789. 
M. le chevalier Tessier #, cheralier de l'Ordre de Saint - 

Michel, membre de l'Institut, inspecteur général des 

bergeries de l'Etat , etc. , à Paris. 3 Juillet 1798* 
M. Trijébaut de Bernàavd , sons-bibliothécaire à la Bi- 
bliothèque Mazarine , à Paris. 4 Janvier 181 5. 
M. Trayisini, ancien maître de chapelle à la cathédrale de 

Dijon, à Tours. i^Juin 1809. 
M. Van-Mons, professeur de chimie, à l'Université de 

Louvain. 18 Janvier i^o^. 
"M., Yaucher, ministre du saint Evangile et professeur de 

botanique à Genève , membre correspondant de l'In&titut. 

6 Décembre iSog, 
M. DE Villeneuve ( François), homme de lettres, à Nancy. 

2 Mai 1827. ' * 

ASSOCIÉS CORRESPONDANS. 

M. AïKiN ( Arthur ) , membre de la Société linnéenne, 
secrétaire de la Société pour l'encouragement des arts , 
manufactures et commerce de Londres, à Londres. 18 
Mai 1818. 



( î7S ; 

M* AiAssoN DE Grandsagne 9 directeur de la Bibliothèque 

populaire, à Paris. 26 Juin i833. 
M. Arnaud Taîné , docteur en médecine y au Puy. i«r Avril 

1818. 
M. Artaud , ancien directeur du Musée , à Lyon* j3 «Tait- 

vier i8o8. 
JV1. Audibert-Caille , docteur en médecine, à BrignoleS) 

département du Yar. 28 Juin 1809. 
M. Bard (Joseph } , de la Société royale des antiquaires de 

France 9 à Chorey , près Beaune. 1 1 Juillet i832. 
M. Barrau 9 principal du collège de Chaumont. 19 Dé- 
cembre 1827. 
M. Barrais y homme de lettres et Juge de paix , à Paray- 

le-Monial (Saône-et-Loire.) 28 Mai i834* 
M. Beocn y docteur en médecine , membre de plusieurs Aca- 
démies ) à Metz. 
M. Berriat-Saint-Prix, professeur à la Faculté de droit 

de Paris. i«r Jlfai 1811. 
M. B0MIER, professeur de langues anciennes , à Dijon. 25 

Avril i83o. 
M. Boucharlat, ancien professeur aux écoles militaires et 

à PAthénée de Paris , etc. , à Paris. 5 Juillet 1820. 
M. BouLLÉE , ancien magistrat, à Mâcon , résidant à Lyon. 

\^^ Août i832. 
M. Brugnatelli , professeur d^histoire naturelle, à Payie. 

29 Novembre 1820. 
M. Beurard, ancien ingénieur des mines du Palatinat, etc. > 

à Paris. 18 Novembre 1802. 
M. R. Chalon , président de là Société des Bibliophiles 

de Mons. 3i Août i836. 
M. le baron de CHAPUTS-MoNTi.AyiLi.E , à Mâcon. x^Jan^ 

vier i83o. 
M. Chasle de Latouche, des Académies des sciences, 

arts et belles-lettres de Mâcon et Lyon , des Sociétés 

royale académique de Nantes , littéraire de Lyon , d^é- 



(174) 

mnlation dé Bonrg , philomatîque de Vannes , d'agricul- 
ture et des arts de TArriège y à Belle-Isle-en-mer. 26 Mai 

1824* 
M. C0GHARD9 avocat, membre de TAcadémie de Lyon, à 

Lyon. ^Janvier i8a8. 
M. C0LBT9 esq. 9 membre de la Société royale , capitaine 

royal des ingénieurs 9 à Edimbourg. 18 Alai 1818. 
M. CoLLARD DE Mautignt , docteur en médecine, à Mi* 

recourt. Mai 1828. 
M. CoLLTEii, membre de la Société pbilosopbîque, à Lon- 
^ dres. 28 Janvier 181 8. 
M. CoLSON , cbirurgien de PHôtel-Dieu de Noyon. 23 Jan^ ' 

vier 1 828. 
M. CuRWEN, esq. , membre du Parlement d^Angleterre, 

président de la Société d'agriculture à Workington. 18 

Mai 1818. 
M. d'Ayezac db Cast^ra de Macata, membre de la 

Société asiatique, à Paris. 29 Juillet 1829. 
M. DE Latané de Putfoucault, au château de Chanteau 

parSaulieu, Côte-d'Or. 11 Mai i83o. 
M. Deluc, (J.-^. ), à Genève. i\Juin 1818. 
M. Demesmat , homme de lettres , à Besançon. 28 Dé* 

cembre 1 83 1 . 
M. DisoRMES-DupLEssis, manufacturier à Verberie. x^Juiii 

i8oo. 
M. Despine fils, médecin, à Aix en Savoie. 23 Mars 

i836. 
M. Devillt (L. ), membre de plusieurs Sociétés savantes, 

à Metz. 7,^ Janvier 1822. 
M. le baron d'Hombres-Firmas, à Alais. S Mai i83o. 
M. DoDWEL, à Londres. 14 Janvier 1818. 
M. DoNNET (Alexis) , ingénieur géographe, à Paris, lû 

Août 1825. 
M« DucH&sNfi, docteur en médecine , à Paris. 21 Août 1 833' 



( 175 ) 

M. DuRAMBX #9 membre du conseil général ^des mines, etc.^ 
à Paris, i^ Novembre i8oa. 

M. DuRET , doctear en médecine , à Nuits. ^5 Mai i83i. 

M. Brnest Falconnet, à Lyon. a3 Mars i836. 

M. Fix>vK DB Saint-Genis, à la Rochelle. 25 Afoi i83r. 

M. Aag. Gauthier, médecin de T Antiquaille, à Lyon. 28 
Aîars i832. 

M. Gintrac , docteur en médecine , à Bordeaux. 1 9 Jan" 
vier i3^5m 

M. Goulet, architecte , à Paris. 22 Juillet i8o3. 

M. GoT, sculpteur, membre de Plnstitut, etc. 21 Juillet 
i8o3. 

M. Grateloup, naturaliste , à Bordeaux. 23 Mars i836. 

M. GaicoRT (Olinthus), membre de la Société philoso- 
phique de Londres , à Woolvich. 28 Janvier 1812. 

M. Grogmier, professeur à FEcole royale d^écouomie ru- 
rale vétérinaire de Lyon, etc. , à Lyon. 16 Mars 1821. 

M.GuiGNiAUT, professeur de littérature grecque, 4 Paris. 
4 Juin 1828. 

M. GuTETANT, docteur en médecine, secrétaire perpétuel 
de la Société d'émulation du Jura , à Paris. 23 Aoât 1826* 

M. DE Haldat , docteur en médecine , professeur de chi* 
mie , à Nancy. 23 Mai i6o4« 

M. Hazard-Mirault, secrétaire général de TAthénée des 
arts , etc. , à Paris. 27 Janvier 1819. 

M. Hubaud, de l'Académie de Marseille, à Marseille. 5 
Juillet ïb^o* 

M. Hurtrel d'Arboval, amateur de Fart yétérinaire, 
membre de plusieurs Sociétés nationales et étrangères, à 
Montreuil-sur-mer. i««" ilfi?' 1816. 
M. Jacquemyns, docteur en médecine, à Dadizeele, près 

Menin (Belgique). 26 Août 1829. 
M. Jobard, homme de lettres, ingénieur-lithographe, à 
Bruxelles. 18 Juillet i832. 



( 176 ) 

M. T. de JoLiMONT, ex -ingénieur, membre de l'Âcadémîe 

des sciences, belles-lettres et arts de Caen, de la Société 

libre d^émulation de Rouen , de celle des antiquaires de 

Normandie , etc. , à Dijon, i*^' Décembre i83o. 
M. KuHNHOLTz , bibliothécaire et membre de la faculté de 

médecine I à Montpellier. i4 Décembre i836. 
M. Lair ^ , conseiller de préfecture , secrétaire perpétuel 

de r Académie de Caen , à Caen. 19 Décembre 1827. 
M. Lamoureux ( Justin ) , substitut du procureur du Roi 

près le Tribunal de première instance , à Nancy. 24 'Août 

1808. 
M. Laurens, auteur de P Annuaire statistique du Donbs , à 

Resançon . 25 Mai 1 83 1 . 
M. LegeaV, professeur au collège royal de Lyon. 11 Mai 

i83i. 
M. Lemaistre ^, ancien inspecteur général des poudres 

et salpêtres , etc. , à S t. -Martin de la Lieue , près Lisieux 

(Calvados), i^ Novembre 1802. 
M. Lepeintre, homme de lettres, à Paris. 18 Juillet ib^j, 
M. Lévt , professeur de mathématiques, à Rouen. i3 Avril 
. i8ii5. 
M. LivT ( Michel ) , chirurgien major à Parmée du nord, 

membre de la Société des sciences , agriculture et arts du 

- Bas-Rhin. 26 iVbi'em^re 1834. 

M. Malle, professeur agrégé à la Faculté de médecine 

de Strasbourg. 5 Février i834* 
M. Matthey, secrétaire de la Société de médecine, à Généye. 

0.^ Mars 1820. 
M. MiGNERET , avocat , à Langres. 25 Mai i836. 
M. MoNGis, procureur du Roi, à Arcis-sur-Aube. 23 

Juillet 1834* 
M. M0NTFALCON, docteur en médecine, à Lyon. 16 Avril 

1823. 
M. deMoNTHEROT, homme de lettres, à Lyon* 9 Juillet 

^834. 



( 177 ) 

M. MoreAu (César), ancien Tice-consul de France en 
Angleterre } fondateur de TAcadémie de Tindustrie agri- 
cole y manufacturière et commerciale , membre de la 
Société royale de Londres, à Paris. 12 Novembre 1817*. 

M. MoREAu DE JoNNÂs ^, Correspondant deTInstitut, 
etc., à Paris. 26 Novembre 1817. 

M. MoRELOT, docteur en médecine, correspondant de la 
Société royale des antiquaires de France, etc., à Eguilly 
prèsPouilly-en-Montagne,arrond. deBeaune. ZAoâti^2,Sm 

JVl. MouRONTAL, membre de plusieurs Sociétés savantes 
àBapaume. 25 Mai i836. 

M. Nadaut-Buffon , Ingénieur des Ponts et Chaussées, à 
Chaumont. 7 McU 1 834* 

M. Naville , docteur en médecine , au Bourgneuf. 20 Août 
1823. 

M. NicoT, ancien chirurgien en chef de Thôpital Beaujon ^ 
à Paris. 3i Décembre i834. 

M. OuTiER , professeur à PEcole centrale des arts et manu- 
factures, à Paris. 24 Juin 1829. 

M. Opoxx, inspecteur des eaux minérale^, à Provins. 9 Avril 
1780. 

M. Parent, docteur en médecine , membre correspondant 
de la Société de médecine de Lyon , à Beaune. 28 Juillet 
i83o. 

M. Pasquier^ docteur en médecine, à Lyon. 23 Mars 
i836. 

M. Patris DE Breuil , homme de lettres, juge de paix^ 
à Troyes. 20 AvrU 1825. 

M. Perolle, professeur d'tfnatomie, à Grasse. 29 Juillet 

1792. 
M. Peschier, docteur en médecine, membre de plusieurs 

Sociétés savantes , à Genève. 10 Juin i835. 
M. Petit ( Edouard ) 4^ 9 docteur en médecine, correspon- 
dant de PAcadémie royale de médecine , à Corbeil. 1 9 
Août 1818. 

12 



( 178) 

M. Petitot, statuaire , à Paris. 23 Décembre i8o2. 

M. Pett/grew, de la société philosophique, à Londres. 
28 Janvier 1818. 

M. PicQUETy docteur en médecine, décoré de la grande 
médaille d^or du Mérite-Civil d'Autriche , etc. , à Saint- 
Claude, i^ Décembre 1^0^. "* 

M. PiERQUiK , docteur en médecine , à Versailles. 27 c/oa- 
vier i83o. 

M. Raymond, préfet et professeur de mathématiques spé- 
ciales au collège royal de Chambéry , etc. , à Chambéry. 
\j Juin 1807. 

M. RévoLAT ^^ docteur en médecine, médecin en chef de 
rhôpital des aliénés, à J^ordeaux. 16 Mars 1808. 

M. Ret, homme de lettres et manufacturier, à Paris. 9 
Juillet i834« 

M.Richard db la Prade, docteur en médecine, profes- 
seur de médecine clinique , à Lyon. 10 Août i8o8. 

M. RiCRBROLLE, professeur de rhétorique, à Avalon. 22 
Mars 1820. 

M. RiCROND DBS Er us , docteur en médecine, au Puy. i4 

Mai i834« 
ftf . Rousseau , docteur en médecine , chef des travaux ana- 

tomiques du Muséum d^histoire naturelle, à Paris. 4 

Juillet i832. 
M. Salverte (Eusèbe), membre de la Chambre des dé- 
putés , membre de Plnstitut de France , à Paris. 3 Août 

1801. 
M. Sarrasin, docteur en médecine, à Paris. 3o Juillet 

1828. 
M. SiLVESTRE *, secrétaire perpétuel de la Société royale 

et centrale d'agriculture , membre de PInstitut de France, 
" à Paris. 8 Janvier i8o3. 
Sir Sinclair (John), baronnet , fondateur de la Société 

d'agriculture déLondres, à Londres. 19 Août 1818. 



{179) 

M. SoTER-WiLLEMET, bibliothécaire en chef de la ville de 

Nancy, à Décembre 1829. 
M. Tanchou, doctenr en médecine, k Paris, 3o Janvier 

i833. 
M. Thomas, secrétaire de la Société médicale de la Nou- 

veile-Orléans. a4 Décembre iSaS. 
M. le baron Westreenen de Tiellandt , ministre de S. 

M. le Roi de Hollande, à La Haye. i3 Aoâe i834. 
M. ViLLOT, archiviste de la ville de Paris , à Paris. 1 ««" Dé" 

cembre 1824. 
M. ViNOTHiGNiER, docteur en médecine, à Rouen. 9 c/o/i- 

vier 1828. 
M. YoiLLOT , chirurgien adjoint de THôtel-Dien de Beanne. 

i^Mai i835. 
M. VoizoT , professeur de mathématiques à Châtillon-sur- 

Seine. 9 Décembre ]835. 

Ladite liste a été arrêtée par le Conseil d^adminîstration 
dans sa Séance du 28 décembre i836, à laquelle assis- 
taient MM. Antoine, Président, Frantin aine, Bressier 
et Toussaint. 

Pour extrait conforme : 

Le Président, Le Secrétaire , 

ANTOUSE. TOUSSAINT. 



Nota. MM. les Académiciens dont les adresses pourraient 
être inexactes , sont priés de vouloir bien les faire rectifier. 



Je. 



TABLE 

* DES MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, ARTS 
ET BELLES-LETTRES DE DUON. 



PARTIE DES LETTRES. 



tTohnec/ / û3^» 



Pages. 
Coup-d'geil philosopliique sar les pKases de la Littéra- 
ture en France, par M. Nault. ...« 5 

RECHERCHES sur i,£ luxe des Romains dans leur 

. AMEUBLEMENT , par M. PeIGNOT I9 

Valeur et prix d'acquisition de quelques bâtimens et 
palais occupés à Rome par les Clodius , les Lucullus, 
les Cicéron , les Crassus , etc. , 22 

Des tableaux et des statues. 

Notice et valeur de quelques tableaux , 24 

•— De quelques statues , 27 

Des tables , 3o 

Estimatiou de quelques tables de luxe ayaut appartenu à Ptolomée, 
à Cicérou, à Oallus-Asiuius , au roi Juba, à Sénèque, etc., . 32 

Des lits. 

Du lit cubiculaire, 34 

Du lit tricliuaire , 35 

Du lit nuptial y 38 

Des coupes et des yases , . • . . • 39 

Valeur et estimation de plusieurs de ces meubles possédés par 

Crassus, Pompée, Pétrouius, Néron, etc., 4° 

Du vase de cristal de Polliou , 4a 



(181 ) 

Pif. 
Des plats* 

De leur emploi ; — de leur grandeur ; — de leur poids ; — de 
leur valeur , 44 

Des lampes et des candelabb.es. 

De leurs différentes espèces; de leur valeur, • . 47 

Anecdote sur un candélabre et sur son singulier accessoire, ... 4^ 

Des pierres PRiciEusES. 

Des écrins de Scaurus , de Mithridate , de César , 49 

Du luxe de Lollia Paulina, dans ce genre, 5i 

Des camées. 

Du goût des Romains pour ce genre de pierreries, • 63 

De quelques camées anciens que Ton possède encore aujourd'hui , 54 

Des anneaux. 

De leurs différentes sortes ; de leur usage , 56 

Emblèmes de certains anneaux servant de cachet , • . 58 

Des étoffes. 

Des principales substances dont elles étaient fabriquées chez les 

Komaius , 69 

Du prix excessif qu'elles acquéraient par la teinture , surtout par 

la pourpre , 60 

De divers habillemens des Romains ,. •.... 61 

Du coton, • 64 

La soie connue fort tard et très-rare h Rome , 64 

Appendix aux objets de luxe et d'ameublement ci- 
dessus mentionnés , 65 

Vente aux enchères du mobilier de deux empereurs, ( Marc- 

Aurèle et Commode ); en quoi consistait ce mobilier, .... 66 
Quelques détails sur les meubles d'Héliogabale, 68 

De divers objets de luxe et de fantaisie autres que les 
meubles. 

Des parfums , , , 71 

Prix d^acquisition de certains animaux, 74 

TABLEAU de quelques fortunes particulières a 

E.0ME vers la fin de la RiPUBLIQUE ET DANS LE 
PREMIER SIÈCLE DE L^ËmPIRE j 76 

Ces fortunes, dans Tordre chronologique , sont celles de Sylla , 



% 



( 182 ) 

Pag. 

«le Rosciusy de Crassas, de Scaiinis, de Deflietrius, de Milon y 
de Lucullus, de J.-Ci^sar, de Verres, de Cicéron, de Caton, de 
Salliute, d* Antoine , de Virgile , d'Isidorus , de Tigellius , d'Au- 
guste , d'Apicius y de Lentulus , de Tibère , de Gr. Passienus, de 
Calliste , de Narcisse^ de Pallas , de S^aèque, de Pline le Jeune, 77 
GoNCLUSIO^f 9 •••••... 87 

NOTES, 90 

Ces Notes offrent presque toutes uu rapprochement entre la 
▼■leur des objets de luxe anciens dont nous avons parlé précé- 
demment , et la valeur des objets du même genre tels qu'ils 
existent actuellement chez les modernes. 

Note (A) : Valeur et estima tioa de quelques édifices 

notables à Paris j • ço 

Note (B) : Un mot de Velleius-Patercalus et de Tacite 
sur le consul Mummius, pt 

Note (C): Estimation du Si,- Jérôme du Corrège, etc. , 9a 

Note (D) : Notice du haut prix auquel ont été portés 
certains tableaux modernes dans les ventes publiques , 92 

Note (E) : Opinions de plusieurs savans sur la substance 
des vases murrhins, •...••...• 94 

Note (F) : Du luxe des dames romaines ^ et de quelques 
ouvrages relatifs à ce luxe , . . • 98 

Note (G) : Des pierres précieuses chez les modernes , 99 

Précis de Pinventaire des diamans de la Couronne de 
France, fait en 1791 , • • • . . 100 

(Addition relative au vol de ces diamans au garde- 
meuble , à Paris 9 en 179a) ii3 

De quelques diamans de baut prix , autres que ceux 
mentionnés ci-dessus, 101 

Note (H) : Opinion de Sénèque sur la double pourpre, 
et de Pline sur la pourpre de Tyr , io3 

Note (I) : Opinion de Pline surTanimal appelé poiripre^ 104 



■^ 



• 



l 



* 



( 183 ) * 

Pag. 

Note (K) : Sar certaines personnes ài^% temps modernes 

qui , comme Néron et Héliogabale ^ n^ont jamais porté 

deux fois le même habillement , 104 

Notes (L) et (M) : Certains animaux payés un liant prix 

chez les modernes , io5 

Note (N) : Sur le nombre ^ Pemploi et le prix des esclaves 

à Rome^ • i07 

Note (O) : Notice sommaire de quelques fortunes par* 

ticulières en Angleterre , . • • . . 108 

A ces grandes fortunes , sont attachés des noms la plupart 
très-illustres dans les fastes de la Grande-Bretagne , tels que les 
Northumberland y les Devonshire) les Buccleugh , les Bridge- 
water , les Fitz-Villiams , les Sutherland , les Rutland , les 
Redford , les Buckingham , les Norfolk , les Marlborough , les 
Hertford, etc., etc., et, eu Espagne, le doc de Medina- 
Céli, etc., etc. 

Motif pour lequel on ne parle pas des grandes fortunes 
en France , 112 

NÉCROLOGIE. 

Notice sur M. Poncet, par M. Frantin. .' ii5 

Notice sur la vie et les ouvrages de M. Amanton, 

par M. Peignot 124 

Notice sur M. Riambouro, par M. Foisset 14^ 

POÉSIE. 

Chasse nocturne et Plaintes de PAmiral Chabot , par 
M. Pautet 149 

Les deux chiens danois, fable par M. Bressier. • . \SS 

Gloire a Dieu , Paix aux hommes , par M. Accurse 
Alix • xSj 

Liste des Membres de l'Académie de Dijon i63 



FIN DE LA. TABLB. 





•M».- 



|.6U9Ze90S 




106 e 



I 



NVOIHOII^ dO Aiisy3AiNn 



P^ 491698