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Full text of "Moyse, considéré comme législateur et comme moraliste"

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v^ 



^^O Y SE, 

^^^^^ CONSIDÉRÉ 

COMME LÉGISLATEUR 

E T 

COMME MORALISTE^ 

Par m. de Pastoret ^ 

Confdller de la Cour des Aides ^ de l*Aca^ 
demie des Infcriptions ù Belles^ Lettres ^ 
de celles de Madrid^ Florence ^ Cor^ 
tone j &c. &c. 



A PARIS, 

Chet Buisson, Libraire, Hôtel de Coetïofquec^ 

rue Hautefenille , N^. zo. 



M. DCC LXXXVIIL 

Swi U Privilège de P Académie Royale des Infcrîpthnà 
6* Bdles'Lcttrei, 



M6 



On trouve chc^ le même Libraire tOuvrage fuivant , 
du mime Auteur : 

ZORQASTRE, CONFUCIUS & MaHOMÈT, 

confidérés comme Sedaires , comme Légif- 
lateurs & comme Moraliftçs 5 avec Iç tableau 
de leurs dogmes, de leurs loix & de leur mo- 
rale. Seconde Edition. I vol. in-i^. Prix , 4 liv. 
10 (. broché , y lîv. lo f» relié* 



EXTRAIT des Regiftres de l'Académie Royale 
desjnfcriptions &: Belles-Letcres. 



Du Vendredi 15 Avril 1788. 



M. 



Iessieurs de Guignes et Dupuy, Commîflaîrcs 
nommés par TAcadémie , pour Texamen d'un ouvrage 
intitulé : Moyfe^ conjîdéré comme Lépflateur & comme Mo^ 
rdifle , par M. dePastoret, Académicien- Aflbcié, ont 
dit que cet ouvrage leur a paru digne de l'impreffion. Sur 
leur rapport, qu'ils ont laiffé par écrit, l'Académie a cédé 
fon Privilège à M. DE Pastoret, pour l'impreffion àw&X 
ouvrage. 

En foi de quoi, j'ai figné le préfent Certificat. Fait à Paris, 
au Louvre, ledit jour Vendredi 25 Avril 1788. 

D A C I £ R , Secrétaire perpétuel de l'Âcadéoûe^ 




M O Y s E , 



CONSIDERE 



COMME LÉGISLATEUR 

Et 

COMME MORALISTE. 



CHAPITRE PREMIER. 

1-i'EuROPE & rAfrique étoient fauvages ; Etat du 
les nqms même de la Grèce & de Rome n'exif- Sanccdc 
toientpas. En Afie, la Perfe n'etoit encore que ^^^^*^' 
la province d'un empire. Elevée , pendant un 
jTiècIe , au plus haut degré de gloire & de 
puiflFance , lAflyrie avoit perdu fon ancienne 
fplendeur. La moUefle & le defpotifme om- 
brageux des fuccefleurs dé Ninias déshono- 
roient, depuis long-temps, le trône qu'avoient 
illuftré Ninus & Sémirariiis. La Phénicie & 
TEgypte fembloient exifter feules dans luniver»* 

A 



*- . 

2 Moyfe^ conftàirt comme Ugijlatèur 

Ce qu'c- Les Hébreux n'étoîént que las efclaves mé- 
îciHébrcw! prifés d'une nation étrangère. Voués , par les 
Pharaons , à Ati tntvitux hùiftîMan^ & pénibles , 
ils coiiftruifoient des remparts , élevoîent des 
pyraniides, crèufbient des canaux pour mul- 
tiplier la fécondité du Nil , ou enchaînoient 
par des digues fon débordement & Ton impe* 
tuofité (i)! Un édit du fouverain avoir récem- 
ment ordonné de précipiter dans le fleuve tous 
les enfans mâles qui naîtroient des Ifraélites (2). 
Dangers Moyfe voit le jour : la tendreflè de fes parens 
3ès Vnîdf- veut le fouftraire à une mort affurée ; mais 
fance:com- bientôt on craiut qu'il ne foif éfcouvert , &: 

ment il y ^ •' 

échappe, en proie à la fureur des tyrans. Treflant en 
corbeille le jonc docile , fa mère forme un 
berceau, qu'elle enduit de poix & de bitume, 
pour que l'eau refpefte l'alyle où fon enfant 
repofe (3). On le fufpend à des rofeaux que 
les flots environnent. Son trépas eût été certain 
fi la fille du roi , que l'envie de fe baigner 
amenoit vers le rivage , ayant apperçu la cor- 
. beille , n'eût ordonné qu'on la lui apportât , 

( I ) Exode, chap. i, v. 11, & fuivans. Josèphe, 
Antiquités judaïques, liv. 2, chap 5 , pag. 54. Philon, 
Vie de Moyfe , liv. i , tom. 2, p. 86 & 87. 

(2) Exod, chap. I , V. 22. 

(3) Exode, chap. 2, v. 2 & 3. 



& comme MorétifU, if 

te qu'on rouvrît devant elle. Touchée de 
l'abandon & des vagiflemens de cet être in« 
fortuné , la princeilè en efluie les larmes , 
& ne fe bornant pas à une pitié ftérile , 
forme le. projet de lui conferver la vie (4), 
Le voilà conduit dans le palais des rois , 
cet enfant débile auquel Jehova réferve la 
grande deftinée d'être un jour le confident 
de fes oracles & le légiflateur de fon peuple. 
Fixé dans la capitale d'un grand empire , doué 
d'un efprit pénétrant & d'une imagination 
brûlante , paffionné pour le travail , avide 
d'inftrudion & de gloire , Moyfe ne négligera 
point tant d'avantages que lui prodiguent à la 
ibis les circonllances & la nature. Je le vois 
étudier , avec autant d'ardeur que de fuccès, 
la géométrie , la philofophie , les beaux arts ^ 
toutes les fciences qui rendoient alors l'Egypte 
fkmeufe (y) : il leur confacre fon enfance, fon 
adolefcence, fa jeunefle; & comme le fît, plus 
de vingt fiècles après, un impofteur célèbre, 
il recevra , dans la maturité de l'âge {6) y 

(4) Exode , chap. a, v. 5 & 6. Josèphe , diâo loco, 

pag. 56. 

( 5 ) Voyez les ASes des Apôtres , c. 7, v. 22, &c. ; 
& Philon, vie de Moyfe, liv. i , tom. 2, p. 83 & 84. 

(6) Mahomet cependant n'avoit que quarante ans: 
la Bible en donne beaucoup plus à Moyfe« 

Ai 



^ 'Moyfe^ cônfidéfé commelJgijlateùi^ 
llnfpîration divine , ^& commencera de vengef 
les Hébreux , flétris par Tefclavage & la misère, 
orîgîncdc . Moyfe, à en croire Philon (7), eft d'origine 
rfurs ftlr^'* chaldéenne. Ses ayeux , prefles par une longue 
Juifs. ^^ famine qui défola les Babyloniens , fe réfu- 
gièrent en Egypte , pour échapper aux hor^ 
reurs qui les environnoient s & , depuis cette 
irruption , il étoit le feptième chef des Hé- 
breux (8). L^pinion de cet écrivain n'eft pas 

(7) Tom. !i, Vie de Moyfe, liv. i, p. 81. 

(8) On a difputé fur le temps ^ue les Ifraélites 
pafsèrent en Egypte. Lïxode, chap. 12, v. 40, parle 
de 430 ans , & S. Paul fait de même, ad Galàtas , c. 3. 
V. 17; *mais il compte de Palliance de Dieu avec 
Abraham. J. G. Voffius fixe auflî à 430 ans le temps 
quils y pafsèrent, &. fonfentiment eft développé dans 
une differtation fort étendue que fon fils a publiée» 
Quoique. rarement de l'avis de fon père , il l'eft pour- 

- tant en cette oCcafiôn. Nous ne devons pas entrer 
dans cette difcuffion chronologique; il faut cependant 
convenir que , d'après la Genèfe & le livre des Nom- 
bres, il eft difficile d'en admettre plus de 215. Amram, 
père de Moyfe, étort fils de Gaath & petit -fils de 
Lévi ; Genèfe , ch. 46 , v. 1 1 . Nombres , ch. 26 , v. 58 

, & 59. Heidegger , Lapeyrère , Salian , Schotanus ^ 
Eusèbe & S. Auguftin n'y font aucune difficulté. 
Joignons-y Leidekker, de republicâ Hebraeorum , li v. 3 , 
chap. ïi, pag. 176 & 177. Plufieurs Juifs très-habilei 
font du même avis. Voyez Seder Olam, çhap. 3 ; & 
le rabbin David Ganz, in Tzemach Dav^, 



s comme Màraliflè. y 

îfoîëè-: Tacite la préfente comme ayant des 
défenfeurs à l'époque où il écrivoit (9) ; elle 
ferapporteàcequela-Genèfe (10) raconte fur 
h tranfmigration de la famille de Jacob. La 
ville d'Ur ,. qu- Abraham avoit habitée , étok 
dans le pays des Chaldéôns ; &t ce patriarche 
quitta, pour venir en Egypte, la Méfopo^ 
tamie , qui fut enfuite foumife aux rois de 
Babylone (11).. Il eft vrai que Thiftorien ro- 
main nous donne auflî lé détail* de pluJfîeurs 
autres opinions (12). Ceux-ci ont regardé lès 
Jtii& comme dès fugitifs dé lllç de Crète, qui 
changèrent de patrie vers le temps où Jupiter 
détrôna* Saturne 5 çeuxrli les font ve^ir de^ 

( 9 ) Hift. ]iv. 5 , §. 3. pag. 294. Quelques écrivainfi 
ont préfendu que Jés Aflyriens & les Juifs a voient 
une origine commune, parce que Jes premiers, comme 
lés féconds, viennent évidemment de Sem , dont te 
nométoitrefté ^n partie dans Sémiramîsi' De pareilles 
fubtilités font beaucoup plus» propres à ébraoler une- 
opinion qu^ raffermir.- • -^ 

(k>) Chap. 42 & fûivans; 

(11) Genèfe, ch. 11, v. 31, &cfi. iit, v. io, &c. 

( 12 ) Tacite, dlûo loco. Les Romains , comme les 
Grecs, quand ils connoiffôîent mal un peuple, don^. 
noient une étymologie au hafard', ou ftippèfoient 
des conduôeurs & des héros. Ceft une dés fources 
àç pQbfcurité & de la fauiTeté de Thiftoire pritnitiva^ 
4q la. Grèce. 

A5. . 



^ Moyfcy conjidéré comme Légiflateuf 

Ethiopiens, dont la Syrie fut long -temps 
fusette , & fous le règne de Céphée , que la 
nation avoit en horreur (13) : les uns aflurent 
qu'ils ont pour fondateurs les Solymes , peuple 
dont Homère a parlé dans le cinquième livre 
derOdyirée(i4)5 les autres prétendent qu'ils 
ëtoient nés en Egypte même , & fuppofent 
Il I • fi , 

( 13 ) Voyez fur la foumiffion de la Syrie aux Ethio- 
piens, dans le temps de Céphée , Pline, liv. 6. chap. 29, 
tom. 1 , pag. 376; &, fur toutes ces opinions en gé- 
néraU les obfervations de M. Tabbé Brotier, tom. 3 
de fon édition de Tacite , page 538 & fuivantes. 
Nous reviendrons, vers la fin de cet ouvrage, fur 
l'opinion qui fait venir les Jui& des Cretois. Juftift 
les fait venir de Damas .en Syrie , liv. 36 , chap. 2 , 
pag. 348. 

(14) Vers 284. Josèphe adopte ce fentiment, liv. i; 
contre Appion, pag. 1047 ^ quand il attribue à fa 
nation ce que dit un poëte grec , Chœrilus , d'une 
nation qui habitoit le long d'un grand lac & dans les 
montagnes de Solyme ; mais Terreur eft manîfefte » 
& le paflage du poëte ne peut s'appliquer, d'aucun^ 
manière j à la Palefline. Outre que le lac Âfphaltite, 
qu'on prétend reconnoître dans. ce grand lac, étoità 
/ept ou huit lieues de Jérufalem, le poëte parle d'une 
nation qui portoit les , cheveux coupés en rond, rpo- 
^w^fiHî. Or la loi des Juifs leur défendoit précifé-» 
ment de porter ainfi leurs cheveux : Neciue in rotun* 
Jum attundebitis comam^ dit la Vulgate 9 Levit. chap. 19 , 
V. 27. 



& comme Moralijle. y 

que , fous le règne d'Ifîs , leur nombre étant 
devenu trop confidérable, ils fe répandirent 

dans les terres voifînes , fous la conduite^ de 

Jérufalem & de Jvida. 

On n'a pas enfanté moins d'erreurs au fujet irrcurs 
de Moyfe en particulier. Quelques auteurs ont mJJ?^^^ 
poufle le délire jufqu'à douter de fon exiftence. 
Elle eft prouvée cependant par les témoignages 
même des écrivains du paganifme , malgré le$ 
fables dont ils entourent la vérité. Strahon (ly) 
voit , dans le légiflateur des Hébreux , un 
prêtre égyptien qui , fatigué des hommages 
que fes concitoyens rendoient aux animaux , 
effaya de changer la religion de fa patrie , & 
voulut établir qu'il n'exifte d'autre Dieu que 
l'univers , ou la mafle générale des êtres ( i6). 

(15) Voyez ce qu'en dît Strabon, liv. 16, où il 
dotine fon opinion comme généralement répandue. 

(16) Cette idée fut celle de plufieurs grands phi- 
ïofophes de l'antiquité , & , entr'autres , de Cîceroa 
de natura deorum ,1. 1 , t. 3 , p. 279 , & de Pline , 1. 2 > 
ch. I , t. 1 5 p. I & 2 , mais jamais celle de Moyfe. Elle 
cft détruite , au contraire , dès les premiers yerfets de 
la Genèfe. Cela explique le vers de Juvénal , fur lequel 
les Commentateurs ont été partagés. 

Nil prctter nuhes & cotli numen adorant. 

Sat. 14, V* ^7- 

Il nous femhle, d'après l'opinion qu'on avoit alors 
des Juifs , qu'il faut lumen , & non pas numen. Cela 

V 



8 Moyfcy conjidéré comme légijlateur 

Selon Juftin (17) , il eft fils de Jofeph , & 
joignit a,ux dons de la nature le talent profond, 
qu'il avoit reçu de fon père , de deviner les 
fonges & de faire des prodiges : il fxit également 
inftruit dins la fcience de l'homme & dans les 
fecrets des dieux. Chafle d'Egypte, il en déroba 
les vafes facrés 5 & les Egyptiens ayant voulu le 
pourfuivre , une tempête horrible les punit de 
leur témérité. Manéthon , cité par Josèphe(i8}, 
parle d'une vile populace , dévorée de lèpr©' 
'&: de honteufes infirmités, qui, d'abord con- 
damnée à travailler le long du Nil , dans des 
carrières, reçut enfin pour demeure la ville 
4'Abaris, alors déferte, &: jadis habitée par les 
pafteurs. Ils y furent à peine établis, c^u'animés 
de l'efprit de révolte , ils élurent pour chef 

«* 1 ' " ' ■ ■ ^ ■ ■ ■' ■ ' ■ 

cft fur- tout confirmé par Diodore de Sicile. 11 dit que 
Moy Te ne propofa aux hommages de fon peuple d'autre 
divinité que ce ciel dont la terre eft environnée, & 
le regardoit comme le dominateur de l'univers. Frag. 
du liv. 40, tom. 2, p. 543. 

( 17 ) Liv. 36 , chap. 2 , pag. 348 & 349. 

(18) Josèphecpntre Appion, liv. i, p. 1052 & 1053. 
Voyez auffi les pages fuivantes, où il réfute ce que 
Cliérémon & Lyfimachus avoient écrit de Moyfe. Ce 
que dit Tacite , H v. 5 , §. 3 , pag. 295 , fe rapporte affez 
à ce qu'a voit dit Manéthon. Voyez auffi , dans laBiblio- 
fhèque de Photius, cod. 190, l'opinion dç Ptolém^Q 
4'Alexandrie, 



Ç comme Moralijlei jy 

Ofarfiph , prêtre d'HéliopoUs , &: lui vouèrent , 
par ferment, une éternelle obéiflance. Ce prêtre 
leur donna un culte nouveau , & changeant 
de nom , comme de religion , il fe fit appeller 
Moyfe. Pline & Apulée (i^) le rangent parmi 
Jes magiciens célèbres. Diodore de Sicile (lo) 
en fait un homme diftingué par fa prudence & 
fon courage, qui, chef des étrangers bannis 
de l'Egypte , pour appaifer le courroux des 
dieux, fignalé par les ravages de la pefte, fe 
jetta dans la contrée déferte , nommée enfuite 
Judée , y bâtit plufieurs villes , & particuliè- 
rement Jérufalem, donna des loix au peuple 
qu'il conduifoit , chargea les plus inftruits du 
facerdoce , & les établit à la fois les prêtres & 
les magiftrats de la nation. Cet hiftorien obferve 
ailleurs (zl) que Moyfe fe prétendoit infpiré 
par le dieu laô , comme Zoroaftre prétendit 
l'être par un bon génie , & Zamolxis par la 
déeffe Vefta. Ces grands hommes , ajoute-t-il , 
penfoient apparemment qu'on* ne pouvoit 
enfanter des loix fagej fans une infpiration 
divine, ou qu'en empruntant ainlî le nom de 

(19) PHne, liv. 30, chap i, tom. 3 , pag. 296. 
Apulée, Apologet. 2. 

(20) Frag. du liv. 40, tom. 2 . pag. ^42 & 543. 

(21) Liv. I , §. 94? tom. i , pag. loj, 



I o Moyfc j tonfidcrè comme Ugîjlateur 

la divinité , ils trouveroient un pouvoic plus 

étendu & des efprits plus dociles. 

On voit , par ce tableau rapide , que les 
auteurs Egyptiens, les Grecs & les Latins, 
ont parlé tour-à-tour de Moyfe ; mais leur 
opinion ne fe reflemble que parce qu'elle eft 
également faufle &: abfurde. Tandis que les 
uns le placent au moins parmi les légiflateurs 
célèbres , il en eft qui le condamnent à n'être 
qu'un magicien , dont cependant ils admirent 
les prodiges ; & d'autres , non moins injuftes , 
ne reconooiHènt en lui que le chef d'un trou- 
peau de lépreux & de vagabonds , chafles 
ignominieufement d'Egypte , comme des cou- 
pables en exécration aux dieux , & repoufles 
dans un défert , où ils feroient morts de dou- 
leur & de misère, s'il n'eût ranimé leur cou- 
rage en leur annonçant une félicité certaine 
qu'un dieu lui révéloit. 
Opinion Je ne parle ici que des écrivains de l'an- 
M.Huct. tiquité : ceux des modernes qui ont voulu 
attaquer le légiflateur des Hébreux n'ont 
guère fait que choifir entre ces diverfes erreurs. 
M. Huet a un fyftême bien oppofé, quoiqu'il 
ne mérite guère plus de fixer l'attention des 
amis de la vérité. En effet, ce favant, qui 
vouloit rapporter à Moyfe tous les dieux & 
tous les perfonnages célèbres, voit, dans ce 



& comme Moralijie. ii 

grand homme , Ofiris , Apis , Sérapis , Typhon, 
Orus, Anubis, Mnevès , Thauth, Thammus, 
Evandre, Orphée, Cécrops, Vulcain, Jahus^ 
Perfëe , Minos , Rhadamante , Vertumne , 
Priape , Apollon , Bacchiis , Adonis , Pan , 
Efculape & Mercure (iz). 

En comparant avec TEcrinire les narrations 
fabuleufes de Strabon , de Diodore de Sicile, 
de Pline , d*Apulée , de Manéthon & de 
Juftin , on entrevoit le fonds de vérité fur lequel 
toute5 ces erreurs ont été tiflues. Moyfe nous 
y eft repréfentë comme s 'éloignant volontaî- 
jement de la cour de Pharaon ; la raifon qui 
l'y porta n'eft point connue ; mais Taâion eft 
^tteftée dans les livres faims (Z3), Il fe retire 

^rtm^mm^t^t^^^r^im^mm , ii» p i il ■ l II ■ — i^— .— » 

( 22 ) Démonflrat. évangélique, propofit. 4, chap. 4. 

Nous cirerons un feul exemple pour coavaiacre 
nos leâeurs de la manière dont il développe ion fyf* 
tême* Selon lui , Sérapîs ou Sorapis , loin d'être ^ 
conune on l'avoit penfé , l'union d'Ofiris & d'^is , 
vient de ^^kt, Saraph ou Séraph, qui peut e^cprimer 
une chaleur brû]ante.(On lit plus ordinairementSadaph; 
m^is, comme le Daleth & le Refch des Hébreux ont 
ime très-grande reflèmbîance , la confiifion feroit pof- 
£ble : au refle, les deux mots offrent à-peu-près le 
même fçns.) Or, dit l'évéque d'Avranches, cela pofé, 
il eft clair que Sérapis n'eft qu'une qualification donnée 
à Moyfe, parce qu'il avoit le vif âge étincelant de feu, 
quand il defcendit de la montagne. 

( 23 ) A£les des Apôtres » chap. 7, v* 22. Saint Paul 



ïz Moyfe^ conjidéré comme Ugijlateùt 

dans la terre de Geflen (14) , où languiflbientrj 

dans l'opprobre & la misère , les defcendans 

Moyfcié- de Jacob. Là , il devient leur défènfeur & leur 

ifraéutes appuL En voit-il accablés fous les coups d*un 

4c Gcffcn/^ Egyptien J il les venge par la niort de Fagref- 

feur(iy'). Bientôt après, il eflaie en vain de 

calmer deux Ifraélites qui fe difputoient entre 

eux : non -feulement on rejette fes confeife, 

mais on lui reproche encore le meurtre dont 

îl s'èft fouille (lé). Pharaon en eft inftruit. La 

punition de Moyfe eft déjà préparée : il aban^- 

ad Hebrseos , chap. 1 1 , v. 24 & fuiTans. Voyez auffi 
l'Exode , chap. 2 , v. 11. 

(24) Pliifieurs éerivains Juifs fe font trompés en 
plaçant Geffen dans la Haute-Egypte , vers Thèbes ou 
Héliopolîs. Elle étoit plutôt à l'extrémité d^ ce royaume^ 
non dans la partie occidentale qui regarde TAfrique ,' 
fnais à l'orient & du côté de T Arabie. Là terre dô 
'Gèffen çft la même que celle de Ramefsès , appelîéè 
'ainfi de la viHe capitale qu'on a foupçonnê tirer Ton 
notifi dlfis. Or , Ramefsès eft à Textrémité de là Bafle- 
Egypte, non loin du défert de Sin, où fe retirèrent 

: les Hébreux fugitifs. Dans la Genèfe , quand' Jofeph 
vient au-devant de fon père Jacob , ils fe rencontrent^ 
dans la terre de GefFeuN, d'où il eft encore fkcile de 
conclure qu'^eîle étoit à portée de lîi Phénicie , ou dà 
jays quTiabitoîent les Chananéen^. Voyez les chap. 46. 
& 47 de la Genèfe ; & FExode , chap. 12 , v. 36* 

(25) Exode, chap. 2, v. 12. 
(26.) ïbid. v. 14 & fui vans. 



"^ -comme Moraûjlcl \^ 

iianne k contrée qu'il habitoit , & fuit dans 
celle de Madian , où il ne tarde point à 
époufer la fille de Jéthro , pontife d'un culte 
idolâtre (17). 

Moyfe pafla quarante ans chez les Macïa- n eflàîe 
nites. Pendant ce long intervalle , il ne fut ^J^î^i/^i 
occupé que du bonheur de fa nation \ mais je «^^^gyp»* 
fuccès ne répondit pas toujours à fes travaux* 
Conduit par jéhova qui l'avoit choifi pour 
être l'interprète de fes volontés & le miniftre 
de fa puiflance , il va folliciter Pharaon de 
mettre un terme à fes rigueurs envers les Hé- 
breux , & on les redouble , malgré fa prière (18). 
Jéhova lui permet de faire des miracles nom- 
breux à la cour du roi d'Egypte, & ces 
miracles trouvent un cœur incrédule & re- 
belle (2,5;). Moyfe avoir d'ailleurs toute la 
confiance des Ifraélites. Quelle promeflè plus 
capable de leur en infpirer que celle de les 
arracher à la fervitude ! Ajoutons que les lu- 
mières dues par ce prophète à fon génie 
naturel & à une éducation brillante , in- 
fluèrent fur fon cœur, & qu'il n'infpira pas 
moins ce refped qui naît d'une vie auftère, 
•- ■ ■ - , 

( 27) Exode , chap. 2, v. 16 & 21 , & chap. j. y. i. 

(28) Exode, chap. j, v. 12 & fui vans. 
(•29) Exode, chap. 7, &fuivans. 



1 4 Moyjty confiâéré comme Ugijlateur 

fimple , frugile , ennemie du vice & cJe îa 
• volupté (30). 
Ce que les Long-temps avafit qu'il donnât fon code 
toîeoc avant aux Ifraélites , ils ne connoiflbient d'autre 
^ pouvoir que celui qu'un chef exerçoit dans fa 

tribu. Eclairés par l'Etre fuprême &: dociles 
aux principes immuables de la vertu , les pa- 
triarches faifoient le bien par goût & par 
devoir. Le peuple malheureufèment n'imita 
, point l'exeniple de ces hommes vénérables j il 

veut qu^on parle à fes yeux plus qu'à fon cœur, 
& préfère à à^s leçons des images fenfibles. 
Loin de fe vouer à la fageflfe patriarchale , les 
Juifs s'abandonnèrent donc à toutes les abfur- 
dités de l'idolâtrie, 
oîcttfcrévè. Le terme de cette erreur eft arrivé. Dieu fe 
iciMoyfc. j.^^èig ^ Moyfe. Ceft aux pieds du mont Horeb, 

près d'un défert , au milieu d'un buiflbn ardent , 
que le prophète obtient une fi grande faveur de 
l'Etre fuprême (51). Aucun témoin n'eft digne 
encore de la partager avec hii (51) ; mais bien- 
tôt, aflemblé autour du Sinaï, le peuple entier 
recevra les préceptes du Seigneur. Combien 

( 50 ) Philon , tom. 2 , Vie de Moyfe , liv. i , p. 85. 
( 31 ) Exode , chap. 3 , v. i & 1. 
(31) Exode, chap. 3 , v. 2 & fUivans, & notam- 
ment y. 16. Voyez auffi ïe chap. 4, v, i. 



& comme Moratifle. ly 

ici tout eft grand ! Quel appareil pompeux ! 
Comme tout imprime le refpeft & élève Tima- 
gination ! L'Eternel paroît au fbmmet de la 
montagne embrafée : fes pieds repofent fur un 
ouvrage auflî pur qu'un ciel ferein , & plus 
brillant que le faphir. L'horifon eft enflammé 
de la lueur majeftueufe des éclairs , & le bruit 
redoublé des tonnerres fe joint au fon de la 
trompette, échappé du fein d'un nuage, pour 
annoncer, à Tlfraélite étonné, la préfencedu 
Seigneur ( 33 ). Déjà la trompette fè tait, la 
foudre s'appaife , les élémens font enchaînés ; 
la nature filencieufe écoute , avec un refpeâ: 
attentif, les oracles du maître des cieux & de 
la terre. Je fuis votre Dieu , s'écrie-t-il (34) , préceptci 
adorez-moi , & non des divinités impuiffantes ^"''^i*"*^"* 
& chimériques. Si je punis ceux qui m'of- 
fenfent , je comble de bienfaits ceux qui me 
chériflent. Ne prenez point mon nom en vain j 
obfervez le fabbat i honorez vos parens ; ne 
vous fouillez jamais par le vbl, la calomnie, 
la concupifcence , Taflaffinat & l'adultère. 

Par une fublime concifion, toute la loi 
mofaïque eft dans ce petit nombre de pré- 
ceptes. On fait qu'elle eft renfermée dans le 

(33) Exode, chap. 19, v. 16 & fuiv.; & chap. 24, 
V. 10. 

(34) Exode , chap. 20, v. x & fui vans. 



i6 Moyfe^ confiiéré comme Légljlateuf 
DaPcnta- Pentateuquc j divifé en cinq parties (55). Cet 
ouvrage, écrit d'abord en langue hébraïque, 
avec des caradères phéniciens , les feuîs dont 
les Juifs fe ferviffent avant îa captivité de 
Babylone (56) , eft le développement àQS pré- 
ceptes annoncés dans le Décalogue , & tracés 
par Moyfe fur des tables de pierre , qui furent 
confervées dans une arche conftruite à ce 
deflein par Tordre de Jéhova (57). Cette arche 

(35) Les Hébreux rexprimoient fôuô le nom gé- 
nérique de HTlT). Torah, loi. 

(36) Le texte famaritain eft tel encore : le père 
Morin le fit imprimer en 1631 ; Leclerc en a fait un 
examen comparé au texte hébreu , oii il donne tour- 
à-tour Tavantage à chacun des deux. Le premier fut 
copié , dit-on , fur la loi de Moyfe , quand les Sa- 
maritains eurent renoncé à Tidolatrie , & bâti un 
temple fur le mont Garizim en l'honneur de Jéhova. 
On ajoute que cet exemplaire s'eftconfervépur, au lieu 
que celui des Juifs a été corrompu pendant & après 
la captivité de Babylone , époque à laquelle ils adop- 
tèrent les caraôères chaldéens. Plus récemment , on 
écrivit le Pentateuque en caraflères grecs , quand 
la langue grecque fut celle de toute la Syrie. Voyez i 
dans la Bible d'Avignon , tom. i , la préface fur le 
Pentateuque , §• 6 , pag. 270 & 271. Prideaux, Hiftoire 
des Juifs, part, i , liv. 6, tom. 2 , pag. 295 & fuiv: 
Simon , Hiftoire critique du vieux Teftament , liv. i , 
chap. 10, pag. 64 & fui vantes. 

(57) Exode, chap. 24 , v. 4 & 12; chap, 25 , v. 10; 

devint 



- & comme Moralijlc. 17 

devint un monument fi facré que Dieu frappoit 
de mort Tlfraélitè qui ofoit y toucher (58), 

qui ôfoit même la regarder à découvert (39). 

Avant de les y enfermer, le prophète les lut au. 
peuple 5 qui promit d*y foufcrire 5 &: il offrit 
à Dieu des facrifices, pour le remercier- de ce 
Irienfait & de TilJiance qu'il avoit daigné con- 
tradier avec le^^faos de Jacob (40). 

z6 & 21 , & chap, 51 i V. 18. Voyez auffi le Deuté* 
rbnome, cliap. 9 , v. 10. Les tables a'yanè été rompues, 
on leis remplaça par deux autres de là même matière. 
Deut. chap. 9 , V. 17 , & chkp. ib , y. i & 5. Voyei 
encore le chap. 27, v. i & 8. Jofué ayant élevé, fur 
le mont Hébal , un autel de pierre^ non polies ^ qu« 
le fer n'avoit pas touchées , offrit auffi des facrifices^ 
& écrivit fur des pierres le Deutéronome, qu'il lut 
enfiii'te devant: le peuplé âflèihblé. Jotùè, c&ap. 8; 
y. 36 & iî. 

(38) Voyez le fortd'Ozâ, qiii cependant ne l'avoît 
touchée que pour la retenir , voyant qiie les boeuFi^ 
qui la portoîent là faifoient pencher. 2 keg. thâp. 6 i 
V. 6*& 7. 2. Paràlip. chap. 13 ^ V. îb. 

( 39 ) Dans le premier livre des Rdïs , chap. 6 ; 
V. 19 , on voit périr un nombre infini dé perfonneS 
|)our l'avoir regardée à découvert ; Jéhova l'avoit 
défendu, même aux Lévites. Nombr. châp; 4, v. 20. 

(40) Exodê , chap. 24, y. 4 & fuiv. Elle eft re- 
nouvellée par Moyfe, chap. 29 dû t)eutér6ri. v.iiL' 
16, & par Jofué, chap. 24 du livre qui porte fdn 
ûom, v. 25. Jofué j polir en conférverle èémoigiïàfe, 

B 



iS Moyfij conjidéré comme Légtjlateur 

Moyfcàia Moyfe ne fut pas feulement l'organe de la 

Jrophèu. ^ volonté du Dieu d'Ifraël , il fiit le juge fuprême 

de la nation ; & , après en avoir rempli les 

devoirs pendant plufieurs années , appefanti 

par rage , & Tentant approcher fa mort , il 

défigna lui-même, par une infpiration divine, 

le mortel appelle à lui fuccéder & à conduire 

II fc donne les Hébreux dans la terrt promife (41 )• Les 

fcur. Parta- livres faiuts le nomment Ofée ou Jofué , fils 

pronùfc?"* de Nun (41) ; car les Juift , pour diftinguer 

les citoyens , unirent toujours à leur nom celui 

de leur père. Jofué les introduilît dans cette 

contrée heureufe , dont il divifa les poflèffions 

entre eux , pat k moyen du fort , en obfervant 

néanmoins de n'en donner aucune à la tribu 

de Lévi. Elle eut en. échange plufieurs villes , 

& une dîme abondante (43). Obligés de remplir 

récrivit dans le livre de la Loi« & mit une très-grande 
pierre fous un chêne qui étoit dans le fanâuaire , 
V. 26. Voyez auffi le 4c liv. des Rois , chap. 25 , v. i , 
a & 3^ & le iiecond liv. d'Efdras , chap. 9, v. 38 , 
-& chap. I©, V. I & 27. 

(41) Nombr. ch. 27, v. 18 & 23. Deutéron. ch. i , 
V. 57 & 58 ; ch. 3 , v. 26 & 28, & ch. 34 , v. 9. 

(4a) Nomb. ch. 13 , V. 9. Deutér. ch. i , v. j8. Ris de 
•Navech , félon Josèphe , Antiq. jud. 1. 3 , c. 2 , p. 75 , & 
ch. 1 3 , p. 99. Il étoit de la tribu dTphraïm. 

(43) Voyez Jofué, ch. 15 » v. x & 33 , & ch. 14, 
15 & fui vans. 



& comme Moralijie^ t$ 

leurs fondions par - tout , les miniftres du 
temple ne pouvoient être irrévocablement fixés 
à uii lieu , à une province» Comme il kut 
falloir cependant des afyles dans (Chacune, on 
leut accorda quelques cités. Peut-être auffi , 
en les excluant du partage , voulut-on ne les 
éloigner des occupations temporelles que pout 
leur donner plus de temps & moins de diftrac-^ 
tîon à l'égard des occupations religieufes s &c 
puifqu'on leur avoit interdit le labourage , il 
devenoit inutile de leur laifler un domaine, & 
héceflaire qu'on leur donnât une portion des 
fruits de la terre cultivée. Ne pourroiton pas 
penfer encore que Moyfe > ( car Jolué ne fit 
qu'exécuter ce qu'avoir conçu 6c difpofé ce 
grand homme) en politique habile, balança^ 
par cette négation de propriété /le pouvoir 
accordé aux defcendans de Lévi par l'in- 
fluence de la religion , & dont il n'étoit pas 
impollîble qu'ils abûTafient^ 

Les derniers regards du prophète fô tour^ tebUcti 
nèrent vers l'habitation promife : fes derniers jj^]^, ^ 
difcours exhortèrent fon fucceflèur à fe montrer °*®^ 
toujours ferme & courageux , & à ne rien 
négliger pour le bonheur d'Ifraël (44). U 

mm < t f m >i II ,*i ■ ..Il ■ .. ■ !■ ^ • ■ I I ■■■ Il I I ■» 

(44) Deut. chap. jt , v. i & 8* & chap. 34, v. t 
& 5« Les aaciefis d'Iihiël hi renouTeilèrent ce coafeil » 



i(^ Moyjcj iionfîdcré comme Légljlateuf 
quitta k vie dans la terre de Moab, iau fommeC 
d'une montagne , en face de Jéricho (4 j )* Ox% 
a difputé pour favoir fi fa mort fut naturelle | 
ou s'il fut élevé au ciel par une efpèce d'af* 
fomption , comme Hénoch & le prophète 
Elie. Ce. dernier fentiment a pour dérenfeurs 
des chrétiens célèbres 2 faint Ambroife , faint 
Clément d'Alexandrie , faint Ifidore de Sévillô 
& faint Hilaire font de ce nombre (46), Suivani 
les livres Juifs apocryphes , intitulés : Petirath- 
Mofe (47), après que le patriarche eut placé 
* {a tête fur un oreiller que lui avoit préparé 
l'ange Zinghiel 5 qu'il le fut couché, & que^ 



quand , à la tête du peuple , iU le reconnurent pour 
leur-chef , & promirent de lui obéir fous peine de mort. 
)ofué, chap, I , V. 16, 17 & 18. 
(45) Deut. chap. 54, v. i & 5. 
' (46) S. Ambr. liv. i de Gain & Abel, chap. i; 
%:^, S. Qément d'Alèxand. Stromat. liv. i. S. HilairCi 
fur le y. 1 9 du ch. 20 , de S. Matth. Ifidore de Séville , de 
vitâ & morte fàndorum , chap. 25. Voyez Calmet , infrà 
diâo loco , & Rupert fur le Deut. liv. 2 , ch. 22. 
. (47) Ceft-à-dire TAflomption de Moyfe. Voyez 
TEpître de S. Judde, v. 9. Gaulmin , dans fon Commen- 
taire fur un ouvrage Hétreii , intitulé : De la Vie & 
de la Mort de Moyfe , notre dofleur , lîv. i , th. 2 ^ 
& une Difiertation de Calmet, fur la mort & k fé* 
pulture de ce patriarche , tom. 3. , de li Bible d-'Avigoon ^ 
P?gv75 & 76' UfleriuSj Annal, ad an. 2553.. 



\ 



^ €<mm€ Moralijtt. ' %t 

^r- ordre de Dieu, il eut fermé fes yeux & 
mis fes mains fur fa poitrine , le Seigneur Ytvc^ 
brada , & retira fon ame par un baifer , con- 
formément à ces mots du Deutéronome (48) \ 
Moyfe mourut fur fa bouche du Seigneur. 

Le Deutéronome parle de la fépulture de Dcr^rip 
Moyfe , & la fixe dans une vallée du payi ^^. 
dô Moab dont la véritable pofition n'a jamais 
,été connue (49). Suivant Philon & fairft Epi- 
.phane (jo), ililit enfèveli, non par des 
.hommes , mais par des anges ; ce que d'autres 
écrivains / facrés ou profanes , expliquent en 
difij-nt qu'on craignit que les Juifs , entraîné* 
par f admiration que leur infpiroit leur pro-r 
phète 5 & toujours portés à Tidolatrie , nQ 
lui vouaflent un culte &r n'honoraflent, par 
des vœux, des hommages, des fàcrifices, la 
terre qui renfèrmpit les dépouilles de ce grandi 
hojnme. (yi). Cette crainte n'étoit pas fan^ 

(48) Il y a danslaVUlgate:MormMjtf/?;tt3e/ï/eD(7m/;2p; 
chap. 34» V. 5 5 & le texte ne ferefufe pas à cette inter** 
prétation ; mais on peut lire aufli^ : Sufcr os Domink 

(49) Chap. 34, V. 6. 

( ^o) S. Epiphane , Haeref-'ç & 84 contre Origènç* 
Philon , tom. 2 , Uv, 3 , de la Vie de Moïfe , p. 179, 

(51) S. Chryfoftôme, Homélies fur S. Matthieu: 
Théodoret^ queft. 43 far le Deutéronome. Procope 
auffi fur le Deut. , & Josèphe , Antiq. jud. li v. 4 , ch.dern. ,, 
p. I ) 2. Galmet , diâo IpcOk 



11 Mcyfe , coi^ideré comme Lé^Jlateur 
fondement , s'il eft vrai , comme faint Epî-^ 
phane Taflure (yi), que les Iduméens , &: 
4'autres babitans de rArabie-Pétrée, fans avoir 
eu Moyfe pour conduâeur , pour juge & pour 
oracle , en firent un des objets de leur ado-p 
ration. On a cependant prétendu que fon 
tombeau, long-temps ignoré, avoit enfin été 
découvert , & confacré par des miracles (y 3) 5 
mais rien n*eft moins affuré. Ce qui paroît 
certain , f uivant VEcrîture , c*eft qu'il ne mourut 
ni par vieillefle ni par infirmités , puifque fe$ 
yeux n'étoient point obfcurcis, ni fes dents 
ébranlées : il étoit alors âgé de izo ans (54). 
J-es Ifraélites le pleurèrent, pendant trente 
jours , dans la plaine de Moab (jy). 

«!'■■■ I . ■ ■ ■ Il m 

^(52) Haref. jj. 

( 5 j ) Hornius prétend, à k fin de fon Hifloire ecdè- 
flafiique, que ce tombeau a été retrouvé en 1655, 
& avec cette înfcription Hébraïque : fTliT *t^ TWO'» 
Mofis , fervus Domini', mais, comme on l'a obfervé, 
en fuppofant vrai le fait allégué par Hornius, ce ne 
feroit jamais à Moyfe qu'il Ëiudroit le rapporter ; rien 
nç Iç caraâérife. Peut-être eft -ce le tombeau de 
Moyfe, fils de Maimon, fi connu fous le nom de 
Maimonide, & qui, en effet, vivoit en Afie, nos 
loin de l'ancienne terre d'Ifraël, 

(54) Deut. chap. 54, v, 7. 

(55)Deut.ch 34, v.8. Aaron, àfimort, futdeméme 
pleuré pendant trçnte jours, Nombr. çhap. ao, y. jo. 



& comm MoraVifie. ij 



CHAPITRE IL 

Z?£ V adminifiration civile & politique des Hébreux 
fous Moyjiy & depuis /a moru 

J ÉHOVA fut lui-même le légiflateur des Lcprcmîcr 
Hébreux, L'expreffion de fa volonté fouve- S^t^'d» 
raine fortit de fa propre bouche. L'amour qu'il ^p^^f"^ 
exige eft la bafe des devoirs qu'il prefcrit. On 4"^. 
reftera fournis immédiatement à fes ordres & 
à fes regards. Il défend aux Ifraélites d'ajouter 
ou retrancher jamais aux maximes qu'il daigne 
leur publier (y6)* Ne voit-on pas , dans tous 
ces traits, le caraftère certain d'un gouver- 
nement théocratique i 

On le voit encore dans ceux-ci. Jéhova fe 
fait-il conftruire un tabernacle ? c'eft au milieu 
de fon peuple s c'eft-là qu'il donne les com- 
mandemens & rend les oracles dont Moyfe eft 
Je dépofitaire (yy). Tous Us arrêts font infpirés 
par lui ; il préfîde à tous. Affis avec les magis- 
trats , il leur dide la décifîon qu'ils pro- 
noncent (y8) , &: cette décifion eft appellée le 

(0) Deutéronome , cbap. 4, v. a. 
(ç7) Exode, chap. 2f , v. 8 & aa^ 
(î8) Pf. 8x, V. I. 

B4 



i^ Moyfe ^confidéré comme Ùgijhteur 

jupment de CEterml (59). Jéhova, comme dk 
Tfaïe (60) , eft le roi , le légiflateur & le juge. 
Les im^ofîrions même fe lèvent en fon nom, 
& le produit en eft pour fon temple 8f pour 
fes prêtres (61), 
■ < >' ' ■■ ■ ^' . » 

(59) Deutéron. chap. i, v- 17> & chap. 17, v^ 10 & 11. 
. (60) Chap. 33 , V. 22. Voyez , fur ce^te théocratie , 
Josèphe, antiq. jud. liv. 4, chap. 8 , pag. 119 & fuiv. 
Théodoret , fur le premier chap. du prem. liv. des 
Rois.Leidekker, de repubticaHebrasorum, Itv. 5 sch. z 
& fuiv. p. 267 & fmv. Spencer, de Legibus ritualibus 
Hebraeorum. , Diflèrt. de Théoqr. jud. ç. i j p. 20,2 & fuiv. 

(61) Oatrè les dîmes & les prémices, tout homme 
au-deflus de vingt ans payoit , pour l'entretien du 
temple , une capitation d'un demi-ficle. Les pauvres 
' Blême y furent obligés , Exode, chap. 30, v. 12 & if. 
Voyez auffi les Nomb. , chap. i , v. j , & le chap. 26. Oa 
çonfacra fpuvBnt le produit de cette capitation af^x objets 
publics, aux; pont5, aux aqueducç, aux places, aujc 
grandschemins,Mifaa,t.2,deficlis, ch. 1. §• i, p 176. 
L'ordre ^e payer le demi-ficle étoit renouvelle , chaque 
année , le premier jour de février , dans toutes les villes 
dlfraël. Trois femaines après la proclamation, on s*af- 
^mbloit. Ceux qui ne pay oient pas fur-le-champ, doh- 
noient un gage. Les profélytes & les affranchis, tous 1^ 
Ifraélites , les Lévites mémç y furent fournis; Les 
femmes, les domefliques, les mineurs de vingt ans ne 
dévoient ni gage ni capitation. Les prêtres \ dévoient, 
mais à caufe de la confiance qi^infpiroit leur miniflère, 
on ne leur demandait pas de gage, s'ils ne racquittoiei^ 
pas au jour marqué. Mifiia, ibid. §.3 , p. 177 & 17*. 



^ comme MoraRfle. if 

" Ainli, tandis qi\e d'autres nations firent des 
dieux de leurs rois , les Juift firent un roi de 
leur dieu. Le grand-prêtre étoit fon premier 
"miniftre , fon eonfidenç , fon interprète. Il ne 
fut cependant, ni le chef de la nation, ni 
même celui de la magiftr^ture. Moyfe réunit 
cette double fondion jufqu*4 la fin de fes jours. 
Les Ifraélites étoient alors da!\$ le défert , où ils 
pafsèrent trente-neuf années ; ^ fi le fiège de 
leur tribunal y fut, comme eyx, ambulant 
r&: mobile , Tadminiftratiôn de la juftice y fiit ^ 
aifée , puif que le peuple , raflemblé fous les 
yeux du magiftrat , ne couroit pas au loin pour 
Pobtenir^ &c ne trou voit pas, ainfi que nous, 
dans de vaftes pofleffions , une fource étemelle 
de divifions & de procès. 

Mais quand du défert on pafla dans la terre jugw^tabUi 
promife, un feul corps de magiftrats fut in-^aie"'^"* 
fuffifant, ou s'il en dut refter un qui con- 
feryât l'autorité fuprême , le dépôt des loix 
& du bonheur public, chaque cité dut avoir * 
fes juges. Lie Deutéronome prefcrivit d'en 
établir aux portes des villes abandonnées aux 
tribus (^i) h établiflement d'autant plus digne. 
4e la fageffç ^e Dieu , pour une nation habi-. 
tuellement vouée à l'agriculture &: à tous les 

{62) Chap. 16, Vt 18. 



1^ Moyfe y confîdéré comme Légijlateur 
travaux de la campagne, que ces villes reflèm- 
bloient peu aux nôtres , & ne confiftoient guère 
■que dans les habitations rapprochées des la- 
boureurs voifins. Auffi furent-elles très-nom- 
breufes. La feule tribu de Juda en pofledoit 
plus de cent (63), Nous excepterons, de cett« 
propofition générale, les métropoles, les cités 
qu'habitoient auparavant des rois , dans la 
terre de Chanaan , & qui faifoient- la plus 
grande partie de leur empire , comme Jérufa- 
lem , Haï , Hebron , Debir , Horma , Bethel , 
Jéricho , Libna -y Jarmuth , Lachis , Mak- 
keda, Gibeon, Cadès, &c. Au refte les portes 
des villes étoient , depuis long - temps , le 
Keu où fe faifoient, devant témoins, les ventes 
& toutes les autres conventions. Abraham y 
achète des Hettéens, & d'Ephron en parti- 
culier, un champ pour enfevelir Sara (^4)* 
Hemor y aflemble fon peuple, pour l'inviter 
à une alliance folemnelle avec la famille de 
Jadob , dont Sichem, fon fils, avoit déshonoré 

lafiUe(^j)' 

( 63 ) Jafué , çhap. 1 ç , v. ai , & fui vans. 

(64) Genèfe , ch. 23 , v. i & ftiivans , & praecipuè 
V, 10 , II , 13 & 18. 

(65 ) Genèfe, chap. 34 , v. ao. L'affemWée du peuple 
s'y faifoit toujours. 



& comme Moralifie. 27 

Sans entrer ici d^ns la difcuflîon des diflerens on ne con- 
tribunaux qu'eurent enfuite les Hébreux (66), x^^ZJ^x 
nous nous contenterons d'obferver qu'en gé^ ZT^^' 
néral, comme toutes les loix, religieufes, 
dviles ou criminelles, s'identifioient par la 
théocratie, on connoiflbit peu ces attributioi>^ 
fi nombreufes chez les peuples modernes , dont / 
le moindre péril eft de retarder une décifion 
fbuhaitée par des débats fcandaleux fur unç 
compétence incertaine, & qui , rendant ainfi la 
)uftice plus tardive envers le citoyen éloigné de 
fes foyers , en agravent leçoids pour le malheu^ 
reux forcé d-expier l'ignorance des défenfçur« 
& la difcorde des magiftrats. 

ï^a théocratie fubfifta fous Jofué , & pendant Adœînîc 
que les Hébreux obéirent à un juge : /èulementU?****" p°^' 
elle fembla prendre une forme plus ariftocrar^» ^«^«'• 
tique. Pour cimenter cette ariftocratie, on nevoir & leui» 
rendit pas héréditaire la fonâion.de ce ch^f ° 
illuftre. A fa mort , on n'étoit pas même tenu 
d'en élire un autre, avec un pouvoir égal. 
Nous ne voyons pas qu'un fîl^ y ait jamais 
fuccédé à fon père , fi ce n'eft Abimélech , fiU 
de G^éon, qui employa la violence &r la 

{66) Cet examen fait Tobjet d\in mémoire parti-» 
cellier , 4eftioé à être lu dan$ les féances de racadémi^ 
des belles-lettres. 



'iS Moyfc y confiiiré comme Légijlattur 

fédition pour être le prepirer des Ifraelîtes (67). 
Les Ju^es avoient d'ailleurs un pouvoir bornd" 
La faculté de donner des loix ne leur apparte- 
4ioit pas, & ils ne fatfoient rien que du eonfeil 
des anciens & du Sanhédrin. Ce n'eft que lorl^ 
qu'il falloit combattre qu'on leur laiflbit une 
•grande autorité : de confuk de k république ils 
en devenoient les dictateurs 5 & , comme c^x 
officier chez les Romains , ils avoient alors le 
droit d'agir & d'ordonner fans confulter le fénat. 
Voilà pourquoi fans doute, quelques auteurs, & 
Josèphe entr'autres , les appellent fou vent chefe 
de l'armée (68). Les qualités guerrières étoient 
fi indifpeftfables dans celui qu'on nommoit le 
juge de la nation , qu'une vidoire fut foûvent 
le titre pour s'élever à cette dignité. Gédéoà 
avoit foumis les Madianites , & Othoniel , Aod', 
Jephté , délivré leurs concitoyens de l'oppref- 
fion qui les menacoit (69). La reconnoiflance 

A \ r rr 

(-67) Juges, chap. 9 , v. 1 & fuivans. 

(68) X1fa1«yo«, mot dont la langue grecque fouiv 
Dit, en le décoinpo£inft^ une étymologie fi naturelle» 
qu'il eft bien difficile de croîi«, comme Font bât 
quelques écrivains, qu'il ait été emprunté du Syriaque 
Aftartig ^D'TIDDK qui énonce la même idée. 11 npu^ 
femble qu'on les défigne , avec moins de raifon , pa|f 
Moyotpx^' > AuToxf)ctTop«j , Apx^"'*'*' > Hyg/tw«f •• 

(69 ) Jug. chap. 1 , 3 , 6 , 7 & II. 



- • êr comme filvraUjie. - ^^ 

«iu peuple à cet égard fil t même fi grande qu'il 
y nomma une femme , après une viâoire 
qu'elle avcit procurée (70). Au refte, Débora 
feule jouit de ce privilège 5 &, quand les rois 
gouvernèrent^la Judée,. les mâles feuls purent 
poffeder un trône dont le devoir principal étoit 
auffi de conduire des armées. On adopta le 
principe , renfermé enfuite dans un vieux adage 
xjui n'eft digne d'être remarqué que par l<s 
.mauvais goût qui le caraâérife : 

jipta qiddem tela , fed inepta efi femlna telo ; 
Indignutnque vîrisfubdere coUa cola. 

Bientôt OÙ accorda Un roi à là nltîôn qui lô 
defiroit , & , à peine alïïs fur le trône , il eut la 
plus grande influence. Les monarques firent 
des réglemehs, infligèrent des peines-, vou-»- 
iurent quelquefois établir des magiftrats, & 
fen réformer ^décifion (71). Quelquefois ils 
prirent fur eux de condamner feuls à la perte 
de la vie. David n'héfita point à le faire envers 
les meurtriers de Salil & cêliii d'Isbofet (72). 
Salômon le fit enfuite , dans ce jugement cé-^ 
lèbre dont on a vanté la fagefle, &: qui n« 

■■'••' ^ ■' ■ • ■ ' ■ •~ -> 

i'fo) Vùyei h chap. 4 du Livre des Juges. 
( 71 ) Voyez I Reg. chap. a , v. 3 ç ; chÂp: 1 5 , y. î 
& 3 ; 2 Reg. chap. 11 , v. i. 
(72) 2 Reg, chap. 4, V. 12; chap. 11 , y. 15. 



j Moyje j conjidcré comme Légijlauuf 
(iippofe pas une connoiflance moifis profonde 
du cœur hutnain. Le crime avoit été comtriis 
pendant la nuit & fans témoins* Il falloit 
donc diercher la vérité au fond de l'attie Ae^ 
coupables. Déjà le glaive eft fufpendu ; les 
deux mères environnent le monarque •, les 
bourreaux font prêts; les flancs d'une jeune 
vidime qui ignore fon malheur , fes flancs 
vont être déchirés. Hélas ! enpétiflant, ce 
rejettort infortuné n'aura pas îfaême la dou- 
ceur de défîgper, par fon dernier f égard, celle 
dont il reçût le jour. La fâufle mère^ tran- 
<}uille ^ couve une )oie féroce ; eUe triomphe 
de voir rayir à fa rivale l'objet qui eût fait 
fon bonheur* Mais foudain la véritable mère^ 
l'œil égaré, la bbuche plaintive^ les accens 
entrecoupés , vomiflant les pleurs & les fan- 
glots : Arrêtez , cruels , arrêtesL Non y je ne 
fouffirirai pas que mon fils périfle à mes yeux , 
fous la main d'un barbare. Il fkut perdre ou 
fa vie ou la douceur de le ferrer dans mes 
bras. Mon choix n'eft pas douteux. Je me fa- 
crifie. Qu'il vive, qu'il vive. .Oui /il n'eft 
pas mon fils -, il n'eft pas le mien } il eft celui 
de ma rivale : mais^ encore une fois, qu'il 
vive , qu'il refpire (73), 

(73) Je connois peu de tableaux plusdraiiiatiques, 
de finiations plus intéreflantes. Je n^ai jamais pu lire , 



& comme Moralijle* ^ t 

Quoique l'état fût monarchique, l'admi- letch 
mftration n'en appàrtenoit point exclufive- à^icJ^t'î» 
ment au monarque. Chaque tribu avoit fon ^^^l 
chef dans la branche ainëe des defcendans ^"^^ 
dîreâs du patriarche qui lui avoit donné fort 
nom. On a défigné enfuite ces chefs par phy* 
larques. Les phylarques n'avoient pas feule- 
ment une grande confîdération ; ils affiftoient 
le roi dans lesaflfaires importantes , comme ils 
av oient auparavant aflîfté le Juge, & ils ju- 
roient tous avec lui , s'il falloit garantir une 
promeflè par un ferment public (74). Ils avoient 



je l'avoue, fans le frémiffement de la douleur, ces mots 
énergiques du cKap. 3 , 3.Reg., v. î6, que prononce 
la véritable mère^-en voyant '^qu'on va partager fon 
fils : Obfecro , Domiiie ; date vivum. 

(74) Abulenfis, i. Paraltponii ch. 26, queft. ^4; 
Cornélius à Lapide, fur le livre des Nombres , ch. i , 
v. 5. Menochius , de republicâ HebraKorum , liv. i , 
chap. (} , §. 8 , p. 42. Voyez ^ dans le chap. 19 de lofué , 
un ferment fait avec les douze phylarques. Quant i 
Padion de les confulter , voyez tes chap. 30 du livre 
des Nombres ; 5 , 29 & 3 1 du Deuteron. ; 8 du 3^ livré 
des Rois ; 28 du ^«' liv. des Paralip. , & 5 du fecoùd. 
Sur ce qu'ils rendoient quelquefois , dans leurs tribus , 
une efpèce de juftice , voyez lePfeaume 121 ^ les ch* )2 
dlfde & 19 d« S. MattMeti. LesSeptante, au lien de 
phylarques > les appellent quelquefois Af>oc>fvAoi^ Ap^* 



3*^ Moyfe ^ confidéré comme Légijlatcuf 

'ailleurs chacun daris leurs tribus , quelques- 
uns des droits que le monarque avoit fur la. 
nation entière j celui i par exemple , d'en oir-^ 
donnet raffembléé j pour délibérer fur uOj 
objet important (75 )• Ces affemblées , foit^ 
générales-, foit particulières, avoieiit brdU 
Clairement trois buts principaux ; écouter, 
prier ^ agir {76) i écouter , quand on âvoit. 
à communiquer les ordres de Jéhova ou ceux 
du Souverain (77); prier, comme on en voi^ 
des exemples dans le livre des juges (78) , danji 
celui des rois ( 79 ) , dans celui des Macca-. 
bées ( 80 ) ; agir , comme pour nommer uii 
chef, applaudir à Téledion d'un roi (81)^ 

■ ■' • ■ I i r » II.. ■ M M . i, - .i . I • • Il n.i I ' 11 I ' l ' i '■ m 

(7s) Voyez Jofué, chap* 18 > v^ i^ chap. ai, y: aa.; 
Juges, chap. 20, v. i. Nombres, «hap. |o, ,v, i;. 
Peutéron. chap. 5 , v. 23; chap. 53, v. j. | Reg. 
chap. 7, V. 5. I Paralipom. chap. 5 ^ v. a: chap.. 15 i, 
V. 19. Efdras, chap. io, v. 9. 

[y6) Voyez Sigonius, de republieâ Hebr^ûrùm^. 
liv. 6 , chap. 3 , p. 697. 

(j?) Voyez le chap. 4 du Deut. « & le chap. 29 jdii 
i^r liv. des Paralipom. , 

(78) Chap. II. * . \. . . . 

(79) I Reg., chap. 74 

. <8o) Chap. 3. . r 

\ (8i) Voyez le chap* 8 du îiv. des Jugés; le chap. 10, 
du i« liv. des Rois, & le fécond chap. du i« liv. des- 

Maccabées. ...... ..^ 

* * '■•***./• 

concourir 



& comme Moralljii. | } 

concourir à la décifion de la guerre & de U 
paix (82). 

Un grand nombre d'officiers s'élevèrent officia 
anffi bientôt dans le palais du Ibuverain. Côm- 5e°u^*^ 
plaifans pour fe$ goûts, ils devinrent, par in- ^^^^ 
térêt ^ les agens de ton defpotifme , & étendirent 
fon autorité pour accroître leur puifTancê. J'ai 
donné aitleitrs le détail de ces difierentes di- 
gnités ( 85 )i Je me contenterai de rappeller 
ici les principales de celles qui ont le plus de 
rapport à mon fujet. L'une eft la foiiétion 
d'adminiftrateur général , ou de premier mi-* 
niftre du royaume. C'étoit un vice-roi , fi ott 
peut nommer ainfi le fujet qui gouverne di-* 
reftement auprès du monarque, & fous fel 

(82) Cbiiiflieenv^slesAiiinionites,chap. lodulir^ 
Ass Juges ; envers les Bônjaminites ^ chap. oo da 
mteie livr^; envers les Philiflins, i Reg. , chap. 7. 
Salomon convoque le. peuple pour la dédicace du. 
temple, 3 Reg. , ch. 8 , v. i ; 2 Par., ch. 30, v. 5 , &c. 
Roboàm , après la réparation des di^ tribus » convoque 
les deux qui reftent. ) Reg. , cbàp. 11 ^ v. 21. Dans te 
ter Hv. des M^ccabèes , oalit un décret par lequel ort o« 
permet d'aflen^bier le peuple qu'à Sîipoo, devenu pfîtice. 

Ch^pt i4« V* 44-. 

(8)) Dans un mémoire fur Té^.de la magiftraturt 
& de la roya^uté, che2 les Hébreux, lu dans une des 
féancés de Tacadémie des béllés-lettrés , au ilroil de 
Janvier îtS/. * 



34 Moyfi ».. conjidéré comme Lcgijlatcur 
yeux* L'autre eft celle de furintendant de 
la maifon du roi, & de fes finances : car ces 
deux places paroiflent avoir été réunies. La 
troifième , celle de mazechir , que pluiîeurs 
écrivains modernes défignent, aflez impro- 
prement , par le nom de chancelier , du moins 
tel que nous l'entendons aujourd'hui , puifque, 
loin d'être le chef de la magiftrature , fou 
devoir fut de conferver les événemens poli- 
tiques & les aâions des rois. Nous ignorons fi 
les mazechirs ofbîpnt juger ces aâions , ou fi 
la crainte & la flatterie les dégradoient au 
point de n'en (aire que les panégyriftes du 
monarque. Dans le fécond cas , regrettons 
peu la perte d'une fi honteufe inftitutîon : 
dans le premier , obfervons combien elle a 
quelquefois peu d'influence , puifqueles rois des 
Juife fiirent prefque toujours ignorans & féroces. 
D^ordre L'aflociation d'un fi grand nombre d'offi- 
rwntmSTciers à l'autorité , ou du mioins aux fonâions 
royales , ne produifit pas cette paix intérieure , 
cet ordre civil , cette tranquillité politique 
qu'on avoit lieu d'en efpérer. Un défordre 
abfblu pnSfida au gouvernement de Jéro- 
boam , quand cet Ephraïmite ambitieux eut 
dépouillé ion roi de la plus grande parde 
4e fbn empire , & prenant l'admintftradon 
de dix tribus, ne lui eut laiffé que celles de 



é comme Moralijle. jf 

Benjamin & de Juda (84). Il eft vrai que Id 
difcours de Roboam aux Ifraélites , qui k 
prioient de les traiter avec plus de douceur 
que Ton père , le rendoit peu digne dû trône. 
Mon père , leur dit-il ( 8 j ) , vous a impofé 
un joug pefant j je le rendrai plus pefant 
encore : il vous a battu avqc des verges, 
& je vous châtierai avec des inftnuneris de 
fer. 

Jëroboam & fes fucceflfèurs fe vouèrent Gouremc* 
fouvent à Tidolatrie : c'eft dire que les prêtres SSam* ^« 
furent fans pouvoir. AuflS TEtre funjjême, ja- ^^^'""^ 
loux de punir l'outrage fait au régime théocra- 
tique qu'il avoir établi ^ laifïa-t-il peu de temps 
le fceptre dans les mains de ces rois , &c le^ 
irappa-t-il de mort (8^). Ils étoient d'ailleurs 
indignes de le porter. Je n'en veux pour exemple 
que le defpotiûne d'Achab. Un traif cité par 
l'Ecriture (87) , fuffit pour en donner une 
idée. Un citoyen vertueux , Naboth , avoic 
une vi^e auprès de fon psdaisj le roi la lui 
demande : Naboth obferve au monarque que 
Moyfe a défendu toute aliénation de l'héritage 

(84) Voyez le troifieme livre des Rois, chap. la 
& fuivans. 

(85) 3 Regum, chap. 11 « v. 14. 

(86) 3 Reg. chap. 14, i; & fuivans. 
(87} 3 Reg. chap. 21 , y. i^zâ. 

Ca 



3 6 Moyfc^ conjidcré comme Ugifiateùr 

de fes pères. Achab furieux , & n'ofant 
violer ouvertement la loi , fiiit envoyer aux 
principaux de la ville qu'habitoit Naboth , 
des lettres fignées de fou cachet ( 88 ) , pour 
fuborner deux témoins qui accufent cet in- 
fortuné d*avoir blafphémé contre Jëhova. 
L*accufation effi formée -, une condamnation 
la fuit s & le prétendu coupable eft lapidé. 
Nous pourrions rapporter plufieurs aâions 
femblables. En général , la pi^diéHon dé 
Samuel ne fiit qlie trop vérifiée , quand il 
difoit, aiA Ifraélités qui defiroientun roi t il 
vous livrera aux travaux les plus vils & les 
jplus dufs , vou^, vos enfans &: vos feryi- 
teurs y & vous obligera à lui donher une 
portion de vos revenus ( 8^ ). Prefque tou- 
jours en eflfet, les (buverains hébreux regar-i 
doient leurs fuje^ comme des fërfi & dés 

(88) L'uiage de fcellçr les lettres & les ordres 
du roi étoit ancien en Egypte, Voyez le chap. 41 de la 
Génèfe. 

(89) I Reg. chap. 8, v. ï\-i&. Quelques écrivains 
n^ontvu, dans le difcours de Samuel, qu^un droit ^c- 
Clbrdé au prince de s*emparer des biens , de la liberté 
& du travail de fes fujets ; mais cette opinion a été 
combattue, avec fuccés, par Abulenfis , fur le i« liv. 
des Rois , chap. 8,9,1^. Voyez Ménochius , de repub. 
Hebr. liv. i , chap. i , §.<> p. 6, . 



' & comme MoraTiJtc. 57 

efclaves. Us .les accabloient de tributs ^ en Desimpd 
fruits , en argent, en beftiauxj àc^^^v une Stor^* 
ironie cruelle de la loi , on les nommoit des 
préfens , conune s'ils euflènt été volon- 
taires ( 90 ). Quelquefois ils furent fi excet 
iîfe , que les peuples opprimés fè révoltèrent 
comme fous Roboam , où une partie de la 
nation fatiguée de ce prince & du fardeau 
qu'il impofbit , lapida l'homme envoyé pour 
les recueillir ( 91 ). Avant lui , Salomon ayant 
fuit des dépenfes immenfes pour élever fon 
temple , mit un tribut confidérable 5 mais 1er 
tribut porta moins fur les Ifraélites que fur 
les étrangers qui habitoient leur contrée (9^)^ 
Il y avoit aufii de ces impofitions fous SaliL 
Ce roi en exempta la fdnaiïLQ de celui qui 

M II»! ■ Il I .11 .Ili M 11 ^ 

(90) Payer en beftiaux étoir commun aux an- 
ciens peuples. Le tribut donné par le roi de Moab à 
Achab , fut de cent jpille agneaux & de cent mille 
bèfiersj avec leur^ toifons. 4 Reg. , chap. 3 , v. 4. 
Méfa, fouverain des Moabites, ayant refufé de le 
f>ayer, fut attaqué & vaincu par Joram. C*eft dans 
ce combat que Méfa , défefpéré , fe flattant apparem<» 
ment de fe rendre le ciel favorable , par un facrificc 
auffi précieux , offrit fon fikainé en holocaufle, fur It 
muraUIe de la ville. Ibid. v. 27. 

(91) 3 Reg., chap. 12, v. 18. 

(92) 3 Reg., chap. 9, v, 15-21. 2 Paralîp., ch. 8, 
V. 9. Voyez auffi j Reg. , chap. 12 , v. 4» 

C3 



jS Moyfc^ conjidcré comme Légijlattur 
oferoit combattre Goliath ( 93 ). D'autres en- 
droits de l'Ecriture prouvent qu'il y avoit 
outre cela une fervitude perfonnelle. Par quelle 
fatalité voyons - nous donc , en parcourant 
rhiflQire de l'univers , l'orient prefque tou- 
jours privé de fa liberté civile ? Ces terres fi 
favorifées par la nature , n'ont fouvent ren- 
fermé que des tyrans & des efdaves. Le 
climat feroit-il la caufe de cette longue & 
éternelle fervitude ? Celui des environs de la 
mer Egée & des rivages du Tibre eft peu 
•diffèrent 5 & c'eft à Rome & dans la Grèce 
que parurent, avec toute leur énergie, letf 
prodiges & Tenthoulîafme de la liberté. 
Sacrifices Pendant que les rois d'Ifraël opprimoient leur 
peuple & fe déshonoroient par l'idolâtrie , les 
princes de Juda , héritiers de Robbam , n'étoient 
pasmoinscoupables(94).L'impiétéparvintàun 
tel point dans leur empire , qu'on of&it des fâcri-' 
fices à Béel-phegor ou Priape , & que la mère da 
fouverain fut intendante de ces facrifices (93, ). 
L'ordre & le régime facerdotal reparurent 
fous Jofapbat; les magiftrats y redevinrent 

les dépofitaires des volontés de Jéhova {96) \ 

' —il. ,-, — _^ 

(9O ï Reg. , chap. 17 , V. X ï. 

(94) 3 Reg-» chap. 14, i< & fuîvans. 

(95) 3 Reg. , chap. iç , v. 13. Maacha, mère d'Afa. 
. (96) 1 Paralip. , chap. 19 , v. 5 , 6 & 7. 



& comme MoraUJU. 39 

& fî , des deux tribunaux inilitués , l'un eut Triiwnauy 
pour chef Zabadias , princedelamaifon royale; joia^LT' 
l'autre , compofé de prêtres & de lévites, fut 
préfîdë par le pontife fuprême (97). Il en avoit 
auparavant envoyé plufieurs dans toutes les 
villes de fon royaume , accopipagnés des prin- 
cipaux feigneurs de fa cour, pour inftruire le 
peuple de la loi ( 98 ), inftitution fage & digne 
d'être célébrée. 

L'influence facerdotale , toujours liée au nAntn^ 
refpeâ: du peuple & des princes pour le culte a^rldm^ 
de Moyfe , n'éprouva , fous les règnes fuivans, ^"ie? 
aucune variation fenfible. Si les fbldats & une 
foule de citoyens armés reconnoiffent Joas 
pour leur fouverain , relèvent à la royacuté 
& lui en donnent les marques augufles , c'eft 
dans le temple que fe fait la cérémonie ; c'eft 
le grand prêtre qui pofe le diadème j.c'eft par 
fts ordres où par fes confeils , qu'une grande 
partie de la nation eft raflemblée autour de lui 
pour venger & couronner le jufte héritier du 
trône ; c'efl lui qui fait prononcer au peuple 
le ferment d'être fidèle à fon nouveau roi, 
& au roi le ferment d'aimer foH peuple , d'ho- 
norer Jéhova, & d'obéir à la légiflation de 
Moyfe. Il va plus loin ; il ordonne qu on fe 

(97) 2 Paralip. , chap. 19 , v. 8 & 1 1. 
foS) a Parai, chap. 1 7 , v. 7 , 8 & 9* 

C4 



jft> Moyfc , confidcré comme Légijtateur 
iâififlê de la reine , qu'on la traniporte ho» 
du temple & de la ville , menace de la mort 
ceux qui oferont la défendre , & lui fait ar- 
racher la vie (99). 
Leiiejôfls II femble néanmoins , par une loi de Joas , 
r«ionf'^' que la conduite des miniftres des autels étoit 
•*"F'*- alors peu* conforme au cata<aère facré dont 
ik (ont revêtus. Les réparations du temple » 
qui dévoient toujours fe faire à leurs frais ^ 
' & ppiir lefquellei , outre les dons volontaires , 
ils recevoient la capitation des Ifraélites au* 
dsflus de vingt ans , étoient négligées. Joas 
ordonna qu'ils n'en fuilènt plus chargée dé^ 
formais, & , par conféquent , qu'ils ne re-^ 
c6vroient plus les femmes qu'on y avoit 
deftinées. Tout cet argent fut placé dans 
un endroit particulier , d'où on le droit k 
mefure que les befoins du fanéhiaiie l'exi* 
paient ( 100 ). Le roi cependant laifla au* 

■'■ ■ ■■ ■ ■ I ■ > I I !■ Il M 

(99) 4 Rcg., chap. II , v. 4-11, 1 Paralip., clua3 j 

v.ii &ia. Josèphe, Antiq. jud.,Iiv.9,chap.7, p. \%% 
&315. 

(ioo)4Reg., chap. i a, y. 4-11. Cet arg«nt n'étoît 
que pour les réparations , & non pour les meubles 
nouveaux dont on avoît befoin, V. 12 , 13 & 14, Ce-» 
pendant on y employa ce qui refta d^ la fomme don^ 
née pour cette réparation. Josàphe , Antiq, , li v. 9 , ch. $ , 
p. 3 14. Voy. auffi le chap, a4 du a« \yf. des Paralip, 



& comme MoraFiJU. 41 

prêtres le produit pécuniaire de U peine de$ 
£aiutes ordinaires & du pëché. 

Le culte des faux dieux reparut vers la Deiaimiâ 
fin du règne de Joas. Ce prince ofa (iûre la- ^faibc 
pidcr un grand prêtre , & ce grand prêtre ëtoit ««^^ 
le fils de Ton bienfaiteur , de .l'ancien protec- 
teur de fes droits & de fon trône ( loi ). 
Peu de temps après , attaqué par Azaël , roi 
de Syrie , qui /àccagea la ville de Geth , & 
affiégeoit Jéruialem , plein de frayeur » il lui 
envoya los tréfors du temple , ceux de TEtat ^ 
& les préfens que le peuple avoir oflèrts à 
Jéhova \ mais s'il ne périt point par les armes 
ennemies, il fut bientôt la vidime de fes 
propres fujets ( loi ) , on conipira contre lui , 
&r on Taflaffina. 

Amafîas fut idolâtra , comme Joas fon, 
père (103). Ofias ou Azarias lui fuccède, & 
tombe dans la même erreur (104). Joatfaam, 
qui le remplaça , fut vertueux , & cependant 
le peuple continua de préfenter aux idoles ^ 

(loi) aParalip.^ ch. 24, v. i8-2t. Voy.Josèphe» 
lî V. 9 , chap. 8 de Tes Antiq. jujd. , p. ^14. 

(i02)4Reg., chap.ia^v. 17-xï. aParalip., €h.t4^ 
V. 13-16. 

(105) % Paral'ipotti., chap, 2f » ▼ 14. 

(104) 4 Reg., chap. 15 , v. 4 & 5, ft Pamlip.» chr ^6, 
V. i6&iî}iva«« 



4i Moyfe^ conjideré comme Légljlateur 
dans des lieux élevés ^ de l'encens & àe% 
facrifices (105^). Achas, fils de Joatham , ra- 
mena les eKcës impies de tant de fouverains; 
& félon Tufage des Cananéens , il ofirit Ion 
propre ffls en holocaufte (106). Vaincu par 
le roi d'Ifraël dans une guerre qu'il eut à. 
foutenir contre lui , il fbllicita la protedion 
du roi d*Aflyrie. Celui - ci n'héfita point à 
raccorder : il combattit avec (iiccès les Ifraé- 
lites , en fit un gi^d nombre de prifonniers , 
& les emmena dans fon royaume ( 107 ). 

(105) 4 Reg., chap. 15, v. 34 & 35- 2 Paralip. , 
chap. 27, y. 2 & fuivans. Voyez, pour la confécration 
des lieux élevés à une fuperftîtion religieufé, l'exemple 
de Jéroboam, 3 Reg., chap. 12, v. 3z;4Reg.,ch.2$, 
, V. I j ; celui de Joram , z Paralip. , chap. 21 , v. 2 ; celui 
d'Achaz , 2 Paralip. , chap. 28 , v. 25. Voyez auffi 
Jérémie, chap. 19, v. ^ ; chap. 26 ^ v. 18; chap* 32^ 
▼. 35. Ezéehiel, chap. 16 , v. i6. Ofée , chap. zo , v. & 
Michée , chap. i , v. 5. 

(io6)4Reg. , chap. 16, v. 2, 3 &4. 2 Paralip., ch. 28» 
y.2,3&4. 

(107) 4 Reg. chap. iç , v. 16 & 17. Manahem, roi 
d'Ifraël , avoit payé , au roi d'Aflyrie , une redevance 
de mille talens d'argent , qu'il leva fur tous les Ifraélites 
riches , en les taxant à cinquante ficles d'argent par 
tête, environ cent vingt-cinq de nos livres. Chap. 15,.- 
V. 20. Le talent d'argent valoit , à c« qif on croit » 
quatre mille huit cents livres de notre monnoie» Il y avoit 
auffi un talent d'or, qu'on fuppofe d'eaviron foixaofe 



& comme Moralijle, , 4) 

Quelques années après, Samarie futprife, & le 
peuple captif envoyé en Perfe & en Médie (bus 
le joug des Aflyriens , tandis qu'ils envoyoient 
de leurs fujets habiter les terres d'ÏÏraël (108). 

Dans le royaume de Juda^ échappé à ce mal- onretton- 
heur , l'idolâtrie futencore fouvent en vigueur, J^l^^ 
& quelquefois détruite ( ibp ). Sous Jolîas , 
qui en abbattit les. autels , en renverfa les 
fimulacres & les ftatues , & fit couper les 
bois qui leur étoient confacrés (i 10) , le livre 
de la loi eft trouvé dans le temple, & le 
pontife effiraie le fouverain des menaces qu'il 
renfennp envers ceux qui auront violé l'al- 
liance que Jéhova daigna renouveller avec 
ion peuple dans les pUines de Moab , peu 
de temps avant la mort de Moyfe ( m }. 

& dix mille livres. Achaz , affiégé dans Jérufalein « 
envoya , au monarque Aflyrien , les tréfors du temple 
& du palais , pour qull vint le fecourir. Chap. 16 , v. j 

&7. ' 

(xo8) Voyez le même chap. x6, & Josèphe, Andq. 
jud. , li v. 9 , chap. x 3 , p. 3 22. 

(109) La guerre naquit de ce qu*Ofée , roi dlfraël » 
& tributaire d'Aflyrie , avoit voulu s'affranchir du 
tribut annuel. 4 Reg. , chap. 17 , v. i & fuîv. 

(iio) 4lleg«, chap. 18-22. 2 Paralip.,.chap. 3; 
& fuivans. 

(m) 2. Paralîp. , chap. 34* v. 3 & 4. 4 Regum, 
diap.25,v.4,&c.&i4, 15 & fuivans. 



44 Moyfcj conjiâm comme Légiflatair^ 

L'ordre judiciaire eft afièrmi fous ce prince; 
des cenfeurs & des magiftrats font établis 
pour aflurer l'exécution des vertus civiles^ 
& la tranquillité publique (lit). 
Gourerae- Sous Joakim qui , devenu tributaire du roi 
jîîft ^' d'Egypte , chargea fon peuple d'impôts oné^ 
fcriifj.^®"^ ( 113 ) > les fujets &: le monarque fe 
wirts des livrèrent à toutes les impiétés de leurs an- 
rois d*Egyp- . , , T A J 

te. cêtres ( I14). Les prêtres eurent donc pea 

d'empire. £n vain ils condamnèrent Jérémîe 
pour avoir fait des prédirions défaftreufes t 
le fénat de la nation &^ les princes de Juda 
réformèrent leur fentence (iij). Cependant , 
ils avoient toujours un rangdiftingué , quelque 
pouvoir & une grande confidération. Le 
prophète fut emprifonné fur l'ordre leul de 
Phaflûr , qui étoit le fécond prêtre du temple , 
ou le vicaire du pontife , celui qu'on appelloit 

(112) 4 R^m, chap. 22, v. 8-20. 2 Parai.» 
chap. 34 , v. 14 & fuivans.. 

(11$) Josèphe> Antiq; jud., liv. 10, chap. {, in 
principio. 

(114) 4Reg.^ chap. 23, v. 35. Il fit payer à la fois « 
par tête & par biens. La capitation , & une efpèce de 
taille , furent cumulées. Ibidem. Le tribut impofé par 
le roi d*£gypte, fut de 100 talens d^argent & un talent 
d'or, c'eft-à-dire, environ cinq cents cinquante mille 
livres de notre monndie. 

(115) Jéiémie, ch. 26, v. 8, lo, n & fuivana^ 



& comme AioraUfie. 4^ 

prince dans la maifon du Seigùeur (116)) 
Ôc dans une lettre écrite à Sëphonias qui 
rempliflbit le même emploi fous un des règnes 
iïiivans , on lui obferve que fî Dieu Ta élevé 
à cette fonâion augufte (I17) , c'eft pour 
faire arrêter &: mettre dans les fers ceux qui 
fe difant infpirés , troublent par leurs prédic- 
tions ^ le repos des citoyens. 

JoaKim avoit reçu la couronne d'un roi Lef ron 
d'Egypte. Ceux de Babylone, dont la Judée^jf^J^ 
avoit auiiï été tributaire , ne la voyoient pas^yi<»«- 
(ans douleur fous la protedion d'un autre 
monarque 5 ils cherchèrent à reprendre des 
droits qu'ils étoient afSigés d'avoir perdus^ 
ic le fuccès couronna leurs defirs. Jérufalem 
fat affîégée Sf foumife , 6c Joakim emmené 
captif^ avec un grand nombre de fes fujets^ 
dsms une terre étrangère ( I18 )• Mais bientôt 

(116) Jérèmîe, chap. ao, r. t & i. Voyez auflt 
4Rego cliap. 2î,v.i8. 
^ (117) 4 Reg.> ibid. Jérémte, fchap. sç, v. 25 & 28. 

(118} 2 Paralipom., chap. 36 , v. 6. 4Reg., chap. 24^ 
V. L Daniel, chap. i, v. î & 2. Daniel nous apprend 
^lie ie roi de Babylone ordonna à Âfphenès, chef do 
&s eunuques, de prendre ceux des en^nsfiés du fang 
âes rois , ou des principales familles du royaume , qui 
. fdoAtnent une taille avantageuTe à une figure inté* 
rel^nte, pour les confacrer au fervice de fon palais. 
Chap. I , T. 3 &4. On enleva a«£i une grande partie 



4^ Moyfe^ coi^déré comme Ugijlateur 
ayant imploré la miféricorde du vainqueur l 
auquel il jura une fidélité & une foumiflîon 
qu'il viola dans la (uite , le prince de Juda 
fut rétabli fur fbn trône. Jéchonias , (on fils , 
qui lui fuccédà plufieurs années après (l i^), 
impatient du joug , tenta de s'y fouftraire , 
& fut à fon tour aflujetti & enfermé dans 
une prifon , où il termina fès jours ^ après 
trente-fèpt ans d'efclavage (iio). 

des vàfes , des ornemens & des richefles du temple de 
Jèrufalem , pour les porter dans celui de Babylooe» 
V. 2. Cet événement eft de la quatrième année du règne 
de Joakim , de la onzième de celui de Néchos en 
Egypte, de la vingtième de celui de Nabc^Iafiàr i 
Bdbylone, & de Tan 606 avant Jefus-C3irift. U com- 
mença la âmeufe captivité^ qui dura, comme on fait, 
Tefpace de foixante & dix ans. 

(119 ) L'an 598 avant J. C , par conféquent environ 
huit ans après. Jéchonias eft auffi appelle Joaçhin par 
FEcriture. 4 Reg., chap. 24 , y. 6 , 8 & 12. 2 Paralip. , 
chap. 36 , V. 8 & 9* Son père s'étoit révolté de nouveau 
contre NabuchodonoTor , qui envoya contre lui fiis 
généraux. Ils Taffiégèrent dans Jérufalem , le prirent, 
lui donnèrent la mort , & faifknt jetter fon corps hors 
des portes de la ville , le privèrent de la fépulture. 
Voyez , à ce fujet , le chap. 22 de Jérémie , v. 19; & le 
chap. 36, v. 30. 

(120) Voyez4Reg., chap. 24, v. ia& fuivans. Au 
bout de ces trente-fept ans , Evilmérodac ayant fuccédè 
i Nabuchodonofor., fon père , Jéchonias fut tiré de & 



&^comme Morahfte. 47 

Nabuchodonofor ayant de nouveau ap- variatîoz 
pauvri la Judée en lui raviflant tous ks foldats^ Se"^^*! 
fêis meilleurs ouvriers , fès principaux ci- JS^"„^""' 
toyens , & les tréfors qui reftoient , foit dans le 
temple de Jéhova, foit dans le palais du 
monarque (12.1), donna pour fouverain aux 
citoyens obfcurs & indigens qu'il laiflbit dans 
leur patrie , un oncle paternel de Jéchonias : ce 
fut Mathatias , troifième frère de Joakim ( 1 22). 
jLe roi de £abylone changea le nom de ce 
prince en celui de Sédécias, comme une 
preuve de fa fuzeraineté (123). Pendant ce 
temps malheureux^ de fbumiflîon & d'efcla- 
vage , on ne connut aucune forme de pouvoir 
ni de gouvernement. Sédécias » infidèle &: 
parjure comme la plupart de, fès prédécef- 
feurs , avoit encore attiré la juite vengeance 
de Nabuchodonofor. Ce moharque fupeux)»^ 

prifon, & jouit de quelque faveur : mais il expia bien* 
t6t ce foible avantage, en partageant la mort que 4es 
conipirateurs donnèrent au nouveau roi de Babylone» 

(121) 4Reg., chap.'24^, v. i}-i6. 

(122) 4 Reg.^ chap. 24, v. vj. % Parai, chap. \6i 

(123)4 Reg, , chap. 24, V. 17. Néchot , roi d'Egypte ; 
avoit Élit la même chofe eayers le père de Jéchonias» 
tn lui donnant le nom de Joakim au lieu de celui d'Elia^ 
om , qu'il portoit auparavant 4 R^., cfaap. a), v. 34* 



48 Moyfcj cùnfiUré comme Ugijlatcur 
après avoir dd nouveau affiég^ Jërufalem ; 
qui (iiccomba (ôus les coups de (on armée, 
fe fit amener k prince rebelle dans une ville 
de Syrie où il ëtoit alors (ii4)« Là , par une 
férocité que ne peuvent eitcufer les crimes 
du roi vaincu', il ordonna qu'on maflacrât 
en (a préfence tous (es fib , & tous les grands 
de fbn empire {i^^)* Les bourreaux crevèrent 
enfîiite ks yeux de cet infortuné ; on le chargea 
et chatnli, & on le traîna ain(i dans les 
cachots de Babylone, où il expira (ii^). Le 
pillage & la rapine dévaftèrent Jérufalem \ 
\t temple fut incendié h les remparts furent 
abattus \ les édifices renverfés & détruits ( 1 17) i 
des ruines & k plus vafte folitude occupèrent 
fefpace qu'avcMt rempli, jufqu'alors, une cité 
floriflànte. 

^« Jéchonias ^ cependant , vivoit encore ; àô 
quoique ce prince , enfermé dans les priions 
de Babykxne , fôt fans autorité, 'comme (ans 

(I24) 4Reg.,chap. jl5, v.i-6. Cette ville de Sy^ie 

efl Rebla ou Reblata. Voyez auffi Jérémîe, chap< 39 , 

V, 1-5 , & chap. 52 , V. 4-9. 
(125) 4 Règ.,*di.a5, V;7. Jérém.jch. 39,v.6, & 

cli.52, V. 10. 
(i26)4Reg:.,»BldJéréitî.,ch.39,t'.7,&ch.$2,viL 
(127) 2 Par. , chàp'. 36, V. 19. 4 Rcg., chap. 2Ç , 

V. 9& 10. Jéréttr., cli^p. 39, v. 8, & chap. 32, y. I| 

& 14. 

empire. 



& comme Mofalifit. 49 

empire , les Juifs efclaves ne ceflbient de re- 
connoître en lui leur fouverain légitime. A 
la mort , ils regardèrent Salathiel , fon fils , 
comme Théritier de fes droits & le chef de 
leur nation , titre qui fe perpétua dans la maifon 
de David, & qu'on exprima par chef de la 
captivité. Les Hébreux le confervent même 
aujourd'hui ; ^^s ne font plus un peuple 5 ils 
n*ont plus de patrie ; & néanmoins un d'eux, 
aflurent plufieurs écrivains diftingués (118), 
eft toujours cenfé porter le fceptre de Juda. 
N'oublions pas de dire que , pendant la cap- 
tivité , les Hébreux avoient confervé leurs 
juges & leurs loix. L'hiftoire de Sufanne en 
fournit une preuve (12.9), Ce furent des 
magiftrats nationaux qui condamnèrent {^ 
xiccufàteurs. 

Environ un demi-fiècle après la ruine d€ Arî(bcf«ii 
Jérufalem , Cyrus , par un édit dont l'exécu- 
tion, d'abord contrariée , fut enfuite folem- 
nellement ordonnée par Darius , permit aux 
Juifs de retourner en Judée & de reconf- 
truire leur temple, pour lequel ces deux princes 

(ia8) Voyez Sclden, de Syned., liv. 2 , chap. 7, 
§.5. Lempereur , notes fur llnnétaire de Benjamin^ 
page 192, &c. Âltinglus, liv. Shilo, liv. i , chap. 3, 
13,14, &c. 

(129) Daniel, chap. 13, v. 50 Scfuiv. 

D 



5© Moyfe^ conjidéré comme Ugljlatcur 

fournirent une fomme confidérable ( 130). 
L'ariftocrarie prévalut , &les prêtres reprirent 
une grande influence dans cette nouvelle 
adminiftration {131). On en lit une preuve 
bien forte dans Tédit foUicité par Efdras 
& donné par Artaxerçès, furnommé Longue- 
main , pour accorder pluiîeurs privilèges aux 
Hébreux (131). 

Les prêtres fe foutinrent dans leur primatie 
ariftocratique. Pendant près de trois cents ans, 
ils furent feuls les chefe de la nation. Les 
machabées , qui la défendirent avec fuccès 
contre les fouverains de Syrie, devinrent en- 
fuite les princes des Juifs. Matathias , Juda 
fon fils, Jonathas &: Simon, frères de Juda , 
& Jiean Hircan , fils de Simon, gouvernèrent 
ce peuple pendant foixante-fept ans , & juf- 
^ . .- qu'au moment ov\ leur race afmonéenne s*é- 
néens. leva enfin à la royauté , en la perfonne d'AriP- 
tobule fils d'Hircan ( 133 ). Ce fut par une 
fuite de la primatie facerdotale , que I9 
pontife Jaddus reçut , dit-on , Alexandre le 

(130) i.Efdr.ch. I , V, i ,&c.; ch. 4, v. x -^2; ch. 6, 
y. 6 - 10. 

(131) Josèphe , Antîq. judaïq. , liv. i x ^ ch. 4 , p. 367; 
. (132) I Efdras, chap.7, v. xa - 26. Cet édit eft de 
fan 458 avant J.C. 

(133) Josèphe , Antîq. judaïq. » li v. x i , ch. 4 , p. 367^ 



& comme Moralxfte. ft 

Grand à^Jërufalem (134). Ce fut par la 
même raifon qu'un des fucçelTeurs de Jaddas , 
Onias III , entretint avec Aréus , roi de Sparte, 
une forte de correfpondance (ijj). On drefla 
même alors des mémoires de leur adminiUra-^ 
tion (136), comme pour éviter le dé/brdre 
qui pouvoir naître de la conhifion des tribus 
hors de leur patrie , on exigea de ceux qui 
le voueroient au miniftère des autels , qu'ils 
produi/iffènt les preuves généalogiques de 
leur defcendance d'Aaron (137). 

Jufqu'alors le pontificat fuprême avoit été 
héréditaire -, il ne continua pas à l'être lop^ 
temps. Les Afinoaéens , parvenus au trône » 
affoiblirent , en rétabliffant le gouvernemeot 
monarchique, la préponderai^çe des grands 
(àcrificateurs. Hérode en rendit la dignité 
éleâive, en l'ôtant à Ariilobule fon b^au- 
firère, qui y avoir des droits légitinaes, &c 
auquel il la rendit enfuite , pour la donner à 



(i34)Josèphe,diaolocQ,chap.8, p. 385. 

(135) Josèphe , ibid , 1. 12 , cb. j , p. 407. i Mac^. ; 
chap. i2,v. 20. 

(136) Voyez I Macab. , chap. 16 , v. 23 & 24. 

(137) Voyez Josèphe contre Appion , liv. i , p. 1036. 
iEfdr.,ch. Il , V.61 & 62; 2Efdr,.^ch. n, v.a2 & aj. 
Léon de Modène , Hiftoria de gli riti Htebraïci , part, i, 
chap. 12, §.3, p. 30. 

D 1 



\ 



5 1 Moyjè , conjidéré comme Légijlateur 
Hananel, qu'il appela exprès de Babyione( 1 38). 
Obfervons ijiie le grand prêtre conferva une 
Jufifdiâion fort étendue , quoique la Judée 
fût devenue province romaine fous Pompée , 
& que Gabinius y eût enfuite établi cinq 
tribunaux fupérieurs pour le jugement de tous 
les procès qui naitroient dans un certain 
^^lï^. reflbrt qu'on leur donna (139). Ceft annoncer 
qu'il y avoir eu encore une révolution dans 
le gouvernement des Hébreux. En eflfet, l'arif- 
tocratie avoit de nouveau remplacé la mo- 
narchie- Les principaux citoyens compofoient 
les tribunaux fupérieurs qui régiflbient la na- 
tion , régloient tout , adminiftroient tout y 
chacun dans le département qui leur étoit 
confié. Hircan n'avoir pas feulement perdu 
le nom de roi , comriie fous Pompée ; il en 
avoit aufli perdu les droits & la puiflance: 
au refte, il ne tarda point à les recouvrer; 
& la Judée , par conféquent , eifuya encore 
une fecoufle politique. Céfar les lui rendit 
dans un voyage qu'il fit en Syrie , & rap-r 
pella la forme ancienne du pouvoir & du 

(138) Josèphe, Antiquit. judaïq., liv. 5, chap. 2 
&3,p. 512&513. 
* (139) Josèphe ,1. 14 , ch. 10, p. 476 ; & de Bello i 
1. ly chap. 6 y p. 721. 



' ^ comme MoraRfie* ^^ 

gouvernement(i4o). Elle y fubfifta environ tin 
demi-fiècie.; mais quelques années après la 
naiffknce de J. C. , Archékiis , fils d'Hérode-, 
exerçant fur fon peuple un odieux defpotifme, 
la nation députa yen Àugufte pour accufer 
fon fouverain. Celui-ci fat contraint de venir 
à Rome; &, s'y étant mal juftifié , l'empereur 
le priva du trône ^ & Texila dans les* Gaûfes 
( à Vienne }. Un gouverneur fubordonné à 
celui de Syrie, le remplaça, &, fous le nom 
d'Augufte, changea les coutumes & k ju- 
rifprudence des Hébreux. Ils ne furent régis 
déformais que par les loix romaines, & le. 
romain procurateur , ou fes ôJËciers , eurent 
feuls le drok de prononcer des. peines capi- 
tales ( 141 ). 
Ainfî, d'abord abfolu fousMbyfê, legou- 
%vemement fèmbla prendre une forme arifto- 
cratique quand ce prophète s'aflbcia foixante- 
dix anciens , & la conferva )u£;|u'à SaiîL Le 
ftône devint héréditaire fous les fucceffèurs 
<Ie David; mais la monarchie qui s'a£[ènnif- 
foit , ne tarda, pdint à être tempérée par les 

(»4o) Josè]^, liv. r4,.chap. 5, la & 17; & de: 
Bello» liv. t, chap. 6,p*72a,&cli.8yp. 72$;. 

(141) Voyez, S. Jeao^^hap. i8, v. 31;. & Lîghtfoot-, 
iiir ce pSk^ 



'f4 Moyfe, confidéré comme UgifUteur 
princèi du peuple, qui cherchèrent à la ba- 
lancer par leur puiflance démocratique 5 & 
les Juifs , protégée tôur-à-tour par Babylone 
& par TEgypté , & tour-à-tour infidèles aux 
fouvcrâins de ces deu^ royaumes , finirent 
|>ar être èfdaves d'un peuple étranger , fitué 
loin de leur patrie , eux qui avoient toujours 
dédaigné d'étrê vaflàus: & tributaires. 




& Comme Afaralifie. Sf 

i' ■' ' • - ■ ■ , ■■.if 

CHAPITRE II L 

tùIX RHZiaiEVSES. 

JuA divifion des loix de Moyfè en loix re- Dlfîfiot 
ligieufes, civiles & criminelles, eft indiquée J^ÎJ^"^ 
par ce légiflateur lui même. Si vous avez à 
prononcer, dit le Deutéronome (141), furies 
conteftations des citoyens, fur le fang répandu, 
fur les impuretés légales , recourez aux prêtres 
&: aux juges , & la vérité vous fera découverte. 
Commençons par les loix religieufes. Nous 
verrons d'abord celles qui font relatives à 
l'idolâtrie -, les prêtres , les lévites , leur con- 
fécration , leurs devoirs , leurs privilèges fe- 
ront l'objet du fécond article 5 & dans les 
fuivans , je rapporterai ce qui concerne les 
fètes , les facrifices , les vœux & les impuretés. 

Art icle premier. 

Des Loix juives relatives à l'idolâtrie. 

L A haine pour l'idolâtrie , eft de tous Abandon 
les fentimens celui qui préfida le plus au ^^^^^^-^ 
code religieux des Ifraélites. Livrés fouvent^««* 

(14a) Deutéron, , cha]p^ 17, v. 8 & 9. 

D4 



'56 Moyje y cùnftdérc comme Léglflateur 
à ce culte iiifenfë, d'abord avant de foraî 
d'Egypte(i45) ,enfiiitetant queMoyfe & Jolué 
gouvernèrent la nation, les Juifs s y abandnn-1 
nèrent encore plus après la mort de cq% pet(bn- 
nages illuftres. Nous ouvrons à peine le livrede 
juges , que nous les voyons époufer les filles des^ 
Cananéens , &: adorer leurs dieux (144). Le 
Seigneur , pour s'en venger , les rend efclavesj 
d'un roi de Méfopotamie ; ils gémiflent \ leursl 
plaintes s'élèvent )uiqu*au ciel , &: un libéra-*! 
teur eft fnfcité : mais, leur afFranchiflementj 
obtenu, ils rentrent dans l'idolâtrie ( i^y }J 
Une nouvelle fervitude les punit, &: Aod nei 
brife leurs fers que par un 1 âche aflaffinat (146). 
L'erreur continue ; une oppreffîon de vingt 
ans par un monarque voifin ne les y arrache « 



( 143 ) Voyez Jofué , ch. 14, v, 14 ; & Ofée, ch- 1 1 
V. I & 2. Ezèchiel lattefte aufli allégoriquement, 
chap. 23 , V* 2 , 3 , S » 19 & ai. Voyez encore Eu- 
sèbô, Prép. Evang. , liv. 7 , chap, 8. Tliéodoret tn 
Cantic , pag. 989, & Orat 2, p. 496. Maîiî;onide> 
de Idololatriâ , chsp. i ^ §. to; & Spencer > de leg, 
t\L Heb. , Jiv. i y cliap. i , g* t , pu 22 & 23. 

{ 144) Jt]g. , chap. 3 , V. 7 , 6 & 7. Voyez suffi 
le chap. 2 , v. 11 & fuiv* 

(145) Ibid. V. 8-11. 

(1^6) Ibii V, II -24. 



& comme Morarijlc. ^y 

point; il faut payer une liberté defirée, en 
trompant le général ennemi fous l'apparence 
de Tholpitalité , & lui perçant le crâne pen- 
dant fon fommeil (147). Toujours idolâtres 
& humiliés pendant fept ans par les Madia- 
nites , leur voix enfin s'élève de nouveau vers 
le Dieu dlfraël ; il nomme Gédéon poàr dé*- 
livrçr fon peuple (148). Ce héros renverfe un 
autel impie , & brife le joug étranger. Mais à fa 
•mort , Baal reprend i^% droits fur les hom- 
mages des Hébreux (149). Gédéon avoit re- 
fafë le trône \ Abimelech , fon fils , Tufurpe ; 
&, pour s'y afleoir plus sûremeiit (lyo), il 
donne à fes frères un trépas que lui rendent 
bientôt la haine & l'indignation publiques. 
Les Juifs font toujours viâimes de l'erreur. 
Jéhova \t% abandonne aux Philiftins & aux 
Ammonites, qui ravagent leurs terres. Sa clé- 
mence eft implorée. Touché àts cris de (es en- 
fans , il pardonne encore , après leur avoir re- 
proché une infidélité toujours renaiflante (i 5 1 )• 



(147) Jug., chap. 4, V. 17 - 22. 

(148) Jug., chap. 6, V. 7 - 14. 

(i49> Jug., cfaap. 6,v. 27; chap. 7,v. 19 -.aj; 
chap. 8 , V. 28 - 34. 
(iço) Jug., ch.8, V. 22 & 2); ch. 9, v. i-^ç; 
(151) Jug. chap. tOf y,6-i4. 



S$ Mcyfcj cw^Uefê comme Légijlateur 
Je ne fînirois pas , fi je voulois tracer \m 
tableau de Tabandon fréquent des Juifs à 
ridolatrie. 
vjmsefforw Cependant elle étoit pour eux le plus grand- 
cQfèciisr. des crimes. Négliger de rendre hommage i 
TEtre fuprême , Tabandonner pour des divi« 
nicés étrangères , fut violer toutes les loix. re« 
ligieufes & politiques. Comment donc s'en 
rendirent-ils fî fouvent coupables \ En vain 
on leur prohiba d'imiter les Ammonites , en 
adorant ce Moloch (i f i), dans lequel on a cni 
voir le Mithra des Perfes , le Saturne des Car- ' 
thaginois & des Phéniciens (i J3) , Mars (154), 
Apollon (ry y) , Mercure (iy6) , la Lune (lyy), 

( 152) Le mot hébreu qui revient i Molcch *f71D eft 
^70, Melec, roL Les Septante traduifent.qoelquefrâ 
par Afy%fTùt. Les Grecs ont dit , dans ce fèns , en 
parlant de Jupiter» virçtrù* scffiavro;; & les Latins, 
rex hominumque 5 deûmque. 

( 15} ) Selden , de Diis fyriis fyntag. i , chap. 6'i 
pag. 170 & 17 1. Grotius & Benfirerius fur le v. 19 
du cliap. 18 du Deutéronôme. 

(154) Kirclier, Œd. Egyp. f3rntag. 4, chap. 15 j 
pag. 331. 

( 155 ) Voffius, de Origine & Pn^refl. IdoL ^Uv. 2. 
cfaap. 5. 

(156) Arias Montanus, fur le premiet chapitrr 
d*Amos. 

(157) S. Cyrille, fur Atnot^ chap. j, v. 25. 



& comme Afûralijie. j j 

» fc Soleil ( lyS) ) , un nom commun à toutes 
les divinités ( IJ9), variété d'opinions qui 
prouve aflèz l'ignorance dans laquelle on eft 
i cet égard : en vain on menaça^ les Hébreux 
qui, par une proftitution facrilège , offriroient 
leurs enfans à ce dieu féroce , d'être retran- 
chés d'Ifraël & lapidés, ou punis par Jéhova 
s'ib échappoient aux regards des hommes ( 1 60), 
ils n'en vouèrent pas moins ces malheureux 
«nfans , pour être confumés dans le fein do 
Tidole bnUante, au fbn des inftrumens Se des 
tambours , qu'on n'agitoit que pour étouflfer, 
par leur bruit, les cris effrayans des vic- 
times (161) : en vain on leur défendit le culte 

(158) Jablonski^ Panthéon .fgyptiorum , Pn>* 
kgoinena,'§. i;, pag. ya D'autres ont peofé que 
c'étoit â la fois la Lune & le SoleiL . 

( H9) Spencer, de Legîbus rîtuàl. Hebraeor., 1. 1; 
diap. 10, feft. X. p. 315 & 316. 

(160) Lévitiq., chap. î8, v. 21 ; chap. 19 , v. 29 ; 
chap. 10, v. 2-5. Sur Tabandon des Jui& au culte 
de Moloch , voyez 4 Reg. chap. 16 , v. 3 ; chap. 21 ,' 
V. ^; c. 2j , v. 10 ; pfeaume loj, v. 37 ; Jérémie; 
chap. 32 ▼• 3ï. • 

( 161 ) Voilà pourquoi on a confondu Moloch avec 
Saturne qui dévoroit fes eoËins. Voyez le chap. 7 
du Itv. 4 de la Préparât. Evangél. d'Eusèbe. Dîodore 
de Sidle, g. 3 du liv. ao; & Jufielipfej.in Monids 



'6o Moyfci confidéré comme Lêgijlateur 
infenfé des Moabites pour Chamoi ,' des 
Philiftins pour Béelzébuth (i6i) , des Phé- 
niciens pour leur Baal ( 165 ) de plafieur? 

politîcîs , chap. 3 , psfrrei>t â« fecrificefr fèoiblablesi 
diez les Carthaginois. 

Selon une tradition hébraïque y Moloch éfoit une 
idole de bronze qui avoit la tête d'un veau & le refie 
du corps d'un homme. Revêtue des marques royales, * 
& affife fur un trône', elle tendoit les bras pour y ' 
recevoir les enfânis qu'on lui préfentoit, & qui étCMent . 
bientôt confumés par le grand feu qu*on pratiquok 
auffi-tôt en*dedans de là âatue. 

On offiroLr encore à Moloch des facrifices fembla? 
Ues à ceux Aqs Juifs , des tourterelles , des béliers, 
dis bœufs, des veaux, des brebis, de la farine, &C. 

( 162 ) Béelzébuth exprime le dieu Mouche , foit 
qne les Philiftins adoraflent cet infeâe , foit que la 
flatue qu'ils adoroient l'eût fur ia tête , fur- £» main 
ou auprès d^elIe, foit que le &ng dont eHè étoitar- 
rofée par le grand nombre des viâimes, y attirât les 
mouches en abondance , foit enfin qu'en* l'invoquât 
Gontr'elles , parce qu'elles y etoient multipliées au 
pdnt de devenir un véritable fléau. Cette demièœ 
optmoo peut s'appuyer de l'exemple des Grecs. Les; 
Eléensavoîentuff dieu Mmotypo^ ou Muftarum Venaton^ 
PDae en parie, L 50, ch. 28, t. i, p. 6S4. Jni^eant £lèi 
MyîagronDeumyMufcanan muhUudmepcfiilentîam affèrmte^ 

( 1^3 ) Quoique Bad ou Béd fut Te nom générique 
doflné aux idoles des nations orientales , on s'en 
liervit plus particulièrement poiir celle desPhénrotens; 
les autres peuplés joignoîen^ordinairemest à^ce mit 
ime expreâ^n caraôériftique de leur divinité. 



4 

f 



r 



^ & comme Moralifle. 6i 

nations pour Béelphégor (164) 5 ils n'en adop- 
3 tarent pas avec moins d'avidité ces erreurs 
impudiques (i^j). Dans le temps même que 

/ehu y roi d'ifraël , plein d*horreur pour fiaal , en 
nflembla les prêtres fous prétexte de publier une fête 
iblemnelle en Thonneur de cette divinité ; &, à peine 
raflemblés , Il les fit pafler au fil de Tépée , brifa la 
flatue de Tidoie & en détruifit le temple. 4. Reg« 
ch. 10, V. 18 - 28. 

(164) Béel-Phégor étoit le dieu Ph^or qu^on a 
]>enfé 9 non fans vraifemblance , être Priape. Voyez 
S. Jérôme, liv. i , ad versus Jovinianum , chap. 12 , & 
prefque tous les commentateurs de l'Ecriture. Il en eft 
plufieurs qui font venir Phégor deipj}, Phagar, qui 
exprime découvrir , mettre à nud , & il eft âmilier 
aux Hébreux d'exprimer , par Téquiv^dent du mot 
nudité, les parties naturelles de Thomme. Origéoe 
appel/e Béel-Phégor Idolun mrphudinisy & il ajoute 
qu'il obtenoit fur-tout la vén^tion d'un fex^ dont 
la pudeur fait le premier charme : à naûÀtnhus prœctpuè 
coûèaiur. Serrarius le penfe ainfi , elench. trihaeref. , 
pag. 18, & S. Jérôme dit également fur Ofée, c. 4, 
eoUntlhus maxime fœmînis Béd^Phépr oh ohfcani magni" 
tudîmm quem nos Priapum poffitmus appeUare^ Suivant 
Maimonide, more nevochim, ch. 46, pag. ^, onho- 
noroit cette 'divinité en découvrant, en fa prèfence , ce 
que Thonnêteté publique ordonne de cacher. Voyez les 
Mém. del'Acad., 1. 1, p. 146. 

(i6( } Nombres , chap. 25 , ▼. ) , 4 & 5. Deutéro-^ 
iiOffle, ch. 4 9 V, 3. Voyez auffi Jofué , ch. 22 , v. 17 ; 
les Juges 9 cb. 2 , V. 1 1 ; ch. 3 , v 7 ; chap. 10, v. 6; 
3. Rc£um, ch. 1^9 T. 31 y & ch. 18» v. 18 & fuivans; 
4.R^.ch. XyV. 2. 



fil Moyfcy conjidêrc comme Légijlatetf 
Moyfe recevoir fur la montagne les loix de 
Jéhova, ils adoroient le veau d'or {i66)\ & It 
prophète fe vit forcé de defcendre pour brifer 
l'idole, & la réduire en poudre (167). Il 'fit 
boire enfuite aux Ifraélites, dit l'exode (168), 
de cette poudre fondue dans de l'eau j & ce 
fut depuis une opinion très - répandue" en 
Judée (169) , qu'une pareille boiflbn avoit la 
même faculté pour reconnoître les idolâtres, 
que celle des eaux amères pour les époufes 
accufées d'infidélité. 



( 166 ) Exode , ch. 32 , V. z ôc fui vans. La Vulgate 
dit à ce fujet , v. 2S , que Moyfe rua vingt-troîs mille 
■Ifraélites; mais une faute du tradudeur eft la fource 
àQ Texagération. Le texte, les Septante, toutes les 
vcrfiçns en langue orientale , fi on en excepte une 
en arabe , imprimée à Rome dans le (iècle dernier , 
& £ûte entièrement d'après la vuigate , ne parleot 
que de trois mille. 

(167) Chap. 32, V. 19. 

(168) Ibid. V. 20. Abcnefra obferve fur ce verfet, 
• que les eaux dans lefquelles on mêloit Ja pouilière du 

veau d*or qu*on avoit confervée avec loin, dévoie 
. être prife du torrent qui couloît de la montagne, '& que 

Moyfe avoit voulu que tous les Ifraélites en buflent. 

( 169 ) Si l'accufé étoit coupable , fon ventre s'en- 

.floit, fit fon vifage étoit fur-le-chainp défiguré. Voy«i 

Selden, de Diis fyriis Syntagma> i , ch. 4, p. 156; 
;& Wageofeiiius fur la Mifna, tom. 3. pag. 257. 



& comme Moralijle. tf j 

Moyfè mit d'ailleurs , au penchant des Juife obrbcWi 
pouHi'idolatrie , de fortes entraves, dont lès "a"ic par ' 
difciples ont accru le nombre & la pefan- ^f^^ïj^^ 
teur. On défendit de poffeder les fimulacres 
des faux dieux , & d'en avoir l'image tracée 
dans des objets dont on faifoit ufage (170). Si 
ces objets 5 néanmoins , étoient d'un bas prix , 
& procuroient un avantage confidérable , on 
toléra que la forme du foleil , de la lune , d'un 
dragon, d'unferpent &c de tout autre figne d'un 
culte profane y fût gravée (171). Si on ne leur 
interdit pas les collines , les montagnes fur 
lefquelles ces figures étoient placées , parce 
que , difoit-on , ces montagnes ne font pas 
leurs dieux , quoiqu'elles en renferment les 
fimulacres^ &• qu'elles font l'ouvrage de \3l 
nature , que n'a pu fouiller la fblip des mor- 
' tels , les bois leur furent toujours interdits. 
Ouvrages de la main des hommes , on fuppola 
qu'ils n'avoient été plantés que pour envi- 
ronner la demeure des faux dieux ( 171 ). 

■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ I ■ ' I ■■■! ■ Il ■ ■ I ■ I ■■ ■ I. ■ 

(170) Deutéronome , chap. 7, v. 2«; & 26. 

( 171 ) Mifqa , tom. 4 , de cultu per^riao » chap. 3 , 

g- 5 , P- 574 & 575- 

(17a) Mifna , ibîd. §. 5 , p. Î76. Le Deutéron., 

chap. 16 2 v. II , défend de planter un bois^ un arbre 
-même, auprès de Tautel de Jéhova. Voye? le mâme 

Peut., cbap. 7, v. s ; & chap. la, v. 5. 



'^4 Moyfe^ con/idcré comme Légijlateur 
Une maifon conftruite pour fervir à une ado- 
ration infenfée , fut interdite dans to«s les 
temps-, mais fi celle où on s'y livroit avoir 
fervi auparavant à un autre ufage & qu'on 
la ramenât à fa première inftitutipn, ou bien, 
fi on avoit reblanchi & orné un vieil édifice^ 
pour en faire un temple idolâtre & quQ la 
piété juive en eût ôté ces ornemens, pour 
lui rendre l'état dans lequel il étoit d'abord , 
on pouvoir y rentrer , parce qu'elle ceflbit 
alors d'être fouillée ( 173 ). Avoit - on une ' 
maifon dont le mur fut mitoyen avec celui • 
d'un lieu deftiné au culte d'une idole, & ce 
mur venoit - il à tomber , on ne pouvoit le 
faire réparer ni reconftruire , parce que c'eût 
^té , en même temps ,, redreffer le féjpur d'une 
fauflè divinité & contribuer à la propaga- 
tion de l'idolâtrie (174). On ne permit pas 
même de fe repofer, de pafler fous l'ombrage 
d*un arbre dédié à une idole, excepté qu'il 
fut fur un grand chemin (175) : comme 
alors le paflage étoit indifpenfable ^ çn ne con- 
tradoit aucune impureté. 
Kouvciies Pendant trois jours avant celui où les 
^t^aux Juffs Gentils célébroient leurs fêtes religieufes j on 



tes 
reUtiveme&c 



*i'idolaîd«. ( 173 ) Mifna, diâo loco , $. 7, p. 377, 
(i74)Ibid,§.6. p. 376. 
( 175 ) Mifflg, diao loco, §. 8 , p. 37». 

ne 



& comme Moralifle* 6f 

ne permit aux Ifraélites de contrafter aucune 
affaire avec eux. Ils ne pouvoient ni en 
acheter, ni leur vendre , ni leur prêter, ni 
en en^prûnter , ni acquitter une dette , ni 
même eh recevoir d'eux le j)aiement (176)5 
mais ils le pouvoient dès le lendemain de la 
célébration, fans attendre que trois nou- 
veaux jours fè fuflènt écoulés (177). Ils I« 
pouvoient aufli dans les fauxbourgs, fi la 
tête fe célébroit dans une ville , & dans Tin- 
térieur de la ville , fi elle fè célébrt)it dans 
les fauxbourgs (17S). Il y a pourtant des chofes 
fc ' I ■■ ■ . . ■ I ■ ■ "^ 

(176) Ce dernier point n'eft pas convenu par lei 
doâeurs , & je n'en fuis point étonné. La raifon fur 
laquelle ils s'appuient, eft plauéble. Quel a été, difent^ 
ils, le fondement dé la loi? Elle a voulu empêcher leé. 
Jai& de fournir , même indireâement , des moyenf » 
pécuniaires df célébrer ces fêtes d'une manière! plus 
fomptueufe. Or , on ne pouvoit avoir cette crainte en 
permettant aux Ifraélites de recevoir des Gentils l'ar- 
gent qu'ik leur devroient. Au contraire , en fè dé»- 
|K>uillant de leur argent , ceux-ci deyenoient moinsl 
en état de fournir à la pompe de leurs fêtes. Voyez -. 
les commentateurs de la Mifna , de cultu peregiino » 
tom. 49 chap. i , §. 1 & 2, p. 564. \ 

(177) Mifna, ibid. 

( 178 ) Ibidem, §. 4 , pàg. 56$. On demandé encore; ' 
car les rabbins n'épargnent pas les quefBons oifeufes, 
fi, dans un jour fèmblable^ il étoit permis à un Juif 

E 



^66 Moyfcy confUérc comme Icgijlateur 
qu'on leur défendoit de vendre , & en général, 
toutes celles , dit la Mifna , qui font jiuilîbles 
à un grand nombre d'hommes. Elle ajoute , 
en expliquant ce principe, monument de fa- 
.gefle & de bonté dans la légiflation des Hé- 
breux , qu'ils ne pourront vendre aux idolâtres 
ces armes meurtrières , que la difçorde ou 
l'ambition placent dans les mains des guer- 
riers , ces inftrumens des combats portant par- 
tout la mort & le ravage , ces chaînes dont 
on fe fervit pour attenter à la liberté natu- 
relle & cimenter l'efclavage des humains ; 
de préparer enfin , ou de fournir des fecours 
aux deftrudeurs de la terre (179). On prohiba 
également (180) de rien fournir qui aidât à 
conftruire ou à entretenir ces cirques, ces 
amphithéâtres où de^ hommes étoient forcés à 
combattre des bêtes féroces , jçjux cruels , 
étrangers à la religion mofaïque , non moins 
qu'à l'humanité. 

de diriger fa marche vers la ville où fe célébroit la 
iètei On décide que non, fi le chemin conduifant à 
c^tte ville , ne conduifoit que là ; mais rien de plus 
licite , s'il fert de paflage pour aller en d'autres en- 
droits : on fuppofe alors que Hfraélite n'efi venu là 
que pour pafler ailleurs. 

(J79) Mifna, ibid. §. 7, p. 367. 

(180) Mifoa^ diaoloco. 



& cùmme MoraRfic, 6f 

Les autres objets qu'on défendit de vendra^ 
^ux idolâtres, font les chaînes, les anaeaux, 
les bijoux deftinés à fervir d'ornement aux 
idoles (181 ), les fruits encore attachés à 
Tarbre (181) , & à plus forte raifon^ le champ 
qui les produit (185). Les rabbins ont été plus 
loiiL Ils prohibent d'expofer fes troupeaux 
aux regards d'un idolâtre , & Cela , parce qu'il 
eft fufped, difent-ils, de coucher avec les 
^mimaux (184). Ils prohibent à la femme 
îuive de demeurer feule avec lui , parce qu'il 



(181) Mifea , §.8, pag. 367. Après avoir dit 2 
n Non lîcet facere ornament^ iddiis , verbi causa , 
ce catenulas , inaures atque annules » , la Mifna 
ajQpte : «< Sed R. Eliezer ait id licitum efle fi pretium 
» folvatur n. Obfervez que ropinîon du rabbin Ëliezeif 
fait partie du texte. Les commentateurs ne difent 
rien fur ce paflage. 

( 182 ) Mais on pouvoit très-bien leur vendre ceiMC 
qui en étoient féparés & avoient été cueillis. Cela 
eft fondé, dit -on, fur le chap. 7 du Deutéronome; 
On y défend de donner aux Gentils ce qui eft attaché 
à la terre. . ' 

(183 ) Pouvoit - on du moins leur Vendre pu leur 
louer & maifon ? Voyez là^deflus une difcuflion 
étendue daUs la Mifna , tom. 4 , de cultu peregrino ^ 
4;hap. I » §. 8 & 9, p. 967 & 368. 

(184)* Mifna j tom. 4, de cultu peregrinp, ch. a. 
§. 1- pag. 368. . 



éS Moyfcy conJUcrc comme Légijlateur 
eft fufpeék , difent-ils auflî , de fe livrer aux 
plaifirs^ de Tamour (i8y). Ik prohibent enfirn 
de fe fervir d'un barbier ou d'un médecin 
idolâtre, parce que Tun & l'autre, difent- 
ils toujours {i%6) i leur arrachant la vie, les. 
piiniroient bientôt de leur confiance, 
Hâincînrpî. ^^^ horreur fi étendue pour l'idolâtrie, 
r^c peur les ç^fiinta néceflàkôtnent la crainte de commu- 

etraDgers. 

nîqueràvec les nations voifines. L'Ecriture fait 
fouvent connoître le danger d'adopter leqr^ 
moeurs & leurs ufages (187). Elle fépare les 
étrangers d'Ifraël (1&8), & les exclut, eux &: 



( 185 ) Miihà , îbîd. Voyez plufieurs défenfes du 
inème ge^re, dont le détail feroit trop long ici > 
pag. 369 & fui vantes, de cultu per^griao , chap. 2^ 
§. 2 & fuîvaiis. 

(186) On permet de fuivre rordonnance du mé-* 
decin idolâtre , fi elle eft verbale ; mais fi le remède 
eft préparé par lui^ c'eft un crime d^ le prendre. On 
fouffrît pourtant qu'il le préparât pour une fervante ^ 
pour un efclave , pour 4es animaux. Quant au barbier , 
la Mifna défend, de s^en laifler rafer fi on eft feul 
avec lui , mais le permet dans un lieu public « 
parce qu'alors, dit Bartehora , l'îdojâtrc efl retenu 
piar Tappareil qui l'environne, & n'ofe tuer Tlfiaélite, 
Mîfna , toih. 4, de cuku peregrino, ch. a , §. 2 j p. 369, 

(187) Lévitique , chap. 18, v. 3; çh^p. 20^ 
V. 23. 

(188) 2. Efdras, ch. 13, v. I» 2 & 3. Dans: les 



& comme Moralijk. .6^ 

Jeurs enfans, de Taflèmblëe du Seigneur (189). 
Moyfe redouta le pouvoir de l'imitation fut 
des honunes auflî volages que les Hébreux. 
Dans leur averfion , cependant , contre ceux 
qui n'adoroient pas le Dieu objet de leurs 
hommages (190), ils diftinguèrent les peuples^ 



verfets fui vans, 4-9, les meubles de Tobie, Amino 
nite, font jettes hors de la maifoa du tréforier du 
temple » où le pontife chargé de Tinteodance de ce: 
tréfor lui avoit donné un appartement , & oa 
purifie ce lieu deftiné à garder les vafes , les prémi- 
tes , les dîmes , Tencens & tous les préfens faits à 
iféhova. 

Nous avons poiu'tant quelques exemples > dans dei 
cas extraordinaires , d'exceptions faites k la loi qui 
ieparoit les étrangers d'Ifraël. Voyez Sérarius fur 
Juditb, chap. 14, queft. prem. ; S. Thomas, liv. a» 
queft. 150 , art. 3 , & Ménochius, de republicâ Hc* 
brasorum » liv. i , chap. 3 , §. 3 ^ pag. 20. 

(189) Ceux qui tiroient leur origine de Tincefte 
commis par Loth avec fes filles, comme les Amalé- 
cites, ks Ammonites, lea Moabites, n'y étoient jî^- 
œais admis. D'autres y entroient à la troifième géné- 
ration^ Deut. ch, 23, v. 1-8. Voyez auffile ch. 25,. 
Y. 17.5 l'Exôde, chap. 17, y. 14; Abulenfis, fur 
le ch. 25 du Deutéron. , v. 9 , queft. prem. ; Méno- 
chius , diôo loco , §. 5 & 6 , p. 20 , 21 ^ î^2 i a^ le^ 
çbap, 4 de cet ouvrage ^ art. ptçm. 

(190) lis le défignoient qa général par 5rij77««r 014 



7^ Moyfe^ confidéré comme légijlateur 
circoncis , des peuples qui ne Tétoient pas (191 ). 
Ceux-là eurent du moins avec eux un carac- 
cfrconcî- tère commun, puifque la circoncifion fut un 
devoir & un figne religieux pour les defcen- 
dans d'Ifraël , & en général pour tous ceux 
d'Abraham , quelque contrée qu'ils habitaf- 
fent (191). Dieu la prefcrivit à ce patriarche , 



Dieu dlfraël. Domims , s'applique dans TEcriture à 
FEtre fupréme adoré par les Hébreux. Le mot Deus 
ifolé y exprime au conn-aire quelquefois \ts divinités 
des nations étrangères. Le père Houbigant Ta très- 
bien développé dans fes notes fur le 24^ chap. du 
liévitique, v. 11. Dominus, c'eft Jéhova ; Dcus ^ c'eft 
*Elohinu , ' 

( J91 ) Ils n^auroient pas mérité , fans doute , envers 
ceux qui Tétoient , le reproche que leur fait Juvenal , 
&x, 4, V. X03 & 104^ de ne vouloir pas même in^ 
diqaer le chemin & une fontaine à ceux qui ne Tétoieut 
pas: 

Non monftrare vias , eadcm nifî facra colcntî , 
Qucficum ad fontem folos deduceie verpos. 

Cependant , comme dit fort bien Ennius : 

Homo qui crrançi comiccr monftrat viam , 
Qua^ lumen de fuo luminç acccndat , facit, 
Niliilominus ipfi lucct , cum illi accenderic. 

( 192 ) Voyez, pour les Ifmaélites, Jérémîe c. 9 , 
V. 26. L'expreffipn circoncire étoit fi familière aux 
Juife, qu'ils s'en fer voient, dans le fens figuré, pour 
exprimer une purification morale. c< Qrcumcîdîte pm* 



& comme Moralijle. jt 

qui dcwina enfuite ce.caraftère facré aux mâfes 
de fa famille ( 193 ). Un des premiers foins 
de Moyfe , quand Jéhova l'eut choifi , fiit d'y 
foumettre fon fils ; & 1 epoufe du prophète fë 
chargea de cette opération pieufe (ip4). En 
eflfet, aucune loi n*accordoit aux prêtres le 
miniftèrè de la circoncifion , & n'exigéoit 
qu'elle fe fît dans le temple du Seigneur. On 
la pratiquoit dans l'intérieur de fa maifon , 
lans aucun appareil religieux , & jamais on 
n'eut pour elle des miniftres particuliers (i^f)^ 
La mère même pouvoit l'être {196). Au- 

f 

ftttîum cordîs veflri n dit le ch. 10 du Deutéronome; 

V. 16. Sur les cérémonies qui précèdent , accompa- 
gnent & fuivent la circoncifion , voyez Léon de Mo* 
dène , Hiftoria de gli riti Hebraici, &c. part 4 , ch. 8 » 
§. I & fui vans , p. 97-101. Ménochius , liv. 3 « 
ch. 17, §. 5 & fuivans , pag. 327-334,. Buxtorf, Sy- 
nag. judaïq., ch. 4, pag. 87 & fui vantes. 

^(195) Genèfe, chap. 17, v. 10& ix* ' ^ 

(194) Exode,chap. 4, v. aj. 

( 19c) S. Jean-Baptifte fut circoncis dans famaifoii 
& en préfence de fa mère. S. LuCj^chap. 1 , v. 58. 
Jefus-Chrift le fut dans Tétable ottS étoit né. Vôyet 
& Epiphane ^ haeref, 20 , contra HerodianosJ Voye» 
auffi l'Exode, ch. 4, v. a5 , & Jofué, ch. y^ v. 7; 

( 196 ) Exode , ch. 4 , V. 2^. I Machab. ^ ch. i > 
V. 63. Les femmes ne cîrconcif4înt pas au)ourd'hjiij^ 

E4 



71 Mayfc j confidere comme Légïjlateur 
jourd'hui encore, quoiqu'il y ait , dans les 
Synagogues , des hommes à qui ce foin eft 
confié (197) , on n'eft point obligé de recourir 
à eux. Le père, un des amis peuvent circon- 
cire, & le font à leur gré dans les murs 
domeftiques , ou dans le fanduaire de la re- 
ligion. On a confervé auffi Tufage de la pra- 
tiquer le huitième jour ( 198 ). On l'avance, 
s'il y a quçlque danger pour la vie de l'en- 
|ànt qui vient de naître (199). L'Ecriture pro- 
;ionce une peipe terribjie contre l'Ifraélite qui 
ji'auroit pas été circoncis (zoo). Dès qu'on l'eft , 
on reçoit un nom qui fut fouyent l'expr^ffion 



parce que , dit-on , elles ne font pa$ circoncifes , ex- 
cepté qu'on ne trouve aucun h.omme en état de le 
feire , §ç que le cas foit preflant ; encore les rabbins 
ce font-ils pas d'accord fur cette exception. Buxtprf , 
^nag. Jud., çb. 4, p. 90. 

( 197 ) On les appelle SillO.? mohel , de SlO, Moul , 
circumcîdî. Cette charge a de la confidération ^armi 
les }uifs. Léon de Mpdène> hift. de gli riti Hebr. &c. 
|iv. 4, chap. 8, pag. 142. Buxtorf , Synagogue jud. 
ch. 4 , p. 90 & fuiyantes. Bartplocçi , Bibliot. rabb., 
^om. 3, pag. 89^11; 

(198) Voye? la Genèfe, ch, 17, v. uileLévit.» 
çh. 1% , y. 3 i S. Luc , çh. 2 , v. 21. 

- ( 199) Buxtorf , Synag. jud. , chap. 4 » P« 106* 
(2qo) Genèfe, ch. 17, v. 14» 



& comme Moralijle^ 7j 

des circonftances , ou des fentimens pater- 
nels (2.01). Ilparoît (zoi) que le premier né 
le recevoit du père , & que la mèrele donnoiç 
aux autres enfans. 

Rien de plus bizarre , au premier afped , 
que Tufage de la circoncifîon. On fe demande 
pourquoi blefl^r un enfant dès fa naiflancei 



(aoi) Voyez S Luc, ch. i, v, 5:9; ch. a, v. 21; 
çh. 16, V. 58. Par exemple, la flérile Lia ayant ceflé 
de l'être , elle appella fon fils, Ruben, c'eft-à-dire, 
vîdtte fiimm , comme pour fç féliciter de l'avoir enfin 
obtenu. Genèfe, ch. 29, v. 32. Beda & Grotius 
j)enrent que Tufage de donner un nom au circoncis 
vient d*Abraham ; mais Spencer ne le fait venir que 
des Machabéçs. De Leglbus ritualibus Hebrasorum , 
liv. I , ch. 4, &&. 5 , pag. 57. 

( 202 )Âinfi , dans la Genèfe , çh. 38, v. 3 , quand oui 
lit, en parlant du premier des trois fils de Juda, 
Vocavit nomen ejus Her ^ le mot K1p>1 vaïqra, vo- 
cavît eft du genre mafculin , & fe rapporte par con- 
féquent au père ; mais pour les deux autres, il y a 
tCbra» vathiqra, vocavit au genre féminin, ce qui 
annonce que le nom fut donné par la mère. Voyez 
Cornélius à Lapide fur ce pafTage de la Genèfe. Dans 
ce livre pourtant , on voit prefque toujours la mère 
«oramer fon fils. Genèfe, chap. 4 , v. i & 25 ; ch. 16, 
V. II ; ch. 19, v. 37 & 38, chap. 29, v, 3» » 33 » 34 
& 35 ; «hap. 30, V. 6, 7, Il , 13, 18, 20 & 24; 
ch. 35 , V. .x8. Voyez auffi le liv, des Juges , ch. ij^ 



1 74 Moyft y conjiàèrè comme légiflattur 

pourquoi regarder un être comme impur J 
parce qu^ eft tel que Ta formé la nature \ 
Aufli art-on enfanté plufieurs opinions pour 
en expliquer les motife. Abandonnons à d'au- 
tres ces difcuflîons qui nous font étrangères 5 
mais , fans nous y livrer , obfervons , & cela 
rentre dans notre fujet , que les peuples an- 
ciens fcelloient ordinairement , par le fang des 
viftimes , les alliances qu'ils contradoient de 
nation à nation , ou de citoyen à citoyen. 
D'après cette coutume antique , feroit^il im- 
poffible que le Légiflateur fuprême eût penfé 
que le fang de l'homme même étoit nécef- 
faire pour cimenter une alliance folemnelle 
entre lui & la divinité \ Quoi qu'il en foit , 
on exerçoit la circoncifion envers les efclaves 
achetés, pour qu'ils mangeaflènt de la Pâque; 
& les étrangers , les habitans même du 
pays ( 203 ) n^ participoient pas fans s'être 
fait circoncire. 
NooTcaux Pour mieux éloigner de l'idolâtrie , pour ci- 

profcrirc H- mentcr mieux 1 umte d un Etre lupreme, on eta- 

°^^^^* blit un feul temple , un feul autel. Jénifalem 

eft la ville heureufe où on le conftruira (204). 

N'ayant été donnée à aucune des tribus fé- 

( 203.) Exode, ch. la, v. 44 , 48 & 49. 

( 204) Outre ce temple defliné aux grandes fplem? 



& comme Morabjle» jf 

parement , elle devînt une cité conunune , 
& les Juifs confervèrent pour elle un^tel ref- 
ped , qu'ils demandèrent à Adrien , long-tems 
après 5 la permiffion que cet empereur leur 
accorda , d'aller , une fois par an , pleurer le 
fort de leur nation fur les débris de cette 
enceinte facrée (loy). Quant à l'autel, on en 
érige d'abord un de gafon au pied du mont 
Sinaï ( 206 ). On en fait enfuite un de bois 
creux en dedans (207) ; & fans défendre d'en 
élever un de pierre , on ordonne , s'il eft drefle , 
de le compofer avec des pieriies qu'on n'ait 
pas taillées. Touchées par le fer , elles devien- 
droient impures ( zo8 ). Jofué voulant offrir 

nltés /il y en eut de petits, des efpèces de cha- 
pelles où les Juifs fe rendoient toutes les fcmaînes 
pour célébrer le fabbat. Ces chapelles étoient prefque 
toujours au bord de la mer , d'une rivière , d'une 
fontaine , afin qu'on fût à portée d'y faire les ablu- 
tions que la loi recommandoit. 

( 20J ) Voyez Cunaeus , de Republicâ HcbraeoruQi , 
ct.7»pag- 54 & 55- 

( 266 ) Exode , ch. 20 , v. 24. 

(207) Exode, ibid., & ch. 27, v. 8. Voyez auffi 
le ch. 38 , v. 7. 

(208) Exode ^ ch. 20 , v. 25 ; Denr. ch. 27 , v. ç. 
Voyei Sérarius , in Jofué , ch. 8 , queft. 16 ; Corné- 
lius à Lapide , fur Texode , chap. 20 , v. 24. Us cher- 



jj6 Moyfcy tor^déré comme Légijlattut 
des lacrifices , & écrire le Deutëronome ^ 
qu'il lit devant Iç peuple affèmblé , fe fert 
de pierres non polies que le fer n*a pas tou- 
chées (209). On prohibe enfin, & démontera 
Tautelpardes degçés, de peur que le prêtre , en 
montant , ne découvre des chofes eont^îres à 
la pudeur (110), & de planter autour des ar- 
bres , ce qui reflembk encore trop à Fidolatrie., 
Do culte: Que penfer, d'après cela, du reproche fait 
îS'StHc-^ux Juifs d'avoir adoré le porc, Fane, le 
fc S:î w- ^^^ niatériel , Bacchus & Saturne \ Plutarque. 
iki, sauir- prétend (m) que le premier fut très-honoré 



chus. 



chent les raifons de cette idée relîgieufe , & ea 
donnent un très-grand nombre. Voy. aufS Abulenfis ,, 
fur TExode a chap. 20, queft. 40 , & Ménochius , de Re- 
publicâ Hebrsorum, chap. 8 , §. 2, pag. 154. 

(209) Jofué, ch, 8, V. 31. Voyez ci-deffuSp et. 1^^ 
jpag. i7,note37, 

(210) Exode, ch. 20., v. 26. 

(211) Sympofi. , liv. 4, queft. 5. Les Egyptiens 
qui s'abftenoient, par refpea, des animaux à laine, 
oe s^abftenoient du porc que par abomination. Les. 
Juifs eurent la même idée fur le dernier point. Juvea. 
dit , en parlant d'eux , .fat. 14 , v. 98 & 99 .': , 

Nec diftare pucanc humanâ caroe faillam,^ 
Qui pater abitinuiç, 

Pétrone eft tombé dans la même erreur que Plutarcg;ze« 
^<etfi > lifons-apus dans fes fragmens, 

porcintim i^umeii adora^. 



^ cofttmé Moralifle^ 77- 

{KStttm eitx , & fe fonde fur ce qu*ils s*en abt 
tenoient. Il ignofa donc que le taâ feul de cet 
^uifanal rendit Impur , ce qui ne fuppofe pas* 
«ne grande vénération (m). Rien n'égale 
l'averfion réligieufe que lui portent les Ifraé* 
lites. Elle eft héréditaire. Us fe font un foru- 
pulé d'en apprendre le nom à leurs enfkns ; &c 
de leprbnoncer. Y font?4ls obligés ï Ils enaploient 
une périphrafe qui exprime vaguement un 
objet impie &fonefte(^i 5). Enefifet les habîtans 
de la Judée^tant fùjets , comme ceux de l'Egypte 
& de ta Syrie , aux dartres , aux ulcères , à tous 
les maux peftilentiels que Moyfe a défignés 
par le nom général de lèpre , il étoit d'un fage 
iégiflateur d'interdire l'ufage d'un animal dont 
la diair n'eft pais moins indigefte, que fon 
extérieur eft immonde (114). Tacite eft^ de 

(212) Les Romains ne penfoient pas dç même fur 
le porc. ÏIs l'ofFroient en facrifice. Horace, ode 17 
du liv. 3 ; épître 16 du prem. liv. & i du fécond ; 
) du fécond liv. des iàt. On ne put fumais en faire 
manger, ni facrifier aux Juifs. 2 Machab., chap. 6^' 
V. 18. Jofephe, de bello jud. liv. 1 , ch. i, p. 708 
& 709 , & liv. des Machab. , pag. xo88 , 1091 & 
1092. 

v ( 113 ) Voyez Leidekker, de Repub. Hebr., liv. 12 i 
ch. 7 , pag. 6j6. Spencer , de Legibus rituat Hçbr. 
!. I, ch. 5, feÔ. 4, pag. ii^ 

(214) Le porc étoit regardé comm« fi immQhde^ 



jS Moyfcy càn^défc comme Legijlztiuf 
tous les auteurs anciens. Celui qui s'éloigne 
le moins de la vérité, quand il dit (2.15) y 
que les Juifs s'en abftenoient , parce que cet 
animal eft fujet à une maladie honteufe, ma- 
ladie dont ils avoiént été fouillés eux-mêmes, 
& qui les avoit fait chafler d-Egypte. 

L'âne ne fut pas plus honoré quoi qu'en 
eût dit Appion, (xi6) , qui fuppofe que \qs 
Juifs gardoient dans le fanâuaire du temple 
la figure en or maffif de la tête de cet 
animal , qu'elle étoit l'objet de leurs hom- 
mages , & qu'on l'y trouva encore lorfque 
Antiochus Epiphane pilla Jérufalem* Selon 
Suidas (117) , l'hiftorien Damocritus n'attef- 
toit pas feulement un pareil culte, mais il 
afluroit que tous les fept ans les Ifraélites of- 



par les Juifs, qu'il paffa en proverbe dé dire : Sus 
ad vol^ahrum. Voye? S. Pierre , liv. 2 , chap. 2, , 
y. 2%. 

(ai$) Hiflqjre, liv, 5 , §. 4» t. 5 ^t p. 296 & 297, 

(216) Voyez Joféphe contre Appion,- liv. 2 , 
pag. 1065. Les Chrétiens ont auiS été accufés d'adorer 
la tête d'un âne, 6^ leur dieu fut appelle o^voxoirni. 
TertuUien a répondu à cette accufation, g. 16 de 
l'apologétique. 

(217) Verbo Damocritus. Il en parle encore; 
ailleurs , & dit , non tous les fept ans , mais tous 
]^ troi^ ans. 



& comme Moralijiçf'^ 79 

frotent un étranger à cette idole , & coupoienc 
en petits morceaux les membres de lavic- 
tyne. Tacite veut (2.18) qu'ils aient confacré, 
par reconnoiflance , l'animal qui leur fit dé- 
couvrir une eau falutaire , lorfqu'ils étoient 
dévorés par la foif dans le défert où les avoit 
conduit Moyfe, L'erreur fur cette prétendue 
adoration , eft venue 4e ce que le premier 
né n'en pouvoir être offert à Jéhova, mais 
deyoifc être tué ou racheté par un agneau (2.1^). 
De la nécelHté du rach^ , on a conclu que 
l'âne étoit facré , tandis qu'elle avoit pour 
caufe le mépris qu'il infpiroit aux Hébreux, 
comme à toutes les autres nations (210). Les 
Egjrptiens en particulier , que les Juife imi- 
tèrent fi fouvent dans leur idolâtrie , avoient 
pour lui une horreur d'autant plus grande, 
que fa couleur étoit ordinairement cette cou- 



( 218 ) Hiftoire , liv. '5 , §. 3 , tom. 3 » pag. 19^. Il 
raconte que les Ifraélites étoient à demi-morts & 
étendus fur la terre , lorfqu'un troupeau d'ànes fau- 
vages , qui venoit de paître , fe retira vers un rocher 
couvert de verdure. Moyfe les fuivit ,' foupçonnant 
que cette verdure .cachoit ut* terrein humide , & il 
trouva y en efiet > de l'eau en abondance* 

(219) Exode, chap. 13, v. 13. 

(220) Voyez Selden, de diis fyriîs, ch. 17, & 
de jure oatur» & gentium , liv. 2 ^ ch, i , pag. ? ^ :.. 



td Moyfcy confiiéfé tomme Légïjlateur 
leur roufi&tre demeurée infâme parmi eux , à 
caufe qu'elle fut celle de la chevelure de 
Typhon que fes crimes àvoient voué à Texé- 
Cration publique (^ii)i 

Le reproche d'adorer le ciel matériel n'eft 
pas plus admiffible. Il eft fait principalement 
J>ar Strabon , Juvénal & Pétrone (iii). 

El califummas advùcat anriculas y 

dît ce dernier (213)* 

Plufieurs caufés ont produit cette erreur. 
D'abord , les Juifs implorant fouvent leur dieu 
dans des lieux découverts , en plein air même, 
on a pu croire qu'ils adoroient cette partie 
du monde vers laquelle fe tendoient leurs 
bras , & mbntoient léuirs hommages. On a 
pu le croire encore par le goût qu'ils acquirent 
pour l'aftrologie plufieurs fiècles après Moyfe , 
par l'attention minutieufé & peu éclairée avec 
laquelle ils prétendoient fuivre les mouvemens 



(t2i ) Voyez ce que dit à ce fu]et Cunâeus , de 
Repub. Hebr. , livi 3 , chap 4 , pag. 43}.. 

(22a) Fragmens de Pétrone. StfaboOi liv. i6. 
Juvenal , fat* 14 , v. 97! 

(22)) Dans quelques éditions- on lit clUî au lieu 
de cœll II vient alors de Kiaaof , afinus^ & on peut 
très-bien le lire ainfi. Voyez les notes précédentes. 



& comme Moraiyic* 8 1 

desoftres & en tirer des augures (124). Enfin » 
pour indiquer apparemment la préfence uni* 
verfelle.de l'Etre fupréme , ils exprimoient 
quelquefois Jëhova par un mot plus ac* 
coutume à préferiter l'idée de l'enveloppe cé- 
lefte qui nous environne (12.5); ce qui leur 
donna peut-être Tufage d'attefter le ciel dans 
leurs fermens. Il naquit enfuite une feâe de 
demi- Juifs, ou de chrétiens judaïfans, c'eft- 
à-^re , qui uniflbient le baptême & les dogmes 
du chriftianifme aux cérémonies pieufes da 
jttdaïfme 5 on les appela Cœli-coles(ii6): 
mais leur dodrine, comme on voit, n'a rien 
de commun avec l'accufation faite aux anciens 
Ifraélites , & que nous venons de repoufler. 

(224} On fe rappelle ^Tt^''^ ^^ Juvenal, fax. 6, 
-V. 543 & fuivahs : *^ 

Arcanatn Judxa trement mendicat ia aurem , 
Incerpres legum-Solfmarum , & magna facerdos 
Arboris, ac Aimmi fida incemuntia cali. 
ImpUc & illa xnanum , fed parciàs, stre minuco. 

( 2254 a»W 9 Samaim. VoyezTen un exemple daflf 
S. Luc, ch. 15 , V. 18. Nous avons àrpeu-près la mêmt 
figure dans liotre langue. 

( 226 ) Voyez Selden , de Jure Naturae & Gentium , ' 
liv. 2 , chnp. 1 ; Petit, var. leâion» , liv. 2 , chap. t ; 
Jofeph Scaliger , Elench. cribseref. ; Leidekker , de Re- 
publici Hebrasonim, liv. jf , chap. 4>.pag. 28^ . 

F 



Sz Mcyfcy tmfiàcri comme Légljlateur 
Des loix d^Honorius & de Théodofe (117) , 
«n parlent comme d'une opinion nouvelle , 
foumife à tous les anadièmes prononcés contre 
4'hérélie &: la fuperftition. 

Les accufateurs dès dîfciples de Moyfe fe* 
ront-ils pins heureux pour le culte de Saturne ? 
Le feptième jour xks payens lui étant con- 
^fecré , les Juife femblèrent l'honorer auffi , 
-parce qu'ils confacroient ce jour au repos (228) : 
mais ce refped pour le Sabbat, loin d'être 
une imitation des peuples éloignés , prend fa 
Iburce dans la religion & dans Thiftoire des 
Hébreux ^ ou dans celle des peuples voifins ; 
Ibit qu'on en cherche l'origine dans la per- 
miffion que le roi d'Egypte accorda aux Hé- 
breux, fur la demande de JVIoyfe, de fufpendre 
ainii périocUquemq/f. leurs travaux ( 119 ) ; 

(217) Voyez les loix 19 & 43 du liv. 12 du Code 
Théodofien , de Judxis & Cœlicolis. 

( zt% ) Voy. ce que dîfent .S. aément d'Alexandrie, 
ftromati, liv. 6, î)ag.68a& fuîv, Dioa., liv. 37, & 
c Tacite, liv. 5 , §• 4, totn. 3 , pag. 698, 

(1x9) Sémoth Rabba^ parash. i , & le problème S 
du Livre, fur la création de Menafieh ben Ifniël ^ 
. thef de la fynagogue d'Amfierdam. Voyez auffi les 
- notes d-Ishacar ben Nephtali fur Sémoth Rabba , édi- 
.-tkMi de Cracovie, pag. xi8. Cette opinion eft com- 
battue par Maîmgnide \ more Névochim , part, z , 



& comme Moralijic. 83 

ibic qu'on la cherche, avec plus de vraifem- 
biance, dans ce que rapporte laGenèfè {230) , 
du repos de Jéhova, après la création de Tuni*- 
yers \ foit que , pour en découvrir la caufe; 
on recoure à une forte d'allégorie , comme 
le rabbin Elias (131) , qui, partageant en trois 
efpaces égau^ les ëj^oques du monde , fait , 
^près fix mille ans , changer Tordre & la face 
de l'univers, & naître le repos pour Tefpèce 
humaine ; ibic qu'on penfe , avec Marsham 
& Spencer (2.32) , que Moyfe voulut fimple^ 
ment confacrer à Dieu un des jours de la 
femaine dont les Egyptiens avoient , depuis 



ch. 51, & par Selden, de Jure Naturas & Geotium^ 
lîv: 3, chap. 14, pag. 361 & 363. 

(ijo) Genèfe, ch. i , v. 3. Voyez auffi l'Exode, 
ch. 51, v. 15, & le Deutéron, , chap. j , v. 14. 
Plutarque , le grammairien Appion, Laâance & plu- 
(leurs autres écrivains fe font perdus en étymologies 
fur le mot Sabbat. Voyez Ribera de FeftisHebr. ch. i . 
& Lormus , fur lé verfet 12 du prem. chap. des Aôes 
des Apôtres. Sabbat vient du mot hébreu j^tf , cef" 
favh^ rtqtâevit. 

(231) Cité , d'après les livres talmudiques , par 
Cunaeus , de Republicâ Hebrseorum , liv. 1 , ch. 14^ 

pag. 3U&335• 
(t3^) Marsham , Ghroniq. ad fecuîùm 9. Spencer, 

de Legibus ritualibus Hebr«orum , liv. i, chap^ 4, 

feâ. Il & II, p^. 85 & fuivantes. 



84 Moyfc , conjîdarc cùmâte Ugijlateur 
long-tems. Elit la divifion» d'après le nombre 
'<les planètes. 

. Jl nous refte à examiner fi les Juifs ado- 
rèrent Bacchus. Leur principale folemnité , 
dit Flutarque (155) , s'accorde avec la fête de 
ce dieu , i&: pour l'époque , & pour la manière 
dont eUe eft célébrée. On choifit la faifon 
des vendanges. Des tables font préparées ^ 
couvertes de fruits* Oii s'aflîed fous des tentes 
.où le lierre s!enlace avec des rameaux ver- 
.doyans. Ces tentes -dcmnent leur nom à la 
fète du premier jour ; mais celle qu'on célèbre 
peu de jours après , porte ouvertement le nom 
de Bacchus. Plutarque parle enfuite d'une fo- 
lemnité où les Juifs , des tyrfes dans les mains, 
entroient dans le temple pour s'y livrer à des 
cérémomes qu'il ignore, mais qu'il préfume 
avoil: pour 'objet le dieu de l'automne. Les 
Hébreux, comme les Grecs dans les baccha- 
nales , s'y fervoient de trompettes pour invo- 
quer la divinité^ & d'autres inflrumens ré- 
fonnoient fous les doigts de ceux qu'on ap- 
pelloit lévites , fnot vifiblement emprunté d'un 
des furnoms de Bacchus (Z34). La fource de 



(^55 ) In Sympofia. , liv. 4, ch. 5, pag. 671. 
(234) De Au(rxoj ou d'Eiiot. On conclut; encore 
que les Juifs adoroient Bacchus , parce qu'ils ob« 



& comme Morafi/Fe. tf 

Ferreur eft ici facile à apperceivoir \ elle nU 
pas même befoki d'être développée. Le rap- 
prochement ingénieux dé quelques cérémc^ 
nies femWables ne fuffit pas pour établît 
Videntité entre les fêtes de deux peuples , 
dfont ie culte & les mœurs font fi diflërenr^ 
Tacite Ta compris, quoique ht manière dont 
il s'exprime foit dure & injufte. •*■ Quelques 
reflemblances , dit-il ( 2.3 j ) , oat fait croire 
que lès Juifs adorèrent Racchus-, ce vainr- 
queur de rôrient y mais il n'y a aucun rap- 
port entre leurs céréinoniès reKgîeufeis. Celles 
dès Juifs font laies &c abfurdès , tandis ^ue 
le plàifîr & la gaieté marquent lès fêtes 
de Bacchus. « Le fécond liVre dés MaCBa- 
béès ( 25^ ), annoncé même exprefl?inent 
Faverfion dès Ilîâélîtes pour le culte dé cett$ 
divinité. Antiochus, roi de Syrie & miître 
de la Judée, les force à couronner leurs têtes. 

ftr voient le Sabbat ;.& pour ceh'^ on fit vemr.Sahr 
batum de !&tjB^ft^fii^, ce^(Iul fe rapproche infiniment 
de SotjSof & Set^^for, nom qu^on donnoit àBacchus^. 
.comme Patteflfenr îftfychîiis^ & Sùtdas;. 

(155) Htôoire, liv. f , §. 5 , pag. 301. Lib(tr fefiâs 
bBtoJ^ue- ritus pofuït \ Judaoruni mos ahfurdus firdl-/ 
duffue^. 

(^qô) Chapitre 6, v*-7r& fuivans». 

^5 . 



8^ Moyfe , conjidcré comme Légijlatcur 
dé lierre & à célébrer les bacchanales. Les 
uns plient, en gémiffant, fous un ordre ab- 
folu ; les autres fe font uh devoir d'y réfifter 
& préfèrent la mort à Tidolatrie. 

Article IL 

Vts Prêtres^ des Lévites ^ de leur confecration ^ 
de leurs devoirs & de leurs privilèges. 

Parcage du Un pontlfe y des prêtres & des lévites for- 
rûuis."^ ^ mèr^ntla hiérarchie facrée. Lévi eut trois fils ; 
Gerfon , Cahat & Merari (Z37). Cahat en eut 
quatre ; Amram , Ifaar , Hebron & Oziel (zjS) . 
D'Amram naquirent Aaron & Moyfe j &c 
d'Aaron , Eléazar & Ithamar. Le miniftère des 
autels ayant été exclufivement lié à une tribu , 
il devint héréditaire. Ceux qui appartenoient 
à la famille d'Aaron^y fureqt confacrésdès 
leur naiflance. Eléazar remplaça fon père 
dans le pontificat fuprême , qui pafla de lui 
à tous les premiers nés de fes defcendans. Les 
cadets forent voués au facerdoce, & la po 
téritjé de Gerfon , Celle de Merari , des autres 
enfuis de Cahat, celle même de Moyfe, at- 

(237) Nombres, ch. 3, v. 17. 
(j}8) Ibid. V. 19. 



6r comme Morali^c^ %2 

fâchées aux places moins impoitantes , deviti- 
rent les lévites da temple. Le nombres cTe ce» 
. derniersfut confidérable«L^£criture en compta 
plus de vingt-deux mille dans le déoefiolKet 
ment dlfraël (239)- Les familles Ëtcerdotales^ 
lie devinrent pas moins âombreuiès^ David 
fiit obligé de les divifer en vingt -quatr» 
clailês, dont feize pFovenues d'Héazar ^ âç 
fouit dltfaamar, fon frère; Le fort régla entre 
etles la primauté , & chacune eut un chef 
pris ckuis fon fein (240)^ Elles» fervoàeiwr par conrajtnt 
iemaine, & il eût été difficile de ('esdemiei iWre a» 
autrement, les fondions étant beaucoup moins "^**^** 
confidérables queles précises (241 )-. Néamnoii% 
quoiqu'ordinairemem , ce tesme paflS , & ce-r 
tournaient à leurs a&ires domefliqtje^^ s% 
vouk»ieiTt continuer , on le leur permettoit ^ 
fkxi comme employés > mais comme voïon- 

'7 . ■ \ . • ■ t . ■ . 

■' ■ I II M .. ■ . ■ 

7^ \^. :.' . dû. ^ . ■ 

( r 59) Nombres, icHap.j, V. •!<. 

{146) lié viflgt-quuhrièilfe châfr. du prem. Tiv. des 
Paraliponrëiies^ renfëfme .le détail de ces diffihrens 
clisf& On ïés. •a^ a(>peUés 'AfXtM^ii f nom qui leur .fut 
.toBi^iW ^yec Jè^ft3WYtfai»pçto|ife;d'o^ il eft arrivé 
*qja\>n a quelquefois- confondu le grand-prêtre & h»^ 
fHrincesr de9::p£étKes , ou: Je» cli^ des famHtes facer^ 
dotales. 

(24T) Aîiifi lemr. tour rpvenort apr&, t6S joua^ 
fin cbacrs^oientie )^u£ da Sfli)t^^. . 



8S ' Moyfe^emfidéri comme Ugîflatewr 
tâîres. Quant aux trois grandes folemnitës , ils 
pouvoient tous venir à Jérufalem ; mais ils ne 
pouvoîent s*y occupa que des viftimes of- 
fertes librement', & non desfacrifices ordonnés 
par la loi (14Z). 

• Oh a demandé fi les lévites jEureiit partagés 

de même. Josèphe Taflure (243). Les Parali- 

pomènes (244) ne parlent que des chantres ; 

mais il eft très-vraifemblable que ladivifîon 

A quel âge fot générale. Avant David , ils ne remplit- 

çS^&V f<^î^^t^ *^«i^ fondions ) qu'à vingt- cinq ou 

icÛlf foàc- trente ans (245 )• 'Ce* prince les leur permit 

^^*'* quelques années plutôt (245) : leur fervice ex- 

piroit à cinquante, âge auquel ils fe contenu 

toieht d*aider leuri frères pour la garde de 

ce qui leur étoit confié (247)*' 



( 142) Voyez Cunsus, de RepubL Hebraeorum ; 
lîv. 1, ch. 8, pag. 216, & 'MênochlUTTTlè Repub* 
Hebrasorum, liv; àr> chap. &, pag. 93. ;; 

( i43 ) Antiquités Hébr. , liv. 7 , ch. 1 1 , p. 14S. 

( 144) T Parai. , cb.. 15 , ¥• t & Aïivans^ 

(245) Nombres jct^ ^4» v. }, &ch.8:, v< 24. 
' (24e) I Paralij^èiiesy ch.!}, v. m; v ParaK 
ch. 31 , V, 17. 

(147) Nombres, chap. 8, v. 25 &.a6. A Ta fiti 
du prem. chap. du Traité Talmudique , intitidé Maf- 
fechta Cholin, on ôbferve que cette loi de cinquante 
ans n'eut lieu qu'ayant que le tabernalcle cefsâc 



& comme Mofàliftei 89 

Le moment de la confécration arrivé , le De u ««: 
jeune candidat , après s'être purifié en lavant prê"c$^&dS 
!ks habits & raifant fon corps , recevoir , pac ^^""' 
Talpeirfion d'une eau luflxale, une purifica- 
tion nouvelle. On prenoit enfuite deux bœufs : 
l'un, javec lequel on préfeittoit une oblation de 
farine arrofèe d'huile , feryoit d'holocaufte ; 
l'autre , oflfertpour le péché, étoitu^e viftim^ 
expiatoire. Alor^ , en préfence du peuple af-r 
femblé, on faifoit approcher les lévites du 
tabernacle d*aUiance ; tout le monde pofoit 
Jfes mains fur eux , & le grand prêtre les oflFroit 
comnoerun préfent des Ifraélites à l'Eternel, 
pour remplir les fondions du culte divin. Eux- 
mêmes alors, ils pofôient leurs mains fur la 
tête dos animaux qu'on ^oit immoler ; Iç 
pontife adreflbit à Dieu quelques prières, & 
conduifbit^ dans le parvis du tabernacle , les 
nouveaux miniftres de Jéhpva: (x48). 

La confécration des prêtres fut liée à un 
plus grand nombre de cérémonies tracées 



tfétre trànfporté. Depuis qu'ileut une demeure fixe 
i Jérufalem V rage auquel on étoit ]»arvenu ne fiit 
plus une r^ifon forcée d'abdiquer les fonâions lévi* 
tiques. Cunsns ,. de Republk^^Hebrasorum,^ liv. i ; 
ch. n, pag.. i4i -r • - 

(248) Nombres, ch» 8, v. f -ij- 



P^ Afoyfcj^anfidcre comme JUgi/lateur 

ézns le Levitîque (249) , ainfi nommé parce 
qu'il exprime les devoirs des delcendans 
de Lëvi* Moyfe y confacre Âaron &: fes 
quatre ensuis , à rentrée dti fanâuaire Se 
devant le peuple aflèmblé. Après les abhmons ^ 
il revêt fbn frère des habits pontificaux , Se 
pour fanâifier Tautel, y verfe une huile d'onc^ 
tion 9 avec laquelle il Taiperge d'abord fepr 
£bis y en verfe auffi fur les vafes ^ le grand 
baffîn , le tabernacle Se tous tes m£brumens 
religieux^ en oint le pontife Im-méme, Se 
orne fès neveux dôs vétemem iacerdotaux^ 
Cela fàit^ il s'occupe des facrifices. Trois ani- 
ii^ux feront imnM>lés; un veau pour l'expia- 
tion des fautes conïmifes , un béliet en holo- 
catifte, un fécond bélier pour Taâe paiticulier 
de la confécratiotu Aàron &r fes enf^ns mettent 
Us mains fur la tète des viornes, foit pour ea 
tranfporter le domaine à Jéhova, fbit pour 
lés charger de 4eùrs pédiés^ Mcy^è les frappe 

: • ... ..^ • . . : • : 

- ■ ■ 

(249) livînquéVcïî^ 8, v. j-"3i7""Voyèï au^ 
le chdp. 50 de fE^ode ^v. zf & foivauT; Ut Mirna, 
mfnu I , de BçnediaSombus , pr v^; MênocHus, Asr 
«itepobikà Hcbraeoniii» , tiv. 1, tbip f , §. 4 Se 
/aivan&y^ pag. n^^8L:<mvaiitès^.& daoftje ménie> 
pour celle des Lévites , chap. i , ^ 4:&ï ltti¥ao&,, 
pag. 91 & fuivap^ev - ^ ....:(• 



& comme Moralifte. 51 

toutes trois , touche les cornes de Tautel de 
fon doigt trempé dans le fang de la première ; 
répand auteur celui de la féconde coupée en 
morceaux , & de fon doigt , auffi trempé 
dans le fang de la troifième , touche Toreille 
droite & les pouces de la main droite & da 
pied droit des quatre prêtres & du pontife* 
La graifle , la chair , la peau , les reins , l'en- 
Vêloppe du foie de la viûime d'expiation & 
de rhblocaufte , & toutes les parties de celle- 
ci, font confumees par les flammes. Quant 
au iècond bélier , on place fur ks graifles & 
fur fon épaule droite , un pain azyme & deux 
gâteaux dont tin pétri à Thuile. Aaron & 
k& fils les élèvent devant le Seigneur y & od 
les brûle enfuite fur Tautel des holocauftes. 
On élève encore la poitrine de cet animd] 
inais fans la brûler , parce qu'elb étoit la 
portion du facrificateur dans les ofi^andês 
d'hoftks pacifiques. Moyfo esfin afpergç 
du tefte An 'iàng dont on a couvert Tautei 
&c de VhxiÛQ de fanâification , les vétemens 
& la peribnne du grand -prêtre & de fes 
coopérateurs., qui, après avoir mangé de la 
chair des vidimes & des pains de la confé* 
cration , en livrent le refte aux flammes. 
Obfervôn^ , en finiflant cette defcriptiqn 
tracée par TEcriture, qu'une pareille céré- 



jr Moyfcy conjidiré commtIJgiJlattur 

monie duroit lept jours. Pendant cet efpace J 
on ne quittoit pas le tabernacle , même pen- 
dant la nuit, fans courir le danger de perdre 
laviefiyo). 
Deiacon- Moyfe, en prefcrivant ces formalités pour 
gTMdî^prê" k (acerdoce ordinaire , les prefcrit également , 
*•' comme on voit , pour le pontificat, LTfraélite 

élevé à ce rang fublime , oflFrira cependant 
quelques facrifices partkrufiers , tanè pour lui 
que pour le peuple. Aaron devenu grand- 
prêtre , immole à Dieu , par le confeil de fonr 
frère , outre le veau & le bélier , un bouc &: 
unr taureau, dont les graifles, la tête, la: 
chair , &c. font encore confumées , & dont 
le fang eft répandu autour de Tautel (ry i ). 

Sous le premier temple, deuxcbofèsétoient 
néceflaires pour la confécradon du pontife; 
Fonâion &r la prlfe des habits pontificaux V 
mais rbuile deflinée à la première de ces cérér 
monies , tfayant pas été retrouvée feus le 
fécond temple , quoique Jofias Teût cachée 
avec foin lors de la deftruÔion du premier, 
on ne confacra plus le chef de la rel^on 

(z^o) Lévîtique, ch. 8, v. 33^ 34 & 35; 

(ici) Lévitîque, ch. 9, y.'j^'LU Voyez auIL le 
cliap. 6, y. XI -1;* 



^ comme Moralifk. »■. .53 
^qtfen le revêtant d^s habits de fa xHgnité 
fuprême (lyi). 

Quoique la naiflknce donnât des droits au Dé/aotfqni 
miniftère facré , on ne dévint xrapable de ^''^^^SSL 
Texercer que par la confécration. Ori ne le^^» 
devenoit pourtam Jamais d'exercer le lacer- 
^oce, fi on étoit plus ou moins difgracié de 
la nature. U fufiifoit , pour en être exclus, 
d'être chaffieux , d^avoir une taie fur l'œil , 
une tache fur le corps, le nez de travers, 
trop périt ou trop grand. A plus forte 
iraiioR, les boiTus, les aveugles, les boiteux, 
ceux qu'affligent la gale ou une hernie, ceux 
dont les pieds &: les mains font brifés ^ en 
fiirent-ils exclus (2-53). Mais en les éloignant 
de Tautel , on leur laifla manger des pains * 
offerts dans le iànâuaire (2.J4}. Ils n'eurent 



r (iÇi) CunsBus , Kv. a. , chap. 7, pag. m & 
^13. Maffechta Joma , chap. i , dans les Traités Talr 
musqués. 
(253 ) Lévitîque , xh. 21 , v, 17 - ao. 

(254) Ibidem, v. 21, ;22 & 23. Voyez Cunœus; 
de Republicâ Hebraeonim , liv. 2 > chap* 8 , pag. 228. 
Josèphe , ^e Belle judaîco , liv. 6 , pag. 918 ; le 
cfa. 2 des Traités Talmudiques. Je crois que Cunsus 
ie trompe en donnant trop d'extenfion aux objets dont 
il refloit permis de fè nourrir : & Jî.multatl face^r 



94 Moyfc^ conjidéré comme Légijtateur 
pas le même droit fur les viâknes &: îes autrei 
objets des facrifices. On aflimila leur défaut 
à une véritable impureté , & le prêtre impur 
ne touchoit pas aux chofes faintes , fous peine 
de la vie (2*y y). La loi lui interdifoit jufqu'aux 
prémices , fi nous en croyons la Mifiia & fès^ 
conunentateurs (256), Il étoit impur par la 
lèpre & le flux de femence, s'il touchoit un 
jeptile , un cadavre , un objet immonde , 
l'homme qui les avoit touchés comme Celui 
qui étoit attaqué de ces maux ; &: y alors , plus 
de partage aux ofiîundes facrées. La fouillure 
pourtant expiroit , dans ces derniers cas , 
^rès une ablution entière & le coucher diu 
Ibleil (257). 



- dotîo erant , tamen nihîlomînîis illls y dit -il, jus fitb 
cum faeerdotîbus ejus flatîoms in quâ if fi fiurani' s 
adhuc de facrls tpulan. Il me femble que. de facrîs eft 
trop VAgue. Toutes les ofiirandes ne leur étoîent pas 
permifes, mais feulement les pains. Le Lévitique 
dit feulement , panïbus qui offènmtur in fan&tano, 
V. 22. 

(255) Lévitique, ch. 22, v. 2 & j. 

(256) Mifna, tom. i, deBenediâionibus, chap. 1; 
§. I , pag. I. 

( 257 ) Lévitique , chap. 22 , v* 4 - 7. Mifna , dîflfo 
loco, p, I, 2 & 3. 



& comme Moralifie. ^f 

. D €ft naturel de foumettre à une plus grande vnndcxÊ^ 
pureté des hommes placés entre le peuple &u«. *'' 
le Seigneur , pour être les organes de la loi & les 
interprêtes de la divinité. Auroient-ils mérité 
ces titres s'ils n'euflent infpiré un refped &c 
une confiance fans bornes ? Par une fuite de 
cette idée , on ordonne aux prêtres de laver 
leurs pieds & leurs mains avant de s'appro- 
ctier/de l'autel des parfums ou du taber* 
nade (xj8) , cpmme de s'abftenir de leurs 
feromçs , du vin.& des liqueurs , tant qu'ik 
feront voués au fervice du temple (259) 5 8c 
au pontife en particulier, de s'éloigner de 
fx maifon fept jours avant le facrifice d'expia- 
tion , qu'il a feul le droit d'oflFrir , de peur 
qu'une incommodité périodique de fon époufe, 
ou les plailîrs de l'amour conjugal , n'al- 
tèrent la pureté qu'exige ce facrifice ( 160 ) . 
■ ■ ' ' ' ■ 1" 

(2j8) Exode, ch. 30, v. ai. Jéhova prefcrit , dans 
le même chapitre , v. 23 & fuiv. la forme des par- 
fums qui lui feront confàcrés ; & dans le v. 38 » il 
défend , fous peine de mort , d*en faire de fembla- 
bles pour en refpirer l'odeur. 

(259) Lévitique, chap. 10 , v. 3-9. Voyez S, Jé- 
rôme fur Ifaïe , ch. 19 , v. 24 & 28 , & dans foa 
épître ad Nepotianum. Rupert , liv. 2 fur le Lévitique, ' 
chap. 8. 

(360) Voyez la Ntifna , de die expiationis , ch* z ; 
§. I , tom. 2 y pag. 206. 



i3. 



Çï Moyfc^ conjidéré comme Ugtjlateur 
On leur défend , par la même raifon , de fe 
marier à une perfonne ftérile , à celle q^ui n'eft 
pas vierge , ou qu'on prend dans une autre 
tribu que la tribu fainte de Lévi (i6i). On 
condamne à être brûlée vive la fille d'un 
prêtre, qui, violant le nom de fon père, s'aban- 
donneroit à une impureté criminelle , à la 
fornication (261) ; & on ôte pour jamais à 
fa femme lé droit de manger des oblations , 
fi elle s'eft livrée à un comn^erce illicite , & 
que des témoins affirment- Tavoir vue dans 
les bras d'un autre ; fî elle-même avoue i 
fon mari' qu'elle eft coupable envers lui; ft 
•elle refufe de boire les eaux amères (2.63) : 
car fi elle les boit & qu'elle le faflè heu- 
reufement , elle ne ceflè pas d'être pure & 
d'appartenir à fon époux (264). Par une fuite 
encore de cette opinion , le pontife contraéle 
une fouillure en entrant dans les lieux où gît 
un cadavre , & on lui interdit d'affifter à des 

(261) Vide infrà', chapitre des J-oixj fcî viles ., 
art. 3, §.4. *' // 

(26.2) Lé vît. ch. 21, v. 9. 

( 263 ) Mifna , deuxore adqlterii fuCpeflâ, chap. i ; 
§. 2 & 3 , tom. 3 , pag. 182 , 183 & 184. 

(264) Mifna, de uxore adalt. fufpeaâ, chap. 4, 
5. 4, tom. 5 , pag :24o & 241. 

funérailles 



^ comme Mofàli/iâé 57 

fîinérailles & de porter le deuil des morts ^ 
fîût-ce de fon propre père (264) , interdidion 
qui n'a pas lieu pour les lévites , & fe borne, 
pour les prêtres , à ceux qui ne leur font 
point unis par les liens du fang les plus étroits , 
les frères , les fœurs germaines non mariées , 
Jes pères , les mères & les enfans (265). A 
cela près , continue le Lévitique {166) , ils 
ne raferontpas leur barbe & leur chevelure, 
£ùt<e pour la mort du prince, manière d'ex- 
primer fa douleur que la Vulgate (2.6j) défigna 
ibuvent par découvrir fa tàe. Dans le deuil, on 
déchiroit fes vêtemens & on faifoit , fur fon 
corps , des incifions ( 268 ) : David & tous 
fès courtifans , les déchirèrent à la nouvelle 
<iu trépas de Saiil {'^69). Il ne feportoit pas 
uniquement à Toccafion d'une mort , mais à 
celle de tout événement malheureux* Un habit 
greffier , le front voilé , la cendre pour lit , 

(264) Lévitique chap. 21 , v. 10, 11 & 12, 

(265 ) Lévitique ,. chap. iq , v. 6 ; ch, 21 , v. i , 
a & 3. 

(266) Chap. 21 , v* 4 & j. 

( 267 ) Voyez entr'autres le v. 6 du chap. 10 du 
Lévitique. 

(268) Lévitique, chap. 10 , v. 6 ; chap. 21 , v. 5. 

(169) 2 Regum, chap. i , v. 11. . 

G 



5^ Moyfcy confiiéré comme Ugijlateur 

un jeûne rigoureux jufqu'au lever du foleil, 
en étoienc les fuites. Porté ordinairement fèpc 
jours , il rétoit un mois dans les circonftances 
extraordinaires, comme il arriva à la nK>rt 
de Moyfe & à celle d'Aaron (170). 
prérogatî. ^ 1^ plupart des prohibitions dont >'ai parlé 
ir fewï" font févères, ^Ues font rachetées par les nom- 
ce. breufes prérogatives accordées au facerdoce 
& rhonneur attaché à fes fonélions. Nous 
avons vu qu'elles furent fouvent unies à la 
magiftrature. Ajoutons aux emplois militaires. 
Le prêtre Banaïas fut capitaine des gardes de 
Salomon, & général de fes armées (271). 
Sadoc & Joïada , tous les deux defcendans 
d'Aaron , étoient parmi les premiers officiers 
des troupes de David {ryi) , & les Machabées 
Soient de la famille facerdotale (2.75). Jamais 
on ne marehoit à la guerre que les prêtres n'y 
Ibnnaflent de la trompette (274) , & n'y exhor- 

( 270) Voyez I Regum , ch. 3 1 , v. i j . Ecdéfiaftique > 
chap. 21, V. 13. Ezéchiel, ch. 24, v. 17. Nombres, 
ch. 20 , v. 30. Deutéronome , ch. 34, v. 8. 

(271 ) 3. Regum , ch. 11. , v. 35. i Paralip , ch. 27, 
Verfet ç. 

(272) I Paralip. ch. 12 , v. 27 & 28. 

(275 ) I Machab. chap. 11 , v. 54. 

(^274) Nombres, ch. 10, v. 8. Voyez le i* livre 



ù comme Morédijlt. 53^ 

tftflèfit \% peuple , vers Tiiiftant de la bataille, 
à fe défendre avec courage & à fe confier 
4ans le Dieu dlfraël(;.7y). Leur chef fuivoit 
quelquefois, orné de fes vêtemens pontificaux , 
^pour demg.nder au Seigneur, en cas de befoin, 
4'éclairer la conduite des Hébreux, & de 
ia diriger. Portoit - on l'arche ï ils la gar- 
cloient {vj6). Prenoit-on des tréfors conlidé- 
jrables? fouvent ilsétoientpoureux, aunom ^^^y,^^ 
de l'Eternel , & oii étoit puni fi on les leur "° accordée 
difputoit, comme à la prife de Jéricho (177). &auxgén4- 
On les leur offrit même volontairement , après '* ' 
la viâoire remportée fur les Madianites , 
comme un (igne de la reconnoifiance du 
peuple pour Jéhova, fur ce qu'aucun Ifraélite 
iVavoit péri dans la bataille (2.78). Ils eurent 
toujours une portion forte du butin, fans 
même avoir été au cpmbat (zj9) , privilège , 



des Paralip.,ch, 13, «^. 12. Ces trompettes étoienç 
d*argent ; mais celle dont ils fe fervoient pour an- 
noncer rinftant des prières publiques, étoit une cornç 
de bélier, d*où vint le nom de jubilé. 

(275) Deutéronome, ch. 20, v. 3 &4. 

(276) I Regum , ch. 4, v. 4, 14 & x8. 2 Reg; 
ch. 15, V. 24 & 2$. 

' {^7?) Jofué, ch. 6,v. i9&24,&ch. 7, y. j5.2fc 
(478) Nombres, ch. 31 , v. 48-54. 
( *79 ) Nombres , ch. 19 , v. jo. 



loo Moyfcy conjidéré comme Ugljlateur 
au refte , qui ne leur fut point particulier, le 
butin fe partageant toujours entre ceux qui 
avoient dû combattre, qu'ils enflent ou non 
porté les armes (280). Seulement, dans le 
livre des Nombres ( 281 ) , Dieu exige , en 
forme de prémices, un fur cinq cents des 
hommes ou animaux, fur la part des foldats , 
& un fur cinquante de la part du peuple. 
Dès le temps d'Abraham, on avoir vu un 



(280) On ne pouvoir guère l'établir dîfièremment 
dans un pays où tout citoyen au-deflus^e vingt ans 
étoit foldat, & où chaque guerrier, obligé de fe 
fournir lui-même ï^s armes & fa nourriture , n'avoit 
d'autre récompenfe à prétendre que fa part dans le 
pillage fait fur les ennemis. Après la dé&ite des Ma- 
dianites , Moyfe ordonna que chaque Ifraélite eût la 
iienne dans les dépouilles, tant ceux^ui avoient com- 
battu que ceux qui ne Favoîent pas feit. David fit 
à - peu - près la mèm^MJfiok après la viôoire fur 
les Amalécites. Quand Judas Machabée eut vaincu 
Nicanor , il envoya une portion du butin aux or- 
phelins , aux veuves & aux malades. Voyez le livre 
des Nombres, chap. 31 , v. 27. i Reg. ch. 30 , v. 24. 
2 Machab. , ch. 8 , v. 28. David eut quelques troupes 
fbudoyées. 2 Reg. ch..23 , v. i , & i Paralip., ch. 11 
& chap. 27. Mais il ne paroit pas que fes fuccefleurs 
en aient eu aufli jufqu'à Simon qui réunit le trône 
ail pontificat, x Machab., chap. 14, v. 32. 

(281) Nombres, ch. 31, v. 25-47. 



^ comme Moralijle. lor 

•préciput accordé aux prêtres. Ce patriarche 
donne au pontife Melchifédech la dîme du 
pillage Élit fur Codor-la-Homor & quelques 
autres princes (2.82). Les généraux avoient 
auffi une portion particulière. On la donne 
à David & à Gédéon ( 2.83 ). Judith eut 
les habits , la tente , & tout Tor d'Holo- 
pherne (284). 

Les. prêtres d'ailleurs purent feuls fervir à Dequciquct 
Vautel y conferver le feu perpétuel fur celui ^Xucs. 
des holocauftes , ojâFrir les facrifices & péné- 
trer dans le premier fanduaire ( le Tecond 
n'étant ouvert qu'au pontife qui n'y en- 
troit qu'une fois par an , & après avoir im- 
molé des viélimes ) (285^). Les prémices , les 
oblations des particuliers & la reftitution 
des ehofes incertaines leur appartinrent (i86), 
comme le refte des oflfrandes pour le pé- 
ché (187) , & la poitrine , l'épaule & la chair 



. (282) Genèfe, chap. 14 , v. 20. 
. ( 2S3 ) Jug. chap. 8 , v. 24. I Reg. , cb. 3a , v. 20. 
^ (184) Juges, chap. iç , V. 4. 

( i8ï ). Lévitique , ch. 6. v. 10, 11 & 12 ; ch. 16, 
V. 1-4. 

(286) Nombres, cliap. ^, v. 8, 9 & 10. Voyez ^ 
auffi le ^h. 2 du Lévit. , y. f , 3 , 8 , 10 & 16-, & 
€h. ç , V. 16. 

(287) Lévitique, chap. 5 , v. ij. 



ïoi Atoyfe ^ tonfiUré comme Légijlàteur 
des hofties pacifiques (i88). Le droit de itianget 
des chôfesi fatiétifiées , exclufivemetlt attaché 
à la famille d'Aaron , s'étendit jufqu'à leurt 
femmes , leurs enfans & leurs efclavôs (189). 
Les mercenaires travaillant chet eux ne Tob* 
tinrent pas (290) , & leurs filles le perdirent 
eh époufant un homme d'une autre tribu. 
Elles le recouvrèrent cependant , fi , veUVeS 
ou répudiées fans poftérité , elles rentroient 
dans la maifon paternelle (291). Remarquons 
que ceci n'a pas lieu dans les facrifices à 
caufe 3u péché, La.vidime eft pour le prêtre 
feul , &: il ne peut la Aianger que dans le 
temple (191). 
Nouvelles Parmi les belles prérogatives du facerdoce, 
SÎT^rd" ^'oublions pas le foin dinftruire le peuple 
ce chaque jour , & l'obligation de lui lire & die 

lui expliquer la loi , quand il is'aflenibloit pour 



(288) Lévitîque, cTiap. 7, v. 3-35. 

(289) Lévitique, cHap, i , v. 14 ; ch. 12, V. ti. 
Nombres, ch. 18, v. 13 & fui vans. Mîfna» deLe- 
viroruni in fratrias ofHciis, chap. 7 , §. 4, tbm. 3 , 
pag. 23. 

(190) Lévîtîque , chap. 22, v. 10. 

(291) Lévitique, chap. 22, v. ï2 & ^3. 

( 192 ) Lévitique , chap. 6 , v. 26 ; ch. 7 , v. 6 ; 
ch. 8, V. 31; chap. lo, v. i^* Nombres, chap. 18, 
verfet 9, 



& comme Moraiijle. loj 

•célébrer les trois grandes folemnités annuel- 
les (2.^3). Ajoutons que , dès que les Hé- 
breux eurent des rois , leur fouverain , à 
peine naonté fur le trône , recevoit des prêtres 
une copie du Deutéronome & des quatre 
livres qui le précédèrent, copie qu'il faifoit 
tranfcrire pour fon ufage , & qu'il devoit 
porter avec lui & lire tous les jours (194)- 
Enfin, ils imploroient le ciel pour chaque 
citoyen en particulier & pour la nation af- 
femblée, &c Êiifoient les prières publiques ^^^^^^ 
après-midi , à l'approche de la nuit , comnle ^^j^^"^^^ 
au retour de l'aurore (295 )► Celle du matin rcs. 

(293) Deutéronome, chap. 31 , v. 10 & xi. Ah- 
joar<rhui le livre <le la loi eft enfermé 4ans une ar- 
moire , & J'en tirer pour le préiTenter au peuple ^ 
«ft une faveur particulière qu^bn n'accorde pas à tous 
les Ifraélites. Les rabbins la vendent au piQS offrant» 
en promettant d*en contacter le revenu aux pauvres ^S 
ou aux befoîns de la fynagogue. Léon de Modène , 
Hiftoria de glî riti Hebraici , part, r , chap. 1 1 , §. f 4 , ; 
pag. 29. 

(294) Deutéronome, chap. 17, v. iS & 19. 

fi95) Ulmann, Hv. 2, de Precibus, ch,. 1 , p, r 
& 2. Voyez Léon de Modène , Hiftoria de gli &c. 
part, r , chap. xi , §• i , pag. %y Voyez auiH les 
§. 7, 8, 9, 10 & II du même chap., p. 26 & 3,7. 
Ménochius , de Repub. Heb. , livr 2 , chap. 6 , §, 2. 

G4 



Î04 Moyfcy confidéré comme Légijlateur 
ëtoit fixée , au plus tard , avant la troifième 
heure , qui eft notre neuvième , &: on ne 
pouvoit auparavant ni boire, ni manger, 
ni même faluer, l'hommage de la* première 
aftion étant dû au Seigneur (196). On prioit 



& fuiv. pag. 134 - 148. Daniel, ch. 6 , v. iç. Pf. 54, 
verfet 18. 

Sur les prières^ en général , voyez Ulmann , liv. 2. 
Léon de Modène , diôo loco. Ménochius , diôc loco. 
Mifna , tom. i , p. i & fuiv. Maimonide , de Pre- 
cibus & benediftione Sacerdotum , ch. 3 , §. 2. Voifin , 
de kge divinâ , chap. 7 , pag. 34 & 55 Leidckker , 
de Repub. Hebr. liv. 2 , ch. 5 , pag. 437 & Fuivantes. 
Buxtorf, Syn. Jud., ch. 10, p. 185 &: fuiv. & ch. 15 , 
pag. 267 & fuiv. 

(296) Yoyez les auteurs cités, & principalement 
Buxtorf, pag. 192 & 193. Aujourd'hui, comme ils 
n'ont plus ni patrie ni temple, ils ne font plus d'obla- 

^Jîxon, mais ils en récitent toujours l'ancienne formule. 

JK^Les uns veulent que les trois prières aient remplacé 
le facrifice journalier ; d'autres les font plus anciennes 
& fuppofent qu'elles furent établies par trois pa- 
triarches ; celle du matin par Abraham , Genèfç > 
chap. 19, V. 27; celle du foir par Ifaac , Genèfè, 
ch. 24 , V. 63 ; celle de la rtuii par Jacob , Genèfe , 
chap. 28, V. II. Voyez aufli Daniel, ch. 6, v. 10. 
Tout cela n'eft pas exprimé fort clairement , fur-tout 
par la Vulgate. U y a dans le texte pour Ifaac : Egreffus 
ifi ad meditandum in agro , cùm vergergt dïes ad vtf" 
pcîam. Celui pour Jacob eft encore moins formel ; 



& comme Moratifte. loy 

debout , le corps ceint , le vifage lavé , la 
tête couverte & le front tourné vers Jérufa- 
lem (^9^). Les prières appèllées Shima^ &c 
auxquelles toutlfraélite étoit obligé pour lui- 
même , fè récitoient deux fois le foir & 
deux fois le matin (2,98). Il y eut cependant 
des cas où on en fiit difpenfé , par exemple , 
la preitiière nuit de fes noces & pendant 
quelques - uns des jours fuivans , pourvu 
toutefois qu'on épousât une vierge ; car la 



PemoSlavu ibî , qulu fol occubuerau Voyez le pf! 5 ^ , 
V. 18 , & les Aftes des Apôt. , ch. 3, v. i , & cL 10, 
V.3&10. 

(297) Voyez encore les auteurs dtés, & princi- 
palement Buxtorf , p. 221 & fuiv. Leur prière eft 
de dix-huit articles. D'autres en font dix-neuf, & y 
mettent pour douzième celui - ci contre ies Héré- 
tiques ou les Chrétiens : Abnegatorihus fidei nulla pu 

• expcEtatio , 6» omnes Haretici cîtb perçant. Regmun fu-^ 
perblœ cradîcetur 6» confringatur cîtb în diehus noflris, 
Senedidus fis ^ 6 Domine Deus , qui defiruîs impîos & 
deprimîs fuperbos. 

(298) Ulmann, ibid. pag. 2. Mifna de Benedîc- 
tïonibus, pag. i & 2. Les Juifs .difent dans toutes les 
prières du matin : Senedîélus Deus quod me creavit 
Ifraelitam ; benedîSus Deus quod me non creavit Goj 
( Ethnïcum , Gentîlem , vel Chrijtîanum ). Voyez la 
Préface de Buxtorf le fils , fur la Syna£;. Jud. de foff 
père. 



1 o6 Moyfc , conjidéré comme Législateur 
difpenfe n'avoit pas lieu fi on époufoit une 
veuve (199). Oh en fut encore difpenfé ,fi 
on avoit perdu un de fes parens ou de fès 
amis intimes , &: qu'on fut en proie à la dou^ 
leur ou livré aux foins des funérailles (500), 
Parmi les prières nombreufes recommandées 
aux Juifs j il y en avoit quelques -unes qui 
n'étoient pas obligatoires pour les efclave^ 
& les impubères ( 301 ) , & auxquelles on 
ne pouvoit fe livrer , fi on étoit impur , (ans 
les avoir fait précéder par une ablution reli^ 
gieiife (302). 
Ftmiêgcs Les lévites avoient quelques-uns de cet 
Jïj^^*"* privilèges. Ils inftruifoientauffi le peuple (303.)* 
Us avoient leur part dans le butin fait à la 
guerre (304) , où portant les inftrumens utiles 
pour les cérémonies religieufes, ils campoient 



(299) Mifna , diâo loco , pag. 8. Ulmaon , diâo 
loco, pag. 3. 

(300) Ulmann, pag. 4. Mifna, pag. 9 & 10. Sur 
tous les autres cas qui néceflîtoient ia prière , en dit 
penfoient, ou en rendoient indigne, voyez UUnann, 
liv. 2, chap. 3 , 4, 5 , 6, 7, 8 & 9, pag- 4-12. 

'(301) Ulmann, ILv. 2, chap. 3, pag. 4. 

(302) Ulmann , ibid. pag. 5. 

(303) Deut. , chap. 31 , v. 10 & 11. 2 Parolip., 
chap. 3^, V. 3. 

(304) Nombr. , chap. 19, v. 3a 



^ & comme Môralijle. 107 

itatôuf du tabernacle , auquel un autre Ifraé- 
hte qu'eux ne touchoit pas fans encourir la 
Inort (305). Ils avoient une portion marquéç 
<kns ia pâte pétrie , les animaux tués & la 
laine dés moutons (306). Point de réjouif- 
fance , point de feftin folemnel qu'ils n'y 
. fiiflent invités , conformément à la volonté 
de Jéhôvâ , qui recommande plufieurs fois 
d'avoir foin d'eux & de craindre de les 
abandonner (307). Renonçoient-ils à leur 
maifbn , à leur pays , pour s'attacher à ja- 
mais au lieu choifî par la divinité ? On fe 
dïargeoit de teur nourriture & de leur entre- 
tien (508). 

On leur affigna différentes fondions. Les dc leurs 
uns furent les portiers du temple. Dans le^^^ 
défert , l'arche étoit gardée à l'orient par les 
prêtres , au midi par le refte des Caathites, 
par les defcendans d% Gerfon au couchant , 
&: au nord par ceux de Mérari (309). De 
Amples voiles , & non des murs , environ- 



()65)Nomb.^€h.i,v.5o, 5i&53;ch.3,v.io&î8. 
(506) Deut. , chap. 18, v. 5 & 4. 
■(307). Voyei le Deutéroil. , xhap. iz, v. 11, ta, 
18 & 19; clbap. 14, V. 15 & 26. 
(308) D«Ut. , chap. 18 , V. 6 & 8. 
(jo^) ^tmftts , chap. 5 , v. .23 , 29, 3^ & 38. 



I o8 Moyfe j conjîdéré comme Ugijldteur 
noient alors le fanduaire : mais quand le 
tabernacle fut tranfporté à Jérufalem , il 
fuffit d'en garder les iflues , les cours qui 
l'entouroient , l'endroit où le Sanhédrin ren- 
doit la juftice (310). Sous Joas,.on voit le 
grand -prêtre Joïada mettre des portiers à 
l'entrée du temple , pour qu'ils en écartaflent 
les. perfonnes impures (jii). ÎIs reçueilloient 
de plus l'argent facré (jli). 

Les autres furent chargés de jouer des 
inftrumens pour avertir, à certaines époques, 
le peuple de fe rendre àja célébration d^une 
folemnité (313). Il y en eut auffi qui en 



(310) L'endroit où chacun .d'eux devoît être de 
garde, fut réglé par le fort. Voyez i Parai. ch; 26, v. 15. 
(5 II) a Paralip. , chap. 2}, v. 5 & firiy. 

(312) 4 Reg., chap. 22 , v. 4. 

(313) Voyez leiiv. des Nombres., chap. io, v, 2^ 
9&10, &iParalîpom. cl#9> v. 17 & fuîvans. On 
né peut ofFrir que des conjeflures fur les inftrumens: 
dont ils fe fer voient ; mais elles ne font pas fan^s 
vraifemblance. Pour le découvrir, ce n'eft point à la 
Vulgate que je m'en rapporte. La manière dont elle 
S^exprime eft au moins inexaâ^: Cdntori's, dit- elle ^ 
in organis muficorum 9 . nablîs vidilicet , & ' lyrts , & 
cymbalîs. i Paralip.. ch. 15^ v. 46. Ce qu'elle nomme 
nablum , eft le nabal ou le nebel des Hébreux Sai-, 
mot qui fignifie proprement une cruche , ou plutôt 

' une outre , ce qui a porté pluûeurs commentateurs» 



& comme MoràRJie. 109 

furent les chanteurs, quand David eut joint 
à la majefté du culte la pompe d'une mufique 

[ & entr'autres Pagninus, dans Ton tréfor de la langue 
hébraïque , Eqgubinus fur le pf. 32 > Janfénius fur 
le pf. 150, à crofre que cet înilrument refrembloit 
à celui que nous défignons par cori\emufe ; mais 
leur interprétation eft détruite fans reffources par 
un pafTage de Josèphe, Antiq. Jud.j liv. 7, ch. 10, 

. pag. 243 , qui nous apprend que le Nabal des Juifs 
tt'étoit point à vent mais à cordes : Nee^Aet, KHxtK, 
^^oyyovj «xouo-flfc, tCii /otxluAoi* x^vTeTce*. liahla duodtcm 

, fonos habet, fed dïgîtis tangitur, Jja. Verfion des Septantd 
fe rapporte à ce que dit Josèphe : elle ne traduit ja- 
mais ce mot que par '^AXrfipiov , chharam. Il eft vrai- 
femy able que c'étoit une efpèce de Harpe , & «ette 
probabilité devient bien forte quand ou lit dans le 

troifième livre de l'art d'aimer d'Ovide : 
y 

Difcas & duplici genialia nablia palipâ 

Vercere > conveniuuc dulcibus illa modis. 

La Vulgate dit enfujte lyra. Le mot hébr(jli eft /ft"n33 » 
kinnorot. Elle le rend -d'autres fois par organum , & 
d'autres fois encore par cïthara, Apollinaire , dans fa 
paraphrafe du 136e pfeaume , v. 2 , oii on lit organa , 
traduit par çopfiiTyx , qui eft proprement cithara. 
Pans tous les cas , il eft sûr que c'étoit encore un 
înftrument' à cordes & non à vent. 

Cymhalum eft le troifième : en hébreu , p>nSvQ , 

metfiltaim , & auffi p>^y^y tfeltfdim ; mots qui expri» 

ment çncorQ tintinnabula , & qui viennent évidemment 

de SSv , tfalal, movcri , ftrepere^ dont une dès figni- 

||lications eft tinnire. 

L'origine du fécond^ kinnorot^ feroit croire qu'il 



1 1 o Moyfe , conjidéré comme Ugijlateur 
harmonieufe. Une clafle parriculière 4e lé- 
vites fut chargée , par ce fouverain , de la 
noble fondion d'offrir à Jéhova rhommage 
de ces pfeaumes touchans confacré$ à fes 
louanges (514). On admit même quelquefois 
les filles des lévites à mêler leurs accords à 
ceux de leurs peines , pour célébrer la gloire 
& les bienfaits de l'Eternel (31J). La danfe 
^voit été liée plus anciennement aux céré- 
monies de la religion. Elle fut une des ma- 
nières de témoigner à Dieu fa reconnoif» 
fance après le paflage de la mer rouge (Ji6); 
& le livre des Juges parle d'une fête qui 
revenoit tous les ans , où elle n'étoit point; 

étoît principalement dcAiné aux cérémonies funèbres , 
s'il vient de ^^^^p kina^ luêlus, lamentum. Job Tenlploie 
dans ce fens, ch. 28, v. 31 ; & les Grecs paroiflent en 
avoir enfuite formé ViifvpoL, genre d'infiniment à dix 
cordes qu'on agitoit avec une efpèce d^archet, pleSîrum. 
Josèphe, Antiq. jud., iiv. 7, ch. 10, p. 243. Voyez 
Lorinus furies pfeaumes 136, v. z, & 150, v. 5. Pinèda 
fur l'Eccléfiaft. , cliap. 1 , v. 8 , & Ménochius , de 
Repub. Hebr. Iiv. 2 , ch. 2 , §.7, p. 94 & 95. 

(3 14) I Paralip. ch. 15 , v. i & fuiv. Le nom hébreu du 
Iiv. des Pfeaumes eft en eflèt O^Slil thehiUîm , qui veut 
dire louanges. 

(315) I Paralip. chap. 25 , v. j. 

(316) Exode, chap. 15, v. 20. im 



& comme Moralifle. m 

oubliée (317). Qui ne fait que David, re- 
vêtu d'un habit facré (318), fui voit en dan- 
* iant Tarche que tranfportoient les prêtres ? 

U nous refte à parler des dîmes & des ^àitim. 
^ hc des pré- 

prémices. La dîme facerdotale fut payée chez ToàtM. 

un grand nombre de peuples. On Toffroit à 
Jupiter, fuivant Hérodote (319)5 à Apollon, 
foivant Tite-Live & Paufanias (32.0) 5 à 
- IJercule , fuivant Diodore de Sicile (32.1) 5 
à Diane & Minerve , fuivant Xénophon ( 3 12)- 
Lucien dit qu'on donnoit à Mars le dixième 
des biens acquis par la guerre (32.3). Moyfe 
s'y fournit , après avoir défait les Madia- 
nites (32,4). Melchifédech la reçut d'Abra- 
ham (515). David fit conftruire le temple 
des dépouilles des vaincus (326). La dîme 
fur tous les biens fut accordée aux enfans 

(317) Jug. chap. 21 , V. II. 

(318) t Reg. chap. 6, v. 14. Voyez les Mémoire» 
de l'académie , tom. i , pag. 103. 

(319) Liv. I , chap. 84. 
(32o)Paufan.inPhoc. liv. 11 ,ch.n. Tite-Live, liv.i. 

^ (311) Diodore de Sicile, liv. prem. 

(322) Xénophon, liv. 5, de Expeditione Cyrî. . 

(323) De Saltat. Denis d'Halicarriaffe dit , liv. i ; 
qu'on les appelloit oupUnoL, 

(314) Nombres, chap. 31 , v. 11. 

(325) S. Paul ad Hebraaos , ch. 7, v. i, &c. 

(326) 2 Reg. , chap, 8 , v. 2. 



1 1 2 Moyje j con/idere comme Légijlateur 
de Lévi (32.7). Le légiflateur, en partageant 
les terres, n'y admit pas les Ifraélites de fa 
tribu, parce que, difoit-il, Jéhova feroit 
leur partage (3^8). Ils eurent en échange, 
outre les prémices & les reftes des oblations, 
la dixième partie des grains & des fruits de 
leurs concitoyens (319). Ils prélevoient feu-, 
lement pour les prêtres la dîme de cette 
dixième partie (330). 



(527) Exode , chap. 22, v. 29 & 50. Nombres, 
chap. 18, V. 21. Deutéron. chap. 12, v, 17; chap. 14, 
V. 13 ; chap. 31 , v. 1 gc x. 

(328) Deutéron. ch. 10, v. 9; chap. 16 , v. i & ». 
Voyiez auffi les Nombres, ch. 18, v. 10 & 21, & 
Jofué, chap. 13 , V. 14-33. 

(319) Lévitique, chap. i8 , v. 30, 31 & 32. Quelques 
commentateurs ont fait remonter le commencement de 
la dîme jufqu'à Abraham 6c Melchifedech. Ménochius 
penfe que les lumières de la raifon portèrent Abraham à 
la payer, & il ajoute qu'elle n'eft pas feulement de droit 
divifti mais de droit naturel. De Repub. Hebr. liy. 2, 
ch. 4 , §. 2, p. III. Selden , de Synedr. liv. i , ch. 2 , p. 6. 
s'arrête à Ifaac. Voyez la Mifna, tom. 2, de Principio 
anni, ch. i , §. i , p. 305 & 306. On penfe bien que l'un 
n'eft pas mieux prouvé que l'autre. 

(,330) Nombres , €hapitre 18, v. 26 , 27 & 28. 
Les Ifraëiites pouvoient la prélever eux-mêmes & 
l'offrir direûement aux prêtres. Mifna , diûo loco, 
tom. 2, p. 303. Voy^z auffi le fecoftd liv. d'Efdras^ 

Ces 



^ comme MoraliJU. 1 1 j 

Ces dons furent inviolablement prefcrits objets fur 
par TExode & le Deutéronome (331). Onl^^^eou ?» 
ne les prit pas uniquen^nt fur les bleds & P'*°**<^ 
les fruits, mais fur )es animaux, & fur les 
hommes même pour les prémices (332.). Les 



chap. 10, V. 38 & î9. Le livre des Nombres dit 
feulement Aaran facerdoû , & la Vulgate eft ici entiè- 
rement conforme aux différentes verfions grecque , 
arabe , fyriaque , &c. & au texte. Plufieurs écri- 
vains, tels que Lyranus & Abulenfis, en -ont conclu 
qu*elle n'étoit que pour le grand-prêtre ; mais leur 
^ opinion n'eft pas foutenable. Tout auroit donc été 
pour lui, & les prêtres n'auroient rien obtenu. Jo- 
sèphe les défigne en général , liv. 4, chap. 4, p. 109 , 
& on ne peut l'entendre autrement. Seulement il eft 
vraifemblable que le pontife a voit à lui feul la dime 
^ la dime des prêtres. Voyez Ribera, de Templo» 
liv. 3 , c. 2 , & Ménochius, de^Repub. Hebr.,liv. * , 
chap. 4, §. 5^ p. iif. Ces dîmes des dîmes s'appor- 
toient dans le tréfor du temple , & s'y gardoient 
avec foin pour en~feire ufage quand il en étolt temps. 
Voyez le fécond livre d'Efdras, ch. 10, v. 38. f. 

(331) Exode, chap. 2», v. 29. Deutéron. chap. 12, 
V. 17 & 18; chap. 26, v. 3 -II. Voyez cette obli- 
gation renouvellée & confirmée dans le fécond livre 
d'Efdras, chap, 10, v. 35 , 36 & 37. Voyez auffi ce 
que dit. là-deflus Philon, de Prasmiis Sacerdotum, 
t. a, pag. 2^6. 

(332) Exode, chap. 13, v. 2; chap. 34, v. 19, 
Nooibres, cb. 3 , v. 15 s chap. 18, v. 15. 

.H 



t i 4 Moyfe , conjîdéré comme Légijlateur 
mâles feuis y étoîettt fournis (J35). Une fille 
ttiiflbif-t*ile k première ^ Si un garçon vènoit 
'e^fùitej on ne Toffrôit f)oint , parce qu'il 
n'étbit pas le premier des enfiins qui .eût 
vu le jour. On n'oéftoit pas non plus le fib 
aine d'une veuve qui avoit eu àc% rejcttons 
du premier lit (5J4). Cette oftande n'étoh 
qu'une cérémonie religieufe. Le premier fx^ 
de rhonime fe rachetoit toujours , un mois 
après , moyennant cinq ficles d*afgeht , lu 
•poids du fanétuaire (535). On rachetoit pa- 
»illement les pfen>iers nés mâles de torut 
acûnial impur , mais non ceux dU boeuf ^ de 



(I33) Exode, chfip. 13, v, %, 

(3^4) Voyez Méflôchhïs , «fifle» loeo^, cfcép. ifl 
§. I, p. 123. Le m0t faébt^tt â ifod^ue eftefe dé 
plus formel encore çue \^ iitiû piimUUty âL !• Grec 
è.'KApxûi. M$\jn i refkk» exprime inUlum , fnikctfiumi 
H éroit éonc naturel ^tt'ea n\>fKt pas le gaifçéi^ ni 
ap4lfc kl fille » ou fe9 eii&fls du fécond lit. 

{335) Nombres, chap. 18, v. xd. Voyez, fiirks 
différentes fôrmalîtés de ce rachat & f ur fe manïèré 
dont on y fupplée atijdunPîrai , Léon è^ Modène^ 
liîfloria^ &c. part» 4 ^ ekap. 9 , §. r & 1 > pèç. irOt 
& 202; Ménocliwsr^l^epttW. Ile^. , liv. % , e. 17, 
§. 4 & fuivans ; pag. 224 & 2x; ; Buxfdrf » Synag,. 
Jnd., ch. i, p. rii & 117, & dt }8» pâg* iat « 61} 
& 624. 



lA (Myi^ & d» 1^ brebis, ^ZH» €^'ik otQfenc 
natuFeUeBayMC Qù^f^Qi^ à Jëbo^a» qu^ leur 
iàng deycit aicofer TakUiel & Iaut giaiifi^ 4ti?i» 
confumée» «ei iféfeiva»^ auot psCtres Vëpaok 
droite^ la «hair & k poitri«Q (53^)^ Ofi 
«c les ofirpk p^ c^pwdant ^ malgré l^ur 
ccmféeratiQD natu^eUe , .«'Us étoiom avq^ugl^ » 
boiteux y »'ils avaient quelque tacKa q« 
qu^ua di£R>r]Bitë î & aloF$, au Ueu <ki ^^ 
nangdr eo prëfenct chi Sdgneur , on i^ ÊtifijM: 
dafis l'ênceime des murailles d^ la vi]lQ , Q( 
le pur & l'impur s'en XK)uirifibient iiuiif^ 
l«|nment y comme, du cerf &: du cb^vreuiL 
JL fuffîfcHt de n'en pas manger la ian j , a^ig 
de la répandre fur la terre (3 57)* £a gjéoér 
yal ^ il falloir préfeut;er ce qu'on aYok 4t 
iB^iileur (53S> Malacbie ( j35>) f<;^rme <^ 
imprécations contra ceux qui manquons i 
^ devoir. 



(3}6) Nombres, chap. it, v. xj , 17 & 18. 

(337) Deutéron. > chap. 15, v. 19-2^; Voyez; 
fer le» premîers-nés , un trattè partieolier dans la 
Mifna, tom. 5 ^ p. 155 & fui vantes. 

(338) Nombres, chap. 18, v. 12, 29 8c 52. La 
Vulisate dit medullam ; Thébreu dit plutôt p'mptedi* 
nm^ ce ^'â y e dt plut |nw^ fis metHeur* 

(339) Chap. X , V. 14- 

Ha 



1 1 6 JMoyfe , confidcré comme Légijlateur 

Les prémices étoient pour les prêtres &: 
le pontife. On les payoit trois fois par an -, 
à Pâques pour les épis (340) > à la Pente- 
côte pour les nouveaux pains ( 341 ) ; au 
mois de feptembre, lors de la fête des taber- 
nacles, pour les nouveaux fruits (341). Celles 
Cas où «A fur les fruits , les animaux & les liqueurs , 
Ibubi^r fièrent -doubles quand le même objet pro- 
xiuifoit l'un & l'autre. Ainfî la portion offerte 
-fur la brebis , fur le bled , fur le raifin & 
fur l'olive, ne difpenfoit pas d'en offrir une 
■fur le pain, l'huile, le vin, les toifons. On 
•ne pouvoit même cumulerexclufîvement fur 
•une des deux prodiiftions pour affranchir 
l'autre. Qn ne pouvoit pas davantage mettre 
cette contribution dans un panier ou dans 
une corbeille, la régler au poids, au nombre, 
-à la mefure , quoiqu'elle portât fur des chofes 
fufceptibles d'être pefées, comptées & me- 
iurées. On n'avoit pas befoin d'en donner 
une pour les chofes communes , ni pour les 
reftes des moiflons , qu'on les eût oubliées 

(340) Lévitique, chap. 23 , v. 10. 

^ -(341) Ibidem, y. 15. 

, ' (342) Nombres^ chap. 18, v. 13 ; Deutéronome, 
chap. 18, y. 4, & ch. 26 , y, z. 



& comme Moralijie. ^ iij 

'ou qu'on les laiflat aux glaneurs (343). Enfin , ^ ^" yJjT 
on déclare indignes d'offrir les prémices (344), gncs de lo 
I** ceux qui font fourds & muets de naif- ^ 
fance : car la privation des deux organes eft 
néceflaire pour encourir cette incapacité atv- 
folue î & , outre que fi un homme privé de 
Touie mais ayant Tufage de la parole les 
offroit , quoiqu'il n'eût pas dû le faire , fon 
oblation étoit bonne & favorable , celui qui 
devenoit fourd après avoir entendu , ou 
muet après avoir parlé , ne perdoit pas le 

.droit de les préfenter 4 Jéhova. 2° Les ia- 
fenfés. 3° Les mineurs. 4° L'étranger qui 

-oflfre des chofes appartenant à des Ifraélites. 
j® L'Ifraélite qui n'offre pas fon propre bien. 

. 6^ L*aveugle & l'homme 'ivre , parce qu'ils 
font incapables de choifir ce qu'il y a de 
meilleur. 7° Le muet , parce qu'il ne fauroit 
prononcer la bénédiftion d'ûfage dans cette 

- cérémonie. 8** Celulqui a un flux de femence , 
. parce qu'il eft impur. 9^ L'homme nud , parce : 

. qu'i^ eft hors d'état de rempHr un devoir 
pieux. Si ces derniers le faifoient cependant, 
Jéhova daignoit accepter leur offrande. 



(443f Voyez , dans la Mifna , le Traité des pré-, 
mices, tom. i , pag. 201 & 104. 
(3,44) Mifna , diao loca , pag. ioo , aoi & 103* 

H3 



:riC Moyfeyé^^fidéÊ^€O0^lmtiJgiflateury 
tiuel^tt^ ^ iquelqu^ufi , pAc imprudence, mungeoit 
%% JS- ^'si buvisk fcs ^émices , 4» en £uifok «a 
'^^** nfage -profene , il les «ttitwMt en payait un 
«jtiqtH&iB^ 4e ç\m. Si -on les vcâoic, iim 
^0i^ «'cm ^rvtt , ^m payait le double 4e 
fcuT valetH', &:le doiable^ pltKle cioqHièffie 
«ft-éiAuis de l'e(ft*irmut!k>n , fi on les «nangeok 
^u les employait (345). 'Négîigieok-on , par 
'Ç^owttXCe , ^cflfrîr oeiles -des pains , -de k 
farine , i3es mfeîBbns î -qh focrifiok , 'potwr 
Thrfbcatifle, aine ehèf« ou im veau •«î'ttn 
"Srti , ft: un bout ponrr le pêche (54^). L^'obK- 
^fitîon ifc fdBFrir étok îinpolee niénne aine 
iêiritfes. ïls-dfe^î«« fcsfirèmwes te la méil- 

-te fiït , *5Dna!we «eus î*avon« dk^ fa f ortion 
^s *pHlttts. 
ofcfctf oi ^*^ ^ lî^ferwnt les <£mes ^es griHns & 
Revoient la^ fruks , MH>ra WB ^per»ik de les mdieter 

aîme. Corn- .. ^f *w i j« n • 

.nicncons*en <^%if^ -un ^Din^uKone au^-âdSiKs .lâe a^efti^ 

^^^^""^^ maâon t ■5*^)* *t2«a»t aux-dikièmes .des 'baeiÉ& ^. 

tfes tAièvres , lies bi^is , de tout *ce iquti çft ,' 

V 

•■■■«^ I . I .1 ■ I I I I 

(345) Mifna , diâo loco , pag, 223 & 224, 
()46) Nombres, chap. 15» v. 19-24. 
'(34^)'WoiTtbrcs, chap. 1*8, -v. ^-3^0. 
(mS) Xévîtiq\ie^ çhap. 27, v. 30 & .31. 



& comme Moratijle. 119 

dit -il, fous la houlette du berger, on ne 
choifîra ni un bon, ni un mauvais, & on 
ne changera point Tun pour Tàutre. Si on 
fait ce changement , ce qu'on aura changé 
^ ce qui aura été mis à fa place , me feront 
con&crés &r ne pourront plus être racher 
tés ( 3^9 ). L'année cpmmençoir le premier 
août pour ces redevances pieufes. Ce fiit 
l'époque principale à laquelle on décima le$ 
troupeaux. L'opération ne portoit que fur les 
apimaux qui avoient jnoins d'un an (jîo). 
Il n'en eft pas de même pour les fruits ; au 
contraire , les trois premières années étoient 
impures, la quatrièn)ç appartenoit à Jéhova^ 
&• ils entroient enfuite dans la clafle des 
pofleffions communes &: ordinaires (35'i). La 
dîme en fut feulement exigible lorfqu'on les 
reeueilloit pour les manger, & non Jorfque 
c'étojt uniquement pour les vendre , fi on 
s*en rapporte à d'habiles commentateurs , dont 

(549) JLévitique, chap. 27, v. 32 & 33, 

(3^50) Mifna, chap. i. de prindpio anni, tom. !• 
pag. 300-305. 

(351) Lévitique , chap. 19, v. 23 , 14 & 25. Il n'y 
eut pas de dîme la feptième année , parce qii'alors il 
fiy a volt pas de moiffons. Lèvitlque, çb^p. ^f , v.j 

& 20« 

H4 



iiô Moyfci conjidéré comme Ugijlateur 
on peafe bien que les rabbins n^adoptent pas 
l'opinion (3J2). Ces dodeurs en exceptent 
à peine le cas où il s'agit de fruits fau- 
vages , & qui par-là n'étant pas au nombre 
des biens communs , mais appartenant à tout 
le monde , font exempts d une rétribution 
qui n'eft: levée que fur les fruits des pro- 
priétés particulières (3J3). D'ailleurs, ils y 
foumettent tout ce que la terre produit pour 
les befoins alimentaires de l'homme , f©it 
qu'il le nourrifle d'abord , foit qu'il ne le 
nourrifle que tard , & après un long accroif- 
fement (354). Ils ne la prélèvent même que 
fur ce qui refte après la féparation & l'of-, 
frande des prémices. 



(35 a) Ces commentateurs fe fondent fur ce qu'il 
y a dans le Deutéron. , ckap. 14, v. 22 & 23. De- 
' cimam partem feparabîs 6» comedes. Cela paroit affez. 
concluant d'après Tat^chement littéral des Juifs à la 
loi. Les rabbins . cependant , qui n'ont pu confentir à 
perdre la dîme dans plufîeurs cas, ont, pour cçtte 
fois, abandonné leurs principes. Voyez la Mifna, de 
Principio artni, ch. i, $. i , tom. 2, p. 303. 

(353) Mifna, dldo loco, & de fabbato, ch. 24, 
tom. 2, pag. 76 & 77. 

(354) Mifna, tom. i , des Prémices, pag. 245. Oh 
fe fonde Jur les v. 22 & 23 du ch. 14 du Deut. 



& comme Moralijle. lïi 

On pouvoit tout acheter avec Targent Dcqueiqa» 
venu des premières dîmes , excepté le fèl & îîïl^rdî^c. 
Veau : mais les fécondes ne pouvoient , en gé- 
néral 5 être mifes en gage , échangées , ven- 
dues , fi ce n'eft pour fe procurer des chbfes 
de néceffité première , comme lonaion , le 
breuvage & la nourriture. On ne devoit les 
manger , ni dans un état de deuil , ni dans 
un état d'impureté ('3 J 5 ). Je fupprime quelques 
autres formalités , dont le détail feroit inu- 
tile, ces redevances facrées n'ayant plus lieu 
aujourd'hui que les Juifs n'ont ni poflTeflîons, 
ni troupeaux ( 35^) : m^s n'oublions pas 
que fi les lévites n'eurent aucune part à la 
diftribution générale des terr.es , on ne fe con- 
tenta pas de leur* donner en échange ces 
dîmes & ces prémices ; on y ajouta quarantc- 
"huit villes & leurs fauxbourgs (3J7), non 

, (355) Mifna, deCommiftionibus termlni fabbaticî, 
tom. a, chap. 5 , §. i , pag. 87 & 88; & Surenhufius , 
de Decîmis fecundis , ch. i , §. i , tom. i , p. 263, 

(356) Voyez Léon de Modène , Jiiftoria de gli riti &c. 
part. I , chap. 12 , §. 1 & 3 , pag. 29 & 30. Sur les 
Dîmes des troupeaux en particulier, voyez le Traité 
des premiers nés, dans le 5^ vol. de la Mifna^ ch. 9 
&fuivans, pag. 187 & fuivantes. 

(357) Nombres, chap. 35, v. 6, 7 & 8. Ce nombre 
paroît prodigieux quand on fonge que la tribu de 



122 Moyfcy conjidéré comme Ugljlateur 
^as d^ns la même contrée, mais difperfées 
ciaQS les différentes tribus dlfraël , afiq qu'ils 
foflçnt plus à portée d'inftruire par-tput 1? 
peuple des maxinnes de la religion &: dç U 
loi. 

Article ÎIL 

IqIxJmt les Facs. 

Des tfou* Vous célébrerez des fêtes en mon honneur 
S^^Hé- trois fois chaque année , dit Jéhova dans 
. *"*^ i'Exode (3y6). En mémoire in paflage de 
ï'ange fur les terres des Egyptiens dont il 
tua les premiers-4iés en épargnant ceux des 
îfraélites (359), gardez la folemnité de Pi- 
ques (3^0) & mangez des pains fans levain 

JLévî ne renfiermoit gpçre pîu^ (}e vingt-degy mille pçf- 
fonnes» & que celles de Simd||k& de^^abulori qui 
en contenoient , Tune ^9 mill^oo , Pautre 57 mîlle- 
qyarante, n'avoient, la première que dix fept viKes, 
^ h feconde^ue doyze. Nombres , ch. i , v. aj & 31 ; 
chap. 3 , V. 43. Jofyé, chap. 19 , v. j - 16. 

(358) Chapitre 23 , v. 14. 

(359) Exode, chap. 12, v. la, i?, & 14. 

(360) Perfonne n'ignore que piques fignifie pajfagc. 
Ceft ce qu'exprime le mot hébreu noç » pefach, dont 
jpafach, qui a formé pafcha , eQ la racine; & on a 
eu tort daller en chercher Tétymologie dans le mot 



4mw^ &?t )oMr« • daf)( k mois d^r^ bk<jf 
|^tt¥«tq^ > t^mps auquel vou^ ^s Ibixii 
4'£gyp€e (^ ^i ). &^ ikfa^m^ zp^hs ^ dlân^ 
oçmHx^^ uo^ (olemoixié ( U. Pientiecote ) 1^ 
«rnips ^ k moiâoa4^ d«$ prémices de yotx<p 
iiaa^il ^ 4<^ (put <:e 4}ve vaus aurez lètfié 
itws YQfi ch^D)p^ {5^:2'). GéLébriei^ enfin tan^ 
^ommU^ folemaiiié ( lU fète d^^ 4:al>^pacle$ ) 
à JU £n de Tanoée ^ quand v^us auxez x^v 
4«ejUi ixMa^ (es £:usts d^ mos camp^tga^s (^^3}. 

JUt inaaièrig 4e ies célélver «ft réglée <lan(S ^^^^^fj* 
jflEcrîQare. V4^ ^elk 4e Piq^s , i>Q offrira p^on, <!• 
unejgerbe d*ëpis comme les prémices de la&d^^etv 
moiflbn , Un agneau de Tannée & fans tache en "^'^ 
tolocauûe, deux aflarons dçpure farine mêlée 

M H ip I l »f i] > ■ >■ I I > i j n ■ I I) ii ' ^ i ., ■ 1 . i n i I ■ 

«<t}ji/r , fouffrîr. Pentecôte vient du grec au contraire; 
€*éftir^vr«x«s«, OU cinquantième, du nombre des jours 
5u*âl y a entre cette fête & ceHe de Pâques. 

(^) Ejcodc, chap, i^, v. 19& 20; cb, %^^y, iç; 
>îh- 54* y- '8. Eteutéppn. , fdiap. 1$, y. i , 3 $c 8. ^ 
«r. mS Â3X xh. 25 de rjfxoAe,, & Ip v. 25 .du cji, ^4 
défeod^tu d'offrir le faqg lie la vîjflime taiK que l^ 
..firirmoUé.de pâques dui^era , & .d'en.gai:der la gr^ju^ 
jttÇjlii'^' lep^emain du fecrifice. 

(362) JLèvkique, cbgp. z^ , y. 17. J^emàron. >.çh. 16 ^ 
lr.^& to. 

ijjBy) 'Exode, cbap. 2^,'V, 16; chap. 3^^, v. ax. 



124 Moyfe ,• conjidcré cornmt Légijlateur 
cf huile , & une petite quantité de vin (3^4X 
Le Deutéronome (365') parle de facrifier, à 
cette occàfion , des bœufs & des brebis dan$ 
le lieu choifi par Jéhova & non indiffé- 
remment dans une des villes d'Ifraël , & 
veut qu'il ne relié rien des chairs de l'ani- 
mal immolé le foir du premier jour , jus- 
qu'au lendemain matin. Quant à la Pènte- 
^côte, placéecinquante jours après, & établie 
pour confçrver le foùvenir de l'alliance de 
Dieu avec fon peuple , l'oblation eft de deux 
pains avec du nouveau froment, de fept 



(364) Lévitique, chap. 23 ,v. 10-13. Nombres, 
ch. 28, v. 17, 18 & 25. * 

(365) Chap. 16, V. 2, 4 & 6. La pâque devoit être 
immolée le foir , vers le coucher du foleil, v. 6.. 
Pour toutes les prières &, cérémonies qui accom- 
pagnent la célébration de la pâque, comme celle de 
la Pentecôte , du Sabbat , &ç. fac. &c , voyez Léoa 
de Modène, Hiftoria de gli riti Hebraîcî, part. 3, 
ch- i-io, pag. 52-80. Ménochius de Repub. Hebr. , 
liv. 3, ch. I & fuiv., pag. 245-378. Bafnage„Hift. 
des Juifs, tome 6, liv. 6 , ch. 9, 14, 15 , 16 & 17 » 
pag. 179 & fuiv. , 271 & fuiv. Buxtorf , Synag. Jud, 
ch. 15-30. p. 294-563. Leidecker, deRepubl. Hebr. 
liv. 9, chap. I & fuiv., p. 532. & fuiv. On ne tue 
ni ne mange l'agneau pafchal hors de la Terre-Sainte. 
Buxtorf, ibid. ch. 18 , pag. 419. Voyez auffi , fur 
toutes ces fêtes , les difFérens iraités qui composent 
le tome 2 de la Mifna. 



& comme Moralijlc. iij 

agneaux, dans leur première année ô^ fans 
tache, d'un veau pris du troupeau, de deux 
béliers enholocaufte, dç-deux agneaux encore 
de l'année pour hofties pacifiques, d'un bouc 
pour le péché (366), Elle fera auffi célébrée 
dans le lieu choifî par Jéhova , prefcrit encore 
le Deutéronome (367) , & vous y ferez des fef- 
tins , vous , votre fils , votre fille , votre fervi- 
teur, votre fervante, & le lévite, l'étranger, la 
yeuve, le pupille qui habitent dans la même 
Ville que vous. Lors de celle des tentes ou 
des tabernacles 3^ rappellant le féjour des Hé- 
breux dans le défert , on préfentoit chaque 
Jour des holocauftes , & chaque jour des obla- 
.rions de liqueur & de farine (568). Elle duroit 
une femaine,; ainfi que la Pâque (3^9) , & 



, {^66) Lévitique, ch. 23 , v. 1 5 - 19. Nomb. ch. 28 , 

V. 26 ,'27 & ^o. 

. (367) Chapiîre 16, v. 11. 

(368) Lévitique, cbap. ^3, v. 34, 36, 40 & 4j. 
Nombres, chap. .19, v. 12; ch. 29, v. 13-39. Sur 
tout ce qui regarde la fête des tabernacles, voyez 
.la Mifha, de Tabernapulis , ch. i & fuivans tora. 2, 
p. 259-282. Oa appelle auffi cette fête, Scenopegia* 
.du'grec*2x»rOT«y«e», établiffement fixe des tentes ou 
des tabernacles. 

(369) Lévitique, chap. 25 , v, .6-41. Nombres; 
«h, 19, V, 12; ch. 29, V. !/• 



iii Moyfcj conjidéré comma Ugijlateuf 
célébration Tune d'elles, fixée au premier jour du feptièm© 
trompette» 'naois de Tannée fainte, & confacrée à rap- 
5^"^^ "H^peller cehii où Jéhova, au fon des inftru- 
tioof. mens , donna fes loix aux Ifraélites , on im- 
moloit , outre l'oblation des Néoménies , 
rholocaufte d'un ve^ du troupeau *, d'un 
bélier , de fept agneaux & d'un bouc pour 
le péché {yj6). L'autre , fixée au dixième 
jour du même mois , & deftinée à implorer, 
fur les fautes dû peuple, la miféricorde di- 
vine , on offroit les mêmes viftimes , fans 
compter les oblations ordinaires de farine & 
de liqueur (377). Ce feptième mois de Tannée 
6iinte , qui s'ouyroit en mars , étpit le pre^. 
mîer de Tannée civile , qui commence en 
feptembre , vers Téquinoxe d'automne , les 
Juifs ayant plufîeurs manières de calculer cet 



(376) Lcvitique , chap. 'a-j , v. 24 & aç. Nomb.," 
ch. 19-, V. a -6. Voyez' la Mifna, de Principio anni,' 
<*ap- 3 > §• 3 > ^otn. 3 , pag. 341. 

(377) Lévitique, chap. 16, v. 29 & 30; ch. 23, 
V. 28. Nombres, ch, Ï9 ,V. 7-11. Tout? œuvre fer- 
vlle étoit auifi défendue. Lévitique , . diâo loco. 
Vpyez, fur cette fête, la Mifna, de DieExpiàtionis, 
tbm 2, pag. 206 & fui vantes. Leidekker , de Rep. 
Hebr. , liv. 11, ch. 47pag. 628 & fuiv. Maimonide,' 
de Pœnitentiâ, chap. 3 , p. 57 & tous les diiïerèns' 



çommentatçurs. 



'efpace 



èr tomme Moralifiei 129 

éipace de temps. La Mifna (377) diftingue 
quatre commeiicemens d'année 5 celui du pre- 
mier mars , ^our les rois & Tordre des 
fêtes; celui du premier août, pour ia dîme 
des troupeaux 5 celui du neuvième jour dei 
ia iune de feptembre , pour régler les années 
ordinaires , fixer les jubiiés , &c. \ celui 
du neuvième jour de la lune de janvier,- 
pour les arbres & les plantations. L'Ecriture 
^ , JÈe dit rien de cette quatrième diyifion qui 
paroît être de llnvention des Rabbins. Quant 
" aux mois , fans aflurer à quelle époque la 
divifion en fut connue , il eft certain c{u'elle 
Tétoit fous le règne de Salomon. Nou» 
toyôris , dans le troilième livre àes Rois (378}, 



(377} ^^ Principio anoi , tom. 2 , cfaap. z y §. 1 9 
pag. 300 & 3x1. 

. (378) Chapitre 4 , v. ^ & fiiîvafis. Vôyéïf Ôaffièl, 
th. 4 , V. a6 , & Éfthér , ch. 3 , ^; 7. &s douze 
tiioii furent , Nifari , Jiat » Si vànt , Tâmntus , Ab , EIuI , 
Tifri , Marcfiefvaù , Chifleu , Tebeth ^ Schebath , Adai»j 
Mars« AVril , Md , &c. Coriithcf leurs adnèés fônf Iù« 
hzweé^ poui* les contiliet" ^vec le» année» folaires> 
ils font chaque cycle de 19 ans^ 81 eomme elles 
font de temps en temps de 15 mots, ils comjrtedt* 
deux fois aiôfs Iç riioi» Adaf , &! ils appellent le fé- 
cond Vè-adar. Voyez LéoîïdeModène, Hiftoria &c. 
fart. 3, chap. 2, §. M 7-!^ J?- 6^» Selden , de M^ 



1 jo Moyfc y confideré comme Légïjlateur 
ce prince établir douze officiers fur Ifra^, 
chargés d'entretenir fa table & celle de toute 
là maifon , & chacun d'eux fournir à cette 
dépenfe, pendant un douzième de Tannée. 
Dcccuxqiw Les mâles (èuls forent obligés à la célé- 
^«iSî^df [' bration des trois folemnités principales (379). 
célébration Outre Ics femmes , on en difpenfa les muets , 
t "principal Ics iufenfés , les fourds , ne le foflent-ils que 
^' d'une oreille , les enfans, les hermaphrodites, 

les efclaves , les aveugles , les boiteux , & 
ceux auxquels leur vieilleflè ou leurs inifir- 
mités ne permettoientpas de venir à pied 
& de monter au temple (380). 



cîvili veterum Judsorum. Prideaux, préface de lUif- 
toire des Juifs , p. 14 & fuiv. Sigonius de Rep. Hebr. 
liv. 3 , ch. X & 2^ p. 627 & 628 , & ch. 18, p. 646. 
Bafnagè, Hiiloire des Juifs, liV. 6, chap. la & i; , 
tom. 6, p. 220 & fuir. Leidekker , de^epub. Hebr. 
liv. 6, chap. xi ^ pag. 409 & fuiv. &c, 

(379) Fondé fur ce que PExode^ chap. 23 , v, 17, 
dit feulement omnis mafculus. Dans le v. 23 du ch. 34 » 
où* cet ordre çft renouvelle , il y a auJIi omne mafcu" 
linum y ainfi que dans le v. 16 du chap. 16 du Deu- 
téronofflje où le précepte fe trouve pour la troifième 
fois. 

(380) Mifna , de Sacris Soletnnibus ^ chapitre i , 
%. I , tom. 2 s page 4x3. Hottinger , Jus Hehr. , 
§. 71. Leidekker,. dec Rcpub. Hebrœorum, liv. f , 
ch. 3 ^ p. 542, Uhermaphrodite. , dont fl eft parlé ici^ 



& comme Moralijle. 131 

Loin d'y paroître les mains vuides , on Ocfenfcde 
devoir apporter des préfens; Les lévites même ^im"yu1- 
y fiirent fournis. On ne manquoit point "' 
fans crime à cette obligation, parce que la 
loi n'invite pas feulement à la remplir , mais 
prohibe formellement le contraire (381). La 
violoit-on cependant ï on n'étoit ni éloigné 
du lieu faint à coups de verges (382,) , nî 
forcé à quitter Jérufalem où tous les Ifraé- 



fuivott tour-à-tour la condition des hommes & celle 
des femmes. Dans quelques cas« il participoit de Tun 
& de l'autre , & dans quelques autres cas> il ne par- 
ticipoit d'aucun des deux, il avoit des impuretés com- 
munes avec les premiers. Comme eux « il époufoir, 
par droit de léviration , la veuve de fon frère mort 
fans pofiérité mâle. Il épouibît une femme fans qu*il 
pût être époufé en cette qualité. 11 fut foumis à l'ob- 
îbrvation régulière de tous les préceptes de la loi > 
quoiqu'il y en eût quelques-uns dont les femmes étoîent 
difpenfées. D'un autre côté^» il étoit fouillé comme 
elles par le flux périodique ; comme elles , il ne put 
demeurer feul avec des mâles ^ &t:. &c. &c. Voyez « 
liir tous ces différens cas & toutes les quefiions re- 
Iarives> la Mifna> tom. 3^ de Uxore adult. fufpeââ, 
chap. 3 , pag. 228 & 229. 

(381) Exode, chap. 23, v. 17. Voyez la Mifna; 
diâo lo^. 

(382) Mifna, de Sacris Solemnibus ^ chap. 1 9 §. i; 
tom. 2 , pag. 414. 

Il 



i}X Moyfe, conjidéré commt Ltgijtateur 

lites étoient alors réunis , puifque c'eft ren- 
droit marqué par Jéhova , le feul où il dai- 
gnât recevoir, aux grandes époques de Tannée.^ 
rhommage de fon peuple (383). 
W maria-. Quoique tout travail foit interdit lors^de 
Scn$°* pcn- ^ célébration des fêtes , on permet dans lei 
dant les f^- jours intermédiaires , s'il v en a, (dans les 

tes ; mais' ' 1 1 r 

quelques ac- plus graudes , par exemple, depuis le fécond 
dans les jufqu'au fixième inclufivement ) de faire 
inédLkc$!' quelques ades civils , de tefter , d'écrire des 
époufailles , àit^ lettres de divorce , des dona- 
tions, des jugemens du fénat. On ne pou- 
voit cependant , quoiqu'on écrivît les épou- 
failles , fe marier , foit. à une veuve , foit à 
une vierge , mais feulement reprendre une 
époufe répudiée (384) , comme on 'ne pou- 
voit , quoiqu'on écrivît les jugemens du fénat , 
prononcer une décifion légale. Les Hébreux 
pensèrent qu'en s'aflèyant fur fon tribunal 
on viole la fainteté d'une fête , comme s'il 
étoit une manière plus honorable de rendre 
hommage à la divinité que d'être le miniftre 
de fa bienfaifance & de fa juflice \ comme 
s'il étoit un culte plus digne du Tqut-puif^ 



(383) Voyez le Deiitéron., chap. 12, v. 11 & lai 

<384} Mifna, de Feftô parvo, chap. x, §. 3^ & 

fuivans ; ch. 3 , §. 3 , tom, 2 , pag. 405 , 406 &. 409. 



& comme Moralîjle. i^f 

Tant que d'arracher Tinnocence aux bour^ 
reaux & le citoyen paifible aux déprédations 
de l*ufiirpateur 5 comme fi fe magiftrat, au 
•lieu d'imiter cette attention univerfelle & de 
tous les inftans, déployée par l'Etre fuprême-, 
pouvoit fe repofer quand un de fes fembla- 
bles, injuftement accufé peut-être, languît 
& foupire dans les fers ; quand le fcélérat , 
dont la v%ilance eft la feule vertu- , déve*- 
leppant fon génie adif , après une longue 
méditation , va faire éclater autour de lui 
les complots mûris & préparés dans l'ombre 
& le filehce. Les Juifs cependant ne pout- 
fbient pas cet ufage vicieux auffi' loin que 
tant de peuples modarnes. Si Taffaire à juger 
étoit à portée de Têtre , on k terminoit pen- 
dant la nuit qui précédoit la veille de la fête 
du fabbat ( 585 ). Point de ces renvois , de 
ces délais meurtriers que les défenfeurs ont 
fi rarement le droit de demander , & les Juges 
plus rarement encore, le droit d'accorder à un^ 

^— ^i— i^— ^1- Il I ■» ■■!!> ■■ I l <P I I I I I >■ I Wl ■ I II 

^585) On ne jugeoit pas îes procès crlmmels îa- 
veille d'une fête ou du fàbbat , parce que la con- 
damnation pouvoît furvcnir , & qu'il ctoît défendu de 
diflfërer un fupplice de deux jours. Or, le fupplice ne: 
pouvoît avoir lieu un jour fotemnel. Maimonide ,, 
de Synedriis , chap. n §. ii« 



I j 4 Moyfcy eùnfidéré comme Ugijlateur 
partie quand il eft conteftë par Fautre. Ce n'eft 
point aflez d'être équitable , il ne faut pas 
tarder à letre , & la juftice perd de fa vénéra- 
tion comme de fa bienfaifance , fi elle n'eft 
auffi adive qu'impartiale. 

Le refpeél pour les fêtes, & pour le fabbat 
en particulier , fut porté beaucoup plus loin. 
Les Juifs n'eurent pas même le droit de pré- 
parer alors leurs alimens , d'éclai^r leur 
lampe , d'allumer ou d'attifer leur feu ^ d^ 
toucher de l'argent , d'écrire des lettres , jàe 
couper leurs ongles , d'arranger leurs cheveux*. 
A peine a-t-on foufiert^ s'ils font malades, 
qu'un médecin les vifite ce jour-là , encore 
faut -il que les fecours foient preflans, & 
qu'il y ait un grand danger à en difierer l'ap- 
plication (386). Les prières, les ofirandes, 
les hommages , les facriâces dévoient feuls 
remplir ces auguftes folemnités^ Quand ceux 

( 386 ) Voyez Léon àt Modène ^ Hifioria &ç. 
part. 3> chap. i , §. 2 & fuivans, pag. 52 & fuir. 
Ménochius, de Repub. Hebr. liv. 3, chap. i , §. 4, 
pag. 246. La Mifaa:, tom. 2, dé Sabbato. ch.y|, ç 
& fuivans > pag. 18 & fuivantes ; chap. 10 , §. 6 » 
pag. 41, & chap. i4>.S- 3* Fg- ï^- Bafeage, Kft* 
des Juifs, liv. 6 9 chap. 15, §. 12 & fuivans^ tom. 6» 
pag. 316 & 317. Josèphe, Antiq. Jud., liv. 14, ch. 17,^ 
pag. 488. Voyez auffi l'Exode , chap. 16 » v. 5} ^ 8t 
chap. î5 ^ v. 5. 



& comme Moraûfic, i^f 

des Ifra)étit:es qui habitoient en lonîe fe plai- 
gnirent à Agrippa des maux que les Grecs 
leur faifoient éproirver & des atteintes portées 
à leurs privilèges, ils articulèrent fur -tout 
qu'on les troubloit dans, l'exercice de- leur 
religion , en les forçant à comparoître,, fes 
fours de fêtes , devant lès juges ^ pour des 
affiiires temporelles (387)* Agrippa eut igxvdt 
â fcurs pkintes , & fesdifpenfaî déformais,, 
pendant les époques religieufes, de toute com- 
parution judiciaire (588). L'Exode , en eSèt^ 
leuravoitmêmedéfendude quitter, pendant. 
le fabbat, l'enceinte de leur demeure (389),. 
défenfe que les commentateurs ont inter- 
prétée ( 390 ) en bornant , les uns à deux 
mille preds , les autres à deux mille coudées , 
Telpace quil eft permis alors, de parcourir^ 



(587} JosèpBe s Antiquités Tud. liv. 16, chap* 4> 
pag. 55a 

(388jt Josèphe » ibid. chap. 20, p^. %6%^ 

(389) Qiap. 16, y. 29. 

(390) Saint Jérôme , épître 15 ij adAlga., quefi f^. 
Baronius , aono Chrifti 34, Agobard , évêque de Lyoi», 
dans tes opufcules fur les fuperilitions judaïques', 
Maidonat. fur S. Matthieu , chap, j^. v. 20, difair 
deux mille pieds. Erafme , fur Jès MKS des ApôtreSj^ 
çhap. i , dit deux mille pas, & quelques aatres com» 
jncntateurs, comme Euchérius, &da , Lyramis-;^, 



15^ Moyfi^ tenjîdcrc^omme légijlauuf 

ArticleIV. 

tçix Jur les Sacrifices. 
Aaciçnaet^ PRÉSENTER à Jéhova dfiS obktioni 

j^Jg^®^*^ pieufes , eft, dans les annales des Juifs, un 

rtft» par- ufkge établi fur r^nciçnneté la plus reculée^ 

'^ * *^ ** Caïn & Abcji, Tun cultivateur & Vautre 

bierger 5 pfiftçnt , c^lui^là des fruits de H 



expriment au® des pas. Origène , beaucoup plu$ 
ancien que ces écrivains > parle de deux mille cou* 
dées, <7ri)>:ii#; apud Théophylaâ. in Aâ. , chap. i ; 
& Tbéophylaftç dit .la inéme chofe , quoiqu'on y 
îife, par erreur, rficèv laxa^^ pqur /i^iAi^r, deux 
mil|e> comme T^ remarqué X)rufîus dans fes quefiiofi^ 
fur le Nouveau Teftament. Voyez Selden , de Jurç 
Naturae & Gentium , liv. 3 , chap. 9 , pag. 318. Les 
Talmudiftes ont été plus loin dans leurs interprétations 
que les premiers dod^eurs, Sim^on, (lillel^ A]pba, 
& les auteurs chrétiens. Maimonide , de Sabbato » 
chap. 17» Mikotzi , Praecept. negat. 66 , & Shulcan 
ArUch , in lib. Orachiim y chap. 397. La Gemarre de 
Jérufalem , de Commifiionibus termjni Sabbatici , 
çhap. 3 , fôl. 21 , col. 3 , & celle de Babyloae, 
même titre ^ chap. 4, fol. 49 > jo, &c. , donft^t, 
pour fe promener les jours de ikbbat » d'abord la 
ville entière ^H^jnelque grptodeur qu'elle foit^ & en- 
fuite deux mille coudées au-delà des portes. Léon de 
JWodène, part. 3 ^ chap. 1 , 1 8 , p. 54, parle auflp dç 
^eu9( mille coudées hors de la yple* 



& comme Moralijle. i yj 

terre \ celui-ci les premiers - nës de fon 
troupeau (391). Noé, forti de larche, drefle 
un autel & immole des oifeaux & des 
brebis (391). Le Seigneur prefçrit à Abraham 
de conduire Ifaac fur la montagne qu'il a 
cHoifie , & de le préfenter en boloçaufte (393). 
Ce patriarche avoit auparavant reçu ordre 
d'offnr une vache, une chèvre, un bouc, 
tous de trois ans , une colombe & une tour- 
terelle (394). Quand Jacob fugitif eft re- 
trouvé par Laban , & qu'après des reproches 
mutuels^ la paix renaît parmi eux , ils la 
fcellent par le fang des viftîmes (39y). Dans 
le défert , Jéhova fait élever une tente , fous 
laquelle ît% miniftres l'honorent fans ceflè (396). 
II déclare ( J97 ) que fi on tue un animal 
domeftique pour en manger la chair, fans 
Vfiuir à la porte du tabernacle, on fera traité 
en homicide. Il commande expreffément de 



f39x) Gcnè(c,chap. 4, v. 3 & 4. 
(3?0 Gçnèft, chap. 8, v. lo, 
(355) Gçnèfe, chap. %%^ v. 2» 
(Jf4) Genèfe, chap. iç, v. 9. 
($fS) Genèfe, chap. 51, v. Ç4. 
(596) Exode , ch^. 15 , v. 5 ; chap. iç , V. y. 
Nombres « chap. t8 > v. 4. 

(3t7) Lévitîque , chap. 17 , v. 3 & 4. DeutéroQ, 



1 1 tf Moyft j ^nfiOfi €ûmmi Lcgijtausir 
Article: IV* 

Iç'iX fit tes Sacrijîics* 

Aneltniittl PRESENTER à Jéhov4 dfis oblatioiu 

iU!u X P*^"^^* • ^» ^^^^ *^ annales des Juifs ^ un 

pif^tH rj»- ufiige éubli fur ronciçnneté ]a plus reculée, 

C%S\\ 6t Abel» Tua cultivateur & l'autre 

berger, offrent , celui -la des fruits de la 



eKprtment mifH des pns. Orîgène ^ beaucoup plus 
m\c\ci\ que ces écrivains » parle de deux mi!îe cou* 
déei, 7r«x*t«i; Qpud Théophyh)^. in Aél. , chap* i ; 
Ik ThtV>phylafte dit Ib même chofe , quoiqu*on y 
IliÇi par erreur* r^n^v ir*x<*** P^^^^ /<X<^**'» ^^^^^ 
tnUlo* comme Va^ remarqué Drufiusdans fesqueftico^ 
fur le Nouveau Tift^mcnt. Voytt Sclden , de Jure 
Niinirt» %\ (•cniiuiu ^ \i\\ 3 « ch^ip* 9 > pag. 318^ Les 
T^ilanulitlcf ont été plu« loin dans leurs interprétations 

ÏUvr lo« premiers do«f)cur^f Sim^on^ Hi^^ei» Akiba » 
( lei Qiiicurft chréricnn. Muimonidc , de Sabbato 
chnp. i7, MIkoni « Prosa'pt. negnr* 66 , 
AiUih, In \\k Onichlini , chap. 397. La 
Jériiiiili'iu I de OnnmiftiOnibus terrni 
il)it(i 1 , (bl. %% , col 3 I & celte 
mi^inii iltrvr« clup. 4* fol 47, fo 
pmtr fa promener les \o\\n de 
f 11W entière #miivtquc i^rtmdeiur 



\ 



lllc cov 



Im 1 . mille Ciiud\V» ;tu i^ 
h} . pt»n. 1 1 %Kap I - <^ 

fNii mille ii)vhi^« hs;>i 




158 Moyfcy conjidcré comme Léffflatewr 
lui ofirir , dans cette tente , des hommages 
& des facrifices. 
jébova En voyant Jéhova les prefcrire impérieofe- 
^i^i^^ ciment, & fous les plus grandes menaces, il 
«^t- eft difficile de penfer qu'il y attachât peu 
de prix. Nous l'entendons pourtant dire , dans 
Ifaïe y dans Jérémie & dans Amos (398) : 
Que m'importent vos nombreufes viûimesï 
Qu'ai-je befoin de vps béliers en holocaufte^ 
de la graiflè & du fang de vos agneaux ? 
Vos fêtes, vos parfums, vos animaux, toutes 
vos oflfrandes me touchent peu» Je n'ai point 
exigé de viâimes de vos pères quand je les 
ai tirés d'Egypte 5 je leur ai dit feul^nçnt r 
Ecoutez -moi, ;e ferai votre Dieu & vçus 
deviendrez mon peuple. 

Plufieurs pères de l'Eglife ont juftifié cettç^ 
contrariété apparente. Ils penfent que Jéhova: 
marque la préférence donnée à la pureté du 
cœur fur ces facrifices, quoique commiahdés , 
ou qu'il voulut par-là fixer encore pîtisf elprit 
inconftant des Juifs , &: les éloigner davantiige' 
de l'idolâtrie* Citons , entr*autres , Ireiiée, Cy- 
rille, Juftin & Jean-Chiyfoftôme (399}. Qiiaxçt 

' ■ ■■ . I , . ■ , I 1 II w 

(3^S) Ifaie, chap. i, v, n> la & 15. Jibiaité^ 
cbap. 6y V, la Amos, chap. ç, v. ir & %^^ 

(5f ^) Irénée , liv. 4 , ch. aS* Jean CKryfoflôiBe>r 
fur le pfeaume 49. Juftin, Dialogue cpntre Tryphoo^ 



& comme Morallfte. ij^ 

A^idopte pas entièrement leur opinion. Il ob- 
ferve qu'on ne permet pas feulement ces facrir 
fices , mais qu'on les approuve , qu'on les 
coofeiUe , qu'on les ordonne. « La plupart , 
dit-il (400) , font d'une obligation indifpen- 
fable pour ceux auxquels ils font impofés par 
la loi. Dieu fait de rigoureufes menaces contre 
ceux qui y manqueront \ il promet des récomr 
peniès à ceux qui les pratiqueront ». 

Mais fi l'Eternel demanda des facrifices, tes Juîfs 
exigea-til desvidimes humaines? Toléra-t-il facri&cf h»: 
même jamais qu'on lui en offrît de pareilles ï °****"^ 
Des écrivains diftingués en ont fait le re- 
proche à la légiflation de Moyfe. Il eft trop 
important pour que nous n'examinions pas 
s'il eft mérite. 

«Tout ce qu'on aura confacré à Dieu,* 
homme , animal ou champ , ne pourra être 
ni vendu , ni racheté , mais fera une chofè 
iainte y &: tout homme qui aura été confacré 
, par anathême ne fera point racheté , mais il 
mourra ». Tel eft le texte du Lévitique , 



p. 237 & 292. Cyrille, liv. 4 contre Juliea. Voy«K 
Or^ène , homélie 7 fur les Nombres , & Calmet , 
Pré&ce fur le Lévitique, Bible d'Avignon, tome i> 
*page 316. 

(400) Calmet , diâo loco , pag. 327. 



%4o Moyfc y coiifidcfé comme Ugijlateur 
en l'interprétant de la manière la plus fa- 
vorable aux accufateurs de Moyfe (401 ). 
Avouons que ce texte paroît , au premier 
coup-dTœil , renfermer un ordre de verfer lé 
fang humain r il paroît du moins le permettre 
•envers ceux qui font fournis à une puifFanee 
particulière avouée par la loi , comme l'enfant 
4 l'égard de fon père & Tefclave à l'égard 
de fon maître. Si ' pourtant ce paflàge eâ 
ifolé , s'il peut s'entendre difieremment , s'il 
eft contredit par une foule d^autres dairs & 
précis , que penferons-nous du reproche fë- 
vère fuît au légiflateur des Hébreux? Cui- 
vrons le Deutéronome , poftérieur , comme 
on fait y au Lévitiqu^, &r lifons le douzième 



(401 ) Lévitîcpe , chap.. 27, v. 28 & 29. Ceft Tan*^ 
thème , appelle çn hébreu DlCt, cherem. La Vulgatè 
dit : Omnts conficratîo qua offirtur ah kominti , fens qui 
/ii'eft pas^ tout-à*fait exaâ:, cat H y a dans te texte: 
Omm anathema qiiod devovetur ex homîne. Les Septante 
tr^duifent : ic'h hlhfM,% làv h^irtht «to t«v «r6p»xdift, 
omne anathema qiiod confecratum fuerît ab ^ (ou de^ OU 
bien ex ) honiinihus. Les Juifs d'Efpagne : Todo apar* 
iahdento quefe apariare del hombre. Dans les Paraphrafes 
chaldéène & de Jérufalem , & dans les Verfions arabes, 
on a confervé la particule po , mi/2 , qui dans les langues 
orientales fignifie également ab^de &i ex\ elle eft équir 
valente au t<»i» des Grecs. Voyez Selden i de îurQ 
îjfatura & Gcntium, liv. 4, chap. 6., pag- 516. 



& comme Motalifie. 141 

-diapitre. Jéhova y renouvelle la dëfenfe de 
fe livrer à Tidolatrie s & pour donner plus 
de poids à fa volonté , daignant en dé- 
velopper les motifs ^ il s'élève avec force 
contre l'ineptie & la férocité des peuples 
qui croient honorer leurs dieux par des abo- 
minations ^ entre lefquelles il n'oublie pas 
le facrifice de leurs enfans (402). Quelque 
fage que fïtt ce précepte, les Juifs, il eft 
vrai, ne l'obfervèrent pas toujours : mais la 
violation même fréquente d'une loi, feroit- 
e^e donc une preuve que la loi n'exiftoit 
pà^ \ Voyez comme les prophètes fe plai- 
dent amèrement de ce que le peuple d'If- 
raël fe déshonore par l'infanticide (403). Avant 
cette époque , & fous l'empire des roîs ; 
l'Ecriture (404) parle de l'horreur qu'infpira 
aux Hébreux l'adion barbare d'un prince de 
Moab, Mefa, qui , dans une extrémité cruelle^ 
ofirît.en holocaufte fon fils aine, l'hériçier 
naturel de fon pouvoir & de fon trône. 

De tels faits ne détruifent-ils pas les con- 
*■ ■ ' , ■ ■ ■ ■ — fc .1 » , .■■■ 

(402) Deutéronome , chap. I2 , v. 30 & 31. 

(403) Voyez principalement Jérémie « chap. 19 i 
y. % & fuivans. Voyez auffi le pfeaume 105 , v. 37 
& fuivans. 

(404) 4 Reg. chap. 3 , v. 27. 



Î4iê Moyfe^confitéré comme Légijlateuf 
féquences tirées des deux verfets du Lëvî-» 
tique ? Eft - il néceflaire d'ajouter que fi les 
defcendans de Jacob fe permirent, pendant 
quelque temps , des facrifices femblables , ils 
ne les offrirent jamais à leur Pieu, & qu'ils 
en réfervèrent Thommage pour une divinité 
étrangère ; ou en prenant même ces deux 
verfets à la lettre , d'obferver, avec M. Tabbé 
Guenée (405), qu'ils expriment des perfonnes 
dévouées par un anathême folemnel, ana- 
thème prononcé par Tautorité publique , & 
qu'elles étoient livrées à mort comme cou- 



(405) Lettres de quelques Juifs portugais & alle- 
mands^ &c. pag. 316 & 317 de la première édition. 
M. l'abbé Guenée examine ce reproche avec beaucoup 
d'étendue , & il eft difficile de réfifler à renfemble 
de fes preuves. Nous invitons à lire attentivement 
ce chapitre de fon ouvrage. Voyez fur ce fujet , 
l'examen des fondemens & de la connexion de la 
religion naturelle & de la révélée par le doâeur 
Sikes , & Seld. de Jure Nat. & Gem. 1. 4^ c. 6 & fuiv. 
& prœcipuè ch. 9 & 10. La Gemarre de fiabylone» de 
£flimationibus , chap. i , fol. 6 > Sa de Dote Litte- ' 
rifque matrimonialibus , chapitre 3 , fol. 37. Sèpher 
Siphri, col. 536. Mikotzi, prac. affir. 151. Jarchi, 
fur le chapitre 27 du Lévitique. Le rabbin Mosès 
Barnachman, ibid. AbarbeneU in Pirush Tora, fol. 175 , 
col. 2. Le rabbin Bêchai, fur le Pentateuque ^ fol. 161 , 
col. I 9 & Pefictha Zotertha , fol. 36, &c. 



& comme Moralifle. i^j 

pables envers k loi ^ fans qu'elles aient jamais 
été facrifiées comme vidimes \ Enfin, j'emploie 
les propres termes du favant académicien que 
je viens de citer (406) : « la loi juive entre dans 
les plus grands détails fur l'article des facri« 
fices î elle marque les efpèces de quadru-^ 
pèdes & d'oifeaux qui pouvoient être oflFerts 
au Seigneur , les qualités qu'ils dévoient 
avoir, le temps & les circonftances où on 
' devoit les offrir , la manière de les y pré- 
parer , les cérémonies qui dévoient l'accom- 
pagner/ &c. &c. Si cette loi eût ordonné 
qu'on façrifiât des hommes, ix elle eût re- 
gardé les viâimes humaines comme une des 
^^blations les plus agréables au Seigneur , 
fcroit-il poffible qu'elle n'eût rien prefcrit , 
rien réglé fur leS rites & les cérémonies de 
ces facrifices ï N'auroit-elle pas déterminé 
.quelles perfonnes dévoient & pouvoient être 
offertes , en quelle occafîon , de quelle ma- 
nière , &c. &c. ï Ce filence de la loi , nous 
ofbns le dire , eft une démonftration qu'elle 
n'exigeoit , ni n'approuvoit ces facrifices fan- 
guinaires >». 

L opinion de M. l'abbé Guenée eft: plei- 

(406) Ibid» pag. 311 & 3X2« 



44 ^oyfcj conpdéré comme tegijlateià 
orandnom- nement juftifiée parlaleâure du Pentateuque. 
lices *étabu$ Avec quclle étendue Moyfe n'y rëgïe-t-Û pas 
jarMoyfc. ^^^j-gj \q^ cérémotiiès des facrîfîcés qu'il éta- 
blit, & il en établit un grand hotnbre ; cefui 
de tous les joUfs , celui d« chaque femaine 
ou du fabbat , celui àts Néom^nies , ceïuf 
du commencement des fêtes , celui du pré-* 
mïer jout de Tannée civile, &c. &c. Oii 
peut encore dîftinguér leurs facrifices en ho- 
ïocaufte , en facrifice d'expiation ou pour lé 
péché , &: en facrifice pacifique. Parcourons-» 
les fucceffivemeritir 
Duricrifîcc Vous oflfrirez tous les Jours, dit le livre dei 
ie^us les J^ombres ( 407 ) , deux agneaux de rahnée 
fans tache, comme un holociaufte perpétuel, 
un le matin , l'autre le foir , avec un dixième 
d'éphi (trente de rios pintes ) de farine', qtrî 
foit mêlé avec une méfure d'huile trés-p'ure, 
de la quatrième partie du hin. Vous dôiï- 
tierez , pour oblatioiî de liqueur , une mefurfe 
de vin de la quat'riènïe partie du hin pour 
chaque agneau , dans lé fanduaire de' Jé- 
hova. Vous donnerez dé même le foir Tàutre 
agneau , avçc toutes les cérémonies de l'of- 
frande du matin & fes oblations de lîqueuj. 

(407) Chap. a8 , v. 5-8. , 

/ Ce 



& comme Moraàjle* 14^ 

Ce précepte étoit déjà dans TExode {408). 

Le jour du fabbat , continue le livre des Duûicrifics 
Nombres , oftez deux agneaux de l'aînée , 5îi!^&'"de 
• vfans tache, & deux dixièmes de f^rineonêlée «lui «ics 
avec rhuile , & les oblations de liqueurs 
qui fe répandent , ainfi qu'il eft prefcrit , 
diaque jour de la femaine , fur l'holocaufte 
perpétuel (409). Au premier jour du mois, 
offrez en holocaufte deux veaux du troupeau, 
un bélier , fèpt agneaux d'un an fans tache, 
& trois dixièmes de farine mêlée avec l'huilé 
pour chaque veau, deux dixièmes pour le 
■ bélier , & le dixième d'un dixième (410) , 
toujours mêlée avec l'huile , pour le facri- 
£ce de chaque agneau. Quant aux offrandes 
^u vin , vous en verferez une moitié du hia 
pour chaque veau, une troifîème partie pour 
le bélier , une quatrième pour l'agneau. Tel 
lèra l'holocaufte des Néoménies. On oj9rira 



(408) Chap. 2^, v. 38-42. 

(409) Nombres, chap. 28, v. 9 & 16. 

(410) Ceft-à-dife un aflàron, qui éioîtle dixième 
fun éphi , lequel étoit le dixième d*im chore. L'af- 
faron, ainfi nommé de '^y 9 hàfar, dix, s'appelle 
auffi orner , & contenoii environ trois pintes. Voyex 
les commentateurs de la Mifna , de Angulo , ck. 3 , 
§• 6,tom. I, pag. 48. 

K 



^ lifi Moyfe ^conjîderc comme Légîjlateuï 

aixffi un bouc pour le péché , en hoïocàufte 

perpétuel, avec fes libations ordinaires (411)* 

Sacrifice du Oit règle enfuite k facrifice du comment 

Mir<?s^- cernent des fêtes. Qu'il foit de quadrupèdes , • 

■*• & que fon prix, ainfi que celui de Tholo* 

caufte pour la comparution dans le temple, 

nç foit pas moindre d'un écu d'argent , même 

de deux , felon quelques dodeurs. Qu'il foie 

oflfert le premier jour de la célébration, ou, 

(i oa ne le peut, un .des fix fuivans, pùif^ 

qu'il y en a ordinairement fept pour célébrer 

les fêtes (41 2^). Je ne parle point ici des fa- 

iwrMûSï^crifices particuliers descelle des tabernacles, 

des trompettes , de la Pâque , de la Pente- 

côte , des expiadons x je l'ai fait à l'article 

des fètes* Il me fuffira de remarquer, au fujec 

du Jfacnfice expiatoire, connu fous le nom 

dé facrifice du bouc émifiaire , qu'on ame- 

noit deux de ces animaux , dont on immoloit 

un feul, celui que le fort défignoit (413). 

(411) Nombres, chap. a8,v. ii-xç. Les amis & 
les pareas fe raflembloient ce jour-là pour maoger 
enfemble. Voyez^dans le premier livrede^rois,cb.ao, 
Y. 5 , ce que David dit à Jonathas. 

(4x2) Miffia, de Sacris Solemnibus, ton. i^cb. i , 
§. a^ pag. 4143 & §* 6, pag. 416. 

(413) Lévitique, chap. i6 , v. 7, 8 & j. 



autres 

ÂCCS. 



è càffirhe Moratific^ 14^ 

Aj)rès les purifications d'ufagé & les fept of- 
perfion^ avec le doigt trempé de fkng, b 
^ntife, mettant la main fur la tête de l'autre 
bouc , le chargeoit , avec des imprécations ^ 
de toutes lés iniquités dii peuple, & Tçn- 
voyoit les porter dans un lieu folimire (41 4)^ 
Une vache roufle étbit auffi oflfeite , & comme 
ie bouc émiflairé , on Tachergit de l'argenlê 
du tréfor public, ainfî que k plus grandej 
* jpartie des .infttutnens qui feryoient au facri^ 
fice (41 J). & qui tous étôient ibmptueux 6£ 
du plus riche métd (416); 

(414) Jui^mqùe ; ai; iè , V. iuir-ai. Voyeii Sdri» 
ghamius , fur la Mifna « itom. 2 , de Die expiationis^ 
jpag. 231-241, & Bafnage, Hiftoire dès Juifs , tom. 6^ 
livre 6 , chapitre' 16 , §. 5 & ftiivans ; pa^e pS 9k 
fuivanre^ , 

{415) Mifna j (le Siclis, fch.4, §.i, J&4itbiii. ai 
pag. 188. Vo^^ez , pour les pliis. grands détails fur ce 
facrifice, le même ouvrage , de ÏDie expiationis^ ch. 3 
& 4« pag. 222 & fuivantels; les Traités talmtidiqUes 
ïnffJmann , Traité premier , ch. j , pag. 8 ; Ménochius . 
dé Republicâ Hebrasiorum > liv. j , ck» 7 ^ §. 2 ^ p. 27e 
& fùivantes. 

(416) Les cynâ^Uirii & 1^ l^mjIM ètoiem d^r. 
JLei vafes devaient l'être j, pu au moifl* 4'aïgQflt. Voye* 
i^Exode, às^. li, v. %. VéùMM? ie$ 4ét^fe fur \t 
HchdETedes Qt>}^t$ doo^oa fe iervoât 4df)i^ fe kinple* 
.& fur la magnificence du temple lui-piâmç^ qito 



X48 Moyfc, eonjidéri comme Ugiflateur 
BîToiob-i Tels font les facrifices , confidërés fous^ 
!^^c^ ^' rëpoque à laquelle on les célébroit. Confidé- 
rons-les à.préfent relativement à leurs objets* 
En les offrant, Thômme a voulu honorer 
,par refped la, majefté divine , lui demander 
pardon des fautes qu'il avoît commîfes , éc 
lui rendre grâces de fes bienfaits ou en im« 
plorer de nouveaux. Les Juifi avoîent admis 
cette divifion fimple & naturelle. Ils eurent 
en conféquence des holocauftes , des vidimes 
expiatoires , & des vidimes pacifiques. 
Dci'holo- L'holocaufte , ainfi nommé parce qu'on 
«*«*ft«* brûle en entier la vidime (417) , fe feifôit 
ordinairem[ent par le facrifice d'un quadtu-* 



life le Tjraitéde Ribera fur cet objet; Pineda, de 
Rébus Salomonis, liv. 5 » ch. 5. Barradius, Comment, 
in concord. evang. tom. i , liv. 3. Louis Cappel , in . 
Compendio Hiftoriae judaicas fubjunâo Hifiori» Âpof* 
tolicas. Menochius, de Repub. Hebrseorom , liv. 2j 
chap. 9 & fuivans. Mikoui»Prascept. Affirmât. 3 163. 
Selden, de Jure Naturas & Gentium. liv. 3, chap.,^» 
pag. 298 & fuiv. Villalpandus in Ezéchiel , tom. 2 , 
part. 2 , liv. 1 , 3 , $ , &c. 

. (4x7) ox^ttMUf ^ entièrement brûlé. Ceft auffi ce . 
que figniâe le mot dont fe fervent les Hébreux pour 
l'exprimer, kalU^ hh^- On confumoit tout en eflEet, 
excepté la peau qui refioit aux pré^jres. luéy^que» 
cl»p. 7,v-8, 



& comme MoraUfie. ij^ 

pède ou d'un oifeau. Le bœuf ou le veau 
étoit Tofirande des plus riches. Ceux que fv 
Torifoit moins la fortune immoloient un 
agneau ou un chevreau , & les pauvres un 
tourtereau ou un pigeon (418). Quel que Rkt 
ranimai préfenté , on exigeoit qu'il fût mâle & 
fans tache (419}. Une fois défigné , on Tamenoit . 
à la porte du tabernacle , & le prêtre , après 
rimpofîtion des mains, le frappoit^ Tégor- 
geoit y recevoit fbn fang dans un vafe d'où 
il le rëpandoit autour de Tautel, arrachoit 
fa peau , le coupoit en diverfes parties & 
le livroit aux flammes, après en avoir lavé 
dans Teau les pieds &: les inteftins (410). On 
y mettoit quelque différence, s'il s'agiâpit 
de pigeons ou de tourtereaux ; non qu'ils, na 
fîiflènt ëjgalement égorgés, qu'on ne répandît 
leur fang, que le feu ne les confumât; mais 
leurs membres n'étoient pas divifés, & on 
^ettoit leurs plumes autour de l'autel, vers 

(418) Lévitique , chap. i , y. a & Aiivans. Méno- 
chuis'cte Republicâ Hebraoruuix liv. 2 j, chap. 10 » 
§. 2, page 17^. 

(41 j) Lévitique ,, chap. r , v. 5 & kk 

(420) Lévitique, chap..i, v. 5-i}« Ménochiu», 
^âo- loco*. Maimonide , in more Nevocfaim^ liv. 3,, 
€hap. 45. Voifin, di Lege divihâ^' cb. 7> P* ^9» 

K5 



J50 Moyfei iùttjtdéré comme légiflauur 

le -côté de Tonent (411). Quant à Tâge de 

VhpTocjuftô (4^3t), il ^oit de plus de huit; 

jdtirs &: deîifcffe'd^un an pour tous le$ 

quadrupèdes. Le boeuf feul pouvpit ^fe offert 

ta-d$fftis d'une ani\ée,i^ 

P'ifacri£cc5 "^ fecônd laçrifice'^eft çehi d'expiation 

d;çxpiatiojj, pour le péché. Il varié, comme robferve 

-Rihéra (425) 3^ fuivant les |)erfonnes , le genre- 

de$ Viftimes , & les caufts poui; lefquelles i\ 

eft pflfert i fuivânt les perfonnes ; fl a lieu 

ptl pour les fautes dû grand-prêtre, ou pour 

celles du peuple, ou pour celles d'un prince, 

ou pour celles d%n fimple citoyen ': fuivant 

k genre des viftimes ; pn y çonfacre pu la^ 

brebis, ott le. veau, ou le. bélier, ou la gé- 

. niW i fuivapt les ÇAufes pouc lefquelles i\ 



. (421) Léviûqu^, chap. i, v. 14-1,7. Voy^z. Méno^^ 
çhius, diao loço, §. 15 , pag. 187 , 188 & 189., & 
plimann. Traité prem. et 6 , p^g. 10 & 11. On jettoi^ 
aufli vers TOrient les cendres de la viâime confumée. 
J-évitiquje, chap. i, v. 16, 

(422) Ménpchius, diâo loco., §. i}. , p. 185 & 18^. 
Josèphe, Antiquités J'udaîques , liv. j, ch. 10, in 
principio. Lévitique , chap. ^^ , v. 27* 

(423) De Temple Kv. 4, chàp. (>. Voyea; Méûp- 
chius , diâio loco , chap. it » §« i ^ pag I96 ôc ijiiy. 
Leidekker j de flepub. Hebr. liv. 11 , chap. % , p. 62e, 
&$n. ' ' ' ■ ' " ■ \ ^'* 



& comme MoraUJle. iji 

eft ofiTert; on diftingue Tlfraélite qui a pëché 
Volontairement & fciemment de celtii qui eft 
devenu coupable par inadverteuce ou par 
ignorance. 

La faute eft-elle Touyiagedu gtand-pfêtre? 
U ofire un veau fans iache , & en .porte la 
fang dans le tabernadfe du témoignage (4i4|. 
n en eft abfolumenr de même fi tout Ifiàël 
l*a çommife (43ky ). L'a-t*eHe été pajp wi^ 
des chefs des tribus, un des princes de la; 
^latiori î II immole, un bouc fans tache ; & 
une brebis ou une chèvre, auffî fans tachc^^ 
eft immolée pour le citoyen ordinaire (42.5JU. 
Dans les deux premiers cas , 1^^ pontife > trem-^ 
pant fon doigt dans le fang de là vidime ^\ 
en fait , pendant fept fois , une afpetfios^ 
devant le voile qui fépare le fanâuaire di» 
refte du tabernacle (417). Dans les, àm% fe*^ 
conds, il fe contente de toucher les cornes 
de l'autel des^ holocauftes , avec fon doigt 

(414) LévWque , chap. 4 , v. j & ç. Voyez H 
Mifna» tom. 4 , de Juditum documeqtis, ch. ):, §. f, 
page 500. 

(4a5)Lévitîqu€, chap» 4, v. 1^4 & 16: 
(426) Lévitique, chap, 4^,, v. ij, ^ & 52. Mi(ha^ 
*ào loco. ' 

(417)^ Lèviriqije^ chap^4> v. 6 & 17. 

K4 



ijl Moyfii tûnfiiirc comme LégiflcLttuf 
encore trempé dans. un fang dont il vérfe le 
refte autour de cet autel ( 418 ). Dans tous 
les cas, le pécheur place fes mains fur la 
tête de la vidime , hors dans celui du peuple, 
où la loi exigeant la préfence de ceux qui 
font les ofirandes , ne pouvant être exécutée, 
des députés font choifis pour repréfenter 
Vuniverfahté des Ifraélites (419). Dans tous 
les cas; les fept afperfîons ont lieu, le fang 
eft répandu & on en naet fur les cornes de 
Vautel des parfums (430). Dans tous les cas 
enfin , on ôte &: brûle la graiflè de Thoftie 



{428) ]Lévîtîque, chap. 4, v. aç, 30 & 34. 

(429) Lévitiquc, cbap. 4 , v. 4, iç , 24, 29 & Jj; 
Ces députes fe divifoient en vingt-quatre dafles dont 
chacune avoit un chef, & comme les prêtres, ils ne 
remplifibient leurs fonâions qu'à leur tour & par ië* 
maine. Ceux qui demeuroient à Jérufalem , ou tout 
auprès, dévoient y venir. Pour ceux qui en étoient 
éloignés , il fuffifoît qulls fe rendiflent dans la fyna-^ 
gogue du lieu qu'ils habitoient , & fe joigniflènt de 
cœur & de penfée à Toffradde faite aâuellement i 
Jérufalem, Les députés de femaine jeûnoient quatre 
fois , le lundi , le mardi, le mercredi & le jeudi. Voyez 
Cunaeus, de RepuK Hebr. liv. z, chap. 10, p. lyf 

& fuivantes! 

./ 

(450) Lévitique, chap. 4, v. 7 & 18 ; chap. 7 1 
yerièt 2. 



& comme Moralifle. 153 

. expiatoire (43 1 ). Le pontife ne manque jamais 
, de prier pour le coupable (432,). Sacrifie- 
t-on un veau pour le chef de la religion , 
ou pour le peuple i Après en avoir pris la 
graifle , on en brûle en particulier la peau , 
toutes les chairs, la tête, les pieds, lés in- 
teftins , &c, &c. (433). Tout ce qui touche à 
Thoftie expiatoire a befoin d'être purifié. Le 
fiipg en rejaillit-il fur un vêtement ? Que ce 
vêtement foit lavé dans un lieu faint. L'a-t-on 
préparée dans un vaiflèau de terre ? Qu'on 
le brife ; qu'on le nétoye avec foin , fi c'eft 
un vaiflèau d'airain (434). Sur -tout qu'on 
prenne garde de la laifler confumer. Aaron 
commit cette faute, & Moyfe (435) la lui 
N reprocha comme un crime , qu'il exaifa ce- 
pendant par égard pour la douleur qui dé- 
. voroit alors le pontife^ 

Nous avons dit que le tourtereau & te Quelles iûk 
pigeon fervoient quelquefois d'holocaufte»On[^srxJ2i^ 

toires^ 
t 

(43 1) Lévitique , chap. 4 > v. 8 , 19 , 26 , 31 & 35 ; 
chap. 7 , y. 3- • 

(432) Lévitique, chap. 4, v. ao, 26, 31 & 5c. 
(43)) Lévitique,' chap. 4, V. 10, 11, 12 & 20. 
{434) Lévitique , chap. 6 , v. 27 & 28. Voyez 

Ulmann, Traité premier, ch. ii, pag. 21. 

(435) Lévitique, chap. 10 9 v. 12 & fuivaus. 



1/4 Mcyfcy conjidcré comme Légiflateur 
employa auffi des oifeaux, comme viâimes 
çxpi^oires , par exemple pour le lépreux guéri 
& pour le citoyen qui , ayant promis folemnel* 
lement de i^ire telle ou teUe aâion, a été trahi 
par fa mémoirç & eft devenu parjurer (436). 
Le Lévitique , en invitant ce dernier à im-» 
moler une chèvre ou une brebis , lui pennée^ 
s'il n'en a pas le moyen , d'oflFHr deux petiti 
de colombe ou deux tourtereaux (437) > & 
fi cette offrande légère eft encore trop fortQ 
relativement à (ts facultés, de préfenter un 
aflfàron de fieur de farine , qu'oui n^arrofè pas 
d*huile & fur laquelle on ne met pas îJ'eri-^ 
cens , attendu , obferve la loi ( 458 ) , que 
c'eft une oblation peur le péché. EBe ajoute 
qu'on remettra cette fleur de farine au prê* 
tre qui en prendra une poignée , la brû-i 
lera fur l'autel en mémoire de celui qui 
l'aura ofièrte , priant pour lui & expiant 
fa faute y &? gardera te refte comme \xn 
^n ( 459 ). Le Lévirique continue , 6ç or-* 

^ ■ I II * If ■ I 1 1 — 1— — — — M^—— ^M^_ 

(436) Lévîtiqae , ch^p. 5 , v. 6 & 7 ;. chap. x'4 %, 
verfet 4. 

(437) Lévitique, chap. 5, v. 4-ia 

(438) Lévitique, chap. 5 , v. 11. 
(4351) Lévitique, chap. 5 , v. 12 & vj*. 



& comme MaraFifte. i ^ y 

donne à celui qui viole, par ignorance, piu&ancas 
les cérémonies prefçrites à 1-égard des chofès bH^a^u *TS 
fandifiées , de réparer fa faute par un bélier ^^* 
fans tache de la valeur d'environ deux (îcles 
d'arg^nit y fçlon le poids du f^nduaire , 8ç 
$j joindre , pour reftituer le tort caufé , 
une cinquième partie qu'il donne au prêtre , 
lequel prie pçur lui , & fpn erreur lui 
çft pardonnée ( 446 ). Le bélier ians tache 
eft ofiè^, en général, toutes les fois qu'on a 
viplé un précepte inconnu , &: c'eft alors fui-- 
vant la mefure & reftimatia% du péché (441)^ 
Viple-tron un dépôt \ Prétend-on ne Tavoii^ 
pas reçu ! Ravitron quelque çhofe par force 
pu par a4reire J Nie-t^on , avec ferment, 
d'avoir trouvé ce qu'on a réellement trouvé 1 
Commet-on quelque^ délit femblable ï Si 
on en eft convaincu , il ne fuffit pas de 
rendre ce qu'on a ufurpé au polfejSèur légi- 
time ^ de lui donner de plus la cinquième 
partie du prix de la choie ufurpée; on offre 
un bélier dont le prêtre fixe la valeur fui- 
van't la faute , & qii*il façrifie , en priant 
toujours pour le coupable (441).. 

r ^ ■ ' . > ■ . . . ' ■ ■ " ■ ■■ ? ■ 

(440) Lévkique, chap. 5 , v. 15 & 16. - 

(441) Lévitique , chap. 5 , v. 17 & x8. - 
(443) Lévitique, chap. 6, y. 2-7. 



i/5 Moyfc y confidjsré comme Lcgijlatcur 
céréfflonies L'oflFrande d'expiatiorf étant la fuite d'une 
•TmSr ^ ^^^^ ^ ^^ ^^ fournit à des formalités pks 
rigoureufes & plus mukipliées. Quelques- 
unes portèrent fur le facrificateur , qui, 
comme nous l'avons annoncé , fut toujours 
le ^rand - prêtre ( 443 ). Le choix de la 
vidime fe régla par le fort (444)* Une abfti- 
jience févère , qui n'obligeoit au refte ni les 
femmes enceintes ni les malacfes , eft com- 
mandée le jour de ce facrifîce , &: le fouet 
eft la peine de ceux qui la violent ea 
buvant , en rongeant , &c. ( 445 ). Tell« 
eft du moins la. jurifprudence aâ;uelle, at- 
teftée par Maimonide , &: Sheringamius 
femble être du même avis (446) • Le Lévi- 
tique avoit prononcé le retranchement (447). 



(443) Vide fuprà, pag. 150, 151 & 152. On peut 
Toir dans tes difiSrens Traités tdlmud. d'Ulmaiin, celiri 
éçs facrifîces , chap. z & fuîvans^ p. i & fiûvantes. 

(444) Lévitique» ckap. 169 v. 8- & 9. 

(445) Mifna, de Die expiationis» chap. 8^. §. ç.» 
tom. 2, pag. 25 f, &, Maimonide fîir cet endroit de 
la Mifna» pag. 252. 

(546) Mifnaj diSo loco , pag. 252. Voyez, 
dans le tome ^ , un Traité particulier fur les facrt- 
iices où la plupart de ces qoeftions font examinées 
& réfolues , & notamment chap. (î , p. 26 & fuiv. 

(447) Lévitique , chap. 23 , v- ag. 



^ cdrnmc MoraRfie. I57 

Ôft défend encore ( 448 ) d'ufer , avec fx 
femme , le jour de l'expiation , des droits de 
la tendrefle conjugale. 

Tout homme qui veut ofirir une vîAime 
ûft doit point la tuer lui-même , mais l'ame- 
ner à l'entrée du tabernacle , afin que le 
j>rêtre l'immole. Sans cela, il feroit coupable 
dé meurtre & mériteroit la mort (449). La . 
rigueur de cette loi porte auffi fur les étran^ 
gers qui habitent dans les terres d'Ifraël (4yo}. 
On regarde même comme fouillés & cor- 
rompus les pains & les autres objets qui ^ 
fetoient oflferts par leurs mains (4yi). A plus 
forte raifon avoit-on interdit (452.) à l'homme 
venu du dehors pour demeurer avec le prêtre , 
la liberté de manger des choies fanâifiées. 

Le troifîème facrifice eft celui qu'on nomme Du factito 
pacifique, & dont le but eft tantôt de re-sonobjîSL 
mercier Jéhova de fa bienfaiTarice, & tantôt 
— ^—^ ■ I II I I II ■ Il i 

(448) He pccçado , dit Men^eh ben Ifraël , tocar 
na mulher^ como fe fojjft menflniofa^ e non podim dormir 
muma mefma cafa por fugtr a occafion de peccar, Voyev 
la Mtfoa, dido loco, p. 253. 

(449) Lévitique, chap. 17, v. 5-9, 

(450) Lévitique, chap. 17, v. 8. 
(4;i) Lévitique, chap. 22, r. 25. 
(412) Lévitique, «bap, at, y. 19» 



X^i Moyfcy conjidérc comme Légifiatcur 
d*implorer de nouvelles preuves de fa bontëi 
Ce nom lui cfl: Vîenu de ce que , dans la 
laogue hébtaïqué , lé mot paix fignifie ce 
qui eft profpère (453). On y oflfre indifférem- 
ment le mâle oU la femelle du bœuf, dé 
Tagneau , du chevreau , de la brebis 5 mai^ 
quelle que foit la viâime , on la demande 
fans tache (454); L'effufion du fang & Tim- 
polîtion dés mains ne font pas oubliées (45 j). 
Le lobe , lés reins ^ la graifle des flancs &: 
des entrailles ^ &c. font confuxnés en holo^ 
ij^fcdeCaufte (4yë^)i Le verfet qui exprimé cette der- 
u'JSnrc&P^i^^^ difpofition a exercé la fubtilité tou- 
da cmg ac$ jours aâive des interprêtes & dçs comiiasn- 
tateurs. <» Par un droit perpétuel, y dit 
Moyfe , de race en race & dans toutes voi 
demeures , la graiffe appartiendra au Seigneur* 
Vous ne vous nourrirez ni de graiflé , ni dé 
fang (4^7) »> . Il eft difficile de lite une prof^ 

(45$) OiSp» f^lom, pax, prôfperîtas*. ,- 
(4J4) Lévitique, chap. y ^ y. i &l 6. 

(455) Lévitlque, chap. jj v. 2, 7, 8, xa & 13. 

(456) Lévitique, chap^ 3 > v. 3 , 4, j ^ 9 , 10, 11, 
14, 15 & 16. ^' 

(457) Jure perpeiuo ^ in gèneraàonîbus ^ cunâîs hahh 
taculis veftris , omnls ddeps Domîni erlt ; ntc àdipem om^ 
nïnh comedetîs. Lévitique, chap. 3 , v, 17* 



& tônùnè Moralifie. 1^9 

triptîon plus étendue & plus univerfelle, Auffi 
beaucoup d'écrivains n'ont -ils pas cru pou- 
voir s'écarter d'un fens (i natureL Houbigant 
& Caltnet l'ont cependant reftreintér à la 
graiflè & au fang des vidimês iminolées (4y8)i 
mais .leur explication , trop aii>itraire , eft 
détruite par plufieurs autres paflages de TEcri- 
ture. Dans le fëptième chapitre du Lévî- 
tique^ on condamne à perdre la vie ceux 
qui mangent le fang des animaUit (459). La 
gtaifle du boeuf, de la chèvre &^de la brebis, 
y eft également prohibée. Il eft vrai que 
la peine de mort n'eft prononcée que contre 
celui qui mange de celle préfèntée à Jéhova, 
& qu'on fouffte , pour divers ufages , l'em- 
ploi de la graiflè d'une bête morte d'elle- 
même , ou qui a été prifè par: un&i autre 
bête (4^0) : mais, malgré cette tolérance, 
fi on fe nourrit de la chair même d'un ani- 
mal ainfî expiré, il faut Uver fe& vêtemens , 
fe laver foi^même , & on eft impiu: jufqu'au 

(4^8) Voyez Houbigant & Cakoet ^ Air le v. 17 
du chap. 3. 

(459) Lévitique, chapitre 7, v. 26 & 27. Voyci 
le chap. 17, v. 10, 12 & 14; lechap. 19, v. 26, &Ie 
Deutéronome, chap. 12, v. 22 & 23 ; ch. 15 ,t. 2f» 

(460) Lévitique, chap. 7, V. 25 , 24 & 25. 



i6o Moy/c, cùnfidcré comme Légi/lateur 

foir (461). Néglige-t-on cette purification > 
, On porte la peine de fon iniquité (461), Une 
punition rigoureufe eft pareillement réfervéé 
au piètre qui ofe en manger (463) 5 &, pour 
en revenir au fang, il eft tellement profcrit 
qu'on répand fur la terre celui de ranimai 
permis, pris à la chaflè ou dans les filets (4^4}. 
On fe fonde fur ce qu'il eft regardé comme 
le principe de la vie (465), Saiil pourtant (466) 
ayant appris que le peuple avoit mangé des 
viandes avec lefang, fe contenta de le fou^ 
mettre , en expiation de cette faute , à égorger 
fur une pierre un bœuf ou un bélier. 
Comment Q^oî <l^'^ «« foit, après avoir %ré au 
iwwtof feu quelques parties de la viiftime, a^rès que 
le miniftre de la religion avoit pris ce qui 
lui ep appartenoit, on laii£i\le refte de la 



(461) Lévidque, chap. 17, v. 15^ On ne pouvoir 
pas davantage manger de la chair dont les animaux 
auroient déjà m^uigé. 

(462) Léviti^ue , chap. 17, v. 16. 

(463) Lévitique, chap. 24, v. 8. 

(464) Lévitique, chap. 17, v. 13. 

(465) Lévitique, chap. 17, v. ix & 14. jimnu 
0mnis canùsy in fanguîne e/l. 

(466) I Reg. chapitre 14, verfets 33 & 34. Voyez 
le'Deutéronome, chap. 12 , v. ij , 16, 22, 23 & 
24>&€bap. iç, V. 23. 

dbair 



& comme Môrali/féé i6i 

diaîr au citoyen pour lequel fe fàifoit le fa-* 
cri^ce, & il eut le droit de s'en nourrir^ 
daiis fa maifon comme dans le temple , 

' pourvu que ce fut le jour même ou le len- 
demain (467). Plus tard, non -feulement 
Toblationferoit inutile, mais on feroit fouillé 
& prévaricateur. Le légiflateur craignit qu'on 
n'expofat à la corruption ce que fandifioic 

, Hne oflfrande à l'Eternel. Il l'exprime fur- 
tout à l'égard de l'hoftie donnée volontaire- 
ment ou pour acquitter un vœu (4^8). On 
périra fi on la mange fans être pur {/^$). 

. Difons-en à-peu-près autant du facrifice en 
aâions de grâces, dans lequel on joint à la 
yidime ordinaire des pains & des gâteaux 
ians levain , mêlés & arrofés d'huile, de la 
plus ,pure farine cuite , & des pains même 
avec du levain , dont un s'oflFre pour les 
prémices & appartient au prêtre qui répand 
le fang de l'animal inunolé (470). Ces der- idcvainac 
niers traits méritent quelque attention. En [^"j^*^,^^* 
efi^t , par un précepte général , le levain ^l ^^\ ^* 



(467) Lévitîque, chap. 7, V. 18, 30-33. 
(468J Lévitique , chap. 7, y. x6, 17 & 18 , fi| 
chap. 19 , v. 5 , 6 , 7 & 8. 
(469) Lévitique, chap. 7, v. 19 & ao, 
I470) Lévitigue, chap. 7, v, la, 13. & 14; 



^1 'Moyfc,' co/i^dérê comme tegzjlateté 
eft profcrit, & ne peut, ainft que le miel; 
entrer dans un facrifice 5 mais on en excepte 
les cas x)ù ils font préfentés comme prémices 
ou comme dons particuliers. Alors (471), &: 
il en eft de même dans toutes les pblations 
de pain & de farine , il eft indifpenfable de 
les arrofer d'huile , de les aflàifonner de fel 
& de les accompagner d'encens. 
i»arqttîd«- L'obligation de fournir ce fel, cette huile^ 
foMîM^S^^^ encens, eft impofée à Tlfraélite au nom 
<hofc$iiéccf.:^uqnel on préfente l'oblation , de quelque 
€xiâcci nature que foit le (acrifice : mais quand il 
tfy a pas d'oblations particulières, quand le 
miniftre des autels n'en préfente que pour 
fatistaire à une loi exprefle , comme dans les 
offrandes de tous les jours , dans VoSrzndû 
hebdomadaire , dans celle de tous les mois , 
des fètes folemnefles , de l'expiation , des 
prières ou . des avions de grâces pour le 
peuple entier, les prêtres ne font -ils pas 



(471) Lévkique, diap. 2, v. 6-15 ; ch. 6, v* 15 
& 17; di. xo^ V. 12.11 étoît défendu d'offrir l'encens 
^vec un feu pris hors tlu tabernacle. Deux prêtres, 
fils d'Aarons Nadab & Abiu, furent confumés par un 
feu foudain, pour avoir violé cette loi, & Moyfe 
ne permit pas feulement à leurs plus prpches parens 
de pleurer leur mort. Lévitique, chap. lo, v. j, 
^&6. .. 



& comme Môfatijiti: t ^| 

obligés à les fournir eux-mêmes ? Je crois , 
d'après un paflage du fécond livre d'Ef-- 
dras (472), qu'il y eut à ce fujet une forte 
d'abonnement entre les citoyens ordinaires &: 
ceux qui exerçoient le facerdoce , abonne- 
ment léger puifqu'il ne fiit que de la troi-r 
fième partie d'uafîcle, c'eft-à-dire, un pea 
plus deTeizefbus de notre mionnoie. L'Exod© 
& le livre des Nombres parlent cependant de 
Tholocaufte perpétuel comme étant aux frais 
f^es defcendans de Lévi (473), & je ne fai^ 
fi le Lévitique n'aflure pas que la pure 
farine, imatière des pains de propofition fervis 
& changés tous les jours de fabbat , fut auflî 
à leurs frais (474). Ce qu'il y a de certain; 
c'eft qu'il oblige les Ifraélites ( 47^ ) à leur 
apporter de la meilleure huile d'olive pour 
en garnir les lampes du tabernacle. 

(472) Chap. 10, V. 32 & 33. 
(475) Exode , chap. 29, v, 38. Nombres, ch> 2?; 
V. 3 & 4. 

(474) Voyez le chap. 24 du Lévitique , v. 5 & 
(jiivans. 

(475) Lévitique , ch. 24 , v. 2. Voyez Josèphe i 
Antiquités Judaïques, Uv. 3 , chap. 9 ^ p, 88. 



kî?4 Moyfci conjldéré comme Légtjlatcuf 

A R T I C t E V. 

Loix fur Us impuretés y les vceux , &Cm 

»«rctérc- Quels que foient les facrifices, la pureté 
^"^^j^t^fl: pareillement exigée dans Toblation pré- 
cateursiicur fentéc à Jéhova & dans le prêtre chargé de 

babic dans *^ 

Je temple, ce minifl;èrë* L^î Lévitique (476) la recom- 
mande aux facrificateurs. Ils ne fervent jamais 
dans le temple que les pieds nuds ; & je ne 
fais pourquoi tant de nations ont vu , dans 
cette nudité , uft ade de religion & de ref- 
peft. Dans le livre de Jofué ( 477 ) , l'ange 
femble ne defceridre du ciel que pour ob- 
ferver à ce chef des Hébreux qu'il eft dans 
un lieu faint , & que cependant , il a eon- 
(ervé fa chauflurè. Ezéchiel (478) nous ap- 
prend que la laine fut interdite aux prêtres, 
tant qu'ils étoient voués au miniftèire des 
autels. Ils fè revêtoient alors d'un habit de 
lin (479) , dont ils fe dépouilloient en quittant 

• (476 ) Chap. 6 , v. i8. Vide fuprà , chap, 3 , art. a , 
page 95. 

(477) Chap. 5, v, 15 & 16. 

(478) Chapi 44 , V. 17. 

(479) Le matin , fuivant la Mifna , de Die expia« 
tlonis, chap. 3, §. 7, tom. 2, p. 221, ilsportoiçnt 



& comme MoralïJIc^ 1 6f 

Tenceinte facrée. Je dis qu'ils s'en depouil- 
loient , conformément à l opinion genéraFe 
des auteurs Juifs & des auteurs Chrétiens. 
Elle a néanmoins été Tobjet d'ujiie difpute- 
entre Selden &: Shéringamius. Le premier 
'avoit foutenu qu'on ne portoit ce vête- 
lïient que pendant l'exercice des fondions 
làcerdotales , & que hors du temple , l'habit 
des prêtres ne difFéroit pas de celui des autres 
Ifraélites. Shéringamius combattit vivement 
cette aiïêrtion , mais Selden. l'examina de~ 
nouveau dans un autre ouvrage , & il l'y a 
raflFermie d'une manière inébranlable (480).. 
Si les prêtres fortirent quelquefois du temple 
en habits facerdotaux , ce ne fiit que dans 
les dangers puWics ou les grandes néceffités,.^ 
comme dans ce que raconte Josèphe (481) ♦ 
d^ Alexandre à Jérufalem- 

orie robe de fin de Péîufe , & le foir , de lin indien-^ 
Le lin de Pélufe étoit trèis-fin &: tres-blanc. Celui qu'ont:^ 
àvoit de l'Inde, n'étoit pas moins renommé. Voycr: . 
Pomponius Mêla, liv. j, cKap. 7, & Eline, Uv;. 19 j,^ 
chap. I, tom. 2, pag.-jji iBf 532, 

(480) Voyez Sliérîqgamius dans foa CopfimentaîTè: 
fur le titre de Dieexptàtionis^ ch. 3', §' 3 , ?• 2.^0^^ 
& Selden , d'abord de Succeflîbne in Pontificatum Hè— 
Èrasorum, Hv. 2., chap. 7 , pag. 484, & enfuiîe dfti 
Synedriis, liv. j, chap. n, §. 3 , pag^ Sa & Ariv*. 

(48 iv Antiquités Judaïques, liv. 11, cfirap. 7, p. 39.^ 



*t6S Moyfcy tonjiiitt comme JJgiJlateur 
♦urerfexi- Avatit de menacer les prêtres de la mart 
^mT^ slls préfentent une oblation dans un état de 
ibuillure (48^) , le Lévitique avoit exprimé 
les défauts qu^ rendent impures les vic- 
times (483). Elles deviennent par exemple 
hors d'état d'être offertes, fi elles font aveu- 
gles, cicatjrifées , fi elles ont des verrues, ki^ 
gale , le farcin , des puftules , un membre 
rompu, &c. &c. On en excepte le bœuf ou 
la brebis dont on auroit coupé la queue on 
l'oreille , &: on permet de les offrir volontai- 
rement , quoiqu'ils ne puiflènt fervir à ac- 
quitter un vœu ( 484 ) : d'autre part , Fac- 

(48») Lévitique, chap. 28, v. 52. 

(483) Lévitique, chap. 22 , v. 18 -30. 

(484) Ibidem, V. 22, 23 & 24. D'abord Phébreft 
(dit en général que Tanimal doit être entier , Q^DH » 
thamim , inugnm. Ce que la Vulgate rend enfuite 
par cicatriccm habens^ eft, en hébreu, XTlTl, charuts, 
& les Hébraifans ne font pas d'accord fur la manière 
de rendre ce mot. La plupart difent feulement ce qui 
eft coupé , incïfum , de quelque manière que ce foit. 
Abulenfis prétend que c'étoit une plaie non guérie, 
car il penfe que , fermée , elle n'y eût pas mis obftade* 
l'es Septante traduiiënt par yAdkro- jr/Airrar feUum rmguâ. 
La Vulgate ajoute fcab'um & împetigînem. Le texte 
les diflingue aufli, de même que la traduâion des 
Septante : la première^ eft /c^ W« pundtnta fi» craffa^^ 



!& comme Mhfêdijtél * tff^ 

tîon d'immoler en un même jpur la mèra 
& les petits eft une foFte de cruauté qi» 
réprouve le légiflateur (485 )f 

On exige, auffi une grande pureté de. la ^^^^nu 
Çart de ceux qui alfiftent aufacrifice, Moyfe^tansaafacrit 
avant de communiquer les ordres deJéhova,. 
ordonne aux Hébreux de laver leur corps 
& leurs habits (48^}. Saas Tune & L'autre. 

la iêconde , fcaSïcs arîda y mordTcan^^ cum pruriiu per 
corpus projerpens» 

. (485) Ibidem , v. 28. L*Exode^ chap. 23, v. 19 i, 
& chap, 34, V. 26, défend de cuire le chevreau dan& 
le.lait dafa mère. Les Juife retendent à tOHS les-am-F- 
maux & à toute fone de lait, quel qull foit, & il 
leui eft interdit de manger , dans le même repas^, dé- 
là viande & d'un aliment dans la compoCtion duquef' 
lè lait feroit entré. Voyez Léon de Modène, Hît' 
tx)ria &c. part. 2 , cHap. 6", §*. 12, pag; 47 & 4S» 
On peut croire que lès deux verfets cités n'ont* 
pas d'autre fens, conformément au paraphrafte chal*- 
cléen qui" dît : Non comedetis carnem cum laOe^ Alors > 
par ces mots : Non coques hœdum în taSle matrîs fua , là"^ 
Vulgate zvLroit entcnàu hœdùm' la^tem ^ hœdum quam*-^ 
dîà fuglt lac matrîs \ ce qui ne s'applîqueroit jamais^. 
aux facrifices ordonnés par là loi d'après Iaquelle^ 
fe chevreau pouvoit être immolé Te Huitième jour^-. 
Voyez,. au reftcTev. 27 da chap. 22 dtrLé^itique.'. 
(486) Exode, chap. 19 , v. lOv Il'y^ avoft Jeu» 
fbnes d'ablutions : la majeure & Ta' mineure; Tfzt»^ 
ceUerd^on ne. lavoit que les mafnsf Fàntre éttnit 

L4. 



'%a Moyfcj confidéré comme Ugijlateur 
de ces ablutions , on n*effaçoit pas la fouillure 
contradée. Le Juif devenu lëpreux ô^ dé- 
cidé, tel par un jugement facerdotal ne fe 
préfentoit que la tête nue , le front voilé , 
les vetemens découfus , & proclamant lui- 
même une impureté qui le fuivoit & tout 
ce qui s*attachoit à lui , jufqu'au moment de 
ia double purification (487). Elle n'étoit pas 
jttioins néceflaire pour Tlfraélite attaqué d'un 



Mmmerfion du corps entier. Voyez , fur k néceffité 
de fe laver avant de venir au facrifice ^ le pfeaume %6^ 
V. 6; S. Paul , ad Hebrsos , chap. 9 , v. 9 & 10 5 
Ad Timoth. chap. 2 , v. 8 , &c. &c. &c. 

(487) Voyez le Lévitique « chap. 13 , v. a & fuiv.; 
mais fur*tout v. 3 , 44 & 45. La gale ne rend pas 
impur comme la lèpre, v. 6. Il y a même des cas 
où la lèpre ne rend pas impur; par exempte , quand 
elle couvre l'homme entier , & qu'elle eft toute 
blanche, v. 13 , 16 & 17. Voyez quelques autres cas ^ 
V. 23 , 34» 37> 39 » &c. A la guerre , le lépreux étoic 
renvoyé hors du camp tout le temps.de fa maladie» 
V. 46. Les habits de laine ou de lin , infeâés de 
lèpre , étoient confumés par le feu, v. 47, 48, &c: 
excepté qu'il n'y eut que des taches légères qu'on fit 
«tifparoître en les lavant, v. 54 6c 58. Le chap. 14 
règle la manière dont on purifioit le lépreux , les 
précautions à prendre pour fe garantir de cette ma- 
Ijdiç contagieufe , & tout ce qui regarde la lèpre des 
. maifons. Voyez fur tout cela les développcmens trop 



& comme Morétàfle. ï(fj 

fiux impur (488)- Sept Jours après fa gué- 
rifon , on lavoit fes habits & fon corps 
dans des eaux vives , &: le lendemain on 
préfentoit à Jéhova deux petits de colombe 
ou deux tourterelles , que le prêtre îm- 
nioloit pour la purification (489). Jufqu'alors 
le malade étoit inipur. Tous les endroits où 
il s'aflèyoit l'étoient auffi , & on le devenoit 
J)our un jour entier , fi on s'y afleyoit après 
lui, fi on portoit les chofes fiir lefquelles 
il avoit été affis , fi on le touchoit , ou foa 
lit , ou fa chair , fi on recevoir le jet de fa 
falive (499). Le vaifleau qu'il avoit touché 
ëtoit lavé s'il étoit de bois , & brifé s'il étoit 
de terre (491). 



ftendus & prefque toujours minutieux que donne 
la Mifna y tom. 6 , de plagis lepras , chap. i & fuiv. 
pag. 213 & fuivantes. 

(488) On jugeoit qu'il fouffroit cet accident lorfqu'à 
chaque moment il s'amajfToit une humeur impure qui 
8'attachoit à fa chair. Lévitique, chap. 15 ,v. ^. 

(489) Lévitique, chap^ i^, v. 13, 14 & 15. 

(490) Lévitique, chap. 15 , v, 4-11. 

(491) Lévitiq. , ch. 15, v. la. Vide fuprà , p. 153. 
Sur ce qui rendoit impurs les vaiffeaux , toute forte 
de vafcs , de fourneaux , de cruches , de tonneaux , 
voyez la Mifna ,tom. 6, de vafls , ch. i ^ §. z &fulv« 
p. 13. & fuiv. 



1 7^ Afoyjcj cùnjidcré comme Légiflaîeuf 
©et aîffS- On peut dîvifer en trois clafles les impu-i 

fentes impu- *- -t 

retéf. com- retés connues des Hébreux. Elles font le 
cootraaoit^ fruit de la nature , d'une maladie ou du 
hafard. De la nature , conune l'accouche- 
ment , la naiflance, &c. : car le nouveau né 
fut impur jufqu'à la circoncifion(492). D'une 
maladie, comme la lèpre & quelques autres 
incommodités* Du hafard , conune le Lévi- 
tique & le Deutéronome (493) en four- 
niàènt des exemples. Nous pourrions dire 
àuffi qu'on étoit impur par foi -même ou 
par ce qu'on touchoit. Six manières d'être 
impur par foi-même. L'accouchement (494)^ 
la lèpre (495) , le flux de femence (49^ , 
le flux périodique (497) , le flux de fang qui 
continue après le terme marqué ordinaire- 
ment par la nature (49g), raâdon conju- 

m r , 

(492) Voyez Ezéchiel , chap. 16 , v. 4 ;^ & Job i 
chap. 14, V. 4. 

(493) Lévitique , chap. 5 5 v. 3 ; chap. 15 , v. jj 
Deutéronome, chap. 13, v. lo. 

(494) Lévitique, chap. 12, v. z: 

(495) Lévitique, chap. 13 & 14. 

(496) Lévitique, chap. 15 , v. 2^. 

(497) Ibid. v. 19. 

(498) Lévitique , chap. ij , v. 25. Le fang comf- 
nuoit-il à couler aprèç les fept jours ^ Timpuieté co»-. 



& comme MoraTijle: xjHr 

gale (49^9). Sept manières de l'être par ce 
qu'on touche, i** Si on touche ceux que 
nous venons d'indiquer , leurs habits ou leurs 
fièges. 1° Des reptiles ou d'autres animaux 
immondes dont il eft défendu de fe nourrir. 
3° Les cadavres des animaux impurs. 4° Les 
cadavres ^os animaux purs auxquels on n'a- 
pas arraché la vie (yco). y** Les cadavres , . 
les tombeaux ou les oflemens des hommes 
morts (yoi). 6^ Si on entre dans la maîfon 
ou dans la tente d'un honune expiré (yoi). 
Si on touche les eaux d'expiation par le£- 
quelles les immondes font purifiés (503). 



finuolt aui&. Ibid. & v. i6. La Vulgate appelle le$ 
femmes qui font dans ce cas, hemoroiffa. Voyez, fur 
tette impureté, & la manière de s'en purifier, Buxtorf^ 
Synagogue Judaïque, chapitre 42, page 655 , 656 
&657. 

(499) Lévitîque, chap. 15 , v. 16. 

(500) Lévitique , chap. 11 , r. 24 , jg & 43. 
(5Q1) Nombres, chap. 19, v. 11. 

(502) Ibidem, v. 14. 

(503) Voyez , fur toutes ces impuretés , Buxtorf , 
dans le chapitre cité ; Spencer , de Legibus ritual. Hebr, 
liv. I , chap. 8, pag. 16 £ & fuiv;Ménocb''us, deRe« 
pablicâ Hebraeorum , liv. ; , chap. 18 , §. i & fuiv. 
P3& 33S - 345 > &c. &c. &c. 



tji Moyfiy conjidért comme Légijlateur 

Nous avons parlé de la lèpre & du flux 
de femence. L'aéiion conjugale fouille éga- 
lement les deux époux jufqu au foir & les 
force à une ablution (yo^). Les Ifraélites , 
avant de recevoir la loi , fe féparèrent de 
leun époufes pendant trois jours (yoy). Les 
incommodités périodiques de la femme la 
font féparer pendant fçpt jours & fouillent 
Tendroit fur lequel elle a dormi ou s*eft 
affif e , tout ce qu'elle touche & ceux qui le 
touchent après elle (yo6). L'incommodité 
pafTée , on fe purifie , & le prêtre offre en- 
core deux tourterelles , après avoir prié pour 
la perfonne fouillée (507). Le même facri- 
fice^ pu celui du petit d'une cplombe & 
d'un agneau d un an , eft pareillement oflfert 
avec des prières , en faveur de la Juive nou- 
vellement accouchée ( yo8 ). Elle eft auflï 



(504) Lévitiqiie, chap. 15, v. 16, 17 & 18. 

(505) Josèphe 5 Antiq. Jud. liv. 5 , chap. 4 , p. 9^;^ 
Tout cela eft aboli , comme il paroît dans le chap. S 
de la première partie de l'ouvrage de Léon de Mo- 
dène fur les cérémonies des Hébreux, pag. 18 : EJfendo 
troppo difficile ^ dit ce rabbin, da ojjkrvar-fi ftr il com^ 
merçio di marito e moelle in parturire, 

(506) Lévitique, chap. i^, v. 19-24. 

(507) Lévitique, chap. 15 , v. 28, 29 & 301; 

(508) Lévitique, chap. 12 , v. 6, 7 & 8, 



& comme Mofallfte. 17 j 

impure pendant fept jours pour un mâle & 
quinze jours pour une fille, & il lui fallut, 
pour être purifiée de la fuite de fes cou- ^ 
ches , trente -trois jours dans le prenaier 
cas & fbixante - (ix dans le fécond. Jufqu'à 
la fin de ce délai , elle li'entroit pas dans le 
lieu faint , c'eft-à-dire dans le parvis qui en 
faifoit partie {^09) : car les femmes n'en- 
troient jamais dans le fandtuaire. 

On étoit encore fouillé fi on mangeoit ^cs ani- 
d*un animal impur, fi on le touchoit feule- pur$. 
ment, fôt-ce par néceffité (510). Or, il n'y 
avoir de purs parmi les quadrupèdes que 
ceux qui ruminent & dont la corne du 
pied eft fendue (511) : parmi les poiflbns, 

(509) Lévitique, chap. 12, v. 2-5. Vpyer, fur 
cette impureté & les purifications d'ufage , Buxtorf , 
Syaag. Jud., chap 5 , pag. 119 & fuiv. 

(510) Lévitique , chap. 5 , v. 2 & 3 ; chap. 7, v. 19 
& 21 ; chap. II , V. 25, Deutéronome, ch. 14, v. 3 
& fuivans. 

(511) Uunion de ces deux qualités étoit indifpen* 
. iàble. Ainfi on ne mangeoit ni du lièvre ni du lapin;» 

parce que , quoiqu'ils ruminaflent , ils n'avoient pas 
\à corne du pied fendue, ni du pourceau , parce que, 
quoiqu'il eût la corne du pied fendue, il ne ruminoit 
point. Voyez les verfets y , 6 & 7 du chap. ii du 
Lévitique. Voyez auffi le Deutéronome, chap 14, 
yerfet 4-8, 



Ï74 Moyfc^ conjideré comme Légijlatcur 
que ceux qui ont des nageoires & des écail- 
les. Ceux qui n*avoient ni l'un ni l'autre 
furent en telle exéci;:.tion qu'on ne put y 
toucher même après leur mort (J12.). Parmi 
, les oifeaux , l'aigle , le hibou , la chouette , 
le milan, Tépervier, le faucon, le corbeau, 
le vautour , le héron & plufieurs autres ne 
jouirent pas de cet avantage (513). Tomboit- 
il quelque chofe du cadavre de l'animal im- 
pur, fur un fourneau, fur un habit , fur 
un vafe de bois oU de terre , ils étoiént 
fouillés & on devoit les brifer ou les puri- 
fier. Les fontaines , les citernes , les réfervoirs 
d'eau confervèrent feuls , malgré cela , toute 
leur pureté (514). L'eau répandue de ces 



(Ç12) Lévitique, chap. 11 , v. 9<ii. Deutéron; 
chap. 14 , v. 9 & 10. 

(513) Lévitique, chap. 11 , v. 13-19. Joignez-y 
plufieurs infeâes & reptiles dont le détail remplit les 
verfets fuivans. Le verfet 10 veut qu'on ait en abo- 
mination tout ce qui a des ailes & cependant marche 
fur quatre pieds. Le verfet 24 & les fuivans annon- 
cent qu'on eft fouillé jufqu'au foîr fi on touche un 
de ces animaux impurs quoique morts, & que, pour 
les avoir portés morts , il faut laver fes vêtement 
Voyez le Deutéronome, chafritre 14, v. ii-ii , & 
fur tout cela, Léon de Modène, part. 2j chap. 6» 
§. I , &c. pag. 45 , 46 , 47 & 48. 

^514) Lévitique, chap, 11, v. 31-36. 



& comme Motallfie:, 17/ 

^afes fouillés , ou pour la boiflbn , ou fur 
les viandes , ne fut pas moins impure. Tom:- 
boit-il quelque chofe fur des grains à femer, 
ils n'étoient pas fouillés 5 mais verfoit-onde 
Teau fur eux & touchoient - ils ^nfuitë à 
un cadavre d'animal, ils Tétoient fur le 
champ (y I y). Rappelions qu'on devenoit im- 
pur (yi^) même en touchant le cadavre de 
ranimai mort qu'il étoit permis de manger, 
fi Tanin^al étoit mort de lui-même. 

En général , comme nous l'avons dit , on T«iichcrmi 
étoit fouillé par le tad d'un corps mort , l'cau expia- 
<le quelque efpèce qu'il fôt (y 17). On î'étoit t'^^lt 
auffi par celui de l'eau expiatoire (y 18) & û<».Gua:r€. 



(515) LévitîquB, ch. xi, v. 34, 37 & 38. 

• (516) Ibidem, v. 39. 

(517) Nombres, chap. 19, v. 11 & 16. Depuis la 
jdefiruâion du temple , les Jui& regardèrent comm0 
aboli ce précepte fur l'impureté contraâée par le ta* 
d^un cadavre > comme celui fur la feuillure opérée en 
touchant un lépreux , un reptile ^ &c. Léon de Mo» 
iéne , Hiftoria de gli riti [Hebraici , part, i, chap. 8, 
fttg. 17 & 18. Voyez , dans la Mifna , tom. 6 , de 
Tentoriis^ chap. i & fuivans , ^ag. 146 & fuivantes» 
fine foule de quedions , prefque toujoujrs oifeufes & 
£ivole^, fur Timpureté çpntraâçe par le taâ 4e$ 
inorts. 

{518) Nombres ^ ch^p. 19, v. ai. 



57^ Moyfc, conjiiérc comme Ugîjlateur 
par le défaut de circoncifion : car ceux quî 
ne Tavoient point reçue paroiflToient fi impurs 
aux Hébreux que , pour exprimer une chofo 
fouillée , ils employoient le mot incirconcis. 
On letoit enfin par la guerre , fi on y avoit 
répandu le fang d'un ennemi. Cette dernière 
impureté fut de fept jours , &: on devoit 
être purifié le troifième & le feptième(5'l^). 
n n'y eut pas de fouillure particulière pour 
une aâ:ion où l'armée entière s'étoit trouvée. 
Le butin même devoit être purifié, qu'il 
confiftât en vafes, en or, en vêtemens, &c. 
Ce qui.pouvoit l'être par le feu, paflbit à 
travers les flammes 5 on purifioit le refte par 
l'eau d'expiation ( Jio). La pureté fut fi né-^ 
ceflaire dans les camps qu'on en excluoit 
ceux qui l'avoient perdue par un eflfet in- 
volontaire de l'imagination pendant le fom- 
meil, & qu'ils n'y rentroient qu'après l'ablu* 
tion de leurs habits & d'eux-mêmes (y2.i)# 
Jéhova, dans le livre des Nombres {$^l) ^ 
ordonne de chafler du camp les lépreux Sc 
tous les impurs. C'eft par une conféquencii 



(519) Nombres, chap. 31, v. 19. 

(520) Ibidem, v. 20-23. 

(521) Deutéronome, chap. aj^ v. lô & n. 
(521) Chapitre 5> v. 2 &3, 

do 



& comme Moralifle. fjy 

é^ cette loi que les femmes en furent exclues. 

La.poUutJon xdes mains ruffifoit pour -rendre œ qiwlquw 
imparte corps entier & néceffiter «ne ablu- 5^^"^^*^ 
tioii ^éniér^le (52,3). On n'offiroit rkn fans 
lé^ avoir lavées , ou l'offrande ëtoit fufpedé 
de îprbfitnatîbn. Il îfaiHoït nrtême une immer- 
fiori particulière pour chaque aéte religiétix 
plus important jque feélui qu'on venoit de 
faire , &c il falknt ^uffi qu'elle fîût à telle ou 
telle intention. S-itoit-on kvé par exemple 
pour toucbér des cbofes piro^nes ï On ne 
touëhoit >^9is aîux ^iîmcs fans une ftcônde pu- 
rification^ £toit-a:e à caufè des dîmes î On 
n'acquéroit que par une fécondé purification 
le droit de toucher \ ia première dSrande, 
&: de même pour cefle-^ci à l'égard des chofes 
fandifiées (5^4)» 

- a ■ I II. -Il 

(523) Mifnaj de SacrisSoleinnibus , chap. 2, ^. J, 
tom. 2, pag. 419. Sur toutes tes manières de eohtfaâer 
Une impureté 6c fur les -caufes qui les firent établir» 
voyez Maimonide, More Névoc, part. }, chap* 47, 
& Spencer , de Leglbus ritualibus :Hebr« lir. 1 » ch. 8.» 
feâ. i , 2 & 3 , pag. 161 & fuiv. 

(524) Mifna, diâo loco. Cependant celui qui s'étoit * . 
lavé pour une xhofe plus importante , pouvoit tou- 
cher , fans difiiculté , à Un objet qui Fétoit moins. 
Ibidem* 

M 



178 Moyfe ^ cbnjîdefé conmt Llgijlateut 
Dcfvocux. La pureté exigée^pour les facrifices voiott* 
SXh°d6- ^^^ ^® 1® ^^ P^ moins pour les obladons 
«haiseoit. fuj^g ^j^uq YQe^ fecret ou folenmel , qu'on fë 
fût voué foi-même ou qu'on eût voué une 
autre perfonne à Jéhova* S'étoit-on voué, 
foi -même, en promettant de confacrer fa 
vie à Dieu ï On pouvoir s'en décharger en 
ajoutant une fomme que la loi fixoit (52,5); 
De vingt ans 4 foixante, l'homme , de qudique 
rang qu'il fut , payoit cinquante fîcles d^'ar-^ 
gent y félon le poids du fanâuaire , & la 
femme trente (52,6). De cinq ans- à vingt j 
l'homme en payoit vingt & la femme dix j 
d'un mois à cinq ans, le garçon cinq, la 
fille trois 5 ail-deflus de foixante ans, l'homme 
quinze, lafemtne dix. Si c'étoit un pauvre^ 
le prêtre avoit le droit de. diminuer pour 
lui le prix de Teftimation (517). Celui qui ne 
fe déchargeoit pas du vœu de fa perfonne- 
en payant , mais vouloit le remplir , étoit 
■ "■--■ - — .-•-.. , ■ - 

(<fi^) Lévitiqué , chap. i^r, V. 2. Voyez dans la 
Genèfé, chapitre 28, v. 20, un vcfeu de Jacob ^ & 
chap. 35 , V. 7 & 14. 

(516) Lévitique, ch. 27, v. 3 & 4. Le ficle feifoit 
vingt oboles. H valoit environ 50 f. de notre mort- 
noie. Voyez le veffet 2Ç du même chapitre. 

(527) Lévitique, chap. 27, v. S-8» 



& Comme Mordiiftè. 17^ 

Wrè àific plas bas rnirtiftères du temple , à 
balayer , bHrir les C:éndres , porter le bois & 
i'eau. Lei5 Nathihéens ou Gabaonites y furent 
obligés à jamais. Etôiônt-ce àts femmes ï Oà 
les occujpdit à filer, à ourdir & préparer li 
toile, à fkire &: à laver les habits des prêtres 
& des lévites (5,18): 

\ V6ùoit-on un animal fufceptible d'être inl- 
molé \ On ne pouvoir le chàrf^er pour ua 
autre qui fut moins boii, ni même pour un 
ineilleun Le faifoit-onï Les deux objets 
de réchange appartenoient également à Jé- 
hova (5^9)* Eà>it-cé Une bête impute ? Lé 
prêtre en fixoit la valeur i, & fi le proprié- 
taire vouloir la racheter , U ajoùtôit un cin- 
quième à reftimatioh facèrdbtale (556). Etoit- 
ce une maifon ? Après' l'avoir eftimée , on 
la vendoit au profit des mitiiftres des autels; 
& oîi ne la rachetoit encore qu'en payant 
un cinquième au-deflus de l'eftimation (y 31): 
Etoit-ce un champ ï On y.mettoit un prix 
conforme à ce qu'il produifoit ^ & de trente 

(528) Voyez Mêtidchiuk, dé tleplib. Hebr. llv: aj 
diap. 19, §. 1 ; pagi 234 & Î3Ç. 

(529) Levitique, ch. 27, v. 9 & iô; 

(530) ^Léiî^hique^ Ch^p." 27, vl n^ H &13. 

(531) Lçviti^uô:^ ckap. 27 j v, I4 & 15. 

-Ml. 



iSo Moyje , confidérc c^^nïne Lcgijlatcur 
txi trente muids de grains » on donnoît cin« 
tjuante ficles d'argent (yj!-). On fe confort 
moit auffi à la diftance de Tannée jubilaire, 
& on diminiioit fur la valeur fixëe, à pro- 
portion qu'on en étoit éloigné (^35)* Vendoit- 
on à un autre ce champ , après que le pro^ 
priétaire avoit refufé de le racheter î Celui^ 
ci n'y rentroit plus, même au jubilé. Sa 
pofleèîon étflnt (anâifiée & devenue comme 
un fonds acquis aux prêtres^ elle kur re-« 
tournoit dans cette année favorable (H4)« 
Vouoit-on un efclaveï On fe confbrmoic 
pour le prix à la règle établie envers les 
champs. Regardé comine une véritable po^ 
feffion , il payoit à proportion du temps 
qui lui reftoit à feryir, s'il étoit Hébreu^ &c 
s'il ne rétoit pas y la loi le cmidamnant alors 
à une fervitude étemelle , on l'ofifiDit pour 
telle ou telle valeur , qu'on reftituoit en Taiig- 
mentant d'un cinquième , fi on défiroit le 

(532) Lévitique, chap. 27, v. 16. La Vulgatedit: 
proportionné aux grains qu'on emploiera pour le femer ; 
juxta menfuram fementis.. Mais le fcns de Thébreu eft 
plutôt , proportionné à la ftmenct qu'il produira , 8c Ce 
fcns eft en effet plus naturel. 

(533) Lévitique, chap, 27, v. 17 & 18. 

(534) Lévitique 9 chap. 27, v. ao & À 



& comme Moràliftc. 1 8 1 

rachçter (J3y). Les premiers-nés appartenant 
de droit à Jéhova ne purent être voués (536). 
Les objets livrés à Tanathême , loin d'être 
raçheàtbles , forent mis à mort , fi c'étoient 
des animaux, & abandonnés en toute pro- 
priété aux defçendans d'Aaron, fi c'étoient 
des maifons ou des domaines (y 37). Cette efpèce d«» vœu 

1 r A^ 1 r , ' , appelle ckc- 

de voçu 5 ou plutôt de proicription , nommé rem*. 
ckercm.^ çondamnoit à la mort naturelle oU; 
à. la^ mort civile, l'homme qui en étoit Tobjet* 
X^es Juiife avoient quatre fortes de cherem. 
Par le- premier, on vouoit au fervice du 
temple, à tous les ufages faints^& religieux; 
& la perfonne ainfi çonfacrée perdoit , avec 
toutes fes pofleffions , tous les droits ordinaires 
des citoyens : elle ne confervoit pas même 
celui 4 être racheté (538). Par le fécond. 



(535) Vay. Ménochius, de RepublicâHebraBorum , 
liv. a , chap. 19 , §. 3 ^ pag. 236 , & Abulenfis-, {xxx, 
le chap. 7ç du Lévitique , queft. 55 , 56 & 57. 

(536) Lévitique , chap. 27, v. 26. Voyez TExo^, 
chap. 13., V. 2>; chap 22, v. 29; chap. 34, v; 19» tls 
appartenoierrt à D;eu depuis le Jour qu'il frappa ceux 
des Ejgyptiens. Le Seigneur , à la place des premiers- 
nés, reçut les Lévites. Voyez le livre des Nombres^ 
chap.' 5., v. Il, 41 & 4$ , & chap» 7, v. 17 & \i^ 

(537) Lévitique , chap. 27 , v. 18 & 19. 
(538][ I^évitiique , chap. 27,>. 28.. 



lit Moyfe^ confidéré comme Legijlauur 
çn vouoit il la mort fon ennemi capital ou 
les ennemis de la nation. Il y en a un 
exemple fameux dans le livre de Jofué , 
quand Jëricho eift livrée à Tanathème ; & 
conformément à ce que nous venons de dire, 
on y vpue à Jéhpva une partie, des richefiès 
qu'elle renferme (J39)' Rapportons encore à 
cette féconde çlafle l'anath^me prononcé 
contre les Cuthaeçns qui avoient mis obftacle 
au rétabliflemçnt du temple , lorfque les luifs 
déclarèrent qu'ils ne rentreroient jamais ea 
amitié avec ce peuple coupable ( 540 ). Le 
troifièmç cherem avoit lieu pour uqe faute^ 
çommife, Efdras en fait mention (J41). Par 
k quatrième , on chargeoit quelqu'un d*exé*-, 
crations & de malédiftions. Nous en trou*- 



(^39) Jofué, chap. 6, v. 17, Voyez encore Mizpa, 
ou Mazpha dans le liv. des Juges, chap. 2.1 > v. 5 , & 
le premier livre des Rois, chap. 14, v. 24, 

(540) Voyez Efdras, chap. 4, v. 3. Nehemias , 
chapitre 2, verfet 20. Le rabbin Eliezer, Pirke, de, 
Ezrâ , chapitre 38 & chap. 47. Sepher Tanchuma., 
fol. 16, col. 1.& 2. Buxtorf,Lexic. Chaldaïq. Selden , 
de Jure Naturae & Gentium , liv. 4 , chap 7 , p. $11 
& 522. 

(541) Chapitre 10, §. 8. Quoique la Vulgate dife; 
dans ce paflage , aufsretur , le texte dit , anathemîfabitur ; 
& les S«ptante fe fervent également du mot AvoLUfic^ 



Combîes 



& comme MoraRfle. i<| 

Tons des exemples dans Jofué, dans Néhé- 
mias &» dans les Aftes des Apôtres (^42). 

L'Ifraélite qui faifoit un vœu, comme celui 
quiielioit par un ferment, devoit s'emprefler i'«écudion 
de le remplir & le faire avec une exadi- étoirrac^c" 
tude. rigoureufe (5'45). En fut -il jamais de 
plus , terrible dans l'exécution que celui de 
Jephté (544). Il avoit promis, s'il: triomphoit 
des Ammonites, de facrifier, à fon retour, 
la première perfonne qui fe. préfenteroit à 
kii. Sa fille , empreflfêe de le revoir &c die. le 
féliciter fur fa vidoire , devance tous les II-: 
JFaélites , & déjà c'eft une vidime confacrée* 
Le père d'abord verfe des larmes , frémit ;. 
& cependant fa piété calme fa douleur & il 
ie foumet fans muxnxure.. 



' (54^) lofué; chap. 6, v. 26. Nehémias, chap. 13 , 
V. 25. Ades des Apôtres, chap. 23 , v. 12, 14& n. 
Sepher Colbo. , folio 144. Selden , de Jure Na- 
tur» & Gentium , liv. 4, chapitre 7 , pag. 524, &a 
Mikotfi. , Prsçc. negat, 1.19. Voyez , fur tous ces 
-anathêmes , Selden , de Synedriis tome i , livre i , 
chap. 7, pag. 69, &c. 

(543) Nombres;, chap. 30, v. 3. Deutéronome , 
€b?P« 43 » Y, 21 , 22 & 23. Sur, les différens ferment 
& leur force obligatoire , voy. Ulmann , liv. 5 , de- 
Juramentis, chap. 3., 4, 5., 6 & 7, pag. 61-75. 

(544) Juges, chap. 11, v, li^-JJ. 



184 M-oyfcy conjîdérc comme Légijlauur 
vceuxde) La jeune fille encore dans la m^ifon de 
J!i!fc\&d« fon père n'eft pas même difpenfée de Texé^ 
***^""" cution de fon vœu , hors que £pn père 1q 
4éfavoue : car ce défaveu rend nulle robli- 
gation çontraftée (54^). U en çft de même \ 
l'égard de la femme envers fon mari qui , 
^u refte, en défavouant fon époufe, fe charge 
de toute fpn kiiquité. La veuve & la répu- 
diée font (èules coupables, £i elles n'açcom- 
plifiènt pas le vœu qu'elles ont formé (^46). 
Quant à celui de la fiancée , le père &: le 
lutur époux purent également Tannulier, mais 
kur concours fut néçefikire & la volonté, 
d'un feul infuffifante (547). Le. père moutoit- 
il ? Le privilège entier ne paflbit pas au 
fiancé , mais il paflbit entièrement au pre-; 
tnier , fi la mort fr^ppoit le fécond. Il eft juftei 
que celui-ci eût plus de droits que l'autre , 
puifque la puiffance paternelle n'étpit point 
encore expirée par les fiançailles , & que la 
puiflance conjugale n'étoit point encore vé- 
ritablement acquife. Si pourtant la jeune fille. 

" 1 

(545) Nombres, chap. 50, v, 4, 5 & 6. Voyc:^ 
Ulmann , livre 3 , de Votis, chapitre 10, pages \\ 
&35- ^^ 

(546) Nombres., chap. 30, v. 7- ?.6. 

(547) Mifna, de y<ftis, tom, 3, pag. 13 j. 



& comme Moralifle. rSy 

cft pubère, c'eft au fiancé à rétroûer le voeu 
Qu'elle a forme (548). 

Outre les vœux qui confîftent à promettre vw de 
d'oflfrir telle pu tçUe çhofe , & qu'on ap-D« Naz'i^ 
pella faints parce qu'ils furent à Tufage du'^*^^' 
jfanâuair^ & des autels , il en eft d'autre^ 
qu'on nomma vœux de prohibition , parce 
que leur objet étoit de fe défendre à foi- 
même àes chofes d'ailleurs permifes par le 
culte ou par la loi , comme tels ou tels fruits y 
telle ou telle aâdon ( J49 ). Rangeons dans 
cette claffe ceux des Naziréens (^yo). Ils 
peuvent être confidérés de quatre manières : 



(548) Mifna, didlo laco, pag. 156. Ulmann, diS^. 
Ibca, pag. 54 & 35. 

(549.) Mifna , de Votîs , chapitre x , §.3 , 
tonî. 3 , pag. iQ^. Ce vœu étoît obligatoire dans 
quelque^ langue qu'il eût été formé , quoiqu'on ne l'eût 
pas étayé d'un ferment en atteftant un des attributs 
de l'Etre fuprême. Ibidem. Voyez aufli , fur les diffé- 
rens vœux , Ulmann, liv.. 3 , ciiap. 3,48: fuiyans, 
p^g. 16 & fuivantes. 

(550) On nomma ainfi de l'hébireu Na^ir , ^}^, 
qui fignîfie fiparatus^ & dont la racine eft n^ , Na^ar^ 
Jkparare , abfirahere , les Ifraélites qui fe féparèrent des 
chofes profanes pour fe livrer à la fainteté & à des 
fondions religieufes. Les Septante , conformément à 
rétymologie, les appellent toujours a;3^/sf , farMosyO\\ 
Jçryjiimi conJecratQs, 



'1^6 Moyfcj conjîdéré comme tégiflateuf 
par rapport à leur fèxej car les femmes pour- 
voient Têtre (yyi) : par rapport à feur âgei^ 
car les enfans Tétoient , ainfi que les jeunes 
gens (551) - par rapport i la durée du vœuj 
car, tandis que les uns ne s'obligeoient que 
pour un temps , les autres s'ehchaînoient 
pour leur vie , comme le firent Saàkfon & 
Samuel (555) î ou enfin félon qu^âs le de-- 
venoient volontairement, ou forcés par le 
vœu d'un autre (554). Ils furent toujours en 
grand honneur parmi les Hébreux. Jéhova 
xappellant à ce peuple ks bienfaits (jf y) , 
en nomme trois principaux : Je vous ai tÎTésh 
d'Egypte, dit-ilj j'ai exterminé les Amor-. 
rhéens j j'ai fufcité parmi vous dèç Nazi- 
réens & à^s prophètes. Oa troave. une» 
nouvelle preuve de, la çonfidération. dont ils 
)ouiflbient dans le premier livre des Macîîar. 
bées (y y 6). Les Juife s'occupent à les placeif^ 

(Ç51) Nombres, chap. 6*^ v. 2. 

(552) I Reg. ch. 1, v. 28. Amos, ch. t, v. ir. 

("553) Nombres , chap. 6, y, 13 & 2ï.'Aaes des^ 
Apôtres, c)iap. 21, v. 13. i Reg. chag. i , v. i8. 

(5 %4) Nombres , chap, 6 , v. 2 & aj . Xuges , ch. 13 ^ 
yerfet ç-. 

(555) Chapitre a, d'Anjos, Y..^,, ito & 11. 
^556) Chapitre 3, v. 19. 



, & comme Moralîfh. i^ 

dans un lieu sûr quand , aflemblës à Mafpha , 
ik entendent approchep l'armée d'Antiochus* 

De dix obligations que ks Naziréens con- p» obri- 



tradoient , une feuk eft affirmative. Ces dif- contrac 



gâtions que 
contrac- 
tpicnr Icf. 



fèrentes obligations font i^ de ne pas coupée Ni^^rccns. 
fes cheveux. 2i° De ne pas fe faire la barbe, 
j® De ne pas boire du vin , ni de ce qui en 
^ un mélange , pas même du vinaigre. 
4^ De ne pas manger des raifîns frais. j° De 
n'en pas manger de fecs. 6^ De ne pas 
manger les pépins du raifîn. 7° De n'en pat 
manger- la peau, 8*° De ne pas s'approcher 
d'un cada,vre , ni affifter aux foneraîUes de 
fi)n frère même ou de fa fœur , de fon père 
pu de fa mère. 9^ De ne pas être pollué par 
une mort arrivée fubitement devant lui, ou 
par la vue d'un mort, iç>^ De fe rafer après 
l'expiration du vœu , ou fî on s'étoit pol- 
^ (5^7)\ Dans ce dernier cas, après s'être 



• (1 Ï7) Nombres , chap. 6 , v. 3 & fuivatis. Voyez. 
Surenhufius , fur la Mifna , de Nazira3is , tom. 3 ^ 
page 147 & fuivantes , & Ulmann , livre 4 , cha- 
pitre 6, 7 & 8 , pag. 49-55. ^^ ^fi ^^^* ^^ ^^^ 
TJifer pour rendre plus exaûement X^radet de la. Vul- 
gâte. Il ne paroît pas cependant que le rafoir ait été. 
connu des Juifs. On coupoit plutôt les cheveux avec- 
tjes efpèces de cifeaux. Cette obfervation porte en?-. 
ç?re fur le premier livre des Roisi , ch^ 1 , v. i^ 



X R8 Moyje j conjidere comfne Légijlateur 
De la com- purifié , oti oflfroit au prêtre , le huirième 
^"n^î- J^^^» ^ rentrée du tabernacle de Talliance, 
*iMs. deux petits de colombe ou deux tourte- 
relles. Le prêtre en facrifioit uix pour le 
péché , l'autre en hôlocaufte , & prioit 
à caufo de la faute commife. ILfanftifioit 
de « nouveau la tête du Naziréen , & con- 
facroit à Jéhova les jours de fa fépara- 
tion en offrant; un agneau d'un an pour le. 
péché , de forte néanmoins c^ue toute la fé*. 
paratipn antérieure devenoît inutile, parcei, 
que la confécration avoit été fouillée (yyS)., 
Le livre des Nombres (559) explique en- 
foite comment fe termine, la coofëcratioa 



Anne humiliée de fa ftérilité , promet à Jéhova , 
s*il lui donne un enfont mâle , de le lui offrir tous, 
les jours dç fa vie, & de ne jamais rafer fa tête^ 
Non nfcendet noyacuU^ fuptr caput y us, Samu^ eQ effet 
étoit Nazirèenu 

(558) Nombres, chap. 6, v. m , 11 & la. 

(5^9) Nombres, chap. 6, v. ij-aa Les NaziréenS: 
donnèrent fans doute Tidée des Récabites, efpèce de. 
folitaires établis., fuivanr Popinion trommune, fous le^ 
règne de Jéhu , par Jonadab , fils de Rechab & con-. 
temporain d'Ejyfée. Ils vivoient fous des. tentes,;^ 
s'interdifoient toute liqueur, ne pouvoient ni femer, 
ni planter, ni bâtir, &c. Voyez le quatrième livre 
•fes Rois, chap. 10, v. 1.5 , & Jérémie, chap. y ,^ 
xerfet ô-iq. 



èf commt hîcfalijlck \t^ 

Nazireenne , qui n'étoit que pour un temps 
marqué* Quand les jours pour lefquels oa 
s*eft obligé feront accomplis, le prêtre, dit-il, 
amènera Tlfraélite à l'entrée du tabernacle 
de Talliance , & préfentera au Seigneur Tobla- 
tion d'un agneau d'un an fans tache pour 
Tholocaufte, d'une brebis d'un an fans tach« 
pour le péché , & d'un bélier fans tache 
pour l'hoftie pacifique. H préfentera auffi une 
corbeille de pains fans levain pétris avec de 
l'huile , & à&s tourteaux fans levain arrofés 
d'huile par-deflus, accompagnés de leurs of- 
frandes de farine & dé liqueur. Le prêtre 
facrifiera l'hoftie pour le péché ainfi que celle 
pour Tholocaufte \ il immolera le bélier , of^ 
frira la colombe , & rafant devant la porte 
du tabernacle la chevelure du Naziréen , la 
brûlera dans le feu mis fous lés hofties pa- 
cifiques. Il recevra enfiiite &: élèvera Tépaule 
cuite du béher , un gâteau & un tourteau 
, fens levain , qui lui appartiendront. 




^90 hdoyjcj tônfidifc conantLé^fiaxtùr 

CHAÎPITRE IV. 

lo/r Ci FIL es; 

Lj E s loix civiles font réelles bu perîbnhdles; 
Celles-ci règlent les droits & les devoirs des 
pères & des enfans , des mlitres & des éf^ 
claves, des étrangers , dès afirahchis , &c. &c. 
Celles-là prononcent fur les ades ordinaires 
de la vie , le tnàriage , lés fucceflîons y lé 
prêt, les ventes, &c. &:(:. &c. Arrêtons-noùi 
d'abord aux loix perfonnellés des Hébreux. 

Article urémie r; 

Loix relatives aux perfonnesi ) 

t<rfx far ^N ^ puiflance abfoluè réfidoit dans les . 
1« pdres & niains du père avant que les Hébreux enflent 

Iti enfaut. ** ' r 

reçu la loi divine. Chef & prote<îkéur de fa 
famille , il en fut le magiftrat fuprême. Con- 
duits à fon tribunal domeftiqùé , les ènftins 
coupables enteadbient la bouché paternelle 
tes pères régler la peine qu'ils avaient méritée. L'arrêt 

Moy"r''*î'c ^oit irrévocable , éùt:ii prononcé la inort; 

^*^^^*^J^^* Jamais un père n'approcha plus de la divi- 
nité que dans ces mœurs (impies & tutélairesi 



.& tomme Mo fdîijif^ 191 

Accoutumé à ne fe manifefter comme elle que 
]^r des bienfaits /comme elle il uniflbit le droit 
d'exercer une )Uftice fouveraine au bonheur * 
de verfer fur Ce qui Tenviroilne une bienfai- i 
j&,nce toujours adive & toujours renaiflante. Mbyfcfnet 
Moyfe ayant établi des juges & des tri- î.rutoriiép*. 
. bunaux, mit des bornes à l'autorité pater- ""^«• 
nelle. Les magiftrats ne furent pas moins les 
fiirveillans des mœurs privées que les garans 
de U tranquillité publique. La loi vint au 
(ècours de la nature pour graver dans tous 
. les cœurs le plus tendre des fentîmens; Elle 
ne commanda point l'amour filial* Et quel 
. homme aflez barbare pour avoir befbin qu'on 
lui commande cette aflfedion facrée î Mais 
elle punit (y^o) celui qui , entraîné par les 
mouvemens de fa colère , ou d'un caradère 
. inflexible ^ ou d'un amour-propre impétueux, 
i oubliôit un inftant Combien il devoit à fbn 
î pkre de réfpeét & d'obéifl^nce. 
1- Si on perdit le malheureux privilège dé l» pint 
' difpofer de la vie de ks enfans fans l'auto- reDcl^dioïc 
rifation du fénat auquel appàrtenoit la ven- f ^jJ^J^ 
geance du crime , on conferva la feculté de 

(560) Voyez le chapitre des Loix criminelles; 
.art. 4 4 ainfi que pour les autres crijnes commis. par 
I^ fils envers fon père. /' . 



1 01 Moyfcy conjidére Comme tegîjlaiéiir ^ 
les veridre , (bit pbuit fournir à fa propre 
febliftance , foit pOor acquitter une dette pat 
leur efckvage, foit, ijuaud il $*agiflbk d*uné 
fille , pour -en Êiire une nâès époufes du fé- 
cond rang de fadheteur ( 561 ). LlExode* 
fait allufion au dernier de ces ces lorfqu'il 
dit (5^i) î La fille Vendue pour remplir les 
fondions domeftiques ne fera pas renvoyée 
cotnfîœ tes autres fervantes , non que îbn ' 
maître ne pujflè l éloigner de lui fi elle lui 
déplaît , mais il ne pourra la revendre à «ne 
famille étrangère ( ^€5 ) ^ poùJr le punir de 
l'avoir méprifée. 
Rcftfiaions ^^ doublé principe qu'un tel achat fup- 
^oll ^ " ^^^ ^® ^^^ d^époufet ou de fkiœ épottfer à 
-*— * -^^^^^^^ ] -^ 1 — » 

(561) Céfoit comme le mariage per cbànthntrH ^ 
dont il dft fotovent parlé 'dans les Loix romaîtfés. 
Vide infiA , art. 5. Voyez J^osèphe , Ântiq. lùdoiq. 
- Jiv. 9 , chap. Xj pag. 30*. Abulenfis * fur le diap. ai 
dcTExode , quefl. 9, refufe aux péfes cette feculté ; 
mais fon opinion eft fafls preuve^. La nôtre eft fondée 
fur TEcriture. Voyez les notes fuivantes. Dans les 
Pfeaumes, chap. 71 , v. 4, Tparmî les louanges û\in 
bofù roi , ou dit tfu'il rachètera tes errfans dies pau- 
vres. Je lis , avec le Chaldéen , filios pauperum rcdimet, 
& non pas, avec la Vulgate , y^/vo^ facîet. 

(561) Chapitre ti , v. 7 (& 8. 

(563) Lçs commentateurs interprètent aîiïfi cepaf- 
fage. La Vulgate dit , populo aReno. •' 

foû 



^ comme Moratijle. f^f 

ion fils la perfonne vendue , & qu*elle ac- 
quiert fa liberté par la répudiation , on tira 
deux conféquâncas naturelles : la première 
qu'ion ne pouvoit vendre deux, fois fa fille ; 
la féconde qu'il étoit des hommes auxquels 
cm ne pouvoit la vendre , comme les parens 
au degré prohibé (^^4). On mit d'ailleurs à 
cette vente toutes les refttidions que fij^g- 
gère l'humanité* La Mifna , les deux Ge- 
marres , Mainlonide , Mikotzi , tous les Au- 
teurs aflurent (j6j) que la pauvreté feule 
faifoit pardonner cet oubli de la nature. Et 
quelle pauvreté ! Il falloit n'avoir plus , je 
ne dis pas d'immeubles > mais d'eflFets mo- 
biliers , pas même un vêtement pour fe cou- 
vrir. Le père entraîné à cette adion par un 
befoin abfolu, n'en étoit pas moins forcé 
par tendrefle, par juftice., & par honneur 
pour fa famille , de confacrer au rachat les 



(5^4) Abarbenel , dans fon Commentaire furie Pen* 
tateuque , fol. 178 , col. 4. Wagenfeilius (ur la Mifna , 
lie Uxore adulterii fufpeââ , c. 3 , §. 8 , tom. 3 , 
pag. 226. Selden , de Jure Naturas & Gentium , 1. 6, 
chap. 7, pag. 741. 

(565) Mifna, diâo loco. Gemarre de Jérufalem, 
de Sponfalibus, chap. i, fol. 159, col. 3. Gemarre 
de Babylone, même titre, fol. 18 & fol. 19. Mi^ 
kotzi, Pr»c. aft 85 , & Oegat. 179. 

N 



194 Moyfcy tonfidéré comme Légijlatcur 

premiers biens qull acquéroit (y 66). S'il n'en 

acquéroit aucun d'une valeur fulfifante, s'il 

fuyoit , s'il perdoit la vie , il falloit bien alors 

que la malheureufe viftime fubît fa deflinée 

jufqu'au moment défiré de L'afiFranchiflèment 

de la loi (567). 

Unes'éicn* L'humanité voulut encore que le droit ac- 

quVfa mè- cordé au père Rit excluiif ; & , malgré l'union 

les 'cnflns""^ intime qui attachoit la mère à lui , on 

âgés de plus n'étendit pas jufqu'à elle l'exercice d'une 

de douze ' i / • r n m • 

a«s, taculte rigoureule (y 68). Toujours par une 

infpiration de ce fentiment , on ne laiffa au 
Aî.>V père lui-même le droit de vendre fa fille 

que tant qu'elle auroit moins de douze ajis , 
c'eft-à-dire qu'elle feroit dans un âge où la 
foibleflè de fes connoiflances & de fes or- 
ganes s'oppolant à ce qu'on la vouât aux 
fondions pénibles de la fervitude , il eft dif- 
ficile , en Tachetant , d'être guidé par une 
autre impreffion que le charme de fes mœurs 
& de la figure ( J69). C'étoit d'ailleurs , à fix 
—— ^~^— ' ■ " — ^— — — — — ^ 

(566) Maimonide & la Mifna , diôis locîs. 

(567) Mifiia, ibidem. Maimonide, diôo loço. 

(568) Mifna, de Uxore adulterii fufpeaâ, tom. 3 , 
chap. 3, §.8, pag. 224. 

(569) Abarbenel , diûo loco. Mifna , tom. 3 , de 
Dote, Litt«rifque Matrimonialibus , chap. 3 , §. 8 , 




Ê comme Moralisé. i 9 y 

inbîs près , râgê auquel expira la puiflance Majorité dc$ 

i)ag. 66 , & Bartenorà fur ce g. p; 6j. ^agenfeililijs , 
dç Uxore adolterii fufpeôâ , pag. 226. Selden j de 
Jure Naturae & Gentium, liv. 6, chap. ^i p. 741. 
La vente étoit abfolument huile , fi la jeune perfonne 
âvoît plus de douze ans & uti jour, fi elle étoit 
puella. Voyez la Mifh'a, diào locb; & fur-tout p. 66 
& 67 i les explications dii tàbbih Meyt & celles 
de Maimbnide & de Bartenoira. Une femme , depuis 
le moment de fa rïaifTancô jufqu'à douze ans & ud 
5our, eft nomméQ parvula ^ félon les rabbins i /?vc illi 
duo adpudehdum fuerint pili , Jive non. Si j à cet âge , ellô 
a ces fignes natUrelis , on commence à l'appeller 
puella ou virgunculd. Si elle ne les a point , elle con-» 
tinùe d'être parvula jufqù'â viilgt ans accomplis. Si ^ 
à vingt ans même , ils n'ont point paru , mais qaVlId 
ak des marques de ftérilité , on la nomme fterilisi 
[N'en a-t-elle aucune , elle [continue encore d*être 
parvula jufqu'à trente-cihq ans J ftiais â trente-dûq 
ans , que ces matques fe foient oii noii développées ^ 
fi elle n^a pa§ duos ad pudtndum pïlos ^ elle eA irré«* 
vocablemeht déclarée Àérile. Les a-t-elle acquis ^ans 
Fefpace qUi s'écoule eritre la douzième année & la 
trente-cinquième, dès*lors elle eft puella^ & fix mois 
^prés puhefcens. Àinfi , au fortir de Ten&nce, fix mpit 
d'adolefcence (fi on peut appliquer ce mot kpuiUa) 
fuffifoietit pour qu'on fut cenfé & reconnu pubère;- 
Voyez encore la Mifna » tom* 3 5 pag. 66 & 67.3 S^ 
237. Voyez aufli , dans le même tom* 3 , de Levi* 
rorum in fratriaS ofHciis ) Maimotûde i fur le §. 4 
du chap. 6, pag. li, & Selden, de Succeffionikuijî 
chap. 9 ^ pag. 67 Sl fuivànt^* 

N z 



1 9 i Moyfe , conjidéré comme Légijlateur 
d*im père fur fa fille. Outre qu'à dou^^e ans 
& demi elle paffpit ordinairement fous l'au- 
torité d'un époux , tous les biens qu'elle ac- 
quéroit depuis cette époque, de quelque mi- 
nière qu'ils fuflent acquis, foit par contrat, 
Ibit par hérédité, foit par induftrie, ceflbient 
MâjoriUaes d'appartenir à l'auteur de fes jours (570). La 
«tf«s. majorité j» pour les garçons , étoit fixée à 
çreize ans. Alors ils pouvoient contrader, & 
acquéroient un caradère de liberté aux yeux 
de la religion &: à ceux de la loi , dont ils 
étQient plus étroitement obligés de remplir les 
préceptes (571). 
L'efciavagc Ce que noqs avons dit du droit de vendre 
Sî!z les Hé^ annonce clairement Tefclavage parmi les IC- 
krcujc. raélites. Il y étoit ancien. Abraham pofle- 



(570) Mifna , tom. 3 ,de Dote,LitterîfqueMatrimon. 
p'ig 69, chiap. 4, g. 4, & Bartenora , fur ce §. : 
9fi' Potcfiatem kabet patcr in rem invcniam filu fiut\ in 
». opus manuum ejus , &c, & non cemedît fruBus Uld vU 
9> vente. Si nupta fuerit ^ pâtre major eft marîtus ^ qtàa 
^ tcmedit fru&us ilMvivente , fed tenetur eam alere, «- 
4». £mfire & ftpeîire ». Au refte , le père ne pouvoit 
jamais avoir que Pufufruit. Il ne deyenoît proprié* 
nii^ que par la mort de fa fille. Auparavant^il ne 
pouvoit pas aliéner. 

(571) Voyez Léon ds Modéne, Hiftoria. de gli rid 
héKraki, partie 4, chag, 10, §. 4 > çag- ^03. 



& comme Moralise. iiff 

doit lin grand nombre d'efclaves ( J72.). Moyfé, 
en tolérant la fervitude , fe conforma donc 
à un ufage reçu : mai« , lui donnant des 
limites plus étroites , il eflfaya d'en coftcîlier 
la rigueur avec la bonté de l'Etre fuprêmè. 
Chez aucun peuple les efclaves n'excitèrent 
à un tel point la bienveillance de la loi. 

Les Juifs connoiflbient trois manières de lé Différentes 

« . « , *ir*A manières de 

devenir : quand on s y vouoit de lôi-même, devenir ef- 
quand on étoit vendu par fon père , quand ^^^*^* 
on y étoit condamné par les magiftrats. Là 
première eft confîgnée dans leLévitîqué(y75). 
Elle n'étoit excufée que par Tindigencé &t 
le befoin abfolu des objets nécefliaires à ïa 
fubfiftance. Il falloit avoir vendu auparavant 
tout ce qu*on avoit de néceflaire & d'utile. 
Nous avons déjà parlé de la fécondé* La 



(57a) Genèfe, chap. 14, v. 14. 
• (573) Lévitique, chap. 45, v. 39. Voyez Mikotfri 
PrascaiBrmar. 83. Gemarre de Babylone , de Damntô^> 
liv. 2 , pag. 71. Selden , de Jure Natursé & Gentîum » 
liv. 6 , cliap. 5 , pag. 715 & fuivantes. 11 en fut de 
même à Rome. Ulpien le rappelle, loi 17, §. iî » 
de iEdilio ediâo. Voyez encore l'Exode, chap. 22^ 
V. 3. La captivité , fuite de h guerre , ne frappa qa^ 
fur les étrangers. Un Ifraélite ne pouvoît y vouer 
HH autre Ifraélite quand les différentes tribus fe corn.- 
fcattûienti. Voyez % Paralipom., chap. 28, v. 8-13* 



^5? Moyfcy êonfidéré comme JUgiJlateur 
liberté cfes. enfans fuppléoit quelquefois à fefc 
pauvreté de la mère ou de la fùcçeffioçi de 
fpn époux. Uiî créanciçr du mari voulut ft 
faifîr , \ cet çfFet , de ceux dç la veuve que 
Le dcve- prptégeoit Elyfée (574), Cçtte extenfion des 
5°;;^?P^"parolçs de l'Exode &: du Lévitique fiit un 
abus coupable, Moyfe n'avoit pas fournis g. 
l'efclavage Timpuiflance de payer une dette 
civile 5 & l'y condamner eft; un attentat 
contre la loi , l'infortune ^ l'humamté. Il 
étpit loin de placer dans les fers ua débiteur 
déjà tourmenté par fa misère & la douleur^ 
Ja honte , fi l'on veut , d'être infolvable ; 
un débiteur qui , fouvenç , eft un père chargé 
. d*ehfans & de befoins , auquel on ôte par 
un emprifonnement qui le condamne à Tinu* 
tilité , cet emploi du temps , ce revenu de 
fon travail , la feule reflburçe qui reliât à 
fà famille défolée. 

La troifième manière d'être voué à Tefa 
clavage fiit la condamnation 4es magiftrats, 
L'Ecritur§ (575) y condamne le voleur hors 
d'état de payer la reftitution pécuniaire ' à 
I^qu^Ue foa crime éçoit foumis. Il fervoit 



(î74) 4 Reg, chap. 4, v. i. 
(57 ï) Exode , chap, zi , v. 1. Deutéronome, ch. iç , 
V,.i^. M^imoqide, Selcjen &laGem^rre, diâisloçi^ 



& comme MoraUJle. t^^ 

Jufqu'au moment où il avoit gagné par ce 
fervice une valeur égale à celle de l'objet dé- 
robé : car on n*exigeoit point alors le double^ 
le quadruple. Il fourniflbit enfuite cet excé- 
dent, mais après être devenu libre & fur 
les fruits du travail- fait hors de la fervi- 
tude. Celle dont nous parlons ne regardoit 
que les hommes. Les femmes ne pouvoient 
pas plus être vendues à caufe du vol qu'elles 
ne pouvoient fe vendre elles - mêmes , nî 
acheter un efclave , foit Hébreu , foit Cha- 
nanéen ; & cela, par refpeft pour les mœurs 
& la décence publique. 
. En condamnant ainfî le voleur , les ma- 
giftrats ne le rendoient efclave que d'un It 
raélite, jamais d'un idolâtre ou d'uj^rofé- 
lyte de domicile, pas même d'un profélyte 
de jufrice ( yy^ ). Si un Juif néanmoins fp 
vendoit de lui-même à un profélyte ou à «un 
Gentil , la vente étoit légitime \ mais pen- 
dant deux fois, on invitoit au rachat fes 
parens ou le peuple : la troifîème fois on le 
jugeok indigne d'être racheté. Au refte , de 
pareilles ventes ne fe faifoient point en pu- 



(^76) Voyez tes auteurs cités, & la Mifna, de Dî- 
vottiîs, chap. 4, §. 4 & fuivans, tom. 3 , pag. J34. 
& fuivantes. . 

N4 



foQ Moyfcy conjidérc comme Ugljlateur 
blic, mais en fecret, pour conferver, jufques 
dans ce moment , la dignité de la perfonne 
adjugée ou vendue. 
Manièrci L'efclavage finiflbit de plufieurs manières : 
ioiri'c1?ial P*^ le rachat , comme nous venons de le 
^H'- dire; par raflfranchiffèment ^ comme nous le 
dirons dans la fuite; par la mort du maître, 
s^l étoit Gentil ou profélyte , & par ïa mort 
fans laiffer d'enfans, s'il étoit Hébreu. Ce 
qu'on accordoit au fils fucceflèur de foii 
père n'étoit accordé qu'à lui. La fille ou 
tout autre héritier, ne jouiflbient pas de ce 
privilège (577). Les rejettons d'un efclave 
idolâtre reftoient au contraire dans la lervi- 
tude; &: ils furent toujours en affez grand 
Bombre, la loi permettant aux maîtres de 
donner à leurs efclaves , du moins à ceux 
qui le devenoient par une condamnation ju- 
diciaire , une femme Chananéenne , pour en 
çn avoir des enfans , privés , dès leur nait- 
lance, de la Hberté civile & naturelle. 
Loin d'être perpétuel , l'efclavage d'un If- 
rcfciavagc raélite envers un autre Ifraélite ne dura que 
a-unifraéu- ^^^ gni^ées. L^fçptième , fes fers étoiçnt brifés. 



to. 



(577) Voyez , outre la Gemarre & la Mifiia, Selden, 
de Jure Naturse & Gentium , liv. 6, chap, 7 , p. 739, 
& d? Sucçeffionil)\i5 ifl bQna, çfe. 20, p. iji & x}2»^ 



& comme MoraliJU. lot 

•Êins rançon (^78). Le droit qu'il poflfédoit, 
dans cet intervalle , s'il appartenoit à un 
étranger fixé comme profélyte dans la terre 
d'Ifraël , de fe racheter , ou la faculté de 
l'être par fes parens ou fes amis , s'exerçoit 
en compenfant le prix de l'achat, le falaire 
qu'avoir mérité fon fervice & le temps qui 
lui reftoit jufqu'à l'année (^79) qui , dans 
toutes les circonftances poffibles , terminoit 
fon efclavage (y 80). Son maître ne pouvoir Qucdcroit 
alors le laifler fortir fans lui fournir de tre, l'cfcu- 
quoi fubfifter dans la route, & quelque ^^^^"^ 
chofe de fes moiflbns , de fes vendanges 
& de fes troupeaux ( ySi ). Si le ferviteur 
affranchi étoit entré feul en efclavage , il eii 
fprtoit feul. Si , étant alors marié , il y 
ëtoit entré avec fa femme, elle en fortoit 
avec lui. En avoit - il reçu une de fbo 
maître pendant ce fatal intervalle ï elle de- 
meuroit fous la domination de celui - ci . 



(578) Exode, chap. 21, v, z. Deutéron. , ch. 15, 
verfet la. 

(579) Lévitique, chap. 25, v. 4S-53. 

(ç8o) Lévitîque, chap. 15, v. 54. Exode & Deu- 
téronomc , diâis locis. Voyez Jérémie, chap. 34, 
verfët 14. 

(jSi) Deutéronome, chap. 15, v. 13 ôc 14, 



jtoz Moyfcy conjiderc comme IJgiJIdteur 
Comme nous venons de robferver , avec les 
enfans furvenus de fon union (y8i)> unioa- 
forcée, qu'on n'avoit pas le droit d'exiger , 
fuivant les Rabbins (583) , fi l'homme s'étoit 
vendu de lui-même , ou qu'il eût confenti à^ 
vivre dans l'efclavage , quoique le terme en> 
fut expiré. Comme la loi qui permettoit 
cette étrange aflbciation & qui en fixoit les 
fuites ne regardoit que les femmes idolâtres , 
elle n'altéroit en rien celle qui , la feptième 
Dor^e dc^^riée., rompoit les chaînes de tous les Hé- 
d«^éttX ^^^^^ ^^^^ diftinékion. Les étrangers feub 
jcrj. furent exceptés de la loi. Le paflTage de l'Exode 
ne tombe donc que fur eux. Eût -on penfé 
qu'un mariage contradé par deux perfonnes: 



(582) Exode, chap. zi , v. 3 & 4. II y a, à ce 
fujet , dans la Yulgate , une faute importante qui a 
donné lieu à des méprifes fingulîères. On y lit, v. 3 : 
'<c Cum quali veftc întraverîty cumtali eji?e/f/ », ce qu'on 
regarde comme un ordre donné au maître de rendre 
à l'efclave fortant de fa maifon Phabît qu'A avoît en 
y entrant : mais il n*y a pas un mot de cela dans le 
texte. Il dit : Si folus venerît , OU plutôt, fi venérît 
cum corpore fuo^ folus ^ ou, cum corpore Juo €sâbU\ par 
oppofition au cas exprimé dans le même verfet oii 
il y feroit entré avec fa femme. 

(585) Les Gemarres & Maîmonîde , diôis locîs^ 
Selden , diôo loco , pag. 740. Le rabhin Jarchi ^ fur 
le chap. 21 dé TExode. 



& comme Moralijle. io j> 

î)rivées de leur liberté eft illégitime ï Saris 
être obligé de rendre la femme àfon époux, 
on l'auroit été de raâranchir. 

L efclave réRifoit-il la jouiflance du privi- QuM , il 
lège que lui accordoit Tannée fabbatique , S^forUrd'U 
foit parce qu'il aimoit fon maître, foit parce ^^*^*^*^ 
qu'il trouvoit à être avec lui quelque avan- 
tage? On lui perçoit l'oreille à la porte de 
la maifon , en préfènce des magiftrats , & 
c'étoit le fîgne d'une éternelle fèrvitude (584). 
Je dis éternelle , & il ne faut pas entendre 
ce mot à la rigueur, comme l'ont fait quel- 
ques écrivains trompés par une mauvaife ex- 
plication d'un verfet du Lévitique , qu'ils ont 
appliqué aux Ifraélites , quoique les étran- 
gers feujs en foient l'objet (y8j). On a cher*- 
çhé quelle fut 1^ raifbn de cette ççrémo* 



(584) Exode , chap. ai , v. 5 & 6, Deutéronome,* 
chap. 15 , verfet 16 & 17. Voyez le Lévitique, 
ch^p. 25, V. 46, §c S. Jérôme , in Epift. ^d Galatas, 
chap. I. Eternelle^ c'eft-à-dire , de quarante-neuf aps 
au plus , puifque c*étoit alors Tannée jubilaire. Le 
verfet 17 du Deutéron^ ajoute qu'on fera de même à 
Végard de fa f^rvante ; mais le plus grand nombre des 
commentateurs aflurent que cela fe rapporte à la der-i 
nière circonftance , & qu'on ne perçoit point roreiJJQ 
aux femmes. 

(J85) Lévitique, dîâo loço^ 



j;o4 Moyfc , conjidéri comme lAgiJlattut 
nie (yStf). Les uns y voient une punition J 
une jufte infamie envers Thomme affèz lâche 
pour renoncer à fa liberté ; d'autres , l'expret 
fion d une obëiflance abfolue & rengage- 
ment de ne pas même franchir le feuil de 
la porte fans l'agrément du maître ; d'autres , 
un fymbole de ce qu'on aura à fbuftrir 
(bus la domination d'un poflTéfleur tyran- 
nique. Quoi qu'il en foit , la fervitude ac- 
quife par une telle opération ne s'étendoit pas 
fur les enfans. Les feuls étrangers encore paf- 
foient par droit de fucceflîon , eux & leur 
famille , à la poftérité du maître (587). On 



(586) Voyez Abulenlls , fur TExode , chap. ai , 
^cft. 9, & Ménochius, de Republicâ Hebraeoruniji 
Hv. I, chap. 5, §. 10, pag. 33 & 34. 

(587) Lévîti^ue, chap. 15 , v. 46. Les çn&ns, en 
général , fuivoient , pour l'efclavage comme pour 
tout le refte , le fort de leur mère. 'Tant qu*elle de- 
meuroit en {èrvitude, ils y demeuroient auffi ; mais, 
î\ elle étoit affranchie , ils acquèroient » ainfi qu'elle » 
leur liberté. Vroîes fervintds , aut à facrts pengrinitatis 
refpefiu , matrem feqmtur , neque patris uHa habetur ratîo^ 
Telle eft la règle ou la maxime en cette matière* 
Voy. Wagenf. fur la Mifna , de Uxore adult. fùfp. c. 4% 
§. I , tom. 3 , pag. 2^. Toutefclave êtoit affranchi 
de droit, s'il embraffoit la religion mofaïque. Léo» 
de Modène « Hiftoria &c. part, ^j ck 3 ^ p. 206» 



& comme Moralijie. lof 

Toît à chaque inftant, dans les préceptes fur PrMUcc- 
i-e(clavage , Jéhova mettre une diÔërence pow *ie$ 
marquée entre fon peuple & les nations j^"c^de*r^ 
qu'il n'a pas choilies. Il défireroit même qu'on «^v««** 
ne prît de ferviteurs que parmi elles ou parmi 
ceux qui, nés dans leur fein, les ont quittées 
pour venir habiter la terre d'Ifraël (588). Il 
recommande de ne pas confondre le Juif & 
le Chananéen , & de n'impofer jamais au 
premier des devoirs faits pour répugner à un 
hortime libre. Il ordonne que l'époufe & les 
eafans de celui même qu'une fentence du 
magiftrat a adjugé foient nourris & vêtus, 
logés avec foin, fans avoir à remplir aucune 
des obligations de la fervitude ( 589 ). C'eft 
envers l'Hébreu forcé par fa misère à engager 15^,,,-^^ 
ia liberté qu'il reconunande aux maîtres de recommMi. 
oe point abufèr de leur puiflànce , de ne point 1^ cfcUTcs. 
le vendre à d'autres , de le traiter non comme 
une viftime dévouée par état à leurs caprices 
•& à leur tyrannie , mais comme un fermier , 
comme un arti&n utile , comme un frère (590). 
Ceft envers lui ,. û on l'affranchit ou s'il eft 
ifihmchi par la loi , qu'il donne cette leçon . 

(588) Lévîtique, chap. iç , v. 44 & 45. 

(589) MaimcnidcL & Seiden , diâis locis. 
(550) Lévitiqu«, di. 25 ^ v. 39, 40 & 41. 



Xo6 Moyfc j .cbnfidcré comme UgijtateiW 
touchante d'humanité : « Ne détournez point 
Vos yeux de deflus vos ferviteurs , après que 
Vous les aurez renvoyés libres , puifqu*ib 
Vous ont fervi pendant fix ans , comme vous 
auroitfervi un mercenaire (591) ». Ceft envers 
lui , ou plutôt envers tous les efclaves , car 
TEcriture ne particularife point fon précepte, , 
qu'il défend à Tlfraélite chez lequel un d'eux 
fe fèroit réfugié, de le livrer à fon maître ^ 
& ordonne de laifler ce fugitif en repos dans 
la terre qu'il aura choifie pour afyle (592.). Il 
faut obferver néanmoins que la défenfe le 
rapporte plus particulièrement à celui qui 
ëtant l'efclave , ou d'un Hébreu quittant fa 
patrie pour aller vivre dans une terre étran-- 
gère , ou d'un Gentil continuant à vivre 
dans une terre idolâtre , s'enfiiyoit dans celle 
d'Ifraël ( 593 ). H eft vraifemblable qu'on 
dut à cette loi celle que porta Hérode-le- 
Grand (594), par laquelle il condamna les 



(591) Deutérononte , Chap. iç, V. 18. 

(592) Dsuiérônome , chap* 23, y« 15 & 16. 

(593) Mikotzi , prsÈcept. riegat. 109. . Jarcld àd 
Deurer. , chap. 23 , v. 15. Gemarre dé Babylone, de 
Divortiis & Libellp repudii , fol. 44 & 45. Gemarre 
de Jérufalem, ibidem, fol. 46, oA» t« 

(594) Jofèphe» Antiq, Judaïques, liv. 16, eh< x j 
pag. 548. 



& comme MoraDfie. I07 

hommes qui perçoiçnt des murs pour pé- 
nétrer dans les maifons, à une fervitude éloi- 
gnée , hors des frontières de l'empire. 

Si Moyfe exhorta les Juifs à la douceur vertus p»- 
envers leurs efclaves , il exhorta cqs derniers «SItci.*"* 
à Tobéiflance ^ au défintéreflement , à la pra- 

- tique de la vertu. Celui d*Elyfée fiit frappé 
. de la lèpre (595) pour avoir demandé & reçu 

des préfens d'un général Syrien que le pro-* 

phète avoit guéri. 

: Leur intérêt exigeoit d^ailleurs qu'ils niéri- 
/ taflènt , par une conduite régulière , l'eftime 

& la bienveillance de leurs maîtres. L'aflFran- 
; chiflement pouvoît devenir leur récompenfe. 
. Etoit-on fatisfait de leurs fervices ï On aimoit 
. quelquefois à en donner le prix , par un ade 

qui leur rendoit la liberté naturelle. Cet afte manière"* 

- devoit. être entièrement volontaire. Onrécri-*^**^^**'**' 
voit. La prononciation des paroles de l'af- 
franchiflement n'auroit pas fuffi ( 596 ). 11 y 

avoit pourtant deux autres manières de fortir 
d'efclavage. i® En rendant au maître l'argent 

(595) 4 Reg. chap. 5 , v. 20-27. 

(596) Il étoît conçu en ces termes : Ecce lîbcrtusfist 
j^cce tua fis poteJlatU, Voyez Maimonide , diôo loco ; 
> chap. 5 ; Mikotzi , Pra»ce. afHrmat. 87 ; Selden> diâo 

l«co j pag. 744. 



io8 Moyfe ^ tùnfidépé comme Legljîateûr 
qu*avoit coûté le ferviteur, que la fomftie 
fôt donnée par celui-ci ou par toute autre 
perfonne. z^ Si L'efckveavoit été battu par 
lui de manière qu'il en fut blelTé. Ce dernier 
moyen ne fuififoit pas néanmoins à un Gentil 
qui n'avoit pas encore dépouiUé fon: ido- 
lâtrie.. U n'étoit affranchi que par les deux pre- 
miers (597)* Avoit-on une fervante qui fe 
proftituât ï Si le maître ne Ten puniffoit point 
aflèz , les magiftrats avoient le droit de Taf- 
firanchir (598) , dans fefpoir qu'acquérant, 
par-là, la faculté de fe marier , elle meneroit 
une vie plus chafte àc ne fcandaliferoit plu» 
Ifraël. 
leiefdavcs La fervitude fiifoit perdre , elle fufpendoit 
k^droit dl: ^^ moius le droit de cité : car une habitation 
*^* commune ne fuffit pas pour le donner, ob- 

ferve Ariftote (599). S'il eût fuffi en Judée, 
ce droit auroit appartenu aux étrangers, aux 
bâtards , aux eunuques , aux profélytes ; & 
aucun d'eux n'en jouiflbit. Cependant, parmi 
I^ étrangers, quelques -xms l'acquéroîent à 

(597) Voyez les auteurs cités , & l'Exode , ck 21 , 
verfet 26. . 

(5^) Maitnonicld ^ diâo loço > chap. 9. Sdden } 
diâo loco. 

(599) De Republlcâ , liy» 3 , çbap. i , pag. 2094 

U 



"^comme MoraRJk: ié^ 

tltroîfième génération j les Iduméens & les itthm^ 
Egyptiens étoient de ce nombre; tandis que $o7cnt^iis câ 
les autres , les Moabites , les Ammonites, les IcncV^^wt 
Amalécites en furent exclus à jamais, en •"*• 
horreur de leur naifllance & de leurs cri- 
mélB ( 600 )• Tous ces obftacles néanmoins 
étoient brifés par une aâion éclatante 8c 
d'une grande utilité pour la patrie. Achior 
en fournit une preuve dans le livre de Ju- 
did[i(6oi). Rahab même, cette courtifane 
de Jéricho , pour avoir caché dans fa maifbn 
les efpions des Ifraélites , fut non-feulement; 
admife par eux avec toute fa parenté , mais 
c^tint pour époux le chef de la tribu de 
Juda , un des ancêtres de David ( 6ox ). 
Quand on n*avoit pas le droit de cité par 
par la naiflànce, & qu'on le recevoit de de cité ac- 
la nation , c'étoit par un décret public. 2Sct%^ 
Dès -lors , on devenoit capable d'exercer lfi&^^^- ^ ■& 

T ■■.■■■ - - . - - ■ ■ • ^ 

(600) Deutéronome , chap. aj , v. j , 4, 7 & 8 j 
&chap. 25, v. 17. Exode, chap. 17, v. 14 & 16.' 
^ Efdras, chap. 13 , v. i & 2. Vide fuprà , pag. (îj^ 
• (601) Chapitre 14 , v. 6. Voyez Serrarius fur ce 
chapitre, queft. x , & S. Thomas , liv. 2 , queft. x jo; 
article 3. 

(602) Elle époufa Salmon qui eut d'elle Boos Ie«* 
quel eut Obed ; Obed eut Jefle , & JeiTé David. Voye2 
Joûié, ch. 2 & 6» & S. Matthieu , chap. i , v. 5, ' 



)^l# Mcyft y çBtifidêré'ct^mfàe Ligîjlauur 

fenâiofis de U magiftramre & de pârticipet 

à l!admmiftratiQii de l'état , ce qui forme 

toujours , fuiyapt Ariftote (^03), le principal 

çaraaèrctd'an;citpyea. . 

Des eunii- X^s eUnuques JQuiflbient - iU du droit dd 

foient ils du çïté \ Lès Talmudiftes (604) en diftingutot da 

^T ^ ^ ^fiux fortes , ceust qui le lureipt par lieur nai{-^ 

£mce » cfttx qui le devinrent par la férocité do 

rhcmme« Desc conuoentatidurs de la Mifna , 

^ fur- tout W^genfeilius (605), qnt indiqué 

loûs les fignes. qui faifoient recqnnoître les 

]^s§»^rs : mais nous fupprimohs des détaib 

^ui,: fupport^l«A dans une Ungueétrao^e, 

aie le font pâmais dans la nôtre^ & auxquels 

it refufe peut-être la décence publique. Le 

Deutéronome exdud les eunuques db TégHfe 

! ;\ ,4to Seigneur^ c'eft-^à-ilire,^ des afiêmblées 

' : *^bfiques où les intérêt^ dii peuple font dif- 



V '* ' ■ 



(603) Diûaloca. TCAfriif i^kvxZit iJ*iA tZv èbiXmv &c. 
•Vieyez fur tout cela » Ménochius, de Repnbw Hebr. 
iW I , chap. 5, §..4, pag, ne. 

. (604) Eunuchos foHs â* Eunuchos bomlnis* Voyez 
il. Gemarre de Babylone , de Leyirorum in fratrias 
officiisy Pag-, 75 & 7^» & celle de Jénifalem » ibid^ 
pag, 9, col. I. Mikotfi, Prasc. negat., iiS. S. Mat* 
Ûù^sa {ak la iii,êaie.di(tinâion, chap. ig-^y. i%* . 

, (605) Sur la MÎfoa, de Uxore adulterii fufpeâây 
ipm. 3»«hap. 4. S- î> l»S-?4^ . 



& comme Moralifte. tit 

cotés par ceux qui ont droit d'y donner leur 
iufifrage {606). Toutes les charges leur furent 
interdites. Abulenfis en cherche la caufe dans 
ce qu'elles étoient héréditaires, & qu'il de- 
venoit par -là injufte de les confier à des 
hcttlUnes qui n'auroient aucune poflérité (607) : 
mais a'eft-il pas beaucoup plus fimple &; 
l)eaucoup plus naturel de croire que Tavilif^ 
fement où ils étoieht réduits fut la caufe de 
kJur exclufioii ? 

Les bâtards furent -ils plus heureux ï Le tesbâtardt 
Deutéronome ne leur eft pas moins dëfavo- foicn^-^iis» 
fable. Il les exclud , jufqu'à la dixième géné- 
ration (^08), La Vulgate , en l'énonçant , y 
met une addition expHcative qui pourroit 
induire en erreur (609). Il fuffifoit d'être né 



(606) Deutéronom«, chap. 23, v. i. Vojre* Mé-f 
liochius, diâo loco, & Ifaîe, chàp. 56 , v. ;• 

(607) Sur le ch. 23 du Deutéronomô. 

^ (608) Chafp. 23 , V. 2. Il ert eft même qui tradûî- 
fent > au lieu de ufque ad decimam generaàoncm; eAm 
dccma generado. Alors les enfans des bâtards auroîent 
été exclus à jamais. Cette dernière interprétation eft 
même plus conforme au texte. Elle eft adoptée par 
là verfion arabe , Ma verfion fyriaque , & on en 
trouve le fens dans le texte famariuin comme dans 
le texte hébreu. 
(609) Hoc eft, de Scortonatus. Voyez Pmeda, d« 



i 1 1 Mcyfi^ tonfiiéré comme Légijlateur 
hors du mariage, fans devoir le jour à une 
proftituée. Les enfans iflus d'un viol ëtoient 
condamnés comme ceux qui étoient le fruit 
»etbitari$d*un coufèntement libre (6io). On traitoit 
moins rigoureufement le béard douttux ; & 
par cette dénomination qui a befbin d'être 
expliquée, on entendit (6ii) celui qui ne 
connoît pas fon père, à la vérité, mais auquel 
fa mère eft connue ^ celui qui reçut le jour 
d'une mère fourde , muette , infenfée ; lé 
part qu'on a trouvé expofé fous un arbfe à 
portée de la ville , dans une place publique, 
dans l'enceinte d'une fynagogue voifine , en-, 
reloppé de langes , circoncis, Sec, &ccî (6iz). 



Rébus Salomonis , liv. i , chap. 5. Ménochius de Re*- 
publicâ Hebraeorum, liv. i , chap. 3, §. 6, p^ 21, 
& Ribenij fur le v. 6 du chap. 9 de Zacharie. 

(610) Voyez "Wagenfeilius fur la Miiha , diâp 
loco, p. 2.34. 

(611) On appella aufli duBie nothus ^ le fils de 
qmfquîs îmt'famînam de quâ dubîtatîo ejt tjft ejus corn' 
mercîutn prohîbîtum ^ utï cwn quis concumbît cùm eâ , quatn, 
mahtatam vcl non maritatam^ repudîatam vel non repudîatam, 
tffe incermm eft, Dubîe nothus eft^ natus ex hmuptS^in cujus 
conHùonem numquan fuit inquijiium» Voyez la Mifna» 
cQôo I0C0, pag. 235. 

(612) Circumcîfus , aut fafcîls invobiUis , aut foie 
'Confperfus^ aut oculôs fucatus y aut amukto çollum orna^ 
jpj, &c. Ibidem, page 23 $• 



& comme MoraTi/k: tifi 

On regardoît au contraire le part comme 
certainement illégitime , fi on le trouvoit 
fous un arbre loin de la ville , ou fufpendtt 
à Tes rameaux y au milieu d'un chemin ^ ou 
dans une fynagogue élpignée (^15). 
. Le droit de cité fut-il du moins acCôrdé Vàceoti»^ 
aux profély tes ï On fe fouvient que ce nom fÉ?ytwî d« 
fut donné à ceux qui adoptoient la loi mo-J^j^^^ 
faïque (614) &: à ceux qui, fans l'adopter >^*jjP~^ 
fixèrent leur habitation dans la Paleftine. aie 
Ces derniers s*obligeoient feulement à garder 
certains préceptes que Jéliova > félon les Hé- 
breux, prefcrivit àNoé, quand ce patriarche 
fut échappé à l'inondation de la terre. Il y 
en avoir fept : 1° Ne pas adorer d'idoles.' 
z^ Bénir Dieu, 3° Eviter l'incefte & toutes les 
fautes contraires à la pudeur. 4^ L'homicide^ 
y^ Le vol. 6^ Ne pas arracher un membre à 
un animal vivant. 7*^ Refpeéler les magiftrats/ 



(615) Voyez encore Wagenfeilîus^ diôo loco. Le» 
t^âtards font circoncis chez les Jmfs comme les enËuift 
léj^times ornais on omet, dans IacérénK>nie, la partie 
de Toraifoii par laquelle on implore, Aur Tenfant, b^ 
miféricorde dfc Dieu. Biutorf , Synagogue Judaïque^ 
ciiàp^ 4 , page tio; 

(614) De TfQffifX^fiUit , accéda j veruo ai. En \Aà 
breu, on les appclla an4, gfrinty étrangers. 



I 



iïi^ Moyfcy tonfidéri comme Ligijlattut 
les chcft de la nation , &: fe foumettre à rait- 
forité publique (6iy). Les étrangers dont nout 
parlons fiir.ent appelles profélytes d'habkation, 
fc les autres profélytes de juftice. 
Dcrinitia- L'initiation du Gentil dans la religion ju-^ 
tjr<bîi«*îc.^*ïqtie, avoit trois caradères; la circonci- 
judaïûne. ç^^^^ j^ baptême, le facrifice {6i€). La cir- 
concifîon fiit indifpenfable pour tous ceux 
qui n'appartenoient point à un peuple 
qui en connût! Tufage comme les Egyp- 
tiens , les Ethiopiens , les Ifmaélites r alors 
même on rëpandoit quelques gouttes de 
Êirig pour cimenter Talliance avec Jého- 
va (617). Quelques auteurs nomment auffi 

(615) Voyez la Gemarre de Babylone, de Syoe- 
ëriis , chap. 7 , pag. 56. Mikotfi« Prascept. affirmât. \i%. 
Le rabbin Juda y fils de Samuel , in Sepher G>2ri , 
Rart 5 j.'§» 73* Cu.n2^u^9 A% Republici H^rasoruaii 
Ev. 2, chap. 19 , pag. 293, 294 & 29Ç. Selden, de 
JureNatiirae ScTîéntîum , liv. i , chap.'i9, p. 115 > &c. 

(616) Voyez la Genèfe, chap. 17, v, 10; r&code, 
diap. ift, V. 48, & chap. 19, v. 10; le Lévitique^ 
chap, 19 , V. 23 , &c. Pour facrifice on offitrit ua 
quadrupède en holoc^ufie , des tourtert^anx 4» des: 
pigeons. 

(617) Gemarre de Babylone , de Lçvirorum^ia 
fratrias officiis, chap. 4, pag. 47. Mil4>tfi, Praec. 
îiegat. 1 16. Salden , de Jure Naturas & Gendvm juxti 
dirciplinam Hebrsorum, liv. 2, chap» 2, p. 139. 



& tomme MofàÛ/bi. ^f^ 

les Simaritains : Saint £pi{)hafLe eft de eè 
nombre (<i8) ; mais un édit d'ETclras (^19) 
leur^talaÊunilté de devenir profélytjes , pouf 
les punir des obftades qulls apportoient a« 
rétabliâement de Jéntfalem» 

A fëgard des fenmes quidevenoient proTé^ 
lytes , on fe contsntoit pour eiies de l'ablution 
du corps entier, ablution qui fut également 
néceflaire pour les deux fexes , fc' qu'on faifoit 
dans une eau courante , dans celle d'une foo^ 
taine ou d'une rivière {6zo).. Ce baptême, ng 
fe donnoit pas aux hommes que la plaie d^ 
la circoncifion ne fut guérie (6li)^ Cipeonci$ 

(618) De Ponderibus & menfuris , pag, i/a-Voyci- 
auffi la Gemarre de Jémfdltm, de Sabbato^^ çh. i>8 il. 
pag. i7,cqI. I. 

(619) V^yt% Seldeti, diSo loce^ , & Morùi^^ fof |if^ 
Pentateuque Samaritain, liv. x, chap. 2.. 

(620) Maîmonide , de Foffis & ReceptacriFs iqoa-^ 
rum , chap. i ^ t & fuiv. Selden, diâo loco , pag. 141 i, 
& de Synedriis, liv. t, chap. 3, tom. i, pag. Ib» 
les femmes n'étoîent plongées dans Peau que fufqu'âtr 
cou , & elles l'étoient par des femmes. Selden ,, det 
Jure Naturae, & Gentium, liv. 2 , chap. 2^». p. 14** 

(621) Seldeiî^ ibidem , pag. 141. Sur les fôrmaMtés^ 
obfervées envers le profélyte qui veut fe faire J\A£p, 
& iiir la manière dont on le devenoit, voyez, outréh 
Selden ^ M^sionide , MJkotfi > la Gemarre ^ diSxi 

04 



^.£ Moyfcy jC0i^iàéré comme Légijlatewr 
^purifié, le profélyte ofiroit un homiftag^f 
à Jéhova. On l'inftruifoit enfuite des princi- 
jMUix points du culte & de la loi , & il der 
sreQLoit membre de la république, compris 
fous le nom général des Hébreux. Les Idur 
méens ne furent plus que des Juifs , quand ils 
en eurent adopté les cérémonies & les prin- 
cipes (622). 

Trois juges affiftoient à l'initiation du Qentil 
dans le judaïfme. Cette iniriation aiTuroit l'état 



locis ; Léon de Modène , Hiftorîa de gli riti hebraici ; 
part. 5, chap* 2, pag. 205, & 206; Bafnage, Hiftoire 
des Jui6 , liv. 6 , chap. 7, §. 2 & fuivans. tom. 6, 
fsag. 1)8 & fuivantes ; Serrarius j fur le premier cha- 
pitre de Ruth, queft. 33; Ménochius, de Republicâ 
Hebraeonim , liv. i , chap. 3 , §. 2 , pag. 19 , &c. i 
Selden encore tom. i , de Syoedriis , liv. i , chap. 3 , 
iwg. 19 & fuivantes , &c. Voici la formule de ki bé- 
nédiâion du nouveau profélyte : a Benedîftusfit^ Do^ 
mine Deus^ rex mundi , qui fan^ficavit nosprcutptis fidsi 
& jujjit nos circumcidere profelytos 6» ex eu eUcere fan^ 
fftinem fctderis ; quia , lùji fanguis fœdals fuijffit , ncuù'. 
quam firmata fulffent cœlum & terra ^ juxta quod & diciiuri 
(/érémie, chap. 33 j v. 25 ) M/que paSo meo (feti 
faderc meo) fuijfet ^ diem £* no^cm U^es çoUi & tellwis 
non pofiuram aa* 

(62i) Josèphe, Antiquités Judaïq. , liv. 15 , ch. 17; 
pag. 450. Voyez Selden , diâo loco , chapitre 4^ 
pag. i$S , &Ç. & le Livre d'Efther, chap. 8 > v* i?. 






^ comme Môralijte: itf 

irivil &: les droits àThérédité pour les cnfans 
qui naîtroient enfuite , fuûent-ils dëjàconçusf 
mds elle ne rranfportoit pas le même avan- 
tage fur ceux qui étoient nés , s'ils ne rece- 
voient auffi la circoncilîon & une purification 
univerfelle. Sans cela, tout lien de parenté 
étoit rompu. Bien plus ^ fi le père^ la mère, les 
frères, les fœurs, les enfans devenoient tous 
profélytes , ils ceflbient , par la loi , d'êtrô 
parens entre eux j d où il fuit , à en croire 
plufieurs rabbins ( 6x5 ) , que le régénéré 
pouvoit époufer fa fille , fa fœur ou fa mère- 
Suivant les Talmudiftes , il n y eut aucune 
iflerence entre ces profélytes & les Juife (614)* 
hilon Taflure comme eux (6iy). Leur afler- 
tion peut néanmoins être combattui dans la 
généralité qulls lui donnent. Sans doute^ il n'y 
eut aucune diflference entre eux pour la con- 



(62)) Voyez les auteurs cités. Dans îa Gemarre de 
Jérufalem , de Levîrorum in fratrias officiis, ch. 11 ^ 
pag. Il, col. I , on rapporte plufieurs opinions très- 
différentes. Maimonide eft aflez favorable à Taffirma- 
tive. Voyez fou commentaire fur le même titre de 
la Gemarre de Babylonc , chap. a, pag. a2> 5c fur le 
titre de Synedriis, chap. 4, pag. ç8. 

{6%4) Voyez fur-tout la Gemarre de Babyîone, 
de Levironim iti frarrias officiis, chap. 8> pag. 77. 

(6a j) De Monarcbiâ, liv. i, toia, 2, pag. 219, 



\ 



lit ^ Mo:fft^ tonfiiéi^ comme ti^fiauvif 
4iiftte civàe & Fobferyarion des préceptes At 
Moyfe. Les mes & fcs loix furent pour tout 
^<ti«nent Acres. Seulement , quand Tordre 
avoit été donné expreflfément aux enfans dlf- 
raël , il n'obligeoit pas les profélytes. Mais 
ceux-ci parvenoient-ils aux charges civiles 
& militaires \ N*étoient-ils pas exclus des hon- 
neurs &: de la n^giftrature \ Ne reik)it-il pas 
toujours une tache imprimée fur eux & leur 
p<^ritéï Us n*en forent pas moins nombreux» 
^alomon en compta près de cent cinquante- 
quatre mille (^1^), lors du dénombrement 
qu'il ordonna dans toutes les terres dlfraël. 

Telles font les loix civiles perfonnelles des 
Hébreux : paflbns aux loix réelles. Nous com- 
mencerons par celles qui règlent la forme des 
contrats, des ventes, des difierentes manières 
d'acquérir , des. cautionnemens , de Thypo- 
thèque, &c. &c. Nous rapporterons enfuite 
ce qui concerne le mariage , les fiançailles, la 
répudiation, la dot, & nous fixûrons par le& 
loix relatives aux fucceffions. / 

(6t6) 2 Paralipotnèoes , chap. s» v. 174 



ArticleII- 

Xoixfurlcs ventes, les contrats^ les ntr^ts, le prêt ^ 
le cautionnement^ l'hypothèque^ ^c. &c. &c» 

Les Juifs n'eurent long-temps ni notaires, €omnm^ 
ni regiftres, ni contrats. Deux citoyens vou-^*^'**"*^ 
loient-ils former une convention réciproque* 
Us déclaroient leur volonté en préfence de 
témoins, dans un lieu public, & elle devenoit 
irrévocable. Etoit-ce un marché , une vente ? 
La monnoie dont on payoit ne droit fa valeur 
que de fon poids. La Génèfe ( 6ry ) attefte 
Tufage d'en pefer le prix. Jofeph ayant envoyé 
Ces frères chercher Benjamin , fait remettre 
dans un de leurs facs l'argent du bled qu'il^ 
avoient acheté.. Ceux-ci, étonnés, le rap- 
portent & ne manquent pas de lui dire que la 
poids en eft égal. Quelques Ecrivains ont. 
penfé que les Juifs , & cela ne leur auroît pas 
è^é particulier , portoi^nt , à cet eflfet , une 
balance fufpendue à la ceinture, & ils rendent 
ainfi le mot du Deutéronome (618) que la 
Vulgate & la plupart des interprêtes, rendent 

(627) Chapitre 43 , v.^ lu 

(628) Chapitre 23 , v. 13 . paxillum: 



fiH Moyfe , -ionfldere tomme Ùgiflattwf 
par un petit bacon pointu. Au rcfte, un autre 
paflàge de li Genèfe (619) Êiit préfumer que 
Jes ventes n^étoient fouvent que des échanges» 
Jacob paie cerit agneaux aux enfans d'Hémoi'^ 
pour une pottîon de terre qu'il en achète ; 
excepté qu'on prétende que le mot hébreu & 
telui de la Vulgate (^30) expriment fimple- 
meiit la forme de l'animal gravé, fur la mon- 
ûôie y interprétation qui ne me paroît ni heu- 
jfeufè ni vraifemblable , puifque Targent , 
Comme nous venons de le dire , n*étoit pas 
monnoyé , mais fe livroit au poids. Nous 
voyons d*ailleùrs , lorfque Thamar s'aban- 
donne à Juda (^3 1 ) , qu'un chevreau eft le prixr 
dé (on impudicité. 

Toutes les conditions prefcrîtes pour une 
Vente fe retrouvent à la fois dans le trait 
d'Abraham qui achète d'Ephron on champ 
pour y enterrer Sara. C*eft à la porte de- la 
ville, devant une foule de citoyens, que le 
patriarche acquiert le lieu deftiné à la fépuî^' 
ture de fon époufe , & le prix en eft pefé {éiz). 

' ■ — ^-<-< — I t. 

(6x9) Chap. 53 , v. it. 

(630) TVPVp^ agnisy comme pccunîa At pcciui 

(631) Genèfe , chap. 38 j v. 17. 

(632) Geaèfe, chap. aj, v. 8-ifi^ 



& comme MofaRJle: iijt 

Ceft à la porte de la ville que Booz , affis avec 
dix des anciens d'Ifraël , achète , au refus 
d'un parent plus proche , une partie du champ 
d'Elimelech , vendue par Noémi 5 & ce par 
rent , étant fon ioulier , le lui donne en fîgne 
de fa renonciation & de la ceilîon qu'il lui fait 
de fes droits. Je dis , ôtant ion foulier , d'après 
la Yulgate (633). Le Paraphr^i-fte chaldéen y 
fubftitue un gant^ qu'on tiroit de fa maia 
droite , & il le fait ôter à l'acheteur (^34).. 
Tous deux expriment que le peuple aflèmblé 
fert de notaire & de témoin. 

Se ferrer mutuellement la main fut la ma-v Formaiitli 
Bière ordinaire de padifer (635). Les deux, aJîg^^li^ 
premiers aâes écrits .qu'offrent les livres fainti^ 
font dans le livredeTobie. L'un eiï le contrat 
de mariage ,4e ce jeune h^^oupe , Tautr^ unç^ 
obligation d'un débiteur (^jéJ^.Qo^nd Jérjé«; 
mie, long-temps a|>rès, &pçn4,^M.que^[abu- , 






(653) Ruth, chap. 4» v. 1-9. Drufius le penfe Je 
même dans fes QUeftions Hébraïques » 46 j & fur Ruth^ 
diap. 48. 

(634) Exuehat homoj dit-il j chîrotccam manus fita 
dixttra , 6» emptloms causa, proximo fuo porrîgtbau^^ 
êBxU Redemptor &c, 

{635) Voyez l'Exodej chap. aj , v. x. 

(ôjé) Tobie , çhâp. 7 , v. x^ j & chap, ^ , y.' 3; 



9LiX May je y confidiré comme Légiflattur 

chodonofoi' ftffi^geoic Jérufalem y achète , 'dtt 

fein de la pnfon où il eft renfermé , le champ 

d'Hanaméel , fon parent, dans la terre de Ben* 

)amin, il en ëcrit Taâe lui-même, le fîgne, 

le fait figner par des témoins en préfence def* 

quels TobUgation a été CGfntraâée , àc pèfe 

dans une balance l'argent qui eneftleprix(637); 

La Yulgate néanmoins s'expËque également 

^r te dadiet & par le feing; & tandis que 

WÎébreu Mttéral 6c Farabe fèmblent exprimer 

que les" témoins eux - mênieis fignërent , elle 

laifle croire qu'ils étoient t)Iutôt mentionhés 

- dans Vaâe quTIs n'y attàchoîettt leur figna- 

r'i.V tùfe ( 638J). En éfiet I-ufâ^fe aficz cdiiftant ; 

ëattl'une gi^de partie de TAfie (6jy), fut 

feùjcJili's/&reft- encore, d?kppôferaà*iÊlt*.^ 

BtioîiB tétié figAfàtâre que ïé ftèaiJrdèS conctac^ 

cins'&f dëtfi^niôin^. - '■'' - "- - - ' ' * 

Wcnfaî. ■" A 'ce Cbhtfàt iHsvàtt àe^ fcmifiditéy ord^^ 

^v^^c" ^1^^^^ l e prophète j^iat wi doublequi en eft 

^ ^ \a copie fid^lle.j/^fans itre cependant ni figné , 

4637) Jérémîe,. chap. 52, v. 9 Scfuivans. 
; (658) Sipiifvi, dk-çilp, V. io&y. 12 ;.Siflufinpti 
trant in libro emptionis. Le texte dit -, Qidfcripfiranl in 
Hbro. _. .. , ^ 

(639) Voyez ce qu'en dît Chardin, Voyage df 
Perfe/toin.î;ïfeigr§Ô^ , . - • 



& comme Moralifie. • xx^ 

ni cacheté ; on le laifle à découvert (^40}» 
L'Arabe parle d'un feul. Plulieurs commenta- 
teurs au contraire ont cru en appercevoir 
trois (^41). Nous penfons, avec la Vulgate, 
qu'il n'en faut admettre que deux > & notre 
opinion n'eft» ni folitaire^ ni incapable d'être 
juftifiée par des exemples. Un des plus illuftre; 
défènfeurs qu'aie eus l'églife chrétienne , Saint 
Jérôme la foutient dans fon commentaire fur 
Jérémie (64Z) , & il attelle que^ dans le fiècb 
ou il vivoity on fe confor^noit encore à cet 
ancien ufage d'écrire deux fois le contrat^ 
d'en fceller un & de lailTer Vautre àdécouverr. 



(640) Sume lièros^ i(bs^ dit le V. l^^hunc Jignatumi 
Jbtnc qui àperms €JL . . . 

(641.). La tmdu^ion. littérale du verfet \i eft leur 
appui. Elle dit : Librum fignatum ^ prcueptum &ftamta^ 
& lihrum apenum. Mais il efF vifible que là première 
fbrtie d« la phrafe en exprime un feul qui eft la 
oonvenHon fcellée, laquelle forme h loi des contrac^ 
tans. Praçepium & ftatuta font le caraâère de Mer 
J^atuT, & non pas un aôe particulier. Voyez, fur. 
ce ftijet & fur les aâes des Hébreux en gin&til , une 
Bfflèrtation de Calmet , inférée dans le tome È àé 
h'BHile d'Avignon, pag. 37 & fînvantes, & intitulée t' 
Diflêrtafion fur k forme & la matière des livreà 
gnciensj & fur les diverfes manières d'écrlre« 

{642) Page <^. â# U OPUYcUj» ^iti^%. -^ 



ii4 ^<^F^y ctmjtiéri comme légijlateuf 
On plaçoit enfuite ce dernier dans un vafe àm 
terre, ufage que nous retrouverons chez les 
Grecs , quand nous tracerons Thiftoire de 
leur lëgiflation. 
Date des Une remarque aflez importante eO: que 

ponaao» long -temps avant ce prophète , long -temps 
même avant Tobie, fous Moyfe, le Deuté- 
ronome (^3) avoiç ordonné d'écrire Tafte dé 
répudiation. Cet afte , ainfi que tous les autres ^ 
fut daté du règne des rois , tant que les Hé- 
breux vécurent fous leur empire. Les années 
' de leur règne commençoient au mois de mars ; 
de manière que fi lun d*eux parvenoit ail 

» trône peu de jours auparavant , la première 

n'ea finiflbit pas moins avec le mois^ d'Adar 
ou de Février (^44). Depuis > dans Tufage 



n ■ • ■■ Tjt 



' (643) Chap. Mf/vu I. 

. (644) Voyez la Mifna & &s commentateurs^ de 
principio anni » chap. z, §; z. 'tom. a» pag. }oi,. 
302 & 307. Bartenora induit cette aflertion du troi' 
fième livre des Rois , chap. 6 , .v. i , où oti parle dé 
Tan 480. depuis ja fortie d'Egypte & du fécond mois 
de k quatrième année du règne de Salomon. U ob- 
ferve que les comparer, c'eft indiquer que le règne^ 
datoit du premier NiÇui , Mars > puifque la fortie; en 
datoit inconteftablemçnt. Am refte,. il foutient que. 
cehii des Rois Jui& en datoit feul» celui des princes 
étnu^ers étaât daté de TÎfri ou^Septembre: 

moderne 



m 

^r & comme Moralijiè: Hf 

[ moderne des Ifraélites , Tépoque du règne 
^fcfl' Alexandre ^ & enfin celle de la création du 
monde , eft devenue Tère des contrats. 

Les commentateurs ont diftingué plufieurs DiiF^rcnte/ 
manières d'acquérir ^ & la jutifpriidence hé- ^^^1^^^^^ 
braique a fur ce point de grandes reflèmblances ^°^^^^ ^* 
avec celle des Romains* La mer & les fleuves cammim^^ 
étoienc des objets communs où la pêche fiit 
permife à tous les citoyens, comme la chafle 
le fut par-tout ailleurs que dans les domaines 
des particuliers (645)- On connut le droit d'oc^ 
tupanom Un pré , pn champ ^ &:c, n'avoient- du éxdA 
ils pas de maître? Ils appartenoient à celui^j*"^"^"^^*, 
qui s*en emparoit le premier. Les objets perdus ^*^« ^»»1 
ëtoient dans le même cas, N'avoient-ils aucun 
ligne qui fît reconnoître leur propriétaire j 
comme une pièce d argent \ Celui qui les trou- j^ 
voit en devenoit le légitime pofleflèun Les > 
reconnoiffbit-on au contraire à des lignes évi- î 
dens , comme un habit ^ un animal ^ &:c, î *: 



{(i4'0 Voyez, dans la Mîfna & dans les deux Ge- • 
marres, le traité de Damais » & Je traité deDirortiis^ , 
fur-tout le premier chap. decelutlà^ & le ciEquiènuSï . 
de celui-ci. Voyez auffi, poiir !es détails, Selden* de 
Jure Naturae &. Gentitim &c, liyi 6 , ch. 4 j p. 711 
& fuivatitesé 



1X1^. , Moyfi, cqnfiderc comme Légijlauur 
Oa devoitlesrendrp au véritable maître (641^). 
FormaUtés Jj^Sr : . tranflatipiis ordinaires de propriété 
pow"w 11. ne pouvoient fe faire verbalement. L'adion 
^*^"^°*v d'^^ttérir étoit liée . à trois formalités ef- 
É»t^ l'argent domié , Fade écrit, la 

-, mife;ien pofièflSon. Sans une des trois , elle 
,>,;.. lii*«iftoit pas. Les eflfets mobiliers s'aliénoient 
pafjk. vente, l'échange, la donation. Le prix: 
pa^é;, .ils ne paflbient point encore en la pojC- 
feSi^âr.de l'acquéreur, s'il ne faifoit aupara- 
vagt^Ae de propriétaii5^> foit en pQrtantl'objet 
,., . .acq^ji' foit enJi'emmietnant , foit en le traî- 
nant , ^foit en le conduifant , félon qu^on pou- 
vcûiplus (àifément le porter ,• l'emmener, le 
tr^OÇC.ou k cionduirei foit par la tradition , 
s'ilsuafiçbuvoienti'être autrement, & par l'ufagé 
qufiSOifiaifoit l'acHeteuc,^ avec le co${emement 
du Vendeur. Tant: qu'aucune dei^>3$"aaions 
n'Aajît^fkite^ ils avoient également le droit de 
reteaici llir le contrat., &- le prk alori étoit 
rendu. L'échange devoit pareillement être 
. établi & par un contrat & par l'inveftiture de 
lapoffeffion. La donation étoit fôumifc aux 
mêmes- formes que la vente. Elle ti'enchaînoit 
pas le donateur^ tant que le donataire ne 
s'é^pit pas mis en ppfleffi6p(647)y 

(646) lidem, ibidem. 
(647)Voy<rl^^ouvragescité5j&Selden,du j,p.72o; 



& comme Moralijle^ .ii jf 

litique , Moyie ordonne qu'à une époque 
fixée, chacun rentre dans la propriété 4e fef 
pères (^yi). Citons la loi en entier. On y 
verra ce que nous avons appelle le retrait 
lignager & la réintégrande , connu des Hé- 
breux. « Au bout de fept fois fept années^ 
qui forment quarante - neuf ans , le dixième 
jour du feptième mois , temps ^e la fêt^ 
d'expiation , on fonnera du cor dans toutes 
la terre dlfraël , &: on fanâifiera la cin- 
quantième année , qui eft la jubilaire. La li^ 
berté fera rendue à ceux d'entre vous qui 
Tavoient aliénée. Chacun rentrera dans fes an-* 
ciennes poflTeffions &r retournera à fa première 
famille. Vous ne femerez pas , ne moiflbn-s 
herezpas, ne recueillerez pas; mais; vous ran- 
gerez les premières chofes qui s'oflFriront à 
vous {6^ii) ». Il fuit claicement de là que 
le prix des immeubles fut très - variable ; il$. 
étoient pluç ou moins çhers fuivant qu'oa 
étoit plus ou moins éloignjé de l'année jubî-* 
laire. Les verfets fuivans l'expriment C^jij)^ 
Jéhovaditeiafuite(6j'4) : U terre ne fevendra» 

(651) Lévilîquc^ ebap. 25 , v. ic, 11 & 13. 
(652)» Lévittque, chap. 25 , v. S-ij*. 
(655) Léyitiq^ue, çhap» a^, v. 14, 15 & i6« 
(654) Lévitique^, chap» 25, v. a>-34- 



X^o Moyfcy conjidcré comme Légijlateur 
point à perpétuité , parce qu'elle eft à moi ; 
vous êtes comme des étrangers à qui je la 
loue. Si un Juif devenu pauvre vend fon hé- 
ritage , fon plus proche piarent pourra le ra- 
cheter. S'il trouve de l'argent , il le rachètera 
lui - même , en fupputant les fruits perçus 
dépuis la vente & lui rendant le fur{)lus. S'il 
h-en trouve point , il attendra le jubilé. On 
îiura un an pour retraire une maifoh fituée. 
dans l'enceinte d'une ville, mais ce terme fera 
de rigueur, & fi on n'en profite pas, le pri- 
vilège fera perdu , même celui de la cinquan- 
fièilie année. Si , au contraire , elle eft dans un 
village fans murs , on la vendra fuîvant le 
droit des champs , & fi elle n'eft pas rachetée, 
die jouira de la faveur jubilaire. Quant aux 
ttiaifons des Lévites dans lés cités , comme 
elles font leur héritage parmi les enfans d'Ifraël, 
elles feront toujours rachetables', & profite- 
ront toujours de l'avantage du jubilé ; mais 
léûVs fauxbourgs ne' pourront être vendus, 
parce que ç'e!l un bien qu'ils pofsèdent à 
jamais, 

Ainfî l'ordre , la paix , la bienfaifance , Iq 
retour à une forte d'égalité caradérifoient 
l'année jubilaire, une des inftitutions les plus 
touchantes de Moyfe, & qui devoit par fa 
nature , &: plusië^çore par la nature du coeur 



n 



I 



& comtm Moralijle. f j i 

îiumain , être une des moins durables. Elle eut 
lieu cependant jufqu^à la première défolation 
du fanduaire par les Aflyriens. Alors , pendant 
foixante-dix années , la patrie des Hébreux 
demeura flins culture, prefque fans habitans , 
&: quand ils ftirent rétablis & que le temple Eit 
réédifié , on n'obferv^a plus cet ufage folem- 
nel (6y y). Depuis long-temps ceux qui , ayant 
une grande fortune ou un grand pouvoir, 
îoignoient à l'ambition d'acquérir le défir 
avare de conferver , regardoient comme un 
trouble politique rexécution dîme loi fi favo- 
rable à f infortune. Ils confervèrent donc tout 
ce qu'ils avoient acquit. Les biens aliénés ne 
revinrent plus dans les mains du premier pof- 
fefleur* On ne renvoya pa$ les efclaves , on 
ne délivra point les captifs. Lindigence devint 
un crime , & l'orgueil fe chargea de le punir 
par loppreffion. 

Les privilèges de Tannée fabbatique, qui AnuLc^î»-: 
revenoit tous les fept ans , fans être auflî étendus ^^^H"^ 
que ceux de Tannée jubilaire, y avoient le plus 
grand rapport. Dans Tune &: dans l'autre, il 
eft défendu, fous peine du fouet , de femcr, de 



{€^^] Cunaeus, de Repubîicâ Hebrgeorumj liv. i^ 
cinq. 6, pag. 37 & jS. PrideauXj Hiflotre des Juiis* 
Préface , page zj^ 

P4 




■iji Moyfe^ cotiftdiirc comme Ugijlateuf 
planter , de cultiver (5y6), Les fruits^ que la; 
çerre produit d'elle-même ferviront feulement 
^nourrir le propriétaire , fes domçftiquçs , fes 
bêtes de fomme & fes troupeaux (657). Il n'çft 
pas aifé de juftifier cette loi , principalement 
chez une nation entourée 4e bois , de rochers 
&:• de montagnes , fans commerce , fans indpCr 
trie , & qui ne pouvoit réparer tous ces tons 
de la nature ou de l'habitude qu'en labourant 
la terre ou fécondant pour Tes brebis denomr 
breux pâturages. Le Seigneur , il eft vrai , 
^ypit promis upe fixième année fi fertile qu'eUe 



(656) Exode, chap. I3 , v. ir. Lévîtique, ch. 25, 
V. 4 & 5. Houtingius , fur la Mifna , de Principio 
^tm, tom. a , chap. i , §. z , pag. 509. 

(657) LévUique , chap. af ,y. 6 & 74 Les rabbins 
ent défendu au propriétaire même Tuâge de ces 
fruiti , fc^js prétexte qu'on pourroit engager par-Jà 
jl femer ou à planter en cachette, & que le cou-, 
pâble en feroit quitte pour dire que la terre l'âvoit , 
produit d'elle-même. 

On ne pouvoit pas trafiquer des /fruits de la fôp- 
fième annéç. Il fallo;t du moins , (1 on vouloit les 
vendre, que l'argent en fut employé à des objets né- 
ceflaires pour là fubfiflance du vendeur , & encore 
ne pouvoit^n les vendre que dans la Terre-Sainfe. 
Ajoutons que, fi onpiantoit quelque çhofe par errçur ^ 
pn étoit tenu de rarracher. Houtiqgjiua, diâo Içg^j^ 
^après Maimonidç. 



r 



& comme Morailjlil ij j' 

cxcéderoit les befoins de Tannée fuivante (6 j 8) : 
mais foit que ce peuple ne confervât pas avec 
foin les bienfaits de FEternel , foit qu'il en ait 
fouvent mérité le courroux & que Jéhova ait 
choifi cette manière de 1^ punir, les Ifraélites 
hirent accablés plus d\iae fois, à cette époque, 
I d'impuiflance & de misère, Un^ roi étranger: 

tles foumettoitril à un tribut annuel ï Ils étoient 
réduits à la mendicité, Aufïï quand Alexandre, 
ayant appris par le livre de Daniel qu'un Grec 
affranchi roit les Hébreux de la domination 
des Perfes ^ & fuppofant que la prédidion le 
regardoit , eut invité les Juifs à lui demander 
quelque bienfait , ils ne virent rien de plus im- 
portant que la difpenfe de payer les tributs la 
ïeptième année (6^9). Dans la fuite, quand, 
parmi beaucoup d'autres fardeaux ^ ce peuple 
fut fournis à nourrir les armées des fouverains 
dont il étoit tributaire ,^ on lui permit {660) 
de femer ^ la feptième année , autant qu'il le 
faudroit pour fervir à cette nourriture- • 



(6ç8) Lévitique, chap, 25, v. 21, 

(659) Josèphe, Antiq. Judaïq, lîv. i\ , chap. 8 j 
pge 386, 

(660) Cunsus j de Repnblicâ Hcbraeomm , lîv, i , 
Ifhap. 4, pag* 25. Houtiogius fur la Mîfna, de Priiï^ 

çipio an^ii, tom, Zy chap. 1 j §. 1 , "pag* 308. 



aj4 Moyfià cànjidérc comme Ugîjlateur 
Dettes. £m- Lcs^ dettes çoïitx^duitsxiZT lés Ifraélites entre 

prunes. -, ■*• 

eux , fe remfettoient Tapnée fabbatique {é6î) ; 

mais étpit-ce à perpétuité \ Ici les opinions 

j f e partagent , & la moins fuivie nous paroît la 

plus vraifemblable. Quoi qû^en difent beau- 

_çoup d'interprètes, il eft difficile de penfer 

; jque la dette fût abfolument éteinte- Croit-on , 

fi^Uereût été, que, malgré les foins recom- 

^ mandés pour les pauvres , beaucoup de per- 

; fonnes fuflent devenues créancières \ Le con- 

f feil de n'être pas retenu par la. proximité de la 

; feptième année porte fur ce qu'en, empruntant 

alors, on écoit difpenfé dé payef julqu'à la 

huitième, & qu'une fi longue diftance auroit 

^ pu arrêter la bienveillance du prêteur. U étoit • 

. jufte, puifqu'on défend de femer la terre & de 

la cultiver , qu'oïl n'exigeât pas de paiement 

du débiteur, tant qu'il étoit privé des reflburces 

de fon travail & des produdions de fes do- 

.maines. Mais ne l'exiger jamais ! Cela eft 

d'autant moins admiffible que la loi qui {^rmit 

aux Juifs le retrait pour les immeubles , fî on 

: '. 1^ 

(66i) Deutéronoine , chap. 15, v. ï & 4. Voyez 
le fécond livre d'Efdras , chap. 8, v. 31. Les Hébreux 
pouvotent cependant exiger ce qui leur étoit dû par 
les étrangers qui habitoient leur pays. DeutéroûQmç » 
chap. lî , v. j. 



& comme Moralijle. • 2 5 y 

les vendoît au préjudice & en fraude de fou 
créancier, le défendit pour Tor , pour l'ar- 
gent , pour toutes les chofes mobiliaires , objets 
ordinaires des emprunts (662). Ainfi, l'homme 
de mauvaife foi auroit pu aliéner ce qu'il auroit 
reçu en prêt, fans que le prêteur , qui n'avoit 
pas le droit de réclamer contre cette aliénation ; 
eût même celui de s'en faire au moins rendre 
la valeur. 

Pourquoi d'ailleurs , s'il y avoit eu ektinc- caudonr 
tion totale de la dette , auroit-on employé fi diciaircca- 
fbuventle cautionnement judiciaire? Pou^rquoi tbèquçJ^^ 
exiger qu'il précédât ou accompagnât l'em- 
prunt , & défendre qu'il le fuivît? En effet, 
l'antidate, dans la jurifprudence des Hébreux, 



(662) Maimonîde , fur le chap. 3 de la Mifna, 
de Angulo , §. 6 , tom. » ,. pag, 47. Tencmus pro fin-* 
damento^ dit Maimonide, pag. 47 ^quod omncs facuU 
tJtes prêter agnim , ut funt res mcrcator'm^ atirum , argcn-' 
tum , lapides pretwjî ^ e(iam vocentur ^ res ad qiias non 
datwr reditus. Et fenfus verhomm , facultates ad quas 
non datur reditus » cft , quod funt facultates qua non 
pojfunt repetl; & hoc fit ^ ciim quïs habet debitum aliquod^ 
'& vendit fua bona qua accepit pojîquam in fe receplt de^ 
hitum. Une putre différence entre les immeubles & les 
meubles, relativement a leur acquifition , eft que les 
premiers s'acquéroîent à prix d'argent , & les ièconds 
par £prme de gages. Mifna ^ ibidem. 



1^6 M(r)(/ei CMjîdere Comme Le ffijlateur 
n'empêcrhe pas ce caurîonnement d'être va-« 
lable , mais il eft nul s'il eft poft-daté. Au con- 
traire , les regîftres tenus de l'emprunt font 
valables quoique poft- datés, & anti- datés 
ils font nuls (663). La formule de l'afte eft t 
a Je vous livre ceci , à vousN, & N. , juges du 
lieu de N, , afin de pouvoir , quand il me 
plaira, réclamer l'argent qui m'eft dû (6^4) i>. 
Les juges fîgnent ainfi que les témoins, ou 
Içs premiers feuls fous la double qualité ; car 
ils peuvent être à la fois l'un & l'autre. Em- 
prunte t-on dç plufieurs perfonnes ? On écrit 
pôux-^ichacune un aâ;e de Cautionnement judi- 
ciaire. Si plufieurs perfonnes empruntent d*une 
feule , un ade pour toutes fuffit. La date fè 
rapporte à Tinftant du prêt , & la néceflîté que 
le cautionnement le précède eft fondée fur la» 
raifon : des témoins y affiftent, & ils ne pour- 
raient attefter une chofe qui ne feroit pas^ faite 
encore. Si le gage préfenté eft. d'Une, valeur 



(663) Mîfna, tom. 1, de Septimo anno > pag. 196, 
cil a p. 10, $. 3. Judkialis cautio cum pfochronifmo rata 
babetur^ cum metachronîfmo irrita. JEris alieni tahdà curu 
prochronifmo irrita , cum metachronîfino rata. 

(664) Hoc ego vohîs trado N, & N. judîcei. tpci JY. 
m quodcumqué as alicnum mihi dcbe(ur ^ id ego i(jindiccffk 
^UQ tempore UMit. 



^.tonimt MoraJùfiti 137 

înfiiffifânte , on y fupplée en donnant une 
iorte d'hypothèque fur fon champ ou fur toute 
autre pofleffion (66y). S'ilfuffit, mais que là 
dette ne foit point acquittée au temps marqué, 
le créancier n'a pas le droit d'entrer chez le 
débiteur pour faifir ce gage ; il doit attendre 
fur le feuil de la maifon que celui-ci Taj^porte 
lui-même {666). 

Article I I I. 

làoixfurU Mariage^ la Dot & le Divorce^ 

toîx générales fur le Mariage^ 

MoYSÈ connoiflibit trop bien Tinfluencè da . 
mariage fur les mœurs & la population jf pour ^^^^^^^ 
ne pas y inviter les Hébreux. Perfuadé qu'on ff '«?>™- 
trahit la deftination de la nature en fe reftifant Hébreux, 
aux devoirs impofés à tous les êtres comme 
père & comme époux , & qu'au crime en- 
^ ■■ » ■ ■ I I II . ■ Il . .. Il . ■■ ■ I. ■ 

(665) Mifna, diôo loco, §. 5 &6, pag. 196, 197 
& 198 3 & Bartenora fur ces diiTèrens paragraphes^ 
(^6) Deutéronoiae» chap. 24^ v. 10 & i,i« 



t^i Moyfcytonjidéré comme Légijlateur 
vers la nature on en joint un envers la fo- 
ciëté, puifque fans égards pour l'obligation 
primitive que tout citoyen eft cenfé contrader 
avec elle on ne lui rend pas ce qu'on en 
a reçu', il ordonna de (è marier prèfque au 
fortir 4e l'adolefcence. CroiflTez & multipliez , 
fut un des premiers préceptes donnés aux 
hommes par le Légiflateur fuprême {66y).' 
Les Talmudiftes déclarent femblable à un 
homicide , celui qui ne- s'occupe pas de fa 
poftérité. A les en croire , éloignant l'efprit 
fàint du peuple Ifraélite^ 41* dutràgé à ïa fois- 
la perfedion de Thomme & la Majefté di- 
vine ( 668 ). Les rabbins e^n ont fixé l'âge à 
dix-huit ans {669). Celui qui en paflè vingt 



.Ç667) Gen^fe, çliap. i , y. 18. Voyez chap.-Ç-, 
V. 17; chap. 9 , V. I, & chap. 35 , v. 11. Ce pré-* 
. cei3te confïfitîè- par Moyfe , fut un des mieux ob- 
fervés, 6c les livres faints fcfht remplis de &its qui 
le prouvent. Gedeon eut (oixaritc^onze etifâiis. Juges, . 
chap. 8 , V. }o •$£ -31. Jàïr en avoit tfeqtc. Juges , 
chap. 10, y. 4.^^Àbdoa avoit (juaraatft<il5& trente 
petits-fils. Juges, chap. 12, v. 14 '&c. &c, &c. 

(658) Celîîarrè'dèBabyl. deLevîr. irifratr. officiîs; 
chap. 6 , pags 64. Voyez Sçldçn^ liv. .i / chap. 9 , 
pag. 62 ; Balnage, Hift. des Juifei tom^.'6, ch, *2 ^ -: 
§• i> pag- 476> Sluilcan Aruch^ liv. Aben Haa^zer^ 
chap. z. 



& comme Moralise: i}9 

fafi'J s'êt*é marie , eft coupable aux yeux de ^?"^i«f 

r 1 r oh 1 a nic^ 

la- loi, 'Les livres laints reprochent louvent Home anat- 
à dei-^fils j corrime un véritable crime , de ubat/" ' 
n'àv^iï pais foutenu la maifon de leur père 
& -fait revivre fon nom. Les femmes font com- 
ppifes:^, ainfi que les hommes , dans ces re- 
proches utiles. Auffi, enchaînée au céhbat 
parle vœu de foil père , la fille du vainqueur 
des Ammonites , accompagnée des jeunes 
vierges de Màfpha, parcourt-elle les mon- 
tagnes pendant deux mois en pleurant fur la. 
néceffité à laquelle Jephté Ta condamnée 4e. 
renoncfer pour jamais au titre de mère & ^ 
d'époufe ( 670). A cet exemple , ajoutons-en 
deux autres cités par Calmet (671) d'après 
Ifaïe & le Cantique des Cantiques : » Un 
jour viendra, dit le Seigneur, où leshottimes ' 
feront* fi ratei que chacun d'eux fera re- 
cherché par fept femmes à la fois; ' Toutes 
fe difpùteront fon cœur & fa main , & lui 
diront : Noiis ne demandons rien; noiis bf* ' 
frons de nous habiller &: de nous nourrir; 



{66^^ Hiftoria de gli riti Hebraici , part. 4, ch.'a, 

§. I, pag;83. • ' 

{6jà) Juges, chap. II, v. 37 & 38., . , 
(671 Differtation fur les mariages des, ÉEébreux ; 

tom. 8 de la Bible d'Avîgnôn, pag. 4io, 



140 Moyfcj corlfidcré àomme Ù^Jlaieiif 

J>ermettez feulement que nous portions votr<i 
tiom , & fauvez-nousv de l'opprobre ( 6yz )i 
— Quand pourrai-je , dit ï'époufe à fon bien- 
aimé , dans le Cantique des Cantiques , vOus 
conduire dans la maifon de ma mère & vous 
y donner un baifer , afin que je ne fois plus 
méprife'e (673)* 
fdtf garnie. On ne fera donc pas étonM que Moyfe 
âwriito - ^^^ permis la pluralité des femmes , en la ref* 
^ ferrant toutefois dans des limites plus étroites 

que ne l'ont fait un grand nombre de lé- 
gifl^teurs. Elle exiftoit ayant lui parmi les 
Hébreux. De tout temps n/ous la trouvons 
dans leurs annales. Lamech, atrière-petit-fils 
d'Irad qui , lui-même , félon rEeritui:e> étoit 
arrière-petit^fils d'Adam, eut tout^à-U-fois 
Ada mère de Jabel, nommé dans la Ge-» 
nèfe le père des bergers & de Jabal in-* 
venteur de quelques inftrumens de mufique, 
& Sella mère de Tubalcaïn qui découvrit ^ 
ajoutent nos livres facrés ( 674 ) , l'art de 
dompter le fer &c de façonner l'airain* 



{671) Ifaïe^ chap. 4^ y. t. 

(673) Cantique 8, v. t & '2. Ceci fait allufîon à 
Tufage où on étoit de placer le lit nuptial dans.Tap* 
|«rtettîent de la inére. 

(^74) Gèhèft ; chap. 4 , y, H & fiàvansi ^ 

Le» 



^ teî ïftaéiites turent même tin ufiige qui AncîeiiufV 
s*éteignit infenfibtement» Quand l'époufe étoit ^épî)ufe *V 
ftérile, elk ènvoyoit fa fet^ànte<lans la cotiche ^^" ^'^*^ 
nuptiale , partager ks dnoits , & lui prêter ^ 
fi j'ofe m*éxp^imet ainfi , tottte fà fécoûdit^ 
Sara defefpéradt d'avoir un fils , donné Agaf i 
tiné defes efclavêij 4 Abirahàiti qui k tend • '^ 
mère dlfitiaël {6j^), Rdchel îriè rendant paà 
Jacob plus heureux ^ & Lia ayant paru cèfleif 
de concevoir, lui abandonnent leurs fèrvanteg 
i*une &: l*aiitre, h& il obtient deux enfans d* 
chacune d'elles (676)* 

Sara & TEgyptienne Agar ne font pas U» ui àm^ 
feules femtties du premier de ces patriarches» ^""^^^^1 
Il en prend une troifième , appellée Céturat / f|f^*°' 
qui donirie plUfieurs frères à Ifeac {6jj)i EfiiU 
a auffi trois ëpoufes, Jiidîth, Bafematit i8â 
Maheleth (678)* Le pke de Samuel eii a dfeuxj 



^(675) Genèfe, chap. i6, v. a^ 3 & ij. 

. (676) Genèfe, chap. 30 , v, i^ 3 , 5 , 9^ lO & tiS 

i^jj) Genèfe, chapitre 25, y. i & 2. Jarchi S( 
d*autr€S -rabbins ont prétendu qu'Agar & Cétiirà 
étoieht la même perfotlne ; mais leur opinion établie 
ftlf des fubtilités , t excité les réclamations de pltl* 
fieufs autres , & elle eA contraire au texte hébrett 
comme à toutes les interprétations qu'on en a donnçeSi 

(678) Çeoèfe/ckà6, V^J4i & «^ *^, V.rfer 



SL4i Moyfii modéré eomtne Ligifiateuf 
Annç & Phœenna {6j9)s & David , outre 
plufîeurs que l'Ecriture ne nomme pas quoi- 
qu'elle défigne leurs enfans, huit dont elle 
a confervé le nom , Michol , Achinoam , 
Àbigail , Maaçba , Haggith , Abital , Egla &c 
Bethfabée(68o). 
De cellei : Toutes ces femmes étoient légitimes , & on 
^^eitime a cu tott de penfgr qu'une feule d'entre elles 
^^^^* mérita ce titre & que les autres, réduites à 
l'état de concubinage , n'eurent aucun lien 
conjugal. Dans plufieurs circonftances, il eft 
vrai , comme lorfqu'on prenoit parmi fes ef- 
dives fa feconde w fa t roifieme éppufej, elles 
. "ne çeflbient pas. ordinairement de. confèrver 

yne forte de fubordination & les fbnâions de 
Ijidon^efticité. Il êft vrai encore que leur union 
n^étpit précédée ou fui vie d'aucune folentmité , 
. ^ qu'elles ne recevoient pas une dot de leurs 
maris : mais leur légitimité n*en fut pas moins 
aflurée. On les regardera, fi l'on veut, comme 
des époùfès d\m rang inférieur , & elles 
rétôîent en efiet , mais elles n'en feront pas 
moins de véritables époufes dont la loi recon-r 
jpoît les «rifans , & qu'on ne peut plus ren- 



(^79) ï Regum, chap. i , v. 2. 
(680) I Regum, chap. 18 , v. ij. 2 Reg. chap. 3 ; 
"V-'*^ f 3 > 4 & î« « Par^ipom. chap. | j v- j^ . 



• tfxèmme Moràlijki f4| 

^yèf qiie par le fecîours ordinaire de k féptf-» 
diation. Nos livres faints l'expriment cUire^ 
faient dans une foule de paflagcs. On y voit qud 
îe mot de concubine^ loin d'être, ôotimid 
thez nous , un mot honteux & déshohoraiit^ * 
eft par-tôUt fynoiiyme à'uxbr. L*un ^V^vXxé 
font employés indiflfeiremment daiii Jie liVfé 
des Juges , en parlant du Lévite ouvragé 4 
Gabaa {j6%i). L'un & l'autre lé font indiffiS^ 
jremment dans la Génèfe^ ^njparlant de Cétura^' 
d'Agar ( 681 ) , & de Bala, mère de Dan Se 
de NepKtali (êSj )< Y dit -on de celle- ci j^ 
comitié de jplulîèùrs autres , qù^uiie maîtfeflië 
ftérile k cède à fdn inari ï L^Ëcriturè an?* 
iioncé (^^4) qu'on la lui donne pour époufe t 
fieduè0f7^Uxof^, QixdeJkinconjugiutn; 

Les i-abbins^ en général, reftreigtietit i fi^Man 
quatre femmes la liberté ac(X)rdée aux Ifraé- fi!?u!pài^^ 
iitesi Maimonide & Bàrteriora j qui ùe font **®^ 

(681) :fuges, cîxàp: isf , V. t & à*; 

(68») Gedèfe, ehdp; 16s r^ | j & cKapi af 1 1. t 

. (683) Gcnèfe, chapx 3c < V; àd , & chap. ^ji 1^; *x 
Le texte dit tantôt n^» i/^^^ qui fignifie (eniméi 
épbufe ; & tantôt ^^j^^ ^ piUgkes^ qui fignifie Hùtik 
cubine. _ 

\ (684) Cîenéfe, cliap; 3Ô, t; 4. Vo^ei le iiSf . 4^| 
. jr. j , & le diap. aj , y« x^ - 

f2* 



%44 Mùyfe ^ conjtiéfi comme Ugijlateur 
j)as les moins inftruits , ëtabliflent cette opi- 
nion (68y). Qudques-uns cependant n'y 
mettent point de bornes , tandis que d'autres 
A-t-cUc profcrivent même la bigamie (686). Au refte , 
a'hurparmi Jes Hébreux ri'abufent guère aujourd'hui , je 
UtJvft? ^^ plus, ils n'ufent prefque jamais d'une 
liberté pareille. Ils ne fe la permettent pas en 
^eniagne, & ne la fouffrent en Italie que 
dans le cas de la ftérilité de leurs époufes (687). 
Gn fixe la diminution lenfible de la polyga-* 

(68$) Commentaires fur la Mifiia» tom^ j, de Le* 
Virohim in fratrias bfficiis, chap..4, % }'^i P^g- '7* 
iVoyez la Gemarre de Babylone , mêmç titre , ch. 6» 
fol. JÈJ. ^^ 

(686) Voyez les dtflerens cofflméritâ^eiirs fur la 
Gemarre de Babylone, diâo loco. DHifiits , fur les 
endroits difEcUes du Lévitique> chap. 61. Pefiktha 
Zot^rtha, pag.24, col. i. Jôfepl^|taro,.iD Shulcan 
Tlruch ^iv. Abcn Haaezer , chap. 1 , §. 10. Selden , 
:Uxor-hebraica , llv. x , chap. 9 , pag. 63 , 67 & 68. 

(687) Hifloria de gli riti Hebraici , part. 4,ch. 2 ; 
§. % ^ pag. 84. Encore ne le font-ils Jqu*aprës avoir 
obtenu la permiflion du pape, ajoutait Léon de Mo- 
dène : Hanno ufato chUderne lic€n{a e p'igliare difpenfa 
del papa. Cette demi-phrafë a été retranchée en pu- 
bliant l'ouvrage ; mais elle fë trouve dans un exem- 
plaire du manufcrit que Selden avoit fait copier très- 
fid^lçment en Italie fur celui de Tauteur. Voyez Ûxor 
èebrai^a, liy. ï , chap. ^, pag. 73. 



& comme MofaR/^. \4)l 

mie , parnii les Juifs ^ à la fin du quatrième 
fiècle de rère chrétienne. Peut-être une loi de 
Théodofè I , qui leur défendit de fe marier 
fuivant leurs ufages & d'avoir à la fois plus 
d'une époufe, n'y contribua-t-elle pas peu, 
quoiqu'elle n'ait pas été long -temps rigou- 
reufement obfervée (^88). 

Nous venons de dire qu'un maître fè marioit DunitSagi 
quelquefois à fon efclave ; & que leur union dave?* ^' 
fot approuvée par la loi. C'eft que des deux '"** 
contradans , le premier eft entièrement libre! 
• S'ils ne l'avoient été ni l'un ni l'autre , leut 
mariage , fans être défendu , eût été moins 
favorifé. J'en prends à témoin une difpofîtion 
févère renfermée dans l'Exode* Moyfe veut 
que le ferviteur auquel fon maîti^ a donné 
une époufe jouifle feul de la faveur de l'année 
fabbatique , & que fa femme & £es enfans. 
reftent encore dans Tefclavage (689)^ Il fallok 
donc choifir entre la cruelle alternative de 
conferver fes chaînes ou de renoncer au plaifir 
de vivre avec ceux dont la tendreflfe eût fait 
notre bonheur, La nature & la liberté réclai- 
moient chacune leurs droits. Si l'amour de I^l 



(688) En 13^3. Ceft la loi 7 du code* de Xudâfiî^ 
& Cœricolîs. Voyez Selden, diélp loco, pag. 71^ 

(689) Exode^ chapw 21 j v* 4^ 



I^ê Moyfcy eonjîdéré comme lé^ijlateuf 

féconde étoit écouté, avec quellç douleur nflf 
.voyoit.-on pas des êtres bien chers meurtriç 
encore par les chaînes dont on venoit dç 
^'affranchir \ Les cris de la première étoient-ils 
Jies plus forts ï on fe vouoit donc , foi & fâ; 
f iamille entière , à une longue fervitude. 

iett^a fi on Si on donnoit une de fes efckves en mariage 

^4*lîaççf. à foa fils , on de voit la traiter comme fes 

f^vf ? propres enfans 5 & fî, après l'avoir époufée, il 

recevpit une autre femme des mains de fon 

'père , les droits de la première n'en étoient pa$ 

ipioiqs inaltérables, Vêtemens , nourriture , 

devoirs nuptiaux , rien ne ceflbit de lui être 

dû ( 690 ), Les lui refufoit-on \ La loi brifoît 

fes chaînes fans la foumettre à payer le prix 

de fa liberté (691), 



(690) Exode, çhap. 21, v. 9 Çc 10, Nuptîas , vef^ 
flmentum & pretîum pudicîtïcz , dit la Vulgate. Ceft dif- 
férer effentiellement du texte & de Finterprétation 

- de tous les commentateurs. Rien ne répond , dans le 
verfet 19 , à nupûas & à pretîum pudicitïa, Ubebreu 
^\t , INI? , y^r, caro , OU , dans un fçn§ plus éçeqdu, 
fout ce qui fert à la nourriturç , alimntum , nutri-r 
fientum', & enfuite njW, hondh, habitation concubitus^ 

^^ebitum conjugale. Les Septante traduifént avec plus 
^'ex^ûitude que la Vulgate , païf oçs mots : Top, </^iwTfl% 
% ijithU AuTÎ?, quoique \à fignif^catipn q'en foit point 
gJpTez détçrn^inée, 



5 comme Moraûfle, Ï47 

Il eft clair ^ par cette dîrpofitîon, qu*iine ^uconfcn' 
femme efclave n'étoit point néceflairement ^T"^^ f^^ 
affranchie par fon mariage avec fon maître, ^tidui 
& il n'eft pas néceflaire d'ajouter que £ elle le 
contraftoit avec un autre efclave , le confente- 
ment de ce maître devenoit indifpenfable, 
CeftàUiienefïèt qu appartenoient les enfans^ 
qtti , fuivant toujours le fort de leur mère, 
ëtoient comme elle condamnés à la fervitude, 
La néceffité de ce confenrement n'eft pourtant 
jamais exprimée dans TEcriture. Il faut en dire 
autant pour celui des pères dans le mariage de 
ceux auxquels ils ont donné le jour. Le jeune 
Tobie fe marie ^ pendant nn voyage , à Tinfu 
de fes parens &: loin des yeux paternels (^9^)* 
Malgré cela ^ fi l'obligation n'en eft point expri- 
mée, elle ne fuit pas moins évidemment de 
plufieurs partages des livres faints que des 
premières loix de la nature. Tels font ceux de 
VExode & du Deutérononie , où > en parlant 
des Chananéennes , on défend aux Hébreux 
de les donner pour époufes à leurs fils (693). 
Tel eft le chapitre de la Genèfe ou Abraham 
choifit la femme dettinée à Ifàac, & odllàac 



(692) Tobîe , chap. 6, 7 & la 
(69^) Exode,, chapitre 345. v*^id Deutérônomei 
chap. 7, v.îj 



I 



% 



%jfi^ Moyfi ^ conjidirè comme Légîjlateur 

< envoie Jacob en Méfopotamie y recevoir pour 

ëpoufe une des filles de Ton oncle Laban (694); 

Tel çft fur-tout celui du livre des Juges {69^)^ 

' dans lequel on voit Samfon demander à fon 

père la permiffion d'époufer une Philiftine , I0 

père fe refufer d'ibord à la demande de fon 

fils , celui-ci renouveller fa prière &c fes inf- 

tancçs , ÔC obtenir enfin le confentement qu'il 

defire, 

Onnçpoa- ^ais fi le père régloît le mariage de fes 

voit r«fufef ^ *^ O 6 

wn époux à enrans , s U put 1 empêcher avec telle ou telle 
^ ^^^ perfonne, dans telle ou telle circonftance , il 
ne put abufer de cette faculté pour s'y oppofer 
en général ou pour en retarder Taccompliffe-* 
ment. Ainfi , la fille étant parvenue à l'âge de 
puberté indiqué par la . loi , un refus abfolu 
devint illicite. Les jeunes citoyennes appar- 
tinrent alors plus particulièrement à la fociété 
qui rédamoit d'elles l'exécution d'un devoir 
auquel la puiflance paternelle n'eut ni le droit 
ni la poflîbilité de les fouftraire, 
l'qrrwp La faveur du mariage fut fi grande , le 
£nc au-' reipeâ: qu'il infpira fi puiffant, que l'erreur 
fluUoitçUe^ même dans la perfonne, qui chez nous offriroit 
une nullité légitime, ne l'annuUoit pas chez; 



{6^4) Genèfe, chap. %4 , v. 4, & ch. a8, v. i, 
(^95) Juges, chap, m, v. i & fuivain*-. 



. 8* comme MoraRfiei xjff 

les Hébreux. Nous le concluons du moins, 
avec quelque vraifemblance , de Thiftoire de 
Lia fubftkuée à Rachel par Timpotture de 
Laban. Malgré le courroux de Jacob contre 
cette honteufe fupercherie & fon dégoût 
prefque invincible pour Lia , il ne la recette 
point y il ne fe plaint pas de llrrégularité de 
cette fingulière aflbciation {696). 

Ce qu'il y a de plus certain &: de beaucoup oifpeiïfef 
plus favorable ^ c'eft la loi du Deutéronome a^' 



qui difpenfe du fervice militaire & de toutes J^ ^^ 
les charges publiques le jetme époux y dans la 
premiière année de fon mariage. Le motif de 
l'exemption eft touchant. On veut qu'il fe livre 
tout entier aux foins domeftiques , &c que riea 
xie trouble fa joie & fon bonheur dans l'état 
qu'il vient d'embrafler (tf^). 



(696} Genèfe, chap. 19^ v. 20 & fuivans. 

(697) Deutéronome > ch. 24, ▼. ç. Le chap. 10, 
V. 7, prefcrit la même chofe pour le fiancé qui n^eft 
pas éloigné du mariage ; Qui defponfavit phi uxonm 
& nondum accepit eam., Tosèphe parle également des 
deux C9S, liv. 4, chap. 8, pag. 130. futtnt^vùLixif^t & 
Vfydt/bt«)c<r«f. Plufieurs doâeurs retendent même à 
celui qui époufoit une veuve, quoique Philon , tom. 2 , 
de fortitudine, pag. 380 , ne parle que de celui qui 
époufoit une vierge j intftfror fr^mrifji.ms^ 



fe jb Môyje, coit/îdéré comme Légïjlateia. 

S. II. 

Loix fur 'Us Fiançailles.» 

le fflid Les filles des anciens Ifraëlites ne fe rëpan- 

^^ "* doient pa« au-dehors. Irrévocablement fixées 

^sdc itur dans la maifon de leur père, elles y attendaient 

patiemment qu*on les recherchât pour époufes. 

Les mariages fe faifoient doncprefque toujours 

fans que les contraâans fe connuffent. Ce qui 

eft chez nous Teffèt du luxe , de l'amour de 

l'or , d'une indifférence profonde pour le lien 

le plus étroit & le plus durable , Tétoit chez 

eux d'une efpèce de pudeur civile. Auffi , 

quand l'Ecriture défîgne une jeune perfonne 

qui n'eft point encore mariée , elle l'appelle 

Abna^ c'eft-à-dire , cachée. 

Bpoqocor. P^"^ empêcher cette ignorance mutuelle; 

j^lJJ^f ^^« on les fiançoit quelquefois avant la pubertés 

£Ue avoit lieu à douze ans &: un jour {6^%\ 



(698) Selden , Uxor hebraica , liv. 2 , çhap.. 3 ;: 
page 138. Mifna, de Dote, Litterifque matrimonia- 
libus, chap. ) , §. 8, tom. 3 , pag, 67, & de Uxore 
adulterii fufpeââ , pag. 237 , chap. 4 , §. 3. PwlU 
ufque ad ajinunjk duodccimum , dieniquc infup^r unicum, « 
mînor nuncupabatur , nijî maidfefia frœfOftm fuhcrtaâs, 



1& eomme MoràR/lài 15^^ 

!iyors (êilement on achevoit le mariage (699)^ 
Quoique le temps dont les fiançailles le pré- 
cëderoient ne fût point détermine & qu'on eût 
le droit de faire prefque au même inftant cette 
double cérémonie , comme le prouve l'exemple 
de Tobie époufant Sara dans fon voyage (700) , 
ordinairement on y mettoit un intervalle de iix 
mois, d'un an , mètne de deux (701). Samfon fe 
(bumet à cet ufage lors de fon union avec la 
Philiftine qu'il defîroit pour époufe (701) , & ^ 
Lotb , fur le point de quitter Sodome menacée 
par une pluie de feu, invite à s'en éloigner, 
avec lui & fes enfans , ceux quHl a choisis 
pour devenir fes gendres (703 )• 

Les fiançailles fe faifoient de trois manières, TcobMi 
en remettant une pièce d'argçnt, par une con-^Sl^ 
vention écrite, par Taâion conjugale, nurn^ 
mulo dato ^ pà$oni$ UbcUo ^ conmbitu (704)* 



fiffia nomen juvencida forte ûnàcîpajftnt, Per ftx qmff» 
^uuntwr menfes juvencula diéU eJL Dim pubenotif trat 
pUntt. Selden, dido loco. 

(699) Selden, diôc loco, 

(700) Tobie , ch. 6 , 7 & xo. 

(701) Léon.|de Modène^ cérémonies dés Juifs ^ 
part. 4> cbap. 3 , §. i , pag. 85. 

(702) Juges , chap. 14 , v. 1 & fuivani. 

(703) Genèfe, chap. 19, v. 14. 

(704) Selden , Uxor hAtskà j fiv* a , dtap. t j 



<f i Mcyfc^ conjidéfe comme Ligïjlateur / 

Je ne conçois pas trop quelle diflFéî^rice il y 

' avoir entre celle-ci & le mariage, & comment 

les mœursi publiques en ont fi long -temps 

permis Texiftence ; car, on Ta enfin fiippri- 

mée \ on punîroit aujourd'hui celui qui vio- 

leroit ainfi la décence & Thonnêteté (705). 

De i*aûc Selden donne un modèle de l'afte des 

iMi *°^ ' fiançailles, dans le cas où on le faifbit par 

écrit {706). On y mentionne le confentement 

pag. 128. Mifna, de Sponfalibus, tom. 3 , chap. i , 
^. I ^ pag. 359. Elle dit : Argenio^ fcripturâ & coïtu» 
Voyez , fur ces trois manières , les obfervadons de 
Bartenora, de Maimonide & de Surenhufius, p. 359 
& 360. 

(705) Selden, diôo loco, liv. a , ch. 2, p>ag. 13c; 
Bartenora , fur la Miûia , de Sponfalibus y chap. i » 

(706) Voici cet aûe en entier & tel qu'il: le rap4 
porte : Talï ferïâ , talî die , menjis N , anno talî à crea^ 
nom mundi , juxtà fupputaûoncm çud nos utimur 6v. 
Quo temporcj talis^filîus talis^ dîxittali puella filuc talis^ 
fis mhi fponfà juxtâ îriftitutum Mofis & Ifracûtarum , 6^ 
dabo tîbi dotent vîrgînîtatïs tua argentum fcïUcet 200 ^ 
[orum , qu<z fianma competens eft ùbi ex ipsd le^e. Et af^ 
fenfum prczbuh talîs \puelh) ut ejus Jam effet Jponfa, 
Idebque fponfa huîc fmpromïfit dotem f^ipto ei confiituerc 
dîebus eorum nuptialibus, Injuperque dixît^ îa me fufcîpîo 
atque in hœredes meos poflerofqut praftare quod in hoc 
Ubeîlo fponf4itio continetur^ etiam cm pallio ^wd ïu bu^ 



tf comme MoràRjfe: i^f 

des detix iiitttr» époux , la promefle de la dot ^ 
& la parole donnée par le mari de répondre 
tant pour lui que pour fes héritiers de tout ce 
idont il feroit le dépofitaire & de fe foumettre 
à tout ce qui eft d'ufage dans les contrats de ce 
genre drefles par les Hiraélites. Trois témoins le 
iignoieht. 

On faifbit encore, en préferice de témoins, p^ fini? 
les fiançailles par une pièce d'argent. Le jeune Se pi4« 
homme Toffroit à la jeune fille tn dilant ces ^'^^^^ 
mots ou quelque chofe de femblable : Pro- 
mettez, & que ceci en foit le gage, de devenir 
mon épOu{è« Il étoit effentiel que Tofire fut 
faite par lui & qu'il prononçât les paroles. 
Sans ces deux conditions l'engagement étoit 
nul, la femme y eût-elle fuppléé en les rem- 
pliflant elle-mêm^ (707). Dans des temps plus 



meris nuis , îdque fivt vivant^ Jivt motiar, Quin &fufcepît^ 
infe tdis (fponfus) pr^ifiandî qitod m Ubtllo hoc fponfa» 
lïùo contmetur omis.jjuxtâ ea qiia ex^ imrt dtûn^nt ad ' 
êlios ejufmodî IfraelUidum libetlos fponfallûos £»c* 

JH.fitius^H^tefiis. 

N. filiul N. r^. 

K filius K teftîs. 

(707) De quelijue manière que fe fiflent les fian^ 

cailles, la formule devx>it exprimer la poflèffion, h 

propriété que le mari àuroit de fa femme , & noa 

cdles que la femme auroit de fon mari. Il y avoit 



t$4 Moyjcj eonfideré comme légijlateut 

modernes , les Juife , à l'exemple des autres hâ- 
tions , ont fubftitué un anneau à la pièce d'ar^ 
gent ; mais cet anneau la repréfente ^ & des 
témoins font obligés d'affirmer qu'il n'eft 
pas d'un prix inférieur à ce qu'elle auroit pu 
valoir (708). 
Des fiaû- Tant que les fiançailles /^^r concubitum fubfil^ 
f M^/^. tèrent , on exigea aufE la préfence des témoins ^ 
& à'-peu-près la même formule verbale de la 



même nullité, fi le pronom poiréflîf, dont oti fe (dt* 
voit , s'appliquoit à la fille au liôu de s^appliquer aii 
jeune homme. Par exemple , fi celtii-ci difoît : Ecct 
ego fponfus tuus fim ; tcceMr tuus : Que je fois votrt 
fiancé , votr€ époux. Il falloic s'exprimer, au contraire, 
à-peu-près de la manière ('ùîvante : Ècet uxor mea 
)?y, mesifponfa , â me poffeffky mihi acqui(ua\ mea; 
nàKi fumpta ^ addîêla mihi, in mek pouftate^ mihl itf 
conjugalibus utamur ampUxibus copuiata* Devenez ma 
fiancée , mon époufe > mon bien; foyez 4 moi, acquife 
par moi , adoptée par moi, unie à mol , en ma pui(^ 
fance &C. Voyez Selden , diôo loco, pag. i)6 , & 
la Gemarre de Babylone , de Sponfafibus j chap. ï , 
fol. 5&6. 

(708) Selden , lîv. 1 , chap. 2 , pag. 13I , & ch. 14; 
pag. 190 & 19T. La fubfiitution de l'anneau à la pièce 
d'argent eft encore rafe en Italie & en Allemagne» 
fuivant Léon de Modéne, Hitforîa &c. part. 4, ch. 5 » 
§. 1 , pag. 85. Il eft vrai que fon ouvrage eft écrit 
depuis plu$ de 150 ans^ " • 



$( comine Mordlifie. i|y 

^ut du jeune homme (709). On la croyoit , de 
même que Tadion , fondée fur une loi \ mais 
y. étoit difficile de le croire ainfi fans abufer du 
fens préfenté par le Deutéronome & l'étendre 
au-delà^^des bornes dans lefquelles il eft natu- 
rellement reflerré. Il exprime feulement les 
époux qui , après avoir vécu avec leurs 
femmes , conçoivent un dégoût fondé fur 
quelque chofe de honteux , & demandent le 
divorce (710). 

De quelque manière qu'on contradât cet en- Droits qui^ 
gagement , il ne donnoit à l'homme aucun droit u^^^ 
fur les biens de celle qu'il avoir choifie (711) ; ^«** 
mais il lui en donnoit fur fa perfonne ; & 
quoiquç , par refpeél pour les mœurs , oa 
évitât avec grand foin qu'ils ne s'abandon- 
^aflènt encore à toutes les libertés du mariage; 
fi pourtant la fiancée devenoit coupable avec, 
un autre que celui auquel elle étoit deflinée,' 
<)n la regardoit comme adultère. Nous verrons < ' 
dans la fuite , fi cette infidélité précoce étoit 

-(709) Ecce fis mîhi fponfa ex hoc coini^ difoit«Qn; 
Coaiq^e dans l'autre C^s : £cçe tu, ex hoc ^ fis mihi in, 
uxorem, 

(710) Deutéronome, chap. 24, v. r. 

(711) Wàgenfeilius , fur le chap. 4 , §. i de la 
Mlfag , de Uxore adulterii fufpeââ , tom. 3 , p. 230. 



;i{C Majjt^ confidcré comme Legîjîateur 

punie auflî févèrement que rinfidélité cofl« 
jugale. 
A4^îip- Le droit de fiancer appartint au père, & 
£Sî**dl'' ^^ ^^oi^ f"^ abfolu. On n'avoît pas même 
£au6cr! befoin du cônfentement de fa fiUe > taiit 
qu'elle n'avoit pas douze ans & un jour, 
rii fix mois après cette époque. On pouvoir 
la lier, par cet afte important, dès fa naif- 
fance , fut elle foufde on infenfée. On le 
pouvoit, dès qu'elle atteignoit trois ans &r 
un jour , par la cohabitation • dont rèflfet 
auroit été inutile dans un âge inférieur* La 
volonté de la jeune perlbnne ne fuffifbit pas, 
& fi , avant la pleine puberté , elle céiébtoit 
Ats fiançailles à Tinfu de fon père, ces fian- 
çailles ^toient nulles & demeuroient telW 
quand le père appaifé auroit voulu effay^ 
de les rendre valides en les approuvant' (7ïi)i 
jUppâttînt-ii La faculté de difpofer de fa fille étoic^Uë 
^^"^^"[J^"^ exclufîvement attachée à la pùiflance pâter^ 
^^ nelle? Le texte de la Mifna raffirme-<i*tm* 

manière précife (71^) > mais les €onunema«> 

■» ■ " " ■ ■ ■ ■ iii I ■ I ■ — ■■ I I I II t » i i i r i ■ 

(712) Wagênfeilius, fur le §. 8 du chap. j'ie la 
Mifna, de Uxore adulterii fufpedèâ, tom. 3, p. ^^6• 
Mikotfi, Prasc. affirmât. 48. Seldén, Vxor hàarudà^ 
liv. I, chap. 3, pag. 139^ 

(713) §. 8> paga ta4^ ^ " 

teurs 



r 



& comme Mor^lijlc* ijjf 

teurs ont cherché à étendre cet avautage 
Julquà la mère. Wagenfeilius le lui accorde, 
fi le père eft mort» il en accorde même la 
faculté aux frères à regard de leurs fœurs (714}. 
Seulement , dans ces deux cas , la jeune per- 
fonne n'eft pas ^ félon lui , abfokiment en- 
chaînée par la promefle qu elle a faite. Elle 
a , pendant quelque temps ^ la faculté de 
Fannuller en y renonçant. Ce temps eft^xé, 
par Wagenfeilius & par Maimonide, jufqu'à 



{714) Sur le §, 8 , pig, 226. Dans un ouvrage 
quHl cite, & qui renferme des queftions & des ré* 
ponfes faites par des hommes dlftingués , on demande 
Jufqu'à quel âge la fille privée de Ion père peut re- 
noncer aux fiançailles par lefquelles Ul mère ou, 
fes frères Tont enchaînée ? & on répond ; quoad /m- 
plevh Ipfd annos undtcim & dhm tmum. C*eÛ une erreur 
qui n'eft, fans doute, comme Wagenfeilius k foup* 
çoone, qu'une feute dlmpreïEon, Il faut aller jufqu'à 
douze ans & un jour , âge de la puberté : i/mi 
fancmlia pïcchla^ dit Léon de Modènej part. 4, ch. 4^ 
di mena €la dl dieci amû, orfana fen^a padrt , kaveffk 
padre , e fqffe gia vedoyata , cke foj/è fiata fpofata ptt 
canfcnfo deiia madré , a frdîeîtï da qualck'una^ t che 
a iee non piacejfe , fin che kahbla figno di donnai dappa 
dùdicl annî ed un giorno ^ gâ yien a tempo S rifimar quel 
marlm e dïr che non lo vuok j dï che pîglîa due tejilmom , 
ed e£igU fcrïvûno que fia rmontia, e cmi quefio puà parûrj^ 
da lui £ mantar-fi con çhî le plase^ 





tji Moyfc , conjîderé comme LégiJlaUurl 
ïâge de la puberté. L'opinion de ces deux 
écrivains eft , dans toutes fes parties , celle 
tîes Juift modernes. Léon de Modène en at- 
tefte Tufage (715). L'ade de renonciation 
ëtoit écrit,' & on y déclaroit formellement 
que celui auquel on avoit été fiancé par fa 
mère ou fon père ne plaifoit pas & qu'on 
ne yivrpit pas avec lui. Une femme digne de 
foi afteftoit , en pleine cohnoiflance de caufe , 
que la jeune perfônhe étoît impubère {yi6).' 



' (t'ij) Mîfnà , diâô loco.Léon de Modèhe, Hiftorîa 
dé gfr riti Hcbraïci, part. 4, ch. 4, J. i , p. 85. 
' i^t6) VagenfeiSoSj'Air la Mifna, dîSo loco. Ge- 
jharre de Babylone,'deteVironim in fratfiàs officiis 
Aàp. 13 *, fol. 107 & lô*: Gcimarre de Jérufalem, 
dé Syriedriis, chap. t, fol. 19. SeldenVdiâo loco, 
liv/2, chap 3 , pag. 142 & 143. peut témoins 
iîgnoient cet aôe qui étoit conçu en ces termes ; 
Ferid N. die N. merfis N. ahno îi.juxtâ computum nojtrum , 
recufàvit {feu renundayit) coramnobls N. fillaîi. , ad hune 
modwn verba factehs : mater mea , aut frater meus errare 
me fecil^ 6» decepit me , & defpmfàv'u me haSieruts mU 
norem cuidam îi.fillo N. Nunc verb animi mer fini eniiant 
coram votis upeno , illum mihi non placere\ nequt me 
cum illo manfuram. Et înquijîtîone à nohis fa^â mani^ 
feftuM jUbat nobis eam kaSlenhs ejfe annis minorem. Es 
fcrlpfimus hoc , & fubfignavimUs , & fecundiim jus e jus ^ 
^ In iutuieunan rei tepmonium dedimus. 

Teflis N, filîus N. ' 
Tfjiis H , fiius N, 



On Voit par -là que les fiancées^ avant nu^éitd 
Vâge de puberté , n'avoient pas befoin , pour ?^^^J^ 
faire annulTer leur union ^ de recourir au 
divorce , féuIé retfource qui leur reftât , u 
elles éjoierit parvenues à Tépoque où le 
mariage étoit permis 6c célébré. Mais fi on 
leur accordoit le droit de rompre l'engagement 
cdntraâé, on accorda aux hbnunes celui de hk 
répudiation , fans qu'ils furent tenus pour cela 
à aucun dédomnvagernent* Si cependant il 
y avoit eii un contrat , quoique le ma- 
riage ne Teût pas fui vi, la femme pouvoit 
exiger fa dot. Ce qu'elle pouvôit faire lors- 
qu'on la répudioit, comme nous le difons, 
elle le pouvbRiuffl, lôrîquè ïa «iorC frappoit 
celui auquel elle étoit réfervée (717)* 
: Ce dferttîèr cài àfkà une foftè <îé vîduîté, . '^*w*l 
& Toffire à tel point , qu'oït» y appliquoit la Z*^*^. 
loi défî^dàrtt àu5t ptêtres dPéjfibufe 
Ves (718). Nbus en avons pirl4 cfans le cha^ 
pkffti de* loix t^li^eufes (71.9): OôtitentOftsi* 
noUs d'dbferVér^icf c{uë lèi ûiii^SftH ^ t^ 



(717) WagenfeiHud fur le §. 1 du chap. 4 de la 
Mifha, de Uxôfë^ s&dlilfëriî rùT(>êffî^ tom. 31 p/l}d4 
« z( .7)[ % ) \!/ageiiftUibif ; i^ideoi \ pag. ^\U ' MikôcG ^ 
PraBC. neg. 124. 

(71^) Art, 2 , pag. $ô, 

. &1 



afio Moyje^ conjidctc comme Légifiatiur 
luftres des autels donnoient à la )eune pcr-^ 
Tonne , ri'eût-elle que trois ans & un jour , 
4ine part dans les oblations qui leur appar- 
tenoient. La loi divine le décide exprefle- 
ment. H eft vrai que Topiriion des rabbins eft 
moins Êivorable. Ils renvoient (72.0) lajouif- 
lance de ce privilège au moment où la fille 
eft entrée dans la couche nuptiale , fondés 
fur la crainte qu'elle ne partageât fes of- 
frandes avec fes parens , puifqu*elle ne celle 
d'habiter avec eux qu'en devenant époufe» 

• 

lois fur Ja cclébrationilu mariagci 

j 

w ma- Les Hébreux ne donnoient .pas au ma-^ 

**^ii^^aaî "^S^ ^ fceau de la religion. Ce fut parmi 

mû. eux un aâ;e purennent civil qu'on célébroit 

en préfence de fes amis &: de fes parens af- 

femblés. Si la piété des pères & cies époux 

implora quelquefois le -ci^^daijs cette eccar 

lion folemnelle , comme les livres iaints 

nous Vapprennênt d'Ifàac, de Booz &c de 



: ; f » :ir 



, (7^0) Vqycz la Mifija, djé^pL Jocô, chap. i^§. ij 
page ï8a, . v ., •; 



& comme MoraKfie. xSt 

Tbbîe (7il), elle n'eut d'autre oBjet que dç 
ifolliciter pour leur famille , pour leur pof- 
térité , pour eux-mêmes , la bienveillance 
de Jëhova. La hénédi&îon paternelle, cette Béo&irÂîé^^ 
cîërëmonie touchante confacrëe clans Fanti-^*"** 
quité (7ii) & méconnue dans nos mœurs ,, 
fervit debériédidibn nuptiafe. Le père, te- 
nant lieu de pontife , difoit , en plaçant laî 
ihain droite de fa fille dans la main droite 
du jeune homme i « que le Dieu d'AbrjJiam ^ 
le Dieu dlfaac , le Dieu de Jacob , foit avec 
vous j qu'il préfîde â votre union & vous? 
comble de fes bienfaits (7x3) ».- Où dreflbir 
auparavant le contrat (714) , & voici quelle 
en étoit la formule ordinaire. Nous penfons 
qu'on nous faura gré , parmi les ades nom- 
breux des Juifi , d'en préfènter un en fran- 
çois dans toute fbn étendue. 



(72r) Genè(è, ehap. 24, v^ 60.* Rudi, chap. 4^ 
v. w. Tobie,.chap. 7, v. 15, 

(722) On voit, dans laGenéfe, ITaac bénir Jaco£i^ 
diap. 27, V. 28^ & 29 ; Jacob bénir Ephrâim & Msp- 
Aaffé y les deux fils de Jofeph ,. «hapitre 4S ^ v. 14. 
6l 1% &c. Stc. &c La bénédiâion fe &ifoit en im^ 
pofant^les^deux mains fur la tète de*reii£mt«. Ibidem.^ 

(723). Tpbîe^ ahap^. 7;y.vV. 1!}^. 

(724) Tobie , ch. 7 , v. n.6r Vide înftà, p9S* i66f> 
lU' 6a de la note 729^ 



'x6i, Moyfcy cmJUUrc comme Lcgijlateur 
• Formule «Le...-jour du mois d... de Tannée .ri 
àt m»ujîf. d'après notre manière de calculer , Salomon 
fils de David , ^ dit à Ràchel , fille de Si- 
méon , qui eft vierge : Devenez mon èpoufe 
félon U loi de Moyfe & dlfraël , & moi , 
avec li volonté de Dieu , |e ferai plein 
d'égards pour vous ; je vous honorerai \ je 
pourvoirai a votre entretien ^ à votre nour- 
riture , à vos vêtemens , fuivant la coutume 
des maris Hébreux qui honorent, fiiftentent, 
nourriffènt & habillent leurs femmes comme il 
convient. Je vous donne , pour prix de votre 
virginité , deux cents zuzims , formant les 
vingt -cinq deniers jd'argent qui vous font 
adjugés par la loi (7^5). Je vous promets 
auffi , outre des alîmens , des habits & tout 
ce qui vous fera néceflaire , de vous rendre 
le devoir conjugal , conformément à Tufage 
de tous les peuples de l'univers — & Rachel 
<!onfent à devenir Tépoufe de Salomon qui , 
4e foti plein gré , ajoute à la dot la fomme 
de. . . — Les biens apportés par la femme. 



(7*5) Ces aoo nizims formoient cinquante ficks 
é'îsirgent. Ceci eft un véritable douarre , & on trouve 
«ne preuve de l'ancienneté de fon exiftence chez les 
Juife dans la recommand^on de I-Exode^ chap. 21 , 






' & tomme Motalljte. a<r|; 

font eftimés à la valeur de . • . Le mari recon- 
noît les avoir reçus en entier, les tenir en (V 
pofleffion & en fa puiflance , en être le garr 
diâîn &^ te dépofitaire , ce qu'il déclare ciï 
ces tiçj-mes : Je preilds fous ma garde & «î- 
raxitie tpus les bien* dotaux ou non do- 
taux que mon époufe a apportés &. qu'elle 
pourra acquérir dans la fuite , foit en accroiP 
femént de dot , foit de toute autre manière^ 
Je foumets , non-feulement pour moi, mais 
pour mes fucceflèurs & héritiers , tout ce qua 
j'ai de plus précieux , tout ce que je poftëde 
fous le ciel , tout ce que j'y poflederai ,. 
meubles ou immeubles , à fervir de gage & 
d'hypothèque , tant pour la dot & les cholei 
apportées lors du mariage , que pour celles 
acquifes depuis , & l'augmentation de cette 
dot , afin que mon époufe puifle les r'avoir 
pendant ma vie comme à ma mort. J'y foumets 
même te manteau dgnt mes épaules font cou- 
vertes. En m'obligcant à ce que je viens de^ 
dire , en promettant de le remplir , je lè ùSs^ 
moins d'après la conrexture particulière dttk 
contrat , dût -elle me fournir des avantjige* 
auxquels je renonce , que d'âpres la force & 
l'effet ordmaires de tous lès contrats de ma-* 
ïiage qui font tftrfage parmi Ibs Ifraélîtes , coh^ 
fermement à la tradition Ç^ aui^précejTtes daf 

R 4, • 



1l?4 MoyfcyàonJiderecommeLégiJtaUuf 
nos rabbins , de piêufe mëmoire. Et pour que 
ci (bit chofe ferhie & ftable entre nous , nous 
avons iîgné le prefent aôe , les jour^ mois & 
an ci-deflus (71^) >*• 
kiflcxtoiif " iPlufiéurs réflexions naîflent de cette formule. 
Stîttc! ^**' Ell^s tonibent d'abord fur le paiement de la 
virginité , ufage bizarre & déshonnête que la 
plupart des nations ont adopté ; mais plus 
décens que les Juifs , ou peut-être moins 
fimples , au lieu d*en ftipuler.précifément fous 
fbn nom , nous cherchons à le couvrir d'un 
voile. Pourquoi donc mettre à prix Tinnocence 
dans Taéle le plus faint & le plus important do 
la vie \ Et à quel prix ! N'eft-ce pas un outrage 
de plus fait aux mœurs & à la vertu? Qu*eft-ce 
encore que cette promefie de rendre à fa femme 
le devoir conjugal , comme le font toutes les nations 
'de ^univers ? Une pareille obligation a-t-elb 
befoin d'être exprimée ï Devoit-elle l'être de 
cette manière > Quant à ce qui regarde la cfot 
& la garantie du mari pour les biens dotaux ou 
non , apportés par la femme ou furvenus pen- 
dant le mariage, j'en parlerai dans un des 
articles fuivans. 



. (73^6) Voyez la préface du tom. 3 de la Mîfna; 
iwr^ureiîhufius»& Selden, Uxor hebraica, livre %^ 

*^>. 10', pag, 164 & fuivantçs, 

t 



w. 



& Comme Moralïjle* t6f 

Cette formule s'obferve encore. Il eft inutile Point cît 
d'ajouter que le pade des deux Cents zuiimSpot!ri«vctt- 
eft fupprimé s'il s*agit d*une veuve ou d'usé ^^^J^* '*' 
répudiée. On remplace alors par une de ces 
deux qualités celle de vierge , placée à la tête 
du contrat (7^7)- 

S'agiflbit-il de la léviration ou du mariage rormde 
que la loi oblige le frère de Tépoux mort à léviration/ 
contrafter avec fa belle-foeurî L'ade offrmt 
quelques changemens. Après avoir de même 
fixé répoque du jour , du mois & de l'année , 
on ajoutoit ( 718 ) : — Jacob , fils d'Ifaac , 
s'étant préfenté devant nous, a parlé de la 
forte ; Mon frère confanguin eft mort. Il laitTe 
^vivans nos rabbins &: tout Ifraël , &: cepen^ 
dant il ne laifle ni mi fils ni une fille; il ne 
laiffe aucun héritier qui fafle renaître fon nom , 
mais fon époule , Lia fille de Rachel refte 
après lui. Mon alliance avec elle m*appeile à 
répoufer , félon le précepte de Moyfe, Lia 
confent que Jacob fils d'ifaac, ufant de fon 
droit, s'unilTe avec elle pour faire renaître, 
parmi les Ifraélites , le nom du mari qu^elIe a 
perdu , fuivant ce qui eft écrit : Si tlk accoucha 

(727') Selcîen , diâo !ocOj pag. 167. 
(7^8) SureoliufiiiSj dans la préface citée de la 
Mifna, tom* 5. Seld^n diâo loco , pag, 16S & 169* 



^ 





%6& Moyfc j confidéré comme Légijlateuf 
, iCun garçon , u premier^nd portera le nom du frkrt 

mort y afin que ce nom ne périffe pas dans IfraèL 
•~ Et Jacob tient compte à Lia de deux cents 
xuzims qui lui étoient du$ par le contrat du 
premier mariage, & il _y ajoute de fon chef 
jufqu'à la concurrence de.,.. Les biens ap- 
portés par l'époufe font efttmés à la fomme 
' . de. . . . &c. &rct » Les autres claufes ne dif- 

fèrent pas des claufes ordinaires dans de fem- 
blable^ contrats. 
Jours dcf. L'ade drçflT^ & figné (729) , on fixe Tépoque 
^b^,j^^^^ de la célébmtipn. Çeflt ordinairement le qua- 
««n*»c- trièrae îom? 4^ la femaine pour les filles, & 
k cinquitawr pour les veuves (730). Cela fe 



(y^O) Je ^îs/^^, quoique la Vulgate, au livre 
de Tobiè, celui qui renferme fe plus de détails fur 
csette matière » dlfe feulemeat quet Paâe fut lécrit fans 
fatre meniioa ^ la fignature : Feeerunt confinpt'fonem 
cQ^ngti i mais le grec en parle formellement : Ty^ot^f^» 
evYY^oLph xotï lcr<ppoLy'!ff(tTù,fcripfis/yngraphjm & ohfipiavit. 
Voyez Seîden, livre 2, chapitre ij, pag. 183. Au 
refte, pour le mariage de Tobie , le contrat ne fut 
fait y contre Tulàge des Juifs , qu'après la bénédiâion 
nuptiale. Chap. 7, v. 15 .& 16. 

(730) THrgo nuhit die quarto , & vldua die quïnto ; 
nam , lis in fepflmanâ judices fedent in urbîbus > die /ê- 
cundo & die quïnto^ ut fiquafiîo effet fponfo de virginitate^ 
mamrè vcnîat ad judices. Mifna , de Dote & }icteris> éxr 



. & comme Mûmâfie. . *i6f 

pratique exaâementdans les lieux où les jugejç 
ne s'affcftiblent que le luridi &: le jeudi : mais 
dans ceux où ils le font chaque ;our> on choifiç 
à fon gré , pourvu qu'on ne choififlTe ni 1« 



tom. 3 , chap. i , §. i j pj^ 56* Vo3re2 Selden, Vxot 
hebraica, liv. a, chap. 11 , pag. 173 , & Buxtorf ^ 
Synagogue judaïque, chap. 39 ^ pag. 627. Ceft le 
quatrième jour pour la vierge , & non la nuit du 
cinquième , dit Bartenora. Il pourroit fe faire , 
fi on choififlbit cette nuit , que la consécration tint 
trop long-temps les deux époux , & qu*il ne leur eit 
reftât plus pour remplir le devoir conjugal. Maimonide 
obferve qu'on a fixé ce mariage au quatrième jour, 
pour laifTer dans les trois premiers le temps nécef- 
faire de fe procurer ce qui tient au lit nuptial. La 
veuve efl fixée au cinqu||||pte , continue-t-il , afin 
qu'on puifTe fe réjouir avec die trois jours de fuite, 
le jour des, noces , le lendemain qui efl le fixième, 
& le feptièroe qui eft ceh?î du fabbat. Commentaire 
fur la Mifna, diâo loco , pag. 56. Voyez Buxtorf, 
difto loco , pag. 6vj & 62S. Quant aux derniers mot» 
du paflage latin que j'ai cité , je rapporterai Texpll- 
cation ou le développement de Bartetiora , ibidem , 
page 56 , mais toujours dans la même langue : Ut fi 
iixerU fponftis , coïvî cum eâ , fed non inveni fan- 
guinem , five fuerit minorennis , aut puella , aut pu* 
befcens; aut fi dhcm^ inveni pot tafei , five pubem 
apertam , fi fiierît mïnorennîs aut puella ; fed de pubefw 
(ente , five tredecîm annorum & unîus diéi nota Wn 
quarîtur de apertâ portât 



i^ét Moyfc y cônfidcré comme tégijlattur 
|ii:emier ni le fixième, dans la crainte que le* 
apprêts ou la fuite du feftin ne troublent la 
fainteté du fabbat (731), ni par conféquent 
le fabbat lui-même ou la folemnité d'une 
fète (731^. Cette défenfe pourtant , quoique 
exprefle, n'entraîne pas, fi elle eft vielée, la? 



(731) Maimonide nous l'apprend , diôo loco. Otr 
n'exige, dit-il 5 toujours page 56, d'autre conditioa 
que de fe procurer , trois jours avant , ce qui fem 
oéceflaire pour le repas des noces , fi on époufe une- 
femme (foit veuve, foit répudiée) : car fi otk époufe 
une vierge , il fem s'y préparer fept jours auparavant^ 
parce qu'il doit y avoir fept jours dt réjouifiance. 
.Voyez Selden, diâo loco , chap. 11 , pag. 171 & 
X71 , &Buxtorf, Synag^ljjj^ judaïque, chapitre 39, 
pag. 628. L'ufage de ces fept jours de réjouiflance eft' 
attei^ Ipar plufieurs exemples dans l'Ecriture. Voyca 
la Cihèfe , chap. 29^ v. 27 ; Tobie , chap. 8, v. 2) ;. 
Les Juges, chap. 14 , v. 15 &c. &c. Si on époufoir 

. plufieurs femmes , les éponsât-^on au même infiant, 
pn devoit confacrer fèparément à chacune d'elles- 
une femaine de joie & de plaifirs. Selden , diâo 
loco, pag. 172. Suivant Léon de Modène, le ven*^ 
dredi efi aujourd'hui « malgré le voifinage du fabbat ^ 
un des jours les • plus ordinaires du mariage des- 
filles. Hifioîia de gli riti Hebraici, part. 4* ch. 3 ^ 
§. 1, pag. 85. 

(732) Selden, p^. 171 , d'après la Mifiia.. U ear 
étoit de même pour les fiançailles. 



& comme Moralijlel 16^ 

buUité du mariage (733)» .On défend auffi 
de fe marier pendant les jours confacrés au 
|eùne(734). 

Ainfi , le contrat ne faifoit pas le mariage, leifiancil 
En vain il étoit écrit. X^nt que la jeune per- fu^^^cr 
fonne n'avoit pas été conduite dans le litrio^j^*^ 
nuptial, elle n'étoit que fiancée (73 y). Mais'*H«^ 
Ion mari eut le droit de Ty conduire à Tinftant, 
pourvu qu'elle fut pubère & qu'elle y con- 
fentît : car elle ^ouvoit demander un an de 
délai fi elle n'avoit que douze ans , & un mois 
fi elle en avoit treize ou qu'il s'agît d'une 
veuve (736). Le privilège de diflPérer ainfi n'ap- 
partint pas exclufivement à la femme ; le jeune 
homme en jouit conune elle : nuis s'il en ufoit 
au-delà du terme prelcrit , il devoit d^limens 
à fa fiancée , hors que la fin du délai nellmbât 



(733) Selden, diflo loco, page 171. 

(734) Mifna, de Jejunîis, chap. i, §. 7, tom. 1; 
page 360. 

(735) Wagenfeîfius fur le §. x du chap. 4 de la 
Mifna , de Uxote adulterii fufpeââ , tom. 3 ,.p. 230. 
Selden, Uxor hebraîca, liv. a, chap. 13^ pag. i8i- 
Gemarre de BaCbylo^e , de Dote^ Lîtterifquematrimo-^ 
nîalibus, chap. 5, pag. 56. 

(736) Selden ,ïlî^ô loco, ch. 8 , pag. 156. Mifna ; 
de Dote , Littérîfque rtwtrimonialibus , tom. 3 , p. 7a. 
idi. s, ^. 2 « & Maîtaonîde , fiy Ce §., p. 72 & 7j# 



17^ Moyfcy conJUérccommtLcgiJlauur 
dans ces jours où les époufailles font défendues, 
bu bien qu^une maladie grave n'enchaînât Tun 
ou l'autre des époux , deux cas qui (ufpen- 
* . dolent jufqu'à leur expiration la condamnation 

prononcée (737). 
i^^ineiqucs Je n'ai ppint à retracer les cérémonies dont 
rckcivcs au les matiagés des Hébreux font maintenant 
"*^^*' accompagnés ou fuivis. On peut confulter là- 
deflîis Bfixtorf , Léon de Modène , Selden ^ 
Bafnage , Ménochius , la Mifna, fes commen- 
tateurs , & tout ce qu'en a dit Calmet dans 
une diflertation faite d'après la plupart de ces 
écrivains (738), Je me borne à ce qui regarde 
la légiflation fans entrer dans le détail de plu- 
fieurs ulages qui ont varié fulvant les teipps ôç 

Il • I I ' I I ^ ' ' ' . 'T ' 

(737) Selden^ diûo loco, pag. x$7. 

(738) Buxtprf^ Synagogue judaïque 1 chap, 59, 
pag. 624 & fuîvantes. .Léon de Modène, Hifioria de 
en riti Hebràici, part. 4, chàp. 3 , è- 2 & fui vans ^ 
p^g. 85 & i'uiyantes» Bafnage > Miâoire des .Juifs » 
tpm. 6, llv. 6, chap. %%\ §. 15 ,. &c. pag. 49^ |8f 
fuîvantes. Selden > Ûxor Hebraka^ Uv. a^ ch^p. 11 
& fuivans , p. 170 &l fuiv. Ménochius ç de Republici 
Hebr. lîv. 3^ chap. ai , p. ^,59 & fuiv. Mifna, d^ 
Dote, Litterifque matrimoniaÛbus *lora, 3:, pag. 56 & 
fyivantes. Calmet, Diflertation fur les mfuriages des 
llébreux , Bible d'Avignon » tonit 8 , pag. 414 fi( 
itiivantes. 



i& comme Moraii/le: i;^f 

!és lieux, Difons feulement que le mariage ne 
s'y célèbre pas ordinairement dans le temple ^ 
mais en pldn air ou dans une falle paré^ exprès: 
Le rabbin , le chantre de la fynagogue ou le 
plus proche parent prenant un vafe de vin , 
ou à défaut , d'une autre liqueur, en fait goûter 
fëparément aux deux époux , après avoir dît : 
<wBéni foit le Seigneur notre Dieu, roi.de 
Ikmivers, quiacr^toutcequiexifte&fermé 
l'homme à fon image* Béni foit le Dieu bien« 
iaiiant auquel nous devons la joie, la paix y 
l'amitié, Tamour, le mariage &c, {7)9) y>* 



(739) lidem , ibidem ; fed ^aecipuè Surenhufius in 
Mifnam, di6^6 loco, ch. i, §. i,p. 57, & Selden , 
chap. 12 , pag. 178 & 179. Voici cette formule : 
BtnediBus fis , DorÂihe Dtus noflcr ^ rex mundi^ qui uni- 
verfa creavit în gloriam fiiam'. B'cntdiâas fis , Domine 
Deus no fier y rex mundi^ creator komïnîs, BenediBus fis, 
Dqmine Deus nofler ^ qui creavit hominem ad fimilitudinem 
fuam , & ad fimlimdinem ima^inis archetypi fui , & pra-^ 
paravit ei ex feipfi) flruSuram {feu adîficium ) ufque in 
facuium, Bmediéius fis ^ Domine Deus nofler ^ creator hih- 
ininis ; gaudendo gaudebit , & exultabit- fterilis coUigèido 
libéras fiios in finum fimm in Ixtitiâ, Senediélus fis, Dù^\ 
piine Deus nofler ,' qui latari facis Sipn in liberis fiiis. 
Lœtando latari foc par hocamatum juxtà Itetrtiam' à te 
dùnatam creatura tuce in àMo Eden ab antiqito, BertediSus 
fis , Domfne Deus no fier , qii latari facis fponfitm & 
fponfam. Ben^di^ fis. Domine Dem ncfitr^ rtx mimdf^ 



iyi Moyfe , conJuUré comme Ugijlateuf 
L'homme place enfuite un anneau au doigt da 
la femme, & dit en ppéfence de deux témoins.: 
c< Que cet anneau vous uniflTe à moi , félon le 
^it de Moyfe & dlfrael (740) ». La ledure du 
contrat fe fait , & le mari le remet aux parens 
de répoufe. On préfente encore du vin & on 
renouvelle jufqu'^ fept fois la bénédiftion 
nuptiale (741). Tous les fpedateurs jettent 

qui çreavU gaudium & htutiam fponfa & fponfût , exulta'^ 
tionem , cantum , hilaritatcm , jubilatïoTum j amortm , fro;^. 
temitatem , pacem &. amicitiam, Confujlim j Dondne Deus 
nofter^ audîatur in urbîbus Judact 6» ïn plattîs Jeruf aient 
vox gaudii & iatttUe , vo^ /po^fi ^ fponfa , vox affeBus 
mutui fponforum ex thalamo fiio , & puerl l choro modu* 
lattoms fuct. BenediEbis fis ^ Domine Deus nojler , qui 
latari facis fponfum cum fponfa. ' 

(740) Selden diâoloco, ch. 14, p* 190 & 191; 
. Buxtorf, Synagogue Judaïque, chap. 39»^g. 65^. 

Léon de Modène , diâo loco, §, 4 , pag. 86. Celui-ci 
aflure que Tufage de Tanneau n'eâ pas général : Alcuni 
ufono all'Aora porgli un anello en dito à fpofarla, ma 
in Italia i Tudefchi per ordinario non lo fanno. Le ma- 
nufcrit que Selden avoit vu,, difoit d*une manière plus 
générique, ma per lo pih non lo fanno. 

(741) On béniflbit pendant fept jours fi les deux 
époux ou un d'eux étoit vierge ; mais un jqur -feule- 
ment, Il un veuf époufoit une veuve. Maimpnide (ar. 
la Mifna , de Dote, Litterifque matrimonialibus » 
tom. 3, pag. f6« chap. t, §• x. Selden, Vxor he- 
braicg, iiv« a, cbap. ia> pag. 180 & i^^- 

auparavant 



é comme Motalijk. ^^7^ 

auparavant pendant trois fois, fur la t|te d^ 
mariés , du froment à pleines mains , .en Us 
invitant à croître & i niukiplier (743^), L^s 
(ètQs du mariage duroient une femaine entière } 
je crois l'avoir obfervé. La Genèfe l'annonce 
de Jacob &: le livre des Juges de Santon (74f ^* 

$. IV. 

Des mariages prohibés par la loi. 

La légiflation mofaïque défend plufieurs Prohibi- 
fortes de mariages. Les uns font prohibés à V?'-* ^^'^^ 
tous les Ifraélites fans exception ; les autres confanjui- 
feulement à quelques-uns d'entre eux. Parlons 
d'abord des premiers. 

i La parenté, la dilBerence de religion & de 
patrie , la ftérilité font les caufes de la prohi- 
bition. La loi rejette l'union du père &deïa 



(742) Calmet, di6lo loco , pag. 415 & 418. Léon 
de Modène, di^o loco. Selden, diâo loco, chap. 15 « 
pag. 192 & fuîv. , & précipuà pag. 195. Buxtorf ^ 
Synagogue Judaïque « chap. j9, pag. éji. 

(743) Genèftj , chapitre 29 , v. 27 iSc 28: îuges^' 
chap. 14 , V. 12 & 17. Selden, diâo io o , cbap ir^ 
pag. 172, & de Jure naturali & gemium , livi:e.5 ^ 
chap. 5. Buxtorf, Synagogue Judaïque, chap. 39» 
page 639. 

S 



5.74 Moyfe^'conjidcré comme tégiflateur 

fille, du fils & de la mère, des frères avec leurs 

focufs ,' de la petite-fille & de l'aïeul, du petit- 

•fils & de l'aïeule , du neveu avec la tante 

paternelle ou maternelle (744)^ Moyfe ne «dit 

rien fur relie de la nièce & de l'oncle , &r on a 

conclu qu'il la regarde comme pemiife. Il y -a 

en effet entre elle & Taflociatiori de la tante & 

du neveu, une différence fenfible , remarque 

^ Ménochius (745). L'époux étant le chef, le 

gouverneur de la famille, il feroit peu décent 

de lui foumettre une perfonne qui a droit à.fon 

refpeft , mais il eft naturel de lui en foumettre 

ime qui lui doit déjà ce fentiment, 

prohtbi- Aux prohibitions dont la confanguînité fut 

déwfwrâf-*^^ bafe, joignons celles qui eurent pour fon- 

£ûicé. dénient l'alliance ou l'affinité. On déclare 

illicites (746) les mariages du fils & de la 



(744) Lévitique, chap. 18, v. 7 & fuivans. 

(745 De Republicà Hebr^orum, liv. 5 , chap, 20, 
§. 2^ pag. 349. 

<*(746) Lévitique , drdo locd , v. S & fuivans. il 
y a dans TEcriture un exemple célèbre d'un marîsge 
contrafîé avec les deux fœurs; celui de Jacob qiiî 
époafa , comme on fait , Lia & Rachel : mais cet 
exemple eft antérieur à la loi de Moyfe. Voyez 
le Deutèron. cfa. 22 ^ v. 30. Les rabbins ont encore 
éteçidu les prohibitions de la .loi relativement aux 
affinités. Voy. auiS la Mifna, t. 3 , dfe Levirorum in 



& comme 'MoraR/k. * kjf 

belle-mère ( marâtre ) , du beau-père '& de la 
fille , du gendre avec la mère de fa femme 
& de la belle-fille avec le père de fon mari, 
de la tante avec Tépoux de fa nièce & du 
neveu avec la femme de fôn oncle , celui 
avec la fœur , la fille pu la petite fille de 
fon époufe , celui même avec la veuve de 
fon frère , s'il n'eft pas mort fans enfans. 

Les mariages avec des étrangères ne fo* i>»œ«^ 
birent-ils pas auffî Tinterdiâion de la loi ) lu^ktt. 
La religion en infpira l'idée à la politique. 
Dans la Genèfe , après le crime de Sichem 
envers Dina , fi les enftins de Jacob coiifen- 
tent à voir leur femille s'unir avec des He- 
véens , ils font maîtrifés par les circonftances , 
& encore ne' cèdent-ils pas fanis avoir exigé 
d'Hemor qu'il fbumettra fon peuple à la: cir-, 
concifion (747). Dans l'Exode, Jéhova re- 
nouvellant les principales conditions de (on 
alliance avec les Hébreux , leur interdit ces 



fermas offictis, chap. 2, §. x & fui vans, pag. 5 & 
fui vantes; la Gemarre de Jérufalem, ibidem, ch.ii> 
fol. 3 , col. 4 » & celle de Bâbylone , ibid. , foL ai ; 
Mikotfi , Prâcept. négat. no; Pefiktha Zotertha, 
col. X , fol. 24 ; Selden , Uxor hebraica , liv. x , ch. a » 
pag. 7 > 8 & 9. 
(747) Genèfe /chap. 34 , r. 14 & fiiîvans. 

$2. 



47^ "iMoyfe ,. confiiéré comme Légijlateur 
jtnariages comme propres à entraîner peu-à- 
peu leurs enfans vers Tidolatrie (748), Il les 
interdit de nouveau dans le Deutéronome, 
jùDujours de peur que les Ifraélites féduits 
fie l'abandonnent pour oflFrir à d'autres Divi- 
nité une adoration criminelle (749). Salomon 
4^on>mit cette faute ^ & on la lui reproche 
dans le troifième livre des Rois (7J0). Efdras 
ayant appris à Jérufalem que plufieurs Juifs ^ 
même de la tribu de Lévi , s'etoient mariés 
avec des étrangères idolâtres , leur ordonne 
.<fe les renvoyer , ce qu'on exécute dans une 
aflemiblée générale du peuple (75 ï). H leur 
iiait renouveller enfuite la promeifledenepoint 
^pouièr de femmes femblables^ & de ne les 
point faire, époufer à leurs erifens (7yz). Plu- 
iieurs Ifraélites ayant manqué à cette promette, 
Néhémias les reprend , les maudit , en bat 
quelques-uns , leur Eut rafer les cheveux & 

(74?) Exode, chap. 34, v. 16. 

; (749) Deutéronome , chap. 7, v. 3 & 4. Voye? 
auffi Jofué, chap. 23 , v. 12 & 13* 

(750) 3 Regum, chap. 11 , v. 2, 3 & 4. 

(75 1) I Efdras ^ chap* 9 , v. i , 2 & 3 , & ch. xoj 
y. 3, ji, 12 &c. 

(752) a Efdras, chap, 9, v. 3Q4 



& comme Moralijie^ lyy 

ren©uvellef leur ferment à Jéhova C7n)* ^ 
chafle même un des fils du grand-prêtre (754)^ 
qui àvoit époufé une étrangère. t^preM-: 

L'exclufion néanmoins ne tombe pas indif* bome-f-eiie 
tinftement for toutes les femmes qui n'avoient ^l^u^,^ 
pas la Judée pour patrie. Elle feborne aux peu- 
ples defcendus deChanaan , dont la terre étoit 
pîomife aux enfans dlfaac ^ de Jacob {7^^% 
Plufieurs exemples le prouvent, & l'exemple 
de Salomon lui-même. A peine monté fuF 
ïê trône , dans un temps où fes vertus lui 
obtenoient cette réputation; de fageffe qu'il 
ne mérita pas toujours , il époufe une Egyp- 
tienne, la fille d'un Pharaon (75^). RutÈi 
«toit Moabite ( 757 ) ; la mère d*Abfalom' , 
Maacha , reçut le jour de Tholmaï , roi de 
^Geflîir ( 7f 8 ) > celle de Roboâni , Nom». , 

f7 53) Ibidem 5 chap. i j , v. 23. 
(754) 2 Bîîras j chap. r3 , v. iR 

(7Î5) Voyez l'Exode, chap. 23 , v. 20 & 24, A 
les Nombres , chap. 34 , v. i & fuiv. Voy«z âûffi 
Ménochius, de Republîcâ Hebrafeorum, liv. 3 , ch. 20V 
§. 4 , pag. 350 & 3^T ; les deux GemarMs,.&-Mi« 
kotfi, PrsBcep. negat. ri2 & 116; 

(7Î^) y Regum, chap. ir, \^u ' 

(y'yy) Ruth y chap. i , v. 4. 

(715^) 2 Regjim, chap- j, v. 3^ 



178 Moyfcy conjideré comme Légijlateur 

ëtoit Ammonite (7J9) , & Moyfe , Torgane 
& le pontife de la loi, fut répoux de Se- 
phora , fille de Jéthro & Madianite ( 760 ). 
Jofeph , avant lui , époufa , en Egypte , Afa- 
neth , fille de Putiphar , non de celui qui 
l'avoit eu pour efclave & qui étoit maître- 
^'hôtel de Pharaon s Inais d'un autre qu'on 
fuppofe avoir été grand- prêtre d'Héliopo- 
lis (761), Quelquefois de pareilles unions fe 
firent par Tordre de Jéhova, Il défigne une 
Philiftine à Samfon {j6x) : il excite Efther 



(759) J^osèphe, Antiquités Judaïq. liv. 8, chap.'3, 
în principio. 

t (760) Exode ,cbap. 2 , 1. 16 & 21. Voyez le livre 
des Nombres, chap. 12, v. j. 

^ (761) Josèphe, Antiq. Judaïq. liy, 2 , chapitre 3 i 
pag. 44. Philon, de Jofepho, tom. 2 , p. 58. D'autres 
font de ce Putiphar un des principaux officiers de la 
cour du roi , un de fes confeîllers" ou de {qs mi- 
nîftres. Le rabbin Eliézer , pour j unifier Joseph 
d'avoir épouféun^ Egyptienne, ditqUe cette Afaneth 
.étoit fille de Dina 6c de Sichem ; .mais qu'un ange 
l'enleva de chez fa mère pour la tranfporter dans la 
inaifon de Putiphar dont la femme éto;( flérile & qui 
la regarda toujours comme fa propre fille. Pirke , 
chap. 38. Préfenter de pareilles abfurdités, c'eft y 
répondre. 

{j6z) Juges, chap, 14, v. 4, 



à é^ufer Afluérus, (765) : il a prévu. tes., . . 
avantages qu*ai. recueilleront. Iss defcendans^ 
dlfraëL * :. 

. Comment, d'ailleurs concilier une exclu- Dérn^riV' 
fioa abfalue avec, ce paflage du Deutéro- ca^Uv^^ ** 
nome.-fitr les, pdfQmiière& acquifes.gar le- 
ibrt dès combats (7^4) ?. « Si la beauté- dluner 
captive vous enflamme & que vous la dér, 
firiez pour epoufe ^ amenezrtla da^s votre; 
maifon- Y dëpofanjË? Thabit donc ella; était 
vême quand on Ta privée de fa liberté ^ 
que , dans Fàppareit dé la. trifteffe , efla- 
pleure pendant un moi^ Fes parens qu'elle 
a perdus i vous liii donnerez enfuite de^ té- 
moignages^ de votre tendreffe ^ & elfe fera; 
votre femnxe »...Il femble néanmoins; que ce; 
ne fut pas un mariage iprëvocable, puifqtiô 
Ja Vulgate- ajoute r-Si^on ceffè dans k fuhè 
de: l'aimer, on la renverra Hbre fans^^qu*0rîf 
puifle ni là vendre , ni fà. férvir àe font 
pouvoir pour l'opprimer , parce qii'çoi l'ai 
humiliée (7^j). ' ' .^ 



■ (76^3)^ Voyez- le liv. d'Efther, chap. 2, v. rat^ "^ 
(764!) Deitteron. , chap: 2V, v. 11, 12 & 15. 
(765 ) Au reflè , l^hcfbreti nà dit pas comme Ta Y^- 
gâte , dans- la fuite , maïs feulement, fi vous ne P^rmcj^ 
/7 ji ;; comme^ au lieu à'o^imere j^er ponntîam'^ il y 9:^ 

• S.4 '-- 



'^l8o •Moyfci confidéré comme Légijlateur 

tes 3mf$ S'il faut reftreindre aux Chaninëennes la 
îitnusdcdéfenfe de s'unir à une érran.ère, c'eft le 
ic marier coHible de TerreuF de prête ndra que les Juifs 

dans leurs. _ . 

tribui.' n*eureht pas la faculté dt le marier entre 
- eu;t hors de leur tribu. David naquit dans 
ïa tribu de Juda; & deux de fes femmes , 
MichoF & Achinoatn, étoient l'une de celle 
de Benjamin (766) , & Tautre de celle de Ma^ 
ioM' '7^7). On CFppofe en vain une loi qui 
fiîïiblé établir le contraire , fur le prétexte 



^pirâ tjits fcrvili utu Josèpbe dit aiiilî^ Antîq. Judaîq. 
lîv. 4, chap. 8, pag. 126 ■ ^i vous la méprJfe{^ après 
avoir fatjsfah votre pafflon. Le plus grand nombre des 
fâbtiînJ 'entendent différemment Cq paiTage. Ks difent 
^e les Juifs eurent le droit, q*'and iîi avoîent une 
carptive, d'en jouir une fois ; mais qu*ils ine le pou« 
voient une fécond* , faos fè marier avec elle.Sepher 
fiphri, col. 199. Le rabbin Bêchai, in Biur, fol. 222, 
col. 4. Kimchi, furie lîv. 4 des Rois, chap. 13, v, 1. 
Afîtotiî, Praéc. affirmât. 122. 

IjdS) I Regum , chap. 9, v. x & *; chap. 14; 
yerfet 49. 

(767) Elle étoît de Jezrahel. 1 Rois, chap. «ç ; 
V. 4} , & ch^p. 27, V* 5. Or , Jezrahel étpîr en S<^- 
]nàrie> & par conféquent de la tribu de Manaffé & 
non de celle d*Ephraïm, comme Vont écrit, par inad- 
vertance fans doute , quelques écrivains qui ne font 
que fe répéter , fans prendre même la peine de w-; 
rifier les affenions qiVils copient. 



& comme Moralijle. 18 1 

Àe rendre permanentes les fucceflSons & par 
conféquent les propriétés (768). C'eft en l'in- 
terprétant mal & en cachant la circonftance 
qui la fit naître , qu'on abufe du fens de cette 
loi. Le texte hébreu ne dit pas feulement 
comme la verfion latine : Toute femme fera 
tenue de prendre un mari dans fa tribu. Il dit l 
Toute femme qui aura été héritière. On le régla 
ainfi à Totcafion de la fille de Salphaad (769). 
Son père lui laiflbit une fucceflîon confidé- 
rable qu'on craignoit de voir pafler dans 
unei autre tribu. Les Sages s'aflemblèrent ; 
on confulta le Seigneur , & il donna Tordre 
que i*ai retracé. 

Il eft donc clair que ce fut ici une loi 
particulière dérogeant à la loi générale , 
& créée pour empêcher la confufîon des' 
biens & des partages. Il refte donc certain 
qu'il ne fut point indifpenfable de fe marier 
dans fa tribu. Nous conviendrons pourtant 
que , fi TEcriture n'y oblige pas , elle y 
Invite fouvent (770). L'ufage eii eft ancien 
parmi les Juifes Abraham^ Ifaac & Jacob choi* 



(768) Nombres, chap. 57, v. 7. 

(769) Nombres , chap. 36, v. i &fiiîvans. Voyea 
Ménochius. liv. 3 , chap. 20, §.7, pag. 353- . 

{770) Vide pracipuè Tobie, chap, 7, v. 14. 



lit -Moyfcy conjidéré comme Légijlateur 

firent leurs époufes dans leur famille (771). 

Mariage^ . D^ tout tcmps les Juifs livrèrent au mépris 

fJmmrfté. ^ ftérilité. Point de mariage avec les per- 

nic. Signes fQjjj^gj g^je la nature V condamnoit , fi oa 

delaftérili- | - ^ * - 

té. n'avoit déj à eu une femme & dfes enfans, (77^)* 

Les fignes de la ftërilité qui s'opposèrent à 
Vaflbciation conjugale 3, font rappelés par 
Maimonide (773). Je les rapporterai d'après 
lui, & pour ne pas blefler la décence ,, je 
le ferai dans une langue étrangère : Signai, 
ficrilitafis funt Ji ipjî non fini mammœ ut mammtt. 
aliarum mulkrum y & fi illi non crefcai pilus in 
fuperficie corporis utl aliis mulicribus , & fi illi fit 
vox fonora , utl viris ejl ^ & fi locus ilU non pro^ 
mineatextrà.corporis£uperficicmyjiixtà namtam alia^ 
mm mulurum. Et hoc efl iUud quodfapimtes volunt y. 
cùm dicunt ; Non. efl: illi venter declivis inflar 



(771) Voyez les chapitres -n , 24 & 25^ cte I» 
Genèfe* . . : - ./ 

(771) Voyez TExode , chap. a^ , y.. 26.,Mi{ha> 
de Levirorum in fratrias offiçiîs , chap. 6,,.§, 7» 
tom* 3 ^ pag* il, & Maimbnidè fur ce §..Iéhoya 
en fra{5pe quelquefois les fèmmeô d*ont là conduite 
lui a déplu. Michol eft-rendue.ftérile, pour s'être 
moquée de David qui fautoit devant l'arche^ a B^egum, 
chap. 6 . V. 13. . ' , ^ 

(773) Maimonide fur la Mitna , de tevirorunl îa 
fratrias offidis, chap. i j^ §. i , tbm. 3 , pag. %^ 



r 



& comme Moralljie* 18 j 

mulierum» Cc&umm efl^ continue-'t-on, qui errât 
in hoc & putai quod hac 71011 funt Jïgna flerili- 
mtis , fid gu/modi qua reperiimtur In plurimis 
mulkrihus y cujufmodi muikres non lantoperè de- 
kcîamur coïtu & ^aviser eum fcrunt. Cela efl 
dit en d'autres termes dans le même volume 
de la Mifna (774) : Notœ infœamdamm funt 
carerc mammis , fentire dolorem m re vcnered ^ 
non hatere dcdlvkattm in puhe more aliarum 
fxminarum &c. &c\ &c. 

Si le mariage avec une femme ftërile efl: Dcsmarî** 
défendu aux Ifraëlites en géne'ral , il Feft plus pbs ^rci- 
particulièrement aux prêtres (775). On défend ^u'^p^ialicl 
encore à ces derniers , fur- tout au pontife 
fliprême , d'époufer une veuve , celle même 
'qui Teft par fiançailles ^ fut h fondement , 
dit un commentateur , que la veuve n'ell 
pas entièrement pure, & que fa penfée la 
reporte fouvent vers fon premier mari (776). 



(774 Wagenfeilius fur la Mifna, de Uxore adul- 
"terii fufpeâû, chap. 4, g. 3 , tom 3, pag. ^37. 

(77$) Miftid , de Loviromm m fratrias ofEciîs , 
cliap, 6, g. 5, tom. 3 , pag. 22. 

(776) Aharbenel , comment, in leg. ^ pag. 259. 

IWagenfeilius 5 dldo îoco , §. i, pag. 231. Voyez, 
^Arùs le irsême vol. de la Mifna^ le Traité fiir les 
"devoirs des beaux-frcres envers leurs belles -fœurs. 




184 Moyfcj conjidcré comme Légljlatcur 
On leur défend toute union avec une perfonne 
répudiée, parce que, dit-on, l'homme qui 
répudie n'eft pas cenfé le faire témérairement 
ou méchamment, mais pour avoir découvert 
^ ^elque chofe de honteux (777). On leur 
défend , quoiqu'il n*y ait fur ce fujet aucune 



^3P* ^ 9 §^ 2 9 3 & 4 » pag- SX & 22 ; celui fur les 
fiançailles , ainfi que les commentateurs , chap. 4 , §. 6 
& fuivans , pag. 380 & fuivantes , & le tévitique ^ 
chap. Il , V. I r. Les doôeurs cirés bornent la défenfe 
au grand-prêtre , & cette opinion là phi^ générale eft 
conforme à celle de plufieurs favans cfirétiens > parmi 
lefquels nous citerons Selden^ \Jx<x bebraics,Uv. x, 
chap. 7^ pag. 45, & de Succeilionibus in pontiâca* 
tum , liv. 2 , cbap. 2 , pag. 409 & fuivantes ; Bafnage, 
Hifloire des Juifs, tom. 6, lîv. 6, cfiàp. 2X3 §• ^r 
pag. 479 ; Cunaeus de Republîcâ Hebnéomm , Kv» 2', 
diap. 3 , pag< 1^5 , 6c Calixte de Conjur. deric. p. 59. 
.Grotius pourtant Is combat avec force , de Jure 
belli & pacîs , livre 2 , chapitre 5 , §. 6 , & veut 
que la prohibition foit égale pour tous les prêtres; 
mais Wagenfetliu%;ï répondu avec aiitant de fdrce 
& plus de vraifenihkiijice , pag. 231 » u^% & 23> de 
de la MUha^ tom. | , de Uxore adqlterii fpfpe^â, 
'chap. 4, §. I. . . ; •:. 

{777) Abarbeneï , dîSo ioco , p. 259. téyitîciue, 
thàp. 21 , V. 7 !k 8. WagenfeiKus , fur te;§. V dji 
cbap. X de la Mîfna, de tTxôre àdultériî fufpcât, 
tom. y , pag. ;i3r3* Cunasus, de Republicâ^llebraeorumy 
liv. 2, cbap; 3 , pag. 195. 



& comme Moralijle. x%f 

îoiprécife , d'époufer celle que fon beau-^frère 
a reftifée par la léviration, parce qu'elle eft, ea 
quelque forte , répudiée. Si pourtant ce refus 
cft incertain , le prêtre qui , dans le doute , s'eft 
uni à elle, n'a pas fornié une union illégitime; 
le doute n'autorifant jamais une extenfion ri- 
goureufe (778). Il n'en eft pas ainfi de Ja veuve, 
de celle qui a fouffêrt le divorce, de la profti- 
tuée , de la femme impure. Moyfe ayant 
condamné ces aflbciations , on ne les contrade 
pas fans violer ouvertement la difpofitioti 
^xpreffe de la loi (779). C'eft une vierge qu'il 
confeillfij aux prêtres de choifir parmi les jfiUesi 
d'Ifraël (780), & une vierge d'un rang dif- 
tingué : car les miniftres de Jéhova ne mêloient 
pas le fang de leur race à celui d'une autre (78 1)% 

(778) Mifna , diâo loco. 

(779) Lévitîque, chap. 21 , v. 7 & 14. Mifna; 
didlo loco, & pag. 21 , 22 & 380. Selden, Uxor he- 
braïca, liv. i, chap. 7, pag. 45. 

(780) Lévitique , chap. 21 , v. ij & 1-4. Gemarre 
de Babylone, de Levirorum in fratriasofficiis, ch. 6, 
pag. 59 & 60. Selden , diâo loco, pag. 46. & 47. 
Ce dernier obferve que pour le grand-prétre , U ne 
fuffifoit pas d'être vierge ; il falloir encore être iov 
pubère , ou n'avoir pas atteint Tâge ordinaire de 
la puberté. Pag. 46 ôc 47. 

(78;) Lévitique, chap, ai , v. 15; 



%i6 Moyfe j conjtdéré comme Légijlateur 

ils choifîflbient les defcendantes de Lévî , dont 
les fils avoient part exclufivement au miniftère 
des autels. ' 

Des maria- Le mariage avec un bâtard ou une bi- 
bâtards? ^ tarde n*eft pas feulement profcrit par la loi 
ïluf qu»on civile (782) ; la loi criminelle le foumet à des 
ifiurpcrmcti peines affliâives (783). On permit néanmoins 
aux bâtards d'ëpoufer une efclave , afin de 
•laiflfer à leurs enfans la poffibilité d'être légi- 
times : fi elle étôit afi-ranchie , ils acquéroient 
Tingénuité , puifqu'ils fuivoient le fort de leur 
mère (784). On leur permit encore d'épouf^r 
une profélyte , mais la race née d'une telle 
union reftoit marquée du Iceau de la bâtar- 
dife (785:). 

Que ces malheureux , que les rejettons d'un 
fcs avec les commetce infâme foient exclus pendant dix 
eunuques, ^^^^^^xiovis de raflèmblée du Seigneur (786) , 



(782) Cela ne pouvoir être autrement, puifque les 
bâtards étoient exclus de l'affemblée du Seigneur 
jufqu'à la dixième génération (videftiprà, p. 211); ce 
qui renferme par conféquent les hommes & les femmes. 
• (783) On condamnoit au fouet les deux époux. 
Voyez Wagenfeilius , fur la Mifna , de Uxore adult, 
fufpedâ , tom. 3 , chap. 4 , §. i , pag. 253. 

(784) Wagenfeilius, diQo loco, pag. 233 & 234. 

(785) Wagenfeilius, ibidem, pag. 234. 

(786) Deutéconome , chap. 23 , v, 2- 



& comme Moralijle. ity 

cette févérité peut être juftifiée , fi ce qui a 
la fanétion divine a befoin de l'être. Un faint 
Yele pour les mœurs , une jufte horreur du vice, 
les dangers politiques de la proftitution dont 
les ravages font fi efFrayans chez les natiolls 
modernes qu'elles regardent comme néceflaire 
le gouflfre de corruption ou elles font plongées, 
ont pu infpirer Tidée d'étendre la punition 
jiifqu'aux enfans du coupable: mais, comment 
tandis qu'on mettoit des obftacles aux ma- 
riages des bâtards, la jurifprudence hébraïque 
les permet-elle aux eunuques avec les aflFran- 
chies , les profélytes & les filles de ces bâtards 
eux-mêmes ? Si des théologiens diftingués & 
de favans jurifconfultes ont réprouvé cette loi, 
défendue par beaucoup d'autres , tous con- 
viennent que , depuis lès temps anciens.^ elte 
fut ^dmife par les Hébreux (787). 

S. V- 

Des mariages ordonnés par ta tou 

S'il fut des matiages prohibés par la loi> Laiévîra- 
il en fut qu'elle exigea, tel que celui d'un ^°° °^^]|;^^ 

Ipi. 

(7S7) Deutéron. chap. 23 v. i. Wagenfeilius fur 
la Mifna , de Uxore adulterii fufpeââ , chap. 4 , $. 4, 
t. 3 , p. 241. Du refte, les eunimues ne poùvpient pas ^ 
flus^que les bâtards, époufej des Ifraélites d'origine. 



i8S Moyfe , conjiiffc comme tégijlateur 
frère avec la veuve de fon frère mort fans 
poftérité. Je l'appellerai léviration , d'après le 
mot latin, pour n'être pas obligé de recourir 
fans cefle à la longueur d'une périphrafe. Le 
f)remier des enfans ifllis de ce mariage portoit 
le nom du parent perdu , afin que ce nom ne 
s'éteignît pas dans llrael, & il fuccédoit aux 
biens laifles , à Texclufion de fon propre père 
& de fes frères nés auparavant d'une autre 
époufe (788). 
rufaEccn En plaçant cette loi dans le Deutéronome, 
TuofCt!^^ Moyfe confirma, une coutume ancienne. Nou^ 
la voyons obfervée avant ce lë^flateur, par 
un des enfans de Jacob. Her Tamé de la famille 
de Juda étant mort fans poftérité, le père 
unit Thamar fa veuve à Onan fon fécond 
fils (789); mais ce dernier peu jaloux d'en- 
fanter pour un autre & de fe priver par-là 

, (788) Deutéronome, chap. aç , v. ç & 6. Voyez 
Ruth , chap. 4 , v. 9 & fuivans , & Selden , Uxor 
Hebraica, part i , chap. 12 , pag. 79 & fuivantes. 
I^li léviration n*ai guère lieu aujourd'hui parmi les 
Juifs d'Occident . tous fujets de princes dont le culte 
& les loix défendent ces fortes de mariages. Voyez 
la préfiice de Surçnhufius , fur le tome 3 . de la 
Mifna. 
(789) Gtxàk^ chj^ 38 # V. (, 8 & 9. 

d'une 



& comme Moralijlei lï^, 

d'une fucceflîon & d'un droit d'aînefle cfui lut 
ëtoient également aflurés , fe permit cet abus 
coupable des plaifîrs de ramoun& du devoir 
conjugaTqui a donné à fon nom une fi malheu- 
reufe célébrité. 

Sans doute la lévitation étoit alors indif- avoîco* 
penfable, puifque Onan fe foumit fans réfif-|f fg^j^ç/* 
tance & fans murmure à la volonté paternelle. 
Moyfe en diminue un peu la ïiéceffité , mais en. 
lui fubftituant une forte, d'iilfamie publique. 
Il ordonne (790) à la veuve refufée de s'adreP 
1er aux anciens qui interrogeront le frère. Si 
celui-ci perfide dans ion refus , elle s'appro- 
cherra de lui , lui ètera fon foulier comme pour 
le punir de ne vouloir ni prendre poffeflîon de 
rhéritage fraternel , ni entrer dans fa famille , .: 

& elle lui crachera au vifage en difant : « Ainfi 
fera traité Thomme qui ne veut pas perpétuer 
le nom de fon frère , & une dénomination hon- 
teufè fera donnée à fa maifon dans Ifrael ». 

Nous avons quelques obfervations à ià^re q^^ç^^^^^ 
fur cette loi. i** Elle n'oblige que les frères ^«'û*, ^^ 
germams ou conlangums , jamais les treres 
utérins. 2.° Si le mort laifle plufieurs femmes. 



; (790) Deutéronome , chapitre 2^ , v. 7-10. Sa 
maifon, dit le y. 10, fera appellée la miifon dd^ 
déchaujfé. 



îijb Moyfcj conjiâcte cofnmt LéglJlatcuY 
Il fuflSt d'en époufer une ou de la refofef publi- 
quement» 3* SU n'y a qu'une veuve & qu'il 
cefte plufieurs frères , ils font tous dégagés par 
le choix ou le refus d'un d'entr'eux. 4*^ Tous 
les biens du mort, même la dot de la femme, 
appartiennent au beau-frère qui s'unit à elle. 
5^ Si par hafard l'époufè du mari mort eft la 
fille du frère vivant ou la lœur de fa femme, 
il n'y a pas de léviration , parce qu'elle feroit 
înceftueufe* 6^ La confanguinité d'une des 
veuves difpenfe le frère de s'unir même avec les 
autres. 7® Enfin , l'extradion du fôulier n'eft 
jamais permife à la perfonne incapable d'être 



(791) Maimonide, fur la Mifna^ tom. 3 ,de Levi- 
rorum in fratrias ofliciis , chap. i , §f t > pag. i & 
foi vantes. Bartenora , fur le même paragraphe. Wa* 
genfeiliuis , fur le traité de tJxore adulterii fufpedâ , 
chapitre 7, §, 4^ pag. a6o. Sclden, Uxor Hebraica, 
liv. X , chap. 12 , pag. 80 & 83 ; chap. 13 , pag. 90^ 
& de Succeffionibus in bona defunûorum, chap. 14, 
pag. 100 & 10 1. Léon de Modène, Hïfloria de gli 
riti Hebraici, part. 4, chap. 7, §. i, pag. 49. Je ne 
rapporte que les cas principaux. Les rabbins donnent 
là-deflus une infinité de décifions qui rentrent toutes 
dans les fept que j'ai rapportées. Voyez d'ailleurs les 
pages 5, 6, 7 & fuivantes du tom. 3 de la Mîfna, 
& la pag. 48, & les chap. 12 & i} d'Uxor Hebr. 
|f*oublioi)s pas que le roi & fa veuve ne furent ja- 



^^^^ & tomme Mofalïjlei i^ t' 

^1 Quel que Rit le fort deftiné à la veiive par Quand lît- 
r^ fon beau-frère, elle ne Tapprenoit qu'au bout [rîévua*'* 
de quatre-vingt-dix jours* Les femmes qut^^°^* 
avoient été mariées ne f® fiançoient qu'après 
trois mois , & attendoient trois mois encore 
pour paflèr au lien conjugal, qu'elles eullent 
ou non été répudiées , quelles enflent ou non 
connu les plaifirs du mariage (791) : mais il ne 
reftoit plus de doute parce qu'il ne reftoit plus 
d'alternative , fi le frère avoit goûté ces plaifirs 
avec fa beUe-fœur ^ foit par erreur en croyant 
r que c'étoit une autre femme , foit de propos 



I mats fournis â la léviration, dans quelque fens qU0 

^K ce foit \ le fouverain ne pouvant être expofè à voir 
^V ôter Ton (oulier par fa bdle-fœur qui Jui eÛE craché 
I au vifage. Mifna, tom. 4 9 de Synedriis, chap, xi 

%. %, pag, iiô & 217. Selden^ diûo loco, ch. tO| 
pag. 74 & 7î* 

(792) Mifna ^ de Leviromm in fratrîas offidisi 
chap. 3 3 §* 10, tom, 3 , pag, 1$. Léon de Modènd 
en donne la raifon , Hiiloria de gti riti Hebraicî , 
part, 4, chap, 2 , §. ç , pag. 84 ; afiû qu'on fach0, 
dit-il , £1 elle n'ell pas enceinte de fon premier mari^ 
& que le fort de l'enfant qui pourroît naître ne foit , 
pas douteux : Accîo che fi fappla fe c grm^ida de prima 
mariîQ > c non rtjîl m duhio il nato. Buxtorf dit la jnéme 
chofe , Synagogue judaïque , chapitre 4t ^ pag, 6^0 1 
ainfi que Seldçn^ Uxor Hebraica^ liv* 1 ^ chap^ i\^ 
page 8a, 





19^' Moyfcj conjidéré comme Legijlateur . 
médité & par une débauche criminelle. L'eii- 
gagement pris alors devenoit facré. C'étoient 
de véritables époufailles que le divorce feul 
pouvoit anéantir (793). 
Fcfmalkcs Le Contrat de la lévitation diflfere peu des 
dfuT*^-^"* contrats ordinaires de mariage. Nous en avons 
cion. indiqué la forme (794). Voyons celle de Tafte 

établilTant la liberté de la veuve par le refus de 
fon beau -frère. Les triumvirs s'aflembloient. 
La veuve annonçoit devant eux qu'elle avoir 
perdu fon époux, & qu'il ne reftoit aucun 
fruit de leur union , pour en propager le nora 
dans Ifraël. S'adreflTant à fon beau-frère , elle 
Tinvitoit à Tépoufer. Les juges lui en iFépétoient 
f invitation. Sur fon refus confiant , on or- 
donnoit à la veuve de lui arracher fonfoulier,- 
^ de lui cracher au vifage, de manière que 

• (793) Mifna, de Levirorum in fratrias ofEciis , 
chap* 6, §. I, tom. 3 , pag. ao. Il ne fut pas même 
liécefiaire que la jouiflance eût été telle que la grof^ 
ir«fle eût pu là fuivre : Tarn is qui d^ttpt , dit le 
texte.» quàm is qui complet^ acqmfivît ;' ntqut dîjfèrentîd 
tjl inter coitum .& coitum. Il feut entendre par detegh^ 
dit le commentatâir Bartenora, qm tantàm eoronam in- 
troduxit ; fimplex verh iforùduefio txtttior <:6rùTut , vcatur 
pfculatto. Maimoakle~'j>'exprime à-peu-près dans les 
cernes terines. '' -. :-a, j. ..... ..- .-. 

(794) Vide fuprà , §• 3 ^ p. 165 & a66. 



. ' & comme Moralijk. ' *±^ 

tout le monde en vît Tempreinte. On lui per- 
mettoit enfuite d'époufer Tlfraélite qu'etie 
choifirdit, & on lui donnoitun ade écrit; qui 
.ratteftât(79y). 



• (795) Voici cet a6le eh entier : 

Dîe N. , menfis N., anno N. i creatîone mundî , juxti 
confiutum nohîs calculum , in loco N. , Nos judices ex 
hâc parte ut confejjus triumviralîs fieret pnefe^i, înforrm 
judicîi comfedimus. Venit coram nobis H.y filîa N. , vîduM 
N. , 6» coram nobis adduxit quemdam virum diBum N.. , 
filium N. ^ & ad hune modum nobis effata eft illa N* 
IlleiV., filiusA''., frater germanusA^., mariti mei diim 
ego ejus uxor fui. Maritus autem meus dormit, & 
vîtam reliquit rabbinis noftris & toti Ifraël. At filium, 
filiamve fibi haaredem aut qui nomen ejus propagaret 
fufcitaretve in Ifraël non reliquit. Ex lege verô a^- 
tinet ad^A^. fratrem ejus jure leviratûâ me ducere in 
uxorem. Dicant igitur ei rabbini noftri , fi me vriit 
ducere , ducat ; sui verô , ut difcalceetur mihi p^s 
ejus dexter, folvam calceamentum ejus , & exfpua/n 
in confpeftu ejus (feu versus faciem ejus); 6» mani^ 
fefium fatis eft N. hune fratrem ejje germanum N. ^u} 
demortuus eft. Et dixïmus ei- : Si vis jure affinitatis. 
tducere cam , ducas j sirt verô , di(calceét ea pedéîtn 
tuum dextrum coram nobis & folvat calceum à pede 
tuo, & in confpeôu tuo \kvL Versus faciem tuam) 
exfpuat, Ule verb rejpondens^ di^it : Nôlo ego jure |e- 
viratûs eam ducere. Et ftatim lept nabis illa N. Reniiit 
leyir niQus fvifcitare fratri fiio nomen in Ifraëi, niec 
vult me ùt levir hdbtrQ, Jlle etiam .nobis legitt^Hhtk 



)l94 Moyfcy emfiieré comme UgiJUtcur 

Deux témoins fuffifoient, & les femmes; 
Igs efclaves , les perfonnes peu âgées pouvoient 
Tétre, quoiqu'elles n'eufientpas ordinairement 
cett^ feculté ; parce qu'on n'avoit eu d'autre 
objet, difoit^on, que de divulguer ce qui 

placet mihi eatn accipere. Et dîfcalceavit tUa fcdcm 

fjus dextrum , fobao ejufdem calceo , & exfpuh vershs fa* 

ciem ejus fputum ( quod à nobîs cemebamr ) ex on fuo in 

terram. Et rursîes legehat nobis illa N. Sic fiet viro qijî 

pon aedlficat domum firatris fui & vocabitur nomea 

ejus in Ifraël, domus difcalceati. Et nos judîces^ fy 

cttteri unïvtrfi qui coram nobis jam conJUtuti refponderunt 

fofl cam : pxunis efi calceus, exutus eft calceus » 

exunis eft calceus ; tribus fcillcet vicibus. Atqut hoc ad 

tune modum p^ra&o^ intégra datur ei pouftas nubtndiubU 

çunqm volucrit , nec quifquam ei vir interdiâus efi ( boç 

nomine ) ab hoc tempore in pçrpctuum» Rogavit autim 

iila N« â nobis libellum hune remmtiationis feu cakei 

fxùti y quem fctipfimus , çbfignavimus , eique dedimu^ Ui 

f Jruatur juxtâ infitmutn Alqfis & Ifra'èl, 

N. finus N. teflis. 
N. filius N. tefiis. 

Voyez , dans la Mifna , la pré&ce du tome 3 , & 
Seldçn , Vxor Hebraica , part. 1 , chap. 14 , pag. 98 , 
99 & 1 00; Buxtorf, Synagogue Judaïque, chap. 41 , 
pag. 652 & 653 ; Gemare , de Synedriis^, chap. I3 & 
de Levirorum in fratrias ofliciis^ chap. 12; Mikotfi,' 
Frascept. affirmât. 52, & Levi ben Gçrfpn, fur le 
P^ntateuque , fol. 1^36 , col. 3. 



^^^ & comme Moraïijhw iff ^^H 

s'étoit paffe , en établiflfant ce témoignage (796). "j^l 

Ces derniers traits fembleront peut-être trop Qy« P*»''^ 
torts; mais convenons quen général, ce tut non 1 
une idée toochante , morale &: politique que 
d'admettre la lévi ration. Par elle la population 
5*accrut \ les fucceflîons fe confervèrent dans 
les familles , la veuve infortunée ne perdit pas 
pour toujours 1 efpoir de fentir les douceurs de 
la maternjfé ; Tamitié fraternelle fécha les 
pleurs de ramitié conjugale ^ &: le malheureux 
époux deicendu au tombeau n'y porta pas 
cette pehiee défolante qu'il y enfermait avec 
lui fon nom &c fa poUérité- 

S, V r. 

toix fur la répudiation 6f le divorce^ 
Le divorce eft ancien parmi les Hébreux. . . 

^ loi qii4 

Il y exiftoit avant Moyfe, s'il eft vrai ^ comme perniedcdi* 
tafïiirent plufieurs rabbins, qu'on en voit 
une preuve dans Texil impofé par Abraham à 
la mère dlfmaël (797)- La loi qui le concerne 
eft écrite dans le Deutéronome (798)- «Si après 



(796) Mifna, diao loco, Seldefi, ibidem, p. loij 

(797) Gcnèfe, chap. 21 , v. 14. 

I (79^) Deutéronome , chap* 24 , v. ï , 2 & 3. la 

l Vulgate dit en effet ; Quia foliusa & ahamlnahUh faâ^ 




iJÉ Moyfcy conjidcrc comme Légïjlateur 

avoir épôufé une femme & vécu avec elle J 
vous en concevez du dégoût , écrivez Tade de 
répudiation, remettez le lui & renvoyez-la 
hors de» votre maifon. Sortie & remariée, inf- 
pire-t-elle encore ce fentiment & la renvoie- 
t-on de nouveau , ou la mort lui enlève-t-elle 
fon époux J le premier mari n'a plus droit de 
la reprendre ; elle a été fouillée &r eft devenue 
abominable devant le Seigneur ». • 
Qu'entend- : Mais quel dégoût autorife le divorce ? Suffit-il 
pûT'qui " d'en prétexter un , fans être tenu à l'exprimera 
pAutorirç? j^ç légiflateur ne défigne-t-il pas celui qui 
opère la répudiation ï L'Ecriture annonce 
quelque chofe de honteux ; propter aUquam 
fœditatem {J99). Comment ces termes feront-ils 



tjl coram Domino. Plus exaSement on traduiroît : Pefl-- 
quant îlla poîluta eft; nam abomînatto ejl in confpeftu Dcf- 
mini. Au refte, ces deux fens ne font pas très-difFé- 
rens entr'eux. Le mari pourroit reprendre fa femme , 
JK au lieu de fe remarier elle s'étoit rendue coupable 
de fornication , ce qui eft immoral & bizarre. Vpye? 
Selden , Uxor Hebraica , liv. i , çhap. 1 1 , pag. yj , 
78&79- . 

. (799) Deutéronome, difto loco. ' Uhébreu dit : 

Nuditatem verbi ou negotii, Selden traduit : Turpitudinetn 

^rei Le Paraphrafte çhaldéen , la verfion arabe , la 

yçrfion fyriaque & le texte famaritain ne s'éloignent 

ipas dj? la Vulgatç j ils expriment aliquid fœditi^tk 



.i& comme Morali/lei i0 

^entendus ? Ici les commentateurs ouvrent une 
vafte carrière à leurs conjectures, & les ca- 
fuiftes Hébreux à leurs interprétations. On a 
vu fur-tout , vers la fin de la république des 
Juifs , deux écoles fameufes s'élever & fournir 
des explications contradidoires. Shammaï & 
Hillel en furent les chefs. Le premier a reflerré 
le fèns au cas où l'époufe feroit une aâion 
déshonnête , turpituda reiy comme fi elle fortoit , 
dit-on , la tête pu les bras nus , ,& la robe 
ouverte fur les flancs. Suivant le fécond, tout 
ce qui déplaît au mari , foit dans les adions de 
fa femme , foit dans fon caradère , foit dans 
;fon phyfique , eft un jufte motif de répudia- 
tion. On y feroit fondé , n'eût-on à fe plaindre 
que de fa manière d'apprêter les mets qu'elle 
jTert à fon époux (800). Il eft difficile de pouflèr 
plus loin l'abus de l'interprétation. Hillel ce- 



ou rçm turpem. Nous l^fo^s dans le Grec : Jk<rxtifiùf 
^x'fiLyfM , remfœdam. TertuUîen contre Marcion , liv. 4, 
chap. 34, dit : Negotïum împudicum; la verfion des Juifs 
d'Efpagne : Difcobermra de cofa ; celle des Juifs d'Afrique , 
l'équivalent de rem fa^dam ou indecoram, &c. &c. &c. 
yoye? Selden , Uxor Hebralca, 1. 3 , ch. 18 , p. 430. 
(800) Selden, Uxor Hebraica, liv. 3 , chap. 18, 
l»g. 432 & 433 , & chap. 21 , pag. 457 & fuivantes, 
Mifna, tome 3 , dç DiVortiis, chapitre 9» §• 10,^ 
pag. 35?- 



IJ^S Moyfcy confidcré comme Ugljlafeuf 

pendant a triomphé de fbn rival & fon opiniott 
cft aujourd'hui la feule qu'on adopte. Un des 
dodeurs de fon école , le rabbin Akiba , n*a. 
pas même craint , fuivant Tufage éternel des dif* 
ciples, d'étendre, s'ileftpoffible, lefentiment 
de fotl maître. Il fuffit , lelon lui , pour auto* 
rifer le divorce , ou de ne pas plaire aflez à 
fon mari , ou que quelqu'un lui plaife davan^ 
tage (Soi ). Houreufement , on Ta fournis à 
tant de formalités &t de longueurs , qu'avant 
que l'aâie en (bit écrit & préfenté, on a 
le temps , remarque Léon de Modène (8ox) y 
de fe repentir & de fe récoôcilien 
D« l'aôe Les rabbins tirent plufieurs - conféquences 
' de la loi confignée dans le Deutéronome > & 
ils les érigent en autant de principes généraux. 
Point de féparation, difent-ils, fans la volonté 
expreffc de l'époux , volonté annoncée par ua 
ade écrit , dans lequel il marquera clairement 
que tout lien eft brifé déformais , qu'il renonce 
à la pofleffion de fa femme & l'éloigné de fa^ 



(8oi) Mifna , difto loco. Selden , diSo loco, p. 43 j. 
Voyci Léon de Modène , Hifiorîa de gli riti hebr. 
part. 4 , cbap. 6 , §. 2 & fuiv. pag. 91 , 92 & 93 ; 
Bafnage, Hiftoire des Juifs, tom. 6, liv. 6, ch. 25^ 
g. 14, pag. 524 & 525. 

(80 Léon de Modène, dido loco, pag. 9!. 




& comme Morali/ii^ Ijf 

tnaifon, L'afte fait ^ ajoutent-ils , on le remet 
àfon époufe, ou à une de fes elclaves qui le 
reçoit en fon nom , en préfence d'un rabbin, 
d'un fcribe & de deux timoins , ou on charge 
exprelTément quelqu'un de le remettre ainfi 
dans fes mains. Pour éviter la conRilion qu'une 
refîemblance de noms pourroit produire, ils 
veulent que cet aûe exprime les trois dernières 
générations des deux époux. Les précautions 
font fi accumulées qu'ils ordonnent qu'on 
récrive en caradères ronds ^ bien nets &r bien 
diftinils , fur un papier plus long que large 
dans lequel on rr'apperçoive auctme trace de 
rature , ni la tache la plus légère , & que deux 
témoins encore y aient appofé leur fceau (803 )• 
Quant à la manière dont il eft conçu , après 
avoir fixé Tépoque , le lieu , le nom des deux 
parties & de leurs premiers aïeux {804} , le 



^ 



(805) Surenbufiiis , fur la Mîfna , de Divortiis, 
chap. i, §. 2, tom. 3, pag. }i2 &. -^23. Gemare de 
Babylones de Levirorum in fratrias officiis. chap, 12, 
fol 106; de Divorfiis, fol. 81 & 88 ; de iEftimatio- 
nibus , ch, 8 5 fol. zi, Ménochius , de Rep. Hebrseor., 
liv, 3 » ch. a2 , §. 5 , p. 373 & 374. Biixtorf , Synagogue 
Judaïque , chap, 40 , pag, 645 & 646. Selden , Vxot 
Hebraica , Hv, 3 , chap, 25 , pag. ço8 &: fuivanres. 

{S04) Mifna, diâo loco, pag. 323. S^^lden, difto 
loco, çhap* 24, pag. 501 & 502. Buxtorf, Synag, 




.■^^o Moyfey tûnfidéré comme Législateur 
:mari annonce qu'il abandonne fa. femme, ht 
^répudie de plein gré , & lui rend , avec fit 
.liberté, le droit d'en époufer un autre. Il lui 



Judaïque , chap. 40 , pag. 644. Voici la formule en- 
tière de cet a£le : 

Fcriâ N. y menfis N. , dit N. , anno N. , five à munH 
*€ûndlitt, five ara N, qud in loco N, utîmur , ego "S ^ 
'filius N. , ex loco N. , 6» quccunque nomîtîe feu cogno^ 
,m}ne alio five ipfe ego , five parentes mei , five locus undè 
ego dignofcor, five loca undè parentes mei dignofcuntar ^ 
nuncupamnr , ultrb atque ex anîaii fententiâ 6» fine 
coaêtïone dîmitto , relinquo , repudîo te tîbi tu N. , fiUa 
"N. > ex loco N , 6» quocunque nomïne feu cognomîne 
'SÎio , five ipfa tu , five parentes tuî , five locus undè ùt 
,jdignofceris , five loca undè parentes tul dignofcuntur\ 
jiuncupamini'y qua anteâ , ufque.in hoc momentum^ uxor 
mea fuîjli. Et nunc dimitto , relinquo 6» repudio te tihi 
adeo ut fis libéra & tibi fit poteftas abeundi d» ciàcunqt^e 
viro velis nubendi. Nec mortalîum quifquam te prohibeàt 
ûb hoc die in perpetuum. Et ecce fis cuicunque Viro Vicîta, 
Et hic eflo Ubellus qui tibi à me Uft libellus repudii , inflrU" 
mentum dimijjtonîs & reliSlionis epiftoh 9 juxtâ pfaccptutfi 
Mofis 6» Ifraelitarum, 

N. filius N. tefiis. 
N. filius N. tefiis. 
• La formule que je viens de tranfcrire eft la plus 
moderne ; l'ancienne eft moins étendue : Ecce licita 
fis viro ûuicunque. Atque hic eft inter te & me libellus tt- 
pudii , relidionis epiftola , ac inflrumentum dimijfionis ^ 
^dehque- tibi liberum fit cuicunque velis nubere» , 



'& comme Môralijie: 'foi 

îremet récrit qui attefte la réparation , toujours 
conformément à la loi de Moyfe & d'Ifraël. 

Remarquons fur tout cela (8oy) : i^ qu'oîï obfcm- 
kiflè aux femmes renvoyées la faculté de fe^u^c*. ^. "^^ 
remarier, 2® Le divorce eft complet dès que 
Tade en a été remis dans les mains de l'époufe j 
la formalité de l'éloigner de fa maifon en eft 
une fuite ordinaire, làns être indifpenfable.^ 
3? S'il eft remis pendant qu'elle, dort , ou 
iju'on la trompe fur. ce qu'il contient, la.ré- 
miffion eft illégale , hors qu'on ait déclaré aux 
témoins l'intention ferme de, répudier & que 
lafemme ne l'ignore, pas. 4^ Il n'eft pas nécef- 
faire que les deux témoins en préfence defquels 
iè donne l'écrit de répudiation loient les mêmes 
jque ceux qui l'ont figné. ^^ L'ufage des Juifs, 



(805) Voyez , fîir toutes les conditions & les for; 
imalitës, les deux Gemares, chap. $ , de Divortiis; 
Mikotiî, PrsBc. affirmât. 50 ; la Mifiia & fes com- 
Éaeqtateurs , tom. 3, de Divortiis, chap. i , §. i, 
& chap. 4, §. I , pag, 321, 523 & 333 ; Schickard, 
Jus Regium Hebraeorum , ch, 3 ; Théor. 9, p. 72 & 7J ; 
Grbtius , fur S. Matthieu, chap. 5 , pag. 93 ; Drufiùs, 
Gbfervat. liv. 14 , chap. 10 ; Fagius , ad Chald. pa-»- 
l'aphr. Deut. 24 ; Louis de Dieu, comment, fur le 
<hap. 5 de S. Matthieu ; Selden , Uxor Hebr* liv. 3 , 
^hap.' 24, pag. 503 & fuivsuites, & chapitre 25 ,1 
pag. 50S & fuivaat«€. 



jol Moyfe^ cor^dété comme LégiJUteur 
quelque lieu qu'ils habitent , paroît être de 
* récrire en Chaldéen , quoiqu'ils puiflènt choifir 
une autre langue, & cet ufage a commencé 
pendant la captivité de Babylone , le Chaldéen 
étant devenu alors très - familier aux Ifraé- 
lites (80^). 6^ Si on a confié à quelqu'un l'ado 
de divorce , pour le porter à la femme , tant 
qu'il, ne Ta pas fait , on peut en revenir & 
l'abroger ; mais fi la commiflîon a été remplie, 
il n'efl plus poffible de l'annuller. 
letfcfflmet La faculté de répudier s'accorda-t-^lle aux 
u'drok^de deux fexes , ou fot-elle exclufivement le par- 
répudier ? |.^gg jg5 hommes ï La loi fe tailbit à cet égard 
& il efl difficile de penfer que les femmes 
enflent le ^oit d'interpréter favorablement cô 
filence. On ne voit pas qu'elles l'aient ofé 
pendant un grand nombre de fiècles. Si celle 
du lévite d'Ephraïm le quitta pour s'enfuie à 
Bethléem dans lamaifon paternelle, aucua 
engagement ne fuivit cette fuite momentanée, 
& bientôt rendue à fon époux ^ «il reprit fut 



(806) Il eft néceflaire de rapporter le paflage d'oii 
cette aflertion eft tirée. Nous le trouvons pag. 323 de Ii 
Mlfiia, loco citato. Ab hinc (la captivité de Baby* 
lone ) confuetudo obdnuît ut illa ubifuc ttrrûrum a^ I/rse» 
Utis in linpdi chaldaâ çonfcribatur ^ lieit ttïam fas fit 
tamâtm in omni confcribcrc lingual • ' . 



F 



& comme Mùraiyie. 34» J 

elle ces droits qu'un malheur affreux ne lui 
laifla pas long-temps (807). L'exemple le plus 
ancien offert par Thiftoire des Juifs d'une répu- 
diation femblable eft du règne d'Augufte- 
Salomé fœur d'Hérode-le-Grand répudia Col- 
tobare , aftion ^ dit Josèphe (808) 5 contraire 
à nos loix , qui ne le permettent qu'aux époux. 
Malgré cela 5 nouslifons dans ccthiftorien que 
Salomé ne tarda pas à être imitée (805) , & le ne la rfpu." 
chriftianirme même, dans les premiers fiècles caufc d'à- 
de fon exiftence ^ permit aux femmes ^ du moins 
en occident , fi Ton en croit Calmer qui n'ou- 
blie rien pour juftifier fon aflerrionfSlo), de 
répudier leurs maris , dans le feul cas ^ il eft 
vrai, où ils commettroient un adultère. 
A plus forte raiibn ce crime préfenta-t-il 

(807) Juges, chap. 19, v, i & fuivans. 

(808) Antiq. judaïq., liv. 15 , ch, it , p. 551. Il faut 
obferver que ni Salomé , ni Coflobare n'étoient Xulfs de 
naîflance. Voyez , du moins fur cela , S^îden , Uxor 
Hebraîca, part. 3, ck 19^ pag. 437 & 438, 

(809) Josèphe, ibid. liv^. 18, çhap. 7, pag, 6%%; 
8c liv. 10 , chap. 5 , pag, 693 & alibi. 

(810) Differtat- fur le Divorce, tom. 3 de la Bîbîe 
d'Avignon , pag. 63* Cette Diffenation eft tirée en 
entier df s derniers chap. du liv, 5 de Selden , Uxor 
H^braica^ 




^ 04" Moyfe , conjiicri comme Légijlateuf 
toujours aux Hébreux un moyen sûr'de répiâ- 
diation quand leu rs époufes furent convaincues 
d'en être coupables* Dans le doute , la loi 
ouvrit une autre adion, un eflai religieux dont 
nous parlerons dans le chapitre des loix crimi- 
casoùi'on nelles (811). Pour les Juives, fi on ne leuc 
rS^me at accorda pas d'une manière exprefle le droit de 
it réparer de renvoycr leurs maris , on les autorifa quelque- 
fois à demander leur féparation. Ainfi le légifl 
lateur toujours attentif à la fanté des citoyens 
ne laifla point fouiller l'union conjugale par 
des maladies dont la communication eût été 
dangereufe , il ne s'oppofa point à ce qu'on 
demandât de quitter un mari attaqué de la 
lèpre, celui dont la bouche ou le nez exha- 
Ibient une odeur fétide, celui qui avoir un 
polybe, &c. &c. Plufîeurs rabbins afliirent 
même qu'on étendît ce privilège jufqu'aux 
femmes descorroyeurs, des fondeurs, de ceux 
qui tiroient les métaux du fein de la terre, 
& de quelques autres dont la profeffionentraî- 
noit une odeur défagréable 5 & cela, que le 
mariage eût été fait avant que l'époux em- 
brafsât ce métier , ou après qu'il l'avoir em- 
brafle. Il fuffifoit dans ce dernier -cas de dir« 



(811) Vide iûfrà, çhap, 5 , art, 4, §. j, * 

qu'on 



& cçmmi Mùralijle* "^ojf 

^u'on avoit cru vaincre cet pbftacle , mais que 
rexpériençe en trompbit refpoir & rendoiti 
tous les efforts inutiles; Jamais précepte fans 
doute ne fut plus facile à éluder^ Auffi uii 
grand nombre d'autres rabbins ; perfuàdës 
qu'il vaut mieux borner une faculté pareille 
que lui laifler line extenfion exagérée ; là 
réduifent - ils auîc maux qui fe propagent i 
comme la lèpre & les ulcères (8i2)i Leur dé-*^ 
cifion n'eft pas H mpins conforme aux principes 
de Moyfe. En permettant le divorce aux épouxi 
il fembla chercher un motif de plus d'aflPermif 
la foumif&on des époufes par la crainte d'unef 
répudiation qui ; fans être fîétriflante , impri- 
moit une efpèce de honte , puifque les répudiée* 
font aii nombre des femmes dont l'union avec 
un prêtre eft interdite (813). Ceci fe prouve ..casoàie 
encore par le^ deui^ moyerii indiqués polir J^aroit^^ 
échapper à cette décifîon. Le légiflateur prive '^P***^*** 
répoiix de fa faculté du divorce , fi la femme 
a été forcée de s'unir à lui , ou s'il l'a fau0èment 
accufée de n'être pas vierge à l'inftant de foo. 



(8ii) Mifna, de Dote, Litterîfque matnmoQiali- 
bUs, chap. 7, §. 10, tom. 3, pag. 8,2. Selden, Uxoc 
Hebraica, liv. 3 , chap 17, pag. 427^* 4x8. 

'^(813) LévitiqueVchap. ti, v.j & 14. Ezéchiel ;{ 
chàp. 4/, v, 22. Vide fuprà' le %. ii p. 28^^. ., 

X 



f06 Mcy/èj Cùnfidiri commt Legijlauuf 
Tiwhation Rtariage (814). D'un autre côté , Moyfe e(^ 
mcw^dTcê ^^y^^^ ^ ^uc compenfer avec juftice , invite 
^•*^ Jts Hébreux à ufer rarement du droit qu'il 
leur accorde , • fur - tout envers la première 
^KHife^ celle que Malachie ndnune l'époufe 
de la puberté (8ij), 11 ne falloir pas cepen- 
dant , fuivant quelques auteurs , enchaîner fa 
liberté & rendre inutiles en elle les germes 
d'une population néceflaire à l'état. Ainfî, 
partoit-on pour l'armée , ajoutent ces écri- 
vains, on laiffoit à fa femme des lettres de 
divorce dont elle pouvoit faire ufage fi le mari 
Quid, fi le P^^ à la guerre étoit encore captif au bout de 
^'^^^°}^ trois années {%l6). La même idée politique, 
deux époux celle de la néceffiré d'une population nom- 



(814) Selden, Uxor Hebraica, liv. 3, chap. 18, 
pag. 429. 

(815) Uxorem pubertatU tua, Malachîe , chap. 21, 
v. 14. Joël dit, en parlant de Fépoux à l'égard de la 
frmme , vlrum pubmads tua , ch. i , v. 8 ; & le livre 
des Proverbes , cli^. 11 , v. 17^ Ducem pubertatis tu a. 

(816) Entr'autres, S. Jérôme, in Traditionibus He-. 
braicis, furie premier liv. desRois» chap. 17) v. 18. 
Sanchez a combattu fortement 1 cette opinion fur le 
iif|îme verfet du même chapitre du ,jmême livre* 
Voyez Méirochius, liv. 6, chap. 16, §. 2, p. 603 , 
il Sdden , Uxor Hebraica, liv. 3 , ch. 20 j, p. 441 
& 442. 



breufe , fit accofdôr aux deux ëpoux une 
grande liberté de répudiation , fi, mariés depuis 
dix ans, ils âv^diônt été ftëriles* H étdWjuft* 
de pouvoir fompre uii Iteii inutile & que tous 
les deux ne fupportaflent pas écerneUeoaenr la , 
peine d'un défaut qu'un féul avoit probable- 
ment reçu de la nature. S'il y avoit un avorte^ 
ment , les dix années; ne commençoient à 
compter que de cette époque , & le tempy 
pafle hors de laTerre-Sainte ou en captivijDé tf y 
fiit pas compris. Si pourtant la femme ainfil 
remariée étoit- encore ftérile dix ans, avec \& 
fécond époux , elle perdoic la liberté de fc re^ 
marier une troifième fois (817). 



ri .trir. tfcM\ i^ 



(817) Mlfi» & fes cominentatetirà', de L^irohiiii 
ifi fratrias officiiS , chip. 6,^ §: d> tom. ^, p. a« ' 
& 23f. Le mari ^ en la rèptitltahr , ètok ôbHgé de ; 
lui payer & dot, lie-on dan» la Mifna ,. fi el)e difoit j 
Si illà dîxerit caufam proccdcre ex ipfo eh quhd non 
tûiittït urînam Inftar fagitta ; & on y ajoute qu'elle 
eft frappée d'anathême , s'il eft prouvé qu'elle a ffaît- 
une fauiTe accufation. Le mari ne fut exempt de payetf> 
les avantages matrimoniaux qu'en démontrant que la 
fièrilité i\€ proyênoît pats de^ lui. Ibidem, pàg. 23, 



y*- 



^iJt 'Mûyfi^ conJûUrc comme tiffflàttut 

S. V I L 

. Xjoix fur la dot 6* fur les biens ( dotaux ou nm ) 
furvenus pendant le mariage. 

u maiï ' Tandi$ que les peuples modernes de TEu- 
feœml. ^De ^^pe foumetteiit les femmes à apporter une 
«cccc dou ^Q|. ^ 1^ plupart des peuples anciens Texigèreift 
du mari* Je ne Vôîs guère à en excepter que lejs 
Romains (8ï8). Les Hébreux achetèrent leurs 
tépoufes plutôt quils n*en furent achetés. Ce 
xl'étcrit pas toujours à prix d'argent. Des grains, 
des troupeaux j, des bijoux, k liberté même y 
foppléoieat quelquefois. Des pendans d'oreille 
& des bralTelets d*otj de riches habits, des 
Vafes précieux j \in certain nombre de cha^ 
meaux font la dot qu'Ifaac offre à Rebec^ 
ca {^19)^ La femme d'Ofée lui coûta une 
mefùte &c demie d'orge au-deflus de la valeur 
pécuniaire Convenue (810). On fait de quelle 
manière étrange Salil voulut que David lui 
payât le don de fa fille Michol (821). Jacob j^ 



*(8i8) Voyez* dans le Dîgefte* )e titre d« /uW 
dotalî. 

(819) Genèfe, chap. 14, v. 10 -j}. 

(820) Ofée , chap. 3 , V; jr. 

(821) l*ar cent prépuces de Philiftins. Saul ayant 
çS^n en mariage i David fy féconde fille» nommée 



& CBmmi Moralifle* jof 

l^eu favorifë alors par la fortune, ne trouvé 
d'autre moyen d obtenir Rachel que de fervir 
gratuitement le père par un efclavage de qua- 
torze ans ( 811 ). Siçhem défirant être uni à 
Dina une des filles de ce patriarche , promet dé 
donner tout ce qu'on exigera de lui, fi on la 
lui accorde pour époufe (815). 
' Les parens de la jeune époufe lui faifoient ^^q^cdou. 
cependant quelques dons légers, pour la pa- parms de 



répoiifc. 



J/ltchol , celui - ci la Tefufoit fotis le prétexte qu'il; 
n'étoît peint affcz riche. Je ne vous demande d'autr^ 
dot pour elle, dit le roi, que cent prépuces de Phi- 
liftîns. Saiil le prqpofoit, parce que redoutant David 
dè/à connu avantageufement comme guerrier j il efpé- 
roit le faire tomber par-là dans des mains ennemies. 
Le jeune homme aecepta^ la condition- > & peu de 
Jours après cyant apporté deux cents pré pue çs au 
lieu de cent, ii époufa Michol. 1 Reguw, ch. x&^ 
V, 23-27. L'exemple d'une pareille condition pour 
un mariage fflfai;is doute unique dans. les annales 4u 
monde. Quelque peu honnéie qu'elle paroiffe, ne 
pourroiî-on pas en diminuer -un peu rindéceuce-eu 
îa rapportant au, point, de \ue de la cîrçQnçïfiôn^ que 
les Philiftins ne recey oient pas ? 

(Bii) Genèfe, çh^p- 29,. v. iS & fuivans ;. mèm^. 
de vingt- un , car jl_ y fut cocpre foumis fept a nu, 
gprès fou mariage. Ibidem ^ y. jo^ 

(8^3) Genèfe, chap. 34^Yv,ï3k 

V j 



1 

n 




•j.ia Moyfcy conpdare commi ligijlatcur 
nire jîRipttak par exemple, ièlon qu'ils ^ient 
{iflus ou moins riches \ &: fur- tout , ils payoient 
ciceilkirement les frais <le la conduite !<i€ U 
^mme chezfon marv I^ coutume régloit cett^ 
' ^^penfe^^inquantezui^ms d'argent pour ceux 
à qui -kur ii^digence 1^ permettoit qu qu'un 
rang élevé ne fotçoit pa.s 'à u^^ plus grande 
^égémfiité (^24). Si on trouve dans nos livres 
! î^ts (S;i5 J des 4pns p}iu$ confidérables faits au 

jeune Tobie, à Tocçafion de fes époufailles, 
par Ragu^l fon oncle & fon beau-père , qui 
lùixéda une pârde de:fes"bien$ & lui en promit 
Fautré , a:près ik mort , <feft que Sàâu étoit 
fîle ilïîîqtie & que Tobie étoit le parent le 
plus proche , & par conféquent l'héritier lé^- 

^tima Les biens |>^r,ticulkr$ que l'époufe Jppor- 

nphcrnauz. tolt ^ dçkves ^^pief Dedes ymeubles , immeubles , 

4S6iefit mentionnés- dahs le contrat &r deve- 

ftoîéôt pour elle uri péicule. Ils n'étoïerit pas 

iâlptaux, Giais par^j^ri^aux. Qh les appelle 

^824) Selden, Uxor Hebraica, lîv. 2, ,chî^p. 10^ 
pag. 169 & 170. Mifna, Se Dote", Lîtterifque ma- 
rrîmonialibus, chap.^ ^ toii^. 3 i jag. 77 ft ^fe.' Vcyez 
ta Cetoare de Jérufafem' , même titre , fcA. 30 j col. 4 , 
& celle de Babylcmc, fol. '67. * ' ,; 

($25) Tobie , clmp. S, ▼; ^4^ 



^ comme Mofali/Ie. '5 i.t 

mdunià (Sz<î). Le mari cependant ta riépon- 
^oit-il J En caurionnoit-U fe domm^g^ futur î 
Alors, ils accroiflbient ou idioiinuoient ea fit 
faveur ou contre lui , & conf^voient ààm 
tous les cas , à Tiégard de la fetome^ la valeur 
qu'ils avoient eue à l'inilant des épousailles^ 
De là vint la déxiofflLination-de bonuptcûrisfirrei. 
Xlle prît fa fouroe dans une ancienne coutume 
des HebreuX;. On confioit., pend^nit quelque 
A^iù ^s , (es troupeaux à <ies J>eiCgef s <^i jeuèf- 
ic:-: r:L dr kur produit , mais anffi répoadoiem: 
jde ia perte , s^il en furvenoit. Par cet iarran- 
gement , la valeur du troupeau ae variant pas 
pour les propriétaires , on le, aomma pei^ 
ferreum^ parce que, difok-oa, ièmblable $l% 
ks: y il reôe toujours le même .ndàtÎTement 1 
fon maître. II en fut ainfi de J époux qui caw- 
donnoit'les nukf^ia.Monr^-^il^vzmfzfwm^t 
fes héritiers^ réparoient le dommage , s'il y en 
avoit. Ils remettoient les chofes dans l'étiat 014 
elles étoient à Tépoque du mariage (817)»^ L^ 



(S26) Surenhufiuf , Prçfacc ^u tbib. 3 de la Mifna ^ 
& lut le Traité de Dote , Lîtterifque nratrimoniali-f 
bus , mêttje tome, çhap* ' ; S- ^ * P^* 5^* Wagen- 
feîlius y fur celui de tTxore adulteru fufpefiâ^ cfa. 4^ 
t T, p. ia^& 130. 



, "^jflz Moyfêi<onfidérc comme t^gijlateaf. 

p<wi^ito/.*autfes biens que Tëpoufe avoit eus dans C<* 

^^f'^'f: moment j ou qui lui étoient furvenus, foit 

par donation, foit par hérédité, n'imppfoient 

pas la même obligation. Comme le mari n'^ca 

|ouiflbit pas , il ne pouvoit les garantir, Auffl 

les appellpit-on bona depilationis (8i8). 

pfa*tfott On exprime par cttuba ceux qui formoient 

éaûx. varcur véritablement la dot, c'eft-à-dire , que don-r 

u£^-' HQit le futur époux (8x9). U l«i étoit défendu 

d-être une heure avec fa femme fans les avoir 

conftitués , de peur qu'elle ne fut méprifée & 

fujette à la répudiation. OflFroit-il moins de 

deux cents deniers , fi elle étoit vierge , & do 

cent, fi ella étoit veuve ï On la regardoit 

comme coupable de ftupre ou de fornication. 

Il pouveit dôtfne^ une fomme plus forte ; mais 

la ftipulatîon écrite ne s'élevoit jamais ajU-delà. 

La dot fut cenfée pareille pour toutes les Ifraé- 



|a préfaçç du tpm. y^ Selden, diiS^Q loçq, pag. 35^1 
& \66, ' " ,« ^ -. - 

(82&) Gemare de Babylone , doDote, Lîtteriftiu^ 
Matrinippialibiîs., chapitre 7 , foliQ yS* Mi^na , di6k> 
ioço, &.dc tJj^pjre àdulfô^^^ pape 230 diji. 

inême volume, Çeldçn ^ diâo Içco, pages 3ï>^ ^ jéo. 
Bçna. ^epiloitîonis diffa^unt^ dit l'atiteur de 1^ préface • 
€uia marims non fruebatur fruflibus ^ fcd^ ea \tj^ depîlajbat 
& arrodebat , ut nihil torum relitjuum ejfet. 

{82.9) Vçye^ la préface du tom. j de la Mifoa* 




& comme Moraiijle^ $i^ 

lites , & k loi voulut établir entre elles au 
moiiîs une apparence d'égalité (830), 

S'uniflbic-on à une fiancée dont le mari fiit d? <|u:!.H 
mort , qu'on eût répudiée , ou qui , dans le cas ZuUcn! ^'^ 
de la lévitation , eût été refufée par fon beau- 
frère ? Deux cents deniers étoient auffi exigés , 
pourvu qu elle ne fiit pas entrée dans le lit 
nuptiaU Si on Ty avoir conduite , cent fuffi- 
foient, quand elle n'y auroit pas reçu des 
preuves de la tendrefle de fbn époux (831). 
S'uniflbit-on à une aflranehie, à une profé- 
lyre , à une captive rachetée ! On fe bornoît 
encore à cent , excepté qu'elles enflent moins 
de trois ans & un jour ^ quand elles ont adopté 
le profélytifme ou acquis leur liberté 3 & cela 
par k confidératïon des dangers dont on fup- 
poloit que leur virginité avoit été environnée. 



(830) t7t omnium aqna Jît conditw , nec uîLi m^gh fe 
^uàm allas dotatam fuljfi jaélare qiuat. Wagenfeilius , fur 
!a Mifna j de Uxore adokerii fufpeétâ, t. 3 , p. 250, 
chapitre 4, §. i. Selden, Uxor Hebraka, ïiv. t^ 
chap. 9, pag. IJ9 & fui vantes. Seulement les prêtres 
firent doubler la dot quand il s'aglffoit d'ane de leurs 
filles. SeldeOj A\ù.o loco^ p^g. lôi^Mifiia&Gemare, 
%\î, de Dote, LitterKque matrimonialibus , chap. ï. 
y oyez la Mifna , ibid. chap. 5 ^ g, 1 , p, 71. 

(831) Mifna, diâo loco, pag. ^30, 




^ 14 Moyfe , i^nfidiré comme Ixgijlateuf 
fur-tout jdans l'itat d'efciavage & de domefti* 
cité (851). 
"" Oisandsc Quoique à.ffîjrée à l-inâant du mariage » la^ 
dotéS^^^^o^ netoit exigible, conuiaç tous les préfei» 
«ujihie ? f]^(^ à. cette occafion , qu aprè^ la mort de 
l'ipoux ou après le divorce , & la femme qiii 
«n pourfuivoit Tadjudicatian ne Ibbteaok or^ 
dinairement que iur les fonds de la valeur la 
plus modique. Ondiftinguoit cependant le cas 
de la viduité de celisi de la répuifiatton. Dans 
le premier, elle î^roit aupafaviim: for le livre 
4e Ja loi qu'elle ne s ecoit deo app»3|)riée , & 
on e^mo4t ies liabits &r éous Tes vétestnens en 
lladuâioQ des doaationis nuptiales* Daus le 
idc^nd , i^wmt <:''eft Touvragç , non d'aine 
force mafôure & irréfiôiWe, mais de la vo-^ 
lonté £euk xiu mari^ on n'exigiea ni eftima- 
tion , ni ferment (83 5). 



<8?2) Mifiyi/^iflto loco. Seldei! , Uxor Hebraica, 
livre % , Qh9p..99 ^ag. 15-0 & 160. 

■(833) SéWen, îJxor Mebraîca, livre 3, chap: 9, 
page 360 & 561. Mifna , tome 3 , diôis locis^ 
page 57 & 130. Si un mari mouroît JaiBant pîufieurs 
femmes , les -droits de la première étoîcnt avant ceux 
ée la féconde; ceur de la féconde avant ceux de la 
troifième &c* &c. ; mais fi, après avoir perdu la 
première « il eo éppu^oit une 4ôCOude & iço^iroit 




& comme Moralifle: 5 1 y 

Malgré qna la dot fut exigible fur les poffef- q^îj , ff 
fions immobiliaires, on en excepta les fonds ^/J^p^^^^^^ 
acquis depuis la mort de FépouXp Ils n'auraient i^orés^ 
même pu être employés à nourrir la fille fur- 
vivant à fon père. Les biens, en général, 
ëtoient-ils accrus ou améliorés? La femme ne 
pouvoit en profiter , eût-on opéré ce change-^ 
ment favorable avec Targent du mari qu elle 
venoit de perdre. Elle ne profita pas davantage 
de Tamélio ration faite aux immeubles de ce 
même mari par la perfonne qui les avoit ache- , 
tés 5 quoique les autres débiteurs puflTent , ejj 
général ^ revendiquer les améliorations & tous 
les changemens utiles (854). On la favorifoit 
encore moins , fi la contrat ne renfermoit 
qu'une ftipulation pécuniaire , puifque la 
moindre valeur lui étoir auflî réfervée. Le taux 
derargentj par exemple, étoir -il plus fort 
dans le lieu de la célébration du mariage que 
dans le lieu où il avoit -été rompu , foir par la 
mort, foit par ledivorcÇ', ceft d après celui-ci 
qu'on fixoit le rembpnrlcmenr* Si pourtant la 
quantité monétaire avoit été réglée d'une 



I enfulte , les droits de la feconde ctoient alors avant 

c«ux <k la première. Ibidem , pag. 91 & çf. 
1 (*34') Mil'oa, diâis locis, psrg* 56, 57 & 250. 



^ i^ Màyje^ conjyièrè commt ttgiJUuià 

inanîëre précife , on ne pouvoir diminuer Iç' 
nombre des fiçles ou des ëçus que l'ade dëter-s 
minoit. C'étoit alorj; uiie créance immuable ; 
une forte d'emprunt qu'il falloir payer fcrupu-. 
leufement, comme oii Tavoit çontradé (835). 

Il eft évident que , parmi les Hébreux , là 
dot, loin d'être uii de ces objets favorables 
qu'un bon légiflateur aime à protéger, fut 
mife au nombre de ceux qu'il eft eflentiel dé 
reflerrer dans les bornes les plus étroites. Voilà 
pourquoi , fl un Juif malade lè^e par écrit un 
immeuble à fà femme & qu'elle accepte lé 
legs fans réclamer fa. dot, fon lîlençe eft regarde 
comme une renonciation exprefle (85^)^ Voilà 
pourquoi là privation en «ft fréquemment 
établie contre les époufçs , comme nous le 
verrons dans la fuite de cet ouvrage, 
tas où la Au refte , il eft utile d'obfèrver que là louif^ 
de la dot fance de la dot n'appartenôit à la femme que 



Soln'asTia fi fa, répudiation où fa Viduité fûïvoient le ma-, 
riagé. L'un ou l'autre de ces accidens furve- 
noit-îl dans l'intervalle quelquefois trësJonj 



(835) Mifta, dîaîs Idcîft; ■ • — 

(836) Mifna, de: Aaguloi tom. i ^ p.. 4Sv $r ÇcpOH 
dant le mari revient de fa . n^akidie, çonunc) .^0^%!^ 
legs faits deviennent cadyçs ^ 1^ .fefnn^e W*^ 4^* 
fes 4roitS ordinaires. Ibidem , pag. 49, 



'^ comme MorAâfte: jij^ 

Bés fiançailles ï Cette jouiflaace appartenoit 
exclulîvement à fou père (837). C'eft que dans 
le fécond cas , l'autorité paternelle duroit 
encore , & que dans le jpremier ^ elle étoitî 
éxpirééi v 

A R t I e i É î V. 

loixfir les Succeffions. ^ 

^^ La fucceffion appartenoit aux enfans mâles, loî g^ni-* 
À leur défaut les filles en jouiflbient \ au défaut f^çcç^onlf 
des filles , les frères , tt aii défaut dès frères , les 
dncles pâtefûeis. N'y avoit-îi âueuii de ctt 
parensJ Les plus pwches , après eux, héri- 
tôient. Cette loi fut préfcrite iiltîolablement 
te à perpétuité aUX énfefiS dlfrael (838). 

Auparavant , le père difpofoît de fes biens k comment 
fon gré. Sara craignant que fôn épôui ne les^^]^*'^^; 
partage également entre Ifaat & ïfitiaël ,^c. 
Texhortê à chafTer Àgar &: fon fils (839) 5 
& Ifaac eut feul en eflfet tous ceux d'Abra- 



(837 ) Bartenorâ , ftir la Mîfnà , difto loco, tom. 3 , 
page 68 , de Dote $ Litterifque matrimonialibiis , 
.<^p. 4 , §' â. 

.1(838) Nombres, chap. vj^^i 8-ii.; 

<8J9) Genèf^, chap, ^t , v. ïO, 



51 ^ Moyfij cùnjidtri comme LégïjULtcur 
Bam (84o), Le père de Jofeph lui donne , au-' 
deflfus de la parc laiffee à tous Tes enfahs > une 
portion de terre conquife fur les Arnorrhéens 
Ott droit de fon arc*& de Ton épée (841). Cependant il 
eft vraifemblable que dès -lors on admettoit 
une forte de droit d'aîneflè. La vente d'Efaii à 
Jacob le fait préfumer ( 842 ). Ruben le 
perdit pour s'être rendu coupable d'un cri- 
me (843). Enwertu de ce droit, Jofeph à qui 
Dieu Tavoit accordé , depuis que fon frère 
Tavoit perdu, établit deux tribus dans Ifraël, 
par fes deux fils , Ephraïm & Manafle (844). 
L'ainé entre deux jumeaux fut celui qui fbrtoit 
le premier du fein de la mère. Efaii le devint 
à ce titre ( 84J ). Chez d'autres peuples , cela 
même l'auroit rendu le puîné. On y auroit vu 
une preuve qu'il avoit été conçu le dernier. 

La loi de Moyfe étabUt le droit d'aîneffe 
d'une manière inébranlable. « Si. un homme a 
deux femmes, dit le Deutéronome (846), dont 



(840) Genèfe, chap. aç , v. 5. 

(841) Genèfe, chap. 48, v. aa. 

(842) Genèfe, chap. x6, v. 29-3). 

(843 ) Genèfe , chapitre 49 , V. 3 & 4. Voyez le 
Deutéronome y chap. 17, v. 13 , & chap. 33 , v. 6. 

(844) Voyez I Panriip. chtfp. ç , v. 1 & fuivaiw» 

(845) Genèfe, chap. lé, v. 25. 

(846) Chapitre a^i, v. 15 16 & 17, 



ù comme Moralîfie: jrj 

îl aime Tune & haïfle l'autre , qu*il en ait des 
èrîfans & que le fîb de celle qu'il détefte foit 
rainé , il ne pourra lui préférer l'autre dans le 
partage des. biens : mais le fils de celle qu'il 
n'aime pas aura une double portion dans ce * 

que le père pofsède , parce qu'il eft le premier 
né & que le droit d'aînefle lui eft dû >>. L'hif- 
toire fainte repréfente d'ailleurs les premiers 
nés comme les enfans de Jéhova, comme ceux 
qui lui font voués & dont l'oflSrande lui eft la^ 
plus agréable (847)- Veut-on faire une terrible / 

imprécation ? On menace de les ravir aux 
auteurs de leurs jours, pour les perdre & les 
exterminer. 

Le pafiage du Deutéronome que nous ve- loîx des 
nons de cit^r accorde à l'ainé une portion «n^f^cw 
double fur l'héritage paternel. Il ne l'obtint JL!^^*'' 
pas fur cejui dje fa mère. On ne l'accorda même 
que fur les biens poffédés à Tinftant de la mortj 
4e forte, par exemple, que comme les biens 
du père reftoient à l'aïeul furvivant , quand 
celui-ci mouroit à fon tour , l'aine n'avoit plus 
la feculté de réclamer un avantage qu'il auroit • 
eu, fi la fucceffion eût pafle direûement de 
fon père à lui. Pour jouir d« cet avantage, il 
— m_ — '- - ' - I • ■ ■ • ■ ■ -^ — -i^ 

(847) Exode , chap. 13 , v. 2. Nomtre», çhap. 3,' 
Vil 13; chap. 8, V. 17, Voyez Jofué, ch. 6, v. aà 



i^xo Moyfit conjidéré comme Lcgiflaitur 

ne fuffifoit point d'être le premier des enfani;» 
qui reftoient \ il falloit iiéceflairement avoir 
été le premier hé du mariage ; encore n'ea 
jouiflbit-on pas ; fi oii étoit pofthuine (848). 
Point de droit d'aînefle pour les filles; Succé- 
doient-elles feules J Ori partageoit également. 
Etoient-elles excliies de la fucceffion par un 
bu plufieurs frères \ On leur dpnnoit des ali- 
mens fur les biens paternels, &: ordinaire- 
ment , à répoque de leur mariage, un dixième 
de l'hérédité (849): Si les epfans cohéritiers 



(848) Voyez la Gemare de Babylone , îiv. 3, dô 
Damnis, pag. 122, 125 & 142; Selden,de Succef"' 
fipnibus in bona deiuaâorùm ^ chap« 5, pag. 47 & 
fuivantes , & cHap. 7 ; pag. 60 & 61 ; Sepher Siphri; 
fiir le Deutéronome , pag. 48 , col, 191 ; la Mifna ; 
libro citatd, dé Ejamhîs, chapitre 4, & tdrhé 3, de 
Primogeriitis ; chap. 8. Voyez aûffi les obfetvations 
de Bartenorâ fui- lé §. 9 de ce chapitre; Il éft vrai- 
femblàble ; puifqÙQ rainé avoit une portion doùbW 
dans l'héritage ; qu'il y éntroit aufli pour la ihoitiô 
des dettes, fi le père en laiffoit. Il y a là-deffus dif^' 
férent^s opinions qu'on peut lire dans la Gemare de 
Babyloiie,' diftô loco, & notamment pag. 1:14. 

(849) Gemare de Bâbylôné, diào Ibc'o, & de 
Dote, Litterifque matrimonicilîbùs ; chàp. 6 5 pag. 68; 
Mifna, diftislocis. Sepher Siphri, diéloloco, col. 100. 
Selden, ibidem, chapitre 8, pag. 62 & 63; chap. 9; 
im|. 65-68 j cha|>. 10 ; pâj. 75' & 74; 

étôiérif 



èf comme Moràlijie^ \^t 

iltoîent ou tous majeurs ou tous mineurs, iU 
pofledoient pax indivis : mais on divifoic les 
propriétés , fi les uns étoient encore mineurs 
& que les autres fuflent déjà parvenus à \% 
majorité (8jo}. Les eunuques & les herma- 
phrodites eurent quelques droits à la fucceP- 
£on , quoique leur part fût bien diflfêrente dé 
celle de leurs frères , & les bâtards héritèrent 
comme les enfans légitiihes , pourvu qu'ils 
Ji'euflent pas pour ùière une fervante ou une 
idolâtre (S ji). 

Non-feulement les mâles fuccédoient à rexclu- 
ïon des filles, mais encore toute leur poftérité 5 
<ie même que les filles ,& toute leur poftérité 
fuccédoient à Texclufion des frères. La règlç 
générale veut que tout être préféré dans une 
fucceffion tranfmette à fa, race ce privilège, à 
TeKclufion de ceux qui n'y arriveroient que 
par le défaut du premier. Cependant , fi une 
^ère , après avoir eu un fils , fon héritier 



(850) Mifna, diâis locis, & Selden, chapitre gi 
pag. 64 & 65. 

(8f i) Tous ces objets & cçux qui font renferméis 
dans les {^ges fuivante$ , ont été traités avec beau* 
coup d'étendue par Seiden dans l'ouvrage cité. Voyez, 
pour cette note en particulier , le chap. 3 , pag. x^ 
& fuLvantes^ & le chap. xi, pag» 75 & fuivantes^ 

■... X "• 



\^i% Moyfij conjidcfé comme Légijlateur 
naturel , lui furvic & que celui-ci meure fart%, 
poftérité , quand elle meurt à fon tour , Théri- 
tage rîe va point aux parens paternels ( & la 
4^ie du fils ne les leur a point acquis ) , mais 
-aux parens. du côt^ du père de la mère. Ils en 
jouiflent pareillement , fi elle meurt fans pofté- 
rite i mais (î le fils furvit , quelque court qu'en 
foit Tefpace , quelque âge qu'il ait , il fuccède 
*■& tranfporte alors fes biens à ks héritiers. Ces 
"biens font ou dotaux ou parajphemaux. Les 
derniers appartiennent à tous fes érifans mâles , 
de quelque mariage qu'ils foient illus ; les pre- 
jmiers , qui ne font que la dot de cent ou de 
deux cents iUzims j[8yi)^ aux mâles feuls prrf- 
venus du mari qui l'a donnée, 
toîx des Tels font les principes géhéraux des fucceC- 
«ï^^ffvwr ^^^^ ^^ faveur des defcendans. S'il n'y ea 
des afc'en- avoit aucuu , eîles appârtenoient au père , ou: 

dans & des j^ . . ' ^^ /■ 

ioiiâtéraujc. a l'aïeul s'il ne rêftôit pas même des enfan» 
dit père. Celui-ci mouroit-il auparavant &: \9 
fils ne laiflToit-il pas de poftéfité ï comme 1er 
premier avoit; pour, ainfi dire, continué do 
vivre dans la perfonne du fécond, les héritier» 
naturels du père , fes frères , leurs enfans , fég 
fœurs fuccédoient, pourvu que ce fuflent des 
propres. S'agiftbit^il de biens adventices î 16 

j[85z)Vide fuprà , ch. 4 , art. 3 , §. 7 , p. 313 & 314; 



^' comme Moratijteé \^\ 

|Afô fitccëdoit à fon fils s'il lui furvivoit \ mais 
nefurViyoit*il pas 5 la race entière fuccédoit, 
ou par têtes , ou par fouches ^ fuivant le droit 
peribnnël ou le droit de repréfentation que 
chacun en particulier pouvoir exercer. La mère Effets «kfa 
&: la parente 'maternelle xiefuccedoiént pas*^^,^"'^- 
Le père même n*avoit plus cet avantage , dani ^*>p"**"- 
le cas de la leviration (853 ) . , Le droit d aig^fla 
& d'hérédité ïe tranfportoit alors d une partie 
de la fainîllé a l'autre 5 & le premier ne du fé- 
cond mafiàge ^ du mariage coiitradé avec la 
Veuve / Irécévdit comme fils, comme feul & 
véritable lilritier, les biens d*un oncle mort 
fans poftérité (8j^) Cecfi refîemble un peu à 
radoptioil , ufage dont on trouve quelques 
traces dans l'Ecriture ; comme lorfque Ja- 
Cob (SjJ) place au rang de Sinvéon & Àk, 



, (853) Vide fqprà, chap* 5 , art. 3 * §. 4» pag- aSP^ 
Sous renyo)çons encore, pour les détails, à Selden, 
de Suçceflîonibus .ad leges HebraeorUm in bona de^^ 
fanflorum, & notamment chap. 12, pag. 81 & fui*.. 
vantes ) & chap. 14, pag. 93 & ftrivantcS. ' 

(854) Voyez le Deutéron* , chàp* 1$ , v. Ç & 6* 

(855) G.enèfe , chapitre 4Ô, v. 5. On a voulu et! 
trouver auffi un exemple dans le livre d*£(iher f 
chap. ïi , V. 7; mais Une maUvâife exprefflon d# 
la Viilgace efl: la fourcç de Terreur. Mardochausi dif« 
irïle, €am adoptavit injUiam. Le tôxtene dit que accepi^ 

~ Xi 



314 ^-Moyje ^ confidéré comme Ligijlateur 
Riiben, Manaflfé & Ephraïm que Jofeph avoiiî 
eus en Egypte. 
i<Mxfutic$ De même que les cnfans fuccédoient à la 
^n\\xipXti. mère veuve ou en fa puiflance, de même le 
mari fuccédoit à fon époufe & tranfportoit à 
fes propres héritiers cette fucceffion confondue 
avec fon patrimoine. Ce fut apparemment une 
forte de dédommagement ou de compenfation 
pour les devoirs qu'impofoit le titre d'époux. 
Us étoient au nombre de dix , dont trois font 
écrits dans le Pentateuque & fêpt ne font 
fondés que fur la jurifprudence. Accorder à fa 
femme i® la nourriture ; i® le vêtement ; 3® le 
devoir conjugal (8y 6) ; 4° la dot ; j^ des ixiéde-» 
cins fî elle eft malades 6° la fépulture, fi elle 
meurt ; 7® la racheter, fi elle efl captive ; 8° la 
nourrir , pendant fa viduité , des biens que 
j^ôlfédoit le nuri , & la garder dans la maifon 
qu'il habitoit ; 9^ foutenir, aux dépens de^ 
mêmes biens, les filles qu'elle a eues de lui^ 
tant qu'elles ne font pas mariées 5 10^ enfin 
donner aux enfans mâles leur portion de la 



(856) Exode, chap, zi, v. 10. Camem^ operlmen» 
mm & habitatîonem , dit le texte , ou bien , félon les 
interprètes du Paraphrafie Qialdéen , du Texte Sa- 
maritain & de la Verfion Syriaque ^ nutrjmentum , w- 
dumentum, accubitum^ Vide fuprà » p. 246, la note 690, 




& comme Mora!îJ!e, 3 zf 

Bot , outre les avantages qu'ils ont droit de 
prétendre avec tous leurs autres frères , concime 
cohéritiers (8^7)- Qoelques-uns de cm devoirs 
etoient des charges pour la fucceffion \ &: vrai- 
femblablement , ce fut encore par une corn- 
penfation néeeffaire qu on régla que tous les 
biens acquis par la femme avant ou depuis fon 
mariage , foit par hérédité > foit par dona- 
tion , foit par indu ft rie ^ appartiendroiènt à 
répoux (8y 8). On Uii permit même de reven- 
diquer les fonds aliénés , fans en reftituer le 
prix à Tacheteur , fi ce n'eft que l'argent reftât 
encore en nature î revendication qui n'eut lieu 
cependant qu'envers les habitans de la même 
ville : autrement 3 on fuppafoit que l'acheteur 
•a voit été dans une ignorance de bonne foi , & 
la vente alors étoit ferme & valable (8^9)-- 



(8^7) Sdden , difto 3oco , chap. 2, pag^, 13 » ne 
parle que des fix derniers. Il parle des dix , Uxor 
Hebraica , liv, 3, chap, 4, pag, 33 y &: fuîvantes*. 
Voyez Leidekker , de Repiiblicâ HebraBonim , liv. 6,. 
chap. 8 , pag^ 190 5 & les diiférens commentateurs. 
( (858) Uxor Hebraica 5 difto loco, pag. 3.38 6c 

I . 3.39. Mlfna , liv, 3., de Damnis, tom, 4 ^ chap, 8^ 
I Cooftantitî Lempereur , de Legibus Forcnfibus He* 
l hr^eoruTîi, codex primas, chap. 8, §, 4, page ^09, 

I '{^y9\ Wagenlaliusj fur k Mifua, de Uxore adul*^ 



1 



j %6 Moyfe ^ çoi^dcrc comme Li^iflateuf 
ï^eut-etre auflî rëgla-t-on l'avantage accordé k 
répoux furvivant , fiir ce que la femme étoit 
peu capable de pofleder. Le droit ne fut point 
mutuel , & quoique le mari fuccédât à fon 
ëpoufe , elle ne lui fuccédoit point , comme 
elle ne fuccédoit pas à fes cnfans quoiqu'ils 
jFuflènt fes héritiers légitimes (86o)* La Bible 
ofFire deux exemples d'une fucceffion con- 
jugale \ celui d'Eléazar fils d'Aaron , qui pof- 
fédoit , fur la montagne d'Ephraïm ,, une 
colline dans laquelle fes enfans l'enfevelirent , 
& celui de Jaïr fils de Ségub , qui pofleda 
vingt-trois villes dans la terre de Galaad(86i), 
ïl eft vraifemblable que ce dernier en devint 
propriétaire à ce titre {%6i) \ Ôc pQur Eléazar ^ 

m** **** tt >■■ wi » ' «HT *» »l— MW ii ■«! wn Piipi»» ■«■■■■■ m I » » J i ■ m il — 

terii furpeiftâ, chapitre 4, §. i, tom. 3, pag. 250. 
Voyez le livre de Damnis, & Conftantin Lempe- 
TWir, diélîs locts, Fien entendu qtfil n'y avoit pas 
eu de répudiation > car a/ors Tépoufe âujoit eu le 
droit de reprçijKJlre tous les biens ap^prtès ou acquis^ 
: (86a) Seldeit & Mifnp , dîâiis locis. Cônfkintin Lem- 
P<rreur, diôo loco, chapitre 5, §.4, pag. 11%. 

(861) Jofué» dtap. 44, V. 33. I Paralîpomènes ; 
chap. 3, V. ai. Voyez Selden, de Succeffionibus ad 
bona defiinâorum, cHap. 18 , p. ïi8 & 119. Voyeï 
tuffi, pour ce qui précède, le chap. 17, pag. 112 & 
fuivan^es^ 

(86*) Yoyçt, dam la Getnare de Babylone» le 



- &X0mme Moratijlirl - ^F^ 

îl eft encore plus difficile de le penfer autre-^ 
ment, puifqu'il étoit exclus des. fucceffiont 
par fa naiflance dans la famille facerdotale^^ 
Jaïr avoit époufé une femme d*une autre tribu 
que la fienne , ce qui a donné lieu d'examiner 
Il deux perfonnes d'une tribu différente pou- 
voient mutuellement fe {uccéder. Le livre des 
Nombres paroît le nier (8^3) : mais les doc- 
teurs ont prétendu qu'il n'en faut appliquer le^ 
précepte qu'au temps ou on venoît de partager 
la Terre promife , & non pas aux Cèdes qui 
l'ont fuivi» 

La fuçceffion des citoyens appartenott quel- toh àts 
quefois au fifc* Il s'en emparoit, fi on s'étoit en7a^^^a» 
rendu coupable d'un crime d'état pu de lèfe-/^*^' 
majefté. Les biens des habitans d'une villef 
entière abandonnée à l'idolâtrie devenoient I3. 



livre 3 de Dafnnîs,fol. m,. & les différentes opi- 
nions qui y font expofées. Voyer auffi le r^biiK 
Saloraon Jarchi , le rabbin Lévi ^, ben Gêrfom ^ 
les autres comment'ateurs fur le dernier verfet du* 
éernier chapitre de Jofué , & Sepher Siphri, fur të 
Jivre des Nombres^ page 23 , cpl. 9a. 

(863) Nombres, diap. 36 , v. 7. Voyez Tes comi» 
mentateiirs fur ce chapitre, & Drufiusfur lechap. 39 V 
îes deux Gemares , libro citato , & Selden , ài&oif 
toca, pag« l'iQ Sl fuivamsâu. 

X4 ._ 



<jiS Moyfe^ cônjîdéré comme Legtjtatcvf 
proie des flammes (8^4) ; mais on les accordoîc 
^ùx héritiers , fi un feul Ifraélite renonçoit au 
Culte de Jéhova poui fe vouer à celui des idoles. 
La confifcation avoit encore lieu pour plu- 
sieurs cas dont il fera queftion dans le chapitre 
Det bien» des loix Criminelles. Les biens du profélyte de . 
le prof^yVc. fuftice qui mouroit fans enfans nés depuis qu*il 
WdXm ^^^^^ adopté les préceptes de Moyfe , n'appar- 
tenoient pas au fifc , mais au premiçr occu- 
pant (865). Quoique le caradère de ce nouvel 
initié, en le laiflant prefque fans parens , en 
lui ôtant du moins ceux que lui avoiént don- 
nés la nature, enlevât fa fucceffion à la famille 
qu'il avoit eue jufqu'alors , il conferva néan- 
moins pour fuccéder une grande fupériorité 
fur tous les autres que les Hébreux* Se trouvoit- 
il appelle à partager avec un Gentil Théritage 
de fonpère<jentilJ II pouvoit, en abandon- 
nant à fon cohéritier ce qui tenoitàTidolatrie, 
fe réferver tout Targent & tous les fruits , de 
peur , difent les rabbins {%66) qui effaient de 

m ■ I I II I I ■ I I II 

(864) Deutéronome ; chap* 13, v. 12 & fuivans. 
Selden , A&o loco , chap 25 , & praecîpuèp. 177 & 178. 

(86$) Maimonide cité par Selden, page 188. Le 
labbin Saiomon Jarchi & les autres Talinndîfies» fur 
le chapitre 5 du livre cité de la Geraare de Babylone* 

(866) Mifiuiy 1. 1 a de Re dubiâ> cb. 6, §. xo» p. xoi^ 




5 comme MoraRfle» "j îf 

l^roiwer que cette loi n'eft pas injufte, de peur 
qu'il ne fôt tenté de redevenir Gentil par Fat- 
trait de k liicceffion de fon père. 

J'ai parle des bâtards (867}. La loi eft infini- L«y tarai 
ment fevere envers ceux qui ont reçu le jourvcs ruccé- 
d'une étrangère ou d'une, idolâtre. Dévoués à'=^****^'^^' ' 
Tanathême (8^8) , ils n'eurent aucun droit à 
rhéritage de leurs parens. Jephté fut chafTé 
par fes frères de la maifon paternelle & exclus 
de la fuccefOon , parce qu'il étoit le fruit d'une 
union illégitime (869). Quant auxefclaves, ils 
ferranfmirent, comme les autres objets de la 
fuccefGon , pourvu qu^ils ne fuflènt pas Ifraé* 
lites ; ils ne paflbient, alors, qu^anx enfans 
jmâles de la perfonne expirée (870). Un maître 
put laifler tous fes biens ^ à en croire la tradi- 
tion mofaïque conlîgnée dans la Mifna (871}, 
& il n*eft pas douteux que la liberté ne fut 
comprife dans cette donation générale ^^au lieu 
qu'elle ne le fîit pas dans la donation d'un feul 
Immeuble. On a demandé, fi elle feroit acquife 

^- _ 

(&67) Vide fupràj chap. 4, art. i , pag. %i\ & %ii^ 

(868) Deutéronomc, chap. 13, v. 6. 

(869) Juges, chap. ii, v. 2 & 5, 

(870) Vide fuprà, chap- 4^ an* i, p. 100, 

(871) De Aogulo, tom. ï, ch. 3, §. 8, pag, 4^ 




fédacion* 



1^ A Moyfi 9 conjulerc comme Legïjlateur 
dans le cas où le maître laiflèroit tout à Tet* 
çlave, excepté telle ou telle portion qu'il dë- 
figne formellement. Quelques doâ:.eurs penfent 
que non : mais d'autres Taffurent , & leur 
opinion eft aufli Conforme à la raifon qu'à 
rhumanité. 
D^i'fxh •- On ne fe contenta point d'établir ainfi l'ordre 
des fucceffions ; on défendit dé le violer. Le 
père même irrité contre fes enfans ou ayant à 
fe plaindre de leur conduite, n'eut pas le droit 
de les en punir en leur enlevant un patrimoine 
que leur tranfmettoit la nature. Vainement il 
inlticuoit un autre héritier ; vainement encore,, 
il prononçoit où il écrivoit : " que mon fils foit 
déshérité ». Sa volonté du moins ne produifit 
quelque effet que fi , en privant un des héri- 
tiers légitimes, illaiflbit aux autres la portion 
de celui-ci (Syz). Mais, fi rinftitution étoît 
défëfidi^ , dans le fens que nous venons de. 
l'-exprimer, la donation fut permife; ce qui 



(871) Voyez ks commentateurs fur le chap. 2,7 di». 
livre des Nombres ; Maimonide , Morç Nevochim , 
dhap. 42 , part. 5 ; la Mifna & la Gemare de Baby- 
lone, livre 3 , de Damnis, chapitre 8; Selden, diôcr 
loco , chap. 24 , pag. 16 1 & fui vantes. Vous y trou- 
verez de* ^tails très-étendu^ & quelques Itères mo- 
difications à la règle générale que cous avons état>)k# 



& comme Moralifiei J31' 

-offrpit un moyen évident de fe jouer de la loi, 
jpuifqu'une telle aliénation ne diflFiroit que par 
le mot d'une exhérédation ordinaire. Nean-? 
moins , & par une nouvelle bizarrerie , fi un 
père donne à un de fes enfans , la donation 
n*a d'autre eflfet que de le rendre propriétairq 
de fa portion & curateur ou adminiflrateur de ' 
celle de fes frères (873). 

Les donations à caufe de mort étoient nulles ,. ne»? <î©n«- 

lions àcauTo 

Ç\ elles étoient univerfelles ; mais- valides , fi ae mon. 
le malade fe réfervoit une partie de fes biens. 
Dans le fécond cas , on penfoit , puifqu'il s'étoit 
réfervé quelque chofe , qu'il n'a voit pas perdjo. 
l'efpoir de revenir à la fanté , & que fon àoxx 
avoit été précédé par une réflexion férieufe &C 
volontaire; au lieu que, dans le preroâ^er , oa 
craignoit que le défefpoir ou la terreur de la 
mort n'eût infpiré au donateur une fi grande 
libéralité (874). 

Nous ne finirons pas cet article fans peUfiic- 
examiner quel fut Tordre des fucceflîons au^^%*"^ 
trône , & fi on connut pour la royauté le pri-'^'j" JÏ^'ÎJ 
yilège attaché à rantériorité de la naiffance. <**aîncirci 



(873) Bartenora , (ur rendroît cité de la Mifna , 
§.5. Selden, dîôo loco, pag. 164 & 165. 

(871^) Voyez la Mifna, tom. i,de Angulo, dvj,' 
i 7 r pag- 48. 



fjt MoyfcytônJidérécommtLegiJlatcuf'i 
David , à qui un grand nombre de femttiei 
& de concubines donnèrent beaucoup d'en- 
fens (S/y) , ayant perdu le plus âgé de fes fils 
qui mourut vidime d'un ipcefte (876) , Abfa- 
lom, que cette mort rendoit l'aine , n'oublia 
rien pour acquérir Taffêdion du peuple. Levé 
dès l'aurore, il fe tieat à l'entrée du palais, 
appelle ceux qui viennent demander juftice à 
fon père , & leur dit : « Votre droit me paroît 
certain ; mais perfonne n'a ordre de vous en* 
tendre. Oh! qui m'établira juge fur Ifraël, 
afin qu'on ait recours à moi & que je prononce 
fuivant l'équité ». Il met tout en ufage pour être 
aimé des fujets de David , & ofe , peu de temps 
après , fe faire proclamer roi lui-même (877)* 
La fortune ne féconde pas fes projets. Vaincu 
par David , fugitif, fufpendu à un chêne , on 
£ait prefque un crime à un foldat de l'avoir 
épargné. Il auroit eu, lui dit fon général, 
pour prix d'un tel forfait , dix ficles d'argent 
& un baudrier (878). Quelle idée c'eft avoir de 
la vie des hommes & de l'aflaflînat! 

» !■ > I II I I I ■ I • I I I ' ■ I II ■ ■ — — 

(875) a Regum, chap. 3., v. 2 & fiiivans, ch. ^^ 
Hr. 1J-16. I Paralipotnènes , chap. 3, v. i & fuiv^ 
' (876) z Regum, chap. 13 & 14: 

(877) 2 Regum , chap. rç , v. 2-1J. 

(878) 2 Regum , chap. rô , r. 6- 11. On fe rapipelle 
que dix ficles d'argent formoient à-peu-près vîngt-cinqj 
^e nos livres aâuelle& 




& comme Moraiyie: j^ J 

Cela ne prouve- 1- il point que fi Thé- 
TÎtier du trône étoit ordinairement pris 
parmi les enfans du monarque , fi Tainé 
avoit droit à quelque préférence , néanmoins 
Tien ne la lui aCTuroit , puifque Abfalom 
cherchoit à conquérir le fceptre par fa vigi- 
lance & par fes armes. Pourfuivons. Ce prince 
ayant été lâchement aflaffiné ^ Adonias devenu 
l'ainé par cette mort afpire à la royauté (Sy?), 
Bethfabée , un des objets de l'adultère de Da?* 
VÎd (880) & mère de Salomon^ rappelle au 
monarque la promefle qu'il lui a faite que ce 
£ls leroit fon fuccefleur. Elle le plaint des entre- 
prifes d' Adonias , & veut que tout Ifraël 
attende avec impatience que le monarque in- 
dique celui qu'il deûine à gouverner Tempire* 
David prononce de nouveau en faveur de Sa- 
lomon 5 & au(ïi-tôt il le fait facrer & afleoir 
près de lui fur le trône en préfence de tous fes 
fujets qui font retentir Tair de leurs cris de 
joie & du fon des inftrumens{88i). Ici le roi 

(879) 3 Regum , chap. i , v. 5-10, 

(8«o) 1 Regum, chap. 11 , v. 3 & 4. 

(8S1) 3 Regum, chap. i , v. 17-40. Roboam qui 
fuccéda à Salomon , n'avoit pas de frères ; ainfi fon 
ecemple ne prouve rien ; mais , ce qui eft une preuve 
fcîçn forte, ce font fes foins pour aflurer le trône j 



n 





^ f6 Moyfif cotifiâiri comme Ligîjlateuf 
d'adopter cette opinion (88 j) : mais les motî& 
pour la combattre font fans force & fans vé« 
rite. Le plus capable de féduire eft que Salo- 
mon , Joas & Joachas furent oints , quoique 
d'une tige royale : mais d'abord , on ne peut 
nier que les deux premiers n'euflent des con* 
currens, & alors, nous nous trouvons dans le 
cas indiîjué. Pour Joachas , il n'eft pas vrai , 
comme le dit Bafnàge , qu'il n'en eût aucun, 
.Jofias avoit laiffé plufîeurs fils, & celui dont 
nous parlons n'étoit pas l'ainé. Le roi mourant 
n'en ayant ciéfigné aucun pour lui fuccéder , 
celui-ci fembloit avoir |es plus grands droits 
au trône \ & cependant on voulut len ex« 
çlare. D*un autre côté > la Judée étoit alors 
devenue vaflTale & tributaire de l'Egypte par 
une viâoire de Néchos, & les Juifs honteux, 
irrités de leur défaite , fe hâtèrent d'élire un 
roi pour n'en pas recevoir un des Egyptiens , 
& un roi qui ne fît pas hommage du fceptre 
au vainqueur. On fent que , dans une pareille 
circonftance , l'onélion étoit indifpenfable. 
i Joachas , conformément aux vœux de fon 
peuple , étant monté fur le trône , fans en 

(88$) Livre premier de l'Hifloire des Juifs , ch. i j ; 

inftruir^ 



€^ comme Moralijie. * ^ y^j^ 

inftruire le roi d'Egypte & reconnoître fa fuze- 
raineté , Néchos furieux le mande en Syrie où 
il étoit alors , l'y fait diarger de chaînes , &: 
l'envoie dans une prifon où il ne furvécut pas 
long-temps à fon efclavage. Néchos donne 
cnfuite le gouvernement de l'empire à Joakim 
ou Eliacim , un des aines de ce Joachas > 
nommé auffi Sellum par l'Ecriture (886) , mais 
le fécond feulement des quatre frères , Johanaa 
ou Jéchonias étant le premier (887). Obfervons 
que les defcendans de celui-ci furent enfuite 
placés à la tête de la nation dans la perfonne 
de Zorobabel fon petit-fils (888). 



(886) 4 Regum i chap. 23 , v. ^i, 33 & 34. 2 Pa- 
ralipooiènes , chapitre 36 , v. a & /uivans. Joachas 

' n'avoit que 23 ans quand il commença fon r^ne qui 
ne fut que de trois mois, & Joakim en avoit 15. 
4 Regum, diôo loco, v. 31 & 36. 

(887) I Paralipomènes , chap. 3 , v. 15. 

(888) I Efdras , ch. 2 & fuiv. Voyez S. Matthieu; 
chap. I, y. II & 12. 



X 



1^5* ldoyfe\<onfidcré comme Ugïjlatiut 

CHAPITRE V. 

loix Criminelles s. 

J^ES loix criminelles des Juifs font les moins 
connues. Celles de cepeuple fur le mariage, fur 
les fucceffions, fur les cérémonies religieufes &c. 
ont fixé l'attention particulière & les recherches 
de plufieurs écrivains 5 & il n'en eft aucun qui 
ait examiné & tracé avec quelque étendue la 
partie de leur légiflation qui fixe le fort des 
coupables. Effayons de réparer c« filence. 

Je ne iUivrai pas d'autre divifiori que celle 
du Décalogue. Lès fentes qu'il profcrit at- 
taquent l'homme ou la divinité: nous parcour- 
rons ces diverfes oflfenfes. Mais auparavant, 
donnons une idée générale de la jurifprudence 
criminelle des Hébreux, deleurinfiruâtionÔC 
de leurs fupplices. 

Article Premieiu 

Dt i*inJtrulHon criminelle. 

Bîcnspro- MoYSE ne fit jamaîs aux Hébreux que des 
fih aux ob- menaces temporelles. Jamais il ne leur annonça 

iTcrvdiCcurs * 

4s u ici. expreffément une vie future & des çourmens 
éternels. Ce fîit par des craintes qui fe réalif^ 



&^ eomme Moratifiel IfJJI 

iroîent pendant leur vie, qu'il chercha, en les ef^ 
frayaat, aies ramener aux principes des mœurs 
&^ de la f àgefle , comme c^eft en leur promettant 
des biens qui frappoient leurs fens qu'il les excite 
à remplir les devoirs de la religion & de la 
vertu. Celui qui remplira ces devoirs aura de 
riches moiflbn^ & une poftérité nombreufe, 
Sts adkions feront bénies ; fes ennemis fuiront 
de fa préfence ou tomberont fcus fes coups. 
Leurs biens feront en fon pouvoir; il s'endchira 
de leurs dépouilles , & les Ifraélites feront les 
premiers des peuples en gloire & en puiffanee 
s'ils obfervent les commandehiens de Jého- 
va (889). Mais s'ils font fourds à la voix de MaaxaA*; 
Dieu , leur poftérité fera maudite \ ils le feront ^cux%a\^ 
dans toutes feurs adions 5 la fièvre, la pefte, v»®^"^iS 
la famine, le froid, les chaleurs brûlantes, 
mille autres fljéaux deftrudeurs précipiteront 
fur eux. la vengeance célefte , les pourfuivront 
jufqu'au trép^, & leurs cadavres ferviront de 
pâture aux oifeaux & aux bêtes féroces (8^) i 
ou bien, couverts d'ulcères, en proie aux ma- 
ladies les plus honteufes , frappés d'aveugle- 
ment , de démence , de fureur , flétris par la 

1^— — !■■ i _ p ; I ■ I « m ■ I I II iii.ii.i I | M I 

(889) Deutéronome , chap. zg , v. i - 14. 

(890) Deutéronome 9 €bap. 28, v. 15 -26. 



54^ Moyfe ^ cmjidéré comme Ugïjlateur 
calomnie , opprimés par la violence , ils épou- 
seront une femme & elle fera adultère \ ils 
iîâtiront une maifon & un autre l'habitera; ils 
planteront une vigne & ils n'en recueilleront 
pas les fruits. Leurs filles & leurs fils feront 
'Captifs & efclaves des idolâtres. Us le devien- 
dront eux-mêmes. Accablés par la faim , la 
foif & la nudité , ils fentiront un joug de fer 
j'appefantir Ikr eux. Une nation étrangère 
viendra des extrémités, du monde leur faire 
fentir fon pouvoir. Elle fera fans pitié pour 
les enfans & pour les vieillards (891). Us feront 
réduits à manger ceux auxquels ils auront 
donné fe jour , & dans les tranfports féroces 
que le befoia enfantera, le frère les difputera 
a fon frère , & la femme à fon mari (892). 
Difperfés dans toutes les parties de la terre , 
ils ne trouveront ni le repos du corps , ni 
la tranquillité de Tame. Dévorés de frayeur, 
leur vie fera commue en fufpens devant eux. Le 
foir & le matin , ils trembleront de ne pas 
revoir le coucher du foleil & l'aurore. On les 
ramènera par mer en Egypte , & les habi- 
tans de cette contrée ne daigneront pas même 

(%i) Peutéronofflc, chap. 28, v. 27-50. 
(^2) Deutéronome , chap* z8, v. Ji-56. 



& comme Morarijle^ f^f 

leur donner dei chaînes & en feire leurs ef- 
cla^ves {$9}). 

Ce n'eft pas que la fagefle divine eût borné ïif mit 
à ces menacés éloignées la punition des fautes ^mcm^u^ 
ordinaires qui troubloient Fordre public & les o^'^^uj^ 
droits de la fociété. Leur châtiment iut inva-^«t"ncs5 
riablement réglé par Moyfe; Les peines étoienr^ 
afflidives ou pécuniaires. En général , oh net 
pouvoit fubir chacune d'elles pour le même- 
crime , & payer à la fois de fa tête &r de fesi 
biens ; mais il n*eft pas fans exempté que ^ - r 
j>our les préceptes négatifs , fi on avoit joint uct 
avertiffement formel au précepte, onxm cu- 
mulât le fouet Se le retrânchèittent (894):; 
L'aveu du coupable ne fufiifôit pas pour le con=^ L^àvctr &> 
damner ,^ -& ît enlipêch0k<|u'oa n'accrût fifi^SaJ"*^ 
peine. Ainfî , avouoit-on qu'ott ^6k pris nd 
meuble, un animal &c. l oaétQit-tfimi.de.l& 



(895) Dfeutéronome , cE. 2?, v. 64-68. Voyer 
fans le chapitre . des îôir morales y. pluîSeurs aun-es 
es ces promèffes & de ces menaces qui toutes font 
encore temporelles & ne font allnfion. qu'aux trou» 
peaux & à ragriculture. 

(8^94) Mifoa,,de Dote^Lrtterifquematrimonialibus^ 
lom. j , ciiap. 3 , ^ 1 & a ,, pag, 64 & 65* Le fouei^ 
& Je retrj^nchemçnt éîoient toujours, uçljs , fuivant 
Maiinoaide. Ihidest». 



^42- Moyfe j confidere comme Ugiflateur 

reftituer , mais non d'ajouter le double , \é 

triple , le quadruple de la valeur au prix é& hu 

:râmâîs un reftitution (89 j). Obfervons encore qu'on ne 

î^^^^t pouvoit pas davantage rendre un citoyen ga- 

^iw autt^'* rant de la faute d'un autre. Le père même ne 

1 etoit pas de fon fils. Qu'on ne le faffe point 

mourir pour fes enfens , dit le Deutérono- 

me (89^) , ni les enfans pour leur père s mais 

que chacun périfle pour fon péché , & qu'on 

ëvite ei;i punifljant la fouveraine rigueur. 

De rem- Dès qu'uu homme étoit foupçonné ou ac- 

Slmdêrac^^ dun forfait, on s*afluroit de lui par 

«ïi^ l'emprifonnement. L'écriture en offre plu- 

lieurs exemples , & entr*autres celui de l'If- 

' : raélite lapidé pour avoir ramafïe du bois le 

; _ jour du fabbat , & celui du iîls d'un Egyptien 

lapidé auflîpour avoir été blafpbémateur (897), 



(895) Mifna, fbîttem , §. 9, page 67. 
- (896) DeutéroflOme y chap. 14 , v. i6. Cela eft 
confirmé dans le quatrième livre des Rois , ch. 14 , 
V. 6; dans le fécond des Paralipomènes^ chap. 2j, 
y, 4, & dans Eîécbiel, chap. 18, v. zo. Voyez, fur 
la concilîatîbn du paffage d'Eïéchicl , avec un paffage 
de TExode qu'on a prétendu le contredire ^les lettres 
Ôe qudques Juifs portugais & allemands, par M. Tabbé 
Guénêe, page 344. 

(897) Lévîtique, chapitre 14, v* 10 & fuivans. 
Nombres^ çhap, 15, v. 3a -j6. 



if comme Moféirifie: '^^ 

jL'ttn & Tautre font enfermés en attendaac 
qu'on prononce fur eux. inùtm^ 

On procédoit enfuite à l'information , & les tîon. i>«t ' 
tëntoins étoient entendus. Un feul ne fuffifoît ûKapabiet 
pas ; on en dgmandoit deux ou trois (898). Les j^, 
ufuriers , ceux^qui vendoiem les fruit* de la 
feptième année , ceux qui jouoient aux jeux 
de hafard , les femmes , les efclaves , ceux qui 
formoient les colombes à voles & les animaux 
à combattre > les impubères , les^ nfeafés, le* 
aveugles y les lourds , les iiïipies , les gens 
infâmes , les étrangers , les parens ne pott^ 
voient rêtre(899)r On y admit cependant les 
fix premiers dans quelques circonftanc^s lé- 

(898) Nombres', chap, 35, v. 3a. Deutéronome , 
chap. ^jyY. 6 ^ &L chap. 19 , v, 15. Cela a lieu dans 
%. cas métne ob TEcrinire nç s'exprime qu^au fing«- 
lier, teftîs^ comme au chap. 5 des Nombres, v. 13. 
Voyez la Mifna ^ de Uxore adult. fufpeâà, tom, 3, 
chap. I, §[. I , pag. 179. 

(899) Mifna, de Principfo anni, tom. %f chap. r;. 
Ç 8 , pag. 322 & 323 ; de Uxore adulterii fufpeffîi, 
4om. 3 ^ chap; 6 , §; i:, pag. 251 , 8r de Synedrifi^, ' 
tom. 4^ pag, 22^. Uexcluflon de Taveugle fondée fur 
le viderit du Lévitique , chapitre ç , v. i ; celle de 
+'impie, fur le prenlier verfet du chap. 23 de TExode; 
celle deff efclaves , fur le mot de vos frlrcs^ Dèutéron^ 
chap* 19, V. 19 &A &c. &c,. 

Y4. 



^544 Moyfty conjidéré comme Ugijlateur 
- gères , comme pour affurer la mort d'un 
ëpoux afin que fa veuve fe remiarie , pour at- 
téfter qu'une femme accufée d'adultère eft 
fouillée &: la difpenfer par - là de boire-les 
eaux amères , & dans tous les cas que les 
dodeuTS Juifs (900) ont défendus , fans qu'ils 
l'euflènt jamais été par la loi. 
Motifs de^ Cette admiffion eft d'autant plus jufte que 
des femmes,, tous ne lout pas tormellement exclus par nos 
&d/séuao- livres facrés. Ainfi la pfofcription de la femme 
««*• eft établie fur la bafe peu folide que le Deuté- 

-ronoitie fe fert du mafculin , en parlant des 
deux témoins ( 901 )• Celle des efclaves eft 
mieux fondée. Le mot frère dont fe fert l'Ecri- 
ture ne tombe que fur des hommes libres; elle 
veut d'ailleurs que le témoin foit d'une con- 
dition pareille à l'accufé (902.). Celle des étran- 
gers l'eft encore mieux. En eflfet, puifqu'on 
en priva des efclaves qui du moins partici- 
poient à la plupart des devoirs pieux de leurs 
maîtres & étoient foumis à l'accompliflement 
de quelques-uns des préceptes , à plus forte 
railbn les étrangers avec lefquels on n'avoit 



I (900) Mifna , à\ùo loco , tom 2, pag. 322. Voyez, 
à la tête du tom. 3 ^ Isé préface de Surenhuilus. 

(901) Deutéronorae, cbap. 17, v. 6. 

(902) Deutéronome , chap. 19, v. ijw 



"■ ^ comme Moralijîe^ j 4/ ^ 

tien de commun pour les proprie'tés , pour le 
culte &c. , furent - i)s privés de cet avan- 
tage (903). 

On fera probablement étonné de^ trouver Motif* de 
dan$ cette prolcnption les vendeurs des rruits du vendeur 
de la feptième année. C'eft que le légiflateur f^^f^Jfè^ 
permit feulement de s*en nourrir. Ceux' que ^^^^* 
J 'avarice engageoit ainfi à violer la loi laiflbient 
craindre ^ avec raifon , fuivant Pobfervation 
du, rabbin Salomon Jarchi (504), qu'ils ne 
fuflent féduits par l'argent qu'on leur don- 
îieroit pour rendre un faux témoignage. Mais 
tquand lès Juifs eurent des rois & des tributs 
Unnuels à leur payer, ils purent vendre ces 
fruits pour acquitter l'impofition , fans deve- 
nir , pou r cela , i ncapables de témoigner (90 j ) ^ 
fur le fondement qu'ils ne vendoient plus vo- 
lontairement & pour eux-mêmes , mais pour 
tin autre & par néceflîté. 

Il y a , fur cette matière , dans k jurifpru- piurieurf 
<lence des Hébreux, beaucoup d'autres difpo- ^^^J^ ^** 

■. ' ' ■/ 

(903) Wagenfeilius fur la Mifna, de Uxore adulteriî 

fufpeââ, tom. 3, çhap. 6^ §. 2, pag. 252, in fine. 

(904) Voyez là Mifna , de Principio aniii, tom; 2 f 

chap. I, §.8, pag. 322. . ' ; > 

, (905) Houtingius ^ fur {a Mifna, deWidCÎploanni» 
tom. 2 , chap. i , §. 8, pag. 323. :: * '^ 



^4^ Moyfcj eonjid^c comme Ugîjlateur 
litions très-reiûarquables. L'homme coupable 
d'un crime qui mérite le fouet ou le retrandie- 
ment eft indigne d'être témoin, tant qu'il n'a 
pas été puni ; mais s'il Ta été , il rentre dans 
fon premier état. A-t-on reçu de l'argent pour 
témoigner} On en devient incapable ; ixiais 
on en reprend le droit en faifant pénitence fut 
cette faute &: en reftituant la fomme qu'on à 
eu la foibleife de recevoir ( 906 ). Le témoi- 
gnage eft, fans valeur fî ceux qui le portent ne 
font pas d'accord far le même fait dans toutes 
Tes parties. Ainû > pour l'abandon du culte de 
jéhova , un témoin aflure-t-il avoir vu un It 
raélite adorer le foleil , & l'autre, l'avoir vu 
adorer la lune î Quoique les deux faits prou- 
vent également l'idolâtrie & qu'elle foit ua 
crime horrible , la preuve eft incomplette & 
l'accufé abfous (907). A-t-on dépofé contre la 
vérité ? Si on en eft convaincu , on fouflte le 
châtiment que l'accufé auroit fubi s'il eût été 
condamné d'après ce témoignage (908). C'étoit 
. 1 ■ ■ ■ ** 

(906) Houtingius diâo loco. Sclden de Syncdriis;;^ 
iom. % i lîv, 2 , chap. 13 , §. 6 , pag. 334. 

(907) Voyez Maimonide > de Synedriis , chap. ad 
& fuivans ; Selden de Syhedriîs , tom. 2 , liv. % ^ 
<:hap. 13, §. 10, pag. 349- 

(908) Voyez Josèphc, Antiquités Judaïques , 1. 4» 
Iphap. 8 , pag. 122^ 



'& comme Mùrafi/ie: '547 

fine foite de talion , genre de fupplice que lés 
Juifs admirent dans toute fon étendue (909)^ 
Ajoutons qu*on put être à la fois juge & té- 
moin (91c), & que ceux qui témoignoient 
ëtoient ordinairement les bourreaux des cou- 
pables (911) ; caria profeffion de ces derniers 
xi'ëtoit , chez les Juifs y ni une profeffiocr 

— ■ ■ . ■ I ■ , I ■ .,1 ■!, , iirw 

(909) Œil pour œil , dent pour dent^ main pour 
xnain^ pied pour pied ^ plaie pour plaie , difent les 
ve^fets 24 & 25 du rhafijtrr 21 de TExode. Voyez 
le Lévitique, chap. 24, v. 19 S 20^ â*^k..Peuté- 
ronome, chap. 19, v. 21. On en voit un exemple 
frappant dans le commencement du livre des Juges » 
chap. r , V. 1-7. Les Hébreux ayant combattu un 
roi ennemi, Adonibefec , en triomphent « & ils^lui font 
couper les extrémités des mains & des pieds, fupplice 
que ce prince aVoit fait fubir lui-même à foixante-dix 
rois qui mangeoient fous fa table les refies de ce 
qu'on lui fervoit. Les hnx accufateurs de Suzanne 
fubirent au^Ie talion, Daniel, chapitre 13? verfctôi 
& 62. 

(910) Maîmonide & Bartenora^ fur la Mifna , de 
Anno feptimo, chap. 10, §.4, tom. i , pag. 196. 

, (911) Le Deutéronome , chap. 17 , v. ç , ordonne 
que , pour h lapidation , la première pierre foit jettée 
par les témoins. La Mifna l'établit dans tous les 
genres de mort, de Synedriis, chap. 6. Voyez Selden, 
de Synedriis , tome a, livre 2 , ch^itre 13 , §. 3 , 
Fge 330- 



114^ Moyfcy conjidéré comme iségijlatear 
particulière, ni une profeflîon infâme (912). 
DeTînter-* Uinterrogatoire fuivoit Tinformation. Les 
nm^^itè juges, par un abus coupable, ne s'y permet- 
32tJ ^^^' toient point de tendre des pièges ou d'irifpirer 
de la crainte à Taccufé , ufage indécent &r 
féroce qui s*eft malheureufèment établi chez 
là plupart des nations modernes. On voit deè 
xnagiftrats indignes de ce nom, chargés du fort 
d'un de leurs concitoyens , fembler d'abord le 
jregarder comme criminel & chercher avec une 
attention iriquiette , lés preuves de fon forfait 
plutôt que celles de fon innocence. Vous n'êtes 
quefoupçonné, ils vous fuppofent convaincu j"" 
ou , par une cruelle adrefle , ils feignent de 
-préfenter un moyen d'alléger la faute com- 
mife , pour arracher votre aveu par Tefpoir 
d'tine punition moins févère. Les magiftrats 
hébreux fe permirent feulement d'effrayer 
quelqueftiis les témoins par des menaces qui 
feroient accomplies, s'ils trahiflbient la vé- 
rité (913). Gn les invitoit , ainfi quel'accufa- 



(9^^) Quand ce n^étoîent pais les témoins , c'ètoîr 
ordinairement un des domefliques du roi bu un fpldat. 
Voyez 2 Regum, chap, 4 , v. 12 ; 3 Regum, ch. 11 ,. 
V. 2» & alibL ' 

(913) Voyez, dans le tome 4 de la Mifna, le 
traité de Synedrife, chap. 4, & dans le tome J» te 



& comme MoraFifte» 34^ 

■\ - . • 

leur , à penfer que le fàng qu'ils aUoient faire 
répandre , ne cefleroit de crier contre eux , s'il 
étoit répandu injuftement, & on leur citoit 
l'exemple de Caïn & d'Abel (914)- Les expret 
fions employées envers l'accufé, refpiroient 
4'aiIIeurs prefque toujours l'humanité & une 
forte de bienveillance (91 j). Les juges fe fou- 
venoient que ce malheureux étoit un de leur^ 
femblables , & qu'il pouvoit être innocent. 

Cette idée touchante les animoit fur-tout au J«gein«it 
moment d'une condamnation capitale. On ne crimfuX* 
fauroit trop louer la fagefle des m.agiftrats hé- ^^f"^ 
breux dans ce moment redoutable. On les voit "*<'"• 
pénétrés de cette grande maxime infpirée éga- 
lement par la raifon & par la nature , que U 
fociété ne doit pas fouflFrir qu'on Jui arrache 
légèrement les citoyens qui la compofent & 
dont elle eft la protedrice. L'inftrudion finie, 
&: toutes les pièces du procès lues attentive- 
ment, ils rendoient leur décifîonj mais elle 



traité de Uxore adulterii fufpeaâ , chap. 1 , §.4 ; 
pages 185 & 186. 

(914) Maimonide, de Synedriis , chap. 12 & 13 ; 
& Selden, ibidem, tom. 2, liv. 2, chap. 13, §. 3, 
page 328. 

{915) Voyez-en un exemple pour les accufée^ 
d^adultère dans le tome 3 de la Mifna , diâo ieco. • 



f j(J Mcyfcy conjtdirc comme Ugîflateuf 
n'ëtoit point encore irrévocable. Rentrés danl 
Tenceinte de leur mailbn , où on leur com- 
mandoit de s'abftenir du vin & de manger 
ibbrement (916), aflenablés là deux à deux, 
ils recommençoient en particulier l'examen du 
crime , & mûriflbient.par la communication 
plus étendue de leurs lumières, & par les 
réflexions d'un jour entier , rimpreffioh qu'ils 
avoient reçue. Revenus enfuite fur leur tribu- 
nal , ils approuvoient ou réformoient leur 
première fentence. Tous cependant n'avoient 
pas également la faculté de changer d'opinion. 
Celui' qui, la veille, opinoit contre l'accufé , 
pouvoit le lendemain lui être favorable , mais 
fi on ia.voit penfé hier qu'il falloit l'abfbudre , 
on ne pouvoit plus le condamner aujour- 
d'hui {917) y différence (âge, que je regarde 



(916) Même de ne pas manger du tout. On fe 
fondoit fur le verfet 19 du Lévitique, chapitre 26 : 
Non comeditis , dit-il , fupcr fanguînem. Le texte fama- 
ritain eu conforme au texte bébreii ainfi que le par 
rapbraâe chaldéen. La Vulgate plus conforme à la 
verfion* arabe dit : çum fanguine. Quant aux Sep- 
tante , ils traduifent : M« ffTflfV) tmv ofso»», non comc^^ 
^dtds fuper montes» 

(917) Le nombre des voix pour condamner devoit 
excéder de deux celui pour abfoudre. Ainfi, dans le 
petit Sanhédrin , ou celui des vingt^trois^ qui étoit 



4& comme MoraRltcl . iS^ 

lîômme un bienfait de la loi envers rhumanité. 

Pourfuivons , & nous verrons éclater de nou- ifenreU 
veau la fageflè & la fenfibilité profonde du d'huSïïhé*, 
lëgiflàteur. Le jugement eft porté. Le criminel »^«i*^ 
$*avance lentement vers l'échafaud où il trou-^ 
vera la mort & Tinfamie. Tourmentée par une 
inquiète curiofîté , la populace attendrie Ten- 
toure & cherche à lire fur fon front fon repenr» 
tïr & Tes remords. Deux magiftrats font auprès 
de lui , chargés d'entendre ce qu*il auroit à 
dire pour fa défenfe & de Tapprécier. Un hé- 
rault fend la foule du peuple & s'écrie : « Le 
malheureux que vous voyez eft déclaré cou- 
pable; il marche au dernier fupplice. Eft -il 
quelqu'un de vous qui puiflè le juftifîer \ qu'il 
parle ».Un dés citoyens fe préfente-t-il? Soudain 
le criminel eft reconduit dans fa prifon & les 
preuves dé fon défenfeur font examinées. La 
loi y dans des cas pareils , ordonne de ramener 
|ufqu'à cinq fois celui qu'elle a condamné. Sa 



)e tribunal criimnel ordinaire > on échappoit à la 
peine , quoiqu*jil y eût douze juges pour condamner. 
Voyez Selden de Synedrîis , tom. 2 , Uv. 2 , ch. 5 , 
§.24 pag. 146 ; la Mifn^ , tom. 4 « de Synedriis ^ 
chap. x> §. 6, pag. 215; Cocceius &Maimonidefur 
ce paragrai^e ; la Qemarç de Babylone 9 ibidemi 
page 17 &c. &c. &c, 



3 j 2 ^oyfe , cônjidéré comme Légijlateur 

douceur éclata jufques dans l'aveu du forfait ^^ 
aveu regardé comme néceflaire. Avant que le 
coupable fubît fon châtiment , à quelque dif- 
tance du lieu oii il devoir perdre la vie , on lui 
ordonnoit de confefler fon crime (918) , & on 
n'attendoit pas que fon ttouble fût accru par 
Tafped du théâtre d'horreur où il devoir ter- 
miner fès jours. On Tenivroit çnfuite pour lui 
rendre moins cruelles lei approches de la mort. 
Réflexions Quelle ame ne feroit pas émue à ce tableau! 
furccucpar- Comme la vie d'un homme fut refpedée dans 

tic de la ju» . A 

lifprudcnce \^ terre d'Ifraël l La nécéffité de plufieurs té- 
dcsHcbrcux. moins & la fobriété recommandée aux juges 
font des obligations communes à d'autres 
peuples \ mais où trouvera-t-on cette loi ad-» 
mirable qui foumet les magiftrats defcendus de 
leur tribunal , à revoir eux-mêmes , à exa- 
miner plu5 attentivement, à pefèr avec une 



(9x8) On robferve pour Achan , & il Tavoue ; 
mais c'eft à Tinfiant même où la faute efi découverte. 
Jofué, ch. 7 , v. 19. La diftance dortt parlent ici les 
Talmudiftes eft bien légère; il n'eft queftion que de 
/dix coudées. Voyez la Mifna , tom. 4, de Synedriis, 
chapitre 69 §. 2, pag. 234 » & Selden, diâo locoj 
pag. 330. A quatre coudées du même lieu on dé- 
pouilloit le coupable de fcè habits. Obfervèz encorç 
^aVri couvrolt k tête des accufëç. Daniel , ch. 13 1 
verfct 32. 

grande 



é comme Moralijté, %^f 

gfâtide maturité, à révoquer; s'il le faut> la 
décifion qu'ils ont portée» Et ce n'eft plus 
clans le fanduaire de la juftice , entourés de la 
pompe ^ de l'appareil, de la itiajefté qui les 
environnent , que s'opère cette révifion. On 
femblê craindre tant d'éclat ^~&c fur-tout ces 
impreflîons puiflTantes qui fe propagent en un 
jnftant & qu'éledrifent , pour ainfi dire, à 
leurs confrères , ceux des juges auxquels leur 
éloquence , leur renommée , leur âge , la vé- 
nération qu'ils infpirent , donnent une pré- 
pondérance marquée. Ces dangers difparoiflent" 
dans lè^ calme de la folitude. Les émotions 
étrangères n'y ont plus d'influence , pas même 
cette émotion générale, quelquefois mal éclai* 
rée, qui trompe le juge aflez foiblepour con- 
former toujours fans réferve fon opinion à 
rppinion publique. Une loi non moins adifii- 
rable eft celle qui défend de feré^rader , fi on 
a voté pour Tabfolution , & principalement 
celle qui laifle encore un efpoir au criminel 
dévoué dont la faute a paru mériter l'animadt- 
verfion fociale &r la vengeance de la loi*' Tanc 
que le glaive n'eft qu'açité , fufpendu fur fa 
tête , on peut échapper à fes coups. Ceux qui 
furent les juges de l'iccufé, devenons fes confo- 
lateurs & fes appuis , n'ont plus d'autre mi-* 
xuftère que d'entente fa juftification* Tout 

Z 



\^ 



*| j4 Moyfcj tonjîdcrê comme Ugijlateur 
citoyen eft invité à élever fa voix , & le ctl 
d'un feul fuffit pour détourner la mort dont le 
coupable èft menacé, 
^ocpenfct Telle eft, en cette partie, la jurifprudence 
ae l'opinion criminelle des Hébreux affirmée par la Mifna, 
toiîin? * par fes commentateurs & par tous les rab- 
^"^'^^ bins (919). Une fi grande unanimité n'impofe 
point à quelques écrivains modernes. Balhage 
& Calmet, par exemple , perfuadés apparem- 
ment qu'ih connoiflbient mieux la légiflation 
des Juifs & leurs ufages que les Juife eux- 
mêmes , ont prétendu qu'on nous trompoit par 
cette narration touchante (92.0). J'a>4pue que 
je fuis toujours plus étonné d'entendre des 
auteurs étrangers à' une nation , lui contefter 
opiniâtrement le détail qu'elle donne de* fes 
propres loix & de fes propres coutumes. Et 
fur quelles raifons eft fondée une pareille in- 
crédulité J Nos livres faints n'en difent rien. 



(919) Mifna, de Synedriis , tom. 4, chapitre j, 
I»g. 221 & fuivantes, & chap. 6, pag. 133 & fui- 
vantes. Selden de Synedriis, tom. 2 , liv. 2 , ch. 10, 
^. 2, page 269,. & chapitre 13, §. j, page 329 & 
fuivantes. 

(920) Voyez , dans le tome 2 de la bible d'Avignon, 
une dîffertation de Calmet fur les fupplices des Hé- 
breux, p. 617, &Bafnage, Hiftoire des Juifs, liv. 6, 
*hap. r, §. 17 & 18, tom*. 6 , pag. 25 , 26 & 27. 



& cofnme Moral^êi ^ ifff^ 

D^abord^ cette aflertion n'eft pas exade. Le 
livre de Daniel nous nciontre ce prophète arrê- 
tant Sufanne qui marchqit au fupplice , & 
annonçant aux magiftrats de la nation qu il a 
des moyens évidens de la juftifier & de prouver 
fon iniîocence (92^1). Mais d'ailleurs, combiea 
de ^maximes légales , combien de principes 
jnoraux & politiques , combien de faits n'at- 
teftent pas ces mêmes écrivains , quoiqu'ils 
ne foient point renfermés dans Ttcriture i 
Pourquoi fe refufer à admettre' Texiftence de 
cette loi , quand elle a pour garant le peuple 
entier qui lobferve , & qu elle eft fi digne 
d'une nation éclairée par Moyfe &c pat 
l'Etre fuprême ! Le fait que rapporte Baf- 
nage (92.2) d*un homme puni ^ malgré la ré- 
tractation des témoins & quoique l'accufé fe 
déclarât innocent , eftun faitifolé, qui, en le 
fuppofant vrai , fera , de la part du magiilrat, 
un forfait exécrable , mais qui ne détruit pas 
plus l'ufage qu'une prévarication impunie ne 
détruiroit parmi nous la certitude de la peine 
prononcée contre les prévaricateurs. Parlerai- 



(921) Daniel , chap. 13 , v. 46 , 4S & 49. 

(92.2) Hiftoire des Juifs , tom., 6 , lîv. 6 , Ch. t ; 
|. i8,pag. 27. 11 le tire de la Geraare ^ de Sfùfgi 
driis^ chap. 6, feâioa 4. 

lu Xi 



5 j6 Moyfi, vonjidérc comme IJgiJlateur 
je de rabfurdité du dodeur Eliezer > Il accufe 
de péché Thomme bienveillant qui cherche à 
concilier les difierens de fes concitoyens , & de 
blafphème, celui qui loue ce pacificateur (925): 
mais le délire d'un rabbin dont les autres prof- 
crivent lopinion fuffiroit-il pour fervir de 
bafe aux jreproches de Calmet î Quel rapport 
d*ailïeurs entre Tadion blâmée par Eliester & 
les dernières formalités obfervées envers les 
coupables. Cette adion , tût-elle vraie , que 
pourroit-on en conclure contre les jugemens 
criminels & leur exécution ? Ce n'eft pas là 
feule occafion dans laquelle nous ferons obligés 
de réfuter le favant bénédidin , en rendant 
juftice à fes travaux & à fes lumières : nous 
nous verrons forcés à le combattre - encore 
plufieurs fois , en parlant des fupplices des 
Hébreux. 

y 

A R T I C L E I L 

Des peines en ufage che^ les Hébreux. . 

Les Juifs eurent un grand nombre de 
fupplices. Les rabbins nous en ont confervé le 
détail. Il eft prefque toujours- fondé fur l'Ecri- 
ture , & par conféquent plus que vraifem- 

•— ^ 

{923) Voyez Calmet, diûo loco. 



^ comme Moraliftâ^ "f^^ 

blable , quoi qu'en dife Calmet qui poufle 
refprit de fyftême jufqu'à faire un crime à 
Schikard, à Selden , à Cafaubon (914) , d'avoir 
adopté la tradition inconteftable & lef fuflFrag^ 
unanime des dodeurs mofaïques. Ces fupplices. 
font la fcie , le feu , la potence , l'étranglement , 
Ja lapidation , l'épée , le fouet , la prifon , l'ex- 
communication, le retranchement. Joignons-y 
ceux d ecrafer le coupable fous les pieds . des 
animaux , fous des traîneaux à battre le: ' 
grain , foiis des épines &:c. &cc. Nous n'en 
préfenterons ici qu'un afped général , &C 
nous renvoyons à un mémoire particulier 
les difcuffions & les détails que cette matière 
exige. 

Le plus ancien exemple offert par l'Ecriture DuToppiki 
du premier de ces tourmens eft dans le livre des ^* ^ ^^**" 
Rois. La capitale des Ammonites eft affiégée^ 
prife y & le vainqueur , David , après erx ' 
avoir fait couper les habitans avec des fcies 
& fait pafler fur eux des charriots dont les- 
roues font de fer , les taille en pièces- avec 
des haches ou des cout^uix , & les jette 



(924) Schikarcî , Jus. Regium Hebr. ch..4,tEéor. 14, 
p. 10^ & 104.- Selden , de Synedriis , liv. 2 , ch. i y ^ 
& Cafaubon , exercitationes in Baroniwn. Voyeft 
Calmet y diâo loco , pag. 606. , 



"j 58 Moyfâj conjîderé comme Legïjlateur 
dans des fourneaux où on cuit la brique (9iy)J 
Dufappiîce ^ fupplice du feu eft prefcrit dans le Lévi- 
4ufw. tique. L'inceftueux , dit-il (916) , qui, après 
avoir époufé la fille , ofe époufer la mère , 
fera livré vivant aux flammes avec les deux 
objets de fon crime \ &c plus bas , il y con- 
damne la fille du prêtre qui s'eft abandonnée 
à la fornication. Moyfe pourtant ne fut pas le 
premier qui prefcrivit cette peine. Les Hé- 
breux la çonnoiflbient avant lui. Sans rap- 
peller ici le châtiment infligé aux habitans de 
Sodome & de Gomorrhe (917), la Génèfe 



(915) 2 Rep;um, chap. 12, v. 26- 51. Populutufer- 
ravît , dit le vçrfet 31,6» cîrcumegit fuper cos firrata 
€ arpent a ; divîfitque cultris & traduxit ifl typo latèrum^ 
îVoyéz I Pàralipomènes , chap. 20, v. 3. 

(926) Lévitique , chap. 20 , v. 14 , & chap. 21 ; 
. jV. 9. Si riêmpi profamtur ex fcortatione , obfer ve , fur 
ce paiTage du chapitre ti, le rabbin Salomon Jarchi, 
vhifiurit vîro -conjunêia & fiortatur, idquefive defponfau 
effet 5 five nupta, Sed eà de re dijfentiutit rabbîni noflrà 
c*?/w intereà fateantur ^re uno non defponfatam ea in lege 
non eontineri^ • 

V (947) L'Ecriture ne parle pas feule de rincendie de 
Sodome fy. de Gomorrhe; les auteurs profanes en 
parlent comme elle. Tacite dit. que des villes voifines 
4u Jourdain 6; fituée$ dans une plame féj^nde où 
le bitume étoit très-abondant , furent confumées par 
]a foudre, & qu'une terre hMit^ hors dVtat de pro* 



& comme Moraîiftâ^ '^f^ 

noirs la montre employée envers l'adultère oit 
plutôt la proftitution , puifqu'on éft fur Ja 
point d'en punir Thamar , accufëe & con- 
vaincue de ce crime (918). On l'employa dan» 
la fuite pour le vol facrilège: Jéhova l'ordonne^ 
après le fiège & la* prife de Jéricho , contre: 
rifraélite que le fort en défignera coupa- 
ble (929) î & dans lé Deutéronome (930), il y 
foumet les villes entières qui s'abandonnent: 
àVidoIatrîe. 

Ce fupplice ne.flit pas toujours exercé de Ix 
même manière. Tantôt avec des branches, 
d'arbre ,. on érigea un. bûcher, comme onj 
femble l'avoir pratiqué dans lés deux cas expri- 
més par le Lévitique; tantôt on jetta l'açcufe 
dans des chaudières bouillantes y comme on le 



duire, y attefte encore ce malheur. II ajoute que* 
rien n'y naît fans fe noircir & s'évaporer bientôt erï 
cendres ; ce qu*il attribue à la corruption de l'air & 
die la terre, cauCée par le voifinage du lac Afphaltitei 
Hift. liv. 5£, §; 7, tom. 5., pag. 304, & 305. Voye3K 
ce qu^en dîfent Strabon, liv. 16, & Solin, cH. 475; 
Pline, liv. 7, cKap. ly , tom. i , pag. 41?^; Juffiir,^ 
Tivre 36, chapitre 3,0, page^5t5, &. plufieurs autre» 
écrivains, 

(928) Génère^ chap. a8; v. ±4. 

(929) Jofué , ehap. 7 , v. 13 , 14, & iç- ^ 
^30) Deutéronome, chag. ij^v. lî-' 

Z4. 



^ iSd Mcyjt ,. eonfidéré comme Ugijlateuf 
fit pour les Machabées (951) > & tantôt , fuî-f 
vant la Mifna(93ij, on le plongeoit dans le 
fumier julqu'aux genoux , & ferrant fon cou 
d'un linge qu'on tiroit des deux côtés, pour le 
forcer à ouvrir la bouche par une efpèce de 
bâillement , on y verfoit du plomb fondu qui 
dévoroit bientôt fes entrailles. 
Pufappiko Un lupplice aflez ufité fut la potence ou le 
DU de u p^ crucifiement. J'emploie ces deux mots , parce 
^^^®* que les avis font partagés à cet égard , & 
tandis que plufieurs écrivains voient en cela 
un double fupplice, d'autres affùrent que c'eft 
le même dont on a confondu les noms, 
Calmet a foutenu longuement la première 
opinion , mais ks efforts ne font pas heureux, 
& les raifons qui fe préfentent pour établir la 
féconde fonl , à la fois , plus puiflantes & plus 
multipliées. Il n'y a pas, quoi qu'il en difej, 
un feul paflage de l'Ecriture dont l'interpréta- 
tion lui foit favorable. Tous au contraire ten- 
dent à détruire le fyftême qu'il a embrafTé. Je 
tne flatte de le prouver dans le Mémoire que 



• (9)i) a Machab. , Ichap. 7, v. 3. 

(932) Voyez la Mifna , de Synedrîis , t 4^ ch. 7,' 
S- » « pag- ^37 & 2^38 ; Calmet , difto.loco , ft 636; 
Selden, de Synedrîis ^^ tom, a. Vit. a, chapitre ij^ 
§. 4»pa&33i. 



^ [& comme Moralifte. 5 Ci 

faî annoncé. Je me flatte d'y prouver aulfi 
que la manière dont on exerçoit le fupplice de 
la potence , doit plutôt le faire regarder comrna 
une peine infamante que comme une peinç 
^ffliélive, puifqu'on n'y fufpendoit jamais les 
hommes vivans, mais feulement le cadavre 
des coupables. Ce cadavre y e'toit attaché 
jufques vers le coucher du foleil. La loi 
défendoit d'attendre le lendemain pour l'en- 
fevelir (933). On s'en écarta pourtant quel- 
quefois ; par exemple , pour les enfans de 
Saiil (934) , quand les habitans de la ville de 
Gabaon , dans la tribu de Benjamin , les fuf- 
pendirent au bois , du confentement de David. 

Le rabbin Eliezer affirme que les deux fexes i^^ ^cû5 
y furent également fournis. Il n'y eut d'autre r«nt-iu foîîî 
diflFérence , félon lui, que d'attacher les"^"^ 
hommes , la face contre le peuple , &r les 
femmes le yifage tourné contre le poteau i mais 
ce fentiment lui eft particulier. Tous les doc- 
teurs aflurent (935) que la femme n'y fut ja- 

(933) l^eutéronome , chap. 21 , v. 53. 

(934) a Regum, chap. ii, v. 8 & 9. 

(635) lis fe fondent fur ce que le Deutéronome; 
chap. 2.1 , V. aa & 23 5 dit feulement vlr ou homo , 
& plus bas fufpendes ipfum. Ils ne s'écartent jamais 
de TexprefEon littérale. Voyez robfervation de Wa* 



.$6^ Moyfe^ Cônfidéré comme Légijlateur 

mais fufpendue. Ils prétendent même en voir 

la prohibition écrite dans le Deutéronomei. 

Le blafphême & l'abandon à Tidolatrie font 

les faujtes pour lefquelles on encouroit le plus 

fouvent la fufpenlion au bois , qui , flans 

chacun de cts deux cas , étoit toujours précé- 

On ne pou- dée par la lapidation. Un arbre vivant ne 

v>oic pendre ^ . , 

à un arbre lervit jamais de potence. C'eût été le détruire, 
puifqu'on ordonnoit de Tenfevelir avec le ca- 
davre , moins à caufe de la fouillure qu'il en 
contradoit , que pour ne pas laifler dans la 
mémoire des hommes la trace d'une condam- 
nation que les paflans rappelleroient làns ceflè, 
en difarit ; « Voilà l'arbre auquel N. fut atta- 
ché (936) »• Au refte , on n'enfeveliflbit paslô 
coupable précifément dans le même lieu, mais à: 
fînftru- une très-petite diftance, & on enfermoit auprès 
^r« cnfc^ d^ lui 1^ f^ï* quî ^voit tranché fa tête, la pierre 
mé avec le q^i pavoit tué &c le linge par lequel on Tavoit 

cadavre du ^ o r n 

ftipplicié, étranglé {9iy) ; trois châtimens dont les deux 



genfeilius fur là Mifna, de Uxore adulterii fufpeftâ,* 
totn. 3, chap. 3 « §- 8 , pag. 227 & 228. Voyez aafiî 
le texte du §. 8, papu 224, & la note de Barteoora. 
Voyez enfin, tom. 4, le traité de Synedriis, ch. 6^ 
§.4, page 23 ^ 

(936) Wagenfeilius fur la Mifna, diâo Ipco , p. 227. 

(937) Selden, de Synedrns,tom. 2, liv. 2 , ch. i\,if 
§• 4, pag. 532. Voyez Wajgerifeilîus, diSo loco^ 



l 

( 



avres 



& comme Moraîijle: ^€f 

derniers fur-tout furent très-communs* Dans souvent 

- -^ --, . j . I on coiiTToic 

plulieurs cas aulfi , on couvroit de pierres le de pierres ce 
cadavre du fupplicié. On le pratiqua pour le *^^ 
corps d'Achan , après la lapidation , & pour 
celui du roi d'Haï (938). On plaça de grofles 
pierres à Tentrçe de la caverne où furent def- 
#cendus les cadavres des cinq rois vaincus par 
Jofué (939). Après TafiTaffinat d'Abfalom, k 
corps de ce prince fut jette dans une grande 
fofle qui étoit dans le bois , fur laquelle on 
éleva jin grand monceau de pierres (940). Les 
Juifs penfoient apparemment , comme les Ro- 
mains , que fi la terre devoir pefer légèrement 
fur le cadavre de Thomme vertueux , elle 
devoir prefler celui du coupable. On fait que 
la formule religieufe dont ces derniers fe fer- 
voiehr^our exprimer fur les morts un vœii 
avorable , etoit ; 

Slt tlbi terra levîs (941) ; 



(938) Jofué, chap. 7, V. 26, & chap. 8, v, 29. 

(939) Jûfué , chap. lo , V. 27. 

(940) 2 Regum, chap. 18 , y. 17. Quelquefois on 
brûloit le cadavre ; & * pour éviter une infeftion 
dangereufe , on* entretenoit du feu à cet eftet , dans 
vne vallée voifine de Jérufalem. 

(941) Voyez Ovide , élégie ûir la mort de Tibulle ; 
Tibulle^ liv.a , élég. i|; Martial > L 6^ ^pign 52 &c. 



'jg4 ]Moyfcy conjldéré comme Ligijlatéur 

& qu'ils difoient, au contraire, dans leurs 

imprécations. 

Gravis tellus încubet^ • " 

OU bien 

Infelix urgeat offa lapis (941). 

Cufuppiîcc L'étranglement fut , dit-on , fi familier aux» 
de l'étran- Hébreux qu'il en étoit b châtiment ordinaire, 

(lemenc* * ' 

le châtiment infligé toutes les fois que le légif- 
/ lateur n'avoit pas fuit une mention exprefle dit 
foppHce (943). La rail!bn que les Juifs eq don- 
nent prend fa fource dans ThumaAité. Quand 
la mort , difent-ils (5)44), eft ordonnée & 
que le genre n'en eft point déterminé , ce n'eft 
pas le plus cruel mais le moins aflFreux des 
fupplices qu'il faut choifir. Malgré ce principe 

&c. &c. Ces quatre mots expliquent les quatre let- 
tres S. T. T. L. qu'on trouve quelquefois fur d'anciens 
tombeaux. • 

(942) Voyez Tibulle llv. i, élégie 4; Sénèque dans 
Hypolite, &c. &:c. &c. 

( 943 ) Supplicium extremum , \fi non fpecificetur , ftran" 
gtdatîo ejl, Ceft une règle établie parmi eux. 

(944) Voyez Maimonide, chap. 14, de Synedriis; 
Selden, Ukor hebraica , liv. 3 , chap. ^2, p. 379» 
; Coccéius , fur la Mifna , de Synedriis , tom. 4 , cb. 7, 
§• 3 > pag. 258. 



& comme Môralifie. - )6f 

& cette explication , je ne vois pas que TEcri- 
ture fafîe jamais une mention bien claire do 
l'étranglement , quoiqu'il en foit parlé dans 
un grand nombre d'écrivains. L'eflfet en 
ëtoit fémblable à celui du gibet en France, 
mais la manière de l'exécuter étoit diflFérente» 
On étrangloit le criminel (945) avec un linge 
dont deux perfonnes ferroient en fens con- 
traire la gorge du malheureux enfoncé aupa- 
f avant , comme nous l'avons dit , dans le 
fxihiier jufqu'aux genoux. 

Quant à la lapidation / on a penfé , comme De laiapî-; 
de l'étranglement , qu'elle fut le châtiment ^'°^ 
ordinaire , lors du filence de la loi : mais fa 
févérité rend l'aflèrtion invraifoniblable. Elle 
étoit connue avant Moyfe , puifque les Ifraé- 
lites qu'il conduifoit , égarés par leitrs maux 
dont ils l'accufoient d'être la caufe , voulurent 
le laÇider (946). Les crimes pour lefqûels ce 
prophète la défigna font l'adultère , le blaf- 
phême , l'incefte , la violation du fabbat , le 
paflage du vrai culte à l'idoktrie, &r en géné- 



(945) Mifna, difto loco, & Selden, de Synedriis, 
tom. 2, liv'. 2.3 chap. 13 , §• 4, pag. 332. - 

(946) Josèphe, Antiquités judaïques, liv. 5, ch. i, 
pag. 72. Il rapporte que les Ifraélites voulurent plu- "i 
iieurs fois lapider Moyfe, 



'3 (5tf Moyfe , conjtdéré comme Ugîjlateuf 
t2\ tous les attentats religieux. Leiivitique^ 
le livre des Nombres &: le Deutéronome ea 
oflfrent plufieurs fois le précepte & des exem- 
ples (947). La lapidation fut un des tourmens 
les plus honteux dans l'opinion des Juifs comme 
il fut un des plus étendus. Moyfe (948) le porta 
jufques fur les animaux en y condamnant le 
bœuf,, qui frappant de fa corne un homme ou 
une femme , en devenoit le meurtrier. 
Supplice du 11 ^'^ft ri^^ dans nos ufages modernes à, 
fi**êtc°ral! ^^^^ on puifle comparer ce fupplice; mais 
•*»^«* celui de Tépée a beaucoup de rapports avec 
Tadion de décapiter. Nous tranchons la tête 
avec un coutelas ; les Juifs la coupoient 
avec un glaivf , &r quelquefois même la tran- 
choient avec une hache (949). Hérode^ comme 
on le fait , exerça cette peine envers Saint 
Jean-Baptifte(9yo). Jéhu proclamé roi d'Ifraël 
par fon armée , & reconnu tel enfin paBfctous 
f II ■ I ■ I I 1 .1 1 11.11 ■ ' ,. 1 

(947) Lévitique, chap. 20, v. 2 & 11 ; ch. 24, 
V. 14, 15 & 16. Nombres, chap. 15, v. 31-36. 
Deutéronome, chapitre 13, v. 6-n; chapitre 17, 
y, 2-7; chap. 22, V. 20-24. 

(948) Exode, chap. 21 , v. 28, 31 & 3*. 

(949) Mifna, de Synedriîs, tom. 4, chap. 7, §, 3; 

(950) S. Matthieu, chap. 14, v. 8, 9 & 10. 



<& comme Môfà/fffe. ^Sf 

fes fujets , l'emploie envers les enfans d'Achab, 
dont les foixante & dix têtes lui font envoyées 
de Samarie dans des paniers fanglans (951)- 
Ce n'eft pas que le roi feùl eût la faculté d'en pu- 
nir comme lèmble le dire Schickard (9 Ji), dont 
l'Opinion eft contraire au témoignage de tous 
les Juits qui atteftent que le fanhédrin le pou- 
voit auflî (953). Le fupplice da glaive fut d'ail- 
leurs regardé comme plus honteux que tous les 
autres. Voilà pourquoi on en frappoit ordinaire- 
ment les profélytes de domicile qui étoient cou- 
pables (954). A cela près, les Ifraélites n'eurent Lesfupplîccà 
pas des fupplices différens pour les diflFérens j^uj'^ierd! 
citoyens. La diverfité des crimes opéroit feule ^<^«»*- 
la diverfité des peines. Ils ne pensèrent pas 
comme plu fieurs nations modernes qui , hono- 
rant la'dignité du coupable jufques fur l'écha- 
faud où il va périr , voient encore un fang • 
illuftre dans l'homme qui a trahi fa patrie, la 
nature ou l'humanité. 



(95 1) 4 Regum , chap. 10 , v. 6 & 7. 

(^S^) Jus Regium Hebr. chap. 4, théor. 14, p. 103, 

(953) Voyez, entr'autres , Maimonide , dans le 
chap. 4 de Synedriis. 

(954) Selden , de Jure Naturs & Gentium , juxtà 
difciplinam Hebraeorum, liv. 7, chap. 6, pag. 857. 
S. Paul, ad Hebrseos , chap. ii , t. 37, parle du fup* 
pHce par le glaive & de quelques autres. 



)6$ Moyfcy conp^é comme Légijlateur 

De quel. Entre les peines de mort connues des He* 

2,"^ii*^^^*breux, font encore, ainfi que nous Tavons 

F«*»«** obfervé , œlles d'écrafer le coupable fous des- 

' épines, fous les pieds des animaux, fous des 

traîneaux ou des charriots armés de fer, & 

de les précipiter d'une tour ou d'un rochen 

On parle auffi d'une dilacération de tous les 

membres de l'acCufé, & on croit en trouver 

des veftiges dans les livres des Rois & dans 

Saint Matthieu (95 y) i mais ce fut moins une 

peine judiciaire qu'une perfécution violente ou 

une fuite des hoftilités , comme la mort par les 

flèches dont on perça quelquefois les çrifon- 

niers de guerre (956). Quant aux premiers de 

ces l'upplices , ils furent aflfez rares en Judée, 

& je ne les vois point clairement prefcrits par 

le légiflateur. Le Pentateuque n'en oflFre aucun 

exemple. On en parle pour la première fois dans 

Edrafcr le le livre des Juges (957). Gédéon irrité contre les 

foul'acjron-lxabitans de Soccoth , une des villes de la tribu 

^"* de Gad, qui lui avoient refufé les fecours 

(955) I Regum, chap. 11, y. 7 ; ch. 15 , v. 33. 
% Rcgum , chap. 12 , v. 21. 4 Regum , ch. 15 , v. 16. 
S. 'Matthieu, chap. 24, v. 51. 

(956) Josèphe, Antiquités Judaïques, liv. 9, cL^i 
page 303. 

(957) Chapitre 8, v. 5, 6> 7, 14, & i6* 

néceJÛTaires 



KéceCfaîres à fon armée & joint la faillerie à 
l'inhumanité ^ fait étendre nuds , fous des 
ronces & des épines ^ foixante & dix-fept des 
principaux citoyens , & les fait écrafer , ea 
cet état 3 par de lourdes maffes de bois ou de 
greffes pierres roulées fur eux. Mais n'eftce som àm 
p4s encore ici une vengeance guerrière îNeft-ce misae fcr^ 
point par un fêmblable motif que ^ David 
ayant triomphé des Ammonites, on ne fe con- 
tente pas de fcier les habitans de leur capi^ 
taie , on traîne fur eux des charriots armés de 
fer (^y 8) J Pour ce qui eft du fupplice exécuté 
par les pieds des anijTiaux, je le vois plutôt ^jj^^^^^f* 
exercé contre des Ifraélites par des rois vain- *^*™"^*« 
quelirs , que par les Ifraélites envets leurs 
concitoyens ou leurs ennemis. Un des Ptole- 
niées qui gouvernèrent TEgypte y livra tous 
les Juifs d'Alexandrie ^ leurs femmes & leurs 
enfans ^ nuds &: liés à des éléphans dont il 
avoit effayé d'accroître la ifîireur par Tivrefle, 
& qui n'en refpeclferent pas moins fes viAî- 
mes (959). Quant a celui de précipiter le cri- 



(958) a Regum , ch. li, v, 3^ Vide fuprà^p. 357; 

(9^9) Josèphe contre Appîon, liv. a, pag. 1064^ 
lïi lacino. Cet liiflorien parle, dans ï^ Antiquités Ju- 
daïques , des divers genres de fupplices dont noua 
padons ici ; par exemple , de trancher la tête , tîv. 7 j 




^7o Moyfe j xonjîdêré comme Lêgijlauur 
Précipiter niinerdu fommet d'une tour ôu d'un focher^ 
^'T. n^?r de rendcutir dans la cendre ou dans les eaux ^ 
cher i «n- l'ancienTeriamentii'ofFre pas un feulhomme, 
E cendre ou obferveCalmet (960), d'après Leclerc & 
faux. ^* Grotius , jette dans la mer une pierre au cou » 
pas un feul jette du haut d'une tour fur des mon- 
' . ceaux de cendres qu'elle renfermoit au bas.jle 
fon enceinte, pour y être étouffes : màisie^qua^ 
trième livre des Rois (961 ) nous montre Jefabel 
précipitée, par un ordre du monarque^ des rem- 
parts de Jezraëi ; & le fécond àos Parali-? 
pomènes. (9^2) , un prince de Juda faifant 



chap. 10, page 24Ï , & lîv. 9, cliap. 2 , pag, 304; 
d^éçrafer avec des pierres , ibidem , pag'. 306 ; foiii 
les pieds des cHevaux, chap. 6, pag. 310; d'étoufFer 
avec un linge mouillé y chap. a, pag. 306;. de préci- 
piter d'une tojur, chap. 6, p^g. 310 &c. &c. ôcc. 
; (960) Dans la Diflertation citée ^ pag. 639 & 644. 

^961) Chapitre 9j;V. 33. 

(962) Chapitré 25 , v. 12. Quant à être précipité 
dans Teau , DrufiUs, obfervat. liv. 3 , chap. 13 , attéftc 
4ué-*ce fupplîce étoit d'ufage, & il fe fonde fur Saint 
Matthieu, chap. 18, v. 6^ S. Marc, chap. 9, v. 14; 
S. Luc, chapitre 17 , v. 2 ; mais Lightfoot le nie, • 
ioiïi, 2, pag. 34V, & il eft approuvé par Leidekker^ 
À^ Refpublicâ Hebnasomm , livre 7 j ch. 1 2 , p. 484. II 
ft'éft cependant^as exaft de dire que J(îfus-Chrifterf 
parlé comme d'un ufage ancien. On ■ ne lit pas , dans 
les évangéllde^, un feûl mot qui le faiTe foupçoanen 



ù comme Moralijle* . fyt 

fônverfer du foixiinet d'uii roc dix mille Idu- 
méens que la victoire avoit rendu fes captifs. ' "' 

Les exemples du fouet font moins rares & Oufoun» 
Tordre de l'infliger eft écrit bien clairement ' ' 
dans la loi. Il femble même avoir été la plur 
fréquente des peines hébraïques. On nonune- ^ 
jufqu'à cent foixante-huit fautes qu'il doit 
punir {96})é C'eft le fouet qu'on peut alTurer 
avec beaucoup plus de fondement qu'on ne Ta- 
fiût des autres, avoir été infligé dans le cas 
du fîlence de la loi ; & nous aimions d'autanfc . 
plus à le croire qu'il eft moins févère, & que 
félon le fage principe didté dans tous lès terni' 
à toutes les nations , on ne lauroit trop refferrer > 
les condamnations rigoureufes, ni trop étendra; 
celles qiiî font le moins défavorables (964)* : 

L*avoit-on fubi trois fois pout un délie 



(963) Grorius, fur le chap. 15 du Oeutéronomer 
Selden de iSynedriis , liv. 2, chap, 13 *, §. 8, p. ^yf'* 
& fuivantes< Schickardy'Jvs Regium Hebrseorum ^: 
chap. 2 , théor..7,.p9g. ^7 & lUiv. Voyez le détail def 
fautes qui y font foumifes dans la Mifna , tom. 4f 
de pœnis, chapi3j pag. iSi & fuivante5« 

(964) Nous ne^rlons ici que du cas où îa lôîri^ 
prononçoit abfolument aucune peine déterminée. Si7 
elle prononçoit ^ la ïAort , ftns dîVe quel genre cte 
mort , nous avrtis fu- -qu^on Fentendoit alors ^^ 
rétnnglement. Vide, fuprà , p. 364. ' \ ^ 



|7^ i^<vfi^ ccnjidirécmme Ligijlat€ur 
grave , ou quatre pour des fautes légères } Plu# 
Dcr«n-de pardon ) fi on redevehoit coupable- Ua 
TsL^. cachot qui n'avoit pas fix pieds d'élévation &: 



fa»objcB. jçjjQjj^gj^j étroit qu'on ne pouvoit s'y étendre, 
étoit le dernier afyle des criminels. Là, pour 
tout breuvage , ils avoient de l'eau , du pain 
pour toute nourriture , & de l'orge enfin 
quand leur afibiblilTement annonçoit une more 
prochaine (965). 

On voit par-là que Temprifônnement avbit 
deux objets. Outre celui qu'il eut par-tout d'at 
iureraux teix la perfonne de l'accufé, il fervit 
de châtiment quand la vérité de TaCcufation 
étoit démontrée* Siméon enfermé par Jofepb 
pour lui fervir de gage que fes frères amène- 
ront Benjamin «n Egypte {^66) ; le blafphé- 
imateur dont parle le Lévîtique (967) & le 
. violateur du fabbat dont parle le livre des 
Nombres (968) , mis en prifon Tun & Tautref 
ep attendant le jugement du Seigneur ; le pro- 
phète Jérémie ic le prophète Michée , mis 
tufll en prifon l"^n & l'autre jufqu'à ce qu'on 

mimàmm^mi i wmmmmm^mmmmmmmm ■ i i V i ■ % 

(965) Mifna , tom. 4 , de Synedriis » chap. 9 f §• 5 » 

(966) Genèfe ^ chap. 42 , v. 16 , iS, 19 & i$* 
{$f»7) Lévitique, chap, 24, v. i». 

^8) Nombres » chap. ij, v. 34* # 



tt etmme Moràlîjlei fjf 

te foît aflurë par révénement de h bonté d# 
leurs confeU^ & de la vérité de leurs prédic^ 
tiens (969) j ibnt des exemples du premiei: de 
ces objets rempli ; &c pour le fecpnd^ nous ci- 
terons Jofeph qu'y foit envoyer fa réfiftance 
aux embraiïèmens de Tépoufe de Puti- 
phar(^7o)> réchanfon.& le pannetier que 
Pharaon y condamne (971) 5 ce malheureux 
Samfon dont on pouffe le tourment jufqu'à la 
barbarie en le privant tout-à-là-fois de la vue 
& de la liberté (9^^, & plufieurs autres traits 
que THiftoire fainte conferve &: que Catmet a 
recueillis (973). Un d'eux, s'il étoit rapporté 
exadement par cet écrivain , prouvcroit que 
la prifon étoit infâme. Il eft tiré du livre des tmfeitttttfi 
Rois (9^4). Abner eft tombé fous les coups da ^ ^»*^^ 
perfide Joib. David prépare à ce général des 
obsèques magnifiques , Se à TinAant des funé- 
railles , élevant fa voix fur le tombeau qu'il ar- 
Tofe de fes larmes : a Vous partagez mespleiijfs ^ 



(969) Jérémie , chap. 32 » v.. a & fuivans. 3 Reg^ 
chap. Il, V. 7. 2 Parafipomènes, chap. 18, \.%^ 

(970) Genèft , chap. 39 , v. ao». 
<970 Genèfe, chap. 40 , v* 3. 
(97a) Juges, chap. x6^ v. 2U 
(973) Diâo loco, page 618. 

(974} a Regym* chap. j , v, 35 & j^^ 

Aaj 



574 Moyjc , cànjîdiré comme Ugijlateur 
dit-il à fes fujets aflemblés autout dé Itii. Ccft 
avec juftice. Nous ayons perdu un héros» Sa dé* 
fUte n'a pas précédé fa mort. Vous ne Tavez 
point vu fournis , humilié , mourir comme les 
lâches , les pieds & les mains chargés de fers. 
Des traîtres , des méchans lui ont arraché U 
yie. M N'eft-il pas -évident que David ne fait 
point aUufîon dans ce difcours à Temprifonne- 
jnçnt légal , mais à la captivité guerrière ? 
piufîcuri Comme on eut divers objets en enfermant 
p^ifqnf,^'^ un citoyen y on eut plufie^ fortes de prifons, 
Les lévites & les prêtres n'étoient pas enfermés 
dans le même endroit que les autres Ifraélites, 
Jérémie , qui appartenoit à la famille d'Aaron, 
défigne celles qu'on réferve aux miniftres da 
Jéhova. Un des chefs du facerdoce, PhafTur, 
irrité des prédirions faites au peuple par ce 
prophète 5 l'envoie aux fers dans un lieu fitué 
du côté de la porte de Benjamin , & dans la 
, partie fupérieure du temple (975 )• Qiîelquefois 
on ne perdit pas fa hberté toute entière. Lç 
même prophète , jette par l'ordre àes grands 
au fond d'im horrible cachot où il eft chargé 
de chaînes &: prefque privé de nourriture(97^)j 



(975) Jérémîe , chap. 20 , v. a. 

(276) Jéc<;(niç5j chap. 37, y. 14 ^l ïç.. . 



& comme Moraine. 575 

ebtient du roi Sédécias radouciflement de foi> 
malheur, & eft tranfporté dans le veftibule 
delaprifon, où des alimens lui font aflurés 
ainfî que le droit de recevoir {es amis , de 
veiller à fes intérêts civils , d'acquérir & de 
contrafter ( 977 ). D'autres fois , on fèmbla 
chercher à ^accroître l'horreur du fêjour de 
Taccufé. Tel fut le cachot dont je viens de 
parler. AffàilTé fous les entraves , confumé par 
la faim , on y refpiroit encore un air imput 
& fétide. Mais un emprifonnement plus af- 
freux, s'il eft poflîble, attendoit Jérémie. Sé- 
décias , à qui il avoir annoncé, de la part 
de Dieu , une défaite hontexife & la ruine de- 
Jérufalem, nofant plus réfifter aux murmurés 
des priiKipaiix officiers de fon armée, l'aban- 
donne à leur fureur ; &: foudain , le fufpen- 
dant à des cordes , ils le font defcendre dans 
une foffe profonde, plejpe , au lieu d'eau,, 
de ftmge &: de bourbe (978). Heureufement, 
Abdemeleda attendri obtint du roi la modé- 
ration de ce tourment , & le veftibule de la. 
prifon fut de nouveau l'endroit ovïon renferma 
le prophète (979). 

(977) Jêremie , chap. ja , v. 8-12, & ckap. 57^ 
verfet 20. . 

(978) Jéremie, cliap. 38, v. 6. 

'* (97g) Jérémie, chap. 3.8, v. 7-13. 

Aa:4 



'J7^ Moyfci àonjidérc comme Légijlatewl^ 
^^chataet Oti ne fe bornoit pas toujours à renfermer lëf 
^^cT^Z Hébreux. Souvent on leur donnoit des me* 
^ ^iSki^* nôtres , des colliers , des entraves , des chaînes 
de toute efpèce. La plupart en étoient de bois, 
C'eft de bois qu'étoit le joug danls lequel oa 
plaçoit le cou de la perfonne condamnée (980), 
Jérémie , par Tordrei dé Dieu , w envoya d^ 
femblables à pluiieurs rois , & en porta uq 
lui-mime pour annoncer à Sédédas le malheur 
qui menaçoit fon empire (981). C*eft de bois 
qu'étoit la machina appellée cippus dont on 
fe fervoit pour l§s pieds, & celle appellée 
mrvus dedinéç aux jambes qu'elle ne ferroit 
pas feulement , mais f^tiguoit en les tenant 
|)lus ou moins étenduçs dans dçs trous percés 
à dçs di&ances différentes. Tous ces lien^ 
pourtant étoient quelquefois de fer , notam^ 
ment Içs collier^ & Içs menpttes, Quelquefois 



(980) Çalmet, diâo Ipco , pag. 619. Cçft la nu^ 
mella des Romains fuivant cet autei^ Feftus n*ap» 
plique qu'aux animaux le lien qu^iJs défignoient 
Ibiis ce nom : Ifumcm^ dit-i), vïnculî genus çft qu^ 
quadruftdts alligantur, Pccus nunullls inducunt^ dit Cq- 
ïumelle dans le fens de Feftus , liv. 7 , chapitre 8 , 
& Varrpn, liy. 2^ çhap. 9. Alligantur c^es Uvihiù 
pumdlls. Cependant on en faifoit aufC ufage pour ]ç> 
Jiommes , comme Plaute nous l'apprend. 

(981) Jérémie, çhap, 27, y. ♦, 3^ & i^jçfe, :^8, 
y. ip, ia& ij, 



& comme Moralifte^ ^7^ 

♦uffi de pareilles entraves n'étoient pas la feule 
peine, & on y joignoit une tortilre , un fup- 
plice parriculicrs (982e). 

Ménochius obferve que les prifbnniers laiC- 
foient croître leurs cheveux (985)» Rafer les 
(îens eft en efièt un des premiers foins de Jofeph 
au ibrtir de fa prifon (984). Cependant ce fut 
en général dans le malheur & Taffliâion qiiici 
les Hébreux coupèrent leur chevelure. On ea 
fit même pour les criminels , un objet de honte 
& d'infamie. Néhémias s'en fert comme d'une 
punition envers les Ifraélites parjures qui • 
^voient contradé avec des Philiftines une al- 
liance criminelle (985 ), Si ce gouverneur de 
la Judée n'eût pas adouci la dîfpofitiondes loix, 
la punition auroit été plus févère. Nous avons 
dit combien elles ptbfcrivoient le mariage avec 
les idolâtres (986). Le retranchement en étoit du^w^v^ 

chemcIl^ 

(982) Ménochius , de Republîcâ Hebraeorum , 
|iv. 8 , chap. i , §. 5 & 6 , pag. 719 61 720. Calniet, 
(iiÔD loco, pag. 610. Voyez rEccIéfiaftique , ch. 33, 
V. 30; le v. 13 du chapitre 28 de Jérémîe, & le 
Plèaume 149 , y. 8. 

(983) Diao loco, pag. 710. 

(984) Genèfip^ çhap. 41 , v. 14. 

(985) 2 Efdras, çhap. 13, v. 23 & 25. 

(9l?6) Vpyez çi-dçfliis, chapitre 4, art. 3 , §• 4; 



57^ Moyfc^ conjiddrc comme Légijlateur 
Iz peine ordinaire ; & par retranchement n'en- 
tendons pas fimplement le fouet , comme lonf 
écrit quelques rabbins, mais l'extermination 
abfolue, comme Calmet ^ eflayé de le dé- 
montrer (5^87); la mort de quelque manière 
qu'elle foit infligée , pourvu cependant qu'elle 
le foft , non par un jugement des hommes , 
mais par une punition célefte , par Teflfet feul 
de la volonté , de la toute -puiflance de Jé- 
hova (988). On y foumettoit ordinairement les 
«imes contre la religion (989). Retrancher ne 



pag. 275 & 276 Voyez auffi le Deutéronome , cb. 6 
& 7 , & Jofué , chap. 23 , V. 7- 16. 

(987) Diflo loco, page 720. 

(988) Abénezra , fur le pfeaume ç^ , v. i). Gc- 
mare de B^bylone, de fefto parvo, fol. 28. Drufius, 
ad difHciliora loca Genefis , ch. 24. Buxtorf in lexico 
chaldaico , verbo DTi , excîfîo, Maimonide , fur le 
§. 6 du chap. 9 du titre de Synedriis' dans le tom. 4 
ëe la Mifna. Voyez, fur la peine du retfancbement 
en général & fur fes effets , Abarbenel, chap. 15 
des nombres, v. jo ; în Pirush Tora, p. 297, col. 2; 
Selden , de Synedriis , liv. i , chap. 6 , tom. i,-p. 44 
& fuivantes. 

(989) La Mîfna partage en trente- fîx les cas qui peu- 
vent y donner lieu. Voyez tome 5 , de Pœnis ex- 
cidii, chap. t & fuivans , page 23e & fiilvantes. 
Voye2 auiïî la Genèfe, chap. 17, v. 14; l'Exode , 
chap. 12, V. 15 ; chap. 30, v. 33 & 38 ; ,chap. 31 , 



^' 



muQicauofu 



^ comme Moralijic. v ^ 379 
fut, dans certains cas, qu'excommunier, c'eft- 
à-dire , féparer de tous ceux qui compofoient 
l'églife , pu feulement d'une partie : car il y 
avoir deux exccMnmunications , la majeure & 
la mineure (990). Les malheureux voués àD^rcxcom- 
Tunç ou l'autre buvoient & mangeoient feuls , ' 
& fans être exclus de la fynagogue , ils ne s'y 
affeyoient qu'en laiflant entre eux &: leur plus 
proche voifin , fi ce n'étoit leur femme ou un 
de leurs enfans, la diftance de quatre cou- 
dées (991 ). Tout Ifraélite eut la faculté d'en 
excommunier un autre. On le permet jufqu'au 
coupable envers lui-même \ & pour y être 
foumis , il fuffit qu'un rêve ait , dans fon il- 
lufion , préfe^té ce malheur comme réel. On 

V. 14; le Lévitique, chap. 7, v. 18, 20, 25 & 27; 
chap. 17, V. 4 & 10; chap. 18, v. 6-21 ; ch. i^, 
V. 6 ; chapitre ^o, v. 6 ; chap. 22, v. 29 ; & les 
Nombres , chap. 9, y 13 ; chap. 15 , v. 30 & 3I ; 
chap. 19 , V. 13. 

f99o) Plufieiirs interprêtes en diftinguent même trois. 
Leur opinion fera examinée dans' le Mémoire dont J'ai 
parlé. 

(99 Voyez Selden, de Jure Naturas & Gentium , 
juxtà &c. liv. 4 , chap. 8 , pag. 534^ '& de Synedriis, 
ttv. I , chap. 7 , tom. i , pag. 61 ; Bafnage , Hiûoire 
des Juifs, tome 6, livre 6, chapitre 21, §. 40, ' 
cage 463 &c. '&c. &c 



580 Mcyfcj corfidéré Comme Légijlateur 
penfe que U volonté de Jéhova petit s*exprfift€l 
par les images d'uû fonge {992.). Les ammauic 
ne furent pas, exempts de rexconununiea* 
tion (99J). 

Terminons cet article en parlant d'un genrd 
d'inïamie que les Juifs , comme beaucoup 
d'autres peuples, ont cru, dans certains cas, 
devoir joindre au fupplice dont on courmentoic 
le coupable : je veux dire la privation des fu"« 
nérailles & de la fépulture. 
Infamie Ce moment où l'homme vertueux naît i 

Briîatfondtfl^iinmortatité fut honoré par toutes les nations. 

larcpuiturc.p^^j.^^^ la hontc s*eft attachée à k mémoire 
de ceux auxquels on a reftifé le dernier hom« 
mage que la douleur &: rhumasité rendent à 
ceux avec lefquels on ^ vécu. Par-tout ce terme 
des infirmités humaines , cet afyle du repos 
éternel fut refpedé par l'opinion publicjiie, & 
ce fut un crime énorme: de violer les tombeaux 
& de profaner les cendres des morts (994)^ Ua 

' Il • ■■ I I M l I II II L II <l 

(99t) Bafnage , diao loço , §. 4, page 444, & §• H% 
pag. 469 & 470. Maimonide , de ftudiolegis» chap. 6^ 
pag. 3$ & 36. Seldeo, dç SynedriiSj^ liv. i, cbap. 7* 
tom. I , pag. 6o» 

(993) Bartolocci, Bibliothè^rabbînîque, tom. |; 
pag. 415 , & Bafnage diôc Iqco, §. 26, pag. 47a 
&47I- 

(994) Les Jui& furent tou]curs fi ftriy>ulei»fuf ce 

j ■ 



B comme MoraTifle* "^tt 

^Drime foorme fut auffi néceflkire pour refufer: 
mi cadavre du citoyen de le couvrît de quelques 
grains de pouffière qui Tarrachaflent à Vinfa- 
anie d'être en proie à tous les animaux dévo- 
rans. Que j'aime à voir cette piété religieufe f# 
fuccéder d'âge en âge chez tous les- peuples! 
Les hotnmes , fi fouvent ennemis pendant 
leur vie , ^attendent donc , pour fe rendre les 
devoirs d'une tendrefle fraternelle , que la mort 
leur ait ravi des émules qu'ils craignoient , des 
ihommés riches dont ils envioient les places, 
des hommes pu^ans dont ils craignoient le 
crédit , des moolles dont la vertu hui;nilioit 
leur fbibleflfe ! 

' La privation de la fépulture , t^e que nous Dansqudi 
l'entendons, ne fut pas comipune en Judée. Si ^Hy^dL^ 
çn en excepte la menace faite à certains cou- f",^ ju^^^ 
pables dans le Deutéronome {99^) y on auroit 
de la peine à en diftinguèr des traces marquées 
dans lés ouvrages de Moyfe. Le livre des Rois 
eft un peu plus formel. Le Seigneur, irrité 
contre Jéroboam, annonce que toutes les per- 



point^ qu'ils ne fe permirent jamais de fitirè p'âfler 
fiir un tombeau, un aqueduc ou un chemin, d'y ra« 
mafler du bois, d'y laUTer paître des troupeaux &c. 

(995) Chapitre j», v. 14. 



j8z Moyfcp conjidire comMtïAgïflcuéur 
fonhes de la maifon de ce prince feront la 
proie des chiens ou des oifeaux du c^el , félon 
qu'ils mourront dans la ville ou dans les 
chan^ps (99e)* Jérémie annonce enfuite à Joa;^ 
kim qu'il fèrvira de pâture aux animaux [997)'^ 
Mais , ce font ici moins à&% punitions de la loi 
que des punitions divines. Ge qui fut plus par-^ 
ticulier aiix Hébreux fur cet objet , c'eft îtiëini 
une privation aWolue que celle d^être enfèvelî 
dans le tombeau defès pères. Un envoyé céle£ke 
$ étant laifle féduire par un vieux prophète qui 
l'engage à boire & à mangey|tt>ntre la défend 
de l'Eternel y Jéhova l^en punit en décidant que 
Ion corps ne fera point porté au tombeàiï de 
(es àncêfctês^95^8). Une. pilnitioti fembllbWeft; 
infligée au perfide Jafon^quî avoic achète 
d'Antiochus le facerdôcê fujprêfne , quaftd 
chaffé de' Jéruklem & ayaht vainèitient -M? 
ploré un àfylë chez plufîetirs-peuples , il ifut lïkttir 
miféraWement à Laçédlmone (5)9^). Ifè^^lev 



(996) 3 Regum, chap. 14, v. 11. 

(997) Jiei*êmîe, cha^. 22, V. 19/ "Voyez le cha-"' 
pitre 84 y» 2 ; la chapitre 16, y.. 6, §t le chap, 36, 
verfet 30. 

(998) 3 Regum, chap. 13VV. 22. , -rj 

(999) Le verfet de l'éçrit^ire ôfl remarquable : Et 
qui înfepuîtos multos abjccerat , 'dit & illamenmtus, ^ 



& comme Moràlijie. jSj 

patriarches, pn connoît Tufage des fépukures Dwfépui- 
particulières à une Êimille. Jacob pénétré du ^^iXcsT* 
fefitiment qui fait défircr à Thomme d'avoir ^^* ^*'^ 
pour, dernière demeure la tombe paternelle , & 
femble le confoler un peu de quitter la vie en 
s kit peribadant que , du moins, il va fe réunîf 
3t ceux qu'il à tint aimes ; Jacob venant vivre 
en Egypte avec fon fils- Jofeph, demande pour 
condition qu'après fa mort , dn le tranfpor- 
teradans le fépidcre de fes aïeux (looo). Abra- 
ham eft placé dans celui qu'il avoît choifî pour 
Sàra. Ifaacy eft enfermé à fon tour, Rebecca, 
Lia , Jacob, l'y font comme lui (looi). Jofué 
l'pft dans un domaine. qui lui appartenoitfur» 
la montagne d'Ephràïm (looi), & les os de 
Jof^h emportés d'Egypte par. les Ifràélites , _ 
comme il l'avoit^dèfiré, furent mis dans le 
champ que fpn père avoir achçté des enfant 
d'Hémor pour cent jeuiies brebis^ &:"qui fut 

" ' ■ '-'' ■■ ■■ m \ , ■ f I 

înjepîdtus abjkitur^ fepuUuri neque peregrînd ufusy ncqut 
pdtrîo fepidchro participons, a Machab. chap, 5 , v^O» 
Vbyer auffi le chap. 9 ^ v. 15. ' -' 

(1000) Gen^ej chap. 47, v* 30. 

(looi) Genèfe , .chap. ^5 , v. 10 ; chàp, 3ï , v. aj ; 
chap. 49, V. 31 , & chap. 50, V. 13;, ^ 

(10C2) Jofué , ch^p. 24 > y- jo^ . 



, '5*4 ^oyfe , confUiri comme Legyiaiaef 

depuis à ceux de Jofeph (looj). Eléazar, ^ 

d'Aarôn , eut auflî pour dernier afyle Ga-» 

baath qui appartenoit à Phinéès fon fils, & 

qui lui avoic été donné en la même montagne 

d'Ephra'ùn (1004)* ^ 

On ne pou- On voit «ncore par €és exemples que les 

rCTauêtors Hébreux n'avôient pas eu la barbarie d'enfe- 

^fviUet. velir les morts dans les villes & dans les 

temples. Par une idée digne de Mézence , ils 

ne forçoient pas les citoyens à n'offrir leurs 

prières à TEtre fuprême que dans les lieux où 

les infeâes achevotent de dévorer la dépouille 

de leurs ancêtres, à ne s'^enouiller que fut 

•les débris de ceux dont on mérita la tendrefle* 

Eh ! pourquoi , malgré la volonté touchante 

du monarque, voyons»- nous encore des paf- 

teurs faits pour prefcrire Tobéiflance & l'hu^* 

manîté , réfifter aux défîrs du prince, & vouloir 

toujours environner d'infedion les fèrviteurs 

fidèles de l'Eternel l Imitons ces Juift que notre 

ignorance dédaigneufe a fi fpuvent calôtatiîés* 

UiJi montagne , un chemin, une caverne, le 

creux, d'un rocher renfemioient leurs cendres* 

■^^ 

(1003) Genèfe, chap. 33, v. 19; chap. jo, v. I4i 
Jofué, chap. %4^ v. 32. 

(1004) Jofué, chap. 24 y t. 3|^ 

Noui 



& comme Moralifte. |8j 

Nous l'avons montrè pour Jacob , pour Jofeph, 
pour Jofuéj pour Eleazan Sara eft enierrée 
clans un champ qu'Abraham avoir acheté; & 
environ quarante ans après , on y enfevelit ce 
patriarche lui-mêine. La nourrice de Rebecca 
eft portée dans une vallée & fous un chêne j 
Rachel fur le chemin qui conduit à Ephrata oa 
Bethléem ; Aaron fur une montagne ( looy ) , &c. 
Si on trouve quelques exemples de fépultures 
faites dans les villes ^ elles ne font que pour les 
rois & les prophètes de la nation. Ainfi Samuâ 
fut enfçveli dans le jardin de fa maifon (loofi). 



(loo^) Genèfe, cb. 53 » y, i^; ch. 15 j v. 9 & 10; 
rtap, 35 , V. 8 & 19. Nombres , chap. 20 , v. a^ ; 
Deuréronome , chap. 10 , v. 6. Sur les Sépultures 
liors des villes, voyez S. Matthieu , chap, 17 , v. 5a; 
S* Marc, chap. 5 , v. ç ; S. Luc, chap, 7, v. la ; 
S. Jean, chap. 19 « v. 14. 

(looô) I Regum , chapitre iÇ , v. 1. Doubdan, 
Voyage de la Torre - Sainte , parle de ces tom* 
beaux des Prophètes , chap. 24 , pag. ^6^ & 270. Il 
y en avoit ayill de particuliers pour les Juges de la 
nation. On croit les voir encore à quatre milles de U 
ville dans un champ planté de vignes. Oa ne trouvt 
là ni ofïemeos ni cercueil qui atieflent leur ancien 
ufage ; mais la tradition k perCuEde, Voyez Donbdan , 
chap. Il» pag. 98 6: 99. Buxtorf dît, en parlant des 
Juifs modernes, que leurs cîmcnères doivent erre 
placés au moins à cinquaatç £Oud(^ei tie Ja ville : i> 



|S6 Moyfci conjtderé comme Lcgijlatcur 
Ainlî les rois de Juda ^voient leurs tombeau* 
^ans Jérufalem (1007) , & ceux dlfraël danç 
Samarie(ioo8). Ils y étoient toujours enfevelis 
fi leur conduite avoit répondu à leurs devoirs; 
mais s'ils les avoient trahis , le peuple ne fouf- 
froit pai que cet honneur leur ftit accordé. 
Dans une jufte indignation , il en priva Joram, 
quand une mort horrible eut délivré la terre 
du fpeûacle des crimes & des fureurs de ce 
ibuverain ( 1009). On refufa la tombe royale 

' fulchra sh urhe ahejfc dehent ad quînquapnta cuhîtos^ 
ne fuhïndè ta homines în cpnfpeHu habeant , & maron 
ae iriflnid afficiantur. Synagogue Judaïque, chap. 49, 
pageTOÇ. 

(1007; 3 Regum , chap. z , v. 10; chap. 11 , v. 43 ; 
chap. 14 , V. 31 ; chap. 15 , v. 8 & 14 ; chap. 22, 
▼. 15 , &c. &c. &c. 

(1008) 3 Regum , chap. 16, v. 28 ; ch. 22, v. 37. 
•4 Regum, chap. 10 , v. 3J ; chap. 13 , v. 9 & 13 ; 
chap. 14, V. 16 &c. &c. &c. Voyez, fur tout cela, 
Maîmonide , de Domo eleââ , chap. 7 , §. 13 & 14. 
Thevenor, dans fes voyages, part, i, liv. x, ch.40; 
Maundrell, dans fon voyage d'Aîep à Jérufalem, 
pag. j6 de Tédirion angloife , & Doubdan , voyage 
de la Terre-Sainte , chap. 23 , pag. 24^ & fuîvantes, 
parlent d'un édifice appelle encore aujourd'hui les 
tomicaux de la maifon de David ^ & ils en donnent 
la defcrîptionV Voyez Prideaux, Hiftoire des Juifs, 

fom. I , page 47. 
(1009) Josèphe , Antiquités Judaïques , liv. 9 ; 



& Comme Moralijie* 387 

à l'impie Achas , un des fucceflèurs de Jo- 
ram(ioio)* Joas avoir fubi le même fort (i 01 1), 
&: Manafle ne fut pas plus heureux , quoiqu'il 
eût eflayé de réparer , par une vieillefle péni^ 
tente , les fautes de fa jeunefle. Au lieu de 1« 
placer dans la fépulture des monarques , on le 
plaça dans un jardin de fa maifon (1012); 
jardin qui fervit encore de dernier afyle à fon 
fils Amon , lorfqu'il fut renvetfé du trône ov\ 
il étoit à peiîie monté , par des confpirateurs 
qui crurent venger Dieu en fe fouillant d'un 
aflaffinat & d'un parricide (1013). 

chap. 3 > pag. 307 , parle d*une manière plus abfolue.' 
La Vulgate dit : Non fccit ei populus exequîàs , ficut 
fearat majorîbus ejus : & fepelieruntvum în cîvitate David ^ 
verumtamen non in fepuk/iro re^um, 2 Paralip. ch. 21 , 
V. 19 & 20, 

(loio) 2 Paralip omènes, chap. 28, v. 27. 

( loi I ) 2 Paralipomènes , chap. 14 , v. 25. Le grand-» 
prêtre Joad , au contraire , fut enterré dans le tom- 
beau des rois , par honneur & par reconnoiffance. 
Il avoit confervé le trône à la poflérité de David» 
Voyez Joséphe, Antiquités Judaïques, liv. 9, ch. 8, 
pag. 314. ^ 

(1012) 4 Regum , chap. 21 , v. 18. 2 Pâralipom* 
chap. 33 > V. 20. 

(1013) 4 Regum, chap. 21 , v. 26. 



▼!• 



5 8 8 Moyfe , confidéd comme Légijlateur 
Article III. 

Loixfur les crimes qui offenfent la divinité. 

offcnfcs Parmi les préceptes du Décalogue, trois 
envcrsJcho- expriment les ofFenfes de Thomme envers la 
divinité, & lept les oflfènfes de Thomnie envers 
les feniblables (1014). Les premières font , ne 
pas adorer Dieu exclufivement, employer fon 
nom ^n vain ^ violer le fabbat. Elles renferment 
par conféquent l'abandon à Tidoiatrie, la cré- 
dulité aux faux prophètes , aux fonges , aux 
devins, le menfonge fi outrageux pour celui 
qui eft la vérité fuprême, rhypocrifie, le facri- 
lège, rapoftaCe, le blalphëme , le parjure. 



(1OT4) Josèphe , en rapportarrt les préceptes du 
Décalogue, Antiquités Judaïques, liv. 3 , chap. 4, 
pag. 96 & 97, les arrange différemment. Il n'en fait 
qu un des deux derniers, & deux du premier. Ainfi, 
il y en a quatre , félon lui , qui expriment les offenfes 
envers la Divinité, .1^- Un feul Dieu, & il faut Tado- 
rer. 2^. N'adorer la reffemblance d'aucun animal &c. 
Voyez le chap. 20 de TExod^ , & ce qu'a dit, fur ce 
fujet , Voifm , de Lege divînâ, chap. 22, pag. 323 
& fuivantes, d'après plufxeurs rabbins. LeîdeWcer, 
de Rèpublicâ Hebraeorum , liv. 5 , ch. 3 , p. %y4 &c 
les divife comme Josèphe, & cçtte divifion en effet 
nous paroît préférable. . 



&^ comme MoralïJIe. 38{) 

rinobfêrvatice âits fêtes , ToubU des fêcours & 
du refpeft dus aux mihiftres des autels. 

Dès que le Seigneur a choifi pour fon peuple ^^J^^^^^l 
les defceudans d'Abraham , & contrafté avec njtes étran- 
eux une alliance folemnelle , il déclare avoir ^^'^ 
feul droit a lleur adoration & à leurs hom- 
mages (1015). II défend cje les accorder aux 
divinités des autres nations & d'en conferver 
limage dans la pierre ou le bois fculptés fous la 
forme d'un homme , d'une femme , d*^un aftre , 
d'un reptile, d'un poiflbn , d'un quadrupède ou ' 
d'un oifeau (1016). Il leur ordonne même d'en 
renverfer les autels, d'en abattre & d'en brifer 
les ftatues , de les livrer aux flammes (ro 17) , 
» I " I ■ I I I I 111 II I 

(1615) Exode ,. cfaap. 20 , v^ 22. Deut^ronome > 
cBap. 10 , Y. 12 & 20. 

(iai6) Exode, chapitre 20^^ v. 3 & 4. LévîtiqneV 
chap. 19, V. 4, & chap. 26, v. 1. Deutéronome , 
chap. 4 ,:v. 16- 19 , & ch. 5 , V. 7 ^ 8 & 9. Voyez 
auffi Jofùé, ch. 24,. V. 14^ & le pfeaume 96, v. 7. 
Par une fuite de cette dcfenfe, les Juifs n'ont jamais 
dans leurs maifons, & encore moins dans leurs tem*» 
pFes , des figures , images ou ftatues. En Italie-^e* 
pendant plufîeurs fe permettent d'avoir des portraits 
& des tableaux ^ pourvu qu*iis ne^foient pas en relier 
& que le corps n'y foit pas en entier. Léon de Mo- 
dêne , Hiftoria de gli riti Hebraici.^ part. 1 , chap. 2^ 
§. 3 , pag. 10. 

(1017I Exode, chap^ 25 , r. 24; chap. }4 , v, ij 



}«>o Moyfcy conjidcré comme Légïjlateur 
de ne jamais employer l'or ou l'argent dont 
elles feront faites , de ne rien apporter dans 
leur maifon qui vînt de l'idole (ioi8), de le 
fabriquer des dieux avec ces métaux , & fi on 
lui élève un autel de pierre ^ de le tailler avec 
le cifeau , parce que ce feroit le fouiller ( 1019), 
Il menace de l'extermination ceux qui défo- 
béiront à fa volonté (loio), 
jiaHbn de- La raifon de cette loi qft expliquée par le légif- 
fftcç igi. j^j-gm. fuprême. 11 fait craindre aux Ifraélites 
que ce culte infenfé ne devienne le fujet de leur 



& 14. Deutéronome, chap. 7 , v. 5 & 25 ; ch. i%y 
V. 1 & 3. 

(1018) Deutéronome, chap. 7, v. 25 & 26. On y 
ordonne de les dénaturer & de les réduire en cendres, 
Moyfe le pratiqua pour le veau d'or. Exode, chap. 32, 
T. 20. Voyez !a conduite de Jacob , Genèfe , ch. 35, 
V. 4. Le Deutéronome défend même de fe fervir des 
ornemens des idoles, de leurs colliers, des couronnes, 
des pendans d'oreille &c. ; car , quoique la Vulgate 
difc, v. 25 , f/e cjmhus fzâa funt ^ il y a dans l'hébreu, 
qu(z funt fuper ea. Dans le fécond livre des Mâcha* 
i)ées, chap, 12, v. 39, on voit des hommes tués dans 
le combat, pour s'être emparés, contre la loi, des 
richefles.des idoles. 

(1019) Exode, chap. 10, v. 23 & 15. 

(1020) Exode chap. 22, v. 20. Deutéronome ch. 4, 
V. 3, 4, 24, 25 & 26-; ch. 6, v. 14 & 15 i ch. 8, 
V, 19 & 20; ch. II j Y. 16, 



"* & comme Moralijle. jjft- ' 

ruine (lozi ). C*eft pourquoi toute alliance avec 
les peuples infidèles leur eft interdite (1022) ;." 
car, dit Jéhova (1013) , « leurs filles époufées 
féduiroient vos enfans & leur perfuaderoient 
de me préférer des divinités étrangères » -y 
& on promet de leur livrer , on leur pref-, 
crit de détruire fans pitii ces jiations crimi- 
nelles (1024). Jéhova promet même d'envoyer 
des frelons pour anéantir ceux qui auroient: 
efpéré, en fe cachant, ou parla fuite,, échapper 
à leur deftinée (loij). 

Ce précepte n'eft pas feulement dans lafe- mt cft- 
conde loi ("102*6) y les livres plus anciens. lô ^ndcDe^ 

téronomci, . 

(1021) Exode, chap. 23 , 33, Ôtehap. 34, v. ia-15;. 
Deutéronome,.chap. 7, v. 16. 

(1022) Exode , chapitre 13 ,. v, 32. Deutéronome ,; 
ehap. 7 , ^. 2 & 3. -, 

(1023) Deutéronome ,. chap. 7, v. 4. 

•(1024) Deutéronome, chap. 7, v. 3 &'i6; ch.12;^ 
v. 2 & 3. 

(1025) -Deutéronome,. chap.. 7, v. 2a 

(1026) Ceft ce qu'exprime, comme on le fait, lè^ 
mot Deutéronome, Asûrgpa$-N^/tof , Secunda Lex^ àp*^ 
pelle ainfi parce qu'il comprenoit un abrégé des loi?? 
promulguées par Moyfe. L'hébreu eft en cela con«^ 
forme au grec. Le nom de Mifna, qwis les ' rabl^iî^ï;. 
emploient fi fouvent Se dont nous àvorts déjà parlé-» 
fous le point jde vue étymologique, exprime auflî}fe- 
double, la répétition de la, loi ' . 



•J9* Moyfcy eônjideré Comme LégiJUteur 
renferment. Dans celui des Nombres (1017) J 
les Ifraëlites étant arrivés dans les plaines de 
Moab , Jéhova leur ordonne , quand ils auront 
pafle le Jourdain & feront entrés dans le pays 
de Ghanaan , d'en exterminer les habitans , 
d'en brifer les idoles & de s'en partager les 
terres entr'eux. Plus haut , il commande de 
n*y laifler fubfifter aucune trace du culte rendu 
aux faux dieux , d'en tout renverfer ou dé- 
truire les colonnes, les autels, les images , 
les ftatues , les bois qui leur feroient confa- 
pciac de crés (1918). Ailleurs , il punit févèrement ceux 
d^cm ics qui fe font abandonnés au culte de Béelphé- 
iâfS«!^? gor (I0Z9)* Le Lévitique défend de fe Êiire 
des încifîons , des ftigmates , aucune marque 
fur le corps , de couper fa barbe & d'arrondir 
fes cheveux à la manière des idolâtres (1030), 

(1017) Nomb;-es, chap. 33 , v. 49-56. 

(lOiS) Nombres, chap, 6 , v, x & fuivans. Josèphe 
dit cependant , contre Appion , que , dans la guerre , on 
dévoît refpeder les dieux étrangers par honneur pour 
le grand nom qu'ils portoient. Je ne vois pas fur quel 
paflage de l'Ecriture cette affcrtion eft fondée, ex- 
cepté qu'elle le foit fur le verfet 28 du chap. ^^ de 
l'Exode X Non execraheris Deosi mais cela ne s'adrefle 
qu'aux magiftrats ou aux adminiftrateurs politiques^ 
tVido infrà, pag. 39J. 

(io>9) Npmbres , chap. 25 , v, 5 & 4. 

(1030) Lévitique, <;hap, 19* v. 57 & a8. Voyca 
k Deutérooome, chap. 14, v. j. 



? comme Morariflei 'j^jf 

fril dévoue à Tanathême & au dernier fupplice 
THébreu qui adopte leurs erreurs religieufes, 
celui qui Ibllidte les autres à les adopter , & 
toutes les.villes livrées à cet écrément (103 1). 
Nous avons vu que ce dernier fupplice fut or- 
dinairement la lapidation (lojz). Une peine 
femblable attendoit la crédulité aux fonges, 
aux devins , \wx augures , aux enchanteurs 
des peuples étrangers, & celui qui prophé- 
tifoit au nom de leurs divinités , ou qui , fans 
rougir des abominations qu'elles infpiroient, 
purifioit fes enfans par le feu & les proftituoit 
à de vaines idoles par une oflFrande facri- 
lege(io33), UExode prononce auffi la perte 
de la vie contre ceux qui prétendent ufer de 
'■ ■ I II ■ ■ ■ 1 1 1. | . ,, , Il I ■* 

(1031) Lévitîque , chap. 19 , v. 4. Voyez l'Exode, 
chapitre 22 , v. 20; chapitre 23 , v. 24 & 25 , & le 
Deutéronome, chapitre 4, v. 16 & 17; chap. 135 
y. 6 &c. ; chap. ij , v. 2 & fui vans. 

(i0)2) Vide fuprà, chap. 5 , art. a, pag. 365; 

(1033) Deutéronome, chap. 6, v. 16; chap. 18; 
y. 9-14 & V.' zo. Voyez le chap. 19 du Lévitique , 
V. 26, 49 & 31 , & le ch. 20, V. 6 & 27. Le texte 
du verfet 29 dit en général : Ne proflime^ point ; mais 
Topinion des plus favans commentateurs , & je la 
crois très-fondée , eft qu'il faut appliquer cela à l'ido* 
Utrie. Ce qui précède & ce qui fuit ne permettent 
pas de le pcnfer autrement 



} 94 Moyfe , confidéré comme Légijlateurl ' 
fortilège 'de magie & d'enchantement (10^4);. 
Le Deutéronome renferme la même dilpofi- 
tion (1035) ^ï^vers celui qui prétend avoir eu, 
pendant le fommeil, une vifion célefte ou être 
animé d'un efprit prophétique. 
Mcnfonge. Moyfe recommande fouvent de fiiir le men« 
H^ocrîûc. fonge, comme bleflant un des principaux 
BU(i!hêmc. attributs de la divinité (1036). f)ans les Pro-. 
verbes de Salomon , la perte, de Tapoftat & 
celle de Thypocrite font . déclarées inévita- 
bles (1037). Le facrilège commis par TlfraéKte 
qui ne defcendant pas d'Aaron ofe approcher 
du fandhiaire , manger des chofes fanftifiées ; 
celui que commet Ip prêtre s'il touche à Tautel 
Ou à tous les objets facrés , quoiqu'il foit impur, 
furent punis de mort (1038). Même châtiment 
pour le blafphémateur , qu'il fût étranger, 
prolélyte ou citoyen (1039) : mais comme le 



(1034) Exode, chap. 22 , v. 18. 

(1035) Chapitre 13, v. i-ç. 

(1056) Exode, chap. 23, v. 7. Lévîtîque , ch. 19, 
v. 12. Voyez les Proverbes de Salomon , chapitre 6,* 
verfet 17. 

(1037) Proverbes de Salomon , chap. 6, v. 12-15. 

(T038) Lévitiquc, chap. 12, v. 2, 5 & 10. Nom- 
bres , chap. 18 , V, 7. 

(10,9) LévitiqUe, chap. 24, v. 11, 14, 16 & 2».- 
Outre l'exemple qu'en oflFre ce chapitre , voyez-^ 



&_ comme Moralîjle. ^^f 

légiflateur fuppofa plutôt Tinriocence que le 
*crime , la vie ne fiit arrachée que fi on pro- 
nonçoit le nom de Jéhova , & ceux qui ne 
profanent pas expreffément ce nom augufte , 
échappèrent à la punition de la loi (1040), 
Philon & Josèphe prétendent (1041) qu'on 
ne pouvoit pas davantage blafphêmer lés divi- 
nités étrangères, &que le nom facré de Dieu 
devoit être refpedé dans les idoles même qui 
le portèrent. Cette prétention nous paroît in- 
foutenable. L'Ecriture (1041) la repoufle à 
chaque inftant , puifqu'elle recommande de 



plufieurs autres dans Ifaïe , chap. i , y. 4 ; cHap. 5 , 
V. 24; chap. 48, V. 11; chap. 52, v. 5 ; dans Je- 
rémie, chap. 23, v. 17; dans Ezéchiel , chap. ao, 
V. 28; dans le premier livre des Machabées , ch. 7, 
V. 38 & 41 &c. &c. &c. &c. 

(1040) Mifna , de Synedriis , chapitre 7, §. ?• 
tOttie\4, pgge 242. Getnare de Babylone, ibidem, 
même chapitre, pag. 56. Mikotfi, Prascept. negat. 16. 
Maimonide , chap. 2 , de idololatriâ. 

(1041) Josèphe, Antiquités Judaïques, livre 4, 
chap. 8 , p. 121 , & contre Appion , iiv. 2 , p. 1077. 
Philon , tom. 2 , de Vitâ Mofis > Iiv. 3 , p. 166. 

(1042) On fe fonde fur le verfet 25 du chap. 2z 
de l'Exode. Diis non maledîces , dit-il , ou , non de- 
trahes ; mais dil , ou a-nSfiC , elohlm , exprime ici ,, 
comme dans beaucoup d'autres endroits, les magiftrats 
%rêmç3. 



^9^ MoyfeieonJuléreeômmè'ÏJgiJlateuf 

ne pas les fouflFrir , d'abolir leur culte & teurf 
-autels. 
fAàt itt Le parjure fut quelquefois moins criminel,' 
S2llaî«fe^& par conféquent moins puni. Avoit-on 
S|[^ oublié de tenir une parole garantie par la foi 
du ferment? Si on fe refTouvenoit de cette 
faute , la pénitence & tin facrifice fuffifoient 
pour Texpier (1043). P^ juroit cependant au 
nom de Dieu , dans les caufes judiciaires 
comme dans les autres aftions de la vie (1044). 
Celui qui le faifoit devant les magiftrats , pre- 
noit dans fes bras le livre de la loi & atteftoit 
ainfi TEtre fuprême , ou les juges Tatteftoient 
en fon nom (104^). L'Exode (104^) avoit 
défendu de jurer au nom des divinités étran- 
gères. On ne put même , dans fon ferment. 
Unir un autre objet au nom de Jéhova. Au 
refte , il fuffifoit de jurer par un des divers 
. noms du Seigneur ou par un de fes attri- 
buts (1047). Les Juifs fans doute n'obfervèrent 



(1043) Lévîtîque, chap. î , v. 4, 5 & 6. 

fi044) Deutéronome, chap. 6, v. 13; chap. 10% 
V. 50. Maimonîde, de Juramentis, ch. 11,. §. I &8»' 
Mikotfi, Prasc^ affirmât. 123. 

(1045) Maimonide & Mikotfi , ibidem. 

(1046) Chapitre :23 , v. 13. 

(1047) Maimonide & Mikotfi , diôis locis. Les 



I 



I 

& comme Moralîjle: ^^^ 

pas exaftement cette défen{e. Ils prirent à 
témoin le ciel, la terre, leur tête, Jérufalem, 
le temple &c: (1048). Les engagemens con- . 
tradés par le ciel & par le temple ont dans 
Saint Matthieu (1049) l'approbation de Jéfus- 
Chrift comme faits implicitenient au nom de 
celui qui les habite. Le premier des deux eft * 
fouvent dans les rabbins & dans leurs livres. 
Nous ne paflerons point fous filence une épi- 
gramme de Martial (ipyo) qui contient un 
jurement femblable. Il dit à un poëte Juif qu'il 
accufoit d'être à la^ois fon détraâeur & fon 
plagiaires * 

Ecce negas , jura/que mîhiper templa tonantU i 
Non credo ; jura , vcrpe , per Anchialum. 

Les derniers mots du premier vers préfentent Enméit 
jm double fens. Ils expriment le capitole enal"lfa^*t* 



àcefujeu 



noms facrés de Jéhova font au nombre de fept ; 
Tétragrammaton , Adonaï , Elohé , Elohim , Eheihé , 
Sadaï, Zébaoth, fuivant Selden, de Jure Naturas & 
Gentium , |uxtà difciplinam Hebraeorum , livre % ; 
chap. 12 , pag. 261. 

(1048) Voyez S. Matthieu, chap. î , v. 33 &c.J 
& chap. 23, V. 16 & fui vans. S. Jacques, chap. 5^ 
yerfet 12* 

(1049) Chapitre 23 , v. 21 & 2a«» / 

(1050) livre II, ipî8rv94î 



'5 9$ Mcyfc , eonfidéré comme Légijlatcur 
faifant allufion à l'ufage où étoient quelque- 
fois les Romains d'attefter Jupiter , ou bien 
ils expriment le temple de Jérufalem , & /e>- 
nantis s'adrefleroit alors à Jéhova. Le premier 
fens eft plus naturel à admettre. Le poëte , ea 
jurant ainfi, avoit voulu tromper Martial} 
il favoit que fon ferment paroîtroit obligatoire, 
fans l'être en eflfet : mais Martial , inftruit que 
les Hébreux n'enchaînoient pas leur parole en 
prenant pour garans des divinités étrangères, 
veut dire qu'il ajoute peu de foi à celui qu'on 
a prononcé pcr templa tonantis. Eût-il parlé de 
même s'il fe fôt agi du temple de Jérufalem } 
Ce temple , nous venons de l'obferver, pou- 
voit être attefté par les Ifraélites. 

Le dernier vers démontre encore mieux ce 
que j'avance. Comptant peu fur un fermenj 
fait à la manière des Romains, & par'confé- 
quent fans force pour un Juif, il défire que 
celui-ci prenne Dieu à témoin , félon la ma- 
nière de fa nation : 

Jura s verpc , per Anchlahm. 

Arrêtons-nous encore un moment fur ce paf- 
fage. Le fens du dernier niot en a long-tems 
échappé aux commentateurs. Les uns ont fup- 
pofé que Martial défignoit une ville. Il y en 
avoit en eflfet une de .ce nom près de Tarfecfli 



& comme Moralijle. jç^ 

' Cilicîe , & c'çft dans fon voifinage que fut le 
tombeau de Sardanapale , dont parlent Athé- 
née &c Suidas (loji), monument qui , félon 
Arrien (loyi), exiftoit encore au temps d'A- 
lexandre , quoique Anchialé ne fut plus alors 
qu'un amas de ruines. Mais quelle appapfence 
que les Juifs atteftaflent une ville de CIlicie, & 
fur-tout une ville qui n'exiftoit plus ? ^ 

Les autres foupçonnent que Martial défigne 
*Un jeune garçon. Leur foupçon n'eft pas plus 
vrai , qupique l'objet de Tépigramme ( i o j | ) foie 
beaucoup moins un vol poétique qu'une riva- 
lité amoureufe. Scàliger (10^4) a, le premier, 
(bupçonné o^Anchialum eft un mot formé de 
l'Hébreu ; & plufieurs favans , parmi lefqùéls 
nous comptons Voffius , Grotius , Tabbé 
Mignot, fe font emprefles d'adopter fon opi* 



(105 1) Suidas, verbo Sardanapale, Athénée ,.liv. 12; 
pag. 5a9 & 530. 

(1052) De Expeditione Alexandri, liy. ij p. 23. 

(1053) Non euro , dit-elle,- 

Non euro quod cum mca cârmina carpas ^ 

CompiUs j & (ic y vecpe poeca » fapis. 
Illud me cruciac , SÔlymis quod nacus in ipfis ^ 

Pcdicas pueruni , verpe poeu» meum. 

(1054) Dans les prolégomènes de Touvrage intitulé t 
le Emendatione temporum , pag. 40. 



' 400 Moyfe^ conjiâcré comme Légiflateur 
nion (loyy). Selden en a une autre qui , fatis 
être impoffibîe , eft certainement moins vrai- 
femblable, par cela feul qu'elle eft moins 
limple & moins naturelle. Il l'interprète par 
nupunijft t Eternel {lo^ 6). On peut voir, dans 
les Prolégomènes de fbn Traité des Succet 
fions , les raifons fur lefquelles il appuie (bii 
fentiment. Nous croyons bien difficile de n'en 
pas trouver l'érymologie forcée, en rappli- 
quant au vers de Martial. A cela près , il eft 
confiant qu'en devenant parjure, on s'expofoit 
à la vengeance de l'Etre fuprême. Manquer à 



(1055) Voffius, Hiftoria Pelagiana, liv. 5, part. 2. 
tîrotius. Comment, fur S; Matthieu, chap. J, v, 34. 
L*abBé Mignot , dans les Mémoires de l'Académie, 
tom. 40; pag. 50. En EfFet vh^ ♦H CÎW, am chi ala^ 
ou,/ vîvit Dcus^ eft ^firé parmi les Juifs de même 
que le ferment négatif par lequel Samuel Petit inter. 
prête ce paiTage , Xshjf m J'K, an cki alion^ c*eft-à* 
dire ; non : Viyit D^us ou Excelfus, Liv. i varianw^ 
ieftiomim , diap. j6. Cela pofé , il n'eft pas difficile 
d'appercevoir comment les Romams latinisèrent ce 
mot & t'employèrent avec un changement très-l^w: 
anchîalum , au Tieu de an cki alion, . 

(1056) Au lieu de , per ancKui^m , il lit , tp^TÇ 
VI J^Tfl», ï^eran chi oUmy c*eft-à-dire, ulç^fcatury vitf 
diBam fumât is gui viyït in aternàm. Le Vers, fdonluii 
i^ ainfi ; 

Non credo y jqra vtrpe; îpetan cW »Um 



[ 



& comme Moraûfiél j^o t 

fk promefle étoit en effet outrager plus parti- 
culièrement la majefté divine. Jofué en eft fi 
convaincu , qu'indécemment trompé par les 
Gabaonites , malgré les murmures de fon ar- 
mée , il refpefte leurs jours , parce qu'il a juré 
de les conferver (loyy). Quand la religion 
avoir fcellé ces engagemens folemnels , on ne 
fe permettoit plus' même de les interpréter. 
L'auroit - on pu ï Jéhova en étoit devenu le 
garant. Abraham le prend à témoin pour aC^- 
furer au roi de Gérare qu'il épargnera fa per- 
ibnne, fa famille & fa poftérité (1058). Ce 
patriarche le prend encore à témoin quand il 
lève la main pour attefter au roi de Sodome 
qu'il ne profitera jamais des dépouilles de fes 
ennemis (loyp). La Gejièfe parle ici de lever 
la main. Ailleurs , elle exprime une formalité 
plus fingulière. Le père d'Ifâac envoyant lln- 
tendant de fa maifon chercher une époufe 
pour fon fils , lui dit : « Mettez la niain foiîs 
ma cuiffe & jurez-moi que vous ne choifirez 
pas une Chananéenne , mais que vods irefe 
dans le pays où font mes parons , dans la Mé- 



(1057) Jofué, chap. 9 , V. 15 , 16 & fuivans. 

(1058) Genèfe , chap. z\ , v. ^22 & 23. 

(1059) Genèfe, chap. 14, v. 22 & 53. 

Ce 



m 



4D2 Moyje y tonfidéré comme JLégiJlaieur 
fopotamie >k Et le vieux ferviteur remplit M 
fcrmalité qu'on exige de lui , & prononce le 
ferment (1060). Jacob (1061), furie point de 
tjuitter la vie, fait venir à Geflen où il réfi- 
doît , Jofeph fon fîls , & exige que , plaçant la 
main fous la même partie du corps y il lui pro* 
tiaette de Tenfevelir hors de TEgypte , & dans 
le tombeau de fes pères. 
Peincaecc- L'obfeTvancè des fêtes eft prefcrite fous les 
îw«v\n-^ P^^"^^ les plus rigoureufes. C'eft la mort fi on 
des fêtes, ne paflè pas dans le jeûne & Tafflidion de 
Tanie le premier Jour de celle des expia- 
tions (1062). Ceft la mort fi on néglige là 
Pique & fes formalités facrées (1063). Ceft la 

(1060) Genèfe, chap. 24, v. 2-9. 

(îo6i) Genèfe, ch. 47 , v. 29 & 30. Voyez, furies 
fermens civils & religieux des Juifs, SeWen, de Sy- 
nedriis , liv. 2 , chap. II. 

(io6t) Lévitique, chap, 16, v. 6 & 7. Nombres,^ 
chap. 19, v. 7. 

- (1063) Exode, chap. 11, v. 19. Nombres, ch. 9, 
V. 13. Si on étoit abfent ou impur , le 'quatorzième 
jour du premier m6is, jour de la pàque, on la ce- 
ièbroit le quatorzième j©ur du fécond avec des pains 
fans levain & des laitues fauvages'', en obfervant 
4*ailleurs toutes les cérémonies accioutùih^es-. Itom- 
bres, chap. 9, v. 6-. 12, 



&- çôfHme Moi^lïfie.é} ^ôj. 

inort, fi on viole le fabbat, (^p6j^) , (juélçiuè 
îégèreque fQitjL'a^ion par laquelle oa le viole^ 
Un IfraéUte y ^ft Condamné pour avoir ra-^' 
jnaflTé du bois da^s ce jour To(emnel (loj^j)^' 
pn fut même tenu d'atprci^de rooïe^^^ Vîoiôîf-^ 

dant la guerrô ,- & les ennemis des Juirs en me',îcVab- 
profitèrent fouyent* Apollonius entre autres^ MaV«rc^^^ 
]Un des généraux 4'AntiQçhus roî de Syrie ^ 
. que ce prince avoit nommé fiinntendant (lès 
tributs en Judéie;^èn profita tK>ur Icoteerfahs 
jpitie les Hébreux quil avoit trompes par une 
faufle apparence de modéraçion / pour piller 
tous leurs tréfbrs , s'émparèr clé 'leurs trdù-- 
^eaux, afleryir leurs feihmes S< lettrs ehfiins , 
jFaire abattre leurs m^ifons& leurs rerr^arts, V. 
^ livrer aux flammes tous les débris éc::hàppés "" ' 
à fa fureur (1066) : mais 1^ Juifs fen tirent eri^û 
qu'ils ne manquoient point à la Volonté a« 
Jenova en le dérobant à une mort certaiiie. 



(1064) E^odCi chap. 3ij! V. t\. J^ombres, ch.ij, 
V. 35. Il étoit mêfiiQ défen^du ce jbur-là d^allumer. du 
teu dans fa ^aifon. Voyez l'Êxode > chapitre '^J. , 
V. *2 & 3 ; Si (uprà, chap- 3 , aft. 3 , p.'^34. ,^ 

(1065) Noiîîbres^^chap. 15 , v. 32 tIS;-^ 36. . 

• "(1066) I ']!ft'aciiab. ch. i , v. 3i-'3r4,-l5£ 2 MacîÀb. 
chapitre 5 , v. 24 & ;iç^^ Vpyezen un exemple plus 
ancien dans Josèphe , Antiquités Judaïques , livre 12^ 
chap. I , pag. 388. 

Gc a 



i^o4 Moyfcj conjidéré comme Ugijlatcur 
éc on permit de prendre les armes le jour du 
fabbat , pourvu :tôutefbis qu*on n'eût d'autref 
liâotif qiiè la héCeflSté de fe défendre (lô^y)! 
Peut-être ne fut-ce j[as accorder àflez au peuple 
. .c flra^litq. SiTeurs ennemis n'abufdiéntplus d'un 
. repos facré pour venir les înfûltef dans leurs 
villes ^ dans ^ leurs camps , ils s'en fervoient 
èi^cqre pour réparer les malheurs d'un premier 
combat, ratre avancer lès rriacbinès qui pré- 
parent le fuccës d'un ïîège , iiâter le^ travaux 
îîéceflafres ^ la viàoire & eh difpofèr à loifir 
tous les mcjyèns. Pompée ne négligea aucim de 




ftmt. peutérbnomé j(iô&9) exhorte à ne lés aban- 
donner jamais , à veiller \ tous leurslDeïbins , à 
s'occuper d'eux avec d^autant plus d'adivité 
'qu'ils tforitàucuhè part dans là téfrè pôfledéel 

;^f 1067) I Machab. chap. 2, v. 40 & 41. 
' (1068) Josêphe, Antiquités jKidaïques, livre 14 J 
chapitre 8 , pag. 47i'& 474» & de bello, Jiv. i, 
riiap. ç, pag. 71^. '^ '•, . 

£1069) Chapitré 12,' v. 19, & ch/i4, v, 22-29. 

>■■■■; . -■■■ . jg„j>:. -.■:.• ,^ • 



V»J 



5 comme Moralise. 2(,o^ 

Art I c l e L V. 

Loîx Jur Us crimes commis par l'homme 
envers Jes fimblabieri 

S. I-. 

Des crlm^ du fils envers fort père* 
i 
Suivons encore Tordre éfaBli par le DécjL^ ub Ccum 
logue. Les premiers devoirs qu'il' expofe font prononç» 

i< ot «• * . * . n t. • aucune pcw 

ceux d un fils , & leur violation eft le premier ne contre i# 
crime à punir. Le legiflateur des HéBréux, ^**"" *^ 
imité par celui de la Perfe & ceux.de la Grèce; 
ne croyant point fans doute à là poffibilité dà 
parricide, n'exprime envers liii aucuti châ- 
timent. Et quel châtiment eût-il exprime dont 
la févérité ftit proportionnée au fupplice de 
mort ordonné contre celui qijjf frappe fon père Peînfreoir. 
ou fa mère , les. outrage ou les maudit (1070) ! ftappc"f^'^ 
Le Deutéronome vait même que fi an fils eft ^^^^ ^* 
infolent , & rebelle aux ordres paternels , on 
le mène à la porte de la ville, on y publie ÙL 



(1070) Exode, chap. 21 , v. rç^ & 17. Lévitique^, 
chap. 20, V. 9. Il paroit que Je fupplice duTSIs qui» 
a\'oit frappé fon père étoit l'étranglement, jpan- Vbyeit 
Conilantiu Lempereur, cUap. &-> §; 5 , pag. znx 

Ce 5 



)^e6 Hoyfi 3 conjidéré comrr^e Lcgîjlateur 
faute en préfence des anciens , & qu'il y foit 
lapidé par le peuple (1071). Lapider pour une 
tléfobéiflance pàroîtra rigoureux dans un gou- 
vernement & dans un fiècje où cette faute eft 
fi fréquente , & où la plupart des loix invitent 
à la commettre par le peu d'autorité qu'elles 
accordent aux pères. Je fuis loin d'approuver 
une pareille rigueur ; mais, quoique aflFreufe, 
peut-être eft-élle fujette à moins d'abus que le 
relâchement introduit dans nos coutumes & 
dans nos mœurs. Quoi qu'il en foit, le fupplicç 
n'eft infligé qu'au fils parvenu à la majorité, 
ç'eft-à-dire , à treize ans \ & un attachement 
rigoureux à l'expreflion du légiflateur perfuada 
que les fiUes n'y étoient pas foumifes , fur le 
prétexte que Moyfe ne parlant qu'au mafcu- 
lin , n'exprimoit que les enfans mâles, Le père 
pu la mère pardonnoient-ils ? L'indulgence de 
l'un ençhaihoit la févérité de l'autre , &c il 
p'avoit plus droit de pourfuivre le cou* 
pablç 5 parce qu'il e(l écrit : c< Son père ^ fa 
pjère le prendront », Ici eft une nouvelle preuve 
de cet attachement au jtexte de la loi , carac- 
tériïe avçc tant de raifon ^zr judaïque. Les ral> 
binç ( 1971 ) ont décidé que les paréos ne 



(1071) DeutéronoiBe, chap. 2i,v. 18-21. 
(îÇ7%) Voye?, à ce fujet^^ tQut ce cju'a écrit C^lflie* 



& comme Moraliffu 407 

devoieat pas être manchots parce qu*its n'au- 
roient fu prendre leur fils , ni muets parce 
qu'ils deyoient Taccufer, ni aveugles parce: 
qu'ils dévoient dire : <* Voici notre fils ». Le- 
fils , ajoutent-ils , ne doit pas être fourd, parce: 
qu'il n'entendroit pas leur voix.. 

S- IL. 

De l^Tiomicidè & dès crimes qui y ont rapports. 

Vous ne tuerer pas , eft le fécond précepte; sa féu^^ 
L'homicide dont la Bible annonce que Caïii "*^'^** 
donna la premier exemple, jaloux de ce que 
l'Etre fuprême avoit reçu plus favorablement- 
les offrandes d'Abel (1075),. étoit-il prouva 
par deux témoins (1074) ï On le puçiflbi^ do- 
mort par une difpofition de l^ Gejaèfe çop- 



dans une Differtation fiir la policç des^ Hébreux >^ 
tom. 2 de la Bible d'Avignon ,. pag. 56S. 

(1073) Genèfe, chap. 4, v. 4, 5 & 8. 

(1074) Nombres y. chap. î^5,,.v. 30. Un témoin ftif-- 
fifoit fi Taccufé étoit un prof'élyte de domicile, & 
alors il fubiflbit' la mort jC^uelque homicide quH eût 
commis, dans le cas même où ne la fubiflbient pas 
les Ifraélites ni le*- profélytes de juffice. Voyezr lib^ 
Gemarer.dç gabylone, de Synçdriis, chap- 7, p. f^^^ 
Hjl Selden de Juj-e. Na^uraî ^ Gèntium , liv. 4 , ch. i^^ 
pag. 482;&.4^. 



îj.o8 Moyfcy conftdéré comme Lé ffflateur 

firmée dans l'Exode , dans le Lévitîque , d^os 
le livre des Nombres & dans le Deutéro- 
nome ( loyy ). La peine cependant ne fut. 
encourue que fi on tuoît un Ifraélîte ou un 
profélyte de juftice, à en croire les Talmu- 
• diftes , & jamais pour avoir tué un Gentil ou 

un profélyte de domicile, Maimonide , qui 
Tattefte , fe fonde fur une interprétation ab- 
furde & barbare (1076) que défavouent éga- 
lement la Genèfe &: l'humanité, 
oeojmcnt La manière dont on le punit aujourd'hui eft 

on le punie ^ 

aujourd'hui. . 

(1075) Genèfe, chap. 9, v. 6. Exode, 'chap. 21, 
V. 12. Lévitique, chap. 14, v. 17 & 21. Nombres; 
chap. 35 , V. 16, 17 & 18. Deutéronome^ chap. 19, 
y. ,11 & 12. 

(1076) On fe fonde fur ce queTExode, chap. 21,' 
V. 14 , difant proxîmum , n*a entendu que les Ifraélites 
ou les profélytes de juftice ; nwis proxîmum ne peut 
iignifier là que tous les hommes. La Genèfe fortifie 
mon affertion , elle ne dît ifx'homo , chap. 9 , v. 6. Les 
Talmudifles foutiennent que ce n*eft pas là une con- 
damnation formelle , mais une indication divine de 
la haine du crime , & la défignation d^une peine très* 
grave que Jéhova laiffe aux hommes la faculté d*itt- 
ïOger pour punir une ii grande \iolation. Mais \n* 
terpréter ainfi, c*eft abufer étrangement de l'Ecriture. 
Si la jurifprudence des rabbins a mis cette différence» 
'c*eft un abus coupable 5 contraire à la loi elle-ihéme. 
Yoyez le Lévitique, chap. 24, v. 17, ai & 2a* 



' & tofrtÊm MôraR/le* 40J 

rapportée par Buxtorf (1077). Le meurtrier eft 
chafle de toutes les villes où il y a des Juifs , 
pour trois ans , pendant lefquels il doit , tous 
les jours , être châtié par le fouet , & répéter 
à haute voix : « Je fuis homicide. » La chair des 
animaux , le vin lui font prohibés. Il doit 
Jaiflèr croître fa barbe & fa chevelure , ne 
laver ni fbn corps, ni fes vêtemens, porter le 
bras coupable attaché à fon cou avec une 
chaîne de fer, courir ainfî d'afyle en afyle, 
fans ceflèr un inftant de pleurer fur fon 
crime. Vagabond comifie celui dont il fut 
l'imitateur , Gain , on lui défend quelquefois 
de pafler deux nuits dans le même Heu. Il en 
eft qui couvrent leur poitrine d'une efpèce de 
ciHce. D'autres , étendus fur la porte du lieu 
où s'aflemblent les IfraéHtes , doivent y être 
foulés aux pieds. Le fupplice & Texil* finis , 
pendant une année entière , le coupable jeûne 
trois fois par femaîne , outre les jeûnes ordi- 
naires. 

Par le livre des Nombres 3 fi le criminel étoit lc$ parens 
connu , le plus proche parent de la perfonne yo^nTuT"* 
aflaffinée , fon héritier naturel & légitime venger. 
pouvoit lui-même le priver de la vie , éju'on 



(1077) Synagogue Judaïque, chap. 47, page 6y6i 
diaprés le livre intitulé Colbo^ n. 67. 



410 Moyfcj conjîderé c^tne Légifiatettr 
l'eût tuée 'avec le fer, dit ce livre, avec dtt 
bois , avec des pierres , en la poufiànt rude-» 
ment , en jettant quelque chofe contre elle 
par un mauvais deflTein, en la frappant (1078). 
L'argent ne rachetoit pas de la peine méritée 
pour avoir répandu le fang de fon fembla* 
ble (1079). En vain, on fe réftigioit auprès 
de Tautelj le fcélérat en étoit arraché pour 
fubir un jufte châtiment (1080). On y pour- 
fuivoit le prêtre lui-même fouillé par cet 
attentat, & fuivant quelques auteurs, malgré 
le facrifice dont il alloit •offrir Thommage à 
TEternel (io8i). Dans le Targum de Jérufa- 



(1078) Nombi^es, çhap. J5 , V. 16-21. Voyez Te 
chap. 19 du Deutéronome , v. 11 , & Mikotfi , Praa 
negat. 160 & 161. 

(7079) NombFcs, chap. 55 , v. 31. Maimoaîde & 
Mikotfi, diàis locis. 

(1080) Exode, ch, 21, v. 14. Maimonide, More 
Nevochim , part. 5, chap. 39.. De ce que la loi pref- 
crivoit expreffément d'en arracher PhP^içid*^ vplon- 
f3ir^, il ^ft facile de conclure qu'elle permettait ?t 
rhomicide involontaire dç s^ réÇLïg^ier, & qu'elle re- 
gardoit pour lui cet af^^le comme facré,. Voyez Mai- 
monide , de Homicidiis , chapitre $ , & les différent 
commentateurs du chap; 21 de TExode. 

(loSi) Voyea? eptr'autre^ J(açcW & Abeœfra fut 
le paflage cité de l'Exoclçv; ' 



> ^'dôfnme Màralifie. ^ 41 1 

iem (io8i) Tordreeneft étendu ')ûSspi'zn pon- 
tife foprême. 

Il y eut cependant des lieux d'afyle : mais ils dcs viUc» 
ne forent que pour le meurtriec involontaire , * ' *" 
foit Ifraélite , foit étranger (1083). Jéhova lui 
deftina fix villes parmi les quarante-huit ac- 
cordées aux defcendans de Lévi, trois* en delà 
du Jourdain , & trois dans le pays de Cha- 
naan (io84). Les premières font Bofbr , fîtuée 

(1082) Voyez Selden , de Jure N^turga & QentiiinS , 
liv. 4, chap. a, pag. 491 & 492, & de Synedriis , 
liv. 3 , chap. 8, §. 3, pag 60 & 61. DrUflus , ad 
ilifficilipra loça YÇteris Teflamenn, Uv. 2^ ch. 33. 

(1083) Nombres, chap. 35, v. lï & 15. Deutéro- 
j^ome , chap. 4, v. 42. Jcfué, chap, 20 , v. 3 & 9. 
L'hébreu dit 14 & ^in , ger & tofchab , que la 
VuJgate traduit fort exaftement par advena & pere^ 
grinî , & les Septante traduifent par a vpocrilwrùs «| 
i 'jrâpopLûs. Ger j en effet, dont la racine eft TU, gur^ 
peregrinariy exprime un étranger qui fe trou voit en 
Judée fans y avoir d'habitation fixe , au lieu que 
tofchab , dont la racine £ft 2V^ j iafchab , manere , 
morarî^ exprime l'homme qui, né ailleurs, s'eft ce^ 
pendant établi une habitation fixe en Judée. 

(1084) Nombres, chap. 35, y. 6, ^3 & 14- Deu- 
téronome, çhap. 4 , v. 41 , & ch. 19 , y. i , 2 & 9. 
Voyez Jofué , chap. 20 & 21. Maimonide affure 
même dç Homicidiis , chapitre 8 , que les quarante- 
kuit villes des lévites éroient des lietbc «Si'âfylc. 'U 



%ix MoyfctXonJiikWccmmeJj^yiaeâur ^ 

dans la plaine .' du i défert & de la tribu :dl 
Huben, Ramoth en Galaad & de la triba,do 
Gad , Gaulon en Bà(ab:&: de la tribu de Ma- 
nafle ; & les: fécondes , Gédès en Galilée fur 
la montagne de Nephtali , Sichieiyi fur lernom 
Ephraïm, & Cariatharbe , nommée auflî Hé^ 
bron, fiir.la montagne de Juda (io8j). Les 
chemins qui conduifoient à ces villes étoient 
aifés , & ils féparoient en parties à- peu-près 
égales toute l'étendue du pays , pour que lé 
fugitif eût un lieu prochain où il fe retirât en 
sûreté (1086). On s'empreflbit d'en profiter, 
dès qu'on aypit eu le malheur.de priver du 

Il 1 1 • ■ "m' i — M^^— — ^i^»^— 1»^^— ^B^— — M^^— — — a 

feule différence qu^il y met, c'eft qii*on fe réfo* 
gioit dans tes premières que les habitans y confeir' 
tiffent ou non , au lieu qu'on avoir befoin de leur 
confentement.pour fe réfugier dans les fecopdes. Sur 
ces villes d'afyle & tout ce qui les concerne, voyez^ 
dans le Talmud, le titre de Plagis; Maimonide, fui 
ce titre; Mikotfi, Praecept. afErmat. 75 & 76 , & 
More Nevochim, lîv. |, chap. 59^; Fagius, Paulus 
Burgenfis, fur le ch. 35 des Nombres; Seîden, de 
Jure Natuiae & Gentîum , liv. 4, chap. 2 , p. 486 & 
fui vantes; Cunœus de Republicâ Hebrajorum, ch,7, 
pag. 62, 63 & 64. 

(1085) Jofué, cbapître 20, v. 7 & 8. Voyez ïè . 
Deutéronome, chap. 4, v. 43. 

( 1986) Deutéronome, chap. 19-, v, 5 & 7* 



)Oïtf Uii de feS'^cmckiûy^m par^û^enidoiio 
par hafard , cofnmè fi étant -awc /fui y dias 
tihe forêt, à couper du bob, jte fw'de la 
coignéè s^échappok^^ alloit le frap{ieifJ^îo87). 
C'étoit fur -tout -une grande |)^babiltté en 
fàvéûr du meutjrter^jue de n'avoir euièviec la 
perfbnne morte , âûCune diflènf^on , • aucune 
querelle , auùtine raîfon d'inimitié, & il fuP- 
fifoit de proiiWqùd^efentiméntdëfavorable 
li'exiftoit ^s entre èiax , deux ôu tirois^ jours 
avant le >hinefte événement <• io88»)rîMais fî 
rhomîcide étbit là iSrmt deja. fttrpiife,-.detla 
tkiti^^ de la;iméchanceté , ks iahdatis dec la 
ville du 'Coupable renvdyoiènt prendre, le 
livroierit aux pàreni de la perfoime «affinée 
€^; ûii fupplice que fon forfait avoir mc- 
fité-fioS^). Les Juifs ne connurent point d'afyle 
contre un pareil attentat j inftitution. fage , 
trop^u imijtée «bez-d'autres nations ,^û,,pac 
un facrilège hottible, les plus vils fc^érat^ fe 
fonttou|DuYs réfugiés dans le5^^mples,xomtne 
fi le crime dëvoit fè placer fl&fîs ][Jrote6Hon 



' (1687) Dedtérohbirié;;'clwp. i^vY-j^'^ï. 
^. ■ tTOgg ) Deutérbfionw ■ <chaj).'4 ;\. ^4*ti ô4jîiap. 19; 
y. 4 & 6. Jofué, cbap/^ovy. Ç.^ */ V"^' " ; * 
(1089) Deutéfojoôme ,^ cfcip.: i>ï V-*ti'& !ra^ ' 



41 6 Moyfe , CdnJiiUrc comme Légijlateuf ^ 
le maître qui dans les leçons données à msHà^ 
à un efclave, fur les chofes néceflaires, conune 
la loi, le frappant pour le rorriger , venoient 
à le priver du jour, n'avoîent pas befbin de 
s'y réfugier. On n'en avoir pas befoih davan-- 
tage dans le fécond cas , & le plus proche 
parent h'avoit pas le droit de ïe venger. Il 
Tavoit au contraire dans le troifième, & le 
coupable ri'avoît pas celui d'afyle , quoique la 
peine de mort n'eût pas été prononcée contre 
lui par le légiflateur (1098)- 
^uia, fî Ignôroit-on l'auteur de raflalEnat ? Lès 
?autMr°'de fénateuTs d'Ifraël méfuroient Fefpace depuis le 
l'aiTaflînat? ^adavre jufqtfaùx villes d'alentour. Ceux de 
la plus prochaine prenoient une genifle qui 
tfavoit pas porté le joug, ni fillonné la terre. 
Ils la conduifoient dans une vallée' couverte de 
cailloux & raboteufe , laquelle n'eût jamais 
été ni labourée , ni feméie. Là , ils coupoient la 
tête de la viâime. S'approcfaant enfuite du 
cadavre , ils lavoient leurs mains fur l'animal 
expiré , endifant : «Nous n'avons point ré- 
pandu ce fang ; nos yeux ne l'pnt point vu 



(1098) Maimonide, dî6tô loco ^ chap; 5;. Selden; 
diÔG loco, pages 487. & 488.; Mîkotfi , diâo loco. 
Le rabbîrî 'Salomon Jarchji fur l'Exàide', chapin^ 11, 
yerf. 44. Z^'^i . # 

répandre j 



ê comme MoYaiyici %\f 

Répandre 5 Jéhova, fois-nous propice (1099)» 5 
&: le chârimeilt dé l'homieide ne tomboit pâ$ 
lur euXi \ 

Un homme avoit-il été tué par plufieurs komfcî^pi 
perfonnes à la fois? Aucune d'elles n'ayant ^ag^^ ;^^ 
précifément comnîis le crime & donné la mort y in^^? Me. 
elles étôierit toutes exemptés du dernier fup-^^ortcmentj 
jplice, félon Maimonide & la Mifnà (lioô). départ^ ; 
•L'infanticide y étoit fôumis de la manière la 
plus rigoiireufe j & l'avortenierit fut puni de 
mort comme la fuppreffion de part (iioi). 
On permît cependant dé tuer lé fœtùis j foit 
avec la m-aiiij fbit avec des breuvages ôtt 
d'autres remèdes , fi l'accouchement étoit là^ 
borieux & qu'il y eût du danger pour la vie 
de la mère , cruauté néceflairé , dit Tèrtul- 
lien (i loi), pour que l'enfant ne devienne 

(1099) Deùtérondnie , chapitré ai , v. 1-8. Voyez 
tout ce que dit Maimonidç ; More Nevochim, part. 3 i 
chap. 40, pour prouver la fageffe de cette loi. Yoyei 
aufii la Mifnà , de Uxoré adiilterii fufpe^lâ , cHapi 9 i 
%.6,p. 288 , & le Talmud BabyJ; même titré , foL 46. 

(1160) Maiin6nide,diaoldco,chap. i^&làMifiiài; 
tom. 4, dé Synedriis, chap. $î. 

(noi) Jésèphé contré Appiori ; livre 2 , pag. 107^' 
Èusèbe , Prsep. Evang. liv. 8 , ch. 8 , p. 366. & Vl^ldni 
de Spécialibus LegibuJ âd Pràeceptà 6 & 7 j tom; i; 

(1Ï02) De Anima, §. 25 ^ pag; aSi. 

Pli 



4 ^$ Moyfe j cor^iéirè comme Ugijlateuf 

pas matricide- Si néanmoins il montrait àé)Z 

îa t^e, on ne pouvoit plus lui donner la mort, 

même pour fauver celle dont il alloit/ecevoir 

lêjour(iiô3). 

' lobfucUi Joignons à ces loix quelques paflages de 

?«*7oîî^* TExode qui prouvent combien fut attentive 

t^iï^J^^ éclairée la vigilance de Moyfe. Elle s'éten- 

fontiafuicc.jjj indifieremment fur tous les citoyens , 

liommes ou femmes , riches ou indigens, libres 

ou efclayes. Si deux perfonnes, y lifons-nous, 

•fe querellent , que Tune frappe l'autre avec 

une pierre^ du avec le poing , & que le blefle 

.'ft'en meure pas mais foit forcé de garder le 

4it & iie marche , quand il fe lèvera , qu'en 

•«'appuyant fuir un bâton , n'appliquez pas la 

•peiné desaflaffins, mais obligez le coupable 

^à le dédommager , & de ce que lui coûtent 

Jes médecins , & des profits qu'il eût retirés 

,<le fon travail ( 1 104). Si un maître frappe avec 

(ii03)''Maimonide, di6loIoco, chap. i. Selden, 
diÔo loco, chap. 3 , pag. 502 & 503. Voyez, fur 
cette queftipn , Sanchez , livre 9 , de Matrîmonio , 
difput. 20 ; RainaudUs , de Oftu Infantium contra na- 
turam, per feélionem cœfaream, chap. 9, &. heau- 
'çôup d'autres théologiens. 

(1Î04) Exode, chap. 21, v. 18 & 19. SI quis proxi- 
mumfuum pugno percujfmt , ditBuxtorf , Synagogue Ju- 
daïque, chap; 47 , pag. ^7^ , eq parlant des fupplices 



ù Comme Moraïifitl '^x^ 

lUxe verge fon domeftique ou fa fervâilte , & 
qu'ils meurent fous fes coups , qu'où lui ar- 
rache la vie : mais qu'on l'épargne, s'ils fur- 
vivent un jour ou deux ; la perte de fa pro- 
priété & d'une propriété acquife à prix d'ar- 
gent , eft déjà un châtiment pour lui (iioy); 
Les a-t-il privés d'un œil ou d'une dent ï Les 
affranchir eft la réparation qu'il leur doit (iio6)é 



auxquels ils foumettent aujourdTiuî les coupables i 
veniam ab eo petet > ac pratereâ fuJUgationem fuftmcbiti 
RMenu tam autem fanxït , ut ei pugnus amputetur. 

(1105) Exode , chap. 11 , v. ao & 11* Philon, dei 
Specialibus Legibus ad Praecepta , 6 & 7 ,^toine 2; 
Pirush Tora , folk) I30. Il ne s'agit ici qu« du 
ferviteur étranger. Le ferviteur ifraélite étant moins 
tin jefclave qu^un mercenaire , la peine de rhomicide 
eft encourue par fon maître. 2^. Elle eft auffi encourue, 
quoique celui qu'on frappe ne meure que quelques 
Jours après, s'il n'étoit pas notre efclave, mais celui 
d'un autre. 3®. L'Exode exprime , avec une verge , 
parce qu*on s'en fervoit ordinairement pour châtier 
un ferviteur coupable ; mais ^n feroit enccft'e homi- 
cide û onavoit employé une autre manière de punira 
un glaive par exemple &c. &c. Voyez Abuleirfis, (ut 
le chap. 21 de l'Exode , queft. 13 , & Ménochius, de 
Republicâ Hebraeorum 5 livre i, chapitre 5 , §« XI5 
page 34. 

(1106) Exode, chap. 21, v. 26 & 27. De lîiêmèj 
s^il les a privés d'un doigt ^ d'une oreille , du nez &c«^ 

Bdr 



^lo Moyfc y conJuUré comme Ugijlatettf 

Si dans une rixe , un des combattans frappe 
tine femme enceinte & qu elle accouche avant 
ion terme , mais fans que la mort fuive Tac* 
couchement , il paiera ce qui fera demandé 
par le mari de la femme &: réglé par des ar* 
bitres. Si elle en meurt , il rendra vie pour 
vie (1107). ^ 

i«f âiiînuwix* Les animaux ne fîifent point exempts de la 
feill^"dt ^* peine de Thomicide. On lapidoit un bœuf 
rhomicidc. qyj ^m^ji- gj^ frappant de fa corne un homme 
X)u Une femme , & on défendoit d'en manger 
la chair (1108)* Le maître auquel il appartenoit 
ëtoit réputé innocent. Si pourtant on prou- 
voit qu'il n'avoit point renfermé cet animal, 
quoiqu'on l'en eût averti , on le puniflbit dd 
mort (1109 ). Mais comme la punition étoic 



â'une partie du corps enfin qu'il eft imp^ffible que 
la nature rétabliflç. Mifna & les deux Gemares , de 
Sponfalibus, chap, i. Mikotfi Praecepr. affirmât. 87. 
Jarchî, gd Exod. chap. ii , v. 7 & 26, 

(no7) Exode, cha^Titre 21, v. 22 & 13. Si deux 
homfties fe querellent, & que la femme de l'un^ 
Voyant fon mari plus foible , faififle l'autre par les 
parties viriles , on coupera la main de la femme , 
iàns avoir de compaïfion y dit le Deutéronome, ch. 2^ , 
y. ïi & II. 
(ilôB) Ëxode, cliap. 21, v. i8 & 31, 
iuojj Exode, chap. ,21 , v. 28 & 29, 



^ & comme Moraîijiei. 'J^^i 

fèvère pour une telle faute , on permit dan$ 
ce cas , & ce fut le feul , de fe racheter par 
une fomme péainiaire , à condition néan-i 
moins qu'on donneroit tout ce qui feroit de-t 
mandé (iiio). Celui dont le bœuf frappok un crîmct 
cfclave ou une fervante , payoit à leur maître i7," nimfifx 
rrejite ficles d'argent ( environ ly écus de ^u cnvca 
notre monnoie ) , & le bœuf étoit lapidé (lin)^ 
Si quelqu'un, continue l'Exode, a ouvert ou 
creufé une citerne fans la couvrir, & qu'il y 
tombe un âne ou un bœuf, le propriétaire de 
la citerne rendra le prix de ces animaux , & 
l'animal mort fera pour lui (iiu). Si le bœuf 
d'un homme bleflfé ç^ui d'un autre ^ qu'il en 
meure , ils. vendront le furviyant &: en partaf 
geront le prix entre eux, 4e mén^e qu§ If 
bœuf mort. Si le maître n'ignorant pas quô^ 
depuLj quelque temps, l'animal fr^ppoit de hk 
corne , n'a pas qu foin de îe garder , il reiïdra 
bœ.uf pour bœuf, 6< le. boRuÇ n^çrt fera ^^i\^ 
tiQrement pour lui (1113), 

Toutes ces peines furent établies par la ïohDeqttp|t»i«k. 
!La jurifprudçnce'confignéé dans la Mifna enj^'^?^*^ 



(11 10) Exode , €h»p. ai , v. 30* 
(iiii) Exode, chap. 21, v. 3». 
(un) Exode , chap. 21 , v* 33 & 54^ 
(m 3) ExodC', chap. ii , y. 35 &}6. 



4ii- Moyfcy confidcré comme Légijlateur 
établit pour les fautes moins graves (1114). Urt 
Ifraélite donne-t-il un coup de poing à unf 
autre Ifraélite ? Il paie un ficle. Il paie deux 
cents drachmes fi c'eft un fouiBet , quatre 
cents fi ce foufflet eft donné à main renverfée , 
& quatre cents encore s'il lui tire les oreilles , 
les cheveux, s'il crache fur fa figure > ou lui 
arrache fon manteau. 

S- m- 

De ^adultère. 

La Genèfe , TExode , le Lévitique , le 
Deutéronome concourent à prohiber Tadul- 
tèrè (iiiy) & à frapper également de mort 



(1114) Mifna, de Damnis, tom. 4, chap. 8, §. 6, 
pag. 74 & fuivantes. G)nftantin Lempereur , cH. 8, 
"§. 6 , pag. 2ti & fuivantes. 

(m^) Genéfe, chap. ao, v. 3. Exode, chap. 20 i 
y, 14. Lévitique, chap, 18, v. 20. Deutéronome , 
chap. f , v, 18. La peine cependant, quoique toujours 
mortelle , ne fiit pas toujours la même. Le crime 
étolt-il commis par une fiancée non mariée ? on la 
puniflbit par la lapidation. Deutéronome, chap. 22, 
V. 24. L'étoit-il par la 611e d-un prêtre? on la con- 
damnoit au feu , par une fuite du verfet 9 du Lévi-* 
îique, chapltw ti^WQy^z la Mifiia , dç Synedriis, 



' & comme Moralijle. ' 41 j 

les deux coupables (1116). On les punira même 
dans leur poftéfite , en la livrant au mépris & 
à rinfortane , tandis que les defcendans des 
perfonnes chaftes feront honorés , dit le livre 
de la SagelTe (1117). Quand l«s deux vieillard^ 
amoureux de Sufanne , après avoir inutilement 
eflayé de fe la rendre favorable, Taccufent do 
ce crime , elle eft condamnée à la mort 5 &5 
par une fuite du talion, quand Daniel a^con-^ 
vaincu ces deux vieillards d'être de faux accu- 
fateurs , ils y font condamnés à leur tour (iii8)* 
. L'adion en adultère appartint au mari contre a qui ap- 
fa femme & non à la femme contre fon mari, raaion ex». 
Le chef de la famille fut chargé d'en conferyer^ " ^" ' 
rhonneur & de le rendre auflî pur à fe§ enfant 
qu'il Tavoit reçu de fes pères {II19), Il d,iit 



chap. 9. Selden, Uxor hebral€a^ Rv. i , cfiap. .16^ 
pag. 115 & 126, & liv. 5, ch^p. II , p3g. 368. 

(m 6) Genèfe, chap. 20,'v. 5; chap. r6, v. 11 j 
Lévitique, ckap. 20, v. 10. Deutéronome, chap. 21 ^ 
V. 22. Voyez rEccléiîaftique,. chap. ij, v. 2J-36. 

(1117) Voyez le livre de ia Sagefl^, chapJ^j^^^v.t^^ 
& chap. 4^ y. 3. 

(1118) Daniel, chap. ij, v. 41 fa 6%^ 

(1119) WagenfeiBus in Mitonr , de Uxore adiift^ 
fufp. tom. ^, jdhap. x ,» §. r, pag. 179. Elle apparrintf 
exduû veinent au mari ,. ou zu inaglibat fi le mari é«Qi4^ 

Pd4 



^14 Moyfèy êonjidcre comme Ugiflatmr 
4onc, non -feulement être attentif à écartcf 
l'homme foupçonné de vouloir, pour me 
fervir d'une expreflSon de Juftinien ( iiio ) , 
infulter à U chafteté de fon époufe, mai$ 
exercer contre elle , dans ce cas , ce qu'on 
appelle la zélotyjj^e , c'eft-à-dire , lui défendre, 
en préfence de deux témoins , d'avoir avec tel 
ou tel honune aucune familiarité &: de fe 
cachgr avec lui (lui)- Ce devoir n'eft pas une 
(impie faculté. On étoir forcé de le remplir , 
fi on foupçonnoit fa femme. Perfiftoit-elle , 
malgré la défenfe, a fe cacher avec celui qu'oa 



^bfent ou qu'il lui fut impoffible d'inteqter cette ac-: 
lion. Selden , liv. 3 , ch. 16 , page 415. 

(nid) Ceft dans la novelle, 117» 8- ^"i-Ahï^tnâm 
'de quîbus fufpîcio efi , illos cafiltatî uxorum velle îUuderem 

(11217 Maimonide fur la Mifna , de Uxore adul- 
terii fufpedâ, tom. 3, chapitre i, §. i , pag. 158. 
Gemare de Babylone, même titre , fol. 25^ Voye^ 
Salpmpn Jarchi fur le chapitre f^ dçs Nombres. Il fuf- 
fifoit ^ pour encourir l'épreuve des eaux amères , 
que l'époufe eût été cachée , quantîllo temport , difeni; 
les commentateurs, polU^i famina poffkt , id eft^ quantîllo 
tempore ovum 6» affart poffu & abforberu La Gemare dç 
Jérufalem eft encore plus févère fur l'efpace de temps 
qu'elle accorde. De Uxore adultcrii fufpeélâ , pag. 16 
f:ol. 3. La défenfe du mari , pour être valable, ne 
Revoit pas être générale, mais porter nogimément fu» 
^ pu ti|l homiae, ' : • .-. -r 



'if Comme 'Moratijte: %if 

JTuppofoit obtenir fon afifèaion ? elle ne pou voit 
plus être avec fon mari qu'elle n'eut bu les 
eaux amères (iiix). 

Etoit-il impoffible à Tépoux de faire contre au défaut 
fa femme les pourfuites judiciaires, foit qu'il ic^^agiArac 
devînt fourd ou infenfé , foit qu'il fût détenu ^«^"pp^^*^«- 
dans les prifons ? Le légiflateur attentif à ne 
point laifler impunie la violation du ferment 
conjugal, en chargeoit les magiftrats. On ne 
leur permit néanmoins de diriger leur adion 
que vers les objets pécuniaires. Ils n'eurent 
donc pas la liberté de demander la boiflbn 
des eaux amères, mais feulement la confif- 
eation de la dot & de tous les avantages nup- 
riaux (112.3). 

Cette confifcation n'avoit pas befoin d'être conôfea- 
demandée , elle étok de droit, fi répoufedocBoiffon 
refufoit de boire les eaux amères. Elk ne les mires!"* *'* 
but pourtant que dans les cas douteux , lort- 

(1121) Mifna, difto locQ, pag. 178,. 

(n23) Mifna, de Uxore adulterii fufpeSâ, tom. 3 ; 
chapitre 4 , §. 5 ; pag. 242. Selden , Uxor hebraica * 
liy. 5, chap. 13, pag. 398. De même, fi l'époux 
mouroit pendant Tintervalle dç raccufatioa au juge-» 
ment , il n'y avQit plus lieu à la boiflbn des eaux 
amères ; mais la perte de la dot étoit toujours en-j 
courue» Ibidçm , & Selden , chap. 14 , pag. 40GU 



'i^^6 Moyfcy conjidéré comme Légijlateuf 
qu'on crut impofiîble d'attefter autrement 
l'oubli de la fidélité conjugale & qu'aucun 
témoin ne déposât du crime. Afluroit-on l'avoir 
vue dans les bras d un autre 'i Elle - même 
s'avouoit-elle coupable ? Plus de néceffité de 
recourir à une épreuve religieufe ; la perte de 
Bttt^raeînf \^ Jot étoit encourue (iim). Ce qu'il y a de 

en matière i i -r r y 

^'adultère, bizarre , c elc que les Jmh le contentèrent 
pour cela d'un feul témoignage ^ tandis que 
dans toutes les autres circonftances , ils le re- 
gardoient comme infufiifant» Un feul témoi- 
gnage pour un délit qui trouble le repos des 
familles , l'ordre des fucceffions , le bonheur 
de l'union la plus tendre & la plus facrée ! Ce 
n'eft pas tout. Ordinairement, on rejettoit la 
dépofition des parens & des efclaves ; ici on 
Tadoptoit, On reçevoit enfin à témoigner des 
perfonnes plus fufpeéles encore , & qui hors 
de là en étoient incapables , comme la belle- 
mère, la belle-fille, la beile-foehr , & cette 
rivale nommée Mmula. Il eft vrai que le 
témoignage de celle-ci ne fiifoit pas perdre 



(1124) Mifna, de Uxore adulterii fufpedâ, tom. )> 
chap. 4, §. 2 , pag. 2}6 , & chap. 6, §. a , p. 252- 
Voyez les commentateurs fur ces deux paragraphes > 
& Selden, Uxor hebraica, lîv. 3, cb. i3^p» 39^ 



& comme Moradjlei 42^ 

la dot à Taccufée 5 il la forçoit feulement à boire 
les eaux amères (luy). 

On Ty força encore fi de deux témoins l'un q«î<î, »*iI 

m • 1 ^ • o i> 1 • • yavoitcon- 

amrmoit le crime & 1 autre le moit , pourvu tradiaion 
qu'ils fe ftiflent préfentés en même temps : car *"^'^ ^"* 
fi le témoin négatif y enoit le dernier , il étoit 
cenfé parler pour épargner à la femme le fup- 
plice qui la menaçoit, & fans ajouter aucune 
foi à fa dépofîtion , on laiilbit toute fa force à 
celle du témoin accufateur {iii6) ; étrange ju- 
rifprudence , qui fuppofe une grande avi- 
dité de trouver u;î coupable. Croira -t- on 
qu'un rabbin, diftingué par fes talens & foti 
érudition , a ofé dire en propres termes ? 
** Celui qui attefte l'adultère équivaut à deux 
témoins & mérite une confiance égale à celle 
qu'ils obtiendroient; mais celui qui le nie eft 
feul , n'équivaut qu'à un feul , & l'atteftaticn 
d'un feul homme ne peut balancer celle de 
deux (1117). « Je neme permets aucune réflexion 



, . (U25 ) Mifna, de Uxore adulterii fufpe'ââ, chap. 6, 
§. 1, tom. 3 , pag. 252. 

(n26),Mifna^ diôo loco, chap^ 6^ §. 4, pag. 253 
& 254. 

(1127) SI unUs pûfl oTium venerit , & prîmus dixerlt 
'quod polluta efi; aquè ax: duo te fies fide dîgrms effl, & fe* 
cundus qui dixerlt quod* non polluta eft^tfi unur.'At non 



4i^ Moyfcy cônjidérè comme Ugijlateur 
for ce paflage & fur cette opinion , qui vraifetri- 
blablement eft un abus de ce vieux axiome : 
« On doit plus de croyance à une perfonno 
qui affirme qu'à cent perfonne^s qui nient (1118). 
La fenfibilité de mes ledeurs fuppléera aifé- ' 
ment à mon filcnce fur l'application horrible 
d'un adage de philofophie à la mefure des 
peines & à la certitude des forfaits. 

Mais qu'arriva -t-il fi la faute atteftée par un 
témoin étoit niée par deux ? LaMifna permet 
alors de boire les eaux amères. Le texte eft 
précis (1129). Les dodeurs Juifs cependant y 
mettent des reftridions difficiles à caraftérifer. 
Ceux qui nient rie l'emportent dans ce cas, 
félon eux , que lorfque tous les témoins fopt 
également peu légitimes, comme des femmes , 
des efclaves, &c. &c. Autrement , puifqu'il 
eft de principe , dif ent-ils , qu'un feul fuffit & 
équivaut à deux , le nombre de ceux qui nient 

T- V . ' ' ' ' ■ • 

valent verba unîus ubifunt duo, Bartenora, fur la MiToa, 
tom. 3, dç Uxore adulterii fufpeââ, chap. 6, §. 4, 
page 254. 

(iiz8) Pktt credifur wiq agirmanti juâm çcntum ne* 
gannbuJt' 

(1129) «$i/t unus tejlis vitîatam affeveraret , duo autem 
vitiatam nçgarent , bib^re non prohiiebatur, Mifna , diÔQ 



& comme Moratijle^ 14151 

l\e fe trouve pas le plus fort. Au contraire , s'il 
y a réciproquement nombre égal & peu do 
. légitimité , lun n'ayant pas plus de poids que 
l'autre , tout demeure en fufpens , & il faut 
recourir à l'épreuve à laquelle la vérité eft at-- 
tachée (113 c)* 

Il eft cependant des perfonnes qu'on n'y Femmdl 
foumettoit jamais. La femme ftérile, incapable fl^ll^\^ 
de concevoir , celle qui commencoit à vieillir, «*"^ *°*^- 

*■ ■* rc$» 

en furent difpenfées ^ fuivant l'opinion com- 
mune des rabbins (11 31) ; elles ne perdôient pas 
davantage leur dot.*Ils donnent les raifons de 
ces deux exceptions à la loi. C'eft que ce ma- 
riage lui étoit contraire en ce qu'il n'en pouvoit 
réfulter auciine poftérité , tandis que les pré- 



(1130) Voyez les commentateurs de la Mifna, diâd 
ioco,pag. 254. 

(1131) Mifna , de Uxore adulterii fu^eââ, tom. 3 l 
chap.4, §. 3 , pag. 236. Le rabbin Eliezer n'étoit pas , 
de cet avis. Ibidem , pag. 236 & 237. Wagenfeilius 
penfe que par celle qui commencoit à vieillir , vetula , 
il faut entendre celle qui paiToit la foixantième année. 
ht^ autres commentateurs fixent en général à cette 
époque le commencement de la vieillefle , & voilà 
pourquoi , difent-ils , c*eft yn ufage confiant parmi 
nous «dès qu'on eft entré dans fa foixantième année, 
de donner un grand feftin pour fe féliciter de ce qu'on 
B^a pas péri par une n^ort prématurée. Ibid. p. 23(^4 



4ÎÔ Moyfcy conjidéré comme légiflateur 
ceptes divins recommandent plus particuliè- 
rement aux Hébreux de propager leur race & 
de multiplier (1131). On y foumettoit pourtant 
la: femme de l'eunuque. Le rabbin Akabia 
l'interdit aux aflfranchies &: aux profélytesî 
mais fon opinion ifolce eft contredite par les 
autres dofteurs. Les feuls cas , après ceux que 
j'ai expofës, où cette interdidion eut lieu, 
furent que le mari eût prohibé à fa femme de 
les boire , qu'elle eût reçu de lui , à de cer- 
taines époques , des preuves de fa tendrefie 
conjugale (113 3) , d'être fiancée , d'attendre lii 
léviration (1134), d'avoir jnoins de treize ans 



(n32) Comment, fur la Mifna , diao loco , p. a}6, 
Q.yj & 238. . 

(1133) Mifna, de Uxore adulterii fufpeaâ, ch. 4; 
g. 2 , pag. 236, & §. 5 , pag. 243. 

(1134) Les rabbins Le concluent de ce qu'il eft écrit 
dans le chap. 5 des Nombres, v. 19 & 20, vlro tuo;&. 
qu'aucune des deux perfonnes dont il s'agit , n'eft 
encore fous la puifTance d'un mari. Ils ajoutent qu'il 
ne peut y avoir ici adultère , puifqu'il n'y avoit pas 
eu auparavant d'union conjugale. Et en effet , lors 
de la condamnation , le prêtre s'exprimoit ainC : Si 
indîderu in te concubîtum fuum. Voyez la Mifna , diâa 
loco, chap. 4, §. I , ptg. 229; Wagenfeilius , fur fc 
f. 5 de ce chapitre, pag. 143 ; Selden,Uxor hebraica, 
liv. 3, chap. 14, pag. 3f/9rMaimonide, de Uxorc 
adulterii fufpââ^, chapitre 2* 



i (f comtne Moralifie. ' ifjU 

quoiqu'on foit époufe, d*avoir pour ëpoujc un 
homme qui eft encore enfant , un herma- 
phrodite, un aveugle (1135), ^'^^^^ boiteufe, 
muette , d'avoir la main coupée , torte ou 
deflech'ée , d'être mariée à un muet , à un 
fourd , à un boiteux , à un honune qui eft 
auffi privé de fa main ou qui en a une défi- 
gurée , d'avoir enfin ou un défaut corporel ; 
ou une incommodité dont la fanté foit al- 
térée (1136). 

Si quelquefois on défendit de les Boire, DansqueM 
quelquefois auffi on les but en vain. Suivant la ^i^^^\^ 
Gémare, elles n'avoient de vertu fur la femme «^«^^ 
que (i le mari ne s'étoit point abandonné à des 
amours clandeftins ( 11 37) 5 idée morale qui 



(1135) Mifha, ibidem. Selden, diflo loco. Ce qui 
regarde l'aveugle, à encore pour fondeii^nt une ex-; 
plication judaïque. L'Ecriture , dit-on , ne déclare la 
femme coupable que lorfqu'elle a cherché à fe fouftraire 
aux yeux de fon mari. Or , peut-on chercher à fe 
fouftraire aux yeux d'un aveugle? peut-on dire qu'on 
fe dérobe à fes regards ? 

(1136) Je fupprime les miférables fubtilités fur lef- 
quelles repofent toutes ces interdiôions. On pourra 
les lire dans la Mifna , diâo loço , pag. 243. 

(1137) Gemare de Babylone, de Dote, Lîtterifque 
matrimdnialibus , chap. i , pag. 27 , & de Uxor9 
adulterii fufpeââ , pag. 28. Ma'unonide, de Uxorq 



%ii Moyje j cvnjidéii comme Légijlateuf 
produifôit le double avantage de contenir !•< 
^poux dans leur vie privée & de les empêchet 
d'être légèrement aceufateurs. En leur infpi- 
rant une crainte falutaire , on favorifbit dans 
l'un & dans l'autre cette chafte fidélité fi 
tiéceflaire au bonheur conunun. Avant la Gé- 
mare , le livre des Nombres avoit exigé qu'on 
ne fut pas fouillé du crime dont on accufbit fon 
«poufe (II 5 8). L'Jfraélite que n'arrêtoit pas unel 
volonté fi fage du légiflateur dôubloit fa faute. 
Il fotffFroit qu'on implorât vainement le nom 
de DifcUé II expofoit les eaux faintes à êtrei 
calomniéeSi La coupable bien sûre de l'être, 
mais ignorant les torts de fon mari ^ pou- 
voit croire que le ciel protégeoit fon adul' 
tère , ainfi que ceux auxquels elle l'avoii 
avoué , & fes témoins , & fon complice } 
erreur d'autant {)lus naturelle que celui-ci^ 

âdultet-ii fufpeÔâ , chap. j. Wagénfeîlius iii Mifnart; 
diôo lôco, chap. 5 , §. i , pag. 244. Ulpien dit pré- 
cifèment la même chofe fur la loi Jiilià, de Adulteriis, 
ff. liv. I) , §. 5. Judex adultcriî ante oculos habsre dclftt 
6» ïnquirtrt an marïtus pudicè vivens , nudieri ^uoque honos 
mores coUndi autor fuerît. Periniquum enim videtur ejft, 
utpudiciûam vir ah uxore exigat^ quam ipfe non exhïbeoL 

(n38) Maritus ahfque culpâ erit. Nombres, chap. 5^ 
(Terfet iu 

Aiîà 



5 comme Moralïfte. 45 j"" 

Sans ropîtiion religieufe des Hébreux , fuivoit •. 
le fort de la femme , & que fi elle périflbit 
dans l'épreuve facrée, il périflbit à Tinflant 
même , dans quelque lieu de la terre qu^il 
cachât fa faute & fod repentir. Le défît' 
d'éviter un femblable danger contribua dans la- 
fuite à faire abolir ce moyen de connoître la 
vérité , par Tintérceflion envers i'Etre fu- 
prême(iij9). Aujourd'hui (1140), on fe borne 
à priver la criminelle des avantages nuptiaux 
& à lui défendre pour jamais de fe réunir à fon 
^poux. 

S. I V. 

Z?d la fornication , du, rapt & de quelques autres 
crimes contraires à la pudeur. 

La fprnication n'eft foumîfe , ni à la mêmeFomica^^ 
épreuve, ni a la même peine. Cependant le» 



: (1139) Voyez Wagenfeilîus fur la Mîfna , diôo 
loco 9 chap. ^ ^ §. X , pàg* 244 ; la Geitiare & Mai«; 
inonide , didis locis , Se Selden ^ Uxor hebn liv. 3 ^ 
chap. 14 , p. 401. 

(1140) Maimonîde fur la Mifna , diâo loco, ch. 1 j 
g. I , pag, 179. On fait la méaie déf^nfe à Vépout ^ 
&. il n'a pas feulement le droit de renvoyer fa femme^ 
il y eft indifpenfablement obligé. Léon de Modène^ 
de gli riti Hebrâici, part. 4, chap. 6, §. i, p. 91/ 

Ec 



iL} 4 Moy/e , conJûUré comme Ugiflatcur 

Hébreux la punirent auili par la mort. On fe 

rappelle Thiftoire de Thamar, Fatiguée d*at- 

tendre fi long-tems fon mariage avec Sella »^ 

cette jeune veuve forme laréCblution d'obtenir 

de Juda des preuves de fa tendrefle. Elle eft 

inftruite-qu'il doit aller avec^ le chef de fon 

troupeau , célébrer , dans une ville voifîne , 

la fête & les réjouiflances qui , chez un peuple 

payeur , marquent ordinairement la raifon 

deftinée à tondre les brebis. Soudain elle dé- 

pojuilleces triftes vêtemens, ligne de la viduité. 

Une parure moins fombre les remplace. Un 

voile cependant couvre fon vifage. Déjà Tha- 

mar , comme les femmes accoutumées à vendre 

leurs moeurs & leur vertu , fe tranfporte fur la 

route que doit tenir Juda , pour l'exciter au 

cririve. Elle n'eft pas trompée dans fa pré- 

- voyance & dans fon efpoir. A peine l'a-t-il 

aperçue qu'il s'approche , lui témoigne fes 

défirs , lui promçt un chevreau, fi elle confent 

à le rendrç heureux , & donqe , pour gage de 

^a promefle , fon anneau , fon bracelet & le 

bâton qui efl dans fes mains. Thamar n'héiite 

plus à fe proftituer. Mais , bientôt après , elle 

porte dans fon fein le fruit de fon impudictté. 

Juda en eft inftruit , & frémit de rage. Il igno- 

roit fon incefte. Auffi-tôt, ufant du droit 

tju'un père avoir fur fa famille , il condamna 



& comme Mùrdijle: ' '. ^y^ 

la coupable à expirer' dans les flammes (1141). 
Les Ifraélites qui fe livrèrent à la fornicatioii) 
avec les fiUes de Moab & de Madian, euiflent été. 
lapidés &fufpendus au bois en plein jour, par 
Tordre de Jéhova, *fi le fils du grand-prêtre 
Eléazar , Phinéès , furprenant un Juif dans la^ 
tente d'une Madianite débauchée , n'eût défar-. 
mé la colère divine, en les perçant run& Tautre 
d'un poignard, dans la partie d*eux-mêmes> 
rinftrument & le fujet du crime (1142). Néan- 
moins , fi on en excepte les cas de Talliance &c 
de la parenté , celui où on jouiflbit d'une 
bâtarde, & celui où l'étrangère, la captive; 
l'efclave dont on jouiflbit aufli avoient été 
profély tes , rachetées , affranchies , avant d'avoic 
plus de trois ans & un jour(ii43), la femme 
feule étoit punie (1144). Abufoit-on d'une ef- 



(1141) Genèfe , chap. 38 , v. 12-14. 

(U42) Nombres , ch, iç , v, i , 4 , 6 , 7 & 8. 

(1143) Mifna, de Dote,Litterifque matrimonialibus ; 
tom. 3 , chap. 3 , §. i * pag. 64. Selden , Uxor he- 
braica, livre i, chapitre 16, pag. 122. Nous difoiH^- 
^vant trois ans & un )oav , fcificet ^ obferve Selden .;- 
kafce pofi illam éstatulam^ â gentUihus , hofibut ^ fervià 
vitiatas^ dùm in genûlîbns ^ capthis ^ anciliis erata : pri 
vîr^nibus ita^uc ex lege bac non habendat. 

(1144) Un Juif forniquoit-il avec une idolâtre? eifti 
étoit condamnée à la mort & lui au fouet. MaiiM^ 

Ee2e 



§} s Moyfij corifidéré comme Legljîateur 
clave en âge d'être mariée (1145) î On battoir 
de verges les deux coupables \ mais ils ne mour-* 
»nt pas , dit le Lévitique (1146 , parce que ce 
n*eft pas une femme libre. Le légiflateur fup- 
pofe évidemment que Tefclave eft fiancée. Sans 
cela, la peine eût été cruelle. Que Thomme, 
ajoute Moyfe , pour expier fa faute , offre à 
Xéhova un bélier à l'entrée du tabernacle du 
témoignage , & le prêtre priera pour lui & 
pour fbn péché qui lui fera pardonlné. 
îtfduaion. L'homme fut feul puni pour la fédudion z 
vio • pt. ^^.^ j^.^ d'entourer de gibets & d'échafauds 
la malheureufe vidtime d'une erreur fouvent 
diminuée par la jeuneflè, l'amour, la na- 
ture , le fouverain légiflateur fe contente d'exi- 



tiide, Hal. Ifuri Bia> chap. 12. Ilétoit donc puni moins 
févérement que pour la fornication avec une Ifraélire. 
Que devient alors ce reproche deTacite,hift. liv. 5, 
§. 5 , tom, 3 , pag. 299 î proje^JJima adlibidinem gens\ 
/Uienarum concubitu abJUmiu : inur fe nihil înlicîtum. 

(1145) ^ Vulgate dit mbHis ; mais le texte hébreu ; 
le texte famaritain , le paraphrafte chaldéen, la verfion 
arabe & celle des Septante difeht fiancée, Tertullien , 
de Pudicitiâ , §. 20 , p. 57 j , dit auffi homïnî rtfervata. Le 
mariage n'exiftant pas encore, on ne pouvoir fubir 
cette peine de mort attachée à l'adultère. Il s'agit 
;ivaifemblablement ici d'ancUla paniaria, 
. (H46) Lévitique, chap. 19, v. 20, ;ai & 22^ 



& comme MofaRJie. i^j^ 

ger (1147) que le fédtadeur d'une vierge non 
fiancée lui donne une dot & Tépoufe , fanr 
. pouvoir jamais la répudier. Refufoit-on de ht 
. lui accorder \ Il donnoit au père la femme né- 
ceflaire ordinairement aux filles pour fe ma- 
rier ( 1148 ). La Mifna parle d'une amende 
. pour l'ignominie jettée fur l'objet de fa paf- 
fion (1149). A plus forte raifon fit-on payer une 
amende pareille au raviffeur. Celui-ci même^ 
outre la honte & le^ dommage j'^ paya pour tat 
douleur caufée , ce qu'oa ne demanda point 
au premier, parce que , difèntMaimonide & 
Bartenora (iijo), l'une des deux jeunes per- 
fonnesy a confentî ^ tandis que l'autre a réfifte 
long-tems & a cédé malgré elle* L'amende 
pour l'ignominie ne tomba pas feulement fur 
le crime \ elle s'appliqua encore aux circonf- 
tances qiiî Taçcompagnoien^ , comme s'il étoip 
commis par un honune d'un rang bas ott inér 
diocre, ^envers une fille d?uh rang éfeyé* Four 



(1147) Bcode^ chapitre %» , v. 16, Deutéronpinei 
chap. 22, V. 28 & 7,%.. ' 
, (1148) Exo,4e.^ chap. 2?., v. -17^ 

0i49)'£>Q Dote,LmerHqae œatrimonîalîbud, t. Jjr 
chap. 5^ %'7i pag. 66. Voyiez anffi SeWen, Uxi?C 
hebralca, liv.' i , chap. lô j pag, 123. 

(njo) Sur la- Miûia> diâolocov -' 

i E e % 



4} 8 Moyfe^ cônfidéré tomme JJgïJlattut 
.apprécier le dommage, on confidéroît la jeune 
Ifraélite comme s'il fe fût agi d'une efclave à 
rendre , & on fe décidoit par la comparaifon 
^u prix que cet efclave auroit eu , vierge en- 
core, à celui qu'elle auroit eu fi elle avoit 
xreffé d'être vierge (iiyi). La peine fut égale 
pour tous les Hébreux , d'après ce principe 
ëtcmcl, toujours répété &, toujours violé : 
^ « Ce que fixe la loi eft également fixé pour 
tous les hommes' (iiy 2^) »>. La fonîme à payer 
cft réglée dans rEcritûre à cinquiante écus 
d'argemttiy 3) V'inâis , félon Bartenora , on ne 
les payoit que pour le plaifir de la jouiflance, 
fans être difperifé paMà de payer pjôur la peine, 

V '^ \ ;^ • ——, — . 

(n5i) Mifna, diao loco. Selden , Uxor hebraica, 
Tiv. i , chap. 16^'pag/ 113. iToutes ces amendes fe 
-j^yoiènt au pèïfe À la fille tfétoît'pas encore dans 
fa pïeStte puberté , & 4 la fille elle-même ou à fes frères , 
^^le kyoit perdUifcÂfsètie* Mifna ^:^1Docé / Lîtté- 
\ rifquematrimonîalibus, chap. 4, §• i^ tom. 3 , p, 67» 
"Selden , diôo loco, pag. 124. 

t {tlf^^y^^dquii iïmïtdmm éft ex îege^ îd àquaîe e[! 
cmnlbus homînîhus. Voyez la Mifna , diâô focô. CTeft 
ce qui fait dire an^raMbin Zira , Gemare dé fiaby- 
. Jone,^ de Dote , I^Hterjgl^u^.iQatrini.Tthap. 3 ; fol. 40 : 
Mjtts fui cum pu regum c^v^Hà , nad(^ft'^mnquaginia 
ficlorumy perindè ut ejus ^qui cum filiâ prïvatonmù 
(1153) Deutéro!W»pi,çhap^ ^a, v. 29» v ; s 



& comme Môtàltjte* 4551 

le dommage & rignbininie (lij4). Le paie- 
ment, de ces cinquante écus , comme Celui de 
la dot impofée au fédudbeur, eft pouf lé viol 
d'une vierge non fiancée (iiy f ). La jeune per- 
fonne étoit - elle promife J La fauté prenlôit 
tm caradère adultérin, & la lapidation e* 
tétoit le prix. La loi ne fait plus qu'une dîK^ 
rence. Si le crime fe commet dam k Ville , lei 
deux coupables font lapidés , tandis cjifè 
l'homme feul Teft fi on le commet dahSTfei 
cliamps. Là, on fuppofè {iïj6) là filte cëtn-^ 
plice, puifqu'elle auroit pti apffellér dei -fé*- -'^"^^--^ 
cours & qu'elle a négligé de fe Eaitre ,; att 
lieu qu'ici elle les eût vâtnèmeht implorés. ' 
Le plus ancieîi exemple de viblSi: dé tapt^ 
feflfert dans \ti livffes facrés , éft tCelÉfideSichèni ^ 
fils dHéihôr ehveirs Dina^fiHé de JacoB (lî/T'ji . \ 
ttémbr étoît Toi des Mévéeni. Dîiiia, cédafiPâ 

. . -r ... ;. -, ■ ..s • . i r rt 
-^1 



:c.:r 



{n54) Commentaire fur fa Mifnay4iôo locçf^^-,q 
(115 5) Dçutérpnome , ch. 22 , v. 28. Et qui^njw^r 
pas plus de 12 mis & demi. Le verfet 28 rexpnme.r 
Juvenculà vîrgo , non pubertàûs pkhà. La Vufgafi^ dîf ': 
Pueîîa xrîrgf. ■ '^ 

... (1156) Deuteroflome, cîiap. 22, r. 25-^7. Voycjç 
Mifeotfi , Pragcep. affirmât. 45 ; Philon , de Specialibu^ 
Legibus prœc;t5 &'7, torti. i, pag/3ti; Sêltf«^> 
Uxor hébraicâ, ctàp. f6, pag. L19 & lio, 

(n57) Geiièfe,'âla|>. H> ^* ^' '^'^'* 

Ee4 



44© Moyfe , conjidiré comme Légijlateur 
une curiofité indifcrette , étoit venue dans k 
capitale de fon empire. Sichem ne vit pas fans 
ëmotion la beauté de cette jeune Ifraélite. En- 
traîné par une paffion violente , il ofe porter 
fur elle des regards criminels , & former des 
projets plus coupables encore. Oubliant les 
égards dus à fçn âge , à fon innocence , même 
à rhofpitalité dans un fiècle où fes droits 
netoient pas, méconnus , il enlève la fille de 
Jacob , demeure infenfible à fes larmes , 
triomphe de fa réfiftance & la force au déshon- 
^ftç. peur (1158). La famille de ce patriarche fournit 
^ufE le: premier exemple d'incefte , toutefois 
après celui de Loth qui, plongé dans TivrelTe, 
abufa de fes filles ^ les rendit mères (1159). Il 
îut donné par Ruben & commis ayec Bala, unç 
dçs femmes de fon père (1160). Déjà c'étoit un 
çrjme, quoique la loi de Moyfe. n'eût point 
panu Elle ajouta une défenfe expreflfe à l'opi- 
ïiïon publique. Tous les genres d'inceftes furent 
proiiibés ifbus peine de la mort, tant ceux du 
fils avec la mère , du père avec la fille, des 
frères & dçs foeurs entre eux^^ que ceux des 
oncles & des nièces , des tantes & des neveux. 



(njS) Genéfe, chap. 34, v. i & a. 
(1159) Genèfia, chap, 19, v. 32 & fui vans. 
iu6pj Cenèfe, cbap, 3J4 v, a*, 



iS» comme Morallflel ^4 

des beaux-pères & des belles-filles , des beaux- 
^Is & des belles-mères, des beaux-frères & 
des belles-fœurs (1161). David cependant laiflà 
jimpuni celui de Thamar fa fille avec fon fils 
Amnon qu'Abfalon voulut venger enfuite par 
l'aflaiEnat de fon frère (ii6z)* Il eft vrai que la 
princefle avoit témoigné publiquement fon 
repentir (1163) en quittant cette robe, traînante 
que portoieat ordinairement les fiUe^ des rois, 
encore vierges , ou plutôt en la. déchirant fur 
ion corps j mettant de la cendre fur fatête^ 
& fuyant , après fon malheur , le frQntxouvert 
de fes deux mains , en çouflant des çi;i!ç lamen- 
.tables. ^ ') — ' -r 

Si un trépa^; certain attende r.ixiceftueu^ d«? quel- 



ques aucret 
crimes cou» 



dont le délit outrage; plus la. pojiitiqujç.qye Iç. 
mture, avec con^bien moins de févérité eap^"^^* * 



(n6i) Lévmqiie'i chap. 18, v. 6-ï8; chap. lo,' 
•V. il, la* 14, 17^19, 20. Deùtéronohie, ch..27, 
v, ipj' 11 & 23, Le dernier étoit- puni moins févé*- 
renient. Léyitique , chapitre 29 , verfet, n. Voyex 
la Mifna & fes commentateurs , de Levirorum in 
fratrias officiis, chapn , §• i & fuivarrs, tom. 3 ; 
pag. I & f^ivantçs«.&.Surenhufius, .djS.Sj^nfalihus, 
chapitre i, §. i , pag. 360, fur ces diflférens genres 
.d'inceftes. .v .. :.-;..> 

^^ <fi62) 2 Reg. diap. 13 > V. 14., %\^%:{i^ry : . 

(1163) 2 Regum, chap. 13, v. 18^^ ij^^c: : t \> 






j^J^i Moyfcy confiiéré comme LégiJUteuf 
ïrappe-t-on deux crimes auffi vils qu'odieux J 
la fodomie te la beftialité. Jéhova commanda 
plufîeurs fois d'arracher du milieii du peuple, 
d'y faire périr les Ifraélites ou les étranjgért 
qu'aviliflènt ces paffions infâmes (11^4). Sa 
colère ëclata par une pluie de feu contré les 
villes, repaires de ces excès abominables-, & 
quand leur incendie ne feroit pas venu juftjùl 
nous avec l'authenticité des livrés faints , qiiô 
de grâces ne devroit-on pas à ceux qui éil ont 
confervë & publié le récit ! Rien n'eft plus 
Signe de la juftice étemelle que d'anéantir, 
â'efiàcer dé la tèifre , fî Yx>k me fervit de cette 
expreflîon , un vice qui détruit les empires 
. dans leurs 'foùtfceS;, dégrada leSéttes, âfioiblit 
&• dirhînuela populâtiôit, détourne, aviKtfei 
affeftîohsles jilus tendrei', &'bleffe à la fois les 
fentimens de la nature & tott54es principes de 
U ibciéfé , des mœurs & d^ la.yçttu. : ,. 

Et ici , fe préfèrite à moi une r^xion ftap» 
pante. Je ne laiS comment la fodomie atou^ 
jours été plus fréquente che!r les peuples poly*: 

■ " ?■■■ . ■■ . 1; ' . ' • y -H — f-* 

' (ntÎ4) Exoéie, thap. la, v. îjr/l^vîtîijtie, ch.:if, 
V. 21, 25, 'i6'& '19; chapîfre-io, r. 13 , iç & lA 
Deutéronome 5 chap. 27, v. 21. Dans le cas lîè k 
beftialitéV-oJfyjorf&mnoif ^uffiià Mte. Levifi^^, 
çhap. tOj'VÏ r^."- • • ' •' c '-f ■ ^ • } 



i& comme Moralïjle. -44) 

^games. Les Hebfeiix le forent, &: ib virent 
•s*élever à fon corQble tes t^t% dé cet attache* 
'ment criminel. On n'ignore point à quel excès 
le portèrent les Grecs & les Romains chez 
'lefquelson permèttoit la pluralité des épôUfes , 
& ï*hiflx)ire moderne de k plupart des royâtr* 
mes de TAfrique & de l'Afie n'en eft pas moiris 
•înfeftëe que rhiftoîrë de l'antiquité:' Où éft 
";donc la caufe de ce tnaîhéiir motil? Nefèroît- 
ce point qu'en laiflànt ùil libre cfôursiû!^ paf^ 
lions des hommes , leur force qui bientôt 
s'éptiife y fe laflfe encore plus de Punîformit^ 
dès objets aiixquels elle çift confâlcreè. Lesîm- 
-preflRbns de la nàtlirè riè font plus dés bîéiiÉâîts. 
-^Dn dédàîgn'e ûii' plkifîi* qoellè pré/éhtè fans 
cflforts. Quoi qu'il en foit, on ne lit pas (ans 
^ cmiflomen t Je*tabfeau tracé à cette tjccafioa 
par la Genèfe, -Deu^^^^ges ^mvôût' €h*B^Loth 
•fcusia-foVme de deux jeunes voyageurs. Les 
iiabitàns ' de là viUfe àdiburent éfï' ' foUlé ; i& 
'veulent lés voif 8^ les connaître. Loth èflaiè 
.en ,yam de réprimer, l^ur fougijç ipqupable; 
en vain leur psrpppf^t-il, jK>ur?k« «ippéûfer^ 
de leur livrer fes deux filles , vierges encore , 
pour en abufer à leujÇ^gté > il ne peut les con- 
tenir. Il faut qu'un'^BiBçiuglement foudain les 
punifle , & que le ciel lui-même mette un 



%^ ^oyfii conjidéré comme Ugijlateur 
frein à leur infâme délire (ii^y). Le livre dd 
juges ( 1 1 66) oflfre un trait à-peu-près fembkble. 
Un lévite étant venu avec fa femme à Gabaa, 
y reçoit Thofpitalité d'un vieillard. Auffi-tde 
plufieurs citoyens entourent la maifbn , en 
frappent les portes , & demandent à grands 
cris le malheureux voyageur. Les difcours dt 
vieillard ne peuvent les calmer. Inutilemeot 
même il leur dit : J'ai une fille vierge ; cet 
étranger a fa femme ; je vous les amemerai 
pour fatisfaire votre débauche ; mais ne vous 
fouillez pas du plus horrible des crimes. & 
réfiftent long-temps à cette oflRre, & ayapt 
enfin accepté Tépoufe du lévite, ils routragent 
à un tel point qu'elle ne furvit point . à & , 
honte. 



(ii6ç) Geftèfe, chap. 19, ▼: i-ii. - 
(11^) Juges 5 chap. 19, V. 10-17. Gabaa .appartp» 
noit à la tribii de Benjs^nin. Xes autres Ifraélites in* 
dignes dems^idèrent les coupables ; on les leur refufa» 
Il fallut combattre. Les Benjaminites furent vaincus, 
& leurs villes détruites. Il rfen furvécut que fix-ccntl 
hôrailies. JugWi chap. iô, v. 1-48.' 







> 



& comme Moraîijlci |^jé 

$. V. 

: J}u vol y de tufurc^ & des crimes qui y ont rapport: 

i"' 

\ Là peine du vol eft pécuniaire. A-t-on con- puvoi.rjt 
\ lërvé lachofe dérobée \ on la reftituera en y joi- pécuniairt^ 
'gnant le double de fa valeur (ii67},L'a-t ondéjà 
vendue , ou tuée fi c'eft un animal ï On paiera 
I à proportion, cinq bœufs, par exemple, pour ' ' 

j^fin bœuf, quatre brebis pour une brebis (ii^8) i ^ y 
ï,<iifiërence bizarre au premier afped , mais qui 3- 

[ ïans doute prenoit fa fource dans Tutilité dont 
•le premier eft pour l'agriculture, ou dans la 
I néceffité de faire refpeder davantage des ani- 
lïtnaux qui, naturellement répandus dans les 
^ campagnes , y font fous la fauve -garde pu- 
" blique ; au lieu que chaque citoyen étant obligé 
<Je garder fes meubles, fon or &c., il peut, 
fi on les lui dérobe , imputer à fa négligence 
tme partie de fon malheur. Sur la parabole de 
l'homme riche qui , ayant des troupeaux npm-. 
breux, ofe, pour nourrir un étranger, en- 
lever à un IfraéUte indigent cette jeune brebis 
la feule qu'eût fon maître & qui lui étoit ft 



(1167) Exode , diap. 22 , v. 4. 

(1168) Exode, chap. 22, r. i. 



4^5 Moyfe j cùnpdérc comme LigiJ[lateur 
chère qu'il la faifoit boire dans fa coupe , re^ 
pofer fur fon fein , qu'il Taimoit comme fa 
fille (1169) , c'eft à rendre le quadruple que le 
voleur eft condamné par David ( 1170 ). Q 
quadruple , ce double , l'augmentation qui- 
conque écoit prife fur les efi^ts mobiliers du 
coupable. S'il n'en avoir pas > on mettoit 
publiquement à l'enchère ce qu'il poifêdoit de 
g meilleur parmi fes immeubles (1171). S'il net 
onétoicuop pofledoit aucune efpèce de bien, les magiftrati 
ffpIy^rT^'du lieu le vendoient lui-mêmç , & le prix qui 
en revenoit étoit pour la perfonoe à laqudb 
on avoit dérobé ( 1171 ). Ceci ne s'appliqua; 
point aux femmes. On ne les vendit ja«« 
mais. L'homme même n'étoit vendu que 
pour fatislaike au pri^ de l'objet volé y & 



(U69) Voyez le fécond livre des Rois, chap. 12 jj 
y. 2 , 3 & 4. 

(1170) 2 Regum, chap. 12 , v. 6. On lit quelqi^e^fois 
dans TEcriture , Septuplum ; mais ce mot ne fignifie pas 
toujours fept fois la valeur. Le nombre y^p/ eft foU' 
vent pris indéfiniment en hébreu. 

(1171) Voyez WagenfWfiusfur la Mifna, de Uxore 
adulterii ûifpeââ^ chap. 3, §^ 8, tom. 3 , p. 22S. 

(1171) &.ode , chap. 21 , V. 3. Mifha, diâoloco. 
Voyez Josèphe, Antiquités Judaïques, liv. 16, ch.i, 
page 548. 



& comme MoraliJU: "é^ 

non pour fatisÊure à celui de raugmentation 
prefcrlte par la loi (iiyj). EfHmoit-on 
cinquante écus d'or l'auteur du larcin , & 
cent ce dont il s'étoit emparé \ La vente faite , 
on laiflbit le voleur eh efclavage jufqu'à ce qull 
fe fut aflez enrichi pour avoir la fomme né- 
ceflaire à la reftitution 5 mais il n'étoit pas : . 
vendu. Il on TetHmoit davantage (1174). Sa 
valeur répondoit du vol , & on s'en rapportoit 
à lui pour l'acquitter (iiyy ). 

Surprenpit-on , pendant la nuit, unvolem; Desvoieuri 
brifant la port^ d'une mai^jin , ou en perçant ^ ****" 
le mur ï On n'étoit pas coupable , fi on le 
bleflbit & qu'il en mourût (1176) : mais fi c'étoit 
en plein jour , on commettpit un véritablçi 

(U73) Wagenfeiiius fur la Mifna , difto loco. Jarchî/ 
fur le Deutér^nome^ chap. 15 > v. 11. 

(1174) Mifna , diâx) loco. Ut vcndioa locwn haheati 
difent les commen^teurs , oportct ut totum furis prcthan 
in funlva reî aftimadone abforbcatur » nihilquc tx to fu^, 
perfit. Pag. 228. 

(1175) Mifna ; diao loco. Voyez-y la décUion de 
plufieurs autres cas fu|^ cette matière. Page 228. * 

(1176) Exode , chap. 22 , v. 2. La foi mofaïque fut 
en cela conforme à ceHe des douée tables & aux prin- 
cipes de Platon. Voyez le traité des loix de cephîl 
lofophe, liv. ^ -i 



ÏJ48 * Moyfc , tonjtdéré comme U^îjlateur 
homicide , digne de la mort ( 1177 ). Hérode J 
dans la fuite , fit une loi (1178) par laquelle il 
ordonna que ceux qui perceroient des murs 
pour entrer dans les maifons , feroient vendus 
comme efclaves ^ non à des Ifraélites , mais 
à des peuples étrangers. 
Dequeiques Le larcin devenoit plus ou moins criminel, 
licuiièrcs de fuîvant la qualité de la chofe ravie & de celui 
^^ * à qui on la raviffbit. Achan , pour avoir pris 

dans le pillage de Jéricho, parmi les dépouiller 
ennemies deftinées au Seigneur & à fes prêtres, 
une règle d'or de cinquante ficles, deux cents 
ficles d'argent & un manteau d'écarlate , fubit 
la lapidation (1179). S'emparoit-on d'un meu- 
g,J5^5[^^ble, d'une fomme d'argent dont on étoit dé- 
pofitaire } On reftituoit le double de la va-^ 
leur (11 80). On n'en reftituoit que le prix, fi 
on l'avoir feulement laiflë dérober par négli- 
gence (1181), & il n'y avoir rien à rendre lorf- 

(1177) Exode, chap. 22, v. 3. 

(jLiyZ) Josèphe , Antiquités Judaïques , liv. 16 , cL i, 
ipag. 548. 

(n79) Jofué> chap. 7, v. ai & iç. 
. (1180) Exode, chap. 21, v. 9. Voyez la Mîfna, de 
Pamnis , tom. 4 , -§. 8, p. 88., & Conftantin Lempe- 
reur, chap. 9, §. 8, page 253 & 254. 

(jiSi) Exode, chap. 22, v. 12, 

<\VLQVk 



& comtnc Mordlille: jH-^ 

tju'oft n*avoit aucun reproche à fe faire (nSx). 
Si l'auteur du vol étoit connu , il pfiyoit auffi le 
double dé la valeur (i 183) 5 s'il ne l'était pas , 
le maître de la maifon fe préfentoit devant le$ 
ïnagiftrats , pour jurer qu'il n'y avoit aucune 
part (1184). Si le dépôt étoit un animal & 
qu'il eût été tué ou dévoré par un autre , il 
fuffifoit de céder les rêftes de l'animal égor- 
gé (Ii8y)» Sa mort étoit-elle naturelle, ou 
ëtoit-il pris par les ennemis? On donnoit le 
ferment au dépofitaire, &" ce ferment décifif 
Texemptoit de toute reftitution (11 %6). ' 

Plaçons dans ce paragraphe qu^ques habi- fâuflccf 
tudçs criminelles qui foût de véritables vols , po^i &* i^ 
plus ou moins déguifés , telles que la faufTeté ™*^"'^ 
dans les poids & dans les mefures» Moyfe la 
profcrit plufieurs fois , comme une fraude abo^ 
minable devant le Seigneur (^ 1 87). Il veut que . 

^' ■ Il* >■■>■>.■■ > I. > I ^imtj 

(nSi) Exode, cliap. a2 , v. tt & 13. 

(1183) Exode, chap. il, v. 7. 

(1184) Exo^C) ch9p. 11, V. 8 & 9. 

(n85) Exode, chap. 22, v. 13* 

(n86) Exode, chap. 12, v. 10 & it. Voyet, fttf 
les difFérens cas relatifs aux dépôts , le fecoiid livre 
ile Damnis, Mifna, toixi. 4, pag. 107 & fuiviiiites. 

(n87) Léviticpie , chap. 19, v. 55. Deutéronônfô^ 
chap. 25 , v. ^3 , 14 & 15. Voyez ce qu'en diieol 

Ff 



J|.p Moyfc, contré x:ûmmeIJgiJlateur 
la balance foit jufte , que le fetier &: le boifièati 
le foient auffi , & les pierres qui fervoient à 
pefer toujours parfaitement égales (1188). Salo- 
mon fe plaint à ce fujet d'une manière éner- 



Ics Proverbes de Salomon, chapitre ao, verfets 10 
& 2; 9 & Conftantin Lempereur « de daœnis, liv. i» 
chapitre 7. 

(1188) Lévitîque, cbap. 19, v. 36. La Vulgate fe 
fert du mot pondéra , fans annoncer de quel genre 
étoient ces poids ; mais Thébreu emploie le mot p{(, 
^n , pierre. Les pierres , en effet , étoient les poids 
ordinaires des balances. Quant au boiiTeau, que les 
luifs appelloient Ephî^ il contenoit environ trente 
pintes. Ces trente pintes formoient trois fatums & 
dix omers ou ajfarons. Le fetier qu'ils appelloient hin^ 
itoit la fixieme panie de l'éphi ou du boifTeau , & par 
conféquent formoit environ cinq pintes. Le log étoit le 
demî-fetier. Voyez Guifius fur la Mifna , de Angulo, 
chap. 3 , §. 6 , tom. i , pag. 48 , & les notes fur le 
lèvîtique , tom. 2 de la Bible d'Avignon , pag. 481. 
U y avoit , outre cela, le nebel qui contenoit trois 
èphis, & k chore ou chômer qui en contenoit dix, 
& par conféquent trois cents pintes. Dans le livre de 
Ruth cependant, chap. a, v. 17, on parle de l'éphi 
comme valant trois boiffeaux. Il y a là-deffus beau- 
coup de difficultés qui n'ont pas été levées , même 
par le favant Maimonide. Si on en excepte les me- 
/ures principales pour lefquèlles on eft alTez d'accor,d, 
on trouve plufieurs variations , entre les doâcurs 
}m&^ fur tout le reAe* 



è comme Morati^i %$% 

^qUé (ii89) i de la mauvaife fbi dé cèût qui\| 
en préfence du vendeur^ déj^rédent tout ce 
qu'ils achètent ^our s'en glorifier dès qu'ils 
lie feront plus auprès de lui j. inauvaife foi 
qu'il eft bien rare de ne pas voir rendre , en 
fens contraire ^ par les propriétaires & 1^ 
tnatchandsi 

C'eft encore un Vol que l'ufurè; Le Lëvitir Scl*iifii(9 
que (1190) & le Deutétonome (it^i) défendent 
de prêter à ce titre des grains $ dé l'argent^ 
toute autre chôfe ^ tjuelle qu'elle fbit ; iSc 
i'Eiode (1191) ihvite ceux ijûi prêtent tîtié 
fomme à des Ifraélites pauvres ^ à ne poirit U$ 
ficcabier pat Une exaâtion fi criminelle^ On eft 
étonné que Môyfe borne Tipterdiéliori aux 
Hébreux & le petmette expteflëment ehverS 
les étrangers {119^)1 Cette tolérance eft \é 

(n89) Pfovefbési thajJ, 26 , V. i4; 

(nço) Lévitiqùe, èhôp. 15^ v. 36 & 37. 

(n9i) Ûeutéfonome, châp. 13 , y. J9 & 2ft 

(n92) Exddej chap. 21, r. 25.- 

( n9^ ) Deurtforiome i cl^alpitfé ij ^ Veèfef iôi 
Voyeat ^osèphé j Antiquités Judaïques > livre 4 j 
chapitre 8, page 127, ïc Philon^ tome i> de Cha' 
fitate; la Miffla^ tome 4, de f^aifiniây livft! 2, chà-» 
pitre 5 ; Mikotzi, Prascept. tiegat. 153 ^ Sephèr Siphr^i 
fÈ>l. 51 i eol i; Mefet Bar Naebmaâ ^ Pirùsh Tèi'àif 



^fi Moyfe 9 confidêri comme ÎAgiflauwt 
tfjurce des abus reprochés fouvent par les nà-* 
tions modernes aux defcendans de Jafcob. 
Flétris de toutes parts, fans autre demeure que 
CCS afyles précaires qu'ils achètent à fi haut 
prix de la bonté des rois , incapables d'avoir 
à!t% poflèflîons, d'être membres de la répu- 
blique & de participer jamais à fa gloire 
comme à fes honneurs , l'amour de l'or peut 
iecdles confoler des perfécutions qu'ils éprou- 
vent & de la honte qui les environne. Auffi 
prefque toutes leurs paffions fe concentrent- 
dles dans l'avidité qui leur fenible néceflàire, 
même pour fe venger de ceux qui les outra- 
gent. Un inftant du moins elle leur donne 
cette apparence de fupériorité qu'a toujours 
fhomme riche , fur-tout quand oa vient im- 
f)(Larer ion opulence. 

. Je ne fais pourtant s'il eft bien dans l'efprit 
de leur loi de regarder comme une nation 
étrangère, la nation à laquelle ils doivent 
l'hofpitalité. Fonder une telle idée furie témoi- 
gnage de Mbyfe , ne feroit-ce pas calomnier 
ce grand -homme ï Oublierions - nous qu'en 
permettant Tufure avec les autres peuples, fa 
tolérance eft peu dangereufe, puifqu'il met 



fol. 323. Selden , dç Jure Natura & Gentium , liv. 6, 
l^ap. xo/pag. 75Î &c. 



,& comme Moràii^ei ^j»^. 

tint df'obftaclès à;lcur communication ^vecîés 
Juifi 5 moins pent-être «icoie par la diflférencçi 
de fes loix que par côUer des- moeurs^ & des» 
tifages dont il les inveftit ïv Giiblierions - notv» 
principalemefiHf quela manière^datlés rabbinsT 
& les dofteurs ont toujourtiiaterprété le paC^ 
fage de Moyfe ^ en expliquant la volonté de; 
ce légiflateur célèbre, rabfout d'un reproche: 
févère & vraifemblabtement inj^ftè. Par Pétrcin- 
gqrdont il pennet-de prendra a ufure,.le Deur 
téronome a'a. entendu, difent^ils, qtteks fep^ 
peuples condamnés par le Seigneur-à- êtc6?«ft? 
terminés , : Ifes Hettéens , . Te»- Anxofrkéeaç^,: J^s^ 
Jébuféens-, fes Phérézéètw , dèSfWéveenkv 1»*^ 
Gergéz^ens'i Ifes- Chananéëns r mais ,. ënVôi* 
tous fes autres, elle e(t néceflairèmèiifM^^ 
due, &fitr-tQut envers jceùx^^qui l^ur SorinèM 
afyle. (ii5>4)^' L^ cafuifto^.Msi plus^^lsiir^és de^p' 
' , -r^?': ■ -, - ''\- • '^^ 

;,:(ii94j Voye^ PExode ^cfiap> aj ,.y. ,13 j.ch, 3^ijr 
V. 2 , & Ip^ Deutéroflomey cha{x. 7:^^^:. i^Les A^M 
des Apôtres , chap. 13 , v. 19 , parlent âiifli de fepût 
nations à exterminer ; mais la Genèfe parle de. dix,, 
chap. If, V. 19 & ftiivans. On y joint les Cinéens^ 
les Cénéz^ens^ les Cadinôc^ns, & à la- plàcô; deâ^ 
Hévéens^ off met D^flyj^V^ie^/^ÂiîfOT ,/que lôs Sepr 
tante traduifent aufli paK^f&^ûtew, & que les traduc- 
teurs latins du ParapHrafe chaldéert ^ de la verÇôiH 
fyriaque âé. db la^ velfioa^araba Fendetlt par Gîgaafs^ 

M» 



4^4 M(rfft^€ùnfiMf4eùmmtLigiJUteur . 
Hébreux érigent même en principe que fi Tott 
ne peut troniper un Juif fans péché , le pedié 
eft beaucoup plus grand , fi celui qu^on trompa 
cft d'une autre nation & voué à un autre culte. 
Le fcandale eft alors à Ton combla ^ ^ Iq nom 
4e Dieu eft profané (119 j). 



Voye^, fur ces.différens peuples. ^ Ligtfoot , opufc; 
fom. I , pag. 4x8 & 5851 & Bochart^ Phaleg^ liv. 4, 
chapitre 36. Dans d'autres endroits on ne parle qu9 
de.fix, Exode i chapitre 3 , v. 17 j chap. 13 , v. 28, 
Pentéconoîne^ chap. 10 , v. 17. 

(u9^) Voyez Lion de Modéne , Hiftorla de gli 
V& hebraici » patt. a , chap. 5 , §. 2 « pag. 44. Ttnt^ 
tMsy dont fe fen.quelquefoisi la Vulgatç, n'eft paa 
la.traduâion vraie de Thébreu. L'hçbreu ixxkabtthf, 
^V|i fignifie fimplement ^rittr^ mi$uum dan, & non pas 
]^t<r 4 ufure. Il y éh a une preuve évidente dans le 
v. '6 du chëp. i'^ du Deutéronome, Ponner & rece^ 
voir à prêtj^ y font oppofés l'un à l'autre, dabis fr 
accipies mutuum^ & l'hébreu fe fert de iWlîH, habuk^ 
4'uh côté, & de ^OPÏI, thabt, de Vautre, C'eft 1q 
ip^me yerbé fous deux formes di^ércntes^ 




'4r eoâime MjraCJiéi %^ 

Desfaujfes accufittions^ éi faux témoignage y de 
la calomnie^ &c. &c. 

Le paiïàge de fEcritm^ (u^O ne s*entend R^flctc- 

7 y c f ' ' r cufacion dic 

pas uniquement des taux témoignages en jul-mari fur u 
tke : oa y comprend les faufles accufati©ns , la n^ic!^. 
médifance & U calomnie. Nous renvoyons 
pour les premières , à ce que nous avons dit: 
au commencement de ce diapitre^ Le Deuté- 
ronome entre dans quelque détail (i 197) fur ' 
une de ces faufles accufations; celle d*un mart 
qu \ voulant répudier fa femme qulf ed fôchC 
d'avoir époufée, foutient qu^elle n*étoit- pa$. 
vierge à l'inftant du mariage Le. père &c là. 
mère de la fille doivent la conduire devant les 
).uges , kur expofer Tinjuttice^ de la fiaine & dw 
reproche, leur préfenter ce drap conjugal té-* 
BioignagQ de rinnocencê de Tépaufe (1198)3^; 



(n96) Exode V chapitre, lo-^ y. i6, Deméconome i^ 
Cïap. ç, V. 20. 
. (1197) Chapitrç 22-, y. 13 & fuîvanffiK. 

(W98) Bxpandent v:ftîmcntum y dit la Vuîgate ; c^éflE 
plutôt pannum. ou lïnteum.. Voyez- àts détails fur cette? 
accufation^ dans lé tome y de la. Miïna^ de Dote,^ 
Lutcrif<iufe Maû:iifoûialibus,,clfi ii §.^x>^. 56 & (ui«K 



%f6 Moyfcy xonjidéré comme Legijlateur 
& fi Terreur coupable du mari eft démontrée ^ 
on le condamnera au fouet , à payer à fon 
beau -père cent ficles d'argent, & la répu- 
diation ne lui fera plus permife dans le refte de 
fa vie (i 199). 
bij faux Le faux témoin , lifons-nous dans un autre 
chapitre du même livre, reconnu tel par les 
)uges & les prêtres , fera traité comme il avoit 
deflèin de traiter fon frère. (Eil pour œil, dent 
pour dent, pied pour pied, main pour main: 
ce font les termes du Deutéronome (1100). Nfe 
calomniez pas votre prochain , avoit dit le Lé- 
vitique : n'en dites du mal , ni en public , ni 
en fecret ( 1201 ). Nous voyons dans l'Ec- 
cléfiaftique les malédidions prononcées contre 
les médifans & les calomniateurs. Un coup de 
verge, y lifohs-nous, fait une meurtriflîire, 
mais un coup de langue brife les os. Il eft 
mort bien des hommes pat le tranchant de 

(1199) Si l'accufation étoit vraîe , la femme étoit 
chaffée de la maifon de fon père & lapidée jufqu'à 
la mort. Deutéronome, diôo loca, v. 20 & ai, & 
Mifna , diâo loco , pag. 68 & 6^, 

(1200) Deutéronome > chap. 19, v. 16-ai. VoyeM 
lés Proverbes de Salomon, chap. 19, v. 5 & 9, & 
chap. %i , v. 28* Daniel , chap. 13 , v. 6%. 

{i%Qi) Lévitîque, chap. i^^ Vi. ij & ï^ 



'îépée 5 il en eft mort davantage par le 
tranchant de la parole (ixoz). L'Exode recom- 
mande aux juges de. ne point écouter les dit- 
cours de rimpofture , de ne jamais prêter la 
main à Timpie pour porter un faux témoignage 
•n fa faveur, de ne point s'avilir jufqu'à pro- 
téger le crime & inéconnoître les preuves de 
l'innocence (1203). -• 



(ÎI02) Eccléfiaftiq. chapitre 28 , v. 15, 21 & u; 
iVoyez le chap. 10 de rEccl. V. 6* 
{1203) Exode ^ chap. 23, v. i & 7. 




•v'T 
■ . v 0- -"\ 



Il . . . 

■ ^ nu r ?c 






Hfst Jjf<jyjèj conficUre comme tigiflateuf^ 



9» 



CHAPITREVI. 

jtac i« v^uoiQU*ôN vante beaucoup la fîmplicicé 

r«itMÔyfc. des moeurs antiques , il parok qu'avant Moyfe,* 
au temps des patriarches , les hommes , en gé- 
néral 3 ne méritoient^uères une idée fi favo- 
rablei Je vois , dans la contrée qu'habi- 
toient ct% perfodnages iUuihres, des exeniple^ 
de tous les crimes &; fur j tout des crimes 
contre la pudeur; de la fornication & de Tin^ 
cette dans Thamar > de Tincefte encore dans 
Ruben & dans Bala & dans les deux filles de 
Loth, de Tadt^tère dib'i^ette Bala & dans 
Abimelech, dtî Tiol & du rapt dans Sichem, 
de Tabus du majri%ë dans Onati^ de celui de la 
nature dans Ipi babitans dé Sddome, delà 
fourberie dan^Iiàbaii fedans^Tacob : j'y vois 
venger d'une mahîère atrofce^ fur lesHévéens^ 
une faute que Sichem ofFroit de réparer, & 
quoiqu'ils fe fuflent foumis à la condition qu'oft 
1 3ur avoir impofée. 
Dans ^ei Des loix morales étoîent donc néceflfaires. S\ 
toiemi"agrt ^^^^^ ne furcut pas nombreufes , du moins 
v^c^7^fr^ '^^^"^'^^^^^ propres à favorifer la pureté des 
^- moeurs & la vertu. Données à un peuple voua 



& Comme Moraf^e* 4j^ 

dès fa naiflance à l'agriculture & fur-tout à U 
vie paftorale , puifque des premiers citoyens du 
monde que nous offre fbn hiftoirc , Tun , 
Caïn, labouroit la terre ^ &r Tautre, Abel, 
gardoitdes brebis (1104) , elles encouragèrent 
toujours ces profeflîons utiles (iicj). L'orgueil 
htimain ne dëdaignoit point encore les travaux 
qui accroiflçnt nos richefles en fertilifant nos 
campagnes. Abraham fut pafteur ; Ifaac le fut 
comme lui. Des troupeaux étoient ^opulence 
de Jacob (lio^. Jofeph en foigna long-temps 
avant de gouverner TEgypte (1107). Moyfe 
avoit l'intendance de ceux de Jethro , & c'eft 
en les conduifant vers le mont Horeb ferdla 
en pâturages , qu il entendit la voix de TEter^ 
nel fortir d'un buiflbn enflammé (iioS)* Gë^î 
déon , choilî poux délivrer la Paleiline de lop-* 

(1204) Genèfe, chap. 4, v, a. 

(1105) Voyez, dads le tome premier de la M Ifna; 
deHeterogeneis, pag. 109-1553 les preuves du fotiT 
que Moyfe prit de ragriculuire, Nqus avons parlé 
plufteurs fois de celui qu'il eut pour les troupeaux, 
pour tous les anima 12 jc en général , & plus parti- 
culièrement pour ceux qui fervent au labourage. 

(1106) Voyez la Genèfe, chsp. 13, 14, 15, t6^ 

. (1207) Genèfe, chap. jy, v. a & fuivans* 
(i *oS) Exode , chap. %^ y^ i &l ^ 




4&0 Moyfe , ionjidiré comme LSgiJlateur 
preflîon des Madianites y efl: trouvé par rang$ 
que Jéhova lui envoie , battant & nétoya^nt, 
dani un preflbir , \ le bled néceflaire à fa fubfif- 
tance & à. celle.de, fa fomille '(1209)* Quand 
les députés de Jabès arrivèrent à Gabaa , poof 
implorer les fecours du réîSaiil, ce prince 
étoit dans les champs où il diri^eoit les bœufe 
confacréi ati lai>ourage (ixio). E&vid n'écoit 
qu'un fimpk . bfihrger (izi^.).^:Jorfque- Dieo 
Vappella au trôné dlfraël. . :j. 

promcrTcs , Il cft douc bien naturel, que Jb:(btivérainlë^ 
de Shota" giflateur parle frcquemmentaux Hébreux de 
ragri«"^«^c leurs termes & de leurs troupeaux*. EntendeE-le 
*^^*"^"®"" promettre des bénédiâionS' aux obfervatéur» 
de fa loi : elles fè rapportent prefcjue toutes à 
ees deux xh)éu. On vous bénirai, leur dit-dï, 
dans là ville &: dans lea champsti on bénira 
yos fruit^^ vQç. beftiaux >...Yû5Jboeufs.^.YCWi 
brebis, vos greniers & tout ce qu'ils en- 
ferrent.,; yof )îglli'Çï;& .& toi^ ïçs'tfavaux| de vo$ 
ç;iains(j.?,.iz)^ ?5<9^Sraufpz. d^^. iWiim^ux fé- 
conds ycdese.càj^poghes fertiles ^r*^ le 'cicl> 

- ' ."■^^^■^'^^-^■^■ y '•-■ ' ' • ••— : 

( 1 209 J logeai,: ^ft^i'^t, Y^Ijr. • -i::c- - 

(iiii) I Regum, chap. 16, v* 11 & Ur .. ,-r 
(i2ii),PeuiérQ5Qfn^ fh^^iYaSù,,iiv.%^ 4, J &^ 
Voyez le Lévitiçus^ flj^^ j6(j.v*4&i %^ .j 



j& comme Moralijiel jfit 

prodiguant fes tréfors , verfera fur vous une 
pluie abondante (12.13). Mais fi vous n'ob^ 
iervez pas les préceptes que je vous donne, 
vous ferez maudits dans la ville comme dans 
les champs \ vos greniers & ce qu'ils enfer- 
ment le feront ainfi que vos bœufe , vos 
beftiaux , les produdlions de vos terres , tous 
vos travaux (12.14). La pauvreté, la misère, 
la rouille des bleds & des moiflbns , la corrup- 
tion de l'air fe réuniront pour vous accabler. 
Le ciel fera pour vous d'airain , & la terre de 
fer. Us vous refuferont également leurs dons 
&c leurs bienfaits. Au lieu d'une pluie falu- 
taire , des nuées de cendre & de pouflîère 
tomberont fur vous (12.15). Votre bœuf fera 
immolé en votre préfence, & vous n'aurez 
aucune part de la vidkime. Vos brebis , tous 
Its animaux que vous pofféderez feront ravis à 
vos yeux, ou livrés à vos ennemis , fans qu'un 
Teul homme. fonge à les fecourir ou à vous les 
i-endre (ixi6). Les fruits de vos fueurs & de 



(1213) Deutéronome^ chap. 28, v. 11 & it. hhi 
^itique, chap. 16 , y. 3 , 4 6c 9. 

(12 14) Deutéronome , chap. 18, v. IJ-19. 

(1215) Deutéronome, chap. 18, v. 20-24. Lévi^ 
ligue, chap. z6, y. 16^ 19, 20, 25 & i6. 

(1216) Deutéro^îonae 3^ cjiap. i8, v. 16-31; 



i{6t Mcyfe , côn/idere Comme t^JîatéUf 

Votre înduftrie , ceux de vos campagnes & 
<i'une longue culture , un peuple inconnu les 
' jdévorera. Vous femerez beaucoup &c vous 
nioiflbnnerez peu. Vos oliviers feront ftériles 
Comme vos vignes. Les fauterelles , les vers, 
une foule d'infeûes s'y attacheront pouf les 
ravager (1x17)» Vous n'aurez plus iii bled, ni 
huile ) ni vîn* Vos érables &c vos pacages 
feront défetts ( 1118 ). Vos temples feront 
• abandonnés , & vos cités d'immenfes foli- 
tiides (1119)* 
mkcptti II ne fufïîfoît point à Moyfe d^encolifager Ic^ 
fj^,^°J^^^^ Ifraélites ou de les épouvanter par la crainte 
A les cr©u- Q^ l'efpoir de la fertilité de leurs terres ou de 
leurs troupeaux ; il leur indiqua plus d'une 
fois la manière dont il fouhaitoit qu'ils diri-» 
geaflènt leurs travaux. Tantôt il les exhorte à 
ne rien femer dans leur vigne , de peur que le? 
fruit de cette vigne & la graine femée ne fe 

(1217) Deutéronome^ chapitre 18, y. J3, 5?i 
59 & 40. 

(1118) Deutéf oiiome , chap. iS, v. çi^ 

(1119) Lévitique, chap. 16, v. ji. Les verfèti Jf 
& fuivans du chapitre 28 dti Deutéronome , àinâ 
<jue quelques-uns 3e "ceux qiii précèdent, annoncenf 
les malheurs qui doivent être unis à ceux relatife ai* 
labourage & à Tagricultiurei 



& tomme Moratlfit: 4^.^ 

corrompent Tun & ràutre , & en général, i 
fie pas confondre , dans un champ , des fe- 
inences diverfes (1x20) z tantôt il leur reconi* 
mande de ne pas labourer avec un bœuf & un 
âne attelés enfemble , de ne jataais accoupler 
des animaux d'une efpèce diflfêrente , notamn- 
ment ceux qui font domeftiqu^s avec ceux qui ^ 
ne le font pas (iixi) : tantôt il défehd de lier 
la bouche du quadrupède chargé de fouler 
dans Taire la récolte des moiflbns (izix). Ici^ 
prévoyant le cas où un incendie dévoreroit des 
gerbes entaflees ou des bleds en pied encore 
dans les guérêts , il condamne Tauteur du feu 
à payer la perte qu'il auroit caufée (1223) : 

(1210) Lévitique, chap. 19, v. 19. Deutéronome; 
chap.| 21 ^ V. 9. Cette défenfe & quelquesHin«s de^ 
£iivantes furent d'ailleurs infpirées à Moyfe par la 
haine des idolâtres qui fuivoient toutes ces pratiques. 
Voyez Spencer ^ de Legibus ricualibus Hebrsorum ^ 
liv. 2 , chap. 18^ p. 412 & fuivantes, & Maimonide^ 
More Nevochim , liv. 3 , chap. 37. 

(iizi) Lévitique, ibidem. Deutéro9<Hiie , ch. 22; 
Y. 10. Voyez, fur cette note & fur I9 précédente, 
Buxtorf , Synagogue Judaïque , chap. 37 , p^. 619 , 
620 & 621 ; Léon de Modènp, Hifloria de gli riti 
Hebraici, part, i, chap. I3> §• 1^2 3, pag. 31*. 

(12^2) Deutéronome, chap. 25 , v. 4. 

(1223} Exode^ chap. 22, v. 6, 



•4(î4 Moyfc^ confiderc cemme Légijlateut 
là , il oblige celui qui fait du dégât dans uiié 
vigne ou dans un champ étrangers , foit pat 
lui-même , foit en fouflFrant qu'une bête qui 
lui appartient aiUe y aflbuvir fa faim , à payer 
le dommage , fuivant Teftimation , par ce 
qu'il a de meilleur dans fon propre champ & 
dans fa vigne (1214). Enfin, quand il-prefcrit 
des réglemens fur les animaux , ce font tou- 
jours ceux des cultivateurs & des bergers , le 
bœuf & les brebis, qui fixent fon attention & 
(a bienveillance (iziy). 
tes mœurs L'habitude des occupations champêtres & 
^^yntunt" P^ftor^^s eut une grande influence fiir les 
y^nw^''"' ^^^^^ des Ifraélites. Ce n'en fut pas le moindre 
caraûère que Tabfence de tout commerce avec 
les nations voifmes. Trouvant, dans les terres 



(1224) Exode, chap. 12, v. 5. Les commentateurs 
fie font pas d'accord fur le fens de ce palTage. Les 
uns penfent , comme je Tai dit & comme la Vulgate 
l'interprète , que l'auteur du dégât doit payer par ce 
qu'il a de meilleur dans le champ ou dans la vigne 
qui lui appartient; & d'autres, qu'il doit payer fur 
le pied de ce qu'a de meilleur dans les fiens la per* 
fonne qui a foufFert le dommage. Le premier de Ces 
deux avis cft le plus commun & le plus vraifemblable. 
Voyez la Mifna, tom. 3, dé Divorriis, chap. jj. 
page 338. 

(1125) Voyez l'Exode, chap. u , 12 & alibi. 

fécondées 



& tàWirriè Moral^èi ^.'ijjj 

fécondées par eux & darfs les troupeaux qu'ils 
iiourrifibient , dé quoi fuffjte à leurs befoins, 
les Juifs s'éloignoient peu du fol qui les vit 
naître. La nature même les coilcentfoit, poiiir 
àinfi dire , ,dans leur patrie. De quoi étôiênt-ik 
fenviroilnés} Des tnontagrles de Galàad, dei 
forêts du Liban , des piefres &: des déferts dô 
l'Arabie. A peine quelques routes tracées.- Point 
de ces nlaifons placées de diftahce en dif- 
tance fur les chemins d*uii empire , pour fervir 
d*afyle au voyageur, & qui font peut-être, 
fans qu'on y réfléchifle , Une forte preuve de 
la corruption des peuples, puifqu'elles fup*- 
pofent que les citoyens ont trop de défiance 
& trop peu d'amitié pour fe donner riiUtuel*- 
lement Thofpitalité (1226). S'il y a, dans \x 
Bible entière , deux ou trois exemples d^ 
maifons pareilles , c'eft par des femmes dé- 



(1 216) Lés Juifs la pouffoient bien loin, puifqu'ils don- 
noient leurs propres filles pour fauver leurs hôtes. Vido 
fuprà , p. 443 & 444 ; la Genèfe , ch. 19 , v. i & fuiv* 
& le liv. des Juges, chap. 19 , v. 20 & fuiv. Le goût des 
Hébreux poiir l^hofpitalité eft^bien diminué, s*il eft 
Vrai 5 comme le dit Buxtorf , Synagogue Judaïque , 
ch, 44 , p. 6^4 , qu'ils écrivent dan,s leurs falles de 
bains (on fait que leurs voyageurs doivent fe bai- 
gner) 5 les mots dont voici la tradiiftion latine : DU 
primo 9 ho/pes ; fecundo , onusj tcrdo, profugus autfattnsii 

Gg 



;f66 Moyfiy con/idcrc comme Ugijlateuf 
criées qu'ils font oflferts. L'hôtefle de Samfott 
à Gaza étoit une courtifane (1127). Ge fut auflî 
une proftituée que cette Rahab chez laquelle 
fe retirèrent les deux efpions envoyés par 
Jofué dans la ville de Jéricho (1118). Le trafic 
des Hébreux fe borna long-temps au tranfport 
de quelques denrées de Paleftine en Egypte, 
oû plutôt d'Egypte en Paleftine. 
Moyfepor- Si , pat Ce défaut d'une communication 
i^x' fo " fuivie avec une des nations les plus inftruites 
**^"* ^ de l'antiquité &: avec quelques autres dont ils 
auroient retiré moins d'avantages, les Juifs 
perdirent des lumières utiles, du moins ne 
joignirent-ils pas le goût du luxe à tant d'er- 
reurs morales dont ik furent infeâés. Moyfe , 
cependant ne leur avoir pas donné des loix 
fomptuaires. Je n'en vois qu'une dans le Pen- 
• tateuque , celle qui défend de porter une robe 
tiflue de fils divers, dô laine & de lin (1229). 



' (1*17) Juges, chap. 16, v. i. 

(1228) Jofué, chap. 2^ V. I. 

(1129) Lévitique, chap. 19, v. 19. Deutéronomei 
chap. 21, v. II. En conféquence , les Juifs ne fe per- 
mettent pas même de coudre un habit de laine avec 
du fil de lin ou un habit de lin avec du fil de laine. 
Léon de Modène , Hiftoria de gli riti Hebraici ^ part, i, 
chap. 5 , §. I , page 13. Le Dcutéronome leur ordonne. 



& tàmtiïe Mordiijlc.i 4e f 

îl s*etendit davantage fur des fautes plus con- vices t«tjf- 
traires aux bonnes mœurs , fur Tivrefle de "iommia» 
Tamour^propre , fur l'abus des dëfirs & des *^*** 
aflFedions de Tame. Il profcrivit la violence , , 
rinjuftice, l'orgueil, les entreprif^s téméraires, 
le fouvenir des injufes , la haine , la colère & 
la vengeance (1130)* Il voulut que, loin de 
pourfuivre fon ennemi, on le fecourût dans 



dans le verfet fuiVant, & I*Ordre en étoît déjà dans 
le livre des Nombres , chap. ifi v* 38 , de feite, avec 
de petits cordons j des houppes qu'ils mettront aux 
quatre coins de leurs manteaux, & de metti-e des 
franges au bord de leurs habits, afin que cela, leui* 
dit- il, les faffe fouvenir de la loi dé Jéhova. Voyeas 
Léon de Modène, diâo loco, §. 5^, p. 14, & Buitorf^ 
Synagogue Judaïque, chap. 31, p. 587 & fuivantes^ 
Une des raiforis principales de la défenfe dont nous 
parlons, fut", félon Spencer, que les idolâtres por* 
toient des robes tifTues de différens fils de laine & dd 
lin» De Legibus ritualibus Hebrsorum, liv. x , cb. ii^ 
fe£l. 3 , p. 434 & fuivantes. 

(1230) Lévitiqiie, chap* 19, v. 13 -18^ Voyez cd 
que dit le livre des Proverbes fur les diffenfions, la 
haine & l'envie > chap. Î4, y. 30 ; chap. 15, v. 18} 
chap. 16 , v. 18 ; chap. xi , v, 10 5 chàlp. <a6 ^ v. 43 } 
chap. 27, v. 4 & 6; chap. 18, v. 25. Voyez, dans 
le même livre , les éloges donnés à la diligence & la 
cenfure de la parefie^ chap. 6, v. 6; chap. io, v« 4} 
chap. 11 , v. 24 & a7) chap, 19^ v. 15. 



4^8 Moyféy conjidéré comme tegljlateur 
les animaux même qui lui appartenoient , ea 
les relevant, s'ils écoient accablés fous le faix, 
ou les lui ramenant fi on les rencontroit éga'- 
rés (1131). Il ordonna d'aimer fon prochain 
•comme foi-même (1231) , de réparer le tort 
qu'on lui auroit fait , en en reftituant le prix 
& y ajoutant un cinquième de la valeur-, ou, 
s'il n'y avoir perfonne à qui le reftituer , de le 
donner au prêtre avec un bélier viftime né- 
ceffaire pour l'expiation (1133); de veiller 
aux befoins des malheureux & de les préve- 
nir (1234) jr^ de leur prêter de l'argent , fïit-on 



(1131) Exode, chap. 13 , v. 4 & 5. Deutéronome, 
«•chap iz, v. 4. 

(1232) Lévitique , chapitre 19, v. 18. Voyez le 
'^feaume 31, v. 12; Jérémie, chap. i* , v. 14 , & les 
"Proverbes, chap. 17, v. 10. 

1(1233) Nombres, chap. 5, v. 6, 7 & 8. 
.< (1134) Deutéronome , chapitre iç , v. 7, 8 & 10; 

Voyez le chapitre 2j de l'Exode, v. 11, & le Lévi- 
:<tique, chaftp. ^3 , v. 1.1. Voilà pour le Pentateuque. 

Ce précepte fe retrouve dans les livres qwi ont fuivi 
: & dans tous les prophètes. Rappelions feulement la 
. manière touchante dont l'exprime Tobie dans fes 
vinftruâions à ion fils, chap. 4, v. 9 : «Si vous avez 
:l)eâucoup de bien, donnez-en beaucoup aux pauvres; 
.fi vous en avez peu, donnez du moins ce peu de 

bon cœur »> ; & la menace que fait l'Eccléfiaftique , 

#hap. 4^ v^ 1-8^ que Dieu exaucera les imprécations 



voilin de Tanhée de la remife des dettes (1x35)^ 
de ne point leur en demander un gage (123 <^).;i 
s'ils le donnent , de ne pas recevoir rinftru-»^ 
ment-jgjle leur travail, parce que ce feroit en- 
gager leur propre vie (1237) , & de leur rendrcr 
ce gage avant le coucher du foleil (i2'38) > de^ 
,ne pas recevoir davantage' les vêtemens de la, 
veuve & de Tindigent &: de les leur rendre 
auffi avant le coucher du foleil , parce qu'ils en 
auront befoin la nuit pour cpuvrir leur corps . 
& mettre au-deflus d'eux pendant le fomr: 
meil (1239) ; de ne pas laiffer finir le jour fans 
que leur falaîre fbit payé , qu'ils foient ou nor( 



cle celui dont on aura refufé de fecoyrir rindigenceJ. 
Voyez , fur la bienfaifance & la libéralité , le pf. 12.^ 
y. 9 5 & le livre des Proverbes , chap. 18 , v. 16 & 27 ; 
chap. 19, V. 6 & 17 ; chap. 28, v. 27. Uamour dô 
fes voifins en particulier eft recommandé. Proverbes^; 
chap. 27, v. 16; Jérémie^ chap. 12, v. 14; pf. 31, 
V. 1 2. yT p'ij; , faken rah , mauvais voîfin , eft paflè;' 

en ufage chez les Hébreux pour exprimer un trds4 
mauvais* ci toyem 

(1235,) Deutéronome, chap. 15 , v. 9; . 

(1236) Deutéronome, chap. 24, v. 12;, 

(1137) Deutéronome, chap. ^4, v. 6. 

(i i.j8) Deutéronome , chapi 24 , v. ly. 

(1139) Deutéronome, cliapiti:e a4, v. v^. Exois^ 

chap. 1%. , V. :î^ &. ly^ 



%f^ Moyfe y con/idtré comme Ugijlateut 
ïfraélites (1140) ; de ne jamais les prefler pouf 
le paiement de ce qu'ils doivent , comme un 
éxafteur impitoyable (1241). Il y a même des 
endroits où , par égard pour les p^krres , 
Tufage fut de marier la veille du jour du fab- 
bat(i24i), parce qu'ils avoient des droits aux 
repas des fêtes &: des folemnités. 
toîx en Toutes ces loix méritent des éloges par la 

p!rv"rc$,a^ douceur & Thumanité qui les infpirént. 

Pfphciins , Louons de plus celle qui abandonne , tous 

(les cçran- r ^ » 

i;çr$^ç.&c.ies fept ans, les productions naturelles de 
la terre , à l'indigent , à la veuve , à For- 
phelin , à l'étranger ( 12.45 ), Louons celle 



(1240) Deutéron, , ch, 14, v. 14 & ij. Le Lévîtîque, 
chap. 18, y. ij , dit : Vous ne le garderez pas jufqu'au 

-inatin. Non morahltur opus merctnan mi apud te ujque ad 
mant. Ce crime fut même placé parmi ceux dont 
ï'horreur eft fi grande qu'ils attirent foudain le cour- 
roux du ciel , comme ToppreiTion du foible, rhomicidQ 
volontaire & la fodomie. 

Clamitac in coelum vo^ç fanguinis Se Sodomorum.» 
Vox opprçlforimi & merces deccnca labprum. 

Voyez Malachie, chapitre 3 , v. 5 , & S, Jacques,^ 
épître 5 , v: 4. 

(1241) Exode, chap, 22, v. 25, 

(1241) Mifna, de Dote, Litterîfque Matrlmonla-* 
Vibus , tom. 3 , chap» i , §r i , pag. 56. 

^^^.43) Çxqdç, çh^p. :tj , y. |o Çc u, 



• & comme MoraRfie. %j t 

^uî établiflbit , tous les trois ans , tinô> 
dîme , au profit encore de l'indigent , da- 
ï orphelin , de la veuve & de l'étranger (.ii44)«. 
Louons celle qui protégeant toujours ces dif- 
férentes clafles de. malheureux , exigea qu'oit- 
ne coupât point l'épi jufqu'au pied (1245) , & 



(1244) Dcutéronome , chap. 14, v. 28 & 29, & 
chap. 26, V. 12. Ce n'étoit que la troifième & ta 
fixième année, la feptièine ayant une deftiratîon par-* 
ticulière. Outre la dîme des pauvres , lesrTalmudiftes 
nomment fix chofes qui étoîent dues à l'indigent* 
Angulusy fpicUegîum , racematio , acînî deddui , quod fer 
ohlivlonem rellnquitur, cleemofyna. Tout cela eô renfermé 
fous le nom générique de D*Oy IVtanO , mithnoth ainiim^, 
dona pauperum. Voyez un traité de Maimonide fiir ce 
fujet; chap. i, 2 & fuivans;Mikotfi, Prsecep. affir* 
mat. 161 &2S4^Leidekker, deRepubli<:âHebrasoruiD^ 
lîv. 12, chap. 5 i pag. 669; Selden, de Jure Natura^ 
& Gentium, juxtà difcipUnam Hebraeorum , liv. 6, 
chap. 6, pag. 724, 75.5 & 726. Voyez auffi , fur cette 
note & fur les fui vantes , la Gemare de Babylone j^ 
de Damnis, liv. i, chap. 7, fol. 80 & 8i, 

(1245) Lévitiquç, chap. 19, V. 9, & chap. 15 J 
V. 22. Dautêronomé, chap. 24, v. 19. C'eft anpdusm, 
On lit dans là Vulgate : Non tondehis ufque ad folurm 
fnperficiem terra ; mais l'hébreu littéral dit : Non con-^ 
fummahîs mctcndo angulum agri ml. Les rabbins ne Ycn^ 
tendent pas feulement de la- moiffon, mais d/e toute» 
ies produisions de. la terre. La. loi. juive ne fixe poioft 



5^7i Moyfe, ûohfidêré comme JJgiJIateuf • 

qu'on leur accordât pendant la moiflbn<:e quj 
tomberoit des gerbes & les grappes tombées 
des paniers pendant la vendange (iZ46) ; & 
non-feulement les ëpis échappés du faifceau, 
mais les gerbes entières oubliées dans la cam- 
pagne : car on ne pouvoit retourner fur fes pas 
pour -aller les reprendre (1147). Louons celle 
oui prefcrivit la même chofe pour les fruits dé 
la vigne &: de l'olivier ( 1148 ) , & celle où 
Jéhova dit •• Vous ne ferez aucun tort à la 
veuve , ni à l'orphelin. Si vous les offênfez en 
quelque chofe , ils crieront vers moi , & j'en- 
tendrai leurs cris , &• ma fureur s'allumera 
contre vous, & je vous ferai périr, & vos 
femmes deviendront veuves & vos enfan$ 



l'efpace qtie doit renfermer cet angulus , mais les doc* 
teurs l'ont fixé à la foixantième partie au moins. 
• (1246) Lévitique, chap. 19, v. 10. Ceft fpicile^ 
gïum & racematîon Acïnî décidai , font les grains qui 
tombent des grappes. S'il y avoit plufieurs grains ou 
plufieurs épis attachés enfemble, au moins trois, ils 
«reftoient au propriétaire. 

' (1247) Deutéronoraei chap. 24, v. 19. Ceft quod 
fer obl'iy'ionem reltnquitur^ Le père de femille qui , en 
voyageant , fe trouvoit dans le befoin , avoit droit 
suffi aux reftes des inoiflbns & des vendanges. Mifiia, 
fie Angulô:, chap. 5 , §. 4 , tom. i , pag. 55. 

(?^4?) p^utérpnomç, çhap. ^4, v. %o & an. 



touchons fur 
'aumône. 



Z comme MoraRjie. '^yf 

©rphelins (I149), Louons enfin celle où recom- 
commandant la douceur envers les étran- 
gers (iiyo) , iî exhorte à ne leur pas rendre la ^ 
juftice avec moins d'impartialité qu'aux autres 
citoyens, à ne leur faire aucun tort, aucun 
reproche , à ne point les affliger, à les aimer 
avec tendrefle , à n'oublier jamais qu'on fut ^ 

étranger foi-même dans la terre d'Egypte. 

L'obligation d'une redevance pieufe, pref- vtkt^tfi 
crite à l'homme riche envers le pauvre , ne [î 
firappa point fur l'étranger devenu profé- 
lyte (liyi). Les Hébreux feuls ^ furent foumis, 
& ils remplirent toujours ce devoir touchant^ 
avec une attention fcrupuleufe. La manière 
dont ils expriment l'aumône eft d'une fimpli- 
cité fublime. Leur langue n'offre auoin mot 
auquel foit précifément attachée cette idée ; ils 
la rendent par le mQt;ufiice{iz^i). L'aumône 
f I' I ..Il ■ I . 1 I ■ ■ ■ Il ■ 

(1249) Exode, chap. 22 , v. 22, 23 & 14. 

(1250) Exode , chap. 22, v. tii ; chap. 23, v. 9; 
tévitique , chap. 20, v. 33 & 34 ; chap. 24 , v. 22. 

(1251) Mifna, de Angulo, chap. 4y%'6y tom, i, 
page 51. 

(1252) Ttp'Ve^ tfedakah. Voyez S. Matthieu, ch. 6; 
y. X. Léon de Modéne vante beaucoup leur charité 
l^âive, Hiftoria de gli riti Hebraici , part. i> ch. 14^ 
|. i & fuivanj, çag. 34 > .33 & 34. . 



;^74 ^<>yfii con(idéfé <omme Légîflateur 
ne leur eft pas feulement recommandée ptm 
les befoins de première néceffité , mais poui 
ceux qui le font devenus par Phabitude, s'il 
s'agit d'un homme riche que le malheur ait 
réduit à Tindigence. On le fecourt aflez pour 
qu'il conferve des vêtemens analogues à fon 
état, fondomeftiques'ilenAvoitun, &c. Au 
refte , il faut pour cela , difent Maimonide & 
Mikotfi qui nous donnent ces détails (izy 5), 
que l'indigence foit bien reconnue , & on fiiit 
alors des recherches fur elle, au lieu que fi qd 
demande de ^uoi vivre , il eft prefcrit d'en 
donner fur-le-champ , fans aucune recherche 
antérieure. En lui accordant ce qui eft nécef- 
faire , on n'ira pas néanmoins jufqu'à l'enri- 
chir. Chacun donnoit à raifon de fes feicultés. 
Les plus généreux cédoient aux pauvres le 
cinquième de leur revenu ; les autres leur en 
dévoient au moins le dixième. Reftifoit-on 
de donner l'aumône à celui qui la demandoitï 
On étoit cité pardevant les magiftrats & la 
peiné du fouet en étoit la punition. 

Les peuples modernes ont , dans chaque 
ville , dans chaque village , des colledèurs 



(1253) Maimonide, diôo lôco, chap. 7. Mikotfii 
Pr»cept. affirmât. 162. Voyet Leidekkér^ diâo looùi 
pag. 670, & Seldèd ,'pag. 727 & 72S1, 



, & comme Moralijlei àfjf 

pour les împofîrions. Les Juifs n'en eurent que 
pour les befbins des malheureux. On foUicitoit, 
toutes les femaines, la charité publique. Ar- 
gent, habits, alimens, tout étoit reçu avec 
reconnoiflance & confervé avec foin jufqu'au 
labbat fuivant (12.^4). Les Hébreux n'accep- 
toient rien des Gentils , excepté qu'on ne leur 
eût oflfert que des dons infuffifans ; encore alors , 
ii'acceptoient-ils pas en public , pour qu'on 
n'accufât point les Ifraélites de négliger les 
pauvres, ce qui eut été profaner le nom de 
Jéhova (ixyj'j. On les voit, tranlportés à 
Rome, mendier des fecours (iiy^) : mais 
privés de tout & loin de leur patrie, ils étoient 
fans refïburces. Aujourd'hui , un fouverain 
leur envoie-t-il de Targent \ Ils le reçoivent 



(1254) On appeUoît Hâip^ kouphah ^ arca ou ci^ 
tîeemofynarîa , Tendi'oit dans lequel On plaçoit l'ar- 
gent, & *Vton» thamhùiâ^fcutelU^ celui où oh plaçott 
les alimens. Voyais les auteurs citéi, & beaucoup d^ 
^ueflîons fembla^les dans les Talmudifles. 
-'■ (1255) Maimbmdd , diâo loco, chap. 8,&Selden, 
dido loco i pag. 735. Voyez auffi Scaliger^ in Elencho 
trihasres. Çhap. 2S ; Serrarius., de rabbinis ^ liv. i « 
fcrap. 38 & 55 ; Buxtorf , Synag. Judaïque, ch. 44 , 
pag. 66j. 

(1256) Voyez Juvenal, fat^ 6, v. $45, & Martial, 
liv. ïî^épigr, %is • 



1lf/i^ Moyfe y eonjidéré éomme Ufpjlateur 
par refped, mais ils le rendent bientôtà dei 
pauvres Gentils (lijy) Les Juifs font entrer 
dans Taumône la conftruftion des temples , k 
rachat des captifs &c. , & on a établi un 
ordre pour leur bienfaifance. S'agit -il par 
exemple du rachat.de la captivité ? Le prêtre 
l'emporte fur le lévite , le lévite fur un fimple 
citoyen , celui-ci fur le bâtard ordinaire qui 
remporte à fon tour fur le bâtard adulte*-, 
rin , ce dernier fur le Néthinaeen , le Néthi-. 
nasen fur le profélyte , & le profélyte fur l'af-^ 
franchi (izyS). 
Qucpcnfcr Telle eft la manière touchante dont les dit* 
de cruautc ciples de Moyfe étendirent & développèrent, 
fcî °^' par leur conduite , les préceptes de ce grand- 
homme. On les voit animés , comme hii , 
de l'efprit d'humanité qui préfida aux loix 



(1x57) Voyez les auteurs cités, & Leidekker, à^ 
Republicâ HebraBorum, chap. 5, pag. 670. 
. (1158) Toujours dans I^ fuppofition qu'ils font 
égaux en fagefle & en vertus. Leidekîker dit, d'âprè^ 
Maimonide , chapitre 5 , Qu'ils .diftinguent quatre 
fortes deperfonnes : Efi, cnîm qui cufitdare , & tarmn 
non vult m alîi dent; hic oculo mçlo efl : eft qui vidt alioâ 
dare^ ipfe verb nihil dat ; is invjdus efl :. eft qui dat & 
vult etiam alîos dure; ille pius eft : efl qui nihil dat^ nte^ 
\ult ut alii degt; ifie'impiuj eft. De Republicâ He^ 
bragorum , chap. 5 , pag. 670 & 671^ . ^ 



ù comme Morallfie: ^y^t 

Tjne nous avons rapportées, en faveur des 
malheureux. Elles furent pourtant l'ouvrage 
de ce légiflateur qu^on a tant calomnié & 
dont le nom femble attaché aujourd'hui à 
toutes les idées qui expriment la dureté , le fa- 
natilme & l'intolérance. Sans doute Moyfè 
tivoit reçu de la nature un capadère inflexible, 
levère, ardent, impétueux : mais croit-on que 
fans cette ardeur & cette inflexibilité il eût 
fubjugué une populace indocile J Plus propre 
même à brifer les obftacles qu'à les prévoir , 
jamais il ne l'eût enchaînée à fa volonté fans 
l'intervention de l'Eternel. Cette intervention 
iacrée ne l'empêcha pas, ilefl: vrai, d'exciter 

' fouvent des murmures : tantôt nous voyons 
les Ifraéhtes prêts à le lapider ; tantôt ils fe 

' plaignent de ce qu'il né les a arrachés au joug 
des Egyptiens que pour devenir lui-même ^leur 
»tyran ; tantôt ils s'écrient qu'ils ont été ti'op 
long- temps féduits par fes artifices , lorfqu'il 
fe vantoit d'être infpiré par Jéhova (iiy^). 
Mais ne confondons point l'homme & le ci- 
toyen avec le légiflateur. Ne lui attribuons 



(1259) Philon, tome a , Vie de Moyfe, liv. i; 
page 95 , 108 , jio. &c. Josèphe , Antiquités Ju-»; 
daïques, liv. 4 , cbap. i, pag, 102 & 103., & ch. 6j| 
page 115 & X16. 



47? Moyfcy tonjutété comme LégiJtdtéUf 
point les fautes qu'ont pu commettre les fuc^ 
cefleurs de fon rang & de fa puiflance. S'ib 
ont abufé du dépôt que ce grand-homme leur 
avoir confié , fi les pontifes fuprêmes éten-^ 
dirent trop le pouvoir déjà immenfe qu'ils 
avoient néceflairement dans un gouvernement 
théocratique , fi la nation fut fouvent accablée 
par fes rois , fi elle eut tour-à-tour &c à rougir 
de leurs excès & à gémir de la dureté du joug 
qu'on lui impofoit, ces malheurs ne furent 
pas l'ouvrage de Moyfe. Si on lui avoitobéi, 
tant de maux n'auroient pas été la fiiite de la 
royauté (iz6o). Il leur donna quelquefois des 
ordres févères, mais prefque toujours des loiï 
douces & humaines. Qu'on juge, d'après celles 
que nous venons d'expofer , s'il ne fiit jamais 
qu'un tyran infenfible , ignorant & féroce* Ce 
n'eft point en prenant au hafàrd quelques 
réglemens ifolés qu'on apprécie bien la légif- 
lation d'un peuple y c'eft en faifiilant la chaîna 
des idées & de la volonté confiante de celui \ 
qui Ta didtée \ c'eft en confidérant le tableau, 
non dans fes extrémités ^ mais dans toute fos 
étendue. Pourfuivons. 



(ia6o) Voyez le Deutéronome , chap. 17, v. \i 
& fuivans. 



& comme Moralffie. 47*1 

Les excès de tous les genres attirent l'ani- Depiufi«irt 
madverfion de Moyfe : celui du vin dont il profcnviu 
prohibe même , fous peine de la vie , à Aaron 
& à fes fuccefleucs de boire à perpétuité ( ainfi 
que de tout ce qui peut enivrer ) , quand ils 
entreront dans le tabernacle , de peur qu'ils ne 
diftinguent plus les chofes feintes des chofes 
profanes , & qu'ils ne foient plus en état d'en- 
feigner la loi au peuple (i 161) -, févérité qui , 
pour Tobferver en paflant , ne tombe que fur 
le grand-prêtre , fur ce grand-prêtre en faveur, 
duquel étoit faite toute la légiflation des Hé- 
breux : celui du jeu , puifqu'il déclare tous les 
joueurs de hafard incapables , comme nous 
l'avons dit (Iz6i) , d'être juges & téAoins: 
celui des femmes , puifqu'il annonce que la 
fornication eft abominable devant Dieu , qu'il 
invite les enfans d'Ifraël à s'qïx garantir &: leurs 
filles ou leurs époufes à ne point s'avilir par la . 
proftitution (izéj )-Moyfe va plus loin. Il défend 



(1261) Lévitique, chap. 10, v. 9, 10 & 11. 

(1162) Vide fuprà , chap. 5 > art. i , pag. 343. 

(1263) Deutéronome, chapitre 23, verfet 17. ]La 
Vulgate dit : Nen erît meretrix de fiUabiu Ifraêl^ nec 
fcortator de filîls Ifràtl, Dans l'Hébreu , au lieu de 
fcortator , il ya ^m kades , cînadus , que d'autres 
4»jit tt-aduit par exfefius , gallus. Voyez Salomon 



5|8o Moyfe , tùnjidcré comme Ugïjlateur 
à celles-ci d'offrir à Jéhova le prix de leur 
débauche (1264). Il dévoue leurs enfans à 
l'anathême & les exclut de Taflemblée du 
Seigneur jufqu'àla dixième génération (1265). 



Jarchî & Abenefra , fur ce paflhge du Deutéro- 
nome ; la Gemare de Babylone , de Synedriis , 
fol. 54;'Drufius fur Ofée, chap. 4, v* 14. LeLévi" 
tique a voit dit, chap. 19, v. 39 : A^^ proftituas filiam 
tuam\ ne contaminctur terra & împîeatur piaculo ^ OU, 
pour traduire plus littéralement : non pollues filiam 
tuaniy ut fcortari facias tant ^ ne & ipfa terra fcortetur & 
impleatur terra fcelere. On retrouve les mêmes maximes, 
a,vec plus d'étendue, dans les Proverbes de Salomon, 
chap. 5 , V. 2 & fuivans. Les lèvres de la proôttuée , 
y lifoTis-nous , font comme le rayon d'où coule le 
miel , & fon gofier eft plus doux que l'huile; mais la 
fin en eft amère comme l'abfynthe & perçantç comme 
une épée à deux tranchans. Ses pieds defcendént dans 
la mort &c. &c. Voyez auffi dans le chapitre 13, 
V. 20 & fuivans , & dans le chap. 31, v. 3 & fui- 
vans, des recommandations multipliées de fuir la dé- 
bauche des femmes , celles du vin , de la table &c. &c. 
Voyez encore l'EccIéfiaftique , chap. 9, v. 2, 3,&c, 
& chap. 19, v. 3. 

(1264) Deutéronome, chap. 23,. v. 18. 

{126$) Deutéronome , chap. 23 , v. 2. Ces idées 
animent encore les écrivains facrés qui ont fuccédé 
à Moyfe. Voyez les chapitres 3 & 4 du livre de h 

SagefTe, ^ 



6 comme Moralijle. 48 1 

B n*ëpargne pas fur-tout l'adultère {1^66) , ce 
crime , un des plus importans dans toute fociété 
qui a des loix , pùifque troublant Tordre deg 
propriétés & des fucceflîons ^ il faît paflèr 
dans les mains d'un étranger, d'un ufurpa- 
teur , les biens d'iih père qui les devoit à fej 
eo&ns. 

Tandis que le légiflateur flétrit jufques dans commc»t 
leur poftérité les femmes coupables, il an-ârfureric 
nonce aux époux fidèles des bénédiiïlions mul- ^^^1**'* 
tipliées. Jaloux de fomenter cette amitié do- 
meftique à laquelle le bonheur des mariages 
eft attaché , il en excite les vertus douces 5? 
paifibles. Pour tâcher de les rendre plus aifées 



. (1266) Vide fuprà , ch. 5 , art. 4, §. 3 , p. 422 & fuiv. 

Buvez de l'eau de votre citerne, dit le li v. des Proverbes, 

& des ruifTeaux de votre fontaine. Vivez dans; la joie 

& lâ fécondité avec la femme que vous avez prife 

dans Votre jeunefle. Pourquoi vous abandonneriez- 

vous à une étrangère , & repoferiez-vous fur fon 

fein ? Chap. 5 « v. 15 , iS fe 2a Dans le ch. 6, v. i6 

& fuivans , il fait fentir la différence qui exifte entre 

la fornication & Tadultère -, entre Tadultère & le 

.vol &c. Voyez dans le même livré j- un chafMtre , 

x'efi le feptième, plein de grâces & de fraîcheur, cti 

pn peint les artifices d'une femme qui veut engager 

un jeune homme i partager fa couche & à com« 

mettre avec elle nn adultère» 

Hh 



jfii Moyfcj confidéré comme tegîjlateur 
& de les affermir, Moyfe ne diminua point cette 
Subordination abfolue à laquelle, depuis long- 
temps , les femmes des Ifraélites étoient fou- 
Mœurs do- mifes. Loin de regarder lexécution de leurs 
a/séX^cs. devoirs comme un déshonneur ou comme un 
fardeau , elles faifoient elles-mêmes les habiti 
de leurs époux , apprêtoient fa nourriture , 
pétriflbientle pain néceflaire à fesbefbîns, & 
le fervoient à table , quand il avoit des étran- 
. gers \ ufage fi éloigné de nos moeurs que le 
rappeller , c'eft à coup sûr faire fourire de pitié 
r Thomme ignorant & léger. Rebecca prépare 

& aflaifonne les chevreaux, que Jacob a tués 
pour Ifaac (12.67). Abraham ordonne à Sari 
jde prendre un boiffeau de la plus belle fafiiîe 
^ &ç d'en former trois pains pour le repas des 
trois jeunes voyageurs (1268). On n'attendoit 



{1^67) Genèfe, chap. 27, v. 9, 14 & 17. 

(ia6^) Genèfe, chap. iB, v. 6. Les Juifs n'avôient 
, pas de boulanger^^flujourd'bni même » la plupart des 
Orientaux n'en oat ipas. Les Egyptiens en avoient 
poi^rtant. alors,. .fi:: on ^a. croit quelques auteurs qui 
ÏQnt préfumé, des yerfets; r i& a du chap. 40 de la 
Genèfe , quoique ces verfetsne putffent guère s^ap*- 
plîquer qu'à une fonâioa domeftique. La Bible fait 
.allufion^à l'uf^ge où étoient alors les Juifs d'av<rir 
chacun , dans leur maifon , .un four * où le pain fe 
préparoit j quand elle les sienace de les punir par la, 



tè comme Màratifiè. 48^ 

J)as qite les femmes fuflent mariées pour les 9^ f^^f^ 
accoutumer aux Toins domeftiques. Avant de mes de boD^ 
Têtte, Rachel conduifoit des troupeaux (1169) , fo,mdomcf- 
& la fille de Bathuel alloit tirer de l'eau d'un "^""• 
puits fitué heurs de la ville-, en rempliflbit fa , 
cruche &: la rapportoit fur fes épaules dans la 
maifon de fon père (12.70)» L'hiftoire de cette 
jeune Ifraélite fournit encore un trait moral 
que nous ne laiflerons pas échapper» Les Hé- 
breux penfoient qu'une des manières pour les 
époufes d'exprimer leur.foumiflîon & leur 
relped étoit de fe couvrir d'un voile» Rebecca 
le fait en approchant d'Ifaac au fort duquel 
le mariage va unir fa deftinée (12.71). Abime- 
lech rendant Sara au patriarche Abraham ^ 
l'avoit exhortée à ne jamais quitter fon voile ^ 
& lui avoit fait fentir qu'on ne l'auroit pas 
enie vée^fi elle eut conferve ce figne de la dépen- 
dance eoiijûgale {tzyt). Lés épôufes d^ailleiirs 
ne s'adréfibient jamais à leur mari fans l'ap- 



&mine ; & dé la porter à un tel point que dix femmes 
cuiront dans un feuî four. 

(1269} Genèfe^ chapt 29, v^ 94 

(1270) Genèfe^ 4)hap. 24, v« 15 & i& 

(1271) Genèfe, chap* 24, v. 65. 

(1272) Genèfe , çhap. 29^ y, 16* 



4S4 Moyfcj confidéré comme Légijlateur 
peller mon feigneur & mon maître (1273)1 
Monneurt Ajoutons que les Hébreux attachoient de 
fkonaitédu grands avantages & beaucoup de mérite à la 
"■*'^' population. Jamais peuplen'y fîit plus excité. 
Le titre de père avoit , en Judée , des droits cer- 
tains à la vénération publique. L'Ecriture loue 
fouvent des îfraélites de ce qu'ils ont une famille 
étendue ( 1 174) , & Jého va fitisfait d'Abraham 
promet de lui accorder une poftérité nom- 
breufe (12-75). La couronne des vieillards , dit 
le livre des Proverbes {nj6) , ce font les enfans 
de leurs enfans. Outre l'honneur dans lequel 
étoït la paternité, une efpérance fondée fur 
!à religion aiguillonnoit à en remplir 1^ 
devoirs. On leur annonça que d'eux naîtroit 
le MejQBe (U77)* Et quel Hébreu fe frit ravi 



(1273) Ceft ce que fignifie le mot Hébreu ptje,' 
adcn^ que la Vulgate rend par domims. Voyez la Gc», 
nèfe, chap. i8, v. 12. 

(1274) Juges, çhap. xo, y. 4; chap* tx^r. 14. % 
Paralipomènes, chap. 11 , v. 2 ; chap. 13 , v. 2. 

(1275) Gen^fe, chap. 17, v. 5. 

(1276) Chapitre 17 , v. 6. II dit plus haut, ch. 14; 
v. 28 : ce Un peuple nombreux eft la gloire d'un roi , 
& le petit nçimbï^ djes fujets en eft la honte». 

(1^277) Cette promefle fut peut-être une des caufes 
de la différence que mettent les Juifs entre la naif- 
iance d'un âl| & celle d'une fiUe. La première eft u». 



& comme Moralijlè. 48 f 

refpoir d'en être le père , dans un pays fur- 
tout où le luxe ne s'pppofok pas à la popu- 
lation ! La fortune manque toujours à nos 
défirs , aux projets que Tambition nous fug- 
gère , foit pour nous , foit pour nos^ dèfcen- 
dans. Les Juifs ne connoiflbient pas cette in- 
quiétude. Leurs fouhaits étoienc remplis , s'ils 
laiflbient un troupeau phis abondant, & Thé- 
jritage paternel mieux cultivé, Auflî ne vit-on 
jamais dans la terre dlfraël des époux réfléchi* 
dans les tranfports de Tamour conjugal fe faire 
un jeu barbare d'en exclure Tefpoir de la 
paternité, ou des mères coupables étouflfer 
dans leur fein , par un breuvage homicide^ 
le germe impatient d'éclôre* 
Il eft rare que le temps n'ait pas infenfible^ Tontetccs 

MigSKJC 

biifttoi 



grand Aijet de joie ; il n*en cft pas de même de la 
féconde. Nous voyons même, dans les prières de tous 
tes îours » les hommes remercier Jéhova de ne les^ 
avoir point créés^ femmer, & les femmes en parier 
comme d'une volonté divine à laquelle elle» doivent 
fe réfigaer. Benedito qu4 no me Ai^ muger ^ béni foi^ 
de ce que tu ne m^as point fait femme. Benedito tu 
que me hi[é comofuvelontad, bénifois toi qui mh fàiter 
copime tu as voulu. Orden de las oracîones quoridi»;» 
nas ; manana de cotîdiana, pag» 12» VoyerBafnage,. 
Hifloire des Tuifs > liv* 6 ^ chap. 8^ §• 22 , tOm. 6^ 
page 16$ & 169^ 



fabiifttoc 



. 'jfi6 ' Moyfe > conjldéré conime Ligîjlatear 
ment altéré les loix d'un peuple & fur-tout 
les loix qui prefcrivent des vertus. Nous ob- 
ferverons bientôt (1^78) que celles des Juifs 
ont peu fubi une épreuve commune à prefque 
toutes les nations de la terre. Ce que nous 
difons ici en eft une démonftration nouvelle. La 
population n'eft pas moins recommandée & 
les devoirs des époufes ne font pas écrits moins 
impérieufement dans la Mifna (1179). On les 
y foumet à pétrir le pain , à le faire cuire , 1 
laver , à apprêter les alimens , à difpofer leur 
couche , à travailler en laine , à nourrir elles- 
mêmes leurs enfans. On les difpenfe néanmoins 
<les trois premiers, fi elles ont une fervante, 
& de plus , du quatrième & du feptième , fi 
elles en cmt deux , & de tous les fept fi elles 
en ont trois. En ont- elles quatre? On leur 
peanet un rQpos, abfolu, (iz8o)* Maimonide & 



' (1278) Vide înfrà, chap. 7, pag, 49^ & 49(5. 

(1279) Mifaa, de Dote, LitteriXque Matrîmonia- 
"îibus, chap. 5 , §. 5, tom. } /pag. 73.. Voyez Léon 

de Modéne, Hiftoria de gli rîti Hebraicî , part, a, 
chap. 8 , pag, 49 & 5Q. 

(1280) Mifna, ibidem. Le rabbin Eliezer n'eft pas 
«ntiérement Ao, cet avis. Quand une. femme, dît-if, 
'auroît cent fervaptes, elte ne fçroît pas difpenfée cfe 
travaîîîer en faine, parce que Toifiyeté donne occa- 
sion à la luxure. Le rabbia Siiuéou exhorte te mari 



& comme MoraRIfe. 487- 

Bartetioraobferventfurcepaflage (iiSr) qu'il 
eft égal que le mari eût déjà un certain 
nonibre de domeftiques , ou que fa femme le 
mette en état de les avoir par les biens qu'elle 
lui apporte. Nous fommes fâchés de voit l'obli- 
gation d'allaiter fes einfans parmi celles dont 
l'époufe peut fe difpenfer. Ne l'attribuons point 
au relâchement néceflaire que le temps* ap- 
porte aux loix ôi aux mœurs , puifque ce 
relâchement eut fi peu d'influence fîir ks hé- 
breux. Nous lîfons d'ailleurs dans la Genèfe 
des preuves bien anciennes de L'ufagedexonfier 
les enfans à des bras mercenaires- (i-^8i). Les 
nourrices n'en furent pas moins honorées* 
^oin que la profeffion qu'elles avoient exer- 
cée jufqu'alors avilit Içur nouveau miniftërer. 



qui auroit îaxt vœu que fa femme ne travailleroit pasr 
à la répudier, parce que le trouble intérieur naitroit 
bientôt, de cette oifiveté. Ibidem , pag. 75. Voyw 
Selden, Uxor hebnHca, lîv. y, chap. to, p; 363*^. 

(1281) Selon eux auffi, iry a, dans tous les cas; 
des foins qu'une femme ne peut laiffer ^- d'autres»^ 
comme de laver le vifage, les mains & les pieds de 
fon mari^ de lui verfer. à boire &&.&C. 6ic. Ibidem, 

F&e 74, . 

(1282) Genèfe, chap. 24, v. Ç9 , & ctapître 5^;- 
T. 8, Je n'en prouve pourtant que trois exemples- 
énoncés; dans l'ixritiire.» à. roccafion de. Rebeccffjf^ 

Ek4 



4o8 . Moyfe , conjîdéré comme Lcgijlateuri 
il la faifoit oublier. Jacob fait enterrer avec 
foin là nourrice de Rebecca, Son corps eft 
placé fous un chêne au bas de Bethel , & 
jaloux d*étefni(èr fa douleur , le patriarche 
donne à cet arbre le nom de chêne des lar- 
tl^^r^ ^^ (1185). Dans la fuite, mais long-temps 
après , on régla pour ces femmes des devoirs 
également utiles à la fanté de Tenfant &: à la 
décence publique. On leu r défendit par exemple 
déjeuner, d'avoir le féin découvert de peur 
que le lait refroidi n'incommodât le nourrif- 
fon , dé le laiflTer aller nud , même de la tête 
ou des pieds (1184). Les difciples de Moyfè (e 

-,-- — . — : « 

comme nous venons de Tindiquer, à roccaiSon de 
Miphibofeth , 2 Regum, chap. 4 ^ v. 4 , & pour Joas, 
4 Regum, chap. 11, v. 3. 

(iagj ) Genèfe , chapitre 3c , v. 8. JtD3 pfyÉC, aldtt 
bahah, que laVulgate traduit par quercus fietus. Attentifs 
. à conferver la mémoire de ceux qulls avoient aimés, 
les Ifraélites, du moins au temps des patriarches, 
leur érigeoient des monumens. Voyez, dans le cha- 
pitre 35 , outre le V. 8 , le v. 20. 

(1184) Voyez Buxtorf, Synagogue Judaïque, chsl- 
pitre 7, pag. 131-135. Quelques pages plus haut, 128 
& 129 , on règle les alimens dont doit fe nourrir celle 
qui allaite, d'après les doôeurs Juifs. Ils défendent 
d'allaiter un chrétien, même d'avoy une nourrice 
.chrétienne, quoiqu'on le tolère davantjçe. Une Juive 

/ • 



& comme Mbratife. 489 

^rent une loi d'imiter le foin extrême qu*il 
Avoit eu de la fanté des citoyens (u8j). Ils ne 
furveillèrent pas moins leur éducation. Le 
père , fuivant les rabbins , doit cinq chofes à 
ion fils (ii86) > le circoncire , le racheter, Tinf- 
truire de la loi , lui donner une époufe & une 
profeffion. Inftruit à lire & à écrire prefque 
au fortir du berceau , à cinq ans on lui préfente 
le Pentateuque & on le lui explique jufqu'à 
dix. Alors , il paflTe à la Mifna. A treize ans & 
un jour , il appartient à la loi & il eft tenu 
4'en obferver rigoureufement les préceptes. 
A quinze ans, on lui lit la Gémare & on lui 
en explique toutes les difficultés. A dix- huit. 



ne. doit pas être fage-femme d'une chrétienne. Cepen- 
dant, fi elle eft très-inftruite dans cet art , elle peut, 
pour éviter la haine des Chrétiens , leur prêter fes 
•fecours & fes lumières , pourvu que ce ne foit ni 
gratuitement , ni le jour du fabbat. Pag. 131. Voyez 
auffi la Mifiia, tom. 4, pag. 368, & Selden , Uxor 
hebraîca, liv. 3 , chap. 10 , pag. 365. On trouve des 
fages-femmes dans la Genèfe ; une d*entre elles rafiiire 
Rachel effhiyée fur fon accouchement. Chap. 35 , 
verfet 17. 

(1285) Vide fuprà , chap. 3 , art. 4, pag. 158 & 
fuiv.; art. j , p. 157 & 167, & infrà , ch. 7, p. Ç28. 

(1286) Gemare de fiabylone » de Sponfalibus^ 
fol. 29. Voyez Buxtorf^ diâo loco, pag. 136-144. 



49^ Moyfe y conjidéfc comme LégiJUtettr 
on le marie, A vingt, il a le cfroit de con^ 
trader , de trafiquer &c. C'eft la pleine ma- 
jorité. Qu'on ne penfc pas que les cinq obli- 
gations dont nous parlons foient purement 
de l'invention des rabbins. Ils n*ont fait que 
les arranger ainfi. Nous les trouvons écrites 
dans le Pentateuque & répétées dans les livres 
qui l'ont fulvi (1287). 
îiiitmloix La loi pouflè plus loin fa prévoyance. Ton- 
ladres au jours attentive à multiplier les citoyens & à 
■""^•* reflèrrer les liens de la tendrefle conjugale , elle 
fixe les obligations fecrettes des époux (ixSS). 



(1187) Genèfe, chap. 17, v. 10; chap. 34, v. 4; 
Exode , chap. lo, v. 2 ; chap. iz , v. 26 & fuivans^ 
chap. 13, V. 13 & fuivans ; chap. 21, v. 10. Deut&- 
téronotne^ chap. 4, v. 9 ; chap. 6, v. 7; chap. 11, 
V. 19 ; chap. 32 , v. 46. Proverbes , chap. 13 , v. 04.; 
diap. 19, V. x8; chap; 12, v. 6 & 15 ;.chap. 29» 
v. 17. Eccléfiaflique , chap. 7, v. aj &c. &c. &c. 

(1288) Officium conjugale de quo in le^e diêbtm eft; 
(Exode 3 chapitre 21 , v. 10. Vide fuprà, chap 4\ 
art. 3 , f . I ^ note 690 , pag. 146 ) othji ^ c'eft-à-dire 
ceux qui n^onc aucun état , perficiimt finfftlis dîeèus^; 
operarn^ bis în feptîmana ^ ajinaril , ceux qui alloient au 
marché des bourgs ou villages voifins y porter les 
provîfions néceflaîres à la vie, fcnul in fepumandi ca- 
melarii , ceqx qui apportent de loin des marcHandrfes, 
femet in triginta diebus ; /tau ta , femel in fex menfiBus : funr 
vtrba raï^itti Elis^ris. Mi&a,] diâo- loco^^ %^ 6 ,. p. 75^ 



& comme Moratijle. 49 if 

Elle empêche ceux qui ont un état fédentaire 
d'en prendre un qui les expofe à des ■abfences 
fréquentes , fans l'agrément de leurs fenunes 
auxquelles on permet de s'oppofer aux voyages 
de leurs maris , hors que ce fât pour aller dans 
le voifînage de la terre qu'ils habitent (1289). 
Elle condamne à une peine pécuniaire & infen- 
fiblement à la répudiation l'époufe qui refuie 
de fatisfaire aux devoirs que ce titre lui impofe. 
Cette' peine pécuniaire eft une diminution de 
fept deniers fur la dot , chaque femaine. Pen- 
dant les quatre premières , la fauté , fuivant 
les rabbins (1190), étoit publiée dans les 
écoles , dans les fynagogues. On envoyoit 
quelques membres du fénat à l'époufe , pour 
lui repréfenter que fon obftination entraî- 
neroit la perte entière de fa dot. Avant la pu- 
blication , on l'inftruit qu'on 'va la fiiife : 
après , on l'inftruit encore qu'elle eft finie. 
Perfévère-t-elle dans fes refus? On la répudie 
fans avoir de dot à lui rendre. Le mari ne 



Voyez Selden, Uxor hebraica, liv. 3 , chap. 6 & 7; 
pag. 347 -35<^- • 

(12,89) Mifna & Selden, diflis locis. 

(1290) Mifna, diâo loco, pag. 74 & 7^ Si le refus 
vient de la part du mari, il doit à fa femme, ai^deSiis 
de la dot, trots deniers par femarne. 



49^ Moyfc y <onpdéré comme Légiflatcur 
peut la garder plus long-temps , & dîminaer 
toujours dans la même proportioalur les biens 
que la femme auroit eus par droit de fiiccefiioa 
à fon père , ni les mettre dans le cas de fe 
dégrader & de périr. Il eft pourtant des citr 
confiances où on avoit interdit runion con- 
jugale. Elle fut interdite la veille d'un jour 
deftiné à certains aâes religi^ix» Moyie 
reconunanda aux Hébreux de, s'en abftenir^ 
quand ils étoient fur le point de recevoir la loi 
divine (U91). Us ne le pouvoient pas non plas 
lors du facrifice d'expiation (ii^x), fous peine 
du fouet & du retranchement ; ni , fous peine 
de la vie 3 pendant les jours de chaque mois 
9Û les femmes refientent les incommodkés 
naturelles (12.93) s ni pendant les deux années 
confacrées à nourrir les enfans (12^94). 
i««xino- Les attentats contre la pudeur avoient été 
vcsibpti. profcrits par les loix criminelles. Les loix 

{1291) Exode, chap. 19, v. iç- 

(1292) Vide fuprà, chap. 3 , art. 4, p. nf7. Cet» 
défenfê a été adoptée dans les jours facrés & <&ns \ti 
jours de jeûne par les églifes grecque & romaine; 
Voyez Léooclavius , Kvre ç Refponforam , & fe 
Décret de Gratien, part. 11, ^ufe 33, cpseft. ^ 

(1293) Levitîque, chapk 20, v. 1?. 

(1294) Selden & Mifoa, diâis lociSr 



& comme Moralifig. 495 

morales n*oublièrent rien pour exciter les 
vertus contraires , &: defcendirent à cet égard 

' dans les détails les plus légers. Porter des 
cheveux déployés ou un fein découvert fut 
pour les Juives une adion infâme (li^y) ; & 
cette id^e , unie dans la fuite à une croyance 
foperftitieufe (1196) ,• s'eft perpétuée jufqu'au 
fcrupule parmi les femmes de cette nation. On 
feroit payer une amende de quatre cents 
drachmes (1297) à celui qui auroit l'audace d© 
découvrir em publie la tête à*uae femme & fa 
chevelure. 

Les Hébreux d'ailleurs font pénétrés aujour-* idée mùH 

# d'hui de cette vérité importante, 4a plus utile fouc«"ca. 
peut-être des vérités morales & religieufes , ^^"' 
que fi les £autès échappent quelquefois à la 
punition de la loi , ^Ues n'échappent jamais à 



(1295) Voyez les Commentateurs de la Mifqa , de 
Uxore adulterii fufpeââ, chap. i, pag. 193. 

(1296) On cherche à leur perfuader que des efprits 
malins fe gliflèroient à travers leur chevelure , fi 
elles la laiflbient découverte. AuiS , à peine fe per- 
mettent-dles de la découvrir dans Tintérieur de leur 
ménage. Mifna, ibidem. 

(1297) Mifna , de Damnis, tom. 4, pag. 74 & 7$' 
Voyez Selden , Uxor hebraica , liv. 3 , chapitre 17 , 
pag. 420 & 42 1:, 



494 Moyfcy confiàéré comme Ugijtateur 
la punition divine. La juftice du ciel^ ^g^ 
ment éclairée fur tous les êtres de TuAvers , 
atteint le fcélérat dans robfcurité dont il s'ea* 
veloppe , ou fi elle permet qu'il foit inconnu 
à Tes fembkbles , elle ne manque jamais de 
l'atteindre pour réternité. 




& eôffime Moraine: 495 



CHAPITRE VIP & dernier. 

Observations gûnûkales sur la 
xégjslation de moyse. 

A PRÈS s*être montrées pendant quelques Dmkkotfi 
fiècles à l'univers , les grandes monarchies de ^^^^J^ 
l'antiquité font difparues. A peine nous refte- ^ ^^f^^ 
t-il le fouvenir de leur gloire & de leur puif- 
fance. Leurs travaux font mal connus , leurs 
«exploits foùvent incertains , les monumens de 
leur grandeur écroulés , ou s*ils exiftent encore , 
Ja main du temps , qui fatigue tous les jours 
ces maflès chancelantes , n'en fera bientôt que 
4*auguftes dëbris. Les loix de tant de nations » 
iuperbes fe font englouties comime elles. Dé- 
ilaignées^parles vainqueurs, elles ont fubi le 
•deilin xles peuples qu'elles dirigeoient. Dans 
-cette fubmerfion générale , on ne voit pas fan$ 
ëconnement , dans un coin de TAfie , fous un 
climat peu fertile , entre des forêts & des mon- 
tagne^ , douze pétitQS tribus , fans force & fans 
-opulence , quelquefois fans liberté & fans 
patrie , ^happer feules du naufrage des lîècles 
.Ôc dçs empires. Minsi? & Séfoflrisi Lycurgue 



49^ Mioyfty confidéré comme Lêgijlateuf 
& Numa , Solon & Zaleucus ont celle d'être 
obéis , & la légiflation de Moyfè furvit à 
celles de tous les peuples de la terre. Bannis 
des lieux qui parurent long -temps n'être 
deftinés qu'à la^race de Jacob , difperfës d^oj 
toutes les parties du monde ^ n'ayant ni fou- 
Verain , ni foyers , ni protefteurs , achetant au 
poids de Tor le droit naturel d'afyle &* d'hof' 
fatalité y environnés de toutes parts d'ôppref* 
fion & d'infamie , les Hébreux conlervent, 
depuis plus de trois mille ans y cette légifladon 
facrée. Par-tout les loix ont fléchi fous les cir- 
(Confiances; par -tout ellQS. pjat éprouvé la 
viciffitudes qu'entraînent les révolutions dej 
mœurs & des gouvernemens \ celles dés Jui& 
font refiées immuables. Dfs défaites nonir 
breufes, une longue fervitude, des menaces, 
des tourmens^ des promeflès féduifantes» ta 
néceflîté d'une vie errante ^ fugitive , l'excèi 
du malheur &: de 1^ misère n'y ont rien changé: 
elles n'ont pas même été altérées par leur fupr- 
preffion du rang des peuples , & leur dégrar 
dation civile & politique, 
caufes de Une des caufes principales d'une immuta- 
fonimmuta- \y\^^^ fi prodigieufe efl fans doute que la légiP 

lation fut donnée au nom de Dieu , dont 

• ... 

^oyfe s'annonça poux l'organe $c Tinterprèto» 



& comme Moralificé 497 

& qu*il établit un gouvernement théocrati- 
que [119%). Une liaifon intime uniiToit les 
dogmes ^ les loix , & la défobëifiance civile 
ëtoit une double défobéiflalice. Ce ciment re- x 
ligieux , fi je puis me fervir (Je ce^tte expreffion , 
n'a pas peu contribué à la ftabilité d'un code 
auquel le Seigneur avoit interdit de faire 
jamais aucun changement (1299). Il fe fortifia 
par la déftnfede communiquer avec les étran- 
gers (i 3001 i. de peur qu'abandonnés à un p^-i 
chanf naturel pour l'imitation , les Hébreux 
ne fuiviiïèqt l'exemple de leurs voifins ido- 
lâtres , ou h'adoptaflènt toutes ces erreurs du 
paganifme dont quelques-uns de leurs vain- 
queurs furent infeâés. Avant la tranfmigra- 
tion forcée des Juifs par là vidoire de Nabu- 
chodonofor , & même depuis cette époque , 
l'abandon volontaire^ de faj)atriç fut un grand 
crime pour un Ifraélite. Ce mépris de ta Terre 
fainte faifoit encourir une forte d'infamie qui 
fe tranfmettoit à la poftérité ( 1 3 o i )• La famine , 

(1298) Vide Aiprà, chap. a, pag. 2} & fuivantes. 

(1299) Deutéronome , chap. 4, v. a. Vide fuprà ; 
page 23. 

(i 300) Vide fuprà , ch. 3 , art. l , p. 68 , & ch. 6 , p. 464.' 

(1301) Qui peregrè extra terram fanSam degït , velut 

pdcrum planaarumque cultor habtndus efi^ difent les T^t 

li 



498 Moyfcj ionfidéré comme Lcgiflateur 
la ftérilité , font pourtant , comme la captivité 
_ guerrière , des caufes majeures qui iSrent to- 
lérer le paflage dans une région étrangère, 
pourvu que ce ne fut pas l'Egypte. 
Comment Pour rendre pins inviolable la fbumiffion à 
fo^ Mui!!^.'' ^^^^ défenfe politique , Moyfe voulut donner 
aux Juifs des mœurs éloignées de celles des 
autres nations. On nous permet ce qu'on leur 
défend, dit Tacite avec raifon (130Z), & ce 
qui eft facré pour nous eft profane pour eux. 
Toujours dans le même objet , on profcrivit 
févérement , dans leurs maifons comme dans 
kur temple, les fimulacres qui repréfentent 
Jéhova fous une figure humaine (1305). La 
populace ignorante auroit pu en confondre le 
culte avec Thommage dû à l'Eternel. Les 



mud ides. qui donnent ce principe comme émané de 
la Divinité. Ils fe fondent principalement fur ce dif- 
cours de David à Saiil , rapporté par Samuel : Sï te 
homînes incîtavenmt contra me, makdi6lifint coram Jéhova: 
quïppk expellum me hodiè y ne pars mihî fit in eâ ttrrâ 
quA hcereditas Jéhova eft^ dicuntque; abî, cote deos aliénas. 
I Regum, chap. 26, v. 19. 

(1302) Hiftoire, liv. 5 , §.4, tom. 3 , pag. 196. 

(1303) Voyez Tacite , diâo loco , §• 5 , page 301 ; 
pion, liv. 37, pag. 37; Sn^bon,liv. 16, & fuprà, 
çhap. 5 , art. 3 , pag. 389 & fuiv. Voyez aufli le chat* 
pitre 3 , art. i , pag. 6% & fiiivantes. 



ftatues, l^s images , la repréfentation peinte oij 
fculptée de tous les être^s viyans ne font p^ 
moins fëvérement défendues (1304), La hain^ - 
des Juifs pour ces ouvrages de Tart, qu'ils 
regardoient conime des fignes dldblatrie , (4% 
toujours extrême. Ils ne fouffrirenl: j^piais 
qu'on portât dans Jérufalem les aigles ro- 
maines ^ non parce qu'elles ëtoient les dra- 
peaux ennemis , mais parce qu'elles écoiènt 
des images. Hérode ayant fait placer fur |a 
principale porte du temple un aigle d'or d'une 
grandeur extraordinaire , deux des hommes, 
les plus recommandables de la nation , Judas 
fils de Sariphée & Mathias fils de Margalothe , 
exhortent leurs difciples à venger Dieu d'une 
pareille injure. Dociles à l'exhortation , ils 
osèrent , au milieu du jour, en préfence d'un 
peuple innombrable , lier des cables à l'ojfeau 
confacré, l'arracher & le mettre en pièces à 
coups de haches , aftion que le roi punit bientôt 



(1304) Vide fuprà , ch. 5 , art. j , p. 389 & 390. 
Ils n'accordoient pas même , dit Tacite, loco citato, 
cette marque de flatterie à leurs rois & cet hommage 
aux empereurs. Non regïbus hétc adulath , non cafarihus 
honor, Maimonide parle de Cette défenfe avec beau- 
coup d'étendue, chapitre 3 , de fon Traité fur l'Ido- 
lâtrie. 



joô Moyfc j <onfidcrc comme Ugijlàteur 

par une moit cruelle (1305). Aujourd'hàî en*' 

core , les Ifraélites appellent nos temples le 

féjour de Tidolatrie. 

liaironde Dins les objets même où leur lé^flation 

ûgei'^i-"" fe rapproche de celle des autres peuples , 

futffa^fe- comme les jeûnes (1306) , les libations (i 507), 



nrenemcBS ^ 

politiques» ' 



(1305) Josèphe» Antiquités Judaïques, livre 17, 
chap. 8, pag. 596 & 597; & de Bello Jadaico> liv. i, 
chap. II , pag. 772. 

(1306) Voyez les pages fuivantes. Nous n'y parlons 
tiue des jeûnes publics. Les H^reux en eurent auffi 

' de particuliers, mais qui portent à-peu-près le même 
^caraâère. Moyië devant recevoir la loi , jeûne qua- 
rante jours. Exode, chap. 34, v. 28. Elie en £ût 
autant, fuyant la perfécution de Jézabel. 3 Regum, 
chap. 19, v. 8. David ayant appris la mon d*Abner, 

' jeûne jufqu'au coucher du foleil. 2 Regum , chap. 3, 
V. 3 5. Sara ^ fille de Ragnel , jeûne trois jours & trois 
nuits ^ parce qu'on lui reproche d'avoir tué fept 
maris. Tobie» chs^. 3, v. '10. Daniel obtînt ,>ea 
jeûnant > qu'on défolât ipoins le temple de Jérufalenu 
Daniel, chap. 9> v. 13. 

(1307) Chez les Grecs& chez les Romains, les liba* 
tions furent prefque toujours de liquides. Liio^ chez \ob 
derniers, & chez les premiers \ufim ou ^^fv/» n'exprime 
prefque jamais que l'aâion de répandre, fando. Les 
Juifs avoieat cinq lUfomina-, l'encens « l'huile, le fel.le 
vin & la farine. On ne les ofiroit que lorfqu'on tuoit 
la viéHrae devant l'autel , & par conféquent on ne ks 
offroit pa$ dans le facrifice pour le péché. 



& comme Moràfijk. fot 

lei offrandes (i 308) , elle nous paroît conferver? 
un caradère particulier^ Les jeûnes , par exem- 



les nbatîons cThuac Si & vm étoîenr coiinuer avànr 
Môyfe. Voyez' la Genëfe, chapitre jç', v. 14. 

(1308) Noos appelions plus- particuK&'emcnt' of- 
frante , l'oblation des cbofeS" inanimées, ce qu'on ,ap-^ 
pelle- en hébreu nrua, mmcHaj domàà, U a* cette figni*-- 
fication de la manière la phis* générale-, & yàppHqiie* 
i tous les préfens , même à'ceux^ quHrn Somme fait à' 
un autre. On s'en fert néanmoins- plus particnHère— 
ment pour lès- objets inanimés ofierts à* Jéhova, cir 
quof irdifiêre de Î3ljî>, kortanr, qui eft le mor géné^ 
rique dès* ablations d'animaux, foir oifbaux , foit qua- 
drupèdes. Voyez le chapitre 2 du Eévitîquc. H en' 
dîftihgue de troB' ibrtés : de clibano , de fartapne ^ 
de cradcuU.' CliBanus e&'unfoMr *, fanago , une poêle ^' 
eranàilay un gril. Far là première, çn ofiroit des pains^ 
fans levain- arrofés d'huile ou* pétris avec die, & des* 
gâteaux azymes qui n'en étoient pas pétris, mais fur 
lefquels on -en ver/oirlégèrement. 11: en cft'.de.mêdieî 
dela'feconde dontle mot hébreu- •flitsno; machabàtk'^ 
le mot grec rfyxvovy & dans lequel icependantt[uelquesr 
écrivains voient moin^ une poêle, qu'un vafe d'airain è. 
couvercle dont otrie fervent pour Êiireciùre les paifis- 
ou les gâteauxi Des lexicographes traduifent auffi par 
poêle-» fartago , le mot hébreu , J3B2RTU3!; marckefitkf. 
que la Vuigaie appelle crtftiofZtf, ou bien ils)e tradui-f 
fent par patella , pedt. vaf& m on Êiifoit hûuillii: 1» 
pâte d^ins lliuile:^ . 

Les commentateurs donnent j^ufioirs^ railTons dê^ 



yoî Moyfc^ conjidérc comme Lëgljlateur 

f\è ( 1^6^ ) i' furent toujours .efleïitîeliementf 



fètatliflement dii'/n/iîcf/, i». Pour que Jehova eût' 
Toffrande des fruits convne celle des animaux. %°. Pour- 
voir aux befoiiis qu!avoient les prêtres de bled & de 
pain. 3*^. Fournir aux pauvres qui ne pouvoient offrir 
des animaux 9 de quoi y fupplèer. Cette dernière raifon 
rappelle un mot (Je Lypirgue, cité par PJutarque , vie 
de ce léginateur. On lui. dçmandoit pourquoi. il avoit 
étai^U: des facrifices fi mefquiiis? Ceft, répondit-il, 
afin qu'on ne manqtïe j^oiais de les offrir aux dieux. 
Outre les facrifices exigés , on faifoit des offrandes 
volQet^ireS) comm,e, ^^.)^ pratiqua pour, la confiruc- 
t:pa)& rameubtement du temple, Exode » chap. 3^, 
Y-. 5 ^ ou elles furent fi multipliées qu'on ,fe vit obligé, 
de défendre d'en préfenter davantage^ Chap. 36 , v. 4^ 
SoUvefit aufli, ceux qui approchaient du temple, of^ 
froiçnt. quelque chofe pour fon ornement» celiij des 
prêtres &c. &ç. 4 Regum , chap^ 12 > v. 9, 

* (1509) Moyfe ne parle précifément xjue d'yn jeûne, 
]A]bUc, le^ 10 Septembre^ pour la fête d'expiation. 
Zkli^ie cepetttofjea ééfigne quatre. Chap. 8 , v. 19.) 
B§â:VoientUeii€0 Tkmmiisou Mn, en Ab ou Juillet. 
cftTifri ou Septembre, eti Tebeth ou Déceitibre. L'Ecrl-^ 
tute parle au^Bfouvent de jeûnes . extrtfpi^dinaires*.. 
Jë^[ifi&t , roi de Juda , en ordonna ua.univerfel ». 
«[lïdnd les Moabîtes & les Ammonitei vinrent le com- 
biÎH^ë: 2'- Paralipomèâes y'cfaapitre 20;> v» ;^ Efdras 
]^iyi!t''de- là captivité de*-BabyJone pour Jérufalem ,: 
oïl il devoit reconftruire le temple, ordonne un jeûne 
pour dematidelrll }4^w u» yôyagg.heureux^ & d'écre 



. . ^ & comme Moralijte^ - 1 joj 
liés à un grand événement, foit religieux^ 
foit .politique. Le premier fut établi le dix- 
feptième jour du quatrième mois , en mémoire 
de ce que Moyfe defcendit à cette époque du 
mont Sinaï, & voyant le peuple adorer le 
veau d'or, brifa les tables de la loi (1310). Le- 
prophète avoit obtenu cette faveuf^ par un 
jeûne de quarante jours. La même époquç 
vit naître auffi plufieurs événemens qui con- 
tribuèrent à la douleur publique. L'oflfîrande 
journalière ceflai le livre de la loi fut brûlé ^ 
une idole fut placée dans le temple; on affiégea 
pour la féconde fois Jérufalem , & on détruifit 
nne partie de fes murs. Les Juîft ont regardé 
comme malheureux les jours qui s'écoulent 
depuis le dix-fept Juin jufqu*ad neuf Juillet ^ 
|our du fécond jeûne public,, qui ^pour ori- 



i l'abri de fes ennemis. Efdras, chap. ?, v» 11. Eè9 
enfans d'Kraël hiis en fuite par ceux de Benjamin, jéûJ 
fièrent un jour entier. Juges , chap. 20 , v. 26. fis fonr 
de même quand les Phîliftîns les puniffehr de letwrs 
péchés ; i Regum , chap, ^ ^ y^ (> -^ quand Holophemc 
vient contre eux avec une armée puiiPante ; Judith , 
«hapi 14 , V. 8 ; pour détourner la colère de Dieu 
au temps de Joachim, fils de Jofîas, roi de Juda ;' 
Jérémie , chap. 3^ , v. 9 ; quand TEdit d'Afluerus eft 
promulgué contre eux. Efther^chap. 4., v. }^ 

C*^3io} Exode, chap, 23 , v/ij^ 



504 Moyfty èonjidéré comme Légijlateuf 
gine la dëfenfe faite aux Jîébreux par Moyfo 
de monter Ja montagne dldumée, & Tordre 
qu'il leur prefcrivit de retourtier dans la foli-* 
tnde & d*y errer quarante atis , pour les punir 
d*avoir murmuré contre Jéhova (1311 ). Le 
troifième jeûne public eft fixé au trois Sep- 
tembre & établi parce que ce jour fut Celui 
de la mort de Godolias fils d'Ahica, qui refté 
chef des Hébreux qu'on n'avoit pas tranfportés 
à Babylone & feul fourien dlfraël , fut tué 
njiféraWement par les rufes ennemies (151^). 

(13 11) Telte eft du moins la raifon qu'en donnent 
Saint Jérôme , Ribera & quelques autres ; mais celle 
de4.éon de Modèle, Hiftoria de gli riti Hebraici, 
part. 3 , chap. 8, §. 5 , pag. 76, eft bien plus vrai- 
femblable. Alors , dit-il , le temple de Jérufalem fut 
renverfé deux fois , d'abord par Nabuchodonofbr , 
enitiite par Titus. Bafnage penfë comme lui , Hiftotre 
des Juifs, tom. 6, liv. 6, chap. 19, §. 7, pag. 403; 
& il ajoute que ce )our-là on marche pieds nuds & 
on va réciter , fur des tombeaux , des làmeatations 
& des chants funèbres. Buxtorf ^ Synagogue Judaïque « 
chap. 30, pag. 566^ rapporte ces deux motifi», & 
il y en joint un troifième.. Ceft qu'à pareil jour on 
ravagea & dévafta une de leurs plus grandes villes 
& des plus peuplées. Toutes les formalités » toutes 
les cérémonies dont ce jeûne eft accompagné , font 
développées, pag. 567-» 572. 

(1312) 4 Regum, ch. 25 , v. 22 & îj. Jérémid^ 
chap. 40, V. 5 & fiiivansâ chap. 41, v. i*tt>« 



& comme Moralijle. jof 

•Le quatrième eft an mois de Décembre, parce 

' qu'Ezi^hiel & tous ceux qui étoient avec lui 

captifs apprirent alors la prife de Jérufalem , 

la profanation & Tincendie du temple (1313). ' 

Pour enchaîner l'attention des Hébreux & ufagci ex-i 
fixer leur caraâère inconftant , Moyfe leur avoit rcs qu'il leur 
donné des obligations de tous les jours (1314) > ^^^ 

(13 13) Les Hébreux , outre les difierens jeûnes 
mentionnés dans l'Ecriture & dont quelques-uns font 
commandés, en ont beaucoup d'autres rappelles dans ■ 
la traduâion latine du calendrier hébraïque par Ge-* 
nebrard; par Ribéra^ de Temple, liv. 5 , chap. 21 ; 
par Ménochius , de Republicâ Hebrœorum , liv. 3 , 

• chap. 12, §. 4 ) pagw 299 & 300. Voyez Léon de Mo- 
déne , Hiftoria de gli riti Hebraici, part. $ , chap. 8, . 
pag. 75 & fuivantes; Bà&age, Hiftoire des Juifs ^ 
tom. 6, liv. 6, chap. 19, §. 8 & fuivans, pag. 403 
& fuivantes; Buxtorf^ Synagogue Judaïque ,, ch. jo, 
pag. 573 & fuivantes. 
Lô jeûne cofl|||ençoit toujours le foir & duroit 

jufqu'au foir di|PL}emain. 

(1314) -Entr'autres celle du Sacrifice journalier, ap- 
pelle , dans l'Ecriture ^juge facrîficîwrui Lliébreu dit ; 
•*T>0nn*7P, hoLuh thamid.Woyez Daniel^ chap. ii, 
r. ?i, & chapitre, jt, V. 11. Les Septante fe fer- 
vent d'une manière abfolue d'iViAfix^er^p^ S. (ifiryfof-, 
tome, dans fa troifième Homélie, le êiit venir I avec" 
raifon , d'Iy/gAcxç/ exprimant ce quî.efl fréquent & 
continuel. Par la même i^ifon , PhilonV, tom^. 2, de. 
animalibus facrificio Uc^is , pag. 139 ., appelle ce 
facrifice îfJ^?itx*ian ^ 



'fo6 Moyfe, confidéré comme Lggîjtatcur 
il les avoit furchargés de prières , de cérémcH 
nies & de facrifices (iJiyV P^^^ I^s iioler, it 
joignit aux préceptes que nous venons de rap- 
peller , des ufages extraordinaires auxquels it 
les fournit. Celui du fabbat eft de ce nombre. 
Il ne fe retrouvé même , quoi qu'on en ait pu 
dire, chez aucune autre natiofi. Je fais que 
plufieurs écrivains, parmi -lesquels font Arif" 
tobule & fiûnt Clément d'Alexandrie (1316), 
adoptent Topinion contraire & ie fondent; 
pour l'appuyer , fur des paflages mal expliqués 
dUéfîode , d^Homère , dé Linus &: de CaUi- 
maque (13 17) : maïs ce fyftême nous paroît ifl- 



(13 15) Vide fup.rà , chëp... 3 , art. 2, pag. 105^ & 
fui vantes , & art. 4 , 'pag. 1 36' & fuivantés. 

(13 16) ArîftQbVile apud Eufebicnn , chapitre 12 dir 
liv. 13 de la Préparation éVahgélîcjue , pag. 66j & 
fuivaotes. S. Clément d'Alexandrïé JStrôaiates ,Iir. 5, 
pag. 6bô & fuiv'antês. '^^ mÈ 

(13 17) Voy , au® Lvd€îd , jn Pfa^^ Aùlu^ 
geîle , nùîfe ^itiquéis , îiv. 15 ', ch^i ^Suétone , Vie de Ti- 
bère, ch. \i ;' Ceit^Çôrin , 4ç ÛJe natafi, ch. 11 ; Gui!-: 
Bûaie Pottel /tfè Êtrvri» origjnibus, édition de FIo- 
ri^hîçe ^^« tj^' piTg: lio ; lÔvî^e!, de' i-wedîo amôris, 
liv;'ï7'% iiv. I ,.doht oh a encore 
jèjjôerfierî^^intçr'prétéles paflages , comme Ta prouvé^ 
avec évidence^ Selden, de Jure pîatW* &Gentiuffly 
juitàiStc. liv. 3 , chapitre i7,jj)àg. J90 & fuîvante*. 
yoyeiliâfin' Bolducius , Së^Tcdefiâ ante fegem. 



^ ■ • fr comme Moralijhc. " $of 
foutenablè. Le$ auteurs anciens qui parlent 
des dfuifi ont tous regardé le fabbat commet 
une chofe particulière à ce peuple. Tacite la 
croyoit fans doute lorfqu'il dit que les Hé-, 
brétx confacrèrent ^u repos le feptième jour 
parce qu'il avoit été le terme de leurs travaux ;; 
& il ajoute que fenfibles aux charmes de 1-oifi- 
vpté, ils confacrèrent epfuite la feptième année 
àia parefle (iji8).- Juftin donne la même ori- 
gine à cette fokmnité. Moyfe, félon lui (1319) %. 



liv. r, chap, a;- Jacques Godefroi ad Tertuliianum ad-- 
\:eifs:vs, Nationesf , liv. x , chap. 13 ; Heraldus ad Ter- 
t}|}li?inuin, Apolog. chap. 16. Ils adoptent le fentiment* 
d'Àriftobule & de Clément d'Alexandrie > 

(1318) Hiftoire, liv. ç , §. 4, tom. 3, pag. 297. 

(13 19) Livre 3e, chap. 2 , pag. 349. Voyez Dion; 
1. 37. Rutilius dit, dans le prem. livré de ntinéraire : 

Sepcima quxque dies turpi damnata vetênio» 

Tamquam laflati mollis imago Dci, ■ \ ■ • 

Ovide avoit dit avtint lui , de Arte amàndi, liv. 1 5 

Ncc te prxtcreat Vcneri pUratus Adonis , 'I 

Culcaque Judso feptima facra viroi» . ? • " 

& peu après :;. /. ,.•... v » 

Cv^- wviGultj PaI«ftîno i^ptkng facra viro. 
Plus bas il exprime bien cette particularité juives .^ 
Nec pluvias opu , nec te pecegrixia morentur 
.. Sabbata. , .^^ j ^^l^.. * .,„';^ . .; - .: 

Septtma quzqiie fuit içoL 
Tgnava , & partem vica; non atcigic ullam , . 

dit Juvénal , Saf. 14 , V. 165* & \oè. ïtiî f ëilè ;^^mùi 



jo8 Moyfe , ccnfîdéré comme Lègijlanur 
après de longues fatiguas dans les dëfertt dt 
l'Arabie, voit enfin naître le repos, & pour, 
conferver le fouvenir de cet événement or- 
donne que dans tous les fiècles , le ieptième 
jour foit marqué par un jeûne folemneL Ces 
derniers mots font une errmin Les Ifraéîites ne 
jeûnoient point le jour du fabbat (13x0) \ mais 
le paflage attefte qu'on regardoit la célébra- 
tion de ce jour comme leur étant partica-' 
lière. L'Ecriture ne laifle aucun doute à cet 
égard (ijii). Elle en parle toujours comme 

Çalhat fîgoîfîoit , pour les Romains , toutes les fStcs 
des Juifs. Horace, liv. i . fat. 9, v. 90. Voyez Jofepfr 
Scaliger , de Emendatione temporum , liv. j , p. xt^ 
(1520) Quoique Martial ait dit,lîv. 4^épigr. 4: 

Qaod fîccar redblet' palus lacunaei, 
Quod jejunia fabbacanorum , &c« 

Perfe fat. 5 : 

Recutlcai^ue fabbata pallcf» , 

Pétrone : 

£c non >ejun4 fabbara lege premec. 

Suétone, Vie d'Augufte , §. 76 : Ne JudAus qmdem» £ 
Tiberî , tam Ubcnter fahbatîs jijujuum fervat , ^uàm ep 
hodie fkpvà^i. 

(i3k2i) Exode, chap. 16, v. 29 ; châp. 3r, v; »)» 
14, 16 & 17. Voyez le fécond livre d'Efdras, ch. 9» 
V. 14, &*EzêcTiVd, chap. 20, v, 11 & ii. Josèphe 
rappelle toujours t^f 'jrctxf «or yf^9f,morempaù'ium,Aod 



& comme Moralifit. fo^ 

tf une inftiturion de Jéhova , inftitution à la- 
quelle il attache un grand prix , ^uifque Tordre 
en eft fi fréquemment répété dans les mêmes 
chapitres de TExode ( 1 5 iz). Des peines légères 
frappent fbuvent les violateurs des autres 
loix > le violateur du fabbat commet un crime 
énorme , & celui qui Tobferve mérite àe 
grandes récompenfes (1313). La circoncifion 
fiit fans doute un des caradères qui diftin- 
guoient le plus la religion mofaïque du paga- 
nifme : mais les Iduméens, les Egyptiens la 
reçurent commç les Hébreux, tandis que le 
culte du feptième jour n'appartint qu'aux If- 
raélites, Auffi Julien difoit-il , en parlant des 
préceptes du Décalogue : Ils méritent tous 
detre obfervés, excepté celui qui ordonne le 



tîquités Judaïques, livre 14» chapitre 18, pag. 488; 
& de Belle Judaico, liv. 2, chapitre j6 , pag. 808. 
Voyez Spencer , de Legibus ritualibils HebraBorum , 
liv. i« chap. 4, feâ. 9, pag. 65 & fuivantes. 

(1321) Exode, çhap. 16, v. 23, 25 , 26, 276^29; 
chap. 31 , y. 13 , 14, 15, 16 & ij. Voyez Jérémie, 
chap. 17 , v. 21 ^ 22 , 24 & 17. 

(1323) Voyez#ciïe, chap. 58 > v. 13 , 8;,EzéchieI,' 
chap. 20 , v« 24 9 & chap. 22 , v. 10. Voyez auffi ce 
fi[ue nous avons dit, de rob&rvance des fêtes, ch. 5 , 
-art. 3 , page 402 & 403. 



f I o Moyfe j tùnjidiré comme Légiftateur 

fabbat & celui qui défend d'adorer les divimtâ 
étrangères (13^4). 
Réflcxiont Le fabbat doit être compté parmi les éta- 
rttéilubUcI bliflemens de Moyfe les plus propres à éloigner 
^aLn dcide l'idolâtrie & à la détruire (13^5). Les im- 
Jilj"^^*' puretés (1326), la diftindion des viandes & , 
mnx. des animaux (132.7) eurent auflî quelque in- 
fluence. La religion des Juifs ne fe bornoit pa! / 
à leur prefcrire des devoirs dans le temple & 



(1324) Voyez Théodoret, dans fon commentaire 
fur le chap. 20 d'Ezéchiel ; S. Cyrille, contre Julien, 
liv. 5 , & Spencer , diôc loco , pag. 70. 

(1325) Spencer le prouve, diâo loco, fèdioirii, 
pag. 88 & fui vantes. Il développe auflî, chap. 5, 
feâ. 5 , pag. 122 & fuî vantes 5 les obftacles que b 
diflinâion des viandes & celle des animaux mirent 
àridolatfie. • - 

(1526) Vide fuprà, chap. 3, art. 5, pag. 164 & 
fuivantes. 

(1327) Ibidem, pag. 173 &fiiivantes. Cette diôinc- 
tîon n'exiftoit pas avant Moyfe y cependant l'origine 
de la défenfe des cuifles d'animaux lefquelles font 
parmi les objets prohibés , efi rapportée dans la Ge- 
nèfe, chap. 22, v. 32. Jacob, dans un combat qu'il 
eut avec un ange, ayant été bleifé à la cuifle, il ne 
•mangea plus , dans la fuite , de <Ate partie des ani- 
maux , & les Jui6, par la même raifon , n'en man- 
gèrent pas davantage, dit Josèphe, Antiquités Ju- 
daïques, liv.. I, chap. 19, page 33, 



& comme MoraVifiç. ^ j i j 

aux pieds des autels -, elle les fuivoit dans l'enr 
ceinte de leurs foyers & dans tontes les aâionç 
d'une vie domeftique. Leur zèle pour robfer^. 
-vation de ces loix particulières ne fut pas 

''moins ardent que pour lobfervation des loix 
publiques. Antiochus menace en vain les Ma- 
chabées \ en vain il fait mettre fous leurs yeux 
les tenailles , les roues , les chaudières , les 
ongles de fer , tous les inftrumens du fup- 
plice affreux qu'il leur orépare : ces jeunes 

. Ifraélites fubiront le trépas plutôt que- de (è 
nourrir d'alimens impurs y reftes d'un facrifice • 
idolâtre (1318). 

: Oublirions - nous la défenfe donnée par Réflexîoai 
Moyfe d'immoler à Jéhova des viâ:imes ou de ^"^ \^^^ 
lui oflFrir des facrifices dans les bois & fur les cc$&i'épo- 

r r \ . , " , que «« ^ 

montagnes , h accoutumés a recevoir alors les ces. 
vœux & les honunages des mortels ï Oii 
reproche fouvent aux rois d'Ifraël & de Juda 
de l'avoir violée (132.9). Loin d'honorer l'Etre 
fuprême dans des lieux profanes qu'on a l'ha- 
bitude de parcourir ^ il fera hpnoré dans un 
féjour qu'il a choifi lui-même , dans un tempje 



(1328) Voyez le chapitre 7 du fécond livre des 
Machalé^s, & les chap. 3 & fui vans de Josèphe» ds 
Machabœis , pag. 1090 & fui vantes. 

(1319) Vide fuprà, chap. a , pag. 38 & fuivant^s; 



f 1 1 Moyfcj conjideré comme Légî/IatcuT 
dont on n'approche qu'avec un réfpeâ: rdî- 
gieux , dans un fanâuaire où on ne pénètre 
jamais (1330). D'un autre côté, par le genre 
& Taffemblage de fes préceptes , la légifla- 
tion mofaïque ne s'adaptoit qu'aux Hébreux. 
L'époque de leurs moifibns & de leurs ven- 
danges avoit déterminé la plupart de leun 
fêtes 5 confacrées à la reconnoiflance enve» 
Dieu pour les bienfaits dont il les avoit com* 
blés, foit en les arrachant, à Tefclavage des 
Egyptiens , foit en cbntraâant avec eux une 
. alliance fblemnelle, foit dans toute autre cir- 
confiance. 
KoinreUes Rieu de plus Contraire à l'idolâtrie que h 
oof Iffcti grande & fublime penfée de Texiflence de 
i^hS^T ^^^^ ^ de.fon unité. Moyfe ne celTa jamaû 
de lavoir préfente. Un feul temple, comme 
nous l'avons vu (13 31) , un feul tabernacle fut 
établi 5 & pour affermir cette idée précieufe, 
pour aflurer la durée de fon gouvernement & 
le refped dû aux interprètes du Seigneur, 
après n'avoir établi qu'un fanduaire, il ne 
voue qu'une tribu au fervice des autels (per- 
fuadé que renfermée ainfî dans elle-même, 



(1350) Voyez les chapitres 12 & 16 du Deutêro- 
nome , & le Lévitique , chap. 17 , v. 3 &* 4. 
(1331) Vide fiiprà, chap. 3, an, i, pag. ^4, 

eUe 



et tomme Moràhfti: 'fHf 

tAle fefa plus attachée à (es droits ) & qu und 
famille de la tribu à TexerciCe du facerdoce, 
celle de Tilluftre Aaron choifi par Dieu lui-^ 
même (1332.). Un homme du peuplé ae fera 
plus élevé au faint miniftèrCé En naiffant , on 
infpire déjà la vénération qu'oh tàéf itéra uii 
jour. Pour mieux confaciref à Jéhova les or* 
ganes de la puiflanee divine^ il les déhvre des 
foins temporels* Uagricultùfe leur eft inutile. 
Des dîmes & des prémices fourniront à leur* 
befoins (1333)1 

Plulîeurs avantages particuliers font d'ail- 
leurs exigés des defcendans de Lévi, On le* 
foumet à une grande pùfctc (1334)* Ils la per* 
dront, même par l'afpeâ: d- un cadavre otl' 
Taffiftance à des funérailles (13 3 5 )« Ilsfemsu* 
rieront ^ mais j^vec des Viefges {l})6)i La plui- 
l^gère fouiliure les éloignera ââr temple où 
perfonne ne viendra avec un bâtoil ^ ni lei^ 



(1532) Vide fiiprà, chapitré 3^ art i* pag. 86 St 
fuivantes» 

(1333) Ibidem , {^ag. iit & fuivantes. 

(1334) Ibidem, t)ag. 95 , & jart* 5 , pag. 164* 

(1335) Vide fUprà , chap. j , am a j pag. 96 & fp 

(1336) Ibidem j pag. j6, & ehap* 4, art. 5, g^ 4i 
jpag. 283 & A85è 



5 1 4 Moyfc j conjidére comme Légijlateur 
pieds couverts d'une ch^uflure (1337). Le plus 
l^ger défaut corporel les rendra incapables 
du facerdoce (1338). Malheur ^à eux s'ils 
boivent d'une liqueur enivrante , en entrant 
dans le tabernacle (.1339). Qu'ils pouffent le 
refpeâ: envers l'afyle du Seigneur jufqu'à n'y 
pénétrer que dans le moment de leurs fonc- 
tions (1340). Des gardiens, des portiers font 
établis tout autour pour en conferver la pro- 
preté , pour en écarter les impurs &c les pro- 
fanes (1341). On aura même les avantages qui. 
ne font que pour frapper les yeux du vulgaire^ 
des vafes d'or , de riches inftrumens , des habits 
magnifiques , des meubles fomptueux (1341). 

• (1J37) Voyez Cuniiis, de Republicâ HebraBortiiri; 
Uy>:2., chap. M» pag. 2^48 ^ & Spencer, de Legibus 
rwalUnis Hcbra?orumj( liv. i, chapitre 7, feâ. 4, 
p^ge 154. :/ r : . ' ■ 

(1338) Vide fuprà, chap. 3 , art. 2, pag. ^5. 
-^(13139) Vidé fuprà, chap. 6, pag. 479. 
, (1340) Voyez Spencer, àlOio loco, & M^îmonide; 
More Nevochim , partie 3 , chap. 45 , pag. 478. 

(1341) Vide fuprà^ chap. 3, art. a, pag. 107 & 
fuivantes, & Philon, dé Praemiis facerdotum , tom. i, 
page 236. 

- (1341) Vide fuprà, ch. 3 , art. 4 , p. 147; art. 5 , p. 164 
& 165 ; & les notes 416 & 479. Après avoir' ordonné 
d'employer dans les facrificeç des vafes d'or & d'argent,. 



Pour fîgne de fon pouvoir & de fa dignité , 
le grand-prêtre portera un vêtement fuperbe , 
recouvert fur la poitrine d'un tiflTu très-riche 
large d'une demi-coudée & nommé peftoral 
ou rational. EnchâflTées dans l'or i&: placées 
en quatre rangs , douze pierres précieufes le 
décoreront, &: fur chacune d'elles fera gravé, 
fuivant l'ordre de la naiflance , le nom d'un 



l'Exode, chapitre ii , y. 2, ajoute, & des habits par" 
fumés. La Vulgate ne rend pas ces mots, mais les 
Septante di&nt, «^ i^ictriŒfMf ^ & veftes. Nous ajou- 
tons , parfumés , parce que ceux des facrificateurt! 
l'étoient, comme Tattefte la Genèfe, ch. 2j , y. 27, 
paflage que le paraphrafte chaldéen rehd ainû : Sicut 
odor încenji ex optîmis aromatibus qua offeruntur in monte 
ubi èrit domus JânSuarii , cui benedixit qia vivit in atemiim, 

^ Quant au temple', rien n'égaloit h magnificence^' 
d'après la defcription qu'en donne Josèphe, Antiquités- 
Judaïques, liv. 8, ehap. 2 , page 259 & fuivantes*^ 
Voyez auffi le chapitre 6 du troifième livre des rois*-. 
Théophylaôe va jufqu'à dire (commentaire fur ^e 
verfet 24 du chap. 9 de l'épîtrede S, Paul aux Hé- 
breux) qu'aucun temple ne l'égala ^cn richeffe & ea^ 
beauté; affertion extrêmement modérée, fi on iV'^ 
compare à celle de Villalpandus qui prétend , en jTe • 
feryâht d'une comjparalfbn peu noble , que le fameut ^ 
tépiple d'Ephèfe qui' ay oit* coûté tant d'années & de. 
tf^foirs', n'étôft auprès de celui iô Jéruialem que ce., 
qu'uû rat efl auprès d'u^i éléphant : Diana, templum^ ^ 



y 16 Moyfi, conjidêri comme Ligijlaîeuf 
des douze enfàns de Jacob (1343 )• Il n'eft pas 
néceflaire dobferver combien de fouvetiirs 
utiles rappelloient ces noms joints à ces deux 
mots écrits encore fur le rational : doctrine & 
vérité {î}^). Tout- cela, dit l'Exode (1345), 
devoit porter le grand -prêtre à fentir que 
c'étoit à lui d'expier les iniquités dont les If- 
raélites fë rendroient coupables , dans les 
préfens offerts à l'arbitre des cieux & de la 
terre. 
Ayaataget II eft vrai qu*au premier afpeft les pratiques 
S^ 'chriSa- religieufes des Juifs font peu dignes de la ma- 
î^ta^.^^ jefté de l'Etre fuprême. Rien de grand , rien 
de pompeux , rien d'augufte dans leurs facri- 
fices. Ce font toujours quelques mefures d*huile 
ou de farine , des grailles brûlées , des portions 
de corps confumées , un veau, un bouc ou lih 



ehm Sahmofdco collatum y mus videtur coram elephante. 
Tome 2, pag. 558 & 559. 

(1343) Exode , chap. 19, v. 6. 

(1344) Exode, chap. 28, v. 19 & 30. Et ceux-ci- 
gravés dans une lame d'or qui tomboic fur le front : 
lafaînteté eft au Seigneur, Exode , chapitre 28 , v. 36« 
Les Septante traduifent les deux mots écrits fuf \é^ 
râitional par ^ixmwn % clA«66tW ^ évidence & vérité, 
Urim & thummim peuvent auffi fignifier liimiire &. 
ferfe&on, 

(1345) Chapitre 289 V. 38. 



& comme Moralîfte'. sty 

bélier dont on verfe le fang autour de Tautel , 
après en avoir fait de légères afperfions (1346). 
Et voilà néanmoins pourquoi les prêtres font 
chargés de veiller fans cefle à la porte du taber- 
nacle ! La religion de Jéfus-Chrift eut en cela 
de grands avantages fur la religion mofaïque. 
Baiîniflant les cérémonies nombreufes qui la 
rendoient fatigante &c les obligations indif* 
penfables qui la rendoient locale , le légiflateur 
des Chrétiens prépara fon culte à devenir plus 
univerfeL S'il n'eût écouté que l'ambition de 
dominer fur les hommes , il eût confervé la. 
théocratie & l'ufage de confaerer mie feule 
tribu au facerdoce : loin de féparer la puiflance 
fpirituelle de la puiffance temporelle , il auroit 
cherché à les unir. Animé au contraire par une 
fagefle divine , elle infpira ks avions poli- 
tiques comme elle infpira ces difcours tôu- 

chans où la morale eft revêtue de toutes les 

« 

grâces du fentiment &c de la bonté. Moyfe , en 
ordonnant de venir trois foîs par an à Jérula-r 
lem (1347)5, mettoît dts obftacles à la propa- 
gation du culte donné aux Hébreux (1348).^ 

(1^46) Vide fuprà, chap. j, art 4^ pag, ij6 & fuivw 
(j 547) Éxode, chap. 23 , v. 19, & ch* J4, v. 1.3, 

yide luprà, chap. 3, art. 3., pag. 13a 

' (1348) S'il eft permis de comparer à Moyfe & am 



•jr I S Moyje j Confidéré comme ÎJglJlateur 
Jefus-Chrift laifle élever par-tout des temples 
& des temples égaux où nous pouvons , dans 
tou^ les temps , adorer également l'Etre fu- 
prême. Ainfi fa religion n'a point de caràdère 
ifolé. Qn peut en pratiquer les devoirs depuis 
Jes bords du Danube jufqu'à ceux de la rivière 
des Amazones , & depuis les champs du Ca- 
nada jufqu'aux murs de cette ville célèbre qui 
. 1 ■ , 

fondateur divin de la religion chrétienne, le fonda- 
teur de celle des mufulmans (toujours fous le point 
de vue politique ) , nous observerons que Mahomet 
ne fixa pas, comme le premier , un lieu où on viGti" 
droit , trois fois chaque année , rendre hommage à 
l'Etre fuprême , mais qu'il voulut qu'une fois dans fa 
vie on vînt rendre cet hommage dans le temple de 
la Mecque. Coran, tom. i, chap. 3 , v. 90, pag. 64» 
& 65. Une pareille obligation , quoique infiniment 
moins pénible que celle impofée par le légiflateur 
des Hébreux , puifqu'elle étoit infiniment moins fré- 
quente, tendoit cependant à refferrer l'iflamifme, au 
moins dans le cercle de l'Afie ou des extrémités de 
l'Europe & de l'Afrique. Au refte , elle n'eft pas fi ab- 
folue qu'on ne puifle s'en difpenfer dans certains cas, 
& en remplacer l'exécution par des préfens. ( Voyez 
^on parallèle de Zoroaftre , Confucius & Mahomet, 
comme fondateurs de religion , légiflateurs & mora- 
lises , part. 3 , art. 2 , pag. 574 de la féconde édition, 
^j6 & 177 de la première , & la note 551) & cette 
tolérance a pu favorifer encore la propagation du 
tnahométifme. 



avantagea 



& comme MoraFiJlei . jfj 

déshéritée de Tempire du monde , commande 
* encore à ung portion de l'univers par fon culte 
& par fes loix. . , , 

Les autres légiflateurs , & principalement Nouveaux 
Moyfe , ont voulu accommoder au cFimat Içs "^ 
préceptes qu'ils donnoient à leufs .peuples*. 
Cette idée ofFre fans doute quelques avantagea. 
Elle femble faite pour donner aux loix plus'cîe 
confiftance & de durée : mais elle force à fe ref- 
ferrer dans des bornes étroites ; ou , en ceflant 
d'être circonfcrite , elle peut ceflTer d^être coq- 
forme à la raifon & à la nature , tandis que 
rien ne l'empêchera de s'étendre & de fe for* 
tifier en 'd'autres lieux , fi elle n'y eft pas aflu- 
;étie. Les bains froids , par exemple , I(^ 
ablutions journaUères ordonnées aux Ifraé- 
lites (1349) étoient d'un ufage excellent fur le& 
rivages du Jourdain , &: ne le fèroieht pas 
dans les glaces de Tlflande ou de la Nont ëge- 
On en peut dire autant des facrifiees. particu- 



(1349) Vide fuprà, chap.. 3 , art. 5 ,, p. 167 & fuîv. 
Mahomet & Zoroaftre avoient auffi ordonnjè dje.s^ 
ablutions journalières. Voyez le parallèle cité , 
part. I y art. 2, pag. 46 , & part. 3 , art. 2 , pag. 28F 
& 282. Ceft une des caufcs qui rendent leurs reli- 
gions impraticables dans les pays froids. De tous les^ 
cultes le plus favorable aux babitans du Nord ^ c'eâl 
le chriûianii'me.. 

Kk4 ' 



2fiO ' Moyfe ^ conjidéré comme Ugijtatmr 
liers dont la vîdime ou l'ofitande font défi- 
gnées (1350). Jefus-Chrift n'en fixa jamais la 
matière ou l'objet \ il n'en exigea fhême aucun; 
il n'avoit point exige de purifications ; & par* 
là fon culte a dû encore , fous le point de vue 
politique , le feul que nous nous permettions 
d'examiner ici , ^ fe répandre dans tous ks 
lieux. Les deux légiflations forent confolantes 
pour le malheur ^ l'indigence : mais celle des 
Chrétiens ne s'eft pas contentée de nous atten- 
drir fur l'infortune. En répétant toujours que 
les hommes font frères , qu'ils font tous égaux 
aux yeux de l'Eternel , elle a du moins con- 
fervé quelques traces de cette égalité primitive 
que combattent fans cefle nos inftitutions focia- 
les. Moyfe éleva une grande barrière entre fon 
peuple & les étrangers (1351); Jefus-Chrift 
invite à les chérir , 8c 5?'il exhorte à les ramener 



(1350) Vide fuprà, çhap. 5, art. 4 , pag. i}6 & 
{ui vantas. Quoique Ie$ animaux & les produâions de 
la terre , dont Moyfe a irtipérieufement exigé l'offrande, 
foient communs, cependant, comme il eft des pays 
où plufieurs d'entr'eux nç fe trouvent pas , il faut 
avouer qu'en ne fixant riçn à cçt égard , le chriflia- 
nifme acquit encore quelque avantage. Nous con- 
viendrons néanmoins que ce fut le moins important 
4e fes titres à la prééminence & à runiverfalité. 

(1351) Vide fuprà, chap. 3, art. i, p. 68&fuiv, 
çh.4, art, i^p, 2o8&^09,&chap. 6)p.464&46j« 



Bf comme Moralijle. '511 

au culte qu'il établit, ce n'eft que par la dou- 
ceur , la perfuafion & Thumanité. Le fécond 
ne met aucune difierence entre les nouveaux 
fedateurs de fa loi &: ceux qui l'ont reçue de 
leurs ancêtres ( 1 3 y i) ; le premier , en accordant 
des privilèges aux profélytes , ne leur donne 
pourtant dans la république qu'une exiC- 
tence fubalterne & les flétrit dans leur pofté- 
rite (1553), puifqu'elle ne pourra jouir qu'à 

(1352) Mahomet imita encore cette fagefle de la 
religion chrétienne. Les nouveaux convertis ont tous 
les droits des mufulmans. Parallèle de Zoroaftre , 
Confucius & Mahomet , comme fondateurs de reli- 
gion, légiflateuif & moraliftes &c. part, 3 , pag. %i^ , 
& part. 4 , art, 6, pag. 411. 

(1355) Vide fuprà, chap. 4, art. i , p. «3 & fuiv. 
Nous ne parlons ici que des préceptes affirmatifs. Les 
préceptes négatifs , tels que ceux de ne pas toucher 
tel ou tel objet, de ne pas manger tel ou tel aliment, 
de ne pas boire telle ou telle liqueur , ne font pas 
Inoii^s fréquensdansie judaïfme & dans les cultes établis 
par Zoroaftre & par Mahomet; (Vide fuprà , chap. 3 » 
art. 4 , p. 1 58 , art. 5 , p. 170 & fuiv. & le parallèle cité; 
part î , art, 2 , p. 45 Çt fuiv. & part. 3 , art, 2 , p. 276 , 
182 & 283 , & art. 5 , pag. 320) mais ils ne préfen- 
tent guère dHnconvéniens politique!». Une prohibition 
peut s'adapter à toils les temps & à tous les climats. 
{ille tombe d'elle-même , fi le pays qu'on habite, nç 
|N:oduit pas ce cjue le iég;iflatei9r a défendu. 



§11 Moyfcy conjidéré comme Ugijlatcur 

la dixième génération du droit d'entrer dans 
raflfemblée du Seigneur, 
caufc àM Une autre caufe principale , moins de la 
S^cntdcfduï'^^ & de l'immutabilité du juc^aïfme que 
îeiîf iHifla-^^ rattachement inébranlable de Tes {ëélateurs 
"<«• pour le code de Moyfe, naît de Tédu cation 
qu'ils reçurent dans tous les temps &r qu'ils 
reçoivent encore. L'art des vers , celui de 
charmer l'oreille par des fons ou les yeux par 
des couleurs , l'éloquence , la philofbphie , 
l'étude des aftres & de leurs mouvemens, la 
géométrie , la phyfique , n'occupèrent jamais 
leur enfance. On l'occupa toujours à la con- 
noiflance plus utile de la religion &: des loix; 
connoiflance fi négligée dans notre éduca- 
tion nationale , comme s'il n'étoit pas honteux 
d'ignorer les premiers principes du régime 
fous lequel on pi^e fa vie &: les devoirs que 
lelégiflateur nous impofe envers un père, une 
époufe , des enfans , envers tous les citoyens 
& tous les hommes. La maîfon des prêtres né 
ceflbit pas d'être ouverte à l'inftradiion pu- 
blique ; & comme l'ignorance excluoit du 
facerdoce (1354), ils étoient vraifemblable- 
ment dignes de cette fonâion importantes 



(1354) Voyez Ofée, chap. 4 j v. 6 ; Malachie , ch. %f 
verfet 7. 



& comme Moralise ^ ' 51 j 

Une fois, chaque femaine (13^^), on alloic 
dans le temple , pour entendre expliquer la 
loi par les miniftres de Jéhova(i3y6). On en 
lifoit une partie le jour de Texpiation folem- 
nelle (1357) , & de fept en fept ans , on la 
lifoit en entier à la nation aflemblée (13^8). 
Llfraélite devoit d'ailleurs s*en nourrir chez 
lui , en faire une étude journalière, la méditer 
fans cefle , en marchant comme affis , dit le 
Deutéronome (13^9), pendant le fommeil 



(1JÇ5) La femaine des Juifs fut de fept jours, 
comme la nôtre. Ils avoient , outre cela , des femaines 
d'années ordinaires» & des femaines d'années fabba- 
tiques. Les premières comprennent fept ans ; les fé- 
condes en comprennent quarante-neuf. 

(1356) Voyez Josèphe contre Appion , lîv. j, 
pag. 1072. 

(1357) Deutéronome, chap. 31, v. 10 & 11. 

(1358) Ibidem, v. 10-13. 

(1359) Chapitre 6 , v. 7 , 8 & 9 ; chap. 11 , v. 18, 
19 & 10. Voyez Jofué , chap. i , v. 7 & 8. Ceft ce 
qui fait dire à Fagius » un des commentateurs de la 
Mifna , tom. 4, capita patrum , pag., 418^ que toutes 
les études doivent être fubordonnées à celle de la 
loi comme une fervante l'çft à fon maître. Léon de 
Modène attefte qu'il n'eft pas de chambre, de maifon, 
de lieu habité à la porte duquel on n'attache» vers le 
battant, du côté droit en entrant, un parchemin ren- 
fermé dans un rofeau fur lequel font écries Scladdai^ 



^ji4 Moyfe y confideté comme Légijlateur 
& après le rëveil , récrire fur les montans de 
fa porte & l'avoir fur fes poignets &c fur fon 
front. L'obferyation lui en eft recommandëe 
à chaque inftant dans l'Ecriture (i 360). Et on 
Difiioaion ne lui recommande pas feulement celle de \z 
B Je de la loi écrite , mais encore celle de la loi orale : car 



loi orale, y ^^ j^ tradition conftante parmi les rabbins 
qu'outre les préceptes confervés dans le Pen- 
tateuque , Moyfe , lorfqu'il pafla quarante 
jours fur le mont Sinaï , en reçut de la bouche 
de Dieu même, qu'il ne tranfcrivit pas (1361), 

■ I ■ ■ M ■ ■■ — 1.— »Mi^— — i 

un des noms que les Juifs donnent à Dieu » & plu- 
fieurs paffages du Deutéronome. Hiftoria de gli nû 
Hebraici , part, i , chap. 2 , pag. 9 & 10. 

(1360) Praecipuè Lévitique , chap. 18, v. 4&5; 
& Deutéronome , chap. ^6 , v. 16. 

(1361) Mifnà, di6^o loco , page 409 & 410. Cfe 
traité eft intitulé, capita patrum , parce qu'il renferma 
les décifions de plufieurs favans rabbins. Leufden, 
autre commentateur , obferve , fur ce Traité , que 
les Juifs ont coutume de tirer du Pentateuque fa 
cents treize préceptes dont deux cents quarante-huit 
affirmatife & trois cents foixante-cinq négatifs, teaf 
développement eft l'objet de l'ouvrage que nous 
avons fouvent cité du rabbin Mikotfi. Voyez auffi 
Leidekker, deRepublicâ Hebrasorum, tom.i, p. 293 
& iuivantes ; Buxtorf , 'Synagogue Judaïque , chap. j , 
pag. 39 & fiiivantes i Voifin , de Lege dîvinâ, ck i},^ 

' pag- 333 & Ali vantes, &c. &c. &c. 



& comme MoraEfte: $1$ 

mais qui confiés à Eléazar , à Phînëès, à 
Jofué , pafsèreot d'eux aux juges d'Ifrael & 
au fanhédrin qui k gouvernoit ; de ces juges, 
toujours avec le fanhédrin , aux premiers pro- 
phètes; des premiers prophètes aux féconds, 
& de ceux-ci aux membres du grand confeil 
formé par Efdras, après la captivité de Baby- 
Içne , pour rendre fon ancien éclat à la légis- 
lation mofaïque & rétablir le culte & le 
gouvernement des Hébreux. 

Cette tradition pourtant n*eft pas adiàife par p« ««>< 
tous les defcendans de Jacob. Ceux qu'on ap- ULoionOc 
pelle comtnunément Caraïtes, très-répandus à 
Conftantinople , au Caire, en plufieurs en- 
droits du Levant, en Ruffie, rejetten» toute ' " 

IqI orale ; ce qui les rend en horreur aux Juifs ' 
dJAllemagne , dltalie , de Franoe , qui les . 
regardent conime des apoftats dignes de Ia_ 
mort (1361). Lejir nom , formé de Caraï, 
fàvant dans ^Ecriture , fut cependant long- 
temps honorable. Il n*a ceflTé de l'être qu*à 
caufe de la haioe & du mépris que la tra(^on 
leur infpire. 

' Les défécïetfts de cette tradition en voient comment 



> V 



,(1562} Buxlprf, Synigogue JuAnque» chap. li 
pag.1» z fi&i|^Miiha, diâo loco, pag, 409. -^ 



J2< Moyfci conjidcré comme Ugij^Uitt 

une ftiiette de pain, &c. &c* &c. (13^^' 

Cela me rappelle une diflertatioi\foft longue, 

que j'ai lue autrefois dans le premier volume 

de la grande Bibliothèque des Pères, oùMoyfe 

Barcepha examine -gravement pourquoi Eve 

fiit formée d'une côte d'Adam r pourquoi cette 

côte fut prife à gauche plutôt qu'à droite : 

pourquoi Dieu la prit à Adam pendant qu'il 

dormoit plutôt que pendant qu'il veïUoit, &c* 

piufîeurs Un des traits qui diftinguênt le plus Mpyfe 

tt«ts qui comme légiflateur , un des plus itnitës pat 

la légiaa- ceux qui , après lui , donnèrent des loix à 

ijfo^fc/ l'orient du monde (1367), c'eft une attention 

conftante pour la faiité des citoyehs. L'ufage 

du porc, du lièvre &c., des poiflbns fan$ 

(1366) Ce livre n^eft pas moins fécond en abfur* 
dites pieufes. On y dit , par exemple, que EHeU paffe 
neuf heures tous les jours à étudier le Talmud; quil 
a falé Leviathan pour le conferver jufqu*â Tépoque 
de la venue du Meffie ; qu*un œuf étant tombé du nid 
d'un oifeau fur la terre , renverfa , par fon poids 
énorme , trois cents cèdres très^ros, & que , s*étaiit 
enfin brifé , foixante villages furent inonda de li 
liqueur fortîe de fa coque. 

(1367) Entr^autres, par Zoroaftre&par Mahomet ; 
Voyez mon ouvrage fur ces deux Légiflateurs j part, i» 
ai-t. 5, pag. 96 & 91; part. 5 , art. x, pag. ^76 & 

. a77,& part. 4, art. 7, pag, 41J & 406. 

^caillel 



& c&mme Moraii/le. jif 

iScaiUes dont U chair eft grafle 6c huileufe , 
de tontes les viandes pefantes (i 3^8) , celui des 
graifles de boeuf, de chèvre, d'agneau (1369), 
fw interdit , & l-interdiâion étoit infiniment 
fagé dans un pays ou la chaleur excefl&vb 
détendant les fibres de Teftomach , rendoit la 
digeftion plus difficile & plus lente. On prohibe 
encore de manger du fang (i 370) , & jamais oA 
ne fert d'un animal aux Hébreux dont on ne 
l'ait fidt écouler av^le dernier fcrupule. Auffi 
les bouchers juifs font-ils fbumis à des études 
fuivies & particulières. Il y a fur leur profeffion 
plufieurs livres qu'il leur eft eflentiel de con- 
noître & ordonné d'étudier & de relire ( 1 371 j. 

(1368) Lévirique,chap. 11, v. 2 & fui vans. Vide 
fuprà , chap. 5 ^ art. ç , pag. 173 & 174. 

(1)69) Lévidque, chapitre 3 , y. 17. Vide fùprà; 
chap. 5 , art. 4, pag. 15R & 159, 

(1370) Vide fuprà, ibidem. 

(1371) Voyez, dans le. tome 9 de la Bible d'Avi- 
gnon ^ une diflertation fur le manger des Hébreux , 
pag. 693 , & le chap. 36 de la Synagogue Judaïqi^ de 
Juxtorf , pag. 611 , 612 & fuivantes. Buxtorf doilne, 
pag. 615 , la forme de leur brevet : Hod:è explorait 
& examin^vi prajLmtem & egregmm N, filmm N ^ & 
illum , in arte maSlandî , perîtum & îftdtiflrînm^ thài orè ^ 
tian manu ^Jft camperi. Ideà j UH peau màSare'&irf^aî" 
rtrc ptmàuQ y £• lAtrï. çQnuàk pottrit qurdqatd ma&àvtfU 

Ll 



j3« Moyfci conjidéré comme Lcgijlateuf 
On craint que la faute la plus légëfe de leui 
part ne rende un Ifraélite coupable , en lui 
faifant contrader par fa nourriture une impu- 
reté religieufe. Moyfe , d'un autre côté , n'ou- 
blia rien pour inlpirer au peuple une forte de 
xefped; envers cet aliment utile, devenu pirmi 
tant de nations de néceflîté première & pour 
lequel un pareil fentiment eft d'autant mieux 
fondé qu'il rejaillit fur l'agriculture dont k 
•pain eft la produdipn ll^plus efleniieUe. Là 
rabbins ont conferyë ce refped. Ils annoncent 
\x\\t punition célefte à ceux qui le jettent ou le 
laiflent tomber par négligence (1372.). Moyfe 
Favoit confacré d'uiî^;^^^"i^re particulière en 
ordonnant d'offrir chaque femaine à Jëhova 
douze pains ( 1 373 ) , un pour chacune (les 



i> infuî/tveiit, Hactamcn Uge , ut adhuc ptr întegrum an- 
num , fînguUs hebdomaidibui ftmel ^ ritus maâlatioâis & in- 
qUifitîonis dUigentcr perle fat ; anno verb [ecundo , fingalis 
men/îbus femd ; tandem relîquo vlta fiia fpatio , Jîngulîs 
"tfimépribùs femel tantiim, Jiite fiante rabbîno N,. 

\ (1372) Bible d'Avignon, dido loco.. 

(t'373) Léyitique, chap. ^4 , v. ç. L'hébreu les 2^ 
; pelle c^aû f panim ^ que Lyranus & Abulenfis ont 

pris pour un pluriel/ Ce mot, en effet, en a la forme; 

mais, dans le feqs qî.i'il offre, il eft fmgulier. 1! revient 
*à rWx/oy des Grecs, qui ti^nifiQ y in confpe(hi , coram^ 
^P^r .^llufion à rufagç. de laiffer. toujours ces pairs à 



& côHùtie Moratija. ' /j i^ 
tribus. Ces pains dont les prêtres fèuls avôîent 
le droit de fe nourrir (1374) , dévoient' être dé 
pure fleur de fkriile & fins levain (137^). Lé 
levain étoit profcrit , il Tétoit de toutes les of-^ 
frandes divines , bu en mëfnoii'e de ce que les 
Hébreux fortin d'Egypte célébrèrent la fête 
avec du pain aiyrfie , ou plutôt paf un nouvel 
cflfet de la telidre folïicîtude de Moyfe pour la 
fiinté des citoyens & parce qUe le pain eft. 
plus pur & d*unè digeftioh plus facile quand 
il n'eft pas mêlé à un levain acide. Cette caufé^ 
fimple & naturelle nous paroît bien préférable 
aux caufes myftiques cherchées par quelques 
écrivains dont les uns voient dans cette dé-* 
fenfe, fous un fens bien caché, la profcriptioa^ 
de Taftuce & de la colère, & les autres la 
profcription de tout ce qui éft vieux , mauvais ' 
• — i — -il—: — ^ — ■' — ^, 

découvert fur la table en préfence de Jéhova. Les, 
Septante emploient cette expreffion. Us nomment ces 

^d\ns tmiclùis ^ faciales* \ 

(i 574) Voyez S. Matthieu / cbap. li , v. 4 , & x 
Paralipomènes , chap. 9, v. 31, & chap. 23 , v, X9:. 
Ceft le jour du fabbat qu'on ôtpit les vieux que 
les prêtres oiangeoient. Lévitique » jchap, 24 , v. 8. 

(1375) Voyez le Lévitique, chapitre 24, v, 5, &* 
Josèphe, Antiquités Judaïques,' livré 3 , chapitre 7, 
page 83. * 

LU 



ffX, Moyfè , wfffddri comme Légijlatcur 
Qu çprcompu (X^6). Ceû ainfi que pour It 
OÛel dont \^ prohibition eft égaiement coi^ir 
giée dUiu TEcritufe ( 1 377) ,. on ^ cherché h^xt» 
çpup .de raifons étnnghres. Les uns, 5c Pbiloa 
^ de ce nombre (i 37S) , eyoi trouvent la caufe 
dam œ que les abeilles; qui en font les ou^ 
vrières Çont engendrées, par la putréi^^ioa. 
jy autres penfent qu'il eft, défendu parce quç lei 
payens Toffroient à Bacchu^ i^579) % op'mQJ^ 
qui n'«ft pasj plf^s admiiBWe pqifque Jélu)v^ 
pQfmit à Iqn pqi^ple d'autres objets cpmununsi 



* .f * A\ i. » ■' I l ' .Ul ' J JlUijJ » 



\ty^} Cé« (Jemlerfr fe fondent ftir un pafiàge de 
S Paul , liaos la preiniàrd éfkto aux Coi^sAioas, 
cj^p. 5, v.-S, ^ /,;• ^ ,; 

{i|77) Voy* fe.L^iliqvt^ ^ ch^pîtce z, v* 11, & 
f4pxa, chap. 3 , ?rt.;4 , pîig. 16%. 

(157^) De Sacrificantibus, tom. 2 , p^ig. 25c. Cette 
iJée fabuleufe eft commune à beaucoup d'anciens 
écrivains. Voyez M\îett , dans le dernier chapitre du 
féeènd livre ëe WKftoire des Animaux; Clément 
d'Alexandrie , recognît. liv. 8 , chap. 25 ; Grigèn^ 
con^e Çelfe, ikv. 4, pag. 203 , & Hefychius , verb© 

• (?^379) I-»ï>* »co fidnf , fuccii quia duWbus flic 

Cau^t 9 A il Bacek) bmIU refinta ftrunc. 
Qridç ,. liv. 3 ^ 4e«. F^ftes» v. 73S &7}6, Oft f^pi- 
nion de Boch^t , . de JUnsialibui^ fac<îf^ ^ part. 2 1^ 
col. 5 50, & de Maimonide, More Nevochim , jf^n, } ,^ 
chap. 46. 



é ààinmt MâràK/k. 53"^ 

îtù* féaâèôttft du pagânifitiè & dé ndôlattfe^, 
coitimé YMiït ^ 4è Tel & rehcens. Ceux iqtli 
veulent tcmt âllëgbrifer* fuppofetit que Didi 
pfpfcrivitpaMàïes douceurs jperfides de U vti- 
lupté (îj8o)i Spencer eti donne plufieui^s 
naîfoiîs (ijSi)- Jéhôva, fefon lui, re;ettâ b 
«ftiel , d'ibôfd pour qu'on ne cfût pas qtill 
<tôît fenfible , Comme tant de divîilfeés pâyeti- 
nes (tjS^), Itî goût dëlldeux-dei bttratrdés 
qu'on liU préféfttoit. t^. Pour f àppèlter à leur 
limpUcité primitive les oblatiohs qtife lei ^a- 
«riarchéi Te CcMitefjtoient de former d*huilè & 
de fariné. 3®. Piirce que le miel êtoit priiitî- 
palement oflfert , dièz plufieurs nations , aux 
dieux infernauît & aux grands hommes expî- 
tës (1385}. 4*^. Pour que les p'rôduÛiotis de k 
. -j . , -. ^ 

(1380) Voyez Th^odoret ftir ce vcrfet du Lévî- 
tîque; S. Jérôme, épître 9 ad Èuftochîum; fiochart, 
di6lo locoj pag. 518; Hottînger , de Jure Webraed- 
rum, pag. ï66 & 167, & 8{)em:tr , de L^ibus a- 
tualibus Hebrftorum, Kvi a>xhap. $ j feft. i , p. 3<i9 
& 310. 

(1381) Diâo loco, feft. 2, pag. 310, 311 &_3i2^ 

(1382) L'auteur de l'Hymne à Mercure appelle le 
miel 9 Bêut i^ûdv îJ'mJ^f ^ deorum fudi^tm dburk» 

(i 583) Voyez ^fchyle dans là tfàgédie A^ PèJ-fes^ 
V. 610, & les notes de Stanley, fur ce pt^fêtè, 
pag. 77Q. Vayëz shiffi BoChart , ilâè lôW>, pâfg: 530. 

LI5 



>34 Moyfe , confidéré comme Légijlateur 
terre & les vidimes fuflent apportées dans leur 
ét^t naturel, & fans recevoir des alimens 
qu'on y mêloit une empreinte étrangère. Plu- 
tarque s'éloigne moins de la vérité lorfqu'il 
dit (1^84) : Les Juifs ne font pas ufage du miel 
dans leurs facrifices , parce que, mêlé avec le 
• vin, il le corrompt. Nous penfons qu'il fat 
profcrit par la même raifon que le levain. Cuit, 
il contrade d'abord une âcreté dangereufe, 8f 
faitenfuite fermenter leç alimens avec lef quels 
on le confond. 

. En général , il n'eft pas de détail , dans 
quelque genre que ce foit , qui échappe aux 
regards attentifs & pénétrans du légiflateur des 
Hébreux. Elevé ordinairement à la hauteur des 
plus grands objets politiques^ il en defcend 
quelquefois pour veiller d'une autre manière 
à la propriété , à la tranquillité &r*à la sûreté 
publiques. Tantôt il défend de lever , de chan* 
ger, de tranfporter les bornes des hérita- 
ges (1385) : tantôt il défend, fi on trouve un 
nid d'oifeaux , d'en ravir la mère à fa fa- 
mille (1586). Tantôt il ordonne, lorfqu'on 



(1384) Sympofia , liv, 4 , queft. 5 , in fine , p. 672. 

(1385) Peutçronome, cbap. 19, y. 14, & ch. 2*, 
vçrf(?t 17. 

(ïjSé) Deutéronomc, çhap, %%^ v, 6 i& 7, 



& comme Mdralîjlâ. f^f. 

aura bâti unemaifon, de faire autour du toit 
un mur d'appui , de peur qu'on ne tombe &c 
que le fang ne foit répandu (i 387). Ici , jaloux 
de prévenir par des confeils paternels des fautes 
dont il auroit été obligé de punir les fuites 
comme légiflateur , il défend à chacun des 
deux fexes de fe revêtir des habits de l'au- 
tre (1388) ; à une .femme de refter feule avec 
deux hommes , ou à un homme» de refter feul 
avec deux femmes , excepté qu'elles foient fes 
époufes ou belles - fœurs entre elles , ou qut 
l'une foit la fille du mari dont l'autre eft la 
femme, ou que celle qui eft avec la femme qui 



(i 387) Ibidem , verfet 8. 

(1388) Deutéronome, chap. 22 , v. 5. D'«ù on a 
défendu à chaque fexe les ufages de Tautrç qui tien* 
nent à la parure , comme 4e colorier ioa vifage pour 
les hommes & de fe livrer à toutes les aâions efFé-j 
minées qu'on pardonne aux femmes &c. &c. Buxtprf, 
Synagogue Judaïque, chap. 31, pag. 591. Léon dq 
Modùne, Hiftoria de gli riti Hebraici, part, i , ch. 5 ^ 
§. 2 , pag. 13. Josèphe donne un fens bizarre au paf- 
fage cité du Deutéronome. Il prétend que la défenfe 
de revêtir les habits du fexe dont on n'étoit pas , ôe 
regarde que les momens de la guerre & par con- 
féquent que les habits guerriers. Antiquités Judaïques^ 
Hv. 4 , chap. 8 , pag. 130. H rfy a pas un mot de cetto 
reflriûiqn dans l'Ecriture. 

. LU 



jjé Moyfiy confidéré comme Liffflauur 
pourroit devenir coupable foit une enfant 
aflèz avancée en âge pour favoir ce qu'eft 
l'union phyfique des deux êtres, fans pourtant 
être encore en état de s*y livrer ; parce que 
dans tous ces cas on fuppofe que les deuit 
femmes ont intérêt à fe furveiller mutuelle- 
ment & que l'une d'elles n'oferoit pas être 
criminelle en préfencede l'autre (1389). Là, 
regardant Comme un grand malheur la nécèf- 
fité de combattre, il en dilpenfe au moins ceux 
pour qui elle feroit plus pénible (i 390) , & ne 
veut pas qu'on la fubiffe avant d'avoir' oflfert la 



(1389) Mifna, t. 3, de Sport&Kbus, ch. 4, §.12; 
pag. 383. Mais il eft très-permis, difent Maimomde 
& Bartenora , de demeurer feul avec un homme ou 
avec un quadrupède, parce qu'un Ifraélite ne peut être 
foupçonné de fe livrer à ce genre de brutalité. Ce- 
pendant , ajoute Maimonide , les gens véritablement 
«"cligieux s'abftîennent de fe trouver ainfifolîtairement, 
ou tête à tête avec un feul être , fur-tout avec un qua- 
drupède. Mifna , dido loco. 

(1390) Le Deutéronomé , chap. 20 , y. 5-8, in- 
dique les cas où quelqu'un a bâti une maifon neuve 
dans laquelle il n'a pas encore logé^ a planté une 
yîgne dont le fruit n'eft point encore en état 'd'être 
mangé , eft fiancé à une fiiie qu'il n'a point en« 
cpre époufée , & le cas où l'on eft frappé de 
frayeur. 



& comme Moftuifte. ^^y 

paix (1391). Il ordonne, fi une ville aflîégée 
l'accepte, d'en fauver le peuple & de raflujétii» 
feulement à un tribut (1391) i & fi elle la re- 
fufe, de la punir par le fer, de ne guères 
épargner que les femmes , les lenfkns & les 
animaux (1393). C^t ordre , dont la dernière 
partie eft fi févère, regarde uniquement tes 
villes que les Hébreux ne dévoient pas pof- 
féder. Il eft plus rigoureux encore pour celles 
que Dieu a deftinées aux Ifiliélites. La mort en 
attend tous les habitans, de peur, dit TEcri- 
ture , qu'ils n'apprennent aux Juife les abomi-^ 
nations du culte de leurs dieux ( 1394), Ils y 

(1391) Deatéronome, chap. 10; v. la 

(1392) Maimonîde , de regîbus & bellis eorum; 
part. 4, chap. 6, & Mikotfi^ Prscept. affirmât. iiS, 
prétendent même qu'on ne pouvôit affiégcr une viHe 
que de trois côtés & qu'on devoit en lai^r un de 
libre afin que les affiégés puffent en profiter pour 
prendre la fuite. 

(1393) Deutéronôme, chap. 20, v. 11-14. Voycr 
Alb. Gentilis, de Jure Beîli, liv. 2, chapitre 16; 
Grotius , de Jure Belli & Pacis, Jiv. 3 , chap. 7 & 
1 1 ; Maimonide , de regibus & bellis «orum , part. 4 , 
chapitre 6. 

(1394) Ibidem, 15-18. Combien on eft affligé de 
lire de pareils ordres dans nos livres faints ! Les Jui&, 
âu refte , fufetxt toujours très-cruels dans leurs corn-* 



/ 5 8 Moyfe y conjidéré comme Légijlateur 
iéchappoiènt néanmoins , s'ils confèntoîent à 
-devenir profélytes , ne fut-ce que profélytesdé 
domicile (iî9y). L'Ecriture ajouta, &r on lira 
cette loi avec autant dé plaifîr que l'autre aura ] 
excité de terreur : N'employez Jamais , dans 
vosfièges, les arbres qui|portent des fruits à 
vous faire des remparts ou des machines guer- 
rières -, n'y confacrez que des arbres fauva- 
ges(i396). 
Moyierc- Plufîeurs des lôix de Moyfe ont quelques 
Grecs Tes triits de reflembknce avec celles des Grecs & 
fa!ou? de beaucoup d'autres peuples. Rien fans doute 
n'eft plus facile à concevoir & à expliquer. Les 
mêmes penfées ont dû fe préfenter quelque- 
fois aux perfonnages illuftres que leur génie 
appelloit à éclairer les hommes & à les con- 
duire. Il faut donc , pour accufer de plagiat 
tant de légiflateurs célèbres , qite l'accufation 
foit évidente & pçrte fur des- objets qui 



bats. Voyez, Jofué* chap. 8, v. i & fui vans; & 
chapitre lo, v. 24, 25 & 26; le livre des Juges, 
chap. 1 , V. ç & fuivai)s &c. 6:c. &c. 

(1395) Sepher Siphri, col. 187. Salompn Jàrchi fur 
îe Deutéron. chap. 20. v, 18. Selden,de Jure Natura 
& Gentium, Hv. 6 , chap. 16 , pag. 781 & 782. 

(i^cyô) Deutéronome, chapitre '20, v. 19 & 20,- 
Josèphe, Antiquités Judaïques,. livre 4,^ cliapUrç Ç » 
page 129, 



. & comme Moralijle. - J39 

pourroient difficilement fe préfenter à la fois 
^ans Tefprit de deux êtres ifolés. Croiroit-on, 
d'après cela, qu'on ait ofé foutenir (1397) que 
les Hébreux reçurent des Grecs une partie de 
leurs coutumes & de leurs loix ? Moyfe pour- 
tant eft beaucoup plus ancien , comme le re- 
marque faint Clément d'Alexandrie (1398), 
non - feulement que les philofopbes & les 
poètes de la Grèce, mais encore que la plu- 
part de fes dieux. Les marbres d'Arondell le 
font contemporain de Cadmus qui fonda le 
royaume de Thèbes & apporta, dit -on, la 
connoiflance des lettres dans cette contrée 
heureufe (1399) > & cette époque fe rapporte 
aux calculs des* meilleurs chronologiftes. Les 
Juifs étoient au plus haut point de leur puif- 



(1397) Celfe entr'autres. Voyez le fixième livre 
d'Origène contre lui. La marche des fciences & des 
-arts a été contraire ; ils font venus d'Egypte en 

Grèce. 

(1398) Strotnata , liv. i , pag. 313. Voyez Théo- 
dorct, de curand. graec. afFeâ. ferm. 2, & Eusèbe", 
Préparât, évangeliq. livre 10, chap. 4, pag. 469 & 
fuivantes , & chap. 9 , pag. 483 & fuivamés. 

(1399) Voyez Josèphe contre Appîoa , livre i, 
page 1034. Ce n'eft même que vers la guerre de 
Troye qu'on commence à appeller %KKvim les Jiabi* 
tans de la Grèce. 



J4Ô Mayfty tùnjidirt cùtnmé Ugijlatem 

fance que les Grecs n*avôient-pas cefle d'éttè 

barbares , &: Salomon eft antérieur de plitt 

d'un fiècle à Homère & à Héfiodc. 

Les Grecs Mais fi cet!te communication fut impoffibk, 

î« "cure de il eft pareillement invraifemblable , malgré 

Moyfe? l'opinion de^lufieurs écrivaifts diftingtiës , qiî* 

les habitans de TAttique, de la Béotie & du 

Pëloponèfe , aient reçu des Ifraéiites leur! 

tifages 5 leurs arts , leurs loix & leur {)hilofô* 

phie (1400). Selon ces écrivains, les fages de 

la Grèce , fes légiflateurs avdent trouvé dans 

TEgypte où ils voyagèrent , la tradition de 

la morale, de la jurifprudence & des cou- 



(1400) Clément d'Alexandrie, Admonitio ad Gentes 
J>ag/ 46 & fuivantes ; Stromata , liv. i , pag. :599 & 
Suivantes j 34^ & fuivantes ; liv. 5, p. ÇÇ9 & fulv. 
& pag. 592 & fuivantes; liv. 6, pag. 618, 629 & 
fuivantes. Huet , Démonftration* évangélique , propo- 
fition 4 , chapitre 11 , §. 1 , page 156 & fuivantes. 
S. Jurtiri , Cohortatio ad Grsecos, pag. 15 , 18 & fuiv. 
Eusèbe , Préparation évangélique , liv. 13 , chap. u 
^fuivans, pag. 663 &fuiv. S. Cyrille d'Aletandrie, 
liv. I , contre Julien , & S. Ambroîfe , de Fugâ fa2cu5, 
chap. 8 , §. 7; De Bono mortis, chap. 10, §. 4Ç< & 
chap. 11, |. 41; de Noé & Arcâ, chap. 8, & fur le 
pfeaume n8 , ferm. 2 , §. 5 & 13. Origène, livre 3, 
contre Celfe. S. Auguftin , de doftrinâ chrîftîanâ^ 
liv. 2, chap. i8 , §. 41 » tom. 3 , part. I , pag. 36, 
le regarde auffi comme une chofe tr^prôbable. 



, & commt Moraïïfi^l ^ *^\X 

.tumçs hébraïques , tradition qui leur danni 
l'idée d'unç vie future & de l-immortaUté d^ 
Tame (1401)^ Pythagore alla à Babylone fouç 
le règne de Cambyfe. Il avoit vu Eiéçhiel ea 
Chaldée & Jérémie en Egypte (i4oz)5 il apprit 
d'eux k culte , les loîx &*les principes donnés 
aux defcendans de Jacob (1405). On a même 
prétendu que Numa, dont on a fait un pytha- 
goricien , fans s'embarraflfer beaucoup de^la 
çjtironologie , avoit tout pris de fon maître ;^ 
& par-là , indiredement des Hébreux (1404). 



(1401) Voyex, outre les auteurs ekés, S. Juftin, 
Apologie féconde , pâg. Si âe 82. 

(1402) S. Augùftin, diâo loco. Clément d'Alexan- 
drie, p. 302. S. Juftin, Cohortatio ^à Graecos, p. 15. 
Théodoret , Sermo i ad Grascos, page 466, 471 

il 47^' 

(1403) ArîAobuIe , apud Çletnent. Alexand^ diâo 
Ipco , & apud Eufebium , Praep. Èyang. liv. 9 , civ 6, 
pag. 411. S. AuibroiCe^ liv. 3 , épitre ao. Ariftobale 
rie dit pas même clairement que ce foit des Juifs: 
car, quoique Juif, il babitoit rEgypte.où il étoit 
inftltuteur de Piolémée Philadelphe. ?. lV|achab. ch^ i,^ 
V. 10. Il pourrqît donc vouloir .parler des Egyptiens. 
Nous avouons pourtant qu'il eft beaucoup plus vrai* 
femblable que *^0 foit des Ifraélites. Voyez ce qu'en 
At Josèphe contre Appion, Jiv. î.,.p2^g. ^^046. 

(1404) Voyez Oé^ent d'Alex4n?rie.,,diâo loco._ 
On dit que les Pày«a$ ipto^ ^c i^v^^loi plagiats 



j44 ^oyfi y confidiri tomme Icgijlateur 

de deux fièèle^ (140^)- Nabuchodonofbr af- 

fiégea pour la première fois la capitale dei 

Juift , vers l*aa 606 avant 1 ère chrétienne. 

Jérémie avoit déjà comniencé fes prédirions, 

depuif quelques ani>ées. I! eft vrai qu'il les 

continua jufqu'à Tincendie de Jérufajlem & du 

temple ( 1410 ). Cyrus monta fiir le trône 

vers jy9, Platon naquit èri 450 & ne voyagea 

guère« par conféq»ent que vers la fin de ce 

fiècle. Si le plagiat des Hébreux. par les. Grecs 

n'étoit pas au moins une chimère , il fâudroit 

plutôt rapporter ces prétendues inftruâions 

données par Jérémie/ à Solon né 6^t ans 

•,vant iefus-Chrift. 

pupatipté- Ce qu'ils affurent dé Platon , ils l*a(furenl 

^;^'j^;, également d'Ariftote & de totis'les péripatétiî- 

âutrcs^phUo- j^iej^s (1411). On a naêm# dit qu'Alexanèt 

devenu pofleffeur, à Jérufalen>, des livras de 

Salomon , les avoit confiés à fbn ancien 

maître qui s etoit empase de ce qulls renfer- 

\ . "1 . .■ ' ' 
(1409} S. Aiisufiin ne commet ranacbronîfme qu^à 
moitié. A temporfi quo prophetapît Jirimias ^ dit -il, 
centum fermé ' annos Plato natif^ tfi. i)e çivitate Dei, 
liv. 8 , çhap. ix , tom. 7 , pag,. 199. 

( 1410) L'acf 587 avant l'^fe çheétîenne. 

. (141 1) AriâoMe, dîâio;}(^a^^^ Qémeot d'A- 
lexandrie > Stromat. liy, 5 , pag. 595. 

, moientj 



& comme MoraCiftt. jj^f 

jnoient,, & l'avoit donné comme fbn propre 
ouvrage (1412.). Abarbenel poufle plus loin 
rabfurdité (141 3). Ariftote, à Ten croire , fut 
inftruit par Simëon le jufte dont il admira les 
connoiflances prodigieuses dans les fciences di- 
vines & naturelles. Le rabbin Azarias va plus 
loin encore. Il parle d'un livre trouvé ea 
Egypte où on difoit que le difciple de Platon 
avoit embrafle avec tant d'enthoufiafme les 
préceptes de Moyfe, qu'il étoit dçyenu.profé- 
lyte de juftic^(i4i4). Saint Clément d'Alexan- 
drie appelle en général les philofbphes de If 
Grèce , des voleurs ingrats qui dépouillèrent 
les Hébreux fans avoir jamais eu la franchifè 
de l'avouer & de le reconnaître (141 y). U n'en 
cft pas un feul, félon Tesftullien (141^) , qui lie 
fe (bit abreuvé à t^ Iburcç des prophètes ; & & 
les idées religieufes des Grecs reflèmblent quel- 
quefois à celles des Juift, c'eft, continue-t-il , 
qu'en mêlant ainii des- fables &: des menfongels 

(1412) Voyez Leidekker, de Republicâ Hebrseo- 
rum, liv. it, chap. 6^.pag. 673/ 

(1413) Dans le premier cHapître de fon comr 
Hientaire. 

(141 4) Voyez Leidekker, diôo loco. 

(141 5) Stromata, liv. 5, pag. 550. 

(14 16) .Apologétique, §. 47* pag* 3^ & 57* 

Mm 



54^ Moyfcy confédéré comme Ugijlateur 
àunedoûrinefalutaire, ils ont efpéré que tout 
obtiendroit foi également ou que rien ne Tob- 
tiendrait, -& qu'ils a£R)iblirqient ainfi adroite- 
ment la «CFoyance que pourrait mériter le 
culte des chrétiens. 
txamcn île Ces Tapprochemens & ces préfomptions me 
t« lî^c""' paroiflent fans force , je Tavoue. Il me paroît 
tioiis. j^ moins impoffible de les balancer avec les 
raifons contraires expofées par Calmet (I4I7)- 
Si ce favant bénédidin n'a pas en fa faveur le 
^ plus grand nombre des autorités^ il a les plus 

folides , & il y joint la force du raifonnement 
& de la vraifemblance. Nous retracerons 
bientôt d'après lui le fentiment & les preuves 
d'Ariftée, de Philon, d'Origène, de Josèphe, 
de Saint Auguftin &c de Laâance : mais aupa^ 
vant préfentons quelques obfervations im- 
^ portantes. 
Les Juifs Sans dire , comme Josèphe , que les Grecs 
long- temps ç^^^ ^^ pèuple nouveau relativement aux Hé- 

mconaus •»■ * 

aux Grecs, breux; fans faire, comme lui, remonter ces 
derniers au^ pafteurs captifs des Egyptiens , il 

(i4i7),éible d'Avignon, tom. 3 , pag. 92 & fuiv. 
Voyez, fur cette qu^ipn, les obfervations critiques 
de Pri^eaux, part, i , liv. i , tom. 3 , pag. 43 & fuîv, 
& tout ce qu'a raffemblé Voifin , de Lege divinâ ^ 
diap. 39, pag. îi6 & fuivantes. ' 



'& comme Moralifld . . . j47j 

eft. çertaîn que conformément à Tufage fuivî 
en Egypte &: en Chaldée ^ où on faifoit écrire 
rhiftoire par les prêtres^ les Juifs avoient dans 
leurs^prophètes des hîftoriens publics chargés 
de conferver les événemens de la nation (141 8) : 
mais il eft certain auflî qu'ils furent long-temps^ 
inconnus aux habitans de la Grèce. Josèphe, 
lui-même (141^) reproche leur ignorance à cet 
égard à fes premiers hiftoricns connus , .à Hé- 
rodote & à Thucydide. Les philpfophes ne 
connoiflbient pas mieux les Ifraélites. Un dif- 
çiplé de Pythagore , Numénius , les unit expref^ 
rément avec lés brachmanes & avec leV mages, 
pour défigner les plus fameufes fedes qùî 
fuirent dans rOrient(i42o). Ariftoté les con-j \ 
foiid aujte avec les brachmançs^ & conune 



(1418) Q>ntre Applon, liv. i;:pag. ioj4, ^^3ïî 
jtojé,; 1040 &^iç4u 

(1419) Ibidem , pag. 1038. Cependant > quelques 
f>apé'^ûrbàs7il croît qu*HerodSte a voulu défigner 
^es Juifs , qua^id il a parlé des Syriens de la Palefiinea 
Page 1047...... ... ., ;. .-. . -. •- :.'; ■ . .r «. 

; (1420) Ybyea; la Pxéparation évaogélique d'Eu- 
^b0>rliv. 9 ,-^chap. 7 3 pag. 4« > Porphyre dans 
TWodoret , Tbécapçuiiq. liv^ i; Cunejus de Repu-r 
blicâ HebraBorum , liv. i , chap. 4 , pag. 27 & a8 j 
^Idea, <te Jurft^jiwmîfic Gemiiw^Kf, »!;,. cb. a, 
jag^iaj. &-^$io::::-.~ / ix , ' 1 • .'■■:■■ ' /: . 't 



148 Moyfty\onfidtrt comme Légijlattur 
Cléarque de Soles en Cilicie & péripatéticien 
célèbre ^ les fait defcendre des Calanes de 
rinde (142.1). Mégafthène qui avoit fait Thif- 
toire de cette contrée , & ne vivoit même 
qu'après Alexandre, fous 1^ règne de Séleucus- 
Nicanor/dit que les anciens-n'ont rien écrit 
"fur la nature que n'euflent écrit des philofophes 
étrangers à la Grèce , comme les brachmanes 
dans riiide &.les Juifs en Syrie (142.1). 

En quel temps les Grecs auroient-ils donc 
puîfé lès connoifTances des Hébreux ï Depuis 
leur étatliflemènt danS la Terre promifè juf^ 
^u*à la captivité de Babylone , les enfans 
clliraël vécurent ifolés, renfermés en eux- 
mêmes, éloignés des étrangers parla nature, 
les mœurs & là religion. Echappés à Tefcla- 
vage , ils reurrèfent dâiîs lëîiT patrie pour y 
vivre plus oiifcurs eiicoré qù'ik ne raVoièiit 
été , & leur averfîon pour le^ autres peuplés liè 



(1421) Voyez Èusèbe, àiôd ?4ôca-i chapitre % , 
pag. 409^ & Josèphe contre Appion, liv. i , |>. 1048L 
Il y a qiiel<|^ àifFérettc» ikfts là mafitére doot ces 
écrivains hitpportettt le paff^ è^ Oéarque; maîs'É* 
deux m^ièred'diTeât égalel^idmicd^que nous^ivaiH 
çonsici.v -• .:^-*:'i ♦• • *i , i .v'I . . i .1 i ' \ 

{i42a.y Cfement d'Alexariaiite'j' tSt^omafà , . lîv; *^ 
pag. 305 , in fine. Eusèbe, Préparatioiî évangâlicQiffV 
liv. 9 , ^hap. 6 , pag. 410. 



& comme Mùfàlifte. , . . f^f 
fut point aflfoiblie. Il eft vrai que les exils Sf 
les tranfmigrations répandirent fucceffîvement 
un grand nombre de Juifs dans tout TOrienr, 
en Afrique , en Grèce & en Italie : mais ce fîit 
infenfiblement ; & la fingularité deleyrs ufages 
infpirant peu-à^eu le défir de connoitre leur 
origine , on traduifit enfin le. livre qui conte- 
noit leurs principes , leurs loix & leur hif- 
toire(i4i5). 

L'époque à laquelle il commença de ç'éta- Quan^îo» 
blir une communication de penfées & de lan- bTwc' «»* 
gage entre les Grecs & les Hébreux, eft effen- ^^^ 
tielle & facile à détjsrminer. Il feroit certain 
que les premiers ne pénétrèrent pas en Judée 
avant Alexandre, quand même il faudroit 
adopter tout ce que Josèphe raconte de ce 
héros (1414), Ils ne purent donc paç profiter 
des connoiflances répandues parmi les defcen- 
• dans de Jacob , puifque le fîèclef)rillant de fa 
Grèce pour la poéfie , pour Téloquence, pour 
la philofpphie & pour tous les arts, expiroit 
quand le plu* illuftre des Macédoniens fufr- 
;ugua les Perfes & foumît TAfie. Ifs le purent 
d'autant moins que l'ouvrage de Moyfe & de 



(1425) Voyer Calmer, &Sto loco» pag. 85. 
(1424) Antiquités Judaî<^es, Kv» ri , ehapi»^ Z% 
pag. 3S} Sa ftttvaatesi, 



j ;o Moyfcy jconjidcré comme LégiJUwtf 
fes fuccefleurs ne flit même connu que fous 
Ptolémée Philadelphe qui , le premier, or- 
donna de le traduire dans la langue d'Ho- 
mère, de Sophocle & de Platon (142. ji). On 
fait qu'il y avoit alors beaucoup de Juifs en 
Egypte , & que ce prince raflfembla dans une 
immenfè bibliothèque non-feulement tout ce 
qu'il trouva dans fon iroyaume , mais encore 
beaucoup de livres trouvés à Rhodes & à 
Athènes (1426). Il acheta auffi à grands frais 
& par beaucoup de préfens envoyés à Jérufa- 
lem , le plaifir de faire traduire les livres fàcrés 
des Ifraélites (1427). Josèphe décrit une table 
d'or & deux grands vafes du même métal qui 
furent parmi ces préfens (1418). Ptolémée Phi- 
ladelphe accorda de plus la liberté aux Juifs 
qu'un de fes prédéceflTeurs avoit tranfportés 
en Egypte {^^1-9)* L'idée de cette tradudion 

(1425) Joséphe, ibidem, liv. 12 , chap 2, p. 589 
& fuivantes. Philon, Vie de Moyfe, liv. i » tom. 2» 
page 139- 

(1416) Josèphe, diao loeo. 

(1427) Josèphe, ibidem, pag. 391 & fuivantes, 

(1428) Ibidem , pag* 403 &' 404. 

-(1429) Josèphe, Antiquités Judaïques, livre' 12; 
chap. 2 , pag. 389 & 390. Il y en avoit puis de cent 
mille, ftlon Josèphe , & le prince paya , pour chacun 



& comme MoraûJFe. 5 j^t 

fut regardée , fuivant Philon (1430), comme cequeiiMf 
un»- infpiration de la divinité, & ceux qui y pcnflSdcri- 
travaillèrent comme des prophètes animés de^adul^^? 
refprit de Dieu. Cet écrivain ajoute qu'on- ' 
célèbre à ce fujet, chaque année , une fête 
folemnelle dans l'île de Pharos où ne viennent 
pas feulement les Ifraélites mais où accourent 
en foule une multitude de Grecs tous «gaie- 
ment emprefles de rendre hom^mage àl'EterneL 
pour un bienÊiit que foa ancienneté ne rend 
pas moins précieux* Selden ,. Jofeph Scaliger,, 
Ribéra (143 1), & plufîeurs autres, y voient 



d'fettx , cent-vingt drachmes à ceux dont ils étoient led 
efclaves ^ ce qui lui occafionna une dépenfe de qua-^ 
tre cents foixante talens. Pag. 136a, 391 & 392. 

(1430) Tome i.y vie de MoyfcjL lîv. 2, pag. 140; 
Juftin , G^hortatio ad Grsecos , pag; 14 ;. Clément 
d^AIexandriéy Stromata, liv. i, pag; 342; Iréhée, ad- 
versiis haerefes^livi j:^, chap^ 2Çî, pag; 292 & 29j>j^ 
font du même avis. 

(143 1) Selden, de JureNatura & Gentîum , lîv. 3>. 
chap, 3 , pag. 284. Ribera, detcmpto, Kv. f, ch. zi» 
Jbfeph Scaliger , de Emendatione temporum , lîv. 7> 
pag: 651. Voyez fur cette traduôiôn, Lighfoot, Bî- 
blioth. univerf. tom. r, pag. 370, & tom^ r, p. 2.36'J 
S. Auguftrn, livre 2', dfe là. doÔrine chrétienne^ 
chap. 15 , §. 22 , tôm. 3 , part, i, pag. 28, & liv. i^i 
de làr cité dô- Dieu-, chap. 43-, tom. 7, pag. 525 &. 



y^i MoyfcyC(mfidéréconane Lq^Jlateuri, 
au contraire une profanadon. Ils afiurent que 
la terre , pendant trois jours , fe couvrit de 
ténèbres, & qu'on jeûne encore le huitième de 
Tébeth(i432) pour demander pardon à Jéhova 
du facrilège commis en traduifant les livres 
facrés dans une langue étrangère. Quoiqbe ces 
deux propofitions paroiflent contradictoires , 
on peut néanmoins les concilier. D fuffit de dif- 
tinguer les époques. Les Juifs , pendant aflèz 
long-temps , eurent pour la traduâion des 
Septante la même vénération que {)our le texte. 
Ds fuppofoient qu'elle fut didée d'une ma- 
nière miraculeufe & que les interprètes choifis 
myant chacun travaillé féparément , avoient 
tous , par un prodige que rinfpiration feule 
pouvoit exphquer , employé les mêmes phraies 
& les mêmes mots dans le même ordre (143 3)* 



5:16; S. Jérôme, tom. 4 , part. 2, Apologie contre 
Rufin , liv. 2, pag. 411 & fuivantes, & dans la Pré- 
£ice des Paralipomènes. 

(1432) Décembre. Genebrard , dans Ton calendrier 
judaïque , & diaprés lui, Guldinus in reflitatione 
Elenchi calendarii gregoriaTii , liv. ç , chap« 12 , fe 
font trompés en le plaçant au fécond jour de ce nioi& 

(1435) Voyez Irénée-, diôo loco , pag. 2^3 ; Eu- 
sèbe, Hiftoire, liv. 5 , chap. &; Juftin, Cohortatîo 
ad Grascos , pag. 14 ; Tertullien & S. Augufiia » 
diâis locis &c. &c. &c 



& Comme Marali/t. 5 5 j 

Nous rapporterions le changement d'opinion orîgîBepré- 
à cet égard aux diflenfions élevées entre ravcrfioa 
Hircan & Ariftobule, s'il falloit croire toutp"u/"i« 
ce qu'en difent les rabbins (1434). Tous deux^^j^^^" ^* 
ëtoient fils du roi Alexandre ^ & tous deux 
jaloux de pofleder fon trône. Ariftobule étoit 
dans Jérufalem & Hircan Taffiégeoit. Les Juife 
enfermés avec le premier dan^ cette ville cé- 
lèbre envoyoient tous les jours quelque argent 
aux agreffeurs pour qu'ils leur fourniflent 
deux agneaux que le facrifice journalier ren- 
doit néceflaires , quand un vieux Ifraélite 
mêlé aux Grecs & aux foldats de Pompée, qui 
défeiïdoient Hircan , voulut leur perfuader 
qu'accorder une pareille faveur , rc'étoit em^ 
pêcher que les affiégés ne fe rendiflènt. On pro* 
fita de ce confeil 3 & le lendemain , on envoya 
un porc au lieu des agneaux demandés. On dit 
que la Judée entière & les terres qui l'avoir 
finent en frémirent de terreur. L'Ifraélite s'étoit 
fervi de la langue grecque pour donner ce 
confeil impie. Dès ce moment , on rendit uji 
décret ( 1435 ) P^^^ défendre d'inftruire fes 



V (1434) Voyez la Mifna, de Uxore adulterii fuf- 
peôâ , tom. 3 , pag. 304. 

fi435) Execrahilis cJIq qmfquîs filïum Juum fapïentïam 
gracanicarâ cdocet. 



j j4 Moyfc y conjiderc cpmme Légijlateuf 

enfans dans la langue &: les connoiflances des 
Grecs. Malheureufement , au fiège près, la 
aarration eft entièrement fabuleufe. Josèphe 
qui raconte Thiftoire des divifions entre Hyrcaa 
& Ariftobule & du fiège formé par Pompé© 
proteâ^ur d'Hyrcan, ne Je contente pas de 
' garder un profond fileneeXur la fubftitution du ' 
porc à l'agneau & le prétendu tremblemenr 
déterre ; il affure que le facrifice journalier ne 
cefla point d'être oflfert , pas même le jour que 
le temple fiit pris , en la ij9^ olympiade, fous 
k confular d'Antoine & de Cicéron (143^). 
foo^içfie La narration feroit vraie que l'époque de 
itt^ud^/lâ' défenfe n'en feroit pas moins, incertaine. 
Nous croyons plutôt qu'il faut la rapporter au 
. temps de la guerre contre Titus ( 1457 ) î & 
encore voyoris-n6us Josèphe de la race des 
facrificateuns & un des homaaes les plus diA 
tingués de fa nation , écrire en grec k% Anrih 
quités Judaïques qui ne furent achevées que 
k troifième année du règne de Dômitien.,. 



(1436) Antiquités Judaïques , liv. 14 , c6ap# S^J 
pag. 474. 

( i437> Voyez h Mifna^ Si&xy loco , & la Gc-^ 
inare.4 de Muneribus , chap. 9 , pag. 64 ; de Uxore 
adulterii fufpeââ, chap. 9, pag. 49 > & de DamniSj^ 
liv. I, chap. 7, pag. Sj- 



& comme Moralîjte. j// 

Tân 93 de Tère chrétienne (1458). Les Hé- 
breux , accablés depuis quelque temps de 
toutes fortes de malheurs, ^enoient enfin de 
iè perfuader qu'ils les dévoient à Tétude d'une 
langue étrangère, & ils vouèrent à l'ana- 
thême celui qui oferoit inftruire fon fils dans 
les connoiflances des Grecs (1439). Ce qui 
nous femble propver qu'auparavant la défenfe 
n'exiftoit pas , c'eft que les Juife produifirent 
dans difierens genres plufieurs hommes aflez 
diftingués , comme Ariftobule le péripatéti- 
cien (1440) & quelques autres, foit poëtes , foît 
philofophes , dont il eft parlé danf Martial , 
dans Clément d'Alexandrie , dans Photius & 

dans Eusèbe (1441). Nous voyons d'ailleurs 

-- ■ 

(1438) IlAious rapprend luî-même, à la fin de cet 
ouvrage , pag. 703. Josèphe étoit né la première 
année du règne de Calîgula, fan 37 de Jefus-ChrifL 
La prife de Jèrufalem par Titus eft de l'an 70. A l'âge 
queThiftorîen avoit alors, il pouvoir déjà pofféde» 
une langue qu'il fe vantoit de bien favoir. 

(1439) Mifna & Gemare, diôîs locîs. 

(1440) Eusèbe, Préparation évangélique, livre 7; 
chap. 14, pag. 324 ; liv. 8 , chapitre 10, pag. 376 & 
fuivantes; liv. 13, chap. 12 , pag. 663 & fuivantes. 
Clément d'Alexandrie , Stromat. liv. i ^ pag. 305 & 
342; liv. 5, pag. 595, & liv. 6, pag. 626. 

(1441) Clément d'Alexandrie, Stromata 3 liv. i» 
P^g* 344* Eusèbe, diâo loco » liv. 9, (chapitre 28 > 



ff6 Moyfe , conjidéré comme higiJLcLteur 
trois Evangëliftes ëcrire dans la langue des 
Grecs, &,Ies Apôtres inftruks de leur philo- 



pages 436 & fuivanres. Martial , livre n , épîgr. 94. 
Photlus, cod. ^3 de fa bibliothèque. Noxis ne par- 
lons ici que des écrivains juifs qui édifièrent avant 
€ia vers le temps du décret donné après la conquête 
de Jéruiàlem* Il y a en aufli,' parmi les Juifs pkrs 
Kodemes » des écrivains diftingués dans plus .d'au 
ignxre : pour la théologie, par exemple , la juriiprfr- 
dknce & la critique ; Moyfe , ffls de Mainoo , pins 
connu fous le nom de Maimonide , auteur Sm 
abrégé du Talmud , intitulé : Jad ha^aka ou main fntt , 
de ptufienrt commentaires fur la Mifna & de More 
Nirodiim^ ouvrage qui , ainfî que l'abrégé du Talmud , 
fitt accufé de philofophie & livré aux flammes y & 
pour lequel on a cependant aujourd'hui une graade 
vénération; Mikotiî, Juif efpagnol, auteur de 5i;pA<r 
Jdîtftvoth Gadely ou h Grand livre des pil^teptesi Abe- 
nezra qui vivolt comme Maiménide dans le doo* 
aîême fiècle & a fait ^ outre un commentaife fur 
le Pentateuque , Jefiid mora ou Us Fondtmeju de U 
€nun^; Jttda Lévite qui vîvoit auiS dans le douzième 
fiècle & a écrit le Sepher Co^ri , un des ouvrages que 
les Juifs eflîment le plus ; Lévi ben Gerfbm quà corn- 
po6i encore plufieurs commentaires & le livre imî- 
talé : Sepher Milhamot Hafchem , le livre des guerres 
dm Seigneur ; Moyfe Bar Nahman qui commenta 
le Pentateuque fous ce titre : Hidufchè H.attora , moU' 
veJks méditations fur la Lot , & qui ètoit conteoi' 
porain de Maimonide & d'Abenezra , ainfi que Salo- 
mon Jarid o\x plutôt Kaaki , Juif firançois i qui 



& comme MoraR/te. y j jr 

fophie ( 1441 ). Le nouveau Teftament cite 
plufîeurs fois leurs poëtes, Aratu* eft cité dans 
les Ades des Apôtres (1443) > Epiniënide dans 
faint Paul à Titus (1444) *, Ménandre dans k 
ptemièse -Epître aux Corinthiens (I44y). Dan* 
la fuite , nous voyons fans doute de« Juifs fana- 
tiques obferver religieufement cette défeûlè. 
On rapporte fur-tout la réponfe du dodeur 
ïfmaël à qui an de fes neveux dffoit : « J*ai 
étudié la loi avec Ip plus grand foin & dalas 
toute fon étendue : ne pourrofis-je à-pré(ent 
étudier la littérature grecque ^^ï Nos livrei 
facrés, répondit Toncle, exigent que cehiioù 
la loi eft re nfermée ne s'éloigne jfwnais de votre 
bouche , & que vous le méditiez nuit & jour. 
Hl-il une heure qui n'appartienne ni au pni^ 



nous devons^ commentaire fiir la Bible & fur le 
Talmud&cj&a&c. :.pour la logique, le rabbin Si- 
méon ; Abea' Tybbon , pour la ptïyiîque : pour la 
.grammaire ^ Jdfeph Aben Cafpi & Jéfus Lévite 
auteur de Touvrage qui a pour titre : Halîcot Olam : 
|}Qtir THiftoire , Abraham Zftcuthi, Benjamin ben 
Jona, Gedalîas ben Jechai , Azarias &c. &c. &c« 
':: (1441) Voye»:?. Pad* ad.ÇpIo&nfcs , chap. 2, 
vcrfet 8. 

., (1443) Chapitre 17 , v. 28. 
r. (1444) GJiaffitre 1, v. 12. 
.^'('4*5)C^wpitreJ5, V.33. 



5 ; 8 Moyfc , conjidéré comme Ugtjlatcur 
ni à la nuit ? Vous pouvez l'y confkcrer (1446)»» 
On voit néanmoins des rabbins célèbres , aflei 
omis de la raifon & de la vérité pour ne pas 
croire outrager Dieu en étudiant la littéra- 
ture des Grecs ^ leur hiftoire &: leur philofo- 
phie (1447). 
Opinion de Ces obfervations pofées & ces faits établis, 
pî'/rcndu'^* nous pourrions nous difpenfer de rapporter les 
^agiat des opinions que nous avons annoncées. Faifons-le 
cependant, mais en peu de mots. Pour prouver 
rimpoflîbilité où furent les Grecs de profiter 
des connoiflances des Juifs , Philon afliire (1448) 
que le Pentateuque fut ignoré des premiers 



(1446) Voyez , dans le tome 3 de la Mifna , de 
yxore adulterii fufpeââ, les détails donnés à ce fujet 
par 'Wagenfeilius. Il cire une réponfe femblable d*uo 
autre rabbin à des perfonnes qui lui âîrofent la même 
queftion , & il eâ d'autant plus étonné de cette aver- 
fion pieufe , qu'un profélyte nommé. Aquilas ayant 
traduit en grec les livres faims, fa; vtràduâion fut gé- 
néralement approuvée & on prétendit^ pour la juf- 
iifîer , trouver une allufîon bien claire dans le pfeaume 
(35 , verfet 3 ) où il eft parlé de Japhetxfui fut, dit^^ 
la fouche des Grecs. > * '. 

< •(1447) Voyez encore Wagenfeilius fur rendrbit 
cité de la Mifna. / 

(1448) Tome 2, Vie de Môyft, I|v. a, ^. 1.58. 
Cela réfulte aufC afTez clairement' dO'JPe^bnd chapitre 
de Josèphe, Antiquités judaïque^, imi-id^* P%^ ^7* 



& comme Moralifie. 559 

pifqu*au moment où on le traduifît par ordre 
de Ptolémée Philadelphe, Il défend enfuite 
avec chaleur de toute accufation de plagiat , 
même d'imitation , ce philofophe Platon dont 
il étudia les ouvrages avec tant de fruit qu'on 
, le nommoit communément Philon platonifé, 
ou Platon philonifé (1449). Selon lui (14^0)^ 
le difciple de Socrate fut feulement accufé 
d'avoir pris une partie de fon fyftême dans 
Héfîode 5 & certainement on ne dira pas que 
ce poëte l'eût pris de Moyfe. 

Ariftée avoit eu la même opinion (145:1), opinion 
& cependant il rappelle, la tradudion àes^^^^ll^*^ 
livres faints qui exiftoit avant Ptolémée Phila- ^«Josèphe 

^ lien. 

^ (1449) Saint Jérôme , Catalogue des auteurs ecdé- 
fiaftiques, tom. 4, part. 2, pag. 106. Sur cette note 
& (ur les fui vantes, voyez Calmet > Bible d'Avignon « 
tom. 3 , pag. 92 & fuivantes. 

i^ (1450) De Incomiptibilitate mundi , p. 490 & fuir; 
(1451) Le livre d' Ariftée eft fufped de feuffeté, 
comme l'ont prouvé plufieurs écrivains 6; entr'autres 
Prideaux, Hiftoire des Juifs , part. 2 , liv. i , tom. 3 , 
pag. 56 & fuivantes ; le doâeur Hody , de Bibliorum 
texiibus originalibus , verfionibus gnecis , & latinâ 
Vulgatâ ; Simon, Hiftoire Critiqu^du Vieux Tefta- 
inent, liv. 2, ch. 2, p. 186 6c fui v.; mais fon opinion 
n'en eft pas moins certaine. Elle eft atteftée par Philon, 
Josèphe, Eusèbe, S. Qénjent d'Alexandrie & d'autres 
écrivains qui certainement ne font pas apocryphes. 



yôo Moyfe , confldéré comme Ugijlateur 
delphe. Sa piété le porte à penfer ainfi, H 
n'imagine pas que Dieu eût laiffê impunie 
Taudace d'un écrivain qui eût ofé fondre des 
richefles facrées dans un ouvrage profane , & 
rappelle que , pour l'avoir tenté , plufieurs 
avoient été punis par la perte du bon fens & 
de la vue (14J2,). Origène foutienc qu'avant 
J. C. , 1« nom même du légiflateur des Hébreux 
n'étoit pas fortî de l'enceinte de la Judée , & 
qu'il n'eft aucun livre des Gentils , aucune de 
leurs hiftoires , dans lefquels on en fàflè men- 
tion avant cette époque ( 14J5 ). Josèphe ne 
s'éloigne pas de ce fentiment (1454). Tertullien 
que nous avons vu plus haut s'exprimer affir- 
■ - "^^ — ^ — -_^ 

(1452) Théodeâe, poëte tragique ^ devint aveugle, 
dit-il, pour avoir inféré, dans un de ies ouvrages, 
quelque chofe de la loi de Moyfe. Théopompe 
ayant voulu en inférer une partie dans fon Hîfloîre^ 
devint fou fur -le -champ, & Dieu lui apparut en 
fonge pour lui annoncer que cette folie étoit la pu- 
nition de l'audace qui l'avoit porté à dévoiler ce qui 
doit delnetirer dans une obfcurité religieufe. Il fe re. 
penttt & fut pardonné. Ces fables font auffi dans ks 
Antiquités Judaïques de Josèphe , livre 12, chap. 2, 

page 397. 

(1*453) '" Canttco Camicorum apudHieronimum, 
chap. 2 9 pag. 82. 

(1454) Livre i, contre Af^îon , pag. 1048 , 1049 i 
& lafo. 

mativemcnt, 



& comme Moralifle» j6i 

jnativement , convient dans fon Traité de' 
Tame (145J), que quoique les phiiofophes 
payens fe foient rencontrés avec Moyfe, oa 
peut d'autant moins en conclure qu'ils aient 
connu le'Pentateuque & les livres qui Tont 
fuivi , qu'on remarque entre eux beaucoup 
plus de diverfité que de reflemblance. Lors 
même qu'ils femblent fe rapprocher , ils 
font encore très-éloignés les uns des autres , 
(bit par l'application des principes , foit 
par les conféquences qu'ils en tirent , foit 
par les fignifîcations différentes qu'ils leur 
donnent , foit en les confacrant à foutenir & 
à prouver des çhofes fauifes &c abfurdes^ 

Saint Auguftin reconnoît que l'ancien TeC- opinion dt 
tament fut ignoré des Grecs dans le fiècle^*^"^* 
brillant de leurs arts , de leur légiflation &c de 
leur philofophie (1456). Il aime mieux voir 
l'origine de leurs préceptes & de leurs loix 
dans les écrits des fages qui les précédèrent, ou 
dans les coutumes des royaumes que ces fages 
avoient parcourus (1457). Platon & Euripide 

(1455) ^^ Anima, §. 2, pag. 265. 

(1456) S. Auguftin, Sermo 141, de VerbisEvangclil 
Joanni», chap, ï, §. i, tom. 5 , part, i, pag. 68* &> 
683 ; & dç çivitate Dei , liv. 8 , ch. 11 » t. 7, p. 200, 

(1457) De civitateDei, 1.8, c. u, t.7, p. %99 & JQQ. 

Nn 



j^i Moyfc j conJûUré comme léffflatéur 
forent difciples de Socrate qui voyagea en 
Egypte , en confulta les prêtres , s*inftruifit à 
leur école \ & avant Socrate, Anaxagore avoit j 
cnfeigné les mêmes chofes que les Egyptiens fur 
la création de Tunivers. Il eft d'ailleurs , fur 
l'origine & les premiers événemens du monde, 
des traditions qui, plus oa moins altérées, fe 
font confervées chez tous les peuples ; & 
comme Tobferve faint Auguftin ( 1458 ) , les 
Barbares les confervèrent encore mieux que 
les Grecs* 
49pîmonac Quelques traits de refîemblance ne fuffifent 
^'*^^^** pas pour accufer les payens d'avoir été pla- 
giaires de l'Ecriture , (uivant Laâance (1459). 
Il eft tm peu furpris que les philofophes 
Grecs , fi jaloux de vifîter la Perfe , la Baby- 
lonie & l'Egypte , aient négligé la Paleftine 
où ils cuflent trouvé tant de lumières. La 
vérité , dit -il, étant une *dans tous les 
cœurs & fous tous les climats , il n"eft pas 
étonnant que tous les hommes aient apperçu 
quelques lueurs de fon flambeau , & les 
variations des Gentils, les erreurs dont ils 



(1458) Voyez Auguftin , de civitate Dei, lîv. 18, 
diap. 37 , tom. 7 , pag. 520 , & toujours Calmet , 
diâo loco, pag. 95 & 96. 

(ï459) I>« verâ fapientiâ, liv. 4, §. a, p. 551. 



& comme Moratîjle. j^j 

ont infefté leur légiflation, leurs dogmes & 
leur morale, n'exifteroient pas slls avoientpuifé 
dans une fource auffi pure que les livres faints 
des Hébreux ( 1460 ). Il y auroit plus d'une 
réponfe à faire à cette dermère partie de fon 
opinion , mais je me contente de la rapporter 
ici , fans me permettre de l'apprécier. 

L'imitation des Juifs par les Grecs feroit Aqueiio 
pourtant démontrée , s'il étoit vrai , comme l^tn^ 
le prétendent Ariftée & Ariftobule, que l^^l^^ 
tradudion faite par ceux-ci de l'ouvrage de ^*«"» 
Moyfe & de fes fuccefleurs , fous le règne de 
Ptolémée Phiiadelphe & à la demande de 
Démétrius de Phalère/avbit été précédée par 
une autre qui fut antérieure à Alexandre , 
même à Cyrus & à la monarchie des Per- 
fes (14^1) : mais , dit Calmet (1462,), «s'il y 
avoit eu une verfîon grecque connue des phi- 
lofophes , pourquoi Démétrius exagère-t^il fî 
fort la néceffité & la difficulté d'en faire une? 
Pourquoi engager le roi d'Egypte à des frais 



(1460) Laâance» livre 7 , de vitâ beatâ, §.7» 
pag.*669 & 670. 

(1461) Voyez Eusèbe , Préparation évangélique, 
liv. I) , chap. rz, p. 664, & Qémont d'Alexandrie j 
Stromata , liv. i , pag. 341 & 54a. 

(1462} Diâo loco, page 98, 

Nn 2» 



^^4 ^^fir confiiérc comme UgiJUteur 
immenfes pour procurer une autre traduâion 
-de ces livres ? Car à ramafler tout ce qu' Ariftée 
dit qui fut dëpenfé à cette occafion , cela va 
à plus de douze cents talens , ce qui fait trois 
millions deux cents vingt-cinq mille (ix cents 
livres , à prendre le talent égyptien fur le pied 
de deux mille fîx cents quatre-vingt-huit livres, 
ce qui étoit pour ce temps -là une grande 
fomme, même pour un roi d'Egypte. De plus, 
à quoi bon cette verCon en langue grecque, 
avant le règne de Cyrus & des Perfes ï Etoit ce 
pour les Juifs de de4à TEuphrate, ou pour 
ceux d'Egypte ? Mais ni les uns, ni les autres 
n'entendoient la langue grecque. Cette langue 
n*eft devenue familière dans ce pays que depuis 
le règne d'Alexandre, & après la ruine de la 
monarchie des Perfes. Etoit-ce pour Içs Grecs 
fournis à Cyrus dans TAfie mineure ! Mais 
quelle preuve a-t-on de ce fait ? Et s'ils 
avoient eu ces divins écrits en leur langue, 
dans leur pays, pourquoi aller les chercher 
dans l'Egypte ; &: pourquoi la loi des Juifs 
& leur hiftoire leur ont-elles été fi inconnues, 
qu'ils n'en ont fait aucune mention dans leurs 
ouvrages » \ 
VêseKààei L'antiquité cependant paroit avoir regardé 
^^^Tu 1^ J^f« conune origiaaires des Cretois. Tacite 



& comme HforaHJle^ jgf 

en rapporte la tradition (14^5), & d'âpres ïur, aw let Ur 
Huet la ^ropofe & la croit appuyée fur des ^ "^ 
probabilités nombreufes (1464). La liaifon eft 
mieux protrvée «itre les Laeédémoniens & Ics^ 
Hébreux* Leurs loix & leurs nfages ne font 
pas fans reflemblance. Néanmoins , îa plupart 
des traits par lefquels ces deux peuples fe ref- 
femblent ne leur font point aflez particufier^ 
pour êtte caraéïériftiques. S'ils n'exigeoient 
point de dot dans les mariages , s'ils négM- 
geoient le commerce , slls étoient inviolable— 
ment attachés à leurs loix , s'ils avoienr des- 
ablutions fréquentes , s*ils honoroient îes^ 
vieillards, s^ls menoient une vie frugale, ces^ 
traits leur furent communs avec trop de na- 
tions , pour em rien conclure en leur faveur^ 
Leurs principes fur le partage des terres & fur 
Fefclavage ont plus de conformité} &, malgré 
cela, ils étoient encore aflez diflemblablesd'ani^ 
les détails & dans Texécution pour qu'on n'è» 



(i46f) ffiffoire, Rvre 5 , §. 1, tom. j, pag. ^94^ 
VoyexConon, Narrât $6 & 47. 

(1464) Huet, Démonffrarion évangéRquev propos 
fition4y chapitre 8 ^ art. 9 , pag. 11 f> & AiîvanfeSr 
Ceff aufli ropînion de Piireda, de Rébus Sar6monis, 
Ev, 2, chapitre 4y%.6y&:de MenocKîus, de Re*- 
pirbricâ Hebraaosum ^ Ilv. t^ chap. la^ g. s , pag» 0t 
à. Cf. 



j66 Moyfcjconjidérc comme U^Jlauur 
tire aucune conféquence certaine fur Tancien- 
neté de leur union ( 146 j )• Ils furent unis pour- 
tant ; ks livres faints nous l'apprennent ; mais 
ce n*eft point avant les Machabées. Les Hé- 
breux ayant alors écrit aux Lacédémoniens, 
pour en folliciter Tamitié (1466), ceux-ci qui 
regardoient , dit -on , Abraham comme leur 
père commun (1467), envoyèrent une réponfe 
favorable. Cette réponfe qui fut Touvrage du 
roi de Sparte Arius & adreflee àOnias chef & 
pontife fuprême des Ifraélites eft confignée dans 
l'Ecriture (1468). 

Arius , roi des Lacédémoniens , au grand- 
prêtre Onias , falut. 

(1465) Comme Tont &it Calmet » tome 12 de la 
Bible d'Avignon , diâertation fur la parenté des Juifs 
& des Lacédémoniens, pag. 520 ^ 511 & 522, & 
plusieurs autres dont l'opinion ne me paroit pas ad- 
iniffible. 

(1466) La Vulgate annonce que les Juifs écrivirent 
les premiers. Selon le Grec , au contraire , les Spar- 
tiates commencèrent. 

(14(57) 1 Machabées, chap. 12, v. 21. Voyeà, fur 
cette defcendance &, en général, fur TalHance des 
deux peuples, Lyranus, Serrarius, Grotîus, fur ce 
ch. 12 ; TornieL Alinal. années du monde 1931 , §. ^5 ; 
&)868,§. 5. 

(1468) I Machabées > chap. ti, y. 20 & fuivans. 
yeyez Joséphc , Antiquités judaïques , livre 12 , 



& comme Mûraliflé, f&f 

«Nous lifons en efifet dans un ancien écrit qui 
concerne les Spartiates & les Hébreux que ces 
deux peuples font frères & de la race d'Abra-^ 
ham. loftrûits de cette parenté, nous vous re- 
mercions de nous avoir appris 1 état paifible 
dans lequel vous vivez , & nous nous em/- 
preflbns de vous dire que vous pouvez difpofer 
de nos poflëilîons & de nos troupeaux* Tout 
ce qui nous- appartient vous appartient auffi. 
Nous ordonnons qu'on vous l'annonce de notre 
part, j» 

Les écrivains religieux, tirent cette parenté 
d'Abraham , comme nous l'avons dit ; mais 
les uns veulent que les Lacédémoniens doivent 
leur origine à un j51s de Cétura, & les autres 
qu'ayant Ifaac pour tige commune ^ tes deux 



chap. % , pag. 40S. On trouve , dans le même cha- 
pitre des Machabées ^ v, 5 5f fuivans » une lettre 
écrite , quelques annés après , aux Lacédémoniens 
par le pontife Jonathas, & au nom de tous les prêtres^ 
des anciens d'Ifraël & d^ peuple entier^ dans la quelle- 
cette amitié eft folemnellement confirmée. Voyer 
encore Josèphe ^Antiquités Judaïques, Jiv. 13 , chap. 9^ 
p3g. 441 & 442. Le traître Jafon y ufurpateur du pon- 
tificat & rebelFe envers Ton roi, ayant inutilement 
cherché un afyle en Arabie & en Egypte , ne troirva 
de reffource contre la mort que de- fuir à Lacédéfr 
mooe X Machabées j chap. ç^ v, 5 & fuivans^ 



ÎSU-4- 



jyo Meyft , eonfiieré comme Legijlateur &c: 
qui feraiem pocir les Juifs on plus grand titré 
d'hoonewr , û on pouvoit ajouter foi à! des 
oracles* Nous allons ks rapporter, & c'dl 
par-là que nous finirons cet ouvrage. Dans 
VxLTi , après avoir expofé combien il eft difficile 
de s'élever jufqu'aux Dieux , il attribue aux 
Egyptiens la gloire d'en avoir les premiers 
approfondi les myftères , & rend enfuite le 
témoignage de les avoir connus aux Phéni- 
ciens » aux Chaldéens, aux Lydiens &: aux 
Hébreux : 

Primiioeuerentpotes 
' NHuÊCo unddtUts potane qui gurpte lymphas; 
-^ùtrima qmn étiam ad fupenu^via copùtAftdu 
TAtthkif Affyrio^ Lydoy Heàra^qui colonu. 

L'autre orade n'eft pas moiœ favorable ata 
Ifraélites: / 

Ckaldmq, Hehr^toque unis fapUmîa eej^ 
Qui câfio mtermmvinerantùr numcn lionare^ 

VI N. 



TABLE 



D 'E s 

PRINCIPAUX OUVRAGES CITÉS, 

Avec le formait tannée & le lieu de l'imprejfion. 
A 

xV. M B R o S 1 1 opéra , ftudio & labore monacborum fanai 

Bencdiâij in-fol. Pans, i6Z6. 
Ariflotelis opéra, grxcè & kttinè, b-fol. Lyon» i$90* 
Auguftini Hipponeiûs epifcopi opéra , ex ; editione 

monacborum ordinis faidi Benediâi, in-foL Paris > x^7P' 

B 

Bartenoras (rabbîni Obidiae) commentarii in Mifnam» 
Voyez ce titre- . 

fiartolocci Bibliotheca nbbinica, in-fol. Rome, i^yy. 

Bafnage. Hiftoire des Jiifs, depuis Jefus-Cbrid jafqu'à 
préfent, pour fervir de catinuation à THifloire de Jo- 
sèphe, in-ii. La Haye, i-jié, 

Biblia facra polyglotta, bmpkâentia teztos originales ; 
bebraicum, cbaidaicum & fxcums Pentatenchum fama- 
ritanum & verfiones antiquà'f cum apparatu, appendici- 
bus , tabulis , variis leétionihs &c. Edidit Brîanns Val- 
tonus'^ îh-fol. Londres , i6y, ' 

Biblîa facra vulgatas editiois, Sixti V juffii recognita 
atque édita, în-ïi. Lyon , i^o. 

Bible (la fainte) en latin &en françois, avec des notes 
littéraires^ critiques & biftoriqes, des préfaces & des dif- 
fertations tirées du commentii'e de Calmet , de Tabbé 



^% TABLÉ. 

Je Vcnee tct. tic, , Ctconât édition iû*4« à Ayignoa ; 

J'ai auflt eonfulté d'amres Bibles & les différent ifttcN 
]^es ou tofnroeneateurs » (bic }aifs » foit chrétiens f n(v 
Umment Abarbenely Abene&rV'Abbfenfis , Bêchai, £lie« 
ter » Eogubinns , Fagius j Houbigaoc , Kimchi , Lévi bcn 
CetCom, Lormos, Maldonacus » JMofes Bar Machmao, 
FagninuSf Serrarius & quelques autres qui feront dcés 
d-apris. 

Bocbarei (Samuelis) opefa omnia^ tenta editîo ^ ciui$ 
Yoannis teufdcn 8c Perri de yiUeiit«ni7»lîn^foI. Leyde« t6$u 

BonfreriiClacobi) commetitafii in fo(ue , indices Sl Rucb, 
cém onômàftico fanâae Scriptotaf , ii'^fb!. Paris , r&$t, 

Buxtôrfii patris ^ynagogtla Judacsi , de Tùdxoràm fide , 
ritibus» creremoniis^ tant poblicvSc dctis quàmprmm» 
in dooiefticâ vivendi ratione ^teriâ edictone , de uoto tcC* 
taurati &C. à Joanne Buxtorâot ilio ; quartâ hic à Joanne 
Jacobo Buxtorfîo nepate , in-ir Bâle «. i^go. 

Btiktorfîî fiiîi Iciîcon hebraium 8c chaldatcom» în-ffr 

c . -^ ..,'.- 

Catmet. Voyez la Bible Mvîgnon* 

Cappellî Cl'OdoWci) Crîtic«'^ac|:a> in-fol. Parisi, léfô* 

t^hrottologia major Hebnecnaiy.qiias SederOIam Rabbt 
infirribicor » latini , ei xaterBe^a^one- (Galbcrti Genebrardi f 
in-lV P«ri*> 1/7** 

démentis Alexandrînî çcra, graecé 8c latiijc ,..qpf 
extanr. Receofutc Heii>fius »& diveriâs Icdiones ^ cmenda* 
tionejfqae coHezit Friderios Sjlbur^uis », k - fol. Paris, 
k64i. 

Côccdiis (ûr.la Mirna./oye£ ce titre. , 

Colbo oa Kolbo, (eaomnia ia eo» uv&V.VeAi&y 
«i7»* 



TABLE. y73 

Comelii à lapide commcntarii in Pentaceachum , idfoL 
Paris, i6i6» 

Cofiî, (ïvc difputatio de wligionc, prxfcrtiin judaicâ, 
autore rabbi Ifaac Sangari , defcriptorc rabbi Juda leviâ 
qui librum arabicè compofuic , in iinguam hebraicam cz 
arabica converfus à rabbino Juda ben Tybbon^ ia-4* 
Veoife -y traduit en latin par Buxtorf le fils. 

Cansei (Pétri) de Republicâ Hebraeorum « libri crcs» 
în-ii. Lcydc, 1617. 

Cyrilli Âlexandriae arcbiepifcopi opéra , gixcè & latine, 
ex édition^ Joannis Auberti, in-foL Paris ^ 1^3 g. 

D 

Diodori Si<m!i Bibliothecae Hiftoricac libri qui fuperfunt , 
graccè & latine ; 'ad fidcm MA*, recenfiti à Pctro VciTc- 
lingio, &c. in-fol. Amftcrdam, 174^. 

Dionis CafTii Hiftorise Romanac« quas fuperfunt, graecé 
êc latine, com notis Reimari, în-fbl. Hambourg, lyyo. 

Drufii (Joannis) Commentarius in loca difficiliora Peu* 
uteuchi, in-4. Franâer, 1^17. 

Ejufdcm Annotaûones in novum teftameotnnu Ibidem , 
1(^11^ înr4», 

E 

Epiphanii opéra, grxci & latine, ex editione Dionyfii 
Petavii , in-fol. Paris , i6it. . 

Eufebii Pamphili , Oefares Pala^ftins Epifcopi ,^Praepa» 
ratio Evangclica , graecè & latine. Latini yertit & notis 
îlluftravit Yigerus. in-fol. Paris, i6z9. 

G 

Galarini (Pétri) libri duodecim , de Arcanis eatholicaf 
veritatii, in-fol. Francfort, i^ti. 
Gcmare dç Sabylone , in-fol. Amfterdam« 17x4 It fuir. 



y74 TABLE. 

Gcmarcîdc Jérufalcm, îa-fol. Cracovic, 1^09. 
Grocii (Hugonis) Commenurii in facram Scripturam; 
in-fol. Aniftcrdam, 1679- 
Guifios fur la Mi£ha. Voyez ce dtre. 

H 

Hicronymi Stridonenfis presbyteti dWina Bibliotheca* 
în-fol. Paris. 169^. 

Houtingius fiir la Mifna. Voyez ce titre. 

Huetiî (Pctrî Danielis) Abrinccnfis epîTcopi^ DemonC- 
tratio EvaDgelica, in-fol. Paris i^j^o. 



Janfenii (Comelii) Commentarius in quinque libres 
Moyfis, in-4. Paris, 1^73. 

Jarchi (rabbi Salomonis) in Bibliam facram rommen« 
carii , dans iine édition qu'il a donnée lui-même de la 
Bible. 

Joannis Chryfoftomi opéra omnia , gràecè 6c latine , ex 
cditione Bernardi de Montfaucon , in-fol. Pads , 1718 de 
fuivantes. 

Joma , Codez talmudicus in quo agimr de facrifîciis 
cxteriCque minifteriis diei expiationis; lacinè » ex verfîone 
8c cum commentariis Rob. SKeringamii , in-4. Londres « 
1^4$. 

Jofephi ( Flavii ) Hierofolymitani faccrdotis opéra qux 
cxtant omnia, graecè Se latine, in-fol. Genève, i^ii. 

Irenaci , Logdunenfis epifcopi Se martyris , adversus Va« 
lentiDi Se flmilium Gnofticonim haerefes libri quinqae9 
cum fcboliis Se annotationibus , in-fol. Paris , 1^75. 

Ifidori Hifpalenfis Enarraciones in vêtus ccftamentum, 
in-8. Cologne, 1539. 



TABLE. ^75 

7altinî Miftoriaram ex Trogo Pompeio, libri xlit» 
in-ii» Paris, 1770. 

Juftini philofoplii 8c martyiis opéra » gnecâ & latîné, 
tn-fol. Paris 9 16 j€. 



LaâantîiFirmîaniCLadi Coelii) opéra quas extantcum 
ièieâis variorum commentariis , operâ & ftudio Seryadi 
Gallasi , in-8. Leyde , 1660. 

Leidekkerii ( Melchioris ) de Republîcâ Hebraconim 
fibri duodccim , quibus de facerrimà gentis origine Bc 
ftatu ia Egypto « de miraculis divine providencix in rci« 
publics cooftitutione &c. Sec. difTcritur, in-fbl. Amfter^ 
dam, 1704. 

Lempereur (Conftantin), De legibus Hebraeoiram fo- 
fcnfibuSj liber fingularis ex Hebraeorum pandedis yerfus 
& commentariis illoftratas. 10-4. Leyde, Jé^y. 

Léon de Modène. Hiftoria de gii rici Hebraicî , dove 
fi ha brève e total relatione di tutta la vita , Coftumi » 
riti & ofTervanze degl'Hebrei di quefti tempi , in-ii. 
Paris , 1^57. 

Lettres de quelques Juifs Portugais 8c Allemands , avec 
des réflexions critiques , &c. par M. l'Abbé Guénée , fe-* 
conde édirion. in-ii. Paris, 17^9. 

Luciani opéra oronia , grsecd 8c ladnd , cum notis 
Joannis Bourdelctii , Theodori iS^rcilil, 8c Gilb. Cognati^ 
in-fol. Paris, 161 s» 

M 

Maimonidis (R. Mofis) More Nevochim , feu Doâot 
perplexorum , ex editione Joannis Buxtorfii filii , in-4. 
Baie , 1619. 

Eiufdem liber de idololatriâ , liebraicé & latine, ex in« 
tert>retatione 8c cam notis Dionyfil YqiSi , lxi-4« Amftcr« 
4am» i^4x. 



57^ TABLE. 

Ejafdem crsiâatiis de Jejunio, de Solemmtâte expiation 
nam fie de folemnitace Pafchatis } lacinè , ex verfione 
ludovici de Compîegiie de Veil, in-ix. Paris , 1667. 

Ejufdem Hcbraeorum Jus civile & pondfîcium de coa« 
nabiiSy feu traûatus de re Uxoriâ ; latine, ex interpréta* 
donc Ludovici de Compicgrie, in-8. Paris, 1^75. 

Ejufdem liber de Jure pauperis 8c pcrcgrini apad Ju« 
dffos , hcbraicè & latine , ex editione Se cum notb Hom- 
fredi Prideaux. in-4. Oxford, 1^7^. 

Ejufdcn^ libri de Cuitu divine, latine» ex interpréta- 
done & cum notis Ludovici de Compic^e de Veil^ , in-4. 
Paris, 1^78. 
Ejufdem in Mifnam Commentarîi. Voyez ce ritre. 
Mémoires de TAcadémie royale des Infcriptions & Belles- 
Lettres , in-4. Paris V 175^ & fuivantes. 

Menaffeh bea Ifraël ProblcmatadcCrcatiQnc, libri trcsi 
latine, in-8, Amfterdam ,16^6. 

Ejufdem thefouro dos dinim , ultima parte naqoat fe 
cotem todos es preceitos^ritos e cerimonias, iii-8. Am* 
fterdam, 5407. 

Menochii (Joannis Stephani)de Republicâ HébrseoruŒi 
libri o<^o , in-fol. Paris , 1648* 

Mikotû (R. Mofes) Sepher Mitfevoch Gadol, ou le 
grand livre des Préceptes, in^fol. Venifc j 1547, 

Mifchna > five tonus Hebrxorum Juris , rituiun , and- 
quitatum , ac legum oralium fyftema, cum dariflîmorum 
rabbinorum Maimonidis 8c Bartenora? commentariis ince* 
gris i quibus accedunt variorum autorum notas ac verfio- 
nés in eos quos ediderunt codices; ladnitate dpnavit ac 
nods iiluftravitGuiilelmQsSurenliufius» in-fol. Amfterdam» 
169Z 8c fuivantes. j 

Origeniscommentari\in facras Scripmras , grsecé 6c latine, 
ex edidone Pétri Danielts4iaetii , in^foL RJbeims» i^^8. 

P 



TABLE. J77 



PhiloDÎs Jodan opéra qax rcperiri pocuerunt omniâ« 
Textum , injcerprccacioneinqae emendavit ^ nocifque & oh* 
fervatiooibus illuftravit Thomas Mangey » in-fol. Londres » 
1741. 

Pineda (Joahnes), Salomon przvius , £ve libri oâp de 
rébus Salomonis , in-fol. Lyon, 160^. 

Fliaii fecuncl nacuralis Hiftoria , cum commencariis 8c 
adnocacionibus J^ermolai Barbari , Pintiani , Gelenii , Da- 
lechampii , Scalseri « Salmafîi » Gronovii , if. Voflii & va« 
rîorum, in-8. Léydc, i66i, 

Ptideaux. Hifcbire des Juifs & des peuples voifins^ de« 
puis la décadence ^es royaumes d'Ifraël & de Juda jufqu'à 
la m«rc de Jefus^dhrift, in-ii. Âmfterdam, 1711. , 



Kibera( rrancifcus). De cempio, &de lis quae ad templusot 
pertinent libri quinqUe. in-ii. Auvets, i^oi. 
Ruperti opéra omnia, in>fol. Paris > x^j8. 



Sanchei, de Matrimônio» în-fbl. Lyon, 1^37. 

Scaligcrî (Jofcphi, Julii C«faris filii) opus de cmcn- 
datione temporum, in-fol. Genève, 161^4 

Ejurdem Elenchus Trihaercfii Nlcelai Scrrariî, in*8« 
Frauder, i<Jôjf. 

Schickardi (Wilhelmi) Jus Regium Hebr^onim é tc- 
nebris rabbinicis crutum & luci donatum , in-4. Strasbourg, 

Seldeni (Joannis) de Succcfljonibiis ad Legcs Hcbr«a«, 
rum in bona dcfunilorum liber fîngùhiris 5 in ponriffca* 
mm, libri duo, in-i^. Lcydc , i^^jS. 

Oo 



j7» TABLE.' 

Scldeni ( Joannis ) Uxor hebraîca » feu de Nuptiis & 
Divortiis ex jure civili , id eft diviiio & talmudîco , vctc- 
lutn HebrxoriUD libri crcs , in-4. Londres « 16^6. 

JLjaCdctn » de Jure Naturali & Gentkm juxtà? difci- 
plioam Hebrasorum, libri fepcem , in-4. Strasbourg , 166 j, 

Ejufdcm , de Synedriis Se Prsfcâuris Juridicis yetermn 
Hebr^orum , libri très y in«4. Amfterdam , 1^79. 

Shcringamius in Mifnana. Voyez fcc titre. 

Sigonii ( Caroli ) de antique Jure Civium Rômano- 
rum, &c. &c. quibus adjedi nunc func ejufdem de Rc- 
publica Hebrxorum libri fcptem &c. in-foL Francfort , 

Simon. Hiftoire critique du vieux Teftamcnt, nouvelle 
édition augmentée d'une apolÀgie générale & de plu£curs 
remarques critiques , in*4. Rotterdam, i^S/. 

Spcnceri (Joannis) de Lcgibus Hcbracorum rîtualibus 
^ Se earum rationibus , libri très , in-fol. Cantorbery, 16S5. 
' Strabonis Rerum Geographicarum libri xvii , graec6& 
fctinc, cum nôtis Guillclmi Xylandri, Ifaaci Cafauboni 
& aliorum &c. &c. in-fol. Amfterdàm, 1707. 

Suetonius Tranquillus , ex recenfione Joannis Georgii 
Grasvii, cum ejufdem animadverfionibus , ut & commen- 
tario integro Laevini Torrentii , Ifaaci Cafauboni &c. &c. 
cditio tcrtia, in-4. Utrecht^ 1703 • 

Suidae Lexicon , grarcè & latine, ex vcrfîone .fimilii 
Porti, recognitâ & notis perpctuis illuftratâ, ftudio & 
labore Ludoîphi Kaftcri, in-fol. Cantorbery , 1705. 
' Surcnhufii ( Guillclmi ) in Mifnam commentarii. Voyez 
la Mifna. 

T 

Tacîti (C, Cornelii ) opéra , cum notis, emendationibus, 
diflertsftionibus & fupplementis Gabrielis Broticr, in-4. 
P^ris, 1771. • 

Tertulliani ( Quinti Scpûmii Florencis ) opéra ^ ad ye- 



TABLE. j7-^ 

tuftiftimorum ezemplarium fidem emendâta , dilîgenciâ 
Nicolai Rigaltii, cum ejurdçm annocationibus iotegris Se 
varîorum commcnrariis , in- fol. Paris ,1^75. 

Thcodoreti epifcopi Cyri opcra'ohinia , graecc & latine, 
ex editione Jacobi Sirmondi , in- fol. Paris, 1^41. 

Tlieophylaéli Commcntarii in Evangelia , grxcè & la- 
tine ^ cum nocis Se variis leâionibuis» in-foL Paris, 1^31. 

y 

Villalpandi < Joannis-Baptiftae ). ExplanationcsînEzcchiç- 
lem , in-fol. Rome, 155^^. 

Ulmaiini ( Joannis ) Trgdatus Taliuudici fcx , id cft , 
de Sacrifîciis, de Bcncdidionibus , de Votis , de Nazirseis, 
de Juramentis ; de Ezcifionibas , latinirate donati , in-4. 
Strasbourg, 166^. 

Yoifîn ( Jofeph ). De Ltgt divinâ , feçundika ftatum 
pmnium tempprum, &c. in-xt, Paris, 1650. 

Voyage de la Terre- Sainte , p^ Poubdan, ip-4. Paris^ 




Ooz 



TABLE 

DES CHAPITRES, 
DES ARTICLES 

ET DES SOMMAIRE S<r 

ChAPITHE premier. Page i 

Etat du monde à la naiflànce de Moyfc. ibid. 
Ce qu'étoient alors les Hébreux. i 

Dangers qu'il court dès fa naiflànce. Comment il 

y échappe. . ibid. 

Origine de Moyfe. Erreurs fur ceHe des Juifs. 4 
Erreurs au fujet de Moyfe. 7 

Opinion bizarre de M. Huet. 10 

Moyfe xléfènfeur des Ifraélites dans la terre de 

Geflcn. 12 

Il effaie en vain d'adouci^ Te roi d'Egypte. ij 

Ce que les Hébreux étoient avant lui. 14 

Dieu fe révèle i Moyfe. ibid. 

Préceptes qu'il lui donne. 15 

Du Pentatcuque. 16 

Moyfe à la fois juge & prophète. 18 

Il fe donne un fuccelTeur. Partage de la terre 

promife- ibid. 

Derniers difcours de Moyfe. Sa mort. 19 

De fa fépulture. 2.1 



TABLE, 



j8r 



CHAPITRE IL De tadinmïfimthn civile 5- 
poliûqm des Hébrmx Jous Moyji & depuis fcc 
mort* 2j 

Le premier gouvernement des Hébreux fut théo 

cratiquc- ibiii 

Juges érablîs dans cHaquc ville, t f 

On ne coiiiioiiroit pas les tr^bunaur d'atttibw- 

dam. 27 

Adminiiïtation publique fous les Juges. Leur 

pouvoir Se leurs fondions* ibid^ 

Les chefe da tiibus ayoicnt part à radnniiiftra* 

tion- publique., ji? 

Officiers principaux, de k coor its rois;. 5 j 

Défordre dans le gouivetnement., 34 

Gouvernement de Jéroboam & de fes fuccef- 

fcurs. 3 f 

Des impotfr mU fur les Hébreux. 37 

Sacrifices infâmes. 3S- 

Tribunaux établis par Jofapliar.. 39 

Influence des prcnes^ dans radminiftratioti pu— 

blique* ibid. 

Loi de Joas fur les réparations dlj temple, 40 
De la Judée fous ce roi & fous fes fijcceC- 

feurs,. 4ir 

On retrouve le Bvrc de Ta Im, 43 

Gouvernemetîi des Juifs lorsqu'ils furent tribu* 

taires Jcs rois dïgypte* 44^ 

Les rois juifs tributaires de Babj'Ionei. 45. 

.005 



j82 TABLE. 

Variations ôc incertitudes dans le gouverne-^ 

ment. 47 

Arifto^ratie facerdotale. 49 

Rois afmonéens. 50 

Notivdies révolutions. 52 

CHAPITRE III. Loïx rdigUufis. 55 

Divifion du troifième chapitre. . ibicL 

Article I. Des loix juives relatives à tido- 
latrie. ibid. 

Abandon fréquent des Juifs à Pidolactie* ibicL 
Vains efforts pour les en empêcher. 58 

Obftacles mis à Tidolatrie par Moyfe 6c Tes dif- 
ciples. ^j 

ï^ouvelles défen£es faites aux Juifi relativement 
à Tidolatrie. ^4 

Haine infpirée pour les étrangers. 68 

Circoncifion. 70 

Nouveaux efforts pour profcrirc Tidolattie, 74 
Du culte prétendu des Jiiifs pour le porc , I ane, 
le ciel matériel, Saturne Ôc Bacchus. 76 
A ft: T. II. Des prêtres j des lévites ^ de leur 
confécration , de leurs devoirs & de leurs privi- 
lèges» ' S6 

fartage du mâniftcre des autels* îbid. 

Cbmment fut réglé Iprdre du fervice. 87 

A quel âge commençoient & finiflbient leurs 
fondions. 8 S 

De la confécration des prêtres & des lévites. Sy 



TABLE. 5^j 

De la confécràtion du grand-prctrc. 92 

Défauts qui excluoient du facerdoce^ 9^ 

Pureté exigée des prêtres. 9| 

Prérogatives attachées aur facerdbce.- 98 

Part du butin accordée aux prêtres de aux géné- 
raux» 95^ 
De quelques droits des prêtres- ici 
Nouvelles prérogatives du facerdocc.- 101 
Prières publiques & particulières.. 103 
Privilèges accordes aux lévites. 106 
De leurs différentes fondions-r 1.07 
Des dîmes & des prémices.- ii-l 
Objets fur lefquels on exigeoit les prémices^ 1 1 j 
Cas où on les devoir doubles. 1 14 
Des pcrfonnes indignes de les oflfîrir. 117 
Quelques autres loix fur les prémices. 118 
Objets qui devoienr la dîme. Comment on s'en 
rachetoit. ibid. 
De quelques autres loix fur la dîme. iii 

Art. III. Loix fur Us fêus^ i.iz 

Des rrois fêtes principales des Hébreux. ibid.- 

Célébration des fêtes de la Pâqire , de la Pente- 
cote & des tabernacles. iij 
Point d'occupations ferviles pendant les fëres. 
On les célébroit d*un foir à l'autre. ix6 
Célébration de la fête d« trompettes & de celle 
des expiations^ ^ 12 J 
De ceux qus érotent difpenfês de li» célébration 

de& crois fêtes principales». i jo 

O04 



584 TABLE. 

Défcnfc de paroître les mains vuides. i j î 

Ni mariages » ni jugemens pendant les fêtes ^ 

mais quelques ades civils dans les jours inter* 

médiaires. i}i 

Art. IV. Loi» fur les facrifices. 13e 

Ancienneté des offrandes & des facrîfices parmi 
les Juifs. ibid. 

Jchova exigea- t-il qu'on lui en offrît > i }8 

Les Juifs eurent-ils des facrifices humains ? i } 9 
Grand nombre de facrifices établis par Moy fc. 1 44 
Du facrifice de tous les jours. ibid. 

Du facrifice hebdomadaire & de celui des néomc- 
nîes. 14/ 

Sacrifice du commencement des (kcs. 146 

De quelques autres facrifices. ibid. 

Divers objets des facrifices. 148 

De rholocaufte. ibid. 

Du facrifice d'expiation. ijo 

Quelles furent les victimes expiatoires? 1J3 

Plufieurs cas dans lefqùels on doit les offrir. 155 
Cérémonies prefcrites à ce fujet. ij6 

Du facrifice pacifique. Son objet. 157 

Défenfe de fc nourrir de la graifTe Se du fang 
des animaux. 15S 

Comment fe partage Toblation. ifo 

Le levain & le miel éfctroient-îls dans les facri- 
fices? '• léi 
Par qui dévoient être fournies les chofès néccf- 
faires au facrifice > 1 6 x 



TABLE. ySy 

A R T. V. Loix fur les impuretés ^ les vœiix &e. i (34 
Pureté recommandée aux facrificateurs. Leur habit 

dans le temple. ibid. 

Pureté exigée des vidlimes. 1 66 

Pureté exigée des aflîftans aux facrifices. 167 
Des différentes impuretés. ^ Comment on les con- 

tradoir. 170 

Des animaux impurs. 17} 

Toucher un cadavre ou Teau expiatoire. Défaut 

de circoncifion. Guerre. 175 

De quelques ablutions ordonnées. 177 

Des vœux. Coipment on s'en déchargeoii. 178 
Du vœu appelle Cherem. 181 

Combien l'exécution d'un vœu étoît facrée. 18 j 
Vœux des filles > des époufes Se des fiancées. 184 
Vœux de prohibition. Des Naziréens.' 18 j 

Des obligations que contradoicnt les Naziréens. 

187 

De leur confécration. . i88 

CHAPITRE IV. Io/a: civi/(r^. 190 

A R t. I. Loix relatives aux perfonnes. ibid, 

Loix fur les pères & les enfans. . ibid. 

Les pères eurent , avant Moyfe , le droit de vie 

& de mort. ibid, 

Moyfe met des bornes à Tautorité paternelle. 191 
Les pères confervèrent le droit de vendre leurs 

enfans. ibid. 

Rcftrictions mifes à ce droit» \^x 



fSé TABLE. 

Il ne s étendit pas jufqu'à la mère , ni fur les 

enfans âgés de plus de 12 ans. i^^ 

Majorité àcs filles. i^^ 

Majorité des garçons. Ses effets. . 196 

L*efclavage très-ancien chez les Hébreux, ibid. 
Différentes manières de devenir efclavTe. 197 
Le devenoit-on pour dettes î 19g 

Manières dont finiffoit l'cfclavage. 20a 

* Durée de Tefclavage d'un Ifraélite. ibid. 

Que devoit faire le Maître, Tefclavage expiré? 201 
/ Durée de l'efclavage des étrangers. 202 

Quid> fi on refufoit de fortir d'efclavagei 20 j 
Prédile<£lion de Dieu pour les Juifs au fu/er de 

l'efclavage. 20J 

Douceur recommandée envers les efclavcs. ibid. 
Vertus prefcrites aux efclaves. 207 

Différences manières d'affranchir. ibid. 

Les efclaves avoient-ils le droit de cité > 208 
Les étrangers pouvoient-ils en jouir > Diffèrence 

entre eux. 209 

Du droit de cite acquis par un décret public. 

Sçs effets. ' * '^ ibid. 

Des eunuqifes. Jfooiilbient-ils du droit de cité? 

210 
Les bâtards en jouiflbient-ils i 21 1 

Des bâtards douteux. 212 

L'accorda-t-on aux profélytes 1 Des profélytes de 

juftice & des profélytes de domicile^ 215: 
De l'initiation du gentil dan^ le judaiTme» 214 



TABLE. 587 

Art. II. Loix fur les ventes y les contrats y les 
retraits , le prêt y le cautionnement j l'hypo- 
thèque ^ &c. 119 

Contrats. Monnoic. ibid. 

Formalités des paâes & des contrats. m 

N'en, faifoit on pas plufieurs copies ? 111 

Date des contrats. 21^ 

Différentes manières d'acquérir. Chofes publi- 
ques Se communes. 21 y 
Du droit d'occupation. Des effets trouves, ibid. 
Formalités eflentielles pour les acquifîtions. 116 
De l'adion redhibiroire. Léfion dans l'objet vendu 
ou échangé. ^ i2j 
Rachat. Retrait lignager. Réintégrande. Année 
jubilaire. 228 
Année fabbatiquc. 231 
Dettes. Emprunt. 234 
Cautionnement judiciaire. Gages. Hypothèque. 

Art. III. Loix fur. le ^mariage , la dot & le 
divorce. i^j 

§. I. Loix générales fur le mariage. ibidr 

Le mariage recommandé aux Hébreux. ibid» 
A quel âge on l'a fixé. Honte attachée au cé- 
libat. 239 
polygamie. Elle exiftoit avant Moyfe. 240 
Ancien ufagc quand répoufe ctoit ftérilc. 2^\ 



ygg TABLE. 

Les différentes cpoufcs ctoicnt également Ic^ 
times. ' 241 

De celles qu'on regarde comme concubines. 241 
Opinion des rabbins fur la polygamie. 24} 

A-t-elle lieu aujourd'hui parmi les Juifs ? 244 
Du mariage de deux efclaves entre eux. 24^ 
Quid y Cl on marioit fon fils à une efclave ? 1^6 
Du confentemenc des maîtres Se de celui des 
parens. 247 

On ne pouvoit refufer un époux à fa fille pu- 
bère. 248 
L'erreur fur la perfonne annulloit-cllc le ma- 
riage ? ibid. 
Difpenfes accordées aux nouveaux époux. 249 
§. II. Loix fur les fiançailles. 250 

Les filles des Juifs ne fortoient pas de leur 

maifon. ibid. 

Epoque ordinaire des fiançailles. ibid. 

Trois manières de fiancer. 251 

De lade des fiançailles. 252 

Des fiançailles par une pièce d'argent. 2yj 

Des fiançailles per concubitum. 1^4 

Droits que donnoient les fiançailles. 2jx 

A qui appartint le droit de fiancer > 256 

Appartint il exclufivement au père \ ibid. 

Pouvoit-on répudier fa fiancée J 259 

Fiancées des prêtres. ibid. 

§. III. Loïx fur la célébration du Maiiage.. 160 

Le mariage n etoit qu'un aâe civiL ibid. 



TABLE. J89 

BénédiâioU paternelle. a6i 

Formule des contrats de mariage* i5z 

Réflexions qu'elle fait naître. 1^ 

Point de douaire pour les veuves & les réput 

diées. 16s 

Formule de Tafte de léviration. ibid. 

Jours deflinés à la célébration du mariage. 166 
Les fiancés pou voient-ils retarder la célébration 

du mariage? 269 

De quelques cérémonies relatives au mariage. 

270 

§. IV. JDes mariages prohibés par la loi ij^ 

Prohibitions fondées fur la confanguinité. ' ibîd« 
Prohibitions fondées fur l'affinité. 274 

Des mariages avec les étrangères. 17$ 

La prohibition ne fc borne-t-elle pas aux Cha- 

nanéennes > 277 

Des mariages avec les captives. 279 

Les Juifs n'étoient pas teinus de fe marier dans 

leurs tribus. 280 

Mariage avec une femme ftérilc. Signes de la 

ftérilité. 282 

Des mariages défendus plus particulièrement aux 

prêtres. 283 

Des mariages avec les bâtards. Quels (ont ceux 

qu*on leur permet ? 28^ 

Des mariages avec les eunuques» ibid. 

§^ V, Des mariages ordonnés par la loi. 287 

La léviration ordonnée par la loi. ibki. 



rpo TABLE. 

L'ufagc en cft antérieur à Moyfc. * ^S! 

Avoit-on le droit de s'y refufcr > < 189 

Obfcrvations fur cette loi. ibid. 

Quand devoit fe foire la Icviration? 291 

Formalités liées au refus de la léviration. 191 
Que penfer de la léviration ? 295 

§. VI. LoLX fur la répudiation & le. divorce, ibid. 
Loi qui permet le divorce. ibid. 

Qu'enrend-on par le dégoût qui Tautorife ? 29^ 
De Taûe de divorce. ijS 

Obfcrvations à ce fujer. joi 

Les femmes eurent-elles le droit de répudier? 

502 
De la répudiation pour caufe d'adultère. 30 j 
Cas où l'on permet à la femme de fc féparer 

de fpu mari. 304 

Cas où le mari n'a pas le droit de répudier. 30 j 
Invitation à ufer rarement de ce droit. 30^ 

Quid , fi le mari étoit captif ji ou les deux époux 

ftériles? ibid. 

§. VII. Loix fur la dot & fur les tiens ( dotaux 

ou non ) furvenus pendant le mariage. 308 

Le mari dotoit fa femme. De cette dot. ^bid. 

Ce que donjioicht les parens de l'époufe. . 309 
Nedunia, ou biens paraphernaux. jio 

JBona depilationis. ^n 

Cetàba^ ou biens dgtauxl Valeur uniforme de la 

dot. ihid. 



TABLE. 591 

De quelques cas particuliers. 315 

Quand & comment la dot étoit-elle exigible? 3 14 
Quid y fi les biens écoient améliorés ? 3 1 j 

Cas où la jouiflànce de la dut n'appartcnoit pas 
^ la femme. 31e 

Art. IV. Loix fur les fuccejjions. 317 

Loi générale fur les fucceffions. ibid. 

Comment on les régloit avant Moyfc. , ibid. 
Du droit daîneflc. ji8 

Loix des fucceffions en faveur des defccndans. 3 19 
Loix des fucceffions en faveur des afcendans & 

des collatéraux. 3^z 

Effets de la léviration. Sorte d'adoptionl 323 

Loix fur les fucceffions conjugales. 324 

Loix des fucceffions en faveur du fifu 527 

Des biens laifles par le profélyte. Comment 

fuccédoit-il ? 328 

Les bâtards & les efclaves fuccédoient-ils ? 3 29 
De rcxhcrédation. 350 

Des donations à caufe de mort. 331 

De la fucceffion au trône. Y avoit-il pour elle 

un droit d aîneflc? ibrd. 

CHAPITRE V. Loix criminelles. 338 

Art. I. De rinjlruclion criminelle. ibid. 

Biens promis aux obfervateurs de la loi. ibid. 
Maux annoncés à ceux qui la violeront^ 339 
Il y eut auffi un châtiment légal. Pouvoit-on cu- 
muler les peines } 341 . 



5^2. T A B L E. 

L*avcu du coupable infuffifant. 341 

Jamais un citoyen n*ctoit garant de la faute d'un 
autre. 34a 

De i'cmprifonncmcnt de Taçcufé. ibid. 

Infbrtnation* Des perfonnes incapables de témoi- 
gner. 34J 

Moti& de l'exclufion des femifies> des efclaves 
& des étrangers. 344 

Motifs de Tcxclufion du vendeur des fruits de la 
feptième année. 34 j 

Plufieurs loix fur les témoins. ibid. 

De l'interrogatoire. Humanité qui y préfidoir. 

348 

Jugement des procès criminels. Condamnation à 
la mort. 349 

Nouvelles preuves d'humanité avant le fupplicc. 

Réflexions fur cette partie de la juri{prudence cri- 
minelle des Hébreux. 551 

Que pcnfer à cet égard de l'opinion de quelques 
écrivains modernes? 354 

Art. II. Des peines en ufage cke:[ les Hébreux. 

Du fupplice de la fcie. 5/7 

Du fupplice du feu. * 358 

Du fupplice de h, croix ou de la potence. 360 
Les deux fexes y furent-ils fournis? 361 

Çn ne pouvoir pendre à un arbre vivant. 362 

L'inftrumenr 



TABLE, ^9) 

L'inftrumcnt du fupplice enfcrinc avec le ça» 

davrc du ftipplicié* j$i 

Souvent on cgavroit de pierres çc cadavrç, }6j 
Pu fuppliçe de renanglcuienTf ^6^ 

Pc la lapidation. j^j 

Supplice du glaive ou de la tête tranché^. ^66 
Lçs fupplices égaux pour tous les citoyens, }<?7 
Pc quelques autres fuppliccs capiraux, ^6Z 

Ecrafer le coupable fous des ronci?s, ibid, 

Sous des chariots armes de fer* jiîy 

Spu$ les pieds des animauxt ibidt 

précipiter d'une tour ou d'un rocher , engloutir 

dans la cendrç ou fous les eaux, J70 

pu fouet, ^yi 

Pc remprifunnement» Ses divers objets, 374 
Emporioitil infamie? j^j 

Plufiçurs fortes de prifons, 37^ 

Pes chaînes & des autres liens en ufa^e pour Içs 

coupables, 37$ 

De la peine du rctrancheçncnr, 377 

Pc rcxcommnnication. 379 

Infamie attachée à la privation de la fépukurc, 

380 
pans quel fcns ççtcç privation eue lieu pP^^ les 

Juifs, 381 

Pes fépultures particulières à chaque famille, 

î8. 
Oïl ne pouyoîc cntcrrçr que hpFS des villes, 38^ 



Pp 




f 94 TABLE. 

Art. IIL Loix fur les crimes qui ùfftnfent U 
Divinité. 388 

O&nfo envers Jéhova. ibid. 

Ne pas adorer des divinités étrangères» 38 j 

Baifon de cette loi. 35^# 

Elle eft renouveliéc dans le Deutéronome. n^i 
Peiiie de ceux qui adoptent les ofages de l'ido- 
lâtrie. ^ 391. 
Menfonge. Apoftafie. Hypocrîfîe. Sacrilège. Blaf- 
phéme. 394 
Peine du parjure. Des diffèrens fermens des Juifs. 

39^ 
Examen d'un paffage de Martial à ce fujet. 397 
Peine de celui qui viole robfcrvancc des fêtes. 

401 
.Violoit-on fans crime le fabbat pendant la guerre ^ 

403 
Négliger le tem^ie ou les prêtres. Peine. 404 

Art- IV. Loix fur tes crimes corrùnis par 

thomme envers Ces femblables. 40/ 

%. I. Des crimes du fils envers fpn père. ibid. 

Moyfe ne prononça aucune peine contre le par« 
ricide. , ibid.- 

Peine contre celui qui frappe Ton père ou le 
maudit. ibid. 

§• II. De rhomicide & des crimes qui y ont 

rapport* 1 407 

Peine anci^ne de rhomicide, ibid. 



T A B L E. ypf 

Comment on le punk aujeurd'hair 40S' 

Les parens du mort pouv oient le venger^ 4a5r 
Des villes d'afyle, 4x1. 

Ce que devoit faire le meurtrier involontaire. 4^, 
Différentes fortes d'homicides iavobntaires* 4 1 f 
Quid, fi on ignoroit lauteut de Fadàflînac } j^\6 
Homicide ^ ouvrage de pliifieurs pcrfcmnes. Iiv- 
fanticide, Avorremenr. Supprcffion de pan, 

417 

Lois fur les querelles , les coups donnés & les 

maux qui en font la fiiîce- 418 

Les animausf fournis à la peine de riiomicidc^. 

Crimes commis par les animaux^ ou envers eux. 

4x1 
$. riL De t adultère. 411^ 

A qui âppartenoit laûjon en adultère ? 415^ 

Au défaut de lepoux ^ le magiftrat le fuppléoir-. 

Confifcation de la dot. Boîilbn des eaux amères. 

ibid. 
Des témoins en matière d adultèrer^ 41Ô 

Quid ^ s*il y avoir contradidion entre eux ? 417 
Femmes dilpenfées Je boire les eaux amères, 42 ji 
Dans quels cas elles étoîent fans eifet,. 4JI- 

Aujourdliui on n*y a plus recours* 43 j 

§^ I V. De la fornicanon , du rapt & de .quel- 
ques autres crimes contraires à la pudeur, ibirf^, 

^ fornication^ ibid^ 



f$S T A s L Ë. 

Séduâioh* VîoL Râph ^j^ 

tAcede. 440 

De quelques âufrcs ctimés ëôt)tfâire$ ï là pudèun 

441 

|i V. Du Vd/j de l^ufufe Ô des crimes qhi y ont 
rapport. 44 j 

6ii vol» Là peiné çti fiit pécunkiré^ ibidi 

Quîd, (î on ctoit trop pauvfé pour là payer I 

Res Volcuts no<îii1fi1cs. 44^' 

t)c' quelques e{pcce$ pâtticiilîèrescic VoL 448 

Violation d'un dépôt* ibid« 

Fâufferé dans les poids &t le$ mefures* 449 

JDc l'ufare* 4ji 

§. Vî» Des faujfes dCca/atiofis ^ du fausi témôb^ 
gnagey de la calomnie , &Cé ÙCé 4jf 

Faufle âccufation du mari fur la virginité de fa 
femme» ibidi 

Du faux témoignage. 4j(^ 

CHAPITRÉ VL lôi^ môfâiéù 458 

Ëtàt des moeurs avant Moy(e< ibid# 

Dans quel honneur étoient ragriculturé &c Id vie 

pâftoralei ibid* 

PromefTcs & metiace$ de Jéhova telatiVcïi k 

l'iîgiiculture & Mt troupeaux» 45d 

J^receptei de Mdyffi fui* les chânipS & les ftôU- 

peâUîîi '4^4 



Lfes mœurs deU Juifs \ts cloignoicnt des nations 

voifincSk 4^4 

Moyfe porta-til dés lolx fomptùâifcs î 466 

Vices profci its. Vertus recommandées* 467 

Loix en faveur des pauvres^ dès orphelins, des 
étrangers, &c* ôcck 47O 

Ptéceptes touchans fur râumone* 47J 

Que penfer du reproche de cruauté fait à Moyfe? 

476 
De pUifieûfs excès qu'il profcrivît* 479 

Comment il cherche à afliiter le bonheur des 

mariages* 48 1 

Mœurs domeftiquès des éponfcsi 481 

On préparoit les femmes de bonne heure aux 

foins domeftiquesk 48} 

^ Honneurs attachés à la fécondité du niariagd. 484 
Toutes ces obligations fabfiftcnt encore* 48 j 
Soins pour Tenfance. 48Ï 

Autres loix morales relatives au mariage* 4^;ô 
Loix morales relatives à la pudeur. 491 

Idée morale fur les fdutès cachées. 493 

CHAPITRE Vil & dernier; Objetvàtîons gé^. 

'nérâles fut la légijlatlôn de Moy/e* 495 

Durée étonnante de la législation de Mayfe« ibid* 

Caufes de fon immutabilité* ^96 

Comment Moyfe ifola fon ptuple* 498 

Liaifon de quelques ufages religieux des Juifs 

aux cvénômeUi^ politiquest joo 



i^^9 T A BLE* 

Ufages extraordinaires qu'il leur donnée fof 
Réflexion fur les impuretés établies & fur les di(^ 

tinâions des viandes de ics animaux. jio 
Réflexion fur le lieu des facrifices Se Tépoquc 

des fétes# 51 r 

Nouvelles caufes qui ont affermi la légiflatîon de 

Moyfc. jir 

Avantages politiques du chriftianirme fiir le ju- 

daïfme# , fi(f 

Nouveaux avantages. fi^ 

Caufe du grand attachement des hiik pour leur 

légidation. fit 

Diftinâion de la loi écrite & de la loi orale 

De ceux qui rejettent la loi orale.. 521 

Comment elle s cft confervée. ibid. 

Mifna & Gemare. 52^ 

Pluûeurs traits qui diftinguent la legiilation de 
Moyfe. jiS 

Moyfe reçut-il des Grecs fcs dogmes & fcs loix?- 

tes Grecs reçurent-ils les leurs de Moyfe ? 540^ 
Platon accufé d'être plagiaire de Moyfe. j4r 
Plagiats prétendus d'Ariftote & des autres pHi- 

lofophes. J44 

Examen de ces différentes aflcrtions; ^^6 

les Juifs long-temps inconnus aux Grecs, ibid.. 
Quand on traduifit la Bible en Grec. 54<r 

Ce que les Juifs ont penié de l'idée de cette rra- 

duétioiu ^fjk 



TABLE, 599i 

Origine prétendue de Tavcrfion des Juifs pour les 

fciences des Grecs. 55 j 

Epoque de la défenfe de les étudier. /f4 

Opinion de Philon fur le prétendu plagiat des 

Grecs. 55^ 

Opinion d'Âriftée > d'Origène^ de Josèphe & de 

Tertulliea, jj9 

Opinion de S. Auguftin. 561 

Opinion de Laâance. j6x 

A quelle époque on commença à traduire en 

Grec TEcriture* j6j 

Parenté des Grecs' avec les Cretois & avec les 

Lacédémoniens. 564 

Les Grecs ont-ils dû leur poéfie aiff Hébreux ? 

Fin de la Tailc