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Full text of "Mémoires de la Société bourguignonne de geographie et d'histoire"

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MÉMOIRES 

de la 



* ^ 



SOCIETE BOURGUIGNONNE 

DE 

GÉOGRAPHIE ET D'HISTOIRE 



oc G// 
.(377/ 

MÉMOIRES 

do la 

mî BOlJltllI}IG.^ONP 



GÉOGRAPHIE ET D'HISTOIRE 



wv\.vv.w 



TOME XX 




DIJON 

M y H I M E l '. I F. 1.) A a A N T I K H !•: 
65, Ht?E (;habot-i;hahny, 65 

1904 



MÉMOIRES 

de la 



SOCIÉTÉ BOURGUIGNONNE 

DE 

GÉOGRAPHIE ET D'HISTOIRE 



13 mai 1904. 

41 janvier 1901. 

lOjanvier 1896. 
40 juin 1892. 

9 février 1887. 

10 mars 1899. 

14 décembre 1894. 

19 avril 1901. 

F. 6 mai 1881. 

lOjanvier 4896. 
9 janvier 1903. 

13 mai 1399. 

8 décembre 1899. 

11 juin 1884. 
5 février 1897. 

9 décembre 1898. 
40 mai 1895. 

8 février 1895. 

44 février 1896. 



MM. 

Bouillerot, commis d'Académie, rue do Ville- 
bois- Ma reu il, à Dijon. 

Houillot (Victor), instituteur à Braux, par 
Pont-Royal (Côte-dOr). 

Bouret, négociant à Piombières-les-Dijon. 

Bourgeot (François)^ instituteur à Nuits- 
Saint-Georges (Gôte-d'Or). 

Bourlier, instituteur à Marcilly-Ogny, par 
Pouilly-en-Auxois. 

Boulellier, directeur de l'Ecole des Beaux- 
Arts, cour de Bar, Dijon. 

Boyenval (Charles), directeur des manu- 
factures de TFtat, en retraite, place Saint- 
Jean, 4, Dijon. 

Breton (Albert), docteur en médecine, place 
Darcy, 15, à Dijon. 

Brouil (Philippe), négociant, rue de la Pré- 
fecture, 3, à Dijon. 

Breyne (de), colonel, place Darcy, 17, Dijon. 

Broussolle, docteur en médecine, rue Jean- 
Jacques-Rousseau, 109, Dijon. 

Bruey, instituteur, à Aignay-le-Duc (Côte- 
d'Or). 

Bruley, instituteur, à Plombières-les-Dijon 
(Côte-d'Or). 

Bulon (Bernard), propriétaire, impasse Saint- 
Michel, 2, à Dijon. 

Burot, directeur de PEcole normale des ins- 
tituteurs, rue des Moulins, Dijon. 

Gagne, instituteur, à Arrans (Gôte-d'Or). 

Garnot (Ernest), ancien député, 64, avenue 
d'féna, Paris, XVI«. 

Garnot (Sadi), capitaine au 39<» de ligne, 21, 
avenue de l'Aima, Paris, VIll®. 

Gazet (Isidore), instituteur, correspondant 
de la Commission des Antiquités, 5 Beu- 
rizot (Gôte-d'Or). 



— XI — 



MM. 

\o avril 1898. Cerceuil (Georges), ex-aj;ent de la C*« d'as- 

surance « le Phénix », rue Devosge, 60, 
à Dijon. 

40 février 1886. Chabeuf (Henri), vice-président de l'Acadé- 

mie de Dijon et président de la Commission 
départementale des Antiquités, rue Le- 
gouz-Gerland, 5, à Dijon. 

20 avril 1887. Chalmandrier (J.-K.), instituteur, corres- 

pondant de la Commission départementale 
des Antiquités, à Merceuil, par Demigny 
(Saône-el-Loire). 

9 juin 4893. Chambellan, instituteur, à Corcelles-les- 

Cîteaux (Côte-d'Or). 

8 mai 4896. Chamoin (Albert), chef de bureau à la Pré- 

fecture du Doubs, Besançon. 

8 décembre 4 886. Chapuis (Albert), négociant^ rue Saint-Bé- 

nigne, 44, à Dijon. 

45 avril 4898. Charles, notaire honoraire, rue Vauban, 24, 

Dijon. 

41 mars 1898. Châtain (François), instituteur, à Montoillot 

(Côle-d'Or). 

21 février 4833. Chevalier, instituteur, à Larrey-Dijon. 

M juin 4896. Chevalier (l'abbé), missionnaire apostolique 

au grand séminaire de Troyes (Aube). 

44 mai 4884. Choiset (M™o Alice), née Gros, institutrice, 

à Til-Châtel (Côte-d'Or). 

44 mai 4897. Chomereau de Saint-André (le général de), 

château de Verges, par Mirebel (Jura). 

4 4 mars 1898. Chomton (l'abbé), aumônier de l'Hospice 

Sainte-Anne, membre de la Commission 
départementale des Antiquités, rue du 
Tillot, 6, Dijon. 

44 juin 4889. Clément-Janin (Noël), avocat, boulevard 

Montparnasse, 23, à Paris, VI®. 

4 janvier 1896. Clerc, orthopédiste, professeur de gymnas- 

tique au Lycée Carnot, rue Louis-Blanc, 
5, à Dijon. 



XII 



UavriM899. 
42 février 4892. 
9 juin 4893. 

42 janvier 4894. 
48 février 4 885. 

44 janvier 4889. 

t4 juin 4887. 

4 3 février 4 903. 

40 décembre 4884. 
40 janvier 4890. 

40 juin 4892. 

43 mars 4 896. 
8 février <895. 

42 mai 4880. 



MM. 

Collard, ancien notaire, boulevard Thiers^ 
23, Dijon. 

Collette (Alexandre), docteur en médecine, 
rue Ghabot-Charny, 74, à Dijon. 

Collot (Louis), professeur à la Faculté des 
sciences. Président de l'Académie de Di- 
jon et membre de la Commission dépar- 
tementale dos Antiquités, rue du Tillot, 
4, à Dijon. 

Collot (Charles), instituteur, à Véronnes- 
les- Petites, par Selongey (Côte-d'Or). 

Cornereau (Armand), juge suppléant au 
Tribunal civil, membre de l'Académie de 
Dijon et de la Commission départemen- 
tale des Antiquités, rue Berbisey, 3, à 
Dijon. 

Corot (Henri), notaire, correspondant de la 
Commission départementale des Antiqui- 
tés, à Savoisy (Côte-d'Or). 

Coste, directeur régional d'assurances, rue 
de la Liberté, 4, à Dijon. 

Cottin, docteur en médecine, rue Vauban, 
42, à Dijon. 

Coulbois, instituteur, à Tilchâtel (Côte-d'Or). 

Coureau (Etienne), propriétaire, à Saint- 
Remy, près Chalon (Saône-et^Loire). 

Court (Paul), négociant, associé résidant de 
la Commission des Antiquités, rué De- 
vosge, à Dijon. 

Couturier (l'abbé Hippolyte), curé de Sainte - 
Marie-sur-Ouche (Côte-d'Or). 

Couvreux (Lucien), conseiller référendaire, 
à la Cour des comptes, rue de Surône, 
7, Paris, VIII% et au Petit- Versailles, par 
Châtillon-sur-Seine. 

Cuny, receveur principal des postes, en re- 
traite, rue Vannerie, 55, Dijon. 



MM. 

4 3 mai 1892. Daguin (Fernand), avocat à la Cour d'appel, 

membre de T Académie de Dijon, rue de 
l'Université, 29, à Paris, Vile. 

40 mars 1899. Damée, docteur en médecine, rue Amiral- 

Roussin, Dijon. 

43 janvier 4893. Darantiere (Paul), notaire, place Saint-Jean 

47, à Dijon. 
F. 6 mai 4881. Darantiere (Victor), imprimeur, rueChabot- 

Charny, 65, à Dijon. 
49 avpil 4904. Darantiere (Maurice), 65, rue Chabot-Char- 

ny, à Dijon. 

40 mai 4901. Debrand, avocat, rue Chabot-Charny, 48, à 

Dijon. 

41 décembre 1896. Defoug, directeur de l'enregistrement, des 

domaines et du timbre, place Saint- 
Pierre, Dijon. 

4ijuin48S9. Delimoges Jules, propriétaire, à Pagny-lc- 

Château (Côte-d'Or). 

14 juin 4889. Demandre, pharmacien, placedes Cordeliers, 

à Dijon. 

23juin18S2. Demartinécourt, place du Château, au 

fort de Bomainville, par les Lilas 
(Seine). 

44 décembre 4903. Demolon (l'abbé), curé de ColIonges-les-Bé- 

vy, par l'Etang- Vergy (Côte- d'Or). 

8 décembre 4886. Démoulin, receveur principal des postes et 

télégraphes, en retraite, 44 bis, rue du 
Château, à Asnières (Seine). 

43 janvier 4886. Deresse (Ernest), ancien négociant, rue 

Verrerie, 37, à Dijon. 

F. 6 mai 4881. Deroye (Albert), docteur en médecine, di- 

recteur de l'Ecole de médecine et de 
pharmacie, rue Piron, 47, à Dijon. 

40 mars 4899. Deroye, compositeur de musique, rue Lon- 

gepierre, Dijon. 

40 mars 4893. Deschamps, ancien notaire, rue Buffon, 27, 

à Dijon. 



10 décembre 4897. 
9 février 4899. 

44 juin 4889. 

4 4 janvier 4885. 
43 janvier 4899. 
48 novembre 488t. 
12 mars 4884. 
48marst886. 

M décembre 1883. 
8 mai 4891. 

45 avril 1898. 

4 3 janvier 1899. 
F. 6 mai 1881. 
15 janvier 1897. 
Il mars 1889. 

|:A janvier IS99. 



MM. 

Desfontaines, ingénieur, à Saint-Léger-sur- 
Dheune (Saône-et-Letre). 

Desgranges, ancien président du Tribunal 
de commerce, place de la République, 
49, à Dijon. 

Desserteaux(Fernand), professeur à la Fa- 
culté de droit, boulevard Carnot, à Di- 
jon. 

Détourbel (Edmond), ancien avocat- général, 
29, rue de Lubeck, à Paris, XVIe. 

Dézerville, agréé au Tribunal de com- 
merce, 65 bis, rueChabot-Charny, Dijon. 

Dhiel (Ernest), avocat, avenue Matignon, 5, 
à Paris, Vlll*. 

Dhuissier, ancien instituteur, boulevard 
Thiers, 45 bis, à Dijon. 

Dorey (Auguste), capitaine en retraite, à 
Plombières-les-Dijon. 

Doudin (Antoine), ancien instituteur, à Cre- 
cey, par Is-sur-Tille (Côte-d'Or). 

Doyen (André), capitaine au â« cuirassiers, à 
Paris. 

Drioton (Clément), associé résidant de la 
Commission départementale des Antiqui- 
tés, rue Saint-Philibert, 23, à Dijon. 

Drouhot, banquier, rue de la Libet^, 83, à 

Dijon. 
Duban, colonel d'infanterie en retraite, place 

du Palai»», Dijon. 
Dubois (Hippolyte), ancien huissier, rue 

Jeannin, à Dijon. 
Dumay ^Gabriel), ancien magistrat, membre 
de r Académie de Dijon et de la Commis- 
sion départementale des Antiquités, rue 
du Petit-Potet, ÎO, à Dijon. 
Dupuy. avoue u iu Cour d'appel, boulevard 
Carnot. 9, à Dijon. 



XV 



8 juin 4900. 

U décembre 4896. 

6 avril 1900. 

9 janvier 1891. 
U avril 1899. 

9 juillet 1884. 

10 janvier 1896. 

10 décembre 1884. 
13 avril 1894. 

5 février 1897. 

27 décembre 1882. 
13 mars 1903. 

12 mars 1884. 

H janvier 1885. 
14^vril1884. 

10 mai 1895. 

12 mars 1884. 



14 juin 1889. 
10 juin 1898. 
21 mars 1883. 



MM. 
Durnet, avocat, boulevard Sévigné, U, 

Dijon. 
Eisenmann, agrégé d'histoire, licencié en 

droit, boulevard Sévigné, Dijon. 
Eugster, propriétaire, rue Berlier, 28, Dijon. 
Faiveley, propriétaire, rue de Metz, 24, Dijon. 
Farcy (Louis), instituteur à Noiron-sur-Seine 

(Côte-d'Or). 
Parkas, instituteur àTalant (Côte-d'Or). 
Fauvart-Bastoul, chef d'escadrons de cavalerie 

en retraite, rue Vauban, 12, à Dijon. 
Fernet, instituteur à Lux (Côte-d'Or). 
Ferret (Pabbé), curé de Gémeaux (Côte-d'Or), 
correspondant de la Commission des An- 
tiquités. 
Finot (Nicolas-Hippolyte), négociant en vins, 

du Petit-Potet, à Dijon. 
Fiassayer, ancien proviseur, à Bourg (Ain). 
Fonssard, docteur en médecine, rueChance- 

lier-rHôpital, Dijon. 
Fontaine (Denis), entrepreneur de menuiserie, 

rue des Roses, 9, à Dijon. 
Fontaine (Paul), négociant, à Hanoï (Tonkin). 
Fontaine (Honoré), agréé, rue Berbisey, 6, à 

Dijon. 
Fougères, conseiller à la Cour d'appel, boule- 
vard Carnot, 3, à Dijon. 
Fourier (Guillaume), dessinateur au chemin de 
fer, associé résidant de la Commission 
départementale des Antiquités, rue Lenô- 
tre, 25, à Dijon. 
Fournier (Auguste), entrepreneur, ancien 
maire de Dijon, rue de Mirande, 5, à Dijon. 
Fournier (Louis), homme de lettres, place 

Madeleine, à Beaune (Côte-d'Or). 
Frossard (Edmond), directeur du Mont-de- 
Piété, rue de Mulhouse, à Dijon. 



XVI 



40 novembre 1893. 
F. 6 mai 4881. 



4 4 juin 4889. 
40 janvier 4896. 

8 février 4895. 



43 décembre 4889. 
23 juin 4882. 
40 février 4886. 

45 avril 4885. 

F. 6 mai 4884. 
13 mai 190i. 

12 décembre 4883. 
F. 6 mai 4881. 

Il juin 1884. 

13 décembre 1901. 



MM. 

Gadeault, directeur de l'école supérieure de 
commerce, rue Sambin, 27, à Dijon. 

GafTarol (Paul), professeur à la Faculté des 
Lettres d'Âix, 28, Traverse duChapitre, à 
Marseille. 

Galimard, industriel, à Flavigny (Gôle-d'Or). 

Garcenot (M'*e Julie), ancienne institutrice, 
chez M. Boiotte, rue de Mirande, à Dijon. 

Gareau (Fabbé Glément), directeur de TCEuvre 
delà Jeunesse Ouvrière, rue Saint-Lazare, 
49, à Dijon. 

Gariod (Charles), administrateur des services 
civils en Indo-Chine. 

Garnier (Hippolyle), avenue Victor-Hugo, 49, 
à Dijon. 

Garnier (Noël), proviseur du Lycée du Havre, 
correspondant de la Commission des Anti- 
quités de la Côte-d'Or. 

Gascon ( B içh a rd- Edouard), conducteur-voyer 
principal en retraite, correspondant de la 
Commission départementale des Antiqui- 
tés, à Fontaine-Française (Côte-d'Or). 

Gaulin-Dunoyer (Ernest), ancien Président de 
la Chambre de commerce, rue Saint-Pierre, 
4 4, à Dijon. 

Gauthier (Jules), correspondant de Tfnstitut, 
Conservateur des Archives, membre de la 
Commission départementale des Antiqui- 
tés, 8, rue Jeannin, ù Dijon. 

Gauthiot (Lazare-Cluude), conseiller à la Cour, 
rue Verrerie, 4, à Dijon. 

Geley (\!*ï«), institutrice, rue Saumaise, 48, 
Dijon. 

GérauU ^Geor^esK négociant, rue de la Liberté, 
55 « à Dijon. 

Gilardoni. conservateur des eaux et forêts, 
boulevard de Bros^s, 5> ù Dijon. 



XVII — 



2 avril 4884. 

13 février 1903. 

43 juin 4883. 

10 décembre 4 88i. 
F. 6 mai 4884. 

43 décembre 4895. 

8 mai 4 903. 
49 avril 1901. 

44 avril 4899. 

9 janvier 4898. 
9 mai 4888. 

8 mars 4 889. 

42 janvier 4893. 

8 juin 4894. 

42 janvier 4887. 

43 marâ 1103. 

9 décembre 4 892. 

45 avril 4898. 



MM. 

Gillet (Joseph)^ agent général du Phénix, rue 
du Bourg, à Dijon. 

Girardin, sous-ingénieur de la voie à la Qi^ 
P.-L.-M.,20, rue de Me»z, à Dijon. 

Goisef, instituteur, à Grancey-le- Château 
(Côte-d'Or). 

Goisset (Edmond), rue Piron, 47, à Dijon. 

Govin (Auguste), professeur, cour de TA ncien- 
Evôché, 47, à Dijon. 

Griess, inspecteur- adjoint des eaux et forêts, à 
Bourgoin (Isère). 

Guichard, pharmacien, à Gray. 

Guillin d Avenas (de), propriétaire, rue Piron, 
47, à Dijon. 

Guéret (Edouard), conducteur du service de la 
voieà la CJ^ P.-L.-M., rempart de la Misé- 
ricorde, Dijon. 

Guillot, ancien pharmacien, rue Jeannin, 4 4, 
à Dijon. 

Hamet- (Donatien), inspecteur d'assurances, 
boulevard Thiers, 5, à Dijon. 

Huguenin (Anatole), ancien agréé, membre de 
l'Académie de Dijon et de la Commission 
départementale des Antiquités, rue Jean- 
Jacques-RousFeau, 64, à Dijon. 

Huguenin (Pierre), avoué à la Cour d'appel, 
membre do l'Académie de Dijon, boule- 
vard Thiers, 53, à Dijon. 

Huguenin (l'abbé Henri), au collège Saint- 
François de Sales, à Dijon. 

Huol (Cé.'aire), instituteur en retraite, rue 
Neuve- Bergère, 2, à Dijon. 

Hurion, doyen de la Faculté des sciences, rue 
d'Alise, Dijon. 

Ignace, négociant, place d'Armes, à Dijon. 

Jacob (Emile), industriel, à Pouilly-sur-Saône 
(Côte-d'Or). 



xvm 



8 décembre 1893. 

9 mai 1902. 

U juin tS80. 
13 mars 1891. 
13 décembre 1901. 

5 février 1897. 

17 avril 1896. 

20 avril «882. 

45 avril 1898. 

24 janvier 1883. 

10 mars 1882. 
43 janvier 4893. 

42 décembre 1888. 
4 4 janvier 4895. 

43 juin 4890. 

44 juin 4889. 
40 janvier 4902. 
10 novembre 4 881. 
13 janvier 4899. 



MM. 

Jacotot. insàtuteur, à Martrois, par Pouilly- 
ea-Auxoîs iCùtc-d'Or). 

Ja<:qaiQOt-LéTéque, 17, place Saint-Jean, à 
Dijon. 

Jamain. manafactarier, rue des Roses, à Dijon. 

Jaoin, avocat, rue da Petit- Potet, 21, Dijon. 

Japiot, ancien notaire, rue Chabot- CharDv, 
18. Dijon. 

Jarrot d'abbé), curé de Remiliy-sur-Tille 
(C6te-d*0r). 

Jeannin ( Ernest), instituteur, à Meloisey, par 
Beaune <Côte-d'Or). 

Jeannin < M"'), institutrice, à Pontaiiler-sur- 
Saône (Côte-d'Or). 

Jobard (Pau.), imprimeur, membre de la Com- 
mission départementale des Antiquités, 
place Darcy, à Dijon. 

Joliet (Albert], conservateur du Musée, mem- 
bre de la Commission départementale des 
Antiquités, ruç Chabot-Charny, 64, à Dijon. 

Joliet (Gaston), préfet de la Vienne, à Poi- 
tiers. 

Joliet (Pierre), propriétaire, à Tart-l*Abbaye 
(Côte-d'Or). 

Kohn, professeur de gymnastique, au lycée 
Carnot, rue Berbisey, 48, à Dijon. 

Ladey de Saint-Germain, ancien magistrat, 
rue BufFon, à Dijon. 

La Mouche (M'"©), ancienne directrice de TE- 
cole maternelle, rued'Assas, 2 bis, à Dijon. 

Lanier, négociant, juge au tribunal de com- 
merce, rue Piron, 4, à Dijon. 

Lanneau (Charles), directeur de la maison 
Gros père et fils, rue Bossuet, 4 5, à Dijon. 

Lavirotte, négociant en vins, à Beaune (Côte- 
d'Or). 

Leclerc, brasseur, rue des Moulins, à Dijon. 



— XIX 



41 avril 4902. 

9 janvier 4891. 
46 avril 4895. 

40 mars 4804. 

9 juin 4886. 

40 mars 4893. 

2 avril 4884. 

21 juin 4896. 

43 décembre 4901. 
43 janvier 1893. 

42 juin 4891. 

42 juin 4836. 

40 décembre 1897. 

43 mars 4896. 
13 mars 4903. 

F. 6 mai 4881. 

40 janvier 4896. 
40 juin 1885. 



MM. 

Lefebvre'( Francis), directeurdu bureau auxi- 
liaire de lav Banque de France, à Beaune 
(Côte-d'Or). 

Leflot (Charles), r. des Moulins, 42, à Dijon. 

Legrand, docteur en médecine, à Nuits-St- 
Georges (Côte-d'Oi). 

Lejcas (le comte), propriétaire à Aiserey 
(Côte-d'Or;. 

Lcjeune (César), docteur en médecine, 5 
Meursault (Gôte-d'Or). 

Le Mire (Paul-Noëi), propriétaire, rue de la 
Préfecture, 4 5, à Dijon. 

Leroy (Arthur), ancien députéde la Côte-d'Or, 
rue de Hennés, 72, à Paris, VK 

Leschaux (de), administrateur colonial, 
Porto Novo (Dahomey). 

Lévy, rabbin, boulevard Carnot, 43, à Dijon. 

Liégeard (Gaston), avocat, rue de Marignan, 
21, à Pans,VlIl% elà Brochon (Côle-d'Or). 

Liégeaid (Stéphen) ancien député, mem- 
bre de l'Académie de Dijon, rue de Ma- 
rignan, 24, à Paris, VI 11% et à Brochon 
(Côte-d'Or). 

Loiselet (Henri), lieutenant de vaisseau, à 
Brest et rue Devosge, 39, à Dijon. 

Loiselet, ancien négociant, rue Devosge, 39, 

à Dijon. 
Loisy (Albert de), rue Buffon, à Dijon. 

Lucien (le docteur), 39, boulevard de la 
Trémouille, Dijon. 

Magnin (Joseph), sénateur, président du 
Conseil général de la Côte-d'Or, 89, ave- 
nue Victor- Hugo, à Paris, XVI«. 

Maillard, conseiller honoraire, rue Chabot- 
Charny, 91, à Dijon. 

Maldant (Louis), propriétaire à Savigny-îes- 
Beaune (Côte-d'Or). 



13 décembre 1901. 
H décembre 1891. 
1.3 juin 1883. 

8 février 1901. 

20 avril 1882. 

40 décembre 1884. 
10 mars 1893. 

F. 6 mai 1881. 
3 décembre 1883. 

42janvier 1887. 

9 mars 1900. 

U décembre 4887. 

n juin 1889. 

40 janvier 189G. 
40 décembre 4 897. 
9 mai 4883. 

40 juin 1898. 

44 mars 4898. 



MM. 

.Malye, professeur au Lycée Carnot, boule- 
vard Carnot, ?7, à Dijon. 

Marc iJuIes)^ professeur au lycée Carnot^ 
rue Diderot, 7, à Dijon. 

Marcotte, licencié ès-lettres, rue Madame, 
61, à Paris, Vie. 

Maréchal (Georges), 1 20, rue de la Boêtie, 
Paris, Ville. 

Marinier, instituteur, à Montbard (Côte- 
d'Or). 

Martin, instituteur, à Sombernon{Côte-d'Or). 

Matry (Pierre), instituteur, à Chambotle- 
Musigny (Côte-dOr). 

Mazeau (Charles), premier président hono- 
raire de la Cour de cassation, à Quetigny 
(Côle-d'Or). 

Mazorolle (Fernand), archiviste de la Mon- 
naie, membre correspondant de la Com- 
mission des Antiquités de la Côte-d'Or. 
2, rue Singer, Paris, XV1«. 

Mercey (Guillaume de), instituteur à Queti- 
gny (Côte-d'Or). 

Mercier (Jean), rue Jean-Jacques Rousseau, 
78, à Dijon. 

Michaut, docteur, chef de physiologie à 
l'Ecole de médecine, rue des Novices, 4, 
à Dijon. 

Michaud, chef d'institution, rue Sambin,27, 
à Dijon. 

Michel, rue Saint- Philibert, 51, à Dijon. 

Millon (Jules), rue Vauban, 42, à Dijon. 

Millot (M'ne), institutrice, à Varanges, par 
Genlis (Côte-d'Or). 

Millot (Lucien), licencié ès-lettres, à Nuits- 
Saint-Georges (Côte-d'Or). 

Misserey (Henri), notaire à Nuits-Saint- 
Georgos (Côte-d'Or). 



XXI 



F. 6 mai ^881. 

13 février 4903. 

12 mars 4884. 

10 décembre 1897. 

1 1 janvier 1901. 

8 décembre 1899. 

13 décembre 1889. 

8 juillet 4885. 
F. 6 mai 4881. 

14 janvier 4885. 
10 février 1886. 
V. 6 mai 4881. 

r. 6 mai 4884. 
F. 6 mai 4884. 
43 mars 4 903. 
43jnai 1892. 



MM. 

Mocquery (Charles), inspecteur général des 
ponts et chaussées, membre de TAcadémie 
de Dijon et de la Commission départe- 
mentale des Antiquités, 8, rue Perronet, 
Paris, VIK 

Monnier (Hippolyte), fabricant de meubles, 
rue Charrue, 45, à Dijon. 

Monnot (Henri)^ agent général de V Abeille, 
boulevard de Brosses, 3, à Dijon. 

Montholon (Prince de), 4 42, rue de Grenelle, 
à Paris, Vile. 

Morcau (Paul), ancien élève à l'Ecole colo- 
niale, à Genlis (Côte-d'Or). 

Morelot (l'abbé), à Plombières-les -Dijon. 

Morizot (l'abbé), curé de Pluvault (Côte- 
d'Or). 

Moron, propriétaire, place Darcy, 47, à 
Dijon. 

Moser (Rodolphe), négociant, consul de 
Suisse, rue Chancelier-L'Hôpital, 47 bis, 
Dijon. 

Mourgeon (Alexandre), receveur des hos- 
pices, à Dijon. 

Mugnier (Ernest-Pierre), négociant, rue des 
Trois-Ppnts, à Dijon, 

Muteau (Alfred), ancien commissaire de la 
marine, député de la Côte-d'Or, rue Lin- 
coln, 3, à Paris, VIII^ 

Muteau (Charles), conseiller honoraire à la 
Cour d'appel, rue Beaujon, 4 , Paris, VIII'. 

Muteau (Jules), colonel du 4 Se régim. de 
chasseurs à cheval, à Châlons-sur-Marne. 

Nicolle, docteur en droit, 25, rue Fèvret, à 
Dijon. 

Niccy (M"«), directrice d'institution déjeu- 
nes filles, avenue Victor-Hugo, aux Gé- 
nois, à Dijon. 



8 decemiiie IS93. 
H décembre 1899. 
4i avril 1893. 

10 décembre 1897. 

9 décembre I88'i. 
i*. 6 mat 4881. 

8 avfil 4892. 

8 février 4895. 

9 mars 4 900. 

8 février 4893. 

il mars 4898. 
40 janvier 1896. 

lidécerabie 189i. 

7 décembre 4882. 

9 juin 4893. 
F. 6 mai 4 881. 

9 décembre 4885. 

44 janvier 4885. 
40 janvier 4896. 



— XXII — 

MM. 

Nou:iî>aî. avo«:at. coof^i^ler général, bou- 
levard Caroot, 9, à Dijoo. 

Nourry £iiii;e>. libraire, place Saiot-Etienne, 

Dijon. 
Obriot, propriétaire, à Biaise (Haute- 

.Maroe). 
Octave ( Georges I, rae Saint-Bénigne, 

Dijon. 
Orième (\?'*), directrice de l'école commu- 
nale, à Beaune (Côte-d'Or). 
Oubert -Louis), professeur au Lycée Carnot, 

adjoint au maire de Dijoo^ rue de l'Egalité, 

à Dijon. 
Oudot. industriel, à Gilly-lcs-Vougeot [Côte- 

d'Or). 
Oudotte, professeur, boulevard Carnot, 4 1^ 

à Dijon. 
Pagot, inslituleur, à Montagny-les-Beaune 

(Côie-d'Oi). 
Parizon, ancien notaire, rue .Montigny, If, 

à Dijon. 
Parizot (.\|me)j'nslilutricc, à Talmay. 
Parizot, percepteur de Fonlaine-les-Dijon, 

avenue Victor-Hugo, 3i, Dijon. 
PélisîïOnnier (Kernand), boulevard Carnot, 

49, à Dijon. 
Pénot (Frédéric), percepteur, à Poissons 

(Haute-Marne). 
Pérille (Julien), instituteur, à Ouges (Côte- 

d'Oi). 
Pernot-Gilles, propriétaire, rue Vercingé- 

torix, à Dijon. 
Perrenet (Pierre), avocat, rue du Palais, 5, 

à Dijon. 
Perrin, industriel à Tilchâtel (Côte-d'Or). 
Perronne (Marcel), ancien conseiller de pré- 
fecture, 44, rue Devosge, Dijon. 



— XXIII — 



2i novembre 1882. 

5 janvier 1883. 
4 2 décembre 1888. 
P. 6 mai 1881. 
9 juin 1893. 
M juin 1897. 

U février 1902. 
41 mars 4898. 
8 décembre 4899. 

4 t mars 1904. 

8 juillet 4885. 

4 1 mars 4904. 

9 juillet 1884. 
44 juin 4901. 

27 janvier 4882. 



MM. 

Petit (Ernest), conseiller général de l'Yonne, 
correspondant de l'Académie de Dijon et 
de la Commission départementale des An- 
tiquités, rue du Bellay, 8, à Paris, IV*. 

Petitguillaume, ingénieur auxiliaire, à Châtil- 
lon-sur-Seine (Côte-d'Or). 

Pinon (Hené), agrégé d'histoire, rue Berbisey, 
23, à Dijon. 

Piot, sénateur, avenue Alphand, 45, à Saint- 
Mandé (Seine). 

Planson (Léon), instituteur, à Gevrey-Chamber- 
tin (Côte-d'Or). 

Poinssot (Louis), licencié ès-lettres, 7, rue Ni- 
cole, à Paris, et à Dijon, 15, rue Vanne- 
rie. 

Poisot (Maurice), avocat à la Cour d'appel, 
rue BulFon, 4, à Dijon. 

Pol de Léon (Frère), directeur de l'EcoleSaint- 
Joseph, rue du Transvaal, à Dijon. 

Potey (Georges), propriétaire, correspondant 
de la Commission départementale des An- 
tiquités^ à Minot, par Aignay-le-Duc (Côte- 
d'Or). 

Prieur (l'abbé), curé d'HeuilIey-sur-Saône, 
par Talmay (Côte-d'Or). 

Prost (Bernard),inspecteur général des biblio- 
thèques, des archives et des musées his- 
toriques, 3, avenue du Trône, Paris, Xle. 

Prudent (M"e;, professeur à l'Ecole normale 
d'institutrices, 43, place de la République, 
à Dijon. 

Quignard, instituteur, rue de Tivoli, 45, à 
Dijon. 

Ramir (frère Gabriel), professeur à l'Ecole 
Saint-Joseph, rue du Transvaal, à Dijon. 

Regnault, propriétaire, rue de la Comédie, 
Beaune (Côte-d'Or). 



— mr — 

MM. 
F. ^ in.li I %^ I . Résilier • Joseph' . aê;90ciaat en tics, rse ChsL- 

bot-*Iharay-. Il, Dijon . 
F. 6 mai 18^1. Reizaier Jiles). place d'Armes, 16, Dijon. 

lij'iin k^iO. Régnier ^Loaisî, di^iliatear-liqaoriste, rue 

d^ Grav, ift. Dijoa. 
i déi:*îmbre lè^ï. RémjEii fVL:tor), aègociaat, boaleTard de 

Bro<«âes. Dijoa. 
13 janvier 1899. Récnoniec, pr>feâ^ear à l'Ecole primaire su- 

perieure, Dijoa. 
tO janvier 1902. Revîn (:zéaera(). iô, rae Berbisey, à Dijoa. 
F. 6 mai 1881. Key (FerdinaEid). directeur hoaoraire des 

contribations indirectes, boulevard Carnot, 

I. â Dijoo. 
P. 6 mai 1881. Ribot-Taisaat (M»^*). professear, I, rue Jaco- 

tot^ à Dijon. 
lîdécembre !88ô. Robelin (LouisK ancien maire de Dijon, rue 

du Faubourg'Raiaes, 53, Dijon. 
F. 6 mai 1881. Robin (Albert), membre de l'Académie de mé- 
decine, boulevard de Courcelles, 53, Paris, 

VIIK 
13 mai 1881. Robit (Joseph^, percepteur, à Nuits-sous- Ra- 

vières (Yonne^. 

12 juin 1896. Roqueiet (Claude), négociant, à Laperrière, 

par Saint-Jean-de-Losne (Côte-d'Or). 
\ï mai 1807. Rosentha; 'Léon), agréj^é d'histoire, professeur 

au Lycée Carnot, adjoint au maire de Dijon, 

rue de Mulhouse, 4, à Dijon. 
Il février 1801. Rouget, avoué à la Cour d'appel, cours du 

Parc, Dijon. 
févri^îf 1887. Rouget (Jules), ingénieur-mécanicien, route de 

Plombières, I, à Dijon. 
U février 1806. Royer-llutin, nigocianl, rue des Moulins, à 

D.jon. 
10 mars 1000. Saint-Seine (comte Guillaume de). Les Ridets, 

par Dampierre-sur-Linotle (Haute-Saône. 

13 janvier 1899. Saint-Seine (comte Pierre de), à Lamarcbe- 

sur-Saône (Gôle-d'Or). 



XXV 



MM. 



41 juin 1897. SaÎDt-Seine [de), lieuteDant de vaisseau, chez 

son père; à Lamarche-sur-Saône (Côte- 
d'Or). 

4 3 février 4891. Saieilles (Raymond), professeur à la Faculté 

de droit de Paris, correspondant de la 
Commission départementaledes Antiquités 
de la Côte-dOr, rue du Pré-aux-Clcrcs, 
40 bis, Paris, Vll^ 

4 3 février 4884. Sampré, instituteur en retraite, à Til-Châ- 

tel (Côle-d'Or). 

8 décembre 4 88 6. Saverot, instituteur, correspondant de la 

Commission départementale des Anti- 
quités^ route de Beaune, à Dijon. 

4 1 mars 4904. . Schanosky (Xavier), sculpteur, associé rési- 

dant de la Commission départementale 
desAntiquités,rueDocteur-Maret,àDijon. 

42 juin 4903. Schmitt, propriétaire, rue Amiral-Roussin, 

9, Dijon. 
4 3 mars 4903. Schilpbach, chancelier du Consulat suisse, 

rue Chabot-Charny, 71, Dijon. 
4 2 janvier 4 887. Seguin, officier d'administration de 4 ""e classe 

commandant la 5® section de commis tt 

ouvriers militaires d'administration, à 

Bayonne (Basses-Pyrénées). 
8 février 1895. Sérésin (Elisée Reynold de), capitaine de 

cavalerie démissionnaire^ place Saint-^ 

Pierre, 7, Dijon. 
8 février 4904, Seuret (Cyprien), propriétaire, à Labergc- 

menl-les-Auxonne. 
44 mai 188i. Sinault, instituteur, rue de la Préfecture; 

59, à Dijon. 
4 4 mai 4884. Sirol (Adrien), employé des contributions 

indirectes^ Saline deMontaii^u, par Lons- 

le-Saunier (Jura). 
44 mars 4885. Sirot (Denis-Alfred), greffier de justice de 

paix, rue du Lycée, à Dijon. 
8 février 4889. Société de lecture (!a), de Dijon. 



♦ :é*rer ' riô. 

F. •§ 3Lil ï r»t . 

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:rcu: er ijasaie-. uniies :i7?airre>-paTiîŒr- 
-aïcera- le a l.lie-i"Or- i Smuemoa 

Sienein. r-aorer-TariKir-^Eiienii. rue Bix5- 
joi-Jiiarnv. *». Jiion. 

ri.:un:ier. auiaip*. ne ia ?«it-pQtet. y?_ 

T:îa :ni ui» iii irbanii r.rji^ cnaseùler 
^-ccri. m :iQtQa ie Ijiawsw ne S^inc- 
Mar;2. \}. i rrovifs Aobei. 

rirraiiwo. :oni«ii:er .çmerai. j Maaciiîztr* 

Tirr:. oa Ldon».'- , nstituEeur. :i placav 

Taeur^t-Camer-Dn \i*- . iirectnce d'ccole. 

7*ie Jeanam. jijan. 
Ibioiaia .Vicoinc. 3iar-:aand ie bois» rue 

dm .' XrzMtiCUsHf i?. jijon. 
T!rri.r. rf.-eç^îui- Diiin.cipai. place i' Armes. 

I . hilte-: i** v:i.e. l'i^oii. 
Tiaisaiiit. ivocac. rue «JhanceiieK'HOpûal. 

tj. Zî.cn. iu. 3^. ne ie Vireane Pans^ 

v:^. * 

Tjiiiaiiir. 1.1 .lea o^ètiear. T, boulevard 

T:'».I ie ?i-ij.:rîaa ie . :iMt-aa i'Autri- 
■;ciir; Li-Lî-d":- , oi iT. ne Deafert- 



40 juin 4892. 
4 janvier 1 896. 
9 décembre \ 885. 

Il juin 4884. 

48 novembre 4881. 

44 décembre 4900. 

44 février 1896. 

8 décembre 4893. 
48 novembre 4881. 

F. 6 mai 4881. 

4 4 décembre 1894. 

44 avriH892. 

13 février 4891. 

26 avril 4895. 



43 janvier 4899. 



42 mai 4899. 



XX VII — 

MM. 

Troubat^ industriel, à Plombières-Ies- 
Dijon. 

Troubat fils, négociant, à Plombières-les-* 
Dijon. 

Vallée (Jean-Baptiste), rédacteur au Pro- 
grès de la Côte-dOr, rue Brulard, 
Dijon. 

Vallerot, instituteur, à Villecomte (Côto- 
d'Or). 

Valette, inspecteur d'Académie honoraire, 
boulevard Carnet, 50, Dijon. 

Vangeon, docteur, à Monlbard (Côte- 
d'Or). 

Vaux (Louis), instituteur, à Saint-Usajçe, 
par Saint-Jean-de-Losne (Côle-d'Or).* 

Venot, libraire, place d'Armes, Dijon. 

Vernaux, négociant, nieGandclot, 7, Beaune 
(Côtc-d'Or). 

Verneau (Lazare), pharmacien, rue Vaillant, 
7, Dijon. 

Vialay, notaire honoraire, place Notre- 
Dame, Dijon. 

Viard, capitaine au 102e régiment d'mfan- 
terie, Paris. 

Vielle (E.), inspecteur au chemin de fer, 
30, rue Jacques-Celierier, à Dijon. 

Vienne (de), colonel d'artillerie en retraite, 
membre de l'Académie do Dijon et de la 
Commission des Antiquités do la Côte- 
d'Or, 4 , rue d'Aillaume, à Nancy (Meurthe- 
et-Moselle). 

Virieu (de), ancien colonel du 27e de ligne, 
au château de Lantilly (Côte-d'Or), et 
boulevard Carnot, 28, Dijon. 

Vogué (le comte Arthur do), 4 07, rue de 
Grenelle, Paris, Vile, et au château do 
Commarin (Côte-d'Or). 



XXVIII 

MM. 

12 avril I8S9. VoL-ard (Alfred), 30, rue Chabot-Charny, à 

Dijon. 
9 décembre 1808. Vo'.lot, ancien notaire, rue d'Alise, Dijon. 

Nota. — L«s membres de la Société qui auraient trouvé quelques eirenrs dans 
celle liste sout pné» de vou'oir bien les faire connaitre à M. le Président de la 
Société. 



LISTE DES SOCIÉTÉS 

AVEC LESQUELLES A LIEU L'ECHANGE DES PUBLICATIONS 



SOCIETES CORRESPONDANTES (en France) 

Âutun. — Société Eduenne. 

Aaxerre. — Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. 

Beaune. — Société d'histoire et d'archéologie. 

Besançon. -^ Société d'émulation du Doubs. 

Bourg. — Société de géographie de l'Ain. 

Bourges. •— Société des antiquaires du Centre. 

— Société de géographie du Cher. 

Brest. — Société académique de Brest. 
Caen. — Société française d'archéologie. 
Chambéry. — Société savoisienne d'histoire et d'archéologie. 
Châtillon. — Société archéologique et historique du Châtillonnais. 
Dijon. — Chambre de commerce. 

— Bibliothèque do la ville. 

— Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. 

— Archives départementales de la Côte-d'Or. 

— Commission départementale des antiquités. 

— Club alpin français (section de la Côte-d'Or et du Morvan). 

— Revue bourguignonne de l'Enseignement supérieur. 
Fontainebleau. '— Société historique et archéologique du Gàtinais. 
Gap. — Société d'études des Hautes-Alpes. 

Gray. — Société grayloise d'émulation. 

Havre (Le). — Société de géographie commerciale du Havre. 

Langres. — Société historique et archéologique. 

Lorient. — Société bretonne de géographie. 



XXX 

Lyon. — Société de géographie de Lyon. 

— Comité de pub!i(:ation des Annales de rUniversité de 

Lyon. 

— Bulletin hi>tori<4ue du diocèse de Lyon, 1 1, place de Four- 

vière. 

— Ilevue de l'histoire de Lyon, rue Gentil, à Lyon. 
Marseille. — Société de géographie do Marseille. 
Montpellier. — Société languedocienne de géographie. 
Nancy. — Société de géographie de l'Est. 

Nantes. — Société de géographie commerciale. 
Paris. — Société de géographie commerciale. 

— Société dp géographie. 

— Société de topographie do France. 

— Société des études coloniales et maritimes. 

— Le Tour du Monde, librairie Hachette, boulevard Saint- 

Germain, 79, Paris. 
Rochechouart. — Société des amis des sciences et arts. 
Rochefort. — Société de géographie de Rochefort. 
Rouen. — Société normande de géographie. 

— La France colonisatrice. 

Semur. — Société des sciences historiques et naturelles de Semur 
(Côte-d'Or). 

Sens. — Société archéologique. 

Toulouse. — Société de géographie. 

Tours. — Société do géographie. 

Vesoul. — Société d'agriculture, des sciences et des arts de la 
Haute-Saône. 

Villefranche (Rhône). — Société des sciences et arts du Beaujo- 
lais. 



SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES (dans les colonies). 

Algérie. — Société de géographie d'Alger, I, rue Mahon. 
Cochinchine Saigon. — Société des études indo-chinoises de 

Sa'fgon. 
Tunisie. — Institut de Carthage, association tunisienne des lettres^ 

sciences et arts, à Tunis. 



SOCIETES CORRESPONDANTES ETRANGERES 

Allemagne (Stuttgart). — Société de géographie. 

— (Hesse). — Die Gesellschaft furErd und Voelkerkunde, 

àGiessen. 
Angleterre (iManchester). — Société de géographie de Manchester. 
Autriche-Hongrie (Vienne). — Naturhistorischen hofmuseum. 
Australie (Queensland). — The Royal Geographical Society of Aus- 

tralasia, à Brisbane. 
Belgique (Bruxelles). — Société d'Etudes coloniales. Hôtel Ravens- 
tein, rue Ravenstein II. 
— Institut géographique de Bruxelles, 35, rue AUard. 
Brésil (Rio-Janeiro). — Société de géographie. 

— Revue irimestrielle de l'Institut de Ceara (D»" Studart), rue 

Formoza, 46, Fortaleza. 
Egypte. — Institut égyptien, le Caire. 

— Société khédiviale de géographie. 
Espagne (Madrid). — Société de géographie. 
Etats-Unis d'Amérique. — Université de Montana. 
Finlande (Helsingfors). — Société de géographie de Finlande. 
Italie (Florence). — Societa africana d'Ilalia. 

— (Rome). — Société de géographie. 

— (Naples). — Societa africana d'Italia, 249, via del Duomo. 

— (Milan). — La Société d'exploration commerciale. 
Pérou. — Société do géographie de Lima. 

Portugal {Lisbonne). — Société de géographie de Lisbonne. 
Suisse (Neufchâtel). — Société neufchâteloise de géographie. 



ACTES DE LA SOCIÉTÉ 



EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX 



Séance du 11 novexnbre 1903. 

PRÉSIDENCE DE M. ouBERT, président. 

Parmi les ouvrages reçus M. le Président appelle 
rattention sur le : 

Voyage à la Mapuerà, de M"*' 0. Coudreau ; 

Voyagea Maycurà et à Rio Curva du même auteur; 

La Vigne et le Fm, deM. Paul Jamain. 

M. Oubert annonce la candidature de M. l'abbé 
, Demolon, curé de Collonges-les-Bévy, présenté par 
MM. Oubert et Drioton. 

M. Cliabeuf retrace brièvement la biographie du 
savant Mommsen que la mort vient d'enlever à la 
science. Son activité embrassa le cercle entier des 
connaissances humaines. En raison du grand rôle qu'il 
joua comme historien et politicien, son souvenir devait 
être conservé dans les Mémoires de la Société. 

M. Chabeuf présente ensuite quelques notes d'his- 
toire bourguignonne d'après les archives de Chan- 



— XXXIII — 



tilly. Il parle des fêtes organisées à Dijon à l'occasion 
d'une victoire remportée par le prince de Condé, 
arrière-petit-fils du grand Condé. 11 rappelle l'avè- 
nement du style Louis XVI et donne des rensei- 
gnements biographiques sur quelques artistes de celte 
époque : Le Jolivet, le sculpteur Vuillaume Boichot, 
ringénieur Dumorey. 

M. Gascon dit qu'il existe au château de Fontaine- 
Française un dessin de Le Jolivet qu'il se propose de 
faire photographier. 

La lecture du voyage à la Mapuerà est remise à la 
séance suivante. 



Séance du 11 décembre 1903. 

PRÉSIDENCE DE M. ouBERT, président. 

En suite d'un vote favorable, M. l'abbé iDemolon, 
curé de Collonges-les-Bévy, est élu membre titulaire 
de la Société. 

L'ordre du jour appelle le vote pour le renouvel- 
lement du bureau et du comité de publication. 11 est 
d'abord procédé au vote pour l'élection d'un président 
et de deux vice-présidents, les membres sortants 
n'étant plus rééligibles dans leurs fonctions respec- 
tives. 

Après le dépouillement du scrutin, M. Mocquery 
est proclamé pour trois ans président ; MM. Oubert et 
Dumay sont nommés vice-présidents. 

ni 



— XXXIV — 

M. Cornereau est réélu comme secrétaire général. 

MM. Drioton et Fourier sont élus secrétaires. 

MM. Perronne, trésorier, et Mercier, bibliothécaire, 
sont réélus dans leurs fonctions. 

Après un nouveau vote, le comité de publication est 
composé de : MM. d'Avout, Cuny, Huguenin père, 
Jobard, Ladey de Saint-Germain, Moser, Chabeuf, 
Pierre Huguenin, Marc, Darantiere Maurice. 

MM. Bulon, Moser et Huot sont désignés pour 
examiner les comptes du trésorier pendant Tannée 
1904, et présenter leurs observations sur le projet de 
budget pour 1905. 

M. Mocquery donne lecture d'un mémoire sur la 
grêle en Bourgogne en 1902. Ce travail, très do- 
cumenté, fait suite à ceux qu'a déjà publiés le même 
auteur dans les Mémoires de la Société Bourgui- 
gnonne de Géographie et d'Histoire. Il ressort des 
différentes statistiques qui ont été relevées avec 
soin, une suite de renseignements très précieux sur 
rheure des différentes chutes de grêle, leur durée, la 
grosseur et la nature des grêlons, les vents qui 
amènent les orages à grêle, enfin la direction suivie 
par ces orages et les phénomènes qui les accom- 
pagnent. 

Ce mémoire est accompagné d'une carte indiquant 
la marche suivie par les différents orages pendant 
Tannée 1902. 

M. Chabeuf fait la communication suivante rela- 
tive à un rapport présenté par M. Muteau au Conseil 
général, dans sa session d'août 1903, Délibérations, 
pp. 462 à 464. 



— XXXV 



« Rapport de M. Muteau sur un vœu déposé par 
MM. Carnot, Bassot et Tainturier, tendant à : 

« !• Emettre le vœu que des notions d'histoire et de 
biographie locales soient incorporées par M. le Minis- 
tre de l'Instruction publique aux programmes de 
l'enseignement élémentaire et secondaire ; 

« S** Mettre au concours un Manuel d'Histoire de la 
Bourgogne et du départemerd de la Côte-d'Ory dont le 
Conseil récompenserait les meilleurs projets et les 
présenterait au choix de M. le Ministre ; 

« G*' Convier toutes les sociétés savantes du départe- 
ment à collaborer, sous la direction centrale de la 
Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, à des 
monographies locales (dont le président de cette Com- 
mission lui-même a donné un excellent plan) et qui 
seraient remises aux instituteurs après approbation du 
Conseil de l'instruction primaire. 

« Au nom de la commission de l'Instruction du Con- 
seil Général, M. le rapporteur propose : 

« 1» D'adopter le § I du vœu et de le transmettre 
à M. le Ministre ; 

« 2° De prier M. le Préfet d'étudier les |i 2 et 3, afin 
de faire connaître au conseil les dépenses qu'entraî- 
nerait l'organisation d'un concours et l'impression 
des. Monographies rédigées par les Sociétés savantes, 
lasomme nécessaire devant faire, s'il y a lieu, l'objet 
d'une proposition d'insertion au budget supplémentaire 
dans la session d'avril 4904. » 

M. Chabeuf fait remarquer qu'aucune des Sociétés 
savantes du département n'a reçu encore de notifica- 
tion officielle, ce qui est tout naturel, puisque toutes 



— XXXVI — 

résolutions définitives sont suspendues, au Conseil 
Général, jusqu'à ce que la question financière ait été 
étudiée, mais que le principe de la fonction des Socié- 
tés savantes étant posé, celles-ci peuvent se trouver, 
d'ores et déjà, saisies parla publication des délibéra- 
tions du Conseil Général. 

Il propose donc à la Société bourguignonne de Géo- 
graphie et d'Histoire de déclarer que, le cas échéant, 
elle se mettra à la disposition du Conseil départe- 
mental dans la mesure où celui-ci croirait devoir 
faire appel à ses services. 

Cette proposition est votée par l'assemblée qui 
constate que le plan de monographie auquel il est fait 
allusion par M. le conseiller rapporteur, Thonorable 
M. Muteau, est celui qui a été établi par M. Chabeuf, 
et fait partie du tome VI' des Mémoires de la Société. 
Il en a été fait un tirage à part mis à la disposition de 
ceux qui voudraient s'en servir. 



Séance du 8 janvier 1904. 

PRÉSIDENCE DE M. ouBERT, vice-présidetit. 

M. Oubert présente les excuses de M. Mocquery, 
empêché, puis il informe la Société qu'il a été chargé 
par lui de s'entendre avec M. Fontaine, président du 
Club-Alpin, pour organiser une conférence sur la 
Macédoine, qui serait faite par M. Tignol, au théâtre 



XXXVII — 



et sous les auspices des deux Sociétés. Il ajoute qu'il 
ne reste plus que la date à fixer d'accord avec le 
conférencier, 

M. Elisée Reclus demande l'échange des publications 
de la Société avec celles de l'Institut Géographique 
de Bruxelles, 35, rue Allard ; après un vote favorable, 
l'échange est adopté. 

M. Paul Paclot, libraire à Paris, rue Cassette, pro- 
pose à la Société de souscrire à un ouvrage qu'il vient 
d'éditer : Japon, par Félix Régamey. La Société n'ayant 
pas pour habitude de souscrire à des publications, 
M. le Président se contente d'attirer l'attention sur cet 
ouvrage et passe à l'ordre du jour. 

Pour la même raison, on passe également à l'ordre 
du jour sur une lettre de M. Frédéric Duval, secrétaire- 
rédacteur à la Revue des questions historiques, de- 
mandant à la Société de s'abonner à ladite Revue. 

La Société de géographie du Cher invite la Société 
à se faire représenter aux fêtes qui auront lieu à Bourges, 
les 3 et 4 février prochain, pour célébrer le 20" anni- 
versaire de sa fondation. M. le président invite ceux 
qui voudraient représenter la Société à ces fêtes, à 
vouloir bien le lui faire savoir. 

La Société Nationale des Antiquaires de France in- 
forme, par une circulaire, qu'elle célébrera son cente- 
naire en 1904, par une séance publique et solennelle 
qui aura lieu au Musée du Louvre, le H avril. M. le 
président demande qu'un membre de la Société veuille 
bien accepter la mission de la représenter en cette 
occasion. 

Le comité exécutif du 5^ Congrès géographique 



XXXVIII — 



italien invite également la Société à envoyer un délé- 
gué à ce congrès, qui aura lieu à Naples, le 6 avril 
1904. 

L'ordre du jour appelle la lecture du Voyage au 
Maycurù{en Amazonie), par M^^ 0. Coudreau, en 1902. 



Séance du 12 février 1904. 

rRÉsiDENCE DE M. MOCQUERY, président. 

Parmi les ouvrages reçus, M. le Président appelle 
l'attention sur V Histoire généalogique de la Maison de 
BaujeUy par M. le D"" Bertin. M. le secrétaire-général 
est chargé de lui en accuser réception et de le remercier. 

La Revue Gorini envoie le 1^' fascicule de ses publi- 
cations et demande l'échange avec les Mémoires de la 
Société. Un rapport sera présenté su'^ cette demande 
à la prochaine séance. 

M. Mocquery donne ensuite lecture d'une circulaire 
invitant la Société à se faire représenter au Congrès 
national des Sociétés françaises de Géographie qui se 
réunira à Tunis pendant les vacances de Pâques du 
3 au 7 avril 1904 et d'une autre circulaire du minis- 
tère de l'Instruction publique, informant qu'un Con- 
grès international archéologique, sous le haut patro- 
nage du gouvernement hellénique, se réunira à 
Athènes en 1905. 

M. le Président invite les membres de la Société à 



XXXIX 

faire savoir s'ils désirent assister à l'un ou l'autre de 
ces Congrès et y représenter la société; ils n'auront 
qu'à donner leurs noms au Président ou au Secrétaire 
général. 

Il propose ensuite les nouvelles candidatures sui- 
vantes : 

1" M. Schanosky, sculpteur, présenté par MM. Jo- 
bard et Fourier ; 

2» ]^iie Prudent, professeur à l'Ecole normale d'Ins- 
titutrices, 15, place de la République, présentée par 
MM. Rey et Oubert ; 

3« M. l'abbé Prieur, curé d'Heuilley, présenté par 
MM. Poisot et Dumay. 

M. Bulon donne lecture du rapport sur les comptes 
du trésorier pendant l'exercice de l'année 1902. Ces 
comptes sont adoptés à mains levées et des remercie- 
ments sont adressés à M. Perronne, trésorier de la 
Société. 

M. Mocquery présente un travail sur le climat de 
Dijon, renfermant les données .météorologiques rela- 
tives à la température, la pression barométrique, le 
degré hygrométrique, la direction des vents, la né- 
bulosité et la pluie. Ces données comprennent, d'une 
part, la moyenne des résultats obtenus jusqu'en 1903 
et, d'autre part, ceux de l'année 1903 elle-même. 

M. le vicomte d'Avout donne lecture de la relation 
d'un voyage qu'il a fait en Espagne, au mois d'avril ' 
1903. L'auteur, s'excuse d'abord de revenir sur un 
sujet traité dans les Mémoires de la Société bourgui- 
gnonne de Géographie et d' Histoire-, mais l'Espagne 
est vaste et peut être étudiée à bien des points de vue. 



Il nous conduira aujourd'hui en Andalousie, à Séville, 
Cordoue, Grenade. 

Il présente d'abord quelques considérations géné- 
rales sur Tarchitecture mauresque et les influences 
diversesquilamodifièrentaprèsTexpulsiondes Maures. 

L'architecture romane et gothique se retrouve dans 
plusieurs cathédrales ; l'influence cistercienjne se ma- 
nifeste par l'introduction du style gothique primaire. 
M. d'Avout a passé à Séville les quelques jours qui 
précèdent Pâques. Il décrit la disposition toute parti- 
culière des éghses, les cérémonies et les processions 
de la semaine sainte. Il nous conduit ensuite à la tour 
mauresque Giralda, construite en H90; à la cathé- 
drale où reposent les restes de Christophe Colomb ; 
au Musée de peinture où il a pu admirer nombre de 
Murillos. Il fait passer sous les yeux des membres 
présents plusieurs photographies de ces tableaux : 
la Vierge à la serviette, Saint François d'Assise et le 
Christ. Il donne, en terminant, la description d'une 
course de taureaux, à laquelle il assista. 

Les courses de Pâques à Séville sont les plus im- 
portantes de Tannée et sont fort intéressantes. 

En raison de Theure avancée, la suite de la lecture 
est remise à la séance suivante. M. le Président adresse 
des remerciements à M. le vicomte d'Avout pour sa 
relation. 



XLI 



Séance du 11 mars 1904. 

PRÉSIDENCE DE M. ouBERT, vicô-président. 

M. Oubert présente les excuses de M. Mocquery, 
président, empêché. 

Parmi les ouvrages reçus on remarque : \° Les Fa- 
milles et localités du nom de Mandre, par M. René de 
Mendre, ouvrage offert par M. Demandre, pharmacien 
à Dijon, place des Cordeliers. M. le Président y joint 
1 brochure : En Provence, la Ciotat et ses environs, 
par P. Gaffarel, et 3 vol. de la Revue de l'Enseigne- 
ment supérieur de V Université de Lyon, Des remercie- 
ment seront adressés aux donateurs. 

Le Comité algérien de propagande et d'hivernage, 
l, rue Combe, à Alger, adresse le programme des ca- 
ravanes organisées pour les vacances de Pâques. Des 
exemplaires de ce programme sont mis à la disposition 
des membres de la Société qui voudraient profiter de 
l'occasion pour visiter l'Algérie et la Tunisie. 

M. Henri Corot, sociétaire, se propose de donner la 
généalogie .de Junot, duc d'Abrantès. 

M. Mocquery adresse un Mémoire sur la grêle en 
1903, dans le département de la Côle-d'Or. Ce travail, 
qui fait suite à celui qu'il a présenté à la Société, pour 
l'année 1902, sera, comme ce dernier, inséré dans les 
Mémoires. 

M**° Prudent et MM. Schanoskyet l'abbé Prieur sont, 
après le vote, proclamés membres titulaires de la 
Société. 



— XLII — ' 

M. le Président annonce la mort de M. Chaudouet, 
Arthur, architecte, membre fondatem% et celle de 
M. Trivier-Carré, Emile, brasseur, qui faisait partie 
de la Société depuis 1891. Il adresse à leurs familles 
les regrets et les sentiments de vives condoléances de 
la Société Bourguignonne de Géographie et d'Histoire 
(Approbations unanimes). 

M. Oubert explique le but de la conférence qui a 
été annoncée à MM. les sociétaires sur la convocation 
de ce jour, et qui sera faite le mardi 15 mars, à 8 h. 1/2 
dusoir,salleProudhon(FacultédeDroit),parM.Hauser. 
Il s'agirait de créer à Dijon une section de la Société 
franco-scandinavede Paris; ce serait la première fille 
de cette société en province. M. Oubert engage MM. 
les sociétaires à assister à cette conférence. 

L'ordre du jour appelle la lecture, par M. le vicomte 
d'Avout, de la suite de son Voyage en Espagne , en avril 
1903. 

Cordoue, la vieille capitale des Califes, est bien 
déchue de sa splendeur; elle ne vit plus aujourd'hui 
que par sa mosquée, dont l'intérieur, véritable forêt 
de colonnes (il y en a 850), renferme une cathédrale 
aménagée au centre sous Charles-Quint. Le christia- 
nisme n'a point abusé de sa conquête : il n'a point 
détruit le monument et a tenu seulement à y marquer 
son empreinte. Les Arabes furent chassés de Cordoue 
par saint Ferdinand, en 1236. 

Grenade, ville magique, remaniée et modernisée 
au lendemain de la conquête chrétienne, a perdu son 
cachet oriental ; plus rien n'en subsiste qu'à TAlhambra, 
construction mauresque où l'on ne voit nulle représen- 



XLIIl 



talion de figure humaine, mais un chaos de lignes géo- 
métriques sans fin. A noter cette inscription gravée à 
la pointe du couteau sur la pierre d'un parapet, dans 
une des dépendances de TAlhambra : « J. Gremaud, 
officier porte-étendard du 1 /® régiment de ligney août 
1823 », peut-être un Bourguignon, soldat de France en 
la pacifique expédition du duc d'Angoulême. 

Sur la Tour de la Vêla, dominant la forteresse de 
VAlcazaha, ftottèrent, le 2 janvier 1492, les pennons 
des rois catholiques qui ont assiégé pendant un an les 
Musulmans. Leur roi vaincu se retire souffleté au 
dernier instant par ces dures paroles de sa mère 
Aicha : « // te sied bien de pleurer comme une femme 
le royaume que tu n'as pas su défendre comme un 
homme h) Ainsi finit la domination des Maures en 
Espagne. 

M. d'Avout a visité la cité qu'habitent les Gitanos, 
cette tribu étrange qui inspire à la police une mé- 
diocre confiance. De belles filles présentent leurs 
bibelots, tandis que leur roi Mario Fernandez, dans 
son costume de Majo, offre sa photographie contre 
beaux deniers. Il décrit les danses originales, plutôt 
africaines qu'espagnoles, de ces Gilanos. 

La cathédrale de Grenade, longue de 116 m., large 
de 67 m. et dont la voûte est haute de 30 m., s'est 
élevée au lendemain même de la conquête. Elle ren^ 
(erme les tombeaux des rois catholiques et, parmi eux, 
ceux de Ferdinand et d'Isabelle, de Philippe le Beau 
et de Jeanne la Folle. 

Au dehors de la ville, la Cartuja, chartreuse, 
veuve de ses moines, a conservé ses riches déco- 



— XLIV — 

rations. San Jeronimo est le lieu de sépulture de Gon- 
zalve de Cordoue. 

Tolède, sur son trône de rochers avec sa ceinture 
de tours et son diadème d'églises, capitale de l'Es- 
pagne pendant cinq siècles, en est devenue la métro- 
pole religieuse. C'est une cité profondément roman- 
tique; il semble qu'on circule dans les corridors d'un 
édifice et non dans les rues d'une ville. 

Les églises y sont très nombreuses ; la cathédrale 
fut commencée en 1227 et terminée seulement à la 
(in du XV® siècle. 

L'Alcazar s'élève au sommet du rocher Tolédan, 
sur l'emplacement d'un castrum romain, puis d'une 
citadelle Wisigothe ; c'est aujourd'hui une école de 
cadets, le Saint-Cyr Espagnol. 

Vers le pont San Martin, on voit quelques ruines du 
bain de la Cava et de la Tour du roi Rodrigue^ d'où ce 
souverain Wisigoth épiait les jeunes filles au bain. Il 
aperçut la belle Florinde, en devint amoureux et la 
séduisit. Le comte Julien, père de la jeune fille, 
brûlant de venger son outrage, appela les Maures à 
son aide en 711. Rodrigue fut vaincu et tué à la ba- 
taille de Xérès de la Fronteray et, pour sept siècles, 
TKspagne devint musulmane. 

L'EseuriaK à 50 kilomètres de Madrid, dont le plan 
général ressemble à un gril, l'instrument du martyre 
de saint Laurent, fut à l'origine un monastère. L'é- 
glise ivnfenne deux caveaux, le Panthéon des Infants 
et le Panthéon des Rois. CVst le Saint-Denis espagnol. 
Dans les salles capitulaires, on remarque une col- 
lection de tableaux peu nombreux mais choisis, des 



XLV — 

Ribéra, des Velàsquez, des Véronèse, des Titien, etc. 
A la Bibliothèque, on conserve les objets ayant per- 
sonnellement appartenu aux souverains, entre autres 
le bréviaire de Charles-Quint, celui de Philippe II, etc. 
M. Oubert remercie M. d'Avout, 



Séance du 15 avril 1904. 

PRESIDENCE DE M. OUBERT, vice-président. 

M. le Bibliothécaire donne connaissance des ouvra- 
ges reçus pendant le mois. On remarque : Deux 
volumes des Mémoires de la Société d'Hislowe et d'Ar- 
chéologie de Beaune, années 190 1 et 1902 ; le tome XIV% 
année 1904, de la Revue Bourguignonne de VEnsei- 
gnement supérieur, et une brochure offerte par 
M. Cornereau^ secrétaire général de la Société, inti- 
tulée: Deux lauréats de V Académie de Dijon, Jean- 
Jacques Rousseau et Lazare Carnot, M. le Président 
remercie M. Cornereau. 

M. Oubert lit les lettres de remerciement de 
Mlle Prudent, professeur à TEcole normale d'Institu- 
trices de Dijon et de M. l'abbé Prieur, curé d'Heuilley- 
sur-Saône, nommés membres titulaires de la Société 
à la dernière séance. 

M. le Directeur Général des Travaux Publics de 
Tunisie annonce qu'il adresse à la Société deux exem- 
plaires delà carte routière de la Tunisie au 1®' janvier 
1904, éditée par sa direction. Ce document, qui donne 



— XL VI — 

des indications précises sur l'état d'avancement des 
voies de comniunicalion de la Régence, n'est pas 
encore parvenu. 

M. Oubert lit une lettre dans laquelle M. Mocquery 
envoie sa démission de Président par suite de sa 
nomination au poste d'Inspecteur Général des Ponts 
et Chaussées, à Paris. 

M. Oubert rappelle les services que M. Mocquery a 
rendus à la Société, d'abord comme membre fonda- 
teur, puis comme Président à différentes reprises, et 
ensuite par ses travaux insérés dans les Mémoires. 

Tout en félicitant, au nom de la Société, M. Moc- 
query de sa nomination au poste élevé d'Inspecteur 
Général des Ponts et Chaussées, il lui adresse aussi 
les regrets que nous cause son départ ; puis il propose 
à l'assemblée de le nommer Président Honoraire, ce 
qui est voté à l'unanimité des membres présents. 
M. Oubert ajoute qu'il informera M. Mocquery de la 
décision de la Société. 

L'ordre du jour appelle la présentation de candi- 
datures nouvelles : 

M. Bouillerot Raoul, Commis d'Académie, rue 
Villebois-Mareuil, à Dijon, est présenté par MM. Mer- 
cier et Drioton. M.Jules Gauthier, conservateur des 
Archives départementales de la Côte-d'Or, est pré- 
senté par MM. Perronne et Cornereau. Conformément 
aux statuts, il sera voté sur ces candidatures à la 
prochaine séance. 

La parole est ensuite donnée à M. Cornereau pour 
la lecture d'une Supercherie de Vhistoire militaire 
d'Auxonne : la chambre de Bonaparte. 



XLVII ^^^■ 

Cette note, écrite par M. Cornereau, sur les mé- 
moires de feu M. Joseph Dietsch, qui était membre 
de la Société, dévoile les supercheries employées pour 
remplacer les meubles et objets qui avaient disparu 
de la chambre qu'occupait, à Auxonne, Bonaparte, 
alors simple lieutenant d'artillerie. 

M. Oubert remercie M. Cornereau de sa communi- 
cation qui sera insérée dans les Mémoires de la So- 
ciété. 

M. Oubert propose de fixer une date pour la nomi- 
nation d'un nouveau président, en remplacement de 
M. Mocquery. Après discussion, il est décidé que l'é- 
lection du Président n'aura lieu qu'à la séance de 
décembre 1904, en même temps que celle des autres 
membres du bureau. 



Séance du 13 mai 1904. 

PRÉSIDENCE DE M. OUBERT, vice-présideut. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

En l'absence de M. le bibliothécaire, M. Cornereau 
donne connaissance des ouvrages reçus. Parmi eux 
figurent la Revue Héraldique du vicomte de Mazières 
Mauléon, VHisloire industrielle de L. Thibout, Faid- 
herbe par Henry Cyral. Des remerciements seront 
adressés aux donateurs. 

M. X. Schanosky remercie par lettre la Société 
bourguignonne de géographie et d'histoire d'avoir 
bien voulu l'admettre parmi ses membres. 



XL VIII 



M. Oubert a reçu des lettres de faire part des décès 
de M'"* la comtesse d'Aubiisson de la Feuillade, prin- 
cesse duchesse de Bauflremont, de M"* la duchesse 
d'Atrisco, marquise de Leganes, princesse duchesse 
de Bauffremont, et de M. Honoré Gascon, ancien 
pharmacien à TArba (Algérie), membre de la Société, 
qui a plusieurs fois collaboré à nos mémoires. Des 
cartes de condoléances seront adressées aux familles. 

M. Mocquery a envoyé à la Société bourguignonne 
de géographie et d'histoire une lettre dans laquelle 
il exprime sa reconnaissance pour sa nomination 
comme président honoraire. 

M. Oubert donne lecture d'une circulaire par la- 
quelle M. Lefebvre Pontalis, président de la Société 
française d'archéologie, invite les membres de la So- 
ciété bourguignonne de géographie et d'histoire à par- 
ticiper au Congrès archéologique qui se tiendra au 
Puy (Haute-Loire), du 21 au 28 juin 1904. 

M. le vicomte d'Avout représentera la Société à ce 
Congrès. 

A été également reçue une circulaire relative aux 
vœux émis en avril 1904, à Tunis, par le Congrès na- 
tional des Sociétés françaises de géographie. 

M. Oubert donne connaissance d'une lettre de 
M. Cestre, secrétaire de la Section dijonnaisede l'As- 
sociation franco-scandinave à laquelle la Société bour- 
guignonne de géographie et d'histoire a adhéré. Il est 
question d'organiser à Dijon une réception pour un 
groupe de personnages appartenant au gouvernement, 
à l'université, au commerce, à l'industrie Scandinaves. 
M. Cestre espère . que la Société de géographie ne se 



désintéressera pas de cet événement et qu'elle voudra 
bien venir en aide à TAssociation franco-scandinave. 

Une subvention de 100 francs est votée à cet effet. 

MM. Bouillerot, commis d'Académie, et Jules Gau- 
thier, conservateur des archives départementales de 
la Côte-d'Or, sont, après un vote favorable, proclamés 
membres de la Société bourguignonne de géographie 
et d'histoire. 

M. Cornereau présente un travail sur les anciens 
privilèges des habitants de Dijon relatifs à des droits 
de pêche dans la rivière de TOuche. 

Il est fait quelques échanges d'observations entre 
MM. Comereau et Fourier au sujet des droits divers 
qu'avaient les habitants de la ville de Dijon depuis 
l'acte d'affranchissement dell87jusqu'à la révolution. 

M. Oubert donne lecture d'un voyage à la Mapuera, 
par M"" 0. Coudreau. 



Séance du 10 juin 1904. 

PRÉSIDENCE DE M. DUMAY, vice-présideut. 

M. leBibliothécaire donne connaissance des ouvrages 
reçus pendant le mois. A signaler : un volume conte- 
nant le rapport du Préfet et les procès-verbaux des 
séances du Conseil Général de la Côte-d'Or, pour la 
session d'avril 1904, envoyé par M. le Préfet. 

M. Dumay donne lecture des lettres de remercie- 
ments de M. Raoul Bouillerot, commis d'Académie, 



et de M. Jules Gauthier, conservateur des Archives 
Départementales, nonnimés membres titulaires de la 
Société à la dernière séance. M. Dumay profite de la 
présence de M. Gauthier pour lui souhaiter la bien- 
venue. 

On passe à Tordre du jour sur le bulletin n° 316 de 
la Société de géographie de Toulouse contenant le 
compte-rendu de sa séance du 18 avril 1904 et annon- 
çant une conférence : En Amazonie^ de Para à Ma- 
naos au pays du caoutchouc, existence des extracteurs 
de gommcy par M. Emile Bonnechaux, cette conférence 
ayant été faite le 16 mai dernier. 

M. Dumay lit une lettre par laquelle M. Schlessinger, 
directeur de Revues, 8, rue des Saints-Pères, à Paris, 
demande l'annuaire de la Société ou la liste de ses 
membres et envoie un numéro de l'une de ses Revues, 
le « Moderne Kunst ». M. le Secrétaire général a 
répondu que la liste des membres pour 1904 serait 
adressée, aussitôt imprimée, à M. Schlessinger. 

M. le Président donne lecfure d'une lettre de M. le 
Préfet de la Côte-d'Or, envoyant une délibération du 
Conseil général relative à l'organisation d'une com- 
missionchargéed'élaborer,avantla session d'aoûtl904, 
le programme d'un manuel d'Histoire locale et deman- 
dant à la Société de désigner l'un de ses membres pour 
faire partie de cette commission. 

M.Dumayestélumembrede la commission instituée 
par le Conseil général pour élaborer le programme 
d'un manuel d'histoire locale. II remercie la société de 
la marque de confiance qu'elle vient de lui témoigner. 

L'ordre du jour appelle la- lecture, par M. Pierre 



Pcrrenet, d'Un roman dijonnais en 1713. 11 s'agit d'un 
procès qui nous apprend certains détails piquanls sur 
les mœurs des grandes familles dijonnaises à celte 
époque. M. Dumay remercie M. Perrenet de sa com- 
munication qut est renvoyée à Texamen du comité de 
publication pour Tinsertion dans les Mémoires de la 
Société. 

M. Albert Chapuis présente un manuscrit intitulé : 
Les anciennes corporations dijonnaises. Règlemoits, 
statuts et ordo7inances. Cet important travail sera sou- 
mis au Comité de lecture, dès que quelques extraits 
auront été lus en séance publique. 



LES BEAUJEU DE FRANCHE-COMTE 

DANS LE DUCHÉ DE BOURGOGNE 
l'aUXERROIS, LE TONNERROIS, LA CHAMPAGNE, ETC. 

{Suite et fin,) 



LES BEAUJEU DE FRANCHE-COMTÉ 

DANS LE DUCHÉ DE BOURGOGNE 
L*AUXERROIS, LE TONNERROIS, LA CHAMPAGNE, ETC. 

(Suite et fin) 



CHAPITRE IV 
BRANCHE DP VILLIERS-VINEUX 

PAUL 

Paul de Beaujeu, troisième fils de Jean III de 
Beaujeu, seigneur de Chazeuil et de Jauge et de 
Gilberte de Beaurepaire, fut Fauteur de la branche 
secondaire de Villiers- Vineux (1), seigneurie qui 
lui venait de sa femme, Madeleine du Mesnil, 
fille de Nicolas, seigneur d'Arentières. 

Après la mort de son père, Paul avait eu pour 
tuteur, ainsi que ses frères et sœurs, son oncle 
Philibert, évêque de Bethléem, ce qui ne Tempê- 
cha pas d'embrasser la Réforme, comme son frère 
plus âgé Jean (2), et déjouer un rôle des plus actifs 
dans les événements de Tépoque. L'explication 
de sa conduite pourrait se trouver dans la mort 
prématurée de son oncle Philibert, en 1555, et 

(i) Villiers-Vineux, canton de Flogny, arr. de Tonnerre, Yonne, 
à 3 kiidm. de Jauge. 
<i) Voir t. XIX, p. 288. 



— 4 — 

aussi dans cette cîrconslance qu'entré au service 
il devint guidon de la compagnie de Gendarmes 
de l'amiral Coligny, qui Tavait pris en affec- 
tion. Or, on sait Tinfluence qu'exerçait le célèbre 
homme de guerre sur tous ceux qui l'entou- 
raient. 

Se sentant compromis, Paul de Beaujeu avait 
cru devoir quitter le pays, après la bataille de 
Saint-Denis, où les Huguenots furent défaits par 
les Suisses, le 10 novembre lo67. Le pillage de 
la ville d'Auxerre par ses coreligionnaires, au 
mois d'octobre précédent, n'avait peut-être pas 
été aussi sans contribuer à sa résolution. Toujours 
est-il qu'on le voit au milieu des proleslants qui 
avaient gagné Montbéliard, dont les princes fa- 
vorisaient les idées nouvelles. 

Le nombre des étrangers était devenu si grand 
qu'on dut, par prudence, prendre des mesures 
d'ordre. Le 10 janvier 1368, trois conditions fu- 
rent imposées aux réfugiés pour pouvoir résider 
dans la ville: 1° se conformer aux lois et règle- 
ments de la principauté; 2° s'abstenir de toute 
assemblée particulière et se contenter des céré- 
monies religieuses et prêches du pays ; 3° ne rien 
comploter contre les Suisses, Bourguignons et 
autres voisins (1). 



(l) Bullelùi de la Société d'émulation de Montbéliard, t. XIV, 
p. 2 et 5. Les archives de Montbéliard ont conservé les noms des 



— 5 — 

Paul de Beaujeu apposa sa signature avec les 
Monligny» Ribeaupierre, Sainl-Amour, etc. Néan- 
moins, si on en juge par sa conduite postérieure, 
il est probable qu'il était avec les troupes de Volf • 
gang, duc des Deux-Ponts et tuteur des jeunes 
princes de Montbéliard, lorsqu'il envahit la 
Franche-Comté, en lo69. 

En prenant le chemin de Texil, Paul de Beau- 
jeu n'avait pas abandonné ses intérêts dans l'Au- 
xerrois, où les querelles religieuses n'empêchaient 
pas les procès de suivre leur cours. Il était alors 
en discussion relativement à la seigneurie de 
Percey, voisine de Villiers-Vineux, qui revenait 
à sa femme Madeleine du Mesnil et à ses frères 
et sœurs, Edmedu Mesnil, écuyer, Marie etMar- 
gueritedu Mesnil, du chef de Jeanneton du Rollet, 
leur mère. Madeleine avait acquis les droits de ses 
frères et sœurs, mais la possession lui en était 
disputée par Françoise Léger (1), veuve d'Adrien 

principaux réfugiés. En 1586, on y voit Guillaume Stuart, de la fa- 
mille des rois d'Ecosse, seigneur de Vézinnes, avec sa femme, sa 
fille et six autres personnes. Ferry de Crèvecœur, gendre de Guil- 
laume Stuart ; François de Courtenay dont la sœur Anne épousa 
Sully ; Guillaume de la Trémouille, Antoine de Choiseul, baron de 
Lanques, Peuvent, la Ferté -sur-Amance, avec sa femme, un pe- 
tit-fils (9 personnes) ; AnnedeChoiseul, veuve de François dcChoi- 
seul, seigneur de Pressigny, fils d'Antoine et d'Anne de Ray, an- 
ciens seigneur et dame de Beaujeu (ib., p. 19-34). 

(I) Françoise Léger était petite fille de Jeanneton du HoUet et de 
son premier mari Gaston du Mas, dont la fille avait épousé Claude 
Léger, père de Françoise. Les Léger possédaient une paitie de 
Villiers-Vineux. 



— 6 — 

de Fauquenberg, seigneur de Ghauinont'(l),Loyse 
de Fauquenberg, femme de Louis de Soubmere- 
Uiont, seigneur de la Celle-sur- Loire, Edmée 
Lefort, veuve d'Odo de Fauquenberg (2). 

Après appointement du 27 avril 1S70, pour 
mettre la propriété en surséance jusqu'au pro^ 
nonce du jugement, Paul de Beaujeu obtenait, le 
12 août 1570, des lettres royaw^, confirmés par 
un jugement définitif du 19 avril 1572, qui le 
maintenait en possession de Percey et défendait 
à ses adversaires de le troubler dans sa jouis- 
sance (3). 

Cette môme année, à la suite du rappel de Co- 
ligny auprès du roi, ce qui avait fait croire à la 
paix religieuse, Paul avait quitté Montbéliard. 
Il était de la petite armée de 7000 hommes envoyés 
sous les ordres de Genlis au secours de Mons, me- 
nacé parles Espagnols ; mais les Français furent 
taillés en pièces, le 11 juillet 1572. Paul s^échappa 
à grand peine et le lendemain à la diane « nos 
« portes étaient envahies par des soldats à pied et 
« à cheval s'étant sauvés de cette défaite, et des- 



(i) Chaumont, canton de Pont-sur- Yonne, arr. de Sens, Yonne. 

(2) Clément de Fauquenbergue était greffier du Parlement de 
Paris en 1429. Il inscrivit le 10 mai la prise d'Orléans par Jeanne 
d'Arc, et traça en marge un portrait de l'héroïne, qu'il n'avait peut- 
être jamais vue (Le Petit Jouimal du 12 janvier 1896 a donné ce 
portrait). 

(3) Arch. de la Côte-d'Or, E. 73. 



a quels nous ne croyions pas tous les discours, 
« jusqu'à ce que le capilaine Beaujeu, guidon 
« de la compagnie de gendarmes de Tamiral 
« Coligny arrivé avec environ trente chevaux de 
« sa cornette, si éperdu qu'à peine pouvait- 
« il rendre compte et par ordre de ce com- 
c( bat(l). » 

A la nouvelle de la Saint-Barthélémy, Paul 
s'était empressé de regagner Montbéliard, laissant 
à Madeleine du Mesnil le soin de s'occuper de 
leursaffaires. Les habitants de Butteaux, la Chaus- 
sée et Cheu, villages voisins de Villiers- Vineux 
et Percey, étaient poursuivis par les officiers du 
bailliage pour une somme de 200 livres en prin- 
cipal et 169 livres de frais qu'ils devaient à la 
suite d'un procès au sujet de leurs pâturages et 
communaux. Etant dans l'impossibilité absolue 
de payer cette somme, ils préférèrent renoncer 
aux terres en question, et Madeleine du Mesnil, 
se disant femme de M. Paul de Beaujeu, écuyer, 
seigneur de Chazetiil en partie (2), desdils lieux 
de Butteaux, la Chaussée et autres, offrit de payer 
à la condition qu'on lui abandonnerait les ter- 
rains. Elle leur faisait remarquer en outre qu'elle 



(h) Mémoires de la Huguerie, par le baron de Rubbe^ t. I^ 
p. 122. 

(2) Paul avait eu, d'après cela, une partie de la seigneurie de 
Cbazeuil, mais il Tavait sans doute cédée, car il ne paraît pas lors 
de la vente du 15 décembre 1584 (voir t. XIX, p. 330, 331). 



— 8 — 

nenlenJail pas être responsable de leur rede- 
vance d'an boisseau par feu au seigneur de 
Jauge (1). 

La convention fui signée, le 4 avril 1574, de- 
vant Charles Therriat, prévôt de Saint-Florenliu, 
assisté de son greffier, Jean Pirouelle, et du col- 
lecteur des tailles, Jean Vallel (2), sous la pro- 
messe de faire ratifier par Paul. 

Paul de Beaujeu avait signé, en lo68, renga- 
gement de ne rien entreprendre contre les voi- 
sins de la principauté de Montbéliard : mais le 
temps avait sans doute modifié ses sentiments, 
car il se f pouvait bientôt mêlé a toutes les intrigues 
Je la fraction remuante de son parti, dont il était 
déjà devenu pour ainsi dire le chef- Le 21 juin 
lo7o, il était à la tète des réfugiés prolestants 
qui essayaient de surprendre Besançon, avec 
Taide des calvinistes de Suisse (3). 

Le fait est ainsi rapporté dans les lettres accor- 
dées, le 18 septembre 16Go, à Jean et Jacques 



(1) François de Beaujeu, frère de Paul. 

(2) Arch. de la Côte-d'Or, E. 1086. 

(3) Le récit de l'aventure a été fait par dom Grappin dans son 
livre : Guerres du xvi« siècle dai}S la comlé, « On devait pénétrer 
« par la porte do Varasque. Le portier convaincu d'avoir livré cette 
« porte aux ennemis fut condamné à périr entre quatre murs, sup- 
« plice des traîtres. Quand on j»*ta les fondations de la citadelle en 
« 1668^ on trouva les os de ce malheureux avec ses clefs et une 
« inscription qui relatait la cause de son supplice » (dom Grappin 
p. 86, 87). 



— 9 — 

Mairet, petits fils de Jean Mairet, qui contribua 
puissamment à empêcher la réussite de l'expédi- 
tion. « Jean Mairet s'étant trouvé le troisième à 
« faire barricade et tendre les cbaines proche 
« le palais de Granvelle, devant la maison de 
« M. de Prugney, qui est ^ présent celle de 
« M. de Broissia, il renverra |( blessa le chef 
« de rentreprise, dit le capitaJi^© de Beaujeu, 
« Lorrain^ et tua son cheval d'un coup de halle- 
ce barde... etc. » Paul de Beaujeu parvint cepen- 
dant à s'échapper avec les débris de sa troupe, et 
regagna Monlbéliard. Ils se virent d'ftfcord refuser 
l'entrée de la ville ; mais les bourgflpis « s'inti- 
tulant gouverneurs de leur ville » et « fai- 
sant preuve d'indépendance », les reçurent le 
24 juin. 

Gela était absolument contraire au droit des 
gens et faisait de la ville de Montbéliard un 
foyer d'intrigues et de conspirations, qui devaient 
attirer plus tard sur elle des conséquences fu- 
nestes. 

Les hostilités entre catholiques et prolestants 
quelquefois apaisées, toujours rallumées, entre- 
tenaient un état permanent de guerre civile, mal- 
gré la paix de Bergerac, signée le 17 septem- 
bre 1577, et les conférences de Nérac, en fé- 
vrierl779.Le22oclobresuivant,PauldeBeaujeu, 
portant le titre de colonel, était avec Mallerois à 
la tête d'un corps de trois à quatre mille protestants 



— 10 — 

français qui occupaient les environs de Belfort et 
d'Héricourt après avoir stationné autour de Lu- 
xeuil; mais Tintervenlion du canton de Baie 
obligea cette troupe à se retirer du côté de la 
Lorraine. 

C'est alors que le comte Frédéric, prévoyant 
pour ses Etats les représailles des catholiques, 
commença à devenir plus prudent. A la suite du 
colloque tenu par Théodore de Bèze, en mars 1586, 
il crut devoir prendre quelques précautions. Il 
invita de nouveau à se conformer aux ordon- 
nances de 1568, et le 13 février 1587, le conseil de 
régence donna lecture de ce rescrit aux réfugiés 
représentésparPauldeBeaujeu, MM. d'Eschenay, 
de Jorquenay, de Saumaise, de Digoin, de la 
Bretennière. Mais cela n'empêcha pas François 
de Ghâtillon, le fils de l'amiral Goligny, chargé 
delà conduite de trois mille hommes destinés à 
renforcer les reitres du baron de Dohna, de s'ar- 
rêter quelque temps dans le pays. Il y reçut uu 
accueil des plus sympathiques ; on avait même 
envoyé au-devant de lui « le sieur de Beaujeu, 
qu'il affectionnait beaucoup pour avoir été honoré 
d*un membre de la compagnie de gendarme- 
rie du feu sieur amiral, son père, et vieil capi- 
taine et affeclionné serviteur dudit sieur de Ghâ- 
tillon (1) ». 

(I) ^fém..de la Huguerie^ t. III, p. 470. — Société d'Émulation 
de Montbéliaid, t. XIV, p. 434. 



-" 11 — 

Les ligueurs devaient en garder rancune, 
d'autant plus que François de Châtillon entraîna 
une partie des réfugiés français, qui envahirent 
la Lorraine avec lui et la livrèrent au pillage, en 
ayant soin d'éviter tout engagement sérieux. 
Arrivé à Griselles (1), il demanda du renfort ; on 
lui envoya deux régiments de reîtres comman- 
dés parles colonels de Verdun et de Dammarlin, 
avec ckevau-légers et arquebusiers achevai sous 
les ordres de Paul de Beaujeu et François de Choi- 
seuî, baron de Lanques. A partir de ce moment, 
Paul fit partie du conseil de guerre de l'armée 
avec le duc de Bouillon, La Noue, Montlouet, Gui- 
try, laHuguerie (2). Il assistait, le 21 août, à la 
délibération. qui eut lieu à Blamont (3) pour trai-. 
ter avec le duc de Lorraine. Il laissa, parait-il, 
de mauvais souvenirs de son passage dans la 
contrée, car lorsqu'à leur tour les Lorrains enva- 
hirent le comté de Montbéliard, ils disaient « que 
s'ils tenaient ce larron de Beaujeu qui avait fait 
brûler leur pays et violé leurs femmes, ils le 
traiteraient de telle sorte qu'il en serait bien 
ébahi (4). » 



(1) Griselles, canton de LaigneS; arr. de Châtillon, Côle-d'Or. 

(2) Société d'Émulation de Montbéliard, t. XIV, p. 53. 

(3) Blamont, cheMieude canton, arr. de Lunéville, Meurthe-et- 
Moselle. 

(4) Mém. de la Société d'Émulation de Montbéliard, t. XV, 
p. 242 (déposition de Jean Veron d'Essincourt). 



— 12 — 

Il élait du reste véritable homme d'aclîon, tou- 
jours en avant. Le 10 août lo87, parti de Cein- 
trey (1) à la tête d'une compagnie de chevau- 
légers, de pareil nombre de reilres et d'autant 
d'arquebusiers à cheval, il faisait une course du 
côté de Mirecourt, dans l'intention d'enlever des 
chevaux pour renforcer les attelages de ^Fartille- 
rie. Il rencontra alors le sieur de Villey, cham- 
bellan du duc de Lorraine, retournant en Italie. 
Il le fit prisonnier et s'empara des lettres, mé- 
moires et instructions dont il était porteur et qu il 
envoya au duc de Bouillon. 

Le jeudi 21 septembre, d'après la Huguerie, il 
serait entré en pourparlers pour la sauvegarde de 
l'abbaye de Glairvaux (2), moyennant une forte 
somme à partager entre Guitry et lui. Toujours 
est-il que l'abbaye fut épargnée. 

A Château-Landon, il fut chargé de faire en- 
tendre raison aux reîtres pour les amener à aban- 
donner leur butin. Toujours d'après laHuguerie, 
il aurait pris la bourse d'un certain capitaine 
« Lanioiir » et l'aurait gardée pour lui. Mais 
il faut dire qu'il le laissa évader ; ce qui peut faire 
almellre un marché peu honorable, mais régu- 
lier, si on considère les mœurs du temps (3). 

(1) Ceinlrey, canton d'Haroué, arr. de Nancy. 

(2) Glairvaux, célèbre abbaye dont saint Bernard fut le premier 
abbé en 1115 (à 12 kil. de Bar-sur-Aube, Aube). 

(3) Méin. de la Huguebie, t. III, p. 142, 180, 197, 254, 359, 
361, 370, 383. 



-^ VA — 

Cette armée de 37.000 hommes^ dont le mot 
d'ordre paraissait être le pillage, devait bientôt 
subir les conséquences du manque de discipline 
et de ses excès de toutes sortes^ d'autant plus que 
Tabus des fruits amena la dysenterie. Le duc de 
Guise, Henri le Balafré, n'avait que six mille 
hommes de pied, quinze cents chevaux venus de 
Flandre et mille lances françaises* Il ne craignit 
pas d'attaquer Tennemi et le battit à Vimory, le 
26 octobre et à Auneau (l) près de Cliartres, le 
1 1 novembre. Et,, le8 décemlDre, le ducde Bouillon 
et le baron de Dohna sisfnaient entre les mains 
du duc d*Epernon la capitulation générale de 
larmée allemande, qui fut reconduite àlafrontiôre 
par Màcon et la Franche-Comté. 

Les reîtres allemands, payés pour faire la 
guerre, avaient été considérés comme simples 
belligérants et n'avaient rien à craindre. Mais il 
n'en pouvait être de même pour ceux que le fana- 
tisme religieux avait poussés dans la mêlée. Aussi 
Coligny refusa-t-il de participer à la capitulation. 
A la tète de quelques partisans et avec Paul de 
Beaujeu, il quitta larraée suivi dos huguenots 
français et se dirigea en toute hâte du côté de la 
Suisse, Le duc de Guise envoya à leur poursuite 
le marquis de Pont qui en moins de quinzejours 



(i) Vimory^ arr. et cant. de Monlargis^ Loiret. Auneau, chef- 
lieu lie canton, arr, de Chartres, Eure-et-Lofr. 



_ 14 — 

arrivait à Montbéiiard, refuge coûnu des intrigues 
protestantes. 

A rapproche du danger, le comte convoqua ses 
vassaux, délégua son autorité au bailli Samuel 
de Reischach et remit le commandement de la 
garnison à Paul de Beaujeu dont Texpérience et 
le courage étaient à la hauteur de cette mission ; 
puis il se retira en Allemagne. 

Paul avait pour lieutenant Jean de Franque- 
mont, marié à Eliennette de Beaujeu, fille de 
Claude, seigneur de Montot(I). Ses troupesse com- 
posaient d'une compagnie de deux cents arquebu- 
siers à cheval, de deux compagnies de lansque- 
nets fortes chacune de trois cents hpmmes, de 
quatre compagnies d'infanterie à deux cents 
hommes chaque. Il avait en outre un détachement 
de cinquante cavaliers lanciers conduits par son 
neveu Alexandre, fils de son frère Jean (2). 

Paul fitbonneconlenanceavecsapelitearmée ; 
il put même, le 12 janvier, reprendre la ville 
d'Héricourt qui s'était rendue aux Guises, le 4. 
Mais en somme, il dut se borner à couvrir la ville 
de Montbéiiard et les environs immédiats sans 
pouvoir empêcher le reste du pays d'être saccagé. 

L'armée ennemie était commandée par le mar- 
quis de Pont-à-Mousson, fils du duc Charles de 



(1) Voir 1I« partie, branche de Montot 

(2) Voir t. XIX, p. 300. 



— 13 — 

Lorraine- Il était arrivé le 23 décembre, et en éta- 
blissant son quartier général à Vaudoncourt (1), 
le 2 janvier 1588, il avait fait publier un ordre 
portant défense d'incendier les villages. Paul se 
crut alors en droit de Tinformer des excès com- 
mis par sa troupe, et le comte de Salm, dans sa 
réponse, endale du 9 février, et adressée àilf. de 
Beaujeu, commandant de la ville de Monthè^ 
liard (2), affirme que le duc de Lorraine n'avait 
pas donné l'ordre de rançonner les habitants. 

Les Ephémérides de Montbéliard (3), à la date 
du 23 décembre, fournissent le détail du butin 
fait dans la principauté : 2184 chevaux ; 916 
bœufs ; 2034 vaches, génisses et veaux ; 1280 
moutons ; 1938 porcs ; 80.524 quartes de froment, 
94.896 quartesd'avoine; 29. 61 6 quartesde seigle; 
3974 voitures de foin ; 1180 voitures de paille, 
enlevés dans 149 villages où furent en outre in- 
cendiées 709 maisons, quatre temples, quinze 
presbytères, dix usines, etc. 

Quelques malheureux habitants avaient même 
été arrachés à leur demeure et emmenés par les 
envahisseurs dans Tespoird'en tirer de Targent. 

Trois marchands de la Poiréeprès Remir^mont 



(1) Vaudoncourt, canton de Blamont, arr. de Montbéliard, 
Doubs. 
/ (2) Arch. Nat., fonds Montbéliard, K. 1966. 

(3) Ephémérides du comté de Montbéliard^ par M. Ddvehnoy, 
Besançon, 4832/486-7. 



— 16 — 

avaient acheté pour 120 écus deux de ces prison- 
niers, et en avaient expédié un pour rapporter la 
rançon convenue. Mais celui-ci s'était contenté 
de rentrer chez lui, laissant son compagnon en Ire 
les mains des marchands, qui, ne recevant pas 
de nouvelles de la somme promise, eurent la ma- 
lencontreuse idée de venir la réclamer eux- 
mêmes à Monlbéliard. Celui qui s'était chaîné de 
celle mission épineuse fut relenu par Paul de 
Beaujeuel, pour oblenirsaliberlé, dut mander à ses 
compères de laisser aller Tautre prisonnier (l). 

Le comlede Monlbéliard aurait voulu tirer ven- 
geance de la dévaslalion de sa principauté, et il 
était excité dans cette voie par Paul de Beaujeu 
et les aulres réfugiés. On envoya Alexandre de 
Beaujeu au duc Casimir de Bavière pour lui de- 
mander son aide, mais il répondit qu'il désirait 
garder à l'avenir la plus stricte neutralité (2). 

Les troupes des Guises étaient parties xlans le . 
courant de janvier. Le 2 février, Louis de Wur- 
temberg, comte de Monlbéliard, accompagné de 
Paul de Beaujeu, des frères Michel et Jacques de 
Franquemont, était allé recevoir le serment des 
habitants d'Héricourt. Sur la place, devant le 
château, il s'était fait remettre les originaux des 



(0 Mém.de la Société d Émulation de Montbéliardy i. XIV, 
p. 250-251. 
(2) Ibid., p. 208-209. 



— 17 — 

franchises de la ville et les avait foulés aux pieds 
après les avoir mis en pièces, pour punir les ha- 
bitants de s'être rendus sans résistance et à la pre- 
mière sommation (i). 

Le 11 juin suivant, Paul de Beaujeu était re- 
venu à Héricourt, avec M. de Franquemont, le 
conseiller d'Ocourt, le bailli et d'autres person- 
nages pour faire une enquête sur Tétat d'esprit 
de la population, et il avait fait au compte de la 
ville, chez l'hôtelier Vuillaume, une dépense de 
31 francs 2 gros (2). 

Comme la paix paraissait revenue dans la prin- 
cipauté tandis que la guerre religieuse reprenait 
plus vive au nord et au midi de la France, Paul de 
Beaujeu, que le péril attirait, quitta Montbéliard. 
Il se rendit d'abord auprès du roi de Navarre et 
se trouvait avec lui à la prise de Mérans (3) ; 
puis lorsque Henri III, ayant perdu tout espoir 
de rétablir sa fortune et de vaincre la Ligue avec 
ses seuls moyens, appela le roi de Navarre, Paul 
selrouvadans l'armée des deux Henriet reprit son 
rang dans les conseils de guerre avec ses compa- 
gnons d'armes. 

(1) Arch. de la Haute-Saône, E. 418. Ephëmérides de Montbé- 
liard, 2 février. 

(2) Ibid., E. 28, n^ VIII, fol. 75 r% compte de Jean Prédine. 

(3) Mérans, canton de Jagun, arr. d'Auch, Gers. 

Le lait est cité dans les Aventures du baron de feneste, par T. 
Agrippa d'AuBicNÉ : MDCGXXXI, p. lOo; il est rappelé par le gé- 
néral SusAME; Artillerie^ p. 41 SI. 

2 



— 18 - 

On avait envoyé Nicolas du Harlay, plus con- 
nu sous le .nom de Sancy, en mission en Suisse 
pour demander des secours en hommes et en ar- 
gent. Sur la fin de mars, il avait communiqué les 
ordres du roi à Guitry, à Beauvais et à Christophe 
de Beaujeu qui étaient à Genève. C'est à eux qu'il 
annonça le résultat favorable de ses négociations 
en leur enjoignant de se hâter de lever des troupes. 
Les Suisses s'étaient engagés à fournir 100.000 
écus pour faire la guerre au duc de Savoie. Paul 
do Beaujeu, de son côté, avait obtenu du comte 
de Montbéliard qu'il donnât son concours, et on 
s'occupa de lever 12.000 hommes, qui devaient 
se réunir près de Genève, le 15 avril. Là, Sancy 
avait remis son fameux diamant à des marchands 
italiens contre d'autres sommes d'argent. Il passa 
le Rhône, le 20 mai, et se contenta d'emmener 
avec lui Guitry, les deux Beaujeu et Villeneuve, 
avec lesquels il se dirigea sur Langres, qui était 
pour le roi. Il alla ensuite mettre le siège devant 
Châteauvillain qui se rendit. 

A la fin de juillet, cette armée était sous les 
murs de Paris avec Henri III campé à Saint- 
Gloud et Henri de Navarre à Meudon. 

Après l'assassinat de Henri III par le moine 
Jacques Clément, le l^^août 1889, Paul de Beau- 
jeu trouva naturellement sa place dans les troupes 
d'Henri IV. La Ligue étant toute puissante en 
Bourgogne, une armée y fut envoyée sous les 



— 19 — 

ordres du maréchal d'Aumont, avec Tavannes, 
Dinlevilleet Paul de Beaujeu, et elle mit le siège 
devant Montbard, le 8 février 1890 (1). 

Paul, en passant, avait obtenu de son cousin (2) 
qu'il rendit la place de la Margelle. Le comman- 
dant de Montbard, au contraire, oflfrit une résis- 
tance héroïque. L'artillerie battit les murs sans dé- 
semparer, et, le 28, la brèche ayant paru suffis 
santé, Paul de Beaujeu y donna l'assaut, mais il 
fut blessé grièvement et laissé pour mort (3), ce 
qui découragea les assiégeants qui levèrent le 
siège. 

Paul fut alors transporté au château de Magny- 
d'Anigon (4), dont la jouissance lui avait été 
accordée en avril 1588 par le comte de Montbé- 
liard en récompense de ses services, et il y mourut 
le mois suivant (S). 

Il laissait encore vivante sa femme Madeleine 
du Mesnil, veuve en premières noces d'Antoine 



(4) De Thou, Eist. univ., p. 98, liv. XCVIII. Mém, de GuilL de 
Sadlx-Tavannes, coll. Petitot, p. 485, 1 col. Mém. pour servir à 
l'histoii^e de Montbard^ d'après le mss. inédit de Jean Nadaud, par 
Louis Mallard et Nadaud de Buffon, 1882. Pièces justif., p. 36. 

(2) Ce cousin était son neveu François, fils de son frère Fran- 
çois, d'où la confusion {voir t. XIX, p. 326). 

(3) De Thod et G. de Saulx- Ta vannes le font mourir sur place. 

(4) Magny d'Anigon, canton et arr. de Lure, Haute-Saône, pos- 
sédait un château-fort emportant. Il avait été acheté en 1581 par le 
comte de Montbéliard (Arch. de la Haute-Saône, E. 14). 

(5) TOEFFERT, lOC. Cit., t. XV. 



^ 20 ^ 

de Monijou (1), écuyer, seigneur de Champe, et 
dont elle avait eu un fils, Jean de Montjou. Elle 
élait morte en 1597, lors du mariage de son fils 
Paul- François (2). Elle avait donné à Paul de 
Beaujeu : 

1^ Jean, mort sans alliance en 1S9S; 

2° Paul-François. 

PAUL-FRANÇOIS 

Paul-François de Beaujeu, chevalier, seigneur 
de Villiers- Vineux, Butteaux, Percey, lesGroûles, 
la Gelle-^sur- Loire, etc., fui gentilhomme ordi- 
naire de la maison du roi et de M^** frère du roi (3), 
gouverneur des villes et châteaux de Saint-Flo- 
rentin et Ervy, capitaine-lieutenant de la com- 
pagnie de Gendarmes du duc de Mayenne, ca- 
pitaine des gardes du corps de M^*" le duc de 
Mantoue et son envoyé en Hongrie (4). 

(1) Monijou, commune de Préporché, cant. de Moulins-Engil- 
bert, arr. de Château-Chinon, Nièvre, 

(2) Quelques années après une d"« Madeleine Dumesnil, veuve 
de Pierre de Berteu, chambellan et conseiller de Mgr, frère du 
roi, était dame de la Celle-sur-Loire {Iiiv» de Nevers, de l'abbé de 
Marolles, col. 40i). Les du Mesnil portaient d'azur à 3 fasces d'ar- 
gent. La Chesnaye-Desbois, t. X, p. 93. 

(3) Gaston d'Orléans, frère de Loyis XIII, marié à la fille dQ 
Louis II de Bourbon, duc de Monlpensier, et de Marie, fille de 
François de Guise. 

(4) Ces titres sont donnés à Paul-François par La Chesnaye- 
Desbois et dans Jes registres paroissiaux de Villicrs-Vineux, pour 
le mariage de sa fille Catherine. 



— 21 — 

Le 13 mars '159o, il acceptait, sous bénéfice d'in- 
ventaire, la succession de son père et de son frère 
Jean (1). Il élait alors sous la lulelle de sa mère 
et la curatelle de Florentin Aubriot, mayeu?^ de 
Saint-Florentin, et il est dit âgé do 14 ans. Il n'a- 
vaitparconséquentquel8ans,Ie 30 octobre 1S99, 
au moment de son mariage avec Anne de Saint- 
Biaise, dont la sœur Catherine venait d'épouser, 
15 jours auparavant, le 14 octobre, Jean de Beau- 
jeu, seigneur de Jauge, son cousin germain (2). 

Paul-François était orphelin et assisté pour la 
circonstance par son cousin et beau-frèro Jean 
de Beaujeu, par Jean de Moreau,écuyer, seigneur 
de Gheu et des Croûtes (3), exempt des gardes de 
Monsieur, frère du roi. 

Les témoins d'Anne de Saint-Biaise étaient son 
père, Hector de Saint -Biaise, son frère Louis de 
Saint-Biaise, noble dame Françoise de Lampe- 
dan, dame de Saint-Jean et de Marolle, sa cou- 
sine, et François du Fay, seigneur de Pressigny, 
aussi son cousin. Les stipulations du contrat 
étaient les suivantes : 

La future apportait en dot 3000 écus d'or au 
soleil provenant de la succession de sa mère. 
Barbe de Monchy, et formant une créance sur 

{\) Arch. de la Côte-d'Or, E. 73. 

(2) Voir t. XIX, p. 345. 

(3) Jean de Moréau était cousin par son mariage avec Marie de 
Beaujeu, sœur de Jean (v. t. XIX, p. 331.). 



— 22 — 

Edme de Boucher, seigneur de Flogny. Une autre 
somme de 5000 écus devait lui êlre comptée après 
la mort de son père. De ces 8000 écus, mille 
entraient en communauté, le reste devait être 
employé à Tachât de biens qui formeraient 
les propres de la future, à moins que son frère 
Louis de Saint-Biaise ne conservât le capital 
pour en payer la rente au denier vingt (5 0/0). 

Le douaire d'Anne de Saint-Biaise était fixé à 
mille livres avec la jouissance d'une des maisons 
du futur. Mais il devait être réduit, si, ayant des 
enfants, elle se remariait. 

En cas de liquidation de la communauté, le 
mari reprenait ses armes, vêtements et chevaux, 
et réponse sa garde-robe, avec ses bagues et 
joyaux (1). 

Paul-François possédait les deux tiers de Vil- 
liers-Vineux du fait de sa mère Madeleine du 
Mesnil, fille de Jeanneton du Rollet et de Nicolas 
du Mesnil, seigneur d'Arentières.Jeanneton avait 
été mariée d'abord à Gaston du Mas (2), fils de 
Jacques, et en avait eu plusieurs enfants : Ga- 
brielle du Mas; Jeanne, épouse de Guillaume de 
la Mothe et mère de Gilbert de la Mothe ; Marie 
du Mas, femme de Claude Léger, en son vivant 
seigneur de Villiers-Vineux et père de Françoise 

(1) Arch. de la Côte-d'Or, E. 48. 

(2) Lemas^ commune de Saint-Maur, canton de Saint-Àmand, 
Cher. 



i 



— 23 — 

Léger, mariée à Adrien de Fauquemberg, sei- 
gneur de Chaumont, contre lequelavaient plaidé 
jadis Paul de Beaujeu et Madeleine du Mesnil, 
père et mère de Paul-François. Le procès était 
déjà pendant au parlement de Paris en 1S70, et 
une sentence du bailli de Troyes était intervenue 
pour laisser Madeleine du Mesnil jouir de Vil- 
liers-Vineux jusqu'au prononcé du jugement, 
moyennant le versement d'une somme ;de 900 
francs représentant les fruits et revenus. 

Mais des arrêts des 1 S mars et 13 septembre 1878 
avaient adjugé la moitié de la maison seigneu- 
riale de Villiers à Marie du Mas, avec le tiers de 
la seigneurie ; et des difficultés toujours renais- 
santes avaient été la conséquence inévitable de 
celle indivision. Pour mettre fin à cette situation, 
les parties, réunies à Gosne, le 28 mars 1605, en 
présence de Thomas Bernier, procureur du bail- 
liage d'Auxerre, arrêtèrent les conventions sui- 
vantes : 

Gilbert de la Mothe, écuyer, seigneur du Mas 
et de Villiers-Vineux en partie, demeurant à la 
Fère-en-Vivarais, en son nom et se portant fort 
pour ses frères et sœurs, les maris de celles-ci et les 
enfants dont les parents étaient décédés, vendait 
et cédait à Paul-François de Beaujeu, qualifié de 
gentilhomme ordinaire de la maison du roi, de- 
meurant à Butteaux, tous leurs droits à Villiers- 
Vineux, avec la justice haute, moyenne et basse, 



— 24 — 

les terres, vignes, prés, bois, garenne et la moitié 
de la maison seigneuriale et châleau dudit Villiers 
indivis entre eux et Paul-François deBeaujeu. La 
désignation et le détail des choses vendues étaient 
donnés ainsi : 

« Le village Villiers- Vineux tirant et confi- 
nant au flnage de Garisey et Jauge, dans toute 
l'étendue duquel le seigneur a la justice haute, 
moyenne et basse, en titre de prévôté^ et pour 
Texercice d'icelle il y a prévôt, lieutenant et 
autres officiers ; les appellations desquels ressor- 
lissent au bailliage de la Chapelle- Vieille-Forêt; 

« Le greffe de ladite justice amodié ^ par com- 
mune année, la somme de douze francs ; 

« La maison seigneuriale (l) entourée de fossés 
et remparts, avec un grand enclos de terres labou- 
rables, prés et bois contenant environ 28 arpens 
dont huit pour lesquels il y a procès avec les reli- 
gieux de Saint-Germain d'Auxerre, à cause de 
réchange fait entre lesdils religieux et M. Paul- 
François deBeaujeu; la totalité du fouage om im- 
pôt sur les feux dû par chaque habitant, à raison 
d'un bichet(2) d'avoine et six deniers payables le 
jour de la fête Saint-Etienne (26 décembre) pou- 



(\) Elle existe encore avec les fossés et une enceinte de terre 
qui devait supporter une palissade. La porte seule est en pierre. 
Les bâtiments sont transformés en maison de ferme. 

(2) Le bichet valait deux boisseaux et pesait 80 livres, le bichot 
valait six bichets ou 480 livres. 



— 25 — 

vant monter à 48 bichets et 24 sols d'argent. 

« h^^censes des ruches (l) portants lots,déflFaut 
et amendes, quand le cas y échet(2), à raison de 
cinq deniers par arpens et peuvent valoir 60 sols 
par an ; 

« Item le droit de tierces sur quelques héritages 
et qui peut monter à 12 livres. 

« Item ledroitde franche mouture (3) et le tiers 
de quinze bichots, savoir douze de froment et 3 
d'avoine;, à prendre sur le moulin dudit Villiers 
qui appartient aux religieux de Saint-Germain ; 

« Item la rivièreavec la pesche, le droitde chasse 
et la somme de six cents livres produit de l'amo- 
diation de tout ce qui appartient audit sei- 
gneur, etc. » 

Le prix était fixé à 13.S93 livres tournois 
en principal, en outre d'une somme de 700 livres 
à payer au sieur de Moreau, seigneur de Jauge 
et demeurant à Cheu, et de la somme de 1200 
livres tournois due à Antoine de Montjou, éeuyer, 
premier mari de Madeleine du Mesnil, cédés audit 
de Moreau par Jean de Montjou, fils et héritier 
d'Antoine et frère utérin de Paul- François de 
Beaujeu. 

(4) C'était ordinairement une redevance en cire : elle avait été 
transformée en un cens d'argent. 

(2) C'est-à-dire au cas de non-paiement. 

(3) Le droit de franche mouture était le droit do moudre son 
grain sans rétribution. 



— 26 — 

Sur celle somme del3.b93, Paul-François paya 
comptant trois mille livres lournois enècus d'or 
au soleil f en doubles pistoles , demi-pièces de dix 
solSy huit deniers, pièces de seize solSy prove- 
nant de la vente par lui faite, le même jour, pour 
16. 000 livres lournois aux sieurs et dames de Chau- 
mont de ses droits sur la Celle-sur-Loire (1). 
Une somme de 93 livres, prix d'un cheval vendu 
par Paul-François à Gilbert de la Mothe devait 
venir en déduction de ce qui était dû. Les 10. 500 
restant devaient être versés en un seul terme, 
quatre ans après, le 6 juin 1610, dans la ville de 
Nevers, au logis ou pendait y pour enseigne y le 
Lion d'Or (2). 

La vente de la Celle-sur-Loire, dont partie seu- 
lement du prix avait servi à désintéresser les du 
Mas et Léger, attira à Paul-François les réclama- 
tions de son beau-père Heclor de Saint-Biaise 
pour payer sa part des dettes de Barbe de Mon- 
chy, sa belle-mère, et, sur son refus, il fut assigné 
devant les juges compétents, le 18 août 1695. 

Mais la mort d'Hector de Saint-Biaise, surve- 
nue peu après, arrêta les poursuites et des arran- 
gements furent pris au moment du mariage de 
Louis de Saint-Biaise, son beau-frère, le 14 mars 



(4) La Celle-sur-Loire, ârr. et canton de Cosne, Nièvre, appar- 
tenait en partie aux Fauquenberg (v. t. XX, p. 6). 
(2) Arch. de la Côte-d'Or, E. 73. 



— 27 — 

1406 . Il épousait ColombeBoucher (1 ), fille d'Edme 
de Bouche r, seigneu r de Flogny , baron de la Vieille- 
Forêt, et de Catherine de Longueil. Des 15.000 
livres de la dot de la future, une somme de 3.000 
francs fut versée à Paul-François de Beaujeu, 
sur la dot de safemme qu'avait conservée en par- 
lie Louis de Saînt-Blaise. Celte convention était 
faite « 'pour éviter que les futurs èpouoo soient 
travaillés promptement pour une créance de 
la succession de feu le sieur de Pouy ». 

Mais Louis de Saint-Biaise mourut Tannée sui- 
vant et sa veuve se remariait, le 2S juillet 1608, 
à Patrice le Bascle, seigneur et baron de Mou- 
lins (2).Ilétait dûà Colombe Boucher, par la suc- 
cession de son mari, les 15.000 francs de sa dot. 
Pour le règlement de cette dette et de certaines 
créances auxquelles Louis de Saint-Biaise était 
tenuenvers ses sœurs, Anne de Saint-Biaise, fem- 
me de Paul-François et Catherine, femme de Jean 
de Beaujeu, seigneur de Jauge, on décida de vendre 
la terre de Fontaine (3), provenant de la succes- 
sion de Louis de Saint-Biaise. La cession eut lieu 
le 9 avril 1610, à Nicolas Brulart, seigneur de 
Sillery, baron de Boiirsault, chancelier de France, 



(1) Colombe Boucher était la huitième enfant d'Edme et de Ca- 
therine de Longueil (La Chesnaye-Desbois, t. II, p. 43). 

(2) Moulins, canton do Noyers, arr. de Tonnerre, Yonne. On 
trouve les Le Bascle dans les registres paroissiaux. 

(3) Fontaine, cant. de Saint-Fargeau, arr. de Joigny, Yonne. 



— 28 — 

pour le prix de 23.000 livres, dont IS.OOO paya- 
bles à Patrice le Bascle pour les reprises de sa 
femme, 1878 livres IS sols à Jean de Beaujeu 
et 1000 à Paul-François. Le paiement eut lieu à 
Paris, le 9 avril 1611, un samedi (1). 

Colombe Boucher avait eu son douaire fixé à 
4000 livres à prendre sur la succession de Louis 
de Saint-Biaise, son premier mari. Cela amena 
un nouveau traité, levendredi 3 septembre 1613, 
Anne et Catherine de Saint-Biaise, autorisées de 
leurs maris, Paul-François et Jean de Beàujeu, 
cédaient à Patrice le Bascle la seigneurie de Pouy, 
consistant en justice haute, moyenne et basse, 
cens, rente, maison seigneuriale, pressoir, ga- 
renne, 200 arpents de terre, etc.-, pour le rachat 
du douaire de Colombe Boucher qui donnait sa 
signature le lendemain (2). 

Les religieux de Saint- Germain d'Auxerre pos- 
sédaient la moitié du four de Villiers- Vineux de- 
puis llbO, conjointement avec le seigneur. Ils 
avaient acquis l'autre moitié en 1189, mais le 
vendeur s'était réservé quinze bichotsde froment 
sur les produits, et le droit de cuire sans rétribu- 
tion le pain nécessaire à sa maison. Il en avait 
été ainsi jusqu^alors ; mais leur maison de Villiers 
ayant été abandonnée par eux, ils avaient laissé 



{\) Arch. de la Côte-d'Or, E. 874. 
(2) Arch. de la Côte-d'Or, E. M03f 



— 29 ^ 

le four tomber en ruines. Paul-François s'était 
plaint et avait réclamé des dommages-intérêts. 
Les religieux, par une transaction du IS oc- 
tobre 1623, lui abandonnèrent le four avec ses 
droits et la moitié de la terre des Croûtes, au 
bailliage d'Ervy, ne se réservant que le droit de 
fouage(l). 

Le 22 juillet 1625, Paul-François de Beaujeu, 
qualifié chevalier, seigneur de Villiers, Percey, 
Butteaux, la Chaussée, les Croûtes, gouverneur 
des villes et bailliage de Saint-Florentin, capi- 
taine-lieutenant de la compagnie de Gendarmes 
de M. le duc de Mayenne, relaissart à bail à Didier 
Blondel et à Anne Joron, sa femme, un moulin 
appelé le moulin du battoir, sis au finage de 
Villiers, avec pré, verger, bief, etc., pour en jouir 
pendant six ans, à la date dudit jour. La rede- 
vance était fixée à 50 bichets, moitié froment, 
moitié méleil (2), dix bichets d'orge et huit bi- 
chets d'avoine, mesure de Villiers. Ces 68 bichets 
étaient payables par semaine^ dans les greniers 
du château. Le preneur s'engageait en outre à 
donner douze chapons^ six à la Toussaint et six 



(1) Mém.de la Société des sciences historiques de V Yonne, t. X 
(1856), p. 516. 

(2) Cette redevance en méleil, c'est-à-diro moitié froment, moitié 
S3igle, est peu commune dans les contrats, de môme que le paie- 
ment par semaine. En revanche, la réserve de chapon était la rè- 
gle. Elle existait ODcore dans nos pays, il y a à peine 50 ans. 



— 30 — 

à Noël et un gâteau au jour des Rois, ou 60 s. 
tournois. Ilavait de plus à verser : 60 s. pour le pré 
attenant aubief du moulin, le cens du au seigneur 
de Flogny et 200 plançons de saule (1) au mois 
de janvier. 

L'usure des meules devait donner lieu à une 
indemnité de bO sous par pouce d'épaisseur, et si 
le preneur faisait poser des meules neuves, le 
bailleur était tenu de lui payerSO sous par chaque 
pouce existant à la fin du bail (2). 

Comme on vient de le voir parles titres et qua- 
lités attribués à Paul-François de Beaujeu, il était 
dévenu, lui aussi, un personnage important. Il 
devait sans doute ce résultat à son mérite person- 
nel, mais les services rendus par son père au roi 
Henri IV dans les derniers moments de sa vie 
avaient dû lui attirer la bienveillance et les fa- 
veurs de ce prince et, après lui, des ministres de 
Louis XIII. 

Après le siège et la reddition de la Rochelle, le 
28 octobre 1628, Eichelieu tourna ses regards vers 
TEspagne, qui entretenait des relations avec les 
réformés. La Franche-Comté était surveillée étroi- 
tement en attendant le moment de l'envahir. 
Paul-François avait été envoyé avec sa compa- 

(1) Les plançons sont des branches choisies qui servent à faire 
des boutures. C'est la seule fois que j'aie trouvé cette stipulation. 

(2) Arch. de la Côle-d'Or, E. 73. Ces détails de la vie d'autre- 
fois sont très intéressants. 



— 31 — 

gnîe dans les environs de Langres, pour occuper 
Baissey, à la source de la Vingeanne; et, le 28 dé- 
cembre 1628, il communiquait aux maire et 
échevins de la ville de Langres un ordre du roi 
les invitant à fournir à sa troupe les vivres né- 
cessaires. 

L'ordre porté par un officier était accompagné 
de la lettre suivante de la main de Paul-Fran- 
çois (1) : 

« A messyeurs messyeurs les maire, échevins 
et abitans de la ville de Langres. Messyeurs, je 
vous envoyé par se gentilhomme la laytre que 
le roy vous escryt pour délyvrer à la compagnie 
de chevaux légers de monsaygneur le duc de 
Mayenne les étapes tandys qu'elle sera en gar- 
nison a Bayzé ou sa majesté ma commandé de la 
mener, sayt pour quoy je vous suplye de vous 
dysposer de satysfayre au commandemens que 
sadyte majesté vous en fayt afin dévyter les 
logemens que je seroys contraint de fay re en vostre 
voysinage netrouvant pas audit Bayzé lordre quy 
vous ayst enjoint dy aporter, se que je ne 
souhaytepas, ayant par inclynation et par le sou- 
venyr de mes devensyers un désyr partyculyer 

(1) Arch. de la ville de Langres, 692. Outre la signature il y a 
deux sceaux plaqués intacts, portant mi-parti : à gauche les dix bu- 
relles de la maison de Beaujeu, et à droite un lion debout et au- 
dessous une couronne à 5 pointes. Ce lion était le lion des Beau- 
jeu-Forez (v. t. XIX, p. 382, note 2). 



— Sa- 
de servyr vosire communauté. Sayt pourquoy 
je vous supplye de croyre que tout ce qui des- 
pend ra de mon pouvoyr vous en dysposerez, puis- 
que je suys messyeurs vosire humble servyteur. 
« Le 28 décembre 1628. 

« Beauieu. » 

De la présence de Paul-François à cette époque 
sur la frontière, on peut conclure qu'il prit une 
part active à la guerre qui désola la Franche- 
Comté, berceau de sa famille. Dans tous les cas, 
au moment de l'invasion, il était absent pour son 
service, car le 8 octobre 1636, il était obligé d'en- 
voyer une procuration pour le mariage de sa fille 
Catherine avec Jean Duban, seigneur de la 
Fouillée. 

Le 28 avril 1638 (1) Paul-François, veuf 
depuis 1624, et auquelil restait cinq des huit en- 
fants qu'il avait eus d'Anne de Saint-Biaise, se re- 
mariait avec Catherine le Bascle, fille de Patrice le 
Bascle, seigneur de Moulins et de son ancienne 
belle-sœur, Colombe Boucher, veuve de Louis de 
Saint-Blaîpe, 

Par suite de la donation faite par ses parents 
à leurs enfants, le 28 janvier 1631, Catherine 

(1) D'après les papiers relatifs à la succession de Paul-François, 
le contrat de mariage est du 28 avril 1638, mais les registres pa- 
roissiaux de Vézinnes, village voisin de Villiers-Vineux, feraient 
remonter le mariage à 1635. Le 3 mai, Catherine est marraine du 
fils do G. Pi rouelle, lieutenant de la justice de Villicrs, et elle se 
dit fcmmo do Paul-François de Beaujeu. 



— sa- 
le Bascle apportait en dot une somme de 20.000 
livres (1). 

Elle avait 20 ans, car elle était âgée de 13 ans, 
le 20 juillet 1631, à la réunion du conseil de fa- 
mille, après la mort de son père tué au siège de 
Noyers. Paul-François en comptait cinquante- 
cinq, mais il commandait la compagnie de che- 
vau-légers du duc de Mayenne, il était gentil- 
homme ordinaire de la chambre du duc d'Orléans, 
capitaine des gardes du corps du duc de Man- 
toue (2) et son envoyé en Hongrie. 

Ce mariage nécessitait certains arrangements 
de famille; aussi très peu de temps après, par un 
acte signé mais sans date (3), Paul-François don- 
nai t à ses enfants, Jacques-Paul, Claude-Paul, 
Catherine, épouse de Jean Duban, Edméeet Anne, 
l'autorisation de percevoir les produits des terres 
de Percey et Butleaux, « avec dispense d'en 
. rendre compte, et sans que cela puisse empêcher 
leurs prétentions à un règlement de compte entre 
les parties » . 

(1) Arcli. de la Côte-d'Or, E. 4083 (le Bascle). Comme témoin se 
trouvait Claude de Beîleval, écuyer. 

(2) Charles II de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue, dont 
le père Charles 1 avait élé reconnu duc de Mantouo avec Tappui de 
la France. Paul-François était son vassal pour la Celle-sur-Loire, et 
avait dû faire partie de Texpédilion de 1628 à 1631. 

(3) Arch. de la Côte-d'Or, E. 73. Cet acte est certainement de 
1638 et a élé fait à la suite du mariage de Paul-François. Sa fille 
Catherine est mariée elle-même et Jacques-Paul, son fils aîné, qui 
mourut en 1638, est encore vivant. 

3 



— u — 

Le l^"* février 1645, un nouveau traité inter- 
venait entre Paul-François et Claude-Paul de 
Beaujeu et Jean Duban. Paul-François recon- 
naissait leur devoir la somme de neuf mille francs 
sur la dot de leur mère, et, par un acte passé le 
6 février suivant, il leur abandonnait une rente 
annuelle de 4S0 fr. à percevoir sur son fermier 
de Percey (1). Mais le môme jour, sans doute 
après avis des gens de lois, Claude- Paul et Jean 
Duban protestaient contre le traité « accepté par 
eux par respect pour la volonté de leur pére^ 
mais qui devait leur causer un énorme préjur- 
dice (2).. La procédure allait son train au décès de 
Paul-François qui, blessé grièvement (3) à Lens, 
le 19 mai, était venu mourir à Villiers-Vineux, 
au mois d'août 1648 (4). Comme il laissait un 
enfant mineur, un curateur fut nommé qui fît 
dresser inventaire par M. Galimard, juge à Vil- 
lie rs. 

Ensuite de quoi Taffaire fut portée devant les 

(4) Arch. de la Côte-d'Or, E, 73. 

(2) Arch. de la Gôte-d'Or, E, 73. 

(3) U fut môme laissé pour mort. Le duc d'AuMALE, dans son 
Histoire des princes de Condé, t. V, p. 261 , dit que le corps de la 
gendarmerie fut cruellement éprouvé, et que presque tous les of- 
ficiers, guidons, cornettes, maréchaux des logis avaient été blessés: 
« deux chefs de compagnies y Beaujeu et dOyse comptaient parmi 
« les morts. » Pour n'ôlre pas resté sur le coup, il n'en valait 
guère mieux, puisqu'il ne survécut que trois mois à peine. Mais il 
mourut à Villiers- Vineux. 

(4) Arch. de la Côte-d'Or, E, 734/ 



— 35 — 

tribunaux. Le mobilier, vendu le 4 février 1631, 
servil au paiement de quelques dettes. Quant aux 
immeublesj ils furent adjugés aux enfants du 
premier lit pour 45.000 livres, prix de Teslima^ 
lion (l). 

La veuve réclamait le montant de sa dot et de 
ses reprises, et le procès n'était pas terminé en 
IGÎji, à la mort de Claude-Paul qui, lui-même, 
laissait un fils mineur, quoique déjà capilaine (2), 
Paul-François de Beaujeu avait eu de sa première 
femme j Anne de Saint-Biaise, décédée en 1G24 : 

1° Catherine, mariée en 1634 à son cousin-issu 
de germain, Jean Duban (3), seigneur de laFeuil- 
lée et de Yannaire, et veuf d*Edmee de la Ro- 
chelte. Au moment de la célébration du mariage, 
les futurs époux, leur famille, leurs amisde même 
que le prêtre qui les avait unis, personne en un 
mot ne s était préoccupé de celle parenté au 3** 
degré, qui constituait alors un empêchement 
absolu au mariage j à moin s de dispenses spéciales; 
de sorte que, selon laloide TEglise, Catherine et 
Jean Duban vivaient en état d'inceste. Il fallut» 
deux ans après, s'adresser en cour de Rome pour 
réclamer des lettres apostoliques qui furent don- 



Ci) ArcU. de la Côie-d^Ûr, E, 734. 

(2) La majorité pour radaiinblralioa de ses propresbiens n'arri- 
vait qu'à ï^ aos. 

(3) Jean Duban était ûh de Denise de Beaujeu^ fiUo de François 
de Beaujeu j seigneur de Jauges. V. t. XIX, p. 332, 



— 36 — 

nées par le pape Urbain VIII, sous forme de bulle 
ponliQcale, le 8 des Ides du mois d'aoùl 1637 et 
furent promulguées le I" mai 1638, par Jean 
Baillet, doj^en de la Sain te- Chapelle de Dijon 
et officiai de. ré vôcbé de Langres (1). Jean Duban 
mourut en 1648 (2), et Catherine de Beaujeu peu 
après. Ils laissaient une fille, Rose Duban, née 
en 1637, et qui, le 19 juillet lôS6, au château de 
la Tuilerie, épousait André Duret, chevalier, sei- 
gneur de Saint-Christ, fils d'André Duret, con- 
seiller au parlement de Rouen et de dame Anne 
le Butaux, demeurant à Paris, rue Montmorency. 
Le futur avait à peine 23 ans ; Rose en avait 19, 
et, comme elle était orpheline de père et de mère, 
elle avait été émancipée par la justice; mais elle 
était assistée de M. François de Brunel, seigneur 
de Rhodet, de dame Anne Parfait, veuve de Ni- 

(1) Arch. de la Côte -d'Or, E" 47. La bulle se trouve dans la 
liasse. Un bref de dispense fut encore envoyé de Rome le 5 jan- 
vier M'ZO, pour être fulminé le 5 avril, pour le mariage de Charles 
le Basclo d'Argentcuil, lieutenant-colonel du régiment de Turenne, 
avec Kdmée-Françoise Duret de Villiers, petite fille de Rose Duban. 
Charles le Bascle était fils de Marie-Anne Pitoizetd'Obtrée,laquelle 
avait pour mère Biaisine Duban, sœur par père de Rose Duban. 
(Voir t. XIX, p. 333 ) Les deux époux avaient été mariés, sans dis 
pense, lo12décembreni9, quoique parentsau troiFièmedegré, c'est- 
à-dire cousins-issus de germains. (Arch. de la Côtc-d'Or, E^ 4083). 

(2) Par suite de la minorité de Hoso Duban, un inventaire fut 
fait le 22 juillet au cliùteau de Vannaire, à la requête de Joachim 
Jouard, procureur du roi au bailliage de Cliûtillon. Il est intéressant 
à consulter et donne le détail du mobilier d'un gentilhomme cam- 
pagnard, à celle époque (Arch. de la Côle-d'Or, K«i7}. 



— 37 — 

colas de Baugy, en son vivant seigneur du Fay 
et ambassadeur en Hollande, de dame Gene- 
viève de Baugy, femme d'Edme de Beaujeu (1). 

Deux ans après, le 6 août 1658, Rose étant 
devenue majeure revenait avec André Duret de- 
vant le curé de Villiers- Vineux pour ratifier 
leur union, « déclarant Tun et l'autre estre satis- 
faits de leur mariage et le feraient très volontiers 
s'il était encore à faire, etc. (2) » . Le 23 octobre 
suivant, Rose partageait avec Eléonore de Tus- 
seau la succession de Paul -François de Beaujeu, 
son grand-père. Elle recevait la moitié de Villiers- 
Vineux et louait de Catherine le Bascle le châ- 
teau de Sainte-Anne, qu'elle garnissait du mo- 
bilier acheté la veille d'Achille du Fresnoy (3), 
pour 900 livres. 

Rose Duban mourut le 23 août 16G2 el fut 
inhumée le lendemain dans Féglise de Villiers (4), 
où il ne reste pas de traces de sa tombe. André 
Duret se remaria d'abord à Françoise Pol de Rhodes 

M) Arch. de la Côte-d'Or, E, 734. 

(2) Ibid.^ et registres paroissiaux de Villiers-Vineux. 

(3) Achille du Fresnoy était marié à Eléonore de Tusseau, veuve 
de Claude-Paul de Beaujeu, l'oncle de Rose Duban. Le mobilier 
qu'il vendait provenait du château d'en bas, attribué à Claude-Paul 
dans les partages^ et se composait de : huit pièces de tapisserie de 
Rouen doubles et toutes neuves, trois lits garnis de matelas, lits de 
plumes et couvertures, avec les bois délits et les tentures (rideaux) 
de serge, deux chaises de tapisseries, un coffre, la batterie de cui- 
sine où se trouvait une poôle en cuivre rouge à faire confitures. 

(4) Registres paroissiaux du village. 



— 38 — 

dont il eut 8 enfants, puis, le 20 janvier 1689, à 
Marie-Marguerite de Ferroul, veuve de Pierre du 
Feu, demeurant à Compiègne. Il mourut dans 
son domaine de la GoUoterie, près de Sens, le 10 
janvier 169S, après avoir fait son testament le 
28 décembre précédent (1). 

2^ Le deuxième enfant de Paul-François de 
Beaujeu et d'Anne de Saint-Biaise fut encore une 



(4) Arch. de laCôte-d'Or, E», 734. André Duret était entré dans 
le régiment de cavalerie de la Feuillée, de son bea a-frère Pierre- 
François Duban. Il était major en 1659. En suite d'enquête résul- 
tant des ordonnances royales, il fut maintenu dans ses titres de 
noblesse par décision des 9 août 1672 et 14 décembre 1677. Il avait 
eu de Rose Duban : 1® Edme baptisé à Villiers le 27 novembre 1657, 
ayant pour parrain Edme de Beaujeu et pour marraine Catherine le 
Basble. Edme, entré le 22 janvier 1675^ dans le régiment de son 
oncle Pierre Duban, arriva au grade de mestre de camp (colonel); 
le 2^ mars 1705. Il avait perdul a vue dans l'expédition d'Espa- 
gne et de Portugal, et se retira du service en 171 2. Il avait épousé, 
le 17 aotit 1693, Louise-Catherine Berteaux, veuve de François 
Chevalier, seigneur de Pressures, demeurant à Courcelles-les-Rangs, 
près de Ghâtiilon-sur-Seine. Il mourut le 12 novembre 1721, lais- 
sant deux filles, dont l'atnée, Louise-Armande, mariée le 12 octo- 
bre 1719 à son cousin issu de germain, Edme-Ch'arles le Bascle, 
lieutenant colonel au régiment de Turenne cavalerie (voir t. XX, 
p. 36, note 1) ; 

2^ Marc- Antoine Duret, baptisé le 12 août 1658, lieutenant en 
1694, à Douai, au régiment d'Obtrée, dans la compagnie de son 
frère; capitaine le 22 février 1719, au régiment de Chartres. Il 
mourut le 9 avril «725, à Gourcelles-les-Rangs ; 

3° Marie-Madeleine Duret, baptisée le 8 septembre 1660, mariée 
le 23 novembre 1688 à Jacques de Biencourt, de la famille Salla- 
zard, dont deux filles; Marie-Madeleine, femme de Pierre de Boc- 
cace, et Marie, épouse du sieur de la Mothe. 



— 39 — 

fille, Jacqueline, baplisée à Villiers-Vineux, le 31 
mars 1602, morte sans postérité; 

S** Charles, baptisé le 26 janvier 1606, décédé 
aussi en bas-âge ; 

4^ Edmée, baptisée le 27 janvier 1608, reli- 
gieuse, nommée dans le traité de 1638 ; 

b° Jacques-Paul, baptisé le 4 juillet 1611, 
paraissant dans le traité de 1638 entre Paul- 
François et ses enfants, tué le 7 septembre de la 
môipe année, au siège de Fontarabie (1), étant 
lieutenant des chevau-légers du duc d'Enghien, 

6«> Jeanne, baptisée le 2b juin 1612, religieuse, 
encore vivante à la mort de son père, en 1648 ; 

7° Marie, baptisée le 11 octobre 1616, morte 
après 1638; 

8** Claude-Paul, baptisé le 10 mai 1618, qui se 
trouva le représentant de la famille après le décès 
de son frère. 

En mourant, Paul-François de Beaujeu laissait 
de son second mariage une fille mineure, Eléonore 
Anne-Marie, sous la tutelle de samère, Catherine le 
Bascle d'Argenteuil. Parson testament olographe 
de 1640, il avait donné à sa femme la jouissance 
du château d'en has ; mais cette propriété étant 
le véritable château seigneurial (2), fut attribuée 

(1) Histoire dus 'princes de Condé^ par le duc cI'Aumale, t. IH, 
p. 397. 

(2) Cette maison seigneuriale, située au bas du village, sert 
aujourd'hui de maison de ferme. Les fossés et les levées de terre 
qui supportaient les remparts et les palissades existent encore. 



— 40 — 

à Claude-Paul dans les partages, et Catherine le 
Bascle habita la maison de Sainle-x\nne (1) qui 
avait été bâtie des deniers de sa dot Après le 
mariage de sa fille, le 7 décembre 1655, elle se 
relira aux Ursulines de Tonnerre, relaissant par 
bail, du 26 avril 1659, Sainte-AnneàAndré Duret 
et à Rose Duban. Par un nouveau traité du 3 oc- 
tobre 1663, elle céda définitivement Sainte-Anne 
aux époux Duret, moyennant 120 livres de rente 
annuelle, rachetable par 1200 livres et sous la 
réserve d'une chambre avec un cabinet pour y 
loger lorsqu'elle voudrait venir à Villiers. Elle 
réservait aussi sa nourriture pendant son séjour, 
mais en déduction de la rente (2). 

Après la mort, en 1674, d'EdmedeBeaujeu, 
petit-fils de son mari, elle dut intervenir, à propos 
de ses reprises, dans le procès relatif à la succes- 
sion et qui ne se termina qu'en 1694. Elle ratifia 
donc les conventions faites par sa fille avec ses 
cohéritiers. Elle mourulla même année, le 26 sep- 
tembre 1694, et fut inhumée dans Téglise d'Epi- 
neul, où sa tombe existait encore en 1852 (3). 



(1] Sainte-Ânne est au-dessus du village^ et sert aussi de maison 
de culture. Les fossés, creusés dans un terrain argileux, sont trans- 
formés en mares où le bétail vient s'abreuver. 

(2) Arch. delà Côte-d'Or, E,734. 

(3) Annuaire de V Yonne, ASo'l^ p. 358. Epineul, à 3 kil. de 
Tonnerre, avait été vendu par René du Bellay à Edme Boucher, 
comte de Flogny, le 47 mai 1603, et avait été donné en dot à 



— 4r — 

EléonorôdeBeaujeu,née probableraenlen 1639, 
fut présentée, le 31 décembre 1648, à l'église de 
Villiers-Vineux où les prénoms d'EIéonore- Anne- 
Marie lui étaient donnés par Pierre de Boucher, 
seigneur deFlogny et Eléonore deTusseau, femme 
de Claude-Paul de Beaujeu, son frère consanguin. 
Elle était certainement déjà âgée à ce moment, 
puisqu'elle fut mariée à Villiers-Vineux, le 17 jan- 
vier 1656, c'est-à-dire sept ans après. Elle avait 
pour témoins, avec sa mère, Jean de Beaujeu, 
seigneur de Jauge, son curateur et Marc- Antoine 
de Beaujeu, seigneur aussi de Jauge et de la 
Tuilerie, son cousin. Elle épousait Georges Lar- 
gentier, inarquis de Belval, baron deVaulcemain, 
Vauchassy, seigneur de Coligny, Morne-Trois- 
Fontaines et autres lieux (1). Lecontrat, signé dès 
lé 7 décembre 1655, établissait que les futurs se 
mariaient dans leurs droits. La dame le Bascle, 



Colombe Boucher, épouse en deuxièmes noces de Patrice le Bascle. 
Il arriva à sa fille, Catherine le Bascle, deuxième femme de Paul- 
François de Beaujeu, qui le laissa à sa fille Eléonore. 

(1) Les La rgentier étaient de la noblesse de robe. Nicolas Lar- 
gentier^ greffier en chef de la prévôté de Troyes et du bailliage de 
Vermandois, au siège de Reims^ était seigneur de Vaussemain 
(canton de Bouilly, arr. de Troyes). Il avait acquis Belval (arr. de 
Reims, Marne), le 4er avril 1602, de Suzanne de Dormans. 
Nicolas Largentier eut un fils, Louis, vice-amiral de Guyenne, etc., 
bailli de Troyes, marié à Marguerite d'Alongny, qui lui donna trois 
fils : Henri, baron de Chapelaine, bailli de Troyes*, Charles, baron 
d'Eguillon, et Georges Largentier, baron de Belval. (Arch. de 
l'Aube, E, 465.) 



— 42 — 

mère de la future, lui donnait en avancement 
d'hoirie : T la moitié de la terre de Tenance, au 
bailliage de Ghaumont ou la somme de dix mille 
livres, au choix ; 2*" toutes ses reprises sur la suc- 
cession de son mari, même son douaire ; 3^ une 
obligation de 2500 livres consentie par Claude- 
Paul de Beaujeu ; 4*> le château de Sainte- 
Anne, etc. 

Une somme de 15.000 livres devait être mise en 
commun par chacun des deux époux, et, à la dis- 
solution delà communauté, ils devaient reprendre 
leurs vêtements, joyaux, armes et chevaux, >w 
nature, ou trois mille livres. 

Le douaire préfix était de 3000 livres, et de 
2000 seulement en cas d'enfant, avec la jouissance 
de la maison du marquis de Belval àTroyes, mais 
pendant le veuvage seulement (1). 

Ce mariage ne fu t pas heu reux et une séparation 
fut prononcée par les tribunaux. 

En 1674, après la mort d'Edme de Beaujeu, 
son neveu, fils de Claude-Paul, Eléonore arrivait 
au partage de la succession et recevait une partie 
de Villiers -Vineux, pour laquelle elle faisait hom- 
mage au comte de Tonnerre, le 17 février 1681 (2). 

Le 28 février 1575, elle rachetait une dette de 

(1) Arch. de la Côte-d'Or, E, 4 078. 

(2) Le 18 mai 1699, elle était marraine de Charles-Jacques de 
Clermont,fils de Charles-Henri, comte do Tonnerre (arch. de l'Yonne, 
G.G., p. 353). 



— 43 — 

Paul-François de Beaujeu, son père, envers 
Gaspard Pirouelle, notaire, et, .le 2 mars, Otton 
de Kœnigsmarck, seigneur de Rottembourg, 
chambellan du roi de Suède, qui lui avait déjà 
souscrit une première obligation de 36.000 livres, 
le 16 avril 1672, lui signait un nouveau titre de 
40.000 livres, avec hypothèque sur tous ses tiens, 
situés au pays de Brème, en Allemagne. Cetlé 
obligation fut encore renouvelée le 1^^ février 1689, 
après la mort du comte de Kœnigsmarck, arrivée 
en 1688 (1). Elle était veuve en 1685, lors du 
partage avec André Duret d'une vigne à Molôme 
provenant de la succession de son père. 

Le 24 janvier 1694, tant en son nom personnel, 
comme héritière d'Edme-FrançoisdeBeaujeu, son 
neveu, que comme donataire, par son contrat de 
mariage, de Catherine le Bascle, sa mère, créan- 
cière de Paul-François de Beaujeu, son père, elle 
terminait, par une transaction, le procès qu'elle 
avait avec Eléonore de Tusseau, mère d'Edme- 



(1) Le comte Otto de Kœnigsmarck entra au service de la 
France en 1671, et avait obtenu le 10 août de lever un régiment 
de cavalerie. C'est sans doute pour celte opération qu'il emprun- 
tait à ce moment ces 36.000 livres. Brigadier le 15 avril 1672, il 
assista à tous les sièges où le roi se trouvait en personne. 11 passa 
en Allemagne en 1 673 avec Turenne et contribua à enlever plusieurs 
p'aces à l'électeur de Brandebourg. Maréchal de camp du 13 février 
1674, il fut fait lieutenant général, le 25 juin 1676. Son régiment 
prit le titre do Royal-Allemand, le 15 novembre 1688. {Chron. de 
PiNABD, t. IV, p. 273). 



— 44 — 

Fraiî'^ois de Beaujeu et remariée à Achille du 
F'resnoy. Le 17 mai suivant, moyennant une 
rente viagère de 210 livres payable à Noël, elle 
renonçait en faveur des enfants de Rose Duban, 
sa nièce, à tous ses droits sur la maison de Sainte- 
Anne. 

Le 8 juin 1700, elle entamait un procès avec les 
habitants de Merrey-le-Serveux (l), qui lui de- 
vaient une somme de 4000 livres, par une obliga- 
tion souscrite à sa mère, le 11 mars 1671, et dont 
les intérêts n'avaient pas été payés depuis vingts 
trois ans. 

Elle avait un appartement à Paris, rue de 
Grenelle, au coin de la rue des Rosiers, mais elle 
habitait le plus ordinairement Epineul, dont la 
jouissance avait été cédée à sa mère et à elle par 
Louis le Bascle, son oncle, frère de sa mère, et 
Françoise de Ponlville, sa femme, à la suite d*un 
arrangement qu'elle rappelle dans son testament. 
C'est à Epineul qu'elle écrivit ses dernières 
volontés, le 8 octobre 1704. Elle y insérait quan- 
tité de détails relatifs à ses affaires; ce qui con- 
firme l'esprit d'ordre dont elle avait donné des 



(I) Moricy-le-SerYeux,arr. de Bar-sur-Seine (Aube). Celle obli- 
jîîUion dovnit ôlro partagée entre ses cousins François le Bascle 
li'Ari^onlouil de Pouy et Picrre-Franroisle liasclede Moulins, selon 
les indications du testament de M"o de Relval; mais un arrêt du 
conseil d'Ktat, de 1719, vint annuler cette créance. (Arch. do la 
Cole-dOr. E, lOOi.) 



45 -^ 



preuves pendant sa vie. Elle recommandait en 
parliculierde payeràEugène-Frédéricde Beaujeu , 
son cousin, les deux cents francs qu'elle lui devait. 
Elle mourut le 23 novembre 1704 et reçut sa 
sépulture, dans l'église d'Epineul, à côté de sa 
mère morte le 26 septembre 1694. 



CLAUDE-PAUL 

Claude-Paul de Beaujeu de Villiers, chevalier 
puis baron, comte et enfin marquis de Beaujeu, 
seigneur &e Villiers- Vineux, Percey , la Chaussée, 
etc. et, par sa femme, de Soumenlrain, Beu- 
gnon, etc. était le dernier enfant de Paul-François 
de Beaujeu et d'Anne de Saint-Biaise, sa première 
femme. Il fut baptisé à Villiers-Vineux, le 10 mai 
1618 et eut pour parrain le futur maréchal de 
France, Charles de Monchy, fils de haut et puis- 
sant seigneur Georges de Monchy, premier 
maitre d'hôtel de la reine Anne d'Autriche, etc. ; 
sa marraine était Claude de Monchy, mère du 
parrain (1). 



(I) Il fut fait maréchal le 5 janvier 1651. 

En acceptant d'ôire parrain avec sa mère, il affirmait sa parenté 
avec Claude-Paul, petit-fils de Barbe de Monchy. La présence, le 3 
décembre 1665, de Georges de Monchy, marquis d'Hocquincourt, 
fils du maréchal, dans le conseil de famille des enfants de Rose 
Duban, arrière- petite-fille de Barbe, est encore une preuve certaine 
de la parenté. Il vient môme sur la liste immédiatement après la 



— 40 — 

Après le second mariage de son père, en 1638, 
Claude-Paul eul avec lui des discussions d mtérêt, 
relalivemenl à la succession de sa mère, et con- 
jointement avec son frère Jacques-Paul et ses 
sœurs (i). 

A 22 ans, le 27 janvier 1642, Claude-Paul 
obtenait le brevet de premier capitaine dans le 
régiment de cavalerie de Grancey . C'est sans doute 
pour payer les frais de son équipement, que le 
27 avril suivant il souscrivait une obligation de 
800 livres au profit de Jean Duban, son cousin, 
devenu son beau-frère, par son mariage avec 
Catherine de Beaujeu (2). 

Il servit alors sous du Hallier, à la prise du 
château de Viviers, au siège deDieuze, à celui de 
la Mothe, levé le 30 août (3). 

Après celte première campagne, il revenait 
faire son testament à Villiers-Vineux, le 10 sep- 
tembre (4), puis il repartait immédiatement pour 

veuve de Claude-Paul, oncle maternel de Rose Duban, et avant 
Marc-Antcine de Beaujeu, seigneur de Jauge, petit-fils de Barbe de 
Monchy. (Ârch. de la Côte-d'Or, £% 734)rVoir t. XIX, p. 345. 

(\) Voir t. XX, p. 34. 

(2; Cette obligation se trouve mentionnée dans Tioventaire fait 
au décès de Jean Duban, en 4Hi8. Voir t. XX, p. 36, note 2. 

(3) Un nouveau siège eut lieu en 1644. Voir t. XIX, p. 314. 

(i) Il demande qu'on l'enterre dans l'église de Villiers, si faire 
se peut, à côté de son frère Jacques-Paul. Il lègue 6000 francs à sa 
belle-mère Catherine le Bascle, pour la bonne assistance pleine de 
service qu'il a reçue et qu'il peut encore recevoir d'icelle dame ». 
(Arch. de la Côte-d'Or, E, 734.) 



— 47 — 

la Franche-Comté. C'est ainsi qu'il se trouvait, 
le 18 septembre, aa combat devant Ray, où 
Hardonin-Gaspard de Beaujeu et son fils Jean- 
Claude, de la branche de Montot, furent faits pri- 
sonniers (1). Claude-Paul, cousin du maréchal de 
Grancey (2), qui commandait dans cette affaire, 
ne dut pas être étranger à Télargissement de ses 
parents. 

Il était sous le duc d'Enghien à la bataille de 
Rocroy, le 19 mai 1643, à la prise d'Emery, de 
Barlemont, de Maubeuge, de Thionville, le 
18 août, de Sierck, au siège de Gravelines, en 

1644. Sur la démission du comte de Grancey en 
sa faveur, il obtint, par commission du 22 février 

1645, le régiment dans lequel il était capitaine 
et qui prit ainsi son nom, et il servit aux sièges 
de Bourbourg et de Ménin, à ceux de Courtray, 
de Bergues, de Mardick, en 1646, à la fin de 
juillet. Pendant les opérations devant cette der- 
nière ville, il servit de second au comte de Rieux, 
de la maison de Lorraine, dans son duel avec 
Vassé, maréchal de camp du régiment de Pié- 
mont, et eut le poumon perforé par le Bret, son 
adversaire, enseigne de la compagnie colonelle 

(4) Voir lie partie, branche de Montot. 

(2) Le maréchal de Grancey était marié à Catherine de Monchy, 
fille de Georges et de Claude de Monchy et sœur du maréchal Char- 
les de Monchy, marquis d'Hocquincourt. La mère de Claude-Paul, 
Anne de Saint-Biaise était fille de Barbe de Monchy (voir t. XIX, 
p. 345 et la noie 1, p. 43, t. XX). 



— 48 — 

(le ce régiment (1;. Bussy, à celle occasion, en 
fait un portrait peu flatteur, qui contraste avec 
celui fait plus lard par Turenne (2). 

Il ne paraît pas qu'il fut arrête longtemps par 
sa blessure, car il était au siège de Furnes et de 
Dunkerque qui eurent lieu la même année, 1646. 

Il servaitsous le maréchal de Gassion en 1647, 
et combattait le 6 juillet, contre la cavalerie du 
duc de Lorraine, dont huit cents chevaux furent 
défaits. Le 6 juin précédent, Eléonore de Tusseau, 
sa femme, marraine à Neuvy- Sauteur (3), se 
disait femme de M. Claude-Paul de Beaujeu, 
« meslre de camp de cavalerie pour le service du 
roi ». 

Maréchal des logis de la cavalerie légère, Tan- 
née suivante, il n'en conserve pas moins son 
régiment qui est commandé par M. de Pibrac (4). 

Placé sous le prince de Gondé en 1648, il était 
au siège d'Ypres et commandait la cavalerie de 
l'aile droite, le 19 mai, à la bataille de Lens, où 

(1) Mémoires de Russy- Rabutin, t. I, p. 141. A cette époque, 
les seconds ne se contentaient pas de diriger le combat ; ils croi- 
saient le fer'ensemble, et sérieusement, comme on le voit. 

(2) Do l'avis de tous, Bussy était jaloux, prétentieux et difficile 
à vivre, ((iénéral Susane, t. I, p. 409 et 410.) 

(3) Neuvy-Sautour,oanlon de Saint-Florentin, arr. de Tonnerre, 
Yonne, appartenait en partie à Eléonore de Tusseau. 

(4) Arch de laCôle-d'Or, E, 2703, f. 1, \% 19 janvier 4648. Le 
baron do Pibrac devait une obligation de 805 livres à Jean Duban, 
marié à Catherine de Beaujeu. Elle est mentionnée dans l'inventaire 
dro&so après la mort de Jean Duban (v. t. XX, p. 36, note 2) 



r- 49 — 

son père et son beau-frère Jean Duban trouvèrent 
la mort. Cela ne Tempôcha pas d'être à la reprise 
de Fumes, le 29 mai. 

Sa belle conduite à Lens lui avait valu le grade 
de général, car, marraine à Jauge, le 1®"^ juillet 
suivant, Eléonore de Tusseau se déclare femme 
de Claude-Paul de Beaujeu, « général comman- 
dant la cavalerie légère en Flandre ». 

Maréchal de camp par brevet du 16 janvier 
1649, il fut employé en cette qualité dans Tar- 
mée de Flandre et servit dans le corps détaché 
du comte de Palluau. Il le remplaçait dans le 
commandement de la ville d'Ypres, quand elle 
fat investie, le 11 avril. Le 27, il fit une grande 
sortie « et renversa toute Tattaque de dom Gas- 
pard Boniface, qui vint alors au secours de ses 
troupes et força les Français à rentrer dans la 
ville. Le lendemain, les batteries des assiégeants 
commencèrent à ruiner les murs de la place. Le 
3 mai, la garnison tenta une nouvelle sortie, 
mais elle fut repoussée et le lendemain les assié- 
geants emportèrent la contrescarpe. Le 6, ils 
allèrent à la sape et, le 7, attachèrent la mine 
au pied du rempart ; ce qui obligea Beaujeu à 
parlementer le 8, et de remettre le 10 la ville 
entre les mains de Tarchiduc » (1). 

Cet échec plutôt glorieux ne devait pas ternir 

(I) Mémoires rfeMoNiGLAi (Collection Petitot, 1. 1, p. 173). 

4 



— 50 — 

la réputation de Claude-Paul de Beaujeu, et il 
devait reprendre bientôt le cours de ses cam- 
pagnes. En 1630, il était avec le maréchal de 
Plessis et concourait à secourir Guise, à la prise 
de Rethel et au combat près de cette place, où 
Turenne, alors avec le parti de la Fronde, fut 
battu, le 13 décembre 1631. 

Dans le cours de celle même année il avait 
été employé en Flandre sous le maréchal d'An- 
monU le 27 mai, et avait contribué à la reprise 
de cinq redoutes qui furent rasées. Secondé par 
M. de Baugy (1), il avait enveloppé cinq esca- 
drons espagnols qui furent taillés en pièces. Il 
avait marché au secours de Dunkerque et de 
Vervins. Son régiment fut licencié à la fin de la 
campagne, mais il en leva un autre, par commis- 
sion du 2 janvier 1632, et s'en démit au mois 
d'avril. Le régiment continua cependant à porter 
son nom et fit la campagne de Catalogne sous 
Pierre Dubande la Feuillée, « capitaine et major 
commandant le régiment de cavalerie de M. le 
marquis de Beaujeu » (2). 

Claude-Paul était alors sous Paris avec la cour 
el le maréchal de Turenne, contre les troupes de 

[4) Ce Baugy devait être Guillaume, le frère de Gène vièTe, mariée 
à Edme de Beaujeu (voir t. XIX, p. 353). 

[i) Ce sont les expressions c<>ntenues dans la procaration 
envoyée de Barcelone, le \0 juiilet 1652. par Pierre Daban pour 
le mariage de sa sœur Blaisine avec Jean-Baptiste Pitoizct d'Obtrée. 
;Arch.delaGôte-d'Or,E,43;.V,i.XlX,p. 333, n.<:t.XX,p.^,n,l. 



— 51 — 

la Fronde. Il fut employé par le roi aux négo- 
ciations qui amenèrent le départ du duc de Lor- 
raine venu au secours de Gondé. 

L'instruction qui lui était donnée par le roi se 
terminait ainsi : 

« Ledit sieur de Beaujeu sera assuré que sa 
Majesté lui saura beaucoup de gré des services 
quHl continuera de lui rendre en cette occa - 
sion. Fait à Melun le 16 juin 1652 (1). » 

La récompense ne se fit pas attendre et, le 
10 juillet, il recevait le brevet de lieutenant-géné- 
ral (2), pour servir dans Tarmée du maréchal de 
La Ferté-Sennecterre, avec laquelle il se trouvait 
devant Rethel, qui se rendit le 9 juillet. 

Quelque temps après il était envoyé avec deux 
mille chevaux pour surprendre Guise, mais il 
ne put devancer Tennemi et y entrer. Il assistait 
ensuite à la prise de Mouzon. Pendant le siège, 
il avait eu à se garer de la jalousie de Bussy- 
Rabutin, qui ne pouvait lui pardonner son avan- 
cement et voulait le faire battre avec Gédéon du 

(4) Mémoire du vicomte de Turei^ne (Coll. Petitot, 3* série, t. 
III, p. 441, 442). 

(2) Le titre de lieutenant-général des armées du roi date de 
1611. Le premier fut le marquis de la Valette, depuis duc d'Eper- 
non. Le second connu est Melchior Mitte de Chevrières, marquis 
de Saint-Chamond^ dont les pouvoirs sont du 6 février 1633. Le 
roi, en créant des lieutenants-généraux, pour servir sous les géné- 
raux d'armées, se proposait de soulager le commandant en chef 
dans ses détails et de lui donner un remplaçant en cas d'absence, 
de maladie, etc. (Pinard, 1. c). 



^ 5-2 ^ 

Bois des Goiirs, seigneur de Fayières, quiétaitsori 
parent (1). Malgré les efforts de Bussy, cette 
querelle n'eut pas de suite, d'autant plus que 
Claude-Paul reçut de la cour l'ordre de se rendre 
à Sainte-Meneliould, qui fut investi le 22 octobre 
et capitula le 20 novembre (2). 

Au commencement de 1653, les Français 
reprirent Vervins, en plein hiver, et Beaiijeu fit 
deux combats, l'.un contre Briord du parti des 
princes de Condé; l'autre contre Coligny à Cou- 
vin, près de Liège, dans lesquels il eut l'avan- 
tage (3). 

Il commandait devant Rethel, le S avril 16S3, 
et faillit s'en emparer par un coup de main, 
mais malgré toutes les précautions prises, l'af- 
faire manqua (4). 

Claude-Paul fut tué Tannée suivante au siège 
d'Ârras menacé par l'archiduc. 

« La tranchée fut ouverte dans la nuit du 14 

(I) Gédéon du Bois des Cours était marié à Eléonore de Beaujeu, 
dernier représentant de la branche de Beaujeu-Maisonfort, descen- 
dant de Claude de Beaujeu, fils de Jean II, seigneur de Chazeuil 
(voir t. XIX, o. ITà et t. XX, p. 62). 
. ■ (2) Mémoires de Bussy, t. I, p. 409, 481, 487. 

(3) Mémoires de Montglat, p. 412. 

(4) Arch. de la ville de Langres, 692 (lettre de M. Bussey, ingé- 
nieur langrois, auxrnaire et échevins de ia ville, datée de Maizières 
le lundi-saint (7 avril) 16o3. « Messieurs, samedi dernier entre 
trois et quatre heures du matin, nos troupes commandées par M. de 
Beaujeu manquèrent une entreprise sur Rethel qui aurait bien 
apporté du soulagement à celte frontière, etc.. » 



— 53 — 

au 15 juillet par les Espagnols. Le 22, Navaille, 
gouverneur de Bapaume, prit un convoi escorté 
de bOO chevaux qui allait de Douai au camp des 
Espagnols. Quelques jours après, Beaujeu en défit 
un qui venait d'Aire dans les lignés, mais il fut tué 
dans le combat (1). » 

Les mémoires de Turenne fixent mieux la 
date de celte mort glorieuse . Claude-Paul avait été 
envoyé avec un corps considérable vers Béthune, 
pour empêcher le convoi d'Aire et de Saint-Omer. 
« Surpris au petit jour, comme ses gens reiyais- 
saientj il fut mis en désordre et tué sur place ; 
mais ses gens s'étant ralliés, les ennemis furent 
battus et beaucoup des leurs tués ou pris. » 

Turenne annonça en ces termes la mort de 
Claude-Paul de Beaujeu au cardinal Mazarin et 
à le Tellier : 

« Au camp de Mouchy-le-Preux, le 25 juillet 
1634. » 

Lettre au cardinal : « Monsieur, je ne doute 
pas que votre Eminence ne soit bien touchée do 
la perte de M. de Beaujeu : elle y a perdu un 
serviteur bien affectionné et assurément je n'ai 
point connu tm plus hrave et meilleur officier 

(\) D'après Loret, Mvse historique, l^r août 1654, 1. 1, p. ()2o. 
Claude-Paul aurait eu le cœur traversé par une balle : 

« Mais hélas 1 monsieur de Beaujeu 
Y mourut d'un coup de feu, 
Qui du cœur lui coupa la veine. » 



— 54 — 

que lui. On envoieraà votre émînence la relation 
du combat qui a été fort opiniâtre, etc. » 

Le môme jour, Turenne écrivait au ministre le 
Tellier: 

« Au camp de Mouchy-le-Preux, le 2b juillet 
1654. 

« Monsieur, je m assure que vous avez beaucoup 
de déplaisir de la perte de M. de Beaujeu ; je 
vous assure que le roi y a perdu un des meil- 
leurs officiers de France, et en mon particulier 
j'en ai un extrême regret. Dès que j'aurai une 
relation certaine du combat je vous Venvoierai. 
Il a été fort opiniâtre. Il y a plus de deux cents 
prisonniers de Tennenii et beaucoup d'officiers. 
Comme M. de Beaujeu attendait le convoi d'Aire, 
cette cavalerie de Tennemi sortant du camp le 
vindrent attaquer à la pointe du jour. J'avais 
neuf ou dix escadrons avec M. de Beaujeu, qui est 
ce qu'il avait. Je suis véritablement. Monsieur, 
votre très humble et très affectionné serviteur. 

« Turenne. » 

« Je vous supplie, Monsieur, d'écrire pour le 
régiment de M. de Beaujeu en faveur de M. de 
la Séville qui est premier capitaine et qui est un 
très brave petit homme qui a fort bien fait en 
cette occasion avec son régiment et qui est parent 
de M. de Beaujeu (1). » 

(\) Mémoires de Turenne, p. 463. Je n'ai pu découvrir aucun ren- 
seignement sur cette parenté invoquée par Turenne. 



Claude-Paul de Beaujeu est donc mort le 
28 juillet 1654. Il n'avait que 36 ans et laissait 
veuve Eléonore de Tusseau qu'il avait épousée 
en 1647, et qui n'avait alors que Ib ans (1). Elle 
était fille de Charles de Tusseau, conseiller du 
roi, seigneur de Sauteur et de Reine d'Eslions, 
et lui avait donné un fils, Edmê-François de 
Beaujeu, capitaine de cavalerie, décédé en 1674-^ 
et pour la succession duquel, après vingt ans 
de procès, une transaction eut lieu le 20 janvier 
1696, entre sa mère Eléonore de Tusseau, rema- 
riée à Achille-Léonor du Fresnoy (2) et Eléonore 
de Beaujeu, marquise de Bel val, sœur de Claude- 
Paul et tante du défunt, laquelle représentait 
les héritiers de la branche paternelle. 

Aux termes de ce traité, le marquis du Frcjsmoy 
recevait la lerre et seigneurie de Villiers- Vineux 
avec toutes ses appartenances, tandis que la 



(1) Elle fut baptisée le 8 mai 4532, à Neuvy-Sautour, canton de 
Flogny, arr. de Tonnerre. Le \"' novembre 4647, marraine à 
Neuvy, elle se dit femme de Claude-Paul de Beaujeu, mestre de 
camp d'un régiment de cavalerie. 

(2) Achille du Fresnoy prenait son nom de la terre de Fresnoy 
en Picardie que ses ancêtres tenaient de temps immémorial. Il 
était frère de Jean du Fresnoy, grand-prieur de Champagne pour 
l'ordre de Malte, et fils d'Henri pour lequel la terre du Fresnoy 
avait été érigée en marquisat, au mois d'août 4652. Achille fut 
maréchal de camp^ Conseiller d'État. Son mariage avec Eléonore 
de Tusseau est de 4658. Il en eut un fils, Nicolas (Voir Mercure de 
France du mois d'avril 4747, p. 4 84 et suivantes; La Chesnaye-Des- 

BOIS). 



— 56 - 

marquise de Belval prenait Butteaux et le sixième 
de la seigneurie de Percey, sans compter une 
somme de 1750 francs que lui versait la mar- 
quise du Fresnoy, qui devait en outre lui servir 
une rente de 50 livres, dont les arrérages cour- 
raient du r^ janvier 1694, etc. (1). 

En Edme-François de Beaujeu finissait le ra- 
meau de Villiers-Vineux, sorti de la branche 
de Chazeuil. 

(1) Arch. de la Côte-d'Or, E, 734. 



CHAPITRE V 
RAMEAU DE LA MAISONFORT (') 

Claude de Beaujeu, fils de Jean II, seigneur 
deChazeuil5etdeN.de Mon tjeu, devint seigneur 
delà Maisonfortparsonmariageavec Marie des Ul- 
mes (2), fille deJean et de Christine de Blosset(3). 
Marie était veuve de Jacques de Giverlay, avec 
lequel et Christine de Blosset, sa mère, elle ven- 
dait, le 19 avril 1518, avant Pâques, à Jacques 
de Veilhan, la seigneurie de Michangues, dépen- 
dant de Nevers, à cause de la châtelleriie de Monte- 

[\) La Maisonfort était un château élevé sur une motte au nord 
de Bitry (canton de Saint-Amand, arr. de Cosne, Nièvre). 

(B) Les des Ulmes possédaient une partie delà Maisonfort depuis 
le commencement du xv^ siècle. Jean des Ulmes, en 1435, avait 
« fait résistance dans la Maisonfort^ où il ne pouvait prétendre que 
la lroi:?ième partie ». Jean des Ulmes, seigneur de la Maisonfort, 
assistait, la 24 mars 1464, à un hommage du comte d'Auxerre à 
révoque (Lebeuf, flisL d'Auxerre, t. I, p. 531). Un troisième Jean 
des Ulmes, seigneur de la Maisonfort, était au service du roi, en 
septembre 1493 (arch. de la Côte-d'Or, Peincedé, t. XXII, p. 
908). Le 15 octobre 1511, noble seigneur Perrot des Ulmes, ayant 
procuration de son frère Jean, seigneur de la Maisonfort, avait 
rempli pour lui son devoir féodal. Jean était encore vivant en 1517 

S abbé Marolles, Inventaire des titres de Necers, co\, 179). Le sceau 
le Jean des Ulmes, en 1468, portait burelé de dix pièces, avec un 
lion brochant sur le tout (Bib. nat.}. 
(3) Voir t. XIX, p. 298, note 1 . . 



— 58 — 

noison. Claude de Beaujeu, le 14 octobre 1323, 
avait donné son aveu et consentement pour ré- 
tablissement d'un bailliage à Auxerre. Il était 
dit seigneur de la Maisonfort, Bilry, Argenoul 
et Chassenay et paraissait pour lui et pour Marie 
des Ulmes, sa femme (I). 

En 1333, il reprenait de fief pour la forêt de 
Lorme* dépendant de la châtellenie de Donzy (2) 
et pour Villiers et Argenoul, relevant de Saint- 
Verain (3). 

Le 29 mars lo38, par un acte où se trouve en- 
core attaché le sceau de son oncle François de 
Beaujeu, abbé de Saint-Germain, il prend à bail 
perpétuel, moyennant un cens annuel de 20 s. 
tournois, deux arpents de vignes à Irancy, ap- 
partenant à Tabbaye (4). 

Claude mourut en 1341 et fut inhumé dans 
l'église de Saint-Germain dWuxerre. Le 24 fé- 
vrier 1342, Marie des Ulmes, sa veuve, faisait 
une donation pour célébrer chaque année un ser- 
vice funèbre pour son mari et Christine de Bios- 
set, sa mère (3). 

(\) Lebfuf, Hist.(f Auxerre, t. III, p. 393. 

(2) Donzy, chef-lieu de canton, arr. de Gosne, Nièvre, élait le 
siège d'une châtellenie importante, le Donzois. 

('.)) Saint-Verain, canton de Saint-Amand en Puisaye, arr. de 
Cosne, était aussi un fief des plus importants qui a donné son nom 
à uno famille illustre. 

iï) Arch. de l'Yonne, H, 4134. Ce sceau est fort endommagé. 

[i}) Gallia Christ., t. XII. 



— 59 — 

Claude laissait les enfants suivants : 

1» René ; 

2» Edmée, mariée à Adrien du Chesnay, sei- 
gneur de Longueron, et veuve avant le 20 oc- 
tobre 1576. 

3^ Jacqueline, épouse de Philippe de Prévost, 
seigneur de Senan, dont elle était veuve, le 20 
octobre 1576, lorsqu'elle assistait, avec sa sœur, 
au mariage de Marie du Puys, fils de feu René du 
Puys et de Claudine de Prévost, avec Edméed*As- 
sue, fiUede Louis, écuyer, seigneurde Chastenay- 
le-Viel, et de Louise de Canson (1). 

BENÉ 

René de Beaujeu, seigneur de la Maisonfort, 
de Coternoul et de Saint-Belin, plaidait à Gray, 
le vendredi 6 mars 1656, contre Guillaume de 
Beaujeu, seigneur de Volon (2). Il avait dû avoir 
en partage ce que son arrière-grand-père Jean I 
de Beaujeu avait reçu au territoire de Beaujeu, 
et pour lequel Jean II, son grand-père, se disait 
seigneur dudit Beaujeu et de Ghazeuil. C'est 
ainsi qu'il se trouvait en procès avec son cousin 
Guillaume qui possédait le fief de la famille à 
Beaujeu. 



(4) Abbé Marolles, In\), de Nevers, col. 723. 
(2) Arch. de la Haute-Saône, B, 556. 



— 00 — 

René élait marié à Galherine de Floretle (l), 
quiépousa, en secondes noces, AntoinedeThibotot, 
seigneur de Ligny. Il était mort en 1373, car 
cette année-là, sa veuve rendait son hommage 
pour la Maisonfort et Bilry (2), en môme temps 
que sa belle-soéur Edmée de Beaujeu pour les 
terres et seigneurie d*Ouanne, Argenoul etCyez, 
qui lui avaient été attribuées (3). 
: René avait eu de Catherine de Florette : 
. r Claude II ; 

2° Gilbert, qui a une partie de la Maisonfort, 
pour laquelle il reprend de fief avec son frère, en 
1588, après la mort de leur mère (4) ; 

3^ Esther, épouse de Gille du Castel (5), sei- 
gneur de Sichamps (6) et auquel elle apporta 
Ouanne et Chaslenay-le-Bas. Son nom figure sur 



(1) Florette portail d'argent à trois glands de sinople, au chef 
d'azur chargé de trois étoiles d'or (Guichenon, lUst. de Bresse), 

(2) Un monument funéraire pour la famille de Beaujeu existait 
..dans une chapelle de l'église de Bilry qui est du xvie siècle. Il n'en 

reste quune niche pratiquée dans le mur, et dont l'entablement est 
soutenu par des pilastres et des colonnettesà chapiteaux ornées de 
jolies figures d'enfants. Au milieu de rinceaux élégants se dessine 
l'écu burelé des Beaujeu. Une statue de femme agenouillée et on 
costume du milieu du xvi* siècle faisait partie de ce monument, 
mais elle est maintenant dehors de l'église. (Répertoire archéolo* 
(jique de la Nièvre^ par le comte de Soultrait, Imp. Nat. \Slo,) 

(3) Arch. de la Côte-d'Or : Peincedé, t. XXYIII, p. 804. 
(i) Inv. de Nevers,co\. 566. 

(5) Les armes des du Castel, de la Lorraine, étaient d'azur ii 
une fasce bastillée d'argent surmontée de 3 châteaux du môme. 

(6) Sichamps, cant. de Premery, arr. de Cosne, Nièvre. 



r-- 61 — 

les registres paroissiaux de Cravans (1), où elle 
était marraine, le 16 avril 1394. 

Eslher de Beaujeu et son mari étaient encore 
vivants en 1624 et obtenaient le remboursement 
du droit d eminage dans la ville de Mâcon, qui 
avait été vendu, le 31 mai 1S22, à Philiberte 
Boulaise, dame delà Tourd'Orgelin, près Mâcon, 
son arrière-grand'mère, dont elle était héritière 
avec ses frères (2) . 

CLAUDE II 

Glande II de Beaujeu, seigneur de Maisonfort, 
Argenoul, la Sablonnière, etc., reprenait de fief, 
en 1588, pour la Maisonfort. En 1593, pendant 
la ligue, le château de la Maisonfort, dont la gar- 
nison inquiétait les environs, fut investi parle 
duc de Ne vers, qui avait avec lui cinq canons et 
deux couleuvrines, et força les ligueurs à capi- 
tuler, le 25 avril (3). 

En 1607, Claude renouvelait son hommage 
pour la Maisonfort, Argenoul, la Sablonnière. 

Il avait épousé Marthe de Regnault, qui lui 
donna : 

1^ Elysée de Beaujeu, chevalier, seigneur de la 

(1) Cravans, cant. de Vermanlon, arr. d'Auxerre, Yonne, 

(2) Arch, de la Côte-d'Or, B, 1 257. 

(3) Société des sciences delYonne, t. XVIII, p. 233. 



— 62 — 

Maisonfort, etc., marié en 1620 à Rachel de 
Massy et mort peu de temps après. Il eut une 
fille posthume, Madeleine de Beaujeu, qui ne 
vécut que peu d'années, laissant, en 162S, sa 
succession à sa tante Eléonore. 

2^. Eléonore de Beaujeu, mariée en 1624 à 
Gédéon Dubois des Cours, seigneur de Favières, 
lieutenant d'une compagnie de cent hommes 
d'armes et que Bussy cherchait à brouiller avec 
Claude-Paul de Beaujeu, au siège de Mouzon, 
en 16S3 (1). Gédéon devint par sa femme seigneur 
de la Maisonfort, après le décès de Madeleine, 
fiUed'Elysée, et sesdescendantsconservèrentcette 
seigneurie qui fut érigée en marquisat pour eux, 
par lettres patentes du 7 novembre 1743 (2). 

{\) Voirt. XX, p. 51. 

(2) Armoriai de la Nièvre, ipar M. de Soultrait, p. 454. 



CHAPITRE VI 

RAMEAU D'AUGEVILLE, DE MONTRÉAL 
ET DE MÉZILLES 

CLAUDE 

Claude de Beaujeu d'Augeville, Armoncourt, 
Montréal, était le seplième enfant de Jean de 
Beaujeu III, seigneur de Ghazeuil et de Gilberte 
de Beaurepaire (I). Il était par conséquent le 
frère du ligueur François de Beaujeu, et des deux 
chefs huguenots Jean et Paul, le premier com- 
mandant à Sisteron, et le second gouverneur do 
Montbéliard (2). 

Resté avec ses frères et sœurs sous la tutelle 
de son oncle Philibert, évoque de Bethléem, il 
était encore bien jeune à la mort de ce dernier et 
dut avoir pour curateur son frère François. Dans 
tous les cas il fut placé comme page dans la 
maison des ducs de Bourbon-Montpensier, sei- 
gneurs de Saint-Fargeau (3). De page il passa 

(\) Voir t. XIX. p. 287. 

(2) Voir t. XIX, p. 287 et l. XX, p. 3. 

(3) Louis II de Bourbon, duc de Montpensier, avait épousé en 
deuxièmes noces, le i février 1570, Catherine de Lorraine, fille du 



— 64 — 

écuyer, puis il arriva au titre de gentilhomme 
de la maison de monseigneur de Montpensier, 
capitaine de la ville et du château de Saint- 
Fargeau, maître des eaux et forêts et gouver- 
neur de Puisaye (ij; il paraît aussi dans un acte 
inséré le 5 mars 1602, sur les registres parois- 
siaux de Mézilles, avec le titre d'écuyer du roi. 
Seigneur d'Augeville, il signa longtemps de ce 
nom. Devenu gouverneur de Puisaye, il acquit 
des biens dans le voisinage de Saint-Fargeau et 
notamment à Mézilles, où il possédait le château 
de Montréal qui existe encore (2). Il était aussi 
seigneur, par voie d'échange avec Philippe de 
Montmigny, de la Chapellerie et de la Motle- 
Ponceau, que ses descendants conservèrent jus- 
qu'à la Révolution. Il avait épousé, en 1394, 

duc François de Guise et sœur du Balafré. Elle portait à sa ceinture 
des ciseaux d'or destinés à tonsurer Henri III. Elle mourut Fans 
enfants le 6 mai Io96. François de Bourbon (mort le 4 juin 1592), son 
beau-fils, fils de Louis II, avait pris pour femme, en 1566, Renée 
d'Anjou, comlesse de Saint-Fargeau, qui lui donna un fils unique, 
Henri de Bourbon, duc de Montpensier, né le 12 mai 1563, mort 
ie 27 février 1608. H avait épousé Catherine, duchesse de Joyeuse, 
remariée en 1611 à Charles de Lorraine, duc de Guise. Leur fille 
Marie de Bourbon, mariée le 6 août 1626 a Gaston de France, duc 
d'Orléans, fut la mère de mademoiselle de Montpensier. 

(1) Puisaye, petite contrée de Tancienne France, sur la rive 
droite de la Loire, faisait partie du Gatinais-Orléanais dont la capi- 
tale était Montargis. La ville principale était Saint-Fargeau, où 
Mll<î de Montpensier dut se relirer par ordre, après la Fronde. 

(2) Montréal était un manoir entre Saint-Fargeau et Mézilles, 
qui est du canton do Saint-Fargeau. 



^ 65 — 

Françoise de Boulard (1), fille de Robert deBou- 
lard, seigneur d'Armoncourt et veuve de Robert 
de Mareschal, seigneur delà Jonchère. Il la laissa 
veuve pour la seconde fois en 1627. Elle lui 
avait donné dix enfants : 

1^ Catherine, baptisée à Mézilles, le 28 fé- 
vrier 1393 ; 

2° Edme-Loup, né en lb96. Il fut seigneur 
d'Armoncourt, et épousa Barbe de Montdésir, 
encore vivante le 12 novembre 1668. 

3° François, baptisé à Mézilles, le 17 mars 1 398 ; 

4° Gabriel, baptisé à Mézilles, le 22 février 1399; 

3° Antoinette, dontTacte de baplêmen apas été 
trouvé ; 

6* Henri, baptisé à Ronchères le 9 janvier 1 606, 
et qui continue la famille ; 

7^ Catherine, baptisée à Ronchères, le 8 mars 
1607. 

8° Antoine, parrain à Mézilles, le 25 décembre 
1614, religieux de Saint-Benoît, en 1631 ; 



{{) Boulard portait d'argent à 3 aigles de sable membres d'azur 
au franc quartier d'or chargé d'un lion d'azur armé et lampassé do 
gueules. C'était de la bonne noblesse, comme le prouvç le mariage 
d'flenri de Boulard avec Marie de Boucher, des barons de Fiogny 
(v. t. XIX, p. 352). La positionde fortune devait aussi être des plus sé- 
rieuses, car le 2 mars 4602, François de Boulard donnait à l'église de 
Mézilles un parement d'autel de satin do Bourges vert, avec cruciGx 
et image de Notre-Dame et do saint Jean, et garni de deux armoi- 
ries, le tout en broderie d'or et d'argent, (Registre paroissial de 
Mézilles.) 



— 66 — 



9°Edme, baptisé à Ronchères, le 17 mars 1612 ; 

lO'^JeaiijbapliséàRoiichères, le 5 octobre 1614, 
devint seigneur d'Augeville et vivait encore le 
17 février 1634. 



HENRI 

Henri de Beaujeu, seigneur de Montréal, ca- 
pitaine d'une compagnie de cavalerie au régi- 
ment d'Odancourt pour son Altesse Royale, 
était le sixième enfant de Claude de Beaujeu, 
seigneur d'Augeville et de Françoise de Boulard. 
Il se trouva*raîné de la famille parle décès sans 
postérité de ses trois frères Edme -Loup, François 
et Gabriel. 

Il avait eu le fief de Montréal, auquel il ajouta 
ceux de la Motle-Ponceau, du Portail, Maupertuis, 
la Guillottière, ce dernier avec un manoir clos 
de murs (\). 

Ilélaitmortle 26 janvier 1647. Il avait épousé 
Marie de Galteau (2), fille de noble Henri de 
Galteau, dont il eut : 



(1) A. Dey, Histoire du comté de Saint-Fargeau, 

(2) La famille de Gasteau ou Galteau était de la bourgeoisie de 
Sens, et après avoir fait fortune elle obtint d'entrer dans la noblesse. 
Claude Gasteau, écuycr, seigneur de la Batière, était commissaire 
des guerres en 1657. Son frère était contrôleur du grenier à sel de 
Sens (ville de Sens, G.G., 7 et 8) ; en 1682, Claude Galteau, sieur 
de la Chatière, était secrétaire des finances du duc d'Orléans (Archi 
de l'Yonne, H, 1970). 



— 67 — . 

1° Edme, néàMézilles, le 3 février 1637, bap- 
tisé le 23 du môme mois ; 

2^ Jacqueline, baptisée à Mézilles, le 9 sep- 
tembre 1638 et déjà marraine le 19 mars 
1639. Elle avait eu pour parrain René de l'Hô- 
pital, marquis de Choisy (1) et pour marraine 
la femme de Jacques de Courtenay, seigneur 
de Chaugy (2). Elle épousa Claude de Gau- 
ville, lieutenant-colonel du régiment de Dam- 
pierre, et donna le jour à : a) Jean-Henri, né le 
12 novembre 1663 ; h) Madeleine, née le 27 avril 
1667, mariée à Gabriel Régnier, commissaire 
d'artillerie ; c?) Françoise, née en 1666, morte à 50 
ans, en 1717 ; d) Marie, baplisée le 4 novembre 
1670. Après la mort de Jacqueline de Beaujeu, 
Claude deGauville se remaria, 1° avant 1676 à 
Marie de Marchand ; 2® à Marie de la Mousse ; 

3° Jean-Louis, écuyer, seigneur du Portail, né 
le 6 septembre 1640, baptisé seulement le 4 mars 
1642; ^ 

4° Claude, seigneur d'Armoncourt et de Mont- 
réal, dont la femme, Marguerite Huot, était mar- 



(\) Celte famille de l'Hôpital n'avait aucune parenté avec celle 
du chancelier de l'Hospital, mais elle n'en était pas moins illustre 

(MORERl). 

(2) Les Courtenay de Chaugy descendaient de Pierre, fils naturel 
de Jean IV de Courtenay, issu de Pierre, septième fils du roi Louis 
le Gros. Une alliance existait avec les Gauville, car Jacques était 
fils de Marie de Gauviller 



— 68 — 

raine d'un enfant de Claude de Gauville el de 
Marie de la Mousse, le 20 avril 1678. 

EDME 

E'ime de Beaujeu, seigneur de Mézilles, La- 
verne, lieutenant de chevau-légers avant d'être 
lieutenant dans le régiment Mestre^e-camp ca- 
valerie, était le fils aîné d'Henri de Beaujeu et de 
Marie de Galteau. Marié en 1666 à Madeleine de 
Raganne (1), il était mort le 10 février 169o, car 
ce jour-là Madeleine se disait veuve, au baptême 
des deux jumelles nées de Madeleine de Gauville, 
fille de Jacqueline de Beaujeu. Le 2 novembre 
1 698, Madeleine de Raganne était marraine d'une 
cloche à Saint-Sauveur avec Pierre Nigot, sei- 
gneur de Saint-Sauveur (2), pour parrain. 

Edme et Madeleine Raoranne avaient eu : 

1^ Edme-Henri, né en 1667 ; 

2° Louis-François, baptisé le 8 janvier 1672, 
et devenu capitaine de cavalerie ; 

3*" Edmée, baptisée à Mézilles, le 8 avril 167o, 
mais venue au monde le mercredi précédent. 



(1) ÉléoDor de BagaDDe, écuyer, seigneur de Fontaine, était, en 
4646, secrétaire du roi (d'HoziER). 

(2) Pierre Nigot était fils de Jacques, qui de simple marchand à 
Âuxerre, puis commis à la régie des coches d'eau, appartenant à 
Colbert, devint secrétaire des finances, doyen des Présidents de la 
Chambre des Comptes et mourut à Paris avec le titre d'écuyer 
(Arch. de l'Yonne, B, 188). Il fut inhumé à Saint-Sauveur. 



— 69 - 

-io Henriette, née en 1678, morte en 1733, ma- 
riée à 36 ans, le 19 mars 1714, à Jacques de Trei- 
gny (l), seigneur de Gharmois, âgé de 32 ans, fils 
de Léonard et d'Edraée Roche. De ce mariage : 
a) Jacques, né le 20 juin 1714 , marié le 11 janvier 
1734 à Jeanne Carran ; b) Edme-Loup, né le 10 
avril 1716. 

S*" David de Beaujeu, né le 26 mars, baptisé le 
12 avril 1684, cornette dans le régiment de la 
Cornette Blanche en 1709, relire du service le 
28 avril 1716, témoin, en 1730, le 25 mars, au 
mariage de sa nièce Madeleine avec Jacques 
d'Estud, et au mariage, en 1734, de Jacques de 
Treigny, son neveu. 

6** Marianne, née vers 1686, et marraine de son 
frère Edme; 

7° Edme, né le 23 février 1690 ; il avait pour 
parrain son frère Louis et pour marraine, sa sœur 
Marianne, il mourut le 22 mars ; 

8° Barbe qui ne sait pas encore signer en i69o, 
lorsqu'elle est marraine ; 

9° Madeleine, marraine à Mézilles, le 7 avril 
1703. 

EDME-IIENRI 

Edme-Henri de Beaujeu, seigneur de Mézilles, 
où il possédait les fiefs delà Motte-Ponceau, de la 

(4) Treigny, canton de Saint-Sauveur, arr. d'Auxerre, Yonne. 



— 70 — 

Guespière et de Rômme, ce derniep acquis par 
lui le 6 septembre 1697 (1), était le fils aine 
d'Edme de Beaujeu et de Madeleine de Raganne. 

Né en 1 667, il était lieutenant dans le régiment 
mestre-de-camp de cavalerie, en 1699, et se re- 
tira du service, en 1715, avec une pension du 
roi. 

Le 17 mai 1727, il assistait à la réunion du 
conseil de fabrique de Mézilles pour la nomination 
du maître d'école. Le 25 août de Tannée suivante, 
il était témoin, à Septfons, du mariage de Louis- 
Achille du Defi'and avec Catherine-Françoise de 
Laverne. 

Il mourut le 25 décembre 1748, à 82 ans, et 
reçut sa sépulture dans le chœur de l'église de 
Mézilles. Il avaitépousé, le 21 avril 1714, à 48 ans. 
Constance de Treigny, âgée de 25 ans, fille de 
Léonard et d'Edmée Roche, et dont le frère, 
Jacques de Treigny, avait été marié, le 19 mars 
précédent, à Henriette de Beaujeu, sa sœur. 

De son alliance avec Constance de Treigny, 
Edme-Henri I de Beaujeu avait eu : 

1 • Edmée-Cons tance, baptisée le 27 février 1 7 1 5 ; 

2"" Madeleine, mariée le 18 janvier 1732 à 
Jacques d'Estud, veuf d'Edmée de Gauville et 
qui mourut le 9 juillet 1744 ; 

3° Edme-Henri II ; 

(I) A. Dey, Histoire du Comté de Saint-Far geau. 



— 71 — 

4° David- Alexandre, baptisé le 20 février 1724, 
ayanl pour parrain son oncle David de Beaujen, 
et pour marraine Marefuerîte d'Estud. Il avait eu 
en partage les fiefs du Portail et de la Motte- 
Ponceau. Officier de cavalerie dans le régiment 
Mestre-de-camp général, il fut aussi dans les 
gens d'armes de la garde du roi. 

Marié le 29 novembre 1758 à Marie- Angélique 
Le Maigre (1), fille de Charles- Alexandre Le 
Maigre, seigneur de Saint-Sauveur, avocat au 
Parlement, mort le 10 décembre 1770, et d'An- 
gélique-Françoise Naulet. Il en eut : 1® Angélique- 
Françoise, morte à Saint- Fargeau, le20mars 1 761 ; 
2° Angélique, née le 24 novembre 1762, décédée 
le 3 décembre suivant et enterrée à Mézilles ; 
3° Catherine- Adélaïde, née le 24 novembre 1763, 
morte le 11 mars 1785, à 22 ans; 4^ Edme- 
Alexandre, né le 8 juillet 1764, mort le 24 no- 
vembre à 3 mois 1/2. David-Alexandre mourut 
lui-même le 11 octobre 1782, à 58 ans et fut 
inhumé dans le cimetière de Mézilles. 



{\) Charles Lemaigre de Croisy était aussi lieutenant des eaux 
et forêts. Au bas de son acte de décès, sur les registres de Saint- 
Fargeau, se trouve la signature de son frère, Elienne-Pierre-Alexis, 
ancien garde du corps du roi, et celle de son fils Charles- Alexandre- 
Maurice, écuyer, gendarme de la garde du roi. 



— 72 — 



EDME-HENRI II 



Edme-Henri II, qualifié marquis deBeaujeu, 
seigneur de Mézilles, et de Nailly par sa femme, 
était fils d*Edme-Henri I et de Constance de 
Treigny. 

Il épousa, le 28 avril 1739, Angélique d'Es- 
tud (1), fille de Jacques, seigneur de Nailly et 
d'Edmée deGauville, lequel Jacques avait épousé 
en secondes noces, le 8 janvier 1732, sa sœur 



(I) La famille d'Estud était d'origine écossaise. Quatre frères 
d'Eslud ou d'Estut avaient suivi en France Jean Sluart qui fut con- 
nétable et était venu au secours du Dauphin Charles VII, vers 
U18. En récompense de leurs services, on leur avait donné des 
fiefs conquis sur les Anglais. Ils avaient formé les d'Estud de Chas- 
tenay, d'Estud d'Assay, Estud de Nailly. et avaient eu des alliances 
dans les meilleures familles de la noblesse. Une branche forma les 
comtes et marquis de Tracy qui devinrent comtes de TEmpire et 
Pairs de France. Ils portaient :au 1 et i, d'or à trois pals de sable; 
aux 2 et 3, d'or au cœur de gueules : devise : don bien acquis 
(Armoriai du Nivernais^ par lecomtede Soultrait, t. I, p. 265). 

En 1765, après la mort de son frère aine, le futur Louis XVI 
quittait le titre de duc de Berry pour celui de Dauphin. « Le chevalier 
de Beaujeu «qui était sous-gouverneur du prince, demanda alors sa 
rclraile et par lettre du 18 avril, le roi voulut bien lui conserver 
les appointements attachés à sa charge. Pendant que le chevalier 
do Beaujeu était en fonctions, ordre lui avait été envoyé par M. de 
la Tour portant défense de se rendre à la cour avec sa femme et 
ses enfants. (Arch. nat. 0, 405, no 862; 407, no 2 et 370). 

Cette dame n'était pas d'assez grande noblesse, et cette circons- 
tance démontre à elle seule que le chevalier de Beaujeu n*était pas 
Edme-Henri II, mais plutôt un membre de la famille Simon-Beau- 
jeu. (V. t. XIX, p. 370, note 1.) 



— 73 — 

Madeleine-Catherine de Beanjeu qui devint ainsi 
sa belle -mère. 

Edme-Henri II mourut le 20 mars 1791 (1), 
laissant Angélique d'Estud encore vivante. Elle 
lui avait donné les enfants suivants : 

1* Jacques- Henri, vicomte de Beaujeu ; 

2^ Edme-Henri III, chevalier de Saint-Louis, 
baptisé le 22 mai 1741 , capitaine au régiment de 
cavalerie Royal- Piémont, en 1770, colonel du 
régiment Royal, devenu à sa mort le 2® régiment 
de cavalerie, le 23 mai 1792. Il avait pour lieu- 
tenant-colonel Clarke, duc de Feltre (2) ; 

3° Edmée- Angélique, née le 21 avril 1742, 
mariée le 8 janvier 176S à Jean-Baptiste-Joseph- 
Pierre de Finance, fils de Jean-Baptiste et de 
Geneviève de Vatteré (3), dont Ange- Joseph- 
Pierre de Finance, baptisé le 16 février 1766, et 
qui se trouvait sur la liste des émigrés, en 1795. 



(\] Létat de la noblesse pour l'année 1782» pages 130, 131, 
donne comme chef de la maison de Beaujeu, Edme-Henri de Beau- 
jeUy.marié à Angélique d'Estud, et cite leurs 6 enfants. Il existait, 
il est vrai, à Champlitte, Louis-Nicolas-François, fils de Charles-Louis. 
Mais Louis-Nicolas-François représentait une branche cadette qui 
remontait à Jean V, deuxième fils de François de Beaujeu, seigneur 
de Jauge^ tandis que Edme-Henri descendait de Claude, frère du 
môme François, c'est-à-dire remontait un degré plus haut, ce qui, 
d'après les lois de la féodalité, le rendait le représentant de nom et 
d*armes de la famille. 

(2) Général Susane, Cavalerie^ t. Il, p. 35 et 45. 

(3) Les de Finance, gentilshommes verriers de la Lorraine, exis- 
tent encore dans la région. 



— 7i — 

Il avait été officier dans le régiment de Gévaudan ; 

4° Lucrèce- Jeanne, née en 1743, religieuse 
hospitalière à Saint-Thomas de Villeneuve et qui 
prêta serment de fidélité à la République, le 7 plu- 
viôse an 11(26 janvier 1794), conformémentà la 
loi du 3 septembre précédent ; 

5« Marie- Madeleine, née le 24 septembre 1744. 
Elle habitait Mézilles et fut maintenue en pos- 
session de ses biens, lors de Tadjudication des 
terres des émigrés, dont faisait partie son frère 
Jacques-Henri. 

6° David, baptisé le 21 février 1746, ayant 
pour parrain son oncle David-Alexandre, et pour 
marraine Anne Carran, femme de Jacques de 
Treigny ,fils d'Henriette de Beau jeu, etson cousin; 

T Elisabeth-Sophie, née le 26 avril 1752. 

Angélique d'Estud, au moment de la Révo- 
lution, fut arrêtée et enfermée à Auxerre, puis 
renvoyée à Mézilles pour être gardée à ses frais. 
Mais la succession de son mari avait été partagée 
entre ses enfants, et son douaire avait été établi 
sur la portion de Jacques-Henri qui avait émigré, 
ce qui avait amené la confiscation de ses biens. 
De sorte qu'Angélique d'Estud se trouvait dans 
le besoin. Elle demanda donc à être déchargée de 
cet impôt forcé et au moins singulier. Le conseil 
de la commune fit droit à sa requête dans une dé- 
libération ainsi conçue : « 30 vendémiaire an III 
(21 octobre 1794) : Sur la représentation faite par 



la citoyenne veuve Beaujeu, détenue dans cette 
commune depuis le 27 brumaire an II (17 novem- 
bre 1793) par arrêté du comité révolutionnaire de 
la commune d'Auserre, en date du 23 dudit, qui 
Ta renvoyée de la maison de réclusion libre de se 
retirer en sa maison pour y être gardée à ces frais 
sous la surveillance du comité révolutionnaire de 
cette commune, et depuis le décret de la suppres- 
sion des différents comités établis dans chaque 
commune, par celle du conseil général de cette 
dite commune, ayant eu jusqu'à ce moment un 
garde à ses frais que l'indigence où elle se trouve 
la met dans Timpossibilité de pouvoir payer, elle 
réclame auprès du conseil général la justice qui 
lui est due de la décharger de ce garde. En con- 
séquence, le conseil général prenant en considé- 
ration l'exposition de la dite veuve Beaujeu, con- 
sidérant que l'état véritable d'indigence où elle 
se trouve lamet dans l'impossibilité de payer son 
gardien, considérant en outre son impuissance 
pour arrêter la marche de la révolution j a arrêté 
à Tunanimité qu'elle sera de ce jour déchargée de 
ce gardien qu'elle a eu à ses frais; et ont signé : 
Maudhuy, Bourgeois, Gauthier, Colon (1). » 

(1) Registre des délibérations delà commune de Mézilles, fol. 7. 



— 7G 



JACQUES-IIENRI 



Jacques- Henri, vicomte de Beaujeu, chevalier 
de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, chef 
de brigade au corps royal de Tartillerie, régi- 
ment de Strasbourg, était fils aîné d'Edme 
Henri II et d'Angélique d'Estud. Il avait été 
baptisé à Mézilles, le 10 mars 1740. 

Il était déjà capitaine d'artillerie, le 7 mai 
1776, lorsqu'il assistait aux funérailles, à Mézil- 
les, de Jean de Gazeau, ancien gouverneur des 
pages de la petite écurie et lieutenant-colonel 
du régiment d'Harcourt (1). Il s'était, cette 
année-là, distingué par quelque action d'éclat, 
car lorsqu'il fut gratifié, le 26 avril 1790, d'une 
pension de 300 livres sur la cassette royale, il 
est ainsi désigné : « Jacques-Henri de Beaujeu, 
vicomte, 49 ans, guerre 1776. 300 fr. : capitaine 
au corps royal d'artillerie (2). » 

JLiOrsqu'arriva la tourmente révolutionnaire 
Jacques-Henri de Beaujeu, laissant à Mézilles 
sa mère, sa femme et sa fille, passa la frontière. 
Son nom figure sur la liste des émigrés du dis- 
trict de Saint-Fargeau extraite du procès-verbal 

(\) Registres paroissiaux de Mézilles. 

(2) Archives parlementaires: Pensions : 21 avril 4790. M. St. 
Leroy a publié les pensionnés francs-comtois dans le Bulletin de la 
Société grayloise démulation, 1899. (Voir t. XIX, p. 372, note 2.) 



— 77 — 

de la séance du 4 prairial an III (23 mai 179S). 
Il est inscrit ainsi : 

« BeaiijeU'JacqiœS'IIenrij de MèzilleSy chef 
tde brigade du corps royal d'artillerie, » 

Cette liste porte seize noms : le premier est 
«elui d'Allard Edme-Nicolas, de la commune de 
Thury, maréchal -ferrant. Le second, Armand 
<iè Montmorency ; puis vient Jacques-Henri, le 
3®. Cette situation entraînait la confiscation et la 
^ente des biens de Jacques-Henri; elle eut lieu 
le 6 mai 1793 (17 floréal an I) (1). 

Le 3 germinal (23 mars) précédent, on avait 
déjà adjugé les jardins dépendant de la maison 
ci-devant de Jacques de Beaujeu, émigré. Le 
citoyen Blin, de Mézilles, était resté adjudica- 
taire pour 50 francs. Le même jour, on avait 
fait murer la porte extérieure de la chapelle 
dépendant du château (2). 

Jacques-Henri avait épousé Louise-Marie 
Aymon de Montépin (3), dont il avait eu Ghar- 

(1) Bulletinde la Société des sciences de V Yonne ^ \ 890. La Révolu- 
tion dans l* Yonne, par H. Moncbaui. 

(2) On avait décidé aussi, dans la môme séance^ de supprimer la 
distribution du pain bénit à la messe du dimanche, par mesure 
d'économie. Dans les considérants, il est dit a qu'on ne yeut con- 
trarier la dévotion d'aucun citoyen, mais que cela ôte la subsistance 
de deux individus au moins par semaine, car ce pain pèse ordinai- 
rement vingt livres ». (Registres des délibérations, fol. 4 3.) 

(3) Pierre-François-Aymon do Montépin, chevalier, seigneur de 
Montgazon et Soucy, est dans la liste des membres de Tordre de la 
noblesse du Nivernais et Donziais, volant pour l'élection des dépu- 



- 78 — 

lolte-Louise-Henrielte, née le 8 octobre 1783 et 
baptisée à Mézilles. Son parrain était Edme- 
Henri de Beaujeu II, son grand-père, et sa mar- 
raine Charlotte-Louise de Beaujeu, chanoînesse 
du chapitre noble et séculier de Saint-Louis, à 
Metz, représentée par Angélique d'Estud, aïeule 
de Tenfant. 

Lorsque Jacques-Henri gagna la terre d'exil, 
sa femme et sa fille continuèrent à résider à 
Mézilles, et le 27 avril 1793, il leur élait accordé 
un certificat de résidence ainsi libellé sur le 
registre : 

« Certificat de résidence donné à la citoyenne 
Marie-Louise Edmond y femme de Monsieur 
Jacques-Henri de Beaujeu, émigré : âgée de trente- 
quatre ans, taille de cinq pieds ou environ, 
cheveux chataings, sourcils noirs, yeux gris, nez 
bien fait, bouche pelite, menton rond, front 
ordinaire, visage uni et sans aucune cicatrice ; 
domiciliée à Mézilles, maison appartenant ci- 
devant à Monsieur Jacques-Henri de Beaujeu, 
émigré, et qu elle y réside et y a résidé sans inter- 
ruption avec la citoyerme Charlotte-Louise- 
Henriette de Beaujeu, sa fille, âgée de neuf ans, 
taille de trois pieds six pouces ou environ, che- 
veux et sourcils chataings, yeux bleus, nez ordi- 



tés aux États Généraux (U mars 4789). {Armoriai de la Nièvre, 
par M. de Soultrait.) 



— 79 — 

naire, bouche grande, visage uni et sans aucune 
cicalrice, depuis le 14 ventôse (4 mars) 1790 
jusqu'au 8 floréal (27 avril) ; en foi de quoi nous 
lui avons délivré le présent certificat qui a été 
donné en présence du certifié et de huit citoyens 
certificateurs, etc. (1) »... 

Après la mort de sa mère, Charlolte-Louise- 
Henriettese retira à Paris, où elle mourut en 1858. 
Par son testament olographe, en date du 18 juin 
1855, et déposé chez W Démanche (2), elle léguait 
à l'ordre des dames de la Providence de Sens la 
somme de quarante mille francs, « à la charge 
par ledit ordre d'employer la totalité de cette 
somme à la fondation d'une école gratuite pour 
les petites filles dans la commune de Mézilles. Je 
désirerais aussi qu'une petite pharmacie fût éta- 
blie dans cette école, pour le pansement des 
pauvres, ainsi qu!un ou deux lits, plus tard, pour 
de pauvres vieilles femmes, si cela peut se 
faire » (3),.. 

En Charlotte-Louise-Henriette finissait Tan- 
cienne et illustre maison de Beaujeu de Fran- 



(\) Registre des délibérations de la commune do Mézilles. 

(2) Il a été impossible d'avoir, dans l'étude du successeur de 
M. Démanche, communication du testament de M^e de Beau- 
jeu. 

(3) Registre des délibérations de la commune de Mézilles, 18 jan- 
vier 4859. (Le conseil municipal accepta le legs par six voix contre 
une.) 



— 80 - 

che-Comlé (1), et son legs en faveur des pauvres 
el des malades constilue le dernier document sur 
cotte famille- Le premier connu est ime donation 
à Tabbaye de Bôze par Ponce de Beaujeu, en 1083. 

D' J. Bertin. 



(4) Le nom et les armes de Beaujeu ont été relevés de nos jours 
par ta famillo do Minette qui descend d'Anne de Beaujeu, fille 
de Scipion et de Jeanne de Noirefontaine et mariée, (e 42 mai 
4627, à Joachim de Minette, seigneur do Bassignan. (V. t. XIX, 
page 297). 



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GuillauDi^; il« B«aojea, anmonler de Saint-B^^oigne île Dijon. (Arch. àt In. Câle^iTOr, H, Kl.) 
Phililierl rJp! Beaujeut évêeiue de Jîethléem, (Coll* Je M. Chevalier, conî. à la Cour d'appel de D^jon.) 
Paul de IkiuJBU,, ffouvernear de Moathrliard. (Arck. nationaiet, K, 2180.) 
, Patil'Fraaro'^ de Bcaujeii, capitaine Jieulenanl de la comt»'- de Ceodarmei du duc de Mayenne (1). 
Claude-Pâul de Beanjeu, lieutetianl fên^ril, comniaiidani ta cavalerie en Fkndre^ en 1648 (â). 
Aletandre de Beanjcu, capitaine de ctievatj-l%i]rs, 1G30. (Arch. de Langtrs, GUI.) 
i Biigéne-ï''r'^l<^rtc deBeaujeu, gonverneiir des Invalides, 1738^1730. (Arch. de la Câte-d'Or, E. 734.) 
LBdme^Hejiri de Beaujeu, coJonel du rî'ginient loyai, en nwi, (Registres parias, de Méiilles, Yonne,) 






TABLE DES NOMS 



La première partie de ce travail a été publiée en 1903, dans le vo- 
lume XIX des Mémoires de la Société bourguignonne de Géographie et 
d'Histoire, et la fin seulement dans le présent volume, qui est le XX*. La 
table des noms est donc faite en conséquence, c'est-à-dire que les chifTres 
romains XIX et XX, qui précèdent les numéros des pages> indiquent celui 
des deux volomes auxquels il faut se reporter. 



Albret (d'), Henri II, fils de Jean, 
XIX, 29Ô note 2. 
Jean, marié à Catherine de Ne- 
vers, XIX, 290 note 2. 
Jeanne, mère d'Henri IV, i6. 
Louise, femme de Charles de 

Croy, XIX, 309 note. 
Marie, duchesse de Nevers, XIX, 
276. 
Alençon, François de France (duc 

de), XIX, 336. 
Alsace (d') Louis, comte do Bos- 

sut, XIX, 321. 
Amanzé (d*) d'Escars, Charles, évo- 
que de Langres, XIX, 306. 
Jean, seigneur de Chazeuil, XIX, 
296, 297. 
Ambly (d') Claude-Jean-Antoine, 

XIX, 376. 
Amboise (d') Le sieur, XIX, 304. 
Emery, gi-and maître de Rhodes, 

XIX, 309. 
Françoise, femme d'Alexandre 

de Beaujeu, XIX, 296. 
Geoffroy, abbé de Gluny, XIX, 

309. 
Georges, cardinal do Rouen, 

XIX, 257, 308. 
Jean, évoque de Langres, XIX, 
308, 309. 
Anglure (d') Charlotte, femme de 
François de la Rochelle, XIX, 
309 note 1. 



Angoulevent (d') Antoinette, femme 

de G. de St-Martin, XIX, 265. 

Philippe, seigneur de. Rcnève, 

XIX, 253. 
Poinsard, XIX, 265. 
A'nJQu (d') René, duc de Lorraine, 
XIX, 312 note. 
Renée, comtesse de Saint-Far- 

geau, XX, 64. 
Le Duc, petit fils de Louis XIV 
et roi d'Espagne, XIX, 316 
note 2. 
Arc (d') Jeanne, XIX, 247. 
Aremberg (d') Charles, marié à 
Anne de Croy, XIX, 320 note 2. 
Arvisenet Christine, femme de Jean 

Tugnot, XIX, 377 note 1. 
Assue(d') Edmée, fille de Louis,XX, 
59. 
Louis, marié à Louise de Can- 
son, ib. 
Aumont (d') Blanche, femme de 
François de Rochechouart, 
XIX, 270 note. 
Jacques, marié à Catherine d'E- 

trabonne, ib. 
le maréchal, XX, 19, 50. 
Aunay (d') Jeanne, femme de Vau- 

baii, XIX, 357. note 1. 
Autriche (d') Albert, souverain de 
la Franche-Comté, XIX, 303. 
Anne, reino de France, XIX, 291 
noie. 

6 



— 82 — 



Eléonorc, 2« femme de François 
le--, XIX, 27C. 

Maxiiriilien, époux de Marie de 
Bourgogne, XIX, 254 note 2. 
Baillet Jean, doyen de la Sainte- 
Chapelle de Dijon, XX, 30. 
Baisse} (de) Charles, abbé de Saint- 
Bénigne, XIX, 255. 

Claude, seigneur de Tilchàtel, 
XIX, 271, 273, 337. 

Jean, père de Claude, XIX, 286, 
288. 
Basclo (le) d'Ârgenteuil Catherine, 
2e femme de Paul-François de 
Beaujeu, XIX, 357, XX, 32. 

Charles, XX, 36. 

François, XX, 44 note. 

Louis, XIX, 333 note 2, XX, 44 
note. 
Bascle (le) de Moulins, Palrice, 

XIX, 347, 348 ; XX, 27, 28. 
Pierre-François, XX, 44 note. 

Batailler (de) François, évoque de 

Bethléem, XIX, 274 note 2. 
Baudot, Jacqueline, femme de Cl. 
de Rochechouart, XIX, 285. 

Lazare, fds de Philippe, XIX, 
270,281. 

Philiberte, femme d'Alexandre de 
Saulx, XIX, 285. 

Philippe, maître des requêtes au 
Parlement, XIX, 263, 270, 284. 
Baulîr^mont (de) le colonel, gou- 
verneur des Invalides, XIX, 
366 note 2. 

Henri, marié à Marie de la Roche- 
foucault, XIX, 291 note. 

Marie-Claire, comtesse de Sen- 
necey, ib. 
Baugy (do) Eugène, seigneur du 
Buisson, XIX. 355. 

Geneviève, femme d'Edme de 
Beaujeu,XIX,353, 369,XX,45. 

Guillaume, seigneur du Fay,XIX, 
855, XX, 50. 

Nicolas, ambassadeur en Hol- 
lande, XiX, 353. 
Bavière (de) Casimir, XIX, 301 ; 

XX, 16. 



I Charles VU, électeur de Bavière 
et empereur, XIX, 373. 
Maximilien. fils de Charles YII, 
XIX, 373. 376, 377, 378. 
Beaujeu-Forez (de) llumhert III, 

XIX, 382 note 2. 
Beaujeu (de) de la branche aînée, 
Jeanne, XIX, 244. 
Joffroy, XIX, 243. 
Thibaut, XIX, 283 note 4. 
Beaujeu-Montot (de) Antoinette, 
femme de Jacques de Vy, XIX, 
251 note. 
Barbe, femme de François de 

Grachaut, XIX, 311 note. 
Claude II, XX, 14. 
Claudine, fille de Pierre V\ XIX, 

265. 
Edme-Nicolas-Louis, XIX, 244, 

312 note, 370 note 3. 
Etiennette, fdle de Claude II, XX, 

14. 
Ilardouin-Gaspard, XX, 47. 
Jean-Claude, XX, 47, 
Marc II, XIX, 329. 
Pierre \^\ XIX, 247, 265. 
Pierre, chevalier de Malte, XIX, 
287, note 2. 
Beaujeu - Volon (de) Charlotte, 
femme de Chr. de Choiseul, 
XIX, 329, 331, 338. 
Claude II, XIX. 329. 
Guillaume, XX, 59. 
Guillemette, femme de Hugues 
de Montigny, XIX, 265, 336 
note. 
Jean II, XIX. 246, XX, 59. . 
Thibaut, XIX, 246, 247, 265, 
336 note. 
Beaurepaire (de) Gilbertc, 2" fem- 
me do Jean III de Beaujeu, 
XIX, 283. 326, 330, XX, 3. 
Jean, seigneur du Chesne, XIX, 
283. 
Beauvais (de), XIX, 339. 
Bellay (du) René, XX, 40. 
Bclleval (de) Claude, XX, 33 note 1. 
Bolval : voir Largentier. 
Borman (de) Anne-Appoline, femme 



— 83 — 



de Ch. Raymond do Beaujeu, 
XIX, 375, 377. 
Antoine, seigneur d'Uzemain, 

XIX, 376 note. 
Françoise, femme de Simon de 

Pouilly, ib, 
Gabrielle-Elizabetl), femme de 
François-Antoine-Joseph de 
Maillard. XIX, 381, 382. 
Hanus, XIX, 376 note. 
Jean, valet de chambre du duc 
de Lorraine Charles III, ib, 
Jeanne-Françoise-Gabrielle, XIX, 

377, 378, 382. 
Louis, XIX, 376 note. 
Louis-Glau.de, fils d 'Hanus, ib. 
Nicolas, seigneur d'Uzemain, ib 
Berlcaux Louise-Catherine, femme 
d'Edme Duret, XX, 38 note i. 
Berleu (de) Pierre, mari de Made- 
leine du Mesnil, XX, 20 note 2. 
Bethléem (évoques de) : François dc 
Batailler, XIX, 274 note. 
Philibert de Beaujeu, XIX, 275. 
Martin Dulcis. XIX, 276. 
Régnier VII, XIX, 276 note. 
Bèze (de) Théodore, XX, 10. 
Biencourt (de) Jacques, marié à 
Marguerite Duret, XX, 38 note. 
Marie, femme du sieur de la 

Mothe, ib, 
Marie-Madeleine, femme de Pierre 
de Boccace, ib, 
Biron (de) le maréchal, XIX, 293, 

335. 
Blosset (de) Charles, lieutenant du 
gouverneur d'Auxerre, XIX, 
298 note. 
Christine, XIX, ib., XX, 57, 58. 
Claude, marié à Lucrèce de Beau- 
jeu, XIX, 298. 
Jean, gouverneur de Dijon, XIX, 

252, 298 note. 
Louis, dit le Bègue, XIX, 298 
. note. 
Nicolas, ib. 
Paul, ib, 

Philippe, seigneur de Saint-Yc- 
rain, ib. 



Rogerin, ib. 
Bois (du) des Cours Gédéon, XX, 

52, 62. 
Boissy (de), gouverneur d'Auxerre, 

XIX, 283. 
Bonvalot Nicole, femme de Nicolas 

Perrenot, XIX, 329. 
Boucher (de) Colombe, femme de 
Louis de Saint-Blaisc, XIX, 347. 
Edme, ib. 
Marie, femme d'Henri de Bou- 

lard, XIX, 352. 
Pierre, XIX, 355. 
Bouillon (de) Baudouin, duc, XIX, 
276 note. 
Godefroy, ib. 
Le duc de, XX, U, 13. 
Boulaise Philiberte, dame de la 

Tour d'Orgelain, XX, 61. 
Boulard (de) Françoise, femme de 
Claude de Beaujeu, XX, 65. 
Henri, mari de Marie de Boucher, 

XIX, 352. 

Robert, seigneur d'Armoncourt, 

XX, 65. 
Bourbon-Montpensier (de) François, 

XX, 64 note. 
Henri, ib. 

Louis II, XX, 20 note 3. 
Marie, femme de Gaston do 
France, XX, 64 note. 

Bourbon-Vondôme (de) Antoinetlo„ 
duchesse de Guise, XIX, 327. 

Bourdin Gilles, avocat du roi, XIX, 
328. 

Bresches (de) Renéj abbé de Saint- 
Bénigne de Dijon, XIX, 260. 

Bret (le), enseigne du régiment de 
Piémont, XX, 47. 

Bretagne (de) Anne, reine de 
France, XIX, 290 note. 

Bretagne, famille noble de la Cham- 
pagne, XIX, 357. 

Bretennièro (de), XX, 10. 

Brialle (Chandon de) Cl. Godefroy, 
XIX, 370 note, 377. 

Briord (de), XX, 52. 

Brisson, le Président, XIX, 339, 
note 2. 



— 84 — 



Brouillard (du) Claudine, femme de 

C\, de Moreau, XIX, 332 noie. 

François, soigneur de Jauge, XIX, 

281. 
Jartinos, soigneur de Saint-Gjr, 

XIX, 350. 

Brunol (de) François, XX, 36. 

Jean. XIX. 296. 
Brunswick (le maréchal do), XIX, 

365. 
Bruslard, marquis de (ienlis, Ni- 
colas, XIX, 317. 
Buffevant (de) Antoine, XIX, 377. 
Charles, marié à Geneviève de 

Beaujeu, XIX, 357. 
Louis, père de Charles, ib. 
Uené, fils de Charles, ib. 
La marquise de, XIX, 377. 
Bussy (Louis de Clermont, sei- 
gneur de), XIX, 307. 
Bussv-Rabutin,XIX, 352 note, i ; 

XX, 48, 51. 

Butaux (le) Anne, femme du Pré- 
sident Duret, XX, 36. 
Caffaro (de), XÏX. 370. 
Castel ((\n) Gille, mari d'Esthcr de 

Beau jeu, XX, 59. 
Catinat, XIX, 317. 
Cazeau («Ic; Jean, gouverneur des 

pages, XX, 76. 
Cliabannes (de) Marie, femme de 

Claude do Tende, XIX, 289. 
Châlon-Arlav (fie), prince d'Orango, 

Louis, XIX, 246. 
Champ'livers (de; Guyot, XIX, 263. 

Jeanne, ih. 

Chandio (de) Pierre, gotiverneur 

d'Auxerre, XIX, 279 note 4. 

Charmes (de) Catherine, 1*^^ femme 

de Jean I^r de Bcaujeu, XIX, 

2iS. 

Claude, abbé de Saint-Bénigne, 

XIX, 2;i4. 
Guilbiume, XIX, 253. 
IIij;.Mielt'î, feiniiio de Thibatit de 

Bcaujeu, XIX, 248, 255. 
Jean, XIX, 253. 

MargrifM'ilc, 3* femme de Jean 1er 
de Beaujcu, iO. 



Philibert, aumônier de Sainl - 

Bénigne, XLX, 257. 
Thierry, XIX, 249, 253. 
Thierrv, neveu du précédent, 

XIX, 252. 

Chastenay (de; Guillaume, seigneur 

de Lanty, XlX, 327, 328. 
Chastenois (de) Christine, femme 

d'Antoine de Berman, XIX, 

376 note. 
Chàtelet (le marquis du), XIX, 313. 
Chàlillon (de) Guyotte, femmo de 

G. de Champdivers, XIX, 263. 
Chàtillon-Coligny (de) François, 

XX, 10. 

ChaufTour (de) Marguerite, femme 

d'Antoine de Vaudrey, XIX, 

327 note 2. 

Chaugy (de) François, XIX, 358. 

Melchior, seigneur de Vézinnes, 

XIX, 348. 
Michel, père de François, XIX, 
358. 
Chaumont-Guitry (de) Jean, XIX, 

339, 340. 
Chazouil (de) Guiot, XIX, 264. 

Jacques, ib. 
Chenel Jean, garde des joyaux du 
duc de Bourgogne, XIX, 250 
note. 
Chesnay (du) Adrien; mari d'Edmée 

de Bcaujeu, XX, 59. 
Chevalier François, seigneur de 

Pressures, XX, 38 note 1. 
Chevrièrcs (de) Melchior, marquis 
de Saint -Chamond, XX, 51. 
note 3. 
Choiseul (de) Anne, XX, 5 note. 
Antoine, baron de Lanques, ib. 
Christophe, mari de Charlotte de 
Bcaujeu, XIX, 329, 331, 338. 
François, XX, 5 note. 
Nicolas, seigneur de Lanquès, 

XIX, 376 note. 
Thèclc, 2e femme de llanus de 
Bcrinan, ib. 
Clarke, duc de Feltre, XX, 73. 
Clément Jacques, assassin de Henri 
IV, XX, 18. 



— 85 — 



Clermont (de) Jeanne, femme de 
Jean de Méry, XIX. 327. 
N, mari de Catherine de Vaudrey, 

2*6. note. 
Clermont d'Amboise (de) André- 
Louis, abbé de Reynel, XIX, 

318. 
Antoine, l'a/ae, XIX, 289 note, 

307. 
Antoine, le jeune, baron de la 

Fauche, XIX, 306. 
François, marié à Anne de la 

Rochette, XIX, 310, 311. 
Françoise, femme d'Alexandre de 

Beaujeu, XIX, 289 note, 296, 

306, 318. 
Jean-Baptiste-Louis, XIX, 322, 

324. 
Louis le', fils d'Antoine, XIX, 
^ 307. 
Louis II, marié à Diane de Pon- 

tailler, XIX, 308. 310, 314. 
Louis III, XIX, 318. 
Louis IV, marié à Thérèse Gol- 

bert, XIX, 321. 
Louis-Jules-François, XIX, 311. 
Marie - Fran*çoise -Justine, XIX, 

311, 321, 324, 372. 
René, marié à Philiberte de Goux, 

XIX, .307. 

René, marié à. Jeanne de Tou- 

ionjon, XIX, 313 note. 
Thomas, XIX, 307 note 1. 
Glermont-Tonnerro. (de) Charles, 
fils de Charles-Henri, XX, 42 
note 2. 
Clôves (de) Catherine, femme 
1° d'Antoine deCrov, 2 'd'Henri 
de Guise, XIX, 308, 318. 
Charles, duc de Ncvers, XIX, 
276. 
Colbert Jean-Baptiste, XIX, 370. 
Charles, XIX, 321. 
Thérèse, femme de Louis IV de 
Clermont d'Amboise, XLX, 32 f. 
Colignv ramiral, XIX, 294, 305, 

XX, 4. 

Charles, marquis d'Andelot, XIX, 
30o. 



Philibert, cousin de lamiral, 

XIX, 303. 
Marc, fils de Philibert, i6. 
Comitin (de) Diane, 2e femme de 
Christophe de Beaujeu, XIX, 
344. 
Louis, seigneur de St-Pri.vé, ib, 
Courtenay (do) Jacques, seigneur 

de Chaugy, XX, 67. 
Courtenay (de) Anne, femme de 
Sully,. XX, 5. 
François, ib, 
Crecey (de) Jean, XÎX, 264. 

Nicolas, ib. 
Crèvecœur (de) Ferry, XX, 5. 
Croy (de) Adrien, maître d'hôtel 
"de Charles -Quint, XIX, 309 

note. 
Antoine, prince de Porcien, XIX, 

308, 313, 318. 
Charles, prince de Chimay, XIX, 

308 note 3. 

Guillaume, duc de Soria, XIX, 

309 note. 
Guillaume, cardinal, ib. 
Philippe, duc d'Aerschot, XIX, 

320 note 2. 
Cusance (de) Clériadus, XIX, 310, 
311. 
Vandelin-Simon, ib. 
Cypières, voir Savoie-Tende. 
Dammartin (de), colonel, XX, H. 
Nicole, femme d'Antoine de 
Beaujeu, XIX, 315. 
Deffand (du) Louis-Achille, XX, 70. 
Dénié (de) Claude, marié à Margue- 
rite de Beaujeu, XIX, 299. 
Jean, seigneur do Chanteloup, ib. 
Digûin (de). XX, 10. 
Dinteville (de). XX, 19. 

François, évéqued'Auxerre, XIX, 

255. 
Gabrielle. femme de Philibert de 

Goligny, XIX, 303. 
Jean, seigneur de Saint - Bris, 
XIX, 288. 
Dohna (dc^ le baron, XX, 10, 13. 
Dormans (de) Suzanne, XX, 41 
note 1 . 



— 88 



Henri le Balafré, XIX, 308 note 2, 

320, 335. 
Marie, fille de François, et femme 

de Louis de Bourbon, XIX, 327. 
Guitry (voir Ghaumont-Guitry). 
Harlay de Sancy (de) Nicolas, XIX, 

339. 
Hautemer (de), comte de Forvaques 

et de Graucey, XIX, 343. 
Jeanne, femme de Jacques 

d'Etampes, ib, note. 
Henriot Perpétue, XIX, 200. 
Hôpital (de V) René, marquis de 

Ghoisy, XX, 211. 
Huguerie (de la), XX, 11, 12. 
Igny (d') Elyon, fds de Jacques, 

XIX, 263. 
Jean, seigneur de Chazeuil, ib. 
Isabelle d'Espagne, fille de Philippe 

II, XIX, 303. 
Jonvelle (de), XIX, 37. 
Jorquenay (de), XX, 10. 
Joyeuse (de) Catherine, XX, 64 

note. 
Kinski (de) N., femme de Louis- 
Nicolas François de Beaujeu, 

XIX, 374, 383. 
Kœnigsmarck (du) Otto, XIX, 367. 
La Baume Saint-Amour (de) An- 
toine, abbé de Luxeuil, XIX, 

303. 
Lac (du) Lancelot, gouverneur 

d'Auxerre, XIX, 280 note. 
Marie, femme d'Edme le Rotier, ib. 
Lacroix (de) Claude, marié à Louise 

de Moreau, XIX, 332 note, 

309. 
La Ferté-Sennecterre (de), le maré- 
chal, XX, 51. 
Lambrey (de), le sire, XIX, 304. 
Lampedan (de) Françoise, XX, 21 . 
Largentier Charles, baron d'Eguil- 

lon, XX, 41 note 1. 
Georges, baron de Belval, mari 

d'Eléonore de Beaujeu, XX, 

185. 
Henri, baron de Chapelain, XX, 

185 note 1. 
Louis, vice-amiral de Guyenne, «6. 



Nicolas, greffier de la prévôté de 
Troyes, ib. 
Largentière (de) Pierre, avocat au 

conseil du roi, XIX, 324. 
Larnage (de) Lucrèce, fille de N. 
et d'Isabelle de Beaujeu, XIX, 
297. 
Lascaris (de) Anne, femme de 

René de Savoie, XIX, 289. 
Laval (de) Charlotte, femme de 
l'amiral Coligny, XIX, 305, 
note 2. 
Lefort Edmée, femme d'Odo de 

Fauquenberg, XX, 6. 
Léger Claude, XX, 5 note 1. 
Françoise, femme d'Adrien de 
Fauquenberg, XX, 5, 22. 
Le Grand Claude-Louise, femme de 
Louis-Nicolas-François de Beau- 
jeu, XIX, 374. 
Clément, docteur en médecine, ib. 
Lénoncourt (de) Jeanne, femme de 
Jean de Baissey, XIX, 264, 
271,273,337. 
Le sieur de, XIX, 304. 
Le Normand Jacques, XIX, 279. 

Marie, fille de Jacques, XIX, 282. 
Lesdiguières (de), maréchal, XIX, 

292 note 2. 
Ligne (de) Jean, marié à Marguerite 
de la Marck, XIX, 320 note 2. 
Longuejoue (de) Jeanne, femme 
d'Antoine de Clermont, XIX, 
307. 
Longueil (de) Catherine, femme 
d'Edme de Boucher XX, 27. 
Lorraine (ducs de) : 
Charles I, XIX, 324. 
Charles 11, XX, 14. 
Charles III, XIX, 376 note. 
Henri 11, XIX, 343. 
René d'Anjou, XIX, 312 note. 
Lorraine (de) Louis, abbé, de Saint- 
Germain d'Auxerre, XIX, 257 
note. 
Louise, femme du roi Henri III, 

XIX, 337. 
Catherine, fille de François de 
Guise, XX, 63, 64. 



— 89 



Loze (de) Marguerite, dame de 

Ghazeuil, XIX, 247. 
Loyauté Edmée, femme de Clément 

Legrand, XIX, 374. 
Lugny (de) Marguerite, femme 
d*Etienne de Saint- Martin, 
XIX, 265 note. 
Lutzelbourg (de) Renée, femme de 
Nicolas de Ghoiseul, XIX, 376 
note. 
Luyt ou Le Vuyt David, bailli 
d'Epineul, XIX, 355 note 1. 
François, seigneur de Cheu, ib. 
Françoise-Henriette, fille de Fran- 
çois, ib. 
Louis, marié à Louise de Beau- 
jeu, XIX, 354. 
Pierre, fils de Pierre, avocat du 
roi à Sens, XIX, 355 note. 
Madiot (de) Blaisotte, femme de 
Christophe de Beaujeu, XIX, 
331, 344. 
Magny Barthélémy, archidiacre de 
Tarbes, XIX. 257. 
Philippe, conseiller à la Chambre 
des Comptes, ib. 
Maigre (le) Charles-Alexandre, sei- 
gneur de St-Sauveur, XX, 71. 
Etienne-Pierre-Alexis, ib, note. 
Marie-Angélique, femme de Da- 
vid-Alexandre de Beaujeu, ib. 
Maillard (de) François-André-Jo- 
seph, XIX, 382. 
Mailly (de) Adrien, XIX, 274 note. 
Alexandre, chevalier de Malte, 

XIX, 287 note 2. 
Claudine, femme de Philippe 
Baudot, XIX, 263, 268, 271, 
284. 
Jeanne, femme de Claude II de 

Beaujeu-Volon, XIX, 329. 
Louise, femme de Louis Phélip- 
peaux, marquis de la Vrilliôre, 
XIX, 368 note 2. 
Mairet Jean ; ses petits-fils, Jacques 

et Jean, XX, 9. 
Maisey ou Maissey (de) Antoinette, 
femme de Gauthier de Vaites, 
XIX, 248. 



Jean, XIX, 252. 
Malain (de) Aimé, chevalier de 

Malte, XIX, 287 note 2. 
Mandres (de) Africain, chevalier 
de Malte, ib. 
Georges, chev. de Malte, ib, 
Mantoue, Charles II de Gonzague, 

duc de). XX, 33 note 2. 
Marbœuf (de) Guillaume, XIX, 252. 
Marchand (de) Marie, 2« femme de 

Claude de Gauville, XX, 67. 
Marck (de la) Marguerite, femme 
de Jean de Ligne, XIX, 320 
note 2. 
Mareschal (de) Robert, XX. 65. 
Marivault (de) Ilardouin de Liste 

marquis, XIX, 365 note 1. 
Marmier Anne, femme de Jean de 
Baissey, XIX, 286. 
Clériadus, comte de Salnove, 

XIX, 304 note 2. 
Hugues, Président au Parlement 

de Dôlc, ib. 
Simon, comte de Salnove, ib. 
Mas (du) Gabrielle, Gaston, Jac- 
ques, etc., XX, 22. 
Massy (de) Rachel, femme d'Ely- 
sée de Beaujeu, XX, 62. 
Mayenne (de) Charles de Lorraine, 

XIX, 335. 
Ménard Quantin, archevêque de 

Besançon, XIX, 248. 
Méry (de) Claudine, femme de 
François de Beaujeu, XIX, 
327, 330, 331. 
Itier, père de Claudine, XIX, 327. 
Jean, père d'itier, ib. 
Mesgrigny (de) Françoise, XIX, 
357 note 1, 367. 
Jacques-Louis, comte d'Aunay, 
XIX, 357, note 1. 
Mesnil (du), capitaine de dragons, 
XIX, 370. 
Edme,XX, 5. 
Madeleine, femme de Pierre de 

Berteu, XX, 20 note 2. 
Madeleine, femme do Paul de 

Beaujeu, XX, 3. 
Marguerite, XX, 5. 



— 90 — 



Marie, XX, 5. 

Nicolas, seigneur d'Arontières, 
XX, 3, 22 note 1. 
Mesnil-Simon-Beaujeu (du), XIX, 

370 note 1. 
Minette (de) Joachim, mari d'Anne 

de Beaujeu, XIX, 297. 
Mipont (de) Jeanne, XIX, 265 note. 
Miremont (de) Charlotte, femme 
d'A. de Clermont, XIX, 306. 
Monchy (de) Antoine, XIX, 345, 
note 3. 
Barbe, femme d*Hector de 'Saint- 
Biaise, XIX, 345, 346. 
Catherine, femme de Jacques de 

Grancey, XX, 47 note 2. 

Charles, marquis d'Hocquincourt, 

maréchal de France, XX, 4o. 

Claudine, mère de Charles, ï6. 

Georges, 345 note 3, XX, 45. 

Mont-Saint-Léger (de) Jean, XIX, 

247. 
Montaigu (de) Claude, seigneur do 

Couches, XIX, 251. 
Montbéliard (de) Agnès, XIX, 309 

note 1. 
Montdésir (de) Barbe, femme 
d'Edme-Loup de Beaujeu, XX, 
65. 
Montépin (de) Louise-Marie, femme 
de Jacques-Henri de Beaujeu,- 
XX, 77. 
Picrre-Fran(;ois, ib. 
Montfort (de) duc, XIX, 3J6. 

Marquis, XIX, 337. 
Montigny (de), XX, 5. 
Guy, XIX, 271, 272, 336. 
Huguenin, marié à Guillemetlc 
de Beaujeu, XIX, 265, 336. 
Montjeu (de) Claudine, femme 
d'Adrien de Mailly, XIX, 274 
note. 
Jean, père de Claudine, ib, 
N. femme de Jean II de Beaujeu, 
XIX, 274. 
Montjou (de) Antoine, 1er mari de 
Madeleine du Mesnil, XX, 20. 
Jean, fils d'Antoine, ib. 
Montlouot (de), XX, 11. 



Montmorency (de), Armand, émi- 
gré, XX, 77. 
Montpensier (Mlle de), XIX, 356, 

XX, 64 note 1. 
Moreau (de) Barbe, femme de Marc- 
Antoine de Beaujeu, XIX, 332 
note 1, 352. 
Charles, XIX, 355 note 1. 
Claude !•% XIX, 332. 
Claude II, ib. 
Jean, infirmier à Saint-Bénigne, 

XIX, 261 note 1. 
Jean, marié à Marie do Beaujeu, 

XIX, 331, 332. 
Jeanne, femme de Michel de 

Chaugy, XIX, 358. 
Louise, femme de Claude de La- 
croix, XIX, 332 note, 369. 
Marie, femme de Pierre Voyt, 
XIX, 322 note, 355 note 1. 
Motho (de la), XX, 38 note. 
Gilbert, XX, 22, 23, 26. 
Guillaume, XX, 22. 
Mousse (de la) Marie, 3" femme 
de Claude de Gauville, XX, 
67. 
Moustier (de), Mi» de la Tour, XIX, 

317. 
Ncttancourt (de) Jeanne, veuve de 
Ph. de TournebuUe, XIX, 297. 
Neufchàtel^ (de) Jean, seigneur de 
Montaigu, XIX, 252. 
Thibaut VIII, marié à Agnès de 
Montbéliard, XIX, 249, 309 
note 1. 
Nevers (Guillaume II, comte de), 
XIX, 276 note. 
Guillaume IV, ib. 
Nicolaï de Soisson Madeleine, 
femme de J. de Brunel, XIX, 
296, 297. 
Pons, marié à Françoise de Beair- 
jeu, XIX, 295. 
Nigot Pierre, seigneur de Sainte 

Sauveur, XXj 08 note 2. 
Noirefontaine (de) Jean, eeigneu^ 
du Buisson, XIX, 297, 
Jeanne, femme de Se r pi on dei 
Beaujeu, ib. 



f 




— 91 



Noue (la), XX, 11. 

Occort ou Occourt (le conseiller d*), 

XX, 17. 
Orléans (d*) Gaston, frère de Louis 

XIII, XX. 20 note 3. 
Orsans (d') Gilette, femme de Jean 

de Saint-Mauris, XIX, 274. 
Pacy (de) Gauthier, seigneur de 
Saint -Florentin et de Jauge, 
XIX, 284. 
Pallas (de) Françoise, femme de 
Charles-Louis deBeaujeu, XIX, 
371. 
Joseph, capitaine de vaisseau, ib, 
Pallasse (de) Jean, curé de Mai- 
zières-sur-Araance, ib, note. 
Nicolas, prieur de Coublans et de 
Fouvent, ib, note. 
Papes : Innocent VllI, XIX, 254. 
Léon X, XIX, 258. 
Paul III, XIX, 277. 
Urbain VIII, XX, 36. 
Parfait Anne, femme de Nicolas de 
Baugy, XIX, 353. 
' Honoré, seigneur de la Garancière, 
ib, note. 
Pelletier Jean, chanoine de la Sle- 

Ghapelle de Dijon, XIX, 268. 
Perrenot de Granvello Frédéric, 

XIX, 329. 

Nicolas, ministre de Charles- 
Quint, ib. 
Pesselièvre Pierre, religieux de St- 

Germain d'Auxerre, XIX, 257. 
Pibrac (le baron de), XX, 48. 
Pitoizet d'Obtrée Jean-Baptiste, 
gentilhomme servant do la 
reine, XIX, 333. 
Marie- Anne, ib. note 2. 
Poitiers (de) Jean, XIX, 247. 
Pol de Rhode Françoise, 2* femme 

d'André Duret, XX, 37. 
Pont-à-Mousson (le marquis de), 

XX, 14. 

Pon tailler (de) Adrien, chevalier 
de Malte, XIX, 287 note 2. 
Diane, femme de Louis II de 
Clermoritd'Amboise, XIX, 308 
note 1, 310. 



Louis, marié à Anne de Vergy, 

XIX, 308 note 1. 
Pontvillo (de) Françoise, femme 

de Louis le Bascle, XX, 44. 
Porte (de la) Pierre, conseiller 

du roi, XIX, 288. 
Prévost (de) Claudine, XX, 59. 
Philippe, mari de Jacqueline de 

Beaujeu, ib. 
Puys (du) Marie, fille de René et 

de Claudine de Prévost, ib. 
Quelain (de) Marguerite, femme de 

Pierre de Boucher, XIX, 355. 
Quiqueran-Beaujeu (de) ' Sibyle, 

femme de Jacques de Grasse, 

XIX, 294 note 3 
Radzivil Jean, XIX, 363. 
Raganne (de) Léônor, XX, 68. 
Madeleine, femme d'Edme 1er de 

Beaujeu, ib. 
Ramel Jean, bailli de l'abbaye de 

Saint-Bénigne, XIX, 269. 
Ray (de) Anne, femme d'Antoine 

de Choiseul, XX, 5 note. 
Bernard, seigneur de Beaujeu, 

XIX, 246. 
Regnault (de) Marthe, femme de 

Claude II de Beaujeu-Maison- 

fort, XX, 61. 
Reinach (de) Jacques, XIX, 251 

note. 
Melchior, ib. 
Richard, ib. 
Reischack Samuel, bailli du comté 

de Montbéliard, XX, 14. 
Rcmilly (de) Marie, femme de 

10 Etienne de Thou, 2° de 

Claude de Beaujeu, XIX, 265. 
Reynel (de) Viard, sa femme Er- 

mengarde, XIX, 312 note 2. 
Ribcaupierre (de), XX, 5. 
Richelieu (cardinal de), XX. 30. 
Rieux (le comte de), XX, 47. 
Rigny (de) Foulque, XIX, 303 

note 1. 
Rivière (do la), mousquetaire, XIX, 

370. 
Rochechouart (de) Christophe. XIX, 

270. 



— 92 — 



ClauUe, XIX, 285. I 

b'vauvois^ XIX, 290 noie i. 
K<H*h<'fouo&uU (de la) Marie, com- 
tesse de Randan, XIX, 291 

uote. * 

Hoihelte (de la) Anne, XIX, 310.! 

324,372. 
César, seigneur de Sercev, XIX, 

309, 
Edmêe, femme de Jean Duban. 

XIX, 333. i 

François, ûls de Gérard, XIX. 

309 note 1. 
Françoise, religieuse à Benoite- 

vaux, XIX, 310. 
Gérard, XIX, 309 note. 
Jean, i6. 

Jean, abbé de Bèze, ib. 
Oudot, Roche I", Roche II, etc., 

{6. 
Rohan (prin-e de), XIX, 316. 
Rois de France : 

Charles VII, XIX, 316 note 1, 

332 note. 
Charles VIII, XIX, 261, 262. 290 

note 2. 
Charles IX, XIX, 288. 
François ^^XÎX, 256. 262, 276. 
Henri II, XIX, 277. 
Henri III, XIX, 336, 341 ; XX. 

17, 18. 
Henri IV, XIX, 301, 341, 363 

note 2 ;XX. 17, 18. 
Jean le Bon, XIX, 203. 
Louis XI, XIX, 263. 
Louis Xn, XIX, 262, 267 note, 

290 note 2. 
Louis XIII, XIX, 343. 
Louis XIV, XIX, 316 note 3,363. 
Louis XV, XIX, 380. 
Rois ^Ic Pologne; : 

Casimir I«r^ XIX, 362 note 2. 
Casimir II, XIX, 363 note. 
Michftl, XIX, 302 note 2. 
Rollot ((\iï) Jeanneton, femme de 

Nicolas (lu Mosnil, XX, o, 22. 
Ronsard, poète français, XIX, 342. 
Rolifjr (Ui) Kdmo, fils d'Henri, XIX, 

280 note, 337 note 1. 



Edmée, femme de Louis d'Etam- 

pes, ib. 
Henri, gouverneur d'Auxerre, 

XIX, 279. 
Jeanne, femme de Jean III de 

Beaujeu, ib. 
Rougemont (de) Pierre, XIX, 252. 
Alexandre, bâtard, XIX, 298, 

299. 
Rupt (de), dit de Goux, marié à 

Catherine de Vienne, XIX, 307. 
Pbiliberte, épouse de René de 

Clermont, ib. 
Rve (de) Jean, seigneur de Tilcha- 

tel, XIX, 248. 
Sacquenay (de) Martin, marié à 

Guillemette de Beaujeu, XIX, 

249, 233. 
Saint-Belin (de) François, aumô- 
nier de St-Bénigne, XIX, 260. 
Saint-Biaise (de) Anne, épouse de 

Paul-François deBeaujeu, XIX, 

346. 
Catherine, femme de Jean V de 

Beaujeu, XIX, 345, 346, 348. 
Hector, père des précédentes et de 

Louis, ib, 
Louis, ib. 
Saint-Loup (de) Anne, femme do 

Thierry de Charmes, XIX, 250. 
(^therine, femme de Pierre de 

BauCfremont, XIX, 250 note i. 
Claudine, mariée à Melchior de 

Reinach, XIX, 251. 
Etienne, XIX, 250 note. 
Girard, époux de Jeanne de Saint- 

Remy, ib. 
Jean, lils de Girard, ib. 
Simon, marié à Marguerite de Vy, 

XIX, 251 note. 
Saint-Martin (de) Etienne, XIX, 

265 note. 
Guillaume 1er, XIX, 264, 265, 

266, 268. 
Guillaume II, XIX, 265 note, 
Jean, ib. 
Saint-Mauris (de) Catherine, 2« 

femme de Jean II de Beaujeu, 

XIX, 272, 273. 



— 93 — 



Jean, dit Berchenet, père de Ca- 
therine, ib. 
Saint-Seine (de) Araould, XIX, 263. 
Sallazart (de) Hector, gouverneur 
d'Auxerre, XIX, 279 note 4. 
Louis, marié à Catherine de Beau- 

jeu-Monlcoquier, ib. 
Tristan, archevêque de Sens, ib, 
Salm (de) comte, XX, 15. 
Salnove (de) (Clériadus de Marmier), 

XIX, 304. 
Saulx (de) J Alexandre, seigneur de 

Vantoux, XIX, 285. 
Saumaise (de), XX, 4 0. 
Savoie-Tende (de) Anne, XIX, 289, 
307. 
Claude, XIX, 289, 292, etc. 
Honorât, comte deSommerive, ib. 
Philibert, grand- père de Fran- 
çois 1er, XIX, 289. 
René, grand ôa/arrf de Savoie, ib. 
René, fils de Claude, XIX, 293. 
Sorrèze, baron de Cypières, XIX, 
289, 293. 
Saxe (de) Marie- Anne, Electrice de 

Bavière, XIX, 377. 
Semoutier (de) Jeanne, femme de 
Jean de la Rochette, XIX, 309 
notel. 
Séraucourt (de) Elisabeth, femme 
de L.-Cl. deBerman, XIX, 376 
note. 
N., femme de Cl. Godefroy de 
Brialle, ib. 
Sévigné (M»e de), XIX, 379 noie. 
Séville (de la), XX, 54. 
Sobieski Jean, roi de Pologne, XIX, 

362 note 2. 
Soubméremont (de) Louis, XX, G. 
Stuart Guillaume, seigneur de Vé- 
zinnes, XX, 5. 
Jean, connétable de France, XX, 
72 note. 
Sully, ministre d'Hetori IV, XX, 5 
note. 
François, frère de Maximilien qui 
précède, XIX, 362 note 1. 
Tabourot(deVéronnes) Guy, conseil- 
ler du roi, XIX, 286. 



Tavannes (Claude de Saulx, marquis 
de), XIX, 313. 
Guillaume, fils du maréchal, XIX, 
334, 337. 
Terras Claire, femme de Joseph de 

Pallas, XIX, 371. 
Thélys (de) Nicolas, XIX, 357. 
Thiard (de) Jean, gouverneur d'Au- 
xerre, XIX, 280 note 1. 
Pernette, femme d'Henri le Rotier, 
XIX, 280. 
Thibotot (de) Antoine, XX, 60. 
Thou (do) Christophe, XIX, 328. 

Etienne, XIX, 265. 
Toulonjon (de) Antoine, XIX, 
247. 
Jeanne, femme de René de Cler- 

mont, XIX, 312 note. 
Jean -Baptiste, marié à Marie-Jus- 
tine de Clermont, XIX, 31 1, 
321. 
Leonel, père de Jean-Baptiste, 

XIX, 311. 

Marc, père de Leonel, ib, 
TournebuUe (de) Jeanne, femme de 
J. de Noirefontaine, XIX, 297. 
Philippe, seigneur de Bussy, XIX, 
318. 
Treigny (de) Constance, femme 
d'Edme Henri l^^ de Beaujcu, 

XX, 70 

Jacques, XX, 69,70, 74. 
Léonard, père de Jacques, XX, 
69. 
Tugnot Barbe, femme de Nicolas de 
Berman, XIX, 376, note, 377. 
Jean, père de Barbe, XIX, 377, 
note 1 . 
Trémouille (de la) Guillaume, XX, 

5. 
Turenne (le maréchal de), XX, 48, 

50, 53, 54. 
Tusseau (de) Charles, conseiller du 
roi, XX, 55. 
Eléonore, femme de Claude-Paul 
de Beaujeu, XIX, 356, XX, 37, 
43, 55. 
Ulmes (des) Jean, seigneur de la 
Maisonfort, XX, 57 note 2. 



— 94 — 



Marie, femme de Claude de Beau- 
jeu, XIX, 275, 298 note, XX, 
57, 58. 
Perrot, frère de Jean, XX, 57. 
Ussel (marquis d'), XIX, 316. 
Uzemain (d*) Louise, femme de 
Louis de Berman, XIX, 376 
note. 
Vaillant (le) Gérard, XIX, 247. 
Vaites (de) Etienne, XIX, 264. 
Gauthier, seigneur de Ghazeuil, 

XIX, 248, 264. 
Jean, XIX, 252. 
Jeanne, fille de Gauthier, XIX, 

264. 
Marguerite, 2^ femme do Jean I*' 
de Beaujeu, XIX, 248, 264. 
Valavoire,XIX, 293. 
Valette (de la), duc d'Epernon, XX, 

51 note 2. 
Vassan (de) Guillaume, marié à 
Anne do Beaujeu, XIX, 296. 
Jean, ib. note 3. 
Vassé (de), maréchal de camp, XX, 

47. 
Vauban, XIX, 357 note 1. 

Charlotte, fille de Vauban et 
femme de René de Buffevant, 
ib, 
Vaudrey (de) Antoine,. XIX, 327, 
note 2. 
Catherine, ib. 
Claude, seigneur de Marac, XIX, 

327. 
Claude-Henri-Eugène, XIX, 379 
note. 
Veilhan (de) Jacques, XX, 57. 
Vendôme (le duc de), XIX, 317. 
Verdun (de), colonel, XX, 11. 
Vergy (de) Anne, femme de Louis 
dePontailler, XIX, 310 note 2. 



Béatrix, mariée à Vandelin-Si- 

mon de Cusance, ib, 
Cleriadus, ib. 
Vienne (de) Catherine, femme de 
Jean de Rupt, XIX, 307. 
Catherine, femme de Thibaut de 

Beaujeu, XIX, 383 note 4. 
François, chevalier de Malte, 

XIX, 287, note 2. 
Jeanne, femme de Guillaume 

d'Etrabonne, XIX, 251. 
Madeleine, épouse de Christophe 
de Rochechouart, XIX, 270. 
Vignan (du) Charlotte, XIX, 356. 
Villars (le maréchal de), XIX, 364, 

365. 
Villebraillon (de) Jacques, marié à 
Marie Anne de Beaujeu, XIX, 
351. 
Villeneuve (de) Anne, mariée à 
Jean de Foix de Gurson, XIX, 
289. 
Jean, seigneur de Tourette, ib. 
Louis, XIX, 294 note 3. 
Marthe, femme de Jean IV de 
Beaujeu, XIX, 289, 294, 320, 
338. 
Villeroi (le maréchal de), XIX, 

316. 
Villey(de), XX, 12. 
Volfgang, duc des Deux-Ponts, XX, 

5. 
Vurtemberg (de) Frédéric, comte 
de Montbéliard, XIX, 302, 
note 1, 340. 
Louis, XX, 16. 
Vy (de) Jacques, marié à Antoi- 
nette de Beaujeu, XIX, 251 
note. 
Marguerite, femme de Simon de 
Saint-Loup, ib. 



ÉLOGE HISTORIQUE 

DE 

PIERRE-JOSEPH ANTOINE 

Ingénieur en chef de la province de Bourgogne 
PAR CL.-X. GIRAULT 

Publié par A. CORNEREAU 



Le S novembre 1823, mourait à Dijon Claude- 
Xavier Girault, ancien conseiller audileur à la 
Chambre des comptes de Bourgogne, maire d' Au- 
xonne en 1801, puis juge de paix à Dijon. 

Fils de Bénigne Girault, médecin du roi et de 
Françoise Briselaine, il naquit le 13 avril 1764 à 
Auxonne où s^écoula son enfance, et suivit 
les cours du collège des Godrans. Reçu licencié 
in utroque jure le 21 mars 1783, n'ayant pas 
encore 19 ans, il prêta serment comme avocat au 
Parlementle 21 juillet suivant, etle 12 août 1786, 
succéda à son oncle Antoine Girault (1) dans la 
charge de conseiller auditeur à la Cour des comptes 
de Bourgogne, après avoir obtenu des dispenses 
d'âge. 

Il s'adonna dès lors avec ardeur aux éludes 
historiques et le 22 janvier 1789 reçut de TAca- 
démiede Besançon, dans la séance publique tenue 
au palais Granvelle, une médaille d'or pour le 
mémoire présenté par lui au concours dont le su- 
jet était: En quel temps le comte d' Auxonne et 
le ressort de Saint-Laurent furent-ils détachés 
de la province séquanaise et de la Franche- 
Comté pour être réunis^ partie àla cité et comté 
de Chalony partie au duché de Bourgogne.. 

8 



ÉLOGE HISTORIQUE 

DE M. JOSEPH ANTOINE 

Doyen des ingéoieurs des Pools et Ghaossées de France 

Ancien ingéuiear en chef de la province de Bourgogne 

Ingénieur architecte de la ville de Dijon 

Professeur d^architecture à l'Ëcole spéciale des BeauX'Arts établie en ladite Tille 

Membre dos Académies et Sociétés savantes 

de Besançon, Dijon, Mâcon, Lyon, de TAcadémie celtique de Paris, etc. 

Par Cl.-X. GIRAULT J. G. 

Associé des mêmes Académies 

Membre de la Société royale académique des sciences de Paris, de celles de 

Rennes, Nancy, Bordeaux, Vesoul, et d'émulation de l*Ain 



.r^ 



ÉLOGE HISTORIQUE 

DE M. JOSEPH ANTOINE 



S'il fut jamais des droits aux éloges publics, 
certainement ils sont acquis à Thomme que plus 
.de 60 ans de travaux ont conslamment recom- 
mandé à la considération générale ; ils sont dus 
à celui dont les savants écrits et les ouvrages 
d'art, sont de perpétuels monuments de ses con-. 
naissances profondes et de son goût épuré, du fruit 
d'études variéesetdes pi usheureuses applications: 
à ces traits, vous pressentez Messieurs, que. je 
viens vous entretenir de votre respectable doyen 
d'âge, de ce Nestor des ingénieurs, dont les scien- 
ces elles arts, ses amis, ses confrères, et tous les 
gens de bien ont vivement regretté la perte, et 
dont ils auront longtemps à conserverie souvenir. 

Ktranger à Tart des Vitruve (8), comme à la 
science des Newton (9), il ne peutm'appartenirde 
parler de M. Antoine sous les rapports de Tarchi- 
tecture et de l'astronomie : niais ce savant esti- 
mable s'occupait encore d^économie administra- 
tive, d'histoire et d'ajitiquilés ; il était mon com- 



— 404 — 

patriote et mon ami ; c'est à ces titres sans doute 
que je dois l'honneur d'avoir été désigné pour 
vous présenter un précis historique de sa vie: 
puissé-je remplir cette tâche d'une manière digne 
du corps savant qui m'en a confié le soin, digne 
de l'eslimable académicien qui doit en être l'objet. 

Pierre- Joseph Antoine naquitàBrazey près de 
Saint-Jean de-Losne, le 13janvierl730 ; il élait 
le premier des fils de J.-B. Antoine (10), ancien 
chirurgien de vaisseaux et de Jeanne Chausselet, 
à peine avait-il un an lorsque son père transféra 
son domicile à Auxonne, où il mourut, et ce fut en 
cette ville que le jeune Antoine reçut sa première 
éducation ; aussi regardait-il Auxonne comme 
sa véritable patrie, et dans le cours de sa longue 
el honorable carrière, rien de ce qui pouvait 
intéresser celte ville ne lui était étranger (H). 

Il reçut de son père les premières notions dans 
l'art (lu dessin ; de là ce goût particulier qu'il 
prit pour rarchitecture, science vers laquelle il 
dirigea de bonne heure toutes ses études et quïl 
cultiva jusqu'au dernier jour de sa vie ; il en prit 
des leçons pratiques à Besançon, sous M. Longin, 
archilecte voyer de la ville, et pendant trois 
années il travailla dans les bureaux de M. Grillol 
de Predelis (12), directeur des forlifications des 
doux Bourgognes, chargé en chef de tous les tra- 
vaux concernant les bâliments affectés au service 
militaire, mais un Q;enve exclusivement borné à 



^ 105 — 

des réparations d'entretien ne pouvait suffire à 
rimpalience que ce jeune homme avait de s'ins- 
truire : il perlait ses vues plus loin et obtint de 
son père d'être envoyé à Paris. 

Ce fut à l'école de Tun des célèbres Blondel (13) 
qu'il débuta : il suivit avec beaucoup de fruit 
les cours de Tacadémie royale d'architecture, 
sous MM. Camus (14) et Loriot, ceux de TObser- 
vatoire sous Cassini (15) qui employa cet élève 
avec succès aux travaux de la grande carte de 
France, et dès 1751 Joseph Antoine fut admis à 
l'école des ponts et chaussées (16). 

Il n'y fut pas longtemps sans y être distingué 
parmi ses émules ; dès la première année il 
remporta plusieurs prix d'émulation qui le fi- 
ren t placer au nombre des élèves auxquels le roi ac- 
cordait une pension de 600 livres pour subvenir 
à leurs frais d'études. M. Peronnel (17), directeur 
de cette école^ prit en affection ce jeune homme 
laborieux, le chargea, quoique le moins âgé de 
ceux qui recevaient ses leçons, de dessiner les 
cartes des projets de chasses de S. M. L'on mit 
au concours les plans et projets d'une maison 
d'exploitation rurale et d'économie domestique 
appliquée en grand à tous les produits de l'agri- 
culture, à tous les détails de la vie champêtre. 
M. Antoine fut Tun des trois élèves couronnés, 
mais malgré les marques de satisfaction que lui 
donnaient ses professeurs, malgré les bienfaits 



- 406 — 

qu'il tenait de la munificence d'un gouvernement 
vraiment royal, l'amour du pays se faisait vi- 
vement sentir au cœur du jeune élève : il cher- 
cha Toccasion de revenir sur son sol natal ; elle 
se présenta bientôt. 

Le service des ponts et chaussées de la province 
de Bourgogne, jusque-là commis à un seul in- 
génieur, ne pouvait avoir toute l'activité qui lui 
était nécessaire (18) : les Elus de la province de- 
mandèrent à M. de Trudaine (19) la nomination 
de deux élèves des ponts et chaussées à des places 
de sous-ingénieur et d'après les renseignements 
et les bons témoignages fournis parM.Peronnet, 
le choix du ministre fut dirigé sur deux Bour- 
guignons, M. Lejolivet (20), fils de l'architecte 
voyer de la ville de Dijon et M. Joseph Antoine : 
ils se rendirent à leur nouveau poste dans les 
premiers jours de mars 1733. 

Pendant trente années que M. Antoine fut seul 
ingénieur de la province, il ouvrit plus de cent 
lieues de routes, notamment dans le Charollais et 
la Bresse chalonnaise, lieux couverts d'épaisses 
forêts où l'art des routes n'avait pas encore pé- 
nétré, et bientôt ces contrées, jusque-là demeurées 
inabordables, reçurent une nouvelle vie, et trou- 
vèrent des débouchés nécessaires à la traite de 
leurs foins, de leurs bois et de leurs fers dans 
quatre grands chemins dont l'alignement, les ni- 
veaux et la construction furent dirigés avec le 



— 407 — 

plus grand soin. On doit aussi à M. Antoine la 
grande route ouverte entre les villes deBeaune 
etde Semur, communication pour toutes deux 
importante, à Tune pour la traite de ses vins du 
côté de Paris, à l'autre pour la conduite de ses 
grains sur les ports de la Saône (21). 

Junguntur segetes et uva . 

Cet ingénieur fit adoucir les vdiVa^e^d' Auxon- 
ne\ de la Douée ^ de la Rochepoty d^Arnay^ de 
Bligny-sur-Oiichey de Premeaux^ et des Char- 
treuœ de Dijon ; il fit construire les ponts 
de Plombières^ VongeSy Renève^ Saint-Seine^ 
Seurre^ Genlis et autres moins remarquables. 
Dans les constructions de ce genre M. Antoine 
s'attachait surtout à rédiger ses devis de manière 
à prévenir toute augmentation de prix au-dessus 
de celui de la délivrance, précaution d'autant plus 
essentielle qu'elle n'expose pas Tadjudicataire à 
contracter des marchés ruineux, et qu'elle donne 
à Tadministrateur la certitude que les fonds des- 
tinés à la dépense ne seront jamais excédés. 

Au milieu de ces travaux utiles, mais cepen- 
dant monotones, M. Antoine ne perdait pas de 
vue le brillant de son art ; il Tétudiait sur les 
œuvres des plus grands maîtres ; mais plus il 
les lisait, et plus il sentait que ce n'était point 
encore assez, et que c'était sur les monuments 
eux-mêmes qu'on devait étudier l'architecture ; 



108 - 



en conséquence toutes ses vues se tournèrent 
vers ritalie. Il ambitionnait de pouvoir faire ce 
beau voj^age, mais les travaux ordinaires de la 
province y mettaient obstacle. M. Va renne de 
Beost (22), secrétaire en chef des Etats de Bour- 
gogne, lui en fit obtenir l'agrément et prit les 
mesures convenables pour que le service n'en 
soufTpit point, M. de Beosl avait aussi son intérêt 
dans ce voyage, il travaillait à sa traduction des 
ruines de Pœstimi : il voulait TenrichiF de plans, 
vues et détails pris sur les lieux, et mit pour 
condition au départ de cet ingénieur, qu'il pous- 
serait ses courses jusqu'à Possklonia^ et lui rap- 
porterait les plans et les vues de cette ancienne 
ville de la grande Grèce (23). 

M. Antoine entreprit donc ce voyage en 
Fan 17Gt : il parcourut en connaisseur celte terre 
antique qui rappelle de si grands souvenirs et 
conserve tant de monuments de la puissance de 
ce peuple qui pendant si longtemps dicta ses lois 
au monde» non moins par la force des armes, 
que par rascendant de son génie, son amour 
pour les arts, son goCU épuré pour tout ce qui 
constitue le vrai beau. 11 commença par recon- 
naître le séjour de ces maîtres du monde dan si 
nos provinces méridionales et à signaler les 
avenues de Rome dans Tare de triomphe d'Orange, 
le pont du Gard, les arènes de Nimes, l'amphi- 
théâtre d'Arles, et do beautés en beautés, il ar- 



~ 109 — 

riva à cette capitale des arts et du monde chré- 
tien. 

Là, quelque grande idée qu'il eût prise sur les 
livres de la magnificence de Rome, laspect des 
monuments que conserve la ville des Césars sur- 
passa encore son attente ; il ne cessait d'admirer 
les effets de perspective, le majestueux ensemble, 
Télégance des proportions, la richesse des détails, 
le fini précieux des édifices qui attestent encore 
après dix-huit siècles la splendeur et le goût du 
peuple qui les fit élever, et en même temps le 
génie et les grands talents des artistes auxquels 
en fut confiée Texécution. Il voyait Tart des 
Vitruve et des Palladio (24) rivaliser constam- 
ment avec le ciseau de Praxitèle et le pinceau 
de Michel-Ange: il ne se lassait pas de comparer 
entre eux tant de chefs-d'œuvre des beaux-arts, 
et dans ces raprochements il puisait d'utiles leçons, 
des principes solides, un tact sûi\ des combi- 
naisons riches et heureuses, dont il devait rap- 
porter tout le fruit dans sa patrie. Cet ingénieur 
ne parlait jamais de ce voyage sans enthousiasme : 
il aimait à avouer qu'il lui devait tout ce qu'il 
savait, et se plaisait à répéter à ses élèves que 
sans avoir vu par soi-même tous ces chefs-d'œu- 
vre dans les lieux où ils existent, Ton ne pouvait 
espérer des succès dans les grandes construc- 
tions. 

M. Antoine s'attacha particulièrement aux 



- 440 — 

travaux hydrauliques ; la navigation des rivières, 
rirri^ïation des prairies, le placement des usines, 
le sévère emploi des eaux, furent les objets qui 
captivèrent particulièrement son attention, et ce 
fut de son voyage dllalie qu'il rapporta les prin- 
cipes qu'il développa dans divers mémoires sur 
les canaux et les moyens d'utiliser les eaux sous 
le double rapport de l'agriculture et du com- 
merce. 

De ceg écrits, le plus marquant est celui que 
publia cet académicien en 1774 (in-4° 300 pages) 
sous le litre de Navigation de Bourgogne. Après 
avoir parlé des tentatives faites sous les règnes 
de François 1'% Henri IV et Louis XIII, pour la 
jonction des deux mers à travers la Bourgogne, 
M. Antoine discute les projets donnés à -ce sujet 
par MM. Sauvage (23), de la Jonchère (26), 
Morin (21), Thomassin (28), Abeille (29), il 
donne la préférence à ce dernier combiné avec 
celui de M. Gabriel (30), et finit par conclure 
que si l'énormité de la dépense ne permet pas de 
réaliser ce grand projet, on peut du moins en 
approcher, en rendant navigables les principales 
rivières de Bourgogne. En conséquence il déduit 
les moyens à prendre pour que le cours de la 
rivière de Suzon ne soit plus interrompu ; il fait 
voir la possibilité de rendre la Seille (31) e*t l'Ar- 
roux (32) navigables, de faciliter la navigation 
de la Saône (33) et du Doubs (34) et d'établir à 



^ 414 — 

Dijon, par le moyen des eaux de rOiiche, un port 
qui en favorisant le commerce de cette ville en 
augmenterait les richesses et la population, et 
donnerait à la capitale de la Bourgogne une face 
nouvelle, sous les rapports de l'enceinte et de la 
prospérité. 

Cet ouvrage produisit son eflFet ; de toutes parts 
on présenta des placets, on envoya des mémoires, 
on forma des projets et des demandes qui avaient 
pour but d'ouvrir une nouvelle branche de com- 
merce en Bourgogne, par le moyen de la naviga- 
tion. Un arrêt du conseil du 21 janvier 1777 
approuva les plans et devis dressés par M. An- 
toine pour la navigation de la Seille (35). Un 
autre arrêt du conseil du 7 septembre 1778 
autorisa l'exécution des projets de cet ingénieur 
pour la navigation de l'Arroux ; enfin un 3* arrêt 
du conseil du 28 octobre 1779 admit les travaux 
proposés par l'ingénieur Antoine, concernant le 
canal à ouvrir de Dijon à la Saône ; en 1780 
MM. Peronnet et de la Vaisnes se rendirent à 
cet eflFet en Bourgogne; les plans reconnus et 
vérifiés sur les lieux furent acceptés, les ouvrages 
adjugés : tout semblait terminé, lorsque des 
intérêts particuliers vinrent à la traverse; Tin- 
trigue, l'ambilion, la rivalité s'en mêlèrent; l'on 
proposa d'autres plans, on présenta de nouveaux 
projets, et l'on eut assez de crédit pour les faire 
adopter (36): l'on reporta même jusque derrière 



— 112 — 

rhôpilal le port que M. Antoine plaçait au bas 
de la courtine qui joint la porte d'Ouche à la 
porte Saint-Pierre, bassin qui se trouvait pres- 
que tout creusé, qui, par des voûtes ouvertes 
sous le rempart en prolongement des rues Tur- 
got, du Chaig7ioty et du Refuge, amenait les 
marchandises dans les divers quartiers de la ville, 
et Texécution de ce plan aurait fini par réunir le 
faubourg Saint-Pierre à celui de la porte d'Où- 
clie(37).Si ce projet ne s'est pas réalisé, cela 
n'a pas tenu au savant dont j'ai Tiionneur de 
vous entretenir, mais il n'en demeure pas moins 
constant que c'est à M. Antoinequ'on doit d'avoir 
réveillé les projets de jonction des deux mers à 
travers la Bourgogne, d'avoir stimulé à cet effet 
le zèle des administrateurs, et d'avoir reporté 
l'esprit public vers celte partie essentielle de la 
prospérité de la province. 

Les écrits de M. Antoine ne l'empêchaient ni 
de surveiller les travaux des routes de son arron- 
dissement, ni de faire exécuter d'autres monu- 
ments d'architecture : il lit édifier les églises des 
villages de Vanvet/, Vielverges^ Flammerans, 
Saint'Germain-de-Modéon et la chapelle des 
Ursulines d'Auxonne ; il fournit l'un des plans 
de la nouvelle église récemment élevée à Màcon ; 
il fit construire les hôtels de ville de SaulieUy 
SeurrCj Is-sur-Tille, les halles et le théâtre 
d'Autun (38), donna le plan des halles de Màcon, 



— 113 - 

celui des théâtres de Chàlons -sur-Marne et 
Dijon (39); fit élever le temple de la Santé, à 
Bourhonne-leS'Bains, la poudrerie de Vonges, 
etc. (40)... 

Chacun de ces édifices est un monument des 
talents variés de cethabilearchitecle, de son goût 
et des plus heureuses applications. 

Au milieu de tant de travaux et d'occupalions 
de genres divers, M. Antoine trouva encore le 
temps d'élever, dessiner et graver plus de 33 plans 
de diflTerentes grandeurs dont les principaux sont 
la grande vue de Dijon prise depuis la fontaine 
de Larrey (41), les perspectives de la place Saint- 
Etienne et de la place Royale de la môme ville, les 
portes d'Arroux, de Saint-André et de la fontaine 
Saint-Ladre à Autun, les châteaux et les jardins 
de la Nivelle, de la Balme, de Pierre, de Loisy, 
de Château, deBeost, les vues et place d'Auxonne, 
lequaideChalon,leplanscénographiquedeDijon, 
les planches de ses ouvrages, plusieurs por- 
traits, etc., etc. 

La nomenclature de tant d'ouvrages difi'érents 
indique déjà une somme de travaux suffisants 
pour, remplir et honorer la plus longue carrière ; 
mais M. Antoine trouvait dans un travail sou- 
tenu les moyens de doubler le temps et ceux qui 
le connaissaient particulièrement ne seront pas 
étonnés de voirque les écrits composés et publiés 
par cet académicien égalent en nombre les ou- 

9 



^ 114 — 

vrages d*art qu'il a fait élever, les monuments 
qu'il a gravés. 

Nous avons déjà fait connaître sa Navigation 
de Bourgogne. A la suite vient se placer le mé- 
moire qu'il présenta, en Tan X, sur les moyens 
de parachever le canal du Centre ^ par des tra- 
vaux provisoires qui finiraient par se convertir 
en définitifs. Les ouvrages de pierre, disait M. An- 
toine, favorisent plutôt l'intérêt personnel de 
l'entrepreneur qu'ils ne sont à lavantage de la 
chose publique. Les avances énormes auxquelles 
est forcé le gouvernement finissent par le dé- 
goûter, et les travaux restent imparfaits : au coïl- 
Iraire les ouvrages provisoires exigent moins 
d'avances, les font rentrer plus tôt, et avec une 
surveillance d'entretien, on leur donne la durée 
de travaux définitifs; en conséquence il proposait 
de glaiser le canal de Dijon à la Saône, par les 
mêmes procédés qu'on emploie à ce sujet avec 
succès en Hollande et en Italie. 

Les mémoires de la Société d'agriculture, com- 
merce et arts du département du Doubs de la 
même année font mention d'un écrit qu'elle re- 
çut de M. Antoine sur V aménagement des eaux 
employées au service des usines. Cet ingénieur 
démontre que le plus souvent l'établissement des 
usines cause de grands préjudices aux héritages 
voisins, soit en les inondant par la retenue des 
eaux, soil en les privant de la ressource des 



— 115 — 

irrigations dans les temps où les terres en au- 
raient grand besoin. Il propose, pour moyen de 
parer à ce double inconvénient^ la construction 
de déchargeoirs qui recevraient l'excédent des 
eaux, pour le rendre aux prairies dans les mo- 
ments de sécheresse, idée simple qui, dirigée par 
un homme instruit, doit produire d'utiles ré- 
sultats. 

Ce mémoire rentre dans Topusçule que publia 
cet académicien en l'an XII sous le titre de Science 
hydraulique. Ce traité ne contient que 22 pages, 
mais il est un résumé exact sur cette matière et con- 
tient des vues neuves et de très facile exécution. 
C'est surtout en ce genre que Ton peut dire que 
l'utilité de l'ouvrage ne se mesure pas à la gros- 
seur du volume. 

Les autres écrits de M. Antoine sur cette partie 
de son art sont : 

Mémoire sur le canal de Dijon à la Saône 
(an XI, in-8% 13 pages) (42). 

Recherches des eaux nécessaires à l'établisse- 
ment de fontaines publiques à Dijon (1807, 
in-12, 12 pages) (43). 

Réfutation de M. Lambert : idées pour s'op- 
poser aux ravages des inondations (ISOS, in-12, 
14 pages) (44). 

Mémoire sur le bras de Suzon qui traverse 
la ville {\%m: in.8% 15 pages) (4b). 

Tous ces écrits renferment d'excellentes vues, 



— 116 — 

décèlent des études approfondies et des talents 
exercés. 

La Série des colonnes (1801, în-8% 56 pages) 
est un ouvrage qui fit honneur à M. Antoine et 
produisit une sorte de révolution dans Tart. Cet 
architecte découvre l'origine des belles propor- 
tions dans une série de quinze colonnes qui ont 
depuis 8 jusqu'à 22 fois leur demi-diamètre de 
hauteur. Le Journal des savants et celui des 
Sciences et Arts en firent grand éloge et le der- 
nier en annonçant que ce ne sont pas toujours les 
gros livres qui nous intéressent le plus, remar- 
que dans cet opuscule plus de vues neuves, plus 
de science et d'utilité, que dans un traité de plu- 
sieurs volumes (46). 

Dans ses écrits en matière d'économie admi- 
nistrative M. Antoine développe des idées simples 
et utiles : posant en principe que là où croissent 
les consommations, là on doit attirer les consom- 
mateurs, ne fût-ce que pour éviter le transport 
des denrées, cet académicien fait sentir Ja néces- 
sité de placer à Dijon de grands établissements 
de manufactures ou d'instruction publique, et 
ce fut l'objet du vœu qu'il développa en l'an III 
comme membre du conseil municipal de la com- 
mune : Sur les éiablissements iJublics à fbr7ner 
à Dijon (an III, in-12, 9 pages). 

Sucessivemenlilipnhlidiun Mémoire sur Tordre 
à établir dans les finances (an V, in-12, 24 



— 117 — 

pages) (47) ; — Sur le nouveau système mètri^ 
que (4 8) ; — Moyen de faciliter l'usage des nou^ 
velles mesures à grain (an XII, in- 8% 12 
pages) (49) ; — Projet pour la formation d'un 
corps d'ouvriers d'état destinés aux réparations 
des grandes routes (an X, in- 8% 7 pages) (50) ; — 
Moyen de faire diminuer le prix des bois de 
chauffage (in-8°, 4 pages), en faisant usage de la 
tourbe dont les marais de Perriguy, ceux de la 
Bèze et de la Norge sont remplis. Dans tous ces 
écrits, M. Antoine montre des vues droites, déve- 
loppe des moyens sûrs et non moins simples et 
fait preuve d'un grand zèle pour tout ce qu'il 
croit pouvoir contribuera là prospérité publique; 
ces sentiments le firent mettre sur les rangs, en 
l'an VII, pour la députation au corps législatif, 
marque de confiance à laquelle il fut très sen- 
sible ; on le pressait à ce sujet ; il ne crut pas 
devoir accepter cet honneur ne m'étant pas, di- 
sait-il, préparé pour une mission d'une aussi 
haute importance. 

Comme antiquaire M. Antoine publia (an X, 
in-8°, 12 pages) la Descriptiori d'un monument 
triomphal qui a dtl exister au confluent de 
rOuche et du tondent de Suzon. Ce savant re- 
connut cet édifice en cherchant les rapports que 
pouvaient avoir ensemble les fragments de scul- 
pture trouvés dans les fouilles faites au chevet 
-de l'ancienne église Saint-Elienne et recomposa 



— H8 — 

ce monument d'après les morceaux qui en exis- 
tent encore, tel qu'il croit qu'il dut exister autre- 
fois ; et malgré les critiques qu'il essuya, cet 
académicien a eu la satisfaction de voir que les 
autres fragments d'antiquités postérieurement 
découverts, en creusant les fondations du nou- 
veau théâtre, se raccordent avec ceux trouvés 
antérieurement et se réunissent' aux premiers 
pour prouver que M. Antoine ne s'était point 
trompé dans la recomposition de cet arc de 
triomphe. 

Les églises de Notre-Dame et de Saint-Michel, 
en attirant, comme objets d'art, Tattention de 
l'architecte, ont excité ses recherches comme an- 
tiquaire et dans la description qu'il a donnée de 
ces temples antiques (1813, in-8, 10 pages) (51) 
M. Antoine fait preuve qu'il n'était pas moins 
versé dans l'histoire de Tart et de ses progrès, 
que dans les fastes anciens de la ville de Dijon. 

A la suite de ces écrits qui intéressent particu- 
lièrement cette ville, et publiés par la voie de 
l'impression je voudrais pouvoir parler de ceux 
plus nombreux encore qui sont renfermés dans 
les porte- feuilles de ce savant infatigable : il avait 
des mémoires terminés sur la colonne de Cussy 
et sur l'ancien bourg d'Ogne (52) dont il avait 
lui-même exploité le sol : il avait dessiné tous les 
monuments qui existaient à Dijon avant que le 
marteau révolutionnaire ne fût venu les frapper 



— 119 — 

el chacun de ces dessins était accompagné d'une 
notice plus ou moins longue ; mais les événements 
politiques qui se sont passés à l'époque de la mort 
de M. Antoine n'ont pas permis d'avoir ses ma- 
nuscrits en communication et nous avons à re- 
gretter qu'ils ne soient pas restés dans cette ville 
qu'ils intéressent sous tant de rapports (33). 

Dans la sciencede l'astronomie cet académicien 
a fait preuve de connaissances également étendues 
et profondes, et s'est montré non moins versé 
dans la connaissance des mouvements célestes, 
que dans Tart des constructions : on trouve dans 
le Journal d'histoire naturelle de 1787, publié 
par M. Berthelon (84), un tableau à 20 colonnes 
pour chaque mois dans lequel M. Antoine avait 
calculé les levers et les couchers de toutes les 
planètes et leur passage au méridien, même de 
celle d'Herschel (55) récemment découverte. La 
connaissance des temps ne donnait ces mouve- 
ments que pour les l^*" et 16 de chaque mois ; 
M. Antoine les avait calculés pour tous les jours 
de Tannée 1787, travail minutieux et pénible, 
mais qui avait cette utilité de ne pas exposer 
ceux qui cultivent l'astronomie à chercher une 
planète lorsqu'elle n'est pas encore sur l'horizon. 

En 1810, M. Antoine présenta à l'académie un 
tableau astronomique qu'il appela téti^asphêrey 
composé de deux cartes célestes avec un cercle 
mobile et deux surtout, représentant, pour tous 



— iso- 
les temps, les mouvements célestes : ce tableau 
remplace avec avantage les astrolabes, planis- 
phères et globes célestes connus et peut montrer 
les astres à la personne la moins exercée, à 
quelqu'heure que ce soit, tant du côté du nord 
que du côté du midi. Cet instrument ingénieux 
se trouve décrit dans la notice des travaux de cette 
Académie en Tan X. 

Peu de temps après, ce savant fit hommage à 
la même société d'un cahier iniilnlé Amusements 
astronomiques, avec deux cartes célestes : il y 
joignit 38 tables du passage des principales 
étoiles par le méridien, pendant les nuits, travail 
qui n'avait encore été entrepris par personne et 
qu'il se proposait de continuer. Nous Tavons vu, 
en 1811, à IVige de 80 ans passés, suivre les mou- 
vements de la comète et calculer sa marche avec 
tout le zèle et Tardeur d'un jeune homme. Sans 
doute aussi ses porte-feuilles renfermaient beau- 
coup de choses intéressantes dans la partie de 
laslronomie, mais ne les ayant pas eus à notre 
disposition, nous ne pouvons en présenter la 
liste, et nous avons d'autant plus lieu de le re- 
gretter qu'en parlant des travaux inédits de cet 
académicien, c'eût été en sa faveur augmenter 
l'intérêt. 

L'on doit penser qu'avec des connaissances 
aussi variées, des talents distingués, un grand 
amour du travail, les corps savants s'empres- 



suèrent d'admettre M. Antoine à leurs honorables 
travaux, aussi élait-il associé de TAthénée de 
lyon et de TAcadémie celtique de Paris, mem- 
Tbre non résident de l'Académie de Besançon et 
des sociétés d'agriculture, commerce et arts des 
départements du Doubs, de Saône-et-Loire, etc. 

Il fut admis dès 1778 à l'ancienne académie de 
Dijon et fut nommé membre de la Commission 
des sciences et arts formée en l'an III (56) et l'on 
se rappelle que c'est à l'heureux choix qui fut fait 
de ces commissaires, au bon esprit qui les animait, 
au goût éclairé qui présidait à leurs opérations 
que Dijqn doit la conservation de ce qui existe 
encore dans son sein d'objets d'art et de mo- 
numents précieux ; c'est cette commission qui 
arrêta plus d'une fois la hache des modernes 
vandales prête à frapper des chefs-d'œuvre des 
arts et Ton doit lui en conserver une reconnais- 
sance éternelle. 

A cette réunion d'amis des arts succéda la 
Société des sciences, arts et agriculture, formée en 
Tan VI, avec l'approbation du ministre de l'in- 
térieur (S7). M. Antoine fut l'un des membres du 
noyau c'xppelé pour organiser cette société, et il 
en fut élu président. En 1807, il fut le premier 
élu des six pensionnaires que l'Académie choisit 
dans son sein, et il le méritait par ses travaux. 
Un çles derniers auxquels est attaché son nom est 
cette belle invention du sieur Ferdinand Leislen- 



— 122 — 

chneider, de laquelle M. Antoine expliqua et dé- 
crivit le mécanisme ingénieux, dessiua toutes les 
planches et fournit tous" les détails qui devaient 
être soumis au gouvernement pour parvenir à 
l'obtention du brevet qui assure au s^ Leisten- 
chneider la propriété de sa découverte, à la Bour- 
gogne l'honneur d'en être leberceau, à l'Académie 
la gloire d'avoir favorisé l'inventeur et coopéré à 
meltre son procédé en lumière (58). 

Il n'est pas besoin de dire que M. Antoine 
ne resta pas 50 années dans le corps des ponts 
et chaussées sous le titre de sous-ingénieur ; en 
1782 il fut nommé l'un des deux ingénieurs 
ordinaires de la province de Bourgogne; en 1790 
il fut nommé ingénieur en chef du déparlement 
de la Gôte-d'Or, mais pour ne pas ravir à son 
gendre (59) la place d'ingénieur ordinaire incom- 
patible avec la surveillance qu'aurait eue son 
beau-père, M. Antoine n'accepta point la place 
d'ingénieur en chef et préféra d'accepter sa 
retraite. Mais ce n'était point une retraite oisive 
à laquelle se vouait M. Antoine. Ses travaux, ses 
études n'en furent point ralentis: en 1803 1a 
ville de Dijon le nomma son ingénieur-architecte 
et quoiqu'un traitement de 1200 fr. fût attaché à 
cette place, M. Antoine n'en accepta que les fonc- 
tions qu'il remplit jusqu'à sa mort avec zèle et 
distinction. 

En 1809, la place de professeur d'architecture 



à récole spéciale des beaux-arts établie en celle 
ville étant venue à vaquer par le décès de 
M. Moitié, on jeta les yeux sur M- Anloinepour 
le remplacer* Il était en effet naturel d'appeler 
a la chaire d'architecture celui qui par ses écrits et 
les monuments qult a fait élever avait donné 
dans cet art des leçons Ihéoriques et pratiques : 

Baussi, malgré son âge avancé, M. Antoine fut-ii 
nommé professeur d'architecture à l'école des 
beaux-arts. Dans ces nouvelles fonctions, ce pro- 
fesseur ne bornait pas ses leçons aux heures des 
cours; il ne limitait pas ses instructions à Fart 
d'élever des bâtiments : c'étaient de longues et 
familières conversations avec ses élèves sur tout 

, ce qu'ils pouvaient avoir à lui demander ; rien 

■ de ce qu'il savait n'était caché pour ses disciples; 

■ il apprit aux uns la gnomonique, aux autres la 
gravure: il eût voulu pouvoir leur transmettre 
tout ce que ses longues études et son expérience 
lui avaient appris, et Ton était autant flatté que 

■ surpris des talents divers que les élèves de la 
classe ont développés dans le concours ouvert 
entre eux en 1811, pour Télargissement de la 
rue des Singes, sujet qui embrassait à la fois 
plusieurs parties de l'art de bâtir (GO). Aussi sa 
morta-t-elle été pour ses élèves un vrai jour de 
deui!, comme elle a été un jour de larmes pour 

famille et de regrets pour ses amis. 

M, Antoine avait été bon tîls : il fut bon 



— 124 — 

époux (61), excellent père et le meilleur des 
amis. Homme de bien dans toutes les circons- 
tances de sa vie, citoyen zélé, toujours dévoué 
à sa patrie, prompt à obliger, généreux dans ses 
procédés, toutes les vertus sociales lui échurent 
en partage. L'âgé n'avait rien enlevé à cet octo- 
génaire respectable de la fraîcheur des idées, de 
la vivacité de l'esprit, de la justesse dé ses vues, 
de la chaleur dans le raisonnement; il conservait 
sa gaité avec ses amis intimes, beaucoup de poli- 
tesse vis-à-vis des autres, des égards pour tous, 
et beaucoup de douceur et d'amabilité dans les 
relations que lui donnaient ses fonctions avec 
toutes les classes de citoyens. 

Il cessa de vivre le 2 mars 1814 (62), à l'épo- 
que où le nombre des troupes alliées était le plus 
considérable en cette ville : un mois de plus et 
M. Antoine eût terminé sa carrière sous la 
dynastie des sciences avec lesquelles elle avait 
commencé ; il eût retrouvé ce siècle heureux de 
sa jeunesse, où le tumulte des armes, les dis- 
putes de religion, les dissensions politiques 
avaient cessé d'occuper les esprits, où les sciences 
et les arts étaient cultivés dans le calme qui 
leur convient, où les Français mettaient leur 
bonheur dans l'amour de leurs rois, comme les 
Bourbons dans l'amour de leurs peuples ; temps 
fortunés qui nous sont ramenés par les petits-fils 
d'Henri IV. 



— 125 — 

M. Antoine a poussé sa carrière plus avant 
peut-être qu'il n'est permis à Tbomme de l'es- 
pérer et pendant plus de 80 ans qu'il a vécu, il 
ne s'est pas trouvé un seul jour qui fût perdu 
pour son instruction ou pour Tapplication des 
connaissances qu'il avait acquises : cherchez, 
Messieurs, à imiter un si bel exemple: le calme 
de la paix est le temps où les Muses ressaisis- 
sent leur empire ; reprenons aussi de nouvelles 
forces; redoublons d'efforts et nous mériterons 
que notre mémoire, ainsi que celle de notre 
respectable doyen, soit accompagnée de précieux 
souvenirs et d'honorables regrets (63). 




NOTES 

(1) Antoine Girault avait rempli pendant 20 ans les fonctions de 
conseiller auditeur à la Chambre des comptes. Sa famille remonte 
à Pierre-Louis Girault, lieutenant civil dans le ressort de la prévôté 
de Paris, au commencement du xvii* siècle. 

(2) Nous avons été appelé à succéder immédiatement à M. Gi- 
rault^ dit M. Âmanton, et nous lui devons la justice de publier que, 
sous son administration, beaucoup de bien s'était opéré, que nous 
avons ou à réaliser celui qui n'était encore que conçu, et qu'une 
partie des difficultés qui pouvaient embarrasser notre marche, étaient, 
sinon aplanies, au moins rendues, par des travaux préparatoires, 
aisées à surmonter. (Amanton, Notice sur X. Girault), 

(3) « L'attachement de vos concitoyens, la justice qu'ils rendent 
à votre administration, l'intérêt de votre commune, tout doit vous 
engager à conserver vos fonctions. 

« Je vous prie donc. Monsieur, de ne pas persister dans votre dé- 
mission; j'espère, que vous ne me refuserez pas, et que vous m'é- 
pargnerez la peine que j'éprouverais à l'envoyer. (Lettre du Préfet 
du 12 ventôse an XIII). 

(4) L'éloge de Girault fut prononcé à l'Académie par G. Peignot 
(Mém. année 182i). Son confrère Amanton lui consacra, dans le 
Journal de laCôte-d'Or, le 8 novembre 1823, un article nécrologi- 
que ; il dit en terminant : M. Girault fut un homme d'une exacte 
probité, un magistrat intègre, un citoyen très attaché à son pays 
et à la monarchie légitime, et un sujet dévoué au roi et à sa dy- 
nastie ; il emporte les justes regrets de sa famille, de ses confrères, 
de ses amis, et l'estime de ses concitoyens. 

(5) Ces chapelles, élevées sur l'emplacement de la chambre na- 
tale de saint Bernard, richement sculptées et ornementées, fleurde- 
lisées et décorées des chiffres de leurs royaux fondateurs, sont 
surmontées par de gracieuses coupoles écussonnées aux armes de 
France et d'Autriche. Lors de l'acquisition faite par X. Girault, 
l'une servait de forge et l'autre d'écurie. Dégagées par les soins 
du nouvel acquéreur, elles furent restaurées d'abord par Tabbé 
Renault qui en était devenu propriétaire après la mort de Girault, 
et plus récemment par les soins de M l'abbé deBretenières, le dis- 
tingué directeur de l'école Saint-François, do Dijon. 



- 127 — 

(6) X. Girault reçut de l'Académie royale des inscriptions et 
belles-lettres la première des quatre médailles d'or accordées par le 
gouvernement aux meilleurs mémoires sur les antiquités. L'année 
précédente, lé 20 juillet, J'Âcadémie avait déclaré qu'elle regrettait 
de n'en avoir pas cinq à adjuger : la cinquième eût été accordée à 
M. Girault. 

^ (7) Ce qu'il y a à louer dans les ouvrages de M. Girault, dit 
Âmanton, ce n'est pas le style ; car^ comme il le disait lui-même à 
ses amis qui lui en reprocha ent quelquefois la rudesse et la né» 
gligence,il n'y attachait aucune importance: il lui suffisait, ajoutait- 
il, de se rendre intelligible. Je n'écris pas pour les gens du monde 
qui aiment la phrase, mais pour les savants qui la détestent et 
veulent aller droit au fond des choses ; le temps me manquerait, 
d'ailleurs, pour polir mes ouvrages, j'ai tant à faire encore. 

(8) Vitruve (Marcus Vitrivius Pollio), célèbre architecte du siècle 
d'Auguste, auteur d'un traité d'architecture adressé à cet empe- 
reur. 

(9) Newton (Isaac), célèbre mathématicien, physicien et astro- 
oome, né à Woohthorpe (Lincoln), le 25 décembre 1642, professeur 
à l'université de Cambridge, mourut le 20 mars 1727. 

(10) M. Antoine père était un chirurgien habile et instruit: il 
est mentionné comme teldans l'Encyclopédie au moi cataracte su/fu- 
sion. Etant encore chirurgien de vaisseaux, il fit naufrage à 30 
lieues en mer du cap Spartivento, à la pointe de l'Italie : le dan- 
ger doubla ses forces, il lutta contre les vagues et vint heureuse- 
ment aborder sur les côtes de la Sicile. Acte de son débarquement 
fut dressé à Syracuse, le 4 décembre 1724, par M. le comte François 
Prexiquelly. consul de France en ces parages (Note de Girault). 

(11) En 1758, il donna le plan et les devis d'unenouvelle église 
que voulurent faire élever les ursutinesd'Auxonne: le portail seul 
et le mur de côté furent achevés. iM. Antoine en grava le dessin, 
et dans la perspective y ajouta la vue de l'ancien état de l'hôpital 
Sainte-Anne dont ce monastère était voisin. 

En 1760, il leva, dessina et grava lo plan d'Auxonne; les cartou- 
ches qui l'accompagnent offrent une vue de cette ville, la représen- 
tation du portail de l'église paroissiale et celle des trois corps de 
casernes. M. Antoine y a figuré le piédestal d'une croix portant les 
armes de Bossuet, monument honorable de l'existence à Auxonne 
do l'une des branches de cette famille que le célèbre évèque de 



— 428 — 

Meaux a pour jamais illustrée ; en 4763, il fut chargé d'ouvrir et 
confectionner la route d'Auionneàsa limite par Flammeransetdans 
. la direction de Gray. 

En 4774, il consacra un long article de sa Navigation de Bour- 
gogne à ce qui concerne l'écluse d'Auxonne et son amélioration. 
Son frère Antoine, qui fut longtemps Yoyer de la ville d'Auxonne^ 
publia, eu 4780, sous ces noms déguisés [bis nominis similes) mas- 
qués encore par le titre de Capucin du couvent de Gray, une dis- 
sertation satyrique contre le projet de détruire la digue d'Auxonne. 

En 4775 M. Antoine aîné fit édifier Téglise de Varennes, à deux 
lieues d'Auxonne ; peu après il restaura celle de Flammerans. 

En 4788 il fit réparer les routes qui aboutissent à cette ville; à 
différentes époques il fournit des plans et devis relatifs aux moulins 
à eau de cette ville et à ceux à vent qu'on se proposait de cons- 
truire en Tan XI à l'hôpital et au pont. M.Antoine proposait d'éta- 
blir le nouveau pont dans l'alignement de la belle levée, qui con- 
duit à cette ville, qui aurait été aussi celui des rues Sennecey et 
Marin, et de la tour du portail^ et traversait la principale place.On 
devait ouvrir une percée à côté du logis du roi, à travers les jar- 
dins, d'où l'on aurait gagné la porte du Comté, qui aurait été ou- 
verte dans la courtine, en face de la route . de Dôle. Ce projet 
réunissait à une belle simplicité un double débouché, pour les 
deux portes de la ville une suJDerbe percée et Tavantage d'ôtre bien 
moins coûteux que celui qui s'exécute, en ce qu'on n'aurait pas 
eu à élargir toute une rue, et à l'enterrer à moitié, conséquemment 
à acheter toutes les maisons, les démolir en partie^ reconstruire 
toutes les façades, indemniser les propriétaires des maisons encom- 
brées, en ce que le pont ancien servait de pont de provision jus- 
qu'au parachèvement de celui à construire (Note de Giraull). 

(12) M. Grillot de Predelis était directeur ingénieur des fortifi- 
cations de Bourgogne, et résidait à Auxonne. J. Antoine était 
dessinateur dans ses bureaux. 

(13) Jacques-François Blondel, né à Rouen le 8 janvier 4705, 
mort à Paris le 8 janvier 4774, reçu à l'Académie d'architecture 
en 475i, fut professeur pendant 30 ans. 11 est l'auteur d'un cours 
d'architecture en six volumes et trois volumes de planches, publié 
de 4771 à 1777, ouvrage de la plus grande réputation (note de 
Girault). 

(14) Camus (Charles-Etienne-Louis), né à Cressy-en-Brie, le 25 



— 129 — 



tout I6d9, mort à Parn le â février 176â, fil ses études au collège 
de Navarre : reçu en 1727, membre de l'Académie des sciences, il 
devint en (739 examinaleurdes écoles du génie et de rarliUerie. Il 
élait en même temps professeur de geomélrie à Tacadémie d'archU 
lecture. 

(1ë) Jacques Casaini» né â Paris eu 1667. traça la perpendiculaire 
à la méridienne de France, de Saint- Ma lo à Slrasbour,^, en passant 
par Paris, Il mourut en 1756, avec la réputation d'un très savant 
astronome. C« fut à ses leçons que M. Antoine prit ce goût pour 
l'astronomie qull cultivait encore à M ans passés. Notre ingénieur 
coopéra aussi à la confection de la grande carte de Bourgoi^ne en 
quinze feuilles, gravée eu 1763, d'après te décret des FAalti de 
1751 j laquelle fait parlie delà carte {générale de France à laquelle 
Cassini a attaché son nom (Note de Girault), 

Antoine eut aussi comme professeur Jean-Dominique Maraldj^ 
petîtneveiî de Cassini^ associé à l'Académie des sciences en 1733, 
pensionnaire en 175H, vétéran on 1772 et qui mourut le 14 novem- 
bre 1788. 

(16) M. Antoine possédait à un trop baui degré les vertus mo* 
raies pour u^avoir pas des sentiments de reconnaissance ; aussi 
a-t-ii voulu enseigner lui-même^ dans ses notes de famille, qu'il 
avait l'obligation d'avoir été si jeune admis à cette école à M. Berbis 
de llancy, baron d'Esbarres, terre voisine de Brazey dont une des 
branches de la môme famille (celle des Berbis des Maillys) habitait 
depuis longtemps Auxonoe, seconde patrie de cet ingénieur (note 
de Girauit), 

La soeur de M. Berbis de Raucy avait épousé le marquis de Sco- 
railles : c'est celui-ci {]ui avait rocommundé Antoine en môme temps 
que le marquis d'Apcher (mémoire pour Antoine). 

(f 7) Perronet (Jean-Rodolpbe), né à Suresnes en 1708, était fils 
d'un officier suisse au service de la France. Kntré en 1725 dans les 
bureauît de DebeausirOj arcbitecte dé la ville, it fut cbargé, ayant à 
peine 17 ans, de travaux importants. Devenu inspecteur puis in- 
génieur en chef de la généralité d'Alençon, il fut placé en 1747 par 
Trudaîne à la tète de l'école des ponts et chaussées {|u'il venait de 
fonder. Devenu inspecteur général des salines en 1757^ il mourut le 
27 février 1794. Ses élèves et ses collègues avaient fait exécuter 
son buste en marbre avec rinscriptioti Pairi canssmo famiiia. 

(18) En 17S2, le service des ponts et chaussées de Bourgogne 

10 



130 — 



était fait par sept ingénieurs, MM. Gauthey, ingénieur en chef; An- 
toine et Guillemot père, ingénieurs ordinaires | Aiitoine puiné, 
Maret, Guillemot fils et Fourcher, sous-ingéniears(note deGirault)^ 

(10) Trudaine (Daniel-Charles), né à Paris le 3 janvier n03, mort 
le 49 janvier 4769^ était fils d'un prévôt des marchands. Conseiller 
au Parlement^ puis intendant d'Auvergne, il devint directeur des 
ponts et chaussées et fonda Técole d'où sont sortis tant d'hommes 
habiles, qui ont commencé^ sous sa direction, la construction des 
routes qui ont rendu les communications si faciles dans toute l'éten- 
due de la France. 

(20) Lejolivet (Charles-Joseph), né à Dijon en 4727^ mourut à 
Paris en 4794, victime de la révolution. 

(24) Ces routes sont celles suivantes 



à Digoin 

De Charolles } à Chagny . 

( vers Mâcon 

De Lessart à Solessard . . 

( à Tournus . 

De Cuisery } à Romenay 

( à Louhans . 

De Louhans à Cuiseaux. . 

tirant à Dôle 



De Chaussin 



allant à Bietterans . 
à Saint-Jean-de-Losne 
à Seurre .... 



à Saint-Usage . 



De St-Jean- 
de-Losne . 
D'Auxonne à la limite tirant à Pesmes 
De Varrois conduisant à Gray. . . 
D'Arc-sur-Tille au delà de Pontailler 

De Beaune à Semur 

De Semur à Flavigny 

à Bligny .... 
à Sorabernon . . . 

D'Avallon à Chatelux 

l à Seignelai. . . . 

D'Auxerre } à Coulanges . . . 

( à Vezeiay .... 

A Arc-en-Barrois 



D'Arnay 



5 lieues. 

45 — 

2 - 

5 — 

4 — 

2 — 

4 — 

5 — 
4 — 
4 — 

2 — 

3 — 

4 — 

2 — ■ 

5 — 
5 — 

43 — 

5 — 

3 — 

5 — 

4 — 
3 - 

6 — 
3 — 
6 — 

107 lieues. 




— iM — 

L dressa en outre les projets de route d'Auxonno à Sainl-Jean^ 
de-Losoe par la Perrière, d^Ia-sur-ïdle à Langres, d'Arc-en-Bar- 
rois à Dijon» mais ces ira vaux ne furent pas exécutés (noie de Gi- 
rault). 

(22) Va rennes (Jacquei^), fils du célèbre avocat au Parlement de 
Dijon, Claude Varenne, publia en 1762 sous le litre do r Mémoire 
pour hs EUis gérurauit: du duché de Bourgogne, un ouvrage qui 
mécontenta les parlements et fut condamné le 7 jutn 1763 par 
celui de Dijon à être bûlé par la mam du bourreau* Condamné 
par la cour des aides» Va renne obtint des lettres do grâce par le 
crédit du prince de Condé : elles furent entérinées le 29 août 4763 
par le premier président Malesherbes en ces termes : le roi vous 
accorde des tetires de gnke; !a Cottr ies entérine : retire z-vom : 
ta peine vous est remise, mais k crme mvs reste. 

iLouis XV, mécontent d'un pareil arrûtj décora Varenne du cordon 
de Saint'MicbeL 

A (m de donner satisfaction au Parlement» la charge de greffier 
des Etats, occupée par lui, fut supprimée et Varenne fut nommé 
receveur général des (inances des Etats de Bretagne. 

(23) Cette traduction fut imprimée à Paris, chez Jomberl, en i769, 
10-4, ornée de vues et de plans pris sur les Iteus par M. Antoine 
avec la plus grande exactttudo (noto de Girault). 

pŒstum ou Posidonia, aujourd'hui Pesto. 

(24) Palhdio (André), célèbre architecte, né à Vtcence le 30 no- 
vembre 1513, fondateur de Tacadémie olympique de cette ville, y 

'mourut le 19 août 4580, vivement regretté des habitants dune 
ville qu'il avait illustrée par ses talents et décorée de ses ouvrages. 

(25) M. Sauvage proposait îa jonction par le moyen des eaux 
fùe Suion et du ruisseau de Loze. Celte proposition est si peu ad- 
missible que M. Antoine ne fait que Ténoncer sans se donner la 
peine de la combattre (note de (jirault), 

(26) H. de la Jonchère plapit le point de partage à Sombernon, 
mais i! avait déjà été reconnu sous ies ministères de MM. de Lou- 
vois et Colbert qu'il n'y avait pas assez d*eau ; on en porta la dé- 
pense à 4 millions, et comme on ne les avait pas à disposition, il 
était demandé un h&mme de corvée par paroisse, un péage de 6 de- 
rniers par lieuo du quintal, et 1.500.000 livres à la province. Mais^ 
dit M. Antoine, faute de richesses, contenions-nous de rendre les 
riviôres navigables jusqu'au plus près de leur source; allons du 




13â 



petit au grand ; travaillons dans hs belles plaines de TOuchc, dô 
la Seille, delà Vtngeanne ; h travail est aisé : Taisons six. lieues une 
fûi^, six lieues une autre, et petit à pelir, presque sans dépense^ 
nous aurons rendu toutes nos rivières navigables inote de GirauSl). 

Etienne Lécuyer de la Jonchèie, né en 1690 à Moniponsier, en 
Auvergne, publia en 1718 une brocbure dans laquelle il proposa 
d'établir en Bourgogne un canal pour la jonctton des deux mers en 
faisant communiquer la Saône ci l'Yonne au moyen des trois pe- 
tites rivières rOucbe, ta Brenne etTArmançon, il adressa son tra- 
vail aux Etats de Bourgogne. 

Son projet fut écarté pour celui d*Abeille qui n'avait cependant 
travaillé que d'après ses idées. Méconlent il adressa, sans succèsdu 
reste, une requête au roi pour obtenir le remboursement des dé- 
penses qu'il disait avoir faites : une demande de graliUcation aux 
Etats eut le même sorl : retiré en Angleterre, de la Jonchère mou* 
rut vers 1740. 

{%7) M, Morin n'avait considéré 'que les sources : il fallait exa- 
miner encore l'étendue du pays qui verse ses eaux, car il en est 
des canaux comme des citernes : plus les couverts qui y portent 
leurs eauK sont étendus^ plus la ccterne est considérable (note de 
Giraultj. 

(28) M. Thomassin ayant beaucoup voyagé connaissait très bien 
le détail des eaux courantes : il pcoposail la jonction par Tétang de 
Longpendu comme moins coûteuse de près de moitié et plus facile 
à exécuter, mais on lui objectait {]uela Loire est rarement naviga- 
ble, dangereuse à descendre, difficile à remoDtcr et ne communique 
à Paris que par un long détour (note de Girault). 

Thomassin (Louis)^ ingénieur du roi, né à Paris vers la fin du 
xvjifi siècle, mourut probablement en Bourgogne. 

(29) M. Abeille établissait son point de partage à Pouilly et 
communiquait à l'Yonne, rivière toujours navigable, facile à des- 
cendre, et qui conduit à Paris ses eaux presque sans détours. Du 
côté de la Saône, il suit le cours d© TOucbe par la plaine de Rou- 
vres, Brazey, Samt- Usage et amène ses eaux dans les fossés de 
Saint-Jean-de-Lo^ne. M. Antoine applaudissait fort à ce plan, mais 
il devait Être impossible par rapport à la dépense d'exécution (tiote 
de Girault). 

(30) Gabriel (Jacques -Jules), né à Paris le 6 avril 1667, ingénieur 
des ponts et chaussées en 1716, inspecteur des bâtiments du roi en 



— 133 — 

4734, et inspecteur général en 4737, mourut à Paris le \^r avril 
4742. 

(34) La Seille, autrefois navigable, le redeviendrait à peu de 
frais. Dès 4603 les habitants le demandèrent au roi, mais les états 
du Comté d'Auxonne refusèrent de faire ia dépense des écluses 
(Cou rtépée, tome IV, page 547). — En 4643, en 4 754, ce projet fut 
repris, et toujours sans plus de succès : celte fois ce furent les 
riverains qui y mirent des obstacles : sur ia demande du maire de 
Louhans, M. Antoine dressa de nouveau les plans de navigation de 
celte rivière : au moyen de quatre écluses la dépense était portée à 
422.000 livres. Ce projet fut approuvé par arrêt du conseil de 
4777 : la délivrance en fut même tranchée au sieur Machureaujes 
travaux furent commencés, mais la rivalité, la jalousie, Tintrigue 
les firent suspendre, et depuis ils n'ont pas été repris (note de 
Girault). 

(32) Cette rivière pourrait devenir navigable d'Autun à Digoin, 
moyennant 44 écluses dont la dépense serait de 300.000 livres : le 
produit des droits de navigation à percevoir aurait pu être de 
48.000 livres : mai^ alors Tesprit de spéculation s'empara de ce 
brillant et utilo projet : on voulut trouver des entrepreneurs qui non 
seulement fissent toutes les avances, mais encore donnassent un 
produit annuel à la ville, et pour avoir voulu vendre l'exécution 
d*un aussi utile projet, on dégoûta les entrepreneurs de se présen- 
ter et l'adjudication fut renvoyée à un temps indéfini qui ne s'est 
plus présenté (note de Girault). 

(33) M. Antoine propose des barrages de retenue pour rendre la 
Saône navigable au-dessus de Gray, la restauration de l'écluse 
d'Auxonne, suivant le mode qu'il en indique, la suppression des 
moulins à bateaux de Saint-Jean-de-Losne à Verdun, et l'arrache- 
ment des racines d'arbres dans les endroits où cette rivière a des 
forêts sur ses bords (note de Girault). 

(3&) Le Doubs était anciennement navigable depuis Mandeurc. 
M. Antoine propose de le rendre seulement navigable depuis 
Besançon. Il établit que ce ne serait qu'une dépense do 408.000 
livres, et il fait sentir l'avantai^e de celte nouvelle communication 
(note de Girault). 

(35) Les devis,plans et détails des ouvrages nécessaires pour ren- 
dre la rivière de Seille navigable, depuis la ville de Louhans à la 
Saône^ dressés par M. Antoine, furent approuvés après avoir été 



— 434 — 

-Vérifiés' sur le terrain par M. Trésagiiet, inspecteur général des. 
ponts et chaussées et commissaire du gouvernement nommé à cçt 
téffet. Le projet relatif à la navigation dé l'Arroux fut vérifié et 
approuvé par M. Boucher, inspecteur des canaux de Briard, 
d'Orléans et dé Loing. [Mémoire pour l'ingénieur Antoine.) 

(36) M. Gauthey, professeur de mathématiques des pages de sa 
xj(iajesté, ayant un grand crédit à la Cour, fit, sans qu'il y eût la 
moindre demande de la part <îe la province de Bourgogne, recevoir 
"son neveu sous-ingénieur des ponts et chaussées de celte .province. 
Celui-ci, d'un caractère très vigoureux, d'une ambition excessive, 
contractée par l'air que l'on respire à Versailles, n'était pas d'hu- 
'mear à laisser construire les travaux du canal de Bourgogne sans y 
avoir part, prévoyant bien que les suites ne manqueraient d'être 
contraires aux grands^uccès qu'il n'a jamais perdus d^ vue. Il lui 
fallait de grands moyens pour y parvenir : il sut les employer* 
■ Le projet de MM. Perronet, de la Vaisne, Thomas Dumorey et 
Antoine fut rejeté (Mémoire pour l'ingénieur Antoine). 
^ (37) L'ingénieur'Antoine avait fait le devis particulier du port de 
Dijon,' parallèlement et occupant toute la longueur du rempart, dit 
le beau cours, avec' un vaste terrain au bas de ce mur pour y 
déposer les marchandises et de larges et nombreux passages voûtés 
sous la promenade : l'adjudication allait s'en faire lorsque M. Raviot, 
msjire de Dijon, entraîné parle nouveau parti, trouva moyen d'em* 
pêcher qu'elle ne se fît. 

, M,, de Montigny, trésorier de la province, qui voyait avec raison 
ique d'aussi grandes entreprises mettraient le crédit des Etat« en 
grand danger en fit vainement l'observation à M. le contrôleur 
général des finances"(Mémoire pour l'ingénieur Antoine). 

(38) Cet édifice renferme en même temps des caves très vastes 
dans lesquelles se tient le marché des vins : au rez-de-chaussée de 
très belles halles : au premier le théâtre et ses dépendances, et au- 
dessus de vastes greniers pour servir de magasin d'abondance 
(note de Girault). 

(39) M. Antoine en dessina et grava la facadeet le plan parterre, 
dont il distribua des épreuves^ dans le Journal de la Côle-dOr d^i 
23 novembre 1806. Il déduisit les moyens de subvenir à celte 
dépense qu'il porte à 300.000 livres par la vente du paquier de 
Bray, des églises de la Sainte^Chapelle et de Saint-Jean, dé l'an- 
cienne halle et d'autres propriétés : il propose de subvenir au sur- 



plus :par ie tùoyotï' d'annuités, et d'intéresser à cet établissemont 
^les pçinCtipales villes du dépai:t.ement en leur affectant, des logea 
caractériséeç par des emblèmes a pplie$bles à chacune d'elles : ainsi 
;la Sei^e^et la Saône caractériseraiefit les loges de Châtiilon et 
d'Aui^onne, le pampre et une gerbe s*appliqueraient sur. celles do 
:Beaui^e et de Semur. Aujourd'hui les armoiries les remplaceraient 
(note de Girault). 

(iD) Les dernières constructions importantes qui ont éléconfiôeB 
' à ripgénieur Antoine sont la presque totalité des bâtiments, usines, 
cours d*eau et clôtures de la poudrerie impériale de Vongos com- 
mencés ,en Tan 1803, dont la dépenses'est élevée à plus de 400.000 
livres. Ces travaux ont été faits par les ordres du ministre de la 
guerre d'après les demandes çt approbations des projets do MM. les 
administrateurs généraux des poudres et salpêtres et sous loa or- 
dres particuliers de. M. le Préfet du département delà Côte-d'Of 
(Mémoire' pour l'ingénieur Antoine). 

(41) Cette magnifique planche, très rare et' très recherchée, n'a 
4)as moins jde ImTO de longueur par 0?43 de /hauteur. Le dessin 
original, aquarelle, de cette admirable gravure, a toujours été rel^ 
gièusement conservé dans la famille de l'artisie. (Fétu, Notice sur 
P. J.. Antoine). 

• 7. (43) Dans ses écrits M. Antoine veut qu'on applique à la naviga- 
tion de rOuche ce que l'ingénieur Bertrand propose pour celle du 
Boubs, de rendre ces deux rivières navigables par le moyen de 
barrages faits dans la forme des éduses de Hollande et d'Italid, 
;d!tibandonHer le canal de Dijon à la Saône qui perd ses eaux, et 
de le remplacer par la navigation de rOuche (note do Gi» 
rault). ' ., • . .' ) 

- (43) Notre ingénieur combat le projet d'amener les eaux d'Akuy 
à Dijon et prouve que les eaux delà fontaine des Suisses, du Creux 
•d'Enfer et autres voisines, diiigées.par des tranchées, seraient plus 
que suffisantes pour l'établissement de fontaines publiques et môme 
.dans des maisons particulières de Dijon (note de Girault). 

(44) Cet écrit est une réfutation du moyen proposé par iVl. Lam- 
bert pjour.gajrantir Paris des inondations de la Seine en ouvrant 
4atéralemeht un canal de dérivation. M. Antoine préfère, comme il 
-Favait déjà, avancé dans d'autres mémoires, des digues et des dé- 
•tecsbirs. qui coûteraient infiniment moins de dépenses et seraier^t 
de plus .grande utilité (note de Girault). ■ • \ 



i36 



(45) M. Antoine attribue a trois causes la déperdition des eaui 
deSuzon : la deslruction de* forêts voisiner, lo curement de son lit, 
pour on lirer des sables, le placement des ^usine.-;. Il propose de 
FUpprlmerson enlrée dans la ville, sousla tour ta Tremoïllej ce qui 
grossira lo volume de ses eaus autour de la ville, et donnerait de 
Teau pour des abreuvoirs^ des lavoirs, des irrigations et tarirait la 
source d'insalubrité qui résulte des latrines posées sur ce cours 
d'eau, qui non seulement se soudle des mjjtières fécales, mais en* 
core les amène dans les eaux: de TOuche pour les corrompre (noie 
de Gtrault). 

(46) Dans cet ouvrage, l'auteur, après avoir remonté a rorigino 
de rarchiteclure, en parcourt el en décrit les diverses phases et 
les divers caractères chez tous les peuples, jusqu'à nos jours^ et 
démontre les principes du Beau, d'après son propre système basé 
sur l'iinitalion de la nature (Fétu, Notice sut' Antoine). 

(47) Daus cet écrit, M. Antoine voudrait qu'on alTectât aui dé- 
penses do chaque minigtère une des branches de revenus. Il assigne 
au ministère de rintéricur \a contribution foncière qu'il veut être 
diminuée d'un tiers: il donne le produit des droits de timbre au 
ministère do la justice; colui de la guerre aurait les revenus des 
domaines nationaux • celui delà marine serait défrayé par un impôt 
sur les boissons ; il attribue tes douanes aux frais de relations ei- 
térieures, le revenu des postes et du droit do passe au ministère 
du commerce, enfin !o ministère iles (inances aurait les droits sur 
tes monnaie:; et la mai'que des métaux. El finit par donner les 
moyens d'acquitter la dette de l'état; on sent que cet ouvrage n'a 
pu avoir de mérite que relativement au Icrops où il a été publié 
(notice de GirauUj, 

(48) M. Antoine d'accord de la base adoptée pour unité de sys- 
tème métrique, n'est pas d'avis dei fractions et des dérivations 
qu'on en a tirées. Ses vues à cet ét^ard furent envoyées à la So- 
ciété d'agriculture, commerce et arts du département du Doubs 
qui les a ini^éréos dans le 3« rapport de ses tf a vaux. Elles furent 
adressées à l'Athénée de Lyon et elles se trouvent consignées dans 
le journal du département de In Gùte-d'Or qui a paru sous le titre 
fie l'Original du 18 nivôse au IV\ Il voudrait que Tancienne divi- 
sion du cercle en 360 parties fût conservée, comme ayant des rap- 
poils naturels avGC la longueur du rayon, demanière qu'en admet* 
tant aveu Cassioi 37,074 toises pour mesure du degré du méridien 



— 137 - 



I 



k noire laliiude, et lédoisant la loise ù 5 pîeds S pouces 6 li- 
gnes 5/6, on en Irouverail 60.000 dans chacun des degrés et la 
minute serait par conséquenl de 1600 [oIebs, ce qui se rapporterait 
assez exactement à la n^esiire la plus généralement reçue pour les 
distances par les nations civilisées et môme par les anciens Ro- 
mains. Ainsi le journal de la terre qui est de 900 toises carrée» 
anciennes dans la plupart des départements étant porté à 2000 toises 
carrées nouvelles, resîerait à peu près le môme et s'accommodorail 
pîus aisément au calcul décimal. La môme toise ainsi rectifiée ser^ 
virait à mesurer le bois du chauiïage et donnerait le nombre rond 
de mesures à peu près équivalentes à la voie. Quant aux poids, 
M, Antoine insiste pour la conservQiion cîu poids do marc: qu'im- 
porte, dil-iî, que notre livre réponde îi un nombre rond équiva- 
lent à un certain volume d'eau djslillée? Ce qu'il importe beau« 
coup, c* est de ne pas tout bouleverser dansle langage du commerce 
et des arts, lorsqu'on peut faire autrement. 

L'énnine serait d'un millier pesant de beau froment, le sac de deux 
quintaux, le boisseau de 50 livres, le bo^sselel do 10 livres, 

La queue de vin contiendrait b poids d'un millier pesant de vîn, 
lo tonneau 5 quintaux, le barillet un quintal, le broc dix litres, la 
pinte ou bouieilte 2 livres. 

Au surplus les mesures de capacité ne peuvent jamais s'accorder 
exactement avecie poîd^ qui variesuivant la qualité des denrées et 
les saisons. 

Ces modifications, dit îe rapporteur de la société de Besançon, 
seraient d'autant plus propres à établir Tuniformilé du nouveau 
système, qu'elles maintiendraient à peu de cho?o près les mesures 
consacrées par l'usage et supprimeraient par conséquent la diffi- 
cultépresque tnvincible des dénominations nouvelles pour le vulgaire, 
Ll est à regretter^ dit lo rapporteur de Lyon, que ces vues n'aient 
pas été offertes dans le temps, l'idée de conserver l'ancienne divi- 
sion du cercle, de rapporter à la minute du degré, Tunité des 
mesures itinéraires, de déduire de celte unité la ions^ueur de la 
toise usufôlleet de Taune, est u[m idée simple, naturelle, conduts^ant 
à des résultats commodes et qui en changeant la base du isy.'^Eème 
métrique n'exclut enelfetaucunde ses avantages leti plus sensibles 
(note do Girault), 

(49) Cet écrit est une série d opérations aritbmétiques résolues 
pour faire connaître avec certitude^ au moyen de légers calculs, le 





— 438 -^ 

-i'iapport: du journal ancien, à Tare, à l'hôQtarQ et le prix do l'un, 
.xiojuparativeoientjavec celui de l'autre ,(note de.. Girault).. ,, . 
,; (50) Il consiste à stationner à chaque relai de. po^e une brigade 
4)ilu$iQti iQoins forte de soldats réfQrméS; ou eQ,'^^traite qui auraient 
4e $oin de réparer les dété^iOirationisdes rputes,i mesure qu'elles 
jw'rjvenl et; d'i^ijiser ainsi )^u profil de r^tà:^ le tpait0merit.qjie dee 
.©ililaires epçore. valides en reçoivent (nçt^ de . Circuit).: : 

V: (.o1).Leinémoirp sur Téglise SaîntTMicljLel a été remis parM. Anr 
J<^|i9 à M;. Je[ curéde cette paroisse qui^e propos^, de le faire im^ 
IprJmep (noie de Girault). ' ! •. . :'■ . ' y 

,1.:, La description |rès admiratrve que donnç Ai^toin^ der ce chefr 
.d'<Buvret d/architecture gothique est pleine de comparaisons pitto- 
resques ^^ gracieuses et justes : d'i^n. style clair et naturel où se 
.yévète. Técrivain véritabLçment cpmpQtent. ,; . ; ^ ; 

./Cet .éloge est d'autant plus remarquable qu'il a été écrit ^âunp 
époque où Timitation de Tart greçot romain régnait en souveraine 
jOttrOÙ le génie du mojren âge était encore abjs;oluoaent dédaigné et 
proscrit, (fétu, Notice, ^ur f^J, Antoine), ; - 

, {52) Lo bourg d'Ongne on Bourg des dieux serait, d'après Saint- 
J^ulien de, Baieure, le lieu d'où les premiers Bourguigaons tirèrent 
leiîr nom. Situé entre Lux et Til-Ghâtel, il aurait été déti:uil ayant 
la conquête romaine et rebâti par Aurélien sur l'emplacement de 
Dijon; son existence est des plus prpl^lématiques. 

(53) Les 42 dessins d'Antoine ont été publiés, en 4893, par 1^ 
soins de; ses arrière-petits- fils MM. Joseph Moreau - et Marcel 
Guniemot, dans un volume luxueusement édité, et auquel le poète 
.bourguignon Stephen Liégeard a consacré une remarquable préface. 

(54) Nicolas Berthelon, né a Lyon, mourut en celte ville en 4 799^ 
a^rès avoir été professeur de physique à Montpellier et professeur 
d'histoire à Lyon. Ami de Francklin, il s'occupa beaucoup des 
jjhéiiomènes de l'éJectricilé. ' , - 

. /{5o) Wiiliam Herschel découvrit, le 13 mars 478i,ja;p}anète qpi 
jporte son nom et qu'on nomme plus souyent Uranus, à l'ai4e d'un 
télescope construit par lui-mônie. ' : 

. f, (56) Cette commission, nommée le |2 nivôse an III (U janvief 
-1795) était. composée de quatorze membres : F. Devosge, J^-B. Gçr 
vigné, J. Antoine, A. E. Volfius, F. Robert, P. Hepaud, C. A. Ju- 
rande, G. Ben,o;i, E. Alliret,' F. J.;Bpin, F.; Baillot, N. Legras, 
P. B. Gagnereau.-et P. Ja^otol. , 



— U39 — 

Chargée dé rinspéction. et de la surveillance des monuments 

.«xistant dans le département de la Côte-d'Or, elle devait faire 

-déposer dans un local choisi par elle tous les ouvrages d'art dignes 

^de passer à la. postérité : 

.L'article III de l'arrêté du représentant du peuple Calés était 
ainsi conçu : Ladite commission déposera dans un môme local Les 

.tableaux, les estampes, les médailles, les statues, les bas-reliefs, 
les camées^ les antiques, les pierres gravées 4 elle recueillera les 

.:^instrnments relatifs aux sciences, les morceaux d'histoire naturelle 
dans les règnes animal, végétal et minéral, tous les ouvrages de 

i l'art dignes de passer à la postérité et généralement les monuments 

.précieux dans tous les genres qu'ont fourni et pourront fournir 
encore sur toute l'étendue du département, les églises, les collègep, 

vies monastères, les manoirs des ci-devant nobles émigrés et on 
général tous les établissements publics aujourd'hui supprimés. \ 

' (57) Sur Tordre du ministre de l'intérieur adressé le 3 floréal 
au yi à l'administration centrale du département de la Côle-d'Qi:^ 
l'Académie de Dijon fut reconstituée sous le titre de Société libre 

id^s sciences, arts et agriculture de Dijon, Elle avait pQur objet 

.principal Je perfectionnement de l'agriculture dans le département 

-de la'Côte-d'Or. 

Constituée sur ces bases, la société ne faisait que languir : le 
'25 germinal an X, Antoine fut nommé avec Volfius et Devosgo 
membre de la commission chargée do rédiger de nouveaux statut^ 
et le 21 prairial an X, la compagnie reprit son ancien titre (f Aca- 
démie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. 

. (58) Le sieur Leistenschneider, fabricant de formes à papier, à 

. Poncey, près de Saint-Seine, avait inventé une machine qui, sans 
le concours d'aucun ouvrier, pouvait confectronner du papier en 
feuilles d'une longueur indéterminée. Surle rapport fait par Antpino 
à la séance du 3 juillet 48H et sur celui de Leschcvin à celle du 

J9 mai 1813, l'Académie fit les démarches nécessaires pour obtenir 
à l'inventeiir un brevet pour dix ans. Il lui fut accordé par décret 
du 43 janvier 1814. 

-^ (59) M. Guillemot fils; aujourd'hui ingénieur en chef du dépar- 
tenient de Ça6ne-et-Loire, et du bassin de la Saône, ingénieur dis- 
tingué, membre de la Légion d'honneur, et de plusieurs hociétcs 
savantes (note de Girault). 

^: «Antoine avait été nommé ingénieur en chef le 6 décembre 1790. 



— 140 — 

(60) Nommé professeur d'architecture à Técole des Beaux-Arts 
de Dijon^ par décret du 46 mars 4809^ Antoine rédigea^ le 4 3 juin 
suivant^ le programme du concours consistant en un projet des 
constructions à faire pour élargir et régulariser la rue des Singes^ 
formant aujourd'hui la partie de la rue Chabot-Charny entre la rue 
de l'Ecole- de-Droit et la rue du Petit-Potet. 

Ce nom lui venait delà Maison du Singe dans laquelle en 4260 
s'assemblaient les maires et échevins. Les armoiries de la ville 
sculptées dans cette maison avaient des singes pour supports. Elle 
fut démolie en 4820. 

Le premier prix du concours fut attribué au sieur Caumont, et 
sur l'avis du conseil général des ponts et chaussées^ le gouverne- 
ment décida qu'une somme de 40^000 livres chaque année^ à prendre 
sur les fonds ordinaires des ponts et chaussées^ serait employée à 
l'exécution des travaux (Mémoire pour l'ingénieur Antoine). 

(61) J. Antoine avait épousé, le 8 février 4763, à son retour 
d'Italie^ M"° Elisabeth Bordot ; l'une de ses filles mourut jeune, 
l'autre épousa le fils de son collègue et de son ami (note de Girault). 

(62) J. Antoine mourut dans la maison qui lui appartenait et qui 
porte aujourd'hui le no 30 de la rue Chabot-Charny ; il l'avait cons- 
truite en 4775. Elle est ornée de bas-reliefs dont le journal: Af- 
fiches, annonces et avis dicers de Bourgogne donne la description 
suivante dans le n^ du 4 2 novembre 4776. Le premier du côté de 
l'hôtel de Blaisy représente les Mathématiques, par une femme déjà 
âgée, ayant, des ailes à la tête ; elle tient un compas et démontre à 
de jeunes enfants des figures géométriques tracées sur une table; 
on voit à côté un globe et des instruments qui achèvent de carac- 
tériser ce sujet. Il a été sculpté par 3f. Claude Ramey^ de Dijon, 
jeune élève de récole de dessin. 

Les troisième et cinquième bas-reliefs dont on va parler sont 
•aussi du môme artiste, qui, au concours de 4772, remporta le 
premier prix, et qui, à celui du mois de septembre dernier, ap- 
procha le p'.us du morceau qui a obtenu la pension pour le voyage 
de Rome. 

Le second bas-relief, placé à droite du précédent, représente 
l'Architecture par une femme qui tient le plan d'un temple de la 
main gauche et un plomb suspendu de la main droite : elle a le 
coude appuyé sur la base d'une colonne. Sur le fond, un enfant 
taille un bloc de pierre. Ce morceau, ainsi que le quatrième dont il 



— 141 — 

sera bientôt question, est de M. Pierre Petitot, de Langres, qui en 
4772 remporta l'accessit et auquel on adjugea le premier prix 1 an- 
née suivante. 

Le troisième bas-relief, placé au milieu delà façade, a pour sujet 
ies Ponts et Cfuitissées. Une femme s'appuie sur le modèle d'un pont 
et semble diriger des enfants occupés à faire mouvoir une pompe 
d*Ârchimède, pour mettre à sec une fondation ; on voit à côté le 
haut d'une sonnette à enfoncer des pilotis. 

Le quatrième^ à droite du précédent, représente la Navigation^ 
par une figure nue appuyée sur une urne versant de Teau ; elle 
tient un aviron. Un enfant assis sur un ballot de marchandise écrit 
sur uo papier : N<img, de Bourg, et un autre porte un fardeau à 
un bateau voilé qui occupe le lointain. 

Le dernier bas-relief représente la Gravure par une femme qui 
tient un burin de la main droite^ des pointes et échoppes de la 
gauche^ et semble donner des conseils à un enfant qui lui présente 
une planche de cuivre, sur laquelle est gravée la représentation 
d'un édifice. Dans le fond est une presse à imprimer en taille 
douce, avec un enfant qui grave sur ses genoux. 

(63) Un de ses amis, que nous croyons ôtre M. Louis Baudot, fit, 
pour mettre au bas de son portrait, les vers suivants : 

Le travail fut ma passion, 

J'aimai les arts avec idolâtrie ; 

Longtemps au sein d'une ingrate patrie 

J'arrêtai les essors et la prétention 

Du mauvais gotiX, dont l'invincible mode 

Fit trop souvent préférerla méthode, 

Aux vrais moyens prescrits par la raison. 

J'ai défendu les lois de la nature 

Et par des traits, pris dans l'antiquité, 

J'ai montré qu'on n'aura de bonne architecture 

Qu'en observant avec une sage mesure 

Les règles du bon sens et de la vérité. 



LA 

GRÊLE DE L'ANNÉE 1902 

DANS LE 

DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR 

PAR 

CHARLES MOCQUERY 



LA 



GRÊLE DE L'ANNÉE 1902 

DANS LE 

DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR 



La lutte contre la grêle s'organise dans le 
vignoble avec un ensemble des plus louables. 
Partout les intéressés s'associent pour installer 
des canons grèlifuges manœuvres avec empres- 
sement dès que Torage menace. Ailleurs ce sont 
les fusées que Ton essaie. 

Les effets de ces tirs sont-ils réellement effi- 
caces? Les uns, et c'est le plus grand nombre, 
disent oui. Les autres doutent encore. Est-ce une 
raison pour s'arrêter parce que les résultats acquis 
ne sont pas encore scientifiquement probants? 
Nous ne le pensons pas. Alors même que les 
moyens employés jusqu'ici seraient insuffisants, 
on n'aurait perdu, à s'en rendre compte, ni son 
argent, ni sa peine ; car ce n'est que par Tusage que 
Ton peut reconnaître les défauts de toutes les 

41 



— 146 — 

inventions nouvelles et arriver à les corriger. 

Il est d'autant plus nécessaire de chercher à 
enrayer le fléau que les propriétaires vignerons 
n'ont pas d'autre moyen d'atténuer le mal. Les 
Compagnies d'assurances se dérobent quand il 
s'agit des vignes en proposant des primes prohi- 
bitives. Les risques leur paraissent trop grands. 
Gela tient au trop petit nombre de propriétaires 
qui consentiraient à s'assurer et surtout à ce que 
la marche du fléau n'est pas suffisamment connue 
pour pouvoir calculer à coup sûr les probabilités 
des risques. Car, sites assurances contre Tincen- 
die sont consenties à des primes telles que l'on soit 
impardonnable dé ne pas s'assurer, c'est que les 
risques sont absolument connus, grâce à une 
statistique de longue durée et à ce que presque 
tout le monde s'assure. 

On comprend donc quel intérêt peut oflFrir 
une étude sérieuse de la grêle. Pour pouvoir se 
garantir contre un fléau, il faut évidemment 
commencer par le bien connaître. Pourquoi le§ 
vignerons, bien renseignés, ne s'associeraient-ils 
pas pour constituer eux-mêmes une assurance 
mutuelle? Gela ne les empêcherait pas de lutter 
contre le fléau lui-même. Les deux moyens secom- 
pléleraient de la façon la plus heureuse. 

Quoiqu'il en soil, il est incontestable que l'élude 
de la grêle est indispensable pour arriver à s'en 
garantir de quelque façon que ce soit. Aussi 



— 447 — 

avons-nous demandé à MM. les Instituleurs et 
Agents forestiers dé vouîoir bien continuer à 
nous fournir par des observations bien faites les 
renseignements nécessaires et nous sommes heu- 
reux de pouvoir les remercier comme ils le 
méritent du zèle qu'ils ont mis à le faire. Cela 
nous a permis de continuer pour 1902 le travail 
déjà fait pour les années 1897, 1898 et 1899 que 
des circonstances indépendanJesde notre volonté 
ne nous ont malheureusement pas permis de faire 
pour 1900 el 1901. 



§ 1 .— Nombre et groupement des communes 

GRÊLÉES. 

En 1902, 231 communes sur les717 du départe- 
ment ont été plus ou moins atteintes par la grêle. 
La proportion ressort ainsi à 3b 0/0, soit un 
peu plus du tiers, ce qui est considérable. 

Le tableau suivant donne par canton, par arron- 
dissement et pour le déparlement tout entier, le 
nombre des communes grêlées, ainsi que la pro- 
portion pour cent que ces chiffres représentent. 
Dans ce tableau chacune des communes grêlées 
n'a été comptée que pour une unité, alors même 
que son territoire ait eu à subir plusieurs chutes 
de grêle dans Tannée. 



— 448 



DESIGNATION 

DES 

CANTONS 




ARUONDISSEM^NI 
DE BEAUNe 

Arnay^e-Duc. ^ <| âO] 0| 

Bëtunfl-Nord. _ (3 i éi 

Ht'aune-Sud , , . 16 I 6 

Bl*gny^s.-0**che . ti 3 U 

Lîtirnaiï. , . , . . 44 4 ââ 

Nûliy. ...... ÎS 9 50; 

Nuila-Sl Georges. tH 6 âl 

l^ouitly-en Auxoi^ ââ H 61 

Sl-ift*an-de-Losnç 17 i â* 

Setirrc ...... t3 6 ât» 



Arrûodîsiement. . 199 Si tl 



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Si 



AUROXDlSSKilEM 
DE CBATILLON^L B-SONE 






15 

sa 

17 



A^tv^ti:g?e^ïîï?ct. * tIS i5 10 



DESIGNATION 
CANTONS 



communes 



AKUONDI^SEMENT 
DE DIJON 



Auxonne. . 
Uijan-Est. . 
Dijon- Nord 
Dijoo-Ouesi. 
Fon lai 00- Franc, 
Genïts. . . ^ . , 
G^vrej-ChaiTib 
Grancey*ïe-Chat 
lii^jsar-Tïlle. 

Pontaàîier-s-Sadtia 

St-Seme-r A bba j e 
Selongey . . 
Somberàoa. 



Arrondlsscmen!, 



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l«9 



ARROSDISSEMEM 
DE SE^IR 



12 



FltTignT. > . . 
MoDtbard^ . * . 

Sâuliea. .... 
Semar - . . * . 
VlUfAUÏ . . , . 



Arrûoiiî^ieaie-t, 



IVrarîemeni. 



n 


li 


43 


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13 


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19 


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n\ s 


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139 


53 


u 



Ti: iS! 35 



— 149 ^ 

Le tableau montre qu'un seul canton, celui 
d'Arnay-le-Duc, n'a • pas eu une seule commune 
grêlée en 1902. Les autres ont eu leurs communes 
atteintes dans des proportions variant de 6 0/0 à 
93 0/0. L'arrondissement le plus touché a été 
celui de Dijon où 42 0/0 des communes ont été 
grêlées; puis viennent ceux de Semur (38 0/0), 
deGhâtillon-sur-Seine(30 0/0) et enfin de Beaune 
avec une proportion de 27 0/0 seulement. 

Il est intéressant de comparer les résultais de 
Tannée 1902 avec les moyennes des quatre 
années observées. Cette comparaison est donnée 
par arrondissement et pour le département dans 
le tableau suivant : 



ARRONDISSEMENTS 



Beaune .... 
Châtilion-sur-Seine 

Dijon 

Semur .... 

Département . . 



NOMBRE des COMMUNES 
Grêlées en 
\ 902 ■•!•"• 



Total 



199 
415 
264 
439 



717 



5i 

35 

409 

53 



254 



65 
35 
98 
55 



253 



PROPORTION 

des commanes 

grêlées en 

4 902 iojem 



27 
30 
42 
38 



35 



33 
30 
37 
40 



35 



Le nombre des communes grêlées en 1902 
représente pour le département, à deux unités 



— 450 — 

près, la moyenne des quatre années. L'arron- 
dissement de Dijon a dépassé la moyenne, celui 
de Châtillon-sur-Seine s'est maintenu exac- 
tement dans la moyenne, celui de Semur et 
surtout celui deBeaune sont restés au-dessous. 

Sur les 231 communes grêlées en 1902, 213 
Tout été une seule fois, 34 l'ont été deux fois et 
4 jusqu'à trois fois. 

§ 2. — DATES ET DIRECTIONS DES CHUTES DE 
GRÊLE. 

Le tableau suivant donne par arrondissement 
et pour l'ensemble du département le nombre 
des communes atteintes pendant chacune des 
journées où il a grêlé : 



JOURS DE GKÉLE DU MOIS DE 


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— 152 — 

Le nombre des communes grêlées a donc été 
de 293 en comptant chaque commune pour autant 
d'unités qu'elle a été grêlée de fois. Ce nombre 
correspond exactement aux chiffres que nous 
avons donnés plus haut. En effet, si Ton ajoute 
aux 213 communes qui n'ont été grêlées qu'une 
fois, un nombre égal au double de celles qui Tont 
été deux fois, soit 2x34= 68 et au triple de 
celles qui l'ont été trois fois, soit 3x4 = 12, on 
aura bien ce même total de 293. 

Le nombre de jours de grêle a été de 32 en 
1902, savoir; un jour en mars, 5 jours en juin, 
9 en juillet, 11 en août, 3 en septembre, 2 en 
octobre et enfin 1 en novembre. Mais la grêle a 
été souvent toute locale. Le tableau montre en 
effet que : 

46 chutes n'ont intéressé qu'une seule commune chacune 
3 — que 2 communes chacune 

3 - 3 - 

2 — 4 _ 

- 5 - 

- 8 — 

- 42 - 

- 46 - 

- 23 - 

- 25 — - 

- 35 — 

- 129 — 

32 

Il n'y a pas lieu de s'arrêter aux chutes qui 



— 153 — 

ont atteint moins de 10 conimunes et qui sont au 
nombre de 26. Nous ne nous occuperons donc 
que des 6 chutes les plus considérables, dont une, 
celle du V août, a été particulièrement désas- 
treuse. 

1° Grêle du d juin. —Elle est tombée sur 5 
communes de Tarrondissement de Beaune, 12 
de celui de Gbâlillon-sur-Seine et 8 de celui de 
Dijon, soit en tout sur 25 communes. Cette chute 
provient de deux orages bien distincts. Les quel- 
ques conmunes grêlées de l'arrondissement de 
Beaune se sont vraisemblablement trouvées à la 
limite d'un orage qui a sévi sur le département 
de Saône-et-Loire. Les communes atteintes sont 
toutes groupées dans le voisinage de Chagny. Au 
contraire lorage qui a atteint les communes des 
arrondissements de Châtillon-sur-Seine et de 
Dijon est entré dans la Côte-d'Or par le dépar- 
tement de ITonne et en est sorti par celui de la 
Haute-Marne. L'orage a suivi une ligne droite 
allant de TW quelques degrés N à T E quelques 
degrés S. L'axe de la zone atteinte va de Savoisy 
à Grancey-le-Ghâteau. Mais toutes les communes 
sur la ligne n'ont pas été atteintes. Celles qui 
ont été frappées forment 2 groupes, le premier 
allant de Savoisy à Beaulieu et le second de 
Fraignot-et-Vesvrotteà Grancey-le-Château. Les 
communes situées à TW de Savoisy et entre 
Beaulieu et Fraignot sont restées indemnes. 



— 154 — 

Comme toujours, quelques communes isolées, 
d'ailleurs peu nombreuses, situées en dehors de 
la zone, ont été également atteintes. 

^^ Chute du \^ juillet. — Il y a eu oe jour-là 
12 communes grêlées dans Tarrondissement de 
Beauneet 23 dans celui de Dijon, soit 35 en tout. 
Les communes atteintes forment trois zones. Les 
deux premières, situées le plus au nord, sont 
parallèles ; leur direction est WSW-ENE, Elles 
sont peu étendues. Leur origine à Tune et 
a l'autre se trouve dans la Côte : la première part 
de Flavignerot pour finir àDrambonetla seconde 
d'Agencourt et Boncourt-le-Bois pour se ter- 
miner àChampdôtre. Ce sont des grêles locales. 

Là troisième parait avoir été plus étendue : sa 
direction est SW-NE. L'orage, venant de Saône- 
et-Loire, est entré dans le département par 
Labergement-les-Seurre et Chivres et en est 
sorti par Saint-Seine-en-Bâche, pour se continuer 
vraisemblablement dans le Jura. 

'i'' Chute dui^^août. — C'est de beaucoup la 
plus importante, puisqu'elle a intéressé les quatre 
arrondissements, savoir : 17 communes de Far 
rondissement deBeaune, 16 deceluideCbâtillon- 
sur-Seîne, 66 de celui de Dijon et enfin 30 de Tar- 
rondisseaientdeSemur, soiten tout 129 commu- 
nes. Elle comprend deux zones nettement séparées 
par un intervalle considérable resté indemne. La 
première, celle située le plus au nord, se divise 



— 155 — 

elle-môine en deux orages distincts. Le premier 
a une direction générale SW-NE. Il est venu du 
département de T Yonne en entrant dans la Gôte- 
d*Or parles communes deToutry, Vieux-Château 
Bt Monlberthault et s'est arrêté à Quemigny-sur- 
Seineet Duesme. Le second a pris naissance dans 
le parcours du premier sur le territoire des com- 
munes de Benoisey et Seigny : sa direction est 
W-E. Il a traversé le département dans toute 
'sa largeur en frappant toutes les communes sur 
son parcours. Il est sorti de la Gôte-d'Or par la 
vallée de la Vingeanne et a dû se continuer dans 
le département de la Haute-Saône. 

La seconde zone nous est également venue de 
TYonne. L'orage a pénétré dans la Gôte-d*Or par 
Sussey et Thoisy-la-Berchère : sa direction est 
WSW-ENE. La grêle est tombée dans toutes les 
communes du parcours et s'est arrêtée à Ruffey- 
les-Echirey et Sennecey. 

V^ Chute dul août. — C'est la moins importante 
des six. Elle n'a intéressé que 12 communes de 
l'arrondissement de Dijon et est restée toute locale. 
Elle a pris naissance à Touest de Dijon sur les 
territoires d'Haute vil le et de Flavignerot, pour 
s'arrêter à Renève. Sa direction a donc été 
WSW-ENE. 

b® Chute du 16 août.— Cette chute a intéressé 
14 communes de l'arrondissement de Beaune. 
'Deux communes isolées de l'arrondissement de 



— 156 — 

Dijon ont en oulre été égalemeni frappées ce jour- 
là. La grêle de Tarrondissement de Beaune est 
fort curieuse ; car au lieu de se trouver sur une 
ligne droite, comme cela a lieu presque toujours, 
les communes atteintes forment un demi-cercle. 
L'orage commence àCorpeau pour finir à Meuil- 
ley et Meloisey, en passant par Molinot. 

6** Chute diik septembre. — Cette chute a inté- 
ressé particulièrement l'arrondissement de Semur 
dont 21 communes ont été grêlées ; il faut y ajou- 
ter 2 communes du canton de Liernais, soit 
en tout 23 communes. Elle comprend deux 
zones parallèles de direction SSW-NNE. La 
première zone, la plus importante, commence 
à Rouvray et Laroche-en-Brenil et se termine à 
Marmagne. La seconde, qui n'intéresse que S 
communes, va de Missery et Blancey à Jailly- 
les-Moulins. 

Nous avons figuré sur une carte du départe- 
ment la direction de ces 6 chutes de grêle par 
des lignes indiquant les axes des zones frappées. 
(Voir la planche hors texte.) 

§ 3. — HEURES DES CHUTES DE GRÊLE. 

La connaissance des heures des chutes de grêle 
a de l'importance au point de vue scientifique 
aussi bien qu'à celui de la défense par Tarlillerie 
agricole. Ih est, en effet, plus facile aux canon- 



— 157 — 

niers d'être prêts à tirer si Torage se fait en plein 
jour que pendant la nuit, d'autant plus que dans 
la journée il est aisé de voir arriver les nuages 
à grêle, tandis que la nuit cela est sinon impos- 
sible, au moins fort difficile. 

Les chutes de grêle, sauf de très rares excep- 
tions, se faisant de juin à septembre, nous 
considérerons comme chutes nocturnes celles 
qui ont lieu entre 8 heures du soir et 4 heures du 
malin. Le tableau suivant donne la répartition par 
heure des chutes de grêle de l'année 1902. 



JOUR 


NUIT 1 


--*^ ^ 


Nombre des 




Nombre des 


Heares 


chutes 


Heures 


chutes 




de grêle 




de grêle 


5 m. 


j) 


8 s. 


37 


6 


11 


9 


25 


7à4l 


» 


10 


12 


midi 


2 


11 


13 


1 s. 


4 


minuit 


5 


2 


7 


1h. 


1 


3 


43 


2 


2 


4 


30 


3 et 4 


» 


5 


40 






6 


43 






7 


51 






Jour 


198 


Nuit 


9:> 1 

1 



La grêle tombe donc plus de deux fois plus 



— 158 — 

souvent le jour que la nuit. Le fléau est surtout à 
redouter entre 4 heures et 9 heures du soir. 



§ 4. — DURÉE DES CHUTES DE GRÊLE. 

La durée des chutes de grêle est également 
loin d'être indiflférente pour la défense. On con- 
çoit qu'il soit parfois fort difficile aux artilleurs 
d'êlre prêts à temps lorsque la grêle arrivant 
brusquement, poussée par un vent violent, ne 
dupe que quelques minutes. 

Le tableau suivant rend compte de la durée 
dQS chutes de grêle en 1902 : 



DURÉE 
des 

CHUTES DE GRELE 


NOMBRE 
de 

CHDTB8 CORRESPONDANTES 


de 1» à 5"» 
de 6 à 10 
de 11 à 15 
de. 16 à 30 
de 30 à 1h 


•129 

79 

42 

37 

6 


Total 


293 



Les deux tiers des chutes de grêle de 1902 
n'ont pas duré dix minutes. Plus de la moitié 
n'ont même pas duré 5 minutes. Cela rend la 
défense souvent bien difficile. 



— 159 ^ 



§ 5. — DIRECTION DES VENTS AYANT AMENÉ LA 
GRÊLE. 



Nous avons vu que la direction des nuages à 
grêle de 1902 a été généralement comprise entre 
W-E et SSW-NNE. Il ne faudrait toutefois pas 
en conclure que les vents qui soufflaient dans 
lés diflFérentes localités au moment de la chute 
de grêle provenaient toujours de cette partie 
restreinte de la rose des vents. Les observateurs 
ont, aii contraire, constaté qu'il avait grêlé 
par tous les vents, bien que ceux du quadrant 
W fussent de beaucoup les plus fréquents. Cela 
vient d,e ce que tous les orages sont constitués 
par des tourbillons, tournant en sens inverse des 
aiguilles d'une montre, poussés par un vent plus 
ou moins violent qui dans nos régions provient 
généralement de roctant d'entre W et SW. La 
largeur de la zone où se trouvent les surfaces 
grêlées est précisément égale au diamètre du 
tourbillon. Mais toute la zone, qui peut avoir 
10 et même 15 kilomètres de largeur, est loin 
d'être frappée. Les surfaces atteintes ont, au con- 
traire, une largeur assez faible, variant le plus 
souvent de 100 mètres à 1 kilomètre. C'est que 
le nuage à grêle, entraîné par le tourbillon, n'a 



— 160 — 

pas plus de largeur- La courbe de la zone grêlée 
paraît donc avoir une forme cycloïdale (1). 

La direction du vent qui souffle en un point 
donné est donc la résultante de celle du vent qui 
entraîne le tourbillon et de celle du tourbil- 
lon lui-même en ce point. Il peut donc prove- 
nir de tous les azimuths. Si l'on constate le plus 
souvent des vents des quadrants W, N et S, 
c'est que le vent qui entraîne le tourbillon a 
presque toujours une vitesse considérable dépas- 
sant notablement celle du tourbillon. Au con- 
traire, dans le cas très rare où il n'y a pas de 
vent général et où l'orage naît sur place, c'est 
le tourbillon seul qui agit et la zone est circu- 
laire. C'est ce qui explique la forme si parti- 
culière de la chute du 16 août. 

Quoi qu'il en soit, le tableau suivant donne 
pour les quatre arrondissements et l'ensemble 
du département la fréquence des vents de toutes 
les directions ayant amené la grêle : 



(I) Le cyloïde est la courbe que décrit chaque point d'une 
circonférence roulant sur une ligne droite, comme une roue de 
voiture sur un sol plat. 



IGl — 



DÉSIGNATION 
des 

ARRONDISSEMENTS 


FRÉQUENCE POUR CENT DES CHUTES DE GRÊLE 

amenée par le vent soufflant daus la direction 


R 

12 
3 

6 

8 


3 

29 

8 
12 


K 

» 
8 
» 

2 


SE 

2 
2 

» 

• 

1 


S 

i 

l 
5 


8-W 

47 
32 
30 
35 

36 


w 

18 
13 
15 
25 

18 


R-W 

1t 
11 
25 
24 

18 


Beaune .... 
Cbfitillon. . . . 
Dijon. . . . . 
Semur 


Côte-d^Or. . . . 



Le tableau montre, conformément à ce que nous 
venons de dire, que les vents de toutes les direc- 
tions, même les vents d^Est, ont amené la grêle 
en 1902 ; toutefois par ceux d'entre le SW et le 
NW, il a grêlé 72 fois sur 100. Néanmoins les 
vignerons feront bien de se méfier de tous les 
vents par les temps orageux ; car ceux du qua- 
drant Est, quoique généralement peu dangereux, 
n'en ont pas moins amené la grêle 1 S fois sur 100. 

§ 6. - Nature de la grêle 



Par nature de la grêle nous entendons d'abord 
la grosseur des grêlons et nous distinguerons en 
outre la grêle sèche de celle qui est mélangée de 
pluie. L'intérêt de ce chapitre est plus particuliè- 
rement agricole. On comprend, en effet, que plus 

i2 



les grêlons sont gros, plus ils sont dangereux, et 
cela pour deux raisons : d'abord parce qu'ils sont 
plus lourds et ensuite parce qu'ils tombent avec 
une vitesse plus grande. La résistance de Tair 
est proportionnelle à la surface du grêlon, tandis 
que celui-ci lui oppose une force proportionnelle 
à son poids. Il en résulte que, pour un grêlon 
sphérique, la résistance de Tair étant proportion- 
nelle au carré du rayon, alors que son poids Test 
au cube de ce même rayon, plus le rayon du 
grêlon sera grand, c'est-à-dire plus il sera gros, 
moins l'air aura daclion sur lui pour amortir sa 
vitesse. Or le choc étant proportionnel à la force 
vive, c'est-à-dire à la masse multipliée par le 
carré de la vitesse, on voit combien vite les dégâts 
causés par la grêle croissent avec la grosseur des 
grêlons. 

Si Ton dislingue la grêle sèche de celle qui 
tombe mêlée à de la pluie, c'est que tout le monde 
a remarqué que la grêle mélangée de pluie cause 
rarement des dégâts sérieux. Il y a à cela deux 
raisons: la première, c'est que les grêlons qui 
tombent avec la pluie ne sont généralement pas 
(rès gros. De plus, comme leur chute est plus 
rapide que celle des gouttes de pluie, ils rencon- 
trent celles-ci en tombant et ces chocs répétés 
amortissent leur vitesse. Pour toutes ces raisons 
la grêle mélangée de pluie cause rarement de 
grands dégâts. On ne conslate de dommages se- 



— 163 — 

rieux dans ce cas que lorsque les grêlons sont 
de fortes dimensions, ce qui n'a pas lieu souvent. 

Quoiqu'il en soit, en 1902, laerèle n'est heu- 
reusement tombée sèche que 67 fois, soit 23 0/0 
et mélangée de pluie 226 fois, soit 77 0/0. 

En ce qui concerne les dimensions des grêlons 
on a constaté que : 

89 fois, soit 30 0/0, les grêlons ont eu la gros- 
seur d'une noix ; 

135 fois, soit 46 0/0, les grêlons ont eu la 
grosseur d'une noisette; 

69 fois, soit 24 0/0, les grêlons ont eu la gros- 
seur d'un pois. 



§ 7. — Surfaces grêlées 

La superficie atteinte par la grêle en 1902 a 
été de 132.900 hectares, soit 16 0/0, ou près du 
sixième de là surface du déparlement. L'arron- 
dissement proporlionnellemenl le plus atteint a 
été celui de Dijon (20 0/0) de sa surface), puis 
viennent ceux de Semur (16 0/0). de Chdliilon- 
sur-Seine(14 0/0) et enfin celui deBeaune(9 0/0). 

Le lahleau suivant donne les surfaces grêlées 
en 1902 par canton et par arrondissement, ainsi 
que pour l'ensenible du département. 









^ 164 - 








DESIGNATION 


Il 


11 


1= 


DÉSIGNATION 


il 


II 






t. 


^^ 






» 


»^ 


e ^ 


ClKTOKS 


Il 
259 


lî 

■n 




-2 




GANTOMS 


II 
170 


5l 

4 


- Z 

r 

> 


Arnay-le-Due* , . 


Ausonne . . . . 


Beau ne-Nord. - . 


mi 


37 


43 î 


Dijon -Est , . , . 








Ëeaune-Sud . . . 


Dijon -Nord. . . i 


km 


183 


37 


Rligay-sur-Oudie. . 


âii 


M 


5 


Dij un-Ouest , . , 








Lie mais, , . . . 


gl5 


7 


3 


Poniaine-Française . 


483 


69 


38 


NoUy . . ♦ . . 


17^ 


37 


22 


Genlis . . . . . 


221 


46 


21 


^ uîiâ-Saini-Georges* 


m\ 


5 


2 


Gevrey-Chambertin. 


251 


31 


12 


PouiUy-en-Âuiais. , 


305 


136 


41 


G rancé v-le-Chatea u . 


!70 


47 


36 


Saint-Jean-de-Losne. 


175 


40 


22 


Is-sur-Tille, . . , 


351 


54 


15 


Seurre, . .. . 


128 


39 


17 


Mirebeau , . , . 


241 


23 


10 










Pûotailler-sur-Saône 


215 


18 


8 










St-Seine-l'Âbbay©. . 


3U 


f3 


4 










Selongt^y , . . . 


171 


27 


16 




2123 
265 


309 
36 


14 ' 
40 


Sombemon. . , . 


3â5 

3012 

312 


88 

604 

38 


39 


Arrood. de Beaune. 


Arrond^de Dijon, . 


-*^i 


Aisnay*le-Duc, . . 


Flavifîny , - . . 


43 


[i(*igneuï-les-Juifs . 


Sïï 


66 


29 


Monlbard . , , . 


32S 


56 


17 


ChâiilloEi-sur-Seine . 


44ÎI 


23 


45 


F^récy souâ'Thil, . 


200 


6 


3 


Loignes. . , , , 


403 


1§ 


5 


Sauhen. . , . 


289 


3t 


11 


MontigriV-sur-Aube. 


307 


10 


3 


Semur. , , . . 


293 


69 


23 


Recey^ur-Ûurce. . 


292 
1639 


12 

156 

13^9 


4 

9 
16 


Vitteauï . . ♦ - 


248 
1667 


70 
270 


29 
16 


Arr. de Châlilion. . 


Ârrond. de Semur 


Côte-dOi-, . , . 


8441 



— IGo 



I 8. -Pertes occasionnées par la grêle 

Le tableau suivant donne, pour Tannée 1902, 
par canton, par arrondissement et pour le dépar- 
tement tout entier, le montant des pertes occa- 
sionnées par la grêle aux céréales, aux vignes et 
aux autres cultures (houblon, tabac, piaules oléa^ 
gineuses, etc). 



DESIGNATION 

Des CANTONS 
ET DES ARIiONPISSENENTS 



Arnay-le-Duc. . . 
Beau ne-Nord . . . 
Bcaune-Sud . . . 
Bligny-sur Ouche. . 

Liornais 

No!ay 

Nuits-Saint-Gcorgcs. 
l*ouilly-en-Auxois . 
Saint-Jean- do- Losne 
Seurre 



Arrond. de Beauno . 



Aignay-Ie-Duc. . . 
Baigneux-les-Juifs . 
Châlillon-sur-Seine . 

Laignes 

Montigny-sui-Aube. 
Recey-sur-Ource. . 



Arrond. de Chûtillon. 



Auxonne .... 
Dijon-Est .... 
Dijon- Nord. . . . 
Dijon-Ouest. . . . 
Fontaine-Française . 

Genlis 

Gevrey-Chambertin . 
Grancey-ic-Chûtcau . 
Is-sur-Tille. . . . 
Mirebeau .... 
Pontailler .... 
Sainl-Seine-l' Abbaye 

Selongey 

Sombernon. . . . 



I Arrond. de Dijon. 



Flavigny . . . 
, Montbard . . . 
Précy-sous-Thil . 
Saulieu. . . . 
Semur . . . . 
Vitteaux. . . . 



Arrond. de Semur. , 



Départ, de la Cùte-d'Or. 



PEIVrES EVALUEES EN ARGENT 



CAUSÉES AUX 



CÉRÉALES 


VIGNES 


» 


It 


5 800 


75 400 


» 


4 000 


4 000 


2 000 


400 


» 


27 500 


219 150 


4 000 


14 300 


616 430 


181 600 


21 430 


2 030 


M 500 


d7 200 


691 060 


515 680 


Il 980 


» 


93 090 


» 


6 930 


» 


16 950 


» 


15 500 


20 000 


4 500 


9 


145 450 


20 000 


580 


)) 


170 470 


47 800 


61 900 


368 300 


121 000 


191 000 


441 100 


31 100 


60 000 


3 500 


» 


» 


48 500 


700 


84 250 


7 300 


10 000 


)) 


30 000 


2 300 


3 400 


» 


245 900 


14 800 


254 500 


113 200 


1 531 500 


782 700 


83 200 


3 000 


22 700 


9 760 


400 


3 050 


20 150 


1 500 


11 100 


27 400 


50 850 


27 860 


188 400 


73 070 


2 556 490 


1 39i 450 



Coltores diurses 



500 

» 

15 200 

560 

199 440 

22 420 

23 770 



261 890 



200 

250 

500 

3 000 



3 950 



500 
22 610 

20 290 

7 200 
154 600 

34 200 
1 400 
6 700 

22 170 
» 

8 850 
» 

83 300 

21 000 



382 820 



4 000 

1 000 

400 

4 600 
700 

5 560 



'16 260 



664 920 



TOTALES 



81-200 

4 OOO 

6 50O 

40 

261 850 

18 860 

997 47(» 

45 880 

52 470 



I 468 630 



12 180 
93 340 

7 430 
19 950 
35 000 

1 500 



169 400 



1 080 

240 860 

450 490 

319 200 

629 800 

97 700 

4 400 

55 900 

413 720 

10 000 

4t 450 

3 400 

343 700 

388 700 



2 697 400 



90 700 
33 460 
3 850 
26 250 
39 200 
84 270 



277 730 



4 612 860 



— i()7 — 

On voit qu'en 1902 les pertes accusées se sont 
élevées à la somme considérable de 4.G13.000 
francs. AnlérieuremenL nous avons relevé les 
perles suivantes : 

«897. . . 20.586.000 f. (année de grôle exlraordinaire) 
1898. . . 740.000 

<899. . . 2.727.000 

L'année 1902 doit donc être comptée parmi les 
années mauvaises en ce qui concerne la grêle. 

La perte totale de 1902 se répartit de la 
manière suivante entre les cultures : 

Céréales ...... 2.557.000, soit 56 0/0 

Vignes 1.391.000, soit 30 0/0 

Cultures diverses . . . 665.000, soit U 0/0 

Total. . . . 4.613.000. 

.La perte des céréales représente plus de la 
moitié de la perte totale; celle de la vigne moins 
du tiers. 

En faisant la part de Toxagéralion, inévitable 
en pareille matière, il n'en resie pas moins 
acquis que la grêle est un des fléaux les plus 
redoutables pour Tagriculture et qu'il faut la 
combattre par tous les moyens possibles. 

§ 9. — RÉSUMÉ PAR COMMUNE DES PHÉNOMÈNES 

DE LA. GRÊLE ET DES PERTES QU'ELLE A 

OCCASIONNÉES. 

On trouvera dans le tableau suivant le résumé 
des renseignements détaillés que nous ont donnés 
les observateurs pour chacune des communes du 
déparlement grêlées en 1902. Ils constituent la 
base documentaire de notre travail, tout en 
ayant par eux-mêmes un réel intérêt. 



— 168 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



DATES, HEURES 
et durée 

DES CHUTES 

de grêle 





wc«S 




3 . • 


DIRECTION 


S. 5, 




< •> 






da 


8|i 




U'O^ S 


VENT 


^ « a 




H-«JÎ 








zo5 







Groisaar 

des 
GréUns 

«0 

s 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



EVALUA 

des 
dommages 

G ans céi 
V aux vig 

D autres ci 



ARRONDISSEMENT BE BEAUNE 



1 


16 vil 3H0's 10' 


Douze. . . .^ 






16 VIII g^s's r 


Pommard. . . 


17viiimintH0' 10' 


Mavilly . . . 


i6viiH0''s 3' 


Meloisey. . . 


'I6viii1l''s 5' 



Canton d'Arnay-le-Duc. 

Communes : 20. — Ghélér : 0. 

Canton de Beaune-Nord. 

Communes : 13. — Ghêlées : 4. 



N-S 



W-E 



^ N-S 



W-E 



SW-NE 



M 


P 


s^exs'^B 


M 


P 


3^6X3^3 


M 


n 


l'^SXS" 


M 


P 


l'^SX'" 


M 


P 


3^X^' 



Canton de Beaune-Sud. 

Communes: 16. — Grêlée: 1. 



Ebaty. . . . 

Cussy-la-Colon. 
Ecutigny. . . 



3 VI 7'>s 10' 



SW-NE 



M 



Canton de Bligny-sur-Ouche. 

Communes : 22. — Grêlées : 3. 



16viiH0''s 45' 



1 VIII 7*'2o's 4' 



SW-NE 



S-N 



M 



2^X^' 



2''X«''3 



G. 
V. 
D. 


) 

12 

) 


C. 
V. 
D. 


6 

1 


C. 
V. 
D. 


25 

D 


C. 
V. 
D. 


4. 
26. 


C. 
V. 
D. 


1. 
6. 


C. 
V. 
D. 


4. 
» 


C. 
V". 
D. 


2. 
1. 


V. 

u. 


II 

9 



— 469 — 



DESIGNATION 
des 

COVBONES 



Montcea.u et 
Ëcharnànt. . 



DATES. HEURES 
et dorée 

DK8 CHUTES 

de gréle 



46YIII Q^SOs 5* 





e^sB 


GriiMir 






2 'â 


des 


LONGUEURS 


DIRECTION 


a :i 


CréUu 


et 


do 
VKRT 


D e ■ 


I 


LARGEURS 

des canluns 




l'ii 


grêlés 




S;5A 


Z eO* 




SW-NR 


M 


n 


4^X2^ 



EVALUATION 
des 

dommages cansé* 

G aax céréales 
V aax Tigoes 

D autres culturua 



Canton de Liernais. 

CoMBUNEs : U. — Grêlées : 4. 



Bar-le-Régalier. 


UviiHI»»3 3' 


SW-NE 


Brazey-en-M. . 


9viin''î0'8 4' 


N-S 


Diancey . . . 


9viil|fc45'8 4' 


NESW 


Sassey. . . . 


4 VIII 7''30's 2' 


SW-NE 



M 


P 


l^oX0''3 


S 


P 


» 


M 


n 


a-xs' 


M 


n 


i'X>' 



C. \ .500 
V. 1.000 
D. 



C. 300 
V. 

D. » 

C. 

V. » 

D. » 

G. 

V. » 

D. 

C. lOOl 



Canton de Nolay. 

Communes: -18. — Grêlées: 9. 



Chassagne . . 

Cirey-les-NoIay. 
Cormot . • . 
Corpeau. • . 



3 VI e^s «' 

46viit SCSO's 5' 

I6VIÎI 4'*40's 3' 

4 6 VIII 3''s 30' 

3 VI 8^8 3 



N-S 


M 


n 


0^5X0^2 


SW-NE 


M 


n 


Oi'îXO^^ 


NE-SW 


M 


n 


\HX\^ 


SW-NE 


M 


n 


4^X0^* 


SW-NE 


M 


P 


O^ôX»' 



V. 
D. 



G. 

V. 2.000 

D. 

G.- » 
V. 20.000 
D. 



G. 
V. 

D. 


4.200 
200 


G. 
V. 
D. 


5.000 


G. 
V. 
D. 


4 L2a0 



13 



— 170 — 



DÉSIGNATION 
des 

COHMOKES 


DATES, HEURES 

et durée 

DBS CHUTES 

dd grêle 


DIRECTION 
du 

VENT 


gcoS 

5 * « 

II! 

ils 


firmiir 

df'S 

firélMS 

¥ 
111 

2 acu 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

C aux céréales 
V aux vignes 
D autres cultures 




46 VII ii'SO's 2' 


N-S 


P 


» 


C. 
V. 

D. 

C. 




Corpeau . . . 












* 
» 




4 6 VIII 9''s 2' 


SW-NE 


M 


P 


o^^exo^s 


V. 
D. 


4.5O0 


Ivry-en-Monl. . 


16 VIII S^s 20' 


SW-NE 


M 


N 


3''X0'200 


G. 
V. 
D. 


4.000 
4 .000 


Molinot . . . 


46vin 9M0's 30' 


SW-NE 


M 


n 


4^5X0''6 


C. 
V. 
D. 


3.500 
4.000 




3 VI g'-s 5' 


W-E 


M 


■ N 


2^8X2''2 


C. 
V. 
D. 

G. 


450.000 


Puligny-Montr . 












» 




16 VII 4M5's 40' 


N-S 


M 


P 


2^5 X< "5 


V. 
D. 


45.000 
» 


Santosse. . . 


I6viii g'^aO's 40' 


SW-NE 


M 


N 


3'^X^' 


C. 
V. 
D. 


5.000 
4.200 


Thury. . 


3 VI g'-ao's 45' 


SW-NE 


S 


N 


4^X3»^ 


C. 
V. 
D. 

C. 


45.000 
5.000 
9.000 




46vui40''s 20' 


S-N 


M 


n 


4^X2'^ 


V. 
D. 


3.000 
5.000 




Can 


ton de Nuits. 








Communes 


: 28. — Grêlées 


: 6. 




Agencourt . . 


15 vil 8''30's 5' 


SE-NW 


M 


P 


^'X^' 


C. 
V. 
D. 


600 
4.200 


Boncourt-le-B. . 


15 vu "îMS's 5' 


SW-NE 


M 


P 


4'«X0'5 


C. 
V, 
D. 


4.000 
5.000 

■ 



~ t71 — 



DESIGNATION 
des 

COBXUNBS 



DATES, HEURES 

et durée 

DES CQUTES 

de grêle 



Flagey-Echer. 
Fassey > . 
Gilly-1-Vougeot. 
Saint- Bernard. 



46 VII 2''m 5' 

6 Ix^^^6 5' 

16 VII 2*m 10' 

25 VII 2i»30'8 5' 



DIRECTION 

du 

Vent 



SW-NE 

S-N 
SW-NE 
NW-SE 



g'AS '6r«sseir 



« ««5 



des 
Grèloit 



M S ça 

2 O 2 
2 oa< 



M 
M 

M 
M 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



0^8X0''6 

0^8X0*^3 
2^X^'' 



ÉVALUATION 

des 
dommages causés 

G aux céréales 
V aux vignes 
D aulres cultures 



Belienot. . 
Beurey-Bca>SBaj 

Blancey •. . 

Chailly. . . 
Châlellenot . 



Canton de PouilIy-en-Auxois. 

CoHMUKEs : 28. — Grêlées : 47. 



4 VIII 7»«30's 5' 



1 VIII l^s 



8' 



IOviH2''30'm 6' 

i viiu 7''s 5' 

4 IX 9^s 2' 

Ivni IH 6' 

Iviii 7*s 3' 



N-S 


S 


N 


0''7X0'^ 


W-E 


M 


N . 


I^SXO'6 


SW-NE 


S 


n 


tout le 
ierrrltoire 


NW-SE 


S 


N ■ 


id. 


W-E 


s 


n 


id. 


SW-NE 


M 


N 


id. 


W-E 


s 


N ■■ 


2UX0''o 



G. 1.200 
V. _ 2.500 

D. » 

G. » 

V. 4. 000 

D. 10 

G. 4.000 

V. 4.000 

D. 500 

G. 200 

V. 6i)0 

D. 50 



G. 80.000 

V. 10.000 

D. 40.000 

G. 6.000 

V. 4.000 

D. l.OOO 

G. 3.000 

V. 1.000 
D. 

G. 40.00$ 

V. 6.000 
D. 

G. 3.000 

V. 4.000 

D. » 

G. 91.000 

V. 32.000 

D. 42.000 

G. 15.000 

V. 2.000 

D. 2.000 



— 172 — 



DÉSIGNATION 
des 

COHMUNCft 


DATES, HEURES 

ot durée 

DKS CIICTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VBST 


i-t 

m 


Grosseor 

des 
€rè!«BS 

J« 
z: eoi 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 
des 

C aux céréales 
V aux vignes 
D autres cnlares 


Givry-eiirM . . 


4 VIII T^s A' 


W-E 


S 


N 


3^X2^5 


G. 
V. 
D: 


35.000 

50.000 
5.000 
4.000. 


Créancey. , . 


34 VII mo's 40' 


W-E 


S 


N 


4''XO''500 


C. 
V. 
D 


Eguilly. - . . 


4 VIII 1^^0's 40' 


NW-SE 


s 


N 


2''.SX2''20« 


C. 
V. 
D. 


46.400 
5.600 
r.100 


Essey. > . . 


4 m 4^s 4' 


SW-NE 


M 


P 


0^8X0*^3 


C. 
V. 
D, 


» 

■ 
1) 


Grosbois-en-M 


4VIII 7*^s 40' 


W-E 


S 


n 


3''X3'' 


C. 
V. 
D. 


61.380 
1.350 
5 840 


Marcigny-Ogny. 


4 VIII Ti-SO's 3' 


NW-SE 


M 


N 


4^X2^ 


G. 
V. 
D. 


66.000 . 
45.000, ] 

i.m } 


Martrois. . . 


4vin.7n5's 40' 


NW-SE 


M 


n 


6''oX3'^0 


G. 
V. 
D. 


40.000 i 


. 


10viiH2M5'm 5' 


W-E 


M 


N 


2^X1^ 


G. 
V. 
D. 


45.00(1 1 
2.000, 1 


Missery . . . 


4vm 7»»3 5' 


SWNE 


M 


n 


2^X8^ 


G. 
V. 
D. 


J» 




4 ix^0t»30's 5' 


SW-NE 


M 


P 


l^X^^ 


G. 
V. 
D. 


1 


Moni-St-Jean. . 


10 viH2Mo'm 7' 
4viii 7M0's 5' 


SW-NE 
W-E 


M 

M 


n 
n 


3^X2' 
6^X4' 


G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 


7.001 

m 

80.001 
70.'0(« 



I 



— 173 — 



NATION 

[es 

■ORES 


DATES, HEURES 
el darée 

DES CBCTES 

de sfêle 


DIRECTION ;| f 

m 


vtsMir 
des 

€il!fts 

lîi 


LONtiCECKS 

et 

largecrs 

des cjjitoos 

grêlés 


ÉVALUATION 
dos 

doaim»fe« causés 

C MX céréales 
V aux vignes 

D »«trM cultures^ 


r-en-A. . 


4 VIII 7*3 5' 


N-S 


s 


N 


i'X^' 


C. 
V. 

D. 


50.000 
5.000 
4.000 


ey. . 


4 VIII 7*ios 5' 


111 ESI 


M 


N 


î^X»' 


C. 
V. 
D. 


950 
50 

• 


-le-D. . 


4 vm 6*25*8 3 


N-W-SE 


S 


n 


3^5X«' 


C. 
V. 
D. 


8.000 
2.000 




Canton de 


Saint-Jean-de-Losne. 










Communes 


: 47. -G.ÉLÉEs: 4. 








suit. . . 


45 vu 6*s 40 


SW-NE 


S 


N 


i'X^' 


C. 
V. 
D. 


2.500 
2o'oOO 


ne-en-B. . 


45 vil 6*15s 40 


S-N 


M 


n 


0^8X0'' 


C. 
V. 
D. 


300 

2.000 

400 


Dphorien. 


45 VII 7*30's 45' 


SW-NE 


M 


n 


o'^oXâ'o 


C. 
V. 
D. 


3.630 

30 

320 


ans. . . 


«5 VII 6'»30's 45' 


SW-NE 


M 


n 


4^X2^ 


C. 
V. 
D. 


45.000 
2.000 




Cant 


on de Seurre. 










Communes 


: 23. — Grêlées : 6. 








» . . 


15 vu -é^s 20 


S-N 


M 


N 


3^X2^ 


C. 
V. 
D. 


9.000 
46.000 
22.000 


j 


45 vu 6»»30's 20" 


SW-NF. 


M 


n 


3^X2^ 


1). 


6.400 




47vi'ii 6«»30's 45' 


SW-NE 


M 


n 


3^X2^ 


V. 
D. 


• 
4.000 



— 172 - 



DÉSIGNATION 
des 

COMMUIftft 


DATES. HEURES 

et durée 

DRS CHUTES 
de grêle 


DIRECTION 
du 

VBÎIT 


i-i 

s» ■ 

5-lf 


6ros8«or 

des 
€ré!«Bi 

i. 

l'ii 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

C aux céréales 
V aux vijmcs 

D autres colores 


Civry-enrM . . 


4 VIII 7*'S A' 


W-E 


S 


N 


3^X2^5 


G. 
V. 
D. 


35.000 
50.000 


Créance Y. . . 


34 VII e'^ao's 40' 


W-E 


S 


N 


4^XO''^00 


G. 
V. 

n 


5.000 
4.OQ0 


Eguilly. . . . 


4viii 7'»30's 40' 


NW-SE 


s 


N 


Î^5X*''*W 


G. 
V. 

1). 


46J00 
5.600 
1.100 


Essey. , . . 


4 m k^s 4' 


SW-NE 


M 


P 


CSX 0*^5 


G. 
V. 

n 


» 

u 
» 


Grosbois-en-M. 


4viir7*^ 40' 


W-E 


S 


n 


3''X3'' 


G. 
V. 
D. 


61.380 
1.350 

5 840 


Marcigny-Ogny. 


4 vin 7''30's 3' 


NW-SE 


M 


N 


4^X2^ 


G. 
V. 
D. 


66.000, 

45.000 

4.000' 


Martrois. . . 


4vin 7»»45'6 40' 


NW-SE 


M 


n 


6''oX3''0 


V. 
D. 


40.000 
4.600' 
2.000 




10viiH2M5'ni 5' 


W-E 


M 


N 


2^X<^ 


G. 
V. 
D. 


45.000! 

2.000 

500 

45.000 
500 

4.000 

1 

7.000 
0.000 
8.000' 

80.000. 
90.000, 
70.000 


Missery . . . 


4vi!i l^s 5' 


SW-NE 


M 


n 


2^X8' 


G. 
V. 
D. 


Mont-St-Jean. . 


4 ix'10»'30's 5' 

10 vii12»»lo'm 7' 

4viii 7»»l0's 5' 


SW-NE 
SW-NE 


M 
M 
M 


P 

n 
n 


3''X2'' 
6^X4^ 


G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



173 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Pouilly-en-A. . 
Semarey. . . 
Thoisy-le*D. . 

Kraaxault. . . 
St-Seine-en-B. , 
St-Symphorien, 
Trouhans. . . 



DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 



4 VIII iKi 



4 VIII 7*2o*s 5' 



DIRECTION 

da 

VENT 



N-S 



WXW-ESK 



w-/::p3 


Grossear 




2 '• 


des 


LONGUEURS 




€iè!«ui 


et 


•^ -< "^ 








1 

M M M 

111 


LARGEURS 

dos cantons 
grêlés 




x: cûM 




s 


N- 


2^X<^ 


M 


N 


•2^X«' 


s 


n 


3^oX»' 



4 VIII 6h25'8 3' N-WSE 



Canton de Saint-Jean-de-Losne. 

Communes : 47. — Grêlées : 4. 



EVALUATION 
des 

dommages causé<s 

C aui céréales 
V aux vignes 
D autres cuUuro& 



C. 50.000 
V. 5.000 

D. 4.000 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



950 

50 

8.000 
2.000 



45 VII 61^3 40' 



45 vu ^^\os 40' 



45 VII 7h30's 45* 



SW-NE 



S-N 



SW-NE 



15 VII 6"»30's 45' SW-iNE M 

Canton de Seurre. 

Communes : 23. — Grêlées : 6. 



S 


N 


4^X3^ 


M 


n 


0''8X0''7 


M 


n 


b'bX'i'o 


M 


n 


i^X^j 



c. 

V. 
D. 


2.500 
2o'oOO 


C. 
V. 
D. 


300 

2.000 

400 


C. 
V. 
D. 


3.630 

30 

320 


C. 
V. 
D. 


45.000 
2.000 



Cbivres 



Glanon 



15 Vil li^s 20 
45 VII 6»»30's 20' 
4 7 VIII 6»»30's 45' 



S-N 
SW-NK 
SW-NE 



M 


N 


3^X2^ 


M 


n 


3^X^^ 


M 


n 


3''X2'' 



C. 9.000 
V. 4 6.000 

D. 22.000, 

C. » i 



6.400 



I). 

il. 

V. 4.000 

D. » I 



— 174 — 









g^S 


Grosseur 






DÉSIGNATION 


DATES, HEURES 


DIRECTION 


i-'t 


des 
firèlois 


LONGUEURS 


ÉVALUATION 

des 




et durée 


du 


iS .'4 




et 


dommages causés 


des 




g^S 


M •/> OB 


LARGEURS 


— 


Communes 


DES CUUTES 

de grêle 


VfNT 


111 


des cantons 


C aux céréales 
V aux vignes 










*o *o *o " 
e a û. 


grêlés 


D ^tres cultures 








Z acu 














G. 


Labergemen*-I-S 


15 VII 6h30's 20' 


SE-NW 


M 


P 


s^Xi". 


V. » 
D. 


Lechâlelet . . 


15 VII 6h30^s 20' 


SW-NE 


" M 


n 


i^oX^^S 


G. 
V. 
D. 375 

G. » 




15 VII V's 5' 


SW-NE 


M 


n 


OXO^'S 


V. » 
D. 200 


Pagny-le-Ghùt- 












G. 




16vm IH V 


• SW-NE 


M 


n - 

■ 


oxoH 


V. 

D. 200 

G. 2.500 


Pouilly-s-Saône. 


15 vil ôhoO's 17' 


SW-NE 


M 


P 


ii'oX^^ 


V. 4J200 
D. 1 .000 














ARRONDISSEMENT 


DE CHÀ 


TILLO 
-le-Du 


IN-SU 

LC. 


R-SEINE 


Canton 


d'Aignay- 


Communes ; 4 6. — Gr 


ÊLÉES 


: 11. 




- 










G. 4.000 


Beàulieu. . . 


3 VI 3h30s 15' 


E-W 


M 


N 


» 


V. » 
D. 


Bellenod-s-S. • 


3 VI i^à 15' 


m-myi 


M 


n 


I^XOM 


G. 

V.lBsifoifiaBlM 

D. 




3 VI 3hs 15' 


NE-SW 


M 


P 


l'^XO'e 


G. 

V. N^nt. 


Busseaut. . . 












D« 




1 VIII 2'»s 7' 


N-S 


S 


N 


0''7X0^4 


S: ;.*3 


Duesme . . . 


Ivui 6»»i 6' 


SW-NE 


M 


P 


^«*- 


^mÊ 









w:r^^ 


' GrO'iitiic 






DÉSIGNATION 


DATES JIEURES 


DIRECTION 


ri 


1 d.'s 
Ërilmt 


LONG L'EU us 
et 


ÉVALUATION 




et durée 




2 1^ 






dommages cmîi-r 


des 




du 


y^ï 


I 


LAnSBVHS 


— 




DES CIIOTES 




^"gr 




C ADX coréates 


COMMUHSS 


de grêle 


VENT 




■?l-i 


des cantODi 


V aux vignes 

p ûiilroa eullurc-s 








k:;^ 


i^ CÛ. 


















C. 3.780 


Echalot . . . 


i viu e^a^'s 15^ 


SW-NE 


M 


» 


U8X0^8 


V. M 

D. 

C. 2.000 


Etalent© , • . 


31 Yi[ 7hs i 


SW-NE 


M 


p 


i^X^' 


D. 

G. 2.000 


Mauvilly. . . 


3 VI ahSO'^ \'6' 


NE-SW 


M 


N 


^^X^' 


V. 

D, 200 


Origny. . . > 


3 VI 4^37'a 6' 


NE-SW 


M 


N 


» 


dégâts ' 
insi§oi[iititi : 

C. 500 


Quemrgny-s-S.. 


IVMI ^^6 15' 


W'-E 


M 


P 


2*0X0^0 


D. 


Rochefort, , . 


3 VI 4b3 35' 


SE-NW 


M 


N 


ii'Xt»'^ 


V. » 
D. » 


Saint-Germain- 


2 viitO^-s 5* 


NW-SE 


M 


n 


2^X3»^ 


Insigni- 


le-Rocheux. . 


26 II i^s 3' 


iNVV-SE 


AI 


P 


Sir^^i" 


fjanU 


K 


Canton de Baigneu 


X-les- 


Juifs. 




W' 


COMMUNKS lis. — Gr 


ÉLÉES : 


40. 
















C. i.OOO 


Ampilly-les-B. , 

1 


i vni 6^d 5' 


SW-NE 


M ' 


n 


2^X2^ 


V. 
D. 

C. 38.000 


IBaîgneux-les-J, 


Uni 6^30's 3 


SW-NE 


s 


n 


4^X3" 


V. 

D, n 

C. 10.500 


Billy-sur-Seine. 


Iviir 4H5's 15' 


WSW-ESI 


M 


n 


i'^sxi's 


V. 1» 
D. 2d0 

C, 3.000 


Chaumes^îes-B. 


ivm 6>s 3 


W-E 


M 


n 


2^X0^3 


V. » 
0. » 



_ 176 — 



DESIGNATION 
des 

COMMUNRS 



Etormav. 



Jours. 



Lavilleneuvo-1-C 
Oigny. . . . 
Orret. . . . 

Poiseul-la-V. . 



DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 



DlRECTIOxN 

dn 

VENT 



Chemin-d'Aisey 
Coulmier4e-Sec 

Maisey. . . . 

Noiron-s-Gevrey 
Villiers-te-Duc. 

Yillotte-s-Ource 



\ VIII 6h20's 4' 

Iviii 6»>l5's 3* 

4 VIII 5*»s V 

I VIII 6h30 3* 
\\m e^'s 40' 

\ VIII bbs 3 

Canton de 

Communes 
3 VI iï'SO's 20' 

3 VI 4»»30's 40' 

Iviii 3»'20's 45' 

7 x12h25's 5' 

4 VI 4H0's 5' 

31 VII ihs 40' 



W-E 
W-E 

Nt:^\v 

NW-SE 
SW-NE 

SW-NE 



D • « 

M V 9 

"•si 

es «îs 
D «1 

Z«5 



M 

S 

S 

M 



Gmtear 

des 
Grêlon 



M «0 0)9 

o oS 

s s a. 



LONGUEURS 

ei 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



4''XO'6 

3''8XSko 

tout le 
territoire 

4^5X4'^ 
3^X1^ 



EVALUATIO 
des 

dommages causi 

C aux céréale 
V aux vignes 
D autres cuitun 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



perles 
insignifiau^ 



5.001 



7.00< 

40< 
40.00» 



Châtillon-sur- 

28. — Grêlées 



Seine. 

: 6. 



E-W 


M 


n 


2''0X'i''5 


NE-SW 


M 


N 


2^0X<''0 


SW-NE 


M 


P 


^i"^5X^''0 


NE-SW 


M 


P 


» 


NNW-SSE 


M 


P 


3^0X2^0 


SW-NE 


S 


n 


4^2X^''S 



C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



G. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



4 3.591 

» 

2.00» 



2.501 
» 
501 

4.001 

» 
4.231 



Insignifiant 

Insignifiant 

G. 2.201 

V. 

D. » 



— 477 — 



DÉSIGNATION 
des 

COMIUNES 


DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 
(du 

VENT 


g»3S 

^ . • 

m 

m 
m 

gnes. 


CrotMor 

des 
Grèl0U 

kI.2 
'2 "5 2 

>^. CCU 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

G aux céréales 
V aux vignes 
D autres cultures 




1 

Canton de Lai 










Communes : 23. — Grêlées 


1 


Etais. . . . 


3 VI i^s 15* 


SW-NE 


S 


n 


S^OX^'o 


C. 7.000 
V. » 

D. 3.000 


Nesle-et-Mass. . 


17 VI l^B 5' 


NW-SE 


M 


P 


i^'OX^' 


Insignifiants 


Puits. . . . 


3 VI 4h|5's 8' 


E-W 


M 


n 


3^8X2" 


C. 6.200 
V. » 
D. 


Savoisy . . . 


3 VI 5h$ 30' 


NE-SW 


M 


n 


0''4X0''2 


C. 3.750 
V. » 
D. 




<3 VI 7hs 45' 


W-E 


M 


n 


tout le 
territoire 


Insignifiants 




Canton de Montigny-sur-Aube. | 




Communes : 46. — Grêlées- 


1 


Louesme. . . 


Iviii Z^oO's 45' 


SW-NE 


S 


n 


4^X^' 


C. 45.000 

V. 

D. 


Montigny-s-A. . 


3 iz44M5's 42' 


S-N 


M 


N 


s^x^^ 


C. » 
V. 20.000 




Canton de Recey-sur-Ou 


rce. 




Communes : 17. — Grêlées 


2. 


Beneuvre. . . 


40 VI i^s 40' 


NE-SW 


M 


N 


c 4.â00|| 


Gurgy-le-Chât. . 


3 VI 3»»J 45' 


NE-SW 


M 


P 







— 178 



DESIGNATION 
dos 

CoMMUNfiS 



DATES, HEURES 

ot durée 
DKS CHUTES 

de grêle 



DIRECTION 

du 

VENT 



;2 .-î 






(iroiNir 

des 
CréloBi 

a 

o O "S 

p a A- 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



EVALUATION 

des 

dommages causés' 

G aux céréales 
V aux vignes 

D antres cnliures 



ARRONDISSEMENT DE DIJON 



Canton d'Âuxonne. 

Communes : 46. — Grêlée : 4. 



Champdôtre. 

Arc-sur-Tille. . 
Bressey-s-Tille. 
Brognon. . . 
Chevigny-Si-S'. 
Gouternon. . . 
Dijon. . . . 
Quetigny. . . 
Remilly-s-Tille. 



15 VII e^ao's 3' 



SW-NE 



N 



Canton de Dijon-Est. 

Communes : 47. — Grêlées: 42. 



7 VIII 6''30'm 40' 
15 VII 5'>s 30' 



16 VII S'-s 



5' 



45 VII 4»'30's 30' 

7 VIII e*"!!! 8' 

7 VIII 6'«m 45' 

1 VIII Hs 8' 

7 VIII 6**m 10' 

15 VII 6hs 20' 



W-E 
NW-SE 
SW-NE 
SW-NE 

SW-NE 

N-S 

SW-NE 
SW-NE 

S-N 



li'oXO^S 



M 


N 


i^oxo^'S 


M 


■ N 


3^0X2''0 


M 


n 


l'^cxo^e 


M 


N 


3^0X<*^0 


M 


n 


4''5X^'0 


M 


N 


i^OX^^^ 


M 
M 


n 
n 


4''0X'I''3 
i'^OX^'o 


S 


N 


2''0X^^^ 



c. 

V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V, 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



580 
500 



4.500 

20.450' 

4.000 

4.200 
» 
80 

40.000 
» 
4.000 

8.000 
90ff 
600 

20.000' 

45.000, 

3.000 

5.000 
3.000 

> ' 

31.100.' 

400, 

3.5001 



— 179 



DÉSIGNATION 
des 

COMMUNBS 


DATES, HEURES 
et durée 

DES COUTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VENT 


M 


Grossear 

des 
firèloii 

S 

«lu, 

111 

n 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 

d.»S 1 

(]uininag(>8 rauȐ& 

C aux céréales 
V aux vignes 
D autres cultures 

1 




Iviii 8»»30's 3' 


N-S 


04X0^8 


C. . ' 
V. 10.000 
I). . ; 

C. 5.000 

V. 

l). » 


Ruffey-les-E. . 


7 VIII 7»»m 5' 


SW-NE 


M 


n 


I^OXOi^o 


St-ApoUinaire . 


4 VIII 8»»30's 3' 
7 VIII 6»»30'ià 5' 


N-S 
NW-SE 


M 

S 


P 

N 


tout le 

territoire 

id. 


il. 37.600 
V. 8.500 
D. 8.930, 


SeDDecey. . . 


4 VIII 7*s 4' 


N-S 


M 


n 


2''X<'2 


C. 600' 
V. 4.000 

D. » 


Varois. . . . 


. 7 VIII 7hm 10' 


SW-NE 


S 


n 


3''0XS'0 


C. 30.000 
V. 6.000, 

D. 1 .000 




Canton 


i de Dijoi 


i-Norc 


I. 




r40MllUNES : 


14.— Gr 


ÊLÉES 


11. 




Iviii %^s 5' 


SW-NE 


M 


n 


2^5X2^0 


C. 400 
V. 4.500 
D. 

C. » 

V. 1.000. 

D. » 


Ahuy. . . . 


29 VIII l^Ws 5' 


SW-NE 


M 


P 


l^oX^^O 


Asnières-l-Dijon 


Iviii 8»»s 30' 
29VI1I 9>»s 30' 


S-N 
S-N 


M 


P 
P 


tout le 

territoire 

id. 


V. losigoifiaili 
D. 


Bellefond. . . 


Iviii g'-s 2* 


SW-NE 


M 


n 


2''0X1''3 


C. » 

V. 2.700 
l). » 


Daix .... 


Iviii 7»»15's 30' 


SW-NE 


S 


n 


2'^0X2''0 


C. 30.000 
V. 50.000 
U. 5.000 


Darois. . . . 


16 VIII 2»»s 5' 


SW-NE 


M 


P 


0^6X0''3 


C. » 
V. » 

D. « 



— 180 — 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES. HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VENT 


lit 


Groistir 
Ctdoii 

ï 

"lit 

2 cû* 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêles 


ÉVALUATION 

d«'8 
dommages causés 

C aux céréales 
V aux viornes 

D autres cultures 


Etaules .. . . 


16 vin 2»»s 5' 


SW-NE 


M 


P 


0''5X0^3 


G. » 
V. » 
D. » 


ForHaine-l-Dijon 


4 vin 8»'»5's 40' 


NW-SE 


M 


n 


5''3X4''2 


G. 40.500 
V. 86.800 
D. 5.290 




7 VIII 6*»^ 45' 


N-S 


M 


P 


i''0X0''3 


G. 3.000 
V. 2.000 
D. 

G. 4.000 
Y. 4.000 
D. » 


Hauteville . . 


29 VIII 6ûs 40' 


NE-SW 


M- 


P 


2''0X0''o 


Plombières-1-D. 


4viu 8»»s 45' 


W-E 


S 


N 


6''0X6''0 


G. 40.000 
V. 4 00.000 
D. » 


Savigny-le-Sec. 


29 VIII l^s 5' 


SW-NE 


M 


n 


^^OX^'O 


G. » 
V. 2.000 
D. » 


1 Talanl. . . . 


4 vin 7»»30's 45' 


NW-SE 


M 


N 


tout le 
territoire 


G. 7.000 
V. 4 25.000 
D. 40.000, 


Canton 


de Dijon 


-Dues 


t. 




GOMMUNKS : 


43. — Gr 


ÈLÉES : 


7. 




j Dijon. . . . 


4vni 8»'30's 40' 


NW-SE 


S 


N 


4^0X*'0 


G. 4.800 

V. 450.000: 

D. 




16 vu 2^. fC 


NW-SE 


M 


n 


3*0X«*3 


InsigniGaDts 


Flavignerol . . 


7 VIII e^^m 15* 


NW-SE 


5^ 


n 


2^5X<'8 


C. 4.000 
V. 500 

D. 1.000 


Fleurey-s-Ouche 


1 vin S^'Ids 6' 


NW-SE 


^ 


N 


3^0X<'0 


C. 5.000 
V. 5.000 

D. « ; 



— 181 — 



DESIGNATION 
des 

COMMiniES 



Lantenay, . . 
LoDgvic . . . 
Neailly-1-Dijon. 
Velare-8-Oucbe. 

Bourberain . . 

Chaume . . . 
Courcbamp . . 

Dampierre-s-V. 
Fontaine -Franc 
Fontenelle . . 
UTiUcNivê-ft-Yiif. . 
Ueej-iir-lingMBM . 



DATES. HEURES 
et dorée 

DBS CBUTES 
de grêle 



4viu 8»»30'3 20' 
45 vu 6»»s r 

4 VIII 8»»s r 

45 Vil 4hs 45' 

4 VIII 8hs 40' 

Canton de 

Communes : 

4 VIII oKri's 40' 

4 VIII 5hs 4 0' 

I VIII fi*>à 4o' 

4 VIII /hs o 

4 VIII 5»>30's 41 

Iviii 5h40*s i5' 

1 VIII 6hs 45' 

4 VIII 6bs 10' 



DIRECTION 


1^1 


Greiteir 

des 

GréUii 


LONGUEURS 

et 


da 
VBNT 


lit 


N noix 

D noisettes | 

F pois 


LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


W-E 


S 


N 


5^0X3^0 


S-N 


M 


n 


1^5X2^ 


SW-NE 


M 


n 


l-^oX^^ 


NE-SW 


M 


P 


0^8X0^0 


NW-SE 


S 


n 


2^5X2^ 



Fontaine-Française. 

4 4. — Gkêlées : 4 3. 



W-E 

x\E-S\V 
NK-SW 

SW-NE 
NE-SW 
NW-SE 
NW-SE 
N-S 



S 


N 


s^x^' 


M 


P 


> 


M 


n 


0''8X0''4 


M 


N 


tout le 
territoire 


S 


N 


5^0X3'^o 


M 


N 


2''0X0''o 


M 


n 


î^OX^'' 


M 


n 


«•'XO'^S 



EVALUATION 

des 
lioDimt^n eaurr»' 

G aux céréales 
V aux vignes | 

D autre* ruIluiY» 

I 
I 

I 

C. 8O.OO0' 
V. 30.000 

D. 5.000 

C. 45.000 
V. 3.000 

D. » 

C. 200 
V. 500 

D. 200 

C. 45.000 
V. 2.000 
L>. 4.000 



{]. 60.000 

V. 12.000 

I). 8.000 

Insignifiante 

id. 

C. 5.000' 
V. 1.000 
0. 2.000 

{]. 4 0:>.000 

V. 20.000 

l). 405.000 

{]. » 
V. 

D. » 

C, 8.500 
V. 

D. 500 

G. 4 00 

V. 400 

D. 400 



— 482 — 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES. HEURES 

et darée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VENT 


H « «> 

a-fi S. 

S'il 


Grosseur 

des 

Gréions 

S 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

G aux céréales 
V aux yignes 
D autres cultures 


Montigny-s-V. . 


4 VIII 7'*s 


40' 


NW-SE 


M 


N 


1^2X4^ 


G. 8.000 
V. 4 .000 
D. 4.000 


Mornay-s-Ving. 


4 VIII 5^s 


20' 


SW-NE 


S 


n 


tout le 
territoire 


G. 54.500 
V. 4.500 
D. 4.000^ 


Pouilly-sVing. 


4 VIII 5'»a5's 


20* 


NE-SW 


S 


N 


s^ox^"^ 


G. 70.000 
V. 4.OO0 
D. 4 4.000 


S»-Maurice-s-V. 


4 VIII 6»'s 


7' 


NW-SE 


M 


n 


2''0X<*'0 


G. 

V. Iisifiifiaili 

D. 


StSoiBO-s-VinfMnie. 


4 viii S^'oO's 


10* 


NE-SW 


S 


N 


3''0X2''0 


G./ 

V.l 150.000 




( 


::ani 


ton de (k 


nlis. 








Communes 


: 27. - Gi 


tÈLÉES 


8. 




i 

j Bessey-1-Git. . 


M viil2''30's 
15 Vil 6*.^ 


10' 
45* 


SW-NE 
NE-SW 


M 

M 


n 
N 


3'OXî'O 
i^OX^'O 


G. » 
V. » 
D. 4.500 

G. 4.500 
V. » 
D. 17.000 


1 
Gessey-s-Tille. . 


\o vil o^\o's 


5' 


NW-SE 


M 


n 


3^0X2^0 


G. 40.000 

V. 

D. 


1 
Kchigey . . . 


15 vu 7^< 


5' 


SW-NE 


M 


P 


tout le 
territoire 


losigDÎfiantj 


Fauvernoy . . 


15 vil 5^s 


iîO' 


NW-SE 


S 


N 


2^2X«^5 


a 15.000 
V. 3.000 
D. . 


keure. . . . 


OviiilPs 


5 


S-N 


M 


n 


tout le 
territoire 


C. 
V. 
D. 1.000 



— 183 



DESIGNATION 

des 

CoMBiniES 



Izeure. . . . 
hier . . . . 

Magny-s-Tille. . 
IhHfj-M-f laÎM . . 

Corcelles-l-Cit. . 

Fénay. . . . 
Noiron-s-Gevrey 

SNlM-li-CliapelU. . 
Ternant . . . 

Bussières. . . 



DATES JIEURËS 
et dorée 

DES CBUTES 

de grêle 



45 vil 5^s 50' 



45 vil tH 60' 



!5vii ^^i 40' 



45 vu 6>'s 40' 





S^S 


firoistar 








D ' « 


(les 


LON(îirKrRS 


EVALIATION 


DIRECTION 


a ;i 


CréUii 


et 


des 




3 .-s 








du 


gJS, 


? 


LAIIGKURS 


— 


VENT 




2i 


des cantons 


C* aux oérêales 
V aux vignes 




5-15 


âil 


grilles 


I) âulrr» culture» 




?:;; ù» 


>^. sa. 






N-S. 


M 


N 


tout lo 
terriloiro 


(\ 6.000 

V. . ■ 

0. 44.000 
C. 45.000 


W^W-ESK 


M 


N 


3^0X1^0 


V. » 
l). 

C. 40.000 


N-S 


M 


N 


\K\X^'i 


V. 
I). 

c. î.rioo 


SW-NR 


M 


n 


^^OX^^^ 


V. 500 
l). 700 



Canton de Gevrey-Chambertin. 

Communes : 32. — GhéliIes : îJ. 



45 vil 7''2's 


4' 


S-N 


45 VII 6^3 


30' 


S-N 


I5y!i 9''s 


5' 


W-E 


46 VII 4''s 


• 5' 


W-E 



I7viii40''s 45' 



29 VIII 7'»s 



2' 



W-E 



SW-NE 



M 


P 


tout lo 


lunitoire 


M 


n 


3^0X1'''> 


M 


n 


.•i^ox^i^ 


M 


P 


4^oxo^•i 


M 


P 


IM)X0''4 


M 


N 


I^SX^^ii 



lnsiL;niiiantK 

r„ 

V. 

I). 500 

Insii^niiiant.s 

Ci. 
V. 
I). 



V. 

I). 

V. 

[). 



1)00 



400 



Canton de Grancey-le-Château. 

Communes : 41. — Grèlkes : 6. 



3 VI 3H5's 25' NE-SW 



M 



N 



5^X2^ 



C. 20.000 

V. tm 



— 484 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Busserotte. . . 
Gourion . . . 

Fraigiot-el-YuTroU«s. 

Grancey-le-Ch.. 

Neuvelle-les-G. 



Avelanges. . . 
Courlivron . . 

Grécey-s-Tille. . 
Diénay. . . . 
Echevannes. . 
Is-sur-Tille. . 
Marcillv-s-Tille 



DATES, HEURES 

et durée 

DES. CHUTES 

do grêle 



3 VI anO's 25' 

3 VI 3n0's 15' 

3 VI 4hs 30' 

3 VI 3bi5's 10' 

3 VI i^s 4 5' 





w-^S 


Grosseor 




DIRECTION 
da 

VENT 


5 * • 

s-t 


des 
Gréions 

F 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 






Nno 
n no 
Ppo 


grêlés 


NE-SW 


M 


N 


4^X2^ 


N-S 


S 


N 


4^X^' 


NW-SK 


S 


N 


3''5X3'' 


W-E 


S 


N 


0''5X0''2 


N-S 


s 


N 


l'^oxi'o 



EVALUAI 

des 

dommages c 

C aux cér^ 
V aux vigi 
D autres cal 



[nsigoifu 

C. 48. 
V. 



D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



6. 
8. 

» 

4. 

» 

4. 



Canton d'Is-sur-Tille. 

Communes : 23. — Gkêlées : 42. 



4 VIII 5»»30's 3' 

4 VIII 6''s 10' 

4 VIII S^^IS's 30' 

4 VIII ô'^SO's 4 0' 

4 VIII o^s 15' 

4 VIII ^^s 4 0" 

4 VIII 5»»l5's 5' 



N-S 

•S-N 

N-S 
NE-SW 

W-E 
NW-SE 

N-S 



M 
M 


P 
n 


tout le 
territoire 

4''X0''2 


^r 


N 


5''0X4''0 


M 


N 


2^0 X< '5 


S 


N 


4''3X4''0 


M 


N 


2''0X1'' 


M 


N 


2''0X0^8 



losignifii 

id. 

G. 43. 

V. 7. 

0. 40. 

G. 5. 

V. 

D. » 

G. 50. 

V. ,> 

D. 3. 

G. 40. 

V. 

D. 9. 

C. 6. 
V. » 

D. » 



^ 486 — 



I 

I DESIGNATION 

I des 

GOMMOIIES 



P»iNil-1ii-Snh. . 

Sattlx-le-Duc. . 
Tarsul. , • . 

Tilchfttel. • . 
Villey-sur-Tille. 



DÂTËS^fiEURES 
. et durée 

DBS COUTES 

de grêle 



Ârœau . . 
Bézouotte. . 
RoBÔve . . 



4viii 5^30's 5* 

6ym 7U5's 4' 

h VIII Sï'SO's 2' 
4viii B^iS's 2* 

4VI1Ï 5''30's 40' 



4 VIII 5M5's 30' N-S 



DIRECTION 

dn 

VBNT 



NW-SE 

NW-SE 

NW-SE 
W-E 

NW-SE 



gcoSB 

3 • • 






M 

M 

M 

M 

M 

M 



Grmeir 

des 

Grèl«08 



n 

IT 



Canton de Hirebeau. 

Communes : 22. — Grêlées : 3. 



7 VIII e^-m 45' 
7 vin 6»»m 2' 
7viii 6'»m 40' 



NE-SW 
WE 
W-E 



Canton de Pontailler. 

Communes : 49. — Grêlées : 6. 






Binges. ^ . 
Cirey-les4*onl 



45 vii 6's 25' SW-NE 



45 vu 4^45's 



NW-SE 



M 



, M 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



2^5X0''8- 

2''0X0''6 

» 

tout le 
territoire 

2''0X<''5 
4^2X*''0 



ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

C aux céréales 
V aux vignes 
D autres culturesl 



200 

400 
50 



C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 70 

pu it défàU 

id, 

G. 3.000 
V. 4.200 
D. 4.000 

G. 40.000 
V. 400 

D. 700 



M 


n 


S'^OX^"» 


M 


n 


2^0X0''B 


S 


n 


5^0X4*^ 



2.000 



si'OXS'^^ 



fksx^'? 



G.. 
V. 
D. 

p«i i% dégili 

G. 8.000 

V. 

D. 



G. 42.000 

V. 2.000 

D. 6.850 

G. 5.000 

V. 2Ô0 

D. 2.000 

15 



T- i86 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES, HEURES 
et durée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VENT 


r-i 
ki 

S'il 

D o ■ 

M 


Grokseor 

des 
Gréloai 

B 
iil 

n 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des canlons 
grêlés 


ÉVALUATION 

des 
dommages causéi 

C aux céréales 
V aux viornes 
D autres cultarw 


Drarnbon. . . 


45 Yii iï'SO's »0' 


W-E 


i^ox^^o 


P" 


de défais 


Eté vaux . . . 


iSvii 6''30'8 Ô* 


SW-NE 


M 


Q 


3''0X<'0 


G. 
V. 
D. 


42.000 
400 


Marandeuil . . 


!0viHI''s 40' 


S-N 


M 


n 


3'^0X<'0 


G. 
V. 
D. 


4 OcO 

)) 


Tellccey. , . 


45 vil 5^30's 40' 


NE-SW 


M 


P 


4^5X0'^» 


M» 


de défiii 




Canton de Saint-Seine-rAbbaye. 

Communes: 49. — Ghèlées : 4. 


• ■ 




Frénois ^ . . 


4 VIII 5»»8 5' 


NW-SE 


M 


n 


3^0X<''0 


C. 
V. 
D. 


4.200 


Léry. . . . 


4 VIII iï'aS's 40' 


NW-SE 


M 


P 


4''5X<'0 


C. 
V. 
D. 


4.400 

> 


Pangos . . • 


4 VIII 9''s \0' 


SW-NE 


M 


n 


2^0X2'0 


C. 
V. 
D. 


» 
• 


Poiseul-la-G. . 


4 VIII 7^8 48' 


SW-NE 


M 


n 


l^OXO'6 


G. 
V. 
D. 


8or 

» 




Canton de Selongey. 

Communes : 40. — Grêlées : 4. 






Chazeuil. . . 


4 VIII S'-SO's 8' 


NW-SE 


S 


n 


5^0X4'0 


C. 
V. 
D. 


65.000 
4.500 
5.000 


Orville . . . 


4 VIII 5''30's 42' 


NW-SE 


s 


D 


i^oX^^'o 


C. 
V. 
D. 


80.000 

2.000 

35.000 


Selongey. . . 


I5vii4l»»s 45' 


SW-NE 


s 


n 


4^0X0^7 


D. 


lo.ooo' 

6.000) 



DÉSIGNATION 
des 



«1 



Selongey, * , 
Vêronnes-lea^j» 

Âncey. . . . 
Arcey. * . . 
Aubigny^les-S. , 

Baulme-la-B. . 

Blaisy-Haul. . 
Bussy-la-Pcsle. 
Drée , . , . 
Grenanl . . . 
Lachaleur. . . 



DATES. HEURES 
cl dufée 

OKS CIICITES 

de grêle 



IVïH 4^30'3 20 



\\m 5^30^ 18" 



DIRECTION 
du 

VENT 



NW-SE 



NW-SE 



g^r.js 


fimtenr 


i "1 


dm 


s *t 


fttklm 


3 .* 




Mît 


* 






w.ï ■ 


- 


Ëlï^ 


M "^ . 


5if 


a S û. 


Z'^5 


p^ ca- 


M 


n 


M 


n 



LONQUEUnS 

ei 

LARGECRK 

des ta nions 

grûIéB 



EVALUATION 
des 

C ani céréatet 
V aai vifîne* 

D aulres culiurPH 



T 



totit la 
teniloiiG 



C. 25.00(1 

V. 4.00^ 

D- 6.001 

C. 65.900] 

V. r.ooo 

y. 3-300 



Canton de Sombernon. 
Communes: ^7.— Ghélêes : 17. 



IviH 7H3's 40' 

3 VI 2b30's 10" 

4viu ji^SO's 4" 

Ivjii 7i25's 6' 

3 VI 2''o8's 17' 

1 VIII 7''30*s 5' 

1 vtii S's 13 

f viïi Ti'd 15 

Ivni 7>'30'3 10* 

Ivrit 5ï>i 2' 

9 VIII i«>s 30" 

1 viii 7ï*30's 5' 



NW-SE 


M 


n 


i^OX*'<> 


SW-NE 


M 


n 


3^0X2^0 


NE-SVV 


M 


n 


i^0X2^0 


NW-SE 


M 


N 


2KîX'2''0: 


SW-NE 


M 


n 


2^oX^Jo 


SW-NE 


S 


n 


'^i-oX^'^ 


W-E 


M 


n 


l^OX^^^ 


W-E 


M 


n 


3^0Xi''3 


NW-SE 


M 


n 


2^0 X^ ^2 


SW-NE 


M 


P 


2^0X0^0 


SW-NE 


SI 


P 


2^0X0^û 


NW-SE 


M 


N " 


s^ox^^o 




fil de éégils 

G. 30.000- 
V, 5.000 
D. 

pai de d^|iti 

C, 15.000 
V. 23.000 

y. » 

G. g.ÛOO 
V. 2001 

D. 

C. 20.000 

D. 300 

G. 10.000 

V. 

D. 2.500 

dégâls. 
nsigni fiants' 

C. ' 5,000 
V. 7.000 
D. 




— 188 — 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 
du 

VENT. 


Ils 


GroiMar 

des 
GrtlHi 

i 

tii 

z: aOi 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATIOÎ 
des . 

dommages aaik 

G aux céréalei 
V aux vignes 
D autres cullurw 


Mâlain. .1 • . 


4 VIII 1^30's 40' 


VV-E 


M 


n 


4^0X4'» 


c. 

V. 
D. 


20.00(1 

40.00(1 

5.00( 


Mesmont. . . 


4 VIII S^s 3' 


SW-NE 


M 


N 


2^0 X< '2 


C. 
V. 
D. 


8.00Q 
S.OOfl 
4.00( 


Montoillot. • . 


4 VIII 8»»s 4* 


SW-NE 


M 


n 


4k5X3''0 


G. 
V. 

n 


50Q 
40(1 


Prâlon. . . . 


4 VIII 8»»s 2* 


W-E 


S 


-N 


4»^0X4''S 


G. 
V. 
D. 


3.00Q 
6.O60 
)) 


Sainl-Anthol. . 


4 VIII 7*30's 40' 


W-E 


S 


N 


4^0X3^0 


C. 
V. 


. 35.000 

» 
)) 


Sainte-Marie. . 


4 VIII 7ï»45's 4' 


SW-NE 


s 


N 


3''0XI'0 


pas 


de d^s^ 


Savigny-s-M: . 


4yui 7ï«s 5' 


WE 


M 


n 


^^^X'^^o 


G. 
V. 
D. 


25.000 
25.000 
.40.000 


Sombernon,. . 


4 VIII 7»»30's 5' 


NVV-SE 


M 


N 


2''0X^''0 


G. 
V. 
D. 


30.000 
» 
2.OO0 


■- 


ARRONDIS 
Ca^to 

Communes 


SEMENT 


DE S 
ngnj. 

KÉLÉES 


EHUI 
: 40. 


l 




Q de Fiai 

: 23. - G 


Bussy-le-Grand. 


ivni 5i»s 45' 


NW-SE 


M 


n 


4''0X0H 


G. 
V. 

n. 


3.000 
• 


Chanceaux . . 


Iviii 5bs 2' 


N-S 


M 


n 


2''0X<''0. 


C. 
V. 
D 


30.000 
» 


Corpoyer-la-Ch. 


4 VIII 7»»s 4 0' 


RW-SE. 


M 


n 


0k9X«M 


G. 
V. 
D. 


4.000 



~ 189 — 



, ï'-^-S Çnu9%T[ 



DÉSIGNATION DATES.HETRES ' WRECriu.N ' § -ri, .''"'''''"1'' "a-"'" 

fftdam , ■ 2 :* I _ • "^^ î 

-^es I .du 

I DKS CMUTES 



CoaMU!iis 



de grêle 



TMT 



« : S I • l\iu;kihs 
X *^ ^ i ;d«'s i-aiil -i»* .■ 

— ils»' M J«>\ »l.l»>"' 

t:T5 =11: !='"•'•»'"' I» •■"■■■• .■ ■ ■ 






Darcey . . . 
Frolois. . . . 
Gifsey-8-FlaT. . 
Haoteroche . . 
Jailly-les-Moal. 
St-Germain-s-S. 
Thenissey • . 



ÎTui 3*i 10* SW-NE 



I ? m i^ôO's 5' 
Itiii iH 10' 

<mi 5k30's 5 
4 1x10^15*8 tO' 
Iviii 5^3 6' 

1 VIII o^s 4 0* 



W-E 

W-E 
SN 

SW-NE 
NW-Sl- 
NW-SK 



M 



M 



M I M 



ir.. \ 000 

iK>\l^i:V. 

i^;i\;i^o.v. 

!lt. i.ium 

C. .vooo 



M\l^-. 



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2^0 \ IV- 



h. 



1 !. 


1 -.'00 




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1). 


" 


(; 


1 .' 000 




u 


I). 


n 


' *» 


:. 000 




1 000 


h. 


u 



Canton de Montbard. 

Communes : 27. — Guèlkks : \:\, 



Atbie. . . . 


4 IX 9^3 20' 


NW-SK 


M 





:\H)\ \K, 


\. 

h, 


n 

M.noo 


Benoisey. . 


4 VIII 6»»s to' 


W-E 


M 


M 


i^o^ :}{) 


C. 
v. 
I) 


:i..MM) 
1.000 


Courcelles-l-M. 


Iviii 2H0's 2' 


SW-NE 


M 


V 


^i)\-- 1^1) 


iiii'. 


||0.||>(-..I|-| 


Eringes . , . 


Iviii 6h30's 5' 


SW-NE 


M 


M 


iM)>^ iM) 


V. 

h 


7.000 
it 
1) 


GrigQon . . . 


4 VIII 6^8 40' 


N-S 


M 


I» 


■J^OX^M) 


|m» 


iIp i|fj,'ltlll 



— 190 — 



DÉSIGNATION 
des 


DATES, HEURES 
do gr^ie 


DIRECTION 
du 

VENT 


M 


m 


i 

et 
LAR0EDR3 

des ffiïiloosi 
grùlêù 


ÉVALUATION 
des 

dorainiip!-* cïu«m 

C ftui céréalPB 
D outrei cuUur** 


Lucenajf-Ie-Û. . 


i viii 5^s 4^ 


W-E 


n 


i^oxi'o 


C, 2.000 

V. 

I>. » 


Marmagnp . . 


i I3t 9»'â 6' 


NW-SE 


S 


H 


î^oxî'o^ 


C. 400 

V, ioo 

D. 500 


Nogent , . , 


1 13E 9*30'a 60^ 


SW-NE 


M 


N 


1^5X0*6 


V. 200 

D. 

pas de dégàU 


Quincy-fe-Vic* , 


17 ifStaO's 8" 


W-E 


S 


P 


Ji 


St-Germam-t-S. 


4 « âfci5^s S' 


W'E 

1 1 


M 

1 


n 


i^ox^'o 


V. 360 


Seîgriy. . . . 


1 vin iïi^i 1* 


NE-SW 


M 


N 


i^ûxo't 


a (0.000 
V. 2.0Û0' 
D. » 




Ivin u>i30'j5 10' 


NW-SE 


M 


P 


i^îX^ï'fi 


G. 100 
V. 300 


Villaines-lea-P. 












D. n : 


, 


i II 8hs 1 0^ 


NW-SE 


M 


N 


mx^'^' 


lj. > 
V. 100 
0. 


Vïsérny . . . 


i lit 8b3û'3 ^s^ 


N-S 


M 


P 


l'iX^'^ 


c. 

V, 2.500 
D, 500 


Canton c 


le Précy- 


30I1S-1 


hil. 1 


Communes 

1 


: i9. - Gh 


ÉLISES -. 


^ 1 


FoDlan^y. , , 


^vun»»â 5' 


SWKE 


M 


1^ 


3^0 x< '5 


V. 3,000 
C 1 




Il vu 2*^3 2^ 


SW-NE 


M 


P 


I^OXû^o 


V. 500 

D » 


i" 


4 is WÙ's 10' 


NW-SE 


M 


N 


i^oxû^s 


G/ 400 
V. 50 
D. 400 



— 191 — 



ï 

DÉSIGNATION 
des 

CoMMUHEa 



bliUt-TNiuL 
Saint-Aodeuz. 

Thoisy-Ia-B. 



Bard-les-Ep. 



Corrombles . 



Corsaint. 



CiirciUtt-rpéafj. 



DATES, HEURES 
et dorée 

DES CUOTES 

de grêle 



DIRECTION 
du 

VENT 



D t ■ 

z«5 



€r«ssror 

dHs 
GréloDi 



c a a. 
i^. a a. 



Canton de Saulieu. 
Communes : 42. — Grêlées : 5. 



9 viH4h30's r 

4 IX 9i»25'8 3' 

IQviiMhs 3' 

4 VIII e'^SO's 45' 

4 VIII 7'»IO's 2' 



W-E 
SW-NE 

SW-NE 

NW-SE 
WNW-ESE 



Canton de Semur. 

Communes : 29. — Grêlées : \^, 



4 IX ShiO's 40' NW-SE 



4 IX 8i»40'8 10' 



30viri 4»»30's 40' 



4 IX 9>*s 



45' 



4 VIII 4*30*5 5' 
6viu 9*3 5' 



NW-SE 

NE-SW 

NE-SW 
SW-NE 
SW-NE 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

dos cantons 
grêlés 



EVALUATION 
drts 

(iuinmagKi causés 

C aux céréales 
V aux viiines 
D autres culiures 



S 


n 


l^oXO^o 


M 


n 


a'^x^'^' 


M 


N 


«•'0X0"'o 


M 


n 


ô'^OX^'o 


M 


n 


8^0X2''0 



C. 4.000 
V. 4.000 

D. 2.000 

pas de dégâts 

C. 4.000 
V. » I 
D. 

C. 

V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



200 
450' 

400 

45.000' 

500 

4.800 



S 


N 


0^6X04 


S 


n 


4^8X0^5 


M 


n 


2'0X^''à 


S 


n 


2^0X^^0 


M 


N 


ï^OX'^^^ 


M 


n 


4''0X2'0 



C. 
V. 

I). 
c. 

V. 20 
D. 

<:. 

V. 
D. 

C. 
V. 

I). 



200 



000 



000 





4 .000 
500 



pas de dégâts ' 

i 



— 192 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES. HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

degrêltî 


DlRECTIOti 
do 

VENT 


i-t 

llî 
M 


Grosseur 

des 

Gréloai 

S 

lli 

s sCU 

N 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUAr 

des 
donunages c^ 

G aax cér^ 
V aux vigKz 
D aulrei ci*^ 


Courcelles-1-S. . 


; 

4 IX 8H5's. 3' 


- SW-NE 


a^ox^i'O 


pas de de. 


Elpoi.sses. . . 


4YIII 4»!3 : 2' 
4 IX SH ' 5' 


W-E 
■ NE-SW 


M 

• 

M 


n 
a 


l''OXO''o 

» 


id. 


Forléans. . . 


4 VIII 4hs 3' 


W-E 


M 


n 


3''5X4''0 


G. 5.0i 
D. » 


Jeax-Ies-Bard; . 


4 IX 8»»s 6' 


SW-NE 


M 


N 


à'^OX^'^O 


pas de dégâb 


Lantilly . . . 


4 VIII n^8 40' 


NE-SW 


M 


P 


4''2X0''3 


G. 1.00 
V. . » 
D. » 


Montberthault. . 


4 VIII i^s 2' 
20 VIII 9hs 2' 


•NW-SE 
SW-NE 


M 

S 


n 

N 




» 


Semur. . . . 


4 IX 8H0's 4' 


SW-NE 


M 


N 


4^0X3''0 


pas de dégât 




4 VIII b^s 2' 


NW-SE 


M 


n 


4^0X2''0 


G. 1.50 
V. » 
D. » 

G. » 


Torejel PoaUgoj. . 














4 IX 9'>s 45' 


SW-NE 


S 


N 


3^0X3^0 


V. 20 
D. 10 


■' 


4 VIII 4''s 5' 


W-E 


M 


n 


1''0X0''2 


G. 1.8( 
V. 


Toulry. . . . 


4 IX 9^s 5' 


SW-NE 


M 


n 


îi'OXOMSO 


D. )» 

G. 1.81 
V. » 
D. » 


Vie-de-ChasseoaT. . 


4 VIII 4M0's 5' 


N-S 


M 


P 


2''0X2'^0 


pas de dégâ 


YieQX-CbllesD. . . 


4 IX 9^s 20' 


NW-SE 


M 


n 


4''0X1''5 


G. » 
V. 1.0 
D. » 



— 193 — 



IGNATION 

des 

)MMUNES 


DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 


DIRECTION 

do 

VENT 


i:t 


Grosseor 

des 
GréloDs 

2i 
.ïl.2 

igi. 


LONGUEURS 

. et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


ÉVALUATION 

des 
«lomraages causés' 

G aui céréales 
V aux vignes 
D autres cultures 




l 1 

Canton de Vitteaux. 










Communes : 29. — Grêlées : 8. | 


5sey. . . 


4 ixIO'^s 30' 


W-E 


M 


P 


0''5X*''<60 


C. 

V. 4.200 

D. 


rizol . . . 


1vni10»'s 20' 


SVV-NE 


M 


n 


2^0 Xi 'S 


C. 2 000 
V. 3.000 

D. 500 


ey-le- Vieil.. 


Iviii 7^3 \' 


W-E 


M 


n 


2^3X1^3 


C. \ .500 
V. 1.000 

D. » 


res. . . . 


M X %^Ws 5' 


SW-NE 


M 


P 


)) 


pas de dégâts 


t-Mesmin. . 


Iviii 7»»25's 3' 


W-E 


M 


n 


i-'oxs^o 


C. 23.000 
V. » 
D. 


isey . . . 


Iviii 7»»30's 5' 


SW-NE 


M 


n 


G^OX-^'O 


C. 20.000 
V. 15.000 

D. 5.000 




9 vil T'^SO's 5' 


W-E 


M 


n 


2''0X3''0 


C. 100 
V. 100 
D. 


rey-s-Ch. . 


1viiiH''oO's 5' 


SW-NE 


S 


n 


2''0X'^''0 


«:. 4.250 
V. 2.065 
D. 60 




9 VIII 6^s 5' 


W-E 


M 


n 


l''0X0''8 


C. » 

V. 2.500 

D. » 


îberny. . . 


4 ixio»»3o's r 


SW-NE 


S 


n 


0^0X3^0 


C. )) 

V. 3.000 

D. » 



16 



LA 



GRÊLE DE L'ANNÉE 1908 

DANS LE 

DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR 

PAR 

CHARLES MOCQUERY 



..-■• LA 

GRÊLE DE TANNÉE 1903 

DANS LE 

DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR 



Les renseignements qui nous ont été fournis 
par MM. les Instituteurs et les Agents forestiers 
vonlnous permettre de faire pour l'année 1903 
une étude de la grêle analogue à celle que nous 
avons faite pour Tannée précédente^ On nous per- 
mettra de remercier tout d'abord MM. les obser- 
vateurs du zèle et delà conscience qu'ils ont mis 
à faire et à noter les observations des chutes de 
grêle dans leurs communes. 

§ 1. — Nombre et groupement 

DES communes grêlées 

En 1903, sur les 717 communes dont se com- 
pose-le département de la Gôte-d'Or, il y en a 
eu 174 qui ont été grêlées plus ou moins sérieuse^ 
ment, la proportion est ainsi de 24 0/0, soit un 
peu moins du quart. 

Dans le tableau qui suit, qui donne par canton, 
par arrondissement et pour le déparlement le 
nombre et la proportion des communes grêlées, • 
chaque commune grêlée n'a été comptée que 
pour une unité, alors môme qu'elle a été frappée 
plusieurs fois dans le courant de Tannée : 



— 498 — 



DESIGNATION 
CANTONS 



ARRONDISSEMENT 
DE BEAUNË 



Arnay-le-Duc. . • 
Beaune-Nord. . . 
B(?aune-Sud . , . 
BlJgay^-s.-Oache . 
Liernats. . ^ . . . 

Nûlajr - 

JNuits*St-Georges. 
Pouilly-eri'Auxois 
St-Jea n-de-Losn© 
Seufre ...... 



Arrondissement. 



âo 


e 


u 


5 


16 





•22 


1 


M 


2 


18 


3 


28 


«3 


28 


7 


17 


4 


S3 


3 


— ' 


— 


iî»9 


46 



â3 



ARRONDISSEMENT 
DE CHATILLONnSUR^SEINE 



Ai^nay-le-Duc* . . 
Baigneuï-lea-Juifd 
Châti lion -s. -Seine 
Laignes. . . . » . 
Moniigny-s.-Auhâ 
Hecev-sur-Ojrce, 



ArrondiâsetnenL 



16 


3 


15 


5 


•28 


6 


33 


^ 


U 


a 


\1 


g 


i15 


ss 



24 



DESIGNATION 

DËfi 

CANTONS 






ARRONDISSEMENT 
DE DIJON 



Auïonne, , , . 
Dijon-EfiL , . , 
Dijon-Nûî-d. » , 
Djjon-Quest* . . 
Fontaine Franc. 
Cenlia. . . ^ . . 
Gevrey-Chamb» 
Grancey-le-Chât. 
Is-siur-Tiile. , . 
Mir&beaa. . . , 
Pontailler-s-Sadîte 
St-Seuie4'Abbayo 
Selon^ey. - 
S<}mbernûQ. 



Arrondissennent 



16 


1 


17 


3 


U 





13 





44 


3 


^7 


6 


32 


?i 


M 


2 


n 


'6 


n 


8 


(9 


3 


19 


7 


10 


2; 


27 


3 


264 


63 



6 

Û 

û 

14 

n 
m 

18 
22 
36 
16 
37 

m 
11 



2i 



ARRONDISSEMENT 
DE SE MUR 



Flavigny , , . ♦ 
Montbard. . . * 
Précy-sous^rhil 
Saulleu. ^ * . . 
Semur . , * . , 
Viueaux . , . * 



Arrondisiîeinent. 



DéparteiDent. 



23 
i7 
19 
*2 

â9 


4 
13 

3 

1 
U 

3 


139 


3Î 


7t7 


174 



17 

44 

46 

S 

48 



27 



24 



— 199 — 

Les trois cantons de Beaune-Sud, Dijon-Nord 
et Dijon-Ouest n'ont eu aucune de leurs com- 
munes grêlées. Les au Ir-es ont été atteints, dans des 
proportions variant de o à 66 0/0. Le canton lo 
plus éprouvé, qui a eu les deux tiers de ses com- 
munes grêlées, est celui de Gevrey-Gliambertin. 

Les arrondissements ont eu leurs communes 
atteintes à peu près dans la môme proporlion, 
savoir : Beaune23 0/0 , Chàdllon et Dijon 24 0, 
etSemur27 0/0. 

Le tableau suivant donne, par arrondissement 
etpour Tensembledu département, lacomparaison 
au point de vue du membre des communes grôlées 
de Tannée 1903, avec la moyenne des U années 
observées qui sont : 1897, 1898, 1899, 1902etl903 : 



ARRONDISiiKMENTS 



Beaune 

Chdtilion-sur-Seine . . 

Dijon 

Semur 



Département 



NOMBREdesCOMMUNES 
Grêlées en 
1903 ■•!'"• 



Total 



109 
Ho 
204 
139 



ri7 



46 
28 
63 
37 



171 



61 
31 
91 



PROPORTION 0/n 

lies ('omitmii('!>| 
isri'loea en 

1903 loi»» 



23 
2i 
24 
27 



n 



31 
30 
3i 
37 



33 



Le nombre des communes grêlées en 190;.î est 
bien inférieur à la moyenne des 11 iumOct? obtîcr- 



— 200 — 

vées, car il ne représente qu'un peu moins du 
quart du lotal des communes du département au 
lieu du tiers. Tous les arrondissements sont égale- 
ment restés au-dessous de la moyenne. 

Sur les 174 communes grêlées en 1903 : 130 
ont été grêlées une seule fois, 34 l'ont été deux 
fois, 9 trois fois et enfin une l'a été jusqu'à six 
fois. Cette dernière est celle de Flaeey qui a été 
grêlée S joursdiflFérents et à deux reprises diffé- 
rentes dans la dernière de ces journées. 



§ 2. — Dates et directions des chutes 
DE grêle 

Le tableau ci-après donne par arrondissement 
et pour l'ensemble du département le nombre des 
communes atteintes pendant chacune des 46 
journées où il a grêlé. Ces 4 6 jours se répartissent 
ainsi par mois : mars, 1 journée, avril : 3, mai : 
12, juin : 10, juillet : 7, août : 10, septembre : 
2Jours et enfin novembre : 1 jour. 





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— 202 — 

Le nombre des communes grêlées a donc été 
de 223 en comptant chaque commune pour autant 
d'unités qu'elle a été frappée de jours différents, 
si, enoutre, on comptait double celles qui Font été 
deux fois dans la même journée, ce nombre 
s'élèverait à 231. 

Ainsi qu'on Ta vu plus haut le nombre de jours 
où il a grêlé en 1903 est de 46, mais comme tou- 
jours beaucoup de ces chutes on tété toutes locales. 
Le tableau qui précède montre en effet que : 

22 chutes n'oot intéressé chacune qu'une seule commune 
6 — que 2 communes 

4 — 3 — 

3 — 4 - 

4 — 5 — 
\ — 6 — 

1 — 7 — 

2 — 8 — 
1 — 9 — 
1 — 10 — 
1 — 15 — 
4 — 46 — 
4 — 22 — 
1 — b9 — 

46 

Les seules chutes qui paraissent intéressantes 
à étudier sont celles qui ont atteint plus de 1 com- 
munes, car seules elles peuvent fournir des indi- 
calionssuffisanles surla direction des vents quiont 
amenélagrêleetsur lescirconslancesparliculières 



— 203 — 

des orages. Ces chutesen 1903 ont étéau nombre 
de 4, dont une, celle du 9 août, a été particulière- 
ment désastreuse ayant atteint 59 communes 
presque toutes situées dans la Côte. 

1° Grêle du 31 mai. — La chute de grêle du 
31 mai 1903 a atteint 22 communes du dépar- 
tement, savoir : 10 dans Tarroùdissement de 
Beaune, 6 dans celui de Dijon et 6 également dans 
celui de Semur. Elle a suivi une seule ligne dont 
la direction est SE-NW. Enlréedansla Gôle-d'Or 
par la commune de Puligny-Montrachet, après 
avoir vraisemblablement débuté en Saône -et- 
Loire,, elle en est ressortie par celle de Corsaint 
et a dû se prolonger dans l'Yonne. Mais loutes les 
communes de ce long parcours sont loin d'avoir 
été frappées. Les cantons les plus éprouvés sont 
-ceux de Beaune-Nord, Pouilly et Semur. Les 
communes des cantons de Bligny-sur-Ouche et 
^e Précy-sous-Thil, qui se trouvaient sur la ligne, 
n'ont rien eu. C'est une grêle de nuit : elle a 
commencéà7h. 1/2 du soir pour finir à 10 h. 1/2. 
Elle a donc effectué son parcours à travers le 
département en 3 heures. 

2^ Grêle du 9 août. — C'est de beaucoup la 
plus grave de Tannée en raison des dégâts causés 
et du nombre des communes atteintes qui est de 
59 dont 22 dans l'arrondissement de Beaune et 
37 dans celui de Dijon. Les arrondissements de 
Chàlillon et de Semur sont restés indemnes sauf 



— 201 — 

trois communes isolées qui paraissent avoir été 
grêlées en raison de circonstances toutes locales, 
les autres communes sont situées sur trois lignes 
parfaitement distinctes. 

. La première en commençant par le Sud avait 
une direction SW-NE. Venant de Saône-et-Loire, 
elle est entrée dans ledéparlement par la commune 
de Trugny et en est ressortie par celle de Flagey- 
les-Auxonne. Les trois cantons atteints sont ceux 
de Seurre, Saint-Jean-de-Losne et d'Auxonne, 
toutefois ce dernier n'a eu de frappée que la seule 
commune de Flagey. Toutes lescommunes grêlées, 
au nombrede 8, Tout été presque en même temps, 
entre 6 et 7 heures du soir. 

La ligne du milieu est de beaucoup la plus im- 
portante; sur son parcours 39 communes ont été 
atteintes. La première a été celle de Saint-Prix- 
les-Arnay ; mais la chute réellement grave n'a 
commencé que dans le canton de Nuits-Saint- 
Georges et s'est continuée avec la même intensité 
dans celui de Gevrey-Chambertin ; le premier a 
eu 10 communes atteintes et lesecond21. L'orage 
s'est terminé dans le canton de Genlis, à Long- 
champ. Les cantons de Dijon ne se trouvaient 
heureusement pas sur le trajet dont Taxe est 
incontestablement la ligne joignant Bligny-sur- 
Ouche à Genlis, dont la direction est à peu près 
WSW.-ENE. La chute a eu lieu entre 10 h. 1 '2 
ot 11 h. 1 2 du matin. 



— 205 — 

Enfin la troisième ligne, la plus au nord, a 
une directix)n à peu près W-E. Les communes 
atteintes sont situées dans les cantons de Mire- 
beau et de Pontailler-sur-Saône. La première 
commune touchée est celle de Belleneuve et les 
dernières celles de Renève et de Talmay. Elles 
sont au nombre de 10 en tout. La grêle est tom- 
bée entre 11 h. et midi. 

Lès trois lignes de grêle du 9 août convergent 
en un même point situé dans la Haute-Saône. 

3** Grêle du \9 août. — La grêle du 19 août a 
atteint 16 communes. Sa direction est à peu près 
W-E. L'orage venait de l'Yonne et est entré dans 
la Côte-d'Or par Buffon. Quinze des communes 
frappées se trouvent dans les cantons de Mont- 
bard et de Baigneux-les-Juifs. La grêle parais- 
sait devoir s'arrêter à Oigny, mais après avoir 
franchi une assez grande distance, elle a encore 
frappé la commune de Poiseul-les-Saulx du can- 
ton d'Is-sur-Tille. Commencée vers 3 heures du 
soir, la chute s'est terminée à 4 h. 20. 

4° Grêle dic 22 aoiU. — La chute du 22 août 
n'a atteint que lo communes. Sa direction est à 
peu près SSW-NNE. L'orage a dû se former dans 
la Nièvre et, après avoir traversé sur un petit 
espace quelques communes de l'Yonne, il est entré 
dans la Côte-d'Or, où la première commune grê- 
lée a été celle de Sincey-les-Kouvray du canton 
de Précy-sous-Thil. Les autres communes tou- 



— 206 — 

chées se trouvent dans les cantons de Semur et 
de Montbard et dans ceux de Laîgnes, Ghâtillon 
et Montigny, d'où la grêle est sortie parles com- 
munes de Grancey-sur-Ource et d'Hautricourt 
pour continuer vraisemblablement dans le dé- 
partement de TAube. Il y a entre les communes 
grêlées de Tarrondissement de Semur et celles 
de celui de Châtillon un espace considérable qui 
est resté indemne. Il paraît y avoir eu deux 
chutes distinctes dans la même direction, Tune 
a eu lieu vers midi et Tàutre à 3 heures du 
soir. 



§ 3. — HEURES DES CHUTES DE GRÊLE 

Gomme nous Tavons fait pour Tannée 1902, 
nous considérerons comme chutes de jour celles 
qui se produisent entre 4 heures du matin et 
8 heures du soir, parce que les chutes les plus 
redoutables sont celles qui se produisent en été. 
Dans ces conditions les chutes de 1903 se classent 
comme il suit: 



— 207 — 



JOUR 


NUIT 




Nombre de 




Nombre de 


Heures 


chutes 


Heures 


chutes 




de grêle 




de grêle 


5li,6l»,7hm 


» 


8 s. 


4 


8 


4 


9 


3 


9 


2 


10 


16 


40 


8 


44 


2 


44 


43 


minuit 


40 


midi 


48 


4 h. 


4 


4 s. 


44 


2 


3 


2 


20 


3 


4 


3 


25 


4 


B 


4 


25 






5 


44 






6 


47 






7 


4 






Jour 


488 


Nuit 


43 



En 1903 la grêle est tombée 4 fois plus souvent 
de jour que de nuit. C'est de 11 heures à 4 heures 
du soir inclusivement que le plus grand nombre 
de chutes se sont produites (plus des 6 dixièmes 
du total). 



14. 



DURÉE DES CHUTES DE GRÊLE 



Le tableau suivant donne la durée des chutes 
de grêle en 1903: 



DURÉE 

des 

CHUTES DE GRÊLE 


NOMBRE 
de 

CHDTES CORRB8P0NDANTES 


de 1» à 5™ 
de 6 à 10 
de 11 à 15 
de 16 à 30 
de 30 à 1h 


113 

53 

34 

. 27 

4 


Total 


231 



La moitié des chutes de grêle n'ont pas dépassé 
S minutes, 

§ b. ~ DIRECTION DES VENTS AYANT 
AMENÉ LA GRÊLE 

Le tableau suivant donne par octants pour les 
4 arrondissements et pour l'ensemble du dépar- 
tement la fréquence des vents ayant amené la 
grêle : 



DÉSIGNATION 
des 

ARRONDISSEMENTS 


FRÉQUENCE POUR CENT DES CHUTES DE GRÊLE 

amenées par le vent soufflant du 


N 
7 


NE 
9 


E 

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7 


S 
6 


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W 

18 


5 


Beaune 


Châlillon. . . . 


3 


6 


)) 


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6 


42 


29 


14 


Dijon 


1 


5 


1 


6 


U 


48 


21 


4 


Semur 


7 
5 


2 
5 


)) 
» 


10 


16 
10 


39 
44 


10 
20 


16 
10 


Département. . . 



— 209 — - 

Dans le com pie- rendu de la grêle de 1902, 
nous avons exposé une Ihéorie tourbilionnaire 
des nuages à grêle qui peut s'appliquer parfaite- 
ment aux chutes de 1903. En particulier celle 
du 9 août, surtout dans les cantons de Nuils- 
Saint-Georges et de Gevrey-Chambertin, parait 
très probante à cet égard. Aussi voit-on dans le 
tableau qui précède qu'il a grêlé par tous les. 
vents en 1903, mais il y a eu cependant une prédo- 
minance bien marquée du cadran W d'où la grêle 
est venue trois fois sur quatre. Cela prouve que 
les vents généraux du cadran W ont une grande 
violence dans nos régions. 



I 6. — NATURE DE LA GRÊLE 

Il serait superflu de revenir sur ce qui a été 
dit dans le compte-rendu de l'année 1902 au sujet 
de la nature de la grêle, on voudra bien s'y re- 
porter. 

. En 1903, les proportions entre la grêle tombée 
sèche et celle qui était accompagnée de pluie sont 
les suivantes : 

Grêle sèche 22 0/0 

Grêle mélangée de pluie. ... 78 0/0 
Les grêlons se sont réparlis comme il suit, en 
raison de leur grosseur : 



— 210 — 

Grêlons gros comme des noix . . 9 0/0 
-- comme des noisettes . 410/0 
— comme des pois. . . 50 0/0 
Il s'agit dans les tableaux qui précèdent de la 
fréquence et non de la quantité. On voit que dans 
la moitié des chutes de grêle les grêlons ne dé- 
passent pas la grosseur d'un pois, ce qui est heu- 
reux. 



I 7. — SURFACES GRÊLÉES 

Le tableau suivant donne par arrondissement 
et pour le département tout entier les superficies 
grêlées en 1903 et leur proportion par rapport à 
la superficie totale : 



DÉSIGNATION 
des 

AHRONDISSEMENTS 



Beaune. . 

Chûtillon . 

Dijon. . . 
Semur. 



Département , 



SUPERFICIE EN HECTARES 



totale 



212 30011 
163 900 
301 200 
t66 700 



8i4 100 



grêlée 



15 OOOh 

14 300 
25 000 

15 600 



69 900 



o j5 



— 211 — 

Les quatre arrondissements ont été atteints 
dans des proportions assez égales. Ceux qui Font 
été le plus, savoir: Ghâlillon et Semur, ont eu 
9 0/0 de leur superficie atteinte, Beaune, qui l'a 
été le inoins, a été grêlé dans la proportion de 
7 0/0, Dijon, avec 8 0/0, représente exactement 
la moyenne du département. Il n'en est pas de 
même pour les cantons où la proportion a varié 
de zéro (Beaune sud et Dijon nord et ouest) à 
•42 0/0 (Châtillon- sur-Seine). 



I 8. — PERTES OCCASIONNÉES PAR LA GRÊLE 

La perte totale de récoltes évaluée en argent 
accusée en 1903 est donnée par canton, arrondis- 
sement et pour le département dans le tableau 
ci-après. On y a distingué en outre la nature des 
récoltes perdues suivant qu'elles se. rapportent 
aux* céréales, aux vignes et aux cultures diverses 
plantes oléagineuses, fèves, houblons, tabac, 
etc., etc.) 





PHlVntS ÉVALLIKliS EN ARGEM il 


DESIGNATION 

JïÊS CANTONS 
ET liES AiK07C0ISSEaEXT& 










C 


AUSÈES Al 


JX 


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TOTALES 






CliftÉALO 


VIQ?ÎES 


CiUar»s dÎT^rset 




Arniiv-te-lmc. , . 


m 009 


3 300 


19 


500 


iM 000 ' 


îi*?aune-!Sord , . . . 


11 


i5 000 


n 




45 000 


6tiâune-.SuLl . . . . 


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Bligny-âurOuche. . . 


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ii 


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2 000 


Liornais 


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500 


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NoSay. ...... 


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7 000 


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7 ÛOtJ 


Nuits 'Sain l-li**orgcs. , 


U 000 


1 4S6 500 


15 


500 


\ 55i 000 


l*ouillv~en-AuxoM . . 


6 mit 


20 000 


» 




m ooo 


Saint-Jean- do- Logfie, . 


500 


500 




500 


4 500 


Seurro 


a 


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1 


000 


! 000 


Al rond, de Beaune . . 


171 OOO 


1 5:ï3 000 


36 


500 


f 743 o«0l 


Aignay-le-Uue. . . . 


f 500 


ts 


n 




2 rioo 


Baigneuï-3es-Juifs . , 


i3 000 


b 


1 




i 3 OOiï 


ChfluUon-sîir-Seine , . 


28 000 


68 500 


6 


000 


102 500" 


I^j^nei 


3 500 


4 500 


1 




8 00»! 


Mônligny-sur-Aube. . 


7 500 


10 000 


» 




n 500 


Reu«^-sur-Ource, . . 


A 500 


» 




500 


5 OftO 


Arrond, de Chûidlon, , 


m 000 


83 000 


6 


300 


1 4S 500 ' 


Auxonne . / . . . 


jj 


*) 


i 




* 


Dijon-Est 


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B 


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Dijon- Nnrd 


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I 




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Dijon-Onûst. , . , . 


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W 


m 




* 


Fonîaine-Fiûiiçîiise , . 


M 


5> 


M 




1 


G(?n[js 


V6 000 


1 000 


i 


000 


13 OOO 


Gevroy-Chambertin . , 


fia 000 


\ i42 5U0 


4ï 


000 


1 (iOO 5O0 


GraiiceT-le-Chateou . . 


>} 


1* 


» 




„ 


h-hiir-Tilte. . , . , 


» 


j> 


n 




» 


MiiTbeau 


5s 00(1 


1 i 500 


5 


OÛIi 


77 600 ^ 


Pontailler * . * . , 


1S 000 


â 00» 


1 


OOU 


21 ODOI 


Saml-Seme-rAbbave. . 


3 000 


500 


1 


000 


4 500 j 


Se1ûn*ïev, 


» " 


n 


» 




n 


Sombeinon 


L} 


6 OOÙ 


» 




6 000 


Arrond. de Drjoti. , , 


nu 000 


1 4iiG 500 


il 


000 


4 727 500 l 


Flavii^iiv .... 


10 ÛOO 


500 


w 




■ iO 500 


Monlbatd . . . . , 


i> lîOO 


a OUO 


4 


oOO 


71 500 


Précy-sous-Thd . . . 


M 


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Ssulieu. .... 


^ 000 


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* 




t 000 


.Semur ...... 


n :ii)o 


Ki 500 


7 


500 


103 500 1 


Vitteayx 


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Li 


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Arrcjnri. do Semur. . . 


fis :iOO 


i((? (MïO 


12 


000 


487 500 1 


1; Départ, de k COte^d'Lh , | 


541 uOO 


3 i8U 500 


7G 


000 


3 807 000 



— 213 — 

La perte totale s'est élevée à 3.807.000 francs 
pour l'ensemble du département, ce qui est con- 
sidérable malgi»é l'exagération probable des éva- 
luations. Pour les années antérieures observées 
les chiflFres accusés étaient les suivants : 



1897. . . . 


. . . 20.586.000 francs 


•1898. . . . 


. . . 7i0.000 - 


4 899. . . . 


. . . 2.727.000 - 


1902. . . . 


. . . 4.613.000 — 



L'année 1903 se classe ainsi la troisième. C'est 
une mauvaise année au point de vue de la grêle. 

La perte se répartit de la manière suivante par 
nature de récoltes : 

Céréales oil.oOO, soit 14 0/0 . 

Vignes 3.189.500, soit 8i 0/0 

Cultures diverses. . . . 76.000, soit 2 0/0 

Total .... 3.«07.000. 

Ce sont les vignes qui ont de beaucoup le plus 
souflfert en 1903 puisque la perte qu'elles ont 
subi représente à elle seule 8i 0/0 du tolal. Cela 
n'a rien de surprenant puisque les cantons de 
Nuits-Saint-Georges et de Gevrey-Chamberlin, 
où se trouvent les vignobles les plus renommés, 
ont été gravement atteints. 



— 214 - 

I 9. — RÉSUMÉ PAR COMMUNE DES 

PHÉNOMÈNES DE LA GRÊLE ET DES PERTES 

qu'elle a OCCASIONNÉES 

Tous les renseignemenls qui nous ont servi 
pour rédiger le mémoire qui précède sont donnés 
avec détails par communes dans les tableaux qui 
vont suivre. Ce sont là des documents précieux 
qu'il est indispensable de conserver. 



215 — 



[DESIGNATION 

des 

Communes 



Gulôtre . 
Jouey. . 
Magnien. 
Saint-Prix. 
Viévy. . 
Voudenav. 



Bouze. . 
Uavilly . 
Meloisey. 



DATES, HEURES 

et dorée 
DES CHUTES 

do grêle 



DIRECTION 
du 

VENT 



a .•= 
u . ■£. 

D v a 



Grosseur 

dos 
Gréloos 



o o o 

= s o. 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



ÉVALUATION 
dfs 

dommages caaséit 

C aux céréales 
V aux vignes 
D autres cultares 



ARRONDISSEMENT DE BEAUNE 



Canton d'Arnay-Ie-Duc. 

Communes : 20. — Grêlées : 6. 



4 V 1»»i 10' 

5 V 2hs 10 

29 VI 3»»s 30' 

29 VI 3*»30's 15' 

29 VI 4»»3 30' 

9 VIII 6»>s 3' 



29 VI 4»»s 



29 VI ibs 



1h 



30' 



SE-NW 
SW-NE 

SW-NE 

SW-NE 
SW-NE 

S-N 



N-S,poi8N-S 
etSW-?iE 



SE-NW 



S 


P 


» 


S 


n 


)) 


M 


n 


4'^0X2''0 


S 


Ifelo 


i'^OX^i'^O 


S 


Nelo 


ii'OX^^o 


Sell 


P 


3''0X2''0 


M 


N 


4'^0X«''0 


M 


n 


i^oyjH) 



G. 


» 


V. 


» 


D. 


» 


G. 


6.500 


V. 


» 


D. 


500 


G. 


60.000 


V. 


1.000 


D. 


9.000 


G. 


» 


V. 


> 


I). 


» 


G. 


41.270 


V. 


2.070 


0. 


0.150 


G. 


5.000 


V. 


200 


D. 


800 



Canton de Bea une-Nord. 

Communes : 13. — Ghêlérs : 5. 



31 V /hSS's 13' 



31 V 7hi 



31 V 8»'s 



W-E 
SW-NE 
NW-SK 



M 


n 


:J^0X'2''0 


M 


P 


oi'.r/o^j 


M 


1' 


\^i)/i)'i 



G. 
V. 


' 


G. 
V. 
I). 


12.000 


G. 
V. 


200 
1.000 
il 



— 216 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 

Monthelie. . . 
Nantoux. . . 



Bessey-en-Ch. 

Sussey. . . 
Villiers . . 



Corpeau . . 
Puligny . . 
Thurv. . . 



DATKS, HEURES 

et durée 
DES COUTES 

de grêle 



3 vil llWm 1'30" 
9 VIII 6hs 30" 

31 V H^-s 30' 



DIRECTION 
du 

VENT 



SW-NE 
SW-NE 

W-E 



5 :| 

W.Î 5 



M 
M 

M 



Grossear 

des 
Gréions 



c o o 

CSC 



n 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



l''5X0''5 
0^7X0^35 

1''0X0''3 



EVALUATION 

des 

duramages causés' 

C aux céréales 
y aux Tignes 
D autres cultures 



Canton de Beaune-Sud. 

Communes : 1 6. — Grêlée : 0. 

Canton de Bligny-sur-Ouche. 

Communes : 22. — Ghélée : 1. 



9viiil2hm 4 0' 



SW-NE 



M 



2''0X^''0 



Canton de Liernais. 

Communes : 14. — Grêlées : 2. 



G VI i^-SOs 5' 
9 VIII %H 2' 

29 IV S^'s 15' 



SW-NE 
W-E 

SW-NE 



M 


P 


3^0X^''0 


M 


P 


3*^0X2^0 


M 


P 


4''0X0''o 



Canton de Nolay. 

Communes : 18. — Grêlées : 3. 



20 VII 2''s 

31 V Gi's 
19 VIII 3^s 



20 VIII 3''30's 15' 



NW-SE 


M 


P 


l'^0X0''6 


NE-SW 


M 


P 


2^5 X^ "'S 


SW-NE 


M 


P 


0''6X0''3 


W-E 


M 


P 


0''8X0''3 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



» 

•t .8oa 



c. 2.OO0, 
V. 100, 

D. 100 



3O0 



5.O00 



2.O00 



-^ 217 — 



DESIGNATION 

des 

Commun ss 



DATES. HEURES 

et durée 

DRS CHUTES 

de grêle 



DIRECTION 
du 

VBNT 



5-i 



os «^ 

D (S B 



Grosseur 

des 
Gréloos 



M M OB 

■5 O "5 

a a a. 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

dos cantons 
grêlés 



EVALUATION 

des 

dommages causés 

G aux céréales] 
V aux vignes 
D autres cultures 



Agencourt . . 
Arcenant. . . 
Gomblanchien. , 
CoDcœur. . 
Echevronne. 
Flagey-Ecbez. , 
Fussey. . . 
Gilly-les-Voug. 
Magny-les-Vil. 
Marey-les-Fus. 
Meuilley. • 



Canton de 

Communes ; 

12 VI 3Mo's 4' 
9vuHU30'm 2' 

31 V gJ-s 4' 

OviiHI^m 7' 

H vin M ««m 5' 
OviiHI'-m 40' 
gviiHC^aO'mlo' 
OviiHl'-m 20' 

\% VI ^^s 10 
9viiiH»»l5'm15' 
9viiHl»»m 10' 



Nuits-Saint-Georges. 

28. — Grï^.lées: 45. 



N-S 


M 


P 


W-E 


M 


n 


S-E 


M 


n 


NW-SE 


S 


N 


SW-NE 


M 


n 


N-W 


M 


n 


SW-NE pois K 


M 


n 


SW-NE 


M 


n-P 


NE-SW 


M 


n 


SW-NE 


M 


P 


SW-NE 


M 


n 



4 •'5X0^5 
«•'OXl^o 

li'SX^'O 
2^0X0'^o 
2''oX0''6 
3''0X3''0 
3''0X2''0 
2''0X0''4 
4''2X0''8 
5''OX'»''0 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



600 
400 
200 

)» 
60.000 
5.000 

» 

8.000 
4.000 

45.000 
45.000 
5.000 
» 

5.000 
» 

8.000 
410.000 

» 

43.300 

46.200 

500 

40.000 

60.000 

4.000 

6.000 

> 

2Wf 
8.000 



90.000 



18 



~ 218 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Villars-Font. . 
Villers-la-Faye. 
Vosne-Romanée 
Vougeot . . . 



DATES, HEURES 

et durée 

DKS CHUTES 

de grêle 



9viiill*'m 10' 

12 VI 3^5's \0' 
20 VII 6»»30's 

9viiiH»»20'm20' 
9viiin»»m 5' 



DIRECTION 
•du 

VENT 



SW-NE 

N-S 
NE-SW 

W-E 

SW-NE 



ë-i| 

:=> V a 
III 


Grosseor 

des 
GréloDi 

(A 

25 aa. 


LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 


S 


n 


ii^oxo"? 


M 


P 


l''OXO''o 


» 


» 


OHXO^'S 


M 


n 


i^OX^^o 


S-M 


n 


3''0X2''0 



EVALUATION 
des 

dommages causés 

C aux céréales 
V aux vignes 

D autres cultures 



G. 5.000 

V. 38.000 

D. 2.000 

C. ). 
V. » 

D. » 

G. 

V. 800.000 

D. 1.000. 

G. 

V. 270.000 

D. 



Canton de Pûuilly-en-Auxois. 

Communes : 28. — Ghéléks : 7. 



Blancey 
Ghaillv. , 



Eguilly. 



Maconse 



Marcilly-Ogny . 
Sainte-Sabine. . 
Tlioisy-le-Déîerl 



15 vil2»«3i's 3' 
31 V 9«'30'm 5' 
n vIObs 1c 

31 v 8h30'm 15' 

6 V S'^lo's 5' 
9viii10'»i5'm 3' 

20 VII G^'s 10' 

31 V oMo's r 



W-E 
SW-NE 
SW-NE 

W-E 

S-W 
W-SW 

N-S 
SW-NE 



M 


P 


» 


M 


P 


3^oX^'0 


SolH 


N-n. 


i''OXo''ii 


M 


n 


3^0X2''0 


S 


P 


H x^''^ 


M 


n 


l''5XI''0 


SotH 


P 


3''0X2''0 


M 


P 


i^OXSMl 



G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



» 
2.000 

» 

5.000 
15.000 
» 

1.500 
3.000 

» 



— 2t9 — 



DÉSIGNATION 

des 

Communes 


DATES, IIKURES 
et durée 

DES CHUTES 
de gn'le 


niRKCTION 
du 

VEM 


U% 

■21? 

es • x 
:^ « B 

III 


Grosiear 

des 
«réUas 

£ 
.2.1.2 

§sl 

•,tr, ci. 


LONGUEURS 

et 

LARGEUR.S 

des canluns 
grClés 


KVALrATIO.N 
des 

iliiininagAs caaiiéi' 

G aux céréales 
V aux vignes 
D autres culture» 




Canton de 


1 

Saint-Jean-de-Losne, 










CoMMUNEâ : \7, — GuÉLhES : 4. 






Laperrière . . 


9viii 6H 5' 


SW-NE 


S 


N 


» 


V. 
D. 


w 

» 


Montagny-les-S. 


9 VIII 5»»s 4' 


S\V-NE 


s 

pais S-9 


xN-n- 


3^0X2^0 


G. 
V. 
D. 


400 

30 

500 


S>-SMM-«i-Uche. . 


9 VIII 6^s 3' 


N-S 


M 


N piîs a 


UîX^'i 


G. 
V. 
D. 


300 
50(. 


Samerey. . . 


9viii42H.5's 5' 
9 VIII 6''30's 4' 


SW-NE 
SW-NE 


M 

S 


P 

N 




G. 
V. 
D. 


1) 
» 




Canton de Seurre. 








Communes : 23. — Grêlées : 3. 






Jallanges. . 


9 VIII 6^s <0' 


S-N 


M 


n 


s^oxoi^o 


V. 

D. 

G. 


100 
600 

> 


Lanthcs.. . . 


9 VIII 7''s o' 


S-W 


S 


N 


H^OX^'O 


V. 
D. 


„ 

u 


Trugny . ... 


9 VIII 6^i 10' 


S-N 


M 


n 


i^oXo^^'i 


v'. 

D. 


300 


ARR 


ONDISSEMENT 
Canton 


DE CHi^ 


HLLON-Sl 
-le-Duc. 


JR-SEINE 




d'Aignay 




CoMMuNKs ; 10. — Grèlkes : 3. 




; 


Duesme . . . 


17 vil 2M0's G' 


W-E 


M 


V 


3M)XI''0 


G. 
V. 
I). 


l.20() 



— 220 ^ 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Mauvilly. . . 
Quemigny. . . 

Baigneux-les-J. 
Chautne-Ies-B. , 
LaTilleBeoTe-Ies-€. . 
Oigny. . . . 
Orret 



DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

(le grêle 





M^S 


Grossenr 






2 •• 


des 


IiONGOEURS 


DIRECTION 




Gréloos 


et 


du 


i 


LARGEURS 


VENT 


13 « a 


M % en 


des cantons 




5ii 


lit 


grêlés 




S«-s 


25 ao* 




SW-NE 


M 


P 


0'^3X0H' 


W-E 


M 


Q 


6'^0X0''3 



9 ^M^oi 5' 
17 vil 2l''30's 5' 



Canton de Baigneux-les-Juifs. 

GoMMUKRs: 45. — Grêlées : 5. 



EVALUATION 

des 
dommages causés 

G aux céréales, 
V aux vignes 
D autres cullures! 



4 9 VIII 3»»30's 3' 

î 9 VIII 3»'s 15' 

4 9 VIII 5M5's 3' 

4 9 VIII 3*»30's 45' 

19 VIII 3«>30's 45' 



W-E 

NW-SE 
SW-NE 

W-E 
NW-SE 



M 


P 


2k5X^'0 


iM 


P 


3''0X<''3 


M 


P 


» X0^6 


S 


P 


3^0X2^0 


S 


P 


i^^OX^i^o 



Canton de Châtillon-sur-Seine. 

Communes : 28. — Grêlées : 6. 



Cliarrev . 



Chemin d'Aisev 



bommevillc. . 



30 vu 2»»s 5' 

23 VIII 4 2»»™ 4 0' 

29 VII i^s 40' 

23VIII î^'s 45* 



SW-NE 
NW-SE 

SW-NE 
SW-NE 



M 


n 


3''0X<''0 


S 


N 


5k0X»''O 


M 


n 


li'OXO^S 


M 


n 


3»^0XI''0 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 

V. 
D. 



200 
» 
50 

4.000 



2.500 



845 



600, 



9.000 



44.000 

45.000' 

6.000; 

2.000 



2.000 
46.000 



— 221 — 



, DESIGNATION 
d«fl 



Noîron 



Pothiéres, 



Viï. 



Griselles. 
Larrcy. - . 

Poinçon4~L. . 



AuUicourt . 



I Grancey-s-0. 



DATES, HEURKS 

et àiàféû 

DES CBUrKS 

ûû gnèle 



23vnH2'*io9 7" 



laviii 



10^ 





"■^3g 


Grtiiiir 




DIRECTICOi 


l'î 






VEST 




M II à: 


LARGECRS 
de» rftntoii!! 




S'^5 


ir. =i. 




KW-SE 


MS 


n 


i^oxo'8 


KVV-SB 


^J 


P 


VI 


WE 


M 


P 


6^oX''>'o 


SW-NK 


M 


P 


mXi'Q 


SW^NtL 


M 


P 


WHXt*'^ 



de& 

duinmaf ut cou**-'- 

C aui céréale?i 
V aui l'ignei 
I.t flftirt* cultunw 



v: i.soo 

D. *^ 

n, 7.C65 

V, 5,890 

C. 5Û0 
V, 150 

D, I* 



Canton de Laignes. 
CoMHU-iES : 23. - Grèlérs : 4, 



33vjii!î>'30^3 10 



tO vu %^à 

19 vm t^A 



10^ 
10 



30 vil iiii5*!î 2' 

2aviiMâ»'l5's 5' 

U II I^JO's 5^ 

3P VII 1>J0'îi la' 



N-S 
W-E 

SWNE 



.M 
M 

^] 
M 

S 



t 



3^oX^^*> 

t^axo^s 
1^:1X0^8 
0^8 x**''^ 

i»^aXtï'^ 
i^o x ï'^ 



fi, 

V. 

\\ 

D. 

c. 
il 



Cauton de Monligny-sur-Aube. 



] 5 VIII 5*5 3^ 

ï3vï«U'*35's 3' 

33vi[HÎ*jii"i* 3' 



SW-NE 
S\V-NE 

NW-SE 



M 
.M 



i^0X3'0 



aoo 



400 



300 



3,000 
1.000 



c. 7.505 
V. to.ooi 
Lï. I Olï, 

V. 
D, 



~ 222 -- 



DESIGNATION 
--des 
Communes 



Bu.re-les-T. . 
Buxerolles . 
Chambain. . 
Chaugey. . 
Gurgy-le-C . 
Leuglay . 
Ménesble. . 
Voulaines. . 



DATES. HEURES 

et dorée 

DES COUTES 

do grêle 



DIRECTION 
du 

VENT 



5 -^ 



PS ««5 

< 2* 



GrosMur 

des 

Gréloas 



! S» «0 



2 ® 2 
2 c& 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



ÉVALUATION 
des 

dommages causés 

G ftux céréalps 
V aux vignes 
D aatres cultures 



Canton de Recey-sur-Ource. 

Communes : 47, — Grêlées : 8. 

30 vl2"s 10' 

14 VIII %bs 40' 

19 VIII i^6 5' 

6 V Si'iO's 5' 

19 VIII i^6 2' 
9 vlli^aOrn 3' 

20 VI S^-SO's 5' 
9 v12''lo's 2' 

ARRONDISSEMENT DE DIJON 



SW-NE 


M 


P 


» 


SW-NE 


S 


P 


l''5X0''o 


S-N 


M 


P 


» 


SSE!Ï.>W 


^] 


n 


{«^ox^'^o 


W-E 


M 


P 


0''oXC''2 


SW-NE 


s 


P 


3^0X^''0 


•S-N 


M 


h 


âi'OXO^S 


SW-NE 


M 


P 


3''0X2''0 



G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



300! 
» 

4.000 



450 



3.000 
500 



Canton d'Auxonne. 

Communes : 4 6. — Grêlée : \. 



Flagejles-AaioDne. 



9 VIII 6M5's 4' 



S-N 



S 



2''0X»''S 



G. 
V. 
D. 



— 223 — 



;IGNATI0N 
des 

OVMUMES 



m. 



îligny. 



DATES, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de gréle 



DIRECTION 

du 

VENT 



D .1 






Groiiear 

des 
Grêlons 



"c'ô'ô 

c c a. 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des caiiiODs 
grêlés 



ÉVALIATION 

des 

riuminag«!K causés] 

G aux côréale; 
V aux vignes 
D autres cultures 



Canton de Dijon-Est. 

Communes : 17. — Grêlées : 3. 



tigny. . . 



20 vin^rs 2' 



9 vllhiO'mlO' 

!6 III a^s 45' 

9 yM^oi 5' 

15 VI ôHB's r 



SW-NE 

S-N 
S-N 
S-N 



M 


V 


• 


M 


P 


» 


M 


P 


» 


M 


n et P 


» 


M 


l» 


» 



Canton de Dijon-Nord. 

Communes : 14. — Grêlée : 0. 

Canton de Dijon-Ouest. 

Communes : \'.], — Grélee : 0. 

Canton de Fontaine-Française. 

Communes : M. — Grêlées : 2. 



rberain . 



taine-Franç. 



lis. 



ire. 



9 v12M5's 2 



20 vin \^s 



SW-NE 



SW-NE 



M 



M 



P 



Canton de Genlis. 

Communes : 27. — Grêlées ; 6. 



9viiiH»»45'm 10 



I6viii Ij^s 20' 



W-E 



SW-NE 



M 



\Kr/j)'i'i 



.i^OXO''H 



i^oyj^o 



2.000 



2.000 

'' I 

1.0001 



^ 224 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Longchamp. 
Tart-le-Haul. 
Thorej-les-Epoiuei. 
Varanges. . 



Barges. . . 
Brochon . . 
Broindon. . 
Ghambollo . 
Chevannes . 
Collooget-le^BéTj. 
CorMUes-Ies-Cileaoï. 



DATES, HEURES 
et durée 

DES CUUTES 

do grêle 



DIRECTION 
du 

VENT 



9viii41»'30'm45' 
9viii'l'IH5'm 5' 
9viii4 4*'m 20' 
9viiH4h40'm40' 

Canton de 

Communes 
34 V ÏOhs 2' 

9viiiHM/2m 5' 

9viiiHh|/2m20' 

31 v40M/2s \0' 
9 VIII M hm 12' 

9viii11bl5'm20' 
9viii11^m 4' 

9viii11»'m 10' 

31 vlOï's 5' 
9viiiH»'30'm 3 



SW-NE 



W-E 



W-E 



W-E 



S^5S 



D « B 



M 



M 



M 



Grosseur 

des 
firéloDS 



o o g 
2 oOi 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



4''0X3''0 

O'^oXO'^l 

» 
3''0X2''0 



ÉVALUATION 

des 

dommages caosés 

G aax céréales! 
V aax vignes 
D autres cultoresl 



3.000 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 3.000 
V. 900 

d; 500 

c. 5.000 
V. 300 

D. 500 



Gevrey-Chambertin. 

32. — Ghélées : 21. 

5-N 

SW-NE 

SW-NE 

SE-NW 
SW-NE 

SW-NE 
W-E 

W-E 

SW-NE 

NW-SEpoisS-N 



M 

S 


P 

n 


tout le 
territoire 


M 


n 


1'^oX0''5 


M 


P 


1'^200X1''0 


M 


N-oelP 


3''0X1^0 


S 


n 


2''0X2''0 


M 


n-P 


\^6X'^H 


M 


n 


l'^CXt^'S 


M 


P 


t.lelerriloire 


M 


n 


I^SXOH 



C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



42.000 
4.00(4 
» 

46.OO0I 
» 

44.500 
4.900 

489.600 
)) 

200 

2.400 

400 

500 



^25 — 







- 


'£'^'^' Grt«eur 




Il 


DÉSIGNATION 


DATi:s,[ir:uRF.s 


DIRKCTIO.N 


w "E. (Ir^liiiis 1 


LOVJKErHS 

et 


EVALUATION' 

«les i 


(les 


et diirce 








dijir.mai.'f.< <'aii>t'>' 




(lu 


t$ï 


■r. 


I.AIUJKCRS 




- 1 




DES CUITES 






Cl 




r. aux cnvales 


Communes 


de (rrêle 


VENT 




.ïl.- 


dfs canton> 


V aux vigiiws j 








<~c-i 


Ê: ^ Ê. 


grêles 


b îiutrcs culturc-j 








V-.'^^ 


y. ziz^ 














1 


\ 


C. 


4 .020 


Curley. . . . 


9 VIII I|h30'm 10' 


W-Epui»SW-Xl 


M 


P 


2^0X^'0 


V. 


2.40C 


Curtil-Vergy. . 


9VIII IIMOm T 


SW->E 

puUXESW 


H puis S 


n 


2^6Xï^0 


C. 
V. 
I). 


2.500 

51.000; 

500i 




31 vIO's 12" 


SIvNW 


M 


n 


2''0XI''« 




» 


Epernay. . . 










iC. 


6.293 




9vnit2*»m 15' 


SW-NE 


M 


N-n 


£•'5X1 ''S V. 
I). 

C. 


3.700 
55, 

18.000 


Fénay. . . . 


9viHUWm 4'30" 


W-K 


S 


N 


'r5X2':^ V. 


20.000 














1). 
C. 


2.500^ 
4.000 


Gevrey .. . •. 


9 VIII II '•m 3' 


SW-NE 


M 


N 


34)X-''0 


V. 

1). 
c. 


500.000 
» 


Létang-Vergy. . 


9 VIII 3''s r 


SW-NK 


S 


n 


l'^HXOM 


V. 

1). 
c. 


^^ 














1.000 


Messanges . . 


9viiillh30'm 10" 


W-E 


M et S 


n 


2'-0X2'« 


V. 

l). 

c. 


38.000 














^^ i 
1.000 


Morey. . . . 


9 VIII I0''55'm 


SW-NE 


M 


N et w 


2^5X1^-^ 


V. 


280.000 




2G vil2'Tn 30^ 


W-E 


M 


P 


2M)X0^« 


C. 


30.000 


Noiron-s-Gevrey 












V. 


8.00»/ 




9 VIII t^s l*^ 


W-E 


M 


n 


3^0X-i'o'l). 


4.000 
3 000 


ReuUo-Vergy. . 


9yiii I |bm G' 


.^W-NE 


M 


II 


1). 


15.000 
2.000 




3! vIOMo's 15 


NE-SW 


M 


V 


i^-JXo'^.'i c. 


» 


Saint-PhilibMt. 










^ Iv. 


>' 1 




9 VIII 1 iM5'm 1.')" 


\v-i-: 


S 


nelN 


I^-P/I^'O 


1). 


u : 

40.000 


SailoD-U-CInpelle. . 


9viiill'M0'in20' 


6\\'-NE 


S puib U 


n 


3^0Xi''^^',V. 


10.000 


• 












|U. 


« 1 



— 226 — 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Saulon-Ia-Rue . 
Savouses. , . 



DATKS, HEURES 

et durée 

DES CHUTES 

de grêle 



9viiHi»>3'm 5' 

3\ Y\0^s 20' 
9viiiH»'m 2o' 



DIRECTION 

du 

VRNT 



SW-NE 

SE-NW 
SW-NE 









S 

M 
S pais H 



Grosseur 

des 
Gréiois 



LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantons 
grêlés 



2''0X2''0 
3''0X0''6 



ÉVALUATION 

des 
dommages causés. 

G aux céréales] 
V aux vignes 
D autres cultures* 



Canton de 6rancey-le-Château. 

Communes : Il . — Grêlées : 2. 



FraigBolelYemulles. 6 v 6^s 



Grancey-le-Chât 



iO 



29 IV 3»>30's 15* 



SW-NE 



W-E poil S-N 



M 



M 



2''5X2''0 



0''5X0''2 



C. 10.000 
V. 3.500| 

D. » 

C. 4.700 
V. 1.500 

D. 1.000 



C 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 



Canton d'Is-sur-Tille. 

Communes : 23. — Grêlées : 5. 



Flacey. . . 

Pichanges . 
PoiseoI-les-Saoli. 

Spoy . . . 
Vernot. . . 



H vilOh'îO'mlO 
13 vi12»»l5's 15 

20 VI 3M5's 5 

21 VII l^-SO's 10 
30 vu l^s 5 
30 VII 2''30's 5 



30 V 2»»30's 4' 

19 VIII 4h20's 2' 

5 Yi 3^50's 3' 

6 vill^'oO'm 4' 

30 V 2h20's 5' 



N-S 
SW-NE 
SW-NE 
SW-NE 
SWNE 
SW-NE 

NW-SE 



SW-NE 

SW-NE 
SW-NE 

E-W 



M 
S 
M 
M 
M 
M 


n 
P 
P 
Petn 
P 
P 


tout le 
territoire 


M 


P 


0''2X0M 


M 


n 


o^sxo'^s 


M 


P 


)) 


M 


n 


» 


M 


n 


» 



200 
20 
30 



— 227 



DESIGNATION 
des 

COMMUNKS 



Belleneuve . 

Bézouotte. . 

Charmes. . 

Cuiserey. . 

Mi rebeau. . 

Renève . . 

Savolles . . 

Viévignc. . 

Mon t ma n non. 
Saint-Sauveur. 



DATES, HEURES 

et durée 

DKS CHUTES 

de grêle 



DIRECTION 

do 

VtNT 



p œ B 
< *- t 



Grasieor 
des 

Gtèloui 






LONGUEURS 

et 

LARGEURS 

des cantuDs 
grêles 



EVALUATION 

des 

dommages cnus(> 

C aux céréales 
V aux vignes 
I) aulres culluros 



Canton de Hirebeau. 



Communes 
9vIII^1^30'm 10' 

9vni 6''2o's 10' 
9viiiI2^m 2' 

9 VIII 6"'20's 1' 
9viiil2»»ni 2* 

9 VIII 6»»20's r 
9viiill»«m 5' 

9viiil2''m 3' 

9viiil2»'m 10' 

9viii!I^ÎO'mIO' 
9 VIII Gh2o's 10' 

9 V I 2^m o 



22. — Grêlées : 8. 



SW-xNE 



SW-NE 
SW-NE 

SW-NE 
SW-NE 

SW-NE 
NW-SE 



SW-NE 

SW-NE 

SW-NE 
SW-NE 

S-N 



M 


P 


i^oxi'o 


M 
M 


n 


i^ox^^o 

2^0X0'8 


M 
M 


n 
n 


2^0 XO"*» 
2^0X'^<> 


M 


n 


ï^oxï'^o 


M 


n 


'l'oXm 


M 


n 


.wxi^o 


M 


n 


o^OXi^O 


M 


P 


i^ox»'o 


M 


I^ 


i^ox^'o 


M 


P 


tout le 
territoire 



Canton de Pontailler-sur-Saône. 

Communes : 19. — Grêlées : 3. 



9viiil2*'m \o 
9viiit2''in o 



SW-NE M 



I 
. W-E j M 



i^ox » 

0^HX2^2 



C. 
V. 
D. 

G. 
V. 
0. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

C. 
V. 
D. 

G. 
Y. 
D. 

G. 
V. 
D. 



3.000 
1.000 
» 

1.000 
)> 
1.500 

6.200 
1 .500 
2.000 

1.600 
150 
800. 

22.500, 
7.500 



21.000 

3.500 

700 

3.000' 
1 .000 



8.000 



— 228 — 



DESIGNATION 
des 

COMMUNUS 



Talmav. 



i)ATi:s.iiKUUi:s 

el durée 

DKS CHUTKS 

de }îrt'le 



Oviii I2^m 





ë'^- 


Grossfnr 






d«>s 


DIRKCTIO.N 


< », 


GrèioQs 


du 


u a> «> 


— 




"^ k 


1 




M-â; « 




VKNT 


« '• * 


>.J..y 




D X B 






Hrr; *• 


S 2 S 




g'3.5 


>'. eau 


W-E 


M 


P 



LONGUEURS 

et 

LXRGKUHS 

des caillons 
grêlés 



EVALUATION 

d;s 

iloinui.Tgi'S causés' 

(> aux céréales 
V aux viiîiies 
D autres cultures 



Canton de Saint-Seine-rAbbaye. 

CoMMUNFS : 19. — Gkélées : 7. 



Curtil-St-Seine. 
Léry . . . . 
Ranges . . . 
S'-Seine-l'Abb.. 
Saussy. . . . 
Turcey . . . 
Vil!otle-St-Seinc 



5 V S^s 10' 
12 V 4^Vs 15' 
30 V 3»»s 7' 

6 V 5H5's 1' 



12 V i^ 



5' 



29 IV i'^îo's 30' 

30 V 3h30's 3' 
29 IV 1^6 30' 
28 IV i^s 2'»' 



S-N 

S-N 

SW-NE 

JNW-SE 



SW-NE 



SW-NE 
NW-SE 



NE-SW 



W-E 



SW-N'E 



S 
M 
M 


P 
P 

n 


S 


P 


M 


n 


M 


P 


Sell 


N-n-P 


M 


I^ 


M 


n 



3^5 X» '8 
3«'5XI'8 
3^0 XI '8 

2>^0X'''0 



2''0XI''0 
2''0X0'5 
2''OXI^O 
I^OXO'''-) 



G. 10.000, 
V. 2.000 
D. 1.000 



G. 
V. 
D. 

G. 

V. » 

D. » 

G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
0. 

V. 
D. 

G. .) 
V. » 
D. 500 

G. 3.000 



Canton de Selongey. 

(Communes : 10. — Gkùlées : 2. 



Selon <^ev. 



I 



Véronnes-les-Peliles.. 



■Il v!2''30"s 30" 



30 V 1^5:i's 4' 



SX 



NE-SW 



.M ' P 



2'^')X^^-^ 
2^0X2^0 



G. 
V. 
D. 

G. 
V. 
D. 



500 
500 



22ÎI 



[DÉSIGNATION UATF.>.IIFXUES l.iKFXTIuN § .| I ,.'),;., 
des •^"•> ^i i 

DES CHl TES ; : - r ï 



Communes 



i.uMirKn-.N 



Inlie-Ia-lMhe. 

Echannay. . 
SiTifij-s^Iilaii. 



ll«"i iMlll'lll- 



i;\ vu \ih»\ 

it'. aux I l'ii'.i'. ■■ 



l_ 

I 



\ ,iii\ M iir. 



Canton de Sombernon. 

Commises : 27. - (îui*;u:ks : :\. 



12 V i^iîs 2 

I vilO''30*ml2' 

12 T 4M5's3:J0' 



Néant 



NW-Sl 



W-K 



M 
M 



I 



I» liK'i". iK\ 



i"",) • «»^". 



Il ; \H\ 



'•ii\ . (. (Mm 



ARRONDISS EMENT D E SEMUR 
Canton de Flavigny. 



Brai-i-SalMiiu. 
Bussy-lc-Grand. 
Jaiilj-bs-loiliM. . 
TerpoT-iOHi SalMaise. 

Buffon. . . . 
Chaap-d'Oiseau . . 



|29 V S^î-Vs :ri NW-SK 

i 6 v[ oHii's 10 . NW-SK 

10 V 9^i0■m I" S\V NK I S 

I 

I9vni 4'»^ Pi'i N-S j S 

i 



M 1 V .\H) \'o i\ 

! -^ • 



:"-i» 1^».»: 1(1 0\h 



m I"- , n. 



6 V o'>30*s 10', SW-NK M , n ri P .''d TM 



I 
lo vil2»»:iO*s 10' SW-NK 



30 vil 2^i0■s i:-)' 



SW-NK 



M 1» I"-!» «■•• •.,'«'. 

M I V .O*-:; OS, h. 



Canton de Montbaid. 

(^ommi:nks : 27. ■ (îitr,ii-rs: 12. 



19 VIII 3^. lo' 



MO V IhîO's 20' 



m ssw 



S-N 



; ('.. 2.000 

I» \\Kr- O'-S.V. I.OlM) 



>:i\ 1^:; V. îi.ooo 

h. 2.000 



— 230 



DESIGNATION 

des 

Communes 



Eringes . . . 
Fresnes . . . 
Lucenay-le-Duc 
Marmagne. . . 
MoutiersS*-Jean 
Saint-Rémy. . 
Senailly . . . 
Touillon . . . 
Villaines-l-Prévotes. . 
Viserny . . . 



DATKS.UKUIŒS 


et durée 




DKS 


CIICTES 




de grêle 




19 VIII 


3»»20's 


i' 


10 V 


Sbs 


10' 


30 VII 


S^s 


3' 


lOviii 


4hs 


2' 


30 VII 
19 VIII 
2 i VIII 


IhlO's r 
2''25's r 
iWs 4'30" 


15 VII 


b^s 


5' 


17 VIII 


lOhs 


4' 


9 V 


7'«s 


4' 


23 VIII 


o^s 


1' 


19 VIII 


i^s 


t5" 


23 IV 


4hs, 


20' 


10 V 


l^hm 


30' 


23 vm 


2h30's 


lo' 





«X5 


Grosseur 




DIRECTION 


i^t 


llfH 

(iiélooi 


LONGUEURS 

et 


du 

VBNT 


p « B 

m 

s pois N 


i 

•tu 

a a a. 


LARGEURS 

dos cantons 
grêlés 


NW-SE 


n 


s^oxo^s 


S-N 


S fuit N 


P 


a^oxi'^o 


S-N 


M 


P 


o^'OX'l'O 


NW-SE 


M 


n 


2''0X2''0 


NW-SE 
NW-SE 
NW-SE 


M 
M 


n 
P 
n 


s'^ox^'^o 

2^0X»''0 

•i'^ox^^'o 


SW-NE 


M 


P 


4''0X0H 


S-N 


M 


P 


O'^oXO'^» 


W-E 


M 


P 


i^ox^'^o 


SW-NE 


S 


n 


o''0X3'^0 


SW-NE 


M 


n 


3''0X2''0 


SW-NE 


M 


P 


Oi'oXOM 


SW-NE 


M 


P 


0^6X0^2 


N-S 


M 


P 


2^0X^'^0 



EVALUATION 

des 
(iomniages causés' 

G aux céréales 
V aux Tîfmes I 
D autres ciiliures 



Bierre-I-Semur. 



Canton de Précy-sous-Thil. 

Communes: 19. — Grêlées: 3. 



20 VII ôi-âOs 3" NW-SE M ; P 
I I 



4''0X2''0 



C. 
V. 
D. 



6.000 



9.000 



1.600 

550 

2.150 



25.000 



500 
450 

1.200 
15.000 



— 231 — 



DESIGNATION 
des 

COIMDXES 

Bonvray. , . 
Siflcey.I-Rouvr. 

I Saint-Andeox. . 



DATES. HEURES 
et darée 

DES CHUTES 

de grêle 



I 



4 II 4^30*8 5' 



23 VIII 4>>s 40' 



DIRECTION 
du 

VF.M 



NW-SE 



NW-SE 



g':^ 


Groufiir 




'd '.s ^U"^ 


L«»N<il'KL'HS 


^ :-S. Grêle» 


Ot 






ï-?S. ? 


LA'UiKrilS 






ï!l .=i.- 


lies Ciilllolls 


S;-15 s si 


Vrvït'S 


y.'-s 5 •^. sz. 




M 


1* 


•i^oyo^n 


M 


II 


04 y 0^2 



."" ■ I 

KVAMATION 

lies ; 

'i<'iiiiii<it:'"> c.iu-i'". 

<1 .'lUx «■l'n'iiii's 
V aux viiriu's ! 

I) oiilrr;. i-iiHiiri' 



V. 

I). 
i). 

V. 

I). 



Canton de Saulieu. 
CoxMONEs : 1 2. — Ghllke : \ . 



44 VI 3»»s 


45' 


SW-NE 


M 


I) 


i'i)y\':\\r.. 


15 VII 41's 


5' 


SE-NW 


M 


V 


i^oyo'':; V. 


i2viii 9**s 


4' 


SW-NK 


M 


V 


iMiyo^ili). 



Canton de Semur. 

Communes : 29. — (îhki.kk-î : 1 v. 



'"•«I-I-Epoi 



lisses 



a, 



Corj 






34 vIO^SO's 25' 

40 v40M/2b 15' 

34 vlO^^aOs 4' 

31 vlOi'aO's 10" 

3t v4 0»'3O's 10' 

47 V 4'«3 15' 

31 vIO^s 15' 

23 VIII li»»!!! 10' 

30 vIO^s 15' 

10 V \^Wii 20' 



NW-SM 

W-K 
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DESIGNATION 

des 

Communes 



Jeux-les-Bard. 



: Juilly. . . 

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xMillery. . . 
St-Euphrône. 
Semur. . . 
TorcT et Poolignj. 
Yic-de-ChasseoaT. 



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Charcncev 



VilIv-en-Auxois 



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et (liiroo 

DE> CIUTKS 

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Canton de Vitteaux. 

Communes : 29. - Crku-iks : 3. 



9 V 4»'s 



29 IV i'-s 



29 IV 3»'= 



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UN VOYAGE EN ESPAGNE 

(AVRIL 1903) 



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UN VOYAGE EN ESPAGNE 

(AVRIL 1903) 



Encore un voyage en Espagne, me dîrez-vous, 
Messieurs, et chacun de nous de se rappeler le 
récit humoristique inséré dans nos Mémoires de 
l'année dernière. Mais l'Espagne est grande, vous 
répondrai -je, et il y a place au delà des monts 
pourplusd'unebonnevolonté. Vos deux touristes, 
d'ailleurs, n'ont pas vu les mômes choses, ou du 
moins les ont vues à des points de vue différents. 
Vous visiterez avec nous quelques musées, quel- 
ques cathédrales, sans que nous ayons cependant 
rintention d'en abuser ; mais surtout nous vous 
conduirons en Andalousie, dans ce paradis espa- 
gnol, où règne la merveilleuse trilogie des trois 
cités, Séville, Cordoue, Grenade; les pompes reli- 
gieuses de la Semaine sainte, les splendeurs de 
l'art musulman vous toucheront, comme elles 
nous ont charmé ; et peut-être à notre tour par- 
viendrons-nous à vous intéresser. Donc, en route 
avec nous pour l'Espagne ! 



— 236 — 

Nous y pénétrons par le versant méditerranéen. 
Dès Perpignan, Taspect étranger s'accuse : ce 
pays fut longtemps espagnol ; les habitants, la 
nature elle-même ont conservé le cachet trans- 
pyréuéen. La voie ferrée longe le rivage : Elne 
et ses souvenirs de colonisation grecque; Port- 
Vendres, Banyuls, une côte rocheuse, de^ marines 
microscopiques, de petites criques où vient se 
briser le flot écumant; paysage exotique, où le 
pin parasol donne la note méridionale. Par une 
série de tunnels nous franchissons le chaînon 
pyrénéen des Albères. Cerbère, dernière gare 
française; encore un tunnel, nous sommes en 
Espagne. 

En gare de Port-Bou nous attend un premier 
mécompte. L'express de Barcelone est parti sans 
se soucier de nous ; il est quatre heures du soir, 
point de train avant demain matin à pareille 
heure. Et les quarante voyageurs français échoués 
dans cette infime bourgade, de chercher gîte pour 
la nuit, de donner assaut à Thôtellerie voisine de 
la station, laquelle ne contient au juste que cinq 
lils; le surplus se casera comme il pourra, dans 
les misérables fondas du lieu. Pour le moment, 
chacun de dévaler, par les ruelles abruptes et 
rocailleuses, jusqu'à la marine^ un petit port 
minuscule encadré de rochers. Les gamins du 
bourg s'acharnent à notre suite, nous importunant 
de leur mendicité nasillarde ; et le refrain obstiné : 



— 237 — 

cinco centimos^ una perrilla^ va nous suivre 
d'un bout à l'autre de l'Espagne. Quel fléau que 
cette mendicité, dont l'opiniâtreté lassera plus 
d'une fois notre patience! 

A la fonda où nous prenons gîte, les visages 
sont farouches etsombres, des contrebandiers, pis 
que cela peut-être ; et nous songeons involontaire- 
ment à l'épisode d'une nuit dans les Caïabres, si 
dramatiquement raconté par Paul-Louis Courier. 
Mais point dejambon accroché au-dessus de notre 
tête, partant point de coutelas menaçant qui vienne 
troubler notre sommeil ; tout se passe sans en- 
combre, et le lendemain, avant le soleil levé, le 
train nous entraîne vers Barcelone. 

C'estla Catalogne, une des plus riches provinces 
espagnoles, et d'une physionomie très parti- 
culière : pays hérissé de montagnes, mais ample- 
ment arrosé, fertile et verdoyant dans les vallées, 
à la population dense et laborieuse. Les cimes 
neigeuses des Pyrénées s'éloignent, et bientôt 
disparaîtront dans le lointain ; les pins parasols 
profilent leur gracieux panache au sommet des 
collines; les villages se succèdent, avec leurs 
églises à la tour carrée, ou bien au simple clocher 
catalan, un mur isolé percé d'ouvertures où 
pendent les cloches. Nous traversons les torrents, 
la Mouga, la Fluvia, le Ter ; voici les villes, 
Figuères, Gérone, cités loyales qui opposèrent à 
nos armes une résistance indomptable. Une foule 



— 239 — 

rivale. La Catalogne a sa langue, ses poêles, sa 
littérature sœur de notre langue d'Oc ; Mistral et 
Verdaguer se comprennent mieux, assure-t-on, 
qu'ils ne comprennent Cervantes. Est-ce à dire 
que les idées séparatistes aient quelque chance de 
triompher en Catalogne ? Le croire serait se créer 
une fâcheuse illusion. Ces explosions périodiques 
de particularisme ne sont le plus souvent qu'in- 
cidents de polémique, dont on lire parti pour 
refréner les empiétements du pouvoir central. 
L'individualisme catalan n'est point spécial à la 
province ; chaque région de l'Espagne présente 
le même phénomène, bien explicable au point 
de vue historique, et, mieux encore au point de 
vue physique. Le souvenir de ces unités politiques 
qui se dénommaient Aragon, Navarre, Castille, 
Valence, Andalousie, est demeuré vivace ; la 
division du sol en grands bassins fluviaux, séparés 
les uns des autres par de hautes montagnes ou 
par des landes désertes, favorise singulièrement 
l'autonomie régionale. Chaque province voudrait 
vivre de sa vie propre, et ne souffre qu'avec peine 
les fonctionnaires que Madrid lui envoie. Là toute- 
fois s'arrête la théorie du séparatisme : à Barcelone 
on est Catalan, .on y est même à l'occasion 
républicain, mais on y est avant tout Espagnol, 
et toute invasion étrangère qui se baserait sur ces 
idées danlagonisme provincial ne ferait que 
resserrer davantage le faisceau des forces natior 



— 240 — 

nales.Nous en avons fait ily aun siècle la fâcheuse 
expérience. 

Une large rue, la Rambla, traverse la ville de 
pari en pari, perpendiculaire au port, véritable 
boulevard à trois chaussées pour les voitures, et 
deux rangées intermédiaires de boulevards om- 
bragés de beaux arbres. La population s'y presse 
en habits de fête ; c'est le dimanche des Rameaux, 
et tout bon Espagnol reste fidèle aux habitudes 
pieuses. Je gagne la cathédrale. Au superbe 
cloîire gothique, planté en son milieu d'arbres 
exotiques, palmiers, néfliers, araucarias, la foule 
va et vient, médiocrement recueillie. Les enfants 
se groupent à la porte San Severo dûment close, 
qui fait communiquer le cloître avec le sanc- 
tuaire : chargés de palmes, ils trépignent et 
enlonnent, pour tromper leur impatience, un 
chant bruyant ponctué de piétinements sonores. 
C'est le prélude de VAffoUife portai ; lattente est 
longue en eflFet, etla vivacité méridionaleen prend 
difficilement son parti. 

Enfin parait le cortège épiscopal, précédé de 
massiers, et devant nous défilent en grande 
pompe les enfaats de chœur, les chantres, les 
religieux, capucins au froc brun, les chanoines 
velus de chape? multicolores, tous à la face soi- 
gneusement rasée, aux traits accentués, em- 
preints d'une sauvage énergie. Le souvenir de 
Saraorosse nous vient natureiiement à la mémoire : 



— 241 — 

on sent qu'à Toccasion ces léviles feraient spon- 
tanément le coup de feu pour défendre la patrie. 
L'évoque enfin, le dernier, fermant le cortège. 
Tous portent les palmes d'un jaune safran, qui 
cette après-midi s'étaleront, souvenir pieux, aux 
miradors des maisons. La porte de la cathédrale 
s'ouvre, le clergé s'engoufi're, les fidèles le sui- 
vent; je me glisse dans rimmense édifice. Mais 
quelle obscurité ! quelle cohue 1 On a peine à se 
dégager, à s'orienter... Je reviendrai plus loin 
sur ces belles cathédrales espagnoles., d'une ri- 
chesse extraordinaire, dont la disposition inté- 
rieure dififere étrangement des nôtres, mais où 
Tartiste, l'archéologue, le simple curieux trou- 
vent à glaner une ample moisson. 

Au dehors, c'est fête militaire, pour la présen- 
tation annuelle aux recrues du drapeau national 
avec prestation de serment. Un régiment d'in- 
fanterie défile, je me range pour regarder et com- 
parer. Ainsi est fait le Français, chez lequel ne 
saurait sommeiller la fibre militaire. En tête, un 
tambour-major correct, des tambours, des cor- 
nistes espacés sur toute la largeur de la chaussée, 
la musique, bruyante mais peu nombreuse; un 
colonel à cheval, bel homme, figure énergique, 
barbe grisonnante, poitrine suffisamment cha- 
marrée; puis les jeunes officiers, de bonne mine, 
d'alluremilitaire et dégagée. Le soldat défile bien ; 
l'espèce d'homme est belle, maigre, brune, vive; 



— 242 — 

le pas est cadencé, rien delà raideur allemande, 
plutôt notre souplesse française avec quelque 
laisser-aller en plus, sans pousser toutefois jus- 
qu'à la nonchalance italienne. L'impression pro- 
duite est bonne ; on aimerait à faire campagne 
aux côtés de pareils hommes. L'uniforme d'ail- 
leurs est seyant, tunique bleu foncé aux passe- 
poils rouges avec pantalon gris, et, sur la tète, 
la coiflFure bien caractéristique du ros^ un petit 
shako pointu par le haut, évasé par devant, 
couleur gris de fér avec ornements argentés 
pour TofÊcier. La coupe est correcte, le cos- 
tume bien ajusté, et Ton songe avec pitié au 
pauvre soldat français, dans ses vêtements lar- 
ges et de mauvaise façon; la plus mal habil- 
lée de l'Europe, sans contredit, notre chère 
armée ! 

Et voici le héros de la fête, le vaste étendard 
jaune et rouge, déchiqueté, effiloché, un étendard 
qui a vu le feu au Maroc ou à Cuba, dans les jours 
de gloire ou de tristesse, et n'en est que plus res- 
pectable. Cette armée conserve avec soin ses tra- 
ditions : les régiments gardent leurs noms glo- 
rieux ; ils dérivent des vieilles bandes auxquelles 
noire grand Gondé porta à Rocroi le coup mortel. 
Certains d'entre eux voient leur origine se perdre 
dans la nuit des temps, le régiment /mm(?/norm? 
ignore, ou peut-être dissimule la date préhisto- 
rique de sa création. Le cœur se serre en son- 



— 243 -^ 

géant aux désastres récents qui ont accablé cette 
belle armée, cent mille hommes impuissants en 
face de quarante mille Américains, les places 
fortes capitulant Tune après Tautre, deux grandes 
îles occupées et conquises presque sans résis- 
tance. Où trouver la cause de semblables catas- 
trophes? Il y a là, pour nous, une inconnue qui 
n'est pas encore suffisamment dégagée. Certains 
diront que celte armée considérable n'existait 
guère que sur le papier, que le soldat, mal nourri, 
mal payé, anémié par le climat, n'a point trouvé 
de chefs dignes de lui, que son adversaire au 
contraire, bien équipé, largement approvi- 
sionné, rompu à tous les exercices du corps, se 
sentait de plus porté par une idée, celle delà plus 
grande Amérique^ conformément aux principes 
de la doctrine Monroë. Tout est possible et tout 
arrive, même à un peuple brave; n'avons -nous 
pas nous-mêmes, il y a trenle ans, éprouvé les 
pires désastres, et que sert de ratiociner indéfi-- 
niment sur le passé, si ce n'est pour se corriger 
et s'instruire?... Des colonels, des généraux à 
cheval passent près de nous isolément sur la 
chaussée ; agitent-ils dans leur esprit ces lugubres 
souvenirs, ou songent-ils simplement à quelque 
pronunciamiento qui les porterait au faîte du 
pouvoir? Il y a de nombreux précédents en Es- 
pagne, et le maréchal Prim était Catalan, lui, le 
héros des combats d'outre-mer, le faiseur de rois, 



— 244 — 

jusqu à ce qu'il tombât obscurément sous la balle 
d'un assassin politique. 

Au port, surmontant une gigantesque colonne, 
s*élève la statue de Colomb, comme pour témoi- 
gner, en face de l'Italie, que l'Espagne sut faire 
sien le navigateur génois. Je me hisse au som- 
met du Montjuich, la colline granitique qui do- 
mine le port, et dont la forteresse maîtrise la 
ville entière de Barcelone. Qui tient le Montjuich 
est maître de la ville ; de fait, les Français y en- 
trent en 1808et nelequittentqu'en 1813, lorsque 
nos revers nous contraignent d'évacuer l'Espa- 
gne. Mais la campagne leur échappait, et pen- 
dant ces cinq années, ce fut une lutte continuelle 
contre lesinsurgés qui, prenantje Montserrat pour 
quartier-général, permettaient à peine à nos sol- 
dats de sortir des murs. Du Montjuich, le spec- 
tacle est magnifique, un splendide panorama : la 
rade, quelque peu déserte en ce moment, mais ce 
n'est pas la saison des arrivages, nous affirme le 
chauvinisme de notre guide; le quartier ouvrier 
de Barcelonette, isolé à l'entrée du port; la ville 
tout entière avec la campagne avoisinante, et la 
pleine mer, dont le flot calme miroite au soleil. 
En arrière de nous, et jusqu'aux lointsdnes cimes 
des Pyrénées, tout un entassement de montagnes 
enchevêtrées, véritable chaos, comme si le Père 
Eternel, dans ladistribulion des montagnes dont, 
suivant la légende, il laissa tomber sur le Mon- 



lénégro un chargement désordonné, en eût ré- 
servé pour la Catalogne un lot non moins Iucot 
hérent. Le Montseny est visible, mais non point 
le Montserrat; pour contempler sa cîme dentelée 
en forme de scie, il nous faudra monter sur le 
Tibidabo, une colline au nord de la ville. Nous y 
accédons par les quartiers neufs de VEnsanche^ 
aux superbes hôtels ; sur l'un d'eux flotte un pa- 
villon inconnu, c'est le drapeau de la Légation 
Cubaine, le sujet d'hier traitant d'égal à égal 
avec son ancien maître. Quel signe des temps ! 
A Barcelone nous sommes encore aux portes de 
la France ; le touriste a grand hâte de s'enfoncer 
en Espagne, mais la vitesse des trains ne sert que 
médiocrement notre impatience. Les distances 
sont longues, 7U0 kilomètres de Barcelone à Ma- 
drid, et nous mettrons seize heures pour les fran- 
chir, soit 44 kilom. à l'heure. Ce n'est pas la vi- 
tesse de nos grands express, c'est mieux cepen- 
dant que nos trains omnibus; ne disons pas trop 
de mal des chemins de fer espagnols. Seulement 
les express ne marchent que de nuit, partant ils • 
sont encombrés de voyageurs de toutes les caté- 
gories sociales. Avec moi ont pris place sept Ca- 
talans loquaces, bonnes gens assurément, mais 
encombrés de bagages, valises et menus colis, qui 
mèneront toute la nuit grand tapage, et ne me 
laisseront ni repos ni sommeil. Les arrêts sont 
rares et écourtés, une minute à peine de répit, 



— 246 — 

puis le cri guttural de : Todos los viajeros al 
tre7i! retentit, et le convoi de se remettre en 
marche. 

Je traverse TAragon au jugé, dans les ténèbres 
de la nuit, par Lérida et Saragosse ; du bassin de 
TEbre nous passons dans celui du Tage ; nous 
entrons en Castille. A Siguenza, le jour se lève, 
le soleil parait, mais quel triste spectacle ! quelle 
campagne désolée ! une contrée déserte, faible- 
ment accidentée, au sol calcaire d'un rouge san- 
guin ; pas un atome de verdure, pas un arbre à 
rhorizon : le paysan les a tous arrachés jadis, ra- 
conte-1-on, parce qu'ils portaient ombre à ses ré- 
coltes. Les torrents sans eau ne roulent que des 
cailloux. Aucun village, aucune maison , pasmême 
à rapproche des stations ; aux gares elles-mêmes, 
à peine un être animé, une femme, un enfant par- 
fois qui regarde passer le train. Bref, une tris- 
tesse, une solitude navrantes ; c'est l'aride pla- 
teau de Castille, et il en va de même dans un 
rayon de cinquante lieues autour de la capitale. 
Et cependant, du temps des Maures, ce pays fui 
incontestablement fertile; mais les guerres con- 
tinuelles et Texode en masse de la population 
musulmane, l'abandon des irrigations bien en- 
tendues, et bientôt l'afflux des richesses d'outre- 
mer entraînant avec elles le mépris du travail, 
toutes ces causes ont laissé tomber le sol sans 
culture ; la population clairsemée ne cherche pas à 



— 247 — 

réagir, et le gouvernement se désintéresse. De 
temps à autre une oasis de verdure^ quand se 
rencontre un cours d*eau de quelque importance ; 
puis le désert reprend, et se prolonge jusqu'aux 
portes mêmes de Madrid, 

Madrid. — Nous abordons la capitale des 
Espagnes^ suivant Texpression pompeuse que 
Napoléon lui-même adopta, pour se conformer à 
la tradition. Rien, à vrai dire, si ce n'est sa 
position centrale au milieu du royaume, ne pré- 
destinait Madrid à cette dignité. La capitale se 
déplaçait vers lesud, suivant le progrèsdes armées 
chrétiennes : Oviédo comme point de départ, puis 
Tolède pendant quatre siècles, Valladolid par in- 
tervalles, Madrid enfin, en 1361, quand la révolte 
desComuneros et les exigences du clergé lolédan 
eurent définitivement détaché les rois de leur 
antique métropole. Mais Madrid était une capitale 
improvisée qui, sous Philippe II, ne comptait que 
30.000 habitants; elle en contient actuellement 
plus de bOO.OOO. Belle ville assurément, élégante, 
mondaine, animée, mais dont le séjour n*a point 
cessé d'être peu agréable en raison des brusques 
variations de température: une glacière en hiver, 
un enfer en été, et tout notable Madrilène, dès 
qu^arrive la belle saison, d'émigrer avec la Cour 
vers les rivages embaumés de Saint-Sébastien. 
Le touriste afl*ai ré n'a pointle loisir de philosopher 



— 248 — 

sur les avantages ou les inconvénienls d'une 
capitale ; il a hâte de voir, et les musées de Madrid 
seront pour lui la grande attraction de son séjour. 

Le Musée national de peinture et de sculpture 
se dresse dans les quartiers neufs, dominant le 
Prado, au seuil du magnifique parcdu Buen Retire : 
un gigantesque édifice rectangulaire, à façade de 
temple grec, déjà trop exigu pour la foule de toiles 
qui s'y pressent. C'est ici qu'il faut étudier les 
maîtres, Velazquez et Murillo, Ribera et Goya. 
En France, à notre musée du Louvre, TEcole. 
espagnole est imparfaitement représentée ; elle 
Test mieux en Angleterre, mais principalement 
dans les galeries privées, difficilemehtabôrdables. 
Au musée du Prado* l'occasion de nous dédom- 
mager est unique, et le touriste ne saurait la 
nécrli^rer. 

L'intérêt de Tœavre de Velazquez est surtout 
historique, car elle est pendant un demi-siècle le 
reflet de la vie d'un peuple. Chez ces maîtres du 
pinceau, qu'ils s'appelassent Rubens, ou van 
Dyck, ou Velazquez, les aptitudes étaient uni- 
verselles; on les rencontrait en dehors de leur 
art, cavaliers brillants, hommes de cour, diplo- 
mates chargés de missions délicates, sans qu'ils 
parussent déplacés en Tun quelconque de ces 
milieux. Dans leur art lui-même, ils révélaient 
les facultés les plus étendues, allant du portrait 
à la peinture d'histoire, des scènes bibliques ou 



— 249 — 

mythologiques au tableau de genre et au paysage. 
Tel se présente à nous Velazquez. Ses Ivrognes ^ 
los Bvrrachos^ scène populaire, sa Forge de 
Vulcain, conception triviale du sujet mytholo- 
gique, sont étincelants d'animation, de couleur 
et de verve; c'est là sa première manière» conçue 
sous rinfluence directe de l'Ecole romaine. Plus 
tard, il retrouvera cet éclat de coloris dans ses 
Hilanderas^ les Fileuses de la fabrique de tapis 
de Madrid, le soleil dardant en un eëpace fermé 
un rayon qui vient chatoyer sur les riches 
étoffes. Mais il abandonne bientôt celte voie pour 
se consacrer entièrement à la peinture historique. 
Néeu 1599, au lendemain de lâmort de Philippe II, 
c'est-à-dire à Tinslant précis où commence pour 
TEspagne la décadence politique, il est le peintre 
ordinaire de Philippe IV, qui Thonore de son 
amitié particulière. Sous ce roi, la grandeur de 
l'Espagne n'est plus que souvenir, et cependant, 
çà et là, de belles pages encore où Tartiste sait 
trouver son inspiration. 

Voici le célèbre tableau de^Lunces ou Reddition 
de Brédaj 152S. Au premier plan, les deux héros, 
le marquis de Spinola et Justin de Nassau, le 
vainquf^ur recevant la soumission du vaincu. 
L'attitude de l'Espagnol est noble, rien de cette 
fierté castillane qui confine à la morgue, et à la- 
quelle la victoire vient de fournir occasion de 
s'étaler. Ce sentiment est loin de la pensée de 

21 



-^ !250 — 



Spiiiola : d'un geste avenant, avec une fami- 
liarité touchante, il pose la main sur l'épaule de 
Nassau, il semble le complimenter de sa belle 
défense ; on sent là le héros qui n'abusera point 
de la victoire. Autour d'eux se groupent les lieu- 
tenants. Espagnols maigres^ basanés et barbus, 
Hollandais joufflus et rosés qui ne paraissent point 
avoir souffertoutremesuredes privations du siège ; 
et, dans le fondj un bataillon épais de fantassins 
dardant droit au ciel, serrées comme aiguilles sur 
une pelote, une forèl de longues lances ; ces lances 
ont donné leur nom au tableau. 

Tout autour de la salle, récemment ouverte et 
dénommée salle (TIsaheUe II, en Thonneur de la 
vieille reine, s'alignent les autres toiles du grand 
peintre au ]iombre de soixante environ. Nous 
négligeons les sujets religieux ou de fantaisie 
pour nous attacher aux portraits de souverains 
et de princes ; leur examen va nous donner la clé 
de cette décadence qui, de Philippe II nous conduit 
en Philippe IV^ puis se continue jusqu'à notre 
siècle, et s'accentue plus que nous ne voudrions 
pour la grandeur de rEspagne. Et qu'on ne s'at- 
tende point, dans ces portraits, à quelque chose 
de convenUj à des palliatifs cherchant à voilerles 
détails caractéristiques, à atténuer les laideurs : 
Velazquez donne à ses personnages leur pose 
habituelle, conforme à Tétiquette; il croit inutile 
de les animer par des attitudes pittoresques ; leurs 



— 251 — 

traits sont ceux de gens qui ne se croient pas 
observés. Chaque figure revêt son individualité 
propre, sans déguisement aucun ; c'est, dira-t-on, 
le style deTorgueil, indiflTérent à l'effet qu'il peut 
produire, mais c'est encore et surtout le style de 
la vérité, et c'est par cela même que nous sommes 
plus profondément captivés. 

Chacune de ces toiles porte en elle-même un 
enseignement. Mieux qu'une page d'histoire, elle 
nous explique des faits que Thistoire est impais- 
sante à nous faire comprendre; ici, nous lisons 
et nous comprenons, et ce n'est point là un petit 
mérite de la part du peintre. Sur la physionomie 
de ces princes au front étroit, à la coloration pâle, 
aux yeux sans expression et sans vie, se lit une 
décadence irrémédiable, au physique et au moral. 
La dynastie dérivée de Charles-Quint et de Phi- 
lippe II est énervée avant l'âge ; chez elle, plus 
d'énergie, plus de ressort; elle verra tous ses 
rejetons se flétrir, et déjà elle incline vers la tombe. 
Voici Philippe III d'abord, qui voit mourir Cer- 
vantes, un Espagnol de la vieille et glorieuse 
époque ; il expulse les Morisques, de faibles restes 
qui ne demandaient qu'à se laisser vivre et à 
faire jouir l'Espagne de leur industrie. Mais voici 
surtout Philippe IV, cet inconscient que laissent 
froid toutes les ruines accumulées autour de lui ; 
dans sa lutte contre Richelieu et contre Mazarin, 
il accumule défaites sur défaites, perd ses pro- 



— 252 ~ 

vincôs, signe des Irailés désastreux, el se croit 
encore grand, à Tégal de soiï glorieux aïeul. La 
perte du Portugal et des Pays-Bas, Tinsurrection 
delà Catalogne, les journées de Rocroiet de Lens, 
et tant d'autres qui rendent nécessaire la paix dqs 
Pyrénées, rien ne Ténieut; la chute est irrémé- 
diable, et le souverain est le seul à ne point la 
sentir. Plus on en ôte^ plus il est grandy disait 
ce railleur qui lui donnait pour emblème un fossé. 
Or l'explication de cet aveuglement se lit tout 
entière dans les nombreux portraits du prince ; 
entêtement, inconscience, telle est la note carac- 
téristique qui s'en détache. Le jeune prince don 
Bàltazar Carlos, un tout jeune enfant, nous 
apparaît fièrement campé sur un cheval fougueux, 
tenant à la main le bâton de commandement; la 
volonté s'affirme dans l'élan du coursier ; que cet 
espiègle arrive à l'âge d'homme, peut-être tu 

Marcellus eris Mais non, regardons de plus 

près : ce visage encadré de cheveux frisottants, 
voilé à demi d'un feutre empanaché, offre une 
particularité inquiétante : il est terne, les contours 
en sont trop accentués, rien d*enfantin dans les 
traits ni dans l'expression, tête trop grosse pour 
petit corps. Serions-nous en présence d'un nain 
menacé d'une décrépitude précoce? L'atmosphère 
stupéfiante de la Cour espagnole mûrit hâtive- 
ment, et l'Escurial nous apparaît dans le fond du 
tableau, comme s'il guettait sa proie. Nous le 



— 253 — 

reirouvons d*ailleùrs, ce même infant, celle fois 
en âge adulte, à pied, bien campé dans une pose 
élégante, costume de chasse, fusil à la main, 
marileau négligemment rejeté en arrière. Il nous 
fait face de trois quarts ; la silhouette est superbe, 
le coloris merveilleux, mais c'est la figure que 
nous scrutons, et, là encore, aucune expression 
dans ces yeux largement ouverts, dans ce visage 
allongé, rien qu'un nez démesuré, faisant ombre 
sur la physionomie. 11 mourra jeune, sans avoir 
marqué dans Thisloire, sans que rien vienne dé- 
mentir notre fâcheux pronostic. 

Il n'est pas jusqu'aux comparses de cette cour, 
le nain El Primo, la naine Barbola, des monstres 
idiots, qui ne viennent à leur tour fournir le do- 
cument explicatif. Voici bien le premier mi- 
nistre du roi, comte duc d'Olivarès; il a grand air 
sur son haut coursier, et jouerait volontiers le 
rôle de sauveur ; mais, aussi suffisant qu'in- 
suffisant, il n'est point de taille à lutter avec Ri- 
chelieu. Décidément cette dynastie est marquée 
du doigt de la mort. Dans la petite salle voisine, 
un joli tableau, las Meninas. C'est la jeune prin- 
cesse Marguerite, fille de Philippe IV, une fillette 
sérieuse, engoncée dansune fraise monumentale, 
étreinte par une robe de cérémonie où elle se 
tient raide, triste emblème de la contrainte des 
cours; près d'elle, ses menines, son majordome, 
-ses nains, tout un monde figé dans l'étiquette. 



— 254 — 

véritable ménagerie de princes, dirait-on irrévé- 
rencieusement. 

Un autre peintre, Goya, continue cette galerie 
historique, et, bien qu'à un rang inférieur, il 
nous donne à son tour ses enseignements. Artiste 
populaire, il est étonnant de réalisme dans ses 
Taureaux à Varroyo et dans saiforf d'un 'pica- 
dor. La Trahison deJuda^ de la cathédrale de To- 
lède, évoque par son clair obscur le souvenir de 
Rembrandt, tandis que, dans ses Malheurs de la 
guerre, il se montre le digne successeur de Cal- 
lot. Portraitiste de genre, son naturel est merveil- 
leux dans le surprenant Jeune homme en griSj 
pièce capitale d'une collection particulière. Mais 
c'est surtout sa série historique qui nous frappe, et 
par là il complète, au point de vue moral, Tœuvre 
de Velazquez. Nouscherchons le document, Goya 
va nous le fournir. A peine un ancêtre, presque 
un contemporain, puisqu'il a vécu à cheval sur 
le XVIII® et le xix® siècles, il nous présente dans 
ses tableaux la cour de Tinforluné Charles IV* 
Le souverain est ami de la France, ami particu- 
lier de Napoléon, dont il admire le génie ; il met 
au service de son allié toutes les ressources mili- 
taires de FEspagne ; mais autour de lui gravitent 
une reine oublieuse de ses devoirs, un favori 
bellâtre et sans scrupules, un prince héritier qui 
les déteste tous, père, mère et favori, et qui sera 
pour un temps Tidole de son peuple, sans se 



— 255 — 



montrer un seul instanl digne de cette adoration. 
Et voilà le pauvre roi qui nous apparaît au 
milieu de sa cour, digne par bien des côtés d'être 
mis en regard de notre malheureux Louis XVI, 
même face débonnaire, même physionomie pla- 
cide^ loutrextérieiir d'un honnèle monarque ani- 
■ raé des meilleures intentions, mais ne dérûèlant 
rien des tragédies qui se préparent autour de lui. 
Ailleurs, la reine infatuée de sa beauté, coquette 
en la fâcheuse acception du mot, posant dans les 
I costumes les plus divers devant le pinceau du 
peintre : ici en odalisque avec un élégant désha- 
billé, là ea Andalouse jouant galamment de Té- 
Iventail, puis à cheval, en costume d'amazone 
semi-masculin. Elle aussi subit rinfluence de Na- 
poléon, qui se montre aimable pour elle, et lui 
fait envoyer par Joséphine les modes parisiennes 
les plus nouvelles. Mais que l'ambition désor- 
donnée de l'Empereur prenne pour point de 
Imire la pauvre Espagne, et toute cette cour de 
fantoches s'évanouit, incapable d*une résolution 
énergique qui puisse sauver la patrie et le 
trône. 

Cette énergie va se retrouver dans le peuple, 
et les souvenirs du 2 mai 1808 sont restés vivaces 
dans la mémoire de tout bon Espagnol. Ils ont 
inspiré à Goya deux de ses toiles, que le patrio- 
tisme peut proclamer admirables, mais que la 
critique impartiale ne peut que trouver grotes- 



— 256 — 

ques en leur exagération. Dans srfn Combat 
entre les Espagnols et les Mameluks, dans ses 
Madrilènes fusillés par les fantassins de Mi^ 
rat, Goya prèle à nos soldats des physionomies 
féroces, basses et viles. Certes, les Espagnols ont 
donné un grand exemple en luttant à armes iné- 
gales contre l'étranger, en refusant de se laisser 
asservir ; mais le peintre n'ajoute rien à leur mé- 
riteen rabaissant nos soldats, vaillants exécuteurs 
d'une triste besogne. En voulant trop prouver, on 
risque de faire fausse route. 

Murillo, mieux partagé que Velazquezi, a obte- 
nu au Musée de Madrid les honneurs de la Ro- 
tonde, et cependant ses œuvres capitales sont à 
Séville. C'est donc à Séville que nous le verrons, 
et nous en parlerons à loisir ; ici ne souffre-t-il 
pas quelque peu du voisinage de Velazquez? Au 
surplus, les Velazquez et les Goya nous ont rete- 
nus longtemps, trop longtemps peut-être, et il 
jlous reste à peine quelques instants pour goûter 
:1e sombre coloris des Ribera, le réalisme, la bi- 
zarrerie des Zurbaran, et encore les Alonzo Cano 
dont les figures idéalisées évoquent le souvenir 
des Carrache, et lesCoello, qui, par les formes un 
peu lourdes, Téclat du coloris et de la lumière, 
rappellent la peinture flamande. 

Le musée de Madrid est loin d'ailleurs d'être 
exclusif. J'ai parlé de peinture flamande : avec 1a 
riche collection de Teniers, nous retombons en 



— 257 — 

pleine Flandre. Plus loin, une merveilleuse série 
de Rubens; dans nos souvenirs, la vieille Pina- 
cothèque de Munich présenterait seule un pareil 
ensemble. Le peintre d'Anvers, dans son âge 
mûr, travailla pour Philippe IV en des scènes 
mythologiques et bibliques, en des portraits où 
nous retrouvons tout l'éclat de son talent. Et 
encore des van Dyck, principalement des portraits 
d'une élégance exquise, faisant contraste par leur 
sobriété de tons, par la distinction des person- 
nages, avec la richesse de coloris et l'exubérance 
de chairs qui caractérisent Rubens. 

Au sortir du musée, l'œil et l'esprit également 
fatigués, il est bon de se reposer quelques ins- 
tants sous les ombrages du Buen Retire, Je bois 
de Boulogne madrilène, de flâner au dehors, le 
long des paseos ou boulevards del PradOy de Re- 
coletoSj de la Castellanay qui de ce côté forment 
à la ville une ceinture verdoyante. Mais en 
ces larges espaces vides, sous un ciel sans nuages, 
la chaleur sèche qui caractérise Tatmosphère ma- 
drilène se fait cruellement sentir. Rien que des 
chiens et des Français dehors, pourrait-on dire 
avec l'adage espagnol. De fait, la chaussée est 
déserte, à part les arroseurs municipaux qui de 
leurs lances aspergent consciencieusement la 
poussière, et la convertissent eu boue. Que le 
vent s'élève, soufflant du Guadarrama en bise 
cinglante, et le touriste glacé notera la vérité de 



— 258 — 



cet autre dicton, qu'ea avril il n'est jamais pra- 
dent de se découvrir. 

PourlemomenI;, dans \^ Carrer a sanJeronimo 
qui me ramène au centre de la ville^ la chaleur 
es( accablante* Il y faisait plus chaud encore, le 
fameux dos de Mayo, 2 mai 1808. La population 
madrilène tout entière se levait contre les Fran- 
(;ais, pour s'opposer au départ de la famille royale- 
Des fenêtres de Thôlel de Hijar la fusillade pleu- 
vait; les mameluks, les chasseurs de la garde 
quîj du Buen Retiro, guidés par laide de camp 
Marbotj se bâtaient vers la Puerta del Sol, en es- 
suyaient une furieuse décharge. Ils n'en per- 
daient pas le souvenir^ et, quelques instants plus 
lard^ lorsque, repassant dans la Carrera, ils rece- 
vaient une seconde fois le feu, les portes étaient 
forcées, les imprudents agresseurs saisis, passés 
au fil du sabre ou du yatagan, et leurs cadavres 
lancés par dessus le balcon. A la Puerla, de même, 
la mêlée avait été sanglante, les têtes avaient 
volé sous le cimeterre^ pas en bien grand nombre 
assurément, et le chiflTe des Français massacrés 
dans les rues de la capitale compensait assuré- 
ment les représailles. N'importe, Timpression 
fut terrible, l'Espagnol en garda longtemps le 
souvenir, comme d'une vengeance inassouvie, 
el les toiles de Goya au musée de peinture sont 
le reflet fidèle de ce sentiment. Aujourd'hui, sauf 
en quelque coin reculé de TEspagne^ en quelque 



— 259 — 

ville particulièrement éprouvée par nos armes, 
ces rancunes sont apaisées ; la France n'a man- 
qué aucune occasion de témoigner à sa sœur la- 
tine toute sa bonne volonté ; récemment encore 
elle a été Tinlermédiaire sympathique, bien 
qu'impuissant, pour le rétablissement de la paix 
avec les Etats-Unis. L'Espagnol apprécie ces bons 
sentiments, nous en avons bénéficié nous-mêmes 
plus d'une fois au cours de notre voyage. 

La Puerta delSol est le nœud vital de Madrid, 
le cœur même de la grande cité. Quatre larges 
rues, Calle san JeronimOj Calle de Alcala, 
Calle de Arenal et Calle Mayor s'y croisent en 
forme d'X. La place est allongée, de forme irré- 
gulière, sillonnée de lignes de tramways avec 
refuges bitumés que le piéton est heureux de 
mettre à profit. Quelle agitation ! quels cris ! quel 

brouhaha! Au pourtour s'alignent les cafés 

trop vantés, si on les compare à nos cafés pari- 
siens ; du moins ne paient-ils pas de mine, et la 
foule qui s'y presse est étrangement mêlée. J'y 
coudoie un homme du peuple mal vêtu, et quel- 
ques tables plus loin, une femme en cheveux, la 
tête couverte d'un châle, allaite un nourrisson. Ici 
comme en mainte autre capitale, Thomme élégant 
se fait inscrire à un cercle, et laisse le café à la 
classe inférieure ou à l'étranger de passage. La 
sehora de son côté serenfermechez elle aux heures 
chaudes delà journée, ne sortant volontiers qu'en 



~ 260 - 

yoiture ou le soir ; à Séville seulement fera-t-elle 
ànos yeux son authentique apparition. De même, 
à Madrid la mantille se montre à peine sur le 
pavé; mais à Séville nous la verrons s'épanouir 
avec les jupes bariolées, et le costume féminin 
dans tout son éclat méridional. 

La Puerta del Sol et ses cafés n'en offrent pas 
moins un spectacle caractéristique. Tout ce monde 
s'agite, va et vient, conversant à haute voix, 
menant un tapage assourdissant. Les rafraîchis- 
sements sont rares et modestes, car la sobriété 
•espagnole est proverbiale : une tasse de café, un 
bâton à'azucarillOy sucre poreux aromatisé fon- 
dant en une mousse blanchâtre, parfois un verre 
d'a^war<^/^n<^, eau-de-vie anisée, le plus souvent 
un simple verre d'eau, agua fresca^ et vous aurez 
épuisé la coupe des orgies madrilènes. Mais c'est 
bien de politique que se grise ce peuple impres- 
sionnable ;, non pas de politique extérieure, ou du 
moins tient-elle peu de place dans les journaux, 
mais de polémique d'ordre intérieur : on traite à 
fond la question électorale, on discute les actes 
de tel ministre, on blâme la conduite de tel haut 
fonctionnaire ; on retrace dans leurs moindres 
détails, avec exagération, les bagarres qui se pro- 
duisent sur les divers points du pays. Hier, à 
Barcelone, il y a eu des troubles : le préfet a 
manqué defermeté vis-à-vis des ouvriers du port; 
il a été révoqué ; on en installait un nouveau au 



— 261 — 

moment où je traversais la ville. Les étudiants 
ont fait du tapage à Salamanque, la troupe a tiré 
sur eux, et en a tué quelques-uns ; demain, les 
étudiants de Madrid s'agiteront à leur tour, pre- 
nant fait et cause pour leurs camarades. De* tout 
cela, l'Espagnol ne s'émeut point, si ce n'est en 
paroles ; ces faits se y)assent à quarante lieues de 
lui, et ne le concernent pas; il sera temps pour 
lui de s'inquiéter, quand ils se produiront à sa 
porte. La faute en est aux journaux étrangers, 
qui ne comprennent point et exagèrent. L'émeute 
au surplus est en Espagne un incident mal- 
heureusement fréquent, et il est tel mal auquel 
on s'habitue, au point de ne plus paraître en 
souflFrir ; il suffit pour cela que le tempérament 
du patient soit fort et éprouvé. Tel est le cas de 
TEspagnol. Il a supporté philosophiquement ses 
malheurs récents, et renoncé sans trop de peine 
aux colonies que l'Amérique lui a ravies; ce n'est 
plus qu'une blessure d amour-propre dont on peut 
se guérir. Par sa position géographique, il a peu de 
chose à redouter d'une invasion étrangère; ses fl- 
nancesnesontpasabsolument prospères, mais elles 
l'ont étébeaucoup moins jadis. Ausurplus, l'habi- 
tant n'a pas de besoins, et se contente de peu ; pour- 
quoi l'Etat, qui est la collectivité des citoyens, ne 
ferait-il pas comme lui ? Ces considérations que 
j'agitais en mon esprit dans le moment, et qui 
me reviennent aujourd'hui à la pensée, bien que 



— 262 — 

d'apparence paradoxgile, ne doivent pas être 
éloignées de la vérité ; du moins nous en a-t-il 
paru ainsi, et en aucune circonstance, au cours 
du mois que nous avons passé au delà des monts, 
ne nous a-t-il semblé avoir affaire à un peuple 
en décadence et malheureux. 

Une des grandes attractions madrilènes est la 
Parade quotidienne au Palais-Royal. Le majes- 
tueux édifice se dresse à l'extrémité de la ville, 
et domine de sa masse quadrangulaire les jardins 
royaux bordant le Mançanarès. La célèbre rivière 
n'est point à sec en ce moment, et pourrait faire 
fi du verre d'eau que lui octroyait généreusement 
le bon Alexandre Dumas; quelque verdure égaie 
ses rives, mais au-delà, et à perte de vue, c'est 
la campagne sèche et aride : point de banlieue 
égayant le paysage par ses villas, ou l'enlaidiy- 
sant par ses cheminées d'usine ; rien que le désert 
du plateau central ibérique, qui prend naissance 
aux portes mêmes de la capitale, et, à l'horizon, 
les cimes neigeuses du Guadarrama. 

Des sonneries guerrières viennent nous arra- 
chera celugubre spectacle. La parade commence. 
D'un côté de la vaste cour d'honneur s'aligne la 
garde descendante : un bataillon de chasseurs à 
pied, cazadoresy un escadron des hussards de la 
Princesse au dolman rouge éclatant soutaché d'or, 
une section d'artillerie. Lagarde montante pénètre 
à son tour : un bataillon d'infanterie de ligne, un 



— 263 - 

escadron des hussards de Pavie au dolman bleu 
clair sou taché d'argent, et deux pièces d'artillerie 
attelées. L'infanterie défile devant nous, précédée 
de sa fanfare qui joue la marche royale ; le 
rhythme en est triste, lent, empreint de majesté. 
Les troupes s'alignent et se font face; les colonels 
s'avancent au-devant l'un de l'autre, dans l'in- 
tervalle libre, pour se saluer du sabre. La foule 
silencieuse a les regards fixés sur les fenêtres du 
Palais ; un rideau se soulève, peut-être le jeune 

roi va-t-il apparaître pour saluer ses troupes 

Mais la parade a pris fin ; -la garde descendante 
défile à son tour, la garde montante prend pos- 
session du poste, et la foule se disperse. 

Ces spectacles militaires ont toujours le don 
d'attirer et d'émouvoir ; bien à plaindre serait le 
peuple dont le cœur resterait froid, quand défile 
devant lui l'armée, image vivante de la patrie ! 
L'étranger lui-même ne saurait demeurer insen- 
sible, et notre esprit chauvin ne peut se retenir 
de contempler et d'admirer. Je ine rappelle l'im- 
pression que je ressentis jadis à Londres, en la 
cour du Ministère de la guerre, devant la parade 
des Horse-Guards. Je vois encore ces magnifiques 
cavaliers aux cuirasses étîncelantes, le casque 
ombragé d'un blanc panache, alignés et atten- 
tifs ; puis, sous la voûte, des sonneries éclatantes 
retentissant, des appels de cuivre comme il n'en 
résonne plus guère qu'à l'Opéra, alors que le cor- 



— 264 — 

annonce là venue du chevalier du Cygne ; et 
bientôt un second peloton cuirassé, empanaché, 
paraissant et venant se ranger en face du premier : 
quelque chose comme une vision du Walhallaou 
de la mythologie d*Odin. Ici l'évocation est moins 
gothique, mais n'en est pas moins suggestive. 
Ce peuple d'ailleurs, pour qui les derniers 
siècles n'ont point été cléments, vit du moins de 
souvenirs, et soigne avec amour les témoins, les 
instruments de sa gloire passée. UArmeria 
royale, à Tun des angles du Palais, est peut-être 
Ja plus belle collection d'armures qu'il soit donné 
de visiter. Charles-Quint en fut le fondateur. 
Sous Philippe II. elle reçut son plein développe- 
ment; les deux règnes y sont merveilleusement 
représentés. Voici les armures des deux souve- 
rains, la litière de campagne du premier^ la chaise 
à porteurs du second. Voici qui nous touche.de 
plus près, car ce sont des dépouilles françaises : 
dans une vitrine, Tépée, la dague, les gante- 
lets, le casque et le bouclier de François P^, pris à 
Pavie. Nous savons, du moins l'histoire nous l'en- 
seigne, que Murât, maître de Madrid, se fit rendre 
au nom de l'Empereur, ces épaves royales ; mais 
ce que nous ignorons et qui paraît aujourd'hui 
bien établi, c'est que Murât aurait été trompé, 
qu'on lui aurait rendu des armes d'occasion, et 
que les véritables seraient demeurées aux mains 
des Espagnols. Le lour est de bonne guerre, dût 



— 265 — 

notre fierté nationale en souffrir. Et à côté des 
princes, n'oublions pas ceux qui les ont vaillam- 
ment servis : l'armure de Gonzalve de Cordoue, 
notre adversaire dans le royaume de Naples, 
celles des Conquistadores Fernand Cortez et Pi- 
zarre. Plus loin les trophées de Lépanle, le dra- 
peau de Juan d'Autriche, les armes et les vête- 
ments d'Ali Pacha, le vainqueur en face du vain- 
cu. Des richesses inépuisables, qu'il sérail puéril 
de détailler; le moyen âge le plus reculé coudoie 
l'époque moderne et contemporaine : ici, les cou- 
ronnes des rois Wisigoths analogues à celles que 
nous possédons au Musée de Gluny ; là un sabre 
de Wellington, le sabre de don Carlos, et, dans 
une vitrine, les uniformes, harnais et nécessaire 
de campagne du pauvre jeune roi Alphonse XII, 
trop tôt enlevé. 

A la porte des écuries royales et sur le boule- 
vard voisin se produit un mouvement inaccoutu- 
mé. Quelques voitures stationnent, un détache- 
ment des hussards de Pavie est rangé sur la 
contre-allée du Paseo. Les flâneurs se groupent,^ 
le roi, la reine vont sortir, assure-t-on ; l'occasion, 
est trop propice pour la laisser échapper. Quel- 
ques instants s'écoulent ; puis des pas de chevaux 
se font entendre; un jeune cavalier se présente 
en uniforme de capitaine général, vos argenté 
sur la tête; il est brun, svelte, de bonne raine ; 
c'est Alphonse XUI. Il enlève son cheval au petit 

22 



— 266 — 

Irol ;• Tescorle, quelques officiers supérieurs, 
aides de camp, fait de même, et il disparait par 
la descente rapide qui longe les écuries royales. 
Immédiatement après lui apparaissent deux voi- 
tures : dans la première, la reine-mère et Tune de. 
ses belles-sœurs; dans la seconde, des dames 
d'honneur. La reine se tourne gracieusement 
vers nous ; elle salue et sourit. Et nos cœurs de 
se sentir émus; toutes nos sympathies d'aller à 
ce jeune prince, espoir de tout un peuple, à cette 
reine, la sagesse incarnée sur le trône ; longue 
vie à tous deux, leur souhaitons-nous ardemment. 
Et cependant certains partis murmurent : cette 
cour, cet appareil gouvernemental, nous coûtent 
trop cher, dit-on ; on voudrait changer... Hélas ! 
quel est le peuple assez sage pour être jamais 
content de son sort ? 

Le Musée archéologique est fort riche, et pour- 
rait-il en être autrement, sur un sol que tant de 
peuples divers ont successivement foulé? Dans la 
section antérieure à l'ère chrétienne, les monu- 
ments du vieil art ibérien, les monuments ro- 
mains; pour la section du moyen âge, les scul- 
ptu res des temps chrétiens primitifs, les antiquités 
wisigothes, les spécimens de Tart mauresque ; 
il y a là des meubles merveilleux, des porce- 
laines, des verreries, des reproductions de monu- 
ments, des fragments d'ornementation religieuse, 
stalles en bois sculpté, grilles en fer forgé, et des 



— 267 — 

ornements sacrés, croix processionnelles, crucifix, 
reliquaires en bronze ou en ivoire. A la section 
ethnographique, des spécimens de Tart américain 
primitif, antérieur à la conquête, antiquités 
mexicaines et péruviennes, collection infiniment 
précieuse par sa rareté, et que seuls les descendants 
des conquistadores ipeuvent posséder dans un pa- 
reil ensemble. 

Au Musée naval, c'est une visite pieuse que 
nous venons faire, comme on rendrait visite à 
une nécropole. Nous y évoquons en effet le souve- 
nir d'une marine qui fut brillante, et qui n'est 
plus que Tombre d'elle-même. Les portraits des 
conquérants et des navigateurs, FernandCortez, 
Pizarre, Balboa, Magellan; des grands amiraux, 
don Juan d'Autriche, André Doria, Roger de Lo- 
ria; celui du plus grand d'entre eux, Colomb, 
avec le modèle de sa caravelle de 1492, et la carte 
de ses premières découvertes. C'est là Tépoque 
glorieuse ; plus tard on n'enregistre plus que des 
défaites. Voici Tamiral Gravina qui, de concert 
avec Villeneuve, fit de son mieux à ïrafalgar, 
mais dut céder au génie de Nelson ; voici les 
amiraux de la dernière campagne, Montojo aux 
Philippines, Cervera à Cuba, et près d'eux les 
capitaines qui pour ne point se rendre, aimèrent 
mieux faire sauter leurs vaisseaux. Ici encore se 
pose la question que nous cherchions à résoudre 
en face de l'armée de terre. Gomment une marine 



— 268 — 

ancienne, ayant ses traditions, a-t-elle pu èlre 
écrasée par un adversaire né de la veille, absolu- 
ment improvisé? Quelle fut la cause de tant de 
désastres, et, pour préciser, ces braves gens pou- 
vaient-ils sortir victorieux de la lutte? Hélas! 
ici encore même réponse, et plus facile à donner. 
Soit négligence, soit économie, la flotte espagnole 
n'avait point été tenue au niveau des inventions 
modernes. Des vaisseaux en bois, d'un modèle 
suranné, pourvus d'une artillerie insuffisante, ont 
à lutter contre les navires américains, pourvus de 
tout ce que Tart de la construction, de la balis- 
tique a imaginé de plus puissant. La partie n'é- 
tait donc.pas égale, et, malgré Ténergie de la ré- 
sistance, le désastre était fatal et nécessaire. Les 
Espagnols l'ont compris ; ils ne se hâtent pas de 
reconstruire leur flotte de guerre ; ils savent ce 
qu'une telle entreprise réclame de temps et d'ar- 
orent. Ici. comme bien souvent ailleurs, sasresse 
et économie marchent d'accord. 

Mais assez sur le compte des musées, j'ai promis 
de n'en point abuser. Les églises, à Madrid, me 
trouveront plus sobre encore pour les décrire. 
Peu intéressantes en général, rien qui sorte du 
style rococoysans mèm^ atteindre auxsplendeurs 
que ce genre revêt à Séville et à Grenade. La 
basilique Je X({csfra sc/tora de Atocita. jadis 
paroisse de la Cour, est en reconstruction. La nou- 
velle calhéJrale. qui doit s'élever près du palais 



— 269 — 

royal, n'est pas encore terminée. L'idée du Pan- 
théon national, installé dans Téglise de Saint- 
François -le-Grand, est récente, et n'a point reçu 
sa pleine exécution : celui de Rome a servi de 
modèle, un dôme avec lanterne, portique à deux 
tours ; mais les grands hommes se sont fait prier. 
La commission n'a pu retrouver ni Cervantes, ni 
Lope de Vega, ni Velazquez, ni Murillo ; pour le 
moment, on se contente avec Gonzalve de Gordoue 
ravi à Grenade, Garcilaso de la Vega, Calderon, 
l'amiral Gravina, et autres seigneurs de moindre 
importance; encore, paraît-il, a-t-on dû, dans ces 
dernières années, se dessaisir d'une partie de ces 
illustres dépouilles, sur la réclamation des fa- 
milles. Panthéon avorté! mieux eût-il valu en 
faire l'économie ! 

Eglises et musées ne sont point tout, d'ailleurs, 
pour le touriste. La vie sociale, les manifestations 
populaires sont également intéressantes à étudier, 
et le théâtre à Madrid fournit de ce chef ample 
pâture. Non point peut-être le Théâtre Royal, mo- 
nopolisé en général parTOpéra italien ; au théâtre 
de la Comédie, notre Coquelin lient en ce moment 
ses assises ; or, nous ne sommes point en Espagne 
pour goûter les pièces françaises. C'est le théâtre 
p ropremen t espagnol e t populaire que nous voulons 
apprécier, les salles où l'on donne les zarzuelas 
ou vaudevilles, en spectacle coupé par séries, 
chaque série ne durant qu'une heure environ. 



— 270 — 

Ceci est absolument typique, et plein de couleur 
locale. Au théâtre Apollo, calle de Alcala, les 
petites pièces se succèdent ainsi, la première 
commençant généralement devant salle vide, et 
les suivantes se prolongeant jusqu'après minuit, 
devant un public surabondant et insatiable. Le 
soir eneflfet, le Madrilène semble revivre, après 
la forte chaleur qui, le jour durant, dans les rues 
et sur les places, a fait le vide. La foule circule 
comme un flot mouvant ; c'est une exubérance 
de gestes et décris, qui, aux abords des théâtres, 
atteint son maximum d'intensité. Dirons-nous 
que ceszarzuelaSy petites pièces mêlées de chant, 
nous ont charmés? Ce serait exagérer. Le livret 
est sans importance, un imbroglio qu il est inutile 
de chercher à démêler : un jeune homme qui se 
querelle avec sa concierge, ou bien encore des 
rondes enfantines dans un jardin public où deux 
amoureux se donnent rendez-vous. Spectacle 
agréable à voir, sans fatigue pour l'esprit qui, 
après les travaux du jour, cherche à se reposer ; 
mais que ces voix sont rauques, et que nous 
sommes loin de la mélodieuse Italie ! 

A la sortie, vers minui t, la foule n'a point fléchi ; 
ces gens semblent heureux de respirer enfin, et 
prolongent leur tapage fort tard dans la nuit, au 
grand désespoir du touriste fatigué qui souhaite- 
rait dormir. Et encore devons-nous des grâces au 
serenOy veilleur de nuit, qui, sa lanterne allumée, 



. — 271 -- 

erre à travers rues et ruelles, criant les heures, 
indiquant l'état du ciel, clair ou nuageux, et 
remettant dans le droit chemin le passant attardé. 
Sans lui, nous ne retrouverions point la maison 
meublée, casa de huespedesy où, à défaut de 
place dans les hôtels, nous avons dû chercher 
gîte. 

C'est que Madrid est, en ce moment, encombré 
de touristes de toutes nations, deux mille médecins 
et leurs familles, soit cinq mille personnes au 
bas mot, qui profitent du Congrès médical inter- 
national pour évoluer au delà des monts. Dans 
le train qui nous emporte vers le sud, le mercredi 
8 avril au soir, un médecin français et sa femme 
ont pris place avec nous. Le trajet est long, 573 
kilom. en 14 heures; nous ne serons rendus à 
Séville qu'à dix heures du matin; on a donc 
amplement le temps de lier connaissance. Au 
surplus, celte pléthore de disciples d'Esculape ne 
sera point sans nous profiter: à plusieurs reprises, 
il est vrai, elle nuira au confortable de notre ins- 
tallation, et nous fera reléguer dans des gîtes 
plus que médiocres ; mais par compensation et 
plus d'une fois, le médecin voyageur nous sera 
infiniment secourable, et remettra sur pied telle 
de nos compagnes énervée par la fatigue du 
voyage. 

Nous sortons du bassin du Tage pour passer 
dans celui de la Guadiana. Il est noire nuit ; on 



traverse la région de la Manche, dont le nom 
éveille le souvenir de V ingénieux hidalgo don 
QuichoUe. Le soleil se lève à peine, quand nous 
pénétrons dans les défilés de la Sierra Morena^ 
au col de Despefia Perros. Le site est sauvage ; 
le sol aride, dénudé; huit tunnels successifs, voie 
en tranchée avec de hautes parois d'ardoise. Rien 
au surplus qui, à première vue, vienne fixer Tat- 
tention d'une façon particulière, ou éveiller quel- ' 
que souvenir. Et cependant, en ces parages, 
l'honneur français éprouva, il y a cent ans, une 
de ses plus cruelles atteintes ; l'étoile de Napoléon 
pâlit pour la première fois. Nous touchons en effet 
à Baylen, nom sinistre rappelant la capitulation 
en rase campagne de 18.000 Français. Dupont 
fut malheureux ; à l'instant décisif, Ténergie lui 
fit défaut; mais que faire avec de malheureux 
soldats, conscrits en grande partie, épuisés par la 
fatigue et la chaleur, afi^aiblis par le manque de 
vivres? Il eut toutefois le tort impardonnable 
d'englober dans la convention des troupes qui 
n'étaient point cernées, et pouvaient enco;:e' se 
retirer. Il eut le tort également de séparer son 
sort et celui des généraux, du destin des mal- 
heureux soldats qui allèrent périr de faim et de 
misère sur les rochers de Cabrera, et dont 3.000 
à peine revirent leur patrie. Napoléon ne par- 
donna jamais le désastre de Baylen; en rap- 
prenant, il pleurait et poussait des cris de rage ; 



— 273 — 

les signataires furent disgraciés, exilés, empri- 
sonnés, sans qu'ils pussent jamais obtenir d'être 
jugés : « Comment votre main, général, ne s'est- 
elle pas séchée en signant cette infâme capitu-- 
lation? » G'estainsi qu'il apostrophait le général 

Legendre, chef d'état-majorde Dupont Tristes 

souvenirs que je repasse dans mon esprit, au 
soleil levant, alors qu'à Mengibar nous atteignons 
le Guadalquivir. 

SÉviLLE. — C'est la riante Andalousie, non 
point cependant uniformément fertile, car en 
maint endroit, la plaine aride, au sol rougeâtre, 
vient côtoyer le fleuve. Après Cordoue, dans les 
vastes guandderias du duc de Veragua, paissent 
les noirs taureaux destinés à défrayer les arènes 
sévillanes. Voici Séville enfin, la perle d'Anda- 
lousie. « Qui n'a vu Séville n'a vu merveille, » 
dit le proverbe andalou. De fait, c'est la ville 
d'Espagne où Thabitant semble goûter au plus 
haut degré le bonheur de vivre. Nous allons y 
passer quatre jours, captivés par le charme de 
la gracieuse cité, plus spécialement touchés par 
les cérémonies de la Semaine sainte, puis par les 
réjouissanceset l'explosion dejoie dont la solennité 
de Pâques donne le signal. 

Les hôtels sont envahis d'une foule cosmopo- 
lite. Les trains, doublés pour la circonstance, dé- 
versent à chaque instant un nouveau flot d'étran- 



— 274 — 

gers. On se ease au mieux, qui à l'hôtel dont la 
magnifique cour intérieure ou patio ^ bordée de 
galeries, plantée de palmiers, d'orangers, d'aca- 
cias, avec gracieux jet d'eau en son milieu, con- 
serve une fraîcheur délicieuse ; qui dans une ca^a 
de huespedeSy d*un confortable insuffisant. Mais 
là n'est point la question; vite à la cathédrale, 
pour ne rien perdre des attractions de la semaine* 

Aujourd'hui Jeudi saint, Tarchevôque doit so- 
lennellement procéder au Lavement des pieds ; la 
foule se groupé déjà, dans Tattente de la cérémo- 
nie. Faisons comme elle, et, en touriste sérieux 
qui ne veut pas perdre un instant, examinons et 
cherchons à nous rendre compte de la structure 
de l'édifice. C'est pour nous une occasion de dire 
quelques mois de l'art et spécialement de l'archi- 
tecture sacrée en Espagne. 

A proprement parler, a-t-on dit, il n'existerait 
pas d'art ibérique. Toutes les écoles de TEurope, 
attirées pari'or espagnol, se seraient donné ici 
rendez-vous. Au début, influence française sur 
la construction des églises ; influence arabe, sur 
la structure et Tornementation des édifices, con- 
sacrée par huit siècles de domination. Puis suc- 
cessivement, réminiscences toscanes et flamandes 
dans les mausolées et les retables, cette action 
flamande s'affirmant particulièrement sur la 
peinture, à la suite du voyage de Jean van Eyck 
en Portugal et en Espagne ; mainmise du génie 



— 275 — : 

italien au xvi® siècle, alors que nombre d'Espa- 
gnols vont à Rome étudier Michel-Ange et Ra- 
phaël ; et finalement le naturalisme, venu lui 
aussi d'Italie, et que l'Espagnol s'approprie avec 
enthousiasme pour redevenir lui-même. Cette 
théorie d'extranéité parait sévère, surtout si on 
rapplique à des maîtres tels que Velazquez et Mu- 
rillo ; quelle est au surplus l'école artistique, à 
quelque pays qu'elle appartienne, qui ne donne- 
rait point prise à pareil reproche? Les grands 
maîtres flamands n'allaient-ils pas puiser en 
Italie,, et Tinspiration et les secrets du métier? 
Nous reconnaîtrons volontiers que les artistes 
espagnols ont le plus souvent subi l'influence 
extérieure, venue soit de France, soit de Flandre, 
soit dltalie, soit d'Orient ; mais, ce qu'il importe 
de noter, c'est qu'à défaut d'originalité parfaite 
dansleursproductions,ilsont su s'imposer par leur 
tempérament, par un ensemble de gravité, de 
sincérité, et surtout par un pathétique puissant. 
Ils imitaient, si Ton veut, les styles étrangers, 
mais ils se les adaptaient en leur imposant un 
caractère essentiellement national. 

L'application de celte théorie d'imitation est 
surtout sensible en architecture. Les cathédrales 
romanes et gothiques révèlent Taction directe de 
la France du moyen âge. On sait quelle fut Tim- 
portance en Espagne des grands ordres religieux 
de Gluny et de Gîteaux ; bien avant la croisade 



— 276 — 

d'Henri de Bourgogne, de nombreux monastères 
clunisiens y étaient fondés; dès l'année 1132, 
les couvents cisterciens apparaissent au delà des 
monts; sous l'impulsion directe de saint Ber- 
nard^ sept filles de Clairvaux s'y fixent entre 
les années lUl et 1152. La puissance des deux 
ordres s'y maintiendra longlemps, car ils sont 
de précieux auxiliaires dans la lutte contre l'In- 
fidèle ; or ils apportent avec eux non-seulement 
leur énergie et leur doctrine, mais encore leurs 
types architecturaux. A la période romane issue 
derinfluenceclunisienneapparliennentlagrande 
calhédralede Saint-Jacques de Compostelle, ana- 
logue en plusieurs points àSaint-Sernin de Tou- 
louse, puis diverses églises à Léon, Ségovie, 
Avila, la Corogne, soit dans le nord de TEspagne. 
— Le style gothique primaire est introduit par 
les cisterciens à Salamanque, à Tarragone, à Léri- 
da ; la voùle en arête remplace celle en berceau ; à 
Tabbaye cistercienne 6?^ /a^ Huelffas pve^^BuvgoSy 
on relève encore le type bourguignon. Bientôt 
apparaît en Espagne le gothique plus développé 
de rile-de-France, avec ses flèches merveilleuses 
perçant la nue; il nous donne les grandes cathé- 
drales de Burgos et de Tolède. Puis le gothique 
flamboyant du xv® siècle, et son efflorescence de 
pierre se traduisant en pinacles, en clochetons, 
aux cathédrales de Séville et de Ségovie. — A 
l'expulsion des Maures, le style arabe persiste, 



— 277 — 

maïs adapte ses formes à Tidéechrélienne : c'est 
le s^tylemudéjar ; les deux synagogues de Tolède, 
Sainte-Marie-la-Blanche et El Transito sont ainsi 
transformées. La Renaissance venue d'Italie se 
borne à modifier le style gothique, comme à la 
cathédrale de Grenade ; mais bientôt elle se livre 
à une véritable saturnale d'ornementation : le 
genre plateresquCyde plafa, argent, envahit les 
églises, et emprunte à la piété des fidèles d'iné- 
puisables aliments ; Tèxagération de ce sentiment 
se traduit par le genre grotesque ou monstrueux 
dont la fantaisie est illimitée ; enfin, à la fin du 
XVII® siècle, le style baroque^ qui trouve à Se ville, 
à la façade du palais de San Telmo, sa plus com- 
plète incarnation. C'est une débauche d'art, où 
Tabsencede mesureet de goût se font également 
sentir ; elle peut frapper Timagination du vul- 
gaire, et susciter une grossière admiration ; mais 
rhomme de sens en gémit, et regrette la simpli- 
. cité majestueuse des types primitifs. 

Ceci posé, et par une compensation qui a bien 
son prix, notons que ces édifices religieux ont 
sur leurs congénères de France et d'Angleterre, 
voire même d'Italie, l'avantage inestimable d'a- 
voir conservé leurs trésors dans une parfaite in- 
tégrité, et d'avoir été à peine effleurés par la des- 
truction. 

Pénétrons à l'intérieur d'une de ces basiliques. 
Dès l'abord, une particularité nous frappe, qui 



— 278 — 

étonne et déconcerte le touriste d'oulre-monts. 
Alors que, dans nos belles cathédrales, se déroule 
vers le chœur une rangée de majestueuses co- 
lonnes, escortant et portant le chrétien et sa 
prière jusqu'au maître-autel où trône la Divinité, 
ici, le visiteur, introduit par la puerta mayor^ 
voit immédiatement son regard se briser contre 
une série de constructions alignées longitudinale- 
ment, dans le sens du grand axe. C'est le chœur 
qui, du sanctuaire, a été transporté dans la nef 
centrale, dont il absorbe les dernières travées ; 
rinnovalion s'introduisit de bonne heure; à la 
fin du moyen âge, elle était devenue générale. 
L'effet est fâcheux, et Tunité de l'édifice s'en 
trouve rompue. — De face se présente à nous le 
trascoro^ haute cloison en marbre ou en bois, ri- 
chement décorée, ornée de peintures et de statues 
et, derrière elle, le chœur, coro^ fermé de trois 
côtés par une clôture continue ; il est la propriété 
des chanoines, qui s'en réservent l'usage exclu- 
sif ; de magnifiques stalles, silleria, en marquent 
le pourtour. Au transsept s'interrompt le chœur, 
clos de ce côté par une simple grille ; un espace 
vide s'étend jusqu'à la (^a^zY/a mayor, sanctuaire 
en hémicycle où se dresse le maitre-autel : encore 
cet espace n'est-il point complètement libre : le 
plus souvent, des grilles de bronze ou de cuivre 
éclatant, des barrières de bois sculpté barrent le 
passage, et forment comme une avenue par la- 



— 279 — 

quelle les chanoines peuvent se rendre du chœur 
à la capilla mayor pour suivre les exercices du 
culte ; disposition essentiellement commode pour 
le clergé, mais très défavorable aux fidèles qui ne 
peuvent suivre que de loin et en biais les céré- 
monies du culte. —Au pourtour, la série des cha- 
pelles latérales, soit similaires et régulièrement 
disposées, soit de dimensions inégales et espacées 
au hasard, l'une d'elles habituellement offrant 
une étendue considérable et servant en quelque 
sorte de paroisse, dans ces édifices immenses où 
Taccès du maitre-autel est rendu si difficile ; 
c'est, à Se ville au chevet de la cathédrale, ou à 
Grenade sur un des bas-côtés, la Capilla real, 
ornée de tombeaux de souverains ; à Burgos, celle 
del santisimo Cristo^ à Tolède, la chapelle mo- 
zarabe. Et, pour compléter, l'interminable série 
des annexes, sacristie, trésor, salle capitulaire, 
cloître, qui font de Tédifice religieux une ruche 
artistique desservie par un nombre infini de ser- 
viteurs. 

La cérémonie va commencer. Sur une haute 
estrade dressée devant la Capilla 'mayor, douze 
vieillards sont assis, velus d'amples manteaux 
noirs, une serviette blanche sur l'épaule ; ils 
attendent, silencieux et recueillis. La foule se 
presse; il faut s'ingénier pour approcher, pour 
occuper une place qui permette de suivre les 
péripéties. Jeme glisse jusqu'à disparai trepresque 



— 280 — 

entièrement sous le manteau d'un des vieillards. 
L'archevêque fait son apparition au seuil de la 
capiUuy et passe de plain-pied sur l'estrade; il 
s'arrête successivement devant chacun des élus, 
et accomplit le rite. L'homme se déchausse, un 
acolyte présente . une aiguière au prélat, qui eu 
asperge légèrement les pieds ; le liquide est aro- 
matisé, et répand une odeur suave. Et comme 
complément de bénédiction, on remet au vieillard 
un panier bien garni de victuailles et douceurs ; 
puis la cérémonie se poursuit avec ordre, correction 
parfaite et majesté. 

Sortons un instant dans le patio de ïos^Na- 
ranjos qui précède la cathédrale; un vaste espace 
caillouteux, planté d'orangers dont le parfum 
embaume l'air. Au-dessus de la piierta dèl La- 
garto^ le lézard en bois envoyé par le sultan 
d'Egypte à Alphonse le Sage qui avait, parait- 
il, sollicité la main de safîUe, ce en quoi il ne fut 
pas sage^ car un bon musulman ne donne pas sa 
fille à un chien de chrétien. Ailleurs, le mors de 
Babieça, le cheval du Cid, menues babioles dont 
Tauthenticité peut être contestée, mais qu'il faut 
avoir vues. — On fait Tascension de la Giralda, 
tour carrée d'origine mauresque, adjacente à la 
cathédrale, et revêtue d'arabesques avec déco- 
ration polychrome ; construite en 1 1 90 , elle servait 
de minaret à la mosquée dont la cathédrale ac- 
tuelle occupe la place. Terminée d'abord par une 



— 281 — 

plate-forme crénelée, puis surmontée, à la con- 
quête chrétienne, d'un beffroi rectangulaire avec 
étage cylindrique, dôme et statue colossale de la 
Foi, elle atteint actuellement une hauteur de 94 
mètres. La montée est facile ; une rampe circu- 
laire à 35 paliers conduit à la plate-forme, qui 
domine un horizon illimité. Lepanoramad'ailleurs 
manque de grâce : les toits deSéville, le Guadal- 
quivir roulant ses flots jaunâtres, une campagne 
triste, en grande partie stérile; mieux vaut 
reporter les regards à nos pieds, sur la cathédrale 
elle-même, que nous dominons de haut : une 
efflorescence de pinacles, de clochetons gothiques 
dans le style flamboyan t, — nous sommes bien au 
XVI® siècle, — quelque chose qui rappelle la cathé- 
drale de Milan, sans donner toutefois au même 
degrél'impression de châsse ajourée, déchiquetée, 
ciselée avec amour. 

A rinlérieur de la cathédrale, la cérémonie a 
pris fin. Le touriste peut, désormais y évoluer à 
loisir, n'était cette fâcheuse obscurité, propre au 
recueillement, mais tout à fait hostile à l'examen 
des œuvres, d'art. Nous ne fatiguerons pas nos 
auditeurs à les promener de chapelle en chapelle, 
à contempler ici des Murillo, làdesZurbaran. Les 
souvenirs de France nous émeuvent toujours : à 
la Capillarealy ornée de tombeaux royaux, repose 
saint Ferdinand, frère de notre reine Blanche de 
Castille, et la Virgen de los Reyes, patronne de 

23 



~ 282 — 

Séville, qui orne l'autel du fond, fut, dit-on, 
donnée au monarque par son royal neveu saint 
Louis ; les lis de France, qui accompagnent Tirnage 
sainte, rendent fort vraisemblable cette tradition. 
Grande, immense, superbe, aucune de ces 
épithètes n'est de trop, quand on les applique à 
la cathédrale sévillane. Je ne vois, de style 
gothique, que le dôme de Milan qui, avec ses 135 
mètres de longueur, puisse la primer comme di- 
mension. Le tombeau de Colomb y figure en bonne 
place, au débouché de la. puerta mayor^ en avant 
du TrascoTO : un socle d^ marbre avec quatre 
figures allégoriques en bronze portant le petit 
sarcophage qui renferme les dépouilles funèbres. 
Pauvre grand homme ! combien furent ballottés 
ses tristes restes ! d'abord inhumés à Nuestra 
Senora de las Cuevas, l'église conventuelle de la 
Chartreuse de Triana au delà du Guadalquivir, 
ils furent transportés à Santo-Dômingo de Haïti, 
suivantledésir formel qu'avait exprimé le défunt; 
de là en 1796 à la Havane, lorsque la partie 
espagnole de Saint-Domingue devint française. 
En 1898, chassés par un nouveau conquérant, ils 
sont rapportés en Espagne, et attendent pendant 
plusieurs années qu'on leur ait trouvé dans la 
cathédrale de Séville une installalion définitive. 
Puisse du moins maintenant le ^rand navicrateur 
goûter là le repos auquel il a lantaspiré pendant 
sa vie ! puisse l'Espagne ne jamais oublier la 



— 283 — 



grandeur qu'elle lui a due, et qu'elle n'a pas su 
conserver ! L'inscription funéraire est là pour le 
lui rappeler : 

A Castilla y a Léon 
Nuevo mundo dio Colon. 



Le spectacle pieux n'est plus à la cathédrale, 
avons-nous dit ; il s'est transporté au dehors; la 
procession de la Semaine sainte a commencé. Sur 
la vaste place faisant face à Y Ayuntamiento, des 
gradins on tétéaménagés avec rangées de chaises ; 
la terrasse même de l'Hôtel de Ville, les fenêtres 
du bâtiment, sont occupées par les privilégiés ; 
entre deux, sur la chaussée, doit défiler le cortège. 
Les chaises se garnissent déjà; les brunes Sévil- 
lanes au teint pâle, — je soupçonne que la poudre 
de riz se fait complice de cette pâleur de bon goût, 
— au costume sévère, jupe noire, mantille noire, 
ainsi qu'il sied en celtesemainede deuil, s'agitent 
etbavardent amplement dans l'attente du cortège. 
Et le long des gradins vont et viennent, avec leur 
cri guttural: Qw/^n çz^/^r^ a^wa? les marchands 
d'eau fraîche, .verre à la main, vase de terre 
poreuse sur Tépaule ; chez ce peuple sobre, dans 
la chaleur sèche du jour, l'eau limpide et naturelle 
fait recette. Voici d'ailleurs la procession : trêve 
a toute autre préoccupation. 

Une musique militaire la précède, puis les gen- 



— 284 — 

(larmes en grande tenue, les soldats bordant la 
haïe ; les armadoSy guerriers romains, casque en 
tête, lance au poing, bouclier au bras, chlamyde 
sur Tépaule, et jambes cerclées de bandelettes. 
Derrière eux s'acheminent les pasos ou reposoirs 
ambulants, dans Tornementation desquels chaque 
paroisse rivalise de luxe et d'ingéniosité : ce sont 
des Christ en croix, des Vierges couvertes d'or 
et de pierreries, des scènes de la Passion figurées 
par des mannequins artistement groupés, tous 
ces personnages reposant sur des plates-formes 
portées à bras humains. Une ample draperie en- 
veloppe le ^a^o jusqu'à terre; les porteurs dis- 
paraissent complètement ; on n'en soupçonne 
Texistence, que lorsqu'on voit de temps à autre 
la machine s'arrêter, la draperie se soulever, et 
de pauvres hommes en sortir, tout ruisselants de 
sueur, pours'éponger le visage ; puisils reprennent 
leur place, et le lourd véhicule de s'avancer de 
nouveau par bonds sautillants. Pour chaque 
paroisse, les notables en habit noir, les membres 
de la fabrique suivent le yaso dans une attitude 
recueillie ; et sur les flancs, alternant avec les 
soldats d'escorte, et tenant des cierges à la main, 
des pénitents à la longue robe noire ou brune, le 
visage caché sous de hautes cagoules pointues, 
dans lesquelles deux trous sont ménagés au niveau 
des yeux. Ces pénitents ne sont pas, comme on 
pourrait le supposer, des gens de la dernière 



— 285 -^ 

classe conduits parune dévotion banale, ou môme 
payés pour faire cortège ; à l'étoffe de leur robe 
de velours ou de drap fin, à la main strictement 
gantée, on soupçonne un jeune homme de famille 
aisée; etTinstantaprèsenefiet, quand le pénitent 
relève sa cagoule pour faire trèveà la forte chaleur 
ou échanger quelques mots avec son voisin, on 
voit apparaître un visage charmant, imberbe, 
plein de distinction, sans doute un jeune membre 
de Taris tocratie sévillane qui ne dédaigne point 
d'endosser la robe du pénitent pour escorter le 
Christ dans sa Passion. 

Et les pasos de défiler, les paroisses de se suc- 
céder, chacune s'arrêlant deYernlV Ayuntamiento 
pour lui rendre hommage. Au passage de chaque 
cortège, lorsque survient le clergé escortant le 
Saint Sacrement, la foule se découvre, s'incline, 
tout bruit cesse, jusqu'au glapissement des mar- 
chands d'eau fraîche ; c'est le recueillement le 
plus absolu. Mais, l'instant après, les conversa- 
tions reproinent, elle bourdonnement de la foule 
et Tinévitable Quien quiere agua .^alternant avec 
^ le bruissement des éventails. 

Jusqu'à sept heures je demeure sur la place, 
reposant, contemplant, jouissant du spectacle de 
cette foule. C'est la vie en plein air, dans sa com- 
plète exubérance; heureuses les populations en- 
soleillées qui, au cours de la sainte semaine, ne 
connaissent ni le brouillard ni le froid de nos 



— 286 — 

villes du Nord! Le soir, dans Id^calle de las 
SwrpeSy la foule s'agite et se presse ; les cafés 
regorgent de monde; et, à l'intérieur des de- 
meures privées, le patio, illuminé de lanternes 
multicolores, retentit du gazouillement des con- 
versations, des éclats de rire. Ce peuple charmant 
ne peut résister au besoin de se détendre, après 
le recueillement de la journée ; et cette exubé- 
rance de joie populaire se poursuivra durant une 
partie de la nuit, cependant qu'en certains quar- 
tiers, la musique et les chants sacrés continuent 
de retentir. Ce sont les pasos qui circulent encore 
jusqu'à une heure avancée de la soirée, qui re- 
prendront leurs évolutions dès avant que le soleil 
ait éclairé de ses lueurs les premières heures du 
Vendredi saint. 

Voici la seconde journée des pieuses cérémo- 
nies, et les processions de reprendre dans tous 
les quartiers de la ville avec la même solennité, 
la foule de se presser comme la veille sur le par- 
cours, dans un recueillement suffisant. Ces po- 
pulations méridionales sont essentiellement pri- 
mesautières, toutes à l'impression du moment, 
qu'elle soit empreinte de gaieté ou de tristesse. 
Mais leurs sensations ne sauraient être de longue 
durée ; l'arc ne peut demeurer indéfiniment ten- 
du, et la Sévillane, qui a passé dans les églises 
une bonne partie de la journée, éprouve, le soir 
venu, un impérieux besoin de s'agiter et de se 



— 287 — 

distraire. Pour n*ôtre point sévère comme notre 
religion des climats plus tempérés, sa dévotion 
en est-elle moins réelle? C'est ce que nous ne 
chercherons point à démêler. — Le Samedi saint, 
dernière-Cérémonie, celle du Déchirement du voile 
à la cathédrale ; les cloches sonnent, les roule- 
ments de tonnerre retentissent à l'orgue, on bénit 
le cierge pascal haut de 7 met. 50 et pesant 
400kilogr. Déjà l'Eglise est en liesse, et cependant 
lé Christ n'est point encore ressuscité. 

De la cathédrale passer au musée de peinture 
est une transition qui s'impose. Des œuvres d'art 
de la première, nous n'avons pu juger qu'impar- 
faitement, en raison de la fâcheuse obscurité du 
sanctuaire ; au musée, nous n'aurons point pa- 
reille disgrâce, et nous pourrons à loisir contem- 
pler les Murillo, comme nous l'avons fait à Madrid 
pour les Velazquez. 

Velazquez, Murillo, tous deux Sévillans, con- 
temporains l'un de l'autre, avec des destinées dis- 
semblables.- Velazquez quitte de bonne heure sa 
ville natale, où la peinture ne prospère qu'à 
Tombre des églises et des couvents ; il se rend en 
Italie, où les grands maîtres le captivent; il ne 
rentre en Espagne que pour s'attacher à la Cour 
et y remplir les fonctions de Maréchal du Palais. 
Tout à la vie extérieure, englobé dans le tourbil- 
lon du monde, peignant des sujets profanes, il est 
perdu pour l'Andalousie, c'est à Madrid qu'il 



faut l'étudier. — Murillo au contraire demeure à 
Séville, dans une ville de province d'un catholi- 
cisme ardent; il peint pour les églises, les monas- 
tères et les hôpitaux ; il n'a donc à fixer sur sa 
toile que des sujets de dévotion. Dans ce travail 
uniforme s'écoulera sa vie tout entière. Bon nom- 
bre de ses toiles figurent au musée de Madrid ; 
mais c'est à Séville qu'il faut le suivre, si Ton 
veut se faire une idée juste du maître. 

Tous deux naturalistes d'ailleurs, en ce sens 
qu'ils renoncent à copier et qu'ils peignent ce 
qu'ils ont sous les yeux. Toutefois, pour Murillo, 
peintre de sujets religieux, la difficulté était 
grande : il avait à représenter l'Enfant Jésus, la 
Vierge, les Saints, soit des êtres surnaturels, 
échappant à la vision humaine ; il lui fallait ima- 
giner, et, en quelque sorte, chercher à voir en fer- 
mant les yeux. Il n'a point exagéré ce sentiment, 
et, en réaliste qu'il était, il ne pouvait tomber dans 
le mysticisme. Il a donc, en la majeure partie 
de ses tableaux, reproduit les types qu'il avait 
sous les yeux : ces Vierges qu'il a si bien rendues, 
pleines de grâce et de mignardise, ce brun foncé 
des cheveux, ces grands yeux, ce teint doré, il 
les avait continuellement devant lui ; ce sont les 
types charmants du sud de l'Espagne, qu'il n'a 
point hésité à introduire dans ses toiles religieuses 
en les revêtant d'un attrait surnaturel. Et ces 
délicieux hambinos^ ces petits anges sur les nuées, 



— 289 — 

il les voyait et les a rendus avec une grâce sym- 
pathique qui nous attire et nous captive, encore 
que ce soient là des silhouettes impersonnelles. 
Il n'est pas jusqu'à ses vieillards qui ne soient 
eux aussi aimables et attachants en leur sérénité, 
peut-être parce qu'au déclin de la vie nous repre- 
nons quelque chose de la nature enfantine. — 
Tout est donc charme, aisance et naïveté chez Mu- 
rillo, quoiqu'il sache aussi, à Toccasion, s'élever 
jusqu'au sublime; nous le montrerons dans un 
instant. Et cependant l'enthousiasme d'autrefois 
pour ce maître suave a décru; on est révenu 
de Tengouement qui, il y a cinquante ans, faisait 
payer 615.000 fr. la Conception du salon carré 
du Louvre; le public a ainsi ses instants d'^>n- 
hallement dont bénéficie tel peintre ; V Angélus 
de Millet qui, dans sa simplicité, reflète une 
grande idée, se vendrait-il encore un million au- 
jourd'hui? — Ce sentiment de réserve à l'égard de 
Murillo, qui, en Espagne, confine à Tingratitude, 
aurait-il pour raison l'antipathie de notre époque 
réaliste à comprendre les sujets mystiques? Di- 
sons simplement que, dans lune comme dans 
l'autre opinions, il y a exagération, et, sans 
prendre parti pour Velazquez ou pour Murillo, 
bornons-nous à admirer, et à vous faire part 
brièvement de nos sensations. 

Des vingt- trois Murillo' que possède l'ancien 
couvent de la Merced^ où le musée occupe l'em- 



— 290 — 

placement de l'église convenluelle, quatre ont 
fixé plus particulièrement notre attention; la 
Vierge à la serviette^ ainsi nommée parce que le 
maître la peignit, dit-on, sur une serviette pour 
le cuisinier du couvent ; puis le saint Félix de 
Cantalicio yteiidinl l'Enfant Jésus entre ses bras, et 
le présentant à sa divine Mère*; et encore les 
saintes Juste et Rufine^ protégeant la Giralda 
dans un orage; enfin le Christ se détachant de 
la Croix pour embrasser saint François d' As- 
sise. Les Vierges sont des mères idéales dont tout 
le corps tressaille, semble-t-il, au bonheur de 
voir, de posséder leur enfant; les deux saintes 
sont délicieuses de grâce, d'expression chaste et 
reposée ; mais c'est surtout le dernier des quatre 
tableaux qui nous a captivés, en raison de l'idée 
morale qui s'en dégage. La scène est sublime, et 
dans ridée générale et maîtresse, et dans la phy- 
sionomie de chacun des personnages, et dans les 
détails annexes. Nous sommes sur le Golgotha ; 
la croix domine de haut une ville lointaine, qui 
semble se perdre dans la brume, comme ^i déjà 
s'abattait sur elle la malédiction céleste. Le moine, 
revêtu de sa longue robe, corde autour des reins 
et capuchon, reçoit dans ses bras le corps du 
Christ; le divin supplicié, sans effort apparent, a 
détaché de la croix une de ses mains, et la repose 
sur Tépaulede François. Admirons l'expression de 
chacun des acteurs du drame: le Christ, condes- 



— 291 — 

cendant et affectueux, le Saint, tout resplendis- 
sant d'enthousiasme, et se contenant cependant, 
par respect, et par crainte de laisser échapper un 
si précieux fardeau ; le Dieu, abjurant un instant 
sa supériorité divine pour se remettre aux mains 
de sa créature, et celle-ci, consciente et comme 
écrasée d'un tel honneur! Voilà Tidéç morale, le 
sentiment d'ordre supérieur qui me séduisent 
dans ce tableau de Murillo, comme si le peintre 
avait voulu prouver que le charme n'était point 
son unique et exclusive qualité, et qu'il savait à 
l'occasion, mieux que personne, exprimer les sen- 
timents les plus élevés. 

A Vhùpiisil de la Ca^ndad, Murillo encore, en 
six beaux tableaux, spécialement l'^'n/an^/^'^i/^ 
et le petit Saint Jean-Baptiste. Si Murillo est le 
peintre des Vierges, il est encore mieux le peintre 
des enfants; il rend à merveille l'innocence et la 
naïveté dé cet âge ; les deux nifios sont ravissants 
et charmeraient toutes les mères. — Il est besoin 
d'ailleurs de ces images captivantes pour faire 
oublier un spectacle lugubre, celui qu'offre l'é- 
trange tableaude Juan Valdès Leal dit le Triomphe 
de lamort^ les deux cadavres d'un évêque et d'un 
chevalier de Calatrava couchés côte à côte, avec 
la légende : Finis gloriœ mundi. L'évêque est 
d'un réalisme repoussant ; ses chairs tombent en 
lambeaux, les vers y sont déjà, période de tran- 
sition entre le cadavre et le squelette; la nature 



— 292 — 

fait son œuvre, aidée par mille comparses grouil- 
lants. (» Jàmfœtety » dirait-on, ou, avec Murillo: 
« Il faut se tenir le nez ! » C'est le travail de 
décomposition qui s'opère sous nos yeux, et les 
linéaments du visage, quelque répugnants qu'ils 
soient, demeurent incrustés dans notre vision. 
N'est-ce poipt là le triomphe de Tartisle, et tout 
à la fois un miracle d'abnégation de la part du 
fondateur del'liôpital, Miguel de Marana, chevalier 
de l'ordre de Calatrava, qui se faisait ainsi peindre 
lui-mêmedeson vivant? Ami de Murillo, etcomme 
lui confrère de la Caridad^ il se choisissait au 
porche de l'hospice, parmi les pauvres, une place 
pour sa sépulture, et, dans son épitaphe, se pro- 
clamait le pire des hommes. 

Des images plus gaies nous attendent ce soir 
même, aux abords de la cathédrale : danses an- 
dalouses au salon Alfoli, Escuela de baile, la meil- 
leure académie de danse de Séville, disent les 
prospectus ; nous n'avons garde d'y manquer. 
Pour un amateur de couleur locale, le spectacle 
doit être inappréciable. — Une vaste salle longue, 
garnie en son pourtour de rangs de chaises pressés. 
L'assistance y est déjà nombreuse, les danseuses 
sont charmantes, de jolies filles en la fleur de 
l'âge, toilettes de bal éclatantes, jupes courtes 
rayées de mille couleurs, corsages amplement 
décolletés, une rose ou une fleur de grenadier 
piquées dans la chevelure, toutes à l'ardeur de la 



— 293 — 

danse, à la joie. de se voir regardées, admirées. 
Les danses sont gracieuses, entraînantes, les bal- 
lerines merveilleuses de souplesse, Torchestre 
réduit à sa plus simple expression, rien que des 
castagnettes, et de temps à autre le guttural Ollè ! 
pour ranimer la verve et ponctuer les pas. Le 
sexe laid est représenté d'ailleurs par quelques 
échantillons supportables, et fournit prétexte aux 
danseuses pour les passes obligatoires de jalousie, 
de fuite ou de retour. — Soirée délicieuse, pleine 
d'étrangeté, et à laquelle ne manque qu'une évo- 
cation de Carmen; peut-être la découvrirons-nous 
demain à la Manufacture de tabac, son cadre 
naturel. 

Voici, au bord du fleuve, la .superbe Torre del 
Oro^ une réminiscence mauresque, dont les 
faïences dorées, vernissées, étincellent au soleil. 
Non loin, la Fabrica de tabacos. Ce n*est point, 
l'avouerons-nous, la manipulation du tabac qui 
nous intéresse, mais bien ces cigarières tant 
renommées, qui ont fourni à Mérimée et à Bizet 
leur type de Carmen. Hélas ! pleine désillusion ! 
Il y a sans doute autour de nous des cigarières, 
mai3 elles ne sont ni jeunes ni jolies ; aucune 
d'elles ne pique une fleur éclatante dans ses 
cheveux, ni ne lance un regard provocant. Dans 
chaque salle, en bonne place, un autel fleuri 
avec statuette de la Vierge; donc, rien que de 
correct et d'édifiant. Il n'en va pas toujours ainsi, 



— 294 — 

nousassare-t-on ; en ces fêtes de Pâques, les jolies 
ouvrières font Técole buissonnière ; seules de- 
meurent ici les laides et les surannées, que ne 
sollicite aucun amoureux. De fait, les ateliers 
sont peu fournis ; nous notons au passage mainte 
place vide. 

Le Guadalquivir lui aussi nous ménage un 
mécompte. Le fleuve au nom si poétique roule 
des eaux jaunâtres et vulgaires : quelques navires 
bordent le quai, mais l'animation commerciale 
en est absente. Elle se retrouve quelque peu sur 
la rive opposée, dans le faubourg industriel de 
Triana, quartier populaire aux longues rues cail- 
louteuses. A la manufacture de porcelaine, on 
nous présente les types de ces carreaux vernissés, 
azulejos d'un bleu éclatant, dont les Maures 
faisaient grand emploi dans la décoration de leurs 
édifices. 

Mais à peine avons-nous, dansSéville, rencontré 
j usqu'ici un souvenir de la domination arabe. Celte 
lacune s'explique historiquement : les rois chré- 
tiens ont repris, dès 1248, possession de la capitale 
de l'Andalousie, alors que, pendan 1 250 ans encore, 
Grenade devait rester musulmane. On pourrait 
donc, à Séville, oublier T^/ca^ar, relégué à une 
extrémité de la ville, dans un quartier désert, à 
peine annoncé au dehors par des meurtrières en 
guise de fenêtres ; à Grenade au contraire, sur sa 
haute colline, TAlhambra domine et s'impose. — 



— 29i) — 

^ Xatérieur, il est vrai, ce palais de i'Alcazar est 
^^^'îssant. Voici \epalio de las Doncellas où Ton 
^^vait le tribut de cent jeunes filles, arcades 
^^ivales au pourtour, finement dentelées de stuc, 
^^"Utenues par de frêles colonnes géminées, et au 
^ntre, un léger filet d'eau vive jaillissant d'une 
^^Bsque; le salon des Ambassadeurs ^ auxarca- 
^Xires en plein cintre, recouvert d'une coupole où, 
fâcheux anachronisme, ont pris place les portraits 
des rois d'Espagne depuis la période wisigothe 
jusqu'à Philippe III. Toutes ces cloisons fouillées 
d'arabesques délicates, sont éclatantes des tein- 
tes les plus vives, verres colorés, faïences ver- 
nissées ou azulejos, frises de stalactites en stuc 
bleu, jaune, vert, rouge, toute la gamme des 
couleurs d'une fraîcheur ravissante, mais quel- 
que peu exagérée, si Ton songe que cet éclat 
est le produit d'une restauration moderne. — 
Moins éclatante, plus simple est la galerie voû- 
tée en forme de tunnel où prenait son bain Maria 
de Padilla ; Teau dort encore dans la vaste pis- 
cine rectangulaire, et le visiteur d'évoquer la 
belle favorite, le roi énamouré, les courtisans se 
pressant autour de la vasque de marbre pour 
boire l'eau du bain, si l'on en croit la légende. 
Dans Tappartement même de Maria de Padilla, 
bOO ans plus tard, naissait la Comtesse de Paris ; 
les Montpensier sont restés populaires à Se ville, 
quoique le palais de san Telmo soit sorti de leurs 



— 29G — 



mains ; non moins populaires sont demeurés 
Pierre le Cruel et sa royale maîtresse. 
Rien n'est plus beau à l'Alcazarqueles jardins. 



Jardins de l'Alcazar^ délices des rois maures. 



Nous connaissons le cliché plus ou moins 
poétique, immortalisé par le livret de la Favorite. 
L'admiration ici n'est point banale ; c'est vraimen t 
un lieu de délices, un paradis sur terre, que ce 
bassin carré dominé par une haute colonnade, 
ombragé par les arbres exotiques^ palmiers, 
cocotiers, araucarias; et les parterres avoisinants, 
et cette floraison merveilleuse d'azalées, de rhodo- 
dendrons, et les charmilles ombreuses Çà et 

là des enfantillages, un labyrinthe, une grotte, 
des jets d'eau à surprise, et, au milieu de ces 
épaves d'une grâce exquise, le pavillon de Charles- 
Quint, comme si le conquérant, maître du monde, 
eut tenu à imprimer partout sa grifife ; nous 
verrons la même préoccupation à la Mosquée de 
Cordoue, à TAlhambra de Grenade. 

L'Alcazar est mal avoisiné : autour de lui, de 
mesquines ruelles, de pauvres demeures, toutes 
bâties, semble-t-il, sur un plan uniforme. C'est, 
ou du moins ce fut le quartier Israélite, car il 
n'est guère demeuré de Juifs en Espagne. N'im- 
porte, la tristesse semble toujours peser sur ce 
(jlictlo. — A ces heures du milieu de la jour- 



— 297 — 

née, la chaleur est accablante, la marche pé- 
nible sur le pavé caillouteux; on cherche un 
peu d'ombre, le long des maisons, en cheminant 
sur la rangée de dalles inégales qui forme trot- 
toir ; quelques heures plus fard, Tastre inclinera 
à rhorizon, et ces ruelles étroites emmagasi- 
neront une ombre à souhait.. — Pour le mo- 
ment, tout Séville goûte les charmes de la sieste, 
et nous jetons à la dérobée un regard d'envie sur 
ces TarvhseLïits patios dont est pourvue toute de- 
meure: une cour intérieure fermée par une grille, 
des murs blanchis à la chaux, parfois une colon- 
nade, desplantes exotiques aux liges verdoyantes, 
aux fleurs éclatantes, et, troublant à peine le si- 
lence du homey le frais murmure d un jet d'eau 
minuscule ; délicieux asile du fhr niente, silen- 
cieux aux heures chaudes du jour, mais le soir 
en pleine animation de gaieté et de rire. 

Aucune des attractions sévillanes ne nous est 
plus étrangère, si ce n'est les courses de tau- 
reaux. Elles ont chômé pendant la semaine sainte, 
mais la fête de Pâques donne le signal du renou- 
veau ; il se traduit uniformément par la réouver- 
ture des arènes. Ce jour est attendu avec impa- 
tience; la course de Pâques est à Séville la plus 
brillante de Tannée. — L'amphithéâtre ouvre sur 
le quai du Guadalquivir ; il est moderne, restauré 
en 1870; 14.000 places, rien de la majesté des 
Arènes d'Arles ou de Nimes. Le spectacle ne ré- 

24 



— 298 — 

side point dans la contemplation de l'édifice ; il 
est dans la course elle-même, et, en attendant 
qu'elle soit ouverte, dans la foule qui se presse à 
nos côtés. Hélas ! c'est l'agglomération banale 
que nous rencontrons maintenant en tout pays 
civilisé; l'exubérance, le langage sont bien mé- 
ridionaux, mais le costume détone: il est de tous 
les climats, dans sa navrante uniformité. Un 
groupe sedétache heureusement au premier rang : 
cinq ou six jolies femmes, de la meilleure société 
de Séville apparemment, qui ont jugé de bon 
goût de conserver la mantille blanche, et, dans 
les cheveux, l'œillet écarlate. Toutes les lorgnet- 
tes de converger de ce côté, et les aimables jeunes 
femmes de sourire, comme à un hommage qui 
leur est dû. 

Nous sommes placés en bon rang, sur le rebord 
de la galerie, places à 25 pesetas chacune, la 
peseta valant officiellement le franc, maison pra- 
tique, et au cours du jour, perdant le tiers de sa 
valeur nominale. Le prix est élevé, mais il faut 
voir, et nous sommes venus ici pour cela. 

Cependant le spectacle va commencer. Le cor- 
tège fait son entrée. En tête, deux alguazils à 
cheval, vieux costume espagnol noir, manteau 
court, collerette blanche, chapeau noir empana- 
ché ; puis les toreros à pied, banderilleros^ espa- 
das dans leurs riches costumes aux couleurs 
voyantes, culotte courte etbas blancs, visage rasé, 



cheveux roulés en chignon, toque noire fourrée 
évasée ; les pi(?ac?ore5 sur leurs rossinantes, même 
costume, feutre gris à larges bords ; enfin la va- 
letaille, les chulos et leurs attelages de mules pour 
emmener les taureaux et chevaux tués dans la 
lutte. Un des alguazils se présente devant la loge 
de TAyuntamiento ; il reçoit la clé du toril et la 
remet à un chulo ; celui-ci ouvre une barrière, 
et ranimai surgit dans Tarène. Sortant de Tobs- 
curiléoù il est maintenu depuis plusieurs heures, 
le taureau s'élance furieux, et bondit sur le 
premier obstacle qui se présente devant lui. C'est 
invariablement un picador : son pauvre cheval, 
les yeux bandés, sent l'approche du taureau, et 
voudrait l'éviter ; le cavalier, par devoir profes- 
sionnel, cherche à réagir, et à piquer de sa lance 
l'adversaire. Celui-ci ne lui en laisse pas le 
temps, se jette sur le coursier, et, lui fouillant le 
flanc de ses cornes acérées, il le projette en Tair, 
et le renverse sur le sol. Le cheval est mort ou 
mourant, éventré, les intestins pendants, spec- 
tacle fait assurément pour émouvoir la sensibilité, 
si Ton songe à la plus noble conquête de Vhoynme^ 
selon BufiFon ; en réalité, perte minime au point 
de vue pécuniaire, car ce sont tous animaux con- 
damnés, en fin de carrière, bons pour, l'abattoir. 
Le picador se relève péniblement, mais sans 
dommage, grâce aux épais houseaux de cuir, 
aux lattes de bois dont il est bardé, et le même 



— 300 — 

jeu continue sur un autre point de Tarène. 

Cependant le taureau, piqué, lardé par mainte 
lance de picador^ s'arrête, souffle et mugit ; des 
plaies béantes se laissent voir sur sa robuste en- 
colure. L'instinct de la conservation commence 
àparler, il voudrait se reposer. Les banderilleros 
entrent alors en scène, et, par leurs jeux de man- 
teau, réveillent et attirent Tattentionde Tanimal, 
tandis que les petites mules, faisant pour la pre- 
mière fois leur office, enlrâdnent hors de l'arène 
les cadavres des chevaux éventrés. Fatigué des 
passes des Jantf m //^ro5, qui bondissent au tour de 
lui comme un essaim de moucherons, las de s'a- 
charner sur les manteaux écarlates et de lancer 
ses cornes dans le vide, le taureau s'arrête de 
nouveau ; le torero saisit cet instant pour mettre 
au jour les handerillas, flèches de 0°^7o de long, 
munies d'un fer barbelé ; il les darde par paires, 
et les enfonce dans le cou de l'animal. Un jeu de 
handerillas bien plantées soulève les applaudis- 
sements de Tassistance. — C'est la seconde siierte 
ou phase de la course, qui se reproduit à plusieurs 
reprises ; le malheureux animal, portant au cou 
quatre, six handerillas enfoncées dans le garrot, 
les secoue avec acharnement pour se débarrasser 
de ce fardeau cuisant, et le fer de pénétrer da- 
vantage dans la plaie, et le sang de ruisseler, 
tachant en pourpre le noir pelage. 

Nouvel arrêt du taureau, halètements furieux. 



— 301 - 

mugissements navrants, et les toreros de réveil- 
ler son attention par de nouveaux jeux de man- 
teau, par de nouvelles passes. Mais vains efforts ; 
le moment décisif est venu, sous peine de voir la 
course se traîner misérablement, s'engourdir par 
la fatigue réciproque des acteurs. Alors entre en 
scène le dèus ex machina^ sous les traits de la 
prima espada ; c-'est un personnage bien rente 
qui, dans sa saison, réalise des centaines de mille 
francs ; il est connu du public, et son nom est dans 
toutes les bouches. Jadis Frascuelo, puis Maz- 
zanlini dont nous vîmes il y a vingt ans les dé- 
buts à Caulerets, aujourd'hui don Luis Mazzan- 
lini, loujours beau, sacré grand seigneur par la 
faveur populaire, tuant encore le taureau par oc- 
casion, mais aspirant à la retraite. Guerrita fut 
un moment au pinacle ; les favoris du jour sont 
Bomba et Bombita, celui-ci le héros de la fête, 
que nous alioiis voir opérer lui-môme. 

11 entre dans l'arène, s'avance vers la loge de 
TAyuntamiento, et, d'un geste majestueux de 
Tépée, voue au président la mort du taureau, 
puis il marche vers ce dernier. Le malheureux 
animal, auquel ses persécuteurs ont laissé un ins- 
tant de répit, regarde d'un œil morne le nouvel 
arrivant. Celui-ci, pour l'émouvoir, agite devant 
lui la muleta^ pièce d'étoffe écarlate, où se dissi- 
mule l'arme meurtrière. Le taureau se réveille 
un moment ; il esquisse en avant un mouvement 



— 302 — 

agressif que le uiatador éviie d'un saut; nouvelle 
passe, nouveaux mouvements de part et d'autre; 
la victime s'arcboute sur ses quatre pieds, déci- 
dée à ne plus se laisser en traîner. C'est cet instant, 
souvent bien fugitif, que doit saisir Vespada\ 
bien campé en face du taureau, il tire lentement 
son épée de la micleta, vise, et d'un coup rapide 
comme Téclair, enfonce la dague dans le cœur à 
îravers la nuque. L'arme oscille lentement, et 
demeure plantée, funèbre image, comme la croix 
sur la tombe, la poignée dorée étincelant au soleil. 
Un instant encore Tanimal reste debout, rassem- 
blant ses dernières forces, puis, épuisé, renonçant 
à la lutte, il se couche, tête haute, comme s'il 
était au pâturage, regardant fixement son adver- 
saire. Un petit homme noir bondit alors, stylet 
à la main ; c'est le picntillero ; il s'approche par 
derrière, et planle son arme traîtresse entre les 
deux cornes. Voilà le coup de grâce; le taureau 
s'effondre, masse inerte désormais, sans vie, et 
les petites mules de reparaître; le cadavre, rapi- 
dement ficelé, fixé à un croc, est entraîné au 
galop hors de l'arène, et le spectacle continue. 

Telle est dans ses phases essentielles une course 
de taureaux ; telle nous l'avions vue à Nîmes, 
telle nous la retrouvons à Séville. Les incidents 
néanmoins ne se déroulent pas toujours avec la 
mémo parfaite régularité; parfois le sujet est 
lâche, et les handerillas de feu doivent entrer en 



— 303 — 

jeu pour le réveiller ; parfois aussi il est acharné, 
éventrant chevaux, blessant picadores^ pour- 
suivant les bandernlleros qui, pour Téviter, 
doivent enjamber les barrières. On voit des 
laureaux bondira leur suite, et s'élancer dans le 
couloir, au grand efFroi des spectateurs. On voit 
enfin, et le fait n'est que trop fréquent, Vespada 
manquer son coup d'estoc, s'y reprendre à plu- 
sieurs fois, et lo dernier acte de la course se 
transformer en une véritable boucherie. Pour 
nous, nous fûmes favorisés, et les cinq premiers 
taureaux furent occis avec une dextérité par- 
faite; les applaudissements, les cris de Bravo 
Bombita! ne furent point épargnés; je dois toute- 
fois dire, pour rendre hommage à la vérité, que 
je ne vis ni belle dame lancer ses bijoux dans 
Tarène, ni hombre y jeter son portefeuille bourré 
d'espèces ; tout au plus des cannes, des chapeaux 
projetés dans un élan d'enthousiasme, et que le 
triomphateur s'empressait de rendre à leur pro- 
priétaire, n'ayant aucun intérêt à les conserver. 
— La sixième course ne présenta pas ce carac- 
tère d'élégante correction : Vespada ne réussit 
pas le premier coup, manqua de même le second, 
les huées s'élevèrent, et les spectateurs se ruèrent 
Vers la porte de sortie, pour ne pas assister au 
dernier acte de ce drame répugnant. C'était 
courir au-devant de l'horreur : par la même porte 
que nous s'engouffrait en même temps la triste 



— 304 — 

viclime; enfin réduite à l'état de cadavre; et 
e'est en cheminant dans un véritable charnier, 
à travers des flaques de sang, que nous pûmes 
enfin nbus arracher à ce lugubre épilogue. Les 
dames affolées criaient grâce ! pour nous, sans 
nous émouvoirplusque de raison, — la sensibilité 
s'émousse à la longue, et la sauvagerie latente 
tend à prendre le dessus, — nous en avions assez, 
et n'étions pas fâchés de nous délasser par un 
spectacle plus coquet et plus humain. 

Il va nous être offert au Paseo de las Delicias. 
SildiPlazade Tioro^estleLongchamp de Se ville, 
son Paseo représente les Champs-Elysées au retour 
des courses. — Aux voitures tout d'abord, que 
nous avons peine à retrouver dans cette foule. Nous 
longeons le Guadalquivir, devant la Torre del 
Oro, dont l'enveloppe dorée étincelle aux rayons 
du soleil couchant. Voici le Palais àeSan Telmo^ 
de style baroque^ d'aucuns diraient rococo^ c'est- 
à-dire orné outre mesure, avec pilastres, statues, 
balcon en roûde-bosse à la partie centrale, Saint 
dans une niche à la partie supérieure, et néan- 
moins plaisant à l'œil ; il n'appartient plus aux 
fils de France (les Montpensier), étant devenu la 
propriété de l'archevêque de Séville. 

Enfin \e Paseo de las Delicias. Il longe d'abord 
les jardins du palais de San Telmo, puis le parc 
Marie-Louise, bordé dejolies villas, la campagne 
enfin, des prairies, un maussade horizon plat et 



— 305 — 

uniforme, que nous ne nous arrêtons pas à con- 
templer ; le spectacle est, à nos côtés mêmes, char- 
mant et plein d'intérêt. C'est une foule incroyable 
de voitures découvertes, que les agents de police 
ont peine à guider, à'maintenir en deux files 
doubles parallèles, selon que les véhiculesmontent 
ou descendent Ta venue. Voici le landau armorié, 
dans lequelsontmoUementétendues lés gracieuses 
Sévillanes, déjà admirées à la Plaza de Toros : 
blanches mantilles encadrant le frais visage, jupes 
multicolores jetant la note gaie qui^ dans nos 
pays de brume et de tristesse, fait de plus en plus 
défaut; et, ce qui est la beauté suprême chez 
TAndalouse, les grands yeux noirs aux cils bat- 
tants, qui ne se montrent point trop sévères, et 
répondent volontiers au regard admiratif. Toutes 
les classes de la société sont mêlées dans ce joyeux 
défilé, où lacalèchearistocraliquea pour partners, 
soit le vulgaire char-à-bancs, soit le break de 
louage chargé d'un lot de courtauds de boutique 
qui font eux aussi leur persil; mais vous pouvez 
croire que la contemplation ne s'absorbe point 
sur leurs personnes, et qu'elle retourne bien vite 
à nos gracieuses fées. 

On poursuit le Paseo jusqu'au rond-point, 
puis Ton revient, et Ton reprend encore l'ave- 
nue, sans pouvoir s'arracher à ce mouvement 
joyeux. Mais la température a singulièrement 
fraîchi; la nuit tombe; il est temps de rega- 



— 306 - 

gaer Thôtel, et de songer aux préparatifs du 
départ. 

CORDOUE. — Nous quittons Séville pour Cor- 
doue. Paysage maust^ade^ déjà entrevu quatre 
jours auparavant : la poésie est tout entière dans 
les villes, ne point la chercher aux champs.. Cor- 
doue, la vieille capitale des Kalifes, bien déchue 
de sa splendeur,. ne vit plus que par sa Mosquée; 
elle est perdue là-bas, et comme ensevelie, à Tex- 
trémité de la ville ; le touriste s'y précipite, négli- 
geant tout autre soin. 

Mais quel dédale de ruelles pour y arriver ! 
toutes uniformément étroites, caillouteuses, rabo- 
teuses, sauf la rangée de larges dalles qui serpente 
le long des maisons, et qu'on s'efforce de suivre. 
Pas une âme vivante au dehors, par ce soleil 
brûlant de l'après-midi, encore dans toute sa 
force ; de place en place, une porte entr'ouverte, 
quelques fleurs, un filet d'eau, soit une évocation 
des ^a^/(?5 de Séville, mais tout cela morne, désert 
et triste. Quelleantithèse entre Séville et Gordoue, 
Tune vivante, l'autre morte, et celte opposition 
va se continuer tout le long de notre visite ! 

Sortis enfin de ce dédale, nous débouchons 
brusquement en face de la Mezquita; du moins 
nous la soupçonnons sans l'apercevoir encore. 
Devant nous en effet se dresse un long mur d'en- 
ceinte crénelé, d'une hauteur variant de dix à 



— 307 — 

vingt mètres, soutenu par de solides contreforts ; 
la masse de maçonnerie est uniforme, sans orne- 
ment, sans ouverture autre que les portes, dont 
la majeure partie sont murées : aspect sévère et 
rébarbatif, celui d'une forteresse. Nous pénétrons 
par la superbe porte del Perdon^ aux battants 
garnis de plaques et de heurtoirs en cuivre; Tare 
en fer à cheval de la porte est mauresque, de même 
sa décoration, ses massifs bossoirs ; mais des ins- 
criptions pieuses, des images de saints lui donnent 
une attache chrétienne. Ce double caractère ne 
se rencontre point là seulement : le christianisme, 
en la Mosquée de Cordoue, n'a point abusé de sa 
conquête ; il n*a point détruit, ou du moins il l'a 
fait avec modération, mais il a tenu à y marquer 
son empreinte. Nous venons de la signaler à la 
porte del Perdon ; Tancien minaret qui la sur- 
monte est devenu clocher, et porte en son sommet 
une statue de Tarchange Raphaël, patron de Cor- 
doue; nous verrons tout à l'heure comment il l'a 
fait à la Mosquée elle-même. 

La porte franchie, un vaste espace libre s'ouvre, 
précédant Tédifice : c'est le patio de los Naranjos^ 
nous abordons la série des merveilles. Un immense 
rectangle aux allées caillouteuses, aux carrés 
disposés en pelouses, ombragés d'orangers et de 
palmiers, avec cinq fontaines jaillissantes, des 
cloîtres accolés à la muraille d'enceinte sur les 
petits côtés ; dans ce rectangle, à l'ombre des 



— 308 — 

beaux arbres, règne une fraîcheur délicieuse, le 
parfum suave et pénétrant des orangers en fleurs ; 
soil un ensemble vaste et lumineux, plein de 
calme oriental quoique animé de nombreux visi- 
teurs, mais tous silencieux, imprégnés de recueil- 
lement, comme s'ils craignaient de troubler la ma- 
jesté du lieu. Pendant les heures trop courtes 
que je passai à Gordoue, combien de fois ne 
vins-je pasm'asseoir sur les bancs de pierre, mé- 
ditant, savourant celle paix profonde, et mes 
voisins, touristes comme moi ou hommes du 
peuple désœuvrés, de s'écarter, de s'absorber eux- 
mêmes dans leur contemplation, ou simplement 
dans leur far-niente. Les mendiants eux-mêmes, 
cette plaie espagnole, se montrent ici moins 
agressifs qu'ailleurs. Et le regard d'errer, de se 
porter sur le minaret, de revenir à la façade de 
la mosquée, celle-ci basse, sans caractère, une 
longue muraille derrière laquelle se cache quel- 
que chose, et c'est ce quelque chose que nous 
avons hâte de contempler, car il continue la série 
des enchantements. 

La porte de las Palmasy qui fait face à la porte 
del Perdon, a reçu elle aussi l'empreinte chré- 
tienne ; restau rée dans le style mudéjar (chrétien- 
arabe), elle est ornée des statues de la Vierge et 
de l'archange Gabriel ; par elle on débouche dans 
l'allée centrale de la mosquée. Une impression 
d'étonnement, de stupéfaction admirative: l'œil 



— 309 — 

n'arieri contemplé de semblable jusqu'à ce jour. 
A droite, à gauche, de tous côtés, une véritable 
forêt de colonnes, dans laquelle, semble-t^il, on 
risque de s'égarer ; l'allée principale se déroule 
devant nous, avec ses arcades en plein cintre, 
aux couleurs alternées blanc et rouge. Les co- 
lonnes diffèrent toutes entre elles, lisses ou ru- 
gueuses, torses ou cannelées ; de môme les cha-- 
piteaux affectent des formes diverses, romains 
ou wisigoths, byzantins ou mauresques ; ces co- 
lonnes, de hauteur modérée, 4^30 environ, ont 
leur soubassement enterré dans le pavé; aussi, 
pour donner à l'édifice une hauteur suffisante, a- 
t-on dû créer deux étages superposés d'arcades. 
Encore la hauteur totale ne dépasse-t-elle guère 
dix mètres (exactement 11°^50); l'édifice y perd 
en majesté, il y gagne en mystère, et je ne con- 
nais rien de plus saisissant, que celle demi-obs- 
curité du temple, les colonnes fuyant à l'infini, 
à la suite les unes des autres, comme les sapins 
d'une forêt sombre, les arcades simulant une 
voûte de branchages entrelacés. 

Dans le détail, et pour donner quelques chiffres, 
dix nefs longitudinales, toutes égales entre elles, 
sauf la principale, un peu plus large, ainsi que 
les deux rangées qui la flanquent de chaque côté; 
850 colonnes, j'avais raison de parler d'une vé- 
ritable forêt, et le nombre en était plus considé- 
rable avant Taménagement que je vais dire. — 



— aïo — 

Une église wisigoLhe, soos le vocable de saint 
Vincent, s'élevait jadis sur t'em placement de la 
mosquée. Les Arabes, à la conquête, s'assurèrent 
d'abord la propriété de la raoiiié deTéglise ; bien- 
tôt ils en expulsèrent tolalemoiil les chrétiens, et 
travaillèrent désormais pendant trois siècles à 
transformer rédifîce, jusqu'à lui substituerlechef- 
d'œuvre que nous admirons aujourd'hui. Ils sont 
chassés deCordoue par saint Ferdinand, en 1236, 
et dès lors chaque souverain s'eiTorce de resti- 
tuer à la mosquée le caractère chrétien. On ne 
procède d*abord que timidement et avec ré- 
serve: des chapelles latérales sont accolées au 
pourtour, absorbant les nefs extrêmes ; d'autres 
chapelles sont inslallées dans l'intérieur même 
de TédiBce. Mais cela ne suffisait point ; on fît 
plus, et nous nous expliquons désormais les 
grilles et les clôtures ornementées qui, entrevues 
dans le loinlain^ viennent briser la perspective, 
et ferment brusquement telle avenue de la forèl 
de marbre* 

Une cathédrale en effet a été aménagée au 
centre de la mosquée ; elle a son chœur, son trans- 
sept et sa capilla mayor. Construite par Tinitia- 
tive du chapitre sous le règne de Charles-Quint, 
elle fut d'abord approuvée par le souverain mal 
informé, puis désavouée et vivement blâmée par 
lui, au cours d'une visile qu'il fit à Cordoue. Ce 
n'était pas que le grand empereur fut bon juge 



4 



— 311 — 

en matière d'art ; ses constructions à TAlhambra 
de Grenade nous le prouveront suffisamment ; 
mais, s'il n'était point romanesque, il avait le 
sens droit et juste; cette qualité fil sa force dans 
la lutte contre François P^ Donc, il tança les 
chanoines, dont Tentreprise avait détruit les har- 
monieuses proporlions de la mosquée, mais il était 
trop tard; La cathédrale, qui n'est en réalité 
qu'un immense chœur, occupant Tespace de 63 
colonnes, ofi*re un^pécimen accompli deTart^^a- 
teresque, soit cette exagération de la Renais- 
sance qui se traduit par un débordement d'orne- 
mentation métallique ; c'est tout ce qu'on peut 
dire d'elle. 

Telle fut notre première visite à la Mezquita. 
J'y reviendrai, seul désormais, pour en mieux 
goûter le charme : solitude et recueillement sont 
les facteurs essentiels de semblable visite. — Nous 
contournons le mur d'enceinte extérieur, crénelé 
comme s'il protégeait une forteresse ; muraille 
immense dans son développement : la surface 
qu'elle circonscrit, patio de los Naranjos et mos- 
quée proprement dite, est presque égale à celle 
de Saint-Pierre de Rome. A la face qui avoisine 
TEvêché, la muraille, encastrée à sa base dans 
des subslructions, des débris rocheux, n'atteint 
plus qu'une hauteur d'une dizaine de mètres. 
Mais quelle tristesse, quelle solitude navrante 
en ces derniers confins de la ville, sur ce sol ro- 



— 312 — 

cailleux, raboteux, chaufiTé à blanc par le soleil 
cependant à son déclin ! Là même, semble -t-il, 
le mahomctisrae, le christianisme se sont livré 
une dernière lutte; Tévêché a vaincu la mosquée, 
et cette victoire a créé la solitude. Devant nous 
un monument de style rococOy le TriunfOy élevé 
au xviir siècle en Thonneur de l'archange Ra- 
phaël ; puis une terrasse bordée de parapets, où 
se tiennent mélancoliquement accoudés quelques 
désœuvrés. Ici du moins, le speclacle est pitto- 
resque ; mais, de charme ou de gaieté, n'en point 
chercher. 

A nos pieds, le Guadalquivir roule ses eaux 
rares, coupées par de minuscules îlots où s'effri- 
tent, inutiles, les vieux moulins arabes. Le pont 
mauresque à seize arches, long de 220 met., bàli 
sur fondements romains, enjambe le fleuve; à 
l'extrémité du pont, la Calahorra^ tour carrée 
noire, formidable, largement éventrée, profile sa 
lugubre silhouette. Au delà, tout est plus sinis- 
tre encore: la campagne nue, infertile, au gazon 
jauni par l'ardeur du soleil, s'étend à perte de 
vue. 

L'Alcazar de Cordoue n'est plus qu'un souve- 
nir, une ruine. Les ^«5^06* au pourtour de la ville, 
le long du mur d'enceinte, sont poussiéreux et 
déserts; une musique militaire s'y fait entendre 
et groupe avec peine quelques auditeurs. Au 
imseo del Gran Capitan, évocation de Gonzalve 



/ 



— 313 — 

de Gordoue, règne un semblant d'animation, et, 
à la façade des cercles, de rares homhres goûtent 
Vaguardiente ou Vazucarillo. — Tout est déca- 
dence et tristesse à Gordoue, et il n'est que la 
mosquée où Ton reviendra demain, à la fraîcheur 
du matin. Les ruelles au pavé inégal n'en sont 
pas plus animées : à peine quelque chanoine au 
long chapeau rentrant chez lui, ou quelque mé- 
nagère se glissant à l'église voisine. Au patio de 
los NaranjoSf môme recueillement que la veille, 
mêmes ombres silencieuses, mêmes parfums 
suaves sous l'épais feuillage des orangers. Et, à 
l'intérieur, le touriste d'errer isolément dans la 
forêt de colonnes élancées, où les arceaux se suc- 
cèdent, s'enchevêtrent à l'infini, de goûter une 
fois encore, et sans se lasser, ce calme plein 
d'ombre et de majesté. Quelles délices ! quelle 
inoubliable impression, et combien il est pénible 
de se rejeter de nouveau dans le tourbillon mon- 
dain ! Mais Grenade est en perspective, et c'est là 
notre seule consolation de dire adieu à Gordoue 
el à sa mosquée ! 

Grenade, t- La ligne ferrée pique droit au 
midi vers Malaga. A Montilla, la campagne s'é- 
gaie de vignobles et de plantations d'oliviers; 
c'est le centre de la production du Xérès dit 
AmontilladOy un vin sec et généreux dont nous 
goûterons à première occasion. Les emb ranch e- 

25 



— 314 — 

ments se succèdent, vers Jaën, vers Séviîle et 
Cadix, vers Gibraltar, et finalement vers Grenade. 
A chaque bifurcation, Tanimation est grande, 
mais toute factice, exclusivement composée de 
voyageurs qui se pressent au buflFet, ou cherchent 
à s'assurer une place dans le train en partance; 
le pays avoisinant est absolument désert: point 
de ville, voire même de village à l'horizon, quel- 
ques maisons peut-être, tapies dans une ondula- 
tion de terrain. Bien souvent, en Espagne, le 
nom d'une slation n'est qu'une expression géo- 
graphique. 

La voie prend définitivement la direction de 
Grenade. Région montagneuse : nous remontons 
la haute vallée duGuadalhorce; nous escaladons 
un plateau, terrain sauvage et mouvementé, 
harranco du rioFrio, qu'enjambe un viaduc haut 
de 60 met. La contrée devient de plus en plus 
déserte et rocheuse, rarement une ferme, 20 ki- 
lom. de dislance entre deux stations successives ; 
la nuit qui tombe, les lueurs indécises du crépus- 
cule ajoutent encore à la navrante tristesse du 
paysage. Enfin nous atteignons la vallée du 
Xenii ; subitement apparaît la crête neigeuse de 
la Sierra Nevada. Nuit close à Loja ; nous entrons 
dans le domaine des Maures et la fertile Vega, 
tout cela au juger. A dix kilomètres de Grenade, 
voici Santa-Fé, la ville factice élevée en 180 
jours par I:rabelle, lors du siège de la cité mu- 



~ 315 — 

sulmane. Le train s'arrête : nous sommes en gare 
de Grenade. 

Ville magique, au nom de laquelle palpite tout 
cœur de touriste, et qui maintenant encore dis- 
pute à Séville la place d'honneur dans nos sou- 
venirs! Ainsi apparaissait- elle en 1840 à Théo- 
phile Gautier, lorsque, fatigué du boulevard et des 
théâtres, il quittait brusquement Paris pour l'Es- 
pagne. On ne voyageait point alors au delà des 
monts avec la môme facilité que de nos jours : la 
diligence était médiocre, les posadas inhospita- 
lières, et de plus on avait encore la chance de 
rencontrer quelques brigands. Tout cela s'est 
perfectionné depuis soixante ans, mais seulement 
pour le décor ; au fond et en réalité, l'Espagne a 
peu varié, les hommes et les choses sont demeurés 
à peu près en l'état, et le Voyage en Espagne du 
prince des critiques est encore le meilleur guide 
que puisse suivre un touriste. — On n'appor- 
tait point à cette époque, dans les déplacements, 
la hâte fébrile et Tinstabilité qui les rendent si 
pénibles aujourd'hui ; lorsque le voyageur dé- 
couvrait un site à souhait, il y plantait sa tente, 
et ne le quittait que lorsque la satiété pointait à 
l'horizon. Ainsi se comportait notre Ion Théo. 
Grenade lui sourit et le captive : il s'y installe, 
et tout d'abord, en amateur passionné de couleur 
locale, il va se transformer à la mode du pays. 
Il est désormais don Teofilo, et s'adresse au lail- 



— 316 — 

leur en renom, Juan Zapata, qui lui confectionne 
un coslume dans le dernier goût grenadin. Za- 
pata est un impressionniste amoureux de son 
art ; il brode au milieu du dos, sur le fond brun 
du drap, un magnifique pot de fleurs aux cou- 
leurs éclatantes, et il est tellement fier de son 
œuvre, qu'au dernier moment il ne veut plus s'en 
dessaisir. Ce n'est qu'à prix d'or, et sur Tobser- 
vationque ce coslume donnera à Paris une haute 
idée de son talent, qu'il consent enfin à le livrer 
au client. 

Le senor don Teofilo est reçu dans la bonne so- 
ciété de Grenade ; les Carmen, les Teresa du lieu 
sont ses amies, et pour un peu il deviendrait le 
querido de l'une d'elles; mais ces bagatelles ne 
peuvent suffire à son bonheur. L'Alhambra le 
hante, là-bas, sur sa colline, à l'extrémité de la 
cité; il le découvre, et y passe ses journées; 
bientôt il est pris d'une telle passion pour le 
palais des Maures, qu'il ne peut plus le quitter, 
et y demeure quatre jours et quatre nuits. C'est 
dans la Cour des Lions qu'il établit son quartier 
général. Nous verrons qu'il avait bien choisi ; 
seulement le siècle a marché, et le conservateur 
actuel de l'Alhambra, donMariano Contreras, ne 
tolérerait plus les libertés qu'on laissait prendre 
alors au hon Théo. 

Donc, nous ne coucherons point à TAlhambra, 
quelque poétique que puisse être semblable logis ; 




— 317 — 



mais, dans les trois fois vingt-quatre heures 
que nous passerons à Grenade, nous y coulerons 
du moins la majeure partie de nos journées, etj 
le malin même de noire arrivée, nous y dirigerons 
notre première visite. 

La course est longue, par des rues banales et 
sans physionomie. Grenade, remaniée, moder- 
nisée au lendemain de la conquête chrélienne, a 
perdu son cachet oriental; plus rien n'en subsiste 
qu a TAlharabra. L'elroile et raboteuse calle de 
Gomeres nous mène à la Puerta de las Granadas^ 
porle d'origine chrétienne, subsLiluée àdes cons- 
tructions mauresques ; au delà, un bois merveil- 
leuxj planté d'ormeaux, sillonné de riiisselets 
d'eau courante : c'est le parc de TAlhambra. Une 
fraîcheur délicieuse y règne; les arbres très serrés 
s'élèvent droits comme des fûts de colonnes; la 
voûte de feuillage dérobe la vue du cîeL Dépit* 
loresques sentiers se glissent à travers bois; au 
milieu, la route de voitures, jalonnée de fontaines* 
A celte heure matinale, les tourisles sont rares ; 
on chemine lenlement, silencieusement; il est 
des sites en présence desquels forcément on se 
recueille. Le bois sacré de l'Alhambra est de ce 
nombre, non point par les souvenirs que ses 
ombrages éveillent, — il a élé planté en majeure 
parlie au commencement du XïX'sièclCj — mais 
par son charme personnel, et surtout parce qu'il 
conduiL au palais des Rois Maures. 




— 318 — 

Les gdanas apparaissent, première évocation 
du passé, de belles filles au teint cuivré, aux 
yeux noirs veloutés, non point toutes invariable- 
ment jolies, car la décrépitude les frappe vite, 
mais caressantes, insinuantes, oflFrant leurs bibe- 
lots et les faisant valoir par mille câlineries: ce 
sont des cuivreries de leur fabrication, menus 
vases, coupes, et surtout la lampe mauresque, de 
forme séduisante et inédite. — Et Ton s'arrache 
aux sollicitations de ces sirènes, pour franchir la 
Puertajudiciaria; au-dessusde l'arc surmontant 
la porte, la main de fer et la clé, fétiches par les- 
quels se trouvait garantie l'indépendance de 
Grenade, tout le temps du moins que Tune ne 
saisirait pas Tautre. 

Au delà de la porte, devant une corbeille fleurie, 
se dresse un grand gaillard, au visage outra- 
geusement basané encadré de blancs favoris, 
portant un élégant costume dé majo^ chapeau 
pointu, veste courte avec blanche chemisette, 
ceinture bariolée, culotte courte, guêtres de cuir 
à pompons et à soutaches. Il est appuyé sur une 
longue canne ; de loin il nous sourit, mais il n'a 
garde de se déranger, et de perdre sa pose pitto- 
resque : c'est le Roi des GitanoSy Mariano Fer- 
nandez, ancien modèle du peintre Fortuny. Nous 
approchons; il se laisse détailler avec complai- 
sance, et nous offre sa photographie, à beaux 
deniers s'entend ; nous n'avons garde de refuser, 



— 319 — 

el nous rendons hommage à sa royauté, lui pro- 
mettant d'aller dans l'après-midi faire visite à 
ses sujets. 

Et nous continuons d'avancer. L'Alhambra ne 
se décèle point encore ; les édifices mauresques se 
dérobaient volontiers; nous l'avons vu à l'Alcazar 
de Se ville, à la Mosquée deCordôue; leur magni- 
ficence ne se révélait qu'à l'intérieur. Des cons- 
tructions modernes le précèdent ; puis c'est le 
massif palais de Charles-Quint, étalant sa lourde 
façade sur l'esplanade ou Plaza de los Algibes. 
Ici encore le conquérant a tenu à marquer son 
empreinte ; l'empereur à la barbe fauve voyait 
grand, et construisait de même, sans se douter 
que le plus souvent ses fantaisies architecturales 
détonaient, qu'elles produisaient au point de vue 
artistique un effet désastreux. L'édifice est assu- 
rément grandiose, mais il est lourd ; il était conçu 
dans des proportions horriblemen t coûteuses et n'a 
point été achevé; il avait la prétention d'éclipser 
le palais des rois Maures, il ne fait que le voiler 
et le gêner. On jette un regard distrait, et Ton 
passe outre. 

Par une petite porte, à Tangle du palais de 
Charles, nous abordons enfin les constructions 
mauresques ; nous sommes au Palais de l'Alham- 
bra. — Ne point s'attendre ici à un édifice gran- 
diose, majestueux et sombre, plein d'unité dans 
son immensité, comme la Mosquée de Cordoue 







— 320 — I 

que régissaient encore les traditions antiques, les 
inlluences byzantines : l'intenlion maîtresse de 
TAlhambra est celle d*une résidence princière, 
amplification de l'habilation domestique, offrant 
une série de patios^ de salles magnitîquement 
décorées, où se joue la fantaisie de Tartiste, où le 
souverain promène à loisir son désœuvrement et 
son ennui. La valeur intrinsèque des malériaui^J 
est faible, la solidité en est médiocre, tout en bois,^ 
sluc et plâtre, aménagés plutôt pourTiltusion que 
pour la durée. Mais rensombleest féerique^ grâce 
aux merveilles d'ornementation, de décoration 
des colonnes de marbre fluettes et fragiles, des 
arabesques aux couleurs voyantes, des stalactites 
pendant à la voûte et formant comme une frange 
aux teintes variées; nulle représentation défigure 
humaine, ni même vivante : un chaos de lignes 
géométriques^ des feuilles, des rinceaux, des 
entrelacs sans tin ; des inscriptions en caractères 
coufiquesy toute une fantaisie débordante et char- 
mante^ où la lumière se joue^ où le regard glisse 
sans elForlj où rintelligence s'endort dans ce /izr- 
niente délicieux que plus d'une fois nous avons 
goûté, que toujours nous avons trouvé plein 
d'attrait. 

Le paiiode îos Arraijaaes^ ou cour des Myrtes, 
rectangle bordé de colonnes graciles, avec son 
bassin allongé et ses haies de myrtes ; la haute 
tour de Camares, carrée, crénelée, le domineàson 



— 321 - 

extrémité. Alabase de la tour, la salle de laBarca^ 
puis la salle des Ambassadeurs prise dans la tour 
elle-même. Là, le souverain donnait ses audiences : 
elle est couverte d'une coupole en cèdre, et ouvre 
sur la campagne par des fenêtres aux embrasures 
profondes, taillées dans l'épaisseur du mur ; mer- 
veilleuse richesse de décoration, vue splendide 
sur la colline de l'Albaycin, symétrique à celle 
de l'Alhambra, sur la profonde vallée du Darro. 
Passons à la cour des Lions, patio de los Leones. 
C'est là le patio mauresque dans toute sa grâce : 
au pourtour, 128 colonnettes de marbre blanc, 
alternativement simples, gémellées ou triples, 
soutiennent les arceaux en fer à cheval ; aux deux 
extrémités, se faisant face, deux légers pavillons 
surmontés chacun d'une coupole; tout cet en- 
semble fouillé d'arabesques à fleur de pierre, 
empreint d'une décoration polychrome, avec une 
mince frise jaune et rouge courant tout autour 
de la galerie. Au centre, la fontaine elle-même, 
une grande vasque de trois mètres de diamètre, 
surmontée d'une petite vasque moindre, le tout 
dominé par une délicate pyramide en. aiguille; 
comme supports à la fontaine, les douze lions, de 
formes, de dimensions critiquables, plus sem- 
blables peut-être à douze gros chats, mais non 
sans efifet d'originalité et de bizarrerie. Au temps 
des Rois Maures, et de nosjours même, à l'époque 
oùTh. Gautier établissait ici son quartier général, 



— 322 — 

des lorrents d'eau jaillissaient par la gueule des 
douze monstres; aujourd'hui, la fontaine se tait, 
les lions demeurent bouche béante : on fait des 
économies, nous avoue le guide. 

Quatre salles se font face, et se regardent deux 
à deux, aux quatre extrémités du patio de los 
Leones. C'est la salle de los Moçarabes^ puis la 
salle des Abencerages, flanquée d'arcades mer- 
veilleusement dentelées, et surmontée d'une im- 
posante voûte à stalactites ; au centre, le bassin 
de marbre dodécagone, marqué de taches rou- 
geàtres, dans lesquelles la tradition veut recon- 
naître le sang des 36 Abencerages, attirés dans 
tin guet-apens; la tragédie de Rizzio, au château 
d'Holyrood, est plus récente, et cependant les 
vestiges de sang du chanteur florentin sont déjà 
relégués au rang des légendes. Et la salle de la 
Justice y longue salle en cinq compartiments, 
voûtée de stalactitesglauques, mal éclairée, quel- 
que chose comme une grotte fantastique. Et la 
salle de las dos lier manas : cesdeux sœurs sont 
simplement deux longues dalles de marbre blanc 
encastrées dans le pavé ; pièce de forme allongée, 
éclairée en son extrémité par deux fenêtres basses 
géminées. Ici, Tart mauresque décoratif atteint 
son summum d'exubérance : soubassement pla- 
qué d'azulejos, voûte à stalactites percée de bOOO 
alvéoles : les stalactites, aux quatre coins, des- 
cendant en pendentifs, et les alvéoles de la voûte 



- 323 — 

s'îrradiant des couleurs de rarc-en-ciel. Aux 
murailles, des broderies de stuc d'une délicalesse, 
d'une complication incroyables ; cet ensemble 
ayant, au delà de toute croyance, eu égard à la 
fragilité des matériaux, résisté aux injures du 
temps. Les nuances assurément ont pâli, mais 
Télégance et la grâce subsistent, reflet d'un art 
dont nous avons perdu le secret. 

Plus sobre est le Mù^ador de Daraxa^ un 
gracieux belvédère ouvrant sur la profonde ravine 
du Darro, surplombant Tabîme.; à sa base, le 
patio de Daraxa^ un fouillis de verdure duquel 
émergent des orangers abritant une fontaine; 
plus loin, la ville tout entière de Grenade, ses 
maisons blanches, ses toits rougeâtres brûlés par 
le soleil. Et m'appuyant au parapet de granit qui 
borde le mirador, je déchiffre sur la pierre une 
inscription grossièrement gravée au couteau : 
« J. Gremaud, officier porte-étendart du 11® ré- 
giment de ligne, août 1823. » Peut-être un Bour- 
guignon, soldat de France en la pacifique expé- 
dition du duc d' Angoulôme ; du moins il a chance 
de passer à la postérité. 

Ce n'est pas le seul souvenir que la France ait 
laissé à l'Alhambra. En 1812 nos troupes occu- 
paient Grenade. Après la fâcheuse journée des 
Arapiles, Tévacualion de l'Andalousie est pres- 
crite; on quitte à regret cette région embaumée, 
où la vice-royauté de Soult se fût volontiers 



— 324 — 

éternisée, mais on vent produire sur l'ennemi 
une dernière et funèbre impression. Des mines 
sont pratiquées, qui doivent faire sauter TAl- 
hambra ; l'arrivée des soldats espagnols vient 
heureusement empêcher cet affreux acte de van- 
dalisme. 

Le réduit delà défense était VAlcazaha, forte- 
resse sise à Téperon méridional de la colline, sur- 
plombant Grenade. Nous nous hissons à la plate- 
forme, plaza de la ArtillertUy qui domine la 
Tour de la Vêla. Sur cette tour, le Ghafar des 
Maures, flottèrent, le 2 janvier 1492, les pennons 
des Rois catholiques^ — ainsi sont dénommés 
dans l'histoire Ferdinand et Isabelle, — après 
que Boabdil eut remis les clés de l'Alhambra aux 
mains du comte de Tendilla, premier gouverneur 
chrétien delà forteresse. Ainsi finit la domination 
des Maures en Espagne. 

Quelle épopée que cette lutte de huit siècles, 
soutenue par la Croix contre le Croissant ! Tolède 
est reprise en 1085, Cordoue en 1236, Séville en 
1248, puis la marche en avant subit deux siècles 
et demi d'arrêt ; les rois chrétiens d'Espagne 
entrent dans l'orbite de la politique européenne 
ou guerroient entre eux, l'infidèle en bénéficie, 
le Maure de Grenade peut se croire en sûreté dans 
ses montagnes. Viennent Ferdinand et Isabelle : 
l'unité se fait, c'est le glas qui sonne pour la do- 
mination musulmane. Les Maures d'ailleurs tra- 



— 325 — 

vaillent à leur ruine de leurs propres mains ; 
le jeune Boabdil, el rey chico, est en lutte avec 
son père Aboul-Hassan, avec son oncle Ez Zagal ; 
les chrétiens profitent de ces divisions ; ils achè- 
tent la neutralité de Boabdil, s'emparent de Ma- 
laga, de Baza, d'Almeria; ils cernent le musul- 
man dans son dernier réduit. Le faible roi relève 
la tète, mais trop tard; sa défense est belle, elle 
dure une année tout entière ; il faut enfin céder 
au destin, Mahomet Ta voulu... Le vaincu se re- 
tire dans les Alpujarras, souffleté au dernier ins- 
tant par cette dure parole de sa mère Aïcha: «Il 
le sied bien de pleurer comme une femme le 
royaume que tu n'as pas su défendre comme un 
homme ! »> Encore cent ans, et les faibles restes 
des conquérants de TEspagne, les Morisques, quit- 
teront définitivement le sol ibérien. 

La vue est superbe du sommet de la Vêla. A 
nos pieds la ville tout entière de Grenade; en ar- 
rière, le palais deTAlhambra, leGénéralife, tache 
blanche dans la verdure ; décote, la ravine brous- 
sailleuse où serpente le Darro, et, au revers op- 
posé, les grottes de l'Albaycin, trous noirâtres 
où gitent peut-être les derniers Morisques ; à l'ho- 
rizon, si nous abaissons nos regards, la Vega 
verdoyante, merveille de richesse et de fertilité ; 
si nous les relevons, la Sierra Nevada, alignant 
ses pics neigeux, et le Cerro de Mulhacen, le 
géant de la chaîne (3480 met.) Beau royaume en 



— 326 — 

vérité, sur lequel Boabdil, à défaut de sa dernière 
goutte de sang, versait son dernier soupir : El 
uïtrino suspiro iïpI Moro ! 

Dans le prolongement delà colline de TAlham- 
bra. et sur une émînence» s'élève le petit palais 
du Gthièralife. Il n'a point la prétention d'égaler 
son voisin : simple résidence d'été des rois maures, 
s*ils voulaient fuir les splendeurs de TAlhanibra. 
Le jaj'din est merveilleux^ planté de myrtes et 
d'orangers, avec des fleurs ravissantes et des jets 
d'eau vive jaillissant à nos côtés : un vrai pa- 
radis aux couleurs éclatantes. Le bâtiment qui 
le termine est modeslCj sans valeur architectu- 
rale; à rintérieur, une galerie dû médiocres por- 
traits, un très hypothétique Boabdil, et la série 
des marquis de Grenade, descendants présumés 
des émirs; ils possédèrent jusqu'à nos jours la 
propriété du Généralife, et Tont transmise au 
marquis de Gampotéjar. 

11 faut songer aux Gitcmos et au rendez-vous 
que le roi nous a donné ce matin même, mais il 
n'est point facile d'accéder à son royaume. Le 
trajet est pénible et de longue haleine : au delà 
de la Pla^a Nuezay on doit s'élever à mi-côte 
par des ruelles en pente raide ; puis la longue 
calle san Juan de lo,s Reyes, serpentant au flanc 
de l'Albaycin, quartier misérable, bordé de ma- 
sures^ population de mine peu rassurante, chré- 
tienne cependant, car les clochers foisonnent, 



à 



— 327 — 

san Juan, san Nicolas, san Salvador, san Luis ; 
les mendiants foisonnent aussi, nous donnant 
l'avant-goût des gitanes. 

Au Camino del Sacro Monte^ nous pénétrons 
en terre de Bohême. Les habilations misérables, 
grottes à demi souterraines, s'ouvrent comme es- 
carboucles au flanc de la colline; les gamins se. 
précipitent, les femmes se montrent au seuil de 
leurs cavernes ; plus dignes, les hommes demeu- 
rent en arrière; tous connaissent d'ailleurs le but 
de notre visite. A la porte d'une demeure moins 
sordide que les autres, nous faisons halte ; des 
landaus nous ont déjà précédés ; c'est l'heure 
habituelle de la chorégraphie, et tous de pénétrer 
dans la cassine, de prendre place sur les chaises 
disposées au pourtour. Le roi est absent, je me 
figure que son titre est purement honorifique; 
toute l'autorité sur la tribu est aux mains du Ca- 
pitan, qui nous reçoit, qui nous fait les honneurs 
de sa boutique, menus objets decuivrerie vus déjà 
ce matin aux mains des gitanas de l'Alhambra. 

Cependant les femmes se groupent, vêtues d'o- 
ripeaux aux couleurs éclatantes, aff*ublées de ver- 
roterie; la guitare, les castagnettes retentissent, 
et voici la danse bohémienne, non point gracieuse 
assurément comme les danses sévillanes, origi- 
nale néanmoins, et de saveur étrange ; il faut 
l'avoir vue... Certes nos jolies danseuses de Sé- 
ville sont plus agréables à contempler ; ici, tous 



3^ — 



les âges pg trouvent réunis, la brune sorcière 
déjà épaissie pnr Tàge^ aux yeux néanmoins hril- 
iants comme braise j aux cheveux noirs d ebène 
plaqués sur les tempes, se démenant avec fréné- 
sie; et la jeune fille au leint jaune citron, che- 
veux noirs en lire-bouchons, allure maladive; et 
la fillette de douze ans à peine, se trémoussant 
elleaussi avec conviction, faisant avec ses grandes 
sœurs assaut de passes, de voltes, de tournoie- 
mentSï pour compléter Tensemble. Les cinq ou 
six ballerines s'agitent en cadence aux sons de 
Torchestre stiident, excitées parles cris rauques, 
les oUè ! de leurs congénères ; les poses sont dé- 
hanchées, les accords heurtés, une scène exotique, 
plutôt africaine qu'espagnole. Mais n'en est-il 
pas ainsi le plus souvent en ce pays, où h tant 
de points de vue Tîntluenco arabe n^a pas cessé 
de prédominer? — Que sont d'ailleurs ces Gila- 
nos ? Tsiganes en Bohème, Gypsies en Ecosse, 
que nous les rencontrions en Roumanie ou aux 
Balkans, que nous les retrouvions dans nos Py- 
rénées, c'est toujours la même race errante, laté- 
rale à notre civilisation^ ofTrant toutefois à Gre- 
nade le phénomène particulier d'une habitation 
séculaire au quartier de FAlbaycin. Devrait-on, 
pour cette raison, les rattacher aux Maures de 
Boabdil,y voir une dernière épave épargnée parla 
conquête? La question est intéressante ; nous 
manquons d'éléments pour la résoudre. — Notons 



— 329 ^ 

en tout cas que cette tribu étrange inspire à la 
police une médiocre confiance. Au cours de la re- 
présentation, des piélînemenls de cheval se font 
enlendre ; un agent de police monté vient d'arri- 
ver, et tient la garde à la porte de la cassine ; au 
retour, à la nuit tombante, nous rencontrerons des 
gendarmes patrouillant dans les pentes qui re- 
descendent à la ville, toutes précautions éminem- 
ment significatives. 

Nous continuons notre promenade au flanc de 
TAlbaycin, par delà les grottes des Gitanes. Le 
chemin descend, poussiéreux, brûlé par le soleil^ 
puis remonte, escarpé, dominé par des champs 
de cactus. La plante épineuse, aux dards acérés, 
atteint ici des proportions gigantesques; malheur 
à rinfortuné fourvoyé en de pareils chevaux de 
frise! De ressaut en ressaut, nous poursuivons 
notre ascension; à droite s'alignent, au sommet 
de la colline voisine, le Généralife éclatant de 
blancheur, TAlhambra et ses murailles rou- 
geâtres, dorées par le soleil couchant. Mais la 
nuit tombe, il convient de ne point s'attarder in- 
définiment dans ces lieux déserts. — Le soir, à 
la Carrera de Xenil^ grande place allongée où 
flânent les désœuvrés grenadins, les fantassins 
se promènent en groupes ; Tun d'eux nous inter- 
pelle: « Moi aussi je parle français ; j'ai servi 
huit ans en France. — Où cela, brave guerrier? 
— A Sidi-bel-Abbès. » Province d'Oran, ce n'est 

26 



3:iO 



pas tout à fait la France; n'importe, Tinlenlion 
est bonne, et l'on échange des paroles aimables. 

Grenade, ai- je dit, a été complètement rema- 
niée par la coaquôle chrélienne. Quelques appel- 
lalions i^eiilomcnl oat subsisté, au Zacatin^ pit- 
toresque ruelle des fripiers, à la BWarrambfa, 
grande place centrale où se donnaient les tour- 
nois et les courses de taureaux, oùkiUaient l'une 
contre l'autre les factions rivales des Abencérages 
et des Zégris. Là se dresse le Palais archiépis- 
copal, évoquant le souvenir deGil Blas qui, dans 
cette sombre demeure, commentait les homélies 
de Farchevèque de Grenade* 

La cathédrale s'est élevée au lendemain même 
de la conquête. Conçue d'abord dans le style go- 
thique, elle dégénère bientût en celui de la Re- 
naissance, et verse finalement dans le genre pla- 
téresqtiCy avec l'exubérance de décoration, d'or- 
nementation métallique à laquelle nous nous 
heurtons trop souvent en Espagne. A Tintérieur 
cinq nefs ; une longueur de 116 met. sur une lar- 
geur de 67 ; la voûte de 30 met. d'élévation, re- 
posant sur d'énormes piliers formés chacun de 
quatre colonnes engagées. L'édifice est superbe ; 
une impression de grandeur et de force s'en dé- 
gage, produite par l'immensité de la nef, par la 
majesté des piliers. Le chœur est, comme toujours, 
aménagé dans le grand axe, rompant la perspec- 
tive, ludkcapilla mai/or, qui le continue, atteint 



-. 381 — 

une longueur de 45 met. sur 47 de hauteur ; elle 
ouvre sur la grande nef par un arc triomphal, 
et offre au pourtour un vaste déambulatoire qui 
la sépare des chapelles rayonnantes. Aux co- 
lonnes corinthiennes soutenant la voûte de la ca- 
pilla sontadossées les statues colossales en bronze 
doré des douze apôtres ; aux piliers, à droite et à 
gauche de Tare triomphal, les statues agenouil- 
lées des Rois catholiques; à l'intérieur même de 
la chapelle, les peintures, les sculpteurs d'Alonzo 
Gano, qui, fugitif de Madrid où il avait commis 
quelque méfait, travailla seize ans à la cathé- 
drale de Grenade comme prébende. — Partout 
un luxe écrasant d'ornementation, et ce luxe se 
poursuit aux chapelles latérales, sur le pourtour 
entier de Tédifice : des toiles de TEspagnolet, de 
Juan de Sévilla, de Theotocopuli {el Greco) dont 
les œuvres, admirées déjà au musée de Madrid, 
sont fort en honneur au delà des monts. 
. Non moins riches dans leur magnificence 
s'ouvrent comme annexes, au bas-côté de l'édifice, 
le Sagrario et la Ca2?^7/ai^m^; le premier occupe 
l'emplacement de l'ancienne mosquée et sert 
d'église paroissiale ; la seconde, de style gothique 
fleuri, fut construite pour être la sépulture des 
Rois catholiques. Deux tombeaux de marbre dans 
le style de la Renaissance : Tun avec les statues 
couchées de Ferdinand et d'Isabelle, l'autre avec 
celles de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle 



— 332 — 

(Juana la Locà) ; au caveau, les coFps dans de 
simples cercueils de plomb ; sur le maître-autel, 
les staluelles agenouillées de Ferdinand et d'Isa- 
belle, et des bas-reliefs sur bois représentant la 
Reddition de Grenade et la Conversion des Maures. 
— Telle est celle Capilla que Charles-Quint 
trouvait trop petite pour lant de gloire; cerles 
elle éveille d'illustres souvenirs, et le grand 
empereur glorifiait avec raison des ancêtres qui 
avaient travaillé pour lui. 

A la sacristie enfin, et pour clore cette revue 
d*un passé qui fut grandiose, révocation même 
des souverains par les objets qui leur ont appar- 
tenu : ~ Tépée de Ferdinand, le sceptre, la cou- 
ronne elle miroir d'Isabelle, son missel enluminé, 
des chasubles brodées par elle, l'étendard, ouvrage 
de SOS mains, qui fut arboré sur Grenade con- 
quise ; et peut-être, si mes souvenirs sont exacts, 
mais je n'oserais Taffirmer, un fragment de ce 
vêtement intime que la Reine conserva pendant 
tout le siège, selon le vœu qu'elle avait fait, et 
qui, suivant la légende, donna son nom à une 
couleur. 

Tant de splendeurs nous ont fatigués ; une 
fois de plus on soupire après la majestueuse sim- 
plicité de nos grandes cathédrales. Et cependant 
il faut voir encore, en dehors de la ville, la 6'ar- 
tiija^ Chartreuse veuve de ses moines, mais ayant 
conservé ses richesses décoratives. C'est le style 



— 333 - 

baroque et le genre platéresque combinés : les 
colonnes torses de marbre rouge, les armoires en 
bois de cèdre incrusté dlvoire, de nacre et 
d'argent, et les murailles disparaissant sous le 
stuc et les marbres les plus précieux. — Plus 
sobre est San Jeronimo^ ancienne église con- 
ventuelle, lieu de sépulture de Gonzalve de Cor- 
doue. Tout ici rappelle la gloire du Grand capi- 
taine: l'écusson surmontant l'entrée principale 
avec une emphatique inscription : Turcarum ac 
Gallorum terror^ et le tombeau jadis entouré de 
706 drapeaux, et les statues agenouillées du 
guerrier et de son épouse, et les quatre com- 
pagnons d'armes en pied, armés de toutes pièces. 
L'Espagne du moins ne néglige point ses vieilles 
gloires ! 

Nous en avons fini avec Grenade, trop tôt 
hélas! car ici, comme à Séville, on voudrait de- 
meurer :'il y a toujours à voir, toujours à dé- 
couvrir en ces cités pittoresques, pour le touriste 
affamé de merveilles. Mais il faut dire adieu à 
l'Andalousie, et remonter vers le nord; un arrêt 
de vingt-quatre heures à Madrid nous permettra 
du moins de visiter Tolède. 

Tolède. — « Tolède, sur son trône de rocher, 
avec sa ceinture de tours et son diadème d'é- 
glises; » telle la vue Th. Gautier, telle elle se 
présente encore à nous, à la sortie de la gare, 



— 331 — 

lorsque, par le ponl d'Alcanlara, nous cherchons 
à ahorder la fière cité: un amoncellement de loits 
rougeâlres, au-dessus desquels se dressent l'Al- 
cazar el la cathédrale* Capitale de TEspagnepen- 
danl cinq siècles > elle en est demeurée la métro- 
pole religieuse ; seulement sa situation unique, 
un nid d'aigle resserré dans une boucle duTage, 
qui au moyen âge lui donnait une haute valeur 
défensive, cette siluation même lui nuit aujour- 
d'hui- D'un accès difficile, à Técart des grandes 
voies de communication, Tolède ne s'est point 
modifiée^ ne s'est point accrue; elle reste elle- 
même, et n'en est que plus précieuse aux yeux 
de Tarchéologue. 

Le pont d'origine mauresque est flanqué d'une 
tour crénelée à chacune de ses extrémités ; il en- 
jambe une profonde ^a^âne, où le Tage gronde 
et se brise sur un lit de rochers. Par un long 
circuit, la route serpente au flanc de la colline; 
au-dessus de nos têtes se dresse la muraille d'en- 
ceinte, assise sur le roc, wisigothe en sa partie 
la plus ancienne^ puis mauresque vers la Puevta 
del Sol, une porte de style mudéjar, aux arceaux 
en fer à cheval^ flanquée de deux tours» La cons- 
truction est sombre, noire^ rébarbative ; sur ces 
pierres d'ancienneté vénérable, le temps a lar- 
gement marqué son empreinte. 

Nous abordons le Zocodover^ de l'arabe sotikh^ 
marché, place irrégulière qui, pour n'être point 



- x\n — 



[le centre de la ville, n'en est pas moins le siège 
^de ranimaLion populaire. Le paysan y stationne, 
Jforfe race à la rade charpente, au maintien sé- 
vère, pelile veslCj culoUe courte, feutre noir à 
larges bords, quelque chose comme notre type et 
notre costume bretons. C'est ici le centre histo- 
rique et géographique de TEspagne^ le foyer des 
[Vieilles coutumes ; quel contraste entre cette gra- 
vité non sans grandeur, et la gaieté, Texubé- 
rance qui nous ont tant séduits en Andalousie! 
I Et ce cachet de sévérité, d^indififérence aux 
perfectionnements modernes de la civilisation, 
nous le retrouvons dans toute Ja ville, au cours 
de notre visite. Un écrivain contemporain, Ed- 

i monde de Amicis, raconte plaisamment qu'à sa 
sortie de l'hôtel, alors qu'il se disposait à évoluer 
seul dans les rues de la cité, il est inlerpellé par 
nn muchaeho qui lui demande en souriant : 
« Où allez-vous, eahaUero? — Voir Tolède. -^ 
Seul? — Assurément; pourquoi pas? — Vous ne 
ferez pas cent pas dehors sans vous égarer. » 
Notre voyageur ne tient aucun compte du propos ; 
il avait tort. La première rue qu'il enfile était 
de telle dimension qu'une voiture pouvait àpeine 
circuler ; au bout de quelques pas, premier 
"détour dans une ruelle plus étroite, puis troisième 
venelle de dimensions encore plus exiguës, et 
les zigzags de se poursuivre ainsi, un enche- 
vêtrement de ruelles se greffant les unes sur les 



- 336 — 

autres, aboutissant parfois à un carrefour au delà 
duquel recommençait le dédale inextricable.il 
lui semblait circuler, non dans les rues d'une 
ville, mais dans les corridors d'un édifice; au 
bout d'une demi-heure de cet exercice, il s'a- 
vouait vaincu, et se renseignait auprès de quel- 
que passant. 

Th. Gautier prenait son temps, et évoluait 
avec plus de calme. Dans ces rues étroites où Ton 
pourrait se donner la main d'une fenêtre à la fe- 
nêtre opposée, il admirait en connaisseur les 
belles grilles de fer forgé et les solides barreaux 
de cette serrurerie dont on est prodigue au delà 
des monts : crainte des galants, ou simplement des 
voleurs, n'est-ce point en tout cas sagesse ? Il no- 
tait les portes flanquées. de piliers d'un granit 
bleuâtre, solides et épaisses sous leur constella- 
tion d'énormes clous; mais il se plaignait des 
atroces petits cailloux, polis, luisants, aiguisés 
en pointe de diamant, qui font crier d'angoisse 
le voyageur habitué à l'asphalte du boulevard. — 
Tout cela est encore vrai de nos jours : le pavé 
tolédan ne s'est point amélioré ; les vieilles de- 
meures sombres gardent leurs fenêtres grillées, 
leurs portes bardées de fer, et celles-ci, comme il 
y a soixante ans, se hérissent de gros clous en 
ronde-bosse. Mais, ce que le bon Théo néglige de 
noter, c'est l'avalanche de mendiants qui s'abat- 
tent comme mouches sur l'étranger, et respectent 



— 337 — 

l'indigène ; ce trait de mœurs a été relevé pat un 
mien jeune ami bourguignon, et il est de toute 
justesse; c'est encore et surtout Tabondance ex- 
traordinaire d'églises, de couvents, qui feraient 
de Tolède la véritable Isle sonnante de Rabelais, 
s'il prenait fantaisie à leurs cloches de se mettre 
en branle toutes ensemble. 

ATun de ces carrefours qui, de place en place, 
interrompent le lacis de ruelles, se dresse la Ca- 
thédrale remplaçant une église de la chrétienté 
primitive, que les Maures avaient transformée en 
mosquée; elle fut commencée en 1227, mais ter- 
minée seulement à la fin du xv^ siècle. En raison 
de cette longue période, le style gothique primitif 
s'est altéré ; il offre du gothique fleuri, des parties 
Renaissance et des éléments baroques. Une seule 
des tours de la façade est complète ; l'autre, de- 
meurée inachevée, est surriiontée d'un dôme. 
L'extérieur de l'édifice est d'une majesté gran- 
diose. Huit portes principales, parmi lesquelles 
se détache, à l'extrémité sud du transsepl, la cé- 
lèbre Porte des Lions^ de style gothique flam- 
boyant ; elle doit son nom aux six lions qui en 
barrent l'entrée, se dressant sur de hauts piliers, 
et tenant dans leurs grifi'es des écussons armo- 
riés. — La disposition intérieure est celle que 
nous connaissons, le chœur au milieu de la nef, 
rompant la perspective, et se continuant par la 
capilla mayor. En arrière de la capilla^ dominant 



— t\:\^ — 

le maître autel, le transpareid, un chaos dor, 
de marbre, de bronze, de cuivre, percé en son 
milieu d*une ouverture qui laisse fiUrer un jet de | 
lumière. 11 est le bienvenu^ car un déplorable 
demi-jour, confinant à I^obscuritéj règne dans 
toutes les parties de l'édifice, et permet à peine 
d'en soupçonner les richesses. Comment recon- 
naître les statues, les tombeaux, les merveilleuses 
sculptures des retables et des stalles ! On de- 
meure stupéfait devant co déploiement de splen- 
deurs où se reflète la piété des générations. La 
fatigue au surplus et la satiété commencent à, 
dominer notre esprit ; on voudrait se détendre^ 
mais les silenciarhs^ vulgairement azola perros 
ou chasse-chiens, sévères en leur robe noire, sont 
là pour nous rappeler la majesté du lieu. 

Nous ne nous attachons plus désormais qu'aux 
particularités, comme cette chapelle mo:^arabe 
isolée au pied de la tour sud-ouest. L'office s'y' 
célèbre encore suivant la liturgie chrétienne pri- 
mitive, modifiée par la conquête wisigothe, et 
tolérée par les Arabes au cours Je leur longue do- 
mination, Tolède redevenue chrétienne, la Cour 
de Rome voulut imposer à ces retardataires le rite ^ 
grégorien; ils prolestèrent, et la lutte se poursui- 
vit, ardente, jusqu'au bûcher où Ton faisait mon- 
ter, non point les récalcitrants, mais les livres 
liturgiques de l'un et de Tautre styles, en appelant 
ainsi au jugement de Dieu. La fidélité aux vieux! 



usages eut enfin gain de cause, et l'on toléra le 
rite mozarabe dans six paroisses do la ville. De- 
puis 1851, cette tolérance a été restreinte à la 
Cathédrale ; que ceux-là se hâtent donc, qui vou- 
draient retrouver encore une liturgie en voie de 
s'éteindre après une existence de dix-neuf siècles. 
Pour leur édification, et sans énumérer les treize 
points par lesquels le rite diffère de la liturgie 
latine, nous noterons simplement : TofiFertoire se 
célébrant au début delà messe, avant Tévangile ; 
le maître des cérémonies indiquant au prêtre, de 
sa baguette d'argent, les passages du missel qu'il 
doit lire ; la voix du peuple se mêlant sans cesse, 
au cours de Toffice, à celle du prêtre. 

Que faire au sortir de la Cathédrale, sinon er- 
rer au hasard des ruelles, guidés par notre bonne 
étoile? — Voici TAlcazar, gigantesque édifice 
s'élevant au sommet du rocher tolédan. D'abord 
castrum romain, puis citadelle wisigothe que 
s'approprient les Arabes, il a pour gouverneur le 
Cid, à la conquête chrétienne. Il devient palais, 
se transforme dans le goût de la Renaissance, et 
finalement est reconstruit par Philippe II, sur 
les plans de Ilerrera, Tarchitecte de TEscurial. 
C'est aujourd'^hui une école de cadets, le Saint- 
Cyr espagnol. L'aspect en est massif, écrasant, 
sans qu'on puisse toutefois lui dénier la majesté ; 
à l'imposante façade méridionale, une terrasse 
domine de haut la cité elle troupeau de maisons 



'MO - 



groupées comme brebis dociles à Tombre de lai 
Cathédrale. 

El les églises, Irop nombreuses pour que nousJ 
puissions consacrer un i>=ouvenirà chacune d'elles. 
Nous y notons surtout les transformations par 
lesquelles la religion chrétienne, devenue domi- 
nante, se substituait aux cultes qui l'avaient 
précédée. — Santo Cristo de la Luz^ petite mos-J 
quée du XV siècle; les colonnes sont antérieures 
et proviennent d'une église wisigothe ; les arcs 
en fer à cheval, la voûte, les arcades rappellent 
la Mosquée de Gordoue, — Et la Synagoga del 
Transita, jadis temple juif^ plus tard remise à' 
r*Ordre de Calatrava, — Et Santa Maria /a. 
Blanca^ de style mudéjar^ jadis elle aussi syna* 
gogue, toule blanche, toute fine^ décorée d'ara- 
besques et d'azuléjos, précédée de jardins. — Et 
encore san Juan de losRet/es^ bijou de gothique 
fleurij exclusivement clirétien. Ce n'est pas ce- 
pendant que la domination musulmane n*y ail, 
elle aussi, laissé son souvenir : à rextérieur, de 
longues chaînes pendues aux murs, les fers des 
prisonniers délivrés du joug des Musulmans ; 
àrintérieur^ une décoration où se retrouvent les 
arabesques de t'Alhambra^ traduites dans les for- 
mes plastiques de Tart chrétien. 

Kous atteignons ici les coiilins île la cité ; quel- 
ques pas encore, et nous revoyons le Tage, dé- 
crivant sa boucle du côté opposé au pont d'Alcan- 



— 341 — 

tara. Le plateau rocheux sur lequel est construit 
Tolède se brisa brusquement ; ses pentes escar- 
pées descendent vers le lit du fleuve, le torrent 
impétueux vient se heurter contre les arches d'un 
pont. C'est le pont Saint-Martin, commandé en 
chacune de ses extrémités par une grosse tour. A 
peu de distance, quelques restes de maçonnerie 
informe enfouis à fleur d'eau, et, sur la rive, une 
vieille tour ruinée : c'est le Bain de la Cava et 
la Tour du Roi Rodrigue, Du balcon de cette 
tour^ le souverain w^isigoth épiait les jeunes filles 
au bain ; il aperçut, selon le romancero, la belle 
Florinde mesurant son bras, et le comparant à 
celui de ses com^pagnes ; il devint amoureux de 
l'imprudente baigneuse, et la séduisit. Le comte 
Julien, père de la jeune fille, brûlant de venger 
son outrage, appelle les Maures à son aide ; en 
711, Rodrigue est vaincu et tué à la bataille de 
Xérès de la Frontera ; pour sept siècles, T Espagne 
devient musulmane. Petite cause pour de grands 
effets, dira-t-on ! 

Avais-|e tort, en tout cas, de proclamer que 
Tolède est une cité profondément romantique, le 
disputant dans la poésie de nos souvenirs à la 
merveilleuse Andalousie ? Un maître du théâtre 
moderne me donnerait raison, s'il était nécessaire: 
V. Sardou a placé dans Tolède son drame de la 
Sorcière:, le décor nous représente successive- 
ment la ville tout entière, se découvrant au pont 



— Ui -^ 

d'Alcantara. et le pont Saint-Martin enjarabanl 
la ravine du Tage, et, à la Cathédrale, la porte 
des Lions voisine du bûcher. Les demeures mau- 
resques où il conduit ses spectateurs ont disparu, 
mais Tensemble du décor subsiste, et subsistera 
toujours sans doute, en ce pays d'Espagne oii 
Ton sait garder ses trésors. I 

L'ESGURIAL. — Le voyageur quitte Tolède à 
regret, et bientôt Madrid. Nous tournons fran- 
chement au nord ; désormais nous ne rencontre- 
rons plus que des images sévères. Le ciel devient 
brumeux, un froid subit nous pénètre ; où est le 
beau soleil de Séville?... Le parcours est triste, et 
conforme à nos pensées moroses : c>st le plateau 
centrai d'Espagne, dans toute son horreur déser- 
tique, une lande aride^ inculte, au soi bossue, 
hérissé de roches tranchantes; à rbori^ion, se 
rapprochant insensiblement, les cimes neigeuses 
du Guadarrama. Le train stoppe, nous sommes 
en gare de l'Escurial. ^Ê 

Une demi-heure de trajet, du village d'en bas™ 
près de la station, Bscorial de Abajo^ jusqu*à ; 
la petite ville d'en haut Escortai de Arriba^ en j 
longeant les jardins du Prince- — L'Escurialfut,^ 
à Torigine^ le Âlona.sterio de San Lorenzo; Ti-^ 
dée maîtresse de Philippe II fut, en eflFet, de créer i 
un monastère qui commémorât si 
Saint-Quenlin, remportée lo 10 ao 



— :{i3 — 

de saint Laurenl ; il entendait s'y réserver un 
asile d'où, tout en goûtant une solitude vraiment 
monacale, il pût encore diriger les affaires de 
TEurope. La distance de Madrid, 50 kilomètres, 
n'avait rien d'exagéré ; sans l'isoler absolument 
du monde, elle le mettait à Tabri des importuns. 
Plus tard seulement, et sous ses successeurs, une 
partie de Tédifice fut aménagée en palais. L'ar- 
chitecte fut Juan de Herrera; mais il ne fit 
qu'appliquer les idées du maître, qui présidait à 
la construction et surveillait les travaux. Le plan 
général est celui d'un rectangle dans lequel on 
a voulu voir un gril, — l'instrument du martyre 
de saint Laurent, — l'habitation des Infants et 
Téglise figurant le manche, le Palais royal, le 
Collège, le Couvent des Moines Augustins et le 
cloître inférieur figurant les quatre comparti- 
ments. Vu de haut,assure-t-on, c'est-à-dire d'une 
des collines voisines, l'immense édifice avec ses 
quatre parties en carré, ses cours intérieures, les 
toits des cloîtres et des couloirs qui les traversent 
formant barreaux du gril, justifierait passable- 
ment cette comparaison . 

L'église es t en forme de croix grecque, avec cou- 
pole à la croisée reposant sur quatre énormes pi- 
liers. Tout rintérôt est à la Capilla maijor^ qui 
se dresse à l'extrémité du grand axe, au sommet 
d'un majestueux escalier. Sur le maître-autel, un 
retable de marbre précieux ; à droite, à gauche, 



— 3i4 — 

deux groupes de statues colossales en bronze 
doré agenouillées : d'un côté, Gharles-Quint et 
son épouse, sa fille et ses deux sœurs ; de l'autre 
côté, Philippe II, trois de ses femmes, Marie de 
Portugal, Elisabeth de Valois et Anne d'Autriche, 
— le corps de Marie ïudor étant demeuré en An- 
gleterre, — et son fils issu du premier mariage, 
l'infortuné don Carlos. 

Dans la crypte, sous la Capilla mayor^ deux 
caveaux successifs, le Panthéon des Enfants et 
le Panthéon des Rois. — Nous descendons d'abord 
au premier, plus spacieux, mieux éclairé, moins 
lugubre. De chaque côté, des sépulcres en marbre 
blanc, ornés de filets d'or et de guirlandes do 
fleurs, avec versets de TEcriture sainte courant 
autour du monument, et au-dessus, écusson rap- 
pelant le nom du défunt. Ce sont des infants, des 
infantes et des reines dont les fils n'ont pas régné; 
parfois la statue, aux traits du mort, est couchée 
sur le tombeau. C'est Elisabeth de France, qui 
épousa Philippe II; c'est ce triste don Carlos, que 
son père ne fit pas mourir dans la criminelle 
acception du mot, mais qu'il laissa mourir, qui 
d'ailleurs portait en lui-même tous les germes de 
la mort, et ne pouvait, s'il eût régné, se montrer 
digne de la couronne ; c'est don Juan d'Autriche, 
le vainqueur de Lépante, dont les lauriers por- 
taient peut-être ombrage à son royal frère, mais 
non au point d'armer contre lui une main fratri- 



— :u5 — 

cide ; et encore un des nôtres, le duc de Vendôme, 
tapissier du roi Philippe V et vainqueur de Vil- 
laviciosà. Bien des tombes d'origine plus récente, 
voire même contemporaine : le duc de Montpen- 
sier et ses filles, dont Tune fut la pauvre jeune 
reine Mercedes. 

Plus triste, plus sombre est le Panthéon des 
Rois, un octogone de dix mètres de diamètre, la 
porte et Tautel se faisant face sur deux des côtés, 
les six autres formant armoire ouverte chacune 
à six compartiments. Dans chaque casier, un 
sarcophage en marbre noir, avec cartouche doré 
au nom du souverain. Les trois armoires de droite 
contiennent les dépouilles des rois, en commen- 
çant à Charles-Quint ; celles de gauche, les corps 
des reines dont la postérité a régné. Parmi les 
rois manquent au funèbre rendez-vous Philippe 
V inhumé a la Granja, et Ferdinand VI ; donc sur 
douze cases, dix sont déjà occupées, deux seule- 
ment restent vides ; le fondateur désabusé aurait- 
il voulu limiter ainsi le nombre de ses succes- 
seurs ?... La visite, en tout cas, est étrangement 
suggestive, pour les rois plus encore que pour 
les sujets ; nous ne la conseillerions point à 
Taimable Alphonse XIII, dont les jeunes années 
s'ouvrent à Fespérance. 

Quittons ce funèbre octogone, Saint-Denis es- 
pagnol, où le visiteur élouflFe ; Charles-Quint, 
Philippe II ont-ils tenu tant de place dans le 

27 



— 316 — 



monde, pour en occuper si peu après leur morl? 
— Au chœur supérieur, où siégeaient les moines, 
on montre dans un coin, modestement effacée, la 
slalle de Philippe II, et la porte dérobée par où 
on vint lui apprendre la victoire de Lépanle ; dans 
un réduit en arrière du chœur, un grand crucifix 
en marbre de Benvenulo Cellini ; à la bibliothèque 
chorale, les gigantesques antiphonaires aux re- 
liures splendides, aux miniatures délicates. — 
Dans la sacristie, au panneau du fond, le retable 
de la Sainte Hostie, renfermant rhostie miracu- 
leuse qui saigna, foulée aux pieds par les soldais 
protestcints deGorcum (1525) ; un tableau de Coello 
commémore le miracle, et, au Ca?narm (chapelle 
intérieure derrière le retable), la riche mons- 
trance offerte par la reine Isabelle pour la Sainte 
Hostie. 

Aux salles capîtulaires, une collection de ta- 
bleaux peu nombreux, mais choisis : des Ribera, 
des Velazquez, des Véronèse, des Titien, une 
Descente de croix de van der Weyden, bref, un 
régal pour les yeux. — A la bibliothèque des im- 
primés, le Cùdice aureo, soit les quatre Evangé- 
listes de lOoO, des manuscrits grecs, f Enéide de 
Virgile, manuscrit espagnol du xv% et les objets 
ayant personnellement appartenu aux souverains: 
le bréviaire de Charles-Quint et celui de Phi- 
lippe II, une sphère dont ce dernier se servait 
pour ses études astronomiques. 





1^ 



— 347 — 

Nous vîsilons la Résidence royale. Celle de 
Philippe II était simple, une cellule monastique 
ontiguë à Téglise, et lui permettant de suivre 
les oftices de la Capilla Mcujor; il y mourut, en 
contemplation devant les splendeurs du maître- 
autel, tenant à la main le crucifix de Charles- 
Quint. Le même rêve, on le voit, hantait le père 
Bet le fils ; une difl'érence toutefois : Charles, au 
cloître^ abdique, estimant sa tâche terminée, se 
confiant en son fils pour la conlinuer; Philippe, 
au cloître, continue de gouverner, n'ayant point, 
avec raison, foi en ses successeurs. — Ceux-ci, 
Ken effet, ne lui ressemblèrent point : Philippe 
™ était assez grand pour être simple; ses descen- 
danlSj n'ayant point de grandeur en eux*mèraes> 
f voulurent tout au moins faire illusion pat leur 
luxe et la magnificence des appartements. L'un 
recevait les ambassadeurs dans sa cellule; les 
autres aménagèrent au premier étage des salles 
splendidement décorées, tapisseries de Flandre 
d'après Teniers el de Madrid d'après Goya, fres- 
ques évoquant les glorieux souvenirs de Pavie, 
die Saint-Quentin et de Lépante; le malheureux 
Charles IV dépensait sept millions de pesetas pour 
orner les salles de bois précieux, et la monarchie 
s'en allait à la dérive. 

Par une série de portiques, à Touest du monas- 
tère, nous gagnons la grande terrasse bordée de 
parapets, qui domine les jardins extérieurs, et 



'Àiè 



sur laquelle s'aligne, d'une seule venue, la mai- 
tresse façade du Palais. Assurément le site est 
triste, en cet après-midi sombre où la pluie, le 
vent font raç^e, entraînant avec eux une subite 
giboulée de neige» où le soleil cherche en vain à 
percer la nue. Au loin, la plaine de la Nou%*elle- 
Castille s'étend à perte de vue; pas un filet d'eau 
ne vient l'égayer ; ce malin même, nous en avons 
apprécié la solitude dans toute son horreur. El 
cependant, plus près de nous, le paysage est moins 
morne ; il se relève en collines ombragées de fo- 
rêts; la verdure sombre des bois, n'est-ce point 
déjà la vie? Qu*un rayon de soleil vienne égayer 
cet ensemble, il nous paraîtrait absolument ac- 
ceptable. — L'Espagnol n'est point gâté par la 
nature ; mettons à part les provinces basques, bien 
arrosées, riches en fourrés verdoyants ; avecelles, 
la Catalogne^ la Hiierta de Valence, la A^ega de 
Grenade; Tensemble du pays est sévère, les ho- 
rizons tristes et dénudés. L'oeil du monarque y 
était habitué ; la région avoisinant TEscurial ne 
lui oflFrait donc rien qu'il ne connût déjà ; cher- 
chant le calme et l'isolement dans la grandeur, 
il ne pouvait mieux rencontrer. 

L'emplacement étant choisi, restait à y pro- 
portionner Tédifice. Une résidence coquette, mi- 
gnarde, eût détoné dans ce milieu sévère ; il fal- 
lait faire grand, pour que l'effort fût digne, non 
seulement du souverain, mais encore du site on 




— :\\\) -- 



I 



i 



il avait décidé de planter sa tente. Et le but a été 
atteint. Je ne connais rien de plus grand, en ef- 
fet, de plus majestueux que cette immense façade 
à quatre étages, chacun d'eux ouvrant par une 
rangée de 47 fenêtres, uno tour carrée, massive 
à chaque extrémité. Décidément je n'ose critiquer 
ce monarque qui voyait yrandj bien qu'ayant 
entrepris une tache au-dessus des forces humai nés;' 
sesépaulesélaientde taille àsupporter le fardeau; 
pourquoi lui fut- il donné d'avoir des successeurs 
débiles? On dira, je le sais, que cet Empire n'était 
point viable ; qu'en dehors de TEspagne, ses pos- 
sessions étaient trop disséminées; que l'Amérique 
épuisait la mère-patrie, et que l'or qu'elle lui en- 
voyait ne compensait point le sang qu'elle 
lui coûtai l. On dira enfin que son despotisme 
inexorable avait soulevé des haines, éveillé des 
convoitises conlre lesquelles l'Espagne devait fa- 
talement succomber. — Tout cela est vrai ; mais 
n'avons-nous point eu, nous aussi, un monarque 
dont la grandeurétait l'idée dominante, etque les 
revers ont assailli, avant qu'il fût entré dans le 
repos de la tombe? Lui aussi a construit un pa- 
lais démesuré, ce Versailles que ses faibles suc- 
cesseurs ont dû, pour l'habiter, accommoder à 
leur taille débile; lui aussi a fait des conquêtes 
qu*il n'a pu garder; il a soulevé toute TEurope 
conlre lui, a épuisé la France d^hommes et d'ar- 
gent, domestiqué la noblesse, préparé dans une 





— 350 — 

cerlaine mesure la Revolulioa- Et qui cependant 
refuserait à Louis XIV le litre de Grand? Nous ! 
montrerans-nous plus sévère envers Philippe II? 
Ainsi ratiocine le touriste isolé, arpentant, à la 
tombée du jour, Timmense terrasse ouvrant sur 
la campagne.... Il est nuit close, quand nous at- 
teignons Avila, perclus, transis de froid. Nous 
sommes dans la Sibérie espagnole, la région 
monlueuse qui, au nord do Madrid, s'étend jus- 
qu'à Burgos; la pluie, les giboulées de neige, la 
bourrasque continuent, nous menaçant des hor- 
reurs de l'hiver. Qui nous eût dit qu'en Espagne, 
nous dussions nous préserver des atteintes du 
froid? 



AviLA. — Avila est bâti au sommet d'une col- 
line escarpée, isolée de trois côtés, dominant au 
loin la campagne. La ville a essaimé sur le pla- 
teau, en dehors de ses murailles ; la moitié seu- 
lement de la cité est restée confinée dans le vieux 
mur d'enceinle* La cathédrale offre extérieure* 
ment Taspect d'une forteresse, façade principale 
flanquée de deux tours carrées, et l'énorme ab- 
side en hémicycle avec créneaux et mâchicoulis, 
s'appuyant au mur d'enceinte, jusqu'à le dépasser 
de sa colossale envergure. — La ville est triste, 
ruelles étroites, masures gothiques. A la place de 
la Constitution, bordée d'arcades, des majos se 
promènent gravement ; ils sont drapés dans leur 



— 351 — 

manteau, avec une fierté toute castillane ; ils le 
relèvent de la main jusque sous les yeux, pour 
se garantir du froid. Et cependant ces manteaux, 
roussis par le soleil, secs comme amadou, sont 
pour la plupart d'abominables loques, frangées, 
effilochées par le bas. Ces porte-guenilles, à la 
démarche majestueuse, nous rappellent tel héros 
de Lesage, un Lazarille de Termes, un Guzman 
d'Alfarache; nous nous sentons reportés à deux 
cents ans en arrière. Voilà de véritable couleur 
locale, à faire tressaillir de joie le touriste vrai- 
ment digne de ce nom. 

Polis avec cela, les indigènes, et d'une urbanité 
toute castillane. Un professeur du collège, biblio- 
thécaire à ses heures perdues, offre gracieusement 
de guider nos pas : Alla disposicion de usted... 
Mais nous préférons errer au hasard. — Au delà 
des misérables faubourgs, la campagne est dé- 
nudée ; rien que des pentes pierreuses, une na- 
ture triste, hostile au voyageur. Mais, du bas de 
ces pentes, Avila se découvre merveilleusement : 
la haute muraille se dresse, s*appuyant sur ses 
tours rondes crénelées, 86 tours qui s'alignentj 
se succèdent, comme pressées les unes contre les 
autres, dans un espace exigu. A peine un étroit 
glacis permet-il d^ contourner le mur à sa base. 

Et c'est sur ce plateau, battu des vents, isolé 
du monde extérieur par son enceinte rigide, que 
naquit, que vécut une grande Sainte. A vrai dire. 



— 352 — 

sainte Thérèse domine toiil à Avila; c'est pour 
retrouver sa mémoire, que le touriste se détourne 
ainsi des chemins frayés. II n*est point absolu- 
ment payé de ses peines, et les souvenirs effectifs 
de la Sainte sont rares. La maison où elle naquit 
est aujourd'hui une église desservie par des 
Carmes ; elle est sans caractère, et n*a d'intérêt 
que pour les quelques reliques qu'elle conserve : 
un doigt de la main droite, un bâton de bois de 
rose sur lequel elle s'appuyait, un chapelet, une 
Mater dolorosa devant laquelle elle aimait à 
prier. Au Monastère de Tlncarnation où elle fit 
profession, un voile de la Sainte, son crucifix de 
bois. Et au Couvent de San José, sa première 
fondation, des livres, une tasse de terre, des au- 
tographes signés Thérèse de Jésus, comme elle 
avait coutume. — C'est peu de chose, et cela suffit 
pour fixer dans notre esprit la mémoire, de la 
Sainte. Nous aurons du moins visité les lieux où 
s'écoula cette vie si remplie; quelques instants 
nous aurons rêvé de cette créature aimable et 
charmante, d'une piété joyeuse, d'un caractère 
où tout était suavité et harmonie. La tradition 
de ces vertus est, assure-t-on, conservée par les 
filles de sainte Thérèse; chez les Carmélites, la 
piété est demeurée joyeuse, et sans mysticisme 
déconcertant. N'est-ce point là une qualité maî- 
tresse, et savoir se faire aimer n'est-il pas un 
but digne de quelques efforts? 



- 35:^ — 

D'Avila à Ségovie, nous revenons en arrière 
pour regagner la ligne principale. Le ciel est 
triste, le temps froid ; une fenêtre esl, par mé- 
garde, restée ouverte dans le wagon ; un jeune 
Espagnol demande avec politesse la permission 
de la fermer, étant muy constipado. On se re- 
garde avec inquiétude ; que nous ménage ce qua- 
lificatif terrifiant ?.... Information prise, notre 
voisines! simplement enrhumé, et il a tenu à nous 
le faire savoir; rien n'est tel que de s'entendre. 

A la nuit tombante, nous traversons les défilés 
du Guadarrama; un nom, un site historiques, 
comme nous en rencontrons à chaque pas en Es- 
pagne. Près d'ici, à Somo-Siorra, fut menée la 
charge folle des chevau-légers polonais; ici mê- 
me. Napoléon, poursuivant Tarmée anglaise, fut 
assailli par une tourmente de neige qui mit un 
instant sa personne en péril; Marbot nous en a 
conservé le pittoresque récit. Nous n'aurons point 
ce soir pareille mésaventure. N'importe; Fhôlel 
et son brasero sont les bienvenus, quand nous 
atteignons le gile. 

SÉGOVIE. — Ségovie ofi*reavec Avila de singu- 
lières ressemblances : deux petites villes sans ani- 
mation, riches de leurs souvenirs historiques et 
de leurs œuvres architecturales, toutes deux s'é- 
levant à l'extrémité d'un promontoire rocheux, 
ceintes de vieilles murailles qui les isolent du 



— 351 — 

monde. Mais ces petites cités, pour ne vivre dé- 
sormais que dans le passé, n'en sont pas moins 
altachanles, et aurait*on une idée exacte des 
mijeurs, du caraclère d*un peuple, si Tun se bor- 
nait à la visite des capitales, si Ton n assistait 
qu'aux fêtes religieuses ou aux réjouissances po- 
pulaires? 

Ségovieasa Plaja mayor, entourée d'arcade 
où se dresse rAyunlamiento, La cathédrale ei 
toute voisine, gothique avec son chevet flanqua 
de sept chapelles polygonales, ce chevet un peu 
has, mais se relevant par un second, puis un 
troisième étages en retraits successifs, chaque 
étage flanqué de sveites pinacles qui le rehaus- 
sent, soit un bel exemple du gothique flamboyant 
confinant à la Renaissance. Le corps municipal 
y est réuni en ce moment pour une messe de cor- 
poration, tous en robe longue, précédés de leui^j 
massiers ; une pittoresque évocation du pass^^ 
tandis que, sur Is. Plaza, les mendiants se chauf-^ 
fent au soleil, drapés dans leurs loques pittores- 
ques, et qu'un abbé passe furtivement, drapé de 
même, se couvrant la bouche d'un lambeau d*é- 
loffe, sorte d'aumusse, pour se préserver de la 
bise. 

Ici du moins quelque animation, mais le reste 
de la ville est désert. A peine croisons-nous des om- 
bres furtives, soit qu'à Textrémîtédu promontoire 
nous gagnions rAlcazar, unjoli pastiche maures- 



que conslruit par Alphonse VI, le souverain du 
Cid, et rajeuni pj us tard selon le gracieux type féo- 
dal de la forteresse castillane ; soit qu'en sens in- 
verse, et par une forte déclivité, nous nous met- 
tions en quête de Taqueduc romain. De ce côté, 
nous nous perdons en un dédale de ruelles en- 
chevêtrées, et nous aurions peine à trouver notre 
voie, n'était un officier d'artillerie de TEcole de 
Ségovie, qui nous remet gracieusement dans le. 
droit chemin. Toujours alla disposicion de iisted^ 
selon la formule, et il ne tiendrait qu'à nous 
d'aller ce soir savourer le chocolat et admirer la 
bibliothèque d'un bon chanoine, qui nous a ren- 
contrés ce matin môme à la cathédrale, et nous a 
pris en subite afiection. Nous aurons donc, eii 
deux jours consécutifs, tenu à notre discrétion, 
et Tarmée, et le clergé, et les classes libérales de 
la population espagnole, et c'est assurément notre 
faute si, avec semblables ressources, nous n'avons 
pas réalisé de grandes choses. 

Au débouché d'une ruelle apparaît une gigan- 
tesque construction : c'est l'Aqueduc. Il part d'un 
réservoir sis sur une colline à l'est de Ségovie, 
où ont été amenées, par un canal souterrain de 
seize kilomètres de longueur, les eaux du Rio Frio; 
delà, à découvert, sur un parcours de 800 mètres, 
il enjambe la vallée, les faubourgs, une partie 
de la ville haute, et, disparaissant de nouveau 
sous le sol, vient aboutir à l'Alcazar. A l'endroit 



— 356 — 

précis où je me trouve, il atteint son maximum 
d'élévation, soit 28 mètres de hauteur en deux 
étages superposés, les arches étant au nombre de 
119. Le viaduc de Morlaix, à deux rangées d'ar- 
ches également, est plus élevé du double, plus 
long de près d'un tiers, mais il n*a pas pour lui 
la consécration de dix-neuf siècles. Celui-ci, tout 
en granit, sans mortier ni crampons, remonte 
sans doute à Auguste ; il fut réédifié sous les Fla- 
viens, et réparé pour une faible partie, 3b arches, 
à la (in du xv® siècle ; à peine, à une nuance de 
coloration, distingue-t-on les nouvelles arches 
des anciennes. Décidément, les Romains voyaient 
et faiîsaient grand, et la direction de l'aqueduc 
permet de supposer que, sur l'emplacement de 
l'Alcazar, s'élevait un castrum à l'époque des 
Empereurs. 

C'est là l'image maîtresse que nous emportons 
de Ségovie, et cependant reste à visiter le joli 
palais de la Granja^ à onze kilomètres delà ville. 
Trajet monotone, si ce n'est qu'àl'arrivée, et pour 
faire diversion, nous sommes assaillis par une 
effroyable tempête de neige. Le Guadarrama, n'est 
pas loin, et nous songeons à Napoléon ; encore 
un peu, et, en gravissant la belle avenue du 
château, nous entrelacerions nos bras, mes com- 
pagnons et moi, comme Marbot et la suite de 
l'Empereur, et nous formerions bataillon sacré 
afin de mieux résister à la tourmente. N'importie; 



— 357 — 

de la neige en Espagne, au mois d'avril ! était-il 
besoin de quitter la France pour s'exposer à sem- 
blable disgrâce ? 

De môme que l'Escurial évoque le souvenir de 
Philippe II, et Aranjuez celui de Charles IV, 
ainsi la Granja est Tœuvre de Philippe V, le pre- 
mier Bourbon d'Espagne, qui ne pouvait se con- 
soler d'avoir quitté la douce France. Les cons- 
tructions échelonnées à droite, à gauche de la 
place du palais, le bàlîment principal dans le 
fond, rappellent assez bien le château de Ver- 
sailles, moins grand toutefois, moins pompeux, 
et les jardins à l'arrière sont aménagés dans le 
vieux style français. Le site est, au surplus, aus- 
si sévère que 'celui de TEscurial; les montagnes 
voisines sont voilées de sombres forêts, en ce 
moment couvertes de neige ; Philippe pouvait à 
loisir y enfouir sa nostalgie, et, dans les bois 
voisins, se livrer, en vrai Bourbon, au plaisir de 
la chasse. — Les appartements royaux ont con- 
servé leur magnificence du xviii^ siècle ; Al- 
phonse XII y séjournait volontiers, et le con- 
cierge se rappelle avoir vu la garde montante ran- 
gée dans la cour d'honneur, le dimanche, pour 
assister à la messe royale qui se célébrait en la 
Collégiale du château. 

Le trajet est long de Ségovie à Burgos. De la 
Nouvelle-Castille nous sommes passés en la 
Vieille, un peu mieux arrosée, mais le plateau 



Ti^en est pas moins dénudé. Le convoi se traîne, 
onze heures et demie pour couvrir 257 kilomètres, 
soit 22 kilomètres à Tlieure; mais les express, 
avons- nous dit, ne circulent que la nuit; nous en 
faisons, ce jour, la fâcheuse expérience. Court 
arrêt à Valladolid ; il est nuit noire quand nous 
atteignons Burgos. 

BuRGOS. — C'est dimanche, et, de plus, jour^ 
d'élections aux Certes ; Tanimation oe fera donc 
pas défaut aujourd'hui. Dès Tauroroj toatd abord, 
nous sommes réveillés par tes trompettes du quar- 
tier de cavalerie voisin : des cuirassiers armés de 
lances; ils portent la tunique courte bleu foncé 
avec passepoils blancs, et le casque d'acier étin- 
celant, surbaissé, à pointe, quelque chose comme 
le casque allemand ; puis c*est un bataillon d'in- 
fanterie, musique en tête, qui défile sous nos fe- 
nêtres. 

Au dehors, la foule se porte à la- Cathédrale. 
Un des plus beaux édifices gothiques dont l'Es- 
pagne puisse s'enorgueillir. La consiruction en 
a duré trois cents ans. Fondée en 1221 par saint 
Ferdinand, elle fut contiiméeau xv*^ siècle par 
des artistes allemands, Jean de Cologne et son 
fils Simon ; on leur doit les merveilleuses tours de 
la façade, dont les flèches ajourées rappellent 
celles de nos belles églises de TIle-de-France ; on 
leur doit également la Chapelle du Connétable, 



— 359 — 

derrière le maltre-autel ; à eux enfin, ou à leur 
influence, tous ces clochetons, pyramides, pi- 
nacles, par lesquels le magnifique monument 
s'élance majestueusement dans les airs. L'Espa- 
gne toutefois y a imprimé sa marque, dans le 
dôme octogonal ou Cimborio^ qui couronne la 
croisée et s'agrémente de huit petites flèches 
ajourées ornées de pinacles et de statues: il fut 
achevé par Juan de Valléjo en 1567. 

ATintérieur, la disposition est celle des grandes 
cathédrales espagnoles^ le chœur brisant la pers- 
pective ; mais du moins Téglise se distingué-t- 
elle par sa merveilleuse clarté, et Ton est heu- 
reux de pouvoir contempler, apprécier, autrement 
qu'en un fatigant demi-jour. L'octogone^ de 
style plateresque, repose au transsept sur quatre 
énormes piliers soutenant deux à deux, en carré, 
les quatre Arcos torales ; puis le maître-autel 
à la capilla mayor^ et, tout au fond, la Chapelle 
du Connétable. 

Les chapelles latérales sont dispersées comme 
par groupes sympathiques ; toujours les mêmes 
richesses de tombeaux, de statues, de tableaux, 
de retables; pour ne point abuser, notons seule- 
ment, à la Capilla del Santisimo Cynsto^ la pre- 
mière au bas-côté droit, le célèbre Christ en croix, 
effrayant de réalisme ; ce serait, suivant la 
croyance populaire, un cadavre empaillé, momie 
véritable, vêtu en guise de pagne d'un court ju- 



— 300 — 

pon blanc noué autour des reins ; et, à la CapiUa 
ciel corpus Cristi, qui ouvre sur le cloUre, un 
énorme coffre accroché à la muraille, retenu par 
des crampons de fer : la doyenne des malles du 
monde, nous dit Th. Gautier- De fail, dans ce 
récipient long, large, lourd et profond^ dont les 
aïs de bois, pourris p3r le temps, demeurent en 
état, grâce aux ferrements dont ils sont bardés, 
aux serrures et aux cadenas dont il est muni, dans 
ce coffre, vers Tan de grâce 1030, le Cid Cam- 
peador,àcourld'argenl,fît verser amplo platée de 
sable et de cailloux, et envoya le tout chez les 
sieurs Rachel et Vidas, usuriers jnifs de Burgos, 
en nantissement de sommes qu'ils lui avaient 
prêtées; le coffre était censé rempli de joyaux 
précieux; son poids, — il fallut certainement six 
chevaux pour le traîner, — devait inspirer con- 
fiance aux honnêtes prêteurs ; ils ne devaient 
point, en lout cas, se permeltrede Fouvrir, avant 
que le Cid fût Tenu dégager sa parole. Et les 
choses se passèrent comme il était convenu, ce 
qui prouve, ajoule Théo, que les usuriers de ce 
temps-là étaient de plus facile composition que 
ceux de nos jours; avec nos idées étroites, en effet, 
pareille escapade enverrait aujourd'hui son auteur 
en police correctionnelle. — Décidément, les hé- 
ros du moyen-âge avaient eux aussi quelques 
faiblesses- 

Cecî n'a point nui à la mémoire du Cid, et il 




— 361 — 

est demeuré à Burgos le personnage populaire. 
Pour les Espagnols, le Cid est le hër.os de la per- 
pétuelle croisade contre les Maures; pour nous, 
Français, c'est le protagoniste de la sublime tra- 
gédie de Corneille. Né à Burgos, il meurt à Va- 
lence qu'il avait conquise sur les Sarrasins; la lé- 
gende veut qull ait encore remporté une victoire 
après sa mort : son cadavre, hissé sur un cheval, 
aurait guidé ses soldats repoussant, sous les murs 
de Valence, undernier assaut des Infidèles. Quoi 
qu'il en soit, les restes du Campeador furent rap- 
portés par sa veuve au couvent de Saint-Pierre 
de Cardena, près Burgos, et transférés enfin il y 
a vingt ans, en la Casaconsistorial de cette der- 
nière ville, où nous devrons faire effort pour les 
contempler. 

Aujourd'hui en effet, avons-nous dit, jour d'élec- 
tions politiques. La foule se presse aux abords 
de l'Hôtel de Ville, sous les arcades de la Plaza 
mayor; malgré le froid, la pluie, les giboulées 
intermittentes, tout ce peuple tient bon, allant, 
venant, discutant avec force clameurs et gestes. 
Notre qualité d'étrangers n'est pas sans éveiller 
Tattentiori ; les gamins nous entourent, murmu- 
rant le veivdiinCincocentimoSy una perrilla^hdi- 
bitude plutôt que besoin, car cesmuchachos sont 
loin d'inspirer la pitié. Nous ne parvenons pas 
à les éconduire, et la foule nous témoigne une 
sympathie médiocre. Burgos a conservé mauvais 

28 



souvenir des Français, et cependant elle a dans 
son histoire de glorieux souvenirs, quipourraieal 
lui faire oublier nos méfaits d'il y a cent ans. 

Fondée en 884 par le Comte de Castille Diego 
Porcelos, Burgos relève du royaume des Asluries?^B 
bienlôt elle ae donne une conslitulion republi-" 
caine, et élit elle-même ses juLj^es, dont les pre- 
miers furent Nuno Rasura et Lain Calvo, les an- , 
cètres du Cid. Le petit royaume des Asturies s'é<^| 
tend, et devient, en 1038, sous Ferdinand PS~ 
royaume de Castille et Léon, avec Burgos pour 
capitale. C'est l'époque glorieuse de la cite, de i 
celle où le Gid donne ses grands coups d'épéeW 
(1026-1099), Tépoque où est créé son siège épis- 
copal (1Û74), Elle cesse d'être capitale en 1087 au 
profit de Tolède. Un instant elle se réveille sous ' 
Charles-Quint, lors de la révolte des Comiineros;^ 
trois siècles plus tard, sous T éphémère royauté 
de Josephj elle retentit de nouveau du fracas des 
armes. Au sommet de la colline del CastillOy une 
forte émînence dénudée, au gazon ras, se dressent 
quelques constructions ruinées : c'est la forteresse 
qui, en 1812, au lendemain de la défaite des Ara- 
pileSj repoussa victorieusement les assauts de 
Wellington, ei qu'il fallut faire sauter en 1813, 
lorsqu'à la veille de Vittoria, nos armées aban- 
donnaient TEspagne sans esprit de retour. L'ex- 
plosion fut terrible et mal réglée; elle nous tua 
un certain nombre de soldats^ et endommagea 




^ 



gravement le quartier avoisinanL Cet épisode 
n'est point oublié, et Taccueil que nous recevons 
s'en ressent. 

Dans ce vieux quartier, au pied de la colline, 
les palais gothiques ou Renaissance coudoient les 
misérables habitations. Parfois une vieille église, 
qui! serait intéressant de visiter; mais la porte 
est closBj le sacristain se dérobe^ il est sans doute 
absorbé par ses devoirs de citoyen. — Au débou- 
ché des ruelleSj sur le quai de rArlanzon, s'élève 
VArco Santa Maria ^ une porte monumentale 
flanquée do deux tours semi- circulaires à cré- 
neauxj décorées de statues ; deux seulement, le 
Cid et Charles-Quint, passeront à la postérité. 

A plusieurs reprises déjà, nous avons été écon- 
duits dans notre tentative de rendre hommage 
aux restes du héros chrétien. Mamnay demain, 
nous répond invariablement Thuîssier montant 
la garde à la porte de la Casa consistorial^ où 
se continuent les opérations électorales. Notre 
persévérance est enfin couronnée de succès; au 
surplus, Télection a pris On ; en la grande salle 
qui se vide insensiblement, il ne reste plus sur 
les tables que des bouteilles et des verres ; il 
semble que tout ce monde ait bu pour se donner 
ducœur. Waijicntamiento ^e déplace galamment, 
et fait bon accueil à notre qualité de Français ; 
nous pénétrons dans le sanctuaire; de menus os- 
sements, les restes du Cid, enfermés dans une vi- 



— 354 — 



fnnê^ntoffertsà notre vénération. Saluons avec 
respect; ce fut un vaillant, et il a fait la gloire 
de notre Corneille. 

Deux visites de monuments, tous deux situés 
hors de ville, complètent le séjour de Tétranger 
à Burgoâ : la chartreuse gothique de Miraflorés^ 
et le monastère de Cisterciennes nobles de las 
Huelgas. En ce dernier, on nous montre le tom- 
beau de la reine Blanche, mère de saint Louis^ 
ajoule-t-on. Je me récrie. Après tout, la chose est 
possible : le fondateur de la chartreuse fut Al- 
phonse VIII ; le cloître fut construit par saint Fer- 
dinand, son arrière-petit-fils, frère de notre reine 
Blanche ; pourquoi n'auraît-ilpas revendiqué les 
restes mortels de sa sœur, pour les inhumer au 
monastère royal? Donc, assertion à vérifier, mais 
point à rejeter de piano. 

Resterait à errer, malgré le froid et la bise, au 
paseo qui côtoie TArlanzon. Mais l'hostilité de la 
population s'affirme contre nous dû plus en plus; 
les gamins mendiants s'enhardissent, et devien- 
nent plus agressifs : Jam (aceset saûoa volant..,. 
Regagnons Thôtel, et, groupés dniionv ànhrasero^ 
chassons lliumidité, et oublions les incidents 01- 
cheux ; ne sont-ils point, après tout^ l'assaison- 
nement du voyage? 

De Burgos à Saint-Sébastien, le trajet n'éveille, 
pour nous Français, que des souvenirs sinistres, 
C*est la lisfne de retraite de notre armée en 1SK3.. 



— 365 — 

Voici la Sierra de Pancorbo el ses défilés, deux 
tunnel?, une gorge élroite sillonnée par un tor- 
rent ; les Français s'y retranchèrent pour arrèler 
la poursuite de Wellinglon. Mais Tarmée anglaise 
nous déborde par les deux ailes, vers Bilbao et 
vers Pampelune ; on repasse TEbre à Miranda, 
et on livre en arrière de Villoria une dernière ba- 
taille qui clôt la série de nos désastres en Espagne. 
Quelle funèbre épopée, que celle qui commence 
par Baylen pour se continuer par Talavera, vic- 
toire indécise, Fuentes de Onoro, défaite déguisée, 
les Arapiles, franche défaite, el aboutir à Viltoria, 
désastre absolu ! Et Ton eut pu si bien faire, car 
nulle part le soldat français ne se montra plus 
brave, mais nulle part aussi les chefs ne furent 

plus insuffisants ! Cette dernière bataille, on 

la livre avec une déplorable infériorité de forces ; 
Foy est détaché sur la droite avec 12.000 hommes, 
Glausel sur la gauche avec Ib.OOO ; ne pourrait- 
on les faire rejoindre, et, en attendant, amuser 
l'ennemi qui ne s'est jamais montré bien entrepre- 
nant? On se couvre de laZadorra, sans avoir pris 
la précaution d'en couper les ponts ; on hésite 
entre deux lignes de retraite, soit la voie directe 
de France par le défilé de Salinas, soit la route 
accessoire et mauvaise de Pampelune par Salva- 
tierra; et, lorsqu'on se décide pour cette derrière, 
on le fait si tardivement, avec une telle incurie, 
qu'on est forcé d'abandonner tout le convoi : 1 BOO 




— 3r.fi — 



voitures Je bagages, le trésor et les équipages du 
roi Joseph, et, ce qui fut plus pénible, plus hou- 
leux^ 120 pièces de canou, 400 caissons et des 
munitions en abondance. Le désastre est complet; 
la retraite, gônêe par des milliers de réfugiés es- 
pagnols qui se sont confiés à nous, et que chasse 
la terreur des représailles, se convertit en dé- 
route. — Et quand nous parlons do l'incapacité 
deschefs, encoreconvient-il de ne point exagérer. 
Les généraux sont bons, mais ils n'ont point con- 
fiance; la fatalité semble s'acharner sur cette ar- 
mée; on sera battu, parce que le destin le veuL 
Joseph a quelque bon sens, mais il se croit des 
talents militaires ; le vieux Jourdan voit juste, 
mais il n'a pas Ténergie d'imposer son opinion ; 
comme tout le monde, il est dégoûté ; il laisse 
aller les choses, et elles vont fort mal. On a poussé 
jusque sous les murs de Cadix, on est ramené al 
la frontière de France, et l'ennemi va la traverser 
à notre suite. 

En gare de Vittoria, les Français vont et vien- 
nent sur le quai; ils sont foule, tous méde- 
cins revenant du Congrès, et repassant la 
frontière. — Au delà, Taspect de la contrée . 
change ; nous sommea en pays basque, Alavaj 
d'abord j puis bientôt Guipuzcoa, au delà de laj 
chaîne des Pyrénées canlabriques. Le sol s*ac-l 
cidente, la campagne est verdoyante et gaie; 
mille ruisselels, torrents, cours d'eau, dont la 




— 367 

force fait mouvoir les usines ; cet le vue repose, 
et fait oublier la morne tristesse du plateau cas- 
tillan. La population m presse dans les gares, 
vive et alerte ; on croit reconnaître notre Midî, 
joyeux et bavard ; le touriste français se sent 
moins dépaysé. Aux stations, à la place du gen- 
darme coquet, c'est le miqiielet qui monte la 
garde, béret rouge, vareuse et pantalon bleu 
sombre, avec courte pèlerine de même couleur. 
Les noms eux-mêmes prennent une accentuation 
particullèro : Alsasua, Zumarraga, Ormaiztegui, 
Beasain, Hernaui, un vocable qui sonne comme 
une fanfare cbevaleresque. Un poète, Rostand je 
crois, raconte que, dans cette bourgade, les deux 
lettres V. H* inscrites à la coiffure des gardes de 
ville, lui parurent, dès Tabord^ un hommage à 
Victor Hugo; il s'informe : tout simplement 
Villa de Hernani, que signifient les deux lettres 
abréviatives. Ce que c'est d'être poète, et plus 
encore, féru d'une idée !..... 



Saint-Sébasïien, — Saint-Sébastien, notre 
dernière station en terre espagnole. Vite à la 
plage ; depuis Barcelone, nous n'avons pas con- 
templé la mer. — La vue est superbe, la position 
admirable; une rade demi-ci rculairoj /a Coucha^ 
arrondie en une courbe gracieuse, avec une belle 
plage de sable. Aux deux extrémités de l'arc de 
cercle, le lorrain se relève onunemasse rocheuse: 



— 368 — 

adroite le Monte Urgull (Montorgueil), à gauche 
le Monte Igueldo ; au sommet de chacun d'eux, 
une forteresse. A rentrée de la rade, brisant le 
flot et protégeant les yachts et barques de pêche, 
rilot rocheux de Santa Clara^ surmonté d'un 
phare. — La ville elle-même est étroite, allongée, 
resserrée enlre la Concha et Tembouchure du rio 
Uruméa. Près de nous, la ville neuve, avec ses 
boulevards, ses places carrées, ses larges rues se 
coupant à angle droit, et ses beaux magasins ; 
plus loin, au pied du Monte Urgull, la vieille 
ville avec ses rues étroites, ses maisons resserrées, 
entassées, comme si elles voulaient monter à 
Tassant de la colline. Le long de la mer enfin, 
tout au pourtour de la Concha, les beaux hôtels, 
les maisons de plaisance, fermées en majeure 
partie, car la saison balnéaire n'est pas encore 
ouverte. Dans deux mois, l'Espagne entière y 
affluera ; avoir une villa à Saint-Sébastien est 
le luxe de tout Madrilène. La cour elle-même s'y 
transporte, mais en toute simplicité : une mo- 
deste habitation, là-bas, à l'extrémité de la Con- 
cha; rien qui éveille le souvenir de grandeurs 
qu'il est parfois si bon d'oublier"! 

La vieille ville a peu de caractère, n'était sa 
Place de la Constitution^ entourée d'arcades. 
Les Espagnols sont fiers de leur Constitution; ils 
se la sont octroyée dans Cadix, au plein de l'in- 
vasion française; ils ont depuis lors lutté plus 



369 



d'une fois pour la garder; suspendue, rétablie, 
révisée, ils la possèdent encore, et, dans chaque 
ville, ils en donnent le nom à la plus grande de 
leurs places. Saint-Sébastien ne saurait déroger 
à la règle ; Irun elle-même, Texlrème ville fron- 
tière, nous en fournira la dernière applicalion. 
Au quai, de pittoresques masures de pêcheurs. 
Mais, ce qui mlutéresse davantage, c'est t'ascen* 
sion du Monte Urgull qui se dresse devant moi. 
— Je pénètre dans Tenceinte du fort ; un sen- 
tier rocailleux, en corniche, monte enserpenlant, 
et surplombe la mer; la sentinelle va et vient, 
sans se préoccuper du visiteur. J'atteins ainsi Tex- 
t rémité du promontoire. La vue est superbe : à 
mes pieds, une batterie armée de ses canons, et, 
plus bas, le tlot se brisant en écume; devant moi 
l'immensité de la pleine mer, un horizon indéti- 
ni; en arrière, au sommet de la colline, la forte- 
resse de kl Mol a qui, en 1S13, sous le général 
Rey, opposa aux Anglais une résistance héroïque, 
alors que notre armée, chassée d*Espagne après 
Vittoria, avait déjà repassé la frontière. Les sol- 
dats sont groupée, nombreux, le long du parapet, 
avec la nonchalance espagnole; on me laisse pas- 
ser; je voudrais contourner le mont, et descendre 
sur la vieille ville du côté opposé; mais des coups 
de carabine se font entendre, avec sonnerie de 
clairon ; les baltes siftîent à mon oreille, je suis 
tombé dans un champ de tir. Ne répétons pas la 



scène de V Arthur Seat^ au-dessus d'Edimboorg, 
où j'eus grand* peine à échapper aux balles des 
ri/femen écossais , et regagnons des régions plus 
paisibles. 

Le soir, au soleil couchantj je conïeraple de 
mes fenêtres le gracieux panorama de la Concba, 
calme et reposée ; les petites barques rentrent et 
viennent comme des points noirs s'amarrer au 
pied du mont. 

Le complément obligé d'un séjour à Saint-Sé- 
baslien est la visite au petit port de Pasajes, Le 
trajet est maussade^ la voie du tramway encais- 
sée, bordée de guinguettes de banlieue; un mi- 
quclet à la face rasée, traits accentués, monte la 
garde sur la passerelle de notre véhicule. Voici 
le pe(it portj arrondi en un cercle parfait, ceint 
de hautes collines boisées, quelque chose comme 
un lac alpestre, sans ouverture apparente vers 
Tocéan; en face de nous, de l'autre côté du bassin, 
le village pittoresque de San Juan allonge son 
unique rue à la base du rocher. — Vite en barque ; 
nos canotiers rament énergiquement, et bientôt 
se découvre le goulet qui donne accès vers la 
pleine mer, La passe est étroite, rocheuse ; le flot 
du large arrive en écumant, Tesquif commence 
à danser. Nous ne sommes point gréés pour nous 
aventurer en pleine mer. 

On débarque à San Juan; te \dliageaune phy- 
sionomie très particulière : une petite place allun- 



— 371 -^ 

gée, bordée de vieilles maisons en bois, au bal- 
t5on desquelles sont accrochés les instruments de 
'pêche ; unelongue ruelle dallée, resserrée, coupée 
^e place en place par de sombres voûtes, bordée 
de masures blanchies à la chaux, qui s'adossent 
à la roche et en épousent toutes les sinuosités. 
Sur Tune d*elles, nous lisons celte inscrip- 
tion : « En 1843, ici vécut Victor Hugo; hom- 
mage de deux Français, 1902. ») Intérieurement, 
un petit musée à la glorification du poète. — Les 
•ombrages de Saint- Sébastien ont toujours été 
cléments aux lettrés, aux hommes politiques qui 
venaient chercher, par delà la frontière, asile ou 
simplement diversion momentané. 

FONTARABIE. — A Irun, nous touchons à la 
limite des deux pays ; mais saurions-nous quitter 
TEspagne sans avoir vu Fontarabie? — Un tram- 
way y mène. La ville est petite, il est vrai, mais 
grande par ?a gloire et ses souvenirs, diront les 
habitants de la sempre fidel ciudad de Fuenter- 
rabia. De fait, elle se présente bien, avec son en- 
ceinte de fortes murailles, et son étroite porte 
resserrée entre deux courtines de maçonnerie, 
surmontée d'un gothique écusson. La rue prin- 
cipale, en montée raide, aligne ses demeures 
sombres, aux portes chargées d armoiries, fenêtres 
grillées, balcons en fer forgé. A l'extrémité s'ou- 
vre la place du Château : à droite, une lourde 



— 372 ^ 



cl 



i 



bâtisse carrée, dénommée le palais de Jeanne la 
Folle. Pauvre Jeanne ! fille de Ferdinand et ïsa- 
belle, mère de Charles- Quint, lenir tant de place" 
dans l'histoire^ car plus d'une fois son nom a ré- 
sonné à notre oreille au cours du voyage, en avoir 
oœupé si peu dans l'esprit de ses contemporains 
et dans le cœur de son mari ! 

Du haut de la terrasse du Palais, la vue est" 
superbe, éminemment suggestive : ici l'Espagne, 
là-bus la France, entre deux la Bidassoa, s'élalant 
dans son large lit ; Fontarabie et Hendaye se re- 
gardant de chaque côté du bras de mer ; et, pour 
mieux personnitierles deux pays, le stationnaire 
français, un modeste aviso, elle garde-côLe espa- 
gnol, amarrés le long de chaque rive, tous deux 
endormis d'un sommeil fraternel. Plus loin suï* 
la droite, Irun ; et plus loin encore, au delà du 
ponl international, la petite Ile des Faisans^ une 
simple lang"ueLte de sable, qui eut elle aussi son 
jour de renommée: là fut réglée, entre Mazarin 
et Luis de Haro, la paix des Pyrénées où l'Es- 
pagne faisait un marché de dupe. Enfin, à gau- 
che et indéfiniment^ la pleine mer. 

Je demeure quelque temps au sommet du don 
jon, contemplant ce cercle immense dont les ma- 
jestueuses Pyrénées marquent le pourtour. Au 
retour, et dans la cité minuscule, j^enfile une 
ruelle à droite, puis une à gauche, et voici lafl 
calle Pciinpinoiy éminemment pittoresque, avec 



I 



ses maisons de bois noircies par le temps, ses 
toits surplombante! se rejoignant presque à leur 
sommet, d'un côté à l'autre de la rue. C'est là la 
vieille Espagne, telle que nous la voyons depuis 
un mois, telle qu'elle paraît se résumer tout en- 
tière en ce microcosme. — Encore un pas, et, la 
Bidassoa franchie, nous foulons le sol de France. 
Au cours de nos voyages, nous avons traversé 
bien des frontières de peuples, mais nulle part nous 
n'avons noté transition aussi brusque, de pays 
à pays, qu'entre Fontarabie et Hendaye ; c'est 
bien encore le pays basque, mais ce n'est plus 
l'Espagne. Fontarabie, Irun reflètent au plus haut 
degré le tempérament espagnol ; Hendaye, au 
contraire, est une agglomération de maisons quel- 
conques. Saint-Jean-de-Luz conserve, à la vé- 
rité, ses demeures historiques, la Maison de 
Louis XlVy où le jeune roi attendit, pendant 
longues semaines, que les détails de TétiqUette 
fussent réglés pour les cérémonies de son ma- 
riage avec l'Infante. Tout cela était sérieux, à 
l'époque, bien que le bon La Fontaine en glosai 
dans sa fable des Deux Chèvres : 

Je m'imagine voir, avec Louis-le-Grand, 
Philippe quatre qui s'avance 
Dans rile de la Conférence. 

Ces graves questions se traitaient entre Saint- 
Jean-de-Luz et Fontarabie; aujourd'hui la petite 



~ 374 — 

villo n'a d'autre prétention que d'être une tran- 
quille station balnéaire. Biarritz est plus brillant, 
plage tapageuse. et cosmopolite ; enfin Bayonne, 
où je note encore de vieilles arcades aux échoppes 
pittoresques. Th. Gautier y voulait reconnaître 
le caractère franchement espagnol ; il s'impré- 
gnait à Tavance de couleur locale ; peut-être y 
mettait-il un peu de bonne volonté. Mais le siècle 
a marché depuis son voyage en Espagne, et la 
Fonda San Esteban, où il prenait gite^ n'est plus 
qu'un souvenir, eflFacé par de beaux hôtels dans 
le goût du jour. Plus d'illusion possible : depuis 
Ilendaye, nous sommes bien en France, c'est-à- 
dire au terme du voyage. 

Vicomte A. d'Avout. 



LE CLIMAT DE DIJON 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



LE CLIMAT DE DIJON 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES 



Sous ce litre nous avons rendu compte, dans 
le lome XIX des Mémoires de la Société bour- 
guignonne de Géographie et d'Histoire, des ob- 
servations faites pendant les quatre années 1899, 
1900, 1901 et 1902. Ces observations ont été 
continuées en 1903 ; ce sont elles, ainsi que leur 
comparaison avec la moyenne des li années dont 
nous disposons actuellement, qui font l'objet de 
ce nouveau mémoire. 

Nous rappellerons que les observations sont 
faites gratuitement, le conseil municipal ayant 
supprimé depuis trois ans le crédit, fort minime 
d'ailleurs, qu'il allouait à cet effet à l'obser- 
vatoire du jardin de l'Arquebuse, par MM. Roux, 
chef de bureau de l'ingénieur en chef de la 
Gôte-d'Or, ôt Porte, commis au môme bureau, 

29 



— 374 — 

en ce qui concerne la température, l'hygro- 
mélrie, la direction des vents et l'état du ciel. 
D'autre part M. Roy, membre de la Commission 
météorologique, observe la pression baromé- 
trique. Les hauleurs de pluie tombée sont celles 
relevées à rudomèlre placé sur le port du canal 
de Bourgogne. 

Pour faciliter les comparaisons, nous suivrons 
le même ordre que dans notre premier mémoire. 
Nous rappellerons que l'année météorologique 
commence lel®^ décembre de Tannée précédente 
et finit le 30 novembre de l'année considérée. 
L'hiver comprend les 3 mois de décembre, 
janvier et février, le printemps ceux de mars, 
avril, mai. Tété les mois de juin, juillet, août et 
enfin l'automne ceux de septembre, octobre et 
novembre. 

10 TEMPÉRATURE 

ANNÉE MOYENNE 

L'année moyenne est actuellement la moyenne 
des S années observées (1899 à 1903 inclusi- 
vement). 

Hiver. L'hiver a une température moyenne 
de 2'', 5. C'est aussi la moyenne du mois de jan- 
vier, décembre est plus froid (2%0), février Test 
moins (3°, I). 



— 375 — 

La température moyenne de l'hiver a varié 
de0%9(i90i) à/i%4 (1899). L'écart maximum 
observé jusqu'ici est de 3", S. 

La température la plus froide relevée pendant 
les b années considérées est de — 1S% 3 (février 
1901), la plus élevée a été de 19%5 (février 
1899). Toutefois en 1902 le thermomètre n'est pas 
descendu au-dessous de — 6%7 et eii 1901 il ne 
s'est pas élevé au-dessus de 13%6. Le plus grand 
écart de température dans la période considérée 
est de 34%8. 

Le nombre maximum de jours de gelée a été 
de 56 (1901) et le minimum de 32 (1899). Le 
thermomètre est descendu au-dessous de — 10° 
pendant 9 jours en 1901 et pendant 2 jours 
seulement en 1903. 

Printemps. La température moyenne du prin- 
temps est de 9°,b. C'est à peu près la moyenne 
du mois d'avril (9",6). Le mois de mars est 
plus froid (5%7) et celui de mai plus chaud 
(13M). 

La température moyenne du printemps a 
variéde 8°,6(1900)à9%8 (1899 et 1901). Ué- 
cart maximum n'est que de 1%2. 

La température la plus froide a été de — 8*^,9 
(mars 1900) et la plus élevée de 31%6 (mai 1901). 
En 1902, le thermomètre n'est pas descendu au- 
dessous de 2®,1 et en 1899 il ne s'est pas élevé 
au-dessus de 2S%8. 



Le plus grand écart de lempéralure a été de 
/iO",o pendant la période considérée. 

Le nombre maximum de jours de gelée a été 
de 21 (1900) et le minimum de 8 (1902). Le ther- 
momètre s'est élevé une seule fois au-dessus 
do 30° en mai 1901.' 

Elé. La température moyenne de Tété est 
de 18°, 3. C'est à peu près la moyenne du mois 
d'août (18%2), le mois de juin est plus froid 
(lGo,8) et celui de juillet plus chaud (19^6). 

La lempéralure moyenne de Tété a varié de 
17« (1903) à 19o,l (1900, l'écart maximum est 
de2%l. 

La température la plus froide a été de 6**,0 
(juin 1902 et 1903) et la plus élevée de 38' Quil- 
let 1900). L'année où le thermomètre est le 
moins descendu est 1899 (6%b) et celles où il est 
le moins monté sont 1901 et 1903 (32%7). 

Le plus grand écart de température pendant 
les B années observées est de 32'',4. 

Le nombre maximum de jours où la tempéra- 
ture a dépassé SO^'est de 2b (1900) et le minimum 
de 6(1903). 

Aictomne. La température moyenne de Tau- 
lomne est de 10% c'est à peu près celle du mois 
d'octobre (10%4). Le mois de septembre. est plus 
chaud (ll)%6), celui de novembre plus froid 

(•^VJJ. 

La lempéralure moyenne de Taulomne a varié 



— 377 — 

(le 9%3 (1901) à H%2 (1903). L'écart maximum 
est de 1°,9. 

La température la plus froide a été de — 8°,2 
(novembre (1902) et la plus élevée de 32% S (sep- 
tembre 1899). Néanmoins, en 1903 le thermo- 
mètre n'est pas descendu au-dessous de — 1%4, 
et en 1900 il ne s'est pas élevé au-dessus de 
27^4. . 

Le plus grand écart de température pendant 
la période observée a été de 40^,7. 

Le nombre maximum de jours de gelée a été 
de Ib en 1901 et le minimum de 1 en 1903. Le 
nombre maximum de jours où la température a 
dépassé 30^ a été de 5 (1903). Pendant les 3 an- 
nées 1900, 1901 et 1902 cette température n'a 
pas été atteinte dans cette saison. 

Année entière. La température moyenne de 
Tannée est de 10%2. Pendant les 5 années con- 
sidérées cette moyenne a varié de 9°,7 (1901) à 
11°,0 (1899). L'écart maximum est de 1%3. 

La température la plus basse a été de — lb%3 
en 1901 et la plus élevée de 38%^ en 1900. Cela 
fait une différence de b3%7. Toutefois en 1902 le 
thermomètre n'est pas descendu au-dessous de 
— 8S2 et en 4901 et 1903 il n'a pas dépassé 
32%7. 

Le nombre maximum de jours de gelée a été 
de 84 (1901) et le minimum de b8 en 1899. Le 
thermomètre est descendu pendant 9 jours en 



— 378 — 

1901 au-dessous de — 10% il n'a pas atteint ce 
niveau en 1902. 

En 1900, le thermomètre a dépassé SO*" pendant 
25 jours, tandis qu'en 1903 cela ne s'est produit 
que pendant 11 jours. On remarquera que la 
température moyenne de Tautomne est à un 
dixième près celle de Tannée entière. 

Il est bien évident que S ans sont loin de suf- 
fire pour caractériser un climat et qu'il faudra 
de nombreuses années encore pour obtenir un 
résultat invariable. Toutefois la température 
moyenne de l'année ne s'éloignera pas beaucoup 
de 10%2 ; seules les températures extrêmes et 
plus particulièrement la température la plus 
basse varieront. Le 9 décembre 1879 elle paraît 
être descendue jusqu'à — 24°, tandis qu'il est 
peu probable que le thermomètre puisse monter 
beaucoup au delà de 40°. L'écart des tempéra- 
tures extrêmes ne doit donc vraisemblablement 
pas dépasser 64° ou 65^ Cet écart est d'ailleurs 
assez considérable pour classer le climat de Dijon 
parmi les climats extrêmes. 

ANNÉE 1903. 

Après l'année moyenne nous examinerons 
l'année 1903 que l'étude qui précède nous per- 
mettra de caractériser. 

Hiver. La température moyenne de l'hiver 



— 379 — 

1903 a été de 2°,'î, c'est à un dixième près la 
température de Thi ver moyen. Le thermomètre 
est descendu à — 12%2, soit 3°,1 de moins que 
le minimum des a années considérées. Par contre 
il est monté jusqu'à 19%4, c'est le maximum ob- 
servé jusqu'ici. L'écart entre les extrêmes est do 
31«,6. 

Il a gelé pendant 48 jours et le thermomètre 
est descendu pendant 2 jours au-dessous de — 
10^ 

En somme rhiver de 1903 est un hiver moyen. 

Printemps. La température du printemps 
de 1903 a été de 9%65 c'est un dixième do plus 
que la moyenne. 

Le thermomètre n'est descendu qu'à — 3°/i, 
par contre il s'est élevé jusqu'à 29%4. L'écarj, 
entre les extrêmes est de 32°, 8. 

Il a gelé pendant lo jours. 

Le printemps, comme l'hiver, restera dans 1r 
moyenne. 

Eté. La température moyenne de l'été de 1903 
a été de 17^,0, soit 1^,3 de moins que la moyenne, 

Le thermomètre a varié de G"* à 32°, 7, soit un 
écart de 26%7. La température n'a dépassé 30^ 
que pendant 6 jours. 

L'été de 1903 a été relativement froid. 

Automne. La température moyenne de l'au- 
tomne a été de ir,2, soit 0%9 de plus que la 
moyenne. 



— ;t80 — 

La température a varié de — 1^4 à 3r,2, soit 
un écart de 32%6. Il n'a gelé qu'un seul jour et 
le thermomètre a dépassé 30° pendant o jours. 

L'automne a été assez chaud. 

Année. La température moyenne de Tannée 
1903 a été de \0°.2. C'est exactement la moyenne 
des b années considérées. L'hiver et le printemps 
ont été moyens également. Le déficit de la tem- 
pérature de l'été a été compensé par l'augmen- 
tation de Tautomne. 

Les températures extrêmes ont été — i2«,2 
et 32'\75 ce qui donne un écart de 44^9. 

Il a gelé pendant 64 jours, mais le thermo- 
mètre n'est descendu au-dessous de — 10° que 
pendant 2 jours. Par contre la température n'a 
dépassé 30'' que pendant 11 jours, ce qui est peu. 

L'année 1903 est donc dans son ensemble une 
année moyenne, caractérisée toutefois par l'ab- 
sence de fortes chaleurs. 



2^ PRESSION ATMOSPHÉRIQUE 

La pression baroméirique est ramenée au ni- 
veau de la mer, cela est indispensable pour la 
rendre comparable avec les observations météo- 
rologiques générales. 

Hiver, La pression moyenne de l'hiver est de 
7G;;mm,7, variant do 742mm, 3 (décembre 1902) 



— 381 — 

à 784mm,3 (janvier 1902). L'écart maximum est 
de 42mm, 0. Toutefois en 1901 le minimum n'a 
été que de 7olmm,2 et en 1901 la pression n'a 
pas dépassé 778mm, 1. 

Pynntemps. La pression moyenne du printemps 
est de 762mm, 6. Les extrêmes sont 740mm, 7 
(mars 1901) et 780mm,4, mars 1899 ; Técart 
maximum est ainsi de 39mm, 7. En 1902 la 
pression n'est pas descendue au-dessous de 
731 mm, 6 et en 1901 elle ne s'est pas élevée au- 
dessus de 772mm, 4. 

Eté. La pression moyenne de Télé est de 
763mm, 7, variant de 7o0mm,3 (juillet 1900) à 
778mm, (juin 1903). L'écart maximum est de 
27ram,7. En 1901 la pression n'est pas descendue 
au-dessous de 75Smm,0 et dans la même année 
elle n'a pas dépassé 771mm, b. 

Automne. La pression moyenne de Tautomne 
est de 76bmm,l. Le minimum (novembre 1903) 
est de 738mm, 1 et le maximum 778mm, 2 (no- 
vembre 4899). L'écart maximum est de 40mm, 1. 
En 1899 la pression n'est pas descendue au-des- 
sous de7b2mm,2 et en 1903 elle n'a pas dépassé 
77S,2. 

Année. La pression moyenne de l'année en- 
tière est de 764mm,3, dépassant de 4mm, 3 la 
pression moyenne au niveau de la mer. Elle 
varie de 738mm, 1 (novembre 1903) à 784mm, 3 
(janvier 1902). L'écart maximum est de 46mm, 2. 



— 382 — 

En 1899 la pression n'est pas descendue au- 
dessous de 7/i7aini,2 et en 1901 elle na pas 
dépassé 778mm, 1. 

La saison où la pression moyenne est la plus 
forle est Thiver, puis viennent l'automne, Télé 
et enfin le printemps. L'écart moyen entre 
Thiver et le printemps est de 3mm, 1 seulement. 



ANNÉE 1903. 

Hiver. La pression moyenne de Thiverde 1903 
a été de 769mm, 5 dépassant la moyenne de 
3mm, 8. Le minimum a été de 746mm, 6 et le 
maximum 782mm, 3. L'écart est de 3Smm,7. 

Prmteynps. La pression moyenne du prin- 
temps 1903 a été de 762mm,b supérieure de 
2mm59 à la moyenne. Le minimum a été de 
744mm56 et le maximum 777mm, 0; L'écart est 
de 32mm, 4. 

Eté. La pression moyenne de l'été a été de 
7C3mm525 inférieure de 0mm, b à la moyenne. 
Le minimum a été de 7S0mm,5 et le maximum 
de 778mm, 0, c'est la plus forte des pressions 
observées dans cette saison pendant les 5 années 
considérées. L'écart est de 27mm, b. 

Aittomne, La pression moyenne de Tautomne 
1903 a été de 764,4, inférieure de 0mm, 7 à la 
moyenne. Le minimum a été de 7 38mm, 1 et le 



- 383 — 

maximum de ll)V)y2. Ce sont les plus faibles de 
la période observée. L'écarl est de ITmm,!. 

Année. La pression moyenne de Tannée a été 
de 764mm, 9 supérieure de 0mm, 6 à la moyenne. 
La plus faible pression a été de 738mm, 1 (mi- 
nimum de la période) et la plus forte de 782mm, 3. 
L'écart a été de 44mm, 2. Les saisons restent 
classées comme dans Tannée moyenne. 

3° HYGROMÉTRIE 

L'état hygrométrique de Tairse cote de 
à 100. La cote zéro indiquerait un air abso- 
lument sec, ce qui n'a jamais lieu, la cote 100 
signifie au contraire que Tair est saturé d'humi- 
dité. Si l'atmosphère reste claire, malgré la cote 
100, un léger refroidissement suffît pour faire 
naitre le brouillard ou tomber la pluie. Le degré 
d'humidité, combiné avec la température de 
Tair, permet à Taide des tables de calculer le 
poids d'eau contenu par mètre cube d'air au 
moment considéré. 

Les observations hygrométriques sont failes à 
8 heures du matin. 

AiNNÉE MOYENNE 

Hiver. Le degré hygrométrique moyen de 
l'hiver est 81. Il a varié dans la période consi- 



— 384 — 

déréede 17 (février 1899) à 100 QanvierlOOO, 
janvier et février 1902), l'écart maximum est de 
83 ; en 1902 le degré n'est pas descendu au-des- 
sous de 36 et en 1903 il n'a pas dépassé 93. 

Printemps. Le degré hygrométrique moyen 
du printemps est 68, variant de 8 (mars 1899) à 
100 (1899, 1900 et 1901). L'écart est 92. En 
1903 le degré n'est pas descendu au-dessous de 
2I> et en 1902 il n'a pas dépassé 95. 

Eté. Le degré hygrométrique moyen do Tété 
est 69. Il a varié de 13 0uillet 1900) à 100 (tous 
les ans). 

L'écart est de 87. Toutefois en 1903 il n'est 
pas descendu au-dessous de 33. 

Automne. Le degré hygrométrique moyen de 
l'automne est 83, variant de 22 (septembre 1900) 
à 100 (lous les ans, sauf 1901). L'écart est de 78. 
Kii 1903, le degré s'est maintenu à 41 et au-des- 
sus, en 1001 il n'a pas dépassé 99. 

Année. Le degré hygrométrique moyen de 
Tannée entière esl 73. II varie de 8 à 100, Técart 
est de 92. 

On remarquera que l'année se divise en deux 
semestres bien distincts au point de vue de l'hu- 
midité de Tair : le semestre où Tair esl humide 
automne (83^) et hiver (81), moyenne (81,o)', et 
le semestre où l'air est relativement sec 'prin- 
temps (68) et été (69), moyenne 68,o)~. Il est re- 
marquable que les deux saisons de chaque se- 



— ;{85 — 

mestre ont à très peu près le même degré. 
L'écart entre les deux semestres est de 13 degrés. 

ANNÉE 1903. 

Rwe7\ Le degré hygrométrique de Thiver 
1903 est 77, soit 4 degrés de moins que la 
moyenne. Il a varié de 31 à 93. L'écart est de 
62 seulement. 

Printemps. Le degré hygrométrique du prin- 
temps 1903 est 67, soit à un degré près la 
moyenne. Il a varié de 23 à 97, l'écart est de 72. 

Eté. Le degré, hygrométrique de Tété 1903 
est 72, soit 3 degrés de plus que la moyenne. Il 
a varié de 33 à 100 avec un écart de 67 degrés. 

Automne. Le degré hygrométrique de Tau- 
tomne 1903 est 84. C'est à une unité près la 
moyenne. La variation est de 59 degrés seule- 
ment (de 41 à 100). 

Année. Le degré hygrométrique de Tannée 
1903 est 7b. C'est exactement la moyenne de la 
période considérée. Il a varié de 2b à 100 (écart 
7b, assez faible). 

On remarquera que Tair en hiver a été plus 
sec que la moyenne, il a été au contraire plus 
humide en été. 

La moyenne du semestre automne-hiver a été 
de 80jb et celle du semestre printemps-été de 



- 386 — 

69,0. La diflFerence est de 11 degrés seulement. 
Le deuxième semestre a été relativement hu- 
mide. 

4« VENT 

Lèvent n'est observé qu'en direction à l'estime. 
Il n'existe toujours pas d'anémométrographe. Et 
cependant, ainsi que nous le disions dans notre 
mémoire de Tan dernier, un et môme deux ins- 
truments enregistreurs placés le premier, sur la 
tour de l'Hôtel de ville et le second à la batterie 
du Mont-Affrique, donneraient des indications 
du plus haut intérêt. 

Quoi qu'il en soit, nous possédons, en ce qui 
concerne la direction du vent, une série ininter- 
rompue de 51 ans d'observations qui donne une 
valeur réelle aux chiffres du tableau relatif à Tan- 
née moyenne. 

ANNÉE MOYENNE 

Hiver. — En hiver les vents se classent de la 
manière suivante suivant leur fréquence dans 
chaque octant : N, S, NE, W, SW, NW, SE et E. 

Par quadrants ils se classent comme il suit : 
N (33 0/0), S (32 0/0), W (21 0/0), et E (14 0/0). 
On voit que les vents du nord et du S soufflent 
chacun pendant un tiers de la saison, les vents 



— 387 — 

d'W pendant un cinquième et ceux d'E pendant 
environ un septième de l'hiver. 

Printemps. — Les vents se classent au prin- 
temps dans Tordre suivant : N, S, NE, W, NW, 
SW, E, SE. Si Ton ne considère que les qua- 
drants ils se classent savoir ; N (32 0/0), S (25 
0/0), W (24 0/0), et E (19 0/0). Le vent du N 
souffle un peu moins du tiers du printemps, le S 
et rw chacun pendant un quart environ et l'E 
pendant un peu moins du cinquième. 

Été. — Le classement des vents de Télé est le 
suivant W, S, SW, NE, N, NW, SE, E. La fré- 
quence par quadrants est : W (32 0/0), S (27 
0/0), N (28 0/0) et E (19 0/0). Le vent d'W 
souffle un peu moins du tiers de rété, celui du 
sud plus du quart, celui du nord exactement le 
quart du temps et enfin celui de TE environ le 
sixième. 

Automne. — En automne les vents se classent 
comme il suit : S, N, NE, W, SW, NW, SE, 
E. Par quadrants ils se rangent de la manière 
suivante, S (32 0/0), N (29 0/0), W (23 0/0), 
E (16 0/0). Le vent du S souffle un peu moins 
d'un tiers de l'automne, puis viennent avec une 
fréquence décroissante le N, T W et l'E qui souffle 
moitié moins souvent que le S. 

Année. — Pendant l'année entière le classe- 
ment des vents est le suivant : S, N, NE, SW, 
NW, SE, E. Par quadrants la fréquence est don- 



— ;i88 — 

" née ci-après : N (30 0/0), S (29 0/0), W (2b 0/0) 
et E (17 0). Les vents du N et du S soufflent 
chacun environ 3 jours sur 10. Les vents d'W 
soufflent le quart de l'année et ceux d'E seule- 
ment pendant un sixième. 

ANNÉE 1903 

Hiver. ~ En hiver 1903 les venls se sont 
classés comme il suit : N, S, SW, NE, W, NW, 
E. Il n'y a pas eu de vent du SE, par contre il y 
a eu 4 jours de calme. Prédominance des vents 
du N et du S ayant soufflé chacun le quart de 
l'hiver. 

Printemps. — Le classement des vents du 
printemps de 1903 est le suivant : S, N, W, SW, 
NE, SE, NW, et E. Il n'y a eu qu'un jour de 
calme. Prédominance des vents du S (un quart 
do la saison); les venls du N et d'W chacun un 
sixième. 

Éfê. — La fréquence des vents de l'été de 
1903 a été la suivante : S, N, W, SW, NE, NW 
et E. Il n'y a pas eu de vent du SE. Le calme a 
régné pendant G jours. Prédominance des venls 
du S et du N. 

Automne, — En automne 1903, les venls se 
sont classés comme il suit : S, N, W, SW, NE, 
NW, E, SE el 3 jours de calme. Prédominance 
marquée des vents du S. 



— 389 — 

Année. — Pendant l'année entière le classe- 
ment a été le suivant : S, N, W, SW, NE, NW, 
SE, E, avec 14 jours de calme. 

La fréquence par quadrants a été la suivante 
S (35 0/0), N (28 0/0), W (24 0/0), E (8 0/0), 
calme (4 0/0). L'année 1903 est caractérisée 
par une prédominance marquée des vents du S, 
correspondant à une diminution très sensible 
(moitié de la moyenne) des vents d*E. 



5° PLUIE 

Les données relatives à la pluie sont les plus 
complètes de celles que nous possédons. Elles 
commencent en 1831 inclusivement, ce qui fait 
que la moyenne est basée maintenant sur une 
période non interrompue de 53 ans. 



1° Hauteur cCeau tombée. 

Année moyenne 

River. La hauteur moyenne de l'eau tombant 
en hiver sur Dijon est de 0m,1375. Le minimum 
aétédé0m,0420enl882etlemaximumde0^2290 
en 1879. L'écart maximum est de 0m,1870. Le 
maximum est plus de cinq fois supérieur à la 
moyenne. 

30 



— 390 -« 

Printemps. Au printemps la hauteur moyenne 
de pluie est de 0m5l539, variant de 0m,0230 en 
1893 à Om,3830 en 1856. L'écart observé est de 
Om, 3600. Le maximum est plus de 16 fois supérieur 
au minimum. 

Eté. La hauteur de pluie de Tété est en moyenne 
de 0m,1925. Le minimum a été de Om, 0420 eu 
1870 et le maximum de 0m,3500enl8o2. L'écart 
est de 0m,3080. Le maximum est plus de 8 fois 
supérieur au minimum. 

Automne. En automne la hauteur moyenne de 
pluie est de 0m52018, variant de 0m,0730 (mini- 
mum en 1897) à Om, 5020 (maximum en 1840). 
L'écart est de 0m,4290. Le maximum est près 
de 7 fois supérieur au minimum. 

Année. La hauteur moyenne annuelle de pluie 
à Dijon est de 0m56857. Le minimum a été de 
0m,4020 en 1870 et le maximum de 0m,9350 en 
183G. L'écart est de 0m55330. Le maximum est 
plus de 2 fois supérieur au minimum. 

Les saisons se classent de la manière suivante 
par ordre décroissant de la hauteur de pluie 
tombée : automne, été, printemps et hiver. La 
hauteur de pluie tombée pendant le semestre 
aulomne-hiverest de 0m,3293 et celle du semestre 
printemps-été de Om^S^G^. Ces quantités sont 
presque égales, il y a cependant une légère pré- 
dominance du semestre chaud. 



— 391 



ANNÉE 1903. 



Hiver. La hauteur de pluie tombée pendant 
riiiver 1903 n*a été que de 0m,0620, ce qui est 
moins de moitié de la moyenne, la différence est 
de 0m,075b. L'hiver a donc été sec. 

Printemps, La pluie tombée au printemps de 
1903 a pour hauteur 0m,1904, soit 0m,036S de 
plus que la moyenne. C'est un printemps humide. 

Eté. La hauteur de pluie tombée dans cette 
saison a été de 0m,1848, un peu inférieure à la 
moyenne, la différence est de 0m,0077. L'été a 
été moyen. 

Automne. L'automne de 1903 n'a donné qu'une 
hauteur de pluie de 0m,lb48, inférieure de 
0m,0470 à la moyenne. Automne relativement 
sec. 

Année. La hauteur de pluie tombée pendant 
l'année entière a été de Om, 5920 seulement. C'est 
0m,0937 de moins que la moyenne. L'année a 
donc été assez sèche. 

Si nous ajoutons la hauteur de pluie tombée 
en automne 1902 à celle de Thiver 1903, nous 
aurons : Om, 1498+0,0620 = 0m,21 ISseulement, 
alors que la moyenne est de 0m,3393. La diffé- 
rence en moins est considérable. 

La conséquence de ce défaut de pluie a été que 
le débit des sources a été particulièrement faible 



— 392 — 

en 1903. G^est en effet, Teau tombée en automne 
et en hiver qui alimente à peu près seule les 
sources; au printemps et en été la végétation et 
Tévaporation absorbent la plus grande partie de 
la pluie. C'est aussi la saison des orages qui ne 
pénètrent pas dans le sol et s'écoulent rapidement 
à la surface, il ne s'infiltre donc pas d'eau, ou 
tout au moins fort peu, dans le sol. L'automne de 
1903 a encore été sec; si l'hiver l'était aussi, les 
sources, dont les réservoirs sont déjà peu remplis, 
auraient un débit extrêmement faible Tété 
prochain. 

2° Nombre de jours de pluie. 
Année moyenne 

Hiver. Il pleut ou neige en moyenne en hiver 
pendant 30 jours, soit un jour sur trois. Le mini- 
mum a été de 11 jours en 1864 et le maximum 
de 47 en 1900. 

Printemps. Au printemps il pleut aussi pen- 
dant 30 jours en moyenne, avec une variation 
de 13 jours (1893) à S2 (1877). 

Eté. En été il ne pleut que pendant 28 jours. 
Le minimum a été de 14 jours en 1870 et le maxi- 
mum de 42 en 1879. 

Automne. En automne il pleut en moyenne 
pendant 31 jours, avec une variation de 18 jours 
(1895) à 33 (1882). 



— 397 — 

43 jours de ciel couvert et 17 jours de ciel pur. 
C'est un automne médiocre au point dé vue de 
rîntensité de la lumière. 

Année. Le coefficient de la nébulosité de 
Tannée entière a été de 6,2 en 1903. C'est 0,5 de 
plus que la moyenne. Il y a eu 170 jours de ciel 
absolument couvert et 8b jours seulement de ciel 
pur. C'est une année peu éclairée. 

Les tableaux des observations quotidiennes 
qui nous ont servi à dresser les tableaux ré- 
sumés qui accompagnent notre mémoire sont 
conservés dans nos archives. 

Charles Mocquery 



31 



— 394 — 



6« NÉBULOSITÉ 



Les nuages sont observés tous les matins à 
8 heures. On note d'abord la proportion du ciel 
couverte de nuages et on la cote par un chiffre 
variant de à 10 qui indique en dixièmes la 
partie du ciel couverte. 

Ainsi la cote 4 veut dire qu'il y a 4 dixièmes 
du ciel nuageux et 6 dixièmes du ciel bleu ; la 
cote indique que le ciel est absolument pur et 
la cote 10 qu'il est entièrement couvert. On note 
aussi la qualité des nuages d'après la classifi- 
cation officielle. 

La nébulosité du ciel a une influence considé- 
rable sur les produits du sol. Pendant la végé- 
tation et surtout au moment de la maturité des 
récoltes, il y a grand intérêt à ce que le ciel soit 
pur pour permettre à la lumière solaire d'agir. 
Souvent les récoltes sont mauvaises, non parce 
qu'il a fait trop froid, mais bien parce qu'il a fait 
trop sombre. La lumière et les rayons actiniques 
sont tout aussi nécessaires à la végétation que 
les rayons calorifiques. Par contre, au printemps 
un ciel trop pur est trop souvent une cause de 
gelée par l'efTet du rayonnement nocturne. 

Nous ne nous occuperons ici que de la nébu- 
losité sans nous arrêter à la qualité des nuages, 



— 395 — 

dont rintérôtest exclusivement scientifique. La 
nature des nuages indique leur hauteur dans 
l'atmosphère et révèle la direction des grands 
courants des régions élevées. C'est de la météoro- 
logie générale, tandis que dans ce mémoire nous 
ne nous occupons que de météorologie locale. 

ANNÉE MOYENNE 

Hiver. En hiver la nébulosité est 7,3, ce qui 
signifie que si tous les jours se ressemblaient, 
le ciel serait constamment couvert aux trois 
quarts. En réalité il y a 54 jours en moyenne où 
il est couvert en entier et 17 jours seulement de 
ciel pur. 

Printemps. Au printemps la nébulosité est 
b,4. Le ciel est donc couvert en moyenne sur un 
peu plus de moitié de sa surface. En réalité, il 
est complètement nuageux pendant 30 jours, 
pur pendant 24 jours et diversement couvert le 
reste de la saison. 

Eté. La nébulosité de l'été est de 4,1. Le ciel 
est pur pendant 31 jours, totalement couvert 
pendant 18 et plus ou moins couvert le reste de 
Tétë. 

Automne. La nébulosité de l'automne est G,l. 
Le ciel est totalement couvert pendant 39 jours, 
pur pendant 19 jours et plus ou moins couvert 
les autres jours. 



r 


Année 1903. 


1 


TEMPÉRATURE 


NOMBRE DE JOURS 
où le thermomètre || 


(Il 


s 

9 

S 
a 
S 


*3 

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est de 

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e 

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est 
monté 

aa- 
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de 

30» 




— 40H 
-42.2 

— 7.5 


1209 
43.0 
19.4 


4 
4 



45 
24 
42 


» 
» 


-42.2 


49.4 


2 


48 


» 


-• 












4 
6 


- 3.4 

— 2.5 
2.4 


24.4 

4 8.7 
29.4 


» 

» 


8 
7 



» 
» 


- 3.4 


29.4 


» 


45 


» 


- 












4 

3 

7 




6.0 
8.0 
7.9 


32.7 
34.6 
30.9 


» 


)) 

» 
» 


2 
3 
4 


6.0 


32.7 


» 


» 


6 


M 













6 


2.8 

0.4 

- 4.4 


31.2 
27.6 
43.7 


» 
» 




4 


5 




- 












"2 


— 4.4 


31.2 


» 


4 


5 












2 


— 1202 


3207 


2 


64 


44 



y 



'\ ÏPHËRIQUE 



' la plus 
forle 



780.7 
784.3 
782.3 



784.3 



780.4 
775.3 
774.3 



780.4 



778.0 
771.2 

771.8 



778.0 



773.1 
776.4 
778.2 



778.2 



784.3 



la plus 
faiDle 



775.0 
773.6 
767.5 



778.1 



768.9 
770.0 
769.0 



772.4 



770.1 

768.7 
768.7 



771.5 



767.6 
770.5 
769.7 



775.2 



778.1 



Année 1903. 



767.7 
768.5 
772.7 



769.5 



765.8 
761.0 
760.9 



762.5 



762.5 
762.9 
764.3 



763.2 



765.6 
761.7 
765.9 



764.4 



764.9 



PRESSION 



746.6 
752.2 
755.2 



746.6 



745.6 
744.6 
748.3 



744.6 



752.1 
750.5 
755.7 



750.5 



754.0 
750.3 
738.1 



738.1 



738.1 



777.8 
780.1 
782.3 



782.3 



777.0 
770.0 
771.6 



777.0 



778.0 
769.4 
771.5 



778.0 



770.9 
770.5 
775.2 



775.2 



782.3 



STRIE 



■en». 


Année 1903 | 


Jmidité 


DEGR 


É DIIUMIDITÉ 


r 


MAIlHDJf 






f^ 


Le plus 


iM plas 


lOTiH 


MIKIMUM 


MAllMUM 




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100 


93 


76 


31 


93 




m 


n 


79 


43 


93 




100 


n 


7S 


48 


93 




100 


93 


77 


3t 


93 
















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93 


69 


4-^ 


93 


100 


93 


m 


U 


93 




100 


94 


m 


n 


97 




100 


95 


67 


23 


97 




100 


97 


71 


41 


97 




^m 


97 


70 


33 


97 




\m 


98 


75 


3G 


100 




























(OU 


400 


72 


33 


100 




400 


97 


81 


il 


100 




100 


98 


81 


M 


98 




100 


97 


SS 


53 


2B 




100 


99 


Si 


41 


lOÛ 


\ 


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100 


75 


S5 


(00 ' 








* 







il 

i 
lis 



Il 



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h' 



















Année 1903 


Fréquence des vents venant du 
















« 


E 


S-E 


S 


S-W 


w 


N-W 


N 


"3 


» 


» 


5 


6 


1 


3 


10 


» 


B 


» 


13 


3 


4 


» 


6 


3 


2 


» 


6 


5 


2 


1 


9 


1 


2 





24 


14 


7 


4 


25 


4 


2 


4 


10 


3 


5 


1 


3 


1 





2 


5 


3 


8 


1 


11 








3 


10 


5 


3 


1 


2 





2 


9 


25 


11 


16 


3 


16 


1 








9 


2 


2 


1 


12 


1 


1 





10 


4 


4 


1 


6 


î 


1 





3 


7 


11 


2 


2 


4 


2 





22 


13 


17 


4 


20 


6 


1 





10 


3 


3 


1 


10 








1 


15 


2 


8 





2 


1 


1 





4 


3 


5 


6 


5 


2 


















2 


\ 


29 


8 


16 


7 


17 


3 

1 


8 


10 


100 


46 


56 


18 


78 


14 



E 










iximam 


NOMBRE DE JOURS DE PLUIE 1 


en 
1903 


(de 1831 à 1903 inclos) || 


en moyenne 


Minimam 


Maximam 




U 
9 

7 


44.2 

40.0 

9.2 


3 

4 
4 


23 

20 

2a 


2290 


30 


30.4 


t1 


47 




41 
U 


40.4 
40.4 
40.4 


2 
2 
4 


23 
49 
20 


3830 


41 


30.3 


43 


49 




12 
42 
41 


40.4 
9.3 
8.5 


3 
4 

2 


46 
46 
46 


3500 


35 


27.9 


44 


42 




40 
46 
44 


8.5 
44.7 
44.4 



4 

4 


48 

- 48 
20 


»O20 


40 


34.3 


48 


52 


3^0 


446 


449.9 


79 


462 



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UNE SUPERCHERIE 

DE LHJS7<":HE Lf\\1.X':<NNT. 



LA CFIAMBKE DE BONAPARTE 



UNE SUPERCHERIE 

DE L'HISTOIRE D'AUXONNÉ 



LA CHAMBRE DE BONAPARTE 



UNE SUPERCHERIE 

DE L'HISTOIRE D'AUXONNE 



LA CHAMBRE DE BONAPARTE 



Le dimanche 20 décembre 1837, la petite ville 
d'Auxonne était en fête. Les édifices publics et 
les maisons particulières étaient décorés de dra- 
peaux aux couleurs nationales ; partout régnait 
une animation extraordinaire. 

Ces réjouissances étaient motivées par Tinau- 
guration de la statue de Bonaparte, élevée sur la 
place de THôtel-de- Ville, conformément à la dé- 
libération du conseil municipal, en date du IS 
mai 18S3, et du décret impérial du 2S novembre 
suivant (1). 

(4) Le conseil municipal, désirant conserver, par un monument 
durable, le souvenir des quelques années passées àÂuxonne par 
l'empereur Napoléon h^, émettait le vœu qu'une slatue en bronze, 
le représentant en uniforme d'officier d'artillerie, soit élevée sur la 
place de la ville. 

Désirant en outre que cette statue soit l'œuvre d'un enfant de la 



— 402 — 

A onze heures du matin, le maire d'Auxonne 
se rendit à l'entrée de la ville avec le conseil 
municipal, pour recevoir le général Picard, com- 
mandant la subdivision, délégué par l'empereur 
pour le représenter à la cérémonie. Il était accom- 
pagné du préfet de la Gôte-d'Or, de Tévêque de 
Dijon, du procureur général, du recteur et de nom- 
breux fonctionnaires (1). 

Après la messe célébrée par M«' Rivet dans 
la vieille église Notre-Dame, et le chant du Te 
Deuniy le cortège et les invités prirent place sur 
les estrades élevées à droite et à gauche de la 
statue. 

Au signal donné par le canon, auquel répon- 
dit le bruit des cloches sonnant à toute volée et 
des tambours battant aux champs, le voile qui 



Bourgogne, il chargeait le statuaire Jouffroy de l'exécuter; le 
maire devait demander l'autorisation nécessaire. et inscrire ia ville 
d'Auxonne pour une somme de 5000 francs sur la liste de sous- 
cription qui serait ouverte. 

Une commission nommée par arrêté préfectoral du 7 janvier 
1854 se composait du général commandant la 7* division militaire 
à Besancon, de l'évoque de Dijon, du général commandant la sub- 
division à Dijon, du général Vaudrey, sénateur, aide-de-camp de 
l'empereur, du général Comte Paulin, et de MM. Muteau, pre- 
mier président, Vernier et Ouvrard, députés, André, maire de 
Dijon, Giret, maire d'Auxonne, Boussey, notaire, Jouffroy, sculpteur, 
Suisse, architecte du département, Phal Blando, architecte-voyer 
d'Auxonne et Noblet, receveur municipal. 

(1) Le préfet était le baron de Biy, l'évêque M^' Rivet, le pro- 
cureur général M. de Mongis, et le recteur M. Cournot. 



— 4(fê — 

la recsDxiTTait lamba, aux acdamations de la. 
foule. Quatre discoius forent pnmonoés par 1& 
maire d^Anxoime, legénénâ Paulin (1), le préfet: 
et le général Picard. 

La statue, œuvre de Janffwy (2), représenta 
Bonaparte en nniforme de lieutenant d'artillerie ^ 
à rage de 22 ans, tel qnil était pendant son sè^_ 
Jour à Anxonne en 1791. 

Le piédestal est orné de çnatre l)as-reliefs r^,^ — 
présentant : Le couronnement, — ^ P<'^^^&^^ 

duporU cTArcole, — Kapoléon prè^^^^ ^ <^<^*^ 

seil dTEtat, — Napoléon rêvant sous un ««^^ 
arbres séculaires qui ombrageaient la chap^i ^ 
de Notre-Dame de la Levée prés cCAuxonnAi i^^ 

Quelques années apW cette vaB.yy%^^^Xx^^ 




(3)LacbapeIJedeN„. r> «in*' *P^!l^ ^ -. ^ 

de la chaussé! en remS'^'^'»» <»« la Le^^î ;* f«« ^''^ A^'^X» 
par Hugaes i'OrlT^^ ^•" 7 passai, autrefo-^» „. . ^ <> 

Vendue à la révobtf» *"" ^'^'«"»- - re*»''*,' f'*^* w. ^^ 



d« <5000 francs dn!'?'""^'"ed'AuxonO« '.fa '"". '^^ ^^«n>- 
«vile, afin del" ere^V^/'^^P--- ^"'e-' ^*' "^ n^ ^s^ 



' ®" ruines. 



— 404 — 

M. Phal-Blando, successeur de M. Giret à la 
mairie d'Auxonne, eut la pensée de faire donner 
au collège communal le nom de collège Bonaparte. 

A la séance du conseil municipal dû 14 mai 
1863, il rendit compte de son entrevue, à ce sujet, 
avec le recteur de l'Académie, et fit connaître 
que, sur le rapport du ministre de Tlnstructioû 
publique, l'empereur avait autorisé la ville d'Au- 
xonne à donner à son collège le titre qu'elle sol- 
licitait (1). 

« Mais, ajoutait-il, pour obtenir cette faveur, 

(t) Le décret d'autorisation fut signé le ÎO mai 4863 et une 
plaque, portant l'inscription Co//^i;6 Bonaparte, fut placée au fron- 
ton de la porte de cet établissement. 

Trente-deux ans plus tard, à la séance'du 22 mai 1895^ le conseil 
•nunicipal, voulant honorer la mémoire d'un illustre compatriote 
qui fut le collaborateur de Carnot, et l'un des fondateurs de l'Ecole 
polytechnique, émit le vœu que le nom de Prieur de la Côte-d'Or fût 
donné au collège au lieu de celui de Bonaparte. 

Né à Auxonne, le 2 décembre 1763, Claude-Antoine Prieur fut 
représentant de la Gôte-d'Or à l'Assemblée législative et président 
de la Convention nationale. 

Par délibération du 27 mai 1878, confirmée par décret du 23 
août suivant, le conseil municipal avait donné son nom à la rue 
des Hospices. 

Le 22 mai 1895, la délibération relative au nom à donner au 
collège renouvelait le vœu émis précédemment afin d'obtenir que 
le nom de Prieur fût donné également à la place du magasin à four- 
rages. 

(Voir aux pièces justificatives les deux décrets des 18 juin et 9 
août 189.').) 

C'est à cette époque que la plaque portant l'inscription Collège 
Bonaparte fut remplacée par celle qui existe aujourd'hui et qui 
porte les mots : Collège Prieur de la Côte-dOr. 






— W»5 — 

il était nécessaire Je Jisiraire J es bit :::.'./:.> .- 
coUèfire la chambre occupée en 1T;»<> ei r:-î \\c 
le lieutenant d'arlillerie qui \\m> uwi -. i lu 
vif éclat sur la France, et Je former u:t 3Ju-.v 
Napoléonien, dans lequel fivrarerai'u! , eu piei 
ordre, les meubles que posseJail Napoleou 
de son séjour à Auxonne. » 

Une grave difficulté se présenlail i»oui' 1 ttXo- 
cutiondeceprojet.Cesmeublosjtiui Jt)vait«nli-i•ur- 
lilue^ le musée, avaient couipltHfmrui dir^pcun 
et on ignorait oe quïls étaient JiîVènur:. 

C'est alors que ce produi^^it celle hupniljej jr 
tenue, à l'époque, aut^ffi secrète que pur^^jiilr, ri 
par laquelle des meubles quelconques lureia jiiv- 

s€Dlés comme étant oeux dont détail jf^rvi Uoij.i- 

parte. 

Peut-être Taurait-or lovijvurc i'/nont .-i 

M. Dielsch, qui ie? aval* veiiC^ur. i/yvijj j/j^ fjii, 

le récil Je cettf? vaille a*.err.u'f ■..•.>•.' ;. r ^-'y^ 

amusé. 

Voici commen: i. ir t-n-s.jii.r 

Sur la fin de 1 -«ri :;^ •<■: r .•.• *.- . ^.^• 

après iVrection r: A i.'-v'r;. . - ■ 

parle, iieuienari . : ^'- ;-•. 

pale d'if ceU'- pf'-.ii 

annonceren; q'i ij'î- .— 

rechercue-. «r. ► - 

biiier qu .i-^- 

lUiU!' •ifiii:** 



— 406 — 

cette ville en 1790 et 1791, et que Tadministra- 
tion municipale avait Tintention de tout restaurer 
et de rétablir cette chambre dans l'état où elle se 
trouvait, alors qu'elle était habitée par le simple 
lieutenant. 

Néà Ajacciole loaoût 1769, Bonaparte n'avait 
pas encore 19 ans, quand il arriva le l^'mai 1788 
à Auxonne ; il habita d abord différentes chambres 
dans les casernes, ainsi que cela se pratiquait 
alors (1). Plus tard il prit un logement particu- 

(1) Pendant ses deux séjours à Auxonne^ Napoléon Bonaparte 
occupa trois chambres bien connues des habitants de cette ville, 
deux sont situées dans le pavillon sud de la caserne d'infiinterie 
et la troisième se trouve rue Vauban. 

Les écrivains qui ont fait Thistoire de la jeunesse de Napoléon 
sont d*accord à ce sujets mais leur opinion diffère relativement à 
Tordre chronologique suivant lequel le jeune officier demeura dans 
ces logements. 

Cependant les auteurs les plus autorisés sont d'avis que dès son 
arrivée à Auxonne, le lieutenant Bonaparte s'installa rue Vauban. 

Le second logement occupé par lui se trouve dans le pavillon da 
sud ou de la Ville, delà caserne d'infanterie; c'est la chambre n* 25 
de l'escalier n° 1 . Cette pièce est située au troisième étage. Elle portait 
le uo 16 lors du séjour de Napoléon Bonaparte à Auxonne. 

Lorsqu'il revint en cette ville en février 1791, il occupa^ au deu- 
xième élage de l'escalier n» 3, la chambre n^ \ au-dessus du cadran 
>olaire établi par le régiment de Grenoble en 1763. Elle porte au- 
jourd'hui le n° 14-15. 

Napoléon avait ramené avec lui son frère Louis, alors âgé de 
treize ans dont il voulait faire l'éducation pour alléger le lourd 
fardeau de sa mère. 

Louis coucha dans le cabinet à l'entrée de la chambre, sur la 
fourniture de domestique à laquelle son frère avait droit en plus de 
la sienne. La femme Tierce faisait le ménage. 

i'endani que le jeune ofiicier occupait ce logement, il traça lui- 



— ¥r — 

lier chez IL Lombard, -on professeur i^ aiAlhe- 
matiques ' l , Jan? la niaisoa si^t? rue VauK\n^ 
qxd appartenait à la famille Bauiîre ec qui Ji t'ie 
acquise depuis par la viLe, sur M. Ptal-lUoiUsUV 
pour y transférer ie collège. 

Au-dessus des fenêtres de celte maisou ou Ut 
llnsGiiption suivante placée par lec^ soiu$ do 
M. PhaL-Blando. 

GHAMBRB OCCUPËK 

PAR 

^ÏAPOLRON BOilAPAIiriî 

BN 1790 HT ITin ii, 



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existe encore aujourd'hui fil llmu^ ^afittltifin. ffowiparfft 'i ï>Uiuan4i). 
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— 408 — 

Or à la fin de janvier 1864, jo vis un jour en- 
trer dans mon magasin deux messieurs dont un 
seul- m'était connu, c'était M. Tachet de Barne- 
val, inspecteur de TAcadémie de Dijon. Ces mes- 
sieurs me demandèrent de leur montrer des 
meubles anciens, de Tépoque de Louis XV et 
Louis XVL Je leur présentai ce que j'avais, 
et ils me l'achetèrent, tout en me témoignant 
leur désappointement de ne point trouver le mo- 
bilier complet duquel ils avaient besoin, mobi- 
lier qui, sans être luxueux, devait cependant 
avoir un aspect confortable. Enfin ils me char- 
gèrent de l'emballage et de l'envoi à Auxonne 
des objets vendus, en me recommandant de le 
faire de manière à ce qu'on ne pût voir ce que 
c'était. 

Il est contrariant pour nous et pour l'afl'aire, 
dit l'un d'eux, que nous ne trouvions pas, dans 
le même magasin, tous les meubles dont nous 
avons besoin, parce que tout étant expédié à la 
fois, on en aurait moins remarqué l'arrivée à 
Auxonne. 

Cette réflexion me donna un soupçon et je de- 
mandai à ces messieurs si ces meubles n'étaient 
pas destinés à compléter l'ameublement de la 

d'avis que Napoléon Bonaparte logea rue Vauban dès son arrivée à 
Auxonne (Ct Rois, Napoléon Bonaparte à Auxonne). 

La plaque placée au-dessus des fcnèlres a disparu, on ignore à- 
quelle époque. 



— .409 — 

chambre de Bonaparte dont le journal avait parlé 
quelque temps auparavant. Ils me répondirent 
qu'en effet il s'agissait de cela, mais que cela 
devait être tenu secret. Je leur dis alors : pour 
vous tirer d'embarras, voulez-vous me charger de 
cette affaire, je trouverai tout ce qu'il faut et je 
vous organiserai votre chambre d'une façon con- 
venable : vous pouvez être tranquilles, il n'y 
aura pas d'anachronisme ; je- n'imiterai pas ce 
tapissier, qui, dans je ne sais plus quelle ville, 
où l'on meublait une chambre ayant soi-disant 
logé Louis XIII, y avait installé un lit de l'é- 
poque Louis XV. 

M. Phal-Blando (car c'était lui qui accompa- 
gnait M. de Barneval) dit alors : « Je crois que 
nous avons trouvé l'homme qu'il nous faut ; char- 
geons-le de faire toute laffaire : seulement, ajou- 
ta- t-il, en s adressant à moi, ne nous dépensez 
pas beaucoup d'argent. Je lui répondis : Un lieu- 
tenant, fùt-il Georges Brow^n ou Napoléon Bo- 
naparte, n'a jamais dû avoir un appartement 
somptueux; je sais ce qu'il faut, mais il se- 
rait bon que je connaisse la chambre, afin de 
voir de quelle façon on la meublera. — Alors, ve- 
nez à Auxonneet nous examinerons ensemble. — 
J'irai demain ; mais comment les murs sont-ils 
tapissés? — Ils sont peints. — Tant mieux car on 
trouvera bien des meubles de l'époque, mais on 
ne trouverait pas de papier : alors, à demain. » 



— 410 — 

Le lendemain, en effet, je me' rendis àAuxonne 
et je visitai la chambre : c'était une belle pièce, 
grande et élevée, avec deux croisées sur la rue. 
Je fis la remarque que quelques-unes des croisées 
de la maison avaient des grandes vitres, et que 
d'autres en avaient de petites. Je fis prendre de 
celles-ci pour les mettre dans la chambre dont 
les croisées étaient garnies de grandes vitres. 

Enfin, après m -être entendu avec ces messieurs 
qui me renouvelèrent leur recommandation 
quant à la dépense et à la discrétion, je revins 
à Dijon, où je m'occupai de trouver chez mes con- 
frères ou dans les ventes publiques les objets qui 
n'étaient nécessaires. 

J'avais depuis longtemps chez moi, et je me 
servais pour moi-même de fort beaux rideaux de 
lit anciens, en coton blanc brochés de belles fleurs 
en couleur et qui appartenaient à l'époque de la 
fin du règne de Louis XV ou au commencement 
de celui de Louis XVI. Je me p'rocurai un lit, une 
commode, une glace, une table-bureau, etc., enfin 
je parvins àcomposer un mobilier très convenable 
et bien approprié à l'usage auquel il était destiné, 
et quand tout cela fut convenablement restauré 
et rerais en état, je l'emballai avec soin pour l'ex- 
pédier à Auxonne, et afin que rien ne se vît, je 
fis charger tout cela à ma porte sur une voiture 
qui l'emmena à Auxonne : arrivé là, on entra la 
charrette dans la cour du collège dont on referma 



— 411 — 

les portes et personne n'y vit que du bleu. 
Tout ce petit mobilier était convenable, autant 
sous le rapport du style que sous celui de Tusage, 
mais j aurais voulu avoir quelque chose pour 
dissimuler un peu la nudité des murs de la cham- 
bre, quelques tableaux par exemple : je ne pus 
rien trouver que les Adieux de Fontainebleau ou 
la Veille d'AusterlitZy mais ce n'était pas là le 
cas de les utiliser. Je trouvai enfin dans une vente 
mobilière un grand baromètre qui me parut con- 
venable : j'en fis Tacquisition à un prix relative- 
ment élevé, ayant un concurrent amateur qui le 
monta et me le fit payer cher : mais je me dis, 
comme Eudoxie dans la Juive ^ quand Eléazar lui 
demande 30,000 florins pour « le joyau magni- 
fique que portait autrefois Vempereur Cons- 
tantin », je médis: qu'importe! c'est pour lui! 
et je l'emportai chez moi. Il était placé, au mo- 
ment de la vente, dans un endroit assez obscur, 
et je m'en étais rapporté, d'un peu loin, au style 
général, mais, ô fatalité! chez moi, en l'examinant 
je découvris dans Tornementation l'Aigle im- 
périal au-dessus de deux drapeaux tricolores... 
j'étais volé... Que faire? Jamais je n'aurais pu 
revendre mon baromètre sans perte : enfin, après 
avoir bien examiné la chose, je ne trouvai qu'un 
seul moyen de vaincre la difficulté, c'était de la 
trancher, et m'armant d'une scie, j'opérai une et 
même deux sections, j'enlevai aigle et drapeaux, 



-^ 412 — 

et en rapprochant les deux parties, tout fut pour 
le mieux dans le meilleur des baromètres possible : 
personne ne s'aperçut de rien. Il en fut de même 
pour une pelle et unepincette de foyer, auxquelles 
j'avais ajusté de belles boules en cuivre, du plus 
pur style rococo ; j'avais découvert sur la pelle le 
nom du fabricant avec l'indication : Breveté S. G. 
D.G., mais avec la lime et le marteau j'eus bien 
vite fait disparaître Tacte de naissance de mes 
armes à feu. 

Comme je Tai dit, une charrette avait tout em- 
porté à Auxonne. Je m'y rendis moi-même par 
le chemin de fer, emmenant, pour m'aider, un de 
mes ouvriers que j'avais mis dans la confidence. 
Aussitôt que la voiture fut arrivée, nous nous 
mîmes en devoir de tout déballer et de tout ins- 
taller à sa place; notre vieux voiturier nous 
regardait travailler et lorsque la majeure partie 
du mobilier fut au grand jour, il ne put s'em- 
pêcher de témoigner son étonnement en voyant 
que tout ce que nous déballions était très simple 
et très modeste : il nous dit : « Je croyais que 
j'allais voir des choses merveilleuses, mais ce 
n'était vraiment pas la peine de prendre d'aussi 
grandes précautions pour des meubles aussi 
simples. » Mon ouvrier lui dit : « Ne faites pas fi 
de la simplicité de ces meubles, et n'en parlez pas 
avec autant de dédain ; si vous saviez ce que cela 
est, d'où cela vient, et à qui cela a servi, vous 



— 413 — 

n'en parleriez qu avec le plus grand respect. » 
— « Qu'est-ce que cela veut donc dire, «demanda 
ce brave homme. Nous lui répondîmes : — « Sa- 
vez- vous lire? » — « Oh ! je le crois bien, j'ai été 
caporal. » — « Eh bien, descendez dans la rue, 
et vous lirez rinscrip lion qui est placée au-dessus 
de ces deux fenêtres. » 

Il descendit, et un instant après, nous le 
vîmes rentrer dans la chambre tout effaré, pâle, 
ému en disant : « Mais... mais c'est ici qu'a logé 
l'empereur.» On lui répondit : « Mais oui, et ces 
meubles sont ceux qui lui ont servi, qu'on avait 
conservés et qu'on va remettre à chacune des 
places qu'ils occupaient, quand l'empereur, qui 
n'était alors que simple lieutenant d'artillerie, a 
habité cette chambre en 1790 et 1791. » 

Alors ce pauvre vieux, qui était lui-même un 
vieux de la vieille, se laissa tomber tout troublé 
sur une chaise aux trois quarts dépaillée, en 
disant d'une voix émue: « Comment ! c'est ici 
qu'il a logé, mon empereur... Mon empereur a 
couché dans le lit que voilà, il a regardé par ces 
fenêtres, il s'est assis sur la chaise, sur laquelle 
je suis moi-même assis. Gré mille bombes ! si j'a- 
vais su cela, si vous me Taviez dit, j'aurais mis 
ma médaille de Sainte-Hélène. Ah ! nom d'une 
pipe ! » Et il demeura un moment comme altéré. 

Noas continuions notre besogne, quand mon 
compagnon me dit tout bas : « Regardez donc 

32 



— ill — 

le vieux. »> En effet il était comme anéanti ; sans 
qu'il s'en doultit, nous le vîmes arracher quel- 
ques morceaux de paille, d'après le dessous de 
sa chaise ; il les enveloppa avec soin dans un 
morceau de papier, les mit furtivement dans la 
poche de son gilet, et ne prononça plus un seul 
mol. 

Noire travail achevé, nous revînmes à Dijon, 
et plus tard, je vis, chez le bon vieux, le petit dé- 
bris de paille dans un cadre, accroché sur le 
mur, au-dessus de sa commode, à côté de son 
congé de libération et auprès de sa médaille de 
Sainte-Hélène. 

Pendant que celte chambre a été installée 
comme nous l'avions fait, j'ai eu plusieurs oc- 
casions (l'aller à Auxonne, et je n'ai jamais 
manqué d'aller visiter la chambre de Napoléon, et 
chaque fois, j'avais le plus grand plaisir à me faire 
faire une explication détaillée de tout ce que 
cette chambre contenait. J'y suis allé, une fois, 
entre au très avec mon frère, de passage à Dijon, 
el qui, au courant de la chose, s'en est bien 
amusé. 

Il faut aussi que je dise que, depuis le jour où 
j'eus à faire cette fourniture de meubles, j'ai, 
comme on dit vulgairement, monté une scie à 
iiion frère : je ne manquais pas, quand je lui 
écrivais, d'ajouter, après ma signature, ces mots : 
Fournisseur de Sa Majesté Napoléon premier. 



— 415 — 

Il me demandait ce que cela voulait dire, je ne 
répondais pas davantage et je m'obstinais à 
signer: J. Dietsch, fournisseur de Napoléon pre- 
mier. Il m'écrivait : « Qu'est-ce que cela veut 
dire? il n'est pas possible que tu aies été le four- 
nisseur de Napoléon premier, puisque tu n'étais 
pas né alors qu'il régnait, que veux-tu donc 
dire ? Si c'est une farce, explique-la-moi, pour 
que j'en puisse rire, » et... je ne répondais à 
toutes ses questions qu'en continuant de signer : 
J. Dietsch, fournisseur de Napoléon premier. 

Dans mes différentes visites à la fameuse 
chambre, j'avais remarqué que les rideaux de 
soie que j'avais placés aux fenêtres étaient en 
loques et qu'une grande partie avait disparu : il 
en manquait plus de la moitié : j'en fis la re- 
marque au gardien qui servait de cicérone; ilme 
répondit qu'il voj^ait souvent des visiteurs en 
déchirer des petites parties et les emporter. 

Cette chambre historique demeura à peu près 
dans l'étal où je Ta vais installée jusqu'à la guerre 
de 1870. Après Sedan et le Quatre-Septembre, 
on la démeubla et j'ignore ce qu'est devenu tout 
ce qu'elle contenait (1). La statue est restée à 



(I) On conserve à la mairie d'Auxonne un lit laqué en blanc 
avec son baldaquin; iine petite commode Louis XV en marqueterie 
avec marbre et cuivres : deux petits fauteuils Louis XV recouverts 
en cuir vert ; deux chaises Louis XVI : une encoignure, un baro- 



— 416 — 

sa place ; on a seulement fait disparaître les aigles 
impériales qui ornaient les angles du pié- 
destal (l). 

Dans la chambre, outre les meubles que j'avais 
fournis, on avait placé une copie du portrait en 
pied de l'empereur Napoléon III d'après Flan- 
drin (2), une vieille commode à deux tiroirs et 

mètre Louis XVI en bols doré; une petite commode Louis XV en 
bois doré avec marbre. 

Tous ces objets se retrouvent sur la facture de M. Dietschà Tex- 
ception des deux chaises Louis XVI et avec cette différence que la 
console était peinte et non dorée, et que les fauteuils vendus étaient 
recouverts en velours vert : en réalité il y a quatre fauteuils aussi 
peu authentiques les uns que les autres. 

Les rideaux et la paillasse ont été égarés, lors d'une convocation 
de réservistes cantonnés au collège, le Maire, M. Gaillard, ayant 
mis ces objets à leur disposition. 

(1) Quatre aigles impériales rehaussaient à ses quatre angles la 
portion supérieure du cippe ; elles étaient debout sur les quatre 
consoles qui se raccordent avec le couronnement et s'unissaient 
entre elles par une guirlande. 

Enlevées en 1870, elles furent vendues aux enchères publiques, 
le 14 lévrier 1879, à un marchand de chiiïons d'Auxonne, moyen- 
nant 230 francs: elles pesaient !228 kilogrammes. 

La statue de Bonaparte faillit avoir le môme sort : à la séance du 
31 décembre 1870, un conseiller municipal, pensant qu'il fallait à 
tout jamais détruire l'image de celui qui avait fondé la dynastie 
napoléonienne, émit la proposition « que la statue érigée sur la 
place d'Armes, en mémoire du séjour de Napoléon 1" à Auxonne, 
soit enlevée de son piédestal, qui serait provisoirement conservé, et 
que le bronze à on provenir soit employée fondre des canons qui 
porteraient le nom de la ville d'Auxonne »». 

Après une discussion assez vive, cette sotte proposition fut heu- 
reusement rejetée; l'œuvre de JoulFroy fut sauvée. 

(2) Cette copie faite par Jacquesonde la Ghevreuso est conservée 
au Mu>ée (ii*» 170). 



— 417 — 

une table carrée en chêne très grossier, ainsi que 
deux vieilles chaises (c'est sur Tune d'elles que 
s'était assis le voiturier). Ces quatre derniers 
meubles, d'après la tradition locale, avaient réel- 
lement fait partie de Tameublement de Bonaparte 
lorsqu'il logeait aux casernes, et qui avaient été 
religieusement conservés par les demoiselles Ga- 
vet qui les tenaient de leur père, ancien fripier à 
Auxonne (1). Il y avait encore une paire de che- 
nets en fonte, un compas, une équerre en bois sur 
laquelle on lisait ces mots écrits à l'encre et d'une 
écriture qui paraissait bien être celle bien connue 



(4) Lorsqu'on vendit l'ameublement autrefois fourni parla ville 
pour les casernes, M. Gavet, fripier, fit l'acquisition d'une partie 
des objets mis en vente, et il avait indiqué dans ses notes que ces 
meubles provenaient de la chambre de Napoléon Bonaparte. 

Ses filles conservaient avec soin la commode et la table dont 
parle M. Dietsch^ ainsi que les chenôts en fonte. 

A la mort de M^e Gavet, décédée à Auxonne le 9 janvier 4 895, 
à l'âge de 84 ans, son neveu par alliance M. le lieutenant Moutil- 
lard fit don au Musée de l'armée d'une table et de deux chaises 
provenant de la succession de sa tante. 

La table est probablement celle dont parle M. Dietsch, mais les 
chaises sont-elles les mêmes ; on peut en douter puisqu'il dit dans son 
récit que c'est sur l'une d'elles que s'est assis le voiturier et dont 
il a arraché un petit morceau de paille, tandis que les deux chaises 
données au Musée sont entièrement en bois, comme on peut le voir 
par le dessin reproduit dans VlUustrationj en juillet 1897. 

Les pièces relatives à ces meubles donnés par M. Moutillard,. 
aujourd'hui capitame-adjudant major au 135* régiment d'infanterie^^ 
sont rapportées aux pièces justificatives. 



— 420 — 

Pour terminer, voici la copie exacte de ma 
facture, telle que je la retrouve sur mon ancien 
livre de comptes, page 28o. 

Doit : lu ville d'Atixonne. 

4864. 

31 janvier. I bois de lit blanc à colonnes et roulettes . . 40 fr. 

I paillasse pleine 12 fr. 

1 matelas en crin d'Afrique 20 fr. 

4 traversin — 4 fr. 

4 tour de lit et sa courte pointe en coton, fond 

blanc, broché 80 fr. 

4 baldaquin et sa garniture 42 fr. 

4 table de nuit ancienne 4 fr. 

2 fauteuils peints recouverts en velours vert. . 24 fr. 
4 bureau en bois de rose avec cuivres ... 35 fr. 

4 glace cassée, à fronton 48 fr. 

4 baromètre doré 25 fr. 

4 console peinte avec dessus de marbre ... 35 fr. 

4 encoignure cirée 35 fr. 



A reporter .... 344 fr. 



nette d'approche de poche (no 214), qu'il porta lui-môme en 
Afrique, à Anvers, à Rome, en Lombardie, et qui avait servi à 
Napoléon I" dans ses dernières campagnes. 

Le Musée possède encore une pelote en soie brochée de 40 cen- 
timètres que Napoléon avait donnée comme étrennes à M""* Pillon 
d'Arquesbouville, la femme du directeur d'artillerie (no 479 du ca- 
talogue). 

Un portefeuille en soie brochée doublée de soie rose donné à la 
femme du commissaire des guerres xMme Naudin (no 180 du cata- 
logue). 

Une fiche de jeu en ivoire sur laquelle Napoléon avait écrit le 
nom de Manesca (n<» 181 ducatalogue). 

Un fleuret lui ayant appparlenu et laissé par lui dans son cabinet 
de la rue Vauban (n» 172 du catalogue). 



— 421 — 

Report. . . 344 fr. 
4 rideaux en soie verte avec les embrasses . . 50 fr. 

2 triangles, 4 supports, 4 pitons 5 fr. 

1 petite commode Louis XV avec dessus de 

marbre et garnitures de cuivre 85 fr. 

4 paire de gros chenôts cuivre 1 8 fr. 

^ pelle, 4 pincette à boules cuivre 6 fr. 

\ paire de flambeaux anciens 45 fr. 

4 vieille chaise en bois 3 fr. 

Transport, voyage et pose 35 fr. 

Total "56? fr. 

De laquelle somme j'ai été payé (moins 2 fr.) le 45 décembre 
1864 (4). - 

J. DlETSCH. 

Depuis que j'ai écrit ces lignes, j'ai eu roccasion 
de visiter le château de Fontainebleau que j'avais 
visité déjà vers 1852. On m'a, naturellement, 

(4) Auxonne, le 25 octobre 4864. 
Monsieur, 
J'ai rhonneur de vous informer que je tiens à votre disposition la 
somme de 559,50 représentant le chiffre des fournitures que vous 
ayez faites à la ville pour la chambre Bonaparte. 

Quoique votre mémoire s'élève au total à 561 fr. il y a eu né- 
cessité de le réduire à 559,50, car le crédit que j'avais à ma dis- 
position n'était que de cette dernière somme. 

Veuillez, Monsieur, me faire connaître comment vous entendez 
entrer en possession de ces 559,50. 

Si vous chargiez une personne de votre connaissance de se pré- 
senter près de moi, je vous prie de lui remettre une autorisation 
écrite sur laquelle vous voudrez bien apposer votre cachet. 

Votre très humble serviteur, 
Signé : Bernabd, 
Secrétaire en chef de la mairie d'Auxonne. 
Adresse : M. Dietsch-Favotte, négociant, rue Verrerie, 9, à Dijon, 
Gôte-d'Or. 



- 422 — 

montré le guéridon sur lequel Napoléon P^ avait 
signé son abdication, en 1814, mais j'ai remarqué 
que ce meuble qui, en 1832, était en bois de 
cerisier (je suis très certain de cela), était cette 
fois en bois d'acajou. 

C'est une réminiscence de TafiFaire de la canne 
à Voltaire. 

Et voilà comment on écrit Thistoire ! Néan- 
moins, on parlera de sa gloire sous le chaume 
bien longtemps nonobstant. 

J. DiETSGH (1). 



(4) Joseph Dietsch, né à Dijon le 40 novembre 4818^ mourut en 
la môme ville le 3 septembre 4890. 

Il était fils de Jean-Gothold Dietsch^ originaire d'Âpolda, province 
de Saxe, et de Jeanne Bachellier. 

Son père venu à Dijon en i806 s'y était marié etexerçaitla pro- 
fession de fabricant de bas. 

Frère de Louis Dietsch, le compositeur chef d'orchestre à l'Opéra, 
Joseph Dielsch, d'abord facteur d'orgues, fit ensuite le commerce 
des meubles à Dijon. 

Il s'intéressait beaucoup à l'histoire de sa ville natale et avait 
réuni des notes surSainl-Médard et sur l'histoire des orgues di- 
jonnaises et spécialement sur celles de Saint- Bénigne et de la 
Sainte-Chapelle. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



Le Président de la République française, sur la proposi- 
tion du Ministre de l'Intérieur ; 

Vu l'ordonnance du 10 juillet 1816, 

Décrète : 
Article l®^ — Est approuvée la délibération en date du 22 
mai 1895 par laquelle le conseil municipal d'Auxonne 
(Côte-d'Or) a attribué à une voie publique de celte ville la 
dénomination de Prieur de la Côte-d'Or, 

Article 2. — Le Ministre de l'Intérieur est chargé de 
l'exécution du présent décret. 

Fait à Paris le 18 juin 1895. 

Signé : Félix Faure. 
Par le Président delà République: 

Le Ministre de V Intérieur, 

Signé : G. Leygues. 



Le Président de la République française, sur le rapport 
du Ministre de l'tnstruction publique, des Beaux-Arts et des 
Cultes; 

Vu le vœu émis par le Conseil municipal d'Auxonne ; 

Vu la délibération du Conseil académique de Dijon, 
Décrète : 

Article i®^ — Le collège d'Auxonrie prendra désormais 
le nom de Prieur de la Côle-d'Or, 

Article 2. — Le Ministre de l'Instruction publique, des 



— 424 — 

Beaux- Arts et des Cultes est chargé de l'exécution du présent 
décret. 

Fait au Havre, le 9 août 1895. 

Signé : Félix Faure. 
Par le Président de la République : 

Le Ministre de l'Instruction publique 
des Beaux-Arts et des Cultes, 
Signé : Poincaré. 



Attestation 

Les soussignés déclarent et attestent que M"<> Françoise 
Gavet^ en son vivant propriétaire à Auxonne, où elle est 
décédée, le 9 janvier 1895, à Tâge de 84 ans, avait en sa pos- 
session différents objets ayant appartenu à Napoléon I^' 
et provenant de Tépoque où il suivait les cours de l'Ecole 
d*artillerie d'Auxonne et notamment une table et des chaises. 
M"e Gavet a laissé pour seule héritière M"® Adrienne- 
Jeanne-Marguerite Oudry, sa nièce, épouse de M. Victor 
Moutillard, lieutenant aux sapeurs-pompiers de la ville de 
Paris. 

Fait à Auxonne, le 10 février 1897. 

Signé : 
SiDO, notaire, Chenu, négociant. 
Lerat, architecte ; Grapin, 
huissier ; Paperet, préposé en 
chef de Toctroi. 
Vu par nous, maire de la ville d'Auxonne, pour la légali- 
sation de la signature de MM. Sido, Chenut, Lerat, Paperet 
et Grapin. 

Auxonne, le 14 février 1897. 

Le Maire. 



425 — 



Déclaration 



Don fait à M. le général Billot, Ministre de la guerre, pour 
le Musée historique de Tarmée, d'une table et deux chaises 
par M. le lieutenant et M*"® Moutillard, née Oudry. 

Cette table et ces deux chaises ont appartenu à Bonaparte 
quand il était lieutenant d'artillerie à Auxonne. 

La barre transversale a été sciée par lui-même parce 
qu'elle le gênait. 

' Ces meubles ont été achetés par la famille Gavet, d'Au- 
xonne, arrière-grands-parents de M"^® Moutillard, qui les 
avait acquis en même temps que différents autres objets 
ayant appartenu aussi à Bonaparte et que les descendants 
gardent religieusement. 

Ces meubles ont été exposés par M"e Gavet, fille des 
personnes énoncées ci- des^sus, au musée d' Auxonne, d'où 
elle les retira. 

Gi-joinl la carte du musée d' Auxonne. 
Fait à Paris, le 11 février 1897. 

Signé : Lieutenant Moutillard. 
COPIE DE LA CARTE 



CHAISE 

PROVENANT DE LA CHAMBRE OCCUPEE PAR 

LE LIEUTENANT BONAPARTE 

A LA CASERNE 

(pavillon DE ville) 



— 426 — 

Palais des Tuileries, le 20 mars 4864. 

Monsieur le Maire, 

En réponse à la lettre que vous m'avez écrite le 21 février, 
j'ai l'honneur de vous faire savoir qu'après avoir pris les 
ordres de S. M. l'Empereur, je suis autorisé à envoyer pour 
le collège Bonaparte d'Auxonne une petite table ou fauteuil 
pliant et une chaise qui ont appartenu à Napoléon I" et 
qui ont fait partie de son mobilier de campement penda^it 
les dernières années du premier empire. 

Cesobjets sont au camp de Châlons, au quartier général de 
l'Empereur : ils y ont été portés par ordre de S. M. et pour 
son usage particulier : l'Empereur veut bien s'en séparer. 

La nécessité de faire prendre des informations certaines 
relativement aux objets ayant réellement appartenu à Na- 
poléon P' et n'ayant subi aucune modification ou trans- 
formation, vous expliquera le retard que j'ai mis à vous 
répondre. 

Il n'y a vraiment que les meubles dont je vous annonce le 
prochain envoi qui soient d'une authenticité incontestable. 

Vous recevrez ces objets par l'intermédiaire et les soins de 
M. Williamson, administrateur du mobilier delà couronne. 

Agréez, Monsieur le Maire, toutes mes salutations. 

Signé : Le Maréchal Vaillant. 



Hôtel du garde-meuble, le 24 mars \ 864. 

Monsieur le Maire, 

J'ai l'honneur de vous informer que, conformément aux 
onlros de S. E. le Maréchal de France, Ministre de la Maison 
deTEmpereiir et des l]eaux-Arts, je fais expédier par chemin 
de fer les objets ayant servi au campement de l'Empereur 



— 427 — 

Napoléon I", que S. M. TEmpereur a daigné donner à la 
ville d'Auxonne, savoir : 

Une table ; 

Un fauteuil pliant ; 

Un tabouret pliant. 

S. E. avait été induite en erreur en désignant le 3® article 
sous le nom de chaise : il n'existait pas de chaise dans le 
matériel de campement de Napoléon 1". 

Je vous serai obligé de m*adresser récépissé desdits ob- 
jets qui devront parvenir franco de tous frais à la mairie 
d'Auxonne. 

Agréez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considéra- 
tion très distinguée. 

L'administrateur du mobilier de la Couronne, 

Signé : Williamson. 

Ces trois objets donnés au musée sont arrivés quelques 
jours après, comme le prouve la lettre suivante : 



Auxonne, le 27 mars 186i. 

Monsieur le Préfet, 

J'ai l'honneur de vous envoyer en communication les deux 
adresses que le Conseil municipal de notre ville a faites, 
l'une à S. M. l'Empereur, l'autre à S. E. M. le maréchal 
Vaillant, afin de les remercier du cadeau précieux qu'ils 
ont bien voulu faire au musée Napoléonien établi dans une 
des salles du Collège Bonaparte, dans la chambre même qu'a 
habitée le grand Empereur lors de son séjour dans notre 
ville. 

Je vous prie, Monsieur le Préfet, de vouloir bien faire 



— 428 - 

parvenir ces deux lettres à leur destination, à moins que 
vous n'ayez quelques observations à faire sur leur contenu ; 
dans ce cas, sur Tavis que vous m'en donnerez, je m'em- 
presserai de faire les modifications qui vous paraîtraient 
utiles. 
Je suis.... etc. 

Signé : Le Maire, 
Phal-Blando 

N. B. Si vous n'y voyez point d'inconvénient, je vous prie. 
Monsieur le Préfet, d'adresser les deux pièces à M. le Ma- 
réchal Vaillant, en priant S. E. de vouloir bien remettre lui- 
même. à l'Empereur celle qui lui est adressée. 



A L EMPEREUR 

Sire, 

Sur le désir respectueux qui lui en a été transmis de la 
part de Tadministration municipale d'Auxonne, par notre 
illustre compatriote, M. le maréchal Vaillant, V. M. a daigné 
nous accorder^ pour le musée Napoléonien du collège Bona- 
parte, divers meubles ayant appartenu à l'empereur Na- 
poléon l®*". 

Profondément touchés de l'empressement et de l'excessive 
bonté avec lesquels Votre Majesté a bien voulu faire à notre 
ville ce précieux cadeau, au nom des habitants, nous venons, 
membres du conseil municipal, déposer à vos pieds l'ex- 
pression de la vive reconnaissance dont nous sommes 
pénétrés. 

Nous ne craignons pas de répéter hautement, Sire, 
Auxonne est une ville toute Napoléonienne. 

A travers les événements qui se sont succédés, depuis trois 
quarts de siècle, elle n'a cessé d'en donner les preuves. . 



— 429 — 

Il y a quelques années à peine elle mettait à exécution 
un projet qu'elle nourrissait depuis plus de trente ans, en 
élevant sur sa place municipale une statue au fondateur de 
votre dynastie. 

De son côté la ville d'Auxonne, dans des circonstances 
importantes pour elle, a déjà éprouvé les bienfaits de la 
puissante protection de celte même dynastie. 

C'est ainsi que Napoléon P»" alors qu'il n'était que 
premier consul, fit rendre aux Auxonnais leurs établis- 
sements militaires dont une ville rivale les avait dépouillés, 
et que tout récemment Votre Majesté vient de faire le même 
acte de justice en rétablissant l'école d'artillerie qu'ils sont 
si fiers de posséder de nouveau. 

Les Auxonnais, Sire, n'ont pas perdu la mémoire de ces 
bienfaits. Ils n'oublieront jamais, non plus, la nouvelle 
preuve d'inlérêt que Votre Majesté vient de leur donner en 
leur faisant un don qui aura pour eux d'autant plus de prix 
qu'indépendamment de ce que les meubles qui en font 
l'objet ont appartenu au grand empereur, ils savent qu'ils 
ont servi aussi à l'usage personnel de Votre Majesté. 

Puisse le ciel. Sire, vous donner, ainsi qu'à notre bonne 
Impératrice de très longs jours afin que notre jeune Prince, 
élevé à votre école, continue à faire après vous le bonheur 
et la gloire de la France. 

Nous sommes et serons toujours de Votre Majesté, Sire, 
les très humbles et très fidèles sujets. 

A M. LE MARÉCHAL VAILLANT 

Monsieur le Maréchal, 
M. le Maire vient de nous faire part de l'empressement 
gracieux que vous avez bien voulu mettre à nous obtenir de 
la part de S. M. pour notre collège Bonaparte quelques 
meubles ayant appartenu à l'empereur Napoléon P^. 

33 



-. 430 — 

Le conseil municipal sait que c*esl en grande partie à 
votre influence que nous devons ce précieux cadeau, et il 
vient vous en témoigner sa profonde reconnaissance. 

Veuillez, Monsieur le Maréchal, nous conserver la faveur 
de vos bonnes dispositions et recevoir l'expression du res- 
pectueux dévouement de vos bien dévoués serviteurs. 



TABLE DES MÂTIÈHES 



Liste des membres de la société v 

Actes de la société. — Extraits des procès-verbaux, xxxii 

Les Beaujeu de Franche-Comté, dans le Duché de 
Bourgog-ne, l'Auxerrois, la Champagne, etc., par 
M. le D«- J. Bertin (suite et fin) 1 

Elog^e historique de Pierre-Joseph-Antoine, ing*é- 
nieur en chef de la province de Bourgogne, par 
Cl.-X. GirauU, publié par M. A. Cornereau . . 95 

La grêle de l'année 1902 dans le département de la 

Cotc-d'Or, par M. Charles Mocquery .... 143 

La grêle de Tannée 1903 dans le département de la 
Côte-d'Or, par M. Charles Mocquery .... 195 

Un voyage en Espagne (avril 1903), par M. le vi- 
comte d'Avout 233 

Le climat de Dijon, Observations météorologiques, 

par M. Charles Mocquery 375 

Une supercherie de l'histoire d'Auxonnc : la cham- 
bre de Bonaparte, par M. A. Cornereau . . . 399 



pIJO,\. — IMP. DAKANTIEUB. 



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