(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Mémoires de la Société Historique et Littéraire de Tournai, Volume 8"

This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It bas survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 

at http : //books . google . com/| 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOO^IC 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



OB LA 



SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 



DB 



TmMJUHJkh 



Digitized by VjOOQIC 



" ' * V» 



Digitized by VjOOQIC 



MÉMOIRES 



DE LA 



SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET UTTÉRAIRE 



DE 



TOII i. 



TOVmXAly 

HALO CT LEVASSBUR. IMPRIMEURS DE LA SOCIÉTÉ. 
SBPTEIIIIRB 1863. 



Digitized by VjOOQIC 



ù^j^esr-^Xj 



Harvard Ooliege Library 
May 25, 1920 
J.A.LoweU Fooa 



Digitized by VjOOQIC 



EXTBAITS 

DES 

ANCIENS REGISTRES AUX DÉUBÉRAHONS 
DES CONSAUX 

Registre commençant le 13 octobre 4422 et finissant au 
5 juin 1425. (1) 



i5 octobre 1422. — On voit que Willaume Gathine, 
procureur général de Tournai, a quitté furtivement cette 
ville. On suppose qu'il est allé à Lille pour se plaindre 
à M' Hues de Lannoy de certaines personnes de Tournai. 

15 octobre 1422. — Se sont assemblés dans l'après- 
midi Philippe de Bourghielle, Jean Martin, Jean Gavet, 
Lotard de Willeries , Pierre de Nouveauville , Jean 
Piétard, Sohier Grool, Jean Autoupet et autres jusqu'au 
nombre de quinze. Il leiir est ordonné de dresser un 
rapport écrit des griefs qu'ils font peser sur Willaume 
Gathine et qui leur ont fait dire qu'il était indigne 
de faire encore partie du conseil de la ville , comme 



(1) Nous a?0DS indiqué par un P les extraits tirés des registres des 
publications. 

■EH. T. VIU. 1 



Digitized by VjOOQIC 



— 6 — 

de la servir plus longtemps. — Ils répondent que le 
lendemain ils remettront le rapport qui leur est deman- 
dé ; ils nomment dans leur sein une commission de 
quatre membres pour ouïr les témoins à citer et pour-- 
suivre ta besogne. — De leur cÀtë , les consaux dési- 
gnent, pour informer dans cette mémea£Faire, sire Marc 
Villain , Jean Thiebegot , M* Gilles de Grigny et de 
Haluin, auxquels de pleins pouvoirs sont accordés pour 
arriver 2i connaître la vérité. 

19 octobre 1422. — Les consaux se sont réunis pour 
délibérer sur le contenu des lettres envoyées par le 
magistrat de Gand et les quatre membres de Flan- 
dres (i). Il est résolu de Convoquer pour le lendemain le 
bailli, les gens du roi, des membres du chapitre et un 
certain nombre des plus notables de la ville; en outre, 
H** Gilles de Grigny et Jean Daubi , conseillers de la 
ville, sont chargés de faire immédiatement un rapport 
sur les faits mentionnés dans ces lettres. 

<( Le merquedi xxj* jour dudit mois d'octobre Tan 
» mil cccc vingt et deux , au point du jour , ala le 
» roi Charles, nostre souverain seigneur, de vie à tres- 
t pas, par le plaisir de Dieu qui lui face pardon k 
> rflme. n (2) 



(1) Ùesleitres» reçues la veille, étalent adressées au bailli, aax gens 
d^glise, aux consaux et aax goeterneors de Tournai {eompu de 
1493-1433). La messager qui les apporta rèçttt un écu d'or. 

(2) Ces quelques lignes ont été placées ^ cet endroit du registre 
pour utiliser un espace qui y était resté eu blanc, ear il appert du 
compte de i433-i423 que c'est seulement le 4 novembre que les 
eonsanz ont reçu des membres ûm gtaië coDsefl de France les lettres 
annonçant la mort do roi.- 



Digitized by VjOOQIC 



— 7 ^ 

20 octobre I4S9. -^ Conformément à la résolution 
prise U yeille, le beilli, son lieutenant, le doyen, qua- 
tre chanoines, Tayocat, le procureur du roi, plusieurs 
notables et grande quantité des gens de la ville sont 
assemblés en la halle du conseil. Il leur est donné lee- 
ture des lettres des quatre membres de Flandres, lettres 
qui ont surtout trait aux points suivants : 

1* L'exil des séditieux et des personnes du parti des 
Guise qui ont un refuge à Tournai , bien qu'ils soient 
ennemis du due de Bourgogne; 

S"* La punition de ceux qui ont calomnié et injurié 
ce même prince ; 

5** La mise en liberté de Hues Lami qui devra être 
réintégré dans ses biens et obtenir des dommages-in- 
térêts. 

Les gens du roi, messieurs du chapitre et les délé- 
gués de la commune, après s'être retirés, chaque corps 
séparément, foni part aux consaux du résultat de leurs 
délibérations (i). Aucune résolution n'est prise ee jour- 
là, mais le lendemain, à la suite de deux autres réu- 
nions , il est convenu qu'il sera envoyé à Gand une 
yiota6/e amôa^Mcie composée de délégués des quatre col- 
lèges des consaux. Les jurés désignent sire Caron Des- 



(1) La réponse faite par les membres du chapitre portail que les 
Ceflrei ne i'adretsaient point à eux , » néanmoins, pour ce qu'ils 
» cstolenl iMnans et habitans de fa ?îllei y atolent le leur et liors 
» biens» ils la vouloient bien et loyalement coaselUer ; et vu que les 
» gens du roi a voient poar ceste besogne élu d'entre eax les bailli, 
» avocat et procureur, ils le raporteroieat en cbapitre pour élire, 
9 si bon leur sembloit. o La note de la page précédente, tirée du 
compte de 142^-1429» dit cependant que cas lettres étaieal également 
adressées aux gens d'église. Comment expliquer cette contradiction? 



Digitized by VjOOQIC 



^' 



— 8 — 

trayelles , M« Jeao Descamps et M« Jean Daubi ; les 
échevins , sire Jean Wettin et Simon de St-Genois ; 
les éwardeurs, Rogier de Glermés et lesdits Descamps et 
Daubi ; enfin les bourgeois et notables, Jacques le Lou- 
chier et, en cas de besoin, Jacques du Mortier (1). 
Parmi ces députés, il est décidé que Descamps, Daubi, 
d'Ëstrayelles et de Glermés partiront d'abord pour 
Arras , afin de s'entretenir avec l'évéque de Tournai 
qui s'y trouve. Ils lui communiqueront les lettres qui 
motivent leur mission à Gand et prieront le prélat 
de leur ouvrir sou conseil en cette circonstance. Us 
lui feront part de la fuite de Willaume Gatbine et de 
la situation dans laquelle il a laissé ses affaires. 

25 octobre 1422. — Jean Thiebegot et Jean de 
Quarmont sont chargés de faire information contre 
Willaume Honnourré, Friolet et Mottois, barbieur, ac- 
cusés des propos les plus diffamatoires sur le duc de 
Bourgogne. 

26 octobre ikM. — Rogier de Glermés, Jean Daubi 
et JeanT Descamps font rapport aux consaux du résultat 
de leur démarche auprès de l'évéque de Tournai , à 
Arras. — Les frais des quatre journées de voyage sont 
fixés pour chacun d'eux à 15 s. par cheval. Les deux 
premiers rentreront sans retard dans leurs déboursés ; 
quant a Jean Descamps , il sera désintéressé avec les 
autres députés qui vont à Gand, après qu'ils auront ter- 
miné leur mission, 

— Résolu d'écrire a Paris pour savoir si le parlement 
se tiendra et s'il faudra s'y rendre. 



(i) Ce dernier ne fit point partie de l'ambassade. 



Digitized by VjOOQIC 



— — 

27 octobre 1423. — Il est défendu , jusqu'à la Noël, 
de se servir dans les noces de trompettes ou d'autres 
iustruments de ce genre. 

4 novembre i4ââ. — Maitre Jean Bailli écrit aux 
consaux que, depuis la mort du roi, le chancelier et 
les conseillers de la couronne gouvernent le royaume. 

— A titre de secours et aussi pour couvrir leurs 
dépenses, il est accordé 20 s. et deux rasières de pain 
aux paroissiens de S^-Brice qui se proposent de faire 
célébrer un service funèbre en souvenir du roi. (1) 

— Les consaux prennent commuiiication de plusieurs 
lettres émanant de M. de Moy, du prévôt des mar- 
chands, des bourgeois et habitants de Paris, du chan- 
celier et d'autres personnages du conseil de France. — 
Réponse sera faite k M. de Moy. 

Le dimanche 8 novembre 1422 , les députés qui 
avaient été envoyés à Gand rendent compte , en la 
halle, de la réponse qu'ils ont faite aux quatre membres 
de Flandres, au sujet des lettres que ceux-ci avaient 
adressées dernièrement aux consaux de Tournai. Les 
quatre membres de Flandres ont déclaré formellement 
vouloir savoir si la ville de Tournai veut tenir le 
Dauphin pour Roi , et si , dans l'affirmative , elle lui 
prêtera une entière obéissance; ou bien, ont-ils ajouté, 
restera-t-elle neutre, comme cela s'est déjà vu ? 



(1) Le lendemaÎD, jour du service, les consaux firent en entre 
présent à Metsieurs de S^-Briee de seize lou de vin de Rhin 
{eompU de 1422-1423.) 



Digitized by VjOOQIC 



— iO - 

Les mêmes députés, appelés le mardi suivant à s'ex- 
pliquer de nouveau sur leur mission pardevant les plus 
notables de lu ville réunis aux consaux, font le même 
rapport. En conséquence, les plus notables, les consaux, 
les éwardeurs et les six élus choisissent respeetivement 
un certain nombre de personnes, pour aviser aux moyens 
à employer. 

17 novembre 1422. — Il est ordonné aux habitants 
de se pourvoir de blé. Dans chaque paroisse, un juré 
et un sergent passeront une visite des greniers pour 
s'assurer de l'état des approvisionnements. 

— Les monnayeurs sont astreints à faire le guet ; 
quant aux gens d'église, on examinera avec le chapitre 
s'il y a lieu de les exempter. 

25 novembre 1422. — Les consaux , réunis pour 
délibérer au sujet des lettres closes (reçues le même jour) 
du due de Bourgogne ayant pour objet Willaume 
Cathine, décident que Rogier de Clermés et M* Jean 
Daubî iront trouver le duc, ainsi que son chancelier (1). 

— Des denrées ayant été saisies an pays de Liège 
au préjudice de trois habitants de Tournai, les pré- 
nommés de Clermés et Daubi passeront à Lille pour 
se plaindre de cette confiscation à l'évéque de Liège 
que Ton suppose en ce moment en cette ville (2). 



(1) Ces députés furent de retour le 28. 

(î) L'évéque de Liège n'était pasîi LIHe, puisque Ton toit dans le 
compte déjà rlté que, le 3 décembre, tm im^ssager fot envoyé à Liège 
auprès de ce prélat et son conseil pour le fait mentionné ci-dessus. 



Digitized by VjOOQIC 



- 14 ^ 

27 novembre 4422* <— Les consaux prennent quelques 
dispositions relatives à l'arrivée éventuelle du duc de 
Brabant. — On fera présent au prince de deux poin- 
chons de vin de Beaune (4). Il sera établi une garde 
de dix hommes à la porte Coquerelle, quatre dizaines 
d'hommes d'armes ordinaires et une dizaine d'arbalétriers 
se tiendront sur le marché. Des postes seront fournis 
dans la même proportion au bourdon S^-Jacques , au 
Puits Veau et au Bruille. 

Une conférence est résolue entre les consaux et les 
doyen et chapitre, au sujet des droits que ces derniers 
demandent aux personnes qui ont vendu du vin du 
cru de S^-Brice. 

10 décembre 1422. — Une députa tion sera envoyée 
au Dauphin* Elle se composera de sire iean Wettin , 
de Liénart , des chefs des consaux , de sire Ernoul de 
Waudripont , de Quentin du Mortier , de Coppet et de 
Clermés (2). 

— Jean Larbalestrier sera payé à raison de 44 gros 
(8 s. 2 d. t.) par jour , pour un voyage qu'il a fait à 
Reims, soit pour 48 jours, 7 1. 7 s. (5) 

11 décembre 4422. — Jean de Quarmont ira à Va- 
lenciennes pour s'assurer de l'existence des personnes 
qui possèdent des rentes viagères sur la ville. 



(!) Le duc d6 Brabant arrift b Tooroai le 28 novembre ; une 
queae de vin vermeil loi fat lurésentéo au nom de la viUe. Les 
consaux, accompagnés de dooze sergents bâtonniers à cheval, se 
rendirent au-devant de ce prince {compte de 1422-1423). 

(2) Les comptes de la ville ne font aucune mention d'une dépota- 
tion envoyée au daopfaln. 

(3) Le bot de ce voyage était de savoir nouvelles de l'estat de ee 
royaume (compte précité.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 12 — 

— Mis en délibération si Wiilaume Cathine sera 
destitué de ses fonctions de procureur général. — 
Quelques membres des consaux se prononcent pour l'af&r- 
mative. 

i9 décembre 4422. — Huart Deledalle, son valet et 
Jean de Landas sont mis provisoirement en liberté, 
sous la promesse de faire restituer les objets que le 
seigneur d'Antoing (1) retient dans son château. Jacques 
Cauwelier et Jean Delebaye se portent garants pour les 
trois prénommés et s'engagent h payer 200 livrer, si, 
eudéans i 5 jours , Jean de Lespée , marchand d'Aves- 
nes, h qui appartiennent les objets confisqués, n'a pas 
obtenu pleine satisfaction. — Le 24 , Pierre de Bruge- 
lette est également mis en liberté sous caution. Il était 
accusé d'avoir coopéré à cette saisie et d'avoir voulu, 
ainsi que ses complices, s'emparer de la personne de 
Jean de Lespée , sous prétexte que ce dernier était de 
Guise. 

u 

20 décembre 1432. — Par ses lettres closes^ le duc 
de Bourgogne prie les prévôts , jurés , échevins 
et éwardeurs d'envoyer devers lui, à Lille, demain, 
au giste, une députation pour recevoir des communica- 
tions intéressant le bien du royaume et spécialement 
des marches de par deçà, et desquelles la ville doit 
avoir connaissance. Ces lettres ayant été lues dans 
l'aprés-midi aux consaux assemblés à cet effet, ceux-ci 
désignent, pour aller trouver le duc, sire Jean Wettin, 



(1) Jean de Melun, seigneur d'Antoing. 



Digitized by VjOOQIC 



— 15 — 

mayeur des échévins de Tournai ; Rogier de Glermés, 
sous-mayeui* des éwardeurs ; Jean de Leuze , juré et 
S* Jean Daubi, avocat et conseiller de la ville. 

22 décembre 1422. — Résolu d'aebeter du sel pour 
l'approvisionnement de la ville.. 

he dimanche 27 décembre 1422^ les consaux se réu- 
nissent au sujet de nouvelles lettres adressées par les 
quatre membres de Flandres et concernant Maitre Hu- 
gues Lami (1). 

— Le même jour , les députés , de retour de Lille , 
font leur rapport. Ils disent que l'évéque de Tournai , 
qui était présent, de même que le Gouverneur de Lille, 
M. de Roubaix et autres seigneurs de la suite du prince^ 
réitéra l'assurance des sentiments d'amitié que le duc 
de Bourgogne n'a cessé, ne cesse et continuera d'éprou- 
ver pour Tournai et ses habitants. 

À son tour, M** Hues de Lannoy, gouverneur de Lille, 
parlant au nom du duc de Bourgogne, s'éleva contre la 
rigueur qu'on déployait envers Willaumc Caihine qui 
avait été au service de la ville , en qualité de procu- 
reur, pendant 24 ans. La haine à laquelle il était en 
butte avait sa source dans l'accusation qu'il se serait 
montré favorable au parti du roi et du duc. Le gou- 



(1) On voit dans le compte de 1423-1425 que le contenu de ces 
lettres était de grande importance pour la ville de Tournai; le mes- 
sager qui les apporta séjourna pendant six jours ï Tliôtel de la Nef, 
aux frais de la ville, en ailend»Dt que les consaux se missent d'ac- 
eod sur la réponse quelle ^eniMit lui remettre poar les quatre mem- 
bres de Flandres. 

MiH. T. Vlii. 2 



Digitized by VjOOQIC 



- i4 — 

verneur demanda ensuite que Cathine fût maintenu dans 
son office, réintégré dans ses biens et à l'abri des pour- 
suites dont il était encore l'objet; qu'en tout état de 
choses , si Cathine ne pouvait à l'avenir occuper l'em- 
ploi qu'il avait exercé, qu'il pût au moins obtenir la ga- 
rantie de pouvoir vivre paisiblement à Tournai et être 
en même temps récompensé de ses anciens s(3rvices (1). 

Le gouverneur aborda ensuite l'affaire de Maître Hu- 
gues Lami , chanoine et bourgeois de Tournai. Piérart 
de Willeries, également bourgeois de cette ville, avait 
épié celui-ci pendant son séjour à Tournai, l'avait suivi 
k son départ et enfin avait, à l'aide de complices, opéré 
son arrestation sur le territoire de Flandres , contraire- 
ment aux franchises, privilèges, usages et coutumes du 
pays. Or , les bonnes villes et les quatre membres de 
Flandres dénoncèrenl cet attentat à leur duc et sollici- 
tèrent des lettres de marque , pour pouvoir exercer des 
représailles contre les habitants de Tournai qui se trou- 
vaient en Bourgogne , espérant que ces moyens de rigueur 
feraient relâcher Maître Lami. Le duc cependant refusa 
d'obtempérer à leur demande; il voulait auparavant en 
entretenir les Tournaisiens. Il invitait donc ces derniers 
à contraindre les proches et amis de de Willeries à ren- 
dre le prisonnier à la liberté et à lui restituer ses biens. 

Le gouverneur entretint enfin les députés d'un troi- 
sième point ayant trait à des considérations purement 
politiques. Ce pays (Tournai et le Tournaisis), dit-il, est 
le plus riche et le plus entier de tout le royaume, ses 



(1) Willaume Cathine avait épousé Marguerite Pipart, qui appar- 
tenait à l'une des familles les plus distinguées de Tournai, ils eurent 
deux enfants : 1» Marie Cathine ; â*" Gilles Cathine qui était, en 1450, 
chanoine de Laon. 



Digitized by VjOOQIC 



- iJ> — 

intérêts exigent qu'il vive en paix avec ses voisins. Il 
fit surtout ressortir les avantages de la paix et les maux 
qu'engendre la guerre. 11 énuméra les difficultés éprou- 
vées par le duc de Bourgogne depuis la mort de 
Charles YI ; la maladie dont il fut atteint empéeha le 
prince de s'occuper de ses affaires, mais sitôt son rétablis- 
sement , il avisera à de promptes mesures d'ordre. Le 
gouverneur conclut en recommandant aux députés de 
ne point tarder à donner l'assurance positive des termes 
dans lesquels les Tournaisiens voulaient vivre avec le 
duc et les gens de son pays de Flandre. 

A la fin de l'audience, le duc de Bourgogne renouve- 
la ses protestations d'amitié pour Tournai, ajoutant qu'il 
ne dépendait pas de sa volonté s'il avait à changer de 
sentiment à cet égard. Les députés tournaisiens le re- 
mercièrent et le supplièrent de vouloir tenir pour re- 
commandés et en sa bonne grâce Tournai et ses habi- 
tants. 

51 décembre 1422. — Différents avis sur les réponses 
à faire au duc de Bourgogne sont réunis sous forme 
de cédule. 0;i charge M*' Jean Daubi de soumettre 
cet exposé à l'appréciation de l'évéque Qt de se rendre 
k cet effet auprès du prélat qui se trouve en ce mo- 
ment à Lille. 

— Sur la demande faite par les officiers du bailliage 
de tenir siège à Maire, au nom du Roi à présent régnant^ 
les consaux répondent qu'il serait bon d'attendre. Ils re- 
fusent en outre de faire publier que les obligations 
passées sous le scei royal seront seules valables. 

4 janvier 1422 (1425, n. st.) — Réunion des consaux 
et des plus notables de la ville, tant des 500 que d'au- 



Digitized by VjOOQIC 



— 16 — 

ires ; lecture leur est donnée de lettres closes émanant 
du roi. 

7 janvier 1422 (1423 , n. st.) — M? Jeaa Daubi re- 
met , avec des corrections faites par Tévéque, la cédule 
mentionnée le 51 décembre. — Les chefs des consaux , 
sire Ernoul de Waudripont , Waticr Weltin , Quentin 
du Mortier , Hurtebise , Coppet et de Clermés exami- 
neront cette cédule , d'abord quant à l'esprit qui a pré- 
sidé à sa rédaction primitive, ensuite quant au sens 
qu'elle présente depuis qu'elle a été corrigée par Tévéque. 

8 janvier U22 (1425, n. st.) -*- Jean Husiel, appa^ 
rlteur, exhibe aux consaux les lettres de l'offîcial de 
Tournai portant que, pour l'injure faite à Simon Roulart 
par les nommés Robin Polie t et Jean Mantelet, ledit offi» 
cial les a condamnés à faire un voyage à St-Ântoine de 
Viennois. En signifiant cette sentence aux consaux, l'ap- 
pariteur leur fait défense de toucher aux corps et aux 
biens des condamnés..— M"* Jean Daubi , au nom des 
consaux, répond que la sentence ne peut se soutenir et 
que, du reste, il y a appel fait par le procureur de la 
ville. 

12 janvier 1422 (1425, n. st.) — La question de sa- 
voir si Willaume Cathiue sera destitué de ses fonctions 
de procureur-général est. encore soumise aux consaux. 
Les échevins s'en rapportent à la décision que prendront 
les jurés, ceux-ci et les éwardeurs se prononcent pour 
la destitution. 

— Plusieurs notables de la ville se joignent aux con- 
saux pour prendre communication des réponses qu'on 
se propose de faire au duc de Bourgogne* Les coosi- 



Digitized by VjOOQIC 



— i7 — 

sidérations qu'elles embrassent sur plusieurs points sont 
jugées par les notables de telle importance , qu'ils 
émettent l'avis qu'il serait bon d'en référer au roi , 
avant de prendre une détermination. Il sera donc de 
nouveau délibéré sur cette question. De part et d'autre , 
on nomme des délégués : les consaux maintiennent ceux 
qu'ils avaient déjà choisis; les notables désignent Phi- 
lippe de Bourghielle , Jacques Cottrel , Jacques le Lou- 
chier , Colart Bosquet , Jean Martin et Piérart de Nou- 
veauville. M"* Jean Daubi, auquel seront adjoints Michel 
Bernard et Quentin du Mortier, ira auprès de l'évéque 
eji^user la ville pour le retard forcé qu'elle met h ré- 
pondre au duc de Bourgogne (I). 

19 janvier 1422 .(i-423, n. st.)— On autorise les pa- 
rents et amis de Pierre Haehart de permettre sur ce- 
lui-ci des opérations chirurgicales à tenter par des hom- 
mes aptes, Mt-ce même l'amputation du pied, afîn que 
le mal dont souffre le patient ne précipite sa fin. 
En aucun cas , les opératetirs ne seront inquiétés pour 
le résultat qu'ils obtiendront (2). 

— vLes plus notables des paroisses de la ville sont de 
nouveau convoqués pour émettre leur avis sur le projet 
de réponse à faire au duc de Bourgogne ; ils adoptent 
ce projet; pourvu qu'il plaise au roi l'accorder et en don- 
ner le pouvoir et autorité; de plus ils conseillent de 
faire bonne garde en ville et d'obliger les habitants à 



(i) M« Jean Daubi remplit seul cette mission. 

(2) Pierre Haehart , qui était l'an des six élus, mourut peu de 
jours après, et le 20 janvier les eousaux lut donnèrent pour succes- 
seur Jacques de Flines dit Cappielle. 



Digitized by VjOOQIC 



— 48 — 

se pourvoir d'armes et de vivres. Les consaux approu- 
vent toutes ces résolutions, et si, par la suite, on en- 
voie des députés devers l'évêque et le duc de Bourgo- 
gne, ils désignent dès à présent sire Jean Wetlin, Jean 
de Leuzc, Pierre Delepierrt* et M** Jean Daubi. 

— Il est décidé que, durant les fortes gelées et les 
grands froids , les corps-de-garde seront chauffés aux 
frais de la ville; 16 gros sont alloués pour chaque nuit 
aux quatre dizaines de service en la halle , et quatre 
gros aux autres postes. 

28 janvier J422 (i425, n. st.) — Sire Jean Weltin, 
Jean de Leu7.e , Pierre Delepierre et M^ Jean Daubi , 
de retour de leur députation auprès du duc de Bour- 
gogne et son conseil , rendent compte du résultat de 
leur mission , les consaux s'étant réunis à cet effet en 
la halle. — L'évêque de Tournai, le prévôt de St.-Donat 
et le gouverneur de Lille leur dirent, au nom du duc, 
que la réponse était trop rigoureuse , qu'il y avait beau- 
coup de mots captieux et qu'on voulait plus lier le duc 
qu'on ne se liait envers lui. Finalement la cédule de 
cette réponse subit des corrections qu'y firent les com- 
mettants du duc , après quoi ils la rendirent aux dé- 
putés tournaisiens. Ceux-ci en donnent ensuite lecture 
aux consaux. 

Elle contenait que si la ville de Tournai voulait con- 
clure un traité avec le duc de Bourgogne, il lui était 
accordé un délai jusqu'au l*'' juin , et si elle n'était 
pas entièrement préparée à cette époque, ce délai serait 
prolongé jusqu'au 1^*^ juillet. En attendant , les choses 
resteraient dans l'état actuel. 

il fut ensuite démontré aux députés que les seuls 
motifs qui amenèrent la destitution de Willaurac Ca- 



Digitized by VjOOQIC 



— 49 — 

thine étaient l'attachement, le dévouement qu'il n'avait 
cessé de montrer au roi et an duc de ' Bourgogne et 
qu'il n'y en avait point d'autres pour justifier cet acte 
de sévérité. — Quant à M* Hugues Lami , il fut dit 
que si la ville consentait , pour le racheter , à payer 
les 5,000 couronnes qu'elle doit au roi, le duc lui en 
ferait obtenir quittance ; que si pourtant les quatre 
membres de Flandres demandaient maintenant des let- 
tres de marque contre les habitants de Tournai, ce qui, 
après tout, ne constituerait qu'une juste réciprocité du 
procédé employé par ces, derniers , le duc ne pourrait 
leur refuser cette satisfaction. 

4" février 1422 (1423, n. st.) ~ Il est donné cora- 
municatio'n de ce qui précède au peuple et aux nota- 
bles de la ville convoqués à cet effet par paroisses. Les 
délégués qu'ils avaient choisis pour la rédaction de la 
cédule sont de nouveau chargés de voir si les change- 
ments qu'y ont introduits les conseillers du duc sont 
fondés, et d'en faire rapport par devant les 300 élus 
au nom de la communauté. Quant aux consaux , ils 
désignent aux mêmes fins quinze délégués choisis dans 
les trois collèges. Ils décident , en outre , qu'il sera 
écrit aux quatre membres de Flandres au sujet des 
lettres de marque dont la ville est menacée. 

9 février 1422 (1423 , n. st,) — Dans les lettres à 
expédier aux quatre membres de Flandres, on les priera 
de ne pas trouver mauvais qu'on ait sursis a venir 
s'entendre avec eux pour le règlement de l'affaire Lami : 
la ville désire savoir auparavant à quoi s'en tenir , 
relativement au traité à passer avec le duc de Bourgo- 
gne. 



Digitized by VjOOQIC 



~ 20 — 

— 11 €fel résolu d'accorder 100 couronnes, à litre de 
reconnaissance, à M. Hues de Lannoy, gouverneur de 
Lille, pour les services de tous genres qu'il a rendus & 
la ville de Tournai. 

23 février 1-^22 (1423, n. st.) — Willaume Gathine 
sera payé jusqu'au jour où il fut destitué. — Les six: 
élus n'approuvent pas cette décision. Elle est confirmée 
le 16 mars , et il n'est plus fait mention de Toppo- 
sition des 6 élus. 

iO mars 4422 (1423, n. st.) — Antoine du Tertre , 
détenu pour propos injurieux tenus sur le roi, cas p^ur 
lequel Pierre Hostelart avait été puni, est mis en liberté 
sur parole et sous promesse de comparaître par devant 
les consaux , le lendemain de la Quasimodo , pour se 
justifier du délit qui lui est imputé; s'il fait défaut, 
il sera poursuivi comme coupable. 

il mars 4422 (4423, n. st.) — Une nouvelle justice 
devant être établie sur l'emplacement de l'ancienne , il 
est ordonné d'enlever de celle-ci les cadavres des 
suppliciés qui s'y trouvent. 

43 mars 4422 (4423, n. st.) — - Les consaux adoptent 
la réponse à faire aux questions posées par les quatre 
membres de Flandres ; ils désignent ensuite pour se 
rendre à Gand en députation, le 45 de ce mois, sire 
Caron Destrayelles , Jacques le Louchier , Mattre Jean 
Daubi et Golart Bosquet (.4). 



(1) On voit dans les comptes que, deux jours auparavant Jes con- 
saux avaient envoyé un messager à Gand pour recommander îiMessire 
Jean Wettin de ne point quitter cette ville et d'y attendre l'arriTée 
des députés qui devaient s'y rendre, 



Digitized by VjOOQIC 



^ 24 — 

16 niAra 14S2 (14^, n. st.) — Une prime de eent 
sols est allouée h une personne qui a dénoncé Gilles 
MersfluUy aceusé d'hérésifl (1). Les sergents et le pro- 
cureur qui ont opéré j'arrcstalion du prévena reeerront, 
le procureur 30 s. et tes sergents la même somme. 

20 mars 142â (1435, n. st.) — Bapport des dépotés 
envoyés devers les quatre membres de Flandres. Aux 
divers paragraphes de la cédule qui leur fut remise ^ 
ceux-ci répoadircQjt duns le seiks ci-après indiqué : 

Sur le premier point portant déclaration que 
Tournai considère justement le roi (Charles VII) pour 
son roi et son souverain et a résolu de lai obéir en 
tout ce qu'il ordonnera, ils ne firent aucune réponse , 



(1) Celle dépense est reoseiguée au compte de I4â2-U23 ea ces 
termes : « A Bauduyn de Maiogonal» pour cause de ce que le dimence 
xiiij' jour du mois de mars, il avoit dénonchié et fait savoir ài Moas. 
l'Evesqae de Tournay le lieu et maison où s'estoil muchiés et retrais 
celtriqui, le merquedy précédent, de noU, avoit semé, eniiij" lieux 
et plus par la ville, cédules» rolles et qvoyers 'd«l hérésie qae eealz 
de Peragbe et de Bebagiie tenoient contre ta foy chresiienne, pour ce 
à lui donné, par courtoisie. • . • ? . . c s» • 

L'article suivant du compte précité parait se rattacher au même 
sujet : « Â frère Regnart de Marville, cordelier du couvent de Ver- 
dun, lequel avoit aporté àMessigneurs les consaux, leditjour (9 mars), 
lettres closes de par Tofficial et vicaires de J'inqatsiteur de la tof ou 
diocèse de Verdun et tout le clergié de lu cité dudit lieo, pour le fait 
d'aucuns faux hérites et erreurs contre le foy chrestienne, dont on 
dîsoit le maistre venir à Tournay, et sur icelles lettres exposé sa 
crédence de par ledit clergié; pour le dou qui, pour ce, lut*fu fait en 
la révérence desaime éf^Hse et pour Tonneur de ladite ville» flij mon- 
tons d'or, vaiireot . . . . Ixx s, » 

Enfin au chapitre des présents de vin, on trouve le passage suivants 
« Le xj*" jour de marcb, à fr^re Regnault de Meareville, frère mineur 
du couvent de Verdun, viij ios. » 

UÉH. T. Vlll. 3 



Digitized by VjOOQIC 



— 22 — 

ce point étant à régler par le duc de Bourgogne que 
la chose intéressait particulièrement. 

Sur le second point . ils persistèrent à réclamer la 
mise en liberté de Hugues Lami, dont l'arrestation en 
Flandres constituait une violation de privilèges qu'il 
était de leur devoir de garder et d'entretenir. « Ils 
• dirent que, puisque nous étions déterminés à tenir 
» le roi à seigneur et ceux de Guise étaient à lui , 
» nous étions tout un et pourrons faire tant par devers 
» notre roi et lesdits de Guise que ledit Maître Hugues 
>* devait être délivré. » Les députés répliquèrent et 
firent au mieux pour la cause qu'ils défendaient. 

Ils reprochèrent ensuite aux Tournaisiens de faire 
acheter des vivres dans les Flandres pour les vendre 
à ceux de Guise qui sont hostiles à leur duc. 

Ils terminèrent enfin en conseillant d'écrire au roi 
pour la délivrance de Hugues Lami ; c'était , selon eux, 
le moyen le plus sûr d'atteindre le but que chacun 
désirait; ils accordèrent un long délai pour prendre 
une résolution, en invitant toutefois les consaux de les 
tenir au courant des suites de cette affaire. 

Ce rapport entendu, les consaux décident qu'on écrira 
de nouveau aux quatre membres et que M" Jean Daubi 
portera le message. 

26 mars 1422 (1423, n. st.) — Maître Jean dcTroissy 
bailli de Senlis, envoyé du roi Charles VU, remet aux 
consaux ses lettres de créance. Le roi, dit-il, témoigne 
sa satisfaction aux habitants de Tournai pour la loyauté 
et la bonne volonté qu'ils ont constamment montrées 
envers la couronne de France, alors que le gouverne- 
ment de feu le roi son père avait h lutter contre les 
Anglais et autres. Depuis son aVénement au trône , le 



Digitized by VjOOQIC 



— 25 — 

roi a eu de nombreuses difficultés à surmonter : il a 
réduit à l'obéissance les révoltés de la Touraine et du 
Poitou, et il a conclu des traités de paix avec rEspagne, 
l'Ecosse, la Lombardie et d'autres pays. Il a fait assem- 
bler les trois Etats qui lui ont promis un million, afin 
de reconquérir Je royaume. Le roi prie les Tournai- 
siens d'entretenir leur loyauté envers lui ; il demande 
que la ville lui fasse une avance de 30,000 ou de 
50,000 livres sur les 6,000 qu'elle doit verser annuel- 
lement au trésor royal. Cet argent , destiné au paiement 
des gens d'armes, lui est indispensable et lui permettra 
de faire recruter en Allemagne ce qui lui manque encore 
de gens d'armes. Au reste , pour obtenir cette somme, 
voici ce que le roi dit : « qu'on veuille faire emprunt 
ou engager les droits qu'il peut avoir. » 

Le roi, annonce M" Jean de Troissy, a pris en con- 
sidération le recours en grâce formé par Jean de Wau- 
dripont, fils de sire Ernoul ; même rémission est accor- 
à Piérarlde Willcries, son frère Lotard ayant promis^ 
pour lui et ses co-intéressés au nombre de sept , de 
renoncer h la part qui leur revient sur la rançon de 
M" Hugues Lami, et de faire son possible pour décider 
les trois personnes revendiquant aussi leur part de la- 
dite rançon, à adhérer à cette renonciation ; il espère 
atteindre le même but relativement au dixième du gou- 
verneur de Guise. 

29 mars 1422 (1423, n. st.). — Statuant sur la 
demande faite par Jean de Troissy, les consaux déci- 
dent qu^il sera prêté au roi , contre quittance , 250 li- 
vres, par anticipation sur le quart qui va échoir des 
6,000 livres que la ville lui paie annuellement. 

30 mars 4422 (1423 , n. st.). — Les boulangers 



Digitized by VjOOQIC 



— »4 — 

sont autorisés à élever , jusqu'à la St.-'Iefln, quatre co- 
chons , à conditioo de tenir ces animaux renfermés 
Gt de ne poiot les laisser errer dans la ville, sur les 
boulevards ou les champs garnis de leurs fruits. 

— Les habitants qui ne se sont pas approvisionnés 
de blé ou ceux qui n'en ont pas U quantité détermi- 
née^ y seront contraints. 

— Les personnes les plus riches à qui la ville or- 
donnera de faire les approvisionnements prescrits , se* 
vont indemnisées des pertes qu'elles pourront essuyer en 
vendant moins cher qu'elles n^ont acheté. Cette mesure 
eoncerne principalement quatre riches qui sont chargés 
d'acheter cent muids de blé. Ils eommuniqueront les 
prix des marchés qu'ils contracteront et la ville leur 
garantira les sommes qu'ils avanceront. 

— Des délégués des consaux aviseront à faire cesser 
la détention de M** Hugoes Lami. 

31 mars 4422 (d425 , n. st.] — Le procureur de la 
ville s'oppose à l'exécution d'un mandement impétré de 
la cour de Reims par Robin Pollct et Hennequin Man- 
tid, en vertu duquel il est fait défense aux consaux, 
sous peine d'excommunication et de 40 marcs d'argent, 
de porter atteinte aux personnes et aux biens de ces 
deux individus et ordonnant en outre de les laisser 
séjourner paisiblement à Tournai (V. ci-dessus p. d6). 

2 avril 1422 (U23 n. s(.) — Publtcalion d'une or- 
donnance défendant le port d'armes dans la ville et sa 
banlieue et annulant les autorisations accordées jusqu'à 
ce jour, (P) 

5 avril 1422 (4423 n., st.) — Les consaux , réunis 



Digitized by VjOOQIC 



— t5 — 

pour 4élibérer sur le traité projeté cotre la ville et le 
duc de Bourgogne, adoptent les trois dispositions sui- 
vantes : 

1^ Les mêmes promesses lieront les deux parties con- 
traeiantes ; 

3"* Les lettres que la ville possède déjà du duo seront 
renouvelées, c'est-i-dire, prolongées d'un an k partir 
de Noël prochain ; 

9" On demandera des lettres au duc de Bourgogne 
par lesquelles il prendra l'engagement que les cours de 
Parî& ne connaîtront plus des causes touchant les bour- 
geois de Tournai et qu'il ne soit donné aucun arrêt qui 
puisse frapper les biens qne ceux-ci possèdent dans les 
pays dtt duc ; que lesdits bourgeois ou manants de Tour- 
nai ne pourront être cités par devant le parlement, et 
ftf'aucuns mandemeniê ne soient envoyés. Le duc de Bour- 
gogne s'engagera enfin & faire surseoir h l'exécution des 
jugements prononcés* 

— Une députation est envoyée auprès de l'évêque. 

6 avril 1425. «- Plein pouvoir est donné auxmayeurs 
des échevins et à d'autres personnes à ce désignées, pour 
conduire k bonne fin l'affaire de Hugues Lami ; ils tien- 
dront leurs délibérations secrètes jusqu'à ce qu'ils aient 
pris une résolution définitive et auront soin de ne tou- 
cher en aucune manière aux privilèges de la ville. 

7 avril i4â3. — Colart Bosquet est nommé conseil- 
ler et procureur-général de la ville au traitement annuel 
de cent livres, plus 6 deniers de la livre des exploits de 
justice appelés le droit des communes *, il jouira en outre, 
comme un juré, des distributions de halle et aura droit 
aux draps de la ville comme les autres conseillers. 



Digitized by VjOOQIC 



- 26 — 

9 avril 1425. — Les personnes que les consaox ont 
chargé de chercher des mesures efficaces pour faire 
sortir M" Hugues Lami des prisons de Guise , après en 
avoir délibéré et opiné , se sont ralliées au projet sui- 
vant dû à Golart Bosquet : la position de Hugues Lami, 
avec toutes les circonstances qui la caractérisent , sera 
exposée à Daniel Berenghier , l'un des six élus, et celui- 
ci n'épargnera aucun moyen pour que Lami soit mis 
en liberté; il n'aura pas à s'inquiéter de la rançon à 
payer par le prisonnier, seulement il devra en traiter 
secrètement^ ou en faire traiter en son nom, avec le 
gouverneur de Guise ou avec d'autres personnages qui 
pourraient contribuer au succès de la négociation. Si 
pourtant la somme promise par les parents ou amis de 
Hugues Lami , quant à sa rançon, était insuffisante, la 
ville acquittera le supplément; dans ce dernier cas , elle 
promet d'intercéder auprès du Roi jusqu'à ce qu'il or- 
donne l'élargissement de Lami et lui fasse grâce, non- 
seulement de la rançon, mais encore de l'amende. 

Le même jour , Daniel Berenghier reçoit l'assurance 
que la ville prendra en main ses intérêts, s'il était in- 
quiété à propos de la mission qui lui est confiée, et 
qu'elle assuniera sur elle tous les frais qu'il aurait k 
supporter de ce chef. 

15 avril 1425. — Des députés sont nommés pour se 
rendre auprès du duc de Bourgogne. 

— M. de Moy et M" Jean de Troissy, bailli de Sen- 
lis, accompagnés de Richard le Borgne et d'Adam de 
Blois, se rendent en la halle où le bailli déclare qu'en 
considération de la loyauté des Tournaisiens envers leur 
souverain. Sa Majesté a accueilli les diverses requêtes 
qu'ils lui ont adressées; elle a, en outre, donné mission 



Digitized by VjOOQIC 



— 27 — 

à lui, bailli) de s'enquérir de l'état des esprits à Tour- 
nai et des sentiments de la population ; enfin elle a an- 
noncé l'intention de faire forger à Tournai de la mon- 
naie telle et si bonne qu'elle aura cours en Flandre. — 
Le bailli fait ici observer que s'il appartient au Roi de 
donner une monnaie , le roi use également de son 
droit en la démonétisant; il rappelle ensuite que la 
ville doit aide à son souverain et demande l'envoi au 
roi d'une certaine somme d'argent , afin que ses troupes 
puissent éti^ soldées* — Depuis son arrivée à Tournai, (i) 
ajoute le bailli , il a pu constater que des gens hostiles 
au roi séjouruent dans la ville; il a écrit à quelques- 
uns, mais ils n'ont point osé se rendre à son invitation. 
Il prie les habitants de Tournai de persévérer dans leur 
fidélité et de ne pas craindre de démontrer leurs senti- 
ments de dévouement au roi. Apres avoir parlé de Jean 
de Waudriponl et de Piérart do Willcries , il finit en 
demandant une réponse sur tous les points qu'il a 
touchés. 

15 avril 1423. — Les réponses à faire au bailli de 
Sentis sont lues aux consaux qui les approuvent; M** 
Gilles de Grigny est chargé de les communiquer le len- 
demain au bailli. 

16 avril 1425. — - Rapport de M* Gilles de Grigny. 
En voici la substance : Le bailli soutient avoir mis toutes 



(1) Le bailli de Sentis était à Tournai depuis le 25 mars, c'est du 
moins à celle date que les consaux lui firent présenter pour la pre- 
mière fois les vins de la ville, ainsi qu'il était d'usage de le faire tors 
de l'arriyée d'étrangers de distinction. 



Digitized by VjOOQIC 



— 28 - 

les formes voulues dans rexéeùtion de son mandât et 
se défend d'avoir rien dit qui puisse aigrir la vilie ; il 
assure qu'on a mal interprété ses paroles, il recoi^nalt 
que la lojâuté des Tournaisiens ne peut être cénCestée, 
qu'il n'avait qu'& se louer de l'hospitalité pleine d'égards 
qui lui a été accordée et qu'il n'oubliera point de si- 
gnaler au roi les bons procédés qu'on a eus envers lui. 
Si des observations ont été faites à M. de Moy pour ses 
armureSj il a vu , lui aussi , des gens armés parcourir 
différents quartiers de la ville , et c'est dans l'espoir 
d'une conciliation qu'il a conseillé de s'adresser i f'^net 
à l'autre parti , sans qu'il se soit en rien écarté de la 
vérité. Il répète encore qu'il n'a pas tenu les propos 
qu'on lui attribue; malgré le bruit répandu que eer^ 
taines personnes redoutaient de se présenter devant lui, 
il tient néanmoins cette ville pour sûre et bonne^ et il 
l'aurait déjà quittée s'il n'avait cette conviction. Si, à 
à son insu, il a peut-être froissé le sentiment publie , 
il prie de le lui pardonner. Le roi Ta envoyé à Tournai 
pour s'enquérir de l'état et du gouvernement de la 
ville ; c'est pour le roi qu'il a réclamé un seeours d'ar* 
i;ent, plus indispensable que jamais par suite du grand 
nombre de gens d'armes qui doivent se rendre au eamp 
royal dans les premiers jours du mois de mai ; il n'a 
point voulu contraindre la ville à accorder ce subside, 
mais il a demandé une réponse qu'il pût rapporter au 
roi. Âpres avoir parlé des privilèges de la ville et 
posé cette maxime que, 'sans une obéissance absolue , il 
n'y a pas d'obéissance, le bailli engage les Tournaisiens 
à ne pas s'opposer au projet du roi de faire forger de 
ta monnaie, à rester fidèles à leur souverain et à lui faire 
des réponses écrites à tous les points qu'il a abordés. 
Revenant sur le secours d'argent dont il est ci-deteus 



Digitized by VjOOQ IC ^ 



— 29 — 

parié, il dît h ce sujet que s'il nous plaU nous ferons 
faire la monnaie et sinon nous le laisserons. Il termine 
par quelques paroles sur Jean de Waudripont et Pierre 
de Willeries ; ce n'est pas lui qui veut rentérinement 
des lettres de grâce qui les concernent , mais c'est en 
vertu des ordres du roi qu'il prie la ville d'accéder k 
eette demande d'entérinement. 

20 avril 4425. — Résolu que la ville remettra au 
bailli de Senlis 225 1., en sus de ce qu'il a déji reçu; 
50 couronnes lui sont en outre accordées à titre de don. 
Il lui sera demandé que le projet sur la monnaie soit 
abandonné, et on lui signifiera qu'il n'aura pas de réponse 
par écrit. 

24 avril 1423. — M<* Jean de Troissy , accompagné 
d'Ernoul le Muisit , d'Etienne de Willeries , de Jacques 
Crocquevillain , de Jacques de Binche , de Jean 
Martin, de Mailre Jean Gauqueriel (1), de Jean Cavet , 
de Simon Willeries , d'Enguerrand De le Planque, de 
Pierre d'Alaing et de Friolet, vient trouver les prévôts 
et jurés et leur remontre que , bien que la ville se 
soit mise sous l'obéissance du roi et bien que S. M. ait 
accueilli toutes les demandes que lui ont adressées 
les Tournaisiens, ceux-ci , ou plutôt leurs mandataires, 
s'opposent h l'exécution des mandements royaux. — 
Relativement à la monnaie , il affirme qu'il ne peut 
rien changer à ses déclarations^ primitives et réclame 
une réponse telle qu'il puisse en faire rapport au roi. 
11 insiste pour que la ville accorde un subside de 
2,000 fr. destiné à faire face au paiement de la 
solde des gens d'armes et à prévenir la désertion du 



(1) M* Jean Gauqaericl était procureur da roi au bailliage d'Amiens. 
Min. T. VIII. 4 



Digitized by VjOOQIC 



— 30 — 

c^mp tf^y^h ^^^^^ somme pourra être prélevée $ur 
la qaonnai(S k forger ultérieiireRiiçpt. Le roi, dît çn«ui(e 
le bailli, parviendra bientàt à une grande puissance 
et déjà Verdun s'est vendue à son obéissance. En reje*- 
taot U demande ()e subside, la ville méconnaît les bontés 
du roi qui a pris en considération les diverses requêtes 
qu'elle lui a adressées. Lo bailli reproche ensuite aux 
consaux de n'avoir point voulu assembler la commu- 
nauté h qui s'adressaient les lettres du roi dont il était 
porteur ; on doit cependant, dit-il,: éviter de donner 
au roi des motifs de plaintes. 

Le bailli annonce que le roi a nommé Etienne de 
Willeries i l'office du bailliage de Tournaisis ; il de- 
mande en conséquence l'investiture de ce fonctionnaire. 
Il a enyoyé chercher le tabfdlion pour procéder ï eette 
formalité, mais celuif-tn^ne^'étunt point rendu à sop in- 
vitation, il conseille de le révoquer. 

Dçs individus 9 qpi disent avoir étf^ sergents royaux, 
pQrtent la verge et les enseignes pi exercent ces fonctions 
di^ps la ville, bien qu'ils n'aient «ucun mandat du roi. 
Le bailli se plaint de ee que de tels abus sont tolérés. 

Jaquemart de l^nch a sollicité du bailli Temploi de 
receveur du roi, en offrant le cautionnement exigé; le 
bailli a consenti ii recevoir ee cautionnement. 

Lotart ^ Willeries, fie soq cêté, fait exhibition des 
lettres du roi pur lesquelles il est noipmé l'un des 
gardes de la monnaie; (l) il présf^nte en même temps 



(i) Lproi I en nomm^pt un garde de la monnaie , avait nsô d'un 
droit qui ne lui appartenait plus. Efi effet, par ses lettres du 51 
oclobre 1421 , Charles , (ils du roi de France, dauphin du Vien- 
nois . (depuis Charles VII) donne pouvoir aux deux prévôts, aux 
deux mayeurs des échevinageSy ai^ majeur des éwardeurs, ii ^ean 
Wettin, juré et à Philippe de Bourghielle > receveur, de nommer 



Digitized by VjOOQIC 



- 51 - 

ks \eUre9 que lui ont délivrées leè ^ênéitttùx dt l'ins- 
trument dcidit offide et prête le setAiôht prescrit. 

Mdître Jean Cauqiierie), à son tour, informe les corn- 
saux que le roi Kf rétâfhii \à tîife dahd &dâ àn<;ieniife ju- 
ridiction , malgré les efforts faks par certaines per- 
sonnes pour empêcher cette résolution. (1) 



des gardes, contre.gardes , receveurs et ouvriers à la monnaie de 
tôWti'âî , en ^eT tioinbre qu'ils le jugeront nécessaire. — C'est pro- 
BSAIeiwéftt en s'appo^à'M sur Ce privifégequé les ConsaUi déféhdirent 
plus tard à totard de Willerles d'«xeroer tés fodctfons'de^^rdé'de hi 
monnaie ^ fonctions qu'il teaait de l'autorité royale. (V. ci-après 
27 avril 1423.) 

(1) II' est ici question des lettres de Charles VU, en date du mois de 
janvier 1422 (1423, n. st.), par lesquelles, en considération des grands 
services que les habitants de Tournai ont rendus k la couronne de 
France et de leur grande loyauté , zèle et fidélitéi il déclare êter et 
abolir le siège de failli, tabeTlionnage et scel royal à TourUai, tour- 
naisiS; Mortague, St-Âmitfntf et appartenances, en réoiôltant le siégé 
descas^ ressort et de se» droits royaux, que ledit bailli tenaft aV6H 
atf lieu de Maire, à St-Quentin, ainsi qu'il sotflait 6tré ; remettant 
aussi un chacun k ses droits et anciens ressorts , comme avant l'éta- 
blissement du bailliage i Tournai : — Ordonnant de plus qu*audit 
lieuf de Maire et dans fe Tou^naisis, il n'y ait qu'un bailli conjurant 
ses* hommes fâoctaux du Tournaîsfs poû^ connaître défe canines dudit 
Tournaisis seèlenem, toochant la* juridfctio» dbiféidfère; et qtle ce- 
bailli n'ait sons lui que quatre sergents, lesquels ne pondront faire 
exploit en la ville et banlieue de Tournai, ni sur les sujets et habitants 
d'icelle et leurs biens ; ~- accordant encore aux TournalsieBs que ne 
puisse demeurer ni tenir résidence en leur ville aucun bailli de 
Vefmandois on Reulenant pour lui, ni aucun procureur royal dé ce 
baill^ge ni substitut pour lui , que dorénavant ils'jooitdnt pleinement 
et paisiblement de la porte Prime et neuve Halle, comme ils jouissent 
des autres édifices de la ville. — Abolissant, du reste, et mettant 
au néant tous les procès commencés devant la cour de Parlement 
touchant ledit siège, le scei et le tat)einonnage royal, là' porte Prime 
et la neuve Hatle. — Le préanftml^i db ces lettk'cs est fort étendu 
et honorable pour la ville ; il est parlé 4e la loyauté, sujétion et 



Digitized by VjOOQIC 



— 32 — 

Enfin le bailli de Sentis demande , vu la rébellion des 
habitants de St.-Quentin, que l'on veuille désigner une 
place au dehors de la ville , afin que le bailli du roi 
puisse y tenir siège et exercer son office. 

35 avril 1425. — Par devant les consaux assemblés, 
sont lues les requêtes faites par le bailli de Senlis. 
Après délibération, chaque collège des consaux nomme 
des délégués qui , le même jour après-midi , émettent 
l'avis que, dans le cas où il y aurait suffisante décharge 
du roi , il soit remis entre les mains du bailli de 
Senlis 2,000 1. tournois, à valoir sur ce que la ville 
pourrait encore devoir sur les 6,000 annuellement 
accordées & S. M. , mais qu'à l'avenir de pareilles 
mesures ne soient plus adoptées. 

Le lendemain 26 avril. M"" Jean Daubi, au nom de 
ces délégués , fait observer aux consaux que la requête 
de Maître Jean de Troissy renferme plusieurs points h 
considérer, que le bailli a l'intention de faire certaines 
communications, tant verbalement que par écrit, et qu'à 
cet effet , les consaux sont invités à élire entr'eux 
des membres pour les recevoir. Ceux-ci devront être 
munis des pouvoirs nécessaires pour négocier et con- 
clure avec le bailli. Les consaux recommandent à ceux 
dont ils fout choix pour s'aboucher avec le bailli, d'agir 
en vue du bien, de l'honneur et du profit de la ville. 
Les délégués, auxquels les éwardeurs adjoignent Philippe 
de Bourghielle , sont dispensés de dresser un rapport 
des arrangements auxquels ils concourront ; on se rallie 
d'avance à leur décision. 



obéissance que les Tournaisiens ont toujours gardés envers les rois 
de France, depuis (j est-il dit) neufcenU ans ou environ qu'ils se 
•oumirent i eux de leur volonté. 



Digitized by VjOOQIC 



— 33 — 

Le mardi 27, les délégués des consaux rejettent, pour 
divers motifs, la demande du bailli de Senlis , et ce en 
s'appuyant sur divers motifs ; c'est M^ Jean Daubi qui , 
en présence de Garon Destrayelles et de Golart Bosquet, 
informe le bailli de cette résolution « La ville ne refuse 
pas son aide au roi , mais ses habitants attendent son 
arrivée dans leurs murs pour lui prêter toute l'assis- 
tance qu'ils pourront et qu'ils lui doivent comme fidèles 
et bons sujets. 

— Jean Martin , Jean Cavet et plusieurs autres per- 
sonnes se rendent caution pour sire Régnant Garpen- 
tier , prêtre, détenu à la porte Fierain , pour Pépiement 
qu'on lui impose piéça avoir fait de la personne de Maître 
Hugues Lami^ prisonnier à Guise, Garpentier est rendu 
provisoirement en liberté, après avoir donné sa parole 
qu'il ne cherchera point à quitter la ville. (En assem- 
blée tenue le 19 juin suivant, la faveur accordée à 
Garpentier est retirée.) 

— Sont mandés en halle, par devant les consaux , 
Lotard et Etienne de Willeries , Jaquemart Groquevi- 
lain, Jaquemart de Binch et Enguerrand De le Planque. 
M" Jean Daubi, au nom des consaux, requiert les sus- 
nommés de renoncer volontairement à l'exercice des 
fonctions dont ils sont investis dans la ville, sinon les 
consaux seront dans la nécessité d'user de mesures de 
rigueur pour les y contraindre, telles que l'emprison- 
nement, la confiscation de leurs biens, etc. -^ Lotard de 
Willeries, répondant pour tous les intimés, fait un ex- 
posé des pertes qu'ils ont essuyées pendant leur voyage 
auprès du roi , des périls et des dangers qu'ils ont 
courus. Il explique comment et pourquoi ils ont été nom- 
més aux offices en question. II rappelle que c'est lui qui 
a été chargé de solliciter les lettres du roi pour que 



Digitized by VjOOQIC 



— 34 — 

le siège royal et bailliage soit aiM^li et bmlli en 
Toumaim ordonné > ainsi que cel» w pra^l^uail aiH- 
ciettoement. Aprèis tout , dil4l ^ il kiur a sembM que 
cette charge s^ait plus convenable dans Ids nains d'un 
homme de la nation que dirigée par un dtrangerv Eoi» 
il s'étonne de ce que si hâtivement y san» leur avoir faU sa* 
voir 9 on leur faisait ladite défense , et qui ils ne ro»- 
Iment faire chose qui fût au préjudice de la vilh ne 
dont elle pût avoir dommage. Il termine en priant leis 
co0sanx de leur faire payer les 500 1. que le roi leur 
a données sur les 6^000 et dont ils ont décharge. 

U est question ci-dessus d'un voyage fait auprès du 
roi par Lotard de Willerië» et autres députés; l'extrait 
suivant du compte général de la ville nous en fait 
connaître brièvement le résultat : 

tt A Lotart de Willeries, souverain ctorcq et greffier 

» de la viJU , la somme de cent escus en or que 

» icellui Lotart,, au nom de la ville, avoit piécba pro- 

n mis el encommenchié à honnerer sage et discret sd- 

» gneur Mons. Maistre Guillaume Cousinet f cancelier 

» d'Orliens, pour les paines et dilligeaces qve ieeUui 

:i seigneur eubl à aidier ledit Lutart et autres eommicf 

» et députez de par la ville à avoir et obtenir du Roy 

n nostre sire plusieurs^ dons et otroys que le Roy nos- 

» tre dit seigneur fist à ladite ville, quant iceulx dé- 

» putez li portèrent , de par iceUe et toute la comintt^ 

n nautéy l'obéissance d'ioelle comme à noslre souverain 

» et naturel seigneur, dont ilz; raportèreat ses lettres 

n patentes, les plusieurs en las de soye et chire vert 

> et les autres en double, keue et chire jaune,: c'est 

n assavoir : de ^abolition du bailliage et sceMé roial , 



Digitized by VjOOQIC 



— 55 — 

» en reraetaot sus ledit bailliage & l'anchien usage (1); 
» item, la eenfirmation des privilèges, usages et eous- 
» tûmes de ladite viUe (S); item eommeut cestc ville 
» denourra on «etil gouvernemeul du Roy nostre tire, 
« sans le mettre en gouFeriMWeol d'autruy , en le 
i> unissant perpétuelmeot h la eotirofine et seigneurie 
n de France (5); item, unes autres du fait del assis 
N forain et plusieurs autres beaux dons et franchises (4), 

> lesquelles le Roy nostre dit sF accorda libéraumcnt 

> et volentiers h ladite ville et communauté, en rënu- 
» mération de la lëautë et vraie obéissance que les 



(1) Voir ci-dessas la note page 51. 

(3 et 5) V. aux appendices les chartes du mois de janvier 1422 
(U23, B. st.) 

(4) Parmi ces beauça dofifet franehi$9$ , nom sîgaaleroas daax 
chme» 4e Charles VU, ^9tées (1» 24j9P?|er im (14S5. n. si,) -r P9r 
la première, le roi accorde, pour djx ans« aux habilanU de Tournai, 
Taffranchissement de cous droits de péage, winage, travers, iruageou 
autres levés dans les vHles de Bapaume et de Péronne et leurs dépen- 
dances sur les denrées et marchandises venant de Flandre et d'alt-^ 
leurs, aiasi ^ de la même maqière que ceux de Laon. Les Tournai* 
siens disaient avoir joui anciennement de ce privilège, mais que, de* 
puis trente six ans, on les en avait frustrés. Le roi ne le leur restitue 
que provisoirement et en statuant que, pendant les dix années, ils 
feront apparoir de leur droit. — Par la seconde, le roi octroie aux 
bourgeois et haMtants de Tournai que , nonobstant les guerres et 
divisions survenues dann son royaume, ils puissent aller, fré^ 
quenter , niarchandcr et commifoiquer ep Fl;)adre et autres pays 
voisins , avec les habitants d'iceux et ces habitants dans leur ville, 
sans ôtre teùus de faire guerre auxdits pays et habitants de Flandre 
et autres voisins, et avec la faculté, au contraire, de prendre 
abstinence de guerre pour quatre années, ou Jusqu'à ce que par lui il 
ep al^ ét,^ 9^(FemeDt ordonaé. Les Tourn^aisieua avaient remontré an 
roi le grapd préjudice qui résulterait pour leur ville s'ils devaient ifH 
terroinpre toutes communications avec les pays voisins ; que toute- 
fois, dans les conjonctures oh l'on se trouvait, ils n'auraient pas voulu 
les continuer sans avoir de lut congé et licence. 



Digitized by VjOOQIC 



— 56 — 

» habîtans de ladite ville li avoient fait et entretenu ; 

» pour lesquelles obtenir , passer et acorder et adfifi 

» de h ce parvenir , ledit Mons. le eancelier , k la 

» requeste et prière des dis ambassadeurs , demoura 

>» en la ville de Bourges h ses frais et despens le terme 

N et espasse de xiiij & xv jours, etc. » 

6 mai 4425. — Les consaux sont assemblés pour ouïr 
le rapport de sire Caron Destrayelles , sire Jean Wettio , 
Jacques le Louchier, M« Jean Daubi etColart Bosquet, 
députés à Bruges auprès du duc de Bourgogne et. son 
conseil, au sujet du traité projeté entre la ville et ce 
prince. Le duc devant partir précipitamment pour Gand 
afin d'assister au service de feue la duchesse de Bourgogne 
et aussi pour faire rentrer dans Tordre les foulons et les 
tisserands de cette ville , leur fit dire qu'il ne pouvait 
s'occuper de la conclusion dudit traité, que les gouver- 
neurs de Tournai étaient bons et sages et qu'ils sau- 
raient tenir le pays paisible. Il finit en demandant une 
réponse sur deux points : P la délivrance de JA^ Hugues 
Lami, depuis si longtemps attendue ; â*' la protection du 
pays et la sécurité de ses habitants. Il désire que cette 
réponse lui soit faite par les députés de Tournai le len- 
demain de l'Ascension ou le samedi suivant. — Les con- 
saux décident que leurs députés retourneront devers le 
duc ; ces derniers sont invités à délibérer sans délai 
quant â la manière dont il sera répondu au duc. 

Le lendemain donc , sur l'avis de ceux-ci , et après 
mûre délibération, les consaux conviennent que M** Jean 
de Troissy, bailli de Senlis^ sera prié de poursuivre la 
délivrance de M" Hugues Lami ; on lui promettra cent 
couronnes pour le cas où il réussirait h faire délivrer 
le prisonnier, soit par l'intervention royale, soit autre- 
ment; cette somme sera même augmentée, s'il parvient 



Digitized by VjOOQIC 



- s» - 

à ton bot sflfa« cagager ta nilllé à payer qtièli|u« Mi- 
çtw. U lai 9er« pedommaYiâé de itfifiir fe ti^Ot secfer/ 
D'an ftuCre eété, lies dë^éguN^fr deA tùû^vhi st rcfndfodt 
auprès de l'évêque de Tournai et dé M» llaotil lé Mâîtti 
poar l€9 tnf<M^tner , toujtiurs soùS' !W §céau du secret, 
des dénvarcbes q€i>e ïatt fait poât faire mettre eti 
liberté M'' Hogueâ Laoûfi, mais ils ne révéleront ni à 
Tun ni à Tautre le nom^ de celui qui poursuit ée tésul- 
tat. Ils (âcbemn^ d'atdérifer ces deux |()ersoniidges l in- 
tercéder auprès du due de Bourgogne, afin qne la situa- 
lion reste" en suspens et qu'il ne sôit pas donné suite 
ail projet de lettres de marque que sollicite du duc M* 
Guillaume Lami. Enfin ils diront i ce dei'nier que la 
ville n'a aueUirreiEtretit & s'intiéresser dàûs la rançon de 
M" Hugues Laffli, mais sî poui^tant il fallait intervenir 
pout^ certaine somme , la ville ne récuserait point les 
<5Dgâgements que poiifrait eontfadtéi^ son évéque. 

Sur le second point posé par le duc de Bourgogne, 
lies délégués des consaux prbposent : 1" d'ordonner aux 
bdteliers de la ville et des faubourgs de faire connaître 
aux prévôts et jurés les^ ridms di^s étrangers ou per- 
sannes- inconnues qui logeront cbez eux ; 2* de faire 
crier et publier que si des gens dTariMes, ei^ quelque 
liea qu'ils résidant , pénfètrenrt dailâ la Ville , y commet- 
tant des désordres ou faisant des prisonniers, ils seront 
appréhendés ad cor^ , ^r la chose se peut , sinon ils 
seront ajournés pardevant le procureur de la ville et 
condafi>inés selon Pexigence des cas. En attendant, on 
s'emparera de ceux qui seront trouvés dans la ville et la 
jQridiction de Tournai, et ils ^'esteront en détention jus- 
qu'à ce que Ie8> habftamts surpris et i^étenus prisonniers 
soient rendus h la liberté sans payer aucune rançon. 

HÉH. T. Vl!l. 5 



Digitized by VjOOQIC 



— 38 — 

17 mai 1423. ^ Jean de Quarmont tBi députe de- 
Ters le comte de Hainaut , pour solliciter de ce prince 
la levée de la défense faite dans ce pays d'exporter 
toutes sortes de denrées. 

Le registre des consaux ne parle plus de cette affairCi 
mais l'extrait suivant du compte de la ville indique de 
quelle manière Jean de Quarmont s'est acquitté de sa 
mission et le résultat qu'il a obtenu : 

c A Jehan de Quarmont, eswardeur, pour cause des 
» frais et despens qu'il heut et soustint en ung volage 
» qui lui fu , par Messigneurs les consaux , ordonné et 
» commandé à faire par devers très-excellent et très- 
» puissant prince Mons. le duc de Brabant, comte de 
» Henauy affin d'avoir provision k rencontre de certain 
» édit, ban et dcffence qui lors avoit esté fait de par 
» ledit seigneur, par l'advis et délibération de son noble 
» conseil et des trois estas du pays de Henau, de non 
> porter ou mener aucuns blés, bestail, vollilles et au- 
» très manières de vivres hors dudit pays , les parties 
» qui s'cnsuient : Premiers , pour le sallaire de ung 
» homme nommé Jebau Lepesqueur, lequel, h la requeste 
» dudit de Quarmont, ala querre à Hons et fist venir à 
» Tournay Simon Delehaye, sergant de Heuau, pour le 
» compagnier audit voyage, pour le péril et doubte qui 
» lors estoit sur les champs, x s. vj d. t. — Item et ledit 
» Simon venu par devers ledit Quarmont en leditc 
» ville de Tournay, qui y arriva le jeudi xx<* jour du 
» mois de. may audit an iiij'' et xxiij , fu par mesdis 
» seigneurs prevostz et jurés oy lendemain ensuiant et 
n délibéré et concluJ que ledit Simon yroit à deux 
}i chevaux avoec ledit de Quarmont, pour le seurcté 
• de se personne et mieux besongnier oudit voiage. Et 
» pour ycelui faire se partirent ensemble les dessusdis 



Digitized by VjOOQIC 



— 59 — 

y* le sabmedi xxij* jour dudit mois^ i quatre chevaux, 
» et s'en allèrent par devers Mons. le bailli de Henau 
» et le conseil dudit seigneur audit lieu de Mons , 
» ausquelz présentèrent les lettres de mesdis seigneurs , 
n lesquèles furent par eulx leues , et le dimanche en- 
» suiant donnèrent auxdis Quarmont et Simon leurs 
» lettres adréchant audit Mons. le duc, qui tors estoît 
» ft Louvaing. Et le lundi xxiiij** jour dudit mois, ils se 
» partirent dudit lieu de Mons et s'en allèrent, par le 
» ville de Brouxielle , audit lieu de Louvaing par devers 
B ledit Mons. le duc porter lesdites lettres de son bailli 
>» et conseil , avoecq les lettres de mesdis seigneurs les 
n prevostz et jurés, et tant exploitèrent et pourcachtèrent 
» que ledit Mons. le duc ottroya et accorda, par ses 
» lettres adréchans à son dit bailli et conseil , que 
» pour le gouvernement et sustentation de ceste dite 
» ville de Tournay , ladite ville peust avoir en son dit 
» pays de Henau des vivres raisonnablement. • . . 

> Et les dessôsdis de Quarmont et Delebaye revenus 
n audit lieu de Mons et leurs dites lettres présentées 
» et bailliées audit Mons. le bailli , ilz obtinrent de 
» lui lettres, que Simon Notart , clercq de le baillie, 
» fist et ordonna, par lesquelles ledit bailly donnoit 
n grâce et licence que les habitans de ceste dite ville 
» de Tournay peussent accater' et faire accater audit 
» pays tous vivres nécessaires , et que pareillement 

> les habitans dudit pays les puissent amener en ceste 
» ville, non contrestant ledit édit , ban et deffence , 
» sy fu donné à icelui clercq dudit Simon ung mou* 

n ton d'or. Lesquelles parties montent à 

xxxiiij 1. iiij s. vij d. m 

25 mai 1425. — Dorénavant aucun paiement ne sera 



Digitized by VjOOQIC 



^ *0 - 

effectué sur l'Aida» anxiuplle de 6^000 U q^. b ville fait 
au roi , et lorsque S. U- se repdra. i Tournai , on lui 
fera présent 4^$ tcgrmes qui ççroQt éfibu^.. 

27 mai H25, — Rapport deç d4p«té« envoyé? deyers 
le duc de Sourjgogaet pour iç f«it du traité d'alliance 
et d'amitié projeté entr^ ce prw^ çt U vilje. Il aéra 
stipulé par ce traité que le$ lettres, convuaissious qt arrêts 
qui pourraient être donpés h Pari^ par le rai 4'Angle- 
terre, ne serqpt point exécutoires dan9 le« pays 4if duc 
çt rfssteront eu ^uspea^ peadaut trois jins, En autrOi 
les fieffés de Tournai relevant du duc de Bourgogne 
seront exempts pendant trois aus do service qu'iU lui 
doivent. Lç duc fera mw reapuveler 1^ oposes et les 
lettres qu'il a données dfuis |e temp^ ; enfio il prendra 
en sériegse considération les d^^n^ndes qui n'ont pas 
epcore reçu' de solution. Qe aon <^êté.9 la ville paiera en 
trois ans 4,000 couronnes y dont 2,000 la première 
année et 1,000 pour chacune des deux autres. -^ Les 
délégués déjà désignés discuteront les articles, compose- 
ront ce traité ^t feront connaître leur avis aux consaux- 

Noi)s devons reproduire ici un artiele du compte de 
la ville mentionnant un fait que le registre d^^a eoo- 
saux passe sou^ silence. Voici cet article ; 

» A Jehan Fuiant , juré» pour le prest qu'il fist, à la 
» rcqueste de me^dis seigneurs (prévôts et jurés) , en 
» la ville d^ Bruges, ou n^ois de may Tan mil iii}^ et 
» xxiij ; c'est assavoir : à maistrc Jehan de Gand et 
'> autres secrétaires de Mons, le duc de Bourgogne , 
» pour ï'escripture et scel de deux mandemens dudit 
» Hons. le duc adréchant , l'un au gouverneur des 
1 bailliages d'Arras^ dé Bappaumes et autres du pays 
» d'Arras, et l'autre au gouverneiir de Lille, de Douay, 



Digitized by VjOOQIC 



— 4i — 

» d^ Ordrits ci appartenuioM, par lesqueh ledit Mons. 
1» le duc deffent à toutes personnes , de quelque estât 
» qu'ils fcussent , qu'ils ne fissent aghais, princes, ne 
» «rrestz ou autres empeschemens à ceulx de ladite 
« iirille de Teornay ne h leurs biens , en ses pays , 
» terres et signonrles , durant le démené du tralttié 
« lovB eneommeneltié Ji pourparler entre ledit signeur 
a et laëitf Tilto , mais les laissent passer , estre et 
» «éjoumer paisiblement et seurement ësdis contés et 
)i pays do Flandres et d'Artois, iij moutons d*or, valli- 
» rent x?<j s. vj d. le pSice, sont Iij s. vj d. » — Suit 
rëpumération des dépenses faites par le même pour 
k publication des deux mandements i Lille, ii Ârras, h 
Douai, à Orobies et à Bapanme. 

5t mai 1423. — Lecture est faite , par devant les 
consaqx, d^s articles du traité que la ville se propose 
de contracter avec le duc de Bourgogne pour la sûreté 
du pays, et aussi pour que certaines demandes faites à 
ce prince reçoivent un bon accueil. Cette lecture ache- 
vée, il est décidé que les plus notables de la ville , 
aiosi que la plus grande partie des 300 élus , seront 
réunis le lendemain , ce qui a lieu. On fait part & ces 
derniers des articles du traité à passer avee le duc de 
Bourgogne ^ en même temps, on leur donne connaissance 
des lettres par lesquelles le roi laisse la ville libre de faire 
des traités et accords avec ses voisins , l'autorisant égale- 
ment à ne pas sortir de la neutralité en cas de guerre (!)• 
Les plus notables et ceui^ des 300 qui se sont rendus à 
l'appel qui leur a été fait approuvent le traité et sont 



(i) Voir la noie 4 p. ?». 



Digitized by VjOOQIC 



- 41 — 

d'avis qu'il soit mené à bonne fin , pourvu que la com- 
munauté y acquiesce i son tour. 

Le 2 juin , la communauté . est assemblée en grand 
nombre de gens ; après avoir reçu communication des 
lettres du roi et des articles du traité, elle se divise 
par paroisses pour délibérer. Chaque paroisse fait en- 
suite connaître l'opinion de ses membres. Notre-Dame 
trouve le traité bon et profitable pour le bien public, 
la paix et la sûreté de cette ville et du pays voisin ; 
pour le reste , elle s'en rapporte aux consaux. Cet avis 
est partagé par les autres paroisses , sauf St.-Brice qui, 
après une seconde réunion tenue le 4 , déclare ne vou- 
loir accepter le traité que si le roi le confirme. 

tt JVota. Le mardi, merquedy et jeudi ensuiant viij% 
» ix*' et x° jour dudit mois (juin), fu le peuple de ledite 
» ville en armes assemblé sur le marchié , jour et 
» nuyt. • 

Un carré de papier est cousu au feuillet du registre 
qui mentionne ce dernier fait. Voici ce qu'on y lit : 

« C'est le serment que firent les doyens et sour- 
it doyens des mestiers de le ville , en le halle d'icelle, 
» en publique, le juedi x'jour de juing mil iiij"" xxiij : 

« Vous jurés que vous porterés foy et loyauté au Roy 
» Charles , noslre souverain et naturel seigneur et i la 
• bonne ville et cité de Tournay ; aiderés à garder jus- 
» tice et soustenrés les drois , noblèches , franchises , 
» privilèges, paix , unyon et transquilité de ladite ville; 
» conseillères les consaulx bien et loyaument, et ven- 
» rés en halle toutes et quantefois que vous serés mandés 
» pour le bien de la ville ; célerés les secrés et aussy 
» garderés et soustenrés les drois , franchises et libertés 
)» des mestiers et les ordonnanches d'iceulx , et ferés au 



Digitized by VjOOQIC 



— 43 — 

» sourplus comme bon, vray et loyal doyen et sour- 
» doyen puet et doit faire. » 

Nous allons maintenant extraire du compte de la yîlle 
les passages qui ont trait aux événements mentionnés 
ci-dessus : 

. u A Jehan Delerue , messagter de la ville , pour son 
sallalre et les despens de lui et de son cheval fais par 
iij jours 9 finans le xv* jour de juing m. itij*" et xxiij, que 
il se party pour porter lettres closes k Mess'* les eschevins 
de Gaod, faisant mention des assemblées lors faites en 
ceste dite ville, xlv s. t. — Item, pareillement k lui, 
pour avoir reporté lettres à aucuns des doyens lors estans 
audit lieu de Gand , de par ladite ville , ouquel voyage 
il vacqua deux jours oudit an et oudit pris, sont xxx s. t. 

tt A Jehan Fautoye , messagter de ladite ville , pour 
X journées à cheval qu'il a esté hors, en iiij voiages, ou 
mois de jullet oudit an, porter lettres de mesdîs seigneurs 
les consaux et aussy des doyens et soubzdoyens des mes- 
tiers d'icelle dite ville, l'un & Bruges, Yppre, Gourtray 
et Lille , signifier comment le peuple de ceste dite ville 
s'estoit assemblé et mis en armes , en grant nombre, 
pour avoir leurs bannières , ouquel voyage il vacqua par 
iiij jours ; le second voyage à Gand , par devers les com- 
mis de mesdis seigneurs et doyens, où il vacqua par 
deux jours. (Les deux autres voyages ne concernent 
point l'affaire qui nous occupe.) 

« A Jehan le Maistre , pour avoir allé de piet es villes 
de Mortagne, Douay, Valenchiénes et Mons en Henau , por- 
ter lettres de par mesdis seigneurs et nonchier aux jus- 
tices desdis lieux les assemblées et effrois du commun de 
eeste ditte ville ; esquelz voiages il vacqua par iiij jours 
ou mois de juing oudit an , au pris de vlij s. ij d. t. 
pour jour , sont . xxxij s. viij d. 



Digitized by VjOOQIC 



- 4* — 

u A JAques Cottdel, pour despens fais el soiMteoutl en 
8a maison , à plusieurs fois, taitl ck jour ooamém de tMiU 
ou mois de juing yij** et xiiij^ taint pdr liesséigneuM^ les 
(|aieb comme aultres de la loy et eoilMil de ladilte Vill«, 
pour cause de Teffroy et assemblées que lors se firent ctt 
laditte ville. . . • , . ^ . . . i'Hj ). tiiî s. 

• A Lotart de Willisries , pour le salaire de M et 
plueieurs compagnons clercs, par lesquels ennuc naMe et 
hastivement il fist escripre xxxvj lettres' des fipanfchisctf et 
libertés accordées par messeigneurs (les consaui) aut mes-* 
tiei*8 d'icelle vilie par banièreset lesquelles furent ballÀ* 
liées aux doyens des banières, & ebâcune «ne scellée du 
«cal aux causes de ladîtte ville* Item pour avoir fait eêeti** 
pre et enregistrer ani. papier et vegiatre desdia doyena v^ 
lettres et chattres de piusîeors franobnes ec libertés 
données par Itt Ray aoatre skre^ poair tout ce vif h » 

15 jum 1423. -- M' de Moy vient en la balle où il 
dit qu'on lui a imputé d'être la Cause des rassemUettientS' 
qui avalent eu lieu et des désordres qui s'en étaient âui^ 
via ;. qu'on l'accuse également d'eutrelenir des rapporta 
trop intimes avec les tiisseraods el le» fouiong; que, par 
exemple, t7 aurait fouU el» un vaisikl comme fouhn. li 
demande qu'on t'entende avant d'ajouter î^ k de telles 
aaserUanSyet assure qu'il affectionne partiottlièremeot la 
ville de Tournai, à laquelle il le prouvera en toutes oir^ 
constances. 

-— Le même jour^ se prés>enteifl en la balle leadoj'eiii 
et sous-doycaa des métiers ; après avoir en lecture des let^ 
très de l'évêque de Teurnai^ pour le fiait de GîHesiMersaiill^ 
puis de celles do Gand faisant menlion de la délivrasse d<[^ 
M? HogueS' tami ^ ils font lire aux consau ene eédale eo#* 
tenant Icuns requêtes et leurs remontrances* Sobrer Gre«^, 



Digitized by VjOOQIC 



— 45 — 

souverain doyeu , dëclare que les doyens entendent mainte- 
nir leurs ordonnances y et il demande que les consaux en 
fassent autant de leur côté. Les consaux, les six élus , les 
clercs de la ville, le procureur et M* Gilles de Grigny font 
donc serment d'entretenir les franchises , droits, privi- 
lèges, émoluments et ordonnances des doyens, tels qu'ils 
sont exprimés dans le règlement dont lecture leur a 
été faite , et s'engagent & en poursuivre la confirma- 
tion auprès du roi. 

— Le traitement de M« Gilles de Grigny, montant k 
âSO 1. t. par an , ne sera plus que de 50 1. t. ; les 
écritures qu'il fera dans l'intérêt de la ville lui seront 
payées séparément et les journées de halle lui seront 
comptées. 

— Les offices de Gilles du Glermorlier et de Jean 
Legris sont abolis (i). 

— Jean Je Sesne , élu par les jurés, Pierre le Muisit , 
par les échevins et Jacques Fournier, par les èwar- 
deurs, accompagneront à Gand les doyens élus, le pro- 
cureur de la ville et M* Hellin Blecqui , chanoine , 
choisi par le chapitre. 

— 11 est question de Gilles Mersault, prisonnier de 
l'évéque pour motif de religion, mais on ne prend au- 
cune décision. 

17 juin 1425. — Sohier Groul, souverain doyen et 
Jean de Quarmont, son collègue, demandent que Co- 
lart Salomon, Jean Boussart, Huart Ghiot et Jean Rous- 



(1) Gilles du Glermorlier exerçait les fonctions de second procureur 
et Jean Legris celles dé clerc des plaintes. 

MéM. T. vni. 6 



Digitized by VjOOQIC 



i9 juin 4423, samedi. — Assemblée des consaux et 
des âoyeos .pour entendre 1*" la lecture des minutes -de 
lettres closes que {porteront leurs commis et députés , 
sur leur ordre et (le leur part , aux échevins et doyens 
de Gand et d'Audenarde; â"" les Instructions à remette 
i ces députés qui sont au nombre de huit , savoir : les 
^trdîs ci-dessus nommés (V. séance du 17), plus )ean de 
^Quàrmorit, l'assart Sauris, Ernoul de Belscatnp , Michel 
de Gand , doyens et Golart Bosquet , procureur général 
cte la vïlle (i). 

— On approuve la rédaction d'une publication à faire 
portant défense à un chacun de quitter la ville et d'en 
faire sortir ses biens , sous peine de les voir confisqués et 
'de^4)annissémént & 'pei^étufté , san^ grâce. Sohier Groul, 
T^rerre Legris , Giîlart le Sellier et Slahieu Yolent , 
âoyens , sont iii^régués pour les poursuites \ faire de ce 
■chef. 

21 jiiin 1*42^. — t)eux hommes de la loi et deux 
doyens sbnt designés pour la garde des clés de chacune 
des sept portes de la ville. 



(I) Ces dépotés étaient chargés de se rendre par devers les éche- 
vins de Gand, pouravoir certaines ordonnances gu'oti disoit les mes- 
tiers d'iceUe ditte ville de Gand avoir ^ pour sur y celles rieulUr et or. 
'donner les mestiers de'lavillede'Tdurnayf ei avant que bonnement 
faire se porroit. (Compte de la Ville.) 



Digitized by VjOOQIC 



qju.çls il est iplcrcîM 4'«xercep. 4'9MtrA q^.QM ipétiçr (2), 

Gan4 ;, i^ sQftt PQçteivs 4^. X^^ff^ 

^ îwin. 14^^ — H. cte Moy c^pandft çoip^ ic^ WV. 
très des échevins de Gand, 4U^( qufijl, fi^ti i^eqii ^ iy| 
connaissance que ces lettres font peser sur lui de graves 
iQft^)paim$, 

— SabîiÇff Giroul^ 9«MR|{i agné de piusiwira d& se» oomn 
ps^nons doyens « 4€|«Miiid« qq'on iteuiHe leii*r ad^oîadrct 
pli^siears inenilirc^ iet^ cm&^K^ pour yMiteif les papiers 
d^^pbevi^Ages, siinai ^^ ks papiers de Michel Bernard,, 
sui^ W&(}i^^ le^E ^lés MroAl enauite apposes. On cmut 
n^itiia, ainsj, l^^ comme» d}onA ce dernier eaà déposilaire^ 
tant pour le çontenlieHx que poujv lea fonds, des oitpàa^ 
]ii)Aj pes diverse» v(^leiin$ ^exmi mîtegy ea ivabI de oen* 



(i) Outra ces douze iergents bâtonniers, qui poriiieni la pertuisane 
il y a?ail à Tottraai deux jeis^^n^j à verges, aÎBsl Bommés j^arce qa'ils 
poHmH ^n« T^rfiEP, t)laD(%he. 

(2) Dans une, ^iiblic^tioi) f^Ue aiAX brelègifes dç If^ ^|Uç^ ]^ 9f4TÔ(a 
et jurés, après avoir fait connaître les noms des douze nouveaux ser- 
gents, expliqueql en ces termes las motifs de U iqesure prisa d^. com- 
mun accord par les consaux et les doyens des métiers: a Et quant 
» aux autres compaignons qui, par cesie darratoe ordonnance, ont 
» aslé déportée de le»r ofiie» de sergent^le, an vaus fait ^savoir 
» que ce n'a point esté pour faulte ni mal«fs^lij^^^{ ait esté Ij^q^^ 
» ei\çp.U, et qu'ilz ne se soient pçr^Ç^^^ matQi(çqj)S CfiVKm^ bpi^fi PK?R- 
» dommes, mais tant seulement pouc susporter la ville de deppence, 
» et qu'il semble qu'on se porra bien passer de xij sergents en ladite 
» v{lle ; et que d'entre oeulx qui yesloient, on a pris les pHis habiHes 
» ei aidabtes ^ Halte et axercar knsdis ottoes de acagentarie. » 



Digitized by VjOOQIC 



— 48 — 

trainte s'il le faat, à la disposition de la ville pour ser- 
vir i ses approvisionnements. Il est bien entendu que 
l'argent prêté sera restitué par la suite h qui de droit. 
— Les jurés, les deux mayeurs des échevins et Jacques 
Gottrel , mayeur des éwardeurs , après avoir délibéré , 
élisent pour l'opération dont il s'agit Rogier de Glermés, 
Watier Desplechin , Martin de Bary, un échevin, Sohier 
Groul et Ernoul de Helscamp. 

29 juin 1425. — Les doyens proposent diverses me- 
sures à l'effet de pourvoir à la sûreté des bastides et 
gardes des portes de Morel et de Goquerel. Selon eux, il 
y a lieu de démolir les maisons et d'abattre les arbres 
qui se trouvent dans le rayon extérieur desdites portes 
et bastides. Les propriétaires lésés seront indemnisés 
d'après l'estimation qui sera faite du dommage qu'ils 
subiront. Une commission est élue pour en dresser le 
devis; elle se compose de cinq doyens et de sept mem- 
bres dos consaux. 

— Les mêmes doyens sont d'avis que c'est la ville, et 
non la personne en cause, qui doit écrire aux échevins 
de Gand pour excuser M. de Moy. Les consaux parta- 
gent cet avis et décident qu'avant de les expédier à Gand, 
les lettres seront communiquées à M. de Moy. 

-— i*' juillet 4423. — Les doyens demandent que les 
consaux se joignent i eux pour envoyer devers le roi 
une députation, afin que leurs droits et franchises soient 
confirmés. — Accordé. 

lis demandent encore qu'on écrive au duc de Brabant 
pour lui proposer un traité d'alliance et de commerce 
entre cette ville et les pays de Flandres et de Hai- 
naut. — Un projet de lettre à cette fin sera pré- 
senté aux consaux. 



Digitized by VjOOQIC 



— 49 — 

—- lis demandent enfin que les délits commis par les 
gens de loi et autres soient réprimés , et les causes 
pendantes expédiées. 

— Des commis sont désignés pour constater l'état 
des finances de la ville , afin d'en connaître les débi- 
teurs. 



â juillet i425. — Les consaux, Sohier Groul et Jean 
de Quarmont, doyens, étant assemblés, lecture leur est 
faite de la minute des lettres à envoyer au duc de 
Brabant ; la rédaction en étant approuvée, Jacquemart 
de Binch est désigné pour les porter. 11 lui est recom- 
mandé de s'informer auprès du prince de Ligne et du 
bailli de Hainaut s'il existe un traité entre le duc de 
Brabant et les Anglais , et suivant les réponses il ju- 
gera s'il y a lieu ou non de remettre ces lettres (i). 

6 juillet i425. — Le nombre des hommes de garde 
aux portes de la ville est diminué de moitié. 

7 juillet 1425. — Jacquemart Bouteillier apporte des 
lettres du roi ; elles sont lues en public, d'abord en la 
halle, en la présence du peuple, ensuite aux doyens des 
métiers (2). 



(1) Jacqaemart de Biuch alla d'abord à Louvain, auprès du duc de 
Brabant, puis à Mods pardevers le conseil du duc, porter les lettres 
closes des consaux pour avoir alliance et être unis ensemble ledit 
seigneur et la ville de Tournayt afin de résister contre les Anglois, 
ennemis d'icelui seigneur et d'ieelle ville {compte déjà cité), 

(2) « À Jaquemart Bouteillier, pour susporter les frais et despens» 
» ensemble le salaire de le paine et travail qu'il avoit eu k aller à 



Digitized by VjOOQIC 



a juillet 1425. -^ EcQOul 1^ Mmib mfA ^i«rer les 
coosaiu el le& doye.a9 pour Uur Hf^evi qm k» roi ,, 
par ses lettres , Ta institué coDtre-gar;d#: (te 3a. monnaiisç 
ii ne.^uiçrt, ta^tv dans Tintérét iu ^ qut» dans \b sien 
propi^ ^ que la ville veuille taire forger iin» nAiuial«t 
convenable, qu'en cela elle trouvera son profit. II agiè 
ici , dit-il, en vertu des ordres qu'il a reçus des maitres- 
gënéraux du <:oi.Jovité à exjxiber ses let^^. det poy^voif, 
il répond q^u'on ne lui a point; coos^j)))^ 4^ \e^ ^ro-^ 
dqire. 

— Les doyens déclarent vouloir entapçtenir l'or^i^n 
nance déj^à publiée, eu vqrtu de laquelle le nomJk^r^i desi 
arbalétriers est. fixé au. maximum à 120 ^ celui 4e[#. 
arebers à 100. [h d^manden^ que les;, arbatétivier^ 4g^. 
de plus (le 60 an$. n^ piussent faiiie \^ guet a»x podrt^^ 
et ^'on leur dOQne eo^ (Jjes orda«iïaAeea faites pay- 
le gouverneur, en 1566, touchant les arbalétriers et 
les archers. -— Accordé par les consaux. 

— Résolu d'écrire à révéq<ue pou^ le prier d{& i^eiy^ 
à Tournai, où sa présence est réclamée par plusieurs 
motifs, notamment le procès de Gilles Iftersauit; ^ 
désire aussi Tentretienir des traités projetés (1). Les (joj)- 



» Meun-sur-Eaure, pardevers le Roy nostre sire, et rapporter lettres 
» d'icelui sJgneur k M^ssigoew» \e» eonsaiix, boifrgois et habitans 
» de ladite ville, toacbant le bien et honneur d'icelle. . . c. s. 

{{) L'évAqae'de Townalse rendit à Kinfit^tioo &e9 consanv, ainsi 
qvi'lè se voit par !■ extrait suivant ^ comple d^ la ville : et A Jehan 
» à«*9tif>el, pour les despens de plusieurs oompaignons qu^ firent et 
» chevauchîèrent avoecq et en te compagnie de shre Caron Des- 
» trayelles^ en jullet Tan ttij* etxxiii» ^ Keneontre &^ Mon»» l'évesqne 
» (te Yournay, qui lors venait ei> cosl«-viMe il s. » 



Digitized by VjOOQIC 



- Si — 

saux chargent 4e&fi de beute , juré , de se rendre h Gand 
«upnès dû >prélalî; les do^ns délègtretat ffux mêmes fins 
/Passart 'Saum (4). 

— Piérart de Nouveauville est nommé clerc des 
«doyens *éî ^eati fiegris, 'etere d« proouMtir de la ^ille. 
§te i5,'ce ^dernier prête setm^t, ^parâevatltQes Côtisiâtt 
et Fes "dej^ens et 'sotis-doyens , die bien et justement 
•exercer son offide, «elon 'rin^rtnjtion qui lui sera dëH- 
vrée, >6t ât gurder 1e secret de la vill^. 

«*- ïics éoyetis ihtfpecteront l^Eirsetial de rtfrtfHwie et 
'en (auront une clé. 

— )L<rs oonsaiix idé^gnetlt dotfze d^entr^eux pocit* exa- 
itliiter les ^equéte^ qui serorit adrc^êe^ )a\ix dnyënB. . 

10 juillet i425. — i^es consaux aytfnt ^ait choix 4'un 
eertaiii membre de délëgtiés, décident quie 'Ceûx^oi «iront 
trouver les doyens et les sous-doyens des métiers pour 
leur r^^ppeler les ^privilèges de 'lu ville ^t surtout le 
^priviHge «n veHu <duquel le 'th'ott de nommer aux 
'offiees 'Appartient aux échevlns, Geis délégués 'seplliaia- 
dront de ee que les doyens, malgré Je sèment qu'ils 
ont fait de oiêspeoter les prroiléges, y ^ont CraMgresséisn 
destituant des offiohow c^ééis p«ir ks éebevinS; iis^requer- 
-iPODt enfin 'les doyens d^obserrer 'lent' arment -et 'de 
revenir sur l'acte d^rbitivire qlilils ont posé, 

— vSire Gar-on >De»lri(y<tlles, prévdt et quelques mem- 
bres 'du magi^tnit et des ddyeos des mftiens, sortt 
•cbatgés de «se rendre auprès des 'sibbés et de 'Meisîmiiis 



(1) tis&ih^a/uHs/dô'ien des fiieréiers, est quelquefois appefé par 
h^uUh TMan Sàv^f^, 



Digitized by VjOOQIC 



— 52 — 

du chapitre, pour leur faire défense d'aliéner, à l'insu 
de la ville, les blés qu'ils ont en leur possession; les 
intimés seront soumis i faire la déclaration des quan- 
tités de blé dont ils sont approvisionnés. 

15 juillet 1425. — Le nombre des arbalétriers est 
définitivement fixé à i'iO et celui des archers à iOO. 
Ils seront éprouvés au tir, en présence des délégués des 
consaux et des doyens des métiers , les premiers dans 
leur jardin situé h la porte de le Vingne , et les seconds 
à l'abbaye de S^-Martin ; ils s'y rendront armés, habillés 
et garnis de traits. Défense leur est faite d'emprunter 
des habillements ou des armes. Si parmi ces 440, il y 
en a jugés impropres, ils ne seront pas reçus. (G et P.) 

15 juillet 1425, — Les consaux et les doyens des 
métiers délibèrent en assemblée sur le contenu des 
lettres que leur ont adressées les échevins de Gand et 
les trois autres membres de Flandres, et par lesquelles 
ils requièrent que M° Hugues Lami et ses garants 
obtiennent sans délai décharge de la somme de 1550 
couronnes. Ces lettres portent en outre qu'il ne sera 
plus écrit pour le règlement de cette affaire. 

On décide, après mûre délibération , de faire savoir 
aux quatre membres dé Flandres qu'ils auront une ré- 
ponse catégorique avant le l^"* août. 

— Sur la proposition des doyens, il est convenu que 
les 140 arbalétriers seront choisis parmi les plus capables, 
tant de la ville que du dehors, et qu'ils seront exemptés 
de faire le guet ; cette faveur est également accordée aux 
archers, à charge par ces derniers de fournir chaque 
nuit cinq hommes à la garde du marché, pour les en- 
voyer où bon semblera; ce nombre sera augmenté, s'il 



Digitized by VjOOQIC 



— 55 — 

est jugé Décessaire par les consaux et les doyens. Les 
habitants appelés à faire le guet pourront se faire rem- 
plaéer par les arbalétriers ou les archers. 

16 juillet 4423. — Philippe de Bourghielle , récem- 
ment encore receveur général de .la ville (i)^ mainte- 
nant détenu en la prison de la porte des Maux, a été 
sommé de produire d'autres papiers, ceux fournis par 
son clerc ne suffisant pas. Il a répondu au prévôt , 
sire Carou Destrayelles^ qu'il n'en a point, bien que 
sept personnes affirment tout le contraire. Sur ce, les 
consaux et les doyens des métiers ordonnent que la dé- 
tention de Philippe de Bourghielle durera jusqu'à co 
qu'il ait cédé à l'injonction qui lui a été faite, et, dans 
ce cas, les papiers seront scellés par les délégués des 
consaux. En attendant, l'inculpé sera mis au secret et 
personne ne pourra Tentretenir, si ce n'est en présence 
de Garon Destrayelles et de l'un des doyens. 

Le 48, les consaux et la plupart des doyens se réu- 
nissent pour délibérer sur l'objet qui précède. Colart 
Bosquet expose la situation des affaires de Philippe de 
de Bourghielle , explique de quelle manière il a élé 
procédé et rend compte du résultat de l'interrogatoire 
qu'on a fait subir au détenu au sujet de ses comptes. 
A ceux qui avaient accepté cette mission, de Bourghielle 
répondit qu'on procédait haineusement contre lui et qu'en 
temps et lieu, il les ferait poursuivre pardevant le roi 
en leurs privés noms ; il conteste à ces derniers le 



(1) Philippe de Bourghielle exerça les fondions de receveur gé^ 
aérai de la ville do I" octobre 1400 au 30 septembre 1432. 
min. T. vin. T 



Digitized by VjOOQIC 



ûMi ^'^l^taer àHns Pàvoir «iltelidu et svtis dvéfr vu Fe 
nôrémairei justificatif «lu'il a dressé; finalement il réclame 
son élargissemedt 'SOUS caution et moyennant le dépôt, 
entre les mains de la yIIIc, de ses biens meubles et 
ittttttèttblés. -^ Oh réitère l'ordre aéx CôiHbifs de 
'lnôui'Stîivre rittstructSon cottitticncëe, en Musant »d^accé- 
dér'à Fen'r demande teddarite à être remplacés daàsèto 
'\3crvfè«. £a ville se porte garant 'pOiHr cfdx, tant pont 
le'pVé&eàt qiie pour l'avenir; les corisaiix et les doj^s 
<))l^mfèttèint d'avoir pour af^rëable tout ce Hjài seta Mit 
^ir leurs délégués, et quoiqu'il 'àiTite , ces derniers tfe 
àbitènt éprouver ' àftrcnïic >erainte, dàr ' Hs seroiit déffandûs 
et soutenus ailfx frais de la ville. 

'Le même jour, JesconSaux ti'àdsmettent aux' dôyéiifs 
nhe eédute cdnçue daris lés termes suivants : 

€ Sur ce qu*îl ésdôit âppai:u à Mess" les con^aulx et 
» 'doî^èns des ttiestic^s de la ville de Tournay , q^e 
» Philippe de'Ëool'ighîelle, potir ses cèmptes rendus tfè 

• iij quars d'année finant le darrain jour du mois de 

• juing irij* xxj , avôit comîpté receu des arirféraiges 

• escheus des 'années pt^éeédehtes , la soMîtie de il mil 
» livires tournois du' environ-, tant à la monnoye q^i 
» dôuroit ledit an mil iiij® xtj , qui dèvoit ëstre de 
1» tnitleur et 'plus forte monnoye; aussi qu'il fàisoit ^à 
» sa descharge apparoir par lesdis cdmptes qu'il avoit 
n mis es ' mises diceux 'Plusieurs grans sdifiihiès è[iiHl 
» avoit payées à bonne mbnnoye, et se les comptait ^k 
» ladite fôeble monnoye,' aVecq buitres causes et consl- 
» dërations pour lesquelles ledit Philippe , adfin ^de 
n l'avoir de ladite ville fust gardé , a esté niis prison- 
» nier, par l'ordonnance d'iceulx consaulx et doyens ; 
» et depuis leur a fait supplier et reqnerre qu'il' peust 
> estre éslârgfai de prison, par certaines eoridrtion», 



Digitized by VjOOQIC 



n que mieulx et p\\^ çQnyef^hlexaeï^ pçjuj^t r/espjo^a 

*. W^l^jouft^ea ; It^sq^z, comip^eft ^ auti;es dç p^ruv^ij^^ 

» par luy rendus il a offert et promis de raemplir et 

i\ vérifier plaÎDemei]^. Cçnsijijl^é!?^ Jes(]pe|],es, offres et 

» re^uestes', lesdis Bfe^'* les çopsaijilx, ^^ eu ad vis e^ 

», cpnsidér^iion à icelles , ont remonstré à^ Me.s^<:* les. 

> doyens djes mestiers de la ville dé '^ournair , que il 
y\ leur semblé e^ c^t advis que ^ se bon seinoloi^ ou 
», plçuist ^uzdis dopfens^ çt ai^ cogirnup^ Pj^HPl^ ^V l^"^.o 
» banières, ledit F^ilippe poroit bien estre es^argi , 

• ngioyennant, et parmy ce que le caution faites par luy 
» et 9ultres g[ui se sont obligiez et constituas, plaiges, 
» et {iLrincijpaux rçndeur^dç la somipe if^ jiy ". 1. ^Qur»» 
» Qp.i^s, poui^ l'office de ls\ g<^nérale. et commune recepte 
t^ qu^ il a exercé, ^çmeur^ en sa force et vi^beur^ et 
» aussy que inventoire soit faicte des bif^s mQu|)Ies ç| 
» héritaiges dudit Philippe , s'il plaist auxdis consaulx 
» et doyens , et luy sera le aliénation de sesdis biens 
» deffendue ; avecq ce qu'il promettre à non partir de 

> ladite ville, y demourer et estre tout prisonnier et 
» venir en personne k toutes les journées qui luy 

> seront assignées , respondre péremptoirement aux 

» commis sur le fait de ses comptes et aux interroga- / 

» tores pertinens qui sur ce luj seront faites , et 'de 

» rendre son corps prisonnier touteffois que il eh seroit 

• requis de par lesdis consaulx et doyens, et de bailler 
» pour ce faire plaige et caution de la somme de 
» iiij *". I. tournois , ou cas que faulte y aroit , et 
» d'a|utres gens que les premiers obligiés. Ce p^t^ndu 
» que SQ lesdj^, pl^l^^s fçmfljto.j^çpt e| Vfslivroyeq^ ledjt 
» Philippe prisonnier , ils seroyent quittes 4ç 1^411$ 



Digitized by VjOOQIC 



— K6 — 

» darraine caution , en demourant toalesvoyes la pre- 
n miëre caution en sa force et vertu. » 

Les conclusions contenues dans cette cédule sont 
approuvées le lendemain par les consaux et les doyens. 

19 juillet i425. — L'o£Scial de Tournai, accompagné 
du promoteur et d'autres gens de Tévéque, annonce que 
le prélat a fait venir l'inquisiteur des bougres (hérétiques) 
pour terminer le procès entrepris contre Gilles Mer- 
sault, et que son désir est que l'échafaud soit appuyé 
au portail de l'église St.-Quentin« Il requiert l'aide et 
l'assistance des consaux. 

Dans l'après-midi , les consaux accordent que l'écha- 
faud soit élevé devant la halle du marché^ et que 
l'exécution ait lieu hors ville, à l'endroit accoutumé. 

Le lendemain, l'évoque fait savoir que cette exécution 
se fera le 22 et non le 2i , jour où elle avait été 
d'abord fixée (i). 

20 juillet 4425. — Les doyens prient les consaux 
d'accorder à Jean Blaries l'ofiSee du tourage du beffroi ; 
il veillera , promet-il , avec vigilance à la garde des 
détenus ; il pourvoira les prisons de lits et d'autres 
meubles nécessaires , de manière à ne donner lieu k 
aucune plainte ; il ne touchera qu'un salaire juste et 
raisonnable ; enfin il fera en sorte que ceux de sa 
bannière le remplaceront comme doyen, et les archers 



(1) Voir aux appendices le jugement prononcé contre ;rhérélique 
Mersaolt , ainsi que les extraits du compte de la ville relatifs ^ cette 
exécution. 



Digitized by VjOOQIC 



— 57 — 

comme connétable. — Accordé par les consaux qu^ 
chargent en outre les doyens de la surveillance des 
cloches, soin pour lequel s'était offert Jean Blaries. 

2i Juillet 1423. — Les consaux répondent par un 
nouveau refus h une seconde demande de leurs délé- 
gués, sollicitant d'être déchargés de la vérification des 
comptes de Philippe de Bourghielle. 

— Les doyens annoncent aux consaux que, d'accord 
avec le commun peuple consulté par bannière , ils 
adoptent la proposition de mettre en liberté Philippe 
de Bourghielle , moyennant une caution de 8,000 L 
tournois. Onze personnes fournissent le même jour cette 
caution, en la garantissant de tous leurs biens , meu- 
bles, cens, rentes et' héritages. (A la suite de ce passage 
se trouve la mention que , le dimanche 3 décembre 
1424, trois de ces personnes ayant retiré leurs cautions, 
Philippe de Bourghielle fit appeler les autres garants 
et ceux-ci déclarèrent maintenir l'obligation de le cau- 
tionner.) 

— Jean Blaries , nommé tourier du beffroi , prête 
serment et verse une caution de âOO 1. tournois. 

27 juillet 1423. — Philippe de Bourghielle répondra 
verbalement à l'interrogatoire qu'il doit subir. 

28 juillet 1423 — Les consaux décident que , pour 
exonérer Daniel Berenghier et^ Jaquemart Aloux des 500 
couronnes par eux payées pour compléter la rançon de 
Maître Hugues Lami , Jean Dubos, receveur général de 
U ville, fera l'avance de cette somme , à recouvrer sur 
les biens de Lami , ainsi que sur une somme de 300 
couronnes dues par le chapitre et le scelleur. 



Digitized by VjOOQIC 



— w — 

dO jmllet itâS. — 0»fte' Wkart kiv part aux ohef^ 
do» conMUR réunis en la hajie avec plusieurs èofeas- 
et sous-doyen», que Gossuin de Laiinoy> s<)i-di8ant baiUi* 
de Tournai et Tournaisis , à fait saisir son fief pour 
Ifobliger h. eni faire l6> déaonibreiDenti. ^ fcesi oonaaux 
écriront audift de Laaooy. 

â août 1423. — Jean Herman porte h Ifi copnais- 
sance de^. consaux et djes doyens des métiers la manière 
dont. fut. prise Ia ville de Morta^ne, et comment Gérar^d 
dq GrQildniQS , Gérard et Jean Delemotte. , frère/| e^ > 
d^autres ses serviteurs s'étaien,t emparé de sa,. personne 
et de ses biens , l'avaient ensuite conduit h Lille où il 
avait été délenq 21 semaines. ,. ipis h la question et, 
rauçonixé.. Ifi phi^nant conclut en réclamant la restitu- 
tion de ses biei^s par lesdis Delemotte , prisonnier^ 4^ 
lia ville , et demande que justice soit (aite de c^ 
derniers, tant pour la violence dont il a été l'objet dp 
leur part, que pour les autres maléfices dont ils^ se soa( 
rendus coupables et qu'il a déjà dénoncés, r- Diverses 
propositions sont, faites au sein des consau;x : 1** les 
échevins se prononcent pour la mise en liberté immé- 
diate des frères Delemotte ; 2<* les jurés sont d'opinion 
de les élargjir , moyennant çautionnemcjQt, à moins que 
Herman ne préfère se déclarer partie plaignante et 
ainsi se constituer prisonnier ; 3** le^ 4^ardçi}rs 
veulent que les prisonniers soient ipis. en. liberté à 
l'heure des vêpres ; 4"* enfin les doyens , pour éviter 
quelque scandale de la part du. peuple, co^ç^tQnt h 
l'élargissement des DcIenioUe , msîi^ sç^lç(p§nt 49ns 
quatre jours \ si Herman cepen4ant SQ p.Qrtç P4r|i^ 
plaignante , on agirai en conséquence. Quant au? a(|.trÇ9 



Digitized by VjOOQIC 



prisonniers pour les faits imputés aiix Delemotte, letrr 
élargissemfent aura lieu iâcessamnient (t). 

^ On publia aufx bretèqilés que les ^pe^8on^cs qui 
ont des plaintes à formuler à !a 'cflitarge de 'Gérard de 
GraWdmés et des frères Delemoite'UiDfvéni s'adi'èssér au 
procureur gébéi*ai de fa ville , ^en ^déans tes ti^is 
jours. (P) 

— 'Maître Jean de Gi^antmont , chirurgien sermenté 
et pensionnaire de la ville , est autorisé à se rendî'e 
à Guise pour visiter la blessure du capitaine Madré, 
à condition cTeffectuèr son retour dans le délai d'un 
mois. 

— Résolu d'écrire à ceux de Gand pour les préve- 
nir que, des Mes passant à Tournai par la riviëM 
d'Escaut , il en sera levé le dizième au profit de 4a 
ville. 

3 août i4â5. -- On apprend quTe Guillaujabe iélifu 
et' quelques «dires -marchands de Tournai, -eu revenant 
de 4a fête de Douai», 'ont esfé assaîlHS', tnlléfl<>et 
enlevés par quelques gens appartenant > à Me8sire<J«im 
de Luxembourg ; en conséquence ordre est 'd^mié *de 
s'emparer d'Aubert Dûmes, lieutenant du capitaine de 
Rubêmônt,'têqu6l~S£rfa tenu aux arrêts jusqu'à ce quil 
ait trouvé des cautions suffisantes pour faire relâcher 



< (l)^fTbe ^ dtdOMiintte pâbHée <lé iliême joar »èx '«^i^tèqaetf ajoute 

^^pe lé^oduit ifle'iè^i Im^M' sëhi'^istribUié, ëéntVe t>afemeDI, ttèz 

boulangers/ b^a^Sâurs bt tàbounftâr^ qui' «n féro&t-fiif tlèiMf»lide,"Mft 

«pourierdépiDâer dajis Idurs greuiers, soit pour le vendre au marché 



Digitized by VjOOQIC 



— 60 — 

les marchand^ susdits. Âubert Dûmes sera mis en pri-« 
son s'il ne satisfait point à cette condition (1). 

— Avant de statuer sur l'opposition formée par Jean 
Herman contre la mise en liberté des frères Delemotte 
et de Gérard de Grandmés, les consaux ordonnent de 
faire une enquête sur les paroles qu'il a dites. 

5 août 1425. — M. le Bègue, capitaine de Morta- 
gne, demande que les prénommés soient rendus à la 
liberté ; si cette arrestation est maintenue , il désire 
en connaître le motif. — Les jurés opinent pour la 
mise en liberté des détenus ; les doyens ne veulent 
point se prononcer avant qu'on ait une réponse du duc 
de Bourgogne. En attendant, on décide qu'il sera écrit 
à ce sujet au châtelain de Mortagne (Gossuin de Lan- 
noy). 

— Aubert Dûmes , détenu à la porte des Maux , de- 
mande à être mis en liberté sous caution , afin qu'il 
puisse s'employeir à la délivrance des marchands tour- 
naisiens. — Les doyens s'opposent à la demande de Dû- 
mes ; il restera en prison aussi longtemps que les mar- 
chands ne seront délivrés et dédommagés des pertes 
qu'ils ont essuyées. 



(1) « A Jehan Blarie, toorier da beflroy, pour despens de bouche 
par lui administrés à Aul^elet du Mes, escuier et son variât, pour 
deux journées, au mois de juillet iiij« et xxiij, parmy les tourage et 
le lit sur quoy ils jurent... xivj s. 

» A Plérart Mallet, pour son salaire d'avoir esté en le porte des 
Maux avecq ledit Aubelet et ycelui avoir gardé par l'espasse de 
quinze jours continuels, pour chacun jour iij s* vj d. t., sont . . . 

; . xxxvijs.vjd. » 

(Compe«d« 1422-1423). 



Digitized by VjOOQIC 



— 64 — 

— Daus raprës-midi, on prend connaisMiice des let- 
tres adressées par M. Hues de Lannoy aux eonsaux, 
doyens et sous-doyens et contenant des lettres écrites 
par M. de Thérouenne sur la bataille de Gravent (!)• 
— On enverra à Pont-à-Mousson pour avoir des ren- 
seignements exacts et précis. 

9 août 1423. — Sohier Groul, souverain doyen, re- 
présente que les doyens et sous-doyens des métiers es- 
timent que les prévôts et jurés peuvent ordonner l'élar- 
gissement des frères Delemottc et de Gérard de Grand- 
més, vu la caution qu'ils ont fournie et qui monte à 
300 couronnes , à payer par leurs garants pour le cas 
où ils feraient défaut de comparaître d'ici à un mois, 
en personne et avec les chevaux et les armures qu'ils 
avaient lorsqu'on les fit prisonniers. — L'élargissement 
des détenus est ordonné et exécuté. 

iO août 1423. — Ensuite de lettres adressées par le 
duc de Bourgogne et ses conseillers , des députés sont 
envoyés auprès de ce prince qui doit se trouver à Lille 
le lendemain soir (2). 



(1) Bataille de GreYant-sur-rYonne gagnée par les Anglais le 1*' 
juillet 1425. 

(2) Ces députés» chargés de poursuivre les négociations du traité 
projeté avec le duc de Bourgogne, étaient au nombre de onze, 
savoir : sire Garon Destrayelles, prévôt ; sire Jean Wettio, mayeur 
des échevins de Tournai; Pierre le Moisit, échevin ; Jacques Gottrel, 
Jean Gargatte , éwardeurs ; Quentin du Mortier , juré ; Jean de 
Quarmont, Ernoul de Helscamp,TassartSavary,Mahieu Volent, doyens 
des métiers et Golan Bosquet, lis partirent le lendemain i I août et 
furent de retour le 14 {Compte de 1422-1425). 

MÉM. T. VIII. 8 



Digitized by VjOOQIC 



— M -- 

15 fioâi léaS. ^ Ln préfiftto et jurés interdisent le 
sétmx de hi villa à sire Pierre Gossuin ^ prêtre , qiri h 
teM des firopos sëditk«x. 

48 «bât 14f35. •*- u De ts nativité de lions, le Dal- 

n phin (i) : Ledit jour, par Tavis des consaulx, doyens 

» et sourdoyens et des banières de ladite ville, à quoy 

» Hess'* de CUpiUe s'estoient aeeordés, fii ordocmé que 

n en rhonneuf el révëreftce de Dien et portr le joyeuse 

» nativité 4e Mops. le daulpinn^ ffl du Ray nosire sire, 

» ^e QU soMieroit el bvteroit tes ^iloques de régHse 

n <;athédrale tl des autres églises parechiaux de Toumay, 

» ledit jour devant disner et après , et que on caivteroit 

» Te Deum ea Péglise Nostre^Dame^ et lendemain feroil* 

a on calUtJ4>Q et pnédioatÎMl et après messe duSaint*- 

» Esprit ei pourcession entour kdile égilse, à laquelle 

n on porteroit les fiertres de S.-Lehiro et des demi* 
n siaux. w 

19 août 4423. — Les eonsaux aeeeptent le traité à 
plisser evee le duc de Bourgogne , s'il est également 
agréé par les doyens. Ceux-ci voudraient que Messire 
Jean de Luxembourg y fût compris. 

— On informera Messieurs du chapitre qu'ils auront 
à envoyer à leurs frais auprès des quatre memtHres 
de Flandres, pour résoudre l'affaire de Hugues Lattî , 
ainsi que pour les traités projetés. 

-^ On ajourne jusqu'à ia conclusion de ces traitée 
U demande faite par M. le Bègue, châtelain de Horta- 



(1) Devena plus tard foi de Franca» soas la nom de Leais XL 



Digitized by VjOOQIC 



— «B — 

gne, d» prék^er SOft écu» air le baillisgey pour use 
Msu C6Ue MiDaie doit servir k payer le bègue pour 
lu garde de Ift fortereaae do Mortague et remplaoerft 
la^ laillo de 3,000 OMroa d'argentL 

-^ Aubert Dum^s est élargi sur parole , afin qu'il 
puisse a^employer i faire) remeitre en liberté kea huu^- 
ohauds loumaisieBa priaanniera ; il poiirauivra ob aiéiiie 
teoapf la restitxilion de leurs btens. 

*^ Colart Bosquet , au nom des eonsaux , remontre 
aus dojana qu'it est urgent de pourvoir à une bonne 
organisation de la justice, autant pour les intérêts de 
Tautorité royale que poar ceux de Tournai , oà il y 
a des esprits remuants qui, par leurs diseours, exci- 
tent Tagitation et, au moyen des armes dont ils sont 
porteurs^ bravent les efforts de la justice. Que les eoa- 
aau et les doyens, ajoute-t*il, ne fassent qu^un ei soient 
frères^ afin de prendre des mesiirea énergiques, pour mettre 
un terme à aa état de chosea aiiaaî déj>k)rab]e. -^ 
Les doyens acqukaeent à ee désir et promettent, le 
cas échéant , tout leur concours pour le maintien de 
r^rdre; it» laissent toutefois aux coosaux le smn d'avi- 
ser aux moyens de parvenir à ce résultat. 

31 ao&t 1423. — Les doyens et sons-doyens des 
métiers exposent aux consanx qu'ils ont l'intime con- 
viction et peuvent faire attester par des témoins que 
JesA Blaries , tourier da beffroi , est un homme sédi- 
tieuxi. 11 a, disent-ils, tenu les propos les plus per- 
turbateurs pour émouvoir le peuple, et il aurait dit 
que quand U voudrait , i7 an atirof t det jrena du com- 
mun de la ville trois wUle de son aeoord^ et que dedeme 
trm jours on verrmi que ce aeraît ; al outns, qu'il m 
Im fallaiî que froiê hannièree de son aeeord qefil m 



Digitized by VjOOQIC 



— 64 — 

fit ce quHl voudrait. — Les prévôts et jarés, d'accord 
avec les doyens et sous-doyens, condamnent Blaries au 
bannissement perpétuel ; toutefois l'habitation de la ville 
pourra lui être rendue s'il prouve, par la suite, qu'il 
a séjourné pendant un an dans l'ile de Chypre. Cette 
condamnation est publiée aux bretèqùes le même jour, 
en présence du peuple réuni par bannières. Les con- 
saux et les doyens ordonnent en même temps l'élar- 
gissement des détenus de la boursette et dé Colin 
de Wault , prisonnier au moyen étage du beffroi. 

25 août 1423, — Des députés doivent se rendre à 
Lille auprès du duc de Bourgogne, au sujet du traité 
à conclure avec ce prince. Les bannières désignent sire 
Jean Coppet. Les autres élus sont le doyen de Notre- 
Dame, Maître Jean Plantehaye, chanoine et conseiller 
de la ville, Jean de Quarmont et Colart Bosquet. Les 
députés sont porteurs d'un sauf-conduit du duc de 
Bourgogne et de lettres de l'évéque. 

25 août 1423. — La ville est tellement obérée qu'elle 
ne peut payer les 1400 couronnes dues à des per- 
sonnes étrangères pour rentes échues. 

— Jean Dubos , receveur général de la ville , prie 
les consaux de pourvoir à son remplacement. 

— M. de Moy fait part aux consaux, aux doyens et 
aux sous-doyens de l'observation qu'il a adressée à Sohier 
Groul sur les inconvénients qu'il y aurait à élargir 
Rogier de Clermés sans l'autorisation du roi , attendu 

) que les causes pour lesquelles cet individu est déte^ 
nu peuvent être de la juridiction royale. Les jurés et 
les échevins opinent pour la mise en liberté, sous 
caution , dans les trois jours ; les éwardeurs veulent 



Digitized^by VjOOQ IC 



— 65 — 

en outre que ce qui a été ordonné par les bannières 
soit exécuté , et les doyens exigent que Ton appelle 
M. de Hoy devant les consaux pour savoir de lui qui 
le muet d ses requêtes. 

Le même jour après-midi , M. de Moy affirme , sur 
la communication des consaux , qu'il a ignoré jusqu'ici 
les causes de la détention de Rogier de Glermés ; mais, 
comme chambellan du roi , il doit examiner si , parmi 
ces causes , il n'y en a point qui soient de sa juridic- 
tion ; en conséquence , il réclame une enquête supplé- 
mentaire avant l'éiargissement du prévenu. 

Enfin le même jour encore, sur l'engagement pris 
par Rogier de Clermés de ne point quitter la prison 
de la porte des Maux, où il est détenu sous la garde 
de quelques doyens et sergents, les consaux ordonnent 
à ces derniers de cesser leur surveillance ; de plus , 
trois individus promettent de payer à la ville 500 
livres^ si le prisonnier ne tient pas son engagement. 

31 août 1423. — Plusieurs habitants demandent que 
Ton frappe de la monnaie d'or et surtout des cou- 
ronnes. Les jurés et les doyens décident qu'il sera 
fabriqué des couronnes. 

— Les bouchers et tous ceux qui ne font pas partie 
de la bannière des poissonniers , devront , pour pouvoir 
vendre des harengs, payer, pour chaque jour de vente, 
un demi gros au profit de ladite bannière. Ceux qui 
n'ont pas qualité de bourgeois n'obtiendront pas cette 
autorisation. 

4 septembre i4â3. — Maître Jacques Despars , tré- 
sorier de Notre-Dame, rend compte de la mission qu'il 
a été remplir , de la part du chapitre , auprès des 



Digitized by VjOOQIC 



— 66 - 

quatce membres de FUudrea. Ceux^i Iwk onl. aviné 
qu'aucune marque n'arait éié délivrée i H^pue» Law, 
actuellement en France ^ et c|ue s'il venait pour h 
solliciter, ils en feraient informer la ville. 

7 septembre 1435. — Coiame d'usage^ la vilte^pajerà 
un souper aux prévôts et aux receveurs, à leur retour 
d'avoir visité le tour de la processioa* 

«— Ou accorde une somme de douze moulons dV 
(1) è Erneul Deleroe » pour le réttunàrer du voyage 
qu'il a fait auprès du roi à Bourges et pour Paider i 
avoir une boite ou enseigne démontrant qu'il est che- 
vaucbeur de l'écurie royale. 

— Les blés (|ui provieanenê des dîmes et qui pé- 
rissent sur les cbamps, seront mis en meules par les 
soins des doyens des métiers. 

— Les doyens sont invités i donner leur avis sur 
une demande faite par Etienne de Willeries, de pouvoir 
exercer l'office de bailli du Tournaisis qui lui a été 
octroyé par le Roi. — Le 9, il est résolu de commu- 
niquer cette demande aux bannières. 

— Le bailli de Chin annonce aux consaux que les 
habitants de son bailliage sont disposés à rendre obéis- 
sance au roi et à la ville. — On. lui répond que 
le conseil se réunira pour délibérer sur cet objet. 

— iS septembve 14%. — Cinq jurés et six doyens 
sont désignés pour apposer les scellés sqf tes biens des 
usuriers publics. 



(i) It moatODS d'or valaient 10 ). 6s. S d. tenriois. 



Digitized by VjOOQIC 



- 67 — 

33 fiepteoibre.i^SS. *— Publîeatiêii d'une décision du 
mtgisirot eajaigoâni aux bcbitante de Tournai qui, sotrs 
ombre des troubles et assemblées (fui ont eu tieu^ au mois 
ie juin dernier^ à Voccasion des bannières et de la créct- 
tim des dùye$M tt sous-doyens des m^iers , ont quitté 
k, ville en emportant leurs biens sans en arotr obtenu 
l'autorisation du prévôt , d'j rentrer endéans les buH 
jours qui survront la S^*Rémi. Promesse leur est faite 
qu'ils seront doueemeot & sûrement traités , reçus et 
ouïs en leurs excuses , nonobstant la défense naguères 
faite de partir de la ville. 

Dans la même journée, une autre publication est 
faite, annonçant que l'intention des doyeiis et des sous- 
doyens n'est point d'absoudre ceux qui ont quitté la 
ville sans autorisation, mais de les appeler en halle par 
devant le prpcureur, de les poursuivre et de les punir 
s'ils sont reconnus coupables d'avoir contrevenu aux 
ordonnances uaguères publiées. 

Le même jour encore, les bannières font publier -que 
les biens confisqués seront vendus publiquement, le 37 
courant, au marché, devant l'église S*-Quentin. — Dé- 
fense e^t faite aux consaux, doyens et sous-doyens d'a- 
cheter ou de faire acheter de ces biens. (P) 

26 septembre 1433. — Lettres envoyées par l'évéque 
de Tournai , Bues de Lannoy , finy GuiUeh«ut et les 
quatre «ettbres <le Flandres^ «fin que la vll(e «envoie èes 
dépvtés fiolabks , qm devitynt élre trn bon nombre et se 
trouver i Bruges le !•» octohre; ils y recevront com- 
munication de certaines questions touchant le bien du 
pays de par-deça. 

38 septembre 1433. — De la minute de la requête 



Digitized by VjOOQIC 



— 68 — 

qui sera envoyée au roi pour qu'il confirme les doyens 
et sous-doyens dans leurs droits, privilèges et franchises. 
— A délibérer. 

— Il sera parlé au peuple , par bannières , quant à 
la députation h envoyer à firuges. — Sont députés de- 
puis, par les jurés , sire Jean Coppct , juré , Michel de 
Gand , Colart Bosquet et le trésorier de Notre-Dame. 

— Jean Autoupet, éwardeur, Jean le Prince, doyen 
et Jacquemart de Binch sont députés au duc de Bra- 
bant (i). 

29 septembre 4425. — Les consaux accordent le rôle 
de la supplication de la charte que demandent les doyens 
et les sous-doyens, avec les modifications qui y ont été 
faites; ils s'en rapportent aux doyens , bien qu'il leur 
semble qu'il eût été préférable de consulter d'abord la 
communauté. 

5 octobre 1423. — Ceux qui voudront être reçus 
bourgeois de Tournai ne paieront plus que 20 s. t., aux- 
quels il faut ajouter 5 s. pour le salaire du clerc et 
des sergents à verge. Cette faveur ne concerne pas les 



(1) On voit dans les comptes que ces dépotés étaient chargés de 
solliciter du duc de Brabant l'autorisation de prendre et avoir ehan 
au pays de Brabant pour la provision de la ville* Ils réussirent dans 
leur mission, ainsi qu'on le voit dans le paragraphe suivant :<r A Hais- 
» tre Jehan Marchant , secrétaire de Monseigneur le duc, pour son 
» sallaire d'avoir fait, ordonné et grosse lettres par lesquelles mondit 
» seigneur accorda avoir les dites chars en ses païs pour le provision 
» de la ville, ung escut de Durdreck de xxxviij gros» valli xxij s. 
» ij d. » 



Digitized by VjOOQIC 



~ 69 - 

serfs, les bâtards et les personnes qui ont acquis la bour* 
geoisie dans d'auti^es villes. 

iâ octobre 1425. H est accordé une réduction de moi- 
tié sur >e droit et le salaire à ceux des archers et des 
arbalétriers qui seront admis à la bourgeoisie. Cette ex- 
ception cessera avec l'année. 

— On renouvelle la défense faite aux étrangers de 
circuler en armes dans la ville; ils devront les déposer 
à la porte de la ville ou les laisser à la première mai- 
son où ils entreront. Les délinquants ' encourront une 
amende de 10 1. Le port d'armes dans la ville est per- 
mis aux bourgeois et aux manants seulement (1) (C etP). 

— Les consaux décident que ceux de leurs membres 
qui n'arriveront pas aux réunions avant 9 heures du 
malin y seront considérés comme n'y ayant pas assisté ; 



(1) Les consaiu ont cependant quelquefois déiogé ^ cetie ordon- 
nance , et ce en faveur de personnes qui avaient rendu ou pouvaient 
rendre des services à la ville. Enir'aolres exemples» nous citerons le 
suivant : On a vu dans le 1*' volume de cet ouvrage (P. 58) qo'en 
îêùè , les consaux ont fait présent 2i un Mons. de Baisse , pour divers 
senrices rendus il la ville, d'une douzaine d'eieaittes d'un marc d'ar- 
gent la pièce. Or , deux personnages appantenant vraisemblablement 
k la même famille, Etienne et Eoguerrant de Baisse , avaient » quel- 
ques années auparavant (1400) , sollicité et obtenu du magistrat la 
faveur de porter armufM, non-seulement pour eux-mêmes, mais 
encore pour leurs varlett. L'autorisation de porter des armes était 
généralement accordée pour le joui> seulement, et on la retirait 
quelquefois, soit lorsqu'on en avait fait un mauvais usage, soit lors- 
qu'on s'en était servi pour accomplir une vengeance personnelle^ 
Elle était toujours rapportée pour tout le monde, lorsque cette tolé- 
rance pouvait présenter des dangers pour la tranquillité de la ville. 

MÉM. T. VUI. 9 



Digitized by VjOOQIC 



— 70 — 

il en sera de même pour ceux qui, sans autorisation , se 
retireront avant la levée de la séance. 

-- Sur sa demande, Etienne de Willeries, bailli du 
Tournaisis, est autorisé, pour cette fois, à tenir son 
siège à Tournai , moyennant la délivrance de lettres de 
non-préjudice. — Cette autorisation est renouvelée le 
19 du même mois. 

15 octobre 1425. — Le trésorier de Notre-Dame (i)» 
sire Jean Goppet , Michel de Gand et le procureur de la 
ville se rendront auprès des quatre membres de Flan- 
dres , pour se concerter avec ces derniers sur les mesures 
h prendre, après la Toussaint, pour la sûreté des bour- 
geois et manants de Tournai , relativement à leurs rela- 
tions avec les pays voisins. 

17 octobre 1423. — Sont élus pour aller devers le 
roi , Maître Jacques Despars , Jacques le Louchier, Jean 
Auloupet, Andrieu Deleprée, Guillaume Croquevillain et 
Lotard de Willeries. 

Cette résolution fut ensuite modifiée, ainsi qu'il résulte 
des deux extraits suivants du compte de 1425-1424: 

» A Jehan Autouppet, pour frais et despcns qu'il lui 
» a convenu avoir et supporter, à cause de l'accat et 
)> gouverne d'un cheval qu'il avoit acheté pour aller par 

• devers le Roy nostre sire, avecq autres commis et 

• députés de par les consaulx, doyens et soubzdoyens, 
» pour illecq faire certaines impétrations touchans le 
» bien et paix de ladite ville, et entre les autres choses 
» faire auctorisier par le Roy nostre dit sire le fait des 
» banières qui puis cncha ont esté eslevées et mises sus 



(1) Hatlre Jacques Despars, chanoine* 



Digitized by VjOOQIC 



— 71 — 

:> en ladite ville , daquel voyage ledit Aulouppet et autres 
» esleus ont esté déportés , pour ce qu'il fu trouvé manière 
» de ce faire à beaucop meurs despens; pour lesquels 
n despens lui a esté ordonné avoir vj escus, xlij gros 

» flandres pour l'escut, sont vij 1. vij s, 

u  frère Jehan de Vienne , Augustin et Janin , clercq 
1 de Maistre Simon Charle , pour leur paine d'avoir porté 
1 les lettres du previlége de le création et auclorisemenft 
» des doyens et soubzdoyens des mestiers de ladite ville 
» par devers le Roy nostre sire pour les avoir passées , et 
» en rapporté les lettres d'ottroy; pour lequel voiage 
» leur fu donné six escus d'or, vallables viij L xij d. » 

26 octobre 1425, ^ Le guet de la ville est organisé 
de la manière suivante : 10 hommes au marché, 6 à cha- 
que porte, 10 au pont-à-pont et 10 au Bruille; le guet 
aux tours est maintenu. 

— Il sera dit à Piérart le Carlier , ex-tabellion royal, 
qu'il a plu au roi d'abolir le tabellionnagc, ce que, du 
reste, il ne peut ignorer, puisque les lettres d'abolition 
ont été publiées. Il lui est enjoint de cesser ses fonctions, 
tout en lui refusant la copie qu'il demande. 

27 octobre 1423. — On annonce, pour le lendemain, 
une procession solennelle, afin que Dieu , par sa grâce et 
miséricorde , veuille « remédier et pourvoir au piteux 
» temps damagable , aux biens de terre et h plusieurs 
» bonnes personnes qui , par les grandes yauweSj sont eu 
» péril et grandement adamagiés , et remettre en estât de 
• propreté, et aussi pour le bien et prospérité du Roy, 
» nostre souverain et naturel seigneur, et le paix et 
n tranquilité de ce royaume. » (P.) 

N. B. Le débordement de l'Escaut causa, vers la fin de 
l'année 1425, de grands dommages a Tournai. Le compte 



Digitized by VjOOQIC 



— 72 -^ 

é€ 44S5-14M iMus donne quelfues l*ensefgneAienls sur 
tes mesurée prises pour venir en aide aux mâlfieareux 
ioond^B. En voîci quelques extraits : 

u A Jehan Farghet et Grodefroit de Roumen , boulen- 
ghieHB , pour raccat qui fH faït à eux de certain nom- 
bre de pains qui , environ le mois de novembre iiij** 
xxiij , que ks grans yauwes furent en ledite ville espar- 
ses en plusieurs endroits , si que les povres gens disc- 
leux ne se pooient partir de leurs maisons pour aller 
quérir leur vivre; ausquelz diseteux ledit pain fu donné 
et aumosné par l'ordonnance des consaulx, pour ce xxx s. 
9 A Jehan Grenier et Jehan le Camus , navieurs , 
pour iij bacqués à eux appartenans qui servirent audit 
temps , par vj jours , à bacqueter et mener ceulx de le 
tanerie jusques as ars des caufTours , et aussi à eux porter 
i boire et mangier , la somme de . . . ix 1. ix s. 
» A Jehan Lehut le fil , navieur , pour avoir , oudit 
temps, bacqueté et mené à ung bacquet , par v jours , les 
gens de Labliei à issir de leurs maisons et à y rentrer, et 
aussi h eulx portera boire et mangier, ainsi que ordonné 
estoit par mesdis seigneurs , h xviij gros pour jour , 

sont . . . Iij s. vj d. 

» A Jehan Rin^aque, pour avoir livré plusieurs bacqués 
et pièches de bos sur Salines et autre part , ainsi que 
mestier estoit, pour passer et rapasser ceulx et celles qui 
dcmoroient et repairoient èsdis lieux durant lesdites grans 
yauwes , et avoecq ce mené et conduit lesdis bacqués 
par lui et ses gens, pour tout ce par accord k lui fait, 1 s. 
» A Michaut Fournier et Denisct Bertram , pour iiij 
bacqués h eux appartenans qui servirent oudit temps , 
par vj journées, est assavoir : les deux à le croix ou 
Bruille, le tierch sur les fossés ou Bruille et le iiij" ou 
Biecqueriel , à baqueter et navier les gens de la ville 



Digitized by VjOOQIC 



— 75 — 

et desdis lieux pour aller et v«iàir en leurs affaires , 
et à eux porter h vivre , pour chacun baoqaet xviij gros 
le jour , sont . . > xîj I. xij s. 

» A Jehan de Baudimont , pour plusieurs compagaons 
qui, auxdites grandes yauwes, menèrent h ung bacquet 
appartenant à sire Jehan Wettin les gens dudit lieu & 
widier de leurs maisons et y retourner , el h eux porter 
vivres, comprins ens. viij gros à ceux qui amenèrent ledit 
bacquet du Marvis audit lieu xx s. 

> Â Philippe de Bourghielle, pour l'accat qu'il avoit 
fai( , au commandement de mesdis seigneurs, de certain 
grant nombre de pains qui ^ en temps desdites grandes 
jauwes , furent envoies et donnes , de par ladite ville, 
aux bonnes gens , femmes et enffans de plusieurs rues 
et lieux d'emprés la rivière d'Escault, qui , par le gran- 
deur desdites yauwes , ne pooient , fors par navire et 
grant dangler , widier de leurs maisons, pour ce, ainsi 
que par aumosne faite k yceux bonnes gens. . . . 
xxxvij s. iiij d. » 

9 novembre 1425. — M'> Simon Charles , commis- 
saire du roi , assisté de Bl^ Martin de Canlers , expose 
en halle, pardevant les trois consaux et les doyens et 
sous-doyens des métiers , que , pour plusieurs motifs, 
il importe que ces derniers élisent un certain nombre 
d'entr'eux dont ils puissent prendre conseil et en qui 
ils puissent avoir confiance. Sur quoi ont été choisis 
ceux qui suivent : 

Des jurés : sire Garon Dcstrayelles, prévôt, sire Ernoul 
de Waudripont, sire Jehan Goppet et Eogler de Glermës ; 

Des échevins : sire Jehan Wettin et Pierre le Mui- 
sit ; 

Des éwardeurs : Jehan Gargatte et Philippe de Bour- 
ghielle ; 



Digitized by VjOOQIC 



— 74 — 

Des doyens: Sohier Groul, Louis Delewastine, Jehan 
de Gnise , Gossart Bastyen , Henri de Canners , Jehan 
Au toupet et Jehan de Hongny ; 

Enfin des six élus au nom de la communauté : Pierre 
de Blandaing et Daniel Berengier. 

1" décembre 1423. — Jaquemart Boutellier [\) té- 



- (1) Jaquemart Boutellier avait pour mission de suivre la cour du 
roi de France et de tenir les consauz au courant de ce qui s'y passait. 
Les messagers porteurs de ses lettres recevaient une gratification âi 
leur arrivée il Tournai. D'autres gratifications étaient fréquemment 
allouées à des individus que la ville envoyait, dans le même but, aux 
endroits ob se trouvait la famille royale. Nous citerons les suivantes, 
extraites du compte de 1423-1424: 

il I. 15 s. à Gilles Chembaut, pour un voyage fait à Tours, afin d'a- 
voir des nouvelles de la personne du roi, de la reine et du dauphin. 

25 1. 14 s. 6 d. au même, pour avoir été à Bourges porter lettres 
closes au Roi et en rapporté réponse (63 jours, à 14 gros le jour). 

53 s. 8 d. à Eriioul de Nouveauville, pour certains voyages faits 
pendant l'année auprès du roi, dont il a plusieurs fois rapporté lettres 
et nouvelles. 

11 1. 4. s. à Jean Lefèvre, pour un voyage et séjour à Amiens , afin 
de s'enquérir et savoir la fin de certain parlement qui s'y tenait au 
nom du roi d'Angleterre et de ses alliés. 

11 1. 11 s. à Bernard de Bernes, pour avoir été -s'informer de l'état 
et prospérité du roi (avril et mai 1424). 

24 1. 3 s. au même, pour avoir été portera Bourges lettres closes 
au roi et avoir rapporté des nouvelles de par delà. 

4 1. à Jean Senacq qui apporta, le 24 mai 1424, des lettres du roi et 
de très-bonnes nouvelles de l'armée que S. M. avait l'intention de le- 
ver pour le recouvrement de son royaume. 

65 s. 4 d. k Miquelet Herbache, pour avoirété s'informer bi le siège 
était mis devant la ville à'Irchon, 

40 s. à Jaquemart Gosselin, pour un voyage fait à Ivry, à Manies 



Digitized by VjOOQIC 



— 75 — 

clame le paiement de deux voyages qu'il a faits auprès 
du roi. — En délibéré (1). 

— * Les membres des consaux pourront enchérir, mais 
non mettre à prix les biens vendus par autorité de 
justice. 

7 décembre 1423. — Maître Simon Charles et Hartin 
de Canlers, commissaires du roi, déclarent qu'en vertu 
de leurs pouvoirs, ils ont nommé M. de Moy et de Ghin 
bailH de Tournai et Tournaisis ; ils prient et requièrent 
les consaux d'obéir au nouveau bailli , promettant que 



et dans les environs, afin d'avoir des noavelles du pays et notamment 
de la forteresse d'ivry qui s'était rendue aaz ÂDgIais le 15 août 1424. 

8 1. 19 s. 8 d. k Gossart Dujardin, pour être allé à Rouen et au 
Mont-St-Michel s'informer de l'état des Anglaise t s 'assurer si leeomte 
d'Aumale était trépassé (septembre et octobre 1424). 

106 s. 2 d. au même, pour avoir été à Pas en Artois et à Dourlens 
s'enquérir si les Anglais y étaient passés; de même à Boulogne-sur- 
mer oU il séjourna huit jours pour avoir des nouvelles des Anglais 
(octobre 1424). 

7 1. 7 s. au mémOf pour un ▼oyâge à Amiens et à Rouen (septembre 
1424). 

4 ). 7 s. 6 d. à Gillet Deheudines, pour avoir été âi Valenciennes 
s'enquérir de l'état du duc de Glocester, qui devait passer avec son 
armée entre cette ville et Soutain ; de même k Gambron et à Soignies 
pour avoir des nouvelles dudit duc. 

(1) « A Jaquemart Boutillier, pour avoir fait deux volages par de- 
vers le Roy nostre sire» pour certaines besongoes et affaires touchans 
le bien, paix et tranquillité de la ville, pour lesquelz lui fu ordonné 
avoir, tant pour yceulx comme pour certaines pertes et dommages 
qui lui a convenu avoir pour certaine prinseet ranchon de sa personne 
en faisant l'un desdis volages, xliiij escus et ung mouton d'or, qui 

vallent lix 1. xviij s. ij d. t. » 

(Compte de iÂ^i4a&.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 7^ - 

non seulement les franehises et les prmiéges de la ville 
seront respectés, mais encore recevront une plus grande 
extension. — M* Simon Charles entretient ensuite ras- 
semblée des libelles qui, la veille, dans la matinée, ont 
été répandus dans la ville; il s'élève fortement contre 
ces coupables manœuvres. Parlant enfin de la monnaie 
du roi, il dit qu'elle sera forgée et aura cours aux 
conditions par lui autrefois déclarées; it réclame & ce 
propos , pour les ouvriers monnayeurs , les privilèges 
auxquels ils ont été accoutumés. H finît son discours 
en engageant les consaux à mettre de côté les in- 
térêts particuliers et à n'avoir en vue que le bien 
général. 

2S décembre 1423. — Résolu l"" d'écrire au roi pour 
l'affaire des privilèges des doyens; S*" de sceller les or- 
donnances des métiers. 

— Ou fera voir rarlillerie de la ville à M. de Gonflans, 
capitaine et lieutenant général du roi, ainsi qu'aux CQm- 
missaires du roi (1). 

27 décembre 1429. — Les doyens et sous-doyens, 
pour l'honneur du roi, le bien de la ville et de ses 
habitants , ordonnent que Jean Cavet , Jean Blarîes , 
Robert du Ponchiel (dit le harpeur) et Rasse Mambour, 
ainsi que quelques autres, tous prisonniers de la ville , 
resteront détenus et ne changeront point de prison, 
jusqu'à ce qu'il ait été dûment informé sur leurs erintes 



(1> Ces personnages visitèreoLégalement, le i*' janvier, les ou- 
nages que la ville faisait exécuter aux fortifications» près de la 
porte GâquereHe. 



Digitized by VjOOQIC 



- 77 - 

et déJlts ; il« ^tMi \MeTTo%éê 6t ouïs m teun Idgitimes 
excuses et défbnses, cl «ui*t<Hit jusiiee lent sein fâtte. La 
garde des prisonniers présentant des diScultés, Il est 
défendu, du consentement de la eommunantë , à toute 
personne, de quelque état ou eondltidn qu'elle «oit, de 
tenter, par n'importe quels mojems, la délivrance des 
prisonniers ou de faire des réunions dans le même but ^ 
sous peine d'être punie oriminellement en eorps et en 
liiena, comme ennemie , rebellé et désobéissant» au rai 
et à la ^ille. 

Au surplus , on ordonne au^c bannières de se retirer 
immédiatement du marché en paix , union et eoneorde, 
en se mettant à la suite de la bannière du souvenin- 
doyen {?)• 

« A Jehan Hausse, sergent bastonnier, pour certains 
frais de bouche fais par plusieurs aergena bastonniers 
de la ville et autres cpmpaijgnonsj pu temps qu'ilz fu- 
rent, avœcq sire Caron Destraielles, prevost. et le corn- 
pagnièrent à aller par la ville, de jour et de nuit, les 
xxvij'' et xxviij" jours de décembre l'an xxiij , que le 
communauté de la ville fa assemblée en amtea, par 6«- 
nièreSt sur le marchié de Toumay • . . Ui^vj s. • 

(Compte de 1433-1434*) 

51 décembre 1433, — Défense i tous les babiUntSt 

1» De circuler en ville , après neuf heures du soir , 
étant armés; sont exceptés les habitants qui seront de garde; 

^ De se réunir la nuit en assemblées, soit dans une 
maison, soit en un lieu quelconque; 

3** D'aller par la ville avec plus de varlets que dlia- 
bitude ; 

4"* De se rendre d'une bannière k une autre , lors- 
qu'elles sont assemblées sur le marclié {queja n'aviengne) 
■ÉH. T. vni. 10 



Digitized by VjOOQIC 



— 78 — 

ou qu^tnd la communaaté est réunie par baunières, sauf 
l'autorisatioD de l'uo des prévdts , du souverain-doyen 
ou sous-doyen, ou de leur doyen et sous-doyen. 

Toute infraction à ces dispositions entraînera la peine 
du bannissement perpétuel. 

De plus, chacun est tenu de se rendre h sa bannière, 
aussitôt qu'il apprendra que les bannières sont assem- 
blées; il se fera accompagner de ses varlets, et ne 
pourra se retirer sans la permission de son doyen ou 
de son sous-doyen. 

Enfin toute personne incorporée dans une bannière 
est tenue d'y retourner si elle l'a désertée. (P) 

4 janvier 1425 (1424, n. st.) — Ordre à tous bour- 
geois et manants de se trouver le lendemain , entre 8 
et 9 heures du matin , au lieu ordinaire de leurs réu- 
nions , pour recevoir communication des charges dont 
sont atteints et convaincus Jean Gavet et consorts, et pour 
en ordonner selon raison et justice. Les prescriptions sui- 
vantes devront être rigoureusement observées: 1"* N'in- 
citer l'opinion ni en faveur ni contre les prévenus ; 
^ s'abstenir de murmures et se borner k exprimer son 
vote au collège de sa bannière; S"" ne point sortir de la 
ville avant que le jugement soit rendu, si ce n'est avec 
l'autorisation de sire Caron d'Estrayellcs , prévôt et du 
souverain-doyen. (P) 

5 janvier 1423 (U24 , n. st.) — Un messager de 
Gaud apporte aux consaux les lettres de sauf-conduit, 
délivrées par les eonscillèrs du duc de Bourgogne et 
destinées aux députés de Tournai qui doivent se rendre 
i Bruges , au jour qui leur a été assigné , pour conti- 



Digitized by VjOOQIC 



, -79- 

nuer les nëgociaiions do traité entre ce prince e( les 
Toarnaisiens (Compte de 1423-1424.) 

8 janvier 1423 (1424, n. st.) — Sommation est faite 
& Jean Mambour, monnayeur, de se rendre en halle , 
par devant les prévôts et jurés, ponr répondre au pro- 
cureur de la ville. Mambour est accusé de sédition , 
d'avoir provoqué des divisions, excité à la désobéissance 
et donné lieu à des troubles et des désordres qui ont 
sérieusement compromis la paix et la sûreté des habi- 
tants de la ville. (P) 

— Le même jour est publiée une ordonnance des 
prévôts et jurés, accordant une récompense de 200 
écus d'or à celui qui opérera l'arrestation de Rièfaardin 
du £rocquet, coupable de meurtre sur un bourgeois de 
Tournai. Cette somme sera réduite de moitié ii le fitetir- 
irier n'est pos pris vivant, (?) 

— - Cinq habitants de la ville s'obligent, eux et leurs 
biens, h payer, par prélèvement, i titre d'amende, une 
somme de 500 1. t., si Jean Gavet rompt l'engagement 
qu'il a pris de se tenir à dix lieues de distance de la 
ville pendant toute la durée de son bannissement. 

19 janvier 1423 (1424, n. st.) — Les bannières des 
divers corps de métiers seront gardées par leurs doyens 
respectifs (1), et celles du roi et de la ville seront dé- 
posées à l'artillerie. 11 sera statué ultérieurement quant 
aux autres bannières. 



(1) La tiannière des tisserands a'éuit pas auparavant confiée à la 
garde da doyen de ce corps. 



Digitized by VjOOQIC 



ât jftAVÎQr U23 tl424> Q> aL) ^ Arrivée à'tm ebe- 
vaucheur porteur de lettre du diifi de Brabaeit , par 
lesquelles ce prince demande qu'on lui envoie à Bru- 
leUea, pour certaiines causes toueh%»t soa bien et son 
hoiniaeur,. Maîtres Liévin le Blequere» Jteaa Ptoiitehaye (1) 
et Jacques Coure- {Compte de U23rl424.) 

39 H^vtov 1423 (1424^ n. at.) *^ Résolution des 
eoosaus en ▼ei'tu de laquelto seroat poursuivis et jugés 
ce«K qui feraiout sortir iatempestiveineAt les banaieres 
dont ils ont la surveillance. Les peines a^ont en ral-> 
son da la gravité qu'atteindra le délit, à apprécier et 
réprimer pi^r les eonsaux, doyens et sous* doyens* 

<^ ÛQ clécide de s'en référer à l'avis des bannières 
sur la. question de savoir si lee ovdonnaoces envoyées 
au roi, par les doyeua et sous-4oyens des métiers, 
continueront à avoir force lors dui pre«baîn renouvelle* 
ment de la loi, quoique les lettres approbatives ne 
soient pas encore arrivées. 

1«^ février 142S (I4d4, n. st,) ^ 11 est question dam 
cette séaoee de nommer , parmi les notables , des arbi* 
très pour régler et apaiser les différents qui surgiraient 
entre les habitants ; on ne voit cependant pas dana le 
registre qu'aucune décision à ce sujet ait été prise, 

S lévrier 1435 (1424 , n. st.) -^ Publicetion ordon* 
nant à la communauté de se réunit* le lendemain matin 
par bannières y à l'effet de délibérer sur certaines re- 



(1) Chanoioe de Toarnai et conseiller da la NiAïe, 



Digitized by VjOOQIC 



— 81 — 

quèles faites par los commissaires de S. M« pour le pro* 
fit et l'hooneor du rou 

4 février 1433 (14^4| u. st«) — Rapport adressé aux 
eonsattK par les collèges des baoniires, sur les requêtes 
et remontrances faites par Kaitres Simoo Charles et 
Hartio de Caolers, commissaires du roi, relativement à 
la journée du Crotoy qui doit se faire au commence- 
ment du mois de mars (1) : 

c Que toutes les dites banniàres» d'une meisme vou- 
lente et affectueux, corage» en monstrant et rendant, 
comme faire dqibvent , toute ample et entière obéis- 
sanche au R07 , nostre souverain et naturel seigneur , 
et à la rescousse de ladite forteresse du Crotoy , en la 
perdition de laquelle tout le corps de la ville , manant 
et babitans d'icelle ont moult grant intérest , comme 
cbascun scet et vray est^ et aussy adfin que les ambas- 
sadeurs du Roy nostre sire ne aultres ne puissent au- 
cunement bdillier charge ne reproche à la ville et 
bonnes gens d'icelle , que par leur deffaulte, yceluy 



(i) Ceci eiig0 qaelques «ots 4'eiiUicfttioB. Au meis d'octobre 
1423 , ttoe armée anglaise assiégea U forcsresse du Groioy qae d4fea- 
dait Jacques d'Harcourt , lieutenaot-gÔBéral deCharlesYIIeQ Picar- 
die; celui-ci capitula et s'engagea à rendre sa forteresse» le 3 mars 
suivàfit, si , dans les trots premiers jours de ce mois , îl ne pouvait 
pas tenif $é jûuméê entre Bae et Gretoy. CTétati , dit Simonde de 
èitmoadi , une stipulation alors fréquente. Au Jour fixé» les amis de 
l'assiégé devaient offrir la bataille aux assiégeants dana «• lieu cou* 
venu; s'ils ne le pouvaient pas , ou sMIs étaient ^aincns , la place 
était rendue : jusqu'alors les armées se retiraient, les hostilités 
étaient suspendues et des otages répondaient de la convention. Les 
FIranfats tte s'étatil pas présentés pour tenir h journée convenue , la 
ville de Gretoy fel livvée aux Anglais , le 3 mars , k midi. 



Digitized by VjOOQIC 



— 8Î — 

secours ne soit fait, mesmement que l'ayde pour ce faire 
n'est point au dommage de la ville ne des deniers d'icelle, 
mais tant seulement du propre deu ou domaine que le 
Roy nostre sire a en ladite ville , et aultres plusieurs 
raisons ad ce propos mises en termes et déclarées es 
dites bannières, sont accort que le dit ayde, qui monte 
en demande xiiij mil couronnes, est assavoir sy avant que 
endesoubz ycelle il porra bonnement estre diminué 
et que passer on se porra , soit fait et trouvé hastive- 
ment et dilligaumeiit et d'eure en heure, sans cesser, 
par toutes les meilleures voyes et manières et les plus 
prouffitables pour la ville que bonnement faire se porra, 
dont de ce faire toutes lesdites banières se deschargent 
et en chargent et s'en attendent et attenderont sur vous, 
Messeigneurs les consaulx, doyens et soubz-doyens. 

)> Item que ad ce propos et en monstrant ladite bonne 
volleoté et obéissanche, soit tantost allé devers lesdîs 
commissaires et ambassadeurs du Roy nostre sire, en 
leur offrant et remonstrant ce que dit est , et qu'ils 
soingnent et labeurent dilligemment à avoir de temps 
et d'eure prest les gens d'armes et de trait dont ils se sont 
vantés et que, de leur bouche, ils ont déclaré par devant 
vous. Mess'* et doyens et soubz-doyens et commun de la- 
dite ville, et que ou fera au sourplus, ad ce propos, au 
plaisir de Dieu , telle dilligence que audit argent n'ara 
aucune deffaulte, quand on verra et saura clërement et évi- 
daument la journée dudit Grotoy entretenir et les gens 
d'aimes , pour faire ladite rescousse , estre pretz , passés 
à monstre et partis pour ce faire , moyennant et parmy 
plusieurs conditions , seurtés et aultres choses que , par 
manière d'avertissement , les bonnes gens desdites ban- 
nières ont , en aucunes d'icellcs , mises en termes , qui 
chy après seront déclarées et que ils remettent à le 



Digitized by VjOOQIC 



— 83 — 

bonne discrétion de vous, Messeigneurs et aussy desdis 
doyens et soubz-doyens. 

» C'est assavoir qu'il soit prins , pour la ville , des- 
dis commissaires , vidimus de leur pooir , se prins n'est, 
et lettres de par eulx comment, par vertu d'iceluy et 
pour les causes dessusdites, eulx, pour et ou nom du Roy 
et eulx faisant fort de luy, oblegieront et ypotéque- 
ront , en le main de ladite ville, jusques à tant qu'elle 
sera acquittée et deschargiée du prest et argent dudit 
ayde , les vj mil livres que le Roy nostre sire a par 
an sur ycelle ville , avecq aussy le prouffît de sa mon- 
noyé. Et ad ce propos , quand à yceulx vj mil , que 
Maistre Martin, qui en est recepveur, en baille lettres 
au los du conseil de la ville. Et semblablement quant 
au fait de ladite monnoye , que le nouvel maistre d'icelle 
présentement venu par decha, qui dist avoir plusieurs 
et grans assignations sur ycelle, que on lui fâche 
gréer et consentir que, paravant sesdites assignations, 
la ville soit première acquittée de ce que dit est. Et 
oultre, se mestier est, soit prins et en ordonné, pour 
le bien et seurté de la ville, de ce que yceluy Monsei- 
gneur Maistre Simon Charle eut offert de eulx rendre 
et tenir en icelle ville, a le vollenté de vous Messieurs 
et des bonnes gens, jusques ad ce qu'ilz auront fait 
avoir bonnes lettres et seurté de ladite ayde et de le 
faire avoir et recouvrer par le manière que dit est. 

> Item que oultre soit aussy, sur toutes choses, meu- 
rement, sagement et discrètement pourveu et advisé & 
le délivranche et distribution dudit argent , se faire le 
convient aux dites gens d'armes, lesquelx toutes lesdites 
banières , excepté celles des fèvres et des tisserans, et 
pour le plus grand bien et seurté de la ville , vucllent 
estre prins de gens estrangiers et non point de ceulx de 



Digitized by VjOOQIC 



— 84 — 

ladite ville, et que amchois que rien en soit payé ne 
distribué, que on voyc ou sache eertainement et, nottoi^ 
rement que la journée se doye entretenir et que les 
dites gens d'armes, pour ce faire , soient prestz , passés 
à monstre et partis pour ce faire, et en le veue de cer- 
tains bons preudommes ad ee commis et ordonnés d« 
par la ville et non par aultres, et sur ce soit tellement 
ordonné que ladite ville n'y puist estre aucunement dé- 
cheue. 

» Item que aussy plusieurs desdites banières ont mis 
en termes que ad ce propos, se ftiire se pooit , on prenist 
dudit ayde tout ce que bonnement on porroit avoir des 
viëses debtes deues par ladite ville. 

» Item semblablement et comme dit est dessus , les 
banières des fèvres et des tisserans sont d'accort que les 
gens , pour aller audit secours , soient prîns en ceste 
ville et non ailleurs, avecq eulx certains notables bour- 
geois ; et semblablement aucunes aultres banières, pour 
Toppinion d'aucuns d'icelles, volroient bien que au mains 
les compaignons aidables qui y auroient vollenté de y aller 
en gaignant sauldées y poussent aller , avecq plusieurs 
aultres choses déclarées aux rappors d'icelles banières, 
dont de ce et de toutes les choses dessus dites ils re- 
quierquent vous, Messieurs, et aussy doyens et soobz- 
doyens. » (Registre de cuir rouge ^ f» 150 verso.) 

6 février 1425 (1424, n. st.) — Rapport des collèges 
des bannières sur deux points soumis k leurs délibé- 
rations : 

« Quant est au premier poiiit touchant Tayde de 
xiiij mil couronnes et dont autreifois, est assavoir ven« 
redi darrain passé (4 février), les dites bonnes gens 
et par assens de banières furent d'accort de yceluy 



Digitized by VjOOQIC 



— «s — 

ayde et d'ieeile somme etirc fait se soeoneneiK il m 
peoit estra fine de ameurir yoelie soma^e , les difes 
boQoes gens «t plus que fur Mtens de banières beau* 
CQp, tous d'aocort, en amplianl et moviepliant tousjours, 
de bon, vrajr et affecUieox eorage, le vraye, affectueuse, 
nrdant amour et vollentë que ilz ont au bien du Roy, 
oostre souverain et oaturel seigneur , et à Ja garde «t 
reeoavraoebe de ses affaires et de son -royaulme, mes- 
mement pour le fait de la rescousse dudit Grotoy , qui 
espoir est possible d'estre fait , ao plaisir de Dieu , par 
Je fait et moyen dudit ayde seulement, dani la vUk mth 
ml é touajovars une ferpéttusUe honneur et lœnge , sont 
d'aeeort et d'assens que ladite somme de xliij mil eseus 
soit faite et trouvée par la ville, dmimend ne par quel- 
qae manière que ce soit, et que pour ee fsire et acom* 
pRr sans nulle deffanlte^, «aient faites de jour en jour, 
d^eure en heure , toutes difîigenees possibles , aoit par 
vendant rentes sur aucuns boorgoii et gens notables de 
la ville et pour et au nom d'icelle , ou sur les vièses 
debtes de la ville, ou à faire emprunt auxdis bourgoia, 
marchans , cambgeurs ou auUres qui de ce faire auront 
bien le pooir et dont on en trouvera bien plusieurs, sy 
que dient ycelles bonnes gens des bannières; entendu 
toutes voyes que yeeulx prestz feroient encourant en 
rente à vie et sans quelque perte et dommage pour 
yceulx presteurs et par toutes les agltres meilleures et 
plus hastives voyes et manières que faire se porra , en 
prenant ad ce propos la caution du nouviel maistre de 
monnoye et aceeptant aussy ee qu'il a offert avoir & la 
ville seurté du Roy de l'entretenemeiit de la bonne 
monnoye ad présent forgiéc en ceste ville, tant d*or 
comme d'argent, le terme de deux années, oultre lee 
iiij années dont ycelle ville a lettres des dessusdis com- 
■ËM. T. vin. ^i 



Digitized by VjOOQIC 



— 8« — 

missaires et toutes les meilleores et plus grans seurtés 
que bonaement on porra avoir et aviser pour la ville, 
-en seurté de avoir et recouvrer ledit prest desdis xiiij mil 
«scus sur Tayde de vj mil deue au Roy nostre sire .et 
sur sa moDOoye, et aussy des obligations, offres et pro- 
messes des dessusdis commissaires et aultrement, en pour- 
veant aussy et tenant la main sagement, meurement et 
seurement ad ce que ycelle ayde et par la main des 
commis de par la ville et non par aultres , soit et puist 
estre emploiëe à cause, ainsy que aultreffois et par ledit 
tiarrain rapport fait & ceste cause par les dites banières^ 
en furent bailliés plusieurs advertissemens auxquelx Hz 
se rapportent. Et de toutes lesquelles choses faire et 
acomplir hastivement, comme 1^ chose le désire et par 
telle manière que la ville ne puist en ce estre nottée d'au- 
cune deffaillanche, délay, eslongement ou négligence, les 
dites bonnes gens et par Tassens dessusdit se desquier- 
quent et en requierquent vous. Messieurs les consaulx 
principaulment, avecq vous les doyens et soubz-doyens, 
sans ce que plus ilz en soient rassamblés. 

« Item, quand au second point touchant le fait delà 
recréation de la loy de la ville, lesdites bonnes gens, 
et plus beaueop que par assens de banières , sont tous 
d'oppiuion et d'accort, veu le temps et dangier où la 
ville et nous sommes ad présent , tant en la ville comme 
dehors, et pour le plus grant plaisir , affection et vollenté 
de tout le peuple d'icelle en la plus grant partie et 
eulx tenir en bonne seurté , amour , union et concorde 
à l'entretenement de leurs banières qui , à leur advis , 
es affaires , troubles et assemblées -naguères faites et 
advenues en ycelle ville , a esté le sauvation de la dite 
ville et de nous tous ensemble et aussy à l'entretene- 
ment des dis doyens et soubz-doyens que , comme re- 



Digitized by VjOOQIC 



— 87 — 

présentans la commanaulté , font ung colliége, avecq 
vous messieurs les consaulx, es besongnes et affaires 
d'icelle ville, au grant plaisir, apaisement et seurté 
dudit peuple et autres plusieurs causes et raisons qui ad 
ce les mueuent en toutes bonnes , vrayes et léalles inten- 
tions, au bien, honneur, seurté et proufiSt du Roy 
nostre sire , de ladite ville et de vous Mess'* les consaulx, 
que ladite recréation et rénovation de ladite loy pro- 
chaînent venant se fera, en tout et par tout, selon le 
forme et manière que ordonné et déclaré est en le 
chartre et ordonnanche sur ce nagaires faite par l'assens 
et accort de la dessusdite communaulté et aussy par vous 
Mess" les consaulx que icelle veistes et corigastes ; 
laquelle pour estre passée et accordée par le Roy 
nostre sire et en avoir et obtenir chartre et à vostre 
meisme requeste , avecq icelle communaulté^ est envoyée 
par delà vers le Roy nostre dit s'; car combien que 
ycelle nouvelle chartre se ainsy advenoit que, en dedens 
ladite recréation, elle nefeust obtenue et rapportée par 
decha , et aussy que ycelle recréation soit faite contre la 
teneur des Chartres et usages de ladite ville dont, sy 
comme aucuns volroient dire, on porroit estre reprins 
du Roy nostre sire , les dites gens et banières ont fianche 
que , au plaisir de Dieu , le Roy nostre dit seigneur n'en 
sera ja mal content, veu leur constant et vraye obéis-* 
sanche, non pareille à ceulx de son royaume, tousjours 
par eulx persévérée et que voulenté ont de faire et en- 
tretenir de bien en mieulx, et aussy qu'il ne le fait à 
nulle maise Intention ne désobéissanche vers luy, mais 
pour son trës-grant bien et à la seurté de ladite ville 
et du bien, paix, transquillité et union d'ieellé, comme 
dit est dessus , considéré aussy que Messeigneurs les 
commissaires et ambassadeurs du Roy nostre sire, luy 



Digitized by VjOOQIC 



— ro — 

veprésentmis pardecha » ont cscript et certiffié an Rogr 
nostve dît &% qn% ladite nouvelle ehartre est k bien dit 
Aoy et de 8» dite YÎlle et de tout le corp» du peuple 
d'icelle et pour ladite recréatien, eo ensuiant yeelle forme 
et oondoire à la dcsaharge de ladite YÎIle et commuii 
d'ieelIO) lit sont prestz d'en baillier leurs lettres au les 
du eonseil de lafite TÎHe. » (AejAfn lit am wug^^ 
f" Kl tem.) \ 

8 février 1423 (1424 , n. st.) -— Lés eonsaox , les 
doyens et sous-doyens arrêtent ce ({m suit r 

Des députés choisis dans tons les collèges sont ebargés 
de désigner 140 personnes qui seront astreintes à faire 
chacune une avance de 100 cooronnes. Le rembourse* 
ment de cette avance leur sera garanti par one obli-* 
gation qui leur sera délivrée sdus le soel de la eonmO'» 
nanté. 

-^ Jean de Lcuze , lean le Motilquinier et Michel de 
Gand accompagneront Haitre Sîoion Charles dans Tins^ 
pection des gens d'armes que eelni-eî doit passer. 

10 février I4Î5 (1424 , n. st). ^ PublieatioD des 
traités provisoires consentis par les bannières et approii* 
vés par le roi, entre le conseil du doc de Bourgogne 
et les dépotés des quatre membres de Flandra ^ d'une 
pflrt^ et les prévôts^ jurés, écbevins^ éwardeurs, doyens 
et sousHlayens des métiers, d'autre part. 

18 février 1433 (1434^ n« st)« — Les oonsai» el ks 
doyens décident que les 14,000 écos^ provenant de l'em- 
pruBt décrété le 8 du même mois, seront employés au 
paiement des gens d'armes , si tootefots les délestés de 
la ville parviennent l enrôler asses il temps 1400 hommes 



Digitized by VjOOQIC 



d'armes el fiOO homme» de Irait prêts et «tppamltés^ 
p(mr estre à la journée du Crotoy au jour de la momtrê 
qui se fera deux journées par deçà Liége^ en approchant 
k Crotoy. 

22 février 1423 (i-424, n. 8t). — Des lettres envoyées 
par le roi# *-* il est ordonné de les bien conserver, 
de les placer sous le séquestre et de s'y conformer. 

23 février 1425 (1424, n. si). — Lettres de sauf- 
conduit du duc de fiourgognei afin que les marchands 
et autres habitanii puissent se rendre en toute sécurité 
à la franche fête d'Ypres. 

28 février 1425 (1424, n. si). -- Ordre est donné 
de rembourser à Lolard de Willeries cent écus d'or 
qu'il a payés à M* Guillaume Coosinot, chancelier 
d'Orléans, pour les services que ce seigneur a rendus 
k la ville, spécialement à l'oceasiuii des impétrations 
que la ville fit au roi lorsqu'elle loi envoya son ser* 
ment d'obéissance. 

^ Rapport des députés envoyés à Liège pour le se-* 
cours du Crotoy. u A Jehan de Leuze^ Jehan Meul* 
t quioîer et Miquiel de Gand , pour ung voyage par eulz 
» fait en la ville de Liège, pour le fait de certaines gens 
» d'armes que Maistre Simon Charle cntendoit & mettre 
» sus audit Liège , pour la rescousse et secours du 
i> Crotoy, pour illecq faire faire certain prest et aida 
» d'argent aoxdites gens d'armes, se ilz veoient que 
» la chose se peuist conduire en bons termes à l'on* 
n neur du Roy nostre sire, auquel voyage faisant ili 
N vaequièrent l'éspasae de xviij jours conthiouelz , etc. 
(Compte de la tfiUe.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 90 ~ 

7 mars i4S5 (4424, n. st.) — Copie sera délivrée à 
Philippe de Bourghielle du rapport des commis qui ont 
vérifié ses comptes. II obtient cette copie le 18 , en 
même temps qu'on lui signifie qu'il sera entendu dans 
ses moyens de défense le mardi, ^4 avril. 

il mars 1425 (1424 n. st.) — Sont enregistrées à 
cette date deux lettres de défi dont voici la teneur. Nous 
les rapportons parce qu'elles nous semblent bien peindre 
les mœurs de ces temps : 

c Sachiés, Burchmaistres , conseilleurs et tous juges 
» de le cité de Tournay, que jou, Willaume de Bré- 
)» derode , seigneur de Steiu et Termerweyde , suy à 
» vous et à tous vos bourgois anemis , pour ce que 
» vous n'estez obéissaus ne ne voilés estrc à très-puissant, 
» très-souverain et très-crestyen Roy Henry d'Ëngleterre 
» et de France , et aussy pour certaine parolle que 
» j'ay sur aucuns de vous bourgois; et veul que tous 
» mes s'* et mes coadjuteurs et alyez et tous ceulx que 
» je porray amener ou envoyer sur vo citet, eu mon 
» ayde , et le vous signifie par ceste lettre scellée de 
i> mon scel en placquiet en l'an de nostre s' mil iiij° 
» et xxiij. 9 

tt Sachiés , Burgmaistre , eschevins , conseilleurs et 
)i communs bourgois de le cité de Tournay gue nous, 
» Gérard de Glèves et de le Marque, voulons estre vos 

> ennemis et tous ceulx qui vous voiront estre en ayde, 
» pour telle raison , parolle et deffaulte , comme noble 
» nostre sire et bien amé cousin Willaume de Bréderode, 
» seigneur de Steyn, scet à dire sur vous. Et vous deffîons, 

> parmy ceste lettre , de toute no puissanche et de 
» tous ceulx que nous perrons amener ou envoyer à 
» vostre citet et vostre honneur, voulions avoir garde, 



Digitized by VjOOQIC 



— 91 — 

> tesmoiog nostre scelle emplacquiet sur ceste lettre, 
» en l'an nostre s" mil iiij<' et xxiij , le mardi après 
» le Saint-Martin, évesque. » 

14 mars 1425 (1424, n. st.) ~ On voit que 900 cou- 
ronnes ont été prêtées par la ville k Maître Simon 
Charles, pour l'affaire du Crotoy. 

4 avril 1423 (1424 , n. st.) — Défense est faite de 
comparaître au siëge des consaux à plus de six mem- 
bres de chaque bannière , lorsque celle-ci se présente 
pour quelque remontrance à faire soit aux prévôts et 
jurés, soit aux échevins, soit enfin aux doyens et sous- 
doyens. Dans ce cas, tout sujet d'une bannière ne peut 
accompagner ceux d'une autre. Les contrevenants seront 
punis du bannissement à perpétuité et condamnés à 
d'autres peines. (P) 

18 avril 1425 (1424, n. st.) — Des délégués des con- 
saux sont chargés de choisir les députés qui doivent 
se rendre à Lille; ils leur délivreront les instructions 
nécessaires sans qu'il soit besoin d'en référer aux con- 
saux. 

26 avril 1424 — Les gens de métiers , notamment 
les tisserands , les charrons , les foulons , les tein- 
turiers et les drapiers, qui, à partir de ce jour, ne tra- 
vailleront pas de leur état, encourront Une amende 
de 10 livres. (P) 

.l""' mai 1424. — On publie une ordonnance afin 
que tous les habitants se rendent le lendemain en la 



Digitized by VjOOQIC 



Jialle, êu son de ia bancloque , pour assister à l'afpo^ 
sition du scei sur lo traité de paix conelu arec le duc 
de Bourgogne. Ce traité scellé , il sera expédié i ce 
prince qui , par réciprocité , fera parvenir à Tournai 
-eeiai qui est signé par lui-même. Le scd de la ville 
•sera également apposé sur les leUres closes qui sont à 
envoyer au roi par une députation , à l'eflEet d'obleair 
la confirmation perpétuelle des statuts portant création 
des bannières, des doyens et sous-doyens des méiiers , 
junsi que de leurs ordonnances. (P) 

5 /nai i4â4« — Golart Bosquet , Jean de Leuze et 
Mlehel de Gand ^ sont désignés pour aller k Bruges 
fMTter le double des lettres du traité de sûreté passé 
avec le due de Bourgogne. 

Voici les dispositions de ce traité qui fut signé à 
Lille le 28 avril 1424 : 

i<* Les bourgeois , manants et habitants de Tournai 
et de sa bitnlieue pourront librement et paisiblement 
aller , converser , passer , repasser et séjourner mar- 
chandement et d'autre manière par tous les pays 
de Flandre et d'Artois , compris les chàtellenies de 
Lille , Douai et Orchies , et aussi dans le comté de 
Hainaut, & condition que si quelqu'un d'eux malfaisait 
dans lesdits pays, il en serait puni par justice ; 

2* Le duc ne permettra à aucuns, de quelque qua- 
lité ou condition qu'ils soient, de résider ou demeurer 
dans sesdits pays, pour faire guerre aux Tournaisiens, 
en défendant de même à ses sujets de les soutenir; 

5^ Si , contrairement h cette défense , aucuns des 
bourgeois , manants et habitants de Tournai étaient 
pris ou arrêtés, soit en leur corps, soit en leurs den- 
rées et marchandises , par les gens , serviteurs et su- 



Digitized by VjOOQIC 



- M - 

jets du duc, Mê facteurs «t dëUiiquaoU, alsii qo« lents 
complices, seraient pris ci eooti^îiUs par juslioe à res* 
tituer, avaût de pouvoir «ortîr de fkrisoD, tout ce dont 
ils 60 sevaioat omparés , et eu outre puais oomme in- 
fracteurs de trêves; et dans le casoà l'on ne pourrait 
les saisir, ou forait prendre et vendre tous tours biensi, 
pour en employer le prix au racliat de oéttx qoi au- 
raient été arrêtés et les dédomniiiier «alièrement , en 
iMMiissaat les délifnq4iaats dos seîgoourios et pays sus- 
dits; 

i"" Que si aucuns des ^tyets du duc, de quelque 4tat 
ou condition qu'ils fusseiU , faisaient, dans ses pays et 
seigneuries, prises ou arrêts do corps ou de Ihcus sur 
les Touraaisiens» le duc les ferait Contraindre, par dé- 
tention de corps ou de biens, à pleine et entière res* 
titution y et en outre punir i la discrétion de lui ou 
de ses officiers; 

5° Si tels délinquants ne pouvaient être appréhendés, 
ils seraient bannis de ses pays, terres et sei|;4ieurieS| 
et le duc ferait tout ce qu'il lui serait possible par dr* 
vers les garnisons, villes » places ou forteresses^ dont 
ils seraient partis et celles où ils se seraient retirés , 
afin qu'elles les contraignissent i restituer ce qu'ils au- 
raient pris; promettant ledit duc, dans le cas où dles 
ne le voudraient pas, que si aucuns desdites villes, efa^ 
teaux et forteresses venaient dans ses lëtats, il les ferait 
arrêter et emprisonner jusqu'à la dite restitution ; 

6° Pour la sûreté des choses dessusdites , pour le 
bien du cours de la marchandise et pour que l'on put 
labourer les terres, le duc «st d'accord qu'aucuns> 4e 
quelque qualité ou condition qu'il soit ^ ^v^ viennent dans 
les bailliages du Tournaisis, Mortagne, iyaint-Âmaud tl 
appartenances , pour faire guerre ou porter domnut^o 
MÉM. T. vin. "là 



Digitized by VjOOQIC 



— 94 — 

aux Toornaisiens ou aux habitants desdits bailliages; 
•il ne baillera ni souffrira bailler par ses gens , servi- 
teurs et sujets, aucune aide à ceux qui feraient le con- 
traire; ceux-ci ne seront point reçus ni soutenus danà 
ses pays, mais il fera procéder contre eux, par ses offi- 
ciers, comme si les dommages causés par eux l'avaient 
été dans lesdits pays. 

Toutes lesquelles choses , le duc promet loyalement 
de garder^ entretenir et accomplir. Le préambule donne 
pour motif de cet acte, que c'est pour toujours entre- 
tenir et nourrir paix, union et concorde entre le duc, 
ses pays et sujets et les pays voisins , et aGn que le 
cours et communication de la marchandise puissent 
â'exercer entre eux, comme il s'est pratiqué du temps 
de ses prédécesseurs. — Le mandement porte entr'au- 
tres : « Voulons , consentons et nous plaist que les 
» Bourgmaistres , Eschevins et conseilz de noz villes 
» de Gand , Bruges , Yppre et de nostre terroir du 
» Franc , baillent leurs lettres scellées des seaulx de 
» nosdictes villes et terroir, esquelles ces lettres seront 
» incorporées , et promettront par icelles de garder et 
» entretenir, en tant que touchier le puet et pourra, 
» toutes les choses dessusdictes. » 

Ce traité est fait pour un an, à commencer à la 
S'- Jean-Baptiste 1424. 

Par d'autres lettres en date du même jour, le duc 
de Bourgogne octroie que, jusqu'à la S*-Jean-Baptiste 
1425, les Tournaisiens et habitants du Tournaisis jouis- 
sent paisiblement et entièrement de toutes les terres, 
possessions, cens, rentes et biens quelconques qu'ils ont 
dans ses pays de Flandre , d'Artois , chàtellenies de Lille, 
Douai et Orchies^ de même que dans les enclavements 
tenus de lui au pays de Hainaut; exemptant aussi ceux 



Digitized by VjOOQIC 



— 95 — 

qui tiennent terres de loi en fief, arrière-fief ou autrement, 
de le servir dans ses arniées. 

D'autre part , par lettres du 4 mai 1424 , les pré* 
vdts, jurés, écbevins, éwardeurs, doyens et sous-doyeos 
des métiers de Tournai , s'obligent, pour eux et pour la 
commune , & payer en une fois au duc de Bourgogne , 
h Tournai ou & Lille, endéans la St-Jean-Baptiste pro- 
chaine, la somme de 2,000 écus d'or, du coing du roi, 
pour cause du traité de sûreté qu'il leur a accordé jus- 
qu'à cette époqne et un an après , c'est-à-dire jusqu'à 
la St-Jean-Baptistc 4425. 

— Sur le rapport des bannières, sont députés devers 
le roi, à l'effet de poursuivre l'approbation des statuts 
et ordonnances des doyens et sous-doyens des métiers, 
savoir : de lli part des doyens , Bettremieu Garlier (i) , 
doyen des appareilleurs de drap et souverain sous«<loyen; 
Jacques de Hongny , sous-doyen des fèvros et Piérart 
de Nouveauville , clerc des doyens et de la recette gé- 
nérale de la ville ; et de la part des consaux , Gilles 
Waucquier, écbeviu de St-Brice et du Bruille. 

43 mai 1424. — Les nommés Tassart Savary et Mi- 
chel de Hornut font à la ville une avance de 500 écus 
d'or, pour subvenir aux frais de voyage des députés qui 
doivent se rendre auprès du roi ; le receveur général 
Dubos leur en promet le remboursement avant le jour 
de la Pentecôte. Les consaux, les doyens et sous-doyens 
ratifient cette promesse. 



(1) Le 6 mal, Bettremieu Garlier dooDe plein pouvoir à sa femme, 
Maîgne de Preodosme, de gérer ses affaires pendant son absence et 
9'eDgage d'entretenir tout ce qui aura été fait par elle. 



Digitized by VjOOQIC 



— 96 ^ 

«•-* Le même jear , ït susdit Tassart SaTàry , CSItes 
Pictdavaine et Mahîeu le Faùqnenier s'engagent à faire 
toot ce qui est en leur peurmi* , powr que les mêmes 
dëpmés treuTent h leur passage à Génère ou h Lyon , 
où il sera ëervt il ee sujet, la somne êe 400 éens d'or. 
Les eoBsaux promettent le remboursement de cette somme 
afQSsitêt qo'ils auront In eertitvde qu'elle a été touebée 
par les dépotés dans l'une des deux villes précitées; en 
attendant, ils doment une garantie écrite et revêtue do 
scel aux causes. De leur côté , les députés jurent qnib 
pe prélèveront qu'une seule fols la somme mise à leur 
^sposition , c'est-^Hdfre qu'ils n'abuseront pas du crédit 
qui leur est ouvert en deux endroits difFérents;. 

16 ma! 1424. — Ordre anx consaux de se trouver 
en Ta halle ft 7 f /2 heures du matin , sons peine de ne 
y pas être rétribués de leurs journées. 

— Le même jour, pardevant les prévôts, jurés, doyens 
et sous-doyens des métiers , les dépotés désignés le 5 
prêtent le serment suivant : 

« Vous et chacun de vous jurez que bien et loyalc- 
IV ment, à vostre sens et poorr, poorsievrez par devers 
9 le Roy nostre sire à avoir et obtenir de lai la lettre 
> et chartre de la création des bannières , doyens et 
» soobz-doyens des mestîers et de leurs status et or- 
n donnanees passées h perpétuité , et en ferez loyaul- 
» ment vostre puissance ; et que ou voyage que vous 
)» ferez et debvez faire par devers le Roy nostre sire et 
n durant la poursieutte d'iceile chartre , vous ne obli- 
» gérez la ville ne ferez quelque don ou promesse à 
n lu charge de la dite ville i seigneur ne personne 
M quelconque , et tant seullemeat payerez vos despens 
» et les sallaires raisonnables et appartenans & fa pour- 



Digitized by VjOOQIC 



— 97 — 

» sieute qui vous est chargîé à faire et pour cause 
H d'ieelle et des lettres qui en seroot par vous impé-» 
» trées , ne pourchasserez ne ferez pourchassier pour 
» ¥0us ne pour aultrui, ne demanderez quelque office, 
* ne or, ne argent, ne aultre ehose quelconque des 
» offices ne de l'avoir de le ville, ne de chose qui y 
> apertiengne; ne pourchasserez aussi chose qui pnist 
» estre préjudiciable ne déroghier aux drois , franchises 
» privillëges , libertez , sentences ou jugemens d'ieelle 
n ville; et par espéeîal, ne aiderez ne favoriserez aux 
» bannis oonime séditieux de ceste dite ville à ravoir 
>i Tabitation d'icelle, ne que les bans en qnoy ilz ont 
A esté eondeinpnez puissent estre rappeliez en aucune 
» manière , mais ferez vostre loyal povoir et debvoir 
w que tesdis bans en quoy ilz ont esté condempnez 
» sortissent leur plain effet; ne baillerez ne ferez balllier, 
» par vous ne par aullruî, charge ne accusation contre 
M persoone quelconcqoe des bourgois, manans et habi- 
:» tans de la dite ville, et ferez au sourpliis tout ce 
tt que à bons, vrais et loyaux ambassadeurs, solliciteurs 
» et poursieveurs appartient à faire, pour le bien, hoo* 
n neur et prouffit de la dite ville, se Dieux vous ayt 
N et tous les beneois sains de paradis. » 

30 mai i424. — Messieurs du chapitre adressent aux 
eonsaux les observations et les réclamations ci-après 
relatées : 

i"» Ils remontrent que f église est une y irès^noble et 
ancienne^ de fondation royale , souveraine de toutes les 
autres églises de Févéché et du diocèse^ ce qui lui a valu 
plusieurs droits , privilèges et franchises ; qu'ils ont 
droit aux dimes, grosses ou menues, tant dans la ville 
et sa banlieue que dans tout le reste du diocèse ; si 



Digitized by VjOOQIC . 



— 98 — 

depuis peu de temps, les jardiniers se sont refusés à 
acquitter les dîmes , ils l'ont supporté avec patience , 
à cause du péril qu'il y aurait eu à faire autrement 
et parce qu'ils préfèrent à tout la paix et la tran- 
quillité de la ville. — Sur ce point, ils requièrent les 
consaux d'inviter chacun à payer le droit de Dieu , 
confirmé par notre mère la sainte église de la manière 
la plus solennelle, comme tout le monde le sait; en 
tenant compte de la volonté des nobles rois et parti- 
culièrement du roi actuel, aussi bien que de la sainte 
foi chrétienne qui a toujours été honorablement main- 
tenue, nul doute que ce droit sera payé. 

2° Qu'ils ont le droit de prélever 20 lots sur chaque 
brassin qui se fait en ville, et 4 pour cent de ce qui 
vient du dehors. Les consaux voudront bien faire venir 
les brasseurs , pour leur enjoindre de satisfaire au 
droit énoncé ci-dessus. 

S"" Que , par droit commun , les gens d'église sont 
exempts de toutes impositions , qu'ils peuvent acheter 
partout des boissons et les consommer en leur parti- 
culier , sans que le fisc ait rien à y prétendre ; ils 
demandent donc pour eux le retrait de l'ordonnance 
naguères publiée , en vertu de laquelle toutes les 
denrées sont soumises à une taxe lors de leur intro- 
duction en ville. 

4"* Les sollicitants ne sont point obligés de payer 
les droits de pontenage (i) et de cauciage (2), cependant 
leurs charretiers sont arrêtés aux portes et contraints de 



(1) Pontenage y droit de passage de rivière sur les bal eaux } sur les 
pools ou les pontons. 
(9) C(meiage, droit qu'on levait pour l'entretien des chemins, 



Digitized by VjOOQIC 



— 99 — 

payer ces droits, ils demandent que cet état de choses 
ait un terme. 

5" lis possèdent des moulins à moudre brai, lesquels 
sont privilégiés et ont le monopole de la mouture d'ici 
à S^-Quentin; cependant on se sert de leurs moulins 
et on en exige la mouture gratis. Ils réclament pour 
ces moulins les droits et franchises qui y sont atta- 
chés. 

. 6"" Étant fort occupés pour plusieurs causes qu'ils ont 
pendantes par devant les prévôts , jurés et échevins 
et qui ont pour motif la revendication qu'ils font de 
leurs droits, ils ne peuvent se présenter à cause de 
leurs devoirs religieux , et demandent ainsi qu'ils 
puissent comparaître par procureur. 

Ils finissent en priant qu'il soit fait droit à tous 
les griefs qu'ils ont énumérés, et si bien droit qu'ils 
soient tenus de prier Dieu pour les consaux. 

27 juin 1424. — Maître Eulart des Aubiaux , Maître 
Gérard de Grammont et tous ceux qui sont revenus 
à Tournai, seront astreints à prêter serment au roi, 
s'ils veulent continuer l^ur résidence dans cette ville. 

— Le nombre des canonniers ne pourra excéder 42 ; 
il leur est enjoint de bien s'exercer et ils sont e:|:emptés 
de faire le guet. 

— Les chefs des consanx iront réclamer à M* Simon 
Charles le remboursement des 900 écus que la ville 
lui a prêtés. 

— Jjean Dumoulin, sous-doyen des laboureurs, expose 
aux consaux qu'il lui semble que Nicaisc Pille avaine^ 
sous-doyen des tisserands et justice des échevinages de 



Digitized by VjOOQIC 



— 400 - 

S.-'Brico et du Bruilie (1) , ne peut cumuler les deux 
oiBSces, car, en sa qualité de sous-doyen, ii doit protêt- 
ger le commua peuple et , comme justice , il doit le 
punir. Il citç ce fait que les échevins de S.-Brice sont 
beaucoup plus sévères que ceux de la cilé , puisqu'ils 
ont prononcé 40 fois plus de condamnations pour les 
regels (2) et tvaresquais (3). Dumoulin accuse en outre 
Pille avaine d'homicide. Celui-ci donne un démenti 
formel à son accusateur. En conséquence , ils sont l'un 
et l'autre mis en prison. 

29 juin 1424. — Des délégués des consaux se ren- 
dront auprès de Messieurs du chapitre, pour leur signi- 
fier que les gens d'église sont tenus de contribuer aux 
frais résultant des traités. 

15 juillet 1424. — Le remboursemeut des 900 cou- 
ronnes empruntées par la ville et prêtées à M* Simon 
Charles sera garanti par les biens communaux, et même 
par les biens personnels des membres du magistrat 

28 juillet 1424. — Rapport des collèges des bannières 
réunis le 25 pour délibérer sur les points suivants : 
l"" Au sujet du débat qui existe entre le chapitre 



(t) 11 y avait, pour chaque échdvioage> hû officier subalttrne appelé 
juitice aux foactioos duquel étai«ui attachés plusieurs droits» reveiilis 
et gratifications d'une certaine importance. Il était spécialentent 
chargé de mettre à exécution les arrêts civils de l'échevinage, tels 
que tes amendes pour cause de fraudes sur les poids, les mesures ci 
les balances. 

(2) Reget», terres abandonnées, non livrées Ji fa culture. 

(5) Warechaix, pâtures communes bornées par des fossés. 



Digitized by VjOOQIC 



ie Taiira^ et l«s ^tbowraun # t» vill^ ^ (b la bàn- 
Ijette, raUiAif^rneiit aux dtoies grosses et auinues, 
r«vis des boaoes gons , penple et eoninunautë eti 
M : «' QWits SOQl trôs-désiraqt et conseillent que tâ«l 
» ea qui est i Djeu, no créateur, et à nostre mèse aaiaia 
» église , soit payé , en priant très-affectueusement à 
» tpus ccqlx^t C0lks qui en oe sont et semnt tenus, 
» quiç tant et . ai bien en fâchant , que Dieux nt 
n aultras ne leur en puist ou sache que demander ne 
n blasmer ; mais au fait de ladite altercation et matérci 
» qui y en leur regi^rt , est chose de trop grant poix , 
H oux ne vqellent touchier ne avoir charge , car ce 
> n'est point d^e leur congnoissanee no jugement. 

n â'> £t au feit de aller et de porter les torses des 
» mestiers à la révérence de Dieu et honneur de le 
N procession de Tournay , euU sont d'assens qu'ils 
» voisent et retournent en ordene, tout par la fourme 
» et manière quie Messieurs les doyens siéent et seiront 
» en leur court et auditore, d'an en an. >* 

— La salle des doyens, en la halle, sera pavée de 
carreaux de marbve noir. 

89 juillet U24. — Lçs étrangers por^pr^ d'arpips 
spnt tenus de le$ déposer a leur hôjlel , sitét leur arri- 
vée, sous pein.c 4c 10 !• d'amende, outre la confisear 
tion des armes. Les hôtelijers sont invil^é$ è fuir/9 con* 
naître à leurs liô^es cette disposition, afin que ceux-«i 
ne. pvii^^ept pré|j&;v;tçr pau^ . d'ignorance. — D'autre 
part , il est défendu h tpute personne , étrangère oi^ 
non, d'apporter des arques aux sièges et audllAÎres dj^s 
•prévôts, des jurés , des échcvins , des doyens cl spus- 
doyens de la viljc » pour cp qua c'est chose de^plaisant 
et deshonnourable (i justice (P), 

MËM. T. viii. 13 



Digitized by VjOOQIC 



— 102 — 

' 46 août 1424. — Rapport des doyens et soos-doyens 
des métiers sur les choses exposées et remontrées aux 
bonnes gens, peuple et communauté de la ville, assem- 
blés le iO du courant par collèges de bannières. Les 
résolutions suivantes ont été adoptées par 30 ban- 
nières : 

i" En ce qui concerne Jean Gavet , Jean Evrard , 
Jean Blarie, Robert du Ponchel, Rasse et Jean Mam- 
bour , condamnés au bannissement , les bonnes gens , 
peuple et communauté sont d'accord que cet arrêt 
reçoive son exécution et reste maintenu. Toutefois si 
les bannis sont en possession de lettres royales leur 
faisant remise de leur peine, l'assemblée ne peut se 
refuser à ce qu'il soit délibéré sur la valeur du con- 
tenu de ces lettres , ni à ce qu'elles atteignent leur 
but, si telle est la conclusion de la justice, en qui elle 
a toute confiance. 

2*^ Quant aux autres bannis, l'assemblée s'en tient k 
l'avis qu'elle a déjè émis & cet égard. 

17 août 1424. — Frère Jehan Hersot , de l'ordre 
des frères mineurs, expose aux consaux que, pour des 
affaires importantes , et pour connaître au juste l'état 
du roi et la situation des choses après la bataille 
qui a été livrée , il a été envoyé devers le roi par 
H' Simon Charles. Là il a appris que les bannis Mam- 
bour, Evrard, Blarie et autres ont impétré des lettres 
de grâce que le roi leur a accordées , sa bonne foi 
ayant été surprise par les impétrants qui prétendaient 
n'avoir jamais agi qu'en vue de l'intérêt de la cou- 
ronne. Par ces lettres, il est ordonné è tous de lais- 
ser circuler, aller, séjourner dans toutes les villes du 
royaume, excepté Tournai , ceux qui en sont posscs- 



Digitized by VjOOQIC 



— 105 — 

seurs ; ils jouiront également de tous leurs biens. Le 
chancelier cependant a déclaré depuis qu'il n'apposerait 
point le scel à ces lettres, s'il en était requis. Enfin^ au 
conseil, un nommé Queval a dit que tous les doyens, 
sous-doyens et communauté l'ont chargé d'exprimer 
leur résolution qui est d'aller s'emparer des bannis , 
fussent-ils éloignés de 6 lieues de la ville. Plusieurs 
conseillers du roi ont été plus loin, en disant que si 
les bannis se présentaient à Tournai , on eut à les 
pendre hardiment. Les proscrits cependant se préparent 
à faire leur rentrée à Tournai et des mesures de 
sûreté sont prises en conséquence. En attendant, ils 
n'ont pas laissé d'accuser Messieurs de la loi et plu- 
sieurs notables bourgeois de se montrer hostiles au roi 
et d'être bourguignons; ils ont même osé se vanter 
que s'ils effectuent leur retour en ville , ils -sauront 
produire un grand bouleversement ; selon eux , sire 
Sohier Groul , sans reproche tant qu'il fut souverain 
doyen , est devenu ardent bourguignon depuis qu'il a 
été prévôt. Ces propos peuvent être confirmés par Bou- 
teiller qui s'est montré très-convenable. Quant aux lettres 
de rémission, Piérart de Nouveau ville en rapporte un vt- 
dimus. Frère Hersot ajoute que le chancelier et plusieurs 
autres l'ont chargé d'avertir ici de ce qui se passe. 
Mattre Simon Charles n'est pas non plus à l'abri des 
coups que lui ont destinés M, de Moy et les bannis : il 
a, disent-ils, fait éprouver au roi une perte d'un mil- 
lion d'or qu'ils eussent, eux, réalisé sur ceux de la ville qui 
9ont contraires au roi. 11 en résulte que la position de 
M"* Simon est mauvaise. Ainsi que le roi le lui a or- 
donné, frère Hersot salue, en son nom, ceux de la ville, 
ainsi que son ambassadeur (M* Simon Charles.) 
— Lés consaux accordent une gratification de six 



Digitized by VjOOQIC 



104 — 

moutons d'or à frère Jean Hsrsoi ^ pour ses eommu- 
Dica lions» 

— Ils sont aussi d'accord que le cl«rc, le procu<- 
cureur, les deux sergents à verge ^ le luillier et le elero 
des doyeM soient habillés des draps de la ville; il eo 
sera de même de sept ouviers et officiers de la ville^ 
parmi lesquels le charpentier, le maçon | l'horloger et 
le couvreur^ ainsi que cela s'est toujours pratiqué* Cette 
décision ne pourra être mise en vigueur avant que l'on 
ait retrouvé et rapporté aux consaux l'aete du consente- 
menti naguères accordé par les bannières, aux mesures 
prises relativement aux paix et sûretés enfreintes par 
les bannis, ou bien avant que la eommuneuté et les 
bannières aient été appelées de nouveau à délibérer 
sur cet objet. Dans l'un ou l'autre cas , les doyens de- 
vront être consultés , afin que les privilèges puissent 
être maintenus. 

— Ordre est donné qu'aussi longtemps que le» am-^ 
bassadeurs de la ville ne seront de retour, frère Nieolei 
augustin, ne pourra recevoir les 5,000 couronnes dues 
au roi, pour les quarts d'an échus aux premiers jours 
de mai et d'août. 

âS août 1424. — SCir la requête de Blaries et d'au- 
tres bannis, il est résolu d'agir conformément au rap<- 
port des bannières* 

-^ Lotlird de Willeries , souverain derc de la ville , 
est^ ser sa demande , démîesionné de ses fonetions; il 
est remplacé provisoirement par M* Jacques de Haluin , 
conseiller de la ville (!}. 



(1) Le treitemeiit (tOO 1. 1. par an) du souverain clerc est payé k 
de Willeries jnsqu'aa 10 septembre ; à cette dernière date, ce même 



Digitized by VjOOQIC 



— Sire Sohier Gtoiil , prévôt et Atve iean Gat*f;a(tiï , 
BMiyeul* des écheviti8 de Tournai ^ prêtent serment eu 
qOatlté de maîtres ei gouverneurs de l'bâpital St-Lehirc« 
La durée, de leurs fonetiona est limitée à trois ana. 

5 septembre 1424. -^ Le pendeur est tenu de porter 
une écatlJe lur la poitrine, sous peine de y s. d'amende. 

6 septembre I424<' ^ Lté consaui décident , sous 
l'Approbation des bannières qui seront réunies le 10 , que 
l'in^t sur lé tin sera iittgm^nté d'un denier au lot et 
oiitoi de la eervoise ^ d'uii« maille. Des députés seront 
oiiToyés pour aoUielter du roi rautorisation de vendre 
4ei rentes sur la ville. 

7 septembre 44Î4. — Haitre Simon Charles , ftceom- 
pagttë du bftîHl et d'autres membres du conseil do roi 
en ces bailliages, expose par devant les quatre consaux 
assemblés en la balle, après avoir exhibé certaines lettres 
oloses do roi eontenant créance sur lui et Mattre 
Hieole Savaris , notaire et secrétaire de S. M. « com- 
» Ddeut le Roy estoit curieux et diligent qu'aucun 
1» inconvéûient. n'avîengne en la ville , et requiert et 
f exorte qu'on ayme et tiengne justice , qui est le 
• souverain bien de tous autres^ car la ville a esté 
H peuplée et décorée par le bon gouvernement, amour, 
» carité et justice qui y a esté. Et ad ce propos 
A aflégha plusieurs eseriptures et exemples en exau- 



traltemeat ast porté au aam de Jacques de Haluia, et celyi-ci cesse 
alors de recevoir les 50 L aitaoliéeft aux fooctioas de coaseiller de la 
Yille. 



Digitized by VjOOQIC 



— i06 - 

» chaot la puissance des iiij membres et consaulx et 

» exortant à tenir justice sans avoir double d'omme 

» vivant , car justice vainc tousjours , et que s*il fu 

> onques temps de faire justice, il cstoit à présent 

» temps, et comment par injustice Paris est désolée ; 

» exorte, de par le roy , que on soit unis en la ville 

» en ayant r<Bil à justicQ et au bien de la ville , 

» d'un commun assentement , car les anemis nous 

» quièrent pour dévorer ; dist que on ait constance 

» en adversité , en démonstrant sa loyaulté , amer et 

» vénérer justice , et ad ce propos a alléghié les grans 

» désolations de France par partialités et divisions. Dist 

» que on ail foy et paix l'un à Tautre et que paix est 

» la souveraine vertu. Oultre requiert que pour les 

» grans affaires que le roy a eu à susporter, les char- 

» ges de la gherre et que le Roy a frayé pour les estas 

» quatre cens mil escus, et ne puet entretenir ses gens 

» sans argent, et des finanches à lui ordonnées par de 

» cha et dont ledit maistre Nicole est chargié, en soit 

» fait, ainsy que le Roy requiert par ledit maistre Nicole. 

» Dist qne tous les barons de Bretaigne ont juré servir 

» le Roy et que le Roy a intention que de venir à 

» Rains à son couronnement, incontinent après le jour- 

n née de traitié qui se tient à Ângiers sera fait ou falli. 

» Requiert que le payemeht des vj m. ne soit point 

»» empeschié qu'il ne soit employé es œvres pitoya-r 

» blés » (1). 
20 septembre 1424. — Si , pour le saint Rémi au 



(1) Ensuite de ceit » remontrance, un accord intervint entre le ma- 
gistrat et la communauté (1 1 septembre 1424). Nous le publions aux 
appendices. 



Digitized by VjOOQIC 



— i07 — 

plos lard , les personnes qui , depuis le i9 août ^ ont 
quitté la ^ille en emportant leurs biens , |far crainte 
des troubles et des émotions populaires de la semaine 
de la procession (1) , ne sont pas rentrées , elles seront 
bannies à perpétuité et réputées ennemies du roi et de 
la ville. Les biens qu'elles posséderont encore & Tournai 
et dans sa banlieue seront , passé ce jour , confisqués 
au profit de la ville. Un plus long délai est accordé 
aux personnes qui, dans l'intérêt de leur commerce ou 
pour d'autres motifs reconnus légitimes , accomplissent 
un long voyage, — Une autre publication faite le 
même jour défend aux habitants de Tournai de trans*. 
férer leur résidence ailleurs, à moins d'y être autorisés 
par les prévêts et jurés (P). 

22 septembre 1424. — Les marchands qui ont intro- 
duit dans la ville de la graisse et d'autres denrées , 
sont autorisés i en exporter la moitié. 

26 septembre 1424. — Michel de Gand , élu souve- 
rain doyen des métiers de la ville, prête serment. 

— Colart Desgranges, naguères souverain doyen des 
métiers, sollicite une récompen*' po!?r les services qu'il 
a rendus à la ville pendant sept mois, et 8% rendi la 
charte des doyens impétrée a un an (2). — Décision 
ajournée. 



(1) <x A Jacquemart Ck)urUn, pour lui et ses compagnons sergens 
bastonniers, avoir compagne plusieurs de Messieurs de la loy el du con- 
seil de la ville sur le marcbié, le xj* jour de septembre l'an mil iiij* et 
xxiiij que le tourble et efifro; se menlt en ladite ville et que le peuple 
dicelle ville fu divisé en deux parties tout ledit jour , le nuit et 
lendemain ensuiant, tant qu'il fu appaisié, xx*.» (Gomptede 1425-1424). 

(2) Charte de Charles VII, du 46 mars 1423 (4424, n. st.) porUnt 



Digitized by VjOOQIC 



<— Leeture publique est f«ite 4P4ine reqttéte adressa 
fiar plusieurs baooiiMS ; eetle reqnéte est renvoyée |i 
l'avis iks ch«fs des «oqsauxy dm souverain doyen, de de 
menibres du magistrat et de six doyens des métters. -^ 
Le 50 , ces déléguas font leur rapport aux eonsaux , 
doni la nSsoluUon n'est mentionnée ^u registi^e que par 
eei œots t H en fu ordonné, 

50 tepiembre iA'H. *^0n délibère sur les deux ques 
(ions suivantes sans pnendre de résolution : i* fera-t-on 
un traité d'alliance avee le duc de Brabant et les Lié- 
geois ; 9f* prorogera-t*on le traité de sàreté avec le due 
à» Bourgogne? 

— Jean Motois, tourxer du beffroi, est révoqué de ses 
fonctions; ses clés sont remises entre les mains de Mi- 
chel de Gaod , souverain doyen, qui se charge provi- 
si^rement de la garde du beffroi et des prisonniers qui 
y sont détenus. — Le 30 octobre , Nicaise des Préaux 
est nommé par les quatre consaux tourier du beffrpi. 

iO octobre 1424. — Maître Simon Charles, ai| nom 
du gouverneur de Guisj^ écrit aux consj^u^ pour q.i|'un 
nommé Jean de Bruyelle , dit sans tête, soit trai)^f4ré 
dans une plus courtoise prison. Les jurés s'en rapportç^ot 
à l'avis des doyens et permettent que le prisonoier $PJJ 
transféré au beffroi , sous caution. 

— Après avoir pris connaissance des lettres impétrées 
du roi par Jean de S*.-Genois , les consaux décident 
qu'ils s'opposeront à leur exécu^oo* 



Wi nouveau règlement pour le gouveroemeat de la vHIe, ou piftiôt 
apfMPOttvafU, pour une jaané«, 4e règlement f»ii |>âr les doyens de^ 



Digitized by VjOOQIC 



_ 109 — 

42 octobre 1424. — Les prévôts et jurés sont char- 
gés de sévir contre les vagabonds et les personnes qui 
vivent dans la débauche ou qui y entraînent les autres. 

16 octobre 14^4. — On voit que les connétables 
avaient pour mission de surveiller le balayage des rues 
devant les maisons , et que les conducteurs de tombe- 
reaux étaient obligés de se mettre à leur disposition 
chaque fois que cette mesure hygiénique était ordon- 
née par le magistrat. (P) 

47 octobre 4424. — Messire Roland , seigneur de 
Borgueval, chevalier, et Maître Rogier deWousel, secré- 
taire, ambassadeurs du duc de Brabant, viennent, de la 
part de ce prince, exposer aux consaux, aux doyens et 
sous-doyens, que le duc de Glocester assemble une 
armée en Angleterre pour passer la mer et, h grande 
puissance, envahir les états du duc pour le grever à 
mauvais titre, contre l'ordre du pape dont le dit de Glo- 
cester est excommunié. Ils ajoutent que le but de ce der- 
nier est de conquérir le pays de Hainaut , ce qu'il 
n'aura pas, à l'aide de Dieu et de ses gens de Brabant 
qui, à ce, résisteront de leur pouvoir. Les deux ambas- 
sadetirs demandent que , dans le cas où les Anglais vou- 
draient avoir passage près de cette ville , les habitants 
s'y opposent; ils demandent en outre que la ville en- 
voie au secours de leur maître des gens d'armes, arba- 
létriers et archers ; ils disent enfin que dans le cas où 
la ville aurait besoin du duc de Brabant, ce prince se- 
rait près de l'aider, comme lui et ses prédécesseurs Pont 
toujours aimée, — Des délégués des consaux, auxquels 
s'adjoindront les conseillers de la ville , *Maître Simon 
Charles et le bailli, sont désignés pour se rendre aupràs 
Htm. T. VIII. 44 



Digitized by VjOOQIC 



des ambassadeurs et prier ceux-ci de remercier le duc 
et (le reste manque). 

20 octobre 1424. — ■ Willaume le Pesqueur, Piérart 
Potier et €aisin Bourlet font serment, entré IbS tàkins 
du gratfid prévôt et en 'if^résence de plusieurs inîemb^es 
du magistrat, » <|ue des nàvteures à eu\x faïctës de 
» trait, le xj; joirt» de ÉPÉjptertibre dark*àfh passe, à Veff)f6f 
» et différence qui fa entre pràsieurà it peuple dé là 
M la dite ville, qui furent divisés tn ^éeùt plachts, ilk 
» ne feroient jamais poursieute ne demande contre 
» quelque personne he porteroient rancune ne mafta* 
i> lent, ne feroient mëntioti ne rept*ocIie, msii par- 
j» donnaient ce qui leur avoit )eâté fait et mirent au 
» nient , voloient let accordoient que bonne pàik iiist 
rt entre eulx et eeulx «par qui \h avoient esté navrés, sur 
> parne d'ésti'e regi^tré et 1^ fftit tenO fi Villaih , s'il 
% fftisoit le contraire. Éi leur fu ordonné, pour leurs 
» fàtérests et d^m^gei^ xv 1. t., est assavoir à cescun 
« c s. t., ôuiîre <îe qù^Th âVbfeht ëù. % 

^\ octobre 1424. — Maître Simtfn Charré*; lit àuk 
consàtrx là iéédute qu^ a faîte relativement aux chosefs 
rtei^dises prfr 1è dttc de Brabànt et les office quil fà1t 
à là Vnie , bt êiAel ^ôû ô^pinièh persdtinelte sur cettJs 
affaii^. Après déiib&'ation, il e^l i^ésolu d'àésémb^fèV Téà 
bànïilères lé len4ëteàii!i', et ^ne députàtion dfcs consauji: 
êfst chài*géè die ^è i*èftdi*e , ie jovtr méihe après-mîdï , 
auprès dé M* Sîtodn CJh'aHés*, )pour iriiem et plUs oMpté- 
)/nefU ^eltxfet *b cahtlûàiàh db la dite 'eéduk et te qtie 
le peuple ..... (ie Veste manqué). 

"(Le l'éàtiim de la yùnidh defs bànùièrë^ h'e!^t pas 
mSl^iaé àh 'r'é{j}Mi*e ; ce^ndànt on doît cbiiclurie des 



Digitized by VjOOQIC 



— m — 

apticlm qd suivent quV^les afciM^UireDt hi propcMîtion 
des ambassadeurs biabançons). 

2& Qclobre ïkM. — Mattre Simon Charles soumet 
aux consaux le projet des instructious à remettre aux 
députés qui doivent se iQpdffe auprès du duc de Bra- 
bant; elles sont défioiiivement arrêtées le lendemain. 

26 oetobna 1424. — Due son^me de 900 Hives est 
mise* à la disposition des reeeveurar pe^r passer les 
saudoyej» que la i^illo se propose d'envoyer au duc dc^ 
B^rabant* 

— Des délégués des consaux se rendront sur le 
pouvoir de la vlUe, afin de contraindre les fermiers h 
battre leurs blés et à les faire transporter à Tournai. 

30 octobre 1424. — Maître Si^noo Cl^arlcs envoyé 
auprès du duc de firabant , cqnjointemen't avec sîre 
Garon Destrayelles et Jean le Princbe^ eifpose en la 
halle, en présence du peuple.^ le réçuU^t de ;a mis- 
sion, ^l rend compte de la réception honorable cmi leur 
a ^té faite et exhibe Içs joyaux que le duc leur a fait 
offrir. 

51 octpbre 1424. t- Sent publiées aux bretèques de 
la ville les ordonnances suivantes, passi^p par les pré- 
vAts , jurés , échevins , éwardeurs , doyens et sous- 
doyens j et approuvées par le peuple réuni par ban- 
nières : 

« Ordonné et accordé est, pour le bien commun de 
ladite ville , que tout le pain des boulenghiers ^ de 
quelque tire que ce soit, qui doresenavant sera trouvé, 
par les eswars ad ce commis et ordonnez, mal penjn<sté 



Digitized by VjOOQIC 



— il2. — 

et labouré ou de trop petit poix , hors mesure et 
de raison , en le veuwe d'ioeux eswars, que toute le 
fournée et tire de pain ou de pains qui telles seront 
trouvées aux estaux desdis boulenghiers, as tavernes , 
cabarés ou ailleurs, seront confisquées et données pour 
Dieu ; et avecq ce le boulenghier qui fait ou fait faire 
Taroit , seroit condempué , à Tassens d'iceulx eswars , 
en une petite loys (1) pour chascune tire ou tires de 
pains. Et ad ce propos pour raison en ce estre faite en 
wardant ledit proutfit commun et aussi les dis boulen- 
ghiers, ordonné est que doresenavaut, cascun an, entre 
le Saint-Martin et le Saint-Andrieu , se fasse ung assay 
des bledz et de le labeur desdis boulenghiers pour le 
mutation des grains, pour sur ce raisonnablement or- 
donner du pris et du poix de chascune tire de pain. 
Et oultre, pour le continuation du temps de chascune 
année ensuiant icelle première prisie, lesdis eswars 
seront tenus de aler chascun sabmedi ou marquiet veir 
et savoir le pris et valeur de le vente du bled , et se 
par deux sabmedis çontinuelz ils trouvent haulce ou ra- 
baisse desdis bledz xx d. t. à le rasière, ilz seront 
tenus d'en faire rapport aux aultres consaulx, affln de 
lors ordonner de le haulce ou rabasse dudit pain et de 
chacune tire, en wardant ledit bien commun et lesdis 
boulenghiers , laquelle haulce ou rabaisse lesdis eswars 
seront tenus de faire signiffier et faire savoir à yceulx 
boulenghiers , affîn qu'ilz l'entretiengnent et se gardent 
de meffaire. 

» Item, que pareillement et pour ledit bien commun, 
ordonné est comme dessus que bops eswars et preu- 
dommes seront doresenavant commis et ordonnez chas- 



Ci) Loysy amende. 



Digitized by VjOOQIC 



— ii3 — 

cuu an^ aux despens de la ville, à rordonnancc et ëiec* 
tion desdis consaulx, doyens et soubz-doyens ; lesquels, 
par serinent sur ce fait solempnellement , seront tenus 
de bien , dilligemment et songneusement aler, veir et 
visiter les briefmars , cervoises et hambours d'aval la 
ville, tant aux brasseurs comme a leurs revendeurs; et 
tous Jesquelz buvraigcs qui, en ce faisant, yceulx es- 
wars pouront trouver qui ne soyent bons et telz que 
estre doivent raisonnablement, selon le pris qu'ilz se ven- 
deront, yceulx eswars, sans nulle dissimulation, faveur 
ne déport, seront, par leur dit serment, tenus de faire 
mettre les tonniaux d'iccux buvraiges mains que souffî- 
sans, comme dit est , sur cauchie devant les huis des 
maisons où trouvez seront,, et illecq faire tirer les broc- 
ques hors et tout ycelui boire laissier aller sur ycelle 
cauchie, au damaige de cellui ou celle en qui maison 
il ' seroit tel trouvé, affîn que les dis brasseurs et re- 
vendeurs soyent plus tenus de faire et livrer bon boire 
audit peuple. Et quant à le haulce ou rabaisse du 
pris des dis buvraiges , selon le valeur des grains et 
aultres choses ad ce nécessaires, il convient qu'il se face 
et fera doresenavant, comme il a esté tousjours accous- 
tumé, par assay, car par nulle aultre voye bonnement faire 
ne se puet raisonnablement , à quoy les dis consault , 
doyens et soubz-doyens entenderont léalment à leur 
pooir, toutes et quanteffois que mestier sera. Et pour 
i'acomplissement de laquelle ordonnance , lesdis coh- 
saulx , doyens et soubz-doyens ont commis et présen- 
tement ordonnez audit eswart Jehan de Brugelettes , 
juré, Jaquemart de Saint-Pol, eschèvin, Jehan de Guise, 
eswardeur , Piérart le Marissal , doyen des foulons et 
Jehan de Mortagne, soubz-doyen des tisserans, qui de 
ce ont fait serment solempnel, comme dit est. 



Digitized by VjOOQIC 



— ii4 — 

ii item sf^()(ft]i>lem«ut et pour esobi^v^ir et remédier 
aig( chiertez des hignes (1) et des brèsos qui se font 
e:t viengoent par les revendeurs et recepteucs d'ieelles 
Uigae^ et Msfis m ladite yille, au préjudice et grani 
charge dudit bien commuo et par bonnes informations 
et inquisitions sqr ce faites ad ce propos par lesdis 
consaulx, doyens et soubz-do^ens, oi'donné est comme 
d^çsus. qu'il ne soit oui reooppeur , re^enderesse ne 
revendeurs desdites laignes , en ladite ville ne ban- 
lieue d'ieeUe, qui doresenavant puist vendre ne foire 
vendre nulles desdites laignes plus hault pris que les 
fuers (2) qui chy après sevoni déclarez. C'est assavoir: 
le petit faissekt (3) blancq de quesne , v d. t. ^ le 
petit faisselet de noire laigue^ iiij d. t., et oasouae 
bouf c de raime, ij d. t* Et plus n'en puissent prendre 
ne avoir^ sur paine de xx s. t. d'amei^de pour chaseune 
fois qu'ilz feroyeat ou ferpnt faire le contraire. Et 
que pour yceulx pris, yceulx revendeurs, revenderesses 
et reeoppeurs ne le piûssent refuser au peuple , tant 
que oultre leur provision ilz en aroyent à vendre en 
leurs maisons eu aultres lieux , au pooir et banlieue 
de ladite ville. Entendu que ceuh et celles qui ainsi 
avoir en vouroyeut seront tenus de les pçyer inisonti- 
nent, ou faire tant que lesdis reeoppeurs se tiengnent 
contons d'eulx, dont chilz qui le raporteroit et mettroit 
en vrajT aroit le quart de ladite amende. 

» Item que encores ad ee propos ordonné est qu4l 
ne soit personne fucleonque de ladite ville qui puist 



(1) Laigne, bois. 

(2) Fuers, prix. 

(3) Faisselet, fagot. 



Digitized by VjOOQIC 



— 115 — 

doresenavRnt accatcr anxëis rcchppeors ou revendetki^s, 
que uDg cent desdites laignes k une fois, ne en t*àic- 
câtér à venir nulle nouvelle h ieeux reenppeurs , jus- 
ques ad ce qu'il aroit aloué tout ledit eens , ttur ladite 
paine et amende. 

» Item^ que semblabiement fesdts recoppeurs et reten- 
deurs ne poront doresenavant l'etenir plus de laigné , 
en leurs maiisons ne ailleurs ou pooir et banlieue Aé 
ladite ville, que pour Yeur pourveance, sans fraudi^, dé 
ung an seulement, et que le sourplus Hz soyetit et Sié- 
ront tenus de délivrer et vendre aux bonne) gend de 
ladite ville ^ toutes et quantefois quMIz en seront reqoîa, 
pour les pris et fuers dessus déclarez, sur les paines et 
aknendes précédemment déclarées « 

» Item, que pour le fait et provision des diteis brèses^ 
ordonné est comme dessiTs que tous les boulenghiers , 
brasseurs et tous aultres quelconques vendans ou reco- 
pans jcellcs brèves, ne pouront ne puissent doresenavAnt 
vendre le hottiel des dites brèses plus de iiij d. t. , et 
que, pour yceliii pris et non plus^ ilz soyent tenus d'en 
baillier et délivrer aux bonnes gens de ladite vflfe tant 
que ilz en aroyènt en leurs maisons ou ailleurs , ilt 
n>n puissent faire quelques greniers. Et oultre soyent 
jrceulx revendeurs et recoppeurs des dites brèses tenus 
de avoir ad ce propos en leurs dites maisons hottiel et 
demy-hottiel gàngté et ensehgné de l'enseigne de le viHv^ 
pour à ycenix vendre et niesurèr ycdles brèses toutes 
et qutintefois que requis en seront , sur xx. s. t. d'a- 
mende comme dessus^ dont chiiz qui ie rapporteroit tl 
mettroit eh vray avoir esté fait le «ontraire^ «iholt et arft 
lé quart de ladire amende. 

» Ittem^ que pt)ur ledit bleii eôttitanUii et pour remé- 
dier âuk ^cessift Mllaifés qtié pitoéieht et pneûdëtit 
les clerts des eschévîns 4 cattSe éd^ fescrij^ls de loyj tëé- 



Digitized by VjOOQIC 



— U6 — 

tamens et aultres escriptures qu'ils faisoycnt, à cause de 
leurs dis offices, ordonné est comme dessus que les or- 
donnances sur ce piéça faites et qui en ung tabliel 
pendoyent et pendent en le halle desdis eschevins, qui 
sont bonnes et raisonnables, seront et sont remises sus, 
avecques aucunes additions qui de nouvel, pour aucuns 
menus saliaires, seront aussi mises en yceuix fabliaux. 
£t que doresenavant en soit et sera fait et usé selon 
le teneur d'icelles et que nulz d*iceulx clers, ne aultres 
pour eux, ne puissent doresenavant prendre , avoir ne 
demander nulz plus grans sallaires que en ladite or- 
donnance d'iceux tabliaux est et sera contenu , sur xx 
s. t. d'amende, sans aucune dîminutiou, pour chascune 
fois que ilz feroyent le contraire , dont chilz qui le 
rapporteroit et mettroit en vray aroit et ara le moiltié 
de ladite amende et la ville l'autre. £t nient moins en 
oultre est aussy ordonné que y ad ce propos et pour 
oster au peuple toute souspechon de faveur , que ou 
lieu desdis échevins , soyent et de fait sont ordonnez 
iij personnes est assavoir: sire Sohier Groul, prevost, 
sire Ârnoul de Waudripont, mayeur des eswardeurs et 
Bertemieu Cartier , souverain soubz-doyen ; lesquelz , 
avec le mayeur de chascun eschevinaige , tauxeront 
le sallairc desdis escripts et testamens hors fourme et 
généralmenl tous comptes , vendues et aultres escrip- 
tures qui se feront devant lesdis eschevins, tant decha 
Escauld comme delà, dont les parties ne pouront estre 
d'acort avecq les clercs qui faites les aront , toutes et 
quantefois que requis en seront. Et pareillement et par 
ccste manière en feront et ordonneront yceuix commis 
de toutes escriptures faites pardevant lesdis prevosfz 
et jurez , et que doresenavant ainsi et par ladite ma- 
nière en sera fait et usé chascun an, en y mettant des 
uouviaux commis à chascune recréation de la loy. 



Digitized by VjOOQIC 



— Ml — 

» Item, que pour le bien, paix, honneur et transquilité 
de ladite ville et des habitans d'icelle, est aussi comme 
dessus ordonné et deffendu que il ne soit bomme, de 
quelque estât ou condition quil soit, privez ne estran- 
gez qui , depuis le jourd'hui en avant , voist huiseux 
aval la ville plus hault de trois jours , sans faire ser- 
vice , mestier ou labeur , se il n'a et puet évidemment 
monstrer et faire apparoir que il ait rentes ou aultres 
chevanehes (1) pour raisonnablement vivre selon son 
estât , ou que il puist véritablement monstrer de faire 
et avoir fait bon devoir de trouver & ouvrer et à gai- 
guicr de son mestier et labeur^ et que par deiFaulte de 
ce le convenist estre huiseux , comme aucune fois et 
souvent puet avenir de plusieurs mestiers et labeurs en 
ladite ville on aultres sonnes ou excusations, sur paine 
d'estre bany à ung an , comme inutille , et aultrement, 
se mestier est, selon le cas. 

» Item, que pareillement tous ceulx et toutes celles, de 
quelconques estât ou condition qu'ilz soyent, tant de gens 
d'église, officiers du Roy, monnoyers, arbalétriers, ar** 
chiers, canonniers et tous aultres quelconques , excepté 
les quiefs de loy et d'église , les curez et grans clers 
des paroices acoustumez d'estre réservez qui , par le 
renouvellement des wais et disaines , qui à présent se 
font et renouvellent en la dite ville ^ pour le bien et 
prouffit commun , seront mis et ordonnez en wet , & 
demy wet , ou à dizaine ou demie dizaine ou aultre- 
ment ordonnez, que chascun obéysse à son disenier et 
viengne en personne à y ceulx wais , tant de jour 
comme de nuit^ pour aler et estre es lieux et places et 



(1) Chevanehes, bieDs, bérilages. 

MÉM. T. vni. ^5 



Digitized by VjOOQIC 



— 118 — 

pair 4a mlBnière que ordonné ti commandé lui sera , 
ehasctin seloû «on <degtë , sans Au! déport , se ik ik'ont 
léal sonirê , ouqael cas eulx et atrssi les gens d'égtîse, 
les fèmnMs veiV^s 6n aultres non mariées «t aussi gens 
imp<e«etas qtii, ea leurs iieux> y seront tentts de envoya 
artialeetri^n ^ archiers ou Hultres personnes àd ee 
faire «vff sàmiment , armez et habilliez , à paine d'estv« 
miè es prisofis de la dite ville et de fait promptemeisi 
éeswagieï de tx s. t. d'amende potir chascune fois et 
deffîiulte «fOi ironvée «u i^ite y sera, et aultrement pu^ 
guis, se m^stiers est, selon le cas. Et que il ne soit dise- 
nier quelconque qui en puist nul dépôi^er de sa disaifie , 
%re les boire ne faire boife , f^r quelque manière que 
^ soit, sur la dite paine , dont ehile qui le rapportera 
et mettra en vray ara le moitié de ladite amende et la 
viiie l'autre. Et que semblablement nulx »e ise puist 
partir de sesdis wais, de jour ne de nuit, sans le eon- 
l^îé -et licence du qnartenier, doyens , souba-doyens ou 
leurs diseniers , ne aassi que nuls quelconques ne s'en 
Yoisent ne partent de leurs wais , de jour ne de nuit, 
jusques k faenre compétent et ordonnée, sur ladite peine 
et amende , et que efaascun s'en acquiote si et par tel 
manière que par leur faulte, négligence ou partement, 
nul mal ne inoonvénienl n'en aviengne en ladite Tille, 
ne aux bourgoîs, manans et habitans d'icelle, sur peine 
d'estre pognis selon le cas ^ à la disci*éti'on desdls ipre- 
vostz et jurez. » (P) 

â novembre 1424. — Maître Simon Charles remontre 
aux eonsaux^ aox doyens et soits-^doyens^ que l'enlève- 
ment des gens de la terre de S^-Amand par Golart 
de Verly, prisonnier de la ville, n'était» point un délit, 
mais un simple fait *de guerre ; que ce gentilhotnme 
est un de ces habitants de Guise qui ont servi le roi 



Digitized by VjOOQIC 



— iid — 

sans rémunéralion et sans le secours desqoelz cette 
ville eât été approchée de plus près par les ennemis ; 
que durant ses guerres , le roî étant dans Fimpossfbi- 
lité de payer ses serviteurs, ceux-ci ne laissaient point 
de bouter feu, tuer et dérober les gens. M* Simon se 
plaint ensuite de plusieurs excès commis par les Tour- 
naisîens, et cite entr'autres Tenièvement d'un cheval 
aux pertes de Tournai. 11 réclame la mise en liberté 
de Golart de Verly, surtout dans llntérét du roi. En 
cas de refbs, la garnison de Guise abandonnera la ville. 
Selon lui, le prisonnier a sacrifié une bonne partie de 
son patrimoine au service du roi et n'a commis aucun 
méfait dans la juridiction de Tournai , par conséquent 
il ne peut être justiciable que des maréchaux de rhôtel 
du roi. M* Simon termine en demandant acte de sa 
réclamation. — Après délibération , les éwardeurs se 
prononcent pour la mise en liberté sans aucune réserve ; 
quant aux doyens et sous-doyens, ils refusent d'abord 
de donner leur avis et même de réunir la communauté 
pour délibérer sur cet objets mais ensuite ils se rangent 
à Topinion des éwardeurs , ainsi qu'il se voit d'un 
écrîl attaehé au registre et conçu en ees termes : 

»> Sur la question dQ €o)art de Vcrli , de la garni- 
» son de Ghulse, et des cas à lui imposez, que Mess. 
» prevostz et jurez , comme haute jusiichiers , déticn- 
1 BCDt prisonnier et dont ils ont requis h avoir eenseil 
». aux eonsaulx , doiens et sourdoiena , les d^iens et 
>» soardoiens, par assens de eulx, dient ci respondent, 
» par manière de conseil, que comme autrefois a esté 
)i fait el usé ijl'auctiDa qui, pomt tel» cas ou semblables, 
:» ont esté mis prisonniers par lesdis prevesta el jurea, 
n Us ont esté par eulx délivrés, pour ee que de eulx 
» ne d'autres cas qudceiiques adve&us ne commis de 



Digitized by VjOOQIC 



— 120 — 

B nuls costez à cause des guerres du roy nostre sire 

» et de ses aversaires , pour tout bien de paix il 

» n'est expédient ne appartenant à nous ne à la ville 

» d'en avoir quelque congnoissance. Et pour ce leur 

» semble que lesdits prevostz et jurez ne , deussent 

» point avoir prins ne emprisonné ledit Golart* Et 

» par le conseil et assens desquels doiens et sour- 

» doiens, veu que il apert évidamment que en comme- 

> tant les cas à lui imposez , il estoil de le garnison 

)» de Ghuise et qu'il n'a rien fait ne commis en la 

» juridicion de la ville ne sur bourgois ne manans 

» d'icelle, ilz le meteroient au délivre, comme ilz ont 

» fait les autres de pareille condition , et qu'ilz en 

» prendent lettres de Mons. Maistre Simon, toutes les 

}» milleures que on poura , pour eulx et pour nous. 

» Et oultre aussi ne conseillent point que ilz rendent 

n icellui Colartj qui tient le party du roy nostre sire , 

» à Mons. Vévesque qui tient, le party contraire, » (Cette 
dernière phrase est barrée ^ mais elle se lit parfaitement). 

8 novembre 1424. — Les lettres suivantes sont lues 
pardevant les consaux , les doyens et sous-doyens , 
en présence du peuple convoqué à cet effet ; elles 
sont ensuite publiées aux bretèqucs de la ville : 
M De par le Roy, 

>» Très-chiers et bien amez. Nous avons receu vos 
lettres que, par Estienne de Willeries, nostre receveur 
de Tournésis, nous avez fait présenter , et par icelles 
sceu la bonne amour et affection que avez et tous- 
jours avez eue vers nous et nostre seigneurie , dont 
nous sommes très-contens , vous prians que tousjours 
y vœilliez persévérer , ainsi que en avons en vous 
singulière confiance, sans avoir quelque regart d'esba- 



Digitized by VjOOQIC 



— J2i - 

hissement à quelconque raport que on vous pouroit 
faire de la journée bailliée naguères de nos gens à 
nos anciens ennemis, car elle ne nous a esté ne n'est 
point, grâces à nostre seigneur, si préjudiciable, comme 
Ton TOUS pouroit rapporter. £t en brief espérons vous 
envoyer d'autres nouvelles. Et pour ce que nous dési- 
rons de tout nostre cuer nostre ville de Tournoy et 
les babitans d'icelle estre tousjours et demourer ensemble 
en bonne paix , union et concorde , nous vous prions 
et néantmoins mandons et commandons , sur tant que 
doublez nous desplaire, que tousjours ayez et entrete- 
tenez ensemble bonne amour , concorde et union , et 
aussi avecqs nos officiers de par de là, sans esmouvoir 
ne entreprendre^ les ungs envers les autres , contons , 
procès ne débaz aucuns ^ ainçois conservez , aydez et 
confortez les ungs les autres, ainsi que faire le devez, 
car plus grand plaisir ne nous pourriez faire et du 
contraire serions très-desplaisans et non sans cause. Et 
oultre^ gouvernez-vous envers vos voisins ainsy que 
avez fait jusques-cy , en persévérant tousdis en vostre 
dite loyauté. Et sur ces choses avons cbargié nostre dit 
recepveur vous dire de nostre voulenté plus à plain. Si 
le créez de tout ce que , pour ceste fois , vous dira 
de nostre part , comme nous-mesmes en nostre per- 
sonne. . Donné à Poitiers le vij"* jour d'octobre. 

(Signé) Charles , Bude. » 

Etienne de Willeries^ en exposant sa mission, ne fait 
que répéter ce qui est contenu dans les lettres du roi. 

14 novembre 1424. •— Le peuple se plaint de ce 
qu'on interdit aux bannis l'entrée des églises et des 
lieux saints; les consaux décident que, pour le moment. 



Digitized by VjOOQIC 



cette défense sera maintêDue, mais que pQur l'avenir les 
jurés y pourvoiront. 

— Les quatre canons déposés en la halle et appar<« 
tenant à Michel de Gaud seroat essayés; sMls sont bons^ 
la ville les aehètera. (i) 

2i novembre 1434. — Les eonsaux rejettent la re-i 
quête de Jean Evrard, qui sollicitait le rappel de sen 
bannissement à perpétuité. 

^- Les jurés, les éohevina et les éwardenrs pr»po-> 
sent de fixer à 50 1. le tràitepient annuel de chaeua 
dçs prévôts et du souverain-doyen ; tes doyens et adiMH 
doyens veulent que ce chiffre soit doublé. — Le 28 , 
cet objet est de nouveau soumis à la délibération des. 
oonsau]( : les jurés, les échevina et les éwardeurs main- 
tiennent leur première proposition^ les doyens modin 
fient la leur et veulent qu'on consulte les bannières si 
le traitement du souverain doyen n'est pas porté à 
100 U — Le 1*' décembre, les éehevins, les éwar- 
deurs et les doyens adoptent ce dernier chiffre, moyent 
nant l'approbation de la communauté ^ l'opinion 4ea 
jurés x^'est pas mentionnée au registre. -^ Enfin le 3 
décembre, tous les collèges des conaaux sont d'accord 
pour proposer ^ la communauté de porter à 400 1. le 
traitement des deux prévôts et du souverainrdoyea. 

22 novembre 1424. — Les eonsaux, les doyens et les 
sous-doyens, informés que les Anglais s'approchent du 



(1) Cet essai eut lieu le 27, ainsi que le coestate Textrait suivant 
du compte de 1425-1424 : « k Maistre Naliieu de Gaiid et sivtres ^s 
» compagnons canonniers, pour don à eulx fait le ^ivjj* jonr de nq- 
» vembre iiij° xxilij, que on assaya quatre canons, xx s. » 



Digitized by VjOOQIC 



— 125 — 

pays de Hainaut, (i) prennent les résolutions suivantes : 

1"* Deux membres de cbaquc collège accompagneront 
sur le territoire du bailliage , le bailli , Maitre Simon 
Charles et les officiers du roi. 

2° Des délégués des consaux aviseront aux mesures 
nécessaires à la garde de la ville. 

S"* Des sentinelles seront placées hors de la ville par 
les soins des prévôts» 

A^ Les hommes qui sont désignés pour faire le guet 
aux portes pendant le jour, ne pourront quitter leur 
poste avant l'arrivée de ceux qui doivent les remplacer 
pour faire la garde de nuit ; ces derniers, à leur tour, 
ne pourront se retirer que lorsque les portes de la ville 
seront ouvertes et que le guet de jour sera assis. 

5® Il y aura ^ chaque porte une dizaine d'hommes, 
qui veilleront sur les remparts et iront d'une porte à 
l'autre. 

6"" Il est enjoint aux personnes qui, pendant le jour, 
seront de garde aux portes , de n^ouvrir les 6ai7{es (2) 
qui sont devant ces portes que pour le passage des 
chariots et de les refermer aussitôt ce passage effectué. 

7° Les personnes qui ont des bateaux extra muros 
devront les faire entrer dans la ville chaque nuit, sous 
peine de confiscation des bateaux au profit de la ville et 
d'une amende de 10 livres. 

8^ Il y aura dans chaque connétablie deux person- 
nes qui veilleront la nuit munies d'une lanterne. 



(1) Oq volt dans les comptes que des messagers furent envoyés à 
Yalenciennes , à S*-Amand . à Morlagne , à Aire . à Terronane, à S*- 
Orner, à fioêlogne pour s'enquérir de la marefae de l'armée anglaise. 
L'un de ces messagers rapporta <|ti'étant ^ Yalenciennes, il vit le iS 
décembre entrer dans cette ville le due de Glocesler. 

(2) Baillêtt barrières, portes avancées d'une ville. 



Digitized by VjOOQIC 



— 124 — 

9"* Les connétables feront placer à tous les puits de 
la ville plusieurs cuves et cuviers constamment remplis 
d'eau. 

iO° Ils feront également placer de grandes échelles 
dehors les vieux murs de la ville et contre les maisons ; 
ces échelles devront y rester jour et nuit. 

24 novembre 1424. — Les délégués des consaux sont 
invités à se rendre à la monnaie de Tournai , pour vi- 
siter les monnaies qu'on y a forgées au nom du roi. 

— Ordre est donné de communiquer à Philippe de 
Bourghielle les papiers et registres qu'il croira néces- 
saires h la vériGcation de ses comptes; les extraits et 
copies qo^il demandera devront lui être délivrés en- 
déans la quinzaine. 

28 novembre 1424. — Nomination de 18 nouveaux 
canonniers, ce qui porte l'effectif de ce serment à 60. 

— Le chapitre désigne deux de ses membres, à l'effet 
de se joindre aux personnes déléguées par les consaux 
pour faire approvisionner la ville de blés et d'autres 
vivres. 

!•' décembre 1424. — Lettres closes du duc de Bra- 
bant, par lesquelles il fait savoir qu'il se propose de 
combattre, sous bref délai , le duc de Glocester et ses 
partisans; il prie les consaux de tenir prêts les gens 
d'armes que la ville a promis d'envoyer à son ser- 
vice. 

2 décembre 1424. — Pierre le Muisit , Bettremieu 
Garlier et Maître Jean Plantehaye sont députés â 
révéque de Tournay et à Messire Hues de Lannoy , 



Digitized by VjOOQIC 



— 125 — 

afin de négocier la prorogation da traité avec le duc 
de Bourgogne. 

— Jacquemart de Binch , procureur du roi et Jean 
le Prince, doyen des aumucheurs, sont envoyés auprès 
du duc de Brabaut (i). 

5 décembre 1424. — On ordonne pour le lendemain 
une inspection des arbalétriers et des paviseurs y afin 
de faire choix de ceux qui seront envoyés en Brabant, 
le cas échéant. 

— La ville contractera un emprunt pour payer les 
gens d'armes qu'elle doit envoyer au secours du duc 
de Brabant; pour amortir cet emprunt, l'impôt sur le 
vin sera augmenté d*un denier au lot. Les bannières 
approuvent ces résolutions. — Le 28 , l'emprunt cl 
l'augmentation d'impôt sont ajournés, jusqu'à ce qu'on 
ail des nouvelles du Brabant. 

— On proposera aux bannières de mettre à la dis- 
position des prévôts et du souverain doyen un homme 
de chaque dizaine, /pour l'envoyer contre les ennemis 
quand il sera jugé nécessaire. 

— Les deux députations nommées la veille partent 
pour leur destination. 

5 décembre 1424. — Les arbalétriers du grand ser- 
ment sont autorisés h faire le guet pour les veuves, 
les gens d'église et les impotents. 



(f ) Avec mission de lui proposer , ainsi qn'aux bonnes villes da 
Brabant, de faire alliance avec la ville de Tournai , afin de remédier 
aux entreprise» faites au pays de Hainaut par les Ànglpis, ennemis 
du Boy, dudit seigneur et de ladite ville. Ces députés étaient da 
retour k Tournai le 15 décembre {Compte de 1423-1424). 

MÉK. T. vni. 16 



Digitized by VjOOQIC 



— 126 — 

— 11 est résolu de faire confectionner douze riboM- 
dequins (i). 

7 décembre 1424. — Réunion extraordinaire des 
consaux à laquelle assistent les abbés de St.-Martin et 
de St.-Âmand , des membres du chapitre et Maître 
Simou Charles. Après avoir pris communication des 
lettres du duc de Brabant , par lesquelles ce prince 
demande qu'on tienne prêts les hommes d'armes que 
la ville a promis de lui envoyer pour Vaider à com- 
battre le duc de Glocestcr et le chasser du pays de Hai- 
naut, les personnages assemblés conseillent k que nous 
» tous , en commun et particulier , fuissent en amour 
» et concorde , union et bonne foy , et que nous 
» soyons pourvus de vivres et de toutes coses perti- 
» nentes à guerre ; aussi d'estre ea obbéissance , les 
> crestiaux garnis , faire trenquis et bol vers , gens de 
)« deffence garnis de trait, gens pour yssir hors^ se mes- 
» lier estoit, pour résister contre les ennemis, et que 
» si nous viennent courir sus, qu'on se deffende. n 

— Résolu d'envoyer auprès de l'évéque de Tournai, 
qui se trouve à Gand , pour savoir de lui si le duc 
de Glocestcr respectera le traité existant entre le duc 
de Bourgogne et la ville de Tournai. 

10 décembre 1424. — « Ghy apriès s'ensieut les 
rapports et assens des bannières, passé et accordé par 
la communaulté de la ville et cité de Tournay , sur 
plusieurs poing et articles mis en termes par les eon- 
saulx, doyens et soubz-doyens à ladite communaulté , 



(1) Voir la note de la page 171 du 1" vol. 



Digitized by VjOOQIC 



dont en ordre et en briefîs termes sera ey-après faite 
mention. 

n Et premiers , quant au premier artiele desdites 
choses mises en termes, comme dit est, contenant que 
plus que onques mats (i), pour plusieurs causes et rai- 
sons dëclarëes es dites rcmonstrances , et mesmement 
pour le fait des Angloîs h prësent estans en Eknau , 
il est très-expédient et nécessaire que nous tous soyons 
en bonne, vraye, léalle amour, union et concorde, et 
aussi que toutes guerres d'amis et autres rancunes et 
haynes cessent ; - lesdites bonnes gens et tous de 
chascune banière sont à ce tous concordans que de 
ce est pure nécessité, en priant Ung chascun que ad 
ce faire ilz rendent paine. Et ad ce propos dient les 
aucuns que , pour à ce parvenir , il seroit assez 
bien affréant et comme il se fait en plusieurs yilles 
toisines , que on ordonnast en ceste ville certaines 
notables personnes qui s'appellassent paiseurs^ lesquels 
eussent pouvoir et autorité de apaisier toutes guerres, 
contens et dissencions quelconques qui sont et pou- 
royent en cas de délit avenir entre les bonnes gens ly 
ungs à l'autre, tant de grans comme de petis , sans nul 
eieepter , et que ad ce propos leur feust faicte une 
bonne et raisonnable instruction. 

» Item, quant au second article faisant meiotton de 
eslire de chascune disaine de banière ung homme des 
plus habilles de trait , soit d'arc à main ou d'arbà- 
lesire ou aultre le plus aidable que bonnement on y 
pora trouver, tous demourans dedans la fremeté de la 
ville ^ ayans une capitaine et ung lieutenant aussy 



(1) Onqueê-maii, auparavant, a?ant ce temps, jamais. 



Digitized by VjOOQIC 



— 128 — 

demourans en icelle frumeté , qui ayent tout ung 
capperon des armes de la ville , pour cstre prests 
et servir, sans aultre charge de widîer et aler hors 
contre lesdiz Englois ou anemîs , se ilz venoyent 
sur le pouoir et banlieue ou au bailliage , pour k 
iceulx, avecq l'ayde, aliance et confort de ceulx dudit 
bailliage et aussy du pouoir et faubours , faire et 
bailiier résistence et deffense auzdis ennemis , et que 
ilz ne puissent widier se n'est au commandement et 
ordonance de Messcigneurs les prevostz , du souverain 
doyen et des esleus sur le fait de la guerre en icelle 
ville ; — lesdites banières sont plaîneroent d'assens et 
d'accord que il se face ainsy et par la manière que 
dit est. Et desjà la plus grant partie de chascune ba- 
nière ont fait ladite élection en chascune de leurs 
disaînes. Et quant aux despens que pour ce faire con- 
venra et de trouver ou ne par quel manière l'argent 
se trouvera , ilz en rechargent les dessusdis consaulz , 
doyens et soubz-doyens. 

» Item , quant au fait de le manière de sonner de 
nuit dores en avant les cloquettes qui servent et sont 
aux portes de la ville pour Tordonnance et seureté du 
wel d'icelle ville, — lesdites banières sont aussy toutes 
d'acord et d'assens qu'il en soit fait et usé par le ma- 
nière que en l'article de ce faisant mention est plus à 
plain contenu. Et que de ce soit fait un cry et ordon- 
nance sur certaine amende et publiée aux bretesques de 
la ville , attendu aussy que à une moult grant partie 
d'icelles banières il sembleroit bon et expédient que 
aux ars de le rivière on feist aussy mettre et asseir 
cloquettes , et pareillement à aucunes tours entre deux 
portes, dont aucunes en y a qui sont moult longtaines 
l'un de l'autre. Et que aussy semblablement , se bon 



Digitized by VjOOQIC 



— 129 — 

sembloit , on feist deffendre le sonner de nuit petites 
cloquettes qui sont comme à Saint-Marc , & frères mi- 
neurs et anx augustins, qui pouroyent abuser ceulx des 
portes. ^ 

• Item, quant au iiij* article faisant mention que toutes 
gens estranguiers , coquins , truans (i) et vagabonds , 
excepté impotens et gens anciens natifs ou d'ancienne 
demeure de la ville , et aussy gens fors et habilles , 
tant hommes comme femmes, qui ne vœllent ouvrer ne 
waignier , pour les faire widier et estre boutez hors 
de la ville , — lesdites baniëres sont bien d'asscns que 
ainsy en soit fait et use, sans nulle faveur ne dissimu-- 
lation, comme ledit article le contient. 

» Item , quant au V* article faisant mention des 
gaiges du souverain doyen et aussy de Messeîgneurs les 
deux prevostz, tant de ceste présente année comme des 
années à venir , ainsy pour les causes et par la ma- 
nière que déclaré est oudit article , — lesdites banières 
et jusques au nombre d'assens et plus sont assez d'à- 
cord que , pour ceste présente année , ledit souverain 
doyen, qui est homme de mestier et que tel le convient 
estre, ait cent livres comme de gaiges, car à l'empren- 
dre icelluy ofiSce luy fu promis de le bien en ce 
pouvoir. Et que pareillement doresenavant celluy qui 
sera en icelluy office ait autelz gaiges chascun an sur 
la ville , pour soy plus honnourablement acquiter et 
porter en tous estas au bien publique et à l'honneur 
de la ville et d'icelluy office. Et quant aux gaiges de 
Messeigncurs les prevostz , pour ce que riens ne 
fu par eulx demandé ne à eulx promis à icelluy 



(1) JnMinl,meDdiaDt, gaeux. 



Digitized by VjOOQIC 



-^- 130 — 

emprendre, et aussy que onques ne leur fu accoustu- 
mé d'avoir nulz gaiges , fors leurs journées et autres 
profiSs et émolumens accoustumez , il n'y a point d'as- 
sens de banières que , pour ceste année , ilz y ayenl 
aucuns gaiges ; et quant on venra à la nouvelle recréa- 
tion , on pora lors avoir bon advîs d'en faire et 
ordonner par bon advis et selon les personnes. » 

13 décembre 1424. — On ordonne aux hôteliers et 
aux logeurs de remettre immédiatement aux prévôts et 
jurés, ou à l'un des prévôts, la liste des étrangers qui 
sont logés chez eux. (P) 

Le vendredi 15 décembre 1424, sont assemblés, en 
présence de plusieurs membres du conseil, un grand 
nombre d'habitants de la ville , au ^ sujet de la prise 
d'un messager ou chevaucheur du duc de Glocester 
portant les armes d'Angleterre. Les onze lettres trou- 
vées sur ce messager et adressées à plusieurs particu- 
liers , sont lues en présence du peuple. On constate 
que leur contenu n'intéresse pas la ville. 

— Le même jour après-midi , les députés eovojés 
auprès de l'évéque et de M. Hues de Lannoy font leur 
rapport. Les lettres dont ils sont porteurs sont lues 
au public en la halle , en présence de Maître Simon 
Charles, du bailli et de plusieurs conseillers du roi; 
elles sont ensuite publiées aux bretèques. 

16 décembre 1424. — On ordonne U fermeture des 
portes de Valenciennes et de Morel. 

— Le messager du duc de Glocester est mis en li- 
berté. 



Digitized by VjOOQIC 



— 431 — 

19 décembre 1424. — Â la deinaDde de plusieurs 
personnes, les consaiix autorisent l'ouverture de la porte 
de Valeneiennes depuis 9 heures du matin jusqu'à 4 
heures du soir. Une dizaine de guetteurs, deux arba- 
létriers et un membre du magistrat sont chargés de la 
surveillance de cette porte. Une semblable demande 
pour la porté de Morel est d'abord rejetée, puis admise 
le 21. 

— Les consaux, les doyens et sous-doyens font grâce 
à Jean Evrard d*un bannissement perpétuel, i condition 
qu'il jurera en Téglise des Âugusifns ou dans un autre 
lieu saint , d'avoir fait le voyage de St-Jacques en 
Galice auquel il a été condamné. 

20 décembre 1-^24. — Un chevaucheur du duc de 
Brabant apporte aux consaux les lettres de ce prince 
et de M. d'Ënghien (1), faisant mention de l'arrivée à 
Tournai du duc de Bavière et priant de le recevoir, ainsi 
que les gens qui raccompagnent. — Le lendemain on 
reçoit d'autres lettres du même duc, demandant si le 
duc de Glocester a fait construire des ponts au-dessus 
de Condé. 

28 décembre 1424. — Lettres de l'évéque de Tour- 
nai et des autres seigneurs du conseil du duc de Bour- 
gogne, auxquelles est jointe la copie que leur a adressée 
le duc de Glocester, relativement au traité entre la ville 
et ledit duc. 



(I) D'aprds ie compte de 1433-1434, ces lettres D'ont été remises 
aux consaax que deux jours plus tard. 



Digitized by VjOOQIC 



— 132 — 

— Jean Lalemant et Hansse du Ghesne , porteurs de 
lettres de créance de Jean de Proisy , gouverneur de 
Guise, exposent l'objet de leur mission. Le gouverneur, 
disent-ils, prie les c^nsaux de lui délivrer une somme de 
mille livres , à valoir sur les 6,000 dues annuellement 
au roi , afin de le mettre à même de payer les soldats 
de la garnison de Guise et les empêcher d'aban- 
donner la forteresse. Comme il doit aller près du roi , 
il préfère remettre la place, à Jean de Luxembourg 
qu'aux Anglais, le premier ayant reçu Tordre de faire 
la guerre au duc de Glocester. Ils terminent en deman- 
dant acte de ce qu'ils viennent de dire. — Les consaux 
refusent de délivrer cet acte *, néanmoins, pour éviter la 
la perte de Guise, ils ordonnent à Maître Golart Savari 
de payer mille couronnes sur ce qu'il a reçu de la 
monnaie. 

3 janvier 1424 (1425, n. st). — Plusieurs membres 
des consaux sont délégués pour acheter les draps i 
envoyer au duc de Brabant. 

« Chi après s'ensuil le rapport et assens des ba- 
nières des mestiers de la ville et cité de Tournay , 
passé et accordé par le communaulté d'icelle, le dimence 
vij" jour du mois de janvier l'an mil iiij c. xxiiij 
(1425 , n. st.) , sur certaine question et remonstrance 
à eulx faite et baillée par escript et pardevant eulx 
eelluy jour, pour le bien et honneur de ladite ville, 
de par les consaulx , doyens et soubz-doyens d'icelle , 
touchans le fait de certaines confédérations et aliances 
naguères pourparlées et encommenchiées entre très- 
excellent et puissant prince et nostre très-redoubté 
seigneur Hons. le duc de Brabant , pour luy et ses 
bonnes villes et pays , d'une part , et ladite ville de 



Digitized by VjOOQIC 



— «55 — 

Tournay , bourgois, manans , habitans et communilë 
d'icelle, d'autre part, à rencontre des Ângloîs, anciens 
ennemis du roy nostrc sire , dadil seigneur et de 
nous , à présent estans ou pays de Henau , et dont 
autreffois a esté de ce plus ad plain la question mise 
aux dites banières, assavoir : se sur les promesses faites 
à nous et a la ville par ledit Mons. de Brabant, 
tant de sa bouche comme par ses lettres closes , de 
nous secourir et venir aidier se nous avions à faire 
contre lesdis Anglois , et sans avoir de luy autres 
lettres ne celles du scelle de ses bonnes villes, ainsy 
que le traittié le portoit , nous nous ordonnerons et 
appointerons , pour le aler servir, se journée il avoit de 
bataille contre lesdis Anglois , des arbalestriers pavi* 
siez et ordonnez, et oultre plus se bonnement povyons, 
ainsy que offert luy avoit esté par ledit traittié , si 
comme ce et autres choses sont plus à plain déclarées 
en ladite remonstrance et escripture ad ce propos pré- 
sentement faite et monstrée comme dessus auxdites 
banières. Et aussy sur certaine supplication faite et bailliée 
auxdites banières par sire Sohier Grou , à présent 
prevost de la dite ville , afin que lui, qui est homme 
de mestier et vivant de sa labeur , feust aucunement 
pourveu et récompensé de gaiges pour ladite année. 
Et lequel présent rapport et assens sur ce deuement et 
véritablement recueilli par lesdis doyens et soubz-doyens , 
en leur plain collège , comme & eulx appartient à faire, 
ils font et rapportent h vous, Messieurs les aultres con- 
saulx deladiteville, pour eu estre par vous et eulx fait, 
usé et ordonné selon ledit assens, qui est tel que cy- 
après sera déclaré. 

» C'est assavoir, quant au fait et ayde offert audit 
Mons. de Brabant^ comme dit est dessus, lesdites ba- 
HÉM. T. vni. f7 



Digitized by VjOOQIC 



— 154 — 

nières «t par assens Mnt tontes concordans et d'acord 
que pose que noas^ par la yiHe, entant que, du costé 
d*icetluy seigneur, n'ayons que sa promesse de bouche 
et par ses lettres closes pour nous venir secourir et 
aidter se nous avions à faire contre lesdis Anglois , et 
que nonobstant que nous n'ayons autre scelle de luy 
ne de sesdites bonnes villes , se vœlient icelles ba- 
nières et sont d'aeord que, pour monstrer devoir bonne 
voulonté de grever lesdis Anglois , qui tant ont esté 
et sont enemts du Roy nostre dit seigneur et de nous, 
et pour nostre honneur et léautë acquitter, que ian- 
lost et ineontinent et plus hastîvement que faire se 
poura et sans nul dëlay^ on fâche eslire, aprester et 
ordonner les arbalestriers , paviseurs, capitaine , leurs 
draps , leur caroy , trait et autres habillemens de 
guerre à eulx nécessaires , si et par telle manière 
que se journée il y a de bataille contre lesdis Anglois, 
que nous soyons tous prestz. Et leur semble de véri- 
té et par toutes olères et évidentes causes et raisons, 
que se journée y a qui si prochaine est apparans d^estre 
de nous et nous pour la ville n'y feussions , nous 
serions , et non sans cause ei sans nulles excusations 
ne solutions, les plus deshonnourez des autres et mal 
monstre et acquitté le bon renom et léauté que nous 
avons ; mais en ce faisant voellent-il et conseillent bien 
que tousjours on face poursieute et dilligence audit Mons. 
de Brabant de avoir de luy et de ses dites bonnes villes 
ensemble, se faire se puet, ou dudit seigneur à par luy, 
se autrement faire ne se puet, le plus de seureté et 
d'obligations & nous prouffit que on en pora avoir, et 
par espécial que se icelluy seigneur faisoit aucun trait- 
tié de paix àvee lesdis Anglois que, se bon nous semble, 
nous y soyons comprins. Et toutesvoyes , combien que 



Digitized by VjOOQIC 



— 135 — 

leadU arbaUsIriers so^reat appceatex , comine dit est , et 
selon ce que on verra les choses avenir , se poum«>on, te 
mestierest, dehuyàja(\) faire assembler lesdites ban- 
nières pour le fait du département d'iceulx arbalestriers 
et avant qu'ilz voisent au service d'icelluy s'. Et au sur* 
plus, que pour avoir et trouver finances pour kdit ap- 
prestemeot, sontd'acord, commç autreffois oui estd^ qij« 
un denier de haucbe soit mis sur Tassia du> vin, par 
condition qu'il ne soit employé «n autre usaiga et ^e 
tantost que le despence d'icelle armée sera acquit^Se^ que 
lors taniost et incontineat ieelitty dénies soit vemisi jus. 
» Item. Et quant à la supplication mi^e aux dite» 
bannières par ledit sire Sohier Grou, prevost, et nonobsr* 
tant toutes les choses et promesses à luy maintenues 
atoir esté faites en ladite supplication , afia de eatre 
aucunement rémunéré et pourvea de gaigea^ — lesdites 
banièrea a'ont eu ne n'ont quelconque acord ne assena 
de luy riens donner ne acorder. » 

8 yanvior i434 (iiS^, n. si.) -- Déi^nse de eirenler 
8or lea mcrrs et les tours de l» nouvelle forteresse , 
kofmîs les hommes qu» sont commis h la garde de la 
ville. (P) 

iO janvier 1424 (1425, n. st.) — Les mille couron- 
nes promise» an gouverneur de Guise ne seront déli- 
vrée» ni & lui ni à aucune autre personne ; cette somme 
sera employée aux affaires de Ta ville. Sur la propo- 
sitiori des doyens et sous-doyens , les consaux nomment 



(i) jEruyàia9,aDienv4'bHÂiiamal8f OH «lioerd'hiii daoalasaîte. 



Digitized by VjOOQIC 



— 436 — 

deux députes pour se rendre auprès du Roi avec ledit 
gouverneur. 

H janvier 1424 (1425, n, st.) — Viennent en la 
halle Messire Jean de Wezemalle , seigneur de Palais, 
cousin du duc de Brabant, et Messire Jean de Scho- 
nevorst, burgrave de Môntjou, seigneur de Cravendonc, 
de Dipembecque et de la Flamenguerie, conseillers et 
chambellans du duc. Après avoir remis leurs lettres 
de créance, ils disent que le duc remercie la ville de 
Tournai de la bonne amour et affection qu'elle lui a 
témoignée et prie les consaux d'autoriser ses gens d'ar- 
mes à aller , venir , séjourner et retourner paisiblement 
dans la ville. 

Après délibération, les consaux envoient à rhôtel du 
Cerf, à St-Jacques, où sont descendus ces seigneurs, 
une députation composée de sire Jean Goppet, sire 
Sohier Grou, prévôts; sire Garon Destrayelles, Jacques 
le Louchier, jurés ; Jean Gargattc, mayeur des échevins 
de Tournai; Jean le Lombart, échevin; Michel de Gand, 
souverain-doyen ; Colart Desgranges, doyen des Gorriers 
et plusieurs autres membres du conseil. Maître Simon 
Gharles, au nom de la ville, remontre aux ambassa- 
deurs brabançons « la scituation d'icelle ville et com- 
ment elle estoit assise es confins du royaulme, enclose 
de toutes parts des pays de Mens, de Bourgoigne et des 
enclavemens qu'il a ou pays de Haynnau; et comment 
ladite ville a esté tenue en paix, sans guerre, et que 
icelle ville est gouvernée et substentée du fait de mar- 
chandise, et que se marchandise cessoit en ladite ville, 
par fait de guerre , les laboureurs n'auroyent que ouvrer 
ue de quoy vivre , et si demourroyent les denrées sur 
les mains des marchands, qui seroit la destruction totale 



Digitized by VjOOQIC 



— 157 ~ 

de ladite /ville et des habitans d'icelle; avoit le roy 
nostre sire octroyé et acordé que les habitans d'iceile 
ville peussent, par traitié et voye amiable, converser, 
aler et marchander es villes et pays voisins, et deffcndu 
que en ladite ville ne fuissent aucunes garnisons ne 
gens d'armes qui y peussent converser pour faire guerre. 
Et aussi par traitié fait avec Monseigneur de Bourgoin- 
gne, on ne povoit en ladite ville soubstoitier ne souf- 
frir gens d'armes qui feissent guerre ou dommage aux 
pays et subgetz dudit seigneur. Et pour ces causes , 
mesdis seigneurs de la ville, voulant obéir aux man- 
demens du roy nostre sire et ledit traitié entretenir, 
n'osoyent, pour double de désobéissance et doubte 
d'enfraindre ledit traitié et que inconvénient n'en ad^ 
venist, accorder ne consentir que aucunes gens d'armes 
peussent en ladite ville passer, repasser ne séjourner ; 
mais se lesdis seigneurs^ à tout leur estât , vouloyent 
passer par ladite ville , ilz le consentiroyent bien. Et 
si fu demandé auxdis seigneurs quelz gens ilz avoyent 
avec eulx et en leur compagnie et où ilz entendoyent 
à aler, lesquelz dirent que ilz estoyent bien v^*. ou vj**. 
c Et le lendemain , qui fu le venredi xi]"* jour de 
janvier^ Messire Englebert d'Enghien et lesdis seigneurs 
et leurs gens, bien jusques au nombre de v cens quevaux, 
passèrent armés par la dite ville, tout parmi le grant 
marquié , où il avoit des gens de le ville armés en 
grant nombre et dont tout ledit marcbié estoit envi- 
ronné de l'un lés et de l'autre , depuis le porte /{e- 
rain (i) jusques au belfroit et à l'uys de le balle , et 



(1) Cette porte était située au t>as de la rue de Cologne, près du 
puits. 



Digitized by VjOOQIC 



— t38 — 

s'en alèreat et vuidièreiit hors de ledite ville par le 
porte St.-Martin. Mais combicEi que on ospérast qui 
s'en dcussent aler et esiongier le ville > si y retoui^ 
nèreot plusieurs desdites gens et en granl nombre, el 
si y envoièreut de leurs chevaux et armeores depuis 
ij heures après-disner qu'ilz s'en estoient partis , y 
furent logiés et hébergiés et leurs gens avec euU. Et 
pour ce que de leur demeure le peuple murmuroit 
et se tenoit mal content et que desdites gens d'armes 
avoir logiés plusieurs ou pooir et eotour le ville, 
doubtans que Hz ne volsissent demorer , pestre et 
séjourner , comme en garnison , et avoir les alera et 
venir et pour esquiever tout inconvénient , Messieurs 
les prevostz aceompagniés des quiefs de le loy, (1) se 
transportèrent par devers ledit Messire Ënglebert, à 
l'ostel k l'aigle « et aussi par devers les autres sew 
gneurs, à leurs hosteux , et leur requirent par douces 
paroles qu'ilz volsissent leurs gens faire partir et enakr, 
et leur dirent plusieurs raisons h ce propos qu'ilz ont 
ce aujourd'huy , qui fu le samedi prochain après , que 
le9 consaulx , doyens et soubz-doyens furent pour ce 
assemblés en halle et qu'il leur fu récité ce qu'on 
avoit dit et requis nuxdis seigneura , et comment ilz 
avoient respondu que eulx et leurs gens ne fassent 
point cy venus se ilz ne cuissent cuidié (2) complaire 
& aucuns et que se on voloit ilz s'en yroient » 
Sur toutes ces choses , les quatre coasaux délibèrent 



(1) Les chefs de loi , c'est-à-dire les chefs des qualre collèges des 

COQSaQX. 

(2) Cuûfié,. pensé, présumé. 



Digitized by VjOOQIC 



— <59 - 

le samedi 15 et ordonnent que les chefs de loi , sive 
Garon d'EstrayeUes, Jean le Prince et autres du conseil 
iront de nouveau remontrer doucement auxdits seigneurs 
qu'aux termes du traité passé avec le duc de Bourgogne 
et conformément aux ordres du roi , la ville ne peut 
recevoir de garnison ; que le peuple également est ré- 
solu à ne point souffrir de garnison et prétend garder 
la ville pour le roi. En conclusion, ils demanderont & 
ces seigneurs de faire partir leurs gens demain matin , 
on plus tôt si faire se peut. (Comme il n'est plus ques- 
tion de cette affaire , on doit supposer que les gens 
d'armes quittèrent la ville le lendemain.) 

18 janvier 1424 (1421), n. st.) — Lettres closes adres- 
sées aux consaux, par lesquelles les deux seigneurs pré- 
nommés prient d'ajouter foi à ce que Martiii Dan- 
quoisnes est chargé d'exposer en leur nom^ Celui-ci 
renouvelle la demande faite le 11 du même mois, rela- 
tivement au passage et au séjour des hommes d'armes 
du duc de Brabant. — Résolu de leur écrire , le plus 
doucement qu'on pourra , dans le même sens que pré- 
cédemment. 

— Ândrieu de Quarmont apporte les lettres du roi et 
de M. de Conflans , qui lui permettent de prélever 
4,000 1. sur le droit seigneurial des monnaies royales. 
— Sire Caron d'Estrayelles et les autres commis au fait 
de la monnaie , sont chargés de régler cette affaire. 

4 février 14â4 (1425, n. st.) — Jean de Harlebecqoe, 
jaré, Etienne de Willeries, receveur du roi au bailliage 
de Toumaisis et Jean le Prince, doyen des aumucheurs, 
sont envoyés i Bruxelles par devers le conseil du due 



Digitized by VjOOQIC 



— 440 — 

de Brabant, pour poursuivre la conclusion du traite 
projeté entre ce prince et la ville de Tournai. 

6 février 4424 (U25, n. st.) — Placera-t-on ]es 
bannières au beffroi lors du départ des arbalétriers 
et les y laissera-t-on jusqu'à leur retour ? — Cette ques- 
tion sera résolue par la communauté quand les ambas- 
sadeurs de la ville seront de retour. 

44 février 4424 (4425, n. st.) — Jean de Harlebec- 
que et ses co-députés font leur rapport en présence 
d'un grand nombre de gens du peuple assemblés avec 
les consaux , doyens et sous-doyens. Us rapportent la 
minute des lettres h échanger entre le duc de Brabant 
et la ville. Cette minute sera examinée par les œmmis 
sur le fait de la guerre^ auxquels sont adjoints Jean de 
Leuze, Jean le Prince et les officiers du roi au bailliage 
de Tournaisis. 

^ 11 est ensuite question des gens d'armes qui se trou- 
vent sur le territoire du bailliage. Leur livrcra-t-on 
passage par cette ville? Le bailli, Maître Simon Charles 
et tous les membres du conseil du roi opinent pour 
l'affirmative; selon eux, il est préférable que ce pas- 
sage ait lieu près de cette ville plutôt qu'au-delà. — 
Bientôt après on apprend que ces gens d'armes passe- 
ront par Escanaffles. 

45 février 14^4 (4425, n. st.) — Il est ordonné aux 
arbalétriers et aux paviseurs désignés pour aller servir 
le duc de Brabant, de se trouver le lendemain en la 
halle, entre 7 et 8 heures du matin, armés et habillés 
de tous points, à l'effet d'y être inspectés par les délé- 
gués des consaux sur le fait de la guerre et de rece- 



Digitized by VjOOQIC 



— 44i — 

ce?oir, en même temps^ tout ce qui leur est nécessairs 
pour leur départ. (P) 

16 février 1424 (U25 , n. st.) — Sire Ernoul de 
Waudripont fait, en présence du peuple, l'énumération 
des fonctions qu'ils a occupées dans la magistrature de 
la Tille (1). Affaibli par l'âge et les inOrmités, il déclare 
dès h présent qu'il n'acceptera plus aucun mandat lors 
du prochain renouvellement de la loi. 

— Par un écrit adressé aux consaux, plusieurs parents 
et amis de Piérart Dupré , exécuté à mort , demandent 
que , dans les 24 heures , le corps du supplicié soit 
inhumé en terre sainte. •— Les • consaux répondent que 
la sentence prononcée par les prévôts et jurés a été 
rendue h la suite d'un procès régulier ; si les deman- 
deurs veulent en appeler au roi ou au parlement , 
seuls compétents pour réviser le jugement, la ville s'y 
défendra. En attendant^ la requête en question est 
rejetée (2). 



(1) Voici le releyé des fonctions rc^mplies par le susdit sire Ernoul 
de Waudripont : 

Ewardeur, 1587, 1389, 1301, 1393, 1397, U17, U23. 
Eehevin, 1390. 1394. 

Juré, 1398, UOO à 1406, U08à 1409, 1416, 1418, 1420 il 1423. 
Mayeur des échevins de Tournai, 1407, 1410 à 1413, 1419. 
Second prévôt, 1399. 

(2) Piérart Dupré, convaincu d'avoir assassinéson frère, fut condamné 
k être traîné deçà Escaut et de là, pendu et étranglé tant quHl soit 
mort. Celte sentence, prononcée le 8 juin 1424, fut mise à exécution 
le même jour, ainsi qu'il était d'usage. C'est donc seulement huit 
mois après l'exécution que les parents réclament l'inhumation en 
terre sainte du corps du supplicié. Ce long intervalle entre le sup- 
plice et l'enterrement pourrait paraître étrange, mais il s'explique 

HéM. T. VIII. 18 



Digitized by VjOOQIC 



— i42 — 

18 février 1424 (1425, n. 8t.) — Les collèges des 
bannières nomment Aleaume de Helchuës aux fonctions 
de receveur général. Ils proposent ensuite d'envoyer au 
duc de BrabanI les arbalétriers de la ville, pourvu que 
ce prince les fas^ cbercher, conduire et ramener sûre* 
ment, sans pouvoir les mettre en garnison. 

ââ février 1424 (1425, n. st.) — Les doyens et sous- 
doyens élisent pour souverain doyen Jean de Quarmont, 
et pour souverain sous-doyen Jean Autoupet. Ils 
réduisent en même temps de moitié, pour cette année 
seulement, le traitement du souverain doyen. 

24 février 1424 (1425 , n. st). - Ernoul de Hels- 
camp, élu capitaine des arbalétriers et des paviseurs, 
prie les consaux de lui indiquer le nombre de chevaux 
dont il peut disposer pour son expédition. — Les jurés 
et les échevins déclarent s'en rapporter à la décision 
que prendront les commis sur le fait de la guerre ; les 
éwardeurs veulent que Mahieu de Blandaing accom- 
pagne le capitaine ; enfin les doyens et sous-doyens 
proposent de faire supporter par la ville la dépense de 
8 chevaux , à condition que le capitaine en ait 12 et 
de Blandaing 3. 



par cette circonstance que le cadavre du pendo restait attaché au 
gibet Jusqu'il ce que la corde pourrie laissât choir le squelette; Il était 
ensuite enfoui dans les champs par l'exécuteur des hautes œuvres : « 
À Maistre Jehan Aupiet, exécuteur de la haute justice, pour avoir 
enfoui et mis en terre as champs les corps de deux hommes qui 
estoient cheus de le justice de le planque d'Angy. » {Compté de 
Ii%^i424.) — Nous ajouterons qu'ordinairement le corps, d'un 
décapité était pendu à l'une des justices de la ville et la tète dépo- 
sée à la porte de Marvis. 



Digitized by VjOOQIC 



— i43 — 

— Résolu de potifsuiVre ^ aux Trais communs du roi 
et de la' ville , la délivrance d'un cheVaucheur du roi 
qui, en revenant de Bruxelles, a été fait prisonnier par 
le bailli ef leë échevîns d'Audenarde. 

27 révriei* 1424 (1425*, n. st.) — Gomme par le passé, 
la ville enverra 8 lots ' de vin par jour k M° Simon 
Charles (1), 



(1) NoQs avons àéjk dit (p. 27) qa'il était d'asage d'oflfrir les vins de 
la ville aux étrangers de distinction qui séjournaient ^ Tournai. Les 
dépenses (joi en résultaient pour la ville étaient fort considérables, e^ 
elles étaient portées en compte dans un chapitre spécial, avec let 
indications suivantes : la date, les noms des personnes à qui les vins 
étaient offerts et le nombre de lots envoyés. Les affiaiires importantes 
que les commissaires du roi étalent chargés de régler à Tournai 
obligèrent ces seigneurs à y faire un long séjour. Le registre des con- 
sauxne mentionne teur arrivée que le # novembre 1423, tandis qu'à 
l'un d'eux (H* Simon Charles), le magistrat de Tournai faisait offrir, 
dès le 31 octobre, huit lots de vin. Le 6 novembre arriva l'autre com- 
missaire et la même quantité de vin lui fut présentée. A partir de 
cette dernière date et jusqu'au 21 janvier, les deux ambassadeurs du 
roi reçurent tous les jours, suivant les circonstances, 12,16, 20 et 
quelquefois 24 lots de vin. Du 22 au 28 janvier, on voit que M« Simon 
Charles ne séjourna pas à Tournai ; il s'y trouvait du 29 janvier an 9 
février et s'en absenta de nouveau du 10 au 17 février. A partir du 29 
février, il n*est plus question de Martin de Canlers et les vins de la 
ville ne sont envoyés qu'à Simon Charles. Bref, du 51 octobre 1423 au 
15 novembre 1424, date de la clôture du compte qui nous donne ces 
détails, la ville offrit aux commissaires du roi.i,724 lots de vin, soit 
7,448 litres en 411 jours. 

Nous ferons remarquer que ce fut pendant l'une de ces deux ab- 
sences àignalées plus haut,' que M« Simon Charles accomplit une mis- 
sion de la part du roi, ainsi que le constate le passage suivant du 
compte de 1425-1424 : « A Ernoul le Muisit, pour 1 journées de com- 
pagnons montés et armés à cheval, par eux desservies en deux jours 



Digitized by VjOOQIC 



— 444 — 

— Les chefs de loi sont autorisés h envoyer des dé- 
putés auprès du duc de Bourgogne , de révéque et de 
M. de Sentes. 

— Ils sont chargés d'examiner lé compte des dépenses 
faites par Jaquemart de Hongny et les autres députés 
qui ont été trouver le roi à Bourges. — Ces dépenses 
figurent dans le compte de 1424-1425 dans l'article sui- 
vant : 

« A Bietremieu Garlier, Gillart Wauquier, Jaquemart 
de Hongny et Piérart de Nouveauville, pour ung volage 
et ambassade par eulx fait , par l'ordonnance et assens 
de la communauté de ladite ville assemblée pour ce par 
bannières, par devers le roy nostre sire en la ville de 
Bourges en Béry, pour avoir et obtenir de lui là chartre 
de la confirmation à perpétuité du fait , élévation et 
création des bannières, des doyens et soubz-doyens et 
des statuts et ordonnances sur ce faites. Auquel volage 
les iiij dessus nommés vacquièrent allant, besongnant et 
retournant , le terme de xvj sepmaines finans le xxiiij* 
jour d'aoust l'an iiij c. xxiiij, qui contient, l'un jour et 
l'autre inclus , c et vij jours , à v s. t. pour chacun 
d'eulx le jour, sont cj I. » 

— Les mêmes chefs examineront le relevé des dé- 
penses faites par Jacques de Bins et Jean le Sesne pour 
l'objet indiqué dans le § suivant du compte précité : 

<c A Jacques de Bins , procureur du Roy nostre sire 



à avoir convoyé Maislre Simon Charles, en allant par devers Ifessire 
Jehan de Lassembourg et autre part» pour le bien et honneur du roi 
nostre sire et de la ville ; et aussy avoir allé à rencontre dudit 
Maistre Simon quand il revint dudit voiage, au pris de xv s. t. pour 
chacun cheval le j«ur, sont xxxvij I. x s. » 



Digitized by VjOOQIC 



- i48 — 

et Jehan le Sesne, pour uDg voiage par eulx fait par de* 
vers le Roy nostre sire à Cynon (1), tant pour savoir et 
raporter bonnes nouvelles à la communauté de ladite 
ville de Testât du Roy nostre sire, de la Royne nostre 
souveraine et de Mons. le dauphin, comme pour avoir 
et obtenir lettres du Roy nostre dit seigneur , à pef-* 
pétuite, de la confirmation et ordonnance des ban- 
nières naguères mises sus en ladite ville , et aussy 
lettres du fait des monnoies , adfiin qu'elles se entre- 
teuissent, le terme de iiij ans, au pié et aloy k quoy 
elles estoient ordonnées, et pour autres plusieurs causes 
touchans ladite ville. Auquel voiage faisant, ils vacquîè- 
rent le terme de c et v jours finans le xxv* jour d'avril 
l'an iiij c. xxiiij , pour chacun desdits jours à chacun 
d'eulx qui leur a esté tauxé et ordonné au-dessus des 
despens par eulx fait en ce faisant, qui leur ont esté 
paiez des deniers de ladite ville, v s. ; sont pour eulx 
deux . . , . . . lij 1. X s. » 

— Lecture est faite , en présence du peuple , d'un 
mandement impétré par Jacques lo Louchier. Celui-ci 
fait dire par un nommé Gobinet qu'il se propose d'être 
avec le duc de Brabant , s'il y a journée de balailk , 
et prie de l'excuser s'il n'effectue pas plus tôt son dé- 
part. — En marge se trouvent seulement ces deux 
mots : On obéira, 

— Ceux qui ne sont point venus en la halle le jour 
de l'élection des éwardeurs seront punis. 

28 février 4424 {U25, n. st,). — Gilles du Cler- 
mortier est nommé procureur général de la ville par 



(1) Cbinon, dans la Touraine. 



Oigitized by VjOOQIC 



— 146 ~ 

les consaux, ieï doyens et soas-doyens; don traitement 
est fixé à 40 U t. par an, plus les honoraires et les 
journées de halle. 

â maris 1424 (1425, n. st.)— Vient en la ïiàlle, par 
devant les prévôts et jurés, Robert le Posqueur, servi- 
teur du due dé Brabant , accompagné d'un messager 
dé ce prince. En présence des jurés et des chefs de 
la loi , il dit « qu'il venoit en ceste ville , de par 
Messieurs du conseil dudit seigneur aians en son ab- 
sence le gouvernement de son pays de Braibànt, pour 
et à cause de Paîde et assistcnce que nous 'avions 
accordé ' faire à mondit S' de Braîbant contre le duc 
de €lochcstre^ ses âlyez et biehvoeillens , en nous priant, 
dé par nostre dit trës-redoubté seigneur, que nos gens 
que nous devions envoyer et lesquelz ' nous avions na- 
gaires escript estre tous pretz, que tanlost et sans dé- 
lay nous les volsissons faire partir de ladite ville et 
eult faire traire vers Haulz (Hal); et là endroit trou- 
veront des gens dudit s' qui vènront vers eulz' pour 
eulx ghider seurement tant qu'îlz serôient avecq les 
nobles et ceulz des bonnes villes qui desjà estoient sur 
les campz; prians et rëquérans très-affectueusement 
que si ^ pour césté cause , ilz n'avoient envoyé par décha 
aucun gentilhomme et plus grandement qu'ilz n'avoient 
fait, que de ce Fon ne se tenist' aucunement malcon- 
tent, car il esfoit vrai que mérquedi au soir, entre 
ix et X heures, il estoit venu à la congnoissance d'eux 
que le duc'de Clochestre metioit gens 'sus à puissance 
ét^'pour'eutz combattre; et estoient bien prez l'un de 
l'autre. Pourquoy et pour eslire lieu et place pour ce 
faire, tous les nobles et autres ordonnez sur ledit fait 
de guerre s'estoient retrais ensemble et tellement que , 



Digitized by VjOOQIC 



- 147 — 

par le grant désir et affection qu'ilz avaient d'estre à la 
journée , on n'avoil peu trouver gentilhomme qui voU 
sist venir par decha, pour doubte qu'ils ne peussent 
estre à ladite journée , laquelle on attendoit et espéroit 
estre de jour en jour. >» 

— Le même jour après-midi , les consaux , les doyens 
et les sous-doyens se réunissent pour délibérer sur la 
réponse à faire au serviteur du duc de Brabant. Les 
jurés, les échevins et les éwardeurs décident que in- 
continent..... (le reste manque.) (i). 

Le samedi 3 mars, un héraut de Valenciennes , nom- 
mé Fauquème , demande aux consaux , doyens et sous- 
doyenaque Mi d'AudregnIes , M. de Sars et plusieurs 
autres. chevaliers^ écuyersy échevins , bourgeois : et ha- 
bitants de Valenciennes , au nombre de 100 à lâO, 
tan^ archers qu'arbalétriers , puissent avoir passage par 
Tournai et y séjourner jusqu'à demain , pour après 
allerii Lille par devers le duc de Bourgogne , & cause 
de certaines besognes et affaires. — « Sur quoy par les 
consaux, doyens et sous-doyens fut conclud et délibéré 
que, tantost cl sans délay, on les laisseroit entrer ens, par 
la manière dite , en .excusant les gouverneurs delà loy 
que plus tost ne s'estoit peu faire, en eulx faiscmî aUi 
90urpluB f^èsrtfç^nes chièm. » 

6 marf 1424 (1425, n. st.) — Résolu d'envoyer une 
députation à Bruges, auprès du duc de Bourgogne. 



(1) Deux députés de la ville partirent le même jour pour Gand » à 
l'effet d'obtenir le libre passage des arbalétriers tournaisiens, dans le 
pajs de Flandre. C'est probablement cette décision qu'on a négligé de 
mentionner au:registre. Ces omissions, dur^sie, se rencontrent as^es 
fréquemment. Nous avons eu l'occasion d'en signaler quelques-unes. 



Digitized by VjOOQIC 



— U8 — 

7 mars 1424 (1425, u. st.) — Ainsi que cela se pra- 
tique lorsqu'il s'agit du service du roi , la ville paiera 
la rançon de ceux des arbalétriers et paviseurs qui 
seraient faits prisonniers pendant l'expédition en Brabant. 

8 mars 1424 (1425, n. st.) — Les collèges des ban- 
nières sont réunis pour donner leur avis relativement 
au départ des arbalétriers. Ils sont tous d'opinion c que 
incontinent que Jehan le Prince sera revenu et qu'il 
apportera certification du seur passage avoir , où il est 
allé avecq le secrétaire de Mons. de Braibant, qu'on 
fâche nos arbalétriers partir ou nom de Dieu, tantost 
et incontinent , sans nul délay ne arriéraiche quelconques, 
disant que de ce ainsi faire ilz rechargent les consaulz, 
doyens et sous-doyens et qu'ils fâchent à ce propos 
tout leur dit partement estre tout prest , si et par 
telle manière que deffaulte n'y ait , et du tout les 
enchargent et s'en deschargent, adfin que l'onneur de 
la ville et la promesse par nous faite audit Mons. de 
Braibaut soit pleinement gardée et accomplie. » 

9 mars 1424 (1425, n. st). — Les consaux font pu- 
blier aux bretèques que , pour payer les arbalétriers 
et les paviseurs qui sont partis le même jour pour 
l'armée du duc de Brabant, la communauté assemblée 
par bannières a consenti à la levée d'un 7" denier 
d'impôt sur chaque lot de vin. Cet impôt cessera 
d'être perçu aussitôt qu'il aura produit la somme 
nécessaire au paiement des frais de cette .expédition (P). 

15 mars 1424 (1425, n. st.). — Les gens de bonne 
volonté qui • accompagneront les arbalétriers seront 



Digitized by VjOOQIC 



— 449 — 

récompensés suivant leur mérite et sur l'attestation 
qu'en donnera leur capitaine. 

— Le grand doyen des métiers aura une clé de la 
trésorerie où sera déposée la charte des doyens. 

14 mars 1424 (1425, n. st.) — Ordonnance des con- 
saux , doyens et sous-doyens , portant que tous les 
hommes^ mariés ou non, qui, à cause des guerres de 
Hainaut ou autrement, sont venus résider à Tournai, 
doivent se rendre & la maison du clerc du guet pour 
y faire inscrire leurs noms, prénoms, métiers et de- 
meure. Ils devront également déclarer si leur inten- 
tion est de conserver leur résidence à Tournai ou de 
partir sitôt la guerre terminée; dans l'affirmative, ils 
seront mis en dizaine pour faire le guet et incorporés 
dans l'une ou l'autre des bannières. Ceux qui n'auront 
pas rempli ces formalités seront réputés forains; s'ils 
ne sont point bannis , ils ne pourront du moins jouir 
des privilèges de la ville. Les consaux, les doyens et 
les sous-doyens se défendent de vouloir, par cette or- 
donnance^ tracasser les étrangers réfugiés à Tournai; 
ils ont uniquement en vue de les astreindre & faire le 
guet, et s'ils les mettent en bannières, c'est pour leur 
procurer un abri en cas d'effroi ou de nécessité. (P.) 

16 mars 1424 (1425 , n. st.) — Rapport de sire Jean 
de Waudripont , Maître Jean Plantebaye , Michel de 
Gand, Jean Autoopet et Jacques de Hongny^ de retour 
de Jeur voyage auprès du duc de Bourgogne, En pré- 
sence du duc et des seigneurs de son noble conseil , 
parmi lesquels se trouvaient l'évéque de Tournai , le pré- 
vôt de St.-Doual , M. de Santés , M. de Roubaix et M. 
d'Utequerque , le doyen de Liège a répondu aux dépu- 

MéM. T. VIII. 19 



Digitized by VjOOQIC 



— iso- 
lés de Tournai que la date de Texpiration du iraiié 
élant encore assez éloignée, on avait tout loisir pour 
aonger h le renouveler, d'autant plus qu'on ne pouvait 
savoir dè»-i*préseBt comment le pays de' Hainaol se 
conduirait par rapport aux enclavements, il a reproché 
ensuite aux Tournaisiens d'avoir fait des choses contraires 
aux stipulations du traité. — Au sortir de cette audî« 
ence, les déjmtés se sont rendus aujwèa de l'évéque 
pour lui demander conseil sur la réponse que leur 
avait faite le doyen de liége ; le prélat les a engagés 
h lui rappeler souvent cette affaire et a promis de leur 
faire savoir quand il serait temps de retourner vers le 
duc» 

— Etienne de Willeries, après avoir eommandé les 
arbalétriers jusqu'à leur destination, rend compte aux 
eonsaux de la conduite de ses gens pendant la route 
et de la réception qui leur a été faite k leur arrivée 
au camp. 

> -^ Sur la proposition d'envoyer une députation au 
roi, les consûux estiment qu'il y a lieu d'attendre l'ar* 
rivée des deux seigneurs que S. M. envoie, dit-on, à 
Tournai ; les doyens et sous-doyens se {Mrononceot pouf 
le départ immédiat de cette députation. 

30 mars 1424 (1425, n. st.) — Les consaux propo- 
aent d'ajourner jusqu'au retour des arbalétriers l'ékc- 
tion de 500 à 600 hommes, à prendre dans tous les 
collèges des bannières; ces hommes porteront des cha* 
itérons, sur lesquels seront figurés des ebâloaux, el ils 
feront & l'oecasion des sorties. Les doyens, et les sous- 
doyens veuleat que l'on confectionne de suite 500 chape- 
rons et qu'on emprunte à quelques bourgeois et changeurs 
U somme nécessaire au paiement de ces objets. ^— Le. 36, 



Digitized by VjOOQIC 



en déMe que les chdperons seront ^yés sur le fvo<* 
diiit de l'impôt établi k came du dëpaH des arba- 
létriers. 

^ Âppdés à désigner un homme capable pour aller 
ters le roi, les consaux et les doyens font ehoii de Pté^ 
rart de Neuveauville ; les offieiers du roi au bailliage 
loi adjoignent Jacquemart de Bineh.' 

«^ Dans chaque paroisse, deux hommes seront char" 
gés, avec les connétables, de constater tous les mois les 
epprovisionnemeots des bonnes gens; quatre pcMonnes 
possédant les connaissances nécessaires veilleront è la 
bonne conservation des blés de la ville. 

— On écrira aux arbalétriers pour savoir la cause 
qui les empêche d'effectuer leur retour. 

âl mars 14^4 (14'S5, n. st.) — Sur les lettres en- 
voyées par le capitaine et le connétable des arbalétriers, 
les échevins, les jurés et les éwardeurs sont d'opinion 
que Ton écrive à M. de St-Pol des lettres aimables, 
afin. d'obtenir le licenciement des arbalétriers et une 
bonne escorte pour leur retour; les doyens et sous- 
doyens veulent que les arbalétriers restent à leur poste, 
jusqu'à ce qu'on leur accorde un congé honorable» 

3A mars 1424 (i42â, n. st.) --Il est alloiré cent 
couronnes k Piérârt de NouveaUville , pour \é voyage 
qu'il doit faire auprès du rOi. 

â9 mars 1424 (1425, n. st.) --Les députés nsnvnyés 
auj>rè8 du duc de Bourgogne pour le renouvellement 
du traité, font leur rapport. 

31 mars 1424 (4425, n. st.) ^ Jean tle Pt(Aéf té- 



Digitized by VjOOQIC 



— 152 — 

clame TexécutioD des lettres royales qui lui confèrent 
TofiGice de bailli de Tournai et du Tournaisis. — Les 
jurés, les échevins et les éwardeurs proposent de sou- 
mettre la question aux collèges des bannières , à moins 
que le nouveau bailli consente à attendre que le traité 
avec le duc de Bourgogne soit renouvelé et qu'on sache 
si cette nomination' plait à ce prince. Quant aux doyens 
et sous-doyens , ils veulent qu'on obéisse au roi et aux 
lettres qu'il a accordées à Jean de Proisy^ 

— 300 cavaliers commandés par M. de Croy sont 
autorisés & passer par Tournai ; on les prie de ne point 
faire de mal à trois lieues de cette ville. 

S avril 1424 (1425, n. st.) — Départ de Maître 
Simon Charles, après avoir recommandé aux consaux 
d'avoir pitié et compassion d'Ërnoul le Muisit, de Désiré 
de Lannoit et de Jean de Bruyelle. 

5 avril 1424 (1425, n. st.) — On voit qu'il y avait 
& Tournai des compagnons de l'arc à la main appelés 
pau de sens. Ils demandent de pouvoir disposer, pour 
s'y exercer , d'un terrain situé dans les fossés de la 
ville, ce qui leur est accordé le 10. 

— Un nommé Huart Deledalle annonce aux consaux 
que lors de la prise de ses chevaux, à Guise, Jean 
de Proisy eut sa part du butin. — Ce dernier sera 
appelé et justice sera faite selon raison. 

— Les arbalétriers et paviseurs qui ont été au ser- 
vice du duc de Brabant sollicitent le paiement d'un mois 
de solde, au lieu de trois semaines, en considération 
des pertes qu'ils ont essuyées et des frais qu'ils ont 
du supporter. — Les échevins accueillent cette de- 
mande et les autres consaux s'en réfèrent & la déci- 



Digitized by VjOOQIC 



«- 455 - 

sion que prendront les chefs de loi. — - Le iO, il est 
résolu de payer le mois entier (1). ^ 

4 avril 1424 (1425, n. st.) — Les requêtes ou récla- 
mations à adresser par les bannières à l'un ou à l'autre 
des collèges des consaux, ne pouriy)nt être présentées 
par plus de six membres de chaque bannière , et , 
dans ce cas, il est interdit à ces derniers de se faire 
accompagner de personnes appartenant à d'autres ban- 
nières. Les contrevenants seront punis d'un bannisse- 
ment perpétuel du territoire de la ville, sans préjudice 
aux autres grandes peines et amendes que pourront 
leur infliger les prévôts et jurés. (P.) 

10 avril 1425. — Les députés qui ont été récem- 
ment auprès du duc de Bourgogne sont chargés d'y 
retourner^ après toutefois qu'ils auront obtenu un sauf- 
conduit et des nouvelles de ce prince. 

— Un doyen , un sous-doyen et un juré sont 
adjoints aux quarteniers pour faire le sombre guet de 
nuit. 

11 avril 1425. — Jean de Proisy, bailli de Tournai 
et Tournaisis , conteste la juridiction des prévôts et 
jurés relativement à une réclamation que lui fait un 
nommé Landas; il prétend qu'en sa qualité de bailli, 
il ne peut être justiciable , pour fait de guerre , que 
du maréchal de France. Ce Landas , dit-il , a été pris 



(i} Les dépenses relatives à cette expédition sont portées dans an 
compte spécial dont nous donnons plusieurs extraits à la fin de ce vo- 
lume. (Voir aux appendices). 



Digitized by VjOOQIC 



— «4 — 

t^rs St.-Queotin portant ded titres bûx Anglais et 
emmené prisonnier à Guise ; il a été déclaré de bonne 
prise, mais la rançon qu'il a dû payer lui a été rembour- 
sée par Jean de Brabant, 

13 avril 1425. -^ Gilles Danclare et Salmon Fuyant 
ayant renoncé à se porter caution pour Philippe de 
Bourghielle, celui-ci est mis en demeure de fournir deux 
autres cautions endéans trois jours, & défaut de quoi 
il sera mis en prison. (V. p. 53.) 

— Si le renouvellement du traité avec le duc de 
Bourgogne ne peut être obtenu sans payer finance, il 
est recommandé aux députés de ne prendre aucun en- 
gagement avant d'en avoir référé à leurs commettants. 

— Les consaux accordent le passage par la ville des 
gens de M. de Lumières et du bâtard de Saint-Pot. 

15 avril 1425« — Rapport des collèges des bannières 
sur plusieurs cas soumis à leurs délibérations : 

c Premiers , au fait du premier article contenu au 
rolle parlant d'aucuns censsiers, rentiers et laboureurs 
Qoz voisins du pays de Haynnau , qui s'estoient eom«* 
plains d'aucuns manaus, bourgois «t habitans de ladite 
ville qui, soubz umbre de la guerre de Haynnau dont ^ 
point s'entremettoyent , fors de leur labeur , avoyent 
iceulx coroplaignans robe, pillié et fait plusieurs griefi 
et dommages, sur quoy avoyent requis provision de 
justice & quoy messieurs les consaulx avoyent conclud 
et délibéré d'y entendre par le bon advis et conseil 
desdites bonnes gens, peuple et communaulté; — Tas- 
sons, accorl et intention d'icelle communaulté est tel 
que, pour tousjours vouloir tenir la main au bien de 



Digitized by VjOOQIC 



I — I»» — 

jjisiiee et à la paix, luiioai lû^a, hooDeur eC taniquiltté 
d'icelle, iU cooseillent et coDsenteot que deffcnce (i) soît 
faite qu'il ne soit personne aucune de ladite ville qui, de»> 
puis maintenant en avant, soubi ombre de ladite guerre, 
sans, grftce ou lieense, wide ne se parte de ladite ville 
pour faire ne face course, villenie ou dommage h nnk 
de nos boîns voisins et amis, ne qui, en soy advouant 
de ladite ville, porte ne face porter quelconques ban- 
nières , penons , estendars ne autres ensengnes , dont 
pour ces choses bien faire et modifier, et aossy avoir 
advis à ceulx de ladite viUe qui, & présent, sont hors 
d'iceUe et & l'amour et bienveillance qu'avons et de- 
vons avoir à Mons. de Brabant, à ses pays et aut 
siens , lesdiz de la communaulté en rechargent Mes- 
sieurs les consauh, doyens et soubz-doyens. 

» Item , quant au second article dudit rolie partant 
de l'emprisonnement et délivrance de Arnoul le Moisy, 
Nicaise Qualle, Baudart le Braquenier et Mabieo Sohier 
qui remonstroyent comment, au content de justice, ili: 
avoyent esté prins, en requérant , par les proixmes et 
amis d'iceulz prisonniers^ que la caution de deux mH 
escus d'or sur ce bailliée pour les causes et par les 
personoes contenues audit article et en la supplication 
et autres lettres jointes à ce , fuist mise au nient pour 
• k délivrance desdites personnes; <-- lesdites bonnes gens, 
peqple et communaulté sont d'assens et d'acord que , 
pour la délivrance desdis iiij prisonniers mis en Tour- 
nay, ladite caution de ij!^ eseqs soit mise au néant , 
moyennant et parmy ce que si bonne autre caution soit 
faite et bailliée à ladite ville , que de tout ce dont la 



(i) Gstte défense lût pabllée le S7 da même mois. 



Digitized by VjOOQIC 



— 456 — 

ville en pouroit estre poursuiwie, commeot et quant que, 
ce feust, fuist par le roi nostre sire, Mons. l'évesque ou 
autre personne quelconque , que par ce ladite ville en 
soit bien acquittée et deschargée. » 

Le 5° article concerne la nomination d'un contrAleur 
de la recette; 

Le 4** défend de jouer aux dés , afin d'éviter les grands 
inconvénients qu'occasionne ce divertissement; 

Enfin par le 5^, il est ordonné aux personnes qui 
circuleront dans la ville après la cloche du dernier 
wigneron sonnée , de se munir d'une lanterne ; il n'y 
a d'exception que pour les guetteurs de niût et les 
chefs de loi. 

— Voici l'opinion des collèges des consaux sur l'in- 
terminable affaire de Philippe de Bourghielle : 

M Les eschevins et les esgardeurs sont d'accord que 
ledit Philippe renforce sa caution d'autres pleiges aussy 
resséans et solvens que ceulx qui y ont renunchié, et 
parmy ce sont d'opinion que son fait surciée jusques au 
retour de Pierre de Nouveau vil le et Jaquemart de Bins, 
ou de l'un d'eulx, qui sont présentement devers le roy, 
s'il ne poeut recouvrer d'autre conseil. 

• Et quant aux jurez, ilz sont d'opinion que les com- 
mis, tant d'un costé comme d'autre, autreffois commis 
au fait de ceste besongne^ soyent mandez et oys , assa- 
voir en quel estât la besongne estj afin que selon ce 
que on pouroit trouver en eulx , eu gardant les termes 
de justice , on puist procéder sur ce comme il appar- 
tiendra* 

» Les doyens et soubz-doyens sont d'accord que, veu 
que plusieurs de ses pleiges pour ce obligiez s'en sont 
désistez et depportez, que on soit par justice au deseure 
de la personne dudit Philippe, par détention de prison, 



Digitized by VjOOQIC 



— 157 - 

tant qu'il ait vériffié ses comptes et que par le rapport 
desdis commis, on face Testât desdis comptes, pour au 
sourplus y estre procédé comme il appartendra. Et re- 
quièrent que leur dit assens soit registre pour leur 
descharge et qu'ilz en puissent avoir lettres, se mes* 
tier est. » 

Le dimanche â5 avril 1425, Lotard de Willeries, 
de retour de son voyage auprès du roi , vient en la 
halle et y apporte les lettres closes du roi qui sont 
lues publiquement , en présence d'un grand nombre 
de personnes du peuple. De Willeries expose ensuite 
bien au bng Pestât du roy , ce qu'il a vu et su en 
son ctmseil et les traités de paix dont il lut aucuns 
articles quHl en avoit et qui sont atachiés d ceste page. 

Il y a effectivement un feuillet attaché k cet endroit 
du registre ; "ce feuillet contient ce qui suit : 

ic C'est la délibération prinse par Messeîgneurs de 
Savoye et de Richement avecques les gens du conseil 
de Mons. de Bretaigne, pour venir k conclusion de la 
paix }h longuement pourparlée et traittée , affin que 
h icelle Ton puisse mieulx venir et acompHr , à l'aide 
et plaisir de Dieu , au bien et honneur des parties, au 
prouffit de eulx et de leurs subgctz. 

» Et premièrement a esté advisé et délibéré, attendu 
et considéré que ceulx du sang royal et mains autres 
preudommes qui estoient en son hostel et près de lui 
pour le conseillier et aidier, sont trespassés et deffaillis, 
' les aucuns et les autres sont prisonniers , qu'il est 
expédient et nécessaire que Mons. de Bretaigne et 
Mons. de Savoye ensemble s'employent entièrement en 
leurs personnes , quant ilz pouront , et , en leur ab* 
sence, par autres vaillans et notables preudommes , en 
MitM. T. vin. 20 



Digitized by VjOOQIC 



— 1»8 — 

bon et souffisant nombre^ et que le Roy preigne et ait 
avecques lui en son bostel, eo son conseil et près de 
lui des gens de mesdis sefgneurs de Bretaigne et de 
Savoye, en nombre souffisant, par lesquelz et les autres 
gens de son conseil le roy se doye conseillier, et par 
Tadvis et délibération desquelz les affaires et besonghes 
du royetdeson royaume soycnt démenées et conduites 
au bien de lui et de son dit royaume , par manière 
que, au plaisir et à l'aide de Dieu, ses anciens enne- 
mis 'soyent dégettés hors d'icellui royaulme. 

> Item, que iceulx qui seront, comme dessus, ordon- 
nez et mis en Tostel du roy facent serment de bien et 
loyalement servir conforter, conseillièr et aider le roy 
et soy etnpioyer à toute leur puissance bien et loyaal- 
ment, au bien, honneur et prouffit du roy et de son 
royaume; et que aus^ mesmement et pareillement ju- 
rent et promettent ceulx qui , de présent, sont et se- 
ront au service et conseil du roy et près de luy. 

» Item, que ceulx qui seront ordonnez, comme dessus, 
d'estre au conseil et de Tostel du roy, seront tenus de 
signiffier et faire savoir h mesdis seigneurs les ducs les 
délibérations et ad vis qu'ilz prendront entre euh, mes- 
mement sur le fait de la guerre, afin que iceulx puis- 
sent mieulx pourveoir k ce qu'il sera nécessaire pour 
le bien du Roy et de son royaume. 

V Item , a esté advisé et délibéré par mes dis sei- 
gneurs que sur les articles et chapitres de ladite paix, 
pourparlez, escrips et bailliez tant & Bourg en Breîsse, 
en la présence de Mons. de Savoye^ comme puis après 
à Nantes en la présence de Mons. de Bretaigne , mes 
dis seigneurs les ducs, après que seront mis, ordonnez 
et députez leurs dites gens pour estre et demeurer en 
J'ostel et eonseil du roy, comme dessus est dit, ordon- 



Digitized by VjOOQIC 



— 150 — 

naroat ce que bon leur semblera, pour le bien de la- 
dite paix f en adjoustant , diminuaut et déclarant , ou 
autrement comme leur plaira , sur iceulx articles , et 
s^a tenp, conservé et mis i fixécution tout ce que par 
Qulx sera dit et ordonné. 

» Articles faiz du parti des dqcs de Bretaîgne et de 
Savoie sur le fait et accord du duc de Bourgogue. 

» Premiers , abolition générale sera faitCy tant d'un 
parti que d'autre, non comprins ceulx de Blois que on 
soloit appeler de Penteure. 

» Item que ehacun sera restitué à ses héritaiges et 
les meubles et fruiz seront perdus, et les meubles per- 
dus à Montereul seront restitués & l'esgart des dessus- 
dis de Bretaigne et de Savoie , et les sires de Vei*gier 
et de Saint-George seront desdommagiés. 

n Item sera fondé aux despens du roy, près Mens- 
truel, ung collège de xxiiij personnes, et sera dotté ii 
l'esgard desdis commis. 

» Item que le procès de la comté d'Estampes sera 
eonduit en parlement jusques à diffinitîve, et en or- 
donneront lesdis commis sans figure de procès. 

» Item au regard de Gyen, lequel le roy désire avoir, 
il en vaudra assignation au duc de Bourgogne de 
iij m. 1. t. de rente , oultre la valeur d'Estampes ei 
de Gyen. 

n Item, que le duc de Bourgogne aura respit de faire- 
ses hommages et ne sera tenu de venir devers le Roy, 
pour chose qu'il advieugne, jusques à certain temps 
qui sera advisé par lésais commis. 

» Item que le duc de Bourgongne envoyera gens pour 
servir le roi. 

» Item , que toutes les villes , cfaasteaulx et forte- 
resses occupées tant de la partie du roy que du due 



Digitized by CjOOQ IC 



— 160 — 

de Bourgongne , seront délivrées et rendues à qui elles 
appartiennent. 

24 avril 14251^ — Rapport de Mattre Guillaume 
Arnault, doyen, Maître Jean Plantehaye, chanoine, sire 
Jean de Waudripont, prévôt, sire Caron Destrayelles, 
mayeur des échevins de Tournai , Michel de Gand , 
mayeur d^s éwardeurs et Jean de Quarmont, souverain 
doyen des métiers, de retour d'un voyage qu'ils ont 
fait auprès du duc de Bourgogne, à Hesdin et à Lille. 
Us disent que le duc les a bénignement reçus et leur 
a fait répondre par Giii de Jaucourt , son conseiller 
et écuyer, qu'il désire que la ville de Tournai se gou- 
verne beUement et dotÂcemera et qu'il ne veut point 
empêcher les Tournaisiens de maintenir leur fidélité 
envers le roi. Relativement au traité, le duc consent 
à le continuer, à condition que les habitants de 
Tournai interdisent le séjour dans leur ville aux per- 
sonnes qui lui sont hostiles et qui font la guerre à 
ses sujets. Au nombre de ces derniers, il cite Jean 
de Proisy, récemment nommé bailli de Tournai et du 
Tournaisis , dont il demande le remplacement par un 
homme de bien. Malgré les dangers qu'il a courus 
en protégeant les Tournaisiens, le duc consent à leur 
accorder un bon traité , s'ils promettent de remplir 
cette dernière condition. 

Le lendemain , Jean de Proisy, accompagné d'autres 
officiers du roi au bailliage de Tournaisis, fait remon- 
trer par Jean de Bauwegnies que si la ville lui refuse 
d'exercer l'office de bailli, ce serait un blâme et un 
déshonneur pour le roi ; il fait entrevoir les dangers 
qu'il y aurait pour la ville de chasser les gens qui 
ont bien servi le roi et d'y admettre les partisans du 



Digitized by VjOOQIC 



-*- 161 — 

doc du Bourgogne. — Eosuite de cette remoutraoce ^ 
des délégués des consaux , en petit nombre , sont 
envoyés auprès du bailli pour le supplier de renoncer 
k son o£G[ce et de choisir un prud'homme de la ville 
pour lieutenant ; il sera libre dès lors de se rendre 
auprès du duc de Bourgogne pour s'excuser, s'il peut 
obtenir un sauf-conduit de ee prince. Les délégués se 
plaindront en même temps au bailli des paroles arro- 
gantes et mal assises dites par Bauwegnies contre la 
ville et en sa présence. 

26 avril 1425. — Les consaux chargent leurs dépu- 
tés de retourner le lendemain auprès du duc de Bour- 
gogne pour conclure le traité *, ils invitent en même 
temps leurs délégués à demander le jour même au 
bailli s'il aura un sauf-conduit pour aller devers le 
duc, afin qu'il puisse obtenir que son séjour en cette 
ville soit agréable à ce prince. 

,50 avril i425. — Rapport des députés. Us disent 
que, nonobstant le refus du duc de Bedford de sous- 
crire au traité , le duc de Bourgogne a consenti 
d'entrer en négociations pour son renouvellement. Ce 
prince leur a fait remontrer que, pour la garde de la 
ville, la protection de ses habitants et notamment à 
cause de l'assignation de iâ^OOO couronnes qui lui 
a été faite sur la ville, il a éprouvé de grands dom- 
mages.. En somme , après plusieurs paroles dites de 
part et d'autre, le duc a chargé l'évéque do Tournai, 
M. de Santés, M. de Roubaix , Guyot de Gyacourt et 
autres membres de son conseil qui étaient présents a 
l'audience , de faire réponse aux députés. La somme 
que réclamaient ces seigneurs était excessive, mais ils 



Digitized by VjOOQIC 



— IM — 

ont fini par proposer 4,700 couronnes , en déclartal 
que pour moins on ne pourrait traiter. En£n pour 
tout conclure , ils ont fixé jour au 3 mai, ii Bruges, 
où le duc et les quatre membres de Flandres se trou-p 
Yeront. « Aussi leur fut dit par ledit Guy, au nom dq 
duc, que le traité ne se passerpit point tant que Jek^an 
de Proisy, bailli de Toomésis, fnst en le ville, veu 
qu'il avoit porté guerre audit ^seigneur et fait dom-> 
mage à ses pays et subgés; mais s'il faisoit lieute- 
nant d'un bourgois et homme de bien de le ville, il 
se feroit bien ; aussi ne peussent demorer à résidence 
en le ville gens qui lui feissent guerre. » 

Les jurés , les échevins et les éwardeurs sont d'açeord 
que , si les députés ne peuvent traiter pour moins de 
4,700 couronnes, ils fassent tous leurs efforts pour obtcr 
nir un traité plus long ; les doyens et sous-doyens pro- 
posent d'assembler les chefs de loi le qiéme jour après- 
midi, et d'appeler à cette réunion l'abbé de St.-lHartin 
et Messieurs do chapitre, pOur les prier de contribuer au 
paiement de la somme demandée , (1) iiprès quoy les 



(i) On voit dans on mandement de Charles VII adressé, an mois 
de novembre suivant, au bailH de Toornai et Toarnaisis , que les 
geqs d'église et un certain nombre d'habitants se refifsaient à con- 
tribuer dans la somme de 800 livres de gros, qui devait être payée 
aux seigneurs des pays voisins, pour les traités convenus avec eux, 
nonobstant que iesdits gens d^église eussent la plus grande partie 
de leurs rentes, possessions et héritages dans la Flandre , l'Artois et 
le§ enclayemeiits dii Haioaut , e( qu'ainsi c'était surtout à eus^ que 
tes traités éts^ient profitables. Pour mettre un terme à ce o^auvais 
vouloir, le roi mande au bailli de contraindre les opposants à payer 
la quote part à laquelle ils ont été imposés, savoir : les laïcs, par la 
saisie et vente de leurs biens et héritages ; les clercs et les gens 
d'église, par la saisie et détention de leur temporel et par toutes 
antres voies dues et raisonnables. 



Digitized by VjOOQIC 



— 465 — 

baMières seront appelées à dotilfter leur avis. (Cette 
réunion eut lieu dans l'après-midi , mais le registre 
n'en indique pas le résultat.) 

i" mai 1425. — Les bannières adoptent les propo* 
sitions faites la veille par les jurés, les écfaevins et les 
éwardeurs ; en conséquence , les députés sont invités à 
se rendre à Bruges., au jour fixé pour la conclusion du 
traité ; ils demanderont que le sur état soit mieux 
entretenu que par le passé et rappelleront que des 
habitants de Tournai ont été faits prisonniers. 

— M. de Montjou sollicite, pour lui et 5 à 600 
hommes, l'entrée et le séjour dans la ville pendant 
deux jours. — Oii dira à ce seigneur que ses gens 
qui sont dans la ville doivent en déguerpir et que les 
autres, ainsi que les prisonniers, n'y entreront point, 
sabf les blessés. 

' — Deux hommes de chaque collège sont désignés 
pour entendre les nouvelles adressées aux consaux , 
sans qu'il faille pour cela assembler ces derniers. 

7 mai 1425. — Rapport des députés. Le traité avec 
le duc de Bourgogne a été prorogé pour un an , & 
partir de la St.-Jean-Baptiste prochaine, et la sommie 
à payer par la ville a été fixée à 4,700 couronnes. 
Le duc a consenti en outre à la levée , dans le pays 
de Hainaut^ de cent muids de blé et de cent muids 
d'avoine pour l'approvisionnement de cette ville ; il 
a de plus accordé deux sauf-oonduits : l'un de dix 
hommes et dix chevaux pour Jean de Proisy, l'autre 
de quatre hommes et quatre chevaux pour son frère. 
La ville devra délivrer des lettres sous le scel de la 
commune , par lesquelles elle s'obligera, à payer ces 



Digitized by VjOOQIC 



— i64 — 

4,700 couronnes ou 800 livres de gros en deux fois , 
AU 24 juin et à la Toussaint. 

8 mai 1425. — Lorsque des étrangers armés vou- 
dront passer par Tournai, ils seront convoyés ; si leur 
nombre ne dépasse pas vingt, ils pourront venir armés 
jusqu'à leur hôtel , sous la conduite des gardes des 
portes et ceui-ci feront alors déposer les armes. 

— On voit qu'Etienne de Willeries , Ernoul de 
Helscamp et d'autres Tournaisiens se trouvent à Leuze 
avec les Brabançons. 

— Jean de Proisy réclame le paiement, avant son 
départ , des mille livres que le roi lui a assignées 
sur les 6,000 que la ville doit de composition cha- 
que année. — Les consaux proposent le renvoi de 
cette demande k l'examen des chefs ; quant aux doyens, 
ils désirent que la ville prête au bailli 2 ou 300 
livres. 

— Il est défendu à toute personne , même aux 
sergents, de se servir de sifflets, de jour ou de nuit, 
à péril d'emprisonnement et de 10 livres d'amende. (P). 

14 mai 1425. — Des notables et sages de la ville, 
chevaliers et anciens, qui ont fait partie du magistrat 
ou du conseil du roi , sont mandés en la halle pour 
donner leur avis sur le fait suivant : Un nommé 
Andrieu Deleprée, qui était en procès par devant les 
prévôts et jurés contre les doyen , sous-doyen et 
tout le corps des tisserands, a, de propos délibéré et 
au moyen d'armes invasibles et défendues , blessé cru- 
ellement de plusieurs plaies Wiliaume de Brabant , 
doyen des tisserands , qui allait un matin ouvrir la 
porte de S*«.-{ontaine. Ledit Deleprée a été arrêté et 



Digitized by VjOOQIC 



euipriiooDë pour «voir <ui{r,ÛDt par Ik le iAr éW 
<|tti existait entre ks partiies à cause de ce procès. 
^ Après délibération et sur Tavis de Maître Gilles 
de.Grjgnîs de8 4oy6us et des sous'-doyeiis , le prisanniar 
est condamné a avoir te poiog droit coupé. 11 aéra 
exajoiiné dans la buitaine si le vCas ne comporte pa^ 
peine capitale. 

j £t ledit jour après^disner, ledit Andrieu mené au 
marquiet et monté sur les estaux paur entériner ladite 
sentence, fu resœux (délivré) et emmené par forché et 
vîolentemenl par plusieurs du commun qui le menèrent 
en l'église de Nostre-Dame. u Nous donnons ci-^après 
quelques extraits du compte de 1425 qui ont trait & 
cette affaire; 

H A Pierre le Muiait, pour deux journées qu'il {u, à 
deux cbevaux, en la ville de Lille, par devers Mons. 
l'évesque de Tournay, savoir et enquerre secrètement sa 
voJenté et quel chose il entendoit a faire de l'exécution 
que on disoit avoir esté faite de Andrieu De le Prée .c^t 
de sapugnition, àxv s. t. pour chacun homme et cheval 
le jour, sont . . . . . . Ixs, 

» A Gillcjs du Glermortier, procureur général delà ville;, 
pour avoir ordonné, minuté et mis en fouvme dcue, pax 
manière de procès, tout le demcnc et poursuite qui a 
esté faite par devant Mess, prevostx, jurez et aultres de 
la loy et conseil de ladite ville pour justice, contre AtH 
drieu De le Prée, tant de par tout Je mestier de tistre 
draps en ycelle , comme autrement.. — Item , les de- 
mandes, deffences, répliques, persécutions et conclusions 
desdites parties, les sentences et apointemens sur ce don- 
nez. ^ Item le manière de Tassant fait par ledit De le 
Prée sour Willaume de Brebant , doyen dudit mestier , 
lequel De le Prée navra ycelui en péril de mort , lui 
MÉM. T. vni. 2f 



Digitized by VjOOQlC 



— 466 — 

allant ouvrir l'une des portes de ladite ville , la prinse 
et rescousse faite dudit Ândrieu hors des mains de jus- 
lice par violence, le grant péril du peuple d'icelle ville 
pour ceste cause assemblé en armes sur le marchié d'icelle, 
et présent lequel pugnition fu lors faite dudit de le 
Préc et son poing coppé. — Item avoir mis par escrit 
les coupables de ladite rescousse et de tout che qui en 
fut fait, bien ad plain et tout au long mis par escrîpt, 
pour sur tout ce avoir advis, conseil et délibération par 
les consiliers du Roy nostre sire en son parlement à 
à Poictiers, pour tout ce par taux etc. . . . xx 1. 
» A Jaquemart Gourtin , sergant , pour le sallaire , 
paine et travail que lui et ses compagnons sergans bas- 
tonniers heurent le lundi xiiij* jour de may l'an iiij c 
et xxiiij, depuis la rescousse faite de Andrieu De le Prée 
au marchié, et que ils tinrent compagnie à mes seigneurs 
'les consaulx et autres du conseil de la ville, le nuit en- 
suiant et jusques à lendemain que ledit Andrieu fu ra- 
mené audit marchié, pour ce auxdis sergans, par cour- 
toisie XXX s. 

» A Henryet Fourment, fèvre, pour ung coutiel fen- 
drech duquel l'exécuteur de le haute justice coppa le 
poing dudit Andrieu, par le sentence et jugement de 
mesdis seigneurs . • . . . v s. 

» A Maistres Jehan de Grammont et Jehan Gottrel , 
chirurgiens sermentés de la ville, pour leur sallaire 
d'avoir visité, donné médechiue et conseil à le playe du 
poing copé audit Andrieu et esté devers lui en la pri- 
son où il fu lors mis, adfin de le garir. . xl s. 

• A Maistre Jehan le Gocq , mire , pour son sallaire, 
painc et traveil d'avoir venu visiter ledit Andrieu estant es 
prisons de ladite ville , à cause et pour la playe de 
son dit poing, ung escut d'or et vj gros de Flapdres 
donnés à son varlet, vallent. . . xxxj s. vj d. 



Digitized by VjOOQIC 



— 167 — 

>» A Jehan de Quarmont, souverain doien de la dite 
ville et Jehan de Campes, pour vj estaiix appartcnans aux 
pissonniers de mer , qui furent prins pour le justiee 
qui lors fu faite sur yceux de coper le poing dudil 
Andrieu, pour chacun estai xx s., sont . . vj 1. 
, » A Willaume Briant, tourier de le porte des maulx, 
pour le gouverne et administration de plusieurs ^rvivres 
et autres choses nécessaires par lui bailliez et adminis- 
trez k Andrieu De Je Prée en ladite prison , par le 
temps et terme qui s'ensuit. C'est assavoir, pour les 
estoupes , draps , linges , bendiaui , feu, candailles et 
toutes manières de vasiaux que ledit Willaume a livrez 
audit Andrieu, à lui nécessaires pour lui saner et garir 
la plaie de son poing à lui copé par justice, Ix s. — 
Item, pour vivres substantieox livrez et administrez à 
icelui, par le conseil et commandement des mires qai 
Font gary et sané , vij 1. t. — Item pour paine et 
sallaire de le mesquine dicelui Willaume d'avoir bué 
et nettyé les drapiaux et bendiaux d'icelui Andrieu et 
le avoir villié et gardé plusieurs fois en sa nécessité, 
1. s. — Item, pour le lit dudit Andrieu et les wardes 
d'icelui qui lui ont administré ses nécessitez le terme 
de viij sepmaines , ex s. — Item et pour avoir gardé, 
gouverné et alimenté ledit Andrieu , depuis qu'il fu 
gary, le terme de Iv jours finans le iiij* jour de sep- 
tembre an iiij c xxv, que ladite gouverne et adminis- 
tration de despens de bouce fu rostée à iceloi Andrieu, 
vj 1. Lesquelles parties montent à la somme de 
. xxiiij 1. » 

16 mai 1435. — Le duc de Brabant écrit aux con- 
saux pour demander que la ville lui envoie des gens 
d'armes. — Ou s'en déporte pour le moment, attendu 



Digitized by VjOOQIC 



^e ks Afigtohi ne sont point dbn* k pays , mais on 
•»fenra ifliniédîalMiMrt vers Mons pour savoir si cette 
villes sera bientôt assiégée. 

17 mai i425. — On ordonne aux bocrrgeois, cbefs 
d'bôtèl et héritiers de la Tille de se trouter le len- 
demain en la halle , au son de la bancloque , pour 
voit apposer le scel de la commune sûr les lettres 
que la ville doit délivrer au duc de Bourgogne , en 
exécution du traité conclu avec ce prince (P). 

18 mai 1425. — Sur la demande d'Andrieu De le Prée, 
les éonsaux ordonnent qu'il soit transféré dans la pri- 
son occupée jadis par Jacques Goure. 

19 mai I4â5. — On voit que tous les consaux cl 
les gouverneurs éprouvent le désir de vivre en amour 
èl ooiîoofde « mais ils diffèrent d'opinion quant aux 
mesures i prendre pour parvenir à ce résultat. 

-^ Nouvelles lettres du duc de Brabant, afin que 
l'on envoie è son service les arbalétriers tournaisiens 
et les hommes qui , demeurant à Tournai , tiennent 
de lui fiefs et arrière^fiefs. -^ On répondi^a en excu- 
sant la ville. 

— Des gens de métier cessent de travailler dès 
qu'on ne fait pas droit k leurs réclamations $ les con- 
saux ebargent les doyens et sous-doyens de rechercher 
les moyens de remédier à cet état de choses. 

92 mai I4â5. -^ Une sotnilie de 40 S. est allouée 
aux maîtres chirurgiens qui ont soigné Andrieu De le 
Ptée^ et ce afin quils se conduisent de mieux en mieux. 



Digitized by VjOOQIC 



— I«« — 

25 mai 1425. — » Ledit jour fu reiuoDstré par les 
doyens et soubz-doyens à nous , prevosU et jurez, com- 
ment Jehan Hansse et autres qui rescouvrèrent Ândrieu 
Deleprée et qui furent cause de râler qucrre ledit 
Andrieu et de l'extraction, s'aucune en fu , nous souf- 
frons aler par le ville , et pour ce ont délibéré d'en 
escripre devers le Roy, pour esqu lever le péril , et 
envoyer par vidimus le lettre que ledit Andrieu envoya 
a Lille et le manière du cas et de le condempnation, 
et pour savoir quelle pugnition ceulx qui ont violé 
le main de justice ont desservi, et se l'église a esté 
violée. 

)» Item, quant aux bannis rappelés par la commu- 
nanlté, dont on leur a baillé un roUe par escript, 
dient qu'il a pieu au Roy auctoriser et ordonner ce 
que fait en a esté, et n'y ozeroient touchier et envoye- 
roient devers le Roy et à son conseil leur chartre et 
le pardon , assavoir se les privilléges poroient estre 
bléchiés et ce qui s'en pora faire, ils vuellent entre- 
tenir ; vuellent que le Roy et le prinche sache leur 
gobvernement, et aussi que nous vuellons en ce mettre 
tel remède que inconvénient ne s'en puist ensuir. 

>) Dient que le navreure dont Olivier Delay est em- 
peschié a esté faite du commun, et que les tisserans 
s'en tiennent mal contens et ne se scevent à qui 
retraire. >♦ 

24 mai 1425. — L'exportation des fromages anglais 
est interdite (P). 

51 mai 1425. — Les personnes qui , après une ab- 
sence d'an et jour , sont de retour en cette ville , 



Digitized by VjOOQIC 



- i70 — 

doivent prêter le serment d'usage ; il est en outre or- 
donné à chacun de se mettre en bannière. 

— Les Tournaisîens qui sont allés en l'ost du duc 
de Brabant en portant la croix St.-Audrieu , seront 
mandés pardevant les consaux pour leur enjoindre de 
porter la croix droite. 

— On fera une enquête au sujet de ceux qui ont 
porté en celte ville la croix St.-Andrieu et qui ont 
crié vive Bourgogne. 

2 juin 1425. — Des tnfracteurs de paix et de eùr 
étatj après s'être mis eu purge à la cour spirituelle de 
Tournai, se permettaient d'aller dans la ville contre ses 
franchises et privilèges. Les consaux après avoir con- 
sulté plusieurs sages clers et le conseil de la commune, 
ordonnent que ces infracleurs seront arrêtés chaque 
fois qu'on les rencontrera dans la ville ; ils seront 
ensuite détenus en prison criminelle et traités tellement 
mal qu'il seront contraints de s'absenter de la ville. Il 
est bien entendu que l'on rendra à l'autorité ecclé- 
siastique ceux qu'elle sera en droit de réclamer. On 
enverra en outre des députés au roi , afin qu'il porte 
remède à cet état de choses. 



Digitized by VjOOQIC 



- 171 — 

REGISTRE COMMENÇANT LE 5 JUIN 1425 
ET FINISSANT AU 14 JUIN 1427. 

(Les 80 premiers feuillets de ce registre ont été mouillés ta point 
que grand nombre de pagessont presque illisibles). 



6 juin 1425. — On publie la défense faite i toute 
personne, barbieur ou autre, d'exercer la chirurgie, si ce 
n'est en vue et par le congé des prévôts et jurés, i 
péril de prison et d'une amende de 10 1. Ces formalités 
ne sont point exigées des maîtres chirurgiens assermentés 
de la ville. 

là juin 1425. — Ceux qui sont revenus de Tost du 
duc de Brabant en portant la croix de S*-Andrieu, 
seront appelés et punis, ainsi qu'il appartiendra. 

15 juin 1425. — Les doyens et sous-doyens se pré- 
sentent aux Prévôts et jurés et leur conseillent de 
différer la punition des individus qui ont injurié et 
offensé un habitant de Liège , fait pour lequel ce 
dernier a porté plainte au duc de Bourgogne dont il 
est serviteur. Ils proposent , pour le moment , de 
blâmer la conduite des prévenus, ce qui est adopté par 
les consaux dans la séance du 19. 

19 juin 1425. — Les personnes qui ont participé à 
la délivrance des prisonniers de M' de Montjou seront 
sommées, par les chefs de loi , d'assumer sur elles la 
responsabilité de cet acte, k la décharge de la ville. 



Digitized by VjOOQIC 



— I7Î — 

21 juin 1425. -* Les commis ehargés de la vérifi- 
eation des eomptes de Philippe de Bourghielle pré- 
seotent leur rapport , m«is vu Fabsenee de quelques- 
uns d'entr'cux , la discussion en esi renvoyée au 
lendemain. 

« Ledit jour , environ ix et x heures devant dîsner, 
Jehan de Quarmont , souverain doyen , accompagnié 
d'autres , se adrécha à sire Jehan de Waudripont^ 
prevosft , et lui dist qu« Jehan du Mortier, Jacques le 
Donch et autres plaiges dudit Philippe s'estoieni dëaî»- 
lés et depportés de leur plégerie et de ee en qoojr 
ils estoient obligiés envers le ville, et pour ce requist 
audit prevost qu'il fuist au dcseare dudit Philipfie et 
le meist prisonnier. A quoy ledit prevost se inclina 
et s'approcha dudit Philippe sur le marchié, mis( main 
à lui et dist qu'il le faisoit prisonnier , dont ledit 
Philippe appella. Et ainsi qu'on le raenoit en prison , 
il enconlra sire Jacques du Mortier, souverain prevost, 
au quemin; auquel il dist de requief qu'il avoit appelle 
et appelloit. Et ce nonobstant, on. envoya et mist ma- 
nmnrs (i) en le maison dudit Philippe. (2) » 

Le 22 , les consaux appelés à délibérer sur le 
rapport présenté la veille , sont d'avis différents : les 



(i) Jlfatieurj,. gardiens. 

(3) « A plusieurs jarez » doyens et soabz-doyens des mestiers de la 
ville, pour leur sallaire et les despens par eulx fait à avoir wardé jour 
et noit f bellpe de BoargtileNeeaaittprifMnier enle forle des Miolx, 
éapmê le xxj« jour dejaing Tan iiy* zxv juaquesau xxvi^* jour d'aoïist 
ledit an ensuiant , que ledit Philippe fu enclos et fermé en forte et 
Mure prison en ladite porte. iiij" v I. v s. iiij d. 

(Compte délits.) 



Digitized by VjOOQIC 



— *75 — 

uns, par déférence pour k eovv sduveraÎDe, proposent 
de surseoir au preees jusqu'à oe qu'il ait été statue 
sur Fappel interjeté la veille par Philippe de Bourghielle; 
les astres (les doyens et seus^doi^ens) veulent qu'il soit 
passé outre et qu'on se mette au de$eure du prévenu. 
Quant à la requête faite la veille par les doyens et sous*^ 
doyens et ee qui s'en est suivi, tous les consaux approu- 
vent la conduite de sire Jean de Waudripont , ordonnent 
que tout esl le fait de ta ville et que tous ensemble et 
sans éUmsioti soustenrorU la eaum et Pappel fait par ledit 
Philippe j sans en donner quierque à Vun collège plus 
qu*à l'autre. 

•^ Jean et Quentin du Mortier, Jacques le Douch, 
Willaume Danelare et Denis ()e Bourghielle» aceompagnés 
d'un notaire , dédarent se déporter de la caution de 
8,000 1. qu*i1s avaient faite pour Philippe de Bouv«- 
ghielle, attendu que ce dernier est détenu en prison par 
ordre des consaus. 

40 juillet 1425. — Les pièces du procès de Philippe 
de Bourghîelle seront envoyées au conseil du roi, et sur 
le rapport des bannières, l'eraprisonnenienl du prévenu 
est maintenu. 

17 juillet 1425. — On voit que trois personnes 
étaient préposées à la garde de Philippe de Bourghielle. 

24 juillet 4425. ^ II est alloué URP sooinie de 50 
l. tournois aux ehirurgiens qui ont guéri les person^' 
ii€s blessées lors de la dernière émeute populaire* 

28 juillet 4425. — Le lieutenant du bailli et les 
conseillers du roi au bailliage de Tournaisis aoiM 

MÉM. T. VIII. ^^. 



Digitized by VjOOQIC 



— 174 — 

assemblés en la halle avec les consaux, les doyens et 
sous^doyens. Cette réunion est motivée par l'arrivée è 
Tournai de Willaume Honnouré et de Rasse Mambours , 
bannis, qui se sont réfugiés dans l'église des frères 
Mineurs, et aussi par le bruit qui court que Jean Gavet, 
autre banni, est proche de cette ville et a l'intention 
d'y rentrer. Consultés sur les mesures i prendre en 
cette occurrence , ces divers collèges font part , ainsi 
qu'il suit, du résultat de leurs délibérations. Les officiers 
du roi estiment que, pour le bien et honneur du roi 
et de la ville, il y a lieu de maintenir les bannissements; 
les jurés , les échevins et les éwardeurs sont dans les 
mêmes sentiments, et veulent de plus que les personnes 
qui ont soutenu ou accompagné les bannis soient pu- 
nies. Quant aux doyens et sous-doyens, après deux réu- 
nions successives, ils proposent de soumettre l'affaire au 
jugement des bannières. Les consaux s'étant ralliés à 
ce dernier avis , les collèges des bannières sont assem- 
blés le 1'"' août. 

M A Jehan de Quarmont , souverain-doyen des mes- 
tiers de la ville, pour despens fais le penultisme jour de 
juUet, par plusieurs quiefz de la loy, en la place du Bié- 
queriel où grant quantité du peuple de ycelle ville es- 
toient assemblez pour les affaires d'icelle et jusques à 
lendemain ensuiant, xxx s« » [Compte dé 1422$). 

Le â août , les ordonnances suivantes sont publiées 
aux bretèques de la ville : 

«t Que je commanch de par Mess, prevostz, jurez, 
eschevins, esgard^urs , doyens et soubz-doyens des 
mestiers de la ville et cité de Toumay, qu'il ne soit 
personne aucune, bannie tant à tousjours comme autres 
«t aussy qui sont enregistrez de la ville qui, soubz 
«mbre ou tiltre du cry qui , le mardi derrain jour de 



Digitized by VjOOQIC 



— 475 — 

jollet en ce présent an mil iiij* el xxt, par lequel les 
bans touchans Jehan Cavet, Jehan Blarie, Robert da 
Ponchiel, Rasse et Jean Mambours, "Willemet Delà- 
hors , Willaame Honnonrë , Piërart du Havron et Simon 
de Willeries, furent rapellez et l'habitation de la dite 
ville à eulx rendue et rabandonuée, entendu qu'ilz 
estoyent bannis des ëglfses et lieux sains d'icelle ville 
et les immunitez deifendues, combien que ilz ne fuissent 
tous nommez audit rappel, puist ou soit si osé ou hardi 
de revenir en ladite ville, fors à ses périlz et aventures, 
et que tous lesdis bannis et enregistrez, si que dit est, 
réserve les dessus nommez qui y sont ou seroyent reve^ 
nus, se partent et s'envoisent incontinent et sans délay 
hors de ladite ville, ou sinon et que on les y peuist 
consieure ou appréhender, on en fera justice selon ce 
que aux cas appartendra et la teneur des bans et re- 
gistres en quoy ilz sont bannis et enregistrez. 

» Et sy commanch que les dessus nommez à qui on 
a rendu ladite ville , comme dit est , ne facent ou pour- 
chassent à faire, en appert ne en couvert, par quelque 
voye ou manière que ce soit ou puist estre, assemblée 
de peuple ne prendre quelque domination ou gouver- 
nement en ladite ville ^ en aucune manière; ne aussy 
ne facent ou s'avanchent de faire compositions ou 
arbitrages pour y guérir, prendre ou avoir quelque 
avantage, mais se maintiengnent simplement et paisible- 
ment , en vivant de leurs mestiers , labeurs et mar- 
chandises et chacun selon son estât et degré, ainsi que 
par le commun peuple de ladite ville , quand ilz les 
restituèrent en icelle , comme dit est , a esté passé, 
accordé et ordonné et par eulx requis et epjoint è 
mesdis seigneurs les doyens à le faire tenir et entre- 
tenir, sur paine d'en estre pugnis criminelment , ou 



Digitized by VjOpQlC 



— 176 — 

«atrement, à la discrétion de mesdis s" les cousaulz, 
doyens et sonbz'-doyens de ladite ?ilie , k l'exemple de 
tous autres. 

» Item, qu'il oe soit personne aucune^ de quelque 
estât ou condition qu'il soit^ qui depuis maintenant en 
avant se porte ou absente de ladite ville pour demou- 
rer hors d'icelle et lui adomicilier en autre lieu , et 
nussty ne puissent leurs biens t«aiisporter ne mener 
hors de ladite ville, sur paine de confiscation de tous 
leurs biens et estre tenu^ et réputez comme annemis 
du Rqy et de la ville ; ce entendu et réserve toutes- 
voyes les marchans de ladite ville et autres qui voul- 
urent aler hors pour le fait de leurs marchandises et 
besoingnes, et aussi en voyages et pèlerinages, et tout 
sans fraulde, iesquelz ne sont point comprins en ceste 
deffense. 

» Item et aussi que aucuns ne puist mener ou faire 
mener bledz, avaines ou autres vivres quelzconques hors 
de ladite ville, par quelque lieu que ce soit, sans 
licence et avoir signet de l'un de Messeîgneurs les pre- 
vosts et du grant doyen, sur paine de x. I. et lesdis 
biens estre confisquiez. 

» Et que tous les bourgois , manans et subgetz de 
ladite ville qui, depuis le jour de la Magdaléne der- 
rain passé, se sont partis et absentez d'icelle ville pour 
prendre leur demeure et résidence hors des termes de 
ladite ville, retiennent et retournent en icelle dedens le 
premier jour de septembre prouchain venant, sur paine 
d'en estre pMgny en corps et 'cn biens , à la discrétion 
de mesdis seigneurs les iiij consaulx , pourveu toutefois 
que ceulx qui, mardi derrain passé, furent appeliez aux 
bretesques pour venir mettre leur corps prisonniers de- 
dens certaine heure n'y sont point comprins. » (P). 



Digitized by VjOOQIC 



— i77 — 

A cet endroit du registre des consaux, einq feuillets 
ont été déchirés^ mais il en reste encore -quelques 
fragments sur l'un desquels on lit ee qui suit; 

s Les noms et sourooms ..... sont tron- 

vés chargés desplaisans et désagréables 

au i^eqple : Crontier Yolens , Loufiarl ....... 

Xehaa iDenys , Jehan Pipart » 

7 août 1425. — Publication faite de la part des oon- 
saux : 

« On TOUS £ait iissavoir que le demiaiaa de Monljcdi 
s'est tenus et tient maloontens de la ville de Tournay 
et des habitans , pour ce qu^il dist que , à la darraine 
fois qu'il fu en Tournay, luy estant ou service de Mons. 
de iBrabant „ on li osta de force plusieurs prisonniers 
et fist plusieurs aultres dommaiges et injures. Sur quoy 
ont esté envoyez par plusieurs fois, des députez de par 
la ville pour «scuzer ia ville et les habitants , à quoy 
ledit seigneur ne les a voulu recepvoir, et darrainement 
lî :a esté supplié de avoir j sauf^conduit durant jusques 
au prnmier jour du mois d'octobre prouchoin venant , 
pour endedens traîotier avec lui tant que de raison il 
debveroit estre content ; lequel sauf-conduit, pour pryére 
et requeste que les bonnes villes de Brabant en ayent 
seu faire^ on n'a peu obtenir, £t sur œ aujourdny ledit 
seigneur de Montjou et grant quantité de chevaliers et 
esouyers ont envoyé deffiances par escript, en leur scelle 
en placquart, à la ville et habitans. (1). Laquelle chose 



(1) « A Kollant Raet» clercq» ponr son saliaire d'avoir translaté 
d'alemanten francfaois plnsieurs ai grant qiianUté de lettres âedef- 
fianofis.que avoieutxeavoyé à ladite viUe le aîgnenrde Monijoa et au- 
tres ses adéraos, qni sent en nombre de xij oo «iij c. » {C&mpte de la 
ville de 1435). 



Digitized by VjOOQIC 



— 178 — 

on fait signifier à la communaulté pour un chascun 
estre adverti desdites deffiances, et que se aucuns voelt 
aler hors de la ville, qu'il prende garde pour sa seurté| 
car ce sera doresenavant à ses périlz et aventures. » (P). 

18 août 1425. — Sommation est faite à sire Jacques 
du Mortier, à Ernoul le Muisit, à Jacquemart Petit et 
son valet, de comparaître en la halle pardevant les 
prévôts et jures , pour répondre au procureur général, 
agissant d'ojQSce, sur certains crimes, excès, délits ou 
maléfices qui leur sont imputés et dont il est apparu 
par les informations faites par les délégués des consaux. 

.. Août 1425. — c Veu les cas commis et perpétrez 
par Roghe Tfaéry et Henry Gouvrin , esmouleur , dont 
il appert par information faite par l'ordonnance du 
peuple , touchant le derrain différent qui desreniërement 
advint en ladite ville entre le peuple d'icelle, les uns 
contre les autres , par les esleus au nom de ladite 
communaulté , quant à ce avecq eulx le mayeur des 
esgardeurs , maistres Jehan de Bauwegnies , advocat , 
Jacques de Haluyn, (1) le procureur et autres clers et 



(1) Nous avons remarqué, dans les ancieDs registres des paroisses, 
que les personnes appartenant à cette famille sont indifféremment ins- 
crites sous les noms de de Haluin, d'Haluin, Haluin ou Dàluin, de 
sorte que, par caprice ou par ignorance, les descendants âes de Haluin 
se nomment aujourd'hui Daluin, On sait qu'au 16* et au 17* siècle, 
rinscription des actes de baptême ou de mariage était ordinairement 
abandonnée aux clercs des paroisses; ceux-ci remplissaient cette 
mission avec une négligence déplorable ; ils oubliaient quelquefois» 
dans les actes de baptême, d'inscrire le nom de l'enfant et se con- 
tentaient d'indiquer son prénom. Quant à l'orthographe des noms, ils 
ne s'en inquiétaient guère et peu leur importait d'écrire Mvigne ou 



Digitized by VjOOQIC 



— 179 — 

conseillers de la ville , pour ce spëcialment assembles 
le venredi xvij'' jour d'aoust l'an mil iiîj" xiv , eulx 
et chascun d'eulx conclurent et délibérèrent que le 
cas fuist proposé contre chascun d'eulx le plus grief 
que faire se pourra bonnement, selon ladite informa- 
tion, et qu'il fut conclud à ceste cause contre chascun 
d'eulx, adfin que pour ledit cas ils fussent pugnis cri- 
minelment en corps et en biens , ou autrement telle- 
ment pugnis , selon l'exigence du cas , d'autre telle 
pugnition que au cas appartenra et que la discrétion 
des juges regardera , et ainsi a esté par nos esprez 
enchargié de faire audit procureur par les jurez , 
quiefs de loy et les commis, doyens et soubz-doyens 
qui en ce se conclurent et déterminèrent le sabmedi 
ensuiant. 

n Veu semblablement ladite information , en tant que 
touche sire Jehan Goppet, lesdis commis et autres d^sus 



de le Veigne pour de le Vingne, de Raehe on de Baee pour de Rasée, 
Delplanque pour de le Planque t Dautez pour de HosteU,Raquez]^(mr 
Raguez, etc., etc. Même de nos jours et surtout au commencement 
de ce siècle, malgré tous les soins que l'on apporte dans la rédaction 
des actes d'état civil, l'intelligence des employés auxquels est confié 
cet Important service et le contrôle sévère de l'autorité supérieure; on 
découvre encore des erreurs de ce genre, mais elles deviennent 
heureusement plus rares de jour en jour. Nous nous contenterons d'en 
signaler une, entr'autres, qui nous a particulièrement frappé, à cause 
de la personne que la chose intéresse : — Le 28 octobre 1814, est né à 
Tournai Amé-Françoi&-Joseph Bozière, notre collègue de la société 
historique et littéraire. Le lendemain , son père est venu à la mairie 
faire la déclaration de cette naissance et il a signé Roxière. On a cru 
voir une S dans la lettre finale de ce mot, et il en est résulté que l'acte 
de naissance de l'auteur de Towrnai andm et moderne porte BoMiert 
an lieu de Rosière, 



Digitized by VjOOQIC 



— 180 — 

sont d'accort et d'oppioion que le cas soit pro- 
posé cofitre luy, en ttnt qae touche ledit darrain diffé- 
rent el plusieurs manières rtgoinneuses qu'il a tenues 
contre \e peuple, comme il appert par information, sans' 
touchier du différent qui advint entre le peuple le xj- 
jour de septembre l'an rail iiij^" xxiiij, dont paix se fisi 
lorf entre eulx , comme il appert par escript , et pour 
cause. Et oul^re qu'il soit conclut contre luy qu'il soit 
priyë , fourelos et débouté doresenavant et à tousjours 
d'estre en loy et en office, et condempné en la somme 
de deux mil escus d'or, pour une fois, à employer à 
la retenue et réfection de la nouvelle forteresse de la 
ville où il sera le plus expédient , à le discrétion des 
jages^ et ainsi a esté enchargié de faire. 

» Et pareillement fu conclud estre fait contre sire 
Garon Destréelles , en tant que touche loy et office , 
et qu'il soit condempné en la somme de mil escus , 
pour une fois seulement^ à employer comme dessus. 

» Et quant.au fait de sire Sohier Grou, tout consi- 
déré, lesdis commis et autres sont conclud et d'opinion 
que on entend^ et coocluche que il soit privé de loy 
et d'offîee et oondempné eu cinq cens coùroûnes. 

» En tant que touche Gilles Danclare, lesdis commis 
et autres sont d'opinion qu'il soit conclud contre lui, 
pour avoir tenu manières rigoreuses et désagréables au 
p'euple, comme il appert par information, qu'il soit four- 
clos, privé et débouté de povoir estre en loy et en office 
et à faire ung voiage de Saint-Pierre, à Rome. 

» Et contre Jaquemart Bosquet, brasseur , qu'il soit 
banni à toujours et à faire divers volages^ à la discré- 
tion du procureur et advocat, selon l'exigence du cas. 

» Et les gens du roy, c'est assavoir le lieutenant , 
Maistt^ Jehan Dartre , Ricbart le Borne et Liévin de 



Digitized by VjOOQIC 



— 481 - 

Martre dirent que, pour leurs consciences acquiter et 
consei]]ier justement, ilz n'estoyeut point d'opinion que 
on feist conclusions criminelles contre les deux dessus 
nommez , et aussi que quant as autres de privation 
d'office, que les cas ne le requéroyent point et que s'ilz 
estoyenl privez , ilz seroyent infamés et notés de re- 
proche. » 

20 août 1425. — Demoiselle Catherine Dimenche 
dite Lombarde j femme de sire Jacques du Mortier, 
comparait en jugement et déclare, en présence du peu- 
ple, que des griefs qu'on fait valoir contre son mari , 
elle en appelle à là cour du roi. 

Le 22 , demoiselle Isabelle de Launais pose le même 
acte en faveur de son mari Ernoul le Muisil. 

— Sont amenés en la balle sire Jean Goppet, sire 
Garon Destréelles, sire Sohier Grou, Gilles Danclare, 
Roghe Théry, Haistre Henri Gouvrin et Jaquemart 
Bosquet^ prisonniers , contre lesquels des conclusions 
sont prises. — Le 24 , on permet aux accusés de pré- 
senter leurs défenses par écrit ou verbalement. 

24 août i425. — Les consaux, pour se conformer 
aux anciens usages et coutumes de la ville , ordonnent 
à leur procureur de conclure contre les accusés à la 
privation perpétuelle de tout oflice, et de remplacer 
l'amende par un séjour dans Tile de Cypre de trois ans 
pour sire Jean Goppet, de deux ans pour sire Garon 
Destréelles et d'un an pour sire Sohier Grou. 

— Lettres de l'évéque de Tournai adressées aux 
prévôts, jurés, échevins, éwardeurs, doyens et sous-> 
doyens des métiers : 

Min. T. VIII. 23 



Digitized by VjOOQIC 



- 438 - 

» Honnourabks persooiMs, tffès*chiers et «spéeîaiils 
M»is, J'ay recettes vos lettres escriptes à Tournay, le 
xvLj* jour de ce mois , et sur le contenu en ieelies parlé 
à luon trcs-redoubté seigneur Mons' de Bourgongne qui 
est en voulenté de tenir les traitiez fais entre loi et 
vous, mais pour la singuHèj^e amour que Mess" ses 
prcdëcesseurs et lui ont eu à ladite viile et aux habi»- 
tans d'icelle , y lui desplais grandement, aussi fait-il 
à tous ceulx de son conseil, des estranges manières 
qui se tiennent et du gouvernement qui esi présente* 
ment entre vous , car Ton a par cy^devant veu ladite 
ville estre Tune des plus notables , des mieulx renom'* 
mëes, des plus marchandes et des plus riches de ee 
royaume, et les habitans d'icelle estre amez, honnou- 
rez et bien venus partout où Uz se trouvoyent. Et qui 
eust voulu vivre en seurté, paix et transquilité, l'on 
eust esleu sa demeure eu icellc ville avant toutes autres 
de ce royaume. Mais de présent Ton voit tout le con- 
traire, car c'est une ville haye, desprisée et trés-mal 
renommée , comme toute pleine de divisions , de përilz, 
de très-grans dangiers , où marchandise faut, et riches- 
ses se diminuent là où toutes gens de bien redoubtent 
.à aler et converser et ceulx qui y sont y demeurent en 
/aventure et en grant desplaisance,, qui est grant doleur 
^a.ceuU qui ont amé et aiment ladite ville. Et pour dire 
vitité, vous n'avez quelque cause ne occasion raisonna- 
ble, de tenir telles manières , attendu que les grans 
seigneurs et les pays vos voisins seroyent très-contens 
et joyeux que, entre vous, feussiez en bonne paix et 
conçoive et que bonne seurté feusl en ladite villCi et 
n'y a homme qui vous (achc quelque empeschcment, 
ne en vas personnes ne en vos biens , ne qui tende à 
ivom /dire quelque desplaisir. Et se en vastre. dite vUle 



Digitized by VjOOQIC 



— *86 — 

i^ott paix, sei>Tlé^ uiiîoii et concard«, comnie on sou- 
loif f9tP6 , je oroy loyaument que auriesE le meilleur 
tempe que gens de ee royaume , en toutes choses au 
regard de tows, se passeroîent très-gracieusement et 
sads aucun Iroubie ou inconvénient* Si vous prie très* 
ehièrement que vueiilîez vivre en bonne paix ensemble 
«i que la ville soit mise en tel estât et deurtë que les 
seigneurs et pays vos voisins en doivent estre conten9, 
et que Ton en puisse parler en honneur et en bien, 
oomme l'on fait présentement au contraire. Et j'ai eêpé- 
rance, se ainsi k faites^ que Dieu voua aid>e>rtt et con*^ 
duira vos besoings à bonne fin , 9m<pte\ je prie de bon 
otter qae ee vous voeille octroyer et vous doint bonne 
vie et longue. £script à Bruges le xxiij* jour du mois 
d'aoust. 

J. Évesque de Tournay. » 

^ août 1425. — Plusieurs chanoines et les officiers 
du roi au bailliage de Toornaisis assistent k la séance 
des consaux; ils reçoivent communication des lettres 
closes envoyées par la vrile de Bruges et les quartre 
membres de Flandres, relativement k Jacques Petit et 
9on vafet, ainsi que de la réponse ftfite par les con^ 
stfox à d'autres lettres précédemment entoyéed par les 
rafèmes. Après délibération, les chanoities répondent 
qu'iU ne veulent rien dire ni donner a^ùlin conseil', 
pour douté qu'ils ne fusseni rêgulkrà. Quant aot offl- 
eiiers du rot, ils se refusent également à donner leur 
«vîs, vu la disposition du temps , l'état de la ville, la 
désolation du royaome et la stagnation du commence; 
ils recommandent cependant aux consaux d'agir en 
vertu des privilège.^ die la ville H proposent renvoi 
dTffDt députatiou ttt{»rès du duc de Adurgogne^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 484 — 

5 septembre 1425. — Jean Bernard, procureur (te 
sire Jean Coppct, remet aux prévôts et jurés une cédule 
qui est lue en présence du peuple et dont la teneur 
suit : « Messieurs prévostz et jurez, doyens et soubz- 
doyens , des griefs que vous avés fait à sire Jehan 
Goppet, mon maistre, à déclarer plus adplain en temps 
et en lieu, je, comme scn procureur, en appelle en 
la court de parlement du Roy nostre sire^ à Poitiers, 
ou ailleurs où elle se tenra. Et ne tenés point que ce 
soit pour maintenir rigeur contre la ville, mais pour 
son honneur garder des amendes infâmes en quoy 
vous l'avés condempné. » 

— Hector Dcstréelles, procureur de sire Cnron Des- 
tréelles, dépose également une cédule conçue dans les 
mêmes termes que la précédente. 

4 septembre i425. — En présence des consaux et 
d'une grande quantité de peuple , Jean Martin accuse 
Lotard de Willeries d'être faux , traiire et mauvais^ 

5 septembre 1425. — Les jurés ordonnent de déli- 
vrer aux amis de sire Sohier Groul et de Gilles Dan- 
clare copie des jugements prononcés contre ces derniers. 

— Sur le rapport des chefs constatant que plusieurs 
bourgeois'* de Tournai sont prévenus d'être les auteurs 
de la délivrance des prisonniers de M. de Montjou , 
on autorise les députés qui doivent se rendre à ce 
sujet en Brabant d'offrir jusqu'à 1,500 mailles pour 
parvenir à un arrangement. La somme à payer sera 
recouvrée sur les auteurs de ce méfait. 

7 septembre 1425. — Glarembaut de Proisy, lieute- 
nant du bailli, apporte un mandement du roi, donné 



Digitized by VjOOQIC 



— 185 — 

à Poitiers le 6 août et impëtré par Philippe de Bour- 
ghîelle, en vertu duquel ce dernier peut être mis en 
liberté moyennant une caution de 4,000 1., en sus de 
la première qui était déjà de pareille somme. 

15 septembre 1425. — Sire Jean Goppet demande 
de pouvoir transjiorler hors de la ville une certaine 
quantité de blé qu'il estime h 20 muids, et ce attendu 
qu'il est banni. — <r Ordonné est qu'il ait son taux , 
et si plus en y a qu'il le vende dans la ville et non 
ailleurs. » 

— Rapport de Mahieu de Blandaing , de Jean de 
Bauwegnics, de Quentin Darc et de Michel de Gand, 
envoyés à Bruges par devers le conseil de cette ville et les 
quatre membres de Flandres. Ceux-ci ont déclaré qu'il 
résulte de leurs informations que Jacques Petit et son 
valet ne sont point coupables des fiiits qui leur sont 
reprochés, et que par conséquent l'appel fait contre 
eux doit être rois au néant ; dans le cas contraire , 
ils s'adresseront au duc de Bourgogne. 

24 septembre 1425. — Willaume Danclare est 
nommé par les eonsaux receveur général de la, ville, 
pour le terme de trois ans et aux gages annuels 
de cent livres tournois ; il est en outre autorisé à tenir 
un change, si bon lui semble. (1) 



(1) On voit dans le préambule d'une charte de Charles VU. du 19 
juillet U25, que, dans les temps antérieurs, le receveur général de 
la ville élait nommé par les eonsaux pour un terme indéfini, et qu'on 
ne le destituait point tant qu'il remplissait bien son devoir. Celte 
nomination était soumise à la confirmation du roi, mais depuis plu- 
sieurs années, les coosaux avaient résolu de ne plus nommer le rece- 



Digitized by VjOOQIC 



- iS6 --■ 

9 octobre 1426. — Rapport des députés de retour 
ie même joar d'un voyage qu'ils ont fait à Anvers 
et à Lierre (I). Le seigneur de Mont}oa a refusé 
l'offre de lâOO mailles d'or, mais il a proaiis de dëH* 
vrer un sauf-conduit jusqu'au Jour Sl.-Simon et St.-Jude 
(Î8 octobre), afin de poursuivre les oëgoeiations d'un 
accord. 

!25 octobre 1425. — Les consaux font publier ce qui 
suit : 

<t On vous fait assavoir que le demisiau de Montjou 
s'est tenu et tient mal content de le ville de Tournay 
et des babitans d'icelle, pour les prisonniers qa'il dist 
& lui avoir esté rescoux et autres dommaiges et in- 
jures à lui fais , dont il a deffié et fait deffier par 
plusieurs autres ladite ville et babitans ; et n'en puet- 
on venir à paix ne il ne yuclt recepvoir les offres qu'on 
l'en a faites. Laquelle chose on fait savoir pour un 
chacun estrc adverty desdites defEances , et que se 
aucuns vouloient aler hors de la ville , qu'il prende 
garde pour sa seureté, car ce sera doresenavant à ses 
périls et aventures. « (P). 

— 22 novembre 1425. — En considération des ser- 
vices rendus par Piérart de Nouveauville , l'un des 



veurque pour iroisans. Ils représemèrenl alors au roi que s'ilfafllait» 
après chaque terme de trois années , envoyer vers la! pour obtenir 
son approbation, il en coûterait beaucoup à la ville pour frais d'am- 
bassade et autres. Par la charte précitée, le roi accorda anx consanz 
l'objet de leur demande. 
(i) Ils étaient partis de Tournai le 29 septembre. 



Digitized by VjOOQIC 



— 1«7 — 

clercs «ssefmcQté» de U viHe , les tonsaux ordonnent 
de f^ire préscBt à sa fille , te jour de ses noces, de douzo 
canea de vui et d'un gobelet d'argent aux armes du 
roi et de Li vUle. (I) 

4 décembre 1423. — On voit que Piérart de Non»- 
veauvUJe est de retour d'un voyage qu'il a faii au«- 
près du roi et qui l'a tenu éloigné de Tournai pen- 
dant 142 jours. 

— Messire Jean de Cbevery, chevalier, eonseiUei* et 
chambellan du eomtc de Richemont , eonaélable dû 
France, porteur de lettres de créance dudit comte da- 
tées de Prouvins, le 6 août, dit qu'il est envoyé I 
Tournai pour exposer trois points : c L'un que ledit 
seigneur nous voloit cognoistre et nous lui, le second 
que oeste ville estoit chambre de roi et le plus amëe ^ 
le tierch que nous estions lontaings de nos seigneurs, 
et autres coses dont Piéret Sénescal et Thesens (2) ont 
fait rapport, > Il demande ensuite que , sur sa vais- 
selle ou des deniers du roi, on lui prête cent couronne» 
et q^i'on lui donne deux valet» pour l'accompagner jus»» 
qu-à Mousson. ^ Résolu de lui prêter cent écus, à con- 
dition qn'il en délivre une reconnaissance revêtue de 
son scel. On décide eu outre qu'un député sera en- 
voyé vers le roi et le connétable de franco et qu'il accoook- 
pagnera Mcssire lean de Ghevery. -- Le 6 , Piérart de 
Nouveauville est désigné pour remplir cette mission. (5v 



(1) Ge gobelet co&ia 7 couronnes et demie. 

(â) Tbesons Bocbet, clerc des six élus. 

(3) « A Piérart de Nouveauville, clercq de l'esche vinage de Tqv- 
nay et D^ni» de Gi^onoe, pour nng voyage pv eulx Cait devers le roy 
nosu^sire, ll«as. le connélabJe d^Vmoce etauUres seigneM^d» 



Digitized by VjOOQIC 



— 188 — 

M décembre 4425. — Messire Jacques de Bourbon 
sollicite de la ville une gratificalion, — Vu qu'il est de 
sang royal et qu'il pourra, par la suite, beaucoup faire pour 
la ville , les chefs sont autorises à ordonner ce qu'ils 
jugeront convenable. — Le 15 , sur le rapport de ces 
derniers, il est décidé d'offrir à ce seigneur six tasses 
d'argent doré d'un marc la pièce et 60 écus d'or (1). 

51 décembre 1425. — Il est donné lecture au peuple, 
assemblé en la halle, des lettres closes du roi appor- 
tées par Allard Simon et datées du 10 décembre (2). 
Dans ces lettres , le roi annonce aux gouverneurs de 
Tournai qu'il a reçu leurs lettres demandant qu'il veuille 
ne pas remettre l'habitation de la ville aux bourgeois 
qu'ils ont cru devoir en éloigner. Il promet que, mal- 
gré les démarches déjà faites auprès de lui par lesdits 



noble conseil du roy à Bourges et ailleurs, pour empeschier les pour- 
suiteSi pourcas el impélralions que fai&oyenl par ôe\h, contre ladite 
ville et les gouverneurs d'iceile, sire Jacques du Mortier» Ernoul le 
Muisit et Lotart de Willeries, pour et au nom de sire Jehan Goppet , 
sireCaron Destrayelles et aultres bannis el appeilans de ladite ville, 
adflnde ravoir l'abitaiion d'icelle, etaussy pour certaines autres grans 
affaires et besongnes touchant le bien et honneur de ladite ville. Au- 
quel voyage allant, besongnant et relournani, ilz vaquièrent cent j et 
huit jours, finans le xxiiij" jour de mars l'an iiij c xxv (1426, n. st.) , à 
ealx pour chacun jour x s. t., soit . . . . Iiij 1. » 

(1) Messire Jacques de Bourbon fit un assez long séjour à Tournai, 
ainsi qu'on le voit dans l'extrait suivant du compte de 1426 : « A 
BuchoD Sandrart et Jehan Sandrart, pour eulx et leurs compaignons 
qui, le dimeuce xxv jour de janvier l'anxxv, jouèrent ungjcu plaisans 
et notable devant Mons. Jacques de Bourdon et aultres delà loy de 
ladite ville xx s. m 

(2) Ce fait n^est pas indiqué dans le registrcdes consaux,mais il est 
mentionné sur le dos des lettres closes dont nous donnons l'analyse. 



Digitized by VjOOQIC 



— 180 — 

boDrgeoîSy il ne résoudra peint ^ jusqu'à ee qu'il loit 
pleinement instruit de la vérité. Pour ce sujet, eomnie 
pour le bien de lui et la sâreté de la ville, il leur 
enven^a brièvement aueuns de ses gens bien notables, 
tant de justice qu'autres ; lesquels donneront reoièdes 
convenables à toutes leurs nécessités et leur admlnift* 
treront telle et si bonne justice qu'ils en seront con- 
tents. — Quant à leurs plaintes sur rempéchemenl que 
s'efForce de leur donner le seigneur de Montjou et les 
défenses qu'il leur a faites, il en est très*étonné et mé- 
eontent , et il écrit à son beau-cousin de firabant, ainsi 
qu'audit de Montjou, pour qu'ils les fassent cesser, pro- 
mettant, si cette démarche est inefficace , de faire pra- 
tiquer tous autres remèdes nécessaires. — En ce qui 
coueerne leur traité avec le due de Bourgogne , il est 
content qu'ils le prolongent pour le plus long terme 
^'ils pourront, malgré qu'il espère bientôt eonclore 
la paix avec ce prince. Il vient, pour l'accélérer, d'en- 
voyer vers son beau-cousin de Savoie, qui est l'un des 
médiateurs, le comte dauphin d'Auvergne , l'archevêque 
de . • . et le Sénéchal de Beaecafre. — 11 termine en 
les informant que son beau-frère de Bretagne, ainsi que 
les frères de celui-ci et la plupart de ses barons , ont 
promis et juré de le servir contre les Anglais, en vertu 
de quoi son beau-cousin de Foix est veou en sa com- 
pagnie, à grande puissance. 

3 janvier 1425 (1426 , n. st.) — Dorénavant les 
chefs de loi devront faire un rapport sur les affaires 
renvoyées à leur examen ; ce rapport i^tendu, les eon- 
saux statueront. 

10 janvier 4425 (1426 , n. st.) — Une proposition 
MÉM. T. vni. 24 



Digitized by VjOO^IC 



— in- 
tendante à choisir les éwardeurs parmi les 36 doyens, 
est rejetée par les consaux , mais les doyens veulent 
qu'elle soit soumise aux bannières. 

— Le lieutenant du bailli et les autres officiers et 
conseillers du roi au bailliage de Tournaisîs, convoqués 
en la halle, sont requis de donner leur avis relativement 
aux propos tenus contre la personne du roi par Jean 
Gobinet. Après délibération, ils disent que la question est, 
selon eux, de si grand poids qu'avant de procéder contre 
le prévenu, il serait bon d'en écrire au roi et à son con- 
seil, qui en useront selon ce qu'ils trouveront convenir, 
et d'envoyer en même temps l'information faite à ce sujet. 
Us déclarent que si l'accusé était leur prisonnier à Maire^ 
ils agiraient de la sorte, attendu qu'au roi, à cause de 
sa couronne et majesté , appartient la connaissance de 
plusieurs cas et surtout de ceux qui touchent à sa propre 
personne. Ils ajoutent qu'en supposant même que le fait 
dont il s'agit soit justiciable des prévôts et jurés , ils 
conseillent néanmoins de n'agir que d'après l'avis da 
roi et de son conseil. — Les jurés, après avoir consulté 
le souverain-doyen, le souverain sous-doyen et le mayeur 
des éwardeurs, partagent entièrement cette manière de 
voir. 

Le 16, les prévôts et jurés ordonnent que Gobinet 
sera détenu dans les prisons criminelles de la porte des 
maux , où se trouve en ce moment Philippe de Bour- 
ghielle ; les clés en sont confiées au souverain prérôt 
chargé de procéder en personne à la fermeture de la 
prison, sans en permettre l'entrée à la femme dudit de 
Bourghielle ou à toute autre personne. D'autre part, 
Gobinet jure de tenir prison et de n'en point partir, de 
quelque manière que ce soit , à péril d'être atteint et 
convaincu du cas à lui imposé. 



Digitized by VjOOQIC 



— i9i — 

32 janvier 1425 (14S6, n. st). — Rasse de Larcq , 
sous-doyen des merciers, nommé receveur de la bonne 
maison de le Val par le peuple assemblé par ban- 
nières, prête le serment accoutumé (t). 

i2 février 1425 (1426 , n. st). — Le lieutenant du 
bailli apporte en la halle un mandement impétré au 
nom de Ph. de Bourghielle , par lequel il est ordonné 
au bailli d'élargir le détenu^ sous caution de 8|000 
livres , s'il est constaté que celui-ci possède dans la 
ville des maisons et héritages ; en conséquence , ledit 
lieutenant demande que les clés de la prison lui 
soient délivrées, vu que cette caution a été fournie. 
— Les chefs et le conseil déclarent qu'ils aviseront. 

26 février 1425 (1426, n. st). — 11 est ordonné de 
rechercher dans la trésorerie le privilège des senaux (2). 

— Résolu d'écrire k Messire Jean de Cbeverjr afin 
qu'il vienne à Tournai (3). 



(1) La bonne maison de le Yal d'Orcq a?ait été fondée, en 1153, 
par l'évéque Gérard qsâ, la même année» en consacra la chapelle. 
Cette maladrerie, à l'usage des habitants de Tournai, était administrée 
par deux cbanoines , le grand prévôt et le mayeur des écbevins de 
Tournai. Les malades étaient soignés par des frères et des sœurs qui 
prononçaient des vœux de cbasteté, de désintéressement, etc. — La 
bonne maison de le Val fut supprimée sous Louis XIYetses biens oon* 
fondus avec ceux de l'hôpital général créé sous le règne de ce mo- 
narque. 

(2) On trouvera , dans le mémoire que nous publierons ds^ns le 
volume suivant, de curieux détails sur rinsiitution des iwauxk 
Tournai. 

(3) Ce seigneur se trouvait en Hollande . oii le roi et le connétable 
de France t'avaient envoyé pour recommander la ville de Tournai 
auprès du duc de Bourgogne, et le prier de renouveler le traité. 



Digitized by VjOOQIC 



— Une somme de SO ducats est allouée à Michel 
Bernard , au sujet des bulles naguères apportées par 
sire Nicolas Papin, prêtre (1)« 

— Jean Dimenche , dit le Lombart , récemment 
nommé échevin, ne veut point accepter ces fonctions. 
— Il sera puni et remplacé. 

1" mars 1425 (1426, n. st). — Ernoul de Heiscamp 
vient en la halle et exhibe aux consaux les lettres da 
roi qui loi confèrent l'office de bailli de Tournai et 
Tournaists. 11 requiert qu'on le laisse jouir de cet office^ 
ainsi que le veut le roi. Maître Clarembaut de Proisy 
se présente ensuite pardevant les consaux et s'oppose, 
au nom de son frère , le bailli actuel , à TexécutioD 
des lettres royales. Il reproche à de Heiscamp d'avoir 
surpris la religion du roi en faisant destituer son 



(1) Les archives de Tournai possèdent deux bulles du pape 
Martin V, données en l'an VIII de son pontificat^ c'est-à-dire en 1425- 
L'une est relative à un procès entre l'évéque de Cambrai et les éche- 
vins de St.-Brice, à propos d'un conflit de juridiction ; l'autre adressée 
aux prévôts , jurés et autres gouverneurs de Tournai , porte qu'ayant 
appris, par lettres de l'évéque et du chapitre, qu'ils sont toujours bien 
intentionnés et fervents pour la cause de Dieu; qu'ils recherchent, 
poursuivent et condamnent au supplice, sur la réquisition de l'auto- 
rité ecclésiastique , les hérétiques, suspects d'hérésie et infâmes, 
sans acception de personnes ni tergiversation, il les félicite de leur 
dévotion , les exhortant affectueusement à persévérer de plus en plus 
dans ces justes intentions, h servir la cause de Dieu avec amour, à 
aider et avoir toujours en spéciale faveur l'église et les ecclésiasti- 
ques. Et comme il a appris que quelques habitants détiennent les 
dîmes et autres biens appartenant à l'église , il exhorte et requiert 
les prévôts et jurés de procéder avec force contre les détenteurs, et 
de prêter Vappui du bras séculier à ceux qui en sont lésés. 



Digitized by VjOOQ IC 



— it5 - 

frère, €ar celui-ci n'a posé aucun acte reprëhensible et 
D^a pas même été entendu dans ses moyens de défense. 
Il rappelle que ce dernier a été nommé, par le roi. à 
ces fonctions ^ pour le récompenser des pertes et des 
dommages qu'il a éprouvés lors du siège de Guise et 
dans d'autres circonstances. Il prie les consaux d'ajour- 
ner la réception du nouveau bailli, jusqu'à ce qu'il 
ait fait signifier au roi et & son grand conseil les choses 
qu'il yient d'exposer. 

Les conseillers du roi au bailliage, invités à donner 
leur avis sur cette affaire, disent, entr*autrcs choses, que 
les lettres royales donnent à entendre qu*il y a nécessité 
de choisir pour bailli un homme agréable à la bonne 
ville de Tournai et aux pays voisins ; qu'Ernoul de 
Heiscamp paraissant réunir ces conditions , le roi l'a 
appelé à exercer ces fonctions ; ils conseillent donc 
d'admettre le nouveau bailli. 

Les consaux , après avoir délibéré chaque collège 
séparément, déclarent qu'on obéira à Ernoul de Heis- 
camp, comme à ses prédécesseurs, sous la réserve que^ 
dans les affaires importantes, celui-ci devra se mettre 
d'accord avec les jurés , afin de ne point tourmenter 
les sujets de la ville. Cette décision est immédiate- 
ment transmise à Glarembaut de Proisy, lequel répond 
que du grief fait par de Heiscamp à son frère, il en 
appelle au parlement de Poitiers. 

12 mars 1425 (1426, n. st.) — Les consaux autori- 
sent sire Caron Destréelles à faire transporter ses meu- 
bles k son hôtel de Morlagne; ils ordonnent en même 
temps que les quatre muids de blé, pour lesquels il 
sollicite la même faveur, seront vendus à Tournai. 

14 mars 1425 (1426, d. st.) — Rapport de Maître 



Digitized by VjOOQIC 



— i94 — 

Guillaume Arnault, doyen de Notre-Dame, de sire Jean 
de Waudripont, mayeur des échevins de Tournai, de 
Michel de Gand, juré et de Tassart Sauris, éwardeur, 
envoyés à Lille en ambassade auprès de l'évéque de 
Tournai et du chancelier du duc de Bourgogne , afin de 
négocier le renouvellement du traité qui existe entre la 
▼ille et ce prince. Le duc devant se trouver à Bruges 
dans le courant de la semaine sainte, l'évéque et le 
chancelier ont promis d'aider de tout leur pouvoir les 
dépulés tournaisiens qui y seront envoyés. Ceux-ci , pour 
mieux remplir leur mission , devront avoir les pouvoirs 
nécessaires d'offrir quelque somme d'argent au nom de 
la ville. — Les consaux jugent convenable de traiter 
secrètement cette affaire , et dans ce but ils chargent les 
chefs de donner des instructions aux députés relative- 
ment à la somme à offrir. 

17 mars 1425 (i420, n. st.) — Les lettres du roi et 
du connétable de France, apportées par Piérart de Nou- 
veauville, sont lues en présence du peuple et publiées 
aux bretèques. — Ledit Piérart fait le lendemain son 
rapport. Il dit, eutr'autres choses, que lui et Messire 
Jean de Chevery ont des lettres à l'adresse du duc 
de Bourgogne, et que s'il est jugé nécessaire qu'ils 
aillent en personne les remettre au duc à Louvain, 
ils sont à la disposition des consaux. Il parle ensuite 
des lettres écrites par le connétable de France au duc 
de Bourgogne et d'autres adressées à plusieurs seigneurs 
du conseil du duc, dans le but d'obtenir leur appui 
pour la continuation du traité. 

18 mars 1425 (1426, n. st.) — Golart Autoupet ap- 



Digitized by VjOOQIC 



— 495 — 

porte en jugement un drap pers (i) dont Cavet a autre- 
fois fait une bannière sur laquelle sont peintes les 
armes du roi et du dauphin. Ce drap, taillé en forme 
de bannière , a été dans le temps délivré à sire Sohier 
Groul pour en faire un drap de gourdine à la grande 
boucherie. 

26 mars 4425 (1426, n. st.) — Lettres closes du roi 
demandant qu'on délivre au sire Georges de ja Tré- 
mouille une somme de 2,000 écus d'or, pour le mettre à 
même d'accomplir son ambassade , cette somme à valoir 
sur les 6,000 de la composition annuelle ou sur le pro- 
duit de la monnaie. — Les chefs sont chargés d'exa- 
miner cette affaire. 

— Les chefs ordonnent au procureur général de 
mettre la main du roi sur tous les biens et héritages 
appartenant à Willaume Danclare , receveur général 
de la ville , pour garantie des 4,000 1. t. dont il a 
fait caution à cause de sa recette. 

— Les dîners que font les chefs de la loi aux atatix 
de l'an sont supprimés. 

30 mars 4425 (4426, n. st.) — Les quatre consaux 
décident que la ville prêtera 500 couronnes au sire de 
la Trémouille, à condition qu^il en délivrera quittance 
et lettres par lesquelles il promette, sous l'obligation 
de ses biens , d'en faire avoir lettres de décharge du 
roi. 

— Sire Jean de Quarmont est chargé de prier le 
sire de la Trémouille d'avoir la ville pour recommandée 



(1) Per#, blea très^ foncé. 



Digitized by VjOOQIC 



— 196 — 

et de l'aider dans ses négociations avec le duc de 
Bourgogne. 

— Les consaux prennent l'engagement d'entretenir 
tout ce qui sera fait par les députés qu'ils désignent 
ponr aller devers le duc de Bourgogne et dont les 
noms suivent : le doyen de Notre-Dame , Maître Jean 
Plantehaye, Jean de Waudripont^ Tassart Sauris , Michel 
de Gand, juré, Mahieu Fournier, doyen d€|S eordon- 
niers et souverain sous-doyen et Piérarl de Nouveau- 
ville, clerc des écbevins de Tournai. 

31 mars 1426. — Le sire de la Trémouille ayant remon- 
tré qu'il est envoyé par le roi auprès du duc de Bour- 
gogne pour le bien de paix , et qu'à défaut d'argent 11 
86 trouve dans Timpossibilité d'accomplir son voyage et 
remplir sa mission; que, d'un autre côté, i! doit, avant 
80Q départ de cette ville , rembourser au prince d'Orange 
les 500 couronnes dont il s'est reconnu débiteur, les 
consaux ordonnent qu'au lieu de 500 couronnes, la 
ville en prêtera mille , aux conditions indiquées la veille. 

2 avril 1426. — « Aujourd'hui Maistrc Alain, secré- 
taire du Roy nostre sire^ a dit, présent les consaùlx, 
qu'il lui dcsplaisoit qu'il falloît qu'il donnasl à Mess*' 
tant d'ariérance et d*occupation , et souffisoit assez de ce 
qu'il en avoit autreffois dit à aucuns des chiefz de la 
loy et autres ; mais le fait de la besongne le constrain- 
gnoit à ce. Et est vray que M. de la Trémouille, qui 
estoit tel que chacun saroit , si estoit , par le roy, de 
certains grans besongnez touchant le bien de la paix 
chargié venir par decha vers Mons. de Bourgogne; et 
en venant en son ambassade, il estoit advenu qu'il avoit 
esté prins en chemin , qui lui avoit très-grandement 



Digitized by VjOOQIC 



— 197 - 

cousté et qui, plus estoU, 1rs anemîs du roy avoient 
sceu ceste ambassade et sur ce s'estoient effoichiez et 
efforchoient de perturber et empcscher ceste ambassade. 
Et neantmoins par les affaires que ledit seigneur avoit 
eu par faulte d'argent, il estoit apparant d'estre grande- 
ment retarde, et pour tant prioit et requéroit pour ce 
besoing et pour ung si grant bien que cesti estoit, qui 
estoit bien commun et non pas particulier , l'on volsist 
trouver manière que ledit seigneur jpeust avoir autres 
mil escus , et il estoit prest de se oblîgier h le faire 
recouvrer à la ville envers le roy ou sur totis ses pins 
apparans biens, tout ainsi qu'on le voiroît avoir et de- 
mander. — Et sur ce, les consaulx ont conclut qu'il soit 
prié audit s^ qu'il soit coiiteiit de la ville de ce qu'elle 
a peu faire, en lui offrant de assister avecq lui à trou- 
ver manière qu'il puist avoir autres mil cscus sur le 
fait de la monnoie, si avant que faire se pourra bon- 
nement » 

8 avril 1426. — Sont communiquées aux consaux les 
lettres écrites par le sire de la Trémouille et celles des 
députés envoyés auprès du duc de Bourgogne. — « Or- 
donné est que les lettres de la Trémouille soient leues 
à bretesqne, présent les quiefz, et prié aux bonnes gens 
qu'ilz voeillenl eulx déporter jusques an retour de nos 
ambassadeurs. Et pareillement seront leues les aultres , 
s'ilz le requièrent. Et est chargié de parler à bretesquc 
le souverain doyen » 

^ avril 1426. — En réponse aux lettres adressées par 
les députés envoyés auprès de Mons. de Montjou , les 
doyens sont d'accord qu'il leur soit écrit pour les in- 
former que les individus qui ont fait h ce seigneur 
MâM. T. viii. 25 



Digitized by VjOOQIC 



— 498 — 

les déplaisirs doDl il se plaint demeurent en Hainaut 
où il a toute puissance ; cependant s'il apprend qu'il 
s*en trouve à Tournai, qu'il veuille les nommer et on 
en fera raison et justice. Quant aux autres collèges des 
consaux , ils désirent qu'on renouvelle les offres faites 
précédemment pour apaiser ce différent. — Le il, il est 
résolu de laisser cette affaire en surséance. 

H avril 1426. — Rapport de Michel de Gand , de 
Mahieu Fournier et de Piérart de Nouveauville, députés 
vers le duc de Bourgogne, chargés par leurs collègues 
restés à Bruges de rendre compte aux consaux de l'état 
des négociations du traité. Le chancelier de Bourgogne, 
Maitre Raoul Lemaire , prévôt de S*-Donat et M. de 
Santés , délégués par le duc y ont déclaré aux députés 
tournaisiens que le duc de Bourgogne v. auquel par le 
parchoUi accort et traitié fait avecq le Régent et Angles, 
ladite ville de Tournay avoit esté donnée , estoit moult 
intéressé et prenoit grant damage ad ce qu'il n'avoit 
point les proufiBs de le monnoie et autres drois qu'il 
deust avoir à le ville et au bailliage; aussi qu'il avoit 
grant besoing de mise pour soustenir le fait de ses 
guerres en Hollande et autres quierques et affaires, 
entendu le traitié qu'il avoit aux Angles. » Pour ces 
motifs, ils ont demandé que la ville de Tournai fit aide 
au duc de 8,000 couronnes d'argent comptant, avec 
faculté pour ce prince de pouvoir rendre cette somme 
s'il ne veut entretenir le traité, moyennant signification 
préalable de deux mois. Depuis lors et & l'intervention 
du sire de la Trémouille, cette somme de 8,000 cou- 
ronnes a été réduite, i 7,000. 

Les quatre consaux autorisent les députés à traiter 
pour la moindre somme qu'ils pourront et jusqu'à 7,000 



Digitized by VjOOQIC 



— 199 — 

couronnes; ils ordonnent cependant de ne rien conclure 
si la clause indiquée ci*dessus est encore exigée , car 
dans ce cas , il y aura lieu de consulter les collèges 
des bannières. 

— On convoquera les officiers du roi pour leur de- 
mander que le bailliage paie une partie de la somme 
réclamée par le sire de la Trémouille. 

— Les députés qui retourneront à Bruges remontre- 
ront au sire de la Trémouille que « Lotard de Wille- 
ries n'est point banni, mais pour ce que plusieurs du 
commun ne l'ont point agréable , les consaulx ne le 
poront asseurer ; mais le traitié passé , on mettra son 
fait par les collèges des bannières et en fera-on le 
mieux qu'on pora et que le peuple voira. » 

18 avril 1426. — Les députés envoyés à Bruges font 
leur rapport. Ils disent en conclusion t que le traitié 
seroit ralongié et Tavoit Mons. de Bourgogne, par le 
moyen de plusieurs seigneurs, tant M. de la Trémouille 
comme le 'procureur de la Selle et autres, le terme d'un 
an commenchant à le saint Jehan-Baptiste , pour le 
somme de vij"* couronnes dont la ville feroit prompte 
ayde audit Mons. de Bourgogne , par condition que s'il 
esloit reprîns ou reprochié des Englés , de son serment 
ou de son honneur , de ce qu'il leur avoit promis par 
ses lettres , qu'il peust rendre ladite somme et estre 
quitte dudit traitié. Ce entendu que tant et si longue- 
ment que il le aroit fait rendre et restituer, ledit trai- 
tié s'entretenroit, si aroit encore depuis le ville trois 
mois de provision et que le ville fust asseurée que 
aucuns Englés n'aroîent quelque passage parmi le pays 
de: mon dit seigneur de Bourgogne, mais le deffende- 
roit et soustenroit contre tous. Et ce fu certiffié par 



Digitized by VjOOQIC 



— ÎOO — 

plusieurs du conseil dudit seigneur que ledit traitié 
s'entreteuroit, £( aussi espéroit-on que dedans demi-an, 
paix soit faite entre le Roy nostre sirè et ledit sei- 
gneur. 9 — Les consaux ordonnent d'assembler les ban- 
nières et de leur exposer bien au long les dépenses que 
la ville a supportées et supporte encore journellement, 
et ce afin de disculper les gouyerneurs actuels des griefs 
que font peser sur eux plusieurs habitants de la ville. 
— Lettres du magistrat de Gand et des quatre mem- 
bres de Flandres , par lesquelles ils prient les consaux 
d'autoriser Jaquemart Petit à revenir à Tournai. — Le 
23 , on décide d'appeler les proches parents de Petit 
pour leur faire part des instances qu'il fait et des con- 
séquences qui peuvent en résulter, soit en bien soit en 
mal. En outre , les chefs écriront aux quatre membres 
de Flandres pour excuser la ville. 

25 avril 1426. •— Le bailli et plusieurs conseillers du 
roi au bailliage , ainsi que des délégués du chapitre et 
des abbayes de S'-Nicolas et de S'-Amaud, sont invités 
à donner leur avis sur le traité projeté avec le duc 
de Bourgogne. Les premiers estiment qu'il y a lieu 
d'accepter les propositions faites par le duc, eu égard 
à la situation de la ville et au désir manifesté par le 
roi, et ne voient point que bien ne se peust faire licite- 
ment et raisonnablement , nostre honneur et léalti salve. 
Quant aux gens d'église, comme ils ne sont pas autori- 
sés k se prononcer, ils déclarent qu'ils en référeront à 
leurs collèges respectifs et feront une réponse telle 
qu'on aura lieu d'être satisfait. Abordant ensuite la 
question financière , les consaux , après avoir remontré 
les grands frais que la ville a du supporter pour cause 
des traités précédents, supplient chacun des collèges pré- 



Digitized by VjOOQIC 



— 201 — 

cités de eontribuer au paiement des 7,000 ëcus récla- 
més par le duc de Bourgogne, sinon la ville sera forcée 
de rejeter le traité. 

Voici la réponse faite le lendemain à cette dernière 
proposition : 

Le bailli et les conseillers du roi ont fait convoquer 
les baillis et les autres gens de justice, pour le diman- 
che 28, afin de les engager à satisfaire h la demande 
des consaux. 

Quant aux gens d'église et aux abbés de St.-Martin et 
de St .-Nicolas , ils disent « qu'ils ont aujourd'hui, pour 
cesie matière , assemblé tout leur collège , curés et cap- 
pellains estans soubz eux et en parlé bien au long, et 
au regard d'eux, ilz se volroient employer, en toutes 
choses à eux possibles , au bien de la ville , et qu'il 
soit vrai , en la poursuite de ceste matière et autres de 
paravant, ilz avoient envoyé de par l'église plusieurs 
d'eux à leurs propres despens , où ilz avoient frayé xviij<^ 
francs et plus, et quant à ceulx de la ville, ilz Ta- 
voient fait aux despens d'icelle. Aussi leur est deffendu 
par le saint Père de distribuer les biens de l'église en 
telles matières; ilz sont frans et ne doivent rien. Dient 
aussi qu'ilz sont bourgois de la ville et contribuent à 
gait (garde), hottage et autres charges que la ville a à 
susporter, et néant plus ne doivent payer de ceste ma- 
tière que font les autres bourgois, et jusques à ores les 
bourgois de la ville n'en ont rien payé, mais l'a payé le 
corps de la ville ; en priant que de ce on les volsist 
déporter, car en ce faisant ilz encourroient sentence 
de excumeniement, qui seroit destructiou de corps et 
d'àme« « 

Le 27, le prévàt et un des religieux de l'abbaye de 
St.-Amand viennent en la halle et prient les consaux ' 



Digitized by VjOOQIC 



--^ 202 — 

de ne point faire contribuer leur couvent, en considé- 
ration des pertes qu'ils ont essuyées par le feu et eu 
égard à l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de 
recouvrer finance, à moins de vendre des rentes, et 
encore faut-il, dans ce dernier cas, une autorisation 
spéciale. 

Le doyen de Notre-Dame vient ensuite déclarer, au 
nom du chapitre^ que v pour le bien de paix et union 
entretenir les uns avecq les autres et ceste ville entre- 
tenir en l'obéissance du Roy uostre sire, ilz voloient 
communiquer au paiement de ladite somme avecq la 
ville aussi avant que feront les fiévez et bourgois 
d'icelle, en tant que touchent leurs possessions de de- 
hors qui sont au bailliage, sauf leurs sermens et les 
privilèges de r.église , et aussi qu'ilz aient délay de 
parler à leur prélat , pourveu qu'ils aient lettres 
que ce seroit sans préjudice et sans le povoir ramener 
à conséquence. Et feroient aide, par ce moyen, d'une 
bonne son^me et le plus qu'ils pouroient. » 

Enfin les religieux de St.-Martin et de St.-Nicolas 
promettent, de leur côté, de contribuer dans la pro- 
portion des biens qu'ils possèdent au bailliage. 

29 avril 1426. — Sont assemblés, par cri, plusieurs 
bourgeois et manants de la ville qui ont des fiefs, 
arrière-fiefs et autres propriétés au bailliage de Tour- 
naisis , en Flandres et ailleurs. On leur expose qu'en 
présence de l'état précaire des finances de la ville , il 
est de toute nécessité qu'ils contribuent au paiement des 
7,000 couronnes exigées par le duc de Bourgogne. 
Après avoir délibéré , ils font répondre par Gilles du 
Busquiel qu'ils sont disposés à faire leur devoir , mais 
qu'ils ne peuvent pas prendre d'engagement à l'égard 



Digitized by VjOOQIC 



— 203 — 

des personnes absentes qui sont dans le mémb cas ; ils 
proposent en conséquence de nommer des délégués des 
paroisses pour faire le recensememt des possesseurs de 
fiefs et d'arrière-fiefs. 

Les consaux ne sont point satisfaits de cette réponse ; 
ils en veulent une plus absolue , dans laquelle serait 
stipulée la. part à payer par chacun ; mais à la suite 
d'une seconde délibération , le prénommé du Busquiel 
déclare que les personnes réunies trouvent plus expé- 
dient qu'on fasse annoncer par les curés que les habi- 
tants de la ville tenant fiefs , arrière-fiefs et autres 
possessions en Flandres , au bailliage et ailleurs , 
viennent , à certain jour à déterminer , entendre les 
propositions qui leur seront faites. 

% mai 1426. — Rapport de Mahieu Fournier , sou- 
verain sous-doyen et de Gilles du Glermortier, procu- 
reur général^ de retour de Gand où sont demeurés les 
autres députés tournaisiens. Le duc de Bourgogne a 
ordonné « que la condition ne seroit point ostée pour 
nul avoir ne chose quelconques, car il li convenoit 
garder son honneur, veu que par les Englés il avoit 
esté sommé et plus aprochié que onques n'avoit esté, 
et autres coses à ce servans ; toutesvoies , à la prière de 
Mons. l'évesque de Tournai qui s'en estoit agenouUiés 
devant ledit Mons. de Bourgongne et plusieurs fois 
demoré à genoux , on aroit un mois, oultre les iij 
paravant accordés que la ville aroit de seureté depuis 
les deniers de le finance rendus. » Les députés ajoutent 
que plusieurs seigneurs du duc leur ont déclaré que 
les Tournaisiens pouvaient être tranquilles et que le 
traité ne serait point rappelé. 

— Blattre Alain Charetier, secrétaire du roi, porteur 



Digitized by VjOOQIC 



— 204 — 

de lettres de créance du sire de la Trëmouille, expose 
aux consauK les démarches que ce dernier et lui ont 
faites en faveur de cette ville , relativement au traité 
projeté avec le duc de Bourgogne. Il dit que plusieurs 
seigneurs du conseil dé ce prince qui sont ennemis de 
de cette ville, ont, à cause des divisions qui y régnent, 
émis l'opinion qu^il estait temps de tenir ceulx de h 
ville en guerre et en dangier ; par suite , on a défini- 
tivement résolu d'insérer dans le traité la faculté , 
pour le duc , de le révoquer avant l'expiration de 
l'année. Le sire de la Trémouille et lifaître Alain 
Gharetier conseillent néanmoins d'accepter le traité 
tel qu'il est proposé, eu égard à la situation de cette 
ville et son éloignement des autres villes du royaume. 
A propos du sire de la Trémouille, il reviendra à 
Tournai dans un bref délai et en repartira atïssitôt 
pour aller rendre compte au roi du résultat de sa 
mission. Maître Alain prie les eonsaux de préparer , 
dès à présent, les lettres qu'ils croiront devoir écrire 
au roi , ainsi que les 800 éeus qui lui restent dus , 
afin que son départ n'éprouve aucun retard. Enfin il 
se retire m se mettajit en tout et partout au service 
de la ville. 

Le 5 mai, les collèges des bannières acceptent le traité 
et donnent leur consentement à la vente de reniés 
viagères, afin de mettre la ville h même de payer , h 
l'époque fixée, les 7^000 écus imposés par ce traité. 

4 mai 1456. — Les quatre eonsaux sont assemblés 
en la halle pour délibérer sur les requêtes de plusieurs 
du commun peuple de la ville , demandant qu'Ernoul 
le Muisit et Lotart de Willeries soient, pour leurs 
défliéfites , exécutés à mort. A cet effet, Jacques de 



Digitized by VjOOQIC 



— 208 — 

Hongny , souTerain-doyen , expose aux consaux les 
causes des haines du peuple contre les deux prénorn- 
més. Le bailli et le secrétaire sont ensuite mandés et 
reçoivent la même communication. Sur quoi les prévôts, 
les jurés, les écheyins el les éwardeurs , jH)ur h bien^ 
paix, union et tranquillité de ladite ville , le seareté et 
mutation des habitans dHeelle^ dirent qu'ils votoient estre 
et demorer avec les doyens , sonbz-doyens et peuple d'icelle 
ville en toutes coses loisibles et nécessaires , touchans k 
bien dejustiee , l'onneur et estât de ladite ville et de 
justice^. Pareillement Mons. le bailli dist qu*il voloit vivre 
et morir avec nous et le communité et soy y joindre. 

Le même jour, sont désignés pour poursuivre l'accu* 
sation portée contre Lotard de Willerics et Ernoul le 
Muisit, savoir : Sire Jean de Quarmont et sire Jean de 
Morcourt , prc;vôls ; sire Watier Wellin , Jaquemart 
Ysaac et Jean Repus, jurés; le grand doyen, Wiltaurac 
de Brabant, Olivier Dulay, Michel de Moriaumez, Lo- 
tard Hacbact , doyens ; Jean Auloupet , mayeur des 
échevius de Saint-Brice ; Rasse d« Larcq et Jean de 
Mortagne, éwardeurs. 

Le 6 mai , par un^ publication aux bretèques , on 
ordonne à tous ceu;i qui font partie des quatre co/i- 
saux et de la loi de la ville de se rendre immédiate- 
ment en la halle, toutes exeusations cessant , pour cer^ 
taines grandes besongnes et affaires touchant le bien pu- 
blic de la vilk 9 la paix et union d'icelle , souâ peioe 
d'être privés de leur office et d'encourir une amende 
de 20 livres. (P.) — A celte réunion , il est donné 
lecture, par devant le bailli et les quatre consaux, d'ua 
écrit énumérant les crimes et malé6ces commis par 
Ërnoul le Muisit et Lotard de Willeries, ainsi que le» 
UÉU. T. viu. 26 



Digitized by VjOOQIC 



— 206 — 

sëdîtioos et rebellions xlont ils se sont rendus coupables 
et pour lesquels ils méritent la mort« Le bailli, solli- 
cité de donner satisfaction au peuple qui réclame prompte 
justice, prie les consaux de lui adjoindre un membre 
de chaque collège pour délibérer avec lui sur le parti 
à prendre. — Bientôt après , sur l'ordre de plusieurs 
membres des consaux , les prénommés le Muisit et de 
Willeries sont amenés en la halle par sire Jean de 
Quarmont, prévôt, le bailli, le souverain doyen et au- 
tres ; ils sont ensuite délivrés au bailli par le prévôt 
qui s'en décharge. — Immédiatement après , le bailli 
procède à l'interrogatoire des accusés , ensuite de quoi il 
prie les consaux de lui prêter une prison pour y enfer- 
mer ses prisonniers. Il est satisfait à cette demande, 
moyennant la promesse faite par le bailli de délivrer des 
lettres portant que cette concession ne peut préjudicier 
en rien aux droits^ franchises, privilèges et libertés de la 
ville. — Et sur ce, fut ordonné que eescun alast desoubz 
96 banièrej au marquié. Et depuis audit jour ^ lesdis 
Lotard et Ernoul furent menés à Maire et délivrés et con- 
duits audit bailli qui les fit décapiter. 

8 mai 4426. — Seconde réunion des habitants de 
Tournai qui ont des rentes, terres, fiefs, arrière-fiefs 
et terres de main-ferme au bailliage de Tournaisis, au 
pays de Flandres et dans les enclavements de Hainaut. 
On leur renouvelle la demande faite le 29 avril. — 
Ils font répondre par sire Jean de Quarmont, prévôt, 
que , selon eux , les personnes qui ont des terres et 
des possessions sur le pouvoir de la ville doivent con- 
tribuer avec eux au paiement des 7,000 écus; d'un 
autre côté , ils font remarquer que s'il venait à la 
connaissance du duc de Bourgogne que ceux qui tiennent 



Digitized by VjOOQ IC 



— à07 — 

possessions dessous lui étaient taillés, ce prince ne 
consentirait, plus l'an prochain à proroger le traité. En 
résumé, ils promettent de contribuer sur le même pied 
que Messieurs du chapitre et les gens d'église. — 
Résolu que deux délégués de chaque collège et les 
chefs de loi se rendront auprès de MM. du chapitre 
pour leur faire part de la décision qui précède ; ils 
attendront pour cela le retour du doyen de Notre- 
Dame. 

il mai 1426. — Rapport du doyen de N.-D. et des 
autres députés de la ville : ils annoncent que le traité 
est prorogé pour un an. — Les consaux l'acceptent. 

12 mai 1426. — En présence du peuple assemblé 
en la halle , sont revêtues du scel de la commune les 
lettres de la continuation du traité entre la ville et 
le duc de Bourgogne, ainsi que celles par lesquelles la 
ville s'oblige à payer à la St.-Jean-Baptiste prochaine, 
à Guy Guillebaut , receveur général des finances du 
duc, la somme de 7,000 couronnes. 

15 mai 1426. — Pour apaiser un différend surve- 
nu à Maire lors de l'exécution d'Ernould le Muisit et 
de Lotard de Willeries, les consaux chargent les chefs 
de rechercher les moyens de mettre les parties d'accord. 
Us ordonnent en outre au procureur de la ville de 
se contenter de la confiscation des biens des deux 
condamnés. 

Le 18 mai , on publie ce qui suit : « On fait assa 
voir que le demisiau de Montjou s'est tenu et tient mal- 
content de la ville de Tournay et des habitans d^icelle 



Digitized by VjOOQIC 



i • 



pour les prisonnici^s qu'il dft avoir esté réscoux et àul- 
tres dommaige» et injures à luy fais, dont il a deffyé 
et fait de£fyer par plusieurs aultres U dite ville et 
habitans. Et n'en puet-on venir à paix ne il ne voelt 
/ recepvoir les o£fres que oti Ten a faites , laquelle chose 
on fait savoir pour un ehacun- estfe adverty des dites 
deffianees, adfin que si aucuns vouloit alei^ hors de la 
ville qu'il prendo garde pour sa seurté en quel lieu il 
yra, car ce sera dores en avant k ses périlz et aven- 
tures. Et encore le jour d'ier furent envoyées à le 
ville^ par plusieurs seigneurs et aultres, lettres de def- 
fianees, en confortant et aidant ledit demisiau de Mont- 
jou et ses aliés, » (P) 

21 mai 1426. — Départ de Tournai de Pierre le 
Senescal et de Jaquemart Lefevre , envoyés devers le 
roi pour plusieurs affaires concernant la ville. 

45 juin 1426. — Les échevins et les éwardeurs char- 
gent les jurés de poursuivre le procès des individus 
qui ont délivré Andrieu Deleprée des mains de la jus- 
tice; les doyens estiment que les plus coupables de ce 
méfait sont dignes de mort ou tout au moins d'un ban- 
nissement perpétuel. Des délégués sont choisis dans 
tous les collèges pour continuer , avec les jurés, l'ins- 
truction de cette affaire. 

29 juin 1426. —■ Les consaux décident que la rente 
due par la ville à MM. du chapitre sera retenue, jus- 
qu'à ce que ces derniers aient payé la somme de deux 
mille écus d'or, formant leur part contributive dans les 
T^OOO écus payés au duc de Bourgogne , en vertu du 
dernier traité. Cette résolution ayant été prise sur la 



Digitized by VjOOQIC 



— 209 — 

pfoposition des doyens , ceux-ci sont chargés de tetiir 
la Hiain à son exécution. 

^ « Des lettres du Roy , de le Royne de France 
et de le Royne de Sicille, que Grnrd Hague, marchant 
d'AlIemaigne, a apportées, pour avoir mille couronnes 
pour acater toilles, haguenées et autres coses dont le- 
dite Madame la Royne de France a mestier. :* Le S 
juillet, les consaux consentent à délivrer cette somme, 
puisque lâ Reine en fait la deiztande; la ville éepen-* 
dant en retirera bonne décharge. 

3 juillet i4iK6. -- Les consaux font publier que le 
vendredi 6 , le chapitre de la cathédrale a l'intention 
de faire une procession générale précédée d'iine messe 
solennelle^ pour le bien, paix y union ^ concorde et très- 
parfaite , singulière et fraternelle dihction et tranquillité 
des habitans de la ville , et faire prières et oraisons d 
ce quil plaise à nostre très-doux Sauveur Jésus-Christj 
par sa douce clémence et sainte miséricorde^ faire cesser 
les très-grièves pestilences et mortalités qui , si soudai- 
nement , à présent de jour en jour , sont en icelle 
ville. » (P) 

16 juillet 1426. — Les membres du magistrat qui 
sont hors de la ville seront mis en demeure d'y re- 
venir avant huit jours. 

18 iuillet i426« — Henri Goulotte, sergent du Tour- 
naisis , qui était détenu en prison sous la prévention 
d'avoir rompu les armes du dauphin, est remis eu li- 
berté. 

^ juillet ,1426. — Lettres de sire Jean de Morcourt, 



Digitized by VjOOQIC 



prévôt; de Watier Carpentier et des procurears da roi 
et de la ville, datées de St-AmaDd le jour précédent, 
par lesquelles ils demandent qu'on leur envoie des gens 
à cheval et de trait pour amener à Maire les prison- 
niers que les religieux, couvent et justice de St-Âmand 
ont rendus au procureur du roi. — Plusieurs doyens 
et membres des consaux sont désignés pour se rendre 
à St-Amand avec le lieutenant du bailli; mille per- 
sonnes environ du commun, arbalétriers, archers et au- 
tres se présentent pour faire partie de cette expédition, 
et on leur délivre des armes et de la poudre. (1) 

— On annonce pour le lendemain une procession 
générale à cause de la grande mortalité. (P) 

6 août 4426. — Les œnfanons seront portés à la 
procession , seulement les écussons seront effacés et 
remplacés par les armes du roi et de la ville. 

9 août 4426. — Lecture faite des lettres de Maître 



(1) « A plasienrs des bonnes gens de ceste ville, M. le bailli de 
Tournésis , les officiers du roi nostre sire et plusieurs de ceux de la 
loy de ladite ville et de leurs officiers, pour despens fais à avoir, 
par plusieurs du peuple de la dite ville, arbalestriers et arcbiers 
d'icelle, compagnie en armes ledit M. le bailli à aller à Saint- 
Alnand querre et amener prisonniers Henneqnin Lebacqueteur et 
Colin Dargent que Mons. Tabbé dudlt lieu détenoit prisonniers, le»- 
quels furent rendus audit bailli de Tournésis, et par iceluy , en 
l'aide du peuple de ceste ville, menez à Maire oU ils furent, pour leurs 
démérites, exécutez ^ mort, lesqnelz despens montèrent en la part 
de ladite ville , outre et au par dessus de ce que ledit bailli et les 
gens du Roy nostre sire en soustinrent et payèrent, la somme 

de vj««| 1. » 

(Compte de 1426). 



Digitized by VjOOQIC 



— 2n — 

Simon Charles, de Pierre le Senescal et de Jnequemarl 
Lefevre. 

— c Les doyens et soubz-doyens , pour certaines 
causes par eulx advisëes ^ se depportent de prendre 
draps de livrées pour le procession et pour plus graut 
paix, et requirent que les antres consaux se volsissent 
vestir, et lesdis doyens et soubz-doyens porteront cottes 
de leurs mestîers. » 

i5 août i436. — Les consaux rejettent la requête 
de Philippe de Bourghielle, sollicitant sa mise en liberté. 

17 août 1426. — Publication ordonnant aux habi- 
tants de balayer les rues, au devant de leurs maisons, 
une fois par semaine , et ce aux jours designés pour 
chacune des paroisses de la ville , savoir : le lundis 
pour les paroisses de Notre-Dame et de St.-Nicaise ; 
le mardi , pour St.-Quentin et S'*.-Marguerite ; le 
mercredi , pour St.-Piat et S'«.-€atherine ; le jeudi , 
pour St.-Jacques et la Magdclaine; enfin le vendredi 
et le samedi , pour St.-Brice , St.-Nicolas et St.-Pierre, 
Le tombereau de la ville parcourra ces paroisses aux 
jours déterminés , et enlèvera les ordures qui devront 
être amoncelées à trois pieds du ruisseau. Il est défendu 
au conducteur du tombereau de recevoir aucune gra- 
tification pour cet objet (P). 

20 août i4â6. — Délibérant sur une requête 
adressée aux consaux par sire Jean Goppet, les échevins 
et les éwardeurs sont d'avis que les biens d'un banni 
criminel doivent lui être rendus ; les jurés et les 
doyens, au contraire , pensent que ces biens ne peuvent 



Digitized by VjOOQIC 



— 212 — 

être transportés dehors la ville Avant qu'il ait été aa* 
tisfait à rimpôt appelé droit d'écart et reconnu comme 
un droit seigneurial. (2) 

•— Les consaux adoptent le patron des confomons 
qui seront portés à la procession, sauf que le portrait 
de Charlemagne devra être remplacé par l'image de 
Notre-Dame. 

10 septembre i426. — Lettres du roi autorisant les 
coosaux à contraindre les gens d'église à contribuer 
au paiement fait au duc de Bourgogne des 7,000 écus 
imposés par le traité. 

— Les consaux ordonnent que dorénavant ceux étant 
en loi , doyens ou autres , ne pourront exercer en 
même temps aucun office dépendant de la ville. 

16 septembre 1426. — Ernould De le Vingne solli- 
cite des consaux une modération ou l'exemption du 
droit d'écart , pour les meubles qu'il doit emporter en 
quittant Tournai. Cette demande n'est pas accueillie. 

25 septembre 1426. — Trois Swardeurs , dont l'un 
est peseur de la petite balance et les deux autres 
sergents des écbevins , déclarent opter pour ces dcr-^ 
nières fonctions et renoncer à celles d'éwardeur. 



(2) Le droit d^ écart ou droit d*ie$ue , qui consiatail <JaDS le dhième 
denier , au profit de la ville , de tous les objets soumis à cet impAt , 
était prélevé 1* sur tous les biens meubles et immeubles donnés ou 
légatésà des étrangers parles bourgeois > manants et habitants de 
Tournai ;2« sur les meublesdeees derniers qui abandonoaieiit la ville 
alavr ceux des étrangers qui venaient y fixer leur r^îdeace. 



Digitized by VjOOQIC 



8 octobre 1496. -* Les hommes de loi qui , •▼«nt 
8 jours , n'auront pas effectué leur retoqr à toamai 
avec leurs femmes et leurs enfants, seront remplacés. 

42 octobre 1426. — Des mesures de précaution sont 
prises pour la garde de la ville : 

i"* Défense d'aller sur les murs de la nouvelle forte- 
resse, sauf aux canonniers et aux personnes désignées 
pour faire le guet. 

2° Les personnes désignées pour guetter la nuit , 
au marché et ,aux portes de la ville , ne pourront 
partir avant l'arrivée du guet de nuit. 

5*" Les chaînes en aval de la ville resteront tendues 
aussi longtemps que les portes seront ouvertes. 

4^ Le guet doit être fait en personne, sauf pour les 
impotents et les veuves qui se feront remplacer. 

5° Les hôteliers et aubergistes seront tenus de venir 
déclarer au souverain prévôt les noms des personnes 
qu'ils logent et les motifs de leur arrivée à Tournai. 

6" Si une alarme survient dans la ville j de jour 
ou de nuit , toutes les personnes faisant partie des 
bannières devront, sans délai, se rendre en armes au- 
près de leur doyen ou sous-doyen , sous peine d'être 
réputées traîtres et ennemies du roi et de la ville. 

7° Les étrangers ne peuvent entrer dans la ville 
porteurs d'armes (P). 

48 octobre 1496. — Les chefs des eoosaux soni 
chargés d'acheter du blé dans les vîNe^ voisines et 
d'en faire déposer dans les maisons de Jacques de 
Maobray, de Jaoqu«8 Robaut et d'autres notables babi- 
tants qui n'en ont punt. On indique au receveur ie 
MÉM. T. vui. 27 



Digitized by VjOOQIC 



— 214 — 

moyen de se procurer l'argent tiécessaire pour payer 
ees achats qu*on estime à 2 ou 300 navées (nacelles). 

20 octobre 1426. — Procession générale pour la mor- 
talité et pour la grâce qu'il a pieu à Ifostre-Seigneur 
J.-C. faire à ceste ville et qui la sauve et garde, 

22 octobre 1426. — Les prévôts des paroisses et des 
délégués des consaux iront visiter les greniers des 
maisons de la ville , notamment ceux des personnes 
qui ont quitté Tournai à cause de la mortalité qui y 
régnait. 

5 novembre 1426. — Une proposition tendante à 
faire appeler ceux qui sont reconnus coupables d'avoir 
machiné et fait leurs efforts pour prendre cette ville , 
est ajournée jusqu'à ce qu'on ait une réponse du duc 
de Bourgogne. 

— On désigne le souverain prévôt et le souverain 
doyen pour négocier un traité avec le demisiau de 
Montjou, 

— Résolu d'envoyer auprès du duc de Bourgogne, au 
sujet de la conspiration naguère faite contre cette ville. 
Les députés choisis sont : Sire Jean de Morcourt , 
prévôt ; Sire Watier Weltin , Quentin Dare , Michel 
de Gand, jurés ; Sire Ernoul de Waudripont , mayeur 
des éwardeurs ; Watier Desplechin , échevin ; Mahieu 
Fournier , souverain sons-doyen ; Jean Haccart, éwar- 
deur ; Henri de Canners ; Maître Jehan de BauwegnieS| 
conseiller et Gilles du Clermortier, procureur de la 
ville. 

Ils font leur rapport le 12, en présence des consaux 
ei du peuple. Ce rapport est conçu en ces termes : 



Digitized by VjOOQIC 



^ ai5 — 

<( Le dimanche x* jour de novembre l'an mil ccoc 
xxvj, environ vj heures du soir, que nous, ambassadeurs, 
estions devant Hons. de Bourgogne en sa court , pour 
oïr sa responce sur nostre ambassade, nous fu dit, par 
le bouche de Mons. Févesque de Tournay , en le pré- 
sence dudit Mons. le due, que environ avoit v ans que 
ledit Mons. estoit à Paris, le ville de Tournay lui avoit 
esté assignée en recompensation , mais quant ce vint à 
le congnissance de ceolx de ladite ville de Tournay , ilz 
ne l'eurent pas agréable. Ef depuis, pour la grant amour 
et affection qu'il avoit au bien de la ville . ainsi que 
ses prédécesseurs avoient eu , comme touchié avions en 
nostre crédence , ycelui Mons. le duc ^ considérant les 
guerres et divisions de ce royaume, et adfin que le ville 
et le pays d'environ peust demorer en paix et hors guerre, 
avoit accordé et fait plusieurs traitiés de seureté à ceulx 
de ladite ville de Tournay , par années , dont le iiij* 
estoit à présent , dont il avoit eu des deniers non pas 
si grans que peuist estre le pourfit qu'il eust en ladite 
assignation. 

» Dist oultre que ledit Mons. le duc nous avoit bien 
oy en nostre crédence , le complainte que avions faite 
d'aucuns que nous disions avoir mesprins sur ledite 
ville, en enfraingnant lesdis traitiés de seureté. Et pour 
savoir qui les avoit meus, ledit Mons. le duc avoit oys 
une partie des princhipaux dont nous nous dotions et 
les interroghiés par serment & quelle intention ilz l'avoient 
fait; lesquelz ly avoient dit que eulx estoient d'an- 
chienne génération en la ville et avoient, eulx et leurs 
prédécesseurs , esté au gouvernement d'icelle , tant de 
prévosté comme autres ; en quoy ils s'estoient bien et 
loyaulment portés; mais ce nonobstant , nouvelles gens 
avoient emprins ledit gouvernement et les déboutés et 



Digitized by VjOOQIC 



- SIS — 

eneiicftiës saiii cause, fit pour ist eulx coniendans h re- 
tooreer en la ville et en leurs eslag et biens, s'estoiettt 
assemblés et aecompagniés de v à tj e. personnes , en 
intention de y entrer en la vilfe et en ioelle faire as-*' 
sembler le communité et à jceulx remonstrer leur 
droit. Et n'aToient oneqnes eu intention de personne 
faire mal , quoiqu'on en eust dit du contraire pour les 
¥oloîr efaargier. Et se en ce ilz avoient aucune cose 
mesprifts, fuist contre lesdis traitiës ou aultrement, ils 
s'en submettoient du font en l'ordonnance dudit Mons» 
le dùcq. 

> Et pour tant qu'Ile s'estoient ainsi submis, se nous 
«Tions charge ou pooir de par la ville de nous sub^ 
ihettre, Mons. <en ordonneroit, fbst qu'ilz eussent enfraint 
ledit traittié ou aultrement mespris, tant que on en de* 
vereit estre content. £t se nous, ambassadeurs, n'avions 
esté chargé, que nous le reportissions aux bonnes gens 
de la ville pour savoir s'ils voiroient faire la dite sub- 
miision ou noUé Et que leur intention et volonté noua 
ou aultres ambassadeurs de la ville rctournaissent de* 
¥ers lui à Gand, le dimenche xxiiij<> jour de ce présent 
mois de novembre ^ pour le rapporter devers luy. fit 
tonteffois l'intention dudit Mons. le due estoît que, posé 
eeuix de la ville ne votsissent pas faire ladite submis*- 
cion , qu'ilz renvoiassent devers lui audit jour et qu'il 
trotiveroit voyes et manières pour l'entretenement du 
bien de paix de la ville , laquelle soloit estre la plus 
notable du royaume , mais par la manière du gouver'* 
nement qui y estoit , elle se diminuoit , comme ledit 
Mons. bien le savoit. Oultre dist que l'intention de Mons; 
estoit que cependant aucune chose ne fuist fait ne at«- 
tempté contre eulx ne leurs biens^ mais fuissent les ma- 
meurs roalez et les biens inventories par bonne seurtë. 



Digitized by VjOOQIC 



Et là on faroit le eontrairet il soufferoîl eulx recouvrer 
sur feâ biens que ceuU da Tournay auroyent en se» 
pays , lerres et seigneuries. Et adfin que on ne peusl 
présumer que ledit Moos* le duc ne voisîst entretenir 
sen scelle > ne qu'il volsist aller ne souffrir aller au 
contraire, ee qu'il ne volroit pour nulle rien faire, dist 
le volroit et voelt entretenir , et se les dessusdis aie ou 
fait contre, s'en estoyent desjà submis^ mais se mondit 
seigneur nous en volloit aussy priés poursuir , ce qu'il 
ne voiroit point faire , on trouveroit bien que nous 
Tarions enfraint en plusieurs manières , si comme du 
fait de l'église et des biens d'icelle retenir et aussy les 
dixmes npn payer , du fait des biens Gossuin de Laus* 
noy, qui estoit bien gentilhomme par decba , d'aToir 
esté en sa maison et rompu et desquere l'ymage dy 
due Jehan, fait morir Pipaix pour ce qu'il avoit esté k 
le prise de Paris, ailé à main armée et grant assemblée 
au pays de Mons. assalir , eachier et navrer j homme , 
aussy iiommoit-on chascun jour les gens de Mons. tron 
hiirea, bourghignons^ et tellement que plusieurs en doub- 
toyent aller en la ville. Touteffois il ne disoit mie que 
on ne feist k aucuns bonne chîère , en nous chargeant 
de ce remonstrer et rapporter par deeha, adfin que, au 
gouveraernent de la ville , fuist telle provision que on 
heuist cause de l'en recommender. » 

Après avoir remercié les députés , les eonsaux déci» 
dent que la communauté sera consultée sur la réponse 
à faire aux propositions du due de Bourgogne. 

— Une réunion a Heu le 17. Voici le rapport que font, 
le fiO, aux eonsaux les doyens et sous-doyens des métiers :. 

• Quant au premier point et article epnteno an roUe, 
louchant et parlant comment sur et après ee qu'aucuns 
de ceste dite ville avoyent , par faulse , trayteuse et 



Digitized by VjOOQIC 



— 218 — 

mauTaisc machinatioD et conspiration , présumé de 
prendre , trayr et distraire ladite ville et les manans 
d'icelle , on avoit envoyé devers Mons. de Boorgongne 
et son conseil à Lille luy requérir et supplier que, en ayde 
de droit et pour le bien de justice et aussi en entretenant 
de sa partie le traittié de seur estât que luy , ses pays 
et nous avons ensemble , il luy pleust faire prendre et 
pugnir lesdis traîtres et conspirateurs qui lors se te- 
noyent , tiennent et font résidence en ses villes et 
pays. Par lequel prince avoit à ce esté respondu que 
se de ce nous voulions submettre en son ordonnance, 
il en ordonneroit , en requérant que ce que faire en 
voirions luy feissions savoir en sa ville de Gand , le 
dimence xxiiij* jour de ce présent mois de novembre. 
Et estoit rintention d'icelluy prince que en ce pendant 
aucune chose ne fuist fait ou atempté eontre les des- 
susdis ne leurs biens, mais fuissent les maneurs ostez 
et les biens inventorez par bonne seurté , car là on 
feroit le contraire , il souffreroit eulx recouvrer sur les 
biens que ceulx de Tournay avoyent en ses pays, terres 
et seigneuries , ces choses plus ad plein contenues 
audit article. — Lesdites bonnes gens , peuple et com- 
munaulté , au regard de ladite requeste touchant la- 
dite submission , sachans et considérans icelle tant et 
si grandement estre contre le bien et honneur du Roy 
nostre sire et de nous tous et de la ville, en plusieurs 
et diverses' manières que plus ne puet estre, ont tous 
d'une mesme voix respondu que^ pour amorir ne pour 
quelque chose qui advenir en puist, n'entendront de con* 
descendre à ladite submission^ ne jamais n*en voetlent 
oi'r parler^ mais sont bien d'acord et d'assens d'envoyer 
audit jour et lieu devers ledit prince soy de ce excu- 
ser et lui requérir que desdis traitres estans et con- 



Digitized by VjOOQIC 



— Î219 — 

versans en ses dites villes et pays, faire faire bonne 
justice en entretenant lesdis traitiez , et que de eeste 
matière lesdis consaulx en yœillent escripre bien au 
long aux iiij membres de Flandres, comme bon et ex- 
pédient leur semblera. Et en oultre, que mesdis sei- 
gneurs les consaulx prendeut réaiment et de fait, par 
fourme de confiscation, tous les biens et hiretages des- 
dis traitrës et leurs complices , si avant que avoir et 
trouver les poront en le juridiction de la ville, et que, 
sans délay, les facent exposer à vente et en rechoip- 
vent les deniers , au droit et conservation de ladite 
ville, comme en tel cas loist et appartient de faire , 
et au surplus y procèdent avant par toutes les meil- 
leures voyes qu'ilz poront , au bien et honneur du 
Roy nostre dit s' et de ladite ville, et les dites bonnes 
gens jusques à la mort (enront à ce la main avec eulx. 
€ Item au second point et article parlant , pour adver- 
tissement, d'aucune voye dempnable que lesdis traîtres, 
par eéduUes Oii autrement , ont présumé de faire 
courre en ceste dite ville, afin d'y mettre tourble, — 
lesdites bannières^ gens, peuple et communaulté, comme 
de ce bien prémunis pour quelque chose qui en puist 
estre fait , ne s'en fourmenneront ou tenront mal ^con- 
tent et n'en advenra , au plaisir de Dieu , quelque . 
inconvénient ; mais ainchois prient et requièrent très- 
affectueusement à mesdis S'* les consaulx que, pour le 
bien et honneur du Roy , de justice et de ceste 
dite ville , tous lesdis faulx traitres et leurs alyez 
et leurs complices soyent rudement et sans depport 
poursuys par toutes les voyes quelzconques que on 
poura de les faire venir à telz fins que telz traitres 
qu'ilz sont doivent venir, car en ce faire en tout et 
partout, lesdites bonnes gens et communaulté tenront 



Digitized by VjOOQIC 



— MO - 

ia main avec eulx. et leur bailleront conduit, advev, 
garand et assistence. 

» Item et quant au tserch et deirain point et article 
dudît rolle où il appartient à bailler response, «oiite<- 
nant que les xxix personnes dénommées en ieellui ont, 
pour le bien de justice , esté prinses et emprisonnées 
comme souspcchonnées et présumées de ladite emprinse^ 
et qui comme après icelles sur ce intcrrogbiés ont , 
en leurs deffences, respondu qu'ilz s'en rapportent en 
toutes enquestcs et informations ; — lesdites bonnes 
cens, peuple et communauté sont d'accord et d'assens 
que mesdis S^' les prevostz et jurez, en le Teue desdis 
autres consaulx et des commis pour ce ad ce esleus 
et par bonne modérée manière et par Tassons de la 
plus grant yotx d'iceulx , procèdent avant en Texpé» 
dition d'iceulx prisonniers , en tel manière que les 
iûiiocens non coulpables, ne saehans de ladite empiinse, 
soyent avec leurs biens mis au délivre ^ moyennunt 
que premier^ leurs meisonis soyent bien pourveues él 
garnies de vivres. El au regard des aultres auxquels 
puet avoir plus de présumplion d'estre de ce coulpables, 
ou lie le savoir sans l'avoir nunchié à justice , ilz sont 
contens et d'acord que «ans dopport , faveur ou dissi- 
mulacion, néant plus du grant que du petit, ne du pe- 
tit que du grant , mesdis s** en facent tout ce que fc 
bonne justice et selon le cas en appartient de faire, se- 
lon ee que bon expédient leur semblera, auxquels qaant 
à tout ce que les bonnes gens se rapportent , cuir of- 
flMinl prestz de atec eulx à ce y tenir la main. » 

47 novembre 1426. — Défense est faite aux bour- 
geois et aux manants de recevoir des lettres des bannis 
M des autres ennemis de la ville qui ont voulu la sur- 



Digitized by VjOOQIC 



prendre par trahison ; il est également défendu d'en- 
voyer des lettres à ces derniers avant de les avoir mon- 
trées à l'un des prévôts. (P) 

— Les députés qui ont été deruièrcinent devers le 
duc de Bourgogne y retourneront au jour indiqué 
ci-dessus. On écrira en outre aux doyens de Gand,aux 
échevins et aux quatre membres de Flandres pour les 
tenir au courant des n^égociations. 

Si novembre 1426. — Les individus qui ont été ar- 
rêtés à la suite de la conspiration du i4 octobre (i) se- 
ront examinés le lendemain ; les coupables seront pu- 
nis et les autves élargis. 

Le 22 en effet, les doyens et sous-doyens, assemblés 
en la halle, déclarent s'en rapporter, dès h présent, au 
jugement que prononceront les prévôts et jurés contre 
les personnes arré^.es; seulement et uniquement par 
manière d'avertissement, ils remettent une liste des per- 
sonnes qu'ils supposent les plus coupables. 

Le même jour après-midi, les prévôts et jurés ordon- 
nent l'élargissement des personnes ci-après dénommées, 
à charge par elles i* de, endéans les 15 jours, s'appro- 
visionner de vivres proportionnément h leurs facultés ; 
2^ de ne p^Miit partir de la ville sans autorisation^ sous 
peined'^tre convaincues du cas qui leur est imputé; 
5° de comparaître en personne aux j.ours qui leur seront 
indiqués. 



(1) II est ici question d'une réunion de 800 liommes environ , la- 
quelle eui lieu a u bois de Brenze dans le but de s'emparer de ta ville* 

MÉM. T. vni. 28 



Digitized by VjOOQIC 



Voici les noms des personnes absoutes : Âllard Le- 
buef, Jean Pipart, Laurent Lesenne, Gossuin Bastien, 
Jean de Baudimont, Jean de Ghalons, Jean Vregelois, 
Martin du Mouton, Jaquemart Allard, Jaquemart Grette, 
Olivier de Froimont, Piérart Waucquier, Gilles Wauc- 
quier, Piérart de Harlebecque, Ghrétien le Louchier, 
Piérart de Waudripont, Jean Heuneron , Betremieu 
Garlier, Mahieu Tolent , Jean Truffet, Willaume Jene- 
vière et Rasse Qulequin. 

Le 27, sont également acquittés sire Jean de Wau- 
dripont , Jean Voient -j Gontier Yolent et Jean de le 
Gatoire^ h charge, pour les trois premiers , de se pour- 
voir avant 15 jours de 6 muids de blé et pour le 
dernier de 4 muids. 

5 décembre 1426. — Deux jurés sont désignés pour 
aller tous les jours inspecter les guets des portes de 
la ville. 

5 décembre 1426. — Dorénavant les jurés iront à 
la messe à 8 1/2 heures et devront être sur leur siège 
en la halle à 9 heures, sous peine d'une amende de 
deux blancs. 

— Sur le bruit qui court que des assemblées de gens 
d'armes se font près de cette ville, il est recomman- 
dé de faire bon guet. 

— Les blés que les fugitifs et ennemis de la ville 
possèdent sur le territoire de Tournai seront trans- 
portés en ville. 

— Retour des députés envoyés auprès du duc de 
Bourgogne. Ils font leur rapport le lendemain en pré- 
sence du peuple. 



Digitized by VjOOQIC 



— 225 — 

— Rëdola d'écrire de nouveau au duc , en se confor- 
mant aux résolutions prises par les bannières le 17 
novembre. 

24 décembre 1426. — II est ordonné aux arcbers 
et aux arbalétriers de se trouver à leur poste aussitôt 
l'alarme donnée ; dans ce cas, ils recevront, pour chaque 
jour qu'ils seront au service de la ville, les arbalétri- 
ers 2 sous et les archers 21 deniers. (1) 

— On ne pourra dorénavant emprisonner quelqu'un 
sans l'autorisation de l'un des prévôts; si l'on trans- 
gresse cette défense et que le prisonnier soit plus tard 
reconnu innocent, tous les frais seront supportés par 
la personne qui aura fait opérer l'arrestation. 

7 janvier 1426 (1427 , n. st). — Les consaux char- 
gent les chefs de rémunérer raisonnablement les ca- 
nonniers qui ont veillé de nuit aux portes et aux 
tours, — Ce service est encore confié plus tard aux 
canonniers, ainsi qu'on le voit dans le passage suivant 
du compte de 1427 : «( A Maistre Mahieu de Gand , 
connestable des canonniers , pour lui et ses compa- 
gnons canonniers de ladite ville, pour et à cause des 
wés que, par l'ordonnance de Mess" les consaulx, ilz 
ont faiz de jour et de nuit es portes, tours et cres- 
tiaux à eulx ordonnés et commis pour la garde, scu- 
reté et deffence de ladite ville, ainsi qu'il estoit expé- 
dient, pour éviter aux doubtes et périls apparaus, et 



(I) Le lendemain, jour de Noël, des archers forent envoyés aux 
environs de la ville, pour ré$i$ter eî prendre garde à Ventreprite 
qu'on ditoit les ennemis de la ville voloir faire sur ieelle (Compte 
de 1427). 



Digitized by VjOOQIC 



— M4 — 

estré prestz à résister eontrc la ptrissaftee 4e plusieurs 
gens d'armes qui fré(|uentdieïit envireii ladite ville et 
ou bailliage de Tournésis , ou terme et depuis le iiij* 
jour de décembre Tan iiij c. xxvj jusques à le Tous- 
sains l'an îiîj Ci xxvij , la soiurv» de 

i , . . W I. xnj s. X d. » (I) 

13 janvieir 1426 (1427, n. st.) — Le rapport des ban- 
nières sur plusieurs ordcinnances faites pour le bien de 
la ville est approuvé par les consaux. 

Ih janvier 1426 (1427, n. s(.) — Relation faite par 
les ambassadeurs du roi k Tournai (2). — Le 25, ils 
réclament le paiement de ce que la ville peut encore 
devoir à raison des 6,000 1. de composition annuelle* 

— Le 1«' février , il est répondu que la ville est 
si obérée qu'elle ne peut satisfaire à cette demande. 

2S janvier 1426 (1427, n, st). — L'inquisiteur sera 
prié de faire connaître par écrit les cas d'hérésie dont 
Jaquemart de Bleharies est prévenu ; on assemblera 
ensuite le peuple pour avoir son avis sur cette affaire. 

— Le 26, le peuple est assemblé et les consaux décident 
que son avis sera exposé verbalement h l'inquisiteur 
de la foi chrétienne. Si celui-ci a l'intention de se 
conformer au rapport du peuple et désire avoir une 
copie de ee rapport , on la lui délivrera , mais s'il 
fait quelque difficulté , on le priera de tenir la chose 



(!) Le nombre des canonsiers était à cette époque de 65. 
(2) Ces ambassadeurs étaient Maître Jean Bauvîgnon, mattre des 
requêtes deiliétel du roi et Maître Jehan de Bousy , secrétaire du roi. 



Digitized by VjOOQIC 



— 225 — 

eu surséanc^ , en lui proposaot de détenir l'ineuipé 
en bonne et sûre prison , jusqu'à ce que les cousaui 
aient terminé leur enquête. 

Le 29 janvier, on publie ce qui suit : 

« On vous fait assavoir que, pour cause de l'offense 
japiécha faite par Jaquemart de Bleharies, d'avoir allé 
quérir et extrait , des prisons de Révérend Père en 
Diêu Mopa, l'évesque de Tournay, Gillart Mersaut qui 
lors y estoit prisonnier comme hérèze et malcréant 
en la foy, pour lequel eas ledit Mersaut a été exécoté 
à mort; et aussy pour Tinjure et offence qu'il puel 
avoir. commis envers plusieurs du peuple de la ville 
d'avoir maintenu de avoir prins et extrait ledit Mei*saut 
bors desdites prisons, h leur requeste, en eulx de ce 
chargant et soy en excusant sur eulx contre vérité , 
pour de ce donner audit de Eleharies telle pugnicion 
que au cas en appartenra et réparer publiquement 
l'injure faite audit peuple , comme il appartient ; il 
est ordonne par Mons. l'inquisiteur de la foy et aultres 
de l'église , pour tant que ce puet touchier à nostre 
foy, que à demain la prédication qui appartient à faire 
en tel cas se fera , présent ledit de Bleharies , en 
Taltre et cbimetère de l'église Nostre-Dame de Tour- 
nay, et là endroit , par mondit seigneur l'inquisiteur, 
sera donné pugnicion audit de Bleharies telle que au 
cas appartenra. £t pour ce que puis nagaires, touchant 
ceste matère^ a esté conclud et délibéré par le peuple 
et communité de ladite ville pour ce assemblez par 
collèges de bannières, qu'ilz vœllent à ce faire tenir 
la main, comme bons chrestiens et filz de sainte église 
doivent faire et avec ledit inquisiteur assister et demou- 
rer en ce faisan! , Messeigneurs de la loy de ladite 



Digitized by VjOOQIC 



— 226 — 

ville signiffieDt et font savoir au peuple et bonnes gens 
d'icelle ville et que dit est, afin que ceulx qui se 
voiront veir et oïr , y puissent estre , se bon leur 
semble. Et font deffencc mesdis S" de la loy qu'il ne 
soit aucune personne qui , en ce faisant , devant ne 
après, face ne die cbose dont murmure, mal ne incon- 
vénient quelconques se puist ensuir à ceste cause , mais 
assiste et demeure un chacun en ce faisant avec lesdis 
de la loy, ledit inquisiteur et autres de Tëglise, comme 
bons chrestiens et fils de sainte église doivent faire , 
ainsi qu'il a esté et est délibéré et conclud estre fait 
par ledit peuple, à peine cellui ou ceulx qui feroyent 
le contraire d*en estre incontinent pugny criminelment 
ou autrement , selon l'exigence du cas, à le discrétion 
et ordonnance de Mess" prevostz et jurez et par l'assens 
des bonnes gens des bannières , se mestier est. 

«t Et le joeudi xxx** jour dudit mois ensuiant , pour 
cause de ce que plusieurs du peuple n'estoient point 
contens de la punition que ledit inquisiteur avoit de 
ce donnée audit de Bleharies et voloient oïr ledit de 
Bleharies en ses excusations, que faire ne dévoient de 
raison, en allant du tout contre la deffence et ordon- 
nance dessus déclarée, environ le closque du vespre, 
on fist un cry aux bretesques et de quarfour en quar- 
four, que toute personne estant en bannière , armé et 
abastonné, veinst incontinent au marchié desoubz sa 
banière, pour pourveir et remédier sur ceste matière, 
à i'onneur de Dieu, du roy nostre sire et de la dite ville* 
Et en obtempérant audit cry , les bonnes gens de ladite 
ville s'asemblèrent prestement audit marchié, et la ehose 
à eulx mise en termes, ilz disrent tous d'une mesme 
voix qu^ils avaient agréablement tout ce que fait avoit 
esté par ledit inquisiteur et y voloient tenir la main 



Digitized by VjOOQIC 



— 227 — 

œmme bons chrestkns et filz de sainte église. Et de 
tant uog chacun s'enala et retourna en sa maison et 
ostel bellement et douchement, requérant les plusieurs 
que on feist pugnicion par justice , comme il appar- 
tenra , de ceulx qui estolent coupables d'eux ainsi 
avoir fait assembler sans cause raisonnable. » 

1" février 1426 (1427, n. st), — ■ On désigne les per- 
sonnes qui iront au-devant des ambassadeurs du rar 
qui doivent bientôt arriver en cette ville. 

3 février 1426 (1427, n. st). — L'évêque de Nantes 
et les autres ambassadeurs du roi réclament le paie- 
ment des 4,000 écus , à prendre sur la composition 
annuelle de 6,000 livres. — L'article suivant du compte 
du receveur général de la ville nous fait part de la 
suite qui a été donnée à cette demande : 

c A révesque de Nantes , chancelier de M. le duc 
de Bretaigne, et aussi Maistres Jehan Girard et Thié- 
baut le Moisne, conseillers et maistres des requestes 
de l'ostel du roy nostre sire, lesquelz ensemble, avecq 
le sire de Corchefelon et Messire Jean de Chevery , 
le roy nostre dit S% pour le bien de paix et le ré- 
union de ses vassaulx et subgiés , a voit chargié et 
commis de aler lors, c'est assavoir, ou mois de février 
l'an mil eccc xxvj, qu'ils estoient venus en ladite ville 
de Tournay , pardevers M. le duc de Bourgogne en 
son pays de Hollande, adfîn de lui déclarer l'intention 
et volenté du roy nostre dit seigneur. Et poui* ce 
eust volu et ordonné estre prins sur le fait de ses 
finances de sa dite ville de Tournay et aux dessus dis 
baillié assignations, l'une de vii]*" iiij" et x escus en 
une partie et de v° et 1 escus en une autre, lesquelles 



Digitized by VjOOQIC 



— 228 — 

ilz «voient inonstrées auxdis consHaIx et à eux requis 
et prié que , pour susporter les grans frais et mises 
qu'il leur convenoit faire audit Toyage , qui tant ton- 
choit et regardoit le bien du roy et de toute la 
chose publique de son royaume , et aussi que ils 
n'avoient peu recouvrer ne avoir finance sur le 
prouffit de le monnoye de ladite ville de Tournay , 
iceux consaulx leur volsissent aidier à avoir finance 
sur les deniers de la composition et ayde que ladite 
ville fait par an au Roy noëtre dit seigneur^ ou autre- 
ment ledit voyage seroit retardé. Â quoy lesdis con- 
saulx IJbéralment , considérant le bien , prouffit , 
honneur et granl fruit qui, par l'accomplissement dudit 
voyage, se povoit ensuir, se inclinèrent et accordèrent 
estre baillié des deniers de ladite composition , ij'" et 
1. florins d'or escus à le couronne de France , c'est 
assavoir audit Mons' l'évesque vj"" escus , et aux autres 
ambassadeurs dessus nommés lesdites deux autres 
sommes, lesquelles ainsi qu'il cstoit et est contenu par 
parties es lettres de charge desdis seigneurs (I), esqiiet- 
les sont compris lescus pour Berry le héraut , les xl 
pour Heliot de la Folie , chevaucheur du roy et les 



(!) Les arcbives possèdeDt les lettres originales, datées da 17 
février et délivrées \i ce sujet par Jean de Malestret, évêqiie de Man- 
tes , chiincelier de Bretagne. Il y est dit que le roi l'avait envoyé en 
ambassade auprès du duc de Bourgogne , aGn de traiter de la paix ; 
depuis, aux mois de novembre et de décembre 1426, il avait été en 
Piémont près du duc de Savoie, ei ensuite en Allemagne, dans la Lor- 
raine, le Barroiset leBrabanl. Leroi lui avait assigné, entr'aatres, fMvr 
ses frais d'ambassade, quinze cents écus d'or sur la.'mdnnaie de Tovr- 
nai. Arrivé en celte ville, il trouva la caisse de la monnaie vide, il 
sollicita alors des magistrats le prêt des 1500 écus quMi obtint et que 
Par ces lettres il reconnaît avoir reçus. 



Digitized by VjOOQIC 



— 229 — 

autres x donnés par courtoisie , les six au clercq 
dudit maistre Jehan Girard et les iiij audit Berry le 
héraut , lesquelles parties , montant à ladite somme 

de ij"* et 1 escus à le couronne, valirent 

iij™ Ixxv 1. 

5 février 1426 (1427, n. st.) — Les consaux sont 
assemhlés pour prendre une résolution au sujet de ceux 
qui , le 50 janvier , par manière de sédition , se 
sont réunis au Bequerelle pour émouvoir le peuple et 
l'engager à délivrer des prisons de Tévéquc Jaquemart 
de Bleharies. Les écheyins déclarent s'en référer d'avance 
au jugement des jurés; les éwardeurs font la même 
déclaration , mais ils proposent de faire grâce immé- 
diatement à ceux qui ne sont pas reconnus coupables; 
d'un autre côté , la majorité de ce collège veut que 
si quelques-uns des prisonniers sont condamnés à mort, 
on consulte le peuple avant de procéder à leur exécu- 
tion. Enfin les doyens ne sont point d'opinion que , pour 
lesdits méfaits ^ on en punisse aucuns criminellement 
sans le conseil du peuple , entendu le péril qui y pourroit 
estre , et aussi comment contre autres délinquans on a 
procédé par cy devant^ et encore si le peuple le vouloit, 
si y prendroit'il doubte. 

9 février 1426 (1427, n. st.) — Piérart de Nouveau- 
ville, clerc de l'échevinage de Tournai, est désigné pour 
accompagner en Hollande Tévéque de Nantes et les am- 
bassadeurs du roi. 

li février U26 (14^7, n. st.J — Maître Jean Bouvi- 
gnon et son collègue commissaire du roi , demandent aux 
consaux un compte de ce qui reste du et de ce qui a 

UÊU, T. VIII 29 



Digitized by VjOOQIC 



— ^50 — 

été payé de la composition annuelle de 6,000 I.,et ce 
depuis le commencement do règne de Charles VIL — 
On lui exposera l'état des finances de la ville, qui est 
tel que k roi doit beaucoup. 

— On renouvellera à M. de Montjou l'offre qui lui a 
été faite dans le temps. (V. p« i98.) 

iî février 1426 (4427, n. st.) — Publication ordon- 
nant "h Piérart du Moliniel , k Jean Moyen, à Colart 
de Foriest, k lean Ogimont et à Jean Casliel de com- 
paraître pardevant les prévôts et jurés, pour répondre 
au procureur général sur les faits qui leur sont repro- 
chés et qui les signalent comme les auteurs du trouble 
avenu le 30 janvier (P). 

43 février 4426 (4427 , n. st.) — Le compte récla- 
mé le 44 par Mattre Bouvignon est présenté aux con- 
saux, mais ceux-ci décident qu'il n'y a pas lieu de lui 
en délivrer copie ; si ce seigneur s'en montre mécontent, 
on vérifiera ses pouvoirs avant de procéder plus avant. 
— Le 25 , on lui remet cette copie , ainsi que l'infor- 
mation qui a été faite contre les bannis ennemis de la 
ville. 

— Une proposition de retenir Mattre Bouvignon en 
qualité de conseiller de la ville , est rejetée , mais en 
même temps on décide que, lors de son départ, on lui 
fbra quelque courtoisie, 

48 février 1426 (1427, n. st.) — 200 écus d'or sont 
alloués à Maitre Bouvignon, pour le mettre à même de 
retourner près du roi. --* Cette somme est portée en 
compte de la manière suivante: « A Maistre Jehan 
Bouvignon , conseiller du Roy et maistre des requestes 



Digitized by VjOOQIC 



— 254 — 

de son hostel , lequel avait esté eDToyé de par icellui 
seigneur en sa ville de Tournay et |Niys de TourD4sis, 
où il a esté par certain temps , pour entendre et don- 
ner provision, tant sur le fait de la justice comme au- 
trement es besongnes et affaires d'icellui seigneur , et 
sur ce que ladite ville devoit de la composition et ayde 
de vj m. 1. t. par an qu'elle lui est tenue à faire. Et 
pour ledit maistre Jehan payer ses despens dodit voyage 
et s'en retourner devers icellui fieigneur^ a esté payé et 
délivré iij c. florins d'or escus i le couronne de France, 
qui valirent à xx% s. t. le pièche. . • iiij c. 1, n 

âO février 1426 (1427 , n. at.) -^ Il est ordonné à 
toutes les personnes faisant partie des bannières de se 
rendre le lendefnain au lieu ordinaire de leur réunion, 
à l'effet de procéder à l'élection de leurs doyens et 
sous-doyens, conformément b la charte aeeordée par le 
roi* Les déftillants seront punis d'une amende de 
ô s. (P.) 

3 mars 1426 (1427 , n. st.) ^ Le bruit court que 
des cnneqils de la ville s'assemblent h Aotoiog dans 
le but de nuire aux Tournaisiens. ^ On envoie h An- 
toing s'enquérir de Teiactitude de ce bruit. {CompU 
de 14270 

5 mars 1426 (1427 , n. st.) ^ On publie, te règle- 
ment suivant concernant les bannières : 

» Que dores en avant toutes personnes quelconques 
d'eage compétent , de quelque mestier qu'ils soient , 
non réputés attains ne convaincus de villain cas^ ayans 
et tenans domicilie et ostans en dizaine en le juridio- 
tion de ledite ville , puissent entrer es baniàres des 



Digitized by VjOOQIC 



— 232 — 

mestiers dont eulx 8*entremettent qui seront et feront 
lesdis mestiers, comme le chartre du Roy nostre Sire 
contient, et que à ce soient receus par les doyens ou 
soubz-doyens d*iceu)x mestiers , en faisant les sermens 
à ce introduis et accoustumés, et aussy en payant les 
assices et autres droitures à ce ordonnées, et qu'ils se 
rieullent selon les Chartres, privilléges et estatus de la 
dite ville et des ordonnances desdis mestiers ; lesquels, 
qui ainsi y seront entrés, joyront parmi tant des fran- 
chises desdites banières, pourveu que sans grace^ licence 
ou commandement de Messieurs ou de leurs doyens 
ou soubz-doyens , ils ne se porront armer ni porter 
armeures , de jour ne de nuit , en le juridiction de 
ledite ville , sinon au guet , nonobstant qu'ils fuissent 
réputés frans es dites bannières et mestiers, mais oultre 
ledit an acompli en poront user et faire comme les 
autres manans d'icelle ville. 

» Item et quant aux personnes, non sachans ou faisans 
quelque labeur qui fuist réputé mestier, vœillaus entrerès 
franchises desdites banières et mestiers , nulz doyens ne 
soubz-doyens ne les y poront recevoir , mais seront 
tenus ceulx de telz conditions , que dit est, de venir 
pardevant Messieurs les doyens et soubz-doyens , en 
leur collège, faire à eulx requeste de esCre receus et 
mis en banière , lesquelz les poront à leur bonne 
discrétion mettre en quelle banière que bon leur 
semblera , en les faisant faire lesdis sermens et eulx 
interdire de non porter leurs armeures, comme dessus. » 

13 mars 1426 (1427, n. st.) — Résolu de poursuivre 
l'information commencée contre les personnes prévenues 
d'être les auteurs de la tentative faite contre cette ville 
le 14 octobre {v. p. 121.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 233 — 

iA mars 1426 (1427^ n. st.) — Retour de Piërart de 
Nouveauville de son ambassade en Hollande. Il se rend 
le lendemain en la halle et prie les consaux de délé- 
guer les chefs et quelques autres de la loi en petit 
nombre , pour ouïr ce qu'il sait et ce que les ambas- 
sadeurs du roi lui ont dit, tant sous le rapport de la 
paix projetée entre le roi et le duc de Bourgogne , 
qu'au sujet de la continuation du traité de paix entre 
Je duc et la ville. — Les quatre chefs de loi sont 
seuls délégués. 

— Il est résolu d'écrire au roi , au sujet de trois 
bourgeois de Gand qui , en allant en pèlerinage à St.- 
Jacques en Galice , ont été arrêtés par les gens du 
président de Provence et du bâtard d'Orléans. 

2i mars 1426 (1427 , n. st.) — On recommande à 
ceux qui ont entendu le rapport de Piérart de Nou- 
veauville de tenir la chose secrète et de ne la divul- 
guer sous quelque prétexte que ce soit. — Le 25 avril, 
la même recommandation est faite aux échcvins à qui 
leur mayeur avait fait part de l'état des négociations de 
la paix. 

22 mars 1426 (1427 , n. st.) -— On voit dans les 
comptes que ce jour-là , un grand nombre d'archers , 
d'arbalétriers et d'autres gens armés , commandés par 
sire Michel de Gand, prévôt, furent envoyés h Ere pour 
s'emparer et livrer à la justice plusieurs ennemis et ab- 
sentés de la ville qu'on disoit se tenir au castiel d'Ere, 

24 mars 1426 (1427, n. st.) — On reçoit des lettres 
de Piérart de Nouveauville; les consaux sont très-satis- 
faits de leur contenu. 



Digitized by VjOOQIC 



- 254 - 

7 avril 1426 (1437, q. st.) — Sire Michel de Gand, 
prévôt, Martin de Bary, Henri de Cannera et le pro-» 
cureur général de la ville, auxquels seront adjoints quel* 
ques délégués du chapitre , sont députés pour aller 
négocier le renouvellement du traité entre la ville et le 
duc de Bourgogne. — Le 25, ces députés font leur rap- 
port et les cousaux décident que les collèges des han- 
niëres seront assemblés le 37} pour donner leur avis 
sur cet objet. 

5 mai 1427. ^ Des députés sont désignés pour aller 
auprès de l'évéque de Tournai et les autres conseillers 
du duc. Ils s'efforceront d'obtenir le retrait des deux 
conditions qu'on veut imposer pour le renouvellement 
du trailé, savoir : 1° les individus coupables de la 
tentative faite le 14 octobre contre cette ville pourront 
y revenir ^ â^" Ils jouiront de tous les biens qu'ils y 
possèdent. D'autre part , il est résolu que si l'évéque et 
le chancelier vont en Hollande , les députés tournaisiens 
IjBS accompagneront. 

5 mai 1427. — Après avoir pris communication des 
lettres du roi contenant l'accord , passé en parlement , 
qui met fin au procès entre la ville et Philippe de 
Bourghielle, les consaux ordonnent l'élargissement de 
ce dernier. 

10 mai 1427. — Rapport des députés élus le 5. — 
Il est enjoint h chacun des membres des consaux de 
tenir le tout secret. 

» Le venredi xvj^" jour de may mil cece xxvij, finreot 
les consaulx assemblés pour le fait de le prinse de 
Jaquemart Toriel, prisonnier à Cambray, dont l'in- 



Digitized by VjOOQIC 



— 235 — 

quisiteiir da fait de la foy envoyé de M. l'ëvesque de 
Cambray a fait ioformatioD , sur ehe qu'on le dist estre 
hérétique et pour aroir esté contre la foy-, laquelle 
information , qui estoit close et scellée soubz le scel de 
sire Jehan du Bos , prevost et autres , il requist à ra- 
voir pour monstrer et faire savoir audit M. l'évesque 
ce que il avoit chi fait. Lesquelles coses et autres qui 
avoient sur ehe esté dites à l'ostel M. l'évesque de Tour- 
nay, en le présence de l'o£Scial de Tournay^ Maistre 
Liévin de Blecquere et autres gens de M. l'évesque , et 
aussy les quiefz de loy et officiers de le ville, Maistre 
Jehan de Maude qui , avecq Maistre Jehan Plantehaye, 
avoient ad ce esté présens , dist et remonstra auxdis 
consaulx; lesquelz, sur ce eu advis , fu accordé que 
ledit inquisiteur ait sadite information et que s'il en 
Yuelt faire il le face , et li et que en ce il ayt confort 
et ayde , en lui priant que ledit Toriel il vueille trai- 
tier doucement, et s'il n'est coupable, qu^on le délivre. » 

50 mai 4427. — Lettres de Michel de Gand et' des 
autres députés envoyés en Hollande auprès du duc de 
Bourgogne, pour négocier le renouvellement du traité 
de sûr état. — Ces lettres seront lues en la halle par 
devant le peuple. Les résolutions suivantes sont ensuite 
prises: 1^ On fera partir de la ville les étrangers; 
2® On enverra aux députés des lettres de créance telles 
qu'ils les demandent, en leur faisant savoir que, dans 
tons les cas et n'importe par quels moyens , ils doi- 
vent conclure le traité. 

â juin 1427. -^ Retour des députés. Us se rcndeiit 
le oiéme jour en la halle, en la compagnie de Phili- 
bert de Vaudrey , et font leur rapport en présence 



Digitized by VjOOQIC 



— 236 — 

d'un très-grand nombre d'habitants de la ville. Gilles 
du Clermorlier, procureur-général , déclare en leur nom 
qu'ils ont la conviction que , moyennant une aide de 
12,000 couronnes, le duc de Bourgogne consentira au 
renouvellement du traité, sous la condition néanmoins 
que les bannis et les absents de la ville auront la 
jouissance de leurs biens. — Il est résolu de renvoyer 
les députés à Valenciennes , où se trouvent le duc et 
son conseil. Ces députés, sont autorisés à offrir jus- 
qu'à 12,000 écus sans condition, mais si le duc exige 
le maintien de cette condition , ils ne pourront rien 
conclure sans l'autorisation des consaux. 

« Et depuis revint Théry Despars (1) , avecq lettres 
des autres trois avecq lui envoyés en ambassade , fai- 
sant mention que M. Tévesque leur avoit dit que de 
nostre matère on ne pooit conclure jusqucs à le venue 
de Mgr. de Bourgongne, et que sans les deux poins 
darrains touchant les biens et personnes des absentés, 
on ne poroil besongnier, avecq autres coses touchant 
celui fait. — Sur quoy eu advis, fu ordonné que les 
ambassadeurs que on renvoyé avecq les autres fâchent 
le mieux qu'ilz poront, et qu'ilz puissent promettre à 
donner jusques à v° couronnes, afin qu'on fâche qup 
ledit traitié se passe sans condition. » 

6 juin 1427. — Retour , des députés. Ils sont por- 
teurs d'un projet de traité qui leur a été remis au 
nom du duc et en vertu duquel ce prince promet de 



(1) Tbiéry Despars était le frère de Jacqaes Despars, foDdatear de 
bourses très- importantes poar l'étude de la théologie, du droit et de 
la médecine. 



Digitized by VjOOQIC 



— 237 - 

proroger le traité pour un an , aux conditions suivantes : 

i" Les Tournaisiens paieront au duc une somme de 
15,000 écus d'or; 

â« Les personnes qui ont quitté Tournai pour cause 
et sous prétexte de certaine entreprise et assemblée der» 
nièrement faite devant cette vUle^ jouiront de tous leurs 
biens qu'ils possèdent en icelle et au bailliage de Tour- 
naisis, nonobstant les procès entamés; 

3* Les sujets des pays du duc et les sujets et habi- 
tants de Tournai , quels qu'ils soient , qui se sont ab- 
sentés pour la cause susdite, pourront aller, venir, pas- 
ser et demeurer dans la ville de Tournai , sans que , 
par la justice d^itelk^ il leur soit fait ou donné quelcon^ 
que mokstation ou empêchement ; toutefois si quelques- 
uns de ces absents sont trouvés fort suspects, ils seront 
désignés au duc qui les tiendra éloignés de la ville , 
mais ils jouiront des revenus des biens qu'ils y possèdent 
et pourront circuler dans le bailliage de Tournaisis si, 
pour l'administration de leurs biens , leur présence y 
est jugée nécessaire ; dans tous les cas , l'entrée de la 
ville et de la banlieue leur sera interdite ; 

4« Les gens d'église de Tournai seront tenus francs 
et quittes de la finance qui sera payée au duc, k cause 
du traité et d'autres semblables , et jouiront paisible- 
ment de leurs biens, car pour rien, a dit le duc, il ne 
vouldroit par traitié quHls fussent aucunement asservis et 
qu^ils ne demourassent en leurs franchises; 

5* Les Tournaisiens devront rapporter la réponse k 
Lille, avant le premier mardi après la Pentecôte. 

— Résolu de réunir la communauté le lendemain , 
pour avoir son avis sur ce projet de traité. 

Le lundi 9 , les collèges des bannières font parvenir 

MÉM, T. VIII. 30 



Digitized by VjOOQIC 



— 258 — 

aux ooDsaux an rapport sur les résolutions prises par 
la communauté dans la réunion du 7. Ce rapport est 
conçu en ces termes : « toutes les personnes , bonnes 
gens et communité de tous les collèges desdites ban- 
nières sont très-désirans^ d^accort et d'assens de accep- 
ter, prendre et avoir ledit trailié de seur estât |tu meil- 
leur marchié que faire se pora , mais ilz prient et re- 
quièrent h Messeigneurs les iiij consauU que^lçs condi- 
tions parlans dudit traitié soient corrigiées , restreintes 
et modifiées au moins de préjudice pour la ville que 
faire se pora , car de ce faire ils en rechargent les dis 
iiij consaulx , en gardant tousjours en ce l'honneur du 
Roy nostre sire, de ladite ville et de tous les bourgois, 
manans et habitans d'icelle , le mieux qu'on pora. Ce 
entendu qu'ilz ne sont point d'acort, d'assens ne nulle- 
ment consentant que ceulx des absens qui , par traïson, 
présumèrent de vouloir prendre ladite ville et qui, par 
fourme de réservation, seroient dénommés et bailliés par 
déclaration audit M. de Bourgongne ou à son conseil et 
puissent , par quelque voje ou manière que ce soit , 
aler, venir, demorer, converser ne résider en ladite ville 
ou banlieue de Tournay, ne aussy au bailliage de 
Tournay et Tournésis. » 

iO juin 1427. — Trois des députés envoyés à Lille 
auprès du duc de Bourgogne en rapportent une cédule 
contenant quelques légères modifications au projet du 
traité. Les consaux, reconnaissant l'inutilité d'insister da- 
vantage , se déterminent h accepter le traité tel qu'il est 
proposé; ils chargent cependant leurs députés de faire 
une dernière tentative pour que l'article concernant 
les bannis et ennemis de la ville soit rédigé comme 
suit : « Les ennemis , absentés, bourgeois , manans , 



Digitized by VjOOQIC 



(aot bannis comnie autres^ qui furent à Tentreprinse ^ 
ne puissent irenir converser ne repaire, durant le 
temps du renouvellement dudit traitië^ en le ville, 
banlieue, juridiction, ne au bailliage, fors à leurs 
périlz et aventures , sans aueuns en dénommer; que 
eeulx des pays dudit seigneur et autres de dehors, 
qui pareillement furent à ladite entreprinse, y poroni 
bien venir et demorer, Vil leur plaist. » (i) 



t^^ ^^SSsfed^D^^:»^ 



(1) Cette modification ne fut pas admise, ainsi qu'on le voit dans les 
lettres originales du traité conclu \ Lille le 13 Juin, qui nnaîjatlennent 
l'article proposé par le duc. 



Digitized by VjOOQIC 



REGISTRE COMMENÇANT LE 17 JUIN i427 
ET FINISSANT AIJ. 29 PQCE|IB^E 1429. 

18 juin 1427. — Pour reconnaître les services 
rendus, par Philippe de Vaudrey, Jors des négocialions 
pour le renav^yeUement du trait4 réteaHnent conclu 
avec le duc de, Bourgogpcy les eonsiuix lui allouent 40 
écu5 d'or. lU accordent paiement, dix ëcus d'or à Jean 
Pié, premiiBr écbansQo du daiiplua. 

20 juin 1427. — Défense est faite i tout bourgeois 
ou habitant, de Tournai d'aider , d'accompagner j de 
parler et de converser avec les individus qui, au mois 
d'octobre, ont tenté de prendre la ville par trahison, 
sous peine d'encourir une amende de 20 L, d'être mis 
en prison et puni h la discrétion des ; prévôts et ju- 
rés. (P) 

5 juillet 1427. — Piérart le Sénescal et Jean de Bou- 
logne sont députés vers le roi, pour solliciter plusieurs 
choses mentionnées dans les instructions dont ils sont 
porteurs. Si , dans le cours de leur voyage , ils sont 
pris ou rançonnés , ils seront rachetés ou dédomma- 
gés aux dépens de la ville. — Le 15, les consaux se 
rallient à la décision des doyens, en confiant cette mis- 
sion à Piérart de Nouveauville et à Jacques de Hongny. 
Ce dernier, d'abord proposé par les doyens seulement, 
finit par être admis par les trois autres collèges. 

7 juillet i427. — Il est alloué une somme de 10 1. 
a chacun des trois délégués des consaux qui ont ad- 
ministré les biens des ennemis de la ville. Les con- 



Digitized by VjOOQIC 



saux décident en outre que si, par la suite, ces trois 
délégués sont inquiétés pour cause de leur gestion , 
la ville les défendra et' les garantira envers et contre 
tous. 

i^ juillet 1437. — Les ^iéputés désignés poor se 
rendre auprès du roi -sont «uforiséé'lr donner ^ à qui 
bon leur semblera ^ jusqu'à â,000 édus et même plus , 
s'ils le jugent utile pour le bien de la ville. On leur 
promet d'avoir pour agréaUe et d'entretenir tout ce qui 
sera fait par eux. 

— Deux députés sont chargés d'aller offrir à M. de 
Montjou mille écus et même iiOO ou iSGO, afin que 
la ville soit en paix avec lui. 

24 juillet 1427. — u Par devant les prevosts et ju- 
rez en nombre d'assens, à Willaume Croquevillain qui 
estoit leur prisonnier , pour ce qu'il portoit et mons- 
troit avoir hayne à sire Jehan de Quarmont , souve- 
verain-doyen des mestiers^ et ne voloit estre en lieu où 
il fuist, parler, boire ne meugier avec lui, fut requis 
qu'il deist et déclarast les causes de ladite hayne ; 
lequel dist que plusieurs fois ledit de Quarmont l'avoit 
injurié et vilonné, et demi an avoit qu'il avoit fait une 
requeste aux consaulx touchant le fiertre qu'il avoit à 
vestir l'année passée, i! lui avoit dit qu'il estoit esmou- 
veur de commun, et depuis avoit dit qu'il estoit trop 
orgueleux et ayoit bien congneu son père, avecq autres 
injures, en lui ravalant et vitupérant, et lui sembloit, 
s'il estoit quief de loy , qu'il ne l'avoit point à inju- 
ryer ne villonner , et ne lui estoit point permis à cause 
de son office, et c'estoient les causes qu'il avoit con- 
chcu hayne contre lui. Et néantmoins de haine ou mal- 



Digitized by VjOOQIC 



riotence quil pôoit àVoir en lui jusquès aujouiràlittî à 
ceste cause, en quelque manière, il lui pardonnoit et 
s'en tenoit eontent, et jamais par lui ne à sa cause ne 
lui en seroit fait quelque villonnie et desplaisir. €e 
entendu toutes voies que i lui ne voloit point parler, 
Mre ne mengier, ne esire en plaehe là où il Mst,- et 
se ledit deQuannornsourveiMlit en' placbe oà il fùlst^ 
ledit Cfoquevillain Ven parUrn, s^iVM plaîif, et ledit de 
Qtt*rmont y demeura ce bon lui aemblé. Et pareillement 
ledit de Qaarmont promist de li non dieflàii^ et teniîr 
paisible , sans lui faire ne dire , pour la cause -aile , 
chose qui h peust desplaire , sur tnurdré et villàin fait 
celui qui feroit do contraire, n 

â9 juillet 1437. — Pour apaiser un différend sur- 
venu entre tes irrchers du grand serment et ceux du 
petit , les quatre chefs des consaun décident que les 
premiers porteront pour devises les fleurs de lys et les 
autres le rosier. 

6 août 1427. — Les lettres adressées aux consaux 
ne pourront être ouvertes qu'en présence d'un prévôt , 
de quatre jurés, de deux échevins et le mayeur, de six 
éwardeurs, de dix doyens et du souverain-doyen. 

12 août 1427. — Les femmes, les enfants et les fa- 
miliers des ennemis de la ville qui seront sur le territoire 
de Tournai, seront sommés de s'en éloigner; s'ils y sont 
maltraités, tant pis pour eux. 

19 août 1427. — Le bailli du Tournaisis sera mandé 
pour qu'on l'invite k fournir la somme de 5,000 écus , 



Digitized by VjOOQIC 



— 843 - 

part contributive du bailliage dans le paiement k faire 
au due de Bourgogne. -— Le S dc^cembre, celte somioe 
est réduite à 5,000 écus. 

30 août Hâ7. — ^ A la requête d*Adam Julien et de 
Haqnipet Seroavd , v^l^t 9 sire iean Coppèt, prisonnierV 
prévenu dVoijr prÎ9 .ptirl^i la tentative - faille eentre 
cette ville par les biqnis , qq ^u moins d'en avoii' eu 
connaissance j est 'étogi^ cailse de oertiBiiae maladie 
dont il. est affecté., ih promet de se^ présenter toutes les 
fois qu'il sera mandé , è péril de 200 I. t. d'amende. 
En éutre^ le suadii Bernard s'engage à ne point quîttet 
l'hdtel de sire Jean Coppet, sonmaitre. 

29 août H27. — Sire Jean de Waudriponl , juré , 
Henri de Canners, grand sous-do^en, Mafaieu Fourniér^ 
éwardeur et Gilles du Clermortier, proéui^eur-général , 
porteurs d'un sau^eondult^ sont députée à BIhixélIesl Ils 
ont pour mission de solliciter l'intervention du duc de 
Brabant dans la terminaison do différend y qui existe 
depuis si longtemps entre la ville de Tournai et le Bur- 
grave de Montjou. Ces députés sont munis des pouvoirs 
nécessaires pour atteindre le but qu'on se propose. 

Le â septembre , ces députés écrivent que M. de 
Montjou ne veut point traiter pour moins de 2,000 
écus* JLes consau;i répondent que l'on peut régler l'af- 
faire pour cette somme, s'il n'est pas possible d'en ra- 
battre quelque chose. 

Le compte général de la ville (if^ril-septembre U27) 
contient l'article suivant qui donne quelques détails sur 
la marche des négociations de ce traité. 



Digitized by VjOOQIC 



— su — 

n A M. Je demÎHftU de MwtjùUf pour cause du Uraî- 
tié et JMScprd que les consaulx, pour le bien, paix, hon- 
neur et prouffit de la ville et le fait ^e labeur et mar- 
ekandise entretenir , avoir cours et excerser , ont fait 
audit seigneur « lequel pour les injures , dommages et 
daqplaifir» qu'il disoit avoir esté f^ùs & lui^^^^cuns de 
aéê gens , servi leuaa et ;eainp««Qoas , ou nipis de maj 
Fan mil itîj e. xkv, ou reseoiusse de prisonniejr& et au- 
bnme&t deparolles et de fait par aucuns des ^manaps 
el hahilaBs de la ville et baoj^eue de Tou^nay^f. à ison 
retoiir d'une rece et entreprinse qu'il ayoit laite de par 
feu M. le duc de Brabant et ave^ lui plusieuss ducs , 
contes, chevaliers, escuyers et autres jusques au nombre 
de xiiij eu ou environ, avoient, par leurs lettres patentes, 
deffié ladite ville et, banlieue , ensemble tous les bour- 
gois , manaus et habitans d'icelle , payé ij"" iij^ florins 
de Durdrescq. Item à Jehan de Wprde, escuier, seigneur 
de Walaing, pour soy avoir employé à faire ledit traitié 
et induire led^ de Montjou à y entendre et Ten soliciter 
par deux ans^ par plusieurs fois , à la requeste desdis 
eon^aulx , pour ce, ainsy que promis lui avoit esté, c. 
durdrescq, — Item à Robert DoIIe, escuier, pour avOtr 
pareillement aidié à faire. ledit traitié et soy y employé 
à grant dilligcnce plusieurs journées avec les députés de 
la ville et autrement , cinquante durdrescqs. — Item & 
Haistre Jehan Marchant , secrétaire de M. de Brabànt j 
pour avoir aidé audit accort traitier et y fait plusieurs 
escriptures et minutes avant que ledit de Montjôu * les 
voulsist passer, et aussy les lettres patentes dlcellui de 
Monijou que la ville en a sur ce , x durdrescqs."^ 
Item à celui qui portoit le scel dudit de Montjou, jjpou/ 
le scel desdites lettres, de plusieurs saufz-conduis de 
paravant donnez pour poorsuiir ledit traitié et autrement, 



Digitized by VjOOQIC 



el 4ti€ iiëce«aif«ii6»i il eoMrim pai^r h lui ayant 9u'on 
peust avoir fendîtes IcttveB, xiiij maîlkf dior, (k x»x 
gf08 la pidee — Ilem k rboi^sm 4« caobrc dudii M» 
de Brabant «A à hr sie» «ompaginon , i|ui donné leur 
la par k» dépptié» d» fMr )a wUl^f fKmf âe« phu^iffs 
'et «mtotiés qu'ils lisiNr aMMCot fui ■•» tedito pourgi^uJAa 
•C i kor fiàîrt a«Miîr -aiadiitaee: d«ff«f|t Mil M^ 4l« 
Brsbont et ion eoméii^ dw» iiiaill#f d'0« 9 <fe w^ 9"^ ^ 
pîà«e« Les^iuAlM^ fAvtie» irttoitfiéaff at «vtlnéeff à .sobi 
et U^tea tooMMis monlMê^ t ^somptor ixMîj gras peur 
£K B. et diirdfflMq k ni gnM , à le aiNiHDe de î> "^^ 
ix c. îx !. viij s. ij d. t. » 

9 septeflrt)rr 4*^29. --* Preneast d^«iie FéoNnpeMede 
cent couronnes pour chaque banni ou cnnemè et la' 
yille qui sera mis entre les mains de la justice: 

» An TOUS 6il assavoir qMypoiir ce qm'ii «al. venu i 
te ^engnoissaoce de m^my pnevote el jucei^ esobjevim^ 
efigardeors, deyens etwushdojjsenadt» nesiiers^, et assee 
tnAmncs que plnsients kaoÉls et abaeatei de fa vilfe 
qui , pw OMTchinalioii itamaise , se se»! effarchiee el 
eontendu à le prendve et f enlver par laree el Ipaiso»^ 
non contens ée ce que luît en ont , mais ai penévé-^. 
rani de mal en pis, eo eoattnnaa* en dempsabie pue- 
pea, seubtillent et^«d?isent ehaeuo jour de âeus et de 
Iladite ville nuire, el doÉtruine et «wKaire, y geMer et 
ftiire bouter fe« en plusieurs Ubusl , pou» ^enr» i 
leur mauvaise ietenliee. Néus^ pe«nr y rfaislery poiir<- 
voir et divier adTee, avons ordonne que s^it eal peraoane 
aucune que lesdis banaie, ennemis' «I trallre^ onaeeons 
d'eufec, c^est assavoir les nalifz de ladite v«He et etalx 
qui Y demouroyent au jour de ladite entreprisse , 
veotlle on puisse prendre s«r le poeir , banliesM et 
■Ml. T. viii. 31 



Digitized by VjOOQIC 



juridiction de ladite TÎIle el an baiHiage de T^rnésis, 
et amener à jostice , et ils aroiit pour chacun decKii» 
traîtres prias et ainenez k jottice, si que dit est, éeê 
deniers de la ville , cent florins d'or eseus k le cou- 
ronne de France , avec les chevaulx , armeures et 
harnas que il aroyent. Et lesquels c, escuz nous pro- 
mettons faire, paîer et délivrer aitost qu'il aront fait 
lesdites prinses et livré k nous lesdis ennemis. Et si 
en ce faisant et lesdis ennemis se meissent A deffeocei 
il en advenoit mort ou affolure , c<^ seroit le fait de 
la ville et les amearoit etmettroit du tout à paix. » (P); 

Si octobre I4S7, ^ C^ron Destrayelles demande 
que sa femme puisse venir à Tournai pour ses affaires. 
— Rejeté. 

Le mercredi Sa. octobre, le serviteur d'un bour- 
geois de Paris est arrêté^ parée qu'il apportait des lettres 
de l'université deParis^ ayant pour but de faire citer 
en cette ville l'abbë de St.-Martin- et d'autres per- 
sonnes de Tournai. Ce serviteur interrogé déclare , 
entr'autres choses, que le doyen de St.-Brice, à qui il 
a montré ses lettres de citation, lui a dit que s'il en 
avait été requis, il eût fait la citation. Le doyen appelé 
k comparaître par devant les prévôts et jurés , dit que 
le serviteur lui ayant montré les lettres de citation et 
demandé si elles pouvaient être exécutées , il lui a 
répondu quHl se pouvait bien faire et quHl trouverait 
bien hofnme qui le ferait et h pouvait bien faire , et 
s'il en eust esté requis , t7 /'etisi fait et exécuté , et 
tellement qu'à ceste cattse ledit serviteur s'avaneha de 
valoir faire exécuter lesdites lettres , dont murmure et 
eselande en fut entre te peuple de la ville , pour cause 



Digitized by VjOOQIC 



de ce qu$ hsdU cfet ^Paris mmt cmemie du- Rùy et de 
la -viUe. PQutquoff , pour- - éviter < à tous ineanvéfdem et 
cg^iskr Mit peuple^ ^eonridété que ledH doj/enen awit 
esté cause ^ ledit dogen a\eHê prins et mis prisonnier. 

â^ octobre 1427. ^-Retour de PSéran de Nouveau- 
vBle et de Jacques de HoQgby de leul* voyage auprès 
du roi. Ils font leur rapport le lendemain , en pré- 
sence des coùsanx^et du peuple pour ce spécialement 
appelé. Après avoir donné lecture de certaines lettres 
closes du roi, ils eihibent d'autres lettres qa'ils ont 
impétrées de S. M., entr'autres les suivantes: 

V Don fait à la ville de la BKHtié du profil du 
sejfueuriage de Tournai^ 

. 2"* Quittance de tout ce que la ville lui do^ de la 
composition annuelle de 6,000 livres ; 

S'' Autorisation de élever sur chaquié lot de cervoise 
et autres breuvages de grains .um^ maiUetaumokj en 
sus de celle qui est déjà perçue ; 

i"" Pouvoir de contraindre ceux du bailliage et les 
gens d'église à contribuer dans la somme payée au duc 
de Bourgogne pour le renouvellement du traité; 

5** Enfia octroi de vendre pour mille écus d'or de 
rentes viagères. 

2 novembre 1427. — Lettres par lesquelles le d"^ 
de Savoie demande que la ville envoie des délégués 
povlr le 11 de ce mois, jour qui a été fi»S pour déli- 
bérer sur certaines propositions de^ paix ou d'ahstinience 
de guerre. Il annonce qu'il envoie à cet effet au chan- 
celier de Bourgogne son grand maître d'hôtel ei 
conseiller. 

— . Lettres de Barthélémy de, Razel, maUre. particu- 
lier de la monnaie de Tournai, par lesquelles il con- 



Digitized by VjOOQIC 



A0ille avi coitMux â*wKtyaftt , à là joiâmékf îadiquée ^ 4m 
dëliigBés monît 4e ponvoiirs sidtants. SoM désignés « 
eet effiei iaequès de Réaff^f el Piéfmri d& Nouf ti m 
vUle. — Le tondeoiaia , on leur M^gîoi iâcqsca tnêm 
et l'oD décide que les pertes qu'ils pourront éprouver 
duas \fi eoi)i:8 4f^ leur yoyage seront supportées par la 
yillQ* rieur dépari a lieu le 4 ^ à 8 heures du s^. 

6 novembre 1417. ^ Direase est faite aea beur* 
geoJs et atti manatota de Tottinai^ d'avoir en leur pm- 
sfiseio» des pièi^ é^ mpnnaiè ali nom de aeigueets 
qui ne sont poitot seos Tebâsasiice èà #oi. 

23 déeembve 1427. — En , eooforoiité des odQttkiMs 
de la yllle^kÀ eoQsaux avaient confisqué au profit delà 
commune les biens dSin boinme qui s'était pendu et 
q4fl n'avait ni femmift ni enfant i mais eu eodsldéracion 
das deux frères da suicidé, lès consaui aècordeïit k 
ehaeua. d'eux une somme de cent sols touroofo. 

?0 décembNl l4St7. — Lettres de Tévéque de Tour- 
nai demandant que les habitants de St.-Amand soient 
exempts de contribuer aux iS,000 payés au duo,, de 
Bourgogne. — r Les quatre eonsaux sont d^aecord qu'on 
les poursieucbe/ eux et aulres, adfin dp copitribtttioo , 
saiis déport. » 

7 janvier 1427 (14S6 , n. st.) ^ Attires lettres de 
révéque, par lesquelles il se plaiiit de certafites enfeit- 
nanees faites par le baîHi et les offieîers du rot au 
bailliage de Tournaisis. — Les consaux ne veulent point 
que le baidt fasse quelque nevveHeté au pNjuéiée de 



Digitized by VjOOQIC 



li^tîM A diAjyent lies ,dh^ d'exainitier Mlle irflMre. 
•^ Le 8 9 il wt résoki d'itovoyer à Lfilé , ]MMir fMrc 
réfiHp«e^aa préUli deux membres des eoiiMux et le 
l^focureur de la ville. 

^ JMvim- «4»Z (1496 , n. st). — Les àdnitblsira- 
teun des biens des paaVres el des^liâes pahrissMès 
seront invités par les ehefs de \(Ài èe pewrvoir de 
blé. 

47 janvier il427 (1*28 ^' n. st.) — Une ordomiaiiee 
contenant , entr^aatri^s , )le$ points suivants est publiée 
aux brelèques de la viÙe : 

,i° Défense de faire le guet, de jour ou de nuit, à 
quiconque n'est pas en bannière et n'a jpa9 fak les ser- 
ments acëoulumédcomtnè manant de la tille, sous peine 
de 20^. d^amend'e el'd^étfè mis' en prison. 

â*" I<es quartenîers et les doyens qni sont en fa faelle 
pour asseoir le guet , seront tenus de fiiire connatirè à 
chaque disainier les gens quHU ont et si ces gens sont 
capables de faire le guet. 

3** Tous^ tes hommes qui ont I*Ége requis et qui ne 
sont point en banuièrt doivent se présenter, dans la 
qtdtttaine, k Vh&td du clere des doyens et soufr-d<^ens, 
à Teffét dé se fiiiré enregistrer dans la bannière à dé- 
signer 'pnt les doyens et de prêter le serment aeeoutumé, 
h péril pour les défaillants de iO I. d'amende et d*étre 
mis en prison. 

.4."» Ceux qui demeurent dans les faubourgs seront 
temis de faire le goet de nuit , toutes les fois que le 
connétable des faubourgs Tardonnera. (Pj 

^ aS.m^rs US7. (i428, n. st.) — Les doyens, les sous- 
doyens et les ëwardeurs qui ne sont point bourgeois 



Digitized by VjOOQIC 



— -250 — 

pourront acheter leur bourgeoisie pour 20 8ols tournois. 
A ce propos, les eonsaux ordonnent que nul ne sera 
plus reçu doyen, sous-doyen ou éwardeur^ s'il n'est bour- 
geois de Tournai. 

6 ayril 1428. — Deux membres de chaque collège et 
deux des six élus sont désignés par les consaux pour 
aller à Constantin visiter le rieu de la Melle. (i) 

7 avril 1428, •<— Retour des ambassadeurs de Tour- 
nai envoyés auprès du duc de Bourgogne pour négocier 
le renouvellement du traité. Ils disent « que le duc et 
» son conseil sont bien contons de nostre loyauté et 
» que, nonobstant l'entreprinse de Mortaigne qui avoit 
» moult dcspleu (2)^ on en venroit bien à quief. Et 
» avec ce fut trouvé et sceu par plusieurs du conseil, 
» dont il a des amis à le ville, qu'on aroit bien U trai- 
» tié renouvelle à longtemps. » 

Une réponse définitive sera donnée aux députés qui 
'devront se rendre auprès du duc dans trois semai- 
nes ; néanmoins on peut, dès à présent, espérer que le 
traité sera renouvelé pour trois ou quatre ans, et même 
plus. 

15 avril 1428. — Dentsot François , secrétaire du 
Roi, remet aux consaux des lettres de S. M. fiour avoir 



(1) La banlieue de Tournai était, à celle époque, beaucoup plus 
étendue que de nos jours : elle comprenait les hameaux du Paradis, 
de Ck)nstantin et de la Tombe, à Kain ; le hameau de Bisencourt, à 
Mourconrt; les communes de Rumillies et de Warehin, ainsi qu'une 
partie de celles d'Orcq et de Marquain. Cet état de choses a subsisté 
jusqu'à la fin du siècle dernier. 

(2) Il est ici queslien de la tentalive faite par les Tournaîsiens pour 
s'emparer de Mortagne. 



Digitized by VjOOQIC 



— 251 — 

finance. Il lui est répondu que la ville n'est fias même 
en position de satisfaire à ses besoins les plui urgents. 

20 avril 1428. — Résolu de faire construire un pont- 
levis à la porte de St*^UarUn« 

27 avril i42&. — Le» per0Diiea arrêtées et empri- 
sonnées par suite de la dénonciation faite à leur charge 
par Jean de Maude et Pierre d'Anstaing , seront inter- 
rogées et mises à la quâstidn par les jurés ^ les deux 
mayeurs des échevins, trois éwardeurs ,' le souverain- 
doyen et dix doyens* 

8 mai 1428. ^ Réunion des eonsaux pour entendre 
le rapport des dépiitéjs qui ont été renvoyés auprès du 
duc de Bourgogne* Aux conditions imposées par le 
dernier traité, le duc veut en ajouter trois autres , 
moyennant quoi le traité sera renouvelé pour six ans, 
en payant^^O,000 couronnes, de 40 gros, pour la pre- 
mière ffnnée et 12,000 pour chacune des cinq autres. 
— Résolu de faire part à la communauté de la véri- 
table situation des choses , et à cette fin , les consaux 
nomment des délégués pour rédiger le mémoire ' qui 
sera comoraniqué au peu'ple. Ils fixent en outre leur 
prochaine réunion an lendemain^ à 5 heures du matin, 
pour délibérer sur cette importante question. 

(Le compte-rendu de cette séance n'est pas au re- 
gistre.) 

9 mai 1428, -** Toutes les personnes étant en ban-' 
nière se réuniront le lendemain, à 6 heures du matin, 
aux lieux accoutumés , pour ouïr ce qui leur sera re- 
montré relativement au renouvellement du traité; à 



Digitized by VjOOQIC 



ffUiit de oetle heure et justim'à U fio de la réusiM , 
tQUi travail est défenda daas la ville. (P) 

Il BiAÎ l4fS8. ^ JiappArl fies baouièrès retàtivediènt 
aux nouvelles conditions fse vÏHjt inposer le diue dé 
Bourgogne. (A cet endroit du registre , quelques pages 
9êfA teatéet m bhnc ; leUes ëtaiedt destisÂs ï la tims- 
eription de ce rapport). — Les coiisawi , s'en référaU 
k l'opinîoA émise par le peuplé, ordôniieiit ii leoés dé* 
pttléa de.p^tirsiHTre ks «égdciationa de ta manaÀre 
qu'Us jugeront la plva Avantageuse aiMk intépëts de la 
ville. 

— Il est enjoint aux personnes , gens d'ëgtise ou 
«Hlres^ qui, domcUtëas en ocile ville, es idnl paries 
dqpHi» l'arrivée des dépiués eftvofës an doc de Bearw 
gegM pour le renenvdlenient du traité , d'eSiacUier 
leur oretour avant là Pentecèie prôcbaiine. Les éibSl^ 
Imfê seront bannis à perpétuité éo tervitni» de ïoui^ 
Dci et irépuléa «nMmiâ du rai el dia la ville ; kuéa 
biens seroûl en oulre eonfisqué». 

Sous les méaacs pdaea, il est dëfendu â taalee les 
ptrafttues denittiraftt i Toiamai d'aller faer leAor 
fésidenee ailleurs, en emportant lenra ttfttbksoB jeijraH, 
la iiaenoe des prëiîftts et jurés» (P) 



iS mai i4i8* — JBMoar des député». Des 
nanveUes aoodkions proposées peiar le vemuueyeaÉént 
du traité, deux ont été modifiées, mais le duc exige fe 
maintien de la S"" portant que , pendant un an , on 
cessa de foi«ar è Tonriiai de la monnaie d'ar. Si la 
viUt veut, pour cet objet, dépoter qveiqa'un vers le rait 
ledu^aecorderauoaatti^eanduBtpoiir k personne A qui 
oetle laMMioA seea oaefiée. Aa sujet de la somme h pG^iwr, 



Digitized by VjOOQIC 



— SB» — 

le duc M sop eoQsett i^t ; ajourné > Iqhïç ,ié^m^ 
jusfu'à plus aiBj^lc examen «ei coaseilienjt . aux Xour^- 
naisiens de mettre ee déki à profit pour y songer 
ég^Iemeat. Enfin on afixé: au.îettdî:qiii suit la IPcnteçj^te 
(â7 mai) le jour auquel k ville devra fai're ^rvenir 
sa réponse. —, A()rès délibération /lies coii^atixordon 7 
aept à Sire Miehe^l de Gand et à lehan «de fia|UW(£oîç$^ 
àfi se rendre à Anras au{)rèfi de Févéque , de Toitirnai 
«t dii ebancelier de .fio^rgoptie^ pour solIieUer une 
diminution ^r les sommés demandées. et la renonciation 
si pa^ aux trois, au moins aux deux premières con- 
ditions précitées; si la tiMMsiènie est maiiiieni»e, on en- 
verra un dépii4é au roi , ainn que le |iM>pose le duc 
de Bourgogne. 

47 mai 4428. -- Pkisieurs .personnes d«i p6U|4e de- 
mandeiit que les points déclarés ^ans urne s«pp)icfation 
qu'eUiss remetlenl a»s eoasaox, soient entérinés et ac- 
complis, et qu'il soU fait justice , «elon l'eiùgenoe des 
cas, des prisosMers y dénommés. Faisant droit à cette 
deaunde, les consanx déclarent qu'en ce .qui cenceme 
sire Ërnoid de WawdripoBt , Juré et Clillies du Cler> 
mortier, procivrettr-tgénéral ^ ils ne savent en esx qwe 
kieA et honneur -et les .oonservonl dans leur ofiice ; au 
regard ée Maiftre Jacques de Hakiin , txinseiléer , clerc 
et greffier, ils le réroqueiit, at|eii<ki que «m fils est 
ennemi de la .yjlle; enfin on-.a|oarAe ii.liuitaine 4o0te 
décisioQ.aju sujet de Salmon Fùyasit,, concierge de la. 
halle. ... . r. , •• ' . 

30 mai jl4â8. — Piérart dci NouveauviUe est mmmé, 
clerc de. la viÙe , eii rem^acemcat de Miélne Jacques 
de Jlaiuin. rr- Il , refuse. 

HÉH. T. VHI. 52 



Digitized by VjOOQIC 



— âS4 — 

— Sijre Ernou) de Waiidripont et le procureur géné- 
ral 9eroDi mandéa en la hallQ pour leur dire qu'ils con- 
tinueront à exercer leurs fonctions* 

— Loiselet de Hollaing^ qui avait accusé sire Jean de 
Quarmwt d'avoir voulu trahir la ville et d'avoir montré 
heoM jemUant œ9Ure i(m cçeur^ iait amende honorable 
en présence des eonsaux, 11 dit ne connaître que des 
cbosçs. de; biea. j»ur. le compte 4e de Quarmont; celui- 
ci , à son toQV y pardonne à son détracteur et 4l^fend 
toute voie de fait à son neveu et à ses autr^ parents, 

32 mai i4âB. ««^ Les personnes accusées par Jean de 
Maude d'avoi^ eu conuaissance de la conspiration faite 
contre la villçysont élax|piss<. 

A Juin 1428» -- ^Aapport des députés qui ont été 
envoyés à Gand auprès des quatre membres de Flandres 
et des, conseillers du duc de Bourgogne ^ au sujet du 
renouvellement du iraité. . En conclusion , ils disent 
c qu'au regard de la monnoie, leur avoit est^ respondu , 
par la bouche de M. le Canchelier , qv^'ilz savoient 
assez les iij poins requis estre mis et joins audit trai- 
tié par H. le duc et mesme celui de la monnoie qui 
venoit et procédoit des iiy m^bres , et quant à ce 
les iiij membres ne se voloient aucunement déporter.; 
pareillemient voloient qu'on dénommast oeulx qu'on 
tenoit coupables de ladite armée et que tous autres 
y puissent venir. Et quant au f^ de Hortaigne^ on 
le tenoit en senreté , en tenant qu'on eu chemjneroit 
bien f et en tout et partout les iiij membres avoient 
esté nos adversaires et savions aussi la somme pour ce 
à nous demandée. Et de plus avant procéder au fait 
dudit traitié sans la présence de M* te duc 9 eulx , ni 



Digitized by VjOOQIC 



le conseil id'àvoieflt quèlqoe eliarge, mais I mktéi pro- 
chain Monsieur, pour ceste affaire et autres, seroit en 
sa ville de Bruges , et si on voloit îttecîq renvoyer, 
on parlerait de ceste * affaire et feroit du jnieiùx qii'on 
pouToit. «I •— Résolu de réunir les coHéges des ban^ 
nières et de leur exposer sommairement la pure vérité. 

7 juin 1428. — .11^ résulte du rapport fait par les 
doyens que les bannières partagent entiirénitûirt l'avis 
émis par M. de Moy , le bailli et tes cdnsdtterè dû 
roi au bailliage de Tournaisis , avis d'après lequel il 
vaut mieux eessèr de forger dé ta monnaie d'inr pendant 
un an que de ne point renouveler le traité. />ifroitt 
ce temps , ajoutent les officiers du roi , on 'envotera 
dévers le /tôt adfin quHl l'autorisast , et se faire ne h 
vohii, tout à temps entreroit-^m en guerre et n^aroH-ùn 
point perdu son argent , car ee temps on àueilterott et 
lèverait les biens de terre et se pourveroit^on j et ainsi 
serait 6tet» sauf. Relativement à la seconde condition, 
lès bannières et les consaux ne veulent point que les 
traîtres et ennemis de la tille puissent venir à Tour- 
nai ni même que leurs noms soient envoyés au duc. 
Les doyens sont , en outre, d'avis de demander que la 
blanche monnaie puisse avoir cours dans tés pays du 
duc. • 

— Luc De le Rue, doyen des boursiers, sera élargi 
'il déclare en jugement qu'il n'entrait point dans sa 

pensée d'injurier aucun membre des consaux, tonquil 
a tenu les propos qui lui sont rcpi'ochés. ' > 

— Le souverain doyen j le doyen des serruriers, un 
juré, un écbcvin et un éwardéur sont désignés pour 
aller visiter tés maisons de. ceux qui, malgré l'ordon- 
nance publiée le il mai précédent, ne sont point 



Digitized by VjOOQIC 



— a»6 — 

rovtbu» 4Ba ville. H est lall «xttejplion pêmt les narehaods 
qui soiil en ec iDo«i«ftl à Anvers. 

f7 joifr iè28. -^ Un messager du duc de Bourgogne 
renèt smx c^nsaux' tes^ lettres du traité de sûreté aeieordé 
par êeprtoee 9 }a> vif le de TdurMi. ft remet également 
une cédulc contenant les trois points dont il a été 
qftiestîon cî-klesivs. — Le tout sera eomm«nifué aux 
bannières- et Pon ira, dans ^près^midi, trodvAr les 
gens d'^;llse ponr les engager à eMtribuer dans la 
somme k péytr au duc de Bourgogne. 
Voici xpMei a été 1# résu^ltat ée ees démarches : 
» Ledit j^ur, en ensuivant Tasseri^des eonsanh , Mess. 
les qittèrz allèfent il l'après-^siter en enpilre, auirquelz 
\h remonstrèreftt les affaires que la ville avoit eu par 
cbt-devant pour demeurer en paix et eemmeni de Ira»- 
tré qtre h ville eusit obtenu de M. de Beorgogoe qu'ilz 
ii*en avaient quelque payé. Et néanmoins es traitiev obte- 
nus de présent a vj ans plus qve enques mais , îlz s'en 
estoient fait exempter d*en rien payer, comment que 
ce fost dont Mess, les gouverneurs et le peuple de la 
ville se donmoiént grans merveilles. Et pe4rr ce que 
grant moroMire en couroit contre culz et que & demain 
on devoit parler du fait dndlt traitiez qui csloil deajè 
accordé et passé , et d'aucuns points que mendit s'. 
requéfôit estro aeeerdez et patôe ai de par Ja viJle en 
acordant ledit trailîë , peur contentier le peuple et aussi 
pour aidier à susporter la ville <el les bonnes . gens 
d'ieelle au paiement de xk mille esci»s plus que pour la 
première année, il convenoi-t payer, nonobstant le conte- 
nu audit tfaitié , tlz prièrent et requirent auxdi^ de 
eapitre que eoix et leurs subgoz vo4sis$enl contribuer 
convenablement à payer ce que dit est et telfcment 



Digitized by VjOOQIC 



— ^7 — 

que la ville peust demorer en poix ûi ubj; ebaeun 
esire eontent d'eulx; Bl furent à ee faire et requérir 
M. le bailli et autres du conseil du Roy. 

'I Sur quoy , après ce que lesdîs de ciq^ilre esbrent 
parle ensemble de ceste matière, dirent et respondirent, 
entre autres cboses, qu'Uz cstoicnt frans et exemptz de 
toutes aide& et sueides et le roy nostre sire niesioe , 
par ses lettres,, avoit mandé qu'on les CAtretemst 
en leurs drois et fr^nehiaes. Et uéantmoins on leur 
svml détenu, a passé ans ij et demi , cq que la ville 
leur devoit de don fait par don du Roy. Ghclpris et 
autrement , qui montoit à granl somme de deniers, 
dont ib se dévoient vivre et gouverner et avoir leurs 
provisions et nécessites^ et les bledz que en leur demt, 
qa'ilz avoient aeoustumé de vendre pour avoir leurs 
Aécessiiez, îla avoient esté eonatraios de garder pour 
leur pvovision , et a'aucans l'avoient vendu , on leur 
avoit envoyé bledz de la ville et les pourveus i grjsna 
frais et despens. Aussi a passé grant temps, ilz avoient 
esté et estoient en v^ret et en dizaine , et s'ilz ne 
wettoient personnellement , si paioient-ilz Targent , et 
néantmnins estoient mouU. grandement ariéré. Et tou- 
tctfibis ib se raportoient à Dieu et à ung ehacun que, 
pour ee, le servîee divin n'avoît esté en rien retardé 
et afvoieiit tousjours fait du mieux qu'ilz avoient peu. 
El encore nonobstant lesdis traitiez et sans voloir tou- 
obier ne aller eontre la volenté de H* le due ne 
contre ehose qui en iceuU fuist eontenu, sauf les drois, 
privilèges et fraBcbises de l'égliee accordez par les Roys de 
Franche, cooSmez par le Roy à présent régnant, ilz 
estoient contents^ pour eulx et leurs subgés, s'il advenoit 
la chose mise devant le peuple , que ladite somme, pour 
ceste année , se preist sur les bourgois et maoans de 



Digitized by VjOOQIC 



— 258 — 

la ville particulièrement et sur chacun d'eux , selon 
leur faculté et puissance, de contribuer au paiement de 
ladite finance^ comme ks autres subgés de la villcj con- 
venablement et raisonnablement^ et tellement que Fon de- 
vroit estre content d'eux , adfm de tousjours estre et 
demourer en la bonne grâce et begmvolence des gouver- 
neurs de la ville et du peuple et communité (ficelle , 
comme tous jours ont fait. 

« Et quant à M. l'Âbbé de Saint-Martin , touchant 
ceste matière , il a dit qu'il est prest de faire pour 
lui et son couvent du mieux que faire poura et telle- 
ment qiieron eu sera content. » 

22 juin 1428. — Sire Michel deOand, juré, iaeques 
Qaevil et Pierve le Senescul , clerc , sont députés au 
r«i, pour solliciter la confirmation ées points accordés 
au duc de Bourgogne , en vertu du traité conclu avec 
ce prince (1). 



(i) « A Sire Miquiel de Gand, juré, Jacques QueTal ,. lors souba* 
doyen des fèvres et Pierre le Senescal, l'un des clers de la ville, sar 
le voyage à eulx ordonné faire et aler au mois de juiog (li28) devers 
le Roy nostre Seigneur, pour plusieurs grans affaires touchans le 
corps de ladite ville et lefaU dotraitié, et faire plusieurs autres pour^ 
chas et impétrations nécessaire» à avoir pour le gouvernements bien, 
honneur etpoorfitd'icelle ville, ainsi que par instruction et autrement 
leur estoit enchargié et enjoint, le somme de iij<> xviij escus et demy 
en or pour eulx monter et babil lier. Et est vérité que eulx venus à 
Paris, ilz furent emprisonnés et là détenus par grant espace de 
temps, etc. {Compe êes dépenses faites à cause du traité conclu 
avec le due de Bourgogne). — Ces députés, bien que porteurs d'un 
saitf-conduit du duc de Bourgogne , furent arrêtés à PaHs par ordre 
duc de Betfort, régent et du prévôt de qette ville. Us ne furent relft^ 
cbés qu'après onze semaines de détention et sur les instances réitérées 
du duc de Bourgogne, de l'évoque de Tournai et d'autres seigneurs. 



Digitized by VjOOQIC 



— 259 — 

29 juin 1428. — Â la demande dp bailli , il est 
résolu d'écrire au roi pour recommander sa personne. 

50 juin 1428. ^ Les consaux promettent une récom- 
pense de' 200 couronnes d'or à celui qui amènera & 
justice, mort ou vif, le nommé Lanselot de Willeries, 
bâtard, bouteur de feu , ennemi mortel et oapital de 
la ville de Tournai et de ses habitants^ Une récompense 
de IQQ couronnes est également • promise pour la prise 
de chacun des complices de ce malfaiteur (P). 

N. 6. Le hasard nous a fait trouver deux pièces eu«- 
rieuses émanant de ce même Lanselot de Willeries : 
ce sont deux lettres par lesquelles il défie la ville, pour 
tirer vengeance de la mort de son oncle Lntard de 
Willeries. Nous allons reproduire , dans leur langage 
cru, naïf et cynique, ces lettres qui offrent une pein» 
ture fidèle des mœurs du moyen-âge : 

Vous, marchans et laboureurs de la ville, pooir et 
banlieue de Tournay , sacîés que je, Lanselot de Wil- 
leries, rescrips de vous pour vo bien, marchandise, 
labeur et onyon , et oussy pour vous remonstrer la 
grant fault et povre gouvernement qui est h présent 
eh vo bonne ville, dont c'est f au! te , dommage et pitiet 
que vous fettes et souffres estre vo menistres et gou- 
verneurs de ieils gens , comme de larons, mourdreurs, 
et traittres , tels les voroige à prouver corps à icorps 
devant le Roy ou devant Hons. de Bourgogne ou de- 
vant touttès gens qui, à raison et justice, voroient en- 
tendre; et oussy vou»-roeismes le poes bien de legier 
apercevoir, car par leur faulx , mauvais et povre gou- 
vernement, vous estes en aventure que de point avoii^ 
trièwes k Mons. de Bourgogne. Elas, povres g'ens, que 



Digitized by VjOOQIC 



— 360 — 

peasés-vous à devenir, yous qui este» k l'abaiidiA.de 
vos efioemûi, tout ainsy cofniiiic .i-alœ deviHit l^ecpre- 
yier, car lou$ premier»» marcaB^ ne porpnt aller en 
lenjBi^ .marchandises, secondeneoi. JiahoufTit& te poront 
fera kw latieur , et preaés qw mifei isaiia, MboiiMia, 
fOMs retrayos. «n le bonne .taille, vos maîsea»]^ (^ annt 
;48 çlu#^ D^ »'y poeUent neinake. J{t ^oussy rana-sarés ^yne 
^ Bq9 a'a mie à pi^Jsent poissanee pour Tôiift ImUIût 
Oi^oit ne ayde, Prenéaiganle ns-auWea boMesivIltes 
du rpyalae eominen^ elles ^onl e$l4 peAit^fo^ni aeieon- 
ruea, (St /Oiissy m>u8 ne poés tovt jour durer». Elas, 
bonnes 0ena> ne yaua Jessiés point en(Wrmir , \90j#ttr est 
co^rt et #e voua ne p^és .|¥^^.^8ciiser^n unilbs joaa- 
nière qiÊ^ voms ne seiy^s puissant jiasés pour y renédiee, 
o«r xïontre uxi\g tout seul vous estes bien vint^ a se 
:n'0At nul droit sar vous et ee.av^és sur «faix , car -H 
lie ;r€9Uent ne eaobent que bartrie,, faasaetet jet^Uinai^ 
dise, et vous cachiis pais, acort^ josarchandise , iabenr 
si unyon, <e'^t œ que Dieu demande. £t oussy psenë 
gm^e .an noblf^ rgouvemement ^ eslet, àpasset m et 
d ans.^ ^ . vo bonne ville et que tous, marelmn^ et 
gens de bien y volloient y repairier, et maîntenaat 
lonâes giens de bien vom h^uk eif iuientet mMsUnat 
au doit, tout aiiisy que se vous estiez bestes sanvaiges. 
Vous deveriës, par droit^ )^ien r^rder devait %^}^ ^ui 
eatep maiaieaant compara à,bçs^3, J}t ^qpvo jsoljioi^^rojr- 
ter honneur en, toutes places où. yorepaîriës. Et ^}^ 
hardiçLment aous certains que «eveuç n'y revf^é^îéf^;q^^^ 
Ceron,t,4Mnsy de vous qu'il ont. ]|«jt,4eii aultri^s ,^|j|iMr 
qoy vous devés nUeulx e»tr& siir ¥0. garde eit (H^i^a^ 
le.frain à dons.. — En oultrc^» :.bpni|Les ^gefMS , «mis 
^vés cofnovBpt mon. on^e , que DieuU pardon^. «,ii 
esté mui'dry et déeoli^ en vo bonne ville, sans ;J#y , 



Digitized by VjOOQIC 



— 2«1 - 

}uslke fie rsAmn m sarlts aui^imt eftïlse , tti6^ eomlîie 
■Midve fcil 4e >iiMeiité TotleivtftiM, tâv sit eoM moH 
dë9er¥i€> il a^utfst pdiit feilla ftt4er qefre t)ai'd6kiéè- 
Tim leiftoy^ car Qnfp hwlime qui « mort ctftierrte, H 
n'y fiMiil poinl dep*rdon; knès^ boMliétafM eWtre y^^^ 
teones geM>, je cfùy bien q«e p•|l^*lllr^ toùë ilè ïe 
fi9yi» amender', «Hais twKefoîs v&ns «avés antisienu - «él 
aouftienéa ks Aiiï ti#aiia élioaafttMteèrs en- vo bomne vllfe 
et ^ é'féA fait et faites \^ menisiftes et g&vtveMeûri. 
Ht 4ant 'f^f vtu <{iie voua ne fasiés pùfnb jttati^ dl9 
ieila tiranà H mêêràr^uts^ maia tbusîburs les sousteiiés 
ea &iaant d« mal €h pia, je voua sih >efiD met^, 
afki que ▼«tts ayés souvoÉance des ehiaaea deaiii dities , 
al vorn jiire eipmtaet par «m foèy (fût se tous n'y fe^ 
médiéa k>ceUe fda, que -tant que je paray ^tnt de 
voua à naendeaus^ jer }aa iilètray à 4^sfiée >et fohty ti^ 
fen de vo maisons que^ tout le monde en ara pitiel. Bt 
ou eas ipia voua y vor<a ranfédier et pugnir yeeulx 
tirans et mourdnux.^ je totia pardonne le mbii #8 
Lottarl de Willoma^ taèn oiiel« , que Wénx ^rdonist, 
et vof«y estre vo bons amis, fit voua ddnne fOus, 
marahaiis et labsdvan»^ jour d'y teraédier et trièVea du 
jour d« saore iaraki paaaé en x jours-, et n^i pl09. 
/ D« WiiiÈAiis. 

Getfo lettré à été rèttiisô aux èènsaux le â juiri. 
Votct maintenum Ta isecohdé lettre def làfnsfëtbt de Wil- 
ierfiîs, sur lé^ doa de laqodlé se ti'ôuve la ttiebtiofi 
qûVths « été appoitt^e en ta batte te lY Jttiti U^d^iaû^ét 
jùur le fku aijdit tgii bàuli en le mditoH /ehan âa 
JMo/tn, â RùmBgnteSf et lé iiùit prkideûiei 

t VoQ^ Motis. fabbel t% coûtent de l'àbbie Saint- 
Martin à TocA^ay; féhan du Êds, Afalm FliiaWt et 
cheseon de vous, saéhiés que je, Lanselot de Wille- 
màu. T, vni. - 33. 



Digitized by VjOOQIC 



— 262 — 

ries , rescrips devers vous h le cause de maisons que 
vous avés séant àRumegnies, sur le pooiret banlicwe de 
Tournay. Et vous savés que pour le doleureuse mort de 
Loitart de Wîlteries , mon cliier oncle , que Dieux par* 
donist , je ay deffîé la ville , pooir et banljewe do 
Tournay; par qoy je vous mande et rescrips que pre- 
niers à Hons. l'abbet et couvent dé Saint-Martin , pour 
leur maison séant à Rumegnies, je demancfe à avoir 
xl couronnes d'or bonnes et de pois. Item deniande à 
Jehan du Bos , pour se maison séa^t à Rumegnies , 
XXX couronnes d'or bonnes. Item demande à Jehan 
Fwyant , pour se maison séant à Rumegnies, xxk cou- 
ronnes d*or bonnes et de pois; et ycelle soifimc d'ar- 
gent avoir payé et délivret en le ville et fosteresse de 
Houffalie , en Ârdenne , dedens le viij^ jour du mois 
de juillet prochain venant. Et parmy tant , mqy et mes 
aidans , je assegure et porte paissible vo maisons des- 
sus ditlesy vo censiers, leurs biens et famille. Et ou cas 
que à ledite somme d'argent aroit aucune faulté ou dé- 
lay que il ne fust payé dedens ledit jour ^ je, Lanselot 
bastart de Willeries , vo jure et promet que je ardray 
et mettray en exsil vo maisons dessusdites^ et en soyés 
tout segur et certain. Et se vocl bien que vous sachlés 
que se vous estiés aussy couppablesde le mort de mon 
oncle, qne Dieux pardonist , qe tel y a à Tournay, je 
ne vous eusse point seneffyé les choses dessusdites , car 
j'eusse boulté le feu dedens vos maisons. Sy m'en laisiés 
savoir et rescripsiés vostre bonne vollenté et envoyés 
tout segurement ung mcsage, car touls les mesagicrs qui 
venront devers my je les asegure. En tiémoing de^ 
vérité^ je ay ceste' présente lettre signé de mon signe 
manuel en la ville et forteresse de Houffalie. 

De Willeries. » 



Digitized by VjOOQIC 



- 265 - 

» Le dimence iiij' jour de juillet Tan xxviij, au liuit, 
nous les liij consaulx Tuîsimes assemblez en halle pour 
pourveir , par justice, à Tentrepriiise faite, par voye 
de fait , par Willaume Danapl 
et autres , lesquels aVoîent led 
Antôing Jakemon BéUn , brasseï 
prinse sur ceste ville, et icelui 
ladite 'ville,' au déplaisir du { 
pour ' ce /plusieurs s'en estoiei 
au marchié, qui reqùéroiènt qui 
lion en fuist faite. Sur quoy nous^ consaulx , ordon^ 
ndsipes que ceulx qui , pour ledit cas , seroicnt et 
estoient prisonniers, séroient maodez, interroghiez et 
examinez, pour au surplus estre procédé contre culx^ 
selon ce que de raison appartenroit. Et prestement 
furent amenez par devant nous ledit Jakemon Béîin , 
Jehan dq Santain, Grardin Hazart et Evrard Bélin, pri- 
sonniers , et sur les choses dont dessus est toucbié. in- 
terroghiez et oys, et leurs respohces mises par escript 
en un roUe de papier, et sur tout par nous consaulx eu 
advis et délibération par collèges, fu délibéré et advisé 
que tous les dessus nommez séroient détenus prison- 
niers et leur procès fait en justice , et que ce soit rc- 
monstré à ceux qui sont au marchié ; et adfin qu'ilz en 
puissent estre miéujx contents , quilz y commettent 
d'entre eulx ceulx qu'il leur plaira pour estre présens,, 
avecq nous consaulx, à faire leur dit procès, et partant 
que chacun se vuclle partir paisiblement. Et ainsi le 
fu requis à ceulx qui estoient en fermes sur Iç marc|iiç^ 
Icsquclz y diffèrent tant que loy en fu faîle, qui se (îst 
prestement au matin. » 

»1 juillet 1428. — Willaume Danapics, hougenier 



Digitized by VjOOQIC 



(4)y 0sl to^rvué 4o «cmpiaritlfe daw laf bèilaide pinr devant 
U pijooar^r g^Qfc«l^ pMiK^itlur un ittUvfoigatoirë rdftl^ 
\i;^eiit 1^ fiitt doAl il em qm^Hion èl'arliol# prfcëdiBBl. 

6 jvîUet ^^^^ T* U» HidMdn» 4pî 4»i mvM kf 
bAt9r4' da G14ni wroM Wt ^ tèvurMis» si Us >nfe ^|p: 

T^nlA m4ie:>et la m» de LiÀseteli; de Wtliéi4«^ 
soUiçilteot lew mim mk Ukerii. -^ Aempdé^ paér k 
sa^iyr^ mail k n^m rtilera 4M firpan aussi 'Imigtinnij» 
quft ^d 919, (wiK gHMire à te? vilié. 

& jpIJilte 4408^ -^. ter deratti les jprévAts^ et juréft 
sijgeani wi caus de jaa$ne , Jeai» ée Ptdisy^, aecom- 
Wft&de^o de- Battw«gp(M/ de Maître Gttittàtnna do 
Qnwie M 4'ê4ilras, présente des Jeltrts elddes et M 
ni^demeiil Aa rei. Le pidvAl Mv h^ ebserVer ^\3fiV 
m puni lé» vecovwr et^ le prie« d'allend»e àne-rëéflriofi 
d^ise^selly ve <oe dcQ qoatie eensaifi eomarfs eu 
gomreffnemenft de 1^ tiUe, kt* jurés seids unit pré- 
sents ee- h Mie ci enepte soni41s e» petit vmAmi 
tmh^ iem de Baewregnies ne tenant! aoeon eoaopte 4^ 
ce^te* ojbscKvatien , deone lecture >^ en pr^enee du peô^ 
pie,, des dîtes lettres eemenant que Je roi a vUokgtf^ [ 
ledit, de PDois^ dans. les fondions de baîlli de l^p- 
uA et TewHiêiiis» et eo a. dëbeulé Smeul de WO^ 



(t) Bvugenier, ouvrier quf faisait les flèches appelées bougeons et 
boage». 

(3) «t A Jehaa desrozières, sergsat da Rs|f, peur avoir iirias et 
amené % Justice Jeban bastard de Ghia, lequel, pour set démérites, 
fa , le iij« jQur de juillet, exécuté ï le justice de Havioes, 

* XX s. » Compte de 1428. 



Digitized by VjOOQIC 



- 465 — 
iWWt^ 46kwi(9itA a oc. deniier é'e^ere^ €«t' ofine. 

an, ^OA-^UO de MoÎ8)r' ft, ^lé neçu en paitieniettt: m 
m^is^ d)^, déeembie detnier. 

Le* màm» îaiw af^rèsHHunK^ fais i|iiAtite oonoMik s'odssin*: 
hifêuK 9n hriMB^ .9&oyét déMbérw «iv Jes iMsure» 
à ^e«d^ |N»ur évàter les kieonTinients* cpii poufrai^C 
mi!¥&ik ik roelsasMftidareticoBAîli Biemdt i^rès eom* 
pmitt ftraoul ti* Hékaamp^ qui; temuiCre eommerir it 
^m imê^ua» «Qfullé: d« «b AuMftieiM et qu'il a Ioh« 
jûars fak plaisir h la ville el« h la« eommimaatè. It dé- 
eïmre cosnitc qae )e roi, en hiî conffirant TofiBce de 
bailli,. lui a dit de ae p<Hfii sVsa-. désister sans deux 
Ugiies ^isritae: Ùè* «» aiaîii^ M s'oppose dene à rexécufioD 
diDiiiaftd«iiiei||.préeité et 4»i' appelle, en casrdebesoûi. •--' 
Snnee; le» eonsau« «ont d^vit que, pow tenir tes babi« 
tante de U eilie* en pair, «nften* et eenc<yf d^ , il soilf 
sequkà de- Pmftry< de* diééver leute petirtuite jusqu'au 
nstonr des dentée que la vtUe a* enflés au rai; on 
lui ;fepo4effa que, puisque! a atteifdu si iongtenipe 
poee^iMamee sevihreitey il peel bien eaeore surseoir 
jusqu'à ee qu'on ait des iwuirelies detdittf députés. 
EiUÏn oo»Hri' dira' qu'on ne peut nirieux obéir au roi 
qute- tenant' sa* ville en p^, saus sa vraie subjeotion 
et <Aéilsaaee^ 

fieti» rénilmien est ieamériiateniem cemitauniquée à 
de Proisy), mais le registre ne donne pas la réponse 
qeil y & ftill».' ^ 

Le fO', cette affairç est encore soumise aui délibé^ 
radions des consaux. Les jurés et les éehevins deman- 
dent ^n^oa eénsulte 4a commonao telles éWardeurspro*- 
posent de chercher à mettre les parties d'accord , et si' 
Ton n'y parvient f^^, de soumettre la question aux 



Digitized by VjOOQIC 



~ 266 - 

bannières *, enfin tes doyens s'en réfèrent à la rësolutioR 
du 8 cl veulent qu'on aille enjoindre k Jean de Proisy 
de quitter cette ville, afin d'éviter toute division par^ 
mi le peuple. Ils proposent en outre de défendre : 
i"^ que personne né prenne fait et cause pour l'une 
des parties ni ne s'arme à cette occaeion j ^^ que les 
forains ne puissent* entrer armés dans la vijie; Z"* que 
personne ne se mette en armes sans l'ordre de son 
doyen et que celui-ci ne fasse armée à l'insu du sou-, 
verain-doyen. Par contre, ils proposent d'ordonner aux 
habitants d'obéir à Ernoul de Helscamp, comme bailli. 
— Les autres collèges, après avoir délibéré , se rallient 
à l'opinion des doyens. 

Le même jour , les copsaux envoient chercher les 
gens du conseil et les officiers du roi au bailliage de 
Toumaisis, et leur demandent s^ils ont fait ou commencé 
les informations secrètes contre Ernoul de Helscamp , 
bailli. Ceux-ci répondent qu'ils n'ont fait ni commencé 
aucune information , qu'ils ne savent rien , qu'il n'est 
point d'usage et qu'il est même contraire aux ordon- 
nances royales de faire des informations secrètes contre 
les officiers du roi. 

Le même jour encore , les consaux remontrent aux 
conseillers et officiers du roi au bailliage que ^ 
pour tenir la ville en paix et éviter toute division 
parmi ses -habitants, il est urgent de se conformer 
aux lettres par lesquelles le roi disait uaguères à ses 
bons sujets de Tournai de ne recevoir aucun bailli s'il 
n'est agréable au peuple, ils les prient de nouveau 
de s'unir h Ernoul de Helscamp et de ne point obéir 
à Jean de Proisy. En leur qualité de bourgeois de la 
ville, ils connaissent les dispositions du peuple, et en 
cas de refus, ils rendent les officiers dn roi responsables 



Digitized by VjOOQIC 



— 267 — 

des périls et inconvénients qui pourraient survenir d 
ladite ville, au préjudice du roi et aux habitans dHcelle, 
et ils les poursuivront en temps et. lieu pardevant le 
roi, si, à cause de ce refus, la ville n*ctait pas en me- 
sure de payer au duc de Bourgogne la somme due en 
vertu du traité. 

Liévin de Martre, lieulenant du bailli , Jacques de 
Bincfa, procureur du roi, Richard le Borgne^ conseiller 
criminel, Jean Saveldu, clerc et Watier Carpentieir, con* 
seiller du roi au bailliage, répondent qu'ils sont prêts 
à satisfaire & la demandé.des consaux, jpotirrti çk^ ^'tfe 
en sont poursuis en temps advenir que les consaux as- 
sisteront avec eux et leur portent ayde tant qu'ils en 
soient deschargiés ; et aussi ils promettent de bonne 
foy d aidier^ conseiller et conforter la ville et les con-r 
saux es affaires dessusdites , tellement que ladite ville 
puist demorer en paix , union et concorde en la vraye 
subjeclion et obéissance du Roy. Et ainsi et par la ma-* 
nière que dit est, les quatre consaux Vont prçmis et ac- 
cordé aux dis conseillers et officiers du Roy. 

Quant h Maître Jean de Bauwegnîes, avocat et Maî- 
tre Guillaume du Quesnc, conseiller civil, ils répondent 
qu'ils ont bien entendu ladite requête et qu'ils se gar- 
deront de méfaire. 

Le même jour enfin , les consaux arrêtent l'ordonr 
nance suivante que les prévôts et le souverain-doyen 
font publier le lendemain aux bretèques de la ville : 

« On vous fait assavoir que Messeigneurs les iiij 
consaulx de la ville et cité de Tournay , eu advis et 
meure délibération ensambic y tant sur le debvoijp. et 
bon acquit que Ernoul de Helscamp , bailli de Tour- 
nay et Tournésis, a fait en excersant son dit ofBee, à 
l'onneur du Roy nostrc sire et de sa seignourie , et 



Digitized by VjOOQIC 



— 288 - 

aiissy ail bien, honneur et plaisir du commun peuple 
de ladite ville , en tenant fousjèurB la. main au t&siy 
aostre dit seigneur, comme sur la manière que J<^an 
de Proisy , escuier , a tenue pour nrmr la possession 
dudît office far le moyen d'unes lettres donnas du 
Roy dès le moys d'avril darrain passé eubt ung M ; 
considérana le péril et inconvénient ^ , par ladite 
mulatioii , pouiHiit advenir, voulans mesdis s'* ad et 
pe«rveir par toetes voyes et manières k eut^ possiMes 
pour teuajours tenir le commun peuple de ladite ville 
en paisy union, concorde et bonne amour ensemMe et 
obvier auxdis inconvéniens qui, à l'occasion de^suiBwHte, 
s'en poroient ensuir par inadverlcnce ou autrement , 
osl ordonné et délibéré que le (Kl de Proiey suràert^ 
d'aoeepler ne emprendre, pour le présent, l'exercice dti^ 
dit oi^i et que ledit de Helscamp dcmourra eii kef^ 
loi tant que autrement y sera pourven par le Roy 
noetre dit seigneur^ Et avec ee mesdis s'* ont sur ce fith, 
passé et oii^nné, ce qui s'ensuit : 

» Premiers, que personne aiieone, par voye de fait 
ne «utreniMit, ne s'efforce ou avance de assister ne 
soy adjoindre avec ledit Jehan de Proisy, pour le fait 
dndit office de baSli ne aulrement , en quelqtie lAa^ 
nière , de jour ne de nuit, mais en laissent cortVèVllf 
mesdis seigneurs les consaulx qui^ ftu plaisir àë Dieu, 
eo feront leur devoir et bon acquit, 14 il ffppartendra, 
sur pffine d'entre bannys à tonsjoors de ladite ville 
et autrement pagnys à la discrétion de. Messieurs pre- 
i^ostc et jerez , par l'advis et conseil , se meétler e$t , 
de messieurs les autres consiialx. 

» Item, que tous les habiUiis de ladite ville et dtos 
bailliages de Tœrnësis el appartenances obéissent audit 
de Helseamp , bailli desdis bailliages , eoinme ils eiM 



Digitized by VjOOQIC 



— 269 — 

faii pai' cy-(levaiit san^ quelque difficulté , Unt au 
regard des finances lever pour le fait des traitiez, cojnine 
autrement , et comme les conseil licrs rt officiers du 
roy es dis J>aîlliages ont accoi'dé à rocsdis s'* les con- 
saulx de faire et jusques ad ee que autrement y sera 
pourvcu par le roy nostre dit s'' ^ auquel mesdis s'* 
les consauU ont intention d'on esôripre briefraent pour 
y estrç pourveu comme îl âppartendra; sur painc d*en 
estre pugnis comme désobéissans, a la discrétion du 
juge à "qui de ce la congnoissance en devra apparte- 
nir., » ' 

Le lendemain 11 , les consaux font mander en la 
liaHe Jean de Proisy et le prient , pour les motifs 
indiqués ci*de8sus , de renoncer à ses prétentions et 
de quitter Tournai , attendu que son séjour en ville 
est une cause de division parmi le peuple. Il répond 
qu'il eslott au Roy et êi savait la ville estre ohéismnte 
au Roy eÈ qu'en ioelk foui bons preudommes poùiéni 
converser et repaiîier, et n'avoit point intention de s*tn 
partir si on ne l^en hanissoit ou boutoit hors, 

15 juillet Hâ&. —- Jehan de Proisy, mandé en la 
halle, comparait encore devant le& consaux : le souve- 
rain doyen fait de nouvelles instances pour l'engager 
à quitter la ville. De Proisy répond qu'il h'avoit point 
intention de se partir de la ville et n*avoit point desser- 
vi d'estre boulé Itors de la ville du Aoi, ni n'estoit en 
volenté de r.e faire. — Après quelques débats, les 
consfiux accordent à de Proisy jusqu'à qualic heures 
pour faire une réponse définitive, 

liC même jour a quatre heures , les consaux 
s'assemblent en la halle pour enlendrcL la réponse de 
Jean de Proisy, mais, contre sa promesse, celui-ci ne 

MéN. T. VIII. 54 



Digitized by VjOOQIC 



-^ «70 — 

se prjfiente pas. Les eonsaix inforinés qu'il s'est relire 
en l'abbaye de SL-Martin> oojnme en lieu saint, oii« 
voient devers lui sire Jean de QÙannoQt^ prévè^ el 
quelques autres , de la loi , pouf eonnaitm S9n in- 
lentiOR. Geux^ei foi>t rapport ^e de Proisy a i^ 
quis qu'il peust avoir iélay d'envoyer qiiéfir éf^ 9€^ 
amie pour avoir fonduiî Bl ay4k 4 soi^ partement, cmr 
autrement il seroit en périt de m vie , attpndu qu'il 
eslûiî anemy à M. de Boutgfmgne e% à iom e^s ptuyê 
et subgez qui sont ennemis du roy, et en avoit-qnveu 
des exemples ptir aucuns qui avoient esté décapiJlez et 
pendus, (i), — Sur quoi , les cousaux décident que 
l'aifaire sera soumise aux bannières et qu'on agira selon 
le vœu de la commuuauté. Ils fout tmmëdiateinent 
convoquer le peuple pour le lendemain b fi bennes du 
liiatin ^ afin qu'il donna son avis el, son conseil sur une 
communication qui lui sera faite pour le bien, la 
paix 4 l'union et la coneorde de la ville et do la oom* 
munautév les défaillants seront passibles d'une amende 
de 5 s., au profit de la bannière dont ils font pl^e.. 

Le 15, lé rapport des bannières est présenté aux 
cottetux qui l'approuvent , mate le registre hé dit pas 
dans quoi 6e#s il ëtéit ^ncu. 

-*- Les prisonniers pour le fait de ilean de Ptoi^ 



(I) Jean de Proisy quitta Tournai le m^e jour , ainsi qu'il conste 
de l'extraft suivant' du compte de la ville: a A Andrieu le Gay^Gossel 
Faoqtiet et.Piérart Gillet, pour avoir, lexiif jour de jiillct, compagnie 
etgbidé Jehan de Proisy HoK»^ de cés^e fiùé, pourle seàttéde îsâ t>er- 
sonne, Jusques en eertaiii Usa oli H voloit ëstre; ^ur ce à ipimnA 
XV s. t., sont pour aulx iij . . . . xlv s. n 



Digitized by VjOOQIC 



- 811 ~ 

sefooi poursurris par H pr^ureur el punk p«r les 
prêt àt$ «I jurés. ' 

*- Lettres de l'évéque de Tournai, demaudaQl qu'on 
restitue k la Ifi^^ WeUhie les biens meubles et les 
joyaux qui lui ont été eonfisqués au mois de juin pré- 
cédent. Ces objets amient été saisis & la porte Saint- 
HartiPi en exécution de rorA)nnançe naguères pu- 
bliée , en vertu de laquelle il est défendu de transporter 
des meubles hors de la ville sans la permission de 
l'un des prévAts. Les doyens se refusent d'abord de 
satisfaire à la demande du prélat^ mais quelques jours 
après,' le grand doyen vient informer les consau.x que 
son collège consent à cette restitution , à condition que 
la D"" Weltinc contribuera pour 40 couronnes dans la 
somme à payer au duc de Bourgogne. 

25 juillet 1428. — Lés consaux s'assemblent extraor- 
dinairemcnt pour délibérer sur les mesures & prendre 
à Peffet de recueillir , dans toutes les parties du Tour- 
naîsis, la somme que la ville doit payer au duc do 
fiourgoguey en vertu du dernier traité. Ils nomment 
quatre délégués pour se rendre le lendemain auprès du 
chapitre et des abbés de St.-Martin et de St.-Nicolas. 
En outre, Jean de Quarmont est désigné pour aller i 
St.-Amand, accompagné du bailli et du procureur du 
roi, devers l'abbé et les mayeur et écfaevins de cette 
ville. Enfin Wîllaume Leheu et Mahieu dé Housqueron 
iront immédiatement inviter les baillis à se rendre en 
la halle, le lendemain, à une heure» pour recevosîr^ 
communication de Tétai des finances de la ville et 
dire quelle somme ils s^cngagent à payer. 

27 juillet 1428. — Les arbalétriers du grand et du 
petit serment sollicitent nn subside pour se rendre au 



Digitized by VjOOQIC 



tir d'ypred« -^ lU soat li)»res d'y âUer, <èt4 leor retcfar 
ils seront récompensés proportrohnémtnt h «Fhonneur 
^u'iU pr4»eiH^ronl h laviKe**^ Eic 5 noât,* les coosaux 
aecord^t ^0t i. aux arbalétriers >du grand serment -1^4 
J. i oeux du peét. - 



: 29 juillet'' i4â8. ^ Les dtivHers de le monnaie 
«•lUciieiBtt nne ind«»nB«té , attendu '4|iie Von- eesse d'y 
travalflep Foh, - '^ 

5 août 1438. — Dedx jurés ël Uh^^dèyèn sont émargés 
dinstrnîre te proèéè de nndîvidu îfni a étiî emprisonné 
la veille par ordre des doyens. 
' -^ 'Ra])port fait par les doyens et sous-doyens dés 
métiers sur les résoliiflotls prises par lâ-eômmunauté 
assemblée pair collégea de bannières le i'"' da mâmc 
nioiS) au sujet des moyens proposés pour recouvrer les 
â5,000 éeus que l'on doit payer au minimum au duc 
de Bourgogne 9 en exécution du dernier traité. Voici 
ce rapport: 

t Les collèges de banières sachant et considéirant que, 
en ceste partie et en toutes autres choses, meismement 
en ces matëres^ Messeîgneurs les iiij consaulx y ont fait, 
labouré et besongnié le mieux qu'ils ont peu et espol- 
rent que eneorcs feront, se trouvent du tout à Tadvis 
qu'ils en ont fait tel et par tel manière que contenu 
est au rolle, c'est assavoir qu'iii sont content, d'accort 
et d'assens que le denier de hauche au lot de vin et le 
maille au loi de toutes cervoiscs qui payent assis, soienl 
mis subz, et que sur la revenue et prouffis de ce soyent 
vendues rentes viagières qui soyent payées, et aussy la- 
dite revenue pour ce faire rcccuc par certaine per- 
sonne à ce commise qui en face et use tout par la ma- 



Digitized by VjOOQIC 



niere ^e ledit r«Ml4€*«oiMîefit^«iiu>ii atiltretAcnl , 4iii 
pitis {(ranl bdtft ^ hoîiiMir ct;''t>roliaEi de F» ville €t 
que £eiirc se poura« Bt atisst sont bien d^aeord étiras- 
seosquc toute personne de ee$H dite ville qui ont et 
tiennent fief et arrière-fief es pnys de Méaseîgneitr de 
Bourgog^qe , aussy cculx qui , depuis quatre ou v uns 
eneha, pour aucunes :debtej&9 se jitot de. ciK>te ville 
partis Qt absentés et le leur transperlë ou. vùii^o trans- 
porter hors ,.en délaissant la bonne viHe et. le bon 
peuple d'ieelle eu aueuns griefz affaires et qui depuis 
y sont retournés quand b<^n leur a semM^ , et aussy 
toutes autres personnes richois et poisfian», lAnt oeulx 
qui sont eousturoiers d'acc^er renlesy ^rU^ges et pos- 
sessions eojoinie aultres.^ tclz que m^sdis seigneurs les 
consauU verront estre appartenir , soyent ..par ieeulx 
constrains de , sur ladite ville, acater rentes , oit cas 
qiiQ ceuk du dehors de la ville ne poroy«ot.en ce fai- 
sant tout pa;rfuriiir; sauf ce toutes voy<s que lesdites 
bonnes gens et collèges de bauières ne sont point d'à- 
cord ne consentant que les bonnes gens, rnavchans ne 
auUres gens de mesticr non cousturaier d*aecater rentes 
ne horitaiges et qui ayn^ient miculx de leur argent em- 
ployer au fait de leurs marehandises et labeur pour 
leur vivre, et gouverne et qui, par ce ,^ donneni au 
peuple de la ville a gaignier, puissent estre ne soient 
en leur préjudice nullement constraint de aecater rentes 
sur la ville s'il ne leur plaist, car de tout ce faire et 
achever le inieulx , plus honnourablement et prouffita- 
blement pour la ville et de tout le bon peuple d'Icelie 
que faire se pojiira^ lestlts collèges do banières en re^ 
chargent raesdis seigneurs le* consaulx. • 

5 août 1428. — Lettres du prcvèt de Lille, par les- 



Digitized by VjOOQIC 



— 274 ^ 

qaelks il réetMne anè récompense p<mr llii«t coiix qoi 
ont npféU Lanselèt et Willeriet. ^' En défai. fi) 

15 août 1428. — En pri^scnce du coinman peuple 
de la ville nssernbtd par bannières et co armes au 
becquerel (2), est lue une requête et remontrance que 
ledit commun adresse par écrit aux quatre consaux. 
Cette' requête, après avoir été lue plusieurs fois et en 
différents endroits, est acceptée par les consaux et 
par èiix publiées aux fenêtres de Mattre Waticr Carpen- 
fier. 

Le lendemain i6, la même requête est apportée en 
la balle par le commun peuple qui demande de rechef 
aux consaux de Tagrécr et de la publier aux breloques 
de la ville , ce qui a lieu. Cette requête est conçue en 
ces termes : 

u Rëmonstrent très-humblement le bon peuple et 



(i) « A jeban le Wyart, prevost da h fille de Ultoy p<wr le peiiise 
par lui faite en ladile ville de Lanselot de Willeries, ennemy et ayer- 
saire de caste ville, et de la bonne et briève expédition de justice 
qu'il en fist^audit lieu, li la reqnèste et poursuite du procureur-géné- 
ral de eeste tille et tellement qiw, pour ses «léméHtes, ii fat exécuté 
ei peiidu à le ji«slice d'icelle ville etque» pour oe, MetfsSears leseon* 
saux lui ordonnèrent avoir xxiiu çoaro^nes d^'oc qi^ val&ent xit\^ I. 
xvjs. — Item et [i Jehan de Fines, lieutenant dudit ivrevost, pour pa- 
reillement se avoir emploie h ladite prinse et exécution faite ducftc 
Lanselot, Ht] couronne^ d'or qui vatlént'G Ix s iifj d.; montent lesdites 
partie» . . • . . . xxxvif} I. v s/iiij d. » <(iofnpie de 1438.) 

(2)») A Sire JebtnHaqoart» pretost»- pour despensde iMHielie fais 
le dimanche 15« jour d'aoust, que le peuplede ceste ville fu en différent 
l'un contre l'autre, par plusieurs des sergans et. autres officiers de. 
justice, pour le bien d'icelle • . . . . xxxs » {Compte de 1128.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 375 — 

eommiinaullë d« la ville et cité de Tournay, que une 
loUre qui fu baîUié et aecordép audil peuple ei comiQHH 
naulté «o xxxvj parties , sceiiéi; du scel. mm Causas i 
soit visitée de vous raosdîs n^* et entretenue pour le 
bien commun , comme elle parle. 

c Item les cliars qui se vendpycnt nagaîrcs eu Mon- 
cfaiel) c^est assavoir chars do pore et de boef ayant viij 
jours de sel ou plus, se puissent vendre oudit Monchieli 
veu qu'il y ait bon eswart ordonnée et prinae , en la 
coinnaunaulté^ £l tous ceulx qui se voiront entremettre 
de vendre ladite cbar oudit monehiel ^ soient tenus 
d'aller qoerre et pourveir ou dehors de ladite ville îcél* 
les cfaarS) sans les acheter oudit marchiez povotr et bait^ 
lieue. 

» Item certains boires appeliez fors miez, qui se vent 
i présent h petite mesure , soit mis i telle mesure, 
comme sont Tes hambours, eervbises et briemars^ et le 
hauche qui y sera mise de vente soit mise à si cour<- 
tois pris et raison que les brasseurs qui 1^ brasseront 
ai le peuple ne s'en puist doioascr, en le vcuc de 
Messieurs les consaulx ou autres commis ad ce* > 

« Item que les hambours soient mis à iii] deniers 
t», )e eerveîi^e k iiij deitiers obole et le brromarl k 
vj d. obole. 

« Ilem qûé pour trouver les finances et. mises dit 
seor estât , soit mise d'assis de haulce» sur chaemi M 
de vin qui se vendra en iadite ville, ij d. obole, avee 
ce qu'il f a paravanl ledit traitié, Ou pltts se mestièr 
est, à la dîsci^ron de Messieurs. 

» Item que tous les bouienghiers soyent constraifia 
de faire pain de maille, tant de blanc comme de bmn, 
et on cas qu'ilz seréiemt troorvet faisant le contraire , 
fuissent pugnis et eèndampnez , pour chacune fois , à 
une grosses lois d'amende. 



Digitized by VjOOQIC 



» Item encore que tous boulenghiers qui s'âubre- 
meUciit.dc faire vendre pain par Îe8> taremcs en ladite 
ville, par revendeurs et reYend<»he&ses, sment «oostrains 
qu'ilz baillent aussi bien^ pain de nMiille eamme. autre, 
sur l'amende dessus dite. ' 

n'ittm qaH ne soH personne demotirant |us du po- 
voir et iyatilicue de ladite vîBc, qui ptiist porter^ de» ce 
jonr en avant « nulles armeures en ladite ville, tant et 
si longuement (^ùlT aura demourë an et jour en ladite 
ville. Et ^'i1 adténott que aueiîiis f<lrains àssauiâst ou ot- 
vaïst le bourgois on manant, qu'il né lijlat nul lieu, 
saint qui leur fust garaud , so n^estott ainsi que ieeUui 
forain ne monsiroit, bien et soulïisant, qu'il auroit esté 
assaiHy devant cl approuvé par bonnes gens ieallui 
aissault. 

» Item que tous pr«udommes qui auront demouré en 
ladite ville mi et jour , estant de. bonne renoniHiéeiet 
sans bastardisc ne sormentc, puismani estre boturgms de 
ladite ville pour payer x s. t. durant jusques Mn jour 
S. Jehan-Baptiste prmiehain venant., itous dr#ts paiez 
en ee. . 

» Item. qu'il ne soit doyen ne soub-doyen «qui. , de 
ce jour en avant, votst en la faallc]^ fors- m» seul jour 
le sepmaine , fors le grant doyen et son compaîgiM)n , 
et qu^ff n'y ait nul desdis doyeB$ et soubzrdoyefts .qui 
face nul serment, fors h leur mestier de quoy ilz seront 
doyens. ^ ■ - - 

» llçm que s'il advenoit que aucun fuist mis prison- 
nier en ladite ville à lorl et à m^lse cause , qci'icellui 
qui ly ferait mettre fuist condcoipnc. de le mettre hors 
à ses'despens. . . 

n Item qu'il ne soit personne aucoiie qm se-enlfc- 
mellc de vendre laigne (bois) en ladite ville, à détail ,. 



Digitized by VjOOQIC 



— 277 — 

qu'eMe ne mi mm à pris de Me«3icur3| sn^ cerUioe 
«iiiieQde ordQanéc de Mesueurc. 

» iteiD que de ee jour, en avant , il ne soH homme 
mis en la loy qui soit si prochain,... coiiuaie.g^m£iin ou 
plus près> à eei^x qi|i sonf aUainset^nyielchiez de le 
iraïson . faite ençonUe la tenue viltç et. le peuple d'i- 
celle. ... , .., 

> Item qine.Watjer \VetUn y^ naguères estant mayeur 
des xiij Jhonittes t mi repiîs cq s<^ offie^;, aans ce qiie 
en Jaquemart do Bo^ny on ne sace iqiie bien « boa- 
neur ei toute proudanM^ie. » (P) 

17 août 1438. — Les person^as nomméea par le com- 
mun peuple (!) pour s'enquérir des vieilles dettes dues 
à la vHle^ après avoir. été , en la tour dea six, visiter 
ploateurs eomptea^ prient les consaux de faire mettre en 
prison Jean de.Cnsapin, mayour des éehevms de Tour- 
nai, Pierre de Noiiveaiivilic , clerc , Jean du Bus , juré 
et quelques autres désignés dans ud écrit. Toutefois 
si ces derniers fournissent une caution suffisante,, ils 
pourront eootorver leur liberté, 

A la suite de cet article, on a enregistré les cautions 
fournies par les pràMHOBiés* Ces aelea ont .été .eçisuile 
barrés, àvee la mention en marge que les expiicatioas 



(1) Cfîlle nominatioD avait eu Heu deax jours auparavani, ainsi qu'on 
le voit dansrextrait suivant du compte de 1428: « A Vahfeu Estiéve- 
f^art, cabarteur, ponr despens de bouobe fats en sa 'maison, le xvje Jour 
d'aoust, par ceaix qui* te nuit précédente, avoient esté estons par le 
coaMBuii au biecqeerel sur Testât de la ville et ponr pourveoir à la 
despence d'icalle, pour laquelle cause ilz forent en balle jusqucs h 
bien tart, en besongnant èfs dites affaires, pour ce xfj 1. xiij s. ij d. » 

Mtv. T. Vin. 35 



Digitized by VjOOQIC 



— 978 - 

satisfait les consaux et les élus du eommuii f^çnplo»^ . 
i» tH»i]( I4W^ ^ «cniYfletliw Hîes coftéges *îs fein- 

OM^int^Ai^nk.^v^ i4» fti^î^ïutiim »am do la.çipwjiïo- 

naaté, s'enquerront -des Yieitles blettes dues à la viUewv(P«) 

y^bt «néfiii:}diir^prte-iiiidl,iaiD^^^ 

qiiirsaraiM i»iMnm0e»>«odpftblès' #^ vrf> 

lenSf aut é^sï^m' yiewieiitvtf;0«i#..'dMî8i$ pa«^ 

mun peuple, seront punies crîminelleraent à la discrétion 

dea fÎN&i^âtft 8l^^î«réa. (P^ i S il: :;; 

-^ Ovérc ^au^éihoé nua^ gOMi,>de «aélier 3de M^/fesdre 
îaiiBëdiatoaièiil>«& tom* ^txiaf^iii^ ^^ ^^ <-- ... 

r^ fc0a;âus:dbix caniBMin» pointe sant^ienèy^iè! ae fé* 
ttoilr^a la ^ hakib le 'lenAainattr., à>4;:luniirGs -do ^OMlkl > 
pour se concerter aurieiurQ kca^agHiBs^ ^).. .< > 

âO adût t4âS. ^^r4atei^ti^^9di^^9ëo< par 46 com- 
mun peupte, l6s eonsaux- êé^d^nt l'' qèè* ib traitefldéiit 
àù grand dèj^^n Dé ^aero qu« de 50 1.' ^aran ; .3<^ q;cAls 
ne pourront eoinpierqw^oiiêi^^^^éseiîéé par j^ ei^More 
lb#l-ft qu'ils ééièÉrt dÉ ^«091^ 

~ RéMu d'etiToyer tjt» difpiiléi »up»âs 4li dHie 4e 
Bourgogne, en Hollande ou ailleurs, au sujet des am« 
bassadeurs de la ville (i) qùî,~c^n"'sTFèniîanrTérs le 



<i} Sir6lllclMl4cfim|«P)err6kS<}n«scaleL Jaquamarl Qaeval^ 
Les dent prenûers ne tacdèpeat pas^ être siélivjpés, {ûnsi qu'il sésuUe 
de reslrait^raivant du compte de la ville : cr A sire Miquiel de Gand 
et Pierra leSenescal , pour ung voiagc par enli fait, incontinent 



Digitized by VjOOQIC 



— $m- 

R«î par 46là la Lpife, qbI été «itéA^s k Paiisi. G^ 
aiiiba$9iMete4Nw ëlaien^ jioftfiilM iPit» 9a«^tMdWl et 4m 

94 a«*l.'i4âHk -«^ Ja«|Wi laiso ^UiwMi Éi» aonaèn 
d\MM «4ditifi'iJHflMnflioiM(f|Me'eeiti^ niméeomtJÊé 

justice; • .,..■•.•.•. -.. ••: "r: •.. / ■ i .'.î 

de 1» pfaii^ qu^.foul Icatéluft:^ msamun |M»pèa i^ikTaîf 
été injoriihelvMlMiefo par Jaoqaea ht iMaakaal: «t fifan 
si«Ufs mitres. 

— Sur la demande des éiu^ du commun peuple , 
le» klt>8^ du ipitdfrii» doni ite aM»l> î«ire4IÎ6 atfriM «eu- 
mises, le kademaio, à ^puabiatiiin des baaoièrneiveipéN 
tues ensuite du acel de la eooaiMM^ Oa4ter4enifiâde est 
adressée aux eonsaux en eonfiarmitd dd ia résolution 
sulyante prise^ le màpsejeuf par lesdk^ éUip;^ 

u Pour plu$ deueoi^t et sceuremcnt pmMséder en leur 
eoQwissioni p^.grant advis et meure, délibéfatipn. entre 
eolx , pour d'ioelie eiHnipijSSîoiA pcrpétnclMsaieat esUe dfiSe* 
clvurgicui QuU.ct. leuni hpirs*: ea^fp^ tous f t ««ootie tout, 
le pom? de l,eur dite eownisaiott à enU doppé «ttiailfr 
lié par la ^^inirnup^iHé., jbd .fauiueHe ^iupmJfiiiiAn oomme 
oonstnintes ioroot oiis et dew^utpit pai" les coUéges de 



leur délivrance et eolx retourné de Paris , en la ville de Paris , par 
devers "H: te duc de Boargoirgwr,'liifTBmercWer et"gratter du bon 
devoir que, en faveur de ceste ville , il lui avoit pieu faire de leur 
dlt« déNvrati<$eV él aMoéi&té'M prt«r«t requefre Aè<l» dHivnkticeile 
Js^oemar»QQ«rtal, t<wr «oflHiâi^ons défciMhàttdft'tre«'d(B Par». 



Digitized by VjOOQIC 



— 280 — 

battères, cbaAuii en 4rdit soy , peur Mre et* exccirser m 
non dUcelle comonunâutG , sand ▼sryier ou favoritor, tout 
selon le contenu dudit pooir, affin que par enlx la bonne 
ville et oitë, qnî estoit, par petit gomrernement , par 
vMenee et marmiure , miae au bas de toute bofiae jus- 
tice , police et gouvernement et telle arrive pargrans 
et importables debtes que a peines à remettre sus, pré- 
sentèrent.à Mease^ineura les eoosaulk ieellui, pour l'avoir 
scellé du seel de la eommime , comme li eulx appartient,, 
dont par iceulx coosauli fost iselluî povotr par eseript 
mis ^r devant les collèges de baniëres, pour en .avoir 
leurs asseniB et accord , qui tous le consentirent et accor- 
dèrent entièrement sans aucune difficulté. » (9) 

Le 26, ces élus demandent qu'il soit fait justice dé ceux 
qui les ont menaces et injuriés , sinon ils résigneront leur 
mandat et soumettront la question aux bannières. 

I" septembre 14S8. *— Les éwardeurs, sur la clameur 
et complainte faite publiquement par le commun peuple 
de la ville, disent que Jacques Ysaac étant excommunié 
et accusé de plusieurs délits , ils l'ont destitué de ses 
fonctions de juré et élu è sa place Jean de Gherles, 
mercier. Ce dernier prête le serment accoutumé. 

— Le même jour, à la requête du commun people , 
les mêmes éwardcurs annoncent aux consaux qu'ils ont 
destitué les jurés dont les noms suivent : Sire Jean de 
Quarmont, Pierre le Harissal, Jean du Bus, Etienne 



(2) Nous publions dans le volume suivant les. leUrcs du iMmvoir 
donné aux élus du commun peuple , ainsi que les résolutions qu'ils 
ont prises en cxécuiion de leur mandat. ( F. aux àppendica,) 



Digitized by VjOOQIC 



_ 281 — 

Morel^ Mtcbeldc Storiaiiiixiez el Pkrrc Delepo#tc. ils éi* 
sent « que ee^n'estolt' point pour mal qu'oii 'MOttiât en» 
cuU ne qii'ilff seeuîsseiitifftelqoefeharfje surcfvlx mtrc*- 
ment qiïfilz a'^stoî^ol peist agréables à la Qôminimitë. Et 
pour. eseUever. tous doubtes^et 9uspicbii6 'et avanl^que^ 
mcsdîfi ft". les resward^ura les déofiiBiDflidsenl , Uz dMnati* 
dèrent au eoi»mun illoè peéssnt^ S''U'eefîaiVvf4ii que ledit 
commun les euist requir.de les déporter et faire nocrvi«Q«- 
en leurs lieux , et si en^ee faisant ilKites ad vbuem; A^ qnby 
fu respoudii pur ledit, comnlu»: que OiTij." » > 

A Ja suite de cette .déelarttion;: les éwiird€?i*rS9e tétf-^ 
nissent pour )>rocéder à l'élection; de n^vea^x jurés , et •' 
bientôt après ils reviennent en la baUe des ^ jurés , et 
annoncent qu'ils ont désigné pour remplacer les des- . 
titués : Rasée do tarcqy Jean Comsart , Rogtcr Gringnarl, 
Colart Denise , lacques Queval . et Adam- ErCbrun. €esv 
derniers prêtent immédiatement le serment Hccoulumc.' 

— Le même jour encore, on ordonne à toutes les 
personnes étant en bannière de se i^endro immédiate- 
ment , armées et embiUonnée» y. sur le griind marché , 
dessous leur, bannière et avee leur doyen et sous^doyen^ 
h peine d'être punies criminellement , & la discrétion 
des prévôts et jurés, (i) (P) 

5 septentbre 1438. — Sur la demande des élus du 
commun peuple^ les eonsaux ordonnent de publier aux' 
bretéques les informations faites contre Jacques Tsaac. 
Ils ordonnent également In publication des dispositions 
suivantes : 
*» Qu'il ne soit personne aucune, de quelque estât 



(1) Ltvmoiif (le cette réunion n est pas indique. 



Digitized by VjOOQIC 



ou ciMidilion quil stil^ qui se meste o» advancbe de 
parler « mtimiiirer m dite ohe^ qnï puitt esife cim'^ 
ire le sentence et exéeution de jiistie»liîtie8> par Messieurs 
les prevostx et jurez, de Jaf ueniart Ysae^ , oc aultremeni, 
oommenl que ce soit, mais se en tkiigne ung çhaovn 
content sans volloir faire ne tenir qùelqtte parolle ou as*. 
senablëe , en appert ne en cooTcrt , à Tcncpnt^e dé 
mesdîs seignedrs , en qitclqQe manière que ee soit otr 
puist estrc , tant pour ladite exécution cl condei^pna- 
tion /comme pour ce que les esgatdeurs ont deppprté 
idcfôieors des jurez de leur office, pour certaines causes 
qui ad ce les ont aacus, et mis et récréez autres en leurs 
lieux, ainsi que faire poiroyèut , mais s'en amendent à 
justice ad ce créée et ordonnée par la comipuaaitlté de 
ladite vifle^ sur painc d'en esire pugny eriminelment ou 
autrement, à la diserétioâ de mesdis seigneurs prevostz 
et jurez., » 

15 septembre 1428. — Les élus du commun peuple 
reprochent à Ërnoul de Hclscamp, bailli du Tournaisîs, 
d'avoir écrit au batlli de Hatnaut à la décharge de leah 
Delecroix y contre le bien de justice et thonneur de la 
ville, attendu que ce dernier est banni de Tournai. — 
Le bailli répond que, dans Jes lettres qu'il a envoyées, 
on ne peut constater aucun indice dç mauraise inten- 
tentîon de sa part. — Les prévMs et jorés sont ehar- 
gés d*écrire au bailli de Itainaut pour qu'il veuille leur 
envoyer les lettres que lui a adressées son collègue du 
Tonmaisis. Reçues te 15, ers lettres sont aussitôt' trâii^^ 
mises mvf élus qui y aprèi en aWir pfié cmnak9àhce'\ 
vinrent devant les prevoslz et jurez tt eûcposéreni la ma- 
nière de la grande charge que tesdites lettres hailloierUâ 
tout le corps et commun peuple de la vith et . à justWt 
en requérant que sans..... (le rc&le manque , mais on 



Digitized by VjOOQIC 



voH (}ans ki! documeoUr «qfit suiTênt ifuci firnoul <le 

16 septembre H28. — Sur ta proposition des dlus 
du commun peuple^ les consaux prennent les résolu- 
tions siiivantei ; 

l*" Tous les gens capables , geins d'église ou autres ^ 
seront tenus de faire le guet; 

2° Les elës des portes seront rapportées ^utre les 
mains des eonsaux pour en déFjvror une partie |i des 
personnes qui ne sont pas de la loi ; cellcs-ei nft re^ 
c<$vrout aucun salaire et les clés leqc seront confiées 
pour un temps qui ne pourra excéder trois mois; 

3"* Les arbalétriers du grand serment ne feeevimH 
plus les 20 1. qu'on leur aeeordait aux cinq fêtes de 
^otre-Dame. (i) 

— Pierre de Nouveauville prie les eonsaux de le re- 
commander auprès des élus du commun peuple , an 
sujet de la vérification que font ceux-ci des comptes des 
TOjrages quil a Hiîls auprès du roi« — On en parlera aux 
dits élus. 

— Le sergent appelé justice est autorisé a faire chez 
les >tavernters trois chassei ou visites par an. tes pots 
marquée cl trouvés trop pefils seront troués, ceux non 
m^frquës et également trouvés trop petits seront confisqués. 
Dams l*ui!h cofïiflie dans Fauire cas, les détenteurs seront 
condamnés & une grosse toi ou amendé. 



(i) Cette iléptnse. figurait dass les comptes de la manière sai- 
vante ; A^..^ c<MweMahlei;de« Ip^aAs arbatesiriaf s» pour «isporter les 
frais et despens que lesdisarbaleslrlers oni fais et souslcm^s les 
V nuls Noslre-DameV le jpiir dé l'an et le jour de Saiiu Jorge, pour 
le cotte de Hmage Nostre-Bame eh fégHâe do Bruille , et aussi les 
caprons ^a^llz om doanez eti leest^ aimée, aittsi qu*(1 est acoustomé 

XX I. 



Digitized by VjOOQIC 



— 2S4 — 

' ât ^cptcAibrc Uà8. — aire îMicJicI de Gand cllPterre 
le Senescal sont députés à Lille au duc de Ëour^gnc , 
'h l'effet de poursuivre la déllvranec d« Jaquemart Que- 
val, prisonnier à Paris. . ^ 

Sa scpteodire 1438. — ics coâiseiUef»^ du roi m 
battU&agertte T^urftaitis demandent ' ^u'it sotl pourvu à 
l'office de bailli ou qti^on* cavoic ace sujet auprès au 
ivt. >— < Les dpymis proposoia de' Mre remplir ces fone- 
tioBS par le lieutenant , mais les autres eonsaux ne veâ* 
lent point oe prommeer pour le moment* 

^ Lctti^e» d'Bhiou) de Ifelscamp , exrbaiili du Tour- 
naisia, «adressées aux élua du eommun peuj^, j^r 
tosquoUfiS il^ accuse le commun peuple de la tnort d'Brnoul 
lé Moisit et de Lotard de Willériee. 

2 joctdbro 1428* ^ PoMieélioa ordonnant aux 27 
ipdividus dont les noms suivent de comparAttre^ il cer- 
tains Jours déterminés , pardevanl le procureur général, 
u pour élTc interrogée sur les cause» de , la damnabie 
» entreprise naguères machinée et conspirée par eulx 
» et autres non dputans Dieu ni iqslice , de voloir , 
)i car voie de fait* mettre jus Içs commis par le com- 
w.ïpua de la ville et pour ce eulx faire assemblée 
n sans autorité de justice , et cryé au marchié et ail- 
» leurs : Lee commis jus^ les doiens jus, les prison- 
» niers hors^ et en faisant les dis cris , tourbles et 
)) commotions , allé en Biequérièl ùX y crîé : Mmttiis (i) 
i à le resœusse (^) : en commettant criésràè de sédifiôn 



(1) Jl/ai«c»,, séditieux qui s'élevèrent en ^Tancè setfS îe règnt de 
CKarles Vï, et qui eurent ce nôni àeause dcsnialllèt» JoatilÉétaHHnl 
armée 5 on étendit ensuite ce nom à toute espèo<^^e^di|i§iK. 

(2) Bescoutse, rébellion, résistance. 



Digitized by VjOOQIC 



> oammoiion du peufile el encourant les paines ad ce 
» introduites, â . 

, Voici les noms do ces S7 prévonus : 1"* ioan le 
M arissal , fils de Gérard ; S<* Rasso Maoïl^ors ; S"" Coiavt 
Franqoerne dit Bouclète; i» Melchior Delecroix ; 5<* Le- 
hire Deawazières; 6* Christophe DdebotnraeriOi fouton ; 
7* Jaquemin Delecras; S*' Nicaiso Croiabia; y<»Gd«rt 
Roussel; iù^ Mahieu Caudronnier ; il'' Jean Pauehin, 
filtier ; IS« Jean le Btetou , bomielour ; i3* Chrétien 
Loblaac, gardeur ; 14"* Haquinet LeUano ; i8<* Baquiset 
De laDerière dit Callet; iû"" Michol Wauquier^ hrou- 
teor; 47^ Léon Roisin , navieur ; IS"" Jean Brunel , 
Waotter; iO*" Chrétien Wicoire; S0<> Pierre Hanebert, 
rotordeur de 81; ai <*: Pierre Ddatre , foulon; Sa* 
Willaume Delerue , bai^bieur ; âS"* Pierre de Bruielle , 
aumucheur ; Si** Jean Hanoque, fruitier ; â5'' Brnoulet 
Lefranc, coureur ; 96* Jean Rihotte le fils et 37* Mahieu 
de Ribauval. 

5 octobre i428. — Défense est faite d'aider ou 
d'accompagner les bannis et absentés pour cause de l'en- 
treprise faite sur les commis du commun peuple , et 
même de leur parler ou de les favoriser en quelque 
manière que ce soit , sous peine de prison et de ban- 
nissement. (P). 

6 octobre i4âS, — u Qu'il ne soit personne aucune, 
de quelque estât ou condition qu'il soit, qui s'avanche ou 
entremette de parler , murmurer ne dire chose , en 
appert ne en couvert , eontre les jogemens et sentences 
criminelles , bannissemens eslarghissemeus ou autres 
que Messieurs les prévostz et jurez de ceste ville, ayant 

utfH. T. vni. 36 



Digitized by VjOOQIC 



1ê gôuTentemêM, powr le Rôy iio$lr« sire, il« ia hmXU 
justice de hdîte TÎIle, saubz le ressortit tonfieniaetë 
de la eourt die paa^lement, ont faiétes et oat ioteiMioD, 
«Il pitfisir dé Dieu, de Hirt eneores, teloa ce ^«e «o 
lenrls coatcienees ih Terront de raison et de juttiee 
apparKenir et eotfne I hw eréatieo *ili en ont fait 4e 
serment ,' de tons dëtiets, cHesmes et maléfiees doBt à 
«uk appartient ht congnoissanoe , et tant de eeuk 
qu'itz ont trouvé ooolpables des entrepritises , «ow- 
blés, eomaiotions et divisions faieleâ et mactjnâss eon- 
-tre les commis de ipAt le peuple de la Tt1l« et autres 
de la loy ficelle , et de ceoix «{«'ile en trotiverotit 
chargieiE et d'avoir e^té «xaucheirr, f remoneur et eon- 
*p]ice deséis trotibles et eommotioûs dé peuple et €m^ 
peictieure <du bien de paix, contre donneur ci prouffit 
commun du peuple de ladite vlUe , eooune de tous 
autres criesmes, dëliets et malMcee, queh qa'ilz soyenl, 
mais s'en attendent du tout à mesdis s^ prevostz et 
jurez, ainsy que vray et loyal subiet doivent et sont 
tenus de faire , sur paine d'en estre pugnis de prison 
Gt autrement, i la discrétion de mesdis sieurs. >» (P.) 

7 octobre 'liâd. -— Résolu d'écrire aux bonnes villes, 
pour les prier de ne point donner asile aux individtts 
compromis dans la dernière tentative faite éur Journai. 

^- Les officiers du roi au bailliage sont autorisés à 
tenir . séance dans la ville , . moyennant lettres de non 
préjudice* 

— Les dépenses faites pendant les deux Jours où 
les pr^oKpiers coj^mis du commun peuple ont été en 
fonetionsv seront sii|>portées jf^r U vil(e. 

— Ciiïq arcber^ et cinq arbalétriers seront préposés 
à la garde de chaque faubourg, et il y aura un canon- 



Digitized by VjOOQIC 



m» à €biqu# :fMMr0 4« ^ vilU^ Jl mt ceeoioiiiajidé 

*^ Sur le bruit qtii court que Gille% de Chio fait 
iisenbl^ de«! ge^i d'aroeB- pour veoia «ur Tournai , 
de» meaores .so^ prise» pour, la garde de la viûe. A 
•eai^jei rordoaoaDee. suivante est, publiée le. .m^me 
jour «pfos'^midi : « Oa , vous fait assavoir que aujour^ 
duy a eat4 ordoané, pi^ssé et aoordé p«ir les iiij coo- 
sauh delà ville et eilé de Tournay^. pour résister à 
r«atroprî|Mie de Messlre Gilles bastort de CbiOt qui a 
défié i«dite ville» saos cause raisonaablei en scgr 
démMst^aut et pçrtaut enoemy et, adversaire de .la 
viUe, que ai ledit de Chia approebe ou entre ea la 
banlieue d'ioelle, soit do jour pu de nuit, ou tappera 
k un les k eloqoe du disoer x ou xij cops, selon ce 
ilUril sera expédient; auquel son les esleus desdiitaîn^s, 
fwr eolléges de banièrea, pom* ledit ea^^, seront tenu4 
de venir, armes et babillie«, par devera le prévost de 
la eommune et le souverain doyen, au grant marji^ié, 
et «1er li rà ils seront ordonnes pour garder Tonneur 
du Roy nosire sire et de ladite ville, et qu<^ les autres 
babitans et subgetz d'ieelle en soyent advertis, sans y 
prendre aultre doubte, et viengneni avec leur doyen 
et soub-doyen audit marchié, pour aler chacun k son 
effrpy 9 se mestier est , sur quanques ilt se puent 
meffaire* .» 

-^ Un valet de Jean le Preud'bomme apporte en la 
halle une lettre au bas de laquelle est apposé le cachet 
armorié d0 Sire Clilles bâtard de Cbin. Cette lettre, 
.eurieuse i plus d'un titre, existe en original aui ar- 
chives de Tournai} elle est conçue en ces termes: 

> Je Gilles batar de Ghin, chevalier et mes complisse, 
à vous prevost cl jurés, maieur cl esquievîns, éwar- 



Digitized by VjOOQIC 



— 2M — 

deurs, doiens etsourâoîens et comaiDnaulé éà poarpris 
de la ville de Toumay. Il est Ttay que d^mto ung 
peu de tBBs aveus evbt e& ¥o pri«ms un mkn frère 
baslart noimnë Sea Jan de Gbia ^ fii <io feu Moiiseigiieur 
de Chin , mon père, don Dieu pardonnist j lequel a 
esté par vous jehiimés et toumentés et tirasdés par 
si orible mranierre que» par le force de tourment et 
tirandise, vous lui metës sus qu'il doit ay^r esté a 
bouter feu en son pourpris de la ville, lequel sera 
bien prouvé le contraire, et sur ce l'avés fait morir, 
de mort honteuse (i), et enfin que lui estant oprès de sa 
mort» génë raument (réellement) devant tous cheus qui 
présens estoient, prias sur le mort qu'il attendoit que 
che poiireoy on le faisoit morir^ il n'avoit eôupes (fautes). 
Et en houlre^ qiiant on ala en le halle pour le requé-- 
rir, vous det votrao<$e mautaise, boutast hours lea genûa 
hommes et apariteur qui là abîeât pour le requérir 
et pour k uien^er à son horde$ielle (ordinaire) , lequel 
savés bien qu'il estott homme de religion et que i vous 
ne appartenoit point la connoisance, pour quoy je vous 
mande que pour le fause traite, tirandise et désonneur 
que m'avés fait^ que vous wardés de my et des miens, 
tant de jour comme de nuit, et que en tous estas que 
je poray ne saray, je vous feray damage et desplaisir 
à v^ua et à wostn (ville) , sans jour et sans eure, et 
vous deffie delfeu et de sanc. Et pour ce croire et 
certefier, je ay mis men sele. > 

14 octobre 1428. — Lettres du roi conférant & Jean 
de Protsy l'office de bailli de Tournai et Tournaisis. 



(4) V. la 2* mna da la page 964. 



Digitized by VjOOQIC 



— 2W — 

— ^ Avant. à% v€conaalliie.le nMvtnu fttutaire^ tes c^. 
saux dëstrent eottsullér la^ communautié, eu égurd à ce 
que le doc de Boorgoflle â dft qae Jean de Proisy est 
son ennemi et a (^rid de ne point Tadmettre cotnme 
baîlli. 

^ Les élus cbargés daller ct)mbàttre le b&tard de 
Chin demandent qu^en lenr déUvre des eapdrons (1)' 
et qu'on leor accorde un salaire. Bs prietit également 
de décider quo s'ils sont pris ou blessés, que ce soit 
aux dépens de la ville. -^ Tontes ces demandes sost 
accueillies, et les doVen» éhiettent en outre le vœu de 
fixer dès à présent le prix de rachat des prisonniers. 

19 octobre H^* -— Géfard d'fisne, écu)rer« sollioite 
la place de bailli de Touroaisis. -— On lui répond qu^il 
doil s'adresser au w et que aUl rénasiti il aura Tagréa- 
tion de la ville. -- le 6 novembre, les consaux or« 
donnent d'écrire au roi pour lui faire cofinattre fétat 
de Gérard d'Bsne , sans dire que ce dernier sollicite 
l'oflBice de bailli. 

25 octobre 1438. -^ Rapport de me Jean Haccart , 



(i) Le eapwon oa ehapwan était un babHlemeat de (été, espèce 
de capuchon que les hommes et les femmes pi^rtèrent iusqu^aq 
quinzième siècle. Il était en drap et ressemblait ^ un bourrelet, avec 
des pendanis aux deux côtés du chaperon. On s^en enveloppait 
la tête comme d'une coiffe. Riches et pauvres portaient le chaperon, et 
suivant Je commaedcuDeat de. Charles TU en 1U7, chacun fut obligé 
d'avoir une croix dessqs,>iiio|as qu'elle ne fût sur larûtaB. Lprsqa en 
voulait saluer quelqu'un, on levait ou Ton reculait le chaperon de 
manière que le front fût découvert. La reiae Isabelle de Bavièra 
prit en haine Jean Torel, par la seule raison qu'il ne levait pas son 
chaperon lorsqu'il lui parlait. Lorsque les habits étalent de deux 
couleurs, le chaperon l'était aussi. 



Digitized by VjOOQIC 



prévôt et do procureur de la ville , eavoyës •' UUe 
auprès de Fëvéquia de Tournai et dee entres membres 
du conseil du duc de Bourgo^e» pour deoEMUider leur 
nvis sur ce que les députés de Touraei auront à re* 
montrer au due reiativeriient aux points suivants : 
i* La prise d'Ernoul de Helsoamp (i), dans son manoir de 
Merlin ^ par les gens du bâtard de Sainl-Pol ^ 3"* les 
lettres de défi adressées à la ville et à ses habitanU 
par le bâtard GiUea dé Chin ; 3* les entreprises faites 
contre oette ville par les deux bâtards de S^-Pol et de 
Chin ; 4'' les (^ens du bâtard de S^-Pol qui ont été 
faits prisonniers k Merlin par les Tournaisiens* — Les 
échevins et les éwardeurs pensent qu'il y a lieu de 
relâcher ces prisonniers > à conditien que, de son 
côté, le bâtard de St.-Pol déUvre de Helseamp ; les 
prévôts et jurés, auxquels se joignent les doyens, sont 
d'avis que les députés qui iront à Mons pour régler 
ces a£Fâire5 avec le due dé Bourgogne, agissent suivent 
les circonstances et de la manière qu'ils jugeront la 
plus convenable aux intérêts de la ville. 

25 octobre 1428. — Jean Quaret, détenu pour les 
fraudes qu'il a faites dans les monnaies d'or qu'il a 
forgées, sujet pour lequel la ville est mal notée dans 
les pays voisins , est élargi , sous caution de ses biens 
et sous serment de ne point quitter la ville. 

— Résolu de ne plus recevoir de lelli^es des ennemis 
de la ville. 

â novemiire i4â6. *— Rapport des députés revenus 



(1) Ernoul de Helseamp est souvent désigné soas le noip <le Crranâ 
Ernoul, 



Digitized by VjOOQIC 



— S»l - 

deMons. -^ ils sont chargea de pam^uivr^ les négoo^an 
tiODS auprès dit due de JtotrifQgnQ. Le mém^ joui' nv 
seir, on déitvre è piefro le 8«ne90al, Tua dm députàst 
Im ItUMs séresséea préeédemmeot par de Hel^oamp au 
brilli d« Hftiaattl. (FeiV fe 1^ ai|alef»t6rfi.) 

4 novembre 1428. -^ Les JRi|;es, ie9 officiers , les 
sergents H le» entres fonctionnaires de U ville ee^-» 
«iîneus d'avoir des relaiions iilkiâss avec d*e«l;r#s femmes 
ifue les leurs , seront immëdiatement privés de ienrs 
«ffieesi 

«— La fille prend a se. cfaerge les dépensas feties 
en U halle par ks pné'irto ei |nrés qui oiH été oeen-^ 
pés, fendant neuf jmirs jusqu'à tninuH, k faire le pre* 
eèedes dixr-hnit individus eéccinment exéeutés è iQOrt (I). 

*^ On accorde un salaire raisonnable aqx personnes 
qui ent été employées prir la ville à exécu(;er les me- 
«ores prises eonife Je bâterd de Cbio. Voici les aeli* 
des dû compte qui se pspportenl h cet ebjet : 

c A Jehan du Mortier , fivrc ^ en aide et susport des 
despens qu'il a fais et soustcnus en plurieurs manières, 



<l) Ontr(Mi¥er9 ces sentences de mort dans les ei traits desrsgis* 
Jies lie lalo^uft nom pul)U(9ispns dans le volume suivant. Noqs nous 
contenterons, pour le moment « de donner les noms des exécutés : 

24 septembre 1428 : Jean de Mortai^ne, Jean Ventrut, Willaome 
Beîebassés et Bobin fistambourg. 

Le 27 : Jean de Brogeiette, Haquiset Poteetier, Jaquemart Iisaisire, 
liOtard OuUlain et Jean Blarye. 

Le 28 ; lefio de Bruyélle dit sans terre et Piérart Malet. 

Le 29 : Jean de Quarmont, successivement grpnd doyen des mé- 
tien él sôaverato Prévôt. 

Enfle te 9 octobre : Jean Lestame, Andriea Dœbte, Henri de Triess, 
Baudart nrielincq* fiegnsiid Hacqnet et Pléi^art Marissaj. 



Digitized by VjOOQIC 



à cause des iiMNreuves en pMl~ de laorl et d^^tSûh^^ 
qui lai furent faites, eaiptès lea ùiuli!»tii*s de eesie nûit^ 
par liessire GiUe de CImi et aea^etm^taeat eu- mois d'oc* 
toiMre, en IftisaDt eonfaos sur jedle, soubs. ojttbise des 
deffianees par lui envetëee k la dke .TiUe;et aux* ma- 
sans d'ieelie:,. poaree « . . . . . ^1 &» 

« A leban Larae dit ie faesftie», p0«iv pamlo^eat 
siisperter les deapens par lui mia et jso«iat9fiuas , à o^uae 
des navreares à lui faites par ledit siise Giile de Cbio^ 
ledit jour. ... « * • xl s. 

«t A Jeban Rasson , eeiinestaMe des arckiieis du graot 
serment, pour ▼ dkaineà deadis archiers qjii, Je ?ijf 
jotnr du moîa d^ictobrey fitreat envoies an dehosb de la 
dite ville sar ^ après ledit siseï Gille de Cbin • et 
sesdis eomplices, après ce qu'ilz heurent fiît leur dto 
course xxx s. 

n A Pasquier Dumont, connectable des arebiers 'du 
petit serment , pour plusieurs dizaines desdis aidiiers 
qui, audit mois d'octobre, firent le gfaet,^laat de jour 
comme de nuit, à la porte de Bruite et aux ars 
as salines , pour le seureté de ladite ville et réaiater 
auxdites entreprinses faites par ledit de Cbin , où ilz 
se employèrent par plusieurs et diverses journées et 
nuits xj 1. XYJ s. îij d, 

c A Josse Motte , connestable des canonnitrs^ '"pcmr 
plusieurs desdis canonniers qui firent lé gbet es tours 
et ars de le nouvelle forteresse et aussi h Orque et es 
fauxbours d'icelle, pour résister auxdites emprinses faites 
par ledit sire Gille de Chin , tant de jour conrnié de 
nuîl . xvîj I. X. a, 

u A Simon de Noyelle , trompeté , pour avoir esté 
de cheval en plusieurs villes et places au bailliage de 
Tournésis,^ avec Jehan Autoupet et autres commis et 



Digitized by VjOOQIC 



ôrdmiiiei àvee M à allier mm las cèMBfM ,' à 
tftsdiie» euU'vpritMs iriitt par Mit aire OiHe de Ittiio^ 
oA il Tfleqoa pnr iiîî 100», ixHir ee • txt s. 

« A IMiieit EMnm$n ^ edbiriMir , pour despené 
de bauehe f«s en n aMÎMNi ks xiij* , xiiij* et mvj^ 
joat$ dodît mois d'4ietobre par ledit ielun Atitoupct 
et^ amtres commis atec M, après te qa'ik JielnneDi esté 
en gnmt àambed^tr ladst bailliage pour ladite caeee, 
lesquels despens moatèreot à la somnie de xiij 1. vj»# v dv 

« A Golart Mousquet , soub-doyen des laboureurs , 
pour les dospoûs de be«die fais par plusieors labou- 
reur» et autres en grant nombre qui , audtl omis d^eeto* 
bre, se mirent de nuit en armes et alèrent k Baaie*> 
gniea eè on disoit estre IbgiéB des eompKeea dudlt aire 
Gille de CM». ...... iiîi h 



»> 



'!( neifeadbre I42ft. ^ PubUeatioii d'une ordonnance 
pearlant défense de communiquer avec les personnes (|ui 
eut été bannies pour eause de la damnable entreprise 
faite, le 23 septembre, contre les commis du coiamun 
peuple. (P) 

. 6 4iovembre 1438. — Qn poursuivra la délivrance 
d'Brnoul de Helscamp et si l'on n'y parvient pas, les 
prisonniers faits sur le bâtard de St-Pol seront mis 
entre les mains des , officiers du roi au bailliage pour 
être. relâcbéSï, $i ces derniers le jugent convenable. 
. ^ Résolu de continuer les démarches déjà faites 
aupràs du duc de Bourgogne dans le but d'obtenir 
séparation des entreprises tentées contre la ville par le 
bAtard de Chin; si, comme il l'a demandé, ce dernier 
obtient d'être entendu par le prince, les députés de la 
Tille solliciteront la même faveur , mais dans tous les 

MéH. T, VIII. 37. 



Digitized by VjOOQIC 



— 294 — 

cas iU ne devront comentir é quelqm mbmismn ni 
prendre aucun amstenemeni y mm mt rudement requis 
Fenireiemment des traiiiée et qu^U noue préserve de tou- 
tes guerres y comme les députez «auront -mieux faire j 
et s'ik sont aprochiez autrement , avant quHls acceptent 
du touÈ le refus de provisim <, qu'ils prengnent dàky un 
jour ou dmas de nous en parler. Les doyens , tout en 
adhérant à tette décisîed , ne veulent point qu'on prenne 
de délai. 

9 novembre 1428. — Une somme de 40 s. est allouée 
à Tliéry de Maubray, qui a apporté ^aux consaux des 
nouvelles du roî. 

— La î&BBLme d'Ernoul de Halscamp vient supposer 
à la délivrance des prisonniers faits à Merlin. 

— Lettres ^u duc de Bourgogne relativement à Jean 
de Proisy. — Les doyens veulent que la question soit 
mise devant k$ bannières et les autres consaux pensent 
que le frère dudit de Proisy peut être lieutenant du 
bailli « 

— Rapport de sire Jean Haccart , prévôt , Maître Jean 
de BauwegnicS} conseiller et Pierre le Senescal^ dépu- 
tés h Lille auprès du duc de Bourgogne. Us ont été en- 
tendus par le duc qui a répondu qu'il écrirait, tant à 
Messire Jean de Luxembourg pour délivrer Içs prison- 
niers (l)que ce seigneur détient, qu'au bâtard de Gbin 
pour qu'il cesse ses entreprises contre la ville et délivre 
également les prisonniers qu'il a faits. Les 4éputés dé- 
clarent avoir vu ces lettres signées de la main du duc 
et remises à un cbevaucheur pour les porter à leur des- 



(1) Jean Painlevet et Gui de Lattre. 



Digitized by VjOOQIC 



— 29U — 

tinatiou. Quant à Jaquemart Queval , prisonnier k Paris, 
le duc a écrit pour sa délivrance. Enfin il a été con- 
venu que les prisonniers faits k Merlin seraient rendus 
au duc de Bourgogne, lifin d'obtenir la mise en liberté 
d'Ernoul de Helscamp. 

4 

il novembre 1428. ^ Procession générale (I) pour 
le bien et la prospérité du roi, le recouvrement de son 
royaume, la conservation de cette ville et de ses babi* 
tants, et aussi pour remercier Dieu d'avoir préservé la 
ville de plusieurs dangers et inconvénients. (P) 

15 novembre 1428. — On publie aux bretèques l'or- 
donnance qui suit : u On vous fait assavoir de par les 
prevostz, de par les jurez et de par les preudommes de 
le cité, que, pour la conservation des privilléges royauli, 
droîs, franchises et libériez de toute ancienneté maintenus, 
gardez et observez en ladite ville et cité, le relîèvement 
et augmentation du fait de justice, qui est le souverain 
bien par lequel vient et procède paix , union et con- 
corde en toutes bonnes villes et pays où elle a son cours, 
mesdis seigneurs prevostz et jurez ayans le gouverne- 
ment et administration de la haulte justice d'icelle ville, 
sachans l'assens du peuple, naguëres assemblé par col- 
lèges de bannières es places acoustumées, avoir esté que 
desdis privilèges et justice garder, soubstenir et entrete- 
nir, mesdis seigneurs prevostz et jurez avec les autres 



(1) Uoe somme de 5 s. t. était chaque année aliénée aux compa- 
gnons vestis en guite de diables qui faisaient voie et place aux proces- 
sions de la dédicace de Notre-Dame et du Saint-Sacrement. On voit 
dans un compte que ces diables étaient au nombre de quatre» 



Digitized by VjOOQIC 



— ,996 — 

«QjMHIlb quk\p% 0<»t qiMf qui»», ^i tMl wmm^ lUttk 
JupiidMfs irt i^Aisi^nf mUrdi g^p«.d« ooaieU, Uat^ éss 
oflBicms et coDfeiUer& du r^ pos^e 8Hr0 domina auliBi, 
déclaré el déclarent expressément que , nonobstant chose 
iM|ven«e3oiriKt uwbie ou e^nleur .4e ^ l'effioF H «^^m- 
JUée déplie qoi| 1^.^- joi|f d^MMiajt jFaii mil iiq'' 
oiôvi) f^ ^l' l'^^'iM ^'Ue pour l«. b^Mittcoieitt di9 Jeban 
ioittrj» et avirai eemUabtes» Iqus eeiiU qyt alofs ne 
pooient itfineliMneilt «llfir ea ladite i^ille, banlieue fit 
juridiction de Tparnay pour paix ou «eurtes enfrain- 
des ou cas cr imioeb et baaissemens de tous joiHf i et 
qui pour ce estoient appelles, bannis, emprisoi^nes , 
$\msiUlf w en pr«^ par ap|ieaii|x m .AutreineDiy 
eontAB loesdis «eigo^i^ et Je. jirpcnreur géoévtd de 
ladite ville, teat au parlement. du rqy. oos^re sireder- 
riua trei|UM^é (eM^Dieu pardoiustX) comoi^ à la.ceur 
métropaljtaine de Raios^ ou ailleurs,, qm^lquepai^t que 
ce puis^ eçtre, l^i soitce que & Tooqai^ desdis effrois 
^aMCQns. d'iceulx ?oI8i^seQt maioteair eTOJr recouvré ter 
dite hiibitation, soy^nt doreseiji.avant eu Qtel et semblable 
estât AU rcigard de jvstiee et du fait de bdite* hubita- 
tipn qu'ils efttei(mt au jpqr dudit effroy , sans ce qu'ils 
puissent uouiierser pi habiter eA ladite ville ou banlieue 
plus seurement ou françement qu'ils, net faisQiqnt para^ 
vaut ledit jijj'' jour d'ao^st l'anxxiij di^ssys dit, que ce 
ne soit à leurs périlz et aventures, tant que autrement 
y sera pourveo par le roy nostre sire et sa souveraine 
cour de parlement , en laquelle les parties pourront 
faire telle poursicute que de raison et justice opparten- 
dra , attendu que pour lesdis privilèges , le (ait de la 
justice de ladite ville, mesdis seigneurs prevosts et ju- 



Digitized by VjOOQIC 



— »7 — 

rpS'Oe «iHii ienus de jpMdMr àHleiii^ y 0».(femimilaiit 
ne eu déffiflftdant , -que e» lntèffte court de purlibmeat. Et 
adftn que aueliii ne puist làtléghieir cause d'ignorance ^ 
iQneadie sèigneursr pretdstt ^ jurez ont tlélfbéré de le 
faire publier am In^tesqu^s de tadite vflle. '-é (P) 

l€ nevembre 14itô.— Clarcmbàut de PWisy, en sa 
qualité deliéùleùaât ûé iori IVère, le baiHl de ITckirnàiilés, 
requiert Faide, lé cèofbrt, l'assistance 'et la faieitvefl- 
lanee de ceux de Tedrtiar. — Les' jnr Hl les ëéhevf hs 
.isdtit d^avis dë^ëfétfèr h sft dieihaDdé, miiis'les'dojreiiset 
les éwardeurs ne-'Vcuîenl jioint se pronen<fer qoaM'à 
présent; " ' ' • • -i- • • 

3f novembre IfSift.-'— RUppoft de Mahleu de Mous- 
queroii quij au moii d^oAf , a été envoyé vers te roi , 
iMite la rivïère de la Loii'e, pour' pldsietirs afTairestou- 
"cbant h ^Ite, tt notamnient pour obtenir de cessera 
Tournai, pendant un an, la fabrication ^de la monnaie 
d'or et de vendre des reàfies viagères sur la vîflè afin 
'de payer ku -duc de Bourgogne la somme fixée par le 
traité. Il dît « qu'il '{Présenta ses' lettres an roy et aux 
"ii généraulx etsi fistgrant poursieulte pour obtenir lès 
« maUdemehs contenus en son instruction , mais par 
1^ les rapfiôns qtre Bernard de Bernés fist par delà di- 
» San! que ledit Mahieu y venoit de H-meisme et que 
» c'estoient fâulses lettres qu'il a ppôrtoit, avec plusieurs 
» charges contre la ville, finablement il ne puet ra- 
n voir SCS lettres scellées , fors les minutes , pour ce 
n que GamaiclSc et autres, qui viennent par decha^ les 
» rapportent, et ne ly â-on volu souffrir rapporter. » 

2 décembre 1428. -— Les consaux déclarent que la 



Digitized by VjOOQIC 



— 298 — 

ville doit s'abstenir d'envoyer des hommes pour défen- 
dre la forteresse de Merlin que des individus , de 
grande puissance, s'efforcent d'occuper, attendu que 
cette charge incombe aux oflSciers du roi au bailliage. 

5 décembre 4428, — Sur rohservttion des élus du 
commun peuple ^ les prév^U et jurés soumettent aux 
délibératioQS . des eqU^ts des., bumières les points con- 
tenus dans h ^édule dont U teneur suit : 

« Pour tou^un démonstrer le bon voHoir et affection 
que nous tous, ensemble les habitans, peuple et eom- 
muoité de eesie bonne ville et cité de Tournay, avons 
au bien du Roy, oestre vray, naturel, souverain et 
droieturier seigneur et de sa setgaourie, et nous ac- 
quitter comme ses bons et loyauk subgiez , en conti- 
nuant la grant araeur et vraye obéissance en quoy 
directement et naturelment sommes tenus et obligiez 
envers lui, et pour en ce persévérer de bien en mieulx 
et ladite ville gouverner en bonne paix, amour et 
dilection et nous tous ensemble tenir en bonne union 
et concorde , au bien du Roy nostre dit s' et de nous 
meismeS) ayans esgard de obvier aux maulx et incon- 
véniens qui , par division , murmures et suspicions , se 
sont ensuis et ensieuent chascun jour, et entretenant 
nostre bonne renommée , nous tellem^t conduire et 
maintenir que en doyens tousjours cstre et demorer, 
sur tous autres^ loez et refiommandée ; 

u Nous , prevostz et jurez dé ladite ville et cité , 
qui, par privilégias royaulx , avons le gouvernement de 
toute la justice en icelle ville et savons tous tous , 
Messeigneurs de la communité, eslrc désirans ique, 
par bonne justice, le gouvernement de la ville soit 



Digitized by VjOOQIC 



— 299 — 

maintenu et soustenu au bien du Roy et de nous tous^ 
et pourveu i tout ce qui y poroit nuire et Cfnpaiohier, 
et mesmement à toutes murmures, nottes et suspicions 
que aucuns , par inadvertance ou autrement , poroient 
avoir sur le retour en la ville de ceulx qui , depuis 
ilj ans ou environ , s'en sont partis et tenus absens , 
tant pour le fait de Fei^treprinse fak€ par trahison sur 
ladite ville au mois d'octobre darrain passé cubt ij ans, 
comme pour ta darraine entreprinse faite pour destruire 
les commis de p^r vous , Messieurs de la eommunité , 
et autres de la loy et boas marchans de ladite vitl^^ 
comme il est tout commun et naloîre en yeelle ville el 
dehors ; et aussy d'autres qui,, pour double et creraeur 
qu'ils ayoient d'aucuns qui , par puissanee volontaire 
et au deseure de justice , avoieot le gouventement de 
ladite ville, se sont tenus absens de ladite ville. 

» Adfin que vous tons, Messieurs de la eommuniVé, 
n'ayez cause de y prendre quelque doubte et que du 
tout vous en puissiez attendre ii justice, nous, 4)revostz 
et jurez, par le moyen, ayde, conseil et assistence de 
Messieurs les autres iij consaulx , vous adverttssons de 
noz intentions et volons que chaseun amant Dieu , le 
Roy et justice sache que s'aueuns^ de quelque estât on 
cfmdition qu'ils scient, eoolpables desdites deux entre- 
prinses et traisoos faites sur ladite ville, tant passé k 
ij ans comme darrainement au mots de septembre, pueent 
estre prins et aprébeadez en le juridiction de ladite 
ville et banlieue , nous en ferons telle pugnition par 
justice que vous» tous en devrez estre coptens et nous 
estre recommandez de bonne justice , en entretenant 
tousjours les derrains traitiés renouveliez pour vj ans» 
commenchant à le Saint^Jehan derrain passé. . 

t Et quant à aucuns prcudommes et bons marchans 



Digitized by VjOOQIC 



qui i'm 9ùnX partis et nbseiilei' poirr lis d^ble et 
Gremear tfe filusfeiift qui avoye^t te fjoii^memeAf air 
deseore de jvMliee^ «émme ^ ^t; el qM iiè so»! ne 
dnt) que ayons* peu siiToir , aoeanement chargiez v 
attaiiHr ne eotiniinciis, paf fetirmaCioR ne aiitreinieiyr, 
deadHetf enlfepritoaeb et traffeyna, se n'esf #afèir pérlé, 
anté et eoitvcrsé es filles ▼étsiii^ avec iesdis^^ advepîBatftlr 
ooiipdbrés desdftés entreprînscs, lesquelk, paiir le beir 
et itetir getiTeffllcmerrt tju'îlr see^^enl éstre de pt^ééèht 
OD la i^Re, cAntendeifit y tetmtneti crrt yëhnî estre 
k dH»it et justice de (ottles eikurg^es que fonf tenr tiofroit 
admettre ; Mous, prevostz ' let jurez, qui, desdfs ^utSH» 
oonsauhr, en' votons du tout faife et ôser^ jiar* V^^9 
en eotfseit' de vous tous , Messfèorts de la eomnufiitiér,' 
fous' prkms et requëron^^ comme i dos fMres et fraia 
amis que , pour- TonneuT d«i Roy et le bfeo de 'la 
ville et ad œ que icelle puist estre fiieulx puopFéo et 
habituée de tioiHies fens', marctens et MoMMft,' 
qii'ft vous phiise s^r ce avoir ad vis et nous advenir e# 
eonseiVlier de ce quil vous en semblera lé plus ekp^' 
dient , pronffitablemeot et honnouraMemèiH pour- la 
loen|;e et recommendàtiou de ladfte vîHe envers le 
Rof nostre Sire et ses bienvueillafi» et au plaMr de 
Dieu , nous , prevoshe et juresr^ sommes j^restz el "dés^ 
rans-ile tous nœ euérs de lious y employer, pato 
l'adviïï, conseil et moyen dcft autres eonsunhi de la 
fine, coudovM voatro adVis et déRbërtition par la millMpe 
manière que nous porous et saurOUs, teiliemeuiqoe véus 
et" chacun de vom en devras de raison estre covtenfy. 
sans: avoir de y^ prendte queUfoo dooèltf au ei»olraikRf. 
<»>Blr pouf 00 que Vén n'aU cause 40 «u im u ir ao» 
l'autre^ par baynne ne aotremem , ou titfo d'uuotuits 
parles qui, depuis les ^divisions de ee ro ya w lm #, ont 



Digitized by VjOOQIC 



— 501 — 

couru , doot par ce a eo en ceste ville plusieiirs aller- 
cations ealre aucun» euktaBs espoir bieu dire et faire , 
et wiùtk de noarir paix , amour ^ union et concorde entre 
nous toits enseniMe y ^u\ 66t le soureraîn Irien pour 
malnleniF eeste dite ville en bonne et longue prospé- 
rité, à romieur du Rey et & la confusion de ses 
adTersairea et disa bayneu de ladite ville et cité, il 
semUe bon è noua, prevosrz et jurez el* auxdis eonsauFx^ 
que foutes telles a»uniHires et parters les ups contre 
les autres se chessassent et que ad ce jpropos fuist f^tte 
une bonne proTiston et ordorniancbe par laqueHe toutes 
cboses pasiéer et advenues voluntairement ou antre^r 
ment sans rauctoriië de justice, jusques à présent, 
exeeplé deadites ij entrepriases et trahisons madiinées 
oofitre ladite ville I eomme dit est^ fosseofe du tout 
mise» au nient et defFend<u de nou plus en parler par 
la plus honorable et raisonnable voye et manière que, 
par vpstre bon advis et adv^rtlesement, foire se pora. » 

Par le dernier article, les prévôts et jurez prient les 
collèges de bannières de donner leur atis sur toutes 
les choses mentionnées ci^essus. 

En conformité de la décision prise par la grande ma- 
jorité des collèges «les bannières (33 sur 56) , l'ordon- 
nance suivante t»t publiée la 14 décembre : 

a On vous lait assavoir ^ de par les prevosta , etc. , 
eii ensuivant l'aaiena d«.penple et (y>mmu«ltë de la ?illa 
qui^ p«is naguerres, a esUé a^eflablée par coWéges ip 
baniciea, tottehanl le fMt et retour de plusieors puis 
troiS' ana enclia absentez de la ville, que la voltenté ei 
intentiou dudil pesple el de mesdis s"* prevostz et ju- 
rez esl ^que a'aaauns des dessusdis , à présent absratés 
de Irvttle, non eoupablas de t^emprinse- et traysan Mie 
contre la viHe au maïs d'ocMire l'an mil quatre ocna 
a*a. T. vni. 38 



Digitized by VjOOQIC 



— 302 — 

vingt et six, ne d^aultre Tîtlaio cas , et qui point n*oiit 
assisté ne esté ayecq lesdis adversaires de la ville , à em- 
paichier les traictiez, que la ville a heu jusques k présent 
de Monseigneur de Bourgogne, ne aussy contribué aux 
despens que les adversaires de la ville ont heu à suspor- 
ter es poursieutes qu'ilz ont faite par chi-devant contre 
ladite ville , et aussy quy point n'ont assisté ne esté 
avecq eulx en faisant les poursieutes que lesdis adver- 
saires ont faites contraire au bien de la ville , vœllent 
retourner et revenir demourer paisiblement en ladite 
ville et eulx y amaser comme îlz faisoient paravant , 
qu'ilz y puissent retourner et revenir demourer toutes 
et quantes fois que bon leur semblera, poorveu toutes 
voies que tous cheux qui] ainsy se sont absentez, comme 
dit est, qui solloyent demourer en ladite ville et quy 
y volroyent revenir demourer ou converser, viengnent 
premiers et avant toute euvre rendre leurs corps pri- 
sonniers en la main de mesdis s'* prevostz et jurez, 
pour ester k droit et respondre au procureur général 
de la ville et tous autres à tout ce quilz leur voi- 
ront et saront demander et contre eulx conclure à ceste 
cause, s*aucune chose l'en leur set à demander. Et ad- 
fin que aucun n^ait cause de murmurer ue parler sur 
ceulx qui ainsy retourneront et revenront demorer en 
ladite ville, et que de tant plus de tous cheulx quy 
ainsy revenront le peuple et bonnes gens de la ville 
ayent cause d'estre contens d'eulx sans avoir quelque 
suspicion contre eulx, mesdis s'* prevostz et jurez ont 
ordonné et ordonnent que, incontinent qu'ilz se seront 
rendus prisonniers, quilz seront détenus tous prison- 
niers en prison fermée , par trois jours du mains. Et 
prestement et durant ledit emprisonnement , ung cry 
et publication se fera , ouquel seront dénommés , par 



Digitized by VjOOQIC 



— 305 — 

nom et par sournom, ceulx qui ainsy se seront rendus 
prisonniers , adfin que ce temps durant , s'il est per- 
sonne aucune quy les vœlle chargiei* de ladite em- 
prinse ne d'avoir esté adhérent aux dis adversaires en 
aucune des manières dessusdites, qu'il le viengne dire 
et nonchier à mesdis s" prevostz et jurez et au pro- 
cureur de ladite ville» pour en estre fait justiche, telle 
pugnition que ou cas appartenra. Et ou cas que aucuns 
ne s'aparoit durant lesdis trois jours de leur' emprison- 
nement, mesdis s'* procéderont à leur élarghisement et 
délivrance , ou adfin de pugnition , coomie ils vairont 
estre à faire de raison. Et s'il advenoit que aucuns des 
dessusdis retournassent en ladite ville, depuis ce jour 
en avant, sans venir à justice pour ester à droit et en 
estre fait comme dit est, mesdis s" prevostz et jurez 
les y contraindront de fait et les pugniront pour déso- 
béissanche, comme il appartenra au cas* Et au regart 
de plusieurs puis naguerres retournez en la ville pour 
y revenir demourer ou converser et quy y solloyent 
demourer^^qui point n'en ont esté en jour contre ledit 
procureur, mesdis s"" prevostz et jurez ont ordonné et 
ordonnent qu'ils rendent leurs corps prisonniers, tan- 
tost et sans délay, pour ester à droit et en estre fait 
comme dessus , ou sinon mesdis s" prevostz et jurez 
y pourveronl de fait par justiche, comme il appartenra 
de raison, et procéderont contre eulx adfin de pugni- 
tion commç raison. » (P) 

7 décembre 1428. — Les élus du commun peuple 
prient les consaux de faire mettre en prison Mahieu 
de Mousqueron qui, lors de son voyage auprès du roi, 
a fait des impétratipos à son profit et délaissé celles 
de la ville. Ils demandent qu'il soit puni selon la jud- 



Digitized by VjOOQIC 



Uop et déJ^emi ^S4)ii'à ce qu'41 ait. rc^tiUi^ les deniers 
qu'il a reçus de la ville. L'inculpé s'eseuse «a disaDt 
que c'eat à son insu que le doQ| ol^et de cette accu- 
saliop , lui a. été lait par le roi^., ,(La rié^lotioa des 
consaux n'est |mis ins(»*ite iim j^i^istr^.) . 

15 dëcçmbre M28. — Tbiéri dliubermoiit et Baqui- 
net Olivier .se constituent prisonniers des. prëvâts et 
jgrés et demandent qu'il . soit fait une. enquête pour 
constater qtie 9 ^oiA d'être coupables de la conspiration 
du oipis. d'oclobre 1426 9 ils soi^i bpos sujets du roi et 
de la ville. £n conséquence, les prévôts et jurés ordon- 
nent à tous ceux qui auraient connaissance de quelque 
fajl i^la charge des prénommés, de venir, ea faire part 
au procureur général endéans trois jours. — Plus tard 
Martin Bo|in ^ Désiré Wettin , Jean du, Bos^ Jacques le 
Loucbier , Pierre Legrus , Colart Touwart , Çopart de 
Velaine , Jean de St' -Génois, Quentin du Mortier, Jean de 
Harlebeçque, Jean Petite)) Jérôme du Mortier viennent 
Clément se constituer prisonniers aux méines fins. (P) 

18 décembre 1428. — Le seigneur d'Antcing fait 
savoir aux cqnsaux qu'il se rendra demain k Tournai 
pour boire avec eux. — Ou apprêtera trois plats de 



(f ] n coDste de diverses épitapbes armoriées recueillies dans nos 
églises, ainsi que d'un grand nombre de doctiments reposant dans 
notre dépôt d'archives, que la famille Petit, dont les armes sont de 
igaeaies an (lai d'bermine, est une des plus anciennes el des plus 
notables de notre cité. Dès )e commencement du 1lV« siècle» nous 
voyons des membres de cette famille figurer an nombre des magis- 
trats ûe Tourna^ seit comme prévit, soit comme écbevln^o mayeur. 
et «rie posséda les seigneuries de Bélhomé, de Llijersari, de Berihel 
et de ia Marilière. Paran les feniiles alliées aai Petit, ftoas cHeroDs 



Digitized by VjOOQIC 



-^ 505 — 

viande et les «hefé soill nirHés i festoyer ce setgncar 
en la hatte (i). • * ' 

33 djeembre 4438: -^ Les prëtôté et jurés rendent 
un jugement prorisoire dans ia contestation - entre les 
maîtres et les valets du eorps des foulons : l'amende 
imposée par les maltrfs sera déposée entré les mains 
des juges, et eette peine ne pourra plus être appliquée 
aussi longtemps que les prévôts et jurés ne se seront 
point prononcés sur le fond du débat. Eh attendant, il 
est enjoint aux valets de se rendre h leur travail pai- 
siblement. 

3 janvier 1438 (1439 , n. st.) — Vienneint en la halle 
Jean de Gamaehes, maître dliôtel de la reine de France 
et Jean de Courtîneltes, secrétaire du roi, lesquels pré- 
sentent aux consaux leurs lettre de créance. Envoyés a 
Tournai par le roi pour y exposer l'état de ses affaires, 
ils disent : 1° que S. M. a fait assembler, par delà, les 
trois états et, d'après leur avis, il a été pourvu aux be- 
soins de ia guerre ; 3* que les alliances entre le roi de 



celles de de Cahnne, s' de BeaufTalt; — de Roisin, s^ du Parc ; — 
de Frayer», S' delà Bonverle; -^ de te Cl^pelle, s' du Koseau; — 
Tagin, s* de Torsan; — Ifevriwe, s'de Ja flavrie, aoDBfvîlIe» 
Honcbeau, si-BUaire, etc.; enfin Van DammÇf $' deDamoiendaele, 
Quaedestraetey etc< Les PetU s'allièrent aux du Bar (d'une ancienne 
famille prévôtale de Tournai ) par le mariage de Catherine du Bar 
avec Pterre Petit, doût ia fille Jeatme Catherine épousa» en 1660 . 
Laurent VanDamme, bourgmestre de la ville d'Ëecloo en Flaedre. 
(1) Le seigneur d'Antoing, quléuu alots Jean d»llèlmi, vint h 
Temmat le i» décenbre^ ei ce joar-là^ les oessaax lui ireai offrir, au 
nQHi de la ville, quatre lots de vin et ie leBdemaiD buH fou. 



Digitized by VjOOQIC 



— 306 — 

France et le roi d'Ecosse ont été renouvelées , que le 
mariage du dauphin avec la fille du roi d'Ecosse eat 
arrêté et que ce dernier doit, avant la Pentecôte, en- 
voyer sa fille avec 4,000 combattants pour reconquérir 
le royaume ; si ce secours ne suflSt point , le roi 
d'Ecosse viendra en personne ; 3*" que le roi, eu faisant 
droit aux requêtes que lui a présentées Mahieu de Mous- 
queron, au nom de la ville, a fait plusieurs demandes, 
mais le député tournaisien a répondu que ses pouvoirs 
ne lui permettaient pas de faire aucune promesse qui 
pât lier la ville. Les ambassadeurs sollicitent une ré- 
ponse à ces demandes. 

Les ambassadeurs déclarent ensuite, en secret, que 
les demandes faites par le roi à Mahieu de Mousqueron 
consistent en une aide de 16 ou 18 mille écus d'or , à 
prendre sur les 6,000 qu'il a donnés à la ville pendant 
cinq ans et sur trois années du profit de la monnaie. 
Cette aide doit servir à acheter pour les Écossais des 
tapisseries , du linge , des draps et des fourrures. 

Le 8^ les consau](, en réponse à la demande faite 
par les ambassadeurs du roi, leur remontrent les né- 
cessités de la ville , les grandes sommes qu'elle a payées 
pour les traités, pour les approvisionnements de vivres 
et pour les habillements de guerre à envoyer au roi. 
Toutes ces circonstances ont tellement obéré la ville 
qu^elle se trouve , pour le moment , dans l'impossibi- 
lité de satisfaire au désir du roi , combien que notis 
savions bien qu'il appertenroit de le faire ^ si avions 
de quoy. 

« Le mardy xy jour de janvier l'an, xxviij , parde- 
vant nous les iiij consaulx, ad ce présens les commis 
au nom de la communité estans en halle, vinrent 



Digitized by VjOOQIC 



— 307 — 

MoDS' le doyen et plusieurs chanoines de régîise de 
Tournay et par eulx remônstré disant que Mess" de 
capitre envoyoient devers nous, à leur grant nécessité, 
pour culx remonstrer, requérir et amiablement som- 
mer que de la grant chensc à quoy tout le corps et 
communité est obligé vers eulx, que pour feu, gherre, 
tempeste, du commandement de pape ou de roy, on ne 
dififéroit point à les payer , comme l'obligation le porte 
plus ad plain , duquel deu on leur restoit iij ans , ce 
que onques ne fu veu pour les gherres de Flandres, 
le prise du roy Jehan ou autres affaires , en quelque 
manière. Se requièrent qu'ils soient payés, disant qu'on 
y est obligié sur grans paines. 

» Dient qu'ils ne doivent point contribuer à l'ayde 
des traitiez et sont exemps de nous, en tous cas et frans 
de toutes aydes. 

n Bient que au temps des gherres de Flandres , on 
ne souffrit onques riens payer aux gens d'église. 

n Dient que l'offre de mil livres qu'ilz firent fut par 
condition que les particuliers de la ville payassent et 
aussi eeulx de Tournésis. 

» Dient que si Tournésis paye, ils s'offrent à payer 
à l'avenant. » 

18 janvier 14!28 (4429, n. st.) — Les consaux accor- 
dent h la Sénéchale de Hainaut la faculté de transpor- 
ter hors de la ville , quand elle fe voudra , les blés 
qu'elle a l'intention de faire amener à Tournai. 

— Sire Jean Haccart, prévôt et le procureur général 
sont députés auprès du duc de Bourgogne , afin d'obte- 
nir de ce prince que, par dérogation au traité, on puisse 
forger à Tournai des couronnes. 

— Les eommis du commun peuple communiquent un 



Digitized by VjOOQIC 



— 308 — 

écrit contenant tous leurs aetes depuis le ^^ août f 4SB,' 
et, pour leur décharge, prient les consaux de l'approcH 
ver et de le déposer ensuite & leilr trésorerie. — A(v 
cordé (i). 

35 janvier UW (1499 , d. st.) -* On répondra aux 
lettres écrites par le Duc de Bourgopie en laveur des 
bannis, que la ville n'entend point que les coupables 
de la première et de la seconde trahison soient compris 
dans les traité». 

^ Résolu d'éerire à l'évéque de Tournai pour lui 
recommander la ville et le prier de venir voir sst /Eb 
de S*" iglm. 

36 janvier 1438 (1439, n. sL). -^ On signifiera 
aux bonnes gens d'être sur leurgard^, à l'oceaaion de$, 
entreprises que s'efforce de faire sur la ville Hiassire 
Gilles de Chin. 

— Retour -des députés envoyés^ auprès du du^ de 
Bourgogne, et, sur leur rapport, ija sont chargé^ 
d'aller à Bruges auprès de Messire . de Luxembovrg ei 
de révéque de Toumai| pour poursuivre les négociiUiona 
commencées. La somme que ces députés pourront offrir- 
pour parvenir ii leur but sers fixée par les cheft des 
oonsenx. 

4 février 1438 (143», n. st.) -- On ^veira i Véviqiie 
de T««rnai un poinahon de meiilettr . vin de Rhia, itfia 
qn'il ait les affaires de la ville pour reisommand^es... 

8 février .1438 (143», n. st.) — J^es .jgiJcéç. et, les 



(1) Voir celle pièce aui appendices. 



Digitized by VjOOQIC 



ehefs 8001 chtrgés de fatit quelque MurtotSM aux am- 
bMMdeufs du roi qui ODt rapporté les quatre mande» 
meou impéirés par Nahieti de MoUsqueron. 

iâ février 1428 (1429 , n. si.) -*- Lors dé réieetion 
proehaine des éwardears, le préT4l anftoaeeni quWn ne 
doit pas nommer i 06b fanelioM les iadîi^tdiis qui »e 
sont abseniëa ée la ville pèitr etuie des derniers 
troubles, 

- 13 février I4tt (1429 , d. st.) ---* bes consaos sou* 
mettent aui déiibératiom des collégas des beâmères 4es 
sept articles dont la teneur suit : 

•« Premiers, il puet estre assez en la mémoire de vous, 
Messeignetirs de la eommunité, eomment d^^Miia que les 
bimnières fuirèot mises sus et les dojéos el'eoub£*doyefis 
des mtHBtiers par vous oréez et ordoonez pou^ le biea 
et utillité évident de ladite ville , fuisaeAl riMeuIx eo»* 
dmles, et pour plus grant |;arde, eeurtd et deffence de 
là ville , en Tobéissanee du roy noatre s' , et résister 
plus promfitement à la puissance des advensaîres du 
Roy nostre s' et anltremeot, il pleut au Roy et ii son 
noble et grant conseil, entré aoltres choses, die eon- 
Amer et approuver , par fourmes^, diartee et prIvU* 
léges , le fait desdiles banières et la création desdis 
doyens et loobz-dej'ens qui eroyent regard tant sur le 
faft desdis mestiers, comme èê choses touefaana ie eorps 
et gouvernement de Mite vtNe , ^le (bien publique de 
ladite ville , eomme les aiikrcs consauU , et que evee 
les truie consaulx qui y eetotent paravent, ils feroient 
le iiij* conseil, sams ee que aucune cbése ayiint regai«d 
audit gouvernemeupi et police se peuîst passer quUte 
n'en fuissent d'assens ; et esquolz doyens et soubz-doyons 

'MéM, T. VIJ 5^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 5W - 

a« piMtiivoictti, eluiean ajBty las yj «slans. au iioin de la 
diterOomipau&Mé.qai oot re|{avd sur tourtes les receptes 
Ql aii6aa.(d#paaf(es)de ladile yiUe et un des récepteurs 
4'icell9« eomne œs. choses e\ fiuUres appèrent plus ad, 
plaiii pur kdite Qbartre».Maia ce honobstaot, depuis le 
mytvfMNiat d^niHi fassé^ que- on, fu assemblez^ pour les 
ifaîtiM ii9 la vUjiOs les dp^em ellJ^bz-^yens^ depuis 
infana aiiiifti «Tau^rea trfispawiii et muezy oni contredit 
^.f^PSi A (aiffs U sermmU m la halle dî$ conseil., 
tel jqu'il hisi et appartient par ledit privillége, défaire 
leur devoir au c^neeiida la . ville, -, disant que aultre ser^ 
fmxéim. fmimt q^fi oelkU quHU ot^ fait d la banière 
4»bur nwalûr <( ftie oifii^ fu passé et ordonné pçur te 
peuple wu beequeriêl audit mois if oomsI» e| lors et lende- 
mai» aee0ipd4 et publié: de par nous aux bretesques de 
de la ioUle . ^ aud»t becqueriel , et par ainsi ceiUx qui 
ne volroient faire ledit serment en la halle n'y poront 
tenir ni demourer audit con$eU. Et par ee puet-il sem- 
bler que ce soroit contre ledit point de chartre, et que 
si lesdts doyena-et soubz-doyens ne faisoieqt ledit ser- 
ment en balle, que faire doivent par .ladite . cbartre, 
ils ne poroyent esire ni dcmoarer audit conseil de la 
ville ni venir en balle. Et ainsi s'iiz n'y venoient, Jes 
aasens dèsdis iiij consauU ne se poroyent passer, par- 
ée qu'il n'y aroit ^ue trois consaulx,, comme il y «voit 
paravant lesdites ba&ièrea^ qui seroit contre ledit point 
de ehartre par laquelle en y doit avoir quatre, qomine 
dit est, si aucune bonne provision n'y; est, à >eeste..i^ 
eréation de loy, mise par vosl|!)e: bop Hm «t conseil. 
. Et pour r ce nous , les dis eonsaulx; , pour l'ent^etane- 
ma^ ds bkii de paix > amour, wifm, opp^eofcle/et la 
eonsei^ation deadfo privtllëges , prions el i^ui^oas & 
vous , Mese. de la eommunaullé^ nos frères et amia , 



Digitized by VjOOQIC 



- 5<1 - 

que de ce que dit eit, tous pléfsë néiis 4tte fènm 4otti 
seîl, advis et plaisir /assavoir eominent on Vefi aiint à 
rieuller & ceste recréation, et si lesdis doyens; éT w^hÊ^ 
dojens réffusans et'qui ireffbserool à MM Mil serôietfl 
venroDt en halle et s'iP dénborroot au éonseil ' avoe'-iisi 
aoltres coosaulx de la Tille ^ attendu qu'il û^ point 
pertinent ni chose qoi se pntst eondlike qu^èn éolt^'Ai 
un conseil de bonne fille oà on h^iorir point deseràleift 
et par quelle manière ladite chartre se^poWi eondtHri^ 

» 2* Aussy des yj esleus au nom de fOuèj'MesSk-de'lk 
communitë , qui ont' regart à passer- et signier' téiilë 
la despense et mise de hdtte Tille) lecrqùels s» sont*; 
depuis iiij ou ▼ ans, prins es dfe doydtte et^AMfhaf^i^eiiS 
et par leur élection renouveliez d'an en: ah el^* ooqj y egt 
de plusieurs qui onqùes ne le furent, combien tjue «e 
soit office de grant soutillité et qui pM^ «élis, pi«iidoaiî- 
mie et diiltgence pussent ihl^edii gipaât^uffib lia ville 
au passer les mandements et briefVez qoi leur sont ^hail- 
Hez h signer, visiter tous les eompteà dé- là -ville pour 
les aécepter où contredire , et Autrement en pliisieuK 
manières toucfaans le go(>vernomènt de la ville, assavoir 
comment il vous plaist qu^lz soient doresenaTant esleoz, 
soit par la maniée que dit est ou par parosches , et 
aussy les récepteurs de la ville qoi ont la charge des 
ouvrages, comme on en a ffit en jtempt passé, laquelle 
élection se ftroit par les eswardeikrs avec la loy 4e 
la ville, et que de eé que bon l^ttr en semblera ^. il 
vous plaise & nous le faire^ savoir. • » 

» 5^ Et pour ce quo selon Dion et maison, on ne 
doit mettre hon^mo en loy ni à justîeliier autrui fili 
ne sort ptir et .net do toua visées ;qol fbat à pngntr, 
afin qô*il2 ne (toubtent de^ faire pugnition de cas^ dont 
de» seàiblaUes ik seroleni entequies" et que eeubi^iiiii 



Digitized by VjOOQIC 



— 813 — 

feMienl à fugnir :r« puisaéat r«frmi4r» les jo^ de 
•cmUtblo ^mot , il Mrmi 9acfidim ^if'fin m majH ffi U 

h&mmêd ^ êa$» feftrœkéi de: ksitr fmmê. Mdrt que U 
Mnne tspeuBe^ potir .tant qu^elk mt pnmde.fèmmej^ ti 
auÊÊg Jk^.jm 4» 49M-ÙU 4$ Moig .en^fionp^ qmMfa^ grans 
olitrg<8 4 iMles^ gen* de Iojr^ «t* dk^fficft iwjiiftieft) 
•i ipra th Êmm 9 ptr JfiidffepU»ee>y y t9UA% mw eo^ 
toifoié deadis ¥iirafi0ii d'aiMniis .d^keolxf fii'il fakt 
mi» hors âé lu loy, liaiiny' &. ij firia x 1. et |iriyé 
d^tro n loy oii en ofioe «d ioelie àiiiiéey ou auftci- 
mefti pognl à. la diairéticpD dies jugaa. : 

t 4"* Paiir 49e qii& plnneors Ottl fatié i r^ caoïmb 
chvtgi» de feodfe'.rles offioaay diaaiil' fue 00 (Hiroit 
bien rendre ToffiiAi^ de Faawart'du pissûa peor iti} pat)»* 
sonnaa^ est a«Mivoir itng piaiongiiter «m marebaiid-de 
hercBS en gvosi et nj* autres fanonnes qui ne soiett 
p<^fnt aendeiirade pissom^ et que ee aeraift'le bien de 
la ville, 41 vooa phiise k conseiller air. (on le Tendis ou 
non, et aussi l'offioe de la nmirie «da» lainos et laniera 
>loe les aiij- hommes ont atrail à eulx. 

» 5* Item semblera bon k plusieurs , pour ëschievir 
huiséuses et que les variés et gens de mestîer fussent 
plus andins à ouvrer et labourar que .e«iU. empiojcer 
eu Jeux où il» airafitureot leui^ argent, <qu'ilv fa^t in» 
terdit et deiJTejidQ que aueun ne jeuast aux ioiffltiine», 
tant rondea oamme autras^ an \e banlieues da Taumay, 
fors les dimanches et festes connnand^s 4sù sainte 
église, après disner^ sur certaine paine. 

> 6^ Et pareillement que pour l'amour et réTérenee 
de Dieu, nostre créateur, et chaacun aquérir son salut 
ou autrement la foy chrestienne et catholique, il fust 
deffendu que personne aucune ne puist, en ladite ville 



Digitized by VjOOQIC 



et banKetio, veoëre^ fti acealer, ni iaire me»|icr, labeur 
ou mar^hiiQdke le9 jowts de dimcoches, datoia et d» 
Noatre-Dame, exoeptéâe «ivres néeenaireg et propices 
au corps humaiit et chevaux fierrer tant seulement, 
sur eertaihe paioa. / 

u 7** SemUabletiient n^aa requérons k avoir ?ostre 
advîs et conseil s'il s^roit bon de faire partir 4e 1» 
vîiie les fenimes de ceulx qui, pour le darraine eatrev 
prinse faite sur les coinmta derrainement eslèuz et 
ordonnes par vous,^ Mess, dç la communauté^ aux ai^ 
faires de ladite Tille et sur les autres mordianff. et 
gens de loy, pour les mettre à destruction et la. viUe 
à . désolation, eoium^ eascun sect assës, et qui, pour 
ce, ont esté bannis itousjours, sans rappel, pareilto-. 
ment qu'on, a; fait les femmes de ceulx qui, au mois 
d'octobre eubt deux ans, s'efforcbiérent ée prendre la 
viUe^ pour escbtever toutes murmures et suspicions et 
ladite. ville tenir en paix^ n-nimi et. concorde, on de 
les souffrir demorer en la ' ville paisiblement, pour 
tant qu'elles n'auroient dit ou fait chose qui fuist 
contraire au bien de la ville, et tout oe en la veue 
de la îustiee d'icelle. » 

Le It^ février, les doyens et sous-doyens des métiers 
font part ans consaux des résolutions prises par les 
coHégfîs des bannières sur les sept points indiqués ci- 
desjsus. Il résulte de leur rapport que, sur le premier 
de ces points, 2i coHëges sur 56 sont d'opinion que* 
les doyens et les sôiis-doyens ne sont point tenus de faire 
d'euiré setment ^we aelûi qu'ils prêtent aux métiers de 
leurs bannières^ et qu'ils ve doivent point se trouver en 
la halk aveé les anti^es consana, excepté le grand doyen 
et le souverain sous-doyen qui forment le quatrième con- 



Digitized by VjOOQIC 



— 314 — 

seil] 14 collèges sont d'avis que lus doyens et sous- 
doyens fassent serment en la halle et qu'ils s'y rendent, 
avec les consaux, tous les mardis et les autres jours 
de séance, ainsi que le prescirit la dernière charte 
octroyée par le roi, laquelle charte ils ne veulent 
enfreindre en aucune manière (1). — Sur le second 
point, 22 collèges sont d'accord que rélection des six 
élus se fasse dorénavant par les bonnes gens des pa- 
roisses, et celle des receveurs par les éwardeurs^ les 
autres collèges veillent que cette élection ait Heu con- 
formément à la charte précitée. — Sur le troisième 
point, plus des deux tiers àes collèges estiment qu'il 
n'y a pas lieu d'admettre dans le conseil des hommes 
entachés des vices mentionnés dans cet article, et que 
si, par inadvertance, on en nommait qui fussent dans 
ce cas et qui rie voulussent point s'amender, les con- 
saux pourront les destituer et les punir. — Plus des 
deux tiers des collèges donnent leur assentiment à la 
mesure proposée au 4° article. — Ils adoptent à Tuna- 
nîmité le 5" et le 6* point. — Enfin, au septième, 18 
collèges pensent que les femmes dont il est question 
ne peuvent continuer leur résidence à Tournai^ 13 
s'en rapportent à la décision des cousaux et les cinq 
autres sont d'avis qu'on doit tolérer à ces femmes le 
séjour de la ville, à moins qu'elles ne fassent chose 
contraire au bien général. 

Le même jour après-midi, les consaux arrêtent, pour 
le 17, une nouvelle réunion des collèges des bannières, 
^attendu que, dans celle du 13, les deux premières 
questions n'ont pu être résolues à défaut de concor- 



{{) L'opinion du 36*' collège n'est pas mentionnée au registre. 



Digitized by VjOOQIC 



- 515 — 

dance des deux tiers des coiléges et qu'il est urgent, 
à la veille du renouvelleaient de la loi, de prendre 
une décision. 

A ccUe réunion du 17, 34 collèges adoptent la 
résolution suivante : « Les doyens et sous-doyens voi- 
sent et facent serment en halle, y soient et demeu- 
rent au conseil^ avec (es consauh , les jours de mardy 
et quand ilz y seront mandez, et si se fâche l'élection 
et création des six esleus et des récepteurs, i la reno? 
vation de la loy de ladite ville prochainement venant, 
par la manière et ainsi qu^il est ad plain contenu e| 
déclapé en la chartre que le Roy nostre s' a derraipe- 
ment donnée et otlroyée à sa dite ville , qui leur fu 
leue , laquelle ilz veulent entretenir et qu'elle ait vigheur 
et sortisse en ses termes sans rcnfraindre ni aler contre. 
Ce entendu qu'ilz sachent lire et escripre et que lesdis 
six esleus soyent fais et prins des plus notables , habil- 
les et ydosnes d'entre eulx doyens. » — La moitié des 
collèges des bannières propose ensuite d'allouer une 
indemnité aux doyens et sous-doyens et une indemnité 
double au grand doyen, pour leur présence aux réunions 
des consaux , à moins toutefois que les autres consaux 
ne soient point rémunérés pour le même objet; dix 
collèges veulent que les doyens et sous-doyens ne puis- 
sent rien prétendre pour leur présence aux consaux, et 
les huit autres collèges ne se sont point occupés de 
cette question. 

4 mars 1428 (1429, n. st.) — Des mesures sont 
prises pour résister aux entreprises que fait contre la 
ville Hessire Gilles de Ghin : les individus ayant bonne 
volonté d'aller combattre les ennemis des Toumaisiens 
sont invités & se rendre, à 5. heures de relevée, au 



Digitized by VjOOQIC 



— 316 - 

jardin de l'abbaye de St-MàH^; on- éhôisira ^armlvitt 
les plus capables jusqu'au nombre d%nviron^^éOI> qui 
seront commandés par trois capitaines : letirs gtigei sont 
fixés à 8 gros par jour pour' les arcfaer» ef kto arbalé- 
triers , et & 6 gros pour les 'aàtres ; its autant toc» 
des chaperons de la parure de h Vttle. -^ l^hé'dépnlatkMi 
$era envoyée auprès du duc de Bourgogne pour lui 
Hgnalci' lés tnfiNiction$ aux traités q«0. eomoiet ledit 
Gilles de Cfiîh. Une autre dépotatioh ira miftPè^ 4e 
Messire Jean de Luxembourg pour négocii^ un traité 
avec ce prince. 

' i^2 mars 1438 (1429, n. st.) -^ La question d^sàToir 
l^i l^insiitiition des commis du commun peuple sera 
maintenue est soumise aux délibérations des cdllégfis 
dea bannières ; 25 se prononcent poiir TaffitmatiTè et 
les onase autres déclarent avoir pleine confiance dans 
les quatre eonsaux qui, selon eux, doivent être Àcais 
chargés du gouvernement de la ville. Les 21^ premiers 
collèges ont , pour la plupart , réélu leurs 66ittmîs 
actuels ; les on^e derniers n'en ont point choisi , sàtif 
quelques-uns qui ont , en cas de besoin , délégué leur 
ûoj&k ti leur sous^oyen. 

' Le maintien des commis du commun peuple étant 
irésola, puisque les deux liera des c(Âléges l'ont ainsi 
éécidé^ les censaux invitent ceux de ces collégeë qui 
n'oitf point ^u de commis a remplir cette formalité. — 
Le iâ avril j les tisserands et les laboureurs n'ayant 
pcriBt eneorc nommé leurs commis , les eonsaux ordon- 
nent que ces deux coUéfes seront réunis & l'effet de 
-procéder à cette élection. 

17 mars 1428 (I43é^ n. st.) — On retire de la tré- 



Digitized by VjOOQIC 



— 317 — 

sorerio no .gobdel d'argeal. qoî avait appai^tenu à 
Lotard de WiUeries el qui avait, été confisqué au pro^ 
fil de Ui vitie. Les .coosasx, en remettant ce gobelet 
i la veuve de . Willerieaf déclarent ne pas vouloir 
«Muer la mort de. soa mari et > par conséquent ^ renon- 
eeat au droit de confiscation. 

9â mars 1498 ( ikf&, n. st. ) ^ Jean de Sl-Genois 
et Copart de Vdaine sont élargis et autorisés à rési- 
der à Tournai avec leur famille. 

50 mars i429. — Rapport de sire Philippe Tanart, 
prévôt) Biétremieu Garlier, grand-doyen, et le procureur 
général, de retour d'un voyage qu'ils ont fait & Lille 
auprès dç Tévéque de Tournai et du conseil du duc 
de Bourgogne, aux fins d'obtenir satisfaction relative- 
ment, aux prisonniers faits par le bâtard de Cbin, 
Antoine et Ganot de Bournonville, lors de leur demfère 
course sur la banlieue de Tournai (3 mars), et aussi 
pour continuer les négociations d'un traité avec Mes- 
sire Jean de Luxembourg. Sur ce dernier point, les 
conseillers du duc ont été chargés d'écrire à Jean 
Creton, secrétaire et conseiller du sire de Luxembourg, 
qu'il vienne h Tournai dans la huitaine et que cette 
ville lui fera un bon accueil. Quant aux prisonniers, 
les mêmes conseillers ont promis d'écrire h Antoine et 
à Ganot de Bournonville pour leur signifier que le duc 
est très* mécontent de leurs actes d'hostilité contre les 
Tournaisiens, el qu'il ordonne l'annulation des cautions 
fournies par Baltazar du Quesnoy pour la rançon des 
prisonniers. 

L'extrait suivant du compte général de la ville (oc- 

HÉM. T. VIII. 40 



Digitized by VjOOQIC 



— lit — 

4obieitMa/à nftwU9^ «lll ^«liéMiiiK II 9<»(Qli^ 
cette dcmiéra flffâÎM :- ' > ' >^ 

« Au grant Jelitii, lioissier d'armée de Hone. le doe 
4e BoQi^eogiie, peor $atk àAêiiêè «I déaérte 4^àToir aie, 
au Boit de mmn , du «cMBÉiaid^nént f^ pur Fofw 
denance dudit Mons. le duc , environ Deuay et en Qttmh 
brédis, par devers Anthonne et Ganot de Boornooville 
ft IMitr^t oompif Aoa, th^t et oapttaiMs ^ de ramaée 
Mta ewtm ladite ville ex isèalu 4« pdov^ Mdlieiie 
et bailliage > pat Ifdit tire <(iUeà de Châiy lî^ yj* jûinr 
ditdit Bioia, qu'ils estaient veai»> ^èurtr eontre ladite 
ville lit fait plitsienrç roberies^ et pilleries iUf le po<^ 
tficdte, 3^ priftis gens^ an alaht eontre 1c ti^kflié que 
ladSie ville a. dudit seigneur, «ulk signifier la provlsioii 
sur ce ballMé diidit Mona^ tédiie et faiife eommanï^ 
ment que, depuis lors en avant, eulx, ledit sire Gilles 
de Ciiïn ni autres ses cèmpllces ne se inéassènt ni 
fei^sent plus telles courses et entreprinses eontre lésdfta 
de Tournay sur quanques ilz se pooient meffaire, et 
meisséni au délivre tous prîsonmers, si aueùiis en avoi^t; 
& cause de laquelle provision, ledit huissier ramena 
Jehan Potier, craisseur, quilz avoient prisonnt^. Par 
marchié fait audit huisçier par les commis et députés 
de par les conaaulx, xx eseus d^èr. ^ 

$ avril 1499* -^ Les consaux chargent les six élus et 
les receveurs d^ r^miinér^r les archers et les arbalé^ 
triers qui ont veillé aiijt ebamps een^ te bAla^ de 
Chin. 

5 avril 4429. ->- Dëfèndé de trail6pefflii^ dea bté& et 
avoines bora da la ville , sans la lieisnpgedi» pr4vdt$ et 
jurés. — Le 40, il est également défendâ aUx nu»^ 



Digitized by VjOOQIC 



— «M — 

les greuiers de la \ille ou de la bÂoliffae*^^ 

13 ^Tfil i4^*^ilatli9 abieques^de^BaMneflunim 
«pofeiUnr de. la yiite,«t JfafilveHanitl Bmiaioi mmûIIv 

,, 43 avril i439r rn PuUâcatiotfe e^A fM^^nux brctfBfuet 
«ordQWiaDt à f^lm qui délient h itel 4e DUt > ibgnia 4è 
JLiB^Hiê, leuve d'AttMrd d>&ti^iiiboiii|h ^ }i .««itJ^r:.qid 
peni^Ql dniuier quelfii^ indioalioft pls^pce ii Jiire.dér 
capvTiir eei olje^ i eosai^rallie .pafd(Mrapt<,bl8 fspin&u 
el leajui^. A pai^tif ^ ^e Îpuv,^ladHe .da«ie lî^ rf*> 
eaBQia^ra plus les letjtpes i^ papier» lAv&la» d'ua àed 
^jaai la fpwe etj'emprflînte 4i aeiiKl égmi. (P) 

i& avril 1429. r- Oa vej^( que Gr^pifl 4^ BçjiiipaQip 
est encorfr pri80i)riûep.r -^ 

i9. avril 1429. — UDe. gratîûcaUon 4e 7,1,. est ^o 
cordée k Jean Dumont qui a été blessé par le bâtard 
de. Ohin. . 

-* Les tisserands et le» laboureurs «Wt iavités à se 
réunir le lendemain^ à l'effet de compléter le nombre 
de leurs cpran^is. .^ : 

» êiMH9kf-^ Sic» Philippe Taovrt.' et PiariM; le 
Seuescal «iposeni aux coftsaux qiMy la veillé^ ila.iMint 
allés à Lille pour satoîr de iean Cteten; le» intenlians 
du siiTe 4e fc»ffeplMMii^£f ci i ê i lf t w e nt ai^ i^t^iPioiDté. 
Jean €fetotR lout V» d^laiétiq^ii^ iMmciuaHriis^estr^fl^ 
H^ méoemleiat d# l'offi^. qui ^#i m M latte; i> a ^oiit^ 



Digitized by VjOOQIC 



- 8èo - 

qut ù là ^Vk avait éoifsuM' lé ' ëire de Luxembourg, 
lors du reoo^Tdtemenl du' tréftté' àfee le due de 
Bourgogivêi elle eût obtenu des emiditions plus àtaii- 
tageu^es. hei dëpulés'se 60Dt et^usés sur les nombreo- 
ses diffieuUés' que la ville aeu-i'SorDàoiiter, après quoi 
ledit Greteu leur a fait part des intentions du feire de 
Luxembourg qui sont tc^es : Si la ville lui paie 4 à 
5,009 éeusV ee seigneu)r la tiendra en {vain, ou sinon 
il loi eauaefa encore ^lus de doi&mages que par le 
passé, sans toucher en aucune manière au traité qu^elIe 
a avec le duc de Bourgogne. Enfin, Creton dît aux 
députés que si la ville veut poursuivre les négociations/ 
son nialtré se trouvera à Gantbi^ai mardi prochain 26. 
^^ Les eonsauxy après avoir délibéré, chaque collège 
séparément, donnent pleins pourolrs à leurs chefs de 
traiter avec le sire de Luxembourg, de manière que 
la ville ne soit plus inquiétée. 

27 avril i4S9. ^ Les commis du peuple élus lors 
du dernier renouvellement de la loi comparaissent par 
devant les quatre consaux. Après avoir fait lire les 
lettres de leur pouvoir revêtues du scel de la commune, 
Maître Jean de Bauwegnies expose en leur nom « le 
» bien qu'ils avoient fait li la ville, les diligences qu'ils 
» avoient commises en relevant h ville* de plusieurs 
» grandes charges, en usant de leur pouvoir sans gages 
n ni quelque salaire avoir de la ville, et encore estoieut 
» prests de faine selon leur pouvbirqdr n^eitoit point 

* rappelle par la coHununauté, et pôut 'ee reqûéroient 
» die sttvoir^Aoslre inleiitfoû, ïust'dè besongnei* en tèur 
)» dite charge et commisftidn^ en rapportent tout à nous 
» et en Mstrd v^uey^t^que h ce faire ils eussent nos- 

• ' tre oonduit'^ assisienëe , ou si ce nèn que, par 



Digitized by VjOOQIC 



— 321 - 

» t)OBBe «anî^, «Cusl mî^ ctoyanlJe peuple {larbap- 

» nières pour w eatra- fai| par . leur aasens. « Jbcs 

oansauxy. apsë^ mw. refi^e^Qié \^ comittits de. Iimr bon 
deyoii'f répondent, qit'ils sont pr^ k tour accorcbr 
toute i^sistaiiee el qu'ils -.opèrent 'que lesdits comniis 
travfttlleront -de iiii«u:( ea mievi au bien-être de Ja 
vUleé Quand ila vcMudroot se réunir^ le». c««iiiii9>4u 
peuple sont priéa d'cn> informer au préalable . l'un des 
préfâts, en, eoDCofmîté.de ta résolution, pri$e par les 
bjiniHères au.uioîs préeédeiH:.: ^ 

29 avril 1429. -7- Après . avoir pria communication 
des lettres écrites par Jean Creton , Jef coosau^ soot 
unanimes pour traiter avec le sire de Iiirxemboupg dans 
le plus bref délai possible. 

. — . Un sergent bâtonnier eat destitué parée qu'il n'a 
point fourni la preuve qu'il est de naissance légitime; 
les paroissiens de St-Brice élisent son successeur , lequel 
est ensuite admis par les prévôts et jurés et prête le 
serment accoutupoié. . , ^ 

2 mai 1429. -T- Le procureur de la ville, envoyé à 
Cambrai auprès de Jean Circtan,':fait son rapport. Le 
sire de Luxembourg a refusé l'offre de 4,000 écus. 
Creton a déclaré qu'on ne po.urra conclure à moins de 
payer 6,000 écps , dont ^^,000 comptant , mille à la 
St-Jean , mille à la; No^l e^ mille à Pâques, -r- Sur ce, 
les consaux dé&ignenl le prévôt, le grand doyen et le 
procureur pour se rendre à Bruges auprès du sire de 
Luxembourg* Ces députés, par l'intermédiaire de M. d*£n- 
ghien, s'effo^rceront d'obtenir le traité pour 4^000 écus 
et s'ils n'y parviennent pas^ ils pourront l'arrêter défi- 
nitivement pour, la somme la moins élevée et les ter- 



Digitized by VjOOQIC 



— 322 — 

XÙX& de paiement led plua loogs <|çi'U âwi pôiéîhiérde 
faire accepter. 

-- Résala de députer ver» le'r<il 4«ip« matnbttiS é» 
eoûsaux et un 'eooseiller (I). Les eoauooifr'âQ eMOttUil 
peuple sont invitée i déléguer tifi de» iMr» {MNir félM 
partie de la députation^ ei les eenaat^ désigâiml 6pé>^ 
cialemeot Maître Jean do B4«weg»iea tj^ eâl «i^> 
ihquifU et qui $aU Vuta$ tê k ^mermmo$$i 4$ laifiUe 
et est h plm. . . . . {%) de la Mie, A is $Qil6 
d'une réunion du même jimr aprèi-ilMi , M CtMSfflh 
répondent qu'ils n'ont point le pouvoir d'envoyer un 
député choidi dane leur corpâ et qu'ils ne le f^nmt 
point, k tùùiïï qu'ils y soi^lt autorisés par les eoQé^ 
ges des bannières. 

10 mai i4S9* ^ ttoppoft d«a députés t^v^âiis de 
firoges^ Ils ont obnclu le traité avec le sire de tutm^ 
bourg, moyennant le paiement dé ft,000 écus aux épo« 
ques ci-dessus tixées. 

— Ceux qui sont allés hier sur les cbtmips pour 
combattre les ennemis de la ville, recevront un sa- 
laire à déterminer par les receveurs et les six élus. 

•-^ Les commis du mimmun peuple^ interpellée par 
les consaux sur les causes pour lesquelles les tisserands 
et les laboureurs persistent à ne point vouloir nommer 
leurs commis^ répondent que leur nombre, n'étant point 
complet, ils regrettent de ne pouvoii^ besogner au trien 
de la ville autant qu'ils le désirent, mats qu'il leur 



(t) Le 1, les oonsatix dôsigaent laeqaies Qaeval, ]aré, Sinofl 
Beniard, iwardevr et Mature genri Rettialil, oowKiHler. . 
(%) Nous n'avons pu dé^hUirer ce mot qni\ést éerit ea. abrégé. 



Digitized by VjOOQIC 



— 5â3 - 

seoible que le^ condutix peavent oontraindre ces deux 
corps de métiers à se eonformer sans délai à la ré- 
sirtutioD de la majmié des baonières, oa bien à faire 
coDOattre les moMh de ce retard. 

Sur cette r^onsé, aire Watier Wettio, prévôt de la 
eopoiune^ fait, au oom d^ cousaux, coinmandemeiil 
exprès au doyeo de$ tîssèraodâ et an doyen de» labou- 
reurs, I* de faire lissembler leurs getts le lendemain^ 
TuQ à SuKartin et Tautre à Ste-^Marguerite, sous 
peine d'être tejQiis et répotés poar rebelles et déso- 
béissants à la loi de la v})!^; 3* d*élife, à cette as^ 
aexnblée, un w deux commis de chaque hanuiére, ou 
sinon on y pourvoira par justice* -^ Les deux doyens 
répondent qu'il en sera fait ainsi. 

Le lendemain, en effet, le doyen et le sous*doyen 
des tisserands viennent en la halle annoncer aux con- 
«aux que ce corps a nommé deux commis. De leur 
côté, les laboureurs viennent en grand nombre en la 
halle et présentent aux consaux une cédule contenant 
ee qui suit : 

« A la requeste et commandement de Messieurs, les 
» laboureurs, tous d'un commun accord et assena, sans 
» quelque différence ni contredit « ont fait élection de 
» commis tels que Gontier Gosse et Colart Denise, les- 
» quels ou autres eussent ja piéça esleu , mais ils se 
» confioyent et tenoyent plainement au gouvernement 
» et ordonnance de Messieurs les iiij consaulx, et en- 
» eores est leur intention et voulenté telle que leurs 
» dis commis ne s'ensonnieroieut ne occuperont sans 
» plus d'aultres choses que de trouver finances néces- 
» aaire» au eoips de la ville et i la communité dIceUe, 
» sans en «ion touebi^ au fait de le haulti^ justiche. » 

•^ Jean du Pré, eontrôlenr de Douai, porteur de 



Digitized by VjOOQIC 



- 5Î* -. 

Mires de cFéanee délivrées p^r les ëchevios de ladite 
nfle, expose dui teoasaux ^ue le due de Bourgogoe a 
foit défendre^ par ses leUres pAleote», de. faire traas^ 
porter des b}é» bfHrs d« pays d'Artois, ee qui porte 
ita ' grîind préjudice au eomoiei^ce de blés 4 Douai. Les 
Douaisîens ont envoyé des dépistés au due de Bourgogne 
pour solliciter le retrait de cette mesure, qui a causé 
one x^rtdine émotion parmi le commun peuple de Douai 
el obligé le magistrat d'ordonner la levée de la i** 
partie des blés qui y seront achetés par les marchands 
étrange». Cet impôt ne sera que temporaire , car on es- 
père que le duc ne tardera pas k revenir sur sa décision. 
Ce député prie les consaux de Tournai de se résigner 
et de nfi point mettre d'obstacle au passage par leur 
ville des blés venant de Douai ()). 

ii mai 1429. — Jean Lecomte est envoyé à Paris 
pour savoir des nouvelles du siège d'Orléans. 

19 mai 1429* ~ Résolu de sommer le bailli et le 
conseil du roi au bailliage de veiller à la garde de 
la forteresse de Merlin. 

— Le procureur de la viUe fait -rapport -aax .4soii* 
saux du résultat de son voyage à Beaurevoir auprès 
du sire de Luxembourg. Il a remis à ce seigneur les 



(f ) Pour bien compreodre eeice dérntère phrase ; \t rsiut safôtr qa'k 
cette époque, le magistrat de Tottrn»i feiâait acheter au detiors une 
grande quantité de btés pour rapproTÎsioottenent de h vfWe? fa 
majeare partie de ces vivres provenait de Bonal ; or , la levée dMM 
cette dernière ville d'un impôt é0al ati quart de fa marebskidfse d«^vait 
nécessairemem mécontenter les Toarnaisiens et les engager 1 f^ire 
ailiènrs feors achats. ? * 



Digitized by VjOOQIC 



- »4S - 

lettres paf lëd^irelt^ lÉ Vlliê ^ètigàge kM pajer 
ifOM écu9 , h âmainë ^ttiheà àèUtrmlWès , etttiè les 
^,000 qui ont été fémiji prdot lot h JéAflt Gretto^ âi 
LiRé et à VdeA^fiefifi'iies. En ^éhâligé âe cette témt^ 
naissaiieë, fè éi^é éé tuxèmbdui»^ a éà\\té léÈ leltM 
du tràUë èAlre fui et eWe ViUè (♦). 

24 mai 1429. -^ les consaak envoient sur lés dhamps 
seize hommes d'armes , pour combattre les bannis et 
ennemis de la ville que Ton èii se trouver auis envi* 
rons do Tournai dans le but de nuire aux tournai- 
siens. {Compte de i428-142te). 

— Sont députés vers le roi Jacques Queval , juré , 
Gilles Wauquier ^ échevin , Simon Bernard , éwardeur 
et BiétreroieiK Garlier, grand doyen. Ils seront porteurs 
d'instructions écrites et ils pourront s'adjoindre un con- 
seiller de la ville pour mieux exposer l^objet de leur 
mission. — Le 27, les consaux ordonnent dé sommer 
Maitre Jean de Bauwegnies de faire partie de cette 
ambassade, et s'il ne veut point accepter il sera détehfiu 
en prison jusqu'au retour dés quatre ambassadeurs! 



fMi\ii . tUfflil 



(t) Ces lettres portent la date du lé mai (429. 11 y est dit que le^ 
bourgeois, manants et habitants de Tournai pourront aller et conver- 
ser dans* les ierrcft , villes m «èigMOHes dli sire de Ltfxembourg et 
dans ceAeé dont ii a le goin erneraent ,• depnis ce jour jusqu'à la 
St^JeanrBapiisid 1434^ fans que ses ofliciers ou sujets leur donnent 
aocuB empécfaeiaent , pourvu que de leur c6té ils usent de récipro^ 
citémivers lai. se& gens» ofl^ers et siyets» et à condition, du reste, 
qU^ ai lé due de ttôttfgôgfté leui' fais^ làgàérl^d pwrf qMqée «on- 
trMr0ntlofrMCraiiéfaUafe<$ eux, l«IMn4« LaMinibairi^âtraH h 
fac9èté de Ssk leur faire atmii.^ Il dit expre^séneot^ dans le préaro- 
iHile^ que e'est pour obéir au commandement du duc de Bourgogne^ 
qu'il délivre ces lettres. {Original reposani aux arehivu étt Tournât j. 
MÉM. T* vni. 4i. 



Digitized by VjOOQIC 



— 326 — 

/r-, JU 3), ies^wanleQPs demandent quVaot le départ 
des.4épiit^» ou examine les accusations naguères' por- 
tées par jes çppsaux contre Eri^puI le Muisit et Lotard 
de WilUries^ .afiq de déc1)ar(;cr la commi|iiauté de la 
mort de ces, deux citoyens. Les consaux accordent 
fn'on envoie !iever9 le fiai faire ladite excusation. ïls 
adoptent également les demandes ci-après faites par 
les, députés: 1", d^étre porteurs dp lettres de créance 
isous lé scel dç ia commune 5 2** d'avoir leun; instruc- 
Uoos en doubla et signées ; 3"* d'être indemnisés aux 
(dépens de la ville , s'ils sont pris ou sMIs éprouvent 
quelques pertes pour le fait de leur ambassade. 

« Le xxyij* jour de may Tan xxix^ le lieutenant et 
» gens du conseil du Roy en ces bailliages compà- 
» rurent en halle pardevant les consàulx et dirent, 
• par Bauwegnîes , qu^il estoit venu à leur cbngnis- 
» sance que nous , prevostz et jurez, avions fait prî- 
» sonnier sire Jehan de Bar qui avoit. parlé de la 
» personne du Roy en mal, dont à eulx appartenoit 
» la congnissance y et pour ce le requéroient estre 
I» à eulx restitué ; et oultrc le procureur du Roy dist 
» qu'au cas que nous en voirions congnoistre ou le 
w délivrer, il en appeloit. » 

4 juin 1429, — Les consaux approuvent la rédaetion 
des articles à soumettre le, lendemain aux délibérations 
des collèges des bannières. Ces articles sont conçus en 
CCS termes : 

€ A raus^ Jf esseigneurs de la cpm^une,.remonstrent 
Messeigneurs les iiij consàulx que^ eo ensie.uaot vostre 
asseos pour ce assemble? » par collèges de banières , 
sur le fait touchant les mors de Ernoul le Muisit et 



Digitized by VjOOQIC 



— 327 — 

Lottart de Willeries^ aflSn que le corps et eommunité 
de la ville en' fuist deschargîé , nonobstant ift cbarge 
que /après ledit cas advenu , on Voti volt bàiHîeir' et 
les priucipaulx coulpables et nùlz ' aultres ^chargfe^^ ^,' 
mesdis s'* les cdnsàulx ont esleii et ordonne d^èntre 
eulx certains depputez' pouf alèr devers le Roy nostre 
s^ , le plus brief que faire se pora , iremonistrer là 
vérité de la manière désordonnée qui, '^ar lesdls cons- 
pirateurs, fu tenue contre eux pour tes tnéttré h mo'rï', 
et le gouvernement en quoy la ville est tfe présent '^ 
les rourbles et inconvéniens qui paravant le mois d'aoust 
l'an xxviij y sont advenus, et autrement la yîlte excuseï* 
devers le Roy nostre s' des inors dcsdis défunetâ* et 
lui cert|$ery de par les consaulx et communaulté delà 
ville, la vérité dti gouvernement et paix en quoy elle 
est à présent , par avoir destruit et banny lés conspi- 
rateurs et commoteurs contre le bien dé paix en ladite 
ville. Et a£Bn qu'il apperet au Roy nostre dit s' cer- 
tainement qu'il procède et vient par le ' fait et adveu 
desdis consaulx et de vous tous Mess, de la' eommu- 
nité, ensemble tous unys, et que auxdis ambassadeurs 
on adjouste plais et foy et créance sans sùspccion et 
pour leur fait estrc mieulx conduit , il semble auxdis 
consaulx quil seroit bon que lés lettres closes qu'iceulx 
ambassadeurs porteront de par la ville au Roy, soyeiit 
scellées du scel de la communaulté assemblée au son 
de la bancloqué^ en le manière acoustùmée. Si vous 
en plaise dire sur ce vostre advis et délibération et 
èstre audit four pour oîr Icsditcs lettres , les veir 
sceller. -dudit scel, s'il vous semble bon estre fait , 
âffin que (antost tésdis ambassadeurs se puissent partir, 
comme il est besoing; 

» Aussi vous rémonstreùt leédis consairlx, comme H 
soit en vos mémoires quelles les aimes dé là ville ont 



Digitized by VjOOQIC 



— m — 

G^ii i^ fi^ute iinqeiioeté e( de {#iis l^ytipe tef ait ladite 
YÎHe beups ^t pç^téi^ et eq^ nsç en fwi^» (iqnnisfirs, 
tant fa sfiea^i^ 4fî '«^ ^y*« pamnïÇ t^Winep^, El ee 
ocNW^Uot, «^i|8 votre se«(ii «t df f?4i^tel, fi ç^|é par 
aooua^ partîcii^î^y so^z um^r» 4ç f«rt«»e imp^tro- 
tm do R#y néfli;^ Mr^ Jr pré9^n( ?é(5n«»Bti W *«ciire 
(bsA'lt^ mpm éi tn çUdif fit^ meHff i^ne ftrimn^ dis nj 
fleurs ^ lie éffor^ ^^q^elh ^hm f|e*i^ «ffx4i> (omciiib; 
nm fsfr^ ^ftoiii9^«b(f ikimt (fs 9tf/e, xeu que df 9i 
long temps quil n'f^t mémoire, ladtM V^fi ^ e^té tous- 
joar« Iraoepmfût leiine ^ g^rdéfl potière eps e\ soubu 
la avbgeotioq et ^^mH^ oi^éis^nce d^ R^s df^Ffçnfse, 
et que |e$dia 9çeauU pe sont aiicynfmen^ muez s^ydtt 
nesfel «^a|e, omi^ ^puajours depiouresE en leur pre- 
imer estut* Et serait chose diff^ente ^ les' armes 
desdia se^ohc estqj^efit çoti$r«s et on voUist user çu 
aueoi^ aoltres ifi^i^es, moim^ i H fi^tfç de le 
procession et i^utreiu^t , desdite^ armes atout ledit 
chie( de fle^iRs de lis. Si vous pUrse ^ur ce avoir ad* 
vis et d^^îl^^c^^ioQ, assavoir eu quelle manière il vous 
en pifiist eatre fait. » 

Il résulte du rapport fait le 7 par les doyeoa ^t 
sQus-doypos des méiters que, sur Iç premier article, 
52 collèges partagent les s^utiments des eoosauXi et 
sur le second ^ eoUëges pe veulent point qu'on oî^an* 
ge les arn?« 4^ la ville ni mêo^e qu'on y f$ase quel- 
qqe brianrç. 

7 juin 1429. — Sont lues aux consaux Içs lettres 
closes du roi dont la teneur suit (1) ; 



(1) Ces lettres ne sont pas transcrites d^os U registre ; nous en 
publ|aii$ le lefie d'^r^ l'orlilkial que posaient aos arehites. 



Digitized by VjOOQIC 



- 539, -- 

H De par le Boy , . 
« Chers et bien ai^z, PoMf ce (|né. qqu»^ shtoas que 
plus grani eoDsak|i(m\.ne povez avdîr que d'oïr^ouveiH' 
ei> bien de l'estat et prospëriié de nez affttirest noi» 
vous eerliffions que apȏ<i ce qwe, par* la grAee de : 
Dostre s') nous avôQs fait advîtainer la Titte «POr- > 
léans bleu et grandemeat, qui fut vers ^ connneoée*^ 
ment de ee présent moys, 1102 gens qui ff^nt ledtt:; 
advitaîllement assaillirent li06 Angloiz estaiif év iMii^ba^,. 
tido appellée la Bastide SotnMio» y devaif t Mite ville 
d'Orléans, prindrent leeile d'assauH et de forœ^ et . 
fVireot mors tous les Ângleiz qui dedens estéieni* Bt« 
l'autre Jour ensuivant passèrent la rivière de taJre du - 
costé de la Solongne^ assaillirent aussi certaine autre très^ 
forte bastide que lesdis Angloiz avoient fWlte au beut 
du pont dHcelle ville, et -finablenveat ^ ^ moyennant la 
grâce et bon aide de nostre s% la gangnèrent comme 
l'autre, et ^sdi tes deux b&stides a eu de vij k vlij e.^ 
que mors que pris et presquie tous mors» £t la nuit 
ensuiant, le demourant desdist Angloiz estans es autres 
bastides désemparèrent et s-enfuirent tous^ habandonnant 
leur artillerie et tous leurs vivres et autres biens , et 
par ainsi fut levé ledit siège et est ladite ville ^ la 
mercy Dieu , demeurée en sa franchise et liberté. Et 
pour poursuir nostre bonne . fortune, nous metons sus 
à toute puissapce» en espérance Dien devdntde recdu- 
vrer les passages que occupent encores nosdis ennemis, 
et de faire au seurplus ce que Dieu nous conseillera. 
Et ausdis expMs a toujours esté la pucelh^ laquelle 
est venue devet*s nouSjl ainsi que toutes ces choses pour- 
rez plus ad plain savoir par le pqrteur de ecisles, elere 
et servitçur de nostrç anoé çt féal conseillée , et cl^am- 
bellan le sire de Gaucourt , rassignatiop duquel nostre 



Digitized by VjOOQIC 



~ 530 - 

cQOseiltoi aM regard des ij m. f. de bonne monuaye qui 
piéçi, par voz ambaxeur» enyciyçt^devfQrs nous en noa^ 
tre ville de Chinon, lui furent en nostre préaeaoe 
promia^paier, el iceulx, par .Biarchans de Bruges, ou 
autres, foire rendre à Londres en racqiiit de la par* 
puye et surplus de sa finance,., et. dont pqoir c^ 
cause TOUS quitasmes les arréralges d'une année et de- 
mie de la composition def vj m» qiie.nou^ êtes tenus 
paier chacun. an et dont de ce voijs avons plusieurs 
fois escript ; voulons comment que soit que lui faites 
pater et délivrer sans plus de délai , et ainsi Je vous 
mandons sur le plaisir et service que nous désirez 
faire, car bien savea que sommes grandement tenus k 
lui paier, pour cause des grans et proufitablea services 
qu'il nous a fais et fait incessamment. Et s'il n'estoit 
payé de ce que là et autre part l'avons appointié pour 
sa dite finance , et rençon, il ne se pourrpit autrement 
acquitter i nos dis ennemis, f(t par ainsi ne nous 
pourrions de lui aidier et servir coo^me besoing nous 
est. De laquelle chose ne pourrions e^tre contens en 
manière qu'il soit. Si en faictes tant oeste fois qu'il 
s'en doye à nous louer et plus n'en esçonviengne 
vers nous retourner, en gardant que fauUf^, n'y ^ luU 
Et souvent nous escrivez de voz affaires et besongnes 
que tousjours aurons pour recommandées. Donné en 
nostre chastel de Loches le xxij" jour de may. 

f Charles. » 

Les consaux, après avoir déiibéi'é sur le cpntenu des 
lettres royales, chargent les chefs de. loi de traiter 
avec Jean Lemire, porteur de ces lettres, afin d\>bténlr 
un délai aussi long que possible potir le 'paiement de 
la somme réclaniéc. 



Digitized by VjOOQIC 



— 351 — 

9 juin 1429. -^ Rësdlu de «hangar safis retard les 
armes de Tooînlàî pkeées 43n ta halle des dc^ens et 
ailleurs^ , 

(Le compte des ouvragés exëcnfés du 5 àa 18 julh 
i429 contient trote articles pour le paiement do tra- 
vail effectué aux armoiries qu'cttH^ns particuliers nvôierii 
fait mettre à rencontre du mur de la halk des doyens.) 

— H est donné lecture ^les instructions dont seront 
porteurs les députés qui doivent aller vers le rot. 

i5 |fiin i42dé -r^ Trois individus prisonnier» des pré^ 
vAts et jurés sous la prévention d'avoir; en juin l4S7y 
sans autorité de justice, fait mettre à fa question 
extraordinaire Jacques Bernard, sont, après interroga- 
toire public, élargis sou» caution. 

17 juin 1429. — Lés quatre eonsaux avouent Tar- 
restation de M. de IHouy et ordonnent quil soit dé- 
tenu jusqu^à disposition ultérieure, puisqu'autrefois 
il a usé de menoees (1). Quant à Gilles de Chin, 
attendu qu'ii fait des alliances pour nuire à la ville , 
les ehefs de loi sont chargés d'aviser aux mesures à 
prendre pour sauvegarder Thonneur des Toiirnaisfens. 

âl juin 1429. — Le lieutenant da bailTi demande 



(1) Gui dit Goalart, seigneur de Mouy et de Ghin, conseiller 
et chambellan du roi de France, grand maître d'hôtel de la 
Reiiie, était parent du bâtard Gilles de Gbin. Les gouverneurs 
de Toumair pour sa^vengs^r to oourses faites par ce dernier 
sur te territoire de cette ville oli. il avait mis à B(K)rt des ha^ 
bitants et s'était emparé de leurs biens, avaient arrêté dans 
la ville et mis en prison le seigneur de Mouy. 



Digitized by VjOOQIC 



que \ë 9tt%ûéùt de-Mouy puliHe dœister à «es noêes; 
n prie les jcoosaox de lui Mdiqteer la 4fiitôtHé devins 

qu'il réDe?ni 4t ]» rille à eeite ^aioeasion. La pré- 

mlbre demftode est rejetée et l'on eëpood. à la seconde 
qVùn loi enverra M MPie» de vin. : 

— ftéâôtu d'écrire, tu bediii de ttàlnaoi et&lfensi^ur 
de ligfte, an sa jet dûs pihises qtte Kàifkrtfait en Hai- 
fiaot sur tes hôlrîtànta de 'Caumai; 

22 juin i429. — Une procession a lieu pour le bien 
du roi et h reeoutrettéoi de 66ù voyantitt. Ù eo est 
de idéme le 5 et le 18 août. . 

23 juin 4429. — Les bâtards né pourront -occuper 
aneoD emploi dépendant dû greffe du trésorier. 

«—Les commis do peuple sont chargés de vendre 
on d'accorder, pour trois ans seulenfent^ les deust offi- 
ces de rece^etirs, pourTo que ce sdît à des périotmes 
aptes & remplir ces fonctions. 

Si juin 14i9. -^ L'office dé Mvendeur de poi^iori 
de mer a^ant été acquit par un b&tard, lés cottlailt 
décident que cet office et tous Té# atitres de même 
natere ne peuvem être efterçéd ptar des bâtard*. 

— M. de Mouy déclare que s'il est mis en liberté, 
Gilles de Ghin aedordera . un^ trèive jusqu'à la St^Eâni. 
— Il n'y a point de résolution. _ _^^ ^ 

— On alloue cent sols tournois à Allard Simon qui 
«ffi»flM avoit^ séfo«raé |iluilt da ^Ingt jMn b Bottrgos, 
à Chirton, à Bté% k Toiîrï éi ft' Loébéff, iMlit iTiVètr 
fépdliâé ârài fettres q'û'i! â présetftééâ l'Sf. I^.'^tl'iussi 
pour avoir des aouvelles d'Orléans ^. djQ3,. victoires, que 
k»..ftna du>. rai obtianneul- cj»q/m JAuc ^anv ka:iM^ 
glais. . ^ ■-. «:• ■ •'•*••' ■■\ * ■•- ■-■■■^'' • ^' ;^> 

" '^ ■" ''a 

Jeudi 7 juillet 1429. — La lettre adressée lux Tour- 



Digitized by VjOOQIC 



_ 558 — 

nftkieDS par la PuoeUe d'Orléans (I) est iMimaiuoîi|uëe 
aux eoAiftttx* — hn diefo de id aont iovUes i se 
rendre en l« halle le même jour apfèa**nddt et. d'ap- 
pelé à le«r réunion les geaa d 'église et les oSeiers 
du bailliage. Ils feront oonnaitre samedi aox oonsaux 
le résultat de leurs délibératbns. 

1^ juillet i4St. --- Réaetn de donner eennaissauce aux 
bannières de la lettre de la Puérile. 

N. B« Cette lettre , dont on ne possède pas l'origi- 
nal, (â) mais que Pon trouve transcrite dans le re- 
gistre aux délibérations des collèges des bannières, a déjà 
été publiée par M. Fréd. Hennebert, archiviste de la ville 
de Tournai, dans le Mu9ager des sdmc^ et de$ arts^ 
t. 6, p. 80, (mars 1838) « et dans un petit ouvrage très- 
intéressant sorti des presses de U, H. Gasterman et inti- 
tulé : nhkire de Jeanne d'ArCj martyre de êa re%tbf», de 
safMrie et de «on rot (p. 114). Nous ne pouvons cepen- 
dant nous dispenser de la reproduire iei. Comme le dit 
avec raison M, Hennebert dans l'article consacré à sa 
précieuse trouvaille, on s'explique aisément la sollici- 
tude qui, même au milieu des circonstances pressantes 
où se trouvait Jeanne, lui fit dicter pour les habitants 
de Tournai cette missive pleine de gracieusetés. Dans 
le vif attachement qu'elle portait k son roi et h son 
pays, l'illustre héroïne voulait, par cette marque d'at- 



(I) « A Théry de Haebrayqui, te ^« joer de jolei (1420) ra|>orta 
nonveUes da Roy nostre r et de sas victoires et recoovremeot de son 
roiatune, avoeeq lettr^de la Pucelle et du confesseur d'icelle, poar 
ce par don Ix g. » (Compte de 1428-14^). 

(è) On nlgnore pas qtte leaane d'Are ne savait pas écrire » mais 
pour sigaatitr^ 4» ialwl*êi qit^eité dletaft, elle avait Tbabitudc 
d'apposer une croix et même denx , selon son caprice. 

irt«. T. vin. 42 



Digitized by VjOOQIC 



teotioD, ftffMnliir tes Touroûftten^-daaft la fid^ité dont 
ils Avaient donné iifi# ëdauote preuve en eônaervaut 
leur ville ii la couronne de France , pendant qae les 
Anglais et le duc de Bourgogne tenaient, le souverain 
resserré dans nn petit coin de son royaume, envahi 
«t désolé de toutes parts^ > 
Voici cette Icttlw: 

CottciMp/ ta pncctCc "Som fait faaoit 8e$ 
nùomtke 9e pm ietfyt ^ue en Stii iouw tttt 
a catliic îte an^Mi^ tiow 8e toatt^ te» ftatce 
Haitf tenoict eut Ce mite 8e £oicc/ p affoitt 
^ aattcmcnt/ on it enam matne màw et ptim/ 
^ fe^ a Sefconfte en êataiSe/ ^ crotee ^ fe 
conte 6e éaffott/ (a ponSe/ eotf ftere/ fe fm 
Se (€a(Ce6ùtt/ te fire oe S^taVe^ ^ meffe 3ei|an 
<§(Ufcof/ f pfnifenre cÇte ^ ecipitaine^ ont eete 
fM:tn6/ ^ fe fre Su eonte 8e ^nffort ^ iEffafboe 
moM* â^attttenee 9ofi0 Bien/ tùiaaif JfrancQot^/ 
te likme et) ftp/ f Soite ptp f IBione j^qntec q 
ISone fotee tone ^ 8e 9emt m ficrr 8a «etitif 
4Rof CÇarfee a IRaine on noiH^ fcroe^ firteftnet/ 
^ 9ene6 an 8eaat 8e noœ qoant IS^oe faoree 
q MM apcÇeroe* a biea 9oa0 eorhoM/ hùa foit 
sorbe 8e ^oae ^ Soae Soinfl grâce q Sooe 
paiffiee maintenir fa 6one qereOi^ t» Vlopaame 
8e ftanct^ 

6frpt a i6iet\ te i^i^at he iMin^. 

aa^ foiaatp iTraneÇoie 8e fa 9tffe 
8e fCoomap * 



Digitized by VjOOQIC 



— 355 — 
•h Jmus ^' UàMjn. 

Loire^ par assaut ou aùtjreniQiu ; il y. en a eu beaucoup de morts et de 
pris; elle lésa déconfits (défaille) eh bataille. Sacbet aussi que te comiè 
deSuffort (Sdfolk), la P^a (lean POte), son frère, fè sfre de Tallè'» 
bort (Talbet)» le sire de Scàlles (d'fesuliai) , «l nessîra Jean, Salsoaf 
(Falstof), ainsi que plusieurs cbevaliers et capitales oi^ M faiupri* 
sonniers ; le frère dii^cçy^e (le Suffort et.Çlasdas (Glacidas) ont été 
tués, Maintenez-Tous Uài^ ^oyfot (fjrançais, je tous en prie» et vous 
requiers iosummeni de jûjà^ tenir ttus i^is ir . venir au sktite du 
gentil roi Charles, à Reims, oU dôhs serons bientôt. Venez au-devint 
de nous quand >^ons saérez qae nodii en approdherôiis. Je tmn reôen- 
mandè^Dteu f-qb'tf sOiit.^otre gardeei nms dMfnerib» g?lkveq[9».99f!> 
ptM^a maintenir la bon^i» qoerelt^ (cause) du f oyaume de France. 
Ecrit à. Gier^ le XXV- jour de juin (1429.) 

ADX 4.OT4UX FJIA1IÇAIS DB fc^.TR.LB pB TOURNAI. ^ 

. S(9its «joHlerofis que J^ttnn^' d'i)[V<v idress^ eococie 
de«x autres Mtren aa^ Tcxirnabieiis. , ainsi qu'on ie 
voit par les extraits suivants' 'du compte de .1428- 

I» A Tassai^t du Tielt, pour aVoir allé eu la ville Se 
Compiègne et ailleurs devers ie ftoy nostrê s', pour 
navttir eft «nqgerre des nôuveïIcSj dém U roporfo lé^ 
treê d$ h Putidte qui êstoit de/Defs k Boy; anqued 
voyage it vaqua xv lofurs fiaans le xxvj* jour dud^ 
mois d'abuBt (14^ * . . e v «. 

Au méme^î pour avoir all^ à Saiot-Denis et attires 
vj^ea. d^yers le Roy^ostre Sapeur enquerre. et savoir 
4e'8es,oouveUeS) 4out il raporta lettres dudjt seigneiir 
et atissi 4e h Pucelle ; auquel voyage it vncquà xviij 
jours fioàns le xiv® joiir de septembre ensuiaot. 

: . . cv s. ix d. » 

Puisque .,iifus.r;ea:)iSiiHime9 i p|ur}^ d^ U Ficelle 



Digitized by VjOOQIC 



^ 536 w . 
d'Oritentr u^Ut lie foiHroBt ^.mUcitfnpteiifr: é^Ktmrt- - 

naisiens des nouvelles de Tannée royale et la grande 
confiance qu'elle amidatt^nei œac ii d y yi^ Bo .^ei ^.pri-^ 
8oniiMi«f jGn'aal; à/eux .qtt!0Ue.y«dnBssft.^iir/JH^çitQrr qa 
seeojMqui 4uiHNl UMraleoi^ol teo«r4é, Sl'en^.p^ffif 
on reproche gj^oértleiieQft A GliaidQfy4I,4# q'arop iriea 
fait pour la délÎTrance de Jeanne. Il semblerait même 
qu11< a-p^ossÀ plus loin l'îia(ralitu4$ et . jtpill vl% rieji 
tentifcpr «ttuek: If ^aptlvM Jle VfaéiM^ïoi» qui jl»i « 
donn^ l,\ï^:s' tojstme , : poilqim ^11^-^; e^t . vbNgfSe . de 
s'adc^^MT ^ c^s.^4^n8 qu'elle ne /çonni^t qQ^ P^** I^ur 
inébranlable fid^itélt leur souveraini^ Quoiqu'il e& soît» 
voici un document que nous livrons à la méditation 
des historiens : . 

A Jehàû Navîèl y clercq , pour baillier et porter & 
Jehenne la Pncctle, estant prisonnière en la ville d'Aras, 
sur la requesté par elle faite par ses lettres et seur 
message que , en le faveur du Roy nostré S** et des 
bons services qu'elle ly avoit fais, que ladite ville lai 
vosist envoler de xx \ xxx escus d'oir pour emploier 
en ses nécessitez. Sur quoy fu, par le délibération et 
ordonnance de Messieurs les quatre consaulx, (i) baillié 
et délivré audit Naviel, ou nom que desSos, la somme 
de xxij couronnée d'or, qui valleut . . . 
. . . , . . xtx| L xiiij s. j d. t. 
{floiwpU Au !•* A^l m 50 «épJemtra liSOJ. 

42 juillet 14â9. — Mis éû délib^Sralion^ s!^ la vHlé 



(!) lie registre ta eeésaot né (iiiiM)iatttéls<bft'4e èetie r«K^ 
tioo» probablement que» dans la eralote des Anglats, ea tara vovln 
tenir la chose aussi secrète qae possible. 



Digitized by VjOOQIC 



— 557 >^ 

eDven»!das»dépiiléfi3rorftJe^R»i>eikÀ.to J2uc«itea -^.^iîdér;. t; 
consaiix ?eûr rap|M9ttfnt>i t»:^Qe Ica xAiifsiiAe M déBl4> -r; 

veuve' de^^ Jiièqliéii f ânie ' "dst reoiise ea fMjfitfBaida (te«^^ l- 

biens èl^^érHugek qiii «imitent; écé'^ëdlifibcfâés' 

de U tilll^ à là «bité 'de Pêkécifli^ maH.v ^^^ ^^> 

« Le samedi $vi''joî»ë*|^^^^ 
» Cbarîe de Frtaeer Vij< ^e €C ûéto , fl^^ èBt«é# • * 

« en la ebë de Raiftsy «* lend^maîn - i1^»'fi)tff> dè^ ' *'• 
» dit mois reéhut son ^sacve et ccnfironnèoieni ^-^rts^ ' 
« gwint hûniieuf, révércnee et liesse, i^ (I) 

19 juillet i 429^ — Qn enverra dans les ports de 
mer pour s'encjùërlr des causer pour lesquelles on 
n'expédie point de poissons ni de hareiigsà ïournaL \ 

— À là sollicitation des parents et amis d'Ernoul 
de Helscamp^ les prév6ts et jurés ordonnent le trans- 
fert du détenu dan$ une prison plus vaste. Il pro- 
mettra de ne pomt quitter cette prison sans le su 
des prévôts et jurés, sous peine d'être atteint et con- 
vaincu des cas qui lui sont imputés et d'être comÎDEie 
tel puni, non-seulemçnt pour les faits soumis ii la .^ 
juridiction de la ville, mais encore pour ceux qu'il a 
posés lorsqu'il exerçait les fonctions de bailli* — Le 
même jour, Ërnoul de Helscamp fait au prévôt et à 
deux jurés i^ promesaea xsi-dessus. indiquées, . 



(i) Cet heureux événement fol célébré à Tournai par une proces- 
sion 8oi^mi9l^,.^i^f»utr^ije^TlflJft#irii^l^ l^i^,li^€|b|ype 
de St ÊUtttl)^. ^P) . .,...,i. ...... .,-;,.:..• ,..,. ,• ■...■-.-:-.■.'-,: 



Digitized by VjOOQIC 



- 338 - 

Si juillet i439. — Btéiremieu Carli«r| grand doyen, 
Jaeques Qoev«l, juré «t Maltr» Hisori RMBaîn, «onaeil^^ 
1er, sont de retour (4) du Voyage jftu'ils ont fak pour ••• 
sUter au sacre et au oottrooMmo^oi <!» roi i B^eims; 
Ua ont vu les eotrées faites & Bourgea, à Asxerre, k 
Gien, à Trc^ea, à Châions et daâs d'autres viliea. ^ 
Le leodesiaîn ils reodeat eooiple: de leur mission, ci 
la pierre desêuê le$ degrés de Penirée de la halle du 
eoniat'/ , et eibibent les. lettres du roi adressées aux 
eoQsaux et à lu eommunanlé. Ces lettres, qui reofer^ 
ment la réponse que ie roi fait relativemeM i cette 
ambassade,' sont lues en présence du peuple. 

32 juillet 14â9. — Les causes de remprisonnement 
d^ M. de. Houy , ses réponse» et ses offres seront 
cimiqiuniquées aux collèges des banaières» — V<ncî le 
texte de la remontrance faite au peuple lo dimanehe 34 : 

» A vous toute la communaulté de ceste ville et 
cité, r^qaonstrent les quatre coosaulx dicelle comment, 
pour ce que sire Gille bastart de Cfaio, chevalier, sur 
l'exécution et justice faite en ladite ville, pour plusieurs 
criesmes, de la personne d'un qui se disoit aussi ba^ 
tart de Chin , a , contre raison et ains cause , deffié 
tout le corps de la ville et y venu couftr , loer ^ 
navrer, piller et reuber^ comme vpus savés, e| fif oient 
lesdis quatre eonsaulx doùbN que encore feisi plus , 
euU fi^liiaos, le xvij« de jtiing: darmn pa^aé, IIobSc 
de Moy qui, au temps de rexécution dudit tmstarl , 
estoit en la ville et qui (ors et depuis aimt et a dit 



(i) Us éuleat partis dis Téohia» lé 5^)ti»llè(. liBs lirais de cette dé^ 
pautlen s'étofèrent à 386 1. 10 x t. 



Digitized by VjOOQIC 



— 539 — 

qii^U Bttn poiifebacfaeFoifr par jnatiee et si est coorin 
gerauvhi audit éhevaHei* kastart de Gbin, éstre ténu tn 
la ville, le firent et ont Mi prisonnier en Fostel Engue^ 
rani dé Setengbieo ^ il<^ea( encofo, et le plus qu'ils 
ont peu Toat aproc^ié adfin dodit cbevalrôr bastairt 
de Chiû eesser d'^trepHiwe sur la ville et adnieiidèr 
ce qae fait en a«. A quc^ ledit seigneur de Mey.a^ 
par pliMÎearg fois, respemla que, dtr fait' dudit ebe- 
vaUer basUrt de Cfain , il ne se mesldt ne «sieit e» 
rien meslë, niais> en estait tt^s-courôbië , et eà ee 
monstrant toiiteffois qu'il- atèitsea qull-s'esleit «ris 
sus pour Tenir en la ville , il Tavoit mandé et fait 
savoir à la ville pour y pourveoir , côittine :vk«y amy 
qm tou^uvs avoiit esté à k ville vers lé Roy oestie 
aire, dont il est serviteur et grtnt maistre d'ostel «de 
la RoynDe et ailleurs, où il s'est employé au bien de 
la ville et est encore piest de faire de tout son pou* 
oir, et que considéré que du fait dudit bsstart, il ne 
se mesle point, qu'il ne vcslt, que on foist eonteht de 
lui et de son corps délivrer. Et néan^oiQins Messieurs 
ne l'ont volu délivrer, maU l'ont poursuy de dilligenee 
faire dudit chevalier bastart de Gbin cesser et amender 
ses tourcboiittières affaires. £t pour ce en n plusieurs 
fois eseripl vers lui , mais pour ses tétlres ledit cbe^ 
valier bastart de Gbin n'a vole rien faire. Pourquoy 
ledit Hoas. de Moy , ea remonstrajnt sa diligence et 
comment- il avoit fait son pouoir et qu'il ne se mesloit, 
DO vouloit, du fait de la^ guerre dudit chevalier bas-» 
tart de Ghin, mesler, mais demourer bienvœUant,i.i^ 
la ville, que Messieurs le volsissent déUxirer ou eslar- 
guir, offrant en personne labourer en j^f^ que dit est 
et aultrement de Août son . pooir e& noir Islre audit 
chevalier bastart de Ghin , contre la ville , en nulle 



Digitized by VjOOQIC 



- 340 — 

manière, aide ni confort*. £t si est vray. que ledit 
seigneur de Mey a si loaguemeot esté prisonnier que 
son emprisonnement est venu à la cognoissance 4e la 
personne du Roy nostre sire qui , aux députez de la 
tille darrain. retournez devers Iiii^ a fait.parlet de sa 
délivrance et dire qoe lui et la Royniie le vœUent 
atoir vers elle pour le fait de son office. Sy semble ft 
Messieurs que tout veu, ledit seigneur de .Moy pouroit, 
pour la ville, faire plus grant bion.eslargi que pri- 
sonnier ; louteffois ont doubté jusques h ores a faire 
de lui déUvraoee ne ealargttMseaMiitypeitsttns que durant 
ion «nprisoniiemeol^ ledit ohevtHer bastart de Cbin a 
phM doêbté vemr sur la ville qu'il a^euist fdl* Sy 
vous plaise faire savoir , mesdis seigneurs , qu'il, tous 
semble expédient k faire , soit éiarguir ledit S^ de 
Moy à retourner tout prisonnier à la ville, i certain 
jour de semonse, pour le seureté de la ville , ou de 
le détenir prisonnier ; car sans vostre advis , mesdis 
S'" n'en ont volo rien faire , pour ce que le fait 
dampnable dudtt cbevalier bastart de Cbin toucbe tout 
le corps et la communaulté de la ville. » 

' 'S6'jifiltetl4S9. ^ Sur le rapport fait par les doyens 
et sous-doyens des métiers, contenant que la presque 
unanimité des collèges s'en rapporte à ce que les con- 
saux ordonneront, c^ux-cif sans prendre de résolution 
définitive^ paraissent disfMsés à donner la viHepour 
prison* à M. de Moy, sous certaines conditions à dé- 
terminer par les chefs de loi et les jures. 

— Les commis du peuple remoiitreot au^ consAuz 
que les ambassadeurs ont demaniié %» roi d'4lre . dé- 
chargés de la mort d%raoiit le Muiait et de Loiard 
de Wiileries; ils expriment ensuite leur étonnement 
de ce qu'on a transféré Ernoul de Helscamp dans la 



Digitized by VjOOQIC 



-T^ 541 — 

salle de la prison, aYant d'avoir terminé Finstruction 
de son procès. Ils demandent que cèUe affaire soit de 
nouveau éxàmii^ée. (Le registre lie dit pas si lès con- 
saur ont ^it une ré(ik)nse aux i 
— Les chefs de. foi sont d' 
roi Biëtremieu Carlfer, grand 
juré et Maître Henri ftomàÎQ , 
défendre le bien, rhpnneur c 
attaqués par les coupables < 
ftiites contre iceilè. 

Le 30, eea dépulés amU ehurgés de 3iip|)iiep le roi 
de. choisir des seigneurs notahleai^ |kh»^ ie eas oè il 
jugerait convenable d'envoyer à Tournaf des r^srma- 
teurs. 

50 juillet 1429. — Les échevins et les jurés se |^o- 
noriceiit pour réiàrgissement de M« de VLoujy moyen- 
nant là délivrance par celui-ci de lettres conformes à 
la minute qui est présentée; les éwardeurs sont dis- 
posés à approuver cet arrangement s'il est agréé par 
les doyens (1). 



(1) On voit dans les lettre» déli^ée^ par le se%ileor de Mooy soas la 
date da 1*' août, que les gouverneurs de Tournai, liii o.ot accordé la 
tiberté, It condiUon qu'il promettrait loyalement/ de bopne toi, 
comme gentilhomme et sous son honneur , 1*> qu'il n'aiderait point 
Gillies de Ghin ni autres ésns la guerre-coatre la ville , mais qu'il 
emploierait tous ses elibrls W ta Mte cesser et téparer les olfeiises 
eonamises^ ^ qu'il reviendrait se constUaer prisoâDier à Toamai , 
endiéans douze semaines après que les gens de la loi l'en auraient 
requis, sans employer au contraire lettres , prières ou requêtes, soit 
4a rof , soit de la reine eu autres; 5<^ qu'il ne ferait aucune démar- 
aheàrelicoftCre-dec^a tfa^Tsarnaf, I l'oecasien de sa détention , 
mais qnHl les aiirat^ teuiaars en sa gtd^ce et^ecomnmndarîoit, (Ort- 



Digitized by VjOOQIC 



4b la Tilléi * 

î49tiity^ llUf.M tètm lit ]A iÀù^ah à^^ ^i?^*'^ 

jiri^ffu^çujr ,etj«Jl?Qa^eU^ du rp^ au bailliage de TôUrnâl- 

IMirwii Iç»; privilèges, lie .la .vîU^ j^ t^ iwi/^ -rèa- 
sprt^fd^ ^UTef^ioetë «t les cNtit^' rQ>y/iux sont réser- 
vés; que cependant les prévôts et jurés ont lonjgtemps 
détenu prisonnier Ernoul de Heiscamp; qu'ils ont, en 
otitrej 4Êl*it par delà (|il1]s feraient son proeès. et 
qoé «'il apparaissait plus tard que la chose notait 
pas de teur compétcùée , ils renverraient l'affaire devant 
la feour de partêmm, mais qnû s'ils étâlient en droit 
d'e>i «onoattre , ils feraient ce qu'il appartfentf^ajt. 
Néanmoins^ ajoute le lieutenant | les prévâts ef jurés 
ont ouvert à Ernaul de Helsc«mp la voie de justice et 
pot entamé son procès, bien que la aonnaissaoce des 
faits reprochés appartienne au roi et non h d^atitrés. 
Ces faits sont i la mort , saos justice , d'firtiôid le Mtii^ 
sit et de Lbtard ie Willerîes , plusieurs cotrùptiodi , 
femmes violées et éfaulres cas énormes et yîtomu par 
lui commis sous ombre de l'office ds hailli gu^'ira exercé. 
Idù lieutenant conclut e« sommant les prévôts, et |«nré8 
ée lui remettre tontes les pitees du procès pùut les etk^ 
vo^ér au grand conseil do toï\ il deman<]fe en àûire la 
délivrance en ses mains de là personne d'Ërnoul de 
Hebcarap. — Les prévôts ^et îurés'. repoôd^^t qu'île ^n 



Digitized by VjOOQIC 



4^filiér^9lil^l en iH^'feiipiil m iWWWX *ln| fo lui- 

km* 

r4^t M. & 40i9^ 0pMn«rf ' 4it bàittiiige nàng w^k 

j9vnîiM9.^ mif^ mmum <l ptrpHréê taêit (n tadiie 
fiùM^ cofMfiM milm^y M V^e par çpit«^ffil îtr m fo»! 

ifit fdfi9, he prpcsflfonr d^ R9I f^ppf^lq d# ecm W^ 
^siop. 

16 2iO^ ii^. -- Qn A)|i«f i» TouffQij 40 Ia «kmi- 

Seuri Romaioi ^nseiller, font fùppoH jaox «oofiaux 
.4^ l^euf v,0)^age à Arras auprès 4e i^rcj^pvé^o de 
U»iim^ ^baoçelier de FraoQe, de M. d<! G^^noo^rt; de 
iQbristoph^ d^ç HanQOuri;, de M. de Dompierre, du 4ofen 
de Paris et d'autres ambassadeurs ëtajo^ eo jfielte YÎlle 

lue de 
Biti^ de 
la ville 
1^ par 
le ^H' 
^ilipp^- 
pDé^eut 
^ met- 



Digitized by VjOOQIC 



— 544 — 

» droienl de la eouronhé de Fraaèe/'èt «uitti les vjm. 

» I. d^aide par an. Et néatitmofàs 6n doubtoit " que, 

» en traitant la paix d'entre te ftoy et Mbhs. de 

» Boorgogne, ieelui' Mobs. ne condescendiat avoir au- 

» ctraes vHlea' par deeha l'yauwe' dé' Sètanne/' dent Hz 

» advertissoient ledit Mon^. d-e Raîns lidfin qu'il y ^te^ 

» nbt la main* En oultre, >y''éxpé9èrénl*^eommeiit la 

» Tille pajre audit' Bfons. de Bonîf^gnè èhàeiin an, 

» par traitié, x m. v c, escus d'or, do At le' terme 

i» avoit k durer v ans. Se requéroient que si le paix 

» se faisoit, la ville faist quitte debdis payemens et 

M en deschargié, car te roy avoit consenti non payer 

» à lui les vj m. 1. t. par an tant quMl cottTenist la 

» ville accater paix audit Morts, de Bourgongne, et 

• au surplus qu'il euist tousjours la ville, dont il estoit 

1» pasteur, pour recommandée envers le Roy^ Lequel 

n Hons. de Rains leur respondlt qo^ilz ne preissent point 

1 doubte es dis iij poins, est assavoir de touchier en 

» rien k la ville, ni k l'obéissance qu'elle doit au Roy, 

n ni aux vj m» 1. par an, et ai feroît son pooir de 

» la finance que k ville paye po«r le traitié k Mons. 

» de Bourgongne annuler si la paix se faisoit, eamme 

» raison est , et qu'il aroit tousjours la ville pour 

> roeommandëe. 

H Oullre dient qu'£ràen&e de WiHeries a impétré 

» et obtenu du Roy un mandenient , par lequel il a 

» saufconduit, loi vilj* des boùrgoîs qui firent le pre-- 

» mière entreprinse sur la ville, à aler devers le Roy 

» pour eux excuser de ladite entreprinse et estre oys 

> en justice. Sur quoy Içur fu consetilié que la ville 
« envoyast les procès des premiers et darrains adver- 
» saires de la ville devers le Roy, adftn que le Roy 
31 fust adverti du fait de la ville. 



Digitized by VjOOQIC 



— 545 — 

» DieDt que.MoDs. Iç cani^helier.. leur dist qii€ cpi>: 
» tre les preniiers jocios dai*raln& exempt de. la ville 
» ae seroît rien innové ni. baîllîé quelque pravisîoD 
1 que la vilte ue.foBt.oye.y et Gopsqlloit ledit MQPft. 
» le ebancelier qu'qa fMftt; à paix en., Tourna;, soub^ . 
» bonne .j^filipch . >» ... 

T- .11 «.esl^. résolu de députer vers le. roi y. afin :de dé- 
fepdfe le^i di*oite 4e la-yiUe contra lea autenta da .|a 
pi^mière enixeprise* 

Le. 30,, sont désignés pour composer cette, députa- 
tiQq J^cqiies Crctte, juré, Simon Bernard, éwardeur, et 
Maître. Benri Romain, cposeiller. Ils ont pleins pou- 
voirs de-, disposer de deux pu trois cents écus dans le 
but d'acquérir des amis, qui puissent; s'employer au 
bien de. la ville. Si dans le cours de leur voyage, pjcs 
députés éprouvent quelques pertes ou dommages, ce 
sera aux dépens de la ville. 

âO aoât i4â9. ^ Les ebefs sont chargés de choisir 
les députes qui seront envoyés vers le, roi é Penoonlfe 
de ceux qui voudraient grever la vUle. 

50 août 1429.— Sur le rapport des Aefs, les cau- 
saux allouent 40 K t. à Maître iean de Bauwègnies, 
pour le rémunérer des services' qu'il* a rendus à la 
ville^ aveô Fespoir qu'il fera dé bien en mieux» 

^ septembre 44â9. t- Le nombre des canonniers est 
ûxé à 60, à chaeuH. desquels la ville accorde 10 s« t« 
pour leur uniforme, au lieu de 20 qu'ils demandent.. 
Jean Autoupel «i Biétremieo Carlier sont désignés pour 
les commander. 



Digitized by VjOOQIC 



- i4€ — 

général ^t «aniNae» , émf^94/^^ft^:,4m UmeêiM 
d9B raii pmp le «ai à ta fiilh. <n>^ C<Mt ««wb ^Ivi^^eii 
déUvjr^ s'il «ibibeaea leùvti^r^ ;piMlf4tfr<^î v«.. , ..^ . 

auprès dv coiy.fieur 10 firierlde^iJK^fsiBi • fe 

aijoiar dans To.«niai «w tiil«i«l'4ll» «Blrapriws.'^fiita 
cfi^iptre Mita ville ea oetobr» iASf et «n ' 8B|itartlOT 
Mâ6., lU «Usml jqii'eo leur pt^Kaôcè» ^ M . da Mojr ae 
» niât & ger^eubi dartDt'fai ftoy^ ei «at^eaàplawtt de 
» eeuU de If vHIe de T^tirnaj de «i» qu'Usa i^iveieiit 
^ déteiiq fnriaoonîer 01 Itri ftil MUi^w aon aoeflte de 
# rekMumer à .^| aeinnames de aeiBSose^ en rèquératit 
Il ail ^oy qu'il trdueliast sa prainesse. » Feot tOQte 
rëyoDae, ie^ d^iiCéa ont fati toi eifosé exael dea feifa 
(V. ef-^dessna p. IS4i , note.) 

. 4 octobre 1439* — Les anbasafidettrs de rai dio- 
oandent qu'on leijr cojnmimqu^p les jucw^^fs^rofidiiLs 
^i^tre ^eiu ^jii opi été fmh fQHt osuse .daa, iUvi«- 
sîons qui ont e.u ileq eu «citç y4|le. ^ U scç^^salia- 
fait à cette demande, en leur remettant en méioe, t^mps 
w mémoire sur tous les fiiita qui se .swt fiagt da A 
Joujriiftî dans ces dernier^ temffi., - :. ;v vi-.. 

Ils pricnl ensuite les eonsa«x de délibérer sur bi 
réclamalioe ^u^ ^onl -(eke wt 4MN»-d«iHPek-*-^ H- eat 
résolu de réunir la communauté, pour lui communiquer 
les lettrée de pouvoir des ambassadeurs* ^dt'delàéndcr 
eo» avis relativement à Valde rtqoiôc fwr Ve^tfi. ' ' 

te 16 , les oonimis du eomi^vn -peuple ^ a s senab i és 
en grand nombre eu la halle , sont invKés fmr )es 



Digitized by Vj'OOQIC 



— 547 — 

ebcfe de loi k donner leur «iris snr la demande £aUe 
paiir lea a iiAùsëé de a t s ^ giéeorder nint^aîdê àb ¥di. Après 
■«oir IM» cwtiatiltiiifo^'ÂÉ^'^ dé^ fiiliifieès éè ià Ville 
^4é»^réiiimrÊMéàtnt^'^^ ambi^aiiBiîif^ / fil 
proposent de^^&é*H€iëttaXHt k -i^ éOmiéi^ hi sitoii^ 
lion préeaire des finanees de la ville ; ils recomauindeiit 
4ii.ii#^^jrieii(:f]«De«ire$7t^^^ ^âSosé ie pta%^ 

levant d'jtiBi|r fcmisaifdc «'■ les ic^ll^et^^s ^balioiiércii: rEli 

Je lienimiti sur^ Ja MM^^'^ Us ehttrgëât ceJMilidlnt féi 
noosanxAdÉinsr 4éit9i^ià^M$êiièki^ U»^ mhbaéMâ&utk 
Ai roff €t (My gmdèfi fifMMimr^^ià i^lfe,^ v -^ * 

; ; ^ Los ahefs :de Jm^ en ^iwHu d'airtok^ désirait^- 

sàux, eoDvienneni avec HattM Victol;**. t^) ^^ fiindetir 
jM^eliiehes è fir«0BAyvpoiir: la ti«irii80ii ' dUiné eloche 
dei?4nl servir dm Krigaer(m> an befféoi, eu liè^ de celle 
i^ t'^f trenve el ipri est éitmrdki e^mm dimAhfÈ}^ 

17 octobre 4429. -^ Les consaux ordonnent d'assem- 
Msr tes collèges des bannières po«r demander tetir avis 
énv les reqfnétes faites' par les ambassadeurs du roi. 

Cette ' réunion a Keu le dimanche ^5 octobre, les 

ctRisaox y fbnt d'abord âonner lecturer des letlrés, eh 

date du 19 septembre 14^ V f^* lesqueHes lé rei 

^iioiàme: quatre éommisÉaires généraox et spéciaux i HM. 

Gtiristopbe de Harcourt / conséBQer et ebaïaèellan du 

(1) L&Dom^steoblana. . 

(2) Geuedoche, qui pèse, 3*240 livres,, e»i|>laçée,aQ moisd'ay^l 
suivant. On trouve dans fe compte d'avril à septembre 1430 qu'elle 
a coûté 131 livres, pies la cession de faiiefen vigneron du poids de 
UtiH ^f«s I ratosti de ttsôus de |^ le cent. 



Digitized by VjOOQIC 



— 548 — 

roi ; Arnaud de Merle, maitrà des requêtes de la mai- 
éon royaW ] Jean Qaauquerîel , procureur général au 
birïlliage de Vèridfaffidofs et Bénis François, trésorier des 
guerres. "Ces commissaires viennent & Tournai sollîeiter 
pour le roi un prêt de 30,000 francs d'or. Les con- 
iank donnent ensuite connaissance aux bannières des 
points et articles suivants que leur ont adressés les 
éommiwmres royaux : 

n Premièrement la grande nécessité que fe Roy [a 
d^aséenibler, mettre sus et conduire grant armée pbiir 
le déchàchement de ses ennemis et parachièveraent du 
recouvrement de sa seignourîe, laquelle chose ne se 
puet faire sans avoir premièrement et promptement 
une très-grant finance. 

» Item et que pour ceste cause et autres , le Roy 
mande les iij estas de ses pays de France et de Lan- 
guédocq et aussi du Daulpbiné^ ayant ferme espéran- 
ce que , ainsi que ses loyaùlx subgcctz desdis pays 
lui ont tousjours loyalement et très-largement aidîé^ 
que à ceste fois, après son noble sacre, couronnement 
et victorieuse conquèste, lui seront encores plus lîbé- 
raulx pour lui aidier à recouvrer le demeurant qui 
lui. sera possible, au plaisir de Dieu, veu les conquestes 
précédentes et affaiblissement desdis ennemis. 

)i Item et (|uc pareillement Mons. le conte de Cler- 
mont, lieutenant du Roy decha la rivière dé Saine, 
mande les trois estas desdis pays, pour, entre les au- 
tres causes, leur remonstrer lesdites affaires, requérir, 
pour et au nom du Rdy , aide et finance convenable 
selon leur possibilité. \ ' 

» Item et pour ce quç le Roy à esté adverti que les 
bons et loyaux subgeçtz de ceste bonne ville et cité 
de Tournay, pour la distance et péril des chQmiQS,^iie 



Digitized by VjOOQIC 



- 349 - 

pouroient bonnement coa^fiiir aveeq les autres , il a 
envoyé par devers vous ses messaiges espédaulx qui 
ad présent sont en ceste dite ville, aians puissance et 
mandement espécial de vous en parler^ prieri requérir 
et traictier, comme par 9es lettres patentes vous a peu 
et poura aparoir. 

» Item le Roj , pour considération des charges que 
vous avez , veu la scituation de ceste ville et adviron- 
nement des ennemis , s'est déporté jusques ad présent 
et encores présentement se fust vollcntiers déporté de 
vous sur ce au moins si grandement requérir , mais 
en vérité la nécessité est si urgent d'avoir grande et 
prompte finance , et d'aultrè part ses subgectz desdis 
autres pays si affoiblis et chargez , non seulement par 
les envays et griefz desdis ennemis , mais par souste- 
nir les frais et despens de la multitude des propres 
gens d'armes du roy, les pilleries et dommages venans 
& l'occasion de la guerre et par plusieurs et grans 
srubsides, par eulx à lui donnez et ottroyez que, à très 
grant paine, nonobstant qu'ils y aient très-bon volloir, 
porronl-ils finer de ce que, de leur libéralle voulenté , 
font présentement offrir et donner, parquoy loi convient 
nécessairement soy aidier de tous ses bons et loyaux 
subgeetz , et iceulx ad ce besoing prier et req^uérir. 

> Item, vous doit bien mouvoir faire et ottroyer ce 
que présentement le Roy vous requiert premièrement , 
c'est que oncques mais (aitparavant) ,ne çust charge de 
lui Mve aucun aide de finance, ne durant le cours de 
sa guerre durant Fespace de x ans et plus, ne roes- 
mement de sa dite conqueste chargiez de lui faire au- 
cun secours de gens d'armes, ne d'arbaîestriers ne d'autre 
semblable charge, comme vous avez bien accoustumé de 
faire à ses prédécesseurs , laquelle chose eùst esté et 

MÉM. T. VHI. 44. 



Digitized by VjOOQIC 



s^raH de niTiDt et ex«($s6i,?a d^spemoe > oft oussi^At: esU 
on. seroteOl.plQsieiur^: des. boos bourgoià ei'aultrcs -hûn^ 
Uns de ee^tedite boqnf.vilto qui, pour ce^ faire, etis^ 
•îes • envoyé 04 tmrayeriez devers hiPès adveniure^ d« 
lt,.^erre, kscpiels V4>us. demeurent h^i son! bîeki séans 
par decha pour la seurté , tuition et deffenee d'ioeile 
dite, ville., de8qiieUe3 ehurges. les aiilCFé^ dvbgeoU n'ont 
paa été £xemps^ 

» Uem^.touteffois.que ave^ envoyé divers le roy iure 
aucune requeste^ soit po^r le. bien commun ou parlicu* 
lier de ccste ville, libénalment le vous: a ottroyé et do 
sien propre si, est rendu (rès-Iibéral, c^mmc: bien r«ves 
pçn perchevoif en .ce qu'il vous a/quicté grandes sommes 
de deniers deuz des arriérages de la oomposhion des 
vj "* à. XX * et; plus et autrement, et à voslre requeste 
fait chômer sa raonnoye plus d'un an, ou il eust peu 
prendre, et avoir grant prouffît. 

» Item et lesqu^&es choses voua doivent bien mouvi^ir 
à lui faire, à.son.joyeu^L couronnement, de vosire 1^ 
béralité, aucun don ou présont, de bonne somme de fi- 
nance; et néantmolos pour loi plus amplement seeeurir 
à sa. dite nécessité et conquesto, lui faine fînanee^ par 
manière de presl, de la somme dont il vous' requiert; 

» Item et quant vous advertirez bien la grande ar^ 
mée et despcnce qui lui. convient faire,, comme ditrest, 
ou autrement seroit en adventui^e^ sa-i conqi^keale^ et.on^ 
courir autres dommafijes inréparables». ia^ (ïespence; qu^t 
a faite, la nécessité où il est, le.graai ettlang semce 
que ses vassaulx et. autres gefi$ dn^g^mTerlu^' osl.&î%& 
leurs propresctmsts et d^spena^. les ^eaoa chargesj^.piPr 
tes. et dommages» d« sonrpeupledeadis ^ys^ les^htt- 
sieurs et gran# aydes qu'ils ont émuèz let oiKteolé'i»* 
vez sur euU, chacun an., depuis son |Mrltmeat)de Pms 



Digitized by VjOOQIC 



el restât ou iU sont ei les faix quHl toor^^iwvieiil •ei»<* 
carie îpiu'terèt legrAat flcwice qui, mofUmMà vosM 
bon aîd«^ 4tt |4«îrîr 4|B Dieu, lut adlteiiriirfr^ wréte hoft- 
Qourez et.lc^ pespéla^^kBontw No^s <s$péi%ki» ^fiio vwhs 
ne tieadm pas à grAofc 4a «oauM i^e fe Rsfy toiis 
fatt ^equémw » 

les eoDsaux «MMOietlent emails ««v ^ei^ëges dès bi^ 
4àëtes i»n apèl*ç« ^soùmiaiire de 4a siloatièn JBattUi^ièl^S de ta 
vjlle, d'où, il «éaslte que le eompie "de Vmmée "fiefe ati 
4«r octobre dernier a ^nné un reliqtrai de iM7 K 18 
e. 5 d. , eeloi 'de Tmiereioe ^i vieoft de tedmnsneieir 
présentera qh déficit de plus «de 40,839 Itirres; dans 
«e chiffne ne sont pas oemprUes les 6^,600 1. è 'payer 
tfu roi et les «^pensée extraordinaires iauxqiielles II 
iCaadra iaire face dans le courant de Tannée. 

Le ^5, les doyens et sous-doyens destnëtfems fotit 
part aux «oitôaux du résultat des délibérations des col- 
lèges des bannières : 95 collèges rejettent la dtittiande 
des ambai9sad«urs, .sept s^en rappoi^eM ttùx conSdut et 
les six aulares émettent des avis divers. Les ebefs de 
loi sont inimités è soumettre aux eonsâiix un projet de 
réponse à ^ire afcrx ambassadeurs. ' 

Le VI y les cbefs de loi proposent d'excuser la ville 
auprès des ambassadeurs de ne pouvoir accéder au dé^ 
sir du roif eri motiran^ ce refus, d'abord ^ur l'avis èinis 
dans ce sens par la grande majorité des collèges des 
baniflèFes, et ensuite stir tes chargea qtie la ville a sup- 
portées potir eonservev'^ sa fidëKté au roi et pàiyer tes dét^ 
tes qu'elle avait contractées. ^ La proposition des chefs 
est adoptée et M* Benri Romain, conseiller général, 
est délégué per les eonsâut pour Mre cette réponse en 
leur nom. 



Digitized by VjOOQIC 



- 588 - 

Lgft tmhwBadew» m pfteÉMU êmiitle eo la hftlie 
el M* BMMdn .»'aoq«ittte «temédiuMmeM de ga misâoo', 
à km$ ammU* Apfès aToir' exposé I^Aotmemént que 
leuf eauae la féM>lotioa de», oùuatmxi Ils disent que le 
loi lau» avail aonooeé ^rerbalementi <{oe cette ?iite a 
teujofura été* à loyale à ses prédéeessedfs et ft lui, 
91'il.a idcioe eoDfiaoce f«e, sar loties autres ^ elle 
s'empressera de lui faire quelque aide de finance à Foc- 
-casion de son sacre et afin de le mettre à même de 
reooiivrer les pnrtiea de son reyaone qui loi ont été 
eole?ées. €e bii4- est sur le point d^étre atteint, et la 
puissanoe de aes. ennemis est dë|à grandement dimi- 
nuée* frAee att^aeconra que lai ont prêté ses bons vas- 
saux et «i^ts. Le roi a répété qu'il est pmenadé 
que la ville aceofdera libéralement l'aide requise Les 
ambassadeora déclarent ensuite qne sHls transmet- 
tent au roi la réponse telle qui vient de leur être 
faite :, la ville peut encourir l'indignation royide« 
Ils annonceni le^ir intention d'exposer leur crÂince 
devant le e^Mumun peuple , poor qui ils. ont lettres 
du roî qui lui sont, adressées tout -.particulièrement , 
ainsi qu'aux doyens et soii8«doyens, lettres qu'ils 
n'ont point encore présentées. En eon8équefice> ils de* 
mandent que, par cri publie, le peuple soit assend>lé 
le lendemain an maiché, afin qn'en «à présence ils 
puissent , au nom du roi , exposer leuf créance k la 
bretëqoe, Cotant qne cette requête, ne 4ioit pdnt leur 
être refusée. 

Les consaux et les commis de la communauté ré- 
pondent, après, avoir délibéré^ que ,s!il . plait aux. am- 
bassadeurs de mettre, au n^ dn^; Mi, <;ertai^O: chose 
par écrit par devant le jQommuq . poMi^e, pu. le fera 
assembler par collèges de bannières aux endroits . ae-? 



Digitized by VjOOQIC 



Q9i^e!.ûi6|>qilfllte rimifi^vX) av-rnon (te 1» ^e^^ «m^m 
W Âésmon^nX îes^rpnnUioi» qui ont été fafligrfe» pré^ 
eédcaiiD^U ËA&i,v Ha; dotaimden^ qu'on, levr eoflimon^ 
pique 1(^ li^U^f €$»»ol4|s «vea le diic^ de Bourgoipejvl 
notammeat. Je$ figîpts t^nî . çoocement .èes-'-oiHftpildes. dp 
la première fi|it$çpriae. : m ?a 

Le 3 noTembre, lea eensaus, eoofeBiiéiiieQti è l'»r» 
émi^ par iaa collèges des: bannièrcfs^ décident »qQe^klB 
aori^assadeors serant eatendos an la halle, en préaetfii<i| 
dQ tous les gens du eommun peuple qui- vs^idront A^y 
trouver, maïs il ne sera fait ni eri ni pobfîeatî^ P<^^ 
aiipopçer eette réunion. Bâibéran»' ensnite sot* les dir 
ver^s demandes d«s ambassadeuns, les ~ cenaanx -ivèii^ 
nent les résolutions suivantes : . ^^ :: : * ' 

,i^ fielatlveoiait aux informations et prœës dès ^piuiis 
Qt bannis, on s'en tient à la première réponse; 

2" 6n ee qui ooaceme l'aveu on éëôveu xlei^ dèv* 
nière0 çondamnaiionsy les eonniux déclarent v qué Uà 
prévôts €t jurés^ par Imar éketion ^ ordatiS&ii /inte par 
le !Comm^n peuple de h mlk, selm le pPi^^Uége, sénf 
tQue Mdvûés d'eux^méimeê al n'y faut autfe addeu^ etw 
ce qu^Ue font en juètiçe eU comme jufféê it4ion poinê 
m kurs noms privéfy 

S"" l^es triuUés avea le dna:.de'BniirgOffne.<erom:con^ 
muniqués aux ambassadeurs. 

7 nd^embre I4f^. — fcaû Cbuffartf nommé oflîtîJeri 
de la reine d^Angletelre après ^ le décès du toi, est en- 
tré à Tournai sàii» exhiber ancun saiif-cfbndùU; il àvaiV 
cependant prêté- serment atix AngFaîs, ces ancien^' en- 



Digitized by VjOOQIC 



pour cauw des.deiR «ncr^pimw coati» ta Wlle; miits 
priera de se oonteoter des senCaotes 01 des nMffOoirai 
qui leur ont iSlé déiltrës, «an» eniger Ja produdtftm 
des îoformAtions el de» autres prœds; «4tl îidstettt 
sur ee point, la ville «n 4PépaiKiray «en temps '«fi liaa^ 
par devant la cour du parlement al' ne» aflkiirss 

Avant de lever la séance, les eonsaiix font appeler 
en la halle les ambassadeurs. G«ua(^i s'étant pH^ 
sentes , M'' Henri jRomain leur fait part « en présence 
du public, des résohitioos qui viennem d'être «pHses. 
Les ambassadeurs rëpondcol qu'ils n^oal peint ieneare 
esposé lovte leur créance et qu'il» sont porteurs 
de lettres closes du roi adressées aux doyens, «nx 
sous-doyens et à toute la communauté 'de Tournai. 
Selon eux , ce serait «xéc^ter imparfaitement la volonté 
dn roi que d'exposer leur cr^snee en la liaHe, puisque 
ce local ne peut contenir* que trois on quatre cents 
personnes et les consaux formant la moitié de - ce 
nombre, il ne reste place que pour une bien faible 
partie du commun peuple. Cependant, pouf remplir 
leur devoir, ils déposeut entre les mains du grand 
doyen les lettres closes préeitées, en requérant qti^lles 
soient ouvertes et lues là ou il appartiendra. Us ré-> 
clament ensuite d'un tabellion royal îllee présent un 
hcte relatant tout ce qui s'est passé. . . 

Abordant le second objet de leur mission relatif aux 
coupables des 4mix entreprises faites contre la ville, 
hs ambassadeurs disent que sur les plaintes adressées 
au roi, tant par les députés de la ville que par d'autres 
particuliers, S. M* les a envoyés à Toprnai à l'effet de 
s'enquérir de la vérité. Pour prpcéd^r .ajrac ré^ularitd, 
ils réclam>cnt communication des inforasaiions, diCS pro«- 
cès et des interrogatoires, ainsi que des méoioires dans 



Digitized by VjOOQIC 



coutume; les ambÀdMdeiirspoiirroTiiiilors exposer dû: 
vive .ir4ite oU «tttreoMfil totil ee qall leur plaira , et 
»'UavlB 4^sirènt, Jti^ séil^nt. âéeoiitpâgnéâ par les chiefs 
delok .ttâifi qutMH^ I assembler le. peuple, les consanx 
s*^ oppoMtit pour 4e ïÉomeiit, à cAuse du pléril qâi 
pourrait» en nteilllèf. ' 

Lcff.aodiMAfiadfiliM repiquent qtie oè' serait montrer 
pciil coiueage q^t^^de-ne pitof voulfKr lès Idhser par^ 
1er à la.bratèqfoe'^ paf'détftflt le pttiplê non divisé par 
ctflléges^.miiis le» oonèftm. et les eommis, vu l*faieure 
avaMdei. i«avoi«nt' k ua^ autte jeur rexameni de eètte 
affitire.; dans rinicrvalle , iia s'enquerroat des senti- 
maiits de»' gens du peuple dont quelques-uns assistaient 
& ees. débats. 

lietS^, lefreonsamx ordonnent de^réunîr le lendemain 
lea floUégea des haniiiàre& ^ pour les consoHcr sur la 
dernière demande dea^ ambasaadeuffSi 

Le Styles doyens et sous^doyens des métiers annon^ 
cent aux cousaux- queles collèges des bannières, à la 
presqu'unanimité (28 sur 56,) ne veulent p&int qu9 
tes amhasMdeêirB goiéni enfendus à la bretèque , pour 
les inconvénients el périls qni ^en port oient enautr, 
mais sont d'assens cfue, en ce qu'ils voiront dire et 
remonstrer , quHts soient oys en la Aallé , aux huis 
ouvertt^ présens tes consaux et toute la communautté 
qui y seroit et votroit estre, et non ailleurs ni aU'' 
trement. -— Il sera' répondu dans ce . sens aux am- 
bassadeurs ; on les informera en outre qu'on ne peut 
acquiescer à leur demande, tendante à. être mis en pos- 
session des informationa; et des priocés faits par les pré. 
vôts et jurés contre les exécuté» à mort et les bannis 



Digitized by VjOOQIC 



— 3»8 — 

nemîs (lu roi et' de ki eoiironiie de P)*àrïce. A ^Ite 
occasion^ il hvéit étf fait prisonnier, ii^officiai, M^ Giill- 
faume Bernard , le curé de St-Brîôé et actives vien- 
nent en la halle essayer de justifier Ghttffart, en 
aUéguant qu'il n'est pas au service des Anglais et qu*M 
n*ëst vent] par deçà que pour tôuchei^'les assignations 
faites par le doc de Bourgogne én^ ftivettp de 1a Rettre 
et ée Madame Marie de France, afin de >eur pemelKlt 
d'acheter des fourrures de gris et de menu tair. Us 
ajoutent qU'dn ne peut contrecarrer Jean Gbiiffart dans 
l'exécution dé son mandat, sans enfreindre les traités 
conclus avec le due do Bourgogne et sans rompre les 
relations commerciales que l'on a avec la France. Sans 
vouloir admettre comme radicalement- bonnes les ni- 
sons émises, les prévdts et jiirés voulant toutefois 
tnonirei* leur bon vouloir en cette' circonstance, con- 
sentent à laisser partir Jean Gbuffart^ à eonditôen ^iiHI 
se constituera prbo&Dier à Tonroai endéaoSs te' jour 
St^Jcan {H'ocbain; s'il ne tient pas cet eogageioeAt, la 
caution de 1,890^ couroimes d'or . qno ~aoa pèm lievia 
fournir sera acquise à la vilio*^' ila'obUgwra e& outre, 
aQu& le nel ni|ra]^; à jie ..ftoint faire de défilaisir ftux 
T^omaisi^s poor cause de soa arceslaUoa, et xetumr 
■i^lra qit'ii eat outré dana I» vslle^san« iD<H»tr<|^ son 
saufconduit (i). ,, . ■.. {■ j.» 

9., novembre ii±9. ^ Messirç^ Gilles de Chin pecsé- 
yèr^^ daiis ses incnaces contre la villf. 



(I") La IJéttSieréatmiir s»r .je miAe» MtivaiKltasaéas a^ coti- 
sai» ^«a ilfas 4>nfiti^r If caaticfi ^Jibù(^fip\kf9p(m»f celle caution 
est ré4Mlte à 500 couronnes ei le jour de Si- Jean prorogé au Noël. 



Digitized by VjOOQIC 



— St7 — 

i% aevembipe 14304 -- Ia^ tonmMx Qvionum qM 
lea réponses iiiivgnkA seroal foitas aux ooiiv^l)^ re- 
quêtes que leur ont adressées le 9 les ambassadeurs, 
à km miverts , an présaoee d^uoe grande quantité du 

A i*" Ad ee qlilisraqdiérent avoir avaoq aulx aHctone 
de le Ipy pour trouVar finanae al aydé ^ pOOr la Bojr ^ 
aw sa monooya et autranient , partiaulièrement pui»- 
q«'iU ne pueent avait* sur ie général du. corps de la 
viUc — que ad ae soient ordonnes et comniis les ehiefs 
de loy, eu regard du fait de la mônnoye seulement» 

1^ S* Ad ae qu'ils raqoièreot d'avoir àe$ sai^eua da la 
ville et prison en ieelle, se mestier en èat -^ ee seroit 
eiMitre la juridieian ei jostiaa de la villa et left privi* 
lé^^es ei usaige» snayena d'ieelle ^ ei aussi la bien de 
paia an ladite vUle» 8i le^r soit prié qu'il laua plaise 
an avoir Hase, les eooaaulx pour ajusoseaj 

)» 5<* D'avoir lè vtoë du privilège des ehattgeurs -^ 
ee seroit eomre la jurldieiôtt da la villa et M usifiges 
anchieos eoitf rmea par le ftoy , et auesi il eu a e^té 
autrefois qoesUon en parièment. 
' » 4* Ad ee qu'ils requièrent que le eôminuit soit às-*> 
semblé pour savoif quelles pognUlons i\ vôei advoé^ 
^- on se tient à le reiipofteè qui dàifrainètnent leur 
^t faite sur ce. 

» 5"* Ad ce qu'ils requié^ent que les rappors du com- 
mun se fâchent par devant eulx par les doyens — 
ce âeroit contra le privilège des bannières et contre 
le bien de psix en la ville, et entreprinse sur (a ju- 
ridicion de la Ville, et partant il ne se puet conduire. 

â g* Ad ee* qu'ils requièveni à avoir las noms et sour^ 
non» de tous les eonsaulx, tant da east an eiHnmedes 
mim. T. Tiii. 45 



Digitized by VjOOQIC 



ptëcëdens ^ te H'esi point h iaÉnlèrer4e Apa^^deoha 
Tri requête faistiUe paar le bieïi iitf>ïteivllte. »^ 

^ 7 'novembre 1449. — le Ileiitefiènt do baitti requiert 
l^exëcQtioo d'un mandemonl dcr 'roi'obièmi ^i» Enifue^- 
i*and Delephntfue , prisoiVâiei^ dè& pPéVéli d jttréff^et 
ordonnant • rëlarglàdemeot de - êe ^ dti^niër: ^^fes ' prétdls 
et julrés^ ; après atoir pris Tavig^ des thef$ de. toi et 
d*aiitres : membres ^ des consatiî/^rdetoa^ïll-^quo si Dele* 
pFanque tte v«jt point ^ccefHer leur* jurtdietion y ainsi 
qu'il Fa fafi offrir j le procureur de la ville fera vatioir 
auprès du Iteatenant que le mandement -est «ubrapUee 
et qu'il a été obrepticement impétré.en plusieurs points. 
. Bfi effet > Deleplanque s-est tu dp .ei^/qut'il a aceepté 
ponrfjjugesi les p?évéLs et jarés .et:s!est soumis; à l^ur 
jvndktiôa; il a Clément cacbé qu'il 9$t tiaill.eui;^ qu'il 
ne fait point partie du aermeni des >ni<Hina}^urs et qu'il 
n'est point ofiScier du roi; enfin il n'a pas dit. qu'il 
est du magistrat de la ville et qu'il a fait ^çrjmpot 
d'obéir à la loi de la commune,.. Les prêtais et jurés 
s'opposent donc & l'entérinement du mandement, en re- 
quérant jour en parlement pour développer lc)s e^u^s 
sur lesquelles ils fondent leur opposition. Si le lieute- 
nant persiste dans son projet de faire exécuter le man- 
dement, les prévôts et jurés en appelleront à la eoiir 
de parlement, d'autant plus que , depuis son. emprison- 
nemmîj sont sutvenues de grandes charges sur ledit En- 
guerrandy par ksquelks il n'est point en voie d'élargis- 
sement , lesquelles charges touchent au bien de paix de 
la ville y comme on déclarera là ou il appartiendra^ 

Le lendemain, le lieutenant du bailli se rend en la 
halle par devant les quatre cotosaux. Après' uo échange 
d'observations entre lui et le proeureur du roi , d*one 



Digitized by VjOOQIC 



— 5»9 — 

'part et les quèlre oonsaoxy d'autre part, la résotutioa 
suivante esl priée- p«r les deux parties: Deleplauque 
sera élargi , par la main des prévàts et jurés ^ de la 
pyi^Oa dû il se Upowe et sera transféré à la^ maison 
de la Aoonaie 4>ù il sera ÎAcaroéré. il prom!éttrâ de 
n'en peinï partir durant le procès' pendant en ta 
'eoitr de parlement entre le procureur du roi et les 
•préyAts et jurés, à péril- de 800 couronnes d'or. Il s'ex- 
'euséra en outre ^ en jugement, des paroles qu'il a dites 
eontre l^konnear des députés de la ville, ainsi qu'il est 
-apparu par infortoaUon. Enfin il promettra de ne faire 
aueune démarche dans l'intérêt de sa oause. . 

Le ai, Deleplanqne est amené en jugement et déclare, 
en présenee du public, qu'il n'a point tenu les propos 
qu'on lui prête et qu'il ne sait que bien et honneur 
' & l'égard de sire Phih'ppe Tanart, prévêt, de sire Jean 
deMoreourt, de sire Jean Gargatte, de Golart Desgranges 
et d'autres membres de la loi, et que s'il les a tenus 
c'est contre vérité. 11 est ensuite transféré à la mon- 
naie , de la manière indiquée plus haut , mais il ne 
prend pas l'engagement de ne faire aucune démarche. 

48 novembre 1429. — Les nouvelles propo'sitioBs 
écrites des ambassadeurs relativement à l'aide de 6,000 
K requise par le roi, seront soumises, le dimanche àO, 
aux délibérations des bannières , sans y rien ajquter , 
mais éeu» de la loi diront en leurs collèges ce qù-il en 
setnbk bon aux tomaux* Les ambassadeurs demandent 
que , sur bs 6,000 l. que le roi prend d'aide par an 
sur là mile^ o^GQO soient vendues en reiUe viagère sur le 
corps de la e9mmTaiattté et que ks auires 5,000 soieni 
converties à rMheter eette rente. 



Digitized by VjOOQIC 



— 860 — 

U IS, les iaym» «t spunloy^f. 4ct;ttfti«M^ fimt 
eonnittiv «tit o^fisnux le rë«ului, asmtiU. ides d^lfté^ . 
rations 4èi aolîéges tfe» ÏKinnUrei : J)Q ei^Udgea fie 
wàlent point qoe U ville s^obligei^iil qu'elle ?fe^(ifi.4^ 
renies I S e'ep rapportent aox ej^i^sniç^i (^ pisumnAl C«tr 
Toyer ren le rot |H)pr exoiiçer. U.fiU^^ 3..<ioceiitefit 
leff proposition» des umbassadeiiiÎB^ un nfe t^q -60110111 
et tuf n le dernier s'en réfère i U niejafi(éd^,o^^gOji, 

Ceit0 fésblirllop des bençièf^ eçt iiMaMUtomeiit 
eommonlquée aiist tmtNissadeupf^ lesquels,, «pris^ Aveir 
présenté qîidqoes observations aoi ebefo doilpi^: r^io- 
ment le paiement de oe qui eet éohu de Taide de 6,000 
I. ; ils ajoutent qu'on ne peut se dispenser de Dure 
droit l> <»tte d<çroHr^ d^maode et que, sous ^i^eun 
prâtfatt^i iU U6 U retîfçron^ 

p4 HPTtnPM HÎSf — Uç Wfaui pef qpttiftut de 
jpuçr II la boule fous Us jçuts, depuis n^idi j^^qu'iiu 
Wiir; tous 1^ autres jeuii spnt défeodus. 

— Usi rçjoté^ h rçquéte de sire Jean Coppet et d^ 
Roffbo Théry, ten^npl à l'iiuPMl^tîop 4^1 banpissepiçnt 
perpéMlOl^oqu^l liront été condamnés; ipai? le S dé- 
cembre, on grâeie Jean Coppet qui pourra racheter, 
pnr Ifi çauemeiit d'nnç somme de ^^ Uy^^^j ^K ÇQO- 
denyuaUoQ qnfil Ji ç^outye de si^Qurti^r Irpî^ ^^f^.^^f^ 
Chypre. ' . r^/ 

r- lies çonsam( délibèrent sur la d<?ÎQ9nde faUç le 
?â PAC les eupjbassfidftiiT^ ? les é^evîni? , les jqres^tllçs 
doyçw «P prroonc^H pour le paîcwcpt d^ ar^^f^jes 
de Vfddft do 6,000 I. ; les éwardenrs (iropQ«|eot dé sV- 
cus^ Auprès dos ainbassadeurs, ^n Içpr remootrAnt Tes 
uécçssitdf de |a WU^; i^^ prapo^ept en outre de dé- 
puter vers le chancelier pour lui e^|>ç$et Tétàt <|ç la 



Digitized by VjOOQIC 



- Ml - 

fi^\êf ks^MMffi^s â€8 ambassadeurs et. ip& véfonf^: 
qii^ yv A' faites' d^ffprèaPa vis du commun peuple; Ui.; 
i||MleÀI"*<(iir ^uébui ^/e* rot lèvera pour çQnquéxif wn - 
rpywM^ ia iiUk të Ùnnra de gem ou definmee, eomms 
bân$mbgé$,^A]àiuiie d'une réunion qni a U«Ur 
la-ndétt^ |oup^ lefet Âwiardeurs annonc^nV q^'Us se rai- ,, 
JksQt h r<ïm)iotr dea autres consnux. . . . ./ . i« 

99 noV^mb^e 1490; ^ Lès ebefs de Joi ^oa4 ïmM^ 
{^ fle f^0dre auprès des ambassadeurs , afin di^ 6e,qf^7; . 
^rtfr fUr les nM^sores k prendre pour jçiejtlrel^fyiUfio. 
^n plus gruTide p&ix. ; !J1, ^.7 . .; 

5 décembre f4id.^ r- Los âmbassadeura.vienn^nif do - 
la halle ei exposent qiie^ nonobs^i^ni 1^: <i^ai!^QlUsité : , 
le jour prëoëdent par les chefs de loi pour le paiement 
des 6,000 I. dues au rjpi^ la ville ne pe«t se'ditspefisèi»' 
dVffeçtuer ee paiement dans un bref- délui» Ils., entre-»' . 
tiennent ensuite les consaux du vif désir exprimé par ' < 
le fol de voir absoudre les coupables dé U premièi^e et 
de la seconde entreprise, et promeltefit leur coopéra* 
tlon si les consaux jugent le moment favorable pour 
obtenir ce résultat* Us ajoutent gu'on imH asset com- 
ment te roi pardonne à tous* ceux ,qu% m veulent fe^' \ 
Umrner devers lui, qnet^ue mal qu'ih lui .aient jfkdtf ^' 
eî qù*on soit bien persuadé que mal procède de gueffe 
et que bien vient de pmx. 

Sur le premier point «.le& cpns^ux ajoâxnent toute - 
décision jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement rensei- 
gnés sur Vétat des finances de la ville. —-Quant au 
second pointj il est résolu de commuuiquer anx ban- 
nières la propositipo des ambassadeufSy les conSaux tie 
voulant point se prononcer avant de connaitre rnpinioû 
du peuple sur une question aussi importante. 



Digitized by VjOOQIC 



-- 5M — 

9 d^mbre* 14idv -- Les coniaiHi •pprouvent, apnis 
y avoir fait un léger changensent, le projet de la oé>- 
diila ï soiiineUre aux délibératioiia d^ baniifèreg, 
dimaoebe procbain , 4 i d^eembre. Cette eééùH esl 
conçue €0 oes termes: A 

• Les ambassadeurs du Roy nostre sire, «stutit pré* 
sentemeot en ceate ville de Toitmay, sont lîagalres 
Tenus en la halle devers noiis et les iii} eonsaalx, et 
aaQs ont exposé les grans inconvéniens et périlz au- 
tr^ois advenus h l'oecasion des divisions qui toinglemps 
ont esté et encores sont , dont c'est pitié en cesCe 
bonne ville de Tournay, et qui pourront encores ad- 
venir si briefvement n'y est mise bonne provision; et 
nous ont remonstré comment, par ieelles divisions, les 
coraiges d'un chascun , soit homme ou ^ femme , sont 
presque tous divisez et enracinez en rancune et mal- 
veillance les ungs contre les autres, en malvais estas 
de leurs consciences et péril, non seulement de leurs 
ameS) mais de leurs corps et biens et en adventure, 
par mouvemens soudains, à l'incitation de rcnnemy, 
nous faire ung jour eslever et mesler de fait les ungs 
contre les autres, qui seroit la perdition totale de ceste 
dite ville et désolation perpétuelle des habitans d'icelle. 
Nous ont aussi remonstré que jassoit ce que en plusieurs 
villes du roy rebelles et désobéissans h loy^ ayent. esté 
faites plusieurs pilleries, roberies, murtres et homieides, 
démolition de maisons, banoissemcns ,et autres maulx 
innumérables à ceux qui ont tenu et tiennent le ji^e 
querelle du roy et qui, pis est, commis en ieelles villes 
toute rébellion et raauvaistié envers le roy , leur et nos- 
tre droilurier et souverain seigneur. Néanmoins, pour 
parvenir au bien de paix, le roy, de sa bénigne griice 
et misépicorde, a fait abolition généfaic et vol u par 



Digitized by VjOOQIC 



JHig chaeiNi estre Mmise et pardonoée toote offense et 
rjoKSlne' et mis tout nr tnihly, sans en faire ^ jatiiais 
auoifi refkroGbe et ..tivrc en obéissance envers le ifoy 
el eBSea»bie en^ boAO^ ^palx, union et concède; par 
laquelle abolition et ordonnance et la bonne obëissatii^ 
des \&yimhji snl^é^du roy^ les. babitunsdesditesi villes 
tors désobéissaoB^ sa- tiennent ^prësenlement avecq eoix 
en robéissaneê du i:«^y , «si p)«iisaiûent et isn si bonne 
paix et coneordie .q»ç 9»jcque^ jamais ftixent. £t p«tir 
ee disoient lesdis ambassadeurs que. suppose que< enta^ 
nous qui avons tousjours esté bons > vraya. et.JoyauiK , 
se soient aucuns particuliers trop avaneiiçz d'aulx e^l^- 
ver par adventure. pour cuidier bien faire, ou à la iém^ 
tation de Tennemy ^ par amhitioa de gouverner ou 
autrement, autres ont fait aucunes entreprises. Pour 
le3quei)ea et pour obvier a rinconvénient qui s'en po- 
voit eosuir, ont esté. faites aucunes exécutions ^ bannis- 
semena et autres appointcmens contre eulx et autres 
babitans de ladite ville, à l'occasion desquelles exécu- 
tions sont menez et se inaintiennent lesdite^ divisions, 
rancunes et nialveillanees, car il n'y a sy petit qur n'ait 
desplaisance de l'adversité de son amy. Disoient lesdis 
ambaRsadeurs que nous , qui avons tousjours eu bon 
courage envers le roy et qui n'avons fait pillerie dy 
homi^e l'un envers l'autre, devons estre plua ligiére- 
ment enclins à pardonner l'un à l'autre, k l'exemple 
du roy et deadites villes , quand nous véons le roy 
avoir tout pardonné et lesdis loyaulx subgez vivre en 
si bonne paix avecq ceulx qui leur ont fait tant de 
maulx, et que noua ne devons pas voloir vivre en tel 
estât, et n'est si grant meffait, ne si grant guerre, ne 
entre si f^ant seigneur, que on n'y traite (H treave 
bonne paix et que on ne réduise pui^ à biMane amour 



Digitized by VjOOQIC 



— '99% — 

pAît, rt cngcndttrH ptu« gMrttt' iié(M^-VMé ^«Ml MIb 
entre ii<ni8 ot 4«s ftbsèné p«^^ RM^^itîf ^ ^d^Mi^* eMi» 
mun' tfimitcfflciit , qiie-i^dfi ^ •^M9«îl*'ftfr « lui É ii Wi 
dimient H obc^îsMiice dii prince qui o« vouidra pas 
^itfdffrir sa vîtlie idembr^r dihgfilt^^^ Sl^^|mil#ttli^ iy« 
\irés ehaser 'fèn^ci^' à' réetter iléîr» ^lA' fori lÉliè toé pMr 
'"derôtf eé(W ctK^insr à eiHéMfte Htf MMi idé*4fa|^ailtt^ 
' imeiit d^etHrt? tibm tii meMieitifrifr-; ^M^^]^ I^''|Nlte^«^- 
rônt niépcz tio9 caérs ct^ dI»9 ^fiMi^<k»>/ el^^Ms^Mttt 
lesditcd ditisroris , ranctfne^ij inirvdilahcb» «t • |Nftlr«» 
charges et. dèspéncés qn^iV cûnyknt mppdtXkr'ï VQOOk- 
slon d'icelles 5 «t sera eeste TÛlé fë{ein%>^Mpléff>6t fté^ 
quefltëc; plu<T riche' et eiiaDeeèV mv^bmniism «dm 
mieûk son ùOdr^ et y porra-t^-Ofi 'tii^m çlf tr<%^:|dlift 
gfdht seurtf et piaisdtrce'qtfè od A^a fâfl ^r «bj^td^vaiM. 
Ht pour ^eo mus diii'sigiy}fié que e4f s'èàlcM iièiiti%<plffi'« 
sir et le if6ê\r^ âcf entendre aticKt àppiOBéuànt) Mlift 
afiibas^Adenr^ , ayatia pùo\)r dr ce* Mré ^ mtit^pmêtiit mi 
^'offrent dVCih y mplùyalf ^ a^tnêf^moeon iMfrix 
quMI nouspl^fra eoiilirieltrè et «^«nneis'ia^iqf .euhr^^t 
ont e^përance de* y troui^ét* tei -liietM^' si hMiiien)Mis 
et apaitiément «n tout, tant aii reg9tfA àe»*pr$m^imB 
. cfltre^riiised que îJcé derreUfère» , qtto 4ie «rr '4^ HHm* 
neof du roy, ail bien de pdx , iJofiMU* <« ilMbUMM 
séiihé dé ee^t^ tille' «t idè t^Aé Itrs litlbilàol' dliMIe» 
oi sô font fors iyxi^n^r%f hé^'ik&f 
tre éi bonnes et girandes^ fèté^é^^et ^oMItioini '^«ttl*^ a« 
s'en sleuvt^ tiueno hic(mrëiiieiit,^ i^f(n)l ^a^# t^ria 
que, AU pîàfsif (fe DiisU / tfielëÀdkiit Boiafti! j^ie^^^^^^ 
ville éi tou» léi hâbitans sérànl -'tèoèi:'«il tfêi^bMM 
^etiftë et iMrrlk iu miiiMèÀ6ï ëM li tiAfine^>ite^^ 



Digitized by VjOOQIC 



fi liiiisqttiKié qMoacqiMP» jiMMb foreoi, dont le.roy 
jen très-conlenl «t noos tous aussi et jojef». de noslre 
kM epiwMeiMiil. Et AaoMiWMit Ura^r» motc» et entiers 
les privH^ei, Ubmesr «I franchises de eeste4ite ?illei 
um les etfrsindie ai pr^dicw •«eomipept. » 

ia désfioibff lèa»^ -^ Bmiforl ds9S iNmnières : tous 
Us' eoliJsee âonft 4'«imrd « (|iie pour .eux eoDreleoir 
en le yait, imioD «t eoDCorde ^ù ils. 4}n% içr plaisaio* 
neBt esté eosemUe depuis le derrein^ entreprise, grâce 
en Dieu, que tous eeulx qui sont cQulpables desdites 
eutreprises et trdsons laites sy gnndem^nt contre Ton- 
neur du roy nostre dit s' et de ladite ville et contre 
justice et la Gonmmaaulttf, tant de le première coQime 
de le seconde, soyent tous et demecireut absens de 
ladite villey par la manière qu'ils ont esté, sana ce que 
ils y puissent revenir, entrer ne demore^,, qar.niiHe* 
ment ils ne le vcelient point qu'ilz reviengnent pour 
dottbte 4cs grans inconvéniens et périls quy a'en por- 
rofeat ensuir, anis requièrent plusieurs dudit peuple 
que si auleuns cottipabies . desdites . traysous pooyent 
eftre :;prins et appréhendez en ladite ville et juridi- 
ebn ) que bonne justiee en foist faite , sans nuls en 
espafgner, comme il en appartenra. Et avecq ce que 
fnelquea • request^ ou ;eé4ull«i. que Ijç^dis. coulpables 
desdites traysons poroyent faire faire qu envoyer & 
^laditi. ville, q^ en n'en rechoive nulles. Et que aussi 
depuis maiolena/at .e» «Tlint^ op nV^pa^le plus parde- 
vant.euU, :Ciari Us. .n'isn vpeUeat plus. oyr. parler; en 
pryaot et requérant très^humblement à mesdis s'« les 
consauU que on les tiengne en paix comme iiz sont & 
présenti et que justice soit faite el administrée h ung 
chacun en La dite ville çomine il appartient , ^ns dissi- 
mim, T« vin. 46* 



Digitized by VjOOQIC 



MMKIiofc^ ^t étf Y« Mnmx Mit sMt pns%it et ètm&ècÈt 

peupte ^ Mè'tlMf d^iehV' IM ée ij«ë 6li<We ^iirf#fè 
aux enviiTes et délis que on faiit k pféseitl df ntiyt en 
ikihé VnM, ^irdhblf )Mklr 4<Uit peoj^ qoe^^r ehjr'Ae- 
%^M tAi^- cbbMis nr '$ottlfyent p«ilttl>«sfrè fefM 4t eoHiM 

WK^ë qoe 'é»)4;'éii MMAntHë ^ jifsHëè'^ if*àyèiftr emiM 

r^ttt]infàn'fetf)rfèiée pAt ft»5 "bahèièWè; ; " ^• 

-^ les ptésenksdelintpie {^(mYafrttW^'l^ 
àttili'a6ètrtlèufe*;a»M^b!', dei^Wi' Itfôi^ nrrîvfeé * Tcrtii'Daî, 
éëfbrvt ^^pla'ci^^ tiWe fois poot» tottté^ , fàlr lyfc /mî^^ 

19 tléèBillbi*e 44^; -^ IM «whaMHééim'.imiAmt 
ffôUI" dbtenllr te putettieiA HMimMiat An 6^000 l dmm 
kh ¥Vf ; ^ V«| la «siUbtibn f Meaire^ des -finfancet de te 
irilte^ left coteaux ^ôtliciaeoi un 'dflai^ maîa lU promM*^ 
tl^t <A6 MHafaifè' <k êelte deiktèMè te fMs tôt quitte 
'JutfàrWJnl. '• ' •'* " * v- - .' -, 

-^ QMntfti ^ JëMme 'dfa Vôrttef ptiésentem ftnin 

: : '. • . .» TTî — : r; ' ; 'r. — ;>"n ^ ' s ' rr"?'! ?' : ■? 

(i) tette riôsbIûtfbDitfé t>lût'M smi âmMsiAM»; àfritt qU*tt¥ê& 
««té da ptiBsatfe suhrabi cte «ampte '4a t4tiM«M^: #-Jk tOfiatel 
fiéleHaye^^aar Iea4le^pa«i» CalK d'aii«^attei<i|Qe-é8»4ui«atfaKi qal^ 
#u aM»ia de jaiivi^rriiiîfeDi hora de son ceiiejS5iiBe.keutf«|da «ia^aer 
elioia et le oieaé à l'estel de oos sejgnei^îi lea ambauisadevra du 9ç^ , 
ïequelvinUxr^uêèrent, et le convint ramener ^t remettre addft 
cetfer, poaV tout ce . '. . /' k^f a. » 



Digitized by VjOOQIC 



vMSf&^^ie '^stàûc^if^ relul^yeaiAiH m% «liirgtft 4H*(WI 
fm( pe^er sar eux., — Up^ enquétin «Il qnAooil40, . 

1$ défwiiikre t4Sa< r-^ f D<» ail^r#ff gMuqMiiaoa.i 

fftitf fi un» coAMM p«ff l04 amhvaatdean, pour ieg vj m.!, 
de m9li 9Q, » r- 1^9 recefeiiv s^iifillfim jS,0ÛO 1. qu'il 
prendra, tani «|if )et iyûOÛ K duea au cbajiitoe, que aiNr 
Ifa mille écuf dus au fini de biieiBboujEg. U» rentes 
vî»0ftrçs dues par la yiUe i^e seront payinsi fue trois 
fuois aprèa leur ëi^héanoe. QuanI aui outves ^,000 L^ 
on sollicitera un délai jusqu'à la St-Jean« 

«- Qd renouvelle la jdéf^nse de . communiquer ayec 
\m coupables dw deux mtreprises. 

— Statuant sur los. requêtes faites par l'iAquisiieuf 
rfflf tivenent à Jaquman de Bleh^ries » Jes. eo^saux se 
déelarent prAlsà obéir k l'églisâ, et ordonnent iqu'il .soil 
publié que les personnes qui ne fopt point partie du 
guet ne pourooni aller sur le mardié (€r(nnd'piiaee.) . 

. Le 20 décenabrOt uu publie k ce sujet l'ordonnance 
suivante ; . 

f Qu'il ne soi! personne: aucune , quelle qu'elU soit , 
qui, le jouf de demain que M. rinqoisîteur de la foj 
ereslienne etauJtres «'* d'église ont iqtention de enten^ 
dre au fait d'aucuns hérétiques, telz que Jaquemart de 
Blebartes et -stnètres*, «tios e scaffsude r sur ie marchiez 
ainai /{ue.par l'ordonnance de nostre mère saijocie église 
appartient, q^ii en ce faisant ,- devani ne après, Aiccm 
<fte chns»'AHfel miurmire.^ aul^' noise on îneonvéolevl 
auciin^e puktt'oiisiilr, â^ baiftier empesehemeni aodif 
inquisiteur^ mais en' obéiéstiiti Dieu et V saincte égKse 
et aux ministres de la f^y crestienné , ung çtiflaiii 



Digitized by VjOOQIC 



-sèè ^ 

Éséiste et aekneure, iree IfeeÀieitrs dé Wtoy "lier ttfiitë 
tille, ledit inqûiaiteâr et aii1trê8-'ae;'¥é^ié^V :^«^iBÉtfé 
bons teréstieos et fib de sainete i^isé' doit^t liure et 
q^uH est dëttbérév ordbmié'et eôo^''pÀ^ ili«i^ 'fèî 
consftiix, %uf pâioe eâaî oii èeoli^-^iibï^ëiéfit^'^ 
traire d'en estre ttteotttinént trtfj^ trilÉM^tâttëM M 
àûltrement, ielmîf l^iigenee dû eâl^ VUë ^^kiéki ^ 
ordoDûanee de Éessiétini preVdiïl efjukéz. / 

• Item, lè'lèiideittaià ixj^ jofir Aiidît 'ttoiéV ^^ 
reseaffltudcauém d«dit Xa^tieitiàft ^ BIèKarlës ,- lèSft 
ery €t ordoiinaocé ftttcfiidâvellé dé'pkrioMMiS'a'^^^ 

^ déeemlMré 14^* -^ L'expertatioD ^ MlTra' d%r 
OU d'argent est défendre et drdrë érf éonné de^lefNMrter 
à ta moniràie Tôyaïèr établie 4 •'tàérriait ^ « - 

.^ ftésolii dé proposer aux fentfières del tendre MO 
I. de rente ànûoélle, afin de' payer les 9;000 I. èacs 
au rbh Cette proposition ^ ëonçué'^n Oes termer: 

» Pooîr lousjdurs les ^affaires de éesie bonne ville et 
eité deToumay estre eonduit et démené par t^dvis , 
conseil et délibération de frous tous ,^ Messieurs de la 
communité, nous lès quatre eéeisaub;) par^ vous éommis 
au gouvernement de ladite vHle^iqui, Sur toutes ohoséB 
mondaines, avons et vous seavons àvôir singulière effee- 
tion de nott»: iKiqilttter de^«r6 le roy, âostrê iMurel et 
droiturier seigneur^ eèmiiie ses vrais et loyatiix sub^ 
giet, en eontinnarit la vraye ^(Aéissantee ique tài' devons 
et en quoy sommes naUirèUéiaietit vers lut lènès, tdûs 
lidverlissons éontinent siir leè reqtiestes faites à: 'vrâs 
et noios toi» de ladite ville, de par le rdy itOéire otN, 
par ses soîennek ambassadeifl^ eiAani' de ' présent >èn 
eeste ville, efin de lut fsire a^e de finanee à son 
saere et couronnement et pour le couvrement de sa 



Digitized by LjOOQ IC 



soigofurie f.ft les., responses-et exeu^f^UQ^is.pr noiis^^ 
ctttU 9ur ed Mxp^^.'tselçj^. ^l'a^seos de !notts j^uft pour cç 
asseoiblës. par, jcoùéffi^ de bsiniires | ^de non povoii* 
trouy^r se lever la^te ayde pour le présent le plus 
hoii90urableineot.\(|ue: «xons pea^ 4109 . dis, seigneurs 
les aiobaaaadcHrs^ oqus oDt îustani^enl r^uis et aoqsmés^ 
de .par le roy; nçstjr^" dft, seigneur ^ d.Ç is^ovoir et vcir 
le compte des ¥j nu. Uvrea. tournois ,^nt ladite yillç 
lui fait ayda par a4 9 et /;ue; du reste .qui çn .poyoit 
^slre deu le r&r ^^^^^ |¥iyè sans queli^ue déiayYt^li^^<^,>^ 
qu'il se peaist aydier du siien à, seo bçsoing.v ,§up quoj 
leur avons monstre, par lettres de don , quitances^ et 
descbargea que en avons du roy nostre dU i^ , 
qu'il n'en reste à. payer qMO; pour J'a^ présent yj m. 1. 
tournois; leaqueU aiobaasaihsursv tc^t veu, nous pn.t,djt 
4}ue nullement ne povons ne devons. ^Ç^4^r k i?y^^ 
lesdis vj m. Uvrea de cest an couranjt,,. at.tendu 
les exeusations iaitea de oioo poyoir faire ayde au Roy 
sur le sien ne aultrement , et le don et quitance que 
les arrérages desdis vj^n^, h que il a fait & (a ville de 
plusieurs années. , disant que de raison il doit estre 
aussi bien ou mieulx payé que Jes autres i qui nous 
rendons graos* finanee.% el qu'ils sont cantens que lesdis 
vî' m. soient partes au^ ray par homme de la ville , 
>saDs oe qu!il leur soit' dâivré. , Ser quoy, eu par aous 
ies quatre eoasauù • advis ensemble par plusieurs j|our- 
néesi. avops^ four-les. oau^es et çous^déraiions dessus- 
dites et esciûever A touies. niûtl^a doat on nousporcît 
ebargier^yi^râ 1^ r^y. pour rnoua rajsUre en son indJff^- 
yoR i q«ie Dieu W ; v^lfe , idesmenijçnt que autres fois 
aver.,esté^.d'aascns.quc Je r^y fust payi de ce quily 
esloit et seroit deu desdis vj nii, cooeliKt el esté d'ac- 
cord que le Rey sqi^ payé desdis vj m<t dont le dar- 



Digitized by VjOOQIC 



~ 3W - 

rain pai«aient «sebiet en ce mou de jantier ps^uchaîn ^ 
cl à sa |>Gr8enae ladite «omaie porter ^| délivrer pus 
eueuos de nous tes eonsaulx , lui recommander sa dite 
ville et subgîex- et nous excuser , si oestier est , des aydtt 
de par lui k nous requises. Laquelle somoi^de vj m^ 
livres tournois nous ne povoDs ne savons trouver dee 
deniers d'ieelle , comme vous tous aveai veu et percheu 
par Testât des receptes et misas d^ ludiUi ville qni dar^ 
rainement vous fut monstre toul av loiog et tu Ytay. fil 
pour oc avons advi^» sttendq q/itm^ depuis que ledit 
e^tal vous fut remonstré, est resohfîu è. 1« ville environ 
deuY cens livres tournois do rente papan,. qire iU sont 
revendus sur la yille jusques à quatre cens escij» d'or 
par an ou environ , dont on fera an rojr piiyemeat 
#iceuU vj ni. livres tournois , au ci^s qu'il pl^m et 
semblera estre bon & vo^s toj^Sf .. M^eifpieui^' de In 
çommunité. Et auUrement ne par quelque aultre Yoya 
ou manière. plus conveiiable ne le {mrioQf ne «arions 
où trouver ne à mains de charge pouc lu viUejr vous 
et nous tous. Sy vous plaise y baiiliwr i^ostre «oosen- 
tement et nous faire Ravoir vo&ti*e bon advis et déU^ 
bëralion sur ce, car si Iç roy n'i^st pty^i «ous doubr 
tous qu'il ne yœîlte procéder contre ta ville & plus 
grant rigueur par voye d'exécution , qui nous s^oît 
grant charge , esclande et despence. » 

29 décembre 1^29. — Rapport des bannières : 33 
collèges adoptent les- propositions des èonsaux. 



Digitized by VjOOQIC 



5ïi 



REGISTRE COMMENÇAJNT L£ 3 JANVIER US8 (1490» 
n. st.) ET FINISSAIT AU 43 JAI^VfBR 1492 (t433, 

n. st.) 



K janrier i4i9 (f43Df n. st.) — Toot individu qui'^ 
la nuit des Rois et après la clocbe âû ptiîniicr ^^igne- 
nin. sonnée ,8ef a r^fi^èontré' dans U vilfe armé, déguisé 
ou }e visage coui^err, eneourra une antende âe tO ]. et 
sera im en prison. (P) 

î 7 janvier i429 (1450, n. st.) -7- 11 résulte 4'um 
pubKeation faîte ce jour'-là que le^ cleros^ les égiîseqrs 
et les ^pauvrlseurs étalent élus par tous les haUtanls 4^ 
k même paroisse. (P) 

.-^ On recommande au peuple d'être calme. lorsque 
les ambassadeurs du roi exposeront leur créance paf 
deyant la commnnaoté. Toute personne qui^ par |)arûl^ 
ou par action, provoquerait quelque désordre , sera 
puni & la discrétion des prévôts et jurés. (P) ^ 

32 janvier 1429 (i450, n* st.) — Oh f^rasd tefiqwelî 
offert par hs consaux aux ambassadeurs du roi, a lieii 
en la balle. La viUe en paie >les frais -qui s'élèfent;!^ & 
57 L 19 s. 4 d. tpiirnois ( CqmfOe général tde liUNk 
i«0}. 

24 janvier 1429 (1430, o* st.) — Les ambassadeurs 
du roi viennent «n la halle et communiquent iinx edn- 
sa«z tipois lettres closes da roi dont ils font lecture eti 
présence du public. Ils disent qu^-ils ont informé S. H^, 



Digitized by VjOOQIC 



— 5731 — 

le pltift «amblenieal qu'ils onl pu, du refus du com- 
moii peuple i accorder r«ide qu'ils ont requise peur 
le roi, eiiisî que de remptcbemeftl qii!il$ oiU eu k ex- 
poser leur eréanee aux bretèques, ce qu'ils ja'oot pu 
faire qu'en la halle. Par ses lettres , le roi tëmoigoe 
l'éioiMieiiienl que lui causent ces refus,, ootamment de 
eeltti d'une audience en publie aux aiabassadeurs. Ceux- 
«i supplient les eonsaux de revenir, sur les décisions 
précédentes et font Taloir les considérations suivantes : 

i* Le roi a grand besoin d'argent pour lever l'ar- 
mée d'Ecosse et garder les frontières. Si les Tour- 
naisicns, en refusant leur concours, font échouer cette 
grande entreprise, ils perdront la bonne renommée que 
se sont acquise leurs prédécesseurs. 

3^ Les ambassadeurs demandent que , pour satisfaire 
au désir du roi, les lettres qu'il adresse à toute la 
communauté soient lues devant tout le commun peuple, 

5*> Le roi leur a écrit qu'il a droit h de grandes 
finances au sujet des confiscations qui ont été faites 
des biens des personnes exécutées pour crime de Lèse- 
Majesté. Il réclame le paiement de ce qui lui est dû 
de ce chef. 

Les oonsaux, après délibération, déclarent s'en référer 
aux opinions émises par la communauté lorsqu'elle a 
été appelée h donner son avis sur ces points. 

Les ambassadeurs sont immédiatement informés de 
cette décision et ne dissimulenl pas le mécontentement 
qu'ils en éprouvent. Ils salltoîteftt une audience po<^ 
blique, ce qui leur est accordé pour le lendemain. 

. Le as, on présence d-une grande multitude, ils ex* 
posent leur créance, « en conlendant que, pour avoir 
XXX mille francs, fust vcpdu iij mille livres tournois 



Digitized by VjOOQIC 



— 575 — 

par an desdis y} mille (i) et ad ce la ville a'obligast, 
comme adtreffoi» arsiienl requis et ^pie rcmiMKStréavèît 
esté au peupks f» bionières, €n dëelarant Meii kaul- 
lèmeflt û^ eèuses jpteifqooy ié bien qm ea povoit venir 
par raéorder et -le Mm) qt etv povoili eosievir par Je 
refuser. » 

Le peuple se ^ise eosolte ea coMgea de baniitè- 

res peiir dëltbëre^ eur les requéte^des ambassadeurs. 

Il résulte du rapport ^ue font aux coMaux tes, doyens 

et sous-doyen^) que^^pl^s des. deux tiers des etrflégee dé- 

ctarents'eii teiiH» ajin résc^littions prises. prétédeiDOlent. 

25 jauvier 1429 (1450^ n« A.) — • On voit que des 
pt^seai^ de la valeur d'eiiviron 400 écuç d'or ont été 
faits, RU nom de la ville, aux ambassadeurs du rqi (2). 

29 janvier f 429 (14S0, u. st.) — Betlremieu Cartier, 
grand doyen, et Maître ficnri Romain, conseiller de la 
ville, partent de' Touruai en compagnie des ambassa- 
deurs (5), pour se rendre auprès du roi. 



(1) Il esl ici question de la subvention annuelle de 6,000 livres k 
laquelle la ville éuit tenue envers le roi. (V. t. f, p. f$4.) 

(2) Ge» priaenu coasisiaflnty >i»our Messlte de Hareourt, ea une 
ooo|ie à pied dVgeat doré, trois cbavaux à loiigae qtien^ et deux 
selles de guerre aieç acce^SQîres; pour Maître Arnault, nn gobelet 
d'argent dore k pied et à couvercle, et 6 aunes de drap de damas cra« 
moisi; enfin, pour Jean éauqueriel» isix tasses d'argent doré à bords. 
{Compté ^énérél (tu i«r o«ioèr« 1429 auZimat$ 1450.) 

. ÇÊi L'un de ^ses' ambASsadéurs, Mésslre CJirisiopbe de Hareourt» 
paraot 49 1^^ t^M p«i.aifa;^ le droit d'accise pour le vin qu'il a cqu- 
sommé pendant son séjour à Tournai, attendu que, par les constitu- 
tions anciennes, 1m prtncM «t sngnput» du sang et lignage du roi 
soufi>enàni m ente HilèpAeni hoire vin sané'pofer aseit, ((k>in- 
ptes cemmoBaux.') 

Ute. T* vm..'»' 47 



Digitized by VjOOQIC 



— 57* — 

51 janvier 44S9 (IMO, fi.st.) — Sire Garoii Des- 
imyeHes sottielte le rftppel de son bstifiisseil^nt. --- fié- 
Motion fljottfviéé: —Lé 7 ftVriél^, les ëwardenrs et Fc5 
doyens 86 prbn6tf6ent pour !o Tappélj les jnrés « les 
^ehcf^iaê d^àndent (ju^au préalaMe^ te 'obmitiun péfupte 
soft appelé à dotraer son avis. Celle dernière pri^o^-^ 
tfon est adoptée fe 4* tènkr. - 



4 février 4429 (44SO , n. st.) - Défense de ehan* 
tfÉ ou diB m^tfe en cirenlalion des ehaiisons dfffaniatoi- 
ves pouvmt pattér attètate à rkoniieMr de quelque 
penonne, mariée ou non. (P) 

7 février 4429 (t4S0, n. st^ -- On alloue 46 s. à 
Âllard Simon qui a apporté des lettres du parlement 
tenu à taon; 

—- Les iwardour» font nux eonsaux la proposition 
de rceottHnanéer aux paroissiens de a'élire poar éwar- 
déurs que des hoimn^s de vie honnête et non joueurai 
la même recommandation sera faite aux én^ardeurs pour 
la nomination des prévèis, des jsrés et des édievine. 

4 5 février 4429 (1450, n. st*). -^ t^s eonsaox per^ 
mettent à l-inquislteur etVefco/otidsr quelques hépétic|iies 
hors de la eour ëpiscopale, et non dedans, ainsi qu^il 
le demandait (1). 



(i) Ges liêrétiqnestf nommés Willsnme du 3ds et: OIHrler Ae le 
4)ettlle, furent brûlés vifs le lendemain sax prés pordiins. (V* aui 
Appendiets le jugement qui eondamne ces deux individus i la peine 
de mort, ainsi que plusieurs articles du compte relatifs & leurexé* 
cnlion.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 375 — 

18^ i» et 30 UxmvMP (1430. ii. »t^) t- Oa v^lt 
ddn». U^ GOfliptes que .^ jpu]rç-là 5Q 4Mrbii]étrifqp^ dii 
%mud si^menki 30 du peUt, ,30 arcb^^.du gr^ndt^i&iy 
a^l tl 30 du petit, ioju^ armés çA gariiU dç; trtit^ 
ont été envoyés hors ia .{Hjfie St^llaptU pour rjésUtefr 
aux entreprises que s'efforeaieni de faire contre la vilte 
Messirc Gilles de Chin et ses complices. 

d3 février U^ (4430, n. st.) --^ Les collèges dcis 
bannières sont eonvoqués pour le 'leiidemaia, A l'eA^ 
de compléter le nombre dfs commis à» eommun psu*- 
ple. Les défaillants encourront une amende de !S s. t. 
à adjuger aut bannières dont il^ f4>nl .pttrtte« ^) 

28 février 1429 (1430, n. st.) — La question dç sa- 
voir si deux frères peuvent faire partie du cpUége des 
doyens est résolue affirmativement par les eonsaui* 

— Sire Gilles de Gbip continue à faire la guerre 
Aun Toumaiaieoa , et , comme \%a dernier , les ohefs 
sMt cfaargés de i^oodre des mesures de sorelé. 

' â mairs 1429 (1430, ji« st.) -- Doréoavaal les grands 
^grieura ou antres qui s^iirneroot & T<iBrnai oc re- 
cevront qu'une seule fois les présents dis vin* 

— Les quatre consaux font abandon de leurs droits 
de présence aux séances^ ces sommes seront employées 
à réparer la forteresse-» ' 

T mâriB t42^ (1430, n, st.) — Les fours de ia ville 
seront munies de canons. 

— Retour de Jean Naviel , clerc, chargé par les 
consaux de porter à destination les mémoires et autres 
papiers servant aux causes d'appel que la ville sou- 



Digitized by VjOOQIC 



— 376 — 

tient au parlement de Laon. A cause des dangers de 
la route, le député tournaisien s'est fait escorter, de 
Sl.-Quentin à Laon et vice versi^ pair Jean de Nedon- 
ehel et Jacques de Hardktes, capitaines de Montégu 
et d'Arsy (Coofple de i 429-1450). 

43 mars 4429 (4430^ o« at.) — &«bio le Loudûer, 
compromift daos ù tentatiye faite contre la ville au 
mois d'octobre 4436 > «e constitue fMriaoaoîer des con* 
Sam. ^ Il enestde.méiBe, le i5>de Haarîdu Bos dit 
Potin ; le S5 octobre, de Gérardîn M Hurtebise , fils 
de Jean et|ie lendemain, de sire GarooDestrayeUes. (P). 

14 mars 4429 (4430 , u. st.) — Les jurés qui , 
jusqu'à Pâques, arriveront en la halle après 8 heures 
et demie du matin, seront passibles d'une amende de 
10 deniers, et ceux qui n'y viendront pas paieront le 
double. 

20 mars 4429 (4430 , n. st.) -- Les consaux , pour 
se conformer aux traités en vertu desquels les Tournai- 
sieua peuvent lever en Flandre des denrées et mar- 
chandises, permettent le passage par la ville de trois 
bateaux chargés d'habillements de guerre en destinSK 
tion pour Dooaî, 

24 mars 4429 (4450 , n. st.) — Un secours de 8 
livres tournois est accordé au griuid comte du PeJit 
Egypte et à ses gens qui, pour la foi chrétienoe, ont 
été chassés de leur pays. (4) — L'arrivée de ces étran- 



(1) Les GODsaiu eDYoydreni «b oirtre^ à -cet «aUMjBfeai exilés 8 
lots de vin pour lear chef, trois rasières de blé, quatre tonneaux de 
cervolse, 50 figols et tOO harengs. (Ctmpte de 142I9'II30.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 377 — 

gers à Tournai avait donné lieu* la veille à la publica- 
tion suivante : 

c Qu'il ne soit personne aucui^e qui, aufranLcomtc. 
de petit Egypte et ses gens qui, jusques. nu nombare 
de Ix ou environ, escaebîez de leur pays par les mes* 
créans et qui , par la licence de Messieurs de la Joy 
de eestc ville, y entendent à sëjourneûr iiij ou v jourfi, 
fâche ne die quelque injure , vitlefifie on deaplaislr ; 
en corps ne en biens , comment que ce soit, sur en 
estre mis es prisons de le ville et bany à le discrétion 
de mesdis 8'% mais les tiengnent paf^bies , en don- • 
nant Taumosne, qui en aura dévotion à ceuix qui le 
requerront. » (P) 

ii avril 1429 ll^dO, n. st.) •— Résolu de communi- 
quer aux bannières l'état des finances de la ville, mais 
on ne leur proposera d'établir de nouvel impàl que si 
les commis du commun peuple sont d'accord sur ce 
point avec les consaux. 

12 avril i429 (1430, a. st.) -^ On publie la défense 
aux bourgeois et habitants de Tournai d'avoir quelque 
communication, à Maire ou ailleurs, avec les coupables 
des deux entreprises faites contre la ville, sous peine 
de iO livres d'amende. (P) 

20 avril 1430. — Ôii priera le chapitre de fhire faire . 
dévotement une procession pour la paix du royaume (i); 

iT.avnl 1430.. -"--^ Les- -commis du. commun ..peuple 



(1) Celte processioo eut Ue» le dimancbe^ «vril. 



Digitized by VjOOQIC 



--. 578 — 

eipoâêrrt qu€ la vUle se trouve dans la criliqtle alter- 
native, oa de devoir satisfaire aux prescriptions des traités, 
ou d'attendre le péril de la guerre ; que nç faisant, point 
partie des consaux , ils ne peuvent se joindre à ees 
derniers pour demander aux bannières Tautorisation de 
lever un nouvel impôt ; ils promettent cependant d'user 
de leur influence dans les collèges dont ils font partie 
pour faire admettre la proposition des consaux. 

— Dn prêtre soupçonné d'être lépreux est soumis à 
Pëpreuve par Maître Jacques Despars. 

«-* Les membres dn chapitre , au nombre de treize 
chanoines , comparaissent en la halle et exposent aux 
consaux ce qui suit : 

i^ Pour la ccnsç perpétuelle, la ville a pris l'enga- 
gement de leur payer chaque année . . . . (i), 
nonobstant guerres ou antres exemoHon»] 

2** Les serments doivent être renouvelés tous les vingt 
ans ; 

5** Depuis trente ans, la ville a pris à censé du cha- 
pitre la grande halle et la halle de Grammonl pour 



(1) Le chiffre est resté en blaee» mais on voit par ud acte du mois 
de mai 1293 que le chapitre abandonna à h^iWe^enaenêe perpétuelle, 
pour la somme de troie cenU livres parisU, payables chaque année 
en deux termes Jes droits qu'il avait dans lewinage de Veau, le forage 
des vins et autres liqueurs vendues à hrœhe, en la rivière et en 
gros, sans faire étaple, le pontenage, tonlieu des vaches, chevaux et 
toutes autres bêtes, des grands cuirs, métaux , petits étalages ^ des 
peaux, des petits cuirs, timonage, estalages, des mailles et des lout^ 
eiensj etc. -^ Le chapitre se réserva l'exemption de ér€lh$ en faveur 
des chanoines, des vicaires, des prêtres des paroisses, des abbés de 
St-Manin, de St-Amand et de Los et do seigneur d'Antoing, pOnr le 
winage et iepontenage. (HairmniHT* Notice sur Voetancommu- 
naL) 



Digitized by VjOOQIC 



— 379 — 

cent livres tournois par an ; cette somme , qui doit étr« 
employée k U célébration, du service divin, a été pour 
la cité une cause de profit et d'honneur; 

4"" Le roi Ghilpéric^ quand il fut chassé de France., 
se réfugia & Tournai et ne quitta cette ville que quand 
il eut reconquis son royaume. Pour rendre grâce & 
Dieu j ce souverain fit à l'église de grandes donations 
et fonda des obits pour les rois trépassés j pour la 
prospérité de ses successeurs et pour le bien de tout 
le royaume. 'C'est au roi Chilpéric que la ville doit 
d'être si grandemei>t honorée et recommandée des rois 
de France; 

S® Â cause des dites deux censés » il est dû au cha-* 
pitre 2,500 livres tournois. Cette circonstance pourrait 
faire retarder l'ofiSce divin et ferait supposer que les 
consaux n'ont point autant à cœur le bien du roi que 
leurs prédécesseurs; 

6"* Les gens d'église ont patiemment enduré les ad- 
versités qui ont existé à Tournai à cause de^ divisions 
entre ses habitants : on leur a détenu les dîmes qu'on 
leur doit , tant par la loi divine que par droit com- 
mun; leurs moulins de brai (1) ont été grevés; leurs 
droits de forage (2) et de cauchiage (5) ont été spoliés, 
et on les a forcés à j^yer ces droits pour les bois pro- 



(1) Brai, Suivaot Hécart, braie se dit de la quantité suffisante de 
grain torréfié (K>ur faire un brassin de bière, et, selon Roquefort, ce 
mot s'entendait du grain germé et mouillé avec lequel on brasse. 

(2) Foroffê^ redevaBce due i la viUe comme ayant droit de fiier le 
prix du viBi de la bière et d'autres boissons débitées par les eaba- 
retlers. 

(S) Cauckktgef droit q«l se percevait pour reatretien des chemins. 



Digitized by VjOOQIC 



— 580 — 

venant de leiiffs proprk^;îk oftt travaillé aux. ouvra- 
ges des fortifications, ont guetté aux portes comme tpus 
les habitants, et ont envoyé à leurs frais des députés, 
pour négocier les traités qu'on • conclua aveo le doe 
de Bourgognô, ce qui leur a coûté i^MO livres t*; de- 
puis la création dès bannières, iis n'oftt point lait ve- 
nir de cervoise du dehors, ce qu'ils peuvent eependaot 
faire en vertu d'arrêt du parlénient» 

Ainsi donc, non-seulement les revenus sur leaquelsiis 
étaient en droit de compter leur ont fait défunt , mm 
ils ont encore du s'imposer de grands sacrifiées dans 
l'intérêt général. Cela ne les a pas empèD}iés de eoa- 
tinuer la célébration du ^rvico divin et de doter leur 
église de riches ornements , U plus qu^é^e de te 
royaume , qui est honneur à la vilk. 

Pour conclusion, ils requièrent et somment une, 
deux, trois et quatre fois les eonsaux 4e kur payer 
les arrérages qui leur sont dus, car autrement il y a 
des chanoines absents qui pourraient s'en plaindre au 
pape ou au roi, ce qui exposerait la vtlie k de véri- 
tables dangers. 

50 avril 1450. ^ Les eonsaux exposent aux eeUéges 
des bannières que, pour payer ii la St-iean-Ba^li^ 
prochaine les iO,000 écus dus, im vcriu des traité», 
au duc de Bourgogne, il est urgent de rétablir l'impôt 
d'une maille au^ lot de cérvoiae, perçu ^ octobre 
1427 et supprimé en août i4âS« Pour démsiiitrer cette 
nécessité , ils pifésentent le tableau suivant de la. situa- 
tion dos finances de la ville :.. 

Les recettes de l'année, courante ne s'élèvent qu'à 
34,597 I. 9 s. t, 
. Lès dépenses sont évaluées 4 .47,415 I. il s. 8 d.. 



Digitizéd by VjOOQIC 



— 381 — 

de sorte que le découvert sera d'envieon id,MO H- 
Très. 

Pxrmi tes dépenses, les rentes à payer par la ville 
figurent pour 11,29$ livres. 13 sois tournois. 

Les eensBux font observer que ce découvert n'aceuse pas 
une flfuiuvaise situation financière ^ il provient des gran* 
des sommes payées par la ville h la suite des traités 
conclus avec le duc de Bourgogne et d'autres seigneurs. 
L*aiigmenftâlion , peu sensible dû reste, des dépenses 
ordinaires a été compensée par les vieilles créances que 
les commis du commun peuple ont réalisées et par la 
vente de plusieurs offices au profit de la ville. D'un 
autre cAté , bien que le ' droit d'accise sur le vin ait été 
haussé de trois deniers au lot , le produit de cet im^ 
pôt ne s'est pas aceru , parce que le prix des vins 
ayant été fUm élevé que de coutume pendant ces der- 
nières «nnées^ la consommation a naturellement dimi- 
nué. La ehèreté des denrées et le peu d'étrangers 
venus en cette ville à cause des divisions survenues 
dans le royaume, ont également occasionné une dimi- 
nution dans le produit d'autres impdts. En résumé , les 
eonsaux espèrent rétablir bientôt l'équilibre entre les 
recettes et les dépenses , mais ce but. ne peut être 
atteint que par la création de nouvelles ressources. Ils 
proposent donc la levée d'une maille au lot de cervoise. 

Il résulte d'un rapport verbal fait par les doyens et 
sous-doyèns que 28 collèges des bannières se sont pro- 
noncés pour la proposition des eonsaux et 8 contre, 
ce qui , aux termes de la charte de 1434 , implique 
son adoption , puisqu'elle obtient l'assenliroent de plus 
des deux tiers des collèges. 

3 mai 1430. — Les eonsaux écriront et députeront 
niu. T. VIII. 48. 



Digitized by VjOOQIC 



àu âu^ de D6\irgO({ne9 ikYix' flmtê âéB iâtéms^;; poar 
obtenir la maîn-levëe des fiefs iapfpârtciniiit^& des Tour» 
haisiens et situés dans le paye du dbe/Là infèi^ tié' ce» 
fiers a eu iut , contrairement htix 'H^Rts , pait!e qm tel 
prôpriétafres no aè aoiilt pôiht rendus k IVirmiie et ce 
jirinee. 

13 aiai lisa» ^ Aux remoiiInMea ftil^par |ef 
étiéfuéê du chapitre le 27 avril , oo répondra que s'ils 
imul^ai eoo^tikuer 90W ^fiiUe livsea ;.4hi . p(|îe^eoc à 
Jih^.Mrdoe dit. BouDgogae e» vcirtu.des teaitéi, aûuv 
qu'ils /l!tftloADrl^4fin0 te ^i^fis, rk «i^lle s^«çqu9Uera 
envers eu, poiMr la St-Jean-BapUste, des 4,500 livres 

qil» law resttnt .dii^ft. 

' ^ daMiibMii de Proiay, lieutenant dto MIU, ae 
pfihenle^flr lir'hiille et ptle les eènsauxde M daoiwr 
tine tëpMise ralati^eitieiit i fesémttmi <d'iiB «sandenKiii 
royal impCtré im Jean Gruiiieenv ^^^ prisonniers 
-^ Leâ éonMaFx exposent longoeinenti Im-. tbngers 
t|è'il y attrah pôar la» bourgeois et inonenla de Toat^ 
iMi à délfifrer^ eet lînéitîdu^ et:«'oppoi0Bt k . i'éiargîsee*- 
1fteiit'dtt'pi4ioifÉier, vu qœ eolatoiv en Impétrant le 
tnandemenl^ o* en eofai ée eiioiMr <qwV/ éfatl pmeftiiier 
A jftt^rrvj «Mtr jiifl m /o< er* i^Mrit ofttt^ de rBknamr 
\>en m paKi>« *- Le lie«ieoiMit< insigne teëf eoti««Qx 
par levant 'le pHu^lement de taon Hu éB^> jetifet , peur 
déduire les mol^^ leuroppositioa; il onnonee eneaati 
lÊân imentién de passer entré, «H wettaiir le prîsoiHfîir 
«I liberld^ mmù qee le^^ffarte^ 1^ eaaadetontw Sut eé, 
le proenreiir de la ville déeterr^ inteq e ie ray pel, A H 
lieiitenânt persiste dans sa réaolotion de. Hfavoir< aueoa 
^mtè IrroppoaMoki d<» «amcux, ' 



Digitized by VjOOQIC 



leur réaidooGO X laurnai itj^ès'ayoir demeuré iWU^j» 
plus d'il» âa^ souViP^i^s ^ renou^veler leiir «eri9wt| 
d»ii3 la huimineijftf^ Ira, maiiM de leur dojép iil^âlr 
doyen.. (F) . ." . 

94 juin 1430. ^ Bpsuit^ d^ B^?elif§ itçve» ÏMir 
le graad pré?4t, le nombre dea gêna de garde 4 cha«> 
ctine des |M»ter é^ la vilkt eat poné d» Ir 4 49. :. 

' m juin I4S0. — On membre 4e eha4Mi>4solUg0> eH 
désigné poolr fMre f Mveiflaf#tf des' privilégia de la ^mUe 
et des el^att qui setwuteal dans la tÉésoMriè. ' 

18 juillet 1430. --- Les eonsaux iMilênt iPiectfr Muir 
ereux, mettre géoéral de la monaaie de TiHiiamH4.peien- 
dffe en la balle^ .lia loi démoutrent lus parten. v^ A^ 
éprouver aux TewHiaisîefis les Ikêrirmhis q^V^u y 
forge; eelteemomlenee empAebe Je^ eireulatian des 
oeuronnes d'or dont la trille , 4 cause da rimp^ttaooe 
de son eommeree el de eon iuduslrie, deil' lonjoum 
élre aboadaniment fournie^ Ils le priefilde ne plua 
faire forger de durdreebts ^ sinon ils ieffOUl cpnvstfuer 
le peuple par collèges de bannières el demaaderaot 
son avM sur ies mesures 4 prendre puuf pi#ttre fin 
4 tin étal, de eboses si préjudiciable à > popMialiiaii. 
Pierre Maucreux annoaci) §li'il va oifc néférer. aw oIS- 
fliers du roi au batlUage; îlse contente^ *peur le mi^ 
ment, de faire, jsmacqoer que lea d|irdredil|i foigéa 4 
Tournai a^oq4 éeuta ^be. pour- xx a. <t* . 

Le leademaio, Pteirre' Ibucreux, le lîeutfuaiiii l-av)»- 
eai y le proeuffuor el plusieurs conaetUfta du «oi «i 
bailliage de Tournaisia vie^nenl en- la 'halle par dcYlUt 



Digitized by VjOOQIC 



l6t cbeft de lot oites jurés.' Répoodtttt :&» ^pUintes 
achmséet-la veHIe pmt les oonuux-ju mitoe'ile lamon- 
aaie, Tavoeat ééèlare qae ce detiiîeip «yatit reçu t-ordl>e 
d« forger des diifdreehta, c'est à î S. IL seài ^'it' «p- 
partieot d'en ordonner autrement. Il ajoute qpiefe./inl 
de mmmk esl mumU friviléj^é, est leamatetain domaine 
dmi âoy etn'eit nijU qui f d»yê tmuchm* Il démontre 
la nérôsské qoll y a pour le bien duiroi jde cootinoer en 
oelte Tiliè le cours ées Aouvseauxdilnteecltt^' et exfaorCe 
les consaux à ne point contrarier la vol&c^ royale. 

Mettre Setiiri Romain , au item de la ville , ré|rfique 
ainsi qu'il suit i « Ce qui eu estdt -fait et dit pour la 
» ville n'estoit point pour diminuev ^ la puissance du 

• Roy à cause de sa monnoie^ mais le volroit tousjours 
la ville «nnslre et augmoiter, mais le Roy ne voUoit 
» dimintier. le lilen publique ne grèvenses loyaùlx sub- 
» giez pour un prouffit particulier, mais doit garder ses 
» sttbgés de toiles oppressions; awii oe doit regarder 
» ad eeqne le prince doit faire, aao peint ad ce qu'il 
H fait; et ont esté les lettres obteaues du Roy sans estre 
9 adverti de k vérité, car si le Roy eust esté adverti 
9 de la vérité ,. jamais ne l'eusl consenti. Et. qu'il soit 
» vray la ville y prendroit grant charge, en ce qu'elle 

• est gri^emeiit cbargiée de rentes viagères a couron- 

• nés d'or pour les affaires du Roy, car tous les aau- 
t viaux florins qui n'auroient cours qu'en la ville re- 
» tourneroient tous es receptes de la ville. » Il finit eu 
priant le maitre de la monnaie de ne plus fabriquer 
les durdrechts, sinon les consanx soumettront la ques- 
tion à la communaiité^ afin que ^lus*tard I4rti'ett puis- 
sent être réprimandés. 

L'avocat du roi répète qji'ii n'est point au pouvoir 
du makte de la monnaie de faûre droit à la réelama- 
tion des consaux. 



Digitized by VjOOQIC 



— 5«5 -^ 

%1 juillet 1450. -^ Le9 joueurs de Tépée i dimx 
mains soUâcUsnt . un .aufande pour aller à. une fête à 
Bnigfes. -^ lU^aoQl Hkres de s^ reodrlD et à leur ce* 
t«ur, on "Sidéra Vil y a lieu de leur aeeorder quel- 
que chose. . ^'; 

— Les eofUffiis du peuple prient les eoosaux d'âa- 
terdîre le cours de la nouvelle monnaie d'or et de fai- 
llir à ce sujet les collèges des bannières. — On s'iii- 
formera auparavant du taux de cette mûnniîoè TflNiraai 
et à rétranger, . ;♦ 

— Sur la requête desmembres .du chaptlrcr les eon- 
saux prennent la résolution de cûntfaindi'O les réoal- 
eitrants a payer -les dîmes* 

32 août 1430. *^ On renvoie à l'exainefi . des chefs 
les lettres du wi relatives aux nouveaux durdreehta* 

â6 septembre 1490. — Colart Marie , sergent d'armes 
du roi 5 communique aux consaux uu orandement royal 
obtenu par les coupables de la première tentative faite 
contre la ville. H réclame la coopération des consaux 
pour mettre le mandement à exécution. 

Le 27 , les chefs de loi et lés conseillers de la 
ville délibèrent sur le contenu de ce mandement et 
des lettres closes adressées aux consaux par les bonr- 
geois bannis du territoire de Tournai à la suite de 
cette première tentative (1). L'assemlilée , considérant 



(1) Le mandement est daté du 14 mars 44^ (1130, n. st.) et les 
feitres closes des bourgeois sont da 25 septembre U^. On trouvera 
le texte de ces deux doeuments dans l« vetunô sQfvanr(ii|r^ndwv«') 



Digitized by VjOOQIC 



que les préoédeutes résplutions rclatif;«fl^,jf .^HH^lt âfaure 
ont été prises sur Tavis conforiue; j}f{ la pominunaut^ 
propose (fei| agir de même ^aiÀ la cjireojaatioçe i^ 
attendu qu'un délai de huit jouf'j^ la été 4^.bteQM 4^ 
sergent d*armes pour la réponse à lui faire, , 

te lendemain 38, les chefs dé Ipi ^é réiinisseat m 
(a halle avec les officiers du roi àti bailliage de 
Tournaisia. Ceux*ci, invités à donner leur avis sur 
Qe.:qWilB jufeol la plus convenable âé faire pou^ k 
b^A de Im viU(^» décla^imt quû le eerge&t d'arâies les' 
A. l^fiuU ei «omméa de lui prêter asstàuince pour 
rempUr son mandat; qu'en aoqiiît de leurs fonetioûi,^ 
ils doivent tenir ki main à reicciition des mandements 
royaux , mw fioame eelni don^ il Vagit est préau* 
mé avoir été obtenu .p^r subreplion et obreptioa, 
ils sont résolus à ne pas s'en occuper^ D'un autre 
côté, ils ne croient pas devoir répondmà l'invitation des. 
chefs, préférant rester neutres dans cette affaire, c^ 
qui ne les empêche pas d'offrir IjÇiirs servjcça au;t 
consaux pour concourir ensemble jau bien^du^. roi et 
de la ville. 

Les consaux / réunis le même jour, approuvept la 
proposition faite par les chefs de convoquer lea..colléges 
des bannières pour le lendemain. Ils décident, en outitOi^ 
que chacun d^eux assistera à la délibération dii/çollége^ 
dont il fait partie et y fera connaître son opinion jper-. 
sonnclle. Les doyens demandent qu*il soit défendu à 
ceux d'entr'eux qui sont parents des impétrants jusqu'au ' 
3** degré, de prendre part aux délibérations des. coiléges^^ 

5 septembre 1430. — Les^ doyens^.. présfatent aux 
consaux le résultat des délibérations des bannières : 



Digitized by VjOOQIC 



- 58t ^ 

si cdllége» 80ht d'opinion qtie Je fimiidknt^fff est subrejh 
fke et que^ les bannis y dénommés n^ont point donné 
tféUtê *d entendre au roi ;ils proposent dt dëputer vera 
fe roi , fifin d'dbtetiîr rannulatton de son mande- 
ment pour rhonneof , la paix et l'union de la Tille ; 
7 eolléges acceptent le mandement sous certaines ti* 
serves, 6 î'aceeptent sans condition et !e 36* n'a rien, 
résolu. 

i«r octobre HôO, — - Le lieutenant du bailli et les 
conseillers de la ville sont invités^ par les ehefe de loi,' 
à donner leur avis «ur les délibératioas des collèges 
des bannières. Ils conseillent de se confornier à Topi^- 
nion de la majorité des bannières. Les conaaux, après 
mûr exameoy partagent cette manière, de voir. 

« Le nvardi li)*^ jour dildit moîé d'octobre, par devant 
et % l'adveu des quatre consaulx, ladite responce, ad*- 
Tisée par iesdis coftselllers et aôcordée et passée par 
iesdis eonaaolx, fii faite en halie> à huys ouverts, pré^ 
•ent la peuple, audit €olart Marie, sergent d'armes, 
par la boucbe de Maislre Henry Romain, eonseilller 
gëoëral de ladite Tille, et en faisant ladite resposee 
proposa les subreptions, obreptiaDS et incivilitez qae 
ht ville maintient estre audit mandement, et aussi que 
ledit aergetit n'éstoit point exécuteur, fors en le def-^ 
ftittlte de M* le bailU de ces bailliages ou son lioifte'- 
ivant. Ct flnabtetnenl le procureur de la ville s'opposa, 
pour tout lé corps de la ville, li rtntérinément dudit 
mandementj en protestant de dire les causes plus ad- 
plain en temps et lieu et requérant jour en parle- 
ment, en laquelle court la ville esloit tenue de plai- 
àîer et non ailleurs. — El pour ce que ledit sergent 
d'armes ne volt ledit procureur recepvoir i ladite o|)- 
positioni ledit procureur en appelle en ladite court de 



Digitized by VjOOQIC 



— 388 — 

parlement. Nonobstant lesquelles op|io$Mofts -^ appel- 
lations, ledit sergent d'armes eonleiMit: tov^otirs de 
voUoir ledit mandement mettre k axëcotmi etiist des 
sommations de assister avecq luû Situ qt§oj Yt fu dit 
de par la ville, tant par la bouohe éu< grant- dx»fen 
comme astres, que ee que la ville en famii estok pour 
le bien du roy et sa dite ville guider saine et entière 
en son obbéissance et la préserver des inconvéniens 
qui en poroient cnsuir, lesquels le roj ^oMoit tous- 
jours estrc eschievez et la ville tenue «n paix: yolloit 
aussi le roy, par le privilège confirmfint le faîl des 
banières, que ce qui seroit passé p&v xxiiij banîéres 
d'assens tenist et volsist; or estoit vray qu'il y avoit 
xxix banières d'assens de fHÎre ladite respotnce pour le 
bien du roy et la paix et union de ladite ville, et 
ainsi que c'estoit le fait de tout le cârps jet eommu- 
nité d'icelle, aveeq plusieurs autres raisons ad ce pro- 
pos. -< Sur quoy ledit sergent d'armes a'aai. piist à 
conseiller avecq les gens do roy; de oe iMUItage^* <et 
après ce qu'il eubt parlé à. e»k à part, Kiaol flaeimaes 
ledit mandement, fist de reebiet los^ coitimAndeaieDs 
comme devant. Â quoy fu de rcchief opfM^ ^ Appelle 
et avecq ce fu sommé que selon ce qu'il savoit de 
l'intention du roy, il tenist la viUt ea paâ^ai^. faire 
chose par quoy inconvénient pust msuir et àvle faire 
il-mleismc désobéiroit au roy* lefuei. aorgent dbt qu'il 
n'entendoit pour le présent de pliia wmi prooéd^Py-et 
h tant se parti de la halle (!)•>.. 



(i) Golan Marie ne s'empressa point de faiuer.^^rnal, car on 
voit dans les comptes que, le 11 octobre, les coosaux lui nrent encore 
présent de 4 lots de vin. Quels motifs poavait-îl avoir de prolonger 
son séjour dans cette vDIet 



Digitized by VjOOQIC 



- 3ô9 - 

5 octobre 1430. — Quatre délégués de^ consau font 
éiu8 povr soutenir l'appel fait mardi dernier contre les 
coupables de la première tentative. — Le 10, on décide 
que tout ce qui sera fait par ces délégués, pour Texé- 
ctttion de leur mandat , aura autant de forée «tue si 
la cofismunauté y avait donné son assentimoit. 

> Le il, ces délégués, dont le nombre à été porté k 
neuf, se réunissent en la balle. Après avoir approuvé 
la rédaction de la lettre à adresser au roi, afin que la 
cause d'appel soit évoquée au parlement de Poitiers, ils 
ordonnent « qu'on envoyast quérir • un relief en cas 
» d'appel à Poitiers et aussi d'escripre k M. le ehan- 
» celier^ comme au roy ; item qu'on envoyé quérir un 
» autre r«)ief d'appel k Laon ou audit M. le chance- 
» lier, et totut ce faire le plus brief que on poroit. » 

32 octobre 1430. — • Quelques officiers de Peronne en 
Vermandois viennent soumettre aux épreuves de la 
bonne maison de le Val plusieurs habitants de leur 
ville que Fon soupçonne être atteints de la lèpre (C&mpie 
de 1439-1430). 

24 octobre 1430* — Les chefs de loi, autorisés par 
les consaui | oisdonnent le rappel de sire Garon Des- 
trayelles, banni I perpétuité et condamné à résider en 
Chipre pendant deux ans , moyennant le paiement , 
par le condamné , au profit de la ville , de la somme 
de 20 livres tournois. 

14 novembre 1430. — Les longs débats auxquels a 
donné heu la vérification des comptes de Philippe de 
fiourghielle reçoivent enfin une solution. Cet ancien 

UiML» T. VIII. 49 



Digitized by VjOOQIC 



— 590 — 

reeeveor ée la ville versera ait trésùt I4t$ &ns âtor^ 
outre la moitié des dépens, et îb«e sera plus fn<fuîété 
k raison de sa gestion. -*:? 

tt décembre 4430. — En présenee des consaux et 
d'une grande quantité de peuple , le ilieiiteoiiiii' da* 
bailli eihibe on second mandement du. roi Impétré per 
les bourgeois bannis à la suite de la première enfrepvise 
conli*e la ville (i). Il remplit ensuite les fortnalités 
d*u$age pour mettre ce mandement à exéeutiom 

On apporte ensuite les lettres closes du roi adressées 
aux consaux et à la communauté (2), par lesquelles 
S. M. ordonne qu'on obéisse à son . mandeuieni , à 
péril d^encourir sou indignation. 

ËuGu Âobert Screppe, avocat de Mons, présente tes 
ieltres closes desdils bourgeois (5)^ contei^mt. créance 
sur lui. Au nom de ses commettants ^ jl fait p/umVitrs 
humbks offres et requesîes ad ce qu*im laibiaft «oti^nr 
kur retour selon (a teneur dudit mandeit^ent. 

Les consaux chargent les chefs de loi de faire «o 
rapport sur les divers incidents auxquels cette affaire 
a donne lieu. Ce rapport est présenté le 7, et les con- 
saux, après y avoir fait quelques corrections , ordonnent 
qu'il soit soumis aux délibérations des collèges des b^n-- 
nières dont la réunion est fixée au dimanche 10. 

9 décembre 1430. *- Lettres du roi répondant à celles 
que la ville lui a écrites dans le but d'cmgécher le rc- . 
tour des bannis. — Il sera fait 3G copies de ces lettres 



(i, 2 el o)~ Ces trois doctumints seront insérés tianâfo volumoque 
nous publierons incessamment. 



Digitized byCjOO^lC 



— 391 — 

pour les remeU^a aux collèges des bannières. 

— LeadiU bannift sont autorisés à communiquer offi- 
cieusement aux bannières la requête dont il est ci-des- 
sus question. 

11 dëeediibfé 1430. — Les doyens et sous^doyeas 
présentent aux consaux le rapport sur le résultat 
des délibérations des dolléges des bannières réunis Ift 
veille. On y lit » que les bonnes gensy peuple, et coin- 
munité, jusqtres à xxiij collèges des bannières, sonl 
d'accord et d*assens que, auxdis mandement et lettres 
du roy nostrc dit seigneur, ils vœllent obéir, et oultnv 
de aidier, assister et conforter les juges en toute bonne 
justice et de y tenir la main. Et si sont d'accord et 
d'assens vij autres collèges de banières que. de la dite 
matère, ilz s'en rapportent à la provision et ordonnance 
que, sur ce, à mesdis seigneurs les consaulx, il en plaira 
à faire en demourant en tout et partout emprès justice. 
Et les autres vj collèges de banières diffèrent encore à 
l'exécution desdis mandemens, pour ce qu'ilz eussent 
premiers voulu veir ce que Boulogne rapporteroit(l). • 

Le lendemain 12, le lieutenant du bailli ée présente 
en la halle; les consaux lui font connalUre que « par 
Tassens du peuple, ils vouloient, comme tousjours, et 
Hvoient fait obéir au roy, selon la teneur dés maiide- 



(1) Ce Boolongne, messager de la ville» 4(att allé à Poitiers porter 
lettres des consaux, afin d*impétrer un relief d'appel de eertain* 
exploits faits pour et à la reqwtste dss bowtgois qui estoient eslon- 
gies pour la première entreprinse. Il ne fat de retour qtie le 25 
décembre, après une absence de 80 jours {Comptes, communaux») 



Digitized by VjOOQIC 



— 392 — 

mens et des modifications contenues en iceulx, et si 
fut remonstré au peuple la manière des promesses 
qu'ils avoienl faites et passées sous le scel royal ^ tout 
au long. » 

Le même jour, les consaux, par une publication faite 
aux bretèques, défendent à qui que ce soit de parler 
ou de murmurer contre la résolution prise le diman- 
che précédent par les collèges des bannières ; ils dé- 
fendent également au peuple de faire la moindre al- 
lusion aux événements passés , pour se les reprocher 
l'un à l'autre, sous peine d'être punis criminellement 
à la discrétion de prévôts et jurés. (P) 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOO^IC 




This book should be retumed to 
the Library on or before the last date 
stamped below. 

A fine of five cents a day is incurred 
by retaining it beyond the speoified 
time. 

Flease retiirn promptiy. 



M 




60 H 



TN 



Digitized by 



t 

Google 



Digitized by VjOOQIC