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Full text of "Monologues Normands pour ceux qui veulent rire"

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LOUIS B A se ^N 



Monologues Normands 

POUR CEUX QUI VEULENT RIRE 



Où qu'ch'est quest la galette? 

Histoère cfun... cment gué f dirai? 

A qui quscrt un bonnet cf coton 

L Premier Normand 

Etui visit' cheiix l'mèd'chin 

L'pèr Dieulafée 

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1 franc 



LOUIS B A se ^ N 



Monologues Normands 



POUR CEUX QUI VEULENT RIRE 



Où qifcli'esl qii'esl la gale/ le? 

His/oère if un... cment que fdirai? 

A qui qu'serf un bonnet cf colon 

L^ Premier Noi mand 

Eun visir clieux r?nèJ'chi/i 

L'pèr' Dieulafée 

Ges Histoires sont accompag-nées d'un 
Lexique 



PARIS 

H. CHAMPION, Libraire 
Editeur de l'ATLAS LIA'GUISTIQUE de la France 

9, Quai Voltaire 



Cet Ouvrage se vend chez tous les Libraires de Normandie 



TOUS DROITS RÉSERVES 




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lùzi 



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AVANT-PROl'OS 



Ce moùeslc ouvniii'c s'adresse à ceux qui veulcnl rire cl 
aussi à Ceux qui veulcnl s'instruire. Aux uns et aux autres, 
je demanJe la permission de présenter quelques remarques. 

Chaque hiver, les Elèvcs-Maitres de l'I^x^olc normale 
d'Instituteurs de Caen onl l'habiludc de donner à leurs 
parents, à leurs maîtres et à leurs amis une séance littéraire 
et musicale. Cette année, par exception, nos Élèves éprou- 
vèrent de la dii'ticulté à composer leur programme. Certains 
d'entre eux vinrent me dire : « Monsieur, nous sommes 
très ennuyés : nous ne trouvons pas ce qu'il nous faut pour 
faire rire nos invités comme nous voudrions. \'ous seriez 
bien aimable de nous écrire quelque monologue. » 

Ce mot de monoloi^ue me rappela tout à coup le temps 
déjà lointain où, pour soutenir notre renom de gaieté chez 
nos voisins d'Outre-IManchc, je récitais des monologues 
dont j'étais le téméraire auteur; des monologues en fran- 
çais, bien entendu, que mes auditeurs londoniens applau- 
dissaient sans doute parce qu'ils leur donnaient l'illusion 
de connaître notre langue dans ses nuances les plus fines. 

Ce souvenir m'étant agréable, j'écrivis l'amusante histoire 
di'iine Visite chez le Médecin. Traduite en patois des envi- 
rons de Pont-l'Evèque et dite avec un naturel parfait par 
M. Pouchin , elle remporta un tel succès que plusieurs 
personnes, après en avoir ri de bon cœur, la demandèrent 
à des hbraires; leur désappointement fut vif lorsqu'elles 
apprirent que l'histoire ne se vendait pas. 

Comme j'aime à contribuer au plaisir de mes contem- 
porains, je conçus l'idée d'autres récits normands pour 
« les bons gars d'Normandie et d'aut' part. » 

Ces récits, tirés en général d'observations personnelles, 
de conversations entendues en chemin de fer, à la cam- 



pagne ou sur les places de marchés, sont ceux que j'offre 
aujourd'hui au public. Ils ont pour objet, d'abord, de faire 
rire ceux qui pensent que « rire est le propre de l'homme » ; 
en outre, de procurer aux psychologues et aux linguistes 
des renseignements utiles sur le caractère normand et sur 
plusieurs patois calvadosiens. 

Avant d'apprécier le caractère si complexe et si curieux 
des descendants de ceux « qu'a conquis l'Angleterre », je 
préfère l'étudier encore. Je voudrais dire seulement quel- 
ques mots sur les patois recueillis dans ces pages. 

Ainsi qu'on peut le constater, les six histoires qui suivent 

sont écrites en six patois différents du Calvados. Je tiens à 

remercier ici, après MM. Charles GUEBLIN DE aUER et 

Arthur MARTE qui m'ont aidé de leurs conseils, MM. Gast, 

Gautier, Brion, Esnault, Pouchin, Gallier, Élèves-Maîtres à 

l'École normale de Caen, qui ont bien voulu mettre à ma 

disposition leur connaissance des parlers des environs de 

Caen, de Bayeux, de Falaise, de Lisieux, de Pont-l'Évèque 

et de Vire. Si mes histoires ont quelque saveur locale, c'est 

à mes jeunes collaborateurs qu'elles le doivent en grande 

partie. Et pour les défendre auprès de ceux qui trouveraient 

à y signaler certaines expressions comme étrangères aux 

patois du Calvados, je me contenterai de rappeler qu'un 

patois quelconque, s'il est vivant, s'enrichit sans cesse de 

vocables empruntés à la ville, à la caserne, aux journaux et 

aux chansons ; qu'il y a, dans un même patois, des façons 

de s'exprimer particulières à tel ou tel individu ; enfin, que 

le meilleur moyen — je dirais volontiers, si je ne craignais 

d'être pédant, la seule méthode scientifique — d'étudier un 

patois consiste, non pas à consulter des glossaires, ni 

même sa propre expérience qui est toujours plus ou moins 

incomplète, mais à constater fidèlement Piisage actuel. 

Voilà comment et dans quel esprit j'ai composé ces 

Monologues Normands. 

L. B. 

Çaen, i'^' Juillet içoJ. 



.'NLtT/T^i p p r^ 






Oii qucliVsl qu'csl la Galelle ? 



(En palais des cncirons de Caca) 



No s'aiiiiisail raitic benc'sai là, Ichcux l'iacleur L'Ijailly. 
Dame, cli'est qu'y avait congé l'iend'niaiii, et quant'y pou- 
vait s'Ia couler douce, il en profitait por faire v'ni tcheux 
li san biau père et sa bellenière, san biau-frère et sa belle- 
seù, l'couosin Paul, l'couosln Jules et la couosine Viclo- 
i-ène. Sa maison n'était pas eun'maii'ie ben seur, mais no 
z'y avait tout d'même de la plache por se r'iouorner. 

L'père et la mère Robillard s'assiéssaient opreux d'Ia 
cli'minée comme deux vieux pigeons qu'ont besoin d'clia- 
leù. L'biau-frère et la belle seù, des nouvè mariés, s'met 
talent en face des bonnes gens, s'serraient l'un cont'l'aut' 
s'catouoiilaient,s'faisaient des nudices, et, tout d'un coup, 
s'iordaient comme tles baleines. L'couosin Paul était un 
p'tit blanc-bec qui n'gagnait pas ben gros au Crédit Yon- 
nais et qui n'en f'sait pas por san tabac ; avec sa rèe sus 
l'colé d'I'orèle et les troè ou quat' mécbants brins de poèl 
qui s'battaient en duel d'souos san nez, il avait euu' tète 
d'notaire ou d'tchustos. 

L'couosin Jules, maricba de s'n'état, n'ii r'semblait 



— <i — 

guère. Ch'était un grand diàbe, malin comme un singe, 
terjoû en mouv'ment, terjoû content d'ii. Fallait l'vê en- 
trer sans rigoler, sans dire eun' parole, pis s'mette à 
embrachi tout l'monde comme un fou, l'couosin Paul ilout 
qui {'sait la grimache. Fallait l'vê, c'coquin-là, couori 
apreux la couosine Victorène derrière la tàbe et les qué- 
res, l'attraper où qu'y pouvait, pis la prend' par la taille ou 
par se cotillons. Fallait l'eniend' alors embracbi à touor 
dé bras la couosine qui fsait des magniéres pass'que y 
avait du monde, l'embrachi enco, et r'comnienchi d'pus 
belle pendant eun' bonn' minute ! Non, y avait d'quiè 
s'kerver d'rire lorsqu'apreux c't'abominâtion y s'en 
rev'nait à la ch'minée avec des z'yeux ébellouis etla mous 
tacbe ébouorifée, pendant qu'les p'tiots à L'bailly, qui 
riaient comme des boclius, fallait vê! sautaient comme li, 
kerryaient comme li, mais d'eun' voix co pus vipàrde, 
pendant qu'dérière, la couosine Victorène, tout' rouge, 
r'mettait un brin d'orde dans ses g'veux et dans sa taille. 
L'bailly, li, d'bout d'vanl la tàbe, les bras ertroussés jus- 
qu'aux coudes, y détrempait d'ia fleû dans eun' grand' cas- 
trole, c'qui n'I'empèchait pas d'rigoler des bêtises du 
couosin Jules... Apreux uji bout d'temps, y décroquit du 
mur eun' galetiere tout" nére, la passif d'vant l'feu, la sé- 
couit un brin et dit comme cha : 

— Eli ben, qui qui va faire la permière galette ? 

— L'couosin Jules ! l'couosin Jules ! s'ébèryireut les 
éfants en tapant des mains. 

— Oui, oui, dirent à leur louo, l'père et la mère, l'biau 
frère etla belle -seû, et surtout la couosine Victorène, qui 
kerryait co pus fort (jue l'z'aut' por s'vengi. 

Jules fit des magniéres, n'voulut pas, s'mit à conter 
eun' bistoère.... ; cba n'print pas ; y dut gober la pilule. Y 
fut forclii dé s'mette un grand tabellier bleu dont les 



cordons poiidiiicnt i)ar dérière. l/hiiilly, (|u\''tail un bon 
gars, |)or l'Urer d'allairc versil sus la gal'liére euu' 
quiyàpotée (rdétreni|)0. 

— AUeiilioii ! qu'y Kciryil, atteiilion rcouosiii ! v'ià 
riiioiuenl v'nu de r'touorncr la gaiotte. )) 

Jules print la gariit'i'e sans s'épalcr, fit sautcu' la galottc 
un l»rin, sautit comme eun' quévro et verdi V(M'dà ! v'ià 
man gars (|ui dt'gringole sus l'dos, ('leiidu d'iout san long 
comme eun'gaule. 

— Ah ! l'inalatlrel, lit L'hailly en s'baissant |)or 
er'lever la gariiére qu'Jules avait làcliie. 

— Va qu'il poi' faire des touos comme (dia ! s'ëbèryit 
Vie tore ne. 

— Mais mais où qu'ch'est qu'est la galette ? 

keiTvit L'hailly. 

Y r'gardit eu bas, d'sous la tàbe, enterr' les quères du 

biau-frère et d'ia belle-seù qui s'étaient co j-approciiis 

rien ! Jules s'avait r'ievé, mais n'y avait pus d'galette ! 

— J'parie qu'y l'a maugie ! kerryit la belle-seû, qui 
voulait tirer l'z'yeux dé d'sus elle. 

Tout d'un coup, les p'tiots à L'hailly, qui jouaient à 
cache cache enterr' les gambes du grand Jules, s'niirent 
à kerryer : « La v'ià! la v'ià ! » Et tapant des pieds, tapant 
des mains, sautant, s'kervant d'rire, y montraient l'endret 
qu'vo connaissez ben au bas du dos du couosin. Chacun 
ouvrit l'z'yeux : la galette y était restée collée ! 



i&'«^ lL^*»^B ^»^ £t^^ii^Ma^»ii^j 



Histoère d'un... c'ment que jdirai ? 



{En patois des environs de Bayeux) 



Vsw jouo qu'TuhϞ avait beu biaucoup pus qu'yu' n'avait 
besoin, y tapit sus sa femme si dû et tant de temps que 
c'té-là jurit d' s'n'aller. Li, qu'était plein comme un œû, 
l'encouoragit à faire c'qué disait, et les v'ià touo deux 
d'vant l'tribuna. 

Quand y fut assis sur l'banc des coquyins, y s'mit à 
réfléchi. Cha n'y' arrivait pas suouvent d'rétléchi, ch'est 
pour cha qu'j'vo z'en cause un brin. Y s'dit : « J'vas perd' 
ma femme qui m'fait d'si bouonne tcheusaine, qui lave et 
r'pàsse mes rliardes, qui m'soigne quand j'sieus malade, 

qui jn'rend tant d'services et qu'jé n'poè pas. Eh ben 

non ! è n's'en ira pas. » 

Quand sa femme dit qu'y yan avait foutu comme un 
enragi, y cryit de toutes ses forches qu'ch' était pas vrai. 
L'persident essayit bié dé l'rouoler, Tubœû né s'iaissit pas 
faire: y dit qu'il adorait sa femme comme el' bouon Gieu 
et qu'ié l'aimait bié n'itout, qu'ol avait bouon quieu, 
mais qu' no z'avait vouolu l'enjôler. 

L'persident, qui n'vouolait pas dêner trop tard, fit v'ni 
les téemoins. 

Y s'am'nit d'abo un cantonnier qu'avait les g'noux en 
d'dans, la frimousse rouge comme un cù. 



!/|)('rsi(li'iit li (riii;iii(lil.: 

— Av' où.s veu ['//('poiix Tiihipù s'l)all('? 

— Non, moussicu, répoiiit rcaiiloiinier, mais j'en siens 
sour, car i'travaillais sus l' qu'inin à côlé d'Ieù niouaisou 
ol j'ié z'di eiilriidus s'cliicaiicr. 

— (ilia n'suHil, piis, dil r[)t'i-si(l('iil (i'niauvéso liuineù. 
Allez vo /."a.^sièrc. )) 

No ii'irappelle un auT, un p'iil \a(|nier. S'apprcnclHi 
un lianiin en hiaudc cl en j;ros soulii's, l'air hclc connue 
un oè. 

L'persideiil l'y d'niandil a la iév (Umix o li'è qiiessions 
por allei" pus vile. l/i;aniin d'abo n'i-épuiiil [làs ; pis 
connue l'pcrsidenl adoucliilsa voè, y bèguilquéques niols, 
dit des béelises. l/persidenL s'eniportlt, ri;ainiu reslil là 
sans i)Ouver riu dii-e. Son hébèl'iiH'Ul lit rire tout 
rniiMiile, derrière les licndàrines (|ui rouolaieut dé /,'ues 
d'ca. l/[ter.-ident, |»réeclii d'[)arli, j:)0sit c'té quession au 
téenioin. 

— Av'oùs veu Tidj(ï3Ù laper sus sa femme? 

— Je ii'sais [)às, moussieu, réi)onit rgamin. 

— Cli'est bon, allez vo z'assière. » 

L'ussier appelle en causant du nez: Angélique Amélie 
Grosot. 

Eun' petite vieule toute ridée, s'iévit d'à côté d'ia 
porte, dans un coin où è s'tait plachie. Sans attend' tl'invi- 
talion, è prinl deux grands pagnies qu'étaient d'vant ié, 
è s'n'allit à la gril' du tribuna, d'un pas d'eun' qui n'a pas 
fré é z'ues. D'vant l'persideut, è posit ses deux pagnies 
sus l'planclner, enl'vil rnu^ucheux qu'ol avait sus sa 
tète et r'gardit l'magistrat ([u'élait d'vant ié. 

— Av'oùs veu, ([ui l'y dit, Tubœù et sa femme s'batte'.'' 

— Non, moussicu, l'persident, mais auchi vrai que 
j'sieus vot' énée, j'ié z'ai entendus bié souovent, car 



— 10 — 

j'd'meure à côté d'ieux et qu'y n'ya qu'un r'fend qui uo 
sépare. 

— G'qué vo dites-là n'preuve pas bié d'qué, dit l'persi- 
dent qui c'mencliit à s'Iiébéler. 

— Gli'est bié possib', lit la vieule, mais j'vo z'asseure 
qu' Tubœû tapait sus sa femme si dû qu' la cloèson en 
craquit et 

— Y n's'agit pas d'cha, dit l'persident tout en rage, 
Av'oùs veu, oui ou non. Tubœû Ijalte sa femme, l'av'oûs 
veii V 

— Dame, non, dit la vieule. 

— Eh bié, allez vo z'assière. » 

La vieule enl'vit ses pagnies, r'touornit à sa plache en 
grognant d'qué enterr' ses dents. 

Pieus, d'san côté, tout près d'ié, no dirait qu'cb'est ié 
qu'en est la cause, équiate un... c'ment que j'dirai ?... un 
bri, non, un soupi, un gros soupi, comme un potin du 
diàbe. 

L'persident rouoge ed' col'ére, s'iévit d'sa quière. 

— Dites don, vo, j'vo rappelle au respect qu'vo d'vez au 
tribiina. » 

La vieule l'ergàrdit comme eun' sainte mitouche. 

— C'hest à mé qu'vo n'n'avez, moussieu l'persident ? 

— Oui, cii'est à vo qui... 

— L'av'oûs veu, en vo respectant ? 

— Non, qu'réponit l'persident. 

— Eh bié! qu'é dit en foutant l'camp, allez vo z'assière ! 
Tandis qu' l'persident d'meurait tout béete, les siens 

qu'étaient là s'ténaient l'vent' por s'empéechi d'rire. 
L'procé fut fini, Tubœû et sa femme s'rac'modirent. 






fD 



A qui qu'serl un bonnet (rcolon 

(En patois des environs de Falaise) 



Vo n'connècliez pas eul'niaire de ? Bah! y vaut mieux 

n'pàs nommer personne. Alors, vo n'connècliez pas 
enn'tout sa fille Catlierène. Eh beu, moussieu l'maire a 
biaucoup de monnaie, et il est si tellement fiéraud qu'il 
érait ben voulu marier sa fille au sous-perfet. Pou c'qui 
est de mam'zelle Catlierène, malgré san p'tit air de n'pâs 
y touchi, ch'était un biau brin d'fiUe qui n'avait pas frè 
éz'yeux. San père s'n'aperçut quand il essayit d'ia mette 
en ménage ; il eut biau li causer d'argent, sans qui qu'no 
n'a rien, et pis d'aut' chose itout ; è restit téetue comme 
eun" bourrique. E réponit à san père qu'a n's'marierait 
jamais aveuc l'notaire du chef lieu d'canton pass' qu'il 
était raide comme un morcè d'bois,ni aveuc l'gars à Guil- 
lou, l'richard inognier pass' qu'il avait l'air béeta, ni aveuc 
l'apothicaire, ni aveuc l'agent-voier, ni aveuc personne. 

Moussieu l'maire qu'était pas eun' bête, mais qui 
s'kerriait biaucoup pus malin qui n'était réyellement, y 
s'doutit de quéque truque. Y guettit les jeunes gars qui 



— 12 — 

pouvaieDt r'iuquer sa fille, y fit causer les bonnes famés 
(lu quartier, surtout dô troè tapettes qu'éraient rendu 
des points à pus d'un commissaire eud'pôlice ; y n'put rien 
découvri. Y sentait tout d'méerne ((ue l'entéetement de 
Catherène inuciiait quéque chose... ou quéqu'un. 

Un se qui v'nait d'souper, san grand valet Edouard li 
d'mandit un bout de causette. D'habitude, y u'tait pas 
elïouchi, c'biau gars qu'les yeux li llambaient à la tête ; 
portant, c'sé-là, y manquait d'toupet : y baissait la tête, 
y r'gardait l'bout d'ses souliers ; y tournait san feutre 
enlerr' ses dets ; no z'érait dit qu'il avait la colique. 

Dès l'kémench'ment de c'qu'Edouard dit, moussieu 
l'maire éclatit d'colère ; comment! y s'permettait, li, un 
méchant valet, de d'ui^ruder en mariage la fille d'san 
maite, d'un richard, d'un gros bonnet, du sien qui 
condisait la commeune ; voulait-y s'foute d'eun' grosse 
léguieume ? Edouard essayit d's'espliqui ; moussieu 
l'maire li clôsit l'bè, donnit d'grands coups d'poing sus la 
làbc, sautitd'sa quaire, ouvrit la porte et kerryit à l'aut' 
d'foute l'camp et d'aller faire ses paquets. l"]douard 
s'n'allit sans r'pliqui. 

Si moussieu l'maire avait été moins pressé d'raconter 
la chose à sa fàme, il érait sieuvi l'grand Edouard, y 
l'érait vu itout donner à la jolie fdle un bonnet, — oui, 
un bonnet d'coton ! — et s'éloègni à travers les camps, les 
mains dans les pouquettes et grichant comme un ouaizo. 

Mais moussieu l'maire avait la cervelle sens sus d'sous. 
Pou s'calmer un brin, y priiit le journà. L'artic' li semblit 
anarchiste! Avec d'z'artic' comme cha,^no z'excitait les 
ouverriers cont' les patrons, no fourrait dans la caboche 
des paures bougres d'z'idées idiotes comme la sienne de 
d'mander en mariage la fille d'ieù maît'. A c't'idée-là, 
moussieu l'maire grinchit des dents, hauchit l'z'épaules et 



— i;{ — 

lAi'liil (riii;m\;iis mois i'i r;i(irr('li(' du i^i'inid l^douiii'd . 
lîilùl y laissil saii jdiiriià, soi'lil ciiii' iiiimiic, lit iiii 
tour d'i^ardiii, roniril, j'iil un coiii) d'yciix dans la 
(|ii(Misaine, (Mnl)i-a('lii sa lillc. dil Tlxiii sai à sa l'àine et 
monlil s'coiiclii. 

V doniiail d'pieus y avait loiiiilenips quand y ftil révilli 
toiitil'iiii ('()ii|). il alioiigit l'l)ras <;aiicl)e sans saver (''(ju'y 
fésail ; sa fàuu^ r'Miiiail ilout. V r'gardil du rôiv d'ia 
ivcrroisée : l'jou" k'nicncliail à v'ni. A c'niùnienl ià, ii 
entendit Iverrier dans la (;our : 

— (-atliei'i'ne ! lié, Callierône ! » 

Qui (|u'clia voulait dire? Ysautitdu lie!, y lendit l'oreille. 

— (latlierène, r'prini la voix — la sienne du i;rand 
Etlouard — donne-nu'' nian bonnet d'colon. 

— Attends un brin, rt'-ponit eun'aul' voix, la sienne d'sa 
tille, a la rlianibre d'au d'sus. .l'n'i'trouve pas. 

— Traclie ben, y dait être dans lan liet. » 

Quand il entendit clia, nioussieu l'maire, enràj^i, ouvrit 
sèquenient la f'néete, poussil l'abat-vent d'un coup de 
poing et ken-yit au grand Edouard : 

— Ali! canaille, qui qu't'às fait? Tu t'marieras avec ma 
fille ou j'te tuerai comme un quien ! 

— Yo m'tuerez? r'pliquit l'grand Edouard en s'foutant 
d'ii ; voul'oùs qu'j'aille vo clierchi un fûzi? 

— Prendras-tu ma lille? d'mandlt moussieu l'maire, 
liors de li. 

— Clia dépend, qui qu'sont vos conditions? 

— Mes conditions ! Eli ben, cb'est trop fort ! 

— Yo kerriez? Mais je n'vo la demande pas, votTille, 
vo povez la garder asteu. 

— Ecoute-mè, j'serai acc'niodant ; je poucrai la neucbe. 

— Toutcha? 

— Attends! J'vo z'aj't'rai des meubles, j'vo log'rai. 



— 14 — 

— Cli'esl bon, j'crais que j'pouiTons no z'entend'. Quand 
(|ui qu'vo voulez qu'no s'marie? 

— L'pus tôt possibe. 

— Ah! Yfait rudement fraisa matin, sav'oùs? J'm'en 

vas. A vo r'vé, biau-père. 

— Au r'vé », réponit moussieu l'maire qu'avait l'cœur 
gros. 

L'grand Edouard avait ben arrangi s'n'afïaire : avec un 
bonnet d'coton, mam'zelle Catherène restit comme y faut 
et elle eut un liomme à san goût. 









LTnMïîiiM* Xormand 



f /',"/( p((lois ((('S eiK irons de Lisieiix) 



lîeii l'boujou' vo tous. Ça m'I'ait plaisi d'èt' avec vo : 
v'z'avez dé léctos f|ui m'ervieiiiKMil. Pis qii'no sommes 
enscnil)' pou rigoler — ca vaut mieux, pas \rai, ([ue 
(rmédire coiil.' saii prociiaiii — j'v;'is vo couler euu" his- 
Loèro vieuille comme Adam, queuqu' cliose comme eiiii' 
légende. 

Vo ii'savez pas c'qiie c'est qu'euii' légende ? V z'avez 
donc pas lu les Lihjcndcs Normandes d'Louis Bascan qu'ont 
été écrites pou vo ? Eh ben, eun' légende, c'est eun' his- 
toère qu'est |tàs vraie, mais (ju'est vraie tout d'méeme, et 
qu'est rud'ment rigolote. Ya d'dans des saints, des sor- 
ciers, — n'prenez pas l'z'uiis pou l'z'aul' ! — et pis des 
gars d'I'ancien temps, d'rudes gars qui s'fendaient d'ia 
téete aux pieds d'un coup d'sàbe, et pis des tas d'clioses 
estrordinaires qu'no n'veyons pus au jour d'aujourd'hui... 
Ah! non, no n'veyons pus d'choses pareilles, pas même à 
la foère d'Caen ! 

La légende que j'vàs vo dire, è s'appelle l'Premier 
Normand. Eh ben, qui qu'vo z'avez ! Ça v'z'étonne? Quant' 
ma graud'mère m'ia contée pou la première fouée, j'étais 
co pus estomaqui qu'vo. 

Ya d'ça longtemps, ben, ben longtemps, saint Pierre, — 
v'savez, c'ty-là qui porte toujou' les clefs d'ià-haut, — y 
s'prom'nait avec san mail' Jésus-Ghrist. Y r'gardait, il 
écartillail d'z'yeux, y n'en r'vénail i)às ! Autour d'ii, y 



— 16 — 

avait d'I'herbe haut comme eha, des pommiers tout fleuris, 
et pis des vaques, des viàs à n'en pus fini. Jamais d'sa vie, 
y n'avait rien vu d'si biau. Y s'frottail l'z'yeux pou ver s'y 
véyait ben c'qui véyait. 

— Qui qu'c'est que c'biau pays-là ? d'mandit saint Pierre 
à Not' Seigneur. 

— C'est la Normandie. 

— Ali ! Eh ben ! j'érais ben volu v'ni au monde dans 

c'pays-là C'est drôle, tout d'méeme, qu'ya personne. 

Où qui sont donc les gens ? 

— Y en a pas. 

— Y en a pas ! Eh ben, qui qui profit'ra d'ces pommes, 
d'ces vaques, d'tous les biens qu'no véyons ? C'est ben 
dommage tout d'méeme-d'ver tout ça s'perde. Si c'tait 
un efïet d'vot' bonté, Seigneur, vo n'porriez pas y mette 
des gens dans c'ijiau pays-là ? 

— J'veux ben, dit Jésus, qu'avait l'quieur sus la main. 
Plante tan bâton en terre, et quant' tu vas le r'tirer, 
l'Premier Normand sortira. » 

Saint Pierre obéit. Il enfoncit san bâton, l'arrachit, et 
du trou qu'il avait fait, il en sortit — v';?'écoutez ben — il 
en sortit un gars qu'avait un bonnet d'coton sus la tète, 
eun' face tout' rouge et un air finaud comme pas un. 

— Dites donc, vous aut' qu'y criyit, qui qui v'z'a coui- 
mandé de m'tirer d'I'endret ? » 

Jésus s'mit à rire, mais saint Pierre s'foutit en colère. 
Alors, l'premier Normand changit d'ton, prit un p'tit air 
de douceur, un air de sainte nilouche et fit comme ca : 

— Eh ! mes bonnes gens du bon Dieu, vo n'porriez pas 
m'dire où qu'd'meure el' juge de paix? " 

Véyez vo c'bougre-là qui volait leù faire un procé ! Qui 
qu'vo dites de ça, vo? 



Eim' Visilc cIkmix riloddiiii 



(En patois (les en cirons do Poni-UEccqac) 



Ali ! mes {)auv's éfants, mes pauv's éfaiils, j'vieiis d'eu 
aver euu' liistoère! Vo n'deviiK' pas? 3iîais r'gardè mé 
donc! Vo n'veyez pas comm' e'j'sieus tout pàlol, ? Vo 
n'savè pas c'qué j'ai ? Eh beii ! mé, je n'savais point n'iout; 
'hest ben pour clia qu'j'ai été vée un méd'chin. Ali! pas 
unméd'chin d'([uat' sous, mais un grand méd'chin d'tlaen 
qui d'mand' pas moins que d'cheut sous à ses clients ; et; 
pis ses clienl;s, c'est qu'y sont chouettes, faut vée clia ! V a 
eun' p'til' bonne qui vous r'çoit à la porte, un biau brin 
d'fille, ma foè ! c'est gentil comme un p'titquieur,cha n'est 
que d'dentelles des pieds à la tète. Pis, c'est si tellement 
biau cheux c'grand méd'chin, j'en sieus encore tout 
épaté ! 

Après avoir attendu je n'sais comblé de temps, c'qu'était 
pas pus amusant qu'cha — mais ça s'compreml, 'hest un 
si grand nn"'d'ciiin — aprrs avoir baillé je n'sais comblé 
d'coups, c'qu'avait l'air d'étonner l'z'autres, no m'iit 
entrer dans un cabinet. Ah mais ! 'hest pas c'qué vo 
créyez, 'ha chentait bon là-d'dans! L'grand méd'chin, 
qu'était n)a loué un p'tit courte-botte — ah ! j 'parierais 



— 18 — 

qu'sa femme l'y boulotlerait d'ia soupe sus la tète — y 
m'dit comme cha : 

— Eh ben ! asséy'oûs, cfuéqu' vo z'avez comme clia ? 

— J'cré ben qu'j'ai eun' maladie, que j'ii dis. 

— Mais, quelle maladie ? 

— Dame, moussieu, c'est justement c'([ué j'voudrais 
ben sa ver. 

— Ah !... Ouéqu' vo sentez? 

— J'sens d'qué qui m'monte et qui m'descend dans 
l'estomac, comme si y avait un ramoneux qui m'ra- 
mon'ràit toujou. 

— Y a t-y longtemps qu'cba vo tient ? 

— Y a déjà queuqu' temps. 

— 'Ha vo lai t-y bié du ma ? 

— Queuqu'fouè oui, queuqu'fouè non. 

— Av'oûs d'I'appétit ? Dorm'oûs? 

— Hum ! pas pus qu'cha. 

-- Hein ! qui m'dit en s'grattant la tète, quéqu' vo 
porriez ben aver o/srr/.iie cha?... Comment qu'cha vo z'a 
pris? Racontez mé cha. 

— J'vas v'z'expliquer, m'sieu l'doctcur. Ça a c'menché 
un sam'di, j'm'en rappell' comme si c'tait liier ; y tumbait 
d'I'ieau à sieaulées, j'rarrivais des camps, suant comme 
un bœû, trempé comme eun' soupe. La borgeoèse m'dit 
comme cha : «Tu frais p'téet' ben d'aller l'changer. Bah ! 
que j'I'y réponds, j'sieus pas en suc', j'vas pas fondre ». 
Et j'men fus tirer à hère pour el'souper. Mais v'Ià-t-y pas 
qu'au momentdés'metteà tàbe, j'm'mis à trembler comme 
eun' fieûle. Ma femme el' vit ben, é m'dit: « Quéqu' t'as à 
trembler comme cha ? No dirait qu't'es tout chose; t'es 
tout blanc. Tu frais p'téet' ben d'aller t'coucher. — Ah ! oui 
mais, c'est qu'j'ai sai ! — Tu vas tout d'mème pas d'mette à 
bère dans c'f état là ! Va t'coucher, va, j'vas l'porter d'qué 



— 10 — 

d'cii dans un moment ». ^[a foué, j'men fus m'coucher. 
Crey'ous qu'ai est v'nue m'apporter d'qué, la bougresse? 
Brin du tout. Clui n'fait rien, j'dormis comme un dur. 
Mais, riendémain malin, j'm'réveillis tout en sueur ; clia 
ni'roulait gros comme des pouées sus la figure 

D'puis c'temps-là, y m'est resté dans l'corps comme un 
va-t-et-vient, comme si queuqu' esprit malin m'rat'lait la 
pouètrine avec eun' élrille. J'beus et mange assez ben, 
mais 'ha n' mé profil' brin. 

— Ah, que m'dit l'grand méd'chin, j'sais ben c'qué vo 
z'avez : h'est un commencement d'bronciiique, et eun' 
gastrique à la chronique. M'n'ami, (jui m'dit, faites ben 
attention aux courants d'air ; prénè garde aux chauds et 
froids, j'vas vo faire eun' ordonnance por la tuer, vot' 
bronchique, Maint'nant, por vot' gastrique, dirigez ben 
vot' nourriture : mangez pas trop, mais mangez assez. 
Méf 'ioùs d'ra!cool,qui m'dit en r'gardantl'bout d'man nez ; 
l'alcool 'ha produit la fièvre célébrale ou typhoïque, com- 
pliquée d'eiin' défluxion d'potrine. » 

Y a huit jous' d'cha ; maintenant, 'ha va mieux. H'est 
pas les médicaments qu'j'ai pris : les mèd'chins, l'z'apothi- 
caires, y en a pas pou deux sous ! Y vo ruin'raient tous, 
ces gars-là ! 

V'savez, quand no z'a eun' bonne quercasse et du gros 
bère pou' s'dégraisser l'gosier, no n'c'raint rien... H'est 
égal, si j'avais su cha, j'y érais pas foutu mes chent sous, 
à c'grand méd'chin ! 



l'pér Dieulafée 

(En patois des environs de Vire) 



Kerr'iez-vo qu'il a du toupet, l'pér' Dieulafée, kerr'iezvo 
qu'y n'n'a ! Pass' qu'il est gros marchand de volaille, y 
s'figure qu'y va m'tord' l'co comme à un pigeou ! Y 
m'réquiam' dix-neuf freins, et c'est li qui m'en dait 
vingt !... Oui, c'est 11 qui m'dait et j'ii prouv'rai. 

Ya pas pus d'troués s'maines, à Saint-Hilaire, j'y ai 
veindu un canard, deux poulettes et un lapin blanc, un 
joli p'tit lapin qu'était bé sûr pus geiotil qu'ii. L'pér' 
Dieulafée dit non, mais mé j'dis qu'si, et j'sis pas pus 
menteux que li, j'suppose ?... La mèr' Besson est viveinte 
comme mé, é pourra bé l'dire. La preuve, c'est que l'pér' 
Dieulafée ya payé un sou d'café en même teimps qu'à mé, 
et il y lésait dé complimeints, c'vieux cô là, comme à eun' 
jeunesse. 

Dans tous lé cas, j'n'y paierai pas c'qué j'n'y dais pas. 
Comment! Y m'réquiame anieu dix-neuf freins. Faut' jou 
y m'en réquiamait veingt neuf, c'est li qui m'en dait vingt 
et y dit que j'ié dais ! Vo z'y compernez qué(|u'chose, vo, 
à s'n'aiïaire? Mé, j'compreinds qu'y veut m'rouler, comme 
il en a roulé bi d'au!'. 

Eli bi, no verra! Por vingt deux sous qu'ça coûte, no 



- 21 - 

z'ira d'veiii rjuge dé paix. C'est pas un déshonneur 
d'aller d'vein l'juge dé paix ; niais je n'veux pas d'vol'rio 
comme ça. Y n'est pas [)us ijéle (|Lié li, rjiige ; ali dame ! 
y connait hé se jnent'i-ies, allez !... l']t ])is, l'pér' Dieulafée, 
ha ! ha ! y s'ra ohliij;é d'Iéver hi main ! (i'est vrai qu'avec 
la dévotion qu'ya nuiint'nant, ça n'scrt pus à ^rand' chose. 
Tout d'méme, ça l'emhétera, pass' que j'ii cont'rai se 
vérités, et je ii'mé gén'rai pas por yan dire. 

G'est-y pas honteux d'vouler voler comme ça l'pauv' 
monde? Un gros marchand comme li, qu'a dé pro[)riétés, 
qui fait l'moussieu, qui fume des cigares et qui paie dé 
sous d'café à la mèi*' Bessou !... C'est pas malaisi d'à ver 
d'I'argeiu comme ça. Eh hi ! j'aime mieux en aver min, 
mais qu'ça se à mé. 

Oui, y peut 1er' san malin; je l'trein'rai d'vein l'juge dé 
paix, c'vieux voleur-là ; et si j'perds, c'qu'est pas sûr, 
j'm'en fiche ; j'sérai hé les rattraper, mes vingt deux sous ! 

Ça n'fait rin du tout, mais tout d'méme, eun" aut' fé, 
j'érai un liv', un mécheint liv' d'un sou, j'marqu'rai tout 
d'sus et j'réglérai tous lé mes. Comme ça, yaura pas d'iilou- 
t'rie. D'ahord, c'est comme ça que j'fais avec not' boulanger ; 
j'règue tous lé mé, et ya pas d'erreur. Y m'vole pét-êt' bé 
sus la tleù, mais y n'mé vole pas sus l'pouè, ni sus l'argein : 
l'treinte ou l'treinte-un j'fais l'addition et j'paie. 

L'aut' jou', y n'vou'lait pas réglé: y disait qu'y n'avait 
pas l'teimps, pass'qué sa famé v'nait dé s'casser eun' 
jeimbe. « Ça m'est égal, que j'I'y dis, j'aime mieux payer 
l'timhe ; por deux sous, j'n'en mourrai pas. )) 

J'vàs trouver la mèr' Besson ; é s'rappell'ra bé man 
canard, mé deux poulettes et man lapin blanc. Et pis, 
dame! si c'est besoin, j'vas li payer un sou d'café por li 
rafraîchi la mémoére. 

Ya pas à dire, y faut que j'y mette san nez dans 



_2i 

s'n'aiïaire, au pér' Dieulafée! Ah! y ni'réquiame dix-neuf 
freins, et y m'en dait vingt! Bon seing- d'bon seing! y 
n'manque pas d'toupet!... Et mé qui l'ergardais comme un 
ami!... Y n'pouvait don pas m'foute la paix et en voler 
d'aut' ! 



LEXIQUE 



ABREVIATIONS 



C. Caen ; B, Bayeux ; F, Falaise» L, Lisieux ; 
P. Pont-rÉvêque ; V, Vire 



a, F elle. 

abat-vont, F volet. 

a'j't'rai, [< achèterai, 

al, P elle. 

anieii, V aujourd'hui. 

apothicaire, 1» pliarniacieii. 

apreux, C aprè.s. 

artic', F article. 

a.sséy'où.s, P asseyez-vous. 

assirre, H asseoir. 

assicssaieiit (s'), C... s'asseyaient, 

asteu, F à cette heure, à 

présent. 

auchi, D aussi. 

aver, P avoir. 

aveuc, F avec. 

à vo r vé, F à vous revoir, 

au revoir, 

av'oùs, B avez-vous. 

R 

bé sur, V bien sûr. 

bé, F bec, bouciie. 

bca ipr. I)in), C. H. F. 

I,. P ])ien. 

bére, P boire 

l)i d'aut'. V bien d'autres. 

I)iau, F. L. P. V beau. 

bié, iî bien. 

bitùt, F bientôt. 

blaude, JJ blouse. 

boujou', I bonjour. 

bri.'n bruit. 

brin (in), F un peu. 

brin ilu tout, P pas du tout. 

C 

ca, n chat. 

cà. P cliaud. 

caboche, F tête, cervelle, 

esprit. 

camps, F cham ps . 

caslrole, casserole. 

catouoillaient (s), C. se cliitouillaicnt. 



cha, C. b. P (;a. 

ch'est, C. B. F c'est. 

cheux, P cliez. 

clôsit, F ferma. 

co, C. F. L. P. V encore. 

ce, V cou. 

cô, B. V co(|. 

c'ment, B connnent. 

commein, V comment. 

comblé, P combien. 

condisait, F conduisait, di- 

ri,^eait. 

cotillons, C jupons. 

couosin, C cousin . 

crais, F crois. 

cré, P crois. 

créyez, P croyez. 

créy'oùs, P croyez-vous. 

e'télà, L celle-là. 

c'ty-Ià, L celui-là. 

U 

dait, F ' doit. 

décroquit, C .. décrocha. 

dèner, B dîner. 

détrempe, C pâte. 

dets (pp. dé), F . ... doigts. 

dorm'oùs, P dormez-vous. 

dô troé, F deux ou trois. 

d'pieus, F depuis. 

d'puis, P depuis. 

d'tjué d'cA, P quelque chose 

de chaud. 

d'quié, C de quoi. 

dû, B dur. 

dur, P pierre. 

d'vein, V devant. 

K 

é, V elle. 

é, B. L. P elle. 

ébellouis, C éblouis, ardonts. 

ébèryit (s'), C s'écria. 

écartillait. L écarquillait. 

elTouchi, F timide. 

el', B le. 



9i 



el. F elle. 

emljraclii, C embrasser. 

énée, V, aînée. 

enco, C encore. 

endret. L endrit. 

eun', F du. 

enterr", C. B. F entre. 

éqiiiate. H.... ,■ éclate. 

érait. F. V aurait. 

estoniaqui, L étonné. 

euT, F le. 

F 

fé, V fois. 

fée, 15 fois. 

liôraud, F orgueilleux. 

lieùle, 1' feuille. 

lieu, C. V larine. 

fnéete. F fenêtre. 

loére, L foire. 

louée, 1 fois. 

loué. P foi. 

né. lî. F froid. 

freins (s atone), V — franc. 



G 



Gartiérc, C ustensile de cui- 
sine pour faire 
des galettes 
(crêpes). 

Gieu, B Dieu. 

gricliLint, F chantant. 

gril, H iKure. 

g'veux ou g'vées, C. . clieveux. 



H 



kerrier, F crier. 

kerriôz, V croyez. 

kerryit, F cria. 

kryit. L cria. 

kerroisée, F.. croisée. 

I. 

lé''uieumc, F légume, nota- 
bilité. 

lé mé, V les mois. 

leù leur. 

li,C. n. F. L. P. V... lui. 

liet, F lit. 



M 



maguières, C manières. 

raaladret. C maladroit. 

malaisi, V iirjlaisé, diflicilc. 

mau {dans tout le 

Calvados) mon. 

maricha, C maréelial-fenant. 

mâtin (à) F ce matin. 

méeme, F. L même. 

méf'ioùs, P méliez-vous . 

mette, C mettre. 

mins. V moins. 

mitonclie, lî. L nitouclic. 

mognier, F.... meunier. 

morcô morceau. 

mouaison, 15 maison . 

mouclieux, B mouclioir. 

moussieu, B. F. V... monsieur. 

m'sieu. P...- monsieur (non 

suivi de nom 
propre. 

muchait, F cachait. 



•ha, P •• (;a. 

'h'est, P c'est. 

I 

ié, B elle. 

ié, V ;i lui, 

ieau,B eau. 

ioux, B eux. 

itout, C. F aussi. 



■i elle. 



i'ii. (1. B. L. P. V je lui. 

journà, F journal. 

j'sis, V je SUIS. 

■j'vo, C. B L. P. V.... je vous. 



K 



kémencirment, F — commencement. 

k'menclié, P commencé . 

kmenchi, B commençait. 

kerriait, F croyait. 



IX 



nére, C noire. 

neuclie, F noce. 

no, C. F. P on. 

no, L ••• nous. 

nouvé, C nouveaux . 

ii"t(Uit, P ilu tout. HOU plus 

O 

0, F ou. 

oè, B oie. 

œû, B œuf. 

01, B elle. 

opreux. C auprès. 

oréle, C oreille. 

ouaizé, F oiseau. 

P 

pét-êl', V peut-être. 

{lor. C. lî. P. V pour. 

pou, F. L pour. 



ponécs, P. . . pois. 

pouè, V poids. 

l)Over, H. F pouvoir. 

pi-éeclii, H presse. 

preux. C. près. 

print. C prit. 

p'IècC, I» peut-être. 

ji'tiot. C petit, cnlaul. 

jins (S atone) (dans 

tout ie Calvados). . plus. 

ipiaire, V chaise. 

(pianl', r, quand. 

(|iiarlier K village. 

i|u'i;a se, V (jue cela soit. 

iiuo'qnes, 15 (fuelques. 

ijné'iju't'as, I' (prcst-ce (pie lu as 

(|ueriassse, I* carcasse. 

(pitres, C cliaise. 

(|uiMi(]ue, P fjuelque. 

i|U('iH|u'l'oué, P quelque. 

(|nciisaine, K cuisine. 

(|uè\ re, (; chèvre. 

(juien, F chien. 

qiiicu, 1> cœur. 

qiiieur, L. P cœur. 

(|ui ipi'cha, F qu'est-ce ipie cola. 

(]ui (pii, I. qui est-ce qui. 

ijuiyàpot, (; cuiller à pot. 

qiiiviijjotée, (] cuillerée à pot. 

qu iuiu, B diemin. 

R 

raide, (] rudement, beau- 
coup. 

rèpo.iit, 15. F répondit. 

rèe, (; raie. 

rhardes, H liardes{Cf. rha- 

reng,hareng). 

rin, I!. V rien. 

rig(der, C rire. 

r'pli(jui, F rèpliq er. 

r'print, E reprit. 

r'vè (au), F revoir (au) . 

r'voér (au) V revoir (au). 

S 

sai, P soif. 

sai, C soir. 

san (dans tout le Cn\- 

\"a'los) son. 

saver, F. P savoir. 

se, F soir. 

sécouit, (1 secoua. 

seing, V sang. 

séquenient, F rudement. 

seur, (j. B sûr. 

seù, (1. B sœur. 

sieaulées (ai, P à pleins seaux. 

sien (le), B. F celui. 

sien (du), B. F de celui. 



sienne (la), B. F . celle. 

siens (les), 15. F ceux. 

siennes des), B. F, . . celles. 

siens, B P suis. 

sis (s atone), V suis. • 

s'ia couler douce, C. . se reposer. 

soulies, B souliers. 

soupi. B soupir. 

sûr, V .sûr. 

sus (s atone) (dans 

tout le C.avados)... sur. 

T 

labellier, G tablier. 

taille. G corsage. 

tau (dans tout le (Cal- 
vados) ton. 

tcheux, C chez. 

tcheusaine, B cuisine. 

tchustos. C sacristain. 

teiinps, V temps. 

terjoù, (1 toujours. 

lèe'te, F. I tète. 

touchi, F.' toucher. 

toujou, h toujours. 

trache, F ... cherche. 

trein'rai, V traînerai. 

tré, B ...... trois. 

troè. C. F.... trois. 

troué, V . trois. 

U 

ues (s atone), B yeux. 

vaipie. L vache. 

\è, C voir. 

vèe, P ' voir. 

veindu, V vendu. 

vengi (s'), C venger (se). 

ver, L voir. 

verdi verdà, C jiatatras. 

vias, L veaux. 

vicule. B vieille. 

vieuille, L vieille. 

vipàrde, C perçante, ai^'Ui). 

viveinte. V vivante. 

v'ni, C. F. L venir. 

vo (dans tout le Cal- 
vados) vous. 

voè, li voix. 

voix, F voix. 

vrai. L vrai. 

vrè, B vrai. 

Y 

y, C il neutre ou i 

personnel. 

va, L il y cl. 

van, V lui en. 

vnia il n'y a. 

Yonnais, C Lyonnais. 



TABLE DES MATIÈRES 



AVANT-PnOl'OS 



PilgCS 



Où ([u'rli'o.st qu'est la i;al(',||(\ V (Caen). 
Ilisloi'io d'un... c'ment c[U('; j'dirai? (Bayeux) 
A qui (jr/siM-t. un bonnet d'coton (Falaise) . 

L'pi'eniiei- Normand (Li.sieuxj 

Eun' Visit' clienx l'nièd'cliin (Ponl-l'Evêque) 
L'[)éi-' Dieulafée (Vire) 



8 
M 
15 
17 
20 



Lexique 23 



Gaeii. — Iiiip. E. Aueli.xf, nie Froide, 16 



ii\i — 



IIONOIIÉ CHAMPION, LlBRAlRE-ElJlTEUIl, 



Atlas Linguistique de la France, pnl)li(> par GILLIÉROX, 

dircclcui- adjoint à ri'.cole prali([uc des IlaïUcs Etudes et 
EDMONT. 

« ... Nous avons sous les yeux la première livraison de ÏAflas 
lingidstl<iue de la France, par MM. J. Gilliéron et E. Edniont, 
contenant les 50 premières cartes qui composent cet immense 
ouvrage. Elles justifient tout ce qu'on pouvait en attendre 
comme méthode et comme résultat, et font vivement souhaiter 
que cette magnifique entreprise marche avec la célérité que les 
auteurs sont tout à fait prêts à lui imprimer et qui dépend 
maintenant surtout des souscripteurs. Signalons, à des points 
de vue divers, l'intérêt des cartes consacrées aux mots abeille, 
aiguille, ail, ajonc, aux formes achetés, vais, cas, allons, co, 
aux locutions à Vahri, quel âge, moi je ne les aide pas, toi tu 
iras, etc. Une notice scrtant à Vintelligence des cartes, — don- 
née avec cette première livraison en attendant le texte qui 
accompagnera l'ouvrage, — permet à tout lecteur de s'y retrou- 
ver facilement et lui sert de guide dans un voyage plein de 
révélations et de surprises. — U Atlas, rappelons-le, se com- 
posera de 1800 feuilles au moins, qui formeront donc environ 
36 fascicules. L'état d'avancement du nianuscrit est tel que, de 
la part des auteurs, il n'y a guère de retard à craindre : mais 
la mise en train d'une telle puhlication exige, on le conçoit, des 
avances de fonds considérahles ; l'éditeur qui a eu le courage 
de l'entreprendre peut se trouver arrêté s'il ne reçoit pas en 
temps opportun les sommes nécessaires à alimenter le travail. 
Nous n'hésitons donc pas à sortir de la réserve où nous nous 
tenons habituellement en pareille matière, et à inviter les par- 



— 30 — 

ticuliers ou les établissements qui veulent souscrire à l'œuvre 
grandiose de MM. Gilliéron et Edmont à envoyer leur adhésion 
à la librairie H. Champion, 9, quai Voltaire. {Extrait d'un 
article de M. GASTON PARIS, dans la Romania ; Juin 1902). 

Il paraît chaque année 4 fascicules, se composant chacun de 
50 caries. 

Les livraisons 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sont en vente. 

Le prix de chaque livraison est de 20 francs. 

Il a été tiré 50 exemplaires sur papier simili-japon, au prix 
de 30 francs la livraison. 

Les livraisons ne se vendent pas séparément. 

Nous envoyons franco sur demande une Notice sur l'Atlas 
Linguistique comprenant des articles de MM. Gaston Paris, 
Adolf Tobler, Meyer-Lubke, Antoine Thomas, Mario Roques. 

La Légende de la mort chez les Bretons armoricains, 

par Anatole LE BRAZ. Nouvelle édition avec des notes sur les 
croyinces analogues chez les autres peuples celtiques, par 
Georges DOLTIN , professeur-adjoint à l'Université de 
Rennes. 2 forts vol. in-12 de lxx-347-456 pages . . 10 fr. 

Un premier tirage de cet admirable recueil de légendes avait 
paru en 1893, en un volume. Rapidement épuisé, il donna à 
M. Le Braz une solide réputation, qui n'a fait, depuis lors, 
qu'accroître et embellir. Poursuivant le cours de ses études, 
l'auteur a pu doubler sa moisson de légendes. Il a eu la bonne 
fortune, étant de race bretonne, de rencontrer chez les plus 
humbles de ses compatriotes, des auxiliaires émériles. Et chose 
plus rare, il a rapporté telles quelles leurs paroles, écartant 
tout vain désir de littérature : aux contes des bonnes femmes et 
des vieux matelots, il a su conserver naïveté et poésie, ce qui 
leur assure un charme qui ne périra pas... 

Les notes de M. Dotlin ajoutent encore à l'intérêt de l'ou- 
vrage. On y trouve, réunis et condensés, avec autant de 
conscience que de science, les éléments d'une information d'en- 
semble sur les conceptions relatives à la mort dans le monde 



— ;u — 

l'olliquo tout entier. C'est mie des grandes nouveautés de cette 
Réédition qui reste un des monuments les plus complets du 
folk-lore. 

La Bretagne et les pays celtiques : L'âme bretonne, par 
Charles LE GOFFIC, in-12, hr :Hr. 50 

Voici le livre qu'on attendait sur la Bretagne. Mœurs, tradi- 
tions, croyances, littérature, etc., y sont présentés dans une 
synthèse puissante. L'art hroton, si original, y a sa place 
près de l'art dramatique, d'un archaïsme si savoureux. Le 
prêtre, le barde, le soldat, sont étudiés dans des monographies 
spil'ciales. De fins et délicats portraits (Henriette Benan, Jules 
Simon, N. Quellien, Emile Souvestre, l'amiral Béveillère, Jean- 
Louis Hamon, etc.) achèvent de nous renseigner sur les carac- 
tères essentiels de VAme bretonne. Le nouveau livre de Charles 
Le Goflîc ne fait pas seulement aimer la Bretagne, il l'explique. 

Lexique Saint-Polois, par EDMONT, fort vol. in-8%br. 30 f r. 

Textes Saint-Polois : Quatre légendes du pays de 
Saint-Pol recueillies et mises en vers (?) patois, par 
EDMONT, in-8" 3 fr. 

Contes et proverbes populaires recueillis en Armagnac, 

par BLADÉ, in-8" 5 fr. 

Poésies populaires en langue française recueillies dans 
l'Armagnac et l'Agenais, par BLADIC, in-8'. . . 5 fr. 

Proverbes et devinettes populaires recueillis dans 
l'Armagnac et l'Agenais, par BLADÉ, in-8°. . . 5 fr. 

Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne, recueillis et 

publiés par SAUVÉ, in-8" .5 fr. 

Chants populaires du pays messin, recueillis par le C" de 
PVYMAIGRE. 2 \o\. \n-\2, musir/uo notée .... 10 fr. 

Chansons populaires recueillies en Franche-Comté, 

par Th. BEAUQUIER, in-8", musique notée . . . . 6 fr. 



— 32 — 
Chants populaires du Bas-Quercy, recueillis et notés par 

Em. SOLLEVILLE, fort vol. iu-8" 10 fr. 

Chansons populaires du Béarn, recueillies par RIVARÉS, 

2' édition, in-8" 10 fn 

Les Chants oraux du peuple russe, par MILLIEN, 

in-12 3 fr. 50 

Livre des Privilèges de Manosque. Cartulaire municipal 
Latin-Provençal (1169 13 15), publié par M. M.-Z. ISNARD, 

suivi de remarques philologiques sur le texte Provenral, par 
Camille CHARANEAU. Paris, in4° de Lxxxv-i242 p. 15 fr 

Les Pflvilcfjcs de Manosque furent traduits en 1293 en langue 
vulgaire, à la demande des Syndics et pour leî= habitants qui ne 
savaient pas lire le latin": Le Texte latin a donc toujours été 
publié en regard du Provençal. L'Introduction qui précède ce 
précieux document nous fait connaître la condition des per- 
sonnes, les impôts locaux, les poids, les mesures, les monnaies. 
M. Chabaneau, dans ses remarques philologiques, fait une 
étude a[)profondic de la idionôtique et de la morphologie de ce 
parler Bas-Ali)in : il a relevé une liste de mots qui manquent à 
Raynouard. Le Livre des Privilèges est suivi d'un lexique 
Provençal-Latin-Français; d'une table des matières contenant 
les noms de personnes, lieux, choses ; d'un index chronologique 
des Chartes. 



PC Bascan, Louis 

2938 Monologues Normands 

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