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Full text of "Morphologie des aspects du verbe russe"

Mazon, André 

Morphologie des aspects du 
verbe russe 






[BLIOTHÈQUK 

r.P L'ÉCOLE 



DES ' 'T'Tïï^ ÉTUDES 

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Lv MINIL^TÈ ! «USTRUCTION PUBLIQUE 



lENCES HiSTuRIOUES ET PHÎLOLOGÏC UES 



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MORPHOLOGIE 



DES 



ASPECTS DU VERBE RUSSE 



ANGERS. IMPRIMERIE A. BURDIN ET c'*, RUE GARNIER, 4. 



MORPHOLOGIE 



DES 



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André MAZON 



LECTEUR A l'UNIVERSITÉ IMPÉRIALE DE KHARKOV 
ÉLÈVE DIPLÔMÉ DE L'KCOLB DES HAUTES ÉTUDE? 




PARIS (6e) 

LIBRAIRIF-: HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI M AL A QUAIS, 5 

1908 

(tous droits réservés) 
Cet ouvrage forme le 168- fascicule de la Bibliothèque de l'École des Hautes Études 



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BIBLIOTHEQUE 

DE L'ÉCOLE 



DES HAUTES ÉTUDES 

PUBLIÉE SOOS LES AUSPICES 

DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 



SCIENCES HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES 



CENT SOIXANTE-HUITIÈME FASCICULE 

MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

PAR 

André MAZON 

LECTEUR A l'UNIVERSITÉ IMPÉRIALE DE KHARKOV 
ÉLÈVE DIPLÔMÉ DE l'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES 







PARIS 

LIBRAIRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, OUAl MALAQUAIS, 5 
1808 

(tous DROITS RI^SBRVÉS) 



A MON MAITRE 



Monsieur Paul BOYER 

Hommage de respectueuse reconnaissance 



Sur l'avis de M. Antoine Meillet, directeur adjoint d'études à 
l'Ecole pratique des Hautes Études, de MM. Robert Gauthiot et 
Sylvain Lévi, commissaires responsables, le présent mémoire a 
valu à M. André Mazon le titre d'Élève diplômé de la Sec'.ion 
d'hisloire et de philologie de l'École pratique des Hautes Études. 



Paris, le 7 janvier 1906. 



Le Directeur de la Conférence, 
Signé : A. Meillet. 



Les Commissaires responsables, 

Signé : Pi. Gauidigt, S. Lévi. 



Le Président de la Section, 
Signé : G. Monod. 



AVANT -PROPOS 



Le présent travail est destiné à servir d'introduction à nne élude 
sur la syntaxe des aspects duverbe russe^laquelle doitj)araltre bientôt . 
Jl repose principalement sur un dépouillement intégral des deux 
derniers Dictionnaires de l'Académie de Saint-Pétersbourg {à savoir 
de celui de 1 H47 , réédité en 1 869^ et du nouveau dictionnaire en 
cours de publication depuis 1891), dépouillement complété par de 
fréquentes enquêtes dans cette vaste encyclopédie de la langue russe 
qu'est le Dictionnaire de Dalil {.2^ éditio7i, Saint-Pétersbourg et Mos- 
cou, 1882-1884, et 5*^ édition en cours de publication depuis 1 903). 
Les exemples-ont été empruntés aux écrivains classiques du \\\^ siècle 
ou recueillis de la bouche de témoins sûrs. 

Je tiens àjremercier à cette place ceux qui, de près ou de loin, se 
sont intéressés à ce travail, mes maîtres de l'Ecole des Langues 
orientales vivantes et de l'École des Hautes-Etudes, MM. Paul Bover 
et Antoine Meillet, mon camarade M. René Surugue et mes collè- 
gues de l'Université de Kharkov, MM. Iljinsklj et Kul'bakin. 

Paris, 25 mai 1908. 



INTRODUCTION 



L'objet de cette étude est d'exposer le système qui sert à 
l'expression morphologique de l'aspect dans le grand russe litté- 
raire moderne. Les dialectes ont été entièrement mis à l'écart, 
et le vieux russe n'intervient que là où il est nécessaire à l'expli- 
cation. 

La théorie des aspects est, dans ses grandes lignes, connue 
depuis longtemps; les récents travaux de M. Meillet et de 
M. Boehme sur le verbe vieux slave en ont fait ressortir le carac- 
tère de régularité et de rigueur. Aussi notre tâche a-t-elle été 
réduite, après avoir rappelé les règles essentielles, à en préciser 
l'application dans le détail et à noter les faits (lui leur échappent. 
Ceci explique par avance que l'examen des formes anomales 
occupe dans notre travail une place relativement considérable*. 

1. Indications bibliographiques : 

HeupacoBij, aHauenin (Ijopjn, pyccKaro maro-na, CiiG. 1865. 

Smith (C. W.). De verbis perfeclivis et iinperfectis'is in linguis sUisonicis (Ind- 
bydelsesskrift til Kj^benhavns universitets aarsfest til erindring ona kirkens 
reforniatinn), Kjifbenhavn, 1875. 

Miklosich, Vergleicheiide Syntax der slavischen Sprachen, Wien, 1868-1874 
(p. 274-311). 

y.ibflHOBij, 3iia>ieni}i raaro.ii.niJXT, ociiorit btj juiTOBriJO-ciauHucKOM'i. JisiJi.ii, 
IJapmaiîa, 1891 (1" partie) et 18;;5 (2" partie). Clet ouvrage est cité ici d'après 
la pagination du tirage à part : il a d'abord paru dans les volumes XX1\-XX\ I 
du Pyt'cuiH <I>n.iOJiorn'a'cr;iu BhcTHHKij. 

OopTyHaTOB-b, PasGop-r. ro>innoni}i y.ii.aHOBa (CûopHiiur, 0T;rl'..ieiiiji pycciairo 
fl3i>iKa H cjioBocHocTH MMncpaTopcicofi Auaji(!MiH irayu'h, I^XIV). 

Meillet, Etudes sur l étymologie et le vocabulaire du vieux slwt'e, Paris, 1902 
(p. 1-104), et les corrections, parues dans la 2« partie (1905). 

Boehme, Die actiones der verba simplicia in den allbulgarischen Sprach- 
denkm'ùlern^ Leipzig, 1904. 

\ 



2 LNTRODUCTIOiN 

Une question, en matière d'aspect, se pose avant toute autre : 
suivant (|uel critérium détermine-t-on le caractère perfectif ou 
imperf'ectif d'un verbe donné? Le vieux slave n'a pas, comme 
on sait, d'indice morphologique certain de l'aspect, puisqu'il 
présente, contrairement à la logique grammaticale, des aoristes 
imperfectifs, des participes présents et des imparfaits perfec- 
tifs. Mais les langues slaves modernes ont développé un temps 
nouveau, le futur composé à l'aide d'un auxiliaire (en russe 6y4y), 
futur duratif inconnu au vieux slave. Ce temps nouveau a atteint 
la plus grande extension dans les langues slaves du sud (serbo- 
croate et bulgare), où il a supplanté, au moins dans les proposi- 
tions principales, le futur perl'ectif. Dans les langues de l'ouest et 
dans le groupe russe, où la notion d'aspect a été rigoureusement 
conservée, le futur perfectif est resté intact, et le futur imper- 
fectif a grandi en face de lui sans empiéter sur son domaine. 
La concurrence des deux futurs, de sens profondément diffé- 
rents, a créé une opposition de formes si radicale qu'aucun che- 
vauchage n'est possible d'une catégorie sur l'autre : le présent 
à sens de futur, que nous nommerons présent-futur, est uni- 
quement perfectif, et le futur [)ériplirastique est uniquement 
imperfectif. Nous posons ici ce fait, qui nous fournit le crité- 
rium cherché, comme un résultat historique du développement 
de la langue russe, mais sans rappeler les phases de l'évolution 
qui l'a créé*. 

Nous reconnaîtrons donc à un verbe russe donné le caractère 
perfectif ou imperfectif suivant qu'il ne possédera pas ou possé- 
dera le futur composé avec o\',T,y. Un pareil témoignage est 
facile à recueillir: l'oreille d'un Busse est infaillible à cet égard. 

1. On U'ouvera, siaou un exposé systématique de la question, du moins des 
indications précieuses dans le livre de Potebuja, llsi, ;^aiuicoK'b no pyccKOil 
rpa.MMUTHK'L (2'= éditiou, Xapi,i;oin., 1889, p. 37G sqq.). 11 n'a été impossible 
d'accoler à ùyjiy un iulinitif perfectif que lorsqu'il a été étroitement uni à l'in- 
iînitif qui l'accompagnait. Dans les exemples cités par Nekrasov (0 3HaMeHiM 
fl)0|iM'i. pycci;aro marcua, p. 312) : 

Mt.Mi.-TO CTanpa (">yjcTi, iioiii,ii:yiinri., 
IvauTî-To CraBpa Oy^tiTT. iioBbiuerrii ? etc. 

les inlinilifs perfectifs sont indépendants de 6yjy. Dans l'état actuel de la langue 
Oy/ty est fondu avec l'inilnitif qui le suit en une forme unique essentiellement 
imperfective. 



IiNTRODL'CTION 3 

Dès le milieu du xviii" siècle, le grammairien tchèque DolezaI 
avait très clairement formulé la règle que nous indiquons : 
« InJalUbilis nota vcrbi imperfectivi est juturum fonnatum ex infinitivo et 
■verbo aiixiliari budii. Ubicnnqiie ergo formare possiiin futur uni per infiniti- 
vuni et verbuin budii [quod vel sex annoruni piieris, in gente bac eclucatis, notmn 
est)^ illud verbuni pro iniperjecto habendum erit... etc. »'. 

La valeur de ce critérium n'est intirmée en russe que [)ar un 
nombre restreint de faits. Nous voulons d'abord parler de la dua- 
lité d'aspect de quelques verbes, à savoir : 

1° de quelques dénominatifs de classe IIl; 

2° de quelques causatifsde classe IV, susceptibles d'être con- 
çus comme perfectifs ou imperfectifs, fait qui n'est ni propre- 
ment russe, ni môme proprement slave, mais indo-européen; 

3° d'un nombre illimité de verbes de classe III à suffixe alter- 
nant (verbes à infinitif en — OB-a — ^ — ee-a — ), emprunts insuf- 
fisamment russifiés pour s'accommoder de la composition pré- 
verbale, et employés concurremment, à la forme du présent, 
en valeur de présents et de futurs^. 

A côté de la dualité d'aspect doit être signalée la situation sin- 
gulière des deux imperfectifs Mory, xMO^b et xoqy, xotI^tb, qui 
n'ont pas de futur périphrastique : *6y4y Moqt, *6y4y xoT'feTb, 
inexistants, sont suppléés par les présents-futurs c-Mory, sa- 
xo^y. Ces deux verbes, qui forment paire au point de vue séman- 
tique (les concepts « pouvoir» et « vouloir » sont inséparables), 
paraissent ne pas pouvoir concilier la notion de continuité avec 
celle du futur : il y a sans doute là un fait psychologique dont 
la raison nous échappe. En ce qui concerne Mory, il convient 
cependant de remarquer que la forme même de l'infinitif Monb 
est à peu près totalement inusitée en russe moderne, et que la 
disparition de ce dernier peut suffire à expliquer l'inexistence 
du futur imperfectif. Quant à xo'iy, il est à rapprocher de bg.ik), 
anciennement imperfectif avec le sens de « je veux », verbe qui, 

1. Grammatica linguae bohemicae, Prague, 1746. 

2. Le nombre de ces verbes est variable. Tout dépend du degré de russifi- 
cation : il y a donc là une question de temps et aussi de goût personnel. Dans 
la partie du Dictionnaire de L'Académie (en cours de publication depuis 1891) 
rédigée par Grot, ces verbes à double aspect sont marqués d'un signe spécial ; 
mais les continuateurs de l'œuvre commencée par Grot, compreuant sans doute 
le caractère tout relatif de cette indication, y ont renoncé. 



4 INTRODUCTION 

procédant aujourd'lmi des deux aspects (cf. p. 22), n'a pas, dans 
la mesure où il est imperfectif, de futur périphrastique (*6y4y 
BQjvhTh). Notons qu'à côté de la forme perfective c-uorf, de 
sens très énergique, est fréquemment employée la périphrase 
de force moyenne « a 6y4y Bi. coCTOHniii «^ 

En face du futur imperfectif duratif nous trouvons, comme 
forme exactement opposée, le présent-futur perfectif. Cette 
forme verbale est en soi, comme l'indique bien M, Boehme {Die 
aciiones der verba simplicia, p. 8 et 9) :(eîtIos « non temporelle », et a, 
suivant les cas, la valeur d'un futur ou d'un présent historique, 
plus exactement d'un présent-futur historique. 

Le critérium que nous avons choisi, et suivant lequel nous 
vérifierons l'aspect de chaque verbe, n'interviendra pas ouverte- 
ment au cours de notre étude : ce seront seulement les résultats 
qui seront donnés. Les perfectifs seront cités au présent-futur 
dans des exemples où la valeur de futur est bien établie par le 
contexte, et les imperfectifs seront ordinairement donnés au 
présent, de telle manière que les deux verbes, perfectif et imper- 
fectif, apparaissent comme se complétant mutuellement. 

Nous ne nous croirons jamais autorisé à décider de l'aspect 
d'un verbe d'après son prétérit, et cela pour une raison de syn- 
taxe qui n'a pas encore été mise en évidence autant qu'il convien- 

I. Puclunnycr, dans sou excellente grammaire russe [Lehrgehaûde der rus- 
sisrlien Sprache, Prag, 1820, p. 170), cite à tort quelques verbes de la classe I 
comme non susceptibles du lulur périphrastique : « Die Singularia der ersten 
Form H,iy, 'hjy, vlceiiy, Bcjy, Jifey, iiecy beguugen sich mit no, und nur ihre Ite- 
rativa (der viorten Foi-m) sind des làngern Futurums fahig : 

ûyjty xo^HTb ich werde gehen 

r)y,iy t>3ii,iiTi> — fahren 

Oy.iy roHHTij — jagcn 

f)y,iy itoaiiTi. — fûhren.,. etc. ». 

Cette assertion est inexacte : les six verbes en question possèdent, en russe, 
le futur péripluastique. L'erreur de Puchmayer est d'avoir conclu du tchèque 
au russe, f.e passage ci-dessus est en effet littéralement calqué sur le paragraphe 
correspondant de la grammaire tchèque de Dobi-ovsky {Lehrgehaûde der bôh- 
mischen Sprache, 2'' é.lit., Prag, 1819, p. 121) : « Die Singularia der ersten 
l'orin /du, jedti, zcnu, vedu^ vezii, nesu bcgnûgen sich mit /jo, und nur ihre 
Iteraliva (der viorlen Form) sind dos liingern Fului-ums fiihig : 

Jili : pujdu : hudu chodili.... elc. ». 



HTM (iiTTii) : 


iioiuy : 


'hxilTh 


ii()t,iy 


riKiTi, 


IlOylvCHy 


I!(!CTI. 


iioiic.iy 



INTRODUCTION 5 

drait : il est très souvent fait usage en slave du prétérit imper- 
fectif là oùj dans d'autres langues, notamment en français, le 
parfait est employé. Tel est le cas des verbes qui signifient une 
action ayant une certaine durée, par exemple de quelques verbes 
de mouvement, dans les cas où ils sont employés avec notion 
d'aller et retour. Du fait (jue l'on dit : « fl B^iepa x04H.IT. Bt 
TeaTp'b » (Hier je suis allé au théâtre) ou « H BCTpfjqa.iT. ero 
Ha BOK.3a./ii5 » (Je suis allé le chercher à la gare), nous ne con- 
clurons pas que xo^i'i.rh et BCTp'tT^icî./i'B sont des formes per- 
fectives. C est ce fait purement syntaxique que nous paraît avoir 
méconnu M. Ul janov en prêtant à des verbes comme Bi'14'feTt., 
CvibimaTb,roBopnTb un double aspect «()6a Bii40Bbm SHa^ieniH» 

(SHa^eniH r.iar0.1bHbIX'b OCHOBb BB .IHTOBCKO-C.iaBHHCKOM'b 

H3HK^, 11, 294). Sans doute les prétérits Bii4i'..i'b, c.ibinia.i'b, 
roBopiLi'b ont-ils, suivant notre logique, qui situe très exac- 
tement l'action verbale dans le temps, valeur d'imparfaits ou de 
parfaits; mais au point de vue slave, qui tient compte avant tout 
de la durée relative de Faction verbale, ce sont là des prétérits 
imperfectifs. Nous en conclurons qu'il n'y a pas de critérium 
objectif permettant de déterminer l'aspect d'un verbe au pré- 
térit. 

La catégorie des perfectifs comprend deux groupes : 
1° les verbes simples qui sont perfectifs par eux-mêmes, comme 
CH4y, 4BiiHy, Kyn.iiô, ^aMT.; 

2° les verbes composés qui sont perfectifs par Vapposition d'un 
préverbe^ comme npn-Hecy, 3a-cùxHy, no 4yMaio, no-XBa.-!!!), no- 

La catégorie des imperfectifs est généralement divisée, sui- 
vant le traitement qu'ils reçoivent en composition : 

1* en duratifs, qui deviennent perfectifs par l'apposition d'un 
préverbe, comme necy, impf. /npH-necy, pf. ; 

2° en itératifs, qui demeurent imperfectifs malgré l'apposition 
d'un préverbe', comme Kacâiocb, impf. /iipn-Kacâiocb, impf. 

Le défaut de ces deux dénominations, qui proprement s'ap- 



1. M. Leskien maintient dans son Manuel de vieux bulgare (Handbuch der 
altbulgarischen Sprache, 4« édit., p. 101) sa formule singulière : « Das Iterati- 
vumwird ebenfalls durch die Zusammensetzung mit Pràposition an sich pcrfec- 
tiv ». 



6 INTRODUCTION 

pliquent à des séries morphologiques, est de paraître intro- 
duire une différenciation sémantique qui, comme cela a été 
démontré par tous les grammairiens qui ont étudié la question 
de Taspect (Nekrasov, Ul'janov, Meillet, Boehme), n'existe 
pas en réalité : l'itératif signifie souvent à vrai dire une action 
répétée, mais, aussi souvent au moins, une action unique qui 
a une certaine durée. On peut définir l'itératif : un simple 
duratif, qui doit au concept, essentiellement imperfectif, qu'il 
exprime, d'être « imperfectible ». Il importe donc d'éliminer 
des deux termes « duratif» et « itératif » toute notion séman- 
tique, et de ne les opposer l'un à l'autre que comme représen- 
tant deux groupes morphologiques différents, les perfectibles et 
les imper f ce il blés. 

Un certain nombre d'anciens itératifs sont devenus des ifidé- 
terminés par rapport aux primitifs dont ils sont dérivés, lesquels 
sont dits délenninés. Il est remarquable que ce sont tous des 
verbes de mouvement : ils présentent entre eux, comme le 
remarque M. Boyer [Manuel de langue russe, p. 243-244), une 
opposition de sens « qui répond à certaines oppositions de 
sens des deux verbes français marcher et aller ». 

Quand l'action verbale est conçue sous sa forme la plus géné- 
rale, en dehors de toute délimitation stricte de temps et de lieu, 
elle est invariablement exprimée par le type indéterminé : « Kto 
BaM73 HOciiT't. M0./10K0 » (c'est-à-dire : qui vous apporte ordinai- 
rementvotre lait?). Mais si l'action verbale est représentée sous 
une forme précise et concrète, enfermée dans certaines limites 
de temps et de lieu, c'est le type déterminé qui apparaît : « Kto 
BaMii iieceT7> mo.kjko? » (Quelle est donc cette personne qui 
porte votre lait, maintenant, sous nos yeux?). Les verbes de 
classe I sans suffixe, comme iicc'Ji'i, et certains verbes de classe 
IV;, comme .iCTi/rb, jouent ainsi le rôle de verbes d'action uni- 
que et précise en face d'anciens itératifs du type anomal HOCi'iTb 
ou du type normal ^ictûtl, qui serventà l'expression de l'action 
mu!tij)le et générale. Toutefois nous devons remarquer, avec 
M. Bogorodickij ', que le type indéterminé est employé même 
s il s'agit d'une action unique, mais avec une nuance d'indéter- 
mination et aussi de plus grande durée : « Maxb HociiTb pe- 

1. oriiijin i;y|M"i, iiycciuMi rp;»MM;iTiii;ii, h';i:!;iiii., 190'i, p. ir>9. 



INTRODUCTION 1 

6enKa iio KOMnax'h » ou « IIo y.iiiuaMT^ c.ioiia ro/1,ii.iii » ou 
« II i;ir,i:y îi, ni.iiîa.io, oyjTO aiiro.ibi ivl «tom'i. CT0^5'fe .lexa- 
lOT'f, II noiOTi, » (OcTpoBCidri, rpo;ja, acte I, se. 7). De même, si 
l'action verbale est essentiellement durative et rebelle à toute 
représentation momentanée ou du moins nettement limitée dans 
le temps, elle ne peut être exprimée que par un verbe indéter- 
miné ; ainsi : iiociiti> n.iaTi.e. par opposition à iiecTii iL'iaTi.o,le 
premier signifiant « porter un habit sur soi, en être revêtu » (par 
ex. oiia Bcer4a iiocirri, iiilmkoboc ii.iaTbe, elle est toujours en 
robe de soie), le second « transporter des vêtements » (par ex. 
ropiTirmafi hgcôt'l n.iaxi.e b^l KO.MiiaTy, la domestique porte 
la robe dans la chambre). D'autre part, si une notion aussi ab- 
straite que « mener une vie honnête » est traduite en russe par 
BeCTH xopoiiiyio h;ii3HL, c'est qu'elle se prête naturellement à 
une conception une et déterminée, qu'on peut, si l'on veut, re- 
présenter concrètement par une ligne droite. 

La distinction des deux séries, déterminée et indéterminée, 
s'est rigoureusement conservée en grand russe : la première 
n'est jamais confondue avec la seconde. Il n'en a pas été de 
même en petit russe, comme on peut s'en convaincre en s'en 
rapportant aux exemples donnés par MM. Smal-Stockyj et 
Gartner dans leur PycKa TpaMaTiiKa (.IbbIb, 1893, p. 60). 

Les deux divisions que nous avons respectivement reconnues 
dans la catégorie des perfectifs et dans celle des imperfectil's 
ont un point de départ commun, à savoir la distinction entre 
les verbes simples et les verbes composés. Il suit de là que la 
question d'aspect se présente naturellement sous deux faces : 
quels verbes simples sont perfectifs? quels verbes la composi- 
tion préverbale rend-elle perfectifs ? Nous étudierons d'abord 
l'aspect des verbes simples suivant la division en quatre classes 
de M. Leskien, adaptée au verbe russe par M. Boyer dans son 
cours de l'Ecole des Langues orientales ; nous étudierons en- 
suite la comjjosiiion préverbale. 



LES VERBES SIMPLES 



CLASSE I 

1" Verbes sans suffixe, type iicc-y, iicc-Tn : 

2° Verbes à suffixe -a- au thème de l'infinitif, type 

JKp-y, /Kp-a-Tb. 

Cette classe, qui se compose de 78 verbes (63 du type HecTiï 
et 15 du type /Kpaxb), comprend des imperfectifs et des perfec- 
tifs, mais ces derniers ne constituent qu'une très faible propor- 
tion. 

na4y, nacTi., dont Temploi est très restreint en russe moderne 
(sens figuré, style noble, ou, au sens propre, spécialement en 
parlant des bêtes frappées d'épizootie), est normalement perfec- 
tif : « qxo ria^eT't, ea môkh, to ii nonecy ». Il est cependant 
remarquable que Puskin emploie ce verbe, à la 3* personne 
du singulier et à la 3" du pluriel, tantôt en valeur de présent, 
tantôt en valeur de futur (cf. By44e, OnblTTj rpaMMaxHKii HSbiKa 
A. C. HyiiiKiiHa, l''" partie, 3" fasc, p. 24, dans le C6opHiiK'b 
de l'Académie des Sciences de Pétersl)ourg, LXXVII). Nous 
reconnaissons facilement la valeur du présent dans : 

.... IlOKO.rbHbH, 

Ho Taimoil Bo.it> npoBii/i.'feHbH, 
600x04^x1», 3pt.iox'b II iia4yx^b 

[Œuvres complètes, édit. MoposoBT., III, p. 279.) 

... ./lioÔBii roxoBHxcH 4apbi ; 
Ila^yTTj peBHiiBbiH 04e}î-t4Li 

(7^/W., Il, p. 205.) 



10 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Bt» HCM^b rirtBt CBHp'bnbiii yMiipaeTt, 
M Mineiiie 6ypHoe na^ex^t. 

{Ibid., II, p. 239.) 

Ces emplois en valeur de présents ne démontrent nullement 
le caractère imperfectif de na^ëTT», na^yTt. Le présent-futur 
ne renferme en soi de notion de temps que secondairement : 
sa fonction essentielle est d'exprimer l'acte un et bref par oppo- 
sition à l'acte complexe et prolongé. Tel est exactement le cas 
ici : dans aucun des trois exemples cités le perfectif ne peut 
être mis sur le môme plan que les imperfectifs qui le précè- 
dent, car, pour tout Russe ayant le sentiment des nuances de sa 
langue, il introduit un changement d'allure dans la phrase, appa- 
raissant comme un point à la suite des présents duratifs qu'on 
peut se représenter comme des lignes. Ces emplois de naAëx'b, 
na^yT't. en valeur de présents ne sont pas d'ailleurs très fré- 
quents dans Puskin : nous n'en avons relevé que trois sur 
dix-sept emplois des deux formes verbales cités par M. Budde. 

Cîî^y, cfjCTb et .iHuy, .icib, qui forment paire, le premier 
ayant peut-être déterminé, en même temps que l'infixation de 
la nasale, l'aspect perfectif du second (cf. Meillet, Études sur 
l'étyiiiologie et Je vocabulaire du vieux slave, 21-22), sont également 
perfectifs. Ces deux verbes sont complétés, quand ils sont 
employés comme simples, par le couple imperfectif réfléchi de 
classe IV ca^iÏTbcH, .ioh%iïti.ch, et, pour signifier un état pro- 
longé, par le couple neutre CH4ivrb, .lOKarb. 

TyyAY (de ôbiTb) sert de futur au présent athématique ecMb 
et est l'auxiliaire ordinaire du futur périphrastique. Son parti- 
cipe 6\',i,yLiJiiri est un participe futur, le seul qu'on puisse citer 
en russe à côté de no c.i'I'>,],yioiii;iii'. La notion d'aspect n'est pas 
obscurcie par l'emploi familier de 6\Viy en valeur de présent, 
emploi donnant à la phrase une certaine vivacité : « A kto 'Aie 
TaKa;j oy^ere? ciipocii./ia TaxbHHa » (TyprencB'b, IIoBb, édit. 
r.iasyHOB'b, 2^ partie, chap. XX'Vll), c'est-à-dire : « Gomment 
vous appellerai-je, vous? Qui direz-vous que vous êtes? » Quant 

1. Buslajev (licTOpiiMccUHii rp'iMMii'i'H'^i, 5" édit., I, 112) cite uu emploi isolé 
«Je iiaayiijiii, avec valeur de participe futur, par Zukovskij [OEuvres complètes 
5<= édit., Pctcrsbourg, 1849, V, 71). Quant aux participes du type aa-rpeCiyujiii, 
ils sont devenus adjectifs et partant étrangers à toute notion d'aspect. 



LES VERBES SIMPLES M 

à Tapostrophe si commune : 6y,\Q'TT^\ assez! elle a bien plutôt 
dans la conscience actuelle des Russes valeur de présent que 
valeur de futur : c'est d'ailleurs là une forme adverbiale, ou du 
moins demi-adverbiale. Le gérondif uy^yiii a le sens d'un 
gérondif présent. 

M. Ul'janov reconnaît à iiMV les deux aspects, et appuie 
son opinion de quelques exemples empruntés au vieux russe 
et à la langue populaire (oiia^ieiiia r.iaro.ii.Hi.ixi. ocHOBt. B'L 
wiHTOBCKO-c.iaBHHCi.'OM'i, H.ii.iK'b. Il, 171). La langue littéraire 
ne possède que deux formes isolées : la 3« personne du singu- 
lier, impersonnelle et négative, HeiiMOTCH, et le participe à 
valeur adjective iiMyiniiL Par exemple : « Ero nocTOfiHHO opa- 
HaTt 3a 9TO, a Bce e.My HetiMeTCîT » (On a beau lui dire des sot- 
tises à cause de cela, rien n'y fait) ; « iiMymie iMaccbi » (les 
classes possédantes). HeiiMëTCH est très généralement senti 
comme un présent, et iiMVLqiii, dans la mesure où il n'est pas 
pris pour un adjectif, comme un participe présent; mais ces 
deux formes, isolées et figées comme elles sont, ne constituent 
pas de témoignage décisif en faveur de la valeur imperfective 
de iiMy. On sait que iiMy, employé couramment comme auxi- 
liaire en vieux russe et en petit russe, a pour équivalent, un 
peu livresque, dans la langue littéraire iiM'bio, par exemple 
« HM'ÈIO CKasaxL » et (néologisme, peut-être polonisme, cf. 
OBCHHiiKO-Ky.iiiKOBCKiil, CiiHTaKciic'L, p. 117) « npeACTaB.ienie 
iiwheTT^ ôhiTh btd BoceMb qacoBi. » ou « }Ke.iaioLij[ie mii^ioT'i, 
HBHTBCH Bt KaHEte.iHpilO ». Le vieux slave y/w(Z. jeti^ le polonais 
itne sie, jqc sie et le tchèque jniii se sont perfectifs. 

Nous devons enfin citer pour mémoire peKV, pcii'i, disparu de 
la langue littéraire moderne, mais dont on peut trouver des 
exemples chez les poètes du début du xix® siècle et aussi dans 
la langue des contes. Pus^kin emploie deux fois ce verbe 
avec valeur certaine de perfectif (cf. Œuvres complètes, édit. Mopo- 
30BT>, 1, 13 et I, 326). L'aoriste de ce même verbe a survécu 
assez longtemps en russe. On en trouve trois exemples dans 
une même page des Hapo^Hbia pyccKlH CKasKii d'Afanasjev 
(3' édit., Moscou, 1897, II, 248j : u noTO.\rB pe'ie ceôe>KCKOH 
i],apb... II pe'ie eMy ceôe^KCKoii uapt.... IIotom'b peqe khhsb 
B.iaAnMcp'b... » (ILibH MypOMeu'L, d'après un manuscrit du 
xYiii"^ siècle). 



12 MOliPIlOLOGIE DKS ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Le fait est intéressant, car, à côté du vieux slave reha, resti, net- 
tement perfectif, du polonais r:(eke, rxec, également perfectif, nous 
constatons en vieux tchèque une indécision d'aspect (cf. les 
exemples donnés par Kott et Gebauer : Kottûv Slovnik, III, 66, 
Prijde druhy. bude rieci et Nadarmo iehdâii budou rici bîdni k horâm. 
Gebauer, Historickâ mluvnice, III, '1" vol., 167 <( Poce r^eeczj syn bo^i »). 

Le russe ne possède pas d'autres perfectifs simples dans cette 
classe verbale. Il4y, H4Ti'i, dont le correspondant vieux slave 
jida présente dans la traduction de l'évangile des traces plus ou 
moins sensibles d'aspect j)erfectif (cf. Boehrae, Actiones der vcrha 
siniplicia, p. 25 scpj.), a, dans l'état actuel de la langue, une valeur 
uniquement imperfective : les emplois fréquents de son futur 
périplirastique ne laissent aucun doute à cet égard. 11 n'est pas 
sans intérêt de remarquer que le tchèque j du (présent imperfec- 
tif),jiti, est entièrement dénué de futur périphrastique *. C'est 
qu'à vrai dire ii^y, comme i">4y, 'hxaxb, est à la limite même de 
l'aspect perfectif et de l'aspect imperfectif : les présents de ces 
deux verbes sont continuellement employés pour des futurs, et 
cela non seulement dans les langues slaves (cf. les exemples 
donnés par M. Boehme, Op. cit., p. 21), mais encore en allemand, 
en anglais (cf. les exemples communiqués par M. Jespersen à 
M. Sarauw, K. Z., XXXVIII, 160), en français (je vais demain 
à Paris, je pars demain, je m'en vais demain), 

K.ux4y, KyiacTi., auquel M. Ul'janov reconnaît la valeur per- 
fective dans des exemples empruntés à la langue des, chansons 
{Op. cit., II, 171), est imperfectif en russe littéraire, et a pour 
perfectif ordinaire le verbe de classe IV no-.io;Ky, no-.iOH\iÏTb. 
Remarquons que de même, par suite d'une spécialisation de 
sens de l'itératif Bo>-iiMaio (BSiiMaTL nom.îHHy), c'est 6epy, 
6paTi., c{ui sert normalement d 'imperfectif au perfectif BOS-fcMy", 

B3-HTh. 

En résumé, les perfectifs sont, dans la classe I, au nombre de 
cin([ : iia,J,y, .it'iry, ciî^y, 6y4y, peKv, bien caractérisés. Nous 
n'avons pas, du point de vue moderne où nous nous sommes 
placé, les éléments nécessaires pour décider de l'aspect de 
riMy. Tous les verbes de la seconde série, à suffixe -a-, sont im- 
perfectifs. 

1, Voir ci-dessus p. 4, note 1, 



LES VE1;BES simples 13 



CLASSE II 
Verbes à suffixe -h y-. 

Ces verbes qui, en vieux slave, sont presque tous perfectifs, 
présentent en russe deux groupes assez distincts au point de vue 
de la morphologie, du sens et de Taspect : 

i" Le premier groupe comprend les verbes ne gardant pas le 
suffixe -Hy- au prétérit (type qaxHVTFj) : ces verbes, au nombre 
de 60 environ, ont le sens inchoatif et l'aspect imperfectif. 

2° Le second groupe comprend les verbes qui maintiennent 
le suffixe -Hy- au prétérit : ces verbes, au nombre de 300 envi- 
ron, sont àes verbes d'unité d'action et d'aspect perfcctif (type 4Bii- 
Hyxb). 

Cette différenciation, que le témoignage du vieux slave doit 
nous empêcher de considérer comme très ancienne, porte 
avant tout sur l'aspect. La raison la meilleure en a été donnée 
par M. Meillet rappelant la définition de ce type verbal par 
M. Delbrûck' : « Dans le premier cas (inchoatifs),la langue s'est 
attachée à la notion de l'action qui dure jusqu'à un terme défini 
et l'a mise en pleine évidence : de là la valeur inchoative. Dans 
le second cas, le terme seul de l'action a été envisagé, abstrac- 
tion faite de la durée » [Op- cit., p. 25). Du reste, dans le second 
cas, les verbes à nasale reposent sur danciens aoristes, ce qui 
suffit à en expliquer l'aspect (Meillet, M. S. L-, XIV,' 206). 

Rappelons aussi l'explication de M. Ul'janov, qui a au moins 
l'avantage de bien mettre en lumière l'identité de sens de deux 
séries verbales de nature différente [Op. cit., I, 151 153, II, 179). 
Partant de la simple observation qu'un grand nombre des in- 
choatifs n'apparaît qu'en composition, M. Ul'janov en conclut 
que le type composé, toujours perfectif, a pour ainsi dire acca- 



1. Vergleichende Svntax, II, p. 40 : ces verbes sout caractéiùsés par le fait 
qu'ils ont un point de départ ou uu point d'aboutissement « ein Ausgangs- oder 
Endpunkt » Dans le premier cas l'action est conçue « als vor sich gehend ». 



14 MOIîPHOLOniE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

paré toute la valeur perfective de ces verbes*; il est résulté de 
cet état de choses un malentendu prêtant au type composé une 
sorte de monopole de la valeur perfective, et identifiant le type 
perfectif simple aux itératifs composés : 

.inniieT'b = npH-.iiiiiàeTt 

BHSHGT't. =: y-BHSâeX'b 
BHHeT'L — y-BH/T.âeT'b 

côxHeT^L. r= sa-CLixâeTt... etc. 

Cette différenciation, en russe, des deux groupes verbaux 
ne doit pas être artificiellement exagérée, non seulement par 
raison historique, mais aussi par raison de fait : les unités ver- 
bales sont parfois difficiles à classer dans l'une ou l'autre caté- 
gorie. Il y a quelques empiétements d'une série sur l'autre : 
nous ne parlons ici que de ceux qui intéressent l'aspect. 

Dans la série des inchoatifs, CTbiHy, CTbiHyTb est normalement 
imperfectif, mais la valeur perfective est attestée au moins dia- 
lectalement (cf. ByciaeB^b, IIcTop. FpaMiM., 5e édit., I, 106). 

4pôrHy, 4p6rHyTb a deux aspects : il équivaut tantôt à l'imper- 
fectif 4poîKâTb, tantôt au perfectif B3-/i,p6rHyTb. Dahl est for- 
mel en ce qui concerne la dualité d'aspect de ce verbe. Les 
exemples, très clairs, se laissent sans peine répartir entre deux 
catégories d'emplois. C'est la valeur imperfective qui apparaît 
quand ce verbe est employé au sens propre, purement physique : 
« il 4poriiy renepb oxb xo.iO/i,a ». La valeur perfective est res- 
treinte aux emplois figurés, au style noble : « HenpiiîTe.ib 
4poriiy.'i'b, a Mbi ne ^porneM'b » ou « rpoMi, ne rpaHex'b ii 
MyîKiiurb lie ,i,p()rncT'b ». Ces deux catégories de sens ont d'ail- 
leurs leur expression morphologique distincte au prétérit : 
« Mbi 4p<)r.iii Bcio 3HMy » et « lIeiipiHTe.ib 4porHy.i'b, a mh 
MO 4poriiCM'b ». il y a là en réalité deux verbes différents : un 
imperfectif, 4pùriiy « je tremble w, au sens propre (prétérit 
4por'b), et un perfectif, 4pôrHy « je tremblerai », au sens figuré 
(prétérit 4pôrHy./i'b). 

Dans la série des verbes d'unité d'action, nous trouvons deux 
verbes dont la valeur uniquement imperfective est bien con- 

1. Nous rolrouvci-oiis dans l;i cI.tssc IV (cf. p. 2;>-2i) des verbes qui, perfcc- 
lifs par eux-iuèiues, tondent à nôtre employés qu'en composition, d'où résulte 
un ad'aiblissemeul de la valeur perfective du simple. 



LES VKIihES SIMPLES lo 

nue : ce sont r(ô)Hy, rnvTb et thhv, THiiVTb. Il n'y a pas 
d'autre explication possible de ce fait que celle que nous avons 
déjà empruntée à M. !Meillet. La différenciation des deux grou- 
pes, perfectif et itnperfectif, s'est produite suivant les tendances 
sémantiques, impossibles à définir a priori, des sujets parlants. 
Les notions exprimées par rnyTb et xniiVTF. ont été conçues 
comme essentiellement duratives, imperfectives : on remarque 
d'ailleurs que, pour ces deux verbes, le sens inchoatif se laisse 
facilement concevoir; mais leur qualité de transitifs empêche 
de les rattacher à la série inchoative qui est essentiellement in- 
transitive. Au reste, le caractère tout subjectif et variable des dif- 
férenciations d'aspect est bien mis en lumière par la comparai- 
son avec les langues slaves de l'ouest. Le tchèque a : hnouti, per- 
fectif, au sens de« donner une impulsion, mettre en mouvement » 
(ABiinyxL), mais tâhnoiiii, imperfectif, comme le russe thhvtl. 
En polonais, où cette classe II a atteint un très grand dévelop- 
pement, le nombre des imperfectifs est considérable : biegnac, 
kwitnqc^ iahiqc. pc'l::jiqc, plynqc. pragnqc, rosnqc, siynqc, ciqgnqc — etc. 
(cf. Soerensen, Polnischc Grammalik, l, 231), Tous ces verbes, 
auxquels on ne peut prêter un sens essentiellement inchoatif, 
sont de simples dérivés imperfectifs, qui ont exactement le même 
sens que les imperfectifs d'après lesquels ils ont été formés : 
ainsi le verbe impersonnel braknie <( il manque » a exactement la 
même valeur que hrahije. Le suffixe -nq- n'a donc pas en polonais 
deux significations aussi tranchées qu'en russe, perfective et 
inchoative ; plus encore en polonais qu'en russe, la classe II a 
perdu le caractère exclusivement perfectif qu'elle parait avoir 
eu à l'origine. Le verbe aV7î(7^', imperfectif au sens de « presser »), 
et perfectif au sens de « jeter », est un bon exemple de l'in- 
fluence du sens sur la notion d'aspect. 

Si Ton veut déterminer le rôle de la classe II dans l'ensemble 
du système verbal russe, on est amené à faire les remarques 
suivantes : 

Le premier groupe, inchoatif, est exactement semblable au 
groupe inchoatif de classe III : il y a parallélisme parfait entre 
cyxÔH-côxny, c.rhnoir-c.rhnHy et c.iâoijii-c.iaofjio, Tu.icTbiil- 
TO.iCT'hK). Là où les deux formations apparaissent concurrem- 
ment, on constate identité rigoureuse de sens : par exemple 
CvidoHyxb et c.iaô'hxb. Ce premier groupe n'est pas seulement 



16 M(»i;l'110l.(»(;iK l)KS ASPECTS DU VERBE RUSSE 

en rapport avec la classe III par les formations indépendantes 
et similaires du type c.iâôny, c.iaôhro : il lui est surtout étroi- 
tement lié par ses itératifs avec les(|uels il forme des couples 
réels, couples comprenant perfectif j imperfectij , comme sa-cùxHy/ 
3a-CHxâio. 

Comment le second groupe, constitué par les verbes d'unité 
d'action, s'est-il si largement développé en russe, soit par for- 
mations secondaires d'après des imperfectifs (MaxHVTb d'après 
MaxaiT.), soit aux dépens de perfectifs (ii3-6hrHyTL rempla- 
çant *ii3-6'b'nj) ? La réponse à cette question ne saurait être 
fournie que par une étude minutieuse de textes représentant 
les diverses périodes de l'histoire de la langue. Nous ne pou- 
vons qu'indiquer sommairement les faits, tels qu'ils se pré- 
sentent dans l'état actuel de la langue : 

1° Les verbes d'unité d'action remplacent quelques unités 
disparues de la classe I, par exemple 6o4HyTb (ôoctii), ot- 
BcprnyTb (oT-Bepei^iii), 40-cTnrriyTb (40-cTii'ib), iio-^iepnHVTb 
[crûpg, créti, petit russe qepeTii et qepTii)... etc. Le rapport de 
dérivation est bien visible dans sa-nHV, 3a-nHyTt., formé sur 
le présent-futur perfectif 3a-niiy, de 3a-iiî'iTî3. Ce même rap- 
port apparaît moins clairement du point de vue russe, mais est 
établi par la grammaire comparée dans no-MHHV, no-MHHVTb : 
sur un présent *niena d'un infinitif radical *iiie-ti a été formé un 
infinitif *menqti (cf. Zubaty, Archiv, XV, 497-498). C'est aussi 
sur le modèle de Talternance sa-iiiiTi., 3a-niiyTi> qu'a dû être 
formé Bi>[-ii-HTi>, Bbi-nyTL, et la confusion a dû être singuliè- 
rement facilitée par ce fait que la syllabe radicale est inaccen- 
tuée. De même sur le présent k.ihh\' est formé le néologisme 
K^HHyTB, et on peut trouver dans Zukovskij no-K^finy^CH 
pour no-ioii'i.iCH {Œuvres complètes. 5" éd., Pét., 1849, V, 44). 

2" Les verbes d'unité d'action aj)paraissent en face de verbes 
de classe I (type rpecTi'i, ramer, rpoHyTB, donner un coup de 
rame), de classe III (type MaxÛTB, agiter dans tous les sens, 
MaxiiVTL, brandir d'un geste unique), de classe IV (type iiiCBe- 
.iiiTi., remuer, meBe.iLHVTL, faire un mouvement; r.iH/vbTi», 
regarder un certain temps*, r.ii'iiiyn,, jeter un coup d'œil). 

1. I^.iii.tI.ti, sif,aiiiie « regarder de loin sans grande aUcution », par opposition 
à CMOTpt'.Th « regarder de près, examiner ». CeUe difTérence de sens ressort 



LES VEHlïKS SIMl'LES 17 

Quatre verbes à racine vocaliqiie de classe III ont donné lieu 
à des formations perfectives : 4yio/4\'iiy ; cyi<)/cyny; k.iioiô/ 
K.iH»i!y : iMioK» ii.iiony. 

Les deux verbes ,1,'I.Hy, CTÛiiy, pfs.. qui doivent être rat- 
tachés à la série des verbes d'unité d'action, ne présentent pas 
le suffixe iiy- au thème de l'infinitif: /Vti'i., CTaxb. Ce dernier, 
employé comme simple, a communément pour imperfectifs, au 
sens de « devenir », cTaHOBiiTijCH, et, au sens de « commencer », 
iiafiiiHÛTh; l'itératif -CTaBâxb n'apparaît qu'en composition. 

Les alternances avec verbes à suffixe -OB-a- sont isolées : 
piiCKOBâTL/piicKiiyTi,, iiOBiiHOBâTbCH/ vleux russe lIOBIÎHy- 
Tiicji, miihoBcITb/ MiiHYTi, (miihoBcItl a aujourd'hui perdu la 
valeur imperfective et apparaît comme un simple doublet de 

MIIHVTb). 

Remarquons enfin que les trois verbes d'unité d'action pnx- 
HVTLCH « perdre l'esprit », TpâxHVTb « lancer », x.iiJHyxb 
« déferler » n'ont pas dimperfectifs correspondants. 

bien de la phrase de Gogol : " /ta tu cmotihi cfGf. iioj,1j nom, a ne r.iH.lH Wb 
noTOMOTBO » (^lepTHbiH ayuiii, 2'' partie, chap. III . 



18 MOl'.l'IlOl.dCIK DKs ASl'KCTS Dr VEliHE HISSE 



CLASSE III 



Verbes à présent en -je- |-(/)io, -{j)euij,]. 



Les verbes de classe III sont caractérisés par leur présent en 
-je-. Ce type de présent sert à l'expression d'une action qui se 
développe; donc il représente l'action verbale au cours même 
de son accomplissement^ sans que le terme en soit envisagé : 
par exemple, iiiiiiiy « j'écris », ^YMaio «je pense ». Aucun verbe, 
dont la valeur perfective soit sûrement ancienne, n'a en russe 
cette forme de présent (le vieux slave a de^da, perfectif, cf. Jagic, 
Bcitr'àge ~jiy slavischen Syntax, I, 80, dans le vol. XLVL des Denk- 
schrijtende l'Académie de Vienne, P/?//. hist. cl.). .lo6:jâi(). .kxjScITL, 
dont le correspondant vieux slave lobït^a, lohhxçiti est perfectif, est 
dans l'état actuel de la langue tout-à-fait imperfectif, et les très 
anciens textes vieux russes, où il apparaît comme perfectif (cf. 
Cpe:jiicncidii, MaTopia./ii>i, II, 37), ont été trop étroitement sou- 
mis à l'influence du vieux slave pour qu'on en puisse tirer aucune 
conclusion. 

La classe III comprend : 

1" un groupe de 28 verbes priuuûrcs sans suffixe : type 3Hd-io, 
3iia-Ti.; 

2" un groupe de 98 verbes, primaires ou secondaires.^ à suffixe -a- 
ou -il- au tlième de l'infinitif, avec ou sans suffixe au thème du 
présent : type cKaK-à-Tb, CKa'i-y et ,iRiir-a-Tb, 4BiiH%-y ou 
4Biir-a-io; 

3° un nombre illimité de dénominatif s ^ répartis en trois catégo- 
ries : a) dénominatifs à suffixe -a-, -il- (type 4yM-a-Ti., KâiiJ./1-H- 
Ti.); b) dénominatifs à suKixe -i",-, -a- (type ;Ka.l-'^.-TI., .My;K-â-Ti.); 
c) verbes à suffixe alternant -y-, -lO-, au thème du présent, -ob- 
-a-, -en-a-, au thème de l'infinitif (type Topr-y-K), TO})r-OB-â-Ti. 
et i()p-i('»-i(). rnp-oB-â-Tb), catégorie comprenant des dénomina- 
tils et des verbes d'emprunt étranger; 



LES VKRHKS SIMPLES 19 

4° un nombre illimité de dévcrhaiifs à diviser en deux séries : 
a) à suffixe -;i-, -i?;i-, -h- {série ancienne): b) à suffixe -?JBa-, -HBa- 
{série nouvelle). 

Seul, le groupe des verbes à suffixe alternant (type Topryio, 
ToproBi'iTb) intéresse l'étude de l'aspect des verbes simples. Il 
est très considérable et s'auo-mente chaque jour, car c'est par 
son intermédiaire f[ue les verbes étrangers sont introduits dans 
la langue russe. 

()6pa:5yio, oôpa.iOBàTi. est sans doute originairement un 
dénominatif de Ù6pa3'r>, et comme tel il a la valeur de présent. 
Mais l'étymologie populaire a donné à 06- valeur de préverbe, 
et 06-par^yio, considéré comme un composé perfectif, s'est super- 
posé, avec valeur de présent-futur, à l'imperfectif o6pa.iyio. Ce 
verbe est donc susceptible d'avoir, suivant le contexte, le sens 
d'un présent ou d'un présent-futur, mais il semble tenir plus 
étroitement à la catégorie des perfectifs qu'à celle des imper- 
fectifs, etie fait qu'il est dénué de futur périplirastique le prouve. 
Le cas de oôiiapÛAVio, perfectif, est semblable, et l'étymologie 
populaire a sans doute été induite en erreur (o6-Hap(')/l,yio) d'au- 
tant plus l'acilement que, comme le remarque Grot', un simple 
Hapo^OBaTh se laisse aisément supposer : aussi l'aspect de ce 
verbe est-il parfaitement trancîié, uniquement perfectif. 

Ces deux verbes ont leurs im perfectifs : oôpaBÔBbiBaTb et 
o6iiap(')4biBaTb (cf. plus loin). 

HoHvro, iiOTiGBaTt. et ^apyio, ^apoBaTL ont les deux aspects 
(voir pour ce dernier verbe la note très explicite du Dictionnaire 
de t Académie àe 1891). Ces verbes ne peuvent être originellement 
que des imperfectifs, puis([u'ils ne présentent pas trace de pré- 
verbe. La coexistence de la valeur de présent-futur à coté de 
celle de présent s'explique par le fait que la langue russe a peu 
développé la composition préverbale sur cette catégorie des 
verbes à suffixe alternant; un certain nombre d'entre eux sont 
isolés : ainsi iipiicyTCTBOBaTi., OTCVTCTBOBaTb, 6e3/vl>ncTB()- 
BaTL (formés sous l'influence d'autres verbes issus de substan- 
tifs en -OTBO, comme cymecTBOBaTb, de cyiU(3CTB(), Top;i;ocTBO- 
BaTb, de TOp>KecTB()) sont sans perfectifs correspondants. Dans 
le cas spécial qui nous occupe, malgré la formation des deux 

1. r|i(rri,, <|)ii.ii),i()riiMi'ci,iii l'aHMcKanin. 2côdit., CiiCi. IS'l'.i, IF, 717. 



20 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VEUBE liUSSÈ 

perf'ectifs composés 3a-HO^iyio et iiepe-nonyio, le simple Hoqyio 
est constamment employé, concurremment à ces derniers, en 
valeur de présent-futur : « Ho'iyeMh 34'fecb, CKasa^l'b H, Ha 
/j,BO])'b iioHb TCii^an; Me.ibHiiK'b 3a 4eHbrH naMt BLiin^eTT> 
co.ioMLi » (TypreneB't.. SanricKH oxoTiiiiKa, EpMO.iail ri mg.il- 
iiiriiixa). Le caractère imperfectif" est cependant resté dominant 
dans ce verbe, puisqu'il a un lulur périphrastique : 6y4y 
iiO'ieBâTb. 4î^P>ro au contraire n'a donné prise à aucune com- 
position préverbale et, bien qu'usité souvent en valeur de 
présent, participe plus de la valeur perfective : il n'a pas de 
futur périphrastique (*6y/i,y /i,apoBaTb). 

On comprend sans peineque les néologismes, dans la mesure 
oîi ils ont gardé leur caractère d'emprunts étrangers, aient 
aussi résisté à la composition préverbale. Voici la liste de ceux 
qui sont indiqués dans la première partie du Dictionnaire de l'Aca- 
démie, en cours de publication, comme ayant les deux aspects* : 

AôoHiipyiocb, a6op4iipyio, a^pecyio, aKK^inMaTiiaiipyio et 
aKK.iHMaTH3)io, aKitenT^'K) (terme de banque : accepter une 
lettre de change), aMnyTiïpyio, aHa./iH3iipyio, ariaxoMiipyio, 
aiiraHu'ipvK), aHivinsiipyio, aH<i>H.iiipyio (terme militaire), anpo- 
uyio^ ai)aii;in'ipyio, apTiiity.ii'ipyio et apTHKy^iyio, acciirHyio, 
acciT.Mii.ii'if)yiOi araRyio, axTecTyio, Bri3iïpyio, 4eKpeTiipyio, 
4eM()iiTri])yio, /i,eTOHiïpyio, /],eij,eHTpa.in3iipyio et 4eij,eHTpa.4H- 
syiO:, 4eiiiiM>pripyio. 

La question d'aspect ne comporte pas, quant à tous ces 
verbes d'emprunt, de solution absolue et définitive, puisqu'elle 
dépend, comme nous l'avons déjà indiqué, d'un élément essen- 
tiellement variable, à savoir du degré de russification. Aussi 
peut-on seidemcnt affirmer, en s'abritant derrière l'autorité de 
l'Académie, que les verbes cités ci-dessus sont usités ou du 
moins étaient usités, au moment de la confection du Dictionnaire, 
en valeur de présents et de futurs. Remarquons cependant 
qu'actuellement a^pocyio, aHa.iH3npyio sont en général emplo- 
yés comme des présents, en regard des présents-futurs perfectifs 
3a-a4pecyio, npo-aiia.iii3iipyio, et que 6y4y anaTOMiipoBaTb, 
6y/l,y aTTecTOBaib paraissent être d'emploi plus courant que 
les futurs anaroiMiipyio, aTïecTyio. 

1. Cf. liilroductiou, jj. ;j, note 2. 



LES VERIitS SIMPLES 21 

Le cas des deux verbes apecTOBcÎTi. et Te.ierpa'i>ripOBaTi. est 
caractéristique, parce qu'il met en évidence l'hésitation de la 
langue à développer des composés sur ces verbes d'emprunt 
et même à employer ces composés, quand ils ont été formés : 
apecTYK) et xe.ierpafMÎpyio sont encore aujourd'hui communé- 
ment usités avec le sens du futur, malgré l'existence des per- 
fectifs ;{a-apecTyio, npo-Te.ieri)a<i'iipyio. 

On voit donc, en s'élevant au-dessus des faits (jue nous avons 
indiqués, que les verbes à suffixe alternant -y-, -OB-a- ne sont 
perfectifs que secondairement e\. pour ainsi dire accidentellement, 
dans la mesure où il a été utile de combler une lacune de 
la langue, de suppléer au défaut de composés perfectifs. Ce 
caractère perfectif, qui leur a été attribué secondairement, a pu 
s'attacher fortement à un verbe comme ^apyio, qui signifie 
nécessairement une action brève et unique et n'a pas pour cette 
raison de futur périphrastique (cf. le cas de 4aMi>, uniquement 
perfectif, par l'aspect duquel ^apyio a pu être influencé), au 
lieu que la valeur imperfective est restée dominante dans un 
verbe de sens éminemment duratif comme hotivk). 

La catégorie des verbes à suftixe alternant comprend un très 
petit nombre de déverbatifs, qui remplissent ou ont rempli la 
fonction d'itératifs en face de verbes des classes II et 111 (cf. 
no-BiiHOBarbCH). Un seul d'entre eux est usité comme simple 
et mérite une attention spéciale : Mimyio, MimoBaTL. Ce verbe 
a été certainement imperfectif en vieux russe en face de miihvtii, 
d'aspect douteux (cf. CpesneBCKiri, MaTepia.ibi, II, p. 144, 
exemples imperfectifs et participe présent .AiiiHyLUTiiil). En 
russe moderne miihvio et Miiny sont également perfectifs, ce 
dernier n'étant guère employé f[u'au prétérit : « CBoeii cy4b6Li 
ne Mimyeiiib » — « eii MiiHy.io ^Ba^uaTi, .rbT'L ». Nous suppo- 
sons que ce changement d'aspect de MiiHOBârb a été déter- 
miné par la fixation du caractère perfectit de miihvtb, dont il 
tend, depuis longtemps sans doute, à devenir une sorte de 
doublet. 



MOHPHOLOniE DES ASPECTS DU VERRE RUSSE 



CLASSE IV 

Verbes à présent en -lo (/+y), -iiiiil. 

La classe IV peut être divisée, suivant le tlième de rinfinitit", 
en deux «grandes catéoories : 

1" verbes à infinitif en -'h-Ti>, (-a-TL après chuintante); 
2" verbes à infinitif en -ii-i i,. 

Les verbes à thème de Tinfinitif en -h-, -a- sont imperfectifs : 
la raison en est qu'ils expriment toujours une action (factitifs 
comme Bei)T'hTb, M^aTh) ou un état ayant une certaine durée 
(neutres comme cii4'hTb, .leHiaTii). Ce type verbal est représenté 
par un [)eu [)lus de 80 verbes, en majorité primaires. On peut 
dire qu'il est csscnticUeincnt imperfectif; il contient même, comme 
nous le verrons plus loin, un certain nombre de composés que 
l'apposition d'un préverbe ne rend pas perfectifs (cf. p. 32). 

Un seul verbe appelle des explications : Be.iH) a également 
valeur de présent et de futur, — valeur de présent dans 
« Xo.iîiiiirh HO Be.iiiT't. nycKaTL » (Le maître défend de laisser 
entrer), valeur de futur dans « jl bo.uo Ba.Mij TpOHKy 3a.iOJKHTL » 
(Je vais donner Tordre de vous atteler une troïka). Aussi ce 
verbe est-il généralement considéré comme ayant les deux 
aspects. Par son sens originel « vouloir » (cf. latin velle)^ sens 
dont le vieux russe nous fournit des témoignages (cf. CpesHeB- 
cidii, MaTepia.iLï, I, 242 : Umù et fisÛAci^x-.), bc.hô est imperfectif 
et, comme tel, a un perfectif correspondant, iio-bg.ikj. Du sens 
duratif de « vouloir » a été extrait secondairement le sens 
momentané de « donner un ordre ». Un verbe qui exprime une 
action brève et une tend naturellement à devenir perfectif : 
iia,i\'. ,i,i!iniy^ ujxuiiy, i.yu.iiô..., etc., sont perfectifs. Be.^io a dû 
de même prendre secondairement valeur de perfectif, et dès lors 
les emplois de rio-BaiU) ont été restreints : la valeur imper- 



LES VERBKS SIMPLES 23 

fective a d'ailleurs subsisté, comme on pouvait l'attendre pour 
un verbe appartenant à un type verbal foncièrement imperfectif. 
Il y a eu réellement superposition d'un aspect à l'autre. Quant 
à l'absence de futur périphrastique (*6y,;y He.i'tTb), elle peut 
être expliquée par ce fait que la conception momentanée de l'aclion 
verbale est inconciliable avec le caractère duratif à\x futur com- 
posé, mais on ne peut s'empêcher, en se rappelant le sens pri- 
mitif « vouloir », de rapprocher Be^rhit de xoTi">TL, imperfectif 
caractérisé, également dénué de futur périphrastique (cf. p. 3), 
Be.iH), en tant que verbe d'unité d'action perfectif, est normale- 
ment complété par les itératifs iio-iîe.it.Bâio, ii[)H-LUi:jblBaio. 

La catégorie des verbes à thème de l'infinitif en -ri- n'a point 
d'aspect défini. C'est qu'elle contient des éléments tout-à-fait 
dissemblables : d'anciens itératifs comme hoci'itl, des causatifs 
comme to^i'itl, des dénominatifs comme MbiCMinh. Les itératifs 
et les dénominatifs sont en principe imperfectifs, les causatifs 
seuls peuvent être conçus comme perfectif's. ]Mais il a suffi que, 
du fait de ces derniers, la catégorie des verbes à thème de l'in- 
finitif en -II- fût mi-perfective, mi-imperfective, pourqu^un cer- 
tain nombre d'unités, de leur nature imperfectives, devinssent 
sujettes à être conçues comme perfectives : les dénominatifs 
(à l'exclusion, d'ailleurs, des itératifs) ont tendu à être associés 
aux causatifs, si bien qu'il serait illusoire de prétendre tracer 
une Ijo-ne de démarcation riofoureuse entre les uns et les autres. 

Sont xïii\.\.emeïi\. pcrfectifs les verbes simples qui suivent : 

6p(tiny, r)p(')CiiTL, — Bopoqy, BOpOTi'iTi,, — K('»Hqy, kôhhiitl, 

— Kvn.iK), KvniiTB, — .iimiy, .iiiiiii'itl, — mû.ib.iio, mô.ibiitb, 

— n^'hiiH), luiiHi'iTb, — iipoiny, iipocrriTi,, — nymy, iiycTi'iTi.. 

— pymycL, pymiiTBCH, — p^bmy, p-biiniTi., — ciiOTiy, cKoniiTi., 

— CTVn^IO, CTVniITB, — XBa'iy, XBaTl'lTB, — >ib^ik'), hbiiti., — 
et Bépiuy, BépiiiiiTb (comme terme d'agriculture : BÔpiiiiiTb 
CTort)'. , 

Quelques-uns de ces verbes sont peu employés, et il est inté- 
ressant de constater, en ce (|ui les concerne, la tendance à sub- 

l. Cf. ^a.ib, Toji«oi{i.iH (Moiiapi. vkuiinn) lituiiiiojiyccKani ii:ti.ii;a, 'M édil., I, 
p. '»51. 



24 MOKrilOLOGIK DES ASPECTS Dli VERBE RUSSE 

stituer le perfectii' composé au perfectif simple. Tel est le cas de 
CKonTiTL, qui a été à peu près remplacé par b cko'Ii'itl (b- en 
valeur de b.i-), et de cryiiiiTi,, beaucoup moins usité que b-CTY- 
lii'iTL (b- = B3-). Ajoutons que dans la langue populaire rio-KÔH- 
MUTB est plus courant (jue koipiiitl. Ces faits, que nous obser- 
vons dans la langue moderne, indiquent une sorte de monopo- 
lisation de la valeur perfective par les composés aux dépens des 
simples (voyez le même fait dans la classe II, p. 14), et nous 
permettent de comprendre que plusieurs verbes de la classe IV 
n'apparaissent qu'en composition, donc avec la valeur perfective. 
Ainsi : o-iiiiiui'itlch (ancien verbe de la classe l, cf. o -10116- 
Cfi), BC-T-pi'.TiiTL (ancien verbe de la classe I, cf. oô-p'bry), 
o-TKiiBi'iTL (vx.sl. i^iviii, pf.)', 3a-K.iiO'iirn. (vx. si. Mjit'ciîi se. d'as- 
pect indécis), iio-.iyqnTt. (vx. si. liiciti, également incertain), 113- 
M'bHiiTB (le simple M'feHiiTL, usité en vieux russe, a été remplacé 
par l'itératif M'buMTh), 0-CB060411TL (vx. si. svoboditù pf.). no- 
xi'iTiiTi.. Un dénominatif noôliAirri., pf., de iio6i'.4a« victoire », 
interprété par l'étymologie populaire iio + (5't4HTh (cf. le cas 
de ()5pa:?0BâTi., p. 19), peut être ajouté à cette liste. Quand au 
verbe de création artificielle oyiaroc.iOBfiTL,, pf. , calqué sur le 
grec cj/vOYstv, il est bien réellement un verbe d'unité d'action 
fabriqué sur le modèle des perfectifs simples du type KynfiTL, 
et, comme tel, a son imperfectif 6.iaroc^OB.i}iTB : les deux 
verbes, de formation semblable, 6.iaro4apiiTB et 6^aro4âpcT- 
BonaTi. sont au contraire imperfectifs et par suite dénués d'ité- 
ratifs. 

En vieux russe, quelques-uns des verbes simples donnés 
plus haut comme perfectifs ont hésité entre l'aspect perfectif et 
ras[)ect im[)erfectif. Leur aspect dépend en effet de l'angle sous 
lequel ils sont envisagés. Ainsi Kym'iTB peut être conçu comme 
momentané « faire un achat » ou comme duratif et général 
« acheter ». On ne connaît en russe moderne que le sens mo- 
mentané, lequel entraine naturelUîment la valeur jierfective, 
mais le vieux russe fournit des témoignages du sens géné- 
ral, donc de l'aspect im[)erfectif. Les exem[)les iiulicjués par 
Buslajev (IIcTopinccKaa TpaMMaTiiKa, 5"= édit., II, p. 130) ne 
laissent aucun doute à cet égard, et le fait est d'autant plus inté" 

1. Cf. Meilk'l, op. cit., p. 28 sqq. et Boehme, op. vit , p. 40 sqq. 



LKS VKI'.IttS SlMI'LtS 25 

ressaut à noter que 1 emploi perlectif de k\ iiiiTL parait slave 
commun; rexem[)le emprunté a la première Chronique de Nov- 
gorod est le plus décisif» iio'iaxoMi. k\ iiirni x.i'bo'b... » (Ilo^i- 
Hoe coopaiiie pyccKii\'7> ^rbroiiHcoii, Apx. lioM., tome III, 
Saint-Pétersbourg. 18U, p. 46). De même Mo.imiTh a passé du 
sens duratif, qu'il a en vieux slave et en vieux russe « faire du 
bruit, s'agiter, parier '>, au sens perfectif « prononcer un mot, 
dire une phrase » : il suffit, pour s'en convaincre, de rapprocher 
les exemples vieux russes donnés par Sreznevskij (MaTepia.ibl, 
au mot M L.iBiiTii), où ce verbe signifie « tunuiltuari, x.ionoTaTB, 
3aÔ0TiiTLCH », de la glose du premier Dictionnaire de l Académie 
(Saint-Pétersbourg, 17891794, lome IV. p. 2.55: « r.uiio.i'L wsuii- 
B.iHiomiii OAHOKpaxHoe 4'biîcTBie roBopHinaro. CnasaTL, ii3- 
pciiui '>• Le simple mô.ibiitb n'est guère usité d'ailleurs qu'au 
prétérit nkj.ibii.I'B, le présent-futur Mo.in.iio tendant à être rem- 
placé parle composé biîi-mo.ib.iio. Cy,v'iTL peut également être 
interprété soit comme un verbe d'unité d'action « rendre un 
jugement », soit comme un indéterminé «juger ». La valeur im- 
perfective, qui correspond à la seconde interprétation, a seule 
survécu en russe moderne, mais l'aspect perfectif est attesté en 
vieux russe (cf. ILIaxMaTOBt,, l'IsCvi'b^OBaHie o ABimcKiixt. 
rpaMOTax'B, XV b., Cii6., 1903. I, 131). 

Au point de vue du russe moderne, l'aspect perfectif de tous 
les verbes précités est solidement établi. On peut seulement 
citer quelques exemples de imhmiiï'L et de p'bmiiTb employés 
en valeur de présents' : 

« Cie Be.iiiKoe coolu ie iiaBcer^ta p'bmiiT^B cy^tôy Hamero 
OTCHecTBa » (/KyKOBCKiîi. 5" édit., Pét. 1849, YIII, 268). 

« IIpiBrfeTH.lt. H 4aBH0, TITO Ca.MLIX^B BaJfCHblX'B 4'b.lb KO- 

iicu'b 'lacTO aKii cy,i,b6oio, h.iw B40XH0BeHieM'b, bo Bcifex'^b 
yMax'f> p'hmiiTcH B^pyr'b, iipenue He>Ke.iii T'b, OT^b Koro 
saBiiciiT'b, ycirbioTb o TOMb rijJii^yMaxb » (EnaTepima II, 
IIcTOpH'ie.-Koe ripe^cTaB.ioHie iis'b nnisHii Piopima, acte III, 
scène 4). 
« Ohii p'biuaT'b cy4b6y Me^oB'bqucTBa, onpe4'b^inioT'b iiyxb 

1. Ces exemples sont empniulés à Busiajev (lIcTOp. TpaMM., 5« édit., II; 130) 
et aux éludes sur la syntaxe de quelques écrivains classiques publiées dans le 
PytcKiii iI>iivio,TOnme(i;iii Bt.<Tninn> (tomes XX.\-XL) par M, Islomin, 



26 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERRE RUSSE 

ero » (IvapaMSHii'b, IloxBa.iLHoe cviobo EKaTepiint. II, édit. 
CMrip4iiHi>, Pét., 1848, tome I, p. 276). 
« B'i:. noc.1l.4HeH oKxaB'b cTiixoTBOpeu.'b noBTOpHeT^b Bcb 

riO,3,p()6llOGTH, H KOII'IIIT'B KaK'L MaCXep't. )) (BaTIOlIlKOB^b, 

Œuvres complètes, Pét., 1850, I, 243). 

« M"" de Staël CKa3a./ia cnpaBe^.iiiBo, mto b-b Teppa^nH'fe 
KOirniTCH ?]Bpona » (Ibid., I, 361). 

Ces emplois, où apparaît clairement l'opposition connue de 
r action-point à faction-ligne (cf. iia^OT'B, na4yT'B, dans la classe I, 
p. 9 et 10), n'infirment nullement le caractère perfectit" de ces 
deux verbes. C'est sans doute à des exemples de ce genre que 
Buslajev fait allusion, lorsqu'il affirme que, jusqu'à aujourd'hui, 
KÔHTiHTcn est souvent employé au sens de o-Kaii'iiiBacTCH 
(HcTOp. FpaMM., 5*^ édit., 11, 130). (lette expression de la fin 
inonientanée d'une action apparaît bien dans la phrase suivante, 
emj)runtée à Ostrovskij (Fposa, acte I, scène 7) : « To'iHO, 
6BiBa.io, H B'b paii boij^v, 11 ne biijky HiiKoro. 11 BpeMH ne 
noMHio, II ne cibimy, Kor^a c.iyrp^oa Kon^nixcn ». O-Kânqn- 
BaeTCH, qui signifie l'achèvement prolongé d'une action, ne peut ici, 
d'aucune manière, être substitué à koh'iiitch. 

Remar(pjons cependant qu'il est possible que koipiutb ne soit 
entré que secondairement dans la catégorie des perfectifs : 
l'histoire de l'aspect de ce verbe serait malheureusement dif- 
ficile à faire, car il n'apparaît qu'assez tard dans la langue litté- 
raire', à côté de KonnâTB, qui est attesté dès l'époque la plus 
ancienne. Le vieux slave ne connaît que konïcati, qui est, à peu 
près certainement, perfectif, et a pour imptirt'ectii' konïcavali {cL 
Meillet, Op. cit., p. 20, et Boehme, Op. cit., p. 35). 

L'impersonnel XBâTiiTi> « il suffira, il suffit » est senti comme 
un présent imperfectif. Tel est exactement le cas de Cy^exTi 
(. assez! », devenu un véritable adverbe, de neiiMëxciT « rien 
n'y fait »_, de y-crrhio « j'arriverai à temps, j'ai le temps ». Dans 
tous ces verbes la notion de futur est plus ou moins effacée : il 
y a eu transition insensible de la valeur de futur à celle de pré- 
sent (cf. p. 10-11 et p. 34). Nous pouvons noter que de même, 
en tchèque, les présents-futurs iijcie « cela ira, cela peut aller », 

1. Keinarquons, sans prôteudre lirei- aucune coiu^lusion, (|uo kom'IUTI. ne ligure 
pas dans les Ma Tcpia.ii.i de Sreznevskij. 



LKS VKHIJKS SlMl'LKS 27 

Xdâ se <■<■ il semble » sont couramment employés à la place des 
imperfectifs uchâ:^i, :(dâvâ se. 

Les quatre verbes '.kchi'itl, KcUJIii'itl, Kpecn'iTL, po^i'iTL par- 
ticipent réellement des deux aspects. Ils sont imperfectifs en 
tant qu'exprimant une action susceptible d'être conçue comme 
ayant une certaine durée et pouvant être représentée concrète- 
ment (mariage, supplice, baptême, accouchement); ils sont par 
contre perfectifs en tant (|u'indiquant, dune manière purement 
abstraite, le résultat de l'accomplissement d'un acte (se marier, 
exécuter, baptiser, accoucher). Ainsi « Kor4a tu 6y,i.ciiib ;iie- 
iiiiTLCH, He 3a6y4i> npiir.iaciiTL Mcnn » est une phrase concrète 
qui tend à évoquer chez l'auditeur une série d'images se rappor- 
tant aux cérémonies du mariage : « n'oublie pas de m'inviter à 
ta noce ». Le dicton connu « >KeHiiTCH, — iiepeM^HiiTCH » nous 
fournit au contraire le type d'une phrase abstraite, vide de toute 
image, et suggérant seulement des réflexions sur l'acte ac- 
compli : « après le mariage, — tout changera ». 

La même opposition de notion concrète (aspect imperfectif) et 
de notion abstraite (aspect perfectif) se retrouve dans les 
exemples suivants : « Kor4a 6y4yT'b ero KaaniiTt., ôjagtt^ na 
n.iou;a4ii MHoro Hapo4y » et « T^aerpa ero Ka.3HHT'i> », — 
« Oxeq'jb loaHH'i:. 6y4eT'b KpecTiiTL y Meun peocHKa » et 
« CRiimeHHiiK'b Ha toîi He4'fc.rb KpocTirr-L y coc'fe4a », — 
« K()r4a HiCHa 6y4eT't po4HTL. a no:u)B\ K't ceô'b 40KT0pa » 
et « Ona P04HTT. Hepe.S't .\rbcHLi.Tb ». 

PàHiiTt est souvent joint à ces quatre verbes, mais à tort, car, 
bien qu'employé parfois en valeur de présent (à défaut de 
dérivé itératif), il est plutôt un verbe d'unité d'action : pânio 
est en effet dépourvu de futur périphrastique (*6y4y paHKTL). 



28 MOr.l'HULOr.lE DES ASPECTS UU VEHBE HISSE 



VERBES ATHEMATIQUES 



Des quatre verbes athémati(|ues que possède le russe, ecMB, 
'JbMT>, 4aM7D, B'ÈCTL (dans Bori:. b^èctb, ou dans la forme adver- 
biale Bii,],!:.), un seul est perfectif : 4aMt, ^axL. L'infinitif ^axL 
et les formes du singulier du présent 4aM't, ^aiiiL, 4acTt) repro- 
duisent la racine indo-européenne \id-, qu'on retrouve, avec la 
valeur perfective, dans l'aoriste grec k'ocy.sv; mais les formes du 
pluriel 4a,;iL\rb, 4a,j,nTe, 4a4yT't. (ancien ^a^HTL) représentent 
un type à redoublement qui correspond au présent grec sîcwtj.-. et 
est par conséquent duratif. Il faut admettre avec ]M. Meillet [Op. 
cil., I, 18) que ce sont les formes exemptes de redoublement qui 
ont déterminé l'aspect de ce verbe. 

Le caractère perfectif de 4aM'L. ne comporte, dans Tétat actuel 
de la langue, aucune liésitation. On peut seulement remarquer 
que /i,aM7j, exprimant, comme tout présent-futur perfectif, l'ac- 
tion-point opposée à l'action-ligne, peut apparaître en dehors de 
toute localisation stricte dans le temps; ainsi dans une phrase du 
type « 4aeT'B, ^aex'b, 4a ne 4acT'L », c'est-à-dire « il donne tant 
qu'on veut en paroles, mais en espèces — rien; il promet tout 
et ne donne rien». Cette opposition de 4a^rB et de 4ai<), itératif 
d'une espèce particulière (cf. [)lus loin), n'était pas, semble-t-il, 
aussi nette en vieux russe, où l'on peut trouver des emplois 
de 4aiOTL en valeur de futur (voir par exemple LQaxMaTOB'i:., 
Il3c.'rb40HaHio o 4BiiHCKiix'b rpai^ioxaxL. XV b._, Cn6.,'1903, I, 
132). 

Le vieux slave daiui était apparemment imperfectif au sens de 
« permettre » (cf. Meillet, Op. cit., I. 80-81). Quant au vieux 
russe, le passage du Voyage de rigoumène Daniel (cité par Sreznev- 
sK'ij, MaTcpia.ihi, 1, 633) «. u.ii04yTL >kc ero ho.ilmii, ne 4a4iïTL 



LES VElîliES SIMPLES 29 

HiiKOMV >Ke B.rtGTii B'b OHL », passage dans lequel M. Meillet 
prête à ^a^HTB la valeur de présent imperfectif, ne nous semble 
guère concluant : le russe se soucie peu de l'harmonie lorraelle 
des aspects et ^a^HTE, perfectif, peut être en corrélation avec 
ô.iiOAVTB, imperfectif. Ce sont de pareilles oppositions d'as- 
pects qui justement créent le mouvement et la vie dans un texte 
russe. Les exemples indiqués par M. Sobolevskij (JeKuiii no 
iiCTopiii pycri:aro ;i:jLiKa, '.V édit., p. 240, ja^VT^b = ^aiOTT.) 
ne nous paraissent pas, pour la même raison, plus convaincants. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 



Deux principes essentiels dominent la théorie de la compo- 
sition préverbale : 

1. Tout verbe duraiif devient perfectif par l'apposition d'un préverbe. 

2. Tout verbe itératif reste iniperfectif malgré l'apposition d'un préverbe. 

C'est en vérifiant successivement la portée de chacun de ces 
principes que nous pourrons faire le départ, d'une manière aussi 
précise que possible, entre les deux grandes catégories imper- 
fectives, c'est-à-dire entre les duratifs et les itératifs. 

Le nombre des préverbes apposés est en principe indifférent : 
iipe/J,-rio-.iarâio, composé à deux préverbes, est aussi iniperfec- 
tif et ne l'est pas plus que iio-^iamio; mais il est important de 
remarquer (jue tout composé imperfectif à un préverbe (pré- 
verbe -|- itératif, type c-^HTâio), dans la mesure où il est senti 
comme un verbe simple-autonome (c^iilTâio), est sujet à devenir 
perfectif [)ar l'apposition d'un second préverbe (Bi'.r-C'iiriaio). 
Les composés perfectifs du type Rik-c-'iiiTaio seront groupés à 
part et étudiés dans un chapitre spécial. 

La qualité du préverbe apposé peut intéresser la sémantique 
et la syntaxe des aspects, mais non la morphologie, puisque tous 
les préverbes ont un effet unique : .la-iirpâio et Bhi-iirpaio sont 
également perfectifs, quelque profonde différence de sens qu'éta- 
blissent entre eux .^a- (point de départ) et inj- (point d'aboutis- 
sement). 11 imj)ortc seulement de remarquer que le mot 6e3- 
est sans inlluence sur l'aspect des verbes auxquels il est apposé : 
ainsi noiî-iiOKoio est aussi imperfectiC que iioi;ùio; c'est que Giô'.i- 



LA COMPOSITION l'KKVElilîALE ^^ 

n'est pas un préverbe, mais, à proprement parler, un premier 
terme de composé nominal'. 

1. Tout verbe duraiif devient perfectif par V apposition d'un préverbe. 

Tous les imperlectils simples qui ne présentent pas les traits 
morphologiques propres aux itératifs (traits définis plus loin) 
deviennent perfectifs par Tapposition d'un préverbe, à quelque 
classe verbale qu'ils appartiennent : 

Hecy, impC. iipii-iiecy, pt". 

Mëpsny, » :}a-MCp3Hy » 

4yMaio, » npH-/i.yMaio » 

.1106.] i<), » rio-.iio6.iK) » 

Cette règle a pour corollaire immédiat la suivante : tout 
imperfectif simple qui appartient à un type itératif et, néan- 
moins, devient perfectif, en tous cas ou dans certains cas, par 
l'apposition d'un préverbe, doit être considéré comme duratif 
dans la mesure môme où il est perfectible. Ainsi si nous avons : 

ôpociiio, itér. : préverbe -\- upocâio, pf. (({uel que soit le 

préverbe), 
6biBâi(>, itér. : iio-r>i.iBaio, iTcpe-obiBâio, pis., 

OT-uLiBaio, iipn-6biBàio... etc., impfs., 

nous conclurons que 6pocàK) a perdu la valeur itérative, tandis 
que oLiBâK) ne l'a perdue que partiellement : le premier a pris 
complètement la valeur de duratif, le second partiellement. Les 
verbes qui présentent cette particularité seront signalés au 
cours de l'étude des types itératifs auxquels ils appartiennent. 

La rigueur du premier principe ci-dessus énoncé rend seule 
possible la théorie de la composition préverbale, telle qu'elle 
sera exposée ici : il importe donc d'indiquer exactement sur 
quels points elle est trouvée en défaut. 

Les exceptions sont peu nombreuses et faciles à définir. Les 

1. Los divers types rie (composés, an f)oiiit do vue de la sémantique des pré- 
verbes, ont été étudiés de la manière la j)lus détaillée par ISekrasov (0 MHilMe- 
iiiii (|i(i|iMi. pycci.aio r.mro.ia. (liiri.. 181)5, p. 175-2'i7). 



32 :MonPHOi.(>r.iK i»ks .\si'i",<:ts du verbe Russt 

quel(|ues dnralil's qui restent imperlectils malgré l'apposition 
d'un préverbe appartiennent aux classes 111 et IV, et certains 
composés seulement (l'un même verbe, jamais tous, présentent 
cette anomalie : c'est qu'à la différence d'aspect qu'on constate 
entre les composés perfectifs et imperlectils) correspond une 
différence de sens. Les composés perfectifs ont généralement 
un sens concret et nrl, tandis (jue les composés imperfectifs ont 
une valeur abstraite et figurée. Sont imperfectifs : 

He-Ha-Bri,vl>'rL\ haïr; npe4-Bi'i,;1iTL, prévoir; 

3a-Biic'InL, dépendre (accent remarquable, le simple accen- 
tuant le suffixe : bhcUtl) ; 

BbT-r^H4'feTB, avoir telle ou telle mine (cf. allemand aussehen) ; 

C0-4epHiâTB, entretenir; 

ii04-.^e;KâTL, être soumis à; iipîi-Ha4-.ie>KâTt., appartenir; 
Ha/i-.ieJKÛTL, convenir; 

o6-CTOHTfc, être dans tel ou tel état; ot-ctohtl, être à telle 
distance de; npe/VCTOî'iTL, être sur le point d'arriver; coctohtb, 
consister; 

— tous verbes auxquels on peut opposer des composés per- 
fectifs de sens concret et réel comme \ -Bfi^'fcTb, iio-BiiC'bTB, 
ii()-r./iH/],i',TB, c-/i,epjKciTL, iio-.'ieJKâTL, iio-CTOHTb. Notons que 
o6-(B)n4^bTij « offenser »,ot-ctohtb « défendre » et ro-CTOHTLCfi 
« avoir lieu », que nous concevons plutôt comme exprimant une 
notion abstraite, sont perfectifs : c'est qu'il s'agit d'une action 
unique facile à situer dans le temps et ayant une durée déter- 
minée, au lieu que tous les composés imperfectifs précédents 
signifient une action de durée indéterminée (npe/],-Bri,viïTL, He- 
na-Bii,vfcTL., co-4cpîK;vrB) ou un état prolongé (sa-Biic'hTL, Biir- 
i\iH4'bTr>. no4-./ie>KâTB, npH-Ha4-.ier?:âTB, Ha4-.ie>KâTB, 0(5- 
CTOHTi>, OT-CTOHTB, Tipe4-CT0}iTb, co-ctowtb), en un mot 
expriment une notion verbale cpii ne peut être représentée que 
comme une ligne. 

A cette liste de composés imperfectifs, tous appartenant à la 

1. Nous considérons ce verbe comme un composé de riu1;ti> et non comme 
un dénominatif, en nous fondant surtout sur le témoignage très ancien et pan- 
slave de la construction de ce verbe avec le génitif (pour le vieux russe, cf, 
llyc.incin., llcTop, Til-imm., ')'■ édit., II. 205). 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 33 

première catégorie de la classe IV (verbes à suffixe -1>, -a-), 
doivent être ajoutés deux verbes, dont le thème de l'infinitit a 
varié au cours de l'histoire de la langue : nô-MiiiiTL (vieux russe 
rio-MHiiTii) et c-MOTp'bxb (vieux russe c-MOTpiiTii) : iiÔ-mhk) et 
c-M0Tpï5, aujourd'hui sentis comme des simples, expriment, eux 
aussi, une action verbale ayant une certaine durée (« j'ai souve- 
nir de » et «je regarde un certain temps, j'examine »)* et, pour 
cette raison, sont imperfectifs. L'accent sur le préverbe de nô- 
mhutIj est important, car il permet de distinguer cet imperfectif 
du composé perfectif no-MHiiTb, no-MHiiTbCH. 

Le présent-futur ii3-bÔ^iio est généralement employé en valeur 
de présent : « ^epest no^ro4a onHTb OHa hsbo.ihtï. jKa^OBaTb 
KO MH'È » (TypreneB^b, SanricKH oxoxHiiKa, EpMOjaii ii MC/ib- 
Hii^^iixa) ; mais iis-BÔ.iiiTb n'a pas de futur périplirastique et 
ne saurait par suite être considéré comme un imperfectif. 

Les composés imperfectifs anomaux de classe III (préverbe + 
duratif) appartiennent en majorité à la série des verbes à suffixe 
alternant -y-, -OB-a-. L'opposition de sens (abstrait et concret), 
créant une opposition d'aspect, apparaît clairement dans npe- 
c.rh^OBaTb, impf., « importuner, persécuter », Ha-ai'ÊAOBaTb, 
impf., « hériter » (cf. le concret npo-c.iluOBaTb, pf.), npe^- 
uiécTBOBaTb, impf., « précéder » (cf. en vieux russe les concrets 
npo-mecTBOBaTH, Ha-iuecTBOBaTii, pfs.). Si Ha-c.i'b^oBaTii, 
« hériter », a normalement en vieux russe valeur de perfectif, 
valeur attestée dans la langue des bylines : 

Tbi 3a 9T0 .111 npeTepn^ÈHie 

Tbi Hacvi'fe^yemb ceô^fe uapCTBO neôecHoe...,' 

cela tient sans doute à la moindre puissance d'abstraction, à la 
forme d'imagination plus concrète des Russes du Moyen âge. 
Ha-d'fiAOBarb est, dans la langue moderne, invariablement 
imperfectif, le perfectif étant y-Ha-c.i'h,i,OBaTb. 

Il convient d'autre part de noter que cette catégorie verbale à 

1. Cf. l'exemple de Gogol cité p. 16, note 1. 

2. Ctiixt» oGTj Eropili XpuOpuMl», dans la Chrestomathie kislorifjue de Buslajev 
1" édit., Moscou, 1861, p. 1614. Quant à la valeur perfective de n;ic.it;iO[iaïii 
en vieux russe, voyez Sreznevskij, MaTcpiaaiJ, sous ce mot. 

■i 



34 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

suffixe alternant est essentiellement dénominative, et que cer- 
tains composés sont traités comme des dénominatifs simples : 
ainsi sur qyBCTBO est formé MyBCTBOBaTB, et deux des com- 
posés de ce dernier, npe4-HyBCTB0BaTb et co-HyBOTBOBaTb, 
sont imperfeclifs, parce que npe4- et co- ne sont pas fondus 
avec le verbe, mais gardent une certaine individualité, comme 
lorsqu'ils apparaissent en valeur de préfixes dans npe4- 
'^lyBCTBie, co-HyBCTBie Tel est exactement le cas de co- 
4'feMCTBOBaTb, co-peBHOBâTb, et aussi d'autres verbes, attestés 
seulement en composition, dont le caractère dénominatif est 
plus visible : co-ôo^'fesHOBaTb, 3a-BiÎ40BaTb (formé sur un 
thème BH4-a-, cf. BH4âTt.), pa3-r^arô^bCTB0BaTi>, npe-nMyinecT- 
BOBaXb, CO-OTB'ÊTCTBOBaTb, co-nyTCTBOBaxb, co-Tpané30BaTb. 

Trois composés de classe III, à suffixe -t-, sont à citer 
comme radicalement imperfectifs : l'archaïque 40-B^'feTb « suf- 
fire », usité dans le style noble (vieux slave do-vtlëti, impf.), co- 
Hva^'ÊTb « regretter » etpas-yM'feTb « comprendre », ce dernier 
pouvant être un dénominalif de pâsyMi^. y-cn^K) est fréquem- 
ment employé en valeur de présent, le sens premier perfectif, 
«j'arriverai à temps », ayant été remplacé par le sens imperfec- 
tif « j'ai le temps y> ; mais, dénué de futur périphrastique, il n'est 
pas plus imperfectif que ne Test h3-bÔ^io : M. Meillet signale le 
même fait en vieux slave {Op. cit.y p. 43). 

Les composés imperfectifs anomaux à suffixe -a- sont aussi 
peu nombreux. Ce sont : o6-(B)HTâK), y-noeâio, CO-CTpa4âio. 
Dans o6-(B)iiTâlO le souvenir de la composition préverbale 
parait actuellement effacé*(cf. au contraire, en vieux russe, o6h- 
Taexb, pf. =z 7C(xpoiy.-fi<jEi, itér. oÔMTOBaTH, Cpe3HeBCKiH, Maxe- 
piaJibi, II, 511), le rapprochement naturel avec des mots de 
môme racine, comme oÔMTe^b, ayant pu favoriser et maintenir 
dans ce verbe une apparence d'unité, grâce à laquelle il a été 
pris pour un simple autonome (oÔHxâio). y-nOBaio (vieux slave 
pûvH) est à rapprocher du verbe tchèque de même racine 
doufati, également imperfectif sans doute en raison de la qualité 
essentiellement durative delà notion verbale « espérer «.Quant 
à co-CTpa4âiO, il doit être expliqué de la même manière que les 
imperfectifs du type co-HyBCTByK), co- ayant ici valeur de pré- 
fixe, commp dans le substantif verbal C0-CTpa4âHie, et non 
valeur do préverbe. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 33 

2. Tout verbe itératif reste imperfcctif malirré V apposition d'un préverbe. 

Si l'on comprend sous le nom d'itératiis tous les verbes qui 
gardent ou ont gardé autrefois la qualité imperfective malgré 
l'apposition d'un préverbe, on peut distinguer trois catégories 
essentielles : 

I) une formation ancienne de classe III à suffixe -a-, -ii-, -Ba-, dont 
quelques unités sont devenues des duratifs; 

II) une formation nouvelle, purement russe, à suffixe -hlBB.-, -riBa-, 
éminemment représentative de la valeur itérative; 

III) les itératifs anomaux comprenant deux courtes séries, celle 
du type hociîtIj, type devenu partiellement duratif, et celle du 
type -iiMâxE., -é.M^iio, constituée par quelques duratifs devenus 
secondairement des itératifs. 

Ces brèves indications laissent entrevoir que le développe- 
ment de la langue a fait perdre à un certain nombre de verbes 
la valeur itérative qu'ils avaient primitivement : c'est là le fait 
capital de l'histoire des aspects du verbe russe. 



36 MOHI'HOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 



I) PREMIÈRE FORMATION ITÉRATIVE 
Itératifs à suffixe a-, -ïi-, -Bâ-. 



Cette première formation itérative est caractérisée : 

A) par l'allongement de la voyelle présuffixale en slave com- 
mun, quand celle-ci est brève, allongement représenté à l'épo- 
que historique (en vieux slave) par les alternances vocaliques : 

e/ë o/a î/i ujy 

B) par une accentuation suffixale uniforme; 
G) par le suffixe -a-, -îi- ou -eâ-. 

Cette formation ancienne est très riche, mais actuellement 
improductive. Elle est propre aux types verbaux non produc- 
tifs, à savoir aux classes I et II, aux verbes primaires de 
classe III, aux dénominatifs anciens et aux causatifs de 
classe IV, aux verbes athématiques. 

Les itératifs qui lui appartiennent n'apparaissent, en énorme 
majorité, qu'en composition : le nombre de ceux qui sont em- 
ployés comme simples est très limité. C'est du moins ce que 
nous constatons dans la langue littéraire moderne. 11 n'en a pas 
toujours été ainsi : tels simples aujourd'hui inusités, comme 
nponiaxb (cf. BO-iipomâTb), ou employés seulement au prétérit, 
et surtout dans des phrases négatives, comme ne niiBâ.^'b, ne 
'b/],a.i'b, sont attestés en vieux russe ou dans les dialectes (cf. 
ByciaeB'b, HcTop. TpaMM., 5* édit., II, 127 : nHBaio^H, 'fe4aiOHH, 
iipoiiiaiOTb). 

Un certain nombre d'unités verbales, devenues totalement 
ou partiellement des duratifs, témoignent d'une tendance, par- 
ticulière à cette première formation, à perdre le caractère itéra- 
tif. Ce fait est, comme nous le démontrerons, en corrélation 
étroite avec celui que nous venons de signaler, à savoir la ten- 
dance à éliminer les simples. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 37 



A) Alternances vocaliques. 

Ces alternances n'ont laissé en russe que des traces isolées : 
-II- (ancien -i- allongé, par ex. vx. si. bïrati^ r. co-6ripâTh) et -h- 
(ancien -n- allongé, par ex. vx. si. rûvati, r. o6-pbiBâTî>). De 
bonne heure -'!>- a été confondu avec -e-, -a- inaccentué avec -o- 
inaccentué (par suite de l'aKaHie) : rio-rpeôàrL, no-Moraxb (cf. 
les formes du vieux slave où l'allongement est bien visible : po- 
grehati, po-magati). L'orthographe avec -e- pour -'h- a été généra- 
lisée. Quant à l'orthographe avec -o- pour -a- inaccentué, elle 
n'a pas encore réussi à s'imposer complètement, mais le 
nombre des unités qui ont été sauvegardées est bien petit : Grot 
pensait que le mieux serait, dans Tétat actuel de la langue, 
d'uniformiser l'orthographe par l'emploi constant de -o-*. 

Le verbe pettY, pe^f^ a deux formes de dérivés itératifs : 
(OT)-peKâTt., forme attendue, et (0T)-pHD;âTB, forme ancienne, 
qui paraît remonter au slave commun, et qui s'est maintenue en 
russe grâce au slave d'église. (OT)-piiij;âTb a été formé non sur 
le présent, mais sur un thème *rîk-, que nous trouvons dans la 
forme d'impératif vieux slave rïci: -il- représente donc /allongé. 
Quant au traitement de la gutturale en -u,-, il s'explique par l'in- 
fluence du -II- précédent (cf. plus loin p. 44). 

Dans deux verbes, dont la racine contient une ancienne di- 
phtongue, nô.i3aTb en face de no./i3Tii, BOpr>iaTt. en face de 
BopoTiiTi», il n'y a pas d'allongement visible par changement 
du timbre de la voyelle : le -o- radical est intoné rude et pour 
cette raison accentué (serbe pu^êin, de pH~ati, ei pi'iTîm; vràcàm, 
de vràcati, et vràtïm). Au contraire K.iâHHTb (de k^ioiiiïtl) et 
n^âBaTt. (de *n.iOBy, vieux slave plova) présentent l'alternance 
connue o/a. Ces quatre verbes, comme nous verrons plus loin 
(cf. p. 39 sqq.), doivent à l'accent de leur syllabe radicale d'avoir 
perdu la valeur itérative. 

1. Cf. rpoT-b, (I)iiJioJiorHMecKifl PasucKaniJi, CiiO. 1899, II, 174. Ou écrit tou- 
jours avec -a- : nciaraii,, KacaTbca, MaKaTi., — géuéralement avec -o-, mais 
aussi avec -a- : noKJOiiHThcîi, Huropaxb, BoaropaTbcn, nor.ioiuaTb. Grot conseille 
l'orthographe par -o- pour ces derniers verbes et ue maintient -a- que pour 
les trois verbes précités. 



38 MORPHOLOr.lE DES ASPECTS DU VERBE RUSSIE 

Les alternances vocaliques, dans la mesure où elles ont laissé 
des traces en russe, c'est-à-dire dans le cas de -ii- et de -h- 
représentant -î- et -u- allongés, sont un des indices les plus 
essentiels de la valeur itérative. Il suffît qu'elles fassent défaut 
pour qu'un verbe, possédant les deux autres indices du carac- 
tère itératif (accentuation suffixale et suffixe -a-, -h- ou -Ba-), 
soit susceptible d'être employé comme simple et d'acquérir par 
là une certaine autonomie, qui l'isole du primitif et tend à lui 
donner la valeur d'un duratif : ainsi 6o4âT]b est employé comme 
simple, « KopoBa 6o4aeT'L. », et devient perfectif par l'apposi- 
tion d'un préverbe : « KopoBa Bacb saôo^aeTij ». Les alter- 
nances vocaliques paraissent, dans l'état actuel de la langue, 
préserver les itératifs d'être employés comme simples et, de 
cette manière, assurer la conservation de leur qualité d'itératifs. 

Deux dérivés seulement restent en dehors de cette constata- 
tion : ÔHpaTB (cf. Dictionnaire de l'Académie en cours de publica- 
tion depuis 1891, exemples de Puskin et de Goncarov) et 
HnxâTb. Ces deux verbes ont eu un sort très différent. BupaTt 
n'a pas perdu le caractère itératif, parce qu'il est, somme toute, 
peu employé comme simple, et surtout parce qu'il n'a remplacé 
en aucune manière le primitif Cparb. ^IiiTaTb, au contraire, a 
remplacé le simple inusité necTb au sens de « lire », et, par 
suite de la disparition partielle de celui-ci, a partiellement perdu 
la valeur itérative : Tmxâio, duratif, npo-HiiTaio, perfectif. Mais, 
les formes du primitif qecTL ayant été conservées en composi- 
tion, on a les doublets npo-^Ty et npo-^HTaio, de sens rigou- 
reusement identique. Dès que le sens de « lire » n'apparaît pas, 
-'iiiTaTb reprend son rôle normal d'itératif: c-qHTaio, impf. , 
co-^iTy, pf. ; npe^-no-HHTâio, impf., npe4-no-TiTy, pf. 

On peut ajouter à ces deux itératifs de verbes de classe I le 
dérivé ./io6hi.3âTb, du verbe de classe III .^o63aTb, qui donne 
lieu à des formations perfectives : o6-.io6bi3âio et 3a-.io6bi3àio, 
pfs. Le même fait se constate en vieux slave (cf. Meillet, Op. 
cit., p. 19). Citons enfin 6.iiiCTâTb, qui est devenu tout-à-fait 
duratif, le lien de dérivation qui l'unit à 6yiec(T)HyTb (vieux 
slave hlïsnatï) étant entièrement effacé. 

Le cas de ^iiiTaTb est très intéressant, parce qu'il fait bien 
voir à quelles variations est soumise l'expression morphologi- 
que de l'aspect suivant les différenciations de sens et suivant 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 39 

les formes verbales coexistantes. Les autres langues slaves 
présentent un certain nombre de faits analogues : le polonais a 
remplacé r-y/r, complètement disparu, par c~ytac {pr:(e-c~ytûiu, 
pf.), mais le tchèque a encore cisti, ctu\ le serbe, qui a perdu les 
simples vèsti, nèsti, spàti (ce dernier usité seulement dans les 
chansons), les remplace normalement par vôditi, nôsiti, spâvati, et 
emploie }ci, à défaut de hoditi, en fonction d'indéterminé. 



B) Accent suffixal. 

Les itératifs de la première formation portent l'accent sur le 
suffixe (oû-pi.iB-â-Tfj), tandis que les itératifs de la seconde for- 
mation portent l'accent sur la syllabe présuffîxale (c-6pâc-HBa- 
tb). Ces deux types d'accentuation forment entre les deux t3^pes 
d'itératifs un contraste d'une rigueur absolue. Il n'y a point, 
dans l'état actuel de la langue, d'itératif;/^/ de la première for- 
mation, c'est-à-dire ayant gardé la valeur itérative, qui ne soit 
accentué sur le suffixe. 

Le -a- primitivement inaccentué et intoné rude du suflixe a, 
suivant la loi connue de M. de Saussure*, attiré l'accent de la 
syllabe présuffixale, lorsque celle-ci avait l'intonation douce. 
Les itératifs qui ne présentent pas ce déplacement de l'accent 
avaient la syllabe présuffîxale intonée rude, soit que ce carac- 
tère rude de leur intonation appartînt déjà au primitif (russe 
nâ4aTE., serbe pastl, pàdncni et padati^ ou russe ^rfepHTP>, serbe 
mjcriti), soit qu'au contraire il les distinguât du primitif (russe 
KyuiaTb, serbe kiisati, kniàm, de kâsiti, kûsun, ou encore russe 
KaaHHTLi, serbe klânjati., klânjàm^ de klàniti se, klànim se). Dans les 
deux cas le résultat a été le môme en russe : tous ces dérivés 
d'ori<ïine itérative, à suffixe inaccentué, sont devenus des dura- 
tifs, employés comme simples et donnant lieu à des formations 
perfectives. 

Les faits, très clairs au point de vue étymologique, apparais- 

1. M. de Saussure a posé la loi pour le lituanien (I. F., vol. VI, Anzeiger 
p. 157); M. Meillet en a démontré l'application au slave (M. S. L., XI, 345-351, 
et, pour les verbes, Etudes, p. 47 et suiv.). 



40 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

sent comme un peu complexes en russe moderne. Ils peuvent 
être classés comme il suit : 

a) Quelques dérivés sont restés intimement liés, en fonc- 
tion iV indéterminés, aux primitifs imperfectifs : 6^fcry/6'l>raio, 
njiiJBy/ii-i^>caio, no.'i3y/n6^3aio. L'ancien itératif .làsiiTt, de- 
venu, comme nous verrons plus loin, entièrement duratif, 
forme couple avec le dérivé sans doute récent et d'origine popu- 
laire .lâsaiL [Dictionnaire de l'Académie de 1847). Tous ces indé- 
terminés deviennent perfectifs par l'apposition d'un préverbe, 
par exemple : c-ô^feraio, no-miaBaio, no-nô^saio, npo-^âsaio 
(Acad. 1847), pfs. On peut ajouter npa4y/npîî4aio, mais ce der- 
nier est à peu près inusité. 

b) Nous constatons le même lien de sens étroit entre les primitifs 
perfectifs et les dérivés dans les trois couples naAy/nâ4aio, 
/i,Biiiiy/,i,Biiraio, TivHy/iÛKaio. Les composés sont perfectifs, 
par exemple : « Bcife nepenâ^aiOTTa », no-4Biiraio, y-THKaio, pfs. 

c) Quelques dérivés se sont entièrement confondus avec les 
primitifs : tel est le cas de MV'iaio et de MV'iy, le premier étant 
sans doute ancien dans la langue populaire, mais n'ayant pris 
place dans la langue littéraire que depuis peu. Il est possible 
que des puristes distinguent ces deux verbes par des nuances 
d'emploi, mais il est certain que le comte L. N. Tolstoj par 
exemple, parmi les écrivains contemporains, les identifie tout- 
à-fait l'un à l'autre. Nous remarquons la même confusion entre 
M'hpio et M'bpaio, ce dernier tendant à supplanter le premier. 
Les composés sont perfectifs, par exemple : no-My^aio, nepe- 
ivrfepHio, pfs. 

d) 11 y a eu par contre séparation de certains dérivés d'avec 
leurs primitifs \>?ir spécialisation de sens, si bien que le lien étymo- 
logique originel échappe à la conscience du plus grand nombre 
des sujets parlants. K.AâHHTbCH a été restreint au sens de 
« saluer » et isolé ainsi de ioioiititp., qui a le sens plus général 
de « pencher » (oT-K.iàiiHiocii, pa(>K.Kiii.4ioci,, pfs.). Bopù'iaTh 
(no-Bopônaiô, pf.) n'a plus qu'un lointain rapport avec BopOTHTB, 
le premier signifiant « retourner un objet », le second « faire 
revenir, renvoyer » (cf. B03-BpaTiiTi) et BepHyrt.), et ayant pour 
imperfectif courant B03-Bpaiij,aio. KyiuaTb a survécu au simple 
KycHTL (vieux russe KycHTH : guslare, tentare) comme synonyme 
noble de 'bcTt, avec le sens exclusif de « manger » (sens 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 41 

qu'on retrouve dans les composés BH-Kymaio, OT-Kymaio, 
no-K^'uiaio, c-Kyuiaio, pfs.), tandis que -KyciiTb est susceptible 
d'une plus grande variété de significations (y-KyciiTb « mordre », 
sa-KyciÏTL « manger quelques bouchées », iic-KyciiTb « tenter »). 
Le simple B'femaTb a seul, dans la langue littéraire, le sens de 
« suspendre », B'fecHTb est réduit à celui de « peser » ; les com- 
posés de B'femaTb se rattachent uniquement à la notion de 
« suspendre » (oô-Bl^uiaio « je suspendrai autour »), mais ceux 
de B'feciiTb se rattachent également à la notion de (t peser » 
(c-B'ïjLuy <( je pèserai ») et à celle de « suspendre » (rio-B'hmy 
« je pendrai ») : cette différenciation, qui paraît être ancienne, 
a moins de rigueur dans la langue populaire, où B'femaTb est 
usité souvent au sens de « peser »^ MbiKaxb, itératif de MKHyTb, 
a été assez isolé de celui-ci pour prendre une conjugaison pri- 
maire (Mbiqy à côté de MbiKaio) et donner naissance à un verbe 
d'unité d'action de formation secondaire MbiKHyTb. L'idée la 
plus générale exprimée par MHKaTb est celle de « pousser », 
idée qu'on retrouve dans MbiFcaTb Aenia ou nenbKy « pousser 
le lin ou le chanvre dans le séran (MHKa.aKa) pour diviser la 
filasse », MbiKaxb rope « pousser, traîner avec soi la misère », 
MLiKaibCfl no CB'ÊTy « se traîner, errer par le monde » ; les 
composés qui se rapportent à ces divers emplois sont perfectifs, 
par exemple : OT-MbiF:aio, pf., « ropn ne paBMbiKaeiiib » pf., 
« yMi'.iF:a.iii 6ypKy p^pyTLiH roprai » pf. Le simple pymaTb em- 
ployé dans la langue populaire, ainsi dans l'expression pymaTb 
x.'i'feô'b, a donné lieu, parallèlement au primitif pyuiHTb, à des 
formations perfectives : 40-pymaio, OT-pymaio (populaires). 

e) Un dérivé reste isolé par suite de la disparition du primitif : 
B'i^Aî^K) (survivance du primitif dans « Borii B'fecTb»). Ainsi bh- 
B-fe^aio, 40-B'fe4aiocb, 3a-Bt>4aio, iis-B^fe^aio, OT-Bii,i,aio.., etc.. 
sont perfectifs. 

Les doublets perfectifs du type no-^BiiHy, no-4Bnraio seront 
étudiés plus loin. 

Cette élimination préliminaire d'anciens itératifs de la caté- 

1. CpesHeBCKiû (MaTepiajiw, au mol Bf^iuaTii) prête à u-LiiiaT» le sens de « li- 
brare », qu'il ne peut illustrer d'aucun exemple, et celui de « pendere », qui 
paraît normal en vieux russe. Le premier Dictionnaire de V Académie (Saint- 
Pétersbourg, 1789-1794) est très formel sur ce point et doune à icfeuiaTb unique- 
ment le sens de « suspendre » (tome I, p. 1055). 



42 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

gorie des itératifs réels fait ressortir l'importance de l'accent 
suffixal comme indice d'itératif. Cette importance a été plus 
considérable encore autrefois avant le développement des for- 
mations nouvelles en -LiBa-, -iiBa- : un verbe de classe III 
comme p^fesaTb n'avait d'autre itératif que -piisâxt, itératif qui 
n'est distingué du primitif, au thème de l'infinitif, que par l'ac- 
cent. Le nouveau type itératif s'est d'ailleurs seulement super- 
posé à l'ancien, sans prendre complètement sa place : c-pibsàio 
a survécu à côté de c-pfebiBaK) (voir plus loin). On trouvera 
dans L Accentuation du verbe russe de M. Paul Boyer (mémoire paru 
dans le Centenaire de l'Ecole des Langues orientales^ Paris, 1895, p. 453 
et suiv.) la liste des principaux verbes formant leur itératif par 
le glissement de l'accent sur le suffixe. 

La plupart des déverbatifs à accent présuffixal, ci-dessus énu- 
mérés, reprennent de même leur ancien caractère itératif en 
laissant glisser l'accent sur le suffixe : npH-no.i3âK), no-na4âio, 
iipH-6'bràTO, no-4Biirâio, 3a-THKc\io, iipH-Mf^pHio, .^a-MtiKâio, 
Ha-pymâio, HC-Kyuiâio (-KyuiàTB ne reprend sa valeur itérative 
qu'au sens figuré; au sens propre -Kyci'iTB a pour imperfectif 
-KycbiBaTL, par exemple : sa-KyciiTL/sa-K^'CbiBaTB). M5'^iaTL, 
véritable doublet de MyqiiTB, ne donne lieu à aucune formation 
imperfective : ainsi no-My^iaio est perfectif. Il en est de même 
de tous les verbes qu'une spécialisation de sens a entièrement 
séparés de leurs primitifs : -K^iaHaTbca, -B'femaTB, -KyiuaTB (au 
sens propre de « manger »), -Bopô^iaTB sont toujours perfectifs. 

Quant à n./iâBaTB, il est resté intimement lié par le sens à 
n.ibiTB : employé comme simple, il sert d'indéterminé à ce 
dernier, mais en composition il prend toujours valeur de per- 
fectif (ex. : no-n.^âBaTO, pf.). C'est l'itératif, de formation russe, 
-n.ibiBâTB qui sert d'imperfectif à -n.it.iTB (n.iâBaTB ne peut cor- 
respondre qu'à une forme *n.iOBy, cf. vieux slave /)/om). 



C) Suffixe -a-, -h-. -Bâ-. 

L'élément fondamental du suffixe itératif est la voyelle -a-. 
Cet élément se trouve à l'état pur dans les itératifs de verbes 
à racine consonantique des classes I, II et III : 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 43 

no-/Kpy/no-H^:iip-â-io 
no-4Biî(r)Hy/no-4Biir-câ-io 
c-p'kîKy/c-p'fe3-â-io . 

Dans les itératifs de verbes de classe IV, l'élément -a- s'asso- 
cie étroitement à l'élément -ii- du thème des primitifs, et, la 
sonante prenant, devant la voyelle -a-, valeur de consonne, on a 
-ja-, c'est-à-dire en russe -h-, suffixe donnant lieu à tous les 
phénomènes que comporte la présence de/ : 

1" chuintisation des dentales, soit en traitement russe : 

3a-pH4IITb/3a-pHÎKaTB 3a-pa3iiTL/3a-pa}KâTB 

3a->rèTiiTB/3a-M'ÊqâTB BOc-KpeciiTB/BOc-KpemâTB 

II3-B'feCTIITB/lI3-B'ÈU],âTB pa3-MBICvlIITB/pa3-MIJLU.liiTB 

soit en traitement vieux slave (h^:^, m pour ^d, st) : 

o-CBo6o4iiTB/o-CBOôo>K4âTB no-cliTiiTB/no-cliLqâTB 
2° développement de -a- après labiales : 

B-^1I06iÏTB/B-^1I06MtB npOTIIBIITbCa/cO-npOTHB.lKTBC)l 

npH-i^'feniiTB/npii-q'fen.iiÎTB no-Tpa<i>iiTL/no-Tpa<î>.iHTB 
B-pasyMiiTB/B-pasyM.iHTB 

Le même élément -a- apparaît avec -b- préfi,xé, par conséquent 
sous la forme -Ba-, dans les itératifs de verbes à racine vocali- 
que et de quelques verbes de classe II f à suffixe -'k- : 

Ha-4'Ê-Hy/Ha-4'fe-Bâ-io 

no-c 'fe-io/n o- c 'è-Bâ-io 

no4-pa3-yM-'b-io/no4-pa3-yM-^fe-Bâ-io 

Tels sont les principes de la répartition des diverses formes 
du suffixe itératif : ils sont assez généralement vérifiés pour 
constituer un système logiquement ordonné, dont nous venons 
d'indiquer les grandes lignes; mais la valeur n'en est pas 
absolue. L'étude successive de chacune des trois formes du suf- 
fixe nous fera connaître quel est au juste le degré d'extension 
de ces principes. 



44 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

a) Suffixe -a- pur. 

Ce suffixe ne s'accompagne jamais des altérations imputables 
au sulïixe-H- {j-\-a), propre auxitératifs des verbes déclasse IV. 
Les phénomènes de palatalisation, qu'on constate parfois de- 
vant lui, s'expliquent par le caractère mou de la syllabe présuf- 
fixale : ainsi dans o-(H3âTB (cf. iipH-carâTL), co-c-Tiî3âTBCH (cf. 
c-TJiniBaTL), 6pHij,àTL (cf. ôpiiKHYTB), co-3epu,aTL (cf. 3épKa.^o), 

BOC-liAViUlvi'h (cf. BOC-K.AIIKHyTL), MepLI,àTB (cf. MépKHyXB), OT- 

pHLi;âTB, no-pHLi,âTB (cf. OT-peKy), le traitement de -r- en -3- et 
de -K- en -u;- (palatalisation de la seconde période) est dû aux 
voyelles molles -a-, -11- ou -e- (représentant un ancien î), qui 
précèdent immédiatement la consonne gutturale^ Il n'est pas 
certain que o-casâio, aujourd'hui nettement imperfectif, ait eu 
orioinellement le caractère itératif : le vieux russe o-CHsaTH, 
avec conjuguaison primaire o-CHJKV, était perfectif (voyez Srez- 
nevskij, MaTepia.^Bi, sous ce mot). Le même doute s'impose à 
l'égard de -TH3âTB, muni en vieux russe de son itératif propre 
-T5i30BaTii : le composé HC-TH3âio, qui a gardé jusqu'à mainte- 
nant la valeur de futur, certainement ancienne, à côté de sa 
valeur nouvelle de présent (cf. Dictionnaire de V Académie de 1847 et 
les explications données par Dahl, 3® édit., II, p. 151), nous 
fournit un témoignage précieux, dont C0-c-TH3âl0CB, unique- 
ment imperlectif, n'affaiblit pas la valeur. BpHLi;âTB et Mepi];âTb, 
dont l'accent, contredisant celui des primitifs ôpHKHyxB et 
MÔpKHyTB, dénonce le caractère originellement itératif, de- 
viennent, en tout état de cause, perfectifs par l'apposition d'un 
préverbe : no-opuLuiTB, pf. (= no-ôpHKaxb), sa-Mepi^âTb, 40- 
MC})Ti,;iTB, npo-Mepuâi !., pfs. Ces deux derniers verbes doivent 
sans doute à leurs emplois comme simples d'avoir perdu la 
valeur itérative. Dans o-c./iymâTBCH, la chuintante provient du 
primitif c/iymaiB, représentant un ancien *sluxéti y sJuscti\ 
comme B'ïîH'iâTB représente un ancien *vèmceti. 

1. Cf. l'article de M. Sobolevskij dans le PyccKin Oii.iojiorH'iûi^iîiii BhcTHllKT., 
1889, tome XXII, p. '28-;i3. 

2. Nous préférons cette hypothèse à celle de Miklosich, qui voit dans slusati 
l'itératif ancien de slysati {Elymologisches Worterhiich^ p. 309). M. Boehme 
[Op. cit., p. 19) et M. Yondrâk [Vergleichende slavische Graminatik, Gottiugen, 
1906, I, p. 96) s'en tiennent à l'opinion de Miklosich. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 45 

Le suffixe -â- pur est propre à la |)lupart des itératifs corres- 
pondants aux verbes de classe I, de classe II, et aux athéma- 
tiques à racine consonantique : 

IIO-TpHCTiî/nO-TpHCdTL 

no-îKpàTb/no-JKMpàTb 
y-BH(4)HyTL/y-BH4âTb 
3a-'fecTb/3a-'fe4âTt. 

Doivent être mis à part, dans la classe I, les quelques verbes 
du type HecTi'i, qui ont un itératif anomal du type HOCi'iTb, et 
quatre verbes du type K^aCTb, qui ont un itératif de la seconde 
formation en -bma- (cf. plus loin). Les verbes d'unité d'action 
secondaires, comme MaxHyTb d'après MaxâTL, utilisent comme 
imperfectif l'itératif en -biBa- du verbe de classe III sur lequel 
ils ont été formés : -MaxHBaTb. 

Le suffixe -â- pur apparaît en outre dans les itératifs de quel- 
ques verbes primaires, à racine consonantique, et de quelques 
dénominatifs anciens de classe III : 

CO-34àTb/cO-3H4aTb 

nepe-K/iiÎKaTbCH/nepe-K./iHKciTbcH. 

Il est enfin propre aux itératifs d'un petit nombre de verbes 
de la classe IV, à suffixe -h- : 

B03-ropiiTb/B03-ropâTb 
npe-3p4Tb/npe-3iipâTb 
3a-Kiin4Tb/3a-KHnâTb 
(vieux russe) iio-MirbTii/no-MHHâTb. 

Ces derniers itératifs, à suffixe -a- pur, de verbes des classes 
III et IV, en nombre d'ailleurs très restreint, n'apparaissent 
qu'en composition et sont tous demeurés pleinement itératifs. 

Les itératifs des verbes de classe I ont, en général, très 
riofoureusement conservé leur caractère itératif. Le nombre de 
ceux d'entre eux qui sont usités comme simples dans la langue 
littéraire moderne est très limité : 'iHTaTb, 6o/i,à,Th, 6npâTb, 
atHBaib, neKâTb, 'b3}KâTL. ^nxâib a, comme nous l'avons vu, 
remplacé 'lecTb au sens de « lire » et est perfectif dans les 



46 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

composés OÙ se retrouve ce même sens : iipô-MHTaio, pf. (cf. 
plus haut, p. 38). Bo4âTi> s'est de même à peu près complète- 
ment substitué à 60CTII et, pour cette raison, se comporte en 
composition comme un duratif : « KopoBa 3a-6o4âeTt, h3- 
6oAàe'rh>, na-ôo^âeTCH. .., etc. ;>,pfs. Quant aux quatre derniers 
verbes cités ci-dessus, ils restent toujours imperfectifs malgré 
l'apposition d'un préverbe, n'étant, comme simples, usités qu'au 
prétérit et avec une nuance archaïque et populaire : « KaK'b 
TKiîBdiAm Bt cTapimy », « h HHKor4a ^aît^e ne 't3JKa.i^b ». 

En ce qui concerne les verbes d'unité d'action de classe II 
formant couple avec des verbes de classe III, il importe, pour 
déterminer le caractère duratif ou itératif de ceux-ci, de distin- 
guer les formes en -Hy- secondaires d'avec les primaires. Les 
verbes d'unité d'action secondaires ont été formés sur des dura- 
tifs de classe III : ainsi THHyxL, TpÔHVTfc. MaxHyxB, x^eônyTB, 
d'après TiiraTB, xpôraTL, MaxaiB, x.ie6àTB..., etc. Les verbes 
d'unité d'action primaires ont leurs itératifs nettement carac- 
térisés : à OT-BéprnyTB, r(5)HyTB, 4Bii(r)HyTB, ^pôrHyTt, 
KOCHyxBCH, y-.^Bi6HyTBCH, MKHyxB, pbirnyTB, 40-CTiîrHyTL, 
npH-carHyTB, TKHyxb correspondent OT-Beprâxb, -rnôâxB, 
-4BHrâxB, -4porâxB, KacâxBca, y-.Abi6âxBCH, -MBiKâxB, pbirâxB, 
40-cxHrâxB, nPH-cnrâxB, -xbiKaxb, qui toujours restent imper- 
fectifs malgré l'apposition d'un préverbe. Cette appellation de 
primaires n'a d'ailleurs de valeur que par rapport aux formes 
de classe III qui apparaissent à côté de ces verbes : ainsi ox- 
BéprnyxB, 40-cxiirHyxB sont évidemment secondaires par 
rapport aux anciens verbes de classe I qu'ils représentent 
(ox-Bepe^H, 40-cxhïib). 

Au reste la situation respective des verbes de classe II et 
III se laisse facilement déterminer. Seul, KH4âxb, en face de 
KMHyxB, est difficile à définir : tous les composés de -KH4âio, de 
sens concret « jeter », sont perfectifs (3a-, Bbi-, no-, etc., par 
exemple : « Mbi iioKH4aeMXî Becb rpy3'b bb p^ÈKy »), à l'exclu- 
sion du composé iio-KH4âlo, de sens figuré « je quitte, j'aban- 
donne », le(iuel est imperfectif. La comparaison avec le serbe 
Mdatî « déchirer », Mniiti se « s'en aller rapidement, détaler », 
indique un glissement d'accent sur le suffixe, témoignant que 
ce verbe a pris en russe à un moment donné la valeur itéra- 
tive (*KH4axB > KH4âxB). Il faudrait donc admettre qu'il a pos- 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 47 

térieurement perdu le caractère itératil'par suite de ses emplois 
comme simple : rimperfectifno-KH4âio, d'emploi savant, sous- 
trait aux influences populaires, apparaîtrait alors comme un 
vestige du caractère itératif ancien de Kii^âiu. Remarquons ce- 
pendant que deux des itératifs cités ci-dessus sont employés 
comme simples et ont pleinement conservé leur valeur itéra- 
tive : 1,'acâTCH (iipii-Karâioch impf.) et purârii, dont le caractère 
itératil" est prouvé par l'accent du verbe serbe correspondant 
rigati et par les composés imperfectii's H3-pbirâio, ox-pLirâio. 

Les deux itératifs de verbes athématiques à racine consonan- 
tique Bi^/^arL. et 'b^arb, de irh^'bTii et 'bcTB, ont eu un sort dif- 
férent. Le premier s'est, comme nous l'avons vu, substitué au 
primitif, disparu du russe moderne (cf. p. 41), et n'est pas sus- 
ceptible de redevenir itératif par glissement de l'accent sur le 
suffixe. Le second, qui n'est usité comme simple qu'au prétérit, 
et surtout dans des phrases négatives (ne 'fe4â./i'b), n'a donné 
lieu à aucune formation perfective. 

Le suffixe -â- pur empiète sur le domaine du suffixe il- [-ja-), 
dans quelques itératifs de verbes de classe IV, à thème de l'infi- 
nitif en -II- (sur l'origine du fait, cf. Meillet, Op. cit., p. 51). Les 
itératifs suivants ne laissent aucun doute à cet égard : 

KyniiTb/iio-KyiiâTB 
no-.ioH^iiTB/no-./iarâTB 

BbI-yiyriIITB/BBI-.iynâTB 

nycTiiTB/iiycKaTB 

BH-pyÔlITB/Bbl-pyÔâTB 

CTyniiTB/cTynaTL 

On pourrait, si l'on s'en tenait aux apparences, ajoutera cette 
liste le couple o-mHÔi'iTBCH/o-uiHÔâTBCH, mais on sait que le 
primitif a appartenu originellement à la classe I (prétérit 
o-miio-cn). Le couple nycTi'iTb/nycKâTB étonne à première vue : 
il faut admettre que iiycKaTB a été extrait de iiyiLi,- (forme du 
présent-futur iiymy et de l'itératif populaire iiymàrB), suivant 
l'alternance phonétique cK/m. IlycKâio et CTynâFO, seuls itéra- 
tifs de la série ci-dessus employés comme simples, en face des 
perfectifs nymy et CTyn.iiô, ont rigoureusement gardé la valeur 
itérative. 



48 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

A côté de ces itératifs réels, il existe une série d'itératifs fl/)/)a- 
renis, formant des couples, au moins étymologiquement, avec 
des verbes de classe IV. Tous sont employés comme simples et 
se comportent en composition comme des duratifs. Ils peuvent 
être classés comme il suit : 

6pÔCHTL, pf. ôpocâxL, impf. 

CKOHIÎTL — CKaKtXTL — 

XBaxflTL — XBaxâTL — 

KaTiiTL, impf. KaxâTi) — 

(-)KyCIITL — KycâTL — 

.lOMl'lTL — ./IOMAtî, — 

MO^IIÏTIj — MaKaTL — 

TamiITI. — TaCKilTl) — 

Un seul verbe à suffixe -b-, de classe IV, est à citer en regard 
d'un itératif apparent de cette série : 

BH4ifeTi), impf. BH^aTb, impf. 

Quant à 6./iiiCTâTL, itératif de 6.iec(T)HyTi>, il ne forme pas 
couple avec 6./ieCT'bTi. : le premier signifie « briller par inter- 
valles, momentanément», le second « briller d'un éclat continu, 
permanent », comme il ressort bien du vers de Puskin : 

Bo TbM'b TBOH r.ia3a ô.iHCTaioTi. ripe40 mhok) 

[Œuvres complètes, édit. MoposoBt, tome 1, p. 296), vers auquel 
on peut opposer le dicton connu : « He Bce 30.ioto, ^ito 6agC' 

THTt ». 

CBHCTaTb, en face de cbmct^êtl, paraît plutôt être un déno- 
minatif indépendant qu'un dérivé de ce dernier : ces deux 
verbes sont dans l'état actuel de la langue rie^oureusement 
synonymes. CxyKaTB, nncKaTi, sont dénoncés par leur accent 
comme des dénominatifs et pour cette raison ne doivent pas 
être rapprochés de CTyqâxb, niiiJj,aTt.. 

Quant à la série 6pocâTL à côté de la série ôpôciiTL, si l'on 
met à part la question d'origine, le rôle de ces pseudo-itératifs 
est très clair. Les simples 6pocaTL, KaxâTL, .iOMaTB, TaCKaTb, 
XBaTiiTh, Bii,T,âTh, sont en fonction à'indètenninés en face des 
verbes correspondants de classe IV : ils servent, comme le type 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 49 

HOCiiTB (cf. p. 6), à exprimer une notion complexe. TamiÎTB 
peut se représenter concrètement par une ligne droite, Tac- 
KâxE. par des lignes tirées dans des directions différentes. 
« Oht> .lOMaexca » signifiera : « il force son talent, il pose » 
(notion générale, indéterminée). « Mbi et. HiiMt. BH^aeMCH » 
signifiera : « nous nous voyons » (énonciation très indétermi- 
née). 

Ont été séparés du primitif par une spécialisation de sens : KycaTB 
« mordre », CKaKdxB « galoper », MaKarB « plonger dans un 
liquide » (mo'IIItb signifie « humecter par aspersion ») et partiel- 
lement KaxâTBCH, au sens de « se promener en voiture » ou 
M aller en bateau ». CKaKaxB a de bonne heure pris une conju- 
gaison primaire (cKany, CKa^emB), signe morphologique de 
sa valeur de duratif. 

Toutes les unités de la série ôpocâxB deviennent perfectives 
par l'apposition d'un préverbe : ainsi Ha-6pocâio, ox-xeaxâio, 
y-Kaxâio, ox-Kycâio, c-^OMâio, no-MaKâio, na-xacKâio, no-cKaqy 
sont perfectifs. Lorsqu'il n'y a pas eu séparation des dérivés 
d'avec les primitifs par spécialisation de sens, on a des doublets 
perfectifs des types BBi-6pociixB/BH-6pocaTB et y-Bii^'lnb/y- 
BH4âxB (cf. conclusion). La fonction itérative est généralement 
remplie par les formations nouvelles en -biBa-, qui se sont déve- 
loppées sur les pseudo-itératifs à suffixe -a- de la classe III : 
ainsi CKaKaxB, devenu duratif et indépendant de ckotjiïxb, prête 
à ce dernier, en composition, son itératif -CKaKHBaxB (voyez 
plus loin suffixe -BiBa- pour -iiBa-). 

Entre les itératifs réels, du type iio-.iarâxB, et les itératifs 
apparents, qui sont des duratifs, du type ôpocâxB, le verbe 
^exâxB, en face de .aex'^fexB, occupe une place à part, parce 
qu'il n'appartient franchement ni à l'une ni à l'autre catégorie. 
Il a valeur d'imperfectif dans « ylacxoqKH iipH/iexaiox^B, ox.ie- 
xaiox'B », — valeur de perfectif dans « H n'SAQTâJO bbcb ropo4'B » 
ou « Il'ie.^a o6.iexaex'b Bcb ub'Êxbi » ou « Cko./ibko .lacxoqeK'B 
Ha.'icxaex^B cb Hacxyii.ieiiieMb necHbi ! » Ce verbe est intéres- 
sant, parce qu'il représente un état transitoire : il est à mi- 
chemin entre la masse itérative, à laquelle il appartient par droit 
d'étymologie, et la masse durative, vers laquelle il est entraîné 
par la tendance générale de la langue à former des perfectifs 
sur tous les verbes employés comme simples et à attribuer aux 

4 



50 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

formations nouvelles en -biBa-, -iiBa- une sorte de monopole 
de la valeur itérative. 

Deux couples enfin méritent une attention spéciale : 

4HiiiâTL/4iiixâTL (itér.), 
C/iHiuaTL/c.ibixâTL. (dur.). 

4uxâTB est sans doute originellement un itératif {duxnati, 
dyxati) ayant à date très ancienne pris une conjugaison primaire 
(type vieux slave na-rica, type russe CKaqy : le présent ^biiny, 
^bimeiUB, aujourd'hui inusité, est employé par Puskin*) et 
partiellement perdu sa valeur itérative [Zograph. Luc, YI, 25, 
vaxdyxaetCy perfectif). M, Sobolevskij (.,leKii,in, 3* édit., p. 244) 
l'identifie avec raison avec le verbe de classe IV ^bimâTb : 
4bixàTb est un verbe à deux conjugaisons, comme 6'fery, 
6'fe}KiîmL et xuHcmb, xoTiii\rb, — la première, 4biuiy, ^bimemb, 
ancienne, — la seconde, ^biuiy, 4Hmiimb% ultérieure, mais at- 
testée dès le xin° siècle. Ce verbe a donc été dédoublé : sur 
le thème du présent 4bmiy, 4bimeuib, forme disparue, a été 
formé 4biiiiy, 4b[mHmB avec l'infinitif 4biiiiâTB, verbe nou- 
veau qui a pris place à côté de 4bixâTB conjugué secondai- 
rement : -4bixâio, -4bixâemb. L'expression morphologique de 
l'aspect a subi le contre-coup de ce dédoublement : 4bimy, 
4UiiiâTL est duratif (3a-4bmiy, pf.), tandis que -4bixâio, 
4bixaTb est resté l'itératif normal de 40XHyTb (0T-40XHy, pf. 
/oT-4bixâio, impf. ; B3-40XHy, pf. /B3-4bixâio, impf.). Quant au 
simple 4blxâTb, il n'est usité qu'à l'infinitif et au prétérit. 

CibixaTb est un verbe formé secondairement, pour faire 
pendant à c-ibimaTb, sur le modèle du couple 4bimàTb/4HxâTb. 
CibixâTB n'a pas de thème du présent : employé comme 
simple, il joue le rôle à'indéterminé « a CdHxâ.rb » (j'ai entendu 
dire); en composition, il devient perfectif par l'apposition d'un 
préverbe, par exemple « a. y-CAUx(xjYh », doublet perfectif de 
« il y-cyibiLuavi'b » (voir plus loin). Le couple CvibimaTb/c.ibixdTb 
provient donc, comme le précédent, d'un dédoublement, mais 
d'un dédoublement seulement partiel et qui n'a pas eu de 
répercussion sur l'expression morphologique de l'aspect. 

1. OEayies complètes, édit. MoposoBt, I, 324 « ;;MUieT'b ». 

2. L'accciilualion jibimiiiUb est la seule attestée eouramment ; toutefois Grot 
cite un auiuuTb duus Uerzavin (*I>iMo.ior. PaabicKaniH, Gnô., 1899, II, 716). 



LA COMPOSITION PP.ÉVERBALE 51 



b) Suffixe -à- (-â- après chuintante). 

Ce suffixe vaiit/ + flt, car il renferme le -ii- du thème des 
verbes de classe IV, lequel devant l'élément suffixal vocalique 
-à- prend naturellement valeur de consonne. Après labiale le/ 
apparaît sous la forme /' (serbe .l) et l'on a exactement /' +a, 
inexactement transcrit en orthographe russe a-\- n : HBiixbca/ 
HB.iHTLCH (cf. orthographe phonétique du serbe jâB.baTii ce). 
Après chuintante le ; n'a pas d'existence individuelle, car il a 
été absorbé par la consonne radicale qu'il a palatalisée^ et on a 
chuintante -\r a \ ainsi dans sa-M'lixiixL/sa-M'ÈTmTL (voir p. 43 l'in- 
dication des traitements phonétiques russe et vieux slave). 

Le suffixe -a-, (-a-) est exclusivement propre aux verbes de 
classe IV. Cependant il n'a pas réussi, comme nous avons vu, à 
envahir tout le domaine de la classe IV. Un nombre assez res- 
pectable d'itératifs à suffixe -â- pur a résisté à l'intrusion de -ii- 
du thème des primitifs (cf. la série no-KynâxL et la série 
6pocâxb). D'autres verbes trahissent par des composés de 
formations différentes une hésitation entre les suffixes -â- pur 
et -H- (-â-). Tel est le cas de : 

BlU'feXL BIuâxL OÔ-(B)HîKâxi> 

^lOMiîxL .loMaxL c-.iOM.iîixL (populaire). 

Les anciens itératifs du type hociixb n'ont pas en général 
donné lieu à des formations itératives anciennes [-n-, -â- après 
chuintante) : seuls 'fc.B^iixB, bo^iïxb et roiiro présentent ces 
formations, à savoir -'È3>KâxB, ripo-BOîKâTB et tohhxb. Le 
simple 'fesHcâxB, faisant fonction d'itératif auprès du verbe de 
classe I 1^47, feaxB, n'a développé, comme nous l'avons vu 
(p. 45, 46), aucun composé perfectif. Quant à roHHXB il a nor- 
malement en composition la valeur imperfective, en face de 
-roiiiô, toujours perfectif (attesté en vieux russe, le thème de 
l'infinitif, roiiiixii, est actuellement inusité), par exemple : 40- 
roiiHK), impf. /40-roHKj, pf. Cependant deux composés au 
moins, sans doute refaits sur le simple autonome tohhxb, 
lequel est d'emploi courant, sont susceptibles de prendre la 
valeur perfective, comme il ressort des exemples donnés par 



52 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Dahl (To^KOBLiil MOBapL îKHBoro Be^HKopyccKaro H3HKa, 
3" édit., tomes I, p. 1117, et II, p. 394) : « aMmiiKt... yjKe 
4oroHH^'L. cBOÎi cpoKt », « il ero noroHH.it nopH4KOM'L » 
[■= noJKvpH.i'b), et « noroHH.icH n B^iepa 3a aairqaMn bbo^io ». 
On a donc, à côté des formes anciennes figées 40-roHâio, no- 
roHiiK), impfs., des formes nouvelles d'aspect contraire : 40- 
roHfiio, iio-roH}'iio, pfs. Il n'y a pas lieu d'ajouter à ces forma- 
tions itératives, dérivées elles-mêmes d'anciens itératifs, et qui 
demeurent isolées, le verbe d'emploi populaire JiâsaTb, ce 
verbe paraissant être plutôt un doublet de ^âsHTt qu'un dérivé 
de formation itérative (npo-^/iâsaio, pf. : cf. p. 40). 

Tous les verbes présentant le suffixe -â- (-â-), malgré le rap- 
port certain de dérivation dénoncé par le /, n'ont pas, dans 
l'état actuel de la langue, la valeur itérative. La plupart de ceux 
qui sont employés comme simples tendent à devenir, sinon 
totalement, du moins partiellement, duratifs. 

Ont complètement perdu la valeur itérative : Ba.i/iTt, npo- 
màTbCH, poHHTb, can^âTb, CTp'fe^HTb. Ainsi les composés Bbi- 
Ba.iiîio, pac-npoiu,âiocb, na-ponaio, nepe-cajKaio, pas-CTp'fe^Hio 
sont perfectifs. Remarquons que caîKaTb est continuellement 
confondu avec (•a4iiTi) au sens de « planter », et, comme 
simple, tend de plus en plus à se substituer à ce dernier. Le 
doublet à traitement vieux slave -ca>K4âTb n'apparaît qu'en 
composition et est rigoureusement itératif: -caîK4àTb sert d'im- 
perfectif à -ca4nTb dans les composés de sens abstrait, de cou- 
leur savante, comme par exemple o-ca4HTb, pf./o-caJK4âTb, 
impf. « assiéger » ; c'est -câîKHBaTb qui est adapté aux composés 
de sens concret, comme Bbi-ca4iiTb, pf./Bbi-câîKiiBaTb, impf., 
« transplanter ». Les simples pOHHTb et CTp'hAHTb ont survécu 
à poHiiTb et CTp'h./iHTb, usités seulement en composition : y- 
poiiio, Bbi-CTp'hjiio, pfs. 

A côté de ces verbes, qui sont restés étroitement unis aux 
primitifs par le sens, on en peut citer d'autres qui ont été 
plus ou moins profondément séparés des primitifs : rny- 
iiuiTbCH, employé au figuré, « mépriser », tandis que rnyciiTb a 
strictement gardé son sens originel « parler du nez »; M'feuiaTb, 
qui a singulièrement élargi la notion du primitif M^bci'iTb 
(( pétrir » ; Ta'iaTb, qui a au contraire resserré et particularisé 
le sens de tohiîtl « faire toute sorte de travail avec un tour », 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE ' 53 

et est devenu un verbe technique « piquer » (en allemand : 
steppen). Le cas de difiPérenciation sémantique le plus curieux est 
celui de 6.iy,T,nTi, et de r).iy}K,i,âTh, parce que les composés ont 
une valeur exactement opposée à celle des simples. Le primitif 
6.iy4iiTL a une signification plutôt abstraite et morale « forni- 
quer, s'égarer dans les voies d'erreur »; le dérivé 6.iyH\4âTL 
a un sens concret « perdre sa route, se tromper de chemin ». 
Mais inversement, en composition, -ô.iy^iiTb signifie « perdre 
sa route, se tromper de chemin », et -6.^y}K4âTL « s'égarer 
dans les voies du péché ou de l'erreur », de telle sorte qu'on 
a les couples ô^ynty, impf. /3a-6.iy>K4ârocL ou npo-6^yjK4âio, 
pfs., et 6.ay}K4âio, impf. /3a-6./iy>Kycb, pf., couples dans lesquels 
les spécialisations de sens des composés contredisent celles 
des simples. Cette différenciation est très tranchée dans Tusage 
littéraire courant, mais elle est sans doute conventionnelle et 
n'a pas un caractère absolu, comme on peut s'en convaincre 
en s'en rapportant aux articles ô.iy^iiTb et r).iy;K4ciTB du 
Dictionnaire de V Académie en cours de publication. 

Les trois verbes poBHîÎTh, paBHHTb, paBHiÎTt., doivent être 
considérés comme indépendants. Les deux premiers tendent, 
à vrai dire, à être confondus par suite de l'aKaeie : mais ils sont 
sans doute d'origine différente, l'un devant être rapporté à 
pÔBHLiii, l'autre à paBHbiil' : le premier est de sens concret 
« poBHHTB 4opory », le second de sens figuré « r4'fe Teô'fe ct> 
HHMTî paBHHTLCfl? », distinction sémantique qui se retrouve 
dans les composés, par exemple no-poBHHio, pf., npn-paB- 
HHiocb, pf. Quant à paBHiiTb, peu usité comme simple (« qxo ne 
paBHO, Toro II ne paBHii! ») et n'apparaissant guère en compo- 
sition que dans le mot savant c-paBHiiTb « comparer »% nous 
inclinons à penser qu'il est de formation secondaire et relative- 
ment récente ^ y-poBiiio, pf., à côté de y-poBHiiK), pf., a été cer- 
tainement refait après coup sur ypoBGHb. 

1. Dahl (TojiKOBfaiH r.iouapb /laiBoro BejiHKOpyccKaro nabiKa, 3» édit., tome III, 
p. I'i61 et 1692) distingue nettement ces deux verbes. 

2. Dahl [Ihid,, tome IV, p. 3) indique également le composé iipil-paBinÎTb. 

3. C-paBllHTb a pour imperfectif c-paBiIllBaTb, itératif de la seconde formation, 
lequel a été définitivement substitué à l'ancien imperfectif c-paBHHTb, encore 
usité h la fin du xviiie siècle (cf. glose du premier Dictionnaire de l'Académie, 
Saint-Pétersbourg, 1789-1794, tome V, p. 19 : « Cpauiuirb : upiiMliiuiio, cjiii'iaK), 



54 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

D'autres dérivés n'ont que partiellement perdu la valeur ité- 
rative. Tel est le cas de mI^hûtl. Le caractère imperfectif est 
comme figé dans les composés anciens : B-M'tHHio, sa-Ml^HHio, 
ii3-M^bHHio, oT-M'ÊHHio, nepe-M'ÊHHio, iipM-MijHHio, impfs. ; les 
composés plus récents, formés sur le simple M^feHHTb, sont per- 
fectifs : BH-M^ÈHmo, Ha-M'bHJiio, o6-M^feHHio, no4-M'ÈH/iio, npo- 
M'iiiiîiio, pa3-MiiHHio, c-M'ÈHîiio, pfs. (ce deraier concurrem- 
ment à c-M'biiiô). PoH^àTb, itératif de forme russe de p04fiTb, 
est normalement imperfectif en composition : BLi-po>KdTLCH, 
3a-poîKcXTLcn, impfs. ; mais sa-poHuiio est perfectif « OHa ^o^^ro 
6bMa ôesA'ÈTHa, a KaKia sapoma^a, TaKij Bce noui^H ^boIihh » 
(exemple emprunté à Dahl au mot sapo^iiTt). Quant à l'itératif 
à traitement vieux slave pa}K4âTb, il n'a donné lieu à aucune 
formation perfective. 

11 y a eu différenciation de sens et disparition partielle du 
caractère itératif dans MyH^4âTbCH « éviter, fuir », KpiiB.iHTBCH 
« faire des grimaces », dOHîiTbCH « errer en désœuvré », les- 
quels, sous la forme réfléchie et avec la signification indiquée 
ci-dessus, ont pris une certaine autonomie et sont devenus 
perfectifs par l'apposition d'un préverbe : sa-nyjK^àiocb, no- 
KpiiBJHioCb, iio-c^ioiiîiiocb, pfs., composés qu''on peut opposer 
à OT-qyHi^âio, c-KpHBvdHio, sa-c-ioRHio, impfs. 

Remarquons enfin que le simple Li,^fen./iHTbCH, usité seule- 
ment sous la forme réfléchie, a un composé perfectif Ha- 
Ll,'hn.A/iTbCH, qui signifie « s'accrocher en grande quantité » 
(glose des dictionnaires russes : uf^YiAHThCR BO MHOJKeCTB'fe) : 
« onycTM XB0CT7> B'b npo.'iyôb — pbi6a caMa na xboct'b 
iiau'biMHeTCH )) (A'i^aHacbeB'b, Hapo^ntiH pyccKia cKasKii, 
3« édit.; Moscou 1897, I, 1). Il importe de ne pas confondre 
ce perfectif, isolé et protégé par son sens spécial, avec na- 
iVÏ'ii.iî'ni.ciï, imperfectif de iia-H'tiiiiTbCH. 

Le nombre des itératifs à suffixe -îi- (-a-) employés comme 
simples, et ayant pleinement gardé leur valeur itérative, est 
très restreint. Nous ne pouvons citer, du point de vue de la 
langue moderne où nous nous tenons étroitement, que Bpa- 

CHoiiiy o;uiy ni'iui. cl Apyi'Oio, a.iji yHnaiii;i Mt'/kjy hmii cxojcTBa ii.iH pasHOCTn; 
B'b ccmtj II in. iiocTbjyioujHX'b 3naMeH0Banijixi> iipomcAïuee iiMiert : cpaBHii.nTj; 
6y;iymoe : cpaumo «). Ce -paBHJÎTh, dérivé itératif, ne doit pas, à ce qu'il semble, 
être couloudu avec paBHiÎTb, dénominatif iudépcudaul. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALË 5è 

mâTBCH, py^iâTLCH, n^'biiHTL, ^HiuâTB, p'fcmâTB, HB^HTB. Il est 
essentiel de remarquer que les primitifs de ces quatre derniers 
dérivés sont perfectifs : iM'bHiiTB, .iiiriiiÏTB, p'hiiifiTB, hhiitb, 
pfs. Nous avons de même noté plus haut (p. 47) que iiycKaTB 
et CTynaTB, itératifs réels_, apparaissaient en face des perfectifs 
nycTiiTB et cxynïiTB. On peut conclure de là que l'opposition 
perfectif/ imper fectif, qui existait entre les simples, avait une telle 
force, qu'elle devait nécessairement être reproduite par les 
composés; on comprend bien, au contraire, que les unités de 
couples comme .iOMiiTB/./iOMaTB, exprimant seulement des 
nuances du même aspect et ne supposant point Tune à l'autre, 
soient susceptibles d'avoir un sort égal, c'est-à-dire de devenir 
perfectives toutes les deux par l'apposition d'un préverbe. Il 
convient aussi d'ajouter que les six verbes simples énumérés 
ci-dessus doivent sans doute à la notion abstraite (sauf Bpa- 
maTBCH) et étroite qu'ils expriment de n'avoir pas développé de 
composés nouveaux perfectifs. 



c) Suffixe -Ba-. 

Le suffixe -Ba- apparaît après racine ou thème vocaliques 
pour éviter l'hiatus. M. Sommer a démontré que -b- était sorti 
de II radical en contact avec l'élément suffixal vocalique -a- : de 
*bû-ti, *mû-ti on a eu *buii-a-ti, *muti-a-ti (cf. part, -buvenû, -DiûvenÏÏ) 
et, avec allongement, byvati, -niyvati. Ce type de suffixation, ■■,;jnP' 
propre aux verbes à û radical, s'est généralisé grâce surtout 
au verbe d'emploi si courant ÔBiBaTB (I. F., XI, p. 202-204). Il 
a été réparti en russe comme il suit : 

a) Un grand nombre de verbes à racine vocalique ont des ité- 
ratifs à suffixe -Ba-, les autres ne présentant que des itératifs de 
formation récente en -HBa- (oT-qaHTBCH/oT-HaHBaTBCH) ou 
étant complètement dénués d'itératifs (ô.ightb). Quelques-uns 
cumulent les formes anciennes et les formes nouvelles (paa- 
c'ÊHTB/pas-C'bBaTB et pa3-c1àHBaTBCH). On a par exemple : 

OBITB/OBIBaTfc 
Ha-.lIiTb/Ha-.^HBâTB 

co-rpifeTB/co-rp'feBâTb 



56 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Ha-4yTi>/Ha-4yBâTfc 

O-CiHTL/o-ciHBaTb 

Trois verbes à -a- radical doivent être mis à part, car leurs 
itératifs n'ont le suffixe -Ba- qu'au thème de l'infinitif, le thème 
du présent étant rattaché à la catégorie des itératifs anomaux 
du type -éuAio, HMaTb : 

npH-3HaTL/npH-3HaBâTB (présent -3HaK), -anaëiub) 
3a-CTaTL/3a-CTaBâTB (présent -cTaio, -CTaëiub) 
AaTL/4aBaTb (présent 4ai5, ^aëiiiL) 

Seul, -3HaBâTL a certainement appartenu de tout temps au 
type itératif à suffixe -Ba- (vieux russe -3HaBaio, -3HaBaTH) : 
-cxaBaio, CTaBaTH, forme ordinaire du vieux russe, paraît se- 
condaire, si l'on rapproche le vieux slave staja, slajati; et 4aBâT& 
est à coup sûr récent (vieux russe 4aio, 4aHTH). C'est donc 
-3iiaBaTL qui a servi de point de contact analogique et prêté aux 
itératifs anomaux -CTaib, 4ï^k> le thème de l'infinitif à suffixe 
-Bâ- (-cxaBâTL, 4aBâTb), tandis que 4aio, resté inaltéré au cours 
de l'histoire de la langue, a fourni et imposé le thème du pré- 
sent à conjugaison primaire (4aio, -cxaio, -3Haio). Notons que 
l'étymologie populaire a créé en face de co-34âTb « édifier », 
qu'elle a interprété co-3-4aTb, un itératif co-3-4aBâTb, qui s'est 
substitué, au moins dans la langue parlée, à co-3H4âTb, d'em- 
ploi plutôt livresque. 

Le suffixe -bâ- a été étendu à un autre itératif du type anomal, 
à savoir à 4'bHTii, itératif ancien de 4t>Hy, 4'bTb (ainsi vieux 
russe o-4'bHTii), de sorte que l'on a aujourd'hui o-4'bBâTb, iia- 
4'tiuiTb, iiepe-4'bBâTB, etc. Le composé Ha-4ifeHTbCH, verbe 
d'emploi littéraire et de couleur savante, a seul survécu, au sens 
de « se reposer sur, espérer )), tandis que le nouvel imperfectif 
Ha-4'feBâTb a pris place à côté de lui avec le sens concret de 
« mettre sur, revêtir». 

Le vieux slave avait un type particulier d'itératifs formés sur 
les verbes à / radical : le i radical se brisait naturellement en îj 
devant la voyelle a du suffixe, exactement comme en slave com- 
mun û en ûu : l'itératif de vu^rliti est, au moins dans les textes 
les phis anciens, vu^-lîjati, de très bonne heure remplacé par 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 81 

vu^-Hvali^. Le russe n'a gardé qu'une trace de ce type itératif 
vieux slave dans le mot savant B-^iflTb, itératif isolé à date an- 
cienne du primitif B-.iiiTt : ce verbe, d'emploi uniquement abs- 
trait et figuré, « influencer », est devenu un duratif indépendant 
B.iiHio, lequel devient perfectif par l'apposition d'un préverbe 

{UO-BAUIK), pf.). 

Remarquons enfin que le doublet itératif B3-4HMâTB, à côté de 
B3-4yBâTfc, imperfectif de B3-4yTB, doit être rapporté à la forme 
de présent vieux slave diîiiia. 

(3) Ceux des dénominalifs en -'h- de classe III qui donnent 
lieu à des formations itératives ajoutent le suffixe -Bâ- à l'élé- 
ment -'fe- : 

3a-6o^'feTB/3a-6o^'feBâT& 

0-B.ia4^TB/0-B^a4'ÈBàTB 

B-neqax/i'feTB/B-neqaT^^ÊBâTfc 
no4-pa3yM'ÈTB/no4-pa3yMibBàTE> 

D'autre part, le procédé vieux slave du développement du 
suffixe -Bâ- après le suffixe -a- des dénominatifs de classe III 
(type konïcati/kotîîcavati) a laissé des traces en vieux russe : 
KOiiqaBaTH, co-qeTaBarii, sa-B'femaBaTH..., etc. Ces slavonis- 
mes (aiaBiiiimiiHa) ayant disparu du russe du xix^ siècle, les 
primitifs sont restés sans itératifs. Sur KOH^ârb a été fait 
secondairement KÔHqriTB, d'oi^i le couple KÔH^y/KOH^âio, dont 
le premier élément est perfectif (cf. classe IV, p. 23 sqq.) et le 
second duralif (par exemple : c-KonqâiocB, pf.). Co-Hexâio est 
isolé et, tout perfectif qu'il est, s'emploie aussi bien en valeur 
de présent qu'en valeur de futur : mais il n'est pas susceptible 
du futur périphrastique; quant à l'itératif co-^ieTaBâio, il n'est 
usité que dans la langue ecclésiastique. B'bmâio, BijinâTt, 
originairement dénominalif de B'fecTB (vieux slave -vèstati, 
dénominatif de veslî), a plus profondément subi le contre- 
coup de la disparition des anciens itératifs en -Bâ- : 3a-Bifemâio 
et co-B'feuj.âiocL, primitivement perfectifs, ont nécessairement 
été employés en valeur de présents du jour où sa- B'femaBaio, 
co-B'femaBaio ont cessé d'être usités, et, de plus, confondus 

1. Cf. Meillet, Op. cit., p. 53, 54. 



38 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

avec les composés de -B'femaTL (comme ii3-B'Èinâio, impf.), 
itératif de -B'fecTiÎTb, ils ont complètement pris la valeur im- 
perfective (futur périphrastique : 6y4y sae'femâTb, ôy^eMt. 
cOB'ÈmâTLCH). Si y-B'femâio, archaïsme dont on peut trouver des 
exemples dans le style noble, a conservé le caractère perfectif, 
cela tient à ce que l'itératif y-B'bmaBaxH est encore vivant sous 
la forme modernisée y-B'^femeBàTB. Le caractère imperfectif de 
(D6-(B)'feinâio, commun à la forme vieux slave ob-[v)èstaja, 
montre au reste combien est ancienne la tendance à confon- 
dre B'femâio, dénominatif, et -B'bmâio, déverbatif, itératif de 
-BifecTiiTB. Quant à OT-Bi^qàio, forme russe du verbe vieux 
slave ot-veitaja, pf. /ot-vèstavaja, impf., sa valeur imperfective a 
dû surtout être déterminée par l'apparition du perfectif OT- 
B'ÊTHTb, de création artificielle et secondaire : OT-B'fe^y, pf. /ot- 
-B'feqâio, impf. 

y) Le suffixe -Ba- apparaît aussi ajouté au thème de l'infinilil 
-'b- de quelques verbes de classe IV : 

no-Be^'ÈTb/no-Be.i'feBàTL 

o6o-3p'feTb/o6o-3p'feBâTb 
y-CO-MHlÎTCH/cO-MH'feBâTbCa 

npe-Tepn'feTb/npe-Tepn'feBâTb 

Le modèle de ces formations itératives a été évidemment 
fourni par les dénominatifs de classe III à suffixe -'b- (aa- 
6o^ifeTb, pf./3a-6o.i'bBâTb, impf). Aussi bien, deux des verbes 
(;ités présentent-ils d'autres composés itératifs plus anciens : 
ainsi nô-MHHTb a, à côté de co-MH'ÈBâTbCH (vieux russe mh^tii), 
iio-MimâTb, et 3p'bTb a B-3iipâTb, npe-3npâTb, na^-siipâTb, 
ii04-3HpâTb, npo-3HpâTb, qu'on peut opposer à o6o-3p'bBàTb, 
ii040-3p'ÈBâTb, npH-3p'feBâTb (superposé à npH-SHpâxb). 

Les itératifs à suffixe -Ba- ont en général très rigoureusement 
conservé la valeur itérative, parce qu'ils n'apparaissent pour la 
plupart qu'en composition. Le nombre de ceux qui sont em- 
ployés comme simples à tous les temps est très limité : 
5biBâTb, 4'bBâTb, 4aBciTb. Ces trois verbes sont demeurés 
imperfectifs dans tous les composés anciens, ainsi dans npii- 
6biBâio, Ha-4'feBâio, sa-^aio; mais ils présentent un petit nombre 
de composés perfectifs, formés à une époque sans doute 



LA COMPOSITION PP.ÉVERBALE 39 

récente sur les simples ôbiBâio, 4'tBâio, 4aiô devenus autono- 
mes. Ces derniers sont : no-6HRaio, toujours employé sans 
complément déterminatif de temps (« h iio6r>iBaiO Bi, MocKB'h », 
je passerai quelques temps à Moscou), nepe-ÔLiBaio (« Be3/3,1s 
riepeôbiBaio ii bb .loH40H'b ii b-b rTapii^'fe »), rio-4'hBâiocB 
(« Ky4a no4'feBa.iiicB mou khiiiii? »;, na-4ai5 (« Ha^aiOT'B 
oô'tmaHiH, 4a II He iicno^iHHTt »). 

L'itératif -SHaBâxB, employé comme simple seulement au pré- 
térit (« n ero snaBa.n:. eme bTj Mockb'É »), n'a donné lieu à 
aucune formation perfective. Il en est de même des prétérits 
ôiiBâa'B, iiiiBâ.n>, rrÈBâ.i'b et de l'impersonnel ne cxaBâdO 
(« il ne suffisait pas. il n'a pa'^ suffi »). 



!''-'■ 



60 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

II) SECONDE FORMATION ITÉRATIVE 

Itératifs à suffixe -bma-, -iiBa-. 



L'origine du suffixe -Liea-, -HBa est la même que celle du 
suffixe -Ba- : ce n'est pas seulement le -b-, naturellement issu de 
û primitif, mais c'est aussi le -bi-, représentant û^ qui est devenu 
élément de suffixe. En un mot c'est tout le groupe -biBa-, des 
itératifs tels que ôbiBaTb, -MUBâTb, -HbiBâxb, -KpbiBâxb... etc. 
qui a été adopté comme suffixe, ôbiBaTb ayant été, suivant toute 
vraisemblance, le verbe-type, le principal agent d'extension*. 

Une répartition phonétique s'est opérée suivant que ce suf- 
fixe était adapté : i^ aux racines consonantiques dures des 
verbes de. classe III ; 2° aux racines vocaliques ou consonan- 
tiques molles des verbes de classe III et au thème du présent en 
-H- des verbes de classe IV. 

Dans le premier cas, le suffixe est soudé directement à la ra- 
cine et garde la forme dure -biBa-, écrite -ima- après gutturale 
ou chuintante (après r, k, x et jk, m, h, m) : 

4yM-a-Tb/npii-4yM-biBa-Tb 
Max-â-Tb/3a-Mâx-nBa- tb 
Ka^-â-Tb/pac-Kaq-HBa-TL 

Dans le second cas, le suffixe se trouve en contact avec / et 
prend la forme molle -iiBa-^ qui vaut /-t* HBa et comporte les 
modifications phonétiques indiquées plus haut (cf. p. 43). 

Le suffixe -h- des verbes à racine vocalique de classe III 
contient en effet un /, développé naturellement entre les 

1. Cf. l'article de M. Sommer dans I, F,, XI, 204. Polebnja faisait dériver le 
sufûxe -biea-, -HBa- du suffixe -ona-, -ciui-, supposant ce suffixe -ijua-, -iiBa- 
apparu tout d'abord au thème de l'infinitif, puis étendu par la suite au thème 
du présent : cf. serbe potpisivati, potpïsujêm et polonais podpisywac podpisujç 
(K'b HCTopiH 3ByK0Bi, pyccKaro iiauKa, I, 224-225, BopoMCik-b, 1876). Cette expli- 
cation a pour le moins le tort de ne rendre aucun compte du système d'accen- 
tuatioD. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 



61 



voyelles radicale et suffixale pour éviter le hiatus {voyelle radi- 
cale -\- j -\- suffixe -a-) : 

Kâ-H-Tb-CH/paC-Kà-IIBa-TL-CH 

Les très rares verbes à racine consonantique de classe III 
munis du suffixe -h- (seulement quelques exemples à racine 
liquide) ont de toute évidence un élément radical mou, lequel 
entraine la forme molle du suffixe : -iiRa-. Ainsi 

ry^- ry^-H-Tt/npo-ry.i-HBa-TL 

UIBbip- lIIBbip-H-Tb/riO-mBHp-HBa-TL 

Quant au -ii- du thème des verbes de classe IV, il se trans- 
forme naturellement en; devant la voyelle initiale du suffixe; 
mais il importe de remar([uer que c'est du thème du présent 
que dépendent les formations itératives en -HBa- des verbes de 
classe IV. Seul, en effet, le thème du présent fournit aux deux 
catégories de la classe IV, qui diffèrent par le thème de l'infi- 
nitif, le modèle d'alternance thématique dont le mécanisme 
explique les formations itératives : 



thème -h -\- consonne 

HOClî-Tb HUCH-lIIb 

CTp6lI-Tb CXpÔlI-IIIb 

cii^li-Tt cn4iï-iin, 
.'ie>Kd-Tb .ie>Kri-iiib 

60îI-Tb-CH ÔOII-LUb-CH 



thème -j + voyelle 

*HOcy-y > HOiuy 

*HOc/-iiBa- > H3-Hâm-iiBa-Tb 

*CTp0/-y > (?TpÔK) 

*CTpoy-iiBa- > y-cxpâ-iiBa-Tb 
*cii47-y > CH/Kv 

*CIIA/-IIBa- > CIIHv-HBa-Tb 

*.ier/-y > .leJKv 
*.ier/-HBa- > ox-.iëîK-iiBa-Tb 

*ôo/-y-cb > 6oK)Cb 
*6o/-iiBa- > no-6â-iiBa-Tb-CH 



La seconde formation itérative a les caractères suivants : 

a) Elle a une accentuation présuffixale absolument uniforme, qui 
assourdit et efface, pour ainsi dire, la prononciation du suffixe. 



62 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

alors qu'au contraire dans les itératifs tle la première formation 
l'efFort de la voix porte sur le suffixe. 

Ce type d'accentuation s'explique par le fait que le -bi- d'itéra- 
tifs comme ÔHBâTL, -MbiBaTL, -KpHBaTt, avait l'intonation 
douce, ainsi qu'en témoigne la comparaison avec les formes 
serbes bivàm, ù-niïvâm^ krîvâm (voyez Meillet, Op. cit., p. 47) : 
il s'ensuit que la loi de M. de Saussure n'avait pas lieu de 
s'appliquer, le -h- intoné doux du suffixe -biea- n'attirant pas 
l'accent, et le -a- de ÔLiB-â-xt n'étant accentué, comme on sait, 
que secondairement. 

Cet accent présuffîxal suffit à lui seul à différencier- profon- 
dément les itératifs en ^LiBa-, -ima- des itératifs en -a-, -fî-, -Ba- : 

1104-MeTàTB n04-MëTHBaTL 

(de no4-MecTii) (de no^-MexâTL) 

C-p'fesâxB C-p1^3bIBaTB 

0-CTaHOB./lâTb O-CXaHâB^IIBaTb. 

Il tend de plus, en sa qualité de vigoureux accent d'intensité, 
à renforcer (no4X)eM'b) la voyelle accentuée : -6- devient -ë- (/o), -6- 
devient -à-. 

Le renforcement -é/c- est conditionné à la fois par l'accent et 
par la dureté de la syllabe suivante. Là où le suffixe apparaît 
sous sa forme dure -biBa-, le renforcement se constate régu- 
lièrement : pac-qccàxb/pac-TiëcbiBaxb, sa-cxerâxb/sa-cxërn- 
Baxb... etc. Là où le suffixe est mou, en -iiBa-, la voyelle présuf- 
fixale -é- n'est pas modifiée : Bbi-xépn.iiiBaxb, no-rpëM.iiiBaxB, 
no-3BéHHBaxb,.. etc. Mais -ima-. valant phonétiquement -biea- 
après chuintante radicale dure {m, ui), peut, même dans des ité- 
ratifs de verbes de classe IV, donner lieu au renforcement -ë/ë-, 
de sorte qu'on a, par exemple, ox-.ie>Kaxb/ox-.iëHxiiBaxb, en 
face de .'3a-/],ep>KâxT,/3a-4épH^'jiBaxb : c'est (pie les composés 
itératifs de ./lOKaxb (-.lëîKMBaxb) ont été sans doute plus soumis 
à l'influence populaire, qui tond à généraliser la coloration 
de -ë- en -ë-, que ceux de 4ep;itâxj, (-4ép>KHBaxb). 

Le renforcement -6/â- ne dépend en principe que de l'accent. 
Aussi se constate-t-il normalement aussi bien devant -iiBa- que 
devant -UBa- : Bbi-Koriaxb/BU-KâiibiBaxL, v-cxpôiixb/y-cxpâH- 

BaXL, II3-H0CMXb/H3-HâlIIHBaXB, y-MO.l'lâxb/y-.Mâ.l'iHBaTb. . . etc. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 63 

Certains verbes hésitent sous l'influence évidente des primitifs 
ou d'autres mots de la même racine qui portent un accent radi- 
cal : o-4Ô6pMTb/o-4â6piiBaTb et o-4Ô6pnBaTL (cf. 4(')6pLm), sa- 
paôÔTaTt/sa-paôâTLiBaTfc et 3a-pa6ÔTbiBaTi> (cf. paôéxa)... etc. 
Le -ô- est souvent maintenu dans y-c-noKÔHTb/y-c-noKÔHBaTL 
(cf. noKÔil:), o-3aôÔTiiTb/o-3a6ô'mBaTb (cf. aaôÔTa), y-ciÔBUTbCH 
/v-ciÔB.iHBaTbCH (cf. ycioBie), aa-TpûraTb/sa-TpôrHBaTb (cf. 
TpÔHjTb); mais la langue actuelle tend de plus en plus à géné- 
raliser les formes avec -a-. 

Les itératifs des verbes à suffixe alternant -y-, -OB-a- sont 
absolument rebelles au renforcement -Ô/â-, soit qu'il s'agisse 
de primaires comme Kyiô, KOBaxb ou cyiô, coBâxb, soit qu'il 
s'agisse de dénominatifs comme oôpasyio, o6pa30BâTb ou 
pncyio, piicoBâxb. On a donc : o-KÔBbiBaxb, Bbi-cÔBUBaxb, 
oôpasÔBHBaTB, pas-pncÔBbiBàTb. 

b) La seconde formation itérative est caractérisée par le suffixe -blBa-, 
-HBa- adapté respectivement au thème des primitifs de classe III et de 
classe IF. 

Cette formule a une valeur générale, qui n'est point diminuée 
par le très petit nombre des faits qui lui échappent. 

Quatre verbes seulement de la classe 1, K.ia^y, Kpa4y, bo.ioky, 
cocy ont développé des itératifs du type nouveau : o6-K.iâA]>i- 
BaTb*, o6-Kpâ4biBaTb, o6-(B)o.iâKHBaTb, npHcâcHBaTb. 

Quant à la classe 11, il convient de remarquer que o6-MâHL.i- 
BaTb, dont le caractère de dérivé de oô-MaHyxb est manifeste- 
ment établi par la forme dure du suffixe, est sans doute apparu 
sous l'influence de -MaHHBaxb, itératif de MaHiixb : o6-MaHiô, 
employé dans les dialectes du nord pour or)-Maiiy (Dahl, 
To.iKOBHii ciOBapb HîïiBoro Be.iiiKopyccKaro HSHKa, 3« édit., 
II, p. 1537), a sans doute prêté simultanément à ce dernier son 
type itératif et son accentuation mobile (oo-Many, oô-Mânemb, 
cf. Manib, MâHHiiib)^ Le monstre o-KyeHBaxb, o-KyHbiBaxcH, 

1. La locution ne noK.iaaafl pyUTj « sans se croiser les bras », c'est-îi-dire « en 
travaillant contiauelleiueut w, témoigne de l'existence d'un ancien itératif -K;ia- 
flETb. 

2. La grammaire de Ludolf nous fournit un témoignage curieux de l'emploi 
de o6-MaHHïb, au sens de « tromper » ; dans la langue du xvii' siècle : « Sic dico 



64 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

figurant en face de o-KVHyTB, o-kyhvtlch dans le Dictionnaire de 
V Académie de 1847 et illustré par Dahl d'un exemple {Ibid., 3'- édit., 
II, p. 1732), peut être considéré comme inexistant dans la langue 
littéraire moderne, limperfectif ordinaire^ quoique peu usité, 
de o-KynyTb étant o-KynâTL. L'itératif no-KpiîKHBaTt, en face 
duquel on ne peut citer aucune forme de classe III connue, a 
peut-être été formé d'après le verbe de classe II KpiiKHyxL : il 
apparaîtrait en ce cas comme une forme tout-à-fait exception- 
nelle et isolée, qui n'a été le prototype d'aucune série de dérivés 
nouveaux. Enfin, si un assez grand nombre de verbes d'unité 
d'action paraissent avoir des correspondants imperfectifs en 
-HBa-, c'est que les primitifs en ont toujours été des verbes de 
classe III, dont ces mêmes verbes d'unité d'action ne sont que 
des dérivés. Ainsi xHuaTL, Tp6raTi>,MaxâTb,x.îe6âTt., Kii/i,âTi.... 
etc., duratifs, ont donné naissance aux formes itératives sa- 
THUMBaTL, 3a-Tp6riiBaTB, 3a-MâXHBaTL, no-x,^ë6biBaTL, C-KII4BI- 
BaTB, qui servent d'imperfectifs aux perfectifs de création secon- 
daire .3a-THHyTL, 3a-TpÔHyTL, MaXHYTE., XAe6uyTh, C-KIIHyTL. 

Même l'itératif B3-4pârHBaTL en face du perfectif B3-4p6rHyTB, 
paraît bien avoir été formé sur l'itératif -^porâxB (cf. p. 46). 

La répartition phonétique des formes du suffixe, répartition 
dont le mécanisme a été indiqué ci-dessus, s'opère entre les 
classes III et IV avec une régularité absolue. 

Si des itératifs en -BiBa- apparaissent en face de verbes de la 
classe IV, c'est que les intermédiaires ont été des verbes de la 
classe III, à racine consonantique dure : 

ôpôcHTB ôpocâxB pa3-6pâcHBaTB 

BH4^feTB BH^âxB Blî^BIBaTB 

npo-r./iOTiÎTB r^oxâxB npo-r.iâxLiBaxB 

3a-KyciîxB KycâxB 3a-KycBiBaxB 

,10MIÎXB .lOMâxB C-vlâMHBaXL 

CBHCX'feXB CBHCXâXB IIO-CBIICXBIBaXB 

CKOqiIXB CKaKâxB npH-CKâKIIBaXB 

Ha ciijy iiafueuiij MC.iOB'feïva KOTopoH ne oGMaHUBaex'b, vix reperis hominem qui 
non fallu. Sed si loquar de certo actu, tune dico tu oGMaiin.Tb aienH, tu me 
fefellisti « {Grammatica rossica, Oxonii, 1696, cap. De Verho, p. 26-40). Au 
reste MaiiyTii, à côté de MamÎTb, est cerlaineniont ancien, et nous n'en voulons 
pour preuve que le substantif verbal MaHOBéaie. 



LA COMPOSITION PP.ÉVKRBALE 65 

xamiiTL TacKâTL no-TacKiiBaTB 

xnaTUTL xBaTâxB sa-XBaTUBarL 

Quelquefois deux itératifs ont été formés, l'un sur le verbe de 
classe III, l'autre sur le verbe de classe IV. On a ainsi les 
couples : 

Ha-MaKâTB/Ha-MâKimaTb pac-KaTâTB/pac-KaTbiBaTb 

Ha-MoqiiTt/Ha-MâqiiBaTh pac-KaTirib/pac-Kâ^iHBaTt 

En dépit de la disparité originelle de sens, les deux séries 
parallèles de composés imperfectifs ainsi obtenues (-MaKiiBaTL, 
-Mâ'iiiBaxL et -i:âTLiBaTB, -KàqiiBaTh) ne présentent pas de 
différenciation profonde et tendent à être confondues. (Voyez 
par exemple Gogol', Œuvres complètes, 10'' édit. Tixonravov, 
tome I, p. 224 « no^KaTHBa.ia » et, en variante, au commentaire 
numéro 2 afférent à cette page, « n04KâqiiBa^ia »). 

Pour trois verbes, l'intermédiaire de classe III, qui a déter- 
miné la suffixation dure en -biBa-, n'est attesté que dialectale- 
ment : 

r./iH4'feTb r.iH^âTb (Dahl) o-r^H4biBaTb 

BepxfjTb Bepxâxb (Dahl) na-BëpxbiBaxb 

CKpnrrfexb cKpiinaxb' no-CKpiinbiBaxb 

Quant aux itératifs no-niïcKiiBaxb, no-xpânbiBaxb, no-cxvKii- 
Baxb, no-xpécKiiBaxb, ils ne doivent pas, du moins étymolo- 
giquement, être rapportés aux verbes de classe IV niimâxb, 
xpan'fexb, cxyqâxb, xpeinâxb, mais aux dénominatifs niicKaxb, 
xpânaxb (sibérien), cxynaxb, xpécKaxbCH. 

En ce qui concerne la forme molle du suffixe, -iiBa-, nous 
devons remarquer qu'elle apparaît indûment dans quelques 
formes correspondant à des verbes de classe III à racine 
labiale. A côté des formes régulières 

xpenâxb pac-xpcnbiBaxb 

Kâiiaxb rio-KâribiBaxb 

1. 4oQO-"iHeHie Kt Onbiiy oôaaciHaro CvioBapa, CnG., 1858. 



66 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

on a les formes anomales évidemment refaites sur le présent : 

TpeuAK) pac-Tpénv^HBaxb 

Kân.iK) BM-Kân^HBaxb 

D'autre part, le thème de l'infinitif en -'È-tl des dénominatifs 
de classes III (type mo.A-'k-io, /Ka.i-'fe-emt), sans doute influencé 
par le thème des verbes de classe IV (type cn4-'fe-TL), a déter- 
miné la formation des couples : 

pas-roB^TLCH/pas-râB^HBaTLCH 

BbI-340pOB'feTL/BbI-340pâB^IIBaTB 

et la confusion est d'ailleurs d'autant moins surprenante qu'il 
coexiste parallèlement, mais avec des sens différents, quelques 
formes dénominatives des classes III et IV. On peut s'en rendre 
compte en comparant s^opûBifeio et l'impersonnel s^opÔBiiTCH, 
6oAiuo et l'impersonnel 60.111x13 (« syÔT:, noôa.iiiBaexi, »), ou 
encore xopomfeo et le couple o-xopomHXb/o-xopâiniiBaxL. 

Il convient ici d'ajouter quelques mots sur l'emploi vieux 
slave du suffixe alternant -y-, -OB-a- en tant que suffixe itératif : ce 
procédé n'a laissé que peu de vestiges en russe moderne. 

Les composés imperfectifs no-BHHOBâxbCH, o6-(B)HHOBaxbCH 
(dans la locution ne oÔHHyacb), iipe43HaMeH0Bâxb sont isolés 
par suite de la disparition des primitifs attestés en vieux russe, 
no-BHHyxH et SHaMeHaxii. Quant à l'ancien itératif aHaMeno- 
Bâxb, il est employé comme simple, et 0-3HaMeH0Bâxb, autre- 
fois imperfectif de o-3HaMeHaxn, interprété par Tétymologie 
populaire o -{- duratif sua^uenoBàTh^ est devenu perfectif: o-3Ha- 
Menyio, pf. /o-SHaMeHÔBbiBaio, impf. L'archaïque co-o6pa30- 
bâxb, imperfectif de co-o6pa3iixb, a également survécu dans 
des emplois spéciaux (par ex. cooôpasoBaxb 3aHiixiH, 4^Lia) à 
côté de co-o6pa}Kâxb. 

Les itératifs de B'h^axb hésitent entre le type archaïque à 
suffixe alternant (HC-no-B'fe^yio, npo-no-Bl^4yio) et le type russe 
nouveau (iic-no-B'fe4bmaio, npo-no-B'ï^4biBaio). 

Enfin les formes en -biBa- ne se sont que partiellement impo- 
sées pour Hc-nbixbiBaio (vieux russe Hc-nHxyH:)) et o6-(B)H3biBaio 
(vieux russe o6-(B)H3yio) : les participes présents iicnbixyiomiii. 



LA COMPOSITION l'RÉVEHBALE 67 

HCUbiTyoMbiii et le présent rélléchi ou-(H)n.3yiocb, au sens de 
«je m'engage », sont jusqu'à ce jour d'emploi courant. 

On peut donc conclure, eu égard au nombre infime d'ar- 
chaïsmes signalés ci-dessus, que le russe a totalement éliminé 
le suffixe alternant -y-, -OB-a- en tant qu'indice de la valeur itéra- 
tive. Cela ressort bien de l'examen des couples ii3-CM'fc,i,yio, pf. 
/n3-c.i'fe4biBaio, impf. , o6-iiapÔ4yio, pf. /o6-Hap64UBaio, impf., 
couples dans lesquels les formes itératives écourtées n'ont pu 
sç substituer aux formes régulières ii3-c.i'b40Bbinaio, oo-napo- 
40BbiBaiO. que parce que le suffixe itératif -UBH- s'oppose assez 
fortement au suffixe dénominatif -\-, -OB-a-. Notons toutefois qu'au 
moins dans la langue parlée HS-C/i'b^yiO est également usité en 
valeur de présent imperfectif, au lieu et place de M3-c.i'fe,|biBaio. 

En revanche, le type d'alternance -io-/-eBa-, qu'on trouve dans 
BO-R)-io/BoeBâ-Tb. a donné lieu à quelcjues formations itératives, 
d'ailleurs tout-à-fait anomales : sur un présent de classe IV 
comme HaM'fepiocL (usité seulement en composition : Bo:.i-iia.M h- 
piocB, pf.) a été formé un infinitif à suffixe -eBa-, Ha>rb])eBàTLCH, 
d'où est sorti un présent iiaM'hpeBâiocb, essentiellement imper- 
feclif, avec conservation de la forme -eBa- du suffixe. On a de 
cette manière : 

Ha-AM.iH) Ha-4MeHâTb Ha-^MCBâio 

OTO-Miny oTO-MiueBârb o ro-MiueBaio 

B03-HaM'fepiot"b HaM'bpoBàxbcH HaM'bpeBâiorb 

On peut ajouter à ces verbes Timperfectif isolé o-ôypebâ ib, 
dénué de forme correspondante de classe IV CooypiiTb), et 
aussi, en face des perfectifs pac-T.iiiTb et 3a-TMi'iTb, les imper- 
fectifs pac-T./1'feBâTb et sa-TM'hbàTb, dont l'orthographe tradi- 
tionnelle avec -h- a sans doute été déterminée par les mots de 
même racine comme T.rhTb, 3aTjrbHie. Citons enfin, à côté de y- 
cÔB'bcTiiTb, pf., l'imperfectif y-cÔBf^iuGBaTb (attesté parDahlau 
mot cOB'bcTb), à peu près éliminé d'ailleurs par y-coB'bimiBaTb. 

Si l'on fait abstraction des quelques anomalies que nous 
venons d'indiquer en dernier lieu, on voit que les formations 
itératives en -biBa-, -iiBa-. constituent un ensemble morpholo- 
gique parfaitement un et régulier : elles ont singulièrement 
enrichi le système verbal russe, j)uisque, bien que restreintes 



68 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

en principe aux classes III et IV. elles se sont trouvées indirec- 
tement amenées à jouer un rôle auprès de verbes de classe II, 
auxquelles elles sont étymologiquement étrangères (couples du 
type 3a-TpÔHy, pf. /sa-xpôriiBaio, impf.). Au point de vue de 
l'aspect, nous devons considérer ce nouveau groupe itératif 
comme une sorte de bloc compact, sur lequel la valeur perfec- 
tive n'a eu aucune prise : c'est donc lui qui doit nous permettre 
de donner la définition sémantique de la notion itérative, puisqu'il 
n'a pas originellement d'autre fin que d'exprimer cette notion. 

L'apposition d'un préverbe à un itératif en -HBa-, -HBa-, sert 
uniquement à fournir un imperfectif, de sens variable, à un 
perfectif donné. Aussi les composés imperfectifs en -biBa-, -HBa-, 
expriment-ils aussi bien une action unique, si brève qu'elle 
puisse être, envisagée au cours de son accomplissement, qu'une 
action répétée : h ocTaHaB.iiiBaiocL, forme imperfective de h 
0CTaii0B.iK)ct>, peut également signifier, suivant le contexte, 
«je m'arrête maintenant » ou « je m'arrête plusieurs fois». 
Et c'est pourquoi nous devons écarter de notre définition les 
composés, lesquels ne renferment pas de notion sémantique qui 
leur soit propre. 

Les itératifs simples sont par contre d'autant plus caractéris- 
tiques qu'aucun d'eux n'apparaît comme isolé en face d'un per- 
fectif simple : c'est qu'ils n'ont donc pas à remplir la fonction 
d'imperfectifs, mais à traduire une nuance particulière de l'as- 
pect imperfectif. Les formes en -biBa-, -iiBa- usitées, en dehors de 
la composition préverbale, à peu près exclusivement à l'infinitif 
et au prétérit, correspondent à des imperfectifs des classes III 
et IV : on a par exemple ô'ferHBaTL, niÎTbiBaTb, roBapriBaTb, 
ciiîKHBaTb, imperfectifs itératifs, à côté de ô'feraxB, qiiTaTL (au 
sens de « lire »), roBOpi'iTL, CH4iiTb, imperfectifs duratifs. Il 
s'agit donc, en somme, de préciser la valeur spéciale des itéra- 
tifs simples du type 6'|jrnBaTb. C'est à quoi serviront les 
exemples suivants : 

CTapyiUKa em : « A botT) KaMHH'b ; 
« S^lscb ôapiiirb cmimBSiAi:, o^iih^b, 
« Sa'ècl cb HHM'b o6'b4brBa,i'b shmoio 
(( noKoi'ÏHbiH AencKim, namij 000^15413. » 

(nymKiiHi>, EBreniH OH^fenm'b, chap. VII, strophes 17 et 18) 



LA COMPOSITION PP.KVEP.BALE 69 

« La vieille lui dit : — Et puis, voici la cheminée; c'est ici 
que notre maître aimait à rester seul assis, ici qu'il dînait 
l'hiver, avec notre voisin défunt, Lenskij. » 

« Hy, BH4HBa.i'B An tu, h Ha xeôn noiiLiiocH, 
« ^Itoôt. 8T0My ôij^ia npiPiacTiia h rp'fcxy? » 

(KpbMOB't, .liiciina II cypoK'b) 

« Voyons, as-tu jamais vu — je m'en rapporte à toi — que ce 
soit là un de mes péchés mignons? » 

«... KB.Ki> roBapiiBa.rb 0411HT. Moii suaKOMuil » 

(TypreHeBT., 3aniicKii oxoxHiiKa, FaM-ieTt lU,iirpoBCKaro 
y'fe34a) 

« ... comme avait l'habitude de dire un de mes amis. » 

" 4aBH0 Am, ^yMa.iT. ont, aTOX'b caMuii BaTpniu;eB'B Kyiii- 

Ba.lT. CL HaMH! » 

(To.icToi"i, CeBacTOiio.ib bb aBrycT'fe 1855 ro^a, XIV) 

« Y a-t-il si longtemps, pensait-il, que ce même Batriscev 
faisait la fête avec nous ! » 

« II Harama t'êm-b ÔLicTpbiM'L 6'feroM'L, KOToptiM'b opia 
6'ferHBa.ia BT. rop-fe.iKii, noô'feîKa^a... » 

(To.iCToit. BoiiHa 11 Miipt, tome III, 3" partie, chap. XVI) 

« Et Xatasa s'élança du pas de course rapide qu'elle prenait 
au jeu de barres... » 

« Oin^ HHTbiBa^ij y iiMiiepaTpimbi » (ToACTOÛ^Ibid., tome IV, 
P' partie, chap. I). 

« Il faisait la lecture chez l'impératrice » 

Le sens commun à tous ces exemples est celui cVavoir fhabi' 
tilde de faire telle ou telle action. Sans doute cette notion d'habitude 
comprend-elle celle de répétition de l'action, mais elle la domine 
certainement, en ce sens que tous les actes constituant cette 



70 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

habitude apparaissent comme une masse, comme une somme. 
Cela ressort également bien de l'opposition que fait Miklosich 
{Vergleicbcnde Syntax der slavischen Sprachen, p. 278) entre h roBopiLit. 
« ich sprach oflers » et h roBâpiiBa^t « ich pflegte :{u sa^en ». 
L'expression de la pensée par le moyen d'itératifs simples, du 
type ôibrHBaTb, apparaît comme vague, tant au point de vue de 
la localisation dans le passé que de la fréquence de l'action : 
aussi ne suggère-t-elle point surtout l'idée de réitération, mais 
celle de durée indéiinie. Nous conclurons de là que les itératifs 
signifient essentiellement une manière d'être ou d'agir prolon- 
gée, dont le terme ne peut être fixé : leur caractère imperfec- 
tible découle de cette impossibilité de concevoir l'action ver- 
bale dans son entier. Les duratifs, par contre, exprimant aussi, 
en tant que simples, une action qui se développe, sont aptes à 
poser, par l'addition d'un préverbe, un point d'aboutissement 
final à l'action verbale, aptes par conséquent à la représenter 
complète et une : ceux des duratifs qui ne deviennent pas, en 
tout état de cause, perfectifs en composition (par exemple 
.leJKâxb, Biicl^Tfc, etc., cf. p. 32, sqq.) doivent être rapprochés 
des itératifs. 

Le russe ne s'est donc pas encore créé un type verbal de 
sens purement fréquentatif, résultat que le tchèque a atteint, 
dans une assez faible mesure à vrai dire, par la superposition 
des suffixes itératifs dans des formes familières comme byvâ- 
vali (cf. Jungmann, SJovn'ik cesko-ncnicchy^ tome 1, p. 213). 



LA COMl'OSlTUtN l'REVtlIlîALK 71 



III) ITÉRATIFS ANOMAUX 

Types HociÏTL et -iiMâTi,. 

^ a) Type hociitl. 

Les verbes de ce type participent à la fois de la valeur itéra- 
tive et de la valeur durative. 

Normalement ils jouent en composition le rôle d'imperfectifs : 
iipo-BG^y, pf./npo-BOîKy, impf., npii-Besy, pf. /npii-BOHîy, impf., 
npH-Hecy, pf./npH-Homy, impf., y-il^V, pf. /y-xoîKy, impf. 

Quatre verbes seulement font exception à cette règle : f,34iiTr>, 
.lâsHTb, roHK) (le thème de l'inlinitif roHirni est inusité en russe 
moderne) et 6p04iiTL. Tj34MTb et .lâsHTL doivent à l'intonation 
rude de leur longue d'avoir conservé l'accent radical, alors que 
tous les autres verbes de la série sont accentués sur la syllabe 
finale au thème de l'infinitif, à la 1"^® personne du présent et à 
l'impératif: on peut supposer que cette particularité les a isolés 
de bonne heure, de sorte qu'ils ont perdu plus rapidement et 
plus complètement la valeur itérative, dont l'accent sur la finale 
était sans doute un indice important. Le fait est que deux itéra- 
tifs du type normal 1 ont été formés : hs/ï^âTt (formé par l'in- 
termédiaire de t,;34iiTL) et -.rb.3âTb, lesquels remplissent seuls 
la fonction d'imperfectifs en face de i^xarb et de .rb^TB dans 
des couples comme Bbi-'fe^y, pf. /Bbi-'bsjKâio, impf. ; Bbi-.,rb3y, 
pf. /Bbi-./i'baâio, impf. Les composés de f,34HTb et ^ia3[i ib sont 
perfectifs : c'b-'b3/Ky, c-Akmy, pfs. ; les formes imperfectives 
Bbi-./Lâ3HTb, no4-./iâ3iiTb, npii-.iâ3HTB, données par le Dictionnaire 
de t Académie de 1847, sont des archaïsmes qui ont survécu dans 
la langue populaire, mais sont complètement étrangers à la 
langue littéraire. Quant à roHiô (vieux russe rOHHTii), il doit à 
sa combinaison avec ruaTb (vieux russe meiiy) d'être traité 
comme un duratif : ayant remplacé ce dernier au thème du pré- 



72 MORPHOLOGll-: DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

sent, il en a pris le caractère perfectible, exactement comme 
HHxâTb a cessé d'être itératif dans la mesure où il a supplanté 
^lecTb. roHK) a son itératif propre tohhtb : npo-roHK», pf. /npo- 
roHflK), impf. Enfin 6po4iÎTL, tendant de plus en plus à être 
substitué à ôpecTiï, se trouve dans une situation analogue à celle 
de rOHH) : aussi devient-il toujours perfectif par l'apposition 
d'un préverbe et est-il muni d'une forme itérative correspon- 
dante -CpâîKHBaTL. 

Il existe cependant à côté des composés imperfectifs du type 
npo-BoJKy, lesquels se rapportent à l'état le plus ancien de la 
langue, une série de composés perfectifs de formation relative- 
ment récente. Ce fait est en corrélation étroite avec les emplois, 
en fonction d'indéterminés^ de verbes comme HOCiÏTb dans les 
cas où il s'agit d'une action verbale qui ne comporte pas de 
limites précises : hociitl n.iaTBe (cf. Introduction, p. 6 et 7). En 
d'autres termes, le type hoci'itb est susceptible de devenir per- 
fectif par l'apposition d'un préverbe dans la mesure où il est 
autonome et indépendant du type HecTiî. Le cas de 'fe34HTB et de 
^âsnTB, perfectibles en tout état de cause, montre bien que ces 
deux verbes ont cessé d'être sentis comme formant paire avec 
'ïîxaxB et A'hsTh. La môme séparation se constate, par différen- 
ciation de sens, pour toutes les unités de la série hociitb. Il est 
remarquable que ces nouveaux composés perfectifs ont généra- 
lement un sens réel et concret, et que la plupart de ceux qui 
sont formés sur des simples neutres sont de signification active. 
Ainsi on a : 

6po4iiTB (neutre) « aller de ci de là, errer », iia-6p04iÏTB, 
no-6po4iiTB, pfs. (neutres) : « noîi^y ;i, Mii.ian 4'tByiiiKa, no 
Kyiie^ecTBV no6po>Ky » (OcrpoBCKiii, Fposa, acte II, scène 1); 
BBi-6po4iiTB, iipo-6po4iiTB, pfs. (actifs) : « a Bbi6po>Ky Bcb 
M'bcTa B'B ropo4'b » ; 

BO411TB « conduire un certain temps, remuer », B04iiTBCH 
« fréquenter », iipo-B04nTB, pf. , au sens d' « accompagner », 
iio-B04nTB, pf., au sens de « remuer un peu », par exemple 
dans la phrase suivante : « ... IIiior4a to.ilko saô'feîKHT'b 
6i>iBa.io 04iiirB, 4pyroii TapaivaiiB, 110B04HTL vcaMii iiTOT^acB 
iia3a4'B rp'IvrBCH » (PepueirB, Bbiaoe 11 4yMt,i, 2° partie, 
chap. XI, Londres, 1861, p. 259), mais no-B04iiTB, avec la signi- 
fication générale de « remuer n, est imperfectif (« Kpo.iiiKH 



LA COMPOSITION PRKVERBALE 73 

noBOAHT'f. ycaMii ») ; Bbr-BO,i,nTb, pf. : « ii BhiBO^iLiE, ero no 
BceMy 40My » ; iio-Bo^i'rrbCfi, pf. : « cl. i;t,M'f> noBO/Kycb, y Toro 
saiiMycL » ; 

BO.liiTL « charrier », Bo.JiiTi.cn « s'agiter, être allairé, se donner 
du mal », iia-B03iiTL, pf. : « Myîin^ BO.iOMt ne iiaBO-iiiTT^, mto 
H^eiia ropuiKOM'f, riaHOCirr'L » ; Bbi-Bo.3HTi., pf. : « cKopo .m y 

BaCTi BbIBOSIITCÎI MyCOp'L. ? » ; II0-B0.3riTbCH, pf. : « nOB0.3ILlCH 
H Cî> STIIM-b 4t,.10M'b » ; 

^âsHTb « grimper et descendre de l'endroit où on a grimpé » 
(neutre), B3-.iâ.3HTB, CviâsiiTt, pfs (neutres), « aller, avec notion 
de montée et descente » ; BbLiasHTL, ii3-.iâ3iiTb, oo-.idsiiTb, pfs 
(actifs) : « oiib ooA'AsmAh Bch 4epeBbfl » ; * 

HOCiiTb « porter un certain temps », 40-nociiTb, ii3-H0CiiTb, 
oô-HOCiiTb, pfs, en parlant des vêtements « user » ; Bbi-iiociiTb, 
pf. (par exemple .lOB'iyio nTiiny, « dresser un oiseau de proie », 
ou B'b yxpoô'fe, « porter jusqu'au terme »); iia-iiocinb, pf., 
« apporter en grande quantité »; nepe-iiociÏTb, pf. : « cb iiepe- 
B03K0IO .lOMKH MHoro, a .lyqiiie Bch BeiLi,ii nepenociiiiib » ; 
no-HOCiixb, pf. , « porter un peu, un certain temps » ; 

x04iiTb « marcher » (neutre), sa-xo^iixb, pf., « commencer à 
marcher» (neutre); iio-xoAiitb, pf., « marcher un peu » (neutre); 
C-XO411TL, pf. , « aller, avec notion d'aller et retour » (neutre); 
Bbl-X04iiTb, pf., « obtenir à force d'aller, de marcher» (actif), 
dans « Kaia> ubi oht> hii xo4iLi'b iio L;aiino.i;rpin.M'b, orib Hinero 
ne Bbixo4nT'b »; nc-X04iiTb, pf. , « parcourir à pied » (actif) ; 
o6-xo4iiTb, pf., « faire le tour en marchant »(actif); 0T-X04nTb, 
pf,, « achever une marche prescrite » (actif), par exemple « une 
garde » dans : « h cboio oqepe4b oTX04iLi'b »; nepe-xo4iÏTb, 
pf., « parcourir d'un bout à l'autre » (actif); pac-X04iiTb, pf., 
« élargir en marchant », ainsi « pacx04nTb canorn » ; y-xo4riTi., 
pf., « tuer de lassitude, mettre à bout de force » (actif), dans : 
« rope ropbKoe yxo4n.io napim », et aussi y-xo4nTbCH, pf. : 
« BoT'b y xeôa cep4ue-To n ne yxo4iLiocb eine — II HiiKor4a 
ne yxo4HTCf[ » (OcTpOBCKiil, Fposa, acte II, scène 2); 

fi34nTb « aller (non à pied) » (neutre), c'b-'b34iiTb, pf., «aller, 
avec notion d'aller et retour » (neutre); Biji-'fc34iiTb, pf. , « dres- 
ser un cheval » (actif); 40-fe4nTb, pf. : « hmiuiiki. ,;o'b34n.i'b 
cpoK'bCBoit » (actif); ii3'b-f,34iiTb, pf. : « n3'b'l'.34nTb bcio ryoep- 
niio » (actif); 3a-'b34iiTb, pf., « éreinter un cheval » (actif); o6'L- 

6 



74 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

'h34HTL, pf. , « faire le tour d'un endroit autrement qu'à pied » 
(actif), ainsi : « OH't. o6L't3,],im. bcio Eepony »..., etc., etc.' 

Tous ces perfectifs forment paire, dans la mesure où ils sont 
munis d'imperfectifs, avec des formes en -iiBa- : Ii3-H0iiiy, pf. 
/iis-HaïuiiBaio, impf. ; o6-xO/Ky, pf. /oô-xâ/Kiieaio, impf..., etc. 
Seul, le perfectif iipo-BO/Ky « j'accompagnerai » a un imperfectif 
à suffixe -a-, valant -h-, de la première catégorie itérative : 
iipo-BO/Kaio. Quant à ^îs^iitl, dont le dérivé -tsJKâTb sert 
ordinairement d'imperfectif à -'l'.xaTb, il hésite, suivant les 
composés, entre les deux types d'itératifs : on a par exemple 
oG'h-iismy, pf. Jou'L-'hsmiiio, impf., mais 3a-'fe3jKy, pf. /3a-'Ê3îKii- 
Baio, impf. 

b) Type -HMâTL, -éM.;iio. 

Quelques verbes, bien que ne présentant pas les caractères 
propres aux itératifs, jouent le rôle d'itératifs en face de verbes de 
môme racine d'aspect perfectif. Ces itératifs, qu'on peutappeler 
extraordinaires, n'ont sans doute été primitivement que des du- 
ratifs servant, en tant que simples, d'imperfectifs aux perfectifs 
simples de même racine, ^aiô par exemple, impf., complétant 
naturellement /i,aM'L., pf. ; mais plus tard la force de l'opposition 
perfectif /imperfectif leur a prêté la valeur itérative, de telle sorte 
que, môme en composition, -^aw a rempli la fonction d'imper- 
fectif auprès de -,T,aMi>. Ces itératifs anomaux sont si bien entrés 
dans la catégorie des itératifs que tous ont subi des altérations, 
plus ou moins profondes, dues à l'inlluence analogique des 
types itératifs réguliers. 

Le plus vivant et, somme toute, le moins altéré de ces verbes 
est -c''.MJio,-iiMciTL, normalement imperfectif en composition : 
BH-éM.iio «j'écoute ». Il sert d'itératif au simple iniy, usité en 
vieux russe et d'aspect sans doute perfectif (cf. classe 1, p. 11), 
lequel prend dans les composés la forme -iiMy après consonne 
(cii-ii-Mv), -B^^iy dans B03-Lj\iy et boii-lmv, et -'m\y après voyelle 

1. JN'oiis n'avons ônuméré ci-dessus que los plus usités de ces composés par* 
feclifs, eu u'indiquant pour chacun d'eux que le sens le plus courant, afin de ne 
pas nous égarer dans l'infinité des détails lexicologiques. La plupart des 
exemples donnés sans références ont été empruntés au dictionnaire de Dahl. 



LA COMPOSITION PRÉVERBALE 75 

(iio-hmy). Le présent -éM.iio en face de rinfinitif-iiMâTL, repré- 
sentant un ancien jïinati, offre la môme alternance vocalique que 
berg en face de bïrati. Ce verbe est d'ailleurs si complètement 
devenu itératif que la conjugaison secondaire -iiMaio a à peu 
près éliminé la conjugaison primaire -('m.iio. Quant au composé 
perfectif iio-î«i;ii() «je prendrai », formé à une époque où l'exten- 
sion de -H- analogique dit « de Baudoin de (lourtenay »* était 
terminée (cf. au contraire iio-ii-HMaio « je comprends »), il res- 
taure, pour ainsi dire, la valeur durative ancienne de ii.MdTr> : 
HMaTK est encore vivant au sens de « prendre » dans les dia- 
lectes de Pskov, de Perm^, d'OIonec, de Yjatka et en sibérien 
(ByCviaeB'f., ITcTopiriecKa;! rpaMManiKa, 5'^ é(lil._, II, 128), et 
c'est sans doute sur cet iniârr^, autonome, qu'a été formé le per- 
fectif no-HMàro, auquel le verbe de classe IV .iob.itô, .iobiitl 
sert communément d'imperfeclif. M. Jagic incline toutefois à 
considérer le vieux russe iioiiMaiii (apparu de bonne heure à 
côté de iiofiTii) comme un verbe lait après coup sur la forme 
secondaire d'aoriste iroiiMa ot redevable à cette dernière de son 
caractère perfectif (lîpin ii'ieoKiH 3aMf>TKii iio iiciopiii pyc- 
CKaro iTSLiKa, Cii6., 1889, pp. 134 et 1.35). 

4aro, 4aHTii, sert d'itératif à ^a.M'b, ,i,aTr> : iipii-,i,âM'i>, pf. /npH- 
4aio, impf. Le thème de l'infinitif a été ramené au type .'maBâTr», 
à suffixe -Ba-, et ^aBâiB a été substitué à ^amii. Le thème du 
présent a par contre imposé sa conjugaison primaire aux itéra- 
tifs normaux -.3iiaBaTB et -craïuiTB (-:!iiaio, -niiaëiiiL et -CTaiô, 
-cxaëiut), ce dernier ayant pu du reste être originellement un 
itératif anomal (vieux slave -stajg, -stajati, cf. p. 5(3). 

L'itératif anomal /vtro, ,vt^^i'ii> en face du perfectif ,i,f'Hy, 
4"bTB, a été supplanté par le type régulier à suffixe -Ba-, 4'bBciio, 
4'feBciTB, ne laissant dans la langue littéraire moderne qu'un 
vestige, l'imperfectif Iia-4'ÊIOGB, iia-/vI>HTB(*H « je me repose 
sur, j'espère ». 

Employés comme simples, les deux verbes ^aBaxB et 4'bBâTB 
ont partiellement perdu la valeur itérative (cf. plus haut, p. 59 : 
Ha-4ai<), no-4'bBàiocB, pfs). 



1. Voir l'article mémorable iiitilulé : TiiK'b iia;t(>ii?aoM()ii « 3i!(IionnMecKoil[ 
BcxaBK'fe » roraaciiaro -ii- ijTj ciouiiiicuiixi. !i:!i.iicaxr., dans les <I>ii.70.iorii'ie('Ki}i 3a- 
niicKii (Boponeîk'b, 1877). 



76 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Remarquons enfin que dv'uliati appartenait en vieux slave à la 
catégorie des itératifs anomaux, mais que le russe ^Biïraxb, aux 
formes de présent 4Bii>Ky et ^Biiraio, est essentiellement du- 
ratif, la forme itérative étant -,j,Biirâ ri., -4Biirciio. Quant à pf,io, 
p'feHTb, lequel a rempli autrefois la fonction d'imperfectif auprès 
de piiHy(cL), piiHyTb(cii), pf., il n'y a pas à en tenir compte du 
point de vue de la langue moderne, puisque tous les composés 
du type OT-p'kfiTii, impf. , en face de or-piiiiyTii, pf., ont disparu 
de l'usage littéraire. 



LA COMPOSITION PRÉVKRBALE 



IV) COMPOSÉS A DEUX PRÉVERBES 



Le nombre des préverbes apposés n'a pas, en principe, d'in- 
fluence sur l'aspect des verbes composés : iipe,],-iio-.iarâio, 
npii-iio-Mimâio demeurent aussi imperfectifs que no-.iardio, 
no-Miiiiâio, et iio-3a-6y,i.y n'est pas plus perfectif que 3a-6y4y. 

Cependant quelques verbes ont perdu, pour la conscience 
des sujets parlants, leur caractère de composés, et dès lors, la 
présence de deux éléments distincts, préverbe et racine, n'étant 
plus sensible, ils sont traités comme des verbes simples. 

Si le pseudo-verbe simple est perfectif, l'apposition d'un 
second préverbe ne modifie ni ne renforce son aspect: elle satis- 
fait seulement la tendance de la langue à employer plutôt un 
perfectif composé (ju'un perfectif simple : no-oaovAy est donc 
à 3a6y4y (3a + 6y4y) ce ([ue iio-KiiH'iy, déjà signalé (cf. p. 24), 
est à KÔH'iy. 

Si par contre le pseudo-verbe simple est imperfectif, il de- 
vient perfectif par l'apposition d'un second préverbe. 

Tel est d'abord le cas des imperfectifs isolés iuIhio (b -1- .liîiio), 
ou'femâio (u6 -f B'Iimâio), HaA'ljiocL (iia + a^^iocb), nÔT'iyio 
(no + 'iTimaTii)', en face desquels ont été formés les perfectifs 
no-B.iiHK), rio-oô'bmâio, B03-Ha4feocB et no-iia^'hiocB, no- 
nÔTqyio. Quant à oô.ia4âio, ancien itératif d'un verbe de 
classe I B.ia^y (06 + B.ia4àio), il présente, à côté du composé 
imperfectif iipe-oô^ia^âio, remontant à une époque où le carac- 
tère itératif de oô.ia^c'uo n'était pas encore effacé, un composé 
perfectif, de formation sans nul doute postérieure, B03-o6.ia4âio. 

Ce développement de nouveaux perfectifs sur des dérivés 
itératifs composés est, en somme, en corrélation étroite avec le 
fait que nous avons constaté plus haut, à savoir que tout dérivé 
itératif employé comme simple prend une certaine autonomie 
et tend à donner lieu à des formations perfectives. C'est parce 

1. Cf. CoôojieBCKiû, .ileKiiiii, 3« édit., p. 82, 



78 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

que ces pseudo-simples apparaissent comme des unités étymo- 
logiques distinctes, unités se suffisant à elles-mêmes, qu'ils 
sont traités en composition comme des duratifs, bien qu'ils 
soient itératifs de leur nalitre. 

D'autre part, il arrive assez fréquemment qu'un imperfectif 
soit distrait d'un couple, dont il est partie intégrante, pour ser- 
vir à la création d'une série nouvelle de perfectifs à deux 
préverbes. Ainsi cqriTâio « je compte » (c -f Miirâio) est isolé du 
couple co^iTy, pf. /cniiTaio, impf. , et donne naissance aux com- 
posés 3a-cniiTâiocT>, H3-cniiTâio, HcVciiiTâîo, o6-onnTâio, nepe- 
cqiiTâio, no-c-niiTâio, iipo-CTiiiTàio, pan-ciiiTâio, y-cniiTaio, 
pfs, de sorte que, pour le sens de « compter » comme pour 
celui de « lire », le dérivé 'iiixaTL se substitue partiellement au 
primitif 'lecxi:. (iio-cniiTàio « je compterai », iio-Tiinàio « je 
lirai »). On a de môme : BCTp'ïyiy, pf. /BCTp'bTiâio, impf. (bc+ [t] 
p'Ènâio) et iio-BCTp^b^iâio, pf. ; co6epy, pf. /coÔHpâio et cCiipâio, 
impfs (c + 6iipaio) et Ha-c6iipâio, iio-c6ii})âio, pfs. Enfin c^aiô 
et CTHpâio (c + 4aTO, c + Tiipâio), au sens de « je distribue les 
cartes » pour le premier, et de « je lave du linge, je lessive » 
pour le second, sont devenus des verbes indépendants, ayant 
leurs perfectifs propres : iia-c^aiô, pf., et Bbi-cTiipaio, iia-cxii- 
pâio. OT-CTupâio, no-CTiipâio, iicpecTiipâio, npii-CTHpâio, pfs. 

Quelques verbes ne présentent qu'un seul composé perfectif 
de cette nature, et ce sont toujours, en pareil cas, les préverbes 
sa- et no- qui sont apposés : sa- a le sens inchoatif « commen- 
cer à faire quelque chose », et iio- a une valeur allcnnaiive qui 
est bien rendue en français par « un peu, un certain temps ». 
Nous avons, par exemple : .sa-BS^Lixâio, 3a-y.ii.i6âiocL, sa- 
pa.3cyH{4âio, 3a-c6iipaiocB (au sens de « je commencerai à faire 
mes préparatifs »), 3a-(,'iiapa>KâiocL, pfs*; — iio-OT4a.iHio, iio- 
oTHiiMaio, iio-ciiiiMâio, iio-paspoiiHio, iio-OKiiMâio, iio-y6iipâio, 
pfs. 

Le nombre des com{)osés de ce genre préfixés de iio- peut être 
considéré comme illimité, car, ainsi que le remarque M. Boyer 
{Manuel de langue russe, p. 20, note 3), il n'est quasiment pas 
de verbe russe, perfectif ou imperfectif, qui, dans le parler fami- 

1. Le Dictionnaire de V Académie do 1R91 rionnc égalcnienl une forme : 3a- 
BOoGpasïtâio, pf. 



LA COMPOSITION' PRÉVERBALE 79 

lier, ne puisse s'adjoindre iio- en valeur atténuative. Il arrive 
fréquemment d'entendre, dans la langue parlée, des formes 
comme no-iia^aiô, perfectif alténuatif formé sur le perfectif 
Ha-4aK3, ou iio-^aiiiniâioC'L, perfectif atténuatif de Timperfectif 
3a-H-ii.Mai0CFj. La langue, évidemment, n'opère plus, dans ce der- 
nier cas, sur de pseudo-verbes simples : elle crée une catégorie 
nouvelle de perfectifs, lesquels possèdent la cjualité essentielle 
des imperfectifs, à savoir la puissance de représenter l'action ver- 
bale dans sa complexité et sa mulliplicité. a Bcb VHîe 1100x0411- 
.mch » ou a lîC'b y>Ke iioiipHXO^H.iii » sont des phrases de sens 
logiquement perfectif, puisqu'elles comportent l'achèvement de 
l'action verbale, mais de représentation imperfective, car elles 
susfâ'èrent une idée de succession et de durée : « tous sont arri- 
vés peu à peu, les uns après les autres ». 

La langue des bylines nous offre un développement de pa- 
reilles formations perfectives sur des itératifs en -UBa-, -HBa-. 
Le Dictionnaire de l'Académie en cours de publication indique 
par exemple : sa-norjîL^HBaio, sa-norypiuiBaio, 3a-iiOTpiixii- 
Baio, 3a-iioxâ/iaii;ai(), ;îa-ii()Ci'.riCTLiBaio, pis, etc. On trouve 
aussi quelques formes semblables dans la Syntaxe de M. Ovsja- 
niko-Kulikovskij (CiiriTaKCiici., pp. 146 et 148). Mais ce dévelop- 
pement n'a eu, jusqu'à aujourd'hui, aucune prise sur la langue 
littéraire, de telle sorte que, de notre point de vue, les forma- 
tions itératives en -biBa-, -iiBa- peuvent être considérées comme 
éminemment imperfectives'. 

La création de nouveaux perfectifs par l'apposition d'un 
second préverbe n'est pas un fait particulier au russe. Le type 
russe iia-c6ripaio, pf. , se retrouve en tchèque, iia-sbîrâm, pf. 
{na -\- s-birâni), et en polonais, na-'^bieram, pf. {na-\-^biera)n). Les 
perfectifs tchèques do-sn'idâm, po-snldâiii sont évidemment dus à 
l'unité qu'établit dans snidati {sn -\- idati) le substantif verbal 
snidani. 

1. On peut cependaul concevoir sans peine l'extension à la langue littéraire 
elle-même du type jjerfeclif ci-dessus indiqué. C'est ainsi que nous avons pu 
entendre un Uusse instruit improviser^ sur l'imperfectif isolé y-xd',kiliiarb, deux 
composés perfectifs tout-à-fait conformes au génie de la langue : « oub 3a lieio 
tloyxa'/kiinacn., sa u GpociiT'b » (futur); « oirb ucb cuoii ;ti3in.rii cKopo uiioyxa'.Uii- 
buctij » (futur). 



CONCLUSION 



Le suffixe -biea-, -ima- est le signe certain de la valeur itéra- 
tive : il indique toujours le caractère rigoureusement imperfectible 
d'un verbe. 

Toutes les formations itératives antérieures (types à suffixe 
-a-, -i\-, -Ba- et types anomaux hociïtb et -HMâxb) ont perdu 
des unités au profit de la catégorie des duratifs. 

Cette usure de la valeur itérative a été invariablement déter- 
minée par l'emploi de ces verbes comme simples. Les verbes 
simples étant en énorme majorité des duratifs, qui ne deviennent 
perfectifs que par l'apposition d'un préverbe, le très petit groupe 
des itératifs anciens employés comme simples a de bonne heure 
été noyé dans la masse des duratifs et s'est comporté de même : 
la confusion était d'autant plus facile que la suffixation itérative 
-a-, -}i- est commune à un grand nombre de verbes primaires 
et de dénominatils (cf. ;iq3ari., xpoMèiTL, TcpîÎTL, etc.), et que 
le type itératif anomal iioci'nb ne comprend que quelques unités 
isolées au milieu d'un grand nombre de causatifs et de déno- 
minatifs (cf. TO^IIITL, MbIC.lIITL, etc). 

Le cas des ex-itératifs à accent radical est caractéristique : les 
simples du type nà^aib, 6'braTb sont duratifs, les composés du 
type -na/i,âTb, -6'braTL sont itératifs. 

La môme opposition de verbes employés au simple et de com- 
posés se retrouve et dans les itératifs à accentuation suffixale 
normale et dans les itératifs anomaux. Tantôt la valeur itéra- 
tive s'eflace complètement : tel est le cas de la série ôpocaTb, 
cKaKaTL, etc. (cf. p. 48 sqcj.) et de la courte série Ba.iHTL, 
iipomaTLCH, etc. (cf. p. 52 sqq ). Tantôt la valeur itérative de- 
meure, pour ainsi dire, figée dans les composés les plus anciens, 



CO.NCLLblO.N 81 

tandis que sur les simples se développent des formations perfec- 
tives nouvelles de sens plus ou moins spécialisé : ainsi c-'iiixâio, 
impf. , « je compte », mais iij)()-'nri'âi(), f)t. , « je lirai >■, formé sur 
le simple Mirraio « je lis » (cf. .leraii:., dur., et -.icTcITL, itér., 
M'bHÛTb, dur., et -M'hin'iTL, itér., Kpiiiu/iTi.cîi, dur., et -Kpii- 
B.iHTL, itér., etc.); de même iipiiHOiiiy, impf., « j'apporte », 
mais ii.i-noHiy, [)f., « j'uscu'ai ». formé sui- rindétenuiiié iioiiiy 
au sens de « je porte un vèt(Mnen(, une chaussure ». 

Il n'est pas un seul verbe de formation itérative, ayant |)erdu 
le caractère itératif, (|ui ne soit employé comme simple. 

Cepemlant un petit nombre d'itératifs, usités comme simples, 
ont résisté à la tendance générale (ju'ont les simples à créer des 
perfectifs, et, même en composition préverbale, sont restés 
rigoureusement itératifs : on ne [)eut donc formultu- de règle 
absolue, mais seulement constater une toidance certaine. 

Si d'autre part les formations nouvelles en -i.iiia-, 'iiiîa-, dans 
la mesure où elles apparaissent en dehors de la composition 
prévcrbale, ne sont pas sujettes à devenir perfectives, cela tient 
à ce que le suflixe -i.iRa-;, -iina- est assez caractéristique pour 
empêcher toute confusion avec les verbes primaires et les déno- 
minatifs. 

La création d un nouveau type itératif répondait à un besoin 
qui se constate parallèlement dans le développement historicjue 
de toutes les langues slaves : il fallait renforcer l'opposition 
perfectij /iïiipcrfeclif en prêtant à l'un des deux aspects un moyen 
d'expression tout-à-fait distinct. L'ap|)arition d'un nouveau type 
itératif imposait une dilférenciation d'avec l'ancien : cette ditfé- 
renciation s'est produite au profit de l'aspect perfectif, puis- 
qu'une partie des anciens itératifs est devenue durative, c'est- 
à-dire perfectible, tandis que le plus grand nombre d'entre eux 
gardait intacte la valeur itérative, et <;<da malgré la concurrence 
fréquente des nouvelles formations. Les nouveaux perfectifs 
du type iiO-4BiiraiO et les nouveaux imj)erfeclifs du type iipii- 
rOTâB./iriBaio ont donc pris place à côté des types anciens iio- 
^BUiiy et iipii-roTOB.iHio : il en est résulté, dans les cas où il 
n'y a eu ni disjonction de sens profonde, ni élimination d'une 
des deux formes par l'autre, ne véritables doublets, doublets per- 
fectifs d'une part, doublets impcrfcctifs d'autre part. 

6" 



82 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

Des verbes très proches étymologiquement, mais sémanti- 
queiiient isolés, comme o6-nocnTb, imperfectif de o6-HecTH 
« porler autour », et o6-nâiiiiiBaTB, imperfectif de o6-hociïti. 
« user », ne rentrent pas dans notre définition : nous restrei- 
gnons l'appellation de doublets aux verbes présentant, outre 
le lien étymologique, un lien de sens étroit. 

a) Doiihlcls pcrfcclifs. 

Les doublets perfectifs sont d'origines différentes : 

a) des perfectifs formés sur des verbes de classe III ou IV, 
comme 4ëpra,Tb, r^iî4'^bTb, apparaissent en face de perfectifs 
formés sur des verbes d'unité d'action de création secondaire, 
comme /U'piiyTL, r./iHiiyTB : BiJ-/T,epraTt. et Bbi-^epiiyrt, 
0-r^fi4'ïvrLCH et o-r.iHiiy ir.cii; 

fi) des perfectifs formés sur des primitifs du type ria4y, 
4BiiHy, Ba.iiocb, apparaissent en face de perfectifs formés sur 
d'anciens itératifs, actuellement indéterminés, du type nâ4aio, 
4BMraio, BaviiîiocB : no-na^y et no-nâ4aio, no-4BnHy et no- 
4Biiraio, Bi'.i-Ba.nocL et Bij-Ba.iiiiocB. 

Ces doublets, dillerents d'origine, s'opposent semblablement 
les uns aux autres : ils reflètent également deux manières de 
concevoir Faction perfective. Ainsi o-r^HHycB « je tournerai la 
tête pour regarder derrière moi » (geste unique) et iio-4BiiHy 
« je pousserai d'un geste » expriment l'action verbale comme 
parfaitement une, tandis que o-r^iiJKycb « je regarderai autour 
de moi de tous les côtés », no-4Biiraio « je pousserai en m'y 
prenant à plusieurs fois » (en plusieurs gestes, dans des direc- 
tions différentes) comportent une représentation complexe de la 
même action verbale. Les nouveaux perfectifs du type iio- 
4Biiraio sont généralement appelés perfectifs-itératifs, parce qu'ils 
sont formés sur d'anciens itératifs (c'est le terme qu'emploie 
Miklosich dans sa Syntaxe) : nous préférons leur donner la dé- 
nomination de perfectifs-indéter minés, dénomination dont les deux 
éléments s'accordent mieux ensemble, et (|ui se justifie par le 
caractère d'indéterminés qu'ont actuellement les anciens itéra- 
tifs. 

L'indétermination, ou plus exactement l'absence de limites 
étroites et précises de l'action verbale, est en effet l'élément 



CONCirSIOX 8:î 

commun qui apparaît, plus ou moins sensiblement, dans tous 
ces perfectifs : elle permet de concilier avec la conception per- 
fective les notions de durée et de multiplicité, d'où il suit que 
les perfectifs-indéterminés expriment une action achevée qui dure 
un temps indéfini et peut être décomposée en un nombre indé- 
fini d'actions successives. Le grammairien russe Pavskij les 
appelait très heureusement pa3HOo6pa3HLie, c'est-à-dire « de 
contenu multiple », par opposition aux perfectifs ordinaires 
04HOo6pa3HLie, « de contenu un »'. 

Les nuances sémantiques qui différencient ces deux types 
de perfectifs apparaissent bien dans les cas oîi le métne préverbe 
est apposé à chacun d'eux. Les exemples suivants permettront 
d'en juger : 

« CÔ'fery r>Hii3'L » (acte simple : « je descendrai en courant »); 

« C6'f>raio Bb ^laBO^my » (action complexe : «j'irai et je revien- 
drai, je ferai une course »); 

« Ile Bbi6pacHBaii 9Toro. — îl y>i:c Bbiôpocw.iL » (action uni- 
que) ; 

« Ile BuopacbinaM Bcero ôes'b pa.ioopy. — J,^i i^ ynte Biiôpo- 
ca.i'b )) (action multiple); 

« MyjKiiK'b iis.iOMHv'ii, Kocy o KaMeHh » (d'un seul mouve- 
ment); 

« H Becb ns.iOMan'b » (résultat complexe : « je suis brisé de 
fatigue ))) ; 

« Manii Ha^CTY iiepexBaTHyiH » (d'un geste unique et rapide); 

« IIoBa4nTCiî KopmyHi:., Bctxb yTHTb irepexBaTaeTi:, « 
(somme d'actes successiis); 

« H BblCTp'È^iK) M (acte unique: «je tirerai un coup de fusil»); 

« H BbiCTp'li.iH.rb Bcf. CBoii 3apH,i,bi » (aboutissement d'une 
série d'actes : '.< j ai brûlé toutes mes cartouches »); 

« OhIi BblBa^lH^lCH H31:, CaHCH, II BCCb BblBa^fT^CH B7j CH'hry » 
(mouvement un (!t rapide, puis mouvement complexe et pro- 
longé : « il est tombé du traîneau et a roulé de tout son long 
dans la neige »). 

1. (I>iuo,,iorimc(i;iii uaô.iiojïeHia npoToiepea F. IlaBOKaro uaat cocTaBOM-b pycfKaro 
H3biKa, GnG., 18»l-42, TpCTbe par^cyjluc'iiip o r.iaro.Tfe, p. 91. C'est à Vostokov 
que paraît être due la glose ordinaire des dictionnaires russes bTj HiiCKO.lbKO 
npie.MOBTj <( en plusieurs fois », par opposition à bt» ojiiht9 npieMT» « en une 
seule fois » (PyccKaa rpaiiMaTHua, GiiG., 1831, p. 201). 



8i MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VEIiBE RUSSE 

Lorsque les deux types perfeclifs apparaissent isolément 
dans des composés différents d'un môme verbe, on peut constater 
que les préverbes apposés au type indéterminé comportent une 
notion de multiplicité ou de succession : ainsi pari-cxp't^HTB 
« fusiller », proprement « percer de balles en plusieurs en- 
droits », iiepe-CTp'h.îHTB (( tuer successivement », iia-cxp'LiHTL 
« tuer en grande quantité », oô-CTp^b^iiTL « faire feu autour, 
bombarder », etc. (*pa3-CTp'b^iiTr3, *nepe-CTp'b,/iHTL, *Ha-CTp'fe- 
^HTB, *or)-CTp'b^HTL sont inexistants). 

De môme, les composés perfectifs formés sur les itératifs 
anomaux de la série HOCi'iTb sont très caractéristiques à cet 
égard : ils ne forment pas généralement de doublets séman- 
tiques avec les perfectifs du type iipii-HecTiî, môme quand 
ceux-ci sont munis des mêmes préver])es; c'est que, si les pré- 
verbes apposés sont les mêmes, la valeur en est différente. Ainsi 
Ha-iiecy (par exemple Y4ap7.), « je porterai à quebju'un un 
coup », ne peut être considéré comme un doublet de iia-HOmy, 
« j'apporterai en grande quantité », parce que na- a dans 
chacun de ces composés un sens particulier : il indique une di- 
rection précise dans iia-Hecy, tandis qu'il renferme, dans Ha- 
HOmy, une notion de multiplicité. Pareille disparité de sens se 
retrouve dans o6-HGcy « je porterai autour » et o6-HOiiiy « j'use- 
rai », no-HCcy « je porterai » (no- en fonction de préverbe vide) 
et iio-iioiiiy^ « je porterai un peu » etc. (voir p. 72 sqq. la liste 
des principaux composés perfectifs de cette série). 

On peut conclure de tout ce cpii précède que la catégorie 
nouvelle des pcrfcclifs-indéterminés est une catégorie mixte, parti- 
cipant des qualités de Timperfectif et du perfectif, capable de 
représenter l'action verbale comme complexe et toutefois une; 
ces verbes doivent donc, dans une certaine mesure, être rap- 
prochés des composés perfectifs à deux préverbes, de sens 
atténuatif, comme iio-3aiiiiMaiocB (cf. pp. 78, 79). 

Quelques doublets perfectifs échappent cependant à toute dif- 
férenciation sémantique profonde. C'est ainsi que ^po-T^Ty et 
npo-nirraio doiventôtre considérés comme rigoui-eusementiden- 
tiques, ce dont il n'y a pas lieu, au reste, de s'étonner, puisque 
^Hxaio s'est entièrement substitué au simple 'ixy, au sens de 
« je lis », et a, par là môme, pris la valeur d'un duratif ordinaire, 
non d'un indéterminé. De môme les prétérits y-CjiHma./n>, 



CONT.LCSION 85 

y-c.ibixâ^it, et y-Bii^'b^b, y-BH4â^i7> s'équivalent dans nombre 
d'exemples : toutefois y-aiiJiira.n^ et y-Rii,vfc.iT), exprimant la 
sensation même, auditive ou visuelle, ont un caractère concret 
et précis qu'on ne trouve pas à y-c.iiJXa^n> ni à y-nii,u'i.ii>, les- 
quels, dégageant plutôt le résultat de la sensation, sont abstraits 
et vides d'image nette (cf. c.ibiXciTt, p. 50, et biI/U'itl, pp. 48, 49). 

Pac-npocTiiTLCH et pac-npomâTBcn sont généralement dis- 
tingués par une nuance de sens peut-être artificielle : « mu cTj 
BaMH 3aRTpa pacupoinaeMCH » signifiera « demain nous pren- 
drons congé [)our un tem[)s l'un de l'autre, nous nous dirons au 
revoir », tandis (jue « mli C'b BaMH .laRxpa paciipocTiiMCH » 
signifiera « demain nous nous quitterons pour toujours, nous 
nous dirons adieu ». 

Enfin les doublets BCKpiriârb et BCKpi'iKHVTb (doublets du 
type OTAH^'hThCH. or.iRHVTbCH) tendent à être confondus (voyez 
Dictionnaire de l'Académie de 1891, I, p. 559) : le premier signifie 
« crier des mots, une phrase », le second « pousser un cri 
inarticulé ». BcKpH^axb est d'un emploi très fréquent chez 
Dostoevskij. 



b) Doublets imperfectifs . 

La seconde formation itérative en -biBa-, -iiBa- s'est substi- 
tuée, sans former de doublets, aux formations antérieures dans 
les cas où ces dernières dL\2i\en\. perdu la valeur itérative. Les ité- 
ratifs ^/)/>rtrm/i comme opocaxb, ./lOMâxb et les ex-itératijs comme 
Ba^HTb, caJKaTL, lesquels deviennent toujours perfectifs par 
l'apposition d'un préverbe, ont été remplacés par les nouvelles 
formations itératives, par exemple : c-6pacbiBaTb, c-.iaMbiBaTb, 
c-Bâ.iiiBaTb, 3a-câHtHBaTb. 

Lorsqu'il y a eu seulement perte partielle de la valeur itéra- 
tive, les formes en -biBa-, -iiBa- ne se sont développées que 
dans la mesure où les anciens itératifs sont devenus perfec- 
tibles : ainsi ii.s-iiâuiHBaTb, :3a-MriTbiBaTb, o6-jiëTHBaTL, bli- 
MijiiHBaTb n'ont d'existence qu'en raison du caractère perfectif 
de ii3-ii0ciiTb, .3a-'iHTâTb, o6-.ieTaTb, Bbi-Miuinrb. 

Les composés à deux préverbes présentent aussi, dans la 
mesure où ils sont perfectifs, la substitution du type itératif 



86 MORPHOLOGIE DES ASPECTS DU VERBE RUSSE 

nouveau au type ancien : pa3-c-'iHTâio (pa3 -j- pseudo-simple 
cnHTaio), pf. /pas-c-niiTHBaio, impf. ; OT-c-iHpâio (ot + pseudo- 
simple CTiipâio), pf. /oT-c-TiipHBaio, impf. 

Dans les cas où les anciens itératifs ont gardé leur valeur 
itérative, les formes nouvelles en -biisa-, -KBa- se sont très iné- 
galement développées dans la langue littéraire; mais elles ont 
pris une extension si considérable dans la langue populaire et, 
en particulier, dans les bylines, qu'il est impossible d'affirmer 
a priori leur inexistence dans tel ou tel cas*. Les dictionnaires 
russes {Dictionnaire de f Académie de 1847, et surtout 'Dictionnaire de 
Dahl et Dictionnaire de l'Académie en cours de publication) con- 
tiennent une iniinité de formes qui, si l'on s'en tient à la langue 
littéraire moderne, ojît une existence plus théorique que réelle, 
ainsi : Bbi-iiâ/i,LiBaTB, Bbi-iiàcbiBaTL, Bbi-TpîicbiBaTL, no4-nâ./i3bi- 
BaTb, etc., formes rares à côté des formes courantes Bbi-na^âTb, 
BU-iiacaxb, BU-TpHcâxb, no4-no.i3âTb. Aussi ne prétendons- 
nous point fixer d'une manière très précise dans quelles con- 
ditions se produisent les doublets imperfectifs : la question 
d'emploi, si délicate, et qui se pose toujours, n'admet dans la 
plupart des cas qu'une solution relative et temporaire. 

Il importe avant tout de remarquer que les doublets imper- 
fectifs sont particuliers aux verbes des classes III et IV, puisque, 
comme nous l'avons vu, les verbes des classes I et II n'ont pas 
d'itératifs en -biBa-, -ima- normalement usités : ainsi Bbi-na^âTb, 
Bbi-iiacâTb, Bbi-TpHcàxb, rio4-iio./i3âTb (itératifs de verbes de 
classe 1), iJpH-rii6âTb, BH-^BHrârb, ii})ii-MbiKâTb (itératifs de 
verbes d'unité d'action de classe II), 3a-Mop3àTb, y-BH^âTb, 
o-CTbiBaTb (itératifs d'inchoatifs de classe llj, n'ont pas de dou- 
blets d'emploi courant. 

Dans la classe III, la superposition des formes en ^biBa- aux 
formes en -a- peut être considérée comme un fait rare. Nous ne 
pouvons citer que -pfebiBaio et -K./iiÎKHBaio, lesquels se sont 
greffés sur -p'bsâio et -k./1IIKcÎio (itératifs du primaire p^ÊHîy, 
plisaxL et du dénominatif K./iiî'iy, iwii'iKaxb), mais ne se sont en 
aucune manière substitués à ces derniers; on a donc : c-p'bjKV, 
pf. /c-p'b3âio ou c-p'fe3biBaio, impfs; nepe-K.dHqyxcH, pf. /nepe- 

I. Voir les formes données par M. Ovsjaniko-Kulikovskij (ClillTaKCHCi,, 
p. 143-150). 



CONCLUSION 81 

iwiiiKâiOTCH OU iicpc-K.ii'iKiinaiOTcn, impfs. Le réfléchi pa3- 
ckHBaTBca, qui signifie « être distrait » a pris place à côté de 
pas-C'ÈBâTtCH, plus ordinairement employé au sens concret : 
« être semé de côté et d'autre, se disperser ». 

Quant aux pseudo-primaires, anciens itératifs de verbes de 
classe H, comme ^BiirarL, TiîiKaTL, ils n'ont pas donné lieu à 
des formations itératives en -LiBa- : iio-^Biiraio, pf. /iio-4Bnrâio, 
iuipf. ; 3a-TLiKaio, pf. /aa-Ti>iKâio, impf. (le type no-^Bi'iriiBaTL, 
attesté dans la langue populaire, est inusité dans la langue 
littéraire). 

Par contre les verbes de la classe IV se sont, en majorité, 
prêtés aux deux types de formations itératives, mais cependant 
les doublets d'usage courant sont peu nombreux. 

Tantôt en effet les nouveaux itératifs en -HBa- ont pris la 
place des itératifs anciens en -h- (-a-) : ainsi B-cy'niBaTB, bu- 
pamiiBaTb, Bbi-My4piiBaTt, 3a-r.iaîKHBaTB, o-cTanâiuiiBaTLCH, 
y-.aâB./iHBaTB ont éliminé B-cyiàTB, BU-painari., Bi.i-My,;pHTi>, 
3a-r.ia>K4âTL, o-CTaiioB.iiriLCH, y-ioB.iHTB, formes figurant 
généralement dans les dictionnaires, mais disparues de la 
langue vivante et n'ayant laissé de traces que dans des composés 
d'emploi savant, comme B03-CTaiioB.'iHTL, no-cxaHOB.iHTb, ou 
dans des locutions propres au style noble, comme y-.iOB.ifiTB 
cep4ita. 

Tantôt, d'autre part, les itératifs en -iiBa- apparaissent dans 
des composés relativement récents, tandis que les formes en -h- 
(-â-) sont figées dans les composés anciens : on a, par exemple, 
avec des préverbes différents, ne 40-.iK)6.'iHBaTB, no4-.iir)6.iii- 
BaTb, c-npàiiiHBaTb, npo-Tâii./inBaTB, à côté de b- iiou.iîiTbcîi, 

BO-lipomàTb, 3a-T0II.lHTb. 

Enfin un assez grand nombre de verbes, n'ayant développé 
de composés itératifs qu'à une époque tardive, n'ont d'autres 
formes itératives ({ue les nouvelles formes en -HBa- : o-CMa- 
TpIIBaTb, Bbl-BcipilBaxb, BbI-MâHIIBaTF>, Bbl-ai'bîKIIBaTb, 3a- 

n^â^HBaTb... etc. 

Les seuls doublets (jue nous puissions citer comme fré- 
quemment employés sont : Bii-.ihiiJiHTb, Bi>T-.rfeTLiiiBaTb, — 
Bbi-^ymâTb, Bbi-.iymiiBaTb, — bi.i-m hpi'iTb, Bi.i-M'hpiiBaxb, — 
npii-roTOB.iHTb, npii-roTaB^MBaxb. Encore convient-il de re- 
marquer que BH-.i'fen^iHBaTb tend à se substituer à BU-A'hnAàTb, 



88 MOr.lMlOlDdlK DES ASPKC-TS DC YElilJE KllSSE 

tandis qu'au contraire npii-roTOBJiÎTii demeure, jusqu'à présent, 
plus usité que npii-roTâiî.iiiBaTL Quant à paB-roB^i/iTLCH et 
pa3-raB./iiiBaTLCH, seul, le premier de ces deux verbes est d'un 
usage courant en russe littéraire. 

Ces doublets imperfectiis diffèrent des doublets perfectifs en 
ce qu'ils sont de sens rigoureusement identique. Les deux 
types itératifs ne présentent donc aucune différenciation séman- 
tique et ne donnent lieu à aucune subdivision imperfective 
analogue à celle cpie nous avons constatée dans la catégorie des 
perfectifs. On pouvait attendre que les formes nouvelles en 
-HBa- servissent à l'expression de l'aspect fréquentatif : cela n'a 
pa^ eu lieu. L'unité sémantique des verbes imperfectifs est 
restée intacte. 



INDEX 



a6oHiîpoBàTLca, 20. 
a6op4iipOBaTb, 20. 
a^pecoBâTb, 20. 

aKK^HMaTII31ipOBaTb, 20. 

aKK.inMaTii30BâTL, 20. 
aKuenTOBâxL, 20. 
aMnyTiîpoBaxL, 20. 
aHa.iii3iip0BaTi>, 20. 
aHaTOMiipoBaTi., 20. 
aHra/KiipOBâTb, 20. 
aHr^iH3iipoBàTi), 20. 
aH'î'iLiiîpoBaTb, 20. 
anpoôoBaTL, 20. 
apaHîKiipoBâTt, 20. 
apecTOBâxB, 21. 
apTiiKy.iiipoBaTL, 20. 
acciirHOBaTL, 20. 
accHMHjiipoBaTB, 20. 
araKOBâTL, 20. 
aTTecTOBâxL, 20. 

6e34'feHCTB0BaTb, 19. 
6c3IIOK6nTb, 30. 

ÔMpâTL, 38, 45. 
6.iaro4apnTL, 24. 
ô.iaro/^âpcTBOBaTb, 24. 
ô.iaroc.'iOBiiTb, 24. 
ô^aroc^OB.îHTL, 24. 
ô.iecHyTB, 38, 48. 



ô.iecTi^TL, 48. 

C^lGHTb, 55. 

o.'iiicTâxb, 38, 48. 

o.iy^iiTb, 53. 

6.iy>K4âTb, 53. 

oOAaxb, 38, 45, \(j. 

6o4HyTb, Ui. 

ôpaxb, 12, 38. 

6po4iiTb, 71, 72. 

ôpocàxb, 31, iS, 49, 51, 6i, 80. 

ôpôciixb, 22, 23, 'i8, Gi. 

opîÎKHyxb, M. 

ôpHuâxb., 44. 

6y4ex'b, 11, 20. 

6y4yqii, 11. 

uvAymiit, 10. 

6biBiixb, 31, 55, 59, 60. 

ôbixb, 10, 12. 

ô^feraxb, 40, 08, 80. 

— ôtrâxb, 42, 80. 
ô^feniBaxb, 68, ()9, 70. 
ôt.Hcaxb, 40, 50. 
Ba./iiixb, 82. 
Ba.i};ixb, 52, 80, 82, 85. 
Be^'feTb, 3, 22, 23. 
Bcpiiyxb, 40. 
Bepxdxb, 05. 

— BcpxbiBaxb, 65. 

7 



90 

BepT'ÈTB, 22, G5. 
BépniHTij, 23. 

B340XHyTb, 50. 

B34pârHBaTL, 64. 
B34p6rHyTt, 14, 64. 
B34yBâTh, 57. 

B34yTL, 57. 
B34HMâTL, 57. 
B34HxâTI>, 50. 
B3HMâTL, 12. 
BSHpâTfc, 58. 
B3Jlâ3HTh, 73. 
B3HTI,, 12, 74. 

Bii^âTB, 34, 48, 49, 51, 85. 
Bii^biBaTL, 64, 69. 
BÛA-kTh, 5, 48,51,64,85. 

BHSlîpOBaXL, 20. 
BHcfeTB, 32, 70. 

B^iHTB, 57, 77. 

BAÎOÔAilThCH, 87. 
BM'bHflTB, 54. 
BHHMâTb, 7i. 
BHHTb, 74. 

B04iÎTb, 7, 51, 72. 

B03BpaTHTb, 40. 

B03BpamâTb, 40, 
Bosropâxbca, 37, 45. 

B03IITb, 73. 

B03Ha4'feHTbca, 77. 
B03HaivrîipHTbca, 67. 
B03o6./ia4âTb, 77. 

B03CTaH0B.^HTb, 87. 

BoiipoiiiaTb, 87. 
BopoTiiTL, 23, 37, 40. 
BopÔMaxb, 37, 40. 
BOCK.iiiu;âTb, 44. 
BpamaxbCH, 54, 55. 
BCKpiiKuyxb, 85. 
BCKpimâxb, 85. 



INDEX 



Bcxp'fexnxb, 24, 78. 
Bcxp-feqâxb, 5, 78. 
Bcxyniîxb, 24. 
BcyqâTL, 87. 
BcyqHBaxb, 87. 
Bbi6po4iixb, 72. 
BHÔpocaxb, 49, 83. 

BHÔpOCIIXb, 83. 

BLiBa.^iHXbCH, 82, 83. 
BbiBa.iiixb, 52, 82, 83. 
BbiBâpHBaxb, 87. 

BbIB04HXb, 73. 
BHBOSIIXb, 73. 

BbiB^fe4axb, 41 . 
Bb[r.iH4'fexb, 32. 
Bbi4epraxb, 82. 
Bbi4epHyxb, 82. 
BbiKân.inBaxb, 66 
BbiKânbiBaxb, 65. 
BbiKymaxb, 41. 
BbMâsiixb, 71. 
Bbi.4a3HXb, 73. 
BbMynâxb, 47. 
BH^iymâxb, 87. 
BH.iyiHHBaxb, 87. 
BbMiin.^nBaxb, 87. 

BUA'huAnTh, 87. 

BbmâHHBaxb, 87. 

Bb[M0.1BHXb, 25. 

BHMy4piiBaxb, 87. 

BbIM}'J4pHXb, 87. 
BbliMliHIIBaXb, 85. 
BHMt.IIHXb, 54, 85.. 

BbTisrhpnBaxb, 87. 

BblM'bpHXb, 87. 
BlJHOCIIXb, 73. 

BiJiiyxb, 16. 
Bbiiia4âxb, 8(;. 
Bbinâ4biBaxb. 8(')_ 



INDEX 



91 



BbinacâTB, 8G. 
BbinâcLiBaTL, 80. 
BLrpainâxb, 87. 

BtipâlHHBaTb, 87. 
BbipOJKâTLCfl, l')ï. 

Bbic.rbîKiiBaTL, 87. 
BbiCTiipaTb, 78. 

BblCTp'fe.lIITL, 1)2., S'A. 
BbrCTpli.lHTb, K]. 

Bbic^HxaTb, 30. 
BUTépn^inBaxb, V)î. 
BbixpHcaTb, 86. 
BbixpâcuBaxb, 80. 

BHXO^HXb, 73. 
BHife34HXb, 73. 
Bbl'feSJKâxb, 71. 

B'^fe4axb, 41, 47. 

B'feHMâxb, iï. 
B^CHXb, 41 . 

B'fecxb, 28, U. 

— B'fecxiîxb, 58. 
B'feiuaxb, 41, 42. 
B'hu:iâxb, 57. 

— B^Êmâxb, 58. 

— rnôâxb, 46. 
r.'iiï^âxb, 65. 
r.iH4'fexL, 16, ()5, 82. 
r.iHHyxb, 16, 82. 
rnaxb, 71, 72. 
rnyxb, 15, i6. 
rHyiiiâxbCH, 52. 
roBâpiiBaxb, 68, 69, 7(1. 
roBopiixb, 5, 70. 
roHHXH, roiiiô, 51, 71, 72. 
roHrixb, "»l, 72. 

4aBâxb, 28, 56, 58, 50, 7i, 7."i. 
AapOBâxb, 19, 20, 21. 
4axb, 5, 21,28, 29, ;;6, 74, 75. 
4aHiii, 56, 75. 



4Biîraxb, 18, iO, 46, 76, 87, 

— 4Biirâxb, 42, ï(), 87. 

— 4BiiriiBaxb, 87. 
^BiÎHyxL, 5, 13, 22, iO. 
4eKpexiipoBaxb, 20. 
AeMOHxiipoBaxb, 20. 
4exoHiipoBaxb, 20. 
4eaeHxpa./iH3iipoBaxL, 20. 
4eneHxpa.iM30Bâxb, 20. 
^emii'i'piipoBaxb, 20. 
40B^i^xb, 34. 
40B'Ï54axbCH, 41. 
4oroHHXb, 51, 52. 
40.iK)6^iiBaxL, 87. 
40Mepi;âxb, 44. 
40H0ciixb. 73. 
4opymaxb, 41. 
40cxHrâxb, i(). 
40XHyxb, 50. 
40'fe34iixb, 73. 

— 4porâxb, i(), (l't. 
4p6rHyxb, 14, 46. 
4yHyxb. 17. 
4yTb, 17. 
4bixâxb, 50, 85. 
4bm]âxb, 50, 85. 
4liBàxb. 'M'), 58, 59, 75. 
4'fexb, 17, 56, 75. 
4'feHXH, 'M), 7."». 

ecMb, 10, 2X. 

— éM.iio, ;>.■», 74, 7."». 
jKa.i'fexb, IS. 
jKeHiixb, 27. 
>KiiBàTb, 45, 46. 
3aa4pecoBâxb, 20. 
3aapecxOBâxb, 21 . 
3a6./iy4iixbcjr. '.VA. 
3a6.iy/K4âxbcîi, ."»;). 
3a6o4âxb, 38, 46. 



92 



INDEX 



.laôÛTb, 77. 
3aB34bixâTb, 78. 
3aBii/],0BaTL, 34. 
saBiicbTB, 32. 
aaBOOôpaîKâTB, 78. 
aaB'Ê^aTL, 41. 
saB'femaBaTii, 57. 
saB'feinâTB, 57, 58. 
3ar^ia}K4âTB, 87. 
3ar.iâîKiiBaTî>, 87, 
3aropâTB, 37. 
sarpeôymiÎT, 10. 
sa^aBaTb, 58. 
saAép/KiiBaTB, 62. 

SaKJIOMIITB, 24. 

saKycHBaTi,, i2, (Vj-. 
3a.io6Li3âTB, 38. 
saMepuâxB, 44. 
saMbiKâTb, 42. 
3a>rfeHflTL, 54. 
saHoqeBâxB, 20. 
san.iâqiiBaTB, 87. 
3anHyTB, 16. 
3anor.iH4t>iBaTB, 79. 
3anorypKiiBaTb. 79. 
3anoTpHxiiBaTb, 79. 
3anoxâ}KiiBaTb, 79. 
3anocBiicTbiBaTb, 79, 
3apaudTbiBaTb, 63. 
3apa6ÔTbiBaTb, 63. 
3apa3cyHx4âTb, 78. 
3apoîKàTb, 54. 
sapojKaTbor, ;)4. 
aacâjKiiBaxb, 85. 
3ac6iipaTbCH, 78. 

3aC.^0HHTb, 54. 

3acHapH}KâTbCH, 78. 
3acTaBàTb, 56. 
3ac'niTaTbCH, 78. 



3aTMIITb, 67. 

3aT\rfeBâTb, 67. 
saTon^iHTb, 87. 
3aTp6rnBaTb, 63, 64. 
3aTbiKaTb, 87. 
3aTbiKâTb, 42, 87. 
3ay.ibT6âTbCH, 78. 
saxoAiixb, 73. 
saxoT'ÈTb, 3. 
3a'JHTâTb, 85. 
saqiiTbiBaTb, 85. 
saqyjK^âTbCH, 54. 

3a'fe34HTb, 74. 

3a'fe3>KiiBaTB, 7i. 

— siipâTb, 58. 
3HaBâTb, 56, 59. 

3HaMeH0BâTB, 66. 

— 3p'ÊBâTb, 58. 
3p'feTb, 58. 
H4TIÎ, 12. 

ii36o4âTB, 46. 
1136'ferHyTb, 16. 
K3B6.iiiTb, 33, 34. 

II3B'Ê4aTb, 41. 

HSB^femâTb, 43, 58. 

II3.lâ3IITB, 73. 

Hs.'ieTâTB, 49. 

II3.10MâTb, 83. 

n3.iOMiÏTb, 83. 

HSM'ÈHâTB, 54. 

n3HâmiiBaTb, 61, 62, 74, 85. 
iiSHOciiTb, 62, 73, 81, 85. 
H3pbirâTB, 47. 

H3C^l'Ê40BaTb, 67. 

ii3Cvitvi,UBaTb, 67. 
riscMHxârb, 78. 

II3'b'fe34HTb, 73. 

— iiiMâxb, 35, 56, 74, 75, 80. 
iHMy, 11, 12, 74. 



INDEX 



93 



nMviuiii. 1 1 . 

IIM'bxb, 11. . 
IICKVIuâTL, 42. 

iicnoB'ÊAOBaTb, 6G. 
iicnoB'feAUBaTL, fii;. 
iiciiUTyeMbiii, 07. 
HcnHxyiomiH, 66. 
iicnHTHBaxB, 66. 

IICTHSâTt, 4i. 

ncxo4iiTB, 73. 

KaSHHTL, 27. 

KânaTb, 63, 66. 
- KâmiiiBaTB, 66. 

— KânHBaTB, 63. 
p:acâTLCH, 3, .37, 46. 17. 
KarâTE, 48, 49. 

KaTlÏTB, 48. 

— KaxbiBaTB, 63. 

— iià^iiBaTb, 63. 
KHjâTb, 46, 47. 
KiiHyxb, 46, 47. 

— Kiinâxb, 43. 
Kim'ÈTb, 43. 

K.iâHHTbCH, 37, 39, 40, ii. 
K^acTb, 12, 43, 63. 
K.ieBâxb, 17. 
K.lOHIITb, 37, 40. 

— KAOHRTh, 37. 
K.llÔHyTB. 17. 
K^HIiyTb, 16. 
K.lHCTb, 16. 
KOBâTb, 63. 

KOH^iârb, 26, 37. 
KÔH^HTb, 23, 24, 23, 26. 37 

KOCHyTbCH, i6. 

KpacTb, 63. 
KpecTiiTb, 27. 

— KpiIB.lHTb, 34, 81. 
KpiIB^HTbCH, 34, 81. 



KpiiKnyTb, 64. 

— KpUBâTB, 60, 62. 
KyniiTb, 3, 22, 23, 2i, 23, 47. 
KycâTb, 48, 49, 6i. 

— KyciiTb, 40, 41, 42, i?5. 

— KycbiBaxb, 42, 64. 
KyuiaTb, 39, 40, 41 . 

— Kyindxb, ï'I. 
^âsaxb, 40, 32. 
.lâsiiTb, 40, 32, 71. 72, 73 

— ^âMMBaxb, 64, 83. 
AeméiTh, 10, 22, 61, 62. 

— .ié}KiiBaTb, 62. 

— .lëJKWBaxb, 62. 
^exâTb, 6, 7, 49, 81. 

— AQTàTb, 49, 81. 
.lôT-ÊTb, 6, 49. 

— .lëTbiBaxb, 83. 
Ae^h, 10, 12. 
«iiiiuâxb, 33. 
.iiimiixb, 23, 33. 
.io6.3cixB, 18, 38. 
.io6bi3âxb, 38. 

AOJKÛThCH, 10. 

.lOMâxb, 48, 49, 31, 33, 64, 8."l. 
.lOxMiixb, 48, 31, 33, 64, 83. 

— .lynâxb, 47. 

— ./l'fesâxb, 71. 72. 
.l'bsxb, 71, 72. 
Maiiâxb, 37, 48, 49. 

— MaKHBaxb, 63. 

— MâHHBaxb, 63. 
MaHiixb, 63. 

— MaHbiBaxb, 63. 
MaxâxB, 16, 43, 46, 49, 6i. 

— MtixnBaxb, 43, 60, 64. 
Maxiiyxb. 16, 43, 46. 

— MâqiiBaxb, 63. 
Mepuaxb, 44. 



96 



INDEX 



iiepeHOTieBâTL, 20. 
iiepenâ4aTt), 40. 
iiepecaJKâxb, 52. 
nepccTHpâTb, 78. 
iiepecTp^ÈAHTb, 84. 
iiepec^iHTaTB, 78. 
nepexBaTâxb, S'A. 
nepexBaTiÎTi>, 8.3. 
nepexo4HTb, 73. 
nriBaTL, 36, 59. 
niiCKaTB, 48, 65. 

— niîcKiiBaTb, 65. 
niiumâxt, 48, 65. 
iL/iâBaTb, 37, 40, 42. 

llAGBkTh, 17. 

— nAUBâih, 42. 
ii.ibiTL, 40, 42. 
nA'huiiTh, 23, 55. 
n.i'ÈHHTb, 55. 
n^^iÔHyTb, 17. 
noôpo^HTb, 72. 
no6pHij;âTb, 44. 
noôbiBaTb, 31, 50. 
noô'fe^iÎTb, 24. 
iioBe./1'feBâTb, 23. 
noBe./i^feTb, 22. 

nOBIIHOBâTbCH, 17, 6(). 
llÔBHHyTHCH, 66. 

noBHC'feTb, 32. 
noB^iâxb, 57, 77. 
noBO^iÎTb, 72. 

lIOBOSHTbCH, 73. 

iiOBopô'iaTb, 40. 

IIOBCTp^fe'ïâTb, 78. 

noi\iH4f>Tb, 32. 
noroHHTb, 52. 
norpéM,/iHBaTb, ()2. 
HO^Brirarb, 40, 41, 81, 82, 87. 
no^Biirâxb, 42, 81, 82, 87. 



ii04BiiriiBaxb, 87. 
no4BriHyxb, 41, 81, 82. 
no4:3iipâxb, 58. 
no4KâxbiBaxb, 65. 
ii04PiâHHBaxb, 65. 
no4yiâ3HXb, 71. 
no4.ie}Kâxb, 32. 
ii04Mexâxb, 62. 
no4MëxHBaxb, 62. 
no4M'feHHXb, 54. 
no403p^ÈBâxb, 58. 
iio4nâ^3HBaxb, 86. 
no4no.i3âxb, 86. 
ii04i5BâxbCH, 50. 
riosaôbixb, 77. 
no3aHHMâxbCH, 70. 
nosBt'HHBaxb, 62. 
noHMâxb, 75. 
iiOKânbiBaxb, 65. 
noKH4âxb, 46, 47. 

nOK^OHHXbCH, 37. 

noKÔHHHXb, 24, 77. 

nOKpHB.lHXbCH, 54. 

noKpiiKiiBaxb, 64. 
iiOKyiiâxb, 47, 51. 
noKviiiaxB, 41. 
nciarâxb, 30, 37, 47, 49, 77 
iio.ieîKâxb, 32. 
riô^saxb, 37, 40. 
— no^3âxb, 42. 
iio.ioHviixb, 12, 47. 
iio^yniixb, 24. 
iioMaKàxb, 49. 
iioMimâxb, 45, 58, 77. 
iiÔMiiiixb, 33, 45, 58. 

IIOMHIIXb, 33. 

iiOMVHaxb, 40, i2. 

lIOMHHyXb, 16. 

nona4aBaxb, 79. 



INDEX 



93 



HMymiH, 11. 

IIMIjTL, 11. 

iiCKyiiiaTL, 42. 
HcnoB'fe40BaTt., 66. 
iicnoBf>4biBaTL, 6G. 
iiciibiTyeMbiii, 07. 
HcnHTyiomiH, 60. 
iicniiTUBaTL, 06. 

IICTHSâTL, 44. 

HCX0411TB, 73. 
KasiiiÏTL, 27. 
KânaTL, 65, 66. 
- KâmiiiBaTL, 60. 

— KânLJBaTB, 05. 
KacâTLCH, 5, 37, 46, 47. 
KaTâTL, 48, 49. 

KaTHTB, 48. 

— KâTHBaTL, 65. 

— Kâ^PiBaTb, 65. 
KH^aTB, 46, 47. 
Ki'iHyxL, 46, 47. 

— KIIIlâTB, 45. 

KiinÈTL, 45. 

K./iâHHTbcn, 37, 39, 40, ï2. 
K.iacTb, 12, 45, 63. 
K.ieBâTb, 17. 
K.10HIITb, 37, 40. 

— K^OHHTb, 37. 
K.HOHyTB, 17. 

K.iHiiyTb, 16. 

K^HCTL, 16. 

KOBaxb, 63. 
KOHHaTb, 26, 57. 
KÔHMiiTb, 23, 24, 25, 26, 57. 

KOCHyTBCH, 46. 

lîpacTB, 63. 

KpeCTIITB, 27. 

— KpHB.^HTB, 54, 81 . 
I.'piIB.'lHTBCH, 54, 81. 



KpiiKiiyTb, 64. 

— KpbiBaTB, 60, 62. 
KyniiTB, 5, 22, 23. 24, 25, 47. 
KycâTb, 48, 49, 64. 

— KyciiTB, 40, 41, 42, 48. 

— KycbiBaTB, 42, 64. 
KyuiaTB, 39, 40, 41. 

— KyiuâTb, 42. 
.lasaTb, 40, 52. 
.lâsiiTB, 40, 52, 71, 72, 73 

— ^âMbiBaxB, 64, 85. 
.len^àTB, 10, 22, 61, 62. 

— ./léjKHBaxB, 62. 

— AëmmBSiTh, 62. 
.^exâxb, 6, 7, 49, 81. 

— ^exâTB, 49, 81. 
.lex^Tb, 6, 49. 

— ^ëxHBaxb, 85. 
Aenh, 10, 12. 
.iiiiiiâxL, 55. 
^HiuiîxB, 23, 55. 
.lOÔ.iâxB, 18, 38. 
.lOÔbisâxB, 38. 

.lOH^lîXBCH, 10. 

.lOMâxB, 48, 49, 51, 55, 64, 85. 
^OMiixB, 48, 51, 55, 64, 85. 

— .lynâxb, 47. 

— ^'fesâxB, 71, 72. 
A'hsTh, 71, 72. 
MaKâxb, 37, 48, 49. 

— MâKHBaxb, 65. 

— MànHBaxb, ()3. 
Mamixb, 63. 

— MâiibiBaxb, 63. 
MaxâxB, 16, 45, 46, 49, 6i. 

— MâxHBaxb, 45, 60, 64. 
Maxiiyxb, 16, 45, 4{). 

— Mâ^HBaxb, 65. 
Mepij,âxb, 44. 



9G 



INDEX 



nepeno^eBâTt, 20. 
iiepenâ4aTh, 40. 
iiepecaHîâTb, 52. 
nepecTiipâTB, 78. 
nepecTp'fe.^HTb, 84. 
riepec^iHTâTi), 78. 
nepexBaTâTt, 8;{. 
nepexBaTiÎTL, 8.3. 
nepexo4iiTb, 73. 
niiBaTB, 36, 51). 
niiCKaTB, 48, 65. 

— niiCKiiBarb, 65. 
niimâTL, 48, 65. 
iKiâBaxb, 37, 40, 42. 

IlyieBâTb, 17. 

— n^tiBâiL, 42. 
ILlblTL, 40, 42. 
n.i'feHiiTL, 23, 55. 
n.i'ÊHHTb, 55. 
n^uoHVTb, 17. 
no6po4iÎTb, 72. 
no6pHi];âTb, 44. 
no6biBâTL, 31, 50. 
noô'b^iiTb, 24. 
iiOBe.i'ÊBâTb, 23. 
noBe^'ÊTb, 22. 
noBiiHOBaTbcH, 17. 66. 
noBimyTHCH, 66. 
noBHCÈTb, 32. 
iiOB.iiHTb, 57, 77. 
noB04iiTb, 72. 

IIOBOSIITbCH, 73. 

noBOpô'iaTb, 40. 
noBCTp'fcnaTb, 78. 
nor.iH^'IiTb, 32. 
noroHHTb, 52. 
norpéM.iHBaTb, 62. 
no4i?iiraTb, 40, 41, 81, 82, 87. 
no^BiirâTb, 42, 81, 82, 87. 



no^BiirHBaTb, 87. 
no4BiÎHyTb, 41, 81, 82. 
no43iipâTb, 58. 
no4KâTbiBaTb, 65. 
no4KâqHBaTb, 65. 
no4yiâ.3iiTb, 71. 
no4.ieîKâTB, 32. 
no^MexaTb, 62. 
no4MëTbiBaTb, 62. 
no4M'feHHTb, 54. 
no403p'feBâTb, 58. 
no4nâ^3biBaTb, 86. 
no4no.i3âTb, 86. 
no4'feBâTbCH, 59. 
nosaôbiTb, 77. 
no3aHnMâTbCH, 70. 
no3BéHHBaTb, 62. 
noiiMâTb, 75.- 
noKanbiBaxb, 65. 
noKH4âTb, 46, 47. 

nOIwlOHHTbCiT, 37. 

noKÔH^HTb, 24, 77. 

nOKpiIB.lHTbCH, 54. 

noKpiiKiiBaTb, 64. 
noKynâxb, 47, 51. 
noKyiiiaxB, 41. 
no.iarâxb, 30, 37, 47, 49, 77 
no.ieHxâxb, 32. 
nô^saxb, 37, 40. 
— no^sâxb, 42. 
no.iOHCiixb, 12, 47. 
iio.4yMiîxb, 24. 
iiOMaKâxb, 49. • 
iioMimâxb, 45, 58, 77. 
iiÛMHiixb, 33, 45, 58. 
noMHiîxb, 33. 
iioMyqaxb, 40, 42. 
iioMHHyxb, 16. 
iioHa4aBàxb, 79. 



IM)I \ 



nonaat.HTF.cF, 77. 
iionecTii, Si. 

IIOIIOCIITB. 7o, xï. 
nOHHTL, 7o. 

iiooo'femâTb, 77. 

HOOTAa.UiTF., 7.'<. 
nOOTHIIMâTI.. 7x. 

iioiiâ^axi,. S2. 
iioiiaAâxb, \1. 
iionâcTB, 82. 
iioniïcKiiBaTt, fj"». 
noii.iâBaxL, 10, ïî. 
iionô.isaTL. 40. 
nonÔT^eBaTb. 77. 
iionpiixo^iriTB. 7'.t. 
iiopaspoHihb. 7s. 
nopimâTb. ï\. 

lIOpOBHHTB, ."j:». 
IIOCOHpâTt. 7S. 

nocBiïcTbiBaTb. 6i. 

IIOCÎKHMâxb, 78. 

iiocKaKâxb. ^9. 
nocKpiïriHBaxb, G.j. 

nOC^lOHHXbCH. o4. 

iioc.rfe/iyioinin, 12. 
nocHHMâxb, 78. 
nocxanoB.iHXb, 87. 
iiocTHpâxb, 78. 
riofTOHXb, 32. 
iiocxyKiiBa 1 b, <).'». 
riocxo4HTbcii. 71». 
uocHHxâxb. 78. 
iioxàcKHBarr,. (»."i. 
iioxpécKiiHai !.. (■).">. 
iiôxMeBaxb. 77. 
iioyôiipâxb. 7n. 
iioxiiTinb, 2'i. 

II0X04MTB, 73. 

iioxpânbiBaxb, 6.'». 



iioMupiniyxb, 1«). 
iipeABUA'fexb, ."12. 

IIpe43HaMCHOBâxb, (i(>. 

ripc^iro^iarâxb, 77. 
iipeAiio'iMxâxb. 3S. 
iipe4<"X0}ixb, 32. 
iipc4'iyBcxB0Baxb, '.\\. 
iipe4iu(k-xB()BaTb. 3;'.. 
iipe.nipâxb, 45, .">S. 
iipeiiMvmecxBOBaxr.. .îi. 
ripeo6.ia4âxb. 77. 
iipec.ituoBaxb. 33. 
npnGbiBâxb, 31, 5S. 
iipiiroxâB^HBaxb, s|. s7. ss. 
npiiroxuB.iHTb. si, s7. ss. 
ripM.3npâxb. .">S. 
iipH3HaBâxb, 30. 

IIpHSp'feBâxb, .'iS. 

npiiKâsbiBaxb. 2S. 
npii.iâsnxb. 71. 
npiLiexâib, W. 
iipiiMbiKâxb, 80. 

IIpIlMt.HHXb, '6\. 
upHM'fepHXb, 42. 

iipiina4.ie}Kâxi., 32. 

FipHHoClIXb, 71 . 

FFpHno.iaâxb, 42. 
Fipnno.MiiHâxb, 77. 

FFpHpaBHIIXF>, 53. 
FlpIFpaBHHXbCn, 53. 
FFpIICKclKIIBaXb, 01. 

iij)FicxiipâxB, 7s. 
FFpiicyxcxBOBaxb. \\). 
FFpncarâxb, 44, 46. 
iipoaHa.iH3iîpoBaxb. 2i). 
FFpo6.iyH^:4âxb, 53. 
npoopo^FiTb, 72. 
npoBecxii, 71. 
npOB04FixF,, 71 . 72. 7'i. 



LM)l:\ 



iipoBo;i:âTi>, .'il . 7'i. 
)ipor.iâTLiBaTL, 1)1. 
iiporoHîiTL, 72. 
iipory./iiiBa'i'B, Ol . 

lipo3IipâTL, .'i(S. 

iipo.iâ.3aTi,, 40, 52. 
iipoMcpi;âTt, 44. 

IIjXj.M'hlIHTL, .Vl. 

upDiioirlvioiuiih, (Kt. 
upoiioB-jb^biBaTL, ()(■). 
IIpOCJ'fe^OBaTL, X]. 
IIpOCTIITb, 2.'{. 
irpOCMHTâTL, 7S. 

iipoTâii.iHBaxb, S7. 
iFpoTe.'ierpa<i>npoBa'Jb, 21 
iipo'ic'CTB, ;J8, 84. 
iipoqiiTâTt, 38, M\, 8'i. 
— iipoiiiâTL, 36. 
iipouiecTBOBaTii, 33. 
iipomâTLCH, 52, 85. 
iiycKâTb, 47, .55. 
iiycTiiTb, 23, 17. 5.5. 
iipH4aTB, 40. 
paBHiÎTb, 53. 
paBHîÎTb, 53, 5'(. 
paîK4âTb, 54. 
pa.36pâcbiBaTb. (/i. 
pa.3râB.iiiBaTbcîi, (Ki. 88. 
pa3 1 .1 a voAhv r Bo Bar b , 3 i 
pa3roB.'i!iTbCH, 88. 
pasMbiKaxb, 41. 
pasM'feHîixb, 54. 
pa3CTp'h,4}rrt, 52, 81. 
pascTiiiTâTt, 78, 80. 
pascHiiTbiBaTb, 8(). 
paact.BaTb, .■)5, 87. 
pa.'îct.iiBaTboH, 55, S7. 
})a:!y.Mf,Tb, ."l'i. 
p.iiiiiri,. 2.1 



{)aci:aTa)b, li.). 
pacKaiiÎTb, (»5. 
pacK.4âHiiTboii, iO. 
paciipocTHTbcfi. 8."). 
paciipoiuâTbcM. .")2. 8."). 
peMb, 11, J2. 

pIICKHVTb, 17. 

piicKOBarb, 17. 

poBHilTb, 53. 

p()4iiTb, 27, '.')'i. 
po>KâTB, 54. 

pOHilTb, 52. 

pyqaTbCii, 55. 
pyuiaxb, 41 . 

— pymâxb. ïl. 
pyiuHTb, 41 . 

pyiiiHTbCfl, 23 cl crrala, JOI 
pbirâTb, 46, 47. 
pbirnyTb, 40. '(7. 
p^fesaxb, 42. 

— p'feaâTb, 42, 8((. 

— p^sbiBaTb, 42, 86. 
p'IjiuâTb, 55. 
})'hiiJiiTb, 2.3, 25, 26, 55. 

pHXIiyTbCH, 17. 

ca^iiTb, 52. 
ca^iiTbCH, 10. 
caH\âTb, 52. 

— cajK^âTb, 52. 

— câH^HBaxb, .■»2. 
côibraxb, 40, 83. 
cBiicxâxb, 48. 

CB'feCHXb, 41 . 

c4ep>Kaxb, 32. 
cii4'InL, 10, il. 
CKaKâxb, 18, 48, V.i. 6'i. 

— CKàKiiBaxb, 4V), .54. 
cKO'iiixb. 23, 24, 48, '.'.). 
cKvmaxi.. 'il . 



IM)h\ 



• •.ia()t.ii>. I.'i. H). 
c.iâniiyiL. I."). Kl. 

i-.KtMaTL. V.l. 

CKpnn.ii'n 1.. .l'i. 
c.iOM.ij'nr.. .il. 

C.IOHHTLCH, .i'i. 

c^yinaTL, 44. 
c.ibixâTb, .")0, .s">. 

• MbiLuaTb, ."». ."in. s.i. 

CMOTp'hTL. X\. 
(•M()4L, 4. 
fM'hlu'lTI,, .l'i. 
CMt.lIiiTL. '.\'l. 

'•ono.it.riiionaTi., 'Aï. 

'iitâiL, 17, (■).'). 
(•(jB'tiuaBarii, ."iT. 
cor/bin;'iTLc;i. "tN. 

CO.^epHulTl., '.\î. 

(•ii,Vl>îîcTBona'n., .'14. 
fo;i:a.i'hTL. ?>ï. 
C03AàTL, 4.">, .">(■). 
cos^aBâxi.. 50. 
cosepuâTi., 44. 
co:îii,j,âTL, 4"), ."»(). 
coMH'kBâTbca, 58. 

COOTB'kTCTBOBaTB. .'14. 

coriyTCTBOBaiB. '.\\. 
copeBHOBâTB. ;54. 

COCâTb, (n). 
COCTOîÎTb, 'M. 
COCTOHTbCÎI. 5:^. 
cocTpavi,â'ii'. •'''• 

COCTHSâTbCH, 44. 

coTpaïK'.soBaTb. .■)4. 
co'ieTaBaTii^ .">7. 
co'ieTâTb, .57. 

COMVBCTBOBaTb, .54. 

rnpâiiniBaTb, .S7. 
c-paBiiiiTL. 55. 54, 



(•pt>:iari.. M». 
cp'hsâ'ib, \î. se». 
cpi".3biBaTb. \2. NC). 

— crar.âii.. 17. ."»<>. •'•'>. 7."). 
cTaiinBi'n bc;r. 17. 
cxaTb, 17. 

cTiipâxb, 7s. se». 

— CTp'h.ii'n b, '.')î. 
cTp'kiîi Th. '.')'!, .s4. 
CTYKaTb, 48, (>.">. 

— CTVKIIBaTb, (t5. 

CTyiiâib. 47. .i.5. 
cTyiinn.. '2'.\. l'i. \~ . '.V.'). 
cryiâi I.. 4.S. (15. 
cTr.iiiyTb, 1 4. 
cy4iÏTb. 'l'.\. 
cyiiyn., 17. 
cyiuec Tiîniiâi b, l'.l. 
cxn^T,riTb, l'.\. 
c'urraTb, 50, 5.s. 7s, Si . 
c'b'I-,.3,ui I r.. 71 , 7:!. 
ctcTb, .1. Il), \1. 
TacKàTb, 4s, 4'.i, (»."». 
raMâii., 52, ."i;!. 
Taiiirrib. 4s, 4'.». C»."». 
Te.ierpa'i'i'ipoBaTb. il . 
TKHyri), 40. 40. 
TOHIÏTb. 2.'», ."t2, SO. 
TpâXHVTb. I 7. 

TpeiiaTb, (■)."). (iO. 

— T[)(''ILlIIHaTb, (iO. 

— Tpè'IlblBaTb, ()5. 

xpôcKaTbcn, O.'i. 

XpLMUâTb, (i.'i. 

TpùraTb. 4(i, (i'i. 

— xpiiriiBai b, (i5. 

TpÔHVTb, 4(i, 04. 

Tr.iKaTr., 40, S7. 

— TbiKâri., 42, 'i(i. 



lut) 



LNDKX 



TiîrâTL, 40, (Jï. 

— TflniBaTb, 01 . 

— THSâTL, 44. 

— TH30BaTH, 11. 
THHyTB, il), 1-0. 

yBii^âTL, 4'.), 8."). 
yBii4t>Tb, 32, 1:9, 85. 
VB'femaBaTH, 58. 

YB'ÈlJJ,âTfc, 58. 

yB^iineBâTi., 58. 

VRaTâTL, V.). 

yKyciÏTb, ï\ . 
y.iâByiHBaTL, 87. 

y^OB^HTL, 87. 

y.ibiodTLCH, IC). 

V.lblÔHyTLCM, 1(). 
MbIKaTb, 1-1 . 

iiac.i440BaTb, '.VA. 
iiobârb, 31. 

pOBHIITb, 53. 
pOBHHTb, "(3. 
pOHiÏTb, 52. 
C.'lbTXâTb, 50, S.'t. 

yc.ibiLuaTb, .")0, N."). 

-TÔB'feCTHTb, 07. 

cÙB'bmeBaTb. 07. 
xÔB'feiuimaTb. 07. 

.''CO.MHl'lTbCH, 58. 

'cnoKâiiBaTb, 03. 
rcnoKÔriBaTb, 03. 
'cn'IiTb, 20. 31. 



yc'iiiTàTb, 78. 
yTbmaxb, 40. 
yxo^HTb, 73. 
yxo4iÏTb('îi, 73. 
xBaxâTb, 48, 0."). 
xBaTiÏTb, 23, 20, 18. Oi). 
— xBâTbiBaxb, 05. 
x.'ieôâTb, 46. CI. 
x.ieÔHyxb, 46. 

X.lblHVTb, 17. 

xo4iiTb, 5, 73. 
xoT-^feTb, 3, 4, 23. 
xpânaxb, 65. 
xpan'ÊTb, 65. 
U'kn.'iHTbCH, 51. 
HecTb, 38, 45. 
•iHTâxb, 38, l^.'l, 0(S. 7s. si. 
qi'ixbiBaxb, ()8, O'.l. 
'lyjK^âxbCH, 54. 
lueBe^iiixb, 16. 
iiieBe-ibHyTb, K). 
t^^âxb, 30, M. 
1^34HXb, 51, 71, 72. 73., 71 
haHiâxb, 45, 51, 74. 

— t.3/KIlBaXb, 74. 

t.cxb, 28, 10. 
hxaxb, 12, 51 . 
HBiÎTb. 23, 51, 55. 
HB.mxL, 51, 55. 

— HXb, 11, 12, 74. 



ADDENDA ET ERRATA 



p. 4, ligne 3. ajouter : L'impersonnel réfléchi xôMeTiH est toutefois muni d'un 
futur périphrastique Ovjêri. xoTiiThCH. lequel sert à l'expression d'un désir 
réitéré. ^ . 

P. 17, dernière ligne du second paragraphe, lire : l'itératif cTaBaïd n'est 
employé comme simple <|u'au pictéril, sons la forme impersonnelle et avec 
le sens de <.< il sufiîsail ». Cf. Ti>i\mi\nnib. ( (OhiKHonemiaîi iitTopi}!, f" partie, 
eh. m : <i K)Hoiuecj;nxr. ero nui. cTaiia.io ua née ». 

I'. 17. note, lire Gogol\ 

V . 23, ligne 6 du bas, corriger ainsi : PytUHTbCH est à retrancher de la liste 
des perfectifs simples de classe IV où, induit en erreur par Miklosich 
[Syntax, p, 298^, nous l'avons fait figurer à tort. Ce verbe est, à vrai dire, 
aussi bien employé en valeur de futur qu'eu valeur de préseul : « '&v\\ 
nopH.^Kii CKOpu pyLuaTcH » (futur). — « jXosn, pyiiiincii » (préseul): mais il 
a, d'autre part, un futur périphrasiique, lequel doit nous le faire consi- 
dérer comme impertectif : « Korja :^.iaiiie Oy.ii'Xi. pyuiiiTi>cH, iinii pa:il)t.- 
rvTCH ». Cependant nous inclinons à considérer pyiiiHTbOH comme un 
ancien perfeclil, ayant partiellement perdu son aspecl originel. Cf. vx. si. 
rusiti, pf., pol. lu.szYC, pf., mais tch. et dialectes si. du sud /w.s///, impis, 
avec, au reste, un témoignage de l'aspect perftclif, signalé par M. .lagic 
[Beiliâge ziir si. Synt., p. 76 , eu vieux serbe. 

P. 33, ajouter à la tin du premier paragraphe : Il convient encore de citer 
c-.MbK'.iHTL, considéré, par suite d'une fausse étyraologie. comme un dérivé 
de CMbiCTb et fréquemment usité comme imperfectif : « KiiBafi ro.ioBon, 
ôyaTO OMbic.iHiiih ». Dahl {Dictionnaire, 3^ éd., IV, p. 305) sépare netlemeut 
les emplois perfectils des emplois imperfectifs et, en fin de compte, 
dédouble le verbe en c-Mi.'ic.inTi,, perfeclif de c-MbiuuHTi., et tMiJnMiiTi., 
imperfectif, dénominalif de c.Mi.icn.. Il y a là d'ailleurs un malentendu 
ancien déjà noté par M. Jagic en vieux slave [Beitràge zur si. Synt., p, 78). 

I'. 33, ajouter au second paragraphe l'exemple suivant, dans lequel apparaît 
très nettement la valeur de préseul : <( H ciiM i. ciiaHa.ia avMa.n.. mto 
iiu'iHBaioTb, jii r.ia3KH-To, y inixi. oTi;|>iaTi.i : na nuïo.ioKb iihuu.imti. cmh- 
Tpl.Ti. u (roimapoBT>, O(")hii;iloiii'i.iiu!i iirT(i|ii;i, 2» partie, rh. rv . 

P. 38, ligne 5 du bas, lire 0.iec(KjU.vTi.. 

P. 47, lign<' 7, lir-' i;acaTbcH. 



ni'2 Ai»i»KM>\ KT ki;i;ata 

p. 48, 3' paras^raphe, lire ri.ie(:(i;)ii\ ri.. 

P. r)3, noie 2, lire : Dahl [Ihid., 2<' édit., etc.). 

P. 5'i, ligue 12, ajouter : De même iia-|)0/k;h'i. est perfeclif dans ; « jlviua (n.i.ia 
K(KJU, t'A'liJiaJia cctVh wu :rhry ii:!r)viiii;y u iia|i(i',[:a.ia il.Tnin. » iContes dWja- 
nasjev, 3" éd., I, p. 37). 

P. 62, intercaler entre le 2" et le 3*^ paragraphe : On comprend donc que, dans 
ces conditions, l'accent devait rester sur la racine (.fli.iaxi.. ,i'h.ii>iBaTi>j> et 
(;ela niriiie dans le cas où le primilil n'accentuait pas cette dernière (cM,'l'hTi>. 
cir.ivv. cHvkiiBaTh). La plupart des itératifs de la seconde formation ayant 
été créés directement sur un élément radical monosyllabique, un type 
d'accentuation présunixalo uniforme s'est constitué : -UBa-, 'iiBa-;et ce 
type a été étendu aux itératifs à base dissyllabique, comprenant racine 4- 
éléinent siiffixal, comme (o)-<TaiiaB.iiiBaTi., de ((i)-(Taii(>BHTb, et comme 
(or))-piic6ni>iiiaTi., do (o("))-pilcOBciTi> (catégorie des verbes à suffixe alternant 
-y-/-OB-a-). l'oulotois, parmi les itératifs à base dissyllabique, (oT)-Kynopii- 
Buri., de ((•r)-i,yii(i|Hiri., (rac. i;yn- + élément 0|)-), a maintenu l'accent 
l'adical; quant ii y-cd-BliUjunaTi., de y-c(')-Bt.(TiiTi., il paraît être récent par 
rapport à y-io-iiiiiijcBari. (Dahl indiijue égaleinent l'accentuation analogique 
y-coiihiifiiiiaTi.^ 

P. ()7, ligne 7, ajouter : hi'Im'-.iik t\ lo, |)r, (à enté de iic'|M'-.iiicTâiii, pf.) /lu-pe- 
.iiicTUBaii), impl. 

P. 68, ligne 5 du 3" paragraphe, lire -i.iiiu-. 

P. 7fi, ligne 5, lire : pl'.jiTi,, lequel a rempli autrefois la fonction d'itératif 
auprès de pHiiyThcfi. 

P. 78, ligne 5, lire : il arrive assez fréquemment qu'un inq)erlcclir cowy^'J'''', etc. 

P. 79, dernière ligne du 2'' pai'agra|>he, lire : éminciument iinperfectihlos. 

P. 80, iigiu> 1, lire -iiBa-. 



Nota. — î,es caractères munis de signes diacritiques (cl/évir italique) ont 
été obligeamment mis à la disi^osilion de Monsieur (hiAMi-iuN, ètliteur, pai- la 
Maison Pkotat, de Màcon, 



TABLE ANALVTIOUE 



Accent. ■ — Accenl ■^ullixal de \a prcmii.ic fonnaliou ilcralivc, o9-42, — Accent 

présunixal de la seconde formation ilcralivc cL pliéuomcues phonétiques 

auxquels il ilonne lieu, 01-63, — Accent remarquable de quelques verbet^ 

romposcs, o'I . oii. 

Alternances VOCaliques — Leur rôle dans la ])rcmièrc formation itérative, 

37-39. 
Aspect. — (hilcrium murpliologique de l'aspect, 2-5. — Obscurité tic la 
notion d'aspect au prétérit, 5. — Catégories de l'aspect, 5-7. — Dualité 
d'aspect, li, 19-21, 22, 23, 27. — Variations d'aspect de certains verbes an 
cours de l'histoire de la langue, 21, 22, 24, 25, 33, 3», i'i, 57, 58. 
Composés. — Aspect des verbes composés, 29-79. — Monopolisation de la 

valeur |(cr[ective par les verbes oom{)osés, 13, 14, 23, 24, 77. 
Déterminés. — Uéfînilion, (i. 7. — Indications relatives aux détermioés, 48, 

'i9, 72, 
Duratifs. — Déllnitiou morphulogique : perfectibles, 5, (i. — Uuiatifs demeu- 
rant imperfectifs malgré l'apposition d'un préverbe, 31-34. — Duratifs 
flevenus des itératifs anomaUN. 7i cl sui\. 
Étymologie populaire et aspect, 19, 2». — Pseudo-simples, 30, 77-79. 
Futur périphrastique. — Critérium morphologique de l'aspeut, 2-i. — Indi- 

• alions diverses, 12, 19, 20, 21, 23, 27, 33, 34, 58. 
Imperfectibles. — Cf. licvaufs. 
Imperfectifs. — (Catégories imperfectives, 5-7. — Doublets imperfectifs, GS, 

81, S5-88. 
Indéterminés — Uéliuilion, G, 7. — Indications diverses, 48, 19, 72. 
Itératifs. — Déliuition morphologique : imperfectibles, 5, f), — Déliniliuu 
sémantique, 5, 0,68-70. — Première formation itérative à suflixe -;1-, -j'i-, 
-na-, 3()-59, — Seconde formation itérative à suKixe 'i.iitii-, 'iiita-, 60-70, — 
Types itératifs anomaux itueirrh et -ii.MaTi., 71-76, — Itératifs usités coninjc 
simples et ayant perdu, totalement ou partiellement, leur valeur itérative 
primitive, 31, 36, 38, 39-42, 44, 45, 4(!, 47, 48, 49, 50, 52-55, 58, 59, 7l-7i, 
75, 7(), 77-79. — Itératifs usités comme simples à tous les temps et avant 
pleinement conservé leur valeur itéi'alivc, 47, 5i, 55. — lléialifs usités 
comme simples au préléiit, 4(), 50, 59, ()8-70. 

Perfectibles. - Cf. nidniifs. 



<04 TAULK ANAI,VTIUI:K 

Perfectifs. — Perfcctifs simples (10-29) et composés (29-79). — Doublol^ 
[xrf'eclifs et perfectifs indéterminés, 82-85. — Perfectifs isolés, 17. 

Présent. — Présent imperfcctif employé en fonction de futur, 12, 19, 20. 

Présent-futur. — Présent futur et futur périphrastique, 2, '*. — Présent -futur 
employé en fonction de présent, 9, 10, 25, 2(1, 28, 33, 34, 57. 

Préverbes. — Rôle des préverbes, règles générales et exceptions, 30-35. — 
Nombre des pr-éverbes apposés ; composés à deux préverbes, 30, 31, 77- 
79. — Sens des préverbes, 30, 31, 79, 84. 

Sens. — Déternjination de l'aspebt par le sens inlime que la conscience du 
sujet prête au verbe, 13, 15, 22, 23, 24, 25, 2G, 27. — Différenciations et 
spécialisations de sens, 38, 40, 41, 45, 46, 47, 48, 52, 53, 54, 72-74. — Sens 
abstrait et sens concret, 27, 32-34. 

Simples. — Aspect des verbes simples, 10 29. — Monopolisation de la valeur 
perfcctive par les composés aux dépens des simples, 13, 14, 23, 24, 77. — 
Usure de la valeur itérative de certains verbes provenant de leur emploi 
comme simples, 36, 38, 80, 81 (Voir, pour les indications de détail vérifiant 
ce principe, l'article Itératifs). 

Suffixe. — Suffixe des verbes de classe 11, 1317. — Suffixes itératifs -a- pur 
(44-50), -51- (51-55), -uâ- (55-59) de la première formation. — Suffixes itéra- 
tifs -wua- et -HBa- de la seconde formation (60-70). — Suffixe oiui- en tant 
que stjffixc itératif, 17, 21, 66, G7. — Suffixe -ena- maintenu au thème du 
présent, 67. 



AftiiKilS. — IMI'IUMKIUK OUIKNTMK A. IUII!l)ir< KT C,"'-, HUE OAUNIKn, 1. 



!tf cl Miscier m R'ucloî ac Mnthfis. ''o 



inl'érjnce .hécl'giqae priiiJée pan le 0»UIj. > 

.oCtfiductioo, commentaire ot iexique, par A.!Ui' 

livre dp Ki.jiro» ef les leçons Ue i''a»i-Holc-,. 

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' romac de Palaméde et a -unipilation d • 

'« le "ar • par F, I.o'cth 



ar J.-A. BfUi ils. «> ff- 

5 fl'-a de FavTO'ira. publié e» 

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..^c le Sa f:t. Re i. dit.l. (ic U i'.nuto et de 1 Aagletf / > ' ? 

T.:Oj, p^r 1 . (acqtie:on. ' 

^ei. Tiadui- par B. Hau^so': li.ir .sec , ^oUa'.'iraluir -'. 

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ludrùa, par i. é<.amp. (Bpu '■ 

ne dapres v ■■ ■ ■' reatii ... .. .-^ .- ' ' 

• ef aujfmct -.^ohes. Dfui, volui ' j • 

)-§rreiiae, n ''; 

' • '- - . d'Ethiopie « r 

r!i'«< rsrL- ffavei 

iextes i-ançais i 

dans 1 Hai ^« <1« •**''" ^,',,''-; 

litteratuiT con'- J' e ttéwire la r..oy> ;. ige, p» • ' 

.Je l-'iancef^v î. Fa»re. 

!. Louis VUl (H87-1Ê26I. par C l'etit-Outaillis. 15 r 

^ . ,iirn di^. ii-nilis i.'l'l i.le. . ,iiis Fo.jrel, ■■'îir rhilip. 1. Kî r. 



re dn tvtiaLlat tt Ju v n.U joaqu à ;t chute des Abas irabi.- pu<!u' 



l'ara, par 'i. de fUcnaj. 
tr F. Mourlol. a^ec 1 >:. 
ir J. Dianu 

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Lrilroc'uciiuB i <a oUrouolo^-ic Ci 
fc-»a; de dial colchie norinaud-! 
4. annales de l'bifi'on de France; 
iludK sur le trfi'i de Paris An 

W Guvrilovitch- 
■' '- logio du pAuC is de Miiielles, par A !/• /,i -ncc , .oiv., 
'■• de Louis 'V d'Oui i'«-Mpr, par Ph. iwicr. 
..un de Tarafa Iba il'-Ai.d al-Bakri. pabiu. par M. *:>li^ohn. Tette- afal > 

Hstoi^'t *:t religion des Nosaiiis, par K Dus «.ua. 
> Textes rebgieux assyriens *t bab'loniens. pai h'v, Mstrliu. 
. * ta loysiime de Provence sous It-.s Carolingiens (SSS-iiSS'), par i» run 
NottK'us l'i^btio^raphi^uessur Ifia chives des éghseset iuana;tèt,itK d e l'ei 

.aiidrini iu Plaloiiis Phaedruns scboUa ad end. par 1810 (len n. 
\'.t P. Couvrea,'-. 

ij de l'ea». fiante parisienae et coMpajcnie françaiife, jiar A « n 
i>^ hu.'ca - ie curolingierine. du traité de Verd'jr h. la mort dft dirlesle Ghauvu 



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ip.ca.. 
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ulairc dans la commune de Thaon (Calvados, ! !ii.q 
1 i îJiique de tous les mots étudio>, par C. Guet' 
^ i '. '.t (le comniauderu'.ut de Sabbat;, publié 'il 
^ i- histcirèd» Milet et du Didyœeion, (;ar B. U < 
ur I »-iymologie et le vocabulaire du vieux slave 



|.,(,r!jÏMl... 



etjf'i"* partit' 

. Gharanon. 
■t-rîôdée des' actes 



itie 



^ f îes -«l'urces priuripales des Mémorables de \(:ii- 

de saint A7aîa]il,.T<î}ite syriaque, introd, et tr; 
e, fsr !^, Macter, a,vec 2 pi. 
-• I- • . r «èli- ron'amo de U I»acie, par, îl' V. Vaschide, avr u^f 
l.e Crtu iviuiica .ians l'ancien droit grec, par T -W. Keas/ey. 
Le NU - îéjoqi'' pharaonique, par G. Palanque. 

L?s ^ 'l'iv-'iers ro- »ai des bailliages et sené'chaussées et. les institut) os- monaroiii'jH( 
a 1; tir. cm 4nOr6n àgr- par G. Dupon'.-Ferrier. Avec 2 c.irt<;S' 
.■ r I (;■ li'i vîdzé, par R. Gaulhiot. 

• ''s llugut: Capet et la fin du x' siècle, par K, Lot, avec un^ plam U' 
-Triptiique & l'htstaire de Bàgdàdh d'Abou Hatr Alimad. Tesle arabe • 

.i.ti iJoihingo de Silos, par G de Berceo, publié par John I». Filz-Gérald av.;-c 2 , 
iom.iine proconsiilairt d'Asie, depuis ses origines jusqu^à la lin du Haul-Bm; 

jaj bii Vousof, par i, Péiier. 
[ s.lois^ ^.ar J Passy, avec 8 cartes. 

H' marquis de Santillane, par Mario t'!u^ 

.i->tir,blui's du ç'-Tgé de France, par Louis Serb.U; 
.;|j ■js'iinipnae.dah* !& pn-vince romainR de Daimatie, pu 



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,! ard- ■'<■ '^ •><■ Vtix Roujgogncs, par Gauthie>. 
''AS latine", pat À. (Jranier. 
1 -ujet eu latiii, par .1. Marouzeab. 
;4ilè et traduit par S>'.v»in r..évi.' 
Marjelia et Pierre. Blnde sur Binb^' 

Il l" roi der "Franco ()'i3l-iOtiii), par Prua 
I inçais. Guillaume Bui 4, le.s orijiues, les 

' I r ' ■ L ' 

'U' li.uijOôOfc (868-1038), Etude» ur les origines du 



r!iti;<la(i.)U dcis 

■ri'i)?ritc Bon î. 



Lef^i-.iidre^ 



rapports de Pascal 11 ayec P'iilippt' >' 
nnjfines. Giaainsn'airt bbv la VI» é^l' 



de Home au m'>\ea "'.gs 
: I ' groupe ecaVmunâi 



pli Brruaf." Mf 
lie de Vivg' 

>tr Halphen, 
.'sonnais, par i. 



débu'., 
royaum 

iiind. 

Bourru 



t'tjvaux 01 iiiii'jux do M.VI, G. Uâ<?»ua ~ 



k'iwM;, cnlrc ias «lor-'jiii M-- 
M. HrSii. — A. C,«»m6m — 



AlIgCT — lll..[, 




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2271 
M33 



Mazon, André 

Morphologie des aspects du 
verbe russe 



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