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Full text of "Monographie des poissons fossiles du vieux grés rouge, ou système Dévonien (Old red sandstone) des Iles Britanniques et de R"

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Aies. Agassiz. 



mseum 



OF 



COMPARATIVE ZOOLOGY, 

AT HARVARD COllEGE, CAMBRIDGE, MASS. 
iFountrcî bu piibate suiiscïfptfon, {n 1861. 



Deposited by Alex. Agassiz 
fromthe Library of LOUIS AGASSIZ. 



POISSONS FOSSILES 



DU 



VIEUX GRÈS ROUGE. 



m(î)ïî(D(BiBii]Piîiïia 



DES 



POISSONS FOSSILES 

DU VIEUX GRÈS ROUGE OU SYSTÈME DÉYONIEiN 
(OLD RED SANDSTOM) 

DES ILES BRITANNIQUES ET DE RUSSIE , 



PAR 



IL;, iiCBiiSsaag 



Ouvrage rédigé à la demande de l'Association Britannique pour l'avancement des sciences et présenté par 

extraits à sa réunion à Manclwsler en 1842. 




-m®m 



NEUCHATEL (Suisse), 

AUX FRAIS DE l'auteur. 

SOLEURE, 

CHEZ JEWT ET «ASSllANN. 

1844. 



NECCHATEL, IMPRIMERIE BE H. WOLFRATH. 



PREFACE. 



-^®^«». 



Appelé par l'Association Britannique pour l'avancement des sciences à lui présenter un rap- 
port sur les poissons fossiles de l'Old Red Sandstone ou vieux grès rouge , je crois devoir in- 
diquer d'abord les circonstances favorables qui m'ont permis d'entreprendre ce travail. 

11 me serait difficile aujourd'hui de donner une idée de l'absence presque complète de ren- 
seignemens que l'on possédait il y a à peine quelques années sur les fossiles d'une formation 
alors très-peu connue , et que l'on sait maintenant s'étendre sur une partie considérable de la 
surface de l'Europe. Lorsque les découvertes se succèdent avec une si étonnante rapidité dans 
un domaine nouveau, il est presque impossible de dire à l'avance où elles s'arrêteront. C'est 
avant tout aux recherches persévérantes et au zèle infatigable des géologues anglais, que la 
science est redevable de ces progrès inattendus , qui ont conduit à la connaissance d'une des 
faunes les plus curieuses, je dirai même les plus étranges, qui aient occupé jusqu'ici les pa- 
léontologistes. Lorsque je visitai pour la première fois l'Ecosse, en 1834, M. le docteur Fle- 
ming et MM. Sedgwick et Murchison avaient seuls jusqu'alors signalé des poissons fossiles dans 
l'Old Red : le premier avait décrit diverses écailles de Clashbennie qu'il rapprochait des Es- 
turgeons, tandis que MM. Sedgwick et Murchison, assistés par MM. Cuvier, Valenciennes et 
Pentland , publiaient la description de deux genres nouveaux de poissons fossiles , provenant 
de Caithness. Le nombre total des espèces déterminées alors s'élevait seulement à quatre , 
et une seule d'entre elles était figurée. J'ai déjà rapporté dans diverses livraisons de mes Re- 
cherches sur les Poissons fossiles les nombreuses communications qui me furent faites à cette 
époque sur ce sujet, principalement par MM. Murchison , Lyell et le docteur Traill, et qui 
m'ont mis à même de porter le nombre des genres à dix et celui des espèces à dix-sept, jus- 
qu'au moment où M. Murchison publia son grand ouvrage sur le système silurien. Mais tel a 



VI 



été l'élan imprimé à l'étude des terrains anciens, par la publication de cet important ouvrage, 
qu'en visitant de nouveau l'Ecosse en 1840, lors de la réunion de l'Association Britannique à 
Glasgow, j'ai eu occasion d'examiner, à la suite des communications qui me furent faites 
dans cette circonstance , un nombre à-peu-près double de genres et presque triple d'espèces 
de ces poissons fossiles , tous découverts depuis peu et qui n'avaient encore été décrits nulle 
part. Dans une des séances de la section de géologie, je pus déjà signaler à l'attention des 
géologues et des paléontologistes quelques-uns des types les plus curieux que je venais d'exa- 
miner , et dont les caractères cadrent si peu avec ce que l'on connaissait en fait de fossiles , 
que la classe même à laquelle ils appartiennent n'avait pu être déterminée avec certitude. Ja- 
mais je n'oublierai l'impression que produisit sur moi la vue de ces créatures munies d'ap- 
pendices semblables à des ailes, lorsque j'eus acquis la certitude qu'elles appartenaient à la 
classe des poissons. C'était un type entièrement nouveau qui allait figurer pour la première fois 
dans la série des êtres , depuis qu'il avait cessé d'exister, et dont rien de ce qui nous avait été 
révélé jusqu'alors sur les créations éteintes , n'aurait pu nous faire même soupçonner l'exis- 
tence ; tant il est vrai que l'observation seule peut nous conduire à connaître les lois du déve- 
loppement des êtres organisés , et tant il faut être sur ses gardes contre tous ces systèmes de 
transformation des espèces que l'imagination invente avec autant de légèreté, qu'il est facile 
de les réfuter. Le mérite de la découverte de ces curieux fossiles revient principalement à 
M. H. Miller, et je n'ai eu qu'à préciser leurs caractères et leurs rapports avec les poissons 
fossiles déjà connus, pour en faire apprécier toute l'importance. Je crois que l'élude détaillée 
et comparative de ce type que j'ai appelé Pterichthys , et des autres genres non moins cu- 
rieux , découverts tant en Ecosse qu'en Russie , ouvrira à la paléontologie comparée un cbamp 
non moins fertile que ne le fit, il y a maintenant près d'un quart de siècle, la première an- 
nonce de l'existence des Ichthyosaures et des Plésiosaures. Que de rapports d'organisation des 
plus intéressans ne doit-on pas en effet s'attendre à découvrir en analysant les débris solides 
d'animaux , qui ont pu être successivement envisagés par les naturalistes les plus habiles , 
comme des tortues, des poissons, des crustacés et même des coléoptères! Déjà M. Miller a 
fait connaître dans une publication spéciale une partie des richesses paléontologiques que 
renferme le vieux grès-rouge dans les environs de Cromarty. Les difficultés presque insur- 
montables qu'offre la détermination de fossiles aussi extraordinaires , ont naturellement exigé 
de ma part des comparaisons nombreuses et réitérées et une étude minutieuse des moindres 
fragmens conservés dans toutes les collections d'Ecosse , à laquelle je n'aurais pas pu me 



VII 

livrer, malgré les facilités qui m'ont été accordées pour cet examen par toutes les personnes 
qui possèdent de ces fossiles , sans la subvention que l'Association Britannique a daigné m'ac- 
corder pour ce travail. 

Parmi les contributions récentes qui ont le plus augmenté nos connaissances sur les pois- 
sons fossiles du système dévonien , je dois placer en première ligne ce qu'a fait lady Gordon 
Cumming en vue d'illustrer celte ancienne faune. Non contente de collecter et distribuer aux 
géologues , avec une libéralité sans égale , les nombreux exemplaires de ces précieux débris 
qu'elle faisait recueillir dans une carrière exploitée dans ce but, elle les étudiait avec soin, 
mettait à part les exemplaires les plus parfaits , et les peignait avec une précision de détail et 
un talent d'artiste que bien peu de naturalistes ont su atteindre. Aussi ses dessins et ceux de 
sa fille, qui l'a constamment assistée dans ces études, formeront-ils un des principaux orne- 
mens de ma Monographie. En livrant ce recueil au public, il m'est pénible de penser que 
cette noble Dame ne pourra plus recueillir elle-même le tribut si justement mérité de la re- 
connaissance des géologues. Puisse ce souvenir, semé sur sa tombe, rappeler à sa digne 
émule que l'empressement qu'elle mettait à seconder sa mère a contribué à lui élever un mo- 
nument durable dans le monde scientiGque! 

M. le docteur Malcolmson a également bien mérité de la géologie de l'Old Red, par le mé- 
moire qu'il a inséré récemment dans les Transactions de la Société géologique de Londres. 
Cherchant à caractériser cette formation avec toute la précision possible, il avait fait faire de 
fort beaux dessins d'un très-grand nombre de fragmens de poissons qu'on y trouve ; mais 
leur état fragmentaire ne m'a pas permis de les déterminer assez rigoureusement avant l'im- 
pression de son mémoire, pour que la partie paléontologique ait pu être publiée en même 
temps. Ces dessins ne seront cependant pas perdus pour la science , et la majeure partie 
pourra maintenant être publiée. M. Alex. Roberston s'est aussi occupé avec succès des pois- 
sons fossiles de l'Old Red ; il m'en a même fait parvenir de fort rares avec un cahier de des- 
sins supérieurement exécutés , représentant ceux du Musée d'Elgin et de plusieurs collections 
particulières. Les collections de Lord Enniskillen et de Sir Ph. Egerton m'ont également 
fourni de très-beaux exemplaires de poissons du vieux grès rouge du nord de l'Ecosse, et ces 
Messieurs ont eu l'extrême obligeance de faire dessiner pour moi , par M. Dinkel , tous ceux 
qui m'ont paru mériter d'être publiés. De leur côté, M. le docteur Traill et M. H. Strickland 
ont encore augmenté le nombre déjà considérable des espèces connues des schistes des îles 
dOrkney, qui semblent être un gîte inépuisable. 



VIII 

Tandis que le nord de l'Ecosse fournissait ainsi des trésors inconnus jusqu'alors, M. le pro- 
fesseur Jameson et M. Anderson rassemblaient dans les comtés du midi les espèces renfer- 
mées dans la partie supérieure de cette formation , qui ne sont ni moins curieuses , ni moins 
bien conservées, et dont plusieurs ont été convenablement figurées par M. Anderson dans son 
intéressant mémoire sur la géologie du comté de Fife. 

Grâce aux excursions lointaines de M. Murchison, j'ai été mis en demeure non-seulement 
d'examiner les débris de poissons fossiles du vieux grès rouge de Russie qu'il a recueillis lui- 
même, mais encore un grand nombre d'échantillons que lui avait communiqués M. Pander, 
et qui m'ont permis de rectifier une partie des déterminations de M. Kutorga. J'ai également 
pu examiner les ossemens si reriiarquables que M. Asmus a découverts dans le vieux grès rouge, 
sinon d'une manière suffisante, du moins jusqu'à un certain point, d'après les moules en 
plâtre que M. Murchison m'en a communiqués. M. de Verneuil et M. le comte de Keyserling 
m'ont communiqué à leur tour les débris de poissons fossiles qu'ils ont recueillis dans diffé- 
rentes parties de la Russie. M. le baron P. de Meyendorf m'en a aussi transmis d'autres des 
mêmes contrées. Enfin je dois à M. le baron de Lôwenslern une plaque très-curieuse d'un de 
ces fossiles (*). On le voit, les matériaux pour le travail que je publie ne m'ont pas manqué, et 
cependant mon ouvrage ne peut être considéré que comme une première ébauche d'une des- 
cription des poissons fossiles du système dévonien, tant il reste encore de lacunes à combler 
dans la connaissance de la charpente solide de ces curieux animaux. 

(') Au moment de mettre sous presse, j'apprends par M. le comte de Keyserling , que M. le docteur Pander a réuni 
un nombre très-considérable d'ossemens de poissons fossiles du vieux grès rouge de Russie , qu'il se propose de foire 
figurer et de décrire. Le bel état de conservation de ces débris, parmi lesquels il y a des mîchoires entières, con- 
tribuera sans doute puissamment à compléter les notions encore très-incomplètes que j'ai pu donner de quelques-imes 
de ces espèces. Aussi est-ce avec une vive impatience que j'attends la publication de ces importans renseignemens. 

Neuchâtel, en août 1844. 

L. AGASSIZ. 






INTRODUCTION. 



Mes études sur les poissons fossiles m'ayant conduit à examiner différentes questions géné- 
rales qui se rattachent plus ou moins directement à ce sujet, je crois devoir exposer ici som- 
mairement quelques-uns des principaux résultats auxquels m'ont amené ces digressions. Cela 
me paraît d'autant plus en place, que la solution de ces questions dépend essentiellement de 
la connaissance des fossiles des terrains paléozoïques , et qu'en rédigeant la Monographie 
dont j'achève aujourd'hui la publication, j'ai eu constamment ces questions en vue et que j'y 
ai fait fréquemment allusion dans le cours de cet ouvrage. 

La plupart des traités de zoologie qui embrassent l'histoire naturelle du règne animal dans 
Son ensemble , nous représentent les animaux comme formant une série continue , partant 
des Zoophytes et aboutissant à l'homme, en passant par les types intermédiaires des Rayonnes, 
des Mollusques, des Articulés et des Vertébrés; ils placent tantôt les Mollusques, tantôt les 
Articulés au second ou au troisième rang, suivant les idées que se font leurs auteurs de la 
supériorité de ces types. D'autres, tout en admettant une gradation des animaux sans ver- 
tèbres aux vertébrés , n'échelonnent pas uniformément les premiers sur une ligne ascendante 
pour arriver aux derniers, mais placent les Rayonnes au degré inférieur de l'organisation, et 
passent en divergeant dans deux directions différentes , aux Mollusques et aux Articulés, 
qu'ils considèrent comme des groupes parallèles, puis convergeant vers les vertébrés, comme 
vers le type culminant de l'animahté. D'autres admettent plusieurs séries soit parallèles, soit 
divergeantes et diversement combinées ; chacun selon ses vues. D'autres enfin considèrent les 
grandes divisions du règne animal et les classes en particulier comme des groupes équivalens 

AG. OLD RED. U 



X 

qui ne sauraient être gradués , et qui représentent chacun un mode d'existence à part , aussi 
parfait dans sa sphère que quel autre que ce soit. Dans cette manière de voir, il n'y a plus de 
gradation dans la nature. 

Il est évident que si ces systèmes sont vrais, ils devront trouver leur confirmation dans l'é- 
tude des animaux fossiles et de leur mode d'existence dans les créations antérieures. Or ni 
l'un ni l'autre de ces points de vue ne me paraît répondre à l'ordre primitif des choses, que 
l'étude des fossiles m'a fait entrevoir dans les rapports qui ont existé dès les temps les plus 
anciens entre toutes les classes du règne animal. 

Un premier fait capital qui s'oppose à ce que tous ces systèmes puissent être envisagés 
comme l'expression vraie et complète des rapports naturels qui lient l'ensemble des êtres or- 
ganisés entr'eux , c'est la certitude que nous avons acquise depuis environ un quart de siècle, 
que les animaux vivant maintenant à la surface du globe , ne constituent qu'une faible por- 
tion des habitans qui l'ont peuplée jadis. Et s'il en est ainsi, ne doit-on pas trouver bien arbi- 
traire la prétention de réunir tous les animaux sur le même plan, dans des classifications ba- 
sées uniquement sur l'étude des espèces vivantes, surtout depuis qu'il est démontré que l'ap- 
parition et la disparition des types éteins, correspond à des époques déterminées. Aussi le 
besoin d'une méthode plus complète se fait-il sentir chaque jour plus vivement, à mesure que 
l'on découvre un plus grand nombre de genres, de familles et même d'ordres entièrement éteins. 
Les méthodes qui envisagent le règne animal, dans son ensemble, comme un tout simultané, 
comme composé de types contemporains, et susceptibles d'être placés sur le même rang, 
quant à leur valeur naturelle, faussent évidemment les rapports primitifs, l'ordre chronolo- 
gique de la création. Avant de procéder à la classification des êtres organisés, il importe, de 
nos jours, de se faire en premier lieu une juste idée de l'époque de leur apparition. Ce côté des 
questions biologiques est devenu aussi essentiel que celui de l'organisation même des êtres vi- 
vans, comme base de leur distribution systématique. Pour acquérir une connaissance vrai- 
ment philosophique des animaux en général, nous devons donc, avant toutes choses, cher- 
cher à déterminer l'état du règne animal à l'époque de sa première apparition à la surface du 
globe , étudier ensuite les changemens organiques qu'il a subis aux diverses époques qui ont 
précédé l'établissement de l'ordre actuel des choses, et enfin préciser, autant que possible, les 

a 

limites géologiques de ces changemens intermédiaires. A aucune époque les géologues n'ont 
fait des efforts plus constans que de nos jours , pour déterminer l'âge relatif des différens ter- 
rains qui constituent l'écorce stratifiée de notre globe et les limites rigoureuses des forma- 



XI 

lions. Ces travaux ont naturellement conduit à subdiviser de plus en plus les époques admises 
jusqu'ici comme distinctes. L'étude des fossiles, poursuivie avec une exactitude toujours plus 
rigoureuse, a fourni des moyens toujours plus précis pour les caractériser. En sorte que l'o- 
pinion qui admet plusieurs créations distinctes et indépendantes prévaut toujours davantage 
dans l'esprit des paléontologistes. Il est même facile de prévoir qu'avant peu l'on sera conduit 
à circonscrire les limites des formations géologiques d'une manière toujours plus restreinte, 
à mesure que la connaissance des fossiles caractéristiques, propres aux différons étages des 
formations admises actuellement , nous les représentera d'une manière plus évidente, comme 
des systèmes indépendans , difféiens à la fois de ceux qui les ont précédés, et de ceux qui les 
ont suivis. Nous serons ainsi conduis à adme tre un nombre très-considérable de créations 
indépendantes , caractérisées chacune par un assemblage particulier d'espèces animales et vé- 
gétales propres et ensevelies dans un système de couches déposées durant l'existence de ces 
êtres organisés ou à la suite des cataclysmes qui ont accompagné leur destruction. Bientôt il 
ne s'agira plus seulement d'époques primaire, secondaire ou tertiaire, ni même simplement 
de périodes paléozoïque, triasique, jurassique ou crétacée, mais bien de créations cambrienne, 
silurienne, dévonienne, houillère, permienne , etc., comme d'assemblages d'êtres organisés 
équivalons à l'ensemble des êtres vivans maintenant à la surface du globe, ou comme d'épo- 
ques géologiques comparables par leur importance à celle à laquelle nous appartenons, et qui 
remonte à l'établissement de l'ordre de choses qui règne de nos jours sur la terre. Je ne 
doute en effet pas qu'avant peu d'années on n'ait généralement reconnu la vérité de ce que 
j'affirme ici , et que la plupart des subdivisions de nos classifications actuelles des formations 
géologiques, ne soient envisagées comme des formations indépendantes, et les fossiles qu'elles 
renferment, comme les représentans de créations distinctes. Il suffit pour s'en convaincre de 
suivre la marche des découvertes les plus récentes en paléontologie ; et ici j'en appelle sim- 
plement à l'inspection des ouvrages qui ont été publiés depuis une quinzaine d'années. Les 
études de ce genre, faites dans des contrées lointaines, confirment ces prévisions; je n'en 
voudrais pas d'autres preuves que les belles découvertes de M. Lund sur les ossemens fossiles 
du Brésil, et celles non moins importantes de MM. Falconer et Cautley sur ceux des collines 
subhimalayennes. Partout on finit par découvrir dans des limites verticales et horizontales 
très-restreintes des assemblages d'espèces fossiles aussi considérables que ceux que nous 
apprenons à connaître par l'étude des faunes actuelles les plus riches , dans des limites géo- 
graphiques semblables. 



— xu 

L'étude des Poissons du vieux grès-rouge fournira , je l'espère , un nouvel argument en 
faveur de la théorie que je défends. 

Pour faire mieux ressortir les caractères ichthyologiques de l'époque durant laquelle se sont 
déposés ces terrains, il ne sera pas superflu de passer rapidement en revue les phases du dé- 
veloppement des principaux types de l'animalité aux principales époques de leurs métamor- 
phoses, et de montrer ensuite de quelle manière ces types se sont combinés dans la série des 
temps; ce sera la meilleure introduction à une étude génétique des affinités des familles ac- 
tuelles du règne animal. Ne voulant pas exposer ici un système complet, je me bornerai à 
mettre en évidence les conséquences immédiates des faits tant zoologiques que géologiques, 
qui ont été le mieux étudiés dans ces derniers temps. Aussi bien l'accord entre les affinités 
zoologiques et la répartition géologique des types dans la série des terrains est-il si frappant, 
surtout dans certaines classes qui ont été l'objet d'études spéciales, dans ces derniers temps, 
que je crois pouvoir poser en fait aujourd'hui, que les classifications systématiques qui ne sont 
pas en même temps l'expression de la succession des familles dans l'ordre des temps, ne sau- 
raient être non plus considérées comme exprimant les affinités réelles qui existent entre les 
animaux qu'elles embrassent. Les rapprochemens les plus heureux que les naturalistes aient 
tentés à différentes époques , ont réellement reçu une éclatante confirmation par les décou- 
vertes paléontologiques modernes, et cela souvent même à l'insçu de ceux auxquels elles 
étaient dues. Ces résultats sont si frappans que déjà maintenant, dans quelques classes d'ani- 
maux, la connaissance des fossiles et de leur ordre de succession, pourrait nous servir de guide 
pour rectifier la méthode zoologique, comme aussi, d'un autre côté, l'état avancé de nos con- 
naissances anatomiques nous conduira à une détermination vraie de l'âge géologique de cer- 
tains dépôts, alors même qu'on n'y découvrirait aucune espèce fossile identique avec celles de 
terrains bien déterminés de la même époque. Je dirai même plus, car j'entrevois dès à pré- 
sent le moment où ces résultats s'harmoniseront également avec les lois de la distribution 
géographique des animaux à la surface du globe ; mais les faits qui se rattachent à cet ordre 
de rapprochemens ne sont pas encore suffisamment connus pour que je veuille m'y arrêter 
dans celte occasion. 

Le résultat le plus important des recherches paléontologiques modernes , dans l'examen de 
la question qui nous occupe ici, c'est le fait maintenant incontestable de l'apparition simultanée 
de types particuliers de toutes les classes d'animaux sans vertèbres dès les temps les plus an- 
ciens du développement de la vie à la surface du globe. On trouve en effet, dans les terrains 



— xni — 
paléozoïques des débris fossiles de Rayonnes , de Mollusques et d'Articulés. On peut même 
admettre que les premiers représentans de toutes les classes de ces trois grands embranche- 
mens sont contemporains, car on trouve dans les terrains fossilifères les plus anciens des Po- 
lypes, des Echinodermes , des Acéphales, des Gastéropodes, des Céphalopodes, des Vers tes- 
tacés et des Crustacés ; et si l'on n'y a pas encore découvert de Méduses , il est bien plus 
naturel d'attribuer leur absence, à l'extrême mollesse de ces animaux, que de supposer qu'ils 
n'accompagnaient pas, dans ces temps anciens, les types des autres classes d'animaux sans ver- 
tèbres, avec lesquels on les trouve toujours et partout associés dans la création actuelle. Du 
reste on en a trouvé à Solenhofen. Quant aux Insectes, on a déjà constaté leur existence dans 
les terrains houillers, qui, selon moi, se lient bien plus intimement aux terrains paléozoïques 
qu'aux terrains secondaires, par l'ensemble de leurs caractères organiques. Il est donc dé- 
montré maintenant que toutes les classes d'animaux sans vertèbres ont apparu en même 
temps à la surface du globe , et qu'elles remontent aux époques géologiques les plus an- 
ciennes ; d'où il résulte de la manière la plus incontestable , qu'on ne saurait continuer à les 
envisager comme formant une série progressive dans leur apparition , comme on l'a si long- 
temps prétendu. Je renvoie pour le détail des faits et l'énumération nominale des espèces 
aux ouvrages si imporfans de MM. Murchison, de Verneuil, d'Archiac, de Keyserling et 
Rœmer, sur les terrains paléozoïques et leurs fossiles ; me réservant seulement quelques ob- 
servations sur la série des Vertèbres, lorsque j'en viendrai à parler des poissons fossiles du 
système dévonien en particulier. 

Nos connaissances actuelles sur l'ensemble des Polypiers fossiles n'étant pas encore aussi 
avancées que celles des espèces vivantes, et les Acaléphes n'ayant encore été remarquées que 
dans quelques dépôts secondaires , je crois pouvoir me dispenser d'en parler ici , sans craindre 
pour cela de voir infirmer les résultats généraux qui découlent de l'étude spéciale des autres 
classes d'animaux sans vertèbres. 

Les belles recherches de MM. Miller, Goldfuss, d'Orbigny, Th. et Th. Austin, J. Millier, et 
Léop. de Buch sur les Crinoïdes vivans et fossiles, celles de MM. J.-E. Gray, J. Miiller et 
Troschel sur les Astéries et les Comatules, les miennes et celles de MM. Valentin et Desor sur 
les Echinides vivans et fossiles et sur leur anatomie, celles de M. E. Forbes et les miennes 
sur les Echinodermes en général, et celles de M. Tiedemann et de plusieurs modernes sur leur 
anatomie ; nous ont appris, dans ces derniers temps, à connaître ces animaux d'une manière 
plus complète que ceux d'aucune autre division de l'embranchement des Rayonnes, à 



XIV 

l'exception seulement des Polypes vivans ; aussi les rapports des types vivans et fossiles de la 
classe desEchinodermes ressortent-ils maintenant de la manière la plus évidente. Les Crinoïdes 
sont le prototype de toute la classe. Non-seulement la géologie nous l'apprend ; mais encore 
ce que nous savons des premiers états de quelques espèces de cette famille fComatula et Pen- 
tacrinus europœusj le confirme également. Nous pouvons même dire que les Crinoïdes offrent 
une sorte de synthèse de toutes les familles de cette classe , par les différentes formes qu'ils 
affectent, par exemple, dans les Cystidées qui rappellent les Oursins, ou dans les Mélocrines 
qui se rapprochent davantage des Astéries. Il n'y a que les Holothuries q"i semblent être 
exclusivement propres à la création actuelle, et cette famille est précisément celle qui oc- 
cupe le rang le plus élevé parmi les Echinodermes ; tandis que les Crinoïdes , qui se trouvent 
au bas de cette série, apparaissent les premiers ; viennent ensuite les Astéries déjà nombreuses 
dans les terrains triasiques et enfin les Echinides, dont le plus grand développement caractérise 
les terrains jurassiques , crétacés et tertiaires. Mais chacune de ces formations a ses formes 
particulières, même ses genres propres : les Crinoïdes des terrains paléozoïques ne sont pas 
les mêmes que ceux des terrains secondaires, et ils disparaissent presqu'entièrement dans les 
dépôts crétacés et tertiaires, pour n'être plus représentés dans l'époque actuelle que par 
quelques espèces fixes et par les Comatules qui remontent il est vrai jusqu'aux terrains 
jurassiques, mais que leur dégagement du sol rapproche à bien des égards des véritables As- 
téries. Celles-ci à leur tour sont représentées dans plusieurs formations par des genres par- 
ticuliers, mais encore imparfaitement connus, à l'exception de quelques types de la craie 
dont on a trouvé en Angleterre des exemplaires très-bien conservés. Enfin les Echinides, si 
abondans dans les terrains secondaires supérieurs et dans les terrains tertiaires, s'y montrent 
partout sous des formes nouvelles ; si bien que les genres de la création actuelle ne remon- 
tent pas, pour la plupart, au-delà des terrains tertiaires, à l'exception des Cidaris qui abondent 
déjà dans les terrains jurassiques. La famille des Spatangues toute entière, c'est-à-dire celle 
qui se rapproche le plus des Holothuries, ne dépasse pas les terrains crétacés. Les plaques et les 
piquans du terrain houiller que l'on a ^attribués à des Cidarites , n'appartiennent pas à cette 
famille ; ce sont des débris de genres particuliers de Crinoïdes armés de piquans. Cependant, 
dans nos systèmes zoologiques, tous ces types sont placés sur un même plan, et si on les éche- 
lonne, c'est sans s'inquiéter de l'analogie qui existe entre leur gradation et l'ordre de succes- 
sions dans lequel ils apparaissent dans la série des terrains. Si bien que ce que M. de Hum- 
boldt dit, d'une manière si pittoresque dans son Kosmos, de l'aspect du ciel qui nous présente 



XV 

chaque soir, comme une image réelle, l'assemblage de corps célestes dont plusieurs ont 
cessé d'exister depuis des myriades d'années , peut s'appliquer avec la même vérité à 
l'idée que nous donnent en général les cadres méthodiques de nos systèmes zoologiques, qui 
nous représentent aussi ces témoins des temps passés comme des actualités. 

Les Acéphales nous offrent un exemple non moins frappant de ces rapports entre les caractères 
organiques d'un groupe zoologique bien caractérisé et l'époque de l'apparition de sesdilTérens 
types. Pour mieux faire ressortir cette liaison, qu'il me soit permis de faire d'abord quelques 
observations générales sur cette classe. M. Owenaété le premier à faire remarquer que les Bra- 
chiopodes ne doivent pas être envisagés comme une classe à part , mais qu'ils peuvent être 
convenablement rangés sur la même ligne que les Monomyaires et lesDimyaires. Pour prouver 
cette assertion à l'aide d'argumens nouveaux, il me suffirait de rappeler que ces coupes fonda- 
mentales de la classe des Acéphales se lient étroitement les unes aux autres, par l'enchaînement 
de leurs formes principales et par leur position respective au milieu des élémens ambians, comme 
je l'ai fait voir dans mon Mémoire sur les moules de Mollusques vivans et fossiles , auquel je 
renvoie. Je me bornerai ici à rappeler que les Brachiopodes nous présentent une symétrie in- 
verse de celle des Dimyaires réguliers ; chez les premiers les flancs droit et gauche sont très- 
diversement conformés, et l'animal est constamment couché sur l'un des côtés, et c'est bien à 
tort que chez eux l'on considère assez généralement les flancs comme les régions dorsale et 
ventrale; les extrémités antérieure et postérieure, au contraire, sont taillées de manière à pré- 
senter la symétrie la plus parfaite ; c'est-à-dire, en d'autres termes, que le devant et le der- 
rière de l'animal ne se distinguent pas encore, tandis que les côtés sont fortement différenciés. 
Chez les Monomyaires en général et chez les Ostracés en particulier, nous observons une con- 
formation intermédiaire entre celle des Brachiopodes et celle des Dimyaires : les flancs sont en- 
core très-différens, mais déjà l'un des bords apparaît comme l'extrémité antérieure du corps 
et l'animal, encore adhérant au sol chez les Huîtres, n'a plus, dans tous les genres, cette 
position absolument latérale des types inférieurs, témoin les Peignes qui nagent librement 
entre deux eaux. Enfin chez les Dimyaires la symétrie bilatérale atteint toute sa perfection, et 
en même temps l'une des extrémités du corps se caractérise d'une manière sensible comme 
l'antérieure. Dès-lors, l'animal prend une position plus ou moins verticale, la tète en avant, 
et les rapports de ses organes avec le monde ambiant sont analogues à ceux des autres ani- 
maux symétriques. 

Ces rapprochemens sont pleinement justifiés par l'ordre de succession des Acéphales dans 



XVI — 

la série des terrains. M. de Buch est de tous les paléontologistes modernes , celui qui a étudié 
avec le plus de soin les Brachiopodes fossiles, et c'est à ses travaux avant tout, que je renvoie 
pour l'étude de détail des faits dont je vais résumer les principaux résultats. Dans les forma- 
tions les plus anciennes, on ne trouve que des Brachiopodes, mais en telle profusion et de 
formes si variées, que par leur abondance et leur diversité ils le cèdent à peine aux Acéphales 
des terrains tertiaires, dans lesquels les Brachiopodes ont presqu'entièrement disparu, pour 
être remplacés par une quantité innombrable d'espèces de différons genres , appartenant en 
majorité à l'ordre des Dimyaires. Les formations intermédiaires offrent en revanche un as- 
semblage remarquable de Brachiopodes , de Monomyaires et de Dimyaires , d'autant plus 
intéressant, que les Dimyaires dont les flancs sont asymétriques, l'emportent encore en nombre 
sur ceux qui sont parfaitement réguliers et se rattachent ainsi aux Monomyaires et aux Bra- 
chiopodes qui, à l'époque où ils existent seuls, donnent aux faunes d'Acéphales ce caractère si 
bizarre d'asymétrie latérale combinée avec une symétrie antéro-postérieure bien étrange. Les 
faits de détail auxquels je me réfère ici , se trouvent disséminés dans tous les ouvrages mo- 
dernes de paléontologie et de géologie. Si cependant l'on m'objectait qu'en résumant ces faits 
j'ai trop généralisé, je ferais remarquer qu'alors même que quelques espèces feraient excep- 
tion à la règle, le caractère général et les rapports fondamentaux de ces grandes divisions, 
ne sont pas moins tels que je viens de les tracer ; puis il ne faut pas perdre de vue que cer- 
taines déterminations bazardées ou vieillies, recueillies au hazard dans les livres, ne sauraient 
plus, dans aucun cas, être prises en considération dans l'examen des questions qui nous 
occupent ici. 

Comme nous l'avons vu pour les Echinodermes , les Acéphales présentent aussi des modi- 
fications très-notables dans leurs représentans, d'un terrain à un autre, et malgré les assertions 
contraires, je répète ici ce que j'ai affirmé depuis longtemps pour les Poissons et les Echi- 
nodermes , et que l'étude comparative d'un grand nombre de coquilles fossiles m'avait aussi 
démontré pour les Mollusques , c'est que les espèces diffèrent dans leur ensemble d'une époque 
géologique à l'autre, dans les limites étroites des subdivisions de nos grandes formations géo- 
logiques. Personne n'a encore mis en évidence ce résultat d'une manière plus générale 
pour les mollusques des époques crétacée et jurassique, que M. d'Orbigny dans sa paléonto- 
logie française. De mon côté , j'ai énoncé des résultats tout semblables dans mes Etudes cri- 
tiques sur les Mollusques fossiles. Déjà antérieurement M. Williamson avait aussi annoncé 
dans une petite notice sur les fossiles des environs de Scarborough que les espèces diffèrent 



XVII 

complètement d'un terrain à l'autre , dans la série oolitique. Je ne sache cependant pas 
que ce( aperçu ait conduit M. Williamson à faire un travail critique sur ces fossiles. Mais c'est 
surtout pour les terrains tertiaires que les identités répétées dans différens terrains ont été 
énumérées en plus grand nombre ; cependant dans un mémoire que je viens de publier sur 
les coquilles tertiaires et dont j'ai annoncé le résultat final depuis longtemps , dans d'autres 
publications, j'ai démontré, pour un nombre assez considérable d'espèces, que ces identifica- 
tions ne sont que des rapprochemens exagérés d'espèces souvent très-semblables , mais ce- 
pendant distinctes spécifiquement. 

Les Gastéropodes ne semblent pas au premier abord pouvoir offrir beaucoup d'intérêt au 
point de vue auquel nous passons maintenant en revue les différentes classes. En effet, les 
Gastéropodes des terrains paléozoïques et même ceux des terrains secondaires , à l'exception 
d'une partie de ceux de la craie, n'ont pas encore été suffisamment étudiés pour pouvoir être 
comparés avec une entière connaissance de cause avec les espèces vivantes. Je me bornerai 
donc à faire remarquer ({ue des deux types de coquilles que nous distinguons dans la création 
actuelle , celui dont l'ouverture est entière, sans canal ou écliancrure pour le tube respiratoire 
est le plus ancien, celui que l'on rencontre même seul dans les terrains paléozoïques et dans 
les terrains secondaires anciens, tandis que celui qui porte un siphon, n'apparaît à côté du 
premier qu'à partir du lias, pour prendre une prépondérance toujours plus marquée, dans 
les terrains tertiaires et dans la création actuelle. Un rapprochement assez singulier à faire, 
c'est que ces Gastéropodes anciens ressemblent à certains égards davantage à nos coquilles 
terrestres et fluviatiles qu'aux coquilles marines, témoins ces nombreuses espèces des terrains 
jurassiques et triasiques , qu'on a rapportées sans motifs suffisans au genre Melania ou à des 
genres voisins. Nous avons dans ce fait quelque chose d'analogue à ce que j'ai signalé depuis 
nombre d'années à l'égard des poissons fossiles des terrains secondaires , qui bien qu'apparte- 
nant à des genres éteins , ressemblent davantage à certains poissons d'eau douce de la création 
actuelle , qu'à aucun poisson marin. 

Les nombreux travaux spéciatix qui ont été publiés sur les Céphalopodes vivans et fossiles, 
depuis les Monographies de MM. de Férussac et d'Orbigny jusqu'aux travaux plus récens de 
MM.deBuch, de Munster, Voitz, Ovven, d'Orbigny, Valenciennes , et d'autres, ont très-bien 
fait connaître cette classe, qui est maintenant une des mieux étudiées du règne animal ; aussi 
n'est-il pas difficile de saisir les rapports naturels de ses familles avec les phases de leur déve- 
loppement progressif dans la série des temps. Les types des Ammonites et des Nautiles sont les 

AG. OLD RED. III 



XVIII 

plus anciens; ils paraissent même à-peu-près contemporains dans tout leur développement et 
en ceci on pourrait trouver une nouvelle preuve de leur valeur, comme coupes zoologiques. 
Cependant ils n'ont pas tout-à-fait la même importance. La famille des Ammonites plus nom- 
breuse et plus variée dans les époques plus anciennes, disparaît aussi plus tôt, car elle ne dépasse 
pas l'époque crétacée. Les recherches de 1>IM. de Buch et de Miinster nous ont trop bien fait 
connaître l'ordre de succession de ces fossiles , pour qu'il soit nécessaire d'y revenir ici , je ferai 
seulement remarquer que les genres si curieux et si nombreux que M. d'Orbigny a distingués 
dans les terrains crayeux, où ils apparaissent avec une étonnante diversité, au moment où 
cette famille est sur le point de s'éteindre, nous fournissent une image bien vraie et cer- 
tainement bien digne de fixer notre attention, des mouvemens irréguliers et en quelque sorte 
convulsifs que semble avoir ressenti, dans son agonie, la pensée ammoniligénique prête à s'é- 
vanouir, sans atteindre l'époque tertiaire , ni la création actuelle. 

Les Seiches et les Poulpes forment le troisième type de cette classe et celui qui en occupe 
le plus haut rang; son existence ne paraît pas remonter au-delà du lias, où les Bélemnites, les 
Teudopsis et les Celaeno ont été les précurseurs des Seiches, des Calmars et des Onychoteuthes 
de notre époque. 

L'embranchement des Articulés ne compte que trois classes, comme celui des Mollusques 
et celui des Rayonnes, savoir les Crustacés, les Insectes et les Vers. Les autres coupes pri- 
mordiales que l'on a voulu distinguer, doivent être réunies sous ces trois chefs. C'est ainsi 
que les Cirripèdes ne sauraient plus être séparés des Crustacés, dont ils partagent l'orga- 
nisation et le mode de développement ; c'est également à la classe des Crustacés qu'il faut 
rapporter les Lernées, les Rolifères, etc. Les Arachnides et les Myriapodes, en revanche, 
sont de vrais Insectes , ou plutôt ils se lient aux Insectes aîlés par des types intermédiaires , 
si étroitement unis, qu'il est impossible de les séparer. Il ne faut pas négliger, dans ces rap- 
prochemens , les caractères des larves et ceux des espèces qui restent aptères. Beaucoup de 
soi-disant Aptères devront être retirés de ce groupe indigeste, pour être reportés dans leurs 
familles respectives. Quant aux Vers , il me paraît impossible de séparer, comme classes , 
les Annélides, les Turbellaires et les Helminthes; trop de caractères communs les unissent et 
l'analogie dans leur développement embryonique, autant qu'on le connaît, est trop frappante, 
pour autoriser le maintien de ces classes. Il ne pourra donc plus être question à l'avenir de laisser 
les Vers intestinaux dans l'embranchement des Rayonnes , pas plus que les Infusoires qui se 
rattachent, sinon tous, du moins en très-grande majorité, aux Crustacés par les Rotifères. 



XIX 

Les Vers, même ceux qui sont munis d'une enveloppe solide, n'ont laissé que des traces 
trop insignifiantes de leur existence dans la série des terrains , et les Insectes fossiles que 
l'on a découverts jusqu'ici , sont en trop petit nombre et n'ont pas été suffisamment étudiés 
pour qu'il soit possible de se faire dès à-présent une juste idée du rôle qu'ils ont joué dans 
les différentes époques géologiques qui ont précédé la création actuelle. Ces classes attendent 
encore leurs monographes pour les espèces fossiles. 

Il n'en est pas de même des Crustacés que l'on trouve en nombre assez considérable dans 
toute la série des terrains , et s'ils n'ont pas été l'objet de recherches aussi nombreuses que 
les fossiles de la plupart des autres classes du règne animal , on les connaît cependant assez 
bien , pour saisir la marche de leur développement dès les temps géologiques les plus reculés. 

Les Trilobites , qui sont sans contredit le type le plus ancien de la classe des Crustacés, ont 
été l'objet de nombreuses publications et de recherches très-variées, depuis que M. Al. Bron- 
gniart en a fait le sujet d'une monographie spéciale. Les ouvrages de MM. Dalman, Green, 
Emmerich et Burmeister méritent surtout d'être cités au premier rang, parmi ceux qui ont le 
plus contribué à étendre nos connaissances spéciales sur cette curieuse famille, et à préciser 
nos idées sur leurs rapports réels avec les autres animaux articulés. Les Trilobites se mon- 
trent sous les formes les plus variées et les plus étranges, dès leur première apparition dans 
les terrains paléozoïques les plus anciens. Ce type ne dépasse cependant pas l'époque houillière, 
où il est remplacé par des Enlomoslracés gigantesques (*), qui sont en quelque sorte les avant- 
coureurs des Macrures. Les Entomostracés de petite taille apparaissent aussi déjà dans des 

(') La Tab. \ des planches qui accompagnent cette Monographie représente phisieiirs fragmens assez bien conservés 
d'un de ces Crustacés gigantesques, dei'Old Red, recueillis par M. Webster dans les environs de Balruddery en Ecosse. 
Trompé par l'aspect écailleux d'une portion de la carapace, j'avais crû d'abord que ce pourrait être le type d'un genre 
particulier de poisson, et c'est à cette classe d animaux que j'avais rapporté moi-même le genre Pterygotus dans mon 
énumération des poissons fossiles du système silurien, qui se trouve dans le grand ouvrage de IM. Murcliisoii. Ce genre, 
établi sur des fragmens très-imparfaits des roches de Ludlow, est maintenant assez bien connu, d'après l'étude que j'ai 
pu faire d'une espèce nouvelle de l'Old Red, découverte par M. Lyell , dans le Forfarshire , et dont M. Webster a trouvé 
à Balruddery des pièces plus caractéristiques. Les exemplaires recueillis par M. Lyell, sont ces larges écussons dont j'ai 
parlé dans mes Recherches, vol. I, p. 2(5, et qui, faute de pouvoir être déterminés rigoureusement, ont été pris au sérieux 
pour des traces fossiles d'êtres surhumains. En les examinant attentivement avec M. Buckland, nous étions restés convain- 
cus que ce devaient être des carapaces de Crustacés ; mais ce n'est (pi'en 1840 que j'en ai eu la preuve directe. En effet, 
les échantillons recueillis par M. Webster, et qu'il ma communiqués à cette époque, renferment des morceaux de cara- 
pace, des anneaux de la queue, des palettes natatoires de son extrémité, des pattes et des pinces. Avec ces pièces il n'est 
plus possible de douter de la positiou qu'il faut assigner à ce fossile. C'est lui Crustacé de taille colossale, dont la carapace 
avait plus d'un pied et demi de large, et la queue environ un pied. Les duiicnsions du céphalothorax, représenté figure de 
droite de la seconde rangée de Tab. A, ne permettent pas de le ranger parmi les Décapodes, malgré la forme de sa pince, 
figure du milieu de la rangée inférieure de la même planche. Je suis plutôt disposé à croire que ce singulier animal de- 



XX 

terrains très-anciens; ils abondent dans certains terrains houillers, par exemple, et on en 
retrouve dès-lors dans une foule de dépôts; mais ils n'ont point encore été étudiés d'une ma- 
nière satisfaisante. 

Les Macrures, dont MM. H. de Meyer et le comte de Munster se sont particulièrement oc- 
cupés, régnent depuis l'époque triasique jusque dans la création actuelle; tandis que les Bra- 
chyures sont essentiellement tertiaires. Ces derniers , ainsi que les Cirripèdes, qui paraissent 
être partout leurs contemporains, sont encore loin d'être aussi bien connus qu'on pourrait le 
désirer. Une monographie des Cirripèdes, tant vivans que fossiles, est en particulier un dési- 
ralum pressant, aussi bien pour la Zoologie que pour la Paléontologie. Les autres ordres des 
Crustacés ne sont connus que dans les terrains tertiaires. Les Crustacés parasites, mous et 
vermiformes paraissent exclusivement propres à la création actuelle. 

Il résulte de cet aperçu que les types dont les affinités sont le mieux étudiées , comme les 
Trilobites, les Macrures et les Brachyurcs, se succèdent aussi, dans la série des terrains, dans 
l'ordre de leur gradation organique. Il est même très-curieux de voir l'analogie intime qui 
existe entre les formes de ces différens types et les phases du développement embryonique des 
Crustacés que MM. Rathke et Erdl nous ont appris à connaître. 

Si je n'ai pas parlé jusqu'ici des Infusoires, ce n'est pas que je méconnaisse leur influence 
dans l'histoire de la formation de notre globe. Bien au contraire, je pense que M. Ehrenberg 
a ouvert une ère nouvelle aux recherches paléontologiques , par ses importantes découvertes 
dans le monde des infiniment petits ; mais je pense aussi que la nouveauté de ses résultats, 
aussi surprenans qu'inattendus, ne permet pas encore de les apprécier à leur juste valeur. 

Après avoir ainsi passé en revue les principales Classes des animaux sans vertèbres , dont 



viendra le type d'une famille intermédiaire entre les Trilobites et les Entomostracés, dans laciuelle on rangera peut-être 
aussi un jour les genres Eurypterus et Eidothea. Le céphalothorax est entièrement orné dune sculpture siiuamiforme, qui 
donne à la surface de cette pièce l'aspect d'une cuirasse de poisson; sur son milieu se voit une figure en forme de fer de 
lance, correspondant sans doute aux régions stomacale et cardiaque des Ciustacés ordinaires. Les bras de la pince sont 
munis de grosses dents obtuses; la pointe du plus long de ces leviers est fortement arquée. Le bras qui portait cette pince, 
figure de gauche de la rangée inférieure, est ti'ès-gros; les articulations , qui précèdent immédiatement la pmce , sont 
courtes et plus larges que longues. Les pattes ordinaires, figure de gauche de la rangée moyenne , sont simples et termi- 
nées en pointe; leurs anneaux sont sensiblement plus longs que larges. Les anneaux de la queue, figure de droite de la 
rangée supérieure, réduite de moitié de la grandeur naturelle, sont de larges plaques, munies à leurs extrémités supé- 
rieures d'onglets articulaires. Les palettes natatoires de la queue enfin , les deux figures de l'angle supérieur de gauche 
et celle de l'angle inférieur de droite, sont des plaques arrondies, frangées à leur bord, et à surface écailleuse, comme la 
carapace. Ce curieux fossile ne parait pas très-rare dans le vieux grès rouge d'Ecosse. J'ai donné à cette espèce le nom de 
Ptcrygotiis anglicus , pour rapppler son origine, et par son homonyme, l'étrange idée qu'on s'en était faite d'abord. 



XXI 

les débris fossiles ont été le mieux étudiés, qu'il me soit permis de m'arrèter encore un ins- 
tant à considérer les conséquences qui découlent directement, pour la théorie, de tant de faits 
scrupuleusement examinés. Et d'abord il est évident que dès les temps les plus anciens, 
toutes 4es classes d'animaux sans vertèbres ont été représentées à la surface du globe, qu'elles 
ont toutes présenté dès l'origine une grande diversité de formes génériques et spécifiques; que 
cette variété ne le cède en rien, si l'on tient compte de toutes les conditions de conservation 
et de toutes les difficultés d'observation, à celle des espèces d'une faune locale de la création 
actuelle, circonscrite dans des limites qui correspondraient à l'étendue de la surface des ter- 
rains paléozoïques examinés jusqu'à ce jour ; que le nombre de ces fossiles est certainement 
aussi considérable que celui des listes d'espèces vivantes qui ont été publiées, il y a à peine un 
demi siècle, comme des énumérations complètes des animaux de contrées bien connues. Je me 
bornerai à citer, comme exemples , les diverses faunes d'Europe de la fin du siècle dernier, ou 
même celles du Brésil , d'Egypte , d'Arabie et des Indes et les listes des fossiles paléozoïques 
de MM. J. Phillips, de Verneuil et d'Archiac, ou celles déjà plus anciennes qui accompagnent 
le grand ouvrage de M. Murchison sur le système silurien. 

Ces faits maintenant aussi bien établis que peuvent l'être des faits de ce genre, démontrent 
jusqu'à l'évidence l'impossibilité de rattacher les premiers habitans de la terre à un petit 
nombre de souches qui seraient allées en se différenciant sous l'influence des modifications des 
conditions extérieures d'existence. Ils nous montrent comme au doigt l'intervention directe 
d'une intelligence créatrice, antérieure à l'existence de tous ces êtres, et qui en a ordonné les 
rapports, déterminé le développement et dirigé l'apparition successive jusqu'à l'établisse- 
ment de Tordre de choses qui régit maintenant le monde. Ces faits prouvent encore le néant 
de toutes ces théories matérialisliques ou panthéistiques qui attribuent aux êtres finis une rai- 
son suffisante de leur propre existence, ou qui les font dépendre seulement dinfluences exté- 
rieures indéterminées. 

Lorsque j'ai commencé la publication de mes recherches sur les poissons fossiles, je ne 
connaissais point encore d'espèces plus anciennes que celles des terrains houillers, et même 
j'en connaissais un très-petit nombre de cette formation. Aujourd'hui non-seulement la liste des 
espèces et même des genres propres à ces terrains s'est considérablement accrue , mais encore 
les dépôts plus anciens sont venus augmenter de jour en jour davantage le nombre des types à 
ajouter à nos catalogues. Les couches du système dévonien et celles du système silurien ont 
tour-à-lour fourni un contingent qui va continuellement en grandissant. Et si l'on n'a pas 



XXII 

encore signalé de débris reconnaissables de poissons au-dessous des couches inférieures de 
Ludlow, qui font encore partie du système silurien, je ne pense pas qu'il faille en conclure que 
les poissons ne remontent pas aux terrains fossilifères les plus anciens; car leur fréquence 
extraordinaire dans les couches dévoniennes, et leur présence bien constatée dans certains 
dépôts siluriens , où ils sont il est vrai très-mal conservés , nous indique suffisamment que, 
dans son apparition à la surface du globe, cette classe d'animaux est contemporaine du déve- 
loppement des types les plus anciens de toutes les classes d'animaux sans vertèbres. Quant à 
l'époque de leur première apparition , il ne peut donc plus s'agir entre ces classes que de 
différences très-peu importantes , dans un développement biologique considéréré dans son 
ensemble, et il reste démontré dès aujourd'hui que les Poissons entrent dans le plan des pre- 
mières combinaisons organiques, qui ont été le point de départ du développement de tous les 
êtres vivans qui ont peuplé notre globe, dans la série des temps. Il résulte de-là que les 
faunes les plus anciennes se composent de représentans de toutes les classes d'animaux sans 
vertèbres, et seulement d'une classe de vertébrés, des Poissons; tandis que les Reptiles, les 
Oiseaux et les Mammifères n'apparaissent que plus tard et successivement. Il y a donc un 
contraste remarquable et important à signaler entre le développement progressif des Verté- 
brés et celui des Rayonnes , des Mollusques et des Articulés , dont toutes les classes sont con- 
temporaines, comme nous l'avons vu plus haut. 

En nous livrant ainsi à l'étude des débris des êtres organisés qui se trouvent ensevelis dans 
les formations géologiques les plus anciennes, nous fesons en quelque sorte revivre les pre- 
miers représentans de la création. Ces fossiles sont, en efl'et, comme les premiers parens de 
tous les êtres qui ont vécu plus tard. En les évoquant sous nos yeux, nous assistons pour 
ainsi dire aux premiers ébats des animaux et au premier jet de la végétation ; nous voyons la 
nature animée comme sortant des mains du créateur. Et si nous pouvons espérer d'arriver un 
jour à la connaissance du plan général de la création , c'est en recherchant attentivement jus- 
qu'aux moindres rapports appréciables entre ces espèces antiques, et en poursuivant pas à 
pas toutes les modifications que l'ensemble des êtres organisés a subies, dans toute la série des 
terrains, d'une formation à l'autre, jusqu'à nos jours. 

Il est un genre de comparaisons que l'on a trop négligées, lorsqu'on a cherché à se rendre 
compte de l'iuiportance des étages de notre globe relativement aux débris d'êtres organisés 
qu'ils recèlent, mais qui, j'en ai la conviction, exercera à l'avenir une grande influence sur 
notre manière d'envisager les faunes fossiles , en nous permettant de déterminer la valeur des 



XXIll 

assemblages de couches que l'on a appelés des terrains ou des formations géologiques. Je 
veux parler des proportions dans lesquelles on trouve les espèces des différentes classes du 
règne animal, dans des localités données, à la surface actuelle du globe ou dans tel ou tel 
groupe de terrains. Il est évident que ce sont les êtres qui vivent actuellement sur la terre 
que nous connaissons le mieux , et sur l'ensemble desquels nous possédons, à tous égards, les 
renseignemens les plus complets et les plus importans. C'est par conséquent à ces êtres, ou 
plutôt aux connaissances que nous possédons sur eux, que nous devons emprunter des termes 
de comparaison pour tout ce qui tient à la distribution des fossiles dans l'ensemble des ter- 
rains. II est vrai que la distribution géographique des animaux vivans n'est encore qu'impar- 
faitement connue ; elle l'est cependant assez pour que nous sentions que toutes les contrées 
du globe, considérées dans une certaine étendue, ont leur faune particulière, composée d'un 
assemblage d'espèces propres, mêlées à d'autres qui s'étendent ou plus au nord ou plus au 
sud, ou à l'est ou à l'ouest, et que par conséquent chaque contrée ne nourrit qu'une faible 
portion de la totalité des espèces qui peuplent la surface du globe. 

Lors donc que nous voulons apprécier la valeur des assemblages de fossiles que nous dé- 
couvrons dans un terrain, et que nous cherchons à déterminer le nombre des espèces propres 
à l'époque géologique à laquelle ils appartiennent , ce n'est point à l'ensemble des animaux 
vivans que nous devons les comparer, mais bien à un assemblage d'espèces vivant dans des 
limites et dans des conditions analogues, dans la création actuelle. Un exemple expliquera 
plus nettement ma pensée. Si je cherchais à déterminer approximativement le nombre des 
espèces fossiles de l'époque de la déposition de la craie blanche ou de l'argile plastique, je 
crois que ce serait choisir un très-mauvais moyen, pour y arriver, que de compulser les listes 
de fossiles de tous les dépôts géologiques considérés maintenant comme appartenant à ces 
horizons géologiques, et de comparer ensuite les sommes obtenues, à la somme des espèces 
vivantes. On s'approcherait bien certainement davantage de la vérité, en étudiant d'une ma- 
nière aussi complète que possible la faune fossile de quelques localités bien explorées, comme, 
par exemple, les dépôts de craie blanche des environs de Paris, ou l'argile plastique du bas- 
sin de la Tamise , pour comparer ensuite ces listes de fossiles aux animaux vivans de quelque 
golfe ou de quelque plage qui, dans la création actuelle, présenterait le plus d'analogie avec 
l'étendue et les conditions dans lesquelles on peut supposer que ces dépôts se sont formés. On 
obtiendrait ainsi des bases vraies , pour fixer les rapports numériques de l'ensemble de ces 
créations comparées à la création actuelle. 



XXIV 

En suivant cette marche et en comparant successivement les faunes ichthyologiques de diffé- 
rentes formations, dans lesquelles j'ai reconnu des assemblages différens de poissons, avec des 
faunes ichthyologiques de la création actuelle , circonscrites dans les limites analogues , je suis 
arrivé à ce résultat désolant pour l'état actuel de nos connaissances paléontologiques , s'il peut 
être considéré comme exact, c'est que dans leur ensemble les couches qui constituent l'écorce 
de notre globe, doivent receler au moins vingt-cinq mille espèces de poissons fossiles. Et dans ce 
calcul , dont je me dispense de reproduire ici les élémens, j'ai soigneusement tenu compte de 
la plus grande uniformité que présentent les faunes anciennnes contemporaines. Des calculs 
semblables, faits avec les mêmes réserves, portent à environ 3000 le nombre des mammifères 
fossiles que l'on peut s'attendre à découvrir un jour, à plus de iOOO celui des reptiles, et au 
moins à 40,000 celui des coquilles. Je crois même qu'il s'écoulera bien peu d'années avant 
que l'on ait acquis la certitude que ces suppositions sont fort au-dessous de la réalité. Quant aux 
Oiseaux, aux Crustacés, aux Insectes, aux Echinodermes et aux Polypes, des difficultés par- 
ticulières s'opposent pour le moment à toute espèce de comparaison de ce genre. Pour ce qui 
est des Infusoires fossiles , il serait prématuré de vouloir faire servir dès à-présent les résultats 
du travail d'un seul homme, pendant huit à neuf ans seulement, comme la mesure de la pro- 
fusion avec laquelle des animalcules, que leurs dimensions normales soustraisent nécessaire- 
ment à nos regards, sont répandus dans les couches de la terre , surtout maintenant que l'on 
sait que la plus grande masse de ces terrains n'est composée que d'animalcules microscopi- 
ques. D'ailleurs, M. Ehrenberg nous a dévoilé coup sur coup des faits si imprévus, que 
notre esprit a besoin de les considérer encore pendant quelque temps avant d'en apprécier 
toute l'importance. 

La faune Ichthyologique de l'Old Red Sandstone, comme nous le verrons en détail dans 
les pages suivantes , se présente sous des formes tellement extraordinaires et tellement bi- 
zarres , que les moindres débris des êtres qui ont vécu à cette époque , ne peuvent que frap- 
per le regard du naturaliste. Dans aucune autre formation, on ne rencontre une réunion de 
poissons déviant d'une manière aussi sensible de tout ce que l'on connaît de nos jours. L'é- 
tude d'aucune autre faune n'a exigé autant d'années, avant qu'on fût suffisamment familiarisé 
avec ses types , pour oser les classer et les mettre en rapport avec ceux des autres créations. 
Les difficultés qu'ont présenté ces recherches étaient d'une nature toute particulière; car il a 
fallu les résoudre pour ainsi dire sans terme de comparaison, ou du moins en se réduisant à 
des rapprochemens éloignés. Ce n'est en effet pas avec les débris de créations antérieures que 



XXV 

des comparaisons auraient été possibles, puisque c'est dans le vieux grès rouge que nous ren- 
controns la première faune ichthyologique complète. Les terrains siluriens renferment, il est 
vrai , quelques débris de poissons , mais jusqu'ici ils ont été si rares et le nombre des espèces 
si petit, qu'on peut bien dire que c'est seulement avec le terrain dévonien que les poissons 
ont réelleaient acquis quelque importance à côté des autres fossiles , ou du moins que le rôle 
qu'ils ont joué dans la nature devient appréciable. Ce qui frappe d'abord, lorsqu'on étudie 
ces anciens dépôts, c'est que les poissons sont les seuls représentans de l'embranchement des 
vertébrés qui existent dans le vieux grès rouge, et même dans les terrains houillers, en sorte 
que l'on peut à bon droit appeler l'époque de la déposition de ces terrains, le règne des pois- 
sons.. Ce fait sur lequel j'ai déjà appelé plusieurs fois l'attention des paléontologistes s'est con- 
firmé de la manière la plus absolue par toutes les recherches, qui, dans ces derniers temps, 
ont eu pour objet les fossiles de l'Old Red. Depuis quelques années les investigations des 
géologues ont déjà décuplé le nombre des espèces connues , et le zèle que l'on déploie pour 
ces sortes d'études, dans les deux pays où notre système de couches se montre dans son plus 
grand développement, c'est-à-dire, en Angleterre et en Russie , conduira sans doute encore 
à de nombreuses et importantes découvertes. Mais il est facile de prévoir, dès à-présent , que 
ces découvertes rentreront dans les lois que les espèces déjà connues aujourd'hui nous ont ré- 
vélées, c'est-à-dire, qu'elles seront restreintes à la classe des poissons, pour l'embranchement 
des vertébrés, et que ni les reptiles , ni les mammifères ne se trouveront dans les couches du 
vieux grès rouge. 

Je sais bien qu'un auteur récent a voulu trouver dans le vieux grès rouge des ossemens 
de toutes les classes de vertébrés. Mais il a été facile de faire justice de toutes les fausses dé- 
terminations sur lesquelles de pareilles conclusions reposaient, et les tortues, les lézards, les 
crocodiles et les pachydermes, dont on s'était plù à peupler ces anciens dépôts, (*) sont succes- 
sivement venus se ranger à leur véritable place, dans la classe la plus inférieure des vertébrés, 
dont une main imprudente les avait fait sortir. En traitant des familles et des espèces qui ca- 
ractérisent le système dévonien, j'ai démontré la fausseté de cet échaffaudage , qui fait re- 
monter toutes les classes des vertébrés à la plus haute antiquité, en sorte qu'il reste mainte- 
nant bien prouvé que tout ce que l'on connaît de débris de vertébrés dans des formations 
antérieures au Zeclistein , appartient exclusivement à la classe des poissons. 

(*) Voir plus bas chapitre VII, pag. 83. 

AG. OLD RED. IV 



XXVI 

Je ne veux pas insister davantage sur l'importance que présente ce fait, lorsqu'on le met 
en rapport avec les caractères organiques des créations qui ont successivement peuplé la terre. 
J'ai déjà présenté ailleurs mes vues sur le développement qu'ont parcouru les différentes créa- 
tions pendant l'histoire de notre planète. Mais ce que je voudrais prouver ici, par une discus- 
sion approfondie des faits rapportés dans les pages suivantes, c'est la vérité de cette loi, 
maintenant si clairement démontrable dans la série des vertébrés , que les créations succes- 
sives ont parcouru des phases de développement analogues à celles que parcourt l'embryon 
pendant son accroissement, et semblables aux gradations que nous montre la création actuelle 
dans la série ascendante qu'elle présente dans son ensemble. On peut du moins considérer 
dès à-présent comme prouvé, que Vembryon du poisson pendant, son développement , la classe 
des poissons actuels dans ses nombreuses familles , et le type poisson dans son histoire plané- 
taire , parcourent à tous égards des phases analogues , à travers lesquelles on suit toujours la 
même pensée créatrice, comme un fil conducteur qui nous guide partout, dans la recherche 
de l'enchaînement des êtres organisés. La considération que les poissons du vieux grès rouge 
représentent réellement l'âge embryonique du règne des poissons, a même été pour moi un 
puissant motif d'entreprendre, comme première Monographie , pour faire suite à mes Re- 
cherches, celle de ces poissons anciens, puisque c'était ici qu'on pouvait prouver par des faits 
évidens, la vérité de celte grande loi de développement de tous les êtres organisés. 

Jetons d'abord un coup d'œil rapide sur les familles dont nous avons énuméré les espèces, 
dans ce travail. Nous en rencontrons au moins cinq distinctes : les Céphalaspides , les Acan- 
tlîodiens, les Sauroïdes diptériens, les Célacanlhes et les Plagiostomes, si tant est qu'on puisse 
considérer ce grand type comme une seule famille. Les quatre premières appartiennent à 
l'ordre des Ganoïdes, et la dernière à celui des Placoïdes. 

La premiôi'e remarque qui s'offre à l'observateur attentif, c'est que chez les nombreuses 
espèces qui sont réparties dans ces familles , on n'a encore trouvé aucune trace de vertèbres, 
et chez quelques-unes seulement des apophyses, pour protéger la moelle épinière et les gros 
vaisseaux, bien qu'elles fussent également dépourvues de corps de vertèbres. Certes, si ces 
poissons avaient eu des corps de vertèbres , on en aurait trouvé parmi ces nombreux débris 
de squelettes qui abondent dans le terrain dévonien , on en aurait trouvé sur ces plaques de 
Coccosteus des Orkney , où les queues sont si bien conservées avec leurs apophyses épineuses, 
leurs osselets interapophysaires et leurs rayons de nageoires. Le fait est qu'il n'y en a aucune 
trace, et même sur les plaques de Coccosteus dont je viens de parler, on voit parfaitement 



XXVIl 

bien que c'était sur un axe indivis et continu que reposaient les apophyses. Or ce développe- 
ment incomplet du système osseux du tronc se retrouve chez tous les embryons et surtout chez 
ceux des poissons ; il se retrouve également dans les derniers échelons de la classe des poissons, 
chez les Cyclostomes. Cette série de corps de vertèbres, qui se suivent sur toute la longueur 
du tronc des vertébrés, est remplacée dans les formes inférieures de cet embranchement et 
chez les embryons , par un cordon cylindrique , d'une consistance gélatineuse , que l'on ap- 
pelle la corde dorsale. Ce n'est que quelque temps après l'apparition de la corde, que les apo- 
physes et les corps de vertèbres se développent chez l'embryon. Chez le Branchiostoma {Àm- 
phyoxus) , il n'y a qu'une corde sans autre pièce du squelette, comme chez les embryons peu 
avancés ; c'est chez les Cyclostomes que commence la formation des apophyses , et chez les 
Plagiostomes celle des corps de vertèbres ; à cet égard les poissons de l'Old Red sont restés à 
un degré de développement tout-à-fait embryonique; car ils ont une corde et des apophyses, 
mais ils n'ont point de corps de vertèbres. 

Cette disposition du système osseux du tronc en déternnne presque nécessairement une 
autre : le développement incomplet du crâne. Nous trouvons en effet, chez les poissons de 
rOld Red , les os extérieurs du crâne bien conformés ; les mâchoires , la ceinture thoracique , 
les os operculaires et branchiostègues , ceux du haut du crâne, sont bien développés, vigou- 
reux et évidemment de structure osseuse ; mais tous les indices que j'ai pu recueillir sur la 
conformation de leur tète, me font penser que la boîte interne du crâne, celle qui entourait 
immédiatement le cerveau, n'était pas encore consolidée , mais plutôt cartilagineuse. Nous 
trouvons aussi cette structure chez les embryons , où les plaques protectrices qui couvrent le 
haut et la base du crâne, se développent isolément, pendant que la boite crânienne est en- 
core cartilagineuse. La même conformation se retrouve encore chez l'Esturgeon, dont j'ai dé- 
crit l'ostéologie dans mes Recherches sur les Poissons fossiles (vol. II, 2""^ part. p. 277); et 
c'est en effet avec ce dernier que l'on peut le mieux comparer l'état que devait avoir le sque- 
lette du crâne des poissons de FOId Red. 

Les plaques osseuses et émaillées qui couvrent la tète de l'Esturgeon , et qui font immé- 
diatement suite aux plaques émaillées dont sa nuque et ses flancs sont couverts, n'appar- 
tiennent évidemment pas au même système que les frontaux et les pariétaux des poissons or- 
dinaires. Ce sont des os cutanés, développés en remplacement des os ordinaires, qui man- 
quent complètement dans la grande partie des poissons de l'Old Red, et surtout dans la famille 
des Céphalaspides , où l'on trouve le même arrangement que chez les Esturgeons. Ce se- 



XXVIIl 

rait peine perdue que de vouloir chercher dans les plaques céphalaires d'un Coccostée ou d'un 
Plérichthys les analogues des frontaux, des pariétaux et des nasaux de nos poissons osseux; 
on ne trouve à leur place que des carapaces , souvent étrangement composées , et qui forment 
néanmoins, par leur réunion , des couvertures du crâne tout aussi complètes que celles des 
poissons ordinaires. 

C'est ici le lieu de rappeler le développement extraordinaire que présente le système cutané 
des poissons de l'Old Red. D'énormes plaques osseuses recouvrent souvent non-seulement la 
tête, mais aussi une grande partie du corps; une famille tout entière, celle des Céphalas- 
pides , a son caractère essentiel dans cette cuirasse du tronc , et les écailles et les plaques de 
la plupart des Célacanlhes de l'Old Red excèdent de beaucoup ce que l'on voit dans les pois- 
sons des terrains plus récens. Malheureusement nous n'avons pas encore des termes de com- 
paraison, avec les poissons de la création actuelle, assez nombreux pour apprécier la va- 
leur de ces caractères, par la raison que nous manquons entièrement de données sur le dé- 
veloppement des écailles en général et surtout sur celui des écailles des Ganoïdes ; nous 
n'avons même pas encore de renseignemens sur l'embryologie d'un seul des poissons cuirassés 
de notre époque ; mais il est à présumer , d'après le développement extraordinaire que pré- 
sente le système cutané de nos anciens poissons, que c'est de très-bonne heure que ces pla- 
ques et ces cuirasses se développent dans les embryons. 

Un autre fait , pour lequel on peut bien appeler les poissons le vieux grès-rouge , l'âge 
embryonique du règne des poissons, c'est le développement de leurs nageoires. On sait que 
dans tous les embryons de poissons que l'on a examinés jusqu'ici, les nageoires verticales 
naissent d'une nageoire unique, faisant le tour de la partie postérieure du corps, à-peu-près 
comme une nageoire d'Anguille. Cette nageoire continue se transforme complètement en cer- 
tains endroits, en d'autres elle disparaît petit à petit, et là où elle reste stationnaire, les 
rayons se développent graduellement. Les espaces qui séparent les différentes nageoires, 
sont donc d'autant plus petits et d'autant moins marqués que l'embryon est plus jeune; cela 
est si vrai, que certains poissons qui auront plus tard des nageoires fort distinctes, les ont 
encore très-rapprochées , dans le jeune âge, et quelquefois à peine séparées par une échan- 
crure peu profonde. Chez les poissons de l'Old Red , les nageoires verticales rentrent com- 
plètement dans ces conditions primitives de développement. Toute cette puissante famille 
des Sauroïdes, qui plus tard se montre pourvue de nageoires bien séparées et isolées, 
n'est représentée dans l'Old Red que par les Diptériens , qui sont tous pourvus de deux 



XXIX 

anales et de deux dorsales, toutes très-rapprochées les unes des autres, et peu distantes 
de la caudale. Dans les Célacanthes de l'Old Red, on trouve aussi plusieurs genres, comme 
les Glyptolépis et probablement aussi les Platygnalhes , qui avaient les nageoires verticales 
doubles et très-rapprochées , de telle sorte qu'il y a à peine un espace intermédiaire entre 
les différentes nageoires. Même chez les Âcanthodiens on trouve un genre , celui des Dipla- 
canlhes, qui est muni des nageoires verticales doubles. Il est vrai que cette disposition ne 
se trouve pas chez tous les genres, mais toujours est-il curieux que les familles, qui sont desti- 
nées à parcourir une longue série de terrains, comme les Sauroïdes et les Célacanthes , com- 
mencent par des formes à nageoires doubles qui se rapprochent du type embryonique. 

Le fait que chez tous les poissons de l'Old Red qui possèdent une caudale, celte na- 
geoire est formée de lobes inégaux et insérée sur une extrémité relevée de la corde dorsale, 
est encore un point de rapprochement avec l'embryon des poissons ordinaires. On sait en effet 
que, chez ces derniers, l'extrémité de la queue commence à se relever à une certaine époque 
de la vie, se rapprochant en ceci de la disposition que l'on observe chez l'esturgeon, et qu'à 
cette époque la caudale de l'embryon est hétérocerque. D'un autre côté, j'ai déjà souvent 
appelé l'attention des naturalistes sur un fait tout semblable , qui se présente d'une manière 
si frappante dans la série géologique ; c'est que tous les poissons des terrains plus anciens que 
le Jura ont l'extrémité caudale relevée, et la caudale elle-même hétérocerque. 

Un dernier point enfin , sur lequel je voudrais appeler l'attention des naturalistes , c'est la 
forme de la tête et la position de la bouche et des yeux chez les poissons de l'Old Red. 
Tous , sans exception , ont la tête large et aplatie , arrondie et comme tronquée , semblable à 
celle d'une Lotte ou d'un Silure. Ce caractère est même tellement prépondérant, qu'il est très- 
rare de voir un poisson de l'Old Red qui présente la tête de profil ; dans la majorité des cas, 
elle repose sur le côté supérieur ou sur le côté inférieur, alors même que le corps est couché de 
manière à présenter l'un des flancs. La gueule de la plupart des genres est largement ouverte, 
semicirculaire, et se trouve placée ou bien à l'extrémité de la tête arrondie, ou bien môme 
sous cette dernière. Les yeux se trouvent, dans la plupart des genres, fortement espacés el 
rejetés sur les côtés aplatis de la tête , ensorle qu'il est souvent fort difficile de déterminer 
leur position. Des formes analogues se trouvent chez les embryons. Même chez les poissons 
qui plus tard se distinguent par un museau alongé en forme de bec , les embryons montrent 
d'abord une tête large, arrondie et tronquée en avant, avec une bouche inférieure et des 
yeux latéraux , et ce n'est que plus tard que les mâchoires s'alongent et se reportent au de- 



XXX 

vant des yeux pour former enfin une télé de forme toute différente de celle qu'ils avaient en 
naissant. 

Je crois qu'il ne serait guère possible de trouver des termes de rapprochemens plus nom- 
"breux entre les embryons de nos poissons et les poissons fossiles , puisque rien ne nous est 
conservé de leur corps que le système osseux qui nous a fourni à lui seul toutes ces analo- 
gies , et je crois qu'on sera généralement d'accord avec moi , lorsque j'affirme , que les 
poissons de l'Old Red représentent, par leur structure toute particulière , Vâije embryonique du 
règne des poissons. Nulle part, en effet, dans aucun autre terrain, on ne trouve un aussi grand 
nombre de poissons, chez lesquels le squelette interne est si imparfaitement développé, et si 
inférieur au système cutané ; nulle part on ne trouve la grande majorité des poissons ayant 
les formes embryoniques des nageoires et de la tête aussi marquées. 

Ces faits nous donnent évidemment la clef du rang que ces familles doivent occuper dans 
un système ichlliyologique , et une application judicieuse de l'embryologie à la classification 
des animaux, ne saurait avoir que les plus heureux résultats sur le perfectionnement de nos 
systèmes zoologiques. En effet , si après avoir indiqué les affinités anatomiques des poissons 
de l'Old Red , nous examinons encore les rapports zoologiques dans lesquels ils se trouvent 
vis-à-vis des créations suivantes, nous voyons que, des cinq familles qui se trouvent dans le 
vieux grès rouge , il y en a une , celle des Céphalaspides , qui est entièrement restreinte à ce 
terrain, qu'il y en a une autre, celle des Sauroïdes , qui n'est représentée que par un groupe 
tout particulier, celui des Diptériens , qui est également restreint à l'Old Red , qu'une troi- 
sième, celle des Acanthodiens, ne se perpétue pas au-delà de la houille, et que seulement les 
Célacanthes et les Cestraciontes arrivent à des terrains plus récens. 

De toutes ces familles , c'est aussi celle des Céphalaspides qui s'écarte le plus des formes 
ordinaires des autres poissons, à tel point que l'on a facilement pu, dans les premiers temps 
de leur découverte, méconnaître leur nature et les prendre pour des animaux appartenant à 
d'autres classes du règne animal. C'est chez les Céphalaspides que nous avons reconnu ce 
type de poissons à appendices aîlés , représenté par les genres Ptérichlhys, Pamphractus et 
Polyphractus , qui, à raison de la cuirasse de leur corps, formée de plusieurs pièces étroite- 
ment soudées et de leurs nageoires pectorales transformées en stylets recourbés , ont passé 
tantôt pour de petites Tortues, tantôt pour d'énormes Coléoptères aquatiques; c'est chez les 
Céphalaspides , que nous avons trouvé ce curieux genre des Céphalaspis , que son large bou- 
clier céphalaire, sur lequel sont implantés deux yeux presque réunis en une seule orbite, avait 



XXXI 

fait prendre pour un crustacé voisin des Limules ou des Trilobiles, avant qu'on ait connu son 
corps écaillé et sa queue munie de nageoires verticales ; c'est parmi les Céphalaspidcs , enfin , 
que nous avons dû placer les Coccostées, avec leur puissante cuirasse et leur longue queue 
flexible, qui devait leur donner l'aspect le plus étrange qu'il soit possible d'imaginer et qui 
les a successivement fait prendre pour des Trionyx et pour des Rajes fossiles. J'ai déjà parlé, 
en traitant de cette famille des affinités, éloignées il est vrai, qu'elle présente avec les poissons 
cuirassés de notre époque, avec les Loricaires et les Siluroïdes. Je n'ai plus rien à ajouter à ce 
sujet ; mais ce que je voudrais encore une fois faire sentir, c'est la vérité de ce fait , que les dif- 
férens genres des Cépbalaspides montrent déjà une gradation, quoique peu marquée, dans leur 
conformation de plus en plus parfaite. C'est ainsi que d'un côté les appendices ailés des Ptérichthys 
et Pamphractus se perdent chez les Coccostées et les Céphalaspis, où ils sont remplacés par des 
nageoires ordinaires, tandis que d'un autre côté il y a un rapprochement évident entre les Coc- 
costées et les genres largement cuirassés de la famille des Célacanthes, tels que les Asterolépis 
et les Bothriolépis. La forme trapue des Ptérichthys et le développement fort incomplet de leurs 
nageoires, montrent évidemment que c'étaient des poissons peu agiles, vivant par troupes 
dans la vase, se mouvant avec lenteur et destinés à devenir la proie des autres. Chez les Cé- 
pbalaspides, le large bouclier dont ils sont couverts et leurs yeux supérieurs, indiquent le 
même genre de vie, mais déjà le tronc devient plus mobile et la queue, le moteur le plus 
puissant , se garnit de nageoires et devient apte à exercer des mouvemens plus rapides. Les 
Coccostées , enfin , étaient évidemment déjà des poissons voraces , comme le montrent leurs 
dents coniques, aiguës, et leur longue queue plate et flexible. Il y a sans doute loin de là à 
cette armure formidable des Bothriolépis, à ces dents acérées des Dendrodes (Asterolépis); 
mais on en conviendra, il y a dans la famille des Cépbalaspides un acheminement vers ce 
caractère rapace, et si l'on y joint la structure des plaques, la ressemblance que présentent les 
granules épars des Coccostées avec les astérisques des plaques des Asterolépis, l'on se convain- 
cra facilement, qu'il n'y a pas un si grand pas à faire, pour arriver des Coccostées aux Céla- 
canthes cuirassés. Cette ressemblance serait encore bien plus grande , si des recherches ul- 
térieures prouvaient que les Célacanthes cuirassés n'avaient point de véritables écailles im- 
briquées sur le corps, mais seulement de larges plaques recouvrant la tête et la nuque. Rien 
ne prouve, il est vrai, jusqu'ici celte supposition, mais ce qui est pourtant curieux, c'est le 
fait qu'à côté de la grande quantité de larges plaques d' Asterolépis et de Bothriolépis, qui ca- 
ractérisent certains terrains , on n'ait pas encore trouvé de véritables écailles , que l'on puisse 



— xxxu 

leur attribuer. Je signale ici ce fait à l'attention des géologues, car rien n'est souvent plus 
instructif que le mode d'association des fossiles , surtout quand les débris appartiennent à des 
animaux dont la grandeur et la mollesse du squelette , ont empêché leur conservation en en- 
tier. Mais il est nécessaire d'apporter la plus grande circonspection dans ce genre de rappro- 
chemens , avant d'en tirer des conclusions; car, trop souvent ces résultats se transmettent 
d'auteur en auteur, sans que l'on rapporte en même temps les faits sur lesquels ils sont 
basés, et passent quelquefois encore pour des vérités, lorsque l'état des faits a été modifié. Les 
couches de l'Old Red sont, il est vrai, peu favorables à ce genre de recherches, car là où 
les fossiles ne forment pas des noyeaux de rognons , les débris sont dispersés et mêlés d'une 
telle manière , que l'on trouve souvent dans le même morceau de limon durci les restes de 
plusieurs genres entièrement differens. 

La tribu des Diplériens est aussi , comme la famille des Céphalaspides , entièrement res- 
treinte aux couches de l'Old Red. Ici les affinités avec les autres Sauroïdes sont tellement évi- 
dentes, que j'ai dû renoncer à l'opinion à laquelle je me suis arrêté pendant quelque temps, 
de les envisager comme une famille à part. Les écailles sont les mêmes, et les dents se rap- 
prochent à tous égards, dans les genres Ostéolépis et Diplopterus, du type éminemment carnas- 
sier des Sauroïdes à dents incisives isolées. J'ai rangé provisoirement dans cette famille un 
genre, celui des Glyplopomes, qui, par la sculpture de ses écailles, se rapproche beaucoup 
des Platygnathes de la famille des Célacanlhes , mais qui s'en éloigne d'un autre côté par la 
forme et l'arrangement de ses écailles, qui sont évidemment seulement juxtaposées et taillées 
en losanges. R serait fort intéressant de voir comment la position de ce genre se fixera ulté- 
rieurement ; s'il faudra, par l'arrangement de ses nageoires, le placer définitivement parmi 
les Diplériens, ou bien, s'il marque, par des nageoires simples, le premier degré d'achemi- 
nement vers le type des Sauroïdes proprement dits. Dans ce dernier cas, on aurait, dans les 
Sauroïdes du vieux grès rouge , une gradation semblable à celle qui se présente dans les Cé- 
phalaspides. 

Les y^con</tO(/tens n'embrassent dans leur histoire que deux terrains, le vieux grès rouge 
et la houille; les terrains plus récens n'en montrent aucune trace. C'est aussi un type bien 
particulier qui ne se lie en aucune manière aux autres familles de Ganoïdes. R est vrai 
que la forme du corps ne s'écarte pas de celles avec lesquelles nous sommes familiers, mais 
la manière dont leur corps et couvert , offre certainement un caractère très-tranché. Ces pe- 
tites écailles rhoniboïdales , à peine visibles, qui donnent à la peau l'aspect du chagrin , n'ont 



XXXIII 

rien de semblable dans toute la classe des poissons, car le chagrin des Plagiostomes est formé 
d'élémens entièrement différens. On peut remarquer qu'en général les types bizarres, qui 
s'écartent le plus des types normaux, ont aussi trés-peude durée et ne se maintiennent que pen- 
dant une ou deux époques de l'histoire de la terre, après lesquelles ils finissent, sans que l'on 
remarque plus tard des types qui puissent être pris pour leurs remplaçans. Il en est ainsi pour 
lesCéphalaspides. Il en est de même pour les Acanthodiens. Nous ne retrouvons, dans lesGa- 
noïdes fusiformes des époques plus récentes , ni écailles en forme de chagrin , ni grandes 
épines sous forme de piquans , qui se dressent dans les nageoires. Ce type s'éteint entièrement 
avec la houille. 

Les Célacanthes sont de tous les Ganoïdes del'Old Red, les seuls qui présentent une histoire 
prolongée, puisqu'ils continuent jusque dans les terrains de la craie , où ils finissent avec le 
genre Macropoma. J'ai déjà fait sentir, en traitant de cette famille, quelles sont les difficultés 
que l'on rencontre, lorsqu'on veut la limiter rigoureusement et lui assigner des caractères 
tranchés, et combien il est probable qu'elle finira par se diviser en plusieurs familles dis- 
tinctes. Mais abstraction faite de ces considérations, qui ne sont pas encore basées sur des faits 
assez nombreux, c'est certainement dans l'Old Red que la famille des Célacanthes a le dé- 
veloppement le plus considérable, et ce n'est qu'en diminuant dans toutes les directions, 
qu'elle va s'éteindre enfin dans la craie. C'est , si l'on voulait le représenter graphiquement, 
un cône à base large, dont le sommet est formé par le genre Macropoma, tandis que sur la 
base se trouvent les Holoptychius, les Phyllolépis, les Glyptolépis , les Platygnathes, les Den- 
drodus, lesLamnodus, lesCricodus, les Asterolépis, les Bothriolépis, les Psammosteus , etc. 
du système dévonien ; tous aussi remarquables par leur structure , que par les nombreux in- 
dividus dont on trouve partout les débris, dans cette formation. En effet, s'il y a un fait qui 
puisse prouver, jusqu'à quel point il est vrai que les couches anciennes récèlent des types en 
général moins différens que ceux de la création actuelle, mais en revanche un nombre infini- 
ment plus considérable d'individus, c'est bien celui qu'il y a des couches d'Old Red, surtout 
en Russie , qui ne sont que de véritables brèches , composées presque uniquement d'écaillés 
et de plaques d' Asterolépis ou de Bothriolépis. Si les Ptérichthys sont tellement abondans dans 
les géodes de Lethen-Bar, qu'on en ramasse des charrettes pleines , il n'y a là rien d'éton- 
nant , puisque c'étaient de petits poissons, vivant probablement par troupes, dans la vase, se 
nourrissant, d'après tous les indices qu'on possède sur leur organisation, de mollusques sans 
coquille, de verset autres animaux inermes. Mais qu'on se rappelle, que les Bothriolépis et 

AG. OLD RED. V 



XXXIV 

les Asterolépis étaient des poissons de taille très-considérable , éminemment rapaces , se nour- 
rissant à en juger d'après leur dentition, de proie vivante, et l'on trouvera bien étonnant que 
ces espèces voraces, dont les analogues de nos jours ne se trouvent que très-disséminés , 
soient rassemblées en aussi grand nombre comme c'est le cas dans certaines localités. 

Ce qu'il y a de bien curieux dans les Célacanthes de l'Old Red, c'est qu'on rencontre déjà 
dans ces nombreux genres, plusieurs types assez distincts. Ce sont d'un côté les Glyplolépis, 
qui par leurs nageoires doubles se rapprochent tellement des Sauroïdes diptériens, qu'on 
pourrait croire à un certain parallélisme des deux familles; d'un autre côté, les Asterolépis 
(Dendrodus), les Bothriolépis et les Psammosteus , dont on n'a pas encore trouvé les écailles ca- 
ractéristiques , mais qui étaient munis de larges plaques cutanées, et qui par leur dentition se 
rapprochent beaucoup du vrai type de la famille des Célacanthes, c'est-à-dire de celui des Holo- 
ptychius, des Plalygnathcs et des Phyllolépis. Evidemment les espèces de ces deux groupes de 
la famille des Célacanthes étaient les souverains absolus des mers qu'elles habitaient ; les dimen- 
sions gigantesques du corps de quelques-unes d'entre elles et leurs dents aigiies et tranchantes, 
leur donnaient sans doute une supériorité qui n'était pas contestée. Déjà dans les couches sui- 
vantes, dans la houille, ces forbans des premiers océans sont accompagnés de vrais Sauroïdes, 
de taille aussi remarquable, les Mégalichthys par exemple , et d'autres , quoique à côté de ces 
nouveaux genres, les Holoptychius , les Phyllolépis, etc., se maintiennent encore; cependant 
dans les terrains suivans, les Sauroïdes prennent évidemment le dessus. La dentition des Céla- 
canthes du vieux grès rouge est fort remarquable : tous ces poissons sauf les Glyptolépis , qui 
forment aussi par leurs nageoires un groupe à part, ont des dents acérées, isolées, placées à 
distances , et formées de dentine plissée ; et dans aucun autre groupe du règne animal ce plis- 
sement de la dentine ne va aussi loin que chez nos Célacanthes, témoins les genres Dendrodus, 
Lamnodus, etc. 

Les Placoïdes de l'Old Red ne sont pas encore assez bien connus dans leur organisation 
pour qu'il soit dès à-présent possible de fixer leurs rapports avec ceux des terrains suivans et 
ceux de la création actuelle. Le fait qui m'a le plus frappé à leur égard , c'est la petitesse des 
Ichthyodorulithes de cette formation, comparés à ceux de l'époque houillère et du Lias, et d'un 
autre côté la rareté des dents de ces animaux , relativement à l'abondance de leurs rayons 
épineux , à l'inverse de ce que nous remarquons dans les terrains crétacés et tertiaires et 
parmi les espèces vivantes ; d'où je conclus que dans les premiers temps du développement de 
la vie, c'étaient moins les Placoïdes que certains Ganoides, les Célacanthes et les Sauroïdes 



XXXV 

en particulier, qui faisaient la terreur des mers, et qui la parcouraient en maîtres, comme 
c'est de nos jours le cas pour les Requins, sous toutes les latitudes. Les rapprochemens que 
j'ai faits plus bas entre les Placoïdes de l'OId Red et les Requins de la Méditerranée, mon- 
trent jusqu'à l'évidence que par leur nombre et leur diversité, les espèces fossiles de ce 
terrain ne le cédaient en rien à celle d'une faune très-étendue de la création actuelle. 

De l'ensemble des faits résumés plus haut, il me paraît résulter, que non-seulement les 
poissons de l'Old Red constituent une faune distincte et indépendante de celles des autres ter- 
rains, mais encore qu'ils présentent, dans leur organisation, l'analogie la plus remarquable 
avec les premières phases du développement embryonique des poissons osseux de notre 
époque, et un parallélisme non moins sensible avec les degrés inférieurs de certains types de 
la classe, telle qu'elle existe maintenant à la surface du globe. Ce qu'il y a de plus curieux 
dans ces rapprochemens , c'est que ce n'est pas avec les types correspondans de la création 
actuelle qu'on peut paralléliser ces poissons anciens ; par exemple , les poissons osseux d'a- 
lors n'ont rien de commun avec les poissons osseux de notre époque, pas plus que les Pla- 
coïdes des plus anciennes formations ne ressemblent en général à ceux de la création ac- 
tuelle. Les Ganoïdes non plus n'offrent que des ressemblances éloignées avec les Ganoïdes ac- 
tuels ; mais ces mêmes Ganoïdes se rapprochent , par une foule de caractères , des Placoïdes 
de notre époque et même des types inférieurs de cet ordi-e. Et cependant ils ont à côté de 
cela aussi certains rapports avec les Reptiles, quoique celte classe d'animaux n'apparaisse en 
réalité que plus tard , rapports que je voudrais appeler des analogies prospectives, tant il est 
fréquent de rencontrer de ces ressemblances prophétiques, dans la série des terrains, chez des 
types qui se succèdent avec le temps, après avoir présenté pendant long-temps les caractères 
combinés de plusieurs groupes, qui ne deviennent distincts que plus tard. Ces faits me parais- 
sent réellement devoir fixer sérieusement notre attention, car ils nous montrent toujours plus 
impérieusement la nécessité où nous sommes de renoncer aux classifications sériales pour ex- 
primer les rapports réels des êtres vivans. En effet si les poissons fossiles les plus anciens de 
l'ordre des Ganoïdes, présentent des ressemblances frappantes avec les Cyclostomes et les 
Plagiostomes de notre époque, si ces mêmes Ganoïdes ont en outre certaines analogies avec 
les Reptiles, et en particulier avec les Labyrinthodontes, si ces rapports disparaissent à des 
époques plus récentes , si ces familles elles-mêmes s'éteignent progressivement pour être 
remplacées par d'autres, sera-t-il jamais possible d'exprimer toutes ces relations par un ar- 
rangement linéaire dans nos systèmes zoologiques? Et si ce que je viens de faire remarcjner 



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pour les poissons est également vrai pour toutes les classes du règne animal , ne devons-nous 
pas nous hâter d'emprunter à l'embryologie et à la paléontologie tous les renseignemens qu'elles 
peuvent nous fournir pour apprécier toujours mieux l'ensemble des rapports si variés , qui 
lient entre eux tous les êtres créés? 

Loin de croire que ce but puisse être complètement atteint dès à-présent, j'abandonne pour 
le moment ces questions de méthode , dont la solution exigera sans doute encore d'immenses 
travaux , pour me borner à considérer cet ensemble de poissons fossiles, qui constituent l'une 
des parties les plus intéressantes de la faune de TOld Red, sous un dernier point de vue, c'est- 
à-dire comme un simple groupe d'espèces diverses, mais contemporaines. En faisant ainsi 
abstraction de toute considération systématique, nous sommes néanmoins frappés de la 
grande diversité que ces espèces présentent réellement. Qui se serait en effet attendu que l'on 
trouverait jamais , dans des espaces aussi limités que ceux qui ont été explorés jusqu'ici , au- 
delà de cent espèces de poissons fossiles , dans le seul système dévonien , c'est-à-dire dans un 
étage de la série de nos terrains, que l'on croyait encore, il y a quelques années, restreint 
aux îles britanniques, et auquel on n'accordait en conséquence qu'une valeur locale? Et pour- 
tant, toutes choses du reste égales, la faune ichthyologique que ce terrain renferme est aussi 
considérable que celle qui peuple les côtes d'Europe ; et alors même que les espèces de l'Old 
Red n'appartiennent pas à un aussi grand nombre de familles que les vivantes , elles ne sont 
ni moins variées dans leurs formes et leur aspect général , ni moins curieuses par leurs carac- 
tères extérieurs et par leur organisation, ni moins différentes entre elles par leur taille et par 
le degré de puissance locomotive , dont elles étaient sans doute douées. 



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DE LA FAMILLE DES GEPHAL.4SPIDES. 



CHAPITRE I. 
DES CÉPHALASPIDES EIV GÉNÉRAL. 



Les premiers poissons de celte famille qui sont venus à la connaissance des paléontologistes 
sont quelques débris de forme bizarre qu'on a pris dans l'origine pour des Trilobites et dont je 
fis mon genre Cephalaspis, lorsque j'eus reconnu que c'étaient réellement des poissons. Rangés 
d"abord parmi les Lépidoïdes hétérocerques, à cause de leur caudale inéquiloble, les Cephal- 
aspis étaient destinés à devenir plus tard le type d'une nouvelle famille, celle des Céphalas- 
piDEs dont nous allons traiter, et dans laquelle plusieurs autres genres non moins extraordi- 
naires et provenant tous de l'époque de transition , devaient également prendre place. Tels 
sont, outre le genre Cephalaspis ('), le genre Pterkhthys avec huit espèces, le genre Pam- 
phractiis, dont il n'existe qu'une espèce, le genre Polyphractus, dont je ne connais égale" 
ment qu'une espèce, et le genre Coccosteiis, qui compte trois espèces ('). 

Cette famille se distingue par une organisation toute particulière, fort différente de celle des 
autres poissons et qui se reflète jusque dans ses moindres détails. C'est ce qui fait que bien 
qu'on ne connaisse que des fragmens incomplets de la plupart des espèces , on peut néan- 
moins , d'après ces simples fragmens , se faire une idée de l'animal tout entier, et même rap- 
porter les espèces à leurs genres respectifs. Ce qui constitue le caractère essentiel de la 
famille , ce sont de larges plaques osseuses non imbriquées qui recouvrent non-seulement la 
tète, mais aussi une partie du tronc, et qui, suivant la manière dont elles se combinent 
entre elles, donnent à chaque type son cachet particulier. On remarque même une certaine 
gradation dans le développement de ces plaques selon les genres. Dans le genre Ptérichthys, 
le type le plus bizarre de cette famille , tout le corps , à l'exception de la queue , est 

(') Le genre Cephalaspis , dont je connais aujourd'hui quatre espèces , est décrit en détail dans mes Recherches 
sur les Poissons fossiles , lom. 2 , chap. VI , pag. 135. 

(') Le genre Chélonichlhys que j'ai rapporté ailleurs à la famille des Céphalaspides doit être reporté dans celle des 
Célacanthes. 

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enveloppé dans une carapace très - compliquée , formée de la réunion de ces plaques, et 
la tète ne parait que comme un petit appendice attaché à cette dernière par une arti- 
culation peu mobile. Chez d'autres, la tète se sépare plus distinctement du corps; la 
carapace n'est plus si compliquée ; un plastron unique et indivise couvre le dos, tandis que 
les plaques de la tète s'agrandissent et forment un tout séparé (par exemple, chez les Coccos- 
teus). Enfin chez d'autres encore, la carapace du tronc fait place à des écailles allongées et 
imbriquées (les Céphalaspis). La tète alors n'a plus qu'un seul écusson qui est beaucoup plus 
grand que dans les autres genres. 

La structure de ces plaques est fort curieuse. Leur face inférieure (celle qui était enfoncée 
dans la peau) est en général lisse, la face extérieure est en revanche ornée d'aspérités, de ren- 
flemens, de granules, en un mot, de reliefs plus ou moins nombreux et saillans. On trouve 
quelquefois des morceaux qui paraissent granulés sur les deux faces, mais en examinant des 
plaques entières, on voit que ces doubles ornemensne sont propres qu'aux plaques marginales, 
qui faisaient saillie. La substance même des plaques est une véritable substance osseuse, dont 
les nombreux canaux médullaires, leur arrangement et l'allure variable de leurs réseaux, 
peuvent fournir d'assez bons caractères pour la détermination des genres et des espèces. Les 
ornemens de la face externe de ces plaques sont tantôt formés d'une couche d'émail distincte- 
ment séparée, tantôt c'est simplement la substance osseuse qui devient de plus en plus dense 
et prend un aspect semblable à l'émail. 

La tète est en général plate, à pourtour arrondi, soit qu'elle soit formée d'une seule plaque 
ou de la réunion de plusieurs; elle représente toujours un seul écusson aplati, quelquefois 
élevé en crête sur la nuque. Les yeux sont en général placés de côté, ou bien tout en haut et 
très-rapprochés l'un de l'autre. La bouche paraît avoir été le plus souvent terminale, ou plutôt 
ouverte sous le pourtour du rostre. 11 n'y a jusqu'ici que le genre Coccosteus dans lequel on 
ait pu découvrir de petites dents coniques, pointues et régulièrement espacées. 

Le corps est, comme la tète, assez large et aplati, et son aplatissement subit à peu près la 
même gradation que les plaques qui le couvrent. En général, moins le corps est recouvert de 
plaques, et moins il est aplati. Il y a une grande différence à cet égard entre les Ptérichthys. 
qui ont tout le corps immobile, et les Céphalaspis qui devaient être doués d'une assez grande 
mobilité, puisqu'il n'y a que les côtés du corps qui soient recouverts de grandes écailles. 

Le système des nageoires est on ne peut plus incomplet dans cette curieuse famille. Les 
nageoires paires manquent dans la majorité des cas; il n'y a que les genres Ptérichthys et 
Pamphraclus qui aient des nageoires pectorales, et leur conformation est des plus étranges. Ce 
sont de longs appendices étroits, cuirassés, pointus et dépourvus de rayons. Ils sont attachés 
sur les côtés du corps, entre le tronc et la tête, et leur forme singulière, ainsi que leur posi- 
tion avancée, sont bien propres à donner le change sur leur véritable signification. Les pecto- 
rales manquent complètement aux Coccosteus et aux Céphalaspis , mais je ne pense pas que 
cette absence soit une raison de les éloigner des genres ailés, attendu qu'il résulte des études 



— 3 — 

embryologiques de M. Pries sur les Syngnathes, que même les genres de poissons, qui n'ont 
point de nageoires pectorales à l'âge adulte, n'en sont pas pour cela dépourvus pendant la vie 
embryoniquc, mais qu'ils les perdent plus tard par résorption. Il n'existe des nageoires ventrales 
chez aucun genre de Céphalaspides. 

Les nageoires impaires, lorsqu'elles existent, sont au nombre de deux, une dorsale et une 
anale. 11 n'y a pas de caudale dans la plupart des genres; les Cephalaspis seuls m'en ont offert 
des traces. Ces nageoires sont, sans exception, petites, courtes et peu propres à la locomotion. 
Le genre Ptérichthys n'en a point du tout. Mais le fait de l'existence de deux nageoires ver- 
ticales distinctes, comme on les trouve chez les Coccosteus et les Cephalaspis, est une preuve 
à nos yeux que ces poissons ont parcouru un développement propre et que l'on ne saurait par' 
conséquent les considérer comme des embryons, puisque chez ces derniers il n'y a qu'une 
seule nageoire verticale continue, qui entoure toute la partie postérieure du corps. Nous de- 
vons admettre dès lors qu'ils se sont développés d'une manière toute particulière, d'après un 
plan exclusif, qui paraît être restreint à ce terrain. 

Le squelette de ces poissons n'est pas ce qu'il y a de moins curieux. Semblable à celui du 
Lépidosiren et des Esturgeons de la création actuelle, et de beaucoup d'autres Ganoïdes fossiles, 
il occupe un échelon très-inférieur de l'échelle du développement du système vertébral et , à 
l'exception des pièces qui étaient en rapport avec la peau et qui sont émaillées sur leurs faces 
extérieures, le reste du squelette restait plus ou moins mou et cartilagineux. La corde dorsale, 
ainsi que le prouvent les empreintes de Coccosteus, persistait pendant toute la vie sous la forme 
d'un cordon rond , sur lequel étaient fixées des apophyses d'une apparence osseuse, dont les 
empreintes sont conservées dans une foule d'exemplaires. C'est par conséquent un nouveau 
fait à enregistrer dans l'histoire du règne des poissons en général , qu'ici aussi , comme dans 
lembryon, le squelette commence par une corde dorsale, autour de laquelle viennent se grou- 
per d'abord les pièces périphériques, jusqu'à ce que la corde elle-même soit refoulée et ab- 
sorbée par la formation des corps de vertèbres. 

11 paraît, d'après l'état des pièces conservées, que tous les os crâniens n'étaient que des 
plaques prolectrices qui recouvraient une boîte cérébrale cartilagineuse, semblable à celle des 
Esturgeons. Du moins n'ai-je jamais pu découvrir des os crâniens dépourvus de cette granu- 
lation caractéristique, qui indique que les plaques étaient en rapport direct avec la peau. Il 
me paraît dès-lors hors de doute que toutes ces plaques granulées reposaient par leur surface 
interne et lisse sur un cartilage crânien, tel qu'on le trouve chez les poissons cartilagineux et 
chez les embryons des poissons osseux. 

Ce qui distingue encore cette famille, c'est le fait que le principal instrument locomoteur, 
la queue, est recouverte d'écaillés imbriquées, qui tantôt forment de longs rubans verticaux , 
comme chez les Céphalaspides, tantôt de petits rhombes plus ou moins arrondis, comme chez 
les Ptérichthys et les Coccosteus. Ces écailles sont généralement lisses et paraissent recouvertes 
d'une couche d'émail, comme les grandes plaques. 



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Si nous recherchons maintenant les affinités naturelles que présente cette famille, nous trou- 
verons qu'elle se rapproche, d'un côté, des Esturgeons, de l'autre, des Goniodontes et des 
Siluroïdes cuirassés. Cependant les affinités avec les Loricaires se bornent aux plaques osseuses 
et émaillées; le squelette et la disposition même des plaques sont fort différens. L'ana- 
logie est bien plus frappante avec les Esturgeons , à raison de la persistance de la corde dor- 
sale, du développement retardé de tout le système osseux, qui n'entre pas en relation avec la 
peau, et de la formation de plaques protectrices cutanées, couvertes d'émail. Mais d'un autre 
côté, la structure et la position de la bouche, et le développement des nageoires paires et im- 
paires, sont si différens dans ces deux familles, que tout en reconnaissant leur affinité , il 
sera toujours impossible de les réunir. 

La famille des Céphalaspides constitue par conséquent un type à part dans le règne animal, 
comme dans l'histoire du développement des poissons, puisque d'un côté ses caractères zoo- 
logiques sont nettement tranchés, et que de l'autre sa présence est restreinte au seul terrain 
du vieux grès rouge. Jusqu'ici du moins, on n'a pas encore trouvé dans d'autres couches des 
débris qui puissent être rapportés à des genres de cette famille. Il n'en sera par conséquent 
que plus curieux, d'étudier toutes les phases qu'a subies ce type si remarquable pendant la 
durée d'une seule formation. Les renseignemens que j'ai pu recueillir jusqu'ici , sont loin 
d'être complets ; car, ainsi qu'on le verra dans les descriptions des genres et des espèces qui 
vont suivre, on ne possède que des fragmens isolés de plusieurs genres très-curieux, et encore 
ces fragmens sont-ils tellement extraordinaires, tellement différens de tout ce que l'on connaît 
jusqu'ici, que leur détermination est souvent impossible. Mais les progrès qu'a faits la paléon- 
tologie du vieux grès rouge dans ces dernières années nous font espérer que petit à petit les 
lacunes seront comblées, et que nous finirons par avoir une idée non moins précise de cette 
faune ancienne, que de celles qui lui ont succédé dans la série du temps. Pour faciliter les 
déterminations , je place ici une table analytique des genres et des espèces de cette famille 
que je connais maintenant et qui appartiennent tous au système dévonien. 



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CHAPITRE II. 

DU GEXRE PTÉRICHTHYS Agass. 



Il est impossible de rien voir de plus bizarre dans toute la création que le genre dont nous 
allons nous occuper. Le même élonnement qu'éprouva Cuvier en examinant pour la première 
fois les Plésiosaures, qui semblaient porter un défi à toutes les lois de l'organisation, je l'ai 
éprouvé moi-même , lorsque M. II. Miller, le premier qui ait découvert des traces de ces 
fossiles , me fit voir les échantillons qu'il en avait ramassés dans le vieux grès rouge de 
Cromartry. La connaissance des Céphalaspis, que l'on savait déjà alors appartenir à la classe 
des poissons, avait conduit M. Murchison à soupçonner que ces débris pourraient bien appar- 
tenir à un genre analogue , mais ne sachant comment envisager les longs appendices ailés 
dont sont munis ces curieux animaux, il n'osa prononcer un jugement définitif sur leur 
nature. L'étude plus complète que j'ai pu faire de ces fossiles, grâce aux recherches et à la 
complaisance de lady Gordon Cumming, de MM. Hugh Miller, Malcolmson , Murchison, 
H. Robertson, Fleming, Anderson, Jameson, lord Enniskillen, sir Ph. Egerton et autres, m'a 
conduit à des résultats que j'ose appeler satisfaisans, bien qu'ils soient encore incomplets, car 
il reste encore beaucoup d'incertitudes sur des points essentiels , dont nous ne pouvons nous 
rendre compte que par analogie. 

Les Ptérichlhys sont de petits poissons; les plus grands exemplaires que j'aie rencontrés 
«'atteignent pas la longueur d'un pied. Ils ont en général une forme ovale ou piriforme ; la 
tête est courte et comprimée, le tronc massif et élargi , la queue assez mince, et à ce qu'il 
parait, conique et effilée vers son extrémité. La plupart des exenqîlaires ont deux appendices 
recourbés, allongés en forme de sabre, et articulés près de la tête, comme les bras d'un indi- 
vidu qui nage. Leur forme générale rappelle celle de certains insectes aquatiques, les Hydro- 
philes ou les Dytiques par exemple, qui ont aussi un corps large, ovalaire, et de grandes pattes 
qui leur servent pour la locomotion ; ou bien certains Limules , auxquels on aurait ajouté des 
bras pour la natation. Quelques naturalistes ont en effet voulu reconnaître des insectes 
gigantesques ou un type particulier de crustacé voisin des Trilobites dans ces larges cuirasses 
fossiles, tandis que d'autres y voyaient de petites espèces de tortues marines. J'espère que je 
parviendrai à démontrer jusqu'à l'évidence, que ce sont des poissons, quelque bizarres qu'ils 
soient. Je dois cependant faire l'aveu que j'ai été plusieurs années à examiner ces débris avant 
d'oser me prononcer positivement sur leur nature. Si je crois pouvoir le faire maintenant, 



■ — 7 — 
c'est parce que les doutes qui s'élevaient contre ma manière de voir sont entièrement levés 
dans mon esprit. 

On peut distinguer quatre parties essentielles dans le corps de ces poissons; la tête, qui 
est en général très-petite, plus ou moins ronde, et qui s'élève comme un bouton sur le corps; 
la carapace , de forme ovale plus ou moins allongée , qui recouvre la plus grande partie du 
corps, et qui est ordinairement séparée de la tête par une échancrure latérale, accompagnée 
d'une rainure plus forte indiquant l'articulation céphalique ; les tmgeoires pectorales en forme 
de deux ailes placées sur les côtés de cette articulation. Enfin derrière la carapace, qui enve- 
loppe sans doute toute la cavité abdominale depuis la nuque jusqu'à l'anus, et qui, comme la 
tête, est formée de larges plaques soudées ensemble, se trouve une qi<e»eplus ou moins large, 
cylindrique , en général assez allongée, pointue et couverte d'écaillés imbriquées. Ce sont ces 
écailles imbriquées qui m'ont fourni les premiers indices sur la véritable nature de ces êtres 
bizarres , et ce n'est que plus tard qu'une étude plus approfondie de plusieurs espèces diffé- 
rentes m'a permis de mieux préciser les rapports de leur organisation. 

Pour mieux faire ressortir les particularités de structure que présentent les parties que nous 
venons de signaler, nous allons les étudier par leurs différentes faces, en prenant pour point 
de départ la face supérieure, que nous connaissons le mieux. Il est facile de concevoir que c'est 
à cause de la forme large et aplatie de tout le corps que ces poissons montrent ordinairement 
soit la face supérieure, soit la face inférieure, aj^ant été déposés après leur mort sur le côté qui 
présentait le plus de surface. C'est par la même raison que les poissons hauts et comprimés, 
tels que les Squammipennes , les Pleuronectes et autres sont ordinairement déposés sur les 
flancs. Avant d'entrer dans le détail des différentes parties du corps et d'indiquer les variations 
auxquelles elles sont soumises , que le lecteur veuille bien jeter un coup d'œil sur la figure 
restaurée (Tab. 6, fig. 1), afin de se faire une juste idée des relations naturelles qui exis- 
tent entre les différentes plaques. Cette figure représente la face supérieure, restaurée d'après 
le Pterlchthys latus , dont on connaît les échantillons les mieux conservés. J'y ai en outre 
ajouté quelques détails dans la division des plaques empruntés à d'autres espèces ; ensorte 
que c'est une figure idéale du genre plutôt qu'une figure restaurée de l'espèce. 

La partie principale de la tête est recouverte à sa face supérieure par une plaque médiane a 
que nous nommerons la plaque céphalique. La forme de cette plaque varie beaucoup ; tantôt 
elle est presque circulaire , tantôt allongée , tantôt déprimée et élargie des deux côtés ; mais 
toujours elle recouvre la plus grande partie de la tête , et sa forme détermine celle de la tête 
elle-même. Je suis encore incertain sur la signification des parties qui se trouvent au-devant 
de cette plaque céphalique. Tous les individus que j'ai pu déterminer jusqu'à présent, avaient 
la tête écrasée, disloquée et même emportée, ou bien les contours étaient si peu accusés, qu'il 
m'a été impossible de la rétablir d'une manière précise. Il y avait probablement un cer- 
tain nombre de petites plaques caduques faisant le tour du bord de la tête. On voit quelque 
chose d'analogue chez les Coccosteus et même chez plusieurs Silures de l'époque actuelle. 



Peut-êlre aussi existait-il dans cet endroit une peau coriace, qui formait le devant de la tête 
et garnissait les lèvres. 11 paraît même, d'après plusieurs échantillons du Pterichthys latm, 
qu'il y avait des appendices labiaux courts et flexibles, des barbillons près de la bouche, 
comme on en rencontre chez presque tous les poissons à corps cuirassé. Mais , je le répète , 
je ne puis rien préciser à cet égard. Il serait fort à désirer que l'on trouvât quelques échan- 
tillons bien conservés de la tête qui permissent d'en compléter l'étude. 

Derrière la plaque céphalique on voit une paire de plaques latérales, b b, que nous nomme- 
rons les plaques nuchales. Il paraît que ces plaques ne se touchaient pas au milieu, mais qu'il 
y avait entre elles un espace vide et circonscrit qui se continuait dans la fente médiane de la 
carapace. Les plaques nuchales étaient petites, de forme oblongue et placées transversalement. 
C'est entre elles et la ceinture thoracique, qui s'adapte immédiatement à leur bord postérieur, 
que se trouve l'articulation principale entre la tête et le tronc , à en juger d'après l'espace qui 
sépare quelquefois ces plaques, et d'après les dislocations que l'on observe en cet endroit dans 
presque tous les exemplaires. 

Cette articulation n'est cependant pas la seule. Il y en a une autre derrière la ceinture tho- 
racique , entre celle-ci et les plaques latérales antérieures. La ceinture thoracique est com- 
posée en haut de deux plaques oblonguesee, placées transversalement entre les plaques 
nuchales en avant et les plaques latérales antérieures en arrière , et séparées , sur la ligne 
médiane, par une suture qui quelquefois est très-peu visible. La forme de ces plaques varie 
beaucoup et fournit de bons caractères d'espèces. Quelquefois elles sont larges au milieu et 
rétrécies sur les côtés; d'autres fois elles envoient un processus en dehors de la plaque nuchale, 
qui souvent s'allonge presque jusqu'à rencontrer la plaque céphalique. 

Sur les côtés de cet ensemble de plaques que nous venons de nommer, se trouvent encore 
deux paires de plaques ce et dd, qui paraissent avoir servi à fixer les nageoires pectorales, 
et que nous nommons plaques articulaires antérieures et postérieures. C'est au-dessous de ces 
plaques que les pectorales sont attachées. Elles sont très-variables, mais il est assez rare de 
les trouver bien conservées. Elles forment le bord extérieur latéral de la tête et touchent aux 
bords des plaques nuchales, thoraciques et céphaliques, quelquefois aussi seulement aux deux 
premiers. Elles rappellent un peu ces grandes plaques arrondies qui, dans les cuirasses du 
moyen âge, garantissaient l'articulation du bras en couvrant les omoplates. 

La carapace proprement dite est formée d'une réunion de plaques semblables à celles de la 
tête et de la ceinture thoracique. Ce qui frappe d'abord, c'est une plaque médiane, placée au 
centre de la carapace, et que nous nommons la plaque centrale, g. Elle est en général rhom- 
boïdale, allongée dans les espèces longues, plus courte ou circulaire dans les espèces plates; 
les angles par lesquels elle s'enchevêtre avec les plaques environnantes, sont tantôt arrondis, 
tantôt nettement accusés et pointus. Elle forme comme la clef de voûte de la carapace , et ses 
relations et ses formes peuvent fournir d'excellens caractères, qui sont d'autant plus précieux 
qu'il est peu d'échantillons bien conservés, dans lesquels cette plaque ne soit pas reconnaissable . 



Le devant de la carapace esl complété par deux placfues symélri(|ues //', les plaques laté- 
rales antérieures. Elles sont de forme oblongue et pentagonale, le côlé postérieur étant coupé 
obliquement pour recevoir la plaque centrale. Le bord antérieur touche à la ceinture thora- 
cique, sans doute par une articulation ; le bord interne est soudé à son homonyme du côté 
opposé, et les bords postérieurs se soudent, d'un côté à la plaque centrale, de l'autre à la 
plaque latérale postérieure. Le bord externe forme aussi, dans la plupart des espèces, le bord 
du corps, se soudant avec les plaques qui garnissent les flancs. Dans quelques espèces les 
plaques des flancs sont encore visibles à côté. 

Les plaques latérales moyennes, h h , senties analogues des latérales antérieures. Elles for- 
ment un pentagone semblable, seulement l'angle tronqué est en avant, tandis que chez les 
plaques antérieures il est en arrière. De la combinaison des plaques antérieures et moyennes 
résulte ainsi l'espace rhomboïdal, occupé par la plaque centrale. La forme de ces plaques dé- 
pend du reste, comme celle des plaques antérieures, de la forme du corps lui-même, et varie 
par conséquent suivant les espèces. 

La carapace des Ptérichthys se termine par une pointe obtuse , divisée en deux par une 
fente médiane et composée de deux paires de plaques situées derrière les plaques moyennes, 
savoir les plaques latérales postérieures, ii, et les plaques intercalaires, kk. Les premières 
sont deux pièces triangulaires se touchant sur la ligne médiane, adossées par leurs bords anté- 
rieurs aux plaques latérales moyennes, et formant le bord externe de la partie postérieure de 
la carapace. Elles laissent entre elles sur la ligne médiane un espace triangulaire, qui est 
rempli par deux petites esquilles, les plaques intercalaires, A' A'. Les rapports de ces deux 
paires de plaques postérieures varient beaucoup. Les plaques intercalaires manquent à la ma- 
jorité des espèces, ou bien elles font corps avec les latérales postérieures; il y a même quelques 
espèces chez lesquelles la ligne de séparation entre les latérales moyennes et postérieures n'est 
pas très-distincte , de sorte que toute la partie postérieure de la carapace n'est formée que 
d'une seule paire de plaques, ([ui remplace les trois paires de plaques que nous venons d'énu- 
mérer à la suite de la plaque centrale. 

La face inférieure de l'animal est bien moins connue que la face supérieure. Le seul exem- 
plaire sur lequel je lai pu étudier avec quelque précision est une carapace mutilée d'im Pt. tes- 
tudinarius. Les plaques paraissent se succéder dans le même ordre qu'à la face supérieure. H 
y a une plaque centrale , des plaques latérales et des plaques intercalaires, mais les formes des 
plaques, leur grandeur, etc., paraissent être dilïérentes, ce qui tient évidemment à des carac- 
tères d'espèce que nous ne voulons pas toucher ici. Quant aux plaques de la tête et de la cein- 
ture Ihoracique, il serait fort difficile de dire d'une manière précise comment elles sont faites; 
mais il parait, d'après plusieurs échantillons que j'ai sous les yeux, qu'il n'y avait point de 
plaques solides sur le dessous de la tête, et que toute la gorge était recouverte d'une peau 
lâche mais ferme, qui permettait un élargissement considérable de la cavité buccale. La cein- 
ture thoracique ne se réunissait pas non plus, à ce qu'il parait, sous la gorge, comme c'est le 

A.G. OLD RED. - 2 



— iO — 
cas chez la grande majorité de nos poissons , mais son côté supérieur était seul développé. 
Une pareille structure qui laissait un passage assez grand aux alimens, devait en effet convenir 
à des poissons larges et peu hauts comme étaient les Plérichthys. 

Les flancs étaient recouverts, comme le dos et le ventre, de plaques émaillées qui joignaient 
ensemble les deux faces de la carapace, pour en faire une boite semblable à celle d'une tortue, 
dans laquelle étaient enfermés les intestins et les autres entrailles. Ces plaques sont en géné- 
ral assez longues et peu hautes , comme elles convenaient pour une boite aussi basse que la 
carapace d'un Plérichthys; il n'y a que quelques espèces qui paraissent avoir eu une carapace 
plus haute et plus spacieuse. 

Les appendices ailés, que j'envisage comme des nageoires pectorales, m'ont fort embarrassé 
dans l'origine, et aujourd'hui encore la signification que je leur attribue sera peut-être contes- 
tée. Ce sont deux stylets très-pointus, généralement effilés, articulés , attachés aux deux côtés 
de la tête et susceptibles de se rapprocher et de s'éloigner du corps à volonté, comme le prouve 
leur position variable dans les différons exemplaires. Ils étaient sans doute aussi pourvus 
d'articulations transversales , de sorte que probablement le poisson pouvait les plier à volonté 
sur eux-mêmes. L'extrémité de ces appendices est une pointe quelquefois très-longue et 
effilée, et j'ai cru remarquer dans certains cas des traces de rayons très-fins au bout des ap- 
pendices, comme dans les nageoires des Requins. Cette apparence de rayons, leur position et 
leur articulation me les font prendre pour de véritables nageoires pectorales , quoique je ne 
les aie jamais vus déployés en nageoires , mais seulement réunis en faisceaux. En effet, ils 
sont fixés à l'extrémité d'une ceinture thoracique parfaitement analogue k celle des autres 
poissons, et placés au même endroit , sur la limite entre la tête et le corps , c'est-à-dire que 
l'articulation de ces deux parties du corps est placée en avant de ces nageoires. 

J'avais cru d'abord pouvoir les paralléliser avec les prolongemens des pièces operculaires de 
certains A.canthoptérygiens, et j'en trouvais la raison dans la forme courte et trapue de la tête, 
pensant que les organes de la respiration , les branchies, devaient se trouver derrière ces ap- 
pendices et être abrités par eux. Mais la présence de pareils appendices articulés aurait en elle- 
même quelque chose d'étrange dont on ne connaît pas d'exemple. On sait d'ailleurs que les 
ceintures thoraciques et les nageoires pectorales avancent quelquefois considérablement vers 
la tête, de manière à cacher une partie des branchies. Quoi qu'il en soit, ces appendices sont 
articulés sur les côtés, entre la tête et le tronc , et couverts , comme ces derniers, de plaques 
émaillées , dont la granulation se change en dentelures sur le bord , à-peu-près comme sur 
les pinces des crabes et des écrevisses. 

Ce qui m'a surtout convaincu que ces êtres si singuliers, que l'on a pris tour à tour pour 
des crustacés ou des scarabées, sont réellement des poissons, c'est la queue qui est couverte de 
petites écailles imbriquées, comme on n'en trouve que chez les poissons. Ces écailles paraissent 
avoir été assez minces, formées à la manière des Glyptolepis et autres poissons écaillés de la 
même époque , et faiblement fixées à la peau , puisqu'on les trouve rarement conservées en 



— H — 

place. Elles sont imbriquées et tantôt en séries obliques, tantôt en séries transverses; il y a 
même une espèce où les rangées sont longitudinales, de manière que leur mode d'imbrication 
peut fournir de très-bons caractères d'espèce. La queue ne m'a jamais offert la moindre 
trace de nageoires ; chez la plupart des espèces , elle paraît se terminer en cône ; il n'y en 
a qu'une seule, le Pt. Millevi, où elle soit très-mince, effdéc et peut-être même terminée en 
lilet, comme c'est le cas des Chimères et de certaines Raies. 

J'ai trouvé quelquefois., notamment chez plusieurs exemplaires du Pt. productiis, toutes les 
plaques de la carapace au complet, avec deux plaques carrées, gisant sur le côté, et toujours 
au même endroit, près de la jonction de la queue avec la carapace. Il se pourrait que ces pla- 
ques eussent porté des nageoires ventrales , et c'est pourquoi j'en recommande spécialement 
l'examen aux géologues écossais, attendu que les Ptérichlhys abondent chez eux. Il m'a paru 
aussi , d'après plusieurs échantillons, que ces plaques avaient été fixées par une membrane à 
la carapace, ce qui pourrait expliquer leur absence dans le plus grand nombre des cas. 

La structure des plaques de la carapace des Ptérichthys est très-singulière. Les plaques ne 
sont formées que d'une seule substance dure et d'apparence homogène, qui est accumulée en 
couches plus denses près des surfaces supérieure et inférieure. La couche inférieure est lisse, 
la supérieure porte les petites protubérances qui forment la granulation. Le milieu de la 
plaque est occupé par des réseaux très-larges , qui se réduisent à quelques supports très-min- 
ces, entre lesquels se trouvent des cavités très-considérables, renfermant probablement pendant 
la vie une masse pulpeuse. Le fait que les plaques des Ptérichthys sont très-souvent dépour- 
vues de leur granulation s'explique facilement par cette structure des plaques qui , malgré 
leur épaisseur, n'étaient pas très-solides. (VoirTab. B, fig. 1). 

Outre deux os qui formaient la nageoire pectorale , je n'ai pu découvrir aucune trace du 
squelette intérieur, d'où je conclus qu'il était probablement cartilagineux et très-mou, comme 
c'est ordinairement le cas chez les poissons cuirassés. 

Tel est en résumé l'état de nos connaissances actuelles sur l'organisation des Ptérichthys. 
Mais, me demandera-t-on, vous n'avez fait mention ni de la bouche, ni des yeux, ni de l'anus, 
ni du nez; où donc se trouvaient placés ces organes, car il n'est pas probable qu'il ait jamais 
existé un poisson dépourvu de bouche et d'anus, et les exemples de poissons aveugles sont 
fort rares. Il est difficile pour le moment de répondre autrement à ces questions que par des 
hypothèses. Voici ce qui me paraît le plus vraisemblable. 

Quant à la bouche, c'était probablement une fente transversale, située au bout de la tête et 
armée de petites mâchoires, cachées entre les plaques de la tête, surtout sous la plaque cépha- 
lique. Peut-être aussi était-elle entourée de lèvres épaisses et charnues ; du moins les prolon- 
gemens d'appai'ence cutanée que j'ai signalés plus haut, semblent-ils parler en faveur de cette 
opinion. Or une bouche semblable, dépourvue de dénis, ne peut guère être visible d'en haut, 
dans un fossile à tête aussi large que les Ptérichlhys. Qu'on se figure nos Silures, les Lori- 
caires surtout, ou tel autre poisson à bouche terminale , empâté dans la pierre, de manière à 



— 12 — 

ne présenter que la face supérieure de la tête , qu'on se figure encore cette tête couverte de 
grandes plaques, et l'on conviendra qu'il serait difficile d'apercevoir l'ouverture de la gueule, 
quand même elle aurait été largement fendue. 

Jl en est de même des yeux et des ouvertures nasales. Ils étaient probablement placés sur les 
flancs de cette tète large et aplatie, comme c'est le cas des Hypostomos et d'autres Siluroïdes 
à tête large et aplatie. Or si l'orbite est difficile à découvrir sur le squelette de pareils pois- 
sons, combien plus de difficultés n'éprouverait-on pas, s'ils étaient, comme nos fossiles , em- 
pâtés dans une roche très-dure. 

L'anus était probablement situé à l'extrémité de la carapace sous les plaques intercalaires, 
au-dessous de la racine de la queue. 

On le voit, il reste encore bien des parties à examiner pour compléter l'étude de ces singu- 
liers poissons. Néanmoins ce que nous en connaissons suffit pour nous donner une idée assez 
précise de leur organisation et de leur physionomie en général. Voici comment on peut, dans 
l'état actuel de nos connaissances, caractériser le genre Ptérichthys. Ce sont de petits pois- 
sons, de forme aplatie; la tête et le corps sont couverts de plaques émaillées, jointes par des su- 
tures. Une plaque centrale occupe le milieu du tronc; une plaque arrondie, derrière laquelle se 
trouve l'articulation occipitale, recouvre la tète. Les nageoires pectorales sont articulées entre lu 
tète et le tronc, sous la forme de deux appendices pointus. La queue est couverte d'écaillés imbri- 
quées. Il n'y a pas de nageoires et partant pas de rayons. 

Ce genre compte maintenant sept espèces bien distinctes dont nous allons donner la des- 
cription , et une huitième qui me paraît encore douteuse. Le Ptérichthys hydrophilus, que j'y 
avais d'abord rangé , est devenu le type d'un genre à part qui fait le passage entre les Pté- 
richthys et les Coccosteus , et que j'appelle Pamphractus. 

Toutes les espèces sans exception appartiennent au terrain dévonien . 

I. Pterichtuys latus Agass. 

Old Red, Tab. 3, fig. 3 et k. 

Quoique l'une des plus rares, cette espèce est pourtant l'une des mieux connues, parce que 
les échantillons qu'on en possède sont dans un très-bel état de conservation. J'en ai représenté 
deux, montrant l'un et l'autre la face supérieure. Ce qu'il faut distinguer en premier lieu, 
c'est la grande largeur de la carapace, qui égale à-peu-près les deux tiers de sa longueur. Sa 
forme est oblongue, un peu plus rétrécie en arrière qu'en avant et coupée presque carrément, 
entre les nageoires pectorales. La tête, qui n'est pas très-bien conservée dans les exemplaires 
figurés, mais que je vois assez distinctement sur un dessin exécuté par Lady Gordon Cuming, 
est courte, presque circulaire et comme enfoncée entre les épaules. Les nageoires pectorales 
sont assez longues, et peu recourbées ; elles égalent à-peu-près en longueur la largeur de la 



— 13 — 
carapace. La queue n'est pas conservée en entier, mais elle parait avoir été large et cylin- 
drique, à en juger d'après le court tronçon qui en est conservé dans l'exemplaire de fig. h. 
La plaque centrale de la carapace est grande et très-saillante , elle est en outre obtusement 
rhomboïdale, mais ses angles sont tellement arrondis qu'elle devient presque circulaire. Elle 
n'est pas placée exactement au milieu de la carapace, mais plutôt vers la partie antérieure, 
et s'engage par une pointe obtuse entre les deux plaques latérales antérieures. Son diamètre 
transversal est presque égal à la moitié du diamètre transversal de la carapace entière. Les 
plaques latérales antérieures sont courtes, aussi longues que larges et un peu évasées en avant, 
pour recevoir l'élargissement de la ceinture thoracique, qui fait une légère saillie au milieu. 
Les plaques latérales moyennes ont à-peu-près la môme forme ; cependant elles sont un peu 
plus pointues en arrière, où elles s'engrènent avec les plaques latérales postérieures. Ces deux 
dernières sont petites, de forme triangulaire; elles ne se touchent que sur une très-petite 
étendue de la ligne médiane, étant largement évasées en arrière, de manière à laisser voir 
deux petites plaques intercalaires qui couvrent l'origine de la queue. La ceinture thoracique 
est renflée au milieu et effdée vers les deux côtés ; elle ne montre pas de processus latéraux 
ascendants se prolongeant en avant vers la tète, comme il en existe dans d'autres espèces. J'ai 
pu distinguer dans la tète les deux plaques nuchales, qui sont petites, à raison du renfle- 
ment médian de la ceinture thoracique; on dirait deux coins qui se touchent par leurs 
tranchans. La plaque céphalique est petite et presque circulaire. Les plaques articulaires 
sont assez grandes et de forme ovale. Je n'ai vu la surface inférieure de la carapace que sur 
un seul exemplaire appartenant à Lady Gordon Cuming; mais on ne distingue qu'imparfaite- 
ment l'arrangement des plaques. Il paraît cependant qu'il n'y avait pas de plaque centrale de 
ce côté, et que les plaques latérales antérieures et moyennes se touchaient par leurs bords 
correspondans. pour fermer l'espace qui, à la face supérieure, est occupé par la plaque centrale. 
Les plaques des flancs sont visibles des deux côtés sur tous les exenjplaires, ce qui me fait 
supposer que les flancs étaient bombés en dehors et non pas verticaux , comme c'est le cas 
chez d'autres espèces. 

C'est sur l'original de la fig. k que j'ai pu étudier les os formant le prolongement de la 
nageoire pectorale. Ce sont deux os cylindriques courbés en forme de croissant et réunis au 
milieu par une articulation qui paraît n'avoir été qu'un ginglyme. Ils sont enveloppés dans 
des plaques rigides soudées ensemble et articulées à ce qu'il paraît au milieu de la nageoire, 
formant ainsi un appendice cylindrique assez grêle et courbé de manière à pouvoir s'appliquer 
entièrement contre le flanc de l'animal. L'extrémité des nageoires est assez effilée ; elle sa- 
mincit insensiblement, et l'on ne voit pas cette pointe coupée obliquement qui distingue, par 
exemple, le Plerichlhys productus. 

La granulation des plaques est assez fine et peu saillante. Les interstices entre les difïé- 
rentes granules égalent à-peu-près en étendue ces dernières. Je ne l'ai vue distinctement que 
sur un exemplaire de Lady Gordon Cuming. 



— ik — 

Les écailles qui recouvrent la queue sont petites, arrondies en arrière , et paraissent avoir 
été placées en séries transversales ; la queue elle-même est nettement séparée de la carapace. 
Sa largeur égale à-peu-prés le tiers du corps. 

Les caractères saillans de cette espèce sont par conséquent, outre sa forme large e( trapue, 
la grandeur et la forme arrondie de l'écusson central , ses nageoires longues , grêles et cour- 
bées d'après la courbe de la carapace ; sa ceinture thoracique fusiforme et renflée au milieu ; 
la séparation nette et distincte de la queue; l'arrangement des écailles en séries transversales; 
et. si ce caractère se confirmait sur d'autres exemplaires , l'absence complète d'une plaque 
centrale à la face inférieure. 

L'original de fig. 3 fait partie de la collection de Lady Gordon Cuming, et provient de Le- 
thenbar dans le Nairnshire; celui de fig. U appartient à Sir Philipp Egerton , et a été trouvé 
dans la même localité. Il en existe aussi des exemplaires dans la collection de Lord Enniskillen 
et dans celle de la Société géologique de Londres. 



H. Pterichthys testudinarius Agass. 
OIdRed.Tab. 4, fig. 1-5. 

Je ne connais qu'un seul exemplaire de cette espèce, et encore n'y voit-on que la carapace 
très-mutilée, sans nageoires, ni tête, ni queue. Au premier abord, cette espèce ressemble beau- 
coup au Plerichthijs latus. Cependant la carapace n'est pas aussi large proportionnellement et 
le côté antérieur surtout est plus rétréci. Mais la différence essentielle réside dans l'écusson 
central de la face supérieure, qui est très-petit, et dont les angles antérieurs et postérieurs , 
au lieu d'être arrondis comme chez le Pterichthys latus, sont très-aigus, de manière à former 
un rhombe parfait. Les plaques latérales antérieures et moyennes ont à-peu-près la même 
forme que dans l'espèce précédente , mais les plaques latérales postérieures ne sont pas aussi 
éloignées l'une de l'autre que les plaques intercalaires , et par conséquent beaucoup plus 
étroites. La ceinture thoracique offre aussi quelques différences; sa largeur est plus uniforme 
et ses côtés sont moins pointus. Ce qui rend surtout notre exemplaire précieux, c'est la conser- 
vation de la face inférieure de la carapace (fig. 2). Il faudrait pouvoir s'assurer sur des exem- 
plaires moins endommagés , si la saillie longitudinale qu'on aperçoit sur la ligne médiane , 
est réellement un caractère d'espèce , ou si elle ne tient qu'au mauvais état de conservation 
de notre exemplaire. La plaque centrale est énorme; elle occupe presque la moitié de la sur- 
face inférieure, et il paraît qu'elle forme un hexagone dont deux côtés, l'antérieur et le pos- 
térieur, sont moins grands que les bords latéraux. Les plaques latérales antérieures et posté- 
rieures sont plus petites, à cause de l'énorme développement de la plaque centrale. Des 
recherches ultérieures feront sans doute connaître un jour les parties qui ne sont pas conser- 



— IS — 

vées dans l'exemplaire unique que j'ai eu sous les yeux. Cet exemplaire fait partie de la 
collection de M. Hugh Miller; il a été trouvé à Cromarty. 

La fig. I montre la carapace d'en haut, la fig. 2 par dessous, et la tig. 3 de profil. 

m, PïERICHTHYS MlLLERI AgaSS. 

Old Red, Tab. i, lig. 1-3. 

Cette espèce a plus que toute autre l'aspect d'un LinuUe ou d'un crustacé en général. 
C'est la plus petite et proportionnellement la plus large qu'on ait rencontrée jusqu'ici. La plu- 
part des individus n'ont qu'un pouce ou un et demi pouce de longueur, et il est fort rare d'en 
trouver de la grandeur de celui de lig. 3. La carapace est très-large, au point qu'elle approche 
presque du cercle ; elle est relevée au milieu en une carène longitudinale assez saillante , qui 
donne à la face supérieure la forme d'un toit. Les plaques paraissent avoir été très-minces et 
peu solides; dans la plupart des exemplaires, elles sont tellement brisées qu'il est impossible 
de reconnaître leurs contours primitifs; je n'en ai retrouvé que quelques traces dans l'exem- 
plaire de fig. i . Il paraît que la plaque centrale était fort grande, et qu'elle occupait à elle seule 
plus de la moitié de la carapace entière; aussi portait -elle seule la crête longitudinale dont 
nous venons de parler. Quant aux autres plaques, il m'a été impossible de les reconnaître. 

La tête est très-large, fort courte et arrondie, de manière à présenter un segment de cercle. 
On ne remarque pas de séparation distincte entre la carapace et la tête. Cette dernière ne 
semble être que le prolongement et l'extrémité arrondie de la carapace. Les nageoires pecto- 
rales sont courtes et plates; elles ont à-peu-près la forme d'une lame de canif; leur bord inté- 
rieur surtout est marqué de granelures fort distinctes. Leur courbe est peu accusée, d'où 
je conclus qu'elles ne s'appliquaient pas aussi bien contre les flancs du corps que dans le Pfe- 
richthys latiis. 

La queue était au moins aussi longue que le corps , mais très-grèle et couverte d'écaillés 
presque microscopiques. Sa largeur, prise à la racine, égale à peine le dixième de la largeur 
totale du corps, et il paraît qu'elle se terminait en un filet comme la queue d'une Chimère 
ou de certaines Raies. Je n'ai pu apercevoir de granulation distincte sur les plaques de la 
carapace. 

Les caractères saillans de cette espèce sont faciles à résumer. Ils consistent dans la tète courte 
et arrondie sur le devant, la carapace large et presque circulaire, les pectorales courtes, peu 
courbées, peu pointues, et la queue longue et mince. 

Les originaux de mes figures proviennent tous de Cromarty, où ils ont été trouvés par 
M. Hugh Miller. J'en ai vu d'autres exemplaires moins bien conservés provenant de Gamrie 
et de Clune, dans le Nairnshire. 



— 16 — 

JV'. Pterichthys productus Agass. 
OIdRed. Tab. 5, %. 1-^. 

Cette espèce est l'une des plus communes ; elle est tellement fréquente dans les carrières 
de Lethenbar, qu'à elle seule elle égale presqu'en nombre l'ensemble des exemplaires d'au- 
tres espèces que l'on a trouvés dans celte localité. Sa forme générale est oblongue , et la 
largeur de la carapace égale tout au plus les deux tiers de sa longueur. La plaque centrale 
est de grandeur moyenne; ses deux diamètres sont presque égaux et forment un rhombe à 
angles émoussés. Les plaques latérales antérieures sont presque aussi larges que hautes ; 
elles se rétrécissent en avant, de manière que la plus grande largeur de la carapace se trouve 
à-peu-près vis-à-vis de la pointe antérieure de la plaque centrale. Les plaques latérales 
moyennes sont plus longues ; elles se rétrécissent sensiblement en arrière, où elles sont cou- 
pées transversalement, pour se souder aux plaques latérales inférieures qui présentent la 
forme de deux triangles à sommets arrondis. Les plaques latérales postérieures se touchent 
sur la ligne médiane, dans toute leur longueur. Il n'y a point de plaques intercalaires. La face 
inférieure de la carapace paraît être très-semblable à la face supérieure. 

La lête est grosse, assez proéminente et en forme de bouton. La plaque céphalique est 
presque circulaire ; elle est enfoncée dans un évasement médian du bord antérieur de la cein- 
ture thoracique; celle-ci est formée, comme d'ordinaire, de deux plaques mince* au milieu 
et (jui s'avancent en pointe obtuse sur les côtés de la plaque céphalique. Les plaques articu- 
laires sont petites et à peine marquées. 

Les nageoires pectorales de cette espèce sont courtes mais massives ; elles sont presque 
d'égale largeur depuis la racine jusqu'à la première moitié de leur longueur, où leur bord 
antérieur se rétrécit brusquement pour former avec le bord postérieur une pointe acérée. Le 
bord postérieur est uniformément courbé , ensorte que la forme de la nageoire ressemble , 
en somme , assez à certains scalpels dont on se sert pour la dissection des muscles. 

Parmi les nombreux exemplaires que j'ai eus sous les yeux, il n'y en a qu'un seul dans le- 
quel la ((ueue soit conservée en entier. C'est un jeune individu de la collection de Lady Gor- 
don Cuming. La queue est conique; elle a la longueur de la carapace, et est à sa racine 
tout aussi large que l'extrémité de la carapace, de sorte qu'elle ne forme que la continuation 
directe des bords de celte dernière; elle est couverte d'écaillés assez grandes, arrondies en 
arrière et disposées en séries longitudinales. 

Les caractères distinciifs de cette espèce sont : la forme ovale de la carapace qui a sa plus 
grande largeur au-devant de la plaque centrale, et qui va en se rétrécissant insensiblement jusque 
vers le bout de la queue ; la plaque céphalique qui est petite et ronde ; la ceinture thoracique 
protractée en deux pointes obtuses sur les côtés ; les nageoires pectorales courtes, massives et 



— i7 — 

obliquement tronquées au bord antérieur; la queue courte, conique et massive, couverte 
d'écaillés en séries longitudinales. 

Les ilg. 1 et 2 montrent, selon toute apparence, la face inférieure; les originaux appartien- 
nent, le premier à Sir Philipp Egerton, l'autre à Lord Enniskillen, Je dois à l'obligeance de 
Lady Gordon Cuming les fig. 3 et 4, qui représentent la face supérieure. Les figures sont des- 
sinées sur des exemplaires de sa collection trouvés à Lethen-Bar dans le Nairnshire. Grâce à 
l'obligeance de Lady Gordon Cuming, cette espèce est maintenant assez répandue dans les 
collections. 

V. Pterichthys cornutus Agass. 

Old Red,Tab. 2, fig. i-5. 

Les affinités de cette espèce avec la précédente sont tellement grandes qu'au premier abord 
on est tenté de les croire identiques, mais un examen plus attentif y fait découvrir des parti- 
cularités que je crois assez importantes pour constituer une espèce à part. Des recherches 
ultérieures nous apprendront si en effet ces différences sont spécifiques , ou bien si elles ren- 
trent dans le cadre des variations que peut subir l'espèce. 

La forme du corps, l'arrangement des différentes plaques de la carapace, de la ceinture 
thoracique et de la tête, sont absolument les mêmes que chez l'espèce précédente, sauf la 
forme de la plaque centrale (fig. k) , qui est beaucoup plus petite et allongée , et l'existence 
de plaques intercalaires qui, quoique petites, sont cependant bien distinctes. 

Ce qui m'a surtout fait envisager cette espèce comme distincte, c'est la structure des écailles 
qui recouvrent la queue. Ces écailles sont rangées en séries longitudinales , et au lieu d'être 
lisses et unies , comme celles des autres espèces de Pterichthys , chaque écaille présente 
une base arrondie et mammelonnée à sa surface, au-dessus de laquelle s'élève une épine 
inclinée en arrière. Ces épines, placées à la file tout le long de la queue, donnent aux écailles 
un aspect semblable à celui des écailles de la ligne latérale chez les autres poissons. 

Les exemplaires ligures proviennent tous de Lethen-Bar. La fig. 3 représente quelques 
écailles grossies. La découverte de cette espèce est due à Lady Gordon Cuming ; c'est dans sa 
collection que j'en ai vu le plus grand nombre. Lord Enniskillen et sir Philipp Egerton en 
possèdent aussi des exemplaires. 

VL Pterichthys cancriformis Agass. 

OIdRed, Tab. 1, fig. 4 et 5. 

Le petit nombre d'exemplaires assez mal conservés de cette espèce que j'ai eus sous les 
yeux et dans lesquels aucune des plaques de la carapace n'est bien conservée, ne permettent 
pas d'en donner une description spécifique bien complète. La forme du corps et de la tête 

AG. OLD RED. 3 



— 18 — 

rappelle le Pterichthys prodiictus; la seule différence consiste dans la structure des nageoires 
pectorales, qui, au lieu d'être coupées obliquement, se terminent en une pointe longue, fine 
et très-acérée. Ce caractère m'a paru assez important pour justifier l'établissement d'une 
nouvelle espèce , d'autant plus que ces débris appartiennent à un autre étage que le Pterich- 
thys prodiictus, c'est-à-dire aux schistes inférieurs du système dévonien. La substance du corps 
de ces poissons est presque complètement transformée en une masse charbonneuse uniforme, 
sur laquelle on ne distingue aucune trace de structure. J'ai remarqué sur une seule plaque 
l'empreinte de la granulation de la carapace , qui est très-fine et homogène. Sur ce même 
exemplaire , qui est l'original de ma fig. 5 , se voient en outre quelques indices des orne- 
mens qui font relief sur les plaques des nageoires pectorales ; ce sont des granules et des 
lignes granulées parallèles aux contours des plaques. 

Des recherches ultérieures ne manqueront pas d'ajouter de nouveaux caractères à ceux que 
je viens de mentionner. La queue n'est pas conservée dans mes exemplaires. 

Les exemplaires figurés se trouvent dans la collection de M. le docteur Traill , et provien- 
nent des schistes de Pomona, dans les Orkades. 

VU. Ptebichthys oblongus Agass. 
OldUed, Tab. 3, fig. i et 2. 

J'ai reçu, depuis que j'ai fait lithographier les figures de Tab. 5 , quelques échantillons 
plus complets qui me mettent à même de donner une description assez détaillée de celte es- 
pèce. Sa forme générale est très-allongée ; c'est l'espèce la moins large de tout le genre ; en 
revanche, elle est très-haute, si bien qu'une coupe prise au milieu de la carapace, formerait 
presque un carré régulier. La plaque centrale est de grandeur moyenne ; ses angles sont ar- 
rondis et sa longueur beaucoup plus considérable que sa largeur. Les plaques latérales anté- 
rieure et moyenne sont très-allongées et étroites. L'extrémité postérieure de la carapace est 
formée par deux plaques latérales postérieures , équilatérales , dont l'angle postérieur est 
arrondi et qui se touchent sur toute l'étendue de la ligne médiane. Il n'y a pas de plaques 
intercalaires. 

La forme de la tête ressemble beaucoup à celle du Pterichthys productus ; elle est petite et 
arrondie. 

Les nageoires pectorales ne sont qu'imparfaitement conservées dans les échantillons que j'ai 
fait figurer; mais un exemplaire dont je dois la communication à M. Malcolmson m'a montré 
qu'elles sont tout aussi grandes que le corps, légèrement arquées et terminées en une pointe 
peu effilée. 

La queue est assez longue et cylindrique ; elle diminue insensiblement et sa racine a pres- 
que la même largeur que l'extrémité de la carapace. Les écailles qui la couvrent sont assez 
grandes. Je n'ai pu observer distinctement l'ordre dans lequel elles sont rangées. 



— 19 — 

La granulation des plaques est très-distincte; les granules sont coniques, assez saillantes et 
plus espacées que dans aucune espèce du genre. 

Enfin un dernier caractère de cette espèce consiste dans la grande hauteur de la carapace, 
dont les flancs forment un angle droit avec les faces inférieure et supérieure, ce qui fait que 
fous les exemplaires qui ne sont pas écrasés, ne montrent jamais qu'une seule face. 

Tous les exemplaires figurés proviennent du vieux grès rouge de Cromarty et de Gamrie. 
Ils m'ont été communiqués par MM. H. Miller et Robertson. 

VIII. Pterichthys major Agass. 

Old Red, Tab. 31 , fig. I , 2 et 3. 

C'est avec doute que je considère comme appartenant à une espèce particulière une na- 
geoire assez bien conservée d'un Pterichthys provenant du vieux grès rouge de Findhorn- 
River, qui se trouve au musée d'Elgin, et dont je dois le dessin à M. Malcolmson. Cette 
nageoire se distingue de celles de toutes les autres espèces par sa taille considérable et par 
les gros tubercules de sa surface. Ne pouvant la rapporter à aucune des espèces décrites, je 
la signale comme le premier fragment d'une espèce encore inconnue , dont on découvrira 
probablement les autres parties dans la même localité, en les cherchant avec soin. Je consi- 
dère comme le socle articulaire de cette nageoire , une pièce en forme de nid d'hirondelle, 
représenté fig. 3. 



— 20 — 



CHAPITRE III. 

DU GENRE PAMPHRACTUS Agass. 



J'avais d'abord réuni aux Ptérichlhys la seule espèce connue de ce genre , en l'appelant 
Pterichthijs hydrophilus, mais une étude plus approfondie et la comparaison attentive de cette 
espèce avec le genre Coccosteus, m'ont prouvé qu'elle doit former un genre distinct, inter- 
médiaire entre les Ptérichlhys et les Coccosteus , que j'appelle Pamphractus , à cause de la 
forme divisée de la carapace. 

Les nageoires pectorales des Pamphractus ressemblent beaucoup à celles des Ptérichlhys, 
par leur forme grêle , allongée et courbée. Mais les plaques de la carapace sont tout autrement 
disposées. (Tab. 6, iig. 2). La plaque centrale «est énorme; elle couvre au moins les deux 
tiers de toute la carapace , et son bord antérieur atteint l'articulation de la tête avec la cara- 
pace. Les plaques latérales antérieures et moyennes 6 , c , qui acquièrent un si grand déve- 
loppement chez les Ptérichlhys, sont réduites à des bandes étroites, qui longent le bord de la 
carapace. Les plaques latérales postérieures cl d, sont par contre très -grandes et forment 
avec une petite plaque intercalaire e , l'extrémité postérieure de la carapace. La disposition 
des plaques de la tête est aussi tout autre que chez les Ptérichlhys. On ne remarque point de 
ceinture thoracique ; mais les nageoires sont fixées sous des plaques latérales, de forme à peu 
près triangulaire. Entre ces deux plaques se trouve une plaque médiane en forme de cœur 
de carte, dont la pointe est tournée en arrière, et que je crois l'analogue de la plaque cépha- 
lique des Ptérichlhys. Une quantité de petites plaques rangées à côté les unes des autres 
comme des pièces formant une voûte, se trouve au pourtour antérieur de la tête; enfin il y 
a un espace circulaire compris entre la base de la plaque céphalique et ces petites plaques 
antérieures, qui me paraît avoir été recouvert par la peau. Ce qui distingue encore d'une 
manière frappante les Pamphractus, c'est une ligne transversale très-marquée qui sépare les 
plaques de la tête de celles de la carapace. On ne sait pas encore comment la queue de ce 
genre était conformée, mais je présume qu'elle devait être semblable à celle des Ptérichlhys. 

Le développement excessif de la plaque centrale de la carapace qui atteint l'articulation 
de la tète, l'absence d'une ceinture thoracique faisant le tour du corps, et la démarcation 
distincte de l'articulation occipitale , feront toujours distinguer ce genre de celui des Pté- 
richlhys. 



— 21 — 

I. Pamphphractlts HYDROPHiLUS Agass. 
Tab. U, fig. k-7 (sous le nom de Pterichthys hydrophilits) . 

Je ne connais que celte seule espèce, dont il existe trois exemplaires plus ou moins mutilés 
dans la collection de M. le professeur Jameson, que j'ai fait figurer Tab. k, fig. k-7. Le corps, 
y compris la tête, forme un ovale un peu rétréci en avant. Sa plus grande largeur égale les 
deux tiers de la longueur. Les nageoires pectorales sont très-longues, plus longues que la 
carapace, légèrement arquées et assez pointues, comme on peut le voir surtout sur la fig. o. 
La granulation des plaques est très-distincte; elle est formée de petits cônes assez réguliers et 
séparés par des rigoles étroites. Vues à la loupe, ces granules font l'effet de cellules plus ou 
moins polygonales placées à côté les unes des autres (fig. 7). 

Les exemplaires figurés font partie de la collection de M. le professeur Jameson, et ont été 
trouvés à Dura-Den dans le Fifeshire, dans le vieux grès rouge supérieur. 

M. Anderson , dans une notice très-intéressante qu'il a publiée sur la géologie et la bota- 
nique du comté de Fife , donne la figure d'un poisson (fig. 6 de sa planche) qui ressemble 
beaucoup à mon Pamphractus hydrophilus , mais qui en diffère cependant par la forme plus 
allongée de la tête et par le développement de la ceinture thoracique qui est visible entre 
la tête et la carapace. A moins que ces différences ne soient l'expression des caractères 
particuliers des faces supérieure et inférieure de la carapace , que je n'ai pas pu conjparer 
entre elles , il faudra considérer ce fossile comme une espèce particulière que je signale à 
l'attention des géologues écossais , en proposant de l'appeler Pamphractus Andersoni. Je suis 
d'autant plus disposé à considérer le poisson de M. Anderson comme une espèce à part . que 
la forme de ses contours diffère de celle du P. hydrophilus ; mais une comparaison directe 
d'un nombre plus considérable d'exemplaires mieux conservés pourra seule décider cette 
question. 



22 — 



CHAPITRE IV. 

DU GENRE COCCOSTEUS Agass. 



Lorsque MM. Sedgwick et Murchison découvrirent les premiers fragmens de ces curieux 
poissons, dans les carrières de Caithness, on n'avait aucune donnée sur leur véritable nature, 
et l'on ne sut pendant longtemps à quelle division du règne animal les rapporter, jusqu'à ce 
que des exemplaires mieux conservés démontrèrent que c'étaient de's poissons. 

Les Coccosteus sont déjà, si j'ose m'exprimer ainsi, plus poissons que les genres Plérich- 
thvs et Pamphractus dont nous venons de traiter; leurs formes, quoique très-extraordinaires, 
s'approchent davantage du type ordinaire des poissons ; les appendices ailés que nous avons 
rencontrés chez les précédens, n'existent plus ; en revanche , ils sont doués de deux nageoires 
verticales; la tète et le tronc sont mieux séparés, et l'on reconnaît au premier coup d'œil un 
poisson dans ces curieux fossiles , quand on se trouve en face d'un exemplaire complet. 

La tête des Coccosteus est très-grande, large et haute, de forme presque circulaire, et 
composée d'un assemblage de plusieurs plaques, dont nous allons donner une description aussi 
complète que le permet l'état des exemplaires connus , en nous aidant des figures restaurées 
représentées Tab. 6, fig. 3 et ^. 

Le tronc est haut, mais beaucoup moins large que la tête, séparé de cette dernière par 
une articulation très-marquée et couvert d'une seule plaque osseuse allongée et pointue en 
arrière l. La queue est beaucoup plus longue que le corps, terminée en pointe comprimée 
latéralement et munie d'une petite dorsale et d'une anale, qui sont opposées l'une à l'autre. 
Les nageoires ventrales et les pectorales manquent entièrement. La tête est couverte dans 
sa partie postérieure d'une grande plaque a , que nous nommerons la plaque nuchale. 
Cette plaque est en forme de trapèze, rétrécie en avant, élargie en arrière, où elle a toute la 
largeur de la plaque dorsale / , avec laquelle elle est articulée par un sillon profond ; elle est 
de plus relevée en arrière en forme de crête , de manière que la face supérieure de la tête 
forme une espèce de toit déclive des deux côtés. 

A cette plaque se joignent des deux côtés deux plaques latérales postérieures bb, de forme 
triangulaire, dont la pointe est dirigée en arrière et la base en avant, formant avec la plaque 
nuchale un demi-cercle, dont la courbe est tournée en arrière. 

Le devant de la tête est également formé de trois plaques, dont une médiane et deux laté- 
rales. La plaque faciale c, est composée de trois triangles réunis par leurs sommets. Deux de 



_ 23 — 

ces triangles sont placés latéralement, et s'adaptent aux bords antérieurs de la plaque nuchale 
et des plaques latérales postérieures ; le troisième est tourné en avant; il forme l'extrémité 
antérieure de la ligne médiane de la tête et est partagé en deux moitiés égales par une pro- 
fonde incision. Je ne suis pas encore bien sûr si ces trois ailes de la plaque faciale ne forment 
pas autant de plaques distinctes, du moins ai-je remarqué dans quelques exemplaires des traces 
de séparation que j'ai indiquées, sur les deux figures restaurées, par des lignes pointillées. Les 
échancrures latérales entre les trois triangles sont remplies par deux plaques latérales antérieu- 
res dd, de forme triangulaire aussi, dont les pointes sont tournées en dedans, tandis que leur 
base concourt à former le pourtour antérieur de la tête. La surface antérieure de la tête est 
ainsi couverte de six plaques de formes diverses, qui par leur réunion forment un seul 
écusson arrondi, presque circulaire et relevé en crête sur la ligne médiane, principalement en 
arrière , et dont les côtés forment un toit assez plat, lorsqu'on examine le poisson de profil. 

Il est très-rare de trouver des exemplaires de Coccosteus, dans lesquels la tête soit visible 
de côté. Il arrive ici ce qui arrive à tous les poissons à tête large et aplatie; leur centre de 
gravité ne se trouve pas au milieu des flancs, mais au milieu du dos; ils doivent par con- 
séquent, étant morts, se coucher sur la face supérieure ou inférieure, et non pas sur le côté. 
On a pourtant trouvé quelques exemplaires où les côtés de la tête étaient visibles , et c'est 
d'après ceux-là que j'ai pu restaurer la fig. 3 de tab. 6. 

Ce qu'il importe en outre de remarquer chez les Coccosteus, c'est la grandeur de la gueule, 
qui est bien ouverte et armée de dents nombreuses, tandis qu'on ne trouve rien de sem- 
blable ni chez les Ptérichthys , ni chez les Céphalaspis. 11 paraît qu'il n'y avait que les 
maxillaires qui fussent ainsi armés; je n'ai du moins jamais rencontré la moindre trace d'un 
intermaxillaire. Les maxillaires sont longs et grêles, attachés, à ce qu'il parait, au-dessous 
d'une masse cartilagineuse qui forme le bout du museau. La mâchoire inférieure k, a la forme 
ordinaire qu'on lui connaît chez les poissons : c'est une pièce allongée , élargie en arrière , 
soudée en avant à celle de l'autre côté, et portant de petites dents coniques, implantées sur 
sa partie antérieure. Il m'importe ici de relever deux erreurs que l'auteur de l'excellente mo- 
nographie de rOld red sandstone, M. Hugh Miller, a commises en mentionnant les Coccosteus 
et en décrivant les particularités de leur organisation. M. Miller prétend que les mâchoires des 
Coccosteus sont verticales, comme celles des Crustacés, tandis qu'elles sont horizontales chez 
tous les vertébrés, et il conclut de là à une grande affinité des Coccosteus avec les Crustacés. 
Il est vrai que la manière dont le museau est tronqué en avant, et la dislocation presque cons- 
tante des mâchoires dans la plupart des exemplaires où elles sont conservées, pouvaient bien 
conduire à une pareille erreur, surtout dans un moment où l'idée que ces singuliers êtres 
étaient des Crustacés, était assez généralement partagée. Mais depuis que l'on s'est accou- 
tumé à envisager les Coccosteus comme de véritables poissons, et que l'on possède des 
échantillons mieux conservés que ceux que M. Miller avait sous les yeux , personne que je 
sache ne leur a contesté leur caractère de poisson. M. Miller avait en outre prétendu que les 



— '2k — 

dents des Coccosteus n'étaient ni implantées sur la mâchoire ni enfoncées dans des alvéoles, 
mais quelles étaient de simples dentelures de la mâchoire formées de la même substance , 
comme les dentelures d'une scie. Il n'en est pas ainsi, comme on peut s'en convaincre par 
l'étude des dents, qui sont entamées à leur base, et où l'on voit distinctement la différence 
de substance entre la dent et l'os de la mâchoire. 

Une rangée longitudinale de petites plaques allongées en forme de bâtons fait le tour de 
l'écusson céphalique, en s'appliquant des deux côtés sur les bords. Les petites plaques e, f 
et g n'ont rien de remarquable, si ce n'est que probablement les yeux étaient situés entre 
la moyenne de ces plaques, f, et la mâchoire supérieure. Il se pourrait que l'œil fût entouré, 
comn)c celui des Ichthyosaures , d'un anneau de petites plaques osseuses. Ce n'est cependant 
là qu'une hypothèse, car je n'ai vu qu'un seul exemplaire qui portait des traces fort dou- 
teuses de cette structure. 

Une dernière plaque , qui s'interpose de chaque côté entre la mâchoire inférieure et les 
plaques de la tête , c'est la plaque articulaire h. Elle est grande , triangulaire , et placée de 
manière à couvrir la partie postérieure des côtés de la tête. La mâchoire inférieure s'applique 
sur toute la longueur de son bord inférieur, les plaques ventrales antérieures et la plaque 
dorsale touchent son bord postérieur, et le bord supérieur est en contact avec la plaque nu- 
chale et la petite plaque postérieure. 

Je ne connais pas encore d'une manière précise la face inférieure de la tête. Tous les exem- 
plaires dans lesquels j'ai trouvé la face inférieure de la carapace conservée, n'en montraient 
pas moins une des faces du bouclier supérieur de la tête, d'où je conclus que le dessous de la 
tête n'était garni que d'une membrane, qu'il n'y avait point de plaques osseuses sur la peau ; 
que la gorge était par conséquent très-dilatable et pouvait avaler une proie d'un volume con- 
sidérable. 

La carapace, qui entoure le corps jusque vers l'anus, est composée de six plaques, dont 
une seule est supérieure, tandis que les autres garnissent la face inférieure. Le tout ressemble 
assez à un bonnet d'évêque dont la base est tournée vers la tête , tandis que les deux ailes 
pointues et ouvertes se prolongent au-dessous et au-dessus de !a colonne vertébrale. 

La plaque dorsale l est énorme. Elle excède en longueur toute la tète et finit en pointe près 
de la nageoire dorsale ; son sommet est élevé en forme de carène le long de la ligne médiane, 
et tombe comme un toit des deux côtés du corps, où elle enveloppe encore la partie supérieure 
des flancs. Sa forme est très-élégante, et ressemble aux boucliers allongés et pointus que por- 
taient les chevaliers du moyen-âge. Comme cette plaque est d'ordinaire bien conservée, les 
variations de forme auxquelles elle est assujettie , sont autant de caractères pour la détermi- 
nation des espèces. 

La face inférieure de la carapace est composée de cinq pièces qui, par leur réunion, forment 
un bouclier assez semblable à la plaque dorsale. 



— 25 — 

Les deux plaques rentndes postérieures n correspondent à la partie postérieure de la pla(j(ie 
dorsale, mais elles sont moins larges et beaucoup moins pointues. Elles sont intimement sou- 
dées au milieu, de sorte qu'on les trouve le plus souvent réunies, quand même les autres pla- 
ques sont désagrégées. Elles se reconnaissent à la forme de leur extrémité postérieure, qui 
est tronquée carrément, sauf le coin extérieur qui est arqué en forme d'un petit crochet obtus. 
Leur bord antérieur est plus large, mais échancré, pour embrasser la partie postérieure de la 
plaque ventrale médiane, o. Celle-ci est une plaque rhomboïdale, à angles nettement prononcés 
(fig. k), et qui ressemble beaucoup à la plaque ventrale des Ptérichthys, dont elle diffère ce- 
pendant par sa granulation et ses dimensions beaucoup plus considérables. On la trouve sou- 
vent isolée dans des rognons de vieux grés rouge. 

Les plaques ventrales antérieures m enfin sont deux plaques de forme plus ou moins carrée, 
qui touchent d'un côté aux bords antérieurs de la plaque médiane, de l'autre à la plaque dor- 
sale, et qui sont situés entre les plaques ventrales postérieures en arrière et les plaques arti- 
culaires et la mâchoire inférieure en avant. 

Tel est à-peu-près le système de plaques qui couvrent la tète et le tronc des Coccostées. 
La limite entre ces deux parties est très-tranchée, et il n'y a même que peu de points de con- 
tact entre la carapace et la tète. Il en devait résulter une assez grande liberté de mouvement 
de la tête, tandis que dans les Ptérichthys l'articulation entre ces deux parties était probable- 
ment très-serrée. 

La queue des Coccostées se distingue par des particularités très-frappantes. Et d'abord il 
n'existe point de corps de vertèbres ossifiés, mais seulement une corde dorsale, qui comme 
on sait, renqilace les vertèbres chez l'embryon de tous les poissons, et chez les Cyclostomes 
durant toute leur vie. Cette corde dorsale, de structure celluleuse et d'une consistance molle, 
n'a pas pu résister à la destruction par la pourriture; elle est enlevée chez les fossiles, où l'on 
ne voit que son empreinte, qui forme une longue rainure continue sans division. Les apo- 
physes des vertèbres par contre sont ossifiées, comme chez les Lépidosirens de notre époque , 
qui ont aussi une corde dorsale molle avec des apophyses osseuses des deux côtés. La seule 
différence, c'est que chez les Coccostées les apophyses sont grêles, courbées en arrière et ren- 
flées à leur base. Elles sont du reste exactement semblables des deux côtés de la corde. 

Les Coccostées ont aussi des nageoires verticales Yiouvviies de rayons, savoir une anale et une 
dorsale, toutes deux petites, il est vrai, mais assez distinctes. Les rayons sont rarement conser- 
vés en entier, et il est impossible de dire si c'étaient des rayons mous ou des rayons épineux. 
L'anale est très-rapprochée de l'extrémité postérieure du bouclier ventral ; la dorsale lui est 
opposée mais un peu plus reculée. La queue se terminait probablement en pointe allongée ; 
elle était en tout cas beaucoup plus longue que le corps. 

J'ai sous les j^eux le dessin d'un fossile de l'Old red , qui paraît être l'extrémité du plastron 
dorsal et le commencement de la queue d'un Coccosleus , mais le tout est tellement mutilé 
qu'il m'est impossible de le déterminer exactement. A en juger d'après cet échantillon, la 
Ag. old red. 4 



— 26 — 
queue aurait été couverte de petites écailles rhomboïdales et lisses, qui formaient des crêtes 
dentelées sur les tranchants de la queue. Mais comme je n'ai jamais pu découvrir la moindre 
trace d'écaillés sur les autres échantillons que j'ai vus, je n'ai pas cru devoir en orner ma 
ligure restaurée. Je n'en engage que plus instamment les collecteurs à diriger leur attention 
sur ce point. 

La structure des plaques des Coccostées est assez semblable à celle des Ptérichthys. On y 
trouve les mêmes couches de substance compacte, réunies par un tissu celluleux à mailles so- 
lides (Tab. B, fig. 3). Mais il y a pourtant une différence dans la manière dont ces mailles sont 
arrangées : les jours du tissu sont moins grands et plus variés dans leurs formes , tandis que 
chez les Ptérichthys, ils sont presque tous de la même grandeur et de la même forme. N'était 
ce caractère , il serait difficile de distinguer sur une simple coupe un fragment de Coccosteus 
d'un fragment de Ptérichthys. 

.l'ai été assez heureux de pouvoir détacher quelques petites dents d'un exemplaire de Coc- 
costeus et d'en faire des coupes, qui quoique bien imparfaites suffiront cependant pour donner 
une idée de leur structure (Tab. B,fig. 2). Ces dents sont du nombre de celles qui caractérisent 
particulièrement les poissons ; il n'y a point de cavité pulpaire médiane ; mais les canaux 
médullaires forment des réseaux qui traversent toute la dent au moyen d'anastomoses, et des- 
quels partent ensuite des tubes calcifêres. Les canaux médullaires sont très-sinueux, tortueux 
et étioits, et les tubes calcifêres tellement fins et ramifiés, que le velouté qu'ils forment est 
inextricable, même sous les plus forts grossissemens. Je n'ai pu m'assurer s'il y avait une 
couche d'émail ou non. 

D'après cela , les caractères distinctifs de ce genre peuvent se résumer en peu de mots. La 
bouche terminale, armée de dents coniques, la tête large, arrondie, l'arrangement tout par- 
ticulier des plaques de la tête , la plaque dorsale unique , le plastron ventral, les petites na- 
geoires verticales, la queue longue et flexible et l'absence complète de pectorales et de ven- 
trales, feront toujours facilement distinguer ce genre de tous les autres de la famille. 

l. Coccosteus decipieïns Agass. 

Old Red, Tab. 7—10. 

Syn. Coccosteus latits Ag. Report on tlie fossil Fishes of llie Devonian System or Old red Sandstone. British. Asso- 
siation 1842. — Bibliotli. univers, de Genève, 1843.— Recherc. Poiss. foss. vol. I, pag. xxxii. 

La tête de cette espèce est arrondie, plate et peu relevée au milieu, tronquée transversale- 
ment en arrière et suivie d'une carapace étroite et allongée. Ce qui la distingue surtout de 
l'espèce suivante, c'est la forme de la plaque nuchale, qui est très-large en arrière, tandis 
qu'en avant elle a à peu près le quart de la largeur de la tête. Les deux ailes latérales de la 
plaque faciale ont l'angle postérieur et intérieur contracté en arriére en forme de crochet. 
Les autres plaques de la tête ne présentent rien de bien saillant. Les dents des mâchoires 



^ 27 — 

sont toutes égales entre elles et forment des cônes allongés et pointus, dont la longueur excède 
beaucoup la largeur de la base. Des rides longitudinales se voient à la base de ces dents ; 
mais elles montent à peine jusqu'au quart de la hauteur. La plaque dorsale est allongée, sen- 
siblement renflée au milieu, où elle a quelquefois un pli longitudinal, comme si elle était 
divisée en deux moitiés (Tab. 8). Les deux plaques ventrales postérieures ont les angles inté- 
rieurs arrondis, tandis que les angles extérieurs se prolongent en crochets obtus (Tab. 9, fig. 3). 
La plaque ventrale moyenne est grande et beaucoup plus longue que large. La queue paraît 
avoir été beaucoup plus longue que le corps. Les apophyses des vertèbres sont massives et 
tellement nombreuses qu'elles se touchent les unes les autres. Je n'ai point vu d'exemplaire 
où l'extrémité de la queue et les nageoires fussent complètement conservées ; mais à en juger 
d'après les empreintes mutilées, la dorsale et l'anale étaient peu considérables et placées tout 
près de l'extrémité de la carapace. La granulation des plaques est assez caractéristique ; 
les granules sont rares et très-espacées sur les plaques nuchales, où elles forment aussi parfois 
des rangées parallèles, entre autres au bord antérieur. C'est cette granulation particulière qui 
a conduit Cuvier à envisager la plaque d'un grand exemplaire de cette espèce, que MM. Sedg- 
\N ick et Murchison ont décrite dans leur mémoire sur les schistes de Caithness, comme appar- 
tenant à une espèce éteinte de Trionyx. 

Comme les caractères distinctifs des diverses espèces de Coccosteus sont assez difficiles à 
saisir, il importe surtout de faire attention à la forme de la plaque nuchale, aux crochets pro- 
longés en arrière des ailes latérales de la plaque faciale, aux granules éparses et peu nom- 
breuses et aux dents allongées et pointues qui distinguent le Coccosteus decipieiis de ses 



congénères. 



J'ai fait figurer une série d'échantillons, parce qu'en général l'état de conservation de cette 
espèce est tel qu'il serait impossible de s'en faire une juste idée sans la comparaison de plu- 
sieurs exemplaires. 

Tab. 7 montre un individu de moyenne taille presqu'en entier, mais où les plaques sont 
désagrégées. La tête se voit par la face supérieure ; mais la plaque dorsale est enlevée, ce qui 
permet de voir les plaques ventrales du côté interne. On voit aussi le prolongement de la co- 
lonne vertébrale dans l'intérieur de la carapace et l'insertion des deux nageoires verticales 
près de l'extrémité de cette dernière. 

Tab. 8 montre un autre échantillon où la partie postérieure de la tête et la plaque dor- 
sale sont fort bien conservées ; on distingue particulièrement le sillon médian de la plaque 
dorsale. 

Tab. 9 , fig. i montre la tête en entier, d'en haut, et une des mâchoires déplacées à côté. 
Fig. 2 montre surtout bien les apophyses vertébrales et les osselets interapophysaires de la 
nageoire dorsale. Fig. 3 montre la plaque dorsale par sa face intérieure , et une des plaques 
ventrales du côté extérieur. Les originaux de ces trois planches ont été trouvés par le docteur 
Traill, dans les îles Orkney. 



— 28 — 

Tab. 10 représente des échantillons trouvés par M. Hugh Miller à Cromarty. Fig. i est 
surtout remarquable en ce qu'elle montre le corps de côté. On y voit surtout bien les 
mâchoires armées de leurs dénis. Fig. 1 a montre ces mêmes dents grossies. Fig. 2 est une 
carapace entière vue par sa face supérieure ; fig. 3 montre la plaque dorsale de côté et des 
fragmens de la tête ; fig. k , plusieurs plaques de la tête ; fig. 5 , une mâchoire inférieure 
armée de dents. Cette espèce paraît être caractéristique des couches inférieures du système 
dévonien ; elle est assez commune dans les schistes bitumineux des îles Orkney et de Caithness 
et dans les géodes calcaires du vieux grès rouge de Cromarty. La découverte de cette espèce 
est due à MM. Sedgwick et Murchison ; M. le docteur Traill en a recueilli plus tard de très- 
beaux exemplaires. Enfin M. H. Miller l'a retrouvée à plusieurs reprises à Cromarty. 

II. CoCCOSTEUS OBLONGUS Agass. 

OldRed, Tab. Il, fig. 1-3. 

La forme de cette espèce est à peu près la même que celle de l'espèce précédente. La plaque 
nuchale est moins étroite, et les ailes latérales ne présentent pas ces crochets tournés en arrière 
que nous avons remarqués dans le C. decipiens. La forme de la plaque nuchale est différente; 
elle est plus courte et plus pointue à son extrémité. Les plaques ventrales postérieures sont 
allongées et leur extrémité coupée carrément comme les pans d'un habit. Les dents sont 
])eaucoup plus massives et plus trapues que celles du C. decipiens; leur hauteur égale à peine 
la largeur de leur base. La granulation des plaques de la carapace est aussi beaucoup plus 
serrée et les interstices de ces granules sont à peine aussi larges que les granules eux-mêmes. 

Les échantillons de cette espèce abondent à Lethen-Bar , où Lady Gordon Cumming en a 
recueilli un très-grand nombre. Elle a également été observée par M. le docteur Malcolmson. 
Il en existe de beaux exemplaires dans les collections de Lord Enniskillen , de sir Philippe 
Egerton et de la Société géologique de Londres. J'en ai fait figurer deux qui me paraissent 
surtout caractéristiques. Fig. 1 montre les dents qui sont grossies en fig. 2 ; fig. 3 fait surtout 
ressortir le caractère de la granulation. 

III. CoCCOSTEUS cuspiDATUS Agass. 
Old red , Tab. 51 , fig. i. 

M. Hugh Miller m'a communiqué un échantillon d'une plaque dorsale unique qui paraît se 
distinguer du Coccosleus ohloncjus par sa forme allongée. En attendant des renseignemens plus 
complets sur cette espèce, je l'ai désignée sous le nom de Coccosteus cuspidatus. 



— 29 — 



CHAPITRE V. 

DU GENRE POLYPHRACTUS ET DE QUELQUES AUTRES FOSSILES ENCORE 

INDÉTERMIIVARLES. 



J'ai reçu de M. le D"^ Traill un fossile de Cailhness, qui est évidemment un fragment de tête 
d'un Céphalaspide nouveau. Je l'ai figuré Tab. 27 fig. l pour rendre les collecteurs attentifs 
à ce nouveau type, auquel j'ai donné le nom de Polyphractus. La forme de l'échantillon figuré 
est ovale, tronquée en avant, et toute la face visible est couverte de petites plaques en mosaï- 
que, dont l'arrangement ne cadre avec aucun des genres connus, quoiqu'il se place assez près 
du genre Pamphractus. Je distingue à la face postérieure une petite plaque médiane, tron- 
quée en arrière, allongée et pointue en avant, qui est flanquée des deux côtés de deux paires 
de petites plaques presque carrées, sur le bord desquelles il y en a encore d'autres qui forment 
le bord de la nuque. Une seconde rangée de plaques commence par une paire de plaques 
médianes, sur les côtés desquelles il y en a, à ce qu'il paraît, encore deux paires. La partie 
antérieure de la tête ne peut être déchiffrée , elle est trop mutilée. On ne voit aucune trace 
de tout le reste du corps. 

Les plaques sont ornées de forts jolis dessins résultant de lignes concentriques , parallèles 
aux bords des plaques , et de petits points creux , épars sur toute leur surface, comme sur les 
écailles des Diploptères, qui étaient évidemment des trous de passages pour les vaisseaux 
capillaires. 

D'après cela, notre fossile ne rentre dans aucun des genres connus ni par le dessin, ni par 
l'arrangement des plaques. Espérons que l'on trouvera quelque jour dans la même localité des 
exemplaires plus complets , qui permettront d'établir d'une manière définitive les caractères 
de ce genre. 

Polyphractus platycephalus Agass. 

OUI red, Tab. 31, fig. \ et Tab. 31, fig. k. 

En attendant de plus amples renseignemens sur l'espèce que je viens de signaler à l'atten- 
tion des géologues , je l'ai nommée Polyphractus platycephalus. Une plaque irrégulièrement 
quadrangulaire , que j'ai fait figurer Tab. h , fig. 31, doit aussi rentrer dans ce genre. Elle 
montre , comme les plaques de la tête que nous venons de décrire, le même pointillage fin et 



— so- 
les mêmes lignes concentriques parallèles au bord. N'ayant vu d'abord qu'une partie de son 
bord , j'avais cru devoir associer cette plaque au genre Megalichthys, en l'appelant M. prisons; 
mais après avoir enlevé un fragment de roche qui la recouvrait en partie , je me suis con- 
vaincu que les lignes du bord font le tour de l'écaillé entière, ce qui n'a jamais lieu sur les 
écailles des Megalichthys , où les écailles se recouvrent par un de leurs bords qui alors est 
lisse. La plaque dont je parle, et qui était probablement une plaque protectrice du corps, 
fait prévoir que la carapace des Polyphractus n'était pas moins curieuse que la tête. 



M. le Dr Flemming m'a communiqué le dessin d'une pétrification recueillie par lui à Dura- 
Den en Fifeshire, qui ressemble beaucoup, quant à la forme, au Pamphractus hydrophilus. 
La tète est courte, arrondie, large, presque en forme de croissant, le corps est allongé, for- 
mant avec la tête un ovale qui se termine en pointe en arrière. Les pectorales sont grêles, 
courbées et aussi longues que le corps. L'articulation de la tête avec le corps est très-nette- 
ment marquée, de manière qu'à la forme de la carapace près, qui est beaucoup plus pointue, 
on croirait voir un Pamphractus. Mais ce qui dislingue surtout ce fossile (à en juger du moins 
d'après le dessin qui n'est , à vrai dire , qu'une esquisse), c'est qu'il n'y a pas de plaques sé- 
parées , et que toute la surface de sa carapace ne montre qu'une granulation uniforme et 
continue , si toutefois la délimitation des plaques n'a pas été omise par le dessinateur. Nous 
aurions donc dans ce fossile un genre nouveau de Céphalaspide , caractérisé par la forme 
de sa tête et par sa carapace uniforme. Quoi qu'il en soit , j'attends de plus amples informa- 
tions sur ce sujet , avant de préciser davantage les caractères de ce type, et je me borne à 
reproduire les contours de ce dessin , Tab. 31 , fig. 6 , afin de fixer d'une manière plus parti- 
culière l'attention sur ce fossile. 



31 — 



CHAPITRE YI. 

DL GENUE CEPHALASPIS Agass. 



Je n'ai rien de nouveau à ajouter à ce que j'ai dit dans mes Recherches , vol. II , pag. 135, 
sur les caractères zoologiques du genre Céphalaspis , qui constitue maintenant le type d'une 
famille à part. Lorsque j'ai établi ce genre, j'ai long-temps hésité sur la position systématique 
que je lui assignerais, j'avais même des doutes sur la convenance de le ranger parmi les poissons, 
et il n'a rien moins fallu que la découverte des exemplaires de la Tab. I a de mes Recherches, 
pour me convaincre que c'était bien à cette classe que devaient être rapportés ces larges 
écussons bicornes que je trouvais rangés parmi les Trilobites dans la plupart des collections. 
Aujourd'hui il ne me reste plus aucun doute sur les vrais caractères du genre Céphalaspis ; je 
considère également comme définitivement acquises à la classe des poissons les espèces que j'ai 
décrites sous les noms de Ceph. Lyellii et Ceph. rostratus. Je n'en dirai pas autant des Ceph. 
Lewisii et Lloydii , dont je ne connais toujours que les plaques isolées figurées Tab. l b de 
mes Recherches. C'est un fait assez curieux, que malgi'é les nombreuses découvertes en fossiles 
faites depuis une dixaine d'années dans le vieux grès-rouge , on n'ait rien trouvé de nouveau 
concernant le genre Céphalaspis. Les exemplaires que j'ai examinés en 1 83'i et I 83d et qui sont 
décrits dans mon ouvrage , sont encore aujourd'hui les plus complets que je connaisse ; je puis 
même dire que je n'en ai pas rencontré d'autres dans les collections, et ce qu'il y a de plus sur- 
prenant , c'est que les localités les plus riches en poissons du système dévonien que l'on a dé- 
couvertes dans ces dernières années, n'ont fourni aucune trace de Céphalaspis ; on n'en a trouvé 
ni à Lethen-Bar, ni à Gamrie , ni à Cromarty, ni à Caithness , ni dans les Orkney, ni en Bel- 
gique , ni dans l'Eifel , ni en Russie. Les seuls giles des espèces de ce genre sont encore au- 
jourd'hui le pays de Galles et le comté de Forfar. 



32 — 



DE LA FAMILLE DES ACANTHODIENS. 



CHAPITRE I. 

DES ACANTHODIEIVS EN GÉNÉRAL. 



Cette petite famille , que je distingue maintenant des Lépidoïdes auxquels je l'avais d'a- 
bord réunie , est très-nettement caractérisée par ses petites écailles presque microscopiques , 
qui donnent à la peau l'aspect du chagrin. Examinées par des verres assez forts, ces écailles 
se présentent généralement sous une forme rhomboïdale. Leur surface est lisse ou plus ou 
moins sculptée , et il est facile de s'assurer sur des cassures que l'écaillé est formée de deux 
substances , une supérieure solide et cassante , à reflet vif , ayant l'aspect de l'émail , et une 
inférieure plus poreuse , qui présente tous les caractères de la véritable substance osseuse. Il 
n'y a donc point de doute que ces écailles appartiennent à l'ordre des Ganoïdes , et quoi- 
qu'elles soient extrêmement petites et à peine visibles à l'œil nu , il n'est cependant pas diffi- 
cile de s'assurer de cette structure avec une bonne loupe. En revanche, mes tentatives d'exa- 
miner leur structure au microscope ont échoué contre leur rigidité ; elles sautaient avant que 
les coupes eussent le degré de transparence nécessaire. 

Les Acanthodiens sont en général des poissons de petite taille , ils atteignent rarement 
plus d'un pied de longueur, et restent souvent au-dessous de cette taille. Leur corps est 
fusiforme , mais trapu ; la tête grosse et large , la bouche largement fendue , armée de petites 
dents , dont l'arrangement rappelle à certains égards celui des Sauroïdes , surtout en ceci , 
c'est qu'il y a de grandes dents mêlées à de plus petites. La physionomie de ces poissons 
rappelle en quelque sorte celle des Uranoscopes ou des Lophius. Comme ceux-ci , ils avaient 
aussi les yeux rapprochés de la ligne médiane , à fleur de front , et la bouche fendue de haut 
en bas, le ventre gros et l'arrière du corps atténué. 

Le système osseux des Acanthodiens est très-développé pour des poissons d'une époque aussi 
ancienne. Beaucoup d'espèces montrent des traces distinctes des vertèbres; et quoique la ca- 
vité intérieure soit masquée par les écailles , on peut pourtant se convaincre qu'il n'y avait 
point de corde persistante comme chez beaucoup de leurs contemporains, les Céphalaspides, 



— 3o — 

entre autres. Les os de la tête sont fréquemment conservés ; j'ai pu me convaincre de l'exis- 
tence d'un opercule lisse , à bords rétrécis , de rayons branchiostègues en assez grand nombre, 
de plusieurs autres os plats de la tête , ayant la même structure fibreuse que les poissons or- 
dinaires. C'est un fait intéressant à constater, que déjà sous le point de vue du squelette les 
poissons des couches les plus anciennes présentent tout un cycle de développement , depuis les 
espèces à squelette entièrement cartilagineux jusqu'aux genres qui ont les os entièrement dé- 
veloppés. 

Les nageoires présentent des rapports assez curieux dans cette famille. D'abord elles sont 
toutes formées d'une grande quantité de rayons fins , articulés et mous. Un seul genre ne pos- 
sède point d'autres rayons aux nageoires ; tous les autres ont les pectorales , les ventrales , la 
dorsale et l'anale armées d'un vigoureux rayon , osseux , pointu , tantôt lisse , tantôt strié lon- 
gitudinalement , assez semblable aux poissons cartilagineux. Les rayons des ventrales et des 
pectorales sont articulés sur les os qui les portent ; ceux des nageoires verticales paraissent 
implantés tout simplement dans les chairs ; au moins n'ai-je pas encore pu découvrir les os- 
selets interapophysaires qui les portent. 

La caudale est hétérocerque dans toutes les espèces ; le lobe supérieur, qui est sensible- 
ment plus grand que le lobe inférieur, est en outre revêtu d'écaillés plus grandes. 

La famille des Acanthodiens est presque toute entière restreinte aux terrains du vieux grés 
rouge ; les trois genres Cheiracanthus , Diplacanthus , Cheirolepis , ne comptent même aucun 
représentant dans d'autres terrains , tandis que le genre Acanthodes n'a qu'un seul représen- 
tant dans le vieux grès-rouge , et deux dans la houille. 

Comme les exemplaires des diverses espèces do cette famille ne sont pas tous assez bien 
conservés pour pouvoir se faire une juste idée de l'ensemble de ces curieux poissons , j'ai 
donné , Tab. D , une figure restaurée de chaque genre dans laquelle j'ai réuni tous leurs 
caractères distinctifs , sans y tenir compte des détails de telle ou telle espèce. Ces figures 
idéales des genres faciliteront , j'espère , les descriptions , et l'on fera bien de les consulter 
en étudiant le genre dans son ensemble. Le tableau qui suit rendra la détermination des 
genres et des espèces de cette famille encore plus facile , en rappelant dans un cadre très- 
concis tous leurs caractères essentiels. 



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— 35 



CHAPITRE II. 

DU GENRE ACANTHODES Agass. 

OldRed, Tab. D, fig. 1. 



Comme ce genre est déjà caractérisé dans les Recherches sur tes Poissons fossiles, Tom. II . 
Part, i, pag. 19 et suivantes , je ne ferai que rappeler ici ses caractères les plus importans. 
Les écailles, très-petites et rhomboïdales, donnent à la peau l'aspect de chagrin fin. La tète est 
grosse , déprimée ; la mâchoire inférieure un peu proéminente. De fines dents disposées en 
une simple rangée paraissent garnir le pourtour de la bouche , qui est largement fendue. 

Les nageoires sont en nombre ordinaire ; deux pectorales de grandeur moyenne , soutenues 
par une ceinture thoracique assez forte ; deux ventrales assez petites , qui, dans la plupart des 
exemplaires, restent invisibles, cachées qu'elles sont sous la peau écaillée du ventre, mais qui, 
lorsqu'elles sont visibles , se trouvent placées sous le milieu du ventre et réunies sur la ligne 
médiane ; une faible dorsale très-reculée et opposée à l'anale qui est plus grande , et enfin une 
caudale hétérocerque , dont le lobe inférieur est assez considérable. Toutes ces nageoires , la 
caudale exceptée , sont soutenues par un fort rayon épineux , osseux . courbé en arrière et 
très-pointu. Comme ces rayons sont d'ordinaire bien conservés sur la plupart des exemplaires, 
c'est, le plus souvent, d'après eux qu'on peut distinguer la position des nageoires, car la partie 
molle des nageoires offre peu de consistance. 

Par ses petites écailles revêtues d'une couche d'émail , ce genre s'annonce comme le type 
de la famille qui porte son nom, tandis que la structure, la position et le nombre des nageoires 
le distinguent facilement des autres genres de la même famille. Les Cheirolepis , qui ont le 
même nombre de nageoires placées dans la même position , c'est-à-dire la dorsale opposée 
à l'anale ou même un peu en arrière , les Cheirolepis , dis-je , manquent entièrement de 
rayons épineux ; les Cheiracanthus , qui ont des rayons épineux aussi fortement développés que 
les Acanthodes , ont par contre la dorsale placée en devant de l'anale , dans l'espace entre 
celle-ci et la ventrale , et les Diplacantbus enfin se distinguent facilement des Acanthodes 
par leurs deux dorsales. 

Le genre Acanthodes n'est représenté dans le vieux grès -rouge que par une seule es- 
pèce , mon Acanthodes pusillus. 



— 36 — 

ACANTHODES PUSILLUS. Ag. 

01(1 Red, Tab. 28, %. 8-10. 

Cette espèce se fait remarquer par son extrême petitesse. Le plus grand exemplaire que j'aie 
rencontré est celui de fîg. 8 , tous les autres n'atteignent pas même un pouce de longueur. 
La plupart des exemplaires sont comprimés d'une manière qui fait supposer une mort vio- 
lente. Ils sont courbés au milieu du ventre, et tellement rejelés en arrière que la tête se trouve 
souvent près de la queue , et que la partie dorsale recouvre le ventre , ou est cachée dessous. 
Les nageoires ventrales se trouvent généralement à l'angle formé par cette courbure. Cette 
compression singulière des individus , jointe à leur petite taille , qui a empêché jusqu'ici qu'on 
en fit une étude complète , nous met dans l'impossibilité de dire quelque chose de précis sur 
la forme et la composition de la tête. Il paraît cependant que cette dernière était grosse, large, 
terminée par une gueule circulaire, garnie de très-petites dents, qui même, sous une très-forte 
loupe , ne paraissent que comme des petits points noirs. La partie postérieure du corps qui, 
dans tous les exemplaires , se montre de côté , offre des caractères assez précis. Les ventrales 
sont soutenues par deux rayons forts et droits qui se réunissent en avant. L'anale est courte , 
son rayon est peu marqué ; en revanche , on observe une série de pointes courtes , mais très- 
visibles , qui se continuent le long du bord inférieur de la queue jusqu'au commencement de 
la caudale. La dorsale est assez reculée , son rayon droit est plus long et beaucoup plus épais 
que celui de l'anale. La caudale enfin est assez différente de celle des autres Acanthodes par 
le prolongement considérable de son lobe supérieur qui se termine en pointe assez effilée , tan- 
dis que le lobe inférieur est court et triangulaire. 

Les écailles sont très-difficiles à observer à cause de leur petitesse extrême. Elles paraissent 
triangulaires , la pointe est tournée en arrière , et munie d'une quille relevée le long du bord 
supérieur. 

La petitesse des individus, la rangée de pointes courtes sur le bord inférieur de la queue, 
et le prolongement du lobe supérieur de la caudale , feront toujours aisément distinguer cette 
espèce de ses congénères ; peut-être même deviendra-t-elle le type d'un genre à part lors- 
qu'elle sera mieux connue. 

Les exemplaires figurés proviennent de Gordon-Castle. On les trouve toujours réunis en 
grand nombre dans les géodes , de sorte qu'il est vraisemblable qu'ils vivaient en troupes , 
comme beaucoup de petits poissons de notre époque. Ils m'ont été communiqués par M. le 
Rév. Gordon ; M. Roberlson m'en a également transmis un exemplaire provenant des envi- 
rons d'Elgin. 



37 -- 



CHAPITRE III. 

DU GENRE CHEIRACANTHUS Agass. 

01(1 Red, Tab. D, fig. 2. 



J'ai établi ce genre (Poiss. foss. tom. II, Part. I, pag. 125) sur des poissons qui se rappro- 
chent beaucoup des Acanthodes, mais qui en diffèrent par la position de leur nageoire dorsale. 
Dans ce temps , je n'en connaissais que quelques échantillons très-défectueux. Depuis . j'ai été 
assez heureux de trouver un échantillon presque complet et admirablement conservé d'une 
espèce nouvelle, qui me permet de compléter maintenant les lacunes que j'ai nécessairement 
dû laisser dans la description du genre. 

La tête est courte, mais haute; la bouche, largement fendue, s'ouvre vers le haut. Les 
yeux sont grands , placés vers le haut du front , de manière à faire saillie au-dessus des os de 
la tète, ce qui donne à celle-ci l'aspect d'une tête d'Uranoscope. La fente de la bouche est 
presque verticale ; elle est bordée, à ce qu'il paraît, sur tout son pourtour , par le maxillaire, 
et non par l'intermaxillaire, comme c'est le cas chez la plupart des poissons. Les os de la tête 
étaient bien plus solides que dans les Acanthodes , surtout l'opercule et les rayons branchios- 
tègues , qui sont assez bien conservés. Le premier a la forme d'une longue languette qua- 
drangulaire, en rapport avec la hauteur de la tête. 

Le corps est cylindracé , atténué d'une manière régulière en arrière. Il est couvert d'écaillés 
fort petites , imbriquées, ayant à-peu-près la forme des écailles des poissons osseux ordinaires, 
mais couvertes d'une couche d'émail qui quelquefois est assez élégamment sculptée. 

Les nageoires sont en même nombre que dans les Acanthodes. Les pectorales sont grandes, 
soutenues par de vigoureux rayons épineux ; les rayons des ventrales , qui ont une forme 
triangulaire, sont petits et grêles. L'anale ressemble beaucoup aux ventrales pour la forme: 
elle s'étend en s'atténuant graduellement jusque vers la base de la caudale. La dorsale a le 
rayon épineux fortement développé ; elle est invariablement placée en avant de l'anale, entre 
celle-ci et la ventrale , près du milieu du dos , ce qui , comme nous l'avons vu ci-dessus , 
constitue le caractère essentiel du genre. La caudale enfin est hétérocerque , mais ses deux 
lobes sont presque d'égale longueur, et les rayons ne sont développés qu'au lobe inférieur. 

Les Cheiracanthes étaient de petits poissons d'une forme svelte , n'atteignant guère un pied 
de longueur. Ils ne sont pas très-communs dans les couches de l'Old Red , et il est toujours 



— 38 — 

facile de les distinguer des autres Acanthodiens à leur dorsale unique , qui est placée autre- 
ment que dans les Cheirolepis et les Acanthodes. Ils se distinguent non moins bien des exem- 
plaires entiers des Diplacanthes , qui ont deux nageoires dorsales. 11 est cependant des cas où 
l'on peut facilement confondre ces deux genres, c'est lorsqu'on ne possède que des fragmens 
de la partie postérieure du corps. Toutefois la dernière dorsale des Diplacanthes est toujours 
opposée à l'anale; tandis que la dorsale des Cheiracanthes se trouve au devant d'elle. 

I. ClIEIRACAATHlTS MICROLEPIDOTUS AgaSS. 

Old Red, Tab. I5,fig. 1-3. 

Les magnifiques échantillons de cette espèce , dont je dois la communication à Lady Gordon 
Cumming, me mettent à même d'en donner une description assez complète. 

La tête est grosse, large, égalant à-peu-près un cinquième de la longueur totale. La 
bouche est énorme , elle est fermée dans l'exemplaire de la fig. 2, et l'on voit, par les contours 
de la tête et des os maxillaires , que la fente de la bouche est dirigée presque verticalement de 
haut en bas. Les yeux sont énormes; ils occupent presque tout le front , et se trouvent telle- 
ment à fleur de tête, qu'ils font saillie au-dessus du front. J'ai compté sur ce même exem- 
plaire neuf rayons branchiostègues , situés au-dessous d'un opercule allongé et peu large. 

Le corps est fusiforme, assez large dans la partie ventrale, graduellement rétréci en arrière. 
Il est couvert d'écaillés extrêmement fines, marquées de stries divergentes, à pourtour cré- 
nelé sur le haut du corps (fig. 2 a) , tandis que sur le ventre elles sont plus lisses (fig. 1 a) ; 
plus bas encore , elles ne paraissent plus imbriquées, comme celles d'en haut, mais seule- 
ment juxta-posées , ayant des angles vifs et d'une forme rhomboïdale très-régulière (fig. 3 a). 

Les pectorales sont très-grandes, situées près de la ligne médiane, sous la gorge , et mu- 
nies d'un fort rayon cylindracé, pointu et droit. 

Les ventrales sont encore plus grandes, leurs épines sont placées au milieu du ventre; elles 
sont plus grêles que celles des pectorales; la nageoire elle-même s'étend jusque près de 
l'anus. 

La dorsale a un rayon énorme , courbé en arrière comme un sabre , et placé entre les ven- 
trales et l'anale , quoique cependant un peu plus rapproché des premières. L'anale est petite, 
triangulaire, son rayon épineux est peu considérable. 

J'ai pu étudier la caudale sur un échantillon de la collection de Lord Enniskillen ; elle est 
assez profondément échancrée en demi-lune ; mais son lobe supérieur n'est pas beaucoup plus 
long que l'inférieur. 

Tous les exemplaires que j'ai examinés proviennent de Lethen-Bar. Ceux de fig. 1 et 3 font 
partie de la collection de Lady Gordon Cumming ; celui de fig. 2 appartient à sir Philipp 
Egerton. 



— 39 — 

Nous ne connaissons encore que d'une manière assez imparfaite les caractères des autres 
espèces de ce genre, que j'ai mentionnées dans les Recherches sur les Poissons fossiles, vol. II, 
Part. I, pag. 126 et 127, et qui proviennent également de couches appartenant au système 
dévonien. N'ayant rien de nouveau à ajouter à ce que j'en ai dit dans mes Recherches, je 
crois pouvoir me dispenser de reproduire ici la description que j'en ai donnée. Je ferai seu- 
lement remarquer que ce qui pourra cependant faciliter leur détermination , ce sont les 
écailles qui sont crénelées dans notre Ch. microlepidotus , tandis qu'elles sont lisses et sans 
crénelures dans les Ch, Murchisoni et minor. 



— uo — 



CHAPITRE IV. 

DU GENRE DIPLACAXTHUS Agass. 

Old Red, Tab. D, fig. 3. 



Ce genre appartient à la même famille des Acanthodiens que les genres précédens , dont il 
se distingue toutefois par la présence de deux nageoires dorsales, munies chacune d'un grand 
rayon épineux. La tête est grosse et , à ce qu'il paraît , aplatie latéralement ; elle occupe 
un peu plus du quart de l'animal entier. La gueule est largement fendue , armée de très- 
petites dents sur tout son pourtour. Le corps est cylindrique et se termine par une queue 
courte , massive et hétérocerque , c'est-à-dire dont le lobe supérieur est plus long que l'infé- 
rieur et relevé vers son extrémité, comme c'est le cas de tous les poissons de cette époque. 
Les nageoires dorsales qui forment le principal caractère du genre sont placées , la première 
assez près de la nuque , au-dessus ou un peu en arrière des pectorales , l'autre à l'opposite de 
la nageoire anale. Les nageoires pectorales sont courtes et fixées sur une ceinture thoracique 
assez forte, sur laquelle on remarque encore des épines indépendantes , placées près de la ligne 
médiane. Les ventrales varient beaucoup de position dans les différentes espèces ; tantôt elles 
sont plus rapprochées de la gorge , tandis que dans d'autres cas elles reculent vers l'anale ; 
elles sont en général peu marquées. L'anale occupe d'ordinaire toute la partie inférieure de la 
queue , et se reconnaît toujours au grand rayon épineux qui la soutient. La caudale est four- 
chue , mais son lobe supérieur est beaucoup plus long que le lobe inférieur. Les rayons épi- 
neux qui soutiennent toutes les nageoires , sauf la caudale , sont très-forts, courbés en arrière 
et marqués de stries longitudinales dans la plupart des espèces. Les os de la tète sont rare- 
ment conservés ; je n'ai pu distinguer jusqu'ici que les mâchoires , et , dans un seul exem- 
plaire , de nombreux osselets des arcs branchiaux. Les écailles sont extrêmement petites , de 
forme rhomboïdale, ornées de dessins très-variés à leur surface. C'étaient en général de petits 
poissons qui n'atteignaient guère que quelques pouces , et les plus grands à peine un pied de 
longueur, et qui n'ont été trouvés jusqu'ici que dans les couches de l'Old-Red. 



— il — 

I. DlPLACANTHUS STRIAT US AgaSS. 

Old Red, Tab. ik , fig. i-S. 

C'est la plus petite espèce de Diplacanthe que l'on connaisse jusqu'à présent. 

La tête est arrondie , de grandeur moyenne ; la gueule largement fendue de haut en bas , 
et garnie de petites dents pointues et crochues, toutes de la même dimension. Les yeux sont à 
fleur de front , grands et circulaires. L'opercule est lisse , long , étroit ; les rayons branchios- 
tègues sont en assez grand nombre. La ceinture thoracique est forte ; mais on n'y remarque 
point de piquans extraordinaires , comme c'est le cas chez le D. crassispinus. Le corps , en 
général court et trapu , est fusiforme et graduellement rétréci en arrière. 

La première nageoire dorsale est située au haut de la nu([ue , presque immédiatement der- 
rière l'occiput. Elle est triangulaire et soutenue par un énorme rayon osseux, sillonné sur toute 
sa longueur de fines stries longitudinales, comme les rayons de toutes les autres nageoires. 
Le rayon, qui est assez pointu, n'a point de dentelures comme beaucoup d'ichthyodorulites ; 
il est faiblement courbé en arrière , et sa longueur égale la largeur du corps. La fig. 3 re- 
présente ce rayon grossi. 

La seconde dorsale est située au commencement du troisième tiers de la longueur totale du 
poisson , de manière qu'elle est exactement opposée à l'anale. Elle est aussi de forme triangu- 
laire , son bord postérieur descendant verticalement sur le dos. Son rayon est plus petit et 
plus grêle que celui de la première. 

Les pectorales sont petites , placées près de la gorge ; leurs rayons osseux ne sont pas très- 
vigoureux. Il en est de même des ventrales, qui se trouvent placées entre les pectorales et 
l'anale , quoique plus rapprochées des premières. 

L'anale a la même forme que la seconde dorsale , à laquelle elle est opposée. 

La caudale est profondément bilobée ; son lobe inférieur est court , petit et pointu ; le supé- 
rieur très-long , de sorte que la queue prend l'aspect de celle de certains rayons. 

Les écailles de cette espèce sont très-petites , lisses , rhomboïdales , à angles arrondis et peu 
imbriquées ; leur partie postérieure est marquée d'un petit renflement en forme de bosse . 
comme le montre la fig. k qui représente des écailles grossies des flancs. La fig. 5" repré- 
sente des écailles du bord dorsal , où les renflemens sont plus médians. 

Les écailles lisses , les rayons striés longitudinalement , la petite taille et le lobe supérieur 
si allongé de la caudale , font aisément distinguer cette espèce , dont la découverte est due à 
M. ÏI. Miller. Tous les exemplaires que j'ai vus proviennent de Cromarty. 



AG. old RED. 



— 42 — 

II. DiPLACANTHUS STRIATULUS AgaSS. 

0kl Red, Tab. 13, %. 3 et 4. 

Je ne connais jusqu'ici que des exemplaires très-imparfaits et assez mal conservés de celte 
espèce. Ces exemplaires ne font voir ni les formes de la tète et du corps, ni l'arrangement des 
nageoires. Néanmoins on les reconnaît facilement à un caractère très-constant , c'est que les 
rayons des nageoires sont lisses, ou du moins dépourvus de ces fortes rainures et des côtes 
(|u'on observe sur les rayons du D. striahis. Les écailles des deux espèces sont également 
différentes. Celles du D. striatiihis sont moins longues et plus larges que celles du D. striattis, 
de manière qu'elles ressemblent plus aux écailles des poissons ordinaires. Il leur niantjue en 
outre la bosse relevée sur le bord postérieur (voy. fig. ko). 

Les deux exemplaires que j'ai fait figurer sont comprimés, de manière que la partie anté- 
rieure du corps est couchée sur le dos et présente la face ventrale , tandis que la partie pos- 
térieure est appliquée sur le flanc ; c'est ce qui permet de distinguer aussi nettement les rayons 
osseux des pectorales , réunis sous la gorge en un angle aigu , le grand rayon de la première 
dorsale , celui de la seconde, ceux des ventrales et de l'anale. On ne peut rien dire de précis 
sur la position des nageoires relativement les unes aux autres , les exemplaires étant trop 
écrasés. La queue manque. 

Tous les exemplaires que je connais proviennent de Lethen-Bar, et font partie des collec- 
tions de lady Gordon Cumming , de lord Enniskillen et de sir Philippe Egerton. 

III. DiPLACANTHUS LONGISPIJNUS AgaSS. 

Old Red, Tab. 13, fig. 5 ; Tab. \k , fig. 8 et 9. 

Malheureusement on ne possède encore que le tronc et la queue de cette belle espèce , la 
plus grande du genre ; la partie antérieure du corps n'est conservée dans aucun des exem- 
plaires que j'ai pu examiner. On ne reconnaît pas moins au premier aspect , que c'était un 
poisson large , trapu , qui pouvait atteindre jusqu'à un pied de longueur. Sa plus grande lar- 
geur parait avoir été près des ventrales, d'où le tronc se rétrécit brusquement en arrière, au 
point que la base de la caudale n'a pas même la moitié de la largeur du corps. 

Les deux dorsales sont assez rapprochées , hautes , triangulaires , tronquées verticalement 
en arrière et munies de fortes épines presque droites. La seconde est très-reculée , elle est op- 
posée à l'anale , ou même encore plus reculée. 

La caudale est large ; son lobe supérieur ne dépasse que peu l'inférieur ; la queue est très- 
courte , mais elle se prolonge fort loin dans le lobe supérieur. 

L'anale est tellement reculée, que son extrémité touche presque la caudale. 

Les ventrales sont intermédiaires entre les deux dorsales , mais plus rapprochées de la 



— 45 — 

seconde; leurs rayons sont de beaucoup plus faibles que ceux de l'anale. — Toute la partie 
antérieure du corps , depuis la première dorsale, manque. 

Les écailles sont d'une structure particulière. Elles sont beaucoup plus grandes que dans les 
autres espèces du genre et ornées des plis saillans , réunis en éventail à l'angle postérieur de 
l'écaillé. (Voyez la figure grossie de Tab. ik, fig. 9). Cet aspect des écailles, la position re- 
culée de la seconde dorsale et la conformation de la queue distinguent facilement cette es- 
pèce de toutes ses congénères. 

M. H. Miller a découvert à Cromarty l'exemplaire de Tab. ik . et lady Gordon Cumming, à 
Lethen-Bar, celui de Tab. 13. 

IV. DlPLACANTHUS CRASSISPIKUS Agass. 

Old Red , Tab. 13 , fîg. 1 et 2 ; Tab. ik , fig. 6 et 7. 

Le fossile sur lequel j'ai établi cette espèce (Tab. ik , fig. 6 et 7) ne montre que la face 
ventrale du tronc, depuis la ceinture thoracique jusque vers la queue , qui est fort mutilée. 
Ce qui frappe au premier aspect , c'est le développement énorme des épines , dont les nageoires 
paires sont munies. La ceinture thoracique est très-forte , réunie sous la gorge par une pièce 
transversale , sur l'angle de laquelle sont implantées deux fortes épines tournées en arrière , et 
ayant la forme d'une lame de couteau-poignard. En dehors de ces épines fortes, tranchantes 
et pointues , sont placées les gros rayons épais , courbés et pointus , destinés à soutenir les na- 
geoires pectorales qui ont disparu dans notre exemplaire. En arrière se voient les deux épines 
des nageoires ventrales, qui sont fortes, courtes et courbées. On distingue en outre, entre 
ces deux nageoires , deux épines plus petites , peu divergentes et qui ne portaient point de na- 
geoires ; elles ressemblent un peu aux épines des épinoches et d'autres poissons hérissés 
d'armes semblables. 

Les écailles de cette espèce sont plus larges que longues ; l'angle postérieur du rhombe fort 
obtus. Leur surface est très-irrégulièrement granulée. (Tab. 14, fig. 7). 

J'ai eu des doutes sur la position générique de ce curieux fossile , qui. appartient évidem- 
ment aux Acanthodiens , parce que je n'ai pas d'abord connu les nageoires dorsales. Mais 
comme il n'y a aucun genre de cette famille dans lequel les épines soient portées à un si haut 
degré de développement que chez les Diplacanlhes , je l'ai immédiatement rangé dans ce 
genre. Cette position a été justifiée plus tard par la découverte d'autres exemplaires plus par- 
faits , qui montrent ce poisson de profil. La première dorsale est placée derrière la nuque , 
vis-à-vis des pectorales ; son rayon épineux est très-gros , presque droit , comprimé et forte- 
ment cannelé, la seconde dorsale, soutenue par un rayon plus faible, est opposée à l'anale. 

L'exemplaire de Tab. 14 provient de Caithness , et m'a été communiqué par M. Strick- 
land ; ceux de Tab. 13 proviennent de Stromness , l'une des Orcades , et m'ont été envoyés 
par M. le docteur Traill. 



— Uk — 



CHAPITRE V. 

DU GENRE CHEIROLEPIS Agass. 

Old Red, Tab. D, Gs. 4. 



J'ai établi ce genre dès 1835 , dans mes Recherches sur les Poissons fossiles (*), en décri- 
vant et figurant les deux espèces alors connues, les Ch. Trailli et Ch. minor. Depuis lors les 
belles découvertes de Lady Gordon Cuniming, dans les carrières de Lelhen-Bar, dans le Nairn- 
shire, ont amené la connaissance d'une nouvelle espèce admirablement conservée, qui per- 
met d'en compléter tous les caractères , en sorte que le genre Cheiracanthus peut maintenant 
être envisagé comme un des mieux connus de ce terrain. 

La tête est de grandeur moyenne, égalant à-peu-près le quart de la longueur totale; la 
gueule est très-grande et fendue longitudinalement , ce qui distingue aisément notre genre 
des Cheiracanthes, qui l'ont fendue perpendiculairement. Son pourtour est formé par le maxil- 
laire, circonstance dont j'ai pu me convaincre par l'inspection d'une plaque, en possession 
de Lady Cumming, sur laquelle se trouvent épars différens os de la tête du Ch. Cummingiae. 
Jjes mâchoires sont garnies de petites dents coniques et assez pointues , d'inégale grandeur , 
quoique moins fortes que dans beaucoup de Sauroïdes et de Célacanthes, où les grandes dents 
excèdent quelquefois dix à douze fois la hauteur des petites. Il est à remarquer en outre que 
dans ces deux familles, les petites dents forment une rangée extérieure continue, tandis que 
les grandes se trouvent en dedans de cette dernière : dans les Cheirolepis , au contraire , 
nous ne remarquons point de distinction pareille ; toutes les dents sont placées sur le même 
rang. Les autres os de la tête que j'ai pu distinguer, tel que le frontal , l'humérus , le tempo- 
ral, ont la même structure que chez les poissons osseux ordinaires, d'où l'on peut conclure 
que les Acanthodiens en général avaient un système osseux complet , et non pas seulement 
une corde dorsale, comme les Coccoslées et d'autres poissons de la même époque. 

Le corps des Cheirolepis est fusiforme , mais trapu et surtout large dans la région du 
ventre. Toutes les nageoires ont une multitude de rayons fins et serrés, qui sont admirablement 
conservés dans tous les exemplaires que j'ai vus. Il leur manque à toutes le premier rayon épi- 
neux , qui se voit dans les autres Acanthodiens. Quant au reste , le nombre et la position des 

(') Vol. 2, pag. 128. 



— 45 — 
nageoires sont exactement les mêmes que chez les Âcanfhodicns. L'anale est placée un peu en 
avant de la dorsale, qui du reste lui est opposée; les ventrales occupent le milieu de l'abdo- 
men ; la caudale est hétérocerque , large et presque tronquée verticalement . ou du moins son 
lobe supérieur avance de bien peu sur l'inférieur. 

Ce genre forme , par l'absence des rayons épineux et par sa dentition inégale , le passage 
des Âcanthodiens aux Sauroïdes. 

Cheirolepis cuMMiNGiAE As^ass. 
OldRed, Tab. 12. 

Celte espèce atteint jusqu'à un pied et demi de longueur. Sa forme est massive et sa hau- 
teur très-considérable, pour un poisson fusiforme; la queue est très-grande. La tête , qui oc- 
cupe à-peu-près le quart de la longueur totale, est composée d'os robustes, qui témoignent, 
avec la forme des dents, que c'était un poisson essentiellement vorace, se nourrissant de 
proie vivante. Le maxillaire supérieur, qui forme le pourtour de la bouche, a presque la 
même forme que dans les Saumons; il est effilé en avant, élargi et aplati en arrière, garni 
de dix-huit dents faiblement crochues, qui ont à-peu-près une ligne de longueur, et aux- 
quelles succèdent une vingtaine de petites dents très-serrées. Les maxillaires inférieurs sont 
longs et grêles ; ils portent de petites dents mêlées avec les grandes , qui sont au nombre de 
dix ou douze. J'ai pu étudier tous ces détails sur une pièce où étaient épars plusieurs os de 
la tête, provenant probablement d'un individu décomposé avant son ensevelissement dans la 
substance pierreuse. 

La ceinture thoracique est forte; la clavicule se fait surtout remartpier par sa forme trapue, 
de sorte que la courbure en équerre, qui la distingue ordinairement, est peu marquée. Les 
pectorales sont peu considérables, courtes, arrondies et placées sous la gorge. 

La hauteur du poisson au dessus des ventrales égale le quart de sa longueur ; de là il se 
rétrécit graduellement jusqu'à l'extrémité relevée de la queue. 

Les ventrales sont triangulaires et peu hautes ; mais , en revanche , elles s'étendent en 
arrière jusqu'à l'anus, garnissant ainsi toute la moitié postérieure du bas ventre. 

L'anale et la dorsale sont opposées, mais de telle sorte que cette dernière est un peu plus 
reculée en arrière ; elles sont triangulaires et de grandeur égale. 

La caudale est hétérocerque ; mais l'extrémité de la queue se relevant très-brusquement , 
et le lobe inférieur étant très-large , il s'en suit qu'elle prend presque l'aspect d'une caudale 
homocerque. Elle est tronquée verticalement et couverte en haut de grosses écailles réunies 
en toit. 

Les écailles du corps sont petites , cependant elles sont proportionnellement plus grandes 
que dans les autres espèces du genre ; leur surface est lisse. Cette espèce est assez fréquente 



— k6 — 

à Lethen-Bar, où elle a été découverte par Lady Gordon Cumiiiing. M. H. Miller l'a aussi trou- 
vée à Cromarty. 

Il est facile de distinguer le Cheir. Cnmniinyiœ du Cheir. Traillii, avec lequel il a quelques 
rapports par l'apparence de son tronc et surtout de sa queue. Mais chez le Ch. Traillii , les 
ventrales sont courtes et peu étendues en arrière; tandis que chez le Ch. Cummingiœ, elles 
s'étendent jusque vers l'anus. D'ailleurs , chez ce dernier , la dorsale est à peine un peu reculée 
derrière l'anale, tandis que dans le Ch. Traillii son commencement correspond à-peu-près au 
tiers de l'anale. Le Ch. Uragiis s'en distingue aussi facilement par sa queue grêle et mince et 
sa forme moins trapue. Je renvoie, pour de plus amples détails sur ces espèces, à mes Re- 
cherches , où elles sont figurées et décrites en détail , n'ayant rien de nouveau à dire à ce 
sujet. 



k7 — 



DE. LA FAMILLE DES SAUROIDES DIPTERIENS. 



CHAPITRE I. 

DES SAUROIDES DIPTERIENS EIX GÉNÉRAL. 



Dans un domaine aussi nouveau que celui de l'étude des poissons fossiles , il n'est pas sur- 
prenant de voir les limites des familles subir de fréquentes modifications , surtout lorsque les 
faits acquis se multiplient dans une proportion rapide. On conçoit également que sur d'autres 
points il règne encore trop d'incertitude pour que l'on puisse s'arrêter définitivement à telle 
ou telle manière de voir. C'est ainsi que dans les premières livraisons de mes Recherches . j'ai 
réuni les genres Dipterus et Ostéolepis à la famille des Lépidoïdes et placé le genre Diplop- 
terus parmi les Sauroïdes. Dans le tableau général des Poissons fossiles que j'ai publié en ter- 
minant cet ouvrage , j'ai cru plus convenable de séparer les Dipterus et les Ostéolepis des Lé- 
pidoïdes , pour en faire un groupe à part sous le nom de Diptériens, mais j'ai laissé le genre 
Diplopterus parmi les Sauroïdes. Aujourd'hui j"ai acquis la certitude que les genres Dipterus , 
Ostéolepis et Diplopterus ne sauraient être séparés ; reste à savoir s'ils doivent constituer une 
famille à part , ou être réunis aux Sauroïdes. Je pencherais plutôt pour la première manière 
de voir, si l'embryologie ne nous apprenait pas que la réduction des nageoires est un caractère 
de transition. D'un autre côté, je ne connais pas assez bien la dentition de ces genres , pour 
affirmer positivement que ce sont de vrais Sauroïdes. Il se pourrait enfin ([ue toutes les familles 
de Ganoïdes , commençassent, dans les terrains les plus anciens, par des genres munis de na- 
geoires nombreuses , et que le genre Dipterus qui paraît n'avoir eu que des dents en brosse, 
dût rester dans la famille des Lépidoïdes , tandis que les genres Ostéolepis et Diplopterus qui 
ont des dents coniques rentreraient dans la famille des Sauroïdes. 

En attendant que je possède des renseignemens complets sur tous ces fossiles , je les dési- 
gnerai sous le nom de Sauroïdes diptériens , pour indiquer leurs affinités et leurs caractères 
propres. Le caractère essentiel que les Sauroïdes diptériens ont en commun avec les autres 
Sauroïdes , consiste dans leurs écailles rhomboïdales , juxtaposées , ou articulées ensemble par 
des bords obliques et par des processus osseux qui s'enchâssent sous les bords de l'écaillé voi- 
sine. On ne peut mieux comparer ces écailles qu'à celles du Polyptère , dont j'ai donné une 



— 48 — 

description détaillée page SO et suivante de la seconde partie du Tom. II des Recherches. 
Comme dans le poisson vivant du Nil , les écailles sont assez petites , presque aussi larges que 
longues , à angles vifs , dont les bords s'engrènent quelquefois. Elles sont revêtues d'une 
couche épaisse d'émail , qui repose sur une substance osseuse. Les rangées qu'elles forment , 
descendent obliquement de haut en bas. Leur surface est en général pointillée , montrant des 
petits trous très-fins , par lesquels les vaisseaux sanguins montaient dans Tépiderme qui les 
couvrait. Ce caractère si tranché, dont la valeur est démontrée, sert également à distinguer 
les Sauroïdes diptériens des autres poissons voraces à doubles nageoires verticales , tels que les 
Glyptolepis qui , par leurs écailles arrondies , imbriquées comme des tuiles et d'une struc- 
ture toute particulière , s'éloignent de ce groupe pour se rapprocher des Célacanthes et no- 
tamment des Holoptychius. 

Les Sauroïdes diptériens se rapprochent encore sous bien d'autres rapports du genre Polyp- 
terus. Et d'abord la tête est large , comprimée et aplatie de haut en bas ; les yeux occupent 
une place latérale et avancée , comme c'est aussi le cas chez le Polyptère ; la bouche largement 
fendue , est armée d'une rangée unique de petites dents coniques , implantées dans les mâ- 
choires. Ces dents sont d'égale grandeur, ou bien elles vont en diminuant d'avant en arrière ; 
mais on ne trouve point de rangées inégales , ayant plusieurs dents plus grandes et d'autres 
plus petites entremêlées , excepté chez le troisième genre , qui se rapproche par-là des Sau- 
roïdes ordinaires. La petitesse des dents m'a empêché jusqu'ici d'en faire une étude spéciale ; 
je me crois néanmoins autorisé de conclure d'après l'étude de plusieurs échantillons , que 
ces dents n'ont point de dentine plissée , mais seulement une cavité unique et centrale , imi- 
tant parfaitement la forme de la dent. 

La conformation des os de la tète , nous prouve que le système osseux en général était bien 
développé dans ce groupe , et qu'il n'y avait point de cartilages internes ni de corde dorsale 
persistante , comme on en trouve chez beaucoup d'autres poissons du même étage. Enfin un 
caractère assez important , qui distingue ce groupe de la famille des Acanthodiens , c'est que ce 
sont les intermaxillaires qui bordent la bouche en haut et qui portent des dents , comme c'est 
aussi le cas chez la plupart des poissons de notre époque. 

Le corps des Sauroïdes diptériens est allongé , fusiforme , et se distingue par-là du corps 
des Lépidoïdes qui est plutôt trapu et comprimé. Ce devaient être d'excellens nageurs , car 
toutes les nageoires du dos sont attachées à la partie postérieure du corps , où elles sont très- 
développées. Les pectorales sont grandes, placées près de la ligne médiane, sous la gorge; 
les ventrales sont très-petites , placées à-peu-près sur le milieu du corps. 

Tous les Diptériens ont deux nageoires dorsales et deux anales , parfaitement séparées les 
unes des autres , et une caudale hétérocerque , dont les lobes sont peu échancrés. Ces na- 
geoires sont soutenues par un grand nombre de rayons mous, sans épines quelconques. 

D'après l'emplacement des nageoires verticales , on peut distinguer trois genres ; les Dip- 
term ayant deux dorsales très-rapprochées de la caudale et opposées aux anales ; les Diplop- 



— 49 — 

terus dont les nageoires sont aussi opposées , mais considérablement écartées , et enfin les 
Osteolepis , chez lesquels les dorsales alternent avec les anales. 

Les Sauroïdes diptériens sont circonscrits dans les terrains du vieux grès-rouge, où ils abon- 
dent dans tous les étages. Les échantillons sont presque toujours tordus , de manière que la 
tête présente la face supérieure ou inférieure , tandis que la partie postérieure du corps se pré- 
sente de profil. Cette position tenait probablement à la forme large et aplatie de la tête ; on n'a 
qu'à placer une lote morte sur une planche , pour la voir prendre une pose pareille. 



TABLE ANALYTIQUE DES GENRES ET DES ESPÈCES. 



SAUROIDCS 
DIPTÉRIENS. 

Poissons hétéro- 
cerques, à écailles' 

rliomboidales 
ayant deux dorsa- 
les et deux anales. 



/Dorsales rapprochées f Tête petite; écailles proportion- 

DiPTERUS. ' nellement grandes ..../). macrolepidotus. 

Nageoires verticales 1 , ^ête large et aplatie : queue atté- 

opposees. \ . , • , • 

' l nuée ; granulation des écailles 

Dorsales espacées \ extrême et fine D. macrocephalus . 

DiPLOPTERUS. \Granulation des os et des écailles 

I distincte à l'œil nu . . . . D. affinis. 

' Tête arrondie , petite ; queue 

V épaisse D. horealis. 

/Corps très-allongé ; écailles gran- 

I des , plus hautes que longues . 0. macrolepidotus. 

V Forme trapue ; écailles grandes , 
I Nageoires verticales; ' plus hautes que longues . . O. microlepidotus. 

alternes. | Osteolepis \ Corps allongé ; écailles grandes , 

équilatérales 0. arenatus 

Corps allongé ; écailles grandes , 
plus longues que hautes . O. major. 

'nues "' 1 ^'''''PTOPOMUS. . . | Corps trapu ; os de la tête scupltés G. minor. 



AG. OLD RED. 



so 



CHAPITRE II. 

DU GENRE OSÏEOLEPIS Val. et Pentl. 
Old Red, Tab. E, fig. 2. 



Ce genre, dont j'ai indiqué les principaux caractères dans mes Recherches, Vol. II, pag. 117 
et suiv., est limité jusqu'à présent au seul terrain du vieux grès-rouge. Il a le corps allongé, 
fusiforme , recouvert d'écaillés plus ou moins rhomboïdales , rangées en séries obliques. Ces 
écailles ressemblent beaucoup par leur forme , leur position et leur surface lisse à celles des 
Paléonisques ; mais elles en diffèrent en ce qu'elles sont traversées de petits tubes qui appa- 
raissent à la surface comme un sable très-fin. La tête est grosse et plate ; on y distingue assez 
bien dilTérens os et j'ai même pu donner, d'après un exemplaire de VO. macrolepidotus , une 
esquisse assez complète des pièces qui forment le haut du crâne ( Vol. II, Tab. 2 6, fig. 3). 
Dans un autre exemplaire de VO. microlepidotus , qui se voit dans la collection de M. Hugh 
Miller, la tête est conservée aux trois quarts , et comme la face supérieure et les côtés sont éga- 
lement visibles, j'ai pu me convaincre , que les nasaux , qui sont situés devant les frontaux et 
qui sont brisés dans l'exemplaire figuré Tab. 2 b, que les nasaux , dis-je, sont séparés tout du 
long par une suture médiane , particularité qui ne se rencontre de nos jours que chez le Lépi- 
dostée ou brochet osseux des rivières de l'Amérique. 

Les mâchoires de ce genre sont assez vigoureuses ; la gueule est largement fendue , armée 
de petites dents coniques assez aiguës. C'est l'intermaxillaire qui forme le bord supérieur de 
la gueule , le maxillaire étant probablement trés-réduit, comme chez la plupart des poissons de 
l'époque actuelle. Il n'en est pas de même des autres poissons du grès-rouge, des Acanthodiens, 
par exemple, qui ont le bord supérieur de la gueule garni par le maxillaire supérieur, exacte- 
ment comme nos Saumons et nos Harengs. Les dents elles-mêmes se rapprochent à plusieurs 
égards de celles des Sauroïdes ; elles sont petites , élancées , coniques , rangées à la file le long 
des mâchoires ; leur grandeur varie considérablement et l'on en trouve toujours quelques-unes, 
qui sont de moitié plus grandes que les autres , faiblement crochues et qui rappellent par con- 
séquent les dents si inégales des Sauroïdes et des Célacanlhes de l'Old Red. Il paraît aussi que 
ces dents sont faiblement striées à leur base et garnies en dehors de très-petites éminences , 
comme c'est le cas chez le Lépidostée. Quant à leur structure , elles ont échappé à l'examen 
microscopique à cause de leur petitesse. 



— m — 

Le caractère le plus saillant qui distingue ce genre , c'est outre les écailles rhomboïdales ou 
simplement oblongues , la position des nageoires. Les pectorales sont grandes , arrondies , 
placées près de la ligne médiane , sous la gorge ; les ventrales sont très-petites , reculées au- 
delà de la moitié du corps. La caudale est hétérocerque , composée de petits fulcres trés-grèles 
au-dessus du prolongement de la colonne dorsale , tandis que le lobe inférieur est peu allongé 
et taillé en croissant. Il y a deux dorsales et deux anales , qui alternent ensemble de telle 
sorte , que l'anale postérieure louche le bord de la caudale , tandis que la première anale est 
placée à une certaine distance de la seconde. La dorsale postérieure correspond à l'intervalle 
entre les deux anales ; la dorsale antérieure est placée en avant de la première anale. De cette 
manière, le bord antérieur de chaque anale est opposé au bord postérieur de chaque dorsale. 

Les Ostéolepis sont en général de petits poissons ; ils atteignent rarement un pied de lon- 
gueur. Leur tête large et aplatie et leur corps svelte leur donnent quelque ressemblance 
avec le Polyptère de notre époque. La position et la multiplicité des nageoires indique d'ex- 
cellens nageurs. 

J'ai déjà décrit trois espèces de ce genre , Vol. II , pag. 1 19-123 , sous les noms d'O. ina- 
crolepidotus , microlepidotus et arenatus ; les deux premières proviennent de Caithness et de 
Pomona , la dernière de Gamrie. Je vais en ajouter une quatrième. 

OSÏF.OLEPIS MAJOR AgaSS. 

Old Red, Tab. 19, fig. 1-3. 

Je n'ai d'abord connu que des exemplaires incomplets de cette espèce , que je n'hésitai pour- 
tant pas à rapporter au genre Ostéolepis , ce sont deux fragmens de mâchoires , fig. 2 , en la 
possession de Sir Philipp Egerlon et de Lord Enniskillen , qui représentent évidemment les 
deux côtés de maxillaires du même poisson. On y distingue une série de dents implantées sur 
l'os ; l'une des dents est fort grande relativement aux autres , et courbée en arrière comme un 
crochet. Les autres dents sont droites , coniques , pointues ; toutes paraissent avoir des rides 
longitudinales à la base , mais ces rides ne montent guère qu'à la moitié de la hauteur et pa- 
raissent être occasionnées , comme chez le Lépidostée , par des plissemens de la dentine. Lue 
rangée de petites éminences émaillées , se voit le long du bord de la mâchoire , sur laquelle les 
dents sont implantées. 

Un autre échantillon , qui appartient évidemment à la même espèce, consiste en un morceau 
du tronc fort délabré, sur lequel on voit encore quelques traces de nageoires et quelques écailles 
détachées. Les écailles grossies fig. 3 sont allongées, c'est-à-dire ;, plus longues que hautes, 
tronquées en avant et en arrière et munies d'une carène longitudinale qui se bifurque près du 
bord postérieur. Le bord supérieur a un onglet peu large, qui se cache sous le bord inférieur de 
l'écaillé qui est au dessus. Les écailles en général sont assez épaisses et couvertes d'une couche 



— 52 — 

épaisse d'émail. D'autres plaques ne montrent que les contours d'exemplaires écrasés de cette 
espèce , recouverts d'écaillés disloquées et dont les rapports primitifs sont difficiles à saisir. 
J'en ai vu plusieurs exemplaires semblables , dans la collection de Lady Gordon Cumming ; 
tous provenant de Lethen-Bar. M. H. Miller en possède de Gamrie. 

Mais le meilleur exemplaire a été découvert par le Rév. Gordon, aux environs de Gordon- 
Castle. C'est un petit poisson (fig. i) svelte, allongé, dont la longueur égale près de six fois la 
largeur. La tête est proportionnellement courte ; la mâchoire inférieure large et vigoureuse. 
Les pectorales et les ventrales sont détruites dans notre échantillon ; mais à leur place on 
voit une saillie qui indique leur position. Les nageoires impaires sont proportionnellement pe- 
tites ; la première dorsale se trouve en arrière du milieu du corps. La caudale est courte , 
comme tronquée ; le pédicule de la queue est très-large ; les fulcres supérieurs sont presque 
imperceptibles. 



S3 — 



CHAPITRE III. 

DU GENRE DIPLOPTERUS Agass. 

Old Red, Tab. E, fig. 3. 



Quoique la découverte de ce genre ne date pas de bien loin , je suis' pourlant'^à même , 
grâce au zèle des collecteurs , de donner sur les Diploptères des renseignemens plus complets 
que sur les deux autres genres du môme groupe. 

Ce sont des poissons d'assez grande taille, atteignant plusieurs pieds de longueur, et qui, 
à raison de leur corps élancé et de la position de leurs nageoires , devaient être d'excellens 
nageurs. 

La tête est grande, large et plate, le museau arrondi, les yeux placés sur le milieu du 
front , à peu de distance de la ligne médiane , sont grands et entourés de fortes saillies os- 
seuses. Les frontaux qui forment le haut du crâne sont aplatis, rétrécis entre les yeux et di- 
latés en avant et en arrière. Au devant des frontaux se voit un nasal simple, indivis, allongé. 
Les autres pièces du crâne n'ont pas encore pu être étudiées complètement. Quant aux mâ- 
choires, elles sont vigoureuses, garnies d'une simple rangée de dents coniques assez serrées, 
qui sont d'égale grandeur, ou bien vont en diminuant d'avant en arrière. Ces dents n'ont 
qu'une simple cavité dentaire sans plissement de dentine , et ressemblent fort aux dents du 
Polyptère. Cette ressemblance est encore augmentée par la conformation de la face inférieure 
de la tèle. Dans les Diploptères, aussi bien que dans le Polyptère, les rayons branchiostègues, 
qui sont multiples chez les autres poissons, sont remplacés par deux plaques larges triangu- 
laires, occupant tout le dessous de la gorge, qui est comprise entre les deux branches de la 
mâchoire inférieure. Ces deux plaques mobiles, qui sont séparées par la ligne médiane, per- 
mettaient à la gorge de se dilater tout en lui donnant une grande solidité. 

Le corps est allongé , svelte et graduellement aminci vers la queue ; il est recouvert d'é- 
cailles rhomboïdales simples, qui sont engrenées par leurs bords obliques. Examinées sous 
une forte loupe, les écailles présentent une fine granulation, provenant d'une quantité de 
petits trous qui s'ouvrent à la superficie , et qui sont évidemment des trous de passage pour 
les nombreux petits vaisseaux sanguins, qui traversaient l'écaillé pour se rendre dans l'épi- 
démie. Examinées au microscope, les écailles présentent une épaisse couche d'émail, au- 
dessous de laquelle se trouve un tissu osseux, montrant des réseaux fort élégants, qui ne dif- 



— 54 — 
fèrent de ceux du Polyptère, que par leur déveiop|)ement considérable. Les trous et les canaux 
médulaires l'emportent de beaucoup sur les piliers intermédiaires. 

Mais ce sont les nageoires qui nous fournissent les caractères les plus précis et le plus faciles 
à saisir. Les pectorales sont assez grandes , arrondies et placées sur les côtés de la gorge , 
assez loin de la ligne médiane. Les ventrales sont fort petites, et ne se voient que dans quel- 
ques exemplaires; elles sont placées au milieu du ventre. Il y a deux dorsales et deux anales, 
comme chez les Ostéolepis et les Dipterus ; mais au lieu d'être alternantes comme chez les 
premiers et contiguës comme chez les seconds , elles sont opposées les unes aux autres et fort 
espacées. Elles ont en outre de petits fulcres sur le premier rayon et une grande quantité de 
rayons mous , serrés les uns contre les autres. Enfin la caudale a une conformation des plus 
singulières. II va sans dire qu'elle est hétérocerque , et que la masse principale des rayons est 
insérée sous le prolongement relevé de la colonne vertébrale; mais au bord supérieur il y a 
au lieu de fulcres de véritables rayons , en grande quantité , si bien que le prolongement de 
la colonne vertébrale se trouve garni de rayons en haut comme en bas, La caudale est tron- 
quée presque verticalement , et la colonne vertébrale finit à son angle supérieur. 

L'insertion particulière de la caudale , la position des anales et des dorsales qui sont espa- 
cées et opposées les unes aux autres, et la présence de plaques sous la gorge au lieu de rayons 
branchiostègues , feront sans peine distinguer ce genre , qui , d"après les recherches actuelles 
est limité au vieux grès-rouge et à la houille. J'en connais maintenant cinq espèces, dont 
trois de l'Old Red et deux de la houille. 

I. DiPLOPTERUS MACROCEPUALUS. AgaSS. 

Old Red, Tab. 16 et 17. 

Cette espèce se distingue entre toutes ses congénères par ses dimensions considérables. Des 
exemplaires qui supposent une longueur de deux ou trois pieds ne sont point rares, et plu- 
sieurs pièces mutilées indiquent même des proportions encore plus considérables. La tête 
est grande, large et aplatie ; le museau est arrondi, mais cependant plus allongé que dans 
l'espèce suivante; les plaques, qui se trouvent sous la gorge, à la place des rayons branchios- 
tègues, sont très-grandes et épaisses. Les mâchoires sont vigoureuses et armées d'un grand 
nombre de petites dents coniques, dont la hauteur excède à peine la largeur. 

Le corps est large , trapu ; la queue au contraire se rétrécit brusquement et n'est qu'un pro- 
longement très-grèle du tronc. Cette disproportion entre le corps et la queue est en partie 
rachetée par le développement de la caudale ; mais elle est pourtant assez marquée pour 
indiquer au premier coup d'œil une espèce à part. 

Les nageoires pectorales sont courtes, mais larges; la position de leurs rayons rappelle 
celles du Polyptère ; les rayons sont fixés en cercle autour d'un prolongement écaillé des os 



— ss — 

du bras, qui fait une saillie considérable, de sorte que ce tronçon ressemble en quelque sorte 
à une main mutilée ou incomplètement développée (Tab. 17). 

La queue est fort longue proportionnellement au corps, et les deux dorsales, ainsi que les 
deux anales sont à une assez grande distance les unes des autres. C'est surtout la seconde 
anale qui est considérablement développée , beaucoup plus que la seconde dorsale , qui est 
même plus petite que la première. La caudale n'est conservée en entier dans aucun de mes 
exemplaires ; mais à en juger par sa base, elle a dû avoir des lobes bien fournis. Le prolon- 
gement médian , qui sépare les deux lobes , est peu considérable et assez mince. 

Les écailles sont assez grandes , mais fort irrégulières ; elles représentent rarement des lo- 
sanges parfaits, et le plus souvent leurs angles sont arrondis ou peu marqués. Il parait que 
les écailles tenaient très-peu à la peau ; du moins n'ai-je pas encore rencontré un seul exem- 
plaire dans lequel elles ne fussent dans le plus grand désordre. 11 m'a par conséquent été im- 
possible de reconnaître les séries quelles forment par leur juxta-position. Je n'ai pas remarqué 
d'onglets ni aucune de ces faces ondulées, par lesquelles les écailles s'engrènent si souvent 
chez les Sauroïdes. Il est probable qu'elles n'étaient fixées que par le tissu de la peau. Le 
pointillage des écailles est très-marqué. 

Cette espèce est abondante à Lethen-Bar, où Lady Gordon Cumming en a recueilli de très- 
beaux échantillons, les seuls que je connaisse. 

Tab. 16, fig. 1, représente un morceau de grande dimension. On y distingue la gorge avec 
ses plaques branchioslègues et les mâchoires vues en dessous, le poisson étant couché sur le 
dos , fig. 2, montre une queue de profil ; fig. 3, le ventre avec la première anale ; fig. k, une 
écaille grossie. Tab. 17 représente un poisson presque entier , étendu sur le dos, et montrant 
la face ventrale; on y distingue les dents et les nageoires pectorales. La partie postérieure du 
corps manque. 

II. DiPLOPTERiTs Arrmis Agass. 

Des fragmens de Diplopterus trouvés à Gamrie me font supposer une espèce particulière. 
Je n'en ai vu que quelques lambeaux d'os , ou des écailles mutilées , mais la granulation de 
leur surface diffère de celle du Dipl. macrocephalus , en ce que les trous qui leur donnent 
un aspect sablé sont plus fins et plus serrés. 

III. Diplopterus borealis Agass. 
Old Red, Tab. 18. 

Syn. Diplopterus Agassizii Traill , Trans. Roy. Soc. Edinbourg. Vol. XV, pag. 89. 

Les dimensions de cette espèce sont beaucoup moins considérables ([ue celles de la précé- 
dente. C'est un poisson allongé , svelte , à tête petite , large et arrondie en avant , à bouche 
largement fendue , armée de dents extrêmement petites, coniques et fines. Ce qui le dis- 



— 56 — 

lingue surtout de l'espèce précédente , c'est le museau plus arrondi , une disproportion moins 
sensible entre le tronc et la queue , la forme plus massive , plus épaisse de la queue , les con- 
tours plus régulièrement accusés des écailles et les proportions différentes de la mâchoire. Le 
corps est , en effet , tout d'une venue et la queue ne se distingue que par l'emplacement des 
nageoires. La seconde anale n'a point cette prépondérance marquée qu'on remarque dans l'es- 
pèce précédente ; elle n'est pas plus grande que la première. 

Les écailles du corps et surtout celles du dos, si distinctes dans l'individu de Tab. 18, fig. 2, 
sont plus larges que longues , à angles arrondis , et tellement serrées qu'on les croirait im- 
briquées. Elles sont fort différentes de celles de la queue , qui forment des rhombes parfaits , 
à tel point qu'on les croirait appartenir à des espèces différentes, si l'on ne possédait pas des 
exemplaires tout entiers. La structure est la même que chez l'espèce précédente. Sous tous 
les autres rapports , le D. borealis ne diffère pas de l'espèce précédente. 

Cette espèce n'a été trouvée jusqu'ici qu'à Pomona. Les seuls beaux exemplaires connus 
ont été recueillis par M. le docteur ïraill. 

La fig. 1 de la Tab. 18 montre la queue entière avec la caudale tronquée et l'intervalle 
qui sépare ses deux lobes. Fig. 2 représente un poisson entier couché sur le ventre. On y 
remarque surtout les orbites placées au haut du front , très-près de la ligne médiane ; les pec- 
torales portées sur des tronçons , la première dorsale , les deux anales et le commencement de 
la caudale. La différence entre les écailles du dos et celles de la queue y est très-marquée. 



— 57 



CHAPITRE IV. 

DU GENRE GLYPTOPOMUS âgass. 



Je ne connais ce genre que par un seul exemplaire , que j'avais d'abord pris pour un Pla- 
tygnathus , en l'apercevant dans la collection de M. Jameson, Plus tard , quand j'eus le loisir 
d'en faire un examen plus approfondi , je n'ai pas tardé à me convaincre que , malgré sa res- 
semblance extérieure avec les Platygnathes , il se distinguait par des particularités de struc- 
ture trop importantes, pour pouvoir rester associé à ce type, et j'ai par conséquent dû en faire 
un genre à part. Voici en quoi consistent les différences qui le caractérisent. 

Les écailles des Platygnathes sont arrondies et indîriquées ; elles ont par conséquent tous 
les caractères des écailles des Célacanthes en général , tandis que celles des Glyptopomes sont 
comme les écailles de Sauroïdes, rhomboïdales ou carrées, juxfa-posées les unes aux autres et 
nullement imbriquées. Déplus, les Platygnathes sont des poissons allongés , pourvus d'une 
longue queue , garnie d'une nageoire très-puissante , tandis que les Glyptopomes ont le corps 
beaucoup plus trapu et la queue plus courte. La caudale , si toutefois elle existait , n'était en 
tout cas pas aussi robuste que celle des Platygnathes. Quant aux orncmens des écailles , ils 
rappellent ceux des Célacanthes en général. La seule espèce connue jusqu'ici , est le 

Glyptopomus minor Agass. 
Old Red, Tab. 26. (Sous le nom de Platygualhus minor.) 

Ce poisson , dont je ne connais qu'une seule plaque provenant de Dura-Den, et déposée dans 
la collection de M. le professeur Jameson , a le corps large et trapu , approchant par sa forme 
de celui des Holoptychius. Il est couché sur le ventre, et tourné un peu à gauche, de sorte que 
c'est le dos et le côté droit qui se présentent sur la plaque. La tète est proportionnellement 
petite , revêtue d'os émaillés et très-irrégulièrement sculptés , qui paraissent être couverts 
d'une granulation épaisse et très-variée d'après les dilïérentes pièces. On distingue sans peine 
au milieu de la tête les frontaux en avant , les nasaux en arrière , l'occipital et une grande 
plaque émaillée sur le côté de la tète, qui indiquent que la joue était couverte, comme chez le 
Polyptère , d'une seule plaque osseuse , au-dessous de laquelle était fixé le grand muscle 
masticateur. 

AG. old RED. 8 



— 58 — 

Les écailles du corps sont assez considérables , très-hautes sur les flancs , presque carrées 
sur le dos. Elles forment des séries obliques , qui se rencontrent à angle aigu sur la ligne mé- 
diane du dos. Les écailles elles-mêmes sont assez épaisses , placées à côté les unes des autres, 
apparemment sans autre liaison que la peau, sur laquelle elles étaient implantées. Leur sur- 
face émaillée n'est point lisse , mais ornée d'une fine granulation , qui leur donne un aspect 
velouté. Je n'ai pu examiner leur structure microscopique. 

Il n'y a que quelques traces de nageoires qui soient conservées dans l'exemplaire figuré , 
probablement un morceau de la ventrale, près de la gorge , et un vestige de la nageoire dor- 
sale ou caudale, près de l'extrémité de la queue. Les rayons des nageoires étaient, selon toute 
apparence , courts et grêles. 



Du GENRE DiPTERUs Sodgw. et Murch. 
OldRed, Tab. E, lig. 1. 

Je n'ai que peu de mots à dire du genre Dipterus, dont je n'ai pu découvrir jusqu'ici d'autre 
espèce , que celle qui se trouve décrite dans mes Recherches , Tome II , pag. 23 et i 12 , etc. 
Les écailles de ce genre n'ont pas des angles bien vifs ; le bord postérieur est même quelque- 
fois arrondi de manière à donner le change sur leur véritable disposition. On s'imagine faci- 
lement qu'elles sont imbriquées , mais un examen attentif montre bientôt qu'elles appar- 
tiennent réellement au type des écailles juxta-posées , qui est celui de toute la famille. 

La figure restaurée de Tab. E , fig. 1 , servira à compléter celle de Cuvier, qui accompagne 
le Mémoire de MM. Sedgwick et Murchison , et celle que j'ai donnée dans mes Recherches , 
Tom. I , Tab. A , fig. 2 , sous le nom de Catopterus ; et qui sont l'une et l'autre incomplètes. 



59 



DE LA FAMILLE DES GELACANTHES. 



CHAPITRE 1. 

DES CÉLACAIVTHES EIV GÉIVÉIIAL. 



Il y a quelques années , on soupçonnait à peine l'existence de cette famille , et lorsque 
j'essayai pour la première fois d'en formuler les caractères dans mes Recherches , je ne pus 
encore lui assigner que des limites très-vagues. Depuis lors , les matériaux se sont telle- 
ment augmentés et le zèle que les géologues ont mis à recueillir les débris de poissons des 
anciennes couches , ont conduit à la découverte de formes si variées et si extraordinaires , 
qu'aujourd'hui la famille des Célacanthes peut à bon droit être envisagée comme l'une des 
plus intéressantes de toute l'ichthyologie fossile. 

Telle que je la conçois aujourd'hui , la famille des Célacanthes se caractérise avant tout par 
ses écailles émaillées , qui , loin d'être rhomboïdales et simplement juxta-posées ou jointes 
par les bords , comme celles des Sauroïdes, sont au contraire imbriquées à la façon des écailles 
des Clénoïdes et des Cycloïdcs. Elles sont de plus constamment formées de deux substances , 
une osseuse , formant une lame plate et lisse , sur laquelle est étendue une couche d'émail , 
dont les ornemens varient à l'infini. Dans les genres où on les connaît en entier, les écailles 
sont imbriquées en séries obliques sur tout le corps , et de cette manière il est toujours possible 
de reconnaître une écaille isolée de Célacanthe à sa foi'me arrondie et sa couche d'émail qui 
montre, sur l'un des bords, l'espace recouvert par les écailles précédentes. Dans la plupart des 
genres , les os de la tète sont incrustés de la même manière par une couche d'émail , dont les 
ornemens ressemblent à ceux des écailles , avec cette différence cependant , que les dessins 
linéaires de ces dernières font place à ime granulation plus uniforme. 

La forme creuse des os qui m'a mis en premier lieu sur la voie de cette singulière famille, 
s'est retrouvée jusqu'ici presque dans tous les genres dont on connaît le squelette. Mais il y 
en a d'autres dont il est fort à présumer qu'ils avaient un squelette uniquement cartilagineux, 
et que la tête seule était munie d'os cutanés , qui servaient de plaques protectrices à la boite 
cérébrale cartilagineuse. Je ferai remarquer à cet égard que les familles dont l'apparition 



— 60 — 
remonle à des époques très-anciennes , commencent en général par des genres doués d'une 
charpente beaucoup moins solide que les genres appartenant aux couches plus récentes , 
comme si les grandes familles qui traversent toute la série géologique, étaient destinées à par- 
courir un développement de la charpente osseuse analogue à celui qui a lieu dans l'embryon 
des poissons osseux de notre époque. 

L'affinité des Célacanthes avec les Sauroïdes est grande , et il est bien des genres à l'égard 
desquels il régnera des doutes , aussi long-temps que leurs écailles ne seront pas connues. Les 
Célacanthes étaient, comme les Sauroïdes, des poissons rapaces, vivant de proie, par consé- 
(juent doués en général d'un corps fusiforme , élancé , de nageoires verticales très-développées 
et d'une armure formidable de dents aiguës aux mâchoires. Les Holoptychius seuls, quoique 
fusiformes , étaient plus trapus et plus ramassés ; les autres genres dont on connaît le corps, 
étaient pour la plupart allongés et sveltes. Les nageoires dorsales , anales et caudales sont lon- 
gues , les premières souvent doubles. Les dents méritent une attention toute particulière. La 
plupart des genres en ont de deux espèces , les unes petites et marginales , les autres longues, 
plus ou moins coniques , et placées à distance les unes des autres , de telle sorte qu'il n'y a 
souvent que trois ou quatre grandes dents incisives dans une mâchoire. Ces dernières rentrent 
toutes dans la catégorie des dents à dentine plissée , c'est-à-dire , que la cavité pulpaire , loin 
de former une simple cavité conique , présente une quantité de ramifications latérales , autour 
desquelles la dentine se plisse, comme une étoffe grossière. Cette structure se révèle à l'exté- 
rieur par de gros plis longitudinaux , qui se perdent insensiblement vers le sommet de la dent , 
tandis qu'ils sont plus accusés à la base. Il est très-intéressant d'étudier sous ce rapport les 
difïérens degrés de plissement des dents de Célacanthes depuis les anses simples des Cricodus 
jusqu'aux réseaux si compliqués des Dendrodes. 

A certains égards , les limites de la famille ne sont cependant pas encore aussi précises qu'on 
pourrait le désirer. Si j'y ai rangé bon nombre de genres que j'avais d'abord réunis aux Sau- 
roïdes , c'est que d'une part j'ai appris à connaître leurs écailles mieux que je les connaissais 
dans l'origine , et que , d'un autre côté , j'ai découvert dans certains genres très-imparfaite- 
ment connus , des affinités avec d'autres , dont la place était déjà fixée. On conçoit en effet , 
que lorsqu'il s'agit de genres dont on ne connaît que les dents et les plaques émaillées de la 
tète , il soit presque impossible de déterminer si ce sont des Sauroïdes ou des Célacanthes , 
puisque la dentition et l'incrustation de la tète sont les mômes dans les deux familles. C'est 
ainsi que j'avais d'abord placé les Aslerolépis , les Dendrodus et d'autres genres de cette fa- 
mille , les uns dans les Céphalaspides , les autres dans les Sauroïdes. Mais en trouvant plus lard 
que les dents des Holoptychius , qui sont de véritables Célacanthes , ressemblent à s'y mé- 
prendre à celles des Bothriolépis, et celles-ci à celles des Dendrodus, des Platygnathus et des 
Cricodus , en considérant en outre , que les Dendrodus sont vraisemblablement les dents des 
Asterolépis , et que les Platygnathus sont des Célacanthes par leurs écailles , j'ai été conduit à 
réunir tous ces genres aux vrais Célacanthes. 



TABLE ANALYTIQUE DES GEARES ET UES ESPÈCES. 



(à page Glj. 



Ecailles lisses à la surfucc , à comparlimens Ecailles grandes, rondes, assez épaisses: compartiniens iiUérieiiis rayonnes li- 

'rayonnes à l'intérieur; dents coniques plisséos, denx ' néaires " G. Icptoptems. 

I ■ ' ^ ' ■ I (jofsa)ps et dcuv anales opposées- / Ecailles rondes , petites ; compartîmens initVieurs des éaiillos sparienx . . . G. microlopidotus. 

r.LYPTOLEPis. "-Ecailles grandes , très-minces , plus liautes que longues G. eli-gana. 



Ecailles énormes , très-minces. 



PriVliOLEPIS. 



! Rides concentriques autour du centre de l'écaillé P. concentricus. 



Ecailles sculpti-es. 



GELAGANTHES. 

Ganoidre à écailles ar-\ 
rondies et imbriquées ; \ 
dents coniques plissécs. 



Ecailles arrondies ; rides longitudinales presque isolées H. gigauteus. 

Flrmingii. 
nobilissiniHS. 

Omalinsii. 
Murchiso7ii. 



Corps trapu ; dents incisives en très-petit nom~I Ecailles plus liautes que longues ; rides nombreuses , longitudinales , ondulées . N. 

jbre. à base foi'tement plissée; écailles ornées de] Ecailles arrondies, granulation en réseau //. 

sculptures ; os de la ti*te granulés et émaillés. ] Ecailles aussi liantes que longues ; rides longitudinales très-distantes . . . H. 

HoLOPTïCiiiCs. 'Espèce gigantesque; rides très-fines, longitudinales H. 

Ecailles arrondies ; rides longitudinales arborescentes, très-marquées . . . //. 



Corps etqueueallongée.écaiUessculpiées: Jents/^^^ ^j^^ l.autesque longue; rides longitudinales rarement didiotomisées ; 



incisives isolées et placées dans des compartimens ix 
l part de la màclioiic. 

Platyghathus. 



anale énorme , , . P. 

Dents longues , coniques , distinctement plissées : compartimens dentaires can'és P. 



j Dents pleines , coniques , isolées ; interstices mc^ 
I dullaires se terminant en bassins latéraux entourés 
/ d'émail ; rides extérieures fines. 



Plaques osseuses 
sculptées. 



Dents coniques , finement ridées, à sommet arrondi D 

Dents comprimées au sommet; rides plus grossières . . . D. 

fDenLs courbées en .y, irès-lonpues et minces D. 

Dendrodis. V 

DenLs pleines , comprimées latéralement ; inters- f 

tices médullaires finissant par des branches laié-' Dents comprimées ayant deux carènes latérales. L. 

raies ; émail en capuclion sur le sommet. ) Denis aplaties à deux tranchans; flécliies sur la face X. 

LAMHODtJS. ^ 

Cavité médullaire unique; dents recourbéas, ùf 

[sommet arrondi , plis grossiers. j Dents petites, recourbées; sommet arrondi C. 

Cricodus. ( 

.Granulation irré-gulière . fondue; granules irès-épai-s yt. 

Plaques osseuses ornées de granulations perfo-lOranules isolés, oblongs, nettement accusés .Â. 

rées au sommet , étoilées à la base, ■; Granules globulaires , entourés d'un bourrelet à leur base A. 

ftSTEHOLEPis. / Granules très-petits , déprimés . . . A. 

VGranulcs très-petits, coniques, saillans, entourés de chagrin A. 

Plaques osseuses ornées d'excavations perfo- . Excavations arrondies , rangées en ligne , l'arement en sillons : cjrùnes intermé- 

rées, séparées par des carènes saillantes. Dents in-^ diaires étroites B. 

cisives grandes . plissées à la bjse. i Excavations en réseau ; carènes intermédiaires isolées , arrondies , peu sail- 

BoTOHloLEPis. l lantes B. 



Javiesoni. 
pauciden». 

strigatiis. 

latus 

sigmoidcua. 



biporcatus. 
Panderi. 



Agmusii. 
omata. 
apeciosa. 
miliaris. 
gratiulata. 



fa„. 



I Granules arrondis , étoiles à la base : des impressions squainmiformes plus ou 

Plaques osseuses ornées de granules très-ser-l moins régulières P. paradoxiis. 

rées, ayant l'aspect de chagrin, .Granules arrondis, étoiles à la base , disposés en séries linéaires ou en quinconce. P. arenatus. 

PsAiUMosTEtJs. ^Granules conroiidus et formant des bourrelets à Ijords en scie P. maeanârinu 

1 Granules arrondis , disposés en ligues ondulées - , , P. undnlatus. 



— Gl — 

On me dira peut-être que j'aurais mieux fait de laisser tous les Célacanthes réunis aux 
Sauroïdes, ou de n'en faire qu'un groupe de cette grande famille. Mais il faut se rappeler ([ue 
d'après les principes que j'ai posés sur la valeur des caractères tirés de la squamniation , je ne 
pouvais guère admettre dans une famille des poissons à écailles rondes et imbriquées et 
d'autres à écailles rhomboïdales et seulement juxta-posées. Il ne faut pas non plus perdre de 
vue que les cadres de l'iclitliyologie fossile sont à peine ébauchés et que le nombre des pois- 
sons fossiles va s'augmenlant de jour en jour. Tel type extraordinaire, qui ne cadre avec 
aucun autre, se trouve bientôt entouré de nombreux congénères, et ce qui paraissait dabord 
quelque chose d'anormal, devient peu-à-peu le type d'une famille ou d'un groupe nouveau. 
Ainsi la famille des Célacanthes , qui d'abord ne comptait que fort peu d'espèces , va s'aug- 
mentant de jour en jour, et je ne doute pas qu'elle ne soit bientôt aussi nombreuse que 
celle des Sauroïdes. 

Mais si les écailles émaillées, rondes et imbriquées sont le caractère essentiel qui fait du type 
des Célacanthes une famille à part , il faut pourtant convenir que cette famille réunit plusieurs 
types fort difïérens, et il se pourrait bien que des découvertes ultérieures nécessitassent de 
nouvelles coupes. J'ai déjà fait remarquer que le genre iMacropoma de la craie , ainsi que le 
genre Undina de M. le comte de Munster, cadrent mal avec les autres Célacanthes; il en est 
de même des Bothriolépis , des Asterolépis , des Psammosteus et de plusieurs autres, dont on 
ne connaît encore que les dents et des plaques émaillées de la tète et de la nuque, mais point 
d'écaillés. Il se pourrait que ces derniers n'eussent point de véritables écailles, et que sous 
ce rapport ils constituassent un type tout-à-fait à part. 

Les Célacanthes remplacent dans les couches de l'Old Red les véritables Sauroïdes, qui 
n'apparaissent qu'avec la houille, à l'exception des Sauroïdes diptériens, les seuls Sauroïdes 
qui se montrent à côté des Célacanthes. La plupart des Célacanthes sont de grands poissons à 
grosse tête, à gueule large et à nageoires fortes, qui étaient sans doute d'excellens na- 
geurs, très-aptes à poursuivre une proie. On a trouvé dans les couches de l'Old Red quelques 
ossemens qui paraissent révéler des proportions gigantesques ; et des corps de trois à quatre 
pieds de longueur ne sont pas rares. C'est dans l'Old Red et dans la houille que la famille des 
Célacanthes acquiert son plus haut degré de développement; passé cette époque, elle décline 
rapidement, et son dernier représentant, qui d'ailleurs est fort douteux, appartient à la craie. 
Aucun Célacanthe ne vit de nos jours, et les deux seuls genres de Sauroïdes connus ne rap- 
pellent qu'imparfaitement l'allure de ces formidables champions qui régnaient en maîtres dans 
les eaux du vieux grès-rouge. 



62 — 



CHAPITRE II. 

DU GENRE GLYPTOLEPIS Agass. 



Ce genre , connu à peine depuis quelques années, est aujourd'hui l'un des plus curieux de 
la famille, par la réunion de ses différens caractères, qui le rapprochent d'un côté des Céla- 
canthes et de l'autre des Sauroïdes diptériens. Il comprend des poissons de grandeur moyenne, 
à corps fusiforme. La tète est petite à proportion du corps, courte et aplatie, de manière 
qu'elle présente un pourtour presque semicirculaire. Le corps lui-même était presque aussi 
large que haut , ce qui fait que l'on voit presque autant d'exemplaires couchés sur les flancs 
que sur le dos ou le ventre. Les os de la tète sont assez fermes; on les voit souvent conservés, 
mais rarement au point que l'on puisse exactement reconnaître leur forme et leur position. 
Voici les détails que j'ai pu observer. Les branches de la mâchoire inférieure sont grandes, 
courbées, hautes et garnies tout de leur long d'une simple rangée de petites dents coniques 
toutes d'égale grandeur, qui par leur structure semblent se rapprocher de celles des Den- 
drodes ou des Holoptychius. On voit en effet des stries longitudinales sur la base de ces dents, 
qui se perdent insensiblement vers le sommet, et les dents elles-mêmes reposent sur des socles 
osseux , qui paraissent plissés comme la racine. Je n'ai pu soumettre ces dents à un examen 
microscopique , mais je suis néanmoins persuadé que leur structure intime répond à ces ca- 
ractères extérieures, et qu'il y a une cavité médullaire ramifiée, entourée d'une dentine 
plissée. La mâchoire supérieure, qui, comme il parait, dépassait un peu l'inférieure, était 
garnie de dents semblables. Les frontaux sont, conformément à la forme raccourcie de la 
tête, fort courts et presque carrés; les orbites grandes , situées sur les côtés de la tête, en bas. 
La gorge était garnie, comme chez tous les Célacanthes anciens, de deux plaques triangu- 
laires, mobiles, qui remplacent les rayons branchiostègues, comme c'est aussi le cas chez le 
Polyptère du Nil. 

Les écailles, qui recouvrent le corps, sont minces, arrondies, presque circulaires et fortement 
imbriquées, de manière que la précédente recouvre quelquefois plus de la moitié de l'écaillé 
suivante. Leur face supérieure est entièrement lisse, recouverte d'une mince couche d'é- 
mail, qui, à part quelques stries concentriques, qui rappellent l'accroissement circulaire, ne 
présente aucun ornement. La face inférieure était également lisse, formée d'une couche os- 
seuse excessivement mince. La masse de l'écaillé était formée d'une substance osseuse et spon- 



— 63 — 

gieuse, ornée de fines stries rayonnant du centre de l'écaîlle. Ces stries sont coupées par des 
lignes concentriques et circulaires , de manière qu'une écaille, dont la couche lisse est enlevée, 
présente une quantité de petites loges allongées , disposées en séries circulaires , à-peu-près 
comme les sièges d'un amphithéâtre. J'ai représenté cette forme des écailles grossie à la loupe 
Tab. 21 a, fig. i-3. 

Le système des nageoires est très-développé , surtout dans le voisinage de la queue. Il y a 
une caudale, deux dorsales, deux anales, et en outre des ventrales. Quant aux pectorales, 
leur existence est encore douteuse. J'ai cependant vu dans certains exemplaires des impres- 
sions vagues , qui pourraient bien indiquer leur présence ; en tout cas , elles étaient petites et 
peu considérables. 

Les ventrales offrent une structure singulière, qui se retrouve aussi chez les Mégalichthys. 
Une série de plaques, s'étendant comme une bande pointue en arrière le long du ventre, et 
se détachant vers son extrémité postérieure , porte des rayons nombreux des deux côtés , et 
forme ainsi une nageoire ventrale, qui, par la disposition de ses rayons, a tout-à-fait l'air 
d'une queue d'anguille (Tab. 21, fig. f). 

Les deux dorsales sont opposées aux deux anales, et tellement reculées que la caudale 
leur fait immédiatement suite. Aussi sont-elles extrêmement rapprochées, et le dernier rayon 
de la première touche au premier rayon de la seconde. Les secondes anales et dorsales sont 
plus hautes que les premières. La caudale est grande, hétérocerque , triangulaire, et parait 
coupée presque verticalement; son rayon supérieur porte de nombreux petits fulcres. 

On le voit, si d'un côté les Glyptolepis tiennent aux Célacanthes par leurs écailles arron- 
dies et imbriquées, qui sont toujours lisses et sans ornemens, ils ressemblent d'un autre côté 
aux Diptériens par l'arrangement de leurs anales et de leurs dorsales. Aussi sera-t-il toujours 
facile de les reconnaître au moyeu de ces deux caractères. 

L Glyptolepis leptopterus Agass. 
OldRed, Tab, 20 et 21. 

J'ai dû réunir, sur mes planches , plusieurs échantillons de cette espèce , pour donner une 
idée complète d'un poisson , dont on connaît maintenant assez bien tous les détails. Tous les 
exemplaires que j'ai examinés ont été découverts à Lethen-Bar, par Lady Gordon Cumming, 
qui en a distribué à plusieurs collections ; j'en ai vu entre autres chez Lord Enniskillen, chez 
Sir Philipp Egerton et au Musée de la Société géologique de Londres. 

La tête est de grandeur moyenne, voire même petite, arrondie, aplatie sur le devant, et 
insensiblement relevée vers la nuque. Les mâchoires sont fortes, hautes, épaisses et courbées 
presque en demi-cercle , de manière que , vu de profil , le pourtour du museau parait comme 
tronqué. J'ai pu examiner les dents sur la plaque de Tab. 20, fig. 2 ; elles sont petites , co- 



— 64 — 

niques , effilées , placées en simple rangée le long du bord de l'os dans lequel elles sont im- 
planlées. Toutes sont d'égale grandeur; je n'ai du moins pas trouvé d'incisives plus grandes 
dans les exemplaires que j'ai eus sous les yeux, et ce qui me fait croire qu'elles manquent 
réellement , c'est que les petites dents en série ont une base profondément ridée , et que ces 
plis ne se perdent qu'au sommet même de la dent , ce qui indique une structure plissée 
comme celle des dents incisives des autres Célacanthes. Le dessous de la gorge est occupé par 
deux plaques branchiostègues allongées , qui remplissent tout l'espace compris entre les deux 
branches des mâchoires. Je n'ai pas pu étudier la forme des autres os de la tête. 

Le corps est court et trapu , couvert d'écaillés presque rondes , et si bien imbriquées, qu'on 
dirait qu'on a à faire à un Cycloïde. Cette forme particulière ressort d'autant mieux que les 
écailles se montrent par leur face inférieure, laissant apercevoir des lignes concentriques 
analogues à celles qu'on remarque sur la plupart des écailles de Cycloïdes. La face supérieure 
est lisse, pointillée, et l'épaisseur des écailles assez considérable. Aussi arrive-t-il très-sou- 
vent que le même coup de marteau , qui divise les géodes en deux plaques correspondantes , 
déchire les écailles de telle manière que la face supérieure jeste collée contre l'une des plaques, 
et la face inférieure contre l'autre. C'est alors qu'on distingue surtout bien cette disposition 
rayonnante des espaces médullaires et des supports osseux , entre les deux couches de l'é- 
caille, telle que je l'ai représentée Tab. 2ia, fig. 1 . 

Je ne suis pas bien sûr de n'avoir pas confondu deux espèces sous le nom de GlyptolepLs 
leptoplerus. 11 y a à Lethen-Bar des échantillons semblables à ceux que j'ai figurés Tab. 20, 
fig. 2 , et qui se distinguent par les dimensions plus considérables de leurs écailles. Cependant 
comme je n'en ai pas encore vu d'exemplaires complets qui aient pu m'indiquer les contours 
du corps, j'hésite à envisager ces écailles comme appartenant à une espèce distincte, d'autant 
plus que leur forme et leur structure ne montrent pas la moindre différence, et qu'il se pour- 
rait qu'elles eussent appartenu à des individus du Glyptolepis leptoplerus, de très-grande taille, 
.le signale ces faits à l'attention des géologues, car ce n'est que par la découverte d'échantillons 
plus complets, que l'on pourra décider si réellement ces écailles ont appartenu à une espèce 
chez laquelle les rapports du corps avec la grandeur des écailles n'auraient pas été les mêmes 
que chez le véritable G. leptoplerus. 

Les nageoires verticales sont très-développées ; les ventrales (Tab. 2i, fig. 2) sont portées 
sur une longue pièce écailleuse, de manière que leur extrémité touche la première anale. 
Les deux dorsales sont opposées aux deux anales ; elles sont placées si près de la caudale , et 
si serrées, qu'il n'y a point d'espace entre l'extrémité postérieure de l'une et le commence- 
ment de l'autre. La caudale est grande, tronquée presque verticalement, et son lobe supé- 
rieur extrêmement petit; on dirait des fulcres transformés en rayons très-courts et très-fins. 
La seconde dorsale comme la seconde anale surpassent de beaucoup en grandeur la pre- 
mière dorsale et la première anale. Le prolongement caudal du corps est mince, et se détache 
bien du tronc. 



— 65 — 

J'ai fait figurer, Tab. 20, fig. 1 et 4, deux têtes qui présentent la face inférieure avec les 
grandes plaques brancliiostègues ; fig. 2, une mâchoire avec des écailles isolées et fîg. 3 les 
dents grossies; eniin fig. S montre la partie antérieure d'un exemplaire vu de profil. Tab. 21, 
fig. 2 représente surtout bien la ventrale, supportée par son manche; les trois autres figures 
montrent la queue et l'arrangement des nageoires verticales. 

L'épaisseur et la forme ronde des écailles ainsi que la grandeur relative des nageoires fe- 
ront toujours reconnaître cette espèce. 

II. Glyptolepis elegans Agass. 
01dRed,Tab. 19, fig. 2 et 3. 

Je n'ai encore vu que des fragmens incomplets de cette jolie espèce , qui se trouve assez 
fréquemment à Gamrie. Les exemplaires que j'ai examinés m'ont été communiqués par 
M. Murchison. 

Ce qui la distingue au premier coup d'œil de la précédente , c'est le fait que les écailles , 
loin d'être rondes, sont plus hautes que longues, de sorte que par l'effet de leur imbrication, 
les séries se présentent comme autant de croissans placés les uns au-dessus des autres. Les 
écailles sont en outre beaucoup plus minces, leur surface supérieure plus lisse ; mais leur struc- 
ture parait être la même. 

Le museau paraît avoir été plus pointu que dans l'espèce précédente, à en juger d'après le 
mauvais exemplaire de fig. 2; les plaques branchiostègues étaient beaucoup moins massives. 

Je ne connais pas encore les nageoires de cette espèce. 

III. Glyptolepis microlepidotus Agass. 
OldRed, Tab. 21a, fig. 3-7. 

La découverte de cette jolie espèce est due à Lady Gordon Cumming, qui m'en a commu- 
niqué plusieurs plaques ainsi que des dessins. Le corps est allongé , fusiforrae; la tète pro- 
portionnellement beaucoup plus petite que dans les autres espèces. Les mâchoires sont allon- 
gées , assez grêles et armées de petites dents coniques , pointues et inégales ; on voit, surtout 
dans la mâchoire inférieure (fig. S), plusieurs grandes dents plissées à la base qui alternent 
avec des dents beaucoup plus petites, n'ayant qu'une simple cavité médullaire. J'ai fait repré- 
senter, fig. 6, une de ces grandes dents à base plissée, cassée par le milieu, de sorte que 
l'on peut voir la cavité médullaire interne avec ses ramifications latérales. Les mâchoires su- 
périeures sont très-grêles et armées , à ce qu'il parait, de petites dents égales , sans plis à la 
base. Les joues étaient cuirassées , c'est-à-dire qu'il y avait de chaque côté de la tête une large 

A.G. OLD. RED. 9 



— 66 — 

plaque écailleiise, allongée, qui recouvrait la fosse temporale. L'opercule est une pièce qua- 
(Irangulaire à angles arrondis. Ces deux plaques sont très-minces, et montrent en outre toute 
la structure des écailles dont nous parlerons plus bas. La tête entière est aplatie, mais plus 
allongée que dans les autres espèces du même genre. Le corps est recouvert d'un grand 
nombre de petites écailles imbriquées , rangées en séries obliques ; ces écailles sont presque 
entièrement rondes, et par la manière dont elles s'imbriquent elles ressemblent tellement aux 
écailles des Leucisques ou de tel autre poisson de l'ordre des Cycloïdes , que l'on pourrait se 
méprendre sur leur véritable nature , si la structure interne ne montrait évidemment que ces 
petites écailles appartiennent à un poisson du genre Glyptolépis. En effet, leurs deux faces sont 
unies , mais à l'intérieur on reconnaît les mêmes espaces rayonnes et séparés par de fines cloi- 
sons osseuses , seulement ces cellules disposées en rayons sont plus courtes et plus larges que 
dans les espèces précédentes. Les écailles ont un diamètre à-peu-près quatre fois moindre que 
celles du G. leptopterus. 

Les nageoires ne sont pas assez bien conservées dans les exemplaires que j'ai vus jusqu'à 
présent pour qu'il soit possible de déterminer leurs dimensions ; on en voit seulement des traces 
dans les fig. 'i et S , et il serait bien possible que la différence des nageoires fut assez grande 
pour nécessiter l'établissement d'un nouveau genre pour cette espèce. Jusqu'à présent la pe- 
titesse des écailles la fait facilement distinguer des autres Glyptolépis auxquels je l'ai réunie à 
cause de la structure interne des écailles. 

Les exemplaires figurés ont été trouvés par Lady Gordon Cumming, à Lethen-Bar. 



— 67 — 



CHAPITRE III. 

DU GENllE PHYLLOLEPIS Agass. 



On ne connaît encore ce genre que par des écailles ou plutôt des plaques isolées , qu'on 
rencontre dans les couches du vieux grès rouge et dans la houille. Les dimensions de ces 
plaques sont énormes , il y en a qui ont presque un demi pied de diamètre ; leur circonfé- 
rence est plus ou moins carrée , à angles arrondis , quelquefois même presque entièrement 
ronde. Ce qui distingue ces écailles de toutes les autres et notamment de celles des Holopty- 
chius avec lesquelles elles ont quelques ressemblances extérieures , c'est leur extrême ténuité. 
Une couche légère d'émail repose sur une couche excessivement mince de substance osseuse, 
et les deux ensemble constituent une plaque qui a à peine l'épaisseur d'une lame de couteau , 
sur un diamètre de 3, k et même S pouces. Aussi trouve-t-on rarement ces écailles conservées 
en entier ; le plus souvent elles sont pliées ou cassées et brisées. J'ai cru dans l'origine qu'elles 
avaient dû être enchâssées dans la peau du poisson qui les porte , et placées à distance les unes 
des autres ; mais je me suis assuré par la suite qu'elles sont réellement superposées , malgré 
leur grandeur. Leur surface est lisse ou marquée de rides concentriques parallèles au bord 
de l'écaillé. 

.Je connais maintenant deux espèces de ce genre , dont l'une provient du vieux grès rouge , 
l'autre de la houille. 

Phyllolepis coNCENTRicus Agass. 
Old Red , Tab. 21 , fig. H . 

C'est une écaille carrée à angles arrondis , ayant une ligne d'épaisseur au plus sur trois 
pouces et demi de diamètre. L'émail forme des rides concentriques autour du centre d'accrois- 
sement qui occupe le milieu de l'écaillé. Les rides , ainsi que les sillons qui les séparent , et 
qui n'ont d'abord qu'un quart ou une demi ligne de largeur, A^ont en s'élargissant vers les 
bords , tout en devenant de plus en plus onduleux et irréguliers. La face inférieure de l'écaille 
est lisse. L'écaille est un peu relevée au milieu, et s'abaisse de tous côtés comme un toit. On 
voit distinctement la superposition au bord supérieur, où une seconde écaille munie d'orne- 
mens tout-à-fait semblables s'enfonce sous celle qui est conservée. A en juger par la grosseur 
des rides de cette seconde écaille , ce ne peut être que l'angle , ou du moins une partie du bord 
qui est ici recouvert. Ce fossile provient du vieux grès rouge de Clashbeimie , et m'a été com- 
muniqué par M. Murchison. 



— 68 



CHAPITRE ly. 

DU GENRE HOLOPTYCHIUS Agass. (RHIZODUS Owen.) 
01(1 Red, Tab. F, fig. 2. 



Les premiers débris de ce genre qui soient parvenus à ma connaissance , sont quelques 
écailles de la houille. Aujourd'hui , grâce aux recherches des savans anglais , c'est un des 
genres les mieux connus du vieux grès rouge , et les magnifiques exemplaires dont je donne 
ci-joint les dessins , surtout celui de Tab. 22 , me sont garans que l'ichthyologie de l'Old Red 
est destinée à faire encore de nombreuses conquêtes. 

Les Holoptychius sont des poissons fusiformes , mais larges , trapus , qui selon toutes les 
apparences étaient assez aplatis , ce qui explique pourquoi on les trouve toujours couchés sur 
le dos. La partie ventrale surtout est très-large, la queue très-courte, conique, finissant en 
pointe obtuse. 

La tête , dont je ne connais encore que la face inférieure et quelques os isolés , est large , 
aplatie, semi-circulaire. Tous les os de la tête sont incrustés d'une couche d'émail assez épaisse, 
sculptée à-peu-près comme les os céphaliques ou les écailles des Esturgeons. On trouve sur 
la surface externe de ces os , une quantité d'aspérités , formant une granulation grossière 
et irrégulière , qui rappelle à quelques égards les sculptures dont les écailles sont ornées. Les 
mâchoires inférieures sont énormes , courbées en demi cercle autour du pourtour de la tête , 
incrustées partout d'émail granulé et armées de dents formidables, dont nous décrirons plus bas 
l'arrangement. Ce qu'il y a de remarquable , c'est que les rayons branchiostègucs sont rem- 
placés , comme dans la plupart des anciens Sauroïdes , et parmi les vivans comme chez le Po- 
lyptère , par deux larges plaques émaillées , se touchant sur la ligne médiane et remplissant 
tout l'espace de la gorge compris entre les deux branches de la mâchoire inférieure. Ces deux 
plaques mobiles peuvent quelquefois , surtout quand elles sont disloquées de manière à se cou- 
vrir par leurs bords , donner le change sur leur véritable signification , et faire croire que ce 
sont les frontaux qu'on a sous les yeux. 

Je ne connais jusqu'ici des nageoires que les ventrales et la base de la caudale , qui sont 
visibles sur le magnifique exemplaire de 1'//. nohiiissimus , qui se trouve dans la collection du 
Brilish Muséum , et que j'ai représenté Tab. 22. Les ventrales sont très-reculées, fort distantes 
l'une de l'autre et reportées sur les côtés du ventre , au-devant de l'ouverture anale. Elles 
sont petites, composées de plusieurs rayons mous ; leur conservation n'est pas assez complète, 
pour permettre de donner de plus amples détails sur leur forme et leur structure. La caudale 



— 69 — 

a des rayons vigoureux , qui font supposer un développement considérable de cet appareil loco- 
moteur. Les pectorales paraissent avoir été petites et placées en haut sur les côtés du corps ; la 
ceinture Ihoracicpie, assez faible, suppose un développement peu considérable de ces nageoires. 

J'avais d'abord établi ce genre en 1836 , d'après des écailles et des os isolés de la collection 
de M. Hibbert, provenant de la houille de Burdie-House. M. Owen, en examinant plus tard 
la structure singulière de dents provenant de la même localité, y reconnut un type à part, 
qu'il nomma Rhizodus. Ce savant anatomiste ayant eu l'obligeance de m'envoyer des coupes 
des dents et des moules des mâchoires qu'il avait examinées , j'ai pu me convaincre par la com- 
paraison de la granulation et des ornemens de l'émail, et par l'examen de quelques fragmens 
munis d'écaillés , que le genre Rhizodus est identique avec mon Holoptychius, et que l'espèce 
examinée par M. Owen est le //. Hibberti. Cette identité ne pouvait être connue du savant 
anglais , puisqu'au moment de sa découverte , le genre Holoptychius n'était caractérisé que 
par ses écailles. M. Owen, en traitant depuis dans son Odontographie, pag. 75 , du genre 
Rhizodus, ajoute, qu'il diffère des Holoptychius, en ce que ses dents sont en plus grand 
nombre , plus fortes , mais plus grêles et coniques. Pour ma part , je ne puis voir dans ces 
particularités que des différences spécifiques , qui , à mes yeux , ne sauraient justifier une 
coupe générique. 

Voici comment M. Owen décrit la dentition de son genre Rhizodus , qui est synonyme de 
mon genre Holoptychius ('). 

« Il y a , dans chaque mâchoire inférieure , trois (ou plusieurs) dents coniques et allongées, 
et des dents beaucoup plus petites et moins acérées dans les intervalles. Dans les grandes dents, 
la section transverse est ovale, le bord postérieur est tranchant , et aboutit à une pointe aiguë ; 
elles sont donc uniquement destinées à entamer et à lacérer. Leur base est striée irrégulière- 
ment dans le sens de la longueur ; elle s'enfonce très-profondément dans l'os auquel elle est 
soudée par ankylose. La manière dont ces dents sont implantées dans la mâchoire , indique 
la violence et la force avec laquelle elles pouvaient être enfoncées dans la chair d'un pois- 
son vivant. La couronne est creuse comme chez les autres Sauriens , mais la cavité médul- 
laire est relativement plus étroite ; ses parois sont composées d'une dentine três-dense , traver- 
sée par de nombreux tubes calciféres assez minces , qui s© dirigent à angle droit de la cavité 
vers la surface , décrivant de légères ondulations ; leurs interstices égalent quatre fois leur dia- 
mètre ; quelquefois ils se dichotomisent ou bien détachent des petites branches qui se perdent 
dans les interstices. La couche émaillée qui entoure la dentine reçoit de nombreux ramuscules 
calciféres parallèles , qui partent d'une couche de cellules calciféres étendue sur la limite de 
la dentine et de l'émail. La cavité médullaire , qui a une forme ovale et comprimée, diminue 
graduellement vers la base de la dent , où elle se termine en de nombreux canaux tortueux, 
qui s'anastomosent en pénétrant dans la mâchoire et s'ouvrent à la fin dans les canaux mé- 

(') Odontographie, pag. 75. 



— 70 — 

duUaires de l'os lui-même , sur lequel la dent repose. Toutes ces branches de la cavité médul- 
laire sont autant de centres d'irradiation pour les tubes calciféres , qui y sont plus espacés et 
plus courts. La substance osseuse de la mâchoire s'enlace avec les racines de la dentine, qui 
entoure les canaux médullaires de la base. » 

J'ai pu examiner quelques coupes tant longitudinales que transversales de Ilhizodus, pro- 
venant de la houille , et dont je dois la communication à M. Owen , et je me suis convaincu, 
que ces dents sont intermédiaires par leur structure entre celles du Lépidostée et celles du Den- 
drode. La dentine est plissée , comme chez ces deux genres, mais si les plis sont plus com- 
pliqués que chez le Lépidostée , de manière à former des parties presque séparées , ils le sont 
moins que chez les Dendrodes. 

L'arrangement des dents est à-peu-près le même que chez les genres ci-dessus. Les grandes 
dents incisives sont três-espacées et posées sur le bord intérieur de la mâchoire ; les interstices 
sont occupés par des dents beaucoup plus petites; enfin une rangée de crénelures éinaillées 
forme le bord de la mâchoire. 

La structure des écailles Tab. 23 , fig. iO, permet de distinguer facilement les Holoptychius 
de tous leurs congénères. Une substance osseuse, dense, épaisse, formant des couches paral- 
lèles et superposées, est tournée contre la face interne de la peau. Des stries concentriques 
d'accroissement, répétant les contours de l'écaillé, se voient sur toute la surface. Elles sont croi- 
sées par des raies fines , qui rayonnent depuis le centre vers le bord , et qui sont formées par 
de petites cannelures très-fines et à peine en relief, dans lesquelsj se fixaient probablement les 
fibres de la peau. Une grande quantité de petits canaux , conduisant sans doute des vaisseaux 
sanguins , montent par ces raies dans l'épaisseur de l'écaillé. Sur des coupes transversales, on 
distingue assez bien la substance basale épaisse, en forme de liteaux. Ses corpuscules osseux peu 
nombreux , sont disséminés çà et là , mais ses ramifications sont méconnaissables. Les canaux 
montent presque en ligne droite à travers cette substance , sans détacher beaucoup de branches 
latérales. Arrivés près de la surface de l'écaillé , les canaux se ramifient sur un plan horizon- 
tal et forment des réseaux à mailles très-étroites. Au-dessus de ces réseaux , qui indiquent la 
limite entre les substances osseuse et émaillée , et qui sont entourés de couches osseuses con- 
tournées , à corpuscules fort distincts , se trouve enfin la couche émaillée qui , à elle seule , 
forme les ornemens extérieurs de l'écaillé. De petits canaux droits , qui se séparent du réseau 
intermédiaire , montent à travers cette couche et débouchent à la face externe , à laquelle ils 
donnent un aspect finement pointillé. La couche émaillée n'est elle-même qu'une substance 
osseuse plus épaisse , dans laquelle les couches sont effacées et les corpuscules osseux très- 
grands ; d'après mes observations, elle est presque entièrement dépourvue de ramifications. 
La forme des écailles en général est ovale, et l'on distingue ordinairement une partie exté- 
rieure lisse , dépourvue d'ornemens , qui était recouverte par le bord postérieur des écailles 
antérieures , tandis que la plus grande partie de la surface est richement ornée de rides et d'é- 



— 71 — 

niinences longitudinales , rayonnantes , ou plus ou moins diffuses , dont rarrangement sert à 
distinguer les différentes espèces. 

Comme on ne connaît jusqu'ici que des écailles et des ossemens isolés ou bien des exem- 
plaires couchés sur le dos, et montrant la face ventrale, il est impossible de dire comment 
les séries d'écaillés se comportaient sur le dos et les flancs. Sur le ventre, il y a des séries 
obliques, se rencontrant sur la ligne médiane, pour y former des angles dont le sommet est 
tourné en arrière. L'imbrication n'est pas considérable ; il n'y a qu'une petite portion du 
bord antérieur de l'écaillé, qui soit recouverte par les écailles précédentes. 

Les caractères saillans des Holoptychius seraient donc les suivans : corps fusiforme , trapu , 
recouvert d'écaillés arrondies , imbriquées, ornées de sculptures saillantes; tète plate, cou- 
verte d'incrustations émaillées ; dents coniques , acérées ; quelques grandes incisives enkylo- 
sées avec la mâchoire , dont les interstices sont remplis par de petites dents secondaires. 

Je connais maintenant quatorze espèces de ce genre , dont six proviennent du vieux grès 
rouge. Toutes les autres appartiennent à la houille, avec laquelle le genre s'est éteint. 

L HoLOPTYCHiiTs Flemingu Agass. 
OldRed, Tab. 22, figi. 

Quoique très-disloquée , la plaque que j'ai représentée est assez bien conservée dans ses 
détails pour pouvoir la distinguer de prime abord. Elle contient une partie notable des écailles 
du tronc avec la ligne latérale , et un morceau de la ceinture thoracique ; les autres parties 
du poisson n'ont pas été conservées. 

Les écailles sont beaucoup plus hautes que larges sur les flancs ; mais il paraît qu'elles s'ar- 
rondissaient davantage sous le ventre. Dans leur état normal d'imbrication . la hauteur de 
la partie libre égale plus du double de la longueur. Ces proportions sont constantes sur toute 
la longueur des flancs, et fournissent par conséquent un excellent caractère spécifique. Les 
ornemens des écailles ont aussi quelque chose de particulier. Ce sont des lignes ondulées, 
courant horizontalement vers le bord postérieur, sans se ramifier d'une manière sensible. Ces 
rides naissent d'une série de petites collines rangées parallèlement le long du bord antérieur, 
et séparant l'espace orné du bord lisse et presque dépourvu d'émail , qui est caché par les 
écailles précédentes. Les rides ondulées sont assez serrées et grossièrement parallèles. 

La pièce figurée appartient à M. le docteur Fleming, et provient du grès rouge supérieur 
de Dura-Den. Je n'ai pas pu acquérir une entière certitude sur la position à donner à ce fos- 
sile , c'est-à-dire que j'ignore si la partie qui regarde la gauche est le bord postérieur ou 
le bord antérieur. 



72 



II. HoLOPTYCHius MuRCHisoM Agass. 
Old Red, Tàb. 22, %. 2. 

Celle jolie espèce se distingue par ses écailles presque rondes et un peu allongées au bord 
postérieur, ce qui fait que la partie libre de l'écaillé représente un rhombe à-peu-près équilaté- 
ral. Les orneniens diffèrent beaucoup de ceux de l'espèce précédente; les rides sont plus éle- 
vées, en nombre beaucoup moins considérable, et pour la plupart ramifiées, ou plutôt confluentes 
vers le bord postérieur de l'écaillé. Toute la partie postérieure de l'écaillé est couverte de 
petites éminences saillantes, arrondies et disséminées sans ordre apparent. On peut ainsi dis- 
tinguer sur chaque écaille trois zones : en avant , un bord lisse recouvert par l'écaillé précé- 
dente , au milieu la zone à plis ramifiés, en arrière celle à tubercules arrondies. Chez notre 
espèce, c'est au bord postérieur que se trouvent les tubercules; tandis que chez VHolopty- 
chius Flemingii, ils se trouvent au bord antérieur, et que les trois zones, que l'on peut 
aussi distinguer chez cette espèce, se suivent dans un ordre inverse : bord lisse , tubercules, 
plis ondulés. 

L'échantillon que j'ai fait figurer, le seul que je connaisse, est très-incomplet. Il représente 
la face ventrale du poisson ; l'on voit en avant les traces des deux pièces branchiostègucs , si 
toutefois ce ne sont pas des plaques émaillées couvrant la nuque. Ces plaques sont simple- 
ment granulées, et les tubercules y paraissent moins gros que sur les écailles. Ce fossile m'a 
été communiqué par M. Murchison , qui l'a découvert dans le vieux grès rouge de Clash- 
bennie. 

III. HoLOPTYCHius Andersoni Agass. 

Old Red, Tab. 22, fig. 3. 

L'échantillon que je possède de cette espèce , quoique loin d'être complet , l'est pourtant 
davantage que ceux des espèces précédentes. II a déjà été figuré par M. Anderson , dans sa 
géologie du comté de Fife et décrit à tort sous le nom de Gijrolepis (Holoptychius) (jiganteus 
dont il diffère spécifiquement. C'est un petit poisson presque fusiforme, mais cependant trapu, 
se rétrécissant rapidement vers la queue. Les écailles sont beaucoup plus petites que celles des 
espèces précédentes, aussi "hautes que larges, et très-semblables par leur forme à celles de 
VH. Murchisoni. Ce qui les distingue , c'est le dessin des ornemens de la surface. Il y a des plis 
parallèles , horizontaux, très-marqués et assez distans. Il est fort rare que ces plis se bifurquent 
et jamais on ne rencontre de ramifications répétées , comme c'est le cas chez VH. Murchisoni. 
Ce qui manque encore , c'est la zone à tubercules ; sur toutes les écailles de VH. Andersoni , 
on chercherait vainement des plis s'étendant jusqu'au bord postérieur. 



— 73 — 

On remarque sur la partie antérieure de notre échantillon deux plaques osseuses , de forme 
irrégulièrement triangulaire à coins tronqués, réunis par une suture médiane. Ces plaques 
couvraient probablement le haut du crâne , tandis que les deux larges pièces latérales qu'on 
remarque , couvraient les joues , comme cest encore le cas chez le Polyptère et d'autres pois- 
sons à joues cuirassées. Le mauvais état de l'échantillon ne permet point d'en dire davantage 
de cette espèce. Je n'en connais ni les dents , ni les nageoires. Ce fossile a été découvert par 
M. Anderson , dans le vieux grès rouge supérieur de Dura-Den. 

IV. HOLOPTYCHIUS GIGANTELTS AgaSS. 

Old Red, Tab. 24, fig. 2-10. 

Syn. Gyrolepis giganteus Agass. Recherch. sur les Poiss. foss., Toni. Il , pag. 175. 

On trouve une grande quantité d'écaillés de cette espèce dans les couches de l'Old Red . 
en Ecosse , à Clashbennie , à Elgin et en Russie surtout à Printschka. La découverte en est 
due à M. le docteur Fleming, qui le premier a signalé des débris de poissons fossiles dans le 
vieux grès rouge d'Ecosse. 

Le pourtour de l'écaillé est arrondi ; la zone lisse , sur laquelle reposaient les écailles précé- 
dentes, est en général assez large et bien accusée. On y voit les mêmes zones et dans le même 
ordre que chez VH. Murchisoni , et telle est la ressemblance entre les deux espèces , que l'on 
pourrait prendre cette dernière espèce pour le jeune de VH. giganteus, si les plis n'étaient pas 
beaucoup plus nombreux , plus serrés et plus tortueux, et si le bord postérieur n'était pas tou- 
jours arrondi en cercle , tandis que dans 1'^. Murchisoni , il est taillé en pointe obtuse. Les 
écailles sont très-épaisses , leur face inférieure est ornée de ce joli dessin rayonnant , qui dis- 
tingue les rides médullaires et les supports osseux chez le Glyptolepis leptopteriis. Il faudra des 
renseignemens plus nombreux et des échantillons de poissons entiers, pour se prononcer défi- 
nitivement sur l'identité de notre espèce avec VH. Murchisoni. 

V. HoLOPTYCHIUS KOBILISSIMUS Agass. 

Old Red, Tab. 23. 



1 



C'est bien l'un des plus beaux fossiles que l'on puisse voir, que cette plaque de plusieurs 
pieds de longueur qui nous représente, couché sur le dos, l'un des grands Célacanthes 
de l'Old Red. Ce poisson nous présente toute sa face ventrale, depuis la tête jusqu'à la na- 
geoire caudale. Il est trapu, comme tous les Holoptychius ; sa largeur est comprise deux et 
demi fois dans sa longueur. La tète est petite ; elle égale le sixième de la longueur totale du 
corps. Elle est plus large que longue; et comme elle se présente par sa face inférieure, on 

AG. old RED. 10 



— 7h — 

reconnaît les deux mâchoires courbées en arc , qui se réunissent au milieu , et laissent entre 
elles un large espace triangulaire, entièrement rempli par les deux plaques branchiostègues. 
Derrière ces plaques se voit une forte rainure, dans laquelle s'engageaient probablement les 
os de la ceinture thoracique, qui a entièrement disparu, ainsi que les nageoires pectorales. 

Les écailles, dont tout le corps du poisson est couvert, sont des plus remarquables. Elles 
ont environ deux pouces de diamètre au milieu du ventre, et vont en diminuant graduellement 
vers la gorge, et très-brusquement sous la queue. Elles forment par leur imbrication des séries 
obliques, qui comptent de huit à dix écailles sur le ventre et davantage sur la queue. On 
remarque en outre que les écailles sont alignées longitudinalement , et j'ai compté dans la 
série médiane quatorze écailles depuis la gorge jusqu'aux ventrales. Les écailles sont arron- 
dies, un peu allongées en arrière, et ornées de sculptures très-particulières. On n'y remarque 
pas deux zones différentes de granulations et de rides , mais toute la surface est recouverte de 
bosses et d'aspérités qui, quoique en général alignées dans le sens longitudinal, ne sont ce- 
pendant pas assez prononcées, surtout sur les écailles du ventre, pour qu'on puisse les envi- 
sager comme des plis réguliers. Les nombreux petits creux qui se trouvent entre ces aspérités, 
ont plutôt l'aspect d'un tissu réticulé. Les écailles de la queue ont des plis plus réguliers qui 
convergent vers le bord postérieur de l'écaillé ; mais ces plis sont granulés , et leur hauteur 
irrégulière prouve qu'ils résultent de la confluence des éminences irrégulières des écailles du 
ventre. Au moyen de cette disposition réticulée des ornemens, il est toujours facile de recon- 
naître cette espèce. 

Les ventrales ont une position très-reculée; elles sont en outre placées bien loin de la ligne 
médiane, sur les deux côtés du ventre. Relativement à la grandeur du poisson, elles sont pe- 
tites et composées d'une multitude de rayons mous. 

La queue est fort courte, large et massive; elle diminue si rapidement que le diamètre de 
sa base égale au moins sa longueur. La nageoire, que l'on voit à l'extrémité de la queue de 
notre échantillon est l'anale; elle paraît avoir été fort grande et placée immédiatement sous la 
caudale. On voit encore vis-à-vis l'empreinte de quelques rayons de la dorsale; mais ils sont 
trop peu distincts pour pouvoir être déterminés. 

Ce magnifique fossile a été découvert par le Rév. James Noble , dans le vieux grès rouge 
de Clashbennie , près de Perth , et fait maintenant l'un des principaux ornemens des cases 
du musée britannique destinées aux poissons fossiles. M. Murchison en a publié une figure 
réduite dans son Système silurien , Tab 2 bis , fig. 1 . 



— 75 — 

VI. HoLOPTYceius Omaliusii Agass. 
OIdRed, Tab. 2i, %. H. 

L'écaille brisée, que j'ai fait figurer, est le seul morceau que je connaisse de cette espèce. 
On ne peut juger de la grandeur de cette écaille que d'après sa largeur , car deux de ses 
bouts sont fracturés. La grandeur de ce poisson a dû être énorme, à en juger d'après les 
écailles de VH. nobilissimus ; il devait atteindre une longueur de douze pieds au moins. L'é- 
paisseur de l'écaille mesurée au milieu est d'un bon demi-pouce. 

Les ornemens de la surface sont très-caractéristiques. On voit d'abord au milieu de l'é- 
caille, un peu en arrière, vers l'un des bords, un large sillon longitudinal en forme de massue, 
autour duquel viennent se grouper une quantité de rides ondulées, longitudinales et paral- 
lèles, qui font à peine saillie, et qui sont séparées par des carènes minces, presque tranchantes 
et peu élevées. Vers le bord, ces rides se perdent en une granulation très-fine, irrégulière, 
peu saillante , ayant l'aspect d'un fin chagrin. 

L'existence du sillon n'est probablement caractéristique que pour la place que l'écaille oc- 
cupe (peut-être la ligne latérale) ; le caractère tranché de l'espèce réside dans les plis ondu- 
lés, rapprochés, peu profonds et parallèles, qui se voient à la surface. 

Ce fossile a été trouvé par M. Omalius d'Halloy, dans le vieux grès rouge des environs de 
Namur. 



76 — 



CHAPITRE Y. 

DU GENRE PLATYGIXATHUS Agass. 



Ce genre, qui en tout cas se rapproche beaucoup des Holoptychius , n'est encore connu que 
par des fragmens très-incomplets , dont il est même difficile de dire s'ils appartiennent tous 
au même genre. La seule pièce sur laquelle on puisse établir une diagnose un peu précise, 
est une queue d'un poisson allongé qui se rapproche beaucoup des Holoptychius par la struc- 
ture et les ornemens de ses écailles. Ces écailles sont arrondies , plus hautes que longues , im- 
briquées de manière à ce que le bord postérieur d'une écaille recouvre le bord antérieur de l'é- 
caille suivante; elles forment ainsi des séries obliques. Les ornemens de la surface paraissent 
être les mêmes que chez les Holoptychius ; ils forment des rides longitudinales qui se dicho- 
tomisent à peine et paraissent assez brisés. Ce qui distingue surtout les Plalygnalhus des Ho- 
loptychius , c'est la forme élancée et allongée de la queue , sur laquelle sont insérées de puis- 
santes nageoires , dont le développement indique d'excellens nageurs et sans doute des pois- 
sons très-carnassiers. En comparant, par exemple, les écailles du P. Jamesoni, avec celles 
de VH. Flemingii, dont les écailles ont à-peu-près la même grandeur, on peut se convaincre 
que la queue de cet Holoptychius est au moins de deux tiers plus courte que celle du Platygna- 
thus , et que les nageoires ont un développement beaucoup plus puissant. 

Les nageoires ont un nombre considérable de rayons mous et flexibles , qui paraissent avoir 
été creux , comme ceux des autres Célacanlhes. Or, un semblable développement de l'appareil 
locomoteur principal, devait être accompagné d'un développement analogue des mâchoires, 
et la grande ressemblance des sculptures de l'émail m'a engagé à placer provisoirement dans 
le genre Plalygnalhus une mâchoire armée de formidables dents isolées que je décrirai plus 
bas. Cette mâchoire qui a été trouvée dans les couches inférieures de l'Old Red , a ceci de 
singulier, qu'il y a de grands compartimens , semblables en quelque sorte aux pièces den- 
taires des Dendrodes, dans lesquels les dents sont implantées ; et ce qui les distingue facile- 
ment des Holoptychius , c'est que les dents coniques internes manquent , et qu'il n'y a qu'une 
rangée d'aspérités émaillées, qui borde le pourtour de la mâchoire. 

J'avais d'abord réuni au genre Plalygnalhus sous le nom de P. minor, un poisson presque 
entier qui est assez bien conservé. Mais un examen plus approfondi m'a appris qu'il était im- 
possible d'associer ce poisson aux Plalygnathes dont il difïère par la forme de ses écailles. Or, 



— li- 
en éliminanl ce genre, auquel j'ai donné le nom de Glyptopomus, et en admettant que la mâ- 
choire et la queue que j'ai pu découvrir appartiennent réellement au même genre, on pourra 
formuler les caractères génériques des Platygnathes à-peu-près de cette manière : corps fusi- 
fornie allongé , queue allongée , pourvue de nageoires très-développées ; écailles arrondies, 
imbriquées , ornées de sculptures en émail ; dents incisives , plissées , isolées , placées dans des 
compartimens à part , d'une grandeur considérable. 

I. Platygnathus Jamesoni Agass. 
Old Red, Tab. 2S. 

L'échantillon sur lequel j'ai établi cette espèce , ne montre qu'une partie du corps , la queue 
avec une portion du ventre , les deux dorsales et une anale opposée à la seconde dorsale. C'est 
au moins de cette manière que j'envisage ce morceau. Il se pourrait toutefois que la première 
dorsale, qui paraît séparée , ne fût que le commencement de la nageoire , et que la ligne de 
séparation que l'on aperçoit ne fut qu'un accident. En tout cas , on peut inférer de l'analogie 
de notre poisson avec les Holoptychius , que la partie en avant de l'anale qui est couverte par 
de grandes et larges écailles , faisait partie du ventre et que la queue ne commençait <[u'avec 
les écailles plus petites qui suivent. 

Quoi qu'il en soit, les écailles sont arrondies, plus hautes que longues surtout sur la queue, 
et ornées de lignes saillantes et horizontales , souvent interrompues , qui , bien qu'elles soient 
alignées, ne forment point de crêtes continues. D'ailleurs ces lignes sont à peine relevées et 
nulle part aussi fortement accusées que sur les écailles des Holoptychius. 

La queue est très-allongée , et se rétrécit d'une manière très-graduelle , fort différente en 
ceci de la queue courte et ramassée des Holoptychius. 

Les nageoires sont énormes. La dorsale ou, s'il y en a deux, les dorsales ont au moins 
deux fois la hauteur de la queue et sont composées d'une multitude de rayons allongés , serrés, 
mous et flexibles. Au bas du ventre se voit une nageoire peu large , mais très-longue , que 
je crois être l'anale ; elle est couchée le long de la queue et semble avoir eu la hauteur de la 
dorsale quand elle était déployée. Sur le bord inférieur de la queue , en arrière , on voit une 
quantité de rayons courts , qui composaient probablement le lobe inférieur de la caudale. L'ex- 
trémité postérieure de la queue est enlevée. 

Ce fossile fait partie de la collection de M. Jameson et a été découvert par M. Anderson 
dans le vieux grès rouge supérieur de Dura-Den. 



— 78 — 



II. Platygnathus PAUciDENs Agass. 



OldRed, Tab. 28, fig. H, 



C'est une mâchoire de quatre pouces et demi de longueur , et de plus d'un pouce de largeur 
à sa partie postérieure , qui présente quatre grands compartimens presque carrés , formés 
de supports osseux qui s'étendent entre la branche interne et externe de la mâchoire. Evi- 
demment , c'est une moitié de mâchoire inférieure , ce qui est prouvé par la face de la sym- 
physe antérieure , où se joignaient les mâchoires des deux côtés , par l'élargissement graduel 
en arrière et par la courbe de l'angle postérieur où se trouvait l'articulation avec l'os carré. La 
mâchoire se montre par sa face supérieure , elle présente un long sillon longitudinal , dans le- 
quel reposent, comme chez les Dendrodes et les Lépidostées , les grandes dents incisives. Mais 
ce qui distingue cette mâchoire , c'est qu'il y a de temps en temps des traverses osseuses , qui 
séparent, comme je viens de dire, ce sillon en plusieurs compartimens successifs. II y avait pro- 
bablement à côté de chacune de ces traverses une grande dent conique , pointue , finement 
plissée à sa base, implantée dans le fond du compartiment, ce qui porterait le nombre des dents 
incisives d'une mâchoire à quatre au plus. Dans notre échantillon il n'y en a que deux , qui 
encore sont brisées au milieu , de manière que je ne puis exactement indiquer leur forme. 
L'intérieur de ces dents est plein , sans cavité médullaire, présentant un aspect rayonné comme 
les dents de Dendrodus. Leur coupe est parfaitement circulaire. Le bord externe de la mâ- 
choire est garni de plusieurs rangées de petites dents coniques , unies , serrées les unes contre 
les autres , comme les dents d'un râtelier. Les petites dents sont comparativement beaucoup 
plus développées que chez les Bothriolépis , dont une mâchoire se trouve sur la même Tab. 28. 
Il est facile de voir, que malgré la longueur beaucoup plus considérable du Bothriolépis , la 
mâchoire du Platygnathus est pourtant plus trapue et même plus forte à raison de la grande 
épaisseur de son bord interne, qui est recouvert d'une fine granulation , ayant presque l'as- 
pect de chagrin. Ce fossile provient des Orcades , où il a été découvert par M. le D"^ Traill, à 
qui j'en dois la communication. 



— 79 — 



CHAPITRE yi. 



DU GENRE DEXDUODUS OwEN. 



M. Owen a signalé sous le nom de Dendrodus , un genre de poissons fossiles qui appar- 
tient soit à la famille des Sauroïdes, soit à celle des Célacanthes. M. Owen, en établissant ce 
genre , n'avait à sa disposition que quelques dents isolées , provenant du vieux grès rouge de 
Seat-Crag, dans les environs d'Elgin. Ayant reçu plus tard de la part de M. Pander, de Pé- 
tersbourg , plusieurs pièces appartenant à ce genre , et de M. Robertson les pièces originales 
de M. Owen, il m'a été possible de répéter les observations de mon savant ami sur la singulière 
structure de ces dents, et j'ai reconnu la nécessité d'en faire trois genres distincts, celui 
des Dendrodus , dont le type est le D. strigatvs de M. Owen , celui des Lamnodus , dont le type 
est le Dendrodus hastatus du même auteur, et enfin le genre Cricodus , ayant pour type le 
Dendrodus incur^ms. 

Nous ne connaissons jusqu'ici du genre Dendrodus que des dents et quelques fragmens de 
mâchoire , qui ont permis d'étudier le mode d'implantation des dents dans leurs alvéoles. Les 
fragmens de mâchoire sont des os creux , peu hauts , mais larges , ofïrant par conséquent une 
large base à la racine de la dent. La surface inférieure de la mâchoire, sur laquelle reposent les 
dents , forme un angle droit avec le bord externe qui protège la base de la dent en dehors , 
de sorte que toute la mâchoire doit avoir présenté une large gouttière , armée d'une rangée 
unique de dents vigoureuses. La face , sur laquelle reposent les dents , est creusée d'excava- 
tions circulaires assez profondes , dans lesquelles se plaçaient les racines, également arrondies. 
On remarque au milieu de ces excavations alvéolaires un trou l'ond , qui communique d'un 
côté avec le canal maxillaire , de l'autre avec le canal pulpaire de la dent et qui servait ainsi 
de passage aux vaisseaux et aux nerfs de la dent. Les trois fragmens de mâchoire, que j'ai sous 
les yeux , ont tous conservé leur cavité alvéolaire et leur racine , mais leur pointe est mal- 
heureusement brisée , ensorte qu'il est impossible de savoir au juste à laquelle des espèces de 
M. Owen ils appartiennent. Je suis cependant porté à les envisager comme appartenant au 
D. striyatus. Il ne saurait y avoir de doute sur l'identité générique ; car ils réunissent tous les 
caractères des vrais Dendrodus : les dents sont munies dans toute leur longueur de fines stries 
longitudinales , profondes vers la base , graduellement oblitérées vers le sommet et correspon- 
dant à une disposition rayonnante des canaux médullaires de l'intérieur, qui se voit même à 



— 80 — 
l'œil nu , sur des coupes Iransversalcs ; les racines sont arrondies et implantées dans des exca- 
vations alvéolaires. 

M. Ovven (') a reconnu plusieurs espèces dans ce genre, qu'il a distinguées d'après les formes 
extérieures des dents , aussi bien que d'après leur structure intime ; ce sont les Dendrodus 
striqafm , lattis, sigmoideiis , biporcatus et hastatus ou compressas. Les trois premières espèces 
appartiennent aux Dendrodes , les deux autres au genre Lamnodus. 

I. Dendrodus strigatus Owen. 
Rech. Poiss. Foss. Vol. II , Tab. S5a, %. 19 et 20. Old Red , Tab. C , fig. 10, 20-22. 

Le Dendrodus strigatus se dislingue par ses dents allongées , presque cylindriques et à 
sommet obtus et arrondi. Les stries longitudinales sont très-fines , serrées , peu profondes et 
ne s'effacent que tout près du sommet , qui est parfaitement lisse. Aussi les coupes transver- 
sales présentent-elles un contour presque circulaire sans saillie notable ; le centre qui forme 
à-peu-près le tiers de toute la masse , est occupé par les réseaux des canaux médullaires. Une 
première particularité qui frappe, c'est qu'il n'y a pas, comme chez les autres espèces, de ces 
branches anastomosées intermédiaires , qui chez d'autres espèces forment un réseau très-serré 
entre les branches principales. Tous les canaux sont au contraire de la même dimension , et 
suivent presque tous l'axe de la dent , en montant verticalement de la base vers le sommet. 
Les espaces qui séparent les feuillets de denline se présentent sur la coupe transversale (fig. 20) 
sous la forme de canaux à-peu-près reclilignes , rayonnant du centre à la périphérie. Ils ont 
des branches latérales très-courtes partant à angle droit du tronc principal , et finissant dans 
des élargissemens beaucoup plus considérables. Un pareil interstice vu dans son ensemble a 
à-peu-près la forme d'une rivière , coulant dans un lit étroit et recevant des deux côtés une 
multitude de ruisselets latéraux , prenant leur source dans de petits lacs. Telle est du moins 
l'image que représente une coupe transversale fortement grossie (fig. 21). Mais si nous con- 
sidérons , qlie ce qui nous paraît un canal rayonnant du centre vers l'extérieur, est un inters- 
tice séparant deux bandes constiluti^ es de la dent , il devient alors évident que les élargisse- 
mens qui s'observent au bout des filets latéraux des interstices ne sont que les coupes des 
canaux verticaux , qui courent de la base vers le sommet, parallèlement à l'interstice médul- 
laire, et communiquent de temps en temps avec ce dernier au moyen de petits filets latéraux. 
Il n'y a donc pas chez le D. strigatus une aussi grande différence entre le centre et le con- 
tour de la dent que chez les autres espèces ; les mêmes canaux verticaux existent dans les deux 
parties , seulement dans le contour ils sont placés régulièrement en série le long des deux 
côtés des interstices médullaires. 

(') Odonlographie , pag. 171 . 



— 81 — 

La denline est repliée autour de ces différens cariiiux, de la même manière que dans les 
autres dents. Elle les entoure de tous côtés , imitant tous leurs contours. Cette dentine est 
d'un beau jaune clair et remplie de tubes calcifères assez serrés. Ce qui distingue surtout la 
dentine du D. strùjatus , c'est que, dans les coupes transversales, ces tubes ne paraissent pas 
disposés en faisceaux ou en éventail , mais qu'ils rayonnent de tous côtés , rappelant ainsi la 
structure des Myliobates et d'autres poissons, où chaque dent est composée d'un assemblage de 
canaux médullaires indépendans. Les tubes sont droits, peu ondulés, quelquefois courbés 
en S , et en général courts, à cause de la minceur de la dentine qu'ils traversent sans se 
ramifier. 

La dentine est très-nettement séparée par une ligne noire d'une seconde substance . qui 
l'entoure de la môme manière que celle-ci entoure les canaux et interstices médullaires. Cette 
substance est blanche, transparente et plus cassante que la dentine elle-même au miiieu de la 
dent. Son épaisseur va en augmentant vers le sommet ; elle n'offre pas de trace de structure, 
excepté dans les angles des canaux médullaires , où les tubes calcifères de la dentine , plus 
serrés et en plus grand nombre qu'ailleurs, la traversent de part en part. D'après cela, je ne 
puis me refuser à envisager cette substance comme un véritable émail. En effet, si l'on se 
rappelle que les tubes calcifères de la dentine pénètrent aussi dans le capuchon émaillé que 
portent les dents du Polypterus, du Saurichthys et de leurs congénères, on ne trouvera pas 
extraordinaire qu'ici aussi ces tubes ne finissent pas à la hmite de la dentine; d'un autre côté 
on connaît un assez grand nombre de dents à dentine plissée, surtout chez les Mammifères, 
où l'émail participe à cette structure, particulièrement dans les replis de l'intérieur de la 
dent. 

Chaque interstice médullaire, avec ses canaux latéraux, est donc entouré d'une double 
couche de substance : la dentine et l'émail , qui imitent parfaitement les contours des canaux 
et des interstices. Mais ces systèmes ne sont point indépendans, ni séparés par des fentes venant 
de l'extérieur; ils sont au contraire soudés par une couche de cément. Le cément se recon- 
naît très-facilement à ses fins réseaux, à ses grandes cellules calcifères, qui se présentent 
comme de petits points noirs sur les coupes de fig. 21 et 22. Ces cellules qui paraissent noires 
sous le microscope, sont presque rondes, et présentent de fins rayons, qui en s'anastomo- 
sant avec les fins filets , forment les réseaux du cément ; elles sont irrégulières et plus 
nombreuses vers le contour de la dent qu'à l'intérieur; on n'en découvre pas dans les autres 
substances. Il y en a aussi moins dans les replis des canaux verticaux que sur la limite de 
deux systèmes interstitiaires (fig. 21), et même elles sont si serrées dans cette ligne, qu'elles 
se voient déjà sous un faible grossissement. 

Les exemplaires figurés proviennent des environs de Riga , et m'ont été communiqués par 
M. Murchison , qui les avait reçus du D"^ Pander. 



Ag. old ued. H 



— Sa- 
li. Dendrodus latus Owen. 
01(1 Red, Tab. 28, Cg. 1 et 2. 

Cette espèce est la plus grande que nous connaissions. Elle atteint jusqu'à deux pouces et 
demi de longueur. La base est large, circulaire. Peu à peu, en s'élevant vers le sommet, 
la dent perd son aspect conique , et il se développe sur le côté une carène fort émoussée et à 
peine sensible, mais qui sufiit pour donner à la dent une coupe ovalaire. La pointe de la 
dent est émoussée. Les stries longitudinales sont tout aussi fines que dans l'espèce précédente, 
et visibles jusqu'au sommet. Les dents sont en outre faiblement courbées en S; ce qui les 
distingue facilement du D. strigatus. 

Les originaux de mes ligures , découverts par M. Dulïd'Elgin , à Seatcraig, m'ont été com- 
muniqués par M. Robertson ; ce sont les mêmes qui ont servi à M. Owen à établir l'espèce. Je 
n'ai pu en examiner la structure microscopique. 

III. Dendrodus siGMoiDEUs Owcn. 

Old Red, Tab. 28, %. .5. 

Les dents de cette espèce s'écartent le plus du type des Dendrodes , et il se pourrait que 
l'exemplaire unique que l'on en connaît , devienne un jour le type d'un nouveau genre. 
Tandis que chez les autres Dendrodes la hauteur de la dent n'atteint jamais trois fois la lar- 
geur de la base, le D. sigmoideus est cinq fois plus haut que large ; c'est par conséquent une 
longue dent presque cylindrique , s'atténuant très-insensiblement vers la pointe. Celle-ci est 
assez fine , acérée , et le pourtour de la dent présente une très-faible carène longitudinale 
près du sommet. Plus bas, la dent est entièrement ronde et lisse, et ce n'est que vers la base 
qu'on aperçoit de fines stries longitudinales. La dent est très-élégamment courbée en S ; ce 
qui lui a valu le nom de sigmoideus. 

L'exemplaire figuré provient de Seatcraig où il a été découvert par M. DufT. J'en dois la 
communication à M. Robertson. 



83 



CHAPITRE VII. 

DU GENRE LAMNODUS Agass. 



Ce genre, qui n'est qu'un démembrement du genre Dendrodus de M. Owen, est facilement 
reconnaissable à la forme comprimée de ses dents , dont les bords tranchans remontent de- 
puis la base jusqu'au sommet de la dent. Il n'y a que la racine dont le pourtour soit arrondi, 
mais seulement au point de contact avec la mâchoire ; toute la partie de la dent qui s'élevait 
au dessus de la muqueuse de la bouche, est comprimée latéi'alement. La forme de ces dents 
est en général élancée, comme celle des Lamies et d'autres requins. Leur structure micros- 
copique est différente de celle des Dendrodes ; elle se caractérise surtout par une couche uni- 
forme d'émail sur la pointe de la dent, qui ne suit point les replis de la dentine à l'intérieur. 
Je renvoie pour les détails de cette structure aux descriptions des espèces. 

Ces dents sont trop communes pour qu'elles eussent pu échapper à l'observation de M. Ku- 
torga ; ce savant a décrit et figuré dans ses BeilviUje zur Géologie und Palœotitologie Dorpats, 
i" et 2" part., une quantité de dents qu'il a réparties dans les genres Crocodilus, Monitor, 
Tejus, Varanus, Ichthyosaurus et Syodon. Il y aurait par conséquent selon lui dans l'Old Red 
de Russie, un mammifère, deux crocodiles, cinq Varans, trois Ichthyosaures , un Tejus, 
un Monitor. Le croirait-on, ce pachyderme, ces crocodiles et ces lézards, qui plus tard sont 
devenus pour M. Kutorga la base sur laquelle il a fondé sa nouvelle théorie cosmogonique, 
ne sont autre chose que deux espèces de Lamnodus , et le D. skjmoideus que nous venons 
de décrire. Ce n'est certes pas que je trouve extraordinaire que l'on commette des erreurs 
dans la détermination de fossiles aussi incomplets que ceux de l'Old Red. Si je m'élève 
contre les déterminations de M, Kutorga, c'est parce qu'elles sont présentées avec un faux 
semblant de profondeur et de sagacité, qui va jusqu'à assigner la place que ces dents devaient 
occuper dans la bouche de ces formidables rvîpliles et des mammifères, dont l'auteur se plaît 
à peupler l'époque du vieux grès rouge. C'est là un exemple frappant des erremens auxquels 
on peut être entraîné, lorsqu'on se laisse aller à suppléer, par de vagues théories, à l'étude 
comparative et à l'examen minutieux des fossiles eux-mêmes. 



— 84 — 

I. Lamnodus bipobcatus Agass. 
- OldRed, Tab. C, fig. 7-9; li-19. 

Syn. Dendrodus hiporcatus Owen Odontogr. png. 171. 

Les dents du L. hiporcatus sont voisines , par leur forme , de celles des Dendrodes , mais 
plus comprimées. Elles sont massives, légèrement infléchies, obtuses au sommet, et munies 
de deux carènes latérales qui montent jusqu'au sommet, mais qui sont loin d'être aussi 
tranchantes que dans le L. hastatus. D'un autre côté, elles sont moins coniques et moins 
droites que celle du Dendrodus strigatus. Les stries sont aussi beaucoup moins fines, et la 
forme rayonnante des canaux médullaires plus apparente. La coupe de la dent est lenticulaire. 

Comme c'est sur le L. hiporcatus que M. Owen a surtout étudié la structure dentaire des 
Dendrodes, nous allons suivre son exemple, et le prendre aussi pour base de notre des- 
cription. 

Quand on examine une coupe longitudinale d'une dent de cette espèce, on trouve, si la 
coupe passe exactement par l'axe de la dent, une cavité médullaire assez étroite, tortueuse, 
élargie vers le bas, divisée en haut en plusieurs branches, d'où partent dans tous les sens des 
ramifications assez considérables, mais toujours de manière à présenter des réseaux anasto- 
mosés , qui montent verticalement dans les parties extérieures de la dent , tandis que vers le 
centre, autour de la cavité pulpaire, se trouve un réseau irrégulier de canaux médullaires. 
Fait-on la coupe un peu de côté , de manière à entamer seulement la partie corticale de la 
dent (fig. d8), on voit comme deux sortes de bandes verticales, parallèles, qui montent 
presque sans interruption de la base au sommet. Les unes oITrent des canaux réticulés , qui 
communiquent entre eux , tandis que les autres , de substance plus solide , ne présentent que 
rarement et seulement par-ci et par-là des traces de canaux médullaires , mais sont en re- 
vanche toutes remplies de tubes calcifères. En examinant de plus près, on reconnaît que les 
tubes, ou plutôt les interstices médullaires, forment des réseaux verticaux dans la dentine, 
et que c'est des côtés de ces réseaux que partent, à angle droit, une infinité de tubes calci- 
fères , qui forment ces bandes blanches et mi-transparentes , entremêlées avec les bandes des 
interstices médullaires. 

Les coupes transversales viennent compléter l'étude des coupes longitudinales , et ce n'est 
que par la combinaison de ces deux études qu'on peut arriver à bien comprendre la structure 
de ces dents. Dans les coupes , prises près de la base (fig. 3), le centre est occupé par une ca- 
vité pulpaire irrégulière , autour de laquelle se déploie un réseau de petits canaux médul- 
laires qui se combine avec les canaux pulpaires secondaires placés autour de la cavité pul- 
paire principale. Le tiers d'une pareille coupe transversale est occupé par ce réseau irrégulier 
de canaux pulpaires qui s'anastomosent entre eux. De ce noyau, qui paraît beaucoup plus 



— 85 — 

solide dans les dents fossiles, parce que la pulpe est remplacée par des matières inorganiques, 
de ce noyau, dis-je, partent dans toutes les directions de fins canaux ondulés, qui rayonnent 
vers la surface en suivant la direction des rayons du cercle. Souvent ces canaux ou interstices 
médullaires se divisent de suite en deux branches, dont chacune devient le point de dépari 
d'un système de tubes calcifères , ainsi que le représente la lig. 16, qui montre une branche 
dicholomisée , sous un très-fort grossissement; d'autres fois, et c'est le cas le plus fréquent, 
il y a deux canaux parallèles qui suivent le même rayon , n'ayant qu'un seul système de 
tubes calcifères (fig. 19). En outre, dans les deux tiers inférieurs de la dent, chaque interstice 
détache de petites branches courtes, latérales, à-peu-près rectangulaires, d'où partent des 
faisceaux de fins tubes calcifères, qui s'étalent en éventail (fig. 17). Ce sont les mêmes tubes 
calcifères, semblables aux barbes d'une plume, que nous avons vu border les canaux médullaires 
dans les coupes longitudinales , et rien n'est plus naturel que de les retrouver sous la forme 
de faisceaux en éventail, dans les coupes transversales. Tous les interstices médullaires d'où 
partent des tubes calcifères réunis , représentent ainsi en quelque sorte un tronc d'arbre à 
branches latérales très-courtes , partant à angle droit du tronc , et qui donnent naissance à 
leur sommet à un faisceau de feuillages, les tubes calcifères. C'est cette analogie bien frap- 
pante au premier aspect qui a valu à ces dents le nom de Dendrodus de la part de M. Owen. 

Mais si l'on considère que ces rayons divergens de la dent sont en nombre presque égal de 
haut en bas, où que l'on fasse la coupe transversale, qu'en même temps ils se présentent, 
dans les coupes longitudinales , sous la forme de canaux verticaux , nous en concluerons que 
ce ne sont pas des canaux de forme plus ou moins cylindriques, mais bien des fentes qui 
traversent la dent de haut en bas, de l'intérieur à l'extérieur, et que par conséquent la dent 
est composée d'autant de feuillets cunéiformes placés en cercle autour du centre de la dent, 
et communiquant avec un réseau de substance dentaire entrelacé entre les mailles des canaux 
médullaires. Ces interstices ne s'ouvrent pas au dehors, et c'est la dentine qui leur sert d'en- 
veloppe commune, en réunissant tous les feuillets en un faisceau. 

Des coupes transversales, prises près du sommet de la dent (fig. lo), présentent un aspect 
tout-à-fait différent. Les rayons divergens n'offrent plus ni branches ni réseaux anastomiques ; 
ce sont de simples lignes presque droites, un peu arquées, rarement bifurquées, jamais trifur- 
quées. Les tubes calcifères ne forment plus de faisceaux en éventail; ce sont des barbes de plume 
très-épaisses et serrées, implantées sur les rayons des deux côtés. Les réseaux anastomosés de 
canaux médullaires du centre sont très-réduits, aussi bien sous le rapport de l'étendue que sous 
celui du nombre et de la capacité. Par conséquent la dent gagne en solidité vers le sommet; les 
pièces cunéiformes, dont se compose son circuit, sont beaucoup plus épaisses; les interstices 
ramifiés et branchus qui les séparaient sont réduits à de simples fentes ; le nombre des tubes 
calcifères remplis de chaux anorganique est augmenté de beaucoup , et le réseau anastomique 
du centre réduit. Mais ce qui augmente encore celte solidité du sommet, c'est la couche d'é- 
mail dont il est revêtu. C'est une couche mince, mais continue et très-distincte près du som- 



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niel, où elle est séparée de la dentine par une ligne noire (fig. 15 et 16). Vers la base elle 
s'amincit petit à petit et se confond avec la dentine, de sorte que l'on ne peut pas dire pré- 
cisément où elle finit. Considérée dans son ensemble, elle forme un capuchon mince qui 
recouvre le sommet non rayé de la dent. 

Avant d'entrer dans le détail des autres espèces de Lamnodus , disons un mot des diffé- 
rentes substances que nous y avons rencontrées. La dentine forme ici, connue à-peu-près 
partout , la substance principale de la dent. Les tubes calcifères qui la traversent sont très- 
flexueux, et donnent lieu à de nombreuses ramifications aussi loin que les interstices médul- 
laires sont ramifiés (fig. 19). Si l'on fait une coupe transversale d'un canal médullaire du 
centre de la dent (fig. 16), on voit les tubes calcifères rayonner et se ramifier dans tous les 
sens. Ceux qui partent des interstices anastomosés (fig. 19) sont au contraire à angle droit 
avec ces mêmes interstices ramifiés , comme les précédens. Là où les interstices sont réduits à 
de simples fentes rectilignes, par exemple au sommet de la dent (fig. 15 et 16), les tubes ne 
sont presque pas ramifiés; les branches qu'ils détachent sont parallèles ; mais au lieu d'être à 
angle droit avec la fente, elles sont plus ou moins obliques (fig. 16). Vers la base de la dent, 
les tubes sont beaucoup moins serrés , et la dentine par conséquent beaucoup plus transpa- 
rente qu'au sommet. 

Entre chaque système de tubes calcifères , partant d'un même interstice , est déposée une 
couche très-mince et presque imperceptible de cément. Ce cément part donc (sur la coupe 
transversale) des impressions extérieures qui correspondent aux rigoles de la dent, tandis 
qu'à chaque interstice répond une des petites carènes longitudinales de la surface. Vue sous de 
faibles grossissemens , la substance du cément a un aspect granulé , mais sous de très-forts 
grossissemens elle parait composée d'un réseau de petits filets excessivement minces et telle- 
ment serrés qu'il est impossible de poursuivre les filets isolés. On n'y remarque pas de par- 
lies plus épaisses comme dans le Dendrodus strigalus , ni de ces cellules calcifères qui distin- 
guent si souvent le cément. Les tubes calcifères de la dentine ne paraissent pas communiquer 
avec ces fins filets du cément , qui sont déposés tout autour des faisceaux , et qui imitent dans 
leur ensemble les contours de ces derniers. 

L'émail enfin qui recouvre la pointe de la dent est une substance transparente , dure et 
très-cassante , sans apparence de structure. Les tubes calcifères de la dentine ne s'y continuent 
pas , comme dans beaucoup d'autres cas. Il est assez difficile de conserver cette couche dans 
des tranches bien fines ; elle saute facilement en éclats , et ce n'est que par-ci et par-là qu'elle 
se conserve intacte. 



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II. Lamnodus hastatus Âgass, 
Old Red, Tab. C, %. 1-6 et H-13. 

Syn. Bendrodus hastatus Owen Odontogr. pag. 475. — Lamnodus Pa«fZe/i Agass. Poiss. foss. II, 2, pag. 102. 

Le L. hastatus se rapproche beaucoup par la forme de ses dents de certains Squales, prin- 
cipalement des Lamna. Les dents, quoique pourvues d'une racine arrondie, sont comprimées 
latéralement , de manière à présenter deux tranchans ; en même temps elles sont infléchies en 
dedans et très-pointues. Les stries ne montent que jusqu'à mi-côte et sont assez larges, formant 
de petites rigoles. Il sera toujours facile de distinguer une pareille dent d'une dent de Squale, 
soit à sa base arrondie , si elle est entière, ou à la disposition rayonnante de ses canaux mé- 
dullaires , dont le dessin rappelle celui de certaines espèces de bois. 

Le L. hastatus se distingue au premier coup d'œil du L. hiporcatus par la prépondérance de 
sa partie centrale réticulée , et par des raies beaucoup plus apparentes à l'œil nu. Sous le mi- 
croscope on saisit tout de suite la cause de ces différences. Les canaux médullaires du centre sont 
plus grands, leurs mailles beaucoup plus serrées, le champ des réseaux plus étendu. En même 
temps les interstices ou les canaux rayonnans sont beaucoup plus gros; ils ne sont pas ramifiés, 
quelques-uns seulement sont dichotomisés (fîg. H). Au lieu débranches latérales, telles que 
nous les avons vues dans le L. hiporcatus, nous n'avons ici que de petites anses plus ou moins 
spacieuses, qui alternent avec peu de régularité (fig. 12 et 13) et d'où partent les faisceaux 
des tubes calcifères. Ces faisceaux de tubes sont aussi beaucoup plus maigres, semblables à de.s 
pinceaux de peintre ; ils sont à angle droit avec les anses ou inclinés un peu en dehors vers la 
surface extérieure. Ils sont en outre beaucoup plus courts que dans l'espèce précédente et rare- 
ment ramifiés. Le cément est plus apparent , mais les fins fils qui le composent sont tout aussi 
difficiles à reconnaître. Il est en double rangée entre les systèmes de dentine , chaque système 
ayant sa couche de cément qui le suit dans ses sinuosités et l'entoure de tous côtés. L'émail 
a la même structure et la même position que dans l'espèce précédente. 

Il résulte de ces observations et de la comparaison des figures , que c'est bien réellement 
sur le même plan , modifié dans ses détails, que sont construites les dents de ces deux espèces. 
On peut se représenter toute la dent comme une amplification de la structure des Labyrintho- 
dontes, qu'on peut résumer ainsi : cavités médullaires à processus latéraux et verticaux nom- 
breux et très-variés , qui , au centre , vont jusqu'à former des réseaux de canaux semblables 
à ceux des requins , tandis que sur le pourtour ils forment des interstices rayonnans entou- 
rés d'une dentine plissée. Mais les plis de cette dentine , au lieu d'être indépendans , comme 
dans les Labyrinthodontes (où entre deux systèmes de dentine entourant des processus mé- 
dullaires qui se touchent , il y a une fente venant de l'extérieur qui les sépare ) , sont remplies 
d'un cément propre qui fait que le pourtour de la dent paraît simplement ondulé. L'émail re- 



— 88 — 

couvre la dent d'en haut comme un capuchon , et est séparé de la dentine par une ligne unie 
sans processus intérieurs. Nous savons que dans le Dendrodus striyatus ces rapports des 
différentes substances ne sont pas les mêmes , mais que l'émail suit les plis de la dentine dans 
l'intérieur de la dent. 

Des exemplaires de cette espèce que j'ai examinés m'ont été communiqués par M. Pander 
et proviennent de Riga. On en a également trouvé en Ecosse. 

Du GENRE Cricodus Agass, 
OldRed, Tab. 28, fig. 4 et S. 

J'ai déjà décrit Vol. II, Part. 2, pag. 1S6 des Recherches, l'espèce d'après laquelle j'ai 
établi ce nouveau genre , que M. Owen réunit à son genre Dendrodus sous le nom de D. in- 
curvus. J'ai également donné dans mon atlas quelques figures représentant la forme et la struc- 
ture de ces dents (Poiss. foss. vol. Il , Tab. H , fig. 9 à 12). Ayant reçu depuis de M. Ro- 
bertson les figures des pièces originales sur lesquelles M. Owen a établi l'espèce, et qui ont 
été trouvées par M. Duff à Seatcraig, je m'empresse de figurer le Cricodus incurvus, Tab. 28, 
fig. ^ et S. Il sera toujours facile de distinguer ces dents émoussées , robustes et recourbées à 
leur grande cavité pulpaire qui est unique. 

Je viens de recevoir dans le moment où l'on met cet article sous presse , un envoi de fos- 
siles du vieux grès rouge de Cremon en Livonie , que je dois à l'obligeance de M. de Meyen- 
dorff'. Il se trouve parmi ces fossiles un débris de mâchoire extrêmement curieux. C'est une 
pièce aplatie , longue d'un pouce , haute d'un demi pouce , cassée aux deux bouts , qui porte 
sur l'un des bords dix racines de dents , qui évidemment appartiennent au groupe des Den- 
drodes. Le bord externe de la mâchoire est relevé , protégeant ainsi les racines à leur base. 
Dans le sillon longitudinal , qui est formé par ce bord relevé , se trouvent les racines , toutes 
usées comme si le fragment eût été roulé par l'eau. Ces racines sont circulaires, criblées en 
réseau au milieu , montrant à la substance corticale des fines stries rayonnantes , absolument 
comme dans le D. strigatus. Le bord externe relevé est soudé avec les racines, et ces dernières 
sont tellement serrées, que deux d'entre elles sont gênées par leur proximité dans leur déve- 
loppement naturel et se trouvent avoir une coupe elliptique , au lieu d'être rondes. Les sculp- 
tures du côté externe de l'échantillon sont usées par le roulement de la pièce. 

Je ne puis me défendre de voir dans ce fossile un jeune Dendrodus. Les racines ont à 
peine une ligne de diamètre , au lieu de cinq à sept ; elles sont serrées , tandis qu'elles sont 
espacées dans les adultes, comme le démontrent les figures que j'en ai publiées; le bord externe 
relevé de la mâchoire est plus distant ; la rainure, où les dents sont implantées, plus large ; 
mais toutes ces déviations ne se justifient-elles pas suffisamment par la différence d'âge? 



89 



CHAPITRE YlII. 

DU GENRE ASTEROLEPIS EiCHW. {CHELONICHTHYS Agass). 



M. Miirchison ayant eu l'obligeance de m'adresser, il y a quelques années, un envoi de 
poissons fossiles du vieux grès rouge de Russie , je remarquai dans le nombre une quantité 
de plaques osseuses, dont la forme n'était qu'imparfaitement conservée, mais qui présen- 
taient toutes le même genre d'ornemens à la surface. Je supposai que c'était le type d'un 
genre entièrement nouveau pour la paléontologie , et lui donnai le nom de Chelonichthys. 
Plus tard j'appris, par un envoi de M. Bronn, que ce genre avait déjà été déterminé anté- 
rieurement par M. Eichwald, qui lui avait donné le nom A'Asterolepis. Les échantillons que 
me communiquait M. Bronn provenaient de M. Eichwald lui-même, ensorle qu'il ne pou- 
vait exister aucun doute sur l'identité des deux genres Chelonichthys et Âsterolépis. Le 
nom de M. Eichwald ayant la priorité, je me fais un plaisir et un devoir de le rétablir dans 
tous ses droits, en supprimant dès à-présent mon genre Chelonichthys. Je n'ai cependant pas 
encore réussi à me procurer les descriptions originales de M. Eichwald, ensorte que je dois 
me borner à rapporter la courte notice que cet auteur donne du genre Asterolépis dans le 
Jahrbuch de MM. Léonhard et Bronn (année 1840, page 621). «On trouve des plaques os- 
seuses du genre Asterolépis de deux à trois lignes d'épaisseur, qui portent à la face interne 
une carène. Elles sont larges et plates, et doivent avoir recouvert le corps comme une cara- 
pace ; on voit à leur surface une quantité de petits mamelons étoiles, qui quelquefois se réu- 
nissent et se confondent; leur structure intérieure est finement celluleuse, et la surface est 
couverte de petits feuillets étoiles, du milieu desquels surgissent les mamelons. » 

Il parait que malgré la grande fréquence de ces plaques dans le vieux grès rouge de la 
Russie, les plaques entières sont cependant très-rares; au moins n'en ai-je pas encore vu, et 
à en juger d'après la manière dont en parle M. Eichwald, il parait qu'il n'en connaissait pas 
non plus alors la forme exacte. A défaut d'autres caractères, il faut donc s'en tenir aux orne- 
raens de la face extérieure et à la structure interne , si l'on veut déterminer ces débris in- 
complets. 

Ce qui constitue le caractère essentiel de ces plaques , ce sont des mamelons arrondis et 
marqués à leur base de rides ascendantes plus ou moins profondes , qui se montrent à la 
surface extérieure de ces plaques, tandis que la. face interne est lisse et d'un aspect fibreux, 

AG. OJLD RED. 42 



— 90 — 

comme sont en général les os enchâssés dans la peau. Le plus souvent ces mamelons sont 
isolés, plus ou moins espacés, et séparés par des gouttières contournées. Mais cet isolement 
n'est pas un caractère d'espèce; car j'ai vu des plaques surmontées d'une carène ou d'une 
saillie , qui présentaient des différences notables de chaque côté de la carène : d'un côté les 
mamelons étaient parfaitement espacés et isolés ; de l'autre ils étaient confondus et formaient 
des saillies arrondies, continues et contournées en divers sens, ou arrangées d'une certaine 
manière. En revanche , la forme et la grandeur des mamelons m'ont fourni les moyens de 
distinguer plusieurs espèces d'Asterolépis. Les rides, à la base des mamelons , sont partout 
visibles, mais quelquefois tellement fines qu'on a de la peine à les découvrir. Elles ne mon- 
tent jamais à mi-côte des mamelons. Je ne comprends pas bien ce que signifient les petits 
feuillets étoiles de M. Eichwald, qui, d'après lui, recouvrent la surface, et entre lesquels sur- 
gissent les mamelons; quant à moi, j'ai trouvé les gouttières entre les mamelons parfaitement 
lisses ou parsemées de petites aspérités très-fines; mais il m'a été impossible d'y découvrir 
une structure feuilletée. 

.J'ai étudié la structure intime de ces plaques sur de fines coupes usées jusqu'à la transpa- 
rence , et je leur ai trouvé un caractère très-facile à saisir , qui servira , je l'espère , à les dis- 
tinguer des autres plaques osseuses de la famille des Célacanthes. Et d'abord, la substance os- 
seuse est parfaitement caractérisée par ses corpuscules, et disposée en couches horizontales. 
La face inférieure est ainsi formée de quelques feuillets superposés et traversés par de fines 
mailles. Plus haut, les vides de ces mailles deviennent beaucoup plus grands; ils sont su- 
perposés en lignes verticales , dans un ordre plus ou moins régulier , et séparés par des co- 
lonnes de substances plus compactes. En examinant la coupe de plus près , on voit que cha- 
cune de ces colonnes répond à un mamelon , et est entourée tout autour d'une substance plus 
criblée et moins compacte. J'ai fait représenter Tab. B, fig. k , une coupe d'une plaque de. 
VA. ornata , où cette disposition est des plus distinctes. On ne voit point de couche d'émail 
sur la surface des plaques ; la substance devient seulement plus compacte , et les colonnes 
surgissent au-dessus de la substance criblée environnanle. 

Il était impossible , d'après les données que je viens de résumer , de se faire une idée exacte 
de la forme et de la structure des poissons auxquels ont appartenu ces plaques. Tout ce qu'on 
pouvait dire, c'est que c'étaient des poissons cuirassés; mais on ne savait rien de leur ma- 
nière de vivre, ni du rang qu'ils devaient occuper dans l'échelle ichthyologique. Depuis, j'ai 
reçu, par les soins obligeans de M. Asmus, des moules en plâtre d'une quantité d'ossemens 
découverts dans le vieux grès rouge de la Russie, qui m'ont éclairé sur plusieurs points impor- 
tans. Cependant je ne savais d'abord que faire d'ossemens d'une si singulière conformation. 
Je ne pouvais les rapporter à aucun type connu , d'autant moins que les moules avaient été 
endommagés par le transport. Mais bientôt je découvris sur la face extérieure de quelques-unes 
de ces pièces, des ornemens qui avaient tous les caractères du genre Asterolépis ; et en com- 
parant ces moules avec les plaques que j'avais en ma possession, je découvris, à ma grande 



— 91 — 

satisfaction , que ces ornemens s'accordaient parfaitement avec les caractères des deux espèces 
d'AsteroIépis que j'ai appelées A. Jsinusii et ./. minor. Il est vrai que je n'ai pas encore 
pu réussir, malgré toutes les peines que je me suis données, à déterminer tous les ossemens 
dont je possède les moules ; cependant si l'on se rappelle que tous les anciens poissons ont la 
tête large et aplatie , et le système osseux peu développé , et que l'on compare ces moules 
à des os isolés de la Baudroie {Lophius piscatorius L.) , qui réunit ces deux conditions, quoi- 
qu'elle ne soit pas cuirassée , on ne pourra qu'être frappé des analogies qui existent entre 
ces deux types dans la forme et les facettes articulaires de plusieurs os. D'autres n'ont pas 
pu être déterminés, mais il en est deux dont je suis presque sûr; c'est le maxillaire supérieur 
et l'omoplate. Or comnje ces os sont du nombre de ceux qui sont le plus influencés par la 
forme de la tête, je n'hésite pas à affirmer que les Asterolépis avaient la tète large et apla- 
tie , et la gueule largement ouverte , comme les Baudroies ou les Silures ; ce qui s'accorde 
parfaitement avec le résultat de mes recherches sur les autres Célacanthes du vieux grès 
rouge. Leur grandeur était énorme; l'un des os maxillaires que j'ai sous les yeux, n'a pas 
moins de quatre-vingts centimètres de longueur. Que l'on juge dès-lors d'une gueule sou- 
tenue des deux côtés par des mâchoires ayant plus de deux pieds et demi de longueur. 

Les plaques des Asterolépis n'ont pas pu échapper aux observateurs. Lamarck, qui n'en 
avait qu'une connaissance très-imparfaite , les a décrits comme des espèces d'un genre parti- 
culier de polypiers auquel il avait donné le nom de Monticularia ('). M. Kutorga , de son 
côté, en fait des tortues {'), mais il ne s'est pas borné à les ranger parmi les tortues à cara- 
pace molle (TrionyxJ , et avec cette même assurance avec laquelle il a trouvé des os de 
mammifères et des dents de cochons dans le vieux grès rouge , il détermine la place que de- 
vaient occuper ces plaques dans la carapace de ces prétendus chéloniens; elles étaient placées, 
selon lui , sur le bord postérieur du côté droit ; d'autres étaient des extrémités sternales de 
côtes, des os coracoïdes et autres. M. Eichwald est, comme nous l'avons vu au commence- 
ment de ce chapitre , le premier qui ait reconnu la véritable nature de ces débris. On doit au 
zèle de M. Asmus, les os figurés ïab. 30 a, que je crois devoir attribuer aux Asterolépis , et 
beaucoup d'autres encore dont je parlerai plus tard. 

Je dois appeler ici l'attention des géologues sur un point qui n'est pas encore éclairci par les 
recherches des collecteurs. Les plaques d' Asterolépis abondent dans les mêmes couches où se 
trouvent les dents des Dendrodus et des Lamnodus, et la grandeur et la puissance de ces dents, 
que l'on n'a point encore trouvées réunies avec les autres parties solides du corps de ces pois- 
sons , s'accorderaient parfaitement avec l'idée que l'on doit se faire des Asterolépis , d'après 
les ossemens gigantesques que l'on a trouvés dans les couches de l'Old Red de Russie. Cepen- 
dant nous savons maintenant quelles étaient les dents des Bothriolépis, autre genre gigantes- 

(') Ce sont les Monticularia Cuvieri et Mollii, que M. Fischer de Waldheim rapporte à son genre Hydnophora. 
Voir Lamk. Anim. s. vertèbres. 

(-) Beitrâge zur Geognosie und Paléontologie Dorpats. 



— 92 — 

que de l'Old Red; et leurs plaques osseuses se rapprochent assez, par leur structure, de celles 
des Asterolépis , pour faire présumer que les dents de ces dernières avaient aussi une struc- 
ture analogue. Or les dents des Bothriolépis sont très-semblables à celles des Dendrodes , 
et il parait ainsi plus que probable qu'un jour, par la découverte d'une tête ou d'une mâ- 
choire entière, on prouvera que les genres Dendrodus et Asterolépis n'en forment qu'un seul. 
Cette découverte , si je ne me trompe , ne se fera pas attendre , car dans une lettre récente de 
mon ami, M. le comte de Keyserling, cet excellent zoologiste, en me parlant des trouvailles 
récentes faites en Russie, m'annonce aussi des mâchoires entières de Bothriolépis et d'Astero- 
lépis, qui seraient conservées dans les collections de St.-Pétersbourg. Reste à savoir si les 
dents que portent ces mâchoires sont identiques avec celles qui ont été décrites sous le nom de 
Dendrodus. Les matériaux que j'ai pu réunir jusqu'à présent sont si incomplets, qu'il m'a 
élé^ impossible de lever ces doutes. On peut voir en effet par les planches accompagnant 
les descriptions des espèces qui vont suivre, que je n'ai eu en général que de petits fragmens 
mutilés de la plupart de ces os , qui même n'étaient pas trop bien conservés quant aux orne- 
mens de la surface ; mais j'espère que les matériaux immenses que le vieux grès rouge de la 
Russie a fournis au zèle des savans de ce pays , ne seront pas perdus pour la science , et que 
mon travail sur ces genres si intéressans, quelque incomplet qu'il soit, excitera de plus en 
plus l'attention des géologues , en leur montrant combien nous ignorons encore de faits essen- 
tiels concernant l'histoire des premiers habitans de notre globe. 

I. Asterolépis Asmusii Agass. 
Old Red, Tab. 50, iig. I. 

Syn. Chelonichthys Asmusii Agass. Poiss. foss. Vol. I , pag. XXXIII. 

C'est de cette espèce que proviennent les plus grands des ossemens que je dois à l'obli- 
geance de M. Asmus; je n'en possède que quelques petits fragmens insignifians, dont le plus 
grand est figuré Tab. 30, fig. i . 

La granulation, d'ordinaire si bien accusée sur les plaques des autres espèces, a ici quelque 
chose d'effacé, comme si l'on avait cherché à égaliser la surface en usant les plaques. Les 
granules eux-mêmes sont déprimés, à peine relevés sur la surface, à peine accusés dans leurs 
contours, et quelquefois confondus en bourrelets irréguliers. Leur grandeur n'a rien de cons- 
tant ; on en trouve des mélanges de toutes les dimensions ; leur position est des plus irrégulières; 
il y a quelquefois des espaces assez considérables qui n'en ont point, tandis que sur d'autres 
points ils sont agglomérés en plus grand nombre. La surface de la plaque, entre les tuber- 
cules, n'est point lisse, mais finement granulée, comme sablée, de sorte que l'on croirait 
que la roche ne s'en est pas entièrement détachée, et qu'il reste encore de ses grains accolés 



— 93 — 
à la surface. L'épaisseur des plaques est considérable ; le morceau figuré a quatre lignes de 
hauteur; la surface inférieure est lisse, réticulée, comme celle d'un os plat ordinaire. Il m'est 
impossible de dire quelque chose sur la forme de ces pla({ues , n'en ayant jamais eu à ma 
disposition que des fragmens. 

Je dédie cette espèce à M. Asmus, dont les découvertes ont tant contribué à éclaircir l'his- 
toire naturelle des poissons de l'Old Red. Elle abonde en Russie; j'en ai également reçu par 
M. Robertson des fragmens provenant des environs d'Elgin. 

II. ASTEROLEPIS ORNATA EicllWald. 

Old Red, Tab. .50, fig.2-9. 

Les granules de celte espèce, qui paraît une des plus communes dans les couches de 
Russie, se distinguent au premier coup d'œil par leur forme plus ou moins ovalaire, mais 
qui ne va jamais jusqu'à montrer un rond parfait. Les tubercules eux-mêmes sont saillans, 
relevés, nettement accusés, et beaucoup plus rapprochés que dans l'espèce précédente. Ils 
sont lisses, et n'ont jamais cet aspect usé comme ceux de V/1. Asmmii. Ils sont placés le plus 
souvent en ligne ou séries régulières , parallèles au bord de la plaque , souvent aussi ils se 
confondent en carènes plus ou moins continues , qui présentent alors une quille tranchante et 
une base plus large. La surface des plaques, entre les tubercules, est entièrement lisse, sans 
la moindre trace de granulation en forme de chagrin. Les tubercules atteignent la grandeur 
d'une grosse tête d'épingle; ils sont toujours assez égaux entre eux, et jamais on n'en voit 
de mélangés de différentes grandeurs. 

C'est de cette espèce que j'ai pris les fines tranches pour l'étude microscopique , d'après 
lesquelles est fait le dessin de Tab. B, fig. k. 

La plaque fig. S et 6 pourrait bien avoir appartenu à une articulation quelconque ; elle est 
entière, bombée d'un côté, ayant un des bords en quille arrondie, et montrant en dessous 
une excavation arrondie et polie, qui pourrait bien avoir servi de cavité glénoïdale. 

III. AsTEROLEPIS SPECIOSA AgaSS. 

Old Red, Tab. 30, fig. 10. 

Je ne connais de cette espèce que l'échantillon fort endommagé que j'ai figuré. Les tuber- 
cules tiennent le milieu entre ceux des espèces précédentes; ils sont isolés, déprimés, serrés 
les uns contre les autres , complètement ronds et disposés sans ordre apparent. Mais ce qui 
distingue surtout cette espèce , c'est qu'on remarque à la base des tubercules un bourrelet 
limité par un sillon circulaire , de manière que ces tubercules ressemblent beaucoup à ceux 



— 9k — 
sur lesquels les piquans de certains oursins sont articulés. La surface entre les tubercules 
est lisse. 

L'original de ma figure m'a été communiqué par M. le baron de Lôwenstern , il provient 
de Russie. 

IV. ASTEROLEPIS MINOR AgaSS. 

Oid Red, Tab. 50. fig. il et Ha . 

SvN. Chelonichthijs miiior Ayass. Poiss. foss. , Vol. I, pag. xxxin. 

Les tubercules de cette espèce sont beaucoup plus petits que ceux des précédentes. Mais ce 
qui les distingue du genre Psammosteus , qui a aussi de petits granules très-rapprochés , c'est 
quici les granules sont perforés au sommet (fig. H a) pour donner passage aux vaisseaux 
sanguins, et que d'un autre côté les granules sont plus épars et plus distincts. Ils sont 
globulaires ou même déprimés ; la surface entre les granules est lisse. 

C'est de cette espèce que proviennent plusieurs des ossemens dont M. Asmus m'a comnm- 
niqué les moules. Elle a été observée en Russie, à Riga, et en Ecosse dans les environs 
d'Elgin. 

V. AsTEROLEPIS GRANULATA AgaSS. 

Old Red, Tab. 30, fig. 12 et 12 o. 

Ce petit fragment d'une plaque épaisse de deux lignes me paraît constituer le tvpe d'une 
espèce particulière d"Asterolépis. Les granules sont fort petits, comme dans l'espèce précé- 
dente, mais plus distans; et ce qui les distingue au premier coup d'œil , c'est qu'au lieu 
d'être globulaires, ils sont coniques, pointus, quoique perforés au sommet. Du reste la sur- 
face de la plaque entre les granules n'est pas lisse, comme dans VJ. minor, mais plutôt 
comme couverte d'un sable très-fin , de la même manière que dans V/t. AsmusL 

L'original de ma figure provient de Riga ; il m"a été communiqué par IVI. Murchison. 

Des ossemens d'Asterolépis. 

.l'ai fait figurer, Tab. .50 a, la plupart des plâtres qui m'ont été envoyés par l'entremise de 
M. Murchison, et dont les originaux se trouvent dans la collection de M. Asmus. Tous les 
dessins ont été réduits au quart de la grandeur naturelle. Je me suis donné beaucoup de 
peine pour rassembler tous les matériaux que je possédais en fait d'ossemens isolés de pois- 
sons vivans, afin de pouvoir déterminer, sinon d'une manière définitive, du moins approxi- 
mativement , la place que devaient occuper ces ossemens fossiles dans la tête des Asterolépis ; 



— 95 — 

mais je l'avoue, je n'ai pas encore pu parvenir à un résultat satisfaisant, tant la forme de 
ces ossemens est dispftralc et peu en rapport avec les formes que montrent les os des pois- 
sons actuels. 

L'une des pièces les plus curieuses et qui paraît se trouver assez souvent , puisque j'en ai 
reçu cinq plâtres de différente grandeur, est celle qui est représentée dans les lig. 18 et 19. 
C'est un os sensiblement arqué , cylindrique, se rétrécissant vers l'un des bouts où il est en 
même temps aplati et orné à l'extérieur d'une rainure assez prononcée. En avant l'os s'élargit 
considérablement, comme si l'on avait posé une écaille mince et lisse sur le cylindre qui est 
ici orné des tubercules caractéristiques des plaques d'Asterolépis. La partie supérieure de cet 
élargissement squannniforme est lisse et servait certainement comme surface articulaire de 
glissement. Au-devant de cet élargissement se trouve un gros bouton arrondi et saillant . qui 
évidemment était une tête glénoïdale ; ce bouton est acconqjagné au-dessous d'une excavation 
creusée sur le cylindre de l'os lui-même et qui présente tous les caractères d'une surface ar- 
ticulaire. Il est évident que l'os entier était enchâssé avec son extrémité antérieure dans une 
articulation fermée, au-dessus de laquelle glissait encore une autre pièce qui servait d'appui 
à l'articulation. Ces conditions ne sont réalisées sur toute la tête des poissons que dans le maxil- 
laire supérieur qui dans la plupart des cas est enchâssé entre le palatin et l'intermaxillaire ; 
ce dernier glisse alors souvent , conjointement avec le sous-orbitaire , sur la face extérieure 
du maxillaire supérieur. En examinant les maxillaires supérieurs du Lophius piscatorius ou 
de V Uranoscopus scaber, on trouve en effet des articulations analogues à celles que je viens de 
signaler dans les os des Asterolépis. Je prends donc ces pièces pour des maxillaires supérieurs, 
et en effet, un maxillaire de trois pieds de longueur ne parait pas être en désaccord avec une 
gueule armée de dents de deux et jusqu'à trois pouces de longueur. Tous les moules que j"ai 
reçus de cet os n'appartiennent pas à la même espèce. Dans la plus grande (fig. 19) la fêle 
glénoïdale est large , présentant une forme presque rhomboïdale. L'os lui-même est beaucoup 
plus arqué que dans un os de la même grandeur qui a le bouton plus arrondi. Dans l'espèce 
plus petite (fig. \S) l'os est plus droit et la partie squammiforme plus développée. Il faudrait 
encore des renseignemens plus complets, pour savoir si un autre fragment dans lequel la tète 
glénoïdale est allongée et toute verticale, et le bord antérieur de l'élargissement squamniiforme 
reculé en arrière , si ce fragment , dis-je, n'appartient pas à une quatrième espèce. 

Une pièce fort remarquable est celle dessinée des deux faces ( fig. 1 5 et 1 6 ) . Cette pièce, plate 
et élargie en bas , se continue en haut en une espèce de crochet arrondi sur la face intérieure 
duquel se trouve une cavité glénoïdale très-profonde. Je n'ai trouvé jusqu'à présent d'autre 
analogue de cette conformation des faces articulaires que l'os supra-scapulaire de plusieurs pois- 
sons et notamment de la Baudroie (Lophius). C'est en effet cet os qui chez plusieurs poissons 
présente une cavité glénoïdale , par laquelle il s'articule sur l'apophyse pariétale de l'occiput, 
tandis que chez la plupart il se meut seulement en glissant sur les surfaces lisses de cette apo- 
physe. La forme différente du crochet qui est allongé et considérablement recourbé sur l'un 



— 96 — 
des plâtres , ainsi que la forme différente de la cavité glénoïdale qui dans l'un est arrondie , 
tandis que chez l'autre elle est ovalaire , fait présumer l'existence de deux espèces différentes, 
au moins. 

Quant aux autres ossemens qui se trouvent figurés sur la même planche , il y en a plusieurs 
tels que fig. 2 , 7, 8 , 13 , H et 17, qui évidemment étaient des pièces appartenant au sque- 
lette extérieur ou dermoïdal ; ce sont de larges plaques montrant à l'extérieur les tubercules 
caractéristiques des Asterolépis , tandis quà la face interne des creux de forme différente, 
des arêtes longitudinales ou transversales , des saillies plus ou moins ridées , servaient de point 
dappui aux attaches musculaires et tendineuses qui réunissaient ces pièces au squelette. H se 
pourrait très-bien que fig. 7 par exemple, ainsi que fig. 8 et 13 eussent été des pièces oper- 
culaires. Je ne saurais en revanche que faire des ossemens figurés fig. 1 , 3 et i, 5, 6, 9 et 10, 
i 1 et 1 2 ; peut-être que les premières appartenaient à l'appareil pharyngien ou hyoïdal et que 
les dernières faisaient partie des nombreux démembremens du temporal, dont les formes chan- 
gent d'une manière si étonnante chez les différentes espèces de poissons. 

En résumé , l'impression qui reste de la vue de ces ossemens gigantesques , c'est quils doi- 
vent avoir appartenu à des poissons à tète large et aplatie dont toutes les faces étaient cuirassées 
de pièces osseuses , engrenées entre elles et présentant les formes les plus bizarres et les plus 
variées. Je regrette de n'avoir eu à ma disposition des ossemens isolés de Siluroïdes cuirassés 
ou bien de Goniodontes , tels que des Acanthicus , des Loricaria , des Doras ou d'autres de 
leurs congénères. C'est dans cette famille des Goniodontes et des Siluroïdes cuirassés , que Ion 
doit trouver les formes qui se rapprochent le plus de celles que nous venons d'étudier. 



— 97 



CHAPITRE IX. 

DU GENRE BOTHRIOLEPIS Eicnw. (GLYPTOSTEUS Agass.; 



La synonymie de ce genre a été occasionnée par les mêmes circonstances qui ont amené celle 
du genre Asterolépis. Je ne reviendrai donc plus sur ce que j'ai dit au sujet de ce dernier genre. 
Voici comment M. Eichwald caractérise son nouveau genre ('). «Les plaques duô. ornatus, que 
l'on trouve avec les écailles de V Holoptychius nobUissimus, sont allongées, élargies vers les côtés 
et plus étroites vers les extrémités ; elles ont une carène élevée au milieu, comme les plaques de 
l'Esturgeon, et formaient probablement comme celles-ci des rangées régulières le long du corps ; 
d'autres n'ont pas cette carène , mais elles s'abaissent fortement vers les bords , tandis qu'elles 
sont relevées en bosses arrondies au milieu. Leur surface est ornée d'impressions profondes 
et non de sillons convergens, comme les écailles des Holoptychius. Il leur manque aussi le 
bord aplati de ces dernières , d'où il résulte qu'elles n'étaient pas imbriquées de manière à 
recouvrir tout le corps ; probablement qu'entre les rangées longitudinales se trouvait une peau 
chagrinée ou peut-être de petites écailles d'un bleu foncé , finement striées dans le sens lon- 
gitudinal et aplaties au bord. On trouve quelquefois de ces petites écailles associées avec les 
grandes plaques et avec des fragmens de côtes ; elles ont environ une ligne d'épaisseur, sont 
fortement courbées et ont un canal au milieu. Les dents sont beaucoup plus rondes que celles 
de l'Holoptychius , mais creuses au milieu et finement rayées comme ces dernières ; elles sont 
un peu courbées vers la pointe qui est lisse et épaisse. Leur structure est celluleuse. » 

Le caractère essentiel des Bolhriolépis réside effectivement dans les ornemens de la surface 
des plaques. Ce sont des enfoncemens , formant tantôt des fosses diversement contournées , 
tantôt des creux isolés, et séparés par des carènes plus ou moins arrondies. Je ne saurais mieux 
comparer ces ornemens qu'à ces sillons tortueux que l'eau creuse sur les bords des lacs et de 
la mer. A certains égards , ces ornemens ressemblent aussi à des moules en plaques d' Astero- 
lépis , où les creux seraient remplacés par des élévations et vice versa. On remarque en géné- 
ral au milieu des enfoncemens un ou plusieurs trous , par lesquels les vaisseaux nutritifs mon- 
taient sans doute à la surface de la plaque , pour entrer dans la peau qui recouvrait cette 
dernière. Ces trous se présentent sur les moules des plaques sous la forme de petits boutons 
en relief. 

(') Leonhard uncl Bronn, Neiies Jalirbucli , etc. 1840, page 621. 

AG. OLD RED 13 



— 98 — 

Mais la structure de ces plaques est très-différente de celle des Asterolépis. 11 y a d'abord 
une couche de substance solide , percée seulement par-ci et par-là de canaux qui montent dans 
l'intérieur de la plaque pour s'y ramifier en réseaux très-fins et très-compliqués. La couche 
supérieure est de nouveau formée par une substance ferme et homogène disposée en couches 
horizontales, un véritable émail, qui à lui seul forme les ornemens de la surface (Tab. B, fig. 7). 
Au moyen de forts grossissemens , on découvre partout dans cette substance de véritables cor- 
puscules osseux. 

J'ai été assez heureux pour découvrir dans une pièce sur laquelle se trouvaient des plaques 
et des os épars du B. favosa, les dents de deux mâchoires correspondantes, encore implantées 
sur les os. Ce n'est qu'avec beaucoup de patience que j'ai réussi à enlever toute la masse pier- 
reuse dans laquelle les os et les dents étaient empâtés. Voici les résultats de mes recherches sur 
la dentition de ce genre. Les dents incisives principales sont grosses, coniques, faiblement re- 
courbées en arrière et un peu comprimées latéralement. Leur hauteur égale à-peu-près le double 
de leur largeur. Leur base est striée longitudinalement jusqu'à la mi-hauteur de la deut , et 
la racine fait corps avec l'os de la mâchoire au moyen des gros plis dont la base est garnie. 
La structure de ces dents se rapproche beaucoup de celle des Holoptychius. La pointe est for- 
mée par une dentine solide , n'ayant qu'une seule cavité médullaire , qui se ramifie latérale- 
ment en descendant vers la base. C'est autour de ces ramifications que la dentine est plissée, 
et de ces plis résultent les stries que l'on voit à la surface de la dent. Les dents incisives sont 
peu nombreuses et fort espacées ; j'en compte trois à distance égale qui diminuent d'avant en 
arrière dans la mâchoire inférieure, et plus en arrière encore deux ou trois plus petites. La 
mâchoire supérieure a les incisives plus serrées ; il y en a six qui se touchent , et dont les deux 
antérieures sont les plus considérables. Une quantité d'aspérités émaillées , provenant de la 
couche d'émail qui couvre les os; occupe le pourtour de la bouche. Ces aspérités qui forment 
de véritables petites dents en brosse , sont en rangées nuiltiples sur tous les bords des mâ- 
choires, et en les examinant au microscope on y aperçoit facilement la petite cavité médul- 
laire , entourée d'une forte couche d'émail. 

On voit par cette description que les Bothriolépis étaient , comme probablement aussi les 
Asterolépis et leurs congénères , de grands poissons carnassiers , qui , par leur dentition , se 
rapprochaient beaucoup des Holoptychius et des autres Célacanthes. C'est pourquoi je les range 
provisoirement dans le voisinage de ces derniers , en attendant que des exemplaires plus par- 
faits nous permettent de compléter nos connaissances sur ces singuliers poissons. 



— 99 — 

I. BOTHRIOLEPIS ORNAT A EicIlW. 

Old Red , Tab. B, fig. 7 et Tab. 29. 

Syn. Glyptosteus reticulatus Agass. Poiss. foss. , Vol. I, pag. xxxiv. 

Les plaques de cette espèce sont très-nombreuses en Ecosse comme en Russie. J'en ai vu 
de Clashbennie, d'Elgin et de Printschka. Elles sont longues de trois à six pouces, oblon- 
gues , ayant souvent une carène longitudinale , dont les deux côtés déclinent comme un toit ; 
souvent aussi elles sont entièrement plates ou arrondies en coupole. La carène longitudinale 
parait ne se trouver que sur les plaques qui garnissaient un bord du corps ou de la tête, faisant 
saillie au-dessus des autres. Les plaques ont quelquefois jusqu'à trois lignes d'épaisseur ; on 
y voit sur des coupes, même à l'œil nu, un fin pointillage provenant des ouvertures coupées 
des canaux médullaires. 

Les ornemens de cette espèce consistent en petits enfoncemens circulaires placés les uns à 
côté des autres et séparés par des carènes qui, par leur juxta-position, paraissent hexagonales, 
à-peu-près comme les vitraux ronds des anciennes fenêtres, avec l'entourage en plomb qui les 
réunit. Les creux ont à-peu-près la grandeur d'une bonne tête d'épingle, et ils sont placés en 
séries linéaires plus ou moins régulières, formant des lignes ondulées sur la surface de l'écaillé. 
Pour la plupart , ces creux sont isolés les uns des autres , quelquefois aussi plusieurs se con- 
fondent en formant un sillon plus ou moins long. Les carènes intermédiaires sont tranchantes 
et minces, mais elles se maintiennent au même niveau ; Tonne pourrait donner une meilleure 
image de cette sculpture des plaques , qu'en enfonçant des épingles , la tête la première , sur 
du gyps encore frais , car il en résulterait le même dessin. 

En examinant ces plaques à la loupe , on voit au fond de chaque cellule osseuse un petit 
trou central (fig. 2 «) , qui mène dans un canal médullaire de l'intérieur de l'écaillé. Evidem- 
ment ces trous étaient destinés à donner passage aux fins vaisseaux sanguins qui montaient à 
travers l'écaillé pour se ramifier dans l'épiderme qui couvrait la plaque. 

Les fig. 1 et 2 de la planche 29 sont des plaques , les trois autres des moules , qui natu- 
rellement présentent en relief ce que les plaques véritables ont en creux. Au lieu de creux , on 
trouve sur ces moules de petits mamelons en séries régulières , séparés par de petites rigoles 
et couronnés chacun par un petit nœud saillant au sommet du mamelon. Ce petit nœud corres- 
pond au trou vasculaire central du creux de la plaque , et c'est par là qu'on dislingue aisément 
les moules des Bothriolépis des plaques d'Asterolépis. En effet , les Aslerolépis ont aussi des 
mamelons serrés , mais au lieu d'un nceud saillant , on trouve un trou au sommet du mame- 
lon , par lequel passait le vaisseau sanguin. 

Les originaux de mes figures m'ont été communiqués par M. Robertson , et proviennent 
d'Elgin. 



— iOO — 

On ne connaît pas encore les autres parties solides du B. ornata. M. Eichwald dit que les 
dents sont coniques , pointues au sommet , ridées à la base , et par conséquent fort semblables 
aux dents de l'espèce suivante. Les plaques se trouvent en quantité énorme en Russie, et il n'y 
a pas de doute que le zèle des savans de ce pays éclaircira sous peu les incertitudes qui exis- 
tent encore à l'égard de cette espèce. 

II. BOTHRIOLEPIS FAVOSA AgaSS. 

Old Red, Tab. 27, fig. 7. Tab. 28, fig. 12 et 13. 

SyN. Glyptosteus farosus Ag. Poiss. foSS. Vol. (, pag. XXXIV. 

Une grande dalle de vieux grès rouge, que contenait un envoi de M. Murchison , montrait 
sur l'un des bords un os allongé , cylindrique , couvert d'un émail épais , dont les caractères 
me parurent assez tranchés pour en faire une espèce particulière de Bothriolépis. Il n'y a pas 
de ces excavations isolées et globiformes , comme dans le B. ornata , mais toute la surface est 
iinement pointillée comme une incrustation ou comme ces écailles cutanées , que l'on voit 
dans certaines maladies éruptives de la peau. Examinée à la loupe (fig. 13), cette incrus- 
tation montre des collicules tantôt isolés tantôt confluens sous divers angles, mais à dos arrondi 
et très-peu élevés , sur une surface finement pointillée , dans laquelle on remarque par-ci et 
par-là de petits trous , semblables à ceux qui se trouvent dans le fond des excavations isolées 
du B. ornata. La ditïérence de cette espèce consiste donc en ceci , que les excavations sont 
réunies sous forme de petites rigoles qui serpentent autour de petites carènes de séparations 
isolées et à dos arrondi. 

La forme allongée et cylindrique de l'os que je venais d'examiner, et les traces de plaques 
osseuses qui étaient visibles en quelques endroits , m'avaient fait penser que j'avais devant moi 
une mâchoire inférieure avec quelques restes de la têle qu'il fallait mettre à nu. Mes prévi- 
sions se réalisèrent au-delà de toute attente ; chaque coup de marteau découvrit soit une dent 
soit une plaque , et après un travail- assez long je réussis à mettre cet échantillon dans l'état 
dans lequel il est figuré Tab. 27 et 28. 

La mâchoire inférieure quoique brisée en avant , a néanmoins encore un pied de long. Elle 
est cylindrique , diminuant peu en avant , s'élargissant insensiblement en arrière ; courbée 
vers le bout antérieur du museau, elle est tout-à-fait droite en arrière , ce qui semble indiquer 
une gueule longuement fendue et une tête plus longue que large. Le bord inférieur de la mâ- 
choire est à angle vif; le bord supérieur large, de sorte qu'une coupe verticale de l'os pré- 
senterait un triangle dont la base serait tournée en haut et le sommet en bas. Sur le bord 
supérieur et externe de la mâchoire s'élève une grande quantité de petites dents coniques , 
très-courtes et serrées, qui sont rangées en séries multiples, de sorte qu'on dirait, s'il n'y ava,it 



— iOl — 

que ces petites dents , que les mâchoires étaient armées de petites dents en brosse. Mais 
au milieu de ces aspérités dentiformes et environnées d'elles , s'élèvent plusieurs grandes 
dents incisives, coniques, à base plissée , qui sont profondément enchâssées dans le sillon 
large et profond qui règne tout le long du bord supérieur de la mâchoire. Ces dents sont au 
nombre de sept dans la mâchoire figurée , mais le bout antérieur étant perdu , je ne doute pas 
qu'il y en avait huit à neuf dans chaque mâchoire inférieure. La grandeur de ces dents di- 
minue d'avant en arrière , la première , dont le sommet était cassé , pourrait avoir un demi 
pouce d'élévation au-dessus du bord dentelé de la mâchoire , la dernière le dépasse à peine. 
Les premières sont espacées à distances presque égales , il y a un pouce de l'une à l'autre ; les 
quatre dernières sont assez rapprochées pour qu'on puisse croire que leurs racines se touchent 
au fond du sillon maxillaire. 

Mais outre la mâchoire inférieure gauche , cette précieuse plaque contenait encore la mâ- 
choire supérieure du même côté , que je réussis aussi à mettre entièrement à découvert. Celle- 
ci est beaucoup moins longue , cassée en avant , arrondie à son extrémité postérieure , qui 
parait avoir été libre , et armée seulement de grandes dents incisives , sans trace des petites 
aspérités dentiformes. Ces dents ne sont pas non plus espacées, et la lacune que l'on remarque 
dans la rangée de Tab. 27, fig. 7, tient plutôt, à mon avis , à ce que sur ce point les dents 
étaient justement en travail de remplacement , qu'à un caractère distinctif de l'espèce. La pre- 
mière de ces dents est la plus grande ; elle est faiblement recourbée en arrfère comme un 
crochet; il en est de même de la seconde, qui est plus petite. Vient ensuite la place vide où il 
y aurait exactement place pour une dent , et enfin la plus petite de toutes ces grandes dents , 
derrière laquelle se rangent encore trois dents coniques, très-acérées et droites, dont la gran- 
deur va toujours en augmentant , ensorte que la dernière ne le cède pas à la seconde de la 
série entière. Il y a en tout six dents dans cette mâchoire supérieure. 

La structure de toutes ces dents est la même dans les deux mâchoires. Elles sont plissées 
depuis la base jusqu'à mi-hauteur ; les plis sont réguliers , grossiers , et se perdent insensible- 
ment vers le sommet qui finit en pointe lisse et acérée. A l'intérieur on reconnaît une cavité 
médullaire ramifiée, qui envoie des branches tortueuses dans tous les plis, et qui en tous points 
se comporte comme dans les Holoptychius. Ces dents sont excessivement cassantes , de sorte 
que je n'ai pas pu en faire des tranches microscopiques entières que l'on eût pu dessiner ; ce 
que j'ai vu sur des petites esquilles, c'est que ces ramifications n'émettent que peu de tubes cal- 
cifères et que la dentine est très-épaisse et forte. 

Outre les mâchoires, le même bloc contient encore plusieurs plaques émaillées, dont celles 
de la face supérieure , qui couvraient probablement les joues , sont plus ou moins brisées , tan- 
dis que sur la face inférieure que je n'ai pas fait figurer, on voit l'empreinte d'une plaque en- 
tière qui était probablement la plaque brancliioslègue. Celte plaque est allongée , triangu- 
laire , ayant une carène longitudinale peu marquée , qui est plus rapprochée du bord interne. 
Les quatre plaques des joues (Tab. 27, fig. 7), sont presque carrées, à angles arrondis; leur 



— 102 — 

face inférieure montre des stries rayonnantes depuis le centre , comme on en voit si souvent 
dans les os plats et fibreux. L'émail de la face supérieure est le même que sur la mâchoire. 
Il est injpossible de se faire une idée précise même de la tête de ce poisson , d'après des 
données aussi incomplètes. Espérons que les découvertes faites nouvellement en Russie , et les 
publications de M. Pander, que le monde scientifique attend avec une vive impatience, nous 
donneront des renseignemens plus complets sur ces redoutables poissons du vieux grès rouge, 
dont reooi'ffent les couches de la Russie. 



103 



CHAPITRE X. 



DU GENRE PSAMMOSTEUS Agass. 



Les plaques de ce singulier genre sont assez communes dans l'Old Red de Russie. Elles 
sont larges, bombées, lisses à l'intérieur, et ornées à la surface externe de granulations fines 
et serrées , qui vues à la loupe , montrent des rides rayonnantes à la base , comme les njame- 
lons des Asterolépis. Mais ce qui distingue surtout les Psammosteus, c'est la iinesse de cette 
granulation, qui la t'ait ressembler à du chagrin. Les granules sont très-serrés , et tantôt dis- 
posés en lignes ondulées , tantôt sans ordre apparent. Quelquefois aussi les granulations s'a- 
lignent et se confondent, pour former de petites carènes longitudinales et dentelées des deux 
côtés. Les plaques paraissent avoir été d'une grandeur considérable; mais n'en ayant pas en- 
core vu d'entières, je ne puis dire au juste quelles étaient leur forme et leurs dimensions. 

La structure des plaques est très-différente de celle des Asterolépis, avec lesquelles elles ont 
du reste beaucoup de ressemblance. Une multitude de canaux médullaires contournés et tordus 
forment des réseaux très-compliqués , mais fort élégans , entre lesquels est déposée une masse 
dure et homogène , qui parait plus voisine de la dentine que de l'os. Les canaux deviennent 
de plus en plus étroits vers la surface de la plaque , où ils finissent par laisser entre eux de 
petits ilôts de substance solide , qui sont précisément les granulations de la surface. 

N'ayant eu d'abord qu'un petit nombre de ces plaques à ma disposition, j'en avais fait 
deux genres, dont l'un, que j'appelais Placosteus, avait pour caractère distinctif des plaques 
unies à la surface, tandis que l'autre, auquel je donnais le nom de Psammolepis , se distin- 
guait par des écailles visibles à la surface des plaques. Des recherches ultérieures, et sur- 
tout des recherches microscopiques faites sur des coupes prises dans tous les sens, m'ont 
prouvé depuis que ces deux genres n'en forment en réalité qu'un seul. Je me suis convaincu 
en effet que les dessins d'écaillés qui distinguent réellement la face supérieure des Psammo- 
lépis (aujourd'hui mon Psammosteus paradoxus) ne sont que des empreintes superficielles, et 
que la plaque ne présente point du tout un assemblage d'écaillés soudées, comme je l'avais 
d'abord supposé. H y a d'ailleurs des plaques où ces dessins s'effacent presque entièrement, 
de manière qu'elles ressemblent à s'y méprendre à des plaques de Placosteus. Depuis que j"ai 
vu ces passages entre les deux genres, le dessin écaillé d'une partie des plaques ne pouvait 



— i04 — 
plus être pour moi une raison suffisante de les séparer génériquement des autres. J'ai préféré 
en conséquence créer un nom nouveau pour le genre réuni , qui rappelle les deux anciens 
genres dont il se compose. 

I. PsAMMOSTEUS MAEANDRINUS AgaSS. 

Old Red, Tab. 27, fig. Set 6. 

Syn. Placosteus mœandriniis Agass. Poiss. foss. , Vol. I, pag. XXXIII. 

En examinant les plaques de cette espèce, on y aperçoit des lignes parallèles, serrées, 
droites, quelquefois dichotoniisées , qui les parcourent dans le sens de la longueur. Ces lignes 
ont quelque chose d'irrégulier , de brisé ; elles ne sont point franchement accusées , ni à bord 
nettement saillant. En les examinant à la loupe (fig. 6), on voit que cet aspect provient de ce 
que les carènes peu relevées, qui parcourent la surface, ont partout sur les bords des inci- 
sions ou des découpures qui les font paraître comme des barbes de plumes, n'ayant souvent 
qu'un bord dentelé ou plutôt comme des gros intestins, où les fibres musculaires produisent 
des impressions successives semblables. Quelquefois on aperçoit des granules isolés , entourés 
de rides rayonnantes , et on comprend alors que ces carènes ne sont que des mamelons con- 
fondus dans le sens de la longueur et où les rides sont restées comme des dentelures sur les 
bords. 

La seule plaque que je connaisse de cette espèce provient de Ladoga , et m'a été communi- 
quée par M. Murchison. 

II. PSAMMOSTEUS PARADOXUS AgasS. 

Old Red, Tab. B, fig. S et 6, Tab. 27, fig. 2-?i. 

SVN. Psammolepis paradoxus Agass. Poiss. foss. , Vol. I, pag. XXXIV. 

De petits mamelons arrondis, serrés les uns contre les autres, forment un chagrin uni- 
forme sur toute la surface des plaques. Ces mamelons sont entourés à la base de très-petites 
rides , disposées en étoiles et seulement visibles à la loupe (fig. 3 et ^i) . Sur les plaques les mieux 
caractérisées (fig. 2), on voit des impressions imitant parfaitement des contours d'écaillés 
semblables à celles des poissons à écailles épaisses et cependant imbriquées, tels que les 
Balisles. Ces écailles présentent un dos arrondi , relevé en carène , des bords déclives, des 
contours parfaitement nets et si bien arrêtés, qu'on dirait que la base de chacune d'elles est 
couverte par les extrémités postérieures des deux précédentes , de sorte que le tout formerait 
des lignes obliques. D'autres plaques montrent ce dessin en écailles beaucoup moins accusé; 
il n'y a plus de démarcations profondes simulant l'imbrication , mais seulement de légères 



— 105 — 

impressions ondulées , qui, en se rencontrant, circonscrivent des losanges plus ou moins régu- 
liers (fig. 2); enfin le cas n'est pas rare où le dessin dont nous parlons, qui est quelquefois 
très-net sur un point , s'oblitère et finit par s'effacer complètement sur un autre point de la 
même plaque. 

Des coupes transversales, Tab. B, fig. 5 et 6, m'ont appris qu'en effet ces plaques sont d'une 
seule masse, sans solution de continuité et sans aucune ligne de démarcation à l'intérieur, 
comme devraient être des plaques composées d'écaillés imbriquées et soudées ensemble. C'est 
partout le même tissu dentaire traversé par de nombreux canaux médullaires s'anastomosant 
entre eux. Il est facile ainsi de démontrer, en coupant une de ces plaques en deux, ou en 
usant et limant ses bords, que le dessin en forme d'écaillés de la surface n'est dû qu'à des im- 
pressions superficielles plus ou moins profondes- La face interne des plaques est entièrement 
lisse. 

Je n'ai pas encore vu des plaques entières de cette espèce. Les originaux de mes figures 
proviennent de Riga, où ils ont été découverts par M. le D"^ Pander. 

La fig. 2 représente un compartiment en forme d'écaillé de l'échantillon de fig. 3, forte- 
ment grossi. 

IlL PSAMMOSTEUS ARENATUS AgaSS. 

OIdRed, Tab. 31, fig. 7-10. 

Syn. Placosteus arenatus Agass. Poiss. foss. Vol. I, pag. XXXIII. 

Le chagrin qui se voit sur les plaques de cette espèce ressemble fort à celui de la précédente. 
Les granules principaux ou mamelons sont cependant un peu plus gros et plus distincts à 
l'œil nu , quoique tout aussi serrés les uns contre les autres , et pourvus des mêmes lignes 
étoilées à leur base. Quoique dispersés uniformément sur toute la surface de la plaque, ils 
n'en forment pas moins des séries régulières, disposées en quinconce (fig. 9). Chaque mame- 
lon est isolé des autres et entouré d'une guirlande de crénelures très-régulières (fig. 9 et 10 a). 
Il est rare que deux mamelons se confondent. 

J'ai représenté deux fragments de ces plaques. L'un (fig. 7 et 8) a le bord renflé et arrondi; 
c'est sans doute une portion du bord de la plaque primitive, qui, dans ce cas, a dû être énorme, 
à en juger par la forme du pourtour. Les deux faces de ce fragment sont exactement sem- 
blables. Dans toutes les deux, les tubercules augmentent de grosseur vers le bord. 

La fig. 10 représente une plaque plus mince; les mamelons y sont plus petits; mais comme 
ils présentent la même structure sous la loupe , je n'ai pas hésité à la rapporter à la même 
espèce. 

Ces deux fragmens proviennent de l'Old Red des environs de Riga , où ils ont été trouvés 
par M. le D' Pander. 

AG. OLD RED 14 



— i06 — 

IV. PSAMMOSTEUS UNDULATUS AgaSS. 

OIdRed, Tab. 31,fig. Il et 12. 

SyN. Placosteus nndalatus A{;aSS. Poiss. foSS. Vol. I, pag. XXXUl. 

A l'œil nu , les plaques de cette espèce ont le même aspect que celles du P. arenatus ; c'est 
à peine si l'on aperçoit quelque variation dans la disposition des lignes ; mais quand on les 
examine à la loupe, on trouve une différence de structure notable. Les aspérités n'ont plus la 
même régularité , et si elles montrent encore une disposition sériale , les séries sont au moins 
très-irrégulières. Les mamelons eux-mêmes sont aussi bien plus irréguliers ; non-seulement 
ils ne sont pas entourés d'une guirlande de dentelures, mais ils sont en outre très-hétéro- 
gènes; il y en a qui sont circulaires, d'autres alongés, rhomboïdaux ou irrégulièrement an- 
guleux (fig. iia). 

Cette espèce se trouve, avec la précédente, dans l'Old Red des environs de Riga. 



— i07 — 



ADDITIONS 

A LA FAMILLE DES CÉL ACANTHES. 



Au moment de mettre sous presse la fin du chapitre précédent, M. Vogt me communique 
quelques observations qu'il a faites sur un poisson vivant encore peu connu , dans lequel il a 
découvert un représentant actuel de la famille des Célacanthes. Ces observations que je m'em- 
presse de reproduire ici compléteront ce que j'ai dit pages 59 et suivantes de la famille des 
Célacanthes en général. 

Etudiant comparativement l'ostéologie de la tête des poissons, M. Vogt fut frappé des 
analogies que présentent la tète de VArapeima giyas MûlI. (Sudis gigas Cuv.) avec le Lépi- 
dostée et le Polyptère d'un côté et les Célacanthes fossiles de l'Old Red de l'autre. Sans me 
douter de ces affinités , j'avais déjà donné une description très-détaillée de l'ostéologie de ce 
poisson, dans mon histoire naturelle des poissons du Brésil. Je puis par conséquent em- 
prunter aux planches de cet ouvrage les Cgures de ma Tab, F, qui serviront à l'intelligence 
des remarques suivantes. 

La tête de l'Arapaïma forme une boîte fermée de toutes parts , dont les faces extérieures 
sont sculptées et émaillées , comme celles des Holoptychius. La tête est large et aplatie; les 
sous-orbitaires sont énormes ; ils sont articulés sur le bord externe de la face supérieure du 
crâne, et forment plusieurs plaques allongées et soudées ensemble, qui s'étendent en arrière 
jusque vers le préopercule. Les plaques sous-orbitaires ont dans leur forme une grande ana- 
logie avec les plaques des Bothriolépis , que nous avons décrites dans les pages précédentes. 
L'émail forme des rides et des plis rayonnans dans le sens de l'accroissement des os de la tête. 
La gueule est largement fendue. Les maxillaires supérieurs et inférieurs sont garnis d'une 
simple rangée de dents en crochets aplatis latéralement. Les dents présentent une simple ca- 
vité médulaire à l'intérieur, et ne montrent point ces plis qui sont caractéristiques pour les 
Célacanthes des terrains anciens. Cette structure des dents ne saurait cependant être invoquée 
comme un argument contre la position que nous assignons au genre Arapaïma , puisque nous 
avons dans la famille si voisine des Sauroïdes, des genres qui, comme le Polyptère, sont 
aussi dépourvus de dents plissées. Tous les autres os qui prennent part à la formation de la 
cavité buccale, tels que le vomer, le palatin , les ptérygoides et même le sphénoïde principal, 



— i08 — 
sont hérissés de petites dents alongées et arrondies au sommet, qui sont serrées comme les 
aspérités d'une lime. 

Ce qui caractérise surtout l'Arapaïma , comme représentant actuel de la famille des Céla- 
canthes, ce sont les écailles, qui sont très-grandes, arrondies et imbriquées, comme celles 
des poissons ordinaires. Tous les auteurs qui ont parlé de ce poisson , s'accordent à dire que 
ses écailles sont de véritable substance osseuse. La moitié antérieure, qui est recouverte par 
l'écaillé précédente, est lisse, tandis que la moitié postérieure est recouverte d'une couche 
émaillée , qui forme un réseau de carènes saillantes, entre lesquelles se trouvent des creux 
plus ou moins profonds (Tab. F, fig. 3 et 4). Certes si l'on trouvait ces écailles fossiles, on les 
rangerait sans hésitation à côté des écailles des Holoptychius. 

Il n'y a donc pas de doute que l'Arapaïma, d'après la structure de la tête et de ses écailles, 
doive être rangé dans la famille des Célacanthes. La position des nageoires confirme encore 
cette manière de voir; la dorsale est très-reculée, longue, mais peu haute et opposée à une 
anale semblable. La caudale est très-petite, arrondie en éventail, et portée sur un prolonge- 
ment de la colonne vertébrale, comme c'est aussi le cas dans le genre Cœlacanthiis. 

Comme le Lépidostée et le Polyptère, l'Arapaïma avait été placé par Cuvier dans la fa- 
mille desCIupes, par la seule raison que le maxillaire supérieur, faisant suiteà l'intermaxillaire, 
forme avec lui le pourtour de la bouche. Mais cette raison est, comme nous l'avons vu en trai- 
tant des Sauroïdes, insuffisante pour justifier ces rapprochemens. M. J. Millier qui, dans ces 
derniers temps , s'est occupé avec beaucoup de succès de la classification des poissons en géné- 
ral, et surtout des Malacoptérygiens , a adopté ma famille des Sauroïdes; mais il réunit dans 
une famille à part , sous le nom de Clupesoces , avec les Stomias et les Chauliodes , les Chiro- 
centres, les Notoptères, les Ostéoglosses , les Hétérotis et les Arapaïma, qu'il caractérise de la 
manière suivante : « Poissons sans nageoire adipeuse ; sans fausses-branchies ; bouche formée 
» au milieu par l'intermaxillaire, et sur les côtés par le maxillaire supérieur; quelques-uns 
» ont une vessie natatoire simple; les appendices pyloriques manquent totalement ou sont en 
» petit nombre seulement. Se distinguent des Clupes par le manque de fausses-branchies.» 

Je viens de prouver que les Arapaïma, par la nature de leurs écailles, ne peuvent rentrer 
dans cette famille de M. J. Mûller, puisque leurs grandes écailles osseuses et sculptées à la 
face extérieure, n'ont pas le moindre rapport avec celles des Stomias et des Chauliodus. J'ai 
tout lieu de croire en outre que les genres Heterolis Ehr. [Sudis niloticus Rùpp) Osteoylos- 
sum Vand. (*) et Jmia Lin. (**), appartiennent aussi à la famille des Célacanthes. Cependant c'est 
à des recherches ultérieures que j'en réfère pour démontrer ce qu'il peut y avoir de juste 

C) A cette occasion , je ferai remarquer que l'Osteoglossum du Brésil , que j'ai figuré dans mon Selecta Gênera , et 
celui de la Guyane, qui est figuré , d'après Schomburgh , dans le Naturalist's Lihrary, me paraissent devoir être consi- 
dérés comme les types de deux genres distincts , à raison des dillérences qui existent entre la dorsale et l'anale. 

(**) Ce rapprochement vient d'être confirmé pour le genre Amia, par M. Vogl, qui a eu occasion d'en faire lana- 
lomie au Muséum de Paris. 



— 109 — 

dans ces aperçus qui , pour le moment , n'ont pu être fondés que sur l'étude de quelques os- 
semens isolés de l'Arapaïma du Brésil. J'espère pouvoir donner plus tard, en publiant la mo- 
nographie des Célacanthes de la houille, une description détaillée de ces genres intéressans, 
qui méritent la plus grande attention de la part des paléontologistes, aussi bien que les re- 
présentans actuels de la famille des Sauroïdes. 

Je ferai remarquer encore que les Célacanthes actuels sont des poissons de grande taille, 
qui ne se trouvent que dans les eaux douces des parties chaudes de l'Amérique et de l'A- 
frique. 

Maintenant que l'étude des poissons fossiles a mis en évidence l'importance de plusieurs 
types isolés de celte classe d'animaux propres à la création actuelle, et qui se rattachent d'une 
manière très-remarquable aux premières phases du développement de la vie à la surface du 
globe terrestre, rien ne serait plus propre à l'avancement de cette branche de la science que 
des recherches anatomiques faites essentiellement dans le but de faire mieux connaître ces 
représenlans modernes des familles les plus anciennes des habilans des eaux. Des monogra- 
phies anatomiques du Bichir, du Lépidoslée, de l'Arapaïma, de l'Ostéoglossum , de l'Amia, 
de l'Esturgeon, des Siluroïdes , des Loricaires , des Sclérodermes , des Gymnodontes et des 
Sophobranches, contribueraient maintenant d'une manière plus directe aux progrès de l'his- 
toire des poissons fossiles, que la découverte de plusieurs centaines d'espèces nouvelles. 



— no — 



DES PLACOIDES. 



CHAPITRE I. 

DES PLACOIDES EN GÉNÉRAL. 



Dans le système dévonien , comme dans tous les autres dépôts fossilifères en général , les 
débris de Placoïdes sont moins fréquens et moins bien connus que ceux des autres poissons. 
C'est une conséquence naturelle de l'organisation de ces poissons , dont le squelette n'est nulle- 
ment propre à se conserver après la mort. En olïet, pour peu qu'ils fussent construits sur le 
même plan que les Requins de nos jours, et c'est ce dont l'anologie ne permet pas de douter, 
leur squelette devait être cartilagineux ou semi-cartilagineux , et leur corps couvert de cha- 
grin au lieu d'écaillés. Ils n'avaient sans doute, en fait de parties solides, que leurs dents im- 
plantées dans les gencives, et les aiguillons qui supportaient leurs nageoires. Or, ce sont là en 
effet les seuls débris qu'on a signalés jusqu'ici dans les couches dévoniennes. 

Le nombre total des espèces de Placoïdes , que je connais maintenant des terrains dévoniens, 
se monte à vingt-six. Sur ce nombre, il y a beaucoup plus d'Ichthyodorulithes que de dents 
et de mâchoires. Il est sans doute très-difflcile , sinon impossible, d'établir une classification 
d'après les Ichthyodorulithes seulement, puisque les Placoïdes de notre époque, qui portent des 
rayons épineux, appartiennent à des types très-différens, témoin les Cenlrines, les Aiguillats 
et les Cestraciontes. Cependant si l'on considère le rôle important que les Cestraciontes ont 
joué dans toutes les époques anciennes, si l'on tient compte en outre des mâchoires bien ca- 
ractérisées qu'on a trouvées dans plusieurs localités du vieux grès-rouge , tandis que les dents 
de Requins proprement dits sont très-rares , l'on pourra , je crois , en inférer , avec assez de 
probabilité , que les Ichthyodorulithes de l'Old Red proviennent en grande partie de Cestra- 
ciontes. En tous cas, les vrais Requins n'ont joué qu'un rôle secondaire dans la population de 
cette époque. Les vrais dominateurs des mers d'alors étaient les Sauroïdes. 

Pour ne pas être téméraire , et alin de ne pas établir une classification sur des bases que 
l'expérience n'a point encore sanctionnées, je n'ai pas fait entrer les familles dans le tableau 
suivant. Je me suis borné, pour les Ichthyodorulithes, à une simple énumération des espèces, 
et j'ai rapporté les débris des mâchoires aux deux grands groupes des Hybodontes et des Cestra- 
ciontes. Il est possible et même probable que les quelques espèces de mâchoires que nous dé- 
crirons plus bas se rapportent à l'un ou à l'autre de ces Ichthyodorulithes, mais nous n'avons 
aucun moyen d'établir dès maintenant des rapprochemens certains. 



m — 



TABLE ANALYTIQUE DES GENRES ET DES ESPÈCES. 



l HOMACANTHUS . 

Haplacanthus . 
Odontacantuus 

Narcodes . . . 
Naulas .... 

Byssacamhus . 



ICHTHTODORDLITES 

ou 
rayons de nageoires. 



< 



^' 



Onchus . . . . 

Ptychacanthus 
Ctenacanthus . 

Climatius . . . 

Parexus .... 
Cosmacanthus . 



niACHOIRES 

et 
Dents. 



Ctenodus 



JCTENOPTYCniUS , 

(cladodus . . . 



r Rayons très-petits , entièrement recouverts de sillons 

l longitudinaux. Des dents au bord postérieur . . H arcuatHs. 

ç Rayons comprimés , entièrement lisses , surmontés 

[ d'un filet au bord antérieur ff. marginaUs. 

Rayons coniques , trapus , à bords antérieur et posté- 
rieur inégaux. 

Bord postérieur garni de crénelures régulières . O. crenafus. 
I Bord postérieur muni de très- fortes crénelures 

i irrégulières et tuberculeuses 0. heterodon. 

r Rayons trapus, coniques, cylindriques. Face antérieui'e 

[ lisse ; face postérieure tuberculeuse N. pustulifer. 

c Rayons comprimés , avec des sillons longitudinaux 

l profonds , à bords anguleux N. sulcaius. 

i Rayons plus ou moins arqués, sillonnés longitudinale- 
i ment, à base fortement dilatée. 

' Côtes irrégulières , crénelées B. crenidatus. 

i Côtes entièrement lisses S. lœvis. 

[ Côtes larges et lisses; rayons très-arqués. . . B. arcuatus. 

. Rayons droits ou faiblement arqués, à sillons réguliers 

i et continus: à base taillée en biseau. 

I Sillons sinueux ; une forte côte au bord antérieur 0. heterogyrus. 

I Sillons parfaitement droits 0. sublœvis. 

\ Côtes très-fines, régulières et parallèles ... 0. semistriatus 
, Rayons aniués, comprimés, très-finement striés, avec 
) une quille au bord antérieur. Rayon très-petit , peu 

( arqué , à plis longitudinaux très-fins J^- dabius. 

I Rayons subcylindriques , à côtes peclinées. 

) Côtes interrompues, à crénelures très-nettes. . C. semilatus. 

\ Côtes très-fines et très-rapprochées . . . . C. oniatus. 

/ Rayons trapus, coniques, munis de côtes longitudinales 

I assez fortes , et crénelées au bord antérieur. Quelques 

i côtes transversales à la base du rayon . . . . C. reticulatus. 

Rayons subcylindi'iques sillonnés , avec des dents ar- 

[ quées en haut P- recumis. 

r Rayons faiblement arqués , garnis sur toute leur sur- 
1 face de tubercules en séries longitudinales . . . C. Malcolmsoni. 
I Mâchoires garnies de carènes en éventail, composées 
de dents imbriquées. 

Carènes très-fortes , avec des dents terminées en 

une pointe obtuse C. Keyserlingii. 

Dents des carènes plus serrées et munies de 

V pointes plus acérées C. Woerthii. 

. Dents à tranchant horizontal et crénelé Ct. priscus. 

, Dents garnies de bourrelets latéraux, à base for- 

[ tementplissée. Plis de la base très-fins ; base étroite Cl. simpler. 



— H2 — 

Si nous comparons cet ensemble de fossiles à la somme des espèces de Placoïdes d'une des 
faunes les mieux connues de l'époque actuelle, de la Méditerranée, par exemple, nous trou- 
verons que dans toute l'étendue de ce vaste bassin, que l'on a exploré avec plus de soin qu'au- 
cun autre, il existe vingt-huit espèces de requins appartenant à vingt genres différens, parmi 
lesquels quatre seulement ont des rayons épineux qui pourraient se conserver, c'est-à-dire un 
nombre total d'espèces à-peu-près égal à l'ensemble des espèces du système dévonien, recueillies 
depuis peu d'années dans quelques localités seulement. D'après cela, il est plus que probable 
que lorsqu'on aura recueilli avec plus de soin les petites dents de certains genres, qui n'ont 
d'autre partie solide que ces dents, il est probable, dis-je , que l'on finira par trouver dans 
les seules localités du terrain dévonien , que les géologues exploitent maintenant, un nombre 
d'espèces de Placoïdes au moins aussi considérable, sinon plus considérable que celui qu'on a 
recueilli dans tout le vaste bassin de la Méditerrannée. Or, je me trompe fort, ou ce fait prouve 
de la manière la plus incontestable que chacune de nos formations géologiques est, dans des 
limites verticales très-restreintes , le tombeau d'une création distincte, également indépen- 
dante de celles qui précèdent et de celles qui suivent. 



— ^3 



CHAPITRE II. 

DES ICHTHYODORULITHES. 



Les Ichthyodorulites ou rayons de nageoire des Placoïdes présentent des particularités non 
moins frappantes que les autres débris de poissons qu'on a signalés jusqu'à présent dans les 
couches du système dévonien. Parmi les quinze espèces que nous allons décrire, la plupart 
appartiennent à des types entièrement nouveaux , qui jusqu'ici n'ont aucun représentant dans 
les autres formations, et pour lesquels j'ai dû créer les neuf genres suivans, qui figurent ici 
pour la première fois, savoir: les genres Homacanthus , Haplacanthus , Odonlacanthus , 
ISarcodes , Naulas , Byssacanthus , Climatius , Parexiis , Cosinacanthus. 

Un caractère commun à tous les Ichthyodorulithes de l'Old Red , et qui doit frapper, 
lorsqu'on jette un coup d'œil sur la PI. 33 de l'Atlas, c'est la petitesse de tous ces rayons, 
surtout si on les compare aux Ichthyodorulithes gigantesques des terrains carbonifères et du 
Lias. On est par conséquent fondé à en conclure que les Requins de cette époque étaient de 
moins grande taille que ceux qui ont apparu dans les formations subséquentes. Aussi bien 
c'étaient moins les Requins que les grands Célacanthes qui dominaient les mers. 

l" Genre. Homacanthus Agass. 

J'appelle de ce nom de petits Ichthyodorulithes du terrain dévonien, qui rappellent les Lep- 
tacanthes des terrains secondaires ; ils sont , comme ces derniers , armés de crénelures à leur 
bord postérieur, et leurs flancs sont garnis de sillons longitudinaux homogènes. La seule 
différence qui les distingue , c'est que les sillons s'étendent sur la surface entière des rayons 
jusqu'aux dentelures du bord postérieur , tandis que dans les Leptacanthes , les rangées de 
dents sont précédées d'un espace lisse. 

HoMACj* ^THUS ARCUATUS AgaSS. 

Old Red, Tab. 33, fig. d-3. 

Je ne connais encore que cette seule espèce du genre Homacanthus. Je l'appelle H. arcualus, à 
cause de la forme arquée des rayons qui sont courbés en faucille. La petite taille de ces épines 

AG. old RED. 15 



— Hk — 

indique un poisson dont les dimensions ne devaient pas excéder celles des Aiguillais fSpinaxJ 
de l'époque actuelle , si même il les atteignait. Les dentelures du bord postérieur sont très- 
nettes, mais si petites, qu'on a de la peine à les distinguer à l'œil nu. Il faut absolument 
avoir recours à la loupe pour les bien voir (fig. 2 et 3). 

Les trois exemplaires figurés , les seuls que je connaisse , m'ont été communiqués par 
M. le comte de Keyserling. Ils proviennent de l'Old Red des environs de St.-Petersbourg. 

IP Genre. Haplacakthus Agass. 

Ce nouveau type d'Ichthyodorulilhes a quelque rapport avec les Némacanthes des terrains 
secondaires. Il est , comme ceux-ci, comprimé latéralement et caractérisé en outre par un 
aplatissement subit de chaque côté du bord antérieur , ensorte que le dos du rayon se pré- 
sente comme un filet arrondi. Il est toutefois une particularité qui distingue ces Ichtliyo- 
dorulithes , c'est d'être parfaitement lisses , tandis que les Némacanthes sont sillonnés sur 
toute leur surface. Ils diffèrent d'un autre côté , du genre Tristychius par la coupe des flancs 
et du dos. 

HaPLACAISTHUS MARGINALIS AgasS. 

Old Red, Tab. 33, fig. 4-6. 

Cette espèce, la seule connue jusqu'à présent, est de petite taille, tantôt légèrement arquée, 
tantôt tout-à-fait droite. Le filet marginal se détache très-bien des flancs, comme on le voit 
par la coupe de fig. 5 et 6. Le côté postérieur, en revanche, présente une forte échancrure 
qui pénètre à-peu-près jusqu'à la moitié de l'Ichthyodorulithe (fig. 56). J'ai vainement 
cherché des traces d'ornemens sur les flancs ; je les ai toujours trouvés parfaitement lisses 
même sous de forts grossissemens. 

Ce type d'Ichthyodorulithes est propre au terrain dévonien des environs de St.-Pélers- 
bourg. Il m'a été communiqué par les soins obligeans de M. le comte de Keyserling. 

. IIP Genre. Odontacanthus Agass. 

J'ai des doutes sur la nature réelle des fossiles que j'embrasse sous cette dénomination. 
A en juger par leur cavité intérieure , il semble que ce sont des Ichthyodorulithes ; mais 
leur forme irréguliêre ne me permet pas de l'affirmer positivement ; car il serait possible que 
ce fussent des appendices épineux de la tête, comme on en connaît dans le genre Céphalaspis. 
Dans tous les cas , ce sont des os qui ne sauraient être rangés dans aucun des genres déjà 
établis ; ensorte que le nom que je leur donne dès à-présent pourra leur rester, même lorsque 
les espèces dont ces débris proviennent seront mieux connues. Leur forme est conique et 
comprimée; l'un des bords est entier, et l'autre fortement dentelé; l'intérieur est creux. 
J'en dislingue deux espèces. 



— dis — 

I. Odontacanthus crenatus Agass. 
Old Red, Tab. 33, %. 7. 

SVN. Ctenoptychius crenatus Ag. Rech. sur les Poiss. foss. tom. III, pag. 173. 

C'est ce fossile que je désignais précédemment sous le nom de Ctenoptychius crenatus ; 
mais je me suis convaincu depuis , par un examen microscopique , que c'est un os et non 
pas une dent. Les dentelures du bord postérieur sont petites et uniformes, La forme du rayon 
était , selon toute apparence , comprimée. 

Je ne connais qu'un seul exemplaire de cette espèce. Il provient du terrain dévonien de 
Megra . 

n. Odoktacanthus heterodon Agass. 

Old Red, Tab. 33, %. 8. 

Ce fossile est encore plus problématique que le précédent, dont il diffère par les dentelures 
beaucoup plus irrégulières de son bord postérieur ; en général , cette partie du fossile se dé- 
tache mieux du reste de l'os, que cela n'a lieu dans VO. crenatus. Je suis néanmoins porté 
à envisager ce fossile comme un Ichthyodorulithe. Sa forme est comprimée (fig. 8 a) et son 
bord antérieur tranchant, (fig. 86). La cavité intérieure est en revanche cylindracée. 

Se trouve dans le terrain dévonien des environs de Riga, où il a été recueilli par M. le D"" 
Pander. 

IV* Genre. Narcodes Agass. 

Le fossile qui a servi de type à l'établissement de ce genre, est un os faiblement comprimé, 
dont les côtés antérieur et postérieur ont un aspect très-différent. Tandis que la face posté- 
rieure est couverte de gros tubercules plus ou moins réguliers , la face antérieure est 
lisse jusque sur la moitié du flanc. On n'aperçoit aucune trace de dents au bord postérieur ; 
il est probable que les tubercules les remplacent. 

Je ne connais encore qu'une seule espèce de ce genre. C'est mon 

Narcodes pustulifer Agass. 
Old Red, Tab. 35, fig. 9. 

C'est un rayon trapu, qui, à en juger d'après la forme de l'exemplaire figuré, n'avait 
guère plus d'un pouce de longueur. Les flancs sont sensiblement comprimés, comme le montre 
la coupe de fig. 9 a. La cavité intérieure est tant soit peu alongée. La largeur est à la hauteur 
comme 1 à 3. 

•le n'en connais qu'un seul exemplaire provenant de l'Old Red des environs de St.-Pé- 
tersbourg, qui m'a été communiqué par M. le comte de Keyserling. 



— H6 — 

V Genre. Naulas Agas. 

J'ai établi ce genre d'après un fragment d'Ichthyodorulithe qui annonce un piquant de 
grande taille. La surface est marquée de profonds sillons parallèles ; mais ce qu'il y a de par- 
ticulier, c'est que ces sillons, au lieu d'être arrondis comme ceux des autres Ichthyodorulithes 
à surface sillonnée , tels que les Onchus et les Hybodus , sont au contraire à angle droit. 

Naulas sulcatus Agass. 
Old Red, Tab. 33, fig. 10. 

L'espèce à laquelle je donne ce nom , jusqu'ici la seule de son genre, provient du dévonien 
des environs de St.-Pétersbourg. Comme le fragment que je possède est adhérent à un mor- 
ceau de roche , je ne saurais dire quelle est son épaisseur. Les sillons , au nombre de six 
sont réguliers , et de même largeur que les espaces intermédiaires. Ces derniers ne sont nul- 
lement carénés, mais , au contraire, entièrement plats à leur surface. C'est jusqu'ici , de tous 
les rayons du vieux grès-rouge, le plus grand. Tout porte à croire qu'il était fortement com- 
primé. Ce fossile m'a été communiqué par M. le comte de Keyserling. 

VP Genre. Byssacanthus Agass. 

Au premier abord, ces Ichthyodorulithes ont une grande analogie avec ceux que j'ai décrits 
dans mes Recherches sous le nom d'Onchus. Ce sont des aiguillons alongés, plus ou moins ar- 
qués, cylindriques, sillonnés sur tout leur pourtour , et qui ont en'< outre une cavité centrale 
circulaire. Un caractère cependant qui les distingue, c'est la forme de leur base, qui est 
extrêmement dilatée, avec une cavité proportionnelle à cet élargissement, ensorte que vus 
d'en bas, l'intérieur de ces Ichthyodorulithes a la forme d'un entonnoir. L'Ichthyodorulithe 
que j'ai décrit dans mes Recherches sous le nom d'ONCHUS arquatus , doit rentrer dans ce 
genre. Il appartient à la faune de l'Old Red : M. Murchison qui l'a découvert l'a recueilli à 
Bromyard. Nous avons en outre à en décrire deux espèces nouvelles du dévonien des en- 
virons de St.-Pétersbourg. 

1. Byssacanthus crenulatus Agass. 
Old Red, Tab. 33 , fig. 11-14. 

C'est un Ichthyodorulilhe d'assez petite taille, mais trapu. Les sillons de la surface sont 
régulièrement espacés et de même largeur que les espaces intermédiaires ; les uns et les 
autres sont arrondis, mais ce que j'envisage comme le caractère essentiel de l'espèce, c'est que 
les côtes ou espaces inter-sillonnaires , au lieu d'être tout-à-fait uniformes, sont entamés par-ci 



— H7 — 

par-là par des crénelures qui leur donnent un aspect rugueux. Ces crénelures sont surtout 
fréquentes sur la base du rayon. 

Les fig. i 1 et ^ 3 représentent l'une et l'autre un rayon de grandeur naturelle avec sa 
base élargie; la fig. 12 est une portion de l'Ichthyodorulithe de fig. H , grossie; fig, ik 
est un fragment de rayon que j'ai associé aux précédons, parce que, vu à la loupe, il présente 
à-peu-près la même structure , mais d'un autre côté , il est plus cylindrique , et paraît avoir 
été plus alongé. Peut être devra-t-on en faire par la suite une espèce à part, lorsqu'on con- 
naîtra mieux ces débris. 

Les trois exemplaires figurés proviennent de l'Old Red des environs de St. Pétersbourg, 
et m'ont été communiqués par M. le comte de Keyserling, 

n. Byssacanthus LAEvis Agass, 
Old Red, Tab. 33,fig. 13. 

Ce rayon a la forme trapue du B. crenulatus , que nous venons de décrire. Sa base 
est sensiblement dilatée , et les sillons vont en s'élargissant de plus en plus de ce côté ; mais 
ce qui le distingue, c'est que les côtes ou espaces inter-sillonnaires , au lieu d'être crénelés, 
sont parfaitement lisses et intactes. Je ne connais encore qu'un fragment de celte espèce; 
il a été trouvé, avec l'espèce précédente, dans l'Old Red de St.-Pélersbourg. Fig. i^a re- 
présente une coupe du rayon avec la cavité au milieu. 

VIP Genre. Onchus Agass. 

Maintenant que nous avons défalqué du genre Onchus les espèces fortement arquées, à base 
dilatée et à sillons onduleux , pour en faire le genre Byssacanthus décrit ci-dessus , le type des 
Onchus ne devra comprendre que des Ichthyodorulithes droits ou faiblement arqués , à sillons 
longitudinaux lisses et uniformes, et ayant la base taillée en biseau. Les nouvelles espèces de 
l'Old Red que nous avons à décrire sont les suivantes : 

L Onchus heterogyrus Agass. 
Old Red, Tab. 33, fig. 16-18. 

C'est un rayon de moyenne taille , à-peu-près cylindrique , à côtes saillantes et en même 
temps sinueuses et confluentes , surtout en bas ; mais ce qui le caractérise surtout , c'est la 
présence , au bord antérieur , d'une côte plus saillante que les autres, et qui se dessine d'au- 
tant mieux qu'étant droite elle contraste avec celle des flancs. 

Celte espèce paraît être assez fréquente dans l'Old Red de Russie. M. le comte de Keyser- 
ling m'en a communiqué plusieurs fragmens provenant des environs de St. -Pétersbourg. 



— ii8 — 

II. Okchus sublaevis Agass, 
Old Red, Tab. 33, fig. 19-21. 

L'Ichthyodorulilhe que je désigne sous ce nom a le plus grand rapport avec celui que 
nous venons de décrire. Il a la même taille et la même forme, si ce n'est peut-être qu'il est 
un peu plus arrondi, mais ce qui le distingue surtout, ce sont ses côtes qui sont parfaitement 
droites, tandis qu'elles sont plus ou moins sinueuses dans VOnchus heterogyrus. Enfin il n'y 
a point de côte particulière au bord antérieur du rayon. La cavité intérieure est petite et 
circulaire (fig. 21). 

Il se trouve, avec le précédent, dans l'Old Red des environs de St.-Pétersbourg. 

III, OnCHUS SEMISTRIATUS AgaSS. 

Old Red, Tab. 33, fig. 37. 

Je ne possède qu'un fragment très-incomplet de cet Ichthyodorulithe ; mais malgré son 
mauvais état de conservation, je lui ai reconnu certaines particularités qui me portent à croire 
qu'il appartient à une espèce à part. Il est droit; ses côtes sont non-seulement très-fines, 
mais encore très-régulières et parfaitement parallèles. 

L'original m'a été communiqué par M. Murchison. Il provient de l'Old Red des environs 
de Southslone-rock. 

VHP Genre. Ptychacakthus Agass. 

J'ai établi ce genre dans mes Recherches, d'après un rayon du calcaire de Rurdiehouse. 
Depuis lors aucune trouvaille n'est venu enrichir ce type dont les caractères principaux sont : 
la forme arquée , les flancs comprimés et garnis de plis très-fins et réguliers , et la pré- 
sence d'une quille au bord antérieur. 

Ptychacanthus dubius Agass. 
Old Red, Tab. 33, fig. 22 et 23. 

Le mauvais état de conservation de ce rayon m'inspire quelque doute sur sa position 
générique. Il a la forme et les dimensions des espèces d'Onchus que nous venons de dé- 
crire , et est par conséquent bien inférieur par sa taille au Ptychacanthus siiblœvis qui est 
le type du genre. Ce qui m'a décidé à le ranger dans ce genre, ce sont ses plis extrêmement 
fins. Il paraît aussi qu'il est comprimé latéralement. 

Deux fragmens assez frustes m'ont été envoyés par M. Murchison. Ils proviennent l'un et 
l'autre des environs d'Abergavenny. 



— 119 — 

IX^ Genre. Ctenacanthus Agass. 

Ce genre , établi dans mes Recherches , est parfaitement reconnaissable à la forme particu- 
lière de ses côtes longitudinales qui sont pectinées, c'est-à-dire entourées de crénelures trans- 
versales très-distinctes, même à l'œil nu. Parmi les espèces décrites et figurées dans les 
Recherches, il s'en trouvait déjà une, le Ctenacanthus ornatus, provenant de l'Old Red. Les 
autres sont propres au calcaire carbonifère d'Angleterre. 

I. Ctenacanthus serrulatus Agass. 

Old Red, Tab. 33, fig. 2?i. 

Quoique je ne possède que des fragmens de cet Ichthyodorulithe , le type en est cependant 
facilement reconnaissable, surtout si on l'examine à la loupe. L'espèce est également très-bien 
caractérisée par la forme particulière de ses côtes , qui ne sont pas continues , mais brisées et 
interrompues de manière à représenter comme autant de petites saillies alongées et alignées. 
Les crénelures transversales sont fort nettes , et se voient même à l'œil nu. 

Les deux exemplaires que je possède proviennent de l'Old Red de Kokenhusen , et m'ont 
été communiqués par M. le baron de Lowenstein. 

II. Ctenacanthus ornatus Agass. 

J'ai décrit sous ce nom, dans mes Recherches, Tom. III, PI. 2, fig. 1 , un fragment très- 
chétif d'une espèce de Cténacanthe de l'Old Red de Sapey (Worcestershire) . Il diffère de notre 
C. serrulatiis par ses côtes transversales, qui sont très -serrées et plus continues. Le rayon 
paraît aussi avoir été de plus grande taille. 

X® Genre. Climatius Agass. 

Je donne ce nom à un type particulier d'Ichthyorulithes de forme conique, dont le caractère 
essentiel consiste dans la structure de ses côtes longitudinales , qui sont crénelées au bord 
antérieur. A la base du rayon se trouvent quelques côtes transversales qui s'entrecroisent 
avec les côtes longitudinales et occasionnent ainsi une sorte de réticulation analogue à celle de 
certaines coquilles, chez lesquelles les côtes longitudinales et les côtes transversales sont éga- 
lement développées. Je ne connais encore qu'une espèce de ce genre. 



— 120 — 

Climatius reticulatus Agass, 
Old Red, Tab. 33, %. 26. 

Cet Ichlhyodoi'ulithe a tout au plus un pouce de long, et comme il est très-gros à sa base, 
on pourrait être tenté de le prendre pour une dent de Requin, n'était la structure particulière 
de ses côtes, dont les crénelures sont fort distinctes. Le rayon lui-même est légèrement arqué ; 
les côtes transversales de la base sont au nombre de trois. 

L'exemplaire figuré est le seul qui soit parvenu à ma connaissance. Il provient de l'Old 
Red des environs de Balruddery, et m'a été communiqué par M. Webster. 

Xr Genre. Parexus Agass. 

Un caractère essentiel dislingue ce genre de tous les autres Ichthyodorulithes, c'est la forme 
des dentelures du bord postérieur, qui sont arquées en haut, c'est-à-dire en sens inverse des 
dents de la plupart des autres rayons. La surface est ornée de côtes longitudinales assez fines, 
mais très-régulières. Je ne connais encore qu'une seule espèce de ce genre. 

Parexus recurvus Agass. 
Old Red, Tab. 33 , fig. 26 et 27. 

C'est un Ichthyodorulilhe de moyenne taille , très-effilé vers son extrémité. Il rappelle 
un peu, par sa forme grêle et cylindrique, les Myriacanthes du Lias ; mais les dents du bord 
postérieur le distinguent suffisamment. Autant que j'ai pu m'en assurer jusqu'ici , il n'existe 
qu'une seule rangée de dents ou épines; celles-ci sont très-espacées , et quand on les exa- 
mine à la loupe, on voit qu'elles sont très-robustes et évidemment arquées en haut. (fig. 26 a). 

Je dois à l'obligeance de M. Webster les deux échantillons figurés ; ils ont été recueillis 
par lui dans le terrain dévonien de Balruddery. L'un est droit ; l'autre faiblement arqué ; 
mais ils n'appartiennent pas moins à la même espèce. 

XIP Genre. CosMACA^Tflus Agass. *, 

J'appelle de ce nom de petits rayons très-faiblement arqués ou presque droits , ornés sur 
toute leur surface de tubercules disposés en séries longitudinales très-régulières, et dont les 
plus marqués sont du côté antérieur du rayon, tandis que ceux du bord postérieur deviennent 
insensiblement plus faibles , et tendent à se confondre en côtes continues. Je n'en connais 
encore qu'une seule espèce. 



— 121 — 

CosMACANTHUs Malcolmsoni Agass. 
Old Red, Tab. 33, %. 28. 

Cet Ichthyodorulithe rappelle, à certains égards, les Astéracanthes des terrains oolitiques; 
seulement ces derniers sont de très-grande taille et de plus, ils sont pourvus de dents au 
bord postérieur, tandis que je n'en ai trouvé aucune trace dans notre rayon. Le bord anté- 
rieur est indiqué par la forme des tubercules qui sont beaucoup plus gros qu'au bord posté- 
rieur. Je n'ai pas pu m'assurer de la forme exacte du piquant; mais je suppose qu'elle est 
cylindrique. 

Je dédie cette espèce à M. Malcolmson , qui l'a découverte dans le terrain dévonien des en- 
virons d'Elgin et qui m'en a communiqué un dessin fort exact. 



AG. OLD. RED. Jfi 



— 122 — 



CHAPITRE IL 

DE QUELQUES MACHOIRES ET DENTS DE PLACOIDES. 



Les mâchoires qui ont été découvertes jusqu'ici dans les couches dévoniennes sont très- 
peu nombreuses. Elles se bornent à cinq ou six espèces, dont quatre appartiennent évi- 
demment à la famille des Cestraciontes. Les Squalides n'y sont représentés que par une seule 
espèce. Or, quand on se rappelle le nombre considérable de ces dents dans les autres ter- 
rains, et qu'on songe qu'elles sont, plus que toute autre portion du squelette, propres à la 
fossilisation, on egt nécessairement conduit, quelle que soit l'imperfection de nos connaissances 
sur les fossiles de cette formation , à en conclure que les Squalides, qui furent plus tard, dans 
l'époque secondaire et tertiaire, les forbans des mers, et qui le sont encore dans la création 
actuelle, que les Squalides, dis-je, ne jouaient qu'un rôle très-subordonné dans la population 
des mers dévoniennes, surtout si nous les comparons aux grands Sauroïdes de cette époque. 

L Genre Ctenodus (*) Agass. 

Jusqu'ici ce singulier type de Cestracionte était limité au terrain carbonifère , qui en avait 
fourni quatre espèces, le C. cristalus, décrit et figuré dans mes Recherches; le C. Murchisoni 
de LeBotwood, encore inédit; le C. Robertsoni de Burdiehouse, et le C. alatus d'Ardwick, 
ces deux derniers également inédits. Le terrain dévonien vient de nous en fournir quatre es- 
pèces nouvelles, dont nous allons donner la description. Ce sont à-peu-près les seuls débris 
de mâchoire que nous connaissions de ce terrain. 

i. Ctenodus Keyserlingii Agass. 
Old Red, Tab. 33, fig. 32-55. 

Quoique cette mâchoire soit bien différente, et par sa forme et par ses dimensions, des es- 
pèces du terrain carbonifère, en particulier du C. cristatm, figuré vol. III, PI. 9 de mes Recher- 
ches, je suis néanmoins porté à l'envisager comme étant du même genre. Il est probable qu'on 
les séparera un jour, lorsqu'on connaîtra d'une manière plus complète toutes les parties de 

i") Voyez Recherches sur les Poissons fossiles tome 111 , nage 137. 



— 125 — 

l'appareil masticatoire. Pour le moment, je pense qu'il convient de s'en tenir aux caractères 
qui nous sont réellement accessibles. Or, ces caractères consistent dans la présence d'une série 
de carènes ou quilles en éventail, qui recouvrent la mâchoire entière. Dans notre espèce , ces 
carènes, quoique séparées par des sillons profonds, s'élargissent à mesure qu'elles approchent 
du bord ; elles sont en outre fortement écailleuses , et quand on les examine à la loupe , on 
voit qu'elles sont composées d'une série de dents imbriquées et articulées, et que chaque dent 
est terminée par une pointe arquée (fig. 34). Le nondire des carènes est de onze dans notre 
échantillon. 

Cette espèce provient de l'Old Red des environs de St-Pétersbourg. En la dédiant à M. le 
comte de Keyserling , qui me l'a communiquée , je me fais un devoir d'y joindre l'expression 
de ma vive reconnaissance pour l'empressement qu'il a mis à me seconder dans ces recherches. 

2. Ctenodus WoRTHii Agass. 
01dRed,Tab. 33. fig. 36. 

Cette espèce a la même forme que la précédente; elle n'en diffère que par les détails de 
ses carènes, qui sont au nombre de quinze et composées de dents plus nombreuses et d'une 
forme un peu différente. Les dents, considérées isolément, sont obtuses et moins comprimées 
que celles de l'espèce précédente qui se terminent par une pointe effilée, avec une échancrure 
assez profonde de chaque côté (fig. 35). 

Cette espèce provient, comme la précédente, de l'Old Red des environs de St-Pétersbourg, 
où elle a été recueillie par M. le D' Worth, auquel on doit un si grand nonihie des ossemens 
de poissons fossiles trouvés dans les environs de St.-Pétersbourg. 

3. CtET<ODUS MAEGINALIS Agass. 

Old Red, Tab. 28«, tig. 21 et 22. 

Espèce de plus petite taille que les deux précédentes, découverte par M. de Verneuil dans 
les schistes arénacés du vieux grès rouge d'Orel. 

La surface de la plaque dentaire est plate ; le plus grand de ses côtés est aplati et étalé, ce 
qui a valu à ce fossile le nom de Ct. marijinalis ; à l'angle antérieur on remarque en outre 
des arrêts concentriques d'accroissement. Les séries de dents sont en éventail et rectilignes ; 
dans chaque série les dents vont en grandissant du sommet de la plaque dentaire vers sa base; 
les séries les plus longues sont formées des plus grandes dents. La fig. 21 représente le meil- 
leur exemplaire de cette espèce que je connaisse, vu d'en haut ; il est grossi fig. 21 h. 11 se 
pourrait que l'exemplaire de fig. 22 , dont les dents sont plus arrondies et munies de plis 
transverses à leur base, provînt d'une espèce différente, à laquelle on pourrait réserver le 
nom de Ctenodus asteriscus , si ces caractères se confirment. 



— 124 — 

k. Ctenodus parvulus Agass. 
OldRed, Tab. 28», fig. 23. 

Le Ct. parvulus diffère de ses congénères par l'extrême petitesse de ses plaques dentaires. 
La fig. 23 de Tab. 28a en représeiite une de grandeur naturelle, et la fig. 23 a la même 
grossie. Cette espèce se distingue par l'uniformité des rangées de ses dents qui sont disposées 
en éventail et qui vont toutes en grandissant uniformément du sommet de la plaque à sa 
base. Les bords extérieurs de la plaque sont lisses. 

Cette jolie petite espèce provient également d'Orel ; j'en dois la découverte aux communi- 
cations de M. de Verneuil et de M. le baron de Meyendorf , qui m'ont adressé de nombreux 
débris fossiles de cette localité. 

II. Genre Cladodus (*) Agass. 

Les dents de ce type sont extrêmement nombreuses dans le terrain houiller; elles ont 
même été limitées jusqu'à présent à la formation carbonifère. La présence d'une espèce nou- 
velle dans le système dévonien , avec les Ctenodus mentionnés ci-dessus, est une nouvelle 
preuve que la faune houillère a beaucoup plus d'analogie avec les dépôts plus anciens qu'avec 
les terrains plus récens. 

Cladodus siMPLEx Agass. 

Old Red, Tab. 33, fig. 28-31. 

Quoique la dent que je désigne sous ce nom n'ait point les bourrelets latéraux caractéris- 
tiques du type des Cladodus, je pense néanmoins qu'elle doit être rapportée à ce genre dont 
elle a tout-à-fait la physionomie. Elle diffère des espèces de la houille par l'étroitesse de la 
base de la dent. Les plis de l'émail , qui s'étendent à toute la base, s'élèvent sur le cône même 
de la dent jusqu'au delà de la moitié de la hauteur ; ils ont en général une tendance à s'ar- 
quer en dedans. C'est l'une des plus petites espèces connues. 

L'original provient de l'OId Red des environs de St.-Pétersbourg. Il m'a été communiqué 
par M. le comte de Keyserling. 

Le fossile que j'ai désigné sous le nom de Ctenoptychius priscus et qui provient du vieux 
grès rouge d'Ecosse est dans un état de conservation si imparfaite que je n'ai pu ni le des- 
siner, ni le décrire d'une manière satisfaisante ; je renvoie pour cette raison d'en parler plus 
longuement , jusqu'à ce que je sois parvenu à m'en procurer de meilleurs exemplaires. 

C) Voyez Recherches sur les Poissons fossiles , tome III , page 196. 



— 123 — 



TABLEAU SYNOrnOUE 
DES POISSONS FOSSILES DU SYSTÈME DÉVONIEN. 



(Ce t;il)leau ronformc une ciiumcralion complète de tous les poissons fossiles du système dévonieu que je conuuis maiuteuant, même ilc 
ceux qui ne sont pas encore décrits dans le corps de ma Monographie) . 



CEPHALASPIDES. 

Pterichthys Milleri kg. — H. Miller, Old Red, Tab. I, lig. 2-4, Tab. K, fig. 1 et 3. — Jgass. Moiiogr. du 

syst. dévon. Tab. I, fig. î-3. 

Cromarty , Gamrie , Clune. 

» PRODUCTUS Ag. — Agass. MoiJOgr. du syst. dévon. Tab. 5. 

Lethen-Bar, Nairnsliire. 

» LATUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 3, fig. 3 et 4. 

Lethen-Bar. 

') CORNUTUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 2. 

Letlien-Bar. 

» TESTUDiN.\Rius Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 4 , fig. 1-3. 

Cromarty. 

" OBLONGUs Ag. — H. Miller, Old Red, Tab. I , fig. 1 et Tab. Il , fig. 2. — Agass. Monogr. du syst. 

dévon. Tab. B, fig. \ , Tab. 3 , fig. 1 et 2 , Tab. 30 a, fig. i. 

Cromarty , Gamrie. 

» ciNCRiFoUMis Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. I, fig. 4 et 5. 

Pomona (Orkney). 

» MAJOR Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31, fig. 1-3. 

Findliorn River (Elgln) , Riga , Andoma. 

» ARENATUs Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30 a, fig. 3. 

St.-Pétersbourg. 

PAMPHRACTUS HYDROPHILUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. p. 21. — Pterichthys Hijdrophiliis Agass. Ihid. 

Tab. 4, fig. 4-7. 

Dura-Den. 

» Andersoni Ag. —AndersoH , General description of tlie Country ol'Fife. fig. fi. — Agass. Monogr. du 

syst. dévon. pag. 21. 

Dura-Den. 

Ag old reo. j7 



— ]26 — 

HoMOTHORAX Flemingii A{j. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31 , fig. 6. 

Dura-Den. 
PtACOTHORAX PARADOXUS Ag. —Agass. Monogp. du syst. dévon. Tab. 30 a. fig. 20-23. 

Scat-Craig (Elgin). 
POLYPHRACTUS PLATYCEPHALUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 27 , fig. 1 , Tab. 31, fig. 5. 

Caitliness. 
Cbelyophorus Verneuilii. Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31a, fig. 14-19. 
Orel , Kokenhusen. 
» pusTULATUS Ag. Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31 o, fig. 20 et 21. 

St.-Pétersbourg. 
CoccosTEUS OBLONGUS Ag. — Agass. Monogf. du syst. dévon. Talî. 11, Tab. 30 a, fig. 2. 
Lelben-Bar. 
>, DECIPIENS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. B, fig. 2 et 3 , Tab. 7-10 , Tab. 30 a, fig. 19. 
— Coccosteus latus Agass. Rapp. sur les Poiss. foss. de l'Old Red. 
Caithness , Pomona (Orkney), Cromarty. 
» CUSPIDATUS. Ag. — H. Miller, Old Red , Tab. III. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31 , fig. 4. 

Cromarty, Ganirie. 
). MAxiMUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30 a, fig. 17 et 18. 

Lethen-Bar. 
Cephalaspis Lyellii Ag. — Agass. Reclierch. Poiss. foss. II. Tab. 1 a, fig. 1-li. — Murckis. Sil. syst. Tab. 1 , fig. 1-8, 

Tab. 2, fig. 1-3. 
Glammis (Forfarshire) et Herefordshire. 
ROSTRATUS Ag. — Agass. Recli. Poiss. foss. II. Tab. 1 b, fig. Cet 7. —M«rcfc. Sil. syst. Tab. 2 , fig. 4, 5. 
Whitbach. 
» Lewesii A.Q. — Agass. Recli. Poiss. foss. II. Tab. 16. fig. 8. — Murchis. Sil. syst. Tab. 2, fig. 0. 

Whitbach. 
» Lloydii Aq.— Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 1 b, fig. d-ll.— Murchis. Sil. syst. Tab. 2, fig. 7-9. 

Shropshire. 

ACANTHOQII. 

ACANTHODES PLSILLUS Ag. — ^(^ass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28, fig. 8-10. 

Gordon Castle , Dipple (Elgin). 
Cheiracanthus MuRcnisoNi Ag.— Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 1 c,fig. 3 et 4. 
Gamrie. 
» MINOR Ag. — Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 1 c, fig. 5. 

Stromness. 
» MICR0I.EP1D0TUS Ag. —H. Miller, Old Red, Tab. VII. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 15. 

Letlicn-Ear, Cromarty. 



— 127 — 

DiPLACANTHUS STRIATUS Ag. — H. Miller, Old Red. Tab. VIII, fig. 2 et 4. — Agasa. Monogr. du syst. dévon. Tab. ^^, 

fig. 1-15. 
Croniarty. 
>' STRIATULUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 13, fig. 3 et 4. 

Lcthen-Bar. 
LONGISPINUS Ag.— ^. Miller, Old Red. Tab. VIII, fig."l et 3. —Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 13, 
fig. 5, Tab. 14, fig. 8 et 9. 
Cromarty, Lethen-Bar. 
» CRASSispiNUs h^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 13, fig. 1 et 2, Tab. 14, fig. 6 et 7. 

Cailbness, Slroniness. 
Cheirolepis Traillii Ag. — Agass. Rcch. Poiss. foss. II. Tab. id, Tab. le, fig. 4. 
Poniona(Orkney). 
Uragus Ag. — Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 1 e, fig. 1-3. 

Gamrie. 
CuMiNGiiE Ag. — H. Miller, Old Red, Tab. VI. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 12. 
Lethen-Bar, Cromarty. 

DIPTERINI. 



DiPTERUS MACROLEPiDOTUS Val. Cl Pcnt. — Sedgw. et Marchis. Trans. III, Tab. lo, 10 et 17, ( sous les noms de Dip- 

tenis macropygoptenis , Dipt. hrachypygoptcrus , Dipt. macrolepidotus et Dipt. Va~ 
lenciennesii). — Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 2 a, fig. 1-5. — //. Miller Old Red. 
Tab. V, fig. 1. — Catopterus analis Ag. Rech. Poiss. foss. II. pug. 23-27. 
Caithness, Herefordshire. 
OsTEOLEPis MACROLEPIDOTUS Val. et Peut. — Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 2h, fig. 1-4; Tab. 2c, fig. 5 et 6. 
Caithness, Cromarty. 
>• MiCROLEPiDOTUS Val. et Pent. — Agass. Rech. Poiss. II. Tab. 2 c, fig. 1-4. 

Caithness. 
» ARENATUS Ag. — Agass. Rech. Poiss. foss. II. Tab. 2 d, fig. 1-4. 

Gamrie. 
MAJOR \Q. — H. Miller, Old Red, Tab. W.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 19, fig. 1-3, Tab. IHa, 
fig. A, n; Tab. 31 a, fig. 8-13. 
Lethen-Bar, St.-Pétersbourg, Kokenhusen. 
DipLOPTERUS BOREALis Ag.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. IS. — Diplopterus Agassizii Traill, Trans. Roy. Soc. 

Edinbourg, Vol. XV, p. 89.— Sedgw. clMurch. Geol. Trans. III, p. 141. 
Caithness, Pomona (Orkney). 
MACROCEPHALUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 16 et 17 et Tab. 31 a, fig. 1-7. 
Lethen-Bar, St.-Pétersbourg, Printschka- 



_ 128 — 

DiPLOPTERUS AFFINIS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31a, fig. 27. 

Ganirie. 
Glyptopomus minor Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. p. .57. — Platygnathus »»i?i or Agass. Ibid. Tab. 26. 

Dura-Den. 
Stagonolepis Robertsom k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31 fig. 13 et 14. 

Elgin. 

CŒLACANTHI. 



Glyptolepis leptopterus Kq.—H. Miller, Old Red , Tab. V, fig. 2-6.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 20 el 21 , 

Tab. 21 a, fig. 1 , Tab. 31 a, fig. 24. 
Lethen-Bar, Dipple (Elgin), St.-Pétersbourg. 
» MICROLEPIDOTUS Ag. — Agass Monogr. du syst. dévon. Tab. 21a, fig. 3-7. 

Lethen-Bar. 
» ELEGANS Ag.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 19, fig. 4 et 5, Tab. 21 a, fig. 2. 

Gamrie. 
Phyllolepis concentricus Ag. — Agass. Mongr. du syst. dévon. Tab. 24 fig. 1. 

Clashbennie. 
HoLOPTYCHius GIGANTEUS Ag. — AgassMoQOgT. du syst. dévon. Tab. 24, fig. 3-10. — Gyrolepis gigantcus Ag. Rech. 

Poiss. foss. II, p. M^. — Miirch. Sil. syst. Tab. 2 his, fig.3. 
Elgin , Clashbennie. 
" Flemingii Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 22, fig. 1; Tab 31 a, fig. 25. 

Dura-Den, St.-Pétersbourg. 
» NOBlLissraus kg.— Murch. Sil. syst. Tab. 2 Us, fig. i.—H. Miller, Old Red, Tab. IX, fig. 2.— Agass. 

Monogr. du syst. dévon. Tab. 23 , Tab. 24, fig. 2 , Tab. 31 a, fig. 26. 
Clashbennie , Elgin , Printschka. 
» Andersom Ag. — Anderson, General description of the Counlry of Fife, fig. 1. — Agass. Monogr. du 

syst. dévon. Tab. 22, fig. 3. 
Dura-Den. 
» Omaliusii Ag. — Agass. MonogT. du syst. dévon. Tab. 24, fig. 11. 

Naniur, Eifel. 
» MuRCHisONi Ag.— ^^ass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 22, fig, 2. 

Clashbennie. 
AcTiNOLEPis TUBERCULATUs k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31, fig. 15-18; Tab. 31a, fig. 28. 

St.-Pétersbourg, Findhorn-River (Elgin). 
Platygnatus Jamesoni k^.~ Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 25; Tab. 31a, fig. 22 et 23. 
DuraDen, St.-Pétersbourg. 
» PAUCIDENS k^,.— Agass. Mouogr. du syst. dévon. Tab. 28 fig. 11. 
Pomona (Orkney). 



— i29 — 

Denduodus latus Owen.— Owen Odontogr. p. \1\.— H. Miller,,Q\à Red, Tab. IX, fijj. 4. — Agass. Monoijr. du 

sysr dévon Tab. 28, fig. 1 et 2 et Tab. 28 a, fig. 8-12. 
Findhorn-River (Miiraysh.), Riga. 
» STRiGATUS Owen. — Owen Microscop. Joiirn. I, p. 17. — Owen Odontogr. p. 171. — Jgass Monogr. du 

syst. dévon. Tab. C. fig. 10 et fig. 20-22 , Tab. 28 a, fig. 1 et 2.— Agass. Rech. Polss 
foss. II. Tab. 55a, fig. 19 et 20. 
Scat's-Craig (Elgin), Riga , St.-Pétersbourg. 
•' siGMOiDEs Owen. — Owen Microsv Journ I. p. 17. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28, fig. 3 et 
Tab. 28o, fig. 3-5. 
Scat's-Craig (Elgin), St.-Pétersbourg. 
» TENUiSTRiATUS Ag. — ylgass. Monogr. du syst- dévon. Tab. 28a, fig. G et 7. 

St.-Pétersbourg. 
» MiNOR Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28», fig. 13. 
Megra. 
Lamnodus biporcatus Ag. —Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. C. fig. 7-9 et 14-19, Tab. 28, fig. 6 et 7 et 

Tab. 28a, fig. 14 et 15. — Dendrodus biporcatus Owen, Micros. Journ. I, p. 5 et 
Odontogr. p. 171. 
Scat's-Craig (Elgin), Riga,Cremon, St.-Pétersbourg. 
» Panderi Ag. — Agass. Rech. Poiss. foss. 2, II, p. 162. — Lamnodus hastatus Agass. Monog. du syst. dévon. 
Tab C. fig. 1-6, 1 1-13 et Tab. 28 a, fig. 16 et 17 et fig. A, a-f. — Dendrodus hastaslus 
Owen Odontography p. 175. — Dendrodus compresus Owen Microsc. Journ. I, p. 18. 
Scat's-Craig (Elgin), Riga, Cremon, St.-Pétersbourg. 
» sulcatus. Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28a, f. 18.— Murchis. Sil. syst. Tab. 2 bis fig. 8 et 9. 
Elgin. 
Cricodus incurvus Kq.— Agass. Rech. Poiss. foss. II, Tab. H. fig. 9-12 et Monogr. du syst. dévon. Tab. 28, fig. 4 et 5. 
— Dendrodus incurvus Owen. 
Scat's-Craig (Elgin), Riga. 
Asterolepis Asmusii Ag.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30, fig. 1 et Tab. 30a, fig. 11.— Chelonichtys As- 

musii Ag. Rech. Poiss. foss. I, p. 33. 
Riga, Elgin. 
•' ORNATA Eichw. — Eichw. in Leonh. u. Bronn Jahrbuch. 1840 , p. 621. — Agass. Monogr. du syst. dévon. 

Tab. B, fig. 4, Tab. 28a, fig 25 , Tab. 30, fig .2-9 et Tab. 30a, fig. 5-9, 
Riga, Megra. 
» SPECIOSA Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30, fig. 10 et Tab. 30a, fig. 4. 

Voronèje. 
» MiNOR k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28a, fig. A, g-k, Tab. 30, fig. 11, Tab. 31a, lig. 29 et 30. 

— Chelonichthys minor Agass. Recherch. Poiss. foss. I, p. 33. 
Elgin, Riga , St.-Pétersbourg. 



— 130 — 

ASTEROLEPIS GRANOLATA Ag. — Agass. Monogp. clu syst. dévon. Tab. 30 , fig. 12 et Tab. 30a, fig. 12. 
Riga. 
» HoENiNGHAUSii Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30a, fig. 10. 

Eifel. 
» Malcolmsoni Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 30a, fig. 16. 

Elgin. 
» APiCALis Ag. — ^^-ass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31a, fig. 31. 

Riga. 
BoTHRiOLEPis FAVOSA Ag. —Agass. Monogi". du syst. dévon. Tab. 27, fig. 7, Tab. 28, fig. 12 et 13, Tab. 30a, fig. 13, 

Tab. 31a, fig. 32-36. — Glyptosteus favosus Agass. Rech. Poiss. foss. I , p. 34 , et 
Rapp. sur les Poiss foss. de l'Old Red. 
Clashbcnnie, Elgin , Tschudova, Prussino, Megra, St.-Pétersbourg, Ladoga , Kokenhuseu. 
» ORNATA]^Eiclw — Eichw. in Leonh. u. Bronn Jahrb. 1840, p. Qli— Agass. Monogr. du syst. dévon Tab.B, 

fig. 7, Tab. 29, Tab. 30a, fig. 14 et 15 et Tab. 31a, fig. 36 et 2,1 .— Glyptosteus reti- 
culatus Agass., Rech. Poiss. foss. I, p. 34. 
Kipet , Andonia, Ladoga, Printscbka, Elgin, Monachtby-Hill, Nairn. 
PSAM.MOSTEUS MjEANDRINUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. p. 104. — Placosteus mœandrinus Agass. Ihid. 

Tab. 27, fig. 5 et 6, et Rech. Poiss. foss. I, p. 33. 
Ladoga. 
» PARADOXUS Aq.— Agass. Monogr. du syst. dévon. p. lOi.—Psammolepis paradoxus Agass. Ibid. Tab li, 

fig. 5 et 6, Tab, 27, fig. 2-4 et Rech. Poiss. foss. I, p. 34. 
Riga, Crenion. 
» ARENATUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 31, fig. 7-10 et Tab. 28a, fig. A. /. — Placosteus 

arenatus kgùss. Rech. Poiss. foss. I, p. 33. 
Riga, Cremon, St.-Pétei'sbourg, Ladoga. 
>• UNDULATUS Ag. — Agass. Monog. du syst. dévon. Tab. 33 , fig. 11 et 12. — Placosteus undnlatus Agass. 

Rech. Poiss foss. I , p. 33. 
Riga. 

ICHTHTODORULITHES. 



HoMACANTHDS ARCUATUS kQ.—'Agass. Mongr. dusyst. dévon. Tab. 33, fig. 1-3. 

St.-Pétersbourg. 
Haplacanthus MARGiNALis kg. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 4-6. 

St.-Pétersbourg. 
OdONTACANTHUS CRENATUS k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 7. — Ctenoptychi„s crcnatns Agass. 

Rech. Poiss. foss. I, p. 33. 
Megra. 



— {5i — 

Odontacanthus heterodon A{j. — Agass. MonogT. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 8. 

Riga. 
Narcodes PUSTULiFER Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 9. 

St.-Pétersbourg. 
Naulas sulcatus Ag.' — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 10. 

St.-Pétersbourg. 
Byssacamhus crenulatcs Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 11-14, Tab. 28a, fig. k.'m. 

St.-Pétersbourg. 
» LjEVIS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 15. 

St.-Pétersbourg. 
« ARGUAT us Ag. — v^jrass. Monogr. du syst. dévon. p. 110; — Rech. Poiss. Ibss. III, Tab. 1 fig. 3-5. 

Broniyard (Hereford). 
Onchus semistrutus kQ.— Agass. Rech. Poiss. foss. III, Tab. 1, fig. 9.— Monogr. dusyst. dévon. Tab. 33, fig. 37. 

Soudistone-Rock. 
" HETEROGYRUS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 16-18. 

St.-Pétersbourg, Ladoga. 
» subLjEVIS Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33. fig. 19-21. 

St.-Pétersbourg. 
Ptychacantiius DUBius Ag. — Agas^ . Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 22 et 23. 

Abergavenny. 
Ctenacanthus ornatds Ag. — Agass. Rech. Poiss. foss. III, Tab. 2, fig. 1 . 

Sapey (Worcestersh.) 
» SEBRULATUS kg.—Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 24. 

Kokenluîsen. 
Climatius reticulatus Ag. — Agass. Monogi-. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 25. 

Balruddery. 
Parexus INCURVUS Ag. —^^^ass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 26 et 27. 

Balruddery, 
CosMACANTHUS Malcolmsoni. k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33. fig. 28. 

Scat's-Craig (Elgin). 

CESTRACIONTES. 

Ctenodus Keyserlingii k^.— Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 32-35. 
St.-Pétersbourg. 
» WÔRTHii Ag. — Agass. Monogr. dusyst. dévon. Tab. 33, fig. 36. 
St.-Pétersbourg. 
MABGINALIS kg.— Agass. MonogT. du syst. dévon. Tab. 28a, fig. 21 et 22. 
Orel. 



— 432 — 

Ctenodus parvulus Ag. — Agass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 28œ, fig, 23. 

Orel. 
Ctenoptychius priscus kQ. — Agass. Red). Poiss. foss. I, p. 33. 

Ecosse. 

HYBODONTES. 

Cladodus SIMPLEX. Ag.— ylgass. Monogr. du syst. dévon. Tab. 33, fig. 29-31. 
St.-Pétersbourg. 



— 433 — 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



Pterichthys major Agass. 
Décrit pag. 19. 

Depuis l'impression de la première livraison de cet ouvrage, j'ai reconnu parmi les fossiles 
de rOld Red qui m'ont été communiqués par M. Roberston , plusieurs socles articulaires de 
cette espèce provenant de Seal-Craig , près d'Elgin. M. Pander en a aussi recueilli dans les 
environs de Riga plusieurs exemplaires , dont l'un est représenté par ses deux faces , Tab. 31 , 
fig. 3 c et rf; enfin M. Murchison en a rapporté un fragment d'Andoma. 

Pterichthys oblongus Agass. 
Décrit page 18. Ajoutez : Old Red, Tab. B, fig. 1 , et Tab. 30 a, fig. 1 . 

Pour compléter la description de cette espèce, j'ai fait dessiner une portion de la caparace, 
avec ses tubercules, grossie quatre fois en diamètre. Ces tubercules sont plus espacés que ceux 
du Pt. arenatus , plus gros et plus irréguliers dans leur distribution ; ils montrent en outre 
quelques traces de côtes rayonnantes à leur base , qui n'existent pas dans l'espèce de Russie. 

Pterichthys arenatus Agass. 
Old Red, Tab. 50a, fig. 3. 

Je rapporte au genre Pterichthys un fragment de carapace à surface grenue, provenant des 
environs de St.-Pétersbourg , recueilli par M. le comte de Keyserling. Quelqu'imparfait que 
soit ce fragment je ne crois cependant pas me tromper en l'envisageant comme le premier 
indice de l'existence d'une espèce particulière de Pterichthys en Russie. Dans tous les cas il 
appartient au type des poissons de l'Old Red , dont la caparace est tuberculée, c'est-à-dire 
qu'il n'y a d'alternative pour le classer qu'entre les genres Pterichthys , Coccosteus ou Aste- 
rolépis. Or les Pterichthys ont en général une granulation plus fine que les deux autres gen- 

Aff. OLD RED. J8 



— 154 — 

res, et leurs tubercules sont moins étoiles ou même entièrement dépourvus de côtes rayon- 
nantes à leur base , et c'est précisément ce que l'on observe dans notre fossile , dont les 
tubercules sont même plus petits que ceux d'aucune autre espèce du genre. Le fragment re- 
présenté est grossi quatre fois en diamètre, comme les fragmens des autres espèces figurées 
sur la même planche et qui doivent servir de terme de comparaison pour la détermination. 

Genre HOMOTHORAX Agass. 

Plus haut, à pag. 30, j'ai mentionné un fossile dont je dois la connaissance à M. le D"" Fle- 
ming, qui m'en a communiqué un dessin. Après l'avoir comparé à réitérées fois avec les exem- 
plaires de Pamphractus que j'ai pu examiner, j'ai fini par me convaincre qu'il ne saurait être 
rangé dans ce genre , pas plus qu'avec les Ptérichthys ou les Polyphractus ; je crois dès-lors 
utile de le désigner sous un nom générique particulier, et de dédier l'espèce au savant profes- 
seur d'Aberdeen qui le premier l'a distinguée. Elle devra par conséquent figurer à l'avenir 
dans nos cadres systématiques sous le nom de : 

HoMOTHORAx Flemingii Agass. 

Old Red, Tab. 31, fig. 6. 

Genre PLACOTHORAX Agass. 

M. P. Duff a découvert dans le vieux grès rouge des environs d'EIgin , une portion de ca- 
rapace d'un poisson très-singulier, dont MM, Malcolmson et A. Roberston m'ont communi- 
qué des dessins fort exacts, représentant ce fossile sous toutes ses faces. C'est évidemment un 
type nouveau de la famille des Céphalaspides , caractérisé par la forme alongée et rhomboï- 
dale de ses plaques, dont la surface est ornée d'une granulation assez régulière, disposée en 
séries rectilignes sur les bords des plaques supérieures et alignées dans le sens du poisson sur 
les plaques latérales. Je ne connais encore qu'une espèce de ce genre, le 

Placothorax paradoxus Agass. 
Old Red, Tab. 30 a, fig. 20-23. 

Les plaques osseuses qui forment la carapace de ce poisson , ne sont conservées que sur 
trois de ses faces. Elles ont environ une ligne d'épaisseur et sont réunies à-peu-près comme 
chez les Ptérichthys ; cependant le corps de l'animal paraît avoir été plus alongé que la plu- 
part des Ptérichthys. Par sa forme il se rapprochait évidenmient du Pt. oblomjits, mais il dif- 
fère de toutes les espèces de ce genre par la forme plus alongée et plus pointue de ses pla- 
ques, qui en outre ne paraissent pas aussi symétriques que celles des autres genres de la 



— 135 — 
famille des Céphalaspides. Les fig. 20 et 21 représentent ce fossile par ses larges faces, sur 
l'une desquelles les plaques ont dispani ; les fig. 22 et 23 le montrent de profil , des deux 
côtés. L'exemplaire figuré, le seul que je connaisse, a été trouvé à Seat-Craig, près d'EIgin, 
et fait partie de la collection de M. Duff. 

POIYPHRACTUS PIATYCEPHALUS AgaSS. 

Décrit pag. 29. 

Les planches sont citées à faux dans le teste. Lisez, ligne S d'en bas : Old Red, Tab. 27, 
fig. 1, et Tab. 31, fig. a ; et ligne 2 d'en bas, Tab. 31, fig. 5. 

Genre CHELYOPHORUS Agass. 

Malgré l'imperfection des matériaux sur lesquels repose l'établissement de ce genre, je n'ai 
cependant pas hésité à le distinguer des autres types déjà mieux connus de la famille des 
Céphalaspides. C'est même la connaissance assez complète, à laquelle je suis arrivé, de l'or- 
ganisation des Ptérichlhys, des Pamphractus, des Coccosteus et des Céphalaspis, qui m'a 
permis de reconnaître que les fragmens que je vais décrire appartiennent réellement à la 
famille des Céphalaspides, et qu'ils doivent y former un genre distinct. Ce sont des plaques os- 
seuses, anguleuses, analogues par leurs formes à celles dont se compose la carapace des Pté- 
richthys, mais qui en diffèrent par la nature de leurs ornemens. Leur surface, au lieu d'être 
lisse ou garnie de tubercules étoiles et irréguliers, est ornée de granules plus ou moins alon- 
gés, confluens, et souvent même disposés en séries sinueuses ou rectilignes. Les plaques qui 
ont la forme de celles de fig. ik, 1 6 et 20, Tab. 31a, sont vraisemblablement des plaques corres- 
pondant par leur position et leur fonction à celles qui sont désignées par les lettres a ou g 
dans les fig. 1 , 2 et ^ de Tab. 6 ; celles de fig. 1 S, 1 7 et 1 8 correspondent plutôt à celles qui 
sont désignées par les lettres 6 et e de fig. 1; et celle de fig. 19, à celle désignée par b, 
fig. k. Mais je le répète, c'est surtout la nature des ornemens de la surface plutôt que la 
forme des plaques, qui m"a dirigé dans l'établissement de ce genre, dont on trouve de nom- 
breux fragmens à Orel. J'en distingue deux espèces. 



l. Chelyophorus Verneuilii Agass. 
OldRed, Tab. 31 «, fig. 14-19. 

Les ornemens de cette espèce sont très-fins , peu saillans, en forme de granules confluens, 
formant une réticulation sinueuse à la surface des plaques, avec une tendance marquée à un 
arrangement en éventail. La diversité de forme des plaques de ce type que l'on rencontre 



— 136 — 

dans les mêmes localités me font penser qu'il sera facile de recueillir un jour les matériaux 
nécessaires pour rétablir toute la charpente osseuse de la tête et du tronc. L'état ordinaire de 
conservation de ces ossemens , que l'on trouve généralement disloqués et séparés les uns des 
autres, promet en outre de nous fournir de précieux renseignemens sur l'ostéologie des Cé- 
phalaspides en général. Aussi ne saurait-on trop recommander ces ossemens à l'attention des 
géologues. La fig. ih représente une plaque impaire, probablement une plaque céphalique, 
d'en haut, en dessous fig. ika, et par derrière fig. ihb; la fig. i6 en représente une autre 
de même forme, vue de profil. Fig. 14c nous montre les ornemens grossis. Les fig. 15, 17 
et 18 sont des plaques d'une autre forme et beaucoup plus fréquentes, d'où je conclus, en te- 
nant compte de leur asymétrie, que ce sont des plaques paires de l'occiput ou de la ceinture 
thoracique, et peut-être même des côtes de la tête. La fig. 19 représente une plaque sillonnée 
d'une cannelure profonde, comme on en voit sur quelques-uns des os du crâne des Coccos- 
tées. A côté des figures de grandeur naturelle, il y en a de grossies quatre fois. 

Les exemplaires figurés proviennent d'Orel; ils m'ont été communiqués par M. de Ver- 
neuil; j'en ai reçu d'autres de M. le baron de Meyendorf, provenant de la même localité; 
enfin j'en ai reconnu un fragment sur un échantillon de roche de Kokenhusen , conte- 
nant d'autres fossiles, et qui m'avait été communiqué par M. le baron de Lôwenstern. 

2. Chelyophorus pustulatus Agass. 
Old Red, Tab. 31 a, fig. 20 et 21 . 

Je n'oserais pas affirmer que les deux plaques figurées sous le même nom , sur la planche 
citée , appartiennent réellement à la même espèce , tant il y a de différence entre les gra- 
nules alongés, confluens et plissés à leur base de l'exemplaire fig. 20 et ceux de fig. 21, qui 
sont beaucoup plus réguliers et coniques. Cependant la régularité de leur disposition sériale 
et en éventail, m'a engagé à les rapprocher jusqu'à ce que nous possédions de plus amples 
renseignemens à leur égard. Ces plaques différent principalement de celles de l'espèce pré- 
cédente par les dimensions de leurs ornemens, qui sont sensiblement plus petits dans le 
Ch. Ferneuilii. 

Notre espèce provient des environs de St-Pétersbourg ; les exemplaires figurés m'ont été 
communiqués par M. le comte de Keyserling. 

CoccosTEus oBLONGus Agass. 
Décrit pag. 28; ajoutez : Old Red, Tab. 30 o, fig. 2. 

Les granules de cette espèce sont surtout caractéristiques; il m'a dès-lors paru utile de re- 
présenter, fig. 2 de Tab. 30 a, un fragment de sa carapace grossi quatre fois en diamètre, 
afin de compléter la description citée. 



— 437 — 

COCCOSTEUS DECIPIENS AgasS. 

Décrit pag. 26; ajoutez: Old Red, Tab.B, fig. 2 et 3, etTab. 30a, fig. 49. 

La fig. 2 de Tab. B représente la structure des dents, et la fig. 3 de la même planche la 
structure des plaques de cette espèce. La fig. 49 de Tab. 30 o représente en outre une plaque 
ventrale médiane isolée, correspondant à celle qui est désignée par la lettre o dans la fig. k 
de Tab. 6. Elle provient des schistes de Pomona et m'a été communiquée par M. le D"^ Traill. 
Sa surface est plane, lisse le long des bords et ornée à l'intérieur de trois ou quatre rangées 
de tubercules disposés parallèlement aux contours de la plaque. Sa forme aplatie m'a con- 
vaincu de l'opportunité de distinguer comme espèce le Coccostevs maximns, dont je ne con- 
nais encore qu'une plaque ventrale médiane , mais dont la forme diffère essentiellement de 
celle du C. decipiens. 

CoccosTEUs cusPiDATus Agass. 

L'exemplaire de la figure citée pag. 28 offre un genre d'intérêt auquel je n'ai pas d'abord 
fait attention, c'est que près de la pointe il y a, à la face supérieure, un sillon médian qui se 
termine par une sorte de fossette alongée qui a quelque analogie avec celles que l'on remar- 
que dans les plaques nuchales des Siluroïdes, qui sont armés de gros piquans osseux, en avant 
de leur nageoire dorsale. Il se pourrait dès-lors que les Coccostées fussent également munis 
de grands rayons à la nuque ; mais avant qu'on ait pu les observer directement , il restera 
toujours douteux si c'était des piquans roides comme ceux des Balistes et des Silures, ou 
des filets pêcheurs, comme ceux des Baudroyes (LophmsJ. 

CoccosTETjs MAxiMus Agass. 
Old Red, Tab. 30a, fig. 4 7 et 48. 

La connaissance de cette espèce est due à M. le D"^ Malcolmson , qui en a découvert une 
plaque à Boghole, près de Lethen, dans le Nairnshire, et qui m'en a communiqué un dessin 
dès l'année 4 8^0; mais ce n'est que tout récemment que j'ai reconnu la véritable nature de ce 
fossile. C'est wne plaque ventrale médiane d'une très-grande espèce de Coccosteus, analogue 
à celle du C. decipiens, représenté sur la même planche, fig. 4 9. Elle ditïère sensiblement 
des autres espèces par la saillie que forme le milieu de sa surface , dont les deux moitiés 
sont inclinées en sens inverse, comme les pans d'un toit, fig. 48. Les granules sont conservés 
sur quelques points de la surface, fig. 4 7; ils sont beaucoup plus serrés que dans les autres 
espèces du genre. 



138 — 



OSTEOLEPIS MAJOR ÂgasS, 



Décrit pag. 51 . Ajoutez : Old Red, Tab. 31 a, fig. 8-13, et Tab. 28 a, lîg. A, n. 

Parmi les nombreux débris de poissons fossiles des environs de St-Pétersbourg qui m'ont 
été communiqués par M. le comte de Keyserling, j'ai reconnu des écailles isolées d'un Ostéo- 
lépis que je crois pouvoir rapporter à l'une des espèces que l'on trouve en Ecosse , et que j'ai 
décrite sous le nom d'Ost. major. Pour mieux faire ressortir la ressemblance de ces écailles, 
j'en ai fait représenter une série Tab. 31 a, fig. 8-13, vues des deux faces , de grandeur na- 
turelle et grossies. J'ai reconnu les mêmes écailles sur un fragment de roche de Kokenhusen, 
qui m'a été communiqué par M. le baron de Lowenstern. 

DlPLOPTERUS MACROCEPHALUS AgaSS. 

Décrit pag. 5i. Ajoutez Old Red, Tab. 31 a, fig. 1-7. 

Cette espèce s'est retrouvée parmi les fossiles de Russie qui m'ont été communiqués par 
M. Murchison et M. le comte de Keyserling. Les écailles figurées Tab. 31 a, fig. 1 à i pro- 
viennent de Printschka, celle de fig. 5 provient de St-Pétersbourg; la fig. 6 représente un 
fragment d'os operculaire de Printschka, et la fig. 7, un fragment du bout du museau, pro- 
venant de St-Pétersbourg. Il y a la plus parfaite identité entre ces débris fossiles et les par- 
ties correspondantes des beaux exemplaires du Diplopterus macrocephalus de Lethen-Bar, 
figurés Tab. 16 et 17. J'ai cependant cru devoir reproduire dans mes planches les fragmens 
de Russie mentionnés ci-dessus, afin de ne laisser aucun doute sur le rapprochement que je 
viens de faire , et bien que ces fragmens n'ajoutent rien à la connaissance de notre espèce. 



Diplopterus affinis Agass. 
Mentionné pag. S5. Ajoutez : Old Red, Tab. 31 a, fig. 27 et 27a. 

Malgré l'imperfection du fragment que je représente ici , il est facile d'y reconnaître une 
portion de la couverture crânienne ; on peut même se convaincre sans peine que c'est une 
partie des frontaux, réunis par une suture irrégulière. Cela posé, on peut encore s'assurer, 
par une comparaison directe de la surface de ces os avec celle du Dipl. macrocephalus , que 
notre D. affinis est bien réellement une espèce distincte , caractérisée par l'extrême petitesse 
des trous dont l'émail est couvert. 



— 139 — 
Genre STAGONOLEPIS Agass. 

J'ai établi ce genre d'après une plaque sur laquelle on remarque l'empreinte de plusieurs 
rangées de grandes écailles rhomboïdales , disposées de la même manière que celle des Lépi- 
dostées. La forme anguleuse de ces empreintes ne permet pas de douter que le poisson dont 
elles proviennent ne fût un grand Ganoïde voisin des Mégalichthys. L'absence des nageoires, 
de la tète et des dents , ne permet cependant pas de déterminer rigoureusement la famille à 
laquelle ce fossile appartient. Je le range provisoirement dans le voisinage du genre Glypto- 
ponie avec lequel il a quelque analogie dans les ornemens des écailles. Cependant le genre 
Stagonolepis ne saurait être confondu avec aucun de ceux que j'ai établis jusqu'ici. La sur- 
face de ses écailles est ornée de creux en forme de gouttelettes alongées, disposées en rosette 
autour du centre des écailles ; ces creux vont en augmentant de grandeur vers la périphérie, 
sans atteindre cependant les bords qui sont lisses. Je ne connais encore qu'une seule espèce 
de ce genre , le 

Stagonolepis Robertsoni Agass. 

OIdRed, Tab. 31, fig. 13 et! 4. 

La fig. 1 3 représente l'empreinte de quatre écailles , de grandeur naturelle , dans leur po- 
sition normale ; la fig. ih est un dessin de l'exemplaire entier qui a été observé par M. Ro- 
bertson , réduit à la moitié de ses dimensions naturelles. Ce fossile provient des couches su- 
périeures du vieux grès rouge du Murayshire .; il a été découvert dans les environs d'Elgin , à 
Lossiemoulh. Je n'ai pas examiné moi-même l'original, mais les dessins que M. Roberlson 
m'a communiqués et que j'ai reproduits dans mon Atlas , planche citée , m'ont suffi pour y 
reconnaître un type générique entièrement nouveau. Dans le fossile en question les ornemens 
des écailles sont en relief; mais il ne faut pas perdre de vue que ce n'est qu'une empreinte et 
que par conséquent les écailles doivent porter ce dessin en creux lorsqu'elles sont conservées 
en nature. 

Glyptolepis leptopterus Agass. 

Décrit pag. 63. Ajoutez : Old Red, Tab. 21 a, fig. 1, et Tab. 31 «. fig. 24. 

Afin de mieux faire ressortir les caractères spécifiques des trois espèces de Glyptolepis que 
j'ai distinguées, j'ai donné des figures grossies de leurs écailles Tab. 'iia: la fig. 1 repré- 
sente celles du Gl. leptopterus, décrit pag. 63. En comparant ces écailles avec celles de la fig. "Ik 
de Tab. 31 a, qui provient des environs de St.-Pétersbourg et qui m'a été communiquée par 
M. le comte de Keyserling , on ne saurait douter que l'espèce de Russie ne soit la même que 
celle d'Ecosse. 



— l^iO — 

Glyptolepis elegans Agass. 
Décrit pag. 65. Ajoutez : Old Red , Tab. 21a, fig. 2. 

La fig. 2o représente une écaille de grandeur naturelle , grossie fig. 2. Les plis de la sur- 
face qui forment les ornemens de la partie visible de l'écaillé sont plus distans les uns des 
autres que dans l'espèce précédente. 

HoLOPTYCHius Flemingu Agass. 
Décrit pag. 7i. Ajoutez : Old Red , Tab. 31a, fig. 25. 

Parmi les fragmens du vieux grès rouge des environs de St.-Pétersbourg , qui m'ont été 
communiqués par M. le comte de Keyserling , j'ai reconnu quelques écailles d'Holoptychius 
qui appartiennent évidemment à l'espèce de Dura-Den que j'ai décrite plus haut sous le nom 
d'H. Flennngii. Afin qu'il ne reste aucun doute à cet égard, j'ai représenté une de ces écailles 
par sa face inférieure fig. 25 a et l'empreinte des ornemens d'une autre plus caractéristique 
encore , fig. 25. 

HoLOPTYCHIUS GIGANTEUS AgaSS. 

Décrit pag. 73. Lisez : Old Red , Tab. 24 , fig. 3-10. 

C'est par erreur que la fig. 2 de Tab. 24 est attribuée à cette espèce ; elle représente une 
écaille de VH. nobiiissimus , décrit plus bas. 

Cette espèce diffère surtout de 1'//. nobiiissimus par la forme des plis de la surface de ses 
écailles, qui sont interrompus et qui ont une tendance à se transformer en tubercules isolés, 
vers le bord postérieur de l'écaillé , tandis que dans VH. nobiiissimus , les plis bien qu'anas- 
tomosés , restent continus sur toute la surface de l'écaillé. 

HoLOPTYCHIUS NOBILISSIMUS AgaSS. 

Décrit pag. 73. Ajoutez : Tab. 24 , fig. 2 et Tab. 31a, fig. 26. 

Cette espèce est très-fréquente en Russie ; dans le vieux grès rouge de Prinlschka, où on en 
trouve des écailles en si grande abondance , qu'elles forment ime véritable brèche osseuse , 
qui contient en outre de nombreux fragmens de Bolhriolepis ornala. Les écailles sont rare- 
ment entières ; cependant elles sont assez bien conservées pour qu'il ne puisse rester aucun 



— i41 — 

doute sur leur identité avec celles de l'espèce d'Ecosse, dont j'ai figuré un exemplaire à-peu- 
près parfait , Tab. 23. L'écaillé de Tab. 31a, fig. 26 , provient de Prinlschka ; j'en ai fait re- 
présenter un fragment grossi fig. 26 a, pour montrer la structure réticulée du tissu osseux de 
sa base et les pores qui traversent sa partie émaillée. 

HoLOPTYCHius Omaliusii Agass. 
Décrit pag. 75. 

Des exemplaires qui m'ont été communiqués par M. Hœninghaus , m'ont appris que cette 
espèce se trouve aussi dans l'Eifel. 

Genre ACÏINOLEPIS Agass. 

Je ne connais encore que quelques écailles de ce genre , mais leur forme et les ornemens 
qui recouvrent leur surface , sont si caractéristiques que je n'ai pas hésité à créer un genre à 
part pour les classer systématiquement. Par leur contour, ces écailles se rapprochent un peu 
de celles des Holoptychius ; elles sont cependant plus alongées et plus régulières , mais ce qui 
les distingue surtout , c'est qu'au lieu d'être plates , elles sont relevées sur leur milieu et pré- 
sentent la forme d'un toit à pans inclinés sur une ligne médiane longitudinale. De plus , la 
surface est ornée de tubercules disposés en séries régulières en même temps concentriques et 
en éventail , c'est-à-dire , que ces ornemens ont une disposition telle autour de la ligne mé- 
diane , que suivant la manière de les envisager, ils paraissent tantôt former des séries con- 
centriques et tantôt des séries divergeant en éventail vers la périphérie. Le fait est , que sui- 
vant les exemplaires , l'alignement dans un sens l'emporte plus ou moins sur l'autre. La face 
inférieure des écailles est concave , creusée d'une gouttière longitudinale sur la ligne médiane 
et parfaitement lisse. Je ne connais encore qu'une espèce de ce genre , mon 

ACTINOLEPIS TUBERCULATUS AgasS. 

Old Red, Tab. 31, fig. lo-18 , et Tab. Zia, fig. 28. 

Je dois la connaissance de celte espèce à M. le comte de Keyserling , qui l'a découverte dans 
les environs de St.-Pétersbourg. Déjà antérieurement M. Malcolmson m'en avait communiqué 
un dessin , représentant la face inférieure d'une écaille provenant des environs d'Elgin , mais 
l'absence des ornemens caractéristiques, sur cette face, ne m'avait pas permis de la déter- 
miner. Plus tard , M. Roberlson m'a communiqué l'original même de ce dessin , et en enle- 
vant la moitié de l'écaillé, que j'ai figurée Tab. 3I«. j'ai pu me convaincre qu'elle appartient 

Ag. OLD RED. J9 



— ik2 — 

à la même espèce que celles de M. le comte de Keyserling, qui sont représentées Tab. 3i . Il 
résulte de-là que cette espèce est commune au vieux grès rouge de la Russie et de l'Ecosse. 
La fig. iS, de Tab. 31, représente une écaille vue d'en haut de grandeur naturelle et la 
lig. 1 6 la même vue de profil , par derrière. La surface de cette écaille montre une disposition 
presque étoilée de ses tubercules ; les séries concentriques sont à peine visibles , et la ligne mé- 
diane est moins relevée que dans l'exemplaire de fig. 17, où les séries concentriques sont plus 
en saillie. La fig. 18 fait voir quelques-unes de ces rangées de tubercules grossis ; ceux de la 
ligne médiane sont les plus grands. A la base des tubercules on aperçoit des plis extrêmement 
fins, disposés irrégulièrement en éventail dans les interstices qui les séparent. Des observations 
ultérieures devront encore nous apprendre si les différences que j'ai signalées entre ces écailles 
ne constituent pas des caractères distinclifs d'espèces; ou si, comme je l'ai fait ici, il faut les 
laisser réunies sous une même dénomination. 

Platygnathus Jamesoisi Agass. 
Décrit pag. 77. Ajoutez : Old Red , Tab. 31a, fig. 22 et 23. 

Les fragmens représentés sur cette planche appartiennent évidemment à l'espèce décrite 
plus haut , sous le nom de PL Jamesoni. Ils proviennent des environs de St.-Pétersbourg , et 
m'ont été communiqués par M. le comte de Keyserling. Ce sont des fragmens d'écaillés qui 
présentent à leur surface ces fines rides sinueuses et ramifiées qui caractérisent les écailles des 
Platygnathes. Quelque imparfaits que soient ces fragmens , je ne conserve aucun doute sur 
leur identité avec les écailles du PL Jamesoni de Dura-Den. Leur aspect extérieur et leur struc- 
ture sont exactement les mêmes. Ce rapprochement sur des matériaux aussi incomplets , est 
même un exemple de plus de l'importance que peuvent avoir les poissons fossiles pour la dé- 
termination des terrains. 

Dendrodus latus Owen. 

Décrit pag. 82. Ajoutez : Rech. Poiss. foss. Vol. II , Tab. SSa, fig. 19 et 20 et Old Red , 

Tab. 28 a, fig. 8-12. 

Outre les figures citées dans le texte, j'ai cru utile d'en ajouter plusieurs faites d'après des 
exemplaires provenant des environs de Riga , qui m'ont été communiqués par M. Murchison. 
C'est à tort que ces mêmes exemplaires figurés Tab. SS a, fig. 19 et 20 dans le second volume 
des Recherches, y portent le nom de Dendrodus slrigatus et que cette citation a été répétée ci- 
dessus pag. 80 ; car c'est au D. latus qu'il faut les rapporter. 



— I?i5 — 

Dendrodus strigatus Owen. 

Décrit pag. 80. Effacez la citation des Rech. Poiss. foss. qui appartient au IJ. laliis et ajoutez : 

01(1 Red, Tab. 28a, fig. 1 et 2. 

Cette espèce a été trouvée dans les environs d'Elgin , à Seat-Craig par M. Robertson, dans 
les environs de Riga par M. Pander, et dans les environs de St.-Pétersbourg par !\I. le comte 
de Keyserling. Les ligures que j'ai ajoutées à mon Atlas, Tab, 28a, sont dessinées d'après 
des exemplaires de St.-Pétersbourg , qui ne diffèrent absolument en rien de ceux de Riga et 
d'Elgin. 

Demdrodus sigmoides Owen. 
Décrit pag. 82. Ajoutez • Old Red , Tab. 28 o, fig. 3-S. 

Parmi les fossiles du vieux grès rouge des environs de St.-Pétersbourg qui m'ont été com- 
muniqués par M. le comte de Keyserling, j'ai reconnu une dent de Detidr. sigmoides parfai- 
tement identique avec celles d'Ecosse , que j'ai figurée Tab. 28 a, fig. 3 et h de profil , et en 
face de grandeur naturelle et grossie fig. S . 

Dendrodus tenuistriatlis Agass. 
Old Red, Tab. 28a, fig. 6 et 7. 

Par leur forme et leurs dimensions les dents de cette espèce ressemblent beaucoup à celles 
du D, strigatîis ; comme celles-ci elles sont coniques , droites , cylindracées et obtuses , en- 
sorte qu'il serait facile de les confondre , mais les plis de la surface suffisent pour distinguer 
ces deux espèces. Les dents du D. tenuistriatus ont des plis beaucoup plus nombreux , plus 
rapprochés et plus uniformes ; cette différence est surtout sensible sur la moitié supérieure du 
cône dentaire , mais la base présente aussi des différences notables , car les plis intermédiaires 
sont en revanche moins nombreux , ce qui rend l'aspect de la partie inférieure de la dent moins 
différent de celui de la pointe, que dans le D. strigatus, où les plis de la base paraissent trè^- 
fins , et ceux de la pointe beaucoup plus larges. 

Cette espèce provient des environs de St.-Pétersbourg, où elle a été découverte par M. le 
comte de Keyserling. 



Dendrodus minor Agass. 

Old Red, Tab. 28a, fig. 13. 

Je ne connais encore qu'une seule dent de cette espèce , qui m'a été communiquée par 
M. Murchison , et qui provient de Megra. Elle se distingue de ses congénères par sa petite 
taille et l'uniformité de ses fines stries , dont un petit nombre dépasse la moitié de la hauteur 
du cône dentaire ; cependant sa pointe étant brisée , je voudrais ne considérer cette détermi- 
nation que comme provisoire jusqu'à ce qu'on en ait trouvé un plus grand nombre d'exem- 
plaires mieux conservés. 

Lamnodus BiPORCATUs Agass. 

Décrit pag. 8k. Ajoutez : Old Red , Tab. 28 , fig. 6 et 7 et Tab. 28 a, fig. H et 1 S. 

Cette espèce a été trouvée à Seat-Craig , dans les environs d'EIgin , à Riga , à Cremon et 
dans les environs de St.-Pétersbourg. Aux figures déjà citées dans le texte et qui ont été des- 
sinées d'après des exemplaires découverts par M. le D"^ Pander dans les environs de Riga, j'en 
ai ajouté plusieurs autres parfaitement semblables , prises sur des exemplaires écossais et sur 
des exemplaires russes d'autres localités. C'est ainsi que les fig. 6 et 7 de Tab. 28 , représen- 
tent des dents trouvées par M. Robertson dans les environs d'EIgin et déterminées par M. Owen 
lui-même , qui le premier a distingué cette espèce sous le nom de Dendrodits biporcatus. Les 
fig. 4 4 et lo de Tab. 28 a, ont été dessinées sur des exemplaires de Cremon , qui m'ont été 
communiqués par M. le baron de Meyendorf ; enfin M. le comte de Keyserling , m'en a éga- 
lement communiqué plusieurs provenant des environs de St.-Pétersbourg. Il parait dès-lors 
que cette espèce est l'une des plus répandues du système dévonien. 

Je serais tenté d'attribuer à cette espèce le Coprolithe représenté fig. 24 de Tab. 28 «. et 
cela pour deux raisons : premièrement parce que des excrémens de cette nature ne peuvent 
provenir que d'animaux carnivores , très-voraces , ce qui devait être le cas de tous les Den- 
drodus et plus particulièrement encore des Lamnodus ; la seconde raison pour laquelle je pen- 
cherais à envisager ce coprolithe comme du fait d'un Lamnodus biporcatus , c'est que les 
dents de cette espèce sont plus fréquentes à Cremon que celles des autres espèces de ce groupe 
et c'est précisément à Cremon que le coprolithe en question a été découvert. Je dois la com- 
munication de ce précieux fossile à M. le baron de Meyendorf. Sa forme est très-alongée et 
uniformément cylindracée; sa masse offre des traces très-distinctes d'enroulement ou de tor- 
sion sur elle-même. M. Robertson a découvert dans les environs d'EIgin d'autres coprolithes 
de forme plus ramassée, ovoïde et moins régulière, dont la masse se compose presqu'entiè- 



— i^:j — 

rement de fragmens très-mulilés d'écaillés. Ce sont sans doute les excrémens de quelqu'autre 
grande espèce de Célacanthe , peut-être d'un vrai Dendrodus ; mais aussi long-temps que l'on 
n'aura pas trouvé ces différens coprolitlies dans la cavité abdominale même des poissons dont 
ils proviennent , il sera difficile de les déterminer rigoureusement. 

Lamnodus hastatus Agass. 
Décrit pag. 87. Ajoutez : Old Red , ïab. 28a, fig. 16 et 17, et fig. A, a-f. 

Depuis que j'ai décrit ci-dessus les dents de cette espèce, M. le baron de Meyendorf et 
M. le comte de Keyserling m'en ont communiqué un assez grand nombre d'exemplaires , 
provenant de Cremon et des environs de St.-Pétersbourg , parfaitement identiques avec ceux 
d'Ecosse et dont j'ai fait représenter quelques échantillons, Tab. 28 a, fig. 16 et 17 et fig. A. 
Il paraît que celte espèce est surtout abondante dans les environs de St.-Pétersbourg , car on 
en remarque cinq ou six dents isolées sur le seul fragment de roche de fig. A , que j'ai fait 
représenter pour donner une idée de la fréquence des fossiles de cette localité, qui égale et 
surpasse même à bien des égards , celle des fossiles tertiaires de certains gisemens que l'on 
cite cependant comme exemples de la fréquence des fossiles dans les roches stratifiées. 

Lamnodus sulcatus Agass. 
Old Red, Tab. 28a, fig. 18. 

Cette espèce de dent déjà figurée par M. Murchison, dans son Système silurien Tab. 2 bis, 
fig. 8 et 9 , n'a encore été ni nommée , ni décrite. Elle se distingue cependant facilement de 
ses congénères par sa forme largement conique , et fortement comprimée et par les gros sil- 
lons longitudinaux et irréguliers dont sa surface est empreinte ; à la base de la dent on re- 
marque en outre quelques plis plus faibles et moins étendus. 

Cette dent, jusqu'ici l'unique de son espèce que l'on connaisse, a été découverte dans les 
environs d'Elgin par M. le D"^ Malcolmson. 

Cricodus iNCURVus Agass. 

Cette espèce est plutôt citée que décrite, à pag. 88; le mauvais état de conservation des 
dents de ce type, que j'ai eues à ma disposition, ne m'a pas permis jusqu'ici d'en donner une 
description élaborée ; je puis cependant ajouter à ce que j'ai déjà rapporté plus haut, que le 
Cricodus incurvus se trouve également dans les environs d'Egin et de Riga. 



— {ti6 — 

AsTEROLEPis AsMusii Agass. 
Décrit pag. 89. Ajoutez : OUI Red, Tab. 30 a, fig. H. 

Le nombre des espèces du genre Asterolépis s'est tellement accru qu'il n'est plus possible 
de les distinguer d'après les seules différences que présentent les tubercules de ces plaques 
dans leurs dimensions et dans leur arrangement. En revanche, une comparaison réitérée de 
leurs ornemens , à l'aide de la loupe, m'a convaincu que la structure de leur surface offrait 
des caractères propres à en faciliter la détermination; c'est ce qui m'a engagé à reproduire 
divers fragmens de ces fossiles sous des grossissemens de trois à quatre fois le diamètre , afin 
de les faire mieux connaître que par les descriptions que j'en ai donné précédemment. Le 
réseau sablé qui s'étend uniformément entre les tubercules , du reste assez irréguliers , des 
plaques de VJ. Âsmusii, me paraît caractéristique pour cette espèce. 

Asterolépis ornata Eichw. 
Décrit pag. 92. Ajoutez : Old Red, Tab. B, fig. U, Tab. 28 a, fig. 25 et Tab. 30 a, fig. 5 à 9. 

Les ornemens de cette espèce varient beaucoup suivant la position qu'ils occupent sur les 
différentes faces d'une même plaque et sur des plaques de différente forme; d'où je conclus 
que les différentes régions de la tète ne sont pas également revêtues de tubercules. Les plis 
étoiles, parsemés de petits trous qui entourent la base des saillies mamelonnées, sont néan- 
moins un caractère assez constant; que ces saillies aient la forme de tubercules arrondis ou 
alongés, qu'elles soient isolées ou confluentes, leur aspect est à-peu-près toujours le même; 
et j'ai eu tort de ne pas insister sur ce caractère dans ma description pag. 93; il n'y a que 
les surfaces à-peu-près lisses des plaques où l'on remarque des espèces de côtes tubercu- 
leuses sans plis étoiles. Les figures de Tab. 30 a, comme celles de Tab. 30, ont été dessinées 
d'après des exemplaires des environs de Riga et de Cremon, qui m'ont été communiqués par 
M. le D' de Pander, et par M. le baron de Meyendorf; celle de Tab. 28 a représente un 
exemplaire découvert à Megra par M. Murchison. 

Asterolépis speciosa Agass. 
Décrit pag. 93. Ajoutez : Old Red, Tab. 30 a, fig. h. 

La localité d'où provient cette espèce est Voronèje. Les espaces lisses qui séparent les tu- 
bercules sont finement pointillés. 



— d47 — 

ASTEROLEPIS MINOR Agass. 

Décrit pag. 9^. Ajoutez : Old Red, Tab. 28 «, fig. A, g-k et Tab. 31 «, 29 et 30. — 
Aslerolepis mitiaris Ag. Table des genres et des espèces, ci-dessus, pag. 61 . 

Cette espèce est inscrite sous le nom d' Jsterolepis miliaris dans la Table analytique des 
genres et des espèces de la famille des Célacanlhes, à pag. 61. Outre les localités déjà citées, 
il faut encore inscrire les environs de St-Pétersbourg , où elle a été trouvée par M. le comte 
de Keyserling. 

AsTEROLEPlS GRANULATA AgasS. 

Décrit pag. 94. Ajoutez : Old Red, Tab. 30a, (ig. 12. 

Les tubercules de cette espèce ne se distinguent pas seulement par leur forme conique , ils 
sont encore cannelés sur les côtés, et dentelés à leur base. 

ASTEROLEPIS HoNINGHAUSII AgaSS. 

Old Red, Tab. 30 a, fig. 10. 

M. de Verneuil m'a communiqué une large plaque osseuse provenant de l'Eifel, dont la 
figure citée ne représente qu'un fragment. Sa surface est ornée d'un relief analogue à celui 
de quelques Jsterolepis. Ce sont de petits tubercules arrondis, disposés irrégulièrement sur 
la plaque et séparés par des espaces en apparence lisses, mais qui examinés à la loupe laissent 
voir un grené assez régulier, dont les points paraissent disposés en forme de rosettes autour 
des tubercules. Cet arrangement lient en quelque sorte le milieu entre celui de V/ïst. As- 
musii et du speciosa. Aussi ne douté-je pas, malgré la petitesse des tubercules, que ce fossile 
ne soit un ossement d'Asetrolépis. 

AsTEROLEPis Malcolmsoini Agass. 
Old Red, Tab. 30a, fig. 16. 

M. le D"^ Malcolmson et M. Roberston m'ont communiqué des dessins de plusieurs plaques 
osseuses, dans lesquelles j'ai reconnu une espèce nouvelle d'Asterolépis , caractérisée par des 
tubercules irréguliers , entourés à leur base d'une étoile de nombreux plis très-fins. La figure 
citée représente une de ces plaques, sur les bords de laquelle on remarque un espace lisse qui 



— d48 — 

était probablement recouvert par d'autres plaques. La fig. 16 o montre une portion de cette 
plaque grossie quatre fois en diamètre , avec quelques tubercules et la surface lisse qui les 
borde. Ce fossile provient de Seat-Craig , près d'Elgin. 

ASTEROLEPIS APICAIIS AgaSS. 

OldRed, Tab. 31a, fig. 31. 

Parmi les nombreux fragmens d'ossemens d'Asterolépis des environs de Riga, qui m'ont 
été communiqués par M. le D"^ Pander et par M. Murcliison, j'en ai remarqué un qui se dis- 
tingue complètement des autres par la nature de ses tubercules. Ses caractères sont si parti- 
culiers qu'il ne saurait être rapporté à aucune des espèces déjà décrites. En effet les tubercules 
au lieu d'être tout d'une venue et de se confondre insensiblement avec la surface au-dessus 
de laquelle ils s'élèvent, s'en détachent d'une manière tranchée, et semblent comme autant 
de capuchons étoiles, reposant sur un fond granulé, dont le pointillé est disposé d'une ma- 
nière plus ou moins régulière , en forme de rosettes, autour des parties saillantes. 

Il résulte de ces descriptions que les espèces que j'ai réunies jusqu'à présent dans le genre 
Asterolépis, présentent des ornemens d'un aspect assez divers , qui devront peut-être un jour 
se répartir dans plusieurs genres distincts. A n'en juger que d'après ces plaques, j'entrevois 
déjà trois types différons : 1° celui de Y Asterolépis apicalis , avec ses tubercules détachés. 
C'est la seule espèce dans laquelle j'aie observé jusqu'ici cette bizarre structure des ornemens. 
2° celui de V Asterolépis ornata , avec ses tubercules étoiles. Ce type n'embrasse non plus, à 
proprement parler, que cette seule espèce, car il faudra probablement en séparer encore 
V Asterolépis granulata, à cause de la forme particulière de ses tubercules, qui tiennent en 
quelque sorte le milieu entre ceux de VAst. apicalis et ceux de Vornata , mais qui diffèrent 
des uns et des autres par leur mode d'insertion et par leurs canelures longitudinales. 3° le 
type de V Asterolépis speciosa , avec des tubercules séparés par des intervalles en apparence 
lisses. Ce type offre aussi deux modifications assez notables : dans VA. Asmusii , les espaces 
en apparence lisses qui séparent les tubercules, sont finement réticulés , tandis que dans les 
A. speciosa et Hœninghausii ils sont sablés. Reste maintenant encore à savoir quels rapports 
il existe entre la nature de ces ornemens et les particularités d'organisation des autres parties 
de la charpente osseuse qui nous sont restées inconnues jusqu'ici. 



— 1^9 — 

BOTHRIOLEPIS ORNATA EicllW. 

Décrit pag. 99. Ajoutez : Old Red, Tab. 50a, fig. 14 et 15, elTab. 31 o, %. 36 et 57. 

Cette espèce est maintenant connue dans plusieurs localités, tant en Ecosse qu'en Russie. 
J'en ai déterminé des exemplaires de Kipet, d'Andoma, de Ladoga, de Printschka, de 
Clashbennie, d'Elgin , de Monachty-Hill et de Nairn. Pour constater leur identité, j'en ai re- 
présenté de différentes localités. Les fig. 1 et 2 de Tab. 29 représentent des exemplaires de 
Printschka, qui m'ont été communiqués par M. Murchison. M. le baron de Meyendorf m'en 
a adressé d'autres de la même localité. Ces plaques paraissent très-abondantes à Printschka, 
où on les trouve constamment associées avec des écailles à' Holoptychius nobilissimus. Cette 
association est même si frappante que si je ne connaissais pas la nature de la granulation des 
os de cet Holoptychius que j'ai pu étudier sur l'exemplaire de Tab. 25, j'aurais été tenté de 
croire que tous ces fragmens acccumulés les uns sur les autres, avec tant de profusion, pro- 
viennent du même animal. Les originaux des fig. 5, 4 et S de Tab. 29 proviennent de Mo- 
nachty-Hill, dans les environs d'Elgin, et m'ont été communiqués par M. Robertson. Les 
fig. 1 4 et 1 5 représentent des fragmens grossis de plaques des mêmes localités que celles des 
figures citées ci-dessus, destinées à faire mieux connaître la nature des ornemens de leur sur- 
face. Les pores qui traversent l'émail sont plus ou moins nombreux , suivant la position des 
plaques. La fig. 56 de Tab. 51 a représente un fragment de Kipet, qui m'a été communiqué 
par M. de Verneuil ; et la fig. 57, un fragment découvert par M. Roberston dans les environs 
de Nairn. Les exemplaires d'Andoma que j'ai examinés m'ont été adressés par M. Murchison, 
et ceux de Ladoga par M. le professeur Eichwald. On le voit, ce fossile peut être considéré 
comme un des plus répandus de la faune du système dévonien. 

BoTHRIOLEPlS FAVOSA AgaSS. 

Décrit pag. 100. Ajoutez: Old Red, Tab. 50a, fig. 15, et Tab. 51 a, fig. 52-55. 

Les recherches récentes des géologues nous ont appris à connaître cette espèce dans plu- 
sieurs localités qui sont énumérées plus haut page 150, savoir : à Clashbennie, à Elgin, à 
Tschudova, à Prussino , à Megra, à St-Pétersbourg, à Ladoga et à Kokenhusen. Pour cons. 
tater l'identité des exemplaires russes avec ceux d'Ecosse, j'en ai fait figurer divers fragmens 
Tab. 51a; la fig. 52 représente une plaque, probablement un opercule, des environs de 
St-Pétersbourg, qui m'a été communiqué par M. le comte de Keyserling; la fig. 53 représente 
une plaque de Tschudova; la fig. 54, un fragment de Megra, grossi , fig. ôha; et la fig. 55, 
un autre fragment, de Prussino ; ces trois derniers m'ont été communiqués par M. Murchison. 

AG. old RED. 20 



— 150 — 

M. Eichwald m'en a adressé un fragment provenant de Ladoga. Enfin je dois la connaissance 
d'un fragment de Kokenhusen à M. le comte de Lowenstern. La fig. 13 de Tab. 30a repré- 
sente une portion grossie d'une plaque de l'exemplaire de Tab. 27 et 28, destinée à faire 
mieux comprendre la description que j'ai donnée à pag. 100 de l'aspect de sa surface. 



En récapitulant toutes les indications relatives aux poissons fossiles du système dévonien 
qui sont contenues dans cette monographie, je trouve comme résultat final que nous con- 
naissons maintenant cent et cinq espèces de ce terrain, appartenant à quarante-trois genres, 
répartis dans six ou sept familles. Le gîte de Monte-Boica, réputé de tout temps comme le 
plus riche en espèces, n'en contient pas davantage. 



15i 



APPENDICE. 



Pendant l'impression de cette monographie, M. Eicliwald a publié (') un mémoire sur les 
poissons fossiles du système dévonien des environs de St-Pétersbourg , dans lequel il a établi 
plusieurs genres nouveaux et décrit un assez grand nombre d'espèces que je vais chercher à 
rapprocher de celles que j'ai décrites de mon côté, pour fixer autant que cela me sera pos- 
sible leur synonymie. Malgré les peines que je me suis données pour reconnaître les espèces 
du savant académicien russe, je dois cependant avouer que je n'y suis pas complètement par- 
venu, bien que j'eusse à ma disposition une collection considérable de débris de poissons 
fossiles , provenant de la même localité que ceux décrits par M. Eichwald. Le fait est que dans 
toutes les descriptions de M. Eichwald on est constamment arrêté par un défaut de précision 
dans l'appréciation des caractères organiques , d'autant plus sensible que ses descriptions, 
à ne les juger que d'après leur longueur et les citations qu'elles renferment, pourraient pa- 
raître très-délaillées et faites avec toute la critique nécessaire. H me serait même facile de 
faire voir que la plupart des genres de M. Eichwald jouissent d'une élasticité incroyable , et 
que dans un de ses Mémoires, il les fait synonymes de tel ou tel genre d'un autre auteur, 
pour les distinguer de nouveau plus tard sans plus de scrupules. Une pareille manière de 
faire ne saurait qu'être très-préjudiciable aux progrès de la Paléontologie ; et pour montrer à 
quel degré de confusion un défaut de critique aussi absolu peut nous conduire , je me bor- 
nerai à citer un seul exemple de cette espèce d'escamotage. Je me plais du reste à rendre 
cette justice à M. Eichwald, qu'il a été le premier à décrire, sous des noms particuliers , les 
plaques osseuses des environs de Riga , qui caractérisent le vieux grès rouge de cette localité. 
Il en a fait ses genres Asterolepis et Bolhriolepis. N'ayant pas eu connaissance de son travail, 
je les ai distinguées de mon côté, mais plus tard seulement, sous les noms de Chelonichthys et 
de Ghjptosteus. Cependant j'avais déjà établi antérieurement d'autres genres de cette forma- 
tion sous les noms de Coccosteus et de Plerichthys , genres que j'ai décrits en détail dans la 
i''^ livraison de cette Monographie. Les choses en étaient là , lorsque M. le comte de Keyser- 
ling et M. Worth découvrirent le riche dépôt à poissons des environs de St-Pétersbourg, 



C) Ueber fossile Fisclie des devonischen Systems in der Umgegend von Powlowsk bcy St.-Pelersburg. Von Herrn D' 
Eichwald. — Karsten und V. Dechen Archiv fiir Minéralogie, Geognosie, etc. Vol. XIX, 1843, page 667. 



— 152 — 

dont M. Eichwald a cherché à déterminer les espèces dans le Mémoire que j'ai mentionné 
plus haut, et qui fut inséré d'abord dans les Feuilles patriotiques de St-Pétersbourg. Dans sa 
première publication, M. Eichwald, que l'on aurait pu croire compétent pour juger la ques- 
tion , nous apprend que son genre Asterolépis est synonyme de mon genre Ptérichthys, qu'il 
attribue, je ne sais trop pourquoi, à M. H. Miller; puis il rapporte mon genre Coccosteus 
à son genre Bothriolépis. Cependant des exemplaires autenthiques d' Asterolépis et de Bothrio- 
lépis, que je dois à M. le Prof. Bronn, qui les tenait lui-même de M. Eichwald, m'ayant appris 
que les genres de M, Eichwald n'ont rien de commun ni avec mes Pterichthys , ni avec mes 
Coccosteus, tandis qu'ils sont synonymes de ceux que j'avais établis sous les noms de Chelo- 
nichthys et de Glyptosteus , je me suis empressé de supprimer ces derniers noms pour adopter 
ceux de M. Eichwald. Aujourd'hui M. Eichwald, voyant ses genres figurer à côté des miens, 
dans mes dernières publications, et s'appuyant sans doute sur les caractères que je leur assigne 
maintenant , trouve de nouveau moyen de séparer ses Bothriolépis et ses Asterolépis de 
mes Pterichthys et de mes Coccosteus , dont il avait reconnu la coïncidence avec une si 
parfaite assurance il y a quelques mois seulement (*). Qu'en sera-t-il un jour de ses espèces 
nouvelles? Je laisse à d'autres le soin de le décider. Mais ce que je me permets d'affirmer 
ici , c'est que de nos jours il n'est plus possible de caractériser des ossemens fossiles sans le 
secours de bonnes figures , et que toutes les tentatives d'en agir autrement ne peuvent porter 
que des fruits déplorables. L'Iconographie est l'auxiliaire inséparable de nos descriptions de 
fossiles, et quant à l'appréciation rigoureuse de fragmens isolés d'ossemens, il est indispen- 
sable d'avoir recours à une étude microscopique de leur structure, pour les déterminer. Des 
travaux paléontologiques faits sans ces moyens de précision n'ont pas plus de valeur à mes 
yeux que la description d'un minéral qui n'embrasserait ni les caractères crislallographiques 
ni la composition chimique de l'espèce qu'il faudrait déterminer, et qui se bornerait à nous 
apprendre qu'il s'agit d'un minéral dur, à surfaces anguleuses, en forme de petite tour, 
jaune ou rouge , etc. Quel est le minéralogiste qui , de nos jours, tiendrait compte d'une 
pareille description? Aucun. Certes, les paléontologistes ne peuvent pas se prévaloir d'une 
réserve aussi judicieuse dans la critique qu'ils font des travaux qui paraissent dans leur do- 
maine , car tous les jours nous voyons citer des descriptions de fossiles qui ne mettent pas 
en évidence un seul caractère organique des espèces qu'elles sont sensées nous faire connaître. 
Onchtis et Ctenacanthus. La comparaison directe que j'ai faite des espèces d'Onchus du ter- 
rain dévonien avec celles du silurien , m'a permis de les distinguer spécifiquement. Leurs 
caractères sont assez tranchés, comme on a pu le remarquer ci-dessus, pour qu'il ne puisse 
plus être question de les confondre. Cependant M, Eichwald insiste sur la présence de mes 
Onchus Murchisoni el tenuistriatus dans les couches dévonienncs des bords de la Sla^^anka. 
J'ose croire qu'en revoyant mes descriptions , M. Eichwald renoncera à ce rapprochement 

C) Voir à ce sujet le mémoire inséré dans les Archives de MM. Karslen et de Dechen. 



— i53 — 
et reconnaîtra facilement que les 0. Murchisoni et tenuistriatus , que l'on trouve assez fré- 
quemment dans les rocs de Ludlow, du système silurien , sont des espèces particulières tout- 
à-fait différentes de celles des environs de St-Pétersbourg. UOnchus dilatatm Eichw. est une 
espèce de mon nouveau genre Byssacanthus , probablement mon li. lan-is. Le fossile que 
M. Eichwald désigne sous le nom de Ctenacanthus ornatus Ag. est vraisemblablement plutôt 
mon Ct. serrulatus Âg. , du moins je n'ai encore vu que ce dernier parmi les fossiles qui 
m'ont été communiqués de Russie. 

Pleuracanthus. M. Eichwald n'est pas heureux dans ses rapprochemens , et il paraît que je 
suis bien peu au courant de ce qui concerne les poissons fossiles. Du moins d'après M. Eich- 
wald le genre Pleuracanthus serait fréquent dans la molasse et dans le Jura, mais plus rare 
dans le terrain houiller, ce qui expliquerait sa grande rareté dans le système dévonien. 
J'ignore quel fossile de ce terrain M. Eichwald a décrit sous le nom de Pleuracanthus tuher- 
culalus; mais ce que je sais fort bien , c'est que je n'ai décrit qu'une seule espèce de Pleura- 
canthus dans mes Recherches, pag. 66, provenant de la houille de Dudiey, que j'en connais 
deux autres , encore inédites, provenant également de la houille, mais que je n'en ai encore 
jamais rencontré ni dans la molasse, ni dans le Jura, ni dans le terrain dévonien, et je ne 
sache pas que qui que ce soit en ai signalé dans ces terrains, excepté M. Eichwald, qui ne 
nous dit ni sur quoi reposent ses indications , si peu conformes à l'état connu des choses , ni 
où les espèces , qu'il ne nomme du reste pas, ont été trouvées dans les terrains qu'il cite. 

Pristacanthus. M. Eichwald cite une espèce de ce genre jurassique dans les couches dévo- 
niennes des bords de la Slawanka sous le nom de P. Marinus; pour ma part je n'ai jamais 
rencontré de fossile du système dévonien qui puisse être rapporté au genre Pristacanthus. 
Peut-être M. Eichwald a-t-il eu sous les yeux quelque type nouveau encore inédit. La présence 
d'un Pristacanthus dans le système dévonien serait le premier exemple d'un genre jurassique 
dans un terrain paléozoïque. 

Hybodus. M. Eichwald décrit deux espèces de ce genre : son Hijhodns (jracilis me parait 
être mon Homacatithus arcuatus , du moins je n'ai pas vu d'autre Ichthyodorulithe auquel 
je pourrais rapporter sa description ; son Hybodus longiconus est mon Cladodus siniplex. Je 
ne sais pas où M. Eichwald a appris que j'ai trouvé Vllijbodus longiconus dans le Lias ; je ne 
l'ai jamais rencontré et cité ailleurs que dans le Muschelkalk. Je n'ai non plus jamais cité 
1'^. subcarinatus dans le Lias, mais bien à Tilgate. Est-il permis à un géologue d'entasser 
ainsi fausse citation sur fausse citation? 

Helodus. M. Eichwald cite une espèce de ce genre, qu'il rapporte à mon H. lœvissimus, 
qui n'a été trouvé jusqu'ici que dans le calcaire carbonifère de Bristol; quant à moi, je n'ai 
pas encore observé de fossile de ce genre dans le système dévonien ; mais je ne serais point 
surpris qu'il y en eût réellement. Dans tous les cas, je doute fort que l'on trouve jamais dans 
le système dévonien une espèce du système houiller. 

Ctenodus. J'ignore complètement sur quoi repose l'opinion que M. Eichwald s'est faite de 



— 154 — 

mon genre Cténodus, comme caractéristique de la Craie. Le fait est que la seule espèce que 
j'ai décrite dans mes Recherches, p. 137, provient de la houille de Tong, près de Leeds; 
jamais je n'en ai vu la moindre trace dans des terrains plus récens, et cependant je connais 
maintenant huit espèces de ce genre, qui toutes appartiennent aux terrains houillers ou 
dévouions. M. Eichwald parle néanmoins des Cténodus comme de fossiles caractéristiques de 
la craie, et cela comme d'un fait généralement connu et admis. M. Eichwald aurait-il peut- 
être confondu le nom de mon genre Ptychodus , qui est en eflfet caractéristique de la craie , 
avec celui du genre Cténodus, qu'on n'y a encore jamais trouvé, puis généralisé sur cette 
dénomination erronnée? Je ne vois pas d'autre explication possible des assertions de ce savant. 
Ce que M. Eichwald voit de remarquable dans la présence des Cténodus dans les couches 
dévoniennes, ne serait donc que le résultat d'une confusion de noms, bien étrange de sa 
part , dans cette circonstance. 

M. Eichwald décrit deux espèces de Cténodus, qu'il nomme Cf. radiatus et Ct. serratus. 
Les caractères qu'il assigne à ces espèces ne me permettent pas de les rapporter à celles 
que j'ai décrites ci-dessus. 

Ceratodus. M. Eichwald cite une espèce de Ceratodus, sous le nom de C. lateralis; ce 
fossile m'est entièrement inconnu. Il serait fort intéressant de constater l'existence du genre 
Ceratodus dans le système dévonien. Jusqu'ici je n'en connais pas de traces plus anciennes 
que dans le Muschelkalk. 

Sclerolepis. Je n'ai pas pu découvrir sur quoi repose le genre Sclerolepis de M. Eichwald, à 
moins qu'il ne corresponde à mon Psammolepis paradoxus. L'auteur en décrit une seule 
espèce, son Sclerolepis decoratus. 

Asterolepis et Plerichthys. Les espèces que M. Eichwald signale avec doute sous les noms 
d' Àsterolepis ou de Plerichthys depressus et concatenatus me paraissent être les deux variétés 
de mon Chehjophorus pustidatiis. Je ne trouve du moins pas d'autres fossiles parmi ceux de 
Russie, que j'ai vus, qui se rapprochent davantage des indications vagues de M. Eichwald. 

M. Eichwald attribue les dents du genre Dendrodus Owen et Cricodus Ag. à ses Astero- 
lepis, et les dents plates, sans doute celles de mon genre Lamnodvs, à son genre Bothrio- 
lepis. La mâchoire presque complète de Bothriolépis , armée de dents coniques, que j'ai dé- 
crite et figurée Tab. 27 et 28, prouve l'inexactitude de ce dernier rapprochement. Quant 
au premier, on pourrait l'envisager comme fondé dès qu'il serait démontré que les os qui 
portent ces dents sont ornés des mêmes tubercules que les plaques écailleuses décrites sous le 
nom d'Asterolépis. Je dois cependant rappeler que M. Eichwald dit positivement que les dents 
de son Asterolepis ornatus sont creuses au milieu, tandis que les dents des Dendrodus n'ont 
pas de cavité centrale. Il n'y a que le genre Cricodus qui ait des dents creuses. 

Coccosteus. M. Eichwald signale avec doute la présence de fragmens de Coccosteus indéter- 
minables provenant de Marjino. Quant à moi, je n'ai point encore vu d'ossemens de ce genre 
d'origine russe. 



— 155 — 

Cheirolepis. Bien que M. Eichwald signale trois espèces de ce genre, ses Ch. splendens et 
unilateralis et mon Ch. Uragus, dans le terrain dévonien des environs de St-Pétersbourg, je 
dois faire remarquer que je n'en ai pas observé la moindre trace. M. Eichwald n'aurait-il 
point pris mes Psammosteus arenatus et undulatus pour des Cheirolepis? L'aspect de la surface 
de ces plaques justifierait jusqu'à un certain point cette erreur; tandis que l'étude de la struc- 
ture microscopique prouve qu'elles ne sauraient être rapprochées des Acanthodiens. 

Microtepis. Sous ce nom M. Eichwald établit un genre nouveau, qu'il range à côté des Chei- 
rolepis, et il en distingue deux espèces, ses M. lepidus et exilis. Des exemplaires de ces fos- 
siles, que M. Eichwald lui-même a bien voulu me communiquer, m'ont appris que ces Micro- 
lépis ne sont autre chose que mon Psammosteus mœandrinus. L'examen microscopique de la 

structure de ces plaques aurait pu convaincre M. Eichwald de leur affinité avec les pré- 
cédentes. 

Chiastolepis. M. Eichwald établit un genre nouveau pour y ranger des écailles dont il ne 
mentionne qu'une espèce, sous le nom de Ch. clathratus. Je ne crois pas me tromper en en- 
visageant ce fossile comme synonyme de mon Platijynathus Jamesoni. 

Osteolepis. M. Eichwald indique deux espèces de ce genre dans les couches du système 
dévonien de Russie, qu'il appelle Ost. nanus et Ost. intermedius. Les descriptions portant 
sur des particularités génériques, plutôt que sur les caractères spécifiques , je ne me permet- 
trai pas de décider si ces espèces sont les mêmes que les miennes , ou non . 

Dipterus. M. Eichwald signale une espèce nouvelle de ce genre dans les couches dévo- 
niennes des bords de la Slawânka, sous le nom de D. arenaceus. Quant à moi je n'ai pas en- 
core vu de débris de ce genre provenant de Russie. M. Eichwald affirme en outre qu'autrefois 
je réunissais le genre Dipterus au genre Palœoniscus. Le fait est que je n'y ai jamais songé ; 
aussi M. Eiciiwald serait-il sûrement bien embarrassé s'il devait justifier cette assertion en 
citant mes ouvrages. 

Megalkhthys. Sous le nom de M. Fischeri, M. Eichwald décrit une espèce des couches dévo- 
nienncs , des bords de la Slawânka , que je ne connais probablement pas ; du moins je n'ai 
pas rencontré de débris de ce genre parmi les fossiles de Russie que j'ai vus. 

Smirichthys. M. Eichwald cite avec doute une espèce indéterminée de ce genre dans les 
couches dévoniennes des bords de la Slawânka. 

La publication de ma Monographie permettra , je l'espère , aux géologues russes de lever 
tous les doutes qui me sont restés sur les déterminations de M. Eichwald. Je désire d'autant 
plus vivement que cette vérification ne se fasse pas attendre, qu'il est toujours fâcheux que 
des noms dont l'application est douteuse, s'introduisent dans la science et y augmentent les 
embarras de la synonymie. 

Quelques indications sur les points qu'il importerait le plus d'éclaircir pour avancer nos 
connaissances sur les poissons fossiles du système dévonien, ne seront pas déplacées à la fin 
de cet ouvrage. 



— iS6 — 

On se convaincra facilement en lisant ma Monographie que j'ai décrit un assez grand 
nombre d'espèces d'après de simples fragmens , et qu'il serait d'un grand intérêt d'apprendre 
à les connaître en entier et d'en avoir des dessins qui ne laissent rien à désirer. Il y a même 
plusieurs espèces que je connais en entier sans en avoir eu des exemplaires complets sous les 
yeux. II n'est pas nécessaire d'être très-versé dans la paléontologie pour savoir ce qu'il reste 
à faire, sous ce point de vue, pour toutes les espèces fossiles, pour en donner une image iidèle ; 
mais ce qui importe tout autant, c'est de compléter nos connaissances de leur organisation. 
C'est ainsi que la charpente solide des Céphalaspides est loin d'être suffisamment étudiée, 
plusieurs genres n'ont même été établis que sur des fragmens ; tout ce qui pourra contribuer 
à combler ces lacunes sera d'une grande valeur. Les Acanthodiens et les Diptériens sont 
mieux connus , mais il y a encore bien des détails à ajouter à leur histoire. Quant aux Céla- 
canthes, tout est presque à faire, ou peut-être à refaire, dans la description que j'en ai donnée. 
Les genres de cette famille, établis pour la plupart sur de simples fragmens, ne sont proba- 
blement pas encore circonscrits dans leurs limites naturelles ; quelques-uns de ceux qui repo- 
sent sur l'examen de dents devront probablement être réunis à d'autres établis d'après des 
écailles et vice versa , quoique j'aie toujours cherché à éviter de pareils doubles emplois ; 
d'un autre côté, l'étude microscopique de ces débris devra être étendue à un plus grand 
nombre de pièces. Enfin , parmi les Placoides il importera de rechercher de quelle manière 
les rayons et les dents, qui ont été décrits isolément, se trouvaient réunis dans la nature. 



— 157 — 



TABLE DES MATIERES. 



Préface. Circonstances qui ont déterminé la publication de cet ouvrage. La faune de l'Old Red n'est 
connue que depuis peu de temps. Auteurs qui s'en sont occupés et à la persévérance desquels on doit les 
progrès rapides de ces dernières années P- 



V. 



Introduction. Rapports établis entre les grandes divisions du règne animal. Animaux éteins et leurs 
rapports avec les vivans. Ordre de succession des fossiles. Toutes les classes d'animaux sans vertèbres ont 
des représentans dans les terrains paléozoiques; mais il n'y a que des poissons de l'embranchement des 
Vertébrés. Remarques spéciales sur le développement des Ecbinodermes , des Acéphales, des Gastéropo- 
des, des Céphalopodes et des Crustacés. Multiplicité des souches primitives. Etude des faunes. Nombre 
probable des fossiles. Faune ichthyologique de l'Old Red; son caractère embryonique; organisation 
de ses types. Les Céphalaspides, les Acanthodiens , les Sauroïdes-diptériens , les Célacanthes, les Pla- 
coïdes p. IX. 

L De la famille des Céphalaspides. 

Chap. L Des Céphalaspides en général. 
Etablissement de la famille. Genres qu'elle renferme. Ses caractères anatomiques et zoologiques. Elle 

constitue un groupe très-tranché , limité au vieux grès rouge p. 4. 

Table analytique des genres et des espèces p. 5. 

Chap. IL Du genre Pterichlhys Agass. 

Son étrangeté. Ses caractères distinctifs et son organisation. Description du Pt. latus de Lethen-Bar ; 

du Pt. testudinarius de Cromarty ; des Pt. produclus et cornatus de Lethen-Bar; du Pt. cancriformis 

des schistes de Pomona ; du Pt. oblongus de Cromarty et de Gamrie, et du Pt. major de Findhorn- 

River P- 6. 

Chap. IIL Du genre Pamphractus Agass. 
Caractères distinctifs du genre et description du P. Hydrophilus, la seule espèce décrite. Elle provient 
de Dura-Den. Le P. Andersoni est une seconde espèce de ce genre encore mal connue . . p. 20. 

Chap. IV. Du genre Coccosleus Agass. 
Il rappelle davantage les vrais poissons par sa forme. Son organisation. Ses caractères distinctifs. Des- 
cription du C. decipiens des îles Orkney et de Cromarty, du C. oblongus de Lethen-Bar, et du C. cupis- 
datus p. 22. 

AG. OLD RED. 2] 



— 1S8 — 

Cliap. V. Du genre Polyphradus et de quelques autres fossiles encore indéterminables. 

Caractères distinctifs de ce genre. Description du P. platycephalus de Caithness, la seule espèce connue 
jusqu'ici. Fragment indéterminable découvert par M. le D"^ Fleming à Dura-Den. .... p. 29. 

Chap. VI. Du genre Cephalaspis A^ass. 

Les caractères de ce genre sont exposés dans les Recherches sur les Poissons fossiles. Les découvertes ré- 
centes n'ont rien ajouté à nos connaissances sur ce genre. 

IL De la famille des Acanthodiens. 
Chap. I. Des Acanthodiens en général. 

Caractères distinctifs de cette famille , réunie jadis aux Lépidoïdes. Des quatre genres qu'elle renferme, 
trois sont limités au vieux grès rouge ; l'autre compte deux espèces dans la houille. Des figures restau- 
rées de chacun de ces genres servent à faire mieux saisir les caractères de la famille ... p. 32. 

Table analytique des genres et des espèces p. 34. 

Chap. IL Du genre Acanthodes Agass. 

Les caractères distinctifs de ce genre sont déjà indiqués dans les Recherches sur les Poissons fossiles. 
Description de l'A. pusillus , la seule espèce du vieux grès rouge p. 35. 

Chap. III. Du genre Cheiracanthus Agass. 

Caractères distinctifs du genre, établis sur des fragmens imparfaits dans les Recherches. Description du 

C. mierolepidotus de Lethea-Bar. Les découvertes récentes ne nous ont rien appris de nouveau sur 
les autres espèces p. 39. 

Chap. IV. Du genre DiplacatUhus Agass. 
Caractères du genre. Les espèces appartiennent toutes aux couches de l'Old Red. Description des 

D. striatus de Cromarty, D. slriatulus de Lethen-Bar, D. longispinus de Cromarty et de Lethen-Bar, et 
D. crassispinus de Caithness et de Stromness P- 40. 

Chap. V. Du genre Cheirolepis Agass. 
Caractères distinctifs du genre. Etablis sur deux espèces décrites et figurées dans les Recherches. 11 
forme le passage des Acanthodiens aux Sauroides. Description du C. Cummingiœ de Lethen-Bar. p. 44. 

III. De la famille des Sacroïdes-diptériens. 
Chap. I. Des Saurdides-diptériens en général. 
Avant l'établissement de cette famille, les genres qui la composent ont été ballotés d'un groupe dans un 

autre. Ses caractères distinctifs. Elle est restreinte au vieux grès rouge P- ^'^■ 

Table analytique des genres et des espèces p. 49 

Chap. II. Du genre Osteokpis Val. et Pentl. 
Caractères distinctifs du genre, indiqués déjà d'une manière générale dans les Recherches, où l'on 
trouve la description de trois espèces. Description d'une quatrième espèce, l'O. mo/'or. ... p. 50. 

Chap. III. Du genre Diplopterus Agass. 
Découverte récente de ce genre. Ses caractères distinctifs. Description des D. macrocephalus de Lethen- 
Bar, D. affnis de Gamrie, D. borealis de Pomona p. 5 3 



— 1S9 — 

Chap. IV. Du genre Glyplopomus Agass. 

Caractères distinclifs da genre, démembré du genre Platygnalhus. Description du G. minor, la seule 
espèce connue jusqu'ici p. 57. 

Chap. V. Du genre Diplerus Sedgw. et Murch. 
Description de ses écailles. On n'a rien découvert qui fût relatif à ce genre depuis la publication des 
Recherches P- 58. 

IV. De la famille des Célacanthes. 

Chap. I. Des Célacanthes en général. 
Cette famille vaguement caractérisée dans les Recherches est l'une des plus intéressantes. Ses caractè- 
res distinclifs. Genres qu'il faut y faire rentrer P- 59. 

Tahle analytique des genres et des espèces p. 6 1 . 

Chap. 11. Da genre Glyptolepis Agass. 
Ses caractères distinctifs. Description du G. leptopterus de Letheu-Bar, du G. elegans de Gamrie et du 
G. microlepidotus de Lelhen-Bar P- 62. 

Chap. III. Du genre Phyllolepis Agass. 
Caractères du genre et ^description de l'espèce du vieux grès rouge de Clashbennie, le P. concen- 
tricus P- 67. 

Chap. IV. Du genre Holoplychius Agass. (Rhizodus Owen.) 
Caractères distinctifs du genre , établis en 1836, d'après des fragmens épars. M. Owen l'a appelé plus 
tard Rhizodus. Sa dentition. Structure des écailles. Quatorze espèces; six appartiennent au vieux grés 
rouge , les autres sont de la houille. Description de 1'//. Flemingii de Dura-Den , de 1'//. Murchisoni de 
Clashbennie, de 1'//. Andersoni de Dura-Den , de 1'//. giganleus d'Ecosse et de Russie , de Y II. nobilissimus 
de Clashbennie , de l'f/. Oma/ms/t des environs de Namur P- 68. 

Chap. V. Du genre Platygnathus Agass. 
Ses caractères distinctifs. Description des PI. Jamesoni et paucidens , la première provenant de Dura- 
Den, la seconde des Orcades p. 76. 

Chap. VI. Du genre Dendrodus Owen. 

On n'en connaît encore que la dentition. Ses caractères distinctifs. Description des D. strigatus, latus et 
sigmoideus, dont le premier provient des environs de Riga et les deux autres de Seat-Craig . p. 79. 

Chap. VII. Du genre Lamnodus Agass. 
Démembré du genre Dendrodus. Ses caractères distinctifs. Description microscopique des deux espèces 
du genre, les L. biporcatus et L. haslalus p- 83. 

Du genre Cricodus Agass. 
Caractérisé dans les Recherches. Le C. incurvus, espèce de Seat-Craig. Nouvel envoi de fossiles : mâ- 
choire de Dendrodus . . . . • P- 88. 



— 160 — 

Chap. VIII. Du genre Asterokpis Eichw. (Chelonichthys Agass.) 

Singulière coïncidence dans l'établissement de ce genre. Ses caractères distinctifs. Les auteurs qui ont 
étudié ces débris ne les ont pas toujours rapportés à leur véritable classe. Les dents des Dendrodes et des 
Lamnodes ne sont peut-être que des dents d'Asterolépis. Importance qu'il y aurait à le constater. Descrip- 
tion de l'A. Asinusii de Russie et d'Ecosse , des A. oriiala et speciosa de Russie , de l'^. minor de Russie et 
d'Ecosse et de l'yl . granutoa des environs de Riga p. 89. 

Des ossemem d'Asterolépis , p. 94. 

Chap. IX. Du genre Bothriolepis Eichw. (Glyptosteus Agass.) 
Caractères distinctifs du genre. Description des B. ornata el favosa i'Ecosse et de Russie. p. 97. 
Chap. X. Du genre Psammosteus Agass. 

Ses caractères distinctifs. Description de quatre espèces, les P. mœandrinus, paradoxus, arenalus et un- 
(Ma<MS , provenant tous de Russie p. 103. 

Additions à la famille des Célacanthes. 

Représentant vivant de cette famille. Ses caractères anatomiques. Autres poissons qui rentreront pro- 
bablement dans la même famille lorsqu'on connaîtra mieux leur organisation. Des travaux anatomiques 
sur les représentans actuels de l'ordre des Ganoides feraient faire plus de progrès à l'ichthyologie fossile 
que la découverte de nouvelles espèces p. 107 

V. Des Placoides. 

Chap. I. Des Placoides en général. 

Les Placoides sont peu nombreux dans le système dévonien. A quoi il faut l'attribuer. Il serait témé- 
raire d'en tenter la classification. On ne peut pas encore déterminer à quelles espèces de rayons il faut 
rapporter les dents et les mâchoires p. 110. 

Table analytique des genres et des espèces. Leur comparaison avec ceux de la Méditerrannée. p. 111. 

Chap. IL Des Icluhyodorulithes. 

Enumération des genres. Neuf sont entièrement nouveaux. Ils se font tous remarquer par leur 
petite taille p. 113. 

I^"" Genre. Homacanthus Agass. 
Ses caractères distinctifs. Description de 1'//. arcuatus des environs de St.-Pétersbourg. p. 113. 

11^ Genre. Haplacanthus Agass. 
Les caractères du genre. Description de VH. marginalis des environs de St.-Pétersbourg. p. 114. 

III^ Genre. Odonlacanthus Agass. 

Caractères distinctifs du genre. Description de VO. crenatus de Megra et de \'0. heterodon des environs 
de Riga p. 114. 

IV" Genre. Narcodes Agass, 
Ses caractères. Descriptions du iV, pas<M/«/erus des environs de St.-Pétersbourg ... p. 115. 



— 161 — 

V" Genre. Naulas Agass. 
Caractères du genre. Description du A^. swfcaiMS des environs de St. -Pétersbourg ... p. 116. 

VI^ Genre. Byssacanthus Agass. 
Caractères distinctifs du genre. Description des B. crenulatus et lœvis l'un et l'autre des environs de 
St.-Pétersbourg p. 116. 

VII'' Genre. Onchus Agass. 
Ses caractères restreins. Description des 0. heterogyrus et SMÔtews des environs de St.-Pétersbourg, 
et de rO. sem«s<n'a<us des environs de Southstone-Rock p. 117. 

VIIF Genre. Ptychacariilms Agass. 
Caractérisé dans les Recherches. Description du P. dubius des environs d'Abergavenny . p. 118. 

IX^ Genre. Ctenacanthus Agass. 

Caractères du genre, déjà établi dans les Recherches. Description des Ct. serrulatus et ornatus, prove- 
nant, l'un de Kokenhusen, l'autre de Sapey p. 119. 

X'^ Genre. Climatius Agass. 
Caractères distinctifs du genre. Description du C. reliculatus des environs de Balruddery. p. 119. 

XI' Genre. Parexus Agass. 
Caractères du genre. Description du P. recunjus de Balruddery. , p. 120. 

XII" Genre. Cosmacanthus Agass. 
Caractères distinctifs du genre. Description du C. Malcolmsoni des environs d'Elgin. . p. 120. 

Chap. III. De quelques mâchoires et dents de Placdides. 

Elles sont peu nombreuses dans les couches du système dévonien dans lesquelles les Squales ne sont 
représentées que par une seule espèce p. 122. 

I*' Genre. Vtenodus Agass. 

Caractérisé dans les Recherches. Description des C. Keyserlingri, Wôrlhii, marginahs et parvulus ; les 
deux premiers provenant des environs de St.-Pétersbourg, et les deux autres dOrel. . . p. 122. 
Il'' Genre. Cladodus Agass. 

Caractérisé dans les Recherches. Description du C. simplex des environs de St.-Pétersbourg. p. 124. 

Tableau synoptique des poissons fossiles du système dévonien. p. 125. 

Additions et corrections ' p. 133. 

Appendice p. 151. 



d62 — 



EXPLICATION DES PLANCHES. 



Tab. A. — Pterygotus anglicus Ag. Crustacé gigantesque de Bairuddery en Ecosse. Décrit p. XX. 
Tal). B. — Structure microscopique des plaques osseuses et des dents des Céphalaspides et des Céla- 
canthes de l'Old Bed. 

Fig. t. Coupe horizontale d'one plaque de Plerichthys oblongus Ag., décrite p. 11. 

Fig. 2. Coupe longitudinale d'une dent de Coccosteus decipiens Ag., décrite p. 26. 

Fig. 3. Coupe verticale d'une plaque de Coccosteus decipiens Ag., décrite p. 26. 

Fig. 4. Coupe verticale d'une plaque d' Àsterolepis ornata Eichw., décrite p. 90. 

Fig. 5 et 6. Coupes verticales d'une plaque de Psammosteus paradoxus Ag., décrites p. 103. 

Fig. 7. Coupe verticale d'une plaque de Bothriolepis ornata Eichw., décrite p. 98. 
Tab. C. — Figures de différentes espèces de dents de Lamnodus et de Dendrodus et détails microsco- 
piques sur leur structure. 

Fig. 1-6. Dents de Lamnodus hastatus Ag., de Riga, décrites p. 87. 

Fig. 7-9 Dents de Lamnodus biporcatus Ag., de Riga, décrites p. 84. 

Fig. 10. Dents de Dendrodus strigalus Ow , Riga, décrites p. 80. 

Fig. 11-13. Coupes transversales d'une dent de Lamnodus haslatiis sous divers grossissemens, 
décrites p. 87. Fig. 11, faible grossissement d'une coupe complète; fig. 12, inters- 
tice médulaire fortement grossi; fig. 13, une portion d'un canal médulaire fortement 
grossie. 

Fig. 14-19. Coupes d'une dent de Lamnodus biporcatus, décrites p. 84. Fig. 14, coupe 
transversale près de la base de la dent, faiblement grossie; fig. 15, coupe transversale 
prés du sommet de la dent, faiblement grossie; fig. 16, coupe transversale d'un 
interstice médulaire bifurqué, fortement grossie ; fig. 17, coupe transversale d'un 
interstice médulaire branchu fortement grossie; fig. 18, coupe longitudinale super- 
ficielle fortement grossie ; fig. 19, coupe transversale de deux canaux niédulaires 
parallèles, avec un seul système de tubes calcifères, fortement grossie. 

Fig. 20-22. Coupes transversales d'une dent de Dendrodus strigalus, décrites p. 80. Fig. 20, 
coupe transversale, faiblement grossie; fig. 21, coupe transversale d'un interstice 
médulaire, fortement grossie; fig. 22, coupe transversale d'un canal médulaire, for- 
tement grossie. 
Tab. D. — Figures restaurées au trait des genres Acanthodes , Cheiracanthus, Diplacanihus , et Cheirolepis. 

Fig. 1. Genre ^ca((?/io(teAg., caractérisé p. 35. 

Fig. 2. Genre Cheiracanthus Ag., caractérisé p. 37. 

Fig. 3. Genre Dip/acan</ms Ag., caractérisé p. 40. 

Fig. 4. Genre Cheirolepis Ag., caractérisé p. 44. 



— 163 — 

Tal). E. — Figures restaurées au trait des genres Diplerus, Osleokpis , et Diplopterus. 

Fig. 1. Genre Diplerus Seà^w . et Murch., caractérisé dans les Recherches sur tes Poissons foss. 

Tom. II. p. 23 et 113. Voir aussi p. 58 de cette monographie. 
Fig. 2. Genre Osteolepis Val. et Pentl. , caractérisé p. 50. 
Fig. 3 et 4. Genre Diplopterus Ag., caractérisé p. 53. 
Tab. F. — Squelette, écailles et contour de YArapaima Mùll. ou Sudis gigm de Cuvier, décrit p. 107. 
Tal). I. — Fig. i-3. PtericlitJiys Mî7/mAg., décrit p. 15. 

Fig. 4 et 5. Plerichthys cancriformis Ag , décrit p. 17. 
Tab. II. — Ptcrich/hys cornutus Ag., décrit p. 17. 
Tab. III. — Fig. 1 et 2. P lerichthijs oblongus Ag., décrit p. 18 et 133. 

Fig. 3 et 4. Pterichthys lalus Ag., décrit p. 12. 
Tab. IV. — Fig. 1-3. Plericlithys testudinarius Ag., décrit p. 14. 

Fig. 4-7. Pampliraclus Hydrophilus Ag. (sous le nom de Pterichthys Hydrophilus), décrit p. 21. 
Tab. V. — Plerichthys productus Ag., décrit p. 16. 

Tab. VI. — Figures restaurées au trait des genres Pterichthys, Pamphractus et Coccosteus. 
Fig. 1 . Genre Pterichthys Ag., caractérisé p. 6. 
Fig. 2. Genre Pamphractus Ag., caractérisé p. 20. 

Fig. 3 et 4. Genre Coccosteus Ag., caractérisé p. 22; la lig. 4 représente les plaques cépha- 
laires et nuchale vues d'en haut. 
Tab. VII, VIII, IX et X. — Coccosteus decipiens Ag., décrit p. 26 et 137. 
Tab. XI. — Coccosteus oblongus Ag., décrit p. 28 et 136. 
Tab. XII. — Cheirokpis Cummingiœ Ag., décrit p. 45. 
Tab. XIII. — Fig. 1 et 2. Diplacanthus crassispinus Ag., décrit p. 43. 
Fig. 3 et 4. Diplacanthus striatulus Ag., décrit pag. 42. 
Fig. 5. Diplacanthus longispinus Ag., décrit pag. 42. 
Tab. XIV. — Fig. 1-5. Diplacanthus striatus Ag.. décrit pag. 41. 

Fig 6 et 7. Diplacanthus crassispinus Ag., décrit pag. 43. 
Fig. 8 et 9. Diplacanthus longispinus Ag., décrit pag. 42. 
Tab. XV. — Cheiracanthus microlepidolus Ag., décrit pag. 38. 
Tab. XVI et XVII. — Diplopterus macrocephalus Ag., décrit pag. 54 et 138. 
Tab. XVIII. — Diplopterus borealis Ag., décrit pag. 55. 
Tab. XIX. — Fig. 1-3. Osteolepis major Ag., décrit pag. 51 et 138. 

Fig. 4 et 5. Glyptolepis elegans Ag., décrit pag. 65 et 140. 
Tab. XX et XXI. — Glyptolepis leptopterus Ag., décrit pag. 63 et 139. 
Tab. XXI a, — Fig. 1. Glyptolepis leptopterus Ag., décrit pag. 63 et 139. 
Fig. 2. Glyptolepis elegans Ag., décrit pag. 65 et 140. 
Fig. 3-7. Glyptolepis microlepidotus Ag., décrit pag. 65. 
Tab. XXII. — Fig. 1 . Holoptychtus Flemingii Ag., décrit pag. 71. et 140. 
Fig. 2. Iloloptychius Murchisoni Ag., décrit pag. 72. 
Fig. 3. Holopiychius Andersoni Ag., décrit pag. 72. 
Tab. XXIII. — Iloloptychius nobilissimus Ag., décrit pag. 73 et 140. 
Tab. XXIV. — Fig. 1. Phyllolepis concentricus Ag., décrit pag. 67. 



— \6k — 

Fig. 2. Uoloptychius nobitissimus Ag.,(sous le nom A'H. giganteus Ag.), décrit pag. 73 

et 140. 
Fig. 3-10. Holoptychius giganteus Ag., décrit pag. 73 et 140. 
Fig. 11. Holoptychius Omaliusii Ag., décrit pag. 75 et 141. 
Tab. XXV. — Platygnathus Jamesoni Ag., décrit pag. 77 et 142. 

Tab. XXVI. — Glyptopomus tninor Ag. (sous le nom de Platygnathus minor Ag.), décrit pag. 57. 
Tab. XXVII. — Fig. 1. Polyphradus platycephalus A.g., décrit pag. 29. 

Fig. 2-4. Psammosteus paradoxus Ag. (sous le nom de Psammolepis paradoxus Ag.) , 

décrit pag. 104. 
Fig. 5 et 6. Psammosteus mœandrinus Ag. (sous le nom de Placosteus mœandrinus Ag.), 

décrit pag. 104. 
Fig. 7. Bothriolepis favosa Ag., décrit pag. 100 et 149. 
Tab. XXVill. — Fig. 1 et 2. Dendrodus latus Ow., décrit pag. 82 et 142. 
Fig. 3. Dendrodus sigmoidcs Ow., décrit pag. 82 et 143. 
Fig. 4 et 5. Cricodus Ag., décrit pag. 88. 
Fig. 6 et 7. Lamnodus biporcatus Ag., décrit pag. 84 et 144. 
Fig. 8-10. Acanthodes pusillus Ag., décrit pag. 36. 
Fig. 11. Platygnathus paucidens Ag., décrit pag. 78. 
Fig. 12 et 13. Bothriolepis favosa Ag., décrit pag. 100 et 149. 
Tab. XXVUla. — Fig. 1 et 2. Dendrodus slrigatus Ow., décrit pag. 80 et 143. 
Fig. 3-5. Dendrodus sigmoides Ow., décrit pag. 82 et 143. 
Y\g.^ ^{.1. Dendrodus tenuistriatus Ag., décrit pag. 143. 
Fig. 8-12. Dendrodus latus Ow., décrit pag. 82 et 142. 
Fig. 13. Dendrodus minor Ag., décrit pag. 144. 
Fig. 14 et 15. Lamnodus biporcatus Ag. , décrit pag. 84 et 144. 
Fig. 16 et 17. Lamnodus hastalus Ag., décrit pag. 87 et 145. 
Fig. 18. Lamnodus sulcatus Ag., décrit pag. 145. 
Fig. 19 et 20. Fragment de mâchoire de Dendrodus, décrit pag 88. 
Fig. 21 et 22. Ctenodus marginalis Ag., décrit pag. 123. 
Fig. 23. Ctenodus parvulus Ag., décrit pag. 124. 
Fig. 24. Coprolilhe de l'une des espèces carnirores de l'Old Red , probablement d'un 

Célacanlbe décrit pag. 144. 
Fig. 25. Asterolepis ornata Eichw. décrit pag. 93 et 146. 

Fig. A. Grand fragment de grès provenant de l'Old Red des environs de St-Péters- 
bourg , et montrant l'abondance extraordinaire des fossiles dans ce terrain. Sur 
l'exemplaire figuré j'ai reconnu des débris de cinq espèces déterminables, sans 
compter les nombreux fragments trop détériorés pour pouvoir être reconnus. Les 
espèces reconnaissables sont les suivantes : a, b, c, d, e, et f. Lamnodus hastatus Ag., 
décrit pag. 87 et 145. — g, h, i et h. Asterolepis minor Ag., décrit pag. 144. — 
, /. Psammosteus arenalus Ag. , décrit pag. 105. — m. Byssacanthus crenulalus Ag., décrit 

pag. 1 16. — n. Osteolepis major Ag., décrit pag. 51 et 138. 
Tab. XXIX. — Bothriolepis ornataEkh-^'., décrit pag. 99 et 149. 



— 165 — 

ïal). XXX. — Fig. 1. Asterolepis Asmusii Ag., décrit pag. 92 et 146. 
Fig. 2-9. Asterolepis ornataAg., décrit pag. 93 et 146. 
Fig. 10. Asterolepis speciosa Ag., décrit pag. 93 et 146. 
Fig. 11. Asterolepis minor Ag., décrit pag. 94 et 147. 
Fig. 12. Asterolepis (jranulala Ag., décrit pag. 94 et 147. 
Tab. XXXa. — Fig 1. Ptericklhys obloiigus Ag., décrit pag. 18 et 133. 
Fig. 2. Coccosieus oblongus Ag., décrit pag. 28 et 136. 
Fig. 3. Ptericklhys arcnatus Ag., décrit pag. 133. 
Fig. 4. Asterolepis speciosa Ag., décrit pag. 93 et 146. 
Fig. 5-9. Asterolepis ornata Ag., décrit pag. 93 et 146. 
Fig. 10. Asterolepis Iloeninghausii A§., décrit pag. 147. 
Fig. 11. Asterolepis Asinusii Ag., décrit pag. 92 et 146. 
Fig. 12. Asterolepis granulata Ag., décrit pag. 94 et 147. 
Fig. 13. Bothriolepis favosa Ag., décrit pag. 100 et 149. 
Fig. 14 et 15. Bothriolepis ornata Ag., décrit pag. 99 et. 149. 
Fig. 16. Asterolepis Malcolmsoni Ag., décrit pag. 147. 
Fig. 17 et 18. Coccosteus maximus Ag., décrit pag. 137. 
Fig. 19. Coccosteus decipiens Ag., décrit pag. 26. 
Fig. 20-23. Placothorax paradoxus Ag., décrit pag. 134. 
Tab. XXXI. — Fig. i-'3. Plerichthys major Ag., décrit pag. 133. 

Fig. 4. Coccosteus cuspidatus Ag., décrit pag. 28 et 137. 
Fig. 5. Polyphractus platycephalus Ag., décrit pag. 29. 
Fig. 6. Homothorax Flemingii Ag., décrit fdg. 30 et 134. 
Fig. 7-10. Psanimosteus arenatus Ag., décrit pag. 105. 
Fig. 11 et 12. Psammosteus undulatus Ag., décrit pag. 106. 
Fig. 13 et 14. Stagonolepis Robertsoni Ag., décrit pag. 139. 
Fig. 15-18. Actinolepis tuberculatus Ag., décrit j.ag. 141. 
Tab. XXXI a. — Fig. 1-7. Diploplerus macrocephalus Ag., décrit pag. 54 et 138. 
Fig. 8-13. Osleolepis major Ag., décrit pag. 51 et 138. 
Fig. 14-19. Chelyophorus Verneuilii Ag., décrit pag. 135. 
Fig. 20 et 21. Chelyophorus pustulatus Ag., décrit pag. 136. 
Fig. 22 et 23. Platygnathus Jamesoni Ag., décrit pag. 77 et 142. 
Fig. 24. Glyptolepis leplopterus Ag., décrit pag. 63 et 139. 
Fig. 25. Iloloptychius Flemingii Ag., décrit pag. 71 et 140. 
Fig. 26. Iloloptychius nobilissimus Ag-, décrit pag. 73 et 140. 
Fig. 27. Diploptcrus affinis Ag., décrit pag. 55 et 138. 
Fig. 28. Actinolepis tuberculatus Ag., décrit pag. 141. 
Fig. 29 et 30. Asterolepis minor Ag., décrit pag. 94 et 147. 
Fig. 31. Asterolepis apicalis Ag., décrit pag. 148. 
Fig. 32-35. Bothriolepis favosa Ag., décrit pag. 100 et 149. 
Fig. 36 et 37. Bothriolepis ornata Eich-w . , décrit pag. 99 et 149. 
Tab. XXXII. — Os détachés d'Asterolépis, décrits pag. 94. 

Ag. OLD RED. 22 



— 166 — 
Tab. XXXIII. — Fig. 1-3. Homacanthus araiaius Ag., décrit pag. 113. 
Fig. 4-6. Haplacan/hus marginalis Ag., décrit pag. 114. 
Fig. 7. Odonlacanthus crenatus Ag., décrit pag. 115. 
Fig. 8. Odonlacanthus, heterodon Ag., décrit pag. 115. 
Fig. 9. Narcodes pustulifer Ag., décrit pag. 115. 
Fig. 10. Naulas sulcalus Ag., décrit pag. 116. 
Fig. 11-14. Byssacanlhus crenulatus Ag., décrit pag. 116. 
Fig. 15. Byssacanthus lœvis Ag., décrit pag. 117. 
Fig. 16-18. Onchus heterogyrus Ag., décrit pag. 117. 
Fig. 19-21. Onchus sublœvis Ag., décrit pag. 118. 
Fig. 22 et 23. Pty cliacanthus dubius Ag., décnt pag. 118. 
Fig. 24. Ctenacantims serrulatus Ag., décrit pag. 119. 
Fig. 25. Climalius reticulatus Ag., décrit pag. 120. 
Fig. 26 et 27. Parexus recurvus Ag., décrit pag. 120. 
Fig. 28. Cosmacanthus Malcolmsoni Ag., décrit pag. 121 
Fig. 29-31. Cladodus stmplex Ag., décrit pag. 124. 
Fig. 32-35. Ctenodm Keyserlingii Ag, , décrit pag. 122. 
Fig. 36. Ctenodus Wôrlhii Ag., décrit pag. 123. 
Fig. 37. Onchus semistriatus Ag., décrit pag. 148. 



167 — 



TABLE ALPHABETIQUE. 



NOMS DES FAMILLES, DES GENRES, DES ESPÈCES ET DES SYNONYMES 



MENTIONNÉS DANS CE VOLUME (*). 



ACANTHODES Ag. 34 , 35. 

— pusillusA^. 34, 36, 126. 
ACANTHODII Ag., 126. 
ACANTHODIENS Ag. 32, 34, 126, 156. 

ACTINOLEPIsAg. 141. 

— tuberculaius Ag. i2S, 141. 

• Amia L. 108, 109. 
Arapaima gigas Miill. 107,109. 

AsTEROLEPis Eichw. 61, 89. 151, 154 

— apicalù Ag. 130, 148. 

— AmimiAg. 61, 92 , 129, 146. 

— concatenatus Eichw. 154. 

— depressus Eichw. 154. 

— granulata Ag. Gi ,9ï, 130,147. 

— Hœmnghausn Ag. 130, 147. 

— Malcolmsom Ag. 130, 147. 

— miliaris Ag. 61, 147. 

— minorAg. 94, 129, 147. 

— onmta Eichw. 61 , 93 , 129, 146. 

— speciosa Ag. 61 , 93, 129, 146. 

• Bichir 109. 

BoTHRiOLEPis Eichw. 61 , 97, 151. 

— favosa Ag. 61 , 100, 130, 149. 

— ornata Eichw. 6 1 , 99 , 1 30, 1 49 . 
Byssacanthds Ag. 111, 113, 116. 

— arcuatus Ag. 111, 131. 

^ — crenulatus Ag. 111, 116, 131. 



Byssacanthus /œws Ag. 111, 117, 131 153. 
Catopterus analis Ag. 127. 
CÉLACANTIIES Ag. 59, 61, 107, 156. 
CEPIIALASPIDES Ag. 1,5, 125, 156. 
Cephalaspis Ag. 5, 31. 

— Lcwisii Ag. 5, 31, 126. 

— Lloijdu Ag. 5,31, 126. 

— Lyellu Ag. 5,31 , 126. 

— rosiralus Ag. 5,31, 126. 
Ceratodus Ag. 154. 

— lateralis Eichw. 154. 
CESTRACIONTES Ag. 131. 
Chelonichliiys Ag. 89, 151. 

— Asmusii Ag. 92, 129. 

— miuor Ag. 129. 
Cheiracanthus Ag. 34, 37. 

— microlepidotus Ag. 34, 38, 126. 

— minorAg. 34, 39, 126. 

— Murcliàoni Ag. 34 , 39, 126. 
Cheirolepis Ag. 34, 44, 155. 

— Cummiiujiœ Ag. 34, 45, 127. 

— splendens Eichw. 155. 

— Traillii Ag. 34, 127. 

— iinilateralis Eichw. 155. 

— UragusAg. 34, 127, 155. 
Chelyophorus Ag. 135. 

— pustulalus Ag. 126, 136, 154. 



(*) Les noms des genres noweaux et dont il n'existe point d'espèces vivantes sont imprimées en petites capitales. Les noms des espèces 
fossiles sont en italiques. Les synonymes et les espèces douteuses sont en caractères romains. Les noms des espèces ciVoiifcs et des genres 
(|ui n'ont pas de représcntans fossiles, mais qui sont mentionnés dans le texte et comparés avec les fossiles, sont en romain et précédés 
d'un astérisque. Enlin, les noms des familles et des grandes divisions sont en cnpilales. 



— 168 



Chelyophorus Fer/iewî7/« Ag. 126, 135. 
Chiastolepis Eichw. 155. 

— clathratus Eichw. 155. 
Cladodcs Ag. 111, 123. 

— simplex Xg. 111, 123, 132, 153. 
Climatius Ag. 111, 120, 131. 

— reliculatus Ag. 111, 120, 131. 
CLUPESOCES MiiU. 108. 
CoccosTEUs Ag. 5, 22, 151, 154. 

— cuspidatus Ag. 5, 28, 126, 137. 

— decîpcds Ag. 5, 26, 126, 137. 

— latusAg. 126. 

— maximus \g. 126, 137. 

— oblongus Ag. 5, 28, 126, 136. 
COELACANTHI Ag. 128. 

COSMACANTHUS Ag. 111, 113, 120. 

— Malcolmsoni Ag. 111, 121, 131. 
CmcoDcs Ag. 61, 88, 154. 

— incurms Ag. 6 1 , 88, 1 29 , 1 45 . 
Ctenacanthus Ag. 111, 119, 152. 

— ornatus Ag. 111, 119, 131, 153. 

— serrulatus Ag. 111, 119, 131, 1 
Ctenodus Ag. 111, 153. 

— Keijserlingii Ag . 111, 131 . 

— marginalisAg.l^]. 

— parvulus Ag. 132. 

— radiatus Eichw. 154. 

— serratus Eichw. 154. 

— TFmhii Ag. 111, 123, 131. 
Ctenoptycbius Ag. 111. 

— crenatus Ag. 115, 130. 

— priscus Ag. 111, 132. 
DENDuoDisOwen, 61, 79, 154. 

— biporcatus Owen , 84, 129. 

— compressas Owen, 129. 

— hastatus Owen, 87, 129. 

— iocurvus Owen, 129. 

— tous Owen, 61, 82, 129, 142. 

— miuor Ag. 129, 144. 

— sigmoides Owen, 61 , 82, 129, 143. 
strigatus Owen, 61, 80, 129, 143. 

— ienmslrialtis Ag. 129, 143. 



53 



Dents, 111. 
DlPLACA?<THCS Ag. 34, 40, 

— crassts/jmws Ag. 34, 43, 127. 

— longispinus Ag. 34, 42, 127. 

— strialnlus Ag. 34, 42, 127. 

— striatus Ag. 34, 41, 127. 
DiPLOPTERUS Ag. 49, 53. 

— affinis Ag. 49, 55, 128, 138. 

— Agassizii Traill, 55, 127. 

— borealis Ag. 49, 54, 127. 

— macrocephalus Ag. 49, 54, 127, 138. 
DIPTERINI Ag. 127. 

DiPTERCs Ag. 49, 58, 155. 

— arenaceus Eichw. 155. 

— brachypygopterus Sedgw. et Murch. 127. 

— macrolepidotus Ag. 49, 127. 

— macropygopterus Sedgw. et Murch. 127. 

— Valenciennesii Sedgw. et Murch. 127. 
Esturgeon, 109. 

Gltptolepis Ag. 61, 62. 

— elegans Ag. 6 1 , 6 'i. , 1 28 , 1 40 . 

— leplopterus Ag. 61, 63 , 128, 139. 

— microlepidolus Ag. 61, 128. 
Glyptopomds Ag. 49, 57. 

— minor Ag. 49, 57, 128. 
Glyptosteus Ag. 97. 

— favosus Ag. 100, 130. 

— reliculatus Ag. 99, 130. 
GYMNODONTES Cuv. 109. 
Haplacanthds Ag. 111, 113. 

— marginalis Ag. 111, 114, 130. 
Helodcs Ag. 153. 

— lœvississtmus Ag. 153. 
* Heterotis Ehr. 108. 
HOLOPTYCHICS Ag. 61. 68. 

— ilndersoju Ag. 61, 72, 128. 

— Flemingn Ag. 61, 71, 128, 140. 

— giganteus Ag. 61, 73, 128, 140. 

— Murdusoni Ag. 61, 72, 128. 

— nobilissimus Ag. 61, 73, 128, 140. 

— Omalhmi Ag. 61, 75, 128. 141. 
IIomacanthus Ag. 111, 113. 



HoMAc ANTHCs arcua<MS Ag. 111, 113, 130, 153, 
HOMOTHORAX Ag. 134. 

— Fleming ii Ag. 126, 134. 
HYBODONTES, 132. 

Hybodus Ag. 153. 

— gracilis Eichw. 153. 

— longiconus Eichw. 153. 

— subcarinalus Ag. 153. 
ICHTHYODORULITHESBuckl. et de la Bêche 1 1 

113, 130. 
Lamnodus Ag. 61, 83. 154. 

— biporcatus Ag. 61, 84, 129, 144. 

— /mstalus Ag. 87, 129, 145. 

— Panderi Ag. 61, 87, 129. 

— sulcatus Ag. 129, 145. 
Lepidostée 109. 

Lophius piscatorius 95. 
LOPHOBRANCHES Cuv. 109. 

Loricaires 109. 
Mâchoires 111. 
Macropoma Ag. 61. 
iMegalichthys priscus Ag. 30. 

— Fischeri Eichw. 155. 
Microlepis Eichw. 155. 

— exilis Eichw. 155. 

— lepidus Eichw. 155. 
Narcodes Ag. 111, 113, 115. 

— pusluli férus Ag. 111, 115, 131. 
Naulas Ag. 111, 113, 116. 

— sulcatus Ag. 111, 116, 131. 
Odontacanthus Ag. 111, 113, 114, 

— cretialus 111, 115, 1 30. 

— heterodon Ag. 111, 115, 131. 
Onchcs Ag. 111, 117, 152 

— arcuatus Ag. 116. 

— dilalatus Eichw. 153. 

— helerogyrus Ag. 111, 117, 131 . 

— Murchisonï Ag. 152. 

— semistr iatus Ag. 111, 131. 

— sublœvisAg. 111, 118, 131. 

— tenuislriatus Ag. 152. 

* Osteoglossum Vand. 108, 109. 



160 — 

OsTEOLEPis Val et Penll. 49, 50, 155. 

— arenatus Ag. 49, 127. 

— intermedius Eichw. 155. 

— macrolepidolus Val. 49, 127. 

— major Ag. 49, 51, 127, 138. 

— microlepidotus Val. 49, 127. 

— nanus Eichw. 155. 
Pamphractus Ag. 5, 20, 

1 , — Andersoni Ag. 21, 125. 

— Hydrophilus Ag. 5, 21, 125. 
PAREXUsAg. 111, 113, 120. 

— rectirvus Ag. 111, 120, 131. 
Phvllolepis Ag. 61, 67. 

— concentricus Ag. 61, 67, 128. 
PLACOIDES Ag. 110, 156. 
Placosteus Ag. 103. 

— arenatus Ag. 105, 130. 

— inseandrinus Ag. 104, 130. 

— undulatus Ag. 106, 130. 
Placothorax Ag. 134. 

— paradoxus Ag. 126, 134. 
Platygnathus Ag. 61, 76. 

— JamesoniAg. 61, 77, 128, 142, 155. 

— minor Ag. 57, 128. 

— paucidens Ag. 61, 78, 128. 

FLEURACANTaiJS Ag. 153. 

— tuherculatus Eichw. 153. 

POLYPHRACTCS Ag. 5, 29. 

— platyceplialus Ag. 5, 29, 126 135. 
Pristacanthus a g. 153. 

— Marinus Eichw. 153. 
Psammolepis Ag. 103. 

— paradoxus Ag. 104, 130, 154. 

PSAMMOSTEOS Ag., 61, 103. 

— arenatus Ag. 61, 105, 130, 155. 

— mœandrinus Ag. 61, 104, 130, 155. 

— paradoxus Ag. 61, 104, 130. 

— undulalus Ag. 61, 106, 130, 155. 
Pterichthys Ag. VI, 5, 6, 151, 154. 

— arenatus Ag. 125, 133. 

— cancriformis Ag. 5, 17, 125. 

— cornutus Ag. 5, 17, 125. 



170 — 



Pterichthys Hjdrophilus Ag. 2t, 125. 

— major Ag. 5, 19, 125, 133. 

— M//mAg. 5, 15, 125. 

— latus Ag. 5, 12, 125. 

— oblongus Ag. 5, 18, 125, 133. 

— produdus Ag. 5, 16, 125. 

— testudinanus Ag. 5, 14, 125. 
Ptychacanthus Ag. 111, 118. 

— dubiusAg. 111, 118, 131. 

— sublcevis Ag. 118. 
Rayons de nageoires 111. 
Rhizodus Owen, 68. 



Sacrichthys Ag. 155. 

SAUROIDES DIPTÉRIENS Ag. 47, 49, 156. 

SCLÉRODERMES Cuv. 109. 

Sclerolepis Eichw. 154. 

— decoratus Eichw. 154. 
SILUROIDES Cuv. 109. 
Stagoxolepis Ag. 139. 

— Robertsoni Ag. 128, 139. 

* Sudis gigas Cuv. 107. 

— niloticus Riipp. 108. 
Undina Mslr. 61. 

* Uranoscopus Scaber 95. 



— m 



ERRATA. 



( Les planches n'ayant pas été imprimées avant le texte , il en est résulté quelques fautes dans les citations qu'il im- 
porte de corriger.) 

Pag. 19 , dernière ligne ; au lieu de représenté, lisez : représentée. 
Pag. 29 , ligne 5 d'en bas ; au lieu de Tab. 31 , fig. i et Tab 3d , tig. 4 , lisez: Tab. 27, fig. 1 et Tab. 31 , iig. o. 

» ligne 2 d'en bas ; au lieu de Tab. 4, fig. 31, lisez : Tab. 31, fig. 5. 
Pag. 63;, ligne 5 ; au lieu de fig. 1-3, lisez: fig. 1 et 7. 

" ligne 15 ; au lieu de fig. 1, lisez : fig. 2. 

Pag. 65, ligne 9 ; au lieu de Tab. 19, fig. 2 et 3, lisez : Tab. 19, fig. 4 et 5. 
Pag. 67, ligne 12 d'en bas ; au lieu de fig. 11, lisez : fig. 1. 
Pag. 70, ligne 15 ; au lieu de Tab. 23, lisez: Tab. 24. 
Pag. 73, ligne 9 ; au lieu de fig. 2-10, lisez: fig. 3-10. 

ligne 7, d'en bas ; ajoutez : Tab. 24, fig. 2. 
Pag. 68, ligne 7 ; au lieu de Tab. 22, Usez : Tab 23. 

» ligne 4 d'en bas ; au lieu de Tab. 22, lisez : Tab. 23. 
Pag. 80, ligne S. Effacez : Rech. Poiss. foss. Vol. II, Tab, 55 a, fig. 17 et 20: (cette citation appartient au Dendrodus 

latus.) 
Pag. 88, ligne 5 ; au lieu de Des, lisez : Les. 
Pag. 91 , ligne 12 d'en bas ; au lieu de Tab. 30 a, lisez : Tab. 32. 
Pag. 94, ligne 7 ; ajoutez : Asterolepis miliaris, pag. 61. 

» ligne 6 d'en bas; au lieu de Tab. 30 a, lisez .■ Tab. 32. 
Pag. 99, avant-dernière ligne ; après figures, ajoutez .■ 3, 4 et 5. 

" dernière ligne ; ajoutez : Les fig. 1 et 2 représentent des exemplaires de Printschka qui m'ont été communi- 
qués par M. Murcliison. 
Pag. 129, ligne 2 ; ajoutez : Agass. Rech. Poiss. foss. II, Tab. 56 a, fig. 19 et 20. 

» ligne 5 et 6; efl'acez cette même citation. 

» figne 6 d'en bas ; ajoutez: Cremon. 
Pag. 130, ligne 16 : ajoutez : Claslibennie. 




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