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Full text of "Mémoires pour sevir à l'état historique et géographique du diocèse de Bayeux ..."

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MÉMOIRES 

POUR SERVIR A L'ÉTAT HISTORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE 
DU DIOCÈSE DE BAVEUX 



TOME III 






MÉMOIRES 



POUR SERVIR 

A UÉTAT HISTORIQUE ET GEOGRAPHIQUE 

DU DIOCèSE DE BATEUX 

Par MICHEL BÉZIERS 

PUBLIÉS PAR G. LE HARDY 



f^Hif TOME ni 
ÂRCmOIACONÉS D'HYESMES ET DE CAEN 




ROUEN 

A. LESTRINGANT 

Libraire de la Société de THistoire 
de Normandie, 

U, RUE JEANNE-DARC, 11 



PARIS 

A. PICARD ET Fils 

Libraire de la Société de l'École 
des Chartes, 

82, RUE BONAPARTE, 82 



1894 



THENEWYORK 
PUBLIC LIBRARY 

ASfOH, L" (jX and 
TIL06N FO"- DATlOJtS. 




EXTRAIT DU RÈGLEMENT 

Art. 16. — Aucun volume ou fascicule ne peut être livré 
à l'impression qu*en vertu d*une délibération du Conseil, prise 
au vu de la déclaration du Gomm^saire délégué, et, lorsqu'il 
y a lieU; de l'avis du Gomité intéressé, portant que le travail 
est digne d'être publié. Cette déclaration est imprimée au 
verso de la feuille du titre du premier volume de chaque ou- 
vrage. 



Le Conseil, vu la déclaration de M. le D' CoutaN; Corn- 
missaire-déléguéy portant que Vëdition des MéiiomES pour 
servir à l'état historique et géographique du diocèse de 
Bayeux, de I'Abbé Béziers, préparée par M. G. Le Hardy^ 
lui a paru digne d*être publiée par la Société de l'Histoire 
DE Normandie, après en avoir délibéré^ décide que cet 
ouvrage sera livré à l'impression. 

Fait à Houmj le ^•'' août 1893. 

Le Secrétaire de la Société, 
P. LE YERDIER. 



L'ARCHIDIACONÉ D'HYESMES 



CONTENANT 



LES DOYENNÉS DE CINGLAIS, DE TROARN 
ET DE VAUCELLES 



L'ARCHIDIACONÉ D'HYESMES 



CONTENANT 



LES DOYENNÉS DE CINGLAIS, DE TROARN 
ET DE VAUCELLES 



ARCHIDIACONÉ d'HYESMES 



Cest le troisième archidiacoîié du diocèse de Bayeux. 

Le pays d'Hyesmes, Oximensis ou Oximisus pagus, 
comprend trois archidiaconés, Pun attribué à Séez, l'autre 
à Lisieux, et l'autre à Bayeux. Ce dernier contient tout le 
pays du diocèse de Bayeux qui est entre les rivières d^Ome 
et de Dive. Il a sous son resson 3 doyennés qui com- 
posent 1 34 paroisses. 



DOYENNÉ DE CINGLAIS 

Acqueville (Saint- Aubin d^). Sergenterie de Tournebu, 
élection de Falaise, 84 feux, notariat de Tournebu. 

Cette paroisse est arrosée par un ruisseau qui vient des 
bois du Meslay, appelé la rivière de Bactot. L'abbé de 
Fontenay présente à la cure et perçoit les dîmes. Elle est 
à 4 lieues du bourg d'Argences et à 5 lieues de Caen. La 
Motte d'Acqueville relève de la baronnie de Tournebu. 
Seigneur honoraire : M. de Baudrand, ancien capitaine 
de cavalerie. 

Angoville {Sainte- Anne d'). Sergenterie de Thury, 
éleaion de Falaise, 28 feux. 



Son nom vient, selon M. Huet, de Goton Gody qui est 
le nom de Dieu parmi les Allemands. Les religieux de 
Pabbaye du Val Jouissent du patronage, et des deux tiers 
de la dîme. Ils les tiennent de Gosselin de la Pommeraye, 
qui les leur aumôna en ii25, en fondant cette abbaye. 
Messire Jean Néel, seigneur de Tierceville est seigneur 
d'Angoville. 

Elle esta 3 lieues de Falaise, une lieueet demie du bourg 
d'Harcourt, et trois quarts de lieue de Bois-Halbout. 

Barbery (Notre-Dame de). Barberium, Sergenterie de 
Tournebu, élection de Caen, 90 feux, notariat de Fresnay^ 
le-Puceux. 

Cette paroisse est bordée au Levant par la rivière de 
Laize, qui la sépare d^avec Bretteville. La cure est en 
règle, et à la nomination alternative des abbés de Barbery 
et de Fontenay. Il y a dans son territoire une abbaye 
d'hommes de la réforme de Citeaux, qui fut commencée 
en 1 140 par Robert Marmion et érigée en 1 176 par Ro- 
bert Marmion vicomte de Fontenay; son fils Roger 
Marmion, seigneur de Varaville, chevalier Banneret, y fit 
ausM du bien en i223. 

Elle est à 4 lieues de Caen et de Falai^. L^abbé déci- 
mateur est seigneur. 

Bo (Saint- Pierre du). Sergenterie de Thury, élection 
de Falaise, 73 feux. 

Cette paroisse est environnée d'un côté par une chaîne 
de coteaux, et par un ruisseau qui la partage d'avec Cos- 
sesseville, et de l'autre côté par la rivière d'Orne. L'abbé 
du Val nomme à la cure. 

Elle est à 7 lieues de Caen et 2 lieues de Condé. 



Bonœuil (Notre-Dame de) (i). Sergenterîe de Thury, 
élection de Falaise, 40 feux. 

Cette paroisse a près de trois quarts de lieue de TOrient 
à rOccident, et environ autant du Midi au Nord. Elle est 
arrosée par deux ruisseaux qui y prennent leur source, et 
qui vont se perdre dans la rivière de Laize. Il y a proche 
Téglise une fontaine surnommée Auprêtre dont «Peau 
cause la pierre à ceux qui en boivent avec une certaine 
continuité. L'abbé du Val présente à la cure. Les religieux 
ont les deux tiers de la grosse dîme, le curé a Pautre tiers 
avec les verdages. Messire Pierre-Louis Hélie de Donnay, 
conseiller du roi, maire de la ville de Falaise est seigneur 
et patron de Bonœuil. Il y possède deux fiefs, la verge et 
prévôté de laPommeraye, et le fief de Bonœuil. Partie de 
cette paroisse dépend du bailliage de Falaise; Bonœuil est 
à une lieue du Bois-Halbout et à 3 lieues de Caen. 

Bray-en^Cinglais (Saint-Aubin de). Sergenterie aux 
Bruns, élection de Falaise, 20 feux, notariat de Bretteville- 
sur-Laize. 

Cette paroisse est arrosée par la rivière de Laize. Il y a 
les bois de Bray, du Neufbourg et de la Roquette, et 
deux bruyères ou communes. La présentation de la cure 
appartient au prieuré de Sainte-Barbe*en-Auge^ et le fief 
dominant appelé Pelville à messire Philippe Osmont, 
chevalier, seigneur et patron de Bray-Saint- Aubin. Il y a 
encore le fief de Livet possédé par M. Manoury V..., 
lequel relève de celui de Pelville. 

Bray dépend de la généralité d^Alençon, 3 lieues de 
Falaise, 5 lieues de Caen. 



(i) Visa du x3 août 1470 à Thomas Lecomte, prêtre, docteur 
en médecine : Boniolo. 



Bretteville-sur-Laiie (Saint- Vigor et Saint-Roch de). 
Bourg, châtellenie, chef-lieu de scrgenterie, élection de 
Caen, i8o feux, 700 communiants, lieu de notariat. 

Le bourg est décoré d^une haute justice, d^une foire le 
jour des trépassés et d^un marché tous les samedis. Il y 
avait encore tous les mercredis un autre marché qui est 
aboli présentement. La sergenterie de Bretteville contient 
18 paroisses (ij. Le territoire de cette paroisse est arro^ 
dans sa longueur par la rivière de Laize qui coule de 
Torient à Toccident, et passe au pied du cimetière. Il y a 
aussi entre le midi et le couchant le ruisseau de Valclair 
qui vient de Pabbaye de Barbery. Les villages du Béfeux 
et de Jacobménil en dépendent. On n'y voit point d'au- 
tres bois que celui de Corneville, et la forêt de Cinglais 
qui borde la paroisse. L'abbé de Barbery présente à la 
cure, et jouit des dîmes. C'est une donation de Robert 
Marmion, son fondateur. M. le marquis de Guerchy est 
le principal seigneur de Bretteville. Messiresde Louraille 
et de Bretteville y ont chacun un fief, partie de la haute 
justice du duché d'Harcourt. 

Elle est à une lieue de Bois-Halbout, 2 lieues et demie 
de Harcourt, et 3 lieues de Falaise. 

Boulon (Saint- Pierre dej. Sergenterie de Bretteville, 
élection de Caen, i25 feux, notariat de,Clinchamp. 

Cette paroisse contient environ 600 acres de terre labou- 
rable, et 800 acres en bois, dont 600 à messire de Guerchy, 
plusieurs à messire le duc de Harcourt, 100 acres à Tab- 
baye de Saint-Evroult, et 6 au titulaire de la chapelle du 
Thuit. Ce bois fait partie de la forêt de Cinglais, et est 
exempt de dîmes comme bois du roi. La nomination de 

(i) Ce bourg, sur le bord de Laize, est dans le fond d'un vallon 
très profond. Le principal commun constete en filature de coton. 



la curp appartient à l'abbé de Fontenay, la dîme à ses 
religieux. M. le duc de Gèvres, comme engagiste du roi, 
est seigneur de Boulon. II y a deux chapelles ruinées : 
Notre-Dame du Thuit, et Saint- Louis du Malpas ou 
Maupas. Elles sont à la nomination du roi. 

Ce bourg est à. une lieue et demie du Bois-Halbout, 
3 lieues de Harcourt et de Caen, et 4 lieues de Falaise. 

CaumonUsur^Orne (Saint-Sulpice de). Sergenterie de 
Thury, élertionde Falaise, 19 feux. 

Celte paroisse n'est composée que de 100 acres de terre, 
dont il y en a 20 en bruyères et rochers inhabitables, 
d^aucune valeur. Elle est séparée de la paroisse d'Esson à 
Forient, par les montagnes de Beauvoir et de Bonne- 
Nouvelle, et au couchant de celle de Saint-Rémy par une 
autre montagne, au pied de laquelle coule le ruisseau des 
Vaux, qui prend sa source, partie à Saint-Clair de la 
Pommeraye, partie au bas du cimetière de Saint-Omer, 
et vient tomber dans POrne. Le patronage de la cure est 
attaché à la sergenterie, et la dîme au bénéfice. La sergen- 
terie est une franche vavassorie qui relève de la baronnie 
de Tournebu, M. Pierre du Vey, deuxième seigneur et pa- 
tron de Caumont y nomma en 1 71 6. Messieurs ses fils lui 
ont succédé. Cette paroisse, bordée d'un côté par le chemin 
de Caen à Condé-sur-Noireau, et de Tautre par celui 
d'Harcourt au Pont-à-la-Mousse par la rivière d'Orne 
est à 6 lieues de Caen, 4 lieues de Falaise, une demi-lieue 
d'Harcoun, une de Clécy, et 3 lieues de Condé. 

Cesny^eti'Cinglais (Notre-Dame de l'Assomption). 
Sergenterie de Tournebu, élection de Falaise, i ï8 feux, 
notariat de Tournebu. 

Il y a au-dessous de Téglise le petit ruisseau du Cul- 



8 

doison, et plus loin la mare Gascoin, qui arrosent, son 
territoire. L'abbé de Fontenay présente à la cure. La 
grosse dîme se partage entre le curé, Tabbaye de Fontenay, 
et le titulaire de la chapelle Saint-Georges. Cette chapelle, 
située dans le château de la Motte-Cesny, fut abolie, et 
son titre et revenu furent réunis en 1715 (i) à la chapelle 
du château d^Harcourt. La chapelle ou prieuré simple de 
Saint-Nicolas de Buron, est aussi de la paroisse de Cesny . 
Elle déj^end de Tabbaye de Hambie; lors de la vacance 
d'icelle, Tabbé de Hambie doit présenter 3 religieux du 
dit lieu au seigneur de la Motte-Cesny, qui fait le choix 
d^un d'entre eux, et lui donne la nomination de ce béné- 
fice (2). 

La baronnie de la Motte est le chef-lieu. Le vieux 
château des barons de la Motte est situé dans le hameau 
du même nom. Cette baronnie, possédée d^abord par 
Raoul Tesson, fondateur de Tabbaye de Fontenay, fut 
apportée en mariage vers i368 à Philippe d^Harcourt, 
baron de Bonnestable par Jeanne de Tilly, héritière du chef 
de sa mère et de ses tantes, Guillemene et Jeanne de Tour- 
nebu. Elle fut érigée en marquisat en Tannée iSg3 pour 
Pierre d^Harcourt, baron de Beuvron. Elle a été depuis 
incorporée et unie en 1 709 au duché d'Harcourt. 

Il y a six hameaux à Cesny. Le plus considérable est le 
Bois-Halbout, où il y a un bourg, marché tous les ven- 
dredis, et 6 foires par an, les vendredis de la troisième 
semaine de carême, de la deuxième semaine de mai et de 
la deuxième semaine de juillet, le jour Sainte-Anne, et 
les premiers vendredis de septembre et de novembre. Il 
y a aussi un hôpital régulier sous l'invocation de saint 

(i) Le 2 juillet, le siège vacant en faveur du maréchal d'Harcourt. 
(2) Hist, généal, de la maison d'Harcourt^ par G. A. de La Roque, 
Paris, 1672, t. I, p. 785. 



Jacques, érigé Tan i2oopar Henry 11^ évéque de Bayeux, 
et fondé des biens de Tesson, baron de la Motte-Cesny, 
pour les malades de 17 paroisses voisines. L^abbé du Val 
est chargé du soin et gouvernement de cet hôpital, et le 
baron de la Motte en est l'administrateur perpétuel et de 
toutes ses appartenances. Les religieuxdu Val sont obligés, 
vacance échéante, de présenter deux d^entre eux à ce 
baron pour que par lui il en soit choisi un pour gouverner 
cet hôpital. L'abbé du Val et ses religieux sont tenus de 
lui donner des lettres d'institution. 

M . le d uc d^Harcourt en est seigneur au droit des barons 
de la Motte-Cesny. Une lieue du bourg d'Harcourt. 

Cingal (Notre-Dame de Nativité). Sergenterie de Tour- 
nebu, éleaionde Falaise, 12 feux et 41 communiants, 
notariat de Tournebu. 

Cette paroisse a environ trois quarts de lieue d^étendue, 
sans hameaux, mais seulement une ferme, une baron nie, 
et le fief de la Meslière appartenant à Fabbéde Fontenay. 
L^abbé de Barbery et ses religieux présentent à la cure et 
en sont les gros décimateurs. M'^® de Fresne est dame de 
la paroisse, comme possédant le fief dominant et mouvant 
de M. de Grainville qui en a aussi un. 

Elle est à 3 lieues de Falaise, 4 lieues de Caen et 2 lieues 
du bourg d^Harcourt. 

Clinchamps (Notre-Dame et Saint-Quirin). Sergenterie 
de Brctteville, élection de Caen, 1 5o feux, 370 commu- 
niants, lieu de notariat. 

Cette paroisse est partie sur la rivière d^Orne, partie 
sur celle de Laize. Ellen^a point d^autres hameaux que 
ceux de Percoville et du Val, qui sont distants Tun de 
l'autre d^un quart de lieue. Le bénéfice, qui est régulier. 



10 

est à la pré$entation du prieur et chanoine de l'Hôtel-Dieu 
de Caen. La grosse dîme appartient en totalité aux pauvres 
de cet Hôtel-Dieu. Clinchamps a droit de marché tous 
les lundis, et de foire le jeudi d'après les Cendres, le jeudi 
d'après Quasimodo, le 4 de juin, jour de saint Quirin et 
le 4 de novembre ; mais il ne s'y en tient plus depuis plus 
de 3o ans. II y a 3 fiefs : Qinchamps, qui appartient à 
M. de Cauvigny, Esson au même par acquêt, et Voismey 
dépendant de la commanderie de ce nom. Les vassaux du 
fief de Clinchamps relèvent à présent du bailliage de 
Caen depuis la réunion de celui de Saint-Silvin ; ceux 
d'Esson, de la juridiction d'Harcourt, et ceux de Voismay 
[Voismer], de Falaise. C'est la patrie de Guillaume le 
Pelletier, jésuite et célèbre prédicateur mort en 1668. 

Ceux du nom de Clinchamps, si connus autrefois en 
Normandie, tirent leur nom de ce lieu. La seigneurie de 
Clinchamps relève du roi, et lui fait hommage d'une livre 
de poivre, et de 2 septiers de froment mesure du grenier 
de Thuit. Gautier de Clinchamps vivait en 1098, selon 
Orderic Vital. Hugues, chevalier, seigneur de Qinchamps 
et des Maizerets fit des fondations en 1 1 38 ; un autre 
Hugues, seigneur de Clinchamps, des Maizerets et du 
Rozel donna, en 1227, le patronage de Clinchamps et 
d^autres biens à l'Hôtel-Dieu de Caen, à condition qu'il 
y serait reçu en certains jours avec son train, et qu'il dîne- 
rait à la table du prieur (i). Geoffroy de Qinchamps est 
qualifié monseigneur et chevalier dans le rôle de 1295, 
qui contient tous ceux qui accompagnèrent Jean d'Har- 
court, amiral de France, au voyage de la mer. Alain de 
Clinchamps fut fait chevalier en i3i3 par le roy Philippe 
le Bel. La branche aînée fondit dans la maison de Bures. 

(i) Hist. Harc.y p. iSSg. 



II 



Guillaume, seigneur de Bures, rendit aveu, le 27 mars 
1 371, de la seigneurie de Clinchamps, à cause de Jeanne 
de Clînchamps sa femme. De lui tenaientalors par partage, 
suivant l'aveu : M. Alain de Clinchamps, le fief du Rozel, 
et Vigor de Clinchamps, celui des Maizerets. Jean de 
Bures, chevalier, seigneur de Bures et de Clinchamps, de 
Jacqueline de Nollent de Saint-Contest sa femme, avec 
laquelle il vivait ès-années 1460-1470, eut Françoise (Je 
Bures, dame desdits lieux, alliée à Guillaume le Hericy, 
seigneur de Pompîerre. 

Cette paroisse est entre Caen et le bourg d'Harcourt, à 
2 lieues et demie de distance de Pun et Pautre. 

Combray (Saint-Martin de). Sergenterie de Thury, 
élection de Falaise, 64 feux, notariat de Tournebu. 

Cette paroisse est séparée de celle de Donnay par un 
ruisseau qui va se perdre dans POrne, près d'Harcourt, 
et de celle de Caumont par le chemin de Caen à Condé- 
sur-Noireau. Le seigneur nomme à la cure. Le curé est 
décimateur. Gabriel de Beauvoisin, seigneur et patron de 
Combray, Douve, CuUey-le-Patry, Placy et la Beauvoi- 
sinière présenta à la cure de Combray en 1602. M. Hélyes 
de Donnay en est aujourd'hui seigneur et patron. 

Elle est à une lieue du bourg d'Harcourt, 3 lieues de 
Condé-sur-Noireau et 6 lieues de Caen. 

Condel (Saint-Laurent de). Sergenterie de Bretteville, 
élâftion de Caen, 86 feux, notariat de Clinchamps. 

Cette paroisse voisine de la forêt de Cinglais, est sur la 
rivière d'Orne. L'abbé de Fontenay présente à la cure. 
Elle est à 3 lieues et demie de Caen^ et une lieue et demie 
du bourg d^Evrecy. * 



12 

Cossesseville (Saint-Barthélemy de). Sergenterie de 
Thury, élection de Falaise, 5o feux. 

Cette paroisse, située sur la rivière d^Orne, contient 
5 villages qui sont : le Jardin, le Manoir, la Sauvagerie, 
le Foucq et le Boudessou. L'église, placée au bas de la 
paroisse du côté du couchant fut transférée en 1 729 au 
milieu entre le presbytère et la maison du seigneur. L'abbé 
du Val présente à la cure. Ses religieux et le curé partagent 
la dîme. La seigneurie relève du roi. M. Jean-Baptiste- 
François Le Lassœur est seigneur et patron de Cossesse- 
ville. 

Elle est à 3 lieues de Falaise, 2 lieues de Condé-sur- 
Noireau et du bourg d^Harcourt, et une demi-lieue du 
pont d'OuîUy. 

Croisilles (Saint-Martin de). Chef-lieu de sergenterie, 
élection de Caen, 98 feux, notariat de Saint- Martin de 
Sallen. 

Cette paroisse est appelée dans les vieux titres : Croe^ 
silya, Cruxiola et peut-être Corilisum, Elle est entre les 
rivières d^Orne et de Laize. Elle a une basse justice qui 
s'étend sur Croisilles et les Moustiers. La nomination de 
la cure est attachée à la seigneurie. Les deux tiers de la 
grosse dîme sont perçus par les boursiers du collège de 
maître Gervais, de Paris, l'autre tiers par le curé. 

On croit que c'est de là qu^ont tiré leur nom Messieurs 
de Croisilles, ancienne famille de Normandie qui porte : de 
sable à 3 croisettes d^or recroisettées. Demoiselle Made« 
leine Patry, dame et patronne de Villcrey, Courtemol, 
Croisilles, Fescan, Maletot, Maisoncelles, les Granges- 
planés, Montigny, Launé, le Bodesne et le Got, fille 
de Jacques Patry, chevalier, seigneur des dits lieux, 
et de Renée de Renty, porta toutes ces terres en mariage 



13 

à M. Jean- Antoine de Franquetot, chevalier, seigneur et 
patron de Franquetot, Cretteville, Coigny, Saint-Jores, etc. , 
qu'elle épousa par traité passé à Villers-en-Bocage, le 8 juin 
1634. De ce mariage vint Robert-Jean- Antoine de Fran- 
quetot, chevalier, comte de Coigny, lieutenant-général 
des armées du roi, père, par demoiselle Marie-Françoise 
de Matignon, mariée le 5 d'octobre 1668, de François de 
Franquetot, duc de Coigny, maréchal de France. Ce ma- 
réchal vendit en 1782 les terres de Croisilles, Montigny, 
Villerey à M. Ferrand de Saint-Dizan, qui les laissa à 
demoiselle Marguerite Ferrand de Saint-Dizan, sa fille, 
mariée à Raoul-Antoine de Saint-Simon, comte de Cour- 
tomer, lieutenant-général des armées du roi. Jacques- 
Étienne-Antoine de Saint-Simon^ comte de Courtomer, 
brigadier des armées du roi, capitaine de gendarmerie, a 
succédé à son père dans toutes ces seigneuries. 

Croisilles est à 4 lieues de Caen, et une demi-lieue 
d'Harcourt. 

'Donnay (Saînt-Vigor de). Sergenterie de Thury, élec- 
tion de Falaise, intendance d'Alençon, 72 feux, notariat 
de Tournebu. 

Le seigneur nomme à la cure, le curé perçoit la dime. 
C^est la patrie de François Bertaud, savant dans les 
belles-leures, père de Jean Bertaud, évêque de Séez en 
1606. Jacques-Joseph de BcUemare de Valhébert, cheva- 
lier, baron de Coulonces, seigneur et patron de Donnay, 
nomma à la cure en 1689. Joseph de Bellemare, son fils, 
chevalier, baron de Coulonces, seigneur et patron d'As- 
nebec, Estouvy, Donnay, Secqueville, Canon et Valhébert 
y nomma par procureur en 1697, et personnellement en 
1710, M. Hélyes, écuyer, receveur des tailles à Falaise, 
seigneur et patron deCombray et de Bonœuil, est posses- 



14 

seur de la seigneurie de Donnay par l'acquisition qu^il en 
a faite de M. de Bellemare. 
Elle est à 3 lieues de Falaise. 

Esson {Notre-Damede Nativité). Sergenterie deThuiy, 
élection de Falaise, 87 feux, notariat de Thury. 

Il y a dans cette paroisse, sur une montagne très élevée, 
«n forme de pain de sucre, une chapelle du'titre de Bonne- 
Nouvelle. M. Grimoult présente à la cure et perçoit les 
deux tiers de la grosse dîme ; Tautre tiers est pour le curé. 
Le fief dominant appartient à M. le duc d'Harcourt et est 
incorporé à son duché. Elle est à peu de distance de la 
rivière d'Orne, à une demi-lieue du bourg d'Harcourt et 
à 4 lieues et demie de Caen. 

Fontaine-Halbout (Saint-Laurent de). Sergenterie de 
Tournebu, éleaion de Falaise, 20 feux, notariat de 
Tournebu. 

Elle est sur un ruisseau qui la sépare de la paroisse de 
Tournebu. En i35o, Robert de Fontaines, chevalier, 
était seigneur et patron de Fontaine-Halbout. Pierre de 
Reviers, seigneur de Fontaine, au droit de Jeanne de 
Fontaine, dame et patronne du dit lieu, nomma à la cure 
en 1466. Jeanne de Monchy, baronne de Rannes et d'As- 
nebec, dame de Coulombiers et de Moulines, patronne 
de la terre et seigneurie de Fontaine-Halbout y présenta 
le 4 octobre 1 594. La présentation de la cure appartient à 
présent au sieur Pierre Harel de Cretinière, avocat au 
Parlement de Rouen, et la dîme au curé. Le fief domi- 
nant est la baronnie de Tournebu, qui est es mains de 
M. Pierre-François-Jean-Baptiste de Bernîères, chevalier, 
seigneur de Mondrainville, Gavrus, etc., comme ayant 
épousé demoiselle Marie-Pierre de Tournebu. 



15 

Elle est à 3 lieu^ de Falaise, et un quart de lieue du 
Bois-Halbout. 

Fontaine-le-Pin (Saint-Pierre de). SergenteriedeTour- 
nebu, élection de Falaise^ 46 feux, notariat de Villers. 

Cette paroisse est séparée de celle de»Tournebu par la 
rivière de Laize ( i ) . De là était natif Guillaume le Tellier, 
mort le i^ septembre 1484, et enterré dans Péglise parois- 
siale de Caudebec, au diocèse de Rouen. Son épitaphe 
porte que c^est lui qui a achevé VO, la nef et les sous-ailes 
de cette église. L^O n^est autre chose qu'une large ouver- 
ture faite à la voûte de la nef en forme circulaire. La com- 
manderie de Voismey, de Tordre de Malte, est dans Fon- 
taine-le-Pin. Le commandeur y a une maison et une 
chapelle domestique. Il présente de plein droit à la cure, 
et nomme aussi à celle de Saint-Julien de Caen. Il a les 
deux tiers de la dîme; le curé à Tautre tiers. Elle est à 
2 lieues et demie de Falaise et une lieue de Bois- 
Halbout (2). 

Fresné'le-Pueeux (Saint-Martin de). Sergenterie de 
Bretteville, élection de Caen, 44 feux. Lieu de notariat (3). 

La nomination de la cure dépend de la seigneurie. La 
terre de Fresné est jointe à celle de Fontenay-l&-Marmion. 
Il y a un beau château pour le seigneur, et une chapelle 
à titre. La rivière de Laize arrose son territoire. Robert 
de la Planque, qualifié miles, était seigneur et patron de 
Fresné-le-Puceux en i35o. La seigneurie entra depuis 



(i) Décimateurs, le commandeur et le curé. 
(3) Seigneur, M. de Vambès de Fleurimont. 
(3) 1000 1. Estavauz, Feuguerolles, Maltot, Cully, Fontenay-le- 
Marmion, Barbery et Gouvix. 



i6 

dans la maison de Tournebu, ensuite dans celle d^Har- 
court, d^où elle passa en 1643 à Charles-Léon de Fiesque, 
comte de Lavagne, par son mariage avec Gillone d^Har- 
court, fille unique de Jacques, marquis de Beuvron. Elle 
appartient aujourd'hui à M. Claude-Louis-François de 
Régnier, comte de Guerchy, lieutenant-général des armées 
du roi, chevalier de ses ordres (i). ^ 

Cette paroisse a donné la naissance à deux personnes 
distinguées dans chacun leur genre : lo à François d'Har- 
court, marquis de Beuvron, lieutenant-général pour le roi 
en Normandie, qui naquit le i5 octobre 1498. C'était un 
excellent homme de guerre dont La Roque a fait Téloge 
dans l'histoire de sa maison ; 2» à l'abbé Guérin, ancien 
secrétaire des sciences de l'Académie de Rouen, qui naquit 
le 19 juin 1692, et est mort à Rouen le i3 avril 1759. 

Elle est à 3 lieues de Caen. 

Fresné'lC'Vieux (Saint Jean-Baptiste de). Sergenterie 
de Toumebu, élection de Caen, 32 feux, notariat de 
Clinchamps. 

Cette paroisse, proche de la forêt de Cinglais, est entre 
l'abbaye de Barbery et la rivière d'Orne. L'abbé de Bar- 
bery nomme à la cure. 

Elle est à une demi-lieue du Bois-Halbout, une lieue 
du bourg d'Harcourt et 3 lieues de Caen. 

Gouvis (Notre-Dame de). Sergenterie de Bretteville, 
élection de Caen, 70 feux, 220 communiants, notariat de 
Fresné-le-Puceux. 



(i) Le cœur de Pierre d'Harcourt, baron de Beuvron, chevalier d« 
l'ordre du roi, capitaine de 5o hommes d'armes, fut enterré le 18 août 
1627 à Fresné-le-Puceux, et le corps à Beuvron. 



17 

Cette paroisse est située sur la rivière de Laize qui la 
coupe en deux parties presque égales. Tune à Porient et 
au nord, l'autre au sud-ouest, c'est-à-dire que cette rivière 
y dirige son cours comme du sud à Pouest (i). Il y a sur 
cette rivière 4 moulins pour M"* de Chambor qui y pos- 
sède aussi environ 1 20 acres de bois taillis ; M. de Chan- 
telou y en a à peu près 20 acres. Outre le gros des habita- 
tions aux environs de Péglise, il y a 2 hameaux, le pre- 
mîer au bout du territoire du côté de Cyntheaux [Cin- 
teaux], se nomme pour cette raison hameau de Cyntheaux; 
il est près d'une demi-lieue loin de Péglise. Le second se 
nomme le Haut-Mesnil, dont plus de la moitié est de la 
paroisse deCauvicourt; il est éloigné de Péglise de Gouvis 
d^un quart de lieue. Gouvis est un prieuré-cure de POrdre 
des chanoines réguliers de Saint- Augustin. Il est à la 
nomination de Tabbé de Barbery par échange du patro- 
nage et dîmes de la paroisse de Quetienville, diocèse de 
Séez, consommé le 3 avril 1664, avec les chanoines régu- 
liers de Sainte-Barbe-en-Auge. Par le même échange, 
Fabbaye de Barbery jouit des deux tiers de la dîme, et le 
prieur-curé a Pautre tiers avec les verdages. Il y a 3 fiefs 
nobles dans cette paroisse qui partagent les droits honori- 
fiques de Pégjise. Le fief de Gouvis a la moitié des hon- 
neurs du patronage et du chœur, du côté gauche; le fief 
d^Outrelaise a le troisième quart, et le fief de Cahaignes le 
quatrième; les 2 derniers partagent Pautre moitié du 
chœur, et ont chacun un banc. Le féal fief de Gouvis est 
de haubert, relevant du roi; les 2 autres dépendent de 
différentes seigneuries. Les 2 premiers sont dans la main 

(i) Située dans un vallon assez profond et forme un gros village. 
L'église est sur un cdteau qui domine sur le village. M** de Chambor, 
haute dame de cette paroisse par acquisition. 

2 



i8 

de M«e le Petit d^Aveisnes, veuve de M. de Chambor ; le 
troisième est possédé par M. de Chantelou Elle est à 
3 lieues et demie de Caen. 

Grainville^la-Campagne (Saint-Étienne de). Sergen- 
terie de Tournebu> élection de Falaise; 32 feux, notariat 
de Bretteville. 

Cette paroisse, en latin Grainivilla ou Graïnivilla, 
tire apparemment ce nom d^un de ses principaux habitants 
appelé Guérin, Guarinivilla, d'oîi s'est formée par la 
suite Grainvilla. Elle est arrosée par le ruisseau de la 
Manche qui prend sa source proche Téglise paroissiale. 
L'abbé d'Aulnay présente à la cure. Il y possède la ferme 
de Saint-Hilaire et les deux tiers de la dîme ; le curé a 
Tautre tiers. II n'y a qu'un hameau et 2 fiefs qui sont : 
Grainville*fiilly et Grainvile-Theaux, appartenant à 
M. de Collet de Grainville. 

Elle est à 4 lieues de Caen, 5 lieues de Falaise et 
2 lieues de Saint-Silvin. 

Grimboscq (Saint- Pierre de). Sergenterie de Bretteville, 
éleaion de Caen, 45 feux, 200 habitants, notariat de 
Clinchamps. 

Cette paroisse, située sur la rivière d'Orne qui la borne 
à l'occident et au midi, est composée de terres maigres et 
de mauvais rapport. La forêt de Cinglais en occupe plus 
de la moitié. Il y a 2 hameaux : Lasseret, éloigné de 
l'église de près de 5oo pas; et Hue, qui en est à une 
demi-lieue loin. La cure est à la présentation de l'abbé 
de Fontenay, qui dîme lui seul ce qu'i) y a de la forêt de 
Cinglais sur Grinboscq. Le curé dîme ce qu'il y a de 
terres avec les verdages, à charge de 40 livres de rente 
qu^il fait au susdit abbé pour les deux tiers de la dîme. 



19 

La chapelle ou prieuré simple de Saint-Anne-d'Olivet'est 
de son territoire. C'est un petit bénéfice régulier, dépen- 
dant de Pabbaye du Val-Richer, et possédé par un de ses 
religieux qui doit 24 messes basses par an. On 7 voit 
aussL les vestiges du château d'Olivet, autrefois consi- 
dérable. Il était situé sur une éminence fort élevée dont 
une partie est de la paroisse de Mutrécy. Le hameau du 
Vieux-Grinboscq, qui est à certaine distance de là, ne 
dépend point de Grinboscq, mais bien de Saint-Laurent- 
de-€x)ndel, autre paroisse voisine. La seigneurie de 
Grinboscq, membre de la baronnie et marquisat de la 
Motte-Cesny, est unie au duché-pairie d'Harcourt. Elle 
ressortit au bailliage de Falaise pour le civil. 

Elle est à une lieue et demie du bourg d'Harcourt et 
4 lieues de Caen. 

Harcourt (Saint-Sauveur et Saint-Mathieu). Duché- 
pairie, bourg, chef-lieu de sergenterie sous le nom de 
Thury, élection de Falaise, généralité d'Alençon, 120 
feux, 600 habitants, lieu de notariat. 

Ce lieu, connu autrefois sous le nom de Thury, a été 
pris par quelques-uns pour Yaugustodurum des tables de 
Peutinger, que d'autres ont placé au bourg de Thorigny, 
et qui était plus vraisemblablement au village de Vieux, 
au-dessus de Caen. 

Le bourg d' Harcourt, situé sur la rivière d'Orne, est 
presque environné d'une chaîne de montagnes d^oti Ton 
tire de l'ardoise presque aussi estimée que celle d'Anjou. 
Il y a de très belles halles, un poids-le-Roy, et une 
ancienne haute justice ressortissante par appel du Parle- 
ment de Rouen. Le marché s'y tient tous les samedis, et 
7 foires par an ; savoir : le second mardi de carême et 
le mardi de la semaine des Rameaux^ les premiers mardis 



20 



de mai et de juillet, le 22 septembre, et dure 2 jours, le 
mardi de la dernière semaine d^octobre et le mardi diaprés 
les fêtes de Noël. Les habitants ne sont sujets qu^à 4 deniers 
de coutume pour et au lieu du treizième. Ils tiennent 
en franche bourgeoisie, n^ ayant que 40 jours de retrait. 
Leur principal commerce consiste dans la tannerie des 
cuirs. A trois quarts de lieue du bourg, il y a de très 
bonnes mines de fer et en assez bonne quantité, et dans 
les environs, plusieurs fontaines d^eaux ^minérales fort 
estimées. 

Le château de M. le Duc est magnifique ; c^est un 
mélange de goût ancien et moderne qui, avec ses 
beaux dehors, fixe l'œil des curieux. Il y a une chapelle 
,à titre de Saint-Georges à la présentation du Seigneur. 
Son principal revenu consiste dans le tiers de la dîme de 
Cesny-en-Cinglais. La nomination de la cure appartient 
à Tabbé de Fontenay, et la dîme au curé. La baronnie de 
Thury, possédée d^abord par les seigneurs de la Roche- 
Tesson, issus des comtes d'Anjou, fut partagée de bonne 
heure, et portée par alliance dans les maisons de Crespin, 
de Préaux et de Ferrières. Anne d^Aumont, dame de 
Thury, du chef de Françoise de Ferrières, sa mère, 
porta sa portion avec plusieurs autres seigneuries à son 
mari, Claude de Montmorency, seigneur de Fosseux, 
petit-fils de Jean II, baron de Montmorency, grand 
chambellan de France. Son fils, Pierre de Montmorency 
devint, par la mort du comte de Homes, décapité en 
Espagne au mois d^octobre 1570, chef du nom et des 
armes de son illustre maison. Ce fut en sa faveur que le 
roi Henri III érigea la baronnie de Thury en marquisat 
par lettres de septembre 1578. Ce marquisat était entré 
depuis dans la maison d^Harcourt, qui possédait déjà une 
partie de la terre de Thury. Louis XIV Térigea'en duché 



21 



SOUS le nom d'Harcourt par leitrçs de novembre 1 700, 
registrées en la Chambre des Comptes de Rouen, le 
2 août 1701, puis en pairie par autre lettre de septembre 
1709, enregistrées le 19 août 1 710, en considération des 
services d'Henri, marquis d'Harcourt Beuvron, chevalier 
des ordres du roi et maréchal de France (i). Le duché 
d^Harcourt comprend Pancien marquisat de Thury, les 
bois et francs buissons de Cinglais, le fief et la seigneurie 
de Saint-Bénin, la terre et la seigneurie de Pont-d'Ouîlly, 
la fieferme de Croisilles, unie au marquisat de Thury, la 
terre, seigneurie et marquisat delà Motte-Harcourt, avec 
les bois de la Motte et de Grinboscq qui en dépendent, 
les terres et seigneuries de Saint-Martin-de-Salon, celles 
de Beauvoir et de Châtelier avec tous les droits, préro- 
gatives et mouvances qui leur appartiennent. Il est possédé 
aujourd'hui par Anne-Pierre d'Harcourt, duc d'Har- 
court, pair de France, chevalier des ordres du roi, lieu- 
tenant de ses armées et de la province de Normandie, 
gouverneur du vieux Palais de Rouen et des ville, cita- 
delle et souveraineté de Sedan, garde de Toriflamme, etc. 
Le bourg d'Harcoun est entre les 2 villes de Caen 
et de Falaise, à 5 lieues de distance de Tune et de Tautre. 

Laise-la-Ville (Notre-Dame de). Sergcnterie de Brette- 
ville, élection de Caen, 5o feux, notariat de Qinchamps. 

Cette paroisse est située sur la rivière de Laise, dont 
elle a emprunté le surnom qui s'écrit en différentes 
façons. Laize, Laise ou Lèze. Outre le gros delà paroisse, 
il y a 6 hameaux, savoir : le bout aux Garniers, le bout 
Seline, le bout aux Paugers, les Hommais, le bout de 
Gacey et la Chesnée. Le chanoine de Laise, fondé en 

(i) Histoire des grands officiers de la Cour, t. V, p. 114. 



22 

réglise métropolitaine de Rouen, nomme de plein droit 
à la cure. Il prétend avoir et exerce même une juridiction 
quasi épiscopale sur cette paroisse. Il y a son of&cial et 
son promoteur. Les grosses dîmes appartiennent, les deux 
tiers à ce chanoine, le surplus au curé. Il n^y a qu^un 
seul fief relevant du roi, qui est ès-mains du chanoine de 
Laise qui, pour cette raison, se dit seigneur temporel et 
spirituel du lieu. 

Elle est à 2 lieues un quart deCaen, à trois quarts de 
lieue de Bretteville-sur-Laise et à 3 lieues d^Harcourt. 

Martainville (Saint-Silvin de). Ser^enterie de Thury, 
élection de Falaise, 34 feux, notariat de Thury. 

Cette paroisse contient 4 hameaux : le haut de 
Martaiaville, les Bouillons, la Rabotière et le Parc. 
M. Philippe de la Haye, écuyer, seigneur et patron de 
Martainville, présente à la cure. Les dîmes sont en con- 
testation entre le curé et une abbaye. 

Elle est à 3 lieues de Falaise et à une petite lieue du 
Bois-Halbout. 

Meslay (Saint-Celerin de). Sergenterie de Tournebu, 
élection de Falaise, 70 feux, 140 communiants, notariat 
de Tournebu. 

Elle n^est arrosée que par un petit ruisseau qui prend 
sa source dans les bois de ce lieu. Le terroir en est très 
mauvais, dont environ 100 acres de mauvais bois et 
bruyères, et 140 de terres labourables. Elle est sur le 
chemin de Harcourt à Falaise. Les hameaux du haut 
Meslay et le fiisson et quelques maisons éparses çà et là 
forment la demeure de ses habitants. Messire Joseph 
Blessebois, écuyer, sieur du Veaugrou en est seigneur et 
présente à la cure. Il a une chapelle domestique fondée à 



23 

son château. Son fief dépend suzerainement du duché 
d^Harcourt. La dîme appartient au curé. 

Elle est à 3 lieues de Falaise et à une lieue d^Har- 
court. 

Mesnit-Tou/ray (Saint-Martin de). Sergentcrie de 
Tournebu, élection de Falaise, 33 feux, notariat de 
Bretteville. 

Elle est sur la rivière de Laize. La nomination de la 
cure est attachée à la seigneurie, et la dîme à la cure. Dé- 
cimateur, le curé. 

Robert de Fontenay, seigneur du Mesnil-Tousfray, est 
cité dans les Échiquiers de Normandie tenus à Rouen es- 
années 1 336-1 344 et 1 347. Il bailla aveu le 27 mars 1 371 
pour la seigneurie de Mesnil-Tousfray en la vicomte de 
Falaise, pour le fief de la Charbonnière en la vicomte de 
Bayeux, et pour le fief du Buisson en la vicomte de Caen. 
Ses armes sont : écartelé d'or et de gueules et endenté de 
Tun en l'autre. Jeanne de Fontenay, dame du Mesnil- 
Tousfray, épousa Jean, sire de Tournebu, père d'Alix, 
dame et baronne de Tournebu et du Mesnil-Tousfray, 
mariée en 1452 à Jean deThères (i). 

Elle est à 3 lieues et demie de Falaise, une de Bois*Hal- 
bout. 

M. d'Angerville d'Aurchy [d'Orcher], seigneur et 
patron. 

Moulines (Saint-Georges de). Sergenterie de Tournebu, 
élection de Falaise, 5o feux, notariat de Tournebu. 
Elle est arrosée par deux ruisseaux qui se réunissent à 

(i) La terre passa à M. de LaloDgny d'Urville, et leur droit à 
M. d'Orchey d^Angerville, beau-frère de M. de Mondrainville. 



24 

la rivière de Laise à rextrémité de son territoire. La 
seigneurie relève de la baronnie de Tournebu. La présen- 
tation de la cure appartient à Tabbé de Barbery. 
Elle est à 3 lieues de Falaise. 

Mousse (Saint-Mathieu de la)^ villa de Mossa ou de 
Mossia. Sergenterie de Thury, élection de Falaise, 
lo feux, 35 habitants, notariat de Thury. 

Son territoire a très peu d^étendue ; il ne contient que 
90 arpents de terre à labour, et 3o de vignons, coteaux et 
rochers. Il y a plusieurs sources d'eau minérale dont les 
médecins ont fait usage avec succès. On y tire de la mine 
de fer qu^on transporte à la grosse forge de Damvou. 
L^abbé du Val présente à la cure, et le curé en perçoit les 
dîmes. Le chœur de Téglise, à en juger par la maçonnerie 
anglaise, paraît être du xi* ou du xii^ siècle. La nef a été 
rebâtie il y a environ 24 ans, et diminuée à cause de Fin* 
suffisance de ses habitants. Il n^ a qu^une petite cloche 
pour le signal de l'office, laquelle ne pèse pas plus de 
60 livres ; elle est remarquable par son antiquité et par 
un son si clair et si sonore que quelques-uns m'ont 
assuré Pavoir entendue de plus d'une lieue. M. le duc 
d'Harcourt est seul seigneur de la Mousse ; elle dépend de 
la haute justice d'Harcourt. On dit qu'on y a tenu les 
marchés, foires et hautes justices de ce bourg, alors nommé 
Thury, pendant une maladie épidémique qui le désolait. 

Elle est à une lieu au midi d'Harcourt, à 2 lieues de 
G>ndé«sur*Noireau, à 4 lieues de Falaise et à 6 lieues de 
Caen. 

Moutiers (Notre-Dame et SaintJean des). Sergenterie 
de Croisilles, élection de Caen, 60 feux, notariat de 
Clinchamps. 



25 

Cette paroisse est bornée au levant par la forêt de Cin* 
glais et au couchant par la rivière d^Orne. Les Moutiers, 
monastérta, a pris son nom sans doute de plusieurs* 
églises qui étaient autrefois en ce lieu. Le livre Pelut, de 
rÉvéché, rédigé vers 1 35o, en distingue deux qui existaient 
alors : Pune desservie par un religieux^ à la nomination 
de Pabbé et ilu couvent du Val ; l'autre, à celle de Pabbé 
de Lonlay. Aujourd'hui, la première n^est plus qu^une 
chapelle ou prieuré simple sous le titre de la sainte 
Vierge; la seconde est l'église paroissiale à laquelle 
présente l'abbé de Lonlay. Elle est à une lieue et demie 
d'Harcourt, et à 4 lieues de Caen. 

Mutrécy (Saint-Honorine et Saint-Clair de). Sergen- 
terie de Bretteville, élection de Caen, 190 communiants, 
notariat de Clinchamps. 

Cette paroisse est située sur la rivière d'Orne qui la 
baigne l'espace d^une bonne demi-lieue, c'est-à-dire 
depuis le bac du Coudray jusqu'au ruisseau de Coupe- 
Gorge, autrement le ruisseau de Saint«Anne, à cause du 
voisinage d'une chapelle du même nom. Cette chapelle, 
bâtie dans une prairie, entre deux coteaux, sur le bord de 
l'Orne, était &meuse autrefois par une assemblée. Mu- 
trécy, dans la grande largeur, est à peu près d'une demi- 
lieue, sur une lieue de longueur du nord au sud. Il y a 
2 hameaux : l'un surnommé des Huets, qui la sépare de 
Saint-Laurent-de-Condel ; l'autre, de la Vallée qui est 
dans un fond. Cette paroisse en général forme un terri- 
toire peu fécond mais charmant pour la variété de la 
promenade. On y trouve une belle rivière, des prairies, 
des bois taillis, des coteaux tantôt rudes et affreux, 
untôt nus et quelquefois couverts de broussailles ; en un 
mot, il n'est guère de lieu plus agréable en été et moins 



26 

hideux en hiver. L'église, située à peu près aux deux 
tiers de sa longueur, a une tour octogone en pierres de 
taille qui fut bâtie en 1756. M. Pierre-Louis-Augustin 
Hûe, écuyer, seigneur et patron de Mutrécy, présente à 
la cure. Toute la dîme appartient au curé, à l'exception 
d'un canton nommé les Ruaudes ou Rioudes^ dont les 
religieux de Fontenay sont décimateurs. La maison du 
seigneur est environ à un quart de lieue de l'église ; il 7 a 
une chapelle domestique. Il part de là une avenue qui 
conduit au bac du Coudray, ornée de bois taillis des 
deux côtés. Son principal fief est Mutrécy. Il en a en 
main trois autres qui en dépendent : Bordeaux, Chièvre 
et d^Aumont, et deux extensions, Tune dans Grinboscq, 
l'autre dans Espins ou les Pins. La seigneurie est selon 
quelques titres, un fief de haubert, et selon d'autres, un 
demi-hauben seulement. 
Elle est à 3 lieues au sud de Caen. 

Pierrejltte (Saint-Pierre de). Sergenterie de Thury, 
élection de Falaise, 92 feux. 

Cette paroisse est bordée en partie par des rochers et 
2 ruisseaux qui vont de là se perdre dans TOrne (i). 
Il y a une manufacture de verre dans ce lieu. La cure est 
divisée en 2 portions qui sont à la nomination du 
seigneur. M. Pierre-Claude*René-Henri de Mathan est 
seul seigneur et patron des 2 cures ; l'une au droit de 
ses ancêtres, Tautre par acquisition faite, il y a plus de 
60 ans, de Marc de Pierrefitte. 11 forme la branche 
aînée de la maison de Mathan, et descend au 2o« degré de 



(1) Ce village et celui de Villers-Canivet sont remarquables par la 
défaite du comte de Brissac, général de la ligue. Hist de Norm-, 
t* V, p. 269. Masseville. 



27 

filiation de Jean de Mathan, chevalier banneret, qui 
suivit le duc Robert de Normandie, en 1 096, à la conquête 
de la Terre Sainte. II épousa, en 17 5a, Marie-Henriette 
Le Berçeur de Fontenay, fille et héritière en partie de 
René Le Berçeur, marquis de Fontenay, et de Charlotte 
Henriette de Malherbe. 

Elle est à une lieue et demie du Pont-d^Ouilly et à 
3 lieues de Falaise. 

Pins ou Espins (Saint-Pierre des) de Espinis. Sergen- 
terie de Tournebu, élection de Falaise, 69 feux, notariat 
de Clinchamps. 

L^abbé du Val-Richer nomme à la cure. Robert Tesson, 
chevalier, second fils d^Ernest, donna en faveur de Saint- 
Bernard, abbé de Qairvaux, à l'abbaye du Val-Richer ( i ) , 
le patronage de Saint-Pierre-des-Pins, excepté la troisième 
gerbe de la dîme, que percevaient déjà les lépreux de 
Saint-Jacques du Bois-Halbout, et confirma par une 
chartre de 1 199 ce qu^Eudes, son oncle, avait aumône au 
Val-Richer. La seigneurie appartenait, en 1 708, à Ber- 
nard-Baptiste Beaudoin, écuyer, seigneur et patron des 
Pins (2). Pour faire recevoir la même année, à Saint- 
Cyr, Madeleine-Elisabeth Beaudoindes Pins, qu^il avait 
eue de son mariage avec demoiselle Marie-Anne Belette, 
il établit par titres les preuves de sa noblesse depuis 
Pierre Beaudoin, son quatrième aïeul, seigneur d^Aizi, 
qualifié du titre de noble et éctiyer au mois d^avril 1 32 1 . 
Bernardin Beaudoin était sieur des Pins en 1726. Ses 
armes sont : d'azur, au chevron d'argent accompagné en 
chef de 2 roses de même, et en pointe de 3 trèfles d'argent 

(i) Hist, Harc,^ t. I, p. 3a 1. 

(i) Armoriai général di la France. Reg. I, \^ partie, p. 5a. 



• 28 

posés 2 et I, et une fleur de lis d^or placée au milieu de 
reçu. 

Elle est à une demi*lieue du Bois-Halbout, une lieue 
d^Harcourt et 3 lieues et demie de Caen. 

Placy (Saint-Martin de). Sergenterie de Tournebu, 
élection de Falaise, 42 feux, 127 habitants. 

Elle n'est arrosée que par un petit ruisseau qui vient de 
Cesny et des Pins. Il y a 5 hameaux, la Ville, les Hayes, 
Gournay, Courgenét et les Moulins. Partie de la paroisse 
dépend du siège de Falaise, partie de la haute justice 
d^Harcourt. L^abbé du Val présente à la cure. La moitié 
des grosses dîmes appartient à ses religieux, Tautre moitié 
est possédée par quart par le curé et le trésor. Montenay 
est le fief dominant de la paroisse ; il relève de M. le duc 
d^Harcourt ; il est ès-mains de M. Jacques-Charles-Siméon 
de Thibout, écuyer, seigneur de Placy. 

Elle est à une lieue du bourg d'Harcourt. 

Pommeraye (Notre-Dame de la) . Sergenterie de Thury, 
élection de Falaise, 34 feux. 

Cette paroisse est appelée dans d^anciens titres Ecclesia 
de Castro Pommeriœ, Plusieurs ruisseaux y prennent leur 
source. Un entre autres qui va se perdre dans la rivière 
d^Orne, en la paroisse de Saint-Pierre-du-Bô. Elle est dans 
un fond, au pied d'une haute montagne sur laquelle il y a 
une chapelle de Saint-Clair fort célèbre. Il s'y tient tous les 
ans, le lendemain de ce saint, une foire dont les droits 
appartiennent aux religieux du Val. Ils y disent la messe 
le jour de la fête et le dimanche précédent seulement. Le 
curé, à la nomination de Pabbé du Val, perçoit les dîmes 
de sa paroisse. M. Du val, bourgeois de Falaise, en est 
seigneur. C'est de là qu'était Gosselin, chevalier, seigneur 



29 

de la Pommeraye, baron de la Motte-Cesny en Cinglais, 
que l'historien de la maison d'Harcoun qualifie de fon- 
dateur de Tabbaye du Val, du prieuré de Saint-Nicolas- 
de-Buron, et de Thôpital du Bois-Halbout (i). Sa riche 
succession entra par alliance dans les maisons de Tour- 
nebu, de Tilly et d'Harcourt. 

Elle est à 3 lieues de Falaise et à 2 petites lieues du 
bourg d^Harcourt. 

SainUChristophe-sur-Ome. Sergenterie de Thury, 
élection de Falaise, 12 feux. 

Elle est située sur la rivière d^Orne, qui la borne au 
midi et au couchant. Elle a pour limites, entre le midi et 
le levant, un chemin qui va du Pont-d^Ouilly à Ouilly- 
le-Basset, diocèse de Séez, et au septentrion le ruisseau 
des Vaux, qui la partage d'avec Pierrefitte. Le curé est à 
la présentation du prieur commendataire de Saint-Nicolas 
de la Chesnaye, près Bayeux, et la dîme au curé. Parmi 
les anciens seigneurs de Saint-Christophe, on compte le 
seigneur de Fontaine (dominus de Fontibus] en 1 35o (2). 
Jean de Saint-Germain, sieur de Rouverou, d'Ouilly-'le- 
Basset ès-années 1 587-1616. Aujourd'hui, M. le duc 
d^Hareourt est seigneur de presque toute la paroisse. 

Elle est à 3 lieues de Falaise et à un quart de lieue du 
Pont-d'Ouilly. 

Saint-Germain-Langot. Sergenterie de Thury, élection 
de Falaise, 1 02 feux. 
La rivière de Laize prend sa source dans cette paroisse 



(i) Hist, HarCf 1. 1, p. 801. 

(a) Lib. Pelut. — Rég. épisc. Bajocensis. 



30 

et après un cours de 4 lieUes elle va se jeter dans l'Orne, 
au-dessus de Caen, auprès de Fontenay-PAbbaye. 
L'abbesse de Villers-Canivet nomme à la cure. 

Pierre d^Ar^ences, seigneur de Saint-Germain-Langot, 
descendait de Richard, seigneur d^Argences qui présida 
à TEchiquier de Rouen, année 121 3, avec Henri de 
Neubourg et autres seigneurs (i). Lui ou quelqu^un de 
sa postérité retint le nom de Saint-Germain, qu'il transmit 
à ses enfants. Michel de Saint-Germain, seigneur de 
Saint-Germain-Langot, n'eut que des filles de Stévenotte 
Le Veneur, sa femme (2). Marie, Paînée, dame de Saint- 
Laurent-en-Caux, épousa Gui d'Harcourt, baron de 
Beuvron; une autre, un seigneur d'OilIiançon d'une 
maison originaire d'Ecosse, auquel elle apporta, au milieu 
du xvi^ siècle, la terre Saint-Germain-Langot. C'est d'eux 
que descendait Tcnneguy d'Oilliançon (3), seigneur de 
Saint-Germain-Langot, par son père, et de Possé par 
N. Tiercelin, sa mère; lequel épousa, vers 1600, Renée 
de Pellevé, fille de Nicolas, comte de Fiers, et d'isabeau 
de Rohan, vicomtesse deCondé-sur-Noireau. Ses descen- 
dants possèdent encore la terre de Saint-Germain en titre 
de marquisat. 

Elle est à 2 lieues de Falaise et 2 lieues et demie du 
Pont^'Ouilly. 

Saint'Germain-le-Vasson. Sergenterie de Tournebu, 
élection de Falaise, 74 feux, notariat de Bretteville-sur- 
Laize. 

Cette paroisse, située sur la rivière de Laize, relève 



{i)Hist,Harc., 1. 1, p. Sgi. 

(a) Dict. de Moréri,va mot Harcourt. 

(3) Hist, des grands qffic, t. U, p. 87. 



31 

partie du baillîagede Falaise, partie du duché d^Hdrcourt. 
L'église est presque au milieu de son territoire. Saint- 
Germain, évêque d'Auxerre, est son premier patron, 
Saint-Marcoul, abbé, son second. La cure es; à la nomi- 
nation de M. Bernard-Hector de Cauvigny de Bouton- 
villiers, seigneur de Saint-Germain, chevalier de Tordre 
militaire de Saint-Louis, capitaine de cavalerie au régi- 
ment Dauphin-Étranger. Guillaume d'Argences en était 
seigneur en i35o (i) et Richard LeCloustier en 1462. 
Les religieux de Tabbaye de Saint*Evroult ont les deux 
tiers de la grosse dîme, Tautre tiers appartient au curé. Il 
y a un petit canton exempt de dîme comme étant du 
domaine du Bois-Halbout. Il y a un petit village aux 
environs de Péglise qui forme environ 29 ou 3o feux. 
Au midi est le hameau de Fontaine-les-Rochers, avec 
un fief, séparé de Téglise par une bruyère. Une belle fon- 
taine qui y prend sa source et plusieurs gros rochers lui 
donnent le nom. Il contient environ 24 feux,. plus d^un 
tiers de la paroisse, et la meilleure terre. Au nord, est le 
hameau de la Londe qui, avec le village d^Angoville, et 
le fief du Mesnil-Manicier appartenant à M. de Mar- 
guérit, écuyer, composent 19 feux. A Poccident, de 
Tautre côté de la rivière de Laize, à Textrémité de la 
paroisse, sont la maison et le fief de Livet, avec une cha- 
pelle domestique, appartenant à M. Louis*Charles- 
François de Cauvigny de vDaudement, frère du seigneur 
de Saint-Germain. Le côté de l'orient n'est composé que 
de terres à labour, d'anciennes carrières, de bruyères, et 
de 3 maisons détachées. La seigneurie de Saint-Germain* 
le-Vasson est un fief de chevalier relevant du roi. 



(i) L. Pdut — R. du Moustier. 



32 

Elle es$ à 4 lieues de Caen, à 3 lieues de Falaise, et à 
plus d^une lieue du marché du Bois-Halbout. 

SainUOmer. Sergenterie de Tbury, élection de Falaise, 
82 feux, notariat de Thury. 

Cette paroisse, située dans un fond, est limitrophe de 
la haute butte de Saint-Clair-de^la-Pommeraye, d'oti part 
un ruisseau qui traverse son territoire et va se perdre 
dans rOrne. Elle est décorée d^une abbaye de chanoines 
réguliers, dont je vais parler d-aprës. Son abbé, seigneur 
temporel, présente à la cure qui est en règle ; il en perçoit 
les dîmes. La qualité de seigneur de Saint-Omer fut con- 
testée en 1439, à cette abbaye, par. Jacques, baron de 
Tournebu et Pierre, son frère, qui représentaient les 
fondateurs (i). Les arbitres nommés donnèrent, le 16 juil- 
let de la même année, une sentence à Pavantage de ce 
monastère ; ils lui adjugèrent le revenu entier de ce fief 
tel qu'il avait été aumône par les fondateurs. Ce qui fut 
ratifié en même temps par les susdits seigneurs. 

Elle est à 7 lieues de Caen et à 3 lieues de Condé-sur* 
Noireau. 

L^abbaye de Notre-Dame-du-Val, de Tordre des cha- 
noines réguliers de Saint- Augustin, est sur la paroisse de 
Saint-Omer. Arthur du Moustier croit qu'elle fut fondée 
en II 55. Il se trompe. Richard de Douvres, évêquede 
Bayeux, en ratifiant dès 11 25 une donation faite à cène 
abbaye par Gosselin, seigneur de la Pommeraye, dé- 
montre qu'elle est plus ancienne. .Ce seigneur de la 
Pommeraye est qualifié fondateur dans les Chartres de 
réglise de Bayeux ; Pétronille, qui était peut-être sa 
femme, porte la même qualité dans le nécrologe de 

(I) Hist. Harc, t. I, p. 788. 



35 

Pabbaye de Silly. Les barons de Tournebu, représentant 
le seigneur de la Pommeraye, auquel ils avaient succédé 
par alliance, ratifièrent aussi la fondation de cette abbaye 
et lui firent du bien en différents temps. Algaire, évêque 
de Coutances, rédigea la règle et les constitutions pour les 
chanoines réguliers qui y avaient été appelés. Le malheur 
des temps apporta par la suite un grand relâchement dans 
la discipline et les moeurs de ces religieux. Le célèbre 
abbé de la Trappe, Armand-Jean LeBouthilierde Rancé, 
qui tenait cette abbaye en commande» tenta d^y faire 
entrer la réforme ; les difficultés de Touvrage le rebutèrent, 
il s^en démit en 1662 en faveur de Nicolas Druel qui fut 
plus heureux. Celui-ci ayant embrassé la réforme de la 
congrégation de Friardel en 1676, sut la faire prendre 
aussi à ses religieux, et fit changer de face entièrement à 
son abbaye. 

L^àbbé du Val nomme à 19 bénéfices cures, dont il y 
en a 12 qui sont en règle. 

Saint'Rémy»sur'Orne (parochia Sancti Remigii 4e 
Olina], Sergenterie de Thury, élection de Falaise, 
90 feux. 

Cette paroisse est bornée d'un côté par la rivière d'Orne, 
et de Tautre par le ruisseau de la Planche-Goubout. 
C'est là où est le bateau de Cantepie, et oti viennent 
débarquer celui de la Landelle, de la paroisse de Clécy, 
et celui du Pont-de-la- Mousse, de la paroisse de Culey-le- 
Patry. Elle relève de la haute justice d'Harcourt et consiste 
presque toute en buttes, d'oii Ton tire de la mine de fer. 
14 villages partagent son territoire : la Serverie, les 
Bassets, les Bins, la rue de Bailly, la Méheudière, la 
Bouriennière, la Muloisière, la Hercerie, Delaunay, la 
Maraudière, le Pont-de-la-Mousse, le Nid-de-Chien^ la 

3 



34 

Pivantière et la Jenière. Le seigneur de Saint- Rémy 
présente à la cure de laquelle dépendent toutes les 
dîmes. Philippes de Courcelles, écuyer, seigneur de 
Saint-Rémy, est mentionné en un contrat de Tan 1 5 1 3 ( i ). 
. Louis, seigneur de Saint-Rémy, son fils, épousa, en 
i533, Jacqueline du Val. Jacques de Courcelles, seigneur' 
de Saini-Rémy, et Vincent leurs enfants firent des par- 
tages en i568. L^aîné fut Claude, seigneur de Saint- 
Rémy. Nicolas de Vassy, seigneur et patron de Saint- 
Rémy, nomma à la cure en 1 576 ; Guillemette de Vassy 
son héritière en 1612 (2). Elle était alors veuve dq Jean 
de Saint-Germain, seigneur de la Selle^ gentilhomme 
ordinaire de la chambre du roi. Nicolas de Croisilles, 
conseiller du roi en son Conseil d^Etat et privé, seigneur 
de Moulines et de Saint-Rémy y nomma en i63i ; Anne 
de Tuffan, sa femme, tutrice de ses enfants, en i633. Ces 
enfants étaient Nicolas de Croisilles, conseiller, au- 
mônier du roi, abbé commendataire de Notre-Dame de 
Fontaines-les-Blanches, et Simon de Croisilles, qui 
succédèrent en 1647 ^^^ biens de feu leur père. Aujour- 
d'hui, le seigneur de Saint-Rémy est M. Pierre François 
de Lesdain, chevalier, seigneur de la Chalerie, chevalier 
de rOrdre militaire de Saint-Louis, gouverneur des 
ville et château de Domfront, lieutenant de MM. les 
maréchaux de France. 
Elle est à une lieue et demie du bourg d'Harcourt. 

Tournebu (Saint-Hilaire de). Bourg, baronnie, chef- 
lieu de sergenierie, élection de Falaise, 109 feux, 
3oo communiants, lieu de notariat. Les paroisses en 

(i) Hist, HarCf t. I, p. 997. 
(2) Reg. du sec. de l'Évêché. 



ÎS 

dépendantes sont : Âcqueville, Meslay» Cingal, Cesny, 
Fontaine-Halbout, Moulines, Martainville, Combray et 
Donnay. 

Elle est située sur la rivière de Laize. Les maisons qui 
sont autour de Téglise forment le bourg; le village du 
Mesnil, les hameaux des Houles, du Val, de Clairtison, 
du Boisfradel^ de la Haye-Percey composent son terri» 
toire. Il y a un très ancien château entouré de fossés. 
L'abbé du Val présente à la cure à laquelle appartiennent 
les dîmes. Le curé qui est chanoine de Tordre de Saint- 
Augustin, prend le titre de prieur-<uré. Le patronage et la 
dîme de Tournebu sont une aumône faite à Tabbaye du 
Val, par Guillaume II, seigneur de Tournebu et de Mar- 
bœuf, depuis ratifiée par Jean de Tournebu, son fils, 
vers 1260. La sergenterie de Tournebu contient 23 pa- 
roisses ; 20 sont de l'élection de Falaise, généralité d' Alen- 
çon, les 3 autres de Téleaion et généralité de Caen ; 
partie de ces paroisses dépend de l'évéché de Bayeuz, 
Tautre partie de Tévêché de Séez. 

La seigneurie est un fief d^haubert qualifié d^ancienne 
baronnie, relevant immédiatement du roi, et dont relè- 
vent aussi plusieurs paroisses, entre autres : Moulines, 
Fontaine-Halbout et Acqueville. Elle a donné le nom à 
la maison de Tournebu, Tune des plus anciennes et des 
plus illustres de la Normandie, dont les armes sont: d^ar- 
gentà la bande d^azur. On remarque que Thomas, baron 
de Tournebu, devait service au duc de Normandie, de 
3 chevaliers en chef, et de 17 autres sous lui, à cause de 
20 fiefs dont était composée la baronnie de Tournebu ( r). 
Il vivait en 1 181. Jean de Tournebu, son fils, Pun des 
chevaliers bannerets nommé dans la liste dressée sous 

(1) HisU Harc., t. I, p. 178. 



36 

Philippe-Auguste, vers 12 14, devait service de 2 cheva- 
liers^ et de lui relevaient 16 fiefs qui lui devaient service. 
Jean, IV^du nom, baron de Tournebu et du Béthomas, 
époux de Jeanne de Fontenai, dame du Mesnil-Tousfrai, 
n^eut qu^une fille unique nommée Alix, mariée Pan 1462 
à Jean de Thère. Ce fut elle qui, après 400 ans de posses- 
sion, fit sortir de sa maison la baronnie de Tournebu (i), 
Jacques Thesart, II« du nom, seigneur des Essarts et de 
Lasson, chevalier de POrdre du roi, acquit la baronnie de 
Tournebu, et mourut âgé de 74 ans, en iSgS. Jacques, 
III* du nom, son fils, et de Renée de Mon taigu, sa première 
femme, fut baron de Tournebu après son père. Il laissa 
pour fille unique Marguerite Thésart, baronne de Tour- 
nebu, dame des Essarts et de Lasson, qui s*allia de Fré- 
déric Rbingrave, puîné des princes de Salm, mort en 
1673 (2). Pierre de Tournebu, chevalier, seigneur de 
Bouges, de Livet et du Mesnil-Eudes (3), réunit à sa 
maison la baronnie de Tournebu, par contrat d'acquisi- 
tion passé Tan 1701 avec Guillaume-Florentin, comte 
Rhingrave de Salm, et souverain de Fenestrange. Il 
épousa, Tan 1680, Elisabeth Le Coûteux, dont il eut un 
fils, Jean-Henri de Tournebu, père de Marie-Pierre de 
Tournebu, baronne de Tournebu, laquelle est mariée à 
M. Pierre-François-Jean-Baptiste de Bernières, seigneur 
de Mondrainville-Gavrus. 

Le bourg de Tournebu est à 2 lieues et demie de 
Falaise et 4 lieues de Caen. 

Tréperel (Saint-Aubin de Tréperel). Sergenterie de 
Thury, élection de Falaise, 5o feux. 

(i) Hist. des grands Offic., t. II, p. 36. 

(a) Hist. des grands Offic,, p. Sy. 

(3) Dictionn. de Moreri, au mot Tournebu. 



37 

Cette paroisse est arrosée par le ruisseau des Vaux qui 
y prend sa source et qui^ après un cours de cinq quarts 
de lieue, va se perdre dans TOrne, à Saint-Christophe. 
La nomination de la cure appartient au seigneur, et la 
dîme au curé. Henri Poret^ écuyer, seigneur et patron de 
Tréperel et de Préaux, y présenta en 171 o. 

Elle est à 2 lieues de Falaise et à une lieue de Tour- 
nebu. 

Vey (Notre-Dame du). Sergenterîe de Thury, élection 
de Falaise, 49 feux. 

Cette paroisse, sur la rivière d'Orne, proche Tabbaye 
du Val est appelée ecclesia de Vado par le livre Pclut de 
révéché, qui lui donne pour patrons : heredes Guillelmi 
de Mota. Cette terre procédait de la maison de Meullant, 
à laquelle succédèrent ceux de Vassy, à la représentation 
de Jean du Vey, nommé en un titre de 1379 (i). Etienne 
du Vey fit hommage au roi de sa terre du Vey, le dernier 
mai 1398. Il se trouve une filiation, comme Jean du Vey 
était père de Guillaume, qui vérifia sa noblesse avec 
Colin du Vey son collatéral, seigneur d'Esmiéville, 
en 1463, dont vint Jean du Vey, père de Christophe, qui 
certifia sa qualité devant les élus de Falaise, en 1450. De 
lui vint Jean du Vey, écuyer, licencié ès-droits, seigneur 
et patron de l'église paroissiale de Sainte-Marie-du-Vey, 
et qui nomma en cette cure, en i58o. Les armes de cette 
famille sont : de sable au lion la queue fourchue d'argent, 
accompagné de 3 molettes d'or, qui est de Meullant, 
avec la marque de puinesse. 

Elle est à 7 lieues et demie de Caen. 



(1) Hist. Harc, t. I, p. 1008. 



38 

Urville (Notre-Dame d'). Scrgentcrie de Tourncbu, 
élection de Falaise, 8i feux, 280 communiants, notariat 
de Bretteville. 

Cette paroisse est sur la rivière de Laize. LMglisQ n^est 
pas ancienne. L^ancienne était dans Tenclos du château, 
à peu de distance de là. A sa place est une chapelle titu- 
laire de Saint-Vigor, à la nomination du seigneur. On 
en voit encore Tancîen cimetière. Il y a contre le chœur 
de la nouvelle une chapelle oti Ton voit le mausolée et 
la statue du fondateur -de celle-ci, lequel est à genoux 
avec ses deux femmes derrière lui. Dans le même endroit 
est la statue d'un prêtre en surplis, à genoux, qu^on dit 
être le frère du précédent. La nomination de la cure dé- 
pend de la seigneurie qui appartenait, en i35o, à Robert 
d'Urville, qualifié miles par le livre Pelut de Pévêché, et 
la dîme, au curé. Le même pouillé y compte deux cha- 
pelles à titre, Capella de Brucrela, tiCapelladeMotta- 
CerneyOy et les met à la nomination du sieur curé, 
Rector ecclesiœ de Urville. Il y a encore une autre cha- 
pelle du titre de Saint-Vigor qui fut fondée par acte du 
1 1 mai 1646, selon Parrét du Parlen;ientde Normandie qui 
' confirme cette fondation. Aux termes de Tarrét, le curé et le 
trésorier en charge de la paroisse d^ Urville sont tenus et 
ont droit de nommer à leur seigneur, patron de la 
chapelle, deux prêtres sur lesquels il en choisit un pour 
le présenter à M. Pévêque de Bayeux qui lui en donne le 
visa. M. Jean-René Osmond, marquis d^Osmond, est, à 
cause de noble dame Marie-Anne-Thérèse Turgot, son 
épouse, seigneur et patron de la paroisse d^Urville. 

Elle est à 4 lieues et demie de Caen et à 3 lieues et demie 
de Falaise, cinq quarts de lieue de Saint-Silvin et une 
lieue et demie de Bois-Halbout. 



39 



DOYENNÉ DE TROARN 

An/reville (Saint-Martin d'). Sergenterie de Varaville, 
Élection de Caen, 90 feux, notariat d'Héville. 

Elle est sur la rivière d'Orne où il y a un bac qui en 
porte le nom. Sa position est la plus charmante par les 
lointains, et les points de vue qu'on y découvre. II y a 
7 autres paroisses de même nom en Normandie, avec 
lesquelles il ne faut pas la confondre. La plus considé- 
rable est celle qui est titrée de marquisat ^d'Anfreville, 
élection de Carentan, au diocèse de Coutances, et que 
Tauteur du Dictionnaire universel de la France a placé 
par erreur dans celui de Bayeux. L'abbé d'Aunay 
nomme à la cure d'Anfreville-sur-Ome. Il a les deux 
tiers de la dîme ; le curé a l'autre tiers. Messieurs de 
Venoix possèdent depuis un temps immémorial la 
seigneurie d'Anfreville. Suivant des aveux de i382 et 
1387, du nombre des fiefs relevant de la baronnie de 
Beaufou il y en avait un entier de chevalier (i), assis aux 
paroisses d'Anfreville, Breville et Bavent, duquel fief 
Jean de Venoix, écuyer tenait un demi-fief en sa main, 
Henri de Breville, un quart à Breville, et Raoul Jour- 
dain, à cause de sa femme, un autre quart à Bavent. Par 
un autre aveu de 1455, il est dit que Jean de Venoix, 
écuyer, relevait de la baronnie de Beaufou, ès-paroisse 
d'Anfrev^lle, Breville et Bavent (2). Pierre de Venoix, 
évéque de Bayeux en i35o, que les auteurs du nouveau 



(1) Hist. Harc, t. I, p. 8o5. 
{2)Hist.Harc.,p. 85 1. 



40 

Gallia Christiana confondent avec Pierre de Villaines 
son successeur, était de la branche de Veiioix d'Anfreville, 
d^où il y a lieu de conjecturer qu^il était originaire du 
diocèse de Bayeux, et de cette paroisse d^Anfréville, et 
non pas de Tévéché de Coutances, comme Pont avancé 
MM. Potier et Hermant, curé de Maltot (i). Simon de 
Venoix fut du nombre des gentilshommes à qui le roi 
Jean pardonna en 1 36o pour avoir tenu le parti du roi 
de Navarre (2). La seigneurie d^Ânfréville est encore dans 
la maison de Venoix. 
Elle est à 3 lieues de Gien. 

Argences, Argentiœy Arum. Bourg, baronnie, chef- 
lieu de sergenterie, élection de Caen, 200 feux, 5 00 com- 
muniants, lieu de notariat. 

Le bourg, situé sur la rivière de Manche ou Méance, 
a deux églises, paroisses Saint- Patrice et Saint-Jean. Les 
prieurs et religieux de Pabbaye de Fécamp, seigneurs, 
barons et hauts justiciers d* Argences, présentent de plein 
droit à ces deux cures ; ils ont les deux tiers des dîmes, 
Tautre tiers est pour le curé de Saini-Patrice ; celui de 
Saint-Jean n^a qu^une pension congrue. Les cures sont 
de Texemption de Fécamp. Il n^y a point de déports, le 
prieur de cette abbaye fait la visite tous les ans, son offi- 
cialité fait le reste. Entre les deux églises, distantes Tune 
de l'autre d^environ 200 pas, il y a une grande place 
autour de laquelle sont toutes les maisons. Cest là où se 
tient le marché tous les jeudis, et où Ton voit deux 
grandes halles, l'une à blé et boucherie, Pautre pour les 

(0 Potier, Chron, man, des iv, de Bayeux, — Hermant, p. 180 
etaSi. 
(2) Hist. Harct t I p. 387. 



41 

menus grains. La foire de Saint-Luc tient dans la cam- 
pagne au i8 d'octobre. Argencesest sur le grand chemin 
de Caen à Paris. Cest un passage pour toutes les troupes 
qui descendent en Basse-Normandie. 

Il n^y a que 40 jours de clameur dans ce bourg. Les 
femmes ont moitié en propriété aux acquêts faits par leurs 
maris constant leur mariage, suivant Tart. delà coutume, 
art. i*r des usages locaux de la vicomte de Caen. Il 7 a 
un siège de notariat royal et des bureaux de contrôle et 
des Aydes. 

Le territoire d'Argences contient environ 1450 acres 
de terre, en figure presque ronde. Ses limites sont : 
Moult au midi, Vimont et Saint-Pierre-Oursin au cou- 
chant, Rupierre et Cantelou au levant. La Meance passe 
au pied et le long d^un coteau qui est planté de vignobles, 
et qui s'étend en figure d'S dej^uis Moult jusqu'à Rupierre. 
L'on y fait du vin blanc que l'on appelle vin Huet, et il 
se vend d'ordinaire le même prix que le cidre. Quelques- 
uns veulent que ce soit les Anglais qui en aient apporté le 
plant de Guyenne. Cela paraît démenti par des Chartres 
antérieures aux possessions des Anglais en Normandie, 
entre autres par celles de l'abbaye de Cérisy de l'an io32. 
On rapporte cette raillerie d'Henri IV sur les vignobles 
d'Argences : « Croirait-on que de si beau raisin, il en vint 
de si mauvais vin (i). Il y a longtemps qu'on en a raillé 
la première fois, comme on le voit par ce vieux quatrain 
du pays : 



Le vîn trenche bouyau d^Avraaches, 
Et rompt ceinture de Laval, 
A mandé à Regnault d'Argences 



Et rompt ceinture de Laval, 
A mandé à Regnault d*A] 
Qiie Collinhou aura le G; 

c'est-à-dire passera pour le meilleur. 



(i) Dict. univ. de la France, t. II, col. SSy, au mot Normand. 



42 

Ce vin de Collinhoirest, dit-K>n, celai qui se faisait dans 
le pays de Caux, du raisin de vignes attachées aux arbres, 
et celui de Laval était du côté d^Avranches (?). 

Il y en a qui ont pensé qu^Argences^en latin Argentiœ, 
vient de quelque mine d^argent qui pouvait être en ce 
lieui mais il n*y paraît aucun vestige qui justifie cette 
opinion. Il y avait, dans les environs du bourg, deux 
chapelles qui ne subsistent plus, et dont les matériaux 
ont été employés à la réparation de Téglise et du clocher 
de Saint-Jean, que les vents renversèrent pendant les 
fêtes de Noël de Tannée 1705. La première, sous le titre 
de Notre-Dame-de-Toussaint, était située sur une acre de 
terre qui sert de cimetière commun aux deux paroisses ; 
Tautre, sous Tinvocation de Saint-Maur, était au nord sur 
une acre déterre qui appartient aux obitsde Saint- Patrice. 
Il y avait aussi, au midi et près des maisons, un petit 
Hôtel-Dieu, dont le' modique revenu a été réuni à celui 
de Caen. Les administrateurs de celui-ci y acquirent en 
même temps une ferme du sieur et dame Guillard, par 
contrat du 29 novembre 1 71 3, pour laquelle ils payèrent 
3,000 [ou 9,000] livres de principal, 38o livres, à Tab- 
baye de Fécamp, et 800 livres au sieur Neuville-Margue- 
rie pour les treizièmes et droits d'indemnités dus à ce 
seigneur. 

Les religieux de Fécamp possèdent Argences en titre de 
baronnie (i), au droit de la donation que Richard I^rleur 
en fit, et que Richard II, son fils, duc de Normandie, 
confirma en T027. Philippe- Auguste, roi de France, y 
ajouta la haute justice en 1 2 1 1 , et saint Louis la lui con- 
firma en 1267, au mois de décembre (2). Ces religieux 

(i) Neust, Pia, 208 et 2x6. 

(2) Orig, de Caen, par M. Huet, p. 168. 



4i 

ont droit de police, de voirie, de tabellionnage et de ser- 
genterie qu'ils font exercer. La juridiction est ressortis- 
sante au Parlement de Normandie. Elle a deux sièges 
pour les paroisses qui en dépendent, et tient tous les 
vendredis, 2 heures après midi ; Pun aété transféré il y a 
bien j5 ans, d'Argences à Sainte-Paix, près Caen, où il se 
tient à présent; Tautre est à Saint-Gabriel, près Bayeux. 
Le juge prend le titre de bailly vicomtal d^Ârgences. 

Il se trouve au-delà du vignoble, au bout d^une grande 
bruyère, un hameau de 20 feux, nommé le Mesnil-d'Ar- 
gences. Il est décoré d^un fief relevant de la baronnie 
d^Argences. Il appartient à M. de Rénéville, au droit de 
la dame Marguerite son épouse. Il y possède plusieurs bois- 
taillis, divisés en 10 portions, un château ou manoir 
seigneurial, et une chapelle du titre de Saint-Gilles-du- 
Vivier, à laquelle il présente. 

Ce lieu a donné le nom à la maison d^Argences, une 
'des plus anciennes de Normandie. Le poète Wace, dans 
son roman des ducs de Normandie (i), fait mention d'un 
Guillaume d'Argences, qui se trouva à la bataille des 
Dunes, en 1047, pour le duc Guillaume-le-Bastard. En 
décrivant la position de l'armée de ce prince, composée 
de Normands et de Français, il s^exprime ainsi : 

Entre Argences et Mésodon 
Sur la rivière de Loson 
Hébergèrent ceux de France 
Et jouxte l'eau de Meance 
Qjuii par Argences va courant. 
Se hébergèrent li normand 
Qui o Guillaume se tenaient 
Et en sa besogne venaient (2). 

(i) Du Moulin, Hitt. de Norm., p. 140. 
(2) Du Moulin, Hist, de Norm., p. iSg. 



44 

MM. Nicolas, Pierre et Robert d'Argences se croi- 
sèrent pour la Terre-Sainte, selon Dumoulin, en 1096 [?]. 
Le premier portait : d^azur à 3 fermants d*or grennetés 
d^or ; le deuxième : de sable à 2 fasces d^argent, et i quar- 
tier de Dammartin ; le troisième : de gueules à une fleur 
de lis d^argent. 

Richard d'Argences est compris parmi les seigneurs et 
chevaliers qui portaient bannière sous Philippe-Au- 
guste ( I ). Il présida à TÉchiquier tenu à Rouen en 1 2 1 3, 
avec Henri de Neufbourg et autres seigneurs. Gillette 
d'Argences, dame d'Argences et du Bosc-Roger, fut 
mariée à Jean Murdrac^ seigneur de Treilly, de Con- 
trière et de la Vendelée, lequel fut reçu à Carentan avec 
5 autres écuyers^ pour faire montre le i^' août i383. 
Ils eurent pour fils Robert de Murdral:, seigneur du 
Treilly, vivant en 141 1 {2). 

Roger LeCIoustier^ seigneur du Mesnil-d'Argences, de 
Saint-Germain-le-Vasson et de Montigny, était d'une 
riche et ancienne famille de Caen. Il fonda en TUniver- 
sité de Caen le collège du Cloustier, les 14 mai et 3 juin 
1452. Marguerite de Tilly, sa veuve, épousa en secondes 
noces, Lucas de Vauville, écuyer, et en troisièmes, Jean 
Ruault. Le collège du Qoustier étant entièrement tombé, 
Mgr de Luynes, évéque de Bayeux, en fit réunir 
les revenus à PUniversité, en 1732, pour servir d'ho- 
noraire au bibliothécaire. 

Le bourg d'Argences a donné la naissance à 3 abbés 
de Fécamp : Robert, selon les uns, Roger, selon d'au- 
tres, succéda à Guillaume-Ia-Pucelle, dans cette abbaye, 
et après l'avoir gouvernée l'espace de 3 1 ans^ il y mourut 



(x) Hist. Harc, t. I, p. Sgi. 
(a) Hist. Harc, t. II, p. 1993. 



45 

en 1 1 38 ( 1 ) . Il s'était trouvé aux conciles tenus à Rouen, 
ès-années 1 1 18 et i laS. 

Radulphe d'Argences, élu après Henri de Sully, vers 
1 190, acheva la nef de son église abbatiale. Son gouver- 
nement fut de 3o ans, étant mort en 1 2 1 9. 

Âigard de Baxeto, neveu du précédent, Ipi succéda 
daûs la dignité d^abbé de Fécamp. Il ne la tint que 2 ans 
et demi et mourut en 1222. 

La sergenterie d^Argences contient : Allemagne, Ar- 
gences, Belleiigreville, Billy, Bourguebus, Bras, Cante- 
lou, Cléville, Colombelles, Conteville, Croissanville, 
Grenteville, Hubert-Follic, Ifs, Mery-Corbon, Mondeville, 
Poucy, Soliers, Tilly-la-Campagne et Valmeray. 

Argences est situé à 4 lieues de Caen, à une lieue et 
demie du bourg de Troarn et de Saint-Silvin, et à 2 lieues 
de celui de Mézidon, au diocèse de Séez. 

Bavent (Saint-Hilaire de). Sergenterie de VaravîUe, 
élection de Caen, 118 feux, notariat de Héville. 

Cette paroisse, située dans une vallée, est à peu de dis- 
tance de la rivière de Dive. Elle est fort connue dans 
rhistoirede Normandie. Ce fut là que se rendirent les 
Bessins et les Cotentinois, en 944, pour se joindre aux 
troupes qu^Aigrold, roi de Danemarck, avait amenées au 
secours de Richard, premier du nom, attaqué par Louis 
d'Outremer {2). Le roi de Danemarck y logea même, et 
ses troupes dans les viDages d^alentour. Ce fut encore là 
que le duc Guillaume-le-Bastard se cacha avec un corps 
de 10,000 hommes, Normands et Bretons, la nuit qui 



(i) Nùva Gallia Christ., t. IX, col. aoft-iog 
a) Du MouKn, Hist. deNorm,, p. 67-68. 



48 

en avaient chacun une moitié, et ils présentaient Tun et 
Tautre à la cure. Le château du seigneur, proche Téglise 
est agréablement situé, environné de belles avenues, 
promenades, bosquets, parterres et pièces d'eau. Il y a un 
chapelain domestique qui, outre les charges de la chapelle, 
est tenu à la première messe tous les dimanches, à assis- 
ter et à aider à Pofïice, et à tenir les petites écoles. G)mme 
il y a plusieurs paroisses de ce nom, en Normandie, je 
n'oserais assurer que M. Jean de Baneville, ou Ben- 
neville comme on orthographiait autrefois, qui se croisa 
pour la Terre-Sainte en 1096, fut seigneur de celle-ci (1). 
Il portait pour armes : pallé d'argent et de gueules de 
6 pièces. Guillaume Morin, écuyer, devint seigneur de 
Baneville, par le mariage qu'il contracta, en 1468, avec 
Guillemette Poquet, héritière de beaucoup de biens, à 
Cachet aux environs. Il mourut en i5o4. Sa famille 
était originaire du pays du Maine, oîi M. Geoffroy 
Morin, chevalier, seigneur de Loudon et du Tronchet, 
qui portait pour armes : d'or à une face de sinople de 
3 pièces, s'allia, vers 1298, d'Alix de Loudon, dame du 
dit lieu (2). Il décéda en i355, et laissa pour âls Guil- 
laume Morin, chevalier, seigneur de Loudon et du Tron- 
chet, tué en 1364, au service du roi, à la bataille de 
Cocherel, qui, par Jeanne de Pezal sa femme, fut père 
d'un autre Guillaume, chevalier, seigneur des dits lieux, 
qui eut plusieurs enfants de Marie de Dreux. Jean 
Morin, son âls puîné, fut nourri page auprès de Mon- 
seigneur Simon de Dreux, seigneur de Bru, bailli de 
Chartres, son oncle maternel. Son bien fut confisqué 
pour avoir tenu le parti des Anglais. Il se retira au châ- 

(i) Hist. de Norm,, par Dumoulin. 

(a) Généalog. man. de la maison de Morin. 



49 

teau de Caen, qu'ils occupaient alors, et y épousa, en 
143 1, Marie de Vaulx, du pays de Normandie, décédée 
en 1449, et lui, en 1450, laissant pour fils unique, Guil- 
laume, seigneur de Banevitle, mentionné ci-devant. 

De ce Guillaume, vinrent Pierre Morin, officiai de 
Caen, et Robert, seigneur et patron de Baneville, décédé 
en T 5 54. Il avait épousé, en i5ii, Jeanne Le Fournier, 
petite nièce de la Pucelle d'Orléans, dont Jacques Morin, 
seigneur et patron de Baneville, marié çn 1 547, à Marie 
du Bosc, d'auprès de Rouen. Il décéda en i56i et eut 
Charles Morin, seigneur.et patron de Baneville, allié en 
i58i, à Jeanne Vauquelin des Yveteaux ; il décéda en 
1 610 et fut père de Guillaume Morin, seigneur et patron 
de Banneville, que M. Huet a mis au rang des illustres 
citoyens de Caen (i), pour avoir donné des éloges à la 
mémoire de plusieurs illustres Français, et laissé d'autres 
écrits qui n'ont point paru. Il mourut le i^^ de mars 
1660, laissant de Hélène-Salomé de la Ménardière, qu'il 
avait ipousée en 16 12, Etienne Morin, sieur de Beauval, 
seigneur et patron de Baneville, conseiller du roi, tréso- 
rier de France et général de ses finances à Caen, qui fut 
marié, en 1644, à Marguerite Gislin de Barneville; 
Adrien Morin, son fils, seigneur de Baneville, épousa : 
lo en 1673, Elisabeth Le Fournier ;20 en 1708, Jeanne- 
Armande Cadot. Du deuxièmeJit sortit Bernard in- Adrien, 
écuyer, sieur de Vaulaville, seigneur de Tour; du pre- 
mier : Etienne-Antoine Morin, seigneur de Baneville, 
mort en 1769. De sa femme, Marie de SafiFray, mariée 
en 1701, est venu Joseph Morin, seigneur de Baneville, 
allié en 1738 à Marie-Louise de Heudé de Pomainville. 



(i) Orig, de Caen, p. 341. 



50 

Elle est à trois quarts de lieue du bourg de Troarn, et 
2 lieues et un quart de Caen. 

Breville (Saint-Pierre de). Sergenterie de Varaville, 
élection de Caen, 50 feux, lieu de notariat, i,5oo livres 
pour Escoville, Anfreville, Bavent, Sallenelles, Ranville, 
Longueval, Le Buisson et Hérouvillette. 

Le vieux Fouillé de Tévéché rédigé vers i35o, met la 
cure à la nomination du seigneur, auquel elle appartient 
encore aujourd'hui, et la dîme au curé. Cette paroisse 
située en rase campagne est un peu au-dessus d'Anfre- 
ville, à 3 lieues de Caen. 

Breville, composé de 3 fiefs érigés en marquisat sous le 
nom de Venoix, par lettres patentes de septembre 1764, 
registre aux comptes le 5 juin 1765, pour Jean de Venoix 
d'Anfreville. 

Buisson (Notre-Dame du). Sergenterie de Varaville, 
élection de Caen, 17 feux, notariat de Héville. 

Cette paroisse, limitrophe de Merville, au levant, est 
bernée par la mer au nord. Le Fouillé de Tévêché 
marque qu'elle est à la nomination de Guillaume Guil- 
lain ; une main du xv« siècle a ajouté à la marge, |7r^- 
sentaf abbas Sancti-Sthephani Cadom. Le Seigneur 
nomme à la cure, Pabbé de Caen donne la collation (i) 
La chartre de Henri II, évéque de Bayeux, expédiée 
en 1772, la met au nombre des églises comprises dans 
rexemption de l'abbaye Saint-Etienne de Caen. 

Elle est à 3 lieues de cette ville. 

Bures (Saint-Ouen de). Sergenterie de Varaville, élec- 
tion de Caen, 64 feux, notariat de Troarn. 

(i) Neust. Pia, p. 644. 



51 

Cette paroisse^ située sur la rivière de Dive, est de 
Texemption de Fabbaye de Troarn qui en est tout proche, 
et la cure à la pleine collation de son abbé Roger de 
Montgommery, fondateur de Tabbaye de Troarn, avait 
un château à Bures, lequel était environné de murailles 
d'une épaisseur prodigieuse, et dont on voit encore des 
vestiges. II donna, vers io5g, aux religieux de Tordre de 
Saint- Benoît nouvellement établis à Troarn, son église 
de Bures avec la terre, excepté la portion de sa mère qui 
vivait encore. Ce fut là que Mabille de Belcsme, sa femme, 
une des plus méchantes de son siècle, périt en 1082 d'une 
mort triste et violente (1). On voit à Troarn le tombeau 
que l'abbé Durand lui dressa, avec une épitaphe oti elle 
est bien caractérisée. Ce château rentra au pouvoir de nos 
ducs de Normandie, rois d'Angleterre, qui le firent forti- 
fier et y mirent garnison. Henri I et Henri II y tenaient 
leurs cours de temps en temps, et y passaient les grandes 
fêtes (2). Le dernier y était aux fêtes de Noël de 1170, 
lorsque lui échappèrent ces fatales paroles qui donnèrent 
occasion à Tassassinat de saint Thomas, archevêque de 
Cantorbéry. Dumoulin a remarqué que comme il y 
était encore 2 ans après, pendant la même fête, il y fut 
fait un repas de seigneurs seuls dans une salle, au 
nombre de 1 10 Guillaumes, sans comprendre les simples 
écuyers et serviteurs qui 'portaient le même nom (3). Le 
château de Bures est détruit à présent. Suivant une an- 
cienne tradition il devait être dans les bois de Troarn, à 
Bures, dans un endroit qui s'appelle la cour des châteaux, 
où Ton voit encore d'anciens fossés. 



(i) Ord. Vital, lib. 7, anno X082. 

(2) Hist. ifAnglet,, par T. Smollett, t. ÏII, p. 325. 

(3) Hist. de Normand,, p. 392. 



52 

L^abbé de Troarn est seigneur honoraire de Bures. 
Toutes les dîmes lui appartiennent. 
Elle est à 3 lieues de Caen» 

Cd^oi/r^ (Saint-Michel et Saint-Nicolas de]. Sergen- 
terie de Varaville, élection de Caen, 44 feux, 1 3o com- 
muniants, notariat de 'Varaville. 

Cette paroisse, appelée dans les vieilles Chartres Cad' 
burgus, Caburgus, Cathburgus, est à Textrémité du 
diocèse de Bayeux, du côté de Test. Elle est bornée au 
nord parla mer, proche laquelle il .y a une garenne qui 
sMtend depuis Pembouchure de la Dive jusqu'au corps- 
de-garde de Varaville, et au levant par la rivière de Dive, 
qui, près de son embouchure, porte un pont de bois de 
1 9 arches, pourpasser au bourg de Dive,diocèse de Lisieux. 
Son territoire consiste presque tout en herbages, n'y ayant 
que 25 ou 3o acres de terres à labour. La plus grande 
partie des habitants sont pécheurs. Leurs maisons, situées 
sur le bord de la route de Caen à Dives, et près de la 
grande rivière, forment une espèce d'équerre ; au milieu 
des terres qui se trouvent entre ces maisons, on voit 
Téglise qui est à 4 ou 6 portées de fusil loin d^elles. Elle 
est de Texemption de Tabbaye Saint- Etienne de Caen. 
M. Doublet, marquis de Persan, seigneur de Cabourg^ 
de Monts, Cantelou, etc., conseiller du roi en sesconseils, 
maître des requêtes ordinaires de son hôtel, intendant du 
commerce^ présente à la cure; Pabbé de Caen donne la 
collation; -lecuré perçoit la dîme en intégrité. On dis- 
tingue dans cette paroisse deux villages qu^on appelle le 
Bas-Ca bourg, et le Petit-Ca bourg. Le premier, composé 
de plusieurs maisons, est au bout d'une grande commune 
du côté de Caen. L^autre n^a que deux maisons, et se 
trouve sur le bord de la rivière neuve du côté de Vara- 



53 

ville. Cette rivière neuve, après avoir arrosé les marais 
qui sont au même endroit, va se décharger dans la Dive. 

Les lapins de Cabourg sont fort estimés. 

Elle est à un quart de lieue du bourg de Dive, et à 4 
lieues de Caen. 

Cagnjr (Saint-Germain de). Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, 25 feux, notariat de Troarn. 

Cette paroisse est sur le grand chemin de Caen à Paris. 
Il y a un prieuré sous le titre de Notre-Dame de Cagny, 
du côté de Manneville. Il fut aumône, Pan 1 100, par les 
seigneurs de Cagny. Uabbé de Troarn nomme à la cure 
et au prieuré. Il partage les dîmes avec ce prieur. On 
voit à côté du grand chemin^ au midi de Péglise, les 
ruines de la chapelle Sainte-Madeleine ; c^était une lépro- 
serie qui appartient actuellement à l'Hôtel-Dieu de Caen. 
Il y a 2 fiefs de hautber relevant du roi; le premier 
est un fief de régale, le second, un fief de comté. Ils ap- 
partiennent à M. Gabriel-François Mesnage de Cagny, 
chevalier, seigneur et patron du dit lieu, qui a son château 
à peu de distance et au nord de Péglise. M. Jacques 
Mesnage, né à Bayeux, docteur en droit, conseiller au 
Parlement de Rouen en i53i, maître des requêtes, am- 
bassadeur en Suisse et en Angleterre sous François V^, 
acquit la terre et seigneurie de Cagny de la maison de 
Varignies. De sa femme N. de Croismare, mariée en 
1 547, il eut Nicolas Mesnage, seigneur de Cagny, qui 
fut père de Christophe, allié à une demoiselle de Hérissy, 
dont vint Nicolas Mesnage, deuxième du nom, seigneur 
de Cagny, qui, d^une fille de M. Tobie Barberie, sei- 
gneur de Saint-Contest, a laissé Philippe Mesnage, sei- 
gneur de Cagny en 1657 et aïeul du seigneur d^aujour- 



54 

d'hui. Ses armes sont : d azur, au lion dbr, au chef 
d^argent chargé de trois coquilles de sable. 
Elle est à 2 lieues de Caen et du bourg d^Argences. 

Cantelou {Saint-Jean-Baptiste de). Sergenterie d'Ar- 
gences, élection de Caen, 25 feux, 8o communiants, 
notarikt d'Argences. 

Ses limites sont : Oéville au levant, Airanet Moult au 
midi, Argences au couchant et Héritot au nord. Elle 
contient dans son territoire, le hameau de la Croix au 
midi, le hameau Duplein et celui du Camp-Roger au 
nord, et le hameau du Douet au levant. Ce dernier est 
situé le long d'un ruisseau nommé le Vey-de-Cléry, qui 
le sépare de la paroisse de Clé ville. L'église est placée 
dans une petite bruyère qui porte le nom du Plain, et le 
donne au hameau qui en est tout proche. M. Doublet, 
marquis de Persan, seigneur et patron de Cabourg, Can- 
telou, présente à la cure. Le curé a toute la dîme. La 
seigneurie de Cantelou, le seul fief de la paroisse, est un 
fief d'hautber. Elle relève de la baronnie de Beuvron, et 
doit au baron une journée de charrette au mois d'août, et 
un mouton né de Tannée aux Rogations. Il y a près de 
l'église, pour le seigneur, un château bâti à l'antique et 
environné de fossés, et à l'extrémité de la paroisse un 
bois taillis d'environ 20 acres. Cantelou ou Chantelou 
est le nom de plusieurs familles nobles de Normandie, 
qui ne se discernent que par les armes (i). M. Robert de 
Cantelou ou Chantelou, chevalier, portait : lozangé d'or et 
de sable; M. Fouques de Cantelou portait de même, 
brisant de l'écusson d'Aubigny. Ils vivaient sous le 
règne de Charles VII. M. Jean de Cantelou, chevalier, 
blasonnait ses armes : d^'or à la bande de sable, brisées 

(i) Hist. Harc, t. II, p. 1979. 



55 

d^un lambel de gueules; les derniers portaient : d'argent 
au loup de sable et à Torle de tourteaux d^azur. 

Elle est à 4 lieues de Caen, à une lieue et demie de 
Troarnet à une demi-lieue d'Argences. 

Cléville (Notre-Dame de). Sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, 60 feux, notariat de Mery-Corbon. 

Elle est située sur la rivière de Dive au nord, et sur 
celle du Laison au midi, à l'est et au nord. L'abbéde 
Troarn présente à la cure. Ses religieux ont les deux 
tiers de toutes les dîmes, le curé a Pautre tiers. Cette pa- 
roisse est composée de quatre hameaux qui sont : la 
Bonde, la Venénière, le Moutier et le Pont ; de 2 fer- 
mes détachées : Glatignj et les Ferreux, et de 2 vil- 
lages qui sont : le haut et le bas Ferreux. La principale 
hôtellerie du bourg de Croissanville, grande route de 
Faris,'est sur Cléville. Ily a 2 maisons distinguées : celle 
de M. le marquis de CroissanvUle, et celle de M. le mar- 
quis de Boisroger, qui a une chapelle titulaire de Saint- 
Sauveur, à laquelle il nomme. On y compte plusieurs 
fiefs : le fief de Cléville, pour M. Desmarest du Doûet, 
avocat à Caen; le fief de la baronnie de Cléville, pour 
M. le comte d^Harcourt. Ils sont tous les deux en con- 
testation pour le fief dominant. M. de Croissanville en 
a 3 et M. de Boisroger i. Far permission de Mgr de 
Nesmond, évéque de Bayeux, le curé de Cagny, doyen 
de Troarn, bénit le 12 août 171 3, une chapelle domes- 
tique à Cléville, dans la maison de noble dame Jeanne- 
Gabrielle Ruault, dame de Cléville, veuve de Jules 
d^Arnauphin, comte de Magnac, lieutenant général des 
armées du roi (i). 

(i) Reg. du secrétariat derévêché. 



Elle est à 4 lieues et demie de Caen et à cinq quarts de 
lieues du bourg d'Argences. 

Colombelles (Saint-Manin de). Sergenterie d' Argences, 
élection de Caen, 38 feux^ notariat de Caen. 

Cette paroisse est située au couchant, sur la rivière 
d^Orne, sur laquelle il y a un bac pour aller à Caen. Il 
y a un coteau planté de vignes. Le bénéfice est régulier. 
Il est desservi par un chanoine de Tordre de Saint-Au- 
gustin, à la présentation du prieur commendataire du 
Plessis. Le prieur curé a les dîmes, sur quoi il fait une 
rente foncière de 10 livres en échange d^un petit trait de 
dîme que le chapitre de Bayeuz lui a cédé, et auquel il 
avait été donné en 1 269 par Tévéque Bon de Lorris. 

Elle est à une petite lieue de Caen. 

Cuverville ou la Grosse-^Tour (Notre-Dame de). Ser- 
genterie de Troarn, élection de Caen, a 20 feux et 80 
communiants, notariat de Troarn. 

Cette paroisse est plus connue à présent par le surnom 
de la Grosse-Tour. Il lui a été donné à cause de Ténorme 
grosseur de son clocher, qui est une très belle et très haute 
tour carrée, terminée en plate-forme. Son territoire, i51acé 
au milieu des terres, est fort petit et très resserré. Il n'a ni 
hameaux ni rivière. La nomination de la cure appartient, 
aux dames religieuses de la Charité de Caen, par Tacquét 
qu^elles en firent en 17 16, et toute la dîme au curé, sous 
la charge de payer 2 muaisons de grains. Tune à Tab- 
bayede Troarn, l'autre à THôtel-Dieu de Caen. Jean 
Benoît, écuyer, acquit au commencement du xvi« siècle 
la terre de Cuverville (i) et la laissa à Françoise Benoît, 

(i)Généal. manusc. de la maison de la Ménardière. 



57 

sa fille unique, qu'il avait eue de N. de Saffray, sa femme. 
Elle lui avait été vendue par le seigneur d'Escoville- 
Beauvoisin. Françoise Benoît, dame de Cuverville, 
épousa par traité du lo janvier 1 532, Girard Ménard IV, 
fils de Bertrand Ménard, seigneur de la Ménardière, 
lieutenant, puis gouverneur du château de Caen. La 
maison de Ménard de la Ménardière, originaire du Berry, 
est très ancienne. Ses armes sont : d'argent au lion ram- 
pant de gueules. Girard Ménard, seigneur de Cuverville, 
à cause de sa femme, vivait en 1 552, et fut enterré dans 
réglisedu dit lieu. Il eut pour fils Louis de la Ménar- 
dière, noyé à 3 lieues de Caen, en ï588, lequel, par 
Françoise de la Fresnaye de Cramesnil, sa femme, fut 
père de Marc de la Ménardière, seigneur de Cuverville, 
décédé à Forges en 1642. Celui-K:! avait épousé Jeanne 
de la Serre, dont il eut pour héritière Hélène de la Mé- 
nardière, dame de Cuverville, de Fontenay-le-Pesnel, des 
Cots, du Fresne, de Mondeville, la Graverie, Bény, 
Houllebec, mariée le 5 septembre i63o à Jean d'Acher, 
seigneur du Mesnil-Vitté, la Chapelle, Montreuil, Moon- 
et Cartigny, Jean d'Acher, leur fils, écuyer, seigneur et 
patron de Cuverville^ nomma à la cure en 166 5. Ses 
héritiers en vendirent le patronage aux religieuses de la 
Charité de Caen. 

Elle est à une lieue et demie de Caen et du bourg de 
Troarn. 

Démouville (Notre-Dame et Sainte-Anne). Sergenterie 
de Troarn, élection de Caen, 80 feux,"3oo personnes, 
notariat de Troarn. 

L^église est un assez beau vaisseau et très bien décoré. 
Il y a dans le chœur une épitaphe de M"« Godard de 
Bérigny, épouse de M. Bonnet, écuyer. Elle est en pos- 



58 

session, par une dévotion immémoriale, de ne solenniser, 
comme patronne, que Sainte-Anne. L'abbé de Troarn 
nomme à la cure. La grosse dîme se partage entre le curé, 
le trésor de son église, et Tabbé de Troarn. La seigneurie 
appartient au domaine du roi. Il la donne en fieferme. 

Elle est à une lieue et demie de Caen et du bourg de 
Troarn. 

Ernetot ou Hernetot (Saint- Laurent d'). Sergenterie 
du Verrier, élection de Caen, 7 feux, notariat de Méry- 
•G)rbon. 

Elle est sur la rivière de Dive qui partage son terri- 
toire en deux parties presque égales. La présentation de 
la cure est attachée à la seigneurie d*Ernetot, et cette 
seigneurie ne compose qu'une seule et même avec celle 
d'Héritot, paroisse limitrophe dont il est parlé ci-après. 
Le chapitre de Séez y possède deux traits de dîme, qui 
lui furent aumônes, suivant l'acte du 21 juin 1416(1), 
par nobles et puissantes personnes Guillaume de Meur- 
drac, seigneur de Treilly et de Heuditot, et M""* Jeanne 
de Brîosne, sa femme. Robert de Vestreville (?), 
prêtre, seigneur de Heuditot, nomma^ en 1490, Guil- 
laume du Moutier à la cure d'Ernetot. Le premier trait 
avait appartenu à titre d'acquisition à feu M. Morel de 
Briosne, chevalier, père de la donatrice ; Tautrre trait au 
seigneur de Meurdrac par échange fait avec le sieur de 
Carville. 

Elle est à 4 lieues et demie de Caen et à une lieue et 
demie des bourgs d'Argences et de Troarn. 

Escoville (Saint-Samson d').. Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, 60 feux, notariat de Héville. 

(i) Hist, Harc.t t. II, p. 1989. 



59 

Elle est sur la petite rivière d'Aiguillon qui va. se 
perdre dans TOrne. Cette terre, en titre de châtellenie, 
est une des plus agréables de la campagne de Caen. Le 
prieur de Douville, prés Rouen, ordre des Feuillants, y 
perçoit la grosse dîme, et nomme à la cure. Guillaume- 
Militis Chance^ de Bayeux, fut nommé à cette cure en 1490 
par le prieur de Douville. Selon la Roque, les gentils- 
hommes du nom de Candalle, de race anglaise, et habi- 
tués en Normandie, prirent conjointement le nom 
d^Escoville avec le leur ; ils descendaient des seigneurs du 
nom d'Escoville, et avaient pour prédécesseur maternel 
Robert d'Escoville, écuyer, seigneur d'Escoville, demeu- 
rant en la paroisse d^Escoville, et qui contracta devant les 
tabellions de Caen en 1 371. Ils portaient : écartelé au i et 
4 d'azur à la bande d^argent chargée de 3 vols de co- 
lombe de sable, qui est de Landalle, aux 2 et 3 d'azur à 
3 coquilles d^argent, qui est d'Escoville (1). 

Jean Le Valois, seigneur d'Escoville et du Mesnil-Guil- 
laume, suivant un certificat donné le 24 mai 1 5 1 1 par 
Hugues Bureau, lieutenant général du bailli de Caen^ 
comparut le môme jour en habillement de brigandineetde 
salade à la montre des nobles du bailliage de Caen. Il fut 
pèrede Nicolas LeValois, seigneur d'Escovilleet du Mesnil- 
Guillaume, que Cahagnes a mis au nombre des illustres 
citoyens de Caen (2). C'était uq des plus riches seigneurs 
de cette ville. Il fit bâtir au carrefour de Saint-Pierre 
rhôtel nommé le Grand cheval, à cause de l'image de 
pierre en bas-relief qui est àù-dessus de la porte, repré- 
sentant le Fidèle et le Véritable de V Apocalypse monté 
sur un cheval; les fondements en furent jetés en iSSj* 

(i) Armor. génial, de la France y rcg. I«', 2C part., p. 99 et 100. 
(3) Elogia civium Cadom,, centuria prima, p. i et a. 



Il mourut subitement Tannée d'après, lorsqu'il se met- 
tait à table pour dîner. Cum mùltis modis gloria compa- 
retur, hic eam œdificiorum substructione, multarum 
clientelarum possessione, splendoris laude in re do^ 
mestica, et libérait filiorum ad virtutem educatione 
quœsivit. Louis et Louis Le Valois, seigneurs d'Escovîlle> 
ses fils, du consentement de Marie Duval, leur mère, 
firent un partage noble le 19 juin [56i des biens qui 
leur étaient échus par sa mort. Ils laissèrent tous deux 
une nombreuse postérité. Le premier, né à Caen le 
18 septembre 1536, successivement conseiller secrétaire 
du roi, et reçu le 8 mai i556, vicomte de Caen, par la 
mort de François d'Harcourt, baron de Beuvron (i) eut 
7 fils et 1 1 filles de sa femme Catherine Bourdin, nièce 
du célèbre Gilles Bourdin^ procureur général au Parle- 
ment de Paris. Robert Le Valois, chevalier, seigneur et 
châtelain d^Escoville^ de Beauvoisin, conseiller du roi 
en tous ses conseils, et capitaine de 5o hommes d'armes 
des ordres de Sa Majesté, est enterré dans Téglise des 
Bénédictines de Bayeux, qu'il avait fondée en 1649. 
Madeleine de Boivin, dame de Canouville, son épouse, 
lui érigea le magnifique mausolée qu'on y voit, avec son 
épîtaphe. Il portait pour armes : d'azur au chevron d'or, 
accompagné de 3 croissants d'argent posés 2 en chef, 
l'autre en pointe ,et un chef d'argent chargé de 3 roses de 
gueules. Son fils, Louis Le Valois, seigneur et patron 
d'Escoville, Saînt-Germain-le-Vasson, Livet, chevalier 
des ordres du roi, gentilhomme ordinaire servant de sa 
chambre, maréchal des camps et armées de Sa Majesté, 
ne laissa qu'une fille héritière, mariée à M. de Cauvigny, 
seigneur de Boutonvilliers, dont est sorti entre autres 

(i) Armorialy supra-dtato, p. 599. 



6i 

Messire Antoine-Charles de Cauvigny, chevalier, sei- 
gneur d^Escoville, chevalier de Tordre militaire de 
Saint-Louis, qui a demeuré quelque temps auprès du 
roi de Prusse en qualité de son chambellan. Ce fut lui 
qui fut chargé par ce prince, en 1744, pour porter au roi 
de France, qui était alors à Metz, la nouvelle de la prise 
de Prague (i), et le féliciter de sa part sur Theureux réta- 
blissement de sa santé. 
Elle est à 3 lieues de Caen. 

Esmièville (Notre-Dame-de-Nativité d'). Sergenterie 
de Troarn, élection de Caen, 3j feux, notariat de 
Troarn. 

Cette paroisse est voisine du marais des Terriers, et une 
partie des eaux qui composent le canal de dessèchement 
y prennent leur source. Son église n'a rien de curieux. La 
tour, bâtie en forme de fuye, mérite cependant quelque at- 
tention, malgré sa simplicité, en ce qu^elle est très élevée, 
très bien proponionnée et très solide. La pierre dont elle 
est faite, ainsi que celle des maisons, se tire dans la pa- 
roisse même. L^argile qu'on y tire aussi à certains en- 
droits fait un monier, à la propreté près, qui équivaut au 
mortier de chaux. L'âbbé.de Saint-Evroult présente à la 
cure. lia les deux tiers de la dîme, le curé a Tautre 
tiers. Tous les fiefs de la paroisse appartiennent à 
M. Abraham-Charles-Claude le Boucher, écuyer, sei- 
gneur et patron honoraire d^Esmièville. 

Elle est à 2 lieues à Touest de Caen, à trois quarts de 
lieue au nord du bourg de Troarn, et à cinq quarts de 
lieue à Test-sud-est du bourg d' Argences. 



(i) Joum. de Verdun, nov. 1744, p. 368. 



62 

Giberville (Saint-Martin de). Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, 42 feux^ i38 communiants, notariat de 
Caen. 

Cette paroisse est située au pied d^un coteau oîi est 
bâtie l'église, et consiste dans une rue qui forme un 
demi-cercle. Elle a un marais ou commune oti se trouvent 
7 fontaines, qui entretiennent la petite rivière de Sone, 
qui coule de là à Mondeville, paroisse voisine. La cure^ 
depuis la réunion des deux ponions, est à la nomi- 
nation des religieuses de la Charité de Caen, et de 
Villers-Canivet, diocèse de Séez, qui y présentent alter- 
nativement. En i35o, la grande portion était à la pré- 
sentation de dont. Radulphus de Guibervilla, Tautre à 
celle de Pabbesse de Villers (i). La dîme se partage 
entre le trésor de Téglise et le titulaire de la 
chapelle Sainte- Agathe, près Caen. Il y a dans cette pa- 
roisse, en la maison du sieur Gauthier, bourgeois de 
Caen, une chapelle du titre de Sainte-Madeleine, à la- 
quelle il présente. Il y en a encore une autre dont il ne 
reste plus que le titre, appelée la chapelle du Pardon, et à 
la nomination de Tabbesse de Caen. Le titulaire est 
chargé de 6 messes par an, et a 270 livres de rente, dont 
1 5o livres en terre à Saint-Pierre-d'Arquenay, le reste 
à Giberville. Jacqueline de Fontenay, fille aînée de 
Lancelot, chevalier, seigneur de Fontenay-le-Marmion, 
Cabourg, Renémênisl, Giberville, fut dotée de cette terre 
à cause de son mariage avec Hugues Bureau, seigneur 
de Grentheville et Venoix, lieutenant général du bailli 
de Caen (2). 11 en sortit pour fille unique Françoise 
bureau, épouse de Bertrand Ménard, seigneur de la 

(i) Liber, Pelut, episc. 

(a) Hist Harc., t. II, p. 1499 et i5oo. 



6î 

Ménardière, lieutenant au château de Caen, sous le sei- 
gneur de la Rochepot-Montmorency (t). Leurs fils, au 
nombre de 9, partagèrent la succession paternelle çt ma- 
ternelle par acte passé devant les tabellions de Caen, en 
i55i. Louis de la Ménardière, seigneur de Cuverville, 
ayant la garde noble des enfants sous âge de feu François 
de la Ménardière, seigneur et patron de Giberville, 
nomma à la première portion eh 1 579 (2) ; François de 
la Ménardière, seigneur et patron de Formigny et de 
Giberville, en 1 699 ; Guillaume de la Ménardière, sei- 
gneur et patron de Giberville, le 5 avril i656. Il dépensa 
son bien. Sa terre de Giberville fut saisie et décrétée, en 
1664, à Nicolas Doublet seigneur de Persan, secrétaire 
du roi, receveur général des finances de la généralité de 
Caen, qui nomma à la cure le 12 juillet 1688. Nicolas 
Doublet, chevalier, seigneur de Persan et de Giberville, 
conseiller au Parlement de Paris y présenta aussi le 4 dé- 
cembre 1698. Il portait pour armes : d^azur à 3 mouches 
d^OT 2 et I . La seigneurie et le patronage de la première 
portion de cette paroisse ont été aliénés depuis, et. vendus 
aux dames religieuses de la Charité de Caen. 

Elle est à une lieue de Caen et à 2 petites lieues du 
bourg de Troarn. 

Guillerville (Saint-Martin de). Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, 23 feux, notariat de Troarn. 

Cette paroisse est voisine du marais des Terriers, sur 
lequel ses habitants ont des droits communs. La cure, à 
la nomination de Tabbé de Troarn, est appelée Ecclesxa 
de Gîsnervilla dans la bulle que le pape Innocent III 

(i) Généalog. manusc. de la maison de la Ménardière. 
(a) Reg. des GoUat. de rEvêché. 



64 

accorda en 1 2 lo à cette abbaye ( i ), et Ecclesia de Guil' 
lervilla par le livre Pelut de révéché^ 

Elle est à une lieue du bourg de Troarn et à 2 lieues 
et demie de Caen. 

r 

Héritot, autrefois Heuditot (Notre-Dame de). Sergen- 
terie du Verrier, élection de Caen, 24 feux, notariat de 
Méry-Corbon. 

Cette paroisse est assise sur la rivière de Dive, qui en 
partage même une portion qui va s^étendre vers Tévéché 
de Lisieux. Le curé, seul décimateur, est à la nomination 
du seigneur. Le fief seigneurial portait autrefois le nom 
d'Heuditot. C^est sous cette dénomination que la paroisse 
se trouve employée dans le vieux Fouillé de Tévécbé, qui 
n^et la cure à la présentation de l'abbé de Fécamp, qui 
Ta apparemment rétrocédée au seigneur. Ce fief auquel 
celui de la paroisse d^Ernetot est uni a de beaux droits, 
et plusieurs fiefs qui relèvent de lui, tels que sont : i® un 
fief de haubert situé paroisse de Garcelles ; 2» un huitième 
de fief de haubert situé paroisse de Vimont; 3^ un tiers 
de fief de chevalier situé paroisse de Rupierre, et un autre 
fief noble dans la même paroisse ; 40 un fief de haubert 
situé paroisse de Saint-Pierre-du-Jonquay, et un fief 
noble dans la même paroisse ; S^^ un plein fief de haubert, 
paroisse de Manneville-la-Campagne; 6<> un demi-fief de 
haubert, paroisse d^Escoville; 70 un fief noble, paroisse 
de Beneauville ; 8® un fief nommé le fief de Madrilly, 
paroisse de Gacé, vicomte d'Orbec; 9* un demi-fief 
d^haubert, paroisse des Astelles, châtellenie d^Hyesmes, 
duché d^Alençon ; io<> un autre fief noble, paroisse de 
Canapville, vicomte d^Orbec. Cette seigneurie d^Héritot, 

(i) Neust. Pia, p. 563. 



fief d^haubert^ relève du roi. Vaultier de Briosne, sei- 
gneur d'Heuditot, fils de Guillaume d^Harcourt (i) prit 
le nom de Briosne à la place de celui de son père, en re- 
tenant seulement les armes d^Harcourt qui sont : de gueule 
à 2 faces d*or, qu^il brisa de 3 besans d'or en chef. Il 
s'allia de Perronelle de Boissay. Richard de Briosne, pre- 
mier du nom, son fils, seigneur d'Heuditot-Ernetot fut 
fait chevalier en 1 3 1 3 par le roi Philippe le Bel pour 
lequel il porta les armes. Il prit alliance avec Alix de 
Rupierre, héritière de Rupièrre, petite-nièce de Guil- 
laume de Rupierre, ëvéque de Lisieux en f 193. Richard 
deuxième du nom, seigneur d'Heuditot, Ernetot, Ru- 
pierre, Manneville, chevalier, est compris entre les che- 
valiers bacheliers de Tan i338, prenant la qualité de : 
monseigneur. Il est dit seigneur et patron de Manneville 
dans les archives de Bayeux, à cause de Jeanne de Man- 
neville, sa femme. Bertrand de Briosne, seigneur d'Heu- 
ditot, porte la qualité de chevalier dans les registres de la 
chambre des comptes de l'an 1347. Il épousa Jeanne de 
Cantelou ou Cbantelou. Richard troisième du nom, sei* 
gneur d'Euditot, est employé dans la liste des chevaliers 
bannerets et bacheliers qui fut faite par les hérauts sous 
le règne dé Charles VI. Raul-Morel de Briosne, son 
frère, est qualifié chevalier, seigneur d'Heuditot, Ru- 
pierre, Cantelou, Ernetot (2). Il fit une acquisition d'une 
ponion de dîme dans la paroisse d'Ernetot, selon l'acte 
du 21 juin 1416. Il fut marié à Perronelle d'Auvrecher 
d'Angerville. Lambert de Briosne, son fils, mon sans 
alliance, laissa pour héritières Jeanne et Perronelle de 
Briosne, ses sœurs. De Taînée, mariée successivement à 



(i) Hist. Harc, t. II, p. 1973. 

(2) Hist, Harcy t. II, p. 1976 à 1981. 



G6 

Jacques, chevalieri sire de la Heuse, et à Guillaume 
Murdrac, seigneur du Treilly, vinrent 3 filles qui parta- 
gèrent la riche succession de leur mère le 3 octobre 1452. 
Marguerite de la Heuse, sortie du premier lit, dame de 
Heuditot et de la vavassorerie de Cantelou, est qualifiée, 
dit la Roque, dame de Mous (Moult) en un arrêt du 
Parlement de Tan 1441/à cause de son mari Colard, sire 
de Mous, capitaine de Ribemont (i). Sa seigneurie 
d^Heuditot passa, sous le nom d'Héritot, dans la maison 
de Betheville. Jean de Betheville, seigneur de Betheville 
et d'Héritot, épousa Jeanne Vipart. Guillaume^ seigneur 
de Betheville et d^Héritot, Blanche d^Harcourt. Jacques, 
seigneur desdits lieux, Marguerite Le Veneur, petite nièce 
du cardinal Jean Le Veneur, grand aumônier de France. 
Il est dit dans un rolle de l'an i5o3, que Jacques de Be- 
theville tenait le fief entier d'Héritot avec droit de pa- 
tronage du duché d^Alençon, en la vicomte de Saint- 
Silvin ; qu'il tenait pareillement les fiefs de Clinchamps, 
Cantelou, Manneville, Soumoville, Torps et Garsalles, 
assis en divers ressorts (2), Robert de Betheville, seigneur 
du lieu et d'Héritot, s'allia de Françoise de Fours. Il 
avait pour armes : de gueules à la croix d'argent accom- 
pagnée de 12 quintesfeuilles d'or. Françoise de Bethe- 
ville, dame desdits lieux, sa fille unique nomma à la cure 
d'Héritoten 1 596 et 161 1 (3). Elle se qualifie dans les 
présentations de veuve de M. Jacques de Mouy, sei- 
gneur de Pierrecourt, chevalier des ordres du roi, con- 
seiller en son conseil d'Etat, capitaine de 5o hommes 
d'armes, lieutenant général de Sa Majesté en Norman- 

(1) Hist. Harc, t. U, p. igSS à 1987. 

(2) Hist. Harc, t. II, p. 1540 à 1547. 

(3) Registre du secret, de révêchc. 



6? 

die (i), Il était frère puîné de Jean de Mouy, seigneur de 
la Mailleraye, chevalier des ordres du roi, vice-amiral de 
France. .Antoine de Moqï, leur fils, seigneur d'Héritot et 
de Fours, gouverneur d^Honfleur, s'allia de Madeleine 
de Mage, dame de Tourmeauville. Louis de Bretel de 
Grimouville, chevalier, seigneur et marquis de la Mail- 
leraye, seigneur et patron d'Héritot, Ernetot, nomma à 
cure le 12 octobre i65o (2). Elle dépend aujourd'hui de 
messire Jean-François PiedoCke, écuyer, seigneur d'Hé- 
ritot, Ernetot. J.-B. Piédoûe de Charsigné, seigneur de 
Héritot, Ernetot, procureur général du roi au bureau des 
finances à Caen vivait en 1725 avec Catherine deCau- 
vîgny, sa femme. 

' Elle est à une lieue du bourg d'Argences, trois quarts 
de lieue de Troarn, 4 lieues et demie de Caen. 

Herouvillette (Notre-Dame d'). Sergenterie de Vara- 
ville, élection de Caen, 84 feux, notariat de Bréville. 

Cette paroisse est arrosée au levant par le ruisseau 
d'Aiguillon, et au nord par la rivière d'Orne. Le grand 
chemin de Caen à Dive, au Pont-l'Evêque, le Havre, 
Rouen, passe au travers de son territoire. De ses ha- 
meaux, le principal est celui de Sainte-Honorine, où il y 
a une chapelle annexe de la paroisse, desservie par un 
vicaire commis par le curé. C'est de cette chapelle, assez 
écartée de l'église paroissiale, que le hameau a pris son 
nom. Herouvillette est un démembrement de la paroisse 
de Ranville; l'abbé d'Aunay présente à la cure; leurs 
terroirs ont toujours été indivis pour les dîmes, et les 
granges sont sur la dernière ; mais on les a panagés de- 

(i) Hist, Harc, t. II, p. 1547. 
(a) Reg. du secret, de l'érêché. 



68 

puis quelques années quant aux tailles, pour lesquelles 
on fait deux rôles aujourd'hui. L'abbé d^Aunay perçoit 
les deux tiers des grosses dîmes, et tous les verdages 
d^HérouvIUette, le curé n'ayant qu'une pension congrue, 
l'autre tiers se partage entre Tabbesse de Préaux et le curé 
. de Ranville, qui a les verdages de sa paroisse. Le pa- 
tronage et les dîmes de cette paroisse furent aumônées 
avec tous droits à l'abbaye d'Aunay, vers ii3iy par 
Jourdain de Say, son fondateur (i). 

Elle est à 2 petites lieues au nord de Caen et à une 
lieue et demie de Troarn. 

Janville (Notre-Dame de). JoannisviUa. Sergenterie 
de Troarn, élection de Caen, 45 feux, notariat de Troarn. 

Cette paroisse, voisine du marais des Terriers est située 
au confluent du cours de Semillon, et de la petite rivière 
de Meance. Nous apprenons de la bulle coniirmative du 
pape Innocent III, de l'année 12 10, que son église est 
exempte de la juridiction épiscopale, et soumise à celle de 
l'abbé de Troarn, qtii nomme à la cure de plein droit. 
L'abbé de Troarn a les deux tiers de la dîme, le curé 
l'autre tiers. 

Elle est à trois quarts de lieue de cette abbaye et à 
4 lieues de Caen. 

Jonquay (Saint-Pierre du). Sergenterie au Verrier, 
élection de Caen, 24 feux, notariat de Méry-Corbon. 

Elle est arrosée au nord par la rivière de Dive qui la 
sépare du diocèse de Lisieux, bornée au midi par les pa- 
roisses de Rupierre et de Héritot, à l'orient par un ruis- 
seau d'avec le Mesnil-Oger, et au couchant par la petite 

(i) Neust. Pia, p. 758. 



rivière deTroarn. L'église est neuve et fut finie en 1743, 
autour de laquelle est le village du Jonquay. Il y a encore 
à une petite distance un autre hameau appelé TOmulée, 
séparé de celui du Jonquay par le ruisseau ou le gué de 
PAumône. Il y avait 2 portions de cure qui ont été réu- 
nies; on voit par le livre Pelut que vers i35o, le prieur 
de Deux- Amants était présentateur de la première, et Jean 
de Rupierre de la seconde. Charles d^Auberville, cheva- 
lier, baron de Verbosc, seigneur de Caux, Mesnil-Oger, 
Cantelou et Saint-Pierre du Jonquay ,y nomma ès-années 
\5ji et iSyS à la seconde portion. Aujourd'hui, M. le 
marquis de La Ferté, y possédant les fiefs de Saint-Pierre 
et de Saint-Denis, est seigneur patron présentateur de la 
cure. M"« la maréchale de Montesquiou y tient un troi- 
sième fief nommé Meïzi. Les dîmes appartiennent au 
curé, conjointement avec le curé de Hotot-en-Auge, dio- 
cèse de Lisieux, les religieuses de Villers-Canivet et les 
chanoines de Croissanville. 

Elle est à 4 lieues de Caen et à une lieue des bourgs 
d^Argenceset de Troarn. 

Lirose (Saint-Germain de). Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, a un feu, notariat de Troarn. 

Cette petite paroisse est située sur la route de Caen au 
Pont-PÉvéque par Troarn et Darnestal. L'abbé de Troarn 
nomme à la cure de plein droit ; c'est une des églises qui 
composent l'exemption de cette abbaye, suivant la bulle 
d'Innocent III, en 1210. 

Elle est à 2 lieues de Caen et à une lieue du bourg de 
Troarn, 

Matmeville (Saint-Frambault de). Sergenterie de 
Troarn, élection de Caen, 14 feux, notariat de Troarn. 



70 

Cette paroisse, située en pleiae campagne, est sur la 
droite du chemin de Caen au bourg de Troarn. Messire 
Jean-Robert Gosselin, seigneur et patron de Manneville, 
chevalier de Tordre militaire de Saint-Louis nomma à la 
cure de qui dépend la dîme, et à la chapelle de Sainte- 
Trinité, qui par décret de TOrdinairedu i« janvier 1 746, 
a été transférée de la basse-cour dans Taile gauche de la 
maison seigneuriale, en un' lieu plus décent. La paroisse 
de Manneville appartenait autrefois à une famille noble 
qui en avait emprunté le nom, et qui portait pour armes : 
d^or au lion de gueules. GeoflTroy de Manneville, écuyer, 
et monseigneur Guillaume de Manneville, chevalier, sont 
représentés dans les registres de la Chambre des Comptes 
de Tan iSôg. M. Geffroy de Manneville, chevalier, fut 
employé dans la liste des chevaliers-bacheliers sous le 
règne de Charles VI. Cette famille forma plusieurs 
branches comme on le voit par la recherche de Montfauq, 
année 1463, où Ton trouve Philippe de Manneville, sei- 
gneur de Secqueville, Jean de Manneville, seigneur de 
Lanteuil. Guillaume de Manneville, seigneur de Livry, 
et Jean de Manneville, seigneur de Cahagnes. Guillaume 
de Manneville, chevalier, seigneur de Manneville vivait 
vers 1260. Jean de Manneville fut du nombre des gentils- 
hommes à qui le roi Jean pardonna en 1 36o pour avoir 
pris le parti du roi de Navarre. Richard de Briosne, 
II* du nom, chevalier, seigneur d^Heuditot (Héritot), 
Ernetot, est dit dans les archives de Péglise de Bayeux, 
année i35o, seigneur et patron de Manneville, à cause de 
Jeanne de Manneville, sa femme. Jean de Briosne, che- 
valier, tenait un quart de fief avec une vavassorie de 
36 acres en la paroisse de Mannevillle, suivant Paveu 
qu^il en rendit au roi le dernier mars 1372. De Jeanne de 
Briosne et de Guillaume de Murdrac, seigneur du Treilly, 



71 

son second mari, sortirent pour héritières Jeanne et 
Catherine de Murdrac, qui, avec Marguerite de la Heuse, 
leur soeur utérine, partagea la succession de leur mère 
le 3 octobre 1452. Jeanne, épouse de Robert dWnger- 
ville, seigneur de Grainville, eut la seigneurie de Manne- 
ville avec les patronages d'églises, et les rentes foncières 
assignées aux paroisses de Mesnil-Oger et d^Argences. 

Elle est à 2 lieues de Caen et à une lieue du bourg de 
Troam (i). 

Merville et Gonneville. Sergenterie de Varaville, élec- 
tion de Caen, notariat de Varaville. 

Ces deux paroisses ne sont unies que quant au titre de 
bénéfice seulement. Dans le reste elles n^ont rien de com- 
mun. Merville, sous Tinvocation de Saint-Germain 
d^Auxerre son premier patron, et de la Nativité de la 
Sainte-Vierge son second, est Péglise matrice, 40 feux^ 
160 communiants. 

Gonneville, sous le titre de TExaltation de Sainte-Croix, 
est Tannexe ou succursale, 90 feux, 3oo communiants. 

Chaque église a son office, ses fonts baptismaux, ses 
registres en particulier, comme chaque paroisse a son sel, 
sa taille, et autres impositions séparément. Le curé de 
Merville, à la pleine collation du chanoine de ce nom, 
dessert les deux cures par lui-même et par un vicaire à 
son choix. Les dîmes sont communes; le chanoine de 
Merville et les boursiers du collège de M« Gervais de 
Paris, en perçoivent la plus grande partie, en sorte qu^on 
n'en excepte que les deux tiers des grosses qui sont recueil- 
lies par Tabbesse de Caen sur son fief d'Escanneville, et 
par M«e de Hautemare de Caen sur Textension de son 

(i) Hist. éTHarcourt, 1. 1, p. 387, et t. II, p. 1978 à ioo5. 



72 

fief du Homme, à cause de sa chapelle de Saint-Chris- 
tophe, située à Varaville, au hameau du Homme. 

Merville est situé à l'embouchure de TOme et a au nord 
la mer, dont la plage porte le nom de la Pointe du Siège 
dans les anciennes cartes, et de Merville dans la carte 
nouvelle de Bayeux. II y a le long cie la côte une excel- 
lente garenne, qui appartient au seigneur du lieu. Son 
terroir est un pays plat qui consiste en terres à labour et 
en herbages. Il n^a point de rivières, TOrne en étant à un 
bon quart de lieue loin ; il n^ a que quelques rigolles 
ou coulants pour égoater les terres. Ses hameaux sont 
celui de Merville, près de Péglise, celui d'Escanneville, et 
quelques maisons écartées du côté du Buisson, et celui du 
Homme sur le grand chemin de Caen à Rouen, lequel 
est en partie sur Varaville au levant. La seigneurie de 
Merville, fief de châtelain relevant du roi, est aux mains 
de Messire Charles- Adrien d'Anisy, écuyer, seigneur- 
châtelain et honoraire de Merville, trésorier au bureau 
des finances à Caen, il Ta acquise des enfants de Messire 
Nicolas de Cairon, seigneur du dit lieu. Anciennement 
elle appartenait à la maison de Vaux-sur-Aure. François 
de Vaux, chevalier, seigneur«cbâtelain de Merville, de 
Fontaine-Étoupefour, vivant en 1490, ne laissa que 
3 filles, dont l'une épousa un Bateste; Tautre, nommée 
Jeanne, Jean de Beuzeville, seigneur d^Huberville ; la 
troisième, le seigneur des Moustiers (i). Le seigneur de 
Merville a 2 terres considérables dans cette paroisse. Tune 
quHI a achetée avec la seigneurie, Tautre, dont il a hérité 
de son oncle, M. de Lousouf, trésorier de France à Caen. 
Son château, entouré de mottes de toutes parts, n'est 
remarquable que par son ancienneté. 

(i)Hi8t, Harc, t. Il, p. aoo2 et aoo3. 



73 

Merville est à 3 fortes lieues de Caen, et à 2, lieues de 
Troarn. 

Gonneville, placé au midi de Merville, est, comme 
celle-ci, entre les rivières d'Orne et de Dive, à trois quarts 
de lieue de distance de Tune et de Pautre. Il y a 3 ha- 
meaux : Beauvoir, qui est le plus grand et le plus peuplé, 
proche te terroir de Bavent, du côté de Beneauville; Gon- 
neville, au septentrion près de Merville ; et Eschenvilïe 
qui est au milieu desdeux. Le curé et le vicaire demeurent 
à Gonneville. Ils y ont toujours demeuré, même avant 
que Péglise de cette annexe fût construite. 11 parait que 
cette église, suivant une inscription qu'on y voit, a été 
consacrée par Tévéque de Damas le 20 d'avril 1609. Le 
fief dominant de ce lieu est la baronnie de Varaville ; le 
même seigneur y possède aussi le fief de Boudevillain, 
dont la glèbe est à Varaville. Il y a encore d'autres fiefs, 
comme : Gonneville tenu par Anne-Charlotte des Jardins, 
veuve de François Turpin, écuyer, sieur de Cailloûet ; 
des Gipuls, par Pierre-Alexandre Ernault, écuyer, sieur 
des Capuls; et Beauvoir ou Beauvais, par M»* PAbbesse 
de Caen. Les d^cimateurs sont les mêmes pour Gonne- 
ville et pour Merville, comme je Faî déjà observé. Il faut 
pourtant remarquer que dans Gonneville, le chapelain de 
PHôtel-Dleu de Varaville et un des religieux de Troarn 
prennent la moitié de la grosse d!me qui vient sur le fief 
de Boudevillain, et que le trésbr de Gonneville a les deux 
tiers d'une petite portion, qui est prise à un autre 
endroit. 

Gonneville est aussi à 3 lieues de Caen et à 2 lieues de 
Troarn. 

Méry (Saint-Martin de). Sergenterie d'Argenccs, élec- 
tion de Caen, 1 19 feux, en y comprenant l'extension de 



74 

Corbon qui est de l'autre côté de la Dive, qui arrose son 
territoire à Torient. Lieu de notariat. 

La nomination de la cure appartient à Tabbé du Bec. 
Il y a 4 décimateurs, le curé, qui est décimateur ecclé- 
siastique, et l'abbé de Troarn qui, conjointement avec les 
boursiersdu collège de M^GervaisChrétien, et les chanoines 
de Croissanville, possèdent les dîmes inféodées^ lesquelles 
reviennent aux deux tiers de toutes les grosses ( i ). Il parait, 
par le titre de Tabbaye de Troarn du 12 septembre i366, 
par celui des chanoines du 25 août 1376, et par le contrat 
d^échangedu collège de M^Gervais du 8 juillet 1 379, que 
cette dîme inféodée est provenue de Jean Le François ; 
qu^elle a été partagée entre Jeanne et Agnès Le François; 
qu^elle consiste aux> deux tiers des grosses dîmes ; que 
Jeanne Le François aînée, mère de Jean Bonenfant, dona* 
teur des chanoines de Croissanville, n^a eu que la dîme 
de Tancien domaine du fief de Méry qui lui est échu en 
partage, et que pour le reste des dimes inféodées, il est 
échu à Agnès Le François puînée, laquelle, avec Guillaume 
de Manourry son mari, a vendu la moitié de sa portion 
aux religieux de Troarn, et après son décès, Jean de Ma- 
nourry, fils de la dite Agnès, a délaissé, à titre d^échange, 
l'autre moitié à M* Gervais Chrétien» fondateur du dit 
coUège.Méry est aux confins de Tarchidiaconéd'Hyesmes, 
proche le* pont de Dive, à 4 lieues et demie de Caen et à 
une lieue et demie du bourg de Troarn. 

Mesnil-Frémantel (Saint-Barthélémy). Sergenterie de 
Troarn, élection de Caen, 10 feux, 35 ou 40 habitants, 
notariat de Troarn. 

Cette paroisse, sur le grand chemin de Caen à Paris, 

(i) Ext. d'un fact. impr. 



75 

relève delà juridiction d'Argcnces, dont elle est une exten- 
sion du fief. Les prieur et religieux de Fécamp en sont les 
seigneurs^ comme aussi les présentateurs et collateurs de 
la cure. Toutes les dîmes, grosses et menues leur appar- 
tiennent. Elle s^appelle Mesni-Frémantel, 'quoique le 
hameau du Mesni ne subsiste plus, mais seulement la 
paroisse de Frémantel, en latin de Frigido-Mantello. 

Elle est à cinq quarts de lieue du faubourg de Sainte- 
Paîx-lès-Caen. 

Mesnii^Oger\Saint'Outndé\, Sergenterie de Brethevil, 
élection de Falaise, 1 9 feux, 5o à 60 communiants, nota- 
riat de Méry-Corbon. 

Cette paroisse est située sur le bord de la rivière de 
Dive. Elle dépend de l'élection de Caen pour le sel et la 
taille, et de celle de Falaise pour le civil et autres affaires. 
La sergenterie de Brethevil contient 4 paroisses dans 
rélection de Falaise. Cétait autrefois un petit monastère 
composé de 3 à 4 religieux bénédictins, dépendants de 
Tabbaye de Saint-Ouen de Rouen, lesquels y avaient un 
vicaire perpétuel pour administrer les paroissiens. Les 
religieux de Saint-Ouen, seigneurs et patrons firent un 
échange il y a environ 200 ans, et cédèrent les préroga- 
tives de la seigneurie et du patronage à une dame de la 
Ferté. En conséquence de <jet échange, M. de La Ferté- 
Senneterre est seigneur du Mesnil-Oger et présente à la 
cure, et Pabbé de Saint-Ouen en est le collateur. Le curé 
jouit de toute la dîme. 

Elle est entre les bourgs de Troarn et d'Ârgences, à 
une lieue de distance de l'une et die Tautre. 

Mondeville (Notre-Dame de). Sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, 100 feux, notariat de Caen. 



1^ 

Cette paroisse, qui est arrosée par un ruisseau produit 
par une fontaine delà paroisse de GiberviUe, a 3 hameaux 
principaux sans compter la rue principale-: Le Vast, 
Beimest et les Roques; dans son entier, elle forme une 
espèce de fer à cheval qui dans son enceinte renferme une 
plage de terre infiniment basse, et souvent submergée, et 
qui n'est plantée qu'en mon-bois,on Pappelle les Eguerres. 
Le ruisseau qui la traverse s'appelle les Bieux. On y voit 
plusieurs gouffres sans fond. 11 y a dans l'église une con- 
frérie de la Sainte- Vierge, on y célèbre toutes les fêtes 
avec solennité, sermon et bénédiction du Saint-Sacrement. 
Les religieux de Pabbaye de Fécamp sont seigneurs tem- 
porels de Mondeville ; ils présentent de plein droit à la 
cure, et en perçoivent les dîmes. H y avait un prieuré 
simple sous le titre de Saint-Denis, qu'on dit avoir été 
une abbaye de Bénédictins, et dont il ne reste plus que le 
revenu qui appartient à Fécamp, et une léproserie de 
Sainte- Madeleine, pareillement détruite, et dont les biens 
ont été donnés à THôtel-Dieu et à THôpital-Général de 
Caen. On trouve^ ce qui est assez rare, jusqu'à 5 cha- 
pelles domestiques dans cette paroisse. Il y a plusieurs 
belles maisons de plaisance pour des particuliers de Caen ; 
la plus charmante est celle de feu Messire Julien de Gou- 
pillère, direaeur de la monnaie à Caen. Sa position, qui 
domine sur cette ville, et sur les prairies des environs, 
forme l'aspect le plus riant. Tout y est dans l'ordre, beaux 
jardins, belles promenades, belles terrasses. La paroisse 
de Mondeville relève de la haute justice et bailliage d'Ar- 
gences, dont le siège esta Sainte-Paix-lès-Caen, et ressortit 
uniment du Parlement de Rouen. Son terroir parait res- 
treint du côté de Giberville et de Colombelles, mais il 
s'étend infiniment pour la terre à labour vers le Mesnil et 
Grentheville; si Sainte-Paix parait le resserrer, en récom- 



77 

pense, il se dilate sur une belle prairie qui, depuis les 
moulins de Qopée jusqu^à la Goublinière. renferme tout 
le terrain que la rivière arrose par une infinité de détours. 
Le roi Charles IX, après s'être fait déclarer majeur dans 
un lit de justice, tenu à Rouen le 17 d^août i563, des- 
cendit en Basse-Normandie pour visiter cette partie de la 
province. Le mardi 24 du dit mois, arriva le roi, environ 
10 heures du matin, au village de Mondeville, chez le 
sieur du lieu surnommé Morin. Après son dîner, fait son 
entrée à Caen avec les cérémonies qu'on peut voir dans 
les antiquités de cette ville, par M. de Bras (i). 

Elle est à une demie-lieue de Caen, sur la route de 
Rouen et de Paris. 

Petiville (Saint-Biaise de). Sergenterîe de Varaville, 
éleaion de Caen, 89 feux, notariat de Varaville. 

Cette paroisse est située dans un long et large marais 
bordé par la'rivière de Dive. La dîme appartient au curé 
et la nomination de la cure au seigneur. Le vieux pouillé 
de révêché, rédigé vers i35o, marque que son patronage 
appartenait alors aux héritiers de M. Guillaume de Luc. 
Depuis il passa à Messire d'Angerville (2) ; ainsi, noble 
homme, Jean d'Angerville, seigneur de Petiville y nomma 
en i5o8, et Louis d'Angerville son fils en i535 (3). Ils 
étaient de la même famille que les d'Angerville, seigneurs 
de GrainviUe. 

Elle est à 3 lieues et demie de Caen. 

Ranville (Notre-Dame et Saint-Roch de). Sergenterie 



(i) Ant, de Caen, p. 187. 

(2) Hist. Harcourt, t. U, p. 1982. 

(3) Reg. du secret, de Tévêché. 



78 

de Varaville, élection de Caen, loo feux, notariat de 
Brëville. 

Cette paroisse, dans toute sa longueur^ est baignée à 
Toccident par la rivière d*Orne ; celle d'Eguillon la tra- 
verse du sud-est au nord, et le grand chemin de Caen au 
Havre et à Rouen, du sud-ouest au nord«est. La cure est 
à la présentation de messire Pierre*Antoine-Barnabé de 
Guemon, écuyer, seigneur et patron de Ranville, et cela 
depuis Tarrét du Parlement qui a fait cesser le litige entre 
ce seigneur et Tabbesse de Préaux. Les décimateurs sont 
les mêmes qu*à Hérouvillette (voyez son article ci-devant). 
On y compte 7 hameaux : Longval, la haute et basse 
Ranville, le Mariquet, Coutanville, le Home, Longue- 
ville et TEcarde. Il y a dans le hameau de Longval, qui 
est à trois quarts de lieue loin de l'église, une (ihapelle de 
Saint- Léonard, sans fond ni revenu; ses habitants, en 
vertu d'un arrêt qu'ils ont obtenu du Parlement, obligent 
le curé d'y faire dire la première messe les dimanches et 
les fêtes pour leur commodité. La seigneurie de Ranville 
relève directement du roi. Elle a des extensions dans plu- 
sieurs paroisses voisines, et notamment dans celle de 
Hérouvillette. D^elle relève noblement le fief d^Escageulle 
qui est ès-mainsdeM. de Ranville. En général, le terroir 
de cette paroisse est pierreux et mélangé de bonnes et 
mauvaises terres ; les pommiers croissent assez bien dans 
les bonnes; il est assez uni depuis POme jusqu'aux 
bruyères de Troarn, si on en excepte les petits coteaux qui 
sont des deux côtés de la rivière d'Eguillon. Il y a sur le 
bord un rocher qui renferme un trou de 2 pieds de dia- 
mètre, par lequel, lorsque la rivière est haute, il s^écoule 
une quantité d'eaux qui vont apparemment se perdre à 
la mer à une lieue de là. Ce rocher est tout composé 
d^écailles et autres pétrifications qu^on détache aisément 



79 

du sable qui. les enveloppe. On trouve de ces fossiles à 
plusieurs autres endroits, particulièrement dans les car- 
rières qui sont du côté de l'Orne. On en tire journelle- 
ment de la pierre de taille qu^on transporte au Havre, 
Honfleur, Saint- Valéry, Dieppe, pour les ouvrages du 
roi. Cette pierre est grise, fort dure et à l'épreuve des 
gelées. La mer couvre deux fois par mois, à la nouvelle et 
pleine lune, le marais de Ranville et ceux de Sallenelles 
et d'Anfreville. Après la retraite des eaux, on y met à 
paluder les moutons, dont souvent plusieurs meurent pour 
avoir bu de l'eau salée qui leur forme dans le corps une 
petite bourse d'eau ; cette maladie est sans remède. L'air 
est fort sain à Ranville quoique proche de la mer, et voisin 
de beaucoup de marais. Il n'en est pas de même des 
paroisses qui sont de Pautrc côté de la rivière. On croit 
que la cause de cette différence vient de ce que le soleil en 
se levant, jette toutes les vapeurs qui y naissent vers les 
paroisses qui sont à l'occident de Ranville. Autrefois, les 
habitants de Caen ont été obligés d'entretenir un bac au 
profit de ceux de Ranville et de Longval pour passer leurs 
bestiaux dans leurs communes qui restèrent de l'autre 
côté de la rivière, lorsqu'on fit la saignée de Longval (i). 
Elle est à 2 petites lieues de Caen et une lieue et demie 
de Troam. 

Robehomme (Notre-Dame de). Sergenterie de Varaville, 
élection de Caen, 45 feux, 1 70 habitants, notariat de Va- 
raville. 

Cette paroisse contient dans son territoire environ 
400 acres de terre, du nombre desquelles il n'y en a pas 
plus de 40 en labour ; les autres sont en herbages. Elle 

(1) Voyez sur cela M. de Bras, Antiq, de Caen, page 



8o 

forme une butte ou éminence en ovale qui a trois quarts 
de lieue de circonférence et un quart de lieue de traverse. 
LMglise est située à peu près au milieu de la plate-forme 
de cette butte; les maisons sont presque toutes placées 
aux deux extrémités de Téminence tant au midi qu'au 
nord. La partie qui est au midi s'appelle improprement 
le hameau de Bricqueville ; Pautre^ qui est au nord, porte 
le nom du Homme ; il n^y a qu'une ferme détachée de la 
buue, on la nomme la ferme de la Londe. Cette singulière 
paroisse est située sur la rivière de Dive qui coule le long 
d'icelle au levant, en serpentant beaucoup entre les her- 
bages de Robehomme, et ceux de Saint-Clair-en- Auge, et 
sépare le' diocèse de Bayeux de celui de Lisieux. Au cou- 
chant, elle est située sur le bord d^un long et large marais 
commun entre elle et les paroisses de Bavent et de Petiville. 
Elle est bornée d^un bout, vers le midi, par le fossé ou 
fled de la Grippe qui partage les herbages et marais de 
Robehomme d^avec ceux de Bures, et de l'autre bout par 
\tfled de la Londe qui partage les herbages de Petiville 
et de Varaville d'avec les marais et herbages de Robe- 
homme. Pour mieux concevoir l'idée de la butte de Robe- 
homme qu'on a érigée en paroisse, on n'a qu'à se reprép 
senter une grosse taupinière un peu en ovale au milieu 
d'un pré, et qui, pour les trois quarts de l'année est une 
île entourée d'eau d'un quart de lieue, et à perte de vue 
par les deux bouts, dont on ne peut sortir qu'avec de 
petits bateaux qu'on appelle au terme du pays : Ecaudes. 
L'église est si simple qu'il n'y a point de chœur : les 
2 cloches sont dans des fenêtres. L'abbé de Troarn, sei- 
gneur de Robehomme présente à la cure. La grosse dîme 
appartient, moitié à ses religieux, moitié au curé. J'ou- 
bliais à remarquer que la butte est entourée d'un fossé 
plein d'eau d'environ 1 5 pieds de largeur. Il n'y a dans 



8i 



ce lieu qu^une belle maison qui s^appelle le manoir de 
M. TAbbé. Il en est fait mention dans la bulle du pape ( i ) 
de Tannée 12 lo pour Tabbaye de Troarn : Maneria de 
Raimbhomme cum tota insula. 

Elle est à 3' lieues et demie du bourg de Troarn et une 
lieueetdemiedela mer. 

Ruppierre (Notre-Dame d'Assomption de). Sergenterie 
au Verrier, élection de Caen, 20 feux et 75 communiants, 
notariat d^Argences. 

La Manche coule tout le long de cette paroisse et la 
sépare de Janville, à une langue de terre près en prairies, 
qui s^en écarte en deçà des moulins du Fresne vers Ar- 
gences. Elle dépend du bailliage de Caen depuis la réu- 
nion de Saint-Silvin au présidial de cette ville. Son terri- 
toire consiste en terres à labour, prés, bruyères et bois 
taillis. La nomination de la cure appartient à M. Pierre 
Foucques de Belleville, écuyer, seigneur et patron de 
Rupierre, porte-manteau de S. A. Mgr le duc d'Orléans, 
et la dîme au curé, en vertu d'un arrêt obtenu en 1722 
du Parlement de Normandie par Charles-François Eudes 
de Meseray, titulaire de ce bénéfice, contre M"^ de Mont- 
gommery, abbesse de Villers-Canivet qui la prétendait en 
tout ou partie. Cette cure était autrefois divisée en deux 
portions; la division existait dès i35o (2). Le prieur des 
Deux-Amants près Rouen nommait à la première, et Jean 
de Rupierre à la seconde. Elle subsistait encore en i5o5. 
J^ignore le temps oti ces portions ont été réunies. Le livre 
Pelut de révéché nous apprend qu^il y avait trois cha- 



(1) Innocent ni. Neust. Pia., p. 563. 
(a) Ex Ub. Pdut. 



82 

pelles titulaires à Ruppierre dans le xiv« siècle, voici 
comme il les marque : 

Capelîa Sancti Eustachii de Rupetra, dominus de 
Maereyo, et Johannes de Rupetra alternat. VIII^, lit. 

Capella Sancti Dionisii de Rupetra^ Johannes^ de 
Rupetra, XI. lib. 

Capella B. M. de Ortis de Rupetra : dominus de 
Maereyo. 

Les deux dernières sont détruites depuis longtemps ; il 
ne subsiste plus que celle de Saint-Eustache, martyr, située 
à Textrémité de la paroisse, dont la présentation dépend du 
seigneur, patron de Ruppierre; la seigneurie de Rup- 
pierre a tous les honneurs. Il y a une extension de fief 
assez considérable sous la dénomination de Méry-Ru- 
pierre. Le chef-lieu en est à Saint-Pierre du Jonquay, 
paroisse limitrophe, oti M°*'la maréchale de Montesquiou 
qui la possède fait 'tenir ses plays. Cest la patrie de Guil- 
laume de Rupierre, élu évéque de Lisieûx en 1191 ou 
1 192. Il mourut en 1202. L^obituaire de son église cathé- 
drale marque un obi t le 19 d^octobre pour lui, et Roger 
seigneur de Ruppierre, son père (i). Il avait pour armes : 
pallé d'or et d^azur de 6 pièces (2). Alix de Ruppierre, sa 
sa petite nièce, héritière de sa branche, épousa Richard de 
Briosne, I^r du nom, seigneur de Heuditot (Héritot) Er- 
netot, qui fut fait chevalier en 1 3 1 3 par le roi Philippe le 
Bel ; Jeanne de Briosne qui en descendait au cinquième 
degré, hérita conjointement avec Péronelle, sa sœur, de 
Raoul Morel, seigneur d'Heuditot et de Perronelle d'Au- 
vrecher, leur père et mère (3). Guillaume de Murdrac, 



(1) No». Gallia Christ., t. XI, col. 780. 
(a) Hist. Harc, t. II, p. 1976. 
(3) Hist. Harc, t. II, p. 198a. 



83 

seigneur du Treilly, son second mari, rendit aveu au^roi 
en 1428 des seigneuries quMl tenait du fief de Jeanne de 
Briosne, sa femme; d^eux sortirent 2 filles, Jeanne Mur- 
drac, femme de Robert d^Angerville, et Catherine, alliée 
à Raoul du Bois, père et mèrede Perrette du Bois, femme 
de Raoul Pèlerin, seigneur de Sainte- Croix-Granthonne, 
qui en eut 2 filles (i). Guillemette Pèlerin, l'aînée, dame 
de Ruppierre, épousa Guillaume de Bricqueville, sire de 
Coulombières qui en eut Jacqueline de Bricqueville, dame 
de Ruppierre, femme d'Arthur de Vierville, baron de 
Creuilly, et les seigneuries de Ruppierre et Boisroger (2). 
Cest à leur droit qu'André de Sillans, un de leurs petits- 
fils, chevalier, seigneur de Boisroger, seigneur et patron 
de Ruppierre, Saint-Pélerin et du Mesnil-Hubert nomma 
à la cure en i632 (3). La présentation est datée de son 
manoir sieurial du Boisroger, paroisse de Cléville. Cest 
au même droit que Charles de Sillans, fils d'André, sei- 
gneur des dits lieux y nomma aussi en 1672 le 26 juin. 
Sébastien de La Rûe, seigneur de -Bernières, Ruppierre, 
Boisroger et de Jort, épousa le 19 juillet 171 2, Charlotte- 
Victoire Osmond. 

Elle est à 3 bonnes lieues de Caen, entre les bourgs 
d'Argcnces et de Trôam. 

SainUPaix ou Saint-Paterne. Sergenterie de Troarn, 
élection de Caen, 29 feux, notariat de Troarn. 

Cette paroisse est arrosée par la petite rivière ou ruis- 
seau de Semillon, qui vient du côté d'Argences, et va se 
perdre dans la Dive à Troarn dont elle est limitrophe. 



(i) Hist. Harc.y t. II, p. 1995. 
(a) Hist. Harc, t. II, p. 1990. 
(3) Regist. de l'évêché. 



' 84 

Elleest exempte de la juridiction épiscopale, et soumise 
à celle de Tabbé de Troarn, comme on le voit par la bulle 
de confirmation du pape Innocent III, derannéei2io (i). 
Cet abbé nomme à la cure de plein droit et en perçoit la 
plupart des dîmes. 
Elle est à 3 lieues de Caenet à une lieue d'Argences. 

Sainte^Paix, prèsCaen, sergentcried'Argences, élection 
de Caen, 38 feux, notariat de Caen. 

Cette petite paroisse est située proche le faubourg de 
Vaucelles, de Caen, et arrosée au couchant par la rivière 
d*Ome. C^est un démembremeht de la paroisse de Mon- 
deville, à laquelle elle servait d^annexe ou de succursale. 
Nous ignorons le temps de la séparation et de l'érection 
de Sainte- Paix en paroisse. Uéglise, sous le titre de la 
' Sainte-Vierge, est appelée dans les titres, Notre-Dame de 
la Fontaine et Notre-Dame de Sainte-Paix. Le surnom 
de la Fontaine lui vient à cause d^une très belle fontaine 
dont la source vient de dessous Téglise ; le surnom de 
Sainte-Paix lui a été donné à raison de ce qui suit. Pour 
perpétuer la mémoire d^un concile que le duc Guillaume 
convoqua à Caen en io6i, il fit bâtir une église (2).. Il 
choisit pour cela la place oii avaient reposé les saintes 
reliques qu^il avait fait apporter pour solenniser la célé- 
bration de ce concile, et parce que pendant ce temps-là le 
duc prit soin de prévenir et de faire cesser toutes sortes de 
troubles, et d'observer ce qu'on appelait la trêve de Dieu, 
il voulut aussi que cette nouvelle église fut nommée 
Sainte-Paix de Toussaint. C'est la même qui s'appelle 
Saint-Marc, et qui fut ruinée en 1 562 par les Protestants. 

(OATeurt.PiVi, p. 563. 

(a) Orig. de Caen, par M. Huet^ p. 195-196. 



Mais le surnom de Sainte-Paix fut donné à Péglise qui 
servait de paroisse aux habitants du lieu, et qu^eile a tou- 
jours porté depuis. Elle est soumise à la juridiction des 
abbés et religieux de Fécamp. Ils présentent de plein droit 
à la cure, et perçoivent toutes les dîmes qui sont encore 
confondues avec celles de Monde ville, sa paroisse primitive. 
Sainte-Paix, comme Mondeville, dépend de la baronnie 
d'Argences, appartenant à la dite abbaye qui la possède 
par la libéralité des ducs de Normandie. Cest à Sainte- 
Paix que se tient la juridiction de cette baronnie, comme 
étant située au milieu des fiefs qui en dépendent. Elle 
tenait auparavant à Argences ; la translation est depuis 
environ y S ans. 

Saint-Pierre-Oursin. Sergenterie de Troarn, élection 
de Caen, 8 feux, notariat de Troam. 

Remplacement de cette nouvelle paroisse est ce qui est 
appelé le marais djcs Terriers dans les cartes du diocèse 
de Bayeux. Il est situé entre les paroisses de Bellengre- 
ville, Vimont, Argences, Saint-Pair, Guillerville et Es- 
miéville. Cétait un grand lac d^une lieue d^étendue sur 
tous sens, d^aucune valeur, ne produisant que des roseaux 
et beaucoup de maladies, par les mauvaises vapeurs quMl 
répandait. Le dessèchement de ce marais fut arrêté en 
1699 P^^ ^^ traité passé à Paris entre M. Louis de 
Sourches, abbé de Troarn^ seigneur tréfoncier du marais^ 
et Rémy Maquard, ingénieur pour les dessèchements. Il 
ne fut cependant entrepris qu'en 171 1, en conséquence 
d^un arrêt du conseil du 9 juin. Le sieur Maquard et 
deux de ses associés, rebutés par la dépense excessive de 
cet ouvrage, cédèrent tout leur droit au sieur Jean Our- 
sin père, qui faisait le quatrième, et qui s^en chargea 
seul à ses frais. Jacques Oursin, sieur Dumesnil, ancien 



8^ 

payeur de rente de la ville de Paris^ acquit de Gilles Qé- 
ment/ sieur de Bourgeauville, par acte du 16 mars 1718, 
Toffice de conseiller trésorier de France et général des 
finances en la généralité de Caen; les lettres patentes 
du 7 avril 1718 furent vérifiées aux comptes le 21 mai 
suivant. L^arpentage du marais, ordonné par M. Guinet, 
intendant de Caen^ fut fait en 1714; on le fixa à 1,732 
arpents. On en accorda à Tabbaye de Troarn, pour son 
droit de triage, 3 1 3 arpents 66 perches, 70 à la paroisse 
de Saint- Pair; 78 à Guillerville, 98 a Esmiéville, 98 à 
Bellengreville, 78 arpents 34 perches à Vimont et i3o à 
Argences^ pour leur droit d^<usage par indivis. Le reste, 
qui se montait à 866 arpents, fut abandonné en toute 
propriété aux sieurs Oursin père et fils pour les frais du 
dessèchement. Le sieur Oursin fils, seigneur de Digoville, 
acquit encore de Tabbaye de Troarn 307 arpents du 
nombre des 3 j 3 qui lui avaient été cédés moyennant 
41 5 livres de rente foncière et seigneuriale dont il se 
chargea envers cette abbaye, et par là il se fit propriétaire 
de 1,173 arpents dans le marais des Terriers. Avec le 
consentement de Tabbé et des religieuses de Troarn, il y 
en eut 973 arpents érigés en plein fief d^haubert pour le 
seigneur de Digoville, sous la dénomination de fief 
Oursin, à charge de relever immédiatement de cette 
abbaye; les 200 qui restaient furent érigés en plein fief 
de chevalier, sous le nom de fief des Terriers, relevant 
du fief Oursin. Après le dessèchement entier de ce vaste 
terrain, dont la dépense fut évaluée à près de 1,200,000 fr., 
M. de Digoville obtint qu^ii fut érigé en paroisse sous le 
nom de Saint-Pierre-Oursin. Le décret de Mgr Tévêque 
de Bayeux donné à cet effet, est daté de Versailles le i" de 
juillet 1752. Les lettres patentes de Sa Majesté sont du 
même mois, datées de Compiègne et registrées au Parle- 



87 

ment de Rouen. L'église et le presbytère ont été construits 
à ses frais ; il Ta dotée, fournie de cloches, vases sacrés et 
ornements nécessaires. Il y a affecté un fonds de 600 livres 
de rente pour le curé qui demeure à sa nomination, et à 
celle de ses successeurs. Enfin M. Pierre Oursin, sei- 
' gneur et patron de Dîgoville et de Saint-Pierre-Oursin, 
nomma pour la première fois à cette chapelle, par acte du 
12 septembre 1753, Antoine Gouye, prêtre, originaire 
de Saint- Laurent-sur-Ia- Mer. 

Ce seigneur a déjà 5 grosses fermes dans cette pa- 
roisse^ qui est à une lieue du bourg de Troarn et à 3 lieues 
de Caen. 

Sallenelles (Saint-Germain de). Sergenterie de Vara- 
ville, élection de Caen, 3o feux, 80 communiants, nota- 
riat de Bréville. 

Cette paroisse est appelée Salinellœ dans une vieille 
ch2LTXtt,ecclesia de Saline l lis dans le livre Pelut, et S au» 
lenelles hoc est, Nigellœ salices dans Cenalis (1). Le 
peuple ne la nomme communément que par le mot cor- 
rompu de Savenelles. Elle est située au nord d^un coteau 
appelé la Perruque^ qui donne sur la rivière d'Orne près 
de son embouchure. Il y a dans le même endroit des 
pieux attachés au bas d^une petite éminence, où Ton 
tend, sur des rochers que la mer submerge, des filets pour 
prendre du poisson. C^est là que vient se perdre dans 
rOrne, la petite rivière d'Aiguillon, qui prend sa source 
au pied des bruyères de Troarn. La paroisse de Salle- 
nelles, bornée .à Touest par l'Orne, à Test par le Bisso|i 
et au midi par Anfreville^ a tellement souffert du voisi- 
nage de la mer, qu41 n'y reste plus que le quart du 

(I) Cen. de Re Gallic.y llv. II, p. i53. 



88 

terrain qu^elle avait autrefois. Lors<)u'on y rebâtit une 
église al^lieu de celle qui fut ensevelie sous les sables en 
1732, on arpenta le terrain qui ne se trouva monter qu'à 
80 acres de terre. Les vents continuent encore à Tendom- 
mager en couvrant les maisons de sable. La nouvelle 
église est située au tiers du coteau de la Perruque, et au . 
milieu de la paroisse, eu égard à sa longueur. Les mai- 
sons des habitants sont sur la longueur d^environ -Soo pas 
des deux côtés des chemins de Caen à Dive. Suivant une 
collation de i663, la chapelle titulaire de Saint-Ouen et 
de Saint-Barthélémy est sur cette paroisse et sur celle du 
Buisson. Le curé est décimateur. Le sieur Pierre Gau- 
thier, banquier à Caen, nomme à la cure, à cause de sa 
seigneurie de Sallenelles qu^il a acquise des héritiers de 
M. Alexandre Bigot, sieur de Monville, président du 
Parlement de Rouen. Du fief de Sallenelles relèvent les fiefs 
de Fontenay-Eperville, la Chapelle et d'Eschaufour, sis à 
Bavent, et lui-même relève noblement de la baronnie de 
Beuvron et de Beauffou-en- Auge, appartenant à M. le duc 
d^Harcourt. 

Jacques d^Achey, seigneur de Beusevaletde Sallenelles, 
était fils aîné de Jacques, premier du nom, et de Jacque- 
line d^Anfreville, et petit-fils de Jean d'Achey, seigneur 
de Cerquigny, et de Louise de Dreux, <}e la maison 
royale de France (i). De lui descendit Marguerite 
d*Achey, dame de Beuseval et de Sallenelles, qui vivait 
en i53o avec son mari, Jean le Brun ,seigneur de Salle- 
nelles, fils de Louis, vice-amiral de France. Il accom- 
pagna le roi Louis XII en la guerre d^Italie, se trouva à 
la bataille que les Français gagnèrent sur les Génois en 
1 507, et à la prise de Gênes, et fut fait capitaine des lé- 

(i)HUt.Harc., t. IIp 1871. 



89 

gionnaire? du bailliage de Caen en i534(i), Henri le 
Brun, son fils, seigneur de Sallenelles, et de Beuseval, 
épousa Anne de Venoix, dame de Bréville. Jacques le 
Brun, chevalier, seigneur et patron de Sàllenelles, gen- 
tilhomme delà chambre du roi, nomma à la cure du dit 
lieu en 1628 (2). Gabriel de Maillot, seigneur de Sàlle- 
nelles, y nomma aussi en 1664. 

Les affiches du 14 septembre (3) 1757 annoncèrent 
la construction de 2 frégates à Sàllenelles. Ces frégates, 
nommées le Comte et la Comtesse-JCHar court, étaient 
destinées pour faire la course sur les Anglais: La première 
de i5o pieds de longueur de tête en tête, devait être 
montée de 3o pièces de canon de 12 livres de balles en 
batterie, de 4 pièces de 18 dans son entrepont, de 14 pièces 
de 6 sur ses gaillards, et de 60 pierriers, bordant 40 avirons. 
La seconde de 145 pieds de longueur de tête en tête, devait 
être armée de 28 pièces de canon de 12 livres de balles 
en batterie^ de 4 pièces de 18 dans son entrepont, de 
8 pièces de 6 sur ses gaillards et de 40 pierriers, bordant 
36 rames. Ces deux frégates, ajoute-t-on, auront 1,000 
à 1,100 hommes d'équipage, et Parmement en total 
pourra monter à 600,000 livres ou environ. 

Elle est à 3 lieues de Caen et à 2 lieues du bourg de 
Dive. 

Sannerville (Notre-Dame de). Sergenterie de Troam, 
élection de Caen, jb feux, 400 communiants, notariat 
de Troarn. 

Cette paroisse, située sur la gauche de la grande route 



(i) Hist, de Norm,, par Masseville, t. VI, p. 58» Sg, 87. 

(a) Reg. de l'éveché. 

(3) Ann. et Affiches, $0^ fieuil., p. 197. 



90 

de Caen au Pont-l'Évêque est de Texemption de Tabbayc 
de Troarn, suivant la bulle d'Innocent III, de Tannée 
12 10, qui rappelle Salnervilla (i). L^abbé de Troarn 
nomme à la cure de plein droit. Les deux tiers de la 
grosse dîme appartiennent à cette abbaye, Tautre tiers au 
curé. 

Elle est à 2 lieues et demie de Caen et à une lieue trois 
quarts du bourg d^Argeiices. 

Touffireville (Saint-Pierre de). Tufrevilla et Toffre- 
villa, Sergenterie de Troarn, élection de Caen, 52 feux. 

Le fief dominant est une#baronnie qui appartient à 
Tabbé de Troarn, et duquel dépendent tous les habitants. 
Cet abbé est présentateur et collecteur de la cure. Il perçoit 
les deux tiers de la grosse dîme ; Tautre tiers avec les ver- 
dages est pour le curé. C^est une des cures de Texemption 
de Troarn. Son territoire est d^une fort petite étendue. Il 
est borné vers l'orient par le grand bois de Troarn, vers 
le midi par la paroisse de Sannerville, vers Toccident par 
celles de Cuverville et d'Esco ville, chacune en partie, et 
vers lé septentrîon.par le territoire d'Escoville, et aussi en 
partie par une autre portion de Sannerville, à cause d'une 
extension de terre de cette dernière paroisse. 

Elle est à 2 lieues sud-ouest de Caen, et à trois quarts 
de lieue sud-est du bourg de Troarn. 

Troarn (Saint-Croix de). Bourg, baronnie, chef-lieu 
de doyenné rural et de sergenterie, 1 1 5 feux, lieu de no- 
tariat. 

Ce lieu, appelé Troarnum en latin, est situé au con- 



{i)Neust.Pia, p. 563. 



fluent de la rivière de Manche ou Meance avec la Dive, 
qui la borde à Test dans toute sa longueur. Il avait d^abord 
été du domaine des ducs de Normandie. Richard II le 
donna en 1027 à ses fils Richard III et Robert (1). Uun 
d^eux, selon toutes les apparences^ en gratifia' Roger de 
Montgommery, qui avait tout proche un château à Bures. 
C'était un des plus puissants seigneurs de son siècle (2). 
Il était fils de Hugues, sire et baron de Montgommery 
seigneur de Trun et de Thuît, et de Joceline de Ponteau- 
demer, fille de Throude du Ponteaudemer et de Euve de 
Crépon. Il s'allia de Mabille, dame de Belesme, de Séez, 
d^Almenèches, comtesse d^Alençon, qui surpassa toutes 
les femmes de son temps par ses méchancetés ; aussi pé- 
rit-elle en 1081 d^une' triste mort dans son château de 
Bures par les mains des gens d^un seigneur qu'elle avait 
fait assassiner (3). Il épousa en secondes noces Adèle de 
Puissaye (du Puiset), fille d^Ebrard, seigneur de Puis- 
saye, et laissa plusieurs enfants de ses deux femmes, en 
mourant en 1093 (4). Outre tous les biens qu'il tenait de 
ses pères, il eut encore les comtés de Scrobesbury, 
d^Arondel, de Cestre et de Saiope, en Angleterre, pour 
récompenser des service^ qu'il avait rendus au duc Guil- 
laume dans la conquête d'Angleterre. Plusieurs années 
avant cette conquête, il fonda trois abbayes sur ses do- 
maines, dont celle de Troarn est la principale (5). Il se 
dépouilla de tous les droits seigneuriaux et émoluments 
du bourg de Troarn et de ses dépendances, et en revêtit 
les religieux qu'il avait appelés. Il y avait alors 2 églises 

(i) Moreri, à la fin du X* volume, au supplém. 
i2)Hist. Harc,,t. I, p. 292. 

(3) Hût. Harc, p. 293. 

(4) Ord..' Vital, lib. VIII, an 1094. 

(5) Neust. Pia, p. 558. 



92 

paroissiales, Saintc-Croîx et Saint-Gilles ; il obtint qu^elles 
seraient exemptes, avec plusieurs autres, de la juridiction 
de révêque, et soumise à celle de Tabbé, comme on le 
voit par la bulle de confirmation que le pape Innocent III 
donna en 1210 à cette abbaye (i). De ces deux églises il 
ne subsiste plus que celle de Sainte-Croix, qui s^est main- 
tenue régulière; elle est attachée à Toffice du sacristain de 
Tabbaye, et à la pleine collation de l'abbé. 

On tient à Troarn un marché tous les samedis et quel- 
ques foires par an. Le doyenné rural est de 44 paroisses, 
et la sergenterie de 17. Son territoire contient un bois 
d^une assez grande étendue, qui est au nord du bourg ; il 
y a aussi une grande bruyère au pied de laquelle est une 
source qui donne Torigine à la petite rivière d^Éguillon. 
Cette riviève ou gros ruisseau, après un cours de près de 
2 lieues, va se perdre dans POrne à la roche de Sallenelles. 
Il reste à sec une partie de Tannée, n'étant formé que par 
quelques sources très faibles, et par les eaux de pluie. 

Troarn est à 3 lieues de Caen et à 2 petites lieues de Di ve. 

Les]domaines dece bourg et du monastère ressortissaient 
du comté d^Alençon; en 1171 ils passèrent dans la dé- 
pendance de Henri II, roi d'Angleterre et du duc de Nor- 
mandie, et depuis ce temps ils ont toujours été soumis au 
bailliage de Caen {2). Pierre l*', comte d'Alençon, re- 
vendiqua ses anciens droits, et voulut, en conséqueqçe, y 
faire exercer sa juridiction. L'affaire, portée au Parle- 
ment de Paris, intervint un arrêt en 1280, ^qui Tobligea 
de se désister. En i32o, le comte de la Marche, vicomte 
d^Auge, renouvela avec aussi peu de succès de semblables 
prétentions. 

(i)Neust.Pia,p. 363. 

(a) Nouveau Morerîf au suppl. du Xe tome. 



93 

Dès Tan 1022, Roger de Montgommery, I^^ du 
nom, vicomte de Hjremes (i)^ bâtit à Troarn une église 
sous rinvocation de Saint-Martin, où il plaça douze 
chanoines réguliers pour y chanter FofRce divin (2). La 
dépravation de leurs mœurs les en fit chasser quelque 
temps après, et le lieu de Troarn fut donné par Ri- 
chard II, duc de Normandie, à Tabbaye de Fécamp (3). 
Il ne dut pas rester beaucoup de temps à cette abbaye, 
qui le remit sans doute, du consentement de nos ducs, 
aux seigneurs de Montgommery. Roger de Montgom- 
mery, 11^ du nom, résolut d*y fonder une abbaye, 
appela, en io5o, des religieux de Saint-Benoît, que les sei- 
gneurs de Grentemesnil avaient fait venir de Conches à 
Norrey, pour y en établir un aussi, et où Gislebert, leur 
abbé, n'avait pas voulu qu^ils demeurassent. Il les mit en 
possession de l'église de Saint-Martin, et les combla de 
biens tantqu^il vécut. On rapporte qu^afin qu^on se sou- 
vint mieux des limites des terres quMl leur donnait, il 
jeta dans un grand marais son fils aîné Robert de Be- 
lesme, juste à Tendroit qu^il voulait qui servit de bornes. 
Odon de Conteville, évéque de Bayeux dédia solennelle- 
ment cette abbaye le 1 3 de n^ai loSg, et à la prière de son 
fondateur, il en confia le gouvernement aucélèbre Durand, 
dont le vertus et le profond savoir, selon le témoignage 
de Guillaume de Jumièges, ont volé jusqu'aux extrémités 
de la terre (4). Il s^en fallut beaucoup que les religieux 
de Troarn retrouvassent Tafifection bienfaisante de leur 
illustre fondateur dans Robert de Belesme son fils. Ce 
tyran, qui ne se signalait que par des crimes, semblait 

(i) Nov. Gai. Christ, t. XI, col. 416. 

(a) Nou», Dict, de Moreri au supp. du X« tome. 

{3)NeuMt. Pw, p. 558. 

(4) Nov. GaL, XVI, col. 354. 



94 

par ses persécutions continuelles n^avoir en vue que de 
renverser le monastère de Troam, et les autres fondés par 
son père. Les entreprises qu^il forma contre ses souverains 
lui attirèrent le châtiment qu^il méritait. Il fut arrêté et 
mis aux fers par ordre de Henri I«^ roi d^Angleterre, duc 
de Normandie, où il périt misérablement d^une mort 
triste et violente en iii3 (i). Quem postea filii GuaU 
teris Sorij securibus apud Balaum in carcere ut por^ 
cum mactaverunt. 

Les religieux de Troarn sont agrégés à l'Université de 
Caen, dans les cas oti elle ordonne des prières. Si c^est 
une messe solennelle ou les obsèques du recteur, l'abbé 
de Saint-Etienne comme chapelain né, officie, et celui de 
Troarn est tenu de faire les fonctions de diacre. L'église 
de cette abbaye est grande et belle. On y voit dans le 
chœur le tombeau de Mabille de Bellesme, femme du 
fondateur, avec Tëpitaphe que l'abbé Durand lui dressa. 
Ce même abbé fit bâtir le chapitre, qui est remarquable 
par sa grandeur et son élévation. Il y a été inhumé. On 
ne sait ni Tannée lii le lieu de sa naissance, dit un mo- 
derne ; où M. Le Brasseur a-t-il donc pris qu^il était né au 
Neufbourg, diocèse d'Évreux (2) ? II n'a pas daigné citer 
la source où il avait puisé ce qu'il avance (3). 

Il y a à Troarn plusieurs ofiices claustraux d'un revenu 
considérable. Du nombre des ofiices claustraux est laxha- 
pclle du Closvas. L^abbé y nomme ainsi qu'à tous les 
bénéfices qui en dépendent. Sa manse est d'environ 
5o,ooo livres ; il paye pour ses bulles 2,000 florins.* Les 
religieux ne sont d'aucune congrégation et dépendent 



(i) Ord. Vidal, lib. XII, ad. an. iii3. 

(1) D. Boudin, abbé de Séez, nov. Moreri, au supp. du Xe tome. 

(3) Hist. ecclés. du diocèse d^ÉvreuXj p. 108. 



95 

immédiatement de Pévéque, qui a toute juridiction sur 
eux. Les armes de cette abbaye sont : de France eu plein, 
à la bordure de gueules, chargée de huit bezans d^argent. 

Varaville (Saint-Germain de), Varenvilla, Variavilla 
et Varavillapagus, Chef-lieu de sergenterie, élection de 
Caen, 69 feux, 25o communiants, lieu de notariat. 
1,200 livres Petiville, Merville, Cabourg, Gonneville et 
Robehomme. 

Cette paroisse a près d^une lieue d^étendue sur tous 
sens. Elle est bornée au levant par la rivière de Dive, oîi 
il y a un bac pour passer dans le diocèse de Lisieux, par 
les paroisses de Petiville et de Robehomme au midi, par 
celles de Merville et de Gonneville au couchant, et par 
les falaises de la mer et Cabourg au nord. La Divette, 
petite rivière faite pour Pécoulement des eaux qui inondent 
souvent les bas-fonds, commence à se former à Bavent, 
aux dépens de la Dive, et après avoir parcouru les marais 
de plusieurs paroisses, elle vient à Varaville rentrer en 
deçà Al pont de Dive dans la rivière qu^elle avait aban- 
donnée. Il y avait là des portes de flot qui sont détruites 
depuis peu, faute d'entretien. On assure qu'il y a eu un 
gros bourg et marché à Varaville, avec un petit havre et 
des salines. L'abbaye de Jumiéges avait droit d'y prendre 
7 septîers de sel, et ce droit lui a été confirmé par une 
chartre de Henri II, roi d'Angleterre, avec les autres 
biens qu'elle possédait (i). 

Plusieurs événements arrivés en ce lieu l'ont rendu 
célèbre sous nos premiers ducs de Normandie. Louis 
d'Outremer et Hûe de Laon, veulent s'emparer des États 
du jeune duc Richard 1er (2). Bernard le Danois, tuteur 

{i)Neust. Pia, p. 3a3. 

(a) Chron. de Norm,^ p. 33-34. 



96 

de ce prince, appelle Aigrold, roi de Danemark, à son 
secours. Il vient en Normandie avec 22 gros navires 
équipés de gens de guerre; une partie aborde au port 
de Cherbourg, Tautre partie au port de Varaville près 
. Dive (i). Le rendez-vous marqué au même endroit, les 
Danois viennent y camper et s^ fortifient, et se retirèrent 
avec eux les habitants du pays et des environs qui 
pouvaient porter armes. Le roi de France campa aussi 
avec ses troupes peu loin de là. Le comte de Pon* 
thieu, Hellouin et plusieurs Français passent la rivière 
pour voir Tarmée des Danois. Il est reconnu et tué par 
un chevalier danois, et de sa compagnie il y en eut 18 de 
tués et plusieurs noyés dans la rivière. Dans ce désordre 
qui devint général, le roi de France fut pris lui-même ; 
ceci arriva en 944 (2). On rapporte encore un échec que 
le roi Henri de France reçut en 1060, en repassant la 
Dive à Varaville, où son arrière-garde fut totalement dér 
faite par le duc Guillaume (3). Wace en fait mention 
expressément dans son poème du Roman de Rou et des 
Normands (4). Cependant un savant écrivain moderne 
assure que cette relation est fausse dans tous les détails 
qui supposent la présence de ce prince (5) ; c^est le duc 
lui-même, ^joute-t-il, qui rend témoignage dans les frag- 
ments qui nous restent d^un de ses discours, que la guerre 
de Mortemer fut la dernière qu^il eut à soutenir contre 
Henri. 
La plus grande partie des terres de cette paroisse sont 



(i) Hist. de Normand. t par Dumoulin, p. 67. 
(a) Chron. de Normand,, p. 89-90. 

(3) Ant, de Caen, par de Bras, p. 18. 

(4) Waielm. Gcmet., lib. VI, ch. XXVH. 

(5) Hist. de Guillaume leConq.., par Tabbé Le Prévost, 1 1, p. 124. 



^7 

en prairies, herbages et marais; il y en a peu de labou- 
rées. On n^y compte que deux hameaux qui sont du côté 
de la mer : le Homme et le Surhomme. "Le décimateur 
n'a dans ces deux endroits qu'un tiers de dîme à la tren- 
tième gerbe ; les 2 autres tiers sont entre les mains du 
seigneur de ces deux fiefs ou de ses vassaux, comme dîme 
inféodée. L'abbé de Troarn présente à la cure; il perce- 
vait une partie des dîmes^ il les a cédées au curé moyen- 
nant 16 livres de rente qu^on lui fait pour cette cession. 
Le curé fait encore 25 livres de rente au chapelain de 
Saint-Jean TÉvangéliste, et autant à un religieux de 
Pabbaye de Dive, pour deux traits de dîme qu'ils ont à 
prendre dans sa paroisse. La portion du dernier consiste 
dans la sixième gerbe du nombre de celles qu'on re- 
cueille sur les fiefs: Main, Marguerin et Boutevillain. 
Ces 3 fiefs appartiennent à Messire Louis Le Cordier qui, 
à cause du dernier, prend la qualité de seigneur et patron 
honoraire de Péglise. Il en a encore deux autres : le fief 
de Jumiéges, et le fief de la baronnie de Varaville. Celui- 
ci est une fieferme qui s^étend dans les paroisses voisines, 
et qui lui a été engagée par le roi. 

L'Hôtel-Dieu de Varaville, sous le tigre de Saint-Jean- 
PÉvangéliste, n^est plus qu*une chapelle titulaire située 
dans le château du seigneur, qui sVst fait maintenir en 
possession d^ *présenter comme chapelle domestique. 
Dans une présentation du i3 juin i5g2 pour cette cha- 
pelle, le seigneur patron dit que cette chapelle et oratoire 
a été fondée de Saint-Jean par ses prédécesseurs, meus de 
dévotion, dans l'étendue et enclos du manoir sieurial de 
Varaville, et quMcelle chapelle en forme d'hôpital, est 
pour recevoir le grand nombre de pauvres pèlerins et 
voyageurs allant tant à Saint-Main qu^au mont Saint- 
Michel, et autres pèlerinages, logeant ordinairement en 

7 



9» 

ladite maison (i). Par un aveu du i5 février i5o3, 
Jacques de Marguerye déclare tenir le fief de Varaville 
par un quart de chevalier de la baronnie de Beuvron et 
de Beauffou, dont le chef, assis à Varaville, a basse juri- 
diction, avec droit de présenter à Téglise de Thôpital de 
Saint-Jean dudit Varaville (2). 

La chapelle de Saint-Marcoul, adjacente au chœur 
de réglise vers le nord, était autrefois célèbre par sa 
confrérie, et un grand nombre de pèlerins. Etant mal 
entretenue et mal décorée, elle fut abattue en 1 735, et les 
matériaux en furent vendus par le propriétaire aux pa- 
roissiens qui faisaient réédifier alors la nef de leur église, 
à charge de le décharger de 4 livres de rente quMl faisait 
au trésor et de beaucoup d'arrérages. 

La chapelle de Saint-Christophe, située au hameau du 
Homme, est abandonnée depuis plus de 5o ans, on n^ 
dit plus la messe faute d'entretien et de revenus, desquels 
se sont emparés, dit-on, les anciens possesseurs du lieu 
oU elle était, et qui étaient protestants. 

Pierre de Saffrey rendit aveu en iSSg à Messire^ Phi- 
lippe d^Harcourt, seigneur de Bonnétable et baron de 
Beauffou, pour la seigneurie de Varaville, tenue par un 
demi-fief de la dite baronnie (3). Les tuteurs des enfants 
sous âgé de Raoul Saffrey, fils du précédent étaient en 
procès à rÉchiquier de 1484 avec la ^ame de Beauffou, 
pour la seigneurie de Varaville (4) . Le procès continuait 
encore en 1497 entre la dite dame et Jean Saffrey, seigneur 
de Varaville. Jacques de Saffrey, seigneur de Varaville, 
présenta à la chapelle de Saint-Jean le 1 5 juin 1 592. Jean 

(i) Reg. du secret, de Tévêché. 

(2) Recueil d^andens aveux de la vicomte de Caen. 

(3) Hist. Harc, t. I, p. 819. 

(4) Hist. Harc, p. 819. 



99 

de Saffrey, seigneur du dit lieu, épousa Marie de Sillans 
d'Hermanville. Marie de SafTrey, dame de Varaville, leur 
fille unique, futallîéeà Henri d'Acher, seigneur et vicomte 
de Fontenay-le-Marmion qui, à cause d'elle) nomma à la 
chapelle de Saint-Jean en 1626 (i). Anne Le Cordier, 
veuve de Nicolas Le Cordier» chevalier, seigneur et patron 
de la Pille, fille héritière de feu Louis Le Cordier, cheva- 
lier^ seigneur et marquis du Tronc, dame et patronne, 
baronne et marquise de Varaville, nomme à la chapelle 
Saint-Jean de cette paroisse en 171 5. 

Elle est à 4 lieues de Caen et à une lieue du bourg de 
Dive. 

Vimont (NotreTDame de), Sergenterie au Verrier, élec- 
tion de Caen, i5 feux, 5o communiants, notariat d'Ar- 
gences. 

Le cours deSemillon passe au milieu de son territoire, 
qui est extrêmement petit, et bordé par le grand chemin 
de Caen à Paris. Il n'y a qu'une ferme appartenante au 
seigneur, une auberge sur le bord du chemin, quelques 
petites prairies d^environ 2 jicres, et un bois taillis de 
2 arpents de terre. Les lapins de Vimont sont fort esti- 
més, dit M. Petite dans la carte topographique du diocèse 
de Bayeux. Le seigneur présente à la cure, laquelle jouit 
des dîmes. Il y possède 3 fiefs : le fief de Vimont, qui est 
le principal, et les fiefs de Maizy et d'Escovilie qui lui 
sont réunis. La seigneurie de Vimont est possédée depuis 
plusieurs siècles par la maison de Saffrey. M. de la 
Roque, dans son Traité de la noblesse, dit que Pierre 
Saffrey, fils de Pierre, Normand de nation, fut annobli 

(i) Hervé d*Aché, seigneur de Fontenay et VaraviUe, et Marie 
de Saflré, sa femme, i63i. 



lOO 

par Charles, fils aîné de France, duc de Normandie, ré- 
gent du royaume durant la prison du roi Jean son père, 
que les lettres en furent données â Paris au mois d^août 
i358 en présence de Guillaume de Dormans^ chancelier 
de France, et de Philippe de Troîsmonts, maître des re- 
quêtes; et que le roi Jean la lui confirma au retour de sa 
prison. Cependant une personne digne de foi et savante 
dans cette matière, m^a affirmé qu^elle a lu dans le char- 
trier de M. Saffrey, seigneur d*Engranville, un titre en 
parchemin très ancien par lequel il est attesté que Pierre 
Saffrey était originaire de Bretagne, noble de nom et 
d'armes, et qu'il fut fait chevalier en i358 par le régent 
du royaume. RaouUin de Saffrey, écuyer, seigneur de 
Vimont, femme : Marie de Tournebu, fille de Jean, sire 
deTournebu et d'Alix Poignant, justifié par un contrat 
du 27 juin 1424 (i). Guillaume de Saffrey, écuyer, sei- 
gneur de Vimont; femme : Françoise de la Fresnaye. 
Guillaume II de Saffray, seigneur de Vimont; femme (2): 
Françoise de Launey. Odet de Saffrey, seigneur de Vi- 
mont en i63o; femme: Anne Thibout, dame de Danne- 
ville et de Bray-la-Champàgne. Jean de Saffrey, seigneur 
et patron de Vimont; femme :* Marie de Cauvigny, de- 
puis remariée à René Le Chevalier, chevalier, seigneur et 
patron d'Engranville, Port, Saint-Vast, conseiller au Par- 
lement de Rouen qui, à cause d'elle, nomma à la cure de 
Vimont en 1681. Ce seigneur d'Engranville est le même 
qui, conjointement avec M. de Lasson, eut contre le fa- 
meux abbé de Saint-Martin tous ces démêlés dont on a 
donné rhistoire à la suite delaMsndarinade, imprimée à 
la Haye (à Caen)en 17Î9. Alexandre de Saffrey, cheva- 

{i)Hist.Harc.,t. I, p. 282. « 

(2) Hist. Harc, t. II, p. 1546. 



ICI 

lier, seigneur et patron de Vimont et d'Engranville, 
nomma à la cure de Vimont en 1694; femme : Suzanne 
Gislain> nièce et héritière de René Le Chevalier, seigneur 
d'Engranville. Etienne de Saffrey, chevalier, seigneur et 
patron de Vimont, Maisy, Escoville, capitaine d'infan- 
terie, major de la capitainerie garde<6te de Caen en 
1762. 

Elle est à un quart de lieue du bourg d'Ârgences, et à 
3 lieues de Caen. 



DOYENNE DE VAUCELLES. 



Vaucelles, un des principaux faubourgs de Caen, prête 
son nom au III« doyenné rural de Parchidiaconé 
d'Hyesmes, et en est regardé comme le chef-lieu. Son 
église paroissiale, sous le titre de Saint-Michel, n'est point 
cependant comprise parmi les paroisses de ce doyenné, 
mais bien parmi celles de la chrétienté de Caen, oti Ton 
peut consulter son article. 



Airan (Saint-Germain d'). Sergenterie de Jumel, élec- 
tion de Falaise, 104 feux, notariat de Mezidon. 

Le Dictionnaire universel de la France y compte 
469 habitants et l'appelle Eran. Le livre Pelut de l'évé- 
ché, ecclesia de Airan, et la bulle d'Innocent III pour 



Î02 

Tabbaye de Troarn, en 1210, Ecclesia de Airani (1). 
Cette paroisse, située sur la rivière de Meaiice, est appelée 
en IsLim Heidranum, que M. Huet soupçonne être dé- 
rivé de VHeidra, village de VOtlingua Saxonica, dont 
il est fait mention dans les capitulaires d^ Charles le 
Chauve (2). Mais Tabbé le Bœuf combat cette opinion en 
faisant voir qu*Heidra ne peut appartenir qu^à Estréham- 
le-Perreur dans le Bessin, à 2 lieues de Bayeux (3). 
M. Hermant écrit fram^ et remarque, diaprés quelques 
auteurs quMl cite en marge, et qui n'^en parlent point, 
que ce fut là que saint Évremont de Bayeux se retira 
d'abord pour se consacrer à Dieu, après avoir renoncé au 
monde. Le désert oti il alla se cacher est appelé dans ces 
auteurs Excurias ou Excunicas (4). Quelle analogie ces 
deux noms ont-ils avec Âiran ou Eran plutôt qu'avec 
tout autre ? 

i^'abbé de Troarn présente au bénéfice et possède toutes 
les dîmes. Le curé d' Airan prétendit, il y a quelques an- 
nées, réclamer les grosses et menues dîmes de sa paroisse, 
sous prétexte de Tabandonnement qu^il faisait de sa pen- 
sion congrue (5). Il fut débouté de cette demande par sen- 
tence du bailliage de Saint-Silvin, faute par lui de prouver 
qu'avant Poption de la pension, ses prédécesseurs eussent 
eu part à la grosse dîme, et quelle part ils avaient eu aux 
menues. Le curé se porta pour appelant, et la sentence fut 
confirmée par arrêt de la cour. La maison et le fief de 
Coupigny sont sur cette paroisse, où il y a une chapelle 

(i) Neust.Pia, p. 563. 

(2) Orig. de Caen^ p. 6 et 7. 

(3) Hist. du diocèse de Bayeux^ p. 68. 

(4) Hist, eccl. de Normand., t. I, p. 317. 

(5) Addit. au mém. de M. le doyen de Bayeux contre le curé du 
Fresne^ p. 4, 1746. 



103 

titulaire de la Sainte-Vierge, qui est à la nomination du 
possesseur de ce fief. Airan relevait du bailliage de Saint- 
Silvin avant la réunion de ce bailliage à celui de Caen. 

Il est à 3 lieues de cette ville, et à peu de distance du 
bourg d' Argences. 

Allemagne (Saint-Martin d^). Baronnie, sergenterie 
d^Argences, élection de Caen, 80 feux, notariat de 
Caen. 

Cette paroisse, située au nord de Caen, est arrosée par 
la rivière d'Orne qui coule le long d'une prairie en 
marais, de 200 acres de terre, laquelle commence à Esta- 
vaux^ et finit aux moulins de Bourbillon-sur- Allemagne. 
Elle a, au midi, la paroisse de Saint-Martin-de-Fon- 
tenay, au soleil de 2 heures, celle de Saint-André^le- 
Fontenay, au soleil de 3 heures, celle d'Estavaux, au 
soleil couchant, celle d'Athis, où il y a sur POrne un bac 
qui passe à Allemagne, et dont les droits sont perçus par 
Pabbé de Caen, et au même soleil et au nord, celle de 
Louvigny. Cette paroisse^ divisée en 2 parties, a 2 églises 
paroissiales desservies par un même curé : Saint-Martin 
pour le village de la Haute-Allemagne, Notre-Dame 
pour celui de la Basse- Allemagne. Ces deux villages ne 
sont pas écartés car, de la première maison de la Haute- 
Allemagne à la dernière de la basse, il n^ a qu'un petit 
quart de lieue de distance. L'abbé de Saint-Étienne de 
-Caen, seigneur et baron d'Allemagne, nomme de plein 
droit à la cure et en perçoit toutes les dîmes. Il y a dans 
la Haute-Allemagne une commune de 70 acres de terre, 
qui la sépare en partie de la paroisse d'Ifs, située à son 
soleil de 10 heures, et de celle de Vaucelles de Caen, oîi 
se font les grandes revues des troupes du roi. C'est là où 
Ton trouve ces belles carrières de carreau fin, d'où l'on 



u 



104 

tira celui qui servit à bâtir Tabbaye de Saint-Étieune de 
Caen, en 1066. On y prend encore beaucoup de pavé 
pour les appartements, que Ton transporte par mer dans 
les royaumes voisins, et même jusque dans le Levant. 
La baronnie d^ Allemagne avec ses membres, qui sont : 
Estaveaux, Ifs, Hubert-FoUie, Bray et Bourguébus, fut 
aumônée à Saint-Ëtienne deCaen, par le duc Guillaume, 
lorsqu'il fonda cette abbaye (1). Il obtint d^Odon de 
Conteville, son frère utérin, évéque de Bayeux, que ces 
paroisses seraient exemptes du sinode, et de la juridiction 
épiscopale, et qu^elles ne relèveraient plus dorénavant 
pour le spirituel, que de l'abbé de Caen. Ces exemptions 
furent confirmées depuis par Henri II, évéque de 
Bayeux. Il est parlé de cette paroisse par occasion, dans 
V Histoire de Normandie (2). Après la bataille donnée 
en 1046, au Val-des-Dunes, près d'Argences, les capi- 
taines ligués voyant le champ tout jonché de Bessins et 
de Cotentinois, se débandèrent par découragement et se 
retirèrent entre Allemagne et Fontenay, d'où ne pouvant 
soutenir la fureur des Français et des Normands, ils 
furent encore contraints de décamper avec précipitation 
pour conserver leur vie. 
Cette paroisse est à une petite lieue de Caen. 

Bellengreville (Notre-Dame de). Autrefois Berenger- 
ville, Berengreville, Berengavilla, sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, 72 feux, notariat d'Argences. 

Cette paroisse n'est point de ces lieux distingués par 
la dignité de ses fiefs, ou la magnificence de ses châteaux. 
La rivière ou cours de Semillon, qui en arrose une par* 

(i) Neust, Pia, p. 628, 63 1, 644 et 645. 
(2) Dumoulin, p. 140. 



105 

ûCy coule sur un sable noir et bourbeux, sans produire 
aucun poisson. Son terroir ne renferme que du sable et 
de mauvais moellon. La surface à peine produit quelque 
blé, orge et avoine, et dans les années de sécheresse, elle 
devient presque stérile. Le grand chemin de Caen à 
Paris passe au milieu de la paroisse, et Téglise en est 
éloignée d^environ 400 pas au midi. Outre la Sainte- 
Vierge, qui est sa première patronne, elle reconnaît 
encore saint Pierre et saint Laurent pour second et troi- 
sième patrons. Le seigneur de Bellengreville présente à 
la cure ; le curé a toutes les dîmes, à Pezception de 2 traits 
dont Pun appanient à Thôpital de la Madeleine de 
Rouen, et Tautre à la fabrique de i'église. Il y a 2 
marais ou communes aux 2 côtés de la paroisse. Celui qui 
est au nord, et qui contient 98 arpents, est une portion du 
marais des Terriers accordée par le roi aux habitants de 
Bellengreville dans le temps du dessèchement du dernier. 
Il a toujours été relevant des seigneurs de Bellengreville 
et de Franqueville ; cequi a été encore confirmé en 1757, 
par un arrêt du conseil^ en faveur du seigneur de Bellen- 
greville contre le sieur Oursin de Digoville, seigneur du 
marais des Terriers. L^autre marais ou commune est situé 
au sud de la paroisse; il est appelé le marais de Chiche- 
boville, parce qu^il relève des seigneurs de ce nom. 11 est 
cependant commun entre les deux paroisses. Le marais 
est arrosé des deux côtés par les cours de Semillon, petite 
rivière, dont l'un prend sa source à Navarre, proche 
Billy, et Tautre à Chicheboville. Le terrain qui compose 
aujourd'hui la paroisse de Bellengreville était partagé 
anciennement en 2 paroisses distinctes de nom et de 
patron ; Tune, sous le nom de Notre-Dame de Bellen- 
greville, l'autre sous celui de Saint-Pierre de Franque- 
ville. Les 2 seigneurs qui étaient frères, et de Tillustre 



io6 

maison de Bailleul, obtinrent la réunidn des 2 cures, 
en faveur d'un de leurs neveux qui en avait été pourvu, 
et la réunion, dont les titres doivent être parmi ceux de la 
maison seigneuriale de Franqueville, a toujours subsisté 
depuis ce temps-là. On voit encore proche la principale 
porte du château de ce Heu, lesjnurs et décombres de 
l'ancienne église de Saint-Pierre. L'infortuné Jean de 
Baiileul, roi d'Ecosse, chassé de ses états en 1 299, était de 
cette maison. La tradition du pays est qu'il se réfugia 
dans sa terre de Franqueville, oti il avait un château 
entouré de fossés avec pont-levis, et qu'il fut enterré dans 
son église paroissiale. Cependant on n'a trouvé aucunes 
marques de distinction dans ce qui a été démoli jusqu'à 
présent. La tradition paraît même démentie par le tom- 
beau dece prince, qu'on voit à Saint- Vaast de Bailleul-sur- 
Eaulne, diocèse de Rouen, et sur lequel on assure qu'il 
était représenté, lui et sa femme, en gravure (i). Depuis la 
réunion des 2 paroisses, Franqueville est devenu un 
simple hameau, qui contient à peu près la moitié de la 
paroisse de Bellengreville, puisque Ton compte 34 feux 
dans celle-ci, et 38 dans le hameau. On prétend encore 
qu'il y avait anciennement à Bellengreville un petit 
hôpital bâti sur le bord du grand chemin de Caen à Paris. 
La preuve qu'on en a, avec la tradition, se tire de cette 
remarque : Rex concessit Petro Verrier capellano 
quoddam hospitium intra villam de Cadotno et parvum 
feodum de parochia de Berengavilla. Il faut observer 
qu'un petit chemin qui traverse l'héritage contigu au lieu 
où l'on croit qu'était bâti le petit hospice, se nomme 
encore la sente à l'abbé ou la sente aux prêtres, ce qui 
ferait conjecturer qu'il y avait un ou plusieurs prêtres 
pour les desservir, 
(i) Norm., Dict, de Moreri, au mot Bailleul. 



107' 

Le lieu du Val des Dunes, si célèbre par la bataille 
que le roi Henri et le duc de Normandie, son vassal, y 
remportèrent, en 1047, ^^^ ^ seigneurs rebelles de 
ce duché, fait partie de la paroisse de Bellengreville. 
Il est connu aujourd'hui sous le nom de campagne 
Saint-Laurent. Cette victoire manqua d'être fatale au 
roi, car dans le fort du combat il fut frappé d'un coup 
de lance qui le renversa et lui fit vider les arçons ; le lieu 
où cela arriva fut nommé Mal-à-la-G)uronne, et par cor- 
ruption, les habitants nomment encore la Mal-Qouronne 
oti Mau-Couronne, cette pièce de terre qui peut contenir 
5o acres. En reconnaissance de cette victoire, le duc Guil- 
laume fit bâtir aussitôt sur le champ de bataille une cha- 
pelle sous le titre de Saint-Laurent, où furent inhumés 
les principaux officiers qui y avaient péri. Les Protes* 
tants la démolirent en 1 562. On trouve encore aux envi- 
rons des masures et des souterrains voûtés. Sur la même 
ligne où était cette église est un endroit fort élevé, qu'on 
appelle la butte Saint-Laurent. Il y vient tous les ans 
un fauconnier du roi tendre aux oiseaux de proie, ainsi 
que sur une autre élévation, nommée le Mont-Tausy, 
qui est un peu plus éloignée. On y prend des oiseaux de 
toute espèce, jusqu'à des aigles dans les hivers rudes. 

La paroisse de Bellengreville est partagée en deux fiefs ; 
Tun qui porte son nom est un quart de fief de chevalier, 
auquel est attaché la seigneurie et le patronage de la cure. 
La directe de ce fief est réclamée depuis plus de 100 ans 
par le roi et le seigneur de Chicheboville. Le litige sub- 
siste encore. Il a été possédé par les familles de la Ma- 
riouze, de NoUent et de Bailleul. Les héritiers de Gilles 
de Bailleul, seigneur de Bellengreville, le vendirent au 
commencement de ce siècle, à M. Michel-Alphonse Sub- 
til, écuyer, sieur de Beauhamel, dont les enfants lepossè- 



io8 

dent aujourd'hui. L'autre fief, appelé Franqueville, 
auquel était aussi attaché le patronage de Saint-Pierre, 
réuni à Notre-Dame, comme on l'a vu ci-dessus, relève 
du roi à cause de sa vicomte de Caen, par un quart de 
fief de haubert. On voit par les vieux titres qu'il a été 
possédé par des seigneurs du nom d'Harcourt; ensuite 
par les Bailleul, qui le vendirent il y a bien 75 ans, à 
messire des Asnières des Fontenelles, dont l'une des 
filles héritières, Marianne, le porta par son mariage à 
M. Subtil de Beauhamel, seigneur de Bellengreville. 
Michel-Alphonse, son fils aîné, François-Michel Subtil, 
chevalier, seigneur de Bellengreville, capitaine d'infan- 
terie au régiment de Bourgogne, épousa, à Saint-Sauveur 
de Bayeux, le 29 juin 1754, Marie-Jeanne Perrette de 
TEscalley, fille d'Etienne Cheval et de Suzanne-Augus- 
line-Marie Le Hoger. 

Elle est à 9 lieues de Bayeux, 3 lieues de Caen, une 
demi-lieue à l'ouest du bourg d'Argences, et une lieue 
et demie nord-est du bourg de Troarn. 

Beneauville (Notre-Dame de). Sergenterie au Verrier, 
élection de Caen, notariat de Saint-Silvin, 32 feux. 

Cette paroisse est assise dans des marais qui environ- 
nent une partie de son territbire, et arrosée par le cours 
de la petite rivière de Semillon, qui prend sa source à son 
extrémité méridionale dans le village de Navarre, proche 
Billy. Le seigneur de Beneauville nomme à la cure, et le 
curé perçoit les dîmes. Le fief seigneurial de Beneauville, 
procédant de la maison de Briosne en ligne directe, fut porté 
par Jeanne de Briosne dans le xv^ siècle, dans les mai- 
sons de la Heuze-Baudrand, et de Meurdrac du Treilly, 
otielle contracta successivement 2 mariages (i). Ce fief 

(i) Hist. Harc.,t. II, p. 1988* 



109 

passa depuis par aliénation à M. Pierre Le Bourgeois, 
écuyer ; de lui descendait Jacques Le Bourgeois, sieur de 
fieneauville, conseiller au bailliage de Caen, que 
M. Huet qualifie d'homme d^un esprit poli, d'une con- 
versation enjouée et de mœurs élégantes. Jean-Louis Le 
Bourgeois, son fils, sieur de Torp, a mérité par ses talents 
pour réloquence et la poésie d^étre mis au nombre des 
illustres citoyens de Caen (i). Ses vers ont un' tour noble 
et harmonieux, dit M. Huet, quoiquHl en fit peu et seu- 
lement par boutade. Il mourut le premier jour de Tan- 
née 1662, âgé de 44 ans. Il laissa pour filles héritières 
Elisabeth et Marie Le Bourgeois, dames de Béneauville, 
qui furent mariées aux 2 frères, François de Fribois, che- 
valier, seigneur et patron des Autieux, baron de Jangue, 
de Frévilie et du Val, et Louis de Fribois, seigneur des 
Cours la Harile. Ces deux seigoeurs, à cause de leurs 
femmes, nommèrent conjointement à la cure de Beneau- 
ville, le 18 avril 1662 (2). Il ne faut pas. confondre cette 
paroisse avec le hameau de Beneau ville qui est du ressort 
de Bavent, et qui a été lui-même autrefois une paroisse. 
Elle est à une demi-lieue du bourg d'Argences et à 
3 lieues de Caen. 

Billf (Saint-Symphorien de). Sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, notariat de Saint-Silvin, 40 feux. 

Le seigneur du lieu nomme à la cure et jouit des 
deux tiers de la grosse dîme, en vertu d'un échange fait 
avec Pabbesse de Préaux qui possédait auparavant ce 
patronage et cette dîme ; l'autre tiers est pour le curé. Il 
y a deux marais ou communes, le marais de Billy et le 

(1) Orig. de Caen, p. SjS et 379. 
(a) Registre du secret, de Téviché. 



110 

marais du Torp ; ce dernier est placé dans le village dont 
il porte le nom. Il y a aussi deux hameaux : le Torp dont 
je viens de parler, et le hameau de Navarre, dont une 
petite partie dépend de Beneauville. On y compte 1 20 
communiants. 

Elle est à 3 lieues et demie de Caen, une lieue du bourg 
d'Argences et trois quarts de lieue du bourg de Saint- 
Silvin. 

Bîssières (Sainte-Croix de). Sergenterie d^Argences, 
élection de Caen, notariat de Méry-Corbon, 36 feux. 

Cest une petite paroisse située sur le bord du nouveau . 
grand chemin de Caen à Lisieux. L^église a pour pre- 
mier patron PExaltatiôn de Sainte-Croix, et pour seconds 
saint Côme et saint Damien. Lés P. P. Jésuites de Caen 
présentent à la cure, au droit du prieur de Sainte-Barbe 
en Auge. M. de Bailleul, marquis de Croissan ville, en 
est seigneur honoraire. La dîme appartient au curé. Les 
paroissiens jouissent en commun d'une bruyère qu'ils 
tiennent à fief du domaine. 

Elle est à une lièuedes bourgs d*Ar^ences, et de celui 
du Mézidon au diocèse de Séez. 

Bourguébus (Saint- Vigor de). Sergenterie d^Argences, 
élection de Caen, notariat de Cramesnil, 45 feux. 

Cette paroisse est sur le chemin de Saint-Silvin à Caen ; 
la grande route de Falaise qui y passait autrefQis, a été 
transférée sur un autre territoire. On prononce Bour- 
guébu. Il vient de Pancien mot qui signifie village, ce qui 
vaut autant dire que village de Bourgaise. M. Huet 
remarque à ce sujet que quelques familles nobles et rotu- 
rières de Caen ont porté le notp de Bourgaise ou Bour- 
goise. De la première famille étaient Pierre Bourgoise, 



III 

pannetiei* du roîen 1870, et Pierre II* du nom, ditBour- 
goise, aussi pannetier du roi, en i38o, et Aymar Bour- 
goise, commissaire, avec Guillaume Porte et Jean Ma- 
lerbes, chevalier, pour la levée d^un subside octroyé en la 
vicomte de Caen, en 1 347, par le duc de Normandie ( i ) ; 
leurs armes étaient un sceau chargé d^n aigle, brisé d^un 
bâton brochant sur le tout, supports deux lions. Une 
chartre de Henri II, roi d^Angleterre fait mention d'un 
héritage de Roger de Bourguebu (2), sur lequel il avait 
une maison et un entretenant, et de six arpents d'un 
autre héritage situé au même lieu, lesquels appartiennent 
à son frère. Robert d^Aumondeville (3) fit donation à 
l'Hôtel-Dieu de Caen, de quelque terre quUl avait à 
Bourguebu, suivant la chartre d'Innocent III, de Tan- 
née 12 10. Bourguebu donna le titre à une des prébendes 
du Saint-Sépulcre de Caen, lorsqu'elle fut fondée en 
1220, par Robert de Villevey. Le prieur commanda- 
taire de Saint-Nicolas de la Chesnaye nomme à la cure, 
et ses religieux perçoivent les deux tiers des grosses dîmes. 
Il y a dans son territoire un hameau nommé la Hogue, 
distant de Téglise paroissiale d'un quart de lieue, dans 
lequel il y avait une chapelle de saint Jean-Baptiste, à la 
nomination, à ce qu'on dit, du prieur de Saint-Nicolas ; 
il n'en reste plus que la place sans aucuns vestiges. On 
assure qu'il y avait encore dans la même paroisse une 
chapelle, ou prieuré simple, sous le titre de Saint-Ger- 
main de Criquetot, et à la nomination du prieur de Deux- 
Amants, près Rouen (4). Il paraît une présentation du 
dernier juillet 1602, faite par Nicolas Tiercelin, aumô- 

(i) Hist^des gr, ojic, de la couronne, t. VIII, p. 619. 
(a) Neustria Pia,p, 62g, 
{^)Hist.Harc.,t. I, p. 314. 
(4) Secrétariat de Tévéché. 



112 



nier du roi, abbé de Valricher et prieur de Deux-Amaats» 
qui le marque expressément. Les fiefs de cette paroisse 
sont partagés, et de peu de conséquence. Jean Anzerey, 
écuyer, seigneur de Bourguébus, est cité dans des con- 
trats de 1446- 1447. Nicolas Anzerey est dit tenant un 
quart de fief assis à Bourguébus, dans le dénombrement 
des fiefs du bailliage de Caen, année 1675 (i). Aveu 
rendu par Jean Anzerey, seigneur de Bourguébus et de 
la Hogue, fils de Nicolas, daté du 16 octobre 1571 (2). 
Il était trisateul d'un autre Jean Anzerey, seigneur de 
la Hogue, Achey et Bourguébus, conseiller au siège pré- 
sidial de Caen. 

Elle est à 2 petites lieues de Caen et du bourg d'Ar- 
gences. 

Bray-la-Campagne (Saint-Aubin et Saint-Jean-Bap- 
tiste de). Sergenterie de Bre^uil, élection de Falaise, 
notariat de Condé, 3i feux. 

On écrivait autrefois Braîeau lieu de Bray (3). Il vient, 
dit M. Huet, du mot Braîa, qui en langue gauloise signi- 
fiait de la Boue. On la surnomme : la Campagne, parce 
qu^elle est dans la Campagne de Caen, et pour la distin- 
guer d'une autre paroisse du même nom qui est dans le 
même canton, au doyenné de Cinglais'. Cette paroisse, 
assise sur k rivière de Méance, est la dernière de ce côté 
là du diocèse de Bayeux. La cure est en règle, et à la 
présentation du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge, de 
Tordre de Saint-Augustin. On ne saurait dire que cette 
paroisse, plutôt que les autres de même nom qui sont en 



(i) Hist. Harc.,t, I, p. 992-993. 
(a) Hist. Harc, p. 994. 
Q) Orig.de Ctfew,p. 3i3. 



1^3 

Normandie, ait été le berceau et le lieu d^origine de Pan- 
cienne famille noble de Bray, qui porte : d^argent au chef 
de gueules chargé d*un léopard d'or. 

Elle est à une lieue du bourg de Saint-Silvin et à 
4 lieues de Caen. 

BretteviÙe-'le'-Rabet (Saint-Lô de). Sergenterie de 
Tournebu, éleaion de Falaise, notariat de Bretteville- 
sur- Laize, 3i feux, 41 habitants. 

Cette paroisse, située sur la rivière de Manche ou 
Mance, est traversée par le grand chemin de Caen à 
Falaise. Son terroir est sec et pierreux. Le hameau de la 
Fredelle en dépend. Le bénéfice est en règle, et à la nomi- 
nation du Prieuré du Plessis, à qui appartiennent les 
dîmes. Son fief dominant et de hautber est possédé par le 
sieur Jean-François Langlois, bourgeois de Caen. Il 
avait appartenu à messire Robert de Fontenay, chevalier, 
duquel Isabelle de Gaillon prend la qualité de veuve, 
dans un contrat passé à Caen en 1436 (i). Il fut père 
d^Antoine de Fontenay, écuyer, seigneur de Bretteville- 
la-Rabet et de Renémesnil qui, suivant un acte passé au 
tabellionage de Caen, le 3 juillet 14569 eut pour fils 
Lanceloc de Fontenay, seigneur de Cabourg, Renémes- 
nil et Giberville. Son fils Robert de Fontenay, seigneur 
de Bretteville, capitaine au château de Caen, fut employé 
par Henri VII, roi d'Angleterre, sous le commandemeqt 
du duc de Suffolk, ainsi que le décrit M. de Bras. II eut 
pour fils Robert de Fontenay, seigneur de Rouvrou et de 
Bretteville qui, selon un rôle de 1 640, épousa Catherine 
de Harcourt, fille de Charles, baron de Beuvron, et de 
Jacqueline de Vierville de CreuUy. 

{i)Hift. Harc, t. II, p. 1499. 



114 

Il y a dans cette pafoisse uae vieille chapelle de Tordre 
de Malte, qui est annexée à la commanderie de Voisiner, 
paroisse de Fontaine-le-Pin. On trouve parmi ses titu- 
laires Nicolas du Bar, qualifié commandeur de Brette- 
ville-le-Rabet et de Voismey, dans une provision pour la 
cure de Fontaine-le-Pin, en 147 1 (i), Jean Fouqué de 
La Motte, commandeur de Bretteville-le-Rabet, est men- 
tionné en un arrêt de la cour des Aides de Normandie de 
Pan 1480 (2). Il portait pour armes : d'azur à une fasce 
d^or. Jacques Doublet prend la qualité de commandeur 
de Bretteville et de Voismey, en un titre de 1 594 (3). 

Elle esta une lieue du bourg de Saint-Silvin, 3 lieues 
de Falaise et 7 lieues de Caen. 

Cauvicourt (Saint-Germain de). Sergenterie de Bret- 
teville, élection de Caen, notariat de Saint-Silvin, jj feux, 
38o habitants. 

Cette paroisse dépend des élections de Caen et de Fa- 
laise par moitié. Il y a deux hameaux : le bourg de Cau- 
vicourt, proche Péglise, et le hameau de Hautménil, près 
le grand chemin de Falaise à Caen, à un quart de lieue 
loin de Téglise. Les P. P. Jésuites de Caen présentent au 
bénéfice, et en possèdent les dîmes, au droit du prieur de 
Sainte-Barbe-en-Auge. Il n^y a que le fief de Cauvicourt, 
lequel est à M'^'' la marquise de Chambor, dame hono- 
raire, et à M. du Moncel de Lourailles, président à mor- 
tier au Parlement de Rouen. 

Elle est à 3 lieues de Caen. 



(i) Regitt. du secrétariat de révêché. 

(2) Hist. Harc., 1. 1, p. 89. 

(3) Regîst. du secrétariat de l'évêché. 



IÎ5 

Cesni-aux- Vignes (Saint- Pierre et Saint-Paul de). 
Sergenterie de Jumel, élection de Falaise, notariat de 
Mézidon, 47 feux^ 120 communiants. « 

Cette paroisse, arrosée par la rivière de Laison, a 3 fiefs 
qui sont : les Prés, fief de hautber, les Morteaux et Cesni. 
Ils appartiennent à messire Antoine>Augustin de Matha- 
rcl, chevalier, seigneur et patron de Montreuil et de 
Saint-Ouen, maître de camp de cavalerie, sous-lieutenant 
de chevau-légers d^Orléans, et lieutenant du roi au gou- 
vernement d'Honfleur. Il les possède au droit de noble 
dame Marie-Henriette-Armande de Malfilastre, seule 
héritière de Henri de Malfilastre, seigneur et patron de 
Cesni-aux- Vignes. La nomination de la cure lui appar- 
tient en cette qualité, et la dîme au curé. Il y a dans cette 
paroisse plusieurs carrières de pierres plates, et environ 
600 acres de terre en labour, bruyères, prés et marais. 

Elle est à 4 lieues et demie de Caen, 5 lieues de Falaise, 
2 lieues des bourg de Troarn et de Saint-Pierre-sur- 
Dives, et à une lieue de Mézidon du diocèse de Séez. 

Chicheboville (Saint-Martin de). Sergenterie au Ver- 
rier, éleaion de Caen, notariat de Saint-Silvin, 32 feux. 

Cette paroisse est sur le cours ou petite rivière de Se- 
millon qui y prend sa source en partie. Le seigneur du 
lieu présente à la cure, les dîmes sont au curé. Charles 
Desmares, écûyer, sieur de Chicheboville, nomma à cette 
cure, en 1 583, et Charles de Noiret, écuyer, seigneur de 
la dite paroisse, en 1 602. 

Elle est à 2 lieues et demie de Caen et à une lieue 
d'Argences. 

Cinq- Autels (Notre-Dame de). Sergenterie au Verrier, 
élection de Caen^ notariat de Saint-Silvin, 12 feux. 



ii6 

La cure est à la nomination de Tabbesse d^Alme* 
nèches. 

Elle est située sur la rivière de Manche, à une lieue du 
bourg de Saint-Silvin. 

Conteville (les Saints-Innocents de). Sergenterie d'Ar- 
gences, élection deCaen, notariat de Cramesnil, 22 feux. 

Vabbé du Bec est seigneur et baron de G}nteville ; 
toute la paroisse relève de lui. Il nomme à la cure et ses 
religieux jouissent des deux tiers des dîmes ; Tautre tiers 
est pour le curé. Il y a des carrières sous terre oti vont 
les charrettes. On a commencé à les découvrir depuis 6 à 
7 ans ; mais on ne peut en tirer la pierrç que par Tan-^ 
cien chemin qui est sous terre. Les carrières appartien- 
nent à M. de Poignavant, avocat de Caen. 

Elle est à 3 lieues de cette ville et à une forte lieue du 
bourg de Saint-Silvin. 

Cormeilles-la-Roïdl (Saint-Martin etSaint-Roch de). 
Sergenterie et élection de Caen, notariat de Caen, 1 5 feux, 
1 10 habitants. 

Cette paroisse est en franc-alleu du roi, exempte de 
payer aucun treizième, et il n'y a que 40 jours pour la 
clameur. Ce sont ces petites prérogatives sans doute qui 
lui ont fait donner le nom de roîal. II n'y a aucun fief 
dans cette paroisse dont le roi est seigneur et non patron. 
Les deux portions de cure furent réunies en un seul 
bénéfice, Tan iSyo, lequel est à la présentation alterna- 
tive de M.Morin, seigneur de Banneville,. de M. Pierre 
Fouque, sieur de Belleville. Le collège de maître Gervais 
Chrétien, de Paris, et le curé, possèdent la dîme par moi- 
tié. Le curé prend la première gerbe, le collège la seconde, 
et ainsi successivement. Il n^y a que le seul hameau joi- 



117 

gnant l'église et le presbytère, le tout dans le centre de la 
paroisse. Elle a eu un curé distingué dans les belles-let- 
tres, je veux dire Jean Bardou, né à Paris en 162 1 et 
mort en 1668. Il a donné plusieurs ouvrages de poésie. 
Cest la patrie de Gilles-André de la Roque, qui s'est 
acquis tant de réputation par une quantité d'ouvrages qui 
ont tous rapport à la noblesse. Il mourut à Paris Tan 
1686, âgé de 88 ans. Les plaines de Cormeilles, autrefois 
incultes, sont maiiitenant couvertes de moissons par les 
soins de M. Fontette, intendant de Caen. Le sieur de la 
Guérinière, directeur de l'académie, y a fait bâtir de fort 
beaux manèges. Dans l'angle d'une porte on lit cette ins- 
cription : Le 22 novembre iy53, cette pierre a été pla- 
cée par M, Orceau de Fontete, intendant de cette pro- 
vince. Cest par la protection qu'il accorde aux sciences 
et aux arts, que le sieur de la Guérinière, écujrer du 
roi, a obtenu Finféodation de ce terrain à son aca- 
démie. 

Cette paroisse est située à trois quarts de lieue de Caen, 
directement entre les 2 grandes routes de cette ville, à 
Paris et à Falaise, au soleil de 8 à 9 heures. 

Cramesnil et Rocancour. Sergenterie de Bretteville, 
élection de Caen, lieu de notariat. 

Il y a dans cette paroisse 2 églises éloignées Tune de 
l'autre d'une lieue, arpentée exprès pour la décision d'un 
procès qui a occasionné, au commencement de ce siècle, 
la résidence d'un des 2 curés au hameau de Rocancour ; 
le sort est tombé sur le curé de la première portion qui 
y demeure. La première église, ou Péglise matrice, sous 
le titre de Saint-Aignan, évéque d'Orléans, est dans le 
territoire de Cramesnil, et à un quart de lieue du hameau 
de ce nom. La seconde, sous le titre de Saint-Martin, 



ii8 

archevêque de Tours, est dans le hameau de Rocancour. 
Celle-ci, citée dans les titres comme chapelle succursale, 
a ses offices et ses fonctions curiales, comme dans Téglise 
matrice. Non seulement elle en est distinguée pour le 
spirituel, mais ses habitants ont aussi leul-s rôles à sel et 
à taille particuliers. Les 2 curés sont présentés à Tune et 
Tautre église par leurs patrons, et y prennent possession. 
Le chapitre du Sépulcre de Caen nomme à la première 
portion. Cest une donation qui lui fut faite de ce patro- 
nage, avec un trait de la dîme par Guillaume de Trie, 
évéque de Bayeux, en i3i5. Le seigneur, pdtron de 
Craménil et de Rocancour présente à celle qu^un ancien 
usage appelle : seconde portion. La dîme des verdages 
dans l'un et l'autre lieu appartient aux curés qui la par- 
tagent par moitié. Il n'en est pas de même des grosses 
dîmes. L^abbaye de Fontenay a une neuvième gerbe à 
Saint-Aignan, à cause de son aumônerie, sur laquelle le 
cyiré de la première ponion prend un sixième. Lesurplus 
de cette grosse dîme se partage par moitié: une moitié 
pour le curé de la seconde portion, deux tiers de Pautre 
moitié pour messieurs du Sépulcre, et le tijcrs restant pour 
le curé de la première portion, ce qui fait son droit en 
entier d^un sixième sur le total de la dimé. La grosse 
dîme de Rocancour se partage par tiers, dont un appar- 
tient à Pabbaye de Barbery, un autre au curé de la 
deuxième portion, deux tiers du troisième tiers à messieurs 
du Sépulcre, et le tiers de celui-ci au curé de la première 
portion, c'est-à-dire qu'il lui revient un neuvième du 
total. La paroisse de Saint-Aignan comprend 3 hameaux : 
Cramesnil, de 17 feux; Rocancour, de 5o, et Gournay, 
autrefois plus peuplé qu'il n'est aujourd'hui, n'a que 
4 familles. 
Il y a au hameau de Cramesnil un ancien château 



119 

pour le seigneur; il est remarquable par sa structure 
et répaisseur de ses murs, qui ont au moins 6 pieds 
d^épaisseur, avec un parapet pour se promener tout au- 
tour de la couverture ; d'un côté même dans la cave, 
au-dessous du rez-de-chaussde, le mur a 17 pieds 
dMpaisseUr. Ce château est accompagné de deux massifs 
de haut bois, et quelques pièces de bois taillis. Il renferme 
dans la cour une chapelle domestique, de très ancienne 
fondation, sous le titre de Notre-Dame de la Boessaye, 
dont la nomina^tion est au seigneur. Ce hameau est à un 
quart de lieue loin de Péglise de Saint-Aignan, du côté 
du couchant; à pareille distance, vers le levant, est le 
hameau de Gournay, situé au bord d^un vallon, où il y 
avait autrefois plusieurs maisons. En 1 7 1 1 une chaussée, 
qui fait partie du chemin de Saint- Aignan à Saint-Silvin, 
ayant crevé dans une fonte de neige, il arriva que Peau 
renversa les murs d^une maison de ce hameau, qui était 
dans le vallon, et mît le feu à la couverture qu'elle 
entraîna avec la couverture toute flambante ; la cause de 
cet événement, qui parut d'abord extraordinaire, fut que 
le plancher de bois et chargé de beaucoup de paille, fut 
approché par une chandelle allumée, qui était sur un petit 
coffre que Peau souleva, et qui y mit le feu. La paroisse 
de Cramesnil et Rocancour dépend partie du bailliage 
de Falaise, partie de celui de Caen, depuis la réunion de 
la juridiction de Saint-Silvin. 

La seigneurie porte le nom de fief de Saint-Aignan de 
Cramesnil, lequel, avec plusieurs autres dé cette paroisse 
qui lui sont réunis, forme un plein fief d'hautbert. Il 
appartient à messire Nicolas-Alexandre-François de La 
Fresnaye, écuyer, qui, en qualité de seigneur-patron de 
Saint-Aignan et de Rocancour, a les droits honorifiques 
des deux églises. On apprend de Taveu que Zanon Cas- 



120 

tiglione, évéque de Bayeux^ rendit au roi le 4 avril 1453, 
du temporel de son évéché, que Jean de La Fresnaye, 
écuyer, au lieu des hoirs de Jean des Jardins, tenait 
alors de la baronnie de Douvres, par foi et hommage, un 
quart de fief de chevalier assis à Cramesnil, et que Roger 
de La Vallette y tenait aussi de la même baronnie, deux 
fiefs à foi et hommage, dont Tun, qualifié demi-fief de 
chevalier, qui fut jadis à Jean Fleury, a la tierce partie 
de réglise de Cramesnil, et doit 10 livres de rente à Tévé- 
ché à la Saint-Michel ; et Tautre; possédé par lui au lieu 
des hoirs de Guillaume Bacon, est un quart de fief. 

Elle est à 2 lieues et demie de Caen, et à 4 lieues et 
demie de Falaise. 

Croissanville (Saint- Lubin de). Sergenterie d'Ar- 
gences, élection de Caen, notariat de Méry-Corbon, 
40 feux, 1 20 communiants. 

Cette paroisse est arrosée par la petite rivière de Laizon 
qui partage le diocèse de Bayeux de celui de Séez. C'est 
la grande route de Caen à Lisieux. L^église est proche de 
ce chemin et de la rivière, qui passe à 1 2 ou 1 5 pieds du 
gable du chœur. Il y a dans cette église une collégiale 
qui fut fondée par Jean de Ponteaudemer, chevalier, 
seigneur du Quesnay, et érigée le 19 mai i354 par Guil- 
laume, évéque de Séez, commissaire délégué du Saint- 
Siège. II y avait i trésorier, i chantre, 4 chanoines, 
2 chapelains, i clerc ou sacristain, et 1 vicaire perpétuel 
pour desservir la paroisse. Ils étaient obligés à TofBce 
canonial. Ils sont réduits aujourd'hui à 3, qui perçoivent 
les revenus. Le seigneur de Croissanville nomme à la 
cure ou vicairie perpétuelle, et aux canonicats. Le curé 
jouit des dîmes de sa paroisse en intégrité ; elles lui ont 
été cédées par le chapitre pour et au lieu de la pension 



121 

congrQe. Cette collégiale, sous Pinvocation de la Sainte- 
Vierge, n^a point d^autre église que celle de la paroisse. 
Il y SL, au bas du chœur, une petite tour où est la cloche 
du chapitre, et au bout de la nef une autre tour en flèche 
pour mettre les cloches de la paroisse. Voici les noms de 
quelques-uns des trésoriers de Croissanville, et le temps 
qu^iis ont possédé cette dignité : 

Jean Quesnel, prêtre, se démit de la trésorerie en 1470. 

Jacques de Pelvey, docteur ès-droits, en fut pourvu le 
9 novembre 1470. 

Robert Hamcl, prêtre, en fut pourvu le 29 août 1479, 
à la place du précédent. 

Guillaume de Perrières, docteur ès-droits, reçut le 
25 février i5oi des provisions pour la trésorerie de 
Croissanville, sur la nomination de Vénérable Homme 
Georges d'Amboise, cardinal légat a latere. 

Jacques d'Harcourt, baron de la Motte-Cesny, prêtre. 
Protonotaire du Saint-Siège, abbé de Belle-Étoile, était 
aussi trésorier et chanoine de Croissanville, suivant un 
acte de iS36 (i). 

Le territoire de Croissanville, qui a environ un quart 
de lieue de longueur sur un demi-quart au plus de 
largeur, est limitrophe des paroisses de Cléville et de 
Méry. Il n^a point d^autres hameaux que celui du 
Coudray, composé de 5 chaumières et autant de familles. 
Ce hameau est sur le bord de la bruyère de 100 acres de 
terre, qui appartient au seigneur de Croissanville, et est 
attenante à celle d^Airan sur le grand chemin. La 
seigneurie est un fief d'hautber, qui était anciennement 
titré de marquisat, /et en porte encore le nom, quoiqu^il 
n^ait pas été, dit-on, réhabilité. Marguerite d*Harcourt, 

(i) Hist, Harc.f t. II, p. 147 1-1478. 



122 

dame de Croissanville, dernière fille de Jacques, seigneur 
de Franquerille et de Madeleine d'Assé, porta cette terre 
à son mari YvesdeBailleul, seigneur d^AnvîlIe, mcu-échal 
des logis de la compagnie des gendarmes du roi, avec 
lequel elle vivait en îSyS (i). De ce mariage naquit 
François de Bailleul, seigneur de Croissanville, qui 
épousa Léonor de la Morissière, fille de François, seigneur 
de Viques et de Jeanne de Quesnel^ dame d'Avoise ; d'eux 
est descendu par degré messire François-Toussaint 
Amable de Bailleul, seigneur et patron de Croissanville 
et de Viques, qui a des enfants de dame N. Subtil de 
Bellengreville, son épouse. Croissanville est célèbre par 
l'entrevue que Richard I«, duc de Normandie, y eut 
avec Louis d'Outremer, roi de France en 944, et où ce 
dernier perdit la liberté dans le désordre que causa la 
mort de Helloin, comte de Montreuil, tué d'un coup de 
hache par un Danois. 
Elle est à 5 lieues de Caen. 

Cyntheaux (Saint-Germain de). Sergenterie de Brette- 
ville, élection de Caen, notariat de Cramesnil, 40 feux, 
1 5o communiants. 

Quelques-uns écrivent le nom de cette paroisse par 
Sainteaux ou Synteaux, mais c'est contre l'usage d'au- 
jourd'hui. Les titres de l'abbaye de Barbery l'appellent 
ecclesiam de Saintellis, et ceux du chapitre de Bayeux, 
de Cyntellis. Le sieur Haribel, curé du lieu, marque 
dans son mémoire que le nom vient de deux mots grecs : 
cin et theos, qui signifie ctimD^o, avec Dieu. L'interpréta- 
tion *est ingénieuse. Son territoire est élevé et dans une 
situation riante et agréable. Le grand chemin de Caen à 

(i) HistHarc, t. II, p. 143-1490. 



12$ 

Falaise ' passe au travers ; c'est un lieu de relais pour la 
poste à cheval. Les paroisses limitrophes sont Cauvicourt 
au levant, Gouvis au midi, Quilly au couchant, et 
Saint-Aignan de Cramesnil du même côté. Uéglise est 
située jusqu^à l'extrémité du village de Cyntheaux, oti il 
y a encore trois autres hameaux. Gomesnil, immédiate- 
ment sur le grand chemin, vers le nord et à demi-quart de 
lieue du village : Robertmesnil;au levant esta un quart et 
demi de lieue de là ; et Donmesnil, pareillement au levant 
et limitrophe de celui de Robertmesnil. Les abbés et reli- 
gieux de Barbery sont présentateurs de la cureetjouissentN 
de toutes les dîmes, par la donation qui leur en fut faite 
en 1181 par Robert le Marmion leur fondateur. Denis, 
évéque d'Abello, abbé de Barbery, a possédé la cure de 
Cyntheaux, à laquelle il fut nommé j)ar Jacques Le 
Chevalier, son grand vicaire, et par ses religieux ; le visa 
des grands vicaires de Bayeux, le siège vacant est du 
20 avril, après Pâques de Tannée 1548 (i). Masseville 
met Cyntheaux au rang des marquisats de Normandie, 
et dit qu'il appartenait aux héritiers de M. le président 
Carrel. Cette seigneurie esta présent aux mains de M. du 
Moncel de Lourailles, président à mortier au Parlement 
de Rouen. On trouve dans Thistoire de la province, que 
Henri !«% roi d'Angleterre, duc de Normandie, eut une 
entrevue à Cyntheaux avec Philippe, roi de France, vers 
Tan 1 104, pour aviser aux moyens de terminer la guerre 
qui troublait leurs États. 

On connaît les petits gâteaux nommés galettes deCyn* 
theaux, dont la réputation est étendue fort au loin. Ces 
sortes de gâteaux passent pour très bons, depuis 66 ans 



(i) Rcg. de rÉvêché de Bayeux. 



124 

qu'ils pnt été inventés par le sieur Bellecroix ; on les fait 
au hameau de Gomesnil. 

Elle est a 3 lieues de Caen, 4 de Falaise, trois quarts 
du bourg de Bretteville-sur-Laize, et une lieue du bourg 
de Saint-Silvain à Torient. 

Etavaux ou Estavaux (Notre-Dame). Sergenterie de 
Bretteville, élection de Caen, notariat de Fresné-lc-Pu- 
ceux^ 12 feux. 

Cest une petite paroisse située sur l'Orne, le long de 
laquelle régne une chaîne de rochers qui recèle du marbre, 
à ce que Ton dit. Elle est appelée de Stavellis dans les 
Chartres des abbayes de Saint-Étienne de Caen et de 
Fontenay. Or Stavellœ semble être un diminutif de 
Stabuldy des étables. Elle faisait partie de la ba>onnie 
» d'Allemagne, qui appartient à Tabbaye de Saint-Étienne. 
Cest de son église dont parle Henri II, roi d^ Angleterre, 
dans sa charte de confirmation pour cette abbaye, quand 
il dit : Mater ecclesia abbatis eadem Alemania non 
amittat quiçquam in itinere de parœchianis suis, nec 
de decimis, nec de oblationibus, nec de aliis rébus 
ecclesiœ pertinentibus, propter dedicationem capellœ 
de Stavelis, quœ in parochia prcedictœ ecclesiœ dedi- 
caia est [\]. La juridiction de cette paroisse pour le civil 
est le bailliage de Falaise ; son seigneur et patron, l'abbé 
de Fontenay. Les dîmes, qui appartenaient ci-devant à 
cette abbaye, sont à présent, par échange, ès-mains de 
l'abbé de Saint-Etienne de Caen. Il n'y a qu'un seul 
hameau et deux maisons enclavées dans le territoire d'Al- 
lemagne. 

Elle est distante de Caen de cinq quarts de lieue. 

(i) Neustria Pia^ p. 661. 



125 

Fierville-la-Campagne (Saint- Pierre et Saint-Paul). 
Sergenterie de Saint-Silvin, élection de Caen, notariat de 
Saint-Silvin^ 3o feux. 

Cette paroisse est arrosée par la rivière de Manche. Il 
y a 2 portions de cure : la première à la nomination du 
Seigneur, l'autre à celle de l'abbé de Saint-Ouen de 
Rouen. Parmi les présentateurs de la première portion, 
les registres de TÉvéché font mention de Richard du' 
Châtel, seigneur de Fierville en 1466; de Jacques Piel, 
seigneur de la Bryère, homme d'armes de la compagnie 
de M. de Fervaques eh 1468 ; d'Odet de Saffray, sieur de 
Vimont, Bray, Fierville-la-Campagne, Escoville, en 
1498 et 1622 ; et de Pierre de Saffray, écuyer, seigneur 
et patron de Fierville en 1 646. 

Elle esta une demie-lieue du bourg de Saint-Silvin et 
à 4 lieues de Falaise. 

Fontenay-la-Marmion (Saint- Herme de). Sergenterie 
de Bretteville, élection de Caen, notariat de Fresné-le- 
Puceux^ 120 feux, 700 habitants. 

Cette paroisse, située au bas d'un coteau qui regarde 
le midi, vers lequel règne une vaste campagne, est sur la 
rivière de Laise qui la partage de celle de Laise-la-Ville. 
Le hameau du Val-de-Laise la ferme joignant la paroisse 
de Rocancourt, le presbytère de cette dernière paroisse, 
et un autre village du côté de Laise-Ia-Ville, sont du 
territoire de Fontenay-le-Marmion. Ce presbytère et ce 
dernier village sont à une demi-lieue de Téglise. Fonte- 
nay-le-Marmion relève de la haute justice de Bretteville- 
sur-Laise. C'est une très ancienne vicomte, dont dépendent 
plus de 40 tant fiefs que arrières-fiefs. Elle donnait droit 
de préséance sur les barons du bailliage de Caen, au 
temps de FÉchiquier de Normandie. Le surnom de 



I2<5 

Marmion lui a été donné pour avoir été longtemps 
possédée par i^ancienne famille de ce nom, et pour être 
distinguée des autres paroisses du nom de Fontenay. Elle 
est à présent jointe à la paroisse de Fresné-le-Puceux, qui 
en est limitrophe. LVglise paroissiale, sous le tin-e de 
Saint-Herme, martyr (sa fête tombe au 28 d^août), notait 
autrefois qu'une chapelle, et la principale église était au- 
delà du Chemin Haussé vers le couchant, sous l'invoca- 
tion de Saint-Germain, que la carte de messine Outhier 
appelle : Saint-Germain-du-Chemin. Celle-ci ayant été 
détruite en 1449 par les Anglais, ainsi que toutes les 
maisons qui Tenvironnaient, ce fut alors que la chapelle 
de Saint-Herme servit de retraite aux habitants de Saint* 
Germain qui en firent leur église paroissiale. La cure est 
à la nomination de Tabbé de Barbery qui en perçoit les 
dîmes. On voit encore, dans cette paroisse, les vestiges du 
Chemin Haussé qui fut fait, non par ordre du duc Guil- 
laume, comme on Tavait cru, mais par les Romains^ dans 
le temps qu^ils étaient maîtres des Gaules. Le château de 
Fontenay, bâti sur le fief du Vivier, ne subsiste plus. La 
chapelle titulaire de Notre-Dame du Vivier, qui était 
' située dans le château, a été transférée, depuis quelques 
années, dans celui de Fresné-le-Puceux. 

Robert le Marmion, chevalier, seigneur et vicomte de 
Fontenay-le-Marmlon, vivait sous Guillaume le Bâtard, 
duc de Normandie. Il suivit ce prince à la conquête 
d'Angleterre en 1 066 ( i ) . 

Roben Marmion, II* du nom, vicomte de Fontenay, 
vivait sous Henri I»', roi d'Angleterre et duc de Norman- 
die. Il mourut la deuxième année du règne de ce prince, 
laissant de Mélisés, son épouse : 

(i) Hist. Hare.f t. Il, p. 1964. 



127 

Robert de Marmion, III« du nom, vicomte de Fon- 
ttenay, qui soutint vigoureusement le parti d'Etienne de 
Blois contre Geoffroy, comte d'Anjou, prétendant tous 
deux à la couronne. Ne voulant pas rendre au dernier la 
ville de Falaise quMI tenait, et qui était alors une place 
des plus fortes de Normandie, tant par la natqre que par 
Tart, le comte d^Anjou alla mettre le siège devant son 
château de Fontenay, le prit en 1 1 Sg et le fit détruire (i ). 
Il donna, en 1140, à Tabbé de Savigny, tout ce qu'il 
avait de terres à Barbery, pour y fonder une abbaye (2). 
Il fut tué, en 1 14.3, en Angleterre dans Tabbaye de Co- 
ventry (3) ; une partie de son corps y fut enterré, l'autre 
partie fut apportée en Normandie, et déposée à Barbery {4) . 
De Philippe, sa femme, il eut 3 fils : Robert qui suit, 
Robert dit le Jeune qui a laissé postérité, et Guillaume. 

Robert Marmion, dit le Vieux, IV* du nom, vicomte 
de Fontenay, acheva de fonder Tabbaye de Barbery que 
son père avait commencée (5). Il donna, en 1181, le 
terrain nécessaire pour bâtir Téglise et le monastère, et y 
appella des religieux de Tordre de Citeaux. Il eut pour 
enfants Robert qui suit, et Gersende. 

Roberf Marmion, V« du nom, vicomte de Fontenay 
est compté au nombre des chevaliers bannerets qui vi- 
vaient en 12T0, sous Philippe-Auguste (6). Il céda, en 
1223, à Robert des Ablèges, évéquede Bayeux, tout ce 
qu'il avait de bien à Neuilly (7). Il paraît qu'il ne laissa 
pas de postérité, car : 

(i) Hist. de Nonn., P. Dumoul., p. 355. 
(a) Man. d'Eusèbe, p. 196. 
(?) Hist. Harc, ut supra. 

(4) Nw. GalU Christ,, t. XI, col. 452. 

(5) Nw. GalL Christ., t. XI. 

(6) Hist. Harc, t. I, p. 317. 

(7) Hist. Harc., t. XI, p. 367. 



12$ 

Gersende Marmion, sa sœur, hérita de la vicomte de 
Fontenay et des autres terres de sa branche, et les porta à 
son mari Robert Tesson, II« du nom» qui était fils de 
Robert l^' du nom et petit-fils d^Ernest Tesson, qui, 
conjointement avec Raoul Tesson son frère, fonda 
Tabbaye de Fontenay (i). De Robert Tesson et de Ger- 
trude Marmion vint le suivant 

Robert Tesson, III« du nom, chevalier, vicomte de 
Fontenay-le-Marmion, qui fut tué dans la paroisse 
d^Audrieu, laissant Robert, qui ne laissa qu^une fille, et 
Jourdain qui forma une autre branche. 

Guillaume Bertrand, vicomte de Fauguernon, devint 
aussi vicomte de Fontenay-le-Marmion, par son alliance 
avecPhéritière (2) deRobertTesson,qui lui apporta encore 
les seigneuries du Mesnil-Patry, de Savenay, de Q>ur- 
vaudon, de FeugueroUes, de Venoix, d^Ifs et de Placy. 
Il était cousin germain de Robert Bertrand, seigneur de 
Briquebec, maréchal de France. Il eut pour fils : 

Robert Bertrand, vicomte de Fauguernonet de Fonte- 
nay-le-Marmion, et seigneur des terres mentionnées ci- 
dessus, qui eut pour fille héritière Marie Bertrand, qui, 
de son mariage avec Yon, baron de Garencières, ne laissa 
aussi que des héritières de plusieurs enfants qu^ils eu- 
rent (3). 

Jeanne de Garencières, qui était Taînée, fut vicomtesse 
de Fontenay-le-Marmion, dame de Mesnil-Patry, de 
Savenay, de Feuguerolles et de Venoix (4). Elle épousa : 
lo Benrand Paisnel, baron du Hambie; 2» Jean, sire de 
Montenay ; 3^ Jean, sire de La Ferté et du Neufbourg. 

(i) Hist, Harc, t. I, p. 32i. 

(2) Hist. Harc, t. I, p. 148. 

(3) Hist, Harc.f t. I, p. 142-150. 

(4) Hist, Harc,, t. I, p. i5o. 



129 

Dans un drrét de PÉchiquier de Tannée 1 398, il est dit 
que ce dernier, et M™« Jeanne de Garencières, sa femme, 
étaient héritiers aînés de messire Pierre de Garencières, 
qui était son frère. 

Hungueslot, chevalier anglais, usurpa la vicomte de 
Fontenay-Ie-Marmion, en 1407, et en jouit jusqu'en 
1449. En quittant le pays, il enleva tous les titres, ce qui 
répand beaucoup d^obscurité sur ce qui regarde cette 
seigneurie (i). 

Jean Bureau, évéque de Béziers, est qualifié seigneur 
de Fontenay-le-Marmiondans une présentation de Girard 
Bureau, son procureur, de Tannée 1474, pour la cure 
d'Urville (2). 

Marguerite de Vassy, fille de Philippe, vicomte héré- 
diiai de Fontenay-le-Marmion, seigneur de la Quièze, et 
de Jeanne de Ruppierre, en épousant, le 22 avril 1524, 
Charles d^Achey, seigneur de Serquigny et de Marbœuf, 
pannetier du roi François I«^ lui porta ces deux terres. 
De ce mariage vint Jean d^Achey, III^ du nom, seigneur 
de Serquigny, écuyer ordinaire de Técurie du roi, capi- 
taine du château de Tancarville en 1 590, père, par Renée 
le Q>nte de Nonant sa femme, de Gilles d^Aché, vicomte 
de Fontenay-le-Marmion, lieutenant de la compagnie des 
gendarmes du seigneur de Fervaques en i583, qui 
épousa, en i583, Madeleine de Mailloc, dame du Mont- 
de-la- Vigne, dont 3 fils, auxquels, par acte du 1 9 mars 
1617, leur mère donna le partage dans les biens qui leur 
étaient échus par la mon de leur père. Hervé d'Aché, 
seigneur de Fontenay-le-Marmion, châtelain de Brette- 
ville-sur- Laize nomma, le 3o avril 161 9, comme seigneur 
de Fontenay, à la chapelle de Notre-Dame-du-Vivier (2). 

(i) Hist, Harc,^ p. 142. 

(a) Ex. secret, épisc. bajocen. 



I30 

Un seigneur du nomd'Harcourt, qui devint propriétaire 
de Fontenay-Ie-Marmion, quitta, cette paroisse pour faire 
bâtir sur un de ses arrière-fiefs, qui en relève, situé dans 
la paroisse de Fresné-le-Puceux, le château qui subsiste 
aujourd'hui. Elle fut portée, en 1643, dans la maison de 
Fiesque par le mariage de Gillone d'Harcourt, fille 
unique de Jacques, marquis de Beuvron, avec Charles- 
Léon de Fiesque, comte de Lavagne, dont est sorti 
Jean-Louis-Mariot, comte de Fiesque. C^est à son droit 
qu*est devenu vicomte de Fontenay-le-Marmion, châtelain 
de Brette ville-su r-Laize, seigneur et patron de Fontenay- 
ie-Puceux, messire Claude-Louis-François de Régnier, 
comte de Guerchy, marquis de Nangis, lieutenant- 
général des armées du roi, chevalier de ses ordres, colonel- 
lieutenant et inspecteur de son régiment. 

Elle est à une lieue de Bretteville-sur-Laise et à 3 lieues 
de Caen. 

Fontenai'V Abbaye. Sergenterie de Bretteville, élection 
de Caen, notariat de Caen, est décoré de 2 paroisses, 
2 églises et une abbaye de bénédiains de la réforme de 
Saint-Maur. Il y a plusieurs offices claustraux. 

Les églises paroissiales sont sous le vocable de Saint- 
André, et de Saint-Mahin, archevêques de Tours. Les 
habitants et leurs territoires sont distincts et séparés. 
Saint-André a 80 feux, Saint-Martin en a 90. L'abbé de 
Fontenay présente aux 2 cures, et son abbaye perçoit les 
grosses dîmes. Il n'y a qu'une grange dîmeresse pour 
l'une et pour l'autre paroisse. Elle est bâtie proche 
Saint-Andréj dans l'enceinte du manoir abbatial, et là 
sont reportées toutes les dîmes de Tun et l'autre territoire ; 
Fontenay, en général, dépend de l'élection de Caen pour 
les tailles, et du bailliage de Falaise pour le civil. Il y en 



131 

avait une petite portion relevante du siège de Saint- 
Silvin, qui dépend aujourd'hui de Caen parla réunion 
de Saint-Silvin. II est bordé par la rivière d^Orne, sur 
laquelle il y a un bac, assez près de Tabbaye, pour passer 
de Pautre côté. II ne sera pas difficile de deviner Pétymo- 
logie de Fontenay, quand on saura que ces sortes de 
lieux tirent leur dénomination des fontaines qui y 
prennent leur source et qui les arrosent. C'est là l'expli- 
cation qu'en donne M. de Valois dans sa notice des 
Gaules. Quoique nous n^osions garantir une étymologie 
si générale, nous pouvons pourtant assurer qu^elIe est 
véritable à Tégard de Fontenay-P Abbaye. En effet, à une 
portée de mousquet loin de Péglise de Saint-Martin, au 
nord, il y a plusieurs sources dont est formée une belle 
fontaine qui sert de lavoir. Après avoir traversé le grand 
chemin, de Tautre côté duquel on trouve un petit pont 
d^une seule pierre, ses eaux coulent vers la paroisse de 
Saint-André, et reçoivent, en chemin faisant^ plusieurs 
autres petites fontaines qui forment un canal assez fort 
pour faire moudre deux moulins, Tun pour Tabbaye, 
Pautre pour M. de Calmesnil. Pareillement à une dis- 
tance un peu plus grande de la même église de Saint- 
Martin, vers le couchant, il y a encore une autre fontaine 
fermée de pierre, dont Pécoulement des eaux se fait par 
des canaux ou pots souterrains, qui en fournissent à tous 
les dedans et dehors de Tabbaye. Elles servent aussi à 
faire des jets d^eau dans le jardin de l'abbatiale, dans 
ceux de la communauté et dans les cours, oti il y en 
avait un qui montait à plus de 1 5 pieds de haut. 

Fontenay est à une lieue et demie de la ville de Caen. 

Il est constant que ces 2 paroisses existaient auparavant 
la fondation de Tabbaye, puisque les Tessons, lorsqu'ils 
la fondèrent, lui aumonèrent ces églises avec leurs dimes. 



132 

La paroisse de Saint- André est assez ensemble, excepté 
un endroit un peu détaché qu'on appelle le Hamel. La 
maison la plus notable de ce lieu, après Tabbaye, est celle 
de M. de Calmesnil, qu'il a eue par son mariage avec 
M^^ de Carbonnel. Elle est àituée au pied d'un coteau, et 
tire beaucoup d'agrément des avenues et des jardins qui 
Tenvironnent. Son territoire est arrosé au septentrion par 
la rivière d*Ome, sur laquelle est le bac dont je viens de 
parler, et qui sert à passer les hommes et les voitures dans 
la paroisse de Feuguerolles. 

Dans la paroisse de Saint-Martin il y a, à une demi- 
lieue loin de Féglise à E. E. S., un hameau nommé Ver- 
rières, avec une chapelle sous Pinvocation de Saint- 
Jacques ; à la même distance et presque du même côté, il 
y avait une autre chapelle du titre de Sainte-Marguerite, 
dans la cour d'une maison considérable nommée Troteval 
(Torteval). Elle n^existe plus depuis plus de ioo ans. Les 
abbés et religieux de Fontenay sont en possession des 
biens et des dîmes de ces 2 chapelles. Le curé de Saint- 
Martin a pension congrue, comme celui de Saint-André, 
est titulaire des 2 chapelles, et les verdages n'ont été 
cédés à ses prédécesseurs, qu^à charge par eux et lui, de 
faire acquitter la messe tous les dimanches dans la cha- 
pelle de Verrières. L'abbaye de ce lieu possède, dans le 
territoire de Saint-Martin, tant en fond qu'en dîmes, 
10,000 livres de rente. Elle y a entre autres une ferme 
considérable appelée Beauvais, qui est entre l'église et 
la maison de Troteval. Cette abbaye a la seigneurie de 
2 paroisses comme ayant en mains le fief dominant. Les 
droits honorifiques lui ont été cependant contestés, il y a 
quelques années, par un sieur de Baillehache, seigneur 
du fief, terre et seigneurie de Fontenay, assis ès-paroisse 
deSaint-Martin-de-Fontenay. J ignore le succès du procès. 



133 

L^abbaye de Fontcnay, de Tordre de Saint-Benoît, est 
située sur le territoire de Saint-André^ proche la rivière 
d'Orne. Si ce qu'on trouve d'un monastère de Fontenay, 
fondé par saint Évremond, regardait celui-ci^ il serait 
connu dès le xvn< siècle, auquel vivait ce saint abbé. Le 
ressemblance du Fontenay dont il est parlé dans les actes 
de saint Évremond, avec le Fontenay-sur-Orne, qui est 
celui dont il s'agit, a jeté dans l'erreur l'auteur de Neus-* 
triaPia, et le savant père Mabillon. Hermant a fait plus 
dans son Histoire du diocèse de Bayeux ; il fait honneur 
à saint Évremond de la fondation de 2 monastères : l'un 
au diocèse de Séez, l'autre dans celui de Bayeux. Mais 
il est aisé de voir, par les actes de ce saint, qu'il ne s'y 
est jamais agi de Fontenay-sur-Orne, car, comme l'a très 
bien prouvé l'auteur du Dictionnaire universel de 
France (i), le monastère de Fontenai, fondé par saint 
Évremond dans le diocèse de Séez, était situé dans la 
paroisse de Fontenai-le-Louvet, à 2 lieues et demie 
d'Alençon, lequel fot détruit par les Normands et n'a 
jamais été rétabli. Quant à l'abbaye de Fontenai-sur- 
Orne, elle n'a été bâtie qu'au milieu du xi« siècle et ne 
reconnaît point d'autre fondateur que Raoul Tesson et 
son frère, qui la dotèrent de biens considérables. L'année 
de cet établissement est assez incertaine, les uns le 
mettent en l'année 1 070, et l'historien de la maison d'Har- 
court, en 1076 (2). Il observe en même temps que les 
Tessons avaient alors un si grand nombre de seigneuries, 
que le troisième pied de la terre de Normandie leur 
appanenait, et que le chemin qu'on appelle Cauché, qui 
commence au Vez de Saint-Clément et qui finît à 

(i) Dict. univ,, t. 1, col. 247. 
(2) Hist, Harc., t. I, p. 32o. 



134 

Hyesmes^ avait été entièrement fait sur leurs terres. 
Guillaume-le-G)nquérant, roi d^ Angleterre et duc de 
Normandie; Mathilde^ son épouse; Odon^ évéque de 
Bayeux ; Robert, comte de Mortain, son frère ; Roger, 
comte de Montgommery ; Roger de Beaumont, écuyer, 
figurèrent à la chartre de fondation. 

Le premier abbé de Fontenay fut Geoffroy, moine de 
Fontenelle ou de Saint- Wandrille. Le roi nomme à cette 
abbaye en vertu du concordat. Le marquis de Beuvron 
lui en contesta la nomination, sur ce qu^il représentait les 
fondateurs, et qu'il avait des droits daiis Tabbaye; il en 
fut évincé par arrêt du grand conseil en 1618. L^abbé de 
Fontenay nomme aux prieurés simples de Rouvrou et -de 
CuUey, et à 28 bénéfices-cures. Cette abbaye embrassa la 
réforme de Saint-Maur en 1754; elle y fut introduite par 
les soins de M. Gabriel Piédoûe de Charsigné, abbécom- 
mandataire, neveu du célèbre M. Huet, évéque d^Avran- 
ches, qui la lui avait résignée en 1721, par la permission 
du roi. 

FrenouvUle (Saint-Martin de). SergenteriedeTroarn, 
élection de Caen, notariat de Saint-Silvin, 45 feux. 

Il y a 2 curés qui sont à la nomination : Pun dû 
seigneur du lieu, Tautre des PP. Jésuites de Rouen, au 
droit du prieuré des Deux- Amants unis à leur collège. 
Robert d'Ollendon, écuyer, seigneur de Frenouville, 
vendit plusieurs héritages à Qaudin de Harenvilliers, 
chevalier, châtelain et capitaine du château de Caen, par 
contrat du 18 mai 1379 (i). 

Cette paroisse est sur la grande route de Caen à Lisieux, 
à trois quarts de lieue du bourg d'Argences, et à 3 lieues 
de Caen. 

{i)Hist.Harc.,p, 1895. 



135 

Garcelles (Saint-Martin de). Sergenterie au Verrier, 
élection de Caen, notariat de Cramesnil, 55 feux. 

.Cette paroisse forme un petit carré long de Test à Touest, 
et contient au milieu un village qui compose tout le corps 
de la paroisse, avec un château accompagné d^avenues.Jl 
y a aussi quelques petits bois taillis, mais sans étendue. 
M. Gosselin, écuyer, seigneur de Garselles, jouit des 
droits honorifiques. L^abbé de Caen nomme à la cure. 

Elle est sur le chemin de Falaise, à 2 lieues de Caen. 

Grenteville (Saint-Rémy de). Sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, notariat d'Argences, 3o feux, 80 com- 
muniants. 

Les anciens titres portent Grentheville, et les récents 
Grenteville, Grentavilla. L^abbé de Troam est présen- 
tateur de la cure. M. Morin de Banneville est seigneur 
honoraire. M"« de Mont-Canisy, dame aujourd'hui. Son 
fief de Grenteville est un quart de hautber qui relève du 
roi. Les grosses dîmes se partagent en 3 lots égaux 
entre le curé, Tabbé de Troarn et Tabbesse de Caen. 

Cette paroisse, qui ne forme qu^n seul village sans 
hameaux, est distante de rentrée de Caen d'une lieue. 

Hubert-Follie (Notre-Dame-de-Nativité), Sergenterie 
d'Argences, élection de Caen, notariat d^Argences, 1 6 feux. 

Cette paroisse renferme toutes ses maisons dans un seul 
hameau. Le livre Pelutde Pévêché, rédigé vers x 3 5o, l'ap- 
pelle ccctoia de Fàulbert'Folie, et met la cure à la nomi- 
nation de Guillaume de Brucourt. Une provision du 
patriarche Louis d'Harcourt, évéque de Bayeux, en date 
du 17 avril 1469, la qualifie : ecclesia parochialis de 
Fouber-Follia. Ce sont les prieurs et religieux de Saint- 
Etienne de Caen qui y présentent aujourd'hui. Elle est 



136 

de l^exemption de leur abbaye. Leur abbé perçoit les deux 
tiers de la dîme, l'autre tiers est pour le curé. L'abbàye 
présente à la cure de Hubert-FoUie, et à la chapelle du 
manoir du fief de Brucourt, à cause de leur fief de Bru- 
court qui est situé à Saint-Ouen de Caen, et s'étend à 
Hubert-FoUie, Bourguebus et la .Blanche-Herbe. Son 
principal fief porte le nom de Brucourt. Il appartient à 
ces religieux. L'abbé de Fontenay y possède le fief de 
TAlouette, et M. de Malherbe y a une autre petite exten- 
sion. M. de Clacy, gentilhomme fort i^iche, et allié à la 
maison de Montgommery, a une terre et une maison 
considérable en cette paroisse. Son avenue va buter sur 
le grand chemin de Qien à Falaise, au bout de laquelle 
est une bruyère d'environ 60 acres, oti il y a quantité de 
carrières. Il n'y a qu'un puits dans ce lieu. René Louet, 
ancien professeur de rhétorique au collège du Bois, et 
ancien r^teur de l'Université de Caen, mourut en cette 
paroisse Tan 1 7 . • , et fut enterré dans le chœur de l'église 
où l'on voit son épitaphe. 
Elle est à une lieue et demie de Caen. 

Ifs (Saint-André d') Iffi ou Taxi. Sergenterie d'Ar- 
gences, élection de Caen, notariat de Caen, 49 feux. 

Cette paroisse est sur le grand chemin de Caen à Falaise. 
L'abbé de Caen présente à la cure de plein droit. Il per- 
çoit la plupart de ses^ dîmes, par la donation du duc 
Guillaume, fondateur de cette abbaye, confirmée en 1 1 72 
par Henri II, évéque de Bayeux. Ce prélat déclare dans 
sa chane que l'église d'Ifs et la chapelle de Bras [ecclesia 
de Icio, cum cape lia de Brachto), et toute la dîme de 
cette paroisse avec ses appartenances, sont exemptes des 
droits du synode, de visite et autres dus à l'évéque (1). 

(i) Neust, Pia, p. 644. 



137 

Le hameau de Bras, situé au-delà du grand chemin, est 
du territoire d* Ifs. Seshabitants ont un rôle à taille parti- 
culier qui, en 1 722, y comptait 40 feux. Il y avait une 
ancienne chapelle qui est tombée en ruines. Il est décoré 
d^un fief qui a été illustré par Charles de Bourgueville, 
écuyer, sieur de Bras, auteur de quelques ouvrages en 
faveur de Caen, sa patrie. Anne de Pretonville, fille unique 
et héritière de Jean de Pretonville, écuyer, seigneur d* Ifs, 
et de Marie Duval, fut accordée en mariage, le 20 avril 
1 529, à Nicolas de Moges, écuyer, seigneur de Buron ( i ). 
Les parents de la dame s^obligent d'accoustrer leur fille 
selon le lieu d^oti elle partait et le lieu où elle allait. Jean 
Le Valois, seigneur d^Ifs-sur-Laise, fils de Thomas e\ de 
Guillemette Safrey, épousa Jeanne de Warignies, sœur 
de Jacques, seigneur de Blainville. M. d^Ifs est auteur de 
deux lettres qu'on trouve dans le Mercure de France, 
juin 1 737 et janvier 1738, au sujet des ouvrages de M. de 
Thou, par lesquelles il prétend que la plupart ont été 
traduits par monsieur son père. 
La paroisse d'Ifs est à cinq quarts de lieues de Caen. 

Magny-le-Freule (Saint-Germain). Sergenterie de 
Jumel, élection de Falaise, notariat de Mézidon, 88 feux. 

Cette paroisse est située entre les rivières de Dive et de 
Laison, qui arrosent son territoire au levant et au cou- 
chant. La nomination de la cure dépend du seigneur 
du lieu. Guillaume Néel, écuyer, seigneur et patron de 
Magny-la-Freule, fils et héritier en partie de Olivier 
Néel, seigneur dudit lieu, nomma à cette cure en 1473 (2). 
Richard Néel, prêtre, et le patriarche Louis d'Harcourt, 

(1) Arm.gén. de la France, reg. 1er, !'• p., p. 387. 
(a) RtSf . du secret, de Tévêché. 



138 

évéquede Bayeux, en expédia le visa le 29 décembre. La 
seigneurie appartient aujourd'hui à M. Pierre*François 
de Courcy, seigneur et patron de Magny-le-Freule, ancien 
capitaine de cavalerie au régiment de Bourgogne^ cheva- 
lier de Tordre militaire de Saint-Louis. 

Elle est à peu de distance du bourg de Mézidon, au 
. diocèse de Séez, et à . lieues de Falaise. 

May (Notre-Dame de). Scrgenteriede Bretteville, élec- 
tion de Caen, notariat de Qinchamps, 45 feux. 

L'abbé de Fontenay présente à la cure, et partage les 
dîmes avec le curé. Cette paroisse est bornée au midi par 
la petite rivière de Laise, et au couchant par celle de TOrne, 
sur laquelle domine une chaîne de coteaux fort élevés, 
d'où Ton découvre les perspectives les plus charmantes 
par la variété des objets qui s'offrent à la vue. C'est de là 
qu^on aperçoit en même temps les clochers de 5 abbayes: 
de Saint- Etienne et de Sainte-THnité de Caen, d^Ardenne, 
de Fontenay et de Barbery. Il y a à May, entre autres 
singularités de la nature, une fontaine d^eau vive qui, 
dans une sécheresse arrivée il y a quelques années, oti 
tous les puits des environs tarirent entièrement, fournit 
de Peau à tous les habitants, quoiqu'on en tirât plus de 
20 muids par jour. 

Outre le corps du village, il y a le hameau du Val- 
de-Laise, qui est à un qtiart de lieue de Péglise. Le che- 
min de Caen à Qinchamps passe au milieu. Il contient 

10 à 12 maisons, et est très voisin d^un autre hameau 
d« même nom, qui dépend de Clinchamps. 

On tire de May la plus grande partie du pavé pour les 
rues de Caen. Il y en a différentes carrières, notam- 
ment au couchant de Téglise, du côté de la rivière d'Orne. 

11 y en a une proche le hameau du Val-Kle^Laise, d'où 



139 

Ton tire du marbre, veiné de rouge foncé, et une autre 
sur le chemin de Fontenay, laquelle produit de la pierre 
à bâtir fon dure, et qui résiste aux plus fortes gelées. Cette 
pierre, en terme du pays, s'appelle du voisdry. 

Le grand chemin de Caen à Harcourt passe par cette 
paroisse à peu de distance de l'église. On y voit les restes 
du Chemin-Hausse, qui est certainement une chaussée 
faite du temps des Romains. Il est ferré et élevé d'environ 
3 pieds du niveau de la terre, sur une bonne partie de 
son terroir. Il part du Val-de-Laise, et se rend immé- 
diatement au haut de la roche de Laise en ligne très di- 
recte. 

La seigneurie de May a appanenu à la maison d^An- 
25eray. VHistoire d'Harcourt, p. 992, fait mention de 
Pierre Anzeray, écuyer, seigneur de May, en 1453; de 
Jean Anzeray, écuyer, seigneur de May, en 1456 et 57 ; 
et d'Alexandre, seigneur de May, en 1459, qui avait pour 
fils François, écuyer, seigneur des Hommets. 

M. Tournier, mort curé de May en 1758, a laissé une 
très belle carte historique du diocèse de Bayeux en manus- 
crit, qu'il avait composée. 

Cène paroisse est à 2 lieues de Caen et à upe demi- 
lieue de l'abbaye de Fontenay. 

M. de Calmesnil, seigneur de May. 

Moult (Sainte-Anne de). Scrgenterie au Verrier, élec- 
tion de Caen, notariat à d'Argences, 82 feux. 

Cette paroisse, sise sur la rivière de Manche, qui passe 
au milieu de son terroir, parait dans les titres sous le nom 
de Mool; on prononce Mou. Ce mot, dit M. Huet, semble 
venir de l'anglo-saxon Molde, d'oti s'est formé l'anglais 
moulde et molde qui signifie sable et poussière, à cause 
du terrain sablonneux de ce lieu. Il y a deux hameaux : 



140 

Iflgouville et les Bédouses; la moitié de celui-ci dépend 
d^Airan, paroisse voisine. Le grand chemin de Caen à 
Lisieux passe par Moult, où il y a un relais de poste à 
cheval, et sur le bord duquel est une butte élevée qu'on 
voit de fort loin. Messire François-Gabriel Daniel, sei- 
gneur et patron de Moult, chevalier de Tordre militaire 
de Saint-Louis, aide-major du régiment de la Générale 
des dragons, présente à la cure. Le curé est gros décima- 
teur. Cette paroisse, par son territoire, borne celles de 
Cantelou, d'Argences, de Vimont, Beneauvîlle, Valmeray 
et Airan. Elle prête son nom à une prébende qui fut 
fondée en i223 dans la collégiale de Saint-Sépulcre de 
Caen, par Guillaume de Moult. 

Elle est à 4 lieues de Caen, 2 lieues du bourg de Saint- 
Silvin, et à un quart de lieue du bourg d^Argences. 

Poirier ou Perier (Notre-Dame du). Sergenterie au 
Verrier, élection de Caen, notariat d^Argences, 14 feux, 
70 communiants. 

Elle a pour paroisses limitrophes : Frenouville, Bour- 
guéBus, Soliers et Cagny. L'abbé de Troam présente à la 
cure. Le curé décimateur. 

Elle est à cinq quarts de lieue de Caen. 

Poussy (Saint-Ouen et Sainte-Apolline de). Sergen- 
terie d^Argences, élection de Caen, notariat de Saint- 
Silvin, 43 feux, 120 communiants. 

L'abbé de Barbery présente à la cure. Les PP. Jésuites 
de Caen ont les deux tiers de Ja grosse dîme, le curé a 
Tautre tiers avec les verdages. Messire Pierre-Jacques de 
Bruiiville, écuyer, seigneur de Poussy, y possède le fief le 
plus considérable, qui est un quart de haubert. Le roi, 
qui se prétend seigneur et patron de cette paroisse, y a 



141 

aussi plusieurs vavassories considérables, et 35 acres de 
terre à labour dépendantes de la baronnie de Soliers. Il 
y a encore une vergée du fief de Gouvis, et un autre fief 
surnommé : de Crux. Uéglîse paraît d^une architecture 
fort ancienne. On voit dans la nef, au milieu de la cô- 
tière, vers le nord, et à la hauteur de lo pieds, une ins- 
cription gravée sur un morceau de carreau de la longueur 
d^un pied sur 2 pieds 4 pouces de largeur. Cette inscrip* 
tion, dont les lettres sont majuscules, paraît être du 
viu^ ou du ix« siècle ; il n'y a ni date ni nom de famille. 
Voici ce qu^elle contient : 

IN NOMINE PATRIS : ET FILII '. ET SPVS SCÎ aTT. O FRATRES 
SACERDOS : QVI ISTAS LITERAS LEGIS : FAC ORARE PRO ADSO : 
ET PRO VXORE SVA ALBERICA : QVI ISTV MONASTERIVM HABENT 
FACTVM : IN HONORE DO ET SCO VEDASTO : SCS VEDASTVS 
INTERCEDAT PRO EIS AD NVIf VT ANIM^ EORVM : HABEANT 
VrTAM ETERNAM : AM : ORATE FRATER : PATER NOSTER PRO 
EIS QVI IN ISTU MONASTERJV ADIVTORIVM DEDERVNT l ADCAR- 
DVS SARDOS ISTAS LITERAS FECrT '. ET RICARDUS KTV LOCV 
HBDIFICAVIT. 

Il faut observer que la pierre sur laquelle est gravée cette 
inscription étant renversée, on est obligé de la lire par le 
bas. Nous voyons par cette inscription qu^il y avait là, 
autrefois, un monastère sous Tinvocation de saint Yast. 

Elle est à une demi-lieue de Saint-Silvin. 

Quatre^Puits (Saint- Paterne de). Sergenterie deJu- 
mel, élection de Falaise, notariat de Coudé, i5 feux, 
60 habitants. 

Cette paroisse est appelée en latin Ecclesia de quatuor 
Puteis. Elle est en pleine campagne, et n'a qu'une très 
petite étendue ; encore son terroir est*il assez mauvais. 



142 

Son patron, Saint-Paterne, est appelé indifféremment : 
Saint-Pair, Saint-Poix et Sainte-Paix ; le premier est plus 
d*usage. Les religieux bénédictins de Tabbaye de Saint- 
Pierre-sur-Dives nomment à la cure (i). On trouve 
néanmoins que le seigneur de Quatre-Puits y a nommé 
aussi, tels que Jean de Quatre-Puits, écuyer, seigneur et 
patron de Quatre- Puits, et seigneur en partie de Cesny- 
aux-Vignes et du Perrinet, conseiller du roi, lieutenant 
civil et criminel de M. le bailli d^Alençon, en la vicomte 
de Saint-Silvin, les 8 juin 1600, et 5 janvier 1620, et 
noble homme Philippes de Quatre-Puits, écuyer, sei- 
gneur et patron de Quatre-Puits et de Valmeray, plu- 
sieurs années après. Il n*y a qu^un fief, qu^on dit relevant 
du roi, et dont le chef-lieu est dans le manoir presbytéral. 
Le curé est seul décimateur de sa paroisse. 

Elle est à 5 lieues des villes de Caen et de Falaise, et à 
une lieue du bourg de Mézidon. 

Quilly (Notre-Dame et Saint-Clair de) . Sergeriterie 
de Bretteville, élection de Caen, notariat de Cramesnil, 
So feux. 

Cette paroisse devait être constamment un lieu célèbre 
dans les temps du paganisme. La tradition porte qu^il y 
avait là un temple d^idoles renommé ; mais cette tradition, 
quoique perpétuée de siècle en siècle jusqu^à nos jours, 
eût été un faible argument pour en convaincre, si le fait 
n^avait pas été vérifié réellement en 1 748, lors de la 
nouvelle bâtisse de la nef de Téglise paroissiale ; car on 
trouva dans les anciens fondements quantité de mor- 
ceaux de sculpture en pierre, relatives à la religion 
payenne. Parmi les différentes figures brisées, il fut dé- 

(i) Secret, de ré?êché de Bayeuz. 



143 

couvert en entier, en bas-relief, un Baccbus couvert et 
couronné de feuillages, un Hercule appuyé sur une 
massue, et une Vénus toute nue, le tout sans aucun mal. 
Les matériaux étant cédés à Tentrepreneur, il eut Pim* 
prudence de casser ses figures, qui avec les autres pierres 
de toutes façons, mais mutilées, faisaient un composé de 
90 à loo pieds de carreau. Il paraît par là que Téglise 
avait été bâtie sur les ruines de ce temple, suivant l'an- 
cienne coutume des premiers chrétiens, d'élever au vrai 
Dieu des monuments de piété sur les ruines des temples 
qui avaient été consacrés au démon. 

Le territoire de Quilly renferme des carrières fameuses 
par la bonté et la beauté du carreau qu^on y tire. Il y en 
a 6 bancs de différentes espèces; on en peut tirer des 
colonnes de telle longueur qu^on veut, des pressoirs en 
pierre d^un genre particulier qu^on appelle rougelier, et 
des auges de la contenance de i ,000 pots et plus. 

Le bameau de Cailloué, pour la plus grande partie, est 
de la dépendance de Quilly, à une demi-lieue loin de 
Péglise. Il compose 3o feux au moins, le surplus est sur 
Fresney-le-Puceux. Il y a encore pour cette paroisse 
4 maisons détachées à Cinteaux et S autres enclavées 
parmi celles de Bretteville-sur-Laîze. L'abbé de Barbery 
nomme à la cure. Les dîmes en entier, même les novalles, 
appartiennent à son abbaye, à titre de privilèges à elle 
accordés, comme étant de Tordre de Citeaux. Elle les pos- 
sède par la donation qui lui fut faite de Péglise de Quilly 
aVec ses appanenances, en 1 181, par Robert le Marmion, 
seigneur de Fonteney, son fondateur (i). Comme Mathieu 
de Saint-Germain avait un droit sur cette église, le dona- 
teur lui céda 20 acres de terre par dédommagement, et 

(I) Now. Gall. christ., t. XI, p. 85. 



144 

pour d^autres prétentions mentionnées dans la chartre de 
fondation de Barbery. 

L^égllse de Quilly est u ne des plus anciennes du diocèse ; 
on y garde 2 chandeliers de fonte pesant 20 livres chacun, 
sur lesquels est écrit en lettres gothiques : c Robert Agnes 
a donné ces chandeliers à Téglise Notre-Dame de Quilly 
Pan cccGXxvni. > On assure qu^il y avait anciennement 
7acresdecimetièreattachésàcetteéglise, ce qui paraît fondé, 
en ce qubn trouve encore dans une grande pièce de terre 
à labour, qui butte sur le cimetière actuellement existant, 
beaucoup de cercueils de carreau. Le cimetière en est si 
rempli, qu'à peine on y peut avoir une place pour faire 
une fosse. On prétend qu^autrefois les mourants des lieux 
voisins requéraient d'être inhumés à Quilly à cause de 
l'ancienneté du lieu. Il y a un acte de près de 3oo ans, 
en forme de transaction, qui fait mention de 6 prêtres 
signant avec le curé, faisant fort pour les absents, 
pour une rente de quelques boisseaux dbrge, dont 
ils disaient les titres perdus. 

Cette paroisse dépend du bailliage de Falaise. La sei- 
gneurie appartient à Messire Jacques-Alexandre-Henri 
du Moncel de Lourailles, chevalier, seigneur de Quilly, 
etc., présidente mortier au Parlement de Normandie. Du 
nombre des anciens seigneurs de cette paroisse, je n^ai 
pu découvrir que ceux-ci : Philippe Bateste, chevalier, 
seigneur d'Hautbervilliers et d'Outrelaise, rendit aveu 
du fief de Quilly le samedi 1 8 janvier 1 392. 11 avait épousé 
Perrette de Briosne, sœur puînée de Jeanne, dame de 
Héritot ( I ). Il portait : d^azur à 2 faces d^argent. Henri V, 
roi d'Angleterre, confisqua les biens de feue Perrenelle 
de Briosne, dame de Quilly et d^Outrelaise, et ceux de 

(i) Hist, HarCf t. U, p. 2001. 



145 

Jeanne de Briosne, sa sœur, veuve de Guillaume Mur- 
drac. Depuis, il rétablit Philippe de Bateste et Jeanne 
de Briosne dans tous' leurs biens, par lettres données au 
château de Rouen, le 8 avril. Tan VIII de son règne 
(1420)^ se réservant la haute et souveraine justice, et les 
terres qui seraient près la ville de Falaise et celle de 
Caen, dont il prétendait faire tirer des pierres pour 
bâtir un palais en la ville de Rouen. Bertrand Bateste, 
seigneur de Quilly, élection de Bretteville, sergenterie 
de Falaise, fit preuve d'ancienne noblesse en 1463. 
Christine Bateste, dame de Quilly, épousa Guillaume 
Girard, père de Jeanne Girard qui, par mariage, en 
i52o, apporta la seigneurie de Quilly à François de 
Sainte-Marie, seigneur du Mesnil-Gondouin et de Sainte- 
Honorine. Il était fils de Philippe, seigneur de Bernières, 
à Sainte-Marie-Laumont, et de Perrette de Taillebois. 11 
fit, suivant un titre du 2 octobre i522, service de ban et 
arrière-ban, ayant pour aide M* Léonor Gasse. De cette 
alliance naquit Henri de Sainte-Marie, seigneur de 
Quilly, qui s^allia à Jeanne Le Bacheler, fille de Jean, 
écuyer, seigneur de Saon, et d'Olive d'Escajeul de La 
Ramée. Georges Salet, seigneur de Quilly, ancien et 
fameux avocat fut reçu procureur général au Parlement 
de Rouen le 17 novembre i632 (i). Le roi le chargea de 
payer 5o,ooo livres à la veuve et enfants de François de 
Bretignières, qui avait été son prédécesseur dans cette 
charge. Il eut deux fils : Georges Salet, mort en 1641, 
abbé commendataire d^Ardenne, et Alexandre Salet, 
conseiller clerc et archidiacre du Vexin normand à 
Rouen (2). Ce conseiller, décédé en 1681, était seigneur 

(i) Hist. de Rouen, V II, p. aSg. 
(2) Hist. de Rouen, t. II, p. 2o5. 

10 



146 

de Quiily, Cynteaoïx, Jacobmesnil, Cauvicourt, Locart 
et la Hérourdière. 

La paroisse de Quiily est à un quart de lieue du bourg 
de Bretteville-sur-Laise et à 3 lieues de Caen. 

René'Mesnil (Saint- Pierre de). Sergenterie de Saint- 
Silvin, élection de Caen, notariat de Saint-Silvin, 6 feux. 

Cette paroisse, située sur la rivière de Manche, a pour 
bornes au midi Bretteville-Ie-Rabet, et au nord Saint- 
Silvin. Elle est de l'exemption de Pabbayede Troarn. 
Son abbé présente de plein droit à la cure. La bulle du 
pape Innocent IV (sic), de Tannée 12 10, pour cette 
abbaye, déclare que les chapelles de Renémesnil [capellas 
de Rainovii manillo] ne sont point sujettes à la juridic- 
tion épiscopale (i). 

Elle est à . lieues de Caen et « lieues de Troarn. 

Saint'Martin-^UrBois, ecclesia Sancti-Martini-de- 
Bosco. Sergenterie des Bruns, élection de Falaise, nota- 
riat de Condé, 35 feux et 100 habitants. 

Elle est située à Torient par rapport à Saint-Silvin, au 
midi de la paroisse de Poussy, et au nord de celle de 
Fierville-la-Campagne. L'abbé de Saint-Ouen de Rouen 
est seul seigneur de cette paroisse, dont il prend la qualité 
de baron. La plus grande partie du territoire, qui est 
d'une assez petite étendue, lui paye par an 5 livres de 
rente seigneuriale par acre de terre. Il présente à la cure, 
et perçoit les grosses et menues dîmes. L'église est remar- 
quable par sa grande pauvreté, étant presque dénuée de 
tout, et n'ayant pas un sol de trésor. Ce qu'il y a de mai- 
sons ne forme qu'une seule rue qui paraît commencer 

(i) Neust. pia,p. 563. 



147 

dans Saint-Sylvin même, et vient se terminer contre 
l'église située à l'extrémité, en sorte qu'il n'y a ni hameaux 
ni maisons écartées. 

Elle est à 3 lieues et demie de Caen, et à 4 lieues de 
Falaise. 

Saint-Silvin. Chef-lieu de sergenterie, élection de 
Caen, 126 feux, lieu de notariat. 

Il y a un bourg qui avait un marché et un bailliage 
particulier, et une vicomte relevant du duché d' Alençon . 
Mais le marché a été supprimé depuis quelques années, 
et la juridiction réunie au bailliage de Caen. Cette juri- 
diction avait des extensions jusqu'au faubourg de Vau- 
celles de Caen, de Vaucelles au-delà de Bayeux, et sous 
la porte de Saint-André de Bayeux môme, avec droit de 
sceau et de tabellioanage. 

V Histoire de la maison d'Harcourt [ i ) fait mention 
de Jean Anzeray, vicomte de Saint-Silvin et du Thuit en 
1453 et autres suivantes. Un mémoire particulier parle 
de noble homme Maître Michel de Surirey, vicomte de 
Saint-Silvin en i563. Sa sergenterie ne contient que 
3 paroisses seulement. Son territoire est arrosé par la 
petite rivière de Manche, qui y prend sa source dans 
un lieu nommé le Becquet, à 200 toises loin de l'église, 
et cette rivière sert de limites à Saint-Silvin et à Saint- 
Martin-des-Bois. L'abbesse d'Almenèches est dame dn 
bourg ; l'abbé de Troarn présente à la cure. La seigneurie 
a appartenu à la maison de Montgommery, comte d'Alen- 
çon et de Bellesme. Il est fait mention, dans un registre 
de l'évêché, 27 janvier 1469, d^une chapelle hospitalière 
ou léproserie sous le nom de Notre-Dame-de-la-Prelle, 

(i)T. I,p. 993. 



143 

sise en la paroisse de Saint-Silvin, à laquelle Jean de 
Sarcilly, seigneur du fief et terre de Pantou avait droit. 

Les Calvinistes y ont eu un prêche, qui fut conservé 
par arrêt du conseil, donné à Saint-Germain-Ten-Laye 
le II décembre iSyg. Le savant Etienne Morin fut fait 
ministre de ce prêche, et de celui de Saint-Pierre-sur- 
Dive, es années 1679- 1652. Il y épousa Hélène le 
Paulmier, nièce de Jacques le Paulmîer de Grentemes- 
nil, et en 1664, il en fut tiré pour exercer le ministère 
à Caen. Il mourut à Amsterdam le 5 mai 1700, âgé 
de 75 ans. En 1643, les Calvinistes entreprirent d'avoir 
des écoles au bourg de Saint-Silvin. La chambre de 
Pédit de Rouen, sur la plainte de Fabbesse d'Almenè- 
ches, leur en interdit l'exercice par arrêt du 20 juillet 
1645 (i). Le conseil, par arrêt du 19 janvier de Tannée 
suivante, le leur permit sur une requête. Il donna un 
autre arrêt le 1 2 mars suivant, par lequel les agents du 
clergé furent reçus opposants, que les parties seraient 
assignées, et que cependant Tarrêt contradictoire de la 
Chambre de PÉdit de Rouen serait exécuté; autre arrêt 
du Conseil du 10 décembre 1648; autre du 20 juillet 
1660 de la Chambre de PÉdit deRouen, qui ne firent que 
prolonger les contestations sans les terminer. Enfin, 
elles prirent fin à PÉdit de Nantes qui abolit entièrement 
ces exercices. 

Le roi Charles VII, après la prise de Caen, en 1450, 
partit de cette ville le 8 de juillet et alla coucher à Saint- . 
Silvin (2),d'oîi il s'en alla le lendemain à Fala^e^ que 
ses généraux assiégeaient. 

(i) Factum pour M. Tévêque de Bayeux et le syndic du clergé, 
(a) Chron, de Normandie, p, 2o5. 



149 

Pendant le roi partit de Caen 
Pour venir auprès de Falaise 
A Saint-Sylvin près Argentan 
En ung lieu où il fut très aise (i). 

Le bourg de Saînt-Silvin esta 3 lieues et demi S.-S.-E. 
de Caen et 4 lieues (jT.-N.-O. de Falaise. 

Secqueville-la-Campagne (Saint-Gerbold de). Sergen- 
genterie du Verrier, élection de Caen, notariat de Cra- 
mesnil, 3o feux. 

Le corps de cette paroisse consiste dans une seule rue 
sans hameau. Il n^y a qu^un seul puits pour tous les 
habitants, et une mare beaucoup plus élevée que le vil- 
lage, appelée la mare de Magne. C'est un réceptacle de 
pluies et de neiges fondues qui donne de belle eau en 
hiver, et qui sèche en été. MM. de Gavrus, de Louvigny, 
de Benouville, de Fribois et de Jurques ont quelques 
droits seigneuriaux à cette mare.On n'y trouve aucune bête 
venimeuse, ce qui prouve un mauvais terrain^ à cause 
de son aridité. Les Jacobins de Caen viennent de rentrer 
en possession de 1 2 acres de terre qu'ils donnaient 
à 20 livres Pacre. Qu'on juge de là de ce que vaut 
le maigre terrain de Secqueville. La présentation de la 
cure est attachée à la seigneurie, qui appartenait, en 
iSgi, à Charles Le Bigot, écuyer, et en 161 2, à Georges 
de La Fresnaye, seigneur et patron de Saint-Aignan-de- 
Cramesnil et de Rocancourt, dont les armes paraissent 
encore à Tarcade de la tour. Ses descendants ont vendu 
la seigneurie et le patronage. M. Hellouin de Cam- 
plaine, colonel de la bourgeoisie de Caen, en est seigneur 
aujourd'hui. Le curé est seul décimateur. Cette paroisse 

(I) Vigil. de Charles VU, p. 84. 



I50 

relevait de la juridiaion de Saint-Silvin, avant sa réunion 
au bailliage de Caen. 

Elle est à 2 lieues de Caen et à 2 lieues des bourgs 
de Troarn et d'Argences. 

Soliers (Saînt-Vigor de). Sergenterie d'Argences, élec- 
tion de Caen, notariat d'Argences, 5o feux, 200 com- 
muniants. 

Cette paroisse a titre de baronie. Le chapitre de la Col- 
légiale de Caen présente à la cure. Il en perçoit lès 
grosses dîmes, excepté un très petit tiers qui appartient 
au curé, d'autant que le doyen de cette collégiale, par 
droit de préciput, en emporte la meilleure partie. La 
plaine de Nerval, qui compose environ 40 acresde terre en 
bruyères, et Pécart ou hameau du Four, sont de cette pa- 
roisse. Cet écart n'a que 2 maisons avec une chapelle sous 
le vocable de Saint-Julien^ à la nomination du chapitre 
du Sépulcre de Caen. Le titulaire y doit 1 2 messes par an., 
La baronie de Soliers est du domaine du roi, à qui elle est 
avenue par forfaiture. Bien des gens prétendent qu^elle a 
été confisquée sur un seigneur normand nommé La Co- 
lombe. Les vestiges du château de La Colombe subsistent 
encore. Le roi a dans la paroisse de Poussy, limitrophe 
deSoliers, plusieurs fiefs qui font partie de cette baronie. 
Elle fut engagée comme un bien domanial au sieur Jean 
Plantier par adjudication faite par les commissaires de 
Sa Majesté, le 19 septembre 171 1. Elle a passé]depuis à 
M. Turgot, et après, à M»« la comtesse de Chabannes, à 
qui elle appartient aujourd'hui. Suivant la bulle d'Inno- 
cent III, de Tan 12 10, Roger, fils de Robert Thioud, 
donna à THôtel-Dieu dé Caen quelque bien qu'il avait 
dans la paroisse de Soliers ( i). 

Elle est à 2 lieues de cette ville. 
<i) Hist. Harc., t. I. p. 314, 



151 

Tilly-la-Campagne (Saint-Denis de) • Sergenterie 
d^Argences, élection de Caen, notariat de Cramesnil^ 
i8 feux. 

Cette paroisse est. située sur la grande route d^ Caen à 
Falaise. Le roi en est seigneur, et présente à la cure. Ses 
fiefs sont détenus par M. de La Mare Julien, de Caen. 
Les religieuses de Villers-Canivet perçoivent les deux 
tiers des grosses dîmes, et le curé a Tautre tiers avec les 
verdages. 

Elle est à 2 lieues de Caen, et à 2 lieues du bourg d^Ar-* 
gences. 

Valmeray (Saint-Brice de). Sergenterie d'Argences, 
élection de Caen, notariat d^Argences, 10 feux. 

Cette paroisse est sur la rivière de Manche qui la par- 
tage de celle d'Airan. Elle est petite. Une partie est à mi- 
côte et l'autre en pays plat. Son territoire en est très mau- 
vais, pierreux et sableux. Le curé, à la nomination de 
Tabbé de Fontenay, perçoit toute la dîme. Cet abbé en 
est regardé comme le seigneur, quoique le commandeur 
de Voismer y ait quelques rentes. Elle est appelée Eccle^ 
sia de Vaumeray, dans tous les anciens titres et le vieux 
pouillé de Tévêché. C'était là, selon la Chronique de Nor- 
mandiey que le roi de France et le duc Guillaume enten- 
dirent la messe avant la bataille du Val-des-Dunes, qu'ils 
remportèrent en 1046, sur Néel vicomte de Cotentin, 
Regnauld du Bessin et leurs associés. De là, après avoir 
bu un. coup, dit-elle, ils se mirent en chemin pour aller 
à la rencontre de Tennemi (t ). 

Elle est à trois quarts de lieues du bourg d'Argences et 
à 4 lieues de Caen. 

/ (1) Chron, de Norm., p. jS. 



IS2 



EXEMPTION DE CAMBREMER 



On appelle exemption de Cambremer (de Caméra 
Osmarii] un district de 9 paroisses situées dans le diocèse 
de Lisieux, lesquelles, pour le spirituel, dépendent de 
Mgr Pévéque de Bayeux. Cette exemption est surnom- 
mée : de Cambremer, par rapporta la paroisse de ce nom, 
qui est la principale du canton. C'est un chef-lieu de 
sergenterie qui dépend de Télectîon du Pont-l'Évéque, 
sous la généralité de Rouen. De 19 paroisses qui compo- 
sent la sergenterie, 9 sont reconnues pour être du diocèse 
de Bayeux, savoir : Cambremer, "Saint-Vigor de Crève- 
cœur, Saint-Pair-du-Mont, Saint-Laurent-du-Mont, 
Montreuil, Grandouet, Saint-Ouen-le-Paingt, Man- 
herbe et Prédauge, avec l'abbaye du Val-Richer, de Tor- 
dre de Citeaux. Or, comme cette exemption est voisine 
de Parchidîaconné d'Hyesmes, il m'a paru que c'est ici le 
lieu de donner le détail des paroisses qui la composent. 
Mais il faut observer auparavant que le chanoine de 
Cambremer, fondé en Téglise cathédrale de Bayeux, 
jouit depuis un temps immémorial de la juridiction 
archidiaconale, des droits de visite, et de la troisième par- 
tie des déports dans toute Texemption. Son fief seigneu- 
rial est assis dans la paroisse de Cambremer, et il a une 
extension dans celle de Vaubadon, vicomte de Bayeux, 
auquel lieu est le fief de Quiry, mouvant et relevant par 
foi et hommage de celui de Cambremer. 



Cambremer (Saint-Denis de). Bourg, 5 feux privilé- 
giés, 160 feux taillables, 700 habitants. 



153 

Il y a un marché qui, au lieu du samedi, tient à pré- 
sent le dimanche. Mgr Tévêque de Bayeux est seigneur 
et baron de Cambreiçer. Dans Taveu que TévêqueZanon 
Castiglione rendit au roi, le 4 avril 1453, du temporel de 
son évéché, il déclare que les fiefs relevant de sa baronie 
de Cambremer sont : la terre et seigneurie de Crèvecœur, 
le fief de Manherbe, le fief de Saînt-Laurent-du-Mont,-et 
le fief de Montreuil. Le chanoine de Cambremer présente 
de plein droit à la cure, et perçoit les grossjBs et menues 
dîmes. Le fief du Baye, ancien château dont M. de Man- 
herbe est seigneur suzerain, le fief de Fresnay, le fief de 
Catillon, le fief de Trouarn, le village d'Englesqueville, 
et les Ormes-de-Candepie sont de la dépendance et du 
territoire de Cambremer. Il y a aussi le prieuré simple 
de Saint-Antonin-de-Montargis, à la nomination des 
moines de Tiron, situé dans une ferme à eux apparte- 
nant. De plusieurs chapelles fondées dans cette paroisse, 
et qui ne subsistent plus, on distiguait celle de Saint- 
Jean-Baptiste, dans l'église paroissiale^ à laquelle nomma, 
au mois de février 1629, Guillaume Le Bienvenu, écuyer, 
sieur de Saint-Laurent, comme propriétaire de la terre et 
franche vavassorie de Cambremer, et celle de Saint- 
Jacques-du-Candepie, dont Alexandre Sales, conseiller 
clerc au Parlement de Rouen, fut pourvu le i«'mai 1664. 

Le bourg de Cambremer est & 7 lieues de Caen, 3 de 
Lisieux et 4 du Pont-rÉvêque. 

Crève^Cœur (Crepicordium). Bourg, 2 feux privilé- 
giés, 5o feux taillables, çt 1 5o communiants. 

Il est situé partie sur la paroisse de Saint-Vigor, au 
diocèse de Bayeux, partie sur la paroisse de Saint-Loup- 
de-Fribois, au diocèse de Lisieux. Le marché y tient 
tous les mercredis ; il est très renommé par la bonne 



154 

volaille qu^on y apporte ea quantité. Cest une ancienne 
châtellenie, qui appartient à M. Charles-François de 
Montmorency, duc de Luxembourg. Il nomme à la cure 
de Saint- Vigor, et à la chapelle du titre de Saint- Yigor, 
fondée anciennement dans Téglise paroissiale, par Jean* 
Baptiste Le Gentil. Il n'a droit de nommer à cette cha- 
pelle que dans les a mois du jour de la vacance, et sUl 
laisse écouler ce temps, c^est à M. de Clinchamp à y nom- 
mer. Il y a dans le bourg, sur Texemption de Bayeux, 
une autre chapelle sous Tinvocation de la Visitation de la 
Sainte-Vierge, qui appartient à la famille de MM. Man- 
chon. Le curé de Saint- Vigor de Crèvecœur, est gros 
dédmateur de sa paroisse. Elle contient 3 principaux 
villages : la Vignerie, la Bouquetière et la Duponterie, et 
un ancien château pour M. le doc de Luxembourg. Ce 
fut dans ce château que mourut, en iSgi, Claude de 
Saintes, évéque d^Évreux, qui y était détenu depuis 2 ans 
pour crime de lèse-majesté (i). Il avait été condamné à 
mort pour avoir justifié, par un écrit de sa main, Tassas- 
sinat du roi Henri III ; mais Henri IV, à la prière du 
vieux cardinal de Bourbon, commua son supplice en une 
prison perpétuelle, et le fit enfermer pour le reste de ses 
jours dans le château de Crèvecœur. 

Noble dame Jeanne de Thibouville, dame de Thibou- 
ville, veuve de messire J^an de Tilly, chevalier, seigneur 
de Boissey-le-Châtel tenait, en 1453, de la baronie de 
Cambremer, en foi et hommage noblement et franche- 
ment par deux fiefs de chevalier entiers, le fief, terre et sei- 
gneurie de Crèvecœur-en-Auge, que tenaient d'elle alors 
en parage au premier degré, messire Jacques Painel, che- 
valier, et dame Perronnelle de Thibouville sa femme, 

(I) Hist, cip. et ecclés. du diocèse d'Évreux, p. 36i-362. 



15) 

sœur de la dite Jeanne (i). Outre les revenus, dignités, 
patronages, libertés et prérogatives attachées à ce fief, il 
est déclaré qu^en étaient tenus : i» le fief entier delà Ven- 
durequi fut à feu M. Jean de Villiers, chevalier, et. de 
présent à Jean de Colombières^ écuyer, son héritier; 
2^ le fief noble entier de Coucbu appartenant aux héri- 
tiers de feu Girard d^Esquay et de demoiselle Marie de 
Breucourt sa femme; 3° le tennement de Feumechon 
IX« de fief assis à Saint-Pair-du-Mont et à Saint-Aubin, 
qui fut à messire Jean de Preulay, chevalier, et de pré- 
sent à Jean Travers, écuyer ; 4^ le quart de fief Lorice, dit 
de Castillon, assis à Cambremer, appartenant «ux hoirs 
de feu Raoul de Beuzeville ; 5° certains tenements nobles 
à court et usage, possédés par Henri Malnoury, écuyer, 
et à demoiselle Alix Guérin, sa femme, A Cambremer, 
Saint- Laurent et Saint-Paîx-du-Mont, et qui furent don- 
nés à leurs prédécesseurs en don de mariage pour 5o li- 
vres de rente ; 6*^ le quart du fief du Pont assis au dit lieu, 
par les hoirs de Jean du Pont, écuyer ; 70 le fief de Bique- 
tot, sixième de fief, assis au dit lieu, par Thiboult du 
Bois, écuyer. Le seigneur châtelain de Crèvecœur doit à 
révéque de Bayeux, pour sa décharge, le service de 
3 chevaliers en l'ost du prince de Normandie quand il est 
mandé. 

Ce bourg est à 7 lieues de Caen, et à 4 lieues de 
Lisieux. 

Grandoùet (Saint-Martin de). 3 feux privilégiés, 
3o taillables, 120 communiants. 

L'abbaye du Val-Richer perçoit les dîmes et nomme à 
la cure. M. de Grieu de Caen est seigneur temporel. 

(i) Av. de M. révéque de Bayeux, rendu au roi le 4 av. 1453. 



Cest le lieu natal de Simon de la Vigne, bachelier en 
théologie, curé de Saint-Pierre de Caen, recommandable 
par sa rare piété, et par la conversion d^un grand nombre 
d^hérétiques, qu^il gagna à Téglise. Il mourut le 2 juin 
1684, âgé de 64 ans. Son éloge a été imprimé à Caen. 
Elle est à 7 lieues de Caen et 3 lieues de Lisieux. 

Manherbe (Saint-Jean-Baptiste de). 9 feux privilégiés, 
1 10 taillables. 

Mgr révoque de Bayeux présentait autrefois à la cure 
ou vicairie de ce lieu. Le droit, selon Phistoirien de 
Bayeux, fut confirmé par arrêt de TÉchiquier, en 1296, 
à iSierre de Benais, successeur de Tévéque Odon qui 
l'avait acquis. Il lui était contesté par Adam Le Servain, 
seigneur tempoAl de Manherbe. Les successeurs de ce 
seigneur en sont rentrés depuis en possession. Voici com- 
ment ils nomment à la cure : A chaque vacance, le sei- 
gneur de Manherbe présente trois sujets originaires du 
diocèse de Bayeux; Pévêque en choisit un pour remplir 
le bénéfice. Cette paroisse avait autrefois plusieurs titres 
de bénéfices, qu'on trouve ainsi spécifiés, avec leurs pré- 
sentateurs, dans le vieux pouillé de Tévéché .' Personatus 
de Manerbia : Episcopus Bajocensis ecclesia de Maner- 
bia vel vicaria, — Idem, ecclesia seu capella sancti Sal- 
vatoris, dominus^gidius deVenoixveldominus G.Ser- 
vain, etsolebatesse curata. — Capella deDumo in par o- 
chia de Manerbia: dominus Guill"^ Servain, sicutdici^ 
tur quod XXX* anni sunt elapsi, episcopus Bajocensis 
contulit pleno : dicitur etiam quod solebat esse curata, 
et quod habebat quatuor parochianos. Le personnat de 
Manherbe n'existe plus. Le titre et le revenu ont été réu- 
nis aux lazaristes, qui, à ce droit, perçoivent la grosse 
dîme de la paroisse. Les chapelles de Saint-Sauveur et de 



•157 

Notre-Dame-du-Bisson, subsistent encore. Elles avaient 
anciennement chacune un territoire et des paroissiens. 
Cest le seigneur de Manherbe qui y présente. On pré- 
tend qu^41 y en avait encore une, du titre de Saint -Eus- 
tache^ à sa nomination, mais dont il n'existait plus depuis 
longtemps aucun revenu^ supposé qu'il y en eut eu (i). 
Ce fut pour le recouvrer que Jacques- Pierre de Borel, 
chevalier, seigneur, baron et châtelain de l'honneur de 
Manherbe, grand maître des eaux et forêts du duché de 
Longueville^Tancarville, Gournay et Etrépagny, nomma 
le 8 avril 1682, à cette chapelle, vacante, dit-il, depuis un 
très long temps, en sorte qu^on n^ voit ni marques ni 
vestiges, mais seulement existante par ouï dire, et par 
lettres qui en font foi. Il ne paraît pas que cette nomina- 
tion ait eu d^effet. Il y a dans cette paroisse une terre sei- 
gneuriale appelée Argentelles, éloignée d^une demi-lieue 
au moins de Péglise. Le motif de Téloignement, joint à 
la difficulté du chemin, qui est très mauvais en tous 
temps, porta Mgr de Luynes, évâque de Bayeux, à per- 
mettre à M. le Prévost, écuyer, seigneur et patron de 
Cremanville, son possesseur, par lettres du mois de juil- 
let 1753, dMtablir une chapelle domestique dans sa 
maison. M. Hébert est seigneur de Manherbe, seigneur 
suzerain du Baye, ancien château de Cambremer, et sei- 
gneur en partie du Prédauge. Les héritiers de feu mes- 
sire Girard Servain, chevalier, tenaient noblement par 
hommage de la baronie de Cambremer, en 1453, la 
noble tenure nommée Phonneur de Manherbe, dont le 
chef est assis dans la paroisse de ce nom, et dont le 
tenant est obligé de faire 40 jours de service au châtel de 
Neuilly, appartenant à Tévéque de Bayeux, quand il en 

(i) Reg. du secret, de Tévéché. 



158 

est sommé en tempp de guerre (i). On ne trouve pas 
qu^il soit tenu de faire le service d^un chevalier en Post du 
prince quand il est mandé. De Thonneur de Manherbe 
sont : lo en paroisse du Prédauge^ le fief entier de PÉpée, 
qui fut à feu Guillaume d'Asnières et Jean-Louis ; 2^ au 
même lieu du Prédauge, le Mont-Roty, quart de fief qui 
fut à défunt Olivier de Semilly ; 3» en paroisse d^Ostier, 
le fief entier de la Planque qui fut à messire de la Plan* 
que, chevalier ; 49 à Cambremer, le Bays ou Sert, quart 
de fief; 5^ à Maigny» vicomte d^Auge, le fief entier de la 
Breae^ qui fiit à Guillaume Louvet ; 6^ à Grandouet, 
I quart de fief qui fut à Jean Servain. 

Cette naroisse est à une lieue de Lisieux, et à 2 lieues du 
Pont-révéque. 

Montreuil (Notre-Dame-d^ Annonciation). 2 feux pri- 
vilégiés'» 36 taillables, 1 3o communiants. 

Cette paroisse est arrosée par une petite rivière qui vient 
du Prédauge, et contient quelques bois qui portent son 
nom. Les abbé, prieur et religieux du Val-Richer sont 
gros décimateurs, et présentateurs de la cure. La fête 
patronale, qui était ci^devant la Nativité de la Sainte- 
Vierge fut, sur la requête du curé et des paroissiens, en 
date du 4 avril 1666, commuée en celle dePAnnoncia- 
tionparfeu M. de Nesmond, d^heureuse mémoire (2). 
La seigneurie de Montreuil, fief entier de chevalier, avec 
extension à Cambremer, Saint-Ouen-le-Paing et ailleurs, 
relève noblement par foi et hommage de la baronie de 
Cambremer. Elle était tenue, en 1453, par les hoirs ou 
ayant cause de Jean de Montreuil, écuyer. Antoine* Au- 



(1) Aveu de Tév. Zanon Castigl., du 4 av. 1453. 
(a) Regist. du secret, de l'évéché. 



159 

gustin de Matharel, seigneur et patron de Cesny et de 
Montreuîl, gouverneur pour le roi, des villes et châteaux 
d'Honfleur, Pont l'Évêque, et Pays d'Auge, mourur le 
12 mars 1722. Marie-Joseph de Matharel, sou fils, né en 
1720, seigneur et gouverneur des mêmes lieux, épousa, 
le 25 mai 1752, Adélaïde-Félicité de Fiennes, sœur de la 
comtesse de Maulévrier. 

Elle est à 8 lieues de Caen, 4 lieues du Pont-l'Évéque, 
et 3 lieues de Lisieux. 

Pr^ifau^e (Saint-Ouen du). 3 feux privilégiés, lootail- 
lables, 5oo communiants. 

Le curé, qui est gros décimateur de sa paroisse, reçoit 
la nomination de Tabbaye du Val-Richer. MM. Hébert 
sont seigneurs et patrons honoraires. Il y a dans le village 
de Rome une chapelle surnommée de PÉpée, dépendante 
de Tabbaye du Val-Richer. Le célèbre M. Georges, 
depuis abbé régulier de cette abbaye, a été curé de cette 
paroisse pendant plusieurs années. Ce fut là qu'il institua 
les conférences ecclésiastiques, qui se sont tant muhipliées, 
et sur qui les autres diocèses ont établi les leurs. Il mou- 
rut en 1693. 

Elle est à une lieue de Lisieux et à 9 lieues de Caen. 

Saint'Laurent-du-Mont. 3 feux privilégiés, 35 tail- 
labiés, 1 3o communiants. 

Les P. P. Jésuites de Caen, au droit du prieur com- 
mendataire de Sainte- Barbe-en-Auge, présentent *à la 
cure, et perçoivent les grosses dîmes. Cette paroisse est 
divisée en 2 fiefs, et renferme le bois du Haut-Parc, dont 
une partie est sur Saint- Vigor-de-Crèvecœur. Il y a une 
'hauteur considérable nommée la butte de Saint-Laurent. 
Dans Taveu de Zanon Castiglione, évéque de Bayeux, de 



i6o 

Tannée 1453, il est dit : « Les hoirs de feu Robert de 
Fontaines, écuyer, tiennens noblement de la baronie de 
Gimbremer, par foi et hommage, un demi-fief de baut- 
ber assis à Saint-Laurent-du-Mont, vicomte d'Auge, du- 
quel est tenu un quart de fief qui fut à Jean Gasie (?) à 
cause de demoiselle Michelle de May, sa femme, et un 
huitième de fief qui fut à Denis Guérin. Le seigneur 
de Saint-Laurent doit 20 jours de service au château de; 
Neuilly, en temps de guerre. » 
Elle est à 7 lieues de Caen et à 3 lieues de Lisieux. 

SainUOuen-le-Paingt. i feu privilégié, 44 taillables, 
200 communiants. 

L'abbaye du Val-Richer, dont nous allons parler, est 
située sur cette paroisse. Les abbés et religieux en sont 
seigneurs, et patrons présentateurs de la cure. Ils en per- 
çoivent les dîmes. Il y a dès bois vulgairement appelés 
les bois de Bayeux, parce qu'ils appartiennent à 
M. révêque de Bayeux. 

Elle est à 8 lieues de Caen, 2 lieues de Lisieux, et à 
2 lieues de Saint-Pierre-sur-Dive. 

L'abbaye^de-Notre-Dame^du- Val-Richer [de Valle 
Richerii), fille de Qairvaux, est de Tordre de Citeaux. 
Elle avait été fondée d'abord entre Vire et Thorigny, 
dans un lieu appelé les Vaux-de-Souleuvre, par les soins 
de saint Bernard, abbé de Qairvaux, qui en avait reçu 
la session par les mains du bienheureux Nivard^ son 
frère; mais Philippe d'Harcourt, évêque de Bayeux, 
voyant que ce lieu était ingrat et stérile, et aidé de Simon 
de Bosville, la transféra, ou plutôt la fonda de nouveau 
dans l'exemption de Cambremer, dans le lieu où elle esta 
présent, qui appartenait à Téglise de Bayeux. Il donna ce 



i6i 

lieu aux religieux, de Citeaux de la même façon qu^il avait 
été fait, à Adam, abbé de Mortemer, qui n^avait pu se 
résoudre à y laisser aller de ses religieux (i). L^abbé de 
Citeaux remit en même temps les Vaux-de-Souleuvre et 
les dîmes à Pévéque de Bayeux, par une espèce d^échange 
qui fut approuvé en 1 1 5o, par Hugues archevêque de 
Rouen. Cette abbaye ne fut point occupée par des reli- 
gieux avant Tannée 1167. LVvêque Robert des Ablèges 
consacra leur église le 21 avril 1210. Robert de Bru- 
court, évêque de Lisieux, y fit de grands biens, et lui 
donna, en i365, sa terre de Rumesnil. L^abbayedu Val- 
Richer est très bien bâtie. Jean-Baptiste de La Place, son 
abbé commendataire, gagné par les instructions et les 
exemples de piété du célèbre M. Georges^ depuis son suc- 
cesseur^ y mit des religieux réformés de Citeaux, et s*en- 
gagea lui-même à prendre Thabit en 1645. M. Georges 
prit aussi le même parti, à Tâge de 40 ans, et fut pourvu 
de Pabbaye en règle, après la mort de Tabbé de La Place. 
Au retour d^un voyage qu^il était allé faire à Rome, avec 
Tabbé de la Trappe, pour solliciter la réforme générale 
de Tordre de Citeaux, il établit cette réforme dans le Val- 
Richer, mais plus par ses actions que par ses paroles. II 
se réduisit à ne point manger de poisson, et à se priver 
entièrement de Tusage du vin. La plupart des religieux 
voulurent imiter son genre de vie; mais les maladies et 
même la mort de quelques-uns le portèrent à modérer 
cette trop grande austérité. Il mourut en odeur de sainteté, 
en 1693, âgé de 80 ans. 

L^abbaye du Val-Richer est taxée à 100 florins, à la 
Chambre apostolique, pour ses annates. 

L'abbé du Val-Richer présente aux cures de Gran- 

[i)N€HSt. Via, p. 773-774- 

II 



I62 

douetf les Pins, Saiat-Ouen-le-Paiogti Montreuil, Pré- 
dauge. 

Saint-Pair-du^Mont, ou Saint*Paterne. 2 feux privi- 
légiés, 5S taillables, 1 5o communiants. 

M. le duc de Luxembourg présente à la cure et le curé 
perçoit toutes les dîmes. Elle est à 7 lieues de Caen et à 
4 lieues de Lisieux. 



L'ARCHIDIACONÉ DE CAEN 



CONTENANT 



LES DOYENNÉS DE LA CHRÉTIENTÉ, 
DE CAEN, DE DOUVRE, DE MALTOT ET DE CREULLY 



ARCHIDIACONÉ DE CAEN 



C'est le second archidiaconé du diocèse de Bayeuz. Il 
a pris son nom de la ville de Caen qui est dans son 
endave. 

Il comprend 4 doyennés et io8 paroisses. 



DOYENNÉ DE LA CHRÉTIENTÉ DE CAEN 



Caen, ville capitale de Basse-Normandie, est comptée 
parmi les principales de France. Située dans un vallon, 
entre deux grandes prairies, et au confluent de POdon, et 
de rOrne qui porte bateau jusqu'à la mer, elle entretient 
le commerce avec les autres parties du royaume et les 
pays étrangers. Remplie de belles églises et de magnifiques , 
édifices, elle présente le coup d'œil le plus charmant et le 
plus agréable ; enfin, décorée d'une Université célèbre, 
elle fournit un asile assuré pour les sciences, et quantité 
de beaux esprits pour les cultiver. Dans tous les temps, 
nos rois lui ont donné des preuves non équivoques de 
leur affection par les privilèges et les prérogatives qu'ils 
ont accordé à ses habitants. 



i66 

Elle est au 49* degré 1 1 minutes de latitude, à 3 lieues 
de la mer, 26 de Rouen, 5 1 de Paris. Il y a 34 églises, 
savoir : 12 paroisses, et 22 communautés. Entre ces defw 
nières, les plus remarquables sont : TAbbaye-auz-Hommes 
et TAbbaye-aux-Dames, de Tordre de Saint-Benoit. Elle 
est le siège d^une Généralité, d^un Présidial et d'un 
Grand Bailliage auquel on a uni la vicomte. Elle a 
des juridictions d^officialité, d^eaux et forêts, d^amirauté, 
d^élection, des monnaies, des consuls, de mairie, de 
gabelle, et des sénéchaussées de plusieurs abbayes. On y 
compte So^ooo habitants. Elle est du ressort de Tévéché 
de Bayeuz pour le spirituel, et du Parlement de Rouen 
pour le civil. Son nom latin est Cadomus, et autrefois, 
suivant les titres, on rappelait Cathim, Catheim, Cathem 
et Cathom. 

Cette ville, aujourd'hui si belle et si florissante, n^exis- 
tait pas encore dans le iv« siècle. Il n^en est fait mention . 
ni dans la Notice de PEmpire, ni dans les Anciens 
itinéraires qu'on croit être du temps des empereurs 
Tbéodose et Honorius. Que penser donc de ces étymolo* 
gies ridicules à la faveur desquelles des écrivains lui ont 
donné pour fondateurs ou Cadmus, roi de Phénicie, ou 
Gains César, premier empereur romain ? Cadomus 
vient, au sentiment des meilleurs critiques, de Cadom, 
ancien mot gaulois qui signifie demeure de guerre, ou 
d'un mot saxon qu^on explique par ceux<i : finis rupis, 
extrémité de la roche, 

Caen est situé au pied d'une éminence où Ton a bâti 
depuis le château. Il est à Textrémité de Tancien comté 
du Bessin. C'est donc avec plus de vraisemblance que 
M. de Brieux, citoyen et poète célèbre de Caen, pense que 
ses fondateurs sont les Sax<ms qui s'établirent à la fin du 
iv« siècle sur les côtes du Bessin, d*oii ils firent disparaître 



' 1^7 

Tautorité des Romains. Ce notait encore qu'un gros 
bourg dans le xi« siècle^ et il n^ avait alors aucune for- 
teresse, ni èhâteau suivant le poète Waace, auteur con- 
temporain. L^auteur de la Chronique de Normandie 
parle à la vérité de Caen sous Tannée 945, comme d'une 
ville déjà considérable, mais cet écrivain^ bien postérieur 
à cette époque, n^a pu en parler ainsi quVn la représentant 
telle qu^elle était de son temps, ce qui est absurde* Guil- 
laume le Conquérant en aimait le séjour. Il y fit bâtir, à 
la fin du XI» siècle, deux grandes abbayes, et un château 
qui fut fort augmenté par le roi Henri !«', son fils. Voilà 
la cause de Télévation de Caen ; mais, n^est-il pas étonnant 
que cette ville, si faible dans ses commencements, si lente 
dans ses prc^ès, semblable à un torrent qui rompt la 
digue par laquelle ses eaux ont été retenues longtemps, 
s'élève dans l'espace d^un siècle au point de pouvoir être 
comparée en quelque sorte à Paris. 

Villa potens, opulenta 

Ut se Parisiis vix annuat esse minorem (i). 

Cette ville, environnée de hautes murailles et de larges 
fossés, est encore défendue par grand nombre de tours, 
qui ont été bâties de distance en distance, et en différents 
temps. Elle est accompagnée de 4 faubourgs qui sont 
considérables, savoir : le Faubourg- Labbé et les feubourgs 
de Vaucelles, Saint-Gîlles et Saint-Julien. On la divise en 
2 parties : l'ancienne ville, et la nouvelle ou Tlsle Saint- 
Jean. Ces parties, séparées par les rivières d'Orne et de 
rOdon communiquent ensemble par le pont Saint-Pierre 
et le pont Saint-Jacques. C'est sur le premier pont 
qu'était situé le Gros-Horloge, ce gros édifice élevé de 

(i) GuilL Brito.y laoo. 



i68 

quatre étages et flanqué, de quatre grosses tours, oU il y 
avait une excellente horloge, et où se tenaient les assem- 
blées de ville. Il fut abattu en 1755 pour ouvrir la grande 
rue. Les rues en sont la plupart larges et bien pavées. 
Les principales sont les rues de Saint- Pierre, Saint-Jean 
et de Fontafrique, laquelle a pris sa dénomination de 
M. de Fontette, intendant, et Dom Sainte-Afrique, prieur 
de la grande abbaye, qui en procurèrent Touvenure il y 
a quelques années. Elle part de la rue de Bayeux, et va 
directement à la place du Vïeux-Marché, vis-à-vis Téglise 
de Saint-Sauveur. Le Cours, cette agréable promenade 
garnie d^arbres sur le bord de la rivière d^Orne, la place 
Royale, le Château, THôtel-de-Ville, le collège de TUni- 
versité, les casernes, et d^autres hôtels publics, forment 
les principaux ornements de Caen; quantité de bâtiments 
particuliers élevés comme à Penvi, par les citoyens, ne 
contribuent pas moins à sa décoration. Il serait trop long 
d'en faire le détail; bornons-nous à quelques-uns des 
principaux : commençons par le château. 

Le Château^ « ^1 durement grand et plantureux, selon 
Froissard » (i), fut bâti par Guillaume le Conquérant. 
Cela est évident par Pendroit où Robert, abbé du Mont 
Saint-Michel, continuateur de Sigebert, dit que Henri I«r, 
roi d^ Angleterre, exhaussa les murs du château de Caen, 
que son père avait fait faire, et qu*il y ajouta une haute 
tour. Cette tour est ce qu^on appelle le donjon. La cein- 
ture de murailles qui environne ce donjon, et les quatre 
tours dont elle est flanquée, paraissent être un ouvrage 
des Anglais, qui en ont fait faire de semblables en 
plusieurs lieux quHls ont occupés, et le donjon et le 

(i) Orig. de Caen, p. 39 et suiv. 



' i69 

château furent réparés sous' Louis XII, et encore mieux 
sous François I" ; il était couvert en tuiles. François de 
Silly, gouverneur et bailli de Caen, le fit réduire en 
plate-forme, et fit dresser les embrasures qui y sont 
maintenant pour le service de Tartillerie. Ce fut lui qui 
fit faire les boulevards devant les portes, et principalement 
l'ouvrage qu'on appelle la lunette^ qui est devant la 
porte, et où Ton voit les salamandres que François !«' 
avait prises pour sa devise, les fausses brayes au bas des 
fossés à l'entrée du château, la muraille qui regarde la 
rue de Geôle, et les remparts, tant des autres murailles 
que de la Roquette. Sous Henri III, le seigneur d^O, 
gouverneur de Caen et lieutenant du Roi en Basse-Nor- 
mandie, y fit faire de grandes fortifications. 

Le gouverneur du château, qui Pétait aussi de Caen, 
recevait annuellement de la ville 3oo livres pour ses 
gages. Il ne prenait autrefois que le titre de capitaine et 
de châtelain. Vers Tannée 1433, lorsque le duc de 
Bedford, régent du royaume, était capitaine de Caen, et 
Jean FalstofF, son lieutenant, le duc se qualifiait gou- 
verneur des chastel et ville de Caen. Et le château, outre 
' un lieutenant, avait encore un connétable, suivant Pusage 
d'Angleterre. 

La Place Royale est grande, régulière, bien pavée et 
décorée de maisons de trois côtés. De Tautre côté, Téglise 
des P. P. de la Mission, avec le beau ^minaire quMls 
gouvernent, la ferme au midî, et laisse voir le beau 
portail des jésuites. Au milieu de cette place, il y a une 
statue en pied du roi Louis XIV, vêtu à la romaine, haute 
de 8 pieds, élevée sur un piédestal de 12 pieds, avec des 
inscriptions sur des tables de marbre que nous allons 
rapporter ci-après. C'est Touvrage de Postel, sculpteur de 



170 

Caen. Quatre petites figures y tenaient autrdbis sur la 
corniche les armes et la devise da Roi, mêlées de diffé- 
rents trophées ; mais elles ont été abattues par le laps du 
temps. Cette grande place a été ornée depuis quelques 
années d'une ceinture de tilleuls^ et d^une balustrade de 
carreau avec des parterres sablés. 

La ville de Caen fit ériger ce monument Tan i685, le 
5 de septembre, jour de la naissance du roi. Jean Regnaud 
de Segrais, étant pour lors premier échevin, M. de Mo- 
rangis, intendant de la généralité, en avait conçu le dessin 
le premier, et le fit agréer à S. M. La fête fut célébrée 
avec toute la magnificence possible. M. de Nesmond, 
chancelier de TUniversité, officia pontificalement à la 
messe du Saint-Esprit, qui fut chantée dans Téglise des 
Cordeliers, ornée superbement, et où toutes sortes de 
personnes se rendirent en foule. Au milieu de la messe, 
M. Malouin, doaeur, prononça le panégyrique, en latin, 
du Roi. M. rintendant traita la Maison de ville et la 
Noblesse qui avait assisté à la fête. L^après-midi, on se 
rendit aux Jacobins, où le P. Fijacq, prieur, fit un éloge 
français du Roi, après le chant d^un motet; à la fin du 
Te Deum on alluma, sur la place Royale, un feu de joie, 
qui fut accompagné de plusieurs salves de r^artillerie du 
château. Cette fête fut terminée par un feu d^artifice, et 
des illuminations par toute la ville. 

Sur la première face du piédestal on lit ce madrigal qui 
est de M. de Segrais : 

A cette auguste majesté, 
A cette héroïque fierté 
Reconnaisses, races futures, 
Louis Roy juste et conquérant. 
L'histoire vous dira par quelles avantures, 
U mérita le pom de Grand. 



171 

Sur la seconde» à la droite : 

Magnus Caeune Lodo!x jure inférât urbi 
Fortuna, factis» pectore César adest. 

Sur là tnnsième : 

Civis opus, patruis que lapis stat regia magni 
Principis effigies : publica cura fuit. 
Sic memori saxo, Lodoix, tua credimus ora 
Duret ut aeternum conditus urbis amor. 

Sur la quatrième &ce est cette inscription à l'antique, 
faite par M. du Tot-Ferrare, conseiller au Parlement de 
Rouen : 

Ludovîto 
Triumphatis hostibus, aucto imperio, 
Pacato orbe, vectigalibus remisais, 
Pio, felid, semper augusto. 
Régis maximi 
Deyota meritia, secura victoriis 

Eterns fîdei monumentum 
Uno corde, muItîpHci nomine 
Civitas CadoRiensit 
Pos. i6S5. 

L'Université, une des plus célèbres du royaume, est 
composée de 3 facultés qui sont : la Théologie, le Droit 
Canon, le Droit Civil, la Médecine et les Arts. Le duc de 
Bedford, régent en France pendant la minorité d^Henri VI^ 
roi d^Angletèrre, Térigea par lettres de 143 1. Il fit choix 
de la ville de Caen comme d^un lieu surabondant, tran- 
quille, orné de monastères et de religions, et peu distant 
de ta mer. Il n'y établit d'abord que les facultés de Droit 
Canon et Civil ; mais Henri, devenu majeur, Taugmenta 
des facultés de Théologie et des Arts, par lettres données 
à Rouen le i3 février 1436 et renouvelées au manoir de 



172 

Kingston près Londres, le 19 mars 1437,01 par ce renou- 
vellement, il y ajouta la faculté de Médecine. 

Après le recouvrement de la Normandie, le roi 
Charles VII créa de nouveau la même Université par ses 
lettres données à Ecouché, le 3o juillet 1450, et con- 
firmées à Pommereuil-en-Forêt, le 3o octobre 1452. Il 
confirma aussi le bailli de Caen dans la charge de con- 
servateur des privilèges royaux de TUniversîté en res- 
treignant toutefois les droits accordés par les Anglais. 
Après cela, les trois états de la province se pourvurent 
auprès du Pape Eugène IV, et en obtinrent des bulles 
datées du 3o mai 1467 et du 19 mai 1459, par lesquelles 
ce Pontife, sans égard à Tautorité séculière, créa de 
nouveau TUniversité avec les cinq facultés^ lui accorda 
quantité de privilèges, et institua les évéques de Cou- 
tances et d^Avranches protecteurs et conservateurs, et 
Tévéque de Bayeux chancelier perpétuel. 

Cependant cette Université, établie par les vœux de la 
province, et le concours de tant de puissances, n*a point 
eu de demeure propriétaire avant le don que lui fit 
Marie de Clèves, duchesse d^Orléans, mère du roi 
Louis XII, des maisons quMle avait à Caen,oti se tiennent 
à présent les Grandes-Écoles, et où se font les lectures et 
actes publics. Ce don est du mois de mars 1476. Les 
Grandes- Écoles sont très belles ; on en est redevable aux 
frais et aux soins de M. Michel de Saint-Martin, docteur 
en théologie. 

,On y a établi depuis quelques années une bibliothèque. 
Dès 1722, M. Crevel, alors recteur, avait proposé d'en 
former une; mais l'Université, eu égard à ses charges, 
avait des revenus trop modiques pour fournir à l'entretien 
d^un bibliothécaire, sans lequel les livres ne pouvaient 
être conservés, ni la bibliothèque rendue publique. Le 



173 

collège du Qoûtier n^avaît plus d^exercice ; on sollicita la 
réunion de ses revenus qui sont d^environ 3oo livres. 
Cétait sous le reaorat de M. de Than, professeur de 
philosophie au collée du Bois. Le Roi^ après les infor- 
mations nécessaires, accorda la demande de TUniversité, 
et lui réunit, en faveur de sa bibliothèque, les revenus du 
collège du Cloûtîer, par lettres patentés du mois d^avril 
1731, registrées au Parlement de Rouen le 10 mai sui- 
vant. 

Cette bibliothèque naissante a encore été enrichie de 
celle du célèbre Boschard, donnée par M. de CoUeville ; 
de 2,000 livres par Antoine le Cavelier, imprimeur ; et 
encQre de sommes considérables dont feu M. le cardinal 
de Fleury lui a fait présent. L^ouverture s^en fit le mardi 
12 juin 1731. Le bibliothécaire a 200 livres de gages; il 
est obligé de la tenir ouverte les mardi et vendredi de 
chaque . semaine pour le public, et le jeudi pour les 
membres de P Université en particulier. Elle n^ouvre 
point depuis la Saint-Jean jusqu^au mois d^octobre. 

Avant Pérection de PUniversité il y avait déjà des 
collèges à Caen pour Pinstruction de la jeunesse ; mais 
ceux qui furent fondés depuis effacèrent et détruisirent 
ceux-là. Entre ceux qui subsistent aujourd'hui, on 
compte : les Grandes- Écoles, oCi Pon enseigne la théologie, 
le droit et la médecine ; le collège du Mont, ci-devant 
occupé par les P. P. Jésuites, où ils enseignent la philo- 
sophie, les mathémathiques et les humanités; le collège 
des Arts et le collège du Bois pour la philosophie et les 
humanités. Je ne parle pas des maisons des Carmes, des 
Jacobins, des Croisiers et des Cordeliers qui, étant agrégés 
à PUniversité, ont des collèges pour leurs religieux. 

V Académie des belles-lettres fut établie en 1 652 et fut 



174 

fameuse, dès sa aaissanœ, par le grand nombre de savants 
dont ell^ était composée ; mais comme elle avait besoin de 
rautorité du Roi pour être solidement établie, son insti- 
tution fut confirmée par lettres patentes que M. Foucauk, 
conseiller d'État tt intendant de Basse-Normandie, 
obtint de S. M. en 1705. Ces lettres portent que le Roi 
approuve lés conférences de cette Académie pour exciter 
de pins en plus dans la irilJe de Gaen cet amour des 
sciences qui Ta rendue si célèbre. 

Les conférences se tenaient tous les lundis chez M. le 
pfésident de Croisilles, qui en était direaeur ; depuis, 
dans une salle de rÉvdché, où M. de Lujnes, évéque de 
Bayeux, depuis cardinal archevêque de Sens, son pro- 
tecteur, les reçut. Enfin, MM. les académiciens s^as- 
semblent aujourd'hui tous les jeudis de chaque semaine 
depuis la Saint-Martin jusqu^à la fin du mois de juillet, 
dans la salle de THôtel-de- Ville. Leurs séances sont 
publiques les premiers jeudis de chaque mois. Cette 
Académie est composée de 3o personnes tirées de tous les 
ordres de k ville, et de 6 surnuméraires choisis dans les 
communaulés ecclésiastiques <et régulières. 

La XSénir alité de Caen est la seconde des trois qui sont 
tm Normandie ; les deux autres sont : Rouen et Alençon. 
Neuf élections en dépendent : Caen, Bayeux, Vire, 
Avranches, Mortain, Coutances, Saint-Lô, Carentan et 
Valognes. Elle comprend dans son district presque toute 
la Basse-Normandie, c'e^-à-dire les diocèses de Bayeux, 
Coutances et Avranches. Ses bornes au nord et à. Toccident 
sont : la mer océane ou la Manche, à Forient la rivière de 
Dive et Ul généralité d^Alençon, et mu midi une partie de 
la même généralité et le Maine. Il y a aussi une petite 
portion de la Bretagne, ven Tocckkat, qui doit entrer 



175 

dans ses bornes. Sa longueur, depuis Dive jusqu^au 
Mbnt Saint-Michel est d'environ 40 lieues, et sa largeur 
de 1 5 lieues^ non compris le cap de G>tentin. 

Suivant le Code-Michaut, publié en 1629, le chancelier 
fut chargé d^envoyer par chacun an, dans les provinces, 
des maîtres des requêtes pour y faire à peu près les 
fonctions dont autrefois étaient chargés les commissaires 
de nos Rois appelés missi dominiçi; en sorte que les 
maîtres des requêtes semblent, par cet édit, être les seuls 
destinés à remplir les places d'intendant. Cestla remarque 
du savant président Gaynant. 

Etienne d'Aligre, maître des requêtes, intendant de 
Caen, fit, en 1634, la recherche des nobles de la géné- 
ralité. Il fut fait chancelier de France Tannée suivante. 

Charles Le Roy de la Poterie, maître des requihes, 
intendant de Caen, fut départi commissaift pour Texé- 
cution d'une déclaration du Roi, et d^un arrêt du Conseil 
des derniers jours de février et de mars 1640, conceriuint 
le recouvrement des droits des francs-fiefs, lettres du Roi, 
données à Paris le 9 mai 1 642, adressées au sieur de la 
Poterie, conseiller du Conseil d'État, intendant de Caen, 
pour procéder contre les auteurs de plusieurs aliénations 
et usurpations faites des biens de l'abbaye de Saint- 
Étienne de Caen, en faveur de son abbé, le cardinal de 
Lyon. Il exerçait encore en 1644. 

Guy Chamillart, conseiller du Roi en ses conseils, 
commissaire départi pour Inexécution des ordres de S. M. 
dans la province de Normandie, généralité de Caen, en- 
semble pour la reformation des eaux et forêts de ladite 
généralité. Il fit es années 1666 et 1667 la recherche des 
usurpateurs de la noblesse du bailliage de Caen, dans 
laquelle il a mis des notes qui ne sont pas honorables à 



176 

plusieurs familles. Il acquit par décret la terre de Magny, 
proche Bayeux, laquelle fut vendue depuis à M. Foucault. 
II demeurait assez souvent à Bayeux, et il mourut à 
Caen au mois de septembre lô/S. De sa femme Catherine 
Compaing, il laissa Michel Chamillart, chevalier des 
ordres du Roi, marquis de Cany, seigneur de Courcelles, 
né à Bayeux le 6 janvier i652, conseiller au Parlement 
en 1676, intendant à Rouen en 1689, ministre d^État en 
1 700, grand trésorier des ordres du Roi en 1 706, retiré 
du ministère en 1708 avec une pension de 60,000 livres 
du Roi, mort à Paris le 14 avril 172 1. Il fut père de 
Michel, II« du nom, marquis deCany, qui, de sa femme, 
Marie- Françoise de Rochechouart de Mortemart, a laissé 
des enfants, entre autres Louis, prêtre, docteur de Sor- 
bonne, vicaire général du diocèse de Bayeux. 

Philippe Dreux, chevalier, seigneur du Plessis et de 
Vaugandry, conseiller du Roi, maître des requêtes, inten- 
dant de Caen, suivant une ordonnance de lui du 26 oc- 
tobre 1676. 

François Basin, chevalier, seigneur de Bandeville, 
Saint-Cyr, Morsan, intendant de Caen, suivant une 
ordonnance de lui du 12 décembre 1676, et selon un 
arrêt du Conseil de 168. . . 

Claude Meliand, chevalier, conseiller du Roi, maître 
des requêtes, intendant de Caen en 1677, ^^^ ^^°^ ^^ 
arrêt du Conseil de 1680. 

Antoine de Barillon de Morangis, seigneur de Mon- 
tigny, maître des requêtes ordinaires de Phôtel du Roi, 
intendant à Metz, à Alençon, à Caen et à Orléans, mourut 
le 18 mai 1686. Il avait épousé Catherine-Marie de Bou- 
cherat, fille d'Antoine, chancelier de France, décédée 
le 1 5 mfirs 1 733, âgée de plus de 80 ans. 



177 

Jacques-Armand de Gourgues, marquis de Vayres, 
lieutenant-général de Bordeaux, maître des requêtes en 
1679, intendant de Limoges en 1684, et de Caen en 1686. 
Il était petit-fils de Marie-Antoine de Gourgues, premier 
président au Parlement de Bordeaux^ et de Marie Seguier, 
sœur de Pierre, chancelier de France, et fils de Jean, 
marquis de Vayres, président à mortier à Bordeaux. De 
son épouse Marie-Elisabeth Le Qerc de Cottier, fille 
unique de Louis, marquis d^Aunay, décédée le 1 1 mars 
1709. Il laissa deux fils conseillers au Parlement. 

Nicolas-Joseph Foucault, fils de M. Foucault, secré-, 
taire du Conseil d^Etat, et de Marie Métezeau, fille du 
célèbre Métezeau, intendant des bâtiments du Roi, qui 
imagina et fit exécuter la fameuse digue de la Rochelle, 
naquit à Paris le 8 janvier 1643 ; né avec un esprit vif et 
brillant que Ton cultiva avec soin, il parut au barreau 
avec tant dMclat que, par son éloquence, il mérita d'être 
mis en parallèle avec les plus célèbres avocats de ce temps- 
là. Un mérite si éclatant Péleva successivement aux 
charges de procureur général aux requêtes de Thôtel, 
d^avocat général au grand Conseil, de maître des requêtes, 
et enfin de chef du Cpnseil de S. A. R. Madame. Pendant 
qu^il notait encore que procureur général aux requêtes de 
Phôtel, le roi lui donna la commission extraordinaire 
de procureur général de la commission établie pour la 
recherche de la noblesse. Etant maître des requêtes, il eut 
celle de Pau et celle de Caen, et dans toutes les trois il 
laissa dMclatantes marques de son zèle, de sa prudence et 
de sa fermeté. Ce fut lui qui, en 1 704, fit la découverte 
de l'ancienne ville des Viducassiens, à deux lieues de 
Caen, et qui en envoya à TAcadémie une relation exacte 
et savante, avec quantité d'inscriptions, et le dessin d'un 



12 



17» 

gymnase complet (i). Cet homme célèbre fut récompensé 
par une place de conseiller d'Etat qui le rappela à Paris. 
Il se fit un plaisir de son assiduité à TAcadémie, où il 
avait été reçu honoraire dès 1 701, lors du renouvellement 
de cette Compagnie. Il mourut le 7 février 1721^ âgé de 
plus de 80 ans. 

Pierre Amault de la Briffe} marquis de Ferrières, 
maître des requêtes, fut intendant de Caen en 1706, et 
passa depuis à Pintendance de Dijon. 

Nicolas Foucault, fils du précédent, maître des re- 
quêtes, marquis de Magny, a été intendant de Caen trois 
ou quatre ans. Il fut révoqué, ensuite obligé de sortir de 
France, pour avoir entré dans le complot formé contre 
M. le Régent. Il passa en Espagne, où il est devenu chan- 
celier de la Toison d^Or, et lieutenant général des armées 
de S. M. Il vit encore. 

Guinet, maître des requêtes, intendant de Caen. 

François Richer, chevalier, seigneurd^Aube, conseiller 
du Roi en ses conseils, fut reçu conseiller au Parlement 
de Rouen en 17 10; maître des requêtes ordinaires de 
rhôtel du Roi, et intendant de la généralité de Caen en 
1725, d'où il passa à Soissons en 1727. Il mourut en 
1752. M. d'Aube était haut, dur, colère, contredisant, 
pédant; bonhomme néanmoins, officieux même et géné- 
reux (2). II était neveu à la mode de Bretagne du célèbre 
M. de Fontenelle, lequel disait de lui que s'il était difficile 
à commercer il était facile à vivre. Cet intendant est auteur 
du livre intitulé (3) : Essai sur les principes du droit et 
de la morale, à Paris, 1743, in-40. 

(1) Hist. litt. du règne de Louis XIV, t. I, p. 3918. 

(2) Journal de Verdun, 1727, t. I, p. 228. 

(3) Mémoires de Fran., mars 1768, p. 36 et 40. 



179 

Félix Aubery de Vastan, fils de Jean Aubery, marquis 
de Vastan, conseiller au grand Conseil, et de Madeleine- 
Louise de Baiileul, fut intendant de Hainaut, depuis de 
Caen en 1727, et ensuite prévôt des marchands de Paris 
en J738. Il épousa : 1® N. Fontaine, dont une fille 
unique; 2^ N. Foucault, morte à Caen en 1782 (i). 

François 'Dominique Barberie de Saint* Contest, 
maître des requêtes, fut intendant de Caen deux ou trois 
mois, d^oQ il passa à l'intendance du duché de Bour- 
gogne (2). Son épouse, Jeanne Monique des Vieux, 
mourut à Paris le i«r mars 1746, âgée de 28 ans. Il était 
fils de Dominique Barberie de Saint-Contest, conseiller 
d^Etat ordinaire, décédé le 22 juin 1780, âgé de 62 ans (3). 
Il avait été ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire 
du Roi au Congrès de Bade et de Cambrai. Il était petit- 
fils de Michel Barberie de Saint-Contest, reçu conseiller 
au Parlement de Rouen en 1657, depuis maître des 
requêtes (4). Il était arrière-petit-fils deTobie Barberie, 
acquéreur de la terre de Saint-Contest, trésorier des 
guerres, et annobli en i635. 

Louis Arnaud de la Briffe de Ferrières, fils du pré- 
cédent, maître des requêtes, intendant de la généralité de 
Caen, mourut à Caen, le 28 juillet 1762, âgé de 47 ans, 
et fut enterré dans le chœur de Péglise paroissiale de Saint- 
Jean. Sa mort, dît un mémoire, a affligé toute la géné- 
ralité. On louait ses mœurs, le désintéressement, Pimpar- 
tîalité et l'application de ce magistrat. 

FranqoiS'Jean Orceau, chevalier, baron de Fontette, 

(1) Hist. des grands offic., t. I, p. 809-810. 

(2) Journal de Verdun, 1746, p. Sog. 

(3) Mém. de Fran., juin 1730, 1. 1, p. ia56. 

(4) Hist». de la ville de Rùuen, 1. 11, p. 212. 



i8o 

châtelain de Tilly, seigneur d'Essoyer, Verpillières et do 
grand et petit Noé, conseiller du Roi en ses conseils, 
maître des requêtes ordinaires de son hôtel, Tice-protecteur 
de FAcadémie des belles-lettres de Caen, a succédé au 
précédent dans la généralité de Caen. Il épousa à Paris, 
le 4 février 1763, dame de Lignières, veuve de M. de 
Saint-Sauveur de la Ménardière de Caen, et reçut la 
bénédiction nuptiale de M. de Rochechouart, évéque de 
Bayeox. 

Le 21 octobre ijyS, M. Esmengart, intendant de 
Caen, vint à Caen pour la première fois. 

Le Bailliage de Caen tient le cinquième rang parmi 
les sept qui sont en Normandie. Il a la même andquité 
que les autres grands bailliages de France. Le temps de 
la création des baillis est assez incertain. Quelques-uns 
la rapportent à Hugues Capet, vers la fin du x* siècle, 
mais il est certain qu'ils ne sont pas plus anciens en 
Normandie que du temps de Philippe-Auguste, qui 
réunit ce duché à la couronne en 1204. L^histoire fondée 
sur les anciens titres a conservé les noms des baillis de 
Caen depuis le commencement du xiii* siècle. Ces chefs 
étaient originairement des officiers militaires, conduisant 
les nobles à la guerre. Ils terminaient leurs différends 
par exclusion des roturiers, et jugeaient leurs procès. Ils 
étaient aux gages des villes de leurs sièges. La cha^ de 
bailli de Caen, comme celle des autres villes, est tellement 
réduite aujourd'hui qu'on ne lui a laissé d'autres fonc- 
tions que celle de commander Parrière-ban, et de laisser 
intituler les actes publics de son nom. Le bailliage de 
Caen est composé d'un bailli d'épée, qui est toujours gou- 
verneur de la ville et citadelle^ d'un lieutenant-général, et 
des autres officiers du présidial. La juridiction du bail- 



i8i 

liage s^étend sur quatre anciennes vicomtes : de Caen, de 
Bayeux, de Falaise et de Vire, dont quelques-unes ont 
été démembrées. 

La Vicomte de Caen est plus ancienne que le bailliage. 
Les vicomtes succédèrent aux comtes dans la connaissance 
des affaires tant civiles que criminelles. Par l'établissement 
des baillis, les vicomtes ne connurent plus que des procès 
des roturiers. La charge de vicomte de Caen, ainsi que 
celle des vicomtes d'Evrécy et de Saint-Silvin, furent 
réunies, par lettres patentes du Roi de Tannée 1741, au 
bailliage de cette ville. 

Le Présidial de Caen fut établi au mois de septembre 
1 552, un an après que les présidiaux eurent été érigés en 
France par Henri IL On lui attribua 3 lieutenants : 
général, criminel et particulier; des gens du Roi, au 
nombre de 2; 10 conseillers. Le nombre en fut depuis 
augmenté par divers édits ; les charges de Président 
vinrent ensuite. Ils furent incontinent supprimés, et ont 
été depuis rétablis. Le présidial de G>tentin, séant à 
Saint-Lô, fut réuni au présidial de Caen, par un édit 
donné à Caen au mois d*août 1 563. Il a été depuis uni à 
Coutances en i58o. Cette Cour juge en dernier ressort 
jusqu^à la concurrence de 25o livres. Le Roi a accordé 
aux juges en chef, conseillers et gens du Roi, Phonneur 
de porter la robe rouge. 

Le Bureau des Trésoriers de France a succédé, à 
Caen comme dans les autres provinces du royaume, à la 
juridiction du Trésorier et du général des finances. Avant 
le règne de François I" il n*y avait que 4 trésoriers, et 
autant de généraux, pour toutes les finances, mais ce prince 



l82 

les mit au nombre de 34 : 2 en chacun des 17 bureaux 
qu^il établit. Celui de Caen est aujourd'hui composé d'un 
président et de 19 trésoriers, avec un procureur du Roi 
et ses substituts. Le bureau d'AIençon est un démembre- 
ment de celui de Caen. 

L'Election de Caen est une des g qui composent la 
généralité dudit lieu. Ces juridictions furent créées en 
1 597 par Henri IV. Il ne paraît point qu'il y eut de pré- 
sident en titre d'office en cette juridiction avant l'année 
1597. Le premier fut Jean Le Paulmier, sieur de Saint- 
Louêt. Son district a la même étendue qu'avait la vicomte 
avant son extinction. Il est borné à l'est par la rivière de 
Dive, à l'ouest par celle de Seulles. 

Son climat est assez tempéré, malgré le voisinage de la 
mer, qui amène des brouillards, des vents et des pluies. 
Le terrain en est plat^ propre aux labourages, et rapporte 
de très bon blé et autres grains. FI y a quelques cantons 
d'herbages et de prairies, et partout beaucoup de plants 
en pommiers et poiriers, d'ailleurs très peu de bois. Il 
comprend la seule ville de Caen et sept gros bourgs, oti il 
y a foire et marché : Troarn, Argences, Aunay, Evrecy, 
Villers, Cheux et CreuUy. 

Le Consulat commença à être exercé à Caen le mer- 
credi 17 février 171 2. C'est une juridiction établie pour 
terminer les différends qui s'élèvent entre les marchands 
par rapport au commerce. Le commerce de Caen consiste 
principalement aux beaux draps que Ton y fabrique, aux 
serges, aux toiles et aux cuirs que l'on y transporte en 
divers pays. 

Les foires que l'on y tient contribuent beaucoup à ce 
grand et utile n^oce. Il y en a six : celle des Innocents 



' i83 

devant Tabbaye de Saint-Etienne, celle de Saint-Simon et 
Saint-Jude à la Maladrerie, celle de Saint-Michel au 
Bourg-l'Abbé, celle de la Trinité devant PAbbaye-aux* 
Dames, celle du premier lundi de Carême, et celle de 
Quasimodo; cette dernière, qu^on appelle communément 
la Foire Franche, est la plus renommée de toutes, et dure 
i5 jours. Henri IV l'érigea pour gratifier les habitants, et 
laisser à la postérité un monument perpétuel de leur 
obéissance, de leurs services et de leur fidélité. Les lettres 
qui en furent expédiées portent date du mois de mai 
i594, et contiennent : lo la concession en faveur des 
habitants; 20 la franchise qui est accordée à toutes per- 
sonnes sans distinction, tant régnicoles qu*étrangers ; 
30 une exception pour les deniers d^octroi, que S. M. 
entend être levés et perçus en entier et sans diminution 
sur les marchandises qui seront descendues en la ville de 
Caen; 40 enfin, la juridiaion de cette foire, qui est attri- 
buée au bailli, maire, ses lieutenants et échevins. Cette 
foire fut tenue d^abord au mois de juillet; mais, pour 
diverses raisons, elle fut mise à la semaine d'après Quasi- 
modo en 1599, et enfin reculée encore de 8 jours, et fixée 
au lundi d'après la huitaine de Quasimodo. Elle dure 
8 jours entiers, et, en outre, les marchands forains ont 
3 jours avant Touverture'pour faire entrer leurs marchan- 
dise^, et 3 après pour les faire sortir. > 

Il y a à Caen, pour les affaires de la ville, une juri- 
diction composée d^un maire, de 6 échevins gouverneurs 
jurés dont les 2 premiers sont gentilshommes, d^un pro- 
cureur-syndic, d'un greffier et d'un sergent. A cette 
juridiction préside le maire ou son lieutenant, et à son 
absence, Tancien des échevins. Le maire ou son lieu- 
tenant, les 6 gouverneurs échevins et le syndic ont seuls 



184 

le droit, à rexclusion des gens du Roi du bailliage, de 
recevoir les comptes des administrateurs de THôtei-Dieu, 
de gouverner le patrimoine de la ville, de nommer aux 
offices dépendant de la ville, etaux places vacantes parmi 
les religieuses de FHôtel-Dieu. La juridiction de Toctroi 
leur est pareillement attribuée, à l'exclusion des gens du 
Roi. Les officiers de ville sont nommés de trois ans en 
trois ans par les bourgeois. Nos rois ont quelquefois 
dérogé à ce privilège. 

Les habitants de Caen vantent avec raison leur fidélité 
envers nos rois. Charles VII, après avoir repris cette ville 
sur les Anglais en 1450, et par reconnaissance du zèle 
qu^elle avait témoigné pour son service, changea ses 
armes qui étaient : de gueules au château don jonné d^or, et 
lui fit prendre : coupé d^azur et de gueules, aux trois fleurs 
de lis d*or, deux en chef et une en pointe. Ils obtinrent, 
en 1484, de Charles VIII son abonnement pour la levée 
de la taille par tarif, et ce, par le crédit d* Alain Goion, 
grand écuyer de France et bailli de CaeA, privilège qui 
s^accordait rarement dans ce siècle. 

Mais ce qui relève davantage la réputation de Caen, 
c^est le caractère d'esprit et de politesse qui règne parmi 
ses habitants. On a remarqué qulls sont naturellement 
industrieux et studieux. Il en est sorti en effet dans ces 
siècles passés plusieurs personnages célèbres parleur éru- 
dition et leurs ouvrages qui ont fait honneur à la France, 
et aujourd'hui on en pourrait encore trouver qui ne 
dégénèrent point des premiers. 

L'Abbaye de Saint-Etienne de Caen est située dans 
le faubourg qui, à cause d'elle, est appelé le Faubourg- 
PAbbé (i). Le duc Guillaume, surnommé depuis : le 

(1) Il 7 a plusieurs offices à titre dans cette abbaye. 



i8s 

Conquérant, avait épousé Mathilde de Flandres sans 
dispense, quoique sa cousine dans un degré prohibé. 
Le pape Nicolas II, auquel ils eurent recours, réhabilita 
leur mariage aux conditions qu^ils fonderaient deux 
abbayes. Ce prince et son épouse choisirent Caen, et y 
bâtirent chacun une abbaye de Tordre de saint Benoit, 
et pour les deux sexes. Celle de Saint-Étienne fut achevée 
de bâtir en 1064, dédiée en 1077, ou même 1080, et 
dotée en 1082. 

L'église a Pair d'aune cathédrale, ayant 17 piliers de 
chaque côté, à doubles voûtes; et 16 chapelles autour du 
chœur. Le portail est tout uni, mais il est orné de 2 grosses 
tours qui portent chacune une pyramide de pierre fort 
haute. Il y avait une autre pyramide au milieu dé la 
croisée, laquelle fiit détruite avec les bâtiments claustraux 
par les Protestants, qui nMpargnèrent que le palais du 
Duc. Cette église a été décorée depuis plusieurs années 
d^un magnifique orgue, de belles balustrades autour du 
chœur, d^ornements et d^argenterie qui méritent d^étre 
vus. 

Le fondateur de cette abbaye avait pour elle une sin- 
gulière affection. Il y fit bâtir pour lui un palais, et y 
demeurait assez souvent (r). Se voyant prêt de mourir, 
il lui fit présent de la couronne qti^il portait à la messe 
dans les grandes fêtes, avec son sceptre et sa verge de 
justice; d^un calice fait d'une pierre précieuse, de ses 
chandeliers d*or, et autres ornements (2). Mais le roi 
Guillaume, son fils et son successeur, par le conseil de 
ses grands, retira les ornements de la royauté, et donna 
par échange à cette abbaye plusieurs terres et apaisons 

(0 Neust. Pia, p. 638-639. 
(%) Hùt. Harc, 1. 1, p. 5a. 



lS6 

situées en Angleterre, saivant Tacte fait en 1088. Il y 
choisit aussi sa sépulture, et avant les ravages des Calvi- 
nistes en 1 562, on y voyait son tombeau de marbre noir, 
et décoré de plusieurs vers en son honneuf . Non contents 
de briser ce tombeau, ils déterrèrent encore les ossements 
de ce prince, dans Fespérance d'y trouver des richesses 
qu^ils ny trouvèrent pas. On montre encore son portrait 
au naturel, peint sur du bois dans une des salles de la 
maison. Ce tombeau fut rétabli en 1642 par Dom Jean 
Bailhache et Dom Mathieu de la Dangie, religieux de 
cette maison. Il a été encore 6té de là il y a près de 20 ans, 
pour dégager le choeur 0(1 il éuit placé. En vertu d^une 
permission de la Cour, le seul os tibia qui restait de ce 
prince, fut levé et placé dans le Sancta Sanctorum, sous 
une grande pierre de marbre noir, sur laquelle fut gravée 
en lettres d'or son ancienne épitaphe. 

On y conservait, avant les ravages des Protestants, des 
reliques de saint Etienne et de bien d^autres saints. On 
ne sera peut-être pas fâché de lire comment ces reliques 
étaient venues à Caen. Voici comment un religieux de 
cette abbaye rapporte le fait : Lorsque le duc Guillaume 
bâtissait cette abbaye, il fit faire la recherche du corps de 
saint Etienne, sous l'invocation duquel il voulait la dédier. 
Il envoya à cet effet dans la Palestine, des religieux qui 
achetèrent ces reliques à grand prix. En revenant en 
France, ils rencontrèrent des troupes d^ Arabes qui vou- 
laient les leur ravir; mais les religieux s'étant mis en 
prière, et ayant prononcé le verset 17 du XV« chapitre de 
TExode, les Infidèles demeurèrent immobiles, et les reli- 
gieux passèrent librement. A^rrivés à Caen, ils voulurent 
prouver l'authenticité de la relique qu^ils portaient par 
répreuve du feu. Ils en firent donc allumer un sur le 
pont de Tabbaye, ils y passèrent au milieu des flammes, 



i87 

revêtus de leurs ornements sacerdotaux^ sans aucune lé- 
sion, le feu ayant paru évidemment sMcarter, et se sépa- 
rer des deux côtés du pont en forme de hayes pour ne les 
point blesser. On institua en mémoire une fête de la 
translation de ces reliques au huitième d*octobre. 

Dans les calamités publiques, on s'adressait au chapitre 
des religieux pour obtenir la descente de \^ fierté, qu'on 
portait processionnellement dans la ville. Ces reliques 
consistaient en une partie du bras de saint Etienne, une 
ampoule du sang qui avait coulé de son crâne, grand 
nombre de ses cheveux, une des pierres dont il avait été 
lapidé ; et, ce qui est fort admirable, disent les Chartres de 
Fabbaye, cVst que tout cela était blanc: capiti albi... 
lapis al bus.,, vas album,,, magnam faciunt admiratio- 
nem. Elles furent dérobées et pillées par les Protestan^. 
Mathieu de la^Dangie, auteur de ce récit^ remarque qu'en 
cela les Calvinistes firent grand tort à T Abbaye; car, au 
moyen de ces reliques, ajoute-t-il, les religieux de l'Ab- 
baye de Caen y dotaient, avec grande aisance, plusieurs 
offices claustraux, augmentaient le revenu de leur sacré 
patrimoine, y ajoutaient nombre indicible de rares édifices 
et augmentations, tant dans Tenclos et pourpris d'icelle 
abbaye, qu'au sujet des seigneuries et dépendances. 

Avant les ravages des Protestants^ on voyait dans la 
chapelle de Notre-Dame, derrière le chœur, un somp- 
tueux tombeau de marbre noir et blanc, enrichi d^his- 
toires et figures en relief^ et érigé en faveur de Charles de 
Martigny, évêque de Castres et abbé de Caen, par Pierre 
de Martigny, son neveu, évéque de Bayeux, et son suc- 
cesseur dans cette abbaye. Son épitaphe était ainsi 
conçue : 

In obitum Révère ndi in Christo patris Caroli episcopi Castrensis, 
abbatis Cadomensis. 



i88 

Hoftpes, siite gradum, et morare qucso; tantisper tibi lecta du m 
tabella paucoa continet absoluta venus. Pnesul Carolus hoc lacet 
sepulchro, is qui consilio potens, potens que cuits viiibus et lepore 
lingus, pnestans ingenioque singulari, fido pectore, liberali dextra, 
rane dotibus omnibuaque meatis. Dùm vixit tibi gratiam acamo- 
rem trium concilia vit usque Regum. Gratus obsequtis, fidelitate, 
renim cognitione publicarum, mentis dexteritate providentis, atque 
hoc nomine regii perennem Legati subit honorem, onus que : pro- 
fectus varias subinde ad oras versatus varias, et inter urbes gratus 
interea omnibusque carus. (luis eum vivere et esse contigisset tum 
quos non tulit impiger labores dum servat patriam pius salutem, 
quos non sustinuit subîre sutnptus dùm regale decus suumque 
servat ; hune vîvum attoniti audiere s«pe summi pontifices, duces 
que summi. Hune saepe et Veneti patres loquentem mirati obstu 
puere. Eumdem que Hibemus, Germanus simul, et Britannus una 
dicentem tadti, auribus que victis exstupuere, et hoc de repente, in 
vocem et verba diserts coUoquentis. 

Hanc tandem Venio ingruente ad aedem defectus nimio labore 
adivit, vitae reliquias ubi peregit : opes interea suas benignus 
quantas magne habet erogans amicis, pupillis, viduisque, cateris 
que mulds, id genus indigis beats si qux prsemia sempitema vitae 
mereri queat : id solum agentem curantemqne animée sus salutem 
spretis omnibus hinc et indè mundi hujus deliciis, tamen severa 
raptum condidit Atropos sub urna hac. Hoc te scire volebam. Abi, 
viâtor. 

Charles de Martigny était représenté à son naturel au 
tombeau. Obiit anno Domini millesimo quinquentesimo 
duodecimoseptimoj dus Juin. Pater noster. Ave Maria, 

Il avait été évéque d^Eaulne (Eaulneou Elne, était un 
évéché situé dans le Roussillon, réuni après le Concile 
de Trente à rarchevêchédeTerragone), et en cette qualité, 
il présida, avec M« Christophe de Carmont, à l'Echiquier 
de Normandie tenu à Rouen au terme de Saint-Michel 
1484. 11 se trouva aussi à celui de 1497. Etant venu*de- 

(i) Hirt, Harc, t. III, p. 8. 



i89 

meurer dans son abbaye de Caen, il y fit bâtir, en i S07, 
le corps de logis et 'la galerie dorée qui donnait sur le 
jardin et la prairie. II fit fondre une grosse clocheappelée 
le Gros-Charles^ que M. de Bras assure avoir été plus 
grosse que celle de Georges d^Amboise de Rouen. Elle 
fut cassée en 1 562 par les Protestants. 

Cet évéque-abbé eut pour successeur de ses deux di- 
gnités, Pierre de Martigny, religieux bénédictin^ son 
neveu, lequel devint aussi évéque'de Bayeux, et en prit 
possession, par procureur, le 27 mai i53(. Il nomma, 
pour son vicaire général, Charles Cailleteau, prêtre, cha- 
noine de Bayeux, dont les lettres furent lues et vérifiées à 
Tofficialité, le 9 juin suivant. Ce prélat, étant en son 
abbaye, expédia le 1 1 août de la même année deux colla- 
tions pour la chapelle de Saint-Vigor-de-Justice (ij, et 
pour la cure du château de Bayeux. Il fut pris de mal 
peu de jours après, et en mourut lorsqu^il se disposait à 
prendre possesion en personne de son évédié. Anno D"* 
iS3i, die li mensis 7*^*% horaferme undecimdde mane 
in abbatia 5* Stephani de Cadomo, idem /?•«»••« m -ï* 
pater et D. D. Petrus de Martigny E^ B'^i^. diem 
suum clausit extremum ; pro patris cujus obitu sedes 
EP^^vacavitj et auctoritate dominorum de Capitula 
ecclesiœ Bajocensis Juerunt instituti officiarii ad exer^- 
citium vicariatus et secretariatus in Capitula die 14, 
prœdicti mensis horafere nona de mane. 

Son corps fut inhumé dans son abbaye, son cœur fut 
apponé à Bayeux, et enterré dans la chapelle Notre- 
Dame-defrière-le-Chœur. En ouvrant une fosse dans cette 
chapelle pour M. le duc de Monemart, le 17 janvier 
1757, on retrouva ce cœur enfermé dans une boîte de 

(I) Rogist. de VéTêché, i53i. 



190 

plomb, laquelle ne portait ai armes ni inscription. On la 
remit au pied du cercueil de ce duc. Cest ce prélat qui 
avait £siit ouvrir la sépulture de Guillaume le G>nquéraat 
dans son abbaye. 

L^abbaye de Saint-Etienne est exempte de la juridic- 
tion épiscopale, et en a une particulière sur 12 paroisses 
qui lui appartiennent. Ses religieux venaient ancienne- 
ment tous les ans en procession en Péglise cathédrale de 
Bayeux pendant les fêtes de la Pentecôte (i ). Cétait une 
espèce de vassalité que les communautés devaient à 
réglise matrice. Ils embrassèrent la réforme de Saint- 
Maur en i663. Les bâtiments qu^ils y ont fait élever 
sont magnifiques. ' 

L^abbé de Caen avait séance à TEchiquier de Nor- 
mitndie, et avant que Tabbaye eut été mise en commende, 
il avait droit d*of&cier pontificalement dans son église, 
par la concession que le S. P. en avait fait à l'abbé Robert 
de Chan>bray. 

Il est sorti de cette communauté plusieurs religieux 
distingués par leur mérite, et élevés aux premières di- 
gnités de TEglise. 

Ses armes sont de gueules à deux léopards d'or. 

L*abbaye présente à un grand nombre de bénéfices, 
tant cures que chapelles. Les chapelles à titre de cette 
abbaye sont : Notre-Dame de Halbout, qui a 4 titulaires 
à la pleine collation de Tabbé ; Saint-Martin de Cheux, 
qui en a pareillement 4 à la collation du même, et les 
chapelles de Castres, ainsi appelées pour avoir été fondées 
par Charles de Martigny, évéque de Castres, dont j'ai 
parlé ci-devant ; lesquelles sont au nombre de 8, à la pré- 
sentation du prieur, et possédées par les religieux. 

(i) Manuscrit de Pottier. 



191 

Vabbaye de Sainte-Trinité, - dite communément 
TA bbaye-aux-Dames, est située dans le faubourg Saint- 
Gilles, au nord de Caen. Elle fût bâtie et dotée la même 
année que celle de Saint-Etienne, par Mathilde, femme 
du duc Guillaume, et pour la même intention. Son 
église est grande et bien décorée. On y voit le tombeau 
delà fondatrice, morte en io83. Il avait été démoli en 
1 562 par les Protestants. M™*^ de Froullay, la première 
abbessede ce nom, le fit rebâtir, ainsi qu^une magnifique 
maison pour y loger sa communauté, qui est nombreuse. 
L'église avait deux pyramides élevées au-dessus de son 
ponail comme la grande abbaye. Elles furent abattues en 
i369 par Charles, roi de Navarre, dans la pensée qu'on 
pourrait s'en servir pour observer la marche de ses troupes. 

L'abbesse s'appelle : Madame de Caen, non pour au- 
cune raison paniculière, mais parce que c'est un usage 
fréquent de donner aux abbesses le nom des lieux oti elles 
sont établies. Il est à remarquer que d'anciennes Chartres 
nomment Tabbesse et les religieuses de ce monastère : 
rObitière, et les obitières de Sainte-Trinité de Caen. 

Cette abbaye embrassa, au commencement du dernier 
siècle, une réforme et une observance plus étroite. Elle 
manquait depuis longtemps de constitutions en bonne 
forme, et ne suivait que d'anciennes pratiques mal digé- 
rées. M°*« de Budos qui en était abbesse, engagea 
l'évêque d'Agde, son frère, à rédiger celles qui. s'y ob- 
servent à présent; elles furent approuvées en 1626 par 
M. d'Angennes, et en 1695 par M. de Nesmond, dans 
une visite qu'il fit en cette maison au mois de décembre. 

Laurence de Budos, d'une maison illustre, avait été 
nommée par Henri IV en 1 598 à cette abbaye. Le P. Jean 
Eudes, prêtre de l'Oratoire, depuis instituteur de la con- 
grégation des Eudistes, lui dédia le livre intitulé : La 



192 

* 

vie et le Royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes, 
lequel parut à Caen, en 1637, en i vol. in-12. Elle 
mourut en i65o, le 2 3 juin. 

L'abbesse qui lui succéda fut Marie-Eléonore de 
Rohan, dont le mérite fut encore plus distingué que la 
naissance. Cette dame illustre, fille de Hercule, duc de 
Montbazon, grand veneur de France, et de Marie d^ Avau- 
gour de Bretagne, reçut la bénédiction le 1 1 décembre 
i65o. Elle passa depuis au prieuré de Notre-Dame de 
Consolation, rue Cherche-Midi, à Paris, qu'elle établit, 
et auquel elle donna des constitutions dressées par elle- 
même. Ce fut le 10 oaobre 1664 que Monseigneur lui 
donna permission, et à 3 religieuses qui raccompa- 
gnèrent, de sortir de l'Abbaye de Caen. On a d'elle une 
paraphrase sur tous les ouvrages de Salomon, qui passe 
pour un des meilleurs commentaires qui aient été faits 
sur cette matière. Elle mourut le 8 d'avril 1682, en sa 
53« année. Sœur Françoise de Longaunay, première 
prieure de Cherche-Midi, lui dressa dans son monastère 
répitaphe suivante : 

Ici repose très illustre et très vertueuse princesse Marie*Eléonore 
de Rohan. 

Premièrement abbesse de Caen, puis de Malnoûe, seconde fonda- 
trice de ce prieuré qu*elle redonna à Dieu, et où elle voulut finir 
ses jours, plus révérée par ses grandes qualités, que par sa haute 
naissance. 

Le sang des Rois trouva en elle une ftme royale. 

En sa personne, en son esprit, en toutes ses actions éclata tout 
ce qui peut rendre la piété et la vertu plus aimables. Sa profession 
fut son choix, et non pas celui de ses parents. Elle leur fit violence 
pour ravir le royaume des cieux. Capable de gouverner des Etats 
autant que de grandes communautés, elle se réduisit volontairement 
à une petite pour y servir, avec le droit d'y commander. 

Douce aux autres, sévère à elle-même, ce ne fut qu'humanité au 
dehors, qu^austérité au dedans. Elle joignit à la modestie de son 



193 

lexe le sçavoir du ndtre : au siècle de Louis le Grand, rien ne fut ni 
plus poli, ni plus élevé que ses écrits : Salomon y vit, y parle, y 
règne encore, et Salomon en toute sa gloire. 

Les constitutions qu'elle fit pour ce monastère serviront de mo- 
dèle pour tous les autres. Comme si elle n'eut vécu que pour sa 
sainte postérité, le même jour qu'elle acheva son travail, elle tomba 
dans une maladie courte et mortelle, et y succomba le 8e d'avril 
1681, en la 53e année de son âge. 

Jusqu'en ses derniers moments et dans la mort même, bonne, 
4 tendre, vive et ardente pour tout ce qu'elle aimait, et surtout pour 
son Dieu. 

Tant que cette maison aura des vierges, épouses d'un seul époux, 
tant que le monde aura des chrétiens, et l'Eglise des fidèles, sa mé- 
moire y sera en bénédiction. 

Ceux qui l'ont vue n'y pensent point sans douleur, et n'en parlent 
point sans larmes. 

Qui que vous soyez, priez pour elle, encore qu'il soit plus vrai- 
semblable que c'est, maintenant à elle de prier pour nous, et ne vous 
contentez pas de la regretter ou de l'admirer, mais tâchez de l'imiter 
et de la suivre. 

Soeur Françoise de Longaunay, première prieure de cette maison, 
sa plus chère fille, l'autre moitié d'elle-même, dans l'espérance de 
rejoindre bientôt, lui fit élever ce tombeau. 

Le moindre et le plus affligé de ses serviteurs eut l'honneur et le 
déplaisir de lui fiiire cette épitaphe, où il supprima» contre la cou- 
tume, beaucoup de justes louanges, et n'ajouta rien à la vérité. 



Les religieuses de Tabbaye de Sainte-Trinité portaient 
des robes blanches, et des surplis de toile fine et bien em- 
pesée; mais depuis Jeur réforme, et même quelque temps 
auparavant, elles ont pris Tbabit de chanoinesses. 

Cette abbaye, comme celle de Saint-Etienne, a sa séné- 
chaussée et son siège de moyenne justice, dont le ressort 
s'étend sur les vassaux de ses seigneuries. Elle est 
exempte de la juridiction épiscopale, et a une officialité 
avec juridiction particulière, qui sMtend sur 4 paroisses,. 

X3 



194 

dont Tabbesse est dame et baronne. Ces paroisses * sont : 
• Ouistrcham, Colleville, Saint- Aubin-d'Arquen^y et Bé- 
nouville. 

Il y a, dans Tenclos de Fabbaye, 4 chapelles qui sont 
à la nomination de Tabbesse : Saint-Martin-de-la-Tour^ 
Sainte-Trinité, Saint-Laurent, et Sainte-Marie-Made- 
leine, et une cinquième, Notre-Dame-du-Pardon, à: sa 
pleine collation. 

La Collégiale du Saint^Sépulchre fut fondée, Tan 
1219, par Guillaun)e Acarin, orignaire de la paroisse de 
Grainville. Cet homme était fort riche. Dans son voyage 
de la Terre-Sainte, il fit vœu de bâtir à Caen une église 

. semblable à celle du Sépulchre de Jérusalem. A son 
retour il s'acquitta de son vœu, et fit bâtir cette belle 
église que le duc de Bouillon fit abattre en i562, sous 
prétexte qu'elle pouvait incommoder, en cas de siège, le 
château sur lequel elle commandait. 

Acarin fonda aussi la mansercapitulaire et le revenu du 
Doyenné. La ferveur était grande alors ; d^autres, à son 
exemple, contribuèrent au succès d^une si pieuse fon- 
dation, et Robert des Ablèges, évéque de Bayeux, Tappuya 
de son autorité, suivant sa chartre du 3 juin i23o. Elle 
avait déjà été confirmée en i223 par Tbibaud, arche- 
vêque de Rouen, et par le pape Honoré III en 1226; 
enfin, le droit d'amortissement en fut payé par le Chapitre 
à Philippe-le-Hardî dn 1278, et à Philippe-le-Bel en 
1295. 

Les chanoines avaient commencé leur office dans la 
chapelle de Sainte-Anne, située proche cette église, en 
attendant qu'elle fut bâtie. Ils furent contraints, lors de 
la destruction, d'y repasser, et ils y sont demeurés. Cette 

.chapelle est régulièrement bâtie; elle est fort ornée en 



195 

dedans et très propre. L^autel, en forme de tombeau^ est 
de marbre; le chœur est environné d'une belle me- 
nuiserie; la sacrifie est magniiSque; on Ta augmentée 
depuis peu de deux petites chapelles, et d'une tour assez 
élevée. 

On voit dans la nef un tableau qui représente le plan 
élevé de l'ancienne église.. Il fut fait^ peu de jours avant 
sa destruction, par les soins de M. de Bras, comme il le 
marque lui-même dans ses Antiquités de là ville de 
Caen. 

Le chapitre est composé d'un doyen et de lo canonicats, 
dont il y en a un affecté au doyenné. Ces canonicats sont : 
La Mar'e, Anzerey, Anîsy, PEscrivain, Bourguébu, le 
,Perrier, Moult, Quatre-Puits, Varaville et Urville. Mon- 
sieur révêque de Bayeux nomme seul au doyenné, et 
alternativement avec le doyen, aux prébendes. 

Il y a encore 6 chapelains, un cusios, un maître de 
musique, 4 enfants de chœur et un bedeau. 

• Le doyen présente à Brouay, à Épron, à la première 
portion de Cramesnil, et à Soliers. 

Sous lepiscopat de M. d'Angen nés, les chanoines du 
Sépulchre eurent une contestation avec les curés de la 
ville, touchant le pas dans les processions publiques et 
dans les autres cérémonies publiques. Pour empêcher le 
procès prêt à s'élever entre eux, M. d'Angenncs fit, par 
provision, un statut le 16 juin 1645, par lequel il fut 
réglé que dans les actions publiques oti tout le clergé est 
obligé de se trouver en corps, les chanoines, suivant la 
coutume, iront derrière, distingués des autres ecclésias- 
tiques, et que dans l'église ils prendront le côté droit du 
chœur, et les curés le côté gauche, ce qui subsiste encore. 



1^6 

LISTE DES DOYENS DU SÉPULCHRE 

I. — Guillaume Acarin, clerc, originaire de la paroisse 
de Grainvîlle, après avoir fondé cette collégiale, en fut 
nommé le doyen par Tévéque de Bayeux, suivant une 
chartre de i23o. Il vivait encore en i238 (i). 

II. — Jean le Moine, cardinal fondateur du collège de 
son nom à Paris, doyen de Téglise de Bayeux et du 
Saint-Sépulchre de Caen. Il mourut à Avignon en i3i3, 
et son corps, reporté à Paris, a été enterré dans Téglise de 
son collège. Il était doyen du Sépulchre en i3o3. 

III. — Pierre Le Certain, doyen en Tannée 1372, fit 
un traité avec Pierre Pinchar, général de Tordre des 
Croisiers, par lequel ce dernier obligea les religieux de 
son ordre, nouvellement établis à Caen, de faire tous les 
ans deux processions de leur église à celle du Saint-Sé- 
pulchre, aux fêtes de TInvention et de T Exaltation de la 
Sainte-Croix (2). 

IV. — Roger d'Estampes, doyen du Sépulchre, oflScial 
de Bayeux au siège de Caen en 1465. II assista à TÉchi* 
quier de Normandie en 1474. Il fut nommé arbitre avec 
le patriarche d'Harcourt, évêquede Bayeux, pour terminer 
la même année le procès entre May d^Houllefort, bailli 
de Caen, et Pierre et Guillaume de Brieux père et fils, 
touchant la seigneurie de Maisoncelles-sur-Ajonc (3). 

V. — Guillaume Michel, doyen en i5oo. 

VI. — Léon Conseil, doyen du Sépulchre, chancelier 
de Péglise de Bayeux, vicaire général du diocèse (4). 

(i) Orig, de Caen, p. Sag, 225 et 233. 

(2) Jean de Villers, IV» Doyen. G. Villers. 

(3) liist. Harc, t. II, p. 1998 et t. I, p. 908. 

(4) Reg. du secrétariat de Bayeux. 



197 

Anno D** i523 die 20 mensis februarii V* magtster 
Léo Conseil cancellarius Bajoc, ac Decanus ecçlesiœ 
collegiatœ 5" Sepulchri de Cadomo, consentit, ac con- 
sensumprœhuit resignationi faciendœ de canonicatu et 
prcebenda in eadem ecclesia collegiata, etc. Il mourut 
en i528. 

VII. — Jean Conseil, neveu du précédent, fut d'abord 
chanoine de Castilly en l'église de Bayeux, puis chanoine 
de la Haye, scholastique en la même église, et doyen du 
Saint-Sépulchre de Caen. Il avait remis le canonicat de 
Castilly en i523. Il mourut en 1543. 

VIII. — Jean-Baptiste Péchion, clerc du diocèse de 
Milan, fut amené en France par le cardinal de Trivulce, 
évéquede Bayeux, qui en fit son vicaire général (i), et lui 
donna un canonicat dans son église. Il succéda à Jean 
Conseil dans le doyenné du Sépulchre en i543. 

IX. — Henri C lutin, doyen, mourut en i553. 

X. — Geojffroy Duval^ clerc du diocèse de Paris (2), 
conseiller au grand Conseil, archidiacre de Bayeux par 
collation du 20 juillet i552, doyen du Sépulchre par 
collation du 16 novembre i553, et chanoine de Cartigny 
à Bayeux ; résigna Tannée diaprés son doyenné au sui- 
vant, et sa prébende de Cartigny à Jean d'Aussenville, 
clerc de Rouen. On lit encore que Germain Du val, clerc 
du diocèse de Paris, prit un visa le 29 septembre i556, 
pour le canonicat de Cartigny, vacant par le décès de Jean 
d'Aussenville, que Nicolas Duval, clerc du même diocèse, 
en prit un pour le canonicat de Bernesq le 27 dé- 
cembre 1570; et que François Duval, clerc du même 

(i) Reg. de l*ÉYêché. 
(2) Reg. de l'Évêché. 



198 

diocèse, en prit un aussi en 1 5 7 1 pour la prébende de 
Saint-Patrice. 

XI. — Philippe Rémon, conseiller clerc au Parlement 
de Rouen en i S46, fut pourvu, sur la résignation du 
précédent, du doyenné du Sépulchre par un visa du 
3 mai 1 554, ^^ ^" P'^^ posssession le 29 août suivant. On 

'le voit revêtu de la prêtrise en 1557. 

XII. — Geoffroy Rémon, clerc, prit possession du 
doyenné le 5 mars i56oy et il fut reçu en qualité de doyen 
et de confrère par le chapitre, in decanum et confra^em 
receperunt (1). Il eut la douleur de voir abattre sa 
superbe église du Saint-Sépulchre par ordre du gouver- 
neur de Normandie. 

XIII. — Claude de Chanleu fut nommé doyen le 
28 décembre t562 (2), sur la résignation du précédent. 
Les registres de TÉvêché font ifoi qu'il avait été pourvu 
d'une prébende au Sépulchre par collation du 20 sep- 
tembre i552, d'une autre au même lieu le 29 juillet i554, 
de Tarchidiaconé de Bayeux par dévolut en i557. Ils 
marquent encore qu'étant docteur en droit et curé d'Her- 
manville, il permuta cette cure pour la prébende d' Albray 
en réglise de Bayeux, dont il prit le visa le 14 dé- 
cembre 1577, ^t 4^^ 1^ même année il résigna son 
doyenné au suivant. En ce cas là, M. Huet se serait 
trompé (3) quand il dit qu'il fit faire en i58o, comme 
doyen, les chaires du Sépulchre de Caen. II le qualifie 
docteur aux droits, abbé de Bucilly, ordre de Prémontré, 
diocèse de Laon, préfet de Péroaneet officiai de Bayeux. 



(i) Reg. du Sépulchre. 
(a) Reg. du Sépulchre. 
(3) Orig, de Caen, p. 2»5. 



>I99 

XIV. — Antoine de Atelier, docteur ès-droits, diacre 
du diocèse d^Embrun^ et promoteur de Tévéché de 
Bayeux au siège de Caen, fut pourvu, par collation du 
28 septembre iSjy, du doyenné, sur la démission de 
Claude de Chanleu. Il accompagna M. de Saint-François, 
èvêque de Bayeux, dans la visite qu'il fit en i58i à 
l'abbaye de Troarn. 

XV. — Philippe Le Vavasseur était doyen du Se- 
pulchre et officiai de Bayeux au siège de Caen en 1600. 

XVI. — Thomas Blanchard, clerc, prit possession du 
doyenné le 11 novembre 161 1. Il est qualifié, dans son 
acte de possession : nobflis et bonœ spei adolescens. Il 
fut promu au sons-diaconat le 18 avril 161 5, et à celui 
de diacre le 2 avril 1616. Il ne paraît pas qu'il ait avancé 
davantage (i). Il demanda le 6 mai 161 5 au chapitre 
d'avoir séance tant au chapitre .qu'au chœur, selon sa 
qualité de doyen, et ordre de sous-diacre ; sur quoi les 
capitulants ayant mûrement délibéré, et vu et lu les 
statuts de la dite église, ordonnèrent, suivant iceux, qu'il 
n'aura séance au chœur de la dite église que celle qu'il a 
prise ci-devant, jusqu'à ce qu^il soit promu à l'ordre de 
diacre. Il n'obtint l'effet de sa demande que le 6 avril 1 6 1 6, 
jour auquel il présenta au chapitre sa lettre de diacre. 

XYII. — Isaac le Comté, prêtre, licencié aux droits, 
vicaire gérant en l'officialité de Caen, doyen par permu- 
tation avec le précèdent le 8 février 1618, en eut la colla- 
tion de M. l'Évêque le 14 février suivant. Il était aupa- 
ravant curé de Ronfiigeray. Il eut beaucoup de part aux 
controverses qui furent tenues de son temps à Caen contre 
les Calvinistes. Il servit de second à François Véron, 

(i) Reg. du Sépulchre. 



200 

controversiste, dans celle qu^il eut avec le fameux mi- 
nistre Samuel Bochard. Leurs actes furent imprimés de 
part et d'^autre, et la victoire fut réclamée par les deux 
partis. Les actes de Bochard parurent à Saumur, en 
2 volumes in-8<>,en 1 63o. M. le Comte résigna son doyenné 
au suivant. On trouve dans les registres de Tévéché, un 
Isaac le Comte, prêtre, mort curé d^Athis, proche Condé, 
en 1 648 ; mais je n'oserais assurer que ce soit le même. 

XVIII. — Nicolas le Comtes prêtre, docteur ès- 
droits, chanoine de la Mare en Téglise du Sépulchre, fut 
nommé doyen dudit lieu par permutation avec Isaac le 
Comte, son oncle. LMvêque de Bayeux ratifia, le 10 juil- 
let 1637, la permutation, et la provision de Rome. Il fut 
nommé député du clergé à la place de Tévéque de 
Lisieux, en lôSo^pour rassemblée des États-Généraux 
qui furent tenus à Tours la même année. Il tenait en 
commende le prieuré de Notre-Dame-des*Moutiers. Il fut 
établi officiai de Bayeux au siège de Caen par lettres 
données à Caen le 3 juillet i655 (1). 

XIX. — Alexandre le Comte, doyen, obtint, le 
8 juin t685, du Parlement de Rouen, un arrêt qui or- 
donnait qu^en sa qualité de doyen il fera Toffice préfé- 
rablement aux autres chanoines dans les jours marqués 
au dit arrêt, et que les chanoines ne pourront faire 
aucunes fonctions ecclésiastiques sans sa permission 
expresse, ou qu^en cas d^absence de sa pai:t. Les chanoines 
vinrent en opposition, et en obtinrent un autre du même 
Parlement en date du 27 février 1687 qui, après les 
avoir reçus opposants xau précédent arrêta ordonne qu^il 
sera rapporté comme surpris, et néanmoins, du consen- 

(i) Reg. de TÉvéché, i655, p. i et a. 



201 

tement des parties, a ordonné que le doyen officiera les 
fôtes de Pâques, du Saint-Sacrement et du Jeudi-Saint, 
préférablement aux chanoines de la dite église, sans pré- 
judice du tour du dit doyen dans les autres jours de 
fête de Tannée, et à Tégard de ses autres prétentions, en 
useront les parties comme par le passé ( i ). 

XX. — Guillaume Renouf, obtint le doyenné du Sé- 
pulchre en 1693, sur la résignation du précédent. Il était 
extrêmement entreprenant. Il tâcha de se faire déclarer 
pasteur et curé des chanoines ; il fut débouté de sa pré- 
tention comme son prédécesseur, par sentence contra- 
diaoire du bailliage de Caen du£ février 1 704. Il mourut 
en 1718. 

XXI. — François Suhard de Loucelles, bachelier en 
théologie, ancien curé de Saint-Jean de Caen, prieur de 
Ponthiou et syndic du clergé ; doyen par la résignation 
du précédent du 25 mars 171 5, obtint ses provisions de 
Rome au mois d'avrilsuivant. Son résignant s^opposa à 
sa possession, en ce qu^il rétracta sa démission par acte 
du 16 juin, et puis il révoqua sa rétractation le 3 juillet 
suivant, de sorte que par là les provisions du pape 
étaient caduques, parce que M. de Nesmond était mort 
au mois de juin 171 5. Le droit de régal étant donc 
ouvert avant que M. Suhard eut pris possession, il fut 
obligé de s^adresser au Roi pour obtenir une nouvelle 
collation qui lui fut accordée le 14 février 171 6, et il prit 
possession le 24 du mois de mars suivant. Il a contribué 
à Tédiiication de la belle sacristie de son église, comme 
on le voit par^ses armes qui sont sur la porte. Il mourut, 
en 1743, le 18 décembre. 

(i)Reg. du Sépulchre. 



ao2 

XXII. — ' Louis^François Poignavant, docteur en 
théologie, doyen du Sépulchre, mourut le ii jan- 
vier 1760. Il est enterré dans son église, vis-à-vis de 
Pautel de la Vierge où Ton voit, sur une médaille de 
marbre placée sur le pavé, cette épitaphe : HicjacetLudo^ 
vicus^Franciscus Poignavant, sacrœ theologiœ Doctor, 
hujusce ecclesiœ Decanus, qui eam virtute et beneficiis 
ornaifit, adauxit, et mœrentem cœlo victurus reliquit 
die II januarii anno lyôo. 

XXIII. — Jean-Jacques-François Godard, prêtre, 
ancien professeur royal d^éloquence, et auparavant de 
rhétorique en TUniversité de Caeh, principal du collège 
des Arts, a requis le doyenné comme gradué et professeur 
vétéran ; à quoi s^est opposé Bernardin Housset, prêtre, 
chapelain fondé en Téglise de Saint- Pierre de Caen. 
L^affaire est actuellement pendante au Parlement. 



PAROISSES DE LA VILLE ET FAUBOURGS DE CAEN 



Saint-Étienne est, sans contredit, une des plus an- 
ciennes paroisses de Caen, et les vieux titres l'appellent 
ordinairement Saint-Étienne-le-Vieil. M. de Bras dit 
qu'elle fut dédiée en 35o par saint Régnobert, évoque de 
Bayeux. Cette opinion est rejetée avec justice par 
M. Huet. Néanmoins, en suivant le sentiment de nos 
savants antiquaires, qui font descendre Tépiscopat de 
saint Régnobert au milieu du vn« siècle, il paraîtrait 
assez vraisemblable que ce saint évéque aurait pu fonder 
cette église» ainsi que les autres dont on lui attribue la 
fondation, puisqu'alors la ville de Caen devait se former 



203 

constamment. Je ne serais pas éloigné de penser de 
même. 

' L'on fait aussi divers jugements sur Pantiquité du 
bâtiment de son église. Uopinion la plus commune est 
que le chœur avec le clocher, la croisée et la nef ont été 
faits à divers temps, et la diversité de la construction fait 
voir que la nef est plus récente que le reste. On doit con- 
clure de là que cette église n^est point le vieux monastère 
de Saint-Étienne, dont il est parlé dans la chartre de 
Tabbaye de môme nom, d'autant plua que Tarchitecture 
est moins ancienne que celle de Tabbaye. Elle paraît 
pourtant précéder le siècle de Hugues Bureau, seigneur 
de Giberville, lieutenant général du bailli, à qui Ton en 
attribue la construction. Il vivait à la fin du xv« siècle. 
On lui fait cette attribution par rapport à ses armes qu'on 
voit à la voûte de la nef, et dans une des vitres du côté 
du midi. / 

La cure est à la présentation de Pabbesse de Sainte- 
Trinité. Cest \în échange fait avec Téglise cathédrale de 
Bayeux, comme on Tapprend de la chartre de fondation 
de l'abbaye de Sainte-Trinité. 

Saint'Georges-dU'Chdteau. Cette paroisse est plus 
ancienne que le château dans lequel elle est située. Le 
duc Guillaume, en faisant bâtir le château, détruisît une 
partie des maisons qui couvraient cette montagne sur 
lequel il est placé. On en trouve encore des ruines 
lorsqu'on creuse le terrain de la place d'Armes. Il con- 
serva seulement Téglise qui servait de paroisse aux 
habitants. Le ' patronage appartenait alors à Téglise de 
Notre-Dame de Bayeux. Il fut échangé avec Tabbaye de 
Sainte-Trinité un peu après sa fondation. 

Il y a deux chapelles dans cette église, Saint-Gabriel et 



204 

Sanit-Aignan. Elles ne sont point annexées à la cure. 
On voit néanmoins, par d^anciens mémoires, que depuis 
près de 200 ans, les curés en ont toujours joui par diffé- 
rents titres. On ignore le temps et le nom de leurs fon- 
dateurs. La première n'a que 2 1 livres de revenu, payé 
par le domaine sur les fiefs et aumônes du Roi ; l'autre a 
37 livres 10 s., pris sur THôtel-de- Ville. Quelques-uns 
croient que la dernière a été fondée par la maison d'Or- 
léans, d'autres par un doyen de l'église de Saint- Aignan 
d'Orléans. 

On voit plusieurs épitaphes dans cette église ; voici les 
principales. Dans le sanctuaire, du côté de l'Évangile, il 
y a un mausolée de carreau sur lequel on voit une statue 
d'homme à genoux, armé de toutes pièces, la tête décou- 
verte et les mains jointes» avec ces inscriptions : 

Cy-gist le corps de M'* Jaques de Courcy, chr. Sgr. de Vieux - 
fumé, pourvu par le Roy l'an 1666 de la charge de major et 
commandant des ville et château de Caen, et le S»* juin 1668 a 
remis la dite charge à S. M., laquelle en a disposé le 5^* de 
juillet en faveur de M^ Jaques de Courcy son fils aîné, après quoy 
le dit sieur du Vieux-fumé est décédé le ,10 d'aoust 1688, figé viron 
de 79 ans. 

Cy-devànt gtst aussi le corps de Mr« Jacques de Courcy, chr. 
Sgr de Courcy, colonel du Rs^ des Gardes d'infanterie de S. A. E. 
de Cologne, major et commandant des ville et château de Caen, 
lequel décéda le i5 may 1701 âgé de 61 ans. 

Et cy-devant gist encore le corps de noble dame Charlotte de 
St Clair, fille de M^» François de St Qair, chevalier, Sgr de Baucbe, 
d'Érangeville et de Ceneteux son épouse laqle décéda le 6 jan- 
vier 1701 âgée de 38 ans. 

De l'autre côté du chœur, on lit en latin cette épitaphe 
de messire Benjamin de Combes, seigneur et patron de 
Terceville, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- 



203 

Louis, capitaine de vaisseau, ingénieur, directeur des 
fortifications de Normandie et capitaine d'infanterie, 
décédé le 12 juillet 1710. 

Hic jacet 

Benjaminus de Combes 

eques, dominus de Terceville 

in quo 

Vinim habuit inclytum Gallia, et raptum luget 

militia Ducem 

domus patrem 

Ecdesia patronum 

* Neustria primarium urbibus muniendia pnefectum 

Populus tutorem. 

Hune 

fortitudo nobîlitate et gloria intignem 

fortuna affinem vins Gallis primatibua 

Religio pium 

justitia squi ténacem, 

bellica virtus heroem 

fecit. 

Audiit terrentem ConatantinopoHs, 

Creta imimpentem, senait et vtncentem» 

Littora timuerunt fùlminantem Africana, 

vidit Ludovicus pugnantem et Laudavit 

plus vice simplici. 

oui 

sua munimenta Dunkerqua, suas arces, 

suos Nova-Francia portuSi 

hostilis incursus securos 

débet. 

Dignus 

qui maximi Regum steculo nasceretur 

qui tardiori eriperetur fato, 

qui in natorum memoria vivat, 

qui in munificentis viduae nobilis et pue 

verendis sacris mjrsteriis sternum 

hic commendetur. 

Obiit anno post Christum natum MDCCX 

m jdus julii, statis LXI. 



206 



On voit encore celles! au même endroit : 

Icy repose 
Le corps de noble Dame Geneviève de Villette, veuve de Mre Ber- 
nardin François le Bas, Sgr et Patron de Cambes, du Molay et autres 
lieux, dame et patronne d'Avenay, U<iuelle est décédée le 1 1 avril 
I . . . ornée des vertus morales et chrétiennes dans la 5o"* année de 
son ftge. 

Priés pour elle. 

SainUGilles, Cette paroisse est située à Textrémité d^un 
faubourg auquel elle donne son nom. On Ta surnommée 
Saint-Gilles de Couvrechef, paoce que le hameau de même 
nom, comme ceux de Calix et de Calibourg, sont de son 
territoire. Le portail de Téglise^d^une savante architecture, 
estimé par les connaisseurs, est Pouvrage d^un prêtre de 
Caen nommé Biaise, qui a mérité d'avoir son éloge parmi 
les illustres citoyens de Caen. La cure est à la présentation 
de Tabbesse de Sainte-Trinité, dame et patronne de Saint- 
Gilles. 

L^abbaye de Sainte-Trinité, la collégiale du Saint- 
Sépulchre, et les chapelles de Saint-Thomas TAbatm et 
de Sainte- Agathe sont du district de cette paroisse. (Déci- 
siçn de M. Pévéque de Bayeux.) 

La chapelle de Saint-Thomas avait été bâtie de temps 
immémorial. Elle fut réédîfiée en 1483 par Jean Le Che- 
valier, curé d^Hérouville et chanoine de Bayeux. Il fonda 
un autel dans la nef, du côté droit, sous te titre de Saint- 
Quentin, y assigna des revenus considérables, et se réserva 
le droit de présentation, et après lui à son frère Enguer- 
rand Le Chevalier, écuyer, sieur de Bernières, et à ses 
hoirs. Il en fonda un autre en 1487 dans la même nef, 
au c0té gauche, sous Tinvocation de saint Sébastien, 
dont il se réserva pareillement le droit de présentation et 



207 

à Roger Le Chevalier, son neveu. Uabbesse de Caen con- 
sentit à ces deux fondations, moyennant que le droit dé 
collation lui appartiendrait. 

La chapelle de Sainte- Agathe prend ses revenus sur 
les dîmes de la paroisse de Oiberville. Elle est à la présen- 
tation de Tabbesse de Caen, et à la collation de Tévéque 
diocésain. 

Saint^ean, Cette paroisse est située dans une île que 
forme la rivière d^Orne. Elle donne son nom à une des 
prébendes de la cathédrale de Bayeux qui, avec celles de 
Saint- Pierre et de Notre-Dame de Froide- Rue, fut fondée 
vers Tan ii53 par l'évêque Philippe d^Harcourt. Il suit 
de là que Texistence de cette paroisse a précédé cette fon- 
dation. 

Mais la structure de son église est bien postérieure. La 
tour qui est au bout fut bâtie en 1434; celle du milieu, 
qui est demeurée imparfaite, ne fut commencée que le 
siècle après, du temps de M. de Bras. Celle-ci est ouverte 
en lanterne, et regardée des architectes comme un ouvrage 
de distinction. 

Elle fut pillée par les Protestants en i562 ; ils démo- 
lirent et brisèrent une haute et belle croix qui était devant 
le portail, et ils emportèrent le cuivre doré dont ^lle était 
faite (i). 

Cette riche croix enrichie de personnages et de fleurs 
de lys aux aboutissements, avait plus de 16 pieds de hau- 
teur, et était grosse comme la cuisse d'un homme. C'était 
un présent de Pierre Blondel, docteur ès-droits, chanoine 
de Coutances, officiai à Saint- Lô, et natifdeceue paroisse 
Saint-Jean. Ils enlevèrent aussi du milieu du chœur un 

(i) M. de Bras, p. 179. 



208 

grand candélabre à i6 branches qui avait été donné par 
Jacques Avoyne, secrétaire et doyen de la Faculté de 
Théologie, et principal de Fancien collège d^Avoyn^. 

On a réparé tous ces dommages par un grand autel 
enrichi de 6 grandes colonnes et autres ornements, lequel 
est isolé et a deux faces. Le tableau représente le baptême 
de Jésus-Christ; cVst un des beaux morceaux du célèbre 
M. Le Brun, que M. Huet, évêque d'Avranches, s'ap- 
plaudit d'avoir obtenu de lui pour en faire un présent à 
cette église oii il avait été baptisé. Ce peintre en faisait 
tant de cas qu^il offrit, peu de temps avant que de mourir, 
une somme considérable pour qu^on le lui remît. 

Suivant d^anciens statuts renouvelés en ï53j, le clergé 
de cette église doit être composé du curé et de 6 chape- 
lains fondés, aveC/ obligation d'assister à Tofficè en surplis 
et aumusse. Le curé est à la pleine collation du chanoine 
de Saint-Jean, qui a droit de visite et de déport sur cette 
église, et les chapelains sont à la nomination des parois- 
siens. 

SainUJulien. Cette paroisse subsistait dès Tan 1289, 
comme on rapprend des registres de Tévêché de Bayeux. 
Sa juridiction sMtend dans la campagne et dans la ville 
jusqu'à la rue des Cordeliers, au puits de TEpinette^ et 
au carrefour Guérin (i), d'oti il s'en suit qu'elle est bien 
plus ancienne que les murs qui ferment la ville de ce 
côté-là. L'église est fort simple et bâtie au pied d'un ter- 
rain élevé, qui rend sa position désagréable du côté du 
cimetière. Les anciens curés prenaient la qualité de prieurs, 
parce que la cure est à la pleine collation du commandeur 
de Voismer, près Falaise, de l'ordre de Malte. 

(1) Décision de Tévêque de Bayeux. 



209 

La chapelle de Notre-Dame-des-Champs est sur cette 
paroisse. Son origine est si ancienne qu'on ne la connaît 
point. On y voit des tombeaux de près de 600 ans d'anti- 
quité. Elle doit 3 messes par semaine. Le seigneur du 
iief de Beauregard y présente. Ce fief est situé dans la 
paroisse de Saint-Gilles, derrière le parc de Tabbaye des 
Dames. 

Saint-Martin. Cette paroisse s^appelait autrefois Saint- 
Martin-de*la-Tannerie, parce que plusieurs de ses habi- 
tants exerçaient le métier de tanneur sur le nouveau cours 
de rOdon. Elle s^étend d'un côté dans la campagne jus- 
qu'au hameau de la FoUie qui en dépend, et de l'autre 
dans la' ville jusqu'à la place du Pilori. Ce qui fait voir 
qu'elle est plus ancienne que les murs de la ville qui la 
partagent. 

L'église n'a rien de remarquable. Le patronage appar- 
tient à Pabbaye de Sainte-Trinité par réchange qu'elle en 
a fait avec Téglise cathédrale de Bayeux, Mgr l'évéque 
de Bayeux, décimateur. 

Saint'Michel de Vaucelles. Vaucelles est un des plus 
grands faubourgs de Caen. C'est le titre d'un des doyennés 
ruraux de Tarchidiaconé d'Yesmes. L'église paroissiale 
de ce faubourg est sous l'invocation de Saint-Michel 
archange ; mais elle est de la juridiction et du doyenné 
de la Chrétienté de Caen. Ce faubourg est séparé de la 
ville par la rivière d'Orne, et la juridiction s'étend jusque 
dans la rue Exmoisine, au-delà de l'ancienne porte Millet. 
M. Huet estime que le pont de Vaucelles a été l'origine 
du bourg, car, comme c'était, dit-il, l'entrée du Bessin^ et 
un des principaux lieux de communication entre la Haute 

14 



210 



et la Basse Normandie, ritnportance de ce passage y attira 
des habitants qui formèrent enfin une paroisse. 

Nous apprenons de la chartre de fondation de Tabbaye 
de Saint-Étienne que ce fut Guillaume, duc de Nor- 
mandie^ son fondateur, qui aumôna le patronage et les 
dîmes de Vaucelles qui en dépendent. L^abbé de Caen 
présente depuis ce temps-là à la cure. 

La chapelle du Reclus, ou Notre-Dame des Cheveux,* 
est du district de cette paroisse. Elle est situép dans la rue 
d^Auge, près du gros orme. On la nomme Notre-Dame 
des Cheveux à cause de son ancien tableau, où la Sainte 
Vierge est représentée avec des cheveux fort longs et épars 
sur les épaules, et : du Reclus, par rapport aux religieux 
qui Pont autrefois habitée. Elle appartient à la fabrique 
de Téglise de Saint-Michel de Vaucelles, et on n^y dit 
qu^une messe par an, à un des jours des Rogations. 

Saint-Nicolas. On ne saurait douter que cette paroisse 
ne soit ancienne, puisqu^il en est fait mention comme d^une 
paroisse déjà érigée dans la chartre de confirmation de 
Pabbaye de Sainte-Trinité. Son église est grande, belle et 
complète dans son dessin qui est fort dégagé, avec une 
tour sur son portail. L^abbé de Saint-Etienne de Caen 
présente de plein droit à la cure. Le temps et les nouvelles 
fortifications ont fort changé Jes bornes de cette paroisse, 
car elle s'étendait autrefois jusqu^à Tîle Renaud, hors 
Tenclos de la ville, derrière Tabbaye de Saint-Étienne. 

On trouve 3 chapelles sur son territoire : Saint-Biaise, 
proche Péglise paroissiale, Notre-Dame de Beaulieu et le 
Nombril-Dieu, dans le quartier de la Maladrerie. 

La chapelle de Saint-Biaise n^est point érigée en titre. 
Elle dépend de Tabbaye de Saint-Etienne. On y fait 



211 

l'office le jour de saint Biaise qui est son patron ; c^est le 
seul office qu^on j fasse pendant Tannée. 

Notre<rDame de Beaulieu était une paroisse dans le 
temps que la lèpre était une maladie populaire, et que 
cet hôpital était plein dé lépreux qui avaient besoin d^as- 
sistance spirituelle. Les fonds baptismaux, que Ton j voit 
encore, sont une preuve de ce qu^elle a été ; mais lorsque 
la lèpre a cessé, elle a été réduite à une simple chapelle. 
On y dit la messe tous les dimanches. Les Echevins de 
Caen en sont les patrons. 

La chapelle du Nombril-Dieu, sous le titre de la Sainte- 
Trinité, est comme la précédente dans le quartier de la 
Maladrerie. Elle n'a qu'un revenu médiocre. L'abbé de 
Saint-Etienne de Caen la confère de plein droit. 

Notre-Dame'de-Froide'Ruee&x^irm surnommée parce 
qu'elle est située dans la rue qui porte le même nom. Elle 
est très ancienne. On croit à Caen que saint Regnobert, 
évéque de Bayeux, a bâti autrefois une chapelle au lieu 
oîi est à présent l'église de Notre-Dame, et Ton y voit une 
inscription contre un des piliers qui marque que saint 
Ouen, transférant les reliques de saint Marconi, se reposa 
dans ce même lieu ; mais l'inscription, dit M. Huet, étant 
plus récente que l'église, et l'église plus récente de plu- 
sieurs siècles que saint Regnoben, cette tradition, à 
laquelle on fait percer tant de siècles, devient fort dou- 
teuse. On dit aussi qu'elle a été premièrement fondée 
sous rinvocation de saint Léonard. Cette paroisse donne 
le titre à une des prébendes de la cathédrale de Bayeux, 
et son titulaire nomme à la cure de plein droit. Le gros 
de la prébende de Froide-Rue consiste en 21 acres et 
3 vergées de terre situées à Douvres, en plusieurs pièces. 

Il y a plusieurs confréries dans cette église, entre autres 



212 

celle de Saint- Eastachç, érigée le lo mai 1443, et celle de 
la Charité de Notre-Dame, le 1 2 août 1448 et 5 août 1454. 
Mgr de Nesmond, sur la requête de Jacques de Guerville, 
curé de Notre-Dame, confirma ces deux confréries par 
actes du 4 août 1664 (i), mais il réduisit les charges de 
la première qui étaient de deux messes par jour à une, et 
il changea la fête principale de la seconde qui était PAs- 
somption^ à celle de la Nativité de la Sainte Vierge. 

Jacques de Guerville, curé de Notre-Dame de Caen, a 
mérité un éloge particulier parmi les illustres citoyens de 
Caen, par sa piété et sa science (2). M. de Saint- Martin 
en a composé aussi une courte histoire, qui est un ouvrage 
ridicule. Ce curé a composé quelques ouvrages de piété 
en faveur de ses paroissiens : Pratiques de piété pour 
passer chrétiennement la semaine sainte conformément 
à r esprit et à la doctrine de Péglise catholique, dres- 
sées par noble et discrète personne M^ Jacques de Guer^ 
ville, prêtre, curé de N.-D, de Caen, en faveur de 
Vdme fidèle, laquelle désireuse de sa perfection veut 
adorer Dieu en esprit et en vérité. Cet ouvrage, dont le 
titre est assez long, n^est qu^un in- 16 de 120 pages, im- 
primé à Caen chez Morin Yvon, en 1688 et 1716. Il fut 
approuvé par deux actes particuliers, le 12 mars 1674, ^^ 
Messire Delauney-Hue, docteur de Sorbonne, et Le Nor- 
mand, docteur en théologie, curé de Louvigny^ M< de 
Guerville mourut âgé de 46 ans, le 18 juin 1676, et fut 
enterré dans son église, oti Ton voit son éloge. 

Saint'Ouen. Cette paroisse a été dédiée sous Pinvo- 
cation dé saint Ouen et de saint Barthélémy, et ces deux 

(i) Reg. du secret, de Tévêcké, an 1664, p. 22 et a3. 
(a) Orig, de Caen, de M. Huet, p. 392. 



213 

saints sont ses patrons. Il n*en faut pas chercher d^autre 
raison; dit M. Huet, que la rencontre de ces deux fêtes 
dans un même jour. Sa situation sur TOdon la fait 
appeler Saint-Ouen-sur-rOdon. L^aocien et le véritable 
nom de cette paroisse est Villers, qui est encore demeuré 
à sa principale place. L'abbé de Saint-Etienne de Caen y 
présente de plein droit. 

Saint-Pierre. Cette paroisse, par rapport à sa situation 
au cœur de la ville, commode pour les cérémonies pu- 
bliques, est regardée comme la première et principale 
paroisse de Caen. C^est là en effet que s^assemblent les 
processions générales, et où se font tous les autres actes 
solennels. LMglise, bâtie en croix, est magnifique. Elle a 
12 piliers dans sa longueur de chaque côté, et un rang de 
chapelles règne tout autour, avec un corridor fort bien 
voûté. Le grand cul-de-Iampe de pierre de 1 1 pieds en 
saillie au dessus du grand autel est un ouvrage hardi, et 
on en voitd^autres assez beaux dans les chapelles derrière 
le chœur. 

Cette église est couverte en plomb. Elle a un grand 
portail orné d'une tour qui porte une superbe pyramide 
de pierre percée à jour et ouVerte en roses. C'est là où 
sont les plus belles cloches de la ville. Son bâtiment a été 
fait à diverses reprises. M. de Bras en a marqué quelques 
dates : le clocher en 1 3o8, Taile du côté du carrefour en 
1410, l'autre aile, quelque temps après, le rond-point et 
les voûtes du chœur et des ailes en i52i, par Hector 
Sohier, célèbre architecte de Caen. 

Son clergé est composé d'un curé, 2 vicaires et 1 2 prêtres 
titrés, qui ponent l'aumusse sans former ni collège ni 
chapitre. Le curé est à la nomination de plein droit de 



214 

Mgr révéque de Bayeux, et les prêtres habitués à celle des 
officiers et députés de la paroisse. 

Cette église donne le titre à une des prébendes de la 
cathédrale de Bayeux, laquelle fut, avec celles de Notre- 
Dame et de Saint-Jean, fondée le 7 mars 1 1 53, selon les 
registres de Tévêché, par Philippe d'Harcourt, évêque de 
Bayeux, d^où Ton infère que Texistence de cette paroisse 
est antérieure à Tépoque de cette fondation. 

Il y'a une confrérie célèbre de Sainte-Cécile, qui fut 
fondée et érigée dans cette église le 25 d^octobre 1 564, et 
confirmée en même temps par Qaude de Chaulieu, doc- 
teur aux droits, doyen de Péglise collégiale du Saint- 
Sépulchre de Caen, et officiai au dit lieu, vicaire général 
au spirituel et temporel de M. d^Humières, évêque de 
Bayeux. Mgr de Nesmond confirma, le 21 octobre 1680^ 
les statuts au nombre de 2 1 articles, qui furent imprimés 
la même année. 

Jean du Bec, curé de Saint-Pierre de Caen, permuta ce 
bénéfice le 26 sept. 1462 avec Philippe de la Rose (i) 
pour la dignité de Trésorier de Rouen (2). Il résigna^ en 
1 5oo, cette dignité à son oncle Charles du Bec, conseiller 
au PaHement de Paris. Il fut aussi archidiacre de Caen, et 
chanoine de Cully à Bayeux. Il f)ermuta ce canonicat 
pour celui de Cambremer au dit lieu avec Jacques de 
Pellevé, qui en reçut le visa le 18 décembre 1471 (3). Il 
fonda son obit à Bayeux. Obitus Johannis du Bec^ the- 
saurarii Rhotomagensis, archidiaconi et canonici Bajo- 
censis sacerdotis. 

Saint-Sauveur. Cette église est située devant la place 

(1) Hist, des gr, qffic., t. a, p. 85. 

(a) Hist. de la cathéd, de Rouen^ p. 35i-35a. 

(3) Rcg. de révêché. 



215 

du Marché, vis-à-vis duquel on ouvrit, en 1767, la belle 
rue qui conduit à Tabbaye et au Bourg-PAbbé. Cestune 
de ces églises dont la fondation a été attribuée à saint 
Regnobert contre toutes sortes d'apparences. Son origine 
n^est pas plus certaine que celle des autres paroisses de 
Caen. On sait seulement par les registres de Pévéché et 
du chapitre de Bayeux qu^elle était déjà érigée en l'année 
1288. Le chapitre de Bayeux présente de plein droit k 
cette cure. 



^, LES COMMUNAUTÉS DE CAEN 

Le Prieuré de VHôteUDieu fut fondé dans lexii« siècle 
sous rinvocation de saint Thomas, martyr, et de saint 
Antoine, abbé. On y établit des chanoines réguliers de 
Tordre de saint Augustin au nombre de 10, y compris le 
prieur et un novice. La bulle du pape Innocent III, du 
mois d^avril 12 10, apprend que le fond où est située cette 
maison fut aumône par Guillaume comte de Magneville. 
Plusieurs seigneurs, à son exemple, y firent des fonda- 
tions dont on voit le détail dans cette bulle. Mais la ville 
de Caen ayant plus contribué à cet établissement que tous 
les autres, Thonneur et les droits de la fondation lui sont 
demeurés. Le droit de présenter à cette administration ùt 
à celle de la Maladrerie est un des privilèges accordés par 
les rois aux bourgeois de Caen. Ils élisent le prieur dans 
une assemblée de ville qui se tient devant le bailli ou son 
lieutenant, et les échevins. Ils présentent Télu à Tévéque 
de Bayeux qui lui donne sa collation, et il est mis en 
possession par le bailli. Les places des religieux sont 
remplies par le choix des échevins. 



2l6 

La grande salle où sont les pauvres est d'une ancienne 
structure (i). Elle a 120 mètres de long sur 3i de large« 
18 gros piliers en soutiennent les voûtes. L'église est 
placée à un des côtés de la salle : c'est là où le prieur et 
les religieux font l'office divin. Ils portaient autrefois des 
surplis dans leur maison et par la ville. Ils ont pris, 
depuis i562, le rochet blanc. Le prieur porte un bâton 
pastoral d^argent doré en faiisant son office. 

Ces religieux sont tenus de présenter quatre prêtres à 
Pabbé et à Tabbesse de Caen, qui en choisissent un pour 
le service de la chapelle et des pauvres, et le présentent à 
Mgr Pévéque de Bayeux pour recevoir de lui son institu- 
tion. 

Il présente à Basly, à Venoiit, à Clinchamps. 

USTE DES PRIEURS. 

Ranulphe est cité dans la bulle que Innocent III donna 
le 8 des ides d^avrîl 12 10, pour la confirmation des biens 
aumônes à THôtel-Dieu. 

Jean le Routier, prieur, acte du 21 janvier 1420 
(Tabell. de Caen, f" 16 verso). 

Hugues An\eray, prieur, est mentionné dans des 
contrats de 1440 et 1444 (Hist. Harc, t. I, p. 997). 

Simon Anquetil, prieur, et ses religieux, achetèrent de 
noble homme Jean Anzeray, écuyer, seigneur de Buron, 
5o livres de rente, le 3 janvier 1449 (Ibid.f f<> 121, recto). 
Il fait une donation de 5o écus d^or au dit prieuré pour 
dire des prières le 1 5 octobre 1462 (Ibid,, f« reao). 

Louis An\ef\iy, prieur, est cité dans un acte de 1464 
[Ibid, y p. 993, i3 registre, 1464, f» 2 recto). 

(i) M. de Braft, Ant. de Caen. 



217 

Jean de Bourbon, protonotaire du Saînt-Siége, prieur, 
résigna par son procureur Jean Lyrondel, docteur en 
droit, au suivant. 

Jean Le Tardif, licencié en droif, religieux de Tordre 
de saint Benoit, prieur par la résignation du précédent, 
reçut son institution de Pévéque, le 20 mai 1490 (Reg. 
de révôché). 

Guillaume Malherbe, chanoine du Saint-Sépulchre, 
et prieur de PHôtel-Dieu, est au rang des illustres ci- 
toyens de Caen dans Cahaignes (Éloge IV), Collegii S^ 
Sepulchriflamenfuit Guillelmus Malherbeus quiy licet 
ad spem attingendœ reipublicœ enutritus fuisset, 
tamen naturœ suœ^ cui repugnare difficilimum est, 
jussis obtemperans^ sacris sese addixit, etprœter illud 
flaminium, prioratum xenodochii Cadomei cum sacer- 
dotio non ignobili possedit . . .facilis erat ad coHvictum 
quorumlibet hominuniy lepidus congerro facetiarum, 
sale perurbanus, non nimis tamen ad séria quam ad 
jocos appositus, sed ubi séria per/ecerat, animi deleo' 
tamenta quœrebat,., summa Dei gratia vitam nullis 
fortunes ventis agitatam egit, ad felicem senectutem 
progressas, quod eafuerit morborum et animi passionum 
expers, magnoque propinquorum et amicorum numéro 
stipata, quam tandem mors sine sensu doloris excepit. 

Il fut chanoine du Sépulchre (V. les Doyens). 

Gaspard Vavasseur, chanoine régulier, et Croisier, 
fut élu unanimement pour succéder à Guill. Malherbe 
dans le prieuré de THôtel-Dieu. Cahaignes Ta mis aussi 
au rang des illustres citoyens de Caen (Éloge XCXVII) : 
« Virfuit apertus, dit-il, ab omnifuco alienus, et sic a 
naturafactus ut tacitos animijsensus prompte detegeretj 
qui licet non ita compti, validi tamen erant. Insuper 



2l8 

bonis ecclesiasticis fionestè usus, mensamjfro ratione 
facultatum quotidiè instructam patere hospitibus vo- 
luit, ad quant etiam primores civitatis interdum acce- 
debant ». 

Il fut obligé, à la fin, de satisfaire à Tarrét irrévocable 
de la nature. Sa mort attira bien des troubles et des 
divisions, lorsqu'il s^agît de lui donner un successeur. 
Ces troubles n'étaient pas encore finis vers i6oS, temps 
auquel M. Cahaignes faisait Péloge de ce prieur. 

Laurent Le Haguais, prieur, mourut en 1674. 

Jean Bouvet, prêtre^ prieur de la Carneilie, fut mis 
par visa du 24 avril 1674 (Registre de TÉvêché)^ en 
possession du prieuré de THôtel-Dieu de Caen, dont il 
était chanoine profis. 

Pierre de Gouville de Pontoger, prieur, décédé 
en 1 710. 

Louis Odet de Clinchamps, prieur, curé de Gray, fut 
nommé, le 13 mars 1710, prieur de THôtcl-Dicu dont il 
était profès. 

François Bobehier, prieur et profès de l'Hôtel- Dieu, 
mort en 1758. 

Marin Amiel, profès du dit lieu, prieur en 1758, cy- 
devant prieur de Dozulay, s^est acquis un nom par les 
oraisons funèbres qu^il a prononcées ; décédé le 1 5 sep- 
tembre 1776, âgé de 75 ans, et ancien conservateur de la 
confrérie de Sainte-Cécile. 



Les Carmes tiennent le premier rang parmi les 
religieux de Caen des ordres mendiants, et les précèdent 
dans les cérémonies publiques, parce qu^ils sont les seuls 
qui puissent justifier par titres leur première fondation. 



219 

Jean Pillette, bourgeois de Caen, fut leur fondateur. II 
leur donna le lieu où est situé leur couvent, dans la 
paroisse de Saint-Pierre, sur la rivière d'Orne. Cette 
donation se fit au mois de juin en Tannée 1278, parla 
permission de Pierre de Benais, évéque de Bayeux, et du 
consentement de Guillaume Pouchin, curé de Saint- 
Pierre, qui fut indemnisé par une rente de 10 livres, que 
ce» pères payent encore au curé de Saint-Pierre. 

Leur église fut établie dans la chapelle Sainte-Anne. 
Ils se sont« depuis, accru par diverses acquisitions et 
donations qui leur ont été faites. Ce couvent fut exposé à 
tous les pillages des Protestants, qui brisèrent les décora- 
tions magnifiques de leur église. M. de Bras, dans ses 
Antiquités de Caen, p. 175, en parle avec une espèce 
d'enthousiasme : <t J^ay été, dit-il, en la plus grande part 
des plus fameuses villes de ce Royaume, mais je n*ai veu 
aucun plus beau et singulier contre-autel que celuy des 
Carmes de cette ville, iqui était à petits personnages 
eslevez, peints et dorez de fin or battu, oti les mistères de 
rincarnation, Nativité, Passion, Résurrection, Ascension, 
mission du Saint-^Esprit, et le Dernier Jugement étoient 
représentés, voire de tant exquis anifices, quHl estoit 
réputé entre les plus somptueux, invitoit ceux qui le 
contemploient en grande dévotion. Comme aussi un 
trépassement Notre-Dame, près et 9u-<lessous du pulpitre, 
eslevez à grands personnages de la vierge Marie et des 
Douze-Apôtres, selon le naturel, et si bien représentez 
qu^ils sembloient déplorer le trépas de cette Vierge Mère, 
au devant duquel il n^y avait aucun autel eslevez, mais 
servoit seulement d'unç belle représentation d'histoire. » 
Ces dommages ont été réparés depuis, et les décorations 
qu'on voit aujourd'hui dans cette église ne font presque 



220 

plus r^retter Içs anciennes. Leur cloître, tel qu^il est, 
fut fait en 1612 (i). 

« Ordinatio inter curatum Cadomensem, et fratres 
B' Mariœ de Monte^Carmeli ejusdem loci, quœordi" 
natio tangit aliquantulum dominum Bajocensem. 

« Universis présentes litteras inspecturis, officialis 
Bajocensis^ salutem in Domino. Noveritis quod cum 
quœdam compositio facta exstitisset inter magistrum 
Guillelmum dictum Pouchin rectorem ecclesiœ 5'» 
Pétri de Cadomo ex parte und, et Priorem et Fratres 
B* Mariœ de Monte-Carmeli ex alterd, pro adventu 
ipsorum^ et remanentid, in parochia S^ Pétri' de Ca^ 
domo super ripam Orgnœ^ inter masuram Radulphi 
dicti Beaugendre ex unâ parte^ et masuram Simeonis 
de Sarragosse ex altéra, de assensu et voluntate Rêve- 
rendi in X^ Patris per Dei gratiam Baj. Episcopi, ita, 
quod prœdicti prior et patres in pradicto loco suant 
faciant mansionem, et quod ibidem, ad honorem Dei 
et Suœ gloriosœ Matris ecclesiam construant in qud 
valeant divina officia celebrare, et campanam habere, 
et canneterium ibidem/acere, secundum quod in litteris 
ipsius reverendi patris per Dei gratiam Bajocensis 
Episcopi^ cum aliis articulis ibidem contentis plenius 
continentur. Quœ quidem sic incipiunt : 

« Universis présentes litteras inspecturis, misera-^ 
tione divina Bajoc. ecclesiœ ministerindignus, salutem 
in D^. Noverit universitas vestra quàd nos qui cultum 
divinum volumus ampliare, subscripta forma conce- 
dimus fratribus de ordine B. Mariœ de Monte-Carmeli 
Cadomensis, in parochia S'* "Pétri, in loco qui sibi 

(t) Cartulaire en bois des chart de rÉvéché de Bayeux, ^110 
et suivants. 



221 

datus seu eleemosynatus in perpetuum donum a 
Johanne dicto Pilet burgense Cadomensi, sito supra 
riipam Orgnœ, inter masuram Radulphi dicti Beau- 
gendre ex parte una, et masuram Simonis de Sarra- 
gosse ex altéra, suam faciant mansionem, et quod 
ibidem ad honorem Ûei et suœ gloriosœ Matris eccle- 
siam construant in qud valeant divina officia solemniter 
celebrare ; Concedimus etiam eisdem ut campanam 
prout decet religiosos, habeant qud uti' valeant pul» 
sando^ prout more solito, etiam debito servato, sibi 
videbitur expedere; Volumus insuper et concedimus ut 
dicti fratres cymeterum adsuampropriam sepulturam, 
et etiam aliorum omnium fidelium quitus apud ipsos 
suam eligere placuerit sepulturam^ servato jure rec- 
toriœ S^- Pétri etclesiœ, si quem de suis parochianis 
eligere contigerit sepulturam, Ordinamus etiam et 
concedimus ut dicti Fratres à Christi fidelibus obla- 
tiones quœ ad manum sacerdotis factœ fuerint reci- 
piant, et easdem ad ususproprios teneantet conservant ^ 
njsi corpus ajticujus parrochiani dicti rectoris, vel 
alieni, transeuntis quocunque modo in dicta parrochia 
commorantis, contigerit,.. Tune dictus Recjtor lumi- 
naris facti pro corpore et oblationem pênes dictos 
Fratres mediam percipiant portionem, et nisi ex con- 
sensu dicti rectoris de parrochianis suis in ecclesia 
dictorum fratrum contingat benedictionem fieri nup' 
tialem, quo casu ad dictum rectorem omnes oblationes 
nunc/actas, de consensu eorum ordinamus et volumus 
intègre pertinere, quod observari prœcipimus^ si de 
parrochianis alterius vel alicujus ecclesiœ vel cujus» 
cunque apud prœdictos Fratres benedictionem nup' 
tialem celebrandam contingat; si vero aliquis parro- 
chianus alterius ecclesiœ Cadomensis, seu aliarum 



222 

quarumlibet aliunde, suant apud fratres elegerit 
sepulturam, non aliter sepeliendum apud se recipiant, 
donec ecclesia parrochialis in qua ecclesiastica sacra-' 
menta defunctus recepit de omni parrochiali jure 
plenarie fuerit satis/actum, quitus etiam ecclesiis in 
omnibus aliis casibus jus suum illœsum volumus, et in 
omnibus illibatum servari. Ordinamus etiam de con- 
sensu et voluntate Prioris et Fratrum,' quia ipse Prior 
et successores sut a majoribus suis missi fuerunt, ad 
dictum rectorem, et ad quemlibet ejusdem successorem 
veniant^ et bona fide promittant quod pactiones inter 
ipsos et dictum rectorem initas, tam super luminaribus 
et oblationibus quam aliis juribus superius expressis, 
et seqûentibus, fideliter observabunt ; ne eadem in aliis 
multis pro adventu et remanentiâ, dictum fratrem in 
dicta parrochia dictum rectorem et successores ejusdem 
contraveniri contingat^ Prior dictorum Fratrum, et 
ipsi Fratres et successores eorumdem dicto Rectori 
nostrœ ecclesia? Beati Pétri et ejusdem succcessoribus 
recompensationem decem librarum Turonensium annui 
redditus se facere promiserint. Si vero prœdictos 
Fratres contra ordinationem nostram seu conventiones 
prœdict/is in aliqua ventre contingent, volumus ad tune 
quod consensus noster super hoc adhibitus nullus sit, 
seu authoritas superimpertita, volumus nihilominus 
quod sive prœsbyteros alterius, sive ex tune eorum 
organa sive suspensa hac eadem ordinata sunt a nobis, 
salvasubjectioney obedientia, reverentia nobis et succès- 
soribus nostris et ecclesiœ Bajocensi débita quam 
prœdicti Fratres promiserunt se in perpetuum impen- 
suros, proqud etiam perficienda singuli priores qui pro 
tempore succèdent, in primo adventu suo, ad nos 
venient, et ad quemlibet successorem nostrum in 



223 

ecclesia Bajocensi promiserinty insuper quod nostras 
excommunicationes, suspensiones, vel interdicta, quœ 
à nobis vel officialibus nostris vel successoribus nos- 
tris seu officiariis eorumdem in ipsos ver ecclesiam 
suam vel in alias ecclesias latœ/uerint, inviolabiliter 
observabunt. Quœ eadem ordinata sunt per nos cum 
prœdicto Priore et Fratribus prœdictis, Prior generalis 
dictorum fratrum intra annum per suas patentes 
litieras, quœ de verbo ad verbum omnia prœdicta et 
singula contineant approbare et ratificare tenetur, 
alioquin quidquid eisdem concedimus ex tune irritetur, 
et nullius sit momenti. Pron/iiserunt etiam Prior et 
dicti Fratres pro se suisque successoribus supra dicta 
omnia et singula, de bona fide fideliter servaturos, et 
contra de cœtero facto vel dicto nos venturos fecimus 
roborari. In cujus rei testimonium et memoriam prœ- 
sentent litteram sigilli nostri munimine fecimus. Datum 
anno i>» i2jS, octavo mensejunii. 

« Prœdictus magister Guillelmus Pouchin rector 
ecclesiœ 5**' -Pétri Cadomensis coram nobis personaliter 
constitutus, spontaneus non coactus, confessus fuit se 
habuisse et récépissé in bona moneta a prœdictis Priore 
etFratribusBeatœ Mariœde Monte-Carmeli centumet 
quindecim lîbras turonenses pro quittando dictum Prio- 
rem, Fratres, et successores suos supra dictis. Decem 
libris prœdicti Fratres tenebuntur dicto Rectori, prout 
in composisione superius dicta aut scripta continetur, 
super quibus decem libris turonensibus annui redditus 
dictus magister Guillelmus nomine suo, suœ ecclesiœ 
prœdictœ, et successorum suorum prœdictos Priorem 
et Fratres et successores eorum quittavit,.. in solidum 
et expresse pro pecunia ante dicta, asserendo dictam 
pecuniam in utilitatem ipsius et commodum ecclesiœ 



224 

suœ et successorum suorum fuisse conversam, etpro^ 
tnisit idem Rector bona fide quod ipsum prœdictum 
Priorem et Fratres vel successores eorum superdictis 
decem libris turonenses omnino non molestabit nec 
molestari faciet per^ se vel per alium in fuiurum, et 
quod dicti fratres vel successores eorum super dictis 
decem libris turonensibus de cœtero serv . . . (sic) in- 
damnes, asseruit etiam idem Rector quod de prœdictis 
denariis quos receperat et habuerat a dictis Fratribus, 
emerat redditus ad valorem decem librarum turonen^ 
sium annui redditus eorum nomine^ suo^ et ecclesiœ 
suœ, et successorum suorum, dictos Fratres de prœdic- 
tis decem libris turonentibus annui redditus secundum 
quod in compositione tenetur pœnitus quittandi sicut 
superius est expressum, videlicet in istis locis inferius 
notatis : primo apud Comon a Michaele dicto Pouchin 
prœsbytero pro vigenti libris turonensibus unam deci- 
mam quce est de feodo Guillelmi de Comon armigeri, 
et valet eadem décima per œstimationem, quolibet anno, 
quinque sextarios hordei ad mensuram de Cadomo ; — 
item quinque solidos turonenses annui redditus quos 
débet Dionisius Ruel de quodam clauso, sito juxta do- 
mum ejusdem Dionisii pro sexaginta solidis turonen- 
sibus ;-~item, apud 5"*» Crucem de Grandtonne a Petro 
filio magistri Stephani pro novem libris turonensibus ; 
— ï7em, duos Sextarios frumenti ad mensuram dictœ 
villce^ duas gallinas, et viginti ova annuatim per ma^ 
num Colini dicti Thomassin; — item, apud Sicca- 
villam, a Richardo Asnel pro quatuordecim libris 
turonensibus duos Sextarios frumenti ad mensuam 
de Cadomo, percipiendis in tribus acris terrœ sitis in 
délia quœ vocatur Le Sablon; — item apud villam 
dictam de Siccavilla ex venditione Guillelmi dicti 



225 

Eufa, pro s^ptem libris et dimidia turonensibus, duos 
\ sextarios frumenti annualis redditus ; *- item a Basilia 
sorore Richardi Asnel, duos cappones pro duodecim 
solidis turonensibus; — item a Petro de Cuille, duos 
capones et unum denarium turonensem pro tredecim 
solidis turonensibus percipiendis annuatim in domo 
quœ fuit quondam Richardi Gruel ; — item apud 
Agnemerium a venditione Petronillœ de Agnernerio, 
viduce, pro triginta libris turonensibus quatuor sexta^ 
rios frumenti ad mensuram de Cadomo, percipiendos 
in duabus peciis terrce sitis in délia quœ vocatur Sub 
Vico, juxta Hamelin Girardi ; — item apud Plumetot, 
, a Richardo dicti VÉvèque pro novem libris turonen- 
sibus septem quartas et unum bucellum frumenti^ ad 
mensuram de Hermanvilla, percipiendum in quadam 
pecia terrœ sita juxta terram Mathœi dicti Mabou ; 
— item apud Cadomum a Jacobo dicto Vorle, pro 
viginti sex libris turonensibus scilicet quadraginta 
solidos turonenses percipiendos annuatim in quadam 
domo sita in Moncella dicti Petri^ juxta domum quam 
dictus Petrus capellanus dicta? ecclesiœ S** "Pétri 
emeràt a Thoma Regihardi ; — item duos capones 
annui redditus de venditione magistri Pétri Garde-en^ 
bas, pro decem et septem solidis turonensibus. Quod 
universis et singulis quorum interest aut interesse 
potest per prœsentes litteras sigillo curiœ nostrœ una 
cum sigillo dicti magistri Guillelmi Pouchin rectoris 
dictœ ecclesiœ 5" -Pétri Cadomensis sigillatas signifia 
camus. Actum et datum de consensu partium anno />"' 
127g, die lunœ antefestum beati Andrœœ apostoli. 

Les Croisiers étaient établis à Caen avant Tannée 1 290. 
Leur premier établissement fut au Bourg-PAbbé, dans la 

15 



226 

paroisse de Saint*Martiny mais lorsque la ville fut murée 
et fortifiée sous le roi Philippe de Valois, en Tannée 1 346, 
le couvent de ces Pères se trouva dans Talignement des 
nouvelles fortifications, et au nombre des maisons qui 
devaient être rasées. Charles, duc de Normandie, dauphin 
de Viennois, leur donna le couvent des Béguines, dans 
la rue Franche, paroisse Saint-Sauveur, par les lettres 
patentes du 3 août 1 346, confirmées par d'autres lettres 
du même prince, en Tannée 1 349. Le pape Grégoire XI 
donna à ce couvent le titre de prieuré dans une bulle de 
Tannée 1373. L'acte d*une ancienne fondation les qua- 
lifie : frères orateurs de Sainte-Croix, et ils se qualifient 
eux-mêmes chanoines de Sainte-Croix. 

Cette maison eut pour prieur, vers i355, Pierre 
Pinchar que son mérite éleva aux premières dignités ( i ). 
Il était de Caen même. Il se fit recevoir docteur de 
Lourain, et s'acquit beaucoup de réputation par Télo- 
quence de ses prédications. Il fut élu général de Tordre 
de Sainte-Croix en i363, et depuis évéque de Spire, 
dont il ne put prendre possession, étant mort dans le 
monastère de Sainte- Agathe en Brabant, en 1 382. 

Les Jacobins veulent avoir été fondés à Caen par 
saint Louis. Ils s'appuient principalement sur la figure 
d'un roi de France qu'on voit dans les vitres derrière le 
maitre--autel de leur église, tenant une église dans sa 
main, et sur celle de Guillaume Acarin, peint dans la 
même vitre, offrant à la sainte Vierge la porte de ce 
monastère, pour exprimer, disent-ils, le soin qu'avait 
pris Acarin, par les ordres de ce prince, de la structure de 
cette maison. Or, Acarin étant mort en 1246, il faudrait 

(1) Orig. de Caen, p. 333. 



227 

qu^elle eût été bâtie auparavant, et partai^t, qu'elle fût 
beaucoup plus ancienne que celle des Carmes et des 
Croisiers ; mais il faut bien qu'on n'ait pas eu d'égard à 
une preuve aussi équivoque, puisque les Jacobins cèdent 
à ces pères le pas et le rang dans les cérémonies ; en effet, 
ils n'ont pas la première chartre de leur fondation, et ils 
en ignorent l'année, les Protestants ayant consumé tous 
les anciens titres dans la funeste année de i562. Ces 
ennemis de la Religion brisèrent la chapelle de N.-D. de 
Pitié oii étaient, dit M. de Bras, de singulières images ( i ). 
Il y a dans leur église, au bas de l'aile vers la porte, 
une chapelle de Sainte-Catherine, qui a été fondée par 
Enguerrand Signard, religieux de ce couvent, confesseur 
de Charles, duc de Bourgogne et évéque d'Auxerre. On 
voit ce duc représenté dans une de ces vitres. 

Les Cordeliers ne savent quand et par qui ils ont été 
établis à Caen, parce que leurs titres furent brûlés et leur 
maison démolie en 1 562. M. de Bras dit que leur couvent 
fut fondé en i236 par un surnommé Guesdon, sieur de 
la Guesdonniére, près d'Aunay; mais ce témoignage ne 
s'accorde pas avec l'inscription qu'on voit dans le cha- 
pitre, laquelle semble en attribuer la fondation à une 
famille de Caen du nom de Beleth en 1262. Ce qui est 
cenain, c'est que cette maison a eu plusieurs fondateurs, 
et en divers temps. 

Elle fiit entièrement ruinée dans le xvi« siècle, mais en 
1 6o3 on commença à la rétablir par la charité de plusieurs 
personnes pieuses dont les noms sont écrits dans les 
r^istres, et dont les armes se voient en relief au lambris 
de la voûte du chœur. Celui de la nef fut refait en 1606. 

(i) Ant. de Caen, p. 176. 



228 

Henri IV donna la grande vitre qui fait face au chœur; 
le cardinal de Bourbon et le duc de Montpensier en don- 
nèrent d^autres. Le grand autel est un beau dessin d'ar- 
chitecture et de menuiserie peinte en marbre ; il fut bâti 
en i633. Il est du dessin de Gilles Macé, professeur aux 
mathématiques en TUniversité, et fut exécuté par Michel 
Brodon, architecte. 

Un des principaux ornements de cette église est la cha- 
pelle des Deux- Amis, fondée et Éâtie par Pierre Le 
Marchand, sieur de Saint-Manvieu, et François le Révé- 
rend, en 1619. Ils voulurent qu'elle leur servit de com- 
mune sépulture après leur mort. En Tan 1 67 1 , le P. Pierre 
Le Pelletier, religieux de son couvent, à son retour de la 
Terre-Sainte, où il avait été gardien, fit bâtir la chapelle 
du Saint -Sépulchre, suivant le modèle du Saint- Se - 
pulchrè de Jérusalem ; mais cette chapelle ^obscurcissant 
la nef de cette église et affaiblissant la structure, fut trans- 
férée en 1695 là où elle est présentement. Le fameux 
Michel de Saint-Martin/ docteur en théologie, y fit bâtir 
aussi une magnifique chapelle qu41 dota, et y fut enterré 
en 1687. 

A propos de M. de Saint-Martin, on trouve à la Biblio- 
thèque des PP. Cordeliers de Bayeux, un ouvrage qui 
regarde ce docteur en théologie. C^est un recueil de tous 
les éloges qui lui furent adressés de son temps. Il fut im- 
primé in-4<> de 52 pages, à Caen, chez Adam le Cavelier 
en i653. Le Cavelier, qui en est Péditeur, ou plutôt 
M. de Saint-Martin lui-même, Ta dédié à M^c de Mati- 
gnon, marquise de Lonray, comtesse de Thorigny, ba- 
ronne de Saint-Lô. Ces éloges sont en vers grecs, latins 
et français. En voici les auteurs et le nombre de leurs 
pièces : 



229 

Grcd. 

Pièces I . Petrus Vengeons in Sylvano professer. 

— s. Carolus Le Bidois. 

— 3. Joannes Corbetius doctor theologus^ canonicus vêtus , ac 

vicarius generalis Constantiensis. 

— 4. Augustinus Le Haguais in sacro régis consistorio con- 

siUarius, 

— i, La Lwçeme, 

Latini. 

•— 2. Joannes le Grand consiliarius et advocatus regius Cons- 
tantiensis. 

— I . Antonius Halley regius eloquentiœ professor et Sylvani 

gymnasiarcha in academia Cadomensi, 

— i, J, Baptista Baudry ex-rector collegii Silvani Cado- 

mensis academia, ex-rector et parochius ecclesia de 
Maupertuis. 

— 3. Emmanuel Feuillet in SUva^io rector, 

— a. Julianus Dufour humaniarum litterarum professor in 

Silvano, 

— I . Joannes Franciscus Le Haguais^ Augustini filius, 

— I . Jacobus Martin, Parisinus^ doctor medicus, 

— I . Bamabas Le Guay in parlamento Parisiensi causarum 

patronus. 

— I . G. Boisteau causarum patronus. 

— • I. iV. Rogier Sanlaudunensis in Neustriœ parlamento pa^ 
tronus. 

— I . Lucas À 5te Croix, Sanlaudunensis. 

— I . Guillelmus, Marcellus, ex Parisiensi nuper redore, Basi- 

liensis parœkus et rector, 

Gallid. 

— i. De la Crette Bellenger, 

— 2. Idem. 

— I . Jacobus Acante doctor medicus* 

— i. De Villenewe, 

Au mois de juillet i556 fut tenu à Caen le chapitre 
général des Cordeliers de France. Dans la procession que 



230 > 

les Pères firent le dimanche 2 du même mois, et oti fut 
porté le Saint-Sacrement, il s^ trouva plus de 600 reli- 
gieux au rapport de M. de Bras ( i ). Le chapitre dura huit 
jours; le matin il y avait sermon dans Téglise, et Taprès- 
midi des disputes de théologie. De tous les docteurs, celui 
qui brilla davantage fut maître Gilles Bigot, alors recteur, 
lequel les préféra tous en latinité plus leste et plus élé- 
gante. 

Cahagnes le mit au rang des illustres citoyens de 
Caen (2). j£gidius Bigot, dit-il, in obscure agri Viriaci 
pago rudimenta lucis accepit, sed amore theologiœ 
captuSy cum ad eam, ut ad dominam eut cor suum dede^- 
rat, cupide perger et, artes libérales^ ejus ancillas pri- 
mum sibi conciliare studuit, suisque obsequiis evieit, ut 
apertis Gyneeei foribus ipsatn dominam arte sit com* 
plexus, et ad interiorem ejus amicitiam complexus. 
Hic in eloquentiœ et philosophiœ studiis consummatus, 
cum esset ad summum theologiœ gradum, Roberti Cœ- 
nalis, Episcopi Abrincensis liberalitate provectus, 
doctissimi et subtillissimi theologi famam tulit, quœ 
non in hac provincia substitit, sed totum orbtm chris- 
tianum, ore Franciscanonorum qui ex singulis Europœ 
regionibus Cadomum anno 1SS6, confluxere,peragra- 
vit. In eo namque generali totius ordinis Francisca- 
norum conventu cum abstrusœ perplexœque de divini§ 
rébus disputationes per novem continues agitarentur, 
ille et eruditœfacundiœ^ sic solertiœ in argumentando 
palmam unà tam provincialium quàm extemorum voce 
meruit. Fixer at in hanc urbem rerum suarum domi* 
cilium, sed Henricus Robertus a Marka, Dux Buil- 

(i) Ant de Caen, p. 341-242. 
(2) Elog. IX, 



251 

lonii, qui Normanniam legati régit nomine gubemabat, 
eumjam senem sacerdotio donatunzy incomitatum suum 
ad concionandi tnunus ascivit; nempe senectus eorum 
qui adolescentiam in litteris traduxerunt, œtate doc^ 
tior, usu certior et sapientiory litterariorum laborum 
uberimmam messem metit. 

Bernard Chancerel, après avpir été provincial^ et neuf 
ans gardien du couvent de Caen, à la décoration duquel 
il travailla utilement, mourut à Rouen le 3 nov. 1671 (i). 
Il était de Caen même, docteur en théologie de la Faculté 
de Paris, et avait été employé dans le gouvernement de 
son ordre. Il a laissé quelques écrits. M. Huet Pa mis 
parmi les illustres citoyens de Caen. 

f 

Les Capucins ont à Caen une maison, qui est la troi- 
sième de leur ordre en France. Ce fut à la sollicitation de 
M. de la Vérune, gouverneur de Caen, que les habitants 
leur permirent en 1575 de s'y établir. Il en vînt six, et, 
par une assemblée de ville et par la libéralité des religieux 
de Pabbaye de Saint-Etienne, ils obtinrent le lieu qu'ils 
occupent, nommé le prieuré du fief Brucourt. 

Le couvent fut bâti en 1576, et Péglise commencée en 
1634, achevée en i635, fut dédiée Tannée diaprés sous 
Pinvocation de Saint-Michel et de Saint Jacques. Cahagnes 
dit que Jean Lefèvre, frère de celui qui fit les stalles de 
Bayeux en 1 589, est auteur du tabernacle des Capucins. 
Il écrivait en 1608. Il faut donc que ce tabernacle ait été 
fait longtemps avant Péglise (2). En parlant des différents 
ouvrages de ce Lefèvre, Cahagnes ajoute : His adde taber* 
naculum quod in œde Capucinorum conspicitur, oma'^ 

(1) Orig, de Caen^ p. 388. 

(a) Eîogia civium Cadomensium, LXXXVII. 



2)2 

mentis architecturœ pariter quœ cœlatura nobilitatum. 

Le premier gardien était italien et s'appelait Gaspard 
de Pavie. Il y avait dans ce fief de Bnicourt une chapelle 
sous rinvocation des mêmes saints que ci-dessus, et des- 
servie par un chapelain titulaire. Le tout dépendait de 
Tabbaye de Saint-Etienne. L^abbé et les religieux, en 
donnant cette place aux Capucins, se réservèrent le droit 
de présenter à cette chapelle un chapelain qui pût en 
titre posséder les terres et revenus qui en dépendaient. 
Les Capucins, après quelques réparations, s'en servirent 
assez longtefnps pour leur usage. Ils la démolirent, et en 
bâtirent,en i6o5, une autre qu'ils convertirent depuis en 
infirmerie, en édifiant leur ^lise. Le chapelain avait 
autrefois une maison tout proche. 11 y en avait aussi 
plusieurs autres appartenant'à une ancienne famille noble 
du nom de Bnicourt qui avait donné son nom, ou qui 
Pavait pris de ce fief : d'où il y a lieu de conjecturer que 
le fief et le patronage de cette chapellei furent aumônes à 
l'abbaye de Saint- Etienne par cette famille. 

L'on apprend des registres de Pévécbé de Bayeux qu'il 
y avait encore dans le même fief de Brucourt une chapelle 
dédiée à saint Louis, et de patronage laïque. Les Capu- 
cins, néanmoins, ni les Bénédictins de Saint- Etienne 
n^ont aucuns titres qui en fassent mention. 

Les Jésuites, par lettres patentes de Henri IV, du mois 
de septembre 1 608, eurent permission de s'établir à Caen. 
On leur donna le collège du Mont dont ils prirent pos- 
session le dernier août 1609, à charge que ce collège 
serait nommé le Collège Royal, et que les chaires seraient 
remplies par la nomination du Roi. Robert de la Ménar- 
dière, abbé de Sainte-Colombe et prieur de Sainte-Barbe- 
en-Auge, pour assurer un fond à ces pères, leur résigna 



23Î 

son prieuré avec le consentement de ses religieux, qui 
reconnurent le collège de Caen pour prieur perpétuel. 
Cette résignation confirmée par les bulles du pape 
Paul V fut enregistrée au Parlement de Rouen le 16 avril 
1610. Les PP. Jésuites acquirent encore en 1625 le prieuré 
de la Cochére au diocèse de Séez, ancienne dépendance 
du prieuré de Sainte- Barbe-en- Auge^ par la démission 
volontaire de Victor Bouteille^ évêque d^Aire, et cette 
acquisition fut confirmée par lettres patentes du roi 
Louis XIII du .1 3 mai 1626. 

On ne tint d^abord dans ce collège que les écoles de 
philosophie et d^humanités ; mais le 12 mars 1664, M. de 
Saint-Martin, docteur en théologie, y fonda la chaire de 
théologie, et ce collège, par un acte authentique de 1* Uni- 
versité, fut agrégé et immatriculé depuis à son corps. 
Leur église est magnifique. Ce fut M. de Segrais, premier 
échevin, qui leur fit donner remplacement par la ville, 
et qui y mit la première pierre. Elle fut commencée en 
1 684 et consacrée le 3 1 juillet 1 689. Cette église a été bâtie 
sur le modèle de celle du noviciat de Paris; mais elle est 
plus grande et a plus d^apparence. Elle a cependant peu 
coûté à bâtir par l'économie d^un de leurs procureurs, 
très habile, qui Pentreprit sans le secours d^aucun archi- 
tecte. 

On sait Tétrange révolution arrivée à la Société des 
Jésuites en France, en Tannée 176. . . Ils furent obligés 
de sortir de leur collège de Caen par arrêt du Parlement 

de Normandie donné en On y a mis à leur 

place des profiesseurs séculiers, en vertu d'un autre arrêt 
du... (sic). 

Le P. Yver-Marie André, ancien professeur de mathé- 
matiques à Caen, y mourut le 27 février 1 764, âgé de 



«34 

89 ans ( I ). Il est auteur du Traité du Beau^ ouvrage fort 
estimé, qui fut imprimé à Paris en 1741, réimprimé à 
Amsterdam en 1759, et redonné par Tauteur même avec 
des augmentations considérables, en a volumes in- 12, 
Paris, 1763. Le P. André laisse quelques ouvrages prêts 
à être imprimés, comme : les Merveilles du corps 
humain, — les Merveilles de Punion de l'âme avec le 
corps. 

Les Carmélites s^établirent à Caen en 16 16. Une sainte 
fille, depuis carmélite elle-même, fut la première fonda- 
trice. Huit religieuses de cet ordre, du couvent de Rouen, 
arrivèrent ici le 14 juillet. Elles y furent autorisées par 
lettres patentes du mois de novembre suivant. Leur pre- 
mière demeure fut dans la rue Guillebert, d'où elles pas- 
sèrent au logis qu^elles occupent maintenant, situé dans 
la rue Saint-Jean; il leur fut vendu par Corboran Jacques 
de Morel, sieur de Brucourt, et par Valentine de Luxe, 
son épouse. Mais leur charité les porta à remettre à cette 
communauté une partie du prix de la vente, et s^acquirent 
par cette libéralité le titre de fondateurs. Ils ont été inhu- 
més dans l'église oh on voit leur épitaphe. Ces filles 
bâtirent ensuite leur église, qui fut consacrée le 18 mai 
1626. 

Les Pères de l'Oratoire demeurèrent d'abord en la 
rue Guillebert, dans une maison qui leur avait été donnée 
par MM. de Repichon. Le contrat, passé à Paris le 10 juin 
1622 entre ces Messieurs et les PP. de BéruUe et de 
Harlay, fut insinué au Châtelet le 16 du même mois, et 
à Caen le 26 juillet suivant. Le Roi leur accorda des 

(i) Qfic. de Norm., mars 1764, p. 168. 



^35 

lettres patentes le 7 septembre de la même annéç, enre*- 
gistrées au bailliage de Caen le 16 janvier 1623 ; mais 
en l'année i653 ils achetèrent, du sieur Patris, la maison 
oti ils demeurent présentement, et qui est beaucoup plus 
propre à leur usage. Cependant, leurs lettres patentes 
n^ayant point été vérifiées au Parlement de Rouen, ils 
furent obligés d'en obtenir d^autres datées du mois 
d'avril i685, et vérifiées à Rouen le 16 juin 1688. 

Pierre Fleury, prêtre de TOratoire de Caen, docteur en 
théologie et en Pun et Pautre droit, est auteur d'un poème 
latin de 325 vers sur la promotion de M. de Nesmond à 
Févéché de Bayeux, imprimé in-4<^ à Caen en 1661. 

Les Ursulines furent fondées à Caen en 1624 par Jour- 
daine de Bernières, qui amena de Paris trois religieuses 
de cette congr^atlon. Les lettres patentes qui autorisent 
cet établissement sont du mois de mai 1624, et la véri- 
fication est du 3 août suivant. L'évêque de Bayeux, le 
maire et les échevins, tous les corps des habitants de la 
ville et toutes les communautés religieuses donnèrent leur 
consentement par des actes authentiques. Leur première 
demeure fut dans la rue Guillebjsrt. Elles y firent leur 
entrée le 21 novembre 1624, et y établirent la clôture 
le 14 décembre suivant. Jourdaine de Bernières fit sa pro- 
fession cette même année, et y ayant été élue supérieure 
quatre ans après; elle fit travailler au magnifique bâti- 
ment qu'elles occupent présentement, et où elles pas- 
sèrent le i3 juillet i636. La petite maison dans le même 
endroit, qu'on nomme VHermitage, est devenue célèbre 
par l'éminente piété de Jean de Bernières, firère de la 
fondatrice, qui, en s'éloignant du monde, y choisit sa 
retraite, et de plusieurs saintes personnes qu'il y avait 



2i6 

attirées. Elle fut achevée de bâtir, et on commença de 
rhabiter en 1648. 

Les religieuses de la Visitation de Sainte^Marie, au 
nombre de cinq, tirées du grand couvent de Paris, furent 
d^abord établies à Dol, en Bretagne, à la sollicitation 
d^ Antoine de Revbl, évéque de cette ville; mais le mau- 
vais air les rendant malades, elles préférèrent la demeure 
de Caen, et vinrent s'y établir le 16 juillet i63i. Elles 
amenèrent avec elles six filles qu'elles avaient reçues à la 
profession à Dol. Leur première demeure fut dans la rue 
Saint-Jean, prés le pont Saint-Pierre; mais elles pas- 
sèrent de là, le 21 novembre i632, au Faubourg-PAbbé, 
dans une maison qu^elles achetèrent du sieur Le Fau- 
connier. Ayant obtenu des lettres patentes au mois d'avril 
i633, elles se sont depuis fort étendues par plusieurs 
grandes acquisitions, et y ont enfin bâti une belle maison, 
et Téglise que Ton y voit présentement. Cette église mé- 
rite une description particulière. 

Précédé d^un parvis découvert où Ton monte par un 
perron d'équerre d'un grand dégagement, sMlève un 
temple en forme de croix. Il est d^une agréable structure 
et d^ordre composite ou romain. Le corps de Téglise dan» 
son œuvre est de 80 pieds de longueur, et la largeur qui 
forme la croix est de 5 7 pieds. L'église entière est de 
pierre de taille, dMne blancheur qui la rend préférable 
au marbre commun; du pavé à la corniche elle a 27 pieds 
et demi. Au-dessus de la corniche naissent les voûtes qui 
sont également de pierre de taille. Dans le milieu s'élève 
un dôme de 25 pieds de diamètre et d'autant de hauteur; 
il est surmonté d'une lanterne d'un vitrage fort clair. Ce 
dôme est encore éclairé par quatre grandes fenêtres cin- 
trées à la moderne. Quatre grandes niches en cintres 



237 

symétrisent avec les fenêtres et attendent des statues pour 
les remplir ; sur rentablement régne une balustrade, les 
balustres sont peints en marbre rouge veiné en blanc, 
Tappui est peint en marbre noir. La balustrade qui régne 
sur la corniche ou entablement du corps de Téglise est 
d^une forme semblable. Ces balustrades simples et légères 
forment des aspects de galerie oii la vue se repose agréable- 
ment. Le portail est dorique et ionique ; le premier ordre 
supporte le second, terminé par un fronton cintré, avec 
une croix en amortissement. Sur le tympan est le mono- 
gramme du nom de Jésus dans un cercle de cordons 
tortillés. Dans la frise dorique, entre les triglyphes, sont 
sculptés les instruments de la Passion de N. S. ^ 

Le grand autel ne fixe pas moins l'attention. Il est 
enrichi de grandes colonnes et autres ouvrages de marbre. 
Le tabernacle peut passer pour un trône de cristal ouvragé 
avec beaucoup de dépense ; on y voit des colonnes torses, 
des miroirs, des panaches de cristal qui accompagnent le 
corps de ce bel ouvrage et forment pn coup d^œil char- 
mant. 

Les Bénédictines ont une maison dans le quartier 
appelé les Tours-des-terres, et au lieu même où était 
l'ancien collège de Loraille. Leur premier établissement 
fut au Pont-rÉvêque, le i8 septembre i638. Elles furent 
transférées à Caen le 20 janvier 1643, par la libéralité de 
Madeleine de Moges, veuve de messire Antoine, marquis 
de Moûy. Leurs lettres patentes sont du 18 janvier 1644. 
Elles sont gouvernées par des Prieures triennales, suivant 
les bulles du pape Innocent X, du 24 novembre 1682. 
Elles donnèrent à leur maison le titre de prieuré de Bon- 
Secours. 

On voit dans leur église un bel éloge, en forme d^pi- 



238 

taphe, de leur fondatrice. Il est de la composition du 
célèbre Antoine Halley, professeur royal d'éloquence à 
Caen, et il se trouve parmi ses Œuvres mélées,pagc 401 . 
Cette dame demeura parmi ses religieuses les 25 der- 
nières années de sa vie, et mourut, âgée de 56 ans, le 
5 janvier i665. 

Les Pères de la' Mission ^ autrement les Eudistes, 
doivent leur institution au P. Jean Eudes, prêtre de 
rOratoire. En 1642, étant encore dans la congrégation, 
il avait obtenu des lettres patentes par lesquelles il lui est 
permis, ou plutôt à M. d'Angennes, évéque de Bayeux, 
dUnstituer dans la ville de Caen une communauté de 
prêtres sous le nom et titre de prêtres du séminaire de 
Jésus-et-Marie, avec la permission de jouir de tous les 
droits et privil^es dont jouissent les autres maisons et 
communautés fondées dans le royaume. Le P. Eudes en 
commença rétablissement à Caen le 25 mars 1643, et 
obtint des lettres d'approbation de M. i'évêque de Bayeux 
le 14 janvier 1644. M. Mole, successeur de M. d^An- 
gennes, prévenu contre Cette nouvelle congrégation, lui 
fit fermer la chapelle qu^elle avait ouvert par permission 
de son prédécesseur, dans Tintention de la détruire; mais 
sa mort arrêta le coup. Ces prêtres furent rétablis comme 
auparavant par Pabbé de Sainte-Croix, qui fut nommé à 
sa place, et rouvrirent leur chapelle en 16 5-3, après Pâques. 
M. Servien, successeur de M. Tabbé de Sainte-Croix, les 
approuva également ; il établit même un séminaire chez 
eux, en 1657, à charge de s^em ployer aux missions, et 
obtint pour cet établissement de nouvelles lettres patentes, 
vérifiées à Rouen le 17 novembre de la même année. 
Sous la faveur du duc de Longueville, gouverneur de la 
province, il leur ménagea, en i658, la fieffé de la place 



239 

des Petits-Prés, depuis appelée Place-Royale, qu'ils 
tiennent de la ville, moyennant la redevance d^une rente 
qu'ils acquittèrent peu de temps après. 

Le 26 mai 1664, M. de Nesmond, évéque de Bayeux, 
jeta la première pierre de Péglise du séminaire, sous 
rinvocation de la Sainte-Vierge, et la duchesse de Guise, 
par contrat passé à Paris le 3 juin 1673, leur donna la 
somme de 12,000 fr. pour l'achever^ Le principal bien<- 
faiteur de cette maison est M. Nicolas Bloûet de Than, 
docteur de Sorbonne, prêtre de. cette congrégation. Il est 
enterré dans cette église devant la porte du chœur, où on 
lit sur le pavé : Hic jacet nobilis vir Nicolaus Blouet 
de Than doctor sorboniq. Sacerdos congregationis 
Jesu Mariœ, seminarii hujusfondator. Obtit die 17 ja." 
nuarii, anno i6j3, œtatis suœ 54. 

Jacques de Matignon, ancien évéque. de Condom,'a 
signalé son zèle pour le bien du diocèse de Bayeux, en 
fondant dans ce séminaire 18 places pour y former au- 
tant de jeunes clercs au service de TEglise. Le contrat est 
du 2 janvier 1702. 

LISTE DBS SUPàUBUKS GéNiEADX DES EUDISTES. 

I. — Jean Eudes, prêtre, instituteur et premier supé- 
rieur général de la congrégation des Eudistes, a un long 
éloge dans les Origines de Caen, par M. Huet (p. 429 
et suiv.). Il mourut en cette ville, et fut enterré dans le 
chœur de son église avec cette simple épitaphe qu'on voit 
sur son tombeau : Hicjacet venerabilis sacerdos Joannes 
Eudes seminariorium congregationis Jesu^et-Mariœ 
institutor ac Rector. Obiit ig augusti 1680, œtatis 
suœ 7^. 

II. — JeanrJacques Blouet de Camilly fut le second 



240 

supérieur général des Eudistes. II mourut à Coutances. 
Son cœur fut apporté à Caen, et déposé dans le séminaire 
oîi on lit ces mots : Hicjacet cor venerabilis viri £>. D. 
Joannis Jacobi Blouet de Camilly révérend, prœpositi 
Congregationis Jesu-euMariœ^ nec non canonici theo^ 
logalis, archidiaconi et vicarii generalis ecclesiœ 
Constantiensis. Obiit Constantiis anno iji i,die xi au* 
gusti. 

III. — Guy de Fontaines de Neuilly^ troisième supé- 
rieur général des Eudistes, était d'une des douze familles 
qui furent annoblies par le fameux édit du Canada, en 
1628. Il eut pour père Simon de Fontaines, écuyer, 
seigneur de Neuilly-le-Malherbe, viconte de Caen. Il 
étudia en droit, et se fit recevoir docteur en droit civil et 
canonique. Son frère Claude de Fontaines, viconte de 
Caen après son père, étant venu à mourir, il demeura 
quelque temps dans Tincertitude ou de prendre cette 
charge, ou d'embrasser Tétat ecclésiastique, pour qui il se' 
sentait beaucoup de penchant. Après bien des réflexions, 
il se détermina pour le dernier, et entra au séminaire de 
Caen où il fut ordonné prêtre. Le fait suivant m'a été 
conté par un de ses amis particuliers qui Tavait appris de 
lui-même. Etant en route, lors de la mort de son frère, 
qu^il ne savait pas être malade, il se sentit frappé tout 
d^un coup, comme si il Teût vu mourir. Cette impression 
lui fit avancer son chemin, et il apprit, en arrivant à 
Caen, que le malheur était arrivé au moment même qu'il 
avait été frappé de cette pensée. 

Les Eudistes l'envoyèrent à Paris pour gouverner la 
cure de Saint-Joseph, dont on avait confié le gouverne- 
ment à leur congrégation. Au bout de quelque temps, 
des raisons paniculières lui firent quitter la cure et les 
Eudistes. Il revint à Caen et on lui donna la cure de 



241 

Meré proche Condé-sur-Noireau. Là, il s^appliqua avec 
une ardeur particulière aux fonctions de son ministère, 
qu'il partagea avec Pétude de TEcriture-Sainte, de la 
morale et du droit canon. Mgr de Nesmond, évéque de 
Bayeux, si connaisseur en bons sujets, l'appela auprès de 
lui, et en fit son grand vicaire en 1710. Il fut nommé 
Tannée suivante à la prébende de Vaucelles, dont il prit 
possession le 1 1 de février. M. Blouet de Camilly s'étant 
démis en même temps, à cause de son grand âge, de la 
supériorité des Eudistes, Messire de Fontaines fut élu à sa 
place datis une assemblée qui fut tenue à Caen. Il gou- 
verna cette congrégation Pespace de 1 7 ans, avec autant 
de sagesse que de piété. Elle doit même le regarder comme 
son second instituteur^ ayant fait approuver ses règle- 
ments par le conseil royal, et confirmer Tunion des 
séminaires qu^elle a en diverses provinces du royaume, 
par des lettres patentes qu^il obtint de M. le Régent, en 
1722. Sa grande capacité dans les affaires lui attira une 
grande considération; mais ce qui le rendit encore plus 
respectable, fut son humilité, et son excessive charité pour 
les pauvres. 

Il fut mis au nombre des grands vicaires que le cha- 
pitre choisit en 171 5 pour gouverner le diocèse pendant 
la vacance du siège. Il fut continué dans la même fonc- 
tion par M. le cardinal de la Trémouille, qui fut nommé 
à Pévéché de Bayeux après M. de Nesmond, et que les 
affaires de France dont il était chargé, retenaient à Rome. 
En 1722, les pouvoirs lui furent ôtés par M. de Lorraine, 
que M. le Régent avait nommé à la place du cardinal de la 
Trémouille; la raison venait de Téloignement que ce 
grand vicaire avait pourFAppel de la bulle Unigenitus^ 
à laquelle le nouvel évéque avait pris part. Les Eudistes 
eurent part à la disgrâce de leur général ; on défendit aux 

16 



.242 

ordinants de faire leur séminaire dans la maison deCaen; 
on en fit sortir aussi les Condomistes, qu^un particulier, 
par adresse et par autorité fit transférer au séminaire de 
Bayeux. M. de Fontaines soutint cette épreuve avec fer- 
meté. Il demeura toujours attaché à la Constitution 
jusqu'à sa mort, qui arriva à Bayeux le lo janvier 1727. 
Son cœur, poné à Caen, fut enterré dans Téglise de son 
séminaire, et son corps dans la nef de la cathédrale, 
proche la pone du chœur. Il avait fait son testament 
quelques années avant son décès. En vo^ci la copie : 

c Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. 
Après avoir considéré Fincertitude du moment de la mort, 
j'ai fait mon testament et acte de ma dernière volonté, 
comme il en suit, que je veux et entends être exécuté 
immédiatement après ma mort selon sa forme et teneur, 
révoquant tous autres testaments, codiciles et actes de 
dernière volonté que j'aurais et pourrais avoir fait ci- 
devant. 

« lo Je veux vivre et mourir dans la* foi Catholique, 
Apostolique et Romaine ; 

a 2^ Je demande pardon à Dieu de tous les péchés de 
ma vie, et j'espère qu'il me fera miséricorde; 

c 30 Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui m'au- 
raient offensé, et je demande très humblement pardon à 
tous ceux que j'aurais offensé en quelque manière que ce 
soit, et déclare que depuis quelques années que la divi- 
sion s'est introduite dans notre chapitre par rapport à la 
Constitution Unigenitus, si je n'ai pas marqué la cor- 
dialité à quelqu'uns de ma compagnie, ça été contre mon 
inclination, mais j'ai cru que je devais en user ainsi pour 
me conformer à l'esprit des Saints Canons, considérant 
souvent que, n'espérant point les engager à la soumission 
due à la Constitution reçue par l'Église Universelle, 



243 

recommandée et ordonnée par les puissances, peut-être 
aurais-je mérité moi-même de perdre cette soumission en 
les fréquentant et communiquant trop avec eux; 

« 4<> J^ai une grande confiance à Pintercession des 
fidèles, c'est pourquoi je me recommande aux prières de 
de ceux qui m'auront connu et avec qui j'aurai eu 
quelque relation ; 

« 5<> Je donne à la fabrique de l'église cathédrale de 
Bayeux tout ce qui me sera dû lors de mon décès, tant 
par la commune que les fermiers, rentiers ou autrement, 
à raison de mon canonicat, à la réserve de ce qui me sera 
dû par la prébende d'Esquay> consistant en plusieurs 
années d'un retour d'échange pour lequel faire annuler 
j'ai commencé procès, à condition que MM. du Chapitre 
me feront enterrer dans le milieu de la nef^ près ou loin 
du choeur, et qu'ils feront apposer sur ma fosse une tombe 
sur laquelle il sera gravé en français mon nom, celui de 
mon canonîcat et ces paroles : Prie:(^ pour le repos de 
son âme. Et la fabrique payera aussi les rentes, droits 
royaux, contributions au chœur, et la part de la pension 
due à la cure de Ranchy, et généralement toutes les 
charges annuelles du canonicat et prébende, en tant qu'il 
en pourra être dû de l'année lors de mon décès, soit que 
le terme soit échu ou à échoir sur l'année gagnée et non 
perçue, ou dont les termes ne seront pas échus, ce qui 
sera aussi au profit de la dite fabrique, voulant que le 
bien d'Eglise, après avoir porté les charges, aille à l'Eglise, 
et d'autant que je dois des contributions aux réparations 
des chœurs des églises de Saint-Patrice, de Vaucelles et 
de Ranchy, et le total des réparations de ma maison pré- 
bendale. Je déclare avoir Sait beaucoup pour tout cela, 
néanmoins comme il a pu échapper quelque chose au 
soin que j'en ai pris, et que les revenus d'Eglise que j'ai 



244 

touché y sont afiectés, étant censés être parmi mes effets^ 
mes héritiers payeront ce que MM. les commissaires 
du Chapitre auront réglée en cas qu^il en soit nommé à 
cette fin, et qu'ils trouvent quelque chose à faire ; 

« 6^ Je veux et entends qu'à mon enterrement il soit 
fait une distribution de pain de lo livres à 24 pauvres 
du Bureau, et à 6 autres qui seront choisis par mon 
exécuteur testamentaire (M. Pierre-Damien PiedoUe, 
prêtre chanoine de Saint-Martin)^ auxquels 3o on don- 
nera en outre chacun 20 sols ; 

c 7^ Je veux et entends qu^avant mon enterrement on 
sépare mon cœur pour être enterré dans la cave de Féglise 
du séminaire de Caen; 

c 80 Je veux et entends que ce qui me sera dû d^années 
par M. Tabbé de Coulons, à cause de la prébende d^Es- 
quay dont il est fait ci-devant réservation, soit partagé 
aux pauvres des paroisses de Saint-Patrice, remettant la 
somme aux mains de M. le curé de Saint-Jean de Bayeux, 
aux mains de M™« de Berrolles, de M"e de Fontenailles, 
aux mains de M. le curé de Neuilly-le-Malherbe, aux 
mains de M. et de M^^ de Montfort ; en outre je donne 
pour grossir la somme, mes cueilliers fsicj et mes four- 
chettes d^argent aux pauvres des mêmes paroisses, et on 
les avertira de prier Dieu pour moi ; 

€ 90 Je donne à M°»« de Neuilly, ma belle-sœqr, mon 
écuelle d'argent, et Rodrigue:^ en 4 vol. in-8®, à cause 
qu'elle aime la lecture. C^est seulement afin qu^elle se 
souvienne de moi dans ses prières ; 

€ 1 0° Je donne à M . Le Poil, curé de Vaucelles, Pontas, 
en 3 tomes in-foL, et les autres livres que je lui aurai 
prêté, et dont il sera saisi lors de ma mort en cas qu^il y 
en ait; 

c 11° Je nomme M. Piedoûe, chanoine de Saint- 



245 

Martin en Téglise cathédrale de Bayeux, pour mon 
exécuteur testamentaire, entre les mains duquel je me 
démets de tous mes biens meubles et immeubles, raisons 
et actions, aux fins de la pleine et entière exécution du 
présent. Je le supplie de m'accorder cette grâce, et d'ac- 
cepter aussi les ouvrages de saint Jean Chrisostôme en 
5 vol. in-fol., afin seulement de se souvenir de moi. 

c 12^ Je donne le surplus de tous mes livres aux 
prêtres du Séminaire de Caen, pour avoir part à tous les 
biens qui se font et qui se feront dans leur maison, et 
leur rends ce témoignage, et à toute la Congrégation, qu'ils 
ont Tesprit de leur état, qu'ils sont doués de bonnes 
mceursf et capables de leur emploi ; c'est pourquoi j^ose 
supplier Nos Seigneurs les Prélats de leur accorder leur 
bienveillance et protection tant qu^ils ne changeront pas 
de conduite ; 

€ 1 3o Je donne 3,ooo livres sur la première année de 
mon revenu après mon décès, et sur le reste de mes 
meubles pour, par mon exécuteur, en être distribué 
700 livres à mon ancien domestique Jean Baratte, et 
800 livres à mes autres domestiques à gages, à chacun à 
raison du temps qu'il m^aura servi, et s'il y a quelques 
difficultés, M. de Montfort en sera le juge; à Tégard des 
i,5oo livres restantes, elles seront employées par mon 
exécuteur à des messes pour moi qui seront dites dans 
six mois du jour de mon décès à raison de 10 sols par 
messe, le tout selon que je lui ai marqué de vive voix ; 

c 140 Je veux et entends que les gages de mes servi- 
teurs dus à mon décès leur soient payés, aussi bien que 
tout ce que je pourrais devoir, le tout sans retardement; 

c 1 5^ Depuis ce que dessus écrit, on m^a dit qu^on 
croyait que la nef est destinée pour enterrer les dignités, 
pour peu que Tarticle cinquième déroge aux usages et 



246 

règlements de la Compagnie, il n'y aura qu'à m'emerrer 
dans Taile droite, vis-à-vis la chapelle Saint-Julien ou 
Saint-Sébastien. 

« Fait à Bayeux, double, dont Tautre est resté entre 
mes mains, ce 1 7 novembre 1724. Signé : de Fontaines. » 

IV. — Pierre Cousin, prêtre du diocèse de Coutances, 
fut élu supérieur général en 1724. Il mourut à Caen, et 
fut enterré dans Téglise du séminaire où on lit cette épi- 
taphe : Hicjacet corpus D, Z). Pétri Cousin^ prœpositi 
generalis quarti Congre gationi J, et M. Obiit die 
14 martii anno ij5i. jEtatis sùœ g6. 

V. — Jean-Prosper Auvrqy de Saint- André, né en la 
paroisse de Couvains, au quartier de Saint-André, fut 
élu supérieur général dans une assemblée générale tenue 
à Caen au mois de juin 1731. 11 mourut à Caen, dont il 
était supérieur, le 20 janvier 1770. Son "esprit s'était 
affaibli du chagrin qu'il eut de la monde i5 ou 16 ordi- 
nands empoisonnés le carême précédent. 

VI. — MicheFLe Fèvre, prêtre du diocèse de Bayeux , 
supérieur du séminaire de Caen, et supérieur général des 
Eudistes,^ mourut au grand séminaire de Rennes le 
6 septembre 1775, âgé d'environ 58 ans. 

Le 6 octobre 1775, Pierre Le Coq, prêtre de la paroisse 
d^Ifs près Caen, fut élu supérieur de la Congrégation de 
la Mission, mort le i» septembre 1777, âgé de 49 ans. 

Les Religieuses de Notre-Dame de la Charité pré- 
sentent à Cuverville et à Giberville alternativement. Outre 
les trois vœux ordinaires des religieuses, elles s'engagent 
par un quatrième à recevoir des filles et des femmes de 
mauvaise vie, qui veulent se retirer de leurs débauches, 
et même celles qui désirent en éviter les occasions. Cet 



247 

institut fut un fruit du zèle et des prédications du Père 
Eudes. Plusieurs filles et femmes engagées dans des 
commerces dangereux, et touchées de ses remontrances, 
lui demandèrent une retraite. 11 les assembla, et les mit 
sous la conduite de quelques femmes dévotes, le 25 no- 
vembre 1641, et elles furent logées vers la porte Millet, 
devant la chapelle de Saint-Gratien. Ces. bonnes dames 
qui les gouvernaient s^étant lassées de cet emploi, le 
P. Eudes s'adressa aux religieuses de la Visitation du 
couvent de Caen, en Tannée 1 644, et les engagea à s'en 
charger avec l'approbation des supérieurs. Cette maison 
prît d'abord le titre de Notre-Dame-du-Refuge. 

En Tannée i65o, le 22 décembre, M. Le Roux de 
Langrie, président au Parlement de Rouen, et la dame 
son épouse, se déclarèrent fondateurs de ce couvent. Alors 
on reçut pour religieuses des filles de bonnes mœurs, qui 
donnèrent le commencement à un' nouvel institut sous le 
titre de Notre-Dame-de-Charîté. Dès Tannée 1642, quatre 
de ces filles pieuses, qui désiraient d'être religieuses dans 
cet institut nouveau, présentèrent requête au Roi, pour 
obtenir les lettres patentes qui étaient nécessaires à Içur 
dessein. Le P. Eudes y donna ses soins, et elles furent 
accordées au mois de novembre 1642. On en obtint de 
nouvelles au mois de décembre 1647; enfin le Parlement 
de Rouen vérifia ces lettres en i658, et le pape Alexan- 
dre VII leur accorda, le 2 janvier 1666, une bulle de 
confirmation, à laquelle accéda Tapprobation de M. de 
Nesmond, évéque de Bayeux, au mois de juin suivant, 
telle que Tavait donnée M. d'Angennes en février de 
Tannée i65i. 

Ces religieuses pratiquent la règle de saint Augustin, 
mais elles ont leurs constitutions. Elles se sont accrues 
avec le temps en terrain et en logement, et par la struc- 



24S 

ture de leur 'église^ après avoir changé plusieurs fois de 
demeures. Car de leur première maison, elles passèrent 
dans la rue des Jacobins, et ensuite dans la Neuve- Rue, 
et acquirent enfin en t 656 celle où elles se sont fixées. 
Les Pénitentes ont leur logement séparé; elles ne sont 
jamais reçues religieuses dans cette communauté, et 
demeurent sous la conduite de quelqu^unes des reli- 
gieuses destinées à cet emploi. 

Les Nouvelles Converties, ou les Filles de la Propa- 
gation, doivent leur établissement à Caen à M. Servien, 
évéque de Bayeux. Cest de lui qu^elles tiennent leur 
maison dans la rue Guilleberty-et une fondation de mille 
livres de rente. L'acte de cette fondation est du \^ nov. 
i658. Cet institut a été établi pour un asile contre l'hé- 
résie aux filles qui, s^ trouvant malheureusement enga- 
gées par leur naissance, voudraient s^affranchir de la 
contrainte de leurs parents. 

L Hôpital-Général, Son établissement fut résolu dans 
une assemblée générale de la ville tenue devant M. le duc 
de Longueville, gouverneur et bailli de Caen, le 10 mars 
i655. Les lettres patentes furent expédiées le 1 5 mars de 
Tannée suivante, vérifiées tant au Parlement qu^à la 
Chambre des comptes quelques mois après. Le temps 
ayant fait mieux connaître les besoins de cet établisse- 
ment, les administrateurs y pourvurent par de nouvelles 
lettres patentes du 5 juin lôSg, vérifiées au grand conseil 
le 17 juillet 1669, au Parlement de Rouen, mais avec 
quelques modifications le 1 2 mars 1 674, à la Chambre 
des comptes le'25 juin suivant, et au bailliage de Caen 
le 3 juin précédent, ainsi qu'aux vicomtes de Caen et 
d'Évrecy. 



249 

Cet hôpital subsiste des aumônes que la cotnmunauté 
de la ville et les particuliers lui ont fait, de la vente des 
manufactures des pauvres qui y sont renfermés, et de 
quelques droits sur les entrées des boissons dans la ville, 
qui leur ont été accordées par un arrêt du Conseil du 
14 septembre 1676. On dit qu'il y a 20,000 livres de 
revenu, dont il y en a 1 2,000 livres payé sur les deniers 
de la ville; le surplus est fourni par Timposition de 
20 sous d^entrée sur chaque tonneau de cidre. 

La connaissance des causes de Thôpital est attribuée, 
tant au demandant qu^au défendant, au bailli deCaenen 
première instance, et par appel au Parlement de Rouen ; 
et par la déclaration du Roi du mois d^octobre 1676, il 
est entièrement soustrait à la juridiaion du grand 
aumônier de France. Les pauvres y furent transférés du 
lieu de la Gobelinière, oti on les avait enfermés dès que 
cet établissement fut résolu. Les bâtiments se sont accrus 
ensuite, à quoi ont servi les matériaux du Temple des 
Huguenots, lorsqu'il fut démoli. Celui de Téglise fut 
achevé en l'année 1690, et Ton y célébra la première 
messe le 12 mars de la même année. Cette église, dit-on, 
a été bâtie sur le .même modèle que le Temple. Personne 
n^a plus contribué à Inexécution de cet ouvrage que feu 
messire de Gavrus-Bernières, trésorier de France àCaen, 
par ses soins et ses aumônes se montrant digne héritier 
de la vertu et de la piété de la famille dont il était sorti. 

11 mourut il y a quelques années dans cet hôpital un 
citoyen de Bayeux, qui mérite que j^en fasse mention ici 
à cause de son éclatante piété. Richard Néel, sieur de 
Bapaulme, est celui dont je veux parler. Né sur la pa- 
roisse de Saint- André, il naquit de Richard Néel, sieur 
des Longsparcs, maître des requêtes de la reine, conseiller 
assesseur à Bayeux, et de demoiselle Anne Chéradame, 



250 

qui avaient été mariés le 3 octobre 1 667; il coula ses pre- 
mières années dans le plaisir et la volupté ; rien ne lui 
paraissait moins digne d^attentlon que Taffaire de son 
salut. Un jeune homme de ses amis demande une des 
sœurs du sieur de Bapaulme en mariage, on la lui 
accorde. Déjà les arrangements sont pris pour célébrer 
les noces ; mais un accident frappant renverse toutes les 
mesures la veille du mariage. Ce jeune homme fut trouvé 
mort le matin, couché auprès du ^eur de Bapaulme. 
Celui-ci, frappé d^un pareil coup, ouvre les yeux sur son 
état ; il considère ses désordres passés, et en est saisi d^effroi. 
Il se retire à sa terre de Bellezaise, paroisse de Sully, et 
là, enfermé dans une petite serre au bout du jardin, 
n^ayant pour tout meuble qu^un lit de planches, un cru- 
cifix et quelques livres de piété, il se livra totalement aux 
exercices de la pénitence. Au bout de quelque temps, il ^ 
alla se cacher dans Tabbaye de la Trappe, d^où il fut 
obligé de sortir à cause de la rigueur de la règle à laquelle 
son tempérament ne put pas s'accoutumer. Il se retira enfin 
à Caen dans Thôpital général. Il donna aux pauvres mille 
écus en entrant, et une pareille somme qu^il exigea de 
son frère aîné au lieu de ce quHl pouvait prétendre sur 
la succession de ses parents. Il y passa le reste de ses jours, 
occupé sans cesse de la prière et de la mortificationi et y 
est mort en odeur de sainteté. 

Les frères de Saint^Yon, communément appelés les 
Grands^Chapeaux, à cause de la grandeur de leurs 
chapeaux. M. de Luynes, évéque de Bayeux, permit et 
t ratifia, le 6 mars 17^0, rétablissement des frères de 
Saint- Yon à Caen. Quelque temps auparavant, il y avait 
eu en cette ville cinq frères de la Providence qui y avaient 
été mis aux gages de M. le cardinal de Fleury, abbé de 



251* 

Caen, pour Thistruction de la jeunesse; s'étant trouvés 
réduits à deux, et ceux-ci n'étant point approuvés par 
Sa Majesté, ils obtinrent de M. l'évéque la permission de 
s'unir à l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes de 
Saint- Yon de Rouen, ainsi que la maison qu'ils possé- 
daient à Caen ; ce qui fut aussi appibuvé par le frère 
Timothée, supérieur général de cet institut. * 



DOYENNÉ DE DOUVRES. 



Aguerny (Saint-Martin d*). Sergenterie de Bemières, 
notariat de Bény. Election de Caen, 55 feux et 200 habi- 
tants. 

Cette paroisse, située sur une hauteur, est divisée 
en deux hameaux, Aguerny et la Mare. Il paraît que le 
nom de cette paroisse est unique en France, par le DiV- 
tionnaire universel de ce royaume qui l'appelle An- 
guerny, et y marque 221 habitants. Elle a -deux fiefs : la 
Varangère et Aguerny, possédés par messirc Pierre Fran- 
çois de Fresnel, seigneur de cette paroisse. Son château 
est à demi-lieue dans la paroisse de Mathieu. 

Guillaume de Fresnel, écuyer, sieur de Saint-Germain, 
Mathieu, Aguerny et Periers, gentilhomme ordinaire de 
S. A. R. fit un échange de terre le 24 novembre 1646 
avec Michel Criquet. 

La nomination de la cure et la moitié des grosses 
dîmes appartiennent au chapitre de Bayeux; l'autre 



252 

moitié est panagée entre les religieux de la Trappe et le 
curé, qui a aussi les verdages. Le patronage et les dîmes, 
possédés par le chapitre, lui furent aumônes par Philippe 
d'Harcourt, un de ses évéques dans le xu« siècle (i). 

Elle est à deux lieues de Caen, une lieue de la Déli- 
vrande, et une lieue et demie de la mer. 

Anisy (Saint-Pierre d^). Sergenterie de Berniëres, 
notariat de Bény, élection de Caen, 70 feux^ 280 com- 
muniants. 

Elle n^est arrosée que par Teau d^un étang d'oti se 
forme le ruisseau qui traverse les paroisses de Mathieu et 
de Périers, et va se perdre dans la petite rivière de Beu- 
ville. Il y a quatre grands fiefs, et Pextension d^un autre, 
situé à Villons; le dominant, situé à Anisy, donne le 
droit de nommer à la cure. Messire Louis-Gabriel de 
Clinchamps est seigneur et patron présentateur d^ Anisy. 
Le curé n^a que le tiers de toute la dîme, et les autres 
deux tiers appartiennent à M. Tévéque de Bayeux, en 
défalquant deux petits traits pour le chapitre de Bayeux 
et pour Tabbaye d^Aulnay. 

Cest là Porigine de la maison d^ Anisy, dont un sei- 
gneur accompagna le duc Guillaume à la conquête de 
r Angleterre en 1066, et un autre, le duc Robert, à la 
Terre-Sainte en 1096. Ses armes sont : d^argent billeté de 
sable, au lion de même, armé et lampassé de gueules. 
Raoul d'Anisy fonda en i223 la prébende d^Anisy dans 
la collégiale du Saint-Sépulchre, à Caen. Messire Ferry 
d'Anisy est compris entre les bannerets et écuyers de 
Normandie, selon les registres de la Chambre des comptes 
de 1337. Jean d' Anisy, écuyer, sieur d' Anisy, reconnut 

(1) HisL du dioc, de Bayeux^ p. 172. 



en 14 10 avoir donné 17 septiers de froment de rente à 
Gaillemette, sa fille, qu'il avait mariée à Guillaume de 
Gravèrent, seigneur de Coulomby. Gérard d'Anisy fit 
transport de son fief d^Anisy en 1476 ; un aveu de 1463 
dit qu^il est situé en la vicomte de Caen, et qu^il s'étend 
es paroisses d'Engranville, Saint-Laurent-sur-la-Mer, et 
à Clouey, vicomte de Bayeux. Richard d'Anisy, de la 
paroisse de Ver en l'élection de Bayeux, fit preuve d'an- 
cienne noblesse en 1463.(1). Gilles et Guion d'Anisy, 
demeurant au dit lieu^ en firent autant en 1 540 ; le dit 
Gilles, par contrat de 1 533, avait pris en fief du doyen et 
chapitre de Bayeux, demi-vergée de terre au dit lieu pour 
1 00 sous tournois de rente. 

On trouve une paroisse d'Anisy dans le diocèse et 
élection de Laon, et une autre de même nom dans le dio- 
cèse et élection de Nevers. 

Celle du diocèse de Bayeux est à une lieue et demie de 
Caen, et à une lieue de la Délivranc|e. 

Arquenay (Saint- Aubin d'). Sergenterie d'Ouistreham, 
notariat de Ouistreham, élection de Caen, 42 feux, i25 
communiants. 

Cette paroisse a environ un quart de lieue dans sa lar- 
geur, et trois quans dans sa longueur. Elle fait partie de 
la baronnie d'Ouistreham, et relève de la juridiction de 
Fabbaye de Sainte-Trinité de Caen. Elle a deux fiefs ; le 
grand et le principal appanient à M"*« TAbbesse de Caen, 
avec la nomination de la cure ; Tautre appelé d'Esquay, 
qui ne comprend pas tout-à-fait le quart de la paroisse, 
mais qui a une petite extension dans Ouistreham, appar- 
tient à M. de Benouville. Il y a encore quelques terres et 

(i) Histoire d^Harcourt^ t. I, p. 996-997. 



254 

maisons qui relèvent du Roi, mais en très petite quan- 
tité, puisque ce domaine ne vaut que 340 livres de rente 
par an. L^abbesse de Caen, dame et patronne de Saint- 
Aubin*d'Arquenay, perçoit toutes les dîmes sans nulle 
exception, et fait une pension au curé. Son territoire 
approche de la rivière d'Orne, mais il ne la borde pas, 
parce que la paroisse d^Ouistreham sMtend le long de 
cette rivière-et va joindre celle de Bénouville. 

Elle est à deux lieues de Caen, à une lieue et demie de 
la Délivrande et demie lieue d^Ouistrebam. 

Basly (Saint-Georges de). Sergenterie de Bemières, 
notariat de Bény, élection de Caen, 60 feux et t 80 habi- 
tants. 

Elle est arrosée par un ruisseau qui y prend naissance 
et qui se perd dans la rivière de Mue à peu de distance de 
là. Son territoire est de 25o acres de terre, dont il y en a 
48 en bruyères. La cure est à la nomination du prieur de 
THôtel-Dieu de Caen. Le curé a la moitié de la dîme; 
Pautre moitié appartient quant aux deux tiers à Tabbaye 
de Saint- Wandrille, et Pautre tiers au chapitre de Bayeux. 
La seigneurie honoraire est en litige entre M. Jolivet, de 
Caen, seigneur de Basly, (son père, avocat à Caen, avait 
acheté la seigneurie, vers 1744, de M. le Duc, seigneur de 
Basiy), et THôiel-Dieu de cette ville. 

Les Calvinistes ont eu un prêche à Basly, lequel fut 
abattu en 168 5, en conséquence de Tédit de Nantes. Ce 
prêche, situé auparavant à Laîsson, doyenné de Maltot, 
n'avait été transféré à Basly que parce que le seigneur de 
Lasson s'étant fait catholique ne voulut plus souffrir de 
pareil exercice chez lui. 

Deux personnes distinguées par leur mérite ont donné 
du renom à cette paroisse. Jean Le Mière, sieur de Basly, 



255 

est auteur d'un recueil d'épigrammes quUl intitula Séria 
etjoci. Il fut imprimé en 1664 (i). Guillaume Marcel, 
curé de Basly, après avoir longtemps professé la rhéto- 
rique dans les collèges de Rouen, du Plessis-Sorbonne et 
de Bayeux, se retira dans sa cure, oîi il composa un 
grand nombre d'ouvrages de divers genres, mais parti- 
culièrement de controverse et de poésie. Il y mourut 
le 10 avril 1702, âgé de 90 ans. Il s'y était formé une 
assez jolie terre de plusieurs acquisitions quUl avait 
faites des Protestants de ce lieu ; un paysan dit à ce sujet : 
« Notre curé est rempli d*un grand zèle; il détache tant 
quHl sait nos frères de la terre pour les attacher au ciel. » 
Cette paroisse est à trois quarts de lieue de la Déli- 
vrande, trois lieues et demie de Caen, et quatre lieues de 
Bayeux. 

B^nowviV/e (Notre-Dame de). Sergenterie d'Ouistre- 
ham, notariat d^Ouistreham, élection de Caen, 70 feux, 
140 habitants. 

Cette paroisse, qui est dans une situation charmante 
sur la mer et la rivière d^Orne, se trouve divisée en deux 
parties, dont Tune s'appelle Bcnouyille, et l'autre le Port. 
Ce dernier a été son nom principal et primitif. Le Livre 
Pelut de révêché, rédigé vers i356, la nomme Ecclesia 
B* Af* de Portu, et une main du siècle suivant a mis au- 
dessus le mot de : Burnouvilla, pour Benouville qu'elle 
pone à présent. C'est pourquoi les titres qui en font 
mention l'appellent tantôt Notre-Dame de Benouville du 
Port, et tantôt Notre-Dame de l'Ascencion du Port, la 
fête de l'Ascencion étant la première fête patronale à 
laquelle a succédé celle de la Nativité de la Sainte Vierge. 

(i) Orig. de Caen, p. 390. 



256 

La cure est à la nomination de Tabbesse de Caen^ et la 
dîme en est partagée en trois lots : le curé a le choix, 
l'abbesse a le second, et le troisième est subdivisé en trois 
autres lots, dont les deux premiers pour le curé, et le 
troisième pour Tabbesse. Ainsi, sur neuf gerbes le curé 
en a cinq et Tabbesse quatre, qui lui ont été aumônées 
avec le patronage par, les anciens seigneurs de cette 
paroisse. Bertrand de Canville en était seigneur en i35o. 
Aujourd'hui, c^est messire Antoine Gislain, chevalier de 
Tordre militaire de Saint* Louis, dit le marquis de Benou- 
ville, fils de messire François-Antoine, seigneur de Be- 
nouville et du Port, et de dame Hélène de Marguerit, 
morte à Caen le 24 avril 1738, âgée de 72 ans. 

Il en possède tous les fiefs, savoir : Benouville et De- 
launey, mouvant du roi directement, le Port et Manne- 
ville. Il j fait sa demeure dans un château bâti vers 1 5oo, 
auquel ses prédécesseurs ont fait beaucoup d^embellisse- 
ments et de dépenses. Les auteurs de ce château y fon- 
dèrent une chapelle à laquelle ils affectèrent les deux 
gerbes du troisième lot que perçoivent à présent les curés 
au droit de ces seigneurs, à condition quMls auront un 
vicaire et feront tenir les écoles. Le terroir de Benouville 
consiste en herbages et terres à labour. Il y a dans le 
hameau de Port, sur le bord de TOrne, un bac qui com- 
munique à Amfréville, et donne facilité pour commercer 
vers Troarn et les autres marchés voisins. 

Elle est à deux petites lieues de Caen et à une lieue 
de la mer. 

Bény (Notre-Dame d^Assomption de). Lieu de nota- 
riat (800 livres), Cairon, les Buissons, Villons^ Aguerny, 
Reviers, Anisy, Moulineaux, Fontaine-Henry, Basly 



257 

et Than. Sergenterie de Bernières, élection de Caen, 
1 5o feux, 320 ou 400 communiants. 

Cette paroisse, située sur une éminence, est arrosée par 
la rivière de Mue qui la sépare de Fontaine-le-Henry et 
de Moulineaux. Son territoire peut contenir environ 
1,000 acres de terre, dont la partie du nord-est et du sud- 
ouest est une bruyère, et Tautre partie représente PArabie- 
Pétrée, étant bordée d^une chaîne de carrières de pierres. 
Malgré cela, les terres sont fertiles en froment, orge et 
autres grains; on y voit peu de bois et de pommiers. 
Le hameau de Bragueville en dépend. La cure est divisée 
en deux portions. La première est à la nomination de 
Pabbé de Montmorel, Pautre à celle du seigneur de Mou- 
lineaux; mais sa dîme est tiercée : un tiers pour le susdit 
abbé, et les deuï autres pour les curés. 

La seigneurie de ce lieu, qui dans un titre du xv« siècle 
est appelé Bény-le-Port (i), était ès-mains de Jean 
Gougeul, seigneur de Moulineaux en i35o (2). Elle 
entra ensuite dans les maisons de Husson et de Meullant. 
Elle échut en partage à Perrine de Meullant, fille cadette 
de Thomas, sire de CourseuUes, laquelle la porta en 
mariage, avec celles de Bernières et de Caynet, à messire 
Guillaume de Rosenyvinan (3). Elle passa depuis à 
Jean d'Harcourt, seigneur de Fontaine-le-Henry, par son 
mariage avec Jeanne de Saint-Germain, héritière des 
baronnies d^Asnebec, de Briouse, et des seigneuries de 
Bény et de Moulineaux. 

Jean du Thon, écuyer, sieur et châtelain de Mouli- 
neaux, et Bény, patron principal en la dite paroisse de 

(i) Hist, Harc, t. , p. 5a. 

(3) Ex lib. Pelut. 

{3) Hist. Harc,, t, II, p. i5o8, 

17 



2S8 

Moulineaux, et patron en la seconde portion de Notre- 
Dame du Bény, nomma à la cure en 1618 (i). Jean le 
Paulmier^ sieur de Saint-Louét, président en Télection 
de Caen, ayant la garde noble des enfants mineurs de 
Germain du Thon, sieur de Bény et de Moulineaux, y 
nomma aussi le i^^ mars 1628. 

Aujourd'hui, elle est possédée conjointement par : M. le 
marquis de Vassy-Marguerye (M. de Vassy-Marguerye, 
seigneur et patron honoraire de Moulineaux et de Bény, 
M. du Londel, patron de Moulineaux, et de la deuxième 
portion, à cause de M^^*de Moulineaux), par Jacques du 
Touchet, seigneur et patron de Moulineaux, et par 
M. Durand de Missy, évéque d'Avranches, co-seigneur 
de Moulineaux. 

Cette paroisse est à 3 lieues de Caen, 2 lieues du bourg 
de Creully, et à une lieue de la Délivrande. 

BernièreS'Sur-la^Mer ( Notre-Dame-d'Assomption). 
Chef-lieu de sergenterie, notariat de Douvreâ, élection de 
Caen, 180 feux, 900 habitants. 

Ce lieu, situé sur la mer, avait anciennement un petit 
port formé par l'embouchure de la SeuUes, avant qu'on 
en eût détourné le cours par CourseuUes, paroisse limi- 
trophe. M. de Bras observe qu'on y avait pris longtemps 
avant lui une grande baleine qui avait été jetée sur le 
sable, d'où l'on fit ce distique : 

. A Bernières sur la mer fut prinse la grand baleine, 
De cinquante pieds de lay, la longueur n'est vilaine. 

Il remarque aussi qu'on y avait bâti une haute pyra- 
mide pour l'adresse des vaisseaux, à Tembouchure du 
fleuve de la Seine. Le seigneur de CourseuUes, dont la 

(I) Reg. de l'Évêché. 



259 

seigneurie sMtend dans la mer, avait le septième poisson 
qu*on prenait dans ce port, et les droits du marché qui 
tenait proche Téglise ( i ). 

L^échiquier de Normandie, tenu en i336 à Caen pour 
le terme de Pâques, fait mention d^un procès entre le 
procureur du roi et Raoul de Meullant, seigneur de 
Courseulles, au sujet des halles et du port de Berniéres. 
Ce procès ne fut terminé qu'en iSgo, à l'échiquier de 
Caen, où il intervint arrêt en faveur du seigneur de 
Courseulles. Les halles, soutenues par trois rangs de 
piliers, étaient contre le cimetière. 'On en voit encore 
quelques-uns qui ont été conservés. Il y avait un siège 
d*amirauté qui a été transféré depuis à Lahgrune. La 
sergenterie est composée de 22 paroisses. 

Berniéres vient de l'anglo-saxon Barn, qui veut dire 
grenier (2), et la fertilité de son terroir démontre assez 
la justesse de cette étymologie. On prononçait autrefois 
Barrières, comme il paraît par une bulle adressée au 
prieur de l'hôpital de Caen, oti il fait mention de Raoul 
de Barnères. Il s'appelle en latin Bameriœ ou Bar^ 
nîerœ. L'église, accompagnée de bas-côtés, est grande et 
bien décorée. C'est une tradition constante dans le pays 
qu'elle a appartenu aux Templiers qui j avaient un 
couvent. Il paraît, par une chartre de Guillaume duc de 
Normandie, qu'il donna à Odon, évéque de Baycux, son 
frère utérin, la terre de &on fief de Berniéres (3), qu'Odon 
avait acheté de Guillaume de Courselles, avec le patro- 
nage des églises, les dîmes et toutes les coutumes qui 
proviennent de la terre, et des vasseaux qui 7 demeurent. 



(1) Hist. Harc, 1. 1, p. 88. 

(a) M. Huet, Orig, de Caen, p. 394. 

(3) Mém. impr. 



26o 

Depuis, le prélat uait le patronage et les dîmes à la 
trésorerie de son église. Le grand trésorier de Bayeux est 
seigneur et patron collateur de la cure, et en perçoit les 
dîmes. Il y possède le premier et le principal fief qui 
relève immédiatement du Roi. Il fut maintenu dans la 
qualité de seigneur et patron de Bernières par sentence 
du bailli de Caen, au mois de mars 1687, contre le 
seigneur de Courseulleset un autre seigneur qui y possé- 
daient chacun deux petits fiefs dépendant de Tévéché de 
Bayeux, sous la baronnie de Douvres. 

Il y a plusieurs fiefs dont le plus considérable est celui 
de la Luzerne mouvant de la baronnie de Douvres. Le 
seigneur de ce fief (M. de RocqueviUe), et les Réformés 
de Bernières y ont eu un temple, qui fut abattu par la 
révocation de Tédit de Nantes. Le Roi y possède une 
fiéferme dont les terres sont rotures. 

Charles de Hermanville, seigneur d^Hermanville, 
tenait anciennement en foi et hommage de la baronnie 
de Douvres un membre de fief d^hautbert, pour un quart 
de fief assis à Bernières-sur-la-Mer et G>urseulles, par 
une quotité de service d'ost quand il est mandé (i). 

Raoul du Bois, écuyer, tenait de la dite baronnie, par 
foi et hommage, un quan de fief de chevalier à lui venu 
de la succession de ses prédécesseurs assis à Bemières- 
sur-la-Mer, lequel anciennement fut à messire Hue du 
Bois, chevdier, et depuis à messire Jean du Bois, che- 
valier, seigneur de Saint-Manvieu, et à dame Catherine 
de la Luzerne, sa femme, à cause d^elle (2). 

Guillaume le Grand tient nuement de la baronnie de 
Douvres, par foi et hommage, un quart de fief de che- 

(i) Ext. de Taveu de TÉvêq. de Bay., du 4 avril 1453. 
(3) Ext. de Taveu de l'Évêq. de Bay., du 4 avril 1453. 



26l 

valier par succession de ses prédécesseurs assis à Ber- 
nières ( i ), lequel fut à Raoul de Moulineaux, et en doit 
200 d^allouettes par chacun an au terme de Toussaint. 

Pierre Le Chevalier, écuyer, tient de la dite baronnie, 
nuement par foi et hommage, un quart de fief de 
chevalier acquis par lui de messire Charles de Herman- 
yille, chevalier, assis à Bernières. 

Jean Marguerye, écuyer, fils et héritier de feu Michel 
Marguerye, tient de la dite baronnie par foi et hommage, 
un quart de fief de chevalier, assis à Bernières, et s^étend 
à Hérouville, que le dit feu Marguerye acquit de Jean 
de Beauvannet et sa femme. Les 5 fiefs ci-dessus, selon 
anciennes écritures, sont sujets à faire le service d^un 
chevalier en Tostdu prince quand il est mandé. 

Bernières est à un quart de lieue de la Délivrande, 
3 lieues de Caen et 5 lieues et demie de Bayeux. 

Beuville (Saint- Pierre de). Beusvilla. Sergenterie 
d^Ouistreham^ notariat de Caen, élection de Caen, 80 feux, 
188 habitants. 

Quelques anciennes Chartres la nomment BosviUe, 
d^autres, mal à propos, Beuseville. 

Cette paroisse est située sur le ruisseau du Doit qui y 
prend sa source au nord, et qui, grossi par celui de 
Périers, coule au midi jusqu^à Blainville oti il se perd 
dans rOrne. La moitié des habitants professent le Calvi- 
nisme. L^église, sans trésor ni revenu, est pauvre et 
petite. La plupart ayant embrassé la Réforme dans (2) le 
xvic siècle, abattirent et ruinèrent la nef. Gaspard Erard 
Le Grix, baron d^Eschaufibu, seigneur de Beuville, la fit 

(1) Bernières, Sémilly. 

(3) Reg. des collât, de l'évêch., i665, p. 39 et 40. 



262 

rebâtir en 1 66 5, et comme il y avait peu de Catholiques, 
il ne lui donna que 3o pieds dé long sur 30 de large. 
Cest ce qu'on apprend de la permission de M. TÉvéque, 
du 21 avril, au dit an. Le chœur n'était pas, à beaucoup 
près, dans un meilleur état ; par le laps des temps, il fut 
réparé, en i686, par les gros décimateurs, et réduit à 
28 pieds de longueur sur 18 de largeur. La permission 
de M. rÉvéque est du 12 mars. 

M. Huet remarque, d'après M. d'Anisy-Clinchamps ( i ), 
qu'ion voit dans cette église les armes de Mathan ; ils ont 
été trompés par la ressemblance de ces armes avec celles 
des messieurs de Grosparmy, qui ont possédé longtemps la 
seigneurie de Beuville. Grosparmy portait : de gueules à 
2 jumelles d^or surmontées d^un lion léopardé d'argent 
hermine en chef, et Mathan porte les mêmes pièces et 
métaux à l'exception du lipn qui est d^or. Cette ressem- 
blance d'armes m'a toujours fait conjecturer que les deux 
familles ont la ménle origine. 

La cure est à la nomination du seigneur temporel ; 
anciennement, elle était à Tabbé du Val-Richer, qui la 
rétrocéda dans le xv« siècle. C'est ce qu'on apprend d^une 
note marginale insérée dans le Livre Pelut de l'évéché, à 
l'article de cette paroisse : Ecclesia de Beusvilla\ abbas 
de Valle Richerii, et à la marge : pro nunc dominus 
temporalis de Beuvilla juxta concordiam exhihitam 
domino vicario Bajocensi, passatam coramJoh.Le Viter 
et Joh. Godefroy, tabellar. regiis apud Rothomagium. 
anno D^ M. quadringentesimo octogesimo quarto die 
XXIX mensis octobris. Les dîmes, quant aux deux 
tiers, appartiennent à l'abbaye de Saint-Étienne, de 
Caen, et pour l'autre tiers au curé. 

(i) Orig, de Caen, p. 336-337. 



263 

Proche la maison du seigneur, il y avait une chapelle 
de Saint-Martin qui ne subsiste plus depuis longtemps. 
Il en est fait mention dans le Livre Pelut. Capella Sti ' 
Martini de Besvilla cum cura XX liv., dominus dictœ 
villce in cujus manerio consistit valet communi XX lib. 
Plusieurs anciens habitants y ont encore vu des fonts 
baptismaux, et il tfy a que quelques années qu'en creu- 
sant au même endroit pour faire le fondement d^un mur, 
on y découvrit grand nombre de cercueils de pierre sans 
aucune inscription, mais pleins d^ossements qui s'en 
allaient en poussière à Pair. 

Uabbayedu Val-Richer possède à Beuville la ferme de 
Beauvais, placée entre Beuville, au nord, et Colleville- 
sur-Orne. Cette ferme dépend de Tune et Tautre paroisse 
quant aux territoires et aux maisons, et est à égale 
distance, c^est-à-dire un quart de lieue et demi des deux 
églises. 

Outre le fief de la seigneurie, on compte les fiefs de 
Than et Feuguerolles ( i ) qui, par rapport à la mouvance 
de celui de Beuville, ne sont pas estimés à loo fr. de 
rente, et le fief de Montreuil dont il n^existe pas le plus 
petit vestige. 

Cette paroisse a donné le nom à la maison de Beuville 
qui porte : pallé d^argent et de gueules de six pièces. 
Thomas de Beuville fit don à THôtel-Dieu de Caen, de 
quelques rentes sises à Beuville, selon la bulle d'Inno- 
cent III, de Tan 12 lo. Mgr NicoUe de Beuville, chevalier, 
se trouva pour le service du roi Philippe VI aux guerres 
de Gascogne et de Languedoc suivant les registres de la 
Chambre des Comptes des années i338 et iSSg. Jean, 
seigneur de Beuville, est cité entre les chevaliers, bache- 

(i) Mém. par M. le Coq de Beuville, 47, p. 4 et 6. 



2^4 

liers, dans les livres des rois de Normandie. Il fut père 
de Huë de Beuville, chevalier, seigneur de Beuville, 
Sarqueux, et autres fiefs, cité dans un arrêt de TÉchiquier 
de Pan i Sgo. De ce Huê et de Jeanne d'Harcourt vint 
Huet de Beuville, seigneur de Beuville, et depuis de 
Fontenay-r Abbaye comme héritier de dame Marie 
Pesnel (i), lequel est cité comme sous-âge dans un arrêt 
de Tan 1403. 

Jean deGrosparmy en hérita. Il tenait, en i453, de la 
baronnie de Douvres, par foi et hommage noblement et 
franchement un fief de chevalier entier assis à Beuville, 
et en doit i5 livres tournois de rente par chacun an (2). 
Il nomma à la cure de Beuville en 1465. 

Jean de Grosparmy, seigneur de Beuville, était capi- 
taine des francs-archers du bailliage de Caen, comme il 
paraît par la quittance du 9 mars 1 471, de 140 livres pour 
ses gages et chevauchées de Tannée précédente (3). Du 
consentement de noble et excellent homme Guillaume de 
Grosparmy, seigneur de Beuville et de Fontenay- 
TAbbaye, Guillaume Carrey, chanoine de Lisieux, 
résigna à Aymar de Grosparmy, au mois d'avril 1497, la 
cure de Beuville dont il éuit titulaire (4). Guillaume de 
Grosparmy vivait encore en i5o2. B. de Grosparmy, 
seigneur de Beuville et de Fontenay-l'Abbaye, présenta 
à la cure de Beuville en i53i. Stévenot de Grosparmy, 
prêtre, à la place d^Aymard de Grosparmy, bachelier, et 
ensuite Pierre de Grosparmy, clerc. 

La seigneurie de Beuville passa de là successivement 
aux maisons de Hellenvilliers et de Mainbeville, vicomtes 

(i) Mém. par M. le Coq de Beuville, 47, p. 4 et 6. 
(a) Av. de Tévêq. de Bayeux, 4 avril 1453. 

(3) Hist. des gr, off.^ t. VI, p. 17a. 

(4) Reg. de Tévéché. 



i«5 

d^Esquay (i]/d^où Jourdaine de Mainbeville la porta à 
son mari Gaspard Erard-Le-Grix, seigneur et baron 
d^Eschauffou et de Montreuii^ desquels vint pour fille 
unique Marie-Anne Dorothée Erard-Le-Grix, qui, selon 
la généalogie de RoncheroUes, eut pour mère Ânne- 
Dorothée du Buat (2), et fut mariée par contrat du 24 fé- 
vrier 1702, à Michel de Roncherolles^ marquis du Pont- 
Saint- Pierre. 

Par contrat sous seing du 5 mai 171 1, déposé au no- 
tariat de Caen le 10 novembre suivant, M. Le Gx], avocat 
à Caen, prit à fief pour 400 livres de rente foncière, le fief 
de Beu ville de M. et M"» du Pont-Saînt-Pierre. Le dernier 
décembre 1712, il fit le retrait féodalement de cette rente 
qui avait été vendue par les mêmes au sieur de Saint- 
Ouen-Fresnel, pour la somme de 8,000 livres. Il a fait 
bâtir la maison seigneurale qui lui a coûté plus de 
100,000 livres. Il a laissé pour fils Nicolas-François Le 
Coq, écuyer, seigneur et patron de Beuville, conseiller- 
secrétaire du Roi, maison et couronne de France et de 
ses finances. 

Cette paroisse est entre Caen et la mer, à cinq quarts 
de lieue de Tune et de Tautre. 

Biéville (Notre-Dame de). Sergenterie d^Ouistreham, 
notariat de Caen, élection de Caen, 70 feux, 25o ou 
280 communiants. 

Cette paroisse est située entre Caen et la Mer, sur un 
bieu ou ruisseau que les habitants appellent Doit, du 
mot latin Ductus, et qui sépare son territoire de Blain- 
ville. 



(x) Hist. Harc, t. I, p. 988. 
(3) Moreri. 



26^ 

Elle contient deux hameaux, le Londel à Pouest, et la 
Londe à Test, qui ont chacun une maison principale 
accompagnée d'avenues. L^égliseest propre, passablement 
grande et bien décorée, avec un clocher de figure carrée. 

La présentation de la cure et les dîmes en totalité 
appartiennent à Tabbé de Saint-Étienne de Caen. Le fief 
dominant est une fiéferme du ddmaine dont M. de Bé- 
nouville est engagiste. II y a en outre les fiefs d^Outreval 
et de Rubercy, appartenant à M. de Beuville Le Coq, et 
un troisième qui a été érigé, depuis 22 ou 23 ans, sous le 
nom du Londek On y trouve à plusteu*rs endroits des 
carrières d^une pierre extrêmement dure. 

Elle est à une lieue demi-quart de Caen, à une lieue et 
demie de la mer, et à demi-lieue à l'est de la rivière 
d'Orne. 

Blainville (Saint-Gerbold de). Sergenterie d^Ouistre- 
ham, notariat de Caen, élection de Caen, 41 feux. 

Cette paroisse est située sur POrne. Elle a Hérouville 
au midi et Benouville au nord. Quelques-uns font venir 
son nom de Belenus, TApoUon des Gaulois, pourquoi 
on dit Belenx-villa (i). Dans les vieux titres il est appelé 
Bledvilla et Blevilla, Belainville et Blévilie. Ce qui fait 
croire à M. Huet qu^il pourrait être dérivé du mot latin 
bladum, qui en basse latine signifie du blé. 

II y a deux autres lieux de même nom en Normandie 
dans les diocèses de Rouen et de Coutances ; ainsi je 
n^oserais dire duquel de ces lieux était le sire de Blain- 
ville qui alla, en 1096, à la conquête de Jérusalem. Il 
portait : d^azur à une croix d^argent à croisettes d^or recroi- 
settées. 

(i) Orig. de Caen^ p. 243. 



267 

La seigneurie qualifiée de chfttellenie donne le droit de 
présenter à là cure. Le curé est décimateur. 

Roger Bâton ou Bacon était seigneur châtelain et patron 
présentateur de cette cure en i356 (i). Après lui parait 
Robert de Warignies, II< du nom, seigneur de Blain- 
viile, qui avait pour aïeul Robert, chevalier, bailli et 
capitaine de Caen, suivant des Chartres de 1364 (2). Ce 
bailli est le Robert de Warignies qui, en 1346, sauva le 
château de Caen (3), et Edouard, roi d'Angleterre, 
quoique maître de* la ville ne put le prendre. Le seigneur 
de Blainville s'allia de Marie Bourgeoise, fille aînée de 
Louis seigneur de Cagny, et laissa pour fils : 

Robert de Warignies III« du nom, seigneur de Blain- 
ville et de Cagny, qui rendis foi et hommage de son fief 
d'Aignerville, le 20 juillet 1450, au roi Charles VIL Sa 
femme, Catherine Desmarets, dame de la Potherie, qu'il 
avait épousée avec le consentement de Mouton de Blain- 
ville, maréchal de France, le 14 août 1437 (4), le fit père 
de plusieurs enfants; l'aîné : 

Stévenot de Warignies, seigneur de Blainville et de 
Cagny, fut marié par contrat du 18 février 1 5o5 à demoi- 
selle Jeanne Le Veneur du Homme. Son fils, Jean de 
Warignies, chevalier, seigneur de Blainville, fut père de 
Jacques, seigneur de Blainville et de la Poterie, chev^ier 
de Tordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, 
capitaine de Touques et du Ponteaudemer, qui mourut le 
10 septembre 1589, laissant de son épouse Âdrienne 
Martel de Bacqueville, Tenneguy et Jean de Warignies. 
Le premier se qualifiait seigneur de Blainville, baron 

(i) Ex. Lib. Pelut. 

(1) Hist. HarCy t. Il, p. 954. 

(3) Hist. Uarc., 1. 1, p. 364. 

(4) Hist. Harc., t. I, p. 953. 



268 

des Biars, lieutenant du Roi en Normandie, gouverneur 
de Lectoure, puis de Pontorson. Le second, né le 
2 juin i58i, fut aussi seigneur de Blainville-sur-Ome, 
Cabourg et la Poterie, chevalier de Tordre, conseiller 
d^État, premier gentilhomme de la chambre du Roi, 
maître de sa garde-robe, lieutenant au gouvernement et 
bailliage de Caen, ambassadeur en Angleterre (i). Il 
portait : de gueules à 3 chevrons d'argent à la bordure 
d^azur. Après sa mort sans enfants, arrivée à Issy, prés 
Paris, le 26 février 1628, la terre deBiainville fut acquise 
par Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, ministre 
et secrétaire d'État qui, dans une présentation de Pan 
1680 pour la cure de ce lieu, prend la qualité de chevalier, 
seigneur et châtelain de Blainville. 

Jules-Armand G)lbert, son I V^ fils, lieutenant général 
des armées du Roi, fut marquis de Blainville. Il mourut 
des blessures quMl reçut à la bataille d^Hochstaedt, le 
i3 août 1704, laissant pour fille unique Madeleine 
G)lbert, mariée en 1706 à Jean-Baptiste de Rochechouart, 
comte de Maure, son cousin germain. M. de Roche- 
chouan de Mortemart a vendu cette terre il y a quelques 
années à M. Gislain, nîarquis de Benouville. 

Elle est à cinq quarts de lieue de Caen. 

Cambes (Saint-Martin de). Sergenterie de Bernières, 
notariat de Caen, élection de Caen, 47 feux. 

Cette paroisse ne contient que 3oo acres de terre, tant 
à labour que autrement. Elle a pour limites BiéviUe à 
Torient, Saint-Contest au midi, Villons au couchant, 
Anisy et Mathieu au septentrion. Du nombre des 
47 feux, il y en a 8 qui forment le hameau de la petite 

(i) Hist. deigr. ofi., t. IX, p. 148. 



269 

Londe sur le chemin de Caen à la Délivraade. L^église 
est accompagnée d^une grosse tour carrée, et terminée en 
plate-forme. On y célèbre la fête de l'Annonciation et de 
la Sainte Vierge avec grande solennité. Il y a une indul- 
gence plénière. La nomination de la cure appanient à 
Tabbaye d'Aunay, et les deux tiers des grosses dîmes à 
. Tabbaye de Saint-Étienne ae Caen, à qui elles ont été 
cédées par échange par Tabbaye d^Aunay. Il en faut 
excepter la dîme de 27 acres de terre relevantes du fief de 
Cornet, qui, avec le fief, dépend de Pabbaye de Sainte- 
Trinité de Caen. L'autre tiers est pour le curé. 

Il y a trois autres fiefs dont ceux de Cambes et du 
MoUey sont les principaux, lesquels sont ès-mains de 
M. Bernardin, marquis de Mathan, au droit de Npble 
Dame Elisabeth Le Bas, dame de Cambes et de Fierville, 
décédée vers 1 758, et veuve de messire Pierre de Mathan, 
seigneur de Mathan, Longvillers et Trousseauville. 

Elle est à cinq quarts de lieu de Caen. 

Colleville-sur-Ome (Saint-Vigor et Saint- Rîquier de). 
Sergenteried^Ouistreham, notariatd^Ouistreham, élection 
de Caen, 1 3o feux et 5oo habitants. 

Cette paroisse, limitrophe d'Ouistreham, est près Pem- 
bouchure de POrne. Il y a dans la mer qui la borde au 
nord, à trois quarts de lieue de la dune, une fosse nommée 
la fosse de Colleville, qui a une lieue et demie de gran- 
deur. M. Corneille, en parlant de cette fosse, dit qu'elle 
paraît, par rapport à la côte, comme un lac profond, et 
quHl semble qu^on en pourrait faire un port de mer. Le 
grand chemin de Caen à la mer passe par le milieu de 
son territoire à un quart de lieue de l'église vers la mer. 
Il partage ce qu'on appelle le grand et le petit marais de 
Colleville. Au bout, il y a une dune où on a bâti un 



270 

corps de g^arde et une plate-forme, pour 7 placer deux 
grosses pièces de canon. 

La cure est à la présentation alternative du chapitre de 
Bayeux et de Tabbesse de Caen. Ce patronage apparte- 
nant au chapitre avec le trait de dime qu^il y possédait, 
lui fut aumône en 1 269 par Guy, son évéque. Les registres 
de révéché font mention d*une chapelle fondée dans son 
église sous le titre de Notre-Dame-des-Cheveux : Capella 
B^ M' de Capillis. 

Les dîmes sont partagées en 7 lots et demi. Un demi 
lot pour M. Tévéque de Bayeux, un pour le chapitre, 
3 pour Tabbesse de Caen, 2 pour le curé, un demi pour 
le chapitre du Sépulchre de Caen, et un demi pour les 
religieux de Val-Richer. Le fief dominant, un simple 
fief d'hautbert, qui appartenait ci-devant au Roi, et qui 
est à présent possédé par messire Guillaume Le Sueur, 
écuyer, seigneur de CoUeville. 

Guillaume de CoUeville, dont le père était Galeran 
Louvet de CoUeville, chevalier, donna à Guillot de 
Macello de Caen pro servitio et homagio suo, un tène- 
ment que Michel Thomas tenait de lui Guillaume à 
Colleville-sur-Orne, et d^autres ténements au même lieu, 
à telle charge qu^il les possédera lui et ses enfants, s^il en 
a de Nicolasse sa femme, et que s'il meurt sans lignée 
issue d^elle, les dits biens passerontaux mains du chapitre 
de Caen, qui en feront la rente à la dite veuve tant qu'elle 
vivra. Cet acte de l'an i238, a pour témoins : Guillaume 
Herfrey, Guillaume Baormant, Michel Quarrd, Robert 
de Ponteaudemer, Robert de Villeray, Guillaume TEs- 
crîvain, Richer, Guillaume d'Anisy, Luc Ad Testant, 
Mathieu de Londe, chanoines du Sépulchre, 

P*« d'Escorcheville de CoUeville, derc, du consente- 
ment de tous ses participants, vendit à Denis Hébert, 



271 

chanoine du Sépulchre, pour loo livres tournois, toute 
la partie des dîmes que lui, prêtre, et ses participants, 
avaient à prendre dans la paroisse de Colleville supra 
mare, par acte de 1281, au mois d^août. 

Denis Hébert, chanoine du Sépulchre, en fit présent à 
la collégiale, à charge de lui faire 20 septiers d^orge en 
forme de pension tant qu'il vivrait, par acte de 1 284, au 
mois de juillet. 

Ce Denis Hébert, aussi curé de Cairon, fit dans le 
même temps beaucoup d^acquisitions dans cette paroisse 
de Cairon, lesquelles il donna au chapitre du Sépulchre 
après sa mort. M* Raoul Fagus et M^ Jehan Gaydre, 
chanoines du Saint-Sépulchre, au nom du doyen et 
chapitre du dit lieu, furent mis en possession des susdites 
acquisitions par acte passé devant Renaut Mellon, ser- 
gent de Caen, au lieu du vicomte, le jour Sainte-Cécile 
1296. 

^ Elle est à 2 lieues et demie de Caen et âf un quart de 
lieue de la mer. 

Coulomby-sur-Than (Saint- Vîgor de). Sergenterie de 
Bernières, notariat de Douvres, élection de Caen, 37 feux 
et 1 70 habitants. 

Cette paroisse est située en rase campagne, limitrophe 
de celle de Than. La cure est à la nomination du seigneur 
de Coulomby. La grosse dîme appartient à Tabbesse de 
Caen pour deux tiers et au curé pour un tiers. 

G. Bertrand, bourgeois de Caen, était seigneur de 
Coulomby en i356 (i). Guillaume Baudart, écuyer, 
seigneur de Coulomby-sur-Than, est cité dans un contrat 
de la vicomte d^ Auge du 6 aoflt 1457. Il portait pour 

(x) Ex. Lib. Pelut. 



272 

armes: d^azur fascé et onde de trois pièces d'or (i). 
Thomas Baudart son fils est qualifié seigneur de G>u- 
lomby, Perrierset Boaneval dans un acte de i5oi. Il fut 
père de Guillaume Baudart, seigneur de Coulomby, qui 
eut aussi des enfants. 

Jacques de Cauvigny, seigneur et patron de Coulomby, 
nomma à la cure en 1602 (2). Il était conseiller du roi en 
Télection de Caen, et laissa six fils, dont le quatrième, 
François de Cauvigny, seigneur de G)ulomby, de PAca- 
démie française, s*est distingué par plusieurs ouvrages. 
M. Jolivet, seigneur de Basly, est aussi seigneur de 
G>ulomby ; c'est une acquisition de M« Jolivet son père, 
avocat et professeur en droit à Caen. 

Elle est à 3 lieues de Caen et à 2 lieues de CreuUy. 

Courseule (Saint*Germain de). Sergenterie de Ber- 
nières, notariat de Douvres, élection de Caen, 1 80 feux 
et 5 00 habitants. 

Les anciens titres et le livre Pelut de Tévéché l'appellent 
Courcelle, et Cenalis, parlant des rivières de Seulies et de 
Seuline, qui se réunissent au pont de FeugueroUes, 
doyenné de Villers, ajoute : dein vero in mare seseprœ^ 
cipitant apud Courcelles, nisi malis Jicere Curticulas, 
alveo ad milliaria sex décima pr or ogato. Cette paroisse 
consiste en un gros village avec un petit havre formé par 
Tembouchure de la rivière de Seulies. 

La Seulies, à l'orient de cette paroisse, se divise en deux 
bras, dont Tun la sépare d'avec Gray. A 5o ou 60 perches 
de là, ces deux cours se réunissent et forment ensuite le 
petit port qui contient environ 3o bateaux pécheurs de 

(i) Hist. HarCt t. l, p. 487 et tuiv. 
(a) Registre de l'évêché. 



273 

i6 à i8 tonneaux chacun* Tout proche on voit au milieu 
d'une commune à Test Tancien cours qui se rendait, il y 
bien 200 ans^ dans la mer à Berniëres. 

Le château du seigneur est à Touest du village. Cest 
un ouvrage antique auquel on a ajouté des embellisse- 
ments à la moderne. Il est fortifié en partie et environné 
de fossés. La principale entrée a une grande tour carrée 
haute d^environ 100 pieds et terminée en plate-forme. Il 
y a une chapelle domestique qui fut fondée Pan 1471, par 
Guillaume de Rosenivinan, chevalier, baron de Cour- 
seulles, à charge de deux messes par semaine, et d^ 
nommer lui et ses successeurs. 

L^église paroissiale n^est qu'à -une perche de distance 
du château. Il y a une chapelle que le grand-vicaire de 
M. rÉvêque permit le 14 septembre 1782 de bénir avec 
les ornements destinés à son usage. La cure est en règle, 
desservie par un chanoine de l'ordre de saint Augustin, 
à la nomination de Tabbé de Mont-Morel. Elle est 
exempte du déport, et non de la visite de Tarchidiacre, 
au moyen de 8 livres lo sous de rente que lui fait le 
prieur-curé. 

Cette paroisse est à 4 lieues de Caen N.-O. et à 4 lieues 
de Bayeux N.-E. 

On voit à demi-lieue au sud-est de Péglise, sur la route 
de la Délivrande, les vestiges d'un ancien camp que 
M. Tabbé Outhier, et avant lui M. Petite, dans leurs 
cartes topographiques du diocèse de Bayeux, attribuent 
aux Romains. Le mémoire qui m^a été communiqué par 
le sieur Prieur, curé du lieu, marque que, suivant ht 
tradition, c^était une petite ville, quç son église parois* 
siale portait le nom de Saint-Ursin, et qu'elle était envi- 
ronnée d^une grande forêt, dont il n'est rien resté. 

M. de Bras met CourseuUes au nombre des baronnies 

18 



^74 

de Normandie (i). Elle est qualifiée aussi de châtellenie 
dans les titres, et il parait quWle a appartenu au domaine 
du roi. La terre de CourseuUes et Bernières, avec ses 
appartenances, fut donnée à Raoul de MeuUant, cheva- 
lier, par saint Louis, roi de France, par lettres expédiées 
à Paris au mois d^août 1 255, le 29 de son règne (2), la- 
quelle terre il possédait* déjà par assignation que lui en 
avait fait le roi Philippe d'heureuse mémoire, pour 
3oo livres tournois, et à raison du droit qu'il disait avoir 
à cause de ses devanciers sur les terres de Beaumont-le- 
Roger et de Briosne. 

Raoul de Meullant, chevalier, sire de CourseuUes, 
seigneur de Bemières et de Lion, et encore de Castillon 
et du Molley en partie, du chef de Eustache du Molley- 
Bacon, sa grand-mère, femme de Pierre de Meullant, che- 
valier. Il devait, à raison de son fief de CourseuUes le 
service de 2 chevaliers, Tespace de 40 jours au temps du 
ban et arrière-ban (3). Il portait pour armeâ : échiqueté 
d'or et de gueules. De sa fenune Jeanne Painel de Ham- 
bie, il eut Raoul qui. suit, et Mgr Jean de Meullant, 
chanoine du Saint-Sépulchre de Caen, cité dans des titres 
de 1337 et de 1379 (4). 

Raoul de Meullant, II« du nom, chevalier, sire 
de CourseuUes et Bernières, servit en Flandre, et se 
signala à la bataiUe de Mons-en-Puelle, donnée le 22 avril 
i3o4 (5). Il se trouva encore à Tarmée de Bouvines en 
1 340, et fut employé aux actions les plus mémorables de 
la guerre de 1364. Etant âgé, il reçut plusieurs disgrâces 

(i) Antiq. de Caen, p. 44, 

(a) Hist, Harc.f t. I, p. 80; t. III, p. 60. 

(3) Hist. Harc., t. lîl, p. 60. 

U) Hist. Harc., p. ti^. 

(3) Hist, Harc, p. 83 et ^uiv. 



275 

dans ses terres, parce qu^il s^étaît allié avec le roi de 
Navarre, qui disputait le duché de Bourgogne. Par un 
aveu du 25 mars 1371, il avoua tenir du roi Charles V 
«les fiefs et terres de Courseulles, de Bemières-sur-Ia-Mer 
et de Lion* De sa femme Agnès de Thibouville, dame de 
Fontaines-la-Sorel, il laissa Raoul qui suit, et Guillaume, 
seigneur de Bernières, auquel le roi Jean pardonna pour 
avoir tenu le parti du roi de Navarre. 

Raoul de Meullant, III* du nom, baron de Cour- 
seuUes, seigneur de Bernières, Lyon, Molley-Bacon, 
Fontaine-la-Sorel, conseiller et chambellan du roi, 
chevalier banneret. Il assista, en iSjS, à la journée et 
au siège de Coignac, et à Tentreprise de Saint«^uveur- 
le- Vicomte, avec Jean de Meuliant, seigneur de Quesnay, 
son fils. Il servit, en i383, le roi Charles VI, devant 
Bburbourg, en Flandre, ayant 3 bacheliers et 21 écuyers 
en sa compagnie, reçue au Pont-de-F Arche le 20 août de 
la même année; aussi aux sièges d^Aire et de Cassel, et à 
la fameuse bataille de Rosebecque oti il se signala. Il 
élut par testament sa sépulture en Tabbaye d'Ardenne, 
dont lui, son jpère et son aïeul étaient bienfaiteurs. Il 
avait épousé Tiphaigne de Husson, dame de Duci, de 
Sermentot, de Chevancé et de Blason, et il en eut 5 en* 
fants : Louis, seigneur de Saint-Célerin ; Guy, seigneur 
de Lion-sur-Ia-Mer et du Theil, fondateur de la chapelle 
de Saint-Thomas-de-Lion ; Thomas, prêtre, baron de 
Courseulles ; Jean qui suit, et Jeanne, dame du Molley- 
Bacon, mariée en troisièmes noces à Alain de Beaumont, 
chevalier, qu^elle fit seigneur du Molley (i). 

Jean de Meuliant^ seigneur du Quesnay proche le 
Bourg-<Ie-Thouroude, du Mesnil-Patry, fut reçu cheva* 

(i) Hist, Marc, t. I, p. 87 et sutv. 



276 

lier avec Raoul soa père et plusieurs autres seigaeurs, le 
1 5 septembre iSyS, en la ville de Saint- L6, pour assister 
au siège de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il mourut avant 
son père et eut pour fils atné : 

Thomas de Meullant^ chevalier, II* du nom, baron 
de Saint-Paer-le-Servain et de Courseulles, seigneur de 
Bernières,[de Lion, de Sermentot. Il n*eutque deux filles, 
Jeanne et Perrine de Meullant, qui partagèrent la succes- 
sion, et possédèrent G)urseulles successivement à ce qu^îl 
paraît. 

Jean d^Auray, écuyer, fit hommage de la baronnie de 
CourseuUes à cause de Jeanne de MeuUant sa femme, 
par lettres du roi Charles VII, données à Caen, le 2 juil- 
let 1450 (i). 

Guillaume de Rosenivinan, seigneur de Champavin et 
de TEstragerie, premier échanson du roi, maître des eaux 
et forêts de France, Brie et Champagne, rendit aveu au 
roi Louis XI le 24 mars 1461 pour la terre de Cour- 
selles et autres seigneuries^ du chef de Perrine de MeuUant 
sa femme. Il était issu d'une ancienne maison de Bre- 
tagne, et portait pour armes : d'or à une hure de sanglier 
de sable dentée d'argent. Sa fille unique lui succéda. 

Françoise de Rosenivinan (2), dame de CourseuUes et 
de Sermentot, épousa Jean de Montalais, écuyer, seigneur 
de Chambellay. Il est marqué dans Téchiquier de i5o5 
qu'ils avaient procès avec Jean de Montalais, curé de 
Saint-Aubin de Sermentot, et contre Jean de Tilly. 

La terre de CourseuUes passa depuis à messire de 
Marillac. 



(i) Hist. HarCf t. Il, p. 1868 et suivantes, 
(a) Hist, Harc, t. IF, p. io3. 



277 

Anne, duc de Joyeuse^ était baron de Courseulles en 
i585. 

François d^O^ gouverneur de Caen, baron de Cour- 
seulles en 1600. Après sa mort, cette terre fut décrétée et 
adjugée en i63o à Thomas Morand baron du Mesnil- 
Garnier, trésorier dePépargne (i). Il fut père de Nicolas 
de Morand baron de Courseulles, qui épousa Charlotte 
de Hacqueville, décédée en 1669. Elle fut encore décrétée 
sur lui, et adjugée en 1674 à Anne de Morand, veuve de 
messire Louis Olivier, chevalier, marquis de Leuville. 
Elle mourut le 9 de décembre 1698. 

M. de Morand, écuyer, président au Parlement de 
Toulouse, et Roger de Morand, qui en héritèrent, ven- 
dirent, en 1700 et en 171 1, toute la terre de Courseulles 
à messire Jacques-Joseph dé Bellemare, chevalier, sei- 
gneur de Valhébert et de Secqueville, qui la fit ériger en 
marquisat par lettres patentes de 1728. Il mourut à Paris 
vers 1760, sans laisser d^enfants de Noble dame Anne 
Giraud, sa femme. Sa succession est passée à M. de La 
Rivière-Meuvaines. 

Douvre (Saint-Rémy de). Baronie, chef-lieu de 
doyenné. Sergenterie d^Ouistreham, lieu de notariat, 
élection de Caen, 200 feux et 1,000 habitants. 
. Cette paroisse, appelée en latin Dobra et Dovera, est 
située entre la mer, qui en est à une lieue, et Caen qui 
en est à 3 petites lieues. On fait venir le nom de Douvres 
du mot pyrrha de Tancienne langue britannique qui 
signifie un lieu élevé et peu chaud. Qjaelqu'uns le 
dérivent de Duor, qui dans la même langue signifie eau. 
On sait qu^un courant d^eau, qui est une espèce de vi- 
toûard, prend sa source au-dessus de la Délivrande; d'un 

(1) Hist. des gr. off^ t. IX, p. 3ai. 



278 

lieu appelé les Cuves-de-Douvres, et va tomber dans la 
mer entre les villages de Luc et de Langrune. Cest ce 
courant que M. Petite appelle, dans sa carte du diocèse, 
la Fontaine de Victoire. Elle prend son origine dans 
l'enclos de l'ancien château des barons de Douvres. 

M. le curé de Douvres, dans le mémoire qu'il a bien 
voulu me communiquer sur la paroisse, observe que 
quand ce courant tarit, Jl marque la stérilité de Tannée 
suivante, et quand il court, il marque la cherté de Tannée 
suivante. Cest ce que j'ai toujours, ajoute-t-il, entendu 
dire aux plus anciens paroissiens, et ce que j'ai remarqué 
moi-même depuis plus de 46 ans que j'y suis curé. M. de 
Bras a fait la même remarque. Cette fontaine forme un 
ruisseau assez considérable, qui en sortant de l'enclos 
passe à Test du bourg de la Délivrande. 

Je dois observer à mon tour que M. le curé de Douvres 
qui parle ainsi, est distingué par sa science et sa piété ; 
qu'il s'appelle Pierre François de La Vigne, qu'il est 
le neveu de feu M. Tabbé de La Vigne, mort curé de 
Saint-Pierre en 1684, et qu'il est auteur de Télogc de ce 
pieux et recommandable pasteur, lequel a été imprimé à 
Caen, chez Doublet, en 1732. 

Il y a 3 hameaux : Douvres, oh est l'église; la Déli* 
vrande, où il y a une célèbre chapelle dont je vais parler 
à la fin de cet article, et la Mare. 

Le hameau de la Mare donne le nom à une des pré- 
bendes du chapitre de Bayeux, et est décoré d'un fief 
noble, dont le chef est assis en ce lieu, et s'étend en la 
paroisse des Essartiers, vicomte de Thorigny. Le cha- 
noine a upe maison prébendale à Douvres, vis-à-vis de 
laquelle est une grande mare, d'oîi le hameau paraît 
avoir tiré sa dénomination. II y possède aussi io3 acres 
de terre et un quart en plusieurs pièces. Il a aussi à 



279 

Saint-Jean>de&-Essartiers, 1 6 vergées et demie de terre en 
plusieurs pièces, qui ont été réunies au fief, faute d^hom- 
mages, avec des rentes seigneuriales sur les héritages de 
ce fief. C'est la meilleure prébende du chapitre. Les 
habitants de la Mare formaient une espèce de paroisse 
à part, quand Téglise ou chapelle de Sainte-Suzanne,, 
située dans la maison prébendale, subsistait. Ils sont 
encore séparés de Douvres pour la taille. 

L^église paroissiale paraît avoir été bâtie entre le x' et 
lé xi« siècle. Les deux côtés du chœur étaient accom- 
pagnés de deux très belles chapelles delà même grandeur 
et hauteur que le chœur même. Les bouts du chœur et 
leurs fenêtres étaient remplis d^un très bel ouvrage en 
pierre depuis le pignon jusqu^à la hauteur des autels. 
Les murs de cette chapelle sont encore entiers. Il y avait 
aussi à la nef, du côté du midi, une aile dont les arcades 
sont encore parfaites et'entières. La tour porte une pyra- 
mide fort haute, bâtie en pierres, et uqe des plus belles 
du canton. 

Messieurs les chanoines de la cathédrale de Bayeux 
sont présentateurs et coUateurs de plein droit de la cure, 
et en perçoivent toutes les dîmes qui leur furent données 
par leur évêque, Philippe d^Harcourt, comme on le voit 
par la bulle d^Adrien IV, de Tannée 1 153. Ils y ont aussi 
un pe|it fief surnommé : de Douvres, dont le chef est 
assis en ce lieu, avec extension dans la paroisse de Lion. 
Il relève du fief de la Table, sur lequel est bâtie Téglise 
cathédrale. 

On voit à quelque distance de Téglise le vieux château 
des barons de Douvres, dont Tenclos est tout rempli de 
souterrains et d'aqueducs. Il y avait une magnifique 
chapelle détachée, dont les murs subsistent encore en 
entier. Le bout du chœur et les fenêtres, depuis le pignon 



280 

jusqu'à la hauteur de l'autel, sont remplis d'ouvrages 
d'un très bon goût. 

Elle était sous l'invocation de saint Symphorien et 
avait plusieurs titulaires Le dernier mars 1469, M. l'évé- 
que de, Bayeux conféra une de ces chapelles à Jean 
Louis, prêtre (i). 

Ce château, selon M. Hermant, a servi de maison de 
campagne à plusieurs de nos évéques. Si on en croit 
plusieurs anciens historiens, la paroisse de Douvres a été 
différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Il y avait quelque 
chose de beau, de rare, de curieux. Il y avait plus d^ha* 
bitants qu'il n'y en a maintenant, car on découvre par- 
tout des puits très bien faits dans des endroits où personne 
nVi vu de maisons. 

La baronnie de Douvres relève nûement du roi. Cest 
une des plus belles seigneuries de l'évéché. Elle apparte- 
nait originairement à une maison illustre qui en avait 
emprunté le nom. Ce fut Richard de Douvres, évéque de 
Bayeux au commencement du xn< siècle, qui donna et 
unit pour toujours à son évéché cette baronnie qui lui 
appartenait. Richardus Samsonis filius, Odonis per iti" 
tervalla successor, Dobrœ baroniam, quœ ad eum jure 
hœriditario pervenerat, episeopali mensœaddixit (2). 
Ainsi il ne faut pas ajouter foi à M. Hermant, quand il 
avance que Odon, prédécesseur de Richard de Douvres, 
avait acheté cette baronnie de Guillaume de Magny pour 
l'unir à sa mansé épiscopale (3). Le roi Louis XI, par 
considération pour Louis d'Harcourt, évéque de Bayeux 
et patriarche de Jérusalem, l'érigea en 1477 en haute 



(i) Reg. de révêché. 

(a) Ben. de regul. par., 4 lib. a f. 157. 

(3) Hist. du dioc. de Bayeux^, p. SSgo. 



2fil 

justice, avec plusieurs seigneuries de Tévéché; mais elle 
n^a point été mise en exercice. Les fiefs relevant de la 
baronnie de Douvres sont : 

La seigneurie de Hermanville, à Hermanville. 

Le fiefde Bernières-CoùrseuUes, à Bemières. 

La seigneurie de Beuville, 

Le fief de la Luzerne, à Bernières. 

Le fief de Bernières-Sémilly, à Bernières'. 

Le fief de Hermanville, à Bernières. 

Le fief de Bernières-Beauzamet, à Bernières. 

Le fief de Saint-Ouen, à Mathieu. 

Le fief de M athieu^ à Mathieu. 

La vavassorie du Mesnil-Richard, à Mathieu. 

Le fiefde Saint-Contest, à Saint-Contest. 

Le fief d'Avenay. 

Le fief des Champs-Goubert, à Evrécy. 

Le fiefde Préaux, à Préaux. 

Le fief de Brettevillette. 

Le fief Maizet. 

Le fief d'Aiguillon, à Bougy. 

Le fiefde Bougy. 

Le fief d'Amayé-sur-Orne. 

Le fiefde Cramesnil. 

Autre fiefde Cramesnil. 

Autre fief de Cramesnil. 

Le fief de la Lande-BouUon. 

Le fief Patry, à Bougy. 

Le fiefde Mont-Gautier, à Mondraiaville. 

Le fiefde Baron. 

Le fief de Bayeux, à CuUy. 

Le fiefde Cully, à Andrieu. 

La maison de Douvres était très distinguée sous Guil- 
laume I«r, roi d^ Angleterre» et sous les rois ses enfants. 



283 \ , 

Elle se glorifie d'avoir donné quatre illustres prélats à 
rÉglise. On croit qu'ils sont nés à fiayeux même; il est 
constant au moins que leurs ancêtres y faisaient ordi- 
nairement leur séjour. Thomas I*^ fils du baron de 
Douvres, montra de bonne, heure de grandes dispo- 
sitions pour rétude et la piéié. Odon de Conteville, 
évêque de Bayeux, si jaloux de remplir son église de bons 
sujets, le mit au nombre des clercs qu^il faisait instruire 
à ses frais (i). Il Tenvoya avec Samson, son fi:ére, et 
plusieurs autres, à Liège, oii il y avait alors une école 
très renommée, (je digne élève répondit parfaitement aux 
vues de son bienfaiteur, et fit de grands progrès dans les 
sciences. A son retour à Bayeux, il fut pourvu de la 
dignité de trésorier, dans l'église cathédrale; ^mais, au 
bout de quel(}ues années, c^est*à-dire en 1072, son mérite 
réleva sur le siège archiépiscopal dTork, en Angleterre, 
auquel il fut nommé par Guillaume^le-Conquérant. Ce 
prélat rebâtit son église cathédrale, il enrichit considé- 
rablement son collège et composa des livres sur le chant 
ecclésiastique. On fixe sa mort à Tannée 1 100 (2). 

Samson, baron de Douvres, frère du précédent, de 
récole de Liège passa à celle d'Angers, où il étudia sous 
le célèbre Marbode, depuis évêque de Rennes. Il se 
rendit grand homme de lettres, et lia avec son maître une 
amitié si étroite qu'elle ne finit qu'avec la vie. Revenu 
dans sa patrie (Hermant a cru que Samson, baron de 
Douvres, et Samson, évêque de Vinchester étaient deux 
personnes différentes. (Hist. du dhc. de Bayeux, p. 162.), 
il épousa une femme, dont il eut plii^ieurs enfants; mais 
étant devenu veuf, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut 



(I) Ord. Vital, lib. VIII, Hiit. ecclés., p. 664. 
(%) Mwiost. anglLf vol. m, p. 128. 



283 

fait clerc de la chapelle de Guiilaume-le-Conquérant, et 

trésorier de Téglise de Bayeux ( i) comme son frère. On le 

voit souscrit sous ces deux titres à la chartre que le roi 

Guillaume expédia Paii 1082 à Dontonam, pour Tunion 

du monastère de Cloveneham, en Angleterre, à Tabbaye 

de Saint-Calais, au diocèse du Mans (2). Ce prince 

déclare dans la chartre que c^est principalement sur les 

remontrances de Samsôn, son chapelain et trésorier de 

Bayeux, et sur celles de Guillaume, évéque de Durham, 

qu'il fait cette union. Peu de temps après il fut nommé 

à révécbé de Winchester, en Angleterre, et vivait encore 

en 1109. Parmi les poésies de Marbode, évéque de 

Rennes, on trouve une lettre (la vingt-unième) quUl 

écrivit à Saihson de Winchester, un de ses plus chers 

disciples (3). Il lui ^émoigne un grand désir de le voir, 

mais la mer qui les sépare ne permet pas à un vieillard 

comme 'lui de s'y exposer. Il Tinvite à venir lui-même, et 

offre d^aller le trouver à Bayeux, qui peut bien suffire à 

trois évéques : sedes prœsulibus illa tribus. 

Nous connaissons trois enfants au moins que Samson 
de Douvres eut de son mariage avant que de prendre le 
parti de Téglise, savoir : 

Thomas II« du nom, qui fut clerc de la chapelle de 
Henri I«r, roi d'Angleterre et duc de.Normandie, premier 
prévôt du monastère de Beverley, et enfin* archevêque 
d' Yorck, après Gérard, successeur immédiat de Thomas I«% 
dont nous venons de parler. Sa promotion à ce siège 
arriva en 1 108. (On peut consulter sa vie dans le dixième 
tome de V Histoire littéraire de France, par les savant s 



(i) Hist. litt. sur les hinédict. de Saint^Maur, t. X, p. 3a. 
(a) Monasticor angl. ord. 5" Bened,, p. 555. 
(3) Hist, litt,, ut supra, p. 375. 



264 

Bénédictins de SainUMaur, page 32 et suivantes.) On y 
rapporte un trait qui fait voir en quelle recommandation 
il avait la vertu. Dans une griève maladie qu^il eut, les 
médecins lui ayant indiqué un remède opposé à la pureté, 
il déclara quMl aimait mieux être exposé à mourir que de 
racheter sa vie à un tel prix. Dieu bénit la foi et la cons- 
tance de son serviteur; il lui rendit sa première santé. 
Le pieux archevêque mourut en 1114, au mois de 
février. 

Richard II« du nom, trésorier de Téglise de Bayeux, 
en fut fait évêque en 1109, et siégea jusqu^en 11 33. Il 
aimait et cultivait les lettres. Adelard de Bath, grand 
philosophe de son temps. Anglais de nation, en faisait 
grand cas. Il soumettait volontiers ses écrits à son juge- 
ment, le regardant comme un prélat d'un génie supé- 
rieur, et d^un savoir qui s'étendait à toutes les facultés de 
la littérature (i). On trouve dans le Thésaurus novus 
anecdotorum, une courte préface d' Adelard, adressée à 
cet évêque, et que Tauteur devait mettre au devant d^un 
dialogue De rerum causis entre lui et son neveu (2). 
Richard de Douvres, évêque de Bayeux, est regardé 
comme un des principaux bienfaiteurs du Plessis-Gri- 
moult, parles biens que lui et ses frères au menèrent à ce 
prieuré. Etant apparemment resté seul héritier de sa 
maison, il unit pour toujours sa belle terre et baronnie 
de Douvres à la manse de son évêché, comme je Tai 
marqué ci-dessus (3). 

Isabelle de Douvres, maîtresse de Robert, comte de 
Glocestre, bâtard de Henri I<r, roi d^ Angleterre, duc de 

(i) HUt. Utt. de France^ L X, p. 54-55. 

(a) D. Mart., t. I, p. 291-291. 

(3) Nw. GaU. Ckristiana, t. XI, col. 36i. 



285 

Normandie, ne se trouve dans aucun auteur que je 
sache. Elle eut de ce prince, Richard, qui succéda à 
Richard II«du'nom, évêque de Bayeux en ii33, après 
avoir obtenu dispense de Rome sur le défaut de sa nais- 
sance (i). 

Arthur du Moustîer, récollet, dans son Neustria pia, 
page 743, qualifie ces deux évéques d^oncle et de neveu : 
duo un episcopi Bajocenses fuerunt uterque Richardus 
I et II avunculus et nepos. 

Cette demoiselle a un obit fondé dans la cathédrale de 
Bayeux, dont le vieux nécrologe fait mention en ces 
termes : XXVI die mensis aprilis, obitus Isabellis, matris 
Richardi £>' Bajocensis, filii comitis Glocestriœ. Ne 
serait-ce point elle qui a été le sujet d^une épitaphe singu- 
lière que Ton voit gravée en grands caractères romains 
sur les pierres qui forment par dehors Pun des piliers 
d'appui de la tour méridionale de la cathédral^, du côté 
de la grande place, à 7 ou 8 pieds au-dessus du rez-de- 
chaussée ? 

Voici comme elle est conçue : 

Quarta dies pasche fuemt, cum clenis ad hujus 
Que jacet hic vetule venimus ezequiaa 
Lctitie que diem magis amisisse dolemus 
Quam centum taies si caderent vetule. 

A la vérité, cette inscription sépulcrale ne porte ni date 
ni nom appellatif ; ainsi on ne saurait dire en quel temps 
et pour qui elle a été faite. Il s^agit d'une femme qui, si 
elle a été respectée de son vivant, n^a pas été de même 
après sa mort. Ce qtii me fait soupçonner qu'elle pour- 
rait regarder la maîtresse du comte de Glocestre; c^est ce 
que la date de son obit au 24 avril insinue, puisque ce 

(i) Ord. Vital, lib. XIII, p. 900. 



28é 

fut le jour de son décès ; la femme désignée dans Tépi- 
taphe mourut dans un âge avancé et aux fêtes de IPâques ; 
or, Pâques en Tannée 1 166 tomba le 24 d^avril^ comme 
on le voit par VArt de vérifier les dates, page 48. Ces 
époques paraissent assez s'accorder entre elles, et Tépitaphe 
est assurément du même temps. 

On trouve un Hugues de Douvres (i) parmi les sei- 
gneurs qui souscrivirent comme témoins à la chartre 
d^Henry II, duc de Normandie et comte d'Anjou, donnée 
à Rouen en 1 1 5o pour Tabbaye de Mortemer. 

Le bourg de la Délivrande est renommé parla chapelle 
et Pimage miraculeuse de la Sainte Vierge que Tony voit. 
Ce nom est composé de deux mots : de Deal, délie, qui, 
en anglais, signifie portion de quelque chose, etdTvron- 
dia, Yvrande, du nom apparemmentde celui à qui appar- 
tenait le terrain sur lequel est bâti la chapelle. Il est 
constant que c'est la chapelle qui a donné la naissance à 
ce bourg, ainsi qu'il est arrivé à plusieurs autres lieux de 
dévotion. Il y a marché tous les samedis, et une foire 
chaque année, le lendemain de la Chandeleur. 

Il n'est pas possible de découvrir au vrai l'origine de 
cette chapelle qui est devenue si célèbre depuis plusieui*s 
siècles. -Le plus ancien témoignage que nous en ayons est 
celui de Cénalis qui, de chanoine de Bayeux, devint 
évéque d'Avranches dans le xvi« siècle. Appuyé sur une 
ancienne tradition, il en attribue la fondation à siaint 
Régnobert, évéque de Bayèux. Voici comme il s'en 
explique dans son histoire de France : Divus Regno* 
bertîis non procul a marino littore in fundo proprio 
de Yvrandia, œdiculam sacrant divœ Genitrici Dei Mor 

(i) Hist. Harc, t. II, p. 2o5i. 



287 

rice devovit : quœ tamen longopost tempore a Barbaris 
eversa; multis diebus saxis terraque obruta delituit : 
restituta tamen pristino nitori et candori, posteaquam 
divine nutu arietinis comibus excusso luto, tandem in 
lucem prodiit, non procul ab œquore dissita, imago 
illa colitur in Dovreïo page, gallice Douvre, quatuor 
ab Estrehamo miliiaribus, distans corrupte dicitur : 
Notre^Dan}e de la Délivrante : ^uœ potins dicenda 
venit a : La Delle-Yvrande, hoc est: in regiunculo por^ 
tiunculave Yvrandiœ; vulgus enim appel lat la délie, 
agri portiunculam in qua scilicet Yvrandia sita est[i]. 

QuoiquHl en soit de ses commencements, il est constant 
qu'il s^ est opéré quantité de miradles, et qu'il s'y en opère 
encore par l'intercession de la Sainte Vierge, qu'une mul- 
titude de peuples de différents pays y viennent réclamer 
dans ce lieu de dévotion. Il en vient non seulement de 
toute la Normandie, mais encore de la Picardie, de la 
Bretagne, du Maine et d'Anjou. Il y vient aussi un grand 
nombre de paroisses du diocèse en procession, et presque 
toutes celles de Caen n'y manquent point chaque année. 
Le roi Louis XI y fit un pèlerinage en 1474. Il était 
accompagné de Louis d'Harcourt, évéque de Bayeux, qui 
le reçut dans les villes de Caen et de Bayeux, dont il fit 
la visite en même temps (2). Pour en conserver la mé- 
moire, ce prince donna à la chapelle un autel oti il était 
représenté en bosse. U fut rompu et pillé, ainsi que la 
chapelle, en i562, parles Protestants. 

Cette chapelle est grande et bien bâtie. Elle a à ses 
côtés deux petites chapelles qui font le croisillon. Elle est 
très bien décorée. On y dit la messe à trois autels : le 

(I) De re Gallica, Hb. II, f. 4, p. i36. 
(a) Hist. HarCt t. I, p. 448. 



288 ^ ' . 

principal est magnifique, revêtu de marbre et de bronze 
doré, et enrichi de beaucoup d*argenterie. Il a été placé 
avec la belle grille de fer qui sépare le chœur d'avec la 
nef, sous Tépiscopat de M. de Luynes, à présent cardinal 
et archevêque de Sens. Il y a devant cet autel treize 
lampes d'argent, dont les deux plus grandes ont été 
données, l'une en 1 75 . par M«« la duchesse de Luynes, 
nièce du cardinal de Luynes, Tautre en 175. par Marie- 
Joséphe de Saxe, épouse de Louis, dauphin de France. 

Le chapitre de Bayeux a la juridiction spirituelle sur 
cette chapelle, ainsi quUl Ait jugé pour elle et 1 9 paroisses, 
par arrêt du Conseil en 1671. Hs y perçoivent toutes les 
oblations, et y entretiennent 4 prêtres qui acquittent ou 
font acquitter les messes ou autres charges. Dès 1447, 
selon le manuscrit de Potier, il fut réglé que la place où 
se tient le marché appartenait au chapitre ; mais les droits 
et coutumes reviennent à M. TÉvêque comme baron de 
Douvres. La chapelle fut volée en 1662 ; Fargenterie fut 
enlevée, jusqu'au Saint Ciboire, et le chapitre dépensa, 
dit-on^ plus de 20,000 francs pour la poursuite des mal- 
faiteurs. 

Le bourg est composé de plus de 100 maisons pour 
les habitants, et de plusieurs hôtelleries qui dépendent 
presque toutes de la paroisse de Douvres. Il y a un bureau 
de contrôle. 

Maître Buho, chanoine de Cartigny et docteur de Sor- 
bonne, dans la vue de former les jeunes ecclésiastiques au 
saint ministère, y fonda, avec la permission de M. d'An- 
gennes, son évéque, un séminaire dont il eut la conduite 
tant qu'il vécut. Il a depuis été uni à celui de Bayeux par 
lettres du roi et de M. de Nesmond, données en 1669. 
Ce sont les prêtres de la congrégation de Saint-Lazare 



289 

qui en ont la direction. Cette maison et celles qui sont 
ès-environs sont sur la paroisse de Luc. 

Epron (Saint-Ursin d*). Banlieue et élection de Caen, 
notariat de Caen, 29 feux. 

Cette paroisse est sur le chemin de Caen à la Déli- 
vrande. Elle est composée de 224 acres de terre. Le fief 
seigneurial appartient aux héritiers de M. le comte de 
CreuIIy-Seigneley qui en était seigneur, et le patronage 
aux chapitre et chanoines du Saint^Sépulchre de Caen. 
La dîme est perçue partie par Tabbé d'Ardenne, partie 
par le curé qui £ait 80 livres de rente au curé de Saint- 
Clair-d'HérouvîUe. 

Elle est à une lieue de Caen. 

Fontaine^le-Henry (Notre-Dame-de-Nativité). Ser- 
genterie de Bernières, élection de Caen, notariat de Bény, 
60 feux. 

Elle est située sur la petite rivière de Mue. La nomi- 
nation de la cure appartient au seigneur, et la dime au 
curé. M. le marquis de Vassy-Marguerye, au droit de 
maître Louis-François, comte de Montéder, est seul 
seigneur de cette paroisse, comme en possédant tous les 
fiefe, dont le principal est un plein fief de chevalier rele- 
« vant du Roi. Il y a encore le demi-fief de Bréville. La 
maison seigneuriale, bâtie dans le goût moderne, est sur 
une éminence qui domine dans un bas*fond couvert de 
prairies et d^herbages. Elle a une chapelle domestique et 
titulaire qu^on appelle Notre-Dame de Val-Bunel. Il y 
avait deux portions autrefois; aujourd'hui il n'y an a 
qu'une à la nomination du seigneur. 

Elle est à 3 lieues de Caen et à cinq quarts de lieue de 
La Délivrande. 

19 



290 

La terre de Fontaiae*le-Henry a été possédée par la 
maison de Tournebu, d^où elle passa à celle de Tilly, 
puis à celle de Harcourt, qui Pont eue plus de deux 
siècles. M«« Gailfetnette de Tournebu rendît aveu au Roi 
le 27 mars iSji pour le franc fief de Fontainc-le-Henry, 
pour le fief de Noyers, assis au dit lieu de Fontaine, et 
pour la terre de Fontenay-le-Painci en la vicomte de 
Caen, tenue du fief de Tilly (i). Elle avait épousé Guil- 
laume, châtelain de Tilly, dont sortit Jeanne de Tilly, 
qui porta cette terre avec beaucoup d^autres à Philippe 
d^Harcourt, baron de Bonnestable, qu'elle avait épousé 
vers 1 368 (2). 

Alix de Tournebu, sœur de Guillemette, prend la qua- 
lité de dame de Fontaine-le-Henry en un titre de 1377. 
Elle ne prit point d^alliance et vécut longtemps. Les 
enfants de sa nièce en héritèrent. 

Jacques d'Harcourt, baron de Beuvron et BeaufFou, 
seigneur de Fontaine-le-Henry, capitaine des nobles du 
-bailliage de Cacn, écuyer tranchant du roi, prit pour 
femme Françoise de Ferrières, dame de Thury en partie. 
Etant venu à mourir, ses trois fils partagèrent sa succès-, 
sion le 7 novembre 1496 (3). 

Jean d^Harcourt, baron d^Asnebec et de Rannes, lieu- 
tenant pour le roi au bailliage de Caen et capitaine des 
nobles de ce bailliage, eut comme puîné les fiefs et sei- 
•gneuries de Fontaines*-le-Henry, Secqueville, Bomban- 
ville, Putot et Auvrecher. Il prit le titre de seigneur de 
Fontaines, y ayant succédé comme fils de Jacques, fils de 
Girard, fils de Philippe d^Harcourt et de Guillemette de 



(i) Hist, Harc, 1. 1, p. 498-785. 

(2) Hist. Harc, 1. 1, p. 780'. 

(3) Hist, Harc.^ t. II, p. io54-io55. 



2^1 

Tournebu, -scsur puînée d'Alix, qui prenait la qualité 
de dame^de Fontaines^en un titre de 1377. Sa femme fut 
Jeanne de Saint-Germain, fille héritière en partie d^Au- 
bert, baron de Rannes, Briouse et Asnebec, de laquelle 
vinrent un fils et des filles. 

'Pierre d'Harcourt, baron d^Asnebec, seigneur de Fon- 
taines4e^Henry, chevalier de Pordre du roi^ gentilhomme 
de la chambre, lieutenant général en Normandie, décéda 
ynté i566, sans hoirs de sa femme Marie de Lenoncourt- 
de-Vignory, qu^il avait épousée par traité du 28 juin 1 544. 
Il avait reçu la tonsure à Fontaines Pan 1 624, des mains 
de Pévéque de Bayeux (i). Ses sœurs recueillirent sa 
succession, et la cadette Jacqueline d^Harcourt fut abbesse 
de Saint-Sulpice de Rennes, et mourut le 5 décembre 
1577. 

Anne d'Harcourt, sœur. puînée de Pierre, baron d'As- 
nebec, partagea avec Françoise, son aînée, les biens de 
leur fr^rel Elle avait épousé Jean de Morais, seigneur de 
Joderais, baron de Garenciiieç, chevalier de l'ordre du 
Roi, et le fit seigneur de Fontaînes-le^Henry, Bény, 
Moulineaux, G>ulvain, etc. (2). Anne d^Harcourt, dame 
de Joderais, nomma à la chapelle de Val-Bunet le 22 no- 
•vembre i568 (3), et Jean de Morais, chevalier de Tordre 
du Roi, baron de Garencières, à la cure le 23 février 
i588. De leur mariage sortirent Jean de Morais, seigneur 
•de Fortille, Pierre^ seigneur de joderais, et Jacques, sei- 
gneur de Lory (4). 

Jacques de Morais, le troisième, s'allia par mariage 
avec Marguerite d'Aché, dame de BresoUes. Leur fils, 

(i) Reg. de Tévêché. 

(a) Hist, Harc, t. II, p. i53i et ftuiy. 

(3) Reg. de l'évêché. • 

(4) Hist. Harc, t. II, p. i58a. 



292 

Urbain de Morais, seigneur de Joderaisy Fontaines-Ie 
Henry, Bény, Moulineaux, etc., reçut pour femme Fran- 
çoise d^Angennes, dont il eut quatre fils. L^aîné, Nicolas 
de Morais, fut seigneur de Brésolles, de Fontaines4e- 
Henry et de Bény; le cadet, seigneur de Bény, fiit cha- 
noine de Bayeux en la prébende du Locbeur. De Nicolas 
de Morais et de son épousé Marguerite de Sévigné^ sœur 
de Henry, marquis de Sévigné, tué en 1648, sortit Fran- 
çois, seigneur de BresoUes et de Fontaines, et Jacques, 
seigneur de Joderais. 

Cest la patrie de Jacques d^Harcourt, comte deCroisy, 
gouverneur de Falaise et capitaine d^une compagnie de 
chevau-légers, qui y naquit le 6 octobre 1 584, et de :, 

François d'Harcourt, marquis de Beuvron, lieutenant 
général de Normandie, gouverneur du vieux palais de 
Rouen, qui y naquit le 14 octobre 1 598 (i). 

Hermanville (Saint-Pierre d'). Sergenterie d^Ouistre- 
ham, notariat d^Ouistrebam, élection de Caen, 1 34 feux 
et 600 habitants. 

Cette paroisse, située sur le bord de la mer, fut érigée 
en mak'quisat en faveur de la maison de Vauquelin qui la 
possède depuis plus d^un siècle, par lettres patentes du 
roi Louis XIII. Messire Hercule Vauquelin, marquis 
d'Hermanville, présente à la cure et a trois places d'obi- 
tiers. Il y demeure dans un château qui est accompagné 
d^n jardin spacieux et de très belles avenues. L^église 
est au milieu d'un gros village qui forme une espèce de 
bourg. Ses ornements, et surtout sa belle lampe d'argent 
méritent dMtre remarqués. Le curé est seul décimaieur. 



(i) Hist, Harc.j t. II, p. lagS et 1304. 



293 

Son bénéfice est le meilleur et le plus riche de tout le 
diocèse. 

Cette paroisse est à 3 lieues de Caen, une lieue de La 
Délivrande, et cinq quarts de lieue de la rivière d^Orne. 

La seigneurie d^Hermanville, suivant les titres, relève 
de Févéché de Bayeux, à cause de la baronnie de Douvres, 
et la garde noble en appartient à Pévéque, selon qu^il fut 
jugé en i338, en faveur de Pévéque Guillaume Bertrand 
de Briquebec, contre les receveurs du domaine du roi, 
qui la lui disputaient. Il y avait autrefois deux portions 
de cure, dont était seigneur et patron en i356 Richard 
d'Hermanville (i). Noble homme messire Charles d^Her- 
manville, chevalier, seigneur du dit lieu, tenait en 1453 
de la baronnie de Douvres, par foi et hommage, un fief 
entier de chevalier noblement et franchement, dont le 
chef est assis à Hermanville avec extension ès-paroisses 
de , vicomte de Bayeux, et doit le service d'un che- 
valier en Post du prince, le cas échéant (2). 

Catherine d'Hermanville, sa fille héritière, porta cette 
terre vers 1460 à son mari Jean de Sillans, seigneur 
de La Perrière, père de Jean de Sillans baron de Creully. 

Louis de Moûy, chevalier de Tordre du Roi, gentil- 
homme ordinaire de sa chambre, seigaeur châtelain de La 
Mailleraye, nomma à la cure d'Hermanville le 1 3 no- 
vembre 1616, comme tenant la garde noble des enfants 
mineurs du premier mariage de feu Charles 'de Saffray, 
écuyer, seigneur de Varaville, et de demoiselle Marie de 
Sillans, en son vivant dame et patronne de Saint-Pierre 
d'Hermanville (3). 

(i) Ex. Lib. Peluto. 

(a) Aveu de Tévêque de Bayeux en 1453. 

(3) Reg. de révêché. 



294 

Antoinette Le Sanglier dame d^HermanTÎUe en partie, 
veuve de feu Antoine de Sillans, chevalier des deuzi 
ordres» capitaine de 5o hommes d^armes, et baroni de 
CreuUy, nomma à son tour à cette cure, le i3 dé- 
cembre 1617 (i). 

Jean de Calvlmont, chevalier» gentilhomme ordinaire 
de la chambre du Roi, sieur d^Esteville, Beaufou, Orbec 
et en partie d^HermaaviUe au droit de feue demoiselle 
Jeanne de Sillans, son épouse, nomma aussi ài la même 
cure le 12 octobre 1623, la nomination lui appartenant 
alternativement avec les sieurs de Saint-Hilaiite^ et baron 
de CreuUy, représentant Marie et Françoise de Sillans, 
sœur de Jeanne son épouse, conformément aux lots et 
partages faits entr^elles (2). 

Il n^ avait plus alors, comme il parait, qu^une portion 
de cure à Hermanville. En effet, il y a au secrétariat de 
révéché une information faite au mots de mai 1 558 par 
Qaude de Chanleu, docteur es droits et oflkial du diocèse 
de Bayeux à Caen, pour la réunion des deux portions. 
La requête à cet effet avait été présentée le l3 février 
précédent par Jean du Châiel, chanoine de Bayeux, 
procureur du baron de Creully. 

En 1570, Charles d 'H umières, évêque de Bayeux, sujr 
la requête d^Antoine de Sillans, baron de Creully, sei- 
gneur des deux portions d^Hermanville, les réunit en un 
seul titre en &veur de Jean de Sillens, bachelier aux 
droits, conseiller et aumônier du Roi, déjà pourvu de la 
première portion (3), 

HerculjB Vauquelin, chevalier, seigneur et patron des 



(i) Rcg. de révcché. 
(a)Reg. dcrévêché. 
(3) Reg. de l'évêcW. 



295 

Yveteaux et de BoUsey, marquis d^Ifermanville, noinma 
en 1670 à la cure d'Hermanville à cau$e de son marqui- 
sat. Il descendait de la famille de Nicolas Vauquelin, 
seigneur des Yveteaux, conseiller au présidial de Caen, et 
depuis précepteur du roi Louis XIII^ prieur du Val en 
Normandie, ^t frère de Charles, abbé de Saint-Pierre- 
sur-Dives, et de Saint-Symphorien de Beauvais, mort en 
1644(1). 

Louis-Hercule de Vauquelin, chevalier, seigneur mar- 
quis d^Hermanville, conseiller du Roi ea son grand 
conseil, et commissaire de S. M. en la chambre royde, 
nomma le 3o octobre 1677 ^^ même bénéfice, déclarant 
que les deux portions de Saint-Pierre et de Saint*Paul 
d^Hermanville, dont la première lui appartient à cause 
de son marquisat, étant vacantes par le décès de noble 
homme messire Michel Formont, prêtre, dernier posses- 
seur d'icelles, en la personne duquel, et de quelqu^uns de 
ses prédécesseurs, les deux portions étaient réunies, il a 
choisi Louis-Hercule Vauquelin son frère, clerc du dio- 
cèse de Paris, bachelier en théolpgie audit lieu pour ' 
remplir les deux portions, se réservant à poursuivre 
l'adjonction de ces deux portions par les voies de droit, 
ou ainsi qu'il appartiendra par raison, sans toutes fois 
qu'il le puisse faire tant que ledit Louis-Hercule Vau- 
quelin en demeurera titulaire (2). 

Le marquis d^Hermanville possède audit lieu le fief 
noble de Beaufort, relevant de Beaumont-le-Richard 
sans rente ni devoir (3). 

Cest la patrie de Jean-François Sarrazin, poète fran- 
çais, décédé à Pézénas en 1664. (?) 

(i) Reg. de l'évêché de Bayeux. 
(a) Reg. de Vérèché de Bayeux. 
(3) InT. des titres de Beaumont. 



2^6 

Hérouville. Notariat de Caen, petit canton de la ban- 
lieue et éleaion de Caen. 

Il est situé sur le bord de la rivière d^Orne, et dans une 
position des plus agréables. Il y a 2 paroisses et 
2 églises, Saint-Clair et Saint-Pierre. Les habitants, au 
nombre de 35o, ne sont point distingués pour le tem- 
porel, mais seulement pour le spirituel. Saint-Clair 
d^Hérouville est à la nomination du seigneur, et Saint- 
Pierre d^Hérouville à celle de Tabbé du Val» qui fait 
desservir ce bénéfice par un chanoine de Tordre de saint 
Augustin. Les dîmes sont communes, le curé de Saint- 
Pierre en a la moitié des grosses, Fabbaye du Val a 
l'autre moitié des grosses, et des verdages avec une 
pension. 

. De plusieurs hameaux qui sont à Hérouville, le prin- 
cipal est Lébisey qui est sur Saint-Pierre, au couchant 
de Péglise, et au nord de Caen. Il y a une chapelle de 
Saint-Vincent qui appartient avec la dime de ce hameau 
à Fabbaye d'Ardenne. Elle est ancienne. Il en est fait 
mention ainsi que dans le Livre Pelut composé vers 
i356; Cape lia de Lesbisey : Roger le Ma^urier : 
3o libras valons, iS libras taxationis. Il paraît par 
cette citation qu'elle n'a passé à Ardenne que depuis ce 
temps-là. 

11 y a encore sur le territoire de Saint- Pierre d'Hérou- 
ville deux chapelles titulaires.: Tune de Sainte-Margue- 
rite, Tautre de Saint-André, qui sont du domaine de 
l'abbé du Val. Voyez les Origines de Caen, par M. Huet, 
page 374. 

L'auberge et le bac de Colombelles sont sur Saint- 
Clair. On y tient tous les ans le 18 juillet une assemblée 
fameuse pour louer des domestiques. 



\ 



297 

Le hameau de Beauregard, sur le ruisseau du I)oity est 
aussi de la dépendance d^HérouvilIe. 

Ce lieu est à une lieue de Caen. 

Jean d^Hérouville, seigneur et patron de Saint-Clair, 
nomma à cette cure le 27 juin 1 599. 

Pierre Boutin, chevalier de l'ordre du Roi^ grand 
bailli de Caen, et noble dame Marie Le Roux sa femme, 
veuve de noble homme Gaspard d'Hérouville, seigneur 
de Saint-Clair, tuteurs établis des enfants mineurs dudit 
défunt seigneur, y nommèrent en 1&26. 

Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seigneley, seigneur 
châtelain d^Hérouville, y nomma le 7 juillet 1680. Les 
héritiers de M. de Seigneley, comte de CreuUy, petit-fils 
du précédent, sont seigneurs de Saint-Qair et de Saint- 
Pierre d'Hérouvillc, et de Saint-Ursin d'Epron. 

Langrune (Saint- Martin de). Sergenterie de Ber- 
nières, notariat de Douvres, élection de Caen, 5 00 feux, 
et près de 1,200 communiants. 

Cette paroisse, située sur le bord de la mer, peut servir 
à faire un très beau port, ainsi qu^il le fut remarqué en 
1756 par les ingénieurs du Roi. Le siège d^amirauté 
avait été transféré de Bemièfes à Langrune. Il a été 
depuis transporté à Caen. Cette côte est marquée dans les 
cartes sous le nom de : Pas de Langrune. 

Cette paroisse est appelée Longronia dans les titres de 
Tabbaye d^Aulnay, Lengronia dans la bulle d^Inno- 
cent III pour Tabbaye de Troarn qui cite aussi Manéria 
de Tallevilla^ et Ingronia, dans le Livre Pelut de 
révéché'. 

On troiive que le jour même que Tabbaye d'Âunay 
fut dédiée par les évêques de Bayeux et de Coutances en 



299 

1190(1), GuiUamm; du Hommes fil» atnide Richard 
son fondateur, conn^bU dcv Normandie, donna pour 
dot à cette église toute sa terre de Langrune avec ses 
appartenances; la donation fut confirmée par une chartre 
de Guillaume, évéque de G>utances, qui avait fait la 
cérémonie. 

Messtre Robert de Langrone était du nombre des sei- 
gneurs de Normandie qui se croisèrent en 1096 pour la 
Terre-Sainte (2). Il portait : d Vgent frété de gueules, à 
un quartier de gueules, et un fermaillet d'or en quartier. 

L'abbé de Troarn présente à la cure. Il est seul gros 
dédmatei^r, s€;igneur et patron de la paroisse, et doit sur 
cette dîme 56 boisseaux de froment, ancienne mesure, 
revenant aujourd'hui à 37 boisseaux un tiers, suivant la 
reconnaissance de Fabbé de Sourches passée devant les 
notaires de Caen le 17 juin 1741. Son principal fief est 
un fief d'hautbert qui appartient à M. de Qarbec. Elle 
relève de la haute justice de Courseulles. 

Cette paroisse est divisée en trois hameaux qui sont 
considérables : le hameau de Langrune otï est Téglise 
paroissiale est le principal. 

La dîme en appartient à Tabbé de Troarn ; le curé n'en 
a que le sixième, et les verdages en intégrité* Le hameau 
de Saint- Aubin, oU Ton voit les vestiges d'une ancienne 
chapelle dans laqq^le on trouva il y a quelques années 
des cercuçils etides cadavrev li. dépend de la juridiction 
de Saint-Gabriel, et, relève de la grande justice de Saint- 
GabriçJ, et. sa dîme, appartient au prieuré de Saint- 
Maninrdu-Bo«cq proche Touques, le curé n*en ayant que 
les verdages. Le hameau de Tailleville qui est le troi- 

(i) Nêust^pia,p, 760 et 563. 

(2) Dumoulin, Hist. de Normandie, 



299 

sièmc, fut aumône aux rdigieux de Troarn par Odon 
de Çonteville^ éyéque de Bayeux dans le xi^ siècle. Il y a 
une chapelle^ et un (NÎeuré régulier très considérable. 
Ce hameau porte le titre de paroisse, et sa taille particu- 
lière. Le prieur perçoit les grosses et menues dîmes en 
intégrité. 

La paroisse de Langruneest la patrie de Jean Couture, 
célèbre professeur et recteur de l'Université de Paris. Il 
naquit au hameau de Saint- Aubin le 1 1 septembre ]65i. 
C'était un homme d^une*%Ioquence et d'une érudition peu 
commune. II. mourut le i6 août 1728, âgé de jj ans. 

Elle est à. 3 lieues de Caen et à une demi-lieue de la 
Délivrande. 

Lion (Saint-Piprrie de). Sergenterîe d'Ouistreham, 
notariat de Ouistrebam, élection de Caen, i5o feux, 
700 habitants, Sio communiants. 

Getjte pa/cisse est sur le bord de la mer à une lieue et 
demiiQ de Tetpl^oujçhure de rOroe, à une lieue de la Déli- 
vcande, et à 3. lieues de Gaeni. 

Le Livqe Pelyt TappeUQ : Ecclesia d^ Leone^ et un 
mémoire manu^rit : Lug4unum supra mare. Sçn terrir. 
toire a 3 hameaux :'le hameau de Lion, prjOche Téglise ; 
le hameau Terrier au nûlieu de l^i paroisse^ et le hameau 
de NeauviUe-aiî haiU;t de la paroissiQ. 

L'abbé de Troarn présetite à, la cure, et po$sMe les 
grosses, et meamss dîmes en vertu A^ son fief de Lipa* 

II y a trois autres fiefs possédés piir messire Robertr 
Piecre Le Seiiis, seigneur châtelaio^de Lion, ancien maître 
de cavalerie, chevalier de Tordre militwedeS^int-Louis. 
Ce seigneur, de dame Marie-Jeanne de Marguerie-de- 
Vassy, a eu pour fils unique Henri-CJaude-Robçrt Le 
Sens de Lion>, guidon de gej)(iUi;m<^ie, lequj^. K^% ^^ 



300 

mois d^octobre 17S2 k demoiselle Marie- Armande-Eléo- 
nore Le Sens de FoUeviile, fille de feu messire Jean- 
Charles Le Sens, chevalier, seigneur de FoUeville, procu- 
reur général en la Chambre des comptes, aides et finances 
de Normandie, et d^Armande de Lambert d^Herbigny de 
Sainte-Croix-Saint-Ouea de Rouen. 

Sa maison, quoique ancienne, est très belle, ornée de 
belles avenues, située au milieu d*un grand parc, et 
accompagnée de deux magnifiques parterres, d^un jardin 
potager, et de plusieurs bois taillis. Il y a dans la cour 
une chapelle communément appelée : le prieuré de Saint- 
Thomas. Il dépend de Tabbaye d'Ardenne, et est possédé 
par un prémontré. Guy de MeuUant, chevalier, seigneur 
de Lion en fut le fondateur, comme il paraît par ce texte 
tiré des Chartres de Pabbaye d'Ardenne (i). 5'» Thoniœ 
de Leonœ supra mare, Bajocensis diœcis, ex fandatione 
domini Guidonisde MeuUant cUjus pater Radulphus in 
capitula Ardenensi sepultus est. Il était fils de Raoul de 
MeuUant III® du nom, sire de CourseuUes ; il donna à 
Ardenne cette chapelle avec les héritages mentionnés 
dans Tacte pour y acquitter le service divin en mémoire 
de lui et de ses prédécesseurs, l'an 1828, le vendredi 
après la marchesque (la fête de TAnnonciation) (2], et 
depuis^ c'est-à-dire en 1462, Jean d'Ectot, prêtre, y 
ajouta 25 livres de rente pour quelques fondations qu'il 
avait faites dans cette chapelle. 

.La seigneurie de Lion fut cédée avec celles de Cour- 
seuUes et Bernières à Raoul de MeuUant par le roi saint 
Louis Tan 126 5, en échange des terres de Beaumont-le- 
Roger et de Briosne (3). De Raoul 1*% sire de Cour- 
Ci) Hi9t. Harc, t. 111, p. 66. 
(a) Reg. du secret, de l'éveché. 
(3) Hist. Harc.f 1. 1, p. 80 et suiv. 



301 

seuUes, vint Raoul II, père de Raoul III, père de Jean, 
frère puiné de Guy de Meullant, fondateur de la chapelle 
de Saint-Thomas. De Jean sortit Thomas, père de Jeanne 
de Meullant, dame et baronne de Saînt-Paer-le-Servain 
et de Lion, laquelle avec Jean, seigneur d^Auray, son 
mari, rendit foi et hommage de la terre et seigneurie de 
Lion, assise en la vicomte de Caen, suivant les titres 
royaux donnés à Tours le 5 janvier 1449 (i). Leur fils 
Jean d^Auray II« du nom fut père de Jacques, qui de sa 
femme Marguerite d'Achey eut Beuves d^Auray. 

De cette maison la seigneurie de Lion passa à celle des 
Le Sens. André Le Sens se qualifiait écuyer, seigneur de 
Lion en i SgS. 

Saint-Jacques de dresserons est une église succursale 
de Lion, qui a son cimetière, ses fonts baptismaux et ses 
paroissiens séparés. Les Chartres du sépulchre de Caen 
rappellent Criseron. On y compte 200 communiants, 
sans y comprendre 32 familles Calvinistes. 

Son territoire est distinct de celui de Lion. On prétend 
que c^était un ancien monastère détruit par les Anglais. 
Le Livre Pelut nVn fait point de mention, à moins qu'il 
ne Tait désignée par ces mots : Ecclesia de Courtilegiis^ 
auquel il ne fixe ni revenu ni présentateur. L'abbé de 
Troarn en perçoit toutes les dîmes. M. Le Sens de Lion 
en a le seigneurial. Il y a un autre fief de Cresserons qui 
appartient à M. Goûet, sieur de Noyon. 

Luc (Saint-Quentin de). Sergenterie d'Ouistreham, 
notariat de Douvres, élection de Caen, 1 5o feux. 

Son nom parait sous le mot de Lu dans les anciennes 
Chartres de Tabbaye Saint- Etienne de Caen, et vient du 

(i) HUt, Harc.» 1. 1, p. 97. 



302 

latîn Lucio, selon M. Huet. Cest ^nepatroîase maritime 
qui relève du bailliage de Caen, de l'abbaye Saint- 
Etienne de Caen pour ce qui concerne le fief de cette 
abbaye, et de Saint-Gabriel pour ce qui en relève. Elle 
contient 4 hameaux : t^ partie du bourg de la Déli- 
vrande^ et même le séminaire et la chapelle ; 2*' le Bout- 
Varin ; 3^ le hameau de Luc ; 4<> le petit hameau du 
Point-du-Jour. La foire de la Chandeleur se tient aussi 
en partie sur cette paroisse. 

L^abbé de Fécamp, au droit du prieur de Saint-Ga- 
briel, nomme à la cure et perçoit les deux tiers des grosses 
dîmes. L'autre tiers et les verdages appartiennent au 
curé. Le fief dominant est celui de Saint-Etienne, appar- 
tenant à son abbé, et appelé la baronnie de Luc. Elle a 
donné naissance à quelques personnes distinguées : à 
Jean-Antenor Hûe, seigneur en partie de Luc, brigadier 
des armées du Roi sous Louis XIV, et au sieur de Lan- 
gruneson fils, Jean Hûe, écuyer, ligueur de Luc et de 
Langrune, conseiller élu à Caen; femme Marie de La 
Rivière ; Gilles Hûe, écuyer, seigneur de Luc leur fils, 
•i63i. Mais le plus célèbre est Marin Labbé, né de 
simples gens, qui par son rare mérite devint évéque de 
Tilopolis in partibus en la Cochinchine, où il mourut 
en 1723. On a de lui une excellente lettre au pape Clé- 
ment IX^ sur le culte des Chinois, avec un mémoire par- 
ticulier sur une persécution dans la Cochinchine. 

Elle est à 3 lieues et demie de Caen. 

Mathieu (Notre-Dame d'Assomption). Sergenterie 
d*Ouistreham, notariat de Douvres, élection de Caen, 
94 feux, 5oo communiants. 

Cette paroisse a 3 hameaux, qui sont : le Mesnil, de 
i5 feux; le bout Milet, de 4 feux, et le hameau de 



Péfiers, de Biem. M. PÉTéquede Bayeux, présentateur 
etcollateur de ta cure, > perçoit les grosses dîmes. 

Uétéque Guillaume de Trie acquit des dîmes à Ma- 
thieu de Michel de Mmhan, et il les joignit par un outre 
trait qu'il avait eu. par éiihange de son chapitre en iSiy, 
.pour une autre dîme sise à Saint-Patrice de Bayeux. 
Guillaume de Beaujeu, son successeur, en acquit aussi 
au même lieu, avec plusieurs terres, en i534, pour y 
fonder 4 chapelles, mats la mort qui te prévint l'empê- 
cha dVxécuterson dessein. 

Il 7 a 2 chapelles : Tune dotée sous le titre de Saint- 
Sauveur, appartient à M. le marquis de Fresnel, qui y 
présente; Tautre non dotée, s5us l'invocation de Saint- 
Jacques, appartient- à M. Le Bourguignon, ancien procu- 
reur du Roi au bureau des finances. Qu^est devenue la 
chapelle de Saint-Jean-Mathieu (^ca/e//a seu leprasaria 
S*^ Johannis de MathoneJ, à laquelle nomma, le 22 dé- 
cembre 1470, Thomas de FouUogne, chanoine de 
Bayeqx, porteur de procuration de demoiselle Girette de 
Landoys, veuve de Guillaume de Foullogne? 

Il y a à Mathieu un bois taillis qui contient environ 
10 acres de terre, et beaucoup de carrières de pierres 
propres à bâtir. Cette paroisse a prêté son nom à une des 
prébendes de la cathédrale de Bayeux, dont le chanoine 
y possède, et dans la paroisse de Veaussieu, 7 acres de 
terre et un herbage de 17 vergées. 

Pierre Cahagnes, père du célèbre Jacques Cahagnes, 
était natif de Mathieu, où sa famille subsistait depuis 
200 ans. Il passa à Caen, où il exerça la profession de 
médecin. Son fils a (ait son éloge,< et Ta mis au rang des 
illustres citoyens de cette ville (i). Tu ex honesta Caha- 

(i) Elogia civium Cadomensium. Eh'K, p. 14 et i5. 



304 

gnesiorum/amilia natus, qui ab hinc ducentis aimis in 
viculo quodam, cui Mathœi nomen^ fa quo Clément 
Marotus poëta gallicus fuit oriundusj, resederunt, 
primus in proximam urbem Cadomensem demigrasti, 
et in eafortunarum sedem collocans^ diversum ab il lis 
vitœ genus tenuisti. Illi boni agricolœ rusticam vitam 
coluere, et solis vicinis cogniti célèbre nomen non ha-- 
buere. Tu medicinœ prœceptis informatus, medici per^ 
sonam honorifice sustinuisti tuum que homen per pro^ 
vinciam late diffitdisti.., Tibi terreno patri jamdiu 
defuncto, per quem hanc suavissimam lucem aspicio, 
hoc supremum munus offero, hoc sepulchrum littera- 
rum in œtemam tui memoriam extruo : 

Quod non ignis edax ont Aquilo impotens 

Posait diruere, ont innumerabilis 

Annorum séries^ velfuga temporum. 

Jacques Cahagnes exerça la médecine comme son père, 
et fut professeur royal à Caen. Il est auteur de cet ou- 
vrage : ElogiorumciviumCadomensiumcenturia prima 
authore Jacobo Cahagnesio, Cadomensi medicinœ pro- 
/essore regio; imp. à Caen en 1609, i52 pages. 

Jean Marot, père du fameux Clément Marot^ était de 
Mathieu, oti sa famille subsiste encore aujourd'hui (1). 
Il prend dans ses ouvrages la qualité de secrétaire et de 
poëte de la magnanime reine Anne de Bretagne. Il fut 
ensuite valet de chambre de François I«^ Ses principaux 
ouvrages sont : La Description des deux heureux 
voyages de Gênes et de Venise du roi Louis XII, et 
LAdvocate des Dames et Princesses. Clément son fils 
a mis une préface à la tête de cet ouvrage, à la louange de 
son père (2). 

(i) Orig. de Caen, p. 335-336. 
(a) Orig* de Caen, p. 336-337. 



jos 

La paroisse de Mathieu est appelée dans les anciennes 
Chartres latines Matomum^ Mathomum, Matonium. Sur 
la fin du XIII* siècle, on Pappela Matho. Un originaire de 
ce village est dit de Mathone, On Pappela aussi Mathéon 
et Mateon, dans le xiy« siècle il fut nommé Mathen, 
Matheen et Mathienne, et dans tout le xv^, Mathieu. 
Dans un registre des domaines du roi en Normandie en 
i3i6, qui est dans la Chambre des Comptes de Paris, il 
est appelé Machoen en plusieurs endroits, par une cor- 
ruption de prononciation, pour Mathoen; comme le 
même registre écrit Machieu pour Mathieu, 'Macé pour 
Mathias, Machoen et Mathoen ont dégénéré en Mathieu, 
comme on Pappelle aujourd'hui. Cela donne lieu de 
croire que c^est là, l'origine de la maison de Mathan. 

Les archives de la Trésorerie de Bayeux portent que 
Guillaume de Minières ayant donné à Tévéque de Bayeux 
le patronage de Mathieu en Tannée 1222, Richard de 
Mathan, qui y avait des prétentions, y renonça pour lui 
et ses hoirs, et en confirma la donation. Cent ans après, 
Michel de Mathan vendit à Guillaume, évéque de 
Bayeux, les dîmes dépendantes de la cure de Mathieu, 
qui lui appartenaient. Et enfin, en Tannée 1474, Guil- 
laume de Mathan, delà branche de Jurques, fut dépouillé 
du fief de Vauville, qu'il possédait dans la paroisse de 
Mathieu. Tant de preuves de Torigine de la famille d^ 
Mathan sont hors de toute atteinte de contradiction. 
C'est une tradition reçue parmi eux, qu'ils portent le nom 
d'une paroisse qui était proche de la mer, et que la mer 
)i détruite. La paroisse dont ils portent le nom est vérita- 
blement proche de la mer, et la mer ne Ta point détruite; 
mais si le temps n'a pas détruit son nom, il Ta si bien 
défiguré qu'on a de la peine à le reconnaître. 

11 y a 6 ou 7 fiefs qui sont possédés par différents sei- 

20 



306 

gnears. Il n'y en a point de dominant. Ils relèvent tous, 
dit«on, ou de la baronnie de Douvres, ou de la baronnîe 
de Creully. Puis^je dire que quelqu'un d'eux a appartenu 
k M. Guillaume Mathieu qui se croisa pour la Terre- 
Sainte, en 1096 ? Il portait pour armes : d'azur greneté 
d'or, à un quartier d'hermines à 3 écussons de gueules en 
quartier, et à un bâton d'azur sur le quartier. 

Cette paroisse est à une lieue et demie de Caen. 

Pierre Le Bourgeois, au lieu de Simon Le Beauval, 
tient de la baronnie de Douvres^ noblement et franche- 
ment par foi et hommage, un quart de fief de chevalier, 
assis à Mathieu, que naguère il acquit de Colin de Bal- 
leroy, suivant l'aveu de M. l'évéque de Bayeux, rendu 
en 1453. Pierre Le Bourgeois, écuyer, seigneur de Mathieu, 
fit foi et hommage de son fief au patriarche d'Harcourt, 
évéque de Bayeux« par acte signé le i^ novembre 1460, 
et en vertu de ce fief, le sieur Bourgeois fut déclaré anno- 
bli par le même patriarche, commissaire sur le bit des 
francs-fiefs et nouveaux acquêts du duché de Normandie, 
suivant les lettres du 7 mars 1472 (i). 

Pierre de La Maire tient de la baronnie de Douvres, par 
foi et hommage, un quart de fief nommé Saint-Ouen, en 
la paroisse de Mathieu, duquel la juridiction compète à 
l'évéque de Bayeux, et lui appartient par dépiècement de 
fief. Même aveu que dessus de l'année 1453. 

Philippe Labbé, écuyer, tient aussi par succession une 
franche vavassorie assise à Mathieu, au Mesnil-Richard, 
par foi et hommage de la baronnie de Douvres. Aveu de 
1453. 

La seigneurie de Mathieu, faisant partie de la baronnie 
de Creully, en fut démembrée par partages faits en i Sog. 

(1) Traité de la Noblesse, par La Roque. 



}07 

Elle tomba au lot du baron de Beuvron. Aveu rendu au 
marquis de Beuvron en qualité de seigneur de Mathieu, 
par Martin de La Londe le 20 septembre 1 582, pour une 
vavassorie contenant 24 acres, assise en la paroisse de 
Mathieu. Sentence du 22 juin i588, rendue aux plaids 
de la seigneurie de Mathieu^ tenus au nom du sieur de 
La Rivière, qui en jouissait au droit du marquis de Beu- 
vron. 



Moulîneaux (Saînt-Qair de). Ecclesia de Molinellis, 
sergenterie de Bernîères, notariat de Bény, élection de 
Caen, 21 feux. 

Cette paroisse est entre les deux petites rivières de ThOe 
et de Mue, ayant Réviers au nord et Fontaines-le-Henry 
au midi. La nomination de la cure appartient au seigneur 
de Moulineaux, lequel présente aussi à la seconde portion 
de Bény. Cette seigneurie a été possédée par Jean Gou- 
jeul, qui donna au roi son aveu le 20 décembre 1372^ 
déclarant la tenir pour un demi-fief de chevalier, doat le 
chef est assis en la paroisse de Bernières-sur-Ia-Mer, à 
cause de quoi il doit 40 jours de service d'armée au temps 
de Tarrière-ban (i). Est-ce la même chose que le tenant 
du plein fief de Moulineaux qui fut^ Pierre d^Harcourt 
en i5i4 (2) ? Elle appartient aujourd'hui à 3 seigneurs 
qui sont coseigneurs de Moulineaux. (Voir le Bény ci- 



Elle est à 3 lieues de Caen et à une lieue de CreuUy. 
Guillaume, comte de Magneville aumôna au prieuré 
de rHôtel*Dieu de Caen 2 muids d'orge et 2 de froment. 



(i) Hist, Harc, t. II, p. i,5xo-i5ll. 
(a) Hist. Harc.f U m, p. 1064. 



3o8 

à prendre sur son moulin de Moulineaux, selon la bulle 
du pape Innocent III de Tannée 1210 (i). 

Jean Gougeul, chevalier seigneur de Rouville, d^Anisy 
et de Moulineaux, qualifié damoiseau en liij, vivait 
encore en i356 (2). 

Jean Gougeul bailla au Roy^ le 20 décembre 1372, 
aveu de la fiéferme donnée aux chanoines de la chapelle 
royale, et déclara tenir le fief de Moulineauz pour un 
demi-fief de chevalier (3). 

Pierre de Gougeul, chevalier seigneur de Rouville, fit 
hommage au roy Qiarles VII, par lettres données à 
Rouen le 8 novembre 1449, pour la seigneurie de Mou- 
lineauz, tenue par un demi-fief, et pour celle de Bom- 
banville, tenue par un quart de fief de la vicomte de 
Caen {4). 

Guillaume Gougeul de Rouville, chevalier, seigneur de 
Moulineaux, de Bombanville, Bény et de la Heuze, 
conseiller chambellan du roy, capitaine de gens d*armes, 
épousa Louise de Graville. La mère de cette dame, par 
acte du 11 décembre 1463, appelée Marie de Montheron, 
veuve de Jean de Graville, lui accorda 5o livres de rente 
par chacun an sa vie durante; outre son partage, il rendit 
aveu de ses terres au roy le 21 juin 1484, comme avait 
fait Pierre de Gougeul, chevalier seigneur de Rouville, 
cité ci devant (5). 

Jacques de Rouville, chevalier, seigneur de Moulineaux, 
présenta à la cure dudit lieu au mois de novembre 
1498 (6). 

(i) Hist. Hitrc, t. I, p. 314. 

(a) Hist. Harc.<t t. I, p. 867 et exMbro Peluto. 

(3) Hist, Harc., t. II, p. i5io. 

U)Hist. Harc.y t. I, p. 867. 

(5) Hist, Harc.^ t. II, p. Sao et suiv. 835 et 867. 

(6) Reg. du tecrét. de l'évêché. 



309 

Oystreham (Saint-Samson et Sainte- Anne d'). Bourg, 
chef-lieu de sergenterie. Election de Caen, 140 feux, 
700 habitants. Lieu de notariat, 1,200 livres : Herman- 
ville, CoUeville, Lyon, Saint- Aubîn-d'Arquenay, Cresse- 
rons, Plumetot et Bénouville. 

Leduc Guillaume et la reine Mathilde son épouse, 
dans la chartre de fondation de Tabbaye Sainte-Trinité 
de Caen, expédia en 1 082, parlent ainsi d^Oystreham (i): 
Dedimius etiam Œstreham cum cunctis appenditiis 
suis, hoc excepta quod Robertus ibidem tenet de comité 
Moritonensi, Willelmo qui dicitur Caritas, et Ricardo 
nepote ejus ; sed et Gilberto Crispino annuentibus pro 
pecunia quam nos ei dedimtis. Il est constamment nommé 
dans les anciens titres : Oyestreham, Esterhanum ou 
Esterihanum. Samuel Bochard fait venir le commence- 
ment de ce nom de la déesse Easther; M. Le Valois, du 
mot latin Strata et de Pallemand hamum, qui veut dire : 
demeure bâtie sur un chemin public ; ce qui est faux par 
rapport à ce bourg, situé sur une extrémité de terre qui 
ne mène à rien, ayant la mer d'un côté, et Tembouchure 
de rOrne de Tautre. Il est plus naturel de croire, avec 
M. Huet, qu'il vient de W«fer*am, qui veut dire village 
occidental, comme il parait par son ancienne orthographe 
qui est constamment écrite dans les vieux titres, et par 
M. de Bras : Oistreham, et qu'il est placé à Touest de 
Tembouchure d'Orne. 

En effet, ce village borde la mer du nord au nord-est, 
oti la rivière d'Orne se perd dans la mer au lieu nommé 
la Pointe-du-Siège. C'est un port oti les vaisseaux sont 
dans une posée assurée, tant pour les relâches que pour 
attendre le temps favorable pour monter à Caen. Depuis 

(i) Neust. Pia, p. 658. 



}IO 

ce lieu» le territoire d^Oystreham borde la rivière d^Ome 
jusqu^à Bénouville au sud, environ une lieue. A l'ouest 
est la paroisse de Saint-Aubin-d'Arquenay; à Touest- 
nord-ouest la paroisse de G>lleville, et au nord-noid- 
ouest la paroisse d^Hermanville. M. de Bras, à Tannée 
1346, le qualifie de ville avec un havre (1). Cest la der- 
• nière paroisse du diocèse en deçà de la rivière, du 
doyenné de Douvres. 

Elle est à 3 lieues de Caen et à 2 lieues du bourg de la 
Délivrande. 

Cétait un siège d^amirauté qui a été réiyii à celui de 
Caen vers 1744. Les habitants s^occupent A la pêche et 
•.au labourage. En faveur delà navigation, on y entretient 
tonnes et balises pour marquer la rade et le chenal de la 
rivière, il y a aussi 12 pilotes-côtiers pour conduire et 
guider les vaisseaux qui entrent et sortent de la mer dans 
la rivière, et de la rivière dans la mer. 

L^église est grande, vaste et très ancienne, puisquVUe 
existait avant la fondation des abbayes de Saint-Etienne 
et de Sainte-Trinité de Caen. Le rond-point de l'église est 
une plate-forme où il y a encore actuellement des canons; 
c^est une découverte d*oti Ton voit de très loin sur la mer. 
Il y a une statue de sainte Anne, grande comme nature, 
qui est du fameux Brodon. 

L'abbesse de Caen est dame baronne et patronne de 
cette paroisse. Les dîmes en total appartiennent à son 
' abbaye. Il y a pour elle une maison de campagne qu^on 
appelle le pavillon de M«« TAbbesse. M»« de Vérue, 
qui a précédé l'abbesse d^aujourd'hui, y passait ordinai- 
rement quelque temps Tété. 

Il y a dans la paroisse 2 chapelles, Tune de Saint* 

(i) Antiq. de Caen, p. 48. 



3" 

Martin, Pautre de Saint-Jacques-du-Cfttillon. La pre- 
mière était sur un monticule fait de terres rapportées qui 
servait à une batterie de canon, parce que la rivière passe 
au pied. Jean Patry, docteur ès-droits, permuta cette cha- 
pelle de Saint- Martin pour la cure de Carpiquet, CLt à charge 
de pension. (Visa du 6 oaobre 1488.) 

L^autre était proche une élévation au bord de la même 
rivière, qu^on appelait le Câtillon ou le Fort-auz-Anglais. 
Il ne reste aucun vestige de ces chapelles qui sont cepen- 
dant des bénéfices simples à la nomination de Tabbesse de 
Caen (i). Elle est ancienne, puisque le 25 avril 1475, 
Jean Le François, prêtre titulaire de la chapelle de Saint* 
Jacques-de-Castillon, la permuta avec Jean Bréard pour 
la cure de Saint-Gilles de Caen. 

Il parait que cette paroisse avait autrefois une plus 
grande extension, parles fondements tant de maisons que 
de granges que Ton trouve en labourant les côtés du nord* 
ouest, et le long de la rivière, du nord au sud. Il 7 a un 
pont de pierre à un arc, placé sur.un lieu où Peau de la 
mer entre par trois portes, qu^elle ouvre quand elle monte 
et referme quand elle se retire. Cette eau forme une petite 
rivière sur laquelle on a fieiitle susdit pont pour procurer 
le moyen d^aller facilement du village à la mer, et pour 
Caire passer des troupes en cas de descente par les ennemis. 
De cette rivière à la mer il y a un trajet d'un quart de 
lieue vis-à-^is du pont. C^est une garenne appartenant à 
TAbbaye-iauz-Dames. Elle a une grande lieue de long à 
prendre depuis la Pointe- du-Siège jusqu^au corps de 
garde de Colleville. Il y a deux corps de garde avec; cha- 
cun leur magasin, un des deux sert à garder une plate- 
forme garnie de deux grosses pièces de canon pour 

(I) Reg. du secret, de l'évêché. 



31^ 

empêcher le débarquement des ennemis en temps de 
guerre. 

Il y a 2 fiefe à Oystreham. Le principal appartient à 
Fabbesse de Caen. Cest une baronnie composée des 
paroisses d'Oystreham, CoUeville, Arquenay et Bénou- 
ville. Elle a 400 acres de terre, dont un grand tiers sur 
Arquenay. Tous les relevants de ce fief dépendent de la- 
juridiction de ladite abbaye, qui se tient paroisse Saint* 
Gilles, à Caen. Le fief du Port à Oystreham, sur la mer 
et aux environs, relève noblement du châtelain de Tilly. 
L^autre fief appartient au seigneur de Bénouville. On 
rappelle le fief des Quays. Les dépendants relèvent du 
bailliage de Caen. 

Probablement il y a eu autrefois quelque combat donné 
proche le Câtillon ou Fort-aux- Anglais. M. Le Sieur, curé 
d'Oystreham assure avoir vu, lorsqu'on tira les fonde- 
ments de la chapelle Saint-Jacques, il y a 8 ou 9 ans, 
vers 1 752, autour de cette chapelle, une quantité de sque- 
lettes tous d'hommes entassés les uns sur les autres, dans 
une tranchée à 4a 5 pieds de profondeur. 11 est marqué 
dans la Vie du maréchal de Matignon (i) que vers 
Pan 1 562, ayant eu avis que 200 Anglais étaient débar- 
qués au port d'Oystreham, il s'y rendit aussitôt avejt: ses 
gendarmes, sa compagnie d'arquebusiers à cheval et ses 
gardes, et que les ayant surpris encore fatigués du travail 
de la mer, il les défit, en tua la plus grapide partie, et prit 
le reste prisonnier. Il est vraisemblable que ce sont leurs 
corps qui furent trouvés il y a quelques années. 

Périers [Saint-Ouen de). Sergenterie d'Oystrehan, 
élection de Caen, notariat d'Ouistreham, 28 feux, 73 
communiants, 75 huguenots. 

(1) Liv. I, chap, VIÏ, p. 55. 



313 

C'est une petite paroisse située sur un ruisseau qui vient 
de Tétang d'Anisy» et va se perdre dans la petite rivière 
de Beuville, paroisse limitrophe. Uéglise est en pleine 
campagne, et écartée des maisons. La nef est ruinée, il n^ 
a plus que le chœur qui sert au curé et aux paroissiens, 
dont le plus petit nombre est catholique. La nomination 
de la cure appartient à M. de Fresnel, seigneur de Périers. 
Il a cédé le patronage de la cure en 1 763, à M. de Bayeux, 
pour les droits honorifiques de Mathieu. La dîme est 
perçue quant aux deux tiers par le curé, etquantàPautre 
tiers par FAbbesse de Caen. Elle est à 2 lieues de Caen et 
à une lieue du bourg de la Délivrande. Le Livre Pelut, 
composé vers 1 356, Tappelle Ecclesia de Piris, et met la 
cure à la nomination de Petrus Lunio. Cest la patrie du 
cardinal Raoul de Grosparmy, chancelier, garde des 
sceaux en 1 253, et légat en France, mort au camp de 
Thunis, en Afrique, en 1 270. Magister Radulphus de 
Grosparmy natus de Piris, selon une vieille chronique 
qui est à la fin de celle de Robert du Mont ( i]. 

M. Le Brasseur (Histoire civile et ecclésiastique du 
comté d'Evreux, p, ig2]» dit que le Périers oti est né ce 
cardinal, est une bourgade de Basse-Normandie, sans 
désigner oti elle est située précisément. Les auteurs de la 
NovaGallia Christiana, t. XI, col. 398, pensent que 
c'est Périers, à quelques lieues de Saint-Lô, dans le dio- 
cèse de Coutances. D^autres croient que c^est Périers 
proche Caen, au diocèse de Bayeux, le sentiment des 
derniers est préférable en ce qu^il est justifié par les vieux 
titres que la famille de Grosparmy demeurait originaire- 
ment dans révéché de Bayeux, où elle a possédé la ba- 
ronniede Fiers, et les seigneuries d'Esquay-sur*Ome, de 

(i) L'Hist. des gr. off. le fait natif de Paris. T. VI, p. %^^. 



514 

Fontcnay-PAbbayc, de BeuviUe (non Bcuseville, comme 
Tont écrit M. Le Brasseur et plusieurs autres). M. Huet, 
Origines de Caen^ p. '336, a observé que Ton voit le« 
armes de MM. de' Matban dans la voûte de Téglise de 
Beu ville. Il a pris le change. Ce sont les armes de MM. de 
Grosparmj qui sont les mêmes. 

La conformité des armes de ces deux maisons m*a tou- 
jours donné lieu de penser qu^elles ont la même origine, 
et que Tune descend directement de Fautre. Les armes 
de Matban sont : de gueules à deux jumelles d'or, sur- 
montées d'un lion léopardé de même en chef. Les armes 
de Grosparmy ont le même fond et les mêmes pièces, 
excepté que, suivant quelques armoriaux, les jumelles et 
le lion sont d'hermines. M. Le Brasseur excepte le lion 
seulement ( i ), on sait qu^autrefois le changement d'émaux, 
en conservant le fond et les pièces principales des armes, 
était assez d^usage parmi les branches cadettes des an- 
ciennes familles, et que cet usage allait aussi jusqu^à 
prendre un nom différent des maisons dont elles descen- 
daient. M. de La Roque en cite plusieurs exemples dans 
V Histoire de la maison d'Harcourt (2). Et pour ne pas 
sortir de la Normandie, la maison de Vassy-la-Forét n'a 
pas eu d'autre preuve que la ressemblance des armes pour 
reconnaître que les seigneurs de Saint-Germain du 
Crioult et du Missy, du nom de La Rivière, et les sei- 
gneurs de CampagnoUes, du nom de Payen, sortaient de 
son sein en ligne masculine (3). Ne peut-on donc point, 
par la même raison, endireautant des maisons de Matban 
et de Grosparmy ? 

(i) Hist, civ, et eccl. cTEvreux, p. 196. 
(a) Hist. Harc.y t. II, p. 1973. 
(3 Hist. HMre., t. I, p. 1006. 



315 

Il y a plus : la paroisse de Mathieu, anciennement 
MathOy Matheon et Mathen, a constamment donné le 
nom à la maison de Mathan ; celle de Périers, limitrophe 
de Mathieu, paraît avoir été le berceau de la maison de 
Grosparmy. Le cardinal Raoul de Grosparmy y est né. 
Serait-il contre la vraisemblance decroire que deux terres, 
possédées d'abord conjointement par la même famille, ont 
été partagées depuis entre la branche aînée, qui a retenu 
le nom de Mathan, et la branche cadette, qui a pris celui 
de Grosparmy, en conservant les mêmes armes? Cette 
opinion n^est appuyée, à la vérité, que sur des conjec- 
tures; mais les lumières acquises par le secours des titres 
de famille, peuvent très bien les convertir en preuves. 

Raoul de Grosparmy fut créé cardinal évêqued^Albano 
par le pape Urbain IV au mois de décembre 1261. Il eut 
beaucoup de crédit auprès de ce pape, et de Clément IV 
son successeur. Parmi les lettres du dernier, que Ton 
trouve dans le Thésaurus novus anecdotorum, t. II, il y 
en a 37 qui lui sont adressées. Elles nous donnent lieu 
de regretter les réponses. 

Plumetot (Saint-Samsonde). Sergenteried^Oystreham, 
élection 4e Caen, 53 feux, notariat d'Oystreham, 200 com- 
muniants. 

C'est une petite paroisse située entre CoUeville au 
levant, Mathieu au midi, Douvres au couchant et Lion 
au nord. Mgr Tévéque de Lisieux présente à la cure. 
M. Le Bas, conseiller au bailliage de Caen, en est seigneur 
honoraire, et le curé décimateur. Elle est à une demi- 
lieue du bourg de La Délivrande, et 2 lieues et demie de 
Caen. 

En Tan 1 5 58, les impôts et subsides étaient si excessifs, 
qu'en plusieurs villages Ton ne faisait plus aucunes ^ 



3i6 

assiettes des uilles ; même les décimes étaient si hauts 
que les curés et vicaires se rendaient fugitifs, pour crainte 
dMtre emprisonnés, et ne se disait plus le service divin en 
grand nombre de paroisses prochaines de la ville de 
Caen, comme aux villages de Plumetot, Périers, Seque- 
ville^ Putot, item Soliers et autres plusieurs (i\. 

M. Le Chevalier, prêtre de Plumetot, composa en vers 
français V Histoire de Pancienne découverte de l'Image 
miraculeuse de Notre" Dame de La Délivrande^ laquelle 
fut imprimée in-4® à Caen, en 1673. Elle est précédée 
d^une épitre dédicatoire adressée à M"^ de Plainneville, 
sœur de Pillustre Mgr Huet, évéque d^Avranches. 

Réviers (Saint- Vigor de). Sergenterie deCreully, élec- 
tion de Caen, 76 feux, notariat de Bény. 

Radeverum ou Redeveriacum, Réviers, selon M. Huet, 
tire son nom de Ripuariœ, qui est fort commun dans les 
vieux actes, parce qu^elle est située sur une rivière. Cette 
petite rivière, appelée La Mue, traverse son territoire par 
le milieu, oti elle fait moudre 8 tournants de moulin en 
5 places, et va de là se perdre dans la Seulle, qui partage 
alors Reviers d^avec Banville. Cette paroisse est sur le 
chemin de Bayeux à La Déltvrande, à 4 lieues de cette 
ville et à cinq quarts de lieue de ce bourg. 

L^antiquité de ce lieu est confirmée par les actes de 
Saint-Vigor, évêque de Bayeux, qui, pour éviter les 
embarras du mariage oti ses parents voulaient rengager, 
quina la maison paternelle d^Arras, et vint avec le jeune 
Théodemire, se cacher dans le village de Réviers, et y 
bâtit un monastère vers Tan 545 (2). Il en fut tiré en 557 

(i) M. de Brai, Atitiq. de Caen, p. i6a. 
(a) Neust, Pia, p. 65. 



317 

pour occuper le siège de Baycux. On croit que ce monas- 
tère fut ruiné dans les courses que les Normands firent 
dans ce pays pendant tout le ix* siècle. 

Il y a deux portions de cure. Le roy nomme à la pre- 
mière; r Abbaye de Montebourg, à la seconde. 

On peut compter parmi les illustres curés de Réviers : 
Jean HalIé, bachelier de Théologie, curé des deux por- 
tions de cette paroisse, et frère d^Antoine Halle, ptofes-' 
seur d'éloquence à Caen. Il mourut le 12 août 1667. On 
trouve, parmi les opuscules de son frère, une épitaphe 
faite à sa mémoire, et son éloge en vers latins dont est 
Fauteur Marin Le Verrier, professeur d^loqu^ce au 
collège des Arts (i). 

Cest de cette paroisse qu'a^ tiré son origine Tancienne 
maison de Réviers, d^oti est sortie celle de Vernon, qui 
se glorifie de compter parmi ses auteurs saint Adjutor. 

Richard chevalier, seigneur de Réviers vivait sous le 
règne de Guillaume duc de Normandie, surnommé Le 
G^nquérant. Il eut pour fils Beaudouin, Guillaume et 
Richard. ' 

Baudoin de Réviers qualifié vir actibus bellicis stre- 
nuissimus œque ac potentissimus (2), se déclara ouverte- 
ment contre Etienne roi d'Angleterre, qui, à la fin, 
Tobligea de repasser en Normandie, où il fonda Pabbaye 
de Montebourg. 

Richard de Réviers, frère du précédent, fut aussi un 
des plus expérimentés personnages de son temps, et un 
des conseillers de Henri I roi d'Angleterre et duc de 
Normandie. Ce fut lui, qui avec Guillaume de Vernon, 
son fils, aumôna à l'abbaye de Montebourg, le patronage 
de Réviers avec toutes les dîmes qui leur appartenaient 

(i) Ant., Halley, Oputc., p. 427 et suiv. 
(2) Neust Pia, p. 643. 



}i8 

dans cette paroiiie. Sx dano Ricardi de Répète et Wil- 
lelmi de Vemon filii ejus, quidquid ad eos pertinebat 
in ecclesia de Revers, cum decimis, et decimam molen^ 
dinarum suorum efusdem villœ ( i ). Ce sont les eipres- 
sions de Henry II roi d^ Angleterre, dans la chartre con- 
firmative expédiée à Caen ponr Tabbaye de MontdxHiig. 
La maison de Réviers est éteinte* 

Catherine du Guesclin, fille unique de Bertrand du 
Guesdin et d'Isabeau d*Anœnis, et femme de Charles de 
Rohan, seigneur de Guémené, partagea avec GeoCEroy de 
La Haye, mari de Jeanne d^Ancenis, tante maternelle de 
Catherine du Guesdin, les biens de feue Isabdle de Qis- 
son. Catherine du Guesdin eut pour ce partage, fait le 
20 avril 141 5, après Pâques, entr'autres terres, celles de 
Réviers en Normandie (2). 

Isabeau de Clisson, fille héritière d^Amaury de Clisson, 
seigneur de L^Isle-^'Auvillé, et d'Isabeau, dame de Res- 
nefon, avait épousé en i35i, Renaud d^Ancenis, dont 
sortirent Isabeau, femme de Bertrand du Guesclin et 
Jeanne, alliée à Geoffroy de La Haye. 

Par acte du 23 avril 141 7, après Pâques, Charles 
de Rohan, et Catherine du Guesclin, sa femme, cédèrent 
à usufruit sa vie durant, à Guillaume du Guesdin, 
chevalier, frère de Bertrand, père de ladite dame, la terre 
de Réviers, diocèse de Bayeux et plusieurs autres; et lui, 
en échange, leur céda d^autres terres situées en Bretagne. 
Jean du Guesclin, chevalier, seigneur de La Roberie, 
fils de Guillaume, s'accorda aussi par acte fsiit en pré- 
sence de Catherine du Guesclin, dame de Guémené^ et de 
Louis de Rohan, son fils, le 27 mars 1455, avec Charles- 

(i) Monoit. AngL, t. II, p. 99a. 

(a) Hiit, det gr, offie., t. VI, p. 189-190 et aQa-ao3. 



I 319 

^e Tessé, son beau-frère, ayant alors la garde noble de 
ses enfants et de feue Guiilemette du Guesclin, pour 
40 livres de rente qu^il lui avait promise sur sa terre de 
Réviers, lors de son mariage, et qui furent réduites à 
3o livres. 

Gilles du Guesclin, sieur de La Roberie, son âls aîné, 
vendit à Jean le Sens, écuyer, la terre de Réviers, pour 
3,770 livres, par acte passé à Caen le 5 août 1485. 

Jean Le Sens, seigneur de Réviers, et Antoine Gislain 
seigneur de Port, furent élus par la noblesse de la vicomte 
de Caen, en 1 52S, pour la collection des deniers au paye- 
ment desquels elle s^était soumise pour la délivrance des 
enfants du roi François I^^ qui étaient en otage chez 
l'empereur Charles-Quint (i). 

La terre de Réviers passa depuis à MM. Le Prévost. 
Louise Le Prévost, dame de Réviers, fille ainée de Louis, 
seigneur de Réviers, et de Suzanne Castel de Saint- 
Pierre, épousa par contrat du 5 juin 1692, Claude- 
François Marguerye, baron de Vassy, père de Henry- 
Charles-Antoine Marguerye, marquis de Vassy, seigneur 
de Réviers aujourd'hui. 



DOYENNÉ DE MALTOT. 

Athissur-Orne (Saint-Contest d'). Sergenterie de 
Préaux, élections de Caen, un feu, notariat de Caeo. 

(i) De Bras, Antiq, de Caen, p. 9S. 



320 

Cette paroisse est située à une lieue de Caen, sur le 
bord de la rivière d^Orne, qui en arrose les prairies du 
côté du Levant. Le territoire a très peu d^étendue, 
n'ayant pas plus d'une demi4ieue de circonférence. Elle 
n'a qu'un seul habitant avec sa famille. Cest le fermier 
des Dames Ursulines de Caen qui possèdent toute la 
paroisse. L'abbé d'Ardenne nomme à la cure. Le béné- 
fice est en règle, et desservi par un Prémontré qui en 
perçoit les dîmes, à l'exception des bois et des herbages 
qui forment ensemble un tiers de la paroisse. La terre 
y est de très peu de valeur, étant remplie de pierres. 
On y trouve en certains endroits différentes espèces 
de poissons et de coquillages pétrifiés. Elle est à 2 lieues 
du bourg d'Évrécy. Il y a un bac sur la rivière que les 
habitants ont droit de passer gratis. Ce village a donné à 
M. de Segrais l'idée de composer un poème sous le nom 
d*Athys, C'est un de ses meilleurs ouvrages, tant par la 
nouveauté de l'invention que par l'agrément de la fic- 
tion. 

Authie (Saint-Vigor d'). Banlieue et élection de Caen, 
79 feux. Atteia et Altheïa, notariat de Caen. 

Cette paroisse, située en rase campagne, n'est pas d'une 
grande étendue. Elle est distante de Caen qu'elle a au 
nord-est, d'une bonne lieue, placée entre le clos de 
l'abbaye d'Ardenne et le chemin de Caen à CreuUy, 
bornée à Test et au sud par le territoire de Saint-Germain- 
de-la-Blanche-Herbe, à l'ouest, par celui de Saint-Louet 
et de Rosel, et au nord par celui de Saint-Contest. Le 
bourg de Cheux en est à une heure et demie. Le hameau 
de Cussy, de 3o feux, à trois quarts de lieue nord-ouest 
de Caen, est moitié sur Authie, et moitié sur Saint-Ger- 
main. L'église est fort petite, et placée au nord de la 



Î2I 

paroisse, avec environ 60 feux qui l'environnent. MM. les 
Chanoines du chapitre d^Ecoûy, diocèse de Rouen, sont 
seigneurs de cette paroisse^ dont ils possèdent au moins la 
moitié, et nomment à la cure. La dîme appartient au 
curé d'Authie et au prieur de Fresné-le-Puceux, qui 
partagent par moitié; le curé a le premier lot. Les sei- 
gneurs n*Y ont que de la terre labourable, et n^ ont pas 
la plus petite habitation. Dans une de leurs acres il y a 
deux vieux restes de murs, que Ton dit être les débris du 
château de Pinfortuné Enguerrand de Marigny, ministre 
sous le roi Philippe-le-Bel, exécuté à mort par jalousie en 
i3i5, 

Bretteville-V Orgueilleuse (Saint-Germain de). Ser- 
genterie de Cheux, élections de Caen, 104 communiants, 
notariat d'Audrieu. 

Cette paroisse est située sur le grand chemin dé Caen à 
BayeuXy à 3 lieues de distance de Tune et Tautre. L'église 
est grande et fort propre, accompagnée d'une haute pyra- 
mide qui est entre le chœur et la nef. La chapelle de 
Putot, dont nous parkrons ci-après, est succursale de 
Breueville. L^abbé de Caen nomme à la cure de plein 
droit. Le curé fait desservir la succursale par un prêtre 
amovible. M. Charles-Jean-Baptiste-Richard de Cairon, 
chevalier, seigneur et patron de Cairon, est aussi seigneur 
haut justicier de Bretteville-rOrgueilleuse. Cette paroisse 
est de l'exemption de Tabbaye Saint-Étienne. 

Le curé n^a qu'une portion congrue. Les religieuses de 
Saint-Étienne ont toutes les dîmes de Bretteville, et la 
moitié seulement des grosses du territoire de Putot. 
L'autre moitié est partagée entre les chanoines du Saint- 
Sépulcre de Caen, et le chapelain de Saint-Hilaire fondé 
en la cathédrale de Bayeux^ Il n'y a qu'une grange 

21 



$22 

dimeresse pour la paroisse de Bretteville et tous les 
hameaux qui la composent. Cette grange, qui appartient 
à i^abbaye de Saint-Étienne^ est située à peu près au 
milieu de la paroisse, presque attenante au territoire du 
hameau de Putot. 

Les biens que l'abbaye de Saint-Étienrte possède à 
Bretteville, viennent de différents seigneurs. Henry If, 
roi d^Angleterre, dans la chartre de confirmation pour 
cette abbaye dit : concedo etiam.... donationem quam 
fecit Ranulphus vice-cames Bajocensis, sancto Stephano, 
scilicet ecc lestant de Boinvilla cum allodio, et omni 
décima ad eam pertinente, et totam terram quam habe* 
bat in Brittivilla Orguillosa, cum parte ecclesiœ ad 
eum pertinente, cum colonis et liberis hominibtis ad 
eam pertinentibus, et donationem quam fecit Robertus 
Bertrand, scilicet quidquid terrœ habebat in Orguil^ 
losa cum parte suœ ecclesiœ eum colonis et liberis 
hominibus ad eam pertinentibus ( i ) . 

En 1171, Guillaume d'Aboville vendit la moitié du 
patronage de l'église de Bretteville et de la chapelle de 
Putot à Pabbé et aux . religieuses de Saint-Étienne de 
Caen, moyennant 3o livres de rente annuelle, auxquelles 
ils s'obligèrent envers lui (2). c Willelmus de Abouvilla 
concedente Henrico filio primo genito.,., dédit in perpe^ 
tuameleemosinamccenobio Sancti Stephani Cadomi, et 
monachis ibidem Deo servientibus quidquid juris habe- 
bat in presentatione et eleemosina ecclesiœ Brettevillœ 
Orguillosœ, et capellœ de Putot, sàilicet medietatem 
presentationis et eleemosinœ. Pro prœdicta donatione 
presentationis Willelmus abbas et fnonachi Cadomi 

(I) Neust. Piéi,p. 633. 

(a) Mémoire pour Tabbaye de Caen contre les habit, de Putot, 
1753, et mém. des habit, de Putot contre ladite abbaye. 



J23 

prœdicto Willelmo dédit 3o libras annuatim. »'Un an 
après, cette donation et plusieurs autres furent confirmées 
par Henri !!• du nom, év£que de Bayeux, et par Roben, 
archevêque de Rouen. 

Le hameau de Putot n^est séparé de Bretteville que par 
la Rue-Bosquaine, ou le Chemin-Bosquin, vers Caen, et 
par le grand chemin de Bayeux, vers la mer. Il y a 4 
autres hameaux dans Putot : le Hamel-du*Moustier, le 
Hamel-FroCy le Hamel-L'Abbé et le Hamel-Lacroiz, qui 
sont habités au moins par 3oo paroissiens. Le roi a un 
fief considérable à Putot; un autre est possédé par le 
chapitre de Lisieux. L^abbaye de Caen a le principal, 
auquel est annexé le patronage. Le fief de Cœur-de-BIed 
est possédé par le sieur de Calmesnil. 

U y eut en i ^98 une contestation entre cette abbaye, et 
Guillaume de Putot, clerc. Celui-ci prétendait quMl avait 
droit de présenter à la chapelle de Putot; Tabbaye soute- 
nait le contraire. Enfin, mieux instruit, Guillaume de 
Putot y renonça en ces termes : c Constitutus persona-- 
liter Guillelmus dictus de Putot, clericus^ qui présent 
tationi quant fecerat ad capellam de Putot, cujus 
capellœ, quando prœsentavit ad eamdetn, credebat pa- 
tronatus pertinere ad ipsum^ ut dicebat, renuntiavit 
speciiiater et expresse et omnijuri, si quod habebat^ seu 
habere poterat in patronatu, seu presentatione capellœ 
prœdictœ, quœ est annexa matri ecclesiœ de Brittivilla 
Super ba, et infra metas parochiœ prœdictœ (i). 

L'église de Putot^ dédiée sous le vocable de Notre- 
Dame, a ses fonds et son cimetière particuliers. Il y a 
même des obitiers séparés, et qui doivent être originaires 
du hameau de Putot. Dans un aveu rendu au roi par 

(i) Mim, de VAbbaye, p. 2. 



}24 

Colin, condamné le 27 septembre iBço, on trouve ces 
mots : jouxtes les clers et prêtres de Putot. En 1400, 
Thomas Boitard, curé de Choûain, quitte et délaisse aux 
clercs et prêtres de Putot» au trésor et confréries du Saint- 
Esprit et de Saint-Nicolas, les héritages mentionnés au 
contrat. Par contrat du 3o décembre 1485, Nicolas de 
Cairon, adjudicataire d^une demie acre de terre, en fait 
donation aux prêtres et clercs servant Dieu, et partici- 
pant aux rentes et obits, fondés et établis audit lieu de 
Putot. Par contrat du 44 décembre i5oi. Colin Toquet 
donne aux obitiers de Putot trois vergées de terre, et 
cette donation est acceptée par M. Jacques du Douet, 
prêtre, vicaire de ladite église^ et par six obitiers ser- 
vant Dieu, et participant aux dites rentes et obits, et 
faisant fort pour tous les autres prêtres et clercs. Par 
un autre contrat du 1 5 mars 1 5 1 8, M . Jean Le Varignon, 
natif de Putot, aumône aux prêtres et clercs servant 
Dieu, et participant aux rentes et obits de ladite église, 
i5 livres de rente, et au trésor 12 livres pour un obit. 
Cette donation est acceptée par M. Nicolas Eude^ prêtre, 
vicaire du curé du dit lieu de Putot, et six obitiers de la 
dite paroisse, et faisant pour tous les autres obitiers ( i ). 
De ces productions et autres semblables, les habitants de 
Putot ont pris occasion d*attaquer, en 1748, Tabbaye de 
Saint-Étienne, non seulement pour lui faire donner une 
grange séparée de celle de Bretteville, mais encore pour 
lui faire dire et reconnaîtra que Putot n^est point une 
annexe, mais une paroisse réellement distinguée de 
Pautre. UafTaireest encore pendante à la cour. 

Ce village a donné deux abbés à Pabbaye de Fécamp, à 
la fin du xin« siècle, et au commencement du xiv«. 

(a) Mém. de l'Abbaye, p. 5i. 



Î25 

Guillaume de Putot, XI« abbé de Fécamp^ acheta 
la ville de Fécamp d^Édouard 11^ roi d^ Angleterre, vers 
Tannée 1295, qui fut celle de sa mort. Il siéga environ 
12 ans (i). Robert de Putot, son neveu, parvint aussi à 
la même dignité et fit fleurir la discipline monastique 
dans son abbaye quUl gouverna 19 ans; il mourut en 
i3i4. Hermant ajoute un troisième abbé de Fécamp, 
qu^il nomme Robert de Brèche; mais s^il avait pris la 
peine d'examiner son article dans les auteurs cités à la- 
marge, il aurait vu qu^il est né, non à Putot, mais au 
village de Brécy, près Bayeux (2). 

Bretteville-sur-Odon ou Bretteville^la-Pavée, ban- 
lieue et élection de Caen, 60 feux, 36o habitants, notariat 
de Caen. 

Cette paroisse est située sur les deux branches de la rivière 
d*Odon. Elle n^a point d^autre hameau que celui de 
Jumeaux. Il y a deux églises également paroisses : Notre- 
Dame et Saint-Pierre, desservies par un seul curé, à la 
nomination de Tabbé du Mont«Saint-Michel, qui possède 
les grosses dîmes. Cet abbé est seigneur et baron de toute 
la paroisse qui relève de lui. Il la tient à titre de donation 
de la duchesse Gonnor, femme de Richard I, duc de Nor- 
mandie, et confirmée par le duc Richard II, son fils. 
C'est ainsi qu^il en parle dans sa chartre : confirma in 
super donationem matris meœ de Brittavilla qtiam suo 
dotalitio, loco superius dicto, obtulit, pro patris nostri 
suaque salute, ac mea, meorum quœ fratrum (3). 
Hugues de Bayeux, évéque, Osbem et Humfroy, frères 
de la duchesse y sont signés. 

{i)Neu8t. Pia,p. a38. 

(a) HUt. du diocèse ds Bayeux ^ p. iS 2 et 3 16. 

(3) Neuit, Pia, p. 378-379. 



^26 

On trouve à BretteTÎUe une très bonne carrière de 
pierres, nommée le Lait-Boûilly. Elle est à une lieue de 
Caen. 

Jean Rouxel célèbre poète latin était, selon queiqu^uns, 
natif, non de Caen, mais de Bretteville, près de cette 
ville. Cest un des citoyens de Caen qui lui a fait le plus 
d'honneur. 11 devint sourd dans sa vieillesse, et mourut 
en i586. 11 avait pour frère Guillaume Rouxel, qui, sui- 
vant les traces de son père, s^adonna au commerce, et 
s'y acquit une grande réputation à cause de sa bonne foi. 
M. Cahagnes a fait Téloge de ces deux citoyens, dans 
lequel il rappone cette épigramme de Jean Rouxel 
concernant sa famille : 

NuUif nostra domus titulis se jactat avorum ; 
Nulla per angustos splendet imago lares. 
Per varias genitor duxit commercia gentes; 
Normanis Indos junxit, et Antipodas. 
Germano patrios artes studiumque sequenti 
Ezimium fidei promeruere decus (i). 

Buissons^ Vil Ions (Saint-Pierre de). Sergenterie de Ber- 
nières, élection de Caen, 40 feux, notariat de Bény. 

Le nom primitif de cette paroisse est Villons, et le curé 
y a son presbytère; mais Téglise est dans le hameau de 
Buissons, qui dépend de la parusse de Cairon, à un 
quart de lieue de Villons. Ce démembrement, quant 
à Téglise seulement, et non quant aux habitants de 
Buissons, qui sont toujours demeurés paroissiens de 
Cairon, est très ancien, et a été occasionné par les ma- 
ladies, et notamment par la peste, comme les mémoires 
en font foi. Le curé de Villons n'a point d'autres pa- 

(i) Elog, Civium cad., p. 7, 8 et 9. 



3^ 

roissiens que ceux qui demeurent dans le village de ce 
nom. Cest le seul village de cette paroisse où il y a 
40 feux; encore n'appartient-il pas tout entier à cette 
paroisse, puisqu 'outre les feux cirdessus, il y en a 4 qui 
dépendent de la paroisse d'Anisy. 

Le roi présente à la cure^ et dans sa nomination comme 
dans le visa de Tévéque, le pourvu est toujours désigné 
sous le nom de curé des Buissons- Villons, quoi qu^on ne 
le reconnaisse dans la paroisse que pour le curé de Vil- 
lons. Ce curé n'a que le tiers de la dîme, les deux autres 
.tiers sont pour Pabbesse de Caen, quj est dame et pa- 
tronne honoraire de cette paroisse, à cause de son fief de 
Gsmet, dit fief de Villons, qu'elle y possède, et qui 
s'étend à Cambes, Couvrechef et Cairon. Cest un bien- 
fait de la reine Mathilde, fondatrice de la dite abbaye, 
comme il parait par la chartre de 1082 : Terrant, quant 
tenuit Radulphus filius Alani, in Willon (Mathildis 
Ego reginaj, comparavi ab-eodem Radulpho, et a Ri- 
chardofilio Rainfrandi, rusticum unum in villa quœ 
dicitur -Charon, et duas gctrbas decintœ villœ; similiter 
et a Ragnulpho de Barberiis duas garbas decimœ quant 
habèbat in Charon, et hœc ex concessu régis ecclesiœ 
(nempe Sanctœ Trinitatis) apposita sunt ( i ). 

Le sieur Le Comte, curé de ce lieu, marque dans son 
mémoire que Tancienne église des Buissons, qui sert à 
faire Toffice pour les habitants de Villons, a été bâtie 
en 944, sans vouloir pourtant cautionner ce fait. 
M. rÉvéque de Bayeùx, à cause de Téloignement de 
cette église, a permis d'ériger dans la cour du presbytère 
de Villons une chapelle ob, excepté les dimanches, on 
dit la messe pour les paroissiens. On y confesse en outre 

(1) Neustriapia, p. 65S^65g. 



il» 

et on y fait les catéchismes. Elle est à une lieae et demie 
deCaen. 

Butly (Saint-Martin et Saint-Gourgon de). Sergen- 
terie de Préaux, élection de Caen, 22 feux, 95 commu- 
niants, notariat de Fresné-le-Puceux. 

Cette paroisse est située sur la rivière d^Ome, à 2 lieues 
de Caen, et à cinq quarts de lieue du bourg d'Evrecy. 
Avant la réunion des vicomtes, elle dépendait partie de 
la juridiction de Saint-Silvin, partie de celte de Caen. 
Elle dépend en entier aujourd'hui de la dernière. Le 
prieur commendataire du Plessis présente à la cure. Le 
chanoine de Missy en Téglise de Bayeux donne la col- 
lation de plein droit, et a le déport en entier. Les dîmes 
appartiennent au curé. Elles lui ont été cédées pour lui 
tenir lieu de pension congruS. M. de Sallen, conseiller 
dMpée au bailliage de Caen, est seigneur honoraire au 
droit de son épouse qui est demoiselle de Cahagnes- 
Verrières. 

La seule maison remarquable, non par elle-même, 
mais par la position, est celle de M. du Perré. Sa situation 
jointe aux dehors qui raccompagnent en fait un des char- 
mants séjours du pays; il y a une chapelle domestique. 

La rivière d'Orne, en ce lieu là, est environnée de 
coteaux, de quelqu'uns desquels on a tiré du marbre 
rouge d'assez bonne qualité. On a travaillé, il y a quelques 
années, à faire des découvertes pour en tirer du gris, avec 
espérance de réussir. L'église est si voisine de cette rivière, 
qu'elle ferme le cimetière par un côté. 

Cairon (Saint-Hilairede). Sergenterie de Bernières, 
élection de Caen, 90 feux, 450 habitants, notariat de 
Bény. 



3^9 

Cette paroisse est sur le grand chemin de Caen au 
bourg de Creully. Il en est fait mention dans la chartre 
de fondation de Tabbaye Sainte-Trinité de Caen, année 
1 082, où il est parlé des acquisitions que la reine Matbilde 
y avait faites en faveur de cette abbaye. L^extrait est rap- 
porté à l'article des Buissons-Villons ci-devant. Son ter- 
ritoire peut avoir une demi-lieue en longueur. Il est 
arrosé par la petite rivière de Mue, laquelle prend nais- 
sance à une demi-lieue au-dessus, dans les prairies de 
Rots, et est grossie par diverses fontaines en passant par 
Thaon, Fontaine-le-Henry et Reviers^ où elle se joint à 
la Seulle. 

De Téglise, qui est assez près de cette rivière, et à une 
des extrémités de la paroisse, on compte près de 2 lieues 
à Caen, 4 lieues à Bayeux, et 2 lieues à la Délivrande et à 
Cheux. Le roi nomme à la cure. M. Charles-Jean- 
Baptiste de Cairon, écuyer, seigneur haut justicier de 
Bretteville-POrgueilleuse, est aus§i seigneur de Cairon ; 
il y possèide une maison neuve, assez gracieuse, et qu^on 
peut décorer du nom de château. Les dîmes appartiennent 
au curé et à Tabbaye de Sainte-Trinité de Caen. L^abbaye 
delà Blanche, proche Mortain, y a une rente foncière 
dont on ignore Porigine. 

Il y avait autrefois une chapelle sous Pinvocation de 
saint Germain, dont il ne reste ni vestige ni revenu; on 
connaît seulement le lieu où elle était située, et on y 
trouve de temps en temps des tombeaux de pierre. Le 
cimetière de Péglise en est entièrement rempli. La plu- 
part ne sont point couverts et d ^autres le sont de la même 
pierre. 

C'est une chose avancée de tous temps que l'église des 
Buissons était succursale de Cairon. Le hameau des Buis- 
sons fait encore partie aujourd'hui du territoire de Cairon, 



Î30 

lequel en a toujours conservé la propriété; mais Téglise 
de Villons s'étam trouTée détruite par vétusté, ou par tes 
ravagea des Huguenots, les habitants de Cairon et des 
Buissons prêtèrent, ou peut-être cédèrent cette annese à 
ceux de Villons, qui l'ont reçue comme leur église parois- 
siale. Le curé de Cairon, avec la perte de cette église, a 
perdu aussi la dtme de 1 8 ou 20 acres de terre sur les- 
quelles le curé de Villons dîme en son nom, et Tabbajre 
de Sainte-Trinité en sa qualité de décimatrice de Cairon. 

Cette paroisse est composée de 3 hameaux princi- 
paux : le hameau des Buissons, dont je viens de parler, 
de 60 à 80 personnes, est presque à demi-lieue, et à Test- 
nord-est de l'église de Cairon ; le hameau de Cairon-le- 
Vieux, de 1 3o à 1 5o, est à un quart de lieue, et à Test- 
sud-est de Téglise, et le hameau de Cairon-le-Jeune, de 
près de 200, est à la proximité de Téglise. Enfin, 4 à 
5 familles, faisant 18 à 20 personnes, proche le hameau 
de Rozel, au sud de Téglise de Cairon, et 3 à 4 de 1 2 
à i5 personnes, joignant le hameau de Bûron, qui 
dépend de Saint-Contest, au sud-sud-est de Téglise de 
Cairon, font le complément des maisons de cette paroisse. 

La famille noble de Cairon, qui poruit autrefois le 
nom de Perotte, vient de leur auteur qui fut anobli 
en T4S0, par le roi Charles VII, lorsqu^il pissa par 
Bretteville-rOrgueilleuse, dont elle est originaire. Elle a 
pris depuis le nom de Cairon pour en avoir acquis le fief. 
Cette paroisse est ù près de 2 lieues de Caen, 4 lieuea de 
Bayeux et 2 lieues de la Délivrande. 

Carpiquet (Saint-Martin de). Sergenterie de Cheux, 
élection de Caen, 149 feux, notariat de Caen. 

Cette paroisse est stmée à l'extrémité méridionale de 
cette grande plaine, qui en porte le nom, et qu^on trouve 



en arrivant à Caen de Bayeux. De ce village à Téglise de 
Saint-Pierre de Caen, on compte une lieue. Le plus 
ancien titre qui en fasse mention est la chartre de fon- 
dation de Tabbaye de Sainte^Trinité de cette ville, donnée 
en 1083. Le duc Guillaume-le-Conquérant et la reine 
Mathilde s^expriment ainsi : 

« Donavimus etiam t^edietatem villœ, que nominatur 
Carpikech, quam ego Regina, domini met régis con-- 
cessuy comparavi ab Eudone^filio Turstini Haldup, et 
a Ragnulfo vice-comité. Adelaïdis. autemfilia Turs- 
tini Haldup ad eamdem Sanct€^Trinitatis ecclesiam in 
qua monacha facta est^ Nostro consensu, et Ragnulfo 
vice^comite, et Eudone^ ejudem 'Adelaïdis fratre an- 
nuentibtts, alteram medietatem villœ Carpikeh\ cum 
medietate ecclesiœ et decimœ ejudem villœ, donavit. 
Sed et duas partes villœ quœ Putheus nuncupatur, » etc. 

Des titres de i33g font mention d'une ancienne con- 
frérie existant à Carpiquet. L^abbesse de Sainte-Trinité 
de Caen est dame baronne de Carpiquet. Elle présente à la 
cure et en possède toutes les dîmes avec beaucoup de 
terres, mais surtout une ferme considérable qu^on appelle 
Tureinne, à laquelle est attaché un clos de 26 acres de terre 
à labour, enfermé de murs. Elle a haute et basse justice 
dans cette paroisse qui relève de sa juridiaion. 

La grande plaine de Carpiquet» située entre les grandes 
routes de Bayeux et de Saint-Lô à Caen, est très connue. . 
De 8 fourches patibulaires qui y sont placées, il y en a 
6 pour le roi; les 2 autres, un peu séparées des pré- 
cédentes, appartiennent à l'Abbesse de Caen. II y a aussi 
une carrière, appelée Bellet, dont la pierre est aussi bonne 
et aussi belle que celle de Caen. C'est à cette carrière que 
M. le marquis de Malherbe a fait prendre la pierre de sa 
magnifique maison de Juvigny. 



552 

Le comte de Matignon, depuis maréchal de France, ne 
fut pas plutôt arriyé en Normandie en 1574, qu^il s^ar- 
réta à Caen pour y faire assembler son armée, qui se 
trouva de 5,ooo hommes de pied et de 1,800 chevaux, 
auxquels il se joignit encore un bon nombre de gentils- 
hommes qui n'étaient pas du parti des Huguenots. Il prit 
20 pièces de canon dans la ville, et, après avoir fait la 
revue générale de ses troupes dans la plaine de Carpiquet, 
suivi de Fervacques et de Villers-Emmery, que le roi lui 
avait donné pour maréchaux de camp, il marcha droit à 
Falaise, qu^il reprit d^abord, et de là à Argentan, qui ne 
fit qu'une faible résistance (i). 

Caynet (Saint-Martin de). Sergenterie de Creully, 
élection de Caen, 16 feux, notariat de Creully. 

Cette paroisse est appelée de Catena montium en latin, 
à cause peut-être d'une chaîne de montagnes et de 
coteaux qui règne depuis Caynet jusqu'à la mer. La 
plupart des maisons sont à mi-côte. Du pied du coteau 
sortent deux fontaines d'une très belle eau, qui forment 
un ruisseau dont le cours est toujours réglé dans les plus 
grandes sécheresses comme dans les plus grandes inon- 
dations. Après avoir arrosé la paroisse, elles vont se 
décharger dans la petite rivière de Thue, qui partage les 
deux paroisses de Caynet et de Lanteûil. 

Messieurs du chapitre de Bayeux sont présentateurs 
de pleip droit et gros décimateurs de cette paroisse. Il y a 
un petit fief possédé par M. de Mondrainville, neveu et 
héritier de M. de Camilly, vice-amiral de France, qui 
était seigneur de Caynet; ses armes sont dans le chœur de 
réglise. L'extrait suivant fait voir comment le patronage 
et les dîmes sont venues au chapitre de Bayeux ; 

(i) Hist. du Maréchal de Matignon, liv. I, ch. XI, p. ii3. 



î$5 

Ex familia de Caynet, Radulphus e Normannia cum 
Guillelmo Duce ad/uit Angliœ armis quœsitœ anno 
1066. Filtus ejus cornes fuit, et Willelmus de Cajrnet 
fundator fuit abbatiœ de Sybethon in diàcesi Ebora- 
censi in Anglia, ex quibus orta ecclesia de Caynet, quce 
Phillippo, de Har court data est, et quant Philippusde^ 
dit suo capitula, ^uodsanctusLudovicusIXFrancorum 
rex confirmavit ( i ) . ; 

Cela est couché dans les registres de cette église, oti Ton 
voit aussi les noms de 1 1 curés, depuis Tan 1 55o jusqu^à 
présent. 

Elle est à 3 lieues de Caen et de Bayeux et à une 
demi-lieue du bourg de CreuUy. 

Coulons (Saint- Vigor et Saint-Nicolas de). Sergen- 
terie de CreuUy, élection de Caen, 5o feux, notariat de 
CreuUy. 

Cette paroisse, appelée dans les titres de Tabbaye 
d^Ardenne : Coulomb, Coullomps et Columbum, est à 
2 lieues de Bayeux, et à trois quarts de lieue du bourg de 
CreuUy. 

Elle est arrosée par deux fontaines qui forment un 
courant; il y a 4 fermes principales. La première 
est au milieu d^un grand parc qu^on voit sur le chemin 
de Caen à Bayeux; les autres comiguës aux maisons 
des particuliers, sont situées dans la même rue qu'on 
appeUe communément La Ville. II y a aussi le petit 
hameau de Calais. Il n'est que de 3 feux. 

La cure est en règle. L'abbé d'Ardenne y présente. Il 
perçoit les deux tiers des grosses dîmes; Pautre tiers appar- 
tient au prieur de Saint-Gabriel. On doit remarquer 

(i) Monast. Anglicanum^ t. I. 



»4 

parmi les curés di$ûngaéa de Coulons : Richard Le 
Beltèvre, élu abbé d'Ardenne en 1496, et Richard de 
Laval, qui lui«uccéda en 1496, et posséda en même 
temps r Abbaye de la Ltizerne (a). 

Le seigneur de Coulons est seul seigneur de la paroisse. 
Son fief qui est un hautbert relève immédiatement du 
roi. C'est un Couvert. La maison de Couvert, noble de 
nom et fl^armes, tire son nom de la paroisse de Couvert, 
près. Bayeux. Elle portait anciennement pour armes : 
d'azur à deux faces dVgent chargées chacune de deux 
sautoirs de gueules. Jean de Couvert, seigneur de Sotte- 
vastetde Hardinvast, les quitta pour. prendre celles de 
Florence de Fontenay, sa mère, dame des dits lieux dans 
le xv« siècle. Ses descendants ont conservé les mêmes 
armes qui sont : d'hermine à la face de gueules, chargées 
de trois fermaillets d'or. 

Jean- Antoine de Couvert, chevalier, seigneur et patron 
de Coulons, Auderville, lieutenant*cofoneI du régiment 
d'infanterie de Courtomer, était connu sous le nom de 
M. de Sottevast, comme étant fils puîné de Jean de Cou- 
vert, seigneur de Sottevast, et d'Elisabeth de Saint-Simon- 
Courtomer. Il fut gouverneur des ville et château de 
Bayeux, après M. de Saint-Gilles, par brevet de i656. 
C'est ainsi qu'il y fit son entrée, au rapport du sieur la 
Beriinière-Le-Tellier, dans son journal manuscrit : « Le 
baron de Sottevast est venu en cette ville sur les dix heures 
du matin, dimanche /3 décembre i656, prendre posses- 
sion du château, au gouvernement duquel il était pourvu 
par S. M. à la place du biaron de Saint-Gilles. Ledit sieur 
de Sottevast est premièrement venu se rendre en la maison 
de M. Le Bedey, viconte, accompagné de sept ou huit 

(1) Nov. Gai. christiana, t. XI, col. 460-461. 



335 

personnes à cheval, puis est allé au château oti étaient 1 5 
ou i6 soldats qui y avaient été envoyés par M. de Mati- 
gnon pour garder la place jusqu^à œ quUl y eut un gouver- 
neur pourvu ; et après y avoir été quelque temps, les bour* 
geois étaient allés en armes le saluer, sous la conduite de 
MM. de Saint- Vast-Peticœur^ et du Bosq<d^Auxaîs, capi- 
taines; de M. de Saint- Vigor-Guienros, qui portait Ten* 
seigne de la ville, lesquels furent remerciés par ledit sieur 
gouverneur à l'entrée du pont du château, parce que les 
soldats qui le gardaient, ne voulurent permettre qu^au- 
cun des bourgeois y entrassent avec leurs armes, telle- 
meat qu^ils furent obligés de se retirer après avoir tous 
tiré devant ledit château* Cela bât, M. le Viconte et 
Messieurs les Echevins accompagnés d'un nombre de 
bourgeois, furent le saluer en corps, auxquels il fit grande 
réception, leur témoignant qu'il servirait la ville en tout 
ce qu'il pourrait. 

« Le lundi 1 8 du même mois, madame son épouse 
arriva icy à trois heures après midy. Elle reçut les mêmes 
honneurs de la Bourgeoisie qui s'était mise sous les armes 
au nombre de 120 hommes» sous les ordres de M. du 
Bosq, leur capitaine. 1^ 

Il mourut à Bayeuz le 12 mars 1660. Son corps fut 
porté à Coulons et enterré dans le chœur de Tégiise. Il 
avait épousé par contrat du 2 septembre 1645, demoi* 
selle Marguerite Bretel, fille de Raoul, chevalier, seigneur 
de Grémonville, second président au Parlement de Rouen, 
et d^Isabeau-Madeleine Groullard, fille de Claude, sei- 
gneur de La Cour, premier président au même Parlement. 
La dame de Coulons mourut le 23 juillet i683, et fut en- 
terrée à Coulons auprès de son mari. Leurs enfants furent 
le suivant, et François- Augustin de Couvert, chanoine 
de Cambremer en la cathédrale de Bayeux. 



3Î^ 

Raoul-Radulphe de Couvert, chevalier, seigneur de 
Coulons, Auderville, Breuville, Belleville, capittine de 
cavalerie, gouverneur de Bayeux, par arrêt de confirma- 
tion du Roi en 1660, fit sa preuve de noblesse en 1666, 
devant Guy de ChamiUard dans le registre duquel il est 
employé comme ancien noble. Il mourut le 23 octobre 
1709, et son corps fut porté à Coulons. 

Voici la cérémonie observée à cette occasion, suivant 
une note manuscrite de M. Descrametot, chanoine de 
Bayeux ; c Le soir précédent, à 7 heures et demie, on 
sonna toutes les cloches de la cathédrale, des paroisses et 
des communautés, le lendemain, après le service où assis- 
tèrent les paroisses et communautés, on partit pour aller 
au chftteau pour lever le corps ; on le conduisit par Saint- 
Nicolas et par la grande rue Saint-Malo jusqu^entre les 
deux portes, là où on le mit dans un chariot pour être poné 
à Coulons: on chanta le Libéra, et ensuite les Laudes; 
toutes les cloches de la ville sonnèrent pendant toute la 
cérémonie. Les troupes de la garnison précédaient le corps, 
ensuite toqs les moines et le clergé suivaient le corps, la 
noblesse, le corps de justice, la bourgeoisie en armes, 
toutes les torches de chaque métier de la ville et de la jus- 
tice. Les moines et prêtres des paroisses, la garnison, la 
noblesse, la bourgeoisie le conduisirent jusqu'à la Fosse- 
Borel ; la bourgeoisie alla jusqu^au Recouvry, la noblesse 
jusqu^à Coulons. 

c Quatorze jours après, service solennel dans le chœur 
de la cathédrale pour ledit sieur gouverneur. Tout était 
tendu de noir dans le chœur. MM. de la Noblesse et de 
la Justice y assistèrent. On en fit autant dans chacune des 
paroisses et communautés de la ville. » 

Il avait épousé : i» par contrat du Soaoût 1680, reconnu 
le 2 octobre suivant, demoiselle Marie Néelde La Caillerie, 



537 

veuve de Raphaël Couespel, seigneur des Castillons, fille 
de Jacques, écuyer, seigneur de La Caillerie, et de Mar- 
guerite Le Breton de Lormelle. Cette dame mourut le 
3i mai 1686 et fut enterrée à Coulons; 

2» Par contrat passé devant les notaires du Châtelet de 
Paris, le 27 mars 1 690, demoiselle iEsther Chardon, sœUr 
de la comtesse de Courtomer, laquelle décéda dans un 
grand âge en 1757, et fut portée à Cqulons, oîi Ton voit 
dans le chœur son épitaphe ainsi conçue : 

« Cx gist noble Dame jEsther Chardon veuve de 
messire Raoul de Couvert, seigneur de Coulons, Au- 
derville, Brenville^ et autres lieux, Gouverneur des 
ville et château de Bayeux. 

« Esther avec une grandeur d^ame décidée et unepru- 
dence consommée, a r'empli tous les devoirs de fidèle 
épouse, de tendre mère, de maîtresse bienfaisante, de 
veuve héroïne, et d'honorable gouvernante. Convertie 
dès sa jeunesse à la religion catholique, toujours elle a 
vécu de la vie de la foi, âgée de g4 ans 6 mois en lySj. 
Le 26 janvier nous Pavons perdue sur la terre, prions 
Dieu de la retrouver au Ciel. » 

Du premier lit vinrent : une fille morte en minorité, et 
Marie-Roberde, religieuse à Cordillon, morte le 1 1 dé- 
cembre 1753, âgée de 68 ans. 

Du second lit sont nés : i^ Daniel-Raoul de Couvert, 
seigneur de Coulon, Auderville, capitaine de cavalerie au 
régiment du Roi, pourvu du gouvernement de Bayeux à 
la place de son père, mort sans alliance. Le 24 juillet 
1721, selon le manuscrit de M. Descramétot» on porta à 
Coulons le corps de feu M. le Gouverneur de Bayeux ; 
ce fut de grand matin. II n'y eut aucune cérémonie. Le 
jeudi 3i du dit mois, on lui fit un service solennel à la 
cathédrale, le chœur fut tendu en noir et parsemé d'écus- 



33» 

sons. On lui en fit autant dans toutes les paroisses et com- 
munautés. Tune après Pautre ; 

2** Robert-Tranquille de G>uvert, seigneur de Cou- 
lons, prêtre, abbé de Longues, prieur commandataire de 
Marchesîeuz au diocèse de Coutances, archidiacre de 
Gien, chanoine d'Esquay, puis de La Mare, en Téglise de 
Bayeux, décédé le i5 mars 1759. Il avait cédé de son 
vivant la terre de Coulons au suivant; 

3^ Guy-Augustin-Henry de Couvert, qui a son article 
ci-après ; 

49 Alexandre de Couvert, seigneur de Brenville, capi- 
taine de Saint-Domingue, pensionnaire du Roi ; 

50 Jacques-Antoine de Couvert, sieur de Tancarville, 
lieutenant de cavalerie au régiment du Roi, mort sans 
alliance à Sottevast le 27 septembre 1737; 

60 N..., de Couvert, sieur de Cardon ville ; 

70 Louis-Auguste de Couvert, enseigne des gardes du 
pavillon amiral au département de Brest, mort en dé- 
cembre 1740 sur la côte de Saint-Domingue; 

8^ Antoine- Henry de Couvert, prêtre, chanoine de 
Feuguerolles,puis de La Mare^ àla cathédrale de Bayeux; 

90 François-Raoul de Couvert d^Auderville, chanoine 
d^Esquay en la même église ; 

10** Alexandre de Couvert de Coulons, chevalier de 
rOrdre militaire de Saint-Louis, gouverneur des ville et 
château de Bayeux, ancien capitaine de grenadiers au 
régiment royal. Il a servi dans la guerre d'Italie contre 
Fempereur Charles VI, et dans celle de Flandres contre 
la reine de Hongrie et ses alliés. Il fut blessé à la bataille 
de Fontenoy en 1745, et au genou en 1749, au fameux 
siège de Bergopzoom. Cette blessure Tobligea de se faire 
rapporter à Bayeux pour se rétablir. Son neveu, gouver- 
neur de cette ville étant mort à Bruxelles en 1748, M. le 



î}9 

chevalier de Coulons obtint en considération de ses ser- 
vices le gouvernement, et la charge d'écuyer delà reine. Il 
épousa ensuite le 4 février 1747, demoiselle Charlotte Le 
Quens de Varaville, fille de Clément, viconte, et depuis 
lieutenant général à Bayeux, et de noble dame Françoise 
Hélyes^dont il a eu deux filles nées en 1750 et 1751 ; 

I lo Eulalie-Louise de Couvert, femme de noble homme 
Farin, sieur de La Perelle de La Maloizelière, cheva- 
lier de Tordre militaire de Saint-Louis, commandant du 
second bataillon d'artillerie, décédée à Vire en 1747; 

12» Marie- Rose de Couvert, religieuse en Tabbaye de 
Cordillon, morte âgée de 3g ans, le i3 juin 1745. 

Guy- Augustin- Henry de Couvert, chevalier, seigneur 
et patron de Coulons, Beuvrigny, écuyer ordinaire de la 
reine, gouverneur des villes et château de Bayeux, troi- 
sième fils de Raoul-Radulphe de Couvert et d'Esther 
Chardon. Il fut d'abord destiné à Téglise et pourvu de la 
prébende de Coulombières dans l'église de Bayeux. Après 
le décès de son frère aîné, il demanda au duc d'Orléans, 
régent du royaume, le gouvernement de Bayeux pour un 
de ses frères, et ce prince, par un témoignage particulier 
d^estime, le lui accorda à lui-même, ce qjii lui fit quitter 
Tétat ecclésiastique. Il en prit possession le 21 juin 1723. 
MM. du Chapitre lui présentèrent le pain et le vin. Les 
corps le complimentèrent, la bourgeoisie sous les armes, 
alla le saluer au château où il y eut table ouverte et le 
soir feu de joie; le 27 il donna à manger à la noblesse. 
Dans le voyage qu'il fit à Bayeux en 1743, M. Tabbé de 
Coulons lui céda la terre de Coulons dont il jouissait à 
droit d'aînesse, et étant retourné à la Cour, il mourut à 
Fontainebleau à la fin de novembre de la même année. 
On lui fit un service solennel en la cathédrale de Bayeux 
le 20 février 1744. Il avait épousé, par traité reconnu le 



J40 

22 mars ijio, Marie-Madeleine Georges de Beuvrigny, 
veuve de Marie*Louis Le Sens, marquis de Morsent, dont 
Henry-Augusdn qui suit ; 2» Charlemagne qui a succédé 
à son frère ; 3» Cfaarlemagne-François, chapelain de TAn- 
nonciation en Féglise de Bayeux, mort le 6 d*août i75i, 
et 49 une demoiselle. 

Henry-Augustin de Couvert, chevalier, seigneur et 
patron de Coulons, Auderville, Mithois, capitaine au 
régiment Roïal-Etranger-Cavalerîe, écuyer ordinaire de la 
reine, gouverneur de Bayeux, desquelles charges il fut 
pourvu après la mon de son père. Il vint à Bayeux en 
1 743 povir la première fois avec son père, et y forma sa 
nouvelle compagnie. Il servit en Flandre sous les ordres 
de S. M., et de M. le maréchal de Saxe ès-années 1744, 
1745, 46 et 47. Il se trouva aux batailles de Fontenoy, de 
Raucourt et de Lawfeld, que Ton gagna sur les alliés. 
II revint à Bayeux en 1747, et prit possession le 4 no- 
vembre de son gouvernement. Il assista encore Tannée 
suivante au siège de Maestrick, et mourut à Bruxelles sans 
alliance en 1748. On lui chanta un service solennel à la 
cathédrale de Bayeiix le 2 7 septembre 1748. 

Charlemagne de Couvert, chevalier, seigneur et patron 
de Coulons, Auderville, etc., hérita de son frère aîné. Il 
épousa le mardi 21 novembre 1758, demoiselle Hélène- 
Charlotte Aubert d'Ailly, fille puînée de M. Charles- 
François-Toussaint Aubert, chevalier, seigneur et patron 
d^Ailly, de Sacy et autres lieux, et de Gaude-Louise de 
Beaurepaire, de la paroisse d'Ailly, élection de Falaise, 
dont plusieurs enfants. 

Cène paroisse est à 2 lieues de Bayeux, et à trois quarts 
de lieue du bourg de Crcully. 



341 

Cully (Saint-Martin de). Sergenterie de CreuUy, élec- 
tion de Caen^ 200 feux, notariat de Creully. 

Cette paroisse est traversée par la petite rivière de Thue. 
liy a 2 villages, le Grand-Village et l'Argerie, et 2 ha- 
meaux qui sont le Grand et le Petit- Vey. Elle est à 
3 lieues de Bayeux et de Caen, et à trois quarts de lieue 
du bourg de CreuUy. Quant à la dîme, une gerbe sur 
5 appartient au curé, 2 au chanoinejde Cully, les 2 autres 
font le fond d^une fondation qu^on appelle : le personnat 
de Cully, qui n^est point érigé en bénéfice. Le seigneur 
nomme à cette fondation, à la cure, et à la chapelle domes- 
tique du titre de la Sainte-Vierge, qui est dans la cour du 
château. 

Hermant parle du personnat de Cully comme d^un 
bénéfice érigé en titre (i). En vertu d'une bulle de Qé- 
ment VI, dit-il, datée du 11 mai 1346, sur Texposition 
que Guillaume Bertrand, ^évêque de Bayeux en avait faite 
touchant un différent qui s'était mû entre Tabbé de Cerisy, 
le prieur de Saint-Fromond, et le seigneur temporel 
de Creully, Jean, évêque d'Avranches, érigea le personnat 
de Cully, en conservant au seigneur de Creully, les biens 
et les honneurs qu'il possédait dans cette paroisse, parce 
que de son côté il abandonnait les menues dîmes qu'il 
avait dans cette paroisse, aussi bien que les offrandes qu'il 
laissa au curé qui devait desservir ce personnat (2]. 

La prébende de Cully fut fondée dans le xii« siècle, par 
Richard de Douvre, évêque de Bayeux, on en ignore 
l'année. Suivant un aveu du temporel du chapitre de 
Bayeux, le chanoine de Cully est patron-collateur des 
cures de Montbertrand et de Tracy-sur-la-Mer. Il ^ le 

{i)Hht. du Dioc, de Bayeux^ p. 277. 
(2) Ms. de Potier. 



342 

tiers de i^intégrité des dimes de Tracy, et paye le tiers de 
la pension au curé. Il a aussi les deux tiers des grosses 
dimes de Montbertrand, et 2 gerbes de dimes dans la 
paroisse de Cully, du nombre de 5 qui sont perçues 
par tous les décimateurs de la dite paroisse ; et sur ces 
2 gerbes, il doit payer tous les ans 1 5 livres de rente à 
Pabbaye de Saint-Etienne de Caen, du nombre de 
3o qui sont dues par les 2 décimateurs de Cully, et en 
outre ils sont obligés de payer une muaison de 60 bois- 
seaux, savoir : 20 d^avoine, 20 de froment, et 20 d'orge 
par chacun an au curé de Cully ; et de plus de faire tous 
deux la récolte de la dîme, tant par eux que pour le curé, 
avec une grange. 

La terre de Cully a donné le nom à une très ancienne 
maison dont était M. Richard de Cully qui se croisa en 
1096 pour la Terre-Sainte. Les armes sont : d'azur au chef 
d'or et à 3 merlettes de gueules en chef. Guillaume d'Oc- 
teville, écuyer, héritier de feu messire Guillaume de 
Cully, chevalier, tenait en 1453 de la baronniede Douvre 
par foi et hommage, un demi-fief de hautbert assis à Cul- 
ly nommé le fief de Bayeux, et sMtend ès-paroisses d'Au- 
drieu, Basly, Sainte-Croix, Lanteuil et ailleurs. De cette 
terre relèvent en arrières-fiefs ceux de Vaussieu, Chouain 
et Fresné-le-Croteux (i). 

Guillemette d'Octeville, dame d'Octeville et de Cully, 
fille de Jean, écuyer, seigneur des dites terres, épousa par 
contrat du 26 janvier 1430, Thomas Pellevé U' du nom, 
seigneur d'Aubigny et de Tracy (2). Outre ces deux terres 
dont le dit Thomas hérita à cause de sa femme, Thistorien 



(i) Aveu de l'évêché de Bayeux en 1453. 

(2) Hist. des grauds Offic. de la Cour, t. II, p. 76. 



M3 

de la maison de Harcourt y met encore celles d^Âmayé- 
sur-Seulle et de Quesnay-Guesnon |î). 

Jacques de Pellevey fut pourvu le i8 septembre 1471 
de la prébende de CuUy^ vacante par la démission de 
Jean du Bec, archidiacre de Caen (2). 

Jean Pellevey, docteur-ès-droits, trésorier de Croissan- 
ville, obtint le 16 août 1479, sur la nomination de Guil- 
lemette d^Octeville, dame de CuUy sa mère, le visa de 
curé de Cully ; la même année, il permuta sa trésorerie 
pour la chapelle de Saint-Pierre et Saint-Paul dans Fab- 
baye de Sainte-Trinité de Caen, avec le consentement de 
Jean de Tilly, chevalier, seigneur de Croissan ville (3). 

Robert de Pellevé, seigneur de Cully et d'Aubigny, fils 
de Thomas et de GuilUemette d^Octeville, est qualifié dans 
les registres de TEchiquier de Normandie, sous Tan 1490: 
docteur-ès-Iois, maître des requêtes par lettres du roi 
Louis XI, données à Arras le 3o juillet 1477; selon une 
généalogie manuscrite il fut père de : 

Jacques de Pellevé, seigneur de Cully, de Brécy, de la 
Haye-B^llouze, et de la sergenterie héréditaire de Tori- 
gny ; il fut père de Guillaume qui va suivre (4). 

Thomas de Pellevé, clerc, seigneur d^Octeville, fut 
nommé à la cure de Cully par collation du pénultième 
juillet 1 509, et sur la démission de Jean de Pellevé, cha- 
noine de Bayeuz, et dès le 19 décembre suivant, il s*en 
défit en faveur de Robert Pellevé, clerc^ qui la remit aussi 
eni5i8(5). 

Guillaume de Pellevé, chevalier, seigneur de Cully, 

(i) Hist. Harc, t. II, p. ii5o. 
<2) Reg. du Secret, de Tévêché. 

(3) Reg. du Secret, de Tévéché. 

(4) Hist. des grands Offlc., t. Il, p. 77. 

(5) Reg. du Secret, de l'évêché. 



J44 

Brécy, la Haye-Bellouze, et de la sergenterie héréditaire 
de Torigny, servit longtemps sous les ordres de Tainiral 
Coligny, qui lui fit expédier en cette qualité des lettres de 
capitaine général de la côte de Normandie le 29 janvier 
i552. Guillaume de Pellevé, seigneur de CuUy nomma 
en 1 567 Jean Suhard, clerc à la cure de Cully ( i ). 

De Marguerite de Clère son épouse il eut : Olivier de 
Pellevé, seigneur deCuUy, mort sans alliance: Charles 
de Pellevé^ seigneur d'Aubigny, chanoine de Bayeux, et 
4 filles héritières. 

Nous trouvons aussi que Thomas de Pellevé, II« du 
nom, seigneur d^Aubigny et d^Amayé, troisième fils de 
Thomas I^ du nom, posséda les seigneuries d'Octeville, 
d^Amonlaville et de Cully (2), et qu^il vivait encore le 
25 janvier i bo^, lors du mariage de Charles de Pellevé^ 
seigneur de Jouy, son fils, père du cardinal de Pellevé et 
de Robert de Pellevé, évéque de Pamiers. 

Guy de Bricqueville, chevalier de POrdre du roi, sei- 
gneur de Sainte-Croix, Acqueville, Loucelles, Putot et 
Cully, nomma en 1587 le siège vacant, au personnat de 
Saint-Martin de Cully, fondé en Téglise paroissiale du 
dit lieu, à cause de la terrç noble de Cully (3). 

Jacqueline de Guerville, dame de SÂinte-Croix et de 
Cully, nomma, en 1645, à la chapelle Notre-Dame du 
château de Cully. 

La seigneurie de Cully et celle de Sainte-Croix, pos- 
sédées conjointement par M. le marquis de Lassey, 
appartiennent aujourd'hui à M. le comte de la Guiche. 



(i) Hist. des grands Offic, ut supr. 

(2) Hist. des grands Offic., t. M, p. 77 et suit. 

(3) Reg. de l'évéché. 



34S 

Eterville {Saint-Jean d'). Sergentcric d'Evrecy, élec- 
• tion de Caen, 5o feux, notariat de Caen . 

Cette paroisse est située au-dessus de Caen, sur la rive 
occidentale de la rivière d'Orne. Son nom ne vient pas de 
Strata^ villa, comme Ta cru M. de Valois, mais de 
Easther, déesse des anciens saxons, selon M. Bochard. 
La nomination de la cure appartient au seigneur, et la 
dîme au curé (i). 

Elle a été possédée par une famille noble qui en por- 
tait le nom. Roger d^Esterville était seigneur et patron 
d'Esterville en i356 (2). N. d'Esterville, héritière d^Ester- 
ville, épousa vers le milieu du xvi^ siècle Claude 
d'Achey, seigneur de Serquigny, cinquième fils de Jean, 
et de Renée Le Conte de Nouant dont naquit Charles 
d'Achey, seigneur d'Esterville, marié à Gillonne de La 
Mare^ héritière de Leffrie, dont il eut des enfants (3). 
Elle a passé depuis à MM. de Morand : Thomas Morand, 
seigneur d^Esterville et du Mesnil-Gamier, trésorier de 
répargne, eut de Mariotte Morel entr^autres, Thomas, 
baron du Mesnil-Garnier, grand trésorier des ordres, par 
lettres du 21 février 1621 (4). Le seigneur d^aujourd^hui 
est M. Alexandre-Jean de Morand, chevalier^ seigneur 
d'Esterville. 

Cette paroisse est à une lieue de Caen. 

FeuguerolleS'Sur-Orne (Notre-Dame dej.Sergenterie 
de PréauXf élection de Caen, 5o feux, 200 communiants, 
notariat de Fresné-le-Puceux. 

Cette paroisse est située sur la rivière d'Orne, qui 

(i)Reg. del'Éyêché. 

(2) Ex. Lib. Peluto. 

(3) Hist. Harcourty t. II, p. 1870. 
(4t)Hist, des gr. Offic,, t. IX, p. Sai. 



346 

passe au levant ; elle est distante de Caen d^environ sept 
quarts de lieue, et du bourg d'Évrecy d'une lieue et 
demie. L'église est sous le vocable de la Sainte- Vierge et 
de saint Antoine. La cure est en règle, parce qu'étant à la 
nomination du prieur du Plessis-Grimoult, il la fait des- 
servir par un de ses chanoines réguliers. La grosse dîme 
appartient au prieuré du Plessis, qui fait au prieur-curé 
une pension en grain pour et au Heu du tiefs. Cette pen- 
sion consiste en 90 boisseaux de froment^ 90 boisseaux , 
d'orge, 3oo gerbes de poix gris, «et 5oo bottes de paille. 
Les verdages appartiennent au prieur*curé. 

L'église, éloignée d'un quart de lieue de la rivière, est 
entourée dé deux petits villages ou hameaux qui com- 
prennent presque tous ses habitants. Il y a peu de mai- 
sons séparées, si on en excepte cependant la ferme appelée 
les Cours-d'Ome, qui est assez considérable, et la jolie 
maison de M. Bourgeois, président au grenier à sel de 
Caen, qui est assise sur le bord de la rivière. 

De plusieurs fieb situés dans cette paroisse, il y en a 
deux principaux qui se disent tous deux seigneurs de 
Feuguerolles, l'un appartient à M. Fortin, seigneur de 
Maltot, l'autre à messire Henri -François- de -Paule 
d'Aguesseau^ conseiller d'État, au droit de Françoise- 
^arthe-Angélique de NoUent, qu'il épousa le 4 avril 
1729. Il est fils de feu M. le Chancelier, et la dame, son 
épouse, est fille de Jean de Nollent, seigneur d'Erber- 
tot et de Marie-Madeleine-Angélique I de Nollent, dame 
de TrouvîUe-sur-Mer (i). 

Il y a une bruyère d'environ 20 acres de petite mesure; 
une carrière de marbre rouge, vis-à-vis de Bully; une 
apparence de mine de charbon de terre, qu'on croit 

(i) Nouveau diet, de Moreri, t. X, à Ujân. 



347 

bonne, située dans un petit coteau sur le bord de la 
rivière; et enfin un bac, appelé le Bac-de-Fontenay, 
parce qu'il appartient aux religieux de cette abbaye, mais 
dont le batelier demeure à FeugueroUes. 

Cette paroisse a donné le nom à une des prébendes de 
la cathédrale de Bayeux ; son fief canonial est situé dans 
le même lieu, et à Bully paroisse limitrophe. Il lui 
appartient 24 acres et un quart de terre en plusieurs 
pièces. Il a une maison prébendale à Bayeux (i). II y a 
dans le chartrier du chapitre une transaction de 1463, 
par laquelle le chanoine de FeugueroUes consent de payer 
20 sous chaque année au Grand-Couteur, pour et au lieu 
d^une petite maison que ce dignitaire céda au chanoine 
pour joindre à la sienne. 

Amaury de Meullant, sire de Gournay, en mariant Ali* 
sande de Meullant sa sœur, à Guillaume, sire ide Tan- 
carville, lui donna pour dot plusieurs terres au diocèse de 
Rouen, et celles de FeugueroUes, de Venoix, d'Ifs, d'Alle- 
magne, de Placy et d'Oystreham près Caen, au diocèse 
de Bayeux (2). Ce sire de Gournay est le même qui fonda, 
en 1 135, l'abbaye des dames de Fontaines-Guérard. 

De Guillaume, sire de Tancarville et d^Alisande de 
Meullant sonirent trois fils : Guillaume, Raoul et Gau- 
tier, qui partagèrent la riche succession de leurs père et 
mère. L'aîné n^eut point de postérité, et lors du mariage 
d^Alix de Tancarville, sa nièce, fille de Raoul, son frère, 
avec Robert Bertrand, chevalier, sire de Rongeville et de 
Briquebec, il lui fit don des terres de FeugueroUes, 
Venoix, Ifs, et autres susdites, qu'il avait eues de la suc- 
cession d^Alisande de Meullant, son aînée. 



(i) Aveu du temporel de la cathéd. de Bayeux. 
(2) Hitt. Hare,, t. I, p. 171-172. 



348 

FùntaineS'Étoupefour (Saint-Martin de). Sergenferie 
d^Évreqr, élection de Caen, 80 feax, 400 habitants, nota- 
riat d'Évrccy. 

Cette paroisse, située sur la rivière d'Odon, est à une 
lieue et demie de Caen, du côté du couchant. La présen- 
ution de la cure appartient au prieuré du Plessis-Gri- 
moult. Les grosses dîmes sont divisées entre les religieux 
du Plessis et de Fontenay, et Tabbaye de Cordillon. 

Il y a 4 hameaux : P au tnidi, et à un quart de 
lieue de Téglise, la maison du seigneur avec deux grosses 
fermes, qu^on appelle les fermes de La Capelle. Il y a dans 
la maison une chapelle domestique, le hamel Hédine 
sur la même ligne, mais moins éloigné n^est qu'une 
ferme; 2^ le hameau des Sales, au nord, proche le pont de 
Verson; 3o le hameau du Moulin au couchant; 40 le vil^ 
lage de Gournay, au couchant, voisin de la bruyère de 
Baron. C^est là oti Ton voit les traces du Chemin Haussé 
pour aller de Bayeux vers Falaise, qu^on attribue Ceiusso- 
ment au duc Guillaume, et qui n'est autre qu'une 
ancienne route romaine. Ce chemin partage Fontaines- 
Étoupefour avec la paroisse de Baron. 

Dame Catherine Bourdin, étant veuve de Louis Le 
Valois» seigneur d^Escoville, vicomte de Caen, rendit 
aveu en 1 549 de sa terre de Fontaines pour un demi-fief 
d^haubert^ relevant du roi, située dans la sergenterie de 
Cheux, vicomte d'Évrecy (i). 

Jean Le Valois, seigneur de Fontaines-Etoupefour, son 
fils aîné, fut élevé page de la chambre du roi, ensuite 
homme d'armes des ordonnances de S. M. sous la charge 
du seigneur de Sainte-Marie-Du-Mont, puis gentilhomme 
ordinaire de sa chambre. Il épousa Diane de Warignies, 

(i) Armor. génial, de la France^ reg. I, lie partie, p. Sçg. 



349 

fille de Tenn^uy, seigneur de Blainville, lieutenant de 
roi au bailliage de Gten, dont des enfants. 

La seigneurerie de Fontaines-Étoupefour appartient 
aujourd'hui à messire Pierre Le Viconte, marquis de 
Blangy, 

Fresne-Camilly (Notre-Dame de TAssomption). Ser- 
genterie de Creully*, élection de Caen, 98 feux, notariat 
de Creully. 

Cette paroisse est située entre celle de Caynet et de 
Than, à 4 lieues de Bayeux et 2 lieues de Caen. Le haut- 
doyen de la cathédrale de Bayeux présente de plein droit 
à la cure, et perçoit toutes les dîmes. CamiUy est une 
terre seigneuriale de cette paroisse oîi il y a une maison 
distinguée et de bblles avenues. Elle a appartenu long- 
temps à messieurs Blouet^ dont une branche porte le 
surnom de Than, et Tautre, qui est éteinte, avait pris 
celui de Camilly. Celle-ci a été illustrée par M. François 
BloUet de Camilly, évéque de Toul, depuis archevêque 
de Tours, mort en 1723; et par M. Blouet, dit le cheva- 
lier de Camilly, vice-amiral de France, mort en 1753. 
M. de Bernières, seigneur de Gavrus et de Mondrainville, 
leur, neveu, en a hérité. Il est seigneur honoraire de 
Fresne-Camilly. 

Lasson (Saint-Pierre de). Sergenterie de Bernières, 
élection de Caen, 5o feux, notariat de Caen. 

Cette paroisse, appelée autrefois Lachorij est située à 
2 lieues de Caen. Elle est bornée au midi par la paroisse de 
Rotz, dont elle est séparée en partie par des prés ou maré- 
cages, et en panie par des terres à labour; au levant, par 
la paroisse de Rosel, dont elle est séparée par le cours de 
la fontaine Ricara, autrefois nommée Richard^Raoul^ 



3S0 

(MF lâT riyiére de Mue, et par le ooun du ruisietu de 
Conet^ chacun eu partie; au nord, en partie, par la 
paroisse de Cairon, dont elle est séparée par une petite 
prairie et par des terres à labour, et en partie par le terroir 
de la paroisse deThan ; au couchant, par les paroisses de 
Fresne et de Sicqueville-en-Bessin, desquelles elle est 
séparée par le cours du ruisseau de Chirosme, qui prend 
sa source du côté de Bretteviile>rOrgueilleuse. 

L'église et le village de Lasson sont placés vers le nord- 
est de 3 hameaux qui en dépendent : le Marais, Bray 
et Neuf-Mers. Le village de Lasson consiste en une ving- 
taine de maisons, et est contigQ au château du seigneur, 
proche duquel est un moulin à eau sur la rivière de 
Mue. 

En suivant cette rivière vers sa source du côté de Rotz, 
aux jouxtes 4le la paroisse de Rozel, on trouve de mau- 
vaises prairies, et un petit bois taillis. Ces marécages ont 
donné le nom au hameau du Marais qui y est contigû et 
s^étend en longueur. Il consiste en une vingtaine de mai- 
sons. A Pextrémité des prairies, on trouve une maison 
détachée avec l'herbage du Vauculet. Cette maison, 
dépendante de Lasson, est attenante à la cage d^un mou- 
lin à eau sur la même rivière de Mue, qui dépend de la 
paroisse de Rotz. Les dites maisons et moulin appar- 
tiennent au seigneur de Lasson, ainsi qu^une ferme 
détachée, nommée la ferme du Marais. 

De là, en suivant les jouxtes du territoire de Rotz, et 
allant vers Siqueville, on trouve, à un quart de lieue de 
la dite ferme, le hameau de Bray, consistant en une tren- 
taine de maisons, situé au sud*ouest de Téglise, dont il 
est distant d^une demi-lieue. 

De là, à un demi-quart de lieue en retournant vers 
l'église, se trouve le hameau de Neuf*Mers, consistent en 



une douzaine de maisons, et une ferme appartenant au 
seigneur de Lasson. A quelque distance de ce hameau, 
proche le chemin qui tend à Siqueville, en approchant du 
ruisseau du Chîrosme, le seigneur de Lasson a une 
carrière de laquelle on tire de fort bonne pierre de taille. 

Il 7 avait autrefois dans Téglise une confrérie de Saint- 
Nicolas qui n'existe plus. Le seigneur de Lasson présente 
à la cure. Vers Tan 1 200, Petrus de Lackon aumôna au 
chapitre de Saint-Pierre de Lisieux toutes les dîmes 
appartenantes à Téglise de Lasson. Depuis ce temps, la 
dîme est divisée en trois parties, dont la première au curé, 
la seconde au chapitre de Lisieux, et la troisième au 
chapitre de Bayeux, par don à lui fait en 1242 par 
Thomas de Fréauville, évêque de Bc^yeux, et ratifié par 
Guy, son successeur. On ignore comment se sont faits ces 
arrangements (v). 

Il y avait aussi une chapelle de Saint-Antoine, située 
proche la ferme du Marais, à la nomination du seigneur 
de Lasson. Il n'en paraît plus de vestiges. Dans le Livre 
Pelut, il en est parlé ainsi sous le doyenné de Maltot : 
Capella de Maresto. Thomas de Maresto armiger pa- 
tronus, et à la fin de la liste, on a ajouté, en écriture du * 
xv« siècle : Capella sancti Antonis de Lachonœ, dominus 
prœdicti loci présentât domino Bajocensi. On peut 
présumer que cela regarde la même chapelle. Charles Le 
Louve], écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du 
roi, capitaine de 5o hommes d^armes, seigneur et patron 
de Montmartin, Liverville, Beâumanoir, Fourneaux et 
Sainte-Honorine, nomma, le 21 octobre i6o5, à la cha- 
pelle de Saint- Antoine de Lasson. 

M. Marc- Antoine-Nicolas de Croixmare, chevalier, 

(i) Hist. du diocèse de Bayeux^ p. ai8 et aao. 



352 

seigneur de Lasson, ett teul seigneur de cette paroisse, 
où il a moulin et four bannaux. Le fief de Lasson est un 
plein fief d^hautbert, qui est mouvant du roi, et s^étend 
es paroisses de Rosel, Cairon, Buissons, Villons, le 
Fresne et Sicqueville. La ferme du Marais, dont on a 
parlé ci-dessus, est un fief relevant noblement du fief de 
Lasson. Il y a encore d^autres fieb> mais tous aux mains 
du seigneur. Le chflteau, dans lequel il y a une chapelle 
domestique, est remarquable pat son antiquité, et la 
noblesse du goût dans lequel il est bâti. Il est accompagné 
de bosquets, bois taillis, haute futaie, et par quelques 
prairies arrosées par la rivière de Mué, et par le 'ruisseau 
du Conet qui, près de là, vient se joindre à la rivière. 

Contrat passé devant Jean et Richard Briand, tabel- 
lions à Caen en 144 1» par noble homme messire Olivier 
de Vassy, chevalier, seigneur de La Forét-Auvray et de 
Lasson (1). 

Jacques Tésart, II* du nom, seigneur des Essans et de 
Lasson, baron de Toumebu par acquisition, était en- 
seigne de la compagnie de messire d^Aubigny en i554, 
et de celle du comte d^Eu en i56i. II commanda les 
troupes du comte de Lenos, (Jean Stuart de Darpley, 
comte de Lenox), maréchal de France, et mourut en 
1595 (a). 

Sa petite-fille et héritière, Marguerite Tésart, dame des 
Essarts et de Lasson, baronne de Toumebu, porta ses 
terres à son mari Frédéric Rhingrave, seigneur de Neu- 
villiers, mort en 1673. 

Ce Nicolas de Croixmare, fils de Louis, conseillera 
Rouen, et de Madeleine d^Urvie, dame de Lasson, eut 

(1) Hist. Harcourtf 1. 1, p. ioo5. 

(a) Hist des gr. offic, t. Il p. 36. — Hist, d'HarcoHrt,p, i53i. 



353 

pour fille unique Elisabeth, mariée à son cousin Anne'- 
François-Nicolas de Croixmare, père de Marc-Antoine- 
Nicolas, seigneur actuel. 

M. de Croixmare avait pour aïeul Nicolas de Croix- 
mare, seigneur de Lasson, qui mourut à Caen, âgé de 
5i ans, le 2 juin 1680. « Il n^était point, dit M. Huet, 
d'esprit plus ouvert pour toute sorte delittéramre (i)». Il 
écrivait en vers et en prose avec beaucoup d^agrément et 
de facilité, mais la peinture avait fait une de ses plus 
fortes passions. 

Louvigny (Saint- Vigor de). Banlieue et élection de 
Caen, 87 feux. Lupinella ou Lupiniacum. Le Livre 
Pelut l'appelle Louveagnyum. Notariat de Caen. 

Cette paroisse est à trois quarts de lieue delà commune ^ 
de Caen. Elle est située partie sur POrne et partie sur 
rOdon. Il n'y a que deux hameaux : Louvigny et Le 
• Mesnil. Il y a un pont au-dessous d^un moulin à eau 
sur la branche de POdon qui sépare Louvigny de Brette* 
ville. Elle coule de Test à l'ouest, et va se jeter dans 
rOme. L^Orne vient du midi en ligne perpendiculaire au 
nord, coule ensuite en ligne parallèle, après quoi elle 
reprend la direaion au nord jusqu^à Caen. Il y a sur le 
bord un petit bois taillis qui sépare Louvigny d^Athis. La 
maison seigneuriale est la seule qui soit de quelque dis- 
tinaion. L^orangerie qu'on y a vue ces années passées, 
était remarquable. 

L^abbé de Saint-Evroult nomme à la cure, et possède 
les deux tiers de la grosse dîme, Tautre tiers appartient 
au curé avec les verdages. Le patronage et la dîme de 
Louvigny furent aumônes vers io5o à Pabbaye de Saint- 

(1) Orig. de Câen, p, 63o. 

23 



354 

Evroult par un seigneur de Grentemesnil, dont la maison 
est mise au rang de ses principaux bienfaiteurs. 

M. de Berniëres est seigneur de Louvigny. Il est fils de 
messire Jean de Bernières-Louvigny, baron de Venoix, 
lieutenant général des armées du roi, grand'croix de 
Tordre militaire de Saint- Louis, mort en 1759. Il y 
possède les fiefs de Louvigny et de G>libeuf, qui lui 
donnent de beaux droits sur les prairies de Louvigny et 
de Caen. 

Maltot (Saint- Pierre de). Sergenterie de Préaux, élec- 
tion de Caen, 5o feux, 160 communiants. Notariat de 
Fresné-le-Puceux. 

C'est un chef-lieu de doyenné rural qui contient 32 pa- 
roisses. Son territoire, placé sur une hauteur, est situé sur 
la rivière d^Orne qui passe au pied. On y compte une 
lieue et demie de Caen, et cinq quarts de lieûe du bourg 
d'Evrecy. 

Tous les fiefs sont réunis et possédés par messire An- 
toine-Jean-Gaston-Jérôme Fortin, écuyer, seigneur et 
patron de Maltot. Il épousa Marguerite-Louise Saint, 
veuve de Renobert de Syresme, seigneur et patron de 
Banville, fille de Jean- Augustin Saint et de Marie-Anne 
du Plessis du MouUn, le 23 février 1762. Antoine ci- 
dessus était fils de Jean-Jacques Fortin, seigneur de Maltot, 
et de Marie-Angélique Surirey de Saint- Rémy. Il présente 
à la cure. Les dîmes sont perçues quant aux deux tiers 
par les religieux de Belle-Etoile, et quant au tiers par le 
curé. La maison du seigneur est très belle. 

IlyadansPéglise deux épitaphes telles qu'on les rap- 
porte ici : 

Ce tombeau renferme le cœur de Messire Jean de La Cour, sei- 
gneur et patron de cette église, dont Tamour de Dieu el la charité 



355 

du prochain ont r^lé tous les mouvements. En voulez-vous savoir 
quelque chose, écoutez les pauvres, leurs regrets vous disent qu'ils 
ont perdu leur secours dans leurs misères; comine leur père, il a 
tftché de soulager leurs 'SoufGrances pendant sa vie ; comme leur 
frère, il a voulu partager leur sépulture après sa mort. Ecoutez les 
premiers de la ville qui luy ont donné la naissance, leur douleur 
vous apprend que cette perte est funeste à toute la Province : elle se 
louait tous les jours du zèle qu'il avait pour son service, et pour le 
repos des familles les plus troublées. Ecoutez ses amis, leurs larmes 
sont des preuves du mérite de Celuy que la mort leur a ravi ; ils 
prenaient son conseil dans toutes leurs affaires; ils en recevaient de 
la congratulation dans les bonnes, de la consolation dans les mé- 
chantes ; enfin la probité d'un gentilhomme, l'intégrité d'un juge, la 
piété d'un chrétien, ont fait le cours et la consommation de 68 ans. 
Passant, son exemple, et peut-être la reconnaissance, vous invitent 
de demander à Dieu la récompense des travaux qu'il a soutenu 
jusqu'au huit d'octobre 1662. Mais surtout sa famille désolée vous 
conjure de vous souvenir que ce triste monument est moins élevé 
pour attirer vos regrets que vos prières. 



Hic jacet Joannes Hermant sacerdos, et hujus ecclesùe parochus, 
resurrectionem expectans et immutationem, vir pietatis non ficte^ 
non vulgaris doctrinse pastor, multa in lucem edidit, plura scripsit, 
plurima collegit, multa pie, plura erudite, curîose plurima, annis, 
labore, morbo confectus, corpus humo, animam Deo sciens ac lu- 
bens resignavit, idibus novembris, Anno a Christo nato m, d. gcxxv. 
statis su» Lxxvi. Requiepcat in pace. Hora venit. 

Yves d^ Allemagne donna quelques terres ou rentes sises 
à Maltot au prieuré de THôtel-Dieu de Caen, selon la 
bulle de Innocent III, de Tannée 12 10 (i). 

Guillemette de Malherbe, dame de Maltot, eut de son 
mari, Richard de La Rivière, seigneur de Gouvis, Ber- 
trand de La Rivière (2). La généalogie de la maison de La 

(i) Hist. Harcourt, t. 1, p. 314. 
(a) Hist. Harcourt, t. I, p. Sgi. 



15^ 

Rivière, dit qu^Enguerrand de La Rivière, I^ du nom, 
chevalier, seigneur de Rommilly, Mesnil-Saalles, Le Mcs- 
nil-Aumont, Gouvis, vivait en 1 387 avec cette dame de 
Maltot sa femme, et que son successeur fut Enguerrand 
de La Rivière, II« du nom. 

Jean de La Cour, écuyer, seigneur du Buisson et de 
Maltot, viconte de Caen, épousa le 23 mai 1584, 
demoiselle Jeanne Hérault, veuve du sieur Le Doulcet, 
seigneur de Pontécoulant. Il fut père de Louis qui suit 
et de Rolland, propriétaire par sa mère de la sergenterie 
de Hérault (i). 

Louis de La Cour, seigneur de Maltot, viconte de Caen, 
après son père intendant de delà-les-Monts, président au 
conseil souverain de Pignerol, ambassadeur en Suisse et 
conseiller d'Etat. Il épousa Catherine de Morel, dame de 
Manneville, et il en eut : Thomas de La Cour, seigneur de 
GarceUes,morten 1686, laissant de sa femme Marie Fusée 
de Voisenon : Jacques de La Cour, conseiller au Parle- 
ment, maître des requêtes, en faveur duquel les fiefs de 
Balleroy, Le Tronquay et Vernay furent érigés en mar- 
quisat sous le nom de La Cour-Balleroy, par lettres du 
roi, 1 704. 

M. Jean Tesson, chevalier, seigneur et patron de 
Maltot, vivait en i356, selon le Livre Pelut de l'évêché. 

Jean Hermant, curé de Maltot, dont j'ai rapporté Tépi- 
taphe ci-devant, était natif de la paroisse de Saint-Jean 
de Caen, où ses parents, bons bourgeois, fabriquaient 
des bas au métier. Il fut nommé à la cure de Maltot en 
1689; il y mourut en 1725^ laissant une nombreuse 
bibliothèque. Il a composé ou traduit un assez grand 
nombre d'ouvrages : 

(1) Armoriai général de la France, XXIIl» reg., Ire p., p. 6. 



357 

I» Le Bon pasteur, ou Vidée, le devoir ^ l'esprit et la 
conduite des pasteurs^ àe M. Optraëtde Malines, traduit : 
2 vol. in- 12; 

20 Homélies sur les Evangiles de tous les dimanches 
de Fannie pour le soulagement de ceux qui sont char- 
gés de la conduite et de Pinstruction des dmes, 2 vol. 
in-12; 

3** Réflexions chrétiennes et morales-, 

4* L Histoire des conciles, contenant en^ abrégé ce 
qui s'est passé déplus considérable dans V Eglise, depuis 
sa naissance jusqu^à présent r ensemble les canons de 
V Eglise, et V abrégé chronologique de la vie des papes: 
avec les notes pour l'intelligence des canons obscurs et 
difficiles, les déclarations des assemblées générales du 
clergé de France sur les points de discipline, celles du 
Roy sur la même matière, pour le maintien de la juri- 
diction ecclésiastique. A Rouen, 4 vol. in-12. Le pre- 
mier volume parut en 1698, les autres en 1699. II y en 
a eu plusieurs éditions ; 

50 Histoire des Ordres Religieux et des Congréga- 
tions régulières et séculières de F Eglise, avec Véloge 
et la vie en abrégé de leurs saints patriarches, et de 
ceux quiy ont mis la réforme, selon Fordre des temps. 
Le catalogue de toutes les maisons et couvents de 
France^ le nom des fondateurs et fondatrices, et les 
années de leur fondation. 4 vol. m- 12. Rouen, 1710. 

Le P. Pierre Heyliot, religieux, auteur de l'Histoire 
des Ordres Monastiques, donna, en 1710, une lettre sur 
la Nouvelle Histoire des Ordres monastiques de M. Her- 
mant, curé de Maltot en Normandie, dans laquelle il 
donne le plan de celle qu^il a publiée depuis. 

Dans la préface de son Histoire des ordres monaS" 



35» 

tiques, religieux et militaires, il parle ainsi de celle de 
M. Hermant(i). 

« L'Histoire des ordres monastiques de M. Her- 
mant, curé de Maltot, en Normandie, parut en i vol. 
in-i2, en 1697. Il 7 a omis beaucoup dbrdresdont il ne 
parle en aucune manière, s'étant contenté, en passant, de 
marquer la fondation de quelques autres qui «sont très 
considérables, et qui méritent une description plus ample 
de leurs établissements, aussi bien que des vies de leurs 
illustres fondateurs. C'est ce que Ton croyait trouver dans 
la seconde édition de cette histoire qu'il a donnée en 
1710, en4vol. Une augmentation de 3 vol. semblait 
devoir être considérable, et renfermer tout ce qui man- 
quait dans la première édition. Si Ton avait été surpris 
de voir dans cette première édition que M. Hermant avait 
avancé que TOrdre de Saint-Jean-de-Dieu avait été ap- 
prouvé par le pape Léon X, quoique cet ordre n'eut 
commencé que 5o ans après la mort de ce Pontife, s'il y 
avait assuré que saint Jean-de-Dieu avait été canonisé par 
le pape Innocent XII, quoiqu'il n'y ait personne qui ne 
sache que cette canonisation ait été faite par Alexan- 
dre VIII, s'il avait donné pour fondateur aux Humiliés, 
saint Jean-de-Méda l'an 1196, quoiqu^il fut mort dès 
1 1 59, et qu'il eut été canonisé par le pape Alexandre III 
qui mourut en 1 181, on s'attendait que ces fautes, et un 
très grand nombre de cette même espèce auraient été au 
moins corrigées dans la seconde édition ; mais il semble 
qu'il se soit fait un scrupule d'y rien changer. Les aug- 
mentations qu'il a faites consistent seulement en ce qu'il 
s'est plus étendu sur quelques vies de fondateurs qu'il 
n'avait fait dans la première édition, en ce qu'il a donné 

(l) P. II-I2-I3. 



359 

des catalogues de monastères de France, qui se trouvaient 
déjà imprimés, pour la plupan, dans la clef du grand 
pouillé de France par M. Doujat, et qui pourraient même 
faire un des quatre volumes, si on les réunissait ensemble; 
encore surpasserait-il le plus gros de 5o ou 60 pages; et 
en ce qu^il a ajouté de nouveau,* mais en petit nombre; 
quelques ordres et congrégations dont il n'avait point 
parlé dans la première partie. » 

6® L'Histoire des Ordres militaires de VÉglise et 
des Ordres de chevalerie de VEuropey i vol. in-i 2 ; 

7® Histoire des Hérésies^ où Von verra, par ordre 
alphabétique le nom et Fhistoire des hérésiarques qui 
ont troublé VEglise depuis la naissance de J.^C, 
jusqu^à présent, et les erreurs qu'ils jr ont répandues ; 
avec un traité qui résoud plusieurs questions générales 
touchant Vhérésie^ traduit du latin d^ Alphonse de 
Castro, 3 vol. in-12, à Rouen, 171*2. 

Pour rendre cette histoire d^un plus grand usage, 
M. Hermant ajouta dans une troisième édition, Y His- 
toire du schisme d' Angleterre j sous le titre de Religion 
Anglicane, et d'ailleurs il y rapporta plusieurs proposi- 
tions que la faculté de théologie de Paris a censurées dans 
ces derniers siècles, et qu^il importe de connaître, quoi- 
que la plupart de ceux qui qui les ont avancées, se soient 
soumis sans réserve aux décisions de cette sage et célèbre 
Université; 

S° Sermons sur les Mystères, avec plusieurs pané-- 
gyriques des Saints. Rouen, 2 vol. in-12, 1716; 

90 Histoire du Diocèse de Bayeux, première partie, 
I vol. in-4*. A Caen, 1705. Elle contient Phistoire des 
évéques de Bayeux, des doyens^ et autres hommes illustres 
du diocèse. 



360 

M. Hermant avait promis dans sa préface d'y joindre 
deux autres parties dont Tune traiterait des abbayes, 
prieurés, et une notice générale de tous les bénéfices du 
diocèse, avec ce qu*ii y a de plus digne de remarque dans 
tous les lieux; et Tautre devait contenir Thistoire des 
villes et des bourgs du même diocèse, avec les fondations 
des Ordres et maisons religieuses qui y sont établies; 
mais apparemment que le défaut de matériaux, et peut- 
être le peu de succès de la première panie, qu^il n'avait 
pas assez châtiée, le rebutèrent et Tempéchèrent d'achever 
un travail si utile pour le diocèse de Bayeux. 

Martragny (Notre-Dame de). Sergentcric de Creully, 
élection de Caen, 57 feux, 260 communiants, notariat de 
Creully. 

Cette paroisse est située à la gauche du chemin de 
Bayeux à Caen. Elle est bornée au nord par les paroisses 
de Ruqueville et de Vaussieu; au midi par Carcagny, à 
Torient par Coulons, et à l'occident par Vaux-sur-SeuUes. 
Son nom vient, selon quelqu'uns, de ces deux mots : 
Martyrium agni. Elle est à une lieue et demie de 
Bayeux. 

L'église, assez bien bâtie, est placée à l'est de son terri- 
toire. La cure est divisée en deux portions. L'abbé de 
Longues présente à la première, et Tabbé de Lessey à la 
seconde. L'abbaye de Lessey possède la moitiéde la dîme; 
celle d'Aunay et le Chapitre de Bayeux partagent l'autre 
moitié. Le chapitre a cédé en \j55 son trait à un des 
curés; mais il y perçoit encore 18 boisseaux de froment 
de rente foncière. 

En l'année 1208, Guillaume Bacon, sire du Molay, 
aumôna à l'abbaye de Longues le droit de patronage qui 
lui appartenait en l'église de Martragny, et confirma par 



la même chartre la cession que Simon Bacon, son frère, 
avait faîte précédemment à la dite abbaye, du patronage 
de Vaussieu. Notum sit omnibus tant presentibus etc. 
quod : ego Willelmus Bacon de Moleïo filius Rogerii 
Bacon... dedi et concessi Deo et ecclesice B* Mf de 
Longis, et monachis ibidem Deo servientibus\ totumjus 
quod kabebam in illa medietate ecclesiœ S* Af^ de 
Martragneïo, quœ admeam presentationempertinebat, 
in puram et perpetuam eleemosinam, ipsis monachis 
libère et quiète cum omnibufi pertinenciis suis possiden-- 
dum,... prœterea ratam et gratam habui donationem 
quam Simon^ /rater meus, fecit prœdictœ ecclesiœ et 
prœfatis monachis de Longis^ scilicet, de medicetate 
ecclesiœ S*' Philippi apostoli de VauceUo, quœ ad 
ipsius presentationempertinebat ( i ) . 

Guillaume Bacon avait une sœur nommée Alix qu^il 
maria à Guillaume Hamon, et il lui donna en mariage le 
iief, terre et seigneurerie de Martragny par chartre de 
Tannée 1226 (2) : Notum sit omnibus quod ego Willel^ 
mus Bacon, miles dominus de Moleio^ dedi et concessi 
Willelmo, filio Hamonis^ militi, cum légitima sorore 
mea in maritagio, totum tenementum quod ego, et mater 
mea habebamus apud Martragneîum cum omnibus per^ 
tinentiis tenementi. . , Depuis ce temps-là, ce fief a porté 
la dénomination de : Hamon, tantôt il est appelé le Fief 
de Martragny ^ui fut Hamon, tantôt le Fief Hamon ou 
Martragny. Dans le zv' siècle, N . de Vassy qui le représen- 
tait fut reconnu par ses vassaux seigneur de Martragny. 
Sur la fin du xvi« siècle, Louis de Tbioult, sieur de Ru- 



(i) Ex Cartul, abb. de Longis, 

(a) Mém, de M. de GrimowUle pour la seigneurerie de Mar^ 
tragny, p. 4. 



362 

qoeville et de Vaussieu, fit Tacquisition du fief de Mar- 
tragnj-dit-HainoD. Ce fut en iSg6 qu^îl fiit vendu par 
Jacques de Vassy, par le prix de i,ooo écus d'or, et 
66 écus deux tiers de rente par chacun an. Jacques de 
Thioult, héritier de Louis, a toujours conservé la qualité 
de seigneur et patron de Martragnj, et cette qualité a été 
constammenl prise par le dernier de cette famille dans 
tous les actes publics, jusqu^n Tannée 1705. Cest au 
droit de ceux-ci qu^à succédé par acquisition M. Henri 
de GrimouviUe-Larchant, chevalier, seigneur et patron 
de Martnigny, chevalier de Tordre militaire de Saint- 
Louis, ci-devant capitaine de cavalerie au régiment 
d'Orléans (i). 

Il parait un certain contrat de i36o par lequel Guil- 
laume de Qngal vendit à son frère le fief, terre et seigneu- 
rerie de Martragny. Cela doit s'entendre du fief de La 
Quièze, sis à Manragny, que Guillaume de Villiers,»son 
auteur, donna en mariant sa sœur à Thomas du Bois, 
en 1413. Ce fief est cité dans les lots faits en 1377, entre 
les héritiers de Jeanne Bacon, car le premier objet qui 
s^y présente, c^est le fief ou baronnie de La Quièze, et dans 
rénumération des arrières-fiefe, on en trouve un séant à 
Martragny, et il est dit que ce fief est tenu par Foulques 
de CreuUy. Par contrat passé devant les notaires de Caen 
le 26 avril 16 14, Charles de Cingal, sieur de Ducy, ven- 
dit ce fief à M. Gilles Hallot, avocat du foi à Caen, et 
lui donna mal à propos la dénomination de fief de Mar» 
tragny. Cela occasionna en 1679 un procès entre Jean- 
François Hallot, écuyer, premier avocat du roi au bail- 
lage et présidial de Caen, et M. Arthur- Antoine de 

(1) Mim. de M. de GrimowiUe pomr la seigneurie de Mar^ 
tragny, p. 6. 7 et suiv. 



3^î 

Thioult, chevalier, seigneur et patron de Ruqueville', 
Vaussieu et Martragny. Ce fief et terre de La Quiëze 
furent saisis réellement en 1682. Le sieur de Thioult se 
présenta à Tétat, et prit la qualité de seigneur et patron 
de Martragny, qualité qu^il n^a cessé de prendre jusqu^à 
sa mort, arrivée en i7o5; qualité qu'après lui le sieur de 
Vaussieu et la dame de Ver ont prise sans aucun contre- 

. dit dans les gages, pièges et aveux. Elle était femme du 
baron de Ver, seigneur et patron de Martragny, et elle 
mourut en 1724. 

Nous venons de voir que le fief de La Quièzesisà Mar- 
tragny avait appartenu à Jeanne Bacon, dame du Molley. 

. Ce fut sous cette qualité que, par chartre du 24 juin 
i369', la dite dame du Molley et de Villers-Bocage céda 
et transporta à M. Tévéque de Bayeux et à ses suces- 
seurs « toute et telle portion de dîmes, comme ellepossé- 
dait en fief lai en la paroisse de Martragny, et ailleurs 
si elle s^y étend, tous les droits et seigneureries gui à 
ce appartiennent f sans faire exception ni retenue 
aucune, » 

Pour rintelligence de ces faits, il fiiut remarquer qu'il 
y a à Martragny 3 fiefs : le fief de Lessay, le fief de La 
Quièze, auquel est attaché le droit de haute, basse et 
moyenne juridiction, et le fief Hamon, regardé comme le 
fief dominant. Le premier est en la main des Abbés et 
Religieux de Lessay, et les deux autres appartiennent à 
messire de Grimouville-Larchant, décédé le 3o décembre 
1 764, âgé de 72 ans, et enterré le 1 1 janvier 1 765 au chœur 
de Martragny. Il a fait bâtir en ce lieu une maison seigneu- 
riale fort jolie, avec des avenues tendantes à la grande 
route de Caen à Bayeux. Il a eu procès par rapport à 
plusieurs droits seigneuriaux avec messire Henri-Jean- 
François Daniel, chevalier, seigneur et patron de Gran- 



3^4 

gués, fik du président de Grangues. C'est de son mé- 
moire que j'ai tiré une paniedes faits rapportés ci-devant. 
Jacques-François Daniel, seigneur du lieu et de La Quièze- 
en-Martragny, seigneur haut justicier de la même 
paroisse, chevalier de TOrdre de' Saint-Lazare, décédé le 
6 février 1743, et enterré à Martragny. 

Le paroisse de Martragny renferme dans son territoire 
une moitié du hameau de Saint-Léger^ dont Tautre partie 
est sur la paroisse de Carcagny. Il y a une chapelle de 
même nom qu'on croit avoir été succursale de Martragny. 
Elle appartient à Pabbaye de Saint-Sauveur-le-Viconte, 
dont un des religieux la possède. Dans la chartre que 
Henri II, évéque de Bayeux, accorda à la dite abbaye 
pour la confirmation des biens qui lui avaient été aumô- 
nes dans son diocèse, on trouve : ex donatione Willelmi 
filii Radulphi, cum assensu Hugonis fratris sut, capeU 
lam S** Leodegarii^e-hospitalaria, apud Martigneium^ 
cum omnibus ad illam pertinentibus^ et nundinas quas 
Henricus filius Mathildis rex Angliœ contulit eis ibi- 
dem, annis singulis, in festo S** Leodegarii in perpe-- 
tuum obtinendas (i). A en croire le Livre Pelut de l'évé- 
ché, rédigé vers i356, le hameau de Saint-Léger formait- 
une paroisse. Voici ce qui est rapporté sous Tartide du 
doyenné de Maltot : Prior iS*»* Leodegarii : abbas S'* iSa/- 
vatoris patronuSy Ecclesia S*" Leodegarii abbas S^ Sal* 
vatoriS'Vicecomitis, et deservitur per religiosum. 

Ce hameau est sur le grand chemin de Bayeuxà Caen. 

RiMel (Saint-Martin de). Sergenterie de Bemières, 
élection de Caen, 98 feux, notariat de Caen. 
Son' territoire est borné au midi pour I4 plus grande 

(i) Ex Cartul. abbat. Sa Saibfaiaris, 



partie par celui de Rotz; au nord par celui de Cairon; 
au levant par celui d'Authte, et au couchant, il est par- 
tagé de celui de Lasson vers le milieu, par la petite 
rivière de MQe, et ensuite par un coulant d^eau dit : le 
Conet. 

Il est divisé en deux villages. Le premier et le plus 
considérable s^étend contre Lasson des deux côtés de 
Téglise, qui est à peu près au milieu, et s^appelle Rosel, 
Rosellum. Il contient 58 Samilles. Le second, nommé 
Gruchy, est situé au levant contre le territoire d^Authie, 
à demi-lieue de l'église paroissiale et à une lieue et demi 
de Caen; il contient 38 familles. Au milieu de ce dernier, 
il y a une chapelle du titre de Sainte-Anne, qui certaine- 
ment n^est point chapelle domestique^ et n'a point de 
titulaire, parce qu'on n'en connaît point les fonds. Le 
prieur-curé de Rosel, y fait de temps immémorial 
Toffice divin le jour de la fête de Sainte-Anne. Il y a 
aussi une grosse ferme et un petit fief dit Durgefer; ils 
appartiennent Tun et Tautre aux héritiers de feu M. d'An- 
chin, écuyer, seigneur de Saint-Louet. 

Ce petit fief relève de celui de Rosel^ et celui de Rosel 
relève du château de Tilly. La seigneurie de Rosel est ès- 
mains de messire Jean-Michel Dumont, écuyer, seigneur 
et patron honoraire de Rosel, gentilhomme commensal 
de Mgr le duc d'Orléans, ancien capitaine au régiment 
de Berry. 

L'église paroissiale est à 2 lieues de Caen. On y tient 
depuis longtemps la conférence du doyenné de Mal- 
tôt. Sur la fin du xrv* siècle ou au commencement du xv«. 
Philippine de Rosel, à laquelle appartenaient les églises 
de Saint-Pierre et de Saint-Martin de Rosel, ainsi que 
les dîmes de cette paroisse, aumôna les unes et les autres 
à Nicolas, prieur de Plessis-Grimoult et à ses religieux. 



)66 

Le priour, commaadataire perçoit encore les dîmes de 
ce lieu, et présente au bénéfice qu'il fait desservir par un 
chanoine régulier de Saint-Augustin. Quant à Téglise de 
Saint- Pierre, on ne sait point le temps qu'elle a cessé 
d'exister. On voit un acte des paroissiens assemblés en 
commun, en 1675, par lequel ils autorisent quatre ou 
cinq d'entre eux à faire l'échange du cimetière de Saint- 
Pierre, contenant une vergée et demie, contre trois 
vergées qu'un des habitants cédait pour le trésor de 
Téglise de Saint-Martin. 

Raoul de Clinchamps, et Hugues son frère, donnèrent 
au prieuré de THôtel-Dieu de Caen quelque revenu 
qu'ils avaient en la paroisse de Rosel, selon la bulle 
d'Innocent III de l'année 12 10 (i). 

Il paraît certain que la maison de Rosel, en Nor- 
mandie, tire son nom et son origine de cette paroisse. 
Henri II, roi d'Angleterre, dans la chartre confirmative 
qu'il accorda à l'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 
s'exprime ainsi [2) : « Concéda donum quodfecit Gisle- 
bertus abbas, in feuium Hugonis du Rosel, de terra 
quant pater ejus, dédit S^ Stephano, quando in eodem 
loco monachus ipse effectus est, tait conditione, ut ipse 
Hugo îndefaceret cum alio feudo^ quod de eodem S'^ 
tenet, conveniens servitium; et ob hoc, dédit idem Hugo 
S'^ StephanOj in eleemosynam, unam virgatam terrœ et 
duos partes decimœ^ de tota terra sua de Rosel et de 
Groceïo ;• Convenit etiam idem Hugo quod ipsam deci^ 
mamfaceret ad domum reddi decimatoris S*' Stephani 
et eam aquietaret de omni calumnia, et de his supra- 
dictis/eodis, scilicet de Grainvilla et de Groceïo, secun-- 

(1) HisLHarc, t. I, p. 314. 

(2) Neust. Pia, p. 63i. 



367 

dum horreum ecclesiœ; » et plus bas ( i) : c Rogerius de 
Rosel vendidit Gisleberto abbati, concedente Normaniœ 
comité, pro XV libras census, allodium suum totum, 
quod habebat in Rosel, iali conditione ut cum defuncto 
teneret per taie sérvitium, quale antea ex eo comiti 
reddebat, concedente Roberto filio suo. » 

Rot:( (Saint-Ouen de). Scrgenterie de Bernières, élec- 
tion de Caen, 226 feux, 900 communiants, notariat de 
Caen. 

Cette paroisse, située à une (2) lieue nord-ouest de Caen, 
est titrée de baronnie, lequel appartient tant au spirituel 
qu^au temporel à l^bbaye de Saint-Ouen de Rouen. Cette 
abbaye possède la baronnie (3), le patronage et les dîmes 
de Rotz, par le don que lui en lit Richard I, duc de Nor- 
mandie, vers Tan 980 ou 989, pour faire la garde des 
reliques de Saint-Ouen de Rouen (4). 

L^an 1098, ou plutôt 1092, selon la Neustria pia, 
Helgot étant abbé de Saint-Ouen de Rouen, l'exemption 
de Rotz ayant été mise en question par Odon, évéque de 
Bayeux, par accord fait sur le procès intenté, il reconnut 
quVUe était possédée à juste titre par les religieux de 
Saint-Ouen, et en vertu des bulles et des concessions du 
pape Jean XII; et ainsi les moines restèrent en une 
bonne et paisible possession. 
Ce n'était pas la première fois que Pabbé de Saint- 
Ci) //««/. Pia., p. 636. 

(2) L'éditeur demande à mettre ici : dix kilomètres. 

(3) La baronie de Rots était du temporel de l'abbaye de Saint- 
Etienne de Caen. 

(4) Hist. du dioc, de Bayeux, p. 124. — Neust. Pia, p. ai. — 
Hist. de Vabb. de Saint-Ouen de Rouen, liv. III, p. 258. — GaL 
Christiana, t. XI, col. 143. 1 



368 

Ooen avait été attaqué poor la terre de Rotz. L'historien 
de Tabbaye rapporte sur la foid*un manuscrit une singu- 
lière aventure arrivée à ce sujet, ob Ton n^a pas oublié le 
merveilleux, suivant la coutume de ces temps-là, sous 
l'abbé Nicolas de Normandie, qui siéga depuis 1042 jus- 
qu'en 1092 (i). 

< Il se passa, dit l'écrivain, du temps de cet abbé une 
chose ménu)rable qui est amplement déduite dans les 
manuscrits de ce monastère, d^oti je la tirerai pour la 
donner tout au long dans mon cinquième livre. Quelques 
courtisans, mal affeaionnés aux religieux de Saint-Ouen, 
persuadèrent au duc Guillaume-le« Bâtard, d*ôter à 
Tabbaye la dime du village de Rotz,' jpour la donner à 
Tarchevéque de Dol, de quoi les moines étant avertis 
Tallèrent saluer, et lui remontrer qu*il ne pouvait pas en 
conscience dépouiller leur monastère pour en enrichir cet 
archevéq^ue, à qui il lui était aisé de faire d^autres grâces; 
mais comme le duc était encore jeune, et quMl avait 
l'esprit préoccupé des conseils de leurs ennemis, il ne 
leur fit point de réponse favorable. Les religieux ne se 
rebutèrent point pour cela, mais résolurent de lui faire 
une seconde remontrance, et afin de la rendre plus effi- 
cace, de prendre les reliques de Saint-Ouen et de les por- 
ter au palais de ce prince, ce qu^ils firent; mais le duc 
ayant appris quMls le venaient ainsi trouver en proces- 
sion, fit fermer toutes les avenues du palais. Les religieux 
ne laissèrent point d^avancer, et, animés d'une vive foi, 
s^allèrent présenter devant une certaine porte qui avait 
été condamnée depuis longtemps et bouchée de terre, de 
sorte qu^il n*y avait pas d^apparence qu'ils y pussent pas- 
ser. Toutefois, Dieu fit un miracle en leur faveur, car les 

(i) Hist, du dioc. de Bayeux, p. 253-a54. 



3^9 

saintes reliques en ayant été approchées, la terre tomba et 
la porte demeura libre et ouverte, si bien quMls entrèrent 
facilement dans le palais. Le duc ayant vu cette merveille, 
leur rendit leurs dîmes; en suite de quoi un seigneur de la 
cour nommé Hugues, qui était breton, et qui avait con- 
seillé au prince de faire cette fausse libéralité, étant aussi 
touché de ce prodige, offrit un présent sur Tautel du 
saiat qui le rejeta visiblement; ce qui Payant obligé de 
penser à sa conscience, il crut que le saint refusait son 
offrande à cause qu^il avait usurpé une partie de cette 
dîme de Rotz, laquelle il restitua aux religieux. » 

Uabbaye de Saint-Ouen jouit dMne exemption, à 
regard de la baronnie de Rotz; il est vrai qu'on Va con- 
testée à diverses reprises, mais le monastère a été main- 
tenu dans la pleine et entière possession de ce droit par 
plusieurs arrêts contradictoires qui se voient dans ses 
archives; ^e sorte quVncore aujourd'hui Tabbé de Saint- 
Ouen y a un grand vicaire, un officiai, un promoteur, et 
autres officiers qui y exercent la juridiction spirituelle 
sur les paroisses qui dépendent de la dite baronnie. 

« Une chose bien remarquable. . . aux bourgs de Rotz 
et Bretteville-POrgueilleuse , sur le grand chemin de 
Caen à Bayeux, c^est que combien qu^il n'y ait aucun 
cours d'eau ni fontaines, mais seulement des puits bien 
profonds, toutes fois en temps d^été, au plus grand chaud, 
et que les terres sont les plus sèches et arides. Ton y voit 
sourdre et courir des plus claires et froides fontaines 
à fleur de terre qui se puissent voir; qui font un grand 
canal qui passe par Le Bessin jusqu^au bourg de Douvre 
et à la mer, le quel canal on appelle VitoUard, qui n'est 
pas ordinaire, et quand il court, les anciens du pétys pré- 



24 



Î70 

disent quMl y aura charte Pan en suyvant, ce que Ton 
voit souvent advenir ( i ). • 

Le récit de M. de Bras est-il bien juste au commence- 
ment, quand il dit qu'il n^y a ni cours d^eau, ni fontaines 
à Rotz ? Il est constant que la petite rivière de Mue prend 
sa source de ce côté là, d^oti après avoir traversé plusieurs 
paroisses, elle va se mêler avec la SeuUe à Réviers. 

L'abbaye de Saint-Étienne de Caen doit avoir du 
revenu à Rotz, puisque dans la chartre confirmative que 
lui accorda Henry II, roi d'Angleterre, il le marque 
expressément (2) : « Concedo etiam S^ Stephano homines 
de Rot\ et de Ceux, liberos, solidos et quietos ab omni 
exercitu et carrugio, et geelth et collecta) ut expediti 
sint ad portanda et paranda cibaria, et omnia alia 
necessaria numaçhis iniH Deo servientibus. » Cette 
abbaye a la baronnîe de Rotz avec ses appartenances et 
dépendances, avec extension à Colomby, Amblieet Bray; 
elle y a aussi le demi-fief Aux-Demoiselles (3), demi-fief 
de chevalier, avec extension en plusieurs villes et paroisses, 
ayant appartenu auparavant à Guillaume Semion, k 
cause duquel fief cette abbaye a droit de patronage à la 
chapelle du manoir du dit fief. 

Norrey, membre de la paroisse de Rotz, a son terri- 
toire et ses habitants particuliers et distingués de ceux de . 
Rotz, tant au spirituel qu^au temporel. On y compte au 
moins 42 feux. L^église oti se fait Toffice pour ceux-ci est 
grande et magnifique. Elle a des bas-côtés. Elle est sous 



(1) AnJtiq, de Caen, par de Bras, p. 39. 

(a) Neust. Fia, p. 629. 

(3) Alias : Aux-Pucelles. (L'éditeur est de Rots!) 



371 

• rinvocation de la Sainte-Vierge. Cette succursale est au 
midi du territoire de Rotz. 

Il y a encore à Rotz une chapelle appelée Notre-Dame 
de LoniiLas qui pourrait bien être ce que le Livre Pelut 
nomme : Eclesia de Urticetis, et à laquelle il donne pour 
présentateur Guillaume Siméon, écuyer. Si elle a jamais 
été une paroisse, elle n'existe plus aujourd'hui sous cette 
qualité. Le Livre Pelut marque que de son temps elle 
avait i5 livres de revenu. Ce revenu consiste à présent 
en un trait de dime à Rotz, une vergée de terre, environ 
une demi-acre de pray, tout proche de la chapdle; 
lo acres de terre à Cheux, proche de Saint-Manvieu, et 
40 boisseaux de ftx>ment; de la terre à Saint-Germain-de- 
la-Blanche-Herbe, et 3o boisseaux de froment, et quelques 
autres biens, à ce que Ton dit, dans le pays de Caux (i). 

Guillaume de Vaspail, célèbre abbé de Fécamp dans 
le xui« siècle, était né à Rotz (2). C'était un religieux dis- 
tingué par sa piété et son érudition. Vir apprime litte^ 
ratus, eximiœ quœ religionis et honestatis. Étant prieur 
de Tabbaye de Saint«Ouen : A Romano S. R. E. Cardi- 
nale iegato, ad monasterii Fiscanensis regimen 
assumptus est Anno Christi 1228; à quo prœfuit annis 
XXX utilissime. Il fut du nombre des prélats que le pape 
Grégoire IX convoqua nommément au Concile général 
de Latran contre l'empereur Frédéric II. 

Ruqueville (Saint-Pierre de). Scrgenterie de CreuUy, 
élection de Caen, 21 feux, notariat de CreuUy, 90 com- 
muniants. 

C^ne petite paroisse est située entre celles de Coulons 

(1) Extrait d*un manuscrit du ^ecrét. de Bayeux. 

(2) AT^Mj^ Pw, p. 64-237. 



572 

et de Vaussieu, à cinq quarts de lieue de Bayeux ; il en est 
fait mention dans la chartre de fondation expédiée en 
1082 à Tabbaye de Sainte-Trinité de Caen. Elle porte 
que Turstin Hasdulph seigneur de Carpiquet, donna k 
cette abbaye : terram umus carrucœ... in Ruscavilla. Le 
seigneur nomme à la cure. Le curé perçoit la moitié de 
la dîme. Les abbayes de Saint-Étienne de Caen et de 
{«"écamp partagent l'autre moitié. Le seigneur de Maisy 
était en 1 356 seigneur et patron de Ruqueville ( f ). 

Il y a 2 fiefs, à Tun desquels est attaché le patronage 
avec les honneurs de Téglise; Pun relève de la seigneu- 
rerie de Sainte-Croix-sur-Mer, Pautre de la châtellenie 
de Beaumont*le-Richard, à laquelle il doit une paire 
de gants blancs, et un écheveau ou petit poids de soie, 
au terme de Saint-Michel, selon Taveu du 16 octobre 
1463, rendu par Raoul Pèlerin, écuyer, sieur de Ruque- 
ville, qui déclare en relever par un quart de fief de 
chevalier; sentence rendue par le sénéchal de la châtel- 
lenie de Beaumont du 1 1 juillet 1498, qui enjoint à Jean 
Le Sens, écuyer, de bailler aveu de cette terre à Michel de 
Hotot, seigneur de Beaumont, et cependant délivrance 
de son fief vu qu'il en avait fait hommage (2). Il le ren- 
dit le 23 avril i5i2, faisant mention d'un huitième de 
fief appelé Le Bourgueil, assis à Creully et à Saint-Gabriel, 
lequel dépend de Ruqueville. 

Jean de La Luthumière, baron du lieu, et sa femme, 
passent à Jean de La Mare, pour bailler aveu de Ruque- 
ville, une procuration devant le notaire royal de Nehou 
le II décembre 1547. Cet aveu fut rendu le 22 janvier 
suivant. Jean Le Sens, écuyer, passe depuis une procura- 

(1) Ex Lib. Pelut. 

(2) Invent, des titres de Beaumont, ch. III. 



375 

tion datée devant les tabellions de Saint-Pierre-sur-Dive 
le 17 novembre iSgô, à Charles de Faoucq, écuyer, sieur 
de Monts, pour rendre aveu de Ruqueville. Jean Le Sens, 
fils Jean, le rend le 19 juillet 1597. Délibération par les 
parents de Jean Le Sens, écuyer en baillage à Caen le 
26 octobre 1 699, pour passer le dit Le Sens, âgé et libre en 
la négociation de son bien. Pareille procuration passée 
par Charles de Cairon, écuyer, tuteur de François Le 
Sens, écuyer au tabellionage de Creully le i^ juillet 
1602, pour bailler aveu de Ruqueville; pareille procu- 
ration passée par François Le Prévost, écuyer pour lui et 
la demoiselle sa femme, pour bailler aveu de la dite terre 
en 1622. Aveu rendu le 20 août 1643 par Jacques de 
Thioult, chevalier de Tordre du roi, seigneur et patron 
de La Luzerne, Vaussieu, Martragny et Ruqueville. Il 
avait nommé à la cure de Ruqueville le 20 décembre 
1640(1). Jacques de Thioult, dit le marquis de Vaus- 
sieu, colonel du régiment d'Auxerroîs, chevalier de Saint- 
Louis, seigneur de Ruqueville, Vaussieu, Martragny,' 
décéda à Ruqueville, le 6 février 1703, âgé de 66 ans, 
sans enfants de Marie-Anne Bénard de Maisons, morte à 
Bayeux le 4 avril 1764. Messire Louis-Gédeon de Chy- 
vré, prêtre, curé de la paroisse de Sotevast, diocèse 
de Coutances, seigneur et patron de Saint-Pierre-de- 
Ruqueville, y nomma aussi en septembre 1759. Son 
neveu est Henri-François-Guillaume de Chyvré, seigneur 
et patron de Sotevast, Sainte-Suzanne, Viette, Loucelles 
et Ruqueville en 1 766. 

Saint^Contest. Banlieue et élection de Caen, 140 feux, 
5oo habiunts, notariat de Caen, 500 communiants. 

(i) Reg. de l'Évêché. 



J74 

Cette paroisse, sttaée en rtse campagne, est à une li^e^ 
de Caen. Il y a 5 hameaiuc : — • i» le hameau de Saint* 
Contest, où est Tégliae paroissiale, est au centite de là 
paroisse, et bordé à une de ses extrémités par lechemin de 
CreuUy à Caen ; ^ 2* Baron, le plus grand et le plus nom- 
breui, est à un quart de lieue au couchant de PégMw; ^ 
3^ Galmanche est au levant d'été, et à uti quart de lieue de 
l'église ; — -4<' Mal<Mi au levant d^hiver, et à demi-quart de 
lieue de Péglise, est sur le bord de la rue de La FoUie, 
hameau dépendantde Saint*M artin de Caen,et bordé d'ail- 
leurs par Couvrechef, le dit hameau dépendant de Saint- 
Gilles de Caen ; — et 5<» Bitot au soleil de deux heures; et 
à pareille distance de Téglise, est borné par ses deux extré- 
mités de deux chemins, la plus proche de l'église par le 
chemin de CreuUy à Caen, l'autre extrémité ,par le 
chemin qui s^are le terrain de Saint-Contest d'avec 
Saint-Germain, et qui conduit de Caen à Rosel. 

L'église est exempte de la visite de l'archidiacre, moyen- 
nant 8 livres lo sous de rente qu'elle fait à cet archi- 
diacre. La cure est un bénéfice régulier desservi par un 
Prémontré, à la nomination de l'abbé d'Ardenne. Ce pré- 
sentateur a les grosses dîmes; le prieur-curé perçoit les 
menues. 

L'ancienne chapelle de Saint-Marc, proche le hameau 
de La FoUie, sur Saint-Contest, avait été ruinée par les 
Protestants pendant les guerres civiles (i). Jacques Des* 
champs, écuyer, conseiller élu à Caen, la fit rebâtir dans 
l'enclos de sa maison, où elle était ci-devant, et y affecta 
un fond de 3o livres de rente pour le titulaire, à charge 
d'une messe tous les dimanches, sur la permission 
de MM. Mole et Servien> évâques de Bayeux, et con- 

(i)Reg. derévéché. 



375 

firmée en 1672 par M. de Ncsmond. Le contrat de dota- 
tion fut passé devant le notaire de Cairon le 17 juin 
1662. Guillaume de Brieux, écuyer, tenait en 1453, de 
la baronnie de Douvre par foi et hommage, nuement, un 
demi-fief de chevalier assis à Saint-Contest près Caen, 
Ouffreville et ailleurs, qui fut jadis à messire Guillaume 
d'Aigneaux. Ce fief doit à Tévêché de Bayeux une livre 
de cire, chaque année, à la Saint-Michel (i). 

Jean de Bitot fit preuve de noblesse en i523 comme ^ 
fils de Guillaume Bitot, écuyer, seigneur de Saint- 
Contest (2), dénommé en un contrat de 1475. — Fils de 
Richard, fils de Raoul de Bitot. 

Alexandre de Noilent, . seigneur de Saint-Contest, 
épousa suivant son traité de mariage passé devant les 
tabellions de Saint-Lô, le 3 mars 1408, demoiselle Jeanne 
d^Aigneaux. 

Jean de NoUent, avocat du roi à Caen, seigneur de 
Saint-Contest et Échauffou près Troarn, par traité de 
mariage du 6 janvier 1420, épousa Guillemette de Cou- 
vrechef, fiUe et héritière de noble homme, Jean seigneur 
de Couvrechef et de Cantelou. Il donna en 1462, ati cou- 
vent des Croisiers de Caen^ une masure sise en la place de 
L^Épinette. Il fit sa preuve de noblesse en 1463, demeu- 
rant en la ville, banlieue et élection de Caen (3). 

Gilles ou Girard de Noilent, son fils, chevalier» sei- 
gneur de Saint-Contest, Bombanville, Ingy, Échaufifou 
et Escoville, de son mariage passé à Bures en 1456^ avec 
Philippine Le Chevalier, eut le suivant. Il est encore cité 
dans les échiquiers de i Sog et de 1 5 10. 



(1) Aveu deTévéché de Bayeux rendu en 1453. 

(a) Hist. Harc.y t. I, p. 974. 

(3) Hist. Harc,,X, I, p. 972-977. 



37^ 

Jean de NoUent, chevalier, seigneur de Saint-Contest, 
Échauffou, EscoviUe, Bombanville, Ingy, épousa Jeanne 
de Houetteville, dont plusieurs enfants; Faîne fut : 

Florent de NoUent, seigneur de Saint-Contest et de 
Gassey» partagea avec ses frères en 1 535 et en novembre 
1545. Il fit sa preuve en 1540, le 5 novembre. De sa 
femme Louise de Chanceaux, dite Le Breton, il eut : 

Gilbert de Nollent, seigneur de Saint-Contest, qui par 
Jeanne Hédiart, sa femme, fut père de Marguerite de Nol- 
lent, dame de Sassey et de Saint-Contest, laquelle fut 
mariée à Charles Carv'oisin, seigneur d'Achy et Bouvières 
en Beauvoisis. 

La seigneurerie de Saint-Contest fut acquise depuis par 
Tobie Barberie, qui étant devenu trésorier des guerres, 
fut annobli en i635. Il eut un fils maître des Requêtes. 
Un Barberie de Saint-Contest fut plénipotentiaire au 
congrès de Cambray. Cette seigneurie appartient 
aujourd'hui au fils mineur de messire François-Domi- 
nique Barberie de Saint-Contest, maître des Requêtes, 
intendant du duché de Bourgogne. 

Le marquis de Saint-Contest, ministre et secrétaire 
d^État au département des affaires étrangères, obtint de 
S. M. la charge de prévôt maître des cérémonies des 
Ordres de S. M., vacante par la mort du marquis de 
Brezé en avril 1754. 

Sainte'CroiX'Grand-Tonne. Sergenterie de CreuUy, 
élection de Caen, 79 feux, notariat d'Audrieu. 

Cette paroisse est située au nord'sur la grande route de 
Caen à Bayeux, presque à égale distance de Tune et de 
Tautre ville, c'est-à-dire de 3 lieues. Depuis qu'on a 
ouvert et formé les grandes routes, on a comblé la vallée 
de Sainte-Croix, lieu autrefois très dangereux par vols et 



377 

t 

assassinats qui y ont été comtnis. On y a planté un beau 
calvaire, à la fin d^une mission^ au mois de juin 17S6, 
Les maisons, ainsi que Téglise, sont dans une espèce de 
demi-côte, à un demi-quart de lieue du grand chemin. 
Cette église vient d'être rebâtie à la moderne aux frais de 
M™* de Lassey, dame de Sainte-Croix. Elle est de pierres 
de taille et très propre. On y chanta la première messe le 
9 octobre 1759. Les maisons se tiennent presque les unes 
aux autres, et sont sur une ligne du levant au couchant, 
qui a tout au plus un petit quart de lieue de long. Celle 
du seigneur était autrefois fort belle, mais elle est présen- 
tement en mauvais état, les seigneurs n^y faisant point de 
résidence depuis longtemps. 

L^abbé de Longues et Tabbesse de Cordillon nomment 
alternativement à la cure, depuis la réunion qui a été 
faite des deux portions par décret de M. TÉvêque de 
Bayeux, en date du 12 juin 1686, sur la requête du sieur 
Pierre Huvet, abbé commendataire de Longues, et de 
dame Marie-Catherine de Matignon^ abbesse de Cordil- 
lon. Ik possèdent Tun et Pautre, conjointement avec le 
chapitre de Bayeux, les dîmes de cette paroisse. 

Thomas, fils de Herbert d^ Agneaux, chevalier, donna 
aux religieux de Longues : totumjus patronatus medie^ . 
tatis ecclesiœ S* Crucis de Grentonis, quod meum erat 
et antecessorum meorum fuerat. Témoins : Jourdain, 
archidiacre de Bayeux, Jean fils d^Ermal, prêtre, Martin 
de Vienne, Gervais de Loucelles, etc. Henri, évêquc de 
Bayeux, confirma cette donation, présence de Henri, 
chantre; Roger, chancelier; Jourdain, archidiacre; 
Patrice, sous-doyen et Henri, sous-chantre (i). 

Gilbert et Henri d^ Agneaux, chevaliers, souscrivirent 

(i) Ex Cartul. abèat de Long,^ fol., vcrç. 



378 

comiTie témoins à la chartre de donation du patronage de 
Vaussieu faite à Tabbayc de Longues, par Simon Bacon 
au commencement du xm« siècle, vers 1208 (t). Roger et 
Gilbert d'Agneaux souscrivirent également à celle que 
Guillaume Bacon du Molley, frère de Simon, fit du 
patronage de Martragny à la dite abbaye, en la même 
année 1208. 

Guillaume d'Amayé, de la paroisse de Sainte-Croix- 
Grand-Tonne vendit à fin d'héritage, pour la somme de 
i5 livres tournois, au doyen et chapitre de Bayeux, la 
troisième gerbe de dîme qu'ail avait à prendre sur le fief de 
Villers, ou Villiers, et celui de La Liserne, dans le terri- 
toire de Sainte-Croix-Grand-Tonne. La chartre est de 
l'an 1284 (2). 

Il est dit quelque part que le chapitre de Bayeux a une 
portion de la dîme de Sainte-Croix, et une cinquième 
partie de toutes les autres dîmes, avec 27 boisseaux deux 
tiers d^orge, une geline et 10 œufs, sur le surplus de la 
dîme; et sur cette dîme, le chapitre doit payer 80 livres 
au curé, le restant de la pension étant payé par les autres 
décimateurs. 

Suivant une chartre du roi Charles V, de Tannée 1 364, 
Jeaniîe Bacon, dame du Molley et de Villers-Bocage, 
légua à Tabbaye de Saint-Évroult, afin dVoîr messes 
par semaine pour elle et ses parents^ tous les reveniis de 
Sainte-Croix-Grand-Tonne, qui relevaient de la seigneu- 
rerie de Villers (3). Elle mourut en 1376 et fut enterrée 
dans la dite abbaye où elle avait élu sa sépulture. 

Il y a dans cette paroisse plusieurs excellentes carrières 



(i) ExCartuL abbat, de Long., p. Si. 

(2) Cart. Capellœ B» Af" Bajoc., p. 55 . 

(3) Nop. Gall. Chriftiana, t. XI, coK a(2-«i3. 



Î79 

de pierres et de carreau, propres à construire les plus 
beaux édifices. Les ruisseaux de Gronde et de Tbuë y 
prennent leur source à deux fontaines; avant que de 
sortir de la paroisse, le ruisseau de Gronde se mêle avec 
les eaux de Tbuë, qui naît au pied de la maison seigneu- 
riale. Elle forme la petite rivière connue sous le nom de 
Thue qui ^rrose les paroisses de CuUy, Caynet, Pierre- 
pont et Amblye, et de là va à Reviers se joindre à la 
SeuUe. 

Robert de Preullay, seigneur de Fresnay-le-S^mson, 
épousa Mahaud de Villers, sœur de Jean de Villers sei- 
gneur de Villers, et vivaient ensemble en i3o3. Ce 
seigneur de Villers lui donna 1 7 livres de rente à prendre 
sur les coutumes du marché de Villers-en-Bocage ( i ) • 

Jean de Preullay, seigneur de Fresnayje-Samson, 
Lomjeau, Manetot et Fumechon, fut marié à Isabeau de 
Gemages, vicomtesse de Dreux. M. de La Roque Pappelle 
ailleurs Robert de Preullay, comme son père, et marque 
quMls étaient seigneurs de Sainte-Croix. 

Marguerite de Preullay, vicomtesse de Dreux, dame 
des susdits lieux, sonit du mariage précédent. Elle fut 
fiancée à Jean d^Harcourt comte d'Aumale, qui périt à la 
bataille de Verneuil, en i52 5, et en eut Louis d'Har- 
court, patriarche de Jérusalem, évéque de Bayeux. Elle 
épousa depuis Jean de Scacauville (?) dit Havart (2), valet 
tranchant et maître d^hôtel de Charles VII, et bailly de 
Caux et de Caen, is^u de la maison de Saint-Omer, dont : 

Georges Havard, seigneur de La Rozière, Sainte-Croix, 
Gemages, vicomte de Dreux, maître des requêtes de 
rhôtel du roy, qui s'allia d'Antoinette d'Estouteville, 

(i) Hist. Harc, t. I, p. 45(^. 

(1) Hist. d'Harc., ib. p. 4^9 et 43o. (P. 1454 on lit Scaneauville.) 



î8o 

dame d^Ausseboc, et mourut en 1481, laissant Louis 
HaVart, décédé sans postérité, et trois filles héritières de 
leur frère. 

L^atnée, Jeanne Havart, dame de Puisaye et de Sainte- 
Croix entra dans la maison des Pèlerin (i), dont sortit 
Guillemette Pèlerin, dame de Sainte-Croix, femme de 
Guillaume de Bricqueville, sire de Coulombières, et mère 
de Guillaume, seigneur desdits lieux, père de François, 
seigneur de Bricqueville et de Sainte-Croix, dont un des- 
cendant, Jean de Bricqueville, seigneur de Sainte-Croix, 
laissa de Jeanne de Quesnel sa femme, pour fille unique : 
Marie de Bricqueville, dame de Sainte-Croix et de Cully, 
qui épousa Gilles Vipart, seigneur de Tilly. 

Gilles de Vipart, baron de Tilly, épousa Catherine de 
Bricqueville, fille héritière de Jean, seigneur de Mont- 
Canisy et de Sainte-Croix-Grand'Tonne, fils de Guy de 
Bricqueville, seigneur de Sainte-Croix, et de Marguerite 
de Recusson. De ce mariage vint Guillaume de Vipart, 
chevalier marquis de Mont-Canisy, Sainte-Croix, CuUy, 
Loucelles, Putot, Tourgé ville, Bénouville, Le Hamel, 
Gérots, lequel fit un échange le 2 juin lôSg (2). 

Guillaume de Bricqueville donna, en 1 5o3, la déclâ^ 
ration du fief, terre et seigneurie de Sainte-Croix, tenus 
à gage pleige de Tévéque de Coutances par un fief entier 
de chevalîfer. 

Guillaume de Vipart, marquis de Sainte-<Iroix, laissa 
pour fille unique Suzanne Vipart, morte le 22 février 1 676. 
Elle avait épousé Louis de Madaillan de Lesparre, 
Il^du nom, marquis de Montataire, dont le suivant, et 
Reine, mariée à son neveu.' 



(i) Hist. ^Harc, ib. p, 56o. 

(a) Rec. d'aveux de la viGomté de Bayeux. 



Le 9 janvier 1687, baptême, à Saint-Jean de Caen, de 
deux fils, l'aîné nommé André- Aramon, Tautre différé à 
nommer, enfants de noble seigneur Louis de Madaillan 
de Lesparre, marquis de Montataire, et de dame Marie 
de Rabutin. Le parrain de l'aîné fut André Potier- 
Novion;la marraine, Françoise Le Conte de Nouant, 
marquise de Cely. 

Armand de Madaillan, marquis de Lassay, seigneur 
de Sainte-Croix et de Cully, lieutenant général au gou- 
vernement de Bresse, Buget et Vairomey, chevalier des 
ordres du roy, fut père, par Marie-Anne Pajot, sa seconde 
femme, de : 

Léon de Madaillan de Lesparre, comte de Lassay, bri- 
gadier des armées du roi, qui épousa, le 3 avril 171 1, 
Reine de Madaillan sa tante, fille de Louis, marquis de 
Montataire, et de Marie-Thérèse de .Rabutin, sa seconde 
femme. 

M™« de Lassay a survécu à son mari dont elle n'a point 
eu d'enfants. Morte en 1763. Elle a fait rebâtir l'église 
de Sainte -Croix à ses frais, et elle a vendu les terres de 
Sainte-Croix et de Çully à messire Jean, comte de la 
Guiche, son parent, qui est aujourd'hui seigneur de ces 
deux terres. Les armes de M™« de Lassey sont : écartelé 
au premier et quatrième tranché d*or et de gueules, au 
deuxième et troisième d'azur au lion d*or, qui est de 
L'Esparre. 

Saint-Germain de la Blanche-Herbe (de Blanca 
Herba). Banlieue et élection de Caen, 62 feux, notariat 
de Çaen. 

Cette paroisse, à une lieue de Caen, est entre le grand 
chemin tendant de Bayeux à Caen, et un autre chemin 
deBayeuxàCreulIy(?). Il en dépend deux hameaux: Fran- 



382 

cheville, distant d*uae demi-lieue de Téglise paroissiale, 
et d'un quan de lieue de Tabbaye d'Ardenne, il est entre 
réglised'Authîeet la grande route de Caen à Bayeux; 
et Cussy, dont la moitié est sur la paroisse d^Autbie. Il 
esc à un quart de lieue et demi de l'église, et à un demi- 
quart de lieue d^Ardenne. 

L'église de Saint-Germain est proche le hameau de La 
Maladrerie, dépendant de la paroisse de Saint-Nicolas 
de Caen. Elle est desservie par un chanoine Prémontré, 
à la nomination de l'abbé d^Ardenne qui en perçoit les 
dîmes. Il paraît, par la chartre confirmative que Henry IL 
évéque de Bayeux donna, en 1 1 9 1 , que Tabbaye d^ Ar- 
yenne tient Péglise de Saint-Germain de la libéralité de 
Philippes d^Harcourt, son prédécesseur, ex dono Philippi 
Bajocensis Episcopi ecclesiam S*' Germant de Blanca 
Herba{i). 

Anno I i3S, conventio fada est inter canonicos de 
Ardena et sacerdotem S^ Germanii de Alba Herba 
hujus modi : Concessit autem presbyter canonicis de 
Ardena, curiam suam habere solam, et quietam de 
decimis et redditibus, et omnibus consuetudinibus prœ- 
dictœ ecclesiœ S"* Germani pertinentibus. Décimas 
etiam et omnes consuetudines totius campi qui exten- 
ditur usque viam, hoc estjuxta terram Willelmi Grossi, 
et suorum antecessorum, et ex altéra parte usque ad 
capita terrarum Cadomensium, excepta una acra, quœ 
est juxta murum curiœ. Concessit etiam prœdictus 
presbiter canonicis, décimas et consuetudines illius 
acrœ^ ubi força est ^ juxta domum Willelmi Coronati; 
Décimas et consuetudines unius acrœ quœ est inter 
viam Bajocensem et viam Franccevillœ, Hoc autem 
futurum esse ratum et firmum adfidiaverunt canonici 
et Mathœus presbiter S** Germani; ut avttem hœc 



383 

conventîo rata et firma teneretur^ concessa est pres- 
bytero S** Germant tota décima hœredum Aiulphi de 
Foro il} Francavilla et in Ardena (i). 

Cet arrangement fut fait en présence -d^un grand 
nombre de témoins : Willelmus Crassus, Stephanus 
prœsbiter de Maton, Anschetilus de Aniseyo presby- , 
ter : Helyas prœsbiter de Hamars, Stephanus cano- 
nicus, Hugo de Montibus, Willelmus filius Polinœ, ma- 
gister Marellus^ Ranulphus presbyter de Columbellis, 
Haimo filius comitis Glocestriœ, Silvester filius Pa-- 
ganl de Buron, et filii Aiulphi, Willelmus de Baron^ 
et Colardus de Hermanvilla, et Guarinus et Wal- 
terus monachus, qui prœdicti Aiulphi filii concesse- 
runt hœc prœdicta omnia canonicis et presbitero de 
S^ Germano. 

Guarinus (filius Aiulphi de Foro, postea primus 
abbasj, assumpto habitu religionis, se suaque dédit : 
omnes scilicet possessiones, quas habueratpro portione 
sua in parœchia S'' Germani de Blanca Herba, apud 
Burum, et apud Gambas. Ces donations furent confir- 
mées en 1 138. 

L'abbaye dPArdenne, ordre de Prémontré, est située 
sur la paroisse de Saint-Germain-de-la-BIanche-Herbe. 
CVst ainsi qu^en parle Cenalis dans son histoire (2) : 
Estprœterea in agri Bajocensis pœne meditullio camo' 
bium Norobertinœ familiœ, nempe Prœmonstratensis^ 
(Ardennam vocantj, divus si quidem Norobertus sanc^ 
titatis opinione clarissimus, varias toto illo orbe agro- 
rumculturas ad construendacœnobia undecunque rece- 



(i) Neust. Pia, p. 706. 

(2) De Re Galli, lib. 2, per. 4, p. i58. 



584 

perat (circarias vacant), hœc igitur circaria Ardenœ 
una est ex eis quœ ad Noroberti familiam pervertit, b 
Cette abbaye fut fondée en 1122 par Aiulphe du 
Four (î), seigneur d'Hermanville, et Tusselîne (2) sa 
femme. Ce fut à la sollicitation de Gilbert, disciple de saint 
Norbert, qui était venu s'établir en ce lieu. Il gouverna 
non en qualité d^abbé, mais de supérieur, ce nouveau 
monastère qui ne fut érigé en abbaye qu^après sa mort. 
Cette éreaion fut reçue et approuvée dans un chapitre 
général tenu à Prémontré, à la prière de Vaultier, fils du 
fondateur, et on élut en même temps pour premier abbé, 
Guérin, son frère, qui avait embrassé Tétat monastique 
sous Gilbert. L'un et Tautre achevèrent Téglise et les bâti- 
ments commencés par leur père, et Richard de Glocestre, 
évéque de Bayeux, la consacra en 1 1 38. Elle n^avait pas 
subsisté un siècle, que par un accident étrange, la voûte 
s^écrasa le 23 février i23o, et ensevelit sous ses ruines 
Tabbé Nicolas et 25 de ses religieux qui chan- 
taient alors Toffice. Jean Le Blond, un de ses successeurs, 
la fit rebâtir au siècle suivant. Cette abbaye fut fort aug- 
mentée dans ses bâtiments et dans ses biens, vers 1443, par 
Robert Chartier (3), son abbé. Elle embrassa la réforme 
sous Pépiscopat de M. d^Angennes. 

Saint'Louet. Sergenterie de Berniëre, élection de 
Caen, i feu, notariat de Caen. 

Cette paroisse est située près Authie. L'abbé de Saint- 
Ouen de Rouen est patron coUateur de la cure, et le curé 
principal décimateur. La seigneurie appartient aux héri- 



(i) De Foro, du Marché. 

(a) La GalUa la nomme : Asselina. 

(3) La Gallia le nomme : Rùbertus Le Caretier. 



38s 

tiers de feu M. d^Auchin, seigneur et patron honoraire 
de Saint-Louet. Elle est à une lieue et demie de Caen. 

Saint'Manvieu, Sergenterie de Cbeux, élection de 
Caen, 1 3o feux, notariat de Cbeux. 

Cette paroisse est séparée de celle de Cheux par un 
petit ruisseau qui vient de la fontaine de Cheux. Elle est 
à une demi-lieue du bourg de ce nom, et à 2 lieues de 
Caen. Il y a 4 hameaux : Le Hameau proprement dit, 
proche le presbytère, La Vallée, BouUiesseet Marcelet. 

Le sous-doyen de la cathédrale de Bayeux est patron 
coUateur de la cure. Il a le tiers de la grosse dîme par la 
donation que Philippe d*Harcourt fit, en 11 36^ à ce 
dignitaire. Les deux autres tiers sont pour les Religieux 
d'Ardenne, peut-être aussi par le bienfait du même 
prélat. Il y a dans cette paroisse un hôpital et une maî- 
tresse d'école de la fondation de M^ de Fréquienne, 
dame de Saim-Manvieu. Messire Jacques Bacon de Pré- 
court, écuyer, seigneur de Saint-Manvieu,.a une chapelle 
titulaire de Sainte-Anne dans sa maison seigneuriale, à 
laquelle il présente, et une autre de Saint-Pierre, atte- 
nante à Péglise paroissiale. La seigneurie est décorée 
d^une haute justice qui relève du bailliage de Caen. 

Le hameau de Marcelet est un hameau considérable. Il 
y a un fief relevant de la seigneurie de Saint-Manvieu, 
et possédé par messire Philippe de Héricy, écuyer, sei- 
gneur de Marcelet, un hôpital et une chapelle à titre, 
sous rinvocatîon de Saint-Jacques, à la présentation du 
dit seigneur. La seigneurie de Marcelet, membre de 
TEpinay-Tesson, a longtemps appartenu à la maison des 
Du Bois de Pirou. Jean Carbonnel, écuyer, seigneur de 
Marcelet à cause de demoiselle Perrette du Bois, sa 
femme, passa plusieurs contrats de fiefs devant Jean 

25 



386 

Richard, tabellion à Caen, les 14 et 16 de novembre et 
24 janvier 1488 (i|. Messire Guillaume Carbonnel, sei- 
gneur d'Anderville, pour la demoiselle sa femme, 
vendit, le 22 février 147 1, à noble homme Antoine de 
fiatarnay, seigneur de Vaugrie, et à demoiselle Renée de 
Houllefort, son épouse, la seigneurie de Marcelet, en la 
vicomte d'Evrecy, avec patronage d'église, à chaîne de 
payer 20 sous et 16 boisseaux de froment de rente, qui 
étaient dus à Tabbaye de Saint-Etienne de Caen. 

Sicqueville (Saint-Sulpicede). Siccavilla. Sergenterie 
de Creully, élection de Caen, 58 feux, notariat de 
CreuUy (SecqueviUe-en-Bessin). 

Cette paroisse est situé sur la petite rivière de Thue 
qui vient de Sainte-Croix. Il y a dans son territoire 5 ha- 
meaux : Guerville, La .Ville, Bray, Boutcachard et 
Chasserat. Le hameau de Guerville contient plusieurs 
maisons ensemble proche Téglise, avec deux fermes qui 
en dépendent, au-dessous desquelles passe la Thue. Le 
hameau de La Ville consiste en plusieurs maisons ; le 
château du seigneur, et une ferme détachée en font partie. 
Le hameau de Bray n'est qu'une ferme distante des autres 
hameaux d'une demi-lieue, et ne s'appelle Bray que 
parce qu'elle est proche le village de Bray, dépendant de 
la paroisse de Lasson. Dans le hameau de Boutcachard sont 
-plusieurs maisons détachées le long du chemin tendant 
à La Délivrande. Dans celui de Chasserat (2) sont deux 
fermes détachées construites sur le chemin qui tend à la 
paroisse de Creully. Il y a entre les deux premiers et les 
deux derniers hameaux, un étang considérable que le 
seigneur a fait faire en 1757. 

(i) Hist, Harc.y t. I, p. 114. 
(z) Aujourd'hui : Cacharas. 



î87 

Cette paroisse est à 3 lieues de Bayeux et à trois quarts 
de lieue du bourg de CreuUy. L'abbé de Caen présente à 
la cure. Henry II, roi d'Angleterre, rapporte dans sa 
chartre de confirmation pour Tabbaye de Saint-EtieQne 
de Caen, une histoire au sujet de cette paroisse, que je 
crois devoir placer ici ( i ) : 

« Homines de Siccavilla recepti in societatetn monas 
terii Sancti Stephani, dederunt eidern sancto duos 
partes decimarum suarum, hujus autem villce ecclesias, 
quas iS'"' Stephanus antiquitus in magna pace tenuerat 
Herbetus quidam clericus^ eis modis quibuscumque 
poterat, au/erre quœrens, abbatemet monachos indèdià 
fortiter vexavit : quorum vexationi Henricus Rex 
finem imponere decemens, utrisque ante se in castello 
Cadomi diem constituit placitandi. Die igitur consti- 
tuto, abbas et monachi, cum omnibus quœ eis necessaria 
erant, ipsi Régi etjustitiœ placitum suum obtulerunt. 
Herberto autem ibi in audientia regiSy et totiusjustitiœ, 
nec non et baronum déficiente, de prœfata ecclesia 
ipsius Régis et justitiœ judicio^ 5'»" Stephanus saisitus* 
remansit, nemini deinceps amplius inde responsurus. 
Rogerius filius Pétri de Fontaneta in presentia totius 
justitiœ reddidit 5'* Stephano terram illam, et omnes 
décimas, quœ ipse Sanctus à Godefrido, avo illius, et 
pâtre iuo habuerat; easque idem S^ deinceps firmiter 
inperpetuum tenendas concessit. » * 

Il arriva, en i io5, un événement digne d'être remar- 
qué à Sicqueville, que la Chronique de Normandie 
appelle mal à propos : Saquainville. Durant les guerres 
de Robert, duc de Normandie, et de Henry roy d'An- 
gleterre, Robert Hamon, sire de Creully et de Torigny, 

(i) Neust. Pia,p. 637. 



388 

qui tenait le parti du dernier, faisait continuellement des 
courses dans ce pajs. A la fin il fut surpris dans T^ise 
de Sîcqueville, ob il s^était retiré, et fait prisonnier par 
les garnisons de Caen et de Bajeux, qui avaient mis le 
feu à cène ^ise pour Tobliger de sortir. On l'amena à 
Bayeux oîi il pensa être mis en pièces par la populace, 
qui était furieuse contre lui. 

M. Guilbert, seigneur de SicqueviUe, vivait, en 1480, 
avec N. de Pellevé sa femme, fille de Jean II* du 
nom, seigneur de Tracy, et de Françoise du Bois de 
L'Espinay(i). 

Pierre Guilbert, seigneur de Sicqueville, baron de Cou- 
lonces, épousa Renée de Vassy, fille de Louis de Vassy, 
seigneur de Brécy, et de Madeleine d^Amfemet. Ils vi- 
vaient en 1574. 

François GuiUebert, seigneur de Sicqueville-en-Bessin, 
épousa, vers la fin du xvi« siècle, Françoise de Longue- 
val, sœur de Marie femme de Nicolas de Sainte-Marie 
d'Agneaux, seigneur de Canchy (2). 

Louis GuiUebert, marquis de Sicqueville, baron de 
Coulonces, gouverneur des ville etchâteaude Vire, vivait 
sous Louis XIII, et eut de Louise d^Apchon, son épouse, 
la suivante : 

Gabrielle GuiUebert, dame de Sicqueville, épousa, par 
contrat du 20 juiUet i665, René de MaiUé, marquis de 
Benehart, gentilhomme de la Chambre du Roy, capi- 
taine d^une compagnie d'ordonnance, et des chasses du 
pays du Maine, dont (3) : 

Louis-Joseph de Maillé, baron de Coulonces et de 



(i)Hitt. des gr. offic, t. II, p. 87. 

(2) Hiit. Marc, t. I, p. 932. 

(3) Hist. des gr. offic, t. VII, p. 514. 



389 

Sicqueville-en-Bessin, enseigne de la compagnie des Gen- 
darmes Flamands, père de Marie-Anne-Geneviève de 
Maillé, lesquels vendirent, vers 1698, la terre de Sicque- 
ville à Jacques-Joseph de Bellemare de Valhebert. 

Messire de Bellemare fit unir cette terre, relevante du 
roy par un plein fief de hautbert, à la baronnie de Cour- 
seulle, et ériger le tout en marquisat par lettres patentes 
de 1 728, mais il sVn défit par vente, en 1 734, après 
ravoir fait désunir de son marquisat par autres lettres 
patentes. 

Jean-Jacques des Essarts, écuyer, seigneur de Montfi- 
quet-le-Coisel, ancien président au présidial de Caen, qui 
Tavait achetée, y a fait bâtir une très belle maison accom- 
pagnée de beaux dehors. Il a pour fils : 

Guillaume-Frédéric des Essarts, seigneur, patron et 
châtelain de Sicqueville, conseiller du roi, président au 
présidial de Caen, qui a épousé, en 1759, demoiselle 
Anne-Thérèse Balin de Cambenard, de tlouen. Il fut tué 
dans une affaire particulière, par M. de Balsac, au mois 
de juillet 1 768. 

TTian (Saint-Pierre de). Sergentcrie de Bernières, élec- 
tion de Caen, 78 feux, notariat de Bény. 

Cette paroisse est assise sur la petite rivière de Mue, 
qui vient du côté de Rotz. Elle est à une lieue de La Dé-- 
livrande et à 3 lieues de Caen. Le grand doyen de 
Bayeux présente de plein droit à la cure. Il en est ie prin* 
cipal décimateur. Le Roi et le Chapitre de Bayeux y ont 
chacun un trait. Le chanoine de Barbières perçoit les 
dîmes de son fief, qui est au hameau de même nom. Le 
grand doyen a le droit de déport et de visite à Than. 

On écrivait autrefois Thaon et Taon. £ntre les 
hameaux de cette paroisse, ceux de Barbières et de Boijn* 



390 

banvile sont les plus considérables, et sont décorés 
chacun d^un fief noble. Jacques-Gaspar de More! de 
Beuzeval, seigneur de Than est conseiller dMpée à Caen. 

Le hameau de Barbières donne le titre à une des 
prébendes de la cathédrale de Bayeux. Son fief a des 
extensions es paroisses de Ranchy et d'Esquay-sur-SeulIe. 
Il a la moitié de la dîme de ce fief à Than, celles des 
héritages de son fief à Esquay, un quinzième de la grosse 
et un dixième de la verte à Ranchy, et des rentes seigneu- 
riales en tous ces lieux. Il y a, dans le château de Bar- 
bières, une chapelle de Sainte-Trinité, à la-présentation 
de noble homme Pierre-Michel-Gilles de Sallen, cheva- 
lier, seigneur de Barbières, au droit de sa femme Marie- 
Henriette de Cahaignes. Il y nomma en 1755, conjointe^ 
ment avec demoiselle Marie-Anne de Cahaignes. 

Le hameau de Bombanville appartient aussi à Than. 
Son fief a des extensions à Aguerny,Cairon et ailleurs. 
Philippe d^Harcourt, baron de Bonestable, dont» le 
20 août 1 397 le dénombrement de son fief de Than a^is 
en la vicomte de Caen, paroisse de Than, au hameau de 
Bombanville, qui s'étend à Anguerny (i). Cette seigneu- 
rie, avec la terre, fut vendue en 1 491, par Jacqxtes d'Har- 
court, seigneur de Fontaines-Ie-Henry, à Jacques Le 
Sens, écuyer, seigneur de Cresserons, avec plusieurs 
parties de rentes pour la somme de 600 livres, à charge 
de rhommage, et des devoirs seigneuriaux à qui ils 
appartiennent. L'an i633, lé chanoine de Bernesq, bénit 
une chapelle domestique située à Than, sur la terre 
et fief noble de Hamars, dit Barbières, pour Gervais 
Allain, écuyer, seigneur de Hamars et de Bombanville, 
qui Tavait fondée et dotée par contrat devant les tabel- 

(i) Hist. Harc.y p. 8o5 et i5o5. 



39Ï 

lions do Çaea^ au mois de mars de la même année^ et qui 
s^on retint la nominatioa pour lui et ses héritiers (i). 
Cette chapelle^ sous Tinvocation de Sainte*Trinité, de la 
Sainte- Vierge et de Sainte-Anne, est à un quart de lieue 
de Péglise paroissiale. Elle a 20 pieds de long, 16 de 
large et 1 6 de hauteur. 

La baronnie de Than fait partie des biens de Pabbaye 
de Savigny [2) ; elle a, différentes extensions, et particuliè- 
rement le fief de Goumay assis à Villy, doyenné de 
Villers, dans le hameau du même nom. 

Il paraît que dés Tan 1 1 64, le grand doyen de Bayeux 
était curé primitif de Than, par une chartre datée du 
14 septembre audit an, qui est dans le Livre Noir du 
Chapitre de Bayeux. Jean de Than, par aae du mois 
d^octobre i23o, vendit au doyen Herbert, tous les droits 
quUl pouvait prétendre au patronage et aux dîmes d^une 
portion de Than, moyennant la somme de 3o livres 
tournois. Cette transaction fut ratifiée en 1295, par le 
même Jean de Than à Jean Le Moine, cardinal, succes- 
seur de Herbert, et par Richard de Than prêtre, et Phi- 
lippe son frère. Ceci est tiré d^un mémoire imprimé en 
1746 pour M. le Doyep contre le curé du Fresne. Les 
actes sont ci-après. 

En 1263, Grégoire de Naples, doyen et depuis évêque 
de Bayeux^ unit pour toujours à sa dignité la dîme de 
Than qui lui avait été donnée par Richard de Surrain. 
Pierre de Benais, son successeur, ratifia, en 1274, cette 
donation. 

Le cardinal Le Moine, doyen de Bayeux, fonda 
des deniers qu'il perçut de sa dignité, la chapelle de 

(1) Reg. de Févlché. 

(2) Mém, pour Vabbi de Savigny^ in-40, p. 1. 



Î92 

Saint-Jean*Ba[>dste dans son manoir seigneurial de Than. 

Cette fondation fut confirmée par le cardinal de Fargis, 
son successeur. 

Universus Bajocensis ecclesiœ canonicorum canven- 
tus omnibus A'"' fidelibus tant presentibus quam futu- 
ris salutem. Noverit universitas vestra quod Philippus 
de Thaon recognovit se esse clericum Willelmi decani 
nostri in ecclesia de Thaon tamquam in ea quœ a 
longe rétro temporibus est in integrum cum ecclesia de 
Fraxino, et cum omnibus aliis suis pertinentiis de jure 
decanatus Bajocensis ecclesiœ : recognovit etiam se 
habere a Decano quid quid habet inprœdictis ecclesiis, 
vel in earum pertijientiis, et quod huic recognotioni 
stabit, et quod de cœtero fidelis existet^ et obedientiam 
exhibebit Decano, et ecclesiœ Bajocensi de ecclesia de 
Thaon et de ecclesia de Fraxino, et de pertinentiis 
earum super textum evangeliorum juravit. Actum est 
hoc anno ab Incarnatione J>' / 164^ 18 kalendas octo- 
bri, videlicet in Exaltatione S* Crucis; in capitulo 

nostro presentibus Umfrido Bouet archicapellano, 

Thoma archidiacono, Roberto subdecano, Wiilelmo 
sacrista, Huberto de Ponte^Isberti, Wiilelmo de Bro- 
Ho et aliis. 

Petro Ebroicensi episcopo et Richardo de Humeto 
conestabulario Régis, Richardus, Dei gratia Constan- 
tiensis episcopus salutem, Sciatis quod quandiu in 
ecclesia Bajocensi decanatum habuimus^ presbiterium 
possidebamus in ecclesia de Thaon, vicariatum nostrum, 
tamquamque persona ejusdem ecclesiœ eramus : neque 
Radulphus de Thaon ullum sacerdotem temporibus nos- 
tris misit in eam ; neque nos per presentationem ejus 
ullum in eadem recepimus, neque per manum ejus 
substituimus, Valete. 



Î9Î 

Noverint universi présentes litteras inspecturi quod 
Ego Johannes de Than armiger, quondamfilius Radul- 
phi de Than, militis defuncti, dedi, concessi, et 
omnino quitavi pro sainte animœ meœy etc. ... in puram 
et perpétuant eleemosinam viro venerabili Herberto 
decano Bajocensi quidquid juris ego et antecessores 
mei habebamus aut habere dicebamus in patronatu 
cujusdam portionis eccIesiœS^'. Pétri de Than^ deci- 
mis et rébus aliis ad dictum patronatum pertinentibus, 
habendum et tenendum dicto decano et successoribus 
ejus in decanatu ecclesiœ BajocensiSy bene^ pacifiée, 

libère ita quod si^ forte contingeret prœdictum 

Decanum, vel in dicto decanatu successores de dicto 
patronatu,,... ab aliquo molestari, ego et heredes mei 
tenemur nostris sumptibus, decano et successoribus 
prœscriptis omnia supra dicta garantisare seu defen^ 
dere contra omnes : Si vero garantisare seu defendere 
nonpossemus.... tenemur dictis decano et suc essoribus 
sex libras turonenses vel usualis monetœ annui reddi' 
tus assignare in rure propria hœreditatis apud Than 
vel alibi.... pro hac autem garantisatione et defensa* 
tione et concessione.,.. idem Decanus mihi dédit tri- 
ginta libras Turonenses. Actum in hoc anno D^ Af^ 
Ducent^ Quinq^ mense octobris. 

Comme Jean de Thaon, écuyer, jadis fils de Raould 
de Thaon, chevalier, alors mort, eut donné, délaissé, et 
du tout quitté..,, a homme de bonne rembrance (sic) 
Herbert jadis doten de Bajreux.... scachie\ qu'yen l'an 
de grâce I2g5, le jour dejeudy après la,.,. Notre Si'' 
par devant nous le vicomte de Bayeux fut présent en 
droit Guillaume de Thaon dudit chevalier fils^ et frère 
dudit Jean, reconnut que la lettre que ledit Jean avait 
faite était vraye et scellée du vrai scel audit Jean^ et 



3W 

V approuve pour bonne.... et voulut et octroya qu'homme 
honorable maître Jehan Le Moine, doîen et ses succes- 
seurs ajrent^ tiennent et pourjlchent ledit patronage^ 
et le patronage de l'autre portion de ladite église, et 
que le doten et ses successeurs donnissent à leur volonté 
et de leur plein droit les dites portions toutes les fois 
quelles seraient vacantes, etc. 

Richard de Thaon, prêtre^ et Philippe de Thaon, 
frères^ et fils de Richard de Thaon, confirmèrent égale- 
ment la chartre de Jean de Thaon par une autre expédiée 
en leur nom Pan 1296^ le jour de vendredi après la 
Saint-Martin d^hiver. 

Il est donc certain que Tancienne famille de Than a 
tiré son nom de cette paroisse^ et qu'elle en a possédé la 
seigneurie. Cette seigneurie a été depuis transportée à une 
branche de la maison de Mathan, d'ob elle a passé par 
acquisition à inessite Blouet de Caen. La famille de 
Blouet de Camilly et de Than est noble et des mieux 
alliées. Ses armes sont : d^azur au lion d^or armé et lam- 
passé de gueules, au chef cousu de même, chargé d^un 
cœur d^or accosté de deux croissants d^argent. 

Pierre Blouet, sieur de Than et de Camilly» contrôleur 
des aides et des tailles à Caen, fut annobli en 16 10. 
Il était originaire de Saint-Manvieu. De sa femme 
M. Jourdain, il eut : \^ Pierre, sieur de Than, qui suit; 
— 2^ Jean, sieur de Caynet, trésorier des guerres, et capi- 
taine, qui épousa une Guerville de Bray, dont deux fillles 
mariées au sieur du Guast de Vassy, et au sieur de Sec- 
queville-Morel ; — 3« François, sieur de Camilly, ci- 
après. 

Pierre Blouet, écuyer, conseiller du roi, seigneur de 
Than, et trésorier général des guerres en la province de 
Normandie, épousa Marie de Malherbe, dont : 



395 

Pierre Blouet, écuyer, seigneur de Than, conseiller au 
présidial de Caen, marié à une demoiselle de Saint- 
Laurent, fille du seigneur de Tierccvillc, dont il a laissé 
postérité. 

François Blouet, sieur de CamiUy, contrôleur général 
des finances à Caen, épousa une Le Haguais^ fille de 
Thomas, contrôleur du sel et receveur de tailles à Caen, 
dont : 

Augustin Blouet, sieur de Camîlly, reçu conseiller au 
Parlement de Rouen en i656. Mort en 1688. Il épousa 
la fille du receveur de Pont-Audemer. 

Pierre-François Blouet de Camiily, prêtre du diocèse 
de Bayeux, doaeur de Sorbonne, archidiacre d'Hyesmes 
en 1674, chanoine théologal, est décédé en 1714. 

D^Augustin, conseiller à Rouen, sortirent : i^ Augus- 
tin Blouet, seigneur de Qimilly, conseiller à Rouen en 
1684, mort en 171 3; '20 François Blouet de CamiUy, 
abbé du Val-Richer en 1693, de Saint- Pîcrre-sur-Dives 
en 1699, grand vicaire de Strasbourg en 1694, évéque de 
Toul en 1704, archevêque de Tours en janvier 1 721, et 
mort en 1723; — 3» Pierre de Blouet de Camilly reçu 
chevalier de Malte le 14. novembre 1684, mort vice-ami- 
ral de France. 

J'oubliais à remarquer que de Pierre Blouet, écuyer, 
seigneur de Than, sortit messire Jacques Blouet, écuyer, 
seigneur de Than, conseiller du roi au baillage et prési- 
dial de Caen, décédé vers 1760, laissant des enfants. 
C'était un magistrat d'une piété distinguée. Il est auteur 
d'un petit ouvrage de dévotion. Il y a dans la maison 
seigneuriale uhe chapelle titulaire de Saint-Jean-Bapfiste, 
laquelle est à la pfésehtation du seigneur de Than. 

Vaussieux (Saint-Philippe de). Sergenterie dc-CreulIy, 



J96 

élection de Caen, i8 feux, 65 habitants, notariat de 
CreuUj. 

Cette paroisse portait autrefois le nom de Vauxi, 
comme on le voit dans une inscription sépulchrale placée 
dans une descôtières de la nef de Téglise en 1 5 19, et dans 
quelques anciens titres. Et ce qui vient encore aujour- 
d'hui de la part de Tintendance, est adressé à la paroisse 
de Vauxi. Ce mot vient du latin Vauceîum et Vauceum. 

Elle est distante d^une lieue au levant de Bayeux. La 
rivière de SeuUe passe directement à travers le milieu de 
son territoire, à. 6 toises loin de Téglise du côté du nord. 
Les abbés de Longues et de Lessay présentent alternati- 
vement à la cure. Le curé a les deux tiers de la dîme qui 
lui ont été cédés pour sa pension. Le seigneur du lieu 
possède Tautre tiers. Il y a 3 fieCs qui ont des extensions 
dans les paroisses voisines ; le fief Bacon, le fief de Cou- 
vert et le fief de Saint-Évroult Ils appartiennent à messire 
Philippe- Jacques d'Hérissy, marquis de Vaussieux, 
chevalier de TOrdre militaire de Saint-Louis, colonel d'un 
régiment de cavalerie de son nom. Il y a un assez beau 
château, au nord duquel est un grand parterre très régu- 
lier par ses découpures et ses compartiments. La rivière 
de SeuUe le borde par deux côtés, et deux pièces d'eau 
par les deux autres. Cette paroisse est d'une très petite 
étendue. 

Robert-Jacques d'Hérissy, chevalier, seigneur de Vaus- 
sieux, seigneur, patron et châtelain de Villiers, Rampan, 
Lavarangue, chevalier de l'Ordre militaire de Saint- 
Louis, capitaine-général de la côte d'Asnelles, fut enterré 
à Saint-Jean de Caen le 2 mai ijSS. Julienne-Louise- 
Antoinette-Geneviève de La Cour, son épouse, était 
morte le 28 octobre 1745. 

Au commencement du xiu« siècle, Simon Bacon, fils 



397 

de Roger, seigneur et patron de Vaussieux aumôna, à 
Tabbaye de Longues, la moitié du patronage de Téglise 
de Vaussieux; peu après, en 1208, Guillaume Bacon, 
frère de Simon, en fit autant du patronage de Martragny 
en faveur de la même abbaye, et lui confirma de plus par 
la même chartre la donation qui lui avait été faite par son 
frère, de celui de Vaussieux. Ces donations furent ratifiées 
au mois de juillet de la même année par Robert des 
Ablèges, évéque de Bayeux. Simon Bacon filins Rogerii 
Bacon dat et concedit monachis S* Afarice-de^Longis 
totum jus patronatus quob habebat in medietate eccle» 
siœ S*^ Philippi de VOuseïo.. testibus Gisleberto de 
Agnellis , — Henrico de Agnellis , militibus , — 
Johanne de Bellomonte canonico Bajocensij — magistro 
Johanne de Brosmesnil, — Hugone de Bemeris, — 
Roberto monacho^ — Gisle'.erio Anglico |i). 

Wilelmus Bacon deMoleïo,filius Rogerii Bacon, dat 
et concedit iisdem monachis totum jus quod habebat in 
illa medietate ecclesiœ S* M* de Martreignïo, quod 
ad suam prœsentationem pertinebat..., prœterea conce- 
dit et ratam et gratam, habet donationem quam Simon 
frater suus fecit de medietate S^ Philippi de Vauseïo 
quœ ad ipsius prœsentationem pertinebat. His testibus : 
"Willelmo Bacon de Formigneio, — Silvestro deFornet, 
— Richardo persona de Treveriis. Actum est hoc anno 
Incarnationi D^ M^ CC^ VIII^ (2). 

Quelques années après, Hugues de Vaussieu contesta 
les patronages de Vaussieux et de Martragny à Tabbaye 
de Longues, prétendant que ces droits lui appartenaient; 



(i) Ex CartuL de Long., p. 3a. 

(a) Ex Cartul, de Long., p. 32, fol., vers. 



mais par le conseil de ses amis, et sur Tavis de quelques 
personnes prudentes, il renonça en présence de ses 
neveux à ses prétentions, et les abandonni aux religieux 
de Longues. La chartre est de Tan 1 2 1 5 ( i ) . 

Henri Taillebois, chevalier, fils de Guillaume Taille- 
bois, chevalier, disputa ensuite le patronage de Vaus- 
sieux, disant qu'il lui avait été donné par Hugues de 
Vaussieux, fils et héritier de Raoul de Vaussieux ; mais 
il transigea avec les religieux de Longues, et dans les 
assises de Caen, il déclara renoncer à ses droits et préten- 
tions en faveur de ladite abbaye. La change est du mois 
de mars i253. 

Richard de Creully, de Curleio, donna à Tabbaye de 
Longues, par une chartre sans date et sans témoins, 
2 acres, des dîmes sur 1 2 acres de terre, et la troisième 
gerbe sur 1 2 autres acres situées à Vaussieux, étant toutes 
du fief de Raoul Tesson, lesquelles dîmes il avait eues en 
partage du bien de ses ancêtres (2). 

Dans la chartre de confirmation de Henri II , roi d'An- 
gleterre pour Tabbaye de Lessay, à laquelle signèrent 
Henry et Jean, évéques de Bayeuxet d'Évreux/il est dit : 
Partent suant de ecclesia «S"' Philippi de Valseîo, et ea 
quœ Hugo de Valseïo ibidem tenuit de ipsis, et partent 
quant habebant in ecclesia S* Mariœ in villa qua 
appellatur Murdqquerie (Martragny?), et cum perti- 
nentiis suis, et id quod Hugo de Valseïo ibidem de eis 
tenuit (3). 

Venoix (Saint-Gerbold de). Banlieue ei élection de 
Caen, 10 feux, notariat de Caen, i5o communiants. 

(i) Ex CartuL de Long., p. 33. 
(a) Ex Cartul. de Long., p. 44. 
(3) Neuft. pia, p. 619, 6a i. 



399 

Cette paroisse n^est qu^à une demi-lieue de Caen. Elle 
est située entre deux rivières qu^on nomme vulgairement 
le Grand et le Petit Odon. Elle a un hameau par exten- 
sion appelé le hameau de La Maladrerie, lequel ne com- 
pose que 8 ou 10 maisons, et en tout 25 à 3o personnes. 
Les patrons présentateurs du bénéfice qui est régulier, 
sont MM. les Prieurs et Chanoines de THôtel-Dieu de 
Caen. Le titulaire prend la qualité de prieur-curé, et en 
perçoit toutes les dîmes, excepté 2 petits traits dont l'un 
est pris par les religieux de Saint-Étienne de Caen, 
l'autre par Pabbaye d'Ardenne. Henricus Jilius Héri- 
ter ti dono dédit abbatiœ de Ardena prope Cadomum 
partem decimœ apud Venoix : id que confirmatumfuit 
per Rogerium abbatem, et conventum monachorum S^ 
Audoeni Rothomagensis anno 1220 (i). 

Venoix a titre de baronnie, et en est propriétaire M. le 
comte de Bernières-Louvigny, fils de M. de Louvigny, 
lieutenant-général des armées du roi. C'est sans doute la 
même chose que la seigneurie de Venoix, qui relève de la 
baronnie de Beauffou, et a appartenu longtemps à la 
famille de Venoix. Jean de Venoix, seigneur de Venoix, 
de la paroisse de Bavent, seigneur de Varaville^ fit sa 
preuve en 1463, devant les commissaires du roi Louis XI. 
Il eut pour fils Robert de Venoix, seigneur de Venoix 
vivant en 1406. 

M. Huet, dans ses Origines de la ville de Caen, p. 44, 
dit qu'il y a dans cette ville une tour nommée la tour au 
Landois, que Ton croit bâiie avant 1 346, et que cette 
tour a pris son nom des seigneurs nommés Le Landois, 
qui avaient une maison tout proche de cet endroit, et que 
Guillaume Le Landois, écuyer, seigneur de Venoix, 

(i) Neust, piUf p. 3o. 



400 

possédait une maison tout près de là Pan i436i Un 
contrat de Tannée 1430, qualifie Colin Le Landois, 
écuyer, seigneur de Venoix : maréchal de la prairie de 
Caen, qualité annexée à un fief nommé le Fief-au-Maré- 
chai. Cette même famille, dit encore M. Huet (ibid.)^ a 
possédé jusqu^à nos jours la terre d'Hérouville proche 
Caen. Il y a'des arrêts de TÉchiquier de Tan i5o5, entre 
La Mouche et Le Landois, pour le fief d'Hérouville ( i) . 
Il avait pour aïeux Pierre Le Landois, écuyer, héritier de 
Colin Le Landois, vivant en 1462 (2). Jean Le Landoîs 
qui possédait la terre d^Hérou ville en prit le nom et 
les armes qui sont : de gueules à deux faces jumelles et 
un chef d'or (Voir le Traité des noms^ p. 55). 

Par un contrat du 24 mars avant Pâques 1458, gardé 
au tabellionage de Caen, messire Jean de Montenay, 
chevalier, seigneur de Garencières et de Baudemont ven- 
dit à Roger de La Valette, lieutenant-général du bailli de 
Caen, un fief assis en la paroisse de Venoix (depuis 
appelée. Montenay de son nom), qui s^étend tant dans 
ladite paroisse de Venoix quVn celle de Saint-Ouen et de 
Saint-Germain. Ce fief venait de Jeanne de Garencières, 
femme, en secondes noces, de Guillaume de Montenay ses 
père et mère. Il avait été apporté dans la maison de 
Garencières par le mariage de Marie Bertrand, vicomtesse 
de Fauguernon, et d^Yon baron de Garencières (3). 

Fieux (Notre-Dame de l'Assomption). Sergenterie de 
Préaux, élection de Caen, 70 feux, 3oo ou 400 commu- 
niants, notariat d'Évrecy. 

Cette paroisse, arrosée pai^ la petite rivière de Guigne, 

(i) La Roque, Traité de la noblesse, p. 34. 

(a) Hist. Harc», p. 100 3. 

(3) Hist. Harc,, t. I, p. 142 et 143. 



40I 

est à 5 quarts de lieue du bourg d^Évrecy, 2 lieues de 
Caen et une demi-lieue de la rivière d^Orne. Ses maisons 
sont rassemblées et forment un espèce de petit bourg, 
excepté le hameau de Saint-Martin, et 5 à 6 maisons 
détachées. L^abbé de Fontenay nomme à la cure et est 
décimateur. M^^ la comtesse de La Pallu acheta la 
seigneurie vers 1768 de M. de Pompierre (i). 

Il y a une chapelle nommée Saint-Jean-du-Qos, qui 
est à la nomination de M. Jacquesson, écuyer, seigneur 
de Vieux. M. Louis Dufour, écuyer, seigneur de Vieux, 
et possesseur par acquêt du fief nommé : Vieux-Jacques- 
son, y nomma sous cette qualité le 16 mars 1696 (2). 

Jacques du Moutier, seigneur de Vieux^ fut annobli 
pour mérites par chartre du mois de septembre iSgi, 
vérifiée à la chambre des comptes et à la cour des aides 
depuis son décès le 29 avril 1592, et 2 mars iSgS. 
Jacques du Moutier, seigneur de Vieux, descendu de lui, 
fit preuve, en 1666, devant messire Chamillard. 

Le village de Brieux situé sur le bord de l'Orne, est 
voisin de Vieux. Il semble venir, selon M. Huet, du 
mot gaulois bricdy briga, ou bria, qui veut dire un pont. 
Il est probable qu*il y en avait un autrejfois en ce lieu-là 
sur la rivière (3). De brica on a fait bricasses, d^otx s* est 
formé le nom de Brieux. Jacques Moisant, célèbre poète 
latin, natif de Caen, portait le surnom de Brieux; il était 
protestant et mourut en 1674, laissant un fils qui a été 
ministre (4). 

Il y a encore à Vieux une carrière de marbre, dont le 
cardinal de Richelieu se servit pour la chapelle de Sor- 

(i) Mercure de France, avril 17 3a, p. 63i. 
(a) Reg. de révêché. 

(3) Orig. de Caen, p. 19. 

(4) Orig, de Caen, ibid., chap. XXII. 

26 



402 

bonne à Paris. Tous les blocs que Ton en tire sont d^iui 
marbre rouge veiné. 

Que Vieux n'ait été qu^un camp des Romains, comme 
le prétend M. Huet, ou qu^il y ait eu une ville considé- 
rable, comme le pensent MM. Foucault, Galland et Tabbé 
Le Bebf, il est toujours certain qu'il y a eu autrefois une 
habitation de la plus grande distinction. — t ^ On y voit 
les ruines de ce fameux chemin appelé la Terre-Levée, 
ou le Chemin-Chaussé, qui passe par le pied de Téglise et 
tend droit à Bayeux. Plusieurs avaient cru que ce chemin 
avait été fait par les ordres de Guillaume-le-Conquérant, 
en mémoire et sur les traces du chemin quMl avait tenu 
en fuyant les comtes de Cotentin et de Bessin, depuis le 
village de Rye près Bayeux, jusque vers Séez; mais les 
vieilles briques qu^on trouve dans ce chemin, semblables 
à celles qu^on trouve à Vieux, font voir clairement qu^il 
est de la même antiquité, et que par conséquent citait 
une de ces routes militaires que les Romains élevèrent 
dans ce pays, comme ils avaient fait dans tout leur 
empire, pour faciliter la marche de leurs armées ; — 2^ On 
y a trouvé, à différentes reprises, et particulièrement en 
1704 et 1 705, lors des fouilles de MM. Foucault et Gal- 
lant, un grand nombre d^antiquités : un aqueduc, des 
fragments d^inscriptions, des débris de colonnes, une 
grande quantité de médailles du haut et du bas empire, 
plusieurs édifices dont les fondations parurent entières» 
entr'autres un gymnase complet dont Tarchitecture est 
conforme aux règles de Vitruve. Tous ces monuments ne 
prouvent-ils pas invinciblement que Vieux était autrefois 
une grande ville, abandonnée depuis, ou détruite dans 
quelque révolution dont Thistoire a négligé de nous ins- 
truire ? — Comme ces médailles sont depuis les premiers 
Césars jusqu^aux enfants du grand Constantin^ il est 



403 

naturel de conclure que la destruction de cette ville doit 
être fixée au plus tard à la fin du iv^ siècle. 

De toutes les inscriptions, la plus curieuse est celle du 
marbre qui fut trouvée sous François I«^ et transponée 
par les soins de Joachim de Matignon, dans son château 
de Torigny, où il est encore. C'est un cype de marbre 
haut d'environ 5 pieds, sur 2 de large, et dont 3 côtés 
sont chargés d'inscriptions en l'honneur de Titus Sennius 
Solemnis. Ce Titus Sennius, fils de Solemninus, y est 
qualifié prêtre des Gaulois, homme célèbre dans sa 
nation, ami des Empereurs, et honoré de diverses dignités 
auprès des lieutenants et préteurs qui commandaient 
pour eux dans les Gaules. La date de ce monument, fait 
en forme de piédestal, est fixée au consulat d'Annius 
Pius et de Pontianus; ce qui revient à Pan 238 de J.-C. 
sous l'empire du jeune Gordien. Je me contenterai de 
rapporter l'inscription qui se lit sur le devant de la base 
de la face antérieure : 

T. Sennk) Solemni Solemnini filio non tine solido marmore 
statue honorem déferre cupimut, hsredibus mandamus. Vir erat 
Sennius Mercurii, Martis atque Dians primus sacerdos, cujus mémo- 
ris omne' genus spectaculorum atque Tauricenia Dians, recepta 
mille nummos XX VII ex quibus per quatriduum sine intennîssione 
ediderunt. Etenith gravitate secta, et moribus honestts, prudentia 
que singulari fuit commandabilis, militiœ consummata peritia. E 
dvitate Viducassium oriundus iste Solemnis amicus benè meritus 
Claudii Paulini Cœsarii Augusti propnetoris provincis Lugdunensis 
fuit, cui postea legatus Augusti pênes eum ad legionem seztam 
adsedit, cuique salarium militis in auro, aliaque munera longé 
pinris missa. Fuit cliens probattssimus JEàlni Juliani legati Auguste 
Lugdunensi, qui postea pnefectus prstorii fiiit sicut epistola quse ad 
làtus scripta est dedaratur, adsedit etiam in provincia Lugdunensî 
Valerio Floro tribuno milîtum legionis III augusts, judid arc» ferario- 
rum. Très provincis Galliarum pr.... monumentum in sua dvitate 
posuerunt. Locum ordo dvitatis Viducassi libenter dédit pedum 
XVIII. Annio Pio et Proculo consulibus. 



404 

Plusieurs savants prétendent que les Viducasses sont 
les mêmes que les Biducasses, et que tous deux sont 
encore les Biducasses de Ptolémée et les Vadicasses de 
Pline. 

M. Huet croit que Vieux n*a point été une ville, mais 
seulement un camp des Romains, et que les Viducasses 
étaient des peuples du Bessin, et non pas des noms de 
villes. Il ajoute que Vieux, que les Chartres de l'abbaye 
de Fontenay font connaître sous les noms de Veacœ et de 
Vedioca, ayant été un camp, il pourrait avoir été appelé 
Vetera castra, d'où Vieux viendrait de Vetera; mais si 
Vieux n*avait été qu*un camp ou un lieu de passage, 
aurait-on trouvé, comme on a fait, tant de ruines de bâti- 
ments, tant d^inscriptions sur du marbre, et les restes 
d^un aqueduc ? 

Sans vouloir entrer dans aucune discussion à ce sujet, 
je pense avec M. l'abbé Le Beuf, que citait une ville 
considérable, qui pouvait être VAugustodorum des 
anciens itinéraires, mais je ne conviendrai pas avec lui 
qu^elle fût la capitale des habitants du Bessin. La raison 
que j^ai de rejeter cette conjecture est fondée sur ce que, 
de tous les monuments, il n^y en a aucun qui soit anté- 
rieur au temps des conquêtes des Romains, d^où il est 
vraisemblable que cette ville est leur ouvrage, et qu^ils 
Tont bâtie entre le Bessin et le pays d'Hyesmes pour 
assurer leurs conquêtes ; au lieu que les peuples de ce 
pays, ainsi que les autres des Gaules, devaient avoir une 
ville capitale, placée ailleurs qu'à l'extrémité de leur terri- 
toire, et plus certainement à Bayeux. 



405 



DOYENNÉ DE CREULLY 

Amblie et Pierrepont. Sergeaterie de Creully, élec- 
tion de Caen, notariat de CreuUy. ' 

Cette paroisse^ arrosée par la petite rivière de Thue, 
est divisée en deux parties^ qui ont chacune leur église 
et leur territoire séparé pour le temporel, quoi qu^elIes ne 
forment qu'une seule paroisse pour le spirituel. Saint- 
Pierre d'Âmblie a 87 feux, et Sainte-Trinité de Pierre- 
pont en a 17. 

Amblie est ancien. Il en est fait mention dans la 
chartre de fondation de Tabbaye Sainte-Trinité de Caen, 
donnée en 1082, où il est nommé villa Amblida. La 
chartre de confirmation, que Henry II, roi d^Ângleterre, 
duc de Normandie^ accorda le siècle suivant à Fabbaye 
de Saint-Étienne de la même ville^ l'appelle Amblia, et 
parle aussi de Pierrepont. In Amblia concedo, dit ce 
prince, centum acras terrœ, et in Pierrepont XXIY . Il 
y a deux portions de cure qui, en 1 35o, étaient à la no- 
mination de Jean de Pierrepont, écuyer, et de Geoffroy 
de Ruppaley, conseigneurs de cette paroisse. Leurs droits 
de patronage sont actuellement réunis es mains de messire 
Jacques Le Prévost de Coupesarte, chevalier de l'ordre 
militaire de Saint-Louis, seigneur et patron d'Amblie, 
Pierrepont et Brévant. Amblie est Péglise matrice ; Pier- 
repont n^est regardée que comme son^annexe. Les curés 
prennent leurs titres et possessions à la première. Ils 
allaient alternativement faire Toffice dimanches et fêtes à 
la chapelle de Pierrepont, qui a ses fonts baptismaux, son 
trésor et son cimetière. Aujourd'hui Tun demeure à 



40é 

Âmblie et l'autre à Pierrepont. Ils partagent également 
le revenu de leurs bénéfices, qui consistent dans la grosse 
dîme de Pierrepont, la troisième gerbe d' Amblie et les 
menues dîmes des deux paroisses, avec les obits et autres 
rentes. L'abbé de Fécamp perçoit la moitié des grosses 
dîmes d'Amblie et du demi-tiers restant ; Pabbesse de Caen 
en prend deux parts, et Pabbé de Caen le surplus. Cette 
paroisse est à trois quarts de lieue de CreuUy et à 3 lieues 
de Caen. 

ArgougeS'SOuS'Bqyeux (Saint-Pierre d^). Sergenterie 
de Tour, élection de Bayeux, 6 feux, notariat d^Estréhan. 

C'est une petite paroisse, située au pied du mont 
d^Ecure, et arrosée par la rivière d'Aure, qui la partage 
des paroisses de Marigny et de Commes. La seigneurie 
d'Argouges est un fief ancien de hautber mouvant du roi, 
et auquel sont attachés les patronages de cette paroisse et 
de Saint-Malo de Bayeux. Le curé est seul dédmateur 
de son territoire, dont la meilleure partie est réduite en 
prairies. 

La noble et ancienne famille d^Argouges tire son nom 
de ce lieu, oti Ton voit encore un vieux château, que 
rhistoire généalogique de cette maison prétend avoir été 
été bâti vers Tannée 760. Le simple peuple d^ici croit que 
les seigneurs d'Argouges descendent d^une fée, et qu^on 
en voit la représentation dans ce château. L^origine de ce 
conte est fondée sur ce que leur ancien cri de guerre est : 
A lafoy, appelé : la fée ou lafé, par le vulgaire, et sur 
ce qu'ils ont pris pour cimier de leurs armoiries cette 
vertu, représentée avec ses attributs, sous la figure d'une 
femme nue jusqu'à la ceinture. Ils portent : écartelé d'or 
etd^azurà 3 quintefeuilles de gueules 2 et i. Vaultier, 
chevalier, seigneur et châtelain d'Argouges-sous-Bayeux, 



407 

est le premier de ce nom qui soit connu par titres. Il fut 
du nombre des seigneurs qui restèrent. Pan 1066, en 
Normandie^ pour éire du conseil de la duchesse Ma- 
thilde, lorsque le duc Guillaume son mari passa en An- 
gleterre pour en Êiirela conquête. Il eut pour enfants: 
Collette d^Argouges, mariée à Robert, sire de Harcourt, 
dit Le Fort, dont vint entre autres Philippe, évéque de 
Bayeux; et Raoul, père de : Guillaume d'Argouges, che- 
valier banneret, qui continua la postérité : et de Robert, 
qui tua, dans un combat singulier, Bruin, chevalier 
allemand d^une merveilleuse stature, pendant le siège de 
Bayeux, en 1 1 06, et qui passa dans la Fouille, oti il 
donna de nouvelles preuves de son courage. Les descen- 
dants de Guillaume, seigneur d'Argouges, formèrent plu- 
sieurs branches, dont les plus illustres sont celles des 
marquis de Rasnes et de Gratot. Leurs aînés possédèrent 
la terre d^Argouges jusqu'en i632, qu^elle fut vendue 
pour la somme de 48,500 livres par Joachim, seigneur 
dudit lieu et de Valbadon» descendu au i8« degré de 
Valtierd^Argouges. De ces aînés sortit : Jacques^ seigneur 
d'Argouges, panetier ordinaire du roi François l^', qui 
témoigna sa fidélité envers ce prince en révélant, avec le 
seigneur de Matignon, la conjuration du connétable de 
Bourbon. Dame Madeleine de Choisi, veuve de Louis 
Le Fèvre de Caumartin, conseiller d^Etat, qui avait ac- 
quis la terre d'Argouges, la laissa à Louis Le Fèvre de 
Caumartin, père de Paul-Victor-Auguste Le Fèvre de 
Caumartin, chevalier de Malte, qui la revendit, vers 
1728, à Claude-Olivier Regnault, écuyer, président tré- 
sorier de France à Caen, dont le fils héritier la possède 
aujourd'hui. Elle est à une petite lieue de Bayeux. 



4o8 

Arramanches (Saint-Pierre d^). Sergenterie deGraj, 
élection de Bajeuz, 76 fcux, notariat de Tracy. 

Paroisse maritime, dont k plupart des habitants s^oc- 
cupent à k pêche. On prononce Armanches. Elle est 
appelée dans les titres de Tabbaye de Longues Arremen- 
cia tx Arromanchia (i). Henry et Guillaume de Gray 
donnèrent à cette abbaye, le premier : Féglise iTArro- 
manches avec toutes ses appartenances; le second, tout 
le droit qu^il avait dans Ârromanches. Leurs Chartres, 
sans date, furent confirmées par celles de Henry II, 
évéque de Bayeuz, peu après la fondation de Longues, 
vers 1 1 70. L'abbé de Longues présente à la cure et perçoit 
les dîmes. 

La c6te de ce village est plate et forme un demi-cercle 
environné de falaises, oU les pécheurs mettent leurs 
barques k couvert des vents. On voit tout au bord les 
vestiges du château des anciens seigneurs d'Arromanches, 
d^où Ton peut juger combien la paroisse a perdu de ter- 
rain de ce c6té«là. Le fameux rocher du Calvados, qui est 
dans la mer, à une lieue de la côte, s'étend de là jusqu'à 
Bernières, à Test. Il ne découvre que dans les grandes 
marées, et met la côte à couvert de toute insulte. Vis-à-vis 
d' Arromanches, il est joint à l'ouest par le rocher de La 
Chaîne, qui s'allonge jusqu'à l'entrée de la bouche 
de Port-en-Bessin. On assure qu'il a été garni d'un 
gros village, dont la mer s*est emparé. On trouve 
encore d'anciens titres passés devant les tabellions de 
Calvados. Il est à remarquer que la mousse, l'herbe et la 
terre se pétrifient sur les falaises depuis Arromanches 
jusqu'à Sainte-Honorine-de-Perthe. La seigneurie est 
incorporée au marquisat de Magny, et relève de sa 

(i) Cartul. de Longis, p. 9, 10 et 33. 



409 

haute justice. Cette paroisse est à 2 petites lieues de 
Bayeux. 

La nuit du 24 au 25 mars, il sortit neuf barques du 
mouillage d^Arromanches qui furent surprises dMn ou- 
ragan violent; quatre périrent avec 14 hommes, les autres 
n'échappèrent qu^avec peine. 

Asnelles (Saint-Martin d'). Sergcnterie de Gray, élec- 
tion de Bayeux, 94 feux, notariat de Ver. 

Paroisse maritime, bornée au levant par Meuvaine, et 
au couchant par Fresné^sur-la-Mer. Ses habitants pour 
la plupart sont matelots et vivent de la pèche. Son terri- 
toire est arrosé par le cours de La Gronde, qui en hiver et 
quelques fois en été, se forme de la crue des eaux. Ce 
cours, qui commence à Rye, à une lieue au midi, passe 
par un coin de Fresné, vient se décharger dans les marais 
d^ Asnelles et de Meuvaine, et se perd enfin à la mer par 
un écoulement qu'on est obligé de lui faire de temps en 
temps. 

L^église est à quelque distance de la mer, sur une petite 
éminence, accompagnée de maisons. Sur le bord de la 
mer, à 200 perches, du corps de la paroisse, il reste 
5 maisons d^un plus grand nombre dont ce redoutable 
élément s^est emparé depuis 5o à 60 ans. On rappelle le 
hameau d'Asnelles. Là est situé le corps de garde, et un 
petit magasin qui y fut construit en 1 757. Il n^y a point 
de rochers ni de falaises en ce lieu, et les grèves déliées en 
sont remarquables. Les racines et les souches d'arbres 
qu^on trouve fréquemment sur le rivage dans la basse 
eau, font voir qu^il y avait autrefois un bois. Il s^appelait, 
dit-on, La-Forét-de-Quinte-FeuilIes. On m^a assuré qu^il 
en est fait mention dans de vieilles ordonnances des Eaux- 
et-Foréts. 



410 

La cure était à la nomination de Tabbéde Tours, aussi 
bien que ceUes de Fresné et de Meuvaine. Elles ont été 
aoffiônées à son abbaye par les Malherbe de Saint-Ai- 
gnan, qui possédaient andennement les seigneuries deces 
pairâses. Depuis la réunion de la manse abbatiale de 
cette abbaye au collège des Jésuites de Tours, les grosses 
dîmes, quant aux deux tiers, ont été cédées à ces Pères« et 
la nomination des cures à M. Tévéque de Bayeux. Les 
Jésuites, au droit de l'abbé de Tours, sont seigneurs et 
patrons honoraires d^Asnelles, comme y possédant le 
premier fief. Le fils mineur de M. de La Rivière de 
Meuvaine y en a trois, qui sont les fiefs : d^Asnelles, de 
Campigny et d^Hermanville. Elle est à 2 lieuesde Bayeux. 



Bamnlle (Saint-Ld de). Sergenterie de^Gray, élection 
de Bayeux, 1 3o feux, notariat de Ver. 

Cette paroisse est en rase campagne, à peu de distance 
delà mer. Il y a un camp où le bataillon de Poligaac de 
Lorraine passa Tété en 1 747, et où une partie des milices 
garde-côtes campa quelque temps, en 1758, pour garantir 
le pays des incursions des Anglais. 

Le seigneur nomme au bénéfice, et le curé perçoit 
toutes les dîmes. La seigneurie est un plein fief de haut- 
ber, mouvant du roi à cause de sa châtellenie de Bayeux, 
avec droit de haute jusdce, de foire et marché, et de pêche 
depuis Vieux-Pont jusqu^à la mer, de fouage et de mo- 
néage. Il s^y tient une foire le jour de Saint-Lô. On dit 
que M. de Banville a drcnt de marché tous les mardis, et 
de tenir des foires le lendemain de Quasimodo et le len- 
demain de Saint-Jean-Baptiste. Ces droits ont été accordés 
en i55i par le roi Henri II à Renée Daneau, veuve de 
messire Christophe de Syresme, seigneur de Banville, jea 



4" 

considération des services quUl avait rendus àla couronne 
sous François W. 

La seigneurie de Banville, possédée en i35o par Juge« 
randu Bosc, écuyer, passa depuis à Jean de Royville, 
écuyer, seigneur et patron de Banville, qui eut pour père 
Guillaume de Royville dit Taupin, originaire du Pays- 
d^Auge, et pour mère Jeanne Colart (i). Les armes de 
Roy ville sont : d'or à Taigle à deux têtes, esployée de 
sable. De Githerine de Courcy, son épouse, il laissa 
Richard de Rojrville, !<' du nom, seigneur et patron de 
Banville, compris dans le rôle de Montfaouq, en 1463, 
parmi les anciens nobles. Il s^allia de Théomène de 
Virville, troisième fille de Philippes, baron deCreully,et 
de Marie de Montauban, dont vint Richard deRoyville, 
II« du nom, seigneur et patron de Banville, cité dans un 
contrat de 1497, avec Anne d'Argouges sa femme, fille 
de Jean, seigneur d'Argouges près Bayeux, de laquelle il 
eut : Jean de Royvile qui, en i Sog, nomma à la cure de 
Banville : vénérable et scientifique homme maître Jean 
d^Argouges, protonotaire du Saint-Siège, conseiller de 
très chrétien roi, prince et seigneur français, dans la cour 
souveraine de TËchiquier de Normandie. Après lui parait 
Hervé Danneau, écuyer, seigneur de Banville, vicomte 
de Bayeux, es années i536 et i54q. Lui et Jacques Dan- 
neau son frère firent preuve de noblesse en 1540. Ils 
montrèrent qu'ils descendaient de Jean Danneau dit 
Goujon, du pays de Tierache, annobli Tan 1438 par 
Charles VII, en faveur des services qu'il avait rendus 
pendant 20 ans sous Pothon de Xaintrailles, premier 
écuyer de France, et pour avoir fait prisonnier de guerre 
Jean Talbot, l'un des plus renommés chefs de Tarmée 

(i) Hist. Harc, t. II, p. 1060 et suiv. 



4X2 

aoglaiie à la bataille de Patay (i). Renée Danneau sa 
fille, dame de Banville, épousa Christophe de Syresmes, 
seigneur de La Perrière, puis viconte de Bayeuz, qui était 
de Vemon-sur-Seine. Leur fils aîné, Antoine de Syresmes^ 
seigneur et patron de Banville, Coulombiers-sur-Seulle» 
La Ferrière-SiUans, Hamars et Pierrefitte, nomma à la 
cure de Banville en i584 (a). Il mourut le 25 mai 1604a 
Bayeux, où il avait été viconte après son père. Jean de 
Syresmes, seigneur et patron de Banville, fils du précé- 
dent et de Suzanne de Grémon ville, nomma à la même 
cure en 1641. De même que Jean-Baptiste Syresmes, 
chevalier, seigneur et patron de Banville, capitaine entre- 
tenu dans la marine au département de Rochefort, en 
1679 ; Marie- Anne de Syresmes, sa fille héritière, et de 
Marie-Madeleine Peron, en 1 706, et Regnobert de Sy- 
resmes, chevalier, seigneur et patron de Banville, en 
1 707 et en 1 743. Elle est à une lieue du bourg deCreuUy 
et à 3 lieues de Bayeux. 

Ba^enville (Saint-Martin de). Sergenterie de Gray, 
élection de Bayeux, 90 feux, nouriat de Ver. 

Son territoire, composé de terres à . labour et d^her- 
bages est fort resserré, et simé sur une hauteur qui le prive 
de la commodité d^une rivière. Quatre à cinq petits ha- 
meaur, peu distants les uns des autres, et Féglise au mi- 
lieu, forment le corps de la paroisse. Elle est à 2 lieues de 
Bayeux et à une lieue du bourg de CreuUy. Elle est 
bornée au levant par Crépon, au midi par Villiers4e-Sec, 
au couchant par Le Manoir et au nord par le hamel de 
Maromme dépendant de Meuvaines. 



(i) La Roq., Traité de la JVb6/., i** édit, p. ii3-ai4 et 181. 
(a) Reg. derévêché. 



I 



413 

Il 7 a deux portions de cure de patronage laïc. En 
i356, Guillaume de BoutteviUaio nommait à la grande, 
et la dame veuve de Guillaume de Faoucq, chevalier, à 
la seconde. Les deux curés prennent un tiers de la grosse 
dîme avec tous les verdages; le chapitre de Bayeux un 
autre tiers. Le troisième tiers est divisé entre Pabbé de 
Longues, le prieur de Saint-Gabriel, les religieux de 
Saint-Evroult et THôtel-Dieu de Bayeux. 

Messire Nicolas-Joseph Foucault, seigneur marquis 
de Magny, possède 3 fiefs à Bazenville : le fief de Bazen- 
ville, le fief Chrétien dit La Roy, et le fief Halbot. Il est 
seigneur, patron et suzerain de cette paroisse, et cepen- 
dant il ne nomme qu^à la seconde. Ces fiefs relèvent du 
roi. 

Messire Pierre d'Auge possède le fief de Tournebu qui 
relève du fief Chrétien^ dit Le Roy, en noble et en roture, 
et nomme à la première ix>rtion. 

Messire Jean-François de Grimouville possède le fief 
de Saint-Jean-de-Jérusalem et le fief de Crèvecœur, et est 
seigneur haut jusdcier de Bazenville. 

Le fief Chrétien, dit Le Roy, relève par un huitième de 
chevalier du Roy, à cause de sa vicomte de Bayeux. Le 
chef-lieu est à Bazenville; de lui relève celui de Tour- 
nebu, sis au même lieu, et auquel est attaché la nomina- 
tion de la première portion, selon Taveu d^Alexandre de 
Longauney, chanoine de Bayeux, dont le père Pavait 
acquis de Pierre de Syresmes, seigneur de La Ferrière- 
Sillans, fils d'Antoine, seigneur de Banville (i). 

Ce chanoine vendit aux administrateurs de PHâtel- 
Dieu deCaen, par contrat du lo juin 171 3, la terre de 
Bazenville pour la somme de 52^000 livres de principal, 

(1) Recueil d*aveux de la vicomte de Bayeux. 



414 

a,ooo livres de vin et 3,ooo livres pour la condition de 
réméré. Les dits administrateurs gardèrent les rotures 
seulement, et revendirent, en 1720, le fief et les rentes 
seigneuriales à M. de Magny, intendant de Caen, savoir 
le fief 3,000 livres, et les rentes 6,000 livres. 

Charles Grente, écuyer, tenait, en 1453, de la baronnie 
de Saint-Vigor pour Févéché, par hommage noblement, 
un quart de fief dont le chef est assis en la paroisse de 
Bazenville, et doit 40 sous tournois de rente de 3 ans en 
3 ans à la Saint-Michel ( i ) . , 

11 est sorti de cette paroisse une famille noble du même 
nom, qui en a possédé la seigneurie et qui n*existe plus. 
Robert, comte de Bazenville, par le désir d^acquérir de la 
gloire, alla en Sicile servir sous Roger I^'^ du nom, et 
Guillaume son fils, rois de cette isle, et dont il avait 
rhonneur d^étre parent (3). Piqué du peu de retour qu'il 
trouva dans le dernier, il s^arma avec Richard de Lin- 
gèvre, son compatriote, et courut le pays de ce prince, oti 
il fit beaucoup de dégât, ce qui le fit dépouiller de ses 
biens et bannir du royaume. Un autre Robert de Bazen- 
ville donna aux chapelains de Notre-Dame de Bayeux 
quelques terres situées à Vaux-sur-Aure, en ia36 (3). 

Cette paroisse est le lieu natal d^ Antoine et de Henf^ 
Halley, professeurs d^éloquence et de droit dans 1^ Uni- 
versité de Caen; ils étaient frères; Talné vint au monde 
en 1593, et mourut le 3 juin 1676. L^autre mourut le 
13 octobre 1688 (4). 

Le dimanche 4 de septembre 1746, environ sept heures 
de matin, le tonnerre tomba sur le milieu des granges de 

(i) Aveux de Tévêché de Bayeux, 1753. 

(2) Manuftc. d'Eusèbe, p. 209. 

(3) Cart. capel. B. M. Bajoc. 

(4) Orig, de Caen, p. 393-394. 



415 

la ferme deNBazenville. Elles furent embrasées dans un 
moment, avec i6,3oo gerbes de froment, 56o gerbes 
d^orge et 2, f oo gerbes d^avoine : les écuries, étables, pres- 
soirs, charteries, celliers, greniers à bled et à foin, avec 
les foins, équipages de harnois, etc., sans qu^on pût rien 
sauver *à cause de Tactivité du feu. Nicolas Le Coun la 
tenait alors au prix de 2,860 livres par an. Il y eut fins 
de 5oo pieds de bâtiments incendiés, dont il ne resta que 
les murs. Par le procès-verbal de visite et d^estimation 
fait le 16 suivant, la dépense pour la réédification fut 
estimée à 15,644 livres, et la perte du fermier à i5,5oo 
livres. Les maires et échevins de la ville de Caen et admi- 
nistrateurs de FHôtel-Dieu de Caen, auquel cette ferme 
appartient, présentèrent leur requête au seigneur évéque 
de Bayeux pour obtenir une quête par tout le diocèse. 
Elle fut répondue le 3 octobre suivant (i). 

Brécy (Notre-Dame de PAssomption). Sergenterie de 
Creulty, élection de Caen, 1 1 feux, 5o habitants, notariat 
de Creully. 

Il n^ a qu^un hameau appelé Varembert, situé à 
l'extrémité de la paroisse, sur le bord de la rivière de 
Seule. L^église est fort jolie et bien décorée, dans laquelle 
on voit une très belle chapelle de Sainte-Anne, mais sans 
titre. 

La paroisse et la cure de Brécy dépendent du chapitre 
de Bayeux pour la |uri4iction contentieuse, et la cure est 
à la pleine collation du chanoine de Brécy. Les dîmes 
sont partagées entre le chanoine de Brécy et Pabbaye de 
Cérisy qui en ont chacun un douzième; Tabbaye de 
Fécamp, au droit de, Saint-Gabriel, les chanoines de 

(i) Extrait du mand. de Tévêque pour quester. 



416 

Gueron et de Gtvrus, qui en om chacun un quart, et le 
curé qui en a le tiers avec sa pension, avec tous les ver- 
dages. Il y a 2 fiefs : celui du chanoine, qui a été acquis en 
1757 par M"« de Mathan-Le Bas, moyennant 340 livres 
de rente, et celui de M. de La-Ferrière-Le Vaillant. Les 
principales maisons sont celles de M. Le Vaillant, et de 
feu Tabbé de Cambes, avec un beau jardin. Cette der- 
nière appartient aujourd'hui à M. de Gavrus. 

Brécy, en latin Brecheyum, BrechiumcxBrœceum est 
ortographié par quelqu'uns en : Bressy. M. Huetcroit 
qu'il en faut rapporter Torigine au mot Breg qui, en 
langue gauloise, signifiait une fente ou crevasse ( 1 ). L'éty- 
mologie est-elle juste ? 

Elle est à trois quarts de lieue du bourg de Creully, à 
3 lieues de Bayeuz, et à 4 lieues de Caen. 

Cette paroisse a donné le nom à une ancienne famille 
noble de Normandie, qui a produit un abbé de Fécamp 
dans la personne de Robert de Brécy. Robertus de Bre^ 
Mo natus est è suburbano Brecht diocœsis Bc^ocensis. 
(Chron. Fiscanensis, apud bibliot. Labbé, t. I, p. 329). 
Il gouverna cette abbaye 2 ans et 9 mois, et mourut en 
i328. Hermant traduit son nom par Robert de Brèche, 
et le fait natif du village de Puteaux [Putot], dépendant 
de la paroisse de Bretteville-rOrgueilleuse (2) ; mais en 
citant pour son garant le Neustria Pia, il faitvoir sonpeu 
d'anention, puisque celui-ci en parle comme la chronique 
de Fécamp. Pbilebert de Brécy, chevalier, et M°>« Mar- 
guerite d'Anisy sa femme, dame de Saint-Célérin et du 
Pin avaient procès contre Jean d'Harcourt comte d'Au- 
male, vers 1400 (3). 

(i) Orig, de Caen, p. 314. 
(1) Hitt. de Beoreux, p. 3i6. 
(i) Hist. Harc, t. I, p. 416. 



417 

ColombierS'Sur'Seule (Saint-Vigor de). Sergenterie de 
Gray, éleaion de Bayeux, 49 feux, notariat de Ver. 

Cette paroisse a souffert différentes altérations dans son 
nom, comme : Collombiers, Colombie et Coullomboye. 
Elle est située sur la rivière de Seule, qui la sépare de la 
paroisse d^Amblye. On compte de ce lieu une demi-lieue 
au bourg de CreuUy, 3 lieues 'à Bayeux, et 4 lieues à 
Caen. 

M. de La Haye de Bazenville^ secrétaire du roi, sei- 
gneur de Colombiers présente à la cure. Les deux tiers de 
la dîme appartiennent au prieuré de Salnt-Vigor, au droit 
du prieuré de Saint-Gabriel, le tiers avec les verdages est 
au curé. 

La seigneurie de Colombiers relève du roi par un fief 
d^hautber. Elle était possédée en 1 356 par le seigneur de 
Cully. Noble homme François de Guerville, seigneur du 
fief de Cully, situé à Colombiers-sur-Seule^ nomma à la 
cure en 1549. Il descendait de Jean Laurence annobli 
par Chartres de février 1455. Ce Jean fut père de Giot, 
père de Guillaume qui prit le nom de Guerville au lieu de 
celui de Laurence, par lettres patentes du 9 mars 1485, 
vérifiées par le bailli de Caen en i486. Cette famille se 
divisa en 3 branches, savoir : les seigneurs de La 
Lande et de Bray ; les seigneurs de Colombiers et les 
seigneurs d^Esquay, lesquels firent conjointement leur 
preuve de noblesse en 1599 devant M. de Roissy. 

La seigneurie de Colombiers fut adjugée par décret 
vers 1660 à messire Louis Le Valois, seigneur d^Esco ville, 
sur Nicolas de Syresne, écuyer, seigneur de Colombiers, 
et la dame son épouse. Elle passa depuis aux marquis de 
Gratot. C^est sous cette qualité que nomma à la cure de 
Colombiers es années 1706 et 1709, messire Georges 
d^Argouges, chevalier^ marquis de Gratot^ conseiller du 

27 



4i8 

roi, lieutenant-général de S. M. en Basse-Normandie (i). 
Noble dame Anne Le Vasseur sa veuve, y nomma aussi 
en 171 9, ainsi que messire Michel d^Argouges, cheva- 
lier, seigneur et marquis de Gratot en 1 727. La fille héri- 
tière de M. de La Haye Bazenville a épousé M. Terray. 

Crépon (Saint-Médard et Saint-Gildard de). Sergen- 
terie de Gray, élection de Bayeux, 5o feux, 400 commu- 
niants, notariat de Ver. 

Cette paroisse est située sur une éminence, et arrosée par 
la petite rivière de Provence qui y prend sa source, et va 
de là se perdre à la mer dans la paroisse de Ver. Elle est 
à une lieue du bourg de Creully et à 2 lieues et demie de 
Bayeux. 

Cest une des plus anciennes baronnies du bailliage de 
Gien, qui relève du roi par un plein fief d^hautber. Un 
recueil d'aveux du siècle dernier marque aussi que c^est 
une châtellenie et tiers de baronnie avec des extensions 
dans plusieurs paroisses voisines. Cette baronnie donnait 
droit de séance à TÉchiquier de Normandie, et son sei- 
gneur est un des 4 grands bacheliers de la Province (2). 
Il présente à la cure. La dîme est partagée par moitié 
entre le curé et l'abbaye de Cormeilles. Son nom est 
unique en France. Les uns ont écrit Crespon, les autres 
Crespum, Ecclesia de Crepone. 

Le patronage de cette cure avec toutes ses apparte- 
nances (18 acres de terre et tous les hommes et leurs 
revenus), furent donnés à Tabbaye de Cormeilles par 
Guillaume de Crépon, comte d^Mérefort, ou Guillaume 
comte de Breteuil son fils, seigneur de Crépon. Henry II, 

(1) Reg. de l'évéché. 

(a) HisU Harc., t. III, p. iSj, 



419 

roi d'Angleterre, dans sa cbartre pour Pabbaye de 
Cormeilles, lui confirme ce don et assure qu'il a été fait à 
ce monastère par ses fondateurs, dont Guillaume comte 
de Breteuil, dit ce prince, est le principal. La bulle du 
pape Alexandre 111, de Tan 1168, explique la susdite 
donation en ces termes : Ecclesiam de Crespum cum 
omnibus decimis, et decem et octo ocras terrœ (i). Elle 
ne marque point le nom du donateur; mais il est constant 
que les religieux de Cormeilles ont toujours joui depuis cp 
don du fief de Cormeilles en la paroisse de Crépon, et 
que les vassaux de cette seigneurie se sont toujours main- 
tenus à ne point payer la dîme des terres qui en relèvent, 
et qui leur avaient été baillées auparavant sous cette con- 
dition par les seigneurs de ce même fief. 

Le pape ayant permis au roi de recueillir sur son clergé 
la somme de 5o,ooo écus, les abbé et religieux de Cor- 
meilles vendirent ce fief à François de Cairon, écuyer, 
par contrat du 4 juin 1 677, pour contribuer à cette taxe. 
Le patronage de la cure est attaché à ce fief. La vente fut 
de 800 livres pour le principal, et les 2 sous pour livre. 
Le sieur de Cairon revendit depuis ce fief au baron de 
Crépon, dont les représentants le possèdent encore. Les 
religieux de Cormeilles y perçoivent toujours la moitié 
des dîmes, le curé a Pautre moitié qui lui compose un 
très bon revenu. 

La baronnie de Crépon a des extensions es paroisses de 
Meuvaine, CoIombiers-sur-Seule, et es environs, comme 
on le voit par l'aveu de messire Jacques de Novince, 
chevalier de Malte. Il y a aussi une fiefferme, qui fut 
fiefiée par le prix de 5 1 s. par an à Guillaume Le Blays, 
écuyer, selon un compte de i563. Cette baronnie a 

(i) Manast. Angiic, t. II, p. 962. 



420 

donné son nom à une ancienne maison éteinte que la 
Chronique de Normandie dit avoir pour auteur' un 
chevalier Danois qui accompagna le duc Rhou et qui 
eut en partage la terre de Crépon* Ses armes étaient de 
gueules à la quintefeuille d^bermines. 

Osbem de Crépoil était fils de Herphaste (i), fils d^un 
chevalier Danois, neveu de Gonnor, duchesse de Nor- 
mandie, de Duceline ou Weve, femme de Thouroude, 
sire de Ponteaudemer, et de Sainfrie, mariée au Forestier 
de Chercheville. La Chronique de Normandie prétend 
que c'est de lui que Cresponville^ Gerponviile et Qipon- 
ville au diocèse de Rouen, ont pris leur nom (2). 

La même Chronique fait mention de Guilbert de Cré- 
pon contemporain d^Osbern de Crépon (3). Elle marque 
que le duc Robert lui donna le château de Tillières à 
garder, et que Guillaume son fils le céda depuis à 
Henri !«% roi de France qui le fit démolir. Selon cette 
Chronique, Guilbert de Crépon épousa Ariette, maltresse 
de Robert, duc de Normandie, de laquelle il eut Odon, 
évéque de Bayeux, Robert de Crépon qui fut grand 
personnage, et la comtesse d^Aumale (4), mais ce fait est 
contredit par tous les historiens qui ne donnent point 
d'autre mari à Ariette qu*Herluin, comte de Conte- 
ville (5). 

Guillaume de Crépon, fils d^Osberne, devint comte de 
Breteuil et de Leicestre en Angleterre. Il portait pour 
armes : d^argent au cerf d^azur encorné d'or et passant. Il 

(i) Hist. Harc,, t. I, p. 38. 

(a) ChroH. de Norm.^ p. 44 et 45. 

(3) ChrOH^ de Norm., p. 68. 

(4) Chron. de Norm,,p. 69. 

(5) WilUL Gemetic, lib. VII, ctp. III; Ord. Vitalis, lib. V et VII, 
fol. 467, 



421 

avait épousé Adélaïde, fille de Roger de Thoëny, une des 
plus riches héritières de Normandie^ dont sortirent deux 
fils : Guillaume, comte de Breteuîl, et Robert, comte 
d'Hereford(i). 

Guillaume, II« du nom, comte de Breteuil, baron de 
Crépon, eut les biens de Normandie dans le partage de 
la succession, et ne laissa que des filles alliées à des sei- 
gneurs de la première distinction. 
N La baronnie de Crépon depuis ce temps-là a passé 
dans bien des familles, tant par succession que par vente. 
En i355, elle appartenait, selon le livré Pelut, à N. de 
Fcrrières. 

Dans le même siècle, Jeanne de Malesmains épousa 
Olivier, IV« du nom, sire de Montauban en Bretagne, 
mort en 1 388, et lui apporta en mariage les terres de Cré- 
pon, de Romilly, Marigny et autres terres en Nor- 
mandie. Elle était fille de Gilbert de Malesmains, sei- 
gneur de Sacé, et de Typhaigne de Gourcy. Guillaume 
de Montauban, leur troisième fils, portait le titre de sei* 
gneur de Crépon, et mourut sans alliance (2). 

Olivier de Montauban, V« du nom, frère aîné de Guil- 
laume, retira en iSjô la terre de Crépon que Bernard 
de La Ferté, cohéritier de la dame de Chaourses, avait 
aliénée. 

Renaud de Montauban, son quatrième fils, par son 
partage fut seigneur de Crépon et de Marigny, et en fit 
hommage le 14 octobre 1 394. 

Guillaume de Montauban, frère aîné du précédent, 
échangea ensuite ses terres de Linières-la-Doucelle et 
Crépon, contre celles de Plumoêt et de Montbrun, qui lui 

(i) Hist. Harc., 1. 1, p. 39. 

(a) Hist. des gr, Offic,, t. IV, p. 78 et 79. 



422 

furefit cédées par Typhaigne du Guesclin, femme de 
Pierre de Touraemine, seigneur de Jaoson, par acte passé 
à Dinau le i5 mai 141t. Il était qualifié seigneur de 
Rommilly ; apparemment que cet échange n'eut pas lieu, 
car nous trouvons que Jean de Montauban, son fils» rendit 
le 3 juillet 1450 aveu de ses terres de Normandie, parmi 
lesquelles Crépon est compris (i). Il en rendit encore 
aveu en 1457; il fut maréchal de Breugne, amiral de 
France, bailli de Cotentin (2); il obtint en 1461 ou 1463 
des lettres du roi pour l'érection en hautes fustices des 
baronnies de Marigny, Rommilly et Crépon. Marie de 
Montauban, dame de Crépon, s^allia, par contrat du 
14 avril 1443, à Louis l^ de Rohan, seigneur de Gue- 
mené, dont vint Louis II, qui posséda depuis les susdites 
terres de Normandie. 

Demoiselle Hélène de Rohan dame de Crépon en 1497. 

Gillette du Châtel, dame de Crépon et de Sermentot, 
nomma à la cure de Sermentot en 1 5i6 (3). 

Jean de Kenelec (ou du Quelnec), vicomte du Fou, 
baron du Pont, amiral de Bretagne, épousa Françoise 
Goyon, fille unique d^Alain, seigneur de Villers, grand 
écuyer de France, bailli de Caen, et fut père de Marie, 
baronne de Crépon (4). Françoise Goyon mourut à 
Caen, Tan i536. 

Louis de Novince, chevalier, seigneur d^Aubigny, et 
de Cahagnes, baron de Crépon et viconte d^Esquay du 
chef de sa femme, vivait en i63o. Dame Françoise de 
Maimbeville, sa veuve et douairière de Crépon, nomma à 
cette cure en i656, du consentement d^Adrten de 

(I) Hist. des gr. Offlc, t. VII, p. 857. 
(a) Hist, Harc, t. II, p. io66, 

(3) Reg. de Tévêché. 

(4) M. Huet, Orig. de Caen, p. i38. 



4^3 

l^ovince, chevalier, seigneur et baron d'Aubigny, pro- 
priétaire et seigneur de Crépon (i). Ils descendaient de 
Jean de Novince, seigneur d'Aubigny, qui, l'an i58o, 
fit au célèbre Jacques- Auguste de Thou, conseiller d^État, 
cette magnifique réception à Caen dont il est parlé dans 
la vie de ce magistrat (2). 

Marguerite de Biais porta en mariage à Alexandre 
Costé, marquis de Saint-Suplix, conseiller au parlement 
de Rouen, les terres et baronnie de Crépon; de Vaux et 
de Grey. Cette dame, issue d^une ancienne maison de 
Normandie, et alliée à toutes les meilleures de Nor- 
mandie, telles qu^à celles de Faouq, de Garnetot, d^Hien- 
ville", d^Estampes, de La Luzerne, de Brévant, d'Oûessey, 
de Civille, de Nassi, de Becdelièvre, de Mathan, de Tier- 
ceville, de La Roche-Aimon, de Cadot-Sebeville, de 
Castel de Crevecœur, et de GouflSer d^AUy, était filleule 
de Louis XIII, et fille de Jean Le Biais, conseiller d^État, 
ami intime du célèbre M. Huet, évéque d^Avranches. 

Jean Le Biais, seigneur de Quesney, baron de Cres- 
pon, né le 26 novembre 161 5, mort à Caen le 26 février 
1 698. Il fut fait conseiller d^État par le cardinal Mazarin, 
pour être resté fidèle au roi pendant la Fronde. Pour 
la même raison, le duc de Longueville le fit destituer de 
la charge de lieutenant-général. Le Biais pouvait y ren- 
trer; il préféra Tétude et la retraite. Il savait le grec et le 
latin, faisait des vers, et avait un singulier talent pour 
trouver dans les livres ce qu^il y cherchait. Son portrait a 
été gravé in-folio par Drevet. 

De ce mariage est né Alexandre Costé, marquis de 
Saint-Suplix, baron de Crépon, seigneur et gouverneur 

(i) Reg. de révêché. 

(a) Mém. de la vie de M, de Thou, in«4o^.p. 5i, édit. de 171 1. 



4M 

de la ville d*Harfleur, de Buglise, de Saint-Barthélémy, 
d'Écrepentot, de Vaux, de Gray, de Bavon, du Quesnay» 
de Cambres, de Sainte^Croix-sur-Mer, mon à Paris le 
i3 mai 174g, âgé de 58 ans. Il avait épousé, le 1 5 dé- 
cembre 17 17, en premières noces, Marie-Guillemette de 
Moura, iille de Don Antoine, et d^Antoinette de Carringa, 
de laquelle sont sortis : Alexandre-Antoine-Sébastien 
Costé, marquis de Saint^Suplix, ci-devant officier au 
régiment du Roi-Infanterie, et aide de camp de M. le 
prince de Clermont; et Pierre Jacques- Alexandre, comte 
de Saint-Suplix. Leurs armes sont : de synôple au che- 
vron d^or accompagné de trois coquilles de même 2 et i. 
La famille de Costé se dit originaire du pays de Caux en 
Normandie, oti elle possède encore des terres et fiefs 
depuis Saint-Louis. * 

Je n'avais pas remarqué qu^Osbern de Crépon, neveu 
de la duchesse Gonnor, fut sénéchal de Normandie, gou- 
verneur du duc Guillaume, depuis surnommé Le 
Conquérant, et qu^il fut tué dans son lit au château de 
Vaudreuil en io36 par Guillaume comte de Montgom- 
mery. Il avait épousé la fille de Raoul, comte de Breteuil 
et d'Ivry, sœur de l'archevêque de Rouen et de Tévéque 
de Bayeux. Il laissa Guillaume-fils-Osbern qui devipt 
un des plus illustres personnages de son temps. Baron 
de Crépon comme son père, il fut encore comte de Bre- 
teuil et d'Hereford en Angleterre, oti il avait accompagné 
le duc Guillaume. Il fut tué en 1071, à la bataille de 
Cassel en Flandres, et son corps rapporté en Normandie 
fut enterré dans Tabbaye de Cormeilles qu'il avait fondée 
ainsi que celle de Lyre ( i ]. 

(i) Chron. de Normandie, p. 45 et 67. — Willel, Gemetic^ 
îib. VII, c. 38. — Ord. Vital., Ub. III, anno 1040; lib. IV, 
anno 1070. 



42S 

Creully (Saint-Martin de). Bourg, baronnie, chef- 
lieu de doyenné rural et de sergenterie> élection de Caen, 
190 feux, 800 habitants, lieu de notariat. 

Quelqu^uns ajoutant un t devant les deux // écrivent : 
Creûilly; mais cet usage est contraire à Torthogàiphe 
employée dans la Chronique de Normandie, les Ahti- 
quités de Caen et les Cartes du diocèse. Il est arppelé Cur- 
leyum dans les anciennes Chartres^ et Cro//^2<m dans le 
livre Pelut de Pévêché, et les titres récents; mais il est 
visible que ce dernier mot a été forgé sur le nom fran- 
çais. Curleium vient^ dit-on^ de Panglo^saxon churl, qui 
signifie paysan^ rustique de profession ou de mœurs; 
peut-être, dit M. Huet, parce que ce canton était fort peu- 
plé de laboureurs (i), comme il Test encore aujourd'hui, 
ou à cause de la rusticité de ses habitants. Son terroir, en 
effet, est très abondant en toutes sortes de grains, et sa 
fertilité a toujours constamment attaché ses habitants au 
labourage. 

Le bourg et le château de Creully sont situés sur une 
éminence à Textrémité d^une belle plaine. La rivière de 
Seulle, partagée en deux bras, coule dans un vallon au 
pied de cette éminence. L'ancien cours passe sous le pont 
de CreuUet; le nouveau n'est qu'un lieu ouvert pour fjîre 
moudre les moulins de Creully. La partie de la paroisse 
qui est en deçà de la rivière, ressortit au bailliage de 
Caen ; Pautre partie, qui est au-delà, du côté de CreuUet, 
dépend de celui de Bayeux, 

Le bourg est assez étendu ; il est à 2 lieues et demie de 
Bayeux, et à 4 petites lieues de Caen. Il s'y tient un 
marché tous les mercredis, et une foire les premiers mer- 
credis de chaque mois, dont les droits et coutumes appar- 

(f) àrig, A Caen, p. 4 et 298. 



4a< 

tknnent ao seigneur. Ses balles sont les plus belles de 
Basse-Normandie. Elles furent bâties le siècle dernier 
par Antoine de Sillans, baron de CreuUy, et Sylvie de 
Rohan son épouse. Il y a un notariat et un bureau de 
contrôle, mais ce dernier n^y est pas attaché; il dépend 
de Téleaion de Gicn pour la taille, et de Bayeux pour le 
sel. 

Le château, outre sa position naturelle qui le rendait 
très fort, est encore environné de hautes murailles, de 
tours et de fossés à fond de cuve, excepté vers le couchant, 
qu^il est défendu par un chemin escarpé et très profond; 
la plupart de ses fortifications tombent en ruine à pré- 
sent. La première porte, accompagnée de tours termina 
en dôme, offre à la vue plusieurs figures d'hommes et 
d^animaux en gros relief qui sont dessus. Elle conduit 
par un chemin couvert à une autre porte surmontée 
d^une tour élevée et garnie de créneaux, au haut de 
laquelle on voit les armes des ancieqs seigneurs de 
CreuUy. II y a, à la gauche en entrant dans Tavant cour, 
de fort belles écuries, qui furent bâties aussi bien que la 
porte d^entrée, par lé seigneur et la dame de Creully, 
dont nous venons de parler. De là on traverse la cour 
qui conduit au principal corps de logis, défendu encore 
par un pont, bâti sur un large fossé qui est au pied de la 
maison. La face et les appartements n'ont rien de régu- 
lier ; tout s'y ressent du goût gothique, et des siècles où ils 
ont été bâtis. 

Il y a dans Tenceinte une ancienne chapelle titulaire 
dont il ne reste plus que les murs. Elle est appelée 
Notre-Dame-de*Pitié, dans une provision du i6 mai 
1657. Le seigneur y présente. 

Les habitants des paroisses voisines, vassaux de la 
baronnie de Creully, sont tenus à la garde et au gué du 



4^7 

château en temps de guerre. Ceux de Rye« Villiers-le* 
Sec, Saint-Gabriel et Amblye, prétendirent sVn libérer 
en 1 369, sur une lettre subreptice qu'ils obtinrent du roi 
Charles-le-Sage, par Tentremise de Tabbé de Fécamp qui 
les réclamait comme ses hommes, à cause de son prieuré 
de Saint-Gabriel. Us furent condamnés aux services 
accoutumés de ce château par de nouvelles lettres de ce 
prince, données à Paris le 25 mai de la même année, sur 
Texposé plus véridique de Richard, baron de Creully. 

Ce château fut rendu en 141 7 à Henri V, roi d^Angle- 
terre, par Guillaume de Vierville, baron de CreuUy. Le 
rôle des titres normands en fait mention de la sorte : 
Salvus conducttis concessus domino de CreuUy qui 
castrum de Creulljr régi rursum dédit, et illud cum 
vil lis.,. Castro prœdicto pertinentibus liberavit. 

Uéglise paroissiale, la seule du bourg, est située au 
milieu, dans la place du marché. La nomination de la 
cure appartient avec les grosses dimes au chapitre de 
Bayeux. Elle paraît ancienne si on excepte le sanctuaire* 
qui parait plus récent, et sous lequel est le caveau où sont 
enterrés les derniers seigneurs de CreuUy. La nef, comme 
le chœur, n^est pas large; mais elle est accompagnée de 
deux collatéreaux, qui, par la petitesse de leurs croisées, 
donnent beaucoup d'obscurité à toute Péglise. On voit 
au sanctuaire, sous des arcades pratiquées dans les murs, 
les mausolées de deux seigneurs de CreuUy et de leurs 
épouses, qui y sont représentés à genoux avec différents 
attributs. On lit cette épitaphe sur le mausolée, qui est du 
côté de rÉvangile, en lettres gothiques : 

Cy gist un très illustre et ezœlleat Seigneur, 
Antoine de Sillans, digne de grand honneur; 
Car toujours fut à Dieu et à son roy fidèle. 
Desquels il soutenait de bon couir It querelle. 



4»8 

En ton gouvernement tel devoir il sut rendre, 
Que Tennemi n*on plut tur luy rien entreprendre, 
n lenrit quatre roîs, detquato pour récompense, 
Et poi^r SCS gnndes vertus, il eut TOrdre de France. 
De quinze enlants qu'il eut, il en a vu les quatre. 
Pour la Foy Catholique et pour le Roi combattre. 
De son antique race nul n'erra en la foy : 
Mais ont toujours été bons serviteurs du Roy. 
Or enfin ce seigneur et baron de Creully 
A ioîzante-et-trois ans lut au Gel recueilli. 
La mort de luy triomphe, son renom est vivant, 
Il vit en son épouse, qui prie au Tout-Puissant 
Que son bon plaisir soit bientôt les rendre unis. 
Sous le tombeau leur corps, leur âme en Paradis. 
AInsi-soit-il. 

L'épitaphe du mausolée qui est vers Tépitre, sur du 
marbre noir comme la précédente, est ainsi conçue : 

Illustre dame Silvie de Rohan consacra ce tombeau 
aux mânes de messire Antoine de Sillans, IIP du nom, 
vivant chevalier, seigneur et marquis de Creully, dé^ 
cédé Van 1 6 41, 

Marbre raconte à la postérité 
Qu'un saint hymen vainc ta solidité 
Et que Silvie en ces honneurs funèbres 
Rend sa mémoire et son amour célèbres. 
Aussi Tobjet qui lut son digne choix 
Le fut jadis du conseil de nos Rots, 
Et l'Étranger qui connut sa prudence, 
En un Français sut admirer la France. 
Aux ennemis sa fatale valeur 
Donna toujours ou la mort ou la peur. 
Heureux vainqueur si chéri de la gloire. 
Que chaque assaut lui fut une victoire. 
Le vice même à ses pieds abbattu 
Fit un trophée à sa noble vertu. 
Sa main toujours aux pauvres libérale 
Fait regretta que m terre natale 



429 



Qui tiânt de luy ces pompeux bâdments 
Perde en sa mort ses plus beaux ornements. 
Ce grand héros des biens de la naissance, 
Comme plusieurs n*éleva sa puissance. 
Et ce luy Ait, sortir des demi-dieux, 
Le moindre don qu'il ait reçu des Qeux. 
Justement donc cette illustre Silvie 
Qui du haut sang de Rohan prit la vie. 
Dans ce tombeau résolut de montrer 
Que le trépas ne Ten peut séparer. 



HsK quem busta tegunt nulli virtute secundus, tertius, Antoni, 
nominis hujus eras. Nominis ejusdem très idem sustulit annus, 
cum ter visceno tertius ille fuit. Qui nunc quartus ab iis quintus» 
que Antonius auras vitales carpunt, filius atque pater. Serius his 
obeant, Antoni ! et nomeiiP amatum vivat et illustris, tempus in 
omne domus. 



Au milieu du chœur, il y a une ouverture par où Ton 
descend au caveau sépulchral. Elle est fermée par deux 
grandes plaques de cuivre en forme de battants de pone, 
sur lesquels on lit les vers suivants : 

Vivere perpetuo dignos eaoe ausa necare 

O fiillax ! Vita quam maie nomen habes, 
Vita 1 tuum capiat mors nomen, quos que necasti 

Mors pia, te melior, vivere fecît eos. 



La vie est immortelle en dépit de l'envie 
Qui mortel l'homme appelle, il luy fait grand tort , 
Car encor que la mort ait pouvoir sur la vie 
La vie pourtant toujours l'aura dessus la mort. 



4ÎO 



Coiport iptorum (hic) in p«ce Mpultt tunt, 
Et Domen eorum nvet in generationem et generationem. 

{Eecl. XLIVy. 

Non mortui laudabunt te domine, sed nos qui vÎTimus, 
Benedidmut Doaûno. fPsal. 1 13). Requietcant in pacc, 1634. 



i^ livre Pelut de PéYéché que j^ai déjà cité, marque 
une léproserie à Creully : Capella leprosariœ de 
Crolléfo, laquelle, comme la chapelle du château, était 
en t356 à la nomination de Richard de Creully. Cette 
chapelle ou maladrerie, sous le titre de Saint-Nicolas-du- 
Perron, était au bout du bourg vers le midi, dans le 
lieu oti Ton voit un colombier. Ses terres sont encore 
exemptes^ de dîmes, et son revenu a été uni à THôtel- 
Dieu de Caen. 

La terre de Creully, sous le titre d^ancienne baronnie, 
relève nuement du roi par un plein fief d'hautber; les 
seigneurs avaient droit de séance à TÉchiquier de Nor- 
mandie. 

De cette baronnie relèvent noblement les terres et 
seigneuries de : Noron, Lanteuil-Manneville, Bréqr, 
Fresné-le-Crotteux, Bretteville, Rots, Langrune, Amblie, 
Saint-Gilles, Bombanville, Lorey, Barbières, Villers, 
Aguerny, VîllervîUe, Criquebœuf, La Chaussée, Saint- 
Jean, Vauville, Cambes, Colleville^ Mathieu, Cosnard, 
Jamen, Franqueville et Saint-Amand. Elle s'étend encore 
à Villîers-le-Sec, Tierceville, Crépon, Mathieu, Le 
Manoir, Rye, Vienne, Saint-Sauvear-Landeiin, Saini- 
Gilles, Goville, La Motte, La HauUe, Saint-Célerin, 
Conjon, Bretteville-sur-Bordel, Pierrefitte, etc. 

On ne trouve point de plus ancien seigneur de ce lieu 
que Hamon surnommé Audens, Le Hardi, qualifié sei- 



gncur de Torîgny, Bercy et Creully. Cétait un des des 
plus riches et des plus puissants seigneurs de Normandie^ 
allié à nos ducs. Il se joignit aux comtes de Bessin et de 
Cotentin qui avaient formé le projet de chasser le duc 
Guillaume du trône, pour mettre Guy de Bourgogne à sa 
place. Son infidélité lui coûta la vie. Il fut tué en 1046 à 
la bataille de VaNdes-Dunes à la tête du 3* corps de 
Tarmée des rebelles quMl commandait ( i ) 

Robert Hamon^ seigneur de Torigny, Creully, Saint- 
Waast et d'Astrénerville, jeune seigneur de distinction, 
nobilem virum et juvenemy suivit le duc Guillaume à la 
conquête d^Angleterre en 1066 (2); il acquit une grande 
réputation par les armes. Le roi Guillaume-le-Roux lui 
donna, en considération de ses services, et de ceux de son 
père, la terre de Glocester en Angleterre. II y mourut au 
mois de mars 1 107, et fut enterré dans le monastère de 
Theokesbury, qu'il avait fondé (3). 

Dequatre filles qu'il laissa de sa femme Sibille, fille de 
Roger de Montgommery, comte de Bellesme, deux furent 
religieuses, et ensuite abbesses en Angleterre. La cadette 
fut mariée à un comte de Bretagne, et Mathilde, Painée, 
à Robert de Kent, fils naturel d'Henri, frère et succes- 
seur de Guillaume-le-Roux, roi d^Angleterre et duc de 
Normandie. Cette cadette eut pour sa dot, et de la volonté 
du roi, Glocester, Torîgny et CreuUy. La terre de Glo- 
cester fut érigée en comté par le roi Henri en faveur de 
ce mariage (4). 



(i) Chrm. de Nùrm., p. 74-75. 

(2) Hist. Harc, 1. 1, p. agS. 

(3) Monatt. Anglic, t. I, p. 1 54-1 55. 

(4) Monast. Anglic.^ 1 1, p. i54-i55; — Wi^eU Gemti,, lib. 
VII, chap. XXIX. — Hist. Harc., ut supr. 



4}2 

Robert de Kent, comte de Glocener, sire de Torigny 
et de Creully, fit Un échange du prieuré de Saint-Gabriel 
près Creullj avec l*abbé de Fécamp en 1 1 38, et la même 
année il fit une donation à l'abbaye d*Ardenne proche 
Caen. Il prit en 1 189 le château d'Aunay. Il mourut en 
Angleterre le dernier d'octobre 1 147, laissant plusieurs 
en&inu de sa femme, et quelques naturels de ses 
maîtresses, entr'autres Richard de Glocester, depuis 
évéque de Bayeux. Guillaume, Tainé de ses fils, eut le 
comté de Glocester en partage. 

Les titres et enseignements de la maison de CreuUy 
remarquent qu'elle procède de celle de Glocester, c'est-à- 
dire qu'un des enfants du comte de Glocester, dans le 
partage de la succession, eut la baronnie de CreuUy dont 
il prit le nom, et le transmit à sa postérité (i). 

Richard est, selon La Roque, le premier baron de 
CreuUy, duquel sont descendus tous ceux du nom et 
armes de CreuUy. Il portait pour armes : d'argent à 
3 lionceaux rampant de gueule. 

Par une chartre de l'an 1080 (il y a visiblement de 
l'erreur dans cette date), Richard, baron de CreuUy, 
donna à l'abbaye de Fécamp l'intégrité du prieuré de 
Saint-Gabriel, la dîme de Saint-Rémy-de-Fresnay, la 
huitième partie de la dîme de Saint-Gabriel, les terres 
qu'il possédait à Brécy, 3 acres de terre en prés, une 
maison et une pêcherie en la paroisse de Langrune, 
et une autre pêcherie en la paroisse de Saint-Gabriel (2) . 
Par une chartre sans date, il aumôna à l'abbaye de 
Longues deux gerbes de dîmes sur 1 2 acres de terre, et la 
troisième gerbe sur 12 autres acres situées à Vaussieux, 

(i) Hist, Harc., X. 11, p. 1067 et sulv. 

(a) Extr^ d'une copie tirée du Cartul. de Fécamp. 



433 

étant toutes du fief de Raoul Tesson, lesquelles dîmes il 
avait eues du bien de ses ancêtres (i). 

On croit quUl épousa la fille, héritière de Guillaume, 
seigneur de Saint-Clair et de Villiers-Fossard, qui avait 
fondé en 1 1 Sç le prieuré de Villiers de Tordre de Citeaux. 
Leurs enfants furent : Philippes, qui suit; Henri qui 
succéda à son frère, et Richard de CreuUy, seigneur de 
Saint-Clair, chef de la branche de Satnt-Qair. 

Philippes^ baron de CreuUy, est renommé parmi les 
chevaliers bannerets qui vivaient du temps du roi Phi- 
lippe*Auguste en 1 210 (2). Il aum&na à Pabbayede Lon- 
gues, peu de temps après sa fondation, une maison sise à 
CreuUy devant la porte de son château, 3 acres et 3 ver- 
gées de terre, et le ténement de Martin, clerc de Vienne, 
situé au Manoir (3). Lui et Richard, son frère puiné, 
donnèrent à Fabbaye de Cerisy le patronage de Téglise 
de Saint-Clair avec ses dîmes, du consentement d'Henri, 
évêque de Bayeux, pour leur salut et celui de leur père et 
du comte Robert, leur aïeul (4). Il assista en 11 90 à la 
dédicace de Fabbaye d^Aunay et fut un des témoins qui 
souscrivirent à la donation de la terre de Langrune faite 
à cette abbaye par Guillaume du Hommet, connétable de 
Normandie (5). Philippe de CreuUy, fils de Richard, fils 
du Comte, comme seigneur suzerain ratifie les donations 
faites au prieuré de Sainte-Barbe, de Téglise et terres de 
Cottun, par Roger, Thomas et Eudes, fils de Thomas 
Malfilâtre, et Guy de Boviller (ou Beuvillers). 

Sa fille uniquefutmariéeàRobert,siredeTillières, dont 

(i) Cart. abb. de Lo&gis, p. 44. 

(2) Hist, Harc, 1. 1, p. 317. 

(3) Gallia Christ., t. XI; ïnst,, col. 86. 

(4) Cart abb. de Ceraseyo. 

(5) Gai. Christ., t. VI, ut supr., col. 90-91. 

28 



4Î4 

vint Gilbert de Tillières, auquel échut, vers 1218, la 
baronnie de Creutly; mais étant mort sans enfants> elle 
revint au suivant ( i ) . 

Henry, baron de Creuily, par le décès de Gilbert de 
Tillières, son petit-neveu, fut père de Richard, 11^ du 
nom, et de Robert de CreuUy. 

Richard, baron de Creuily, lU du nom, partagea la 
succession, en i223, avec Robert de Creuily son puîné. 
II parait un appointement fait en 12 19 entre lui et ses 
hommes et vassaux pour un procès entre eux pendant à 
Bayeux. 

Richard, baron de Creuily, III« du nom, eut pour 
femme Isabeaude Tillières, tante de Gacé de Tillières. 
Richard, seigneur de CreuUy, chevalier, ratifia, en i25 1, 
la vente de 1 3 acres de terre sises à Cambes, vendues à 
Tabbaye d^Aunay par Geoffroy de Rapendon. (Ex. au" 
togr,]. 

Raoul, baron de CreuUy, est qualifié monseigneur et 
chevalier dans un accord daté de Tan i3o6y fait avec 
messire Richard de Bretteville, écuyer, seigneur de Bret- 
teville-sur-Bordel, et autres vassaux du baron de CreuUy. 

Richard, baron de CreuUy, IV« du nom, vivait en 
i356. 

Richard, baron de CreuUy, V< du nom, épousa en 
1367, Alix de Clere, selon une généalogie de cette mai- 
son. Cette dame était alliée à la maison royale par les ducs 
de Brabant, et les anciens comtes d^Alençon dont elle 
descendait par femmes. Il rendit aveu à Pévéque de 
Bayeux, suivant un vidimus du 28 janvier 1 382, d'un 
fief assis à Saint-Clair, que tenait de lui en parage Jean 
de CreuUy. Dans cet aveu, notre baron prend la qualité 

(i) Hist, Harc, t. H, p. 1067. 



435 

désire de Creully^ seigneur de Mathieu» Torville, Mont* 
carville et Gartot. 

Louis, baron de Creully, épousa Isabeau Mallet de 
Graville, veuve de Guillaume de Trie, laquelle était 
petit&-fille de Léonor de Saint-Pol, fille de Guy de Chas- 
tillon, comte de Saint-Paul, et de Marie de Bretagne. Il 
eut pour enfants ; Pbilippes, mort jeune, et Marie, héri- 
tière. 

Les Génois ayant demandé des secours à la France au 
mens de juin iSgo, pour se délivrer des Turcs, qui étaient 
venus les attaquer sur leurs <:ôtes, grand nombre de sei- 
gneurs français y allèrent, et remportèrent sur eux une 
signalée victoire en Barbarie. Le baron de Creully y 
périt (i). 

Guillaume de Vierville, siredeVierville, devint baron » 
de Creully, au droit de Marie de Creully quUl avait 
épousée. Il reiiditaveu au roi le 26 janvier iSgo (iSgi), 
de cette baronnie consistant en : la terre de Creully, de 
Mathieu et de Mesnilbuê, avec leurs appartenances. 

Henry Y, roi d^ Angleterre, usurpateur de la couronne 
de France, la cinquième année de son usurpation, con- 
fisqua tous les seigneurs de Normandie qui étaient de- 
meurés fidèles à leur prince légitime. Il donna à Hortauz 
de Vaudox (2), chevalier anglais, le châteauetla baronhie 
de Creully, qui avait été à Guillaume de Vierville, che- 
valier, et à demoiselle Marie de Creully, héritière de 
Creully sa femme, le château et baronnie deCourseuUes, 
avec toutes les terres qui avaient appartenu à Raoul de 
Meullant, III« du nom, la terre et seigneurie de Yillers- 
en-Bocage qui venait de la succession d^Olivier de Mauny, 



(i) Hist. HarCt t. I, p. 401. — Masseville, t. HI, p. 19. 
(2) Heurtauz de Vaudoux ? (Heurtangle de Vauclouz). 



4J« 

chevalier, et toutes les terres qui étaient à Larchamp , à 
charge de le servir en cas d^arrière-ban avec deux cbeva* 
tiers, quatre hommes à cheval et huit archers, et lui rendre 
hommage au château de Caen. 

Philippe de Vierville, baron de Creully, fils du pré- 
cédent, rentra en possession, en 1460, de ses biens de 
Normandie, dont son père et lui avaient été dépouillés 
par les Anglais. Il avait épousé, le 4 juillet 1434, Marie 
de Montauban, et mourut en 1466, laissant entre autres 
enfants : Arthur qui suit, et Dom Pierre de Vierville, 
décédé en 1485, abbé de Saint-Etienne de Caen ; et pour 
filles : i^ Marie, femme de Jean du Bois, chevalier, sei- 
gneur de Viaot; 2^ Jeanne, femme de Jean LenSant, 
seigneur de Saint-Germain-de-La*Lieue et de Vienne ; 
30 Thomine, femme de Richard de Royville, seigneur de 
Banville; et 49 Anne, femme de Jacques Béton, seigneur 
de FeugueroUes et de Saint>Louet. 

Arthur de Vierville, chevalier, seigneur et baron de 
Creully, Vierville, Mesnilbuë, Monthuchon, CreuUet, 
Hermanville, Mesnil- Richard, épousa, par traité du 
i3 mars /1473, reconnu le 7 juin 1474, Jaqudine de 
Bricqueville, dame d'Escoville, Bosroger, Rupierre, Bret- 
teviUe et Beneauville, fille de Guillaume, chevalier, sei- 
gneur de Laune et de Coulombières, et de Guillemette 
Pèlerin, dame de Sainte-Croix*Grantonne et d^ Aman ville. 
Le sire de Vierville et de Creùlly, rendit aveu au roi pour 
la baronnie de CreuUy, le 1 1 novembre 1472. 

De ce mariage sortirent : Marie, qui suit, et Jacqueline; 
qui épousa par contrat du 10 mai 1497, Charles d^Har- 
court, chevalier, seigneur et baron de Beauffou et de 
Beuvron. 

Marie de Vierville, dame et baronne de CreuUy, 
épousa : i^ par traité du 23 décembre 1492, François 



437 

Martel, seigneur de Bacqueviile; 2» par traité du 22 sep- 
tembre 1 5o6, Eustache de Clermont, seigneur de Cler- 
mont; 3® vers i5o5, Jean de Sillans, seigneur d'Herman- 
ville et de la Perrière. 

Le 4 mai iSog, Jean de Sillans d^Hermanville et 
Charles de Harcourt-Beuvron firent des lots de la succes- 
sion de feu Anhur de Vierville, baron de Creully, dont 
ils avaient épousé les deux héritières. La maison de 
Vierville descendait en ligne masculine de celle de Vil- 
lier*-sur-Port, et avait pour armes : fascé d'argent et 
d'azur à la bande et devise de gueules. 

Cest une opinion généralement reçue que la maison 
de Sillans est originaire de Provence, mais il y a fort 
longtemps quelle est établie en Normandie. Elle y a 
toujours possédé des biens dans le bailliage de Caen, et 
elle a joui de la baronnie de CreuUy, qui en est une des 
principales terres. 

Gilbert de Sillans, chevalier, est le premier de cette 
famille qui soit venu sMtablir en la province de Nor- 
mandie. Il eut pour femme Alix de Montmorency, de 
laquelle il eut trois fils, savoir : !<> Jean qui suit; 2° Ri- 
chard, chevalier; 3® Roger, aussi chevalier. Jean de 
Sillans, !«' du nom, chevalier, fut sergent d'armes du roi 
Jean, et capitaine de Melun. Il partagea avec ses frères la 
succession de ses père et mère, par contrat passé devant 
Adam du Mont, prêtre, garde-scel de la vicomte de 
Caen, en i332. Il est ensuite mentionné dans le compte 
de Barthélémy du Drac, trésorier des guerres, es années 
1340 et i355. 11 eut pour successeur Jean de Sillans, 
II* du nom, son fils, seigneur d'Ardres, de Verdun et du 
Mesnil-Morin. Il épousa Jeanne Malherbe, fille de Guil* 
laume, seigneur de La Perrière, et de G)lette de Vierville, 
son épouse, dont il eut : Guillaume de Sillans, seigneur 



43» 

d'Ardres, de Monts, de Verdun et du Mesnii-Morin» 
chevalier. Celui-ci laissa entre autres enfieints : Jean de 
Sillans, III« du nom, seigneur de La Perrière, marié 
vers 1477 à Catherine d'Hérmanville, fille unique 
de Charles, seigneur d'Hermanville, et en eut Jean de 
Sillans, IV« du nom, seigneur d^Hermanville, d'Ardres 
et de Monts. 

Ce Jean de Sillans devint baron de Creully,à cause de 
Marie de Creully, sa femme. Il est mentionné en un 
arrêt de l'Echiquier de l'année 1497, étant en différent 
avec Marguerin du Monnay et Jeanne de Marsilly, sa 
femme, pour les fiefs d^Ardres, de Verdun et du Mesnil- 
Morin. Ses enfants furent : Antoine, qui suit, et Cathe- 
rine de Sillansy femme, en i53i, de Guy du Bouillon- 
nay, seigneur du Manoir. 

Françoise de Sillans» fille de Jean et de Marie de Vier* 
ville, épousa par contrat du 1 1 octobre 1 523, François du 
Merle, seigneur de Couvrigny, issu au huitième degré, 
de Foulques, maréchal de France. 

Antoine de Sillans, U^ du nom, baron de Creully, 
seigneur d^Hermanville, La Ferrière, rendit aveu au roi 
de la baronnie le 20 mars 1537. Sa femme fut Jeanne 
Hében d'Aussonvilliers, dame de Bréauté et du Bosroger, 
fille de François, seigneur de Saint-Pélerin, capitaine de 
Saint-Lô, et de Catherine Courtin. Ses enfants furent : 
i^ Antoine, qui suit; 2^ Jean, seigneur d^Hermanville, 
chevalier de Tordre du roi, gentilhomme de sa chambre, 
décédé à Rouen le 10 novembre iSSg, et enterré dans le 
chœur des Cordeliers, où Ton voit son épitaphe (i)^ il 
n'eut de Marie de Motiy de La Mailleraye, son épouse, 
que4filles, dont une religieuse à Poissy, les autres étaient : 

(i) Hist. de Rouen, t. VI, p. 171. 



439 

Marie, femme de Charles SafTray, seigneur de Varaviile ; 
Jeanne, femme de Jean de Caivimont, chevalier, gentil- 
homme ordinaire de la chambre du roi, seigneur d^Este- 
vilie, Beaufort et Orbec, décédée en 162 3, et Françoise, 
femme du seigneur de Saint-Hilaire ; 3o Pierre de Sil- 
lans, seigneur du Bosroger, chef d^une autre branche ; 
4'> Jean de Sillans, bachelier aux droits, conseiller et au- 
mônier du roi, curé de CreuUy et de Hermanville; 
5^ Isabeau de Sillans, femme : i<^ de René de Grimou- 
ville, seigneur de La Lande-d^Airou ; 3® d^André d^Orai- 
son, vicomte de Boulbon; etc.. 

Antoine de Sillans, II« du nom, baron de CreuUy, 
seigneur d^Hermanville en partie. Le Bréau, Chatignon- 
ViUe, Saint-Pélerin, chevalier des deux ordres du Roi, 
gentilhomme de sa chambre, capitaine de 5o hommes 
d^armes, décédé avant 1617, âgé de 63 ans. Il rendit aveu 
de sa baronnie au roi le i5 octobre 1571. Il épousa : 
lo Marie du Mesnildo, dame d^Auray, morte sans en- 
fants; 2° Antoinette Le Sanglier, fille de Gilles, seigneur 
de Boisrogues, et de Françoise du Prey, dont, selon le 
Dictionnaire généalogique, il eut 6 fils et une fille. Si 
Pépitaphe qu^on voit dans Péglise de CreuUy est pour lui, 
elle nous apprend qu^il a eu 1 5 enfants : i» Antoine, qui 
suit; 20 Jean, seigneur de Saint-Pélerin, qui épousa 
Marguerite de Briroy, dont il n'eut point d^enfants; 
30 Charles, seigneur de Chastignonville ; 4P Gilles, sei- 
gneur de La Perrière; 5» François, religieux à Saint- 
Etienne de Caen; 60 René, seigneur d^Hermanville ; 
7« Claude, femme de Charles Le Héricy, seigneur de 
Fierville; etc.. 

Antoine de Sillons^ III« du nom, baron dç CreuUy, 
seigneur et marquis dudit lieu, seigneur de Breau, Chas- 
tignonville, Hermanville, chevalier des ordres du Rm, 



440 

gentilhomnie de sa chambre, conseiller en ses conseils 
d^État et privé. Etant enfant, il reçut la tonsure le 1 1 jan- 
vier i585, dans la cathédrale de Bayeux, des mains de 
M. de Savonnières, évéque de cette ville. Il fit un accord 
avec la dame sa mère, le 31 février 1618, et mourut à 
Creully, âgé de 63 ans, en 1641, où Ton voit son épi- 
taphe dans le chœur de Téglise, avec ses armes, qui sont : 
d^argent au sautoir de gueules, bretessé, contre-bretessé 
et chargé de cinq besans d'or en sautoir. Cest lui qui fit 
bâtir la belle porte du château de CreuUy, les écuries et 
les halles du bourg. 

Sa femme, qu^il avait épousée par contrat consenti au 
château de Beaumont, diocèse de Saînt-Malo, le 28 d^août 
1602, fut Silvîe de Rohan, veuve de François d'Elspinay, 
chevalier de Tordre du Roi, baron de Broon, Beaumont 
et du MoUey, fille de Louis, prince de Guemené, et de 
Léonor de Rohan. II en eut Antoine qui suit, et Charles, 
seigneur d^Hermanville, par avance de son père le 6 jan- 
vier i63i). 

Antoine de Sillons, IV« du nom, baron et marquis de 
CreuUy, seigneur de Saint-Pélerin, Bréau, Chastignon- 
ville, épousa par contrat du 8 août 1627, Anne Fabry, 
dame de Scelles, au diocèse de Soissons, et en eut : An- 
toine V, qui suit; François, comte de Creully, mort sans 
enfants; Marie, dame des Clavelles; Madeleine, femme 
de Frédéric de Canay, seigneur de Fresné, et deux reli- 
gieuses. Il vendit, conjointement avec sa femme, la terre 
de Scelles, le 5 février i635. Il acquit d'Odet d'Harcourt, 
comte de Croissy, le 3o avril 1643, ce qui lui appartenait 
en la baronnie de Creully, avec les terres de CreùUet, de 
Vienne et Le Manoir, les herbages de Saint-Gilles, 
situés à Creully^ et les sergenteries de Gray, pour 
91,527 livres cosous. Il fit une transaction, le 19 avril 



441 

1646, avec Philippe d'Espinay, baron du Molley, au 
nom de René du Guengo, seigneur du Rocher, de Phi- 
lippe d*Espinay, sa femme, et de Madeleine d^Espinay, 
ses firére et sœurs utérins. U dérangea beaucoup ses 
afTaîres et mourut en 1675. 

Antoine de Sillans, V« du nom, seigneur et marquis 
de CreuUy, mourut trois ans après son père à Paris, le 
samedi 3o juillet 1678, et fut inhumé dans Téglise de 
Saint-André-des*Arcs, devant la chapelle de Thou. Il 
avait épousé Madeleine du Tertre, fille unique de Jean 
du Tertre, écuyer, seigneur d'Englesqueville, et de Ma- 
deleine de Franquetot d^Auxais, dont vint pour fille 
unique : Catherine de Sillans dé CreuUy, mariée à mes- 
sire le marquis de Canisy. 

Après la mort d'Antoine de SiHans, I V« du nom, mar- 
quis de CreuUy, en 1675 toutes ses terres furent saisies ; 
ses enfants, en renonçant à sa succession, demandèrent 
leur tiers sur ses biens de Normandie. On fit trois lots : 
le premier consistait en le fief poble, terre et baronnie de 
CreuUy et ses mouvances, chef et dépendances ; le second 
dans le fief et terre de Saint-Pélerin, proche Carentan, et 
d^autres terres et moulins sis à CreuUy ; le troisième en 
d^autres terres. Les créanciers choisirent le premier et le 
troisième ; ils furent envoyés en possession de la baronnie 
de CreuUy et de ses dépendances par sentence de Caen 
du i5 octobre 1681. 

La baronnie de CreuUy fut ensuite vendue et adjugée 
le 17 novembre 1682, à messire Jean*Baptiste Colbert, 
marquis de Seigneley, ministre d'État, dont les héritiers 
en ont joui sous le titre de comté. Le marquis de Seigne- 
ley avait acquis, en 1684, des héritiers du baron de 
CreuUy, les moulins, terres et rotures situées au dit lieu, 



442 

compris dans le deuxième lot, que les héritiers avaient 
eus par non choix. 

Cette baronnie passa à son fils aîné Jean-Baptiste Col- 
bert, marquis de Seigneley, secrétaire et ministre d'État, 
et depuis au second fils de celui-ci, Paul-Edouard Col- 
bert, comte de Creully, mort sans enfants en 1750. Les 
maisons de Seigneley et de Montmorency en ont hérité. 

Creullet. Hameau et terre seigneuriale de la paroisse 
de CreuUy, située au sud-ouest de ce bourg. Il y avait 
anciennement deux chapelles. Tune grande et bâtie sous 
Pinvocation de Sainte-Marguerite, Tautre petite et dans 
la cour de la maison seigneuriale, où Ton célébrait la 
messe par permission. Elles étaient sans titre, et n^avaient 
point de revenu fixe. Sur la requête de Renée d'Hérissy, 
douairière de Quincé, M. de Nesmond érigea en titre, 
par décret du 20 septembre 1681, celle de Sainte-Mar- 
guerite ( I ) . Ladite dame la dota de 1 20 livres de rente de 
son vivant, et de 80 autres livres après sa mort; aux- 
quelles sommes on a encore ajouté depuis 200 livres de 
rente. Le titulaire est chargé de 4 messes par semaine. Il 
est à la nomination du seigneur de Creullet. 

Cette terre a appartenu à une famille noble qui en por- 
tait le nom. Jean de Creullet, seigneur ,de Creullet, 
épousa Guillemette Beauchamp, veuve de Jean, sire de 
Coulombières et baron de la Haye-du-Puits, fille de 
Raoul de Beauchamp et de Clémence du Guesclin, nièce 
de Bertrand du Guesclin, comte de Longueville, conné- 
table de France (2). 

Pierre Gondouin, écuyer, seigneur de Than, stipulant 



(i) Registres de l'évêché. 

(a) Hist, Harc, t. I, p. 1004. 



443 

pour demoiselle Alix Painel, sa tante, échangea lo livres 
de rente à prendre sur le fief de Than, assis en la paroisse 
de Creully au hameau de Creullet, qui avait été trans- 
porté à Guillaume de CreuUet, écuyer, pour 40 arpents 
de terre que lui céda Guillaume de Vierville, chevalier, 
seigneur de Vierville et de Creully» assis aux paroisses de 
Lion, Plumetot et Cresserons, et qu'il tenait par parage 
de boble homme, Raoul de MeuUant/ seigneur de 
Courseulles (i). 

Guillemette de CreuUet, dame du dit lieu, fut mariée 
à Jean Le Héricy, dont vint un autre Jean Le Héricy, 
chevalier, seigneur de CreuUet, cité dans Montfaouq, en 
1463. Il portait : d'argent à trois hérissons de gueules. 

Son fils ou petit-fils, Guillaume de Héricy, seigneur 
de Creullet, docteur aux droits, recteur en l'Université de 
Caen, est qualifié chevalier dans 7 arrêts de la cour de 
l'Échiquier de Normandie séante à Rouen, en date de 
Tan i5o6. Il avait été fait chevalier-aux-lois. 

De lui descendit par degrés François de Hérissy, sei- 
gneur de Creullet, père de Jean qui suit, d'Anne, Marie, 
Esther et Françoise, mariées aux sieurs de Banville, 
Mesnil-Benoit, Gosselin-La-Tonnellerie et Petitcœur- 
Beau vallon. De Jean Le Héricy, seigneur de Creullet et 
de Couvert, vint pour fille unique : Renée, laquelle 
épousa messire Charles Le Comier, comte de Qjaincé, fils 
de Guy, comte de Quincé, prince du Saint-Empire-Ro- 
main, et de Françoise de Germont; dont : Marguerite- 
Antoinette Le Cornier, dame de Quincé et de Creullet, 
qui n'a point laissé d'enfants. Ses héritiers ont vendu le 
fief et la terre de Creullet, en partie à Jacques Crcvel, 
advocaten Parlement, et professeur en droit de l'Uni- 

(t) Hist, Marc, t. I, p. 317. 



versité de Caen, qui a fait plu8ieur$ embellissements à la 
maison» laquelle est accompagnée d'un jardin spacieux 
et de dehors agréables. II vient de s^en défaire par vente, 
en 1762, faite à messire de Vauquelin, ëcuyer. Il prenait 
dans ses titres la qualité de seigneur et patron de CreuUet, 
Saint-Gabriel et Fresney. 

Esquay^sur^Seulle (Saint- Pantaléon d'). Sergenterie 
de Gray, élection de Bayeuz, 68 feux, notariat de No- 
uant. 

Cette paroisse est située sur la rivière de SeuUe, qui la 
partage en deux parties presque égalent et sur laquelle est 
un pont d'environ 70 pieds de longueur. G>mme cette 
rivière sépare les bailliages de Caen et de Bayeux, la 
paroisse relève en partie de Pun et en partie de l'autre. A 
100 pas du pont, vers le midi, la rivière se partage en 
deux cours, et forme une île longue d'environ 3oo pas 
sur i5o de large. Il y a 3 hameaux : Varembert au-delà 
de la rivière, La France en deçà au midi, et Montdésert 
au couchant. 

M. Huet veutqu'Esquay vienne du mot Exaquiunit 
qui signifie : un lieu sec et sans eaux : avuSpoç. Cette 
étymologie ne vaut rien par rapport à ce village dont les 
terres sont arrosées par les eaux de la Seulle. 

Il donne son nom à une des prébendes de la cathédrale 
de Bayeux ; le chanoine d'Esquay présente de plein droit 
à la cure ; il a droit de visite et de déport sur elle. Son 
fief et arrière-fie£s à Esquay s'étendent es paroisses de : 
Vaussieux, Saint-Sulpice, Saint- Vigor-le-Grand, et à 
Vaux-sur-SeuUe. Il perçoit les dîmes, tant sur son fief à 
Esquay, que hors de cette paroisse où il s'étend, et sur 
tous les autres fiefs qui sont dans la dite paroisse, en qua- 
lité de curé primitif, comme sur celui de Vauasieu, CuUy, 



445 

Jurques, Saint-Evroult, Magny et autres, à Pexception 
de celui de Pierrepont, qui est tenu mouvant et relevant 
du fief de Missy (i). Le fief d^Esquay a aussi une exten- 
sion dans la paroisse de Ranchy, possédée par le cha- 
noine de Vaucelles, de même que le chanoine d'Esquay 
possède à Esquay, de temps immémorial, une extension 
du fief de Vaucelles, ainsi qu^une extension du fief de 
Barbières. Enfin le chanoine d^Esquay a court et usage, 
reliefs, treizièmes et autres droits seigneuriaux, et le curé 
n^a qu^une pension congrue. Il paraît aussi que le cha- 
noine de Gueron possède à Esquay les deux tiers des 
dîmes qui viennent sur Textension de son fief dans cette 
paroisse. 

M. le marquis de Bricqueville est seigneur honoraire 
d^Esquay, au droit de la dame Marguerye, son épouse. 
Sa maison ou manoir seigneurial est assez considérable. 
11 est accompagné au couchant d*un bois taillis, et au 
midi d^une grande avenue au travers de laquelle passe le 
grand chemin de Bayeux à Creully. Uéglise, qui n^est 
pas loin, est à peu près au milieu de la paroisse. Elle est 
à cinq quarts de lieues de Bayeux, 5 lieues de Caen et 2 de 
la mer. 

Fontenailles (Saint- Pierre de). Sergenterie de Gray, 
élection de Bayeux, 27 feux, notariat de Tracy, 60 com- 
muniants. 

Cette paroisse est sur le bord de la Manche ou Mer- 
Océane, voisine de Tabbaye de Longues, et à une lieue 
de Bayeux. L^abbé de Longues présente à la cure. Il a 
les deux tiers de la grosse dîme. Le curé aTautre tiers. Le 
trésor de P^lise ne vaut que 1 5 boisseaux de froment. 

Voici les actes de donation du patronage et des dîmes 

(i) Aveux du temporel de la cathéd. de Bajreux au Roy. 



446 

de Fontenailles tirés du cartulaire de l'abbaye de Longues. 
Notumsit omnibus tam futur is quant presentibus quod 
Ego Willelmus de Revers, miles, dedi et concessi Deo 
et abbatiœ S^ Maria? de Longis et monachis ibidem 
Deo servientibus totum jus patronatus quod habebam 
ecclesiœS** Pétri de Fontenel lis,., in liberam, puram, 
et perpetuam eleemosynam, et ut hœc donatio mea et 
concessio perpetuœ firmitatis robur obtineant, eas 
presenti scripti testimonio et sigilli mei^ppensione con- 
firmavi (i). 

Richard de Veraon, chevalier^ par aae de 1217, c(H1- 
firme la susdite donation, que Guillaume de Reviers, 
miles suus, venait de faîre^ parce que Téglise de Fonte- 
nailles est : de/eodo dicti Richardi de Vernone (2). 

Robert des Ablèges, évéque de Bayeux, la ratifie en 
12 18. Richardus custos Bajocensis D'' Episcopi gene- 
ralis procurator, Willelmus, decanus, et capitulum 
Bajocense, en font autant par acte du 4 des calendes 
d^avril de la même année (3). 

Guillaume de Reviers avait présenté aussi sa requête à 
Guillaume, archidiacre de Bayeux, pour le faire con- 
sentir à sa donation (4). 

Guillaume de Revîers, chevalier, fils de Baudouin de 
Reviers, chevalier, confirme aussi la susdite donation de 
Guillaume de Reviers son oncle, par chartre de 1222 (S). 

Robert des Ablèges, évéque dé Bayeux, acquéreur de 
la dîme de Fontenailles, en donna les deux tiers de la 
grosse aux religieux de Longues, avec le consentement 

(i)Cart. abb. de Long., p. 20, fol. verso. 

(a) Cart. abb. de Long., p. ao, fol. verso et 21. 

(3) Cart. abb. de Long., p. 21 . 

(4) Cart. abb. de Long., p. 23. 

(5) Cart. abb. de Long., p. 23. 



447 

de Guillaume, doyen, et de son chapitre, et en réserva 
Tautre tiers avec les offrandes pour Pusage et la sustenta- 
tion du prêtre que Tabbé et religieux du dit lieu seront 
tenus de lui présenter et aux évéques ses successeurs pour 
desservir la dite cure. L^acte de donation est du mois de 
décembre 1222. 

Les fiefs de celte paroisse sont : i» le fief noble de Fon- 
tenailles qui fut à noble homme Richard de Reviers, re- 
levant de celui de Manvieux; de celui de Fontenailles est 
mouvant le fief noble nommé le fief ou verge d^Aunay, 
sis au dit lieu ; 2*" le fief noble de Culfy qui fut à Jean de 
Guienros, écuyer; ces deux fiefs ont par moitié les hon- 
neurs de Péglise, et autres prérogatives ; 3o le fief noble de 
L^Épervier, qui fut à noble homme N. de Grimouville. 
Il relève par un huitième de fief de . la châtellenie de 
Beaumont-le-Richard. 

La seigneurie de Fontenailles avec la terre fut acquise 
par décret au commencement du xvn« siècle par Jean Le 
Barbey, écuyer, dont je vais rapporter la généalogie tout 
à l'heure. 

Marc Le Barbey, écuyer, seigneur de Bussy, médecin 
du roi, était né à Bayeux d^une des plus honorables fa- 
milles de cette ville. S'étant déterminé pour la médecine, 
il devint par son application un des plus habiles de son 
temps. Il fixa sa demeure dans sa patrie, et s'employa 
utilement au salut de ses patriotes. Les guerres de Reli- 
gion et celle de la Ligue qui vint après, désolèrent étran* 
gement la ville de Bayeux de son temps. Elles furent 
accompagnées du fléau de la peste, qui jeta la Basse- 
Normandie dans la plus grande misère. Bayeux se 
ressentit violemment des effets de cette horrible maladie, 
mais l'habileté et les sages précautions de M. de Bussy à 
prévenir ses attaques, sauvèrent la vie à la plupan des 



448 

habitants. Il n*en fut pas ainsi en Tannée iSSg, que les 
Ligueurs s^mparèrent de cette ville. La peste en empor- 
tait tous les jours plusieurs ; on eut recours à M . de Bussy ; 
mais ce fidèle sujet refusa constamment ses soins à des 
gens qui étaient ennemis de son roi. Des prières on en 
vint aux menaces, et des menaces jusqu'à faire vendre 
ses meubles et piller sa maison. Cette épreuve n^ébranla 
point sa fermeté. Il se retira secrètement de la ville, et 
rendit, par sa fuite, un service signalé à son prince, car 
on dit qu^il fit périr alors plus d'ennemis par sa retraite 
qu^on n'aurait pu faire parles armes. Henri IV informé 
de rattachement et du zèle de ce médecin, voulut Ten 
récompenser par le titre de médecin du roi, et par des 
lenres de noblesse qu^il lui expédia sans aucunes finances 
à Saint-Germain-en-Laye, au mois de novembre 1394. 
c Ce prince considérant, disent les lettres, les bons, 
agréables services que notre cher et bien amé messire 
Marc Le Barbey, docteur-régent en la faculté de méde* 
cine, a fait depuis 40 ans en ça, et le travail continu qu'il 
a employé au public en Texercice de sa vacation en 
laquelle il a acquis la réputation de très expert, et beau- 
coup d'obligation et d^honneur que le pays lui doit pour 
les services et soulagement très grand qu^il lui a apporté, 
ayant à cette occasion voulu le retenir pour Pun de nos 
médecins; et aussi n^a voulu, pendant que les rebelles et 
ennemis occupaient notre ville de Bayeux leur adhérer, 
et se départir de notre service, encore qu^il y fut seul 
médecin, et plus que sexagénaire, pour le zèle et dévotion 
qu^il a toujours porté à notre dit service, ayant plutôt 
choisi un exil volontaire de la dite ville, à souffrir la perte 
de ses biens et maison étant en icelle, pour incommoder 
d^autant nos dits ennemis par son absence^ et ne pouvant 
pour son ancien âge et vacation nous servir en personne^ 



449 

se^ serait efforcé de tout son pouvoir de donner moyen à 
ses deux fils de s^employer à notre service, ainsi qu'ils 
ont fan, dont Tun aurait eu commandement comme il a 
encore de présent en notre ville de Bayeux, en la charge 
de Tun des capitaines d^icelle, pour le témoignage de quoi 
il a, pendant ces guerres perdu une jambe d^une arque- 
busade, de laquelle il est demeuré estropié, et porte une 
jambe de bois, à Toccasion de ce, etc. > 

Il mourut à Bayeux vers 1600, laissant de sa femme, 
demoiselle Marguerite Regnault : i» Jean Le Barbey qui 
suit ; 20 Hélyes Le Barbey, écuyer ; 3o demoiselle N. Le 
Barbey, mariée à Simon de Marconnet, écuyer, lieu- 
tenant général au bailliage de Bayeux. 

Jean Le Barbey, écuyer, seigneur et patron honoraire 
de Fontenailles, contrôleur pour le Roy au grenier et 
magasin à sel de Bayeux, un des capitaines de cette 
ville; naquit le 26 mars i554, ^^ ^^ paroisse de Notre- 
Dame-des-Fossés, et fut nommé par noble, vénérable et 
discrète personne, maître Jan Feret, abbé de Mondaye, et 
maître Jean Barbey, écuyer, contrôleur des taillesdeCaen, 
son oncle, et eut pour marraines la demoiselle veuve de 
Raphaël Descrametot, écuyer, vicomte à Bayeux, et la 
demoiselle veuve de Denis Le Barbey, procureur du Roy 
au dit lieu. 11 fut, au mois de janvier 1690, établi capi- 
taine en la ville de Bayeux par Mgr le duc de Mont- 
pensier, gouverneur pour S. M. en ses pays et duché de 
Normandie ; le sixième jour de mai, au dit an, il fut 
blessé d^une arquebusade à la jambe gauche, à raison de 
laquelle blessure il la lui fallut couper, et le dit coup lui 
fut tiré à la tête de 200 hommes armés qu'il commandait 
avec le sire de Cambresy, lieutenant de messire Fresnel, 
gouverneur des ville et château de Bayeux, et neuf mois 
après, il continua sa charge de capitaine pendant les dits 

29 



450 

troubief, avec sa jambe de bois. Il mourut à Rouen à la 
poursuite du procès de la terre de Fontenailles à ren- 
contre de maître Rapbaél Philippes, conseiller à Bayeux, 
le septième jour de mai 1611, et fut inhumé en relise 
de Saint-Jean de Rouen> près le Vieui«Marché. Il avait 
eu 3 femmes : !<> en i586, demoiselle Jeanne Herbeline, 
fille de François Herbeline, écuyer, sieur de Longuef(»se, 
et de demoiselle Marie Suhard; 2^ le 28 janvier iSpi, 
demoiselle Henrye Descrametot, fille de Jean Descrame- 
tôt» écuyer, esleu à Bayeux, et de Perrette Noël ; 3® le 
i5 novembre 1592, demoiselle Judith Vérard, fille de 
Françoise Vérard, écuyer» et demoiselle Geneviève 
G)rnet, de laquelle il eut : Catherine, Georges qui suit, 
et Richard Le Barbey, seigneur d^Olney, qui, de sa 
femme Bertrane de La Dangie, eut pour fille unique 
Françoise Le Barbey. 

Georges Le Barbey, écuyer, seigneur de Fontenailles 
et d^Aulney, contrôleur au magasin à sel de Bayeux, né 
le 6 juin iSgS, à Saint*Martin de Bayeux, mort le 
3i janvier i65o, et enterré à Saint-Sauveur de cette 
ville, épousa demoiselle Marie Le Mercier, fille de Charles 
Le Mercier, écuyer, licencié-aux-lots, sieur de Saint- 
Germain et du Mesnil, lieutenant-ancien civil et cri-* 
minel au siège de Bayeux, et de Madeleine Benoît, de 
laquelle il eut, entre autres enfants : Simon, qui suit ; 
Charles; Thomas; ces deux-ci furent tonsurés en 1645, 
avec leur frère puisné Olivier, depuis curé de Saint* 
Sauveur de Bayeux ; Madeleine, femme d'Antoine de La 
Cour, fauconnier du Roy, morte à Sommervieu, le 
7 d'avril i66g; et Perrette, morte après avoir &it son 
testament, le dernier juin 1679. 

Simon Le Barbey, écuyer, seigneur et patron honoraire 
de Fontenailles et d'AuInay, né au mois de juillet 1627, 



451 

en la paroisse de Fontenailles, et mort au dit lieu, le 
19 novembre 1699, avait épousé, dans Tégiise de Saint- 
Sauveur de Bayeux, le 27 de novembre 1660, Françoise 
Le Barbey, sa cousine au second degré, fille de Richard, 
écuyer, seigneur d*Aulnay, par dispense de S. S., obtenue 
en la faveur de François Servien, évéque de Bayeux, le 
premier jour d'octobre u 6 56 ; duquel mariage sortirent : 
10 Etienne qui suit ; 2^ Pierre-Benoît Le Barbey, 
écuyer, seigneur de Vaucelles, mort à Saint-Mâlo-de- 
Bayeux, âgé de 5o ans le 8 janvier 1713^ sans postérité 
de sa femme Jeanne de Cabazac, veuve de Jean de Cy- 
resmes, écuyer, sieur de Saint-Jean-de-Caumont, fille de 
Jacques de Cabazac, écuyer, sieur de Grand-Bosc, et de 
Madeleine Julien ; laquelle de Cabazac il avait épousée le 
I" février 1696 ; H» Jean-Jacques Le Barbey, prêtre, curé 
de Montivillters, né le 5 février 1664; 4^ Germaine, 
femme d'Isaac de Prepetit, écuyer, fils de Pierre, écuyer, 
sieur de Saint-Pierre, lieutenant-général au siège de 
Condé-sur-Noireau, et de demoiselle Anne d^Anfernet, 
qu^elle avait épousé le 16 novembre 1705 ; 5® Simon, 
mort âgé de 7 ans en 1675, et 60 Michel Le Barbey^ 
écuyer, sieur d^Aulnay, qui a formé la branche des sieurs 
d^Aulnay. 

Etienne Le Barbey, écuyer, seigneur et patron hono- 
raire de Fontenailles, né le 7 octobre 1661 à Saint- 
Sauveur de Bayeux, mourut à Fontenailles ; il avait pris 
pour femme demoiselle Marie Hélyes, fille de noble 
homme Nicolas Hélyes, écuyer, et de demoiselle Cathe- 
rine du Hamel, de laquelle il eut : Marie-Françoise Le 
Barbey, morte en 1762^ femme de Laurent de La Mothe, 
écuyer ; Marguerite-Catherine Le Barbey de Vaucelles ; 
Charles-Etienne qui suit ; et Marîe^Anne-Eléonore Le 
Barbey, mariée par contrat du i5 février 1736, à Louis- 



452 

Joachim Le Cornu, écuyer, seigneur du Buat, proche 
Laigle, chez demoiselle Madeleine du Bois de La Hochère, 
sa cousine, où elle demeurait depuis 171 8. 

Charles-Etienne Le Barbey, écuyer, seigneur de Fon- 
tenailles, a épousé demoiselle Marie*Madeleine d^Astain, 
de la ville de Caen, dont il a eu 5 fils et 2 filles : Michel- 
Etienne , Yves- Abraham , Pierre-Charles , Jean-Bap- 
tiste, etc. 

Fresnésur^la-Mer (Saint-Cosme et Saint-Damien de) . 
Sergenterie de Gray, élection de Bayeux^ 71 feux, 
200 communiants, notariat de Tracy. 

L^église n'est distante de la mer que d'un champ de 
terre, auprès duquel sont 3 ou 4 cabanes de pécheurs. 
Or, il n^est pas vraisemblable que cette église ait été bâtie 
à Textrémité de la paroisse comme elle est aujourd'hui ; 
ce changement n^a pu être occasionné que parla mer qui a 
considérablement diminué le terrain de ce côté-là. On 
remarque même sur le rivage, dans la basse eau, quantité 
de racines d^arbres qui n^ seraient jamais venues si la 
mer eut toujours occupé cet espace. L'église est un gros 
vaisseau sans bas-côtés, oti Ton ne remarque rien qu'une 
extrême simplicité. Elle a 2 chapelles au midi et au 
nord. Tune de la Sainte- Vierge, l'autre de Saint-Michel ; 
entre le chœur et la nef, et au milieu une grosse tour 
carrée sans ornement, et couverte d'ardoises en bout 
rabattu. 

L'abbaye de Saint-Julien de Tours, ou plutôt les 
PP. Jésuites de Tours, depuis l'union de I4 manse abba- 
tiale à leur collège, possèdent la moitié de la grosse dîme, 
le curé a l'autre moitié. Dans la chartre que Henri II, 
roi d'Angleterre donna, en 1 1 54, pour la confirmation 
des biens aumônes à l'abbaye de Saint-Juliea, il est dit : 



453 

concedo in perpétuant eleemosynam et confirma. . . ea 
quœ possident (monachi) apud Frenetum. M. Tévêque 
de Bayeux, depuis la même union, et au droit de cette 
abbaye, est présentateur de la cure. 

On trouve, dans les registres de Téglise de Fresné-sur* 
la-Mer, ce qui suit, écrit de la main de Gabriel Le 
Moyne, prêtre, curé du dit lieu, « le i8« jour de jan- 
vier i63i : ont été' inhumés en cette église, dans la 
chapelle de Notre-Dame, Loys Le Moyne, mon père, et 
Gillette Le Terrier, ma mère, lesquels sont décédés en 
même jour, ce que j'atteste véritable; fait comme dessus. » 
Cette paroisse est à 2 lieues de Bayeux. 

En 171 5, M. Le Haribel faisait travailler à une de ses 
terres qu'il a en Normandie, à une lieue de Bayeux. Le tra- 
vail consistait en une espèce de rond-point qu'il voulait mé- 
nager devant une grande porte située sur le bord du grand 
chemin entre le midi et le couchant. Son dessein l'obligea 
de prendre sur un champ opposé le terrain que le chemin 
ne pouvait lui fournir ; pour mettre la partie du champ 
qu'on prenait au niveau du chemin, il fallut creuser ; à 
peine eut-on creusé 3 ou 4 pieds, qu'on trouva î i urnes 
de terre cuite grise, sans couvercles, hautes d'un pied et 
et demi, et épaisses d'un pouce. Nonobstant cette épaisseur, 
toutes ces urnes cassèrent dès qu'elles eurent senti l'air ; 
mais ce qu'il y a de merveilleux, c'est, qu'entre toutes 
ces urnes, 10 qui paraissaient uniformes, étaient remplies 
d'ossements rompus, de bras, de jambes et autres os du 
corps humain rangés par lits qui se croisaient. Chaque 
lit était distingué et séparé des autres par une matière 
qui paraissait avoir été grasse, mais qui était alors si dure 
et si compacte qu'on ne pouvait la briser, même avec un 
ciseau de fer (i). Messire Le Haribel croit que cette 
(i) La Religion des Gaulois, t. II, p. 343-344. 



454 

matière était, ou les chairs qui s'étaient durcies en 
séchant, ou quelque composition de parfums, d'onguents 
et de chairs humaines ensemble. La onzième urne l'em- 
portait sur les autres par sa grandeur, aussi contenait-elle 
une autre pleine de crânes, disposés par lits comme les 
os des premières urnes, et chaque lit était comme nourri 
de cette matière ou composition dont nous avons parlé. 
A quelque distance des urnes, mais toujours dans le 
même terrain, furent trouvés les ossements d'un corps 
dont les bras, ou pour mieux dire, Tos seulement qui 
commence depuis la jointure de Pépaule jusqu'à la join- 
ture du coude, était tout garni de bracelets, alternative- 
ment les uns plus grands, les autres plus petits, mais tous 
de bronze et de la même forme. Les grands étaient 
cannelés en dedans, et les petits étaient solides. Hors de 
là, tous étaient : c ondes ou en guise de perles enfilées. 
M. Le Haribel ne doute point qu'il n'eût trouvé une plus 
grande quantité d'urnes, s'il avait ou creusé davantage 
ou étendu plus loin ses travaux. Au reste cette découverte 
lui fait croire que ce lieu avait été choisi par les Gaulois 
pour y enterrer les morts ; ce qu'il appuyé sur une an- 
cienne tradition du pays, que les Druides l'avaient 
habité, qu'on avait adoré un veau d'or en un lieu qui 
n'est distant de là que d'une lieue, que cette idole y est 
cachée en terre, et que ce lieu portait autrefois le nom de : 
Faunus (i). » 

L'auteur de ce récit ne nomme point le lieu où se fit 
cette découverte. Je tiens de }A°^ du Rosier, fille de M. Le 
Haribel, que ce fut à Fresné-sur-la-Mer, où monsieur 
son frère a effectivement une belle terre. Elle m'assure 
aussi qu'on découvrit en même temps une maçonnerie 

U) La Religion des Gaulois, t. II, p. 345. 



455 

très dure, dans laquelle étaient répostés deux gros pots 
de terre remplis d^une espèce de monnaie inconnue, 
dont les pièces d'argent et de fonte étaient aussi minces 
que nos sols marqués de six Uards. 

Le même auteur est fort porté à croire que ces osse- 
ments éuientceux des gens que les Druides immolaient à 
leurs dieux. Le soin quHls prenaient de les ranger par 
lits avec tant d'art, et de répandre au dessus et au fond 
des urnes, aussi bien qu^à chaque lit, cette substance qui 
servait à les nourrir, à les conserver, et à les empêcher de 
se résoudre en poudre, est une preuve qu^ils avaient pour 
ces 06 une particulière vénération. Or, la vénération qu'ils 
avaient pour les reliques de ceux qu^ils avaient offert en 
sacrifice, ne pouvait être plus grande, puisquUls tenaient 
que cette cérémonie avait la vertu de les déifier. Il croit 
encore que ces os avaient été décharnés et dégraissés, et 
que les chairs et la graisse entraient dans la composition 
de cette matière qui servait à les embaumer, et ceb, afin 
qu^aucune partie du corps de ceux qui passaient dans 
leur esprit pour dieux, ne se perdit. 

La seigneurie de Fresné-sur-la-M er relève de la baronnie 
de La Quièze. RouUand de Gourfalleur, écuyer, sieur 
de Bonfossé, tenait, en i58i, à cause de demoiselle sa 
femme, fille héritièns de Gilles de Conteville, écuyer, le 
fief entier de Fresné^sur-la-Mer, de la seigneurie de La 
Quièze. 

Il y a encore quelques autres fiefs à Fresné, entre 
autres celui de Vérigny, qui a des extensions à Asnelles 
et Meuvaine, et relève de la seigneurie de Manvieux pour 
un fief de chevalier, suivant Taveu de Marc-Antoine de 
Malherbe. 

La seigneurie de Fresné, possédée par un Manneville, 
entra depuis par acquêt dans la maison de Saint-Ouen- 



45« 

de-Magny. On voit autour de Téglise une litre oCi sont 
leurs armes, savoir : de sable au sautoir d^argent, accom- 
pagné de 4 aigiettes de même. (Voyez : Magny, ci-après). 
L'histoire de la maison d^Harcourt dit que d^Hélène de 
Bricqueviile-Coulombières sa femme, Tenneguy de 
Saint-Ouen, chevalier, seigneur de Magny, Fresné-sur- 
Mer, eut un autre Tenn^uy, seigneur de Fresné ( i ) ; cela 
n'est pas exact. On lit, dans les registres de cette paroisse, 
que ceTanneguy de Saint-Ouen, baptisé le 1 5 septembre 
1 664, eut pour père, François, seigneur de Fresné, et pour 
mère, Marguerite de Briqueville, et qu*il fut nommé par 
Tanneguy de Saint-Ouen, seigneur de Magny, représenté 
par Pierre d^Harcourt, baron de ce lieu, et par demoiselle 
Madeleine de Saint-Ouen II épousa dame Marie^Made- 
leine Hu€, décédée en 1738. Il était mort dès le 22 man 
17 12. Us sont enterrés dans le chœur de Fresné. Les 
enfants sortis de leur mariage sont : ro messire Louis 
Tanneguy de Saint-Ouen, écuyer, seigneur et patron 
honoraire de Fresné-sur-la-Mer, chevalier de l'Ordre 
militaire de Saint-Louis, ancien capitaine d*infanterie au 
régiment de Vastan ; 2^ Marc-Antoine de Saint-Ouen, 
chevalier de POrdre militaire de Saint-Louis, ancien 
capitaine d'infanterie au régiment de Luxembourg; 
30 et 40 Etienne, et Hercule-François, officiers dans les 
troupes du Roy, pour le service duquel ils sont morts. 

Fresney-le^Croteur (Saint-Remy de). Sergenterie de 
CreuUy, élection de Caen, 12 feux, 35 communiants, 
notariat de CreuUy. 

On écrit indifféremment Fresné, Fresney et Fresnay. 
On le surnomme Le Croteur, tant pour le distinguer de 

(t) Hist, HarCy 1. 1, p. 940. 



457 

plusieurs autres paroisses de même nom, que parce que 
cette paroisse est remplie de beaucoup de boue et de 
crotte. Elle est fort petite dans son étendue. Elle ne forme 
qu^un petit village au milieu d'une campagne, 0(1 sont, 
rassemblés ses habitants. Il 7 avait autrefois, dit^on, bien 
plus de maisons quMl n'y en a aujourd'hui. La plupart 
étaient situées dans un lieu marécageux qui compose 
aujourd'hui un herbage, et il n'y a pas bien longtemps 
qu'on y a trouvé de vieux fondements d^édifices. Il se 
peut faire que lé nom de Croteurtire son origine de celui 
de marécageux, car souvent la situation des lieux change, 
et le nom reste toujours. 

Elle relève, pour la plus grande partie, de la haute 
justice de Saint-Gabriel, et son fief dominant est une 
extension du fief de Saint-Gabriel, possédé par les reli- 
gieux de Fécamp, qui, au droit du prieuré de Saint- 
Gabriel, présentent à la cure et perçoivent les dîmes en 
totalité, la cure étant à pension congrue. Il y a un petit 
fief appartenant à M. Crevel, docteur, professeur en droit 
à Caen et seigneur de CreuUet, qui prétend posséder le 
principal fief de cette paroisse, et conséquemment les 
droits honorifiques. Les maisons et terres qui en dé- 
pendent relèvent du bailliage de Caen. Elle est à un 
quart de lieue de Creully et à 2 lieues de Bayeux. 

Gray (Saint-Martin de). Chef-lieu de sergenterie, 
élection de Bayeux, 94 feux, notariat de Ver. 

Gayum et Graëyum. Il y a, dans le diocèse de Besan- 
çon, selon le Dictionnaire universel de la France, une 
ville et une paroisse qui portent le même nom, mais qui 
s'appellent en latin Gradicum. Celle<i est bordée au 
nord par la Manche ou la Mer Océane, et au levant par 
la rivière de Seulle qui la sépare d'avec la paroisse de 



4S8 

Couneulle. II y a une exteosion de Gray qui va juaqu*à 
Bernières et qui forme une garenne pour le seigneur de 
Gray. Le petit havre de CoufMuIIe où viennent aborder 
les bateaux pécheurs, est sur Gray des deux côtés. 

Le territoire est composé de 4 villages : !<> Le Buisson ; 
2^ Vaux, où il y a un château à pont-levis et une fon- 
taine au coin du parterre qui va se décharger dans deux 
canaux vers la mer ; 3<^ La Vallette ; 49 Gray, au bout 
duquel il y a a moulins, Pun pour le seigneur, et Pautre 
pour Pabbesse de Caen. 

Les religieux de Sainte-Barbe*en-Auge présentent à la 
cure un chanoine régulier qui prend le titre de prieur. 
fi^ocensis antistcs quoque ecclesiam B** Martini de 
Graye, ad petitionem Herlonis ejusdem patroni, et 
êcclesiam B"' Andreat de Cottun^ concedentibus Roge- 
rio Malqfiliastro, et Guidone de Bouissier, dédit 
nempe canonicis S^ Barbariœ |i). Ces donations ont 
été faites dans le milieu du xii« siècle, sous le prieur 
Daniel. Les dîmes, grosses et menues, appartiennent pour 
les deux tiers au chapitre de Bayeux et pour l'autre tiers 
au chapelain de Saint-Thomas, fondé dans la cathédrale 
du dit lieu. Lç curé a une pension congrulS. 

LMglise paroissiale est à peu de 'distance de la mer, sur 
une petite éminence environnée de maisons. Le bâtiment 
est simple et sans sculpture, et d^une ancienne bâtisse. Le 
chœur est décoré d*un autel neuf et d^un lambris tout 
autour. Cest un présent de M"« du Quesnay, dame de 
Gray, fait après le décès de M. le baron de Saint-Suplix, 
son mari. Le tableau de Pautel, représentant le baptême 
de N.-S., est une copie de celui de Le Brun, faite par 
Restout^ de Caen. On y voit encore deux excellents 

(i)Nêu»t. PiOj p. 716. 



4S9 

tableaux, Puh de saint Sébastien mourant, de grandeur 
naturelle, en détrempe, et admiré surtout des curieux, et 
Tautre de saint Jérôme. 

Il y a une fondation d^une messe toutes les semaines 
pour MM. Le Gouès, anciens seigneurs de Gray. Elle 
avait été faite dans la chapelle du château, mais depuis 
que le château et la chapelle vinrent à se ruiner faute de 
réparations, on la transféra, sous M. de Nesmond, dans 
l'église. On dit qu^il y a 35 vergées de terre pour cette 
fondation. Le curé n'en connaît que 6 en une seuk 
pièce. 

Cette paroisse, dépendante du bailliage de Bayeux, est 
à 3 lieues de cette ville et à une lieue et demie du bourg de 
Creully. 

Il y a 2 fiefs nobles, Gray et Vaux. Celui-ci relevant 
du premier, et le premier de la baronnie de Crépon. Ils 
sont possédés par messire Alexandre Costé, marquis de 
Saint*Suplix, dont le père, conseiller au Parlement de 
Rouen, ayant épousé Marguerite de Blois, fille de mes^ 
sire du Quesnay lieutenant-général à Caen, et conseiller 
d'Étaty devint possesseur de grands biens par cette alliance. 
Il y a au couchant, le château de Vaux, remarquable par 
sa galerie et par sa chapelle de sainte Anne, qui sont des 
mieux décorées. 

La sergenterie de Gray, composée de 23 paroisses, 
relève de celle d'Isigny. Les paroisses sont : Ver, Man- 
vieux. Le Manoir, Vienne, Rye, Esquay, Longues, 
Meuvaine, Villiers-le-Sec, Tierceville, Sainte-Croix, 
Magny, Sommer vieu. Colombiers, Fontenailles, Fresné- 
sur-la-Mer, Crépon, Arromanches, Tracy, Asnelles, 
Gray, Banville et Bazenville. Le terroir de cette sergen- 
terie rapporte du blé et du cidre. Il n'y a que peu d'her- 
bages et de prairies; la plupart étant de mauvaise 



460. 

nature, servent néanmoins aux pâturages des moutons. 
Les paysans n^ possèdent que des héritages très modiques» 
chargés de grosses redevances. Cest ainsi quVn parle 
M. le comte de Boulaînvilliers dans VÉtat de la France, 
généralité de Caen, t. IV. 

La maison de Gray, si illustre en Angleterre où elle 
existe encore, tire son origine de cette paroisse, et a possédé 
plusieurs terres en Normandie. Ses armes sont : fascé 
d*argent et d'azur, que les puînés ont brisées en chef de 
trois tourteaux de gueules ( i ). 

Il y a une généalogie à Rouen en la Bibliothèque de 
M. Bigot, qui nous représente que Renaud, seigneur de 
Gray et de Rhuthin, en Angleterre, était père d'Edouard 
de Gray, dont sortit Jean de Gray, chevalier, père de 
Thomas de Gray, marquis de Dorset, et d'Edouard de 
Gray, vicomte de Lisley. 

Les registres de la Chambre des Comptes pour la 
Chancellerie de Normandie font mention comme en 
Tannée i236, Guillaume de Gray, qualifié monseigneur 
et chevalier, se présenta pour servir le Roy, duc de 
Normandie, représentant Tabbé de Caen, à raison du fief 
de Rotz, pour lequel il devait service de chevalier pour 
40 jours. 

Jean de Gray, qualifié messire et chevalier, épousa 
M"« Jeanne de Neubourg, dame de Livarot, dont elle et 
son mari eurent délai ou souffrance jusqu'à un an, de 
rendre foi ou hommage de la dite terre de Livarot, par 
lettre du roi de France du 5 février 1434. 

Edouard de Gray, deuxième fils de Richard, seigneur 
de Gray et de Ruthim, père de Jean de Gray, chevalier, 
aKeul de Thomasde Gray, marquisde Dorset, et d'Edouard 

(x) Hist. Harc.j 1. 1, p. 214 et 186. 



461 

de Gray, vicomte de Lisley, père de Guillaume de Fer- 
rières, seigneur de Grosby, et de Jean de Ferrières, 
seigneur de Tampots ; ces derniers ayant changé le nom 
de Gray en celui de Ferrières. 

Zan/eiii7 (Saint-Sylvestre de). Sergenterie de CreuUy, 
élection de Caen, notariat de CreuUy, 86 feux, 260 habi- 
tants. 

Cette paroisse n'est pas d^une grande étendue. Elle est 
disunte d^une demi-lieue du bourg de Creully, de 
2 lieues et demie de Bayeux, et de 3 lieues et demie de 
Caen. Son territoire, arrosé par les petites rivières de 
Gronde et de Thuë, n^est composé que de 2 hameaux. 
Elle dépend de Caen pour le bailliage et les tailles, et de 
Bayeux pour le sel. 

Le Dictionnaire universel de la france l'appelle 
Lantheil, et le livre Pelut Lantolium ; ce dernier y 
marque 2 portions de cure. Tune à la présentation de 
Jean de Magneville, écuyer, Pautre à celle d'Henry 
d'Aigneaux, écuyer. Elles ont été réunies depuis en un 
seul titre, qui est à la nomination de messire Turgot de 
Saint-Clair, chevalier, seigneur de Lanteuil. 

Un de ses fiefs relève de la baronnie de Creully, et un 
autre appelé': le fief de Lanteuil-Magneville, du chapitre 
de Bayeux, à cause du fief de La Table. Il y a une très 
jolie maison avec des avenues et des pièces d'eau' qui lui 
donnent un grand agrément. 

Longues (Saint- Laurent de). Sergenterie de Gray, 
élection de Bayeux, 58 feux, notariat de Tracy. 

Cette paroisse, située à une lieue et demie de Bayeux, 
est sur le bord de la mer, dont elle est défendue par des 
côtes ou falaises fort élevées. Sa principale décoration 



462 

vient d^une abbaye de Bénédictins» qai est en ce lieu. La 
présentation de la cure, la seigneurie et les dîmes appar- 
tiennent à cette abbaye, à laquelle elles furent données par 
le fondateur. 

Notum sit omnibuê tant presentibus quam futuris 
quod Ego Balduinus Wac dedi et concessi monachis 
S*^ Manœ-de-Longis ecclesiam 5'' Laurentii ejusdem 
villce tenendam de me et de hceredibus meis in perpétua 
eleemosina,.. salvo episcopali jure, post decessum Gai- 
fridifilii Radulphi, cuipater meus dédit. Testibus his : 
D, D. abbate de Bruna, Helia de Bajoc, Rad. de Vassy 
Thomade Anisi, Hugone Silvain, Rob. de Ver, etc,(i], 

Henry, évéque de Bayeux, confirma et ratifia la sus- 
dite donation par une chartre sans date à laquelle ser- 
virent de témoins (2) : N. archicapellano, Bemardo 
abbate de Valle^ Riçhardo priore de Piaisiaco, H, pre^ 
cantore, et Roberto capellano et canonico Bajocensi. 

L^abbaye de Longues, de Bénédictins non réformés, 
fut fondés en 1 168, sous Tinvocation de la Sainte Vierge, 
par Hugues Wast, seigneur de grande distinction. On 
voit contre un pilier, à rentrée du chœur, des armes qui 
sont : de gueules à deux fasces d^or, accompagnées de 
' trois besans de même en chef, avec ces mots : cy sont 
les armes du fondateur de Vabbaye de N^ D^ de 
Longues, et ensuite : Domini Balduini Vast, comte de 
Bessin. 

Baudoin Vast, fils du fondateur, confirma la fondation 
de son père et y ajouta de grands biens, d^oti vient qu^on 
lui donne le titre de fondateur dans cette inscriptioo. 



(i) Ex Cartull. Abba. de Longis, p. 4, fol. t. et p. 5. 

(a) Ex C«rtull. Abba. de Longis, p. 27, fol. t. et p. 38» fol. v. 



J 



463 

comme les grandes terres quMI possédait dans le Bessin, 
lui ont fait donner la qualité de comte. 

i^ Bacon du Molley aumônërent aussi de grandes 
possessions, et plusieurs d^entre eux sont enterrés dans le 
sanctuaire du chœur; de ce nombre est Mgr Bogier 
Bacon, seigneur du Molley, qui trépassa Pan de grâce 1 340. 

Cette abbaye est taxée à 200 florins d^or à la Chambre 
apostolique. L^abbé présente à tous les bénéfices qui en 
dépendent, tels que sont les prieurés de Pontiouf, de 
Berroles et de Fumichon, diocèse de Bayeux, et de La 
Chaîne, diocèse de Séez. Les cures sont : 





DIOC&SB DE BAYEUX 


Martragny pro prima parte. 




Vaussieu altéra. 






Rye pro prima. 






Vaux-sur-Aure. 




» 


Longues. 




du don de Baudoin Wast. 


Arrùmanches. 




du don de Henry etGuill. de Gray. 


Marigi^. 




du don de Reginal de Marigny, et 
d'Alvérède de Soligny. 


Campigny, 




du don de Lesde de Campigny. 


Saint'Martin-de-Blagny. 


du don de Pierre Ruaut, et de Guill. 






Bacon. 


Fontenailles, 




du don de Guillaume de Reviers. 


Castillon. 




du don de Guillaume d*Argouges et 
d'Aude du Bourg. 


Montrabot. 




du don de Roger Guerno (peut-être 
Guerros). 


Vidouville. 




du don de Thomas de Malfilattre. 


Sainte^roiX'-Grandtonne. 


du don de Thomas d'Aîgneauz. 




OIOCfttB 




Négreuille. 




du don de Roger Wast. 


Saint'Hilaire. 




du don de Henry, nû d'Angleterre, 



et de Baudoin Wast. 



4^4 

DIOCitB DB titt 

Noire^Dame^S'Landes. du don de Jeanne de Carrouges. 

St'Hilairt^u^MesnU'Scelleur. du don de la même. 

Il paraît, par les Chartres de cette abbaye, que la maison 
de Wast de qui elle tire son existience, était considérable. 
Elle est éteinte depuis longtemps. 

Hugues Wast fondateur de Longues, avait pour frère 
Roger Wast, seigneur de Négreville auprès de Carentan, 
qui souscrivit, en 1168, à la chartre de fondation de 
Longues (i). ^Ce Roger, quelque temps après, aumona 
aux mains des moines de cette abbaye, Péglise de Nègre- 
ville avec toutes ses appartenances : intégra, libère et 
quiète, pour son salut et pour le repos de Tâme de Hugues 
Wast, son frère, de qui il tenait cette é^ise, et tout ce quMI 
possédait dans ce village. Sa chartre, sans date, fut con- 
firmée par celle de Richard, évéque de G)utances, qui 
qualifie Roger Wast : venerabilis parochianus meus (2). 

Hugues Wast eut pour fils Baudoin, Geoffroy, et autres, 
suivant la première chanre. A la suite de cette chartre, il 
en paraît une autre à laquelle je n^ai trouvé de différence 
que ce qui suit : i® elle est sous le nom de Hugues Wast, 
et de Beaudoin son fils, qui y parlent au pluriel ; 2^ elle 
fait mention du moulin de Longues : quem Gaufridus 
Wat/uit, et parvum vivarium cum mol ta, etc., 3^ elle a 
pour témoins : Abbas D, de Bronda^ Hugo Servanus, 
Helias de Baiocis, Gaufridus filius Gaulterii, Robertus 
de Ver, Thomas de Anesio, Hugo Watjuvenis, Radul- 
phus de Martinbost, Willelmus de Vestpre. Cette 



(i) Cart. de Long. p. 1 1, fol. 
(2) Cart. de Long. p. 5 et ▼. 



4^5 

chartre, pour confirmer la première, est datée d'un lien 
dit : apud Bronnam ( i ) . 

Hugues Wast et Baudoin sor fils donnent «à la dite 
abbaye : campum Stephani sicuti rivulus molendini 
dividit. Témoins : Roger Wast, Alverède Camerarius, 
Raoul, médecin (2). 

Baudoin Wast, lui, aumône tout le tènement qu^ 
Roger de Troarn tenait de lui à PetitviUe. Témoins : 
Jean de Tellinton, Reginal de Marïgny, Ranulfe de 
Longues, Guillaume Bigot, Raoul de Brucourt, Geoffroy 
de Longues, et plusieurs autres (3). Il lui donne et con- 
firme par une autre charure toutes les églises de sa terre 
de Normandie avec leurs appartenances, savoir : Téglise 
de Longues, de Rubercy et de PetitviUe. Témoins : 
Roger Wast, Reginal de Marigny, Ranulfe de Longues, 
Tho^mas d'Anisy, Hubert Le Beuf, Pierre d'Anisy, 
Baudoin de Vastpré, Alain d'Anisy et Ranulfe de Gran- 
val (4). 

Baudoin Wast donne aux moines de Longues, ad 
petitionem dilecti in X^^venerabilis patris Hugonis 
Lincolnensis episcopi, et leur confirme : totam suant 
terrant quœ est ante abbatiam de Longis juxta gar- 
dinum, videlicet inter magnum vivarium monackorum, 
et duos semitas publicas, quarum una vadit in civitate 
Bajocensif et altéra extenditur ad Vada» Virœ versus 
Constentinum : Drocon de Lincoln, maître Guillaume 
Vacelin, Geoffroy de Saint-Eduald, Geoffroy de Lichelad, 
Hugues de Saint-Eduald, clerc du seigneur évêque de 
Lincoln, Guillaume Le Bigot, Ranulphe de Longues, 

(i) Cart. de Long., p. t ^, fol. v. et p. 2 <. 

(2) Cart. de Long., p. a, fol. v. 

(3) Cart. de Long., p 2. 

(4) Cart. de Long., p. 3. 

}0 



466 

Ranulphe de Marigny, chevalier, Raoul de Bosbms, et 
Raoul Rabâche (i). 

Le même donne et confirme aux mêmes : honore Gau- 
fridifratis sui qui ibidem habitum religionis suscepit^ 
totam piscariam suam de Parvavilla, et totum mana- 
gium ubi furnus de Longis sedet, avec la maison que 
Qillebert, prêtre, tient de lui. Témoins : Guillaume, 
abbé de Hambie, Richard, archidiacre de Coutaaces, 
Turold, chanoine de Brenna, etc. (2). 

Baudouin Wast et Agnès sa femme donnèrent eux* 
mêmes unum milliarium anguiliarum in suapiscaria de 
Petiville annuatim reddendum. Témoins : Thomas, 
chanoine de Bronne, Reginald de Marigny» Valérien fils 
de Radulphe, Ranulphe Le Beuf et Roger de Came- 
rario (3). 

Le même donne buj. susdits moines, trois mesures 
d'^orge et une mesure de froment à prendre sur son mou- 
lin de Saint-Gabriel ; ad vestimenta sua, jusqu^à ce qu^on 
leur ait délégué 10 livres de monnaie d'Anjou qu'ils ont 
à prendre sur Téglise de ' Rubercy. Témoins : Roger 
Wast, Reginald de Marigny, Thomas d^Anisi, Pierre 
d'Anisi, Ranulphe de Longues, Baudouin de Vastpré et 
OberLeBeuf (4). 

Baudouin Wast, fils de Baudouin, selon deux Chartres 
dont Tune est sans date, Pautre datée : apud Neaubru, 
année 1 2o3, donne aux mêmes toute la dime de son mou- 
lin de Négreville. Témoins : Guillaume, abbé de Mon- 
tebourg, Thomas du Hommet, Guillaume de Reviers, 



(i) Cart. de Long., p. 3. 

(2) Cart. de Long., p. 4. 

(3) Cart. de Long., p. 3, fol. verso. 

(4) Cart. de Long., p. 4. 



4^7 

Guillaume de Vauville, Roger Suhart efHamon Le 
Gras(i). 

Je ne prétends point donner ici la liste des abbés de 
Longues ; c'y sont seulement des additions qui peuvent 
servir au catalogue qu'en ont publié les auteurs du nou- 
veau Gallia Christiana, t. XI, colonne 480 et suivante^. 

Laurent Le Qerc, XVI« abbé, fit alliance, en 1458, 
avec Jean de Villerai abbé de Vendosme, depuis cardinal* 
de Sainte-Prîsque. Il permuta son abbaye avec Richard 
Sabine, abbé de Cerisy. Les bulles de permutation sont 
du mois de décembre 1472, la deuxième année du pon- 
tificat deSixte IV (2). Richard Sabine retient surPabbaye 
de Cerisy une pension de 400 ducats, payable moitié à la 
Saint-Jean, l'autre moitié à Noël, sa demeure et sa nour- 
riture pour lui et quatre de ses amis à son choix, dans la 
susdite maison de Cerisy (3). 

Thomas du Jardin devint abbé de Longues en même 
temps que l'abbé Sabine, car ses bulles sont également 
datées du mois de décembre 1472, la deuxième année du 
pontificat de Sixte IV (4). * 

Jean Ouenne est le dernier des abbés réguliers de 
Longues. Il est qualifié prieur claustral de Pabbaye de 
Cerisy, dans une provision du 23 septembre 1493, vi- 
caire général de Jacques de Silly, protonotaire du S. S., 
abbé de Cerisy dans. une autre de 1 5o2, et enfin abbé de 
Longues sur la résignation de Pabbédu Jardin. Ses bulles 
sont datées du mois de janvier 1 504, la seconde année de 
Jules II (5). Il mourut dans son abbaye le 8 des Ides 

(i) Cart. de Long., p. 3 et 4, fol. verso. 

(2) GaL Christ., t. VIII, col. iSyS. 

(3) Ex-bulli». 

(4) Ez-bulla. 

(5) Reg. de révêché. 



468 

d^août i5i6, et fut enterré au milieu de la nef 4^ son 
église oii on lit sur sa tombe ces mots : Cy gist Révé- 
rend Père Jehan Oueitncy abbé de céans^ et prieur de 
Deux'-Jumeaux et du Goulet, fondateur de VII obits, 
décédé au mois daoust i5i6. 

Antoine de Marcillac, doyen de Rouen, fut abbé de 
Longues par bulles de Paul IV, expédiées la quatrième 
année de son pontificat, au mois de janvier 1 558. 

Joachim Thiboult, religieux profès de Longues, obtint 
cette abbaye par la résignation du précédent ; ses bulles 
sont du mois de juillet i565, la sixième année du pape 
Pie IV, mais préférant son repos à la dignité, il la rési- 
gna cinq après au suivant. Il mourut le 4 de juillet 1596, 
et est enterré dans la nef de son église, aux pieds de Jean 
Ouenne, un de ses prédécesseurs^ Sa famille fut annoblie 
en 1 575, suivant la production faite en 1666, par Michel 
et Pierre Thiboult, des paroisses de Litteau et de Bérigny. 

Louis Hoûel, né au hameau du Pont-Fâtu, paroisse 
de Hérils, au rapport des religieux de Longues, et moine 
du dit lieu, en devint abbé en 1 570 sur la résignation du 
précédent. Il reçut les moindres ordres le r3 avril 1571, 
et le sous-diaconat le lendemain, des mains de M. d^Hu- 
mières, évéque de Bayeux. Il se démit en 16 10 en faveur 
de son neveu qui suit, et mourut à Longues le 24 mai 
1616 ; il est enterré dans la nef. Son tombeau, pratiqué 
dans le mur, sous une arcade, à gauche en entrant, a été 
bâti du vivant de cet abbé, qui s^y est fait représenter au 
naturel, revém de ses habits pontificaux. On dit que 
Fépitaphe qui y fut placée en même temps^ est aussi de 
sa composition. 

Ceditfatis Reverendus in Christo pater ac dominas 
Ludovicus Houelf quundam hujus monasterii cœno^ 
biarcha vigilantissimus, œtatis suœ,.. et exactis in 



469 

militia et restauratione hujus cœnobii quadraginta 
annis, hàbuit curam templi et pauperum, qui cum tem- 
poribus licet durissimis vixerit in hac abbatia, tatnen 
ita sapienter vitam instituit ut omnibus gratus, ca^ 
rusque esset caste vivendo, et omnia ad œquitatem ut 

melius potuit reducendo; mortuus autem est die men- 

sis cujus anima requiescat inpace œterna, ad quem 

finem dicetis, si vobis placet : Pater 

Il portait pour armes : d'azur à 3 pals d'or^ au franc 
quartier de... chargé d^une bande de... 

Olivier Le Gxi, chanoine de Bayeux, et abbé de Lon- 
gues par la démission du précédent, suivant ses bulles 
du mois de novembre 16 10, la sixième année de Paul V. 
On lit sur le grand autel du chœur de cette abbaye : Le 
maître-autel â été fait faire par M. Lecoq, abbé de 
Longues, en 1623, e/ a JoanneFabro Cadomensi exara- 
tum. II paraît, par les registres de Tévéché, qu^il était de 
la paroisse de Bérigny^ fils de Benoît, écuyer, seigneur 
du lieu, et quHl reçut la tonsure et les moindres les 8 et 
9 juin 1571, de M. d'Humières, évéquede Bayeux. Il 
mourut dans son abbaye en 1629, et fut inhumé devant 
Tautel de la chapelle de Saint-Thomas-de-Cantorbéry, ce 
qui paraît par Tinscription de ^ tombe. 

Cet abbé était fort attaché à la maison des Aûgustins 
de Bayeux, et par reconnaissance, Nicolas Germain, 
docteur en théologie, religieux des Aûgustins de Rheims, 
lui dédia, en 1 6 1 3, un petit ouvrage qu^il avait composé 
sous le titre de : Paranymphe de la Sainte^Eucharistie, 
contenant huit discours sur : O sacrum convivium. On 
trouve à la tête cette épigramme qui lui fut adressée par 
G.C. 

A voir d'un bon prélat simplement le pour trait, 
A voir dessus le front une douceur emprtinte, 



470 

Cela ne suffit pas si l'âme n'est atteinte 
De telles qualités et n'en montrent le trait. 
Votre ^me s'embellit luy fournissant les choses : 
La douceur de l'ogive et du coq le soucy; 
Vos moBurs, vottJt nom nous rapprennent ainsi 
Et que dans votre cœur les vertus sont encloses. 

Jean de Tulles, évêque d'Orange, fut pourvu de l'abbaye 
de Longues après le précédent. Il fut envoyé à Rome par 
la reine Marie de Médicis, régente, pour différentes négo- 
ciations importantes, et rendit de fidèles services au roi 
Louis XIII; principalement en empêchant les habitants 
d^Orange de se réunir aux Protestants qui excitaient alors 
des troubles dans le Royaume. Il avait succédé à Jean de 
Tulles son oncle dans Tévêché d'Orange, en 1608, étant 
fils de Julien de Tulles^ seigneur de Soleilles, et de Ri- 
charde de Fougasse; et il mourut le 3 octobre 1640. 

Jean Vincent de Tulles devint abbé de Longues et 
évéque d^Orange après la mort de son oncle, dont il avait 
été élu coadjuteur Tan 1637, puis évéque de Lavaur en 
1646. Il était fils de Pierre de Tulles, seigneur de la 
Nerte, chevalier de Tordre du roi, et de Lucrèce de Lazari. 
Ses armes sont : d^argent à un pal de gueules, chargé de 
3 papillons volants d'argent ; il mourut eh 1668. 

Magnjr (Saint-Malo de). Sergenterie de Gray, élection 
de Bayeux, 42 feux, 120 habitants, notariat de Tracy. 

Cette paroisse, à une petite lieue de Bayeux, et à trois 
quarts de lieue de la mer, n'est arrosée que par quelques 
ruisseaux qui prennent leurs sources dans les environs. 
La nomination de la cure et les deux tiers des grosses 
dîmes appartiennent au chapitre de Bayeux, l'autre tiers 
au curé. 

(i) Hist, de Norm., par Dumoulin, p. 41. 



471 

A peu c|e distance de Téglise, il y a une très belle mai- 
son pour le seigneur, environnée de fossés et accompagnée 
de deux bosquets et d'une avenue sur le chemin de 
Bayeuz. 

La terre est un marquisat avechaute justice qui sMtend 
sur 5 paroisses, et ressortit nuement au Parlement de 
Rouen. Les paroisses sont : Magny, Rye, Manvieux, 
Tracy et Arromanches. Ce marquisat est possédé par 
M. Nicolas Foucault, marquis de Magny, chevalier de Id 
Toison d^Or,lieutenant général des armées de S. M. Ca- 
tholique. C^est lui qui a fait bâtir la belle maison qu'on 
y voit à présent. Il est fils du célèbre messire Nicolas-' 
Joseph Foucault, intendant de Caen et depuis conseiller 
d^Etat, décédé en 1721. 

Magny, appelé Maegnium par le livre Pelut de Tévé- 
ché, peut avoir donné le nom à une famille noble dont 
étaient Regnaud de Magny, qui mourut glorieusement 
au siège d^ Acre, en i igi, et Guerry de Magny, grand- 
doyen de Téglise de Bayeux, dont Tobit est marqué au 
14 février dans le nécrologe (i). 

Guillaume de Manoury du Tremblay, écuyer, seigneur 
de Magny, capitaine du château de Bayeux, mourut vers 
îSoi. Son épouse, Madeleine Stuart, fit prier le chapitre 
de Bayeux, en f 5o2, de ne pas trouver mauvais si elle 
avait fait apposer les armes de son mari autour du 
chœur de Téglise de Magny, oti il avait été enterré, 
parce'^ue elle et ses enfants n^entendaient 'pas pour cela 
réclamer aucune chose au patronage de cette église, qui 
appartient au chapitre, et que les armes dudit chapitre 
seraient mises à la principale vitre du chœur. 

Demoiselle Madeleine de Manoury, dame de Magny, 

(i) Manusc de M. Potier, chancel. de Bayeux. 



47^ 

leur fille porta, en 1 5 1 S, par mariage, cette terre à Olivier 
de Saint-Ouen, seigneur du Tordouet au pays de 
Caux (i). ^ 

L^origine de la maison de Saint-Ouen est du bailliage 
deCaux en Normandie, elle porte pour armes : de sable 
au sautoir d^argent, accompagné de 4 aiglettes de même* 
Le premier nom de cette maison était de Sancy. Gilbert, 
seigneur de Saint-Ouen, est le premier dont on ait con- 
naissance. Il signa à une chartre pour l'abbaye de 
Fécampf Pan iio3, sous le nom de Gilbert de Sancy, 
seigneur de Saint-Ouen. 

Du mariage de Olivier de Saint-Ouen, seigneur du 
Tardouet, et de Madeleine Manourry, dame de Magny, 
sortit Olivier de Saint-Ouen, II« du nom, seigneur du 
Tordouet et de Magny> père du suivant. 

Jacques de Saint-Ouen, seigneur de Tordouet et de 
Magny fut réconcilié à Péglise selon Pacte de Tévèché de 
Bayeux, le 21 mars i585. De son mariage accordé en 
1 594 avec N. de Morais, fille de Jacques, seigneur de 
Jodeiais et de Marguerite d^Achey vint le suivant. 

(Il mourut le i3 décembre lôBg. Il fut père de Tan- 
ncguy.) 

Jean de Saint-Ouen, seigneur de Tordouet, Magnj, 
Montdésert et Fresné-sur-la-Mer, bailla aveu de ses terres 
les 12 mars 16 19 et 5 juillet 1624. Il avait épousé, par 
contrat reconnu à Caen le 26 mai 16 17, Adrienne de 
Warignies, fille de Tenneguy, seigneur de Blainville, 
lieutenant du roi au bailliage de Caen, et d'Antoinette 
du Parc, dame 'des Biards, dont : Tenneguy qui suit, et 
François, seigneur de Fresné. 

Tenneguy de Saint-Ouen, seigneur de Magny et du 

(i) Hist. Harc, t. I, p. gSo. 



473 

Tordouet, chevalier, épousa Hélène de Bricqueville, fille 
de Gabriel, marquis de Coulombiëres, laquelle après son 
décès fut mariée en deuxièmes noces à N. de Madaillan, 
comte de Montataire. Le seigneur de Magny vivait en- 
core en 1664 ; il mourut le 20 février 1670, et fut enterré 
dans le choeur de Téglise de Magny. ^ 

La terre de Magny, tombée en décret comme immeuble 
de M. du Tordouet de Saint-Ouen^ fut acquise par messire 
Guy de Chamillard, intendant de la généralité de Caen, 
et passa à droit d^hérédité à son fils (i). 

Depuis, messire Foucault, conseiller du roi en tous ses 
conseils, devint propriétaire, au droit de Michel de Cha- 
millard, intendant des finances, et d^Elisabeth-Thérèse 
Le Rebours, son épouse, du fief, terfe et seigneurie de 
Magny, et des fiefs, terres et seigneuries de Tracy, Arro- 
manches et Dampierre-Marie sis à Rye. Le fief de Magny 
apparteaait au sieui^ de Chamillard, au droit d^acquet 
qu'en avait fait son père; les fiefis de Tracy, Arromanches 
et Dampierre-Marie, au droit de rechange fait à lui et à 
son épouse par S. M. devant les notaires du Châtelet de 
Paris, le 3 mai 1694. Messire Foucault fit ériger le fief de 
Magny en marquisat sur la fin de 1694 ou au commen- 
cement de 1695. Il devint aussi propriétaire du fief, 'terre 
et seigneurie de Rye, au droit de Padjudication, par dé- 
cret, des immeubles de feu Jacques Blondel, écuyer, sei- 
gneur de Rye. 

Manoir (Saint- Pierre du). Sergenterie de Gray, élec- 
tion de Bayeuz, 46 feux, notariat de Tracy. 
Cette paroisse, située sur la rivière de SeuUe, est à trois 

(i) Déclar. des fief nobles de la vicomte de Bajeux et du dom. 
aliéné en 1697, fol. 54. 



474 

quarts de lieue de Creully et à une lieue et' demie de 
Bayeux. L'abbaye de Jumiéges nomme à la cure et per- 
çoit les grosses dîmes. 

11 y a plusieurs fiefs dont le principal et les droits ho- 
norifiques sont en litige depuis bien du temps entre plu- 
sieurs gentilshommes. Dans un aveu, il est fait mention 
du fief noble du Manoir, sis en ce lieu avec des extensions 
à Vienne, Villiers-le-Sec, Bazen ville, Rye, Sommervieu 
et Saint-Gabriel, qui relève du roi par un quart de fief 
d^hautber. De lui sont dépendants : le fief de Caumont 
sis au Manoir, et celui de Pierrepont sis à Littry, par un 
huitième d'hautbert, selon Taveu de Michel des Marais, 
écuyer, valet de chambre de la reine ( i ]. 

Sentence du g janvier 1527, contenant Pestimation et 
prisée des fiefs de Pierrepont, assis en la paroisse de 
Vienne, du Manoir, de Saint-Gabriel et du Haut-Manoir 
de Caumont» assis en la paroisse de Vienne et du Manoir, 
qui avaient appartenu à Geoffroy de Reviers, décrétés à 
la requête du seigneur de Taillebois (2). François de 
Guerville qui possédait le fief du Manoir ou Haut-Ma- 
noir, le donna le 27 juin 1624, en échange à messire 
Pierre d'Harcourt, marquis de Beuvron, et en 1680, le 
marquis de Beuvron le vendit au sieur Michel Desma- 
rais qui en rendit aveu au roi le 1 3 décembre 1 681, sous 
le titre de fief, terre et seigneuriedu Manoir de Pierrepont, 
dit Caumont, par un quart de hautber, assis en la paroisse 
du Manoir et de Vienne, avec extension en plusieurs 
autres paroisses. Michel Desmarais le donna en fief le 
16 juin 169e, à Henri du Bousquet, après la mort duquel 
Jacques-Louis du Bousquet, son frère et son héritier, en 

(i) Recueil d'aveux de la vicomte da Ba3Peux. 
(a) Factum imprimé. 



47S 

rendit aveu au roi le 22 mars 1706, sous la dénomination 
de fief, terre et seigneurie du Manoir de Pierrepont dit 
Caumont. Jacob-Gédéon d^Amours en devint héritier. 

Le baron de CreuUy prétend avoir la qualité de sei- 
gneur des paroisses de Vienne et du Manoir, et y fut 
confirmé par sentence du bailliage de Bayeux, le 22 avril 
1717, contre Jacob-Gédéon d'Amours, écuyer, héritier 
de feu Jacques-Louis du Bousquet, écuyer, qui réclamait 
cette qualité, et qui se voyant condamné par cette sen- 
tence à se renfermer dans la qualité de ses deux fiefs de 
Pierrepont et du Hàut-Manoir de Caumont, appela de 
cette sentence à la Cour du parlement de Rouen. 

La seigneurie de Vienne et du Manoir fut démembré^ 
en 1 509 de la baronnie de Creully, lors des partages faits 
entre Jean de Sillans et Charles d'Harcourt, beaux-fils 
du baron de Creully. Elle tomba dans le lot du derniers 
Odet d'Harcourt; un de ses descendants vendit, en 1643, 
sa portion à Antoine de Sillans, marquis de Creully, qui 
fit réunir, par lettres patentes du mois de mai i655, enre- 
gistrées la même année en la cour et à la chambre des 
comptes de Rouen, au corps de la baronnie de Creully, 
les fiefs, terres et seigneuries de CreuUet, Vienne et Le 
Manoir qui en avaient été démembrées en i Sog, comme 
il est dit ci-devanf. , 

Cette paroisse n'a que 2 hameaux : Beaupigny et 
Pierre-Solain. Dans ce dernier, il y a une ancienne ma- 
ladrerie connue sous le nom de Notre-Dame et de Saint- 
Clair-de-Pierre-Solain. Le livre Pelut de Tévêché la 
nomme capella leprosariœ de Petra-Solemni, et les 
titres de l'abbaye de Longues rupes 5"' Ollani (i). On y 
dit la messe dimanches et fêtes. Le patronage doit être en^ 
litige entre les abbayes de Cluny et de Jumiéges. 

(i) Cart. abbat. Long., p. 12, fol. verso. 



476 

Selon le livre Pelut, la présentation de ce prieuré 
appartenait en 1 356 à la dame veuve de G. de Faoulq, 
chevalier : Relictœ !)•• G. Falsi militis; selon les regis- 
tres de révêché du ivi« et xvn« siècle, au possesseur du 
fief du Bosq et de Moon, et selon un procès de visite de 
1662, il dépendait du Mont-Saint-Michel, était possédé 
par un prieur commandataire, et son revenu éuit de 
800 livra. 

Jacques de Surrain, clerc, en fut pourvu par visa du 
i5 août i5i6, sur la présentation de Jean de Surrain, 
écuyer, seigneur du Bosq et de Moon. Jean Scelles, 
écuyer, seigneur de Meautis et du Bosq en sa partie, y 
nomma le 27 octobre tSgS» à cause de sa teite et sei- 
gneurie du Bosq ( I ) . Comme cette chapelle vaquait par la 
négligence de Jean Scelles, fils de Philippes, par lui 
pourvu au précédent, il y nomma Nicolas Benoît le 
I*' septembre 1606. Il prend dans l'acte la qualité de 
sieur de Vaux-sur-SeuUes, qui fut au sieur de Meautis 
et du Bosq-de-Moon, en partie, et déclare y nommer 
comme seigneur du Bosq-de-Moon. Ce fut encore sous 
cette qualité qu^il y pourvut le 27 mai 16 18. Dans 
son acte, la chapelle de Pierre-Solain est dite être située sur 
la paroisse de Bazenville, qui est contiguë au Manoir. 

Le célèbre Pierre Halley, professeur en droit canonique 
dans l'Université de Paris, a possédé le prieuré de Pierre- 
Solain jusqu'aux approches de sa mort, qui Tenleva du 
monde le 27 décembre 1689, à Page de 78 ans. Il (ut 
résigné à son frère qui le résigna à Tabbé Philippes de 
Marigny, chanoine de Bayeux, qui la remit vers 1761 à 
Tabbé Le Sueur des Fresnes, grand chantre de la susdite 
église de Bayeux. 

(0 Reg. du secret, de l'évéché. 



477 

Manvieux (Saint-Rémy de). Sergenterie de Gray, élec- 
tion de Bayeux, 35 feux» i6o habitants, notariat de 
Tracy. 

Cette paroisse est située sur le bord de la mer où il y a 
des falaises très escarpées à une lieue et demie de Bayeux. 
La nomination de la cure appartient à Tabbesse de Cor- 
dillon. La dîme se divise en trois parts entre cette 
abbesse, le curé et un autre. 

Il y a à Manvieux un corps de garde proche la mer, 
un village composé de maisons détachées autour de 
Féglise, et un petit hameau nommé La Bréholière, peu 
éloigné» qui fait une ferme détachée. 11 y avait un châ** 
teau qui a été changé en une jolie maison de campagne. 

La seigneurie est incorporée au marquisat de Man- 
vieux, et la paroisse relève de sa haute justice. Elle a 
appartenu à MM. de Reviers, seigneurs de Fontenailles, 
d'où elle passa à MM. de Mathan. Pierre Faisant, 
viconte de Bayeux en 1 540, en devint seigneur par acqui- 
sition. Possédant de grands biens, il fut annobli par^ 
lettres données à Paris au mois de juin 1544, enre- 
gistrées à la Chambre des comptes et au Parlement de 
Normandie la même année (i). Par ces lettres, le roi 
François I«' lui donna pouvoir à lui et à ses descendants 
de prendre le surnom de Manvieux au lieu de celui de 
Paysant. Cette Êimille s^éteignit en, 1756 par la mort du 
dernier mâle placé à Técole militaire, et jeune homme de 
grande espérance. 

On trouve ceci dans un vieux compte en parchemin 
du syndic de Bayeux, au chapitre intitulé : autre dépense 
commune : 



(i) Copies des lettres d'annoblist. 



47» 

Article 4. -- A Simon Canut, Jehan Toatain, et Richard IficoUe 
zii livrea sur ce qui leur était deu pour port en bateaux de Xi" 
pierrea au aiège de Chierbourg, pour le gouvernement des engins de 
BaleuXy prinses entre Port et Manvieux, comme il appert par le 
mandement et quitance donnée le^ XII de novembre Tan que dessus 
1378. 

Afapgny (Saint*Laarent de). Sergenterie de Tour, 
élection de Bayeux, 72 feux, notariat de Tracy, 
1 60 communiants. /* 

Cette paroisse arrosée par la rivière d^Aure, est bornée 
au nord par la mer de La Manche, à une lieue et demie 
de Bayeux. 

' L^abbé de Longues présente à la cure, et son abhaje 
en perçoit toutes les dîmes. 

Alvérëde de Soligny, seigneur en partie de Marigny- 
sur-la-Mer, donna àTabl^aye de Longues la portion qu^il 
avait dans Téglise de Marigny pour le salut de lui, de 
Jeanne sa femme, et autres. Témoins : Robert de Soligny, 
Rualenus de Flaghei, Geoffroy de Oum, Guillaume de 
Barbefleur. Cette donation est à peu près du temps de la 
fondation de Longues, id est, en 1 168 (i). 

Raoul d'Argouges, son gendre veniens, dit la cbartre, 
ad prœdictam ecclesiam (de Longis) causa visitandi 
fratres sœpœ dictœ ecclesiœ, leur confirme medietatem 
ecclesiœ de Marigneïo quant pater suus dictus Alvere- 
dus de Soligneïo fecerat. Témoins : Guillaume de Fla- 
cheïo, Guill. Ruault de Rupe-S*^011anî, Jourdain de 
Malovicino, Etienne Pestel, Regr. de Argougiis. 

Odon et Raoul du Mesnil frères, et Nicolas, fils du 
même Odon, prétendent à droit d^hérédité, au patronage 
de l'église de Marigny près Longues, dont une portion 

(i) Cart. abb. de Long., p. la. 



479 

avait été donnée par Reginald de Marigny, chevalier, 
et Tautre par Alvérède de Soligny à cette abbaye quelques 
années auparavant. Henri, évêque de Bayeux, se rend 
médiateur de la contestation, et engage ces gentils- 
hommes à renoncer à tous droits et prétentions à cet 
égard, en faveur de Martin, ^abbé de" Longues et de ses 
religieux. La chartre expédiée à ce sujet est de 1198. 
Témoins : Henri, chantre, Jourdain et Raoul, archi- 
diacres et Patrkrius, sous-doyen de l'église de Bayeux (1). 

Odon de Lorris, évêque de Bayeux, par acte du samedi 
après la Saint-Barthélémy, apôtre. Tan 1273, approuve la 
vente que Jean Le Tord du Mesnil, clerc, avait faite d'uiie 
dime à Tabbé et religieux de Longues pour la somme de 
60 livres tournois, id est, la moitié de la troisième gerbe 
que lui, du Mesnil, avait à prendre sur Textension du 
fief d^ Argouges situé à Marigny (2). 

La seigneurie de Marigny relève du roi par un demi- 
fief d'hautber, selon un aveu de M. «Pierre Phîlippes, 
écuyer, qui Tacquit, par contrat du 18 octobre 1648 de 
messire Bernardin de Bricqueville (3), seigneur d'Occa- 
leu et de dame Jeanne du Bois-de-Pirou, son épouse, à 
laquelle elle appartenait. Le seigneur de Marigny est seul 
seigneur de la paroisse par Tacquisition quMl a faite de la 
verge du fief d^Argouges qui« sMtèndait dans Marigny, 
de M. Regnault, seigneur d'Argouges, trésorier de 
Erance en la généralité de Caen. 

Il est dit dans un vieux recueil d^aveux pour la vicomte 
de Bayeux que le fief, terre et seigneurie de Marigny 
donné anciennement en circonstances et dépendances 



(i) ttart. abb. de Long., p. i3. 

(a) Cart. abb. de Long., p. Sy et 58. 

(3) Rec. d'av. de la vicomte de Bayeux. 



480 

par le roi à Guillame Héroulde, ^tait possédé en 1 563 
par les héritiers de messire Richard du Bois. 

De Pierre Philippes, écuyer, seigneur de Marigny et 
de sa femme Catherine Suard sortit Louis Philippes, 
écuyer» seigneur et patron du lieu, décédé en 1723, qui 
par sa femme Jeanne Halley, sœur du célèbre M. Halley 
restaurateur de Técole du droit canonique à Paris, fut 
père de : Jean-Baptiste Philippes de Graville , abbé 
commandataire du Puy-Ferrand, diocèse de Bourges, 
chanoine et chancelier en l'église de Bayeux, et vicaire- 
général du diocèse, mort le 4 janvier 1749; de Gabriel 
Philippes de Tourville, chevalier de Saint-Louis; et de 
Pierre Philippes de Marigny, décédé le 4 janvier en 
1760. Son fils Jean-Pierre-Louis Philippes est aujour- 
d'hui seigneur de Marigny. Femme Suzanne-Marguerite 
Mensat. 

Reginald de Marigny, chevalier, seigneur et patron de 
Marigny était contemporain de Hugues Wat, fon;lateur 
de Tabbaye de Lpngues, en 1 1 68. 11 a souscrit à plusieurs 
Chartres de cette abbaye (i ). Il lui donna du consente- 
ment de Guillaume, son fils, toute la portion qu'il avait 
dans réglise de Marigny, nihil in ed terrent juris reti- 
nens, et obtint à ce sujet une chartre confirmative de 
Henri II, évêque de Bayeux, qu'il accorda^ cum Simon 
persona ecclesiœ de Marignéîo, eadem ecclesia in manu 
Jordani archidiaconi nostri resignata, ad sanotum offi- 
cium monasticœ religionis apud Longas se contulisset . 
Les témoins de la donation sont : Jourdain, archidiacre 
de Bayeux, Gilbert de Longues, prêtre, Ranulphe de 
Longues, chevalier» et Geoffroy, son fils. Dans le temps 
que Reginald de Marigny faisait cette donation, Alvérède 

(i) Car t. abb. de Long., p. i a et 1 3, fol. verao. 



48 1 

de Soligny donna aussi à Longues Tautre portion de la 
même église avec l'approbation et le consentement de 
Raoul d^Argouges, son gendre. 

Guillaume de Marigny, chevalier, seigneur de 
Marigny, donna à Pabbaye de Longues deux gerbes de 
dîmes sur sa terre de Marigny, duos garbas decimœ suce 
de dominio suo carucarum suarum apud Marigneïum. 
Témoins : Richard, chapelain de Marigny, messire 
Robert d^ Arganchy, messire Guillaume d'Englesqueville, 
Beaudouin de Longues, Raoul du Mesnil et Nicolas 
son neveu (i). 

Enguerrand (Ingranus) de Marigny, chevalier, fils de 
Guillaume, seigneur de Marigny, confirme la donation 
faite par son père, et dans sa chartre il détaille les terres du 
domaine de son père. Il fait mention entr^autres de neuf 
vergées situées proche la maison de Turstin du Mesnil. 
La chartre est de Tan 1223 (2). 

Geoffroy de Marigny, écuyer, seigneur de Marigny, 
paraît à la suite des précédents. Il vendit la dîme qu'il 
possédait dans la paroisse de .Marigny aux religieux de 
Longues pour la somme de 3oo livres tournois, et pour 
l'acquit de quelques obits qu^il fonda pour lui et ses 
parents dans la dite abbaye. Odon de Lorris, évêque de 
Bayeux, approuva et ratifia cette vente par une chartre 
donnée au mois de juin 1275. 

Meuvaine (Saint-Manvieu de). Sergenterie de Gray, 
élection de Bayeux, 84 feux, 200 communiants, notariat 
de Ver. 

Cette paroisse est sur le bord de la mer, à 2 lieues de 

(i) Cart. abb. de Long., ut sop. et p. 14. 

(a) Cart. abb. de Long., p. 58, fol. vers, et Sg. 

31 



482 

Bayeux. L'^isc^ paroissiale est éloignée de la mer d^un 
quart de lieue. Ecclesia de Mevena, 

Le ruisseau de RouUecrotte passe devant le cimetière. 
Le plus grand nombre de maisons est autour de Téglise, 
et entr'autres celles du seigneur. Il y a pourtant deux 
petits hameaux ou écarts : celui du Marais, à Torient, du 
côté de Ver, composé de 9 à 10 maisons, et celui des 
|loquettes vers Asnelles qui n'en a que 5 ou 6. «Ces deux 
villages sont séparés par une garenne et un marais, qui, 
au nord, sont bordés par la mer. Raoul de Juvigny, par 
chartre de 1206, donna aux religieux de Tabbaye de 
Longues, la dîme de tout son marais de Meuvaine, in 
omnibus exitibus et proventibus et omnibus quœ deci- 
mari possunt (i). 

Le patronage de la cure, qui en i356 appartenait à 
messire Raoul de Malherbe, fut donné peu de temps 
après à Pabbaye de Saint-Julien de Tours. M. Tévéque 
de Bayeux y présente aujourd'hui, au droit de cette 
abbaye, depuis Punion de la manse abbatiale au collège 
des Jésuites de cette ville (2). Ces Pères ont les deux tien 
des grosses dîmes, et le chapitre de Bayeux a Tautre tiers, 
et une muaison de 34 boisseaux de froment à prendre sur 
les deux premiers tiers. Le chapitre tient cette dime par 
un échange fait en 1629 avec messire d'Angeanes son 
évéque, au lieu d'un droit qu'il avait dans la forêt et 
paroisse de Neuilly, et celle de Lison. Le revenu du curé 
consiste dans la grosse et menue dîme de Maronnes, 
hameau de la dépendance de Meuvaine, dans 40 écus qu'il 
a à prendre sur toute la dîme de Meuvaine, et 1 2 livres de 
rente que le chapitre lui £ait pour des aovales. 

(i) Cartul. abb. de Long., p. 46 et 47. 
(a) Ex manuscripto. 



483 

Cest de la patrie de Marin du Viquet, docteur et pro- 
fesseur en médecine et recteur de TUniversité de Caen, 
vers i55o. Son fils, avocat-général au Parlement de 
Rouen, mourut vers 1640. ATarticle de Meuvaine, dans 
un compte-rendu par le viconte de Bayeux, en i56o, il 
est dit : « de Jehan de Mauvoisin pour le fief de Meu- 
vaine, pour sa dame et la dame de La Poterie, pour 
5o livres tournois, pour ce qu'ils ont été acquis par Tho- 
mas et Guillaume dits Longuet, en Tan i5i4, comme il 
est dit sur le compte de Saint-Michel. » 

Jean Poncet, curé de Meuvaine, devînt chanoine de 
Merville en l'église de Bayeux par permutation. La colla- 
tion est du 18 octobre i5ot. 

M. Phîlippes-Charles de La Rivière de Meuvaine, 
prétre-curé de Fresné-sur-la-Mer, frère de messire Clé- 
ment de La Rivière, chevalier, haut justicier de Meuvaine, 
fit son testament le i^ janvier ijBi (i), par lequel il 
donna : i^ aux obits de Frcsné 1,600 livres; 2« aux curé 
etobîtiers d'Asnelles, 3oo livres; 3» aux curé et obitiers de 
Meuvaine, 600 livres; 4^' à la paroisse de Meuvaine, 
5,000 livres pour fonder à perpétuité deux sœurs de La 
Providence, pour servir de maîtresses d^écoles dans les 
paroisses de Meuvaine, AsnellesetFresné; 5« r,ooo livres, 
dont le revenu sera employé à avoir des médecines pour 
les pauvres ; 6* enfin, aux curé et obitiers de Saînt-Ger- 
main-du-Crioult, 200 livres; ces sommes sont évaluées à 
8,000 livres. 

Le sieur Crevel^ avocat à Caen, un des légataires, a 
affcaé des terres en sa seigneurie de Creullet pour pajrer 
aux susdits donataires la somme de 435 livres de rente 
foncière , c'est-à-dire à Saint - Germain - du - Crtoult , 

(i) Ex autographo. 



484 

10 livres; à Asnelles, i5 livres; à Fresné, 80 livres; à 
Meuvaine, 3o livres; aux sœurs de La Providence, 
25o livres; aux habitants de Meu vaine pour les méde- 
cines, 5o livres. Les terres affectées de la sorte ont été 
prises à fieffé par la veuve Marie. L^acte en a été passé à 
Creullet le 3o de novembre 1752. 

Le hameau de Maronnes, dépendant de Meuvaine, est 
considérable, et situé au couchant et à demi-lieue de 
réglise. Il y a une chapelle de Saint-Léonard abbé, 
annexée à la cure de Meuvaine. Le curé est obligé d^y 
faire dire la messe dimanches et fêtes, avant sa haute 
messe paroissiale. Un procès de visite, fait en 1664, 
marque qu'on y faisait Teau bénite, que son trésor était 
de 5o livres de rente, et que le cimetière des Huguenots 
était proche, et presque point distingué de celui des catho- 
liques. On voit à peu de distance de cette chapelle, au 
pied d^un coteau, une très belle fontaine qui par Tabon- 
dance de sa source fournit de grandes commodités aux 
habitants des environs. Le chapitre de Bayeux y avait un 
trait de dîme; mais il Ta cédé au chapitre pour les char- 
ges susdites. 

Rye (Saint-Martin de). Ria, sergenterie de Gray, élec- 
tion de Bayeux, 88 feux, 40a habitants, notariat de 
Tracy. 

Cette paroisse, située à cinq quarts de Bayeux, autant 
du bourg de Creully, et à trois quarts de lieue de la mer, 
n^a point d^autre rivière que le ruisseau de Gronde qui 
prend sa source à une fontaine proche Téglise de Magny . 

11 est appelé, dans les vieux titres : le RueMe-Gronde. Il 
va se perdre à la mer entre Asnelles et Meuvaine. Il y a 
aussi près d^une masure une fontaine dont les eaux sont 
minérales. 



485 

On y compte 5 villages ou hameaux : Le Moutier, 
Froide-Rûe, La Poté, au milieu desquels passe le ruis- 
seau de Gronde, les autres sont : Beauvais, au midi, et 
Fontaine, à l'occident, lequel est enclavé dans la paroisse 
d'Arromanches. Dans ce dernier village, il n'y a que 
2 maisons qui dépendent de Rye, et 2 autres petites mai- 
sons détachées sur le bord de la mer. La moitié de la 
paroisse relève de la juridiction de Saint-Gabriel, Tautre 
moitié de celle de Bayeux. 

Le coteau qu'on voit au nord de cette paroisse est 
appelé Le Mont-de-Rye. Il est rempli de carrières. 
L'église est située sur le penchant de ce coteau qu'on 
nomme Le Côtil^e-Saint-Martin. Cette église est obs- 
cure par la raison qu'elle ne tire du jour que du côté du 
midi. Elle est accompagnée de deux bas-côtés, et de deux 
chapelles, qui forment la croisée. La première est érigée 
en l'honneur de la Sainte-Vierge, la seconde, en l'hon- 
neur de saint André. Cette dernière fut cédée par les 
paroissiens en 1628 à Jacques André, écUyer, sieur 
de Sainte-Croix, à charge par lui de l'aumôner et de la 
faire réédifier^ ce qui a été fait. La nomination du chape- 
lain appartient à ses représentants. On y voit son mau- 
solée et celui de noble dame Marie Davot, son épouse. 

Il y a deux curés qui sont à la présentation, le premier, 
de l'abbé de Longues, le second, de l'abbé de Fécamp. 
Un mémoire imprimé marque que l'église du fief de 
Fécamp, et les dîmes qui en dépendent, lui furent aumô- 
nées par Eudes, fils de Geoffroy, et celle de Longues avec 
ses dîmes et son fief, par Guillaume Paisi^el et Eléonore 
sa femme. 

Ce qui regarde ici l'abbaye de Longues est contredit 
par le cartulaire même de cette abbaye. Il confirme plu- 



4M 

sieurs Chartres confirmatives d^Henri H, évéque de 
Bayeux, dans lesquelles il est énoncé que noble homme 
André de Vitry donne à Longues la moitié de cette partie 
qu^il avait à droit d'hérédité sur Téglise de Rie^ et 
il confirme en outre à ses religieux la demeure de Guil- 
laume Gautier, que Robert son père leur avait aumône, 
ainsi que 2 gerbes de dîmes sur le fief Banastre et du Por- 
tier et de leurs héritiers (i). Il prit pour témoins de cette 
confirmation : Roger son chancelier, Bernard abbé du 
Val, Richard prieur du Plessis, Henri chantre de 
Bayeux, Gilbert chanoine, et autres. Notre évéque 
Henry mourut en i2o5 ; ainsi, Tauteur du livre Pelut de 
l'évéché s'est trompé quand il a mis cette portion de la 
cure de Rie à la nomination de Philippe de Méautis. 

On trouve dans le même cartulaire une chartre de 
Ranulphe fils de Robert, dans lequel le donateur 
s'exprime ainsi (2) : ego Ranulphus filins Roberti post 
primam decimationem frugurn et fructuum de terra 
mea pervenientium quœ generaliter omnino ecclesiœ 
singulis annis persolventur, deliberavi omnes redditus 
meos quos habebam apud Riam et Amondevillam [à la 
marge du canulaire il y a pour note : Amondevilla est 
dit appartenir à Bazen ville], iterum decimare de il la 
secundà décima totius redditus mei de Ria, videlicet et 
Amondevilla dedi et concessi medietatem abbatial 
5^ Mariœ de Longis..,. excepta tantum décima porno- 
rum meorum,.. his testibus Roberto de Boum^ Jeremla 
et Roberto sacerdotibus de Ria, Roberto clerico. 

Il y a aussi à Rye un personaat dit : Jehanaet, dont la 
présentation alternative appartient à M. le marquis de 

(i) Cartuh abb. de Long., p. 10 et 35. 

(a) Cartul. abb. de Long., p. 1 1, fol., vers, et p. 36. 



4»? 

Magnj, seigneur de Rye, et à M. André^ écuyer, sieur 
de Sainte«Crbix. 

Les religieux de Fécamp perçoivent la moitié des 
dîmes; Tautre moitié est recueillie, un tiers par Tabbé de 
Longues, un tiers par le curé de la première portion, et 
Tautre tiers est encore subdivisé en trois parts, dont la 
première appartient au personnat, les deux autres aux 
Jésuites de Rouen, de sorte que les religieux de Fécamp 
ont la moitié du total, Pabbé de Longues et le curé 
chacun un sixième, les Jésuites un neuvième, et le per- 
sonnat un dixième. 

. Les religieux de Fécamp ont fieffé une paVtie des terres 
de leur fief, à charge d'en payer une dîme par un boisseau 
de grain, dont la moitié de froment, et n^oitié d^orge. Ce 
■tènement est appelé La Vavassorie-de-Jeanninet ; les 
tenans doivent paraître aux plaids de leur seigneur pour 
cène redevance. 

Le fief dominant de Rye est surnommé de Vitry. Il 
relève du Roi à c^use de sa châtellenie de Bayeux, par un 
huitième de hautber, et doit au domaine du Roi un muid 
d*orge de 12 septiers, estimés 144 boisseaux, et 76 sous 
de rente au terme de Pâques, selon Taveu rendu le siècle 
dernier par noble homme Jacques Blondel, écuyer, sei- 
gneur de Rye. Il est uni à présent au marquisat de 
Magny, et la moitié de la paroisse relève de sa haute jus- 
tice. 

L^histoire nous fournit un trait remarquable arrivé 
dans cette paroisse et qui mérite d'être rapporté. Cest le 
service important que Huître ou Hubert de Rye rendit 
en 1046 à Guillaume duc de Normandie, surnommé Le 
Bâtard^ lors de la conjuration de Guy de Bourgogne (i), 

(i) Chronique de Normandie^ p. 61 et 6a. •— Hist. de Dumoulin 
p. 137. — MASsevitUy 1. 1, p. 175. 



488 

appujé des comtes de Bessin et du G>tentin, et de plu- 
sieurs seigneurs de ce duché. Obligé pour éviter leur noir 
dessein, de sortir de Valognes la nuit et à demi-nu, ce 
prince passa le matin par Rye, proche Bayeux, épuisé de 
fatigue, lui et son cheval. Il fut reconnu par Hubert, sei- 
gneur du lieu, qui le fit entrer dans son château pour 
prendre un peu de repos. Il est dit dans une vieille chro- 
nique manuscrite que ce Hubert fit ensuite conduire et 
escorter le duc Guillaume, son seigneur et son parent, 
jusqu^à Falaise, par ses trois fils, ce qui lui sauva la vie 
et son duché. On voit encore au milieu de la paroisse 
une place qui se nomme Le Château-Briand, que Ton 
dit avoir été la demeure de ce seigneur de Rye. 

Geoffroy de Rye, un de ses fils, suivit en 1096 le duc 
Guillaume à la conquête d^ Angleterre (i). Robert, autre 
fils de Hubert, fut nommé évéque de Séez en 1070, 
Yvone Sagiensium prœsule de/uncto , Robertus 
Huberti de Ryafilius successit, qui /ère duodecim annis 
prœlatus prcefuit, et ipse circa Dei cultum fervens, 
religiosos tnultum dilexit. 

On tient que la maison de Quesnel descend de ce 
Hubert de Rye ; car de Geoffroy, son fils, dit-on, est des- 
cendu Richard, qui épousa Gertrudede Molines, enterrée 
à Rouen dans la chapelle de Saint-Romain où Richard 
était peint armé à Pantique, avec une dame à genoux à 
ses côtés, et un écu de gueules à trois quinte feuilles 
d^hermines, qui sont les armes de la maison du Quesnel, 
avec cette légende ou inscription : Miles Richardus 
Quesnel filius Godifredi^ et ejus uxor Gertrud. de 
Molines, anno 1140 (2). 



(i) Ord. Vitalis, lib. IV, p. 5ao. 
(a) Dict. de Moreri, au mot O. 



489 

Sainte-Croix^sur-la-Afer (rExaltation de). Sergen- 
terie de Gray, élection de Bayeux, 38 feux, notariat de 
Ver. 

Cette paroisse, privée de la commodité d^une rivière, est 
dite : sur la mer, non pas qu'elle y soit précisément, 
puisque Gray est entre deux; mais c^est pour la distin- 
guer de Sainte-Croix-Grand^tonne, située au devenue de 
Maltot. 

On assure que cMtait originairement une annexe de 
Gray. Si la chose est ainsi, il faut qu^il y ait longtemps, 
car un titre de 1 242 en fait mention comme d'une paroisse 
qui a ses paroissiens et son curé (i). Le livre Pelut de 
révéché rappelle : Ecclesia S*^ Crucis^ et met la cure à 
la nomination du prieur de Sainte-Barbe, auquel elle 
appartient encore. Les dîmes sont perçues par le chapitre 
de Bayeux, par les religieux de Saint-Vigor, et par le cha- 
pelain de Saint-Thomas en la cathédrale de Bayeux. 

Sainte-Croix est à 3 lieues de Bayeux, et à trois quarts 
quarts de lieue du bourg de Creully. Sa seigneurie rele- 
vant de celle de Gray, a été possédée par une branche de 
la maison de Patry. Messire de Bourges, archidiacre de 
Bayeux, Tacheta par décret vers 1624. Elle fut depuis 
revendue à messire de La Champagne. Elle passa ensuite 
à messire Maheust de Sainte^Croix. Jacques Maheust, 
seigneur et patron de Sainte-Croix-sur-la-Mer, proviseur 
du collège du Bois, enterré le 1 5 septembre 1 745, à Saint- 
Sauveur de Caen. Enfin elle est échue, au droit de leurs 
femmes héritières de MM. de Sainte-Croix, à messire 
Héroust du Moustier, conseiller au présidial de Caen, et 
Jean Des Fontenelles, docteur en médecine à Bayeux. La 
portion de messire du Moustier a été vendue en iSjS, 

(i) Neust, piaf p. 907. 



490 

par soh fils aine à M. Hu€, seigneur de Carptqoet. 
(Relève de la haute fustice de Saint-Gabriel) ( i ). 

Outre la seigneurie, il y a encore à Sainte-Croix le fiei 
de Pierrcfite, qui fut à M. de Blajs; le fief d'Ivrande, 
qui fut à noble homme Anne du Châtel; et une vavas* 
«orie dépendante du fief de Banville. Le prieuré de Saint- 
Vigor 7 possède aussi, au droit du prieuré de Saint- 
Gabriel, le fief appelé la baronnie de Sainte-Croix. 

Saint'Gabriel (Saint-*Thomas-de-Cantorbéry de). Ser- 
/genterie de Creully, élection de Caen, 40 feux, 1 3o com- 
muniants, notariat de Creully. 

Cette paroisse, située sur la rivière de Seulle, est à un 
quart de lieue du bourg de Creully et à 2 lieues de 
Bayeux. Elle dépend, unt au spirituel qu'au temporel, 
de Tabbaye de Fécamp. Le prieur et les religieux de cette 
abbaye nomment de plein droit à la cure^ et en perçoivent 
les dîmes. Ils en sont les seigneurs, dit-on, et y ont une 
haute justice, membre de celle d^Argoaces, qui est exercée 
de 1 5 jours en 1 5 jours, et qui relève nuement du parle- 
ment de Rouen. Le juge souverain se qualifie : baiUy 
vicomtal, conservateur et garde-sceau de la haute-justice 
d^Argences et de Saint-Gabriel. Il y a une foire qui se 
tient le jour de Saint-Gabriel, t6 d*octobre, dont Tabbaye 
de Fécamp perçoit les droits. ElUe consiste principale- 
ment en moutons. La haute-justice commence le propre 
jour de la foire. Le fief de Saint-Gabriel est occupé par 
les religieux de Fécamp. Ils ont droit de fournir plusieurs 
personnes pour garder la foire. '; 

Les fermes détachées sont : la ferm^ des Mares, proche 
la rivière, et la ferme de La Rufinière, jouxte la paroisse 

(i) Déclaration des fiefs de la vicomte de Bayeux. 



491 

de Brécy, deux moulins à eau, Tun surnommé de Saint- 
Gabriel, pour le prieuré de Saint-Gabriel, et l'autre appdé 
Creully pour messire de La Basoque, et une commune 
où chaque particulier de cette paroisse a droit. 

Il y avait à Saint-Gabriel un prieuré claustral très 
ancien qui subsistait dès le commencement du xi« siècle. 
Anchetil, sire de Harcourt, vivant en 1027, témoigna sa 
piété et sa magnificence envers ce prieuré, lui confirmant 
de grands biens assis à Montaigu et ailleurs (i). Il fut 
uni quelques années après à Tabbaye de Fécamp {2). 
Anno loSSy facta est donatio SanctuGabrielis. U 
avait un prieur titulaire. Nicolas, prieur de Saint- 
Gabriel, fut nommé commissaire en 1 106 par l'abbé de 
Fécamp. Un état de 1664 marque que la nef de ce 
prieuré est ruinée depuis longtemps, et que les vestiges 
qui paraissaient, faisaient connaître que ça a été autrefois 
une fort belle église; il ne reste plus, est-il dit, que le 
chœur en intégrité avec les deux grandes chapeUes étant 
au^ côtés en forme de croix (3). 

VoTi a séparé Tune de ces chapelles par une muraille, 
dont le fermier du prieuré se sert comme d^une grange 
pour mettre ses blés. Il y avait autrefois des religieux de 
Saint-Benoit, mais à présent il n^y a que 2 chapelains 
qui y résident. 

L'élise ou chapelle de ce prieuré a 3 autels, dont le 
maitre-autel a pour tableau une Annonciation. Cette 
chapelle composée d^un sanctuaire, d^une petite nef et de 
deux bas-côtés, a en tout 5i pieds de longueur sur 5i et 
demi de largeur. Le sanctuaire est éclairé de 3 croiaées. 



(i) HUt. Harc, 1. 1, préfoce, p. 9. 

(a) Chron. Fiscan. apud biblio., P. Labbé, 1. 1, p. SaÔ. 

(3) Ex manuscripto secretariœ episcopalis. 



«a 

et la nef et les bas-côtés de 6. Les charges de cette 
chapelle sont de 3 messes basses par semaine ( i ). 

Il 7 avait à rentrée et des deux côtés de la chapelle 
d^anciens bâtiments et arcades qui paraissaient avoir été 
construits à dessein de former une nef à cette chapelle. 
Ces bâtiments consistaient en un croizillon de 90 pieds de* 
largeur sur 3o de longueur. Sur le milieu^ étaient 
d'anciens murs crevassés qui semblaient avoir servi à une 
tour. Le reste avait 60 pieds du côté du midi, sur 
laquelle longueur se trouvaient 4 arcades qui donnaient 
entrée à un bas côté. Le mur en ruine avait 90 pieds de 
longueur^ et du côté du nord 27 pieds en 2 arcades. Les 
murs de la tour avaient 90 pieds de haut et les autres 5j. 
La hef avait de largeur 25 pieds, et le bas-côté ci-dessus 
1 3 pieds. 

Par permission de M. de Luynes, évoque de Bayeux, 
donnée eh 1748, le titulaire de cette chapelle fut autorisé 
à abattre tous ces murs et anciens bâtiments, et ce, après 
les procédures et toutes les formalités requises. 

Ce prieuré étant tombé en ruines par le laps des temps 
et le malheur des guerres, la conventualité en fut trans- 
férée au prieuré de Saînt-Vigor, près Bayeux, par décret 
de l'ordinaire, le 9 juin 1674, avec les offices et fonda- 
tions, pour Pacquit desquels il jouit du tiers du revenu ; 
le reste demeura à l'abbaye de Fécamp (2). Il n^y a plus 
qu'une chapelle dont le titulaire est obligé à un messe 
basse les dimanches et deux fois par semaine. 

Chartre par laquelle le roi Philippe-Le-Long disposa 
des fiefs de Fresnay et de Saint-Gabriel, à lui échus par 
la forfaiture de Baudouin Wat, en faveur de Robert des 

(i) Procès-verbal dressé en 1748. 
(a) Reg. de l'évéché. 



493 

Moustiers, écuyer, et qui est en date de Pan i3i8« le 
dimanche après la fête de Saint-Grégoire, les dits deux 
fiefs de Saint-Gabriel et de Fresnay passés par succession 
du dit Raoul Pèlerin ès-maisons de Bricqueville et de 
Vierville, et enfin de celle d^Harcoun par les alliances 
contractées entr^elles (i). 

Ancien registre qui contient deux aveux rendus du 
fief et seigneurie de Saint-Gabriel : Tun par Richard de 
Beuzeville^ chanoine de fiayeux, le 1 2 de septembre 1406, 
Tautre rendu par Raoul Pèlerin, écuyer, seigneur de 
Sainte-Croix-Grand-Tonne, le 23 septembre 141 3| au 
dénombrement du bailliage de Caen. 

Lors du traité de mariage signé le i3 mars 1473, 
reconnu le 7 juin 1474 devant les tabellions de Caen, 
entre messire Arthur de Vierville, baron de CreuUy, et 
demoiselle Jaqueline de Bricqueville, leur furent pro- 
mis par Guillaume de Bricqueville, seigneur de Laune 
et de Coulombières, Raoul Pèlerin, seigneur de Sainte- 
Croix, et Guillemette Pèlerin, femme du seigneur de Cou- 
lombières : les fiefs d^Escoville, de Bosroger, de Rupierre, 
de Bretteville, de Beneauville et de Sainti-Gabriel, tous 
assis au diocèse de Bayeux, ensemble les patronages et 
domaines de leurs dépendances (2). 

Jacqueline de Bricqueville, dame et baronne de 
CreuUy était dqme de Saint-Gabriel, représentant à cause 
de cette terre les fondateurs du prieuré conventuel de 
Saint-Gabriel, membre de l'abbaye de Fécamp. Elle eut 
pour filles : Marie et Jacqueline de Vierville, mariées à 
Jean de Sillans, seigneur d'Hermanville, et à Charles 
d^Harcourt, baron de Beuvron et de Beaufou, qui parta- 
geaient en i5o9. 

(i) Hist. Harc., t. IV, p. i8io. 

(a) Hist, Harc.j t. II, p. io58 et suivantes. ' 



«4 

Autres lots faits et présentés le a 3 février 1 526, et homo- 
logués au parlement de Normandie le 1 2 avril suivant, 
par rapport à la succession de Jacqueline de Bricqueville, 
entre Marie de Vierville et ses neveux : François 
d'^Harcourt, baron de Beuvron, Jacques d'Harcourt, 
baron de La Motte, abbé de Belle-Étoile, et Charles 
d^Harcourt, seigneur de Bailleul (i). 

Le fief, terre et seigneurie de Saint-Gabriel et Fresné- 
le-Croteur, fief entier, fut mis dans le premier lot, avec 
les maisons, cour, manoir, jardin, terres labourables et 
non labourables, prés, bois, pâturages, etc. Il tomba 
dans le partage de noble homme Jacques d^Harcourt, 
abbé commandataire de Belle-Étoile, puisque dans an 
contrat d^échange passé depuis, il prend le titre de sei- 
gneur de Saint-Gabriel et de Fresné {2). 

Saif^-Germain^de^la-Lieue. Banlieue de Bajtnx, 
élection du même lieu, 5o feux, notariat de Bayeux. 

Cette paroisse, dont il y en a plusieurs du même nom 
dans le diocèse, est surnommée : de La Lieue, parce 
qu^eile n'est qu'à une petite lieue de Bayeux, sur la grande 
route de Caen. Son église, située sur le bord du grand 
chemin, est très bien décorée. Elle doit ses embellisse- 
ments à GuilIaum^-Étienne Sohard, seigneur et patron 
de Saint-Germain, mort sans postérité If 5 septembre 
1747. Outre le maître autel, la croix du cimetière, et 
plusieurs autres ornements, il donna peu de temps avant 
sa mort. le lambris de la nef et les deux autels qui sont à 
rentrée du chœur. 

Saint-Germain est le titre d'une des prébendes de la 
cathédrale de Bayeux. Le chanoine est collateur de la 

(1) Hist. Harcy t. II, p. 1809. 

(2) Hist, Harc, t. III, p. 91 i-^ia et 1044. 



495 

cure, et a toutes les dîmes sur lesquelles il paye pension 
congrue au curé. Il a encore voix délibérative à rékction 
du chapelain de Bussy, mais le seigneur temporel est 
patron de la cure; le chanoine de Saint-Germain est 
patron coUateur des bénéfices de Saint-Jean, et de Notre- 
Dame-de-La-Potberie de Bayeux. Il a, 4 livres à prendre 
sur la dîme de la dernière, il a aussi droit de visite dans 
la maladrerie de Saint-Eustache, ainsi qu'il fût reconnu 
en 1390. Cette maladrerie était située à La Potherie; 
elle ne subsiste plus depuis longtemps. Son 6ef de Saint- 
Germain est assis dans la paroisse de Saint-Jefta-des- 
Essartiers, vicomte de Thorigny. De ce fief dépendent 
et relèvent les fiefs d*Arganchy, sis es paroisses des Essar- 
tiers, des Loges, et de Cahagnes; de Beauval au dît lieu 
des Essartiers, et de Bonnet à Cahagnes. 

Le hameau de Bussy est du territoire de Saint-Ger- 
nxain. Le fief appartient à M. Godard, éouyer, seigneur 
de Bussy, fils du seigneur Godard d^lsigny. Heu tenant- 
général au bailliage de Bayeux. Il y a une chapelle titu- 
laire de Saint-Jacques^ od quelques paroisses de cette ville 
vQi>t une fois raunée chanter la messe. Le cbapelaift est 
tenu à la dire tous les dimanches et fêtes. U est élu par 
voie de délibération. i.es chanoines de Saint-Germain et 
de PézeroUes, et le curé de Saint-Gecmaîn y ont voix. Le 
chanoine de PézeroUes a encofe droit de visite »ir la 
chapelle. 

La seigneurie de Saint-Germain relève de la châtellenie 
de Beaumont-le-Richard, sans rente ni devoir, comme il 
paraît par Taveu qu'en rendit le 5 mars iSgi, Regnauld 
de Dreux, chevalier, seigneur de Saint-<Germain, à Henri 
de Hottot, écuyer, seigneur-châtelain de Beaumont (i). 

(i) Invent, des titres de la châtel. de Beaum., ch. IIU 



49^ 

Guillaume Pèlerin, écuyer, seigneur de Saint-Gennain- 
de-la-Lieue, épousa, par contrat du 8 avril 1496, Philip- 
pine de NoUent, fille de Gilles, seigneur de Saint- 
Contest (2). 

Jean de Preullay, écuyer, rendit pareillement son aveu 
le 6 décembre iSS^,, déclarant que Jean de Pantou, 
écuyer, seigneur de Saint-Vigor-des-Mézetets tient la 
moitié du quart de fief de Saint-Germain, à cause de sa 
femme, fille puînée de Guillaume Delevin (?) (peut-être : 
Le Devin), écuyer; Guillaume de Preullay rendit aveu le 
3 juillet 1 595 pour le dit quart de fief, dont les héritiers 
de Guillaume Fresnel en tiennent la moitié de lui comme 
étant le parage fini (3). 

Depuis, Joachim de Grimouville, écuyer, seigneur de 
Vaussieu, rendit aveu le 26 juin 1606, pour lui et demoi- 
selle Gabrielle Troussey sa femme, à cause du fief de Saint- 
Germain, par un quart de fief de chevalier, déclarant 
ravoir partagé avec ses cohéritiers, lesquels relèvent en 
parage de lui; et relève du dit fief de Saint-Germain un 
autre quan de fief appartenant aux héritiers de Louis 
Fresnel, sieur de Cresserons, auquel il y a juridiction et 
gaige^pleigc. 

Autre aveu du dit fief de Saint-Germain par Etienne 
Suhardi le 11 décembre 1671. II pouvait être fils de 
M. Pierre Suhard, écuyer, seigneur de Saint-Germain, 
lieutenant-général au bailliage de Bayeux en 1670. Guil- 
laume-Etienne Suhard, écuyer, seigneur et patron de 
Saint-Germain étant mort sans postérité le 5 septembre 
1747, ^- Tabbé Suhard de Loucelles et autres héritiers 
vendirent cette terre Tannée suivante à Louis de Bailleul 

(1) Hist. Harc, t. I, p. 973. 

(2) Inventaire de Beaùmont. 



497 

de Blary, chevalier de Tordre militaire de Saint-Louis, 
ci-devant mousquetaire de la garde du roi. 

Sa famille était de Bayeux. Richard Le Bailleul, sei- 
gneur de Valdery fut père : i® de Pierre qui suit; 2» de 
Jean, sieur des Castelets; 3» de Jacqueline, mariée en 
premières noces, le 1 7 janvier 16 1 7, à David Hébert, sieur 
de Monfay, avocat à Bayeux, et en secondes noces, le 
i3 février 1620, à Richard Le Fèvre, avocat. 

Pierre de Bailleul, sieur de Valdery, conseiller du roi, 
lieutenant en l'élection de Bayeux, mort le 7 d'avril 1637, 
est enterré dans l'église de Saint-Martin; de son mariage 
avec Marie Hermerel, il laissa : i» Guillaume, qui suit; 
2? Françoise, décédée le 21 mars i652 et enterrée aux 
Augûstins, auxquels elle donna le tableau de sa patronne 
qu'on voit dans le chœur. 

Guillaume Le Bailleul, sieur des Valderys, conseiller- 
assesseur au bailliage et vicomte de Bayeux, mort le 
24 avril 1679, âgé de 42 ans, et enterré en Téglise de 
Saint-Malo de Bayeux. 

François de Bailleul, seigneur et patron de Saint- 
Étienne-de-Rouveray, sieur de Valderys, de Blarie, pro- 
cureur du roi en la ville de Rouen, fut père par noble 
dame Louise de Fontaines, son épouse : i^ de Louis 
François, mort sans alliance ; 2» Louis qui suit ; 3» Guil- 
laume-Michel, prêtre, chanoine de Gavrus, officiai* du 
chapitre de Bayeux, et vicaire général de M. l'évéque de 
Lisieuxpour l'exemption de Nonant, décédé le 10 janvier 
1759; — 40 Louise-Françoise, mariée à M. du Castel- 
Fréard, ou Férard, receveur du domaine; — 5» Margue- 
rite-Suzanne, morte sans alliance. 

Louis de Bailleul, seigneur et patron de Saint-Étienne- 
du-Rouvray, fut annobli pour services en 1745, et revînt 
à Bayeux en 1 747. Il avait servi avec honneur dans les 

32 



49» 

guerres que nous eûmes en 1784 contre Fempereur 
Charles VI, et en 1740 contre Timpératrice reine d^Hon- 
grie et ses alliés. Il fut blessé au combat d^Ettingen en 
1 745. Ses armes sont : partie d^hermtnes et de gueules à 
2 épées d'or à poignées d*argent posées en sautoir sur 
le tout. Il épousa, le 1 1 novembre 1 749, M«^ de L'Espinay- 
Roger, fille unique de M. de UEspinay, lieutenant-^géné- 
rai de police à Bayeux, petite-fille de Michel Roger de 
L'Espinay, lieutenant de M. le vicomte de Bayeux, 
et de demoiselle Jeanne de Bailleul ; il mourut subite- 
ment en 1 755, à sa terre de Saint-Germain, et son épouse 
en 1758. 

La paroisse de Saint-Germain a été augmentée par 
celle de Saint-Germain-des-Entrées, qui lut fut réunie 
quant au spirituel en 1742. Comme elle était de très 
petite étendue, n'étant composée que de 40 à 5o per- 
sonnes, et d'un très petit revenu, qui ne se monte qu^à 
100 livres de rente ou environ, M. TÉvéque, du consen-* 
tement de son chapitre, et du chanoine de Saint-Marân, 
patron collateur, qui abandonna alors la perception des 
dîmes, et malgré l'opposition de quelques paroissiens, en 
supprima le titre et office par décret du M^ janvier 1742, 
ou plutôt les transféra à la paroisse de Saint-Germain, 
où la fête de Saint-Martin est célébrée comme fite de 
second patron, le dimanche le plus proche et non empê-. 
ché que se trouvera la dite fête. Par ce décret, l'église 
doit être démolie, à cause de sa vétusté, et la croix de 
pierre qui est dans le cimetière doit être mise à la place 
du maitre-autel après sa démolition. A quelque distance 
tie l'église Saint-Martin, est une ancienne chapelle située 
au bord du grand chemin, et qui ne sert plus qu'à des 
us$ige^ profanes. Une pierre placée au-dessus de la porte. 



499 

marque qu'elle est de Tannée 1438, et dédiée sous Tinvo- 
cation de sainte Catherine. 

Saint-Martin-des-Entrées donne son nom à une pré- 
bende de la cathédrale de Bayeux. Son fief est assis es 
paroisses de Saint-Martin, de Ranchy et de Canchy, 
vicomte de Bayeux. Le chanoine est patron coUateur de 
la cure de Saint-Martin de Bayeux, comme il Pétait de 
celle-ci ayant sa réunion. Il avait la dîme de cette pa- 
roisse; il Fa cédée au curé de Saint-Germain lors de sa 
réunion. Il y a à Saint-Martin une maison, cour, jardin, 
et 20 acres de terre, plus un acre et 4 pièces ou courts- 
sillons à Canchy, la quinzième gerbe des grosses dîmes, 
et la dixième des menues et verdages dans celle de 
Ranchy. 



Saint'Sulpice appelé communément Saint-Suplix, 
banlieue et élection de Bayeux, 24 feux, 70 commu- 
niants, notariat de Bayeux. 

Cette paroisse n'est pas de grande étendue; la cure est 
à la nomination du prieur et des religieux de Saint- Vigor 
prés Bayeux, lesquels possèdent les dîmes en intégrité. 
Le grand-doyen de la cathédrale de Bayeux en donne la 
collation, et en a le déport avec droit de visite. Il y a 3 
fiefs nobles : le premier dit le iSef de Saint-Suplix ou de 
Maillot, relevant de la châtellenie de Bayeux par un 
quart d'hautber. Les autres appartiennent à M. PÉvéque 
de Bayeux et au prieuré de Saint- Vigor. M. le marquis 
de Magny est seigneur honoraire de Saint-Suplix par 
l'acquisition qu'il a faite du sieur François Vimard, curé 
de Saint- Martin de Bayeux, qui en avait hérité de 
M. Suhard, écuyer, s' de Vaux, son oncle. Elle est à trois 
quarts de lieue de Bayeux. 



50O 

Saint' Vigor-le-Grand. Banlieue et élection de Bayeux, 
i5o feux, 25o communiants, notariat de Bayeux.. 

Cette paroisse, d^une assez grande étendue, est en par- 
tie dans la banlieue de Bayeux. Les hameaux ou écarts 
de Pouligny, de Caugy, de Recouvry et de La Rivière en 
dépendent, mais ils sont au-delà de la banlieue. Elle est 
située à la porte et à Porient de Bayeux, à demi-quart de 
lieue du centre de la ville. 

Ce lieu, un des plus anciens du diocèse, n'était pas 
moins célèbre dans le paganisme par son temple et son 
académie de druides, qu^il Ta été depuis par son prieuré, 
et la quantité dMglises qui y furent bâties lors de réta- 
blissement du christianisme. Le temple était situé au 
milieu d^un bois de chênes, sur une colline qu^on appe- 
lait dans ce temps-là le Mont-Phaunus, et qui fut nommé 
depuis Mont*Chrismal, ou mont des églises. On prétend 
qu^il y avait aussi une célèbre académie de druides qui 
formaient leurs élèves dans les sciences, et serait-ce trop 
risquer de dire que c'est de ce collège dont Jules-César a 
parlé dans ses Commentaires, et qu^il dit être situé de son 
temps dans les Armoriques ? Il est constant au moins 
que ce collège subsistait <$ncore au commencement du 
iv« siècle. 

Le temple subsista plus longtemps. On y adorait 
encore, dans le v« siècle, une statue de pierre qui repré- 
sentait une femme, ainsi que nous l'apprenons des aaes 
de saint Vigor, évéque de Bayeux. Ce saint évéque ne 
put souffrir un tel scandale si proche de sa ville épisco- 
pale. Ne pouvant obtenir par prières ou par menaces la 
destruction de ce lieu, il eut recours à Tautorité royale. 
Le roi Childebert, à la prière de ce saint, le lui céda avec 
tout le domaine qui en dépendait, et qui était du fisc de 
ce prince ; de sorte qu^on emporta par autorité ce qu^on 



501 

a^avait pu obtenir de gré, et tout fut uni à la manse de 
révéchéde Bayeux. On fixe cette époque vers Tannée 556. 

Quand saint Vigor eut détruit ce temple^ il bâtit à sa 
place une chapelle sous Pinvocation de Saint-Pierre et de 
Saint-Paul, et plusieurs autres églises dans les environs. 
Cenalis lui en attribue quatre (i). « Visitur^ dit-il, 
quatuor templorum structura apud Montent Chrisma-- 
tum ai divo Vigore prœsule eà loco compaginata. Pa- 
nagion unum^ seu Omnium Sanctorum, nunc divi Flo- 
celli : venerandœ Crucis alterum : tertium divo 
Reverentio : quartum Mariœ Egyptiacœ nomini ac 
numini addictum : illic cernitur campus floridus divi 
Gereboldi interventu in média hyeme virore iilustratus, 
Cernitur et Gereboldina petra, cui innixus quievit, 
vulgà : Le Perron de Saint Gerbold. » 

L^église de Saint-Pierre et Saint-Paul a été convertie 
en un prieuré de Bénédictins du nom de Saint- Vigor, 
son fondateur. Ce saint évéque et ses successeurs y ont 
administré longtemps le baptême solennellement aux 
veilles de Pâques et de la Pentecôte. On voit encore au 
bas de Péglise du prieuré Pancien baptistère de marbre 
qui servait à cette cérémonie. Cest de là sans doute que 
prit le nom de Chrismal la colline sur laquelle est bâtie 
cette église. On lui donne aussi le nom de Mont-des- 
Églises à cause d^elle et des autres qu^on y voyait, comme 
Téglise de Saint-Flocel, qui était une paroisse, réunie à 
celle de Saint-Jean en 1 709 ; la chapelle de Sainte-Marie- 
d^Egypte détruite auparavant, et située derrière cette belle 
croix de pierre qu^on voit vers le prieuré; et la chapelle 
de Saint-Révérend, placée derrière le prieuré. 

Anciennement les paroissiens faisaient Toffice divin 

(i) De re Gallica, lib. II. perio. 4, p. iSy. 



SOI 

dans la nef du prieuré. Elle fut consumée par le feu du 
ciel en i632, et Toffice fut transféré dans la petite cha- 
pelle de Saint-Révérend. Enfin les religieux ayant fait 
abattre cette chapelle pour donner une entrée plus belle 
à leur église, les paroissiens passèrent dans celle qu^on 
leur fit bâtir à peu de distance de là. Elle est faite sur le 
plan quVn donna le sieur Moussard, célèbre architecte 
de Bayeux. Qn y chanta la première messe le jour de 
Saint-Vigor, au mois de novembre 1721. 

Cette église se prétend exempte de la visite de Tévêque 
et de Parchidiacre. Les prieurs et religieux de Saint- 
Vigor nomment à la cure. Ils perçoivent le& grosses 
dîmes, y compris le sarrazin, et font pour sa pension 
322 livres et 18 sous de rente au curé, qui a les menues 
et vertes dîmes, y compris les févcs. Cet arrangement a 
été fait par une transaction passée entre le prieuré et le 
sieur Charles Osmond, bachelier en théologie, curé du dit 
lieu, le 2 juillet 1667, devant les tabellions de Bayeux, 
après une longue procédure au parlement de Rouen. 

Son territoire est séparé de celui de Saint-Jean à l'occi- 
dent par le fossé qui sépare deux pièces appelées les Hauts 
et Bas-Jours, par la délie qui est joignant le cimetière de 
Saint-Floxel, et par le fossé qui règne autour du champ 
de la foire, et qui va rendre au chemin aboutissant à 
l'auberge de Saint-Vigor-le-Grand. Le champ de la foire 
se nomme aussi le Champ-Fleury, en mémoire de ce que 
les arbres fleurirent, dit-on, en hiver, lors de la rentrée 
solennelle de saint Gerbold, évéque de Bayeux. La foire 
tient le lendemain de la Fête-des-Trépassés. Les droits 
appartiennent moitié à Tcvêque de Bayeux, moitié aux 
rçh'gieuxde Saint-Vigor, comme jouissant conjointement 
de la baronnie de Saint-Vigor. L'évéque a en outre en 



50? 

cette qualité^ pendant 1 5 jours, droit de tarif et de police à 
Bayeux, moitié avant, et moitié après la foire. 

La baronnie de Saint-Vigor faisant partie de la manse 
de révéché, relève du roi par un plein fief de hautber. Il 
parait deux sentences données à Bayeux et à Caen en 
1345, par lesquelles Tévéque a droit de s^emparer des 
biens des bâtards morts sans enfants dans les dépendances 
de cette baronnie. Cest une des terres de Tévéché qui 
furent érigées en hautcrjustice l'an 1477 par le roi 
Louis XI, mais elle n^est pas exercée. Les châtelains de 
Beaumont-le-Richard et de Saint-Vast, relevant de 
révéché à cause de cette baronnie, sont tenus d^accompa- 
gner Tévéque lorsqu^il prend possession de son siège, 
depuis le prieuré de Saint-Vigor jusqu^à la cathédrale. Le 
possesseur du fief de La Couronne, situé à Saint-Vigor, 
est aussi un des vassaux de Tévéque. Il le doit également 
conduire le jour qu'il prend possession de Pévéché, en 
jetant de la paille devant lui par où il doit marcher. Cest 
lui qui donne le premier coup à boire au dîner suivant, 
dans une coupe d'argent doré, avec son couvercle estimé 
4 marcs, après quoi cette coupe lui appartient. Le sei- 
gneur de FeugueroUes, au diocèse d^Évreux, est tenu au 
même devoir vis-à-vis de son évêque. 

Les fiefs relevant de la baronnie de Saint-Vigor sont : 

10 Le fief, terre et seigneurie de Beaumont-le-Richard ; 

20 Les terres et seigneuries de Saint-Vast et d^Ondefon- 
taine; 

30 Le fief entier de chevalier nommé le Fief-au-Cham- \ 
bellan, à Tour; 

40 Le fief d'Etréhan-le- Ferreux ; 

50 Le fief de Guiennevilje en Cotentin, à Guienneville ; 

60 Les fiefs Poildoc et Lanfreville, à Agy ; 

70 Le fief de Port, à Gommes ; 



$04 

8o Le fief de Saint-Germain-du-Pert; 
9« Le fief de Tessy, à Tessjr ; 

io<> Le fief de Tours, à Cussy ; 

1 10 Le fief du Qos, à EUon ; 

12» Le fief de Condé-sur-Seulle, à Condé; 

i3o Le fief d^ Aiguillon, à Juaye ; 

140 Le fief de BerroUes, à Longraye; 

1 50 Le fief de Bos et de Moon, à Gommes; 

1 6» Le fief de Port, à Létanville ; 

1 70 La seigneurie de La Motte-Blagny ; 

180 Deux acres de terre deCroulte-Bouchar, parTabbé 
de Mondaye; 

190 Le fief de La Haye-Piquenot ; 

^<y> Le fief de La Haye-d'AiguilIon, à Juaye ; 

2 10 Le fief Saint-Vast, et la franche vavassorie nommée 
le fief de Port, à Formigny ; 

220 Le fief de Villers-en-Bocage ; 

230 Le fief de Sommervieu. 

Le hameau de Pouligny, dépendant de Saint-Vigor, 
donne le nom à une des prébendes de Bayeux ; le cha- 
noine y possède 16 acres et demie de terre en plusieurs 
pièces, et 100 sous de rente foncière et seigneuriale à 
prendre sur les héritages dépendant de son fief. 

Il y a dans Saint-Vigor, outre les églises marquées cî- 
devanty le prieuré de Saint-Nicolas de La Chesnaye, 
dont je vais bientôt parler, et les chapelles de Saint- 
Jacques, dépendant de ce prieuré, et de Sainte-Croix 
appartenant au prieuré de Saint-Vigor. 

La chapelle de Sainte-Croix paraît être d'ancienne fon- 
dation. Elle est située à peu de distance de la rivière 
d'Aure, proche le lieu nommé le Pont-Aubert. L'an- 
cienne chapelle fut abattue totalement il y a quelques 
années ; la nouvelle a été placée au-dessous de remplace- 



50S 

ment de la première, et bâtie aux frais de messire de La 
Londe, avocat à Bayeux, qui jouit de la terre de Sainte- 
Croix. Les anciens seigneurs de La G>uronne y ont fait 
des fondations (i). Guillaume Lentrin, écuyer, seigneur 
du fief et noble teneure de La Couronne, et sa femme^ 
demoiselle, fille d^ Alain Bénard, écuyer, sieur de Tessy 
et de Maisons donnèrent, le 3 janvier i Sop, présence de 
Nicolas Lentrin, leur fils, lo sous de rente tournois aux 
religieux du prieuré de Saint-Vigor, pour dire 5 basses 
messes par an dans la chapelle de Sainte-Croix. Jean 
Lentrin, chevalier, son bisaïeul, et Jean Lentrin, son 
père, et demoiselle Jeanne de Reviers, sa mère, de la 
paroisse de Fresné, y avaient fondé, le premier une messe 
basse tous les dimanches, et le second une procession et 
une grand^messe le jour de Sainte-Croix, en mai. Ce 
jour-là, les 1 2 chapelains de Notre-Dame de la Cathédrale 
y vont chanter les premières vêpres, et la messe le len- 
demain. 

Le Prieuré de SainUVigor, de Tordre de saint 
Benoist, fut fondé un peu avant 1066, par Odon de Con- 
teville, évéquede Bayeux. Il fut établi dans le lieu même 
oti saint Vigor avait bâti la chapelle de Saint- Pierre et de 
Saint-Paul, et oti Ton prétend que ce saint avait été 
enterré avec son fidèle disciple Théodomir. Odon prit 
beaucoup d^attachement pour cet ouvrage. Il démembra 
la baronnie de Saint-Vigor, et en donna la moitié à ce 
prieuré, avec la moitié des droits utiles et honorifiques. 

Il y bâtit une église magnifique, y appela des moines 
de Saint-Benoist, et leur donna pour premier abbé : 
Robert de Tombelaine, célèbre religieux de Tabbaye du 

(i) Manuscrit de TÉvêché. 



^o6 

Mont-Saint-Michel. Tout le moDde sait que ce prélat fut 
arrêté prisonnier sur la fin du règne de Guillaume-le- 
Conquérant» son frère utérin, et qu'il ne sortit de prison 
qu'à la mort de ce prince. L'abbé et les religieux de 
Saint-Vigor, effrayés du sort de leur fondateur, craignirent 
de participer à son malheur. Ils prirent la fuite et aban- 
donnèrent cette maison si chérie de Tévéque Odon. Après 
sa délivrance, il rappela d^autres religieux du même 
ordre et répara tous les dommages que son absence avait 
causés à cette communauté. 

Elle eut d'autres illustres bienfaiteurs, comme Onfroj 
de Veulles, qui se distingua aussi par lar fondation des 
deux abbayes de Préaux, et Richard Thésart des Essarts, 
chevalier. Si on en croit M. de La Roque, le premier est 
qualifié même de fondateur de Saint-Vigor, suivant un 
manusait de la Tourne-Londres, ce qu'on ne peut 
entendre toutefois que dans le sens quUl y fit de grands 
biens. 

L*évéque Odon, par reconnaissance du bon traitement 
qu'il avait reçu à Tabbaye de Saint-Bénigne de Dijon, 
soumit ce prieuré à cène abbaye par un acte authentique 
de 1096, en sorte que depuis ce temps-là, Tabbé de Dijon 
avait pleine juridiction sur le prieuré de Saint-Vigor, et 
y nommait le prieur. Les abbés ont renoncé, depuis 
quelques années, à ce droit-là. Le même évêque obtint 
en même temps du Pape une bulle qui assujettissait les 
dignitaires et chanoines de Bayeux à se £aire enterrer 
dans Téglise de ce prieuré, à l'exclusion de leur église 
cathédrale, ce qui attira par la suite beaucoup de troubles 
parmi eux; mais enfin, l'évêque Henri, II« du nom, 
environ 80 ans après, obtint du Souverain Pontife la 
révocation d'iine bulle si gênante et si désavantageuse 
au bien de Péglise de Bayeux. 



507 

Chaque évéque de Bayeux est tenu àe venir coucher 
dans ce prieuré la veille de son entrée solennelle, et les 
religieux sont obligés de le recevoir et de le défrayer avec 
son train ce jour-là seulement. C^est encore un règlement 
<jui remonte jusqu'à Pévéque Odon. 

Il y a quelques chapelles titulaires qui sont possédées 
par les religieux. Je ne connais que celle de Sainte-Su- 
zanne, laquelle est à la nomination du prieur. 

Les prieurs étaient commendataires. Renaud de Coli'> 
gny, de l'illustre maison de ce nom, religieux de Tordre 
de Saint-Benoist, a été prieur de Saînt-Vigor-lès-Bayeux, 
ainsi que d'Arbois au comté de Bourgogne, et du Mou- 
tier-aux-Moines en Bourbonnais. Son père, Guillaume, 
seigneur de Colignyet d^Andelot, lui légua par testament 
fait à Andelot le 4 août 1457, 100 florins de rente jusqu'à 
ce qu'il eût obtenu un bénéfice de 3oo livres de rente. Il 
vivait encore en 1482 (i). Sa maison tire son nom de la 
petite ville de Coligny, située entre le comté de Bour- 
gogne et le pays de Bresse, et son origine des anciens 
comtes de Bourgogne. Ses armes sont : de gueules à 
l'aigle d'argent becqué, membre et couronné d'azur* 

Le 1 1 février i §79, une tour étant à l'église du prieuré 
de Saint-Vigor tomba en ruines, à raison d'un degré qui 
était dedans par où l'on montait aux cloches qui étaient 
en icelle, et de la ruine de la dite tour provint celle de 
tout le chœur, nef et voûtes qui tombèrent bas (2) sans 
que le sacraire dans lequel était le Corpus, Domini, ni 
l'autel fussent rompus. Deux gros morceaux de la dite 
voûte se croisèrent en forme d'arcade sur le dit sacraire, 
et un religieux, qui était en l'église lors du bruit, se sauva 

(i) Hist. dêigr. ofic, t. VH, p. i5i. 
(a) Manuscrit de Potier. 



508 

80US le dit autel sans être blessé. La dite église a été 
réédifiée peu à peu par M. Charles Marguerye^ chanoine 
de Bayeux et prieur lorsqu'elle se ruina, ainsi qu^^elle se 
voit à présent, qui n'est en rien approchant de sa première 
façon pour la hauteur, d'autant qu'il y avait chapelles 
hautes sur les dites voûtes oti les dits religieux allaient 
en procession à certains jours. 

Jean Trotibel succéda, en iSgS, dans ce prieuré à 
Charles de Marguerye. Il fut présenté à l'évéque de 
Bayeux par le sieur de La Moriciëre, grand doyen du dit 
lieu, vicaire général du cardinal Anned'Escars, abbé de 
Saint-Bénigne, de Dijon. 

Les religieux de Saint-Vigor sont de la réforme de 
Saint-Maur, en faveur desquels le titre de commande fut 
éteint et supprimé. La réforme y fut introduite en lôSç, 
par les soins de François Servien, évéque de Bayeux. Ces 
religieux ont très embelli leur église et ont fait faire des 
maisons neuves à la place des anciens bâtiments. 

Les bénéfices dépendant de ce prieuré so&t : 

Agy, doyenné de Campigny (Alternatif). 

Criqueville, doyenné de Trévières. 

Curcy, doyenné d'Evrécy. 

Ouffières, doyenné d'Evrécy. 

Saint-Sulpice, doyenné de Creully. 

Saint-Vigor, doyenné de Creully. 

Tour, doyenné de Campigny. 

Valcongrain, doyenné d'Evrécy. 

Le Prieuré de Saint-Nicolas-de-La-Ckesnaye, prieuré 
commendataire de chanoines réguliers de l'ordre de 
Saint-Augustin, est situé sur la paroisse de Saint-Vigor, 
proche Bayeux ; il tire son surnom, à ce qu'on dit, d'un 
bois de chênes qui était autrefois dans ce lieu. On en 



509 

attribue la fondation aux évéquesde Bayeux ; mais oja ne 
sait quand et par quel évéque il a été fondé. Hermant dit 
que révéque Henri I'^ y fit une donation en 921, ou 
927, ou enfin 928. 

Guillaume-Ie-Conquérant, roi d^Angleterre, confirma 
ce monastère, et Iqs 20 prébendes qui y avaient été 
fondées pour autant de chanoines réguliers, en faveur 
des lépreux. Le roi Henri I^*' et son fils, qui commença 
son règne en 1 1 54, le confirma aussi par une chartre 
donnée à Bures, où signèrent comme témoins : Henri 11^ 
évéque de Bayeux, Robert d^EstouteviUe, Roger Bacon, 
Almérède de Vassy, Guillaume de Soliers, Philippe de 
Coulombières (i). 

Par cette chartre, le roi permet aux chanoines de bâtir 
une égUse sur le bord du chemin royal. Cest celle qu^on 
y voit aujourd'hui. Le chœur est large, et le sanctuaire 
ou le rond-point, qui est parfaitement bien, est éclairé 
par 7 croisées. On voit peintes, à une de ces croisées, les 
armes d*un prieur de cette maison, qui sont : d^argent au 
chevron de gueules accompagné de 3 coquilles de même. 
Les mêmes armes paraissent aus^i en bas-relief au haut 
de la voûte du chœur. ^ 

Le P. Dom Pierre de Millies, prieur de Saint-Nicolas, 
fit faire les voûtes des deux chapelles qui sont aux côtés 
du chœur, et peut-être les chapelles mêmes. On en tire la 
preuve par ses armes qu^on y voit à la voûte de la cha- 
pelle méridionale avec ces mots autour de Técusson : 
Pierre de Millies, priour de céans, La même inscription 
se trouve en abrégé dans Fautre chapelle, et ses armes 
sont : d'azur à Paigle d'or becqué et ihembré de gueules» 
On voit aussi les armes de la maison d^Humières à la 

(I) Hist, Harc, lib. XX, ch. XLVIII, p. looi. 



JIO 

vître de b chapeUe vers le nord, oomme elles paraissaient 
aussi sur les murs du chœur, avant qu'on les eût blan- 
chis ; elle portait : d^argent frété de sable. 

Le prieur et couvent des lépreux de Saint-Nicolas de 
Bayeux donnèrent et accordèrent unanimement, en 
1430, à Robert de Cremelle, chanoine de Bayeux, benè 
merito^ tout le ménage qu'ils possédaient, apud Bajocas 
prope capellani de Fossato. Ils lui permirent, depuis, 
quMl cédât cette habitation à Raoul de Thaon et à Agnès 
sa fille, à condition que le dit de Thaon et les hériden de 
sa fille feront à leur couvent 2 1 sous, et quelques antres 
rentes (i). 

Ce prieuré était anciennement éventuel et non électif. 
Le prieur éuit à la pleine collation de Tévéque de Bayeux. 
En une sentence contradiaoire rendue aux assises du 
bailli de Caen, tenue à Bayeux le 18 septembre 13/3 (il 
est dit ailleurs le 17 septembre i363), entre Louis, 
évéque de Bayeux et le procureur du roi, par laquelle, 
après Texamen des titres et d^une enquête de patronage 
^te suivant les formes de l'ordonnance de Philippe- 
Auguste, vulgairement appelé : la Philippine, il fat jugé 
que la collation de ce prieuré appartenait de plein droit 
au susdit évéque, et que ses prédécesseurs en avaient 
ainsi joui et usé de tout temps. Enquête ou aae de noto- 
riété donnée par le vicomte de Bayeux, le 18 mars 1419, 
à la diligence du procureur dû Roi, qui justifie que ce 
prieuré est de la fondation et à la pleine collation des 
évêques de Bayeux. Arrêt du grand Conseil du 19 sep- 
tembre 161 a, qui évince le nommé Piètre, pourvu du 
prieuré par le Roi, sur la nomination du grand aumônier 
de France, sous prétexte de la léproserie attachée au dit 
prieuré, 
(i) Cart. capel. Bay. cathed., p. i3. 



511 

Les évéques de Bayeuxont été privés du droit de nomi- 
nation par le Roi, qui se Test attribuée, et voici à quelle 
occasion : D. Jacques Le Bert, prieur titulaire de Saint- 
Nicolas, résigna en 1670 ce bénéfice entre les mains du 
vicaire-général de Tévéque de Bayeux pour en être le 
titre supprimé, et la mense prieurale d'icejui avec ses ' 
appartenances et dépendances, unie et incorporée à per- 
pétuité au séminaire fondé Tannée précédente à Bayeux. 
Le Gendre s'en fit pourvoir par dévolu sur la nomination 
du Roi, et fit signifier ses provisions au directeur du 
séminaire de Bayeux. Requête présentée à Sa Majesté, 
laquelle, sans égard au droit de nos évéques et à la dé- 
mission volontaire de Le Bert pour le séminaire, confir- 
ma la nomination du dévolutaire, en sorte que depuis ce 
temps-là, le «Roi a toujours continué d^ nommer par 
commende. 

En exécution de Tarr^t rendu en la chambre royale le 
dixième jour de février 1 683, et de la sentence de Bayeux le 
22 mai suivant^ les biens et revenus du prieuré de Saint- 
Nicolas-de-La-Chesnaye furent divisés en quatre lots, et 
arrêtés entre noble et discrète personne M. Jean Le 
Gendre, prêtre, prieur commendataire du dit lieu, et 
MM. les commandeurs et chevaliers de l'Ordre Notre- 
Dame-du-Mont-Carmel et de Saint- Lazare, et M. Ra- 
phaël Duprez de Marcilly, commandeur et chevalier 
du dit Ordre, et commandeur de la commanderie de 
Caen et de ses dépendances. Ces lots furent tirés par son 
le i" juillet au dit an, devant le lieutenant général du 
bailliage de Bayeux. 

Le prieuré de Saint-Nicolas a droit de foire dans son 
enclos le jour de ce saint patron, laquelle lui fut accordée 
par. le roi Guillaume, duc de Normandie, et confirmée 
par plusieurs ducs de ses successeurs, pour Pespace de 



SI2 

sept jours entiers. Comme elle était tombée entièrement, 
on entreprit de la rétablir en 1746, mais elle est retombée 
dans son premier état par l'opposition de Padjudicataire 
de la ville de Bayeux, et de ses marchands. 

Il y a à Saint-Loup-Hors une petite ponion de dîme 
qui se perçoit sur quelques héritages, et à Audrieu un 
trait de dîme qui consiste au dixième boisseau de tous 
les grains» avec quelques terres et rentes. Les religieux 
héritent de la cotte marte des prieurs-curés qui ont fait 
leur noviciat dans leur maison, par un arrêt du grand 
conseil qu'ils obtinrent au mois de janvier 1748, contre 
le prieur et religieux du Plessi»-Grimoult qui la préten- 
daient comme patrons des bénéfices<ures. Il présente aux 
cures : de Saint-Ouen, des faubourgs deBayeux; de Bour- 
guébu, doyenné de Vaucelle; et de Saint-Christophe-sur- 
Ome, doyenné de Cinglais. 

Il paraît par les mémoires de M. Potier que les prieurs 
de Saint-Nicolas et de Saint-Vigor assistaient aux pro- 
cessions générales. Au mois de mars 1 534, sur le débat 
qui était entre ces deux prieurs, à raison de la préséance 
à une procession générale qui se fit solennellement, il fut 
ordonné que le prieur de Saint-Nicolas précéderait, à 
cause qu^ils sont chanoines réguliers, sans préjudice tou* 
tefois de Pavenir. 

LISTE DIS PRIEURS DE SAINT-NICOLAS-DB-LA-CHESKAYE 

« t. Guillaume Le Bas, évêque d^Abellon, 1466-1468. 

2. Jean de Barra avait, en 1497, pour vicaire-général, 
Rolland de Barra, chanoine de Bayeux. II permuta en 
i5o2 pour le prieuré de La Templerie, au diocèse d'An- 
gers. 

3 de Cerisay, abbé de Mellanays, prieur de 



513 

Saint-Nicolas par permutation, prêta serment de fidélité 
à révéque de Bayeuz, par Roger HuUot, son procureur, 
le a6 février 1 5o2. 

4. N , nommé prieur par provision du Saint- 
Siège en i5i8. 

5. René de La Barre, pourvu en i53o, résigne en 
i532. 

6. Christophe de La Barre, prêtre, pourvu par visa du 
16 de décembre 1.532. 

7. Nicolas Le Prêtre, prieur, décédé en i533. 

8. Nicolas Amyot, prêtre, licencié, pourvu par visa du 
dernier décembre i533. 

9. N , nommé par provision du Saint-Siège en 
1567. 

10. Simon Le Bouc, prêtre, remet son prieuré en 1 57 1 
pour la cure de Lacy. 

11. Antoine Gayant, prêtre, archidiacre et chanoine de 
Bayeux, prieur de Saint-Nicolas par permutation de la 
cure de Lacy. Cependant, on trouve dans les registres de 
révêcbé : Anno 1S66 et die ultimo maii Reverendus 
episcopus contulit Antonio Gayant clerico, prioratum 
S^ Nicolai de Quemeta vacantem per obitum Christo- 
phori de La Barre, et à la marge est écrit : hac die dictus 
episcopus recessit ab urbe et diocesi, et cubuit Cadomi. 
Mort en 1 573. 

12. Pierre-Philippe Dumont, prêtre, chanoine régulier 
de Saint-Augustin, nommé prieur en 1 573, par le roi 
Charles IX, en régale, le siège vacant ; reçut son visa de 
Pévêché le 4 juin 1 574. 11 le résigna au suivant. 

i3. Jean Tibergeau, clerc du diocèse du Mans, reçut 
son visa le 20 d^avril 1 579. Il résigna au suivant. 

14. Jean du Chfltel, prêtre, trésorier et chanoine de 



33 



Bayeux, fut pourvu du prieuré de Saint-Nicolas par visa 
du 17 juillet 1584. 

i5. Jean Potier, prêtre, trésorier et chanoine de 
Bayeux, fut pourvu par Henri IV, en régale, du prieuré 
de Saint-Nicolas en 1 592» par la résignation du précédent 
qtii était son oncle. Il obtint en 1 599 de nouvdles pro- 
visions de Rome, et un visa de l'évéque du 1 2 avril de la 
même année, comme s*il eût douté de la validité de son 
titre, à cause du procédé du pape Sixte V contre ce grand 
roi. Il décéda en 1S09. 

16. Charles Gouhon, prieur, sur la démission du pré- 
cédent, et nommé par le vicaire-général de Tévêquc, fut 
inquiété dans sa possession par le nommé Piètre qui s^en 
était fait pourvoir par le roi sur la nomination du grand 
aumônier de France ; mais il fiit depuis confirmé par 
arrêt du grand conseil du 19 septembre 161 2. 

17. Charles Palmon, se démit de son prieuré quelque 
temps après. 

18. Mathurin Aubin, nommé par la démission du 
précédent, obtint des provisions de M. Tévêque de 
Bayeux en 1617. 

19. 'Louis d^Angennes de La Loupe, clerc du diocèse 
de Chartres, fut pourvu du prieuré de Saint-Nicolas, sur 
la résignation d^ Aubin en 1625, et venant à mourir en 
1628, il le résigna au suivant. 

20. Philippes ou Louis Dallet, prêtre du diocèse de 
Lisieux en 1628, résigna ce prieuré la même année au 
suivant. 

21. Jean d'Angennes s'en fit pourvoir sur la résignation 
de Dallet, mais comme il n'avait obtenu qu'une simple 
signature, n'ayant point exprimé que ce prieuré fût con- 
ventuel, pour n'être point sujet aux frais des bulles, ni 
au décret ordinaire par lequel le pape oblige tous les 



515 

impétrants de se faire promouvoir à tous les ordres dans 
Tan. Cela donna lieu à un dévolu obtenu par Charles 
Aubery en 1629, lequel, après cinq années de contesta- 
tion contre Jean et Gabriel d'Angennes, demeura enfin 
possesseur de ce bénéfice. 

22. Charles Aubery en obtint les bulles comme d'un 
prieuré conventuel et non électif, et en jouit paisiblement 
jusqu^à son décès arrivé en 16 53. 

23. Charles de La Mare fut nommè^en 1654 a ce béné- 
fice, par régale par le roi, à cause de *la vacance du 
siège. Le brevet marque quMl était électif, et c^est la pre- 
mière fois qu'on emploie ce terme. Il paraît que ce n^était 
qu^un expédient concerté pour faire passer pension 
au profit d^un nommé Raimbault, parce que Tusage 
nMtait point encore établi que par des lettres patentes de 
provisions en régale, on assignât une pension sans cause, 
en faveur d^une personne qui n'avait jamais été revêtue 
de ce bénéfice. 

24. L^abbé d^Harlay fut pourvu de ce bénéfice en 
1660 sur la résignation du précédent, par nomination 
du roi, siège vacant. Il mourut le 28 mars 1670. 

2 5. Dom Jacques Le Bert, prêtre, chanoine de Tordre 
de Saint- Augustin, fut nommé par Tévéque de Bayeux à 
ce prieuré vacant par la mort du précédent. Il le résigna 
presque aussitôt entre les mains de ce prélat, et par lettre 
du 26 août 1670 cet évéque unit la manse prieurale avec 
ses dépendances au séminaire qui venait d*être établi à 
Bayeux, et qui avait été approuvé et confirmé par lettres 
patentes du roi en 1669, duement vérifiées au parlement; 
mais : 

26. Jean Le Gendre, docteur en droit civil et cano- 
nique, chanoine de la cathédrale de Saint-Flour, s^en fit 
pourvoir en même temps par le roi» et fit saisir les fruits 



516 

de ce prieuré. Le directeur du séminaire s^opposa à cet 
enlèvement; Tafifaire fut traduite, non devant le grand 
conseil, mais devant le roi directement. Durant la pro- 
cédure. Le Gendre, en 1682, le résigna au suivant, en 
faveur duquel elle fut jugée. 

27. Edme Chambon d'Arbouville. 

28. Pierre Bernier, prieur commendataire de Saint- 
Nicolas, nomma en 17 10 à Saint-Ouen des fisiubourgs. II 
portait dans ses armes : un chevron accompagné de deux 

en chef et d^une rose en pointe [fascé dbr et de 

sable de 6 pièces au chef de gueules]. 

29. Qaude-Honoré de Mont-Ferrand, prieur commen- 
dataire de Saint-Nicolas, ci-devant chanoine et ancien 
grand doyen de la cathédrale de Noyon, licencié ès-droits 
de la faculté de Paris, mort à Caen le 7 décembre 1771, 
et enterré à Saint-Pierre. 

Sommervieu (Saint-Pierre de). Sergenterîe de Gray, 
élection de Bayeux, 66 feux, notariat de Tracy. 

Cette paroisse, si connue aujourd'hui par la belle habi- 
tation qu'y ont fait bâtir nos derniers évéques, est située 
à une petite lieue au levant de Bayeux. M. Marcel, mort 
curé de Basly au commencement de ce siècle, dans une 
de ses pièces de vers tire ainsi Tétymologie de Sommer- 
vieu : 

tune villa lub urbe. 

Hervsi nimius fecit, cui nomina summug (!) 

Il y a plusieurs pedts villages ou hameaux. Au sud, à 
la distance d'environ 6 à 7 minutes de chemin par rap- 
port à réglise, est celui des Quatre-Nations ; au nord- 
ouest, 18 minutes de chemin, celui de Chefdeville; vers 
le nord-ouest^ 18 ou 20 minutes, le Mont-Rada, ancien- 
nement le Mont-Rendac, ou La Tringale ; enfin à Test, 



517 

proche l'église, le petit village de La Vallée, ou du Petit- 
Galop. 

L'église bâtie vers le milieu de la paroisse paraît être 
du xi^ ou du xii« siècle au plus tard. La tour bâtie hors 
d^œuvre vers le midi entre le chœur et la nef, avait une 
flèche, abattue depuis Ipngtemps, et réduite en plate- 
forme. Son mauvais état Ta fait abattre totalement, et on 
en a rebâti une autre au bas de Téglise, en pyramide, qui 
fut achevée en i655. On a rebâti le chœur et fait de 
grandes réparations à toute Féglise es années 1761 et 
1762. 

Nous apprenons du livre Pelut de Tévéché que la cure 
de Sommervieu était primitivement divisée en deux por- 
tions, la première à la nomination de Jacques de Som- 
mervieu, écuyer; la deuxième à la pleine collation du 
sous-chantre de Bayeux. Ce livre a été fait vers 1 356. Les 
évéques de Bayeux ayant acquis le patronage de la portion 
laïque continuèrent d^ nommer, comme le sous-chantre 
à Tautre portion; enfin M. de Nesmond, évéque de 
Bayeux, et le sous-chantre, les réunirent sous un seul 
titre, aux conditions que cette cure sera dorénavant à la 
pleine collation alternativement entre eux et leurs succes- 
seurs, et qu'il y aura un vicaire. Ces deux coUateurs 
jouissent par moitié de la grosse et menue dîme, et 
payent pension au curé et au vicaire. Le squs-chantre 
paye en outre un cent de paille à Téglise de Sommervieu, 
mais il a 1 7 boisseaux de froment, mesure de Bayeux, 
1 2 sous, 2 guelines, et 20 œufs de rente foncière à prendre 
sur plusieurs particuliers de cette paroisse (i). 

Le cartulaire de Pabbaye de Longues contient plusieurs 
Chartres par Tune desquelles, Richard Bonnel donne en 

(i) Aveu du tempor. de la cathéd. de Bayeux. 



Si8 

pure aumône à cette abbaye deux gerbes de dîmes à 
recueillir sur son entretenant de Sommervieu. Totius 
tenementi mei de Summoveîo^ excepta decimd Wilhelmi 
Sirot quant habuit de maritagio uxoris suœ. Par une 
autre chartre, Jeanne de Subies, veuve de Richard Le 
Forestier, donna à la même abbaye une acre de terre : 
apud suum manerium, sitam in mansurd Anfredi 
juxta mansuram Roberti de Vaus^ et 2 gerbes de 
dîmas sur tout son entretenant en la dite paroisse. Cet 
acte porte date du jour de la Conception-de-la-Saime 
Vierge de Tan 1208 (i). 

La seigneurie de Sommervieu, possédée d'abord par 
une famille noble de même nom, passa depuis à une 
autre famille du nom de Chrétien, dont les armes sont : 
d'azur à la bande d*argent chargée de 3 roses de 
gueules, et accompagnées de 3 fleurs de lys, au pied 
nourri d'or. 

Gui Chrétien, ou Guillard, comme le nomme La 
Roque, fut pourvu de la charge de maître des requêtes en 
1 383. L^auteur des généalogies des maîtres des requêtes le 
croit frère ou neveu de Gcrvais Chrétien, chanoine de 
Bayeux, et premier médecin du roi Charles V. Sa posté- 
rité subsistait encore en 1 600. Cette maison, si on en croit 
La Roque, doit être bien plus ancienne, puisqu'elle est 
connue dès Pan 1081 que vivait Garin Chrétien, ainsi 
qu'il est rapporté par Orderic Vital (2). 

Quoiqu'il en soit, Guy Chrétien, qualifié chevalier, 
était seigneur de Sommervieu et des Bas, et conseiller du 
roi. 11 devint vicomte de Bayeux, puis bailli de Rouen 
et de Gisors, et parut en cette qualité aux échiquiers de 

(i) Hist. Harc, t. U, p. 1694-1695. 
(a) Hist. Harc, t. I, p. 594-595. 



519 

Normandie es années iSgo et iSgi. Il mourut à Rouen, 
et fut inhumé dans Péglise des Cordeliers, auprès de 
Marie de Qère, sa femme, laquelle mourut à Paris le 
5 octobre iSgS. Cette dame, veuve en premières noces de 
Robert de Thibouville, chevalier, sire de Thibouville, 
était héritière des Authieux. Elle' était troisième fille de 
Georges l^', baron de Qère, et de Jeanne de La Heuse ; 
Guy Chrétien, son mari et elle, firent une fondation en 
l'honneur de saint Eustache, au prieuré de Saint-Lô-du- 
Boscachard. Ils eurent pour fils : Jules Chrétien, seigneur 
de Bourgouet et de Sommervieu, mari de Jeanne, bâtarde 
d^Harcourt; et Jeanne Chrétien, femme de Jean Re- 
gnault, seigneur de Coulombières. 

Les archives de la Chambre des Comptes nousapprennent 
comme Pierre Chrétien, fils de Guy Chrétien, qui avait 
tenu le parti de la couronne de France, fut rétabli en ses 
biens Pan 1421 par Henri V, roi d^ Angleterre (i). 

Robert Chrétien fit au Roi foi et hommage es mains de 
Louis sire d^Estouteville des pleins fiefs d^hautber de 
Lannoy> du Barquet-Louvet, tenus de la vicomte de 
Beaumont-le- Roger, et du fief de Sommervieu, situé en 
la vicomte de Bayeux, par lettres données à Argentan le 
16 mai 1450, et à Rouen le 17 février 1461 et 1465. 
Dans Taveu de Tévéque de Bayeux du 14 avril 1453 il 
est dit : Maître Robert Chrétien, écuyer, tient de notre 
baronnle de Saint-Vigor, par foy et hommtge, le fieu 
terre et seigneurie de Sommervieu près Bayeux, par un 
noble fieu de chevalier. 

Cette maison de Chrétien portait pour armes : de gueules 
à 3 cornets ou huchets d^argent que les puisnés bri- 
sèrent d'une bordure d'azqr, d'oti Ton doit conclure que 

(i) Cart. Longi. abb., p. 43. 



520 

Guy Chrétien, maître des requêtes, dont j'ai parlé ci- 
desfus, notait pas de la même famille, parce qu'il portait 
des armes bien différentes, et telles que je les ai marquées 
ci«deyant. 

Le bien que nos évéques possèdent à Sommervieu, 
vient pour la plus grande partie du patriarche Louis 
d'Harcourt. Il avait donné 3^5oo livres tournois à son 
chapitre pour des fondations à la cathédrale, et ce cha- 
pitre ayant acheté avec cette somme le second fief de 
Sommervieu avec ses appartenances pour augmenter h 
commune de leur église, le Patriarche le retira du cha- 
pitre en 1477, ^^ ^^^ cédant par échange les dîmes de 
Chef-du-Pont en Cotentin, et de Sainte-Mère*Église (i). 
Il obtint aussi la même année 4u roi Louis XI, dont il 
avait rhonneur d^étre parent, que toutes les fois que 
révéché tomberait en régale, la terre, dîme et seignearie 
de Sommervieu appartiendraient à la fabrique de son 
église cathédrale pour aider à entretenir les bâtiments, et 
fournir les ornements nécessaires au service, à condition 
que le chapitre s^abstiendrait de pécher dans les étangs, et 
ne ferait aucunes dégradations, afin que les évéques à 
leur arrivée trouvassent les choses en bon état. 

Par lettres patentes données à M illy-en-Gatinois au 
mois d^octobre 1477, le même prince érigea par considé- 
ration pour le patriarche, la terre de Sommervieu et les 
autres seigneuries de Pévéché en haute-justice. 

Les évéques de Bayeux ont en cette paroisse une mai- 
son de plaisance qu^on appelle communément château 
de Sommervieu. Il est au sud-ouest de l'église, à 6 ou 
7 minutes environ du chemin. M. de Nesmond est le 
premier qui y ait fait un séjour. M. de Luynes, un de ses 

(i)Nécrolog. eccl. cathéd. anni i585. 



521 

successeurs, aujourd'hui cardinal et archevêque de Sens, 
le prit en affeaion par rapport à Tair salutaire qu'on 7 
respire. Il fit rebâtir la maison à la moderne avec des 
augmentations considérables, Penvironna de fossés et 
d'eaux qui viennent d'une source voisine, fit couper à 
travers d'un parc qui est vis-à-vis garni de bois-taillis et 
de haute-fîitaie, une infinité d'allées, dont les unes 
finissent en aboutissant sur les autres, plusieurs se tra- 
versent, et d'autres enfin conduisent à une longue et belle 
allée de chênes, d'oti l'on découvre l'église cathédrale et 
une partie de la ville de Bayeux. On prétend qu'il a 
dépensé à ces différents ouvrages près de 100,000 livres. 
C'était là ordinairement où il se retirait, quand sa charge 
de premier aumônier de • Madame la Dauphine lui per- 
mettait de revenir de la Cour dans son diocèse. M. de 
Rochechouart, son successeur immédiat, et qui siège 
aujourd'hui, a pris les mêmes sentiments pour cet 
agréable séjour. Il y vient de faire de nouveaux embellis- 
sements, tant dans le château que dans ses dehors. 
M. de Rochechouart a fait faire en 1758 et suivantes, de 
nouveaux appartements à son château, et de nouvelles 
allées qui rendent son bois si agréable. 



Tierceville (Saint-Martin de). Sergenterie de Gray, 
élection de Bayeux, 34 feux, notariat de Ver. 

Cette paroisse, appelée dans les vieux titres : Tertia 
villa, et Tiercheville, est à 2 heures et demie au levant 
de Bayeux et à un petit quan de lieue du bourg de 
Creully. Elle est bordée au midi dans toute sa largeur 
par la rivière de la Seulle. Le présentateur est l'abbé de 
Grestain, les décimateurs sont le curé pour un tiers des 
grosses dîmes et des verdages, l'abbé de Grestain un tiers, 



522 

le chapitre de Bayeux un demi-tiers, et le prieuré de 
Saint-Gabriel un demi-tiers. 

Cest la patrie du bienlieureux Vital, fondateur et p^^ 
mier abbé de Savigny, mort en odeur de sainteté en 
1 1 19, et de sa sœur sainte Adeline, abbesse des Blanches 
au diocèse d'Avranches, en 1 120 ( i). 

La seigneurie de Tierceville doit aveu au roi pour un 
quart de fief de chevalier ; on y a uni il y a longtemps un 
autre fief surnommé de Grestain, qui relève pareillement 
de S. M. par un huitième de hautber. L^abbaye de Grès- 
tain Ta fieffé par rétrocession au seigneur de Tierceville, 
comme on rapprend par l'aveu que rendit en 1 5o3, pour 
ces deux fiefs, messire Robert Néel, écuyer, au droit de 
son épouse dont le nom est omis. Peut-être était-ce la 
fille de M. Jean de Mauny, seigneur de Thierceville, qui 
a signé un traité de mariage arrêté le i3 mars 1473, 
entre Arthur de Vierville, chevalier, seigneur et baron 
de CreuîUy, et demoiselle Jacqueline de Briqueville- 
Coulom bières. 

L'église de Tierceville est accompagnée de deux bos- 
c6tés qui la rendent fort propre. On voit dans le chœur, 
du côté de TÉvangile, le mausolée d'un seigneur de 
Tierceville avec sa statue armée de toutes pièces, la tête 
nue, et son épitaphe qui marque que c^est celle de messire 
François Néel, seigneur de Tierceville, gentilhomme 
ordinaire du Roi, capitaine de 5o hommes d'armes, et 
gouverneur des ville et château de Coutances. 

La date de sa mort n^y est pas marquée ; mais nous 
trouvons ailleurs qu'il était fils de Pierre Néel, sieur de 
Neuville, de Fonteney, de Virai et de Tierceville, qui 
par son mariage, accordé le 19 avril iSSg, épousa 

(I) GalU Chriêiima, t. XI, col. 555 



5^3 

Catherine de La Vigne (i). Cette dame, après la mort de 
son mari, obtint du Roi la garde noble de ses enfants, le 
22 septembre i568. Ce François Néel eut un de ses 
enfants qui épousa, le 12 août 1 5 Sg, Jeanne d^Anger- 
ville, fille de noble homme Charles d'Angerville, sire de 
Tresli, de Valançai, de Corbigny, etc., et de Claude de 
Rabodange; elle était alors veuve de Jacques Louet^ 
écuyer, sieur de Bossuges. Elle fit son second mari père 
de 3 fils, dont le second, Robert Néel, seigneur de 
Tierceville, vivant à présent sans enfants de feu sa femme, 
noble dame Agnès de Baillehache, fille et héritière de 
Pierre Baillehache, sieur de Roncheville, conseiller du 
Roi. 

Les armes de Néel sont : d^argent à 3 bandes de sable 
et au chef de gueules. 

Tracy'Sur-la-Mer (Saint-Martin de). Sergentcrîe de 
Gray, élection de Bayeux, lieu de notariat, 114 feux, 
3 1 2 communiants. 

Cette paroisse, longue d^environ une demi-lieue, est 
terminée au nord par la mer et par de hautes falaises. > 
Elle n-a ni rivière ni ruisseau. On y compte une lieue et 
demie de Bayeux. Outre le premier et le principal hameau, 
qui porte le nom de cette paroisse il y a ceux de Lan, 
au centre, et de La Rosière à Textrémité du côté de 
Bayeux. Le chanoine de CuUy, en Téglise de Bayeux, 
est patron collateur de la cure. Il perçoit le tiers de la 
dîme; les deux autres tiers appartiennent au chapitre de 
Bayeux, par le don qui lui en fut fait en 1 243, par Her- 
bert de Charmont, grand doyen de cette église. La 
seigneurie est une fiéferme qi;ie possède M. le marquis de 



(i) Ârmor. général de la France, reg. L i« partie, p. 404. 



5M 

Magny» au droit de M. Chamillard, intendant de Caen, 
à qui le Roi la donna en échange des terres qu^il avait 
dans le parc de Versailles. Le curé n'a qu^une pension 
congrue. 

Vaux'Sur^Aure (Saint- Aubin de). Banlieue et élection 
de Bayeux, loo feux, notariat de Bayeux. 

On lit dans le livre Pelut de Tévéché, sous le doyenné 
de Creully : Ecclesia de Vallibus supra Auream, cornes 
de Alenchone patronus : jo libras valoris : 2S libr. 
taxationis. En 1664, ^^ 7 ^^^^^ ^^^ communiants. M. Le 
Coq, chanoine de Mons, à Bayeux^ en était alors curé. 
Cest un bon curé, dit le registre dé visite, et qui a bien 
décoré son église. 

Gabriel-Pierre-François Moisson, écuyer, seigneur de 
Vaux, a pour femme Jeanne-Marie-Anne de Rots. 
M. Moisson, écuyer, sieur d^Urville, son père, aquit 
cette terre en 1752. 

Cette paroisse est partagée en 2 parties par la rivière 
d*Aure qui la traverse dans toute sa longueur. Elle est 
composée de 4 petits hameaux : celui de l'église où est 
située l'église paroissiale ; celui de Glatigny de Pautte 
côté de la rivière oti il y a une chapelle de Saint- Eustache, 
celui de Beauvais à son occident, et celui de Fumichoo 
sur le bord du ruisseau de Fumichon, oti il y a pareille- 
ment une chapelle titrée sous le vocable de Notre-Dame- 
de-Bon-Secours, ou Noire-Dame-des-Faveurs. 

L'abbé de Longues présente à la cure ; les dîmes sont 
partagées entre cet abbé à cause de sa chapelle de Fumi- 
chon, l'abbaye de Saint-Sever, le chapitre de Bayeux et le 
prieuré de Saint-Nicolas-de-La-Chesnaye. Le curé a là 
tierce partie sur toute la dîme. 

Cécile de La Ferrière donna à Tabbaye de Longues le 



52J 

droit de patronage qu^elle avait à la moitié de Téglise de 
Saint-Aubin-de-Vaux-sur-Aure, que Richard Commin, 
chanoine de Bayeux, avait possédé sur la présentation de 
cette dame. Cette donation, souscrite de Richard Boistard 
et Jean Le Roux^ chanoines de Bayeux, Guillaume 
Crespin de Sommervieu, maître Guillaume d^Englesque* 
ville^ et Jean Emery de Vaux-sur-Aure, fut confirmée 
et ratifiée, en présence et du consentement de Jourdain, 
archidiacre de Bayeux» par Henri II» du nom, évéque de 
la dite ville (i). 

Il s^éleva par la suite une contestation entre Pabbaye 
de Longues et celle de Saint-Sever, au sujet de la donation 
précédente. Robert des Ablèges, évéque de Bayeux, en 
fut établi le médiateur. Par transaction passée le jour de 
saint Edmond, martyr, Tan 1208, les religieux de Saint- 
Sever renoncèrent au droit qu^ils prétendaient sur ce patro- 
nage; Martin, abbé de Longues, comme par une espèce de 
compensation, leur abandonna plusieurs terres et dîmes 
dont son abbaye jouissait dans cette paroisse. Cet abbé 
avait acheté Tannée précédente, de Robert, abbé de Saint- 
André-en-Gouffern et de ses religieux, pour la somme de 
i3 livres tournois, 3 acres de terre à eux aumônées 
quelque temps auparavant dans la paroisse de Vaux, par 
Cécile de Ferrières (a). La même bienfaitrice donna à 
Fabbaye de Longues la dîme de tout son moulin de 
Vaux-sur-Aure, et eut pour témoins de sa donation : 
Guillaume Bacon, sire du Molley, Roger d'Agneaux, 
Guillaume Bacon de Formigny, Pierre Pelvel, Richard 
de Combray, Roger d'Anjou, Vivien de Vaux et Roger, 
son fils. Ce nouveau bienfait fut ratifié et confirmé, 

(1) Cart. abb. Long., p. 16 et 36, fol. vert, 
(a) Cart. de Longues, p. So, fol. vers., et p. 47. 



526 

en ii3i, par Jean de Ferrières qui appelle cette dame: 
Aviamea (i). 

Le chapitre de Bayeux possède, à Vaux-sur-Aure, 
7 acres, une vergée de terre, et 2 moulins à eau fieffés 
i5o livres, un trait de dîme avec une muaison de 
36 boisseaux d^orge, sur quoi il doit payer 3o livres au 
chapelain de Saint-Gilles, pro prima, pour un petit trait 
de dîme par lui cédé. 

La chapelle de Fumichon, appelée Notre-Dame-de- 
Bon-Secours, est à la présentation de Tabbé de Longues, 
qui y nomme ordinairement un de ses religieux. Elle est 
proche le terroir de Marigny. Suivant une visite d'ar- 
chidiacre, en 1662, on y dit la messe tous les dimanches 
et fêtes, et même on y fait Teau bénite. 

La chapelle de Saint-Eustache située dans le ma- 
noir du seigneur de Vaux, fut fondée, en i33o, par 
Jean de Vaux, expen dans Part militaire, par la per- 
mission à lui accordée par Remond de Fargis, cardinal- 
diacre de Sainte-Marie, et doyen de Bayeux, suivant ses 
lettres datées d'Avignon, le 24 avril, au dit an. On y doit 
la messe tous les dimanches ; elle est à la nomination dn 
seigneur de Vaux. 

Les fiefs de cette paroisse sont : le fief de La Ferrière- 
de-Vaux, c'est le premier, il a les honneurs deTéglise; 
lefief de Vaux, divisé en 2 portions, il a les honneurs 
de la chapelle Saint-Jean, bâtie près le chœur de Téglise; 
le fief du Trésorier ; le fief de Saint-Sever ; deux verges ou 
extension du fief d^Argouges ; le fief du Saussey ; le fief 
de Conjon-Heinville ; et le fief de Conjon-Monfréard. 

Du fief noble de Conjon, est tenu un membre de fief 
appelé le fief au Bourguignon, assis au ^ même lieu. Le 

(i) Aveux du temporel de la cathéd. au Roi. 



À 



527 

seigneur de Conjon, à cause de son fief, et son soutenant 
seigneur du fief Bourguignon sont tenus, en temps 
d'hostilités, de garder en armes la cathédrale de Bayeux/ 
et ne pas discontinuer la garde sans le congé, permission 
et autorité du Chapitre(i). En 1440, hommage rendu 
au Chapitre de Bayeux par le sieur de Conjon. Le fief 
de Conjon, tenu faire garde à Péglise en temps d'hosti- 
lités (2). Ce fief avait donné le nom aux premiers qui 
Font possédé. Guillaume de Conjon, et Guillaume 
de Kirkeuville sont signés avec Henri II^ évêque de 
Bayeux, à la chartre de Guillaume du Hommet, conné- 
table de Normandie, par laquelle il donne à Tabbaye de 
Blanche-Lande la moitié de l'église de Ducy, dont il 
était seigneur. Guillaume de Conjon, chevalier, seigneur 
de Conjon à Vaux-sur- A ure, vivait en i232, selon le 
cartulaire de la chapelle Notre-Dame de Bayeux (3). 

Cette terre passa depuis à d'autres familles. Roger de 
Montfréard, écuyer, père de Jean, marié à Jeanne Simon 
en 1453, étant héritier en partie de Thomas de Ruque- 
ville, écuyer, sieur de Conjon en 1494, qui de Chardine 
de Malfillastre, sa femme, mariés en 1499^ eut Jean de 
Montfréard, écuyer, seigneur de Conjon, dont Mau- 
rice (4), qui fit sa preuve de filiation en 1540. Elle a passé 
depuis aux Suhard, et enfin, par succession, au sieur de 
Royville, écuyer, avocat du Roi à Bayeux. 

La belle maison, communément appelée le château de 
Vaux, a été bâtie par M^e Piédouë, dame de Vaux, veuve 
de Michel d'Hermerel, écuyer, vicomte de Bayeux, 
laquelle décéda le 1 9 septembre 1 749, dans un âge avancé. 

(1) Aveu du tempor. de la cathédrale, 
(a) Manuscrit de Potier, pp. 2-3. 

(3) Inyent. des titres de l'église de Ducy, 14* liasse. 

(4) Hist. Harc.f t. 1, p. 967. 



5a8 

Ses héritiers ont vendu la terre et seigneurie de Vaux- 
sur-Aure*La-Ferrière. Elle a été acquise par M. Pierre- 
Jacques-Mathieu Moisson, écuyer, sieur d^Urville, de 
PAcadémie deCaen, mort subitement le 3o décembre 1 775. 

La maison de Vaux tire son origine de la paroisse de 
Vaux-sur«Aure| prés Bayeux. Elle est si ancienne, dit 
La Roque, qu^il y a un rôle de i o63, qui fait mention du 
fief de Vaux et de Raoul de Vaux, chevalier. Guillaume 
de Vaux, selon une cbartre, passa en Angleterre avec 
Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie, en 1066, 
et y laissa une postérité qui subsista jusqu^à Péuo- 
nille et Mathilde, filles de Jean de Vaux, mort en 1288 ; 
Tune épouse de Guillaume de Noirford, et Tautre de 
Guillaume de Rots. Un autre de Vaux suivit, en 1099, 
le duc Robert dans la conquête de la Terre-Sainte. De 
lui descendit en ligne directe Raoul de Vaux, qui avait 
procès en TÉchiquier de Normandie en 12 36. 

Jeanne, fille de Thomas de Vaux, veuve de Guillaume 
Mallart, donne aux chapelains de Notre-Dame de 
Bayeux, en 1237, 12 deniers tournois à prendre sur sa 
maison sise paroisse Saint Jean de Bayeux (i). 

Jean de Vaux, écuyer, seigneur de Saint-Aubin-de- 
Vaux-sur-Aure, de Merville et du Buisson, fut créé 
viconte d'Alençon en i3i8, et pourvu depuis de la 
charge de viconte de Falaise qu'il accepta seulement pour 
le regard de Texercice et non pour la recepte, de manière 
que Boniface, chanoine de Paris, et Pierre Mathan, 
écuyer, étant commissaires établis par le Roi en venu 
des lettres de Tan i326, pour la réforme du pays de Nor- 
mandie, le bailli de Caen fut autorisé à faire la recepte 
du domaine de la vicomte de Falaise.* Il fit bâtir une 

(i) Cartul. de N.-D., p. S. 



529 

chapelle en la paroisse de Vaux, après en avoir reçu 
licence par lettres du 1 1 septembre 1 329, de Charles de 
Valois^ vicomte d^Alençon et du Perche, patron de Saint- 
Aubinde-Vaux-en-Aure. Il fit faire une enquête expédiée 
à Falaise le 6 octobre 1 343, par laquelle il paraît que 
Hubert de Vaux, son aïeul, avait eu deux frères dont 
Taîné, Charles, se retira en Normandie et suivit le roi 
Richard en Angleterre. 

Raoul de V^ux, chevalier, seigneur de Vaux-sur-Aure, 
Merville et Le Buisson, fils du précédent. Il paraît de lui 
une chartre en latin datée de Fan 1 345, comme Pabbé et 
le couvent de Longues lui délaissèrent, par échange, tout 
le revenu quUls avaient es paroisses de Merville et du 
Buisson. Il avait pour frères puînés : Jean et Guillaume 
de Vaux, avec lesquels il fit. Tan 1 346, des lots et par- 
tages où sont contenus les fiefs de Vaux-sur-Aure, du 
Saussey> et les fiefs assis à Véret. Il fieffa, par acte passé à 
Bayeux le 21 janvier 1 377, plusieurs héritages qu^il avait 
à Vaux-sur-Aure. Il est appelé dans les armoriaux de 
Normandie : Mgr Raoul de Vaux, chevalier bachelier, 
portant : d'hermines à un chef de gueules endenté Tun 
dans Tautre, qui est le même écu que celui d'O. 

Guy de Vaux, chevalier, seigneur de Vaux, Merville, 
et Le Buisson, et Laurence de L'IsIe, sa femme, firent 
une fieffé en 1406. Ils eurent pour enfants : Guillaume 
et Jean de Vaux. 

Guillaume de Vaux, seigneur de Vaux et de L^Isle, 
vivait encore en 1447. Il fit des partages avec son fi-ère 
devant les tabellions de Caen le 1 5 décembre 1427 (c'est 
plutôt 1447), de la succession de leur père et mère. Les 
terres de Vaux-sur-Aure et de L^Isle demeurèrent à 
Guillaume de Vaux. 

Aveux rendus à Raoul de Vaux, écuyer, devant 

34 



530 

Richard de La Dangie, sénéchal de Vaux, le 14 dé- 
cembre 1461 : à Jean de Vaux, seigneur de Vaux, en 
1468 et 1478 : et à Goujon de Vaux, en 1487 ^ 1489. 
Ce dernier eut pour fils et héritiers Jean et Jacques de 
Vaux, écuyers. On peut consulter Particle de la seigneurie 
de risie à Mestry, doyenné de Couvains, au supplé- 
ment. 

Vaux-sur^Seulles (Saint^Pierre de). Sergenterie de 
Creully, élection de Caen, 24 feux, notariat de CreuUy et 
Nouant. 

Cette paroisse, assise sur la rivière de SeuUe, est â 
une lieue et demie de Bayeux et 2 de Creully. Il y a 
4 fiefs nobles dans cette paroisse : le fief de Vaux, le fief 
de Saint-Gilles, et les fiefs de Saint-Clair et de Méautis. 
L^abbesse de Caen est dame et patronne de la cure. 

Dans une visite que Jean de Moncy, archidiacre de 
Caen, fit le 2 juin r6o3 de cette église, il fut ordonné 
qu^à Pavenir le pain de la charité, fondé en la dite église, 
sera apporté et distribué dans cette église par le trésorier 
en charge (i). 

Il y a eu deux curés distingués par leur mérite à 
Vaux*sur-Seulle : Sébastien Corbet, chanoine et archi* 
diacre de Bayeux, en i6o3, et Nicolas de GrimouviIl^ 
Larchant, auparavant principal du collège de Bayeux, 
décédé en 1736. 

Par une chartre sans date, Guillaume de Vérigny et 
Olivier, son frère, donnent à Tabbaye de Longues deux 
gerbes de dîme à prendre (2) sur tou^t leur fief de Vaux- 
sur-SeuUe (de Vallibus super Seullam), Cette chartreest 

(i) Reg. des visites, p. i, a et 3, fol. verso, 
(t) Cartul. abbatic de Longi, p. 44, fol. vers. 



I 

i 



531 

signée 4e Guillaume de Ver qui récrivit, de Richard de 
Longues, de Beaudouin de Longues, Jean de Manvieux, 
Richard du Pont, Guillaume d'Auné et Robert Le 
Moine. 

Robert de Basenville, par acte du mois de décembre 
1236, donna aux chapelains de Notre-Dame de Bayeux, 
une demi-acre de terre sise à Vaux-sur-SeuUe, dans la 
délie appelée Le Perrier, entre la terre de W. de Molen- 
din, et la terre de Jean de Bureth, chevalier. Il donna, 
par chartre de novembre au dit an, à Raoul L'Arche- 
vêque, prêtre, une demi-acre de terre, située en la même 
paroisse, avec la liberté d^en disposer en faveur de qui 
bon lui semblerait, et il approuva, par chartre de no- 
vembre suivant, la donation que le dit L^ Archevêque en 
avait fait aux chapelains de Notre-Dame de Bayeux. (i). 

Une branche de la maison d^Escajeul a possédé la 
seigneurie de Vaux-sur-SeuUe. De Briand d'Escajeul, 
seigneur de Sully par sa femme Marguerite de Gouvis^ 
depuis remariée, en i486, à Richard de Pierrepont, 
seigneur d^Estienville, sortit entre autres enfants : Léger 
d'Escajeul, sieur de Q)ndé, père de René d^Escajeul, 
sieur de Condé et de Vaux, père de Jacques, père de 
René, sieur de Vaux, père de Pierre, mort sans enfants (2). 
Il y avait pourtant, en i6o3, noble homme Jacques 
d^Escajeul, sieur de Vaux, lequel était alors trésorier de 
cette paroisse (3). 

La seigneurie passa depuis aux Bedey, dont Jacques 
Le Bedey, écuyer, sieur de La Fosse, vicomte de Bayeux,. 
lequel mourut en sa terre de Vaux le 19 mars 1641 ; 

«. 
(i) Cartul. B. M. Cathéd., p. 2, fol. vers. 

(2) Généal. de la maison d*Escajeul. 

(3) Reg. de vis. de Tarchid. 



532 

Jacques Le Bedey, écuyer, sieur de Vaux et d^ Asuelles, 
vicomte de Bayeux après son père mort en 1684; et 
Olivier Le Bedey, écuyer^ sieur de Vaux, son fils, décédé 
au mois de juin 1727. Il avait épousé Françoise-Made- 
leine Descrametot, dont Guillaume-François et Jacques, 
morts sans postérité ; et 3 filles, d'un deuxième mariage 
avec Catherine de Croisilles, sœur du président, mariées 
à MM. Hébert des Vauxdorés, G>nseil, sieur du Mesnil, 
et Le Maigre, écuyer, sieur de Lan. Le sieur Le Bedej 
fiit construire, par permission, une chapelle domestique 
à Vaux en 1664. 

Ver (Saint-Martin de). Sergenterie de Gray, élection 
de Bayeux, 140 feux, lieu de notariat. 

Cette paroisse, à 3 petites lieues au levant de Bayeux, est 
bordée au nord par la mer, oti la plage est plate et ion unie. 
Le chapitre de Bayeux, seigneur des fiefs de Ver et de 
Creullet assis en ce lieu, présente de plein droit à la cure, 
et en a le déport avec droit de visite. Il jouit de la totalité 
des grosses dîmes, sur lesquelles il paye 120 livres au 
curé qui a les menues. Le chapitre y possède d'une part, 
7 S acres et une vergée de terre avec une maison manable, 
grange, pressoir et colombier, et d^autre pan, 24 acres de 
terre, ig livres, 1 7 sous, 5 deniers, 394 boisseaux un tiers 
de froment, 16 boisseaux deux tiers d^oijge, mesmtde 
Bayeux, 2 chapons, 28 poules, 280 œufs, un pain, une 
allouette et un pigeon blanc, de rente foncière et sei- 
gneuriale (i). 

On prétend que cette paroisse tire son nom du miracle 
qui y advint lors du rétablissement de Saint-Gerbold, 
évêque de Bayeux^ dans son siège ; car à son arrivée dans 

(i) Av. du temp. de la cathéd. de Bayeux à la Ch. des G>mpc. 



»3 

ce lieu, dit-on, la terre, quoiqu^au fond de Phiver, 
devint chargée de verdure et de fleurs, comme en été. On 
y voit encore les ruines d'une chapelle qui fut abattue, 
en 1 562, par les Calvinistes. Elle était sur le penchant 
d^unç colline qui regarde la mer, auprès d^une fontaine, 
et sur le bord de la petite rivière de Provence. La tra- 
dition porte que cette chapelle avait servi de retraite à 
saint Gerbold quand il revînt d'Angleterre. On montrait 
encore, du temps de Cénalis, évêque d'Avranches, la 
pierre appelée Le-Perron-de-Saint-Gerbold, sur laquelle 
on assure que ce saint avait été apporté par mer miracu- 
leusement en ce lieu. 

Voici un trait singulier et d'un autre genre qui con- 
cerne cette paroisse. Il est pris dMn imprimé à Caen, en 
1743, intitulé : Zéphir artillerie, ou la Société des 
FrancS'Péteurs. On y fait un éloge comique du pet. Entre 
autres singularité amusantes on y lit, p. 4, que dans une 
paroisse nommée Ver, à 4 ou 5 lieues distante de Caen, 
un particulier^ par droit féodal, a exigé longtemps, et 
peut encore exiger aujourd*huy, un pet-et-demjr par 
chacun an. L'auteur facétieux venait de dire que Furetière 
rapporte que dans le comté de SufTolk, un vassal devait 
faire devant le Roi, tous les jours de Noël, un saut, un 
rot et un pet ( i) . Il conclut après cela que le pet renferme 
la plus parfaite et la plus majestueuse décence puisqu'il 
est le signe extérieur du respect d'un sujet envers son 
prince, et le tribut d'un vassal à son seigneur. 

On ne sera peut-être pas fâché de voir Tauteur original 
qui raconte une redevance aussi singulière que. cite 
Furetière. C'est Camdem. Voici ses propres paroles : 
Ad eumdemflumen cernuntur S ton et Nedham, merca^ 

(i) Dictionnaire, t. II. 



554 

toria oppiiula, nec procul a ripa Hemmingstom (i), 
in qua tenuit terras Balduinus Le Petour (notate miki 
nomen) per seriantiam loquor ex antiquo libelio, pro 
qua debuit facere die Natalis D^ singulis annis coram 
D^ rege Angliœ, unum saltum^ unum suffletum, et 
unutn bumbuluffif vel ut alibi legitur, per salium, 
sufflum, etpettuM, idest, si intelligo, ut saltaret, buccas 
cum sonitu infiaret, et ventris crepitum ederet, et fuit 
iiiorum temporum aperta et lœta hilaritas. 

Cest de cette paroisse qu'a tiré son nom Tancienne 
maison de Ver, si connue du temps des premiers ducs, 
et dont il y a encore des descendants en Angleterre. Par 
chartre sans date, Richard Quarrel <ie Ver, du consente- 
ment de Guillaume et Scrlon, ses frères, donne à Tabbaye 
de Longues, pour le salut de leurs âmes et de celle 
d^Osber de Montigny défunt, plusieurs pièces de terre 
situées à Ver, et confirme une autre donation faite par 
Nicolas d*Escrameville. Témoins : Richard de Longues, 
Richard de Marigny, Simon et Jean de Ver, prêtres, 
Guillaume, fils de Robert de Ver, Guillaume, fils de 
Geoffroy de Ver, Robert Le Moine et Guillaume, son 
frère (2). 

Par chartre du mois de juillet 1237, Guillaume Le 
Bois, clerc, fils de feu Jean de Ver, qualifié miles, donne 
aux 12 chapelains de Notrç-Dame de Bayeux, un quar- 
teron de froment, mesure de Bayeux, à prendre chaque 
année au mois de septembre, sur une demi-acre de terre 
qu'il avait dans le territoire de Ver (3). 

Vienne (Saint-Pierre de). Sergenterie de Gray, élection 

(i) Camdefn, BrHanniœ description^. 410-41 1. 

(a) Cart. abb. de Long. 

(3) Cart. cap. B, M. Cathéd., p. 3. 



53$ 

de Bayeux^ 63 feux et 120 communiants, notariat de 
Tracy. 

Cette paroisse, à cinq quarts de lieue de Bayeux, est 
assise sur la rive gauche de la rivière de Seulle. il en 
est fait mention dans la chartre de fondation de Tabbaye 
de Cerisy, année io32 (i). Robert duc de Normandie 
donne, entre autres biens à cette abbaye, m Viana duos 
villanos cum terris suis et duos acras prati. Il en est 
aussi parlé dans la chartre de fondation de Tabbaye 
d^Aunay, expédiée en i3ii. On y lit ces mots : item 
[habent monachi) exdono Eudonis de Brece, duos acras 
terrœ apud Vianam, item exdono Anchetilli de Viana^ 
unam acram terrœ apud eamdem villam^ concedente et 
donante Willelmo,filio ejusdem Anscketilli (2). 

Uabbé de Préaux nomme à la cure de Vienne. Il a les 
deux tiers de la dîme : Tautre tiers est pour le curé, 
excepté sur le territoire du fief Valeran, dont la dîme est 
pour le trésor de Téglise. En 1040, Guillaume, comte de 
Saint-Pierre dédit de dominio suo, duas ecclesias et 
terrant ad eas pertinentem, scilicet de Bollivilla et de 
Viana (3). Il fut engagé à faire ces donations, par le 
conseil et à la persuasion de Parchidiacre Guy, qui possé^ 
dait en titre ces deux cures. Anfry, abbé de Préaux, 
s*associa pour ce sujet à son monastère, en sorte que s^il 
voulait y prendre Thabit de moine, il lui serait accordé; 
ce qui arriva. Depuis, Richard de Creully abandonna à 
Saint-Pierre de Préaux tout le' droit qu^il avait in eccle" 
sia illius villœ quœ vocatur Viana; car il prétendait que 
Vienne était un démembrement de sa baronnie de 
Creully, et partie de cette paroisse en relève encore. 

(i) Neust. pia, p. 431. 

(a) Neust. pia, p. ySç. 

(3) Nov. Galia. Christ,, 1. 1, col. 201. 



.f 



Uéglise parait ancienne; le chœur était accompagné de 
deux chapelles qui ont été abattues par vétusté il n'y & pu 
bien des années. Il est porté dans une visite faite en cette 
église le a juin i6o3« par Tarchidiacre de Caen, que sur 
la remontrance des paroissiens qu*il y avait certaines cha- 
pelles joignantes au chœur de relise (i), réclamées par 
noble homme Jacques de Taillebois sieur de Vienne, qui 
étaient mal entretenues^ Tarchidiacre, sur la requête du 
promoteur, chargea le curé et le trésorier de sommer le 
seigneur de Vienne ou autre prétendant droit aux dites 
chapelles de les mettre en due réparation. Il y a dans la 
tour deux cloches qui doivent, surtout une, être r^ardées 
pour des plus anciennes de Normandie. On lit autour de la 
grosse ces mots : Jehan de Vienne, évêque de Thérouanne, 
a donné ce saint, et nCa nommée avec Magdeleine de 
Bernescq en i33o, et autour de la petite : Jehan Le 
Marchand, 1423. 

On voyait, il y a quelques années, un ancien tombeau 
dans le chœur, sur lequel il y avait une statue d^arche- 
véque, avec ses armes, lequel fut ruiné en i562 parles 
Calvinistes. Un ancien manuscrit de la bibliothèque de 
M. Bigot, de Rouen, marque que c'était celui de Guil- 
laume de Vienne, archevêque de Rouen, décédé au mois 
de février 1406, et qu'il avait été mis dans un tombeau de 
pierres blanches dans Téglise de Vienne, proche Bayeux; 
mais le P. Pommeraye, dans son Histoire des archevêques 
de Rouen (2), a fait voir par de bonnes preuves que cet 
archevêque nierait point normand, mais sorti de la maison 
de Vienne, en Bourgogne; il prouve : i® qu'il fut frère 
de Jean de Vienne, amiral de France, reconnu générale- 



(i) Reg. d«« visit. du dojr. de CreuUy, p. 5. 
(a P. 535. 



i 



537 

ment pour être Bourguigon; i® qu'il fonda lui-même par 
testament un service solennel pour Jean> duc de Bour- 
gogne; 3^ qu'il est enterré dans Tabbaye de Saint-Seine» 
diocèse de Langres, dont il avait été abbé, et où Ton voit 
encore son tombeau. Cependant Phistorien de Rouen est 
forcé d^avouer qu^il faudrait distinguer deux archevêques 
du nom de Vienne, Tun Bourguignon, Tautre Normand, 
parce que la plupart des auteurs ont attribué plusieurs 
choses au Bourguignon, qui ne lui appartiennent point 
du tout, et que les manuscrits ont dit du Normand. 

Un fait certain, c^est qu'il était sorti de cette paroisse 
longtemps auparavant un autre prélat qui ne fut pas 
moins célèbre que Guillaume de Vienne, archevêque de 
Rouen; )e veux dire Jean de Vienne, archevêque de 
Reims. On ne peut pas dire que ce fut son tombeau 
qu^on voyait à-Vienne, proche Bayeux, car Marlot dit 
formellement que cet archevêque fut enterré dans son 
église métropolitaine, et qu^on lit cette simple épitaphe 
sur sa tombe : Hic Jacet dominus Johannes de Vienna 
Rhemensis archiepiscopus qui obiit XIV. Junii i35i ( i ) . 

Ce prélat, évéque d'Avranches en i386, (et non 
d^Évreux, comme Ta dit Le Brasseur, dans son Histoire 
d'^Évreux ( 3) , ensuite de Thérouanne dans F Artois, devint 
archevêque de Reims vers i334, et il est le premier qui 
soit parvenu à ce siège par la voie des réservations 
papales. Il fit le voyage de Saint-Jacques en Galice, et 
durant ce pèlerinage, les rois de CastiUe et de Navarre le 
choisirent en i335 pour moyenner la paix entr'eux. Les 
Rémois le firent sommer par son chapitre, et il pria Ber- 
trand, évéque de Noyon, de fiûre pour lui la visite de son 



(i) Hiit. méiropoli. Rkemens., t. II, p. 6ao. 
(i) Hist, d^Évrwx, p. 117. 



53» 

diocèse, ce qu'il exécuta en i337 (i). L^archevéque revint 
la même année, et le vendredi avant la Toussaint, il se 
trouva hors des portes de Rheims à la tête de ses vassaux 
armés, pour marcher au secours du Roi contre celui 
d'Angleterre ; mais Philippes de Valois aima mieux un 
secours dargent, et dispensa ses troupes de le suivre. 
L'archevêque ne laissa pas de raccompagner, et ce ne fiit 
qu'après son retour en 1 339, qu'il fit son entrée solennelle 
dans la ville de Reims. Le roi Ten fit en même temps capi- 
taine, de même que de tout le territoire. Il tint un concile 
provincial à Noyon, dans le mois de juillet 1344, pour 
établir plusieurs points de réforme ecclésiastique, et pour 
maintenir les libertés et privilèges ecclésiastiques contre 
les entreprises des laïques. Il fut nommé, le 1 1 novembre 
1345, ambassadeur du Roi vers le Pape et vers le roi de 
Castille, pour les engager à faire la paix entr'eux. S'étant 
trouvé à la funeste bataille de Crécy, en 1 346, il accom- 
pagna fidèlement le roi dans sa retraite, ce qui n'empêcha 
pas ce prince de donner à Gaucher de L'Oo, le gouverne- 
ment de la ville de Reims, et celui-ci choisit pour son 
lieutenant le seigneur de Broyés qui se fit apporter les 
clefs des portes. L'archevêque s'en plaignit comme d'une 
entreprise sur sa juridiction temporelle, et représenta 
que le privilège de garder ces clefs avait été accordé à ses 
prédécesseurs par les rois Philippe-Auguste et Saint- 
Louis. Le roi, touché de ces remontrances, ordonna, par 
ses lettres du 29 juillet 1347, adressées au bailli de Ver- 
mandois, que les clefs de la ville de Reims fussent resti- 
tuées à son archevêque. Après s'être trouvé aux obsèques 
de ce prince, le 28 d'août i35oy il sacra le roi Jean, son 
fils et son successeur, et la reine Jeanne de Boulogne, son 

(i) Hist. des gr, 0/., t. II, p. 11. 



S39 

épouse, le 26 septembre de la même année. Il mourut 
l^nnée diaprés. 

La Roque, qui veut que Parchevéque de Rouen, dont 
j^ai parlé d-devant, soit sorti de la maison de Vienne en 
Normandie, dit dans ses additions au premier volume de 
V Histoire de la maison d'Harcourt (i), que cette famille 
était une branche de la maison de Vienne en Bourgogne, 
laquelle était venue s'habituer en Normandie. Ce quHl 
répète encore dans le second volume (2), mais son senti- 
ment doit être rejeté parce que : i® le village de Vienne 
près Bayeux paraît être de la première antiquité, et qu'il 
a donné le nom à ses premiers seigneurs ; 2^ les de Vienne 
en Normandie, sont appelés de Viana en latin, et non de 
Vienna comme ceux de Bourgogne; 3o les premiers 

portent pour armes : de au chevron de. . . . et les 

seconds : de gueules à Taigle d'or. Ces raisons prouvent 
aussi que Parchevéque de Reims était de la maison de 
Vienne en Normandie, il portait le chevron dans ses 
armes, et il avait pour frère un grand vicaire et trésorier 
de son église, qui s'appelait Raïnaldus de Viana, et non 
de Viennay selon la façon d'écrire des Bourguignons. 

Anschetil de Vienne, du consentement de Guillaume, 
son fils, comme nous l'avons vu, donna aux religieux 
d'Aunay, vers ii3i, une acre de terre située dans la 
paroisse de Vienne. 

Martin de Vienne signa comme témoin à la donation 
du patronage de la moitié de l'église ,de Sainte-Croix- 
Grand-Tonne, faite à l'abbaye de Longues par Thomas 
d'Aigneaux, magistro Martino de Viana, Cette qualité 
de maître employée alors, signifiait un homme savant et 

(i) Hist. Harc, U I, p. 5oa-5o3. 
(a) Hist. Hare., t. II, p. 1458. 



540 

lettré. La chartre est sans date, mais la confirmation de 
Henri II, évéque de Bayeux, qui suit immédiatement 
après, prouve qu'elle est de la fin du xm* siècle ( i). 

Richard de Vienne (de Viana), par acte du mois de 
juin i25i, vend à Denis Bencest une rente qu^il avait à 
prendre sur une maison sise à Bayeux, paroisse Saint- 
Jean, proche la maison de lui de Vienne (2). 

Jean de Vienne, de la paroisse de Saint-Loup-de- 
Bayeux, est cité parmi les anciens nobles dans Montfaouq, 
en 1463. 

Antoine de Vienne (de Viana), chanoine de Befnesq 
en Téglise de Bayeux, permute cette prébende pour la 
cure de Saint-Rémy de Lacy, en ce diocèse, avec Jean Le 
Poutrely avec l'agrément du roi. Le visa est du 20 mars 
1498 (3). 

La Roque à Fendroit cité à la marge (4), dit que Pierre 
de La Perrière, seigneur de Baron, qui fit sa preuve 
devant les élus de Bayeux en i523, était héritier de la 
maison de Vienne, en Normandie. J^ai vu, en effet, dans 
un vieux registre contenant la déclaration des fiefs nobles 
de la vicomte de Bayeux pour Tannée i5o3 (p. 17, fol. 
vers.), que Pierre de La Perrière donna sous seing manuel 
la déclaration de la moitié du fieu de Vienne, tenu de la 
baronnte dc^ CreuUy, à gaige-pleige, et Pautre moitié en 
est tenant le seigneur d^Auvillers-d'Harcourt, à catise de 
la demoiselle sa femme, et est le dit fief assis au dit lieu 
de Vienne. 

Le seigneur d'Auvillers est Jean d^Harcourt, qui tenait 
le fief de Vienne, du chef de Marguerite de Batarnay son 

(r) Caitul. abbat. de Longit. 

(a) Cartul. Domus Dei Bajo., p. 84, fol. vert. 

(3) Reg. du secret, dcrévêché. 

(4) Hiit. Harc., t. U, p. 1458. 



541 

épouse» fille héritière d'Antoine, seigneur de Vaugris, 
bailli de Caen, et de Renée de Houllefort, dame de 
Hamars et de Vienne, fille de May de HouUefort, sei- 
gneur des dits lieux, chambellan du roi, bailli de Caen 
en 1464 et 1469, fils d'Henri HouUefon, seigneur d'Ha- 
mars et de Vienne, aussi bailli de Caen (i). Du mariage 
du seigneur d'Auvillers et de la dame de Vienne (2) vint 
pour fils unique Thomas d^Harcourt, sire d^Auvillers et 
de Vienne^ qui mourut sans postérité, et eut divers héri- 
tiers tant paternels que maternels. 

D^anciens aveux font encore mention d^autres fiefs sis à 
Vienne : i^ le fief d^Hamars qui fut à messire d^Harcourt, 
comte de Beuvron ; 20 la verge de Vienne relevant du fief 
noble de Sommervieu, appartenant au seigneur évéque 
de Bayeux ; 3^ le fief d^ Aunay appartenant à Tabbaye 
d^Aunay; 4^ le fiefdeSaint-Célerintenu par M. d^ Ardais 
de Beaupigny; 5^ le fief de Valleries qui fut à noble 
seigneur Bernardin de Reviers, relevant du fief de Magny ; 
6^ le fief ou membre de fief relevant du fief de Saint-Ger- 
main-de-la-Lieue ; 70 le fief du Mesnil relevant de la châ- 
tellenie de Bayeux par un huitième de hautber, suivant 
l'aveu de demoiselle Jeanne de Sallen^ veuve d^ Antoine 
Le Mercier, écuyer, sieur du Mesnil. 

Villiers-le-Sec (Saint-Georges de). Sergemerie de 
Gray, élection de Bayeux, 5o feux, 2S0 habitants, nota- 
riat de.Ver. 

Cette paroisse, située à 2 lieues au nord-ouest de Bayeux 
et à demi-lieue du bourg d.e Creully, est séparée de la 
paroisse de Saint-Gabriel par la rivière de Seulle, du côté 

(1) Hist. Harc, t. I, p. 908. 
(i)Hist, Harc, t. II, p. 917. 



54^ 

du midi; TégUse ea parait fort ancienne. Elle a saiat 
Georges martyr .pour premier patron et saint Laurent 
pour second. Tout autour régne un grand cimetière 
rempli desépulchres de pierres qui servent de coffres aux 
corps que Ton y enterre. 

Le vieux pouillé de révtché Tappelle : Ecclesia de 
Villari'Sicco,ei met la cure à la nomination de Pabbé de 
Fécamp. Cette abbaye en possède encore le patronage, au 
droit du prieur de Saint-Gabriel. Les religieux de Saint- 
Vigor-le-Grand, chargés de Toffice du prieuré de Saint- 
Gabriel par la réunion de cette communauté faite en 
1695, perçoivent les trois quarts des grosses dîmes, aux 
charges de payer au curé 80 livres tous les ans^ et 1 2 livres 
10 sous pour le pain et le vin nécessaires au Saint-Sacri* 
fice de la messe et à la communion des paroissiens» Le 
surplus des dîmes appartient au curé. 

Cette paroisse est justiciable, partie de la juridiction de 
Saint-Gabriel, et partie de celle de Bayeux. Le prieur de 
Saint-Gabriel est seigneur et patron de Villiers-le-Sec ; il 
y possède un fief sur lequel Téglise et le presbytère sont 
situés. Messire Olivier d^ Amours, écuyer, au droit de 
messire d^OUiançon, en a deux; Banville es» le plus 
grand et relève du seigneur de Banville; Tautre s^appelle 
Villiers et relève du baron de Creully. Ce fief fut à noble 
homme Pierre Boutin, écuyer, et à Guillaume Taillebois, 
à cause de la dame sa femme; il donna en 1 5o3 la décla- 
ration de ce fief tenu de Creully par un demi-fief de che- 
valier. 

Olivier de Saint-Ouen, chevalier, seigneur du lieu, et 
noble dame Marguerite Brèche, son épouse, fille héritière 
en partie de feu Jacques Brèche, sieur du Coudray, ven- 
dirent, par contrat passé au tabellionnage de Bayeux, le 
20 septembre i663^ à François Foucœur^ sieur de Fonte- 



543 

nay, plusieurs pièces de terre, maison et héritages assis en 
la paroisse de Villiers-le-Sec, à charge de faire acquitter 
les droits et devoirs seigneuriaux aux seigneurs de Vil- 
liers, au prieur de Saint-Gabriel, au fief de Courcy et au 
seigneur de Bazenville, de qui ces héritages sont tenus. 



TABLE ONOMASTIQUE 



Abbaye - aux - Dames. — Voir 

Sainte-Trinité. 
AboviUe (d'), 3a2. 
Acante, lag. 
Acartn, 196, 226. . 
Aché, Acher ou Achey (famiUe 

d'), 57, 88, 99, 129, 291, 3oi, 

345. 
Acqueville, paroisse, 3, 35. 
Adeline (sainte), 322. 
Agneaux (d*), 377, 461, 463, 

525. 
Agnes, 144. 
Aguern^r, paroisse, 25 1. 
Agy, 5^. 

Aguesseau (d*), 346. 
Aigneaux (d*). Voir Agneaux. 
Aiguillon (rivière d*), 59, 67, 78, 

87; fief, 281, 504. 
Airan, paroisse, 101. 
AUgre(d7, 175. 
Allain, 390. 

Allemagne, paroisse, io3. 
Almenèches (abbesse d*), 147. 
Alouette (fief de 10, i36. 
Amayé, fief, 281 ; (fiimtlle d'), 

378. 
Amblie, paroisse, 405. 
A.mfréville, paroisse, 39; (fa- 
mille d*), 88. 
Amiel, 218. 
Amours (d*)» 475, 542. 



Amyot, 5i3. 

André, 233, 485, 487. 

Angennea (d*) 238, 247, 288, 

514. 
Angenraie (d»), 23, 65, 71, 77, 

523. 
Angoville, paroisse, 3; village, 

3i. 
Anguemy. Foi'r Aguemy. 
Anisy, paroisse, 252 ; (famille d*), 

72, 252,262, 465. 
Anjou (d'), 525. 
Anquetil, 216. 

Anzerey, 1x2, 139, 147, 216. 
Arbre-Martin (sainte Madeleine 

de V), léproserie, 47. 
Archevêque (L'), 53 1. 
Ardais (d*), 541. 
Ardennes (abbaye d'), 3oo, 383. 
Arganchy, 495 ; (famille ^')» 4^ i • 
Argences, paroisse, 40. 
Argences (d*), 3o, 3i, 43. 
Argentelles, fief,' 157. 
Argouges, paroisse, 406; (fa- 
mille d'), 406, 411, 417, 463, 

478. 
Ariette, 420. 

Amault de la Brifle, 178, 179. 
Amauphin (d*), 55. 
Arquenay, paroisse, 253. 
Arromanches, paroisse, 408. 
Asnelles, paroisse, 409, 483. 
35 



S4^ 



Asnièret (des), io8. 

Attâin (d*), 43a. 

Athit-ftur-Orne, paroisse, 319. 

Aube (d*). Voir Richer. 

Aubert, 340. 

Auberville (d*), 69. 

Aubeiy, 5i5. 

Aubery de VasUn, 179. 

Aubin, 514. 

Aochin (d*X 365, 385. 

Auge (d*), 41 3. 

AudrieUf 5is ; (fief d\) a8i. 

Aumondevilie, m. 

Aumône (gué de T), 69. 

Aumont (d*), ao ; (fief d*), a6. 

Aunsj, abbaye, 433 ; fieft, 446, 

541. 
Auné(d'), 53 1. 
Auprêtre, fontaine; 5. 
Auni7(d'), ayôy 3oi. 
Aure, rivière, 406. 
Aussonvilliers (d*). Voir Hébert. 
Authie, paroisse, 3ao. 
Auvray de Saint-André, a46. 
Auvrecher (d*). Voir d'Anger- 

▼tlle, 8a. 
Auzàis du Bosq (d*), 335. 
Auxais-Franquetot (d*), 441. 
Aur-Demoiselles, fief, 370. 
Aux-Pucelles, fief, 370. 
Aveisnes (le Petit d'), 18. 
Avenay,*fief, a8i. 



Bachelier (Le), 145 

Bacon, lao, 367, 36o, 378, 385, 

396, 463, 5a5. 
Bactot, rivière, 3. 
BaillAhache (de), i3a, 5a3. 



Bailleul (de), 106, 107, 110, 
iaa,496. 

Ballefoy (de\ 3o6. 

Banastre, fief, 486. 

Baneville, fief, 47. Voir Baooe- 
viite. 

Banneville- la -Campagne, pa- 
roisse, 47. ^ 

Banville, paroisse, 410 ; seigneu- 
rie, 4 1 1 ; fief, 54a. 

Bapaulme (Néel de), a49. 

Baratte, a45. 

Barberie, famille, 53, 179, 376. 

Barbery, paroiase, 4. 

Barbey (Le), 447. 

Barbières, hameau, 389. Foir 
Hamars, fief, 390. 

Bardou, 117. 

Barillon de Morangis, 176. 

Baron, fief, a8i. 

Bameville. Voir Gislin. 

Barra (de), 5ia. 

Barre (de La), 5e3. 

Bas (Le), a69, 3i5, 416, 3ii. 

Basm, 176. 

Basly, paroisse, 254. 

Bassets (village des), 33. 

Batamay (de), 386, 340. 

Bateaux sur TOme, 33. 

Bateste, 7a, 144. 

Baudart, 371. 

Baudrand (de), 3. 

Baudry, aa9. 

Bavent, paroisse, 43. 

Baxeto fAigard d^, 4S. 

BayeJLe), fief, i53, 157. 

Bayeux ( chapitre de ) , 37S ; 
(évêques), passim, 5ao; (ft* 
mille de), 3 1 3. 



547 



Bayeux, fief, a8i. 

Bazenville, paroisse, 412 ; (fa- 
mille de), 53 1. 

Bazoque (de La), 491. 

Beauchamp (de), 442. 

Beaudoin, 27. 

Beaufbit, fief, 294. 

Beaufou, baronnie, 39, 98, 399. 

Beaumont-le-Richard, fief, 5o3. 

Beaupigny, hameau, 475, 541. 

Beauregard, hameau, 297. 

Beauvais, montagne, 7 ; fief, 73. 
Fbir Beauvoir; fermç, i32 ; 
hameau, 485, 524. 

Beauval (de), 3o6 ; fief, 495. 

Beauvoir, hameau, 73. 

Beauvoisin (de), 11. 

Beauzamet, fief, 281. 

Becquet (Le), lieu dit, 147. 

Bédey(Le), 334, ^3i. 

Bédquses '(hameau des), 140. 

Béfeux (village du), 6. 

Bellezaise, 25o. 

Bélesme (Mabille de), 5i, 92. 

Beleth, 227. 

Belette, 27. 

Belièvre(Le), 334. 

Belle-Etoile. Voir Cerisy. 

Bellemare (de) i3, 277, 389. 

Bellenger de La Crette, 229. 

BeilengreviUe, paroisse, 104. 

Bellet, carrière, 332. 

Belleville (de), 81. 

Belmest, hameau, 76. 

Bénard, 373, 5o5. 

Bencest, 540. 

Béneauville, hameau, 46. 

BennevUle. Voir Banevilie et 
Banneville. 



Benoit, 56. 

Bénouvtlle, paroisse, 255; (de) 

253. 
Bény, paroisse, 256. 
Béquet (Le), fief, 47. 
Berçeur (Le), 27. 
Bemesq (de), 536. 
Bernier, 5 16. 
Bemières-sur-Mer , paroisse, 2 5 8 ; 

(famille de), 36, 249, 259; 

(fief de), 38 1. 
Bernières (de), 235, 349, 354, 

399. 
Berrolles (de), 244, 504. 
Bert (Le), 5ii, 5i5. 
Bertaud, i3. 

Bertrand, 128, 271, 400. 
Bétheville (de), 66. 
Béton, 436. 
Beuf(Lc), 465. 
Beuville, paroisse, 261 ; (famille 

de), 263. 
Beuvrigny (de), 340. 
Beuvron (d'Hàroourt-Beuvron), 

20. Voir Harcourt. 
Beuzeville (de), 72, 493. 
Bidois (Le), 229. 
Bienvenu (Le), i53. 
Biéville, paroisse, 265. 
Bigot, 88, 23o, 465. 
Bigot (Le), 149. 
Billy, paroisse, 109. 
Baiy (Grainville-Billy), fief, 18. 
Bins (village des), 33. 
Biquetot, fief, e55. 
Bissières, paroisse, 110, 
Bisson (Le), hameau, 22. Voir 

Buissons. 



S48 



Bttoti hameau, 374; (fiiimlle de), 

375. 
Blagny, 504. 
BlainTÎlle, fMtfoisse^ 166. 
Blanchard, 199. 
Blanche (abbaye de La), 3 29. 
Blait ou Blayi (Le <m de), 419, 

4ï3, 490. 
Bletsebois (de), ta. 
Bloia (de), 4^9. 
Blond (Le), 384. 
Blonde!, 107, 473, 487. 
Blouet, a39 ; — de Camilly, 332, 

349, 394. 
Bd (Le) fMToisie, 4. 
Bobehier, 218. 
Bochurd, 200. 
Boésaaye (Notre-Dame de La), 

119. 
Bois (du), 83, i35, 260, 385, 

436, 479. 
Bois-Fradel (village du), 35. 
Boiaroger (de), 55, 83, 439. 
Botstard, 525. 
Boitteau, 2^9, 
Boivin, 60. 

Bombanyille, hameau, 389. 
Bonde (hameau de La), 55. 
Bonenfant, 74. 
Bonnd, 517. 
Bonne-Nouvelle, chapelle, 14; 

montagne, 7. 
Bonnet, 57; fief, 495. 
Bonnœfl, paroisse, 5. 
Bordeaux, fief, 26. 
Bord (de), 157. 
Bos, fief, 504. 
Bosc(du), 49» 4"- 
Bouc (Le), 5i3. 



Boucher (Le), 61. 
Boudessou, village, 12. 
Boudevillain, fief, 73. Voir Bou- 

tevillain. 
Bouges, fief, 36. 
Bougy, fief, 281. 
Boutllonnay (du), 438. 
Bouillons (hameau des), aa. 
Bouissier (de), 458. 
Bouliesse, hameau, 385. 
Boulon, paroisse, 6. 
Bouquetière (village de La), 154. 
Bourbillon (moulins 4e),' io3. 
Bourbon (de), 217. 
Bourdin, 60. 
Bourg (du), 463. 
Bourgaise, iio. 

Bourgeois (Le), 109, 3o6, 346. 
Bourgeoise, 267. 
Bourguébus, paroisse, iio. 
Bouigueuil, fief, 372. 
Bourguignon (Le), 3o3; (fief 

au), 526. 
Bouriennière (village de La), 33. 
Bousquet (du), 475. 
Boutcschsrd, hameau, 386. 
Boutevillaln, llef, 97; famille, 

41 3. Voir Boudevillain. 
Boutin, 297, 542. 
Bouvet, 218. 

Bragueville, hameau, 257. 
Bras, hameau, i36 ; (M. de) pas-- 

sinu 
Bray (bois de), 5 ; (Emilie de), 

ii3; (hameau de), 35o, 386. 
Bray-en-Cinglais, paroisse, 5. 
Bray-la«Gampagne, paroisse, 112. 
Brèche, 542. 



549 



Bréc/i paroisse, 4i5; (de), 416, 
535. 

Bréholière (La), hameau, 477. 

Bretcl (de), 67, 335. 

Breteuîl (comtes de), 420. 

firetteville (de), 6; Bretteville- 
sur-Bordel, 434. 

Bretteville-la-Pavée. Voir Bret- 
teville-sur-Odon. 

Bretteville-le-Rabet, paroisse, 
ii3. 

BrettevUle - TOrgueilIeuse , pa- 
rcMSse, 3ai. 

Bretteville-sur-Laize, paroisse, 6. 

Bretteville-sur-Odon, paroisse, 
3a5. 

Brettevillette, fief, a8i. 

Bréville, paroisse, 5o ; fief, 289. 

Bréville (de), 39. 

Bricqueville, hameau, 80 ; (fa- 
mille de), 83, 344, 38o, 436, 
445, 456, 473, 493, 5aa. 

Brieux (famille de), 375 ; vil- 
lage, 401. 

Briffe (de la). FoiVArnault. 

Briosne (de), 58, 65, 8a, 144. 

Briroy (de), 439. 

Brissac(de), a6. 

Brucourt, fief, i36, a3i, a34; 
(famille de), a3a, 465. 

Brun (famille Le). 

Brun (Le), peintre, 458. 

Brunville (de), 140. 

Buho, a88. 

Buisson (Le), paroisse, 5o, 5a8 ; 
village, 458. 

Buissons- Villons, paroisse, 3a6. 

BuUy, paroisse, 3a8. 

Bureau, 6a, ia9, ao3. 



Bures, paroisse, 5o. 
Bures (de), fiimille, 11, 47. 
Bureth(de), 53 1. 
Buron (chapelle Saint- Nicolas 
de), 8; (hameau de), 33o, 374 
Bussy, hameau, 495. 
Bussy (de). Voir Le Barbey. 

Cabazac(de), 45 1. 
Cabourg, paroisse, 5a. 
Cacharas. Foi'r Chasserat. 
Cadot, 49. 
Caen, i65. 

Académie, 173. 

Archidiacon^ i65'. 

Baillage, 180. 

Château^ 168. 

Consulat, i8a. 

Doyenné, i65. 

Election, i8a. 

Généralité, 174. 

Intendant, 175. 

Place Royale, 169. 

Présidial, 181. 

Université, 171. 

Vicomte, 181 • 

Abbayes : 

Saint-Etienne, 184. 
Sainte-Trinité, 191. 
Collégiale du Sépulcre, 194. 

CommËmautés : 

Les Carmes, ai8. 
Cordeliers, aa7. 
Croisiers, aa5. 
Jacobins, aa7. 
Capucins, a3i. 
Jésuites, a 3a. 



$50 



Cannélîtes» 234. 
P. de rOratEnre, %3^ 
Unulines, a35. 
La ViatuUon, a36. 
Bénédictines, zSj. 
Eudittes, 23S. 
La Charité, 246. 
Grands -Chapeaux (frères de 
Satnt-Yon), a5o. 

Paroisses : 

Smnt-Etienne, aoa. 

Saint-Georges, ao3. 

Saint-Gilles, ao6. 

Saint-Jean, 207. 

Saint*Julien, ao8. 

Saint-Martin, 209. 

Saint -Michel de Vaucelles, 
aog. 

Saint-Nicolas, a 10. 

Notre - Dame de Frdderue, 
an. 

Saint-Ouen, 212. 

Saint-Pierre, a i3. 

Saint- Sauveur, ao4. 
Cagny, paroisse, 53. 
Çahagnes ou Cahaignes (Jacques 

de), passim; Aimille, 3o3, 3a8, 

390. 
Çahagnes, fief, 17, 495. 
CaiUoué, hameau, 143. 
Cairon, paroisse, 3a7, 328. 
Cairon (femilie de), 7a, 321, 

329,373,419. 
Calmesnil (de), 1 3 1 , x 39 . 
Calvados (rocher du), 408. 
Calvimont (de), a94, 439. 
Cambes, paroisse, 26g, 
Cambremer (exemption de), i52. 



Camillf. Voir Freane-Camilly. 
Camilly (de), 53a. Voir Bk>uet. 
Campigny (de), 463. 
Camp-Roger (hameau du), 54. 
Canay (de), 440. 
andaUe(de), 59. 
Candepie (Saint-Jacques du), 1 53. 
Cantelou, paroisse, 54 ; (famille 

de), 54, 65. 
Cantcpie (bateau de), 33. 
Canville (de), a56. 
Capuls (fief des), 73. 
Carbonel, 385, 441. 
Carpiquet, paroisse, 33o. 
Carrcl, ia3. 

atiUon (U), fief, i53, i55. 
GfttiUon, chapelle, 3 1 1 ; (fort du), 

3l2. 

Cangy,|hameau, 5oo. 
Caumont, fief, 474. 
Caumont-sur-Ome, paroisse, 7. 
Cauvicourt, paroisse, 1 14. 
Cauvigny (famille de), 10, 3i, 

61, 67, 100, a7a. 
Cavelier (Le), 173, aaS. 
Caynet, paroisse, 332 ; (&miUe 

de), 333. 
Cerisy, abbaye, 415. 
Cerisy-Eelle-Etoile, abbaye, 35^ 
Certain (Le), 196. 
Cesni-aux- Vignes, paroisse, u5. 
Cesny-en-Cinglais, paroisse, 7. 
Chabannes (de), i5o. 
Chambellan (fief au), 5o3. 
Chambon, 5 16. 
Chambor (de), 17, 114. 
Champ-Fleuri, 5o2. 
Chamillart, 175, 473, 524. 
Champs (des). Voir Descbamps. 



551 



Champs-Goubert, fief, 281. 
Chantelou (de), 17. 
Chance» Sg. 
Chancerel, a3 1 • 
Chanleu (de), 294. 
Chantelou. Voir Cantelou. 
Chapelle (fief de La), 88. 
Charbonnière (fief de La), 33. 
Chardon, 337. 
Chartier, 384. 
Chasserat, hameau, 386. 
Chateau-Briand (Le), 488. 
Chatel (du), i%S, 42a, 490, 5x3. 
Chaulieu (de), 198, 214. 
Chefdeville, hameau, 5x6, 
Chemin-Hausse, 126, x33, xSg, 

348, 402. 
Chéradame, 248. 
Chesnée (le bout de La), 2 f . 
Cheval, famille, xo8. 
Chevalier (famille Le), 100, i23, 

206, 262, 3 16, 37^. 
Cheveux (Notre-Dame dea), 2x0. 
Chicheboville, paroisse, x 1 5 . 
Chièvre, fief, 26. ^ 

Chirosme, ruisseau, 35 1 . 
Chivré ou Chyvré (de), 373. 
Chrétien. (Voir Collège de M» 

Gervais), fief, 41 3 ; famille,5 18. 
Choisi (de), 407. 
Cii]igal, paroisse, 9 ; famille, 

362. 
Cinglais (doyeimé de), 3 ; (forêt 

de), 6, x8, 25. 
Cinteaux, 1 7 ; paroisse, 122, 
Cinq-Autels, paroisse, ix5. 
aacy(de), x36. 
Clairtison, village, 35. 
Clément, ^. 



Clerc (Le), 467. 
Clerc (de), 519. 
Qéville, paroisse, 55. 
Clinchanps, paroisse, 9 ; (fomille 

de), 10, x54, 2x8, 253, 262, 

366. 
Clopée (moulins de), 77. 
Clos (Le), fief, 504. 
Closvas (chapelle du), 94. 
Cloustier (Le), 3i, 44. 
Cluny, 475. 
Qutin, 197. 

Cœur-de-Bled, fief, 323. 
Colbert, 268, 297, 44 x. 
Coligny, 507. 
Collège de M« Gervais Chrétien, 

7X, 74, xx6. 
Collet de Grainville, x8. 
CoUeville- sur -Orne, paroisse, 

269 ; (famille de), 270. 
Collinhou, 41. 

Colombe (château de La), i5o. 
Colombelles, paroisse, 56 ; (bac 

de), 296. 
Colombiers-sur-SeuUe, paroisse, 

4*7. 
Combes (de), 202. 
Combray, paroiue, 1 1 ; (do), 525. 
Commes, 504. 
Gommin, 525. 
Comte (Le), 5, X99, 200. 
Condé-sur-Seulles, fief, 504. 
Condel, paroisse, xx. 
Condomistes, 242. 
Conjon, fiefs, 526 ; (famille de), 

527. 
Conseil, femille, x 96, 532. 
Conte (Le Conte de Nonaat), 

129. 



552 



Conteville, paroiue, ii6; (fa- 
mille de), 455. 

Coq (Le), 246, a65y 469. 

Corbet, lag, 53o. 

Corbon, 71. 

Cordier (Le), 97, 99. 

Cormeilles-la-Royale, paroisse, 
116.- 

Corneville (bois de), 6. 

Comier (Le), 443. 

Cornu (Le), 452. 

Cosaetseville, paroisse, 12. 

Costé, 423, 459. Voir Saint- 
Suplix. 

Couchu (fief de), i55. 

Coudray (bac du), 25. 

Couespel, 337. 

Coulombières (de), 442. 

Coulomby-sur-Tbaon, paroisse, 
271. Voir Anisy. 

Coulons, paroisse, 333. 

Coupe-Goi^e, ruisseau, 25. 

Cour (de La), 354,450. 

Courcelles (de), 34. Voir Cour- 
seulles. 

Courcy (famille de), i38, 202, 

Courgenet, hameau, 28. 
Couronne (fief de La), 5o3, 5o5. 
Cours-d*Orne (ferme des), 346. 
Courseulles, paroisse, 272 ; (fa- 
mille de), 34. 
Court (Le), 415. 
Cousin, 246. 
Coutanville, hameau, 78. 
Coûteux (Le), 36. 
Couture, 299. 
Couvert (de), 334. 
Couvrechef (femille de), 375. 



Cramesnil, paroisse, 117; fief, 

281. 
Crémelle (de), 5io. 
Crépon, paroisse, 418; (famille 

de), 418. 
Crespin, 20, 325. 
Cresserons, succursale, 3oi ; 

fief, 493. 
Crétinières. VbtrHarel. 
Creullet, hameau, 442 ; (fomille 

de), 442. 
Creully, doyenné, 405 ; (toUle 

de), 362, 535; ferme, 491 

paroisse, 425. 
Crève-cœur, paroisse, i53. 
Crével, 443, 457, 483. 
Criquet, 25 1. 

Criquetot (chapelle Saint-(jer- 
'main de), 1x1. 
Croisilles, paroisse, 12 ; (familie 

de), 12, 34, 534. 
Croismare (de), 53, 35i. 
Croissanville (seigneur de), 55, 

iio; paroisse, 120. 
Croix (hameau de La), 54. 
Crux, fief, 141. 
Cudoison, ruisseau, 7. 
Cully, paroisse, 340; fief, 281, 

4*7, 447- 
Cussy, hameau, 320, 504. 
CuverviUe, paroisse, 56. 

Cyntheaux. Voir Cinteaux. 

I 

Dallet, 514. 
Damvou (forges de), 24. 
Daneau, 411. 
Dangie (de La), 450. 
Daniel, 140, 363. 
Dauchin. Voir Auchin. 



SS3 



Délivrande (La)» 286. 

DemouTUle, paroisse^ 5 7. 

Deachamps, 374. 

Deacrametot, 45o, 532. 

Desmaraia. Voir Marais. 

Desmarea, 11 5. 

Detmaret du Douât, 5 3. 

Deux-Amants (prieuré de), 69, 
819 III. 

Digoville (Ouniii de), 85. 

Donmesnil, hameau, i23. 

Doimay, paroiaae, i3. 

Doublet (marquis de Persan), 
52, 54,63, II 3. 

Douet (hameau du), 54 

Doulcet (Le), 356. 

Douville, prieuré, 59. 

Douvres, doyenné, 25 1 ; (fiimille 
de), 32, 281 ; paroisse, 277. 

Dreux, 176. 

Dreux (de), 48, 495. 

Druel, 33. 

Druides, 455. 

Duc (Le), 254. 

Dufour, 229, 401. Voir du Mar- 
ché. 

Dumont, 365, 5i3. 

Duponterie (village de La), 154. 

Duprez, 5ii. 

Durand (abbé), 5i, 93. 

Durgefer, fief, 365. 

Duval, 28, 60, 147, 197. 

Ecarde (hameau de L*), 78. 

Eguerres (marais des), 76. 

Eguillon. Foir Aiguillon. 

Ellon, 504. 

Emery, 525. 

Emiéville. Voir EsmiéviUe. 



Englesqueville (village) , 1 5 3 ; 

(d'), 481, 525. 
Epée (fief de L*), i58 ; (chapelle 

de L*), 159. 
Epervier (fief de L*), 447. 
Eperville,fief, 88. 
Epton, paroisse, 289. 
Erard-Le-Grix, 261, 265. , 

Ernault, 73. 

Ernetot, paroisse, 58, 65. 
Escagueulle, fief, 78. 
Escajeul(d'), 145,531. 
Escalley (famille L*), 108. 
Escanneville, fief, 71. 
Eschaufbur, fief, 88. 
Eachenville, hameau, 73. 
Escouy (les chanoines d*), 32i. 
Escoville, paroisse, 58 ; (famille 

d'), 59; (fief de), 99. 
Escrametot (d»). Voir Descra- 

metot. 
Esmengart, 180. 
EsmiéviUe, paroisse, 61. 
Espinay (d*). 441 ; (de L*), 49«- 
Espins, paroisse, 27. 
Esquay, prébende, 243 ; fief, 

253. 
Esquay- sur- SeuUes, pardsse. 



Essartiers (Les), 49^- 
Essarts (Les), 36 ; (des), 389. 
Esson, fief, 10 ; paroisse, 14. 
Estampes (d*), 196- 
Etavaux ou EsUvaux, paroisse, 

124. 
EtervUle, paroisse, 345 ; (fomUle 

d'), 345. 
Etréhan-le-Perreux, 5o3. 
Eudes (IcR. P.). 191. »38, 247- 

i 



554 



Eudes de Mézeray, 8i. 

Fabry (de), 440. 

Faoucqou Faoulq (de) 373, 41 3, 

476. 

Fauconnier (Le), 236. 

Fécamp (exemption de), 40, 85 ; 

abbaye, 415, 417, 485, 487, 

490, 562. 
Fer (imoerai de)» 24. 
Férard, 497. 

Ferra nd de Saint-Dixand, i3. 
Ferrière (de La), 20, 461, 524, 

526, 54o;<fiefdoU), 526. 
Ferté (de La), 69,421. 
Ferté-Sennectère (de La), 75. 
FeugueroUea-sur-Ome, paroisse, 

345 ; fief, 263. 
Feuillet, 229. 

Feumechon (tènement de), i55. 
Fèvre (Le), 23 1, 246, 407, 497. 
Fief-au-Chambellan, 5o3. 
Fiervi!Ie-la-Campa^e, paroisse, 

125. 

Fiesque (de), 16, i3o. 
Fkury, 120. 
Fleurimont (de), i5. 
Fleury, 235. 

FoUie (hameau de La), 374. 
Fontafrique (rue de), 168. 
Fontaine, hameau, 485. 
Fontaine-Etoupefour , paroisse, 

348. 
Fontaine-Halbout, paroiue, 14, 

35. 
Fontaine -Le -Henry, paroisse, 

289. 
Fontaine-le-Pin, paroisse, i5. 
Fontaiae4efr-Rochers, fief, 3i. 



Fontaine (de), 14, 29, 160, S4«, 

497- 
Fontenailles (de), 244; paroisse, 

445. 
Fontenay - TAbbaye , paroisse, 

i3o; (rabbéde),3. 
Fontenay (de), 23, 26, 62, 1 13, 

334. 
Fontenay-Eperville, fief, 88. 
Fontenay-le-Marmion, paroisse, 

125. 

Fontenelles (des), 489. 
Fontette (Orceau de), 1 1 7, 1 79. 
Forestier (Le), 420, 5 18. 
Formigny, 5o4. 
Fort-auz- Anglais, 3ii. 
Fortier (fief du), 486.- 
Fortin, 346, 354. 
Fosse de Colleville (La), 269. ^ 
Foucault, 177, 4i3|, 47Z, 524. 
Foucœur, 542. 
Foucq (Le), village, 12. 
Foullognes (de), 3o3. 
Fouqué de La Motte, 1 14. 
Fouques de Belleville, 81, 116. 
Four. Voir Dufour. 
Fournier (Le), 49. 
France (La), hameau, 444. 
Francheville, hameau, 382. 
François (Le), 74. 
Franquetot (de), 1 3 . 
Franqueville, ancienne paroisse, 

io5 ; fief, 106, 108 ; hameau. 

Voir Francheville. 
Fréard, 497. 

Frédelle (hameau de La), ti3. 
Frémantel, 75. 
Frenouville, paroisse, i34« 
Fréquiène (de), 385. 



555 



Fresnaye (de La), i00| 1 19. 

Fresnay, fief, i53. 

Fretne (de), 9. 

Fresne-Camilly^ paroicse, 349. 

Fresné-Ie-Puceuz, paroisse, i5. 

Fresné^le- Vieux, paroisse, i6. 

Fresné-sur-la-Mer, paroisse, 45 a, 
483. 

Fresnel (de), 25 1, 3o3, 314,496. 

Fresney - le - Croteur , paroisse , 
456. 

Friardel (congrégation de), 33. 

Fribois(de), 109. 

Froide-rue, hameau, 485. 

Fumichon, hameau, 534; cha- 
pelle, 536. 



Gacey (le bout de), a i . 
Galmanches, hameau, 374. 
GarceUes, paroisse, i35. 
Garencières (de), 128, 400. 
Gamiers (le Bout aux), village, 

21. 
Gascoin, mare, 8. 
Gauthier, 62, 88. 
Gayant, 5i3. 
Gendre (Le), 5 11, 5i5. 
Gentil (Le), 154. 
Georges (l'abbé), 1 59, 1 61 . 
Germain, 469. 
Germent (de), 443. 
Gèvres (duc de), 7. 
Giberville, paroisse, 62. 
Gilles, 45 5 < 
Girard, 145. 
Giraud, 277. 
Gislin de Barneville, 49, 5o, 

100, 256, 268. 



Glatigny, ferme, 55; hameau, 

523. 
Gloeester (comte de), 431. 
Gobelinière (lieu de La), 249. 
Godard, 57, 202, 495. 
Gomesni), hameau , 1 2 3 . 
Gondouin, 442. 
Gonneville, paroisse, 71. 
Gosselin, famille, i35, 443. 
Goublinière (La), 77. 
Gouès (Le), 459. 
Goûet de Noyon, 3oi. 
Gouhon, 514. 
Gougeul et Goujon, 257, 307. 

Voir 41 1, et Royville. 
Gpupillière (de), 76. 
Gourfaleur (de), 455. 
Gourgues (l*intendant de), 177. 
Gournay, hameau, 28, 118; 

village, 348. 
Gouvis, fief, 141. 
Gouvix, paroisse, 16; (de), 53 1. 
Gouye, 87. 

Grainville- la -Campagne, pa- 
roisse, 18. 
Grainville (de), 9. 
Grand (Le), 229, 260. 
Grandouet, paroisse, i55. 
Gras (Le), 467. 
Gravèrent (de), 253. 
Gray, paroisse, 457 ; (famille de), 

408, 456, 463 ; sergenterie, 

459. 
Grenthe, 46. 

Grestaîn, abbaye, 52 1 ; fief, 522. 
Grimbosq, paroisse, 18. 
Grimouville (de), 67, 362, 41 3, 

439» 447. 496, 53o. 



SJ« 



Gronde, ruisseau, 379, 409, 

484. 
Gospermy (de), 26a» 264, 3i3, 
Gruchy, village, 365. 
Guay (Le), a 29. 
Guengo (du), 441. 
Guerchy (Régnier de), 6, 16, 

i3o. 
Guérin (l'abbé), 16; famille, 

i55, 160. 
Guerinière (le sieur de La), 1 1 7. 
Guernon (de), 78. 
Guerros ou Guerno, 463. 
Guerville, hameau, 386. 
Guerville (famille de), 112, 344, 

394, 417, 474. 
Guesclin (famille du), 3 18, 422, 

44»- 

Guesdon, 227. 
Guiche (de La), 344, 38 1. 
Guienneville, 5o3. 
Guienros, 335, 447. 
Guigne (rivière de La), 401. 
GuQbert ou Guillebert, 388. 
Guillain. Voir Gislin. 
Guillard, 42. 
Guillaume (les 110), 5f. 
Guillerville, paroisse, 63. 
Guinet, Intendant, 86, 178. 
Guyenro. Fo/r Guienros. 

Haguais (Le), 218, 229. 

Halbot, fief, 413.' 

Haldup-Turetin, 33 1, 372. 

H€llé,3i7. 

Halley, 229, 414, 476, 480. 

Hallot, 362. 

Halsdup. FotrHaldup. 

Hamars, fief, 390, 541. 



Hambte (abbaye de), 8. 
Hamel, 121. 

Hamon, 36 1. 43o ; fief, 363. 
Harcourt, paroisse, 19. 
Harcourt (nuûaon de), passiwi^ 

8, 16, 290, 379, 436. 474. 

491. 493t540. 
Harel, 14. 

Harenvilliers (de), x34., 
Haribel (U), 453. L 

Harlay, 5i5. ^ * 

Hautemare (de), 71. 
Haut-Manoir, fief, 475. 
Haut-Mesnit, hameau, 17, 114. 
Havart ou Havard, 379. 
Haye (de La), 22, 3 18, 417. 
Haye-Perccy (village de La), 35. 
Haye-d'Aiguillon (La), 504. 
Haye-Piquenot (La), 504. 
Hayes (Les), hameau, 28. 
Hébert, iSy, iSg, 271, 497» 

53s; -d'Aussonvilliers, 438. 
Hédine, hameau, 348. 
Hetnville-Conjon, 526. 
Helie de Donnay, 5, 11, i3. 
Hellouin, 149. 
Hélyes, 45 1. 
Herbeline, 450. 
Hercerie (village de La), 33. 
Héricy ou Hérissy (Le ou de), 

11,385, 396,439,443. 
Héritot, paroisse, 64. 
Herluin, 420. 
Hermant, 355. 
Hermanville, paroisse, 293 ; fief, 

281 ; (famille d'), 260, 293, 

438. 
Hermerel, 497, 527. 
Hermitage (L*), 235. 



557 



Hernetot. Voir Ernetot. 

Hérousti 489. 

Htfrouville, paroisse, 296; (£i- 

mille de), 297. 
Hérouvillette, paroisse, 67. 
Heudé de Pomainville, 49. 
Heuditot. Voir Héritot. 
Heurtangleou Heurtauxde Vau- 

doux, 435. 
Heuse (de La), 66. 
Hiesmes. Voir Hyesmes. 
Hogue (La), hameau 1 1 1 . 
Home (village du), 78. 
Hommais (Les), village, 11. 
Homme, fief, 7a ; (hameau du), 

80, 97. 
Hôtel-Dieu de Caen, m, 307, 

4i3. 
Hotot (de), 372, 495. 
Houel, 468. 

Houles (village des), 35. 
Houllefort (de), 541. 
Housset, aoa. 

Hubert-Folie, paroisse, i35. 
Hue, s6, 3oa, 456, 490. 
Hue, fief, 18. 
Hue/, (vin), 41. 
Huet, 134. 

Huets (Les), ruisseau, 25. 
Humières (d*), 5p9. 
Hungueslot, 129. 
HussoQ, 257. 
Hyesmes (archidiaconé d'), 3. 

Incendie, 41 S. 

Ingouville, hameau, 147. 

Ifsy paroisse, i36. 

Isle (de Y), 529. Voir Mestry. 

Ivrande, fief, 490. Voir Yvrande. 



Jacob-Mesntl, village, 6. 
Jacquesson, fismille, 401. 
Janville, paroisse, 6S, 
Jardin (le), village, 12; (du), 

467. 
Jardins (des), 73, 120. . 
Jehannet, personnat, 486. 
Jénière (village de La), 34. 
Jésuites, 410. 
Jolivety 254, 272. 
Jonquay (Saint-Pierre-du*), |m- 

roisse, 68. 
Jourdain, 39. 
Joyeuse (duc de), 277. 
Juaye, 504. 
Julien, i5i. 
Jumièges, 475. 
Juvigny, paroisse; château, 33 1 ; 

(de), 482. 

Kenelecy Voir du Quelnec, 422. 

Labbé, finmille, 3o2, 3o6. 
Laise'(le chanoine de), 21. 
Lait-Bouilly, carrière, 326. 
Laize-la-Ville, paroisse, 21. 
Lalongny (de), 23. 
Lambert, 3oo. 
Lan, hameau^ 523, 532. 
Lande-Boullon (fief de La), 281. 
Landois ou Landoys (famille Le)^ 

3o3-399. 
Lanfreville, fief, 5o3. 
Langlois, «i3. 
Langrone (de), 298. 
Langrune, paroisse, 297. 
Lanteuil, paroisse, 461. 
Lasseret, fief, 18. 
Lasseur (Le), 12. 



SS8 



Lastej ou Ltitay (de), 344, 377, 

38 1. Voir MadmlUiii. 
Lauon, ptrottse, 36, 349. 
Lturence, fiimQle, 417. 
Lébitey, hameau, 296. 
Lenfant, 436. 
Lentrin, 5o5. 
Léproieries, 47, 147. VbirHôtd- 

Dieu. 
Lesdain, 34. 

Letiay (abbaye de), 36o, 397. 
Leaaay, fief, 363. 
Létanyille, 304. 
Lincoln (de), 4^5, 
Lingèvrea (de), 41 5. 
Linières-la-DouceUe, 421. 
Lion, paroisse, 299. 
Lirose, paroisse, 69. 
Liseme (fief de La), 478. 
Livet, fief, 5, 3i, 36. 
Londe, hameau, 3i ; (ferme ^e 

La), 80 ; fief, a66; (famille de 

La), 307, 5o5. 
Undel(du), 258; fief, 266. 
Longaunay (famille de), 192, 

4i3. 
Longraye, 504. 
Longues, abbaye, 377, 399, 409, 

445, 462, 485, 524; (famille 

de), 465, 480, 53 1 ; paroisse, 

461. 
Longuet, 483. 
Longueville, hameau^ 78. 
Longval, hameau, 78 ; tranchée, 

79- 
Lorris (Bon de), 56. 
Loudon (de), 48. 
Louet, i36, 523. 



Louraille, 6, 114. Voir da 

Moncel. 
LouTigny, paroisse, 353. 
Louzouf (de), 72. 
Louvet, 270. 
Luc (de), 77. 
Luc, paroisse, 3oi. 
Lutumière (de La), 372. 
Luynes (cardinal de), 25o, 288. 
Luzerne (de La), 229; (fief de 

La), 260, 281. 
Lyrondel, 217. 

Macé, 228. 

MadaUlan (fismime de), 38o, 473. 

Mage (de), 67. 

Magnac (Amauphin de), 55. 

Magne (mare de), 149. 

Magneville (de), 307, 461. 

Magny, paroisse, 470 ; (fitmille 

de), 471 ; (marquisat de), 471. 

Voir Foucault et Chamillart. 
Magny-le-Freule, paroisse, 137. 
Maheust, 489. 
Maigre (Le), 532. 
MaiUé (de), 389. 
Mailleraye (de La), 67. 
Mailloc (de), 89, 129. 
MaimbeTille (de), 422. 
Main, fief, 97. 
Maire (de La), 3o6. 
Maizet, fief, 281. 
Maizy (fief de), 99. 
Maladrerie (hameau de La), 382. 
Mal-Couronne, 107. 
Malesmains (de), 421. 
Malfilastre (de), 11 5, 433, 4S8. 

463, 527. 
Malherbe (de), 27, ift, 217» 



559 



355, 4ïO, 437, 455, 482, 

Mallart, 5a8. 

Mallet de Graville, 437. 

MalDOUiy, i56. Voir Manoury. 

Malon, hameau, 374. 

MalpaB (SainNLouis du), 7. 

Malte (Ordre de), i5, 1 14, 108. 

Maltot, doyenné, 319; paroisse, 
354. 

Manche, rivière, 40, 68, 91, 112, 
113,146, 147- 

Manherbe, paroisse, 1 56. 

Mannevtlle, fief de Bénouville, 
a56. 

Manneville, paroisse, 69; (famille 
de), 65, 70, 455. 

Manoir (Le), paroisse, 473 ; vil- 
lage, la. 

Manoury, 74, 471. 

Man vieux, paroisse, 477 ; (fiamille 
de), 53 1. 

Maquard, 85. 

>Marais (hameau du), 35o, 48a ; 
(famille du), 35 1, 474. 

Maraudière (village de La), 33. 

Marcel, a 55. 

Maroelet, hameau» 385. 

Marchand (Le), aa8, 536. 

Marché (du) (de Foro), 383. 

MardUac (de), 468. 

Mardlly (Duprez de), 5 1 1. 

Maiconnet (de), 449. 

Mare (La), prébende, a78 ; vil- 
lage, a78 ; (famiUe de), 37a, 
5i5. 

Mare«Julien (de La), i5i. 

Mares (famille des). Voir Des- 
mares. 



Marguerie (de), 4a, 98, a 58, a6t, 

3 19, 445, 5o8. 
Marguerye de Vassy (de), a89, 

299. 
Marguerin, fief, 97. 
Marguerit (de), 3t, a56. 
Marigny (de), 3a 1, 463, 465, 

479, 481 ; paroisse, 478. 
Marillac (de), a76, 
Mariouze (de La), 107. 
Mariquet (hameau du), 78. 
Marmion, 4, 6, ia3, ia6, 143. 
Maronnes, hameau, 48a. 
Marot (Clément, et Jean), 304. 
Martainville, paroisse, a a. 
Martel, 437. 
Martigny(de), 187. 
Martin, aa9. 

Martragny, paroisse, 36o. 
Mathan (de), a6, a6a, a69, 3o3, 

3o5, 314,477, 5a8. 
Matharel <de), 11 5, 159. 
Mathieu, paroisse, 3oa; (fief de), 

a8i. 
Matignon (de), i3, a39é 
Mauny (de), 5 a a. 
Mauvoisin (de), 478, 483. 
May-sur-Orne, paroisse, i38. 
Mazarin, 4a 3. 
Méance, rivière, 40. ^ Voir 

Manche. 
Médecins, 448. 

Méheudière (village de La), 33. 
Meigi (fief), 69. 
Méliand, 176. 
Meller (de), 199. 
Ménard, 57, 6a. 
Ménardière (de La), 49, 232. 

Voir Ménard. 



560 



Merder(Le)y 450, 54 t. 
Meré, paroisse^ 241. 
Merle (du), 43d. 
Menrille, peroâMe, 71^ 5a8. 
MéFj, paroîMe, 73. 
Metliy, paroîMc^ aa. 
Mealière(U),fief, 9. 
Mesnage de Cegny, 53. 
Metnil (du), 478, 481 ; fief, 

541. 
Mesnil d*Argeiicci (Le), 43^ 
Metnfldo (du), 439. 
Metnil-Eudes, fief, 36. 
Metnil-Freiiientd, poroUse, 74. 
MetnilrManider (fief du), 3i. 
Mesnil-Oger, paroiue, yS. 
'Mesnil-Richard, fief, a8i ; autre 

fief, 3o6. 
Meanil-Toufray, pareiite, a3 ; 

fief, 35. 
Meulan (maison de), 37, a 57, 

a59, a74, 3oo, 347, 443. 
Meullant* Voir Meulan. 
Meurdrac, 44, 58, 71^ 8a. 
Meuvaine^ paroisse, 481. 
Michel, 1^6. 
Mière (Le), a 54. 
MiUies (de), 509. 
Mines, Minerais, 24. 
Minière (de), 3o5. 
Moges (de), 137, a37. 
Moine (Le), 196, 53 1, 534. Voir 

Moyne. 
Moisant, 401. 
Moisson, 524, 538. 
Mole, évêque, a38. 
Moncel de Lourailles (du), 1 14, 

123. 

Moncy (de), 53o. 



Mont-Canisy (de), i35. 
Monchy (de), 14. 
Monderille, paroîsae, 75. 
MondratnyiUe (de), a3, 33a; fief, 

a8i. 
Montfiréard-Con|on, 5a6, ; (fa- 
mille de), 5a7. 
Mont (du). Voir Dumont. 
Montalais (de), a 76. 
Montaigis (Saint-Antonin de), 

prieuré, i53. 
Montauban (de), 4a i, 436. 
Mont-Chrismal, 5 00. 
Mont-des-Églises, 5oi. 
Montéder (de), 389. 
Montdéaert, hameau, 444, 47a. 
Montebourg (abbaye de), 317. 
Montenay (de), 400. 
Montesquiou (de), 8a. 
Mont-Ferrand (de), 5 16. 
Montfbrt (de), 47, 344. 
Montfréard (de). Voir Mon- 

fréard. 
Mont-Gautier, fief, a8i. 
Montgommery (de)^ 5i, 81, gii 

134. 
Montigny (de), 534. 
Montmorency (de), ao, i54, 

437. 
Mont-Phaunus, 5oo. 
Mont-Rada, hameau, 5x6. 
Mont-Rendac, hameau, 5 16. 
Montreuil, paroisse, i58; fief, 

a63. 
Mont-Roty, fief, i58. 
Mont-Saint-Michel, 476. 
Moon, fief, 504. 
Morais (de), 391, 47a. 
Morand, 377, 345. 



56i 



Morangis (de). Voir Barnion. 

Morel (de), a 34, 390. 

Morin,48, 77, 116, i35, 149. 

Motte (La) d'Acqucville, 3. 

Motte-de-Blagiiy(La), 504. 

Motte (baronnie de La), 8. 

Moulineauz, paroisse, 307. 

Moulinetux (de), 258, a6i, 3o8. 

Moulines, paroisse, a3, 35. 

Moulins (Les), hameau, a8. 

Moult, paroisse, 66, 139. 

Mous. Voir Moult. 

Moussard, 5o2. 

Mousse (La), paroisse, 24. 

Moutier (du), 58 ; (le), hameau, 
485. 

Moutier (hameau du), 55 ; (fa- 
mille du), 401. 

Moutiera (Les Moutiers en Cin- 
glais), paroisse, 24; (famille des), 
493. 

Mouton de Blaînville, 267. 

Mouy (de), 66, 293, 438. 

Moyne (Le), 453, 53 1. Voir 
Moine. 

Mue (La), rivière, 289, 35o, 365, 
370, 389. 

Murdrac. Voir Meurdrac. 

Mutrécy, paroisse, 25. 

Navarre, village, 108, iio. 
NeauviUe, hameau, 299. 
Néd, 4, 137, 249> 336, 522. 
Nerval, i5o. 
Nesmond (de). Passim. 
Neufbourg (bois du), 5. 
Neuf-Mers, hameau, 35o. 
Neuilly (de). Voir Fontaines. 
Neuville-Marguerie, 4a. 



Nid-de-Chien, village, 33. 

Noiret(de), ii5. 

Noirford (de), 528. 

Nollent (de;, 11, 107, 346, 375, 

495. 
Norrey, paroisse. 370. 
Novince, 419. 
Noyers, fief, 290. 

O (dl, 277. 

Odon, rivière, 399. 

Octeville (d*), 342. 

Olivet (Sainte-Anne d*), 19; (chft- 

teau d*), 19. 
Ollendon (d*), 134. 
Olliamson (d*), 3o, 46, 542. 
Ondefontaine, fief, 5o3. 
Oraison (d*), 439. 
Orceau de Fontette, 1 17, 179, 
Omulée (village de V), 69. 
Osmond (d*), 5, 38, 5o2. 
Ouenne, 467. 

Ouistreham. Voir Oystreham. 
Oursin, 85. 
Outrelaize, fief, 17. 
Outreval, fipf, 266. 
Oystreham, paroisse, 309. 

Paisnel, 128, 154, 485. 

Pallu (de La), 401. 

Palmon, 514. 

Pantou (de), 496. 

Parc, hameau, 22 ; (famille du), 

472. 
Patris, 235. 
Patry, fief, 281; famille, 12, 

489. 
Paugers (Le Bout aux), 2 1 . 
Paulmier(Le), 148, 182, 258. 

}6 



$6a 



Payen, 314. 

Paystnt, 477. 

Péchion, 197. 

Pèlerin, 83, 372, 38o, 436, 493. 

Pelletier (Le), 228. 

Pellevé (de), 3o, 121, 342, 525. 

Pelville, fief, 5. 

Percoville, hameau, 9. 

Périer (Notre-Dame-du-), 140. 

Periers, paroisae, 3 1 2 ; hameau, 
3o3. 

Peron, 412. 

Perré (du), 328. 

Perreux (village des), 55. 

Perrières (de), 121. 

Perron-Saint-Gerbold, 5o i , 5 3 5 * 

Persan (de). Voir Doublet. 

Pestel, 478. 

Petit (Le Petit d'Aveisnes), 18. 

Petitcœur, 3 3 5,' 443. 

Petit-Galop (Le), hameau, 5 16. 

Petiville, paroisse, 77. 

Pezal(de), 48. 

PézeroUes, 495. 

Philippes, 45o, 476, 479. 

Piédoue, 67, i34, 244, 527. 

Piel, 125. 

Pierrecourt (de), 66. 

Pierrefitte, paroisse, 26; fief, 
490; (de), 26. 

Pierrepont, paroisse, 405 ; (fa- 
mille de), 405, 53 1 ; fief, 474. 

Pierre-Solain, hameau, 475 ; (de), 
478. 

Pillette, 219. 

Pinchar, 226. 

Pins (Les), paroisse, 27. 

Pivantière (village de La), 34. 

Placy, paroisse, 28. 



PUnche-GouboQt (ruisseau de 
La), 33. 

Planque (famille de La), i5, 
i58. 

Plantier, i5o. 

Plessis-Grimoult, 5 12. 

Plumetot, paroisse, 3i5. 

Poignavant (de), 116, 202. 

Poil (Le), 244. 

Poildoc, fief, 5o3. 

Pointe-du-Siège (La), 309. 

Poirier (paroisse du), 140. 

Pommeraye (La), paroisse, 28; 
prévôté, 5. 

Pommeraye (de La), 4, 3a. 

Pompière (de), 401. 

Poncet, 483. 

Pont (hameau du), 55; (fief du), 
i55. 

Pont-de-la-Mousse (village et 
pont), 33. 

Poquet, 48. 

Poret, 37. 

Port (Le) de Bénouville. Voir 
Bénou ville; (fief du), 3 12, 5o3, 
504; (famille du), 53 1. 

Poté (hameau de La), 485. 

Potier, 5(1 4. 

Pouchin, 219. 

Pouligny, hameau, 5oo. 

Poussy, paroisse, 140. 

Poutrel (Le), 540. 

Préaux, abbaye, 535 ; fief, 281. 

Prêches Calvinistes, 148, aS4. 

Prelle (Notre-Dame de La), cha- 
pelle, 147. 

Prépetit (de), 451. 

Prés (fief des), 11 5. 

Prétonville (de), 137. 



5^3 



Prêtre (Le), 5i3. 
Preullay (de), 379, 496. 
Prévost (Le), iS?, 3 19, 373, 

405. 
Provence, rivière, 533. 
Putot, hameau, 322 ; (famille de), 

323. 

Quarrel, 534. 

Quatre-Nations (hameau des), 

5i6. 
Quatre-Puits, paroisse, 141 ; (fisi- 

mille de), 142. 
Quays (fief des), 3 12. 
Quelnec (du), 422. 
Quens (Le), 339. 
Quesnel (du), 121, 488. 
Quétienville, paroisse, 17. 
Queymères (de), 46. 
Quiéze (baromiie de La), 362, 

453. 
Quinte-Feuilles (forêt de), 409. 
Quiry, fief, i52. 
Quilly, paroisse, 142. 

Rabâche, 466. 

Rabotière (hameau de La), 22. 

Raimbault, 5i5. 

Rancé (Le Bouthillier de), 33. 

Ranvîlle, paroisse, 67, 77. 

Rebours (Le), 473. 

Recouvry, hameau, 5oo. 

Regnaûlt, 407, 449, 479, 519. 

Régnier. (Voir Guerchy), 16, 

i3o. 
Rémon, 198. 

Renémesnil, paroisse, 146. 
Renéville (de), 43. 
Renty (de), 12. 



Répichon (de), 234. 
Restout, peintre, 458. 
Révérend (Le), 228. 
Réviers, paroisse, 3 16; (fiaroille 

(de), 14, 3 17, 446, 463, 474, 

477, 5o5, 541. 
Rhingrave, 36. 
Ribemont (de), 66. 
Richer d*Aube, 178. 
Rivière (La), hameau, 5oo. 
Rivière (famille de La), 277, 307, 

314, 355, 410, 483. 
Robertmesnil, hameau, X23, 
Robehomme, paroisse, 79. 
Rocancour, paroisse, 117. 
Rochechouart (de), 268. 
Rocqueville (de). 
Roger, 498* 
Rogier, 229. 
Rohan (de), 3o, 192, 3 18, 422, 

428, 440. 
RoncheroUes (de). 
Roncheville, hameau, 46. 
Roque (Gilles- André de La), 1 17. 
Roques (hameau des), 76. 
Roquette (bois de La), 5. 
Roquettes (haioeau des), 482. 
Rose (de La), 214. 
Rosel, paroisse, 364 ; famille, 

365. 
Rosenivinen (de), 257, 273, 276. 
Rosier (du), 454. 
Rosière (La), hameau, 523. 
Rot2 ou Rots, paroisse, 367; (fÎEi- 

mille de), 524, 528. 
Routier (Le), 216. 
Rouville (famille de). Voir Gou- 

geul. Voir Royville. 
Roux (Le), 297, 525. 



S<4 



Roux de Langrie (Le)» 247. 

Rouxel, 3 a 6. 

Roy de La Poterie (Le), 17$. 

RoTville (fimiîUe de), 411, 436, 
517. Voir Gougeul. 

Ruflult, 44, 463. 

RuAult de Qéville» 55. 

Rubercy, fief, s66. 

Rue (de U), 83. 

Rufinite (ferme de La), 490. 

Rupalley (deX 405. 

Rupiere (de), 65, 8a, lag. 

Ruppièrea, paroiaie, 81. 

RuquevUle, paroiaae, 371; (fa- 
mille de), 527. 

Rye ou Ryes, paroisse, 484 ; (de), 
487. 

Sabine, 467. 

Saffiray, S^ffirey ou Safré (de), 
49» 57,98,99, 125,137,293, 
439. 

Saint) 354. 

Sai&t-Aignan-de^Cramesnil, fief, 
119. 

Saint-André-de-Fontenay , pa- 
roisse. Voir Fontenay-r Ab- 
baye. 

Saint-Antonin de Montargis, 
i53. 

Saint-Aubin, hameau, aujourw 
d*hui commune, 298. 

Saint-Aubin d'Arquenay. Voir 
Arquenay. 

Saint-Brix (de), 46. 

Saint-Christophe-sur-Orne, pa- 
roisse, 29; chapelle, 98. 

Saint-Clair de La Pommeraye 
(chapelle), 28. 



Saint-Contest, paroisse, SyS; 
fief, 281 , famille, Voir Bar- 

' berie. 

Saint-Denis, fief, 69. 

Saint-Dizan (de). Koi r .Ferrand. 

Saint-Etienne (abbaye de), 3o2, 
321, 387. 

Saint-Evremont, 102, i33. 

Saint-Flocel, 5oi. 

Saint-Gabriel, pannsse, 490 ; 
prieuré, 298, 41 5, 4»7i 490i 
542. 

Saint-Germain (famille de), 29, 
3o, 143, 257. 

Saint-Germain-de-la-Lieue, pa- 
roisse, 494; fief, 541. 

Saint-Germain-du-Grîoult, 314, 
483. 

Saint-Germain-du-Pert, 504. 

Saint - Germain - la - Blanche - 
Herbe, paroisse, 38 1. 

Saint-Germatn-Lângot, paroisse, 
29. 

Saint-Germain-le-Vasson, pa- 
roisse, 3o. 

Saint-Jacques-de-Candepie, i53. 

Saint-Julien-de-Tours, 46. 

Saint-Laurent (chapelle de), 107. 

Saînt-Laurent-de-Conde! , pa- 
roisse. Voir Condel. 

Saint-Laurent-de-Criquetot, m. 

Saint - Laurent - du- Mont, pa- 
roisse, i5g. 

Sain^Lége^, hameau, 364. 

Saint-Louet, paroisse, 384. 

Saint-Main (pèlerinage de), 97. 

Saint-Manvieu, paroisse, 385. 

Saint-Marcoul, chapelle, 98. 



s«s 



Saint-Martin (de), 17» aia^ aa8, 
233. 

Saint-Martin-de-Fontenay, pa- 
roisse. Voir Fontenay-rAb- 
baye. 

Saint-Martin-du-Bois, paroisse, 
146. 

Saint-Michel (pèlerinage de), 

97. 
Saint-Nicolas - de - la - Chesnaye, 

prieuré), 17I1 5o8. 
Saint-Omer, paroisse, 3a. 
Saint^'Ouen, de Rouen, 146, 

367. 
Saint-Ouen, fief, a8i ; autre fief, 

3oG; (AuniHe de), 455, 47a, 

54a. 
Saint-Ouen-le-Paingt, paroisse, 

160. 
Saint-Pair-du-Mont, paroisse, 
Saint-Paix, paroisse, 83. 
Saint-Paterne. Voir Saint-Paix. 
Saint-Pierre (fief de), 69. 
Saint-Pierre-Oursin^ paroisse, 

85. 
Saint-Pterre-sur-Dives, abbaye, 

14a. 
Saint-Rémy-sur-Orne, paroisse, 

33. 
Saint-Sauveur-le-Viconte, 364. 
Saint-Sépulcre, 32 1. 
Saint Sever, abbaye, 5a5 ; (fief 

de), 526. 
Saint-Simon-C^ourtomer, i3. 
Saint-Sulpice, paroisse, 499. 
Satnt-Suplix. Voir Costé, et 

458, 499. 
Saint-Sylvin, paroisse, 147. 
Saint-Ursin, 273. 



Saint-Vast. Voir Petic«ur; fief, 
5o3, 504. 

Sain^Vigor, baronnie, 5o3. 

Saint- Vigor-le-Grand, 5oo. 

Saint- Vigor, prieuré, 417, 499, 
5o5. 

Saint- Vîgor. Voir Guienras. 

Saint- Yon (firères de), a5o. 

Sainte-Anne, chapelle, aS ; as- 
semblée, 25. 

Sainte-Barbe«n-Auge, 5, a32, 
458. 

Sainte • Crou - Grantonne, pa- 
roisse, 376. 

Sainte-Croix-sur-la-Mer, pa- 
roisse, 489. 

Sainte-Honorine, hameau, 67. 

Sainte^Marie (de), 145. 

Sainte-Marie d'Egypte, chapelle, 
5oi. 

Sainte-Paix, paroisse, 84, 

Sainte-Trinitéy abbaye, 3 10, 3a9, 
33i. 

Saintes (Claude de), 1 54. 

Sales, i53. 

Salet, 145. 

saies (hameau des), 348. 

Sallen (de), 328» 390, 541. 

Sallenellea, paroisse, 87. 

Salm (princes de), 36. 

Sanglier (U), 294, 439. 

Sannerville, paroisse, 89. 

Sarcmy(de), 148. 

Sarrazin (Jean-François), 295. 

Saussey (fief du), 526. 

Sauvagerie (La), village, 12. 

Savigny (abbaye de), 391. 

Say(de), 68. 

Scelles, 476. 



566 



SecquevUle-la-Ctmpagney {mk 

roisie, 149. 
Secquevillfr«n-Bestin. Voir Sic» 

querille. 
Segrait, a33, 320. 
Séline (le Bout), village, 21. 
Sémilloii, rivière, 68, S3, 99, 

104, toS, II 5. 
Semilly (de), i58; fief, 281. 
Séminaire, 288, 5 11. Voir La 

DéliTrande. 
Semion, 370, 371. 
Sens (Le), 299, 319 372, 390. 
Servain (Le), i56. 
Serverie (village de La), 33. 
Senrien, 238. 
Seulle, rivière, 473. 
Sévig^né (de), 292. 
Sicqueville ou Secqueville-en- 

Bestin, paroisse, 386. 
Sieur (Le), 3 12. 
Sillans (de), 83, 99, 293, 426, 

437, 493. 
SUly (de), 467. 

Siméon, famille. Voir Sémion. 
Siresme (de). Voir Syresme. 
Soliers, paroisse, i5o. 
Sollgny (de), 463, 478. 
Sommervieu, paroisse, 5 16 ; (fa- 
mille de), 5x7. 
Sone (rivière de), 62. 
Souleuvre (Les Vaux de), i6x. 
Smart, peut-ltre Suhart, 471, 

ou Suard, 486. 
Suart, 480. 
Subies (de), 5 18. 
Subtil (de), 107. 
Sueur (Le), 270, 476. 
Suhard, 201, 45o, 467, 494, 



496, 499, 527. 
Surhomme (hameau du), 97. 
Sariray, 354. 
Surrain (de), 476. 
Syresme (de), 354, 410, 4i3, 

417. 

Table (fief de La), 279, 461. 
Taillebois (de), 145, 474, 536, 

542, 598. 
Tailleville, prieuré, 299. 
Tardif, 217. 
Tellier (Le), î5. 
Temple protestant, 249, 260. 

Voir Prêche. 
Templiers, 259. Voir Malte. 
Terray, 418. 
Terrier, hameau, 299. 
Terriers (marais des), 85. 
Tertre (du), 441. 
Tésart. KoirThésart 
Tessoo, 7, 9, 20, 27, 128, i33, 

356. 
Tessy, 504. 
Than, paroisse, 389 ; fief, 263, 

391; (fomille de), 393, 5io. 
Théauz (Grainvillep^Théaux, 6ef), 

18. 
Thères (de), 23, 36. 
Thésart, 36, 352, 5o6. 
Thibout, 100, 468. 
Thibouville (de), 154. 
Thioud et Thioult, i5o, 36i, 

373. 
Thon (du), 257. 
Thue, ruisseau, 379, 38;, 4o5. 
Thuit (Notre-Dame-du-), 7. 
Thury. Voir Harcourt. 
Ti^er^eau, 5i3. 



5^7 



Tiercelin, 3o, m. 

Tierceville, paroisse, 5a i ; (de), 

395. 
Tillières(de),433. 
Tilly(de), 8. 44, i54, 290. 
TiUy-la*Campagne, 1 5 1 . 
Toquet, 324. 
Tord (Le), 479. 
Tordouet, 473. 
Torp (Le), village, 1 10. 
Torteval, fief, i32. 
Touchet (de), 46, a58. 
Touffreville, paroisse, 90. 
Tour, 5o3. 
Tours, fief, 504. 
Tournebu (de), 8, 14, 16, a3, 
33, 100, 290; paroisse, 34; 
fief, 41 3. 
Tournemine (de), 422. 
Tournicr, 139. 
Tracj-sur-la-Mer, paroisse, 523. 

Travers, x55. 

Trémouille (de La), 241. 

Tréperel, paroisse, 36. 

Tringale (La), hameau, 5 16. 

Troarn, abbaye, 297 ; doyenné, 
39; paroisse, 90. 

Trotibd, 5o8. 

Trouam, fief, i53. ' 

Troussey, 496. 

Tulles (de), 470. 

Tureinne, ferme, 33 1. 

Turgot, 38, 1 50,461. 

Turpin, 73. 

Turstin. Voir Haldup. 

Vnigenitus (bulle), 241, 242. 
Urgefer. Voir Durgefer. 
*Ursulines de Caen, 3 20. 



Urville (de Lalongny d*), 23 ; pa- 
roisse, 38. 

• Vacelin, 465. 

Vaillant (Le), 4x6. 

Val (abbaye du), 4, 9, 3a. 

Val (viUage du), 35; iamUle, 
Voir Duval. 

Val (Le), hameau, 9. 

Val-Bunel (Notre-Dame du), cha- 
pelle, 289. 

Valclair, ruisseau, 6. 

Valdery, fief, 497. 

Val-de-Laize, hameau, ia5, i38. 

Val-des-Dunes, 107. 

Valeran, fief, 535. 

Valette (de La), lao. 

Valette, village, 458. 

Vallée (La), hameau, 517. 

Valleries, fief, 541. 

Valmeray, paroisse, z5i. 

Valois (Le), 59, i37, 348, 417. 

Val-Richer (abbaye du), 27, 160, 
aôa. 

Vambès(de), i5. 

Varangère (fief de La), 25 1. 

Varaville, paroisse, 95. 

Varembert, hameau, 415,444. 

Varignies (de). Voir Warignies. 

Varignon (Le), 324. 

Vaspail (de), 371. 

Vasseur(Le), 418. 

Vassy (de), 34, 37, 46, 129, 258, 

314, 35a, 36i. 
Vast, (hameau du), 76; famille, 

Voir Wast. 
Vastan. VbtrAubery. 
Vastpré (de), 465. 
Vaucelles (doyenné de), 101, 



S68 



Vaudoux (de), 435. 
Vauculet (moulin de), 35o. 
Vaulaville, 49. 

Vauquelin des Yveteauz, 49 ; 
Vauquelin d'HennanYilIe, agi, 



Vauiatettx, paioiaae, SgS; fit- 
mille, 398. 
Vauvîlle, fief, 3o5 : (fitmine de), 

44- 

Vaux (Les), ruisseau, 7 ; (famille 
de), 49, 5s5, 5a8, 53o ; vil- 
lage, 458. 

Vaux-de*SouleuTre, 16 r. 

Vaux-sur-Aure (fiimUle de), 7a. 

Vaux-sur-Aure, paroisse, 5*4. 

Vaux-sur-Seulles, paroisse, 53o. 

Vavasseur (Le), 199, 217. 

Veaugrou (du), sa. 

Vendure (fief de La), i55. 

Veneur (La), 3o, 66. 

Vengeons, aag. 

Vénoix (famille de), 39, 40, 5o, 
89, 399; (fief de), 59, 399; 
paroisse, 598. 

Ver(de), 531,534. 

Ver, paroisse, 53a. 

Vérard, 450. 

Véret, 529. 

Vérigny (de), 53o. 

Vemon (de), 318,446. 

Véron, 199. 

Verrier <Le), 317. 

Verrières (fief de), i3a. 

Verténière (hameau de La), 55. 

Verune (Petet de La), i3i. 

Ve8tre?ille (de), 58. 

Vey (Notre-Dame^du-), paroisse, 

Vey (du), 7, 37. 



Vey (Le Grand et Le Petit), 341. 
Vey-de-Cléry (niiaaeau du), 54. 
Viconte (Le), 349. 
Vienne, paroisse, 534; (fafnflle 

de), 536. 
Vierville (de), 427, 493, 5m, 

411. 
Vieux, paroisse, 400. 
Vigne (de La), i56, 278, 5t3. 
Vignerie (village de La), 154. 
ViUaines (de), 40. 
Ville (U), hameau, 28, 386. 
Villeneuve (de), 229. 
Vîllers, fief, 378; (famille de), 

379. 
Villers-en-Bocage, fief, 504. 
Villctte (de), 206. 
Villiers (de), i55, 36s; fief, 

378. 
Villiers-le-Sec, paroisse, 541. . 
Villons. Voir Buiasons-Viltoos. 
Vimard, 499. 
Vimont, paroisse, 99. 
Vipart, 66. 

Fin Huet, 41 ; — Collinktm, 41. 
Vipart, 38o. 
Viquet (du), 483. 
Vital (saint), 5 a 2. 
Vitouard, 369. 
Vitry,fief,487;(de),486. 
Vivier (fief duX 126. 129. 
Voismer. Voir Voismey. 
Voismey, commaoderie, i5 ; fief, 

10. 

Wac ou Wast, 462, 465, 492. 
Warignies (famille de), 53, iSj, 
267, 348, 472. 

Yvrande, 286. Voir Ivrande. 

Zéphir-artillerie, 533. 



TABLE DES MATIÈRES 



Archidiaconé d'Hyesmes 3 

Doyenné de Cinglais 3 

— deTroarn^ 39 

— de Vaucelles..... loi 

Exemption de Cambremer , iSa 

Archidiaconé de Gien i65 

Doyenné de la Chrétienté de Caen i65 

— deDouvres , a5i 

— de Maltot 319 

— de Creully 405 

Table onomastique. 547 



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