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Full text of "Municipalité d'Alexandrie. Alexandrea ad Aegyptum; guide de la ville ancienne et moderne et du Musée gréco-romain"

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= GUIDE DE LA 




VILLE ANCIENNE 


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= ET DU MUSÉE 
GRÉCO-ROMAIN 
PAR E. BRECCIA 




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: : ISTITUTO ITALIANO 


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D-ARTI GRAFICHE - 1914 


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ALEXANDREA AD .tGYPTUM 



MUNICIPALITÉ D'ALEXANDRIE 



ALEXANDREA AD ^GYPTUM 

GUIDE DE LA VILLE ANCIENNE ET MODERNE 
ET DU MUSÉE GRÉCO-ROMAIN 



E. BREGGIA 




BERGAMO 
ISTITUTO ITALIANO D'ARTI GRAFICHE 

1914 



mSTïTUTE OF FINE ART! 
LIBRARY 



TOUS DROITS KESERVK3 



INTRODUCTION 



Lorsque, vers le commencement du XIX"'^ siècle, 
Mohamed-Ali conçut F idée de faire renaître à une pros- 
périté nouvelle la ville fondée par le Conquérant Macé- 
donien, celle-ci, réduite tout au plus à 5.000 ou 6.000 
habitants, sommeillait sur Tétroite langue de terre qui, 
au cours des siècles, s'était formée sur remplacement de 
l'ancien Heptastade. 

Là où la ville des Ptolémées avait mené sa vie de 
magnificence, de splendeur et de gloire, la ruine et la 
mort régnaient en maîtresses depuis de longs siècles. Là 
où le soleil, brillant dans la profondeur bleue du ciel, a- 
vait fait éclater les ors, les bronzes et les marbres, il n y 
avait guère, hélas! qu un immense cimetière dormant 
dans la tristesse d'un silence infini. Qu'était devenu le 
bruit de cette ville où « personne ne restait oisif », où 
tant d'artistes, de poètes, de philosophes, de critiques 
avaient exercé leur intellectualité raffinée et décadente, où 
l'amour de l'argent égalait seul celui des plaisirs, où les 
femmes étaient aussi belles que peu farouches? 



- vin 

Rien n'était plus ! Partout régnait la tristesse des 
choses mortes. Au fur et à mesure que la ville se reti- 
rait et se contractait, pour ainsi dire, les nécropoles — qui, 
en dehors de Tenceinte primitive, s'étendaient auparavant 
à Forient et à Toccident — avaient occupé presque en 
totalité le sol anciennement habité. 

Par-ci, par-là, un palmier solitaire laissait flotter, aux 
caresses des vents du nord, sa chevelure abondante au- 
dessus de son long corps nu. Superbes et tristes, TAiguilIe 
de Cléopâtre et la « Colonne de Pompée », tels deux 
géants survivant au désastre immense, se regardaient de 
loin et se disaient mutuellement leur chagrin séculaire. 

Dans le Grand Port, qui avait donné abri aux plus 
puissantes flottes de l'époque hellénistique, et dans PEu- 
nostos, s'achevait l'œuvre lente mais sûre de l'enlisement 
des quais et de l'envahissement des sables, car tout était 
oisif et abandonné. 

Il fut donc donné au grand Mohamed-Ali de ressus- 
citer une ville morte. Son génie, joint à sa courageuse 
initiative, y réussit bientôt. Le curage et la réfection du 
canal Mahmoudieh en 1819, comme aussi les travaux en- 
trepris dans TEunostos, ne tardèrent pas à rappeler vers 
Alexandrie une grande partie du commerce, qui l'avait 
rendue si célèbre dans l'antiquité. La population euro- 
péenne profita de la libérale hospitalité de ce prince éclairé 
et s'y établit chaque jour plus nombreuse. La mort, à 
son tour, fut chassée par la vie, si bien que les pauvres 
6.000 âmes qui peuplaient la ville à l'aurore du siècle, 
avaient décuplé plusieurs fois au moment de l'occupation 
anglaise en 1882. Dès lors, c'est à pas de géant que les 
développements se font dans tous les domaines, écono- 
mique, démographique, topographique. 

On a accusé les Alexandrins d'aujourd'hui d'avoir mé- 



. IX 

connu et méprisé tout ce qui leur restait de tangible de 
la gloire des anciens, car on sait qu avec la fiévreuse 
activité qu'ils déploient à niveler et à construire ils bri- 
sent ou ils recouvrent, à jamais peut-être, des monuments 
aussi nombreux qu'ils sont précieux. Cet état de choses 
a fait le malheur de deux générations d'archéologues et 
d'historiens; mais, en dépit de ce vandalisme, il y a en- 
core des choses très intéressantes à voir dans la ville des 
Ptolémées. Rien n'est plus faux que la légende qui veut 
qu'Alexandrie n'ait « rien à montrer »; elle est née du 
fait que, par sa position, Alexandrie est un point d'ar- 
rivée et un point de départ. Le touriste arrive en Egypte 
pressé de voir les Pyramides et les ruines grandioses de 
la civilisation pharaonique dont la description a exalté son 

imagination dès l'enfance Au retour, c'est un autre 

sentiment. Il a la nostalgie du home ou la hâte de voir 
d'autres pays. Pour lui, Alexandrie n'est plus qu'un 
port ! Mais il n' aura eu qu' une idée incomplète de la 
merveilleuse histoire de ce pays cent fois mort et cent 
fois ressuscité, il partira avec une regrettable lacune dans 
la série de ses impressions et de ses connaissances. Nous 
espérons le démontrer. 



* 

H: * 



Qu'il me soit permis d'ajouter quelques miots à cette 
introduction de la première édition. Je me plais à cons- 
tater que l'intérêt croissant des touristes pour Alexandrie 
a rendu nécessaire la réimpression de ce volume. Du 
reste la ville, au point de vue de l'hygiène, du comfort et 
de tous les progrès modernes, est en voie d'incessante 
amélioration. L'extension qu'on donne aux parcs publics, 
l'ouverture de nouvelles rues le long de la mer, les travaux 



de canalisation, la construction de nouveaux hôtels, rendent 
le séjour d'Alexandrie plus agréable et plus sain. Aux 
louanges que les hygiénistes ont souvent données au climat 
de notre ville et de ses faubourgs depuis Ramleh jusqu'à 
Aboukir, viennent s'ajouter, chaque jour plus nombreuses, 
celles des touristes et des écrivains. L'historien anglais 
Weigall, d'après son expérience personnelle, affirmait tout 
récemment qu'il n'y a peut-être pas de climat au monde 
qui puisse rivaliser avec celui d'Alexandrie, vers le com- 
mencement de Tété ^'\ 

Quant au présent volume, je dois dire que ce n'est 
pas une simple réimpression, mais un ouvrage presque 
entièrement nouveau, soigneusement revu et largement 
développé. 

Quelques lecteurs préféreraient peut-être un ton plus 
affirmatif dans les questions de topographie alexandrine; 
mais les gens compétents savent bien que dans ces 
questions le doute représente souvent la solution la plus 
scientifique. La Bibliographie qui suit les chapitres, 
cite toujours les publications les plus essentielles : ces 
publications se trouvent toutes ou presque toutes dans 
la Bibliothèque archéologique qui est annexée au Musée 
et qui est ouverte au public aux mêmes heures que le 
Musée. 

C'est mon devoir de remercier 1' « Istituto Italiano 
d'Arti Grafiche > pour les soins qu'il a apportés à l'im- 
pression et à l'illustration du volume. Les photographies 
ont été exécutées pour la plupart par l'atelier bien 
connu de Mr Reiser ; j'en dois cependant un assez grand 
nombre à l'amitié du Doct. Arnoldo Rietti ; quelques- 

(i) « There is perhaps no climate in the enfire world so perfect as that of 
Alexandria in the earJy summer >. Weigalt., The Life and Times of Cleopatra, 
Queen of Egypt, p. 21. 



XI 

unes m'ont été fournies par Mr C. Mamlouck et d'autres 
par Mr Mohamed Saoudi. 

L'expression de ma plus sincère et affectueuse recon- 
naissance doit aller à mes chers amis le Père J. Faivre 
S. J., le Prof. G. Lefebvre et Mr V. Nourrisson qui ont 
bien voulu me prêter leur concours dans la tâche ingrate 
de la correction des épreuves ; le P. Faivre avait eu déjà 
l'obligeance de revoir en entier mon manuscrit. 

Enfin je ne dois pas oublier le Doct. Alexandre Gran- 
ville, Directeur Général de la Municipalité : esprit large 
et éclairé, il a voulu que le livre fût élégamment imprimé 
et richement illustré. 

Ev. Breccia. 






LA VILLE MODERNE 



E non il flutto del deserto urtante 
e non ]a fuga dei barbarici anni 
valse a doinare quella balda figlia 
del greco eroe. 
Alacre industre a la sua terza vita 
ella sorgea, sollecitando i fati. 

Carducci, Odi Barbare, 
Alessandria. 



Population. — D'après les derniers recensements, la popula- 
tion d'Alexandrie se monte au chiffre de 400.000 habitants. Pour 
les ële'ments et les nationalités qui la composent, il est vrai de 
dire, niiitatis niutandis^ que les conditions de l'époque, gre'co- 
romaine s'y répètent, car, aujourd'hui même, on peut de'hnir 
Alexandrie une ville cosmopolite. Parmi ses habitants, on compte 
presque 70.000 étrangers, dont environ 30.000 Grecs, plus de 20.000 
Italiens, quelques milliers de Français, Anglais et autres sujets 
britanniques (Maltais, Indiens), Autrichiens, Allemands, Syriens^ 
Arméniens ; il y a aussi un certain nombre de Turcs, de Suisses, 
d'Espagnols, d'Américains, de Barbarins, de Marocains, de Russes. 
Chaque puissance est représentée par un Consul. 

Au point de vue de la religion, la variété n'est pas moindre. 
La grande majorité est, naturellement, musulmane, mais il y a 
aussi beaucoup de catholiques de différents rites, beaucoup d'or- 
thodoxes, de protestants et d'israélites. Tous les cultes représentés 
en Egypte ont des églises ou des temples à Alexandrie : pour 
quelques-uns même, Alexandrie est le siège principal de l'autorité 
religieuse. 



On serait porté à croire que cette varie'te' de races, de langues, 
de religions, de mœurs ne saurait constituer une ville dont les 
qualités les plus essentielles sont pre'cise'ment la tole'rance et le 
respect re'ciproques : la ville d'Alexandrie est une preuve que beau- 
coup de pre'juge's et de haines de races, beaucoup de chauvinismes, 
beaucoup de fanatismes religieux peuvent s'atténuer, disparaître 
même, lorsqu'une race ou une nationalité' a l'occasion de vivre au 
contact quotidien d'autres races et d'autres nationalite's, et peut 
apprendre que chacune de celles-ci a des qualite's qu'il faut 
appre'cier, des défauts qu'on doit tolérer. 

Un accident se produit-il dans l'une des colonies, il est con- 
sidéré comme un malheur pour les autres, et tous s'efforcent d'y 
remédier avec une solidarité touchante. Chacun garde son idéal 
politique, social et moral, mais tous respectent celui des autres, 
et personne ne clame que le sien soit le meilleur, le plus beau, 
et qu'il doive gouverner le monde. 

Telle est. en somme, la condition admirable de la vie à Alex- 
andrie pour ce qui a trait aux rapports sociaux de ses habitants. 
Il est bien évident que. parmi les colonies les plus nombreuses, 
il y a des éléments qui laissent à désirer, mais hâtons-nous 
d'ajouter, à la louange de la ville, qu'en proportion du chiffre 
de ses habitants, les crimes commis à Alexandrie sont inférieurs 
en nombre et en gravite à ceux d'autres villes ayant une popu- 
lation égale. 

Les Alexandrins d'aujourd'hui comptent sans doute parmi les 
plus hospitaliers du monde : Gelai el-Din ben Mokram. « maître 
de ceux qui savent par cœur «, serait étonné d'avoir pu chanter 
autrefois : « Celui qui descend à Alexandrie ne reçoit comme 
don d'hospitalité — Que de l'eau ou la description de la Co- 
lonne d'El Saouari. — Quand on veut le bien traiter, on va 
jusqu'à lui donner de l'air — Doux et l'indication du Phare. — 
On lui peint aussi la mer et ses vagues. — En y joignant la 
description des grandes barques grecques. — Que l'hôte n'ait 
pas l'ambition d'avoir du pain — Car il n'y a là pour cette 
lettre aucun lecteur ». 

Organisation Administrative. — La ville d'Alexandrie, qui 
est le siège d'un gouvernorat, est administrée, depuis 1890, par 
une Commission municipale de 28 membres, dont 8 sont nommés 
par le gouvernement, 6 sont membres de droit, de par les fonctions 
élevées qu'ils occupent, 6 sont élus par le collège général des 
électeurs (c'est-à-dire par tout citoyen payant un minimum de 
7 3 livres égyptiennes de loyer par an), 3 sont élus par le collège 
des importateurs, 3 par celui des exportateurs, 2 par les pro- 



priëtaires. Il n'est pas admis, dans la Commission municipale, 
plus de 3 membres élus d'une même nationalité'. La présidence 
de la Commission revient de droit au gouverneur de la ville. 
La Commission se divise en plusieurs Comite's qui veillent à la 
bonne marche et au développement des diffe'rents services; elle 
nomme aussi une De'le'gation, qui est son organe administratif 
et exe'cutif permanent La De'le'gation est compose'e de 7 membres, 
plus le vice-pre'sident de la Commission, qui en est membre de 
droit et qui la préside. La direction et la surveillance de tous les 
services sont confiées à un Directeur Général, qui assiste à titre con- 
sultatif aux séances de la Délégation, de la Commission et des Co- 
mités. Le service municipal comprend les branches suivantes: 1. Ser- 
vice Administratif et du Contentieux, 2. des Recettes, 3. Technique, 
4. du Nettoiement, 5. des Parcs et Plantations, 6. Sanitaire, 
7. Vétérinaire, 8. du Musée, 9. de la Bibliothèque, 10, des Pom- 
piers. A la fin de chaque année l'Administration publie en volume 
les Rapports des Chefs sur la marche des divers services. Malgré 
la tendance du Gouvernement à centraliser au Caire la direction 
de toutes les branches de l'administration, Alexandrie est restée 
le siège de la Cour d'Appel Mixte, de l'Administration des 
Douanes, des Ports et Phares, du Conseil sanitaire maritime et 
quarantenaire. Pour la direction du service de sûreté publique, 
et pour la bonne marche des autres services publics qui ne relèvent 
pas de la Municipalité, la ville et son territoire constituent un 
Gouvernorat. Le Gouverneur, qui est en même temps, ainsi que 
nous l'avons dit, président de droit de la Commission municipale, 
est le représentant de l'Etat  Alexandrie: il est aidé par un 
sous-gouverneur et par le commandant de la police. D'ailleurs 
les Ministères, l'administration de la Caisse de la Dette Publique, 
l'agence diplomatique d'Angleterre résident à Alexandrie pendant 
les mois d'été. S. A. le Khédive, qui aime beaucoup notre ville, 
y passe plusieurs mois de l'année, dans sa résidence de Montazah. 

Climat, Hygiène, Confort. — Dans l'antiquité, Diodore, 
Strabon, Ammien Marcellin, Quinte-Curce, Celse et Pline ont 
vanté la salubrité du climat d'Alexandrie. Cette salubrité y avait 
attiré une grande affluence de valétudinaires, comme il arrive 
aujourd'hui encore dans certaines villes exceptionnellement 
abritées du littoral de la Méditerranée. Le traitement de la 
phtisie amenait annuellement à Alexandrie une colonie élé- 
gante fort nombreuse. « A Alexandrie, dit Strabon, les eaux du 
Nil venant à croître au commencement de l'été, remplissent le 
bassin du lac, et ne laissent subsister aucune partie marécageuse 
d'où pourraient s'élever de dangereuses exhalaisons. De plus 



c'est à cette même e'poque que soufflent du nord les vents e'te'siens, 
qui arrivent après avoir traverse une si vaste étendue de mer : 
aussi l'e'te' est pour les Alexandrins une saison très agre'able ». 
La renomme'e de la salubrité' d'Alexandrie e'tait très grande 
même à l'e'poque de l'historien arabe Makrizi (1441): « Ceux qui 
s'occupent de cosmographie, de la description des pays, de l'ar- 
rangement des climats et des re'gions, affirment que dans aucun 
pays du monde l'âge des hommes n'est aussi long qu'à Ma- 
rabout, dans le district d'Alexandrie, et au Ouadi Farganah ». 
On a, en ge'ne'ral, de nos jours, une assez mauvaise opinion de 
son climat; mais on ne doit pas perdre de vue que, si les vents 
du nord et du nord-ouest y dominent, et que, si une grande 
humidité en constitue, du moins d'Août à Novembre, une des 
caractéristiques essentielles, ces inconve'nients sont mitige's par des 
avantages d'une importance capitale. Nous voulons parler de la 
grande stabilité' thermique, puis de l'air qui y est incomparablement 
pur, et de la brise, qui pendant l'été' y règne constamment depuis 
trois heures de l'après-midi. Des observations me'te'orologiques 
de plusieurs anne'es, on de'duit que la tempe'rature minima donne 
une moyenne de 1 6 degre's centigrades, la tempe'rature maxima 
une moyenne de 24 degre's. Rarement, même pendant les mois 
les plus chauds, la tempe'rature de'passe 31-32 degre's. Il pleut 
très peu à Alexandrie, et presque exclusivement en Novembre, 
De'cembre et Janvier (de 4 à 7 centimètres de pluie totale par 
mois) ; le reste de l'anne'e, il n'y tombe guère que quelques 
gouttes. 

Le khamsin est un vent du de'sert très chaud, dont on se 
fait une ide'e exage'ree, et qui ne souffle chaque fois que deux 
ou trois jours ge'ne'ralement, surtout vers l'e'quinoxe du printemps. 

Depuis que la Compagnie des eaux a installe' de nouveaux filtres, 
l'eau distribue'e ne pre'sente plus le moindre danger ; elle est 
au contraire si pure qu'elle peut soutenir la comparaison avec 
les meilleures eaux potables connues ^^\ La Municipalité fait des 
efforts constants pour ame'liorer d'une façon effective les conditions 
hygie'niques de la ville. Beaucoup de travaux d'assainissement 
ont e'te' exe'cute's, beaucoup d'e'tablissements insalubres de'truits, 
une surveillance rigoureuse est exerce'e sur toute maladie infec- 
tieuse, qui est combattue sans merci, de telle sorte que le pour- 

(i) Il semble que dans l'antiquité la santé publique des classes pauvres 
laissait beaucoup à désirer, à cause de l'impureté de l'eau, lorsque celle-ci était 
puisée directement au canal et non pas aux citernes. Du moins pour l'époque 
de César, nous avons le témoignage du Bellnin Alexandrinunt : < adeo est limosa 
atque turbida (l'eau) ut multos variosque morbos efficiat >. Galène donne l'élé- 
phantiasis comme maladie caractéristique d'Alexandrie. L' empereur Auguste s'est 
beaucoup préoccupé d'augmenter les aqueducs, et de les faire arriver dans tous 
les quartiers de la ville. 



centage de la mortalité est en diminution constante. Durant 
les dernières anne'es la mortalité' a e'te constamment en de'crois- 
sance ; elle s'est réduite, en 1912, à 33.6 '^/oo pour les indigènes 
et à 12.8 °/oo pour les étrangers. 

Alexandrie offre à ses visiteurs des promenades aussi pitto- 
resques que variées, des distractions de grande ville, comme 
courses de chevaux, sports, théâtres, concerts, conférences; elle 
possède également des hôtels de tout premier ordre. 

Edilité. — On ne saurait guère affirmer que nos ingénieurs 
et nos architectes modernes aient égalé Dinocrate, ni ses colla- 
borateurs et successeurs, pour faire d'Alexandrie une ville mo- 
numentale ; on est plutôt forcé d'avouer que la plus grande 
partie des 1 âtiments publics et privés accusent un goût médiocre. 
Quelques tentatives isolées feraient pressentir que le sentiment 
du beau commence à pénétrer les esprits même les moins cultivés. 
Les nouveaux parcs et le grand quai du port-est contribueront 
certainement à rehausser la beauté de la ville. Le faubourg de 
Ramleh du reste, bien que s'étant développé trop rapidement, 
sans plan préconçu, possède parmi de nombreuses villas dispersées 
sous des palmiers, qui ajoutent à son pittoresque, plusieurs pro- 
priétés grandioses entourées de jardins superbes. La rotite de la 
corniche projetée, et en partie construite, entre Silsileh (Cap Lo- 
chias) et S. Stefano, qui longera la Méditerranée sur une longueur 
de huit kilomètres, constituera une des plus belles promenades 
du monde. 

Commerce. — Le commerce du port d'Alexandrie s'est accru 
dans des proportions étonnantes au cours de ces dernières années. 
En 19 12 la statistique signale !e mouvement suivant: Vapeurs 
entrés 1927, sortis 1933, total 3860. Tonnage net de registre 
total pour les vapeurs entrés et sortis 6.971.247 tonnes. Marchan- 
dises à l'arrivée 2.660.170 tonnes, au départ 1.4 17. 029, c'est-à-dire 
un total de 4.077.199. Passagers 182,782. Voiliers : entrés 749, 
sortis 754, total 1503 ; tonnage de registre total pour les voiliers 
entrés et sortis 184.065 tonnes. Marchandises à l'arrivée 68.917 
tonnes, au départ 37.353, total 106.270. Valeur de la récolte 
du coton 26.507.Q55 liv. égypt. C'est le chiffre le plus élevé 
qui ait jamais été atteint. Cet énorme mouvement de commerce 
nécessite chaque jour de nouveaux travaux pour améliorer le 
port : on construit de nouveaux quais, on élargit l'avant-port, 
dernièrement on a créé une nouvelle passe navigable par tous 
les temps et pour les navires du plus fort tonnage, à leur entrée 
comme à leur sortie. 



Vie intellectuelle. — En dehors de nombreuses e'coles pri- 
maires et secondaires de différentes nationalite's et de quelques 
e'coles d'arts et me'tiers, Alexandrie possède une Université po- 
pulaire libre où l'on donne des cours de langues modernes et 
des séries de conférences sur tous les sujets qui peuvent intéresser 
et développer une culture supérieure. Un Conservatoire très fré- 
quenté tente, avec succès, de propager le goût de la musique 
parmi le peuple. La ville peut s'enorgueillir de posséder une 
Bibliothèque d'environ 25.000 volumes, un Musée archéologique, 
dont l'importance augmente chaque jour, et une Galerie de ta- 
bleaux cédée dernièrement à la ville par feu M. Friedheim. Une 
Société archéologique, qui compte environ i 30 membres, contribue 
beaucoup à réveiller l'intérêt des Alexandrins pour la gloire 
passée de leur ville. Elle fait exécuter des fouilles, donne des 
conférences, organise des excursions et publie un bulletin archéo- 
logique. Une Société de sciences naturelles, fondée en 1908, 
groupe un certain nombre d'amateurs et de savants. A côté de 
nombreux journaux politiques quotidiens, édités en toutes langues, 
il y a des revues scientifiques et littéraires bimensuelles ou men- 
suelles. Souvent celles-ci n'ont duré que ce que durent les roses, 
mais la fréquence de leur apparition est peut-être une preuve 
qu'elles répondent à un besoin intellectuel de la population. 

Visite à la ville moderne. — La vaste place rectangulaire 
(environ 450 mètres de longueur sur 100 mètres de largeur), 
qui porte le nom du fondateur de la prospérité d'Alexandrie, 
le grand Mohamed-Ali, forme le centre de la ville moderne. Au 
milieu de la place se trouve le monument que la ville lui a érigé 
(fig. i). Cette belle statue équestre en bronze, signée Jacquemart, 
a été fondue à Paris ; la base est en marbre de Carrare. A 
l'ouest de la place, s'étend le quartier dit du Midan (Bazar arabe), 
et la rue Franque qui mène au port, à la baie d'Anfouchy, à 
l'ancienne nécropole du même nom et au palais de Ras-el-Tin, 
résidence d'été du Khédive. Il est à conseiller de s'y rendre par 
la belle route longeant les quais du Port-Est et ceux de la baie 
d'Anfouchy, et de prolonger la promenade jusqu'au Sailing Club 
d'où l'on jouit d'une vue superbe du port. 

En suivant la rue Franque qui s'ouvre sur le coté ouest de la 
place Mohamed-Ali, on rencontre à quelques centaines de mètres la 
mosquée Ibrahim Terbana bâtie, en 1685 (ère chrétienne), avec 
des matériaux appartenant à des monuments de l'époque Gréco- 
Romaine. 

« C'est, — dit M. Herz Pacha, Conservateur des Monuments de 
^'Art arabe —, une grande construction rectangulaire, massive et 



crépie au lait de chaux, porrant sur une de ses faces longitu- 
dinales de petites boutiques garnies d'auvents en nattes : au des- 
sus est une medresseh et une galerie extérieure forme'e de co- 
lonnettes supportant des arcs en fer à cheval et munie d'une 
balustrade en bois. I/e'difice est surmonte' d'un minaret, à pans 
coupe's, termine par une galerie hexagonale, d'où s'e'lève une 
colonne cylindrique coiffe'e d'un bulbe.... La porte e'troite et peu 
ornée est près de l'angle de cette façade : on v monte par un 




i^^ \, 



Fig. I. 



escalier de cinq à six marches. Cette porte pre'sentait aussi une 
de'coration assez éle'gante, mais aujourd'hui tout est dégrade'. 
A l'inte'rieur les murs et les niches de prière sont ornés de car- 
reaux en faïence de toute sorte à décors géométriques du genre 
de ceux qu'on trouve à Rosette >. 

La Mosquée d'Abdel Baki-el-Chourbagui, située au commence- 
ment de la rue de Ras-el-Tin, a été construite en 1757. Une grande 
galerie s'ouvre sur la façade. 

Plus loin, à droite de la rue de Ras-el-Tin, entre celle-ci et 
les quais, se trouve la Mosquée de Sidi Aboul-Abbas-el-Moursi, 



où l'on arrive par le Midan du même nom. Cette mosquée est 
la plus respecte'e de la ville, car elle porte le nom et abrite la 
tombe d'un grand savant mort en 686 de l'he'gire (1287-88). 
De la mosque'e primitive il ne subsiste plus rien. L'édifice 
actuel est l'œuvre entreprise en 1180 de l'he'gire (1766-67) par 
de pieux Maghrabins. 

Sur le côté Sud de la place Mohamed-Ali, on remarque le 
Palais de Justice et quelques benux immeubles, tels que celui de 
M, Primi, celui où siège la Banque Ottomane, la Galerie Me- 
nasce, et enfin, dans le style moresque, le palais du Prince 
Ibrahim. L'interminable rue des Soeurs qui de'bouche sur ce côte' 
de la place et que longe une double ligne de tramway sur tout 
son parcours, conduit à Minet-el-Bassal (où sont les grands dépôts 
de coton, de bois et de ce'réales), à la gare des marchandises 
de Gabbari et au faubourg du Mex (en face du Caracol Lab- 
bane, se de'tache la ligne qui va jusqu'au Port). Au sud-est, à 
quelques pas de la place Mohamed-Ali, il y a le squnre et 
l'e'glise S'^'^-Catherine. Non loin de celle-ci l'e'glise patriarcale 
grecque-orthodoxe, le siège de l'archevêque catholique latin. Sur 
le côte' nord de la place Mohamed-Ali, on remarque l'okelle 
Monferrato et plus loin l'immeuble St-Marc, qui sert d'e'cole et 
de lieu de re'union pour la communauté anglaise ; dans le jardin 
qui entoure l'e'glise anglicane adosse'e à l'immeuble St-Marc, 
est le buste du gêne'ral Earle, tue' à Birbekan dans un combat 
contre les derviches, en 1S85. La Bourse, bâtie sur les plans de 
l'architecte Mancini, se trouve entre la rue Che'rif Pacha et la 
rue Tcwfick et occupe tout le côte' est de la Place. 

Il y a, dans la rue Che'rif Pacha, quelques constructions re- 
marquables, dont les rez-de-chausse'e sont occupe's par de riches 
et e'ie'gants magasins et de nombreux bureaux de banques ou de 
socie'te's commerciales. Lorsqu'on a creuse' les fondations des 
maisons qui bordent cette rue, on a retrouve' et, malheureuse- 
ment, on a de'moli ou caché à jamais les ruines de plusieurs 
monuments de l'ancienne ville. 

A l'extrémité de la rue Che'rif se trouve un carrefour. En 
face de soi, on a la rue de la Gare du Caire qui conduit aussi 
au quartier de Moharrem-Bey et au Canal Mahmoudieh ; à droite, 
la rue Sidi Metualli ; à gauche, la rue de Rosette. 

Ces deux dernières rues suivent avec beaucoup d'approxi- 
mation l'ancienne avenue longitudinale ou rue Canopique, qui se 
terminait par la porte de la Lune à l'occident, par la porte du 
Soleil à l'orient. Dans les fondations de la « Bourse Toussoun » 
(bureaux Cook), on a retrouvé, en 1886, les ruines d'un temple 
gréco-égyptien dédié à Osorapis et à Isis, au roi Ptolémée 



Philopator et à sa femme Arsinoe'. On se dirige vers le sud- 
ouest si on veut aller à la colonne dite de Pompe'e (Se'rapeum) 
et aux hypoge'es de Kom-el-Chogafa, en suivant les rues Sidi 
Metualli, Saleh-el Dine, du Premier Khe'dive, de la Colonne Pompée. 
A une centaine de mètres, en suivant la rue de Rosette, on 
rencontre la rue Nabi Danial. On croit que la Mosquée Nabi 
Danial, vis-à-vis l'ancien consulat de France, au pied de Kom 
ed Demas, recouvre l'emplacement où se trouvait et où, selon la 
conviction de beaucoup de personnes, doit encore se trouver la 
tombe d'Alexandre le Grand. La colline qui s'e'lève sur la droite 
de la rue de la porte Rosette, au delà de Kom ed-Demas, est 
connue sous le nom de Kom-ed-Dik et correspond à l'ancien 
Paneum qui e'tait un parc monumental. Au pied de Kom ed- 
Demas du côté de la rue de Rosette, en creusant les fondations 
de la maison Boustros qui porte aujourd'hui le n° 28, on a trouvé 
la statue colossale d'Hercule, actuellement au Musée. En creusant 
les fondations de la maison Lifonti (n° 12), on a découvert un 
grand socle portant le nom de 1' empereur Valentinien (Musée, 
salle 6). En creusant les fondations du théâtre Zizinia, on a mis 
au jour une belle statue de Marc-Aurèle (Musée, salle 12), ainsi 
que d'autres statues en marbre ; sans doute cet endroit était un 
des centres les plus importants de la ville ancienne. La rue Ca- 
nopique était flanquée, dans toute sa longueur, de beaux portiques, 
de temples et de riches palais, dont les colonnes et les débris 
sont cachés sous les immeubles actuels. 

Parmi les constructions modernes ont peut signaler le théâtre 
Zizinia, le New Khedivial Hôtel et le joli palais du Comte Zo- 
gheb, actuellement siège du Tribunal indigène; plus loin, le Palais 
Municipal, au nord duquel est situé le Musée, dans la rue du 
même nom. 

Si, allant jusqu'au bout de la rue Rosette, on tourne à gauche 
en suivant la ligne du tramway, on parvient aux jardins 
publics de la rue d'Allemagne, dans le sous-sol d'une partie 
desquels on peut visiter la belle citerne el-Nabih, à trois étages. 
Au milieu des jardins, est le monument élevé ^ en l'hon- 
neur de Nubar Pacha, ministre des Affaires Etrangères sous le 
Khédive Ismaïl, président du conseil des Ministres et Ministre 
de l'Intérieur sous Tewfick, qui a beaucoup contribué à euro- 
péaniser l'Egypte. Sur la place Saïd a été élevé, par les soins 
de feu le Dr.' Schiess Pacha, une grande colonne en granit rose 
d'Assouan, trouvée dans une propriété voisine des Barons de 
Mcnasce. La colonne devait appartenir à une grande construc- 
tion du quartier royal de l'époque ptolémaïque, ainsi quelle 
chapiteau en granit verdâtre qui la surmonte. 11 y a, à côte 



lO 

du socle, deux statues de Sechmet, déesse de la guerre, à tête 
de lionne. La colline sur laquelle s'e'lèvent les e'difices et le 
jardin de l'hôpital du Gouvernement doit recouvrir les ruines 
d'importantes constructions ptolëmaïques et romaines, et peut- 
être même du The'âtre. Le jardin me'rite une visite parce qu'on 
y voit un ancien sarcophage en granit, flanque de deux belles 
colonnes avec reliefs chre'tiens, provenant, semble-t-il, de l'an- 
cienne église de The'onas. Le sarcophage ainsi que les colonnes 
ont été' placés là par les soins de l'ancien directeur de l'Hôpital 
indigène, le Dr. Schiess Pacha qui y est enseveli. Il a également 
érigé, en souvenir du jubilé de la reine Victoria, la colonne en 
marbre blanc qu'on observe sur le sommet de la colline. On 
jouit, en cet endroit, d'une vue superbe sur la mer et sur la 
ville. Si on se tourne vers le nord, on a, à droite, les différents 
faubourgs de Ramleh, à gauche et derrière soi, toute la ville, de 
la porte Rosette au Mex ; en face, l'immense plaine de la mer 
d'une beauté saisissante sous la lumière intense d'un ciel toujours 
bleu; au pied de la colline, le nouveau quai, travail colossal qui 
a enrichi la ville d'une promenade splendide, que l'on pourra 
orner de palais, d'édifices et de monuments qui constitueront, 
espérons-le, un hommage à l'art et à l'esthétique. 

Le nouveau quai ceint l'ancien port (Portus magnus), du 
Cap Lochias (nord-est) au Phare (nord-ouest: Fort Qait-Bey), et 
nous savons que cet emplacement était peuplé de merveilleuses 
constructions qui faisaient l'orgueil d'Alexandrie. 

En redescendant rue d'Allemagne, on la suit jusqu'à la rue 
Missalla (rue de l'Obélisque). Cette rue a pris son nom des 
obélisques, connus sous les noms d'aiguilles de Cléopâtre, et 
qui se trouvaient à la fin de cette rue entre la gare du tramway 
de Ramleh et la maison actuelle de Yehia Pacha. Ces obélisques, 
dont l'un était debout et l'autre couché sur le sol, marquaient 
l'entrée ou une des entrées du Gesareum ou Sebasteion (temple 
vaste et célèbre dédié au culte des empereurs) (fig. 2). L'un de 
ces obélisques a été cédé aux États-Unis et décore actuellement 
une place de New-York, l'autre a été envoyé à Londres, où il 
a été dressé sur le bord de la Tamise. 

La rue Missalla débouche à gauche sur le boulevard de Ramleh, 
qui possède plusieurs maisons remarquables et qui est toujours 
très animé, car il conduit à la gare terminus des riches faubourgs 
orientaux de la ville. Le boulevard de Ramleh aboutit non loin 
de la place Mohamed-Ali, d'où nous étions partis. 

Ramleh. — Ramleh signifie en arabe le « Sable » ou le 
« Désert », mais à Alexandrie il indique, par extension, l'ensemble 



des faubourgs le long de la côte orientale, depuis l'Ibrahimieh 
jusqu^aux Palais de S. A. la Khe'divah Mère. Ces faubourgs sont 
bâtis sur une e'troite ligne de collines sablonneuses entre la mer, 
le lac de Hadra et le canal Mahmoudieh. L'origine de Ramleh 
est re'cente. Il n'y a pas un demi-siècle, ce'tait Ramleh, du sable, 
au vrai sens du mot, car sauf quelques groupes de pauvres 
maisonnettes arabes et de tentes de Bédouins, il n'y avait pas 
une seule maison européenne. Le développement toujours crois- 
sant de l'ensemble des faubourgs a été d'une étonnante rapidité. 
Plusieurs causes v ont contribué: le chemin de fer d'abord, cons- 





Fig. 2. 



truit il y a environ quarante ans, et qui a été transformé tout 
récemment (1904) en ligne de tramway électrique; la sé- 
cheresse du climat, qui contraste avec l'humidité de la ville ; 
enfin l'accroissement extraordinaire, bien qu'un peu fictif, de la 
prospérité générale en Egypte, avnnt la crise qui a sévi en 1 907-08. 
D'ailleurs le séjour de Ramleh est non seulement très sain, 
mais encore très agréable, grâce à la proximité de la plage, 
aux jardins dont la plupart des maisons sont entourées, et aux 
nombreux bosquets de dattiers (fig. 3). On pourrait dire que 
ce faubourg réalise l'idéal de la cité jardin. Aujourd'hui Ramleh 
compte 30.000 habitants environ. S'il n'a pas eu à l'époque 
ptolémaïque un nombre considérable d'habitants, il a été très 
peuplé à l'époque romaine depuis Octave-Auguste. Ce fau- 



bourg avait ete appelé Juliopolis d'abord et ensuite Nico- 
polis. On prend le tramway à la Gare de Ramleh (monter 
sur rimpériale s'il n'y a pas trop de vent). Avant d'arriver 
à la gare dite du « Camp de Ge'sar » on a. à droite, les 
cimetières européens modernes ; sur l'esplanade, à gauche, la 
ne'cropole dite de Chatby, une des plus anciennes d'Alexandrie. 
Elle a été explorée pnr le Musée en 1904-1905 (voir Musée, 
salles 20-21). Après la gare du « Camp de César » viennent 
celles d'Ibrahimieh, du Sporting Club (vue à droite sur le champ 
de courses ; Polo ; Lawn-Tcnnis 5 Cricket), de Cléopâtre, de Sidi 
Gaber, de Mustapha Pacha casernes du corps d'occupation, tout 




Fig. 



près de l'ancien Camp Romain), de Carlton Hôtel, de Bulkeley 
(villa Alderson. entrée gratuite), Fleming, Bacos, Seffer (Hôtel 
Beauséjour), Schutz (Hôtels Miramar et de Plaisance), San Ste- 
fano (Hôtel Casino, Etablissements de bains ; musique tous les 
jours en été), Beau-Rivage (Hôtel : Skating Rink), Palais de la 
Khédivah Mère. 

Cette promenade d'Alexandi ie à San Stefano peut se faire aussi 
en voiture. On sort par la rue de la Porte Rosette en suivant une 
route parallèle à la ligne du tramway; elle est bordée de jardins 
et de villas. Pendant toute l'année, l'après-midi, il y a, sur 
cette promenade, un va-et-vient incessant de voitures, d'auto- 
mobiles, de chevaux, de bicyclettes. En face d'Ibrahimieh, à droite 
de la route, on a le village de Hadra, près de l'emplacement de 
l'ancien faubourg Eleusis. Près du lac de Hadra existaient 



. _____^ 13 ^- - 

jusqu'au milieu du XIX"^^ siècle les derniers vestiges du ce'lèbre 
temple Telesterion, bâti par Pcolémëe II. C'est là qu'on a de'- 
couvert les restes des statues colossales en granit vert d'Antoine 
en Osiris (aujourd'hui dans la Cour du Musée) et de Cleopâtre 
en Isis (aujourd'hui en Belgique au château du baron de Wa- 
rocque') (0. 

Canal Mahmoudieh. — Une promenade non moins agre'able 
est celle du « Canal Mahmoudieh » jusqu'au jardin public de 




Fig:. 



Nouzha. On peut même visiter, un peu plus loin, le jardin An- 
toniadis qui renferme un hypogée d'e'poque romaine^^). Une 
superbe alle'e se de'tache de la rue d'Aboukir en face de l'entre'e 
des cimetières europe'ens et va jusqu'au Rond-Point (établisse- 
ment de la Compagnie des Eaux), De là, d'autres allées se 
de'tachent et vont jusqu'au canal Mahmoudieh, soit du côté de 
Moharrem Bey, soit du cote' de Hadra (on peut aller par 
Moharrem Bey et revenir par Hadra), 

(i) M, CoNsiGLi, clans le Spettatore Egiziano et da.ns le Messaggere di Mo- 
dena du 28 mars 1856, parle aussi d'une < bella Cariatide in marino bianco, per- 
fettarnente scolpita, di grandezza colossale >. J'ignore le sort que cette belle 
sculpture a subi. 

(2) V. Thiersch h., Zrvei antike Grabanlangen bei AJexandria, 



14 

Le canal qui porte aujourd'hui le nom du sultan Mahmoud, n'a 
pas e'të creuse par Mohamed-Ali. Le fondateur de l'Alexandrie 
moderne s'est borne' à la re'fection et au curage du canal, qui 
existait à peu près depuis la fondation de l'ancienne ville, et qui 
e'tait de'rive de la branche Ganopique du Nil, à Ghe'reum et 
Schedia (Karioun-Kom-el-Guizeh) près de Kafr-ed-Dawar. Le lit 
du nouveau canal se confond avec celui de l'ancien à partir de 
cet endroit jusqu'à quelques centaines de mètres de l'embouchure, 
où il abandonne l'ancien trace', pour faire un coude à l'ouest de 
la gare du chemin de fer du Gabbari. 




Fig. 5- 



Au-delà de Schedia, le Mahmoudieh suit le tracé du vieux 
canal de Fouah. Mohamed-Ali a de'pense' pour ce travail 7 mil- 
lions et demi de francs et a employé' 250.000 ouvriers. 

Le canal est sans cesse parcouru par des barques que sur- 
montent deux immenses voiles blanches (fig. 4) ; ses bords sont 
ombrage's par des arbres gigantesques, et la route qui le longe 
passe devant de riches villas. L'immense et calme plaine du lac 
Mare'otis, qu'on aperçoit au delà dans toute son e'tendue contribue 
à augmenter le pittoresque de ce beau paysage e'gyptien (fig. 5). 

Jardin Nouzha. — Du Rond-Point on arrive en une vingtaine 
de minutes au Jardin Nouzha, proprie'té de la ville, destiné à 
devenir prochainement un des rendez-vous préférés des Alexan- 
drins. Il comprend une superficie d'environ 30.000 mq. : disposé 



15 

autrefois en parc par le Khédive Ismaïl, il avait e'té abandonne' en- 
suite, et ne conservait plus guère que des vestiges de son ancienne 
splendeur. Ce n'est que dernièrement que la Municipalité' a pris 
l'heureuse initiative de le transformer à nouveau et de lui rendre 
sa beauté' première. Dans un paysage magnifiquement situe', on voit 
la flore me'ridionale s'e'panouir ici dans toute sa richesse; à côte' 
de petits bosquets, on rencontre de vastes emplacements laisse's 
libres et re'serve's aux re'unions des grands comme aux jeux des 
petits ; il y a un kiosque de musique ; ici et là des abris des- 
tine's aux pique-niques ajoutent le confort occidental aux sug- 
gestions du paysage d'Orient. Du point le plus e'ieve', on a une 
très belle vue sur le lac de Hadra, la promenade de Ramleh et 
les faubourgs d'Ibrahimieh, Sidi-Gaber, San Stefano. 



LA VILLE ANCIENNE 



< L'estremo 
Eroe cui Ella (Elena di Sparta) soggiacque 
nomavasi, corne l'idéo 
rapitor suo primo, Alessandro. 
Su quella zona terrestre 
che si protende arenosa 
tra il Mediterraneo mare 
e il Mareotide lago, 
il giovine eroe la premette 
e fu lor proie Alessandiia >. 

D'An-nunzio, Laus Vita:, 1335 1344 



Aperçu historique. — En juillet 332 a. G., après sept mois de 
siège, la ville de Tvr tombait entre les mains d'Alexandre le 
Grand; et toute la Syrie me'ridionale ne tarda pas à subir le même 
sort. Le Gonquérant put alors marcher sur 1' Egypte. Ge pays 
avait e'té soumis par Ochus depuis quelques années seulement, 
après un demi-siècle d'indépendance, et gardait le souvenir brû- 
lant des cruautés commises par les Perses au moment de la con- 
quête. Les Egyptiens saluèrent Alexandre (fig. 6) comme un libe'- 
rateur. Il passa un hiver dans le pays et fonda cette Alexandrie 
qui, en quelques dizaines d'anne'es, devait devenir le centre du 
commerce du monde entier, le centre aussi, ou tout au moins 
l'un des centres les plus importants, de la civilisation grecque 
de l'e'poque helle'nistique, et qui devait rester pendant plus de 
trois siècles la ville la plus riche et la plus peuple'e de la terre. 

La prospe'rite' si prompte d'Alexandrie, a fait attribuer sa fon- 
dation à une inspiration divinatrice du Gonquérant : Alexandre, 
dit-on, s'étant rendu maître de Memphis et suivant la cote pour 
gagner l'oasis d'Ammon (aujourd'hui Siwa), aurait été frappé de 
l'excellente position qu'offrait la bourgade de Rhakotis, en face 



de l'île de Pharos, pour l'e'tablissement d'un port qui fût en re- 
lation avec le reste de la terre. Quelques historiens modernes 
pensent que les preuves du ge'nie d'Alexandre doivent être cher- 
che'es ailleurs que dans le choix de cet emplacement ; si Alexan- 
drie, disent-ils, avait ëte' fonde'e près de la baie de Ganope (Aboukir), 
ou sur un autre point de la cote relie par un canal avec l'in- 
te'rieur du Delta, elle aurait eu 
certainement le même succès. 
« It was, I believe, e'crit le 
professeur Mahaffy, not the 
eagle eye of the conqueror, 
but the proximity of Naukra- 
tis, and the représentations of 
its traders, which led him to 
choose the western extrême of 
the Delta ». Assurément il faut 
tenir compte des exagérations 
introduites dans les le'gendes 
qui se sont formées après coup 
sur les origines d'Alexandrie; 
Alexandre n'avait sans doute 
pas preVu que cette ville devien- 
drait la me'tropole du monde 
helle'nistique; toutefois il faut 
croire qu'il a eu de bonnes 
raisons pour préfe'rer à Ga- 
nope, proche elle aussi de Nau- '^ " 
kratis, et déjà florissante, le 
point de la cote qui faisait face 

à l'île de Pharos ; et si les habitants de Ganope furent encourage's à 
abandonner leur ancienne ville pour venir habiter la nouvelle, on 
doit admettre qu'Alexandre obéissait, non pas aux suggestions des 
Naukratites, mais à la conviction que l'emplacement choisi était 
plus avantageux que tout autre ('). Les plans de la future cité 
furent tracés par l'architecte Dinocrates et les travaux commen- 
cèrent aussitôt. Gléomènes de Naukratis, qu'Alexandre, après la 
conquête de l'Egypte, avait placé à la tête de l'administration 
financière (il fut tué par Ptolémée à la mort du roi, en 322), 
était chargé de veiller à la rapide exécution du projet. Néan- 
moins, au moment de la mort du Gonquérant (322), les travaux 




(i) Ceci ne justifie pas, naturellement, un sophisme tel que le suivant: c A- 
lexandre s'est plus illustré en fondant Alexandrie et en méditant d'y transporter 
le sièp:e de son empire, que par ses plus éclatantes victoires >. Cfr. Dimitsa, 
'laxoQta rî}? àg)^aîaç jtôkscoç 'Ake^avôgeiaç, pag. 48 seq. 



i8 

n'étaient pas très avancés, et malgré l'activité déployée par Pto- 
lémée, fils de Lagos, devenu satrape d'abord et ensuite (306) 
roi d'Egypte, ce ne fut que sous le règne de Ptolémée II 
(285-246) qu'Alexandrie cessa d'être un chantier, pour devenir 
la cité dont la beauté exalta l'imagination des contemporains. 
Les trois premiers Ptolémées, princes magnifiques et libéraux, 
dont le bon goût égalait la sagesse politique, bâtirent, sans 
compter, un nombre considérable de temples, d'édifices publics 
et de monuments, et ils appelèrent à Alexandrie les meilleurs 
artistes de l'époque. Ptolémée IV, prince indolent mais fas- 
tueux, doit avoir, lui aussi, contribué à l'embellissement d'A- 
lexandrie. La découverte de la pierre de fondation du temple 
de Sarapis et Isis sur l'emplacement actuel de la Bourse Tous- 
soun, est un indice de l'activité de ce roi comme constructeur. 
Il est difficile de croire que son culte presque fanatique pour 
Dionysos et ses velléités de réformateur religieux, ne se soient 
pas manifestés par des monuments publics. Quelque temps après 
la mort de Ptolémée Philopator 205-4), la ville d'Alexandrie 
se souleva contre Agathocles, qui avait pris la tutelle du trop 
jeune Ptolémée V et qui tyrannisait la capitale et l'Egypte 
entière ; mais il ne semble pas qu'Alexandrie eut à souffrir de 
ces troubles dans sa beauté extérieure. Pendant la guerre civile 
entre Ptolémée Philométor et Ptolémée Evergète II (171-170), 
Alexandrie fut assiégée par le roi de Syrie Antiochus, qui disait 
vouloir restaurer sur le trône Philométor. Le siège provoqua une 
disette dans la ville; mais il ne doit pas avoir causé de dégâts 
considérables, car Antiochus se retira « frustra tentatis mœnibus », 
c'est-à-dire sans avoir réussi à pénétrer à l'intérieur des murs 
d'enceinte. On peut affirmer que les querelles et les luttes in- 
testines de la dynastie n'arrêtèrent pas le développement de la 
ville; au contraire, vers la moitié du P"" siècle av. J.-Ch., lorsque 
les Romains s'immiscèrent dans les différends entre Cléopâtre et 
son frère et mari Ptolémée XIV, Alexandrie avait atteint le maxi- 
mum de sa splendeur. Diodore. qui écrivait au temps de Pom- 
pée, dit : « Ce n'est pas seulement Alexandre, ce sont presque 
tous les rois, ses successeurs en Egypte, jusqu'à nos jours, qui 
l'ont décorée en ajoutant à leurs palais des constructions ma- 
gnifiques ; et la ville a pris une telle extension dans les 
temps qui l'ont suivi, qu'au jugement de beaucoup de gens 
elle est la première du monde «. L'arrivée de César en Egypte 
à la poursuite de Pompée, lui porta le premier coup. César prit 
parti en faveur de Cléopâtre contre Ptolémée qu'il retint pri- 
sonnier, mais ce dernier, rendu à la liberté sur la demande des 
Alexandrins, ne tarda pas à se retourner contre lui. César, as- 



_ 19 

siégé avec les siens dans le the'àtre et une partie du Bruchium 
fît mettre le feu aux vaisseaux égyptiens. L'incendie s'étendit à 
la ville et ruina plusieurs édifices importants (^K 

Après avoir été la maîtresse de César, Gléopâtre subjugua 
Marc-Antoine qui s'abaissa jusqu'à devenir l'esclave des caprices 
de cette femme voluptueuse. Antoine enrichit, à cette époque, 
Alexandrie de plusieurs monuments volés à d'autres villes de la 
Grèce. Lorsque Octavien Auguste (30 av. J.-Ch.) s'empara d'Alex- 
andrie, il ne se borna pas à restituer ces monuments aux villes 
qui en avaient été dépouillées, mais il transporta à Rome un 
riche butin de guerre ; toutefois, il fit son possible pour favoriser 
le développement d'Alexandrie et agrandit la ville en fondant 
le faubourg de Nicopolis ou Juliopolis, où il institua des jeux 
quinquennaux en souvenir de sa victoire sur Marc-Antoine, 
et fit bâtir un amphithéâtre et un Stade. 

Sous les premiers successeurs d' Auguste, Alexandrie fut 
déchue de son importance politique, mais elle n'eut, par 
contre, qu'à se louer de la bienveillance que les empereurs lui 
témoignèrent. On dit même que ceux-ci songèrent à diverses 
reprises à en faire leur capitale. Strabon d'ailleurs nous laisse 
entendre qu'Alexandrie ne devint le premier marché du monde 
qu'après sa réunion à l'empire. C'est à Alexandrie que Vespa- 
sien, favorisé par l'appui des philosophes, fut proclamé empereur 
l'an 69 ap. J.-Ch. Son fils Domitien (81-96) visita lui-même 
Alexandrie et s'occupa de questions littéraires et scientifiques 
avec les savants du Musée. A l'époque de Trajan, les Israélites 
qui habitaient la ville en grand nombre depuis sa fondation, et 
constituaient alors un tiers de la population, s'insurgèrent, et 
leur révolte sanglante causa de nombreux dégâts. La paix ne 
revint que sous Hadrien (i 17-138) qui visita Alexandrie par deux 
fois. Hadrien y trouva l'occasion de satisfaire sa grande passion 
pour l'architecture. Il eut à restaurer et à renouveler plusieurs 
temples et plusieurs édifices publics. Le taureau Apis, découvert 
parmi les ruines environnant la Colonne Dioclétienne et ac- 
tuellement exposé au Musée, prouve que l'empereur déplova son 
activité même dans le temple célèbre de Sarapis. Il logea d'ail- 
leurs au Sérapeum et prit part, de même que Marc-Aurèle 
(i6f-i8o) après lui, aux disputes philosophiques et scientifiques 
du Musée. L'historien Malala nous apprend qu'Antonin le Pieux 
(138-161) construisit la porte du Soleil, la porte de la Lune et 

le corso: e'y.xiOFr rip' H/.iny.ijV -i:'/.ijr y.(ù rljv ^f-/.>p't (ly.i/i' y.(à rnr 

(i) On conteste avec de bons arguments d'ordre historique et d'ordre topo- 
graphique que l'incendie ait attaqué la Bibliothèque proprement dite : il s'agirait 
plutôt de quelques dépôts de livres, placés tout près du Port. 



20 

ÔQÔaor. Commode (180-193) également visita la ville et lui te'- 
moigna peut-être quelque bienveillance. Septime Se'vère (193-21 i) 
se rendit à Alexandrie en l'an 199 et octroya ou plutôt restitua 
aux citoyens une constitution municipale. 

Avec Caracalla commença la chute progressive, mais irre'- 
me'diable, de l'ancienne reine de la Me'diterrane'e. Cet empereur, 
pour se venger des sarcasmes dont les Alexandrins l'avaient 
gratifie', ordonna un massacre gênerai de tous les jeunes gens 
qu'il avait re'unis dans le Stade sous pre'texte de les passer en 
revue. Il saccagea la ville, ordonna de la se'parer en deux parties 
par un vallum^ ferma les the'âtres, supprima les repas communs, 
y compris ceux du Muse'e, et de'cre'ta aussi la dissolution de l'Aca- 
de'mie, ce'lèbre e'cole philosophique qui tirait son origine d'Aristote. 
La lutte entre l'empire et Ze'nobie, reine de Palmyre, fut de'sas- 
treuse pour Alexandrie. Ze'nobie s'en empara en 269 ; puis, en 
273, l'empereur Aure'lien, après avoir de'fait Ze'nobie, pour se 
venger d'une tentative d'inde'pendance que la ville avait essaye' 
de faire et de l'appui qu'elle avait accorde' à Tusurpateur Fir- 
mus, la saccagea et en de'truisit la plus grande partie. Il paraît 
que le quartier Bruchium fut à cette occasion presque totale- 
ment de'moli et bouleverse'. Un massacre suivi d'une ruine encore 
plus e'pouvantable fut celui qu'ordonna Diocle'tien (294-3), lors- 
qu'il s'empara de la ville re'volte'e qui avait e'te' assie'ge'e pendant 
neuf mois. Maigre' les efforts que Diocle'tien fit ensuite pour 
venir en aide aux Alexandrins, la prospe'rite' de la ville e'tait 
de'sormais compromise pour toujours et presque ane'antie ; elle 
ne s'ame'liora certes pas à la suite des perse'cutions dont les 
chre'tiens furent victimes de la part de l'empereur Dèce et de 
ses successeurs, ni à la suite des dissensions suscite'es par les 
he're'sies. 

Alexandrie devint un centre du christianisme naissant ; l'em- 
pereur The'odose donna le coup de grâce au paganisme (379-395) 
en adoptant officiellement la religion chre'tienne. Il confia au 
patriarche The'ophile la charge d'abolir le paganisme à Alexandrie. 
Celui-ci, avec une e'nergie impitoyable, se'vit non seulement 
contre tous ceux qui se refusaient à embrasser la nouvelle reli- 
gion, mais s'acharna aussi à de'truire les temples, les monu- 
ments et les statues. 

Le ihe'âtre et le temple de Dionysos, le ce'lèbre temple du 
Se'rapeum (0 ainsi que l'admirable statue de Sarapis furent entre 

(i) D'après ce que racontent Rufin et Aphtonius ainsi que plusieurs histo- 
riens et voyageurs arabes, il paraît que la destruction ne s'étendit pas à tous les 
édifices compris dans la zone du Sérapeum. Au moment de la conquête arabe et 
même plusieurs siècles après, il était possible d'observer des vestio^es appréciables 
de l'ancienne magnificence, entie autres, quelques centaines de colonnes restées 



autres détruits et incendie's. Sur l'emplacement du Se'rapeum 
s'e'levèrent une e'glise dëdie'e à Saint-Jean et un couvent. 

Naturellement la ville s'appauvrissait chaque jour davantage! 
Le patriarche Cyrille acheva de la ruiner en seVissant contre les 
Israélites qu'il voulut chasser tous de la ville. Et d'autres meurtres 
et d'autres actes de vandalisme suivirent. La belle et ce'lèbre Hy- 
pathia, adversaire dangereuse pour Cyrille, à cause de sa beauté', 
de son e'rudition et de son courage, fut lapidée par la populace 
en 41 5. Sous Justinien (527-565) toutes les e'coles païennes furent 
fermées et la ville eut à subir un incendie ordonne' par l'impé- 
ratrice The'odora, qui se vengea ainsi du refus qu'on lui avait 
oppose' de reconnaître comme ëvêque The'odose, son favori. 

En 565, Antonin le Martyr pouvait encore trouver Alexandrie 
« une ville superbe ». 

En 619, le roi de Perse, Ghosroès P"", s'empara d'Alexandrie 
après un long siège, pendant lequel les soldats se'virent contre 
les campagnes avoisinantes et surtout contre les monastères qui 
y e'taient extraordinairement nombreux. Ils de'molirent ou incen- 
dièrent les e'glises et les e'difices et en pillèrent tous les tre'sors. 
Lorsque la ville fut conquise, une partie de la population et 
notamment le patriarche copte Andronicus restèrent à l'abri des 
vexations ; toutefois les massacres furent conside'rables et bon 
nombre d'habitants furent envove's prisonniers en Perse. 

Dix ans après, l'empereur He'raclius conquit de nouveau l'Egypte 
à l'empire. 

Mais l'arme'e du Kalife Omar ne tarda pas à arriver dans 
ce pays sous le commandement du ge'ne'ral Amr-Ibn-el-Ass 
(Amrou). Amrou assie'gea Alexandrie et s'en empara, après quatorze 
mois de siège, au mois d'octobre 641. Maigre' une suite inin- 
terrompue de de'sastres, la ville gardait encore des traces assez 
conside'rables de son ancienne magnificence. Du moins les histo- 
riens arabes en parlent avec enthousiasme. 

Il va de soi que ce qui pouvait demeurer des anciens monu- 
ments ne fut pas respecte'. Les Arabes choisirent comme capitale 
Fostat d'abord (Vieux Caire) et ensuite le Caire, et la de'ca- 
dence d'.Alexandrie devint plus rapide et plus profonde, JâkCit 
{f 1229) ^6 trouva à Alexandrie rien d'admirable ou de mer- 
veilleux à l'exception de la colonne appelée « Hamoud-el 
Saouari ». 

debout. Benjamin de Tudéla visita la ville au douzième siècle. II parie lui aussi 
des colonnes, mais il ajoute avoir vu vingt salles décorées de marbres qu'il croit 
avoir servi à l'enseignement pour les élèves de l'Académie. Ce détail contredit 
un manuscrit arabe daté de l'an 10S7, actuellement à Paris, et qui affirme : 
< aujourd'hui il ne reste rien sauf les colonnes on piliers qui sont tous debout, 
pas tin seul n'étant tombé >. 



La conquête éphémère mais de'sastreuse par Pierre V^ de Lusi- 
gnan. roi de Chypre à l'ëpoque des Croisades, dune part, de 
l'autre et surtout des tremblements de terre qui auraient cause' 
un affaissement du sol (ceux du commencement du XIV ™^ siècle 
semblent avoir été' particulièrement ruineux) achevèrent l'œuvre 
de destruction et d'abandon (^), 

Cyriaque d'AncÔne avait visite' Alexandrie en 1435. Il dit 
avoir vu dans la ville « nobilissima » — à l'inte'rieur des murs 
et en dehors — de nombreuses et belles antiquite's (vetustatum 
egregia plurima extra intusque conspeximus) mais, au fond, celles-ci 
se re'duisent aux ruines du Phare, aux obe'lisques du Cesareum 
(aiguilles de Cle'opâtre) et à la colonne de Pompe'e. Par conse'- 
quent les dires du ce'lèbre humaniste ne contredisent pas du 
tout la sincère stupe'faction de Bernard de Breydenbach. 

Toutefois pendant plusieurs siècles après la conquête arabe, 
Alexandrie resta la seconde ville de l'Egypte après le Caire, et 
la première ville maritime de l'Egypte et du Levant. Vers la 
première moitié' du XIII"^^ siècle il n'y avait pas moins de 3000 
marchands (français et italiens surtout) à Alexandrie. Le'opold 
von Suchem e'crivait vers 1350: « A pre'sent Alexandrie est 
la première ville maritime de l'Egypte et une des meilleures du 
Sultan ». 

Ne'anmoins à travers le moyen âge et l'âge moderne, elle marcha 
vers la de'cadence la plus complète. D'autres villes (Rosette plus 
que toute autre) prirent sa place dans le commerce maritime 
et fluvial. Au commencement du XIX '"^ siècle, Alexandrie e'tait 
le nom d'un tout petit village d'environ 6000 habitants. 

La renaissance ne devait s'effectuer qu'au cours du XIX""^ 
siècle, ainsi que nous l'avons expose', par l'œuvre de Mohamed 
Ali. Elle compte aujourd'hui environ 400.000 habitants. Cette 
renaissance rapide n'a pas e'te' avantageuse pour les ruines de 
l'e'poque ptole'maïque et romaine. 

Il est certain que le sous-sol, maigre les destructions et les 
spoliations de toute nature, doit avoir garde', à une grande 
profondeur, des restes importants, mais la rapidité' fie'vreuse du 
de'veloppement de la ville moderne sur l'emplacement de l'an- 
cienne a empêche' la science d'arracher au silence des siècles 
quantité de secrets qui subsistent dans l'histoire civile, dans l'his- 
toire de l'art, comme aussi dans la topographie de la ville des La- 
gides. En réalité, encore de nos jours, beaucoup de monuments 

(i) Voici l'impression qu'en 1483 Alexandrie faisait à ses visiteurs: «Intro- 
duits en ville, nous demeurâmes stupéfaits de ne voir de toutes parts que des 
ruines lamentables; nous ne pouvions revenir de notre ëtonnement en voyant 
des murailles si belles et si fortes entourer une ville si pauvre >. (Bernard de 
Breydenbach: Les Saintes Pérégrinations). 



23 

ont ete caches à jamais ou détruits par ignorance ou par esprit 
de spe'culation 5 beaucoup de soi-disant amateurs n'ont e'te' que 
des trafiquants et, de ce fait, quantité' de collections ont e'te' 
disperse'es aux quatre coins du monde où, pour dire vrai, elles 
ne pre'sentent plus aucun inte'rêt. 

Ce qu'on a pu, dès lors, sauver de la ruine totale ou de la 
dispersion est d'autant plus digne d'observation et d'e'tude. Notre 
Muse'e, bien que de cre'ation re'cente, possède de nombreux objets 
très inte'ressants même pour de simples curieux 5 de même la 
ne'cropole d'Anfouchy, l'hypoge'e de Kom-el-Ghougafa, la ne'cro- 
pole de Chatby, la Colonne de Pompe'e attirent chaque jour 
davantage l'attention des savants et des touristes. Les fouilles 
que nous allons entreprendre sur l'emplacement du Se'rapeum 
auront pour re'sultat, je l'espère bien, des de'couvertes heureuses ! 

BIBLIOGRAPHIE. — En dehors des histoires de l'époque hellénistique par 
Droysen, Niese, Kiirst, de l'histoire grecque par Holm (quatrième volume) et 
surtout de l'histoire grecque par Beloch (troisième volume), voir: Bouché-Le- 
CLERCQ, Histoire des Lagides, Pari?, Leroux, 4 vol.; Mahakfy, The Empire 
of the Ptolemies, London, Macmillan; Mahaffy, A History of Egypt under 
the Ptolemaic Dynasty, London, Methuen ; Milne, History of Egypt under 
Roman ruîe, London, Methuen; Lumbroso G., L'Egitto dei Greci e dei Ro- 
mani, Loescher, 1892; Lumbroso G., Descrittori itaJiani deU'Egitto e di Ales- 
sandria; Gratien Le Père, Mémoire sur la ville d^ Alexandrie {Description 
de l'Egypte), t. 18, p. 28;^-490 ; Dimitsa U. G., 'loroo/a r/}ç à^/ai'a^ TToP.eco^ 'A- 
/.eSavdoFi'a^: iy 'Afîijrcu; 1885: Oty.ovoiioTTOvkoç I. D. A'/sSav^oivoi Jidy.oaaoç 1889. 
Athènes-Alexandrie. (V. aussi à la fin du chapitre sur la Topographie de la ville 
ancienne). 



Population. — Dès son origine Alexandrie ne fut pas une 

colonie exclusivement greco-mace'donienne. Elle avait e'te' fonde'e 
sur un emplacement déjà occupe, en partie, par une petite ville 
e'gyptienne, appele'e autrefois Rhakotis, et ce premier fond de 
population indigène avait e'te' grossi par le transfert des habitants 
de Canope. A côte' des indigènes et des gre'co-mace'doniens, déjà 
dans la première moitié' du III "^^ siècle, il y avait un nombre 
conside'rable de Juifs, de Phrygiens, d'autres groupes d'habitants 
originaires de l'Asie Mineure. 

L'affluence des e'trangers ne tarda pas à faire d'Alexandrie une 
ville cosmopolite, où la population e'tait des plus mêle'es. Le tableau 
qu'en donne Saint Chrvsostdme peut valoir, à peu de chose près, 
même pour l'cpoque ante'rieure à cet e'crivain : « Grecs, Italiens, 
Syriens, Libyens, Giliciens, Ethiopiens, Arabes, Bactriens, Scythes, 
Indiens, Persans, dit Saint Chrysostôme, affluaient dans cette 
ville », que Strabon avait définie « un re'servoir universel » et 
le juif Phi Ion « plusieurs villes dans une ville >. 

Alexandrie était conside're'e, à l'e'poque helle'nistique, comme 
la plus grande ville du monde civilise' et tenait la deuxième 



24 

place, au début même de l'empire, après que Rome l'eut de'passëe. 

Pour l'an 60 av. J.-Ch. Diodore nous donne le chiffre de 300000 
citoyens libres, sur la base des listes officielles des habitants. Si 
on y ajoute les esclaves, on aura une population d'un demi- 
million environ. Il ne nous est pas possible de suivre les e'tnpes 
successives du développement de la population alexandrine ni les 
transformations de son organisation ; nous pouvons toutefois 
affirmer qu'elle a e'te toujours divise'e en classes dont voici les 
principales : 

«y Les habitants qui jouissaient du droit de cite'. — Cette classe, 
constituant un vrai patriciat, comprenait les familles les plus an- 
ciennes et les plus notables ; elle jouissait des privilèges, judi- 
ciaires, e'tait exemptée de certains impôts et corvées, fournissait 
la plus grande partie des fonctionnaires, prêtres et prêtresses, etc. 
Elle e'tait organisée sur le modèle de la population libre d'Athènes 
et d'autres villes grecques, c'est-à-dire e'tait divise'e en tribus 
(q vÂai) dont chacune comprenait un certain nombre de dèmes. Le 
citoyen d'Alexandrie ajoutait presque toujours à son nom l'in- 
dication soit du dème, soit de la tribu et du dème, où il e'tait 
inscrit. Les filles appartenant à cette sorte d'aristocratie ne 
pouvaient pas se servir du dème, mais elles avaient le titre de 
citoyenne (âoTi'j). 

ftj Les lAls^avôoETç constituaient une classe d'habitants dont les 
privilèges e'galaient ceux des citoyens inscrits dans les tribus et 
les dèmes (cf Pap. Hal. L p. 163). 

y) Les Macédoniens. — Ils formaient eux aussi une classe pri- 
vile'giée qui jouissait d'une grande influence à la cour et dans 
l'arme'e. Ils constituaient un patriciat militaire dont l'acclamation 
ratifiait, pour ainsi dire, le couronnement de tout nouveau roi. 
On pourrait les comparer aux prétoriens, aux janissaires, aux 
mamlouks. 

b) Les néqoai ry/c ê.-Tiyovrjç^ dont le nombre était considérable 
à Alexandrie, s'étaient sans doute rapidement hellénisés, mais ils 
formaient une classe spéciale moins privilégiée que les précédentes. 

f) Les Grecs pauvres, qui immigraient en grand nombre et 
continuellement à Alexandrie de toutes les régions du monde 
hellénique, n'avaient pas conscience de leur valeur politique et 
n'étaient pas inscrits parmi les citoyens dont ils ne partageaient 
d'ailleurs ni les droits, ni les privilèges. 

c) Les Juifs. — Depuis le commencement du troisième siècle, ils 
formèrent un élément considérable de la population alexandrine. 
Ils avaient une constitution particulière à leur communauté, dont 
les organes les plus importants étaient l'ethnarque et la y^govoia 
(assemblée des anciens). Ils étaient presque aussi privilégiés que 



2 5 

les 'Ale^avàQsïç et plus que les Perses ; mais, au point de vue 
de la constitution de la ville, ils n'e'taient pas citoyens (voir plus 
loin p. 46). 

>;) Les Egyptiens — ouvriers, journaliers et même soldats — habi- 
taient de préférence ou exclusivement le quartier occidental (Rha- 
kotis) et l'île de Pharos. Manquant de toute culture hellénique, 
même superficielle, ils furent toujours un élément étranger dans 
la grande ville grecque. Ils n'étaient pas soumis à un droit 
privé particulier ou exceptionnel, mais, ainsi que la plupart 
des Grecs, ainsi que les Perses et les Juifs, ils ne participaient 
point au droit de cité. 

Naturellement il y avait d'autres groupes d'habitants étrangers. 
Très nombreux étaient les esclaves et les affranchis. Après la 
conquête romaine les habitants d'Alexandrie, pour pouvoir devenir 
citoyens romains, devaient satisfaire à une condition indispen- 
sable : jouir du droit de cité alexandrine. 

BIBLIOGRAPHn:. - Voir surtout: Schubart W., Alexandrinische Ur- 
knndcn ans der Zeit des Augnstus, dans VArchiv jur Papyrusjorschung, V, 
3S-132 ; Idem, Nettes ans dein alten Alexandrien, dans [es' Preusstsche Jahr- 
biicher, Band 137. Les textes alexandrins qui ont donné l'occasion d'étuditr à 
nouveau cette question ont été découverts par O. Rubensohn à Abousir el-Meieq 
(Fayoum), Ils datent de l'époque de l'empeieur Auguste. Ils ont été publiés par 
SCHt'BART, dans le quatrième vol. des Pap. Grecs de Berlin. (Berliner Griechische 
Urkunden). Cfr. l'ouvrage magistral de Wilcken., GrundzUge und Chrestoma- 
thie der Papyruskunde. Kap. I, pag. 14 et suiv. ; cfr. Dikaiomata. Pap. Hal., 
I, p. 162 et suiv. Berlin, 1913. 



Vie alexandrine. — La beauté, la richesse, l'opulence d'Alex- 
andrie ont été souvent célébrées par les écrivains de l'antiquité. 
Cette renommée a survécu même à la complète décadence de 
la ville. L'humaniste Cyriaque d'Ancone (1435), sous l'impression 
de la tradition littéraire, appelle les pauvres ruines existant à 
son époque « urbs nobilissima » ; Makrizy, un savant commen- 
tateur du Coran, pense que Dieu a voulu désigner Alexandrie, 
lorsque dans le livre sacré il parle d'une ville « qui n"a pas sa 
pareille au monde » ; Ahmed Ben Saleh l'appelle « le carquois 
où Dieu a déposé les meilleures de ses flèches », et ainsi de suite. 
En remontant en arrière, nous trouvons que les écrivains païens 
et chrétiens, grecs et latins, ainsi que les inscriptions et les 
papyrus, accompagnaient presque toujours le nom d'Alexandrie 
d'épithètes laudatives: la grande, la très grande, la riche, la très 
noble, la très heureuse, la splendide, la ville par excellence, la 
ville qui possède tout ce qu'on peut avoir ou désirer (^). 

(i) Je dois me borner ici aux grandes lignes, et par conséquent je ne peux 
pas entrer en ce moment dans les détails dont les inscriptions, les papyrus, les 
ostraca offrent aujourd'hui une assez riche moisson. 



26 

rrarra - ooo'' eori yov xal yîvex\ èor^ iv Aîyvn:xœ 
. . . àyaOà Tiàvff ô'o^ àv y.ovj'ujç 

Ainsi commence la description d'Alexandrie donne'e par Heron- 
das, dans le premier de ses Âlimiambes. Cette description, que le 
poète a mise dans la bouche de la vieille entremetteuse Gyllis est 
pittoresque, confuse, extrêmement comique, mais peint à merveille 
Alexandrie, la ville lumière et en même temps la ville du luxe, 
des raffinements, des fêtes, des corruptions, de V éternel plaisir. 
« L/Egypte (lire Alexandrie) est la maison d'Aphrodite, et on 
y trouve tout: richesse, palestre, grande arme'e, ciel serein, gloire, 
spectacles, philosophes, me'taux pre'cieux, beaux jeunes hommes, 
temple des Dieux frères, bonne maison royale et acade'mie des 
sciences, vins exquis et belles femmes », des femmes si belles, 
ajoute Gyllis. qu'on pourrait les comparer seulement avec les 
de'esses du jugement de Paris. 

Les Alexandrins étaient renomme's pour leur amour du travail 
et de l'argent, pour leur esprit impitoyablement moqueur, pour 
leur tendance aux nouveaute's et aux révoltes. Les sobriquets 
dont ils gratifiaient tout le monde, y compris les rois et plus 
tard les empereurs, sont reste's ce'lèbres. À ce propos, Se'nèque 
appelle la population d'Alexandrie « loquacem et ingeniosam 
in contumelias ». L'empereur Hadrien (s'il est vraiment l'au- 
teur de la ce'lèbre lettre à son beau-frère Servianus) avait 
donne' cette peinture des Alexandrins : « Genus hominum se- 
ditiosissimum, vanissimum, injuriosissimum,civitas opulenta, dives, 
fecunda, in qua nemo vivat otiosus ('personne n'y est oisir).... 
Unus illis deus nummus est (ils n'ont d'autre dieu que l'argent) ". 
Makrizy affirme que leur caracte'ristique était l'avarice ; d'autres 
écrivains les appellent menteurs et téméraires. Mais ils avaient aussi 
quelques bonnes qualités: ils étaient /«^^«/os/ atqiie aculissimi^ 
ils étaient aimables, hospitaliers (bien que Gélal-el-Din ait écrit 
le contraire) et possédaient le don d'inspirer la sympathie. Leur 
amour du travail et de l'argent était égalé par celui des spec- 
tacles, de la gymnastique, des fêtes et des jouissances matérielles. 
Strabon nous raconte que le canal reliant Alexandrie avec Ca- 
nope était parcouru sans cesse par des barques chargées d'hommes 
et de femmes en train de s'amuser, plus ou moins honnêtement 
— plutôt moins que plus : en effet le but des excursions de ces 
bons Alexandrins était Canope, fameuse par ses débauches. 
Ce n'est pas seulement à Canope qu'on allait: « en tout temps de 
l'année, dit ailleurs Strabon, les Alexandrins se rendaient dans un 
endroit escarpé au bord de la mer, sur la côte maréotique, non 
loin de Taposiris Magna (Abousir) « pour s'y divertir et faire 



27 

bonne chère ». Les e'trangers et les provinciaux e'taient attire's à 
Alexandrie, dans cette ville « fertilissima et copiosissima omnium 
rerum », non pas tant par ses poètes, ses e'rudits, ses institutions 
litte'raires et scientifiques, que par les curiosite's et les e'ie'gances 
qu'elle offrait, les spectacles, les symposia^ les belles femmes. Le 
milieu alexandrin e'tait dangereux et Ge'sar se me'fîait des troupes 
qui avaient pris l'habitude de la vie licencieuse d'Alexandrie. 

A propos de cette ville j'ai fait quelque allusion à Paris, et 
en ve'rite' le rapprochement, mutatis inutandis^ n'est pas trop 
arbitraire ; mais je pense qu'une autre ville aussi offre beaucoup 
d'analogie avec « la belle fille du he'ros grec ». Cette ville 
est Florence à l'e'poque des Me'dicis : analogie dans l'activité' 
litte'raire et artistique, dans le haut degré' de culture intellec- 
tuelle, dans la richesse, l'opulence et le luxe, dans l'amour de 
la vie joyeuse et le'gère. Il est curieux d'observer qu'un refrain 
d'une ce'lèbre poe'sie carnavalesque, dont Lorenzo de Me'dicis est 
l'auteur : Ghi vuol esser lieto sia — Del doman non v'è cer- 
tezza —, est presque la traduction du refrain que les joyeuses 
bandes chantaient à gorge de'ploye'e dans les rues d'Alexandrie : 
V f'i^yoiuer xal jiicof(ev, a.vgior yàg âjTofh'f/oxoifFv — mangeons, et buvons, 
demain nous pourrions être morts. 

BIBLIOGRAPHIE — Voir surtout: Lumbroso G., L'Egitto dei Grcci e 
dei Romani, pag-. 99-108 ; Glaser Max., ZeitbiJder aus Alexandrien nach 
dem Paedagogus des Clemens Alexandrinus. Anberg, 1905; Cessi C, Vita ed 
arte elUnistica» Catania, 1910 ; Perdrizet P., Bronzes grecs d'Egypte de la 
collection Fotiqnet. Introduction, p. X et suiv. 

Art alexandrin. — L'honneur d'avoir re'habilite' l'art de la 
basse époque grecque doit revenir, pour une très grande part, à 
Th. Schreiber, qui dans plusieurs publications savantes a tâche' 
de de'montrer que l'art de cette pe'riode ne méritait ni le silence 
ni l'insouciance dont on l'avait gratifie' jusqu'à nos jours. Les 
recherches que Schreiber (7 1912) a faites avec une e'rudition 
et une compe'tence incontestables, l'ont porte' à conclure que Vart 
hellénistique (on appelle helle'nistique la période comprise entre la 
mort d'Alexandre le Grand et la conquête romaine des pays de 
l'Orient classique) est surtout ou exclusivement un art alexandrin. 
Schreiber a soutenu que la capitale des Lagides a e'tê le centre 
d'origine et de diffusion de toutes les tendances nouvelles de 
l'art helle'nistique, et qu'elle avait eu une influence très grande 
et pre'eminente sur l'art romain. D'après cette tbe'orie, toute ou 
presque toute la série des reliefs helle'nistiques (pittoresques) 
serait d'origine alexandrine 5 presque tous les produits de la 
toreutique (vases en métal, ciselés, etc.) de cette même époque 



^ 28 

auraient été fabriqués en Egypte: Alexandrie serait également la 
patrie de la peinture murale et de la mosaïque. La sculpture 
alexandrine possède, d'après Schreiber, des caractères bien définis, 
dont les plus essentiels sont la poésie de Vespace^ Je raffinement 
matériel et la vie. A côté d'une école idéaliste, laquelle aurait 
pour caractère distinct! f, dans le bas-relief le pittoresque, et, dans 
les autres manifestations de la sculpture, une morhidesse extraor- 
dinaire ainsi qu'une tendance à la nuance des formes, aurait vécu 
une autre école animée d'un sentiment impitoyable de la vérité et 
d'un réalisme aigu, caractérisée par la prédilection pour les sujets 
de genre et pour le grotesque. Beaucoup d'archéologues se sont 
rangés en faveur de cette théorie, tels MM. Courbaud, CoUignon, 
Amelung, Diehl ; d'autres savants n'ont pas accepté les idées 
de Schreiber. Adolf Holm, Dragendorff, Wickhoff, Wace, Klein, 
Cultrera, Perdrizet pensent que la poésie de Vespace, ainsi que 
le raffinement matériel sont antérieurs à la fondation d'Alex- 
andrie ; que l'influence d'Alexandrie sur l'origine et le développe- 
ment des différents styles dans la décoration murale, argument 
auquel Schreiber attribue une grande importance, doit avoir été 
minime et, en tout cas, inférieure à l'influence exercée par les 
villes grecques de l'Asie Mineure. Ils ajoutent aussi qu'Alexandrie 
n'était pas le lieu désigné pour la poésie pastorale du troisième 
siècle av. J. Ch. ; que les Ptolémées avaient plutôt favorisé l'art 
égyptien que l'art grec ; que les reliefs pittoresques ne présen- 
tent presque aucun motif ou élément égyptien 5 que pas un 
seul de ces reliefs n'a été découvert en Egypte, et qu'enfin la 
morbidesse, la mollesse de forme, le sfuynato praxitélien dans 
la sculpture, n'ont pas été en vogue seulement dans l'Alexandrie 
ptolémaïque. 

En somme les adversaires de la théorie de Schreiber nient 
toute importance spéciale à l'art alexandrin de la période hel- 
lénistique et soutiennent qu'Alexandrie, au lieu d'être le centre 
unique de l'art grec de cette époque, n'en a été ni le seul, ni 
le plus important. Le caractère essentiel de l'art hellénistique 
serait le cosmopolitisme... « En étudiant cet art dans son en- 
semble on verrait, je crois, qu'il forme un bloc homogène, comme 
l'art paléochrétien, comme l'art bvzantin, comme l'art du treizième 
siècle ». A considérer la question dans ses lignes générales et dans 
son ensemble, ce jugement émis par Paul Perdrizet s'approche 
beaucoup, je crois, de la vérité. 

L'art hellénistique, très probablement, n'a pas eu de caractères 
exclusivement alexandrins, ouantiochiens, ou pergaméens, etc., mais 
s'est développé en même temps dans les différents grands centres 
de civilisation, sans que l'un d'eux ait exercé une influence 



29 

absorbante ou prédominante sur les autres, tous ayant d'ailleurs 
subi quelques modifications par leurs contacts re'ciproques. Donc 
l'art, dans les ditîe'rents royaumes des Diadoques, assuma une phy- 
sionomie commune, uniforme, qui ne permet pas de fixer des centres 
d'origine et de diffusion tellement caracte'rise's qu'ils puissent 
justifier une de'signation spe'cifique de cet art, tirée du nom 
de l'une ou de l'autre des me'tropoles. Cette conclusion n'exclut 
pas, elle admet au contraire qu'Alexandrie a eu une pro- 
duction artistique considérable. D'ailleurs il est impossible de 
nier que certains produits de l'art helle'nistique (de la ce'ramique 
par exemple) soient spe'cifiquement alexandrins, et on ne doit 
pas oublier certaines manifestations de l'art alexandrin ne'es 
de la fusion ou de la juxtaposition de la civilisation indigène 
et de la civilisation grecque. D'autre part, l'art romain n'a pas 
tire' d'Alexandrie, il est vrai, son seul aliment ; il a subi l'in- 
fluence de l'art de l'Asie Mineure et des îles, mais il est absurde 
de vouloir nier la valeur des nombreuses traces d'origine e'vi- 
demment alexandrine qu'on rencontre dans l'art romain. 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber Th., Die Brunnenreliefs ans Pal. Gri- 
tnani (1888) - Die hellenistische Reliejbilder (1889). (Deux volumes de planches 
in folio. Schreiber est mort avant d'en avoir imprimé le texte) - Die Alexuti- 
drinische Toretitik (1891) - Der GallierkopJ des Muséums in Gizeh bei Kairo 
(1896) - Studien iiber das Bi/dniss Alexanders des Grossen (1903) - Ueber den 
Charakter der alexandrinischen Knnst (1909 - Actes du deuxième Congrès in- 
ternational d'Archéologie); Courbaud, Le bas-relief romain à représenta- 
tions historiques (Bibliothèque des éc< les françaises d'Athènes et de Rome, 1899, 
fasc. 81); CoLLiGxox M., Histoire de la sculpture grecque, vol. II, chap. IV; 
Amelung VV., DeWarte alessandrina a proposito di due teste rinvenute in 
Roma (Bull, délia Comm. Arch. comunale di Roma, J897, p. 110-14?) ; Diehl 
Ch., Manuel d'art byzantin, chap. III; Holm Ad., Griechische Geschichte, 
Band IV; Dragrndorff, Die arretinischen Vasen und ihr Verhàltnis zur augu- 
Steischen Z/nzs/ dans les Bonner Jahrbiicher, 163; Wickhoff, Wiener Genesis.2, 
Wicn, 189^; Wace J B., Apollo seated on the Oinphalos (Annual of the Brit. 
Sch. at Athens, n. IX, 1902-0;^, p. 211-242); Edgar C. C . Greek Sculpture. Ca- 
taloufue général du Musée du Caire ; Klein, Geschichte der griechischen Kunst, 
Band 3; Cultrera G., Saggi suWarte ellenistica e greco-romana I La Cor- 
rente Asiana, Roma, 1Q07 ; ^erdrizet P., Bronzes grecs de la collection Fou- 
quef. Paris 1911; Brkccia E., Scuîture greche e romane. Catalogue Général du 
Musée d'Alexandrie. Caire, 1914. 



Régime administratif. — Alexandrie fut choisie comme 
capitale des domaines soumis au pouvoir des Ptole'me'es. Elle 
possédait donc de superbes palais et une forte garnison servant 
de garde royale. 

Cette re'sidence royale était gouverne'e par un capitaine 
de la ville qui, au de'but, n'entrait en fonctions que durant 
l'absence du roi, mais qui finit par devenir permanent. On a 
toute raison de croire que, par suite des analogies que cette 
institution présente avec le praefectus urbis (pre'fet de la ville) 



— 30 

impérial. IV'.t/ ny .-rô/.eo)^ était plutôt le chef de la police que le 
commandant militaire de la ville. Vers la lin de l'époque ptolé- 
maïque et à l'époque romaine, il eut le titre de oToaT}]yoç tTiç 
ji6à€0)ç. Alexandrie n'avait pas, paraît-il, à l'époque ptolémaïque, 
un sénat municipal lliov'/j)). Parmi les hauts magistrats soit parti- 
culièrement chargés de l'administration de la ville, soit y rési- 
dant tout en ayant des fonctions intéressant le royaume entier, 
il v a lieu de signaler Texégète (il porte la pourpre, il représente 
les traditions nationales, il veille sur les intérêts de la ville, 
il est le grand prêtre du culte d'Alexandre) ; l'archidicaste ou 
grand juge; l'hypomnématographe ou secrétaire général; le 
stratège de nuit; l'alabarque, sorte d'officier financier, et proba- 
blement, le gymnasiarque. 

Lors de la conquête d'Alexandrie faite par Octavien Auguste 
le 1^'' août 30 av. J -Gh., l'Egypte cessa d'être un état indépen- 
dant pour devenir une simple province de l'empire romain, 
mais elle fut soumise à un régime spécial. Elle formait comme 
une propriété privée de l'Empereur, qui en sa qualité de succes- 
seur des anciens souverains exerçait son autorité sur le pays par 
l'intermédiaire d'un procureur ou vice-roi (praefectus Aegypti). 
Le préfet d'Egypte avait sa résidence à Alexandrie. Les anciens 
magistrats de l'époque ptolémaïque furent conservés, mais à leurs 
côtés furent placés de nombreux officiers impériaux tels que le 
iuridicus Alexaiidriœ^ le procuraior dttcenarius Alexandrice 
idiologus. le procurator Neaspoleos et MansoJei Alexandrice 
etc. etc. 

BIBLIOGRAPHIE, — Voir ]a Bibliographie donnée par Wilckex, dans 
Grundzûge und Chrestomathie der Papvyiiskunde, I, p. 2 et p. 28. Ajoutez: 
JouGUET, La vie municipale dans l'Egypte romaine, p. 71 et suiv. ; Dikaio- 
mata, Ausziige und Vei orduungen in einem Papyrus des philolog. Seminars 
der Universitiits Hall (Pap. Hal. i). Berlin, 1913. 



Commerce. — Pour ce qui a trait au commerce, on sait 
qu'Alexandrie en a été le centre mondial pendant plusieurs siècles. 
Les Ptolémées travaillèrent beaucoup à relier l'Egypte aux 
régions de la mer Rouge et de l'Océan Indien. Les voyages 
d'exploration avaient commencé déjà sous Ptolémée Soter ; et, 
pendant les règnes de Ptolémée Philadelphe et Ptolémée Evergète, 
de nombreuses factoreries commerciales furent établies le long 
des côtes de la mer Rouge : Arsinoé, près des Lacs Amers, 
Philotère, Bérénice, près des carrières de topazes, Soteira, Pto- 
lémaïs, Theron (point de départ pour la chasse aux éléphants), 
etc. Pour reher la mer Rouge avec Alexandrie, on recreusa et 
on rendit navigable, même aux gros bateaux de transport, le 



31 

canal que Darius P'' avait dérive de la branche orientale du Nil 
vers les Lacs Amers (les Lacs Amers à cette e'poque e'taient 
encore en communication directe avec la mer Rouge; ; de plus, 
Philadelphe avait fait construire une route entre Goptos, dans 
la The'baïde, et Be're'nice. Par conse'quent Alexandrie, pourvue 
d'un port excellent, sûr et vaste, à l'entre'e duquel les Lagides 
avaient fait dresser la ce'lèbre tour lumineuse qui a donne' son 
nom à tous les phares, relie'e par un canal navigable et par le 
lac Mariout à un hinterland très riche, mise en communication 
facile avec la mer Rouge, re'alisait toutes les conditions favora- 
bles pour devenir Ïêu.-Togtov ifig olxovjLiénjç. Les marchandises 
rares et pre'cieuses de l'Afrique et de l'Orient affluaient en 
masse dans la capitale de l'Egypte, qui en faisait l'exportation 
en Europe et dans les autres pays de la Me'diterrane'e et de la 
mer Noire. On a de'couvert des vases alexandrins en argent 
jusqu'en Hongrie, et on sait qu' Olbia et d'autres villes de la 
Russie me'ridionale ont subi l'influence de la nouvelle capitale 
du monde helle'nistique. On s'explique aise'ment comment Strabon 
et Gice'ron ont pu affirmer que le commerce d'exportation à 
Alexandrie e'tait bien plus considérable que celui d'importation. 
En re'alite' les marchandises que l'Egypte devait introduire pour 
les besoins de ses habitants e'taient en quantité' minime. Elle im- 
portait surtout la matière brute, qui faisait de'faut dans le pays, 
pour la travailler et exporter ensuite les produits de son industrie. 

Rome est entrée en rapports commerciaux avec l'Egypte depuis 
le troisième siècle av. J.-Gh., et les rapports politiques aidant, les 
premiers avaient pris un de'veloppement tel qu'à l'e'poque de 
Gice'ron une ligne re'gulièrement desservie par de nombreux 
navires e'tait e'tablie entre Pouzzoles et Alexandrie. Les princi- 
paux produits d'exportation étaient la verrerie, les cristaux, les 
papyrus, les vêtements de lin, les tapis, les fameux Alexandrina 
heliiata conchyliata tapetia, l'ivoire, les bijoux, la vaisselle pre'- 
cieuse, les pommades, les ble's, les viandes sale'es, les jouets, les 
esclaves, les bêtes rares ou sauvages, enfin et surtout, les livres. 
Le commerce bancaire demanderait à lui seul un trop long 
discours. Il suffira de rappeler qu'Alexandrie e'tait le siège d'une 
Banque Gentrale pour le royaume entier et que les banques, 
dans les chefs-lieux de province et dans les villes les plus im- 
portantes, e'taient assez nombreuses et conside'rables. 

Si le commerce d'importation était de beaucoup inférieur à 
celui d'exportation, cela ne veut pas dire qu'il ait ête négli- 
geable. Il suffira de signaler un détail qui a son importance : 
même de nos jours, malgré la spoliation et la dispersion sécu- 
laires, dans les collines de détritus qui entourent notre ville, on 



3 2 

a trouve et on trouve des milliers d'anses inscrites, provenant 
des amphores qui servaient à transporter certaines denre'es de 
Rhodes, de Thasos, de Cnide. de Crète. Celles de Rhodes sont 
très nombreuses et en proportion e'crasante par rapport aux autres; 
vingt ou plus de Rhodes pour une de Thasos ou de Cnide. 'Nous 
ne parlerons pas du commerce d'Alexandrie avec la campagne 
et les villes de l'inte'rieur; mais naturellement le marche' princi- 
pal et pre'fère' des provinciaux e'tait la me'tropole. Les papyrus 
nous apprennent qu'on y envoyait chercher non seulement les 
marchandises, mais aussi les me'dicaments de meilleure qualité'. 

BIBLIOGRAPHIE. — Ameilhon, Histoire du commerce et de la naviga- 
tion sou^ les Ptolémées. Paris, 1766; l-UMBROso G., Recherches sur Véconomie 
politique de l'Egypte sous les Lagides, p. 138-1 = 9 ; Robiou, Mémoire sur Vé- 
conomie politique etc.. p. 121-124 ! Rostowzew M., Zur Geschichte d. Ost- tind 
Sildhandels in ptolemaïsch-rômischen Ae^ypten dans V Archiv Jiir Papyrus- 
forschiing, IV, p. 208 sq. 11 cite Chwostow Mich., Forschungeii zur Ge- 
schichte der Handelsbeziehnngcn zur Zeit der hellenistischen Monarchien 
nnd des rômischen Kaiserreiches. I, Geschichte des Osthandels in griechiscli- 
romischen Aeg^-pten. Kasan, 1907 ; Wilcken, Grnndziige etc., Kap. VI. 



Industrie. — La lettre attribue'e à Hadrien, et que nous 
avons eu de'jà l'occasion de citer, nous donne un tableau 
vivant de la fie'vreuse activité' industrielle des Alexandrins. « Ci- 
vitas opulenta. dives, fecunda. in qua nemo vivat otiostts: alii 
vitrtim confiant^ aliis charta conficitnr, alii liniftones, onines 
certe cuiuscumque artis et videntnr et habentur ; podagrosi 
quod agant hahent ; hahent cœci quod faciaut^ ne chiragrici 
quidem aptid eos otiosi vivunt ». 

Ainsi donc les aveugles même et les estropie's n'y e'taient 
pas oisifs. 

Maigre' l'opinion contraire de Chwostow, Rostowzew croit, 
à juste titre, je pense, que les produits de l'industrie indigène 
alimentaient, pour une très grande part, le commerce de l'Egypte, 
le commerce de transit ayant une importance assez secondaire. 

Pour la fabrication du papier Alexandrie avait le monopole, 
car le papyrus e'tait une plante spe'ciale à l'Egypte. On peut 
en dire autant de l'encens, des aromates et d'autres produits si- 
milaires, dont la matière brute e'tait importe'e de l'Arabie-Heu- 
reuse. 

L'art de la verrerie, déjà perfectionne' par les Egyptiens, 
prit un nouvel essor sous les Lagides, et Alexandrie fut un 
centre de fabrication d' articles en verre pendant plusieurs 
siècles. Les Alexandrins e'taient très habiles à travailler l'or, 
l'argent, le cuivre et même le fer. Leurs bijoux, leurs vases cisele's 
ou incruste's e'taient très appre'cie's et très recherche's, partout 



— — 33 

où l'amour du luxe, le bon goût artistique ou la mode pouvaient 
exercer leur influence. 

Mais laissant de cote' un grand nombre d'autres industries 
alexandrines plus ou moins considérables, nous nous bornerons à 
signaler la plus importante de toutes, celle des tissus et des 
étoffes, dont on a pu e'tablir quatorze espèces diffe'rentes. 
Ce'lèbres e'taient les tapis teints de pourpre et brodes de figures 
d'animaux et dont la mosaïque de Palestrine et celle du Muse'e 
des Thermes à Rome peuvent nous donner une ide'e. 

Les Ptole'me'es, maîtres sans e'gaux dans Tart du monopole 
et de l'impôt, retiraient des avantages e'conomiques e'normes 
d'un mouvement commercial et industriel si important. Sans 
insister sur l'e'tendue de leurs possessions domaniales ni sur la 
riche varie'te' d'impôts frappant les proprie'te's de toute sorte, nous 
rappellerons que les Ptole'me'es (les Romains ne doivent pas avoir 
change' beaucoup le système) avaient e'tabli dans tous les ports 
de la Me'diterrane'e et de la Mer Noire des taxes d'importation 
et d'exportation ; qu'il y avait une taxe pour laisser passer les 
marchandises de la Haute dans la Basse Egypte : et qu'une taxe 
d'importation ou d' exportation devait être paye'e dans tous les 
ports du Nil. 

Certains produits des industries agricoles e'taient soumis à des 
taxes conside'rables ; beaucoup d'autres e'taient monopolise's. 
Toutes les branches de l'industrie proprement dite e'taient mo- 
nopolise'es, et lorsque l'Etat ne se re'servait pas à lui seul le 
droit de la fabrication, il gardait le droit exclusif de la vente. 
Les Banques mêmes n'e'chappaient pas au monopole. En effet 
elles e'taient toutes loue'es à des entrepreneurs pour le compte du 
roi. Au fond c'e'tait le fellah et le consommateur, soit indigène 
soit e'tranger, qui payaient la beauté' et la gloire d'Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE. — Voir § précédent. Ajoutez le récent mémoire du Dr. 
Th. Reil, Beitràge zur Kenntnis des Gewerbes itn hellenisHschen Aegypten, 
Leipzig, Noske, 1913. 



Sciences et lettres: Le Musée et la Bibliothèque. — 

Alexandrie a donc e'te', sans contredit, l'entrepôt du commerce 
international, mais elle a e'te' e'galement un foyer de civilisation 
dont l'e'clat a laisse' une trace lumineuse dans 1' histoire du 
progrès humain. Quel que soit le jugement de la postérité' sur 
la littérature alexandrine (alexandrinisme signifie e'rudition pe'- 
dantesque et encombrante, subtilité', artifice, manque de goût, 
d'inspiration, d'imagination, parfois de sens moralj, on doit 
appre'cier au plus haut degré' les services d'inventaire, de classe- 



34 

ment, de conservation, d'intei'prc'tation qu'Alexandrie a rendus 
à l'art classique. D'ailleurs, si, pour la poe'sie, l'âge alexandrin 
marque une pe'riode d'arrêt et de décadence, si la litte'rature 
est devenue philologie, cet âge a un titre d'impe'rissable gloire 
dtins les progrès e'normes, stupéfiants, re'alise's par la science de 
la nature et par toutes les sciences proprement dites. Pour la 
ge'ographie, qui gagna beaucoup grâce aux expéditions militaires 
d'Alexandre et, plus tard, aux voyages d'exploration organise's 
par les Lagides, il suffira de rappeler Eratosthène. Sa mensu- 
ration du me'ridien terrestre et sa carte ge'ographique de la terre, 
maigre' les de'fauts et les erreurs, ine'vitables à cette e'poque, le 
placent en première ligne dans l'histoire de la ge'ographie. 
Aristarque de Samos est l'astronome le plus illustre parmi ceux 
qui ont travaille à Alexandrie ; il fit le premier la grande de- 
couverte qui dans l'âge moderne a illustre' Copernic et Galile'e, 
à savoir que la terre est seulement une planète du système dont 
le soleil est le centre. 

La ge'ographie et l'astronomie pre'supposent des e'tudes et des 
connaissances mathe'matiques très avance'es. C'est à Alexandrie 
qu'Euclide, sous Ptole'me'e P'', re'digea le livre des « Ele'ments », 
livre qui est reste', depuis l'antiquité', le traite' de ge'ome'trie le 
plus re'pandu. De l'e'cole d'Euclide sont sortis les plus grands 
mathe'maticiens grecs, Archimède de Syracuse, et Apollonios de 
Perge'. Archimède a de'couvert le rapport entre le diamètre et 
la circonférence, la the'orie de la spirale, la loi de gravité et le 
principe hydrostatique qui permet de déterminer le poids spé- 
cifique des corps ; il ne se borna pas à travailler avec succès 
au progrès des théories scientifiques, il appliqua ses découvertes 
théoriques à la mécanique : les machines qu'il construisit ont 
excité, au plus haut degré, l'admiration des contemporains. 
Apollonios de Pergé doit être surtout signalé comme fondateur 
de la trigonométrie. Les découvertes géographiques ont exercé 
une grande influence sur le développement des sciences biologiques. 
Une des plus remarquables curiosités d'Alexandrie était pour les 
étrangers le jardin zoologique, annexé au palais royal: dans ce jardin 
les Ptolémées avaient réuni une riche collection d'animaux rares 
et sauvages: serpents, autruches, antilopes, éléphants. Théophraste, 
par son histoire et par sa physiologie des plantes, doit être con- 
sidéré comme le fondateur de la botanique scientifique. Pour 
ce qui a trait à l'anatomie et à la physiologie, il suffira de 
rappeler que les savants alexandrins ont disséqué les cadavres 
et ne se sont pas même arrêtés, semble-t-il, devant la vivisection 
des criminels. Dans la chirurgie, la première place revient à 
Erasistrate. Les médecins formés à Alexandrie étaient très ap- 



3 5 

precies dans le monde de cette e'poque: « Sufïicit medico ad 
commendandam artis auctoritatem, si Alexandriie se dixerit eru- 
ditum ». Pour qu'on ait confiance dans l'iiabiletc d'un me'decin, 
il suffit qu'il se dise élève de l'e'cole d'Alexandrie ('), 

Parmi les historiens dont l'activité s'exerça à Alexandrie, nous 
nommerons avant tout Ptole'me'e I^^', qui avait écrit un livre de Mé- 
moires dont on a souvent loue' l'objectivité'. Il semble bien que 
Hccatce d'Abdère e'crivit à Alexandrie son Histoire d'Egypte et 
son Histoire des Juifs. Mais bien plus que les recherches d'histoire 
politique, les savants alexandrins ont aime' l'histoire de la litte'- 
rature et les e'tudes philologiques. Ze'nodote d'Ephèse, premier 
directeur de la Bibliothèque du Muse'e, consacra sa vie à une 
e'dition critique des œuvres d'Homère, et son travail fut repris 
après lui par Aristophane de Byzance et par Aristarque. Les 
auxiliaires de Ze'nodote dans sa tâche de bibliothécaire, Alexandre 
d'Etolie et Lycophron de Ghalcis, furent charge's le premier de 
classer les trage'dies, l'autre les comédies, ce qui amena les 
deux savants à écrire une sorte d'histoire de ces deux genres 
littéraires. Le successeur de Ze'nodote dans les fonctions de 
bibliothécaire en chef, Callimaque de Cyrène, dressa un inventaire 
méthodique de la Bibliothèque, c'est-à-dire un inventaire de 
toute la Uttérature grecque (son ouvrage appelé « Tables » 
comprenait 120 rouleaux de papyrus). 

Bon nombre d'élèves sont sortis de l'école de Callimaque: 
Hermippos (biographe des philosophes), Istros de Paphos (anti- 
quaire), ApoUonios d'Alexandrie (philologue). On nomme aussi 
parmi ses élèves, son compatriote et successeur dans la direc- 
tion de la Bibliothèque, Eratosthène, principalement connu comme 
mathématicien et géographe, mais qui était également très 
compétent en histoire, politique et philosophie. Ainsi que 
nous l'avons dit, la poésie de l'âge hellénistique occupe dans 
l'histoire de la littérature grecque une place tout à fait secon- 
daire ; mais, quelle que soit sa valeur et son importance, on 
doit avouer que depuis la première moitié du troisième siècle, 
Alexandrie en a été le centre et le foyer. D'ailleurs si les poètes 
de cette époque ne perdent rien à être laissés dans l'ombre, 
il y en a deux qui ne peuvent pas être passés sous silence: 
Théocrite et Callimaque. 

Théocrite, qui était doué de remarquables qualités de poète, est 
le créateur du genre bucohque, de la poésie qui chante les 

(i) Rien de nouveau sous le soleil. — La Faculté d'Alexandrie n'est plus 
(ju'un souvenir; mais bon nombre des nos modernes Esculapes font ou croient 
faire impression sur le public et pensent attirer les clients en se disant < de la fa- 
culté de Paris > ou de toute autre école renommée. Il faut avouer du reste ijue 
cette sorte de réclame n'est pas tout à fait inefficace, même de nos jours. 



_ 36 

bergers et les bergères, les vertes campagnes, les plaisirs de la 
vie rastique ; il excelle dans ce genre et ses imitateurs ne 
l'ont pas surpasse'. iMais parmi les contemporains, la gloire de ce 
poète, simple et sincère, fut obscurcie par celle du bibliothécaire 
Callimaque, poète de la cour sous Philadelphe et Evergète P""; 
il essaya tous les genres, mais il excella surtout dans l'e'le'gie ; 
il possédait une e'rudition extraordinaire et très varice, une 
impeccable maîtrise de la technique du vers, une virtuosité' de 
stvle peu commune, une remarquable pe'ne'tration critique, une 
profonde et vaste connaissance de la langue ; mais il manquait 
d'inspiration, il e'tait froid, subtil, industrieux. 

Pour attirer et centraliser à Alexandrie tout le mouvement 
scientifique et litte'raire de l'e'poque, les Ptole'mees avaient cre'J 
deux institutions, pour lesquelles ils ont droit à la gratitude e'ter- 
nelle de tous ceux qui pensent : le Musée et la Bibliothèque. On 
a souvent attribue le me'rite et l'honneur de ces deux cre'ations 
à Ptole'mee II Philadelphe ; mais la critique moderne se croit 
autorise'e à faire remonter au premier Ptoleme'e l'initiative et 
le projet de ces me'morables institutions. Philadelphe n'aurait 
eu qu'à suivre ou à perfectionner les projets primitifs. L'inspirateur 
de Soter, dans ces fondations, aurait e'te' De'me'trius de Phalère, 
ancien e'iève de The'ophraste, homme d'un talent remarquable, 
orateur fe'cond et persuasif, esprit e'minemment organisateur: 
après avoir e'te' presque maître d'Athènes pendant dix ans, il en 
avait été' chassé, et nous ignorons son existence jusqu'au jour 
(297) où nous le trouvons à la cour du Lagide. L'idée de grouper 
des savants et de mettre à leur disposition une bibliothèque. 
dit Bouché-Leclercq, Démétrius la trouva dans ses propres sou- 
venirs. Il y avait longtemps que le culte des Muses était le symbole 
de l'esprit scientifique. Déjà les écoles des Pythagoriciens s'ap- 
pelaient Musées iMovoEÎa) : Démétrius élargit ce plan et créa 
une institution originale, dont le but n'était pas seulement de 
répandre certaines doctrines philosophiques, mais aussi de hâter 
le progrès de toutes les sciences. 

Musée. — Le Musée Alexandrin pourrait être comparé à 
nos Universités d'Occident : mais il avait quelque chose qui 
manque à celles-ci, la vie collégiale des professeurs. Ces derniers 
d'ailleurs n'étaient pas obligés de donner des cours. Je pense 
que Mahafty a raison lorsqu'il écrit '• ^ It seems, that the 
King and his Minister of éducation founded an institution more 
like an old collège at Oxford or Cambridge than anything else 
of the kind «. D'ailleurs ce que nous savons du Musée se réduit 
à peu de chose. « Les palais royaux, dit Strabon, comprennent 



37 

aussi le Musée, lequel renferme une promenade, une exèdre et 
une grande salle dans laquelle a lieu le repas en commun des 
philologues appartenant au Muse'e. Il y a aussi pour l'entretien 
de ce collège des fonds communs et un prêtre pre'pose' au Muse'e 
autrefois par les rois et maintenant par Ce'sar ». Exception faite 
de ces de'tails d'une remarquable pre'cision, mais quelque peu 
sommaires, la tradition litte'raire ne nous a conserve' que des 
renseignements vagues ou contradictoires sur l'organisation de 
cet e'tablissement. Le prêtre ou pre'sident (ainsi que les simples 
membres) e'tait nomme' par le roi pour une pe'riode de'termine'e, 
mais naturellement la dure'e de ses fonctions de'pendait exclusive- 
ment du caprice ou de la volonté' du souverain. On a affirme' 
que le prêtre-pre'sident e'tait en même temps prêtre de Sarapis et 
chef de tout le cierge' alexandrin ; mais on n'a pas apporte' de 
preuves de'cisives. Il semble au contraire que le isgevg du Muse'e, 
qui n'a jamais e'te' un Egyptien, ne différait pas du tegevg des 
autres corporations gvecques (ovvoôoi), c'est-à-dire qu'il e'tait sim- 
plement e'pistate ou pre'sident de l'e'tablissement dont il avait la 
direction. Il semble que les savants du Muse'e e'taient groupe's en 
confre'ries distinctes, suivant la nature de leurs occupations ; ils 
recevaient du tre'sor royal un traitement qui, ajoute' aux revenus 
du fonds commun, leur assurait le vivre et le couvert, et leur 
permettait (l'enseignement n' e'tant pas une condition obliga- 
toire) de consacrer leur activité' toute entière aux études et 
aux recherches personnelles. Pour celles-ci le Muse'e, outre 
une vie calme et tranquille, à l'abri des soucis matériels, et 
entoure'e d'une atmosphère d'intellectualite' et d'e'rudition, offrait 
tous les instruments de travail qu'on pouvait de'sirer. 

Ce que nous avons dit du progrès de toutes les sciences, 
re'alise' ou provoque' par les savants du Muse'e, et le fait que 
cette institution a surve'cu aux Lagides, prouvent qu'elle a bien 
mérite' de la civilisation, et qu'elle n'a pas failli au but pour 
lequel elle avait été créée. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ait été 
admirable toujours et en tout point. Certainement Timon le sil- 
lographe a exagéré dans le sarcasme, mais peut-être n'a-t-il pas 
été seul à se moquer des membres du Musée, rats de bibliolhùqiie 
et parleurs inutiles : « Dans la populeuse Egypte, dit-il, on 
donne la pâtée à de nombreux gratte-papiers, grands liseurs de 
bouquins, qui se chamaillent à n'en pas finir dans la volière du 
Musée ». (Pour la topographie v. plus loin). 

BIBLIOGRAPHIE. — Parthev G., Das Alexandrinisclie Muséum, V,cTVin, 
1S38; Weniger, Das alexandr. Muséum, Berlin, 1875; A. Couat, Le Musée 
d'Alex, sous les premiers Ptolémées. Cfr. Bouché-Leclercq, Hist, des La- 
gides, I, p. 217, n. i. 



38 

Bibliothèque. — Nous ne sommes pas beaucoup mieux ren- 
seignes en ce qui concerne la Bibliothèque. Maigre' les docu- 
ments incomplets dont nous disposons, il est difficile de croire 
que la Bibliothèque, du moins à l'origine, ait e'te' inde'pendante 
du Musée, et qu'elle ait eu d'autre but que celui d'offiir aux 
savants du Muse'e les mate'riaux et les instruments ne'cessaires 
à leurs recherches. La Bibliothèque d'Alexandrie ne fut certes 
pas la première en date dans l'antiquité. Sans compter les biblio- 
thèques dont on a affirme' l'existence, dans l'Egypte des Pharaons, 
ou la bibliothèque très riche et très bien organisée, qu'on a 
de'couverte à Ninive, la tradition litte'raire nous fait connaître 
les collections de livres de Polycrate. tyran de Samos, de Pisis- 
trate d'Athènes, de Cle'arque d'He'raclee dans le Pont, de De'mos- 
thène, et celle, remarquable entre toutes, forme'e par Aristote. 
Mais si la bibliothèque d'Alexandrie n'a pas e'té la première en 
date, elle a e'te sans aucun doute la plus grande, la plus riche, 
la plus importante, que l'antiquité' classique ait connue. De'jà 
sous Ptole'me'e I^'', Deme'trius de Phalère (il faut avouer que la 
source de cette notice est assez suspecte) aurait re'uni 200000 
volumes. A la fin du règne de Ptole'me'e Philadelphe, qui avait 
acheté' entre autres la collection d'Aristote, il y avait, dit-on, 
dans la Bibliothèque Mère ou du Bruchium 400000 volumes 
« mêles » et 90000 « non mèle's » ou simples. En même temps 
la Bibliothèque du Sèrapeum ou Bibliothèque Fille (devenue très 
importante à l'e'poque romaine) aurait posse'de' 42800 volumes 
ce'de's par la Bibliothèque du Muse'e (^). 

C'e'taient peut-être des doubles, non indispensables, ou plus 
probablement une collection de rouleaux simples, classe's pour 
l'usage du grand public, qui ne pouvait pas profiter de la grande 
Bibliothèque. Ptole'me'e Evergète et ses successeurs continuèrent 
avec enthousiasme la chasse aux livres. Une tradition, conteste'e 
avec de bons arguments par Lumbroso, mais qui toutefois ne 
semble pas être trop invraisemblable, rapporte qu'Antoine aurait 
fait don à Gle'opâtre de 200000 volumes simples de la biblio- 
thèque de Pergame. Pour augmenter leurs collections, lesPtole'mêes 
ne reculaient pas devant des moyens peu corrects. Evergète 
aurait donne ordre que tous les voyageurs de'barquant à Alex- 
andrie fussent oblige's de de'poser les livres qu'ils avaient avec 
eux. On gardait ceux-ci pour la Bibliothèque, en de'livrant aux 
proprie'taires de simples copies sur papyrus ordinaire. Ce même 

(i) Bouché-Leclercq pense que le chiffre de 90000 représente le chiffre des 
volumes de la Bibliothèque, défalcation faite des doubles. Dziatzko et autres 
croient que le chiffre de 90000 se réfère aux rouleaux dont chacun comprenait 
ou plusieurs livres, ou des parties de plusieurs livres d'un ouvrage, des miscel- 
lanea de différents écrits d'un même auteur ou de plusieurs. 



39 

Lagide avait demande a Athènes, contre caution de i 5 talents, 
les trage'dies de Sophocle, d'Euripide et d'Eschyle pour en prendre 
copie ; il garda les originaux, et renvoya aux Athéniens les copies 
en les priant de conserver les 1 5 talents. Un autre Ptole'me'e, 
pour ruiner la concurrence que lui faisait le roi de Pergame, 
interdit l'exportation du papyrus ; ce qui conduisit les industriels 
de Pergame à l'invention du parchemin (membrana pergamenica). 
Même en tenant compte de l'exage'ration, ces re'cits de'montrent 
la passion des Ptole'me'es pour les livres. Cette passion (^ explique 
l'accroissement rapide et merveilleux des Bibliothèques alexan- 
drines, qui, en 48 avant J.-Ch., disposaient, dit-on, de 400000 et 
même de 700000 volumes. Il est probable que ces chiffres sont 
quelques peu hyperboliques, ou qu'ils cachent des erreurs assez 
considérables ; mais, toute part faite aux exage'rations et aux er- 
reurs, cette collection de livres reste cependant immense. L'anti- 
quité' n'en avait jamais vu de pareille. Ne'anmoins il est bon de 
se tenir en garde, et de ne pas se faire une ide'e trop grandiose 
et inexacte de la production intellectuelle des peuples classiques. 
On ne doit pas confondre ouvrage avec rouleau. Dans la se'rie 
des volumes simples, un rouleau comprenait un livre d'un ou- 
vrage ou un ouvrage en un seul livre, ce qui veut dire 48 rou- 
leaux pour Homère, 40 pour Polybe, et ainsi de suite. D'ailleurs 
des œuvres de courte haleine devaient compter pour beau- 
coup dans le chiffre des rouleaux. Si on tient compte des dou- 
bles, des rouleaux mêle's, on voit que le nombre des ouvrages 
devait être bien moindre que celui des rouleaux. Ajoutons que 
les Ptolême'es ne se sont pas borne's à la litte'rature grecque, 
mais qu'ils se sont aussi inte'ressês aux productions des peuples 
« barbares ». Il est possible que les traductions d'une langue e'tran- 
gère en grec, aient ête' plus ou moins nombreuses; la seule connue 
est la célèbre version de la Bible par les Septante (-). 

(i) Elle provoqua aussi, naturellement, la fabrication de très nombreux ou- 
vrages apocryphes. 

(2) La tradition juive, dont la source première est le pseudo-Aristée, attri- 
buait le projet de cette version à Philadelphe, et racontait le respectueux em- 
pressement du souverain et le miraculeux accord des soixante-douze traducteurs 
travaillant isolément. C'est une < niaise histoire >, ainsi que l'a définie Renan. 
Non seulement la traduction de la Bible ne doit pas avoir été faite par les 
ordres du second Ptolémée, car elle est probablement l'cfuvre des Juifs alex- 
andrins travaillant pour le grand nombre de leurs coreligionnaires qui ne sa- 
vaient pas l'hébreu ; mais ])our cette môme raison elle doit être postérieure à 
Philadelphe. En réalité, à l'époque de ce roi, les juifs alexandrins ne devaient 
pas être hellénisés au point d'avoir besoin qu'on leur traduisit en grec les livres 
saints. Cette induction est confirmée par les résultats des fouilles. Dans la né- 
cropole gréco-juive que j'ai découverte près de l'Ibrahimieh, et datant du règne 
de Ptolémée II, les épitaphes des Juifs sont rédigées en pur araméen : ce qui 
veut dire (pie la langue araméenne était encore généralement employée et com- 
prise ; il s';igit en effet de tombes appartenant aux classes pauvres, et non h des 
gens riches et cultivés. 



40 

A la direction de la Bibliothèque doit avoir e'te' toujours ap- 
pelé' un litte'rateur ou philologue remarquable : mais nous ne 
connaissons que les trois premiers bibhothe'caires, Ze'nodote, Cal- 
limaque, Eratosthène. La tradition est tout à fait muette sur 
leurs successeurs. La Bibliothèque alexandrine n'a pas toujours 
joui de la prospe'rite' merveilleuse dont nous venons d'esquisser 
l'histoire ; il est temps de rappeler ses mauvais jours. Une pre- 
mière catastrophe se serait produite en 48 avant J.-Ch., pendant les 
pe'ripe'ties de la « guerre alexandrine » de Jules Ce'sar. Assiège' 
par Achillas dans le Bruchium, Ce'sar se sentait perdu si les 
ennemis restaient maîtres des communications par mer. Pour e'viter 
qu'ils re'ussissent à s'emparer de sa flotte laisse'e sans e'quipages 
et sans surveillance dans le Grand Port, Ce'sar fit incendier les 
72 vaisseaux de guerre ainsi que les navires en construction 
dans les arsenaux. L'incendie fut si violent qu'il gagna les 
quais et re'duisit en cendres les chantiers, les greniers à ble' et 
les entrepôts de livres. Les historiens les plus mode're's parlent 
de 400000 volumes brûle's. Mais ce chiffre est-il exact, et l'in- 
cendie a-t-il vraiment gagne' la Bibliothèque du Muse'e ? Il con- 
vient de rappeler que le plus ancien souvenir du de'sastre se 
trouve dans un passage de rhe'torique, donc sujet à caution ; Se'- 
nèque, qui en est l'auteur, renvoie à Tite-Live ; Dion ne parle 
pas de la bibliothèque et en outre mentionne comme un Oîi dit 
la destruction de beaucoup de livres pre'cieux dans des à:Tofti)y.ai 
Tojy (ji/jÂcor (entrepôts de livres). D'ailleurs ni Ce'sar ni Hirtius 
ne font la moindre allusion à l'incendie de la Bibliothèque ; or, 
ils pouvaient difficilement croire que leur silence effacerait le sou- 
venir d'un tel de'sastre. Et Ciceron, pour quelle raison n'aurait- 
il pas consacre' un mot a cette catastrophe, à laquelle son cœur 
de philosophe et d'homme de lettres ne pouvait être indiflfe'rent ? 
Strabon visita la ville en 24 avant J.-Ch., etre'digea une description 
assez de'taille'e de ses monuments ; mais, lui non plus, il ne 
fait pas la moindre allusion à l'incendie. D'autre part, Ce'sar nous 
dit (avec un petit grain d'exage'ration peut-être) qu'Alexandrie, 
par la technique de ses constructions, e'tait garantie contre les 
incendies. Tout d'ailleurs nous fait croire que la Bibliothèque 
e'tait assez loin du Port. Il faudra donc conclure que la Bi- 
bliothèque du Muse'e n'a pas e'te' atteinte par les flammes ; que 
l'incendie doit avoir gagne' des magasins où des livres e'taient 
de'pose's soit pour le commerce, soit pour une autre raison qui 
nous e'chappe ; que la quantité' des rouleaux briile's doit avoir e'te' 
très infe'rieure au chiffre donne' par Se'nèque. Mais la décadence 
et la ruine doivent avoir e'te' re'elles et progressives quand la con- 
quête romaine fut devenue de'finitive, surtout à partir de la fin 



41 

da 11"^^ siècle. Non seulement il est' probable que beaucoup de 
livres commencèrent à prendre le chemin de Rome, mais il est 
aussi très difficile d'admettre que pendant les troubles et les per- 
sécutions de Caracalla, la Bibliothèque n'ait pas souffert. En 
270, Aure'lien fît raser la plus grande partie du Bruchium: les 
membres du Muse'e se re'fugièrent en partie au Se'rapeum, quel- 
ques-uns se rendirent à Constantinople. On doit admettre que 
depuis le troisième siècle au plus tard la Bibliothèque du 
Muse'e ou Bibliothèque Mère pratiquement n'existait plus. Si la 
de'so ganisation geneVale n'e'tait pas faite pour favoriser la 
conservation des Bibliothèques, la diffusion et le triomphe du 
christianisme leur ont porte' des coups mortels. L'an 391, Théo- 
phile, autorise' par 1' empereur, abolit pratiquement et offi- 
ciellement les cultes païens à Alexandrie (v. p. 98). Il se'vit 
avant tout et surtout contre le Se'rapeum, devenu le dernier 
refuge et le dernier rempart du paganisme ; il s'en empara, de'- 
truisit la ce'lèbre statue de Sarapis, et livra le temple à l'incen- 
die. Les nombreux e'difices qui se trouvaient dans l'enceinte du 
Se'rapeum ne furent pas tous de'molis; quelques-uns furent sau- 
ve's, mais tout nous laisse croire que la Bibliothèque Fille, annexe'e 
très probablement au temple, n'e'chappa point aux flammes. En 
conséquence, il est difficile ou plutôt impossible d'admettre 
à Alexandrie l'existence d'une grande et vraie Bibliothèque pu- 
blique depuis la fin du IV"'^ siècle (^\ A mon avis le pas- 
sage d'Orose (416), où cet auteur affirme qu'il a vu dans certains 
temples les armoires vides de livres, de quelque façon qu'on 
l'interprète, prouve qu'il n'existait à cette époque aucune Bi- 
bliothèque publique d'importance conside'rable. Cela ne veut pas 
dire que tous les livres aient disparu d'Alexandrie; ils devaient 
être en effet toujours très nombreux soit dans les collections des 
particuliers, soit dans quelques-uns des monastères, soit dans les 
e'coles des grammairiens et des philosophes païens, écoles ou 
« Musées » restés florissants à Alexandrie jusqu'à la fin du 
V^^e siècle ^^\ Toutefois Amrou doit être lavé de l'accusation 
que l'historien arabe Abou-el-Farag (postérieur de cinq siècles 
à la conquête d'Alexandrie) porte contre lui, d'avoir brûlé la 
Grande Bibliothèque. Abou-el-Farag raconte que Jean Philoponus, 
devenu intime d'Amrou. lui demanda l'autorisation d'emporter 
certains livres qui se trouvaient dans le « trésor impérial ». 

(i) Je renvoie à Butler, TJie Arab Coiiquest oj Kgvpt, p. 400-126. Par 
une critique minutieuse et habile de toutes les sources (Rufin, .Aphtoniu^, 
Orose) il démontre contre Mat rea (L'école d'Alexandrie) qu'au Vme siècle 
la Bibliothèque du Sérapeum n'existait plus. 

(2) Cf. J. Maspero, Horapollon et la fin du paganisme égyptien, dans 
Bulletin de VInst. Français d'Arch. Orient., t. XI, pag. 164-195. 



42 

Amrou, avant de prendre une de'cision, demanda l'avis du Khalife 
Omar. La piquante re'ponse de celui-ci est connue: « Si ces livres 
ne contiennent pas autre chose que le Coran, ils sont inutiles ; 
s'ils contiennent autre chose, ils sont dangereux. Brûle-les ». La 
quantité de ces livres était tellement grande (toujours d'après 
Àbou-el-Farag) qu'ils suffirent à chauffer, pendant six mois, les 
quatre mille bains publics d'Alexandrie. Tout en admettant comme 
non de'montre' qu'au moment de la conquête arabe, la Grande 
Bibliothèque n'existait plus depuis longtemps, cette histoire ren- 
ferme trop d'ele'ments le'gendaires pour qu'il puisse y être 
ajoute' foi. D'ailleurs Jean Philoponus e'tait mort, paraît-il, bien 
avant la conquête d'Alexandrie par les Arabes. Ne'anmoins la 
Ic'gende est-elle tout à fait fausse ou reflète-t-elle une part de ve'rite' 
historique, bien qu'exagere'e et de'forme'e ? Butler conclut : « One 
must pronounce that Abu-l-Farag's story is a mère fable, totally 
destitute of historical foundation ». Pour mon compte, même si 
la le'gende signifiait, comme à mon avis elle signifie, que les 
conque'rants n'ont pas respecte' les collections de livres qui avaient 
surve'cu aux de'sastres ante'rieurs, et e'taient e'ventuellement tombe'es 
en leur pouvoir, je ne saurais être se'vère a leur e'gard. Si de 
nos jours les Français, après s'être empare's de Constantine, ont 
brûle' tous les livres et les manuscrits tombe's en leurs mains, 
si les Anglais, après la conquête de Magdola, ont abandonne' 
sur place la meilleure et la plus grande partie d'une riche bi- 
bliothèque abyssinienne, si les repre'sentants des grandes puis- 
sances europe'ennes ont fait ce qu'ils ont fait tout re'cemment 
en Chine, de quel droit reprocherions-nous aux Arabes du 
VII"^^ siècle de ne pas avoir eu, vis-à-vis des documents de 
la litte'rature classique, le même e'tat d'esprit qu'un philologue 
occidental ? 

BIBLIOGRAPHIE. — A celle donnée pour le Musée à p. 37 ajoutez : Chastel 
E., Les destinées de la Bibl. d'Alex. (Rev. Hist., 1876, pag-. 484 sg-.). Ritschl, 
Die Alex. Bibliot., Breslau, 1838 ; Nourrissox V., La Bibliothèque des Pto- 
léinées, Alexandrie, 1893 ; Dziatzko, Bibliotheken dans Real-Encyclopadie de 
Pauly-Wissowa, III, p. 405-424. On peut consulter aussi la polémique entre S, 
B. Kyrillos Macaire et S. E. ^Slag'di Rey dans le Bull, de la Soc. Khédiviale de 
Géographie, série VII, n.os 8 et 10. 



Le Christianisme à Alexandrie. — « Lorsque l'Eglise 
d'Alexandrie eut eu, coup sur coup, pendant deux siècles, une 
suite d'hommes e'minents entre tous, Cle'ment, Origène, Denys, 
Athanase, Arius, Cyrille, il lui sembla que rien ne manquait plus 
à sa gloire, que d'avoir e'te' fonde'e dès le temps des apôtres »(^). 

(i) DoM Leclercq, Dictionnaire d'ArchéoL Chrét., T, col. 1099. 



43 

Et ils attribuèrent la fondation du siège d'Alexandrie à Saint 
Marc. Un martyrium de'die' à un saint de ce nom, a re'ellement 
existe' à proximité du Grand-Port ; mais comme'morait-il Saint 
Marc l'Evange'liste ? Ceci est au moins très douteux ('\ Il est 
certain par contre qu'au premier siècle et dans la première 
moitié' du second la diffusion du christianisme à Alexandrie et 
en Egvpte n'avait pas e'te' conside'rable. D'ailleurs les gnostiques, 
qui caracte'risent la première pe'riode du christianisme alexandrin, 
n'ont de chre'tien que l'origine. Il suffira de rappeler que tout 
en adorant Je'sus-Christ, Carpocrate enseignait que l'immoralité 
e'tait la condition du salut. « Les âmes, disait-il, ne peuvent 
atteindre la be'atitude qu'après avoir parcouru tout le cycle des 
actes possibles, c'est-à-dire la se'rie des iniquite's accessibles à 
la nature de l'homme ». 

Hadrien, d'après sa lettre à Servianus, aurait vu les Alexan- 
drins se prosterner indifife'remment devant Sarapis et devant le 
Christ. Ils ne concevaient pas une grande diflfe'rence entre les 
deux religions. Dès les de'buts du principat de Commode ( iSo), 
la religion chre'tienne presque purifie'e des doctrines gnostiques 
et de toute trace de paganisme apparaît solidement e'tablie à 
Alexandrie. Sous Septime Se'vère (193-211) elle est en pleine 
histoire, et dès lors, son développement devient très rapide. On 
peut fixer à cette e'poque. à peu près, la fondation du DidascaJée^ 
la célèbre e'cole. c espèce d'Université' chre'tienne s'apprêtant à 
devenir le centre de toute la the'ologie ». Il suffira de rappeler 
les deux Directeurs les plus renomme's de cette e'cole. Clément 
et Origène. Toutefois jusqu'à Constantin (313) l'existence de 
l'Église en Egypte rencontra de nombreux obstacles. Elle fut 
trouble'e par de sanglantes perse'cutions sous Septime Sévère 
(204), sous Dèce (250), sous Vale'rien (2 5i)(-). Après le tri- 
omphe de'finitif du Christianisme, sous Constantin, l'Eglise d'A- 
lexandrie prit part à toutes les disputes the'ologiques et à toutes 
les controverses religieuses. Dans les conciles elle tient une 
place pre'ponde'rante. Arius, qui niait que le 'Verbe (Logos) fût 
Dieu et qu'il eût la même substance que le Père, e'tait d'Alex- 
andrie ; d'Alexandrie étaient l'e'vêque Alexandre et Athanase, 
les deux plus e'nergiques défenseurs de l'orthodoxie. Après un 
triomphe e'phe'mère, les Ariens furent de'finitivement de'pos- 

(i) En 828 des marchands vénitiens enlevèrent secrètement le corps (pré- 
tendu ?) du saint et le transportèrent dans leur patrie. 

12) Parmi les papyrus que le sol d'Egypte nous a conservés on a découvert 
plusieurs documents de la ]:)ersécution de Dèce. Ce sont des libelli libellatici, 
c'est-à-dire des certificats délivrés par la Commission préposée aux sacrifices, 
attestant que la personne désignée avait sacrifié aux divinités païennes. Un de 
ces précieux documents est dans notre Musée. 



44 

sedës des églises qu'ils occupaient dans cette ville. Le règne de 
The'odose porta des coups mortels au paganisme, mais ne 
marqua pas la fin des dissensions religieuses. Peu après, en 415, 
Hypatie, la dernière he'roïne du paganisme alexandrin, tombait 
sous les coups de quelques chrétiens fanatiques. Toutefois le 
courant de résistance au christianisme resta très puissant jusqu'à 
la fin du V™« siècle. 

Au concile d'Ephèse (431) l'e'glise d'Egypte, repre'sente'e par 
Cyrille et par le ce'lèbre anachorète Schenoudi, triompha du 
patriarche de Gonstantinople Nestorius, qui pre'tendait reconnaître 
deux personnes, l'une divine et l'autre humaine, dans le Christ. 
Mais quelques anne'es plus tard Dioscore. patriarche d'Alexandrie, 
propagea la doctrine monophysite d'Eutychès (d'après laquelle la 
nature divine du Christ aurait absorbe' la nature humaine-. 
Depuis lors, les chre'tiens d'Egypte ont e'te' divise's en deux sectes : 
catholiques anciens (Melkites) et orthodoxes (Jacobites, anciens 
Eutyche'ens). 

Après la conquête arabe la grande majorité' des Egyptiens se 
convertit à l'Islamisme. Aujourd'hui, sur une population de plus 
de I I millions d'habitants, on compte environs 600000 Coptes, 
dont I 5000 catholiques. 

Le christianisme alexandiin est caracte'rise' par la tendance 
de ses adhe'rents à la vie monastique. Depuis le quatrième 
siècle au plus tard, le territoire avoisinant la ville commença à 
se peupler de monastères de jour en jour plus nombreux. Au 
cinquième et au sixième siècle, ils n'e'taient pas moins de six 
cents, tous bâtis à la façon d'une forteresse: « ils e'taient comme 
des pigeonniers » dit Se'vère d'Achmounein. Fameux entre tous 
e'tait le groupe des monastères de l'Hennaton (du neuvième 
mille). Le Muse'e possède 14 e'pitaphes provenant du cimetière 
de ce groupe de couvents. Les Perses (618-619) pendant le 
siège d'Alexandrie, portèrent la ruine et la mort parmi les 
moines : une grande partie furent passe's au fil de l'e'pe'e, 
d'autres se sauvèrent en se cachant dans les cavernes et les 
grottes. Les tre'sors furent pille's, les e'glises et les autres e'di- 
fices furent incendie's ou détruits. Les monastères ne se rele- 
vèrent plus de ce de'sastre. D'ailleurs la conquête arabe leur 
porta le dernier coup. 

Depuis le quatrième siècle les e'glises e'taient assez nombreuses 
à Alexandrie; au cours du cinquième et du sixième leur nombre 
augmenta constamment. Ne'anmoins nous ne les connaissons 
presque toutes que par leur nom qui nous a e'te' transmis par 
quelque source litte'raire. Toute trace en a disparu sur le terrain. 
« Il est regrettable — conclut le Père Faivre (au paragraphe 



43 

Catacombes et Églises) dans son Jtude sur Alexandrie, publie'e 
dans le Diclionnaire d'histoire et géographie ecclésiastiques — 
que ces divers monuments n'aient laisse aucune trace, et qu'on 
ne puisse déterminer leur emplacement exact '>. Les e'glises les 
plus renomme'es e'taient les suivantes : l'e'glise de Saint Marc 
qu'on devrait placer près du rivage du port oriental (différente 
de l'actuelle e'glise copte de Saint Marc). On a attribue' à cette 
e'glise les chapiteaux du cinquième siècle en marbre, à surface 
de'core'e de fleurons et d'entrelacs dont trois sont dépose's dans 
notre Muse'e et un quatrième au Muse'e du Caire. Lors de 
l'occupation de la ville par les Arabes, l'e'glise de Saint Marc 
fut brûle'e ; sa reconstruction e'tait achevée en 680. En 828 deux 
marchands ve'nitiens enlevèrent le corps que l'on tenait pour 
celui de Saint Marc et l'emportèrent. 

L'e'glise de Saint Michel ou d'Alexandre. Quelques arche'ologues 
la placent tout près du palais municipal actuel; elle n'aurait e'te' 
que l'ancien temple de Saturne transforme'. 

Le Ce'sareum e'tait un temple païen, commence' par Cle'opâtre 
en r honneur de Ge'sar, mais achevé' par Octavien et de'die' 
ensuite, sous le nom de Ce'sareum ou Sebasteum, au culte des 
empereurs. Une des entre'es du temple ou de sa vaste enceinte 
e'tait tout près la gare de Ramleh, là où surgit actuellement 
l'immeuble Ye'hia. Après la paix de l'Eglise, le Césareum fut 
de'saflfecte' et transforme' en e'glise cathe'drale : fieyàh} èy.y.h]r,[a ou 
Kvoiay.ôr, OU Dominicum. La /.isyâh] 8xxh]oîa fut saccage'e et res- 
taure'e plusieurs fois. En 368 elle fut reconstruite par le patriai'che 
Athanase; ensuite jacobites et orthodoxes s'en disputèrent la pro- 
prie'te' jusqu'en 912. A cette date elle disparut dans un incendie 
et ses ruines ne furent plus releve'es. 

L'e'glise de Saint Athanase, construite par le patriarche de 
ce nom dans le quartier Bendidion ou Mendidion et consacre'e 
l'an 370, aurait e'te' convertie en mosque'e après la conquête 
arabe. Cette mosque'e serait celle dite du Souk el-Attarin qui. 
restaure'e, existe encore de nos jours. 

L'oratoire bâti par The'onas {282-300) près du rivage du port 
Eunostos fut reconstruit et agrandi par le patriarche Alexandre 
(S'S'S^ô). Il servit dès lors de cathe'drale sous le titre de Sainte 
Marie, jusqu'à la fln du IV '"*^ siècle. A partir de cette date ce 
fut le Ce'sareum qui devint la cathe'drale. Sous la domination 
musulmane l'e'glise de Sainte Marie fut transforme'e en mosque'e. 
Les Arabes lui donnèrent le nom de AÎosque'e occidentale (Dja- 
maa El Gharbi) ou des mille colonnes. Son emplacement serait 
là où s'e'lève de nos jours le couvent des missionnaires fran- 
ciscains, au quartier de la Marine. Les deux colonnes en granit 



40 

vert dccorees de reliefs, qui lianquent la tombe du DJ Schiess 
sur la colline de l'hôpital indigène, appartenaient à l'egiise de 
Theonas. 

11 n'y eut pas à Alexandrie de vastes catacombes. Les cime- 
tières chrétiens, en partie souterrains, en partie à ciel ouvert, 
s'e'tendaient soit sur les collines entre Ghatby et Hadra, soit près 
du Se'rapeum, au sud-ouest, soit au delà de l'ancienne nécropole 
païenne entre l'Abattoir et Dekhela. Un tombeau des plus in- 
te'ressants avait e'te' de'couvert à Karmous non loin de la colonne 
de PompJe, en 1858, mais il a disparu depuis. Heureusement il a 
e'te de'crit et publie' plusieurs fois, en de'tail. Le type archi- 
tectonique de ce monument, connu sous le nom de catacombe 
Wescher, ne diffère presque en rien de celui des hypogées païens: 
un escalier donne accès à un atrium ouvert qui communique 
avec un vestibule ; du vestibule on arrive dans une salle pourvue 
de trois niches creuse'es à même le roc, formant trois chapelles 
distinctes dont chacune garde un sarcophage. Autour de cette 
partie essentielle et centrale s'ouvrent des galeries, dans les parois 
desquelles sont creuse's des locitli sur deux, trois ou quatre rangs 
superpose's. 

La catacombe Wescher e'tait de'core'e de fresques (v. en dernier 
lieu Th. Schreiber. Die Necrop. von Kom-esch-Choitgafa^ p. 1 8-39) 
que les e'diteurs ont très-favorablement appre'cie'es. On y voyait re- 
pre'sentées une interpre'tation symbolique de l'Eucharistie et une 
longue the'orie d'images de saints. Une autre catacombe chré- 
tienne a été retrouvée récemment à l'est de la ville, sur les 
hauteurs de Hadra {voir Bull. Soc. Arch. d'Alex., n. 11, p. 278- 
288), mais elle a été ensevelie pour toujours sous l'Hôpital des 
Diaconesses 

BIBLIOGRAPHIE. - G, Lefebyre, Recueil des Inscriptions Grecques 
chrétiennes d'Egypte (Introduction), 1908 ; Dictionnaire d'Archéologie chré- 
tienne et de liturgie au mot Alexandrie, t. I, col. 1098-1210, par Dom Le- 
CLKRCQ ; et surtout 1' article bien documenté Alexandrie par le Père J. I' ai\'re 
dans le Dictionn. d'histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, 1912, 
fasc. VIT, col. 289-369. 

Les Juifs à Alexandrie. — Les Juifs comptaient, d'après 
Flavius Josèphe. parmi les habitants les plus anciens d'Alexandrie. 
Non seulement ils y auraient été attirés en bon nombre tout de 
suite après la fondation, mais ils auraient été aussi proclamés 
citoyens « par lettre d'Alexandre " au même titre que les Ma- 
cédoniens. Ensuite Ptolémée I*^"", après ses campagnes de Pales- 
tine, aurait introduit une grande quantité de Juifs dans la nou- 
velle capitale de l'Egypte, ainsi que dans les places fortes de 
la frontière orientale "du Deha. 



47 

Très probablement, pour ce qui est des franchises accordées 
par Alexandre le Grand, il s'agit d'une pure le'gende que Josèphe, 
Philon et les autres Juifs avaient inte'ret à de'fendre. Cela ne 
justifie nullement la thèse de quelques savants modernes, d'après 
laquelle l'e'tablissement des Juifs en Egypte, exception faite des 
cas isolc's, ne remonterait pas au delà du deuxième siècle avant 
J.-Gh. ; sans compter les papyrus qui prouvent l'existence de 
colonies juives dans le Fayoum au troisième siècle, nous nous 
bornerons à signaler une inscription de'couverte à Sche'dia 
(à 25 km. d'Alexandrie) rappelant la de'dicace d'une synagogue 
place'e par les Juifs de cette ville sous l'invocation de Ptole'me'e 
III Evergète (246-222) et de sa femme Be're'nice (Musée, salle 
6, n. 31)5 nous rappellerons aussi la de'couverte d'une ne'ciopole 
gre'co-juive à Alexandrie, datant du règne de PtolJmée II Phi- 
ladelphe (les inscriptions arame'ennes trouve'es dans cette né- 
cropole sont au Muse'e, salle 21). Il est donc ne'cessaire d'admettre 
qu'une colonie juive nombreuse et importante, e'tait e'tablie à 
Alexandrie dès le commencement du troisième siècle, sinon dès 
la fin du quatrième. Cette colonie vivait isole'e, la fusion avec 
les autres e'ie'ments de population n'ayant jamais e'te' possible ; 
elle habitait, sinon dans un ve'ritable Ghetto, ainsi que plusieurs 
historiens le pensent, tout au moins dans un quartier spe'cial, le 
quartier J confinant à la Regia, Maigre' les affirmations con- 
traires de Josèphe, on doit croire que les Juifs ne jouissaient 
pas des mêmes droits ni des mêmes privilèges que les citoyens 
inscrits dans les tribus (f/vÂaîJ ou que les simples 'AÀs^arÔQ^T^ . 
Toutefois il est certain qu'on leur avait laisse' une très grande 
autonomie. Ils avaient à leur tête un chef de la nation, ethnarque, 
qui, assiste' d'un Se'nat (yeoovota), e'tait à la fois l'administra- 
teur et le grand juge de la communauté'. Comme il est naturel, 
en cas de litige entre Juifs et non Juifs, on avait ne'cessairement 
recours à la justice royale. Les Juifs alexandrins exerçaient leur 
activité' soit comme entrepreneurs publics 'des impôts, des ter- 
rains domaniaux), soit comme entrepreneurs prive's, soit comme 
journaliers, soit et surtout comme commerçants. Et dans le 
commerce ils e'taient des concurrents redoutables. Cette raison 
e'conomique venait s'ajouter à la profonde difle'rence de la religion 
et des ide'es politiques, pour rendre conside'rable l'antipathie des 
Grecs et des autres habitants de la ville envers les Israe'lites. 
Ne'anmoins l'antise'mitisme n'e'clata jamais, sous les Ptole'me'es, en 
ve'ritable guerre civile. C'est seulement sous l'empire qu'Alexan- 
drie fut ensanglante'e par les luttes entre ses habitants, Peut-êtie 
la raison principale qui, sous Caligula, parvint à provoquer une 
bataille dans les rues, doit-elle être cherche'e dans l'empressement 



: 48 

que les Juifs alexandrins avaient mis à se rapprocher de Rome, 
et à se poser comme les plus fidèles sujets de l'Empereur. Ca- 
ligula d'ailleurs se montra de mauvaise humeur à leur encontre, 
car ils s'e'taient refuse's à placer son image dans leurs syna- 
gogues. La re'volte de Je'rusalem contre Rome, en l'anne'e i j 6, 
eut un contre-coup terrible sur les Juifs d'Alexandrie. JVIenace's 
de mort, les Juifs, pour se protéger et se fortifier, de'truisirent le 
Ne'me'sion (où e'tait enterre'e la tète de Pompe'e), mais leurs ad- 
versaires prirent quand même le dessus ; ils tuèrent ceux qu'ils 
ne firent pas prisonniers. Depuis cette e'poque la juiverie d'A- 
lexandrie, qui eut elle aussi comme les chre'tiens ses martyrs, 
tomba très bas. Au fur et à mesure que le christianisme gagnait 
du terrain, la condition des Juifs empirait. Un beau jour, ou pki- 
tôt un mauvais jour, l'eVêque Cyrille, après le triomphe de'finitif 
de la nouvelle religion, voulut les chasser tous de la ville. Toute- 
fois au moment de la conquête arabe ils e'taient encore, ou ils 
e'taient redevenus, très nombreux. En effet une clause spéciale 
de l'acte de capitulation établit que toute la colonie juive pou- 
vait rester dans la ville. Au moyen âge, le commerce du Levant 
e'tait encore en grande partie entre leurs mains ; au XII"^^ siècle 
on comptait à Alexandrie 3000 familles juives. Les plus anciennes 
synagogues qui existent actuellement dans la ville remontent 
au XV ™^ siècle; la colonie israe'lite comprend aujourd'hui 15000 
membres environ, plutôt plus que moins. 

BIBLIOGRAPHIE. — E. Schurek et Eli-Hazax, Alexandria dans the 
Jewish Eiicyclopédta, New York, I, pa.^'. 361-368; Bl.vd. \u, Jnden und Juden- 
verjolgnngen im alten Alexandria ; Reinach Th , Sur la date de la colonie 
juive d'' Alexandrie. Rev . d'Etudes juives, T, XLV, pag-. 161-164; Dobschutz 
E. Jeivs and Antisémites in ancient Alexandria, American Journal of Théo- 
log-y, VIII (1904), 728; Breccia E., La necropoli de V Ibrahhnieh (Bull. Soc. 
Aichéol., 9 (n. s. T. I, fasc. I), paç^. 35 sq. ;Wilckkn U., Zuui Alexandrinischen 
Antisenntismus, Leipzig:, 1909; J. P. Mahaffy, The Jews in Egvpt. Mélanines 
Nicole (1905), pag. 659-662 ; Ju.ster.Lcs Juijs dans l'Empire romain, Paris, jqii. 



49 



TOPOGRAPHIE 



Corne la mia macedone corazza 
stia nel deserto e a' barbari ed agli anni 
legga Alessandria. 

Ci^RDUCCI. 



Ces beaux vers du poète italien renferment une ve'rite' inde'- 
niable, car ils signifient l'e'ternite' ide'ale d'Alexandrie. En efifet 
la civilisation alexandrine n'a pas cesse, même après sa disparition, 
d'être profitable à l'esprit humain, qui en gardera pour toujours 
les traces profondes. iMais l'e'ternite' des monuments, des temples 
et des palais! Quelle de'ception, he'las, et quelle tristesse! Il n'y 
a pas une autre grande ville du monde ancien qui puisse con- 
tester à Alexandrie le regrettable droit de prese'ance relativement 
à la complète destruction de ses e'difices et à l'incertitude qui 
règne sur sa topographie. En de'pit de son e'norme production 
litte'raire, les souvenirs de ses e'difices sont plutôt rares ou très 
vagues dans la tradition e'crite. Si nous connaissons un bon 
nombre de temples, de palais, de monuments, il nous est presque 
toujours impossible de les indentifier d'une façon pre'cise, ou d'en 
indiquer l'emplacement sur le terrain ('). La ce'lèbre descrip- 
tion strabonienne, les renseignements contenus soit dans le Roman 
cr Alexandre par le pseudo-Callisthènes ^^\ soit dans le roman 
des Amours de Leucippe et Glitophon par Achille Tatius, ainsi 
que les indications occasionnelles qu'on rencontre souvent dans 
plusieurs historiens de la pc'riode gre'co-romaine et chrétienne, 

(i) c Dans cette Alexandrie où il s'est pas^é tant de choses, nous ne pou- 
vons pas souvent localiser les souvenirs > Perdrizet, B. C. H., 1912, p. 257. 

(2) La critique (Lumbroso, Ausfeld) a reconnu que ce lomr.n est digne de 
confiance pour ce qui a trait à la topographie d'Alexandrie. 



~-~ — 50 — 

nous donnent une ide'e d'ensemble de l'aspect ge'ne'ral de la 
ville, une connaissance approximative, à vol d'oiseau, mais ne 
nous permettent pas de connaître les détails topographiques et 
architectoniques des places, des rues, des e'difices. Depuis de 
longs siècles, sur la vaste zone jadis occupe'e par la plus belle 
ville du monde, on ne voyait debout, ou à fleur de terre, que 
la colonne dite de Pomp^^'e, les obe'lisques du Ce'sareum [aiguiîhs 
de Cléopàti'e\ des colonnes qu'on avait attribuées à l'ancien 
Gymnase, et des murs sur le rivage oriental qu'on avait baptise's 
Palais de Cléopâtre. Dans le cours du XIX'"^ siècle, les aiguilles 
de Cle'opâtre ont pris le chemin, l'une de Londres et l'autre de 
New-York, les colonnes du Gymnase (?) ont disparu, le Palais 
de Cle'opâtre (?) a ète' démoli, de telle sorte qu'aujourd'hui la co- 
lonne de Pompt-e reste seule pour attester l'ancienne grandeur 
de la ville des Lagides. Mais si le XIX'"'^ siècle a vu accomplir 
les derniers actes de vandalisme contre Alexandrie, il a vu 
aussi les efforts toujours plus nombreux et plus efficaces des 
savants, pour en retrouver les traces et pour en reconstituer 
l'histoire arche'ologique et topographique. Le cinquième volume 
de la célèbre Description de l'Egypte (Paris, i82q) renferme 
une Description des Antiquités d' Alexandrie et de ses environs 
par l'ingénieur Saint-Genis ; Saint-Genis n'a pas exe'cute' de fouil- 
les, mais il expose avec e'rudition, compe'tence et honnêteté' 
scientifique, tout ce qu'il a pu voir ou observer ; il tâche de 
relier les observations aux donne'es de la tradition litte'raire, sans 
s'abandonner à trop d'hypothèses et de combinaisons. Vers 1866 
l'empereur Napole'on III, qui avait conçu le projet d'e'crire 
l'histoire de Jules Ce'sar, exprima le de'sir d'avoir un plan d'A- 
lexandrie ; ce fut une occasion inespe're'e et unique de de'barrasser 
les ruines du lourd manteau de terre sous lequel elles e'taient 
ensevelies : le Khe'dive Ismaïl chargea l'astronome Mahmoud El- 
Falaki de dresser ce plan, l'autorisant en même temps à exe'cuter 
les fouilles ne'cessaires. Les conditions particulièrement favo- 
rables qu'Alexandrie pre'sentait à cette époque — tout le ter- 
ritoire ancien de la ville e'tant alors libre de constructions — , 
d'autre part l'appui moral et mate'riel d'un Khédive presque au- 
tocrate, laissaient espe'rer que les travaux entrepris auraient 
amené' des découvertes merveilleuses : il n'en fut rien. Est-ce 
que le sous-sol d'Alexandrie ne cache plus — ainsi que le pense 
Hogarth et d'autres — des monuments de premier ordre? Est- 
ce que ces monuments sont enfouis sous des couches très pro- 
fondes, envahies par l'eau, et inaccessibles à la pioche des 
foui Heurs ? 

Mahmoud El-Falaki travailla, il faut le reconnaîire. avec la 



rt». -''»*i"--'-->;ve«s 




52 — — — 

plus grande bonne foi, avec abne'gation et avec zèle ; il réussit 
à dresser un plan de l'ancienne ville (fig. 7) qui a e'te' presque ge'ne'- 
ralement accepte' depuis (cf. fig. 8), et qui le recommande à 
la gratitude de la postérité', Ne'anmoins, tout en reconnaissant les 
me'rites de ce savant, érudit et consciencieux, il faut avouer qu'un 
examen attentif de son plan et du me'moire qui l'accompagne, 
soulève assez souvent des doutes sur la méthode et des réserves 
sur les résultats(^). Depuis 1878 jusqu'à 1888 un médecin grec, le 
Doct. Tassos Néroutsos, a enregistré toutes les découvertes oc- 
casionnelles qui se sont produites à Alexandrie. Néroutsos était 
bon helléniste, bon latiniste, et il se révèle épigraphiste distingué. 
Par conséquent, bien qu'il n'ait jamais dirigé personnellement des 
fouilles, ses articles et son mémoire sur ï Ancienne Alexandrie 
(Paris, 1888) contiennent une foule de renseignements utiles et 
d'observations presque toujours exactes (fig. 9). 

Le Doct. Giuseppe Botti, appelé en 1892 à diriger le Musée 
Gréco-Romain qu'on venait de fonder, ne se borna pas à pra- 
tiquer des fouilles pour enrichir son Musée 5 il eut toujours soin 
de mettre en relation les données des fouilles avec la topographie 
de la ville ancienne. 

Le résultat de ses observations et de ses recherches a été un 
nouveau Plan de la ville d' Alexandrie à l'époque ptolémaïque 
(1898). Ce plan (fig. 10), tout en conservant le réseau des rues 
en damier, diffère de celui d'El-Falaki en plusieurs points essentiels 
ainsi qu'en bon nombre de détails. Botti connaît directement 
les textes des auteurs classiques, il tient compte des découvertes 
du dernier quart de siècle (peu considérables d'ailleurs au point 
de vue topographique) ; mais, étant donnée l'impossibilité dans 
laquelle il se trouvait de vérifier sur le terrain la plus grande 
partie de ses déductions ou de ses conjectures, le plan qu'il a 
dressé est loin d'avoir toute la certitude et l'exactitude désirables. 

A coté d'El-Falaki, de Néroutsos et de Botti, parmi ceux qui 
ont tâché de contribuer à l'étude et à la connaissance d'Alex- 
nndrie, d'après les constatations faites sur les lieux, il ne faut 
pas oublier deux amateurs, le comte Alex. xMax De Zogheb et 
l'amiral Sir Massie Blomfield. 

Les archéologues européens qui ont eu l'occasion de pratiquer 

(i) Mahmoud Ei^-Falaki, Mémoire sur rancieune Alexandrie, Copenhague, 
1S72. Peut-être le jugement de Hogfarth (Archeological Report of Egypt Explora- 
tion Fund, 1891-95, p. 17) est-il par trop sévère, mais malgré certains résultats 
des fouilles de Noack (v. Thiersch, Die Alex. Kônigsnecropole) il est difficile 
de le trouver inexact : < The character of my report being what it is, it fortu- 
nately does not enter into my province to deal at length with the researches 
of Mahmud El Falaki,... I am glad therefore that I can avoid basing cl" my own 
work on his. I feel the greatest uncertainty as to his rectangular map of the 
citv >. 



54 

des sondages ici ou là dans le territoire de la ville, et d'examiner 
tel ou tel problème topographique, ne sont pas très nombreux. 
Il y a lieu de citer Mr D. G. Hogarth, le prof. Noack, et le prof. 
Thiersch. Les savants qui ont e'tudie' la topographie d'Alexandrie 
en dehors de tout examen des lieux, se basant exclusivement sur 
les textes d'auteurs anciens et sur les rapports des fouilleurs mo- 
dernes, sont considérables par le nombre et par la qualité'. Il suffira 
de rappeler les noms de Lumbroso, Wachsmuth, Puchstein, Ausfeld. 
Les travaux erudits et me'thodiques de ces hommes de science 
sont naturellement très appre'ciables, mais ils ne peuvent pas 
(c'e'tait d'ailleurs impossible) apporter toute la lumière indispen- 
sable, et ils ne permettent pas de vérifier sur le terrain, d'une façon 
certaine, les donne'es de la tradition littéraire. Je n'ose pas con- 
clure en terminant cette courte analyse bibliographique, que j'es- 
père parvenir moi-même à des résultats plus certains que mes 
pre'de'cesseurs. 

Au contraire, j'ai voulu faire ressortir que la topographie 
alexandrine pre'sente d'e'normes difficultés et des e'nigmes qui sont 
aujourd'hui, et peut-être seront aussi dans l'avenir, insolubles, et 
que par conséquent tout plan de l'ancienne Alexandrie doit être 
considère' seulement comme approximatif, conjectural et provisoire. 
C'est un point de vue qu'il ne faut pas oublier. Pour mon 
compte, tout en signalant les lieux où devaient approximativement 
se trouver, d'après moi, les principaux monuments dont l'antiquité 
nous a conserve' le souvenir, je me bornerai à pre'ciser les en- 
droits où l'on a de'couvert des monuments de quelque importance. 

BIBLIOGRAPHIE. — Gratien Le Pkre, Mémoire sur la ville d'Alex., 
Description de l'Egypte, t. i8. État moderne p. 28^490; Saixt-Gexis, De5C> J>- 
tion des antiquités d'Alex, et de ses environs, ibid., t'. 5, p. 181 sq. ; Mahmoud 
El-Fai,aki, Mémoire sur l'antique Alex., Copenhag-ue", 1872 ; T. NÉRorx-os 
Bry, L'ancienne Alexandrie, Par. s i.s,S8 ; Rotti, Plan d'Alex, à l'époque pto- 
lemaique, Alex., iSqs ; Lumbroso G., L'Egitto dei Greci e dei Romani, Roma, 
1892; Lumbroso G, Descrittori italiani delV Egittn e d'Alessandria ; Erd- 
MANx, Zur Kunde der hellenistischen Stndtegi itndnngen, Strasshurg, 1883, 
p. 17 sq.; NoACK F., Neue Untersuchungen in .4/f.r., Athen-'Mitteil., iqoo,p!! 215 sq.; 
Wachsmuth, Zur Geschichte Alex., Rhcir.. Mu^., 3-, p. 448-455 ; Zur Topog. 
Alex., ibid. 42, p. 462-464; Diabathra in Alex., ibd.,'43, p. 300-308 ; Ausfeld, 
Neapolis und Brucheimi in Alex., Pliilologus, 6^, p. 491-497 (cfr. Wilcken, 
Archiv, IV, p. 232); zitr Top v. Alex, und Psetido-Callisthénes, Rhein. Mus., 5:^, 
p. 348-384 ; der griech. Alexanderroman, Leipzig-, 1007, p. 137 sq. V. aussi l'ar- 
ticle Aiexandria dans la Real Encvclt piiie de Paulv-Wissowa (Puchstein) ; 
l'article Alexandrie dans le Dictionnaire d'ArchéoJog'ie Clirétienne (Lecicrcq). 
Hogarth D. G., Report on prospects oj Research in Alex, dans Egvpt. Expl. 
Fund, 1894-9-,, P'i?- 1-.33 ; Vaujany. Alex, et la Basse Egypte, Caire^ 1881; A. 
DE Zogheb, Etudes sur l'ancienne Alex., Paris, loio. Les études de lamiral 
Blomfield ont paru dans le Bull, de la Soc. Arch. d'Alex. 

Constitution géologique de la côte alexandrine. - Tandis 
que, dans la période historique, nous ne connaissons qu'une seule 
île (Pharos . en face et à proximité' de la côte alexandrine, celle- 



ci, d'après les plus récentes conclusions de la ge'ologie, n'aurait 
pas constitue' dans 1 âge pre'historique une bande de terre com- 
pacte et relie'e au continent. A sa place étaient de nombreux 
îlots, très peu e'ieve's au-dessus du niveau de la mer, dispose's 
comme une barre à Tentre'e du golfe ouvert sur la Me'diterrane'e, 
qui devint plus tard le lac Mariout. Par la sure'le'vation graduelle 
du terrain, ainsi que par l'agglome'ration incessante du sable des 
dunes, peu à peu les îlots se relièrent les uns aux autres, de'ter- 
minant une langue de terre ininterrompue entre la mer et le 
golfe, transfoime' par conséquent, depuis cette e'poque, en lac. 
Sur cette langue de terre, Alexandre fonda (332-3 i av. J.-Gh.) la 
nouvelle capitale de l'Egypte. Au cours des siècles le sol d'A- 
lexandrie a subi d'autres modifications. En effet son niveau n'est 
plus le même qu'à l'âge des Ptole'me'es et des Romains. A la 
suite soit de violentes secousses sismiques (' \ soit d'un phe'no- 
mène géologique ope'rant d'une façon presque insensible mais 
constante, un affaissement s'est produit dans le territoire de la 
ville (^). On peut aise'ment s'en rendre compte par exemple à 
Kom el-Ghougafa, où le troisième e'tage de la ne'cropole est au- 
jourd'hui envahi par l'eau. De même dans la ne'cropole de Chatbv, 
où les restes de cadavres nagent souvent dans les fosses trans- 
forme'es en lacs minuscules. D'ailleurs il est notoire qu'aujour- 
d'hui l'îlot nomme' Antirrhodos, qui e'tait autrefois dans le grand 
Port, a tout à fait disparu sous l'eau. 

De même les quais d'un ancien port de'couvert par l'inge'nieur 
Jondet, au nord-ouest de l'île de Pharos. sont aujourd'hui sous 
l'eau et rien ne fait supposer qu'ils aient e'te' ronge's par l'action 
de la mer. 

Outre l'affaissement constate' du sol, il v a lieu de re- 
marquer que le niveau de la ville ancienne est de plusieurs 
mètres au-dessous de celui de la ville moderne, l'rès souvent, 
pour arriver aux ruines de l'âge romain, il a fallu descendre de six 

(i) C'est le géologfue Janko (Djs Délia des Nil) qui ;i le premier relevé 
l'affaissement du sol d'Alexandrie. Mcniorubles sont restés les tremblements de 
terre du XlVme siècle. Il ne sera pas inutile de rappeler <]ue les études des sismo- 
logues modernes ont iév('lé des nfïaisscinents considérables du sol provoqués par 
des secousses sistnic^ues, au Japon et en Europe. Le dernier tremblement de terre 
de Messine a causé un affaissement atteignant 66 cm., a:i maxirinuii, siu* le bord 
de la mer et lo cm. au minimum à l'iiitérieur de la ville. En Autriclie, apèrs le 
tremblement d'Agram en 1880, on a constaté des déplacements dans le sens ho- 
rizontal; au Japf^n, après le tremblement de iSqi, on a pu observer un affaisse- 
ment de 40 centimètres autour d'un emplacement triang-ulaire de terrain mesu- 
rant 2^ kilomètres de chaque côté. Le terrain environnant s'était soulevé d'autre 
part de 60 à 80 centimèters. Probablement le même phénomène s'est 1 rodait à 
Alexandrie. 

(2) Il varie entre un mètre et un n.ètre cinquante cm., même davantage. 
Quelques géologues pensent qu'il ne s'agit pas d'un affaissement du terrain, mais 
plutôt d'une élévation du niveau de la me:-. 



. . 56 

à sept mètres à travers des couches de terrains de report. Il 
résulte de ce qui pre'cède que les ruines de la ville ptole'maïque 
doivent exister à une plus grande profondeur, et je pense qu'elles 
sont presque toutes dans les couches de terrain envahies par 
l'eau. 

Le profil de la côte a lui aussi change' d'aspect depuis l'an- 
tiquité'. La digue ou môle (Heptastade) que les Ptole'me'es avaient 
fait construire pour relier l'île de Phares au continent n'existe 
plus. Elle a disparu sous les atterrissements, les de'pôts d'alluvion 
ainsi que les de'tritus et les de'combres. Ces de'pôts ont forme' une 
zone de terrain assez large, comprenant toute la place Mohamed 
Ali, la ville turque jusqu'à l'ancien palais du Gouvernorat, ainsi 
que les quartiers de la Marine (approximativement entre Kom- 
el-Nadoura et le bassin de l'Arsenal). 

Aperçu général. — A l'Jpoque d'Alexandre le Grand et de 
ses successeurs, l'architecture eut une tâche e'norme et très im- 
portante à accomplir: la construction de centaines de nouvelles 
cite's. Elle a accompli cette tâche d'une façon admirable, suivant 
les règles de'jà fixe'es au V'"^ siècle par Hippodame de Milet et 
qu'on avait employe'es dans les transformations de Rhodes et 
d'Halicarnasse. Le plan d'Alexandrie fut projeté' par Dinocrate. 
Le principe qui caractérise ce plan est la pre'dominance de la 
ligne droite. . 

L'architecture moderne, du moins la plus re'cente, se montre, 
peut-être à juste raison, contraire à ce principe, mais à l'e'poque 
helle'nistique on le trouvait excellent. Alexandrie dennt un modèle 
pour la plupart des grandes villes nouvelles. Les rues, en ge'ne'ral, 
se coupaient à angles droits, de telle sorte que les lots des 
maisons ressemblaient à un damier. 

Les deux rues principales, dont le point d'intersection se 
trouvait à peu près au milieu de la ville, e'taient larges de plus de 
loo pieds. Sous les rues passaient beaucoup de canaux et 
d'aqueducs. Les cinq quartiers comprenant la ville e'taient de'- 
signe's par les cinq premières lettres de l'alphabet qui corres- 
pondent d'ailleurs aux cinq premiers chiffres. 

Un quart ou un tiers environ du territoire de la ville e'tait oc- 
cupe' par les e'difices royaux, vaste ensemble de palais et de 
jardins. Dans cette partie d'Alexandrie, se trouvaient les tombeaux 
d'Alexandre et des Ptole'me'es, le Muse'e, la célèbre Bibliothèque, 
le The'âtre, l'Arsenal et les casernes de la Garde Royale du 
Corps. Sur la grande rue principale qui allait de l'extre'mite' 
est à l'extre'mite ouest de la ville (rue Canopique), se dressaient 
de nombreux temples, le Gymnase, le Palais de Justice. Sur la 



ir=- 







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12 



LAC M A R E O T I S 



^ 



38 

colline appelée à pre'sent Kom-el-D.'k, e'tait un parc grandiose et 
monumental, le Paneion. Sur une colline au nord-ouest de la 
ville (sur le terrain environnant la colonne dite de Pompe'e), le 
Se'rapeum. Au pied de celui-ci, du côte sud, e'tait le Stade. Pro- 
bablement aussi à l'inte'rieur de la ville, il y avait l'amphithe'âtre 
dont nous parle l'historien Josèphe. Une digue, l'Heptastadion, 
unissait la ville à Tîle de Pharos, qui lui faisait face. De la 
sorte, deux ports se formèrent, le grand port à l'Est (aujour- 
d'hui délaisse'; et l'Eunostos (le port actuel). Sur l'île s'e'levait 
la ce'lèbre Tour lumineuse < le Phare », œuvre de Sostrate de 
Gnide. De vastes ne'cropoles s'e'tendaient à l'orient (Chatby- 
Hadra) et à l'occident de la ville (Gabbari-Wardian). X)e riches 
faubourgs (Eleusis-Nicopolis) prospe'raient dans la plaine de 
Hadra et sur les collines de Ramleh. Au sud de la ne'cropole 
orientale, non loin d'Eleusis, se trouvait l'Hippodrome. 



« (juae nec confirmai e iiec repellere in 
unimo est ». 

Tacite. 

Les murs d'enceinte. — La légende n'a pas manque' d'or- 
ner et d'embellir l'histoire de la fondation des murs de la ville 
ancienne. Alexandre lui-même, dit-on, aurait proce'de' au trace' 
de ces murs, et la craie n'ayant pas e'te' en quantité' suffisante, 
il aurait donne l'ordre d'employer la farine destine'e à l'appro- 
visionnement des soldats. De nombreux oiseaux accourus de toutes 
parts se jetèrent sur cette pâture et la farine ne tarda pas à 
disparaître ; ce qui fut interprète' de bon augure pour la pros- 
pe'rite' de la ville. 

La tradition littéraire a insiste' avec une complaisance extrême 
sur ces détails fantaisistes, et par contre elle ne nous a pas 
transmis des renseignements exacts sur les dimensions, l'e'tendue, 
la forme, le trace' de ces murs. 

Tacite (Hist. IV, 83) attribue la construction de l'enceinte à 
Ptole'mee L'^ D'autres historiens se sont borne's à parler des 
murs seulement lorsqu'ils ont eu l'occasion de faire allusion à 
l'un ou à l'autre des sièges que la ville eut à subir. 

Il semble certain que les murs d'enceinte d'Alexandrie e'taient 
plus e'tendus que ceux des autres villes grecques, à l'exclusion 
de Syracuse et d'Athènes (^). 

(i) Beloch, Die Bevôlkerung der griechisch-rômischen Welt, Leipzig-, 1886, 
P 4^3-84. 



59 

D'après Quinte-Curce l'enceinte aurait mesure' 80 stades ; d'après 
Pline 15 lieues ou 120 stades; d'après une notice de l'cpoque 
tardive des empereurs, 16360 pas. Strabon donne comme lon- 
gueur de la ville 30 stades 5 Etienne de Byzance 34 stades 5 
Diodore 40 stades. 

Gomme largeur Strabon donne 738 stades ; Etienne de By- 
zance 8 stades. (Ee stade valait 185 mètres environ). 

D'après Mahmoud El-Falaki les vrais chiffres sont pour l'en- 
ceinte I 5S00 m. : pour la longueur 5090, et pour la largeur de 1 i 50 
à 2250 m., mnis le plus souvent 1700. Ces diffe'rents chiffres, 
qui peuvent se rapporter à des époques varices, peuvent être 
acceptes sous re'serve d'approximation. Mahmoud El-Falaki a 
dessine' le premier un trace' de l'enceinte ptole'maïque. Il serait 
cependant te'mèraire d'affirmer que ce trace' est le vrai, comme 
il le serait d'affirmer le contraire. Il y a lieu cependant d'ob- 
server que les fondations, larges de cinq mètres et construites en 
moellons et mortier, compose' de chaux et de briques pile'es, 
de'couvertes par El-Falaki derrière le Cap Lokhias, peuvent 
difficilement remonter à la fin du IV'"^ ou au commencement 
du IIP"*^ siècle avant J.-Ch. Elles pourraient être beaucoup plus 
récentes. De plus ces fondations se continuent d'une façon certaine 
sur une longueur de 3000 mètres seulement. Au-delà, jusqu'à une 
distance de 2 kilomètres, les fouilles ont e'te' continuées dans les 
décombres, ce qui n'a pas permis de les e'tudier de près. Pour 
les autres 700 mètres, ce trace' a eu pour base les racontars 
des chercheurs de pierres. Au-delà de la mosquée de Hadra, les 
fouilles, devenues très difficiles, ont e'te conduites sur huit sections 
très c'ioignees les unes des autres. Elles n'ont donne de re'- 
sultats que dans cinq sections, et El-Falaki lui-même avoue que, 
par la composition, le mortier diffère un peu de celui de la partie 
de'couverte en premier lieu. Pour le reste « les fouilles ont e'te' 
complètement inexe'cutables », et le dessin du mur sur la carte 
a e'te' achevé' d'après la configuration du sol. Tout en admet- 
tant que le trace' d'El-Falaki suit plus ou moins approximativement 
le trace re'el de l'e'poque ptole'maïque (mais il est problable 
qu'il re'unit le trace' de deux e'poques diffe'rcntes), il faut avouer 
que les e'ie'ments d'après lesquels il a ête' fait sont assez incertains. 

Botti croit que les rivages du Grand Port n'e'taient pas protege's 
par des œuvres de défense, à l'exception du fort de l'Heptastade 
et des tourelles du Pharos. D'autre part, il pense que le côte' 
oriental de la ville, à l'exemple de Garthage, devait être de'- 
fendu par tro's murailles à deux e'tages. Chaque muraille e'tait 
prote'ge'e par une chaîne de tours, et il ajoute: « Puisque la ville 
était baigne'e par le lac Mare'otis, il est probable qu'il n'y avait 



6o 

qu'un simple rempart avec les tourelles d'usage ». Du côte' de 
l'Occident, il v aurait eu comme à l'Orient la triple muraille. 

Tout cela est possible, mais les arguments avance's ne per- 
mettent pas d'y voir autre chose qu'une simple hypothèse. Je 
ne pense pas non plus que cette hypothèse puisse être appuye'e 
par un passage de Sujuti inconnu de Botti et cite' par Ibn-el- 
Hakim. Sujuti e'crit : « Alexandrie e'tait forme'e de trois villes, 
l'une à côte' de l'autre et chacune avec sa propre enceinte. Le 
tout e'tait renferme' dans une autre enceinte fortihe'e ». Ce texte, 
en dehors des doutes qu'il soulève par sa pre'cision même, de'signe 
probablement les trois grandes divisions de la ville : le quartier 
égyptien, le quartier gre'co-romain et le quartier juif. 

Abdallah ibn Zarif raconte qu'il y avait sept forteresses et sept 
fosse's. 

Jean de Nikiou dit que « la ville e'tait entourée d'une longue 
enceinte de murs fortifie's par des tours nombreuses, bâties sur le 
bord du fleuve et le long de la sinuosité' du rivage de la mer, 
de telle sorte que de ce côte' et de l'autre elle e'tait entoure'e 
par l'eau ». Il est probable que l'enceinte dont parle Jean de Ni- 
kiou n'est pas la même que celle de l'e'poque des Lagides, mais 
le tvpe de fortification e'tait peut-être le même. En tout cas, de 
ce passage il re'sulte que les plans d'El-Falaki et de Botti lais- 
sent un espace trop conside'rable entre l'enceinte et le canal. Les 
fortifications qui ont excite' l'admiration des voyageurs du Moyen- 
Age (von Suchem. Abrey Stewart, Bernard von Breydenbach, 
Cvriaque d'Ancône etc.) e'taient certainement les murs bâtis par 
les Arabes au commencement du IX'"^ siècle. 

Ce qui est certain, c'est que les fortifications d'Alexandrie ont 
e'te' de tout temps très solides, car la ville fut presque toujours 
imprenable. 

Antiochos le Grand, roi de Syrie (pour ne rappeler que les 
sièges les plus célèbres), dut se retirer frustra tentatis inoenibus 
(14 av. J.-Ch.). Dioclêtien (295-6 ap. J.-Ch.) employa huit mois pour 
s'en emparer. Chosroès (609 ap. J.-Ch.) et Amrou (643 ap. J.-Ch.) 
durent recourir à la trahison pour en franchir l'enceinte. 

En re'sume' ce que nous savons des fortifications d'Alexandrie 
se re'duit à très peu de chose : 

1. Alexandrie a eu, depuis sa fondation, une enceinte de murs 
dont la longueur maxima pourrait être e'value'e à 1 5 kilomètres 
environ. 

2. Cette enceinte était fortifie'e par des tours très peu e'ioigne'es 
les unes des autres. 

3. Le trace' de ces murs du côte' nord-est devait longer la côte 
jusqu'au-delà du Cap Lokhias et se diriger ensuite vers le Canal. 



_- 6i 

Le trace d'El-Falaki pousse trop loin la ligne orientale des for- 
tiiications. En tout cas ce trace' laisse un espace trop consi- 
dérable entre l'enceinte et le Canal (Diodore, 17, 525 Jean de 
Nildou, p. 52). 

4. L'enceinte a e'te' refaite au deuxième siècle par les empereurs 
Hadrien et Antonin. 

5. D'autres modifications partielles ont eu lieu au troisième siècle. 

6. L'enceinte arabe date du commencement du IX"^^ siècle. 

Les rues. — La de'couverte la plus importante de Mahmoud 
El-Falaki est celle des rues de l'antique Alexandrie. D'après ses 
fouilles Mahmoud El-Falaki a dresse' un plan de l'ancienne ville, 
dans lequel les rues s'entrecoupent toutes à angle droit, de façon 
à former une sorte de grille. 

« J'ai de'couvert dans la ville d'Alexandrie, par le moyen des 
fouilles, onze rues principales pave'es qui la traversent en largeur, 
et sept pave'es qui la traversent en longueur... La rue mitoyenne 
des sept rues longitudinales est la rue Canopique ... les pierres 
du pavage sont partout les mêmes ; ce sont des blocs noirs ou 
grisâtres d'une vingtaine de centimètres d'e'paisseur sur une lon- 
gueur et une largeur qui avaient de 30 à 50 centimètres ». 
Mr. Hogarth exprime le doute le plus formel au sujet de 
cette carte rectangulaire de la ville 5 et si le prof. Noack peut 
assurer que ses fouilles (assez restreintes d'ailleurs, dans une 
partie du Bruchion) ont confirme' en ge'ne'ral le plan des rues 
dresse' par Mahmoud, il doit toutefois rectifier les re'sultats de 
celui-ci sur plusieurs points. Il faut avant tout observer que le 
pavage de'couvert par El-Falaki n'appartenait pas à l'âge ptole'- 
maïque mais à l'e'poque romaine. 

Partout où ce pavage a pu être observe', on a trouve' qu'il 
reposait sur plusieurs couches de de'combres et ces décombres 
ne se trouvent pas seulement des deux cdte's de la rue, ainsi 
que les a vus le prof. Noack, mais aussi au-dessous du pavage, 
comme il a e'te' constate' en certains endroits par Hogarth et, en 
d'autres, par moi-même. Ce qui signifie que les rues de l'e'poque 
romaine n'ont pas toutes conserve' la direction et le trace' qu'elles 
avaient sur le plan de Dinocrate. Il en résulte donc qu'en ad- 
mettant même comme parfaitement exact le plan dresse' par El- 
Falaki, on ne pourrait pas l'accepter sans re'serves pour l'e'poque 
pre'romaine. En outre, il y aurait lieu d'observer que les rues 
longitudinales, par exemple, ont e'te' prolonge'es arbitrairement 
par El-Falaki. et cela du côte' Est, jusqu'à la ligne qui d'après 
lui marquait l'enceinte fortifie'e. Il a en effet de'clare' qu'il n'a 
pas trouve' de traces du pavage de la rue Canopique à 455 mètres 



G2 . 

de l'enceinte arabe, tandis que sur le plan le prolongement de 
la rue Canopique, au-delà de cette enceinte, mesure 1400 mètres. 
El-Falnki affirme, il est vrai, que le pavage a e'te' enlevé' du temps 
de Mohamed-Ali, lorsqu'on a arrange' la rue moderne ; mais 
on peut douter de l'exactitude de ce détail, et voici pourquoi. Les 
travaux de terrassement entrepris pour la construction du nou- 
veau quai au port Est, ont fait disparaître toutes les collines 
qui existaient entre le cimetière juif, la plage de Ghatbv et le 
faubourg appelé' Camp de Ce'sar : durant ces travaux on a 
trouve de nombreux vestiges du pavage des rues de'crites par 
El-Falaki jusqu'à la hauteur du club gymnastique « Milon » ; 
mais aucune trace de rues n'a e'te' de'couverte plus au Nord 
et plus à l'Est de cette ligne qui correspond à peu près à la 
rue R. 2. Ceci pourrait signifier que la rue L. 4 par exemple 
n'aurait pas du être prolonge'e sur le plan au-delà du santon 
Sidi el-Chatby. Ceci me paraît exact d'autre part, car cette rue 
aurait dû alors traverser la section la plus orientale de la ne'- 
cropole à ciel ouvert, qui remonte à la haute e'poque ptole'- 
maïque. 

Sur toute cette esplanade nous avons rencontre très rarement 
des traces de maisons isole'es, tandis que les cimetières e'taient 
très fre'quents. On pourrait en dire autant des collines situe'es 
entre les cimetières europe'ens et le faubourg de l'Ibrahimieh. Je 
crois même que le jour où l'on nivellera ces collines il sera 
très difficile de de'couvrir des traces de pavage à l'Est de la 
rue R. 2. S'il en est ainsi, on pourra ne pas attribuer aux tra- 
vaux de Mohamed-Ali l'enlèvement du pavage dans la section 
orientale de la rue Canopique, et on sera amené' à croire que 
ce pavage n'a jamais existe' au-delà du dernier point où El-Falaki 
a eu la possibilité' de l'observer. 

D'ailleurs la route moderne d'Aboukir, sur le parcours en ques- 
tion, n'est pas bordée de collines de détritus ; elle s'ouvre au 
contraire un passage à travers le rocher naturel ; et ainsi l'an- 
cienne rue aurait e'te', sur une partie de son e'tendue, encaisse'e, à 
une profondeur conside'rable, entre deux parois nues du rocher. 

Elle n'aurait donc pas e'te' borde'e de constructions et aurait 
eu un niveau assez difife'rent de celui des rues et des maisons 
avoisinantes. Est-ce admissible pour la rue principale de l'an- 
cienne Alexandrie ? 

Donc, s'il est permis de tirer une conclusion de ces observa- 
tions, le trace' des rues longitudinales du plan dresse' par El-Falaki 
devrait être raccourci de quelques centaines de mètres dans la 
section orientale. 

La rue Canopique constitue l'e'pine dorsale du systèmed'El-Falaki. 



3 

Ellecorrespond, d'après lui, à la Chara Bab Gharki de nos jours 
'rues Rosette et Sidi Metwalli). Cette identification a e'te' gJnJra- 
lenient acceptée. 

Botti est d'opinion contraire. Il ne croit pas que la rue dc'- 
couverte le long du trace' de la rue Rosette, corresponde à la 
rue Canopique. Il place celle-ci plus au Sud et V identifie avec 
la rue L. 3 d'El-Falaki. « Le nom de Canopique donne' à cette 
grande artère nous apprend qu'elle e'tait, de toutes les artères 
longitudinales de Ne'apolis, la plus rapproche'e du canal Cano- 
pique. L'avenue de Porte Rosette n'est aucunement au milieu 
de la ville ancienne puisqu'il en y avait d'autres moins e'ioigne'es 
qu'elle du point d'embarquement du canal ». 

Il n'est pas ne'cessaire de de'montrer la faiblesse de ces ar- 
guments : il sont base's sur cette supposition que la rue Ca- 
nopique tirait son nom de la proximité' du canal. Or cette sup- 
position est probablement errone'e, et il est plus naturel de penser 
que cette rue a tire' son nom de Canope, son axe e'tant à peu 
près dans la direction de cette ville. C'est ainsi que de nos jours, 
le prolongement de la rue Rosette s'appelle rue d'Aboukir. 

D'autre part, s'il est vrai, ainsi que nous le laisse entendre 
la tradition litte'raire, que la rue Canopique traversait le centre 
de la ville, ce centre, d'après nos connaissances actuelles, doit 
être cherche' de pre'fe'rence le long du trace' de la rue Ro- 
sette, où l'on a de'couvert des monuments assez remarquables, et 
non au sud de Kom-ed-Dik, à Moharrem Bey. 

Les objections de Hogarth me semblent plus se'rieuses. En 
effet, faisant allusion aux sondages qu'il a pratique's au nord et 
au sud de l'avenue de Rosette, et se basant sur l'alignement 
des murs mis à de'couvert, il conclut " that in this central 
région at least, the ancient town was built very far from the 
Unes of the modem, and that the axis of the old Canopic Street 
must vary much at this point from that of the Boulevard de 
Rosette the former must hâve read about 230", the latter reads 
260" ». 

Les fouilles de Hogarth, à la vérité', n'ont pas eu assez d'exten- 
sion pour nous permettre d'accepter sa conclusion sans re'serve. 
Il est bien probable que l'axe de l'ancienne rue difïe'rait quelque 
peu de celui de la rue moderne, toutefois il me parait hors de 
doute que l'avenue Canopique n'e'tait pas trop e'ioigne'e de la rue 
Rosette de nos jours, et qu'elle coïncidait avec celle-ci sur une 
partie de son parcours. 

Des te'moins oculaires ont souvent alTirme' avoir vu en diffe'- 
rents endroits, et moi-même j'ai observe', des colonnes range'es, 
soit au nord, soit au sud de la rue Rosette. D'autre part il est 



64 

évident que cette rue devait traverser le centre de la ville, et 
ce centre doit être cherche', je crois, dans le triangle compris 
entre le the'âtre Zizinia, la mosquée Nabi Danial et la Bourse 
Toussoun. C'est là que devait passer la grande rue transversale. 
El-Falaki pensait, par contre, que la grande rue transversale 
était celle marque'e sur son plan R. i. « Elle sort du cap 
Lokhias sur lequel il y avait un palais royal, passe tout près 
du port re'servë aux bateaux prive's des rois, de l'arsenal royal, et 
se termine à un autre port sur le canal, port dont j'ai de'- 
couvert les quais à 130 mètres des murs d'enceinte, vis-à-vis 
d'un pont probablement antique ». Il a ajoute' des de'tails qui 
confirmeraient son identification si les recherches méthodiques 
que Nonck a faites le long de cette rue n'avaient de'truit cette thèse. 

« Un aqueduc souterrain, dit El-Falaki, la borde du côte' de l'est 
et conduit l'eau du canal au palais et en ville pour en alimenter 
les citernes. Un e'gout peu profond et destine' aux e'coulements 
des eaux sales la borde de l'autre côte'. Cette rue pre'sente une 
particularité' qui la distingue de toutes les autres rues: outre la 
double largeur qu'elle partage en commun avec la rue Cano- 
pique, elle se compose de deux chausse'es de même niveau et 
d'e'gale largeur, mais l'une qui est à l'est, est pave'e, et l'autre 
est en maçonnerie, compose'e de chaux, de terre, de petits cail- 
loux et de petits morceaux de moellons. Entre ces deux chaus- 
se'es, suivant l'axe de la rue, est un petit espace large d'en- 
viron un mètre et rempli simplement de terre ve'ge'tale, ce qui 
me fait croire qu'il y avait là une range'e d'arbres, qui la par- 
tageait en deux chausse'es ; l'une pave'e probablement destine'e 
aux voitures, l'autre aux cavaliers ». :'v. El-Falaki, p. 23). 

Mais les recherches minutieuses et me'thodiques faites par 
Noack (o. c, p. 234-237) sur le trace' de cette rue l'ont oblige' 
à conclure qu'une concordance entre les re'sultats par lui obte- 
nus et les donne'es d'El-Falaki est tout à fait impossible, car il 
faut renoncer à la range'e d'arbres. 

Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans d'autres de'tails. Nous 
nous sommes contente's de montrer que les raisons d'identifier 
la grande rue transversale avec la rue R. i ne sont pas très solides. 

D'ailleurs la rue R. i d'El-Falaki est trop e'ioigne'e du centre 
probable de la ville antique. Aux conside'rations que nous avons 
expose'es à propos du mur d'enceinte et de la longueur de la 
grande rue longitudinale, il faut ajouter ce fait indiscutable qu'au- 
delà de la ligne orientale des parcs nord actuels, on a de'cou- 
vert des traces fre'quentes de ne'cropoles, mais peu de ruines 
d'habitations, et, quand on en a trouve, elles e'taient à un ni- 
veau bien supe'rieur à celui des ruines de l'inte'rieur de la ville. 



65 — 

Il n'y avait dans tous les cas aucune trace d'e'difices de quelque 
importance. Cela me fait croire que la R. i se trouvait plutôt 
vers les limites orientales que vers le centre de la ville. 

Par contre, il y a lieu d'observer que la grande statue de 
Marc-Aurèle (Muse'e, salle 12) ainsi que d'autres monuments en 
marbre, sont sortis des fondations du the'âtre Zizinia ; que la 
grande statue helle'nistique d' Hercule a e'te' de'couverte dans 
le sous-sol de la maison Boustros ; qu'en face du Zizinia, en 
creusant les fondations de la maison Lifonti. on a mis à jour 
un socle en marbre portant une inscription en l'honneur de 
l'empereur Valentinien; qu'un peu plus loin, on avait de'couvert 
le bloc de granit qui devait renfermer les œuvres de Dioscoride, 
et dans lequel on a voulu reconnaître une e'pave de la Biblio- 
thèque d'Alexandrie, et qu'enfin sous la Bourse Toussoun on a 
de'couvert les restes d'un grand temple de'die' à Osorapis, datant 
de l'e'poque de Ptole'me'e IV, Ces indices sont assez significatifs 
à mon avis. C'est dans ces parages qu'on doit chercher le 
centre de la ville ancienne, et en conse'quence on peut dire 
que la grande rue transvervale passait dans ces environs. Elle 
ne devait pas être très e'ioigne'e de la rue Nabi Danial, sans se 
confondre avec elle tout à fait; son axe se rapprochait peut-être 
davantage de la direction nord-sud. 

En résume' on peut fixer les points suivants : Le système de 
rues e'tabli par Mahmoud El-Falaki doit correspondre à peu près, 
et dans ses grandes lignes, au système de rues de la ville an- 
cienne. Le plan qu'il en a dresse' peut être accepte' comme 
approximatifs en faisant surtout des réserves pour la longueur 
des rues vers l'est et pour la position et la direction de la 
grande rue transversale. 

La Côte et les Ports. — Nous avons déjà signalé que le 
profil de la côte alexandrine n'est pas tel qu'il était il y a 
vingt-deux siècles. En efi'et il est aisé de constater, depuis Ramleh 
jusqu'au Mex, que la mer a beaucoup gagné sur la terre. En 
parcourant la côte, on observe à tout instant que des tombes, 
des constructions, des quais sont aujourd'hui submergés sous les 
eaux. On sait que la côte, avant la fondation de la ville, était 
séparée de l'île de Pharos par un bras de mer, et que la jonc- 
tion entre le continent et l'île s'est faite au moyen d'une jetée 
ou digue d'une longueur de sept stades (d'où le nom d'Hepta- 
stade, 1200 mètres environ). En conséquence, l'aspect de la côte 
et de la ville anciennes était tout à fait différent de celui de la 
côte et de la ville modernes. 

Le nouveau quai en face du Portus magnus a repoussé la 



66 . ■ 

mer à la limite qu'elle devait avoir, à peu de chose près, dans 
l'antiquité', jusqu'à la hauteur de la nouvelle maison Ye'hia (en 
face de la Gare de Ramleh), mais à partir de cet endroit la 
côte s'éloignait considérablement du profil actuel. Suivant la 
ligne exte'rieure des maisons qui longent au nord le Boulevard de 
Ramleh, elle se dirigeait vers le sud-ouest, à la hauteur de 
l'ancien passage Adib (aujourd'hui rue Centrale), pour continuer 
à travers la place S'^'^-Gatherine et celle de la Paille, et aboutir 
aux environs de la Douane, en passant près du fort Caffarelli. 

Ainsi donc, l'emplacement occupé par la ville turque (Place 
Mohamed-Ah, Quartier du Midan, Quartier de la Marine) a e'té 
gagne' sur la mer, des deux côte's de l'ancien Heptastade. Celui-ci 
devait prendre son point de de'part une centaine de mètres au 
nord-est de Kom-el-Nadoura (fort Caffarelli, où sont les signaux 
du Port) pour se diriger en ligne droite vers l'extre'mite' sud 
de l'île de Pharos, à la hauteur de l'Arsenal actuel. 

Par suite de la construction de l'Heptastade, deux ports se 
sont forme's: le port oriental {Méyaç Aito'jy, Magnus Portus) qui 
e'tait le plus important chez les anciens, et le port d'Eunostos 
correspondant au port moderne. 

Deux passages e'taient ménagés dans l'Heptastade pour établir 
une communication rapide et directe entre les deux ports. 
Ces passages étaient placés non loin des extrémités de la digue. 

Les deux ouvertures, que nous devons supposer enjambées par 
un pont soutenu par de hautes colonnes, étaient, du moins à l'é- 
poque de César, gardées par deux forts. 

J^e Magnus Portus dont l'entrée était, paraît-il, très difficile, 
était entouré de superbes édifices. 

Ici je me bornerai à noter qu'une jetée partant du cap Lokhias 
protégeait le port contre les courants et les vents du nord, 
tandis que du côté opposé, l'île de Pharos offrait une protection 
naturelle. 

A l'extrémité de celle-ci, tout près de l'entrée du port, s'élevait 
la tour lumineuse du même nom (Pharos). Une île, Antirrhodos, 
probablement ainsi nommée à cause de sa forme, était au milieu 
du port, vers le sud-est. Les jours de calme parfait on peut 
en entrevoir la silhouette sous les eaux. Une maison royale 
avait été construite sur cette île. A la pointe du promontoire 
Lokhias, était un petit port intérieur, réservé à l'usage particulier 
de la famille royale. 

Un promontoire se prolongeait dans le port, presque en face 
de la gare actuelle de Ramleh. A l'extrémité de ce promontoire 
Marc Antoine avait fait bâtir le Tinionium, sorte d'ermitage phi- 
losophique, où il se retirait de temps en temps. Le port d'Eu- 



67 

nostos s'est vu de plus en plus utilise' depuis la basse e'poque 
impe'riale, tandis que le grand port fut peu à peu de'laisse'. 

Le premier devait avoir son entre'e à l'ouest de la pointe oc- 
cidentale de l'île de Pharos Ras-el-Tin), sur laquelle était un 
temple de Poséidon (0. 

A l'inte'rieur de l'Eunostos existait un petit port artificiel ferme 
de tous les côte's, ;/ y.ij^onôç-, la boîte, le coffre. Un canal navi- 
gable le reliait au lac Mareotis. Les historiens pensent que le 
nom d'Eunostos tire son origine d'Eunostos, roi de Soloi, beau- 
fils de Ptole'mJe Soter -, d'autres croient tout simplement qu'il 
signifie le Port du hoit retour. 

Le Canal, — Le Canal, qui alimentait d'eau douce Alexandrie 
et qui constituait la route commerciale avec l'intérieur du pays, 
de'rivait de la branche canopique du Nil à Schedia, à environ 
27 kilomètres d'Alexandrie. Ce canal suivait à peu de chose près 
le trace du canal Mahmoudieh actuel. Non loin de Hagar el- 
Nawatieh il se divisait en deux branches, dont l'une se dirigeait 
vers Canope parallèlement à la côte et l'autre continuait vers 
Alexandrie. 

On admet gene'ralement que ce canal contournait la ville du côte' 
sud et allait déboucher dans l'Eunostos, au fond du bassin Ki- 
botos, A mon avis (^) cette supposition n'est pas exacte, car à 
l'époque gre'co-romaine la ville gravitait vers le JMéyaç Aiii)]v^ et il 
est tout naturel de penser que la branche la plus importante 
du canal allait se de'verser dans ce port. 

Strabon ne dit pas d'ailleurs que le canal de Schedia de'bou- 
chait dans l'Eunostos ou dans le Kibotos. Je trouve au contraire 
que son silence à ce sujet est significatif. Il dit simplement 
ce qui suit : « un canal navigable débouche à l'intérieur de ce 
bassin et le met en communication directe avec le Mareotis ». 
Par contre un document nous prouve qu'un canal traversait la 
Neapolis encore à la fin du quatrième siècle ap. J.-Ch. Il s'agit 
d'un contrat passé à Hermoupolis (Haute Egypte) : le propriétaire 
d'un bateau se charge de transporter à Alexandrie et de décharger 
dans les greniers de la Neapolis une cargaison de blé. Puisque 
la Neapolis était justement le quartier situé sur le Portus Magnus, 
il faut admettre qu'un canal traversait la partie orientale de la ville. 

(1) M. Jondet a découvert au nord et à l'ouest de l'île de Pharos un grand 
port dont les jetées sont actuellement submergées. Il parait qu'on ne doit pas 
le confondre avec le petit port au nord de l'île, dont parle César. Les recherches 
de M. Jondet n'étant pas encore achevées, il faut se borner à les signaler sans 
en discuter les résultats. 

(2) Cfr. le plan dre?sé par Sieglin dans lequel on voit un canal qui débou- 
che dans le grand port. 



68 

Cela est d'ailleurs vrai, même pour l'e'poque byzantine, ainsi 
que nous l'apprend un papyrus de'couvert dans la Haute Egypte 
et publie' par J. Maspero (v. Pap. Byz.^ t. II, 2, p. 132). 

Un canal provenant de Schedia, ou tout au moins un bras 
de r ancien canal, agrandi et ame'liore' , a dû être amené', 
vers l'an 40 de l'empereur Auguste, jusqu'à l'Eunostos ou le 
Kibotos. Deux inscriptions identiques date'es de 10-11 ap. J.-Gh. 
nous apprennent qu'Auguste « fliimen Sehaston a Schedia indiixit 
ut per se toto oppido fliieret ». Une de ces deux inscriptions 
est grave'e sur une colonne en calcaire nummulitique mise à 
jour en creusant les fondations du tribunal indigène dans la rue 
Boctori, tout près de l'ancien Kibotos. 

Le chemin que le canal principal d'Alexandrie parcourait 
dans la banlieue, et surtout la branche reliant la ville à Canope, 
e'tait ce'lèbre par son agre'ment. De beaux jardins bordaient les 
deux rives (inter viridia ab iitroque latere) ; chaque jardin e'tait 
entoure d'un mur d'enceinte et les riches Alexandrins qui en 
étaient les propriétaires y avaient aussi leurs tombes de fa- 
mille. La branche canopique du canal devait se de'tacher du 
canal provenant de Schedia à hauteur de la localité' appelée 
aujourd'hui Hagar-el-Nawatiah (la pierre des marins) qui doit 
correspondre à la UèToa ou Petrae des anciens. 

Toute la campagne alexandrine e'tait sillonnée de canaux 
secondaires qui divisaient le territoire en une quantité d'îlots 5 
on V rencontrait fréquemment des villages, dont les noms nous 
ont été révélés soit par les papyrus d'Abousir-el-Melek, soit par 
des inscriptions (village d'Arsinoé ; village de Bérénice -, village 
des Syriens ; village des Antiochiens). 

Les Citernes. — L'eau potable, dont s'alimentait la ville, 
était presque entièrement puisée au canal et conservée dans les 
nombreuses citernes, dont le sous-sol d'Alexandrie était pourvu. 
L'inscription de l'an 40 d'Auguste, mentionnée plus haut, nous 
apprend que cet empereur fit exécuter des travaux pour fournir 
à toute la ville de l'eau douce, mais nous savons que déjà à 
l'époque de César les citernes étaient nombreuses à Alexandrie 
[Alexandria est fere tota sttffossa specttsque hahet ad NiUim 
pertinentes, qiiihus aqua in pri ratas domus inducitur). 

Ces citernes étaient donc alimentées par des canalisations 
souterraines en communication avec la branche du fleuve. Il y 
avait aussi de nombreuses citernes isolées. On les remplissait au 
moyen de machines montées sur de grands puits, reliés avec la 
branche la plus voisine d'un des canaux souterrains. 

A l'époque arabe leur nombre était tellement élevé que, d'après 



Makrizi, les constructions d'Alexandrie reposaient sur des voûtes 
formant des ponts à arcades, sous lesquelles des cavaliers armés 
de lances passaient à l'aise et faisaient sous terre le tour de la 
ville. (' C'est une chose vraiment admirable que le nombre, la 
capacité' et la magnificence de ces re'servoirs ; ce sont de superbes 
portiques e'ieve's les uns sur les autres et aussi éle'gamment 
dessine's que solidement bâtis ». 

A l'e'poque de rexpe'dition française il y avait encore 308 
citernes en usage. Mahmoud El-Falaki en connaissait 700 en 
1872, et plusieurs d'entre elles avaient deux ou trois e'tages 
reposant à l'aide d'arceaux sur des colonnes en granit rouge 
ou quelquefois en marbre. 

Aujourd'hui, à cause des innombrables constructions de la ville 
moderne, la plus grande partie de ces citernes a e'te' sacrifie'e, 
mais plusieurs existent encore, et le Service des Antiquite's a pu 
en sauver une à trois étages. La citerne el-Nabih, accessible au 
public, se trouve dans la partie est des jardins de la Rue d'Alle- 
magne. On peut reconnaître par les matériaux employés dans la 
construction l'époque approximative à laquelle une citerne re- 
monte. Si, par exemple, on y trouve beaucoup de chapiteaux chré- 
tiens, on peut affirmer qu'elle est postérieure à l'époque romai- 
ne, et très probablement refaite ou remaniée à l'époque arabe. 
Dans leur état, actuel, bien que leur origine soit en général beau- 
coup plus ancienne, on classe les citernes alexandrines, parmi les 
monuments de l'art arabe. 

BIBLIOGRAPHIE. — Saint-Genis, o. c. : Mahmoud El-Falaki, o. c, 
p. 29 et suiv. ; Botti, Les citernes d'Alex, dans Bull, Soc. Arch. dAlex. , 4, 
p. 15 et suiv.; Strzygow.-ki, Die Zistemen von Alex, dans Byz. Zettschrift, 
IV, p. 92. 



Les Nécropoles. — D'après la configuration du terrain sur 
lequel Alexandrie a été bâtie, des cimetières devaient inévita- 
blement surgir du côté oriental et du côté occidental de la ville. 
Strabon signale une seule ville des morts, le faubourg occidental, 
la vfxo6.-To/.(ç, mot qui désigne aujourd'hui tout vaste hypogée, 
tout vaste cimetière, mais qui à l'origine désignait uniquement 
l'ensemble des cimetières situés à 1' ouest d'Alexandrie. Cepen- 
dant les fouilles entreprises depuis la seconde moitié du XIX'"^ 
siècle dans les faubourgs orientaux, ont amené la découverte de 
nombreux et vastes cimetières datant de la plus haute époque 
ptolémaïque. Probablement les cimetières de l'est étaient quelque 
peu délaissés à la fin du premier siècle av. J.-Ch., et Strabon a 
été frappé par la momification qui devait être exclusivement en 



usage dans la nécropole de l'ouest. En résume je crois pouvoir 
exposer les conclusions suivantes : 

1 ) Depuis la fondation d'Alexandrie, de Vcistes ne'cropoles se 
sont formées, tant a l'est qu'à l'ouest de la ville. 

2) A l'âge ptolémaïque, on a enterre' dans la ne'cropole orien- 
tale presque exclusivement les Grecs et les e'trangers 5 dans la 
ne'cropole occidentale quelques Grecs et e'trangers, mais surtout 
des Egyptiens. 

3) A la fin de l'âge ptole'maïque et à l'e'poque romaine, on a 
continue' à enterrer les morts dans les faubourgs de l'est, mais en 
proportion beaucoup moindre que dans le faubourg de l'ouest. 

4) Le proce'de' de la momification e'tait exclusivement employé' 
dans la nécropole de l'ouest. 




Fie 



Les cimetières retrouvés à Alexandrie peuvent être classés en 
deux catégories principales : cimetières à ciel ouvert, cimetières 
souterrains. Les premiers sont constitués par une zone de ter- 
rain parsemé de fosses à fleur de terre; ces fosses sont surmontées 
soit d'un petit monument en pierre, soit d'un tumulus de terre 
et de sable. Une stèle peinte ou sculptée en relief, souvent avec 
inscription, permettait d'identifier les cadavres. Les cimetières 
souterrains, par exemple celui de Kom-el-Chougafa, étaient consti- 
tués par toute une série de couloirs, chambres, niches, creusés 
dans le rocher. Le plan de ces hypogées était plus ou moins 
compliqué (il pouvait comprendre jusqu'à trois étages superposés), 
selon que la tombe était destinée à un individu, à une famille 
ou à une corporation. La maison des morts reproduisait dans 
son plan et dans les éléments de sa construction la maison des 




Fig. 12. 



vivants. La tombe souterraine 
de Chatby est très instructive à 
cet effet. En ce qui concerne le 
proce'dé d'enterrement, les indi- 
gènes ont continué à pre'fe'rer la 
momification ; les Grecs et les 
étrangers ont indifféremment em- 
ployé le procédé de l'inhumation 
ou celui de la crémation. Les 
chrétiens jusqu'à la fin du IV'"^ 
siècle n'ont pas considéré la mo- 
mification comme contraire à la 
nouvelle religion, mais à partir 
de l'empereur Théodose, ils ont 
toujours inhumé leurs morts. 

Que le mort fût momifié ou 
inhumé, on le déposait soit dans 
une fosse à ciel ouvert, soit sur 
un lit funéraire, soit dans un 
sarcophage en forme de lit, soit 
dans un vrai sarcophage (fig. ii) 

(en marbre, en granit, en terre cuite, en plomb, en bois), soit 
dans une cellule creusée horizontalement sur les parois de la 
tombe. La cellule a donné naissance au locuhis plus petit et 
à section carrée. Les JocuU étaient creusés l'un à coté de 

l'autre, en plusieurs rayons su- 
perposés. Sur la dalle qui fer- 
mait la cellule ou le loculits^ 
on peignait en couleur rouge, 
bleue et noire, soit une porte 
et une inscription indiquant le 
nom du défunt, soit une simple 
inscription. 

Quand on incinérait le mort, 
les cendres étaient recueillies 
dans une urne qui avait géné- 
ralement la forme d'une hydrie 
(vase à trois anses, haut presque 
toujours d'environ o m. 40 cm.) 
(fig. 12-13). L'hydrie était quel- 
quefois déposée à coté d'un ca- 
davre inhumé, plus souvent ren- 
fermée dans une petite niche ad 
Fig. 13. hoc. 




Montes Testacei. — Presque tout le territoire de la partie 
orientale de la ville, ainsi que les quartiers de Moharrem Bey, 
Kom-el-Chougafa (la colline aux tessons), et les faubourgs de 
Hadra et de l'Ibrahimieh e'taient couverts de collines forme'es 
d'amoncellements de morceaux de poteries (les Montes testacei 
des Romains, les y.egàiua des Grecs). Ne'routsos estimait que ces 
collines de tessons étaient en rapport direct avec les se'pultures. 
« Non seulement on se servait des amphores pour enfermer les 
cendres ou les ossements des morts des basses classes, mais on 
y mettait des provisions destinées aux repas funèbres, et comme 
il eût e'te' d'un tâcheux augure de rapporter chez soi les vases 
qui avaient ëte' employe's à cet usage, on les brisait sur le lieu 
même de la se'pulture ». Il faut chercher ailleurs que dans 
les usages funèbres l'origine des montes testacei. Personne 
n'ignore que dans l'antiquité' la terre cuite e'tait la matière qu'on 
employait le plus souvent pour toute sorte de vases ne'cessaires 
aux besoins de la vie. Presque toute la vaisselle de cuisine était 
en terre cuite ; en terre cuite e'taient les vases pour les liquides 
ou les denrées alimentaires ; en terre cuite les re'cipients pour 
le commerce d'exportation du vin, de l'huile, du ble' ; en terre 
cuite e'galement les lampes ainsi que les innombrables statuettes 
votives et de'coratives ; les jarres servaient même à renfermer 
les papyrus, etc. Tout navire arrivant dans un port de la Me'di- 
terrane'e ou de la mer Noire, avait à son bord des milliers de 
vases et d'autres objets en terre cuite. Il est facile d'imaginer 
quelle quantité' e'norme de vases devait se casser chaque jour 
dans une ville telle qu'Alexandrie. 

Cette masse de tessons, me'lange's aux de'tritus fournis par la 
vie me'na gère, e'tait transporte'e en dehors de la ville; et là, s'il 
n'y avait pas de bas-fonds à combler, elle formait, en peu de 
temps, toute une se'rie de collines. On comprend aisément com- 
bien ces monticules devinrent nombreux et considérables au bout 
de plusieurs siècles ; on comprend aussi que l'extraction du 
cha\f dont on fabrique le be'ton pour la solidification des rues et 
les fondations des maisons, bien que commence'e depuis le de'but 
du XIX "'^ siècle, ne les ait pas encore e'puise's. 



73 



DE NICOPOLIS A NECROPOLIS 



Après avoir résume les re'sultats les plus probables relatifs à la 
topographie ge'ne'rale, nous allons parcourir en de'tail le territoire 
de l'ancienne Alexandrie, depuis les faubourgs de l'est jusqu'à 
l'immense ville des morts signale'e par Strabon à l'ouest. 

C'est seulement à la fin de l'e'poque ptole'maïque que le 
centre de population de'signé sous le nom de Nikopolis s'est 
formé à 30 stades d'Alexandrie, sur le bord de la mer. Ce fau- 
bourg e'tait devenu presque aussi important qu'une ville à l'e'- 
poque de Strabon. L'empereur Auguste avait fait beaucoup pour 
l'embellissement de cette localité, qu' il aurait appelée Nikopolis 
en souvenir de sa victoire sur Marc Antoine, Nikopolis doit être 
placée à Bulkeley, sur les collines, au bord de la mer, entre 
Mustapha Pacha et Glymenopoulo. Sur l'un des petits promon- 
toires qui, dans cette partie de la côte, se prolongent vers la 
mer, existaient jusqu'à ces dernières années trois colonnes et 
d'autres ruines appartenant à un petit temple tétrastyle d'ordre 
dorique. Ces ruines avaient été relevées, il y a un demi-siècle, 
par Colonna-Ceccaldi, qui les avait identifiées à tort avec le 
temple d'Arsinoé Zephyritis (ce temple ainsi que le Cap Zephy- 
rion, doit être cherché près de Canope (Aboukirl 

En facejde Nikopolis, à l'intérieur, sur les hauteurs nommées 
aujourd'hui Abou Nawatir, devait s'élever un autre centre d'ha- 
bitations ou tout au moins un temple assez considérable dédié 
à Isis-Cérès. On y a récemment découvert les statues en marbre 
de plusieurs prêtresses de cette divinité (aux environs de la villa 
Khalil Khayat Pacha) ainsi qu'une tête colossale de sphinx (dans 
le jardin de la légation d'Angleterre). 



74 

Le oToarô.-Teôoy, OU quartiers pour la le'gion romaine en garni- 
son à Alexandrie {Castra Roinanoritui\ e'tait près de la mer 
à Mustapha Pacha, là où sont aujourd'hui campés les bataillons 
de l'arme'e d'occupation anglaise. Jusqu'en 1873, le camp romain 
a existe' en assez bon état, avec ses bains, son prétoire et le 
superbe parquet en mosaïque, dont le centre était décoré par 
un Bacchus tenant une grappe de raisin et un thyrse. Il paraît 
que les ruines de ces castra n'ont pas été détruites de fond en 
comble au moment de la construction des casernes de Mustapha 
Pacha et qu'une partie a été recouverte par la terre de remblai. 
Au-delà du camp romain, vers le cimetière actuel de Sidi-Gaber 
et plus à l'ouest même, jusqu'à la hauteur de la Halte de 
Sporting-Glub, s'étendait le cimetière militaire romain. La Mos- 
quée de Sidi-Gaber est bâtie sur les ruines d'un temple ancien, 
dont, en 1888. on voyait encore les fondations et plusieurs co- 
lonnes en granit rouge, renversées ou brisées. Tout à fait au 
bord de la mer, en face de la maison de campagne des Jésuites, 
sont encore visibles les ruines d'une tombe hellénistique aux 
parois peintes en plusieurs couleurs. La tombe était du même 
tvpe que celles d'Anfouchy et de Wardian, aussi bien pour le 
plan que pour la technique de la décoration. Celle-ci rappelle 
sous beaucoup de rapports la décoration pariétale pompéienne. 
dont l'origine doit être probablement cherchée à Alexandrie ('). 
Chronologiquement elle doit être plus récente que la tombe de 
Wardian, mais antérieure à celle d'Anfouchy. Sur les hauteurs de 
ribrahimieh il ne devait pas y avoir de centres importants de 
population, mais plusieurs villas [Eleusis sur mer)^ ainsi que des 
groupes de tombes dont les plus anciennes datent de la haute épo- 
que ptolémaïque. Ce serait à l'Ibrahimieh que, d'après le plan de 
Néroutsos, on aurait découvert vers 1880 la tombe à coupole ren- 
fermant, dans plusieurs rayons de niches, les urnes cinéraires 
des nombreux mercenaires au service des Lagides, et aussi les 
urnes des ambassadeurs des fêtes religieuses de différentes villes 
grecques. Une partie de ces urnes datant du troisième siècle 
est conservée actuellement dans notre Musée. Allant vers l'in- 
térieur, on rencontrait 1' important faubourg qui, d'après Stra- 
bon, tirait son nom de l'Hippodrome. 

Plus loin, du côté ouest du lac actuel de Hadra, on a mis à 
jour, au milieu du XIX™^ siècle, les statues colossales en granit 
vert d'Antoine en Osiris et de Cléopâtre en Isis. Les bustes de 
ces statues, malheureusement brisés, se trouvent aujourd'hui, 
celui d'Antoine au Musée, celui de Cléopâtre en Belgique dans 
la propriété du Baron de Warocqué. Dans ces ruines on a voulu 

(i) Thiersch h., Zwei antike Grabanlagen bei Alexandrien. 



7 5 

reconnaître le temple Thesmophorion ou Telestirion. I,e prof. 
SchifF y voit le Lageion. Le faubourg d' Eleusis, où le poète 
Callimaque a habite', doit être cherché entre le village de Hadra 
et le jardin Nouzha. 

A l'ouest du quartier appelé' Camp de Ce'sar, entre la ligne 
du tramway et l'e'tablissement de bains dit de Ghatby, se trouve 
la plus ancienne et la plus vaste nécropole grecque d'Alexan- 
drie. Fouille'e au hasard à plusieurs reprises, elle a e'te' métho- 
diquement explore'e par le service du Muse'e depuis 1 904. 
Deux ou trois tombes souterraines conservant les traces d'un 
portique helle'nistique, sont dignes d'être visite'es. On y peut aussi 
voir des sarcophages en forme de lit, des portes peintes et des 
inscriptions en plusieurs couleurs. Les tombes à ciel ouvert sont 
ge'ne'ralement formées d'une fosse au-dessus de laquelle s'e'lève 
un petit monument, semblable à une petite pyramide à degrés, 
qui devait être surmonté d'une stèle peinte ou à relief. Cette 
nécropole commence tout à fait sur le bord de la mer('\ 

A partir de cet endroit, on peut dire que des cimetières de l'épo- 
que ptolémaïque et de l'époque romaine (ces derniers moins fré- 
quents) se suivent, presque sans interruption, vers l'intérieur jus- 
qu'au canal. Une nécropole du troisième siècle av. J.-Gh. a été décou- 
verte à Hatt-el-Nar, d'autres du troisième, du second et du premier 
siècle av. J.-Ch., entre l'établissement de la Compagnie des Eaux et 
le village de Hadra. Un riche tombeau attribué par Thiersch à l'é- 
poque romaine existe plus loin dans le jardin Antoniadis. Dans 
les fondations de l'Hôpital des Diaconesses on avait mis à jour 
une catacombe chrétienne. 

Entre la nécropole de Chatby, le santon qui a donné son 
nom à la localité, la ligne du tramway et la palestre « Mi- 
Ion », on a découvert quelques traces de monuments. Presque 
au milieu de 1' esplanade était la belle mosaïque romaine ac- 
tuellement au Musée (salle 19). Une seconde mosaïque, celle- 
ci à figures humaines, a été vue sous la tombe Menasce à 
l'intérieur du cimetière Israélite. A l'extrémité ouest de cette 
esplanade, on a rencontré une quantité extraordinaire de fûts de 
colonnes en granit rouge. C'est probablement ici que commençait 
le quartier royal. « Quand on entre dans le Grand-Port on a, à 
main droite, l'île de la tour de Pharos et, à main gauche, le 
groupe de rochers et la pointe Lokhias avec le palais qui la 
couronne. A mesure que le bateau avance, on voit se dérouler sur 
la gauche les palais intérieurs du Lokhias, pourvus de résidences 
nombreuses et variées ainsi que de jardins » (Strabon). La forme 

(i) Breccia E., La necropoli di Sciatbi, Le Caire, 1913, in-4, p. 272 et 
pi. LX. 



76 

du promontoire Lokhias a beaucoup change' depuis l'antiquité'. 
On peut même dire que le cap a presque tout à fait disparu 
sous les eaux, de telle sorte que l'entre'e du port, jadis consi- 
de'rablement e'troite, est aujourd'hui extrêmement large; ce qui a 
oblige' la ville moderne à projeter la construction d'un brise- 
lames pour prote'ger les quais. Ce brise-lames suivra à peu de 
chose près la ligne de l'ancien cap et de la jete'e qui lui faisait 
suite. Il est e'vident que nous devons imaginer la surface du 
promontoire conside'rablement plus vaste que de nos jours. Le 
petit port re'serve' à l'usage particulier des rois e'tait forme' par 
la cuvette en face de l'île Antirrhodos, à la base du Lokhias. 
Ta êrôorégco (iaolleia de Strabon devaient s'e'tendre du Lokhias 
jusqu'à la rue Joussef Eiz-Eddine Effendi, aux environs de la place 




Fig. 



Saïd. Outre l'énorme quantité de troncs de colonnes découverts à 
Test des e'curies municipales, les travaux de terrassement (qui se 
sont arrête's bien au-dessus du niveau du terrain ancien) ont mis à 
jour plusieurs monuments dignes d'attention. Sur l'emplacement 
de la maison des gardes-côtes, aujourd'hui disparue (quelques cen- 
taines de mètres au sud-ouest du Lokhias), on a de'couvert les 
quatre statues fragmentaires en marbre blanc expose'es au Muse'e 
sous les n°^ 3923-25, 3928 ainsi que des colonnes et des chapiteaux, 
entre autres six superbes chapiteaux d'ordre ionique en calcaire 
nummuHtique d'âge hellénistique (fig. 14). Au nord de l'actuelle 
maison Sursock, on a mis à jour un gros bloc de calcaire serpen- 
tinifère, ainsi que deux chapiteaux corinthiens en marbre. En creu- 
sant les fondations de la maison Sursock, on avait rencontre' quatre 
colonnes en sye'nite ayant un diamètre de o m. 90 et une hauteur 
qu'on peut e'valuer à plus de six mètres. C'est des fondations 
d'une autre maison donnant sur la rue Joussef Eiz-Eddine Ef- 



— 17 

fendi qu'on a extrait le grand chapiteau corinthien en calcaire 
nummuUtique, datant, sans aucun doute, du troisième siècle av. 
J.-Ch., qui est expose au Muse'e sous le n° 17855 (fig. 15). 

C'est peu de chose pour un endroit si ce'lèbre, mais il est 
certain que le sous-sol garde encore, dans des couches probable- 
ment envahies par l'eau, des vestiges et des ruines remarquables. 
En tout cas, les e'ie'ments dont nous pouvons disposer nous auto- 
risent à fixer, d'accord avec la tradition strabonienne, mais tout 
en leur donnant des limites approximatives, la topographie des 
palais'royaux.'A l'ouest, ceux-ci devaient se rattacher au Me'andre 
et à la Palestre 5 et ces deux e'difices devront être cherche's le 
long de la rue Joussef Eiz-Eddine Effendi, au nord et au nord-est 
de l'Hôpital du gou- 
vernement. Le théâtre 
qui, d'après Strabon, 
était presque en face 
de l'île d'Antirrhodos, 
devait venir imme'dia- 
tement après; nous ne 
nous écarterons pas 
beaucoup de la ve'rite' 
en le plaçant sur, ou 
pour mieux dire, sous 
la colline, occupée ac- 
tuellement par l'hôpital 
indigène. Le terrain est 
parsemé d'une quantité 
de fûts de colonnes et 
on a pu voir des murs 
d'une épaisseur consi- 
dérable en blocs de calcaire. La tranchée creusée pour établir 
la canalisation de la rue Joussef Eiz-Eddine a mis à jour, avec 
quantité de blocs de calcaire rectangulaires et bien taillés, les 
restes de plusieurs chambres. Une de celles-ci contenait la mo- 
saïque en petits cailloux polychromes — sans doute hellénistique 
— représentant un guerrier combattant (Musée, salle 22). 

« Après le théâtre vient le Posidium, promontoire qui s'avance 
en mer à partir de l'endroit appelé Emporium, et qui possède 
un temple de Poséidon » (Strabon). Il me semble qu' on doit 
placer l'Emporium au nord-est des maisons Antoniadis. Quel- 
que peu à l'ouest du Consulat d'Angleterre devait se trouver 
le promontoire et le temple de Neptune. Dans cette zone, 
on a découvert de temps à autre un bon nombre de mo- 
numents. Une construction en ruines, bâtie en pieri-e calcaire 




Fig. 



et en briques cuites et datant de l'e'poque romaine, d'ailleurs 
aujourd'hui disparue, avait e'tc baptise'e par des voyageurs et 
par le peuple du nom de « palais ou bains de Cle'opâtre ». 
Elle occupait une surface presque rectangulaire mesurant i 50 
mq. Elle e'tait à deux e'tages, dont celui d'en bas creuse' dans 
le rocher. Cette construction ressemblait en effet à un établisse- 
ment de bains, car il y avait au premier étage de nombreuses 
traces de fourneaux, tandis qu'au second on a observe' les pa- 
vements dalle's d'un bassin au-dessus des fourneaux, ainsi que 
des canalisations convergeant vers le bassin. 

Les thermes e'taient très nombreux à Alexandrie. Ces établis- 
sements, très riches en œuvres d'art, prenaient leur nom des 
statues qui les de'coraient; l'un s' appelait "lamç (nom d'une nym- 
phe), l'autre 6 I'^jtoç (le cheval , un troisième fj'Yyieia (la dées- 
se de la santé), un quatrième o y.âvdaooc: (le scarabée). 

Au niveau du sol actuel on a mis à découvert, pendant les 
travaux de terrassements du nouveau quai, une trentaine de pièces 
en calcaire nummulitique de la corniche d'un grand édifice : 
architraves, triglyphes et métopes, blocs de la frise, blocs à 
couronnements doriques, d'autres à couronnements ioniques, 
bases de colonnes, demi-colonnes cannelées, ainsi que des blocs 
carrés et un fût de colonne en marbre, portant gravées des 
marques de carriers. Presque tous ces blocs étaient apparemment 
destinés à un seul et même édifice, mais ils n'ont jamais été mis 
en œuvre, leur confection n'étant pas encore achevée. Non loin 
de ces blocs, à l'ouest de l'ex-Victoria Collège, les terrassiers 
ont rencontré de puissantes fondations se dirigeant du nord au 
sud. On n'a pas pu identifier d'une façon précise l'édifice dont 
elles avaient fait partie. 

Non loin de la gare de Ramleh a été trouvée, en 1866, une 
inscription en l'honneur de Marc-Antoine. En 1801, entre les 
aiguilles de Cléopâtre et le Cap Lokhias, les membres de la Mis- 
sion Française avaient découvert deux statues en marbre, l'une 
de Marc-Aurèle, l'autre de Septime Sévère. 

Le Césareum est l'un des rares édifices d'Alexandrie dont 
l'emplacement est fixé d'une façon certaine. Nous avons en effet 
un point de repère dans les aiguilles de Cléopâtre (fig. 2), les deux 
obélisques qui sont restés sur pince jusqu'à la moitié du XLX"'^ 
siècle. Toutefois, on ne peut déterminer ni les limites, ni la surface 
de ce temple célèbre. Des soubassements, mis à jour en 1874 
entre la Rue Nâbi-Danial et l'obélisque, ont été attribués par 
Néroutsos au Césareum. Etant donnée la grande extension qu'on 
lui attribue, on ne peut rien opposer à ceux qui le placent entre 
la maison Yéhia, le patriarcat copte catholique et la Synagogue. 



79 

L'existence de deux obélisques dans l'enceinte du Ce'sareum 
nous e'tait connue par Pline. Ils provenaient du temple d'He'lio- 
polis et portaient les cartouches de Thoutmès III, de Ramsès II 
et de Se'ti II. De'jà au moyen-âge un des deux obe'lisques e'tait 
renverse'. Celui-ci fut donne' à l'Angleterre par Mohamed-Ali, 
mais il ne fut transporte' sur le bord de la Tamise qu'en 1877. 
L'autre, ce'de' aux Etats-Unis en 1879, se trouve actuellement 
au Central Park de New-York (^X Ces obe'lisques ne reposaient 
pas directement sur leurs bases, mais y e'taient soutenus par des 
crabes en bronze. L'un de ces crabes, aujourd'hui au Muse'e de 
New-York, porte une inscription bilingue ^grecque et latine) qui 
nous apprend que les obélisques furent dresses en ce lieu par 
les soins de P. Rubrius Barbarus, préfet d'Egypte, sous la di- 
rection de l'architecte Pontius, Tan XVIII de l'Empereur (c'est- 
à-dire Auguste), 13 av. J.-Ch. 

Le Ce'sareum n'est pas un temple e'rige' par Cle'opâtre en 
l'honneur de Ce'sar, mais par Cle'opâtre en l'honneur d'Antoine. 
Elle ne le termina pas; c'est Auguste qui l'acheva et le con- 
sacra lui-même de son vivant au culte impe'rial (d'où son nom 
— F/lâoTeiov). 

■( Il n'y a sanctuaire au monde comme celui qu'on appelle 
Sébasteum, temple de Ce'sar, patron des navigateurs. Ce temple, 
très grand et très apparent, et dont il n'existe pas un pareil 
ailleurs, s'e'lève majestueusement en face des ports les plus sûrs; 
il est rempli d'ornements votifs consistant en tableaux, en statues 
et en objets d'argent et d'or ; il est entouré d'un enclos très 
large et pourvu de portiques, de bibliothèques, d'appartements 
pour hommes, de bois sacre's, de propyle'es, de lieux vastes et de 
salles à ciel ouvert, en un mot, de tous les embellissements les 
plus somptueux. Il est l'espoir du salut, et pour ceux qui s'em- 
barquent ici et pour ceux qui y arrivent de retour de leur 
voyage ». D'après ce passage de Phi Ion, qui e'crivait en l'an 40 
ap. J.-Ch., on voit que ce temple, de'die' au culte impe'rial et place' 
devant le port, e'tait censé' prote'ger spe'cialement la navigation. 
Cela est confirmé par un base votive découverte en 1907 sous 
les fondations de la synagogue Eliahou Ennabi. Sur la face an- 
térieure de cette base est une inscription datée du 1 5 février 
de l'an 14 ap. J.-Ch. (43 de l'empereur Auguste) et invoquant la 
protection divine sur un navire. 

Le Ce'sareum fut saccagé par les troupes de Constance II 
en 356, restauré en 36(3 par les Chrétiens qui en firent une 
église; brCUé et détruit de nouveau, il fut encore une fois restauré. 
Après la prise d'Alexandrie par les Arabes, le temple passa des 

(i) Cf. H. GoRRiNGE, Egyptian Obelisks, London, 1885. 



8o 

mains des orthodoxes dans celles des jacobites, puis il fut rendu 
aux orthodoxes. Sa destruction de'tinitive remonte à 912 (^). 

Au-delà du Césareum et après l'Emporium (sorte de Bourse 
commerciale, au nord-est des maisons Antoniadis), le long de la 
côte, suivaient les Apostases, magasins ou de'pôts (entre les mai- 
sons Antoniadis et la rue Centrale). Après les Apostases venaient 
les Navalia ou chantiers de la marine (de l'e'glise Sainte-Catherine 
au fort des signaux). Le temple de la de'esse thrace Bendis 
(Bendidion) e'tait probablement dans ces parages. C'est ici qu'on 
doit placer l'Arsinoeion. Une inscription nous fait e'galement 
connaître encore un temple dédie' à Aphrodite, non loin de ce 
quartier. L'Arsinoeion e'tait un superbe e'difice voûte' en arc 
surbaisse'. Il paraît que le Sema, ainsi que le temple principal 
d'Isis, repre'sentaient eux aussi ce type d'architecture. Dans la 
fondation de l'okelle Adib (partie nord de la rue Che'rif Pacha) 
on a mis à jour une statue colossale de Sarapis, en marbre, 
actuellement au Muse'e. 

Nous savons que le Muse'e et la Bibliothèque e'taient compris 
dans le quartier royal. Il faudra par conséquent les chercher au 
sud des e'difices que nous avons e'nume're's plus haut, c'est-à-dire 
au sud des palais royaux, du the'âtre, du Ge'sareum. 

D'autre part, au-dessous de la Bourse Toussoun (Club Khe'divial, 
Agence Cook, Circolo Italiano), on a de'couvert les fondations 
d'un temple de'die' à Isis et Osorapis, e'rige' pendant le règne 
de Ptole'me'e IV Philopator. Le Muse'e devait donc se trouver 
au nord et à l'est de cet endroit. En 1848, dans le jardin du 
Consulat d'Autriche (^), à l'angle de la rue Rosette et de celle de 
la gare du Caire, on avait de'couvert un bloc destine' à contenir 
des rouleaux de papyrus et qui portait l'inscription : Jiooy.ovoîôov 
y réfioi. On a voulu voir dans ce bloc une e'pave de la ce'lèbre 
Bibliothèque, et par conse'quent on a place' celle-ci entre la rue 
Nâbi-Danial et la Bourse Toussoun. Il suffit de songer au poids 
e'norme et à la difficulté' de travailler le granit pour se persuader 
qu'il est impossible d'admettre de pareilles caisses à livres pour 
la Bibliothèque des Ptole'me'es, qui posse'dait des rouleaux par 
centaines de mille. Plus digne de conside'ration, au point de vue 
de la topographie, est la de'couverte du pie'destal de la statue 
e'ieve'e par les philosophes au rhe'tcur Aelius De'me'trius (Muse'e, 
salle 6), statue qui très vraisemblablement avait e'te' place'e au 

(i) Mgr. Kyrillos Macaire, dans Bull. Soc.Kh.ediv.de Géographie, Vme 
Série, nos 6 et 7; G. Arvanitaki: To KaiaÛQeiov , zonoQacpixi] dvziQQtjTiH?] 
us/.ér)], Kaïoov, 1901. 

(2) A. J~. Reinach (B. s. a., ii,pag. 350) a tracé l'histoire de cette décou- 
verte et a mis en lumière que son importance est minime pour la topographie 
d'Alexandrie antique. 



8i 

Movoeïor. Or, ce piédestal a e'té de'couvert dans la me Che'rif 
Pacha. En re'alite nous n'avons aucun élément sûr, d'une précision 
indiscutable, pour situer les deux fameuses institutions des Pto- 
lémées. Nous devons nous borner à fixer les limites de la zone 
qui devait les renfermer. 

Parthey (1S37) et Klippel (1838), par des déductions tirées 
des textes anciens, avaient placé le Musée au nord de la voie 
Ganopique confinant aux quais antiques. Cette localisation adoptée 
par Kiepert a été presque généralement acceptée. En effet elle 
doit correspondre, à peu de chose près, à la réalité, mais il 
faut faire des réserves en ce qui concerne la distance entre 
la Bibliothèque et le rivage de la mer, distance que je crois 
assez considérable. Par les édifices que nous avons énumérés 
et par d'autres dont nous allons parler tout à l'heure, la super- 
ficie disponible pour le Musée et la Bibliothèque doit être com- 
prise entre la rue Missalla, la rue de l'Hôpital grec et les rues 
Nabi Danial, Rosette et Chérif Pacha. 

Or, dans le terrain appartenant à la communauté Israélite 
(entre les rues Missalla et Nabi Danial), on n'a rien découvert 
qui puisse faire soupçonner l'existence du Musée ou de la Bi- 
bliothèque. 

D'autre part, sous la maison qui se trouve à l'angle des rues 
Nabi Danial et de l'Hôpital grec, on a mis à jour une dédicace 
à Isis Plousia, ce qui ferait croire à l'existence d'un temple 
dédié à cette divinité. La conclusion à laquelle nous devons 
nous arrêter, est à peu près la même que celle de Parthev, 
Klippel et Kiepert ; le Musée et la Bibliothèque doivent être 
placés entre les rues Nabi Danial, Rosette, Chérif Pacha et les 
anciennes Apostases, m.agasins ou dépôts confinant au quai. 

Cette zone touche à l'endroit le plus central et le plus 
important de la ville ancienne. « Entre la synagogue actuelle 
des Juifs et le théâtre Zizinia, pendant qu'on déblayait, en 
1880, le terrain destiné à la construction du nouvel hôpital 
grec, on a mis à jour, outre les fondations massives d'un ancien 
édifice disparu, le pavé d'un péristyle spacieux avec une vingtaine 
de colonnes en porphyre, brisées. Entre les colonnes étaient les 
restes de piédestaux en marbre et des fragments de statues de 
l'époque des empereurs du III'"^ siècle, ainsi que des piédestaux 
pour les statues de hauts fonctionnaires ». (Néroutsos). 

Néroutsos identifie cet édifice avec le palais d'Hadrien, appelé 
le Licinium du temps d'Epiphane, qui le place non loin du 
Césareum. Dans ces parages devait également se trouver le Ty- 
chetim, édifice affecté à l'exposition des tables en bronze sur 
lesquelles les lois étaient gravées. Au sud de cet endroit, sous 



le théâtre Zizinia, on a mis à jour plusieurs statues en marbre, 
entre autres une statue colossale de Marc-Aurèle (fig. i6). Des 
fondations de la maison qui est en face du théâtre Zizinia (maison 
Lifonti), on a retiré un grand piédestal en marbre, de l'époque 
hellénistique, qu'on avait renversé pour le faire servir de base à 
une statue de l'empereur Valentinien. Cette statue avait été érigée 

par un cornes ordinis primi 
.ac per orientcju. D'autres sta- 
tues ont été découvertes sous 
l'édifice du Consulat d'Alle- 
magne. La statue hellénistique 
en marbre blanc, représentant 
Hercule au repos, actuelle- 
ment au Musée, était dans le 
terrain d'une maison voisine 

(% '7). 

Je suis d'avis qu'il faut cher- 
cher le centre de la ville an- 
cienne dans ces parages, et 
par conséquent c'est ici qu'on 
devrait placer le point d'inter- 
section des deux grandes rues, 
la rue longitudinale (ou Cano- 
pique) et la rue transversale. 
Le Forum AtigtisH et le Te- 
trapylon devaient se trouver 
à proximité. Egalement tout 
près de cet endroit, dans le 
terrain occupé par la Mosquée 
Nabi Danial, on place géné- 
ralement le tombeau d'Alex- 
andre le Grand. 




^'° ^° Le Soma ou Sema ('\ — 

Alexandre avait manifesté la 
volonté d'être enseveli dans l'Oasis de Jupiter Ammon, mais 
Ptolémée I^'' fit arrêter à Memphis le splendide convoi qui trans- 
portait le cadavre du Conquérant, et lui donna la sépulture selon 
la coutume macédonienne, c'est-à-dire, dans un sarcophage en 



fi) U semble que ces dénominations aient toute?, deux leur raison d'être. 
Ta l\oiio., c. à d. le cadavre, la momie, aurait indi<]ué à l'origfine la Momie 
d^ Alexandre, puis la sépulture inéme, le temple funéraire du Conquérant. — 
To —Titta aurait indiqué plus pari iculièrernent l-ensemhle des cc.nstriictions sépul- 
crales, érigées par Ptolémée IV Philopator en l'iionneur de tous ses ancêtres, 
y compris Alexandre le Grand. 



83 __ 

forme de lit ou y.llv)]. Certaines tombes appartenant aux débuts 
de Tage helle'nistique, de'couvertes à Alexandrie (Chaibv, Anfouch'y, 
Sidi Gaber, Wardian) peuvent nous donner une ide'e ge'nerale du 
temple funéraire et du sarcophage qui renfermait le cadavre du 
Conquérant. Un atrium ou cour carre'e à ciel ouvert, d'où l'on 
entrait dans une 'salle de lamentations ou de prières et, dans le 
fond, la cella avec le sarcophage en forme de lit (fig. i8). Natu- 
rellement, étant donne 
la dignité' du personnage 
et sa qualité' de dieu, il 
faut imaginer une grande 
richesse dans la de'cora- 
tion, et dans le mobilier. 

PtolJme'e II Phihidelphe 
voulut faire de la tombe 
d'Alexandre un des cen- 
tres les plus importants 
de la nouvelle capitale de 
l'Egypte et transfe'ra le 
cadavre à Alexandrie. La 
tombe e'tait placc'e dans 
une enceinte, limite'e et 
scpare'e du reste de la ville 
par uQ mur (.Tfo//io2oç). La 
se'pulture elle-memê, for- 
me'e d'un escalier d'accès, 
d'une cour carre'e, d'un 
long vestibule et de la 
cella renfermant le sar- 
cophage-lit, devait être, à 
mon avis, souterraine. Un 
temple pour les ce'i e'mo- 
nies du culte, entoure' pro- 
bablement de portiques, était bâti au-dessus de la se'pulture. Avec 
le temps, autour du fondateur de la ville furent ensevelis, dans des 
tombes spe'ciales, les rois et les princes de la famille des Ptole'me'es. 
On ne peut pas dire que tous ceux-ci aient pre'fe're' la cre'mation à 
l'inhumation ou à la momification. Toutefois, d'après un passage 
de Polvbe, nous apprenons que des urnes fune'raires en argent 
contenaient les cendres de Ptole'mc'e IV et de sa femme Arsinoe'. 
Par contre, Dion Cassius affirnie que Cle'opàtre avait ete' em- 
baume'e. 

Philadelphe avait fait bâtir, non loin du omiul d'Alexandre, la 
tombe de ses parents, Ptole'me'e F'" et Bëre'nice. Le (hwr àht'/.tftov 




Fig. 



84 

TSU8V0Ç OU enceinte des dieux frères était probablement l'enceinte 
se'pulcrale que Philadelphe avait fait e'riger pour sa sœur et 
femme Arsinoe' et pour lui-même. Il semble que Philopator 
voulut re'unir dans un seul et grand Mausolée, tous ses an- 
cêtres, y compris Alexandre. A côte' de ce Mausole'e collectif 
surgirent ensuite, l'un après l'autre, plusieurs Mausolées parti- 
culiers pour les successeurs de Philopator. La tombe de Gle'o- 
patre et d'Antoine n'e'tait pas très e'ioigne'e de cet endroit. Elle 




¥\g. 



devait se trouver dans le quartier royal, probablement non loin 
du temple d'Isis Plousia, c'est-à-dire aux environs de la section 
nord de la rue Nabi Danial. 

Le cercueil en or qui renfermait le corps du Gonque'rant fut 
enlevé' par Ptole'me'e XI (107-89 av. J.-Ch.) et remplace' par un 
sarcophage en verre. La dernière Cle'opâtre, dans un moment 
de disette, pilla tous les objets de valeur de'pose's dans les tombes 
d'Alexandre et de ses propres ancêtres. Les empereurs romains 
montrèrent, en ge'ne'ral, une grande ve'ne'ration pour le sépulcre 
du he'ros mace'donien, dont le culte surve'cut longtemps pendant 



l'époque romaine. Auguste visita pieusement la tombe d'Alex- 
andre ; Garacalla y de'posa comme ex-voto son manteau, sa cein- 
ture et ses bijoux. Vers la fin du troisième siècle après J.-Ch., 
sous Aure'lien et sous Diocle'tien, pendant les re'voltes et les 
guerres qui faillirent amener la destruction de la ville elle-même, 
les e'difices de la ne'cropole royale furent tous démolis. Saint 
Jean Chrysostome, dans une home'lie (fin du IV'"^ siècle), peut 
se demander, sans doute avec emphase, mais aussi avec l'assu- 
rance de nommer une chose introuvable : « Où se trouve, dites- 
moi, le Sema d'Alexandre? ». Le Synaxaire raconte, avec des 
de'tails quelque peu fantaisistes, la construction d'une e'glise de'- 
die'e aux prophètes Elie et Jean. Pendant les de'blaiements on 
aurait de'couvert un tre'sor d'objets en or du temps d'Alexandre. 
L'endroit qu'on de'blayait s'appelait Dimas-Demas (aujourd'hui 
Kom ed-Demas). Jusqu'à la moitié' du XVI "^ siècle les musul- 
mans ve'ne'raient un pstit e'difice appelé' « tombe du prophète et 
roi Iscander ». Or, d'après le voyageur Marmol, cet e'difice e'tait 
au centre de la ville, au milieu de ruines, non loin de l'e'glise 
de St.-Marc. L'e'glise copte de St. -Marc confine à la rue Nabi 
Danial et la distance qui la se'pare de la Mosque'e Nabi Danial 
(bâtie au pied de Kôm ed-Demas) est d'environ trois cents mètres. 
En re'alite' tout nous pousse à admettre que la tombe d'Alex- 
andre e'tait dans le voisinage de la Mosque'e Nabi Danial, 
sinon sous la Mosque'e même. Cela admis, il faut renoncer à 
prendre au se'rieux les racontars d'un certain Schilizzi, drogman 
du consulat de Russie à Alexandrie, qui pre'tendait avoir pe'ne'tre', 
vers 1850, dans les souterrains de la Mosque'e, et y avoir vu, 
par un trou, à travers une porte en bois, « dans une sorte de 
cage en verre, un corps humain, dont la tête e'tait surmonte'e 
d'un diadème, et qui paraissait à demi ployé' sur une sorte d'e'- 
le'vation ou de trône. Quantité' de livres et de papyrus e'taient 
e'pars à l'entour », Cette histoire est e'videmment invente'e. 

Schilizzi avait lu Strabon et surtout Dion Cassius qui parle 
du sarcophage en verre et des papyrus enferme's dans ce sarco- 
phage par l'empereur Septime Se'vère. Comment est-il possible 
de concevoir que, dans la ruine ine'vitable des souterrains en 
question (Mahmoud El-Falaki les trouva remplis de pierres et de 
marbres casse's), se soit conserve'e intacte la cage en verre ? Et 
comment admettre l'existence de livres (?) et de papyrus, alors 
que l'humidité' en rend malheureusement la conservation impos- 
sible dans les ruines de l'ancienne Alexandrie ? 

Toutefois on doit considérer comme acquise la donnée topo- 
graphique qui place le Soma ou Sema, et par conséquent aussi 
les mausolées des Ptole'me'es, près de la Alosque'e Nàbi Danial, 



86 

La ville d'Alexandrie acquitterait une dette d'honneur et s'illus- 
trerait dans le monde entier, en explorant méthodiquement jus- 
qu'aux couches les plus profondes cette zone de terrain. Maigre 
les bouleversements se'culaires, on parviendrait, sans doute, à 
mettre à jour quelques vestiges se rapportant au temple fune'raire 
d'Alexandre. Ces vestiges, pieusement conserve's, deviendraient 
bientôt le but d'un pèlerinage incessant. 

BIBLIOGRAPHIE. — Zogheb Alex., Recherches sur Vanc. Alex., p. 151- 
174: et surtout Thiersch H., Die Alexandrinische Kônigsnecropole dans le 
Jahrbitch d. K. D. Archaeol. Instituts, loio, vol. XXV, pag-. 5597. 

Le Gymnase, le Tribunal, le Paneion. — Strabon, dans 
sa description d'Alexandrie, à un certain moment, s'écrie que 
la ville est remplie de monuments et de temples usot)) èonr 
àrafhjudTov y.ai ffoojy], » Le plus beau monument est le Gymnase 
dont les portiques mesurent en longueur plus d'un stade ». Peu 
nprès il ajoute que la grande rue longitudinale va de Ne'cropolis 
jusqu'à la porte Canopique en passant le long du Gymnase 
{:ra(jà to yi\uvdoiov). Il semble qu'on doive placer ce vaste e'difice 
dans la section orientale de la rue Canopique. au nord-est du 
quartier de Kom ed-Dik. C'est dans le Gymnase qu'eut lieu la 
pompeuse cere'monie pendant laquelle Marc Antoine, au milieu 
d'une foule immense, proclama Gle'opâtre reine des rois et dis- 
tribua une considérable partie de l'he'ritage d'Alexandre le Grand 
entre la reine et les fils qu'elle avait eus de Ce'sar et de Marc 
Antoine lui-même. 

Le Tribunal (rô dixaoT/joior) est nomme par Strabon après le 
Gymnase. Il le place au centre de la ville. Je crois qu'il 
faudra le chercher non loin du the'âtre Zizinia. Probablement la 
oeI^uot)] àyooâ OU P'orum Augusti de l'e'poque romaine, n'est 
autre chose que le ôixaon'jgior de l'âge ptole'maïque. 

Après le tribunal, Strabon mentionne le Paneum, monticule 
factice en forme de toupie ou de pomme de pin; on y montait 
par un escalier en colimaçon et du sommet on jouissait du pano- 
rama de la ville entière. Il faut se repre'senter cette enceinte 
de'die'e à Pan comme un parc grandios-% entoure' de bosquets. 
Les arche'ologues sont d'accord pour identifier le Paneum avec 
la colline de Kom ed-Dik (''. 

Au nord de la rue Rosette, entre celle-ci et le boulevard 
d'Allemagne, la tradition litte'raire ne signale aucun e'difice de 

(i) Thiersch a tâché de démontrer que le Paneum n'y'ait autre chose qu'un 
Mausolée des Ptolémées, mausolée qui aurait servi de modèle pour celui d'Hadrien 
à Rome (château St. -Ange) ; mais dans ce cas, le silence de Strabnn parait 
inexplicahle. 



87 

quelque importance, mais cette zone longeait la rue Ganopique 
et par conse'quent elle devait contenir une partie des temples et 
des maisons magnifiques, dont, selon Diodore, la grande rue 
longitudinale était borde'e. Il y a lieu d'observer que dans la 
rue Antoine, on a de'couvert, entre autres, la base d'une statue 
que le roi Ptoleme'e III avait e'rige'e en l'honneur de son me'de- 
cin; que dans la rue Gerbel on a mis à jour la base d'une statue 
d'un haut personnage de la cour des Ptole'me'es ; que dans 
les terrains des e'coles Menasce e'tait enfouie la grande colonne 
en syenite, actuellement dresse'e sur la place Saïd. Le long de 
la rue des Ptoleme'es, en face de la villa Salvago, on a trouve' 
plusieurs colonnes en marbre, de dimensions conside'rables, et por- 
tant graves des symboles chre'tiens ; un peu plus loin, tout à fait 
à côte de la rue Rosette, dans la proprie'të Alfred de Menasce, 
on a mis à jour une énorme colonne en granit rouge, ainsi 
qu'une tète en marbre d'Alexandre le Grand. Sous le palais 
municipal, Ne'routsos place un temple de Saturne. L'espace 
traverse par la section orientale de la rue Rosette, jusqu'à 
hauteur des cimetières européens, devait contenir bon nombre 
d'édifices et de monuments. C'est tout près de l'ancienne ca- 
serne de la police, dans les parcs nord, au fond de la petite 
vallée arrosée aujourd'hui par un ruisseau, que nous avons 
découvert le groupe en marbre de Dionysos et du Faune (v. Mu- 
sée, salle 21); une centaine de mètres plus au sud on a retrouvé 
la base en granit rouge érigée par les chefs de la garde royale 
en l'honneur de Ptolémée V ; un peu plus loin, vers les cime- 
tières, était un beau tronc d'obélisque en granit vert, et tout 
près de l'ancienne porte Rosette, à une grande profondeur, on 
a vu quantité de colonnes en granit. La dalle inscrite qui rap- 
pelle le canal creusé par Auguste entre Schédia et Alexandrie 
(Musée de Vienne), a été trouvée par Pugioli, à droite de la porte 
Rosette. 

La base érigée en l'honneur de Lycarion.qui renferme des détails 
très importants sur l'organisation administrative d'Alexandrie à 
1 époque ptolémaïque, avait été découverte derrière la butte de 
Kom ed-Dik, entre celle-ci et l'enceinte de la ville arabe du 
côté est, avant d'arriver à la porte Rosette. 

Le quartier .1, spécialement affecté à la résidence des Juifs, 
était attenant à la Regia. et par conséquent devait s'étendre au 
nord de la porte Rosette, aux environs de l'école industrielle 
Mohamed- Ali. 

Le temple de Némésis doit être cherché entre ces parages 
et les cimetières européens, car Appien raconte que César fit 
enterrer la tète de Pompée près des murs d'Alexandrie et que 



■ 88 

la concession où se trouvait cette se'pulture s'appela depuis 
« l'enceinte sacre'e de Nëme'sis ». Le Ne'me'sion dura jusqu'au 
règne de Trajan, sous lequel il fut de'truit dans la re'volte des 
Juifs qui s'y e'taient retranche's. Il faut donc croire que le Ne'- 
me'sion e'tait proche de leur quartier. 

Dans le cimetière latin on a mis à jour la porte et les parois 
très e'paisses, en albâtre, d'une chambre qui marque l'emplacement 
d'un e'difice conside'rable. Malheureusement les parties visibles 
ne portent aucune inscription et, d'autre part, il nous a e'té 
impossible de pousser plus bas les recherches, de crainte de faire 
tomber en ruine les ton-ibes modernes du cimetière grec et du 
cimetière latin. 

Au sud de Kôm ed-Dik, sur l'emplacement occupe' aujourd'hui 
par le quartier de Moharrem Bey. les textes anciens ne signalent 
aucun e'difice public. Une partie des y.o.-rgiat (collines d'immon- 
dices et de tessons) e'tait certainement dans ce quartier, par 
exemple les monticules sur lesquels e'taient bâtis les forts arabes 
n°^ 8-10 (Kôm el-Gilleh, actuellement Ecoles secondaires de 
l'Etat). 

Toutefois de temps en temps, en creusant le terrain pour les 
fondations des maisons, on de'couvre des vestiges de quelque 
monument remarquable. Dans la rue Menasce, par exemple, on 
a mis à jour une inscription en l'honneur de l'empereur Trajan, 
et on pense qu'elle a appartenu à un arc de triomphe. Souvent 
on rencontre des chapiteaux plus ou moins grands, des fûts de 
colonnes, des mosaïques. 

Revenons à pre'sent dans les environs de l'ancienne rue Ca- 
nopique, vers sa section occidentale (entre la Bourse Toussoun 
et le quartier Labbane). C'est dans la mosque'e Attarine que la 
Mission française avait de'couvert le superbe sarcophage en 
granit vert, aujourd'hui au British Muséum, et qu'on avait cru 
pouvoir identifier avec le sarcophage d'Alexandre. On a reconnu 
depuis qu'il avait renferme' le cadavre du roi Amvrteos de la 
XXVIII"'^ dynastie saïte. 

La statue colossale en porphyre, actuellement au Musée, qui 
repre'sente, d'après Strzygowski, Je'sus-Christ en IJarToy.odTcog^ fut 
de'couverte, en 1870, presque en face de la Mosque'e, du côte' 
sud. Au même endroit, on voyait encore debout, au temps de 
l'expe'dition française, les fûts de trois colonnes monolithes en 
porphyre. 

Dans le terrain appartenant à la communauté' arme'nienne on 
voit des tronçons de colonnes et de doubles colonnes : dans le 
quartier Guenenah, derrière le caracol Labbane, on a de'couvert 
un couvercle de sarcophage en porphyre, actuellement au Muse'e, 



Sq 

qui est presque identique au couvercle de sarcophage de Sainte 
Constance, expose' au Vatican. Un peu plus loin, dans la rue 
Bochtori, en creusant les fondations du Tribunal sommaire in- 
digène, on a de'couvert une colonne en calcaire avec inscription 
bilingue (latine et grecque), rappelant le souvenir du canal que 
l'empereur Auguste avait creuse de Sche'dia à Alexandrie. Au 
sud-ouest de cet endroit, sur l'emplacement occupe' par le couvent 
des sœurs franciscaines et paf l'e'glise de St. -François d'Assise, 
e'tait la mosque'e dite des mille colonnes. Cette de'nomination, bien 
qu'hyperbolique, indique clairement la grandeur et l'importance 
de l'e'difice. Avant la conquête arabe, c'e'tait une e'glise de'die'e 
à Sainte-xMarie, et plus ge'ne'ralement connue sous le nom d'e'glise 
de The'onas. Cette ce'lèbre mosque'e fut ruine'e en grande partie 
pendant la guerre qui suivit l'occupation française en 1798. 

Vers la fin du premier siècle avant J.-Ch. la ville s'e'tendait 
quelque peu à l'ouest de cet endroit, jusqu'au delà du canal 
reliant le Kibotos au Mariout. « Puis commence la ne'cropole, 
faubourg rempli de jardins, de tombeaux et d'e'tabh'ssements 
pour l'embaumement des morts «. (Strabon, XVII, 795). 

La belle mosaïque, dite de Me'duse, publie'e dans la Revue 
Arche'ologique de 1846, et dont les maigres restes ont e'te' trans- 
porte's au Muse'e, e'tait à Gabbari (Gebel Zeitoun) et faisait pro- 
bablement partie d'une chapelle fune'raire. 

D'après le pseudo-Callisthène le tei-ritoire choisi pour la nou- 
velle capitale de l'Egypte e'tait peuple' de nombreux villages. 
Ce renseignement n'est pas invraisemblable, mais il est hors de 
doute que le seul village de quelque importance e'tait celui de 
Rhakotis. Celui-ci e'tait place' sur les hauteurs occupe'es de nos 
jours par les ruines du Se'rapeum et par le quartier de Kôm el- 
Chogafa. La population se composait de soldats charge's de sur- 
veiller la côte et de pasteurs. Les environs, ainsi que nous le 
dit Strabon, servaient de pâturages. Cet ancien fonds de popu- 
lation indigène avait e'te' grossi par le transfert d'une partie des 
habitants de Canope. La plus ancienne mention de cette bour- 
gade se trouve dans une inscription hie'roglyphique date'e de 
l'an 311 avant J.-Ch. L'inscription, grave'e par les soins d'un 
collège de prêtres, est en l' honneur du Satrape Ptole'me'e, 
qui « pour sa re'sidence, choisit la forteresse du roi Alexandre, 
ainsi nomme'e, au bord de la mer Ionienne, lieu qui s'appelait 
auparavant Rhakotis ». Rhakotis, dit Strabon, forme maintenant 
la portion d'Alexandrie situe'e au-dessus des chantiers de la 
marine. C'est autour de cet ancien village que s'est de'veloppe' 
le quartier indigène de la nouvelle capitale de l'Egypte. Il cor- 



qo 

respond au quartier de Kôm elGhogafa actuel et à ses envi' 
rons, quartier qui même de nos jours est lestJ ou est de\enu 
le quartier indigène par excellence. 

Sur la colline, où s'Jleva plus tard le temple de Sarapis. 
devait exister quelque sanctuaire pour des divinités indigènes. 
(^e quartier de la ville, outre le superbe et ce'lèbre Se'rapeum, 
dont la richesse et la beauté' pouvaient être, dit-on. comparées 
à celles du Capitole, posse'dait d'autres e'difices conside'rables. 
Tout près du Sèrapeum e'tait place' un Anubion ainsi qu'il 
est dit dans une inscription hie'roglvphique récemment décou- 
verte), c'est-à-dire un temple de'die' à Anubis, et une ne'cropole 
d'animaux sacre's. Au sud-ouest du Se'rapeum, entre celui-ci et 
1-1 colline de Kôm el-Ghogafa, les sav.mts de l'expe'dition fran- 
çaise ont vu et relevé' un Stade. L'mimense et ancien cimetière 
arabe qui s'e'tend au nord de la colonne dite de Pompe'e (Se'ra- 
peum) cache sans doute d'importants monuments Dans l'ancien 
cimetière anglais (aux environs de l'e'cole professionnelle des 
Frères des e'coles chrétiennes), on a de'couvert une base en 
l'honneur de Moevia Tertia. erige'e par l'administration du 
Ne'me'sion. Tout près on a mis à jour une partie d'une architrave 
avec de'dicace à Snrapis. ainsi qu'un chapiteau en marbre d'e'- 
poque byzantine, identique à ceux de St.-Vital de Ravenne. 
Sous le collège des Sale'siens on a observe d'énormes fondations 
ainsi que des bassins en granit, des sarcophages et des troncs 
da colonnes. 

Plus loin, à droite de la rue Ibrahim P'', près de la rue des Sœurs, 
e'taient deux e'normes tronçons de doubles colonnes d'angle, en 
sye'nite, dont la section a la forme d'une feuille de lierre ou de 
cœur. Ce type de double colonne est identique à celui qu'on 
trouve dans le petit sanctuaire relevé' par Golonna-Ceçcaldi à 
Ramleh et appelé' par lui « temple d'Arsinoe' Ze'phyrite ». Ces 
vestiges prouvent l'existence d'un temple, dont les dimensions 
devaient être importantes. 

A l'ouest du Se'rapeum, s'e'tendait toute une se'rie d'hypoge'es 
appartenant en gene'ral à la pe'riode romaine et chre'tienne, 
souvent influence's dans leur architecture et dans leur de'coration 
par l'art e'gyptien. On peut bien, à la rigueur, les conside'rer 
comme faisant partie de la rcy.o6:ro/.i; strabonienne. 

L ILE DE PHAROS ET LE PHARE. 

L'île de Pharos e'tait connue au temps de l'e'pope'e home'rique, 
qui la place à une journée de navigation d'une des embouchures 
du Nil et qui la dit pourvue d'un bon port. Hérodote n'en parle 



9 ï 

pas du tout, et il faut descendre jusqu'à Strabon pour en trouver 
une mention quelque peu de'taillee. Les renseignements donne's 
par l'e'pope'e sont trop sommaires et trop impre'cis pour nous per- 
mettre de tirer des de'ductions sur l'importance de Tiie aux temps 
préalexandrins (^). M, l'ingénieur Jondet, qui a e'tudie en de'tail 
toute la côte de l'île de Pharos, a découvert un assez vaste port 
du côte' nord-ouest, et il est tente' de l'identifier avec le port dont 
Homère nous a laisse' la description. Dans le « De Bello Alexan- 
drino » il est fait mention d'un port des Phariotes^ que M. Jondet 
identifie avec la section nord-est du port de'couvert par lui. En 
dehors de ce port, M. Jondet a trouve' de nombreuses substructions 
et constructions aujourd'hui sous l'eau. Le long de la côte, à 
l'inte'rieur, on rencontre aussi des ruines de maisons et de citernes, 
ainsi que de vastes ne'cropoles. Evidemment, dans l'antiquité', l'île 
avait une superficie plus vaste qu'à pre'sent ; elle c'tait aussi 
peuple'e d'un nombre assez considérable d'habitants. A l'époque 
de César, le bourg de Pharos était aussi grand qu'une ville or- 
dinaire. La population était surtout formée d'indigènes {viens 
Aegyptiorttiii) s'adonnant pour la plupart à la piraterie contre 
les bateaux qui avaient le malheur de s'approcher de Tîle. 
Outre le fameux Phare, qui était sur la pointe nord-est de l'île, 
la tradition littéraire rappelle un temple dédié à Poséidon, édi- 
fié sur la pointe occidentale (Gap Ras-el-Tin), 

César ravagea l'île de fond en comble, {)Our se venger de la 
résistance opposée à ses opérations militaires. 

Hirtius (De Bello Alexandrino) raconte que la bourgade de 
Phnros était fortifiée par de hautes tours réunies les unes aux 
autres, et il ajoute que plusieurs maisons avaient une hauteur 
de 30 pieds. 

Le monument le plus important qu'on ait mis à jour, se trouve 
en face de la baie d'Anfouchy. C'est une nécropole hellénistique 
intéressante au point de vue architectural et surtout à cause 
des peintures qui en décorent les parois (v. p. i 13). 

L'île doit principalement sa renommée à la tour lumineuse 
qui marquait l'entrée du grand port d'Alexandrie. Cette tour qui 
a donné son nom à tous les Phares (-^ et qui est restée le plus 
célèbre de tous, était, de Tavis unanime des auteurs anciens, la 
merveille d'Alexandrie, l'admiration du monde. En effet, elle 
était classée parmi les sept merveilles de l'univers. Malheureuse- 
ment on s'est toujours borné à des éloges enthousiastes, sans la 

(i) On a cttiis l'hypothèse que r^rZooc vient d'un mot .analog;ue ég^yptien s'- 
i^nitiant toile ; les Grecs auraient donné le nom de Phat'OS à l'île, où ils venaient 
aclietei l'étotTe appelée p(h)aar, dont ils fabriciuaient des vêtements de luxe. 

(2) Les anciens se servaient d'abord de sio^naux lumineux qu'ils allumaient 
an sommet des inontag;nes ou des Cf)llines du littoral. 



92 

décrire en de'tail. Son emplacement même n'est pas fixe' d'une 
façon indiscutable. 

Quelques arche'ologues n'admettent pas que le fort Qaït bey, 
construit au XV '"^ siècle par le sultan de ce nom, occupe 
l'emplacement de l'ancienne tour lumineuse. Ils placent celle-ci 
sur le Diamant, rocher aujourd'hui submerge', quelque peu au 
nord-est de la pointe Qaït bey. Mais ils ont tort. Parmi les 




. • U '% 11 




•;¥^ 













Fig. 19. 



conside'rations qu'on peut leur opposer, il y en a une qui est 
capitale : la superficie du Diamant est trop restreinte pour avoir 
pu suffire à une construction telle que le Phare. Strabon, il est 
vrai, dit que le Phare e'tait sur un large rocher entoure' par la 
mer, tandis que Qaït bey est relie', au sud-ouest, à la terre 5 
mais si, d'une part, il ne faut pas, je pense, interpre'ter à la 
lettre le passage du ge'ographe d'Amase'e, d'autre part, il faut 
conside'rer que dans l'antiquité' les choses n'e'taient pas ce qu'elles 



93 

sont aujourd'hui. Les recherches et les sondages de M. l'ing. 
Jondet prouvent que la pointe Qaït bey e'tait autrefois un îlot. 
Il est probable qu'une e'troite et courte chausse'e avait e'te' cons- 
truite entre la pointe de l'île et cet îlot, pour faciliter la cons- 
truction de la tour lumineuse et pour en rendre possible l'accès. 
D'ailleurs le prof. Van Berchem (^), par l'e'tude d'un passage de 
Sujuti, e'crivain arabe du XV"^^ siècle, et d'une inscription arabe 
qui e'tait autrefois mure'e dans le fort, est parvenu à la con- 
clusion que le fort Qaït bey a e'të e'rigé sur les ruines du Phare. 
On peut admettre cette conclusion comme définitive. 

Le Phare, projeté' par Ptole'me'e P*", e'tait l'œuvre de Sostrate 
de Cnide, fils de Dexiphane. 11 e'tait de'die' aux Dieux Sauveurs, 
Ptole'me'e I^'" et sa femme Be're'nice (ou les Dioscures?). Le nom 
de l'architecte, accompagne' de celui de son père et de sa patrie, 
se lisait sur l'inscription de'dicatoire : ^Iojotoxto^ Je^iqârovg Krîôiog 
OeoTç ^coTr/gai k-rsg tcov jr/^coKofiévcor, cest-à-dire : Sostraie, fils de 
Dexiphane de Cnide, aux dieux Sauveurs^ pour les navigateurs. Il 
fut inaugure' sous Ptole'me'e Philadelphe, vers 280-79 ^ ^^ ^^^t 
total aurait e'te', d'après Pline l'Ancien, de Soo talents. Le mate'- 
riel pour la construction e'tait principalement le calcaire nummu- 
litique. La de'coration sculpturale ainsi que d'autres de'corations 
accessoires e'tait partie en marbre, partie en bronze. Les colonnes, 
très nombreuses, e'taient pour la plupart en granit d'Assouan. 
(Autour du fort Qaït bey on voit des masses e'normes de tron- 
çons de colonnes en granit, place's les uns sur les autres hori- 
zontalement, employés à former une sorte de brise-lames pour 
prote'ger le fort). 

Isis e'tait fre'quemment associe'e au Phare, surtout à l'e'poque 
romaine. Isis Pharia avait probablement un sanctuaire tout près 
de la tour lumineuse. Nous ne savons pas grand chose sur l'his- 
toire du monument à l'e'poque ptole'maïque. Les monnaies ro- 
maines frappe'es à Alexandrie, principalement celles de l'e'poque 
d'Hadrien, le reproduisent assez souvent. Il paraît qu'au 11"^^ 
siècle après J.-Gh. le troisième e'tage e'tait ruine'. Après la con- 
quête arabe, il aurait e'te transforme' en mosque'e, et au XV'"'^ 
siècle en forteresse par le sultan Qaït bey. 

A de'faut de toute description de'taille'e par les e'crivains con- 
temporains, les savants modernes ont interpre'té d'une façon sub- 
jective les e'ie'ments de la tradition, et, dans leurs essais de 
reconstruction du monument, ont travaille' souvent de fantaisie. 
11 suffit de regarder les reconstructions d'Ebers, de Veitmejer, 

(i) Vav Berchem, Comptes rendus de J'Acad. des Inscriptions, 1898, 
pag. 339 et suiv. ; Matériaux pour un Corpus Inscriptionuvi Arabicarum, 
T. XIX des «Mémoires de la Mission Archéologique française du Caire >. 



94 

de Adler. L'Jtude la plus récente et la plus approfondie de toutes 
les questions qui se rapportent nu Phare est celle du prof. H. 
Thiersch. Dans le gros volume que ce savant a publie' sous le 
titre de « Pharos >>, il a pris soin de passer en revue tous les 
documents qui se rattachent à la ce'lèbre tour lumineuse, ainsi 
que tous les monuments des âges postérieurs qui, d'après lui, 
avaient e'te' influence's par l'architecture du Phare 

Il paraît que l'ancienne tour lumineuse, qui est toujours debout 
près des ruines de Taposiris Magna (Abousir du Mariout) (fig. 3^), 
reproduisait en des proportions très réduites et naturellement 
s-ins la richesse et le de'cor du modèle, l'architecture du Phare 
alexandrin. Celui-ci, d'après la reconstruction du prof. Thiersch, 
aurait e'te' à trois e'tages, dont le premier carre', le second octo- 
gonal, le troisième cylindrique (fig. i 9). L'entre'e e'tait du cote' sud, 
plutôt e'ieve'e ; on y parvenait par un escalier exte'rieur. Les parois 
de la tour e'taient perce'es de nombreux soupiraux ou petites 
fenêtres. Le premier e'tage avait une hauteur de 60 mètres 
et il était couronne' par une plate-forme, dont les quatre angles 
e'taient de'core's de gigantesques centaures marins en bronze. Ces 
centaures soufflaient dans une conque marine. Le second e'tage 
mesurait en hauteur 30 mètres et e'tait couronne' lui aussi par 
une terrasse. La lanterne aurait e'te' constitue'e par huit co- 
lonnes surmonte'es d'une coupole, au-dessus de laquelle s'e'levait 
une staïue en bronze (de Poséidon probablement) haute d'environ 
sept mètres. L'inte'rieur de l'e'difice comprenait une citerne 
ame'nage'e dans le sous-sol pour contenir l'eau potable, ainsi 
qu'un cnorme puits central pourvu de machines e'ie'vatoires 
qui permettaient de soulever jusqu'au troisième e'tage l'eau et les 
combustibles. Une double rampe à plan incline', accessible même 
aux quadrupèdes, faisait le tour du puits et montait jusqu'à la 
terrasse du second étage. Un escalier perce' dans l'e'paisseur du 
mur du troisième e'tage, mur qui avait une largeur de 2 mètres, 
conduisait jusqu'à la lanterne. La flamme était obtenue en brû- 
lant du bois résineux. Pour donner une plus longue portée à 
la lumière de la flamme, on se servait, dit-on, de miroirs en mé- 
tal de forme convexe. 

On compte jusqu'à 300 chambres qui faisaient paitie de la 
construction et qui étaient employées, soit comme logements des 
gardiens et du personnel, soit comme magasins. 

La hauteur totale du monument, y compris la statue de Poséi- 
don, était d'environ 120 mètres. Les marins pouvaient commencer 
à apercevoir la lumière du Phare à une distance de 30 km. 

BIBLIOGRAPHIE. — Sur le Phare, v. Thiersch H., Der Pharos. Anttke 
Islam und Occident (on y trouve citée presque toute la littérature antérieure). 



95 

Sur Sostrate, v. I'budrizet : Sostratc de Cnide, architecte du Phare darn^ Revue 
d. Etudes anciennes^ t. I, 4 (1S09), P- 261-272 ; cfr. Lumbroso, L'Egitto dei 
Greci e dei Romani, aème éd., p. 117 et suiv. 



LE SERAPEUM. 

La colline sur laquelle s'élève le superbe monolithe connu sous 
le nom de Colonne de Pompe'e ou, plus exactement, colonne de 
Diocle'tien^'), marque l'emplacement du Serapeum, c'est-à-dire du 
temple dédie au culte de Sarapis. 

Gratien Le Père et Mahmoud El-Falaki avaient de'jà conside're 
comme probable que le plateau où se dresse la Colonne de Pompe'e 
avait fait partie du Se'rapeum, et cette hypothèse avait e'te' de'- 
montre'e exacte par Wachsmuth {Bursian jahresberichl, IL 1873, 
p. 1093) contre les doutes souleve's par Kiepert. Depuis les fouilles 
de Botti, celles de la mission Sieglin et les miennes, nul doute 
ne semble possible. 

Sarapis est une des cre'ations politico-religieuses les plus ge'- 
niales des premiers Ptole'me'es. Pour e'tablir une certaine cohe'sion 
entre les Egyptiens et les Grecs, Ptole'me'e P"" pensa qu'il e'tait 
ne'cessaire de créer une divinité' qu'ils pussent tous honorer du 
même culte et, soit en transformant le dieu e'gyptien Osor-Hapi 
en Sarapis, soit en introduisant en Egypte le Sarapis adore' 
à Sinope dans le Pont-Euxin (2) , il cre'a un dieu du monde 
souterrain, moitié e'gyptien, moitié' grec, dont le culte ne tarda 
pas à envahir le monde grJco-romain et manifesta une vitalité' 
extraordinaire. Les Hellènes le conside'rèrent toujours comme un 
Dionysos et les Egyptiens comme un Osiris, mais ces deux 
aspects se rejoignaient dans une essence dont l'e'nergie se trouvait 
ainsi double'e. Il e'tait e'galement conside're' comme une divinité' 
chtonienne. En effet Sarapis est identifie' av^ec Hadès-Pluton. La 
statue d'Alexandrie, recouverte d'un enduit bleu-sombre, repre'- 
sentait bien le souverain du te'ne'breux royaume, ayant à cote' 
de lui Cerbère trice'phale (fig. 20). Plusieurs bustes de nos collec- 
tions, issus du même type, sont sculpte's dans une matière noi- 
râtre (v. Muse'e, salle 16). 

Sarapis prit même place à cote d'Esculape comme dieu de la 
me'decine, et ses miracles attirèi'ent dans ses sanctuaires, mais sur- 

(1) Selon ]es déductions de feu le Dr. Botti, ancien conservateur du Musée 
d'Alexandrie, la colonne actuelle aurait succédé à la colonne de Sarapis et au- 
rait été l'œuvre de la dyna-;tie théodosienne pour perpétuer le triomphe du chris- 
tianisme. Comme, au r'éclin du IVnie siècle, l'édifice lui-même s'apptlait Ar- 
cadium, il y aurait lieu, selon Botti, de la nommer Colonne d'ArcadiliS. 

(2) V. en dernier lieu Levy (Sarapis), cpii dans une étude analytique trè; 
fouillée, défend r<)rio;ine é.?yptienne de Sérapis ou Sarapis (Revue de l'histoire 
des Religions, 1913K Cfr. Sethe, Sarapis, Berlin, Weidmann, 1913, pag. 17. 




g6 

tout à celui de Canope (Aboukir), des milliers de pèlerins. Gomme 
Esculape, il a pour attribut le serpent. D'ailleurs Sarapis a aussi 
tous les attributs de Zeus, maître de l'empyre'e. 

Nous sommes peu renseigne's sur la forme 
de l'e'difice (0 , mais nous savons par un e'cri- 
vain de la basse époque romaine, qu'il occu- 
pait une plate-forme, à laquelle on acce'dait 
par un escalier de cent degre's. « L'emplace- 
ment, dit Rufin, est forme' non par la nature, 
mais par la main de l'homme et par des 
constructions. Il est, pour ainsi dire, porte' dans 
les airs, et l'on y monte par plus de cent de- 
grés. Il s'e'tend de tout côte' en carre' et sur de 
grandes dimensions ». 
^'^- ^°- Du côte' oriental du plateau on voit des 

restes de constructions qu'on peut attribuer 
à l'escalier monumental et au grand Propyle'e. 

Le temenos ou enceinte sacre'e comprenait, outre cet escalier 
monumental et les propyle'es, un immense portique carre qui 
renfermait non seulement le temple de Sarapis, mais aussi un 
sanctuaire d'Anubis, et la Bibliothèque, dite Bibliothèque Fille. 
Une ne'cropole (d'animaux sacre's probablement) e'tait annexe'e au 
Se'rapeum. Plusieurs chercheurs de pierres ont raconte' à Mah- 
moud El-Falaki (Mém. sur Vanciemie Alexandrie^ p. 54) qu'ils 
avaient trouve' là beaucoup de statues de chiens, de chacals, 
d'oiseaux, etc. 

La grande colonne, qui est toujours debout, occupait un em- 
placement dans la partie nord de l'enceinte. Au sud, le Se'ra- 
peum e'tait contigu au Stade. 

Le Î8o6v de Sarapis renfermait la ce'lèbre statue du dieu, chef- 
d'œuvre attribue' à tort, paraît-il ^^\ au sculpteur Briaxis, le fa- 
meux disciple de Scopas. Le dieu e'tait repre'sente' assis sur un 
trône comme Pluton, tenant le sceptre et ayant à côte' de lui 
Cerbère ^3) . H était habille' du chiton et de l'himation (voir fig. 2]). 
Une des caracte'ristiques faisant reconnaître ce dieu, dont le por- 

(1) H. Thiersch a promis de donner da,ns un des prcjchains volumes con- 
sacrés à la Mission Sieglin une reconstruction du fameux temple. 

(2) Levy I., o. c, p. 61 et suiv. Cfr. Sethe, o. c, p. 19. 

(3) L'être hybride qui flanque le Sarapis assis et que déjà Apion (chez PIu- 
tarque) décompose en Cerbère et drai^on, est singulièrement composite ; il a trois 
têtes, celle d'un lion au milieu, celle d'un chien aboyant à gauche et celle d'un 
loup aux dents menaçantes à droite ; le serpent enlace le tout de ses replis, dres- 
sant sa tête au-dessus de celle du lion. Levy, o. c. Le monstre qui accom- 
pagne Sarapis, sur les répliques qui sont au Musée, est toujours représenté par 
un chien aboyant flanqué de deux autres têtes de chien ; un serpent lui enlace 
le corps. L"n seul petit bronze représente un lion, sur la tête duquel se dresse un 
serpent surmonté du kalathos (fig. 22). 



— — — — 97 ' ' — 

trait ressemble beaucoup à celui de Zeus, est le boisseau (modius) 
ou la corbeille sacre'e des mystères (kalathos) qu'il porte sur le 
sommet de la tête et qui doit symboliser la fertilite'|et la fe'condite' 
ine'puisables de la terre à l'époque de la moisson. Le modius ou 
kalathos est souvent orne' de branches d'olivier et d'e'pis de ble'. 

La figure de Sarapis était elle-même caracte'rise'e par 'une 
extrême douceur d'expres- 
sion, mêle'e à une e'nersie 
pleine de mystère et quel- 
quefois de terreur. On ra- 
conte que la statue origi- 
nale avait e'te' obtenue par 
un me'lange des matières 
les plus diverses, or, ar- 
gent, cuivre, plomb, e'tain, 
saphir, he'matite, e'meraude 
et topaze. M. Isidore Le'vy 
a de'montrê que cette le'- 
gende ne fait que repro- 
duire la formule de la re- 
cette suivant laquelle, à 
l'occasion des fêtes d'Osiris 
au mois de Khoîak, on 
fabriquait les simulacres 
divins, les images rituelles, 
pe'riodiquement renouvele's 
d'anne'e en année. 

Il paraît que l'image du 
Sarapis aukalathos, flanqué 
du Cerbère, est plus récente 
qu'on n'avait cru jusqu'à 
présent. Le savant, qui le 
dernier a traité cette ques- 
tion, fait descendre l'ori- 
gine de cette image de 
Sarapis au règne d'un successeur d'Evergète, Ptolémée IV ou VI. 

En voici la description selon la reconstruction la plus récente. 
« La tête du dieu était légèrement inclinée sur l'épaule droite, 
la chevelure puissante formait une véritable crinière ; au-dessus 
du front jaillissaient cinq boucles épaisses de cheveux, qui re- 
tombaient ensuite droit en avant, presque jusqu'aux sourcils. Au- 
dessus de ces boucles, on en distinguait six autres retombant 
trois en avant et trois en arrière ; ces dernières recouvraient en 
partie un bourrelet circulaire, apparemment un bandeau, entou- 




Fig. 



rant le pied du modius. Sur le modius étaient figure's en relief 
trois oliviers, l'un à droite, un autre par devant, le troisième à 
gauche ; du bord supérieur pendaient peut-être quelques e'pis.... 
La barbe e'tait e'paisse et boucle'e et n'e'tait pas partagée en deux 
moitie's syme'triques.... les boucles de la barbe retombaient sur 
la gorge qu'elles recouvraient. La couleur de l'ensemble e'tait 
un bleu noirâtre 5 pour rendre visibles au moins certains de'tails, 
dans la semi-obscurite' de la cella^ il fallait évidemment les rehaus- 
ser par une coloration plus claire 5 les yeux e'taient certainement 
blancs, avec pupilles rapporte'es en pierres pre'cieuses ; le modius 
était de couleur claire, ce qui faisait de'tacher, sur le fond som- 
bre, le relief des trois oliviers ; les e'pis e'taient d'or mat, le 
sceptre d'or brillant et les draperies, ainsi 
que les sandales, sans doute rehausse'es d'un 
fin de'cor d'or ou d'argent. On a encore em- 
ployé' ces me'taux pour orner le trône et l'es- 
cabeau, les yeux et les gueules de Cerbère. 
Dans une ce Lia richement de'core'e, à la lu- 
mière incertaine des candélabres, cet en- 
semble devait, dans les fêtes de nuit, produire 
une impression de majesté surnaturelle ». 
[Ameliing). 

On doit au fanatisme du patriarche Théo- 
phile la destruction de ce chef-d'œuvre (39 r 
après J.-Gh.j. On prétend que les derniers 
restes de la statue ont été fondus par Amrou 
pour en faire des monnaies. Le type du Sa- 
rapis alexandrin s'est répandu rapidement. Il 
'^' ^^' suffira d'énumérer, pour s'en convaincre, les 

nombreuses répliques qui se trouvent dans 
tous les Musées d'antiquités. Ces répliques, plus ou moins fidèles, 
sont en marbre, en terre cuite, en bronze. 

Outre la colonne colossale que nous pouvons admirer encore, 
outre les deux obélisques que mentionnent les historiens d'A- 
lexandrie, le Sérapeum devait renfermer une grande quantité 
d'autels, d'édicules, d'inscriptions, de statues, dont on avait gra- 
tifié le dieu pour le remercier de quelque bienfait ou pour im- 
plorer sa bienveillance. En effet, malgré tous les vandalismes. 
les fouilles exécutées sur l'emplacement du temple, depuis i8'j2, 
soit par Botti, soit par la mission allemande Sieglin, soit par 
moi-même, ont mis à jour bon nombre de monuments, dont une 
partie a été laissée sur place et l'autre transportée au Musée. 

Après la destruction et l'incendie du temple (391), les chré- 
tiens, raconte l'écrivain Rufin, s'empressèrent d'enfouir le buste 




99 

de Sarapis et toutes les autres idoles sur lesquelles ils purent 
mettre la main. Ce de'tail doit être vrai. A Rome, lorsque, par 
les e'dits de Constant et de Constantin II (341), les bâtiments 
païens du Janicule furent incendie's, puis rase's, on fit disparaître 
tous les monuments qui avaient re'siste' au feu. Il y a donc lieu 
d'espe'rer qu'en poursuivant les fouilles autour du Se'rapeum, on 
pourra encore de'couvrir bon nombre de monuments. 

En dehors de neuf statues debout, tenant en main un cahier, 
vues par Mimaut vers la moitié du XIX'"*^ siècle, il convient 
de rappeler une statue colossale en granit qu'on a cru repre'- 
senter Alexandre Aigos, fils du Conque'rant, et qui se trouve 
au Muse'e du Caire, un groupe colossal ace'phale en granit 



Fig. 23. 



(Pharaon debout embrasse' en signe de protection par Osiris), 
ainsi qu'une statue assise de Ramsès II, une statue agenouille'e 
de Ramsès II embrassant un canope, un scarabée en granit 
de grandes dimensions. Ces quatre derniers monuments sont 
actuellement au Musce grcco-romain. Au Muse'e gre'co-romain 
sont e'galement plusieurs inscriptions ptole'maïques et romaines. 
I.e bœuf Apis en granit noir ffig. 23), e'rige' par l'empereur Ha- 
drien, qui de'core à pre'sent le centre de la salle 6 du Musée, a e'tc' 
découvert h. quelques mètres au nord du grand puits carre qui 
donne accès aux galeries souterraines. Un autel votif en l'hon- 
neur de Ptoleme'e II et de sa femme était au centre d'une 
petite enceinte sacre'e, au nord de la colonne. Entre celle-ci et 
l'entrée des galeries, on a mis à jour une tète colossale de 
Sarapis en pierre noire, d'un bon travail ; sous les corps des 
deux sphinx place's actuellement sur l'esplanade, au sud de la 




colonne, une superbe tête de de'esse 
en marbre blanc, d'e'poque hellénis- 
tique (Muse'e, salle 12, n" 3908), 
(tig. 24), ainsi qu'une tête de Sa- 
rapis pareillement en marbre (salle 
ih, n° 3912); du côte nord-est, au 
bas de Tescalier, dans des couches 
très profondes, une tête en marbre 
repre'sentant la reine Be're'nice femme 
de Ptole'mêe III (Muse'e, salle 12, 
n° 3466) ainsi que deux statues en 
calcaire jaune repre'sentant un per- 
sonnage qui e'tait chef de la garde- 
robe royale et ministre des finances 
sous Ptole'me'e X (Muse'e, salle 7, 
vitr. C). Si on voulait dresser un 
catalogue détaille' de tous les mo- 
numents de'couverts dans l'enceinte 
^'?- 24. du Se'rapeum, on de'passerait de 

beaucoup la centaine; et il faut 
tenir compte du pillage des siècles passe's. 

La colonne qui domine aujourd'hui le plateau ne semble 
pas avoir une origine antérieure à l'empereur Diocle'tien. Sur 
le côte' occidental de la base, on peut lire une inscription en 
l'honneur de cet empereur, he texte de cette inscription a donne' 
lieu à de longues discussions parmi les savants, car la surface 
du granit est très ronge'e et plusieurs lettres sont tout à fait 
illisibles ; cependant la lecture en est maintenant presque certaine 
et d'après les conclusions du dernier e'diteur, le prof. Cantarelli, 
il ressort que le nom du pre'fet est celui de 77oo[ro^//]o,^ 

Tov [(5o\'6T.azov avToy.odzooa 

xor .-TO/uoî'/oy 'Ale^avôoeiaç 

Aioy.Â)jTtarov tov àrîy.ijrov 

IJ()o[TOi'a]oç è'.Tao/oç Atyvmow 

La colonne aurait e'te' e'rige'e après l'anne'e 297. Cette anne'e- 
là, une e'meute formidable avait e'clate' à Alexandrie. Diocle'tien 
assiégea la ville et s'en empara après huit mois de re'sistance. 
L'empereur y demeura quelque temps pour re'organiser l'admi- 
nistration de l'Egypte. Il voulut se montrer pitoyable et ge'nè- 
reux. Entre autres bienfaits, il ordonna des distributions de pain 
gratuites aux pauvres. La colonne aurait e'te' e'rige'e en son hon- 
neur pour le remercier de sa cle'mence et de sa ge'ne'rosite'. 

En etïet l'inscription dit : 



___ lOI 

« Au très Juste empereur, dieu tutélaire d'Alexandrie, Dioclé- 
tien invincible^ Postume^ préfet d'Egypte [a érigé ce monument.^ » 
La formule employée dans l'inscription nous laisserait croire que 
le chapiteau e'tait surmonte' d'une statue de l'empereur. Dans la 
collection Choiseul-Gouffier, on voyait autrefois les fragments 
d'une statue colossale en porphyre, retrouvés vers le commence- 
ment du XIX"'^ siècle au pied de la colonne. On a dit, mais 
à tort, paraît-il, que cette statue, très remarquable d'après les 
fragments, pouvait être celle de Diocle'tien tombée du haut du 
chapiteau. 

La substruction est constituée par des blocs tirés de divers 




Fig. 25. 



monuments plus anciens. Un bloc porte en relief la figure et 
le nom de Sethi I^"" (coté ouest) ; un autre (côté est), une ins- 
cription en l'honneur de la reine Arsinoé Philadelphe: il s'agit 
de la base en granit vert d'une statue qu'un Alexandrin, Thestor 
fils de Satyros, avait érigée pour la célèbre sœur et femme de 
Ptolémée II. La hauteur totale de la colonne, y compris la base 
et le chapiteau, est de 26 m. 85; le fût mesure 20 m. 75 et il 
a un diamètre de 2 m. 70 en bas, de 2 m. 30 en haut. 

Notre colonne a toujours excité l'admiration et l'imagination 
des voyageurs (fig. 25). Cyriaque d'Ancdne (1412) et Léon l'Afri- 
cain (1491-1517) en ont célébré la hauteur et la grandeur; Pelle- 
grino Brocardi (1557) déclare n'avoir jamais vu une colonne pa- 
reille, ni à Rome, ni ailleurs. Le fait extraordinaire qu'on ra- 



I02 

conte au sujet du chapiteau est le suivant: en i8':;2, lorsque 
Eugène de Savoie se trouvait à Alexandrie, vingt-deux individus y 
seraient monte's et, s'y e'tant assis en cercle, y auraient de'jeune'. 

On ne s'est pas toujours contente' d'admirer ce beau monu- 
ment, on a voulu le posse'der. En 1737, dans un rapport à Louis 
XV, on proposait de faire enlever la colonne de Pompe'e « qui 
menace ruine (sic) et de la faire transporter en France pour y 
être eleve'e avec une statue du roi au-dessus. C'est un des plus 
grands et des plus anciens monuments des siècles passe's, qu'il 
serait de la gloire du roi de conserver » (^). 

Pareil projet avait e'te' forme' sous Louis XIV. 

Le nom de « Colonne de Pompe'e » doit avoir e'te' cre'e' par 
les Francs à l'e'poque des croisades. Leur e'rudition très som- 
maire aurait confondu le lieu où la tête de Pompe'e avait e'te' 
ensevelie (Ne'me'sion). et aurait transforme' la coupole que l'e'cri- 
vain arabe Abd-el-Latif (1161-1231) pre'tend avoir vue sur le 
chapiteau, ou la sphère que, selon des dessins du XVI"^'' siècle, 
le même chapiteau aurait supporte'e, en « l'urne pre'cieuse qui 
aurait renferme' la tête de Pompe'e •>. Cette le'gende est paren- 
te de celle qui plaçait, sans aucun document historique, les 
cendres de Trajan en haut de la colonne qui porte son nom, 
et celles de Marc Agrippa sur le fronton du Panthe'on, 

Dans le terrain avoisinant, on voit partout des restes d'an- 
ciennes fondations, des tronçons de colonnes en granit rose ou 
verdâtre, des fragments architectoniques d'e'poque romaine, pro- 
venant d'une construction colossale (voir de beaux fragments à 
l'est de la colonne à mi-hauteur de la colline). Non loin de la 
colonne sont place's les deux sphinx en granit rose d'Assouan 
(longs respectivement de 3 m. 90 et 4 m. 10) de'couverts, en 
1906, à l'angle sud de l'emplacement, tout près de la ruelle 
Abou-Mandour. Un peu à l'ouest de la colonne, on pe'nètre dans 
les souterrains qui doivent avoir fait partie du Se'rapeum. Ce 
sont de longues galeries creuse'es dans un rocher sablonneux, 
revêtues encore en partie de leurs plaques en pierre calcaire 
avec des niches d'une forme e'trange dont le but n'est pas en- 
core bien^e'tabli. Ces galeries souterraines sont mentionne'es 
par Rufin (fin du IV'"^ siècle). Toute la partie infe'rieure, jus- 
qu'au niveau du pave' de l'e'difice, est voûte'e. Ce soubassement 
est distribue' en vastes corridors et en vestibules carre's et se'pare's 
entre eux, 'qui servaient à diverses fonctions et ministères secrets. 

Quelques arche'ologues y voient les restes de la partie infe'- 
rieure du bâtiment de la Bibliothèque fiJle et considèrent les 
niches creuse'es sur les parois comme des e'tagères pour les livres. 

(i) Revue historique, 1906, pag. 3, n. i. 



Ceci peut paraître douteux ; mais il est certain qu'une Biblio- 
thèque e'tait annexe'e au Se'rapeum, et, pour la distinguer de la 
grande Bibliothèque du quartier royal, on l'appelait la Biblio- 
thèque filîe ou petite Bibliothèque. 

Botti place l'Iseum au nord-ouest de la colonne, entre celle-ci 
et l'entrée des galeries souterraines, le Se'rapeum au sud. 

L'archéologue Thiersch, dans un ouvrage dont la publication 
est annonce'e comme imminente, se propose de reconstituer la 
topographie des monuments qui enrichissaient le plateau. J'espère 
d'autre part pouvoir bientôt mettre à exe'cution mon projet 
d'explorer par des fouilles méthodiques toute la zone qui s'e'tend 
vers le sud, actuellement occupée par les échèclies de Toubgieh. 

Après la destruction du Se'rapeum par les chre'tiens (en 391) 
on installa sur le plateau un couvent de moines et on v bâtit 
une e'glise en l'honneur de S. Jean-Baptiste, connue aussi sous 
le nom d'Angelium ou Evangelium, qui fut de'truite, paraît-il, 
au X"^^ siècle. 

BIBLIOGRAPHIE. — Description de l'Es-ypte t. v. p. 315-328, La Colonne 
Diocléiieniie (par Saint Genis) p. 508-51Q, Description de la colonne dite de 
Pompée (par Norry); Mahmoud el-Falaki, Antique Alexandrie, pag-, 53- 
56 ; Botti, L'Acropole d'Alexandrie et le Sérapeiim (1895) ; Botti, Fouil- 
les à la colonne thcodosienne (Alexandrie, 1S97) ; Breccia, Les fouilles dans le 
Sérapeum d' Alexandrie en 1005-06 {Annales du Service des Antiquités, VIII, 
p. 62-76) ; LuMBROso, L'Egitto dei Greci e dei Romani, p. 225-233 ; Cfr. aussi 
Du TiLLi H., Etude sur la colonne de Pompée à Alex, Senlis 1875 (pag. 22), 
Magasin Pittoresque, 1834 ; Comptes-rendus du Congrès international d'Ar- 
chéologie, Caire, 1909, p. 291-293. 



104 



LES CATACOMBES 

DE 

KOM-EL-CHOGAFA 



A dix minutes environ du Serapeum (prendre par la rue de 
Karmous et ensuite par la rue Abou Mandour) se trouve l'hy- 
poge'e de Kôm-el-Chogafa (la colline des tessons). C'est une 
construction fune'raire à trois étages, qui, par la grandeur de 
son plan, le pittoresque de ses perspectives, par l'art e'trange 
de ses sculptures et de ses reliefs, laisse une profonde impres- 
sion dans l'esprit du visiteur. Le me'rite de sa de'couverte, bien 
qu'elle fut due au hasard, en revient entièrement au D'' Botti, 
qui, depuis 1892, avait signale' K6m-el-Chogafa comme un centre 
de recherches arche'ologiques dans le territoire d'Alexandrie, 
et y avait fouille' avec perse've'rance. Ce ne fut qu'après que les 
carriers eurent pe'ne'tre' maigre' eux dans le souterrain, que 
celui-ci fut syste'matiquement déblaye' par les soins de Botti. Puis, 
sous la direction de l'inge'nieur Ehrlich, Inspecteur de l'ouest 
au Ministère des Travaux Publics, on restaura l'ancienne entre'e, 
on alle'gea la montagne de sable et de de'bris qui recouvrait 
le souterrain, et on prote'gea le monument contre les de'gâts 
e'ventuels des eaux pluviales, en recouvrant le sol d'une couche 
d'asphalte. L'inte'rieur est e'claire' à la lumière e'iectrique. 

Le tombeau (v. Plan, fig. 26) comprend trois e'tages superpose's, 
creuse's à même le roc 5 le plus bas est constamment rempli d'eau, 
celle-ci s'e'tant infiltrée, à une e'poque poste'rieure, à travers les 
parois du fond, peut-être à cause de l'atlaissement du terrain. 
Nous avons essaye' à plusieurs reprises de Te'puiser et d'en em- 
pêcher le retour, mais sans re'sultat. Dans l'antiquité, un quatrième 
e'tage devait exister au-dessus de ceux qui sont aujourd'hui con- 
serve's ; cet e'tage devait se terminer par une construction à ciel 
ouvert, qui fermait l'entre'e du souterrain. 



Dès l'entrée, un escalier tournant conduit au palier des cham- 
bres du premier e'tage (fîg. 27). A droite et à gauche sont deux ni- 
ches semi-circulaires, munies de bancs et de'core'es dans la partie 




supérieure d'une grande coquille en relief. Cet clément de'coratif, 
qu'on retrouve encore sur le plafond de l'escalier qui conduit au 
deuxième e'tage, est inconnu à l'art e'gyptien. Il est par contre 
très fre'quent dans les produits industriels en me'tal de 1 âge hel- 



loG 

lénistique; il fut employé avec prédilection en Egypte pendant la 
pe'riode romaine et très employé' aussi par l'art copte. L'escalier 
e'tait utilise' seulement par les vivants : les morts e'taient descen- 
dus au moven de cordes d'abord par les puits de'clairage, en- 
suite par les larges ouvertures pratique'es sur ses parois, et in- 
troduits enfin dans les chambres des e'tages infe'rieurs. 

On entre ensuite dans une chambre circulaire, au milieu de la- 
quelle s'ouvre un puits couvert j^ar une sorte de kiosque à 

coupole, forme' d"un parapet 
et de huit piliers qui se rat- 
tachent à la voûte de la 
chambre. C'est au fond de 
ce puits qu'on a de'couvert 
les cinq têtes en marbre, au- 
jourd'hui au Musée et dont 
les moulages en plâtre sont 
expose's ici. 

Autour de cette rotonde 
s'ouvrent des chambres avec 
sarcophages, loculi ou niches 
pour les urnes cine'raires. 
î.es petites excavations qu'on 
observe sur les parois e'taient 
destinées à recevoir des 
lampes, dont la fume'e a 
laisse' des traces e'videntes. 
Dans la grande salle, à 
gauche de Tentre'e, se trouve 
le tricliniiun funèbre^ c'est- 
à-dire la salle où les parents 
du de'funt s'assemblaient pour 
un repas fune'raire, les jours 
consacre's au culte des morts 
(pour les Romains, le jour des violettes = dies viola? 5 le jour 
des roses = dies rosœ, et autres). 

La salle mesure 8 m. 50 sur 9 mètres. Le plafond est soutenu par 
des piliers. Le triclinitim conserve son aspect originel. Les trois 
lits, ainsi que les piliers qui soutiennent le plafond, sont travaille's 
à même le roc. La table, probablement en bois, devait se trou- 
ver au milieu, entre les trois lits. Les lits e'taient garnis de 
matelas, à chaque re'union. 

On sort du triclinium et on va jusqu'à l'escalier qui descend 
au deuxième e'tage. 

De ce point, on jouit d'une vue aussi pittoresque qu'e'vocatrice 




Fig. 






.^ 




io8 . 

sur la partie centrale qui est la plus importante de la tombe (fig. 28). 
La voûte de cet escalier monumental est de'core'e d'une grande 
coquille en relief. Plus bas, l'escalier de quinze degre's se divise en 
deux parties qui descendent à droite et à gauche d'une grande 
niche en forme de coquille, rappelant le trou du souffleur des 
the'âtres. Ce trou masque un autre escalier envahi par l'eau, qui 
descend au troisième e'tage. Arrive's au bas de l'escalier, nous 
nous trouvons en face du vestibule de la chapelle fune'raire pro- 
prement dite. 

La façade de ce vestibule est supporte'e par deux colonnes 
égyptiennes à faisceaux de papyrus et à chapiteaux fleuris. 
Dans les parois de droite on a me'nage', aux angles, deux piliers 
de style égyptien avec chapiteaux, dans lesquels les papyrus sont 
me'langës à des feuilles d'acanthe. 

Colonnes et chapiteaux supportent une corniche de'core'e d'un 
disque solaire aile', avec les uraeus entre deux faucons, et avec 
une sorte de frise denticule'e. Au-dessus de la corniche se trouve 
un fronton à voiàte très aplatie, orne' d'un simple disque solaire. 
Dans les parois late'rales du vestibule, on voit deux niches qui 
affectent la forme de portes e'gyptiennes, et où se trouvent encore 
en place deux statues en calcaire blanc, l'une de femme (à gau- 
che), l'autre d'homme (à droite). Le type de la tête de ces deux 
personnages ne rappelle que de loin le type e'gyptien, mais les 
statues mêmes ont e'te' travaille'es selon les principes et les modèles 
de l'art e'gyptien. Ainsi que l'a signale' le professeur von Bissing, 
le tvpe et la coiffure nous rappellent les têtes en plâtre des deux 
premiers siècles de notre ère et les ce'lèbres portraits du Fayoum. 
Nous pouvons ajouter que la tête de l'homme pre'sente, dans la 
technique, des analogies remarquables avec celles de deux bus- 
tes en plâtre trouve's dernièrement dans un tombeau à Souk-el- 
Wardian (v. Muse'e, salle 12, n. 3337 et 3339). Selon von Bissing 
les deux statues, ainsi que les modules de l'architecture et la 
de'coration ge'ne'rale, nous engagent à placer l'origine du monu- 
ment dans la pe'riode comprise entre Vespasien et Hadrien. Une 
porte, surmonte'e d'une corniche orne'e du disque solaire aile' et 
d'une frise d'uraeus, est perce'e dans le fond du vestibule ; or 
cette frise est très fre'quente dans l'architecture e'gyptienne des 
basses e'poques. 

A droite et à gauche, sur des socles qui affectent la forme 
d'un naos e'gyptien, se trouvent sculpte's en bas-relief deux gros 
serpents ou dragons barbus, coifîe's de la double couronne (pschent) 
et ayant à côte' d'eux le caduce'e, symbole d'Hermès ou Mercure 
et le thyrse, symbole de Dionysos ou Bacchus. Dans ces serpents 
nous devons voir non seulement des agathode'mons (bons ge'nies). 



log 

mais encore les serpents sacres d'Osiris et de Dionysos (dieux 
des morts) et d'Hermès (le guide des morts). 

'■'Au-dessus des dragons, on remarque des boucliers, avec une 
tête de Gorgone se de'tachant d'une sorte d'e'gide. Probablement 
on voulait, par cejsymbole terrifiant, e'ioigner de la tombe les 
méchants et les voleurs, 

La chambre contient trois niches place'es sur un socle, occu- 
pant les trois faces de la chambre. Dans chaque niche se trouve 




Fig. 29. 



un sarcophage taille, ainsi que le couvercle, à mcme la roche sa- 
blonneuse. Ils sont à peu près semblables ; celui de la niche du 
fond ne diftere des autres que par les de'tails de l'ornementation. 
Il a, sur la face antérieure, un feston de fleurs; au-dessus de 
la guirlande, au centre, se trouve une figure de femme couchée 
qui repre'sente peut-être la de'funte à laquelle le sarcophage e'tait 
destine'. Aux anneaux qui soutiennent la guirlande sont sus- 
pendus deux masques, de Silène à droite, de Me'duse à gauche, 
l.a partie ante'rieure du couvercle est décore'e d'un feston 



horizontal en relief, forme' par deux feuilles et des fruits de 
lierre et d'olivier. 

Les deux sarcophages des niches latérales sont tout à fait 
identiques l'un à l'autre. Sur la face ante'rieure il y a un feston 
forme' de grappes de raisin, se terminant par des rubans. Au 
milieu, un crâne de bœuf est suspendu à un anneau; à droite et 
à gauche,' au-dessus du feston, on remarque deux tètes de 
Me'duse. La partie ante'rieure du couvercle est de'core'e d'un 
me'andre (fig. 29). 

Les couvercles de ces sarcophages, de'core's aux angles de 
petits acrotères ou oreilles, sont siniule's, car il e'tait a craindre, 
vu la nature friable du rocher, qu'on les brisât en les soulevant. 
L'architecte a trouve' un moyen aussi pratique qu'adroit de re- 
me'dier à cet inconve'nient. Il a creuse' du dehors, dans la galerie 
qui entoure la chambre fune'raire, des ouvertures correspondant 
aux dits sarcophages, puis il a vide' l'inte'rieur de ceux-ci. De 
cette façon, les cadavres n'entraient pas dans la petite chapelle, 
ou bien ils y e'taient seulement de'pose's un instant pour les 
dernières prières de la cérémonie. Ils étaient portés dans leur 
tombe par le corridor extérieur. 

Sur les parois de chaque niche, au-dessus des sarcophages, il 
y a un relief central et deux reliefs latéraux plus petits. Ces 
motifs sont travaillés au ciseau en ronde-bosse d'un art franc, 
mais un peu mou. Certains détails sont encore actuellement re- 
levés de couleurs. Les sujets présentent un caractère religieux 
et funéraire, mais il est à présumer que, ni le propriétaire de 
la tombe, ni l'artiste qui l'a exécutée, n'étaient en état de com- 
prendre la valeur des symboles qu'ils tâchaient de reproduire 
d'après les monuments de l'époque pharaonique. 

La scène représentée sur la paroi centrale de la niche du 
fond nous montre Osiris momifié, coiffé du bandeau royal et de 
l'uraeus, étalé sur un lit de mort; ce lit a la forme d'un lion 
qui porte la couronne osirienne, surmontée du disque solaire et 
qui tient dans ses griffes de devant la plume, symbole de la 
déesse de la vérité. On voit, sous le lit, les trois canopes qui 
devaient contenir les entrailles du défunt : l'un a le couvercle à 
tête d'épervier. un autre à tête humaine, le troisième à tête 
de chien. Derrière le lit, Anubis, le dieu de l'embaumement 
à tête de chien, se tient debout, le disque avec deux uraeus sur 
la tête, dans la main gauche un godet loti forme flanqué de deux 
serpents, avec une anse en forme d'étrier. Du godet sort une 
plante de nymphaea. La main droite du dieu plane sur la momie. 

A la tête du lit est Thot (dieu de l'écriture et de la science, 
représenté par un corps humain à tête d'ibis\ tenant un sceptre 



et un vase et offrant au mort, comme symbole de la résurrection, 
le signe de la vie. Aux pieds du lit se trouve Horus (dieu so- 
laire  tête d'e'pervier), qui tient lui-même un sceptre et un vase, 
mais il n'a pas dans les mains de signes symboliques. Dans la pe- 
tite paroi de droite, se trouve repre'senté un prêtre, coiffe de deux 
hautes plumes, vêtu d'une peau de panthère jete'e sur une lon- 
gue robe, offrant un bouton de lotus et une coupe avec une 
aiguière à une femme, qui est coiffe'e d'une grande perruque avec 
bandeau, surmonte'e du disque solaire. 

Elle lève les deux mains, les paumes tournées vers son visage. 
Entre le prêtre et la femme, qui fait le geste de recevoir les 
offrandes, est un autel ayant la forme d'un faisceau de papyrus. 
Dans la paroi de gauche, on voit un prêtre lisant, dans son rou- 
leau, des prières, devant un personnage debout (le de'funt) qui 
tient de la main droite un objet mal caracte'rise'. Sur l'autel 
qui est entre les deux personnages est place' un vase, duquel 
sortent des plantes (ou des flammes ?), Dans l'homme et la femme 
on serait tente' de voir le couple proprie'taire de la tombe, ou 
en tout cas le couple enseveli dans le sarcophage du centre. 
Le disque solaire ne serait que le signe de leur de'ification après 
la mort. Les prêtres sont e'videmment, par leurs gestes et par leur 
habillement, des prêtres des morts. 

Dans la paroi principale de la niche de droite, on remarque un 
personnage coiffe' de la double couronne royale, orne' d'un col- 
lier, vêtu d'une robe qui couvre le corps jusqu'au-dessus des 
genoux. Il est debout devant un autel ayant la forme d'un co- 
rymbe de papyrus, et il pre'sente une offrande dans une sorte 
de vase, qu'il t'ent des deux mains par les anses, au dieu Apis 
qui se dresse sur un pie'destal devant lui. Le bœuf Apis a le disque 
solaire entre les cornes et un tout petit naos suspendu au cou. 
Sur sa poitrine est grave' un croissant. Sur l'autel on voit des 
offrandes (gâteaux ou encens). Derrière l'Apis, Isis, debout, lient 
de la main droite la plume symbolique de la ve'rite', et de'ploie 
ses ailes en signe de protection. Elle est habille'e d'une longue 
robe richement de'core'e, porte la longue perruque fe'minine avec 
l'uraeus sur le bandeau qui ferme la coiffure au-devant du front. 
La tête est surmonte'e du disque solaire. 

Sur la petite paroi de droite on remarque deux figures sc'- 
parces par un autel papyriforme et repre'sentant, l'une, un dieu 
cynocéphale avec le disque sur la tête, l'autre, un dieu à visage 
humain enveloppi dans le maillot des momies, et portant sur la tête 
le disque solaire. Dans la petite paroi de gauche est repre'senté' un 
personnage qu'on peut identifier avec un roi faisant des offran- 
des à une divinité (Osiris ou Chons). Le roi tient dans une 



main le sceptre, dans l'autre la plume de la ve'rite' qu'il pre'sente 
au dieu. Sur l'un des reliefs le roi est repre'sente' ayant la tête 
surmonte'e du disque solaire flanque' d'uraeus; sur l'autre relief il est 
coiffe' de la couronne appele'e hem-hem. Les bandelettes dont le dieu 
Ghons est enveloppe' sont distribue'es en bandes diagonales for- 
mant des losanges. Dans les losanges sont repre'sente'es des ima- 
ges divines, des têtes humaines, des étoiles, des fleurs, etc. 

Les scènes reproduites par les bas-reliefs de la niche de gauche 
sont pareilles à celles que nous venons de de'crire. Seulement 
dans la scène repre'sentêe sur la petite paroi de droite, l'une 
des divinite's n'est pas à tête de chien ou de singe, ainsi que 
dans le relief correspondant, mais à tête de faucon. Les quatre 
divinite's repre'sente'es sur ces deux reliefs sont les fils d'Horus, 
qui, en leur qualité' de divinite's canopiques, veillent sur les 
entrailles des momies. 

A droite de la porte d'entre'e, debout sur un socle, se tient 
Anubis, avec tête de chien et corps humain, en dieu guerrier, 
revêtu de la cuirasse romaine et portant suspendu en bandou- 
lière le glaive court des le'gionnaires. Il tient du bras droit un 
bouclier et de la main gauche une lance romaine. 

De l'autre côte' de la porte, on a place' Set-Typhon ou Ma- 
kedon à tête de loup, le corps termine' en dragon, debout sur un 
socle et vêtu en soldat romain. Ces divinite's appartiennent spe'- 
cialement au panthe'on gre'co-romain et complètent de la façon 
la plus heureuse le me'lange curieux des formes gre'co-romaines 
et égyptiennes, me'lange qui fait de l'architecture et des sculp- 
tures de ce tombeau, un ensemble unique en son genre. 

La date la plus probable qu'on peut fixer pour l'origine de la 
tombe est la pe'riode comprise entre les empereurs de la famille 
des Flaviens et Hadrien (c'est-à-dire entre la fin du premier 
siècle ap. J.-Gh. et la première moitié' du 11"'^ siècle). 

Les personnages qui repre'sentent les deux statues place'es 
dans le vestibule et reproduisent les reliefs (l'homme et la 
femme à qui les prêtres des morts adressent des prières), sont 
les proprie'taires primitifs de la tombe. Rien ne dit qu'ils aient 
e'te' des personnages très remarquables, mais évidemment ils de- 
vaient être assez riches. Qu'ils aient e'te' grecs ou romains ou, 
comme il est problable. e'gyptiens, ils suivaient ces tendances 
syncre'tiques qui tâchaient de fondre, sans y re'ussir, et mê- 
laient dans un ensemble peu organique, les croyances et les 
formes artistiques grecques avec les croyances et les formes ar- 
tistiques de l'Orient. 

On sort de la chapelle fune'raire et du vestibule pour entrer 
dans la galerie qui en fait le tour. On passe par la porte de 



113 

droite, au pied de l'escalier monumental. Sur les parois de cette 
galerie, s'ouvrent de nombreux loculi. dont plusieurs sont encore 
clos et dont les dalles gardent les anciennes inscriptions, peintes 
en noir ou en rouge, indiquant le nom et l'âge du mort. 
En ge'ne'ral, les loculi renfermaient plusieurs cadavres (de deux 
à quatre). Dans quelques niches, des urnes sont encore en place; 
elles gardent les cendres de ceux qui avaient préfère' la cre'ma- 
tion à r inhumation. 

De cette galerie s'en de'tachent d'autres, qui donnent accès 
à des chambres semblables à la chapelle centrale, mais dépour- 
vues de toute ornementation. 

Il semble que la tombe, à l'origine, n'avait pas le plan com- 
plexe que nous constatons aujourd'hui. Plusieurs chambres et 
galeries paraissent avoir e'te' ajoute'es à des e'poques successives. 
L'agrandissement de la tombe serait dû ou bien à des familles qui 
s'en e'taient successivement empare'es ou mêaie, d'après l'opinion 
de von Bissing, à quelque entrepreneur de pompes funèbres. 

D'ailleurs il n'est nullement ne'cessaire de supposer que cet 
agrandissement est dû à ces causes. 11 peut se faire que la 
tombe ait servi aux membres d'une même corporation fune'raire. 

On remonte l'escalier monumental. 

Par une ouverture pratique'e dans une des petites chambres 
qui s'ouvrent sur le pourtour de la galerie, on peut pe'ne'trer 
dans un autre tombeau forme' d'un long escalier d'accès (provi- 
soirement bouche'), d'un grand puits quadrangulaire très profond, 
d'une galerie late'rale, où on remarque des sarcophages et des 
restes assez inte'ressants de peintures, puis d'une vaste salle dont 
les parois sont garnies de plusieurs rayons de loculi. Les fresques 
qui de'corent cette tombe sont très voisines, au point de vue du 
style, des reliefs de la tombe d'à côte'. 

Dans la niche, qui s'ouvre dans la paroi nord-ouest de la 
galerie late'rale, on observe au-dessus du sarcophage, la scène 
suivante peinte sur une e'paisse couche de stuc blanc, dont toute la 
surface du sarcophage et de la niche e'tait recouverte. 

Isis et Nephtys, se faisant face et les ailes de'ployc'es, protègent 
la momie d'Osiris. Elles portent, comme d'habitude, la longue 
tunique collante, et ont sur la tête le disque solaire entre 
deux cornes de vache. A droite et à gauche, derrière les dJesses, 
se tient debout un homme ayant la tête surmonte'e par deux cor- 
nes. Le sceptre qu'il tient dans la main droite indique en lui 
un roi ou un dieu, mais il n'est pas possible de l'identifier. 

De même, on ne peut pas donner un nom aux figures assises sur un 
trône, peintes sur les petites parois latérales. Au-dessus de ces images 
court, tout autour, une guirlande de simples feuilles oblongues. 



=-— — ÏI4 — 

Les deux pilastres sont également peints. En bas un dessin 
repre'sentant un grillage; en haut, dans la paroi inte'rieure, 
l'oiseau âme, c'est-à-dire un oiseau à tête humaine sans la barbe, 
avec le disque solaire entre deux cornes et l'uraeus ; dans la 
paroi extérieure, Horus-Re (de'signe' comme tel par le faucon 
peint au-dessus de lui, à gauche). Il est debout sur une fleur 
de lotus, et il tient une fleur de lotus dans sa main droite. 

Sur le plafond on remarque les maigres vestiges de deux divinite's 
fe'minines. et au milieu d'elles, deux ailes accroche'es à une roue. 
Le fronton est décore' de figures symboliques ; au-dessous d'un 
disque solaire est peinte une coupe d'où semblent sortir des 
flammes ; à droite et à gauche de ce vase sont deux sphinx 
se faisant face. Chacun d'eux tient la patte droite sur une 
roue. On doit y voir le griff'on de la de'esse Ne'me'sis, ou mieux 
encore la déesse Ne'me'sis elle-même sous son aspect zoomorphe. 

On appelle cette tombe la salle de Caracalla-, en voici la 
raison : on y a trouve' une très grande quantité' de crânes et 
d'ossements de chevaux et d'hommes, et feu Botti, pour en 
expliquer la pre'sence, se re'fe'rait au massacre de la jeunesse 
d'Alexandrie ordonne' par Caracalla. Les malheureux jeunes 
gens, poursuivis par les soldats de l'empereur, auraient espe're' 
se sauver en se cachant, avec leur chevaux, dans les catacombes, 
mais he'las ! ils auraient e'te' tue's dans leur refuge à coup de 
pierres. 

L'hypothèse n'est pas invraisemblable, mais elle pourrait bien 
ne pas correspondre à la re'alite'. 

Sur le sommet de la colline qui couvrait les hypoge'es, existait 
autefrois une large mosaïque à dessins ge'ome'triques. Les intem- 
pe'ries des saisons et les fouilles projete'es, nous ont pousse's à 
la transfe'rer au Muse'e. De cette esplanade, on a une belle vue 
sur le port, sur les faubourgs occidentaux de la ville et sur le 
lac Mareotis. 

BIBLIOGRAPHIE. — Les Bas-reliefs de Kôm el-ChotigaJa édités par la So- 
ciété Archéologique d' Alexandrie. Texte par Fr. von Bissing. Dessins par Gil- 
liéron; Die Nekropole von Kôm-esch-SchiigâJa, Ausgrabungen und Forschungen 
herausçcg-eben von E. Sieglin, bearbeitet von Th. Schreiber, Leipzig, 1908. 
Band I Text S. XVI, 417 in Gross-Follo, Band II S. VIII u. 70 Tafeln. 



I I 



LA NECROPOLE D'ANFOUCHY 



On arrive à la nécropole d'Anfouchy en partant de la place 
Mohamed-Ali el en suivant les rues Franque, Masquid Terbana, 
et Ras-el-Tin. Les deux plus importants hypogées de cette né- 
cropole nous offrent un beau spe'cimen des tombes alexandrines 
d'époque ptole'maïque, ainsi que des échantillons très intt'ressants 
de peintures murales de la même e'poque. Les deux hypoge'es, 
qui sont inde'pendants l'un de l'autre, sont creuse's dans le rocher 
et pre'sentent une analogie frappante dans leur plan comme 
dans leur de'coration. Nous désignerons par I le souterrain du 
sud et par II celui du nord (voir le plan annexe', dresse' par 
ring. E. Simond Bey) (fig. 30). 

I. Par un escalier creuse' à même le rocher et dont les deux 
rampes se rencontrent presque à angle droit, on pe'nètre dans 
un atrium quadrangulaire sur lequel se de'gagent deux tom- 
beaux dont les directions sont respectivement sud-est et nord- 
est« En dehors de V atrium qui est commun, chacun des deux tom- 
beaux est forme' d'un long vestibule destine aux cêre'monies du 
culte fune'raire et d'une chapelle mortuaire plus petite, à laquelle 
on accède par un escalier de deux ou trois marches. 

Nous descendons la première rampe de l'escalier, dont le 
plafond e'tait voûte', et nous nous arrêtons sur le palier. Les parois 
latérales sont couvertes d'un enduit en stuc, sur lequel est 
peinte une de'coration représentant un socle qui repose sur une 
base de couleur jaune grisâtre imitant des dalles d'albâtre; au- 
dessus du socle, se trouvent des rectangles représentant une cons- 
truction en opiis isodoinum. Dans la partie supe'rieure des parois 
du palier e'taient peintes deux scènes, dont la première (à gauche 
de l'escalier) est complètement efFace'e. L'autre nous présente 
le dieu Horus à tête de faucon, debout, tourné de gauche à 
droite, coiffé du klaft, et cherchant à entraîner un personnage (le 



. I lO 

défunt) vers un but qu'il indique de la main droite (l'occident 
ou re'gion de la mort). Le dcfunt. habille' d'une longue robe et 
coiffe' d'une sorte de casque, regarde, à droite, un personnage 
debout qui semble lui parler, et lui pre'sente, de la main gauche, 
un vase. Ce personnage vêtu d'une robe couvrant la poitrine et 
le corps jusqu' aux genoux, coiffe' dune perruque entoure'e 
d'un cercle d'or se terminant par un ruban derrière la nuque et 
par un uraeus sur le front, doit repre'senter, selon l'opinion 
la plus problable, Osiris. Derrière lui est repre'sente'e Isis debout, 



Plan 

des 




HYPOGEES 

de 

LILE DE PHAROS 







Hypogée I 





Relevé et dressé pcr 
L 51MOMD BEy 



Fig-, 30. 



regardant e'galement le de'funt; elle est vêtue d'une longue robe 
qui laisse voir les seins et un bras; elle est coiffée d'un cercle 
d'or et du bandeau. Ce serait, paraît-il, la scène de l'eau lustrale. 
En descendant la deuxième rampe dont la voiJte est de'core'e 
d'e'le'ments ge'ome'triques à base de losanges, on observe, en face 
de soi, sur le haut de la paroi, un troisième tableau, dont la 
moitié' de droite est seule visible. Cette scène devait repre'senter 
l'introduction du de'funt devant Osiris, dieu des morts. Osiris 
est repre'sente' assis, de droite à gauche, sur un trône très orne'. 
Le dieu est dans son enveloppe de momie, coiffe' de la mitre 
solaire, il tient le flagelluni et le sceptre divin. Derrière lui, le 
chien Anubis assiste à la re'ception et regarde la scène. La figure 



debout qui s'avance au-devant d'Osiris est Horus, qui, tenant 
de la main droite un vase, introduit, chez le dieu des morts, le 
de'funt dont la figure est presque complètement efface'e. — On 
entre dans Yatrium, lequel mesure 5 m. 40 sur 4 m. et dont 
les parois conservent des vestiges de l'ancienne de'coration dans 
le même style que celle des parois de l'escalier, style connu 
sous le nom de premier style pompe'ien ou style à incrustations. 

On a, à droite, la porte d'entre'e de la tombe A (voir le plan). 
Le vestibule est de forme à peu près quadrangulaire. L'orne- 
mentation des parois, enduites seulement d'une couche blanche, 
ne semble pas avoir été' achevée pour des raisons qui nous 
échappent, mais elle garde des inscriptions et des dessins peints 
en noir [dipinti) qui ne manquent pas d'intérêt. Ces « dipinti » 
semblent avoir été tracés par quelque ouvrier qui travaillait dans 
l'hypogée, peintre improvisé qui a dessiné des navires et même 
une tête humaine, peut-être le portrait ou la caricature d'un de 
ses collègues. "Voir sur la paroi de gauche l'image (oxiâ) d'An- 
tiphile exécutée par Diodore qui est aussi, naturellement, l'auteur 
de l'inscription. Sur la paroi de droite on observe une barque 
avec sa voile déployée et un navire que de récentes recherches 
ont confirmé représenter un navire de combat, à tourelle, la 
« navis turrita » des Romains. 

Au milieu de la paroi du fond, s'ouvre la porte de la chambre 
funéraire à laquelle on accède par un escalier de deux marchei. 
L'architrave de la porte était formée par une frise d'uraeus et 
était surmontée du disque solaire ailé. L'intérieur, qui est sombre, 
est dépourvu de toute décoration. Sur le sol gisent encore deux 
momies dans un état complet de décomposition. 

Nous revenons dans Vatriuui pour pénétrer dans la tombe B, 
la mieux conservée comme aussi la plus joliment décorée (fig. 31). 
On constate, d'abord, que l'on est en présence d'une chambre qui 
a reçu deux décorations successives. En certains endroits, l'enduit 
le plus récent est tombé et laisse voir à nu une décoration plus 
ancienne qui était constituée, ainsi que celle de l'escalier, par un 
socle assez haut, imitant des dalles en marbre ou en albâtre, re- 
posant sur une base jaune grisâtre. Au-dessus du socle, jusqu'à la 
corniche, il y a des rectangles reproduisant une construction en 
opus isodomum Les blocs rectangulaires ont le contour peint en 
rouge brun. La décoration postérieure est formée par un socle 
imitant un revêtement en albâtre, mais l'espace entre ce socle 
et la gorge qui couronne la paroi présente une ornementation 
aussi riche que variée. Sur le socle reposent trois bandes de 
petits carrés peints en blanc et noir, disposés en damier, puis 
une bande étioite imitant un revêtement en albâtre. Les trois 



ii8 

bandes de petits carres et la zone d'imitation d'albâtre se re'- 
pètent par deux fois, de façon à remplir tout Tespnce compris 
entre le socle et la gorge. 

Dans le damier, à distances e'gales, sont peintes en jaune des 
couronnes de divinite's e'gyptiennes. Le plafond en voûte le'gère 
semble garder sa de'coration primitive, constitue'e par des octo- 
gones jaunes re'unis par des carrés peints en noir. 

A droite et à gauche de la porte de la chambre fune'raire, 
on remarque deux bases sure'leve'es, sur lesquelles sont disposes 
deux sphinx au repos. Le tympan qui surmonte la porte est 
cintre', avec une frise de denticules. Dans le champ du tympan 
plane le disque solaire (fig. 31). 

L'architrave repose sur deux piliers, qui sont censés être 
construits avec des blocs noirs et blancs et qui se terminent 
par des chapiteaux lotiformes. On monte à la chambre fune'raire 
par un escalier de deux marches. L'ouverture de la porte in- 
te'rieure se resserre et la corniche est forme'e par une frise 
d uraeus. Au milieu de la chambre, on a trouve' en place un autel 
en calcaire. Au centre de la paroi du fond, on remarque un 
petit naos qui contenait probablement une idole ou des offrandes. 
Le plafond, qui a reçu lui aussi deux couches successives de 
peinture, e'tait richement de'core' de carre's et de rectangles, imi- 
tant des caissons sculpte's, à Tinte'rieur desquels e'taient repro- 
duites des scènes mythologiques. En regardant avec attention on 
voit de nombreuses traces de figures humaines à l'inte'rieur des 
espaces carre's ou rectangulaires; mais il est impossible, malheu- 
reusement, d'identifier les scènes qui s'y trouvaient repre'sente'es. 
Sur les parois, on retrouve, à peu de chose près, la de'coration 
du vestibule. 

L'entre'e du souterrain II est imme'diaternent à gauche de ce- 
lui que nous venons de de'crire. On arrive dans Vatriutn par 
un escalier de huit marches et par un couloir de 5 mètres en- 
viron de longueur. Uatrimn est quadrangulaire, mais le plan 
en est irre'gulier. Sur Vatriuin s'ouvrent deux tombeaux. Celui 
qui se trouve à gauche de l'entre'e pre'sente des remaniements 
e'vidents. Nous entrons dans le tombeau C (voir le plan), dont 
la porte est couronne'e par une architrave en blocs de calcaire, 
derrière laquelle s'ouvre une lucarne. Le vestibule à forme rectan- 
gulaire est muni de bancs larges, le'gèrement e'ieve's au-dessus 
du sol. La de'coration des parois de l'escalier, comme celle du 
vestibule, e'tait traitée dans le plus ancien des deux styles que 
nous venons d'observer dans le tombeau I. Le plafond avait une 
ornementation géométrique à base de losanges, pareille à celle 
qu'on a vue au plafond de l'escalier du premier souterrain. La 



chambre funéraire est petite, basse et occupe'e, en grande par- 
tie, par un sarcophage en granit où repose une famille toute 
entière. 

Le tombeau D me'rite une attention spéciale si l'on veut com- 
prendre la transformation qu'on lui a fait subir quelques siècles 
après sa construction primitive. La tombe la plus ancienne e'tait 
forme'e d'une chambre rectangulaire dont les parois e'taient de'- 
core'es dans le style à incrustations (orthostate à dalles d'albâtre, 
et blocs rectangulaires dispose's en assises e'gales). La déco- 
ration de la voûte imite des caissons sculptés ayant la forme 
d'octogones et relie's entre eux par de petits carre's. Sur cette 
tombe, sans doute d'e'poque helle'nistique, on a greffe' à l'e'poque ro- 
maine une construction nouvelle en briques cuites avec trois sarco- 
phages. Cette construction ne cache pas complètement l'ancienne 
de'coration, qui est encore assez bien conserve'e dans la chambre 
fune'raire primitive (entrer par le passage à droite du sarcophage 
du miUeu). 

BIBLIOGRAPHIE. — Bottt, Description sommaire de la nécropole d'An- 
fouchy, in Bull. Soc. Arch. d'Alex., n. 4, p. 16-30; K. M. Blomfiei^d, Sketch oj 
Anciént War-Ship on Wall of Tomb near Anjushi Bay ; Sc-aivF^ Alexandri- 
nische Dipinti, ErsteiTeil, Leipzig-, Hirsciifeld. 1905 ; Assmann- E., Dz> Schiffs- 
bilder von Althiburns und Alexandria, in Jahrbuch d. k. d. a. Instituts, XXI, 
pag. 107-115. 



ENVIRONS D'ALEXANDRIE 



TAPOSIRIS MAGNA - KARM ABOU MINA. 



Parmi les excursions les plus inte'ressantes qu'on puisse faire 
en Et^ypte, on doit compter celle du « Mariout » jusqu'à Taposiris 
Magna (Abousir) et aux sanctuaires d'Abou Mina. La meilleure 
e'poque est celle qui va de janvier aux derniers jours de mars, 
alors que la flore du de'sert est dans son plein épanouissement. 
L'excursion demande une journée si l'on veut borner la visite 
soit à Taposiris Magna, soit à Karm Abou Mina ; elle exige 
deux jours si l'on veut visiter les deux endroits. 

Le train passe au milieu de nombreuses collines plates sur- 
montées de fours à chaux ; et, après Gheikhana, il parcourt une 
étroite et longue digue qui sépare les salines de Dekhela du lac 
Mariout. La première gare après la digue est celle d'Abd-el-Kader, 
petit village dans une position pittoresque au pied d'une colline, 
dont la hauteur est occupée par un cimetière. Le village d'Am- 
rieh, qui vient après, est le lieu de résidence du mamour du 
district. Chaque semaine on y tient un marché très fréquenté. 

Les alentours d'Amrieh sont bien cultivés: on y voit des 
jardins, des vignobles et des palmeraies: c'est le résultat des 
etforts et des essais que le Khédive actuel, S. A. Abbas Hilmi, 
a faits pour donner au Mariout une nouvelle prospérité, La gare 
suivante est appelée Second Mariout; vient ensuite celle d'Hawa- 
rieh. Quelque temps avant d'arriver à Bâhig, on aperçoit la tour 
d'Abousir. Km. 40 Bâhig. 

Dans l'antiquité, comme de nos jours, il v avait dans la 
région maréotique un lac qui avait disparu au moyen âge et 
qui s'est rempli à nouveau en 1801, lorsque les Anglais, pour 
isoler Alexandrie, coupèrent les dunes près d'Aboukir. Le lac 
était réuni par un canal à la branche canopique du Nil et commu- 



niquait avec Alexandrie par un autre canal, qui allait se de'verser 
dans l'Eunostos. Au milieu du lac, il y avait, à l'époque gréco- 
romaine, huit îlots qui étaient très fertiles et habite's, dans la 
bonne saison, par de riches proprie'taires qui avaient bâti de 
jolies maisons de campagne et des fermes. Tout le rivage 
entourant le lac était aussi d'une remarquable fertilité 0) et couvert 
de vignobles dont le vin eut l'honneur d'être mentionné ou 
célébré par Virgile, par Horace, par Lucain, par Strnbon, par 
Columelle, par Athénée. 

Aujourd'hui même, on trouve encore des traces évidentes de 
cette culture, mais elles étaient plus nombreuses à l'époque de 
Mahmoud El-Falaki [Antique Alexandrie^ 1872, pag. 93). 

« Les champs innombrables qu'on y voit encore aujourd'hui, 
dit cet auteur, portent le nom de Karm qui veut dire vignoble. 
L'infinité de villes ou villages dont on distingue encore les rui- 
nes, les usines à vin et les pressoirs que nous y avons découverts 
par les fouilles, les citernes, sakieh, et puits dont le sol est jon- 
ché, tout enfin prouve la prospérité passée du pays, l'abondance 
de ses produits en vins et huiles, et atteste la véracité des 
récits des anciens écrivains concernant la beauté de ce pays 
vignoble et la richesse de sa nombreuse population ». 

Naturellement il ne faut pas s'exagérer cette prospérité et 
cette richesse. Elles sont assez grandes, si on les considère 
en rapport avec les conditions économiques et démographiques 
de l'antiquité. Il paraît certain que même dans l'antiquité la 
seule culture possible dans le Mariout était la culture extensive, 
et que les arbres y étaient rares. 

De nos jours, la région n'est peuplée que par des Bédouins 
qui habitent de pauvres villages ou vivent sous des tentes, et qui 
exercent surtout le métier de pasteurs. Le produit le plus im- 
portant est l'orge. 

"A l'époque chrétienne, le Mariout n'était pas trop déchu de 
sa prospérité et il est notoire qu'il fut un des centres les plus 
florissants du christianisme. La tradition nous dit qu'il y avait, 
à cette époque, plus de 600 couvents dans la contrée. Depuis 
le sixième siècle, la région s'appauvrit toujours davantage. Toute- 
fois, même au X'V'"'' siècle de l'ère chrétienne, un historien arabe 
citait le Mariout comme une région peuplée et fertile. 

La capitale du Mariout, à l'époque gréco-romaine, était Marea, 
située sur une péninsule qui s'avançait vers le côté sud du lac. 
Je crois avoir identifié l'emplacement de cette ville, et je compte 
pouvoir en explorer prochainement les ruines. Taposiris Magna 

(i) Voir Weedon, Report on Mariout District dans The Cairo Scieiitijic 
Journal , n. 72-73, vol. VI, September and October 1912, et Bibliographie, ibidem. 



tenait probablement la deuxième place en importance et en 
richesse. 

Taposiris Magna. — I.a grande construction quadranguloire, 
dont les gros murs se dressent encore sur le haut de la coUine, 
est connue des Be'douins sous le nom de Kasr-el-Bardauil, et 
elle est conside're'e comme le palais d'Abou Zeit le conquérant 
de la Berbsrie. Elle n'est autre chose que le temple d'Osiris, ce- 
lui même qui donnait son nom à la ville (fîg. 32). 

En effet le nom Abousir nous indique que le lieu e'tait proba- 
blement consacre' à Osiris. Taposiris Jtait b centre d'où le pre- 




Fig. 32. 



fet d'Egypte faisait le recensement du nome libyque. Son marche 
e'tait tellement fréquente' que l'empereur Justinien (527 ap. J.-Ch.) 
y fit bâtir un palais municipal et des bains publics. A peine ar- 
rive-t-on sur les collines qui sont au nord du village de Bàhig, 
qu'on aperçoit, au loin devant soi, un peu à gauche, la tour 
des signaux (tour des Arabes) et les ruines du grand temple. 
Le nom moderne de la localité, Abousir, est p:ir lui-même une in- 
dication que ces ruines sont bien celles de l'ancienne Taposiris. 
Les premiers savants qui ont eu l'occasion de s'en occuper au 
XvilL'ic siècle et au commencement du XIX""-' (D'Anville, Cham- 
pollion, etc.) ne s'étaient pas trompes à ce sujet. D'ailleurs une 
inscription que j'ai de'couverte pendant les fouilles pratiquées dans 



124 

les ruines, nous fournit un document positif, montrant qu'il 
s'agit bien de Taposiris. C'est une base de statuette votive, en 
granit noir, de'die'e par les prêtres de Taposiris : A7<o[//]r Aa- 
(j)jToç I evoe^f] 01 àjTo | TajTooeiQscoç \ isgelç- Pendant les fouilles nous 
avons trouve des vestiges assez fréquents remontant à Te'poque 
ptole'maïque, mais presque aucune trace de la civilisation pha- 
raonique. Par conse'quent on peut accepter comme vraie l'opi- 
nion e'mise par les voyageurs du XIX"'^ siècle, que l'ensemble de 
la ville doit remonter au plus tôt au premier siècle de la dy- 
nastie des Ptole'me'es (^) (300-200 av. J.-Ch.). 

Dès qu'on descend dans la plaine, la marche devient très 
facile. Les ruines de 1' ancienne ville couvrent la pente sud 
de la colline, sur laquelle est bâti le temple, jusqu'à la digue 
limitant de ce côte' le lac qui par ailleurs s'e'tendait un peu au- 
delà de Taposiris. Le temple, qui mesure 86 m. de longueur et 
86 m. de largeur, est de style égyptien et ne comprend plus que 
les parois extérieures: celles-ci bâties en blocs de calcaire, mesurant 
en longueur entre i m. et i m. 10 cm., et en hauteur entre 
o m. 50 cm. et o m. 60 cm., sont soigneusement travaille'es. 
Plusieurs de ces blocs portent grave'es des marques anciennes. 

L'espace compris dans cette vaste enceinte produit l'impression 
d'un grand vide, les fouilles n'avant mis à jour que les parties 
infe'rieures de murs appartenant à une se'rie de chambres qui 
e'taient adosse'es à la paroi me'ridionale, ainsi que les vestiges 
d'une petite e'glise chre'tienne dont l'abside e'tait appuye'e aux 
pylônes. 

La paroi orientale du temple est forme'e de deux pylônes 
au milieu desquels s'ouvre l'entre'e principale. A l'inte'rieur 
des deux massifs, un escalier e'troit, pratique' dans l'e'paisseur 
des murs, permet d'atteindre la partie la plus e'ieve'e. De là on 
jouit d'une vue admirable sur le de'sert et sur la mer, dont la 
couleur bleue-turquoise est si belle qu'il est difficile de rencontrer 
sa pareille. 

De temps en temps, on entend monter de la vaste plaine so- 
litaire, mêle'e à la puissante voix de la mer, la cantilène primi- 
tive et me'lancolique d'un Bédouin qui appelle la sultane de son 
rêve. S'il fait beau on peut distinguer au loin vers le nord-est 
le phare d'Alexandrie et la ville elle-même. 

Le temple a deux autres entre'es plus petites se faisant vis- 

(i) Il ne s'ensuit pas que Pacho ait eu raison d'affirmer < que les Egj^ptiens 
n'avaient ni élevé des monuments, ni fondé aucune ville dans la Marmarique 
avant d'être soumis aux Grecs, et que dans les temps antérieurs ces pays ne 
devaient être habités que par des hordes errantes et peut-être aussi par des Berbères 
et des Libyens >. A Gharbanïat, ainsi qu'à Abou Girge, il existe des vestiges 
considérables de l'époque de Ramsès II. 



.— 125 

à-vis dans les parois nord et sud. La porte du sud donne sur 
un petit plateau qui descend doucement vers la ville dont on 
rencontre tout près les premières maisons. La porte du nord 
s'ouvre presque à pic sur le flanc de la colline ; elle commu- 
niquait avec une rue qui descendait en pente rapide vers la 
plaine et la mer. 

Les parois nord et sud sont conserve'es dans toute leur lon- 
gueur et en plusieurs endroits dans toute leur hauteur (environ 
9 m.). Leur épaisseur est de 4 m. en bas et de 2 m. en haut. 

Tandis que la paroi sud repose directement sur le rocher, la 
paroi nord est appuye'e sur une plate-forme construite avec d'e'- 
normes blocs. Cette plate-forme e'tait ne'cessaire pour obtenir une 
surface horizontale. Le mur ouest est presque en ruines et en 
ge'ne'ral tous les murs, tant à l'extérieur qu'à l'inte'rieur, ne pre'- 
sentent pas une surface droite et uniforme. Ils sont divises en 
surfaces qui alternativement font saillie Tune sur l'autre. La saillie 
est de o m. 25 à o m. 30. Les parties qui avancent sont plus larges 
(9 m.) que celles qui sont en arrière (7 m.). Sur les faces ex- 
térieures des pylônes on observe quatre rainures destine'es à 
recevoir les mats des bannières lorsqu'on ce'le'brait quelque 
fête solennelle. 

A un moment donne' le temple a e'te' transforme' en forteresse. 
Ceci est prouve' par les nombreux tronçons de colonnes doriques 
cannele'es qui constituent actuellement les rayons supe'rieurs de 
la partie nord-ouest du mur d'enceinte. Çà et là on voit e'gale- 
ment de nombreux blocs travailles (triglyphes et me'topes) ayant 
appartenu à la frise d'une grande bâtisse. Cette transformation 
en forteresse explique la disparition totale des e'difices qui exis- 
taient à l'inte'rieur de l'enceinte, 

A Test du temple s'e'tend une vaste esplanade actuellement 
occupe'e par les casernes des gardes-côtes. Au sud de ces ca- 
sernes nous avons mis à de'couvert les ruines d'une maison, 
dont les chambres ont le sol de'core' de mosaïques à dessins 
ge'ome'triques. 

Tout près de l'angle sud-est du temple on peut visiter les ruines 
de plusieurs maisons prive'es, bâties en partie avec des blocs cal- 
caires bien tailles, en partie avec des briques crues (fîg. 33). Les 
parois e'taient revêtues d'un enduit de stuc peint. La porte d'en- 
tre'e d'une de ces maisons s'ouvre sur une terrasse forme'e de 
gros blocs. Au-dessous de cette terrasse est un autre palier, au 
centre duquel se dresse un large soubassement cubique. Ce sou- 
bassement est sur l'axe d'une chambre rectangulaire qui se trouve 
à l'e'tage inférieur. Cette chambre, en partie taille'e dans le 
rocher, en partie construite, est certainement un lieu destine' au 



I 2 6 , 

culte. On y parvient en descendant du cote' ouest à travers un amas 
de ruines appartenant à diffe'rentes e'poques, et parmi lesquelles 
on peut reconnaître une chambre aux parois recouvertes d'une 
couche très solide de ciment rouge; elle constituait une sorte 
de filtre pour les eaux pluviales, qui allaient ensuite se déverser 
dans une citerne inférieure. 

Toute une se'rie d'amphores à fond troue', dispose'es en plan 
incline', e'tait inse're'e dans les conduits qui faisaient communiquer 
la chambre supe'rieure avec la citerne. 

L'entre'e principale de la chambre oblongue, dans laquelle nous 
avons reconnu un lieu de culte, s'ouvre au sud ; au fond de la 
chambre, sur la paroi nord, est une haute chapelle à section rec- 
tangulaire, flanquée de 
deux colonnes (rig. 3^). 
Devant la chapelle est 
un escalier à trois degre's. 
Des niches plus petites 
sont taille'es sur les parois 
late'rales. Au bas de ces 
parois existent à droite 
et à gauche deux bancs 
peu e'ieve's au-dessus du 
sol, mais assez larges, de 
façon à laisser au centre 
un e'troit passage. Dans 
l'angle nord-est de ce 
petit temple s'ouvre une 
cellule carre'e, taille'e à 
l'inte'rieur des rochers, et 
dépourvue de toute fenêtre. Au milieu du plafond est fixe un 
anneau pour y suspendre une lanterne. Sur les parois on ne 
voit que de petites niches. G'e'tait sans doute l'habitation du 
prêtre du sanctuaire. Avant l'entre'e de cette chambre s'ouvre 
la bouche d'un puits profond de 13 mètres, qui communique avec 
un canal souterrain aux parois solidement cimente'es et se diri- 
geant du nord au sud. Ce canal est actuellement à sec. Il ne 
nous a e'te' possible de l'explorer que sur une longueur de 800 
mètres seulement, le passage e'tant obstrue' par les matériaux 
descendus de deux autres puits. 

A droite du sanctuaire on peut visiter plusieurs chambres, 
ainsi qu'un beau four en briques cuites, assez bien conserve'. 

Il est très probable que le petit temple e'tait de'die' au culte 
des oiseaux et des poissons dont nous avons découvert la nécro- 
pole une quinzaine de mètres plus bas sur la pente de la colline. 




Fig. 



127 

On descend dans ce cimetière d'animaux sacre's, par un étroit 
escalier de vingt degrés. Il est forme' d'une chambre centrale 
donnant accès à quatre autres chambrettes : dans une de celles- 
ci on voit un amas d'ossements ayant appartenu aux momies de 
différents oiseaux (faucons, ibis) ; dans une seconde sont toujours 
en place de nombreuses momies de ces mêmes oiseaux envelop- 
pe'es dans des bandes de toile ; dans une troisième il y a un 
énorme de'pôt de poissons, enveloppe's dans de la toile, mais, 
comme presque tout le reste, carbonise's. 

Une fois dehors, on suit pendant quelques mètres un 



en basalte, et on 



tronçon 
parvient à 



d'une belle rue pave'e de blocs 
l'entre'e d'un groupe de curieux 
souterrains. Le premier est forme' 
d'une chambre rectangulaire, sur 
la paroi occidentale de laquelle 
est taille'e une cavité' oblongue. 
plus basse d'un demi-mètre que 
le sol de la chambre et ayant la 
voûte cintre'e. 

Un tuyau dont l'origine n'a 
pu être de'couverte, introduisait 
dans le bassin un liquide (eau 
ou vin) qui sortait par un autre 
tuyau ame'nage' dans la paroi 
oppose'e s'avançant toujours dans 
le sous-sol. Il n'a pas e'te' possible 
de voir où il allait se de'verser. 

Au centre de la paroi nord 
de la chambre rectangulaire est 
taille'e une niche semi-circulaire; 
une petite fenêtre ouverte dans 

la paroi orientale laisse voir une seconde chambre rectangulaire. 
Celle-ci communique avec l'extérieur par un puits carre qui s'ouvre 
au milieu du plafond dont la voûte a la forme d'un arc surbaisse'. 

Une large ouverture pratiquée dans la paroi sud de la pre- 
mière chambre est actuellement obstruée par un amas de gros 
blocs. De cette chambre on pe'nètre par un passage e'troit et 
voûte', ouvert tout près de l'angle ouest, dans un souterrain à 
section circulaire ayant la voûte en coupole. Ce souterrain est 
relié à un autre qui lui est adjacent, et qui est tout à fait iden- 
tique soit par la forme soit par les proportions; mais, tandis que 
ce dernier a la voûte parfaitement fermée, l'autre communique 
avec l'extérieur par une étroite ouverture circulaire qui descend 
verticalement du dehors sur le centre de la voûte. 




'g- 34- 



/28 

Dans la tholos a, au-dessous de la coupole, s'ouvrent tout au- 
tour des niches quadrangulaires profondes d'environ un demi- 
mètre et un peu plus hautes. En correspondance avec ces niches 
et appuye'e au sol, il y a une marche basse et large ; devant 
celle-ci sont creuse'eS de petites cuvettes. La voûte e'tait remplie 
d'inscriptions et de dessins [graffiti]^ dus à d'anciens visiteurs, 
mais on n'a pu en tirer aucune indication sur le but et le carac- 
tère du souterrain. Le souterrain b présente à peu près le même 
e'tat de choses que le souterrain a. 

Le prof. H. Thiersch y reconnaît sans hésiter une tombe. 
Les niches auraient renferme' des urnes cine'raires, analogues à 
celles dont le Muse'e possède une si riche collection et dont 
une partie a e'te' de'cou verte (entre Chatby et Ibrahimieh) dans 
une tombe à coupole. En dépit de certaines analogies inde'- 
niables avec l'hypogée des mercenaires de'crit par Ne'routsos, la 
conclusion de Thiersch nous laisse dans le doute. 

En effet, quel rapport peut-on e'tablir entre les cuvettes 
creuse'es dans le sol, et les niches ? Celles-ci sont sur un seul 
rayon dans les deux hypoge'es, tandis que dans la seule tholos 
d'Alexandrie elles e'taient sur cinq rayons. D'autre part dans le 
terreau et les de'tritus qui remplissaient aux deux tiers le souter- 
rain, nous n'avons rencontre' aucun tesson qui ait pu appartenir 
à une urne cine'raire, ni aucune trace de cendres ou d'ossements 
humains. Les chambres qui sont annexe'es aux tholoi, ne semblent 
pas convenir non plus à une tombe. Etant donne' l'absence de 
tout e'ie'ment qui puisse nous e'clairer d'une f;içon sûre et directe, 
et le manque de toute inscription explicative, il est difficile d'e'- 
mettre une opinion bien ferme ; mais, si je n'ose appeler l'en- 
semble de ce souterrain un mithrenm^ je suis tente' d'y voir un 
lieu de culte pour une divinité' dont les rites imposaient des ce'- 
re'monies pareilles à celle du culte de Mithra, comme bains, 
ablutions, libations, sacrifices d'animaux, etc. 

Dans un de ces souterrains on a recueilli une massue en 
marbre ayant appartenu à une statue d'Hercule, mais elle y 
e'tait e'videmment tombe'e du dehors. La même chose a pu arriver 
au lion en calcaire, qui est toujours en place dans la seconde 
chambre rectangulaire. Si, en sortant des hypoge'es, on côtoie 
les fouilles au pied de la colline, on peut visiter les ruines de 
plusieurs maisons. Dans une de ces maisons on remarque les 
vestiges d'un joli portique, dont les doubles colonnes des angles 
ont la section en forme de cœur ou de feuille de lierre. Cette 
maison remonte assez probablement à l'âge helle'nistique. 

Dirigeons-nous vers la colline, qui est surmonte'e d'une belle 
tour (fig. 35). Cette tour mesure actuellement en hauteur 17 m. Sa 



. - F 2 9 ■ — - - 

base est formée d'une haute plateforme quadrangulaire, mesu- 
rant I I m, de chaque côte. Sur cette base se dresse un second 
étage octogonal ; quatre des parois font alternativement une 
saillie considc'rable sur les quatre autres. Du cote' nord, vers la 
mer, on observe les restes d'un escalier. Sur le second e'tage 
s'en élève un autre de forme cylindrique. 

Au premier abord on incline à penser que cette construc- 
tion e'tait un monument fune'raire, d'autant plus qu'elle est placée 
au milieu de la ne'cropole, et se trouve sur l'axe d'une ["vaste 
tombe souterraine; toutefois Hermann Thiersch doit avoir raison 
en y reconnaissant le Phare 
destine' à prote'ger la naviga- 
tion le long de la cote entre 
Plinthine et Taposiris et en 
voyant dans ce monument, 
muialis nwiaiidis^une copie 
de son frère aine', le grand 
et ce'lèbre Phare d'Alexan- 
drie. 

Toute la colline environ- 
nante est remplie de tombes. 
Quelques-unes ont la forme 
de fosses dans lesquelles 
e'taient de'pose's des cadavres 
revêtus d'unenduit déplâtre, 
avant la face couverte d'un 
masque en plâtre dore' ; 
d'autres fosses ont la forme 
d'un puits, d'autres enfin 
celle d'une chambre. Ces 
dernières sont ge'ne'ralemenî 
forme'es d'un long corridor 

d'accès à plan incline ou pourvu^d'un escalier et d'une chambre 
dont les parois sont occupe'es par plusieurs^ rayons de locuîi. 
Dans une de ces tombes on peut voir qu'à côte' des hommes on 
avait enseveli quelquefois des chevaux. 

Du sommet du temple, en regardant vers le sud, on distingue 
très clairement une digue longue de plus d'un kilomètre, qui se 
dirige parallèlement à la ligne des collines, de Torient à l'oc- 
cident. Cette digue aboutit vers l'ouest au delà d'un beau pont 
dont la construction remonte sans aucun doute à l'âge romain. 
H semble évident que le lac se prolongeait jusqu'à Taposiris, et 
que la digue renfermait les eaux dans une espèce de port. De la 
sorte Taposiris commandait deux ports : l'un intc'rieur pour le 




Fig. 



commerce avec les pays baignes par le lac MarJotis, l'autre sur 
la mer pour le commerce extérieur. 

Tout près du pont ci dessus mentionne, on observe une rue 
large et solide, bien pave'e, qui monte par une pente légère en 
ligne droite vers le temple, et, passant à 50 mètres à l'ouest de 
celui-ci, descend par la pente oppose'e. En bas de la plaine, sur 
la plage, les vestiges de cette rue disparaissent, mais les Bédouins 
de la contre'e affirment qu'elle continue jusqu'au bord de la mer. 
Probablement cette rue avait pour but de rendre faciles et ra- 
pides les communications entre le port sur la mer et le port 
sur le lac. 

Toutes les collines environnantes sont riches en carrières, sou- 
vent très pittoresques. Ces carrières ont servi à extraire le cal- 
caire nécessaire à la construction de la belle ville provinciale de 
l'Egypte gre'co-romaine. Egalement nombreuses sont les grottes 
soit naturelles soit artificielles. 

Les ruines qui se trouvent à une demi-heure au nord d'A- 
bousir, tout près de la plage, appartiennent à l'ancienne Plin- 
thine, la petite ville maritime qui donnait son nom au golfe 
tour entier. 

BIBLIOGRAPHIE. — Pacho, (1819), Voyage dans la Marmarique, p. 7 et 
suiv.; ScHOLz (1820-21), Reise in die Gegeiid zwischen Alexandria nnd Para- 
tonium, p. 48 suiv,; Minuxoli (von) H., Reise ziim Tempe! des Juppite^ Ain- 
mou, p. 14 et suiv.; Mahmoud el-Falaki, o. c., p. 97-98; Robkcchi-Brichetti, 
All'Oasi di Giove Ammone (1890), p, 34 et suiv.; Thiersch H., Pharos etc , An- 
hang, p. 202-211. 

Sanctuaires d'Abou Mina (fig. 36). — De la gare de Bâhig, 
point de départ, il faut deux bonnes heures pour rejoindre Karm 
Abou Mina, sur un cheval médiocre ou sur un bon baudet. 

Saint Menas était un soldat romain, originaire d'Egypte (de 
Nikiou ?) servant en Phrygie dans une des sociae cohortes appelées 
Niimeri Rutalici. Il avait été élevé dans la religion chrétienne. 
Au moment de la persécution décrétée par Dioclétien contre les 
chrétiens, au lieu de se cacher, il proclama publiquement sa 
foi. Ses chefs n'épargnèrent ni prières ni menaces pour le ra- 
mener au paganisme, mais Menas refusa toujours d'obéir au dé- 
cret impérial. Il fut mis à la torture d'abord, puis décapité (296). 
Il avait manifesté le désir d'être enseveli en Egypte. Ses co- 
religionnaires recueillirent les restes de son cadavre qu'on avait 
brûlé et, lorsqu'une partie de l'armée de Phrygie fut transférée 
en Gyrénaïque, ils prirent avec eux les cendres du martyr. Au 
bord du lac Mariout, dit la légende, le chameau qui les trans- 
portait s'arrêta, s'agenouilla et ne voulut plus marcher. 

On vit dans l'immobilité de l'animal un signe de la volonté 



— — 13' 

du Saint et on l'enterra dans ce lieu même, auprès d'une source 
d'eau douce. Bientôt la renomme'e se re'pandit que cette eau 
e'tait devenue miraculeuse et les pe'lerins accoururent même de 
très loin pour demander à saint Me'nas la gue'rison de leurs ma- 
ladies. On ne tarda pas à bâtir une e'glise au-dessus de la tombe. 
Cette e'glise devint, après quelque temps, insuffisante et l'em- 
pereur Arcadius (395-408) projeta et fit construire une grande 
basilique qui fut ajoutée en prolongement à l'est de l'église an- 
cienne. Le V"'^ et le VP"^ siècle marquent la pe'riode de la 
plus grande prospérité' de ce sanctuaire. Le culte du saint ne se 




''^^- 'ls£ûàti.0méS^^' 



FiiT. ;f). 



re'pandit pas seulement dans toute la re'gion marcotique (voir au 
Muse'e les fresques d'Abou GirgJ et le bas-relief provenant de 
De'khe'la) mais aussi dans toute l'Egypte, dans l'Afrique du Nord, 
en Asie Mineure (Smyrne), en Gaule, en Dalmatie et à Rome. 

Une e'glise de St. Me'nas s'c'levait à Rome sur la voie d'Ostie, 
entre la porte et la basilique de St. Paul. Elle avait e'te' fonde'e 
par une corporation alexandrine sous le pape Pe'lage II en 589. 

Pendant le VII"^^ et le VIII'"'^ siècle, le sanctuaire marco- 
tique, mine inépuisable de marbres et de pierres de prix, 
eut à subir des de'gâts et des spoliations. Une spoliation me'tho- 
dique eut lieu vers la moitié' du IX""*^ siècle. Peu après, le 
Gouverneur musulman se fit de'livrer le trésor du temple. A 
partir de cette date on peut dire que la basilique de St. Me'nas 



I 32 

avait vécu. Son souvenir était reste dans le nom d'Abou Mina 
ou Bou Mna, par lequel les Re'douins de'signaient ses ruines, 
qu'un savant allemand, Monsignor Kaufmann, identifia en 1905. 

Les fouilles syste'matiques qu'il put y entreprendre et pour- 
suivre sur une vaste e'chelle ont donne' des re'sultats très impor- 
tants. En etiet, on a remis à jour la basilique d'Arcadius et 
ses annexes : la tombe du saint, de nombreux coenobia^ ainsi 
que des basiliques secondaires. Tous ces e'difices sont extrême- 
ment ruine's, mais leur plan grandiose se pre'sente en entier 
devant nos yeux, et nous donne une ide'e exacte de leurs pro- 
portions monumentales. D'ailleurs, maigre' le vol, la destruction 
et la spoliation, on a toujours, sur place, l'impression de la ri- 
chesse de cet ensemble de sanctuaires qu'on a appelé' à juste 
titre une « ville de marbre ». 

Une demi-heure avant d'y arriver par la gare de Bàhig, on 
aperçoit à l'horizon, du haut du chemin qui descend doucement 
vers le sud, la ville d'Abou Mina qui s'étend au milieu des on- 
dulations d'un terrain aujourd'hui de'sert. 

On côtoie la basilique du cimetière et on parvient à la mai- 
sonnette appartenant au Service des Antiquite's. On y descend 
et on y laisse les montures. En se dirigeant vers le sud, on ar- 
rive, en quelques minutes, à la grande basilique. On est tout de 
suite frappe' par l'e'norme quantité' de marbres, plus ou moins 
fragmentaires, qui recouvrent le champ des fouilles. Là où le marbre 
n'avait pas e'te' employé', c'e'taient de gros blocs calcaires bien 
equarris. La basilique proprement dite mesure en longueur 60 m., 
en largeur 26 m. 50. La nef transversale a une longueur de 
50 mètres. La longueur totale du groupe des e'difices sacre's, 
comprenant la basilique, l'église plus ancienne au-dessus de la 
tombe du saint et le baptistère, atteint 120 mètres, La basihque 
e'tait à trois nefs. La toiture e'tait soutenue par 56 colonnes de 
marbre surmonte'es de beaux chapiteaux de'core's de feuilles d'a- 
canthe. Les bases en marbre de ces colonnes sont presque 
toutes en place ; ici et là on voit des chapiteaux plus ou moins 
casse's ; un bon nombre ont e'te' transporte's à Francfort, d'autres 
sont au Muse'e d'Alexandrie. 

Les parois e'taient revêtues de dalles en marbre L'abside bâtie 
avec de gros blocs calcaires rectangulaires mesure 10 m. 70 en 
largeur et 6 mètres en profondeur. Au-dessous de l'abside sont trois 
chambres remplies d'ossements humains. Devant l'abside se dres- 
sent les suhsellia et la cathedra. Celle-ci est place'e au milieu 
de la paroi orientale d'une enceinte presque carre'e, ferme'e par 
une grille. Au centre de cette enceinte qui renfermait aussi le 
presbytère et la schola cantorum^ se dresse l'autel. Deux portes 



'33 



aménagées du cote' sud de la grille donnaient accès à Ten- 
ceinte : celle-ci d'autre part communiquait avec la nef princi- 
pale par un long corridor ou passage central. 

Sur la paroi me'ridionale de la basilique s'ouvrent quelques 
portes, qui donnent sur un très vaste atrium, dont le sol est 
parsemé' de blocs de marbre : tronçons de colonnes, chapiteaux, 
grilles, etc. L'e'glise préexistante avait rendu impossible un autre 
emplacement de l'atrium. 

Tout près de l'angle nord-ouest de la nef septentrionale, là où 
la basilique d'Arcadius se joint à l'ancienne e'glise, s'ouvre 
un escalier de marbre, qui descend vers un couloir avant le 
plafond cintre'. Les parois de ce corridor ainsi que le plafond 
e'taient recouverts de stuc. Le plafond avait en outre une de'co- 
ration sculpte'e en caissons. Le corridor qui mesure en hauteur 
5 mètres, après quelques pas en pente douce vers le sud, tourne 
brusquement à angle droit vers l'ouest et pe'nètre dans une cham- 
bre souterraine très haute, taille'e dans le roc. G'e'tait la se'pul- 
ture de saint Menas. Sur la paroi sud devait être place' le grand 
bas-relief repre'sentant le saint debout entre deux chameaux accrou- 
pis. Le bas-relief de'couvert à De'khe'la, expose' au Muse'e (Salle 
chre'tienne), est probablement une copie, en proportions ré- 
duites, de l'original qui de'corait cette crypte. A la crypte e'tait 
annexe'e une petite chapelle dont la coupole avait un revêtement 
de belles mosaïques polychromes. 

On remonte le crypto-portique, et on entre dans la nef late'- 
rale du côte' nord de l'e'glise primitive bâtie au-dessus de la 
tombe. Cette e'glise e'tait une petite basilique à trois nefs sans 
transept. L'axe de l'abside correspond parfaitement avec celui 
de la grande basilique d'Arcadius. Les dimensions de l'e'difice 
sont de 38 mètres en longueur, 22 m. 50 en largeur. Vers le fond 
de la nef centrale on remarque une citerne d'où e'videmment on 
puisait l'eau bénite dont les pèlerins remplissaient les ampoules. 
A l'ouest de cette église sont les ruines du baptistère. C'est 
une salle à section quadrangulaire, ramenée à l'intérieur à la 
forme d'octogone au moyen de quatre niches ouvertes dans les 
angles. 

Cette construction centrale était surmontée d'une coupole peu 
cintrée. La piscine circulaire, creusée au centre de la chambre, 
était entièrement revêtue de dalles de marbre polychrome. On 
y descendait par deux escaliers de quatre degrés, se faisant face. 

En sortant du baptistère on monte sur une élévation qui en 
est proche. De là on jouit d'une belle vue d'ensemble sur le champ 
de ruines tout entier et sur le paysage environnant. 

Au nord du sanctuaire, en communication directe avec lui, 



134 

s'étendent de très vastes coenobia. On en a mis à jour une partie 
seulement, assez pour donner une ide'e assez complète de 
la façon de vivre des moines, de la distribution des cellules, 
des salles de re'union pour les repas en commun, etc. Quelques 
portes donnent accès de la basilique aux coenobia : sortant par 
celle qui se trouve entre le baptistère et l'e'glise du tombeau 
on peut visiter plusieurs des cellules, la salle identifie'e par Kauf- 
mann avec le tablimim et plus loin plusieurs chambres destine'es 
à donner l'hospitalité' aux e'trangers (xenodochia). Plus loin encore 
on peut observer, en assez bon e'tat, une cuve pour le pres- 
sage des raisins. 

A une distance d'environ 80 mètres des coenobia^ existe une 
citerne profonde de 14 mètres ayant la forme d'un puits cir- 
culaire dont le diamètre mesure 5 m. 20. Cet e'norme puits 
est totalement bâti avec de superbes blocs calcaires bien e'quar- 
ris. A côte de cette citerne on voit un ensemble de cellules et 
de piscines, dont quelques-unes sont solidement cimentées. Au- 
dessous de ces thermes on observe des couloirs et des hypo- 
caustes. Tout à fait adjacente à ces thermes est une petite ba- 
silique à deux absides qui se font face. 

De là on se dirige vers la maisonnette du Service. Au nord 
de celle-ci s'Jtend un vaste cimetière (VIP^^-IX"'^ siècle), au 
milieu duquel se dressent les ruines d'une autre grande basilique 
à trois nefs soutenues par des piliers, avec l'abside inse're'e 
dans l'e'paisseur d'un mur qui est rectiligne à l'exte'rieur. (Pour 
les ampoules de St. Me'nas, v. plus loin). 

BIBLIOGRAPHIE. - Les fouilles des sanctuaires de St. Menas ont été décrites 
par Monseigneur Kaiifinann dans plusieurs rapports richement illustrés, et ensuite 
dans une publication d'ensemble de grand format. Les visiteurs qui ne sont pas 
des archéologues peuvent se borner au petit volume ayant pour titre: « Der Me- 
nastempel und die Heiligtiimer von Karm Abu Mina in der agyptischen Ma- 
riutwûste. Ein Fiihrer durch die Ausgrabungen der Frankfurter Expédition, von 
C. M. Kaufinann >. 



ABOUKIR (CANOPE) - ROSETTE. 



Aboukir. — L'excursion d'Aboukir ne demande guère qu'une 
demi-journe'e. On part de la gare du chemin de fer de l'Etat 5 
il y a neuf trains pour aller et neuf trains pour revenir dans 
la journe'e. On descend à la gare d'Aboukir. On peut faire corn- 
mode'ment à pied la promenade entre Aboukir et les ruines qui 
sont autour du fort Tewfik. Si on pre'fère ne pas marcher, on 



'35 

trouve aisément des baudets. Après la visite des ruines, revenir 
à Aboukir le long de la plage. S'il fait beau, la promenade est 
délicieuse. 

Le petit voyage de Sidi Gaber à Aboukir est des plus agre'ables. 
On traverse les jolis faubourgs parseme's de jardins, de Ramleh 
(Zahrieh, Sûk, Gabrial, Ramleh) ; ensuite, on pe'nètre dans le de'- 
sert et on traverse des dunes sablonneuses, sur lesquelles des 
bosquets de dattiers forment comme de petites oasis. Près de 
Siouf, on a trouve' des inscriptions qui rappellent un temple 
dc'die à Zeus Olympios. Mandara serait bâtie sur l'emplacement 
de l'ancienne Taposiris parva. Après Taposiris, la tradition lit- 
téraire nous signale Me'nouthis, Boukiris, Canope. Quelques ar- 
chéologues sont incline's à placer Me'nouthis près de Montazah 
(château servant de re'sidence au Khe'dive, dans une position 
splendide sur le bord de la mer), Boukiris à Aboukir, et Canope 
quelques kilomètres plus à l'est. Je pense qu'on a tort de placer 
Canope plus à l'est d'Aboukir. Aucun monument, aucune ruine 
n'existe le long de la côte entre Borg el-Ramleh et Mahadieh 
et au-delà qui autorise à supposer ici l'existence d'une ville im- 
portante. 

Les ruines de Canope et de Me'nouthis forment aujourd'hui 
une se'rie presque ininterrompue de petites e'ie'vations qui s'e'- 
tendent tout autour du fort Tewfik et à partir d'un demi-ki- 
lomètre à l'ouest de ce fort jusqu'au village d'Aboukir et au- 
delà, quelques centaines de mètres plus à l'est, jusqu'à la col- 
line Borg el-Ramleh, Me'nouthis e'tait un village se'pare' de Canope 
par un trajet de deux milles (Canope est à douze milles d'A- 
lexandrie tandis que Me'nouthis en est à quatorze) et doit être 
cherche' à trois kilomètres environ du fort Tewfik, c'est-à-dire 
tout près d' Aboukir, autour de Borg el-Ramleh. D'ailleurs la 
ville et le village e'taient si proches l'un de l'autre que ce der- 
nier pouvait être conside're' comme un faubourg de Canope 5 et 
Me'nouthis elle-même peut souvent avoir etc comprise sous cette 
désignation. Canope e'tait, avant la fondation d' Alexandrie, la 
capitale du nome Me'ne'laïte et peut-être le port le plus important 
du Delta. 

La ville aurait reçu son nom, selon la le'gende, du pilote de 
Mëne'las qui aurait e'te' enterre' en cet endroit pendant le voyage 
du retour de Troie. Il est possible que le nom lui ait e'te donne' 
par le dieu Canope, un dieu à tête humaine ou animale sur 
un corps en forme de vase, une des formes d'ailleurs du dieu 
Osiris, dont le culte fut si re'pandu et si persistant à Canope. 

Après la fondation d'Alexandrie, Canope perdit de son impor- 
tance, mais demeura un centre religieux et commercial conside- 



. 136 

rable pendant toute la dure'e du paganisme, même sous la do- 
mination romaine. Elle devint une sorte de de'pendance de la 
capitale, la ville de plaisir des Alexandrins. 

D'ailleurs les restes de ruines nombreuses et significatives 
nous de'montrent que l'endroit fut assez peuple' pendant de longs 
siècles, même après le triomphe du christianisme. 

En dehors des tissus, des parfums, des poissons sale's, des con- 
fitures et des bonbons, ainsi que du henné' (fjrd pour les da- 
mes), Canope mettait en circulation les chapeaux aux bords très 
larges appele's par les Alexandrins pétases canopiques (jihaoa 
y.arco/^iy.â). La ville e'tait relie'e à Alexandrie par un canal, dont 
les rives e'taient borde'es de beaux jardins, ferme's par un mur 
d'enceinte, appartenant aux riches Alexandrins. Ceux-ci y avaient 
souvent leur tombe de famille. Ce canal e'tait incessamment 
parcouru par de nombreuses embarcations qui n'étaient pas seu- 
lement charge'es de marchandises et d'hommes d'atTaires, ou de 
malades en quête d'une gue'rison miraculeuse, mais aussi de joyeu- 
ses bandes hante'es par le de'sir de t.'amuser. Elles s'amusaient 
en effet beaucoup, même trop, paraît-il, car leur tenue e'tait sou- 
vent scandaleuse. Les orgies de Canope sont devenues fameuses 
par les souvenirs peu e'iogieux que nous en ont laisse's Strabon 
(XVII, 17), Se'nèque (Epist,, V, 11), Lucain (Pharsale, Lib. X) et 
Juvënal (Sat. VI ; XV). 

Canope e'tait ce'lèbre par son sanctuaire de Sarapis où les 
pe'lerins accouraient nombreux pour y implorer du dieu la gue'- 
rison de leurs maladies. 

Egalement appre'cie' e'tait le sanctuaire de'die' à Isis, place lui 
aussi tout près de Canope, à iVle'nouthis. 

Au dire de Rufin, les sanctuaires de Canope et de Me'nouthis 
e'taient plus splendides que ceux d'Alexandrie même. 

Nous pouvons nous faire une idée du Se'rapeum de Canope 
d'après le Canope de la villa Adriana près de Tivoli. L'empe- 
reur Hadrien a certainement imite' de très près le sanctuaire 
dont nous parcourons les ruines '^^l 

Celles-ci auraient du être fouillées avec méthode et auraient 
du être respectées, mais elles ont été malheureusement livrées pen- 
dant un temps trop long au vandalisme des carriers. 

Dans leur état actuel elles ne donnent qu'une idée très im- 
parfaite de la magnificence présumée de ces édifices. Qu'on re- 

(i) I.a vallée de Canope dans la villa Hadriana avait été obtenue artificielle- 
ment dans le tuf de la colline. Hadrien y avait fait reproduire le canal avec le 
temple de Sarapis à l'arrière plan. Une grande niche avec une fontaine à l'extrémi- 
té de la vallée est bien conservée. Il y a par derrière un système de galeries sou- 
terraines se terminant par une cella, dans laquelle était probablement la statue 
de Sarapis. C'est de Canope que proviennent beaucoup des statues du Vatican 
(Musée égyptien). 



— 137 

marque néanmoins les beaux tronçons e'pars de colonnes do- 
riques en granit rose d'Assouan, dont le module uniforme est de 
o m. 90 et qui mesurent de 2 à 7 mètres de longueur ; qu'on 
regarde la vaste e'tendue de terrain recouverte de mosaïques (les 
meilleurs morceaux ont e'te' transporte's au Musée, v. salle 18), 
la quantité' de jolis fragments architectoniques en calcaire re- 
vêtus de stuc et dont la beauté' devait être rehaussée par la 
polychromie; qu'on jette un coup d'œil encore aux grands cha- 
piteaux en marbre, et l'on ne pourra s'empêcher de reconnaître 
que la tradition ne doit pas avoir exage're' en ce'le'brant la ri- 
chesse et la splendeur de Ganope. 

Le sanctuaire de Ganope devait être de'jà florissant aux de- 
buts du troisième siècle av. J.-Gh. sous Ptole'me'e II. Ptolême'e III 
et sa femme Bérénice ont certainement contribue' pour beaucoup 
à la prospe'rite' du Se'rapeum et de la ville. Il est notoire qu'un 
concile de prêtres a eu lieu à Ganope pour diviniser la jeune 
fille d'Evergète et de Be're'nice, morte à l'âge de neuf ans. Le 
de'cret lance' par les prêtres à cette occasion e'tait re'dige', de 
même que la pierre de Rosette, en trois e'critures, et copie en 
avait ête' envoye'e aux temples les plus importants de l'Egypte. 

D'autre part, nous posse'dons des de'dicaces à Sarapis et Isis 
associe's à Ptole'me'e Evergète et à sa femme Be're'nice, qui ont 
ête' mises à jour non loin de l'emplacement où sont les mosaï- 
ques et les grosses colonnes en granit. La plaquette en or rap- 
pelant la fondation d'un temple dédié à Osiris, qui a été dé- 
couverte du temps de Mohamed- Ali, a été elle aussi trouvée non 
loin du fort Tewfik. L'inscription gravée sur la plaquette se traduit 
ainsi: « Le roi Ptole'me'e fils de Ptolémée et d'Arsinoé, dieux frères, 
et la reine Bérénice sa sœur et femme (ont dédié) ce temple à 
Osiris ». La plaquette est aujourd'hui au British Muséum. 

La renommée des miracles qu'on pouvait obtenir à Ganope 
et à Ménouthis s'était répandue très loin dans le monde ancien, 
et n'a pas été éphémère. Elle a survécu au paganisme. Le 
patriarche Théophile, le même qui détruisit le Se'rapeum d'Alex- 
andrie, n'épargna pas non plus celui de Ganope et il y installa 
un monastère. 

Un autre monastère fut installé à Ménouthis, dans le temple 
d'Isis. Mais bien de personnes persévéraient dans l'ancienne re- 
ligion, et le nombre était grand de ceux qui regrettaient la 
prospérité, dont les miracles de Sarapis et d'Isis étaient la 
cause principale. C'est alors, au début du 'V'"'^ siècle (v. Faivre, 
Dictîonn. d'hist. et de géograph. ecclésiastiques^ col. 324), que 
le patriarche Gyrille décida de transporter à Ménouthis le corps de 
Saint Gyr (il dut y joindre celui de Saint Jean qui était ense- 



: 138 

veli avec Saint Cyr dans la basilique de Saint Marc à Alexan- 
drie), pour substituer à un culte gue'risseur un autre culte gue'- 
risseur. Les miracles ne tardèrent pas à se produire en quantité', 
et le nouveau sanctuaire ne le ce'da pas en renommée et en 
prospe'rite' à l'ancien. Cependant Sarapis et Isis ne quittèrent 
pas de'finitivement la place. Les païens en effet tenaient encore 
des re'unions à Me'nouthis à la fin du V"^^ siècle. Le village 
moderne a garde' le nom du sanctuaire : Abbakyr ou Apakyr 
(Saint Cyr) est devenu Aboukir. Les rapports très intimes et très 
fre'quents entre Alexandrie et Rome avaient amené' les marins 
alexandrins à dresser dans la capitale de l'empire des sanctuaires 
de Sarapis et Isis ; après la victoire du nouveau culte chre'tien, 
on e'rigea à Rome une e'glise de'die'e aux Saints Cyr et Jean. Cette 
e'glise existe toujours en face de la basilique de Saint Paul sur 
la rive droite du Tibre. II paraît d'ailleurs que le sanctuaire de 
Me'nouthis lui-même, avec ses reliques et ses desservants, se trans- 
porta, à un moment donne', à Rome. 

Les monuments expose's dans la salle 22 du Muse'e, et qui 
nous ont e'te' ce'de's par S. A. le prince Toussoun, proviennent 
presque tous, soit du temple que je crois avoir fait partie du Se'- 
rapeum (près de la surface couverte de mosaïques autour des co- 
lonnes en granit, etc.), soit des maisons environnantes. Ils sont très 
varie's et appartiennent à diffe'rentes e'poques. Il y a des ins- 
criptions, des bustes en marbre et en granit, des restes architec- 
toniques, des figurines en terre cuite, des statuettes en bronze, 
des vases en e'mail, des vases en me'tal. des tuyaux en plomb. 
Tous ces objets ont e'te' ramasse's au hasard, mais ils documentent 
quand même la longue existence historique de Ganope et sa re- 
marquable prospe'rite, car si une partie d'entre eux remonte à 
l'âge pharaonique, d' autres sont ptole'maïques ou romains et 
d'autres enfin sont e'videmment chre'tiens. 

Les monuments expose's dans la salle 7 du Muse'e ont e'te' 
trouve's quelques centaines de mètres à Lest de l'endroit pre'cite'. 
On a cru pouvoir y reconnaître les vestiges d'un temple d'Isis. 
Au sud-est du fort Tewfik on voit encore en place d'énormes 
blocs en granit rose, qui ont fait partie d'un édifice colossal. 

Au nord du fort, entre celui-ci et la plage, on peut visiter 
une tombe souterraine d'âge hellénistique. Si, avant de descendre 
au bord de la mer, on monte sur une élévation quelconque, on 
jouira d'une assez belle vue sur Montaza et la côte de Ramleh 
ainsi que sur le promontoire d'Aboukir et la baie de ce nom. 

Au bord de la mer on voit les belles ruines, baignées par les 
vagues, d'un vaste établissement de bains, ainsi que les énormes 
fragments d'une statue colossale en granit. 



1 3 9 

Revenir le long de la plage vers la gare d'Aboukir. Tout 
près de la maison appartenant à S. E. Daninos Pacha, on peut 
visiter une vaste tombe souterraine qui se trouve dans la pro- 
prie'te' de S. A. le prince Toussoun, mais qui est en communication 
avec d'autres hypoge'es s'e'tendant sous la maison Daninos. 

Si on a le temps, une promenade à travers le village et vers 
la baie ne sera pas sans inte'rêt. Aboukir est un petit bourg 
qui doit sa ce'le'brite' à la grande bataille navale du i^'' août 1798, 
où l'amiral Nelson ane'antit la flotte française (si le temps est 
clair on distingue assez bien l'île de Nelson), ainsi qu'à la ba- 
taille du'25 juillet 1799, gagne'e par Bonaparte sur l'armce turque, 
qui avait de'barque' en ce lieu. 

Aboukir est sûrement destine' à un bel avenir, comme rési- 
dence des Alexandrins pendant la saison chaude, et même comme 
but de promenade et comme lieu de repos pendant toute l'anne'e. 
Sa position est vraiment belle et pittoresque ; son climat est 
des plus sains. La cure balne'aire sur une plage de'licieuse et 
le climat excellent devaient entrer pour quelquechose même 
dans les miracles de Sarapis et d'Isis. 

Le promontoire sur lequel se dresse le fort el-Tarabando doit 
être identique, je pense, avec l'ancien cap Ze'phyrion et par conse'- 
quent c'est près de ce promontoire qu'on doit chercher le temple 
d'Arsinoe' Ze'phyrite, e'rige' par l'amiral Callicrate en l'honneur 
de la reine Arsinoe' Philadelphe. 

Le nombre assez considérable d'actes de de'votion, accomplis 
par l'amiral dans ces lieux, prouve, je crois, que Ganope était 
une station de la flotte des Ptoléme'es. 

Je suis persuade' que les ruines de Canope et de MJnouthis, 
maigre' le vandalisme dont elles ont e'te' victimes pendant de 
longues anne'es, n'ont pas dit leur dernier mot. Depuis longtemps 
j'ai prépare' un projet de fouilles me'thodiques. Ces temps der- 
niers on m'a laisse' espe'rer que bientôt on me donnera les moy- 
ens pour le mettre à exécution. 

BIBLIOGRAPHIE. — Duchesne L., Le Sanciuaiie d'Aboukir, B. S. A., 
12, p. 1-14 ; Breccia E., Antiquités découvertes à MaainonraJi, B. S. A., 8, p. 
107-1x7. 

Rosette. — Le chemin de fer, après iMaamourah, traverse l'é- 
troite langue de terre située entre le lac d'Edkou et la Méditer- 
ranée. La ville de Rosette (Rachid, transcription du nom copte 
Rachit) a été fondée en 870 sur les ruines d'une importante 
ville ancienne, vraisemblablement Bolbitine. 

L'ancienne ville devait s'étendre le long de la rive du Nil 
entre Rosette et la Mosquée d'Abou-Mandour. Rosette compte 



140 

environ 15000 habitants, indigènes pour la presque totalité'. Elle 
présente une image exacte de ce qu'e'tait jadis la vie dans une 
ville d'Orient n'ayant que peu de contact avec la civilisation euro- 
pe'enne. Elle e'tait jusqu'au commencement du XIX"^'^ siècle le 
port principal de l'Egypte. Maigre' sa de'cadence toujours plus 
sensible, à cause de la renaissance d'Alexandrie au cours du 
XIX"^^ siècle, Rosette est encore le centre d'un commerce as- 
sez important et qui commence à reprendre une ligne ascen- 
dante grâce à la prospe'rite' croissante de la campagne qui en 
constitue l'hinterland. 

Les rues sont e'troites et anime'es ; les anciennes maisons 
arabes bâties en briques cuites rouges et noires, offrent des points 
de vue charmants et pittoresques, dont un voyageur intelligent 
aurait tort de se priver. Ces maisons ont souvent cinq e'tages 
et sont range'es à droite et à gauche des rues longues et e'troites. 
Elles pre'sentent des aspects très varie's. Il n'y en a pas une qui 
ressemble à l'autre, et dans la même maison règne une grande 
aversion pour l'uniformité. Souvent les e'tages avancent sur les 
rez-de-chausse'e s'appuyant sur des colonnes anciennes, souvent 
aussi l'avant-coips est forme' par les e'tages supe'rieurs appuye's 
sur d'e'le'gantes consoles. Les riches travaux de menuiserie qui 
de'corent portes et fenêtres offrent aussi une remarquable va- 
rie'te'. 

Le souk ou marche', très anime' et assez pittoresque, me'rite 
une visite. L'industrie de la fabrication des nattes est assez de'- 
veloppe'e, et on peut assister aux curieux proce'des de travail 
employe's par les ouvriers. 

De nombreux fragments architectoniques, provenant de cons- 
tructions d'e'poque gre'co-romaine, et enleve's probablement à 
l'ancienne Bolbitine, sont encastre's dans les constructions ara- 
bes ou abandonne's dans les rues. Une inscription entre autres, 
trouve'e justement à Rosette, prouve l'existence dans la ville 
ancienne d' un grand temple de'die' au culte de Cle'opâtre. 
Une superbe architrave en granit vert provenant d'un temple 
e'gyptien a e'te' utilise'e pour une e'glise chre'tienne (elle est 
actuellement au Muse'e d'Alexandrie). Les restes pharaoniques 
sont très nombreux ; pareillement, des colonnes en granit et de 
beaux chapiteaux en marbre, soit de style corinthien, soit de 
style ionique, y ont e'te recueillis et y existent encore en très 
grande quantité'. Il y a aussi plusieurs mosque'es du XVI"^^ siècle 
et des siècles suivants qui valent la peine d'être visite'es. La 
plus grande est la Gama Zaghloul, remarquable par le grand 
nombre de ses colonnes. La mosque'e Mohamed-el-Thuleti, sur- 
e'ieve'e de 4 m. 60 au-dessus du sol, pre'sente à l'inte'rieur cinq 



141 

rangées de colonnes ; la mosquée Mohamed-el-Abbassi par ses 
portails, par sa coupole, par son e'iégant minaret produit aux 
regards une impression très agre'able. 

La célèbre pierre de Rosette a e'te' trouve'e dans le fort Saint- 
Julien au nord de la ville. (Le fort a e'te' de'moli ; le seul do- 
cument qui le rappelle est une aquarelle expose'e au Muse'e gre'co- 
romain, v. p. 147). 

Nous conseillons de faire la promenade en barque sur le Nil 
jusqu'à la Mosque'e d'Abou-Mandour qui occupe une situation 
pittoresque. Du sommet de la colline on a une vue très e'tendue 
sur le Nil jusqu'à la mer au nord, jusqu'à Alexandrie à l'oc- 
cident, sur le de'sert au sud, à l'orient sur une vaste plaine de 
champs cultivt's et de jardins offrant le spectacle d'une puissante 
fertilité'. 



Caimft /ii/mijmùfi'^i/e 1 




•4:^. 



GUIDE DU MUSEE 



INTRODUCTION. 



Lorsque, en i8(u, on se mit à discuter la fondation d'un 
Muse'e à Alexandrie, la question n'e'tait pas sans pre'ce'dents, car, 
malheureusement, les collections privées qui s'étaient forme'es 
dans cette ville — par exemple celles des Anastasi, des Passa- 
lacqua, des Zizinia, des Harris, des Pugioli, des De'me'triou — 
s'en étaient allées, dispersées un peu partout, dans les Musées d'Eu- 
rope et d'Amérique; celle même de l'Institut Egyptien, qu'on pour- 
rait presque appeler une collection publique, avait émigré au 
Caire avec l'Institut lui-même. Toutefois, malgré cette dispersion 
des monuments, il y avait lieu d'espérer le succès de l'institu- 
tion projetée. 

Les remarquables recherches de Mahmoud-El-Falaki, et les 
savantes investigations de Néroutsos, avaient démontré que si 
Alexandrie ne pouvait pas donner à la science archéologique et 
à l'art la richesse immense de monuments que sa gloire passée 
et sa renommée permettaient d'escompter, elle gardait toutefois 
dans son sous-sol beaucoup de ruines très intéressantes pour 
l'histoire. La possibilité même de faire des fouilles dans quelques 
autres villes gréco-romaines de l'Egypte nous était assurée, comme 
l'étaient aussi l'appui et l'aide de la Direction générale du Ser- 
vice des Antiquités. 



144 

L'idée, eclose au sein de la Socie'te' « l'AthenEeum », trouva bon 
accueil dans la presse et on réussit à y inte'resser les habitants, 
la municipalité' et le gouvernement. Après les premiers tâtonne- 
ments, tous tombèrent d'accord et le projet suivant fut propose'. 
La municipalité' prendrait à sa charge la de'pense ne'cessaire pour 
les locaux, le personnel, les fouilles et l'entretien des monuments; 
la Direction ge'nèrale du Service des Antiquite's aurait la haute 
surveillance scientifique, elle enverrait un premier groupe de 
monuments, et elle promettait de réunir peu à peu, à Alexandrie, 
la plus grande partie de ses collections gréco-romaines. 

C'est à l'homme qui, dans la Rivista Egiziana, organe de l'Athe- 
na^um, avait démontré l'importance, la possibilité pratique et la 
nécessité du Musée, à Giuseppe Botti, que fut confiée la direction. 
Esprit enthousiaste et plein d'espoir, il tâcha de classer aussi con- 
venablement que possible les quelques monuments qu'on lui avait 
cédés, dans quatre ou cinq chambres louées dans un immeuble 
de la Rue Rosette. Mais bientôt ce local se trouva insuffisant, 
de telle sorte que la Municipalité décida de construire un édifice 
ad hoc sur le terrain situé au nord de son bâtiment. En 1895, 
le nouveau siège fut inauguré. Il était formé par l'aile ouest d'un 
édifice qui devait être plus tard de forme rectangulaire (salles 
i-io). En 1896, on bâtit les salles 11-12; en 1899, à l'occasion 
de la naissance de S. A. le prince héritier Abd-el-Moneim, les 
salles 13-16 furent inaugurées; en 1904, les salles 17-22. Et il 
est de toute nécessité de nous agrandir encore. Un projet qu'on 
mettra incessamment, je l'espère, à exécution, a été déjà dressé 
pour réunir du côté sud l'aile occidentale avec l'aile orientale de 
l'édifice. Ainsi qu'on peut s'en convaincre à la lecture de ces 
simples indications d'ordre matériel, le Musée d'Alexandrie, bien 
que tout jeune encore, a eu un développement très rapide, dont 
le mérite revient à l'activité infatigable de G. Botti (f 1903). 
Comme c'était à prévoir, l' amoncellement rapide des objets 
avait empêché une classification scientifique définitive, et avait 
donné aux différentes sections l'apparence de dépôts provisoires. 
Nous avons essayé de classer les collections du Musée systémati- 
quement, selon le plan que voici : a) Topographie ci' Alexandrie. 
ji') Epigraphie et [provisoirement) manuscrits. ;•') Antiquités 
égyptiennes, h') Produits de Vart gréco-romain qui révèlent Vin- 
fluence de Vart indigène et vice-versa. t) Iconographie. Petites 
sculptures. :') Sculptures, tf) Architecture. ()') Momies ptolé- 
maiques et romaines. Mobilier funéraire. Produits de Vart in- 
dustriel. 1') Objets provenant de fouilles systématiques.^ classés 
par ordre topographique, x) Numismatique. '/.') Antiquités chré- 
tiennes. Dans chaque section, on a tâché d'appliquer et de concilier 



— 145 ~ — 

le criteriuQi topographique et le critérium chronologique. Bien 
que l'exe'cution intégrale et rigoureuse de ce plan ait rencontre' 
beaucoup de difficulte's d'ordre mate'riel, on peut affirmer que la 
classification actuelle re'pond dans ses lignes ge'ne'rales au schéma 
énoncé_(fig. 37, p.^ 142J. 

Botti avait déjà rédigé deux catalogues, le premier en 
1893 {Notice des motnimenis exposés au Musée gréco-romain 
d Alexandrie)^ Vautre en 1900 {Catalogue des monuments, etc.). 
La Notice n'a plus d'importance que pour l'histoire de l'institution, 
le Catalogue, même sans tenir compte de la nouvelle classifica- 
tion, est antérieur à la construction des six dernières salles et, 
par conséquent, a perdu son utilité pratique. Je me suis proposé 
de rédiger un guide pour les simples visiteurs, et non pour les 
savants. Dans cet ordre d'idées, j'ai résumé quelques théories 
générales à propos de chaque groupe d'objets, puis je me suis 
borné à signaler les monuments les plus^essentiels. Un catalogue 
scientifique détaillé est en cours de publication dans la série du 
Catalogue général des Antiquités égyptiennes (^l 



TOPOGRAPHIE D^ ALEXANDRIE. 



Dans le vestibule et dans la petite chambre à gauche de l'entrée 
est exposée une collection de plans et de vues de la ville an- 
cienne et moderne, ainsi que des photographies de plans et des 
essais de restitution de ses anciens monuments. Une série de 
photographies d'œuvres d'art anciennes et modernes inspirées par 
l'histoire d'Alexandrie devra compléter cette section du Musée, 
dont l'importance et Tintérét augmentera dès que je pourrai la 
classer plus méthodiquement dans un milieu plus approprié. 

i-i^. Reconstruction du Phare. Dessins originaux par le prof. 
Auguste Thiersch, qui ont servi au prof. H. Thiersch pour l'il- 
lustration de son volume sur le Phare (v. p. 94). 

2. Vue du Portus Magnus (?). 

3. Plan d'Alexandrie ancienne par G. Botti. 

(i) Deux volumes ont déjà paru: E. Breccia, Iscriziotii greche e latine. 
Le Caire, 191 1, p. XXXI, 275 et pi. LXT (prix P. 2S2); E. Breccia, La uecro- 
poli di Sciatbi, t. I, p. LVI, 212, t. II, pi. LXXXII (prix P. 440). Un troisième, 
consacré aux sculptures gré :o-romaines, est sous presse; d'autres sont en prépa- 
ration. 



^ „ I 4(3 ^ _ 

4. Vue d'Alexandrie d'après un écrivain hollandais du XVl''^ 
siècle. 

5. Plan de la ville ancienne par Mahmoud-El-Falaki. 

6. Plan de la ville ancienne par Ne'routsos. 

7. Carte des environs d'Alexandrie par Mahmoud-El-Falaki. 

8. Photographie de l'obe'lisque du Ce'sareum (aiguille de Gle'o- 
pâtre) prise peu avant son transport à New-Vork. 

9. Reconstruction du Phare par Ebers, par Veitmejer, par Adler. 

10. Photographie du fort Qaït bey à l'époque de Bonaparte ainsi 
que des ruines du même fort en l'e'tat actuel. 

11. Plan d'Alexandrie par la Mission d'Egypte (1799-1801). 

12. Plan de la ville en 1S55. 

13. Reconstruction fantaisiste du Serapeum faite au XVIH'''*^ 
siècle d'après la description d'Aphthonius. 

14-18. Photographies de tapisseries flamandes reproduisant des 
e'pisodes de la vie d'Antoine et de Cle'opàtre. 

19. Photographie du remarquable tableau repre'sentant Cle'opàtre 
par Moïse Bianchi. 

20. Photographie de la mosaïque de Pompéi (Muse'e de Naples) 
dite de la bataille d'Alexandre. A gauche, tête nue. le Con- 
quérant à cheval. 

21. Photographie de la mosaïque de Palestrina (près de Rome, 
palais Barberini) repre'sentant, paraît-il, l'Egypte vue à vol d'oi- 
seau, à partir d'Alexandrie et de Canope (en bas, à gauche) 
jusqu'à la Nubie. 

Dans la petite chambre à gauche : 

22. Grand plan d'Alexandrie moderne relevé' en 1890. L'amiral 
Blomfield v a marque' en noir un plan de la ville ancienne. 

23. Plan de l'ancienne Alexandrie par Sieglin. 

24. Plan d'Alexandrie au commencement du XIX"^*^ siècle par 
Valentia (1802-1806). 

25. Plan de la ville en 1868, par Bnrrau. 

26. Photographie du ce'lèbre tableau de Bellini repre'sentant 
St-Marc qui prêche aux Alexandrins. 

27-67. Autres vues et releve's. 

Dans le passage entre le Vestibule et la Salle 6, Vitrine hori- 
zontale : une collection d'armes et d'instruments en pierre d'âge 
pre'historique provenant du Fayoum et d'autres régions de l'Egypte. 
Don de M. Seton Karr. 



47 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET ROMAINES. 



Il n'est pas nécessaire d'insister sur la très grande importance 
que chaque document e'pigraphique peut avoir pour les diverses 
branches des e'tudes anciennes. L'histoire, la topographie, l'his- 
toire de l'art, de la religion, des mœurs, la philologie, enfin 
toutes les antiquite's publiques et prive'es reçoivent presque tous 
les jours quelque nouvelle lumière grâce aux inscriptions, qu'il s'a- 
gisse d'ailleurs de de'crets publics et d'inscriptions honorifiques 
(en ge'ne'ral sur des bases de statues, quelquefois sur des troncs 
de colonnes), ou bien de de'dicaces votives, ou de diplômes mili- 
taires (sur des plaques en bronze), ou d'e'pitaphes, ou d'humbles 
mais intéressantes inscriptions sur des anses d'amphores, sur des 
bouchons en plâtre fermant des vases en terre cuite, sur des 
tesserœ en ivoire, en plomb, etc. 

Notre collection d'inscriptions gre'co-romaines présente des 
exemplaires de toutes les catégories, et quelques-unes de telle 
importance qu'elles ont donne' lieu à des monographies spéciales. 
Presque toutes ont e'té re'unies dans la salle 6 (à gauche de 
l'entre'e). Elles proviennent dans la presque totalité' de l'Egypte 
et en grande partie d'Alexandrie elle-même. Avant d'entrer dans 
la salle 6, donner un regard au : 

Moulage de la Pierre de Rosette. (L'original est au British 
Muséum). 

On sait que ce sont principalement les e'tudes faites sur cette 
pierre qui ont abouti au de'chiffrement de l' e'criture hie'ro- 
glyphique et constitue' ainsi le point de de'part de toutes nos 
connaissances sur l'Egypte pharaonique. La pierre contient en 
trois e'critures — hie'roglyphique, de'motique, grecque — un 
seul et même de'cret promulgue' par les prêtres de Memphis, 
en 196-5 av. J.-Gh., en l'honneur du roi Ptole'me'e Epiphane, lors 
de son couronnement. Elle fut découverte en août 1799 par 
M. Bouchard, officier de l'arme'e française, dans le fort St- Julien 
près de la ville de Rosette. Le fort a Jte' démoli, il y a une 
douzaine dr'annJes. Le seul souvenir qui en reste est la repro- 
duction à l'aquarelle expose'e ici à cote' de l'inscription. 

Par l'article XH de la Capitulation d'Alexandrie, signée par 
le ge'ne'ral Menou pour l'évacuation de l'Egypte, la pierre de 
Rosette tomba au pouvoir des Anglais. Elle fut ensuite trans- 
porte'e à 1-ondres et de'pose'e au British Muséum. 



^ ,48 

Après les tentatives de Sacy et d'Akerblad, qLii re'ussirent à 
fixer la position respective de plusieurs noms propres, M. Young, 
partant de l'hypothèse de Zoega, que les groupes hie'roglyphiques 
dans un anneau elliptique, ou cartouche, renfermaient les noms 
des souverains, e'tudia le cartouche de Tinscription de Rosette 
qui, d'après le texte grec, devait renfermer le nom du roi Ptole'- 
me'e, et réussit à deviner trois signes : P. T. I ; dans un autre car- 
touche de Karnak, avec le nom de la reine Be're'nice il devina le 
signe N. Mais il s'arrêta là, ses essais ulte'rieurs furent comple'- 
tement malheureux. 

Le mérite d'avoir e'tabli les principes du de'chiftrement de 
l'e'criture hie'roglyphique (1822) doit revenir en entier à Fran- 
çois Ghampollion (1799-1832). Après avoir e'tudië les cartouches 
de la pierre de Rosette, il put avoir sous les yeux l'obe'lisque de 
Philae, contenant une inscription bilingue (hie'roglyphique et 
grecque) dans laquelle il y avait un cartouche identique à celui 
de la pierre de Rosette et un autre. Il de'termina que l'e'criture 
des noms royaux e'tait exclusivement alphabe'tique et fixa les si- 
gnes qui donnaient la transcription U.T.O.A.M.I.I. Par une se'rie 
de comparaisons et de raisonnements, il parvint bientôt à de'- 
chiffrer l'autre cartouche, qui e'tait celui de Gle'opâtre. Il cons- 
tata que les lettres communes dans la graphie grecque aux deux 
noms de Ptole'me'e et de Gle'opâtre e'taient reproduites par des 
signes hie'roglyphiques identiques dans les deux cartouches, et 
celles qui e'taient différentes ne s'y rencontraient pas. Muni de 
cette sorte d'alphabet rudimentaire, en partie sûr en partie très 
probable, il multipHa les e'tudes et les comparaisons et, par voie 
d'exclusion successive, il parvint à de'chiffrer une quantité' de 
noms de rois et d'empereurs, de façon à pouvoir fixer un grand 
nombre de signes hie'roglyphiques. Ils sont très nombreux 5 il y en 
a environ 500 qui sont d'usage courant, les uns phone'tiques (al- 
phabe'tiques et syllabiques), d'autres ide'ographiques, d'autres 
de'terminatifs. A l'aide du copte, qui est la forme la plus re'cente 
de l'ancienne langue e'gyptienne, on ne tarda pas, non seule- 
ment à lire, mais aussi à comprendre les inscriptions hie'rogly- 
phiques. 

Ensuite E. Brugsch fixa la lecture et la compre'hension du 
de'motique qui e'tait l'e'criture employe'e ge'ne'ralement dans les 
besoins de la vie prive'e: actes, contrats, lettres, etc. 

L'e'criture de'motique est une sorte de tachygraphie tire'e des 
hie'roglyphes, mais où les traits sont tellement simplihe's qu'au- 
cun hie'roglyphe n'y est plus reconnaissable. 



'49 



SALLE 6. 



Les inscriptions ptolemaïques sont rangées le long de la paroi 
de droite, autant que possible par ordre chronologique, les ins- 
criptions romaines, grecques et latines, le long de la paroi de 
gauche et sur les deux soubassements en maçonnerie qui flan- 
quent la porte d'entre'e. La grande base en marbre en l'hon- 
neur de Valentinien fait exception : on a e'te' oblige', pour des 
raisons d'espace, de la placer au milieu de la paroi de droite. 
Les inscriptions fune'raires font suite aux inscriptions des autres 
cate'gories. 

1. Base cV une statue dédiée à Ptole'me'e I*^'' Soter, le fondateur 
de la dynastie des Lagides, par un certain Diodote, fils d'A- 
che'e. Au bas, la traduction de'motique. Granit noir 5 envoi du 
Directeur Ge'ne'ral du Service des Àntiquite's. 

2. Dédicace en l'honneur de Ptole'me'e II, fils et successeur de 
Ptole'me'e Soter, par un certain Ariston, tils de Python. Lettres 
carre'es très belles, bien grave'es. 

3. Dédicace semblable par un anonyme. 

10. Dédicace d'une chapelle et de quelques autels à Zeus pour 
la santé' du roi Ptole'me'e III. Marbre blanc. L'inscription a 
e'te' trouve'e à Siouf (Ramleh) et nous donne, par conséquent, 
un inte'ressant renseignement topographique. 

I I. Les Juifs (of 'lovôaioij re'sidant à Sche'dia ont consacre une 
synagogue pour la santé' du roi Ptole'me'e III, de sa femme et 
sœur Be're'nice et de leurs fils. Dalle en calcaire. Prov. Sche'- 
dia (environs de Kafr-el-Dawar). 

L'inscription prouve que de'jà sous Ptole'me'e Evergète (240- 
222) les Juifs formaient dans la petite ville de Sche'dia une 
communauté' et qu'ils y posse'daient une synagogue. Celle-ci 
est de'jà appele'e du nom si fre'quent aux e'poques ulte'ricures 
de « Maison de la prière '>. Cette de'dicace offre un argument 
à ceux qui croient qu'en Egypte, ainsi qu'en Syrie, le titre 
n()e/.({ }) (sœur du roij appartenait à la reine de droit. En effet 
Be're'nice e'tait cousine de son mari et non pas sa sœur. 

23. Dédicace à Anubis pour la santé' de Ptole'me'e IV Philopa- 
tor et de sa femme, faite par les doyens (.-roFofifTfooi) de la 
corporation des meuniers (T(or oh'ooy.ô.-roy). Dalle en marbre 
blanc. Prov. Alexandrie. 



I50 

Le pain de doura (V/.vqa était un pain ordinaire pour l'ali- 
mentation du peuple. Les doyens de la corporation sont au 
nombre de sept, et le premier a le titre de prêtre. Ils sont tous 
d'origine égyptienne, bien que l'inscription soit re'dige'e en grec. 
Une association professionnelle, dont les membres étaient 
de purs Egyptiens, ayant une organisation en partie religieuse, 
en Egypte au III'"^ siècle av. J.-Ch., est chose fort neuve et 
vraiment intéressante. 

2-|. Dédicace à Sarapis et Isis en l'honneur de Ptole'mee IV Phi- 
lopator et de sa femme et sœur Arsinoe', par Arche'polis fils 
de Cosmos, citoyen d'Alexandrie, inscrit dans le dème leov- 
rarevg. Dalle en marbre blanc. Prov. Alexandrie. 

L'organisation administrative de la population alexandrine 
(v. p. 23) comprenait pour la classe des habitants ayant le droit 
de cite' une division en tribus (rfvlal)] chaque phylé e'iait subdi- 
vise'e en un certain nombre de dèmes. Cette inscription nous 
fait connaître un dème que nous ignorions auparavant. 

31. Base de statue pour le roi Ptole'me'e V Epiphane, de'die'e par 
les chefs des corps d'e'lite des troupes indigènes constituant la 
Garde du palais royal. Granit rouge. Prov. Alexandrie (Porte 
Rosette). 

37. Linteau de porte en pierre calcaire blanche ; on y trouve 
gravée sur quatre lignes la de'dicace d'un .-roo.TrAor et d'un 
ûvgojua à Zeus Soter par Lysimaque fils de Bastachilas et par 
ses fils, pour la santé' du roi Ptole'me'e VI, sa femme Cle'o- 
pâtre et leur frère Ptole'mee. Prov. Be're'nice (Mer Rouge). 

37 *. Cette inscription nous apprend que, sous le règne de Pto- 
le'mee VIII, Soterikos, fils de Ikadion, de Gortyne (Crète), et 
l'un des commandants de la garde royale, envoyé' en mission 
par Paotis, stratège de la The'baïde, ayant accompli à souhait 
sa tâche, a de'die cette pierre à Pan, dieu du bon chemin, et 
aux autres dieux et déesses. Marbre blanc. Prov. Coptos, 

40 ^. Dédicace à Tryphena^ probablement de Naucratis, nourrice 
du roi Ptole'me'e XIII, par ses concitoyens. 

44 ^. Longue liste de mercenaires des Ptole'me'es de garnison à 
Hermoupolis Magna (Aschmounein, Haute-Egypte). Ils avaient 
de'die' cette inscription avec tous leurs noms, en l'honneur du 
roi, pour le remercier de certaines concessions qu'il leur avait 
faites. 

44 ^\ (De'pose'e sur le sol. appuyée contre la paroi). Base d'tine 
statue en granit rouge e'rige'e par la ville d'Alexandrie en 
l'honneur de Lycarion, fils de Noumenios, frère de Ptole'me'e 
et oncle d'un autre Noumenios (tous e'videmment personnages 
de haute qualité'). Lycarion avait les titres de parent du roi, 



131 

doyen honoraire des anciens officiers de la cour, ministre des 
finances, exegète (charge religieuse et administrative), recteur 
du gymnase. Le document, qu'on peut dater du I*^^' siècle av. 
J.-Gh.. est très important pour l'organisation administrative de 
la ville d'Alexandrie à l'e'poque ptolcmaïque. Prov. Alexandrie. 

107. Base de colonne, La surface inférieure porte gravée en 
beaux caractères une de'dicace aux dieux par les jrgvTdvsiç (pré- 
sidents) et le secrétaire du sénat. Marbre blanc. Prov. Abou- 
Mandour (Rosette). 

Cette inscription aurait une importance capitale pour l'histoire 
administrative de l'Egypte sous les Ptolémées, s'il n'existait 
pas un doute sur son origine égyptienne. Antérieurement aux 
Ptolémées, Naucratis était la seule ville ayant une constitution 
hellénique avec les éléments du sénat et de la ttô/jç. On est 
porté à croire que, de même qu'Alexandrie, Ptolémaïs et Her- 
moupolis avaient été organisées de cette sorte au début de 
l'époque ptolémaïque, et notre inscription prouverait l'existence 
d'une autre communauté complètement hellénisée à Abou-Man- 
dour (ancienne Bolbitine) 5 mais le dialecte dorique du texte 
fait penser que l'inscription trouvée en cet endroit provenait 
de Rhodes. Récemment le Dr Plaumann a essayé de revendi- 
quer cet important document pour Alexandrie. 

185. Têfe de lion^ formant gouttière pour l'écoulement des 
eaux ; elle avait été travaillée dans un bloc, sur lequel on 
avait gravé une longue inscription zodiacale 5 ce bloc avait 
donc fait partie d'une sorte d'horloge solaire, laquelle, d'après 
l'observation du lever du soleil, permettait de reconnaître les 
mois naturels et les saisons en fixant même les périodes 
pendant lesquelles les navigateurs pouvaient ou non se risquer 
loin de la côte, en haute mer. C'est un document unique en 
son genre. Calcaire nummulitique. Prov. Mariout. 
6. (Au milieu de la salle, devant le bœuf Apis.) — Autel 
trouvé in situ par la mission Sieglin dans le terrain de la 
colonne dite de Pompée, L'intérieur, actuellement vide, était 
rempli de cendres. Les quatre faces sont encore en partie 
décorées de festons en couleur bleue. Sur la face antérieure 
on lisait une dédicace peinte en bleu foncé — actuellement 
beaucoup de mots sont effacés — en l'honneur de Ptolémée II 
et de sa sœur et femme Arsinoé. 

Revenir près de la porte d'entrée, à droite. 

42. Base de statue dédiée par le TTuoâairoç Aphrodyse, à Antoine 
le Grand, l'Inimitable, son dieu et bienfaiteur, l'an 19 de 
Cléopâtre et 4 d'Antoine, le 29 de AVa^^ = 24 décembre 50 



152 

av. J.-Gh. Granit gris. Prov. Alexandrie, près de la gare de 
Ramleh. C'est le seul document e'pigraphique qui nous rappelle 
l'existence à la fois idyllique, folle et tragique que menait en 
Egypte le Triumvir. 

Parmi les inscriptions latines ou grecques d'e'poque romaine, 
les plus nombreuses sont grave'es sur des bases de statues dresse'es 
en l'honneur de l'un des empereurs. 

4g. Colonne en calcaire nummulitique. Hauteur 2 m. 36. Prov. 
Alexandrie, Minet-el-Bassal. L'inscription qui est grave'e sur la 
colonne est bilingue, en latin et en grec. Elle parle d'un 
canal ou aqueduc construit par Auguste, depuis Sche'dia (voi- 
sinage de Kafr-el-Dawar actuel) jusqu'à Alexandrie, sur une lon- 
gueur de 35 kilomètres, l'an 40 de l'empereur. 

Cette formule de datation selon les années de règne du sou- 
verain était employe'e en Egypte, même à l'e'poque romaine. 
L'Egypte était conside're'e comme domaine personnel de l'em- 
pereur. L'anne'e impe'riale commençait le 1^^ Thot, premier jour 
de l'an égyptien = 29 août. Pour la première anne'e du règne, 
la fraction d'anne'e comprise entre l'accession au trône et le 
i^^ Thot suivant entrait en ligne de compte. Un exemplaire 
identique de notre inscription, mais grave' sur une petite dalle 
de marbre, est au Muse'e de Vienne. Elle a e'té trouvée en 
dehors de la Porte Rosette. 

60. (A gauche de la colonne précédente). Stèle à forme de pseudo- 
naïskos. L'inscription bilingue rappelle que, sous la préfecture 
de Septimius Vegetus, l'an M de l'empereur Domitien (86-87), 
on a creusé le canal Philiagranum de la localité dite Tria 
Soldum jusqu'à Petra. Calcaire nummulitique. Prov. Schédia. 
Le canal Philiagranum doit être placé entre Kafr-el-Da\var 
et Alexandrie. Petra doit correspondre à la localité appelée 
actuellement Hagar el-Nawatieh. On remarquera que le nom 
de l'empereur est martelé. Ce martelage a été fait avec in- 
tention. L'empereur, après sa mort, pouvait être divinisé, et 
dans ce cas, dans les inscriptions postérieures à sa mort, on 
retrouve le titre divus = Oeôç ; mais sa mémoire pouvait être 
abolie, condamnée par un décret du sénat, et dans ce cas son 
nom était martelé sur tous les monuments. Domitien avait 
subi la damnatio memoriœ. 

72. Dédicace par la ville d'Alexandrie (// .to/./s) d'une statue à 
Marc Aurèle, grâce aux soins d'Apollon, fils d'Apollonios, grand 
pontife des empereurs. Marbre grisâtre. Prov. Alexandrie. 

82. Dédicace d'une statue que la ville d'Alexandrie éleva à Ca- 
racalla par les soins du grand pontife des empereurs. 



133 

65. Dalle de schiste verdâtre. Inscription bilingue (latine et 
grecque) qui fait mention d'une expédition militaire entreprise, 
sous le règne d'Hadrien, par un fonctionnaire romain, Sulpicius 
Serenus, contre les Agriophages (mangeurs de bêtes fe'roces). 
163. Petite colonne brisée à mi-hauteur qui se trouvait à l'entre'e 
d'un des temples de la ville grecque de Ptolc'maïs (dans la 
Haute-Egypte). Elle est malheureusement mutile'e. Elle e'nu- 
mère les prescriptions pour les purifications qu'à certaines 
pe'riodes de Tanne'e on devait accomplir avant de pouvoir 
entrer dans le temple. Dans la première partie on spe'cifiait 
les cas de purification pour les hommes, dans la seconde partie 
pour les femmes qui avaient accouche' d'un garçon, pour celles 
qui avaient avorte, pour celles qui avaient expose' un enfant, 
etc. Basalte noir. Prov. Ptole'maïs (Menschieh). 
76. Inscription honoraire [dédicace d'une stattte) en l'honneur 
de l'empereur Marc Aurèle bienfaiteur et sauveur de l'univers, 
que la ville (d'Alexandrie ou de Pachnemounis ?) a fait graver 
par les soins d'Isidore, haut fonctionnaire administratif, grand 
prêtre d'Apollon et gardien du Se'rapeum de Pachnemounis. 
Marbre blanc. Prov. Kdm el-Kanziri = Pachnemounis, dans le 
nome Sêbennytique. 

En face, au milieu de la paroi de droite: 

92. Grande hase cubique en marbre blanc (haut, i m. 50, larg. 
I m. 15, prof, o m. 50) pour une statue de Valentinien 
aetermim imperatorem e'rige'e par C Valerius Eusebius, vir 
cJarissinms^ cornes ordinis primi ac per orientent. Prov. 
Alexandrie (Rue Rosette, des fondations de la maison Li- 
fonti à sept mètres de profondeur). 

La base est plus ancienne que l'inscription actuelle. G. Va- 
lerius Eusebius, ce magistrat d'ordre civil et administratif avec 
juridiction en Orient, et (e'videmment) aussi en Egypte, a eu 
soin de faire marteler l'ancienne inscription (ptole'maïque peut- 
être) pour graver sur la même surface ante'rieure de la base, 
mais renverse'e, la nouvelle inscription. Ce proce'de', aussi e'co- 
nomique que vandale et bien regrettable au point de vue de 
l'histoire, a e'te, he'las ! fort souvent employé à Alexandrie. 

Dans la vitrine verticale en fer, le long de la paroi droite, 
voir : 

39. Deux plaques en bronze. Elle constituent les deux parties 
d'un diplôme militaire trouve' à Goptos en 1881. 

Aux soldats qui avaient honorablement accompli leur temps de 
service, l'empereur accordait certains privilèges. Il promulguait 



154 

une loi comprenant la liste de tous les militaires qui venaient 
d'être ainsi favorise's. 

Cette loi grave'e sur bronze était déposée au Capitole, et 
chaque soldat recevait un diplôme^ c'est-à-dire, deux tablettes 
en bronze : sur l'une e'tait grave'e la loi, sur l'autre les noms 
et matricules du soldat. Les deux tablettes formant diptyque 
e'taient re'unies au moyen de fils qui devaient porter sept cachets 
de cire, chacun donnant le nom d'un des sept citoyens romains 
qui devaient te'moigner de l'authenticité' de la copie. En ge'ne'ral, 
ces privilèges e'taient les suivants : droit de cite' e'tendu aux fils 
mêmes et à leurs descendants directs, droit de contracter ma- 
riage dans la forme du connubium conforme'ment au droit civil 
romain. 

Notre diplôme, dc'livre' durant le règne de Domitien, 81-96 
après J.-Ch., est en faveur de C. Julius Saiurninus. Cette loi 
ge'ne'rale s'appliquait aux soldats ayant accompli 25 ans de 
service au moins et qui faisaient partie à cette e'poque des 
trois ailes de cavalerie et des sept cohortes d'infanterie en gar- 
nison en Egypte. 

Dans la même vitrine, v. 6\^, la Tablette en bois contenant une 
longue inscription latine, e'crite à Alexandrie le 2 juillet 94 
ap. J.-Ch, conformément à l'autorisation de'livre'e par le pre'tet 
d'Egypte le jour prêce'dent. On y lit la copie de deux ordon- 
nances impériales confe'rant certains droits et privilèges à cer- 
taines cate'gories de soldats romains ayant reçu le congé' hono- 
rable [Jionesta niissio) ainsi qu'une déclaration faite sous la foi 
du serment et appuye'e par les te'moignages de sept te'moins, 
que les trois fils du vétéran C. Valerius Quadratus lui sont 
nés pendant le temps de son service et par conséquent sont 
citoyens romains. Ce document, des plus intéressants, a donné 
lieu à de nombreuses dissertations. J'y vois, avec plusieurs, 
un certificat de droit de cité pour les fils d'un vétéran, délivré 
par le préfet d'Egypte sur la base d'un diplôme militaire en 
bronze qui lui a été présenté ; d'autres y voient un document 
original analogue aux diplômes militaires, mais non identique. 
La concession de certains privilèges aux légionnaires, dont on 
ne connaît pas jusqu'ici de diplômes militaires, aurait été 
délivrée sur des tablettes en bois, tandis que le diplôme mili- 
taire en bronze était réservé aux troupes auxiliaires. Prov. 
Batn-Hérit (Fayoum) =-- Théadelphie. 

Epitaphes^ stèles funéraires. Les inscriptions funéraires pro- 
venant des nécropoles d'Alexandrie sont ou gravées ou peintes 
sur une stèle (généralement en calcaire du Mex, souvent aussi 



I ^ ^ 

en calcaire nummulitique, plus rarement en marbre) qui e'tait 
place'e au-dessus du tombeau. Dans les tombeaux en forme de 
luculi, l'inscription e'tait peinte sur la face extérieure de la dalle 
de scellement. Sur cette dalle on reproduisait en couleur une 
porte (voir des exemplaires assez bien conserve's plus loin, salle 
2 1 ), au-dessus de laquelle on e'crivait le nom du de'funt et la 
formule /aToe prcce'de'e, à partir du 11"^^ siècle av. J.-Gh., de 
X(j)jOTF et quelquefois de la formule eiyi^wx^' q'^^ devient très fre'- 
quente aux e'poques plus re'centes. Au nom du de'funt, on ajou- 
tait sa filiation et, plus rarement, l'indication de sa patrie. En 
ge'ne'ral, ces inscriptions sont très pauvres de de'tails ; mais nous 
posse'dons, entre autres, une très jolie e'pitaphe (n° 317). 

La stèle fune'raire pouvait avoir un relief reproduisant la scène, 
pourrait-on dire, du congé que prend le défunt, ou un e'pisode 
ge'ncrique quelconque de sa vie — on le représente s'amusant 
soit avec son chien favori, soit avec un oiseau, etc., — ou même 
la scène du repas fune'raire. 

Au lieu d'être de'core'e d'un bas-relief, la stèle était souvent 
peinte. La peinture est faite soit directement sur la pierre, soit 
sur une couche de stuc dont celle-ci est revêtue. 

Les scènes peintes possèdent en ge'ne'ral des caractères moins ge'- 
ne'riques et plus individuels que celles qui sont sculpte'es en relief, 
comme elles ont aussi une plus grande liberté' de mouvement. 
Elles sont souvent d'un dessin assez fin et soigne', et ne pre'sentent 
jamais ces barbouillages exe'cute's à grands coups de pinceau, comme 
on en voit sur beaucoup de peintures murales de De'los à peu près 
contemporaines. La chair des hommes est toujours peinte en rouge, 
rouge-brun ; celle des femmes en blanc ou en jaune-rose. Pour 
les vêtements et les armes il n'y a pas de couleurs convention- 
nelles Les acrotères et le tympan du pseudo-naïskos sont peints 
soit en jaune, soit en rouge, soit en bleu. La frise d'oves est à fond 
jaune ou bleu avec contours rouges. L'inscription est peinte presque 
toujours sur la pseudo-architrave, en lettres rouges ou noires. 

Les bas- reliefs alexandrins sont, en ge'ne'ral, de petite dimen- 
sion (le n° 27 de la salle 16 fait exception) et peu nombreux 
sont ceux qui ont une importance artistique réelle. Mais leur 
inte'rêt est ne'anmoins conside'rable parce qu'ils forment ainsi 
une série qui permet de suivre le de'veloppement pris par ce 
genre de monuments pendant plusieurs siècles. 

Si le calcaire nummulitique, qui est la matière le plus souvent 
employe'e pour les plus anciens de ces petits monuments, jouit 
d'une conservation parfaite, il est, par contre, d'un travail dif- 
ficile. C'est pour cette raison qu'on donna la pre'fe'rence au 
calcaire doux et friable de la roche du Mex. Ce dernier 



,56 

n'offre pas de larges surfaces polies homogènes, sans trous ; on 
commençait d'abord à travailler la pierre grosso modo ; puis on 
la recouvrait d'une couche de stuc, qu'on modelait ensuite plus 
soigneusement et qu'on de'corait au moyen de la peinture. Les 
traces en sont fre'quentes sur nos bas-reliefs. Sur les plus an- 
ciens de nos bas-reliefs fune'raires alexandrins, l'influence attique 
est de toute e'vidence. Le n" 27 expose' plus loin dans la salle 
16 doit avoir e'te' sculpte' ou à Athènes, ou à Alexandrie vers la 
fin du IV"^^ siècle par un artiste venu d'Athènes. Ne'anmoins, 
nous posse'dons des pièces qui se distinguent des bas-reliefs at- 
liques par une finesse d'expression et une liberté' de mouvement 
remarquable (v. n° 83^). Mais cette originalité' ne dura guère, et 
le type de deux individus qui se serrent la main devint bientôt 
banal ; on en trouve également qui repre'sentent un seul individu 
debout, et d'autres, surtout à l'époque romaine, qui repre'sentent 
plusieurs personnages couche's sur un lit [y.h'vy]) prenant leur repas. 
Sur d'autres bas-reliefs, l'influence de l'art indigène est claire 
(salle 1 1). 

83 ^. Ce bas-relief, qui est fissure' et dont la surface est très de'- 
te'riore'e, est un des monuments fune'raires de l'antiquité' les 
plus expressifs et les plus touchants. Sur un lit IxUvt^) a- 
vec chevet, coussins et drap, on voit une femme assise, vêtue 
du chiton et du manteau ; les pieds sont pose's sur un tabouret. 
Elle est mourante, mais tâche de soulever la moitié' supe'rieure 
de son corps comme pour respirer encore. Elle appuie le 
bras gauche sur l'e'paule d'une petite fille qui s'eflbrce de 
se tenir droite et solide afin de la soutenir. Le bras droit 
de la mourante contourne le dos d'une fille plus grande que 
la première, et dont la moitié' inférieure du corps est cache'e 
par les genoux de sa mère. Cette jeune fille embrasse le 
cou de sa mère et fait un effort de'licat et en même temps 
e'nergique pour l'attirer à elle, afin de l'empêcher de s'aban- 
donner complètement. On le voit, c'est un tableau plein de 
sentiment, de ve'rite' et d'expression (voir le n° 82^ pareil 
et peut-être plus ancien, mais plus de'te'riore' et d'une exe'cu- 
tion moins heureuse; le n° 108 est probablement faux). 
Calcaire du Mex. Prov. Alexandrie (Hadra). 

84 ^. Une jeune femme vêtue du chiton, assise sur un siège, re- 
garde à gauche. Elle est en train de sortir une ornementation 
d'une boîte qu'une servante lui pre'sente. Traces de coloration ; 
le vêtement de la servante devait être peint en bleu. Calcaire 
du Mex. Prov. Hadra. 

87 ^. En forme de naïskos. Conservation parfaite (fig. 38). Sur un 



'57 

siège où se trouve un coussin, est assise une femme drape'e du 
chiton avec le manteau. La position du corps se détache en 
profil, mais la figure se présente presque totalement de face. 
Le bras droit, dont le coude est posé sur le genou, sert d'appui 
à la tête qui est légèrement inclinée en avant sur le dos de la 
main. Une servante, debout derrière sa maîtresse, agite un é- 
ventail au-dessus de sa tête. La , position de [cette servante, 
qui est fréquente sur les bas-reliefs alexandrins, ne se rencon- 





^t : M' ./ , 






Fig. 38. 



Fig-. 39- 



tre jamais sur les bas-reliefs attiques. Calcaire nummulitique. 
Prov. Hndra. 
88 ^. Stèle avec fronton (fig. 39). Une dame drapée du chiton et 
du manteau qui remonte jusque sur la tête, est assise sur une 
chaise très simple ; elle tend le bras droit à une autre dame 
debout, qui est drapée du chiton avec une haute ceinture et un 
manteau. Au bas de la scène se trouve gravée l'inscription : 
'locôojga 'AoTFiiiola, Tlioibinom. Ces deux femmes Isidora et Ar- 
témise sont originaires de la Pisidie. 

A remarquer la finesse du dessin, la mollesse des lignes, le 



158 

peu de profondeur des plans. Dans les deux figures, la chevelure 
adhère au front : elle recouvre les oreilles et tombe en nœuds 
derrière la nuque; la tête est e'iègante et petite, le buste le'ger, 
les jambes qui sont longues et le'gèrement e'cartees sont recou- 
vertes d'un amas d'e'toffes conside'rable. Calcaire nummulitique. 
Prov. Hadra. 

Nous nous bornerons à signaler les numéros : 

92'', qui repre'sente un jeune homme assis sur un tronçon de 
colonne sur lequel il a jeté son manteau (une autre figure devait 
probablement lui faire face). 

1 50'^, un enfant debout, tenant une oie sous le bras gauche, se 
penche vers un petit chien. 

91^', deux femmes debout, en face Tune de l'autre, se serrant la 
main. 

97^, un homme âge' assis sur une chaise, sur le dos de laquelle 
il appuie le bras gauche ; le bras droit est abandonne' le long 
d'un gourdin, [.es traits du visage sont maigres, le nez aquilin, 
la barbe pointue. Il regarde au loin devant lui. Portrait plein de 
caractère et riche d'une expression obtenue avec peu de lignes. 

96^, stèle du soldat Lycomedes. Elle est inte'ressante par la forme 
de son fronton. 

Les stèles peintes re'unies dans cette salle, vu leur état de con- 
servation, n'ont dintJrèt re'el que pour les savants. "Voir plus 
loin (salle 17. 20 et 21) la belle collection provenant des ne'cro- 
poles de Chatby, d'ibrahimieh, de Hadra. 

317. Belle e'pitaphe d'un sentiment aussi de'licat qu'exquis: 
Ovxéri Ôij judztjo os 4>i/.6^8rs bé^aio ysooîr 
oàv èoaxàv ygovÎMç àfiqiOaÂovoa béo}]v 
ovôs fiST aîSécov dr' àyâxXvTOv ijXvOsg àozv 
yv/iivaoîov oy.isqwi yijdôovroç ôuj-iéôcor 
àXkà oov dorea 7i}]yà ::iar))g Osxo tsTÔs y.ouîooaç, 
Kavvoç sjTsl uaXeoôjt oâgy.aç s'ôsvos :jvoi. 

« Ta mère^ ô Philoxène^ ne t'a plus reçu dans ses bras, te- 
nant embrassé, après une longue absence, ton visage aimé. Tu 
nés plus rentré avec tes jeunes compagnons dans la cite il- 
lustre pour être heureux dans Tintérieur ombreux du gym- 
rase. Mais ton père, ayant apporté tes ossements robustes, 
les a déposés ici après que Kaunos eut consumé tes chairs 
dans un feu violent «. 

Le jeune homme dont le père pleure la mort et dont il a porte' 
les cendres de Kaunos à Alexandrie, servait probablement dans 
la flotte des Ptole'me'es, dont Kaunos e'tait une station. 



I 59 

31 8. Autre inscription métrique d'e'poque romaine de'couverte à 
Gabbari place'e dans un ce'notaphe au-dessous du portrait de 
l'orfèvre Konobus qui, à l'âge de 26 ans et demi, e'tait mort 
loin de sa ville natale, en Italie où il e'tait depuis onze mois. 

319. Autre e'pithaphe me'trique assez belle, provenant de Sakkara, 

Les bas-reliefs romains qui sont ge'ne'ralement travailles dans 
la technique « en creux », repre'sentent le repas funéraire, c'est- 
à-dire le mort, de face, couche' sur la 
x)Jv)] avec une tasse dans la main 
droite ; devant lui, se trouve une table 
avec de la viande, du pain et une 
amphore; dans un coin, un animal 
sacre', 

330^ 

tent le mort, vu de face debout (voir 

252^^5 247^; 322*^; 233^'). 



chacal, faucon, etc. (voir 317'' 
371''). D'autres reprësen- 



Les inscriptions funéraires d e'poque 
romaine, soit latines, soit grecques, 
sont en ge'ne'ral plus riches en de'tail 
que les inscriptions ptole'maïques. 

Le n° 371^ se re'fère à un certain 
Sarapion, mort à lâge de 70 ans, 
l'an 4 de l'empereur (le nom de l'em- 
pereur n'est malheureusement jamais 
indique') Ce Sarapion a e'te' pre'sident 
des deux gymnases de Nikiou ; il fut 
bon père, bon mari, bon ami, joyeux, 
vertueux et exempt de tout chagrin. 

Les inscriptions latines appartien- 
nent presque toutes à des soldats et 
donnent les indications suivantes : D. 
M. (Dis Manibus sacrum) ; le nom du i.i^, ,,,. 

de'funt, la pe'riode pendant laquelle il 
a servi dans l'arme'e. les fonctions 

qu'il y a remplies, le nom de celui qui a dresse le monument 
(v. au centre de la paroi sur un socle le n° 4S0). 




480 (fig. 40). Sur un tronc de colonne en marbre bleuâtre, 
spe'cialement travaille' sur une partie de sa surface verticale, est 
représente' en haut relief le soldat romain Aurèle Alexandre, 
d'origine mace'donienne, mort à 31 ans après 13 ans de service. 
Le monument lui a ete' e'rige' par Aurèle He'liodore, son af- 
franchi et son he'ritier. De la main droite il soutient une 



i6o 

patère à libation, de la main gauche un vohimen. L'image est 
flanque'e de deux enseignes militaires : deux lances de'corëes de 
sept boucliers ronds et surmonte'es d'une main ouverte. 




/ VF f liVS S At\V5Mli \ CjTYiXlMlV 

>cxxy>âuitakmwiwn;:tu;sv 



Fig. 4] 



252 (fig. 41). Dalle fune'raire en marbre qui de'corait la tombe 
du soldat de la deuxième légion Atirelins Sahius, svrien, 
mort à l'âge de 35 ans. 



PAPYRUS. 



On appelle papyrus tout document e'crit sur des feuilles pre'- 
parées avec la plante qui porte ce nom. Ce qui distingue les 
différentes cate'gories de papyrus, c'est la langue employe'e, le 
genre d'écriture, l'époque ou le contenu. De telle sorte que nous 
avons des papyrus litteVaires, judiciaires, magiques, les papyrus 
grecs ou latins, les papyrus hie'ratiques, fune'raires, demotiques, 
les papyrus ptolemaïques, romains, byzantins, coptes, etc. Pour 



i6i - ^ 

préparer la feuille servant à re'criture on prenait la tige de 
la plante, dont on enlevait l'ecorce exte'rieure, et dont on ne 
gardait que la moelle qu'on sectionnait en longueur ; on formait 
ainsi une première couche. Au-dessus et au travers de celle-ci on 
plaçait une autre couche, (^es deux couches n'e'taient pas croisées 
à la façon d'un tissu, mais simplement superpose'es; on les mouil- 
lait avec un liquide dont nous ignorons la nature et, après les 
avoir presse'es de façon à les faire adhe'rer intimement, on les 
laissait se'cher. Les papyrus e'taient alors prêts à recevoir les si- 
gnes qu'on allait y e'crire au moyen d'une petite baguette pointue ; 
la pointe e'tait quelquefois unie, quelquefois coupe'e en deux moi- 
tie's. L'encre e'tait ge'ne'ralement à base de fer ou de suie mêle'e 
avec de la gomme et de l'eau. On pouvait coller plusieurs feuil- 
les bout à bout et avoir ainsi des papyrus longs d'un, de deux 
mètres, dont on faisait un rouleau. Lorsque celui-ci avait e'të cou- 
vert d'e'criture, on le de'posait soit dans les archives prive'es ou 
publiques, soit dans une bibliothèque. 

Les papyrus, qui ne se sont pas bien conserve's dans les ruines des 
villes anciennes du Delta, à cause de l'humidité' du sol, sont, par 
contre, nombreux dans les Kiiiiâii et les ne'cropoles du Fayoum 
et de la Moyenne et de la Haute-Egypte (0. Le Kôm (pluriel Ki- 
mân) mot arabe qui signifie une petite colline, est forme' soit des 
ruines des maisons de la ville ancienne, soit d'immondices ou de 
de'tritus de toutes sortes. Etant donne', d'une part, les conditions 
favorables de se'cheresse et, de l'autre, la protection contre toute 
substance dJte'iiorante, le Kôm a conserve' intacts tous les morceaux 
de papyrus qu'on y avait jete's ou de'pose's. Il est probable qu'on 
jetait au de'potoir, non seulement les papyrus de'chire's ou inutiles, 
mais même des archives entières qui avaient perdu tout inte'rêt 
pour les ge'ne'rations poste'rieures. D'ailleurs, dans des maisons 
abandonnées, on a retrouve' des lots conside'rables de papyrus qui 
y e'taient reste's cache's jusqu'à nos jours. Dans le Kom, on ne 
trouve ge'ne'ralement pas une grande quantité' de papyrus ante'- 
rieurs à l'e'poque romaine. 

Des papyrus ptole'maïques ont e'te' recueillis assez souvent dans 
les ruines de maisons remontant à l'époque des Lagides (mais 
presque jamais dans les Kimans formes d'immondices et de de'- 
tritus). Cela s'explique par le fait que les papyrus des époques 
pre'ce'dentes devaient se trouver dans les couches plus basses du Kôm 

(i) Dans le Delta la seule ville de Mcn.iès (environs de Mansouia) a donné 
des papyrus, mais carbonisés. En dehors de l'Eg:ypte le seul endroit qui ait fourni 
des papyrus est Herciilanum. Dans les ruines d'une villa suburbaine à Ilercula- 
nurn (près de Naples) on a découvert entre 1752-1754 des paj)yrus carbonisés en 
grande quantité, appartenant à la Bibliothèque d'un philosophe épicurien; ils 
sont tous conservés au Muée de Naples. 



I G2 • 

envahies par l'humidité et que, d'autre part, à l'e'poque romaine 
peut-être, on a employé' pour les besoins de l'agriculture Tex- 
cellent engrais re'sultant de la de'composition des matières ve'ge'- 
tales de'pose'es dans le KÔm. On trouve les papyrus de l'âge 
ptole'maïque. et aussi des de'buts de l'e'poque impe'riale, dans les 
ne'cropoles des époques respectives, où sont ensevelis soit des 
êtres humains, soit des animaux sacre's (crocodiles, chats, chiens, 
etc.). On avait, en etfet, l'habitude de couvrir la momie d'un carton 
fait de toile, de plâtre et de vieux papyrus. On de'posait aussi 
des papyrus à côte des cadavres. 

Pour ne parler que des papyrus grecs (les papyrus latins sont 
jusqu'à pre'sent très rares) il est bien e'vident que la découverte 
de nouveaux papyrus est d'importance primordiale pour la science. 
Non seulement ces recherches ont souvent restitue' à l'admira- 
tion du monde intellectuel de magnifiques morceaux litte'raires 
qu'on croyait à jamais perdus, mais elles ont mis en lumière 
une se'rie incomparable de documents pour servir à l'histoire de 
la vie prive'e et publique de l'Egvpte, tant ptole'maïque que ro- 
maine. Et personne n'ignore la part et l'influence que l'Egypte 
de cette e'poque a eues dans l'histoire ge'ne'rale de la civilisa- 
tion. Les sciences auxquelles la papyrologie apporte spe'ciale- 
ment une aide puissante sont la philologie, Vhistoire de Van- 
liquilé, Vhistoire du droit^ la théologie. Pour la connaissance 
de l'ancienne Alexandrie, les papyrus n'avaient pas fourni une 
contribution appre'ciable jusqu'à ces dernières anne'es 5 mais ac- 
tuellement les papyrus d'Abousir-el-Melek au Musée de BerHn (con- 
trats, lettres etc.), et les papyrus du se'minaire philologique de 
Halle (extraits de lois et de'crets alexandrins) constituent une 
source inépuisable de pre'cieux renseignements sur la topographie, 
ainsi que sur la vie publique et prive'e des Alexandrins à l'e'poque 
ptole'maïque et à l'époque d'Auguste (^). 

Le premier papyrus grec d'Egypte parvenu en Europe est 
celui qui fut acheté' en 1778 par un marchand et qui passa 
ensuite en possession du cardinal Borgia ; il fut e'dite' en 1778 
par Nicolas Schow. Dans le cours du XI X"'^ siècle plusieurs 
papyrus parvinrent aux Muse'es d'Europe ; ils provenaient de trou- 
vailles fortuites faites par les fellahin. C'est de 1889-go seule- 
ment que datent les fouilles me'thodiques, entreprises par des 
savants en vue de rechercher ces pre'cieux documents. Les 
expe'ditions plus importantes, dont quelques-unes travaillent en- 
core, ont été' l'anglaise (Flinders Pétrie, et surtout Grenfell et Hunt 

(i) D'autres papyrus aiialog'ues, du lime siècle ap. J.-Ch., provenant de Bali:- 
Hérit (Fayoum) seront publiés prochainement. Voir Schubart W. dans Anttliche 
Berichte aus den Kônigl. Kimstsamml., Berlin, novemb. 1913, p. 55 sq. 



163 

qui ont fait des découvertes ce'lèbres à Oxyrhynkos-Behnesa, Haute 
Egypte), la française (Jouguet et Lefebvre), l'allemande (Schafer, 
Wilcken, Rubensohn, Zucker, Schubart), l'italienne (Schiapnrelli, 
Viteili, Breccia, Pistelli). A côte' de ces recherches syste'mati- 
ques ont continue' les trouvailles fortuites et les fouilles clandestines 
des indigènes, de telle sorte que beaucoup de papyrus ont passe' 
entre iSijo-iqio dans le commerce, pour être disperse's ensuite 
aux quatre coins du monde. Toute Faculté' philologique de quelque 
importance possède aujourd'hui quelques papyrus ; les collections 
prive'es sont e'galement nombreuses: les plus importantes de toutes 
parmi ces dernières sont celle de l'Archiduc Rainier (Vienne) et 
celle de Lady Amherst (achete'e par P. Morgan). 

Notre collection, forme'e surtout de papyrus grecs, allant de 
l'e'poque ptole'maïque à l'e'poque byzantine (III'"^ siècle av. J.-Gh., 
VI-VII'"'^ siècle après) et de papyrus coptes, n'est pas riche en 
comparaison des splendides collections de l'Angleterre, de l'Alle- 
magne, de la France, de l'Italie, de la Suisse, de l'Ame'rique ; 
mais notre Muse'e possède ne'anmoins quelques pièces de premier 
ordre. Cette collection provient soit d'achats, soit d'envois de la 
Direction Ge'ne'rale du Service des antiquite's, soit encore de 
dons de Maître Glymenopoulo et de M. Adolphe Cattaoui, lequel, 
entie autres, a ce'de' au Muse'e d'Alexandrie un ce'lèbre papyrus 
judiciaire. 

Vitrine N. n°^ 1-3. Homère. Fragments de l'Iliade. 4. SchoUa 
home'riques. 5. Calliniaque, Fragments de l'hvmne IV à De'los. 
V. 84. rviKfUi] fih' /aiçlovair uzs ôgvaç oii/^go.; âé^si 

rvacfai d' a\v y.Aalovoir ors ôgvoir [ovx hi (yvlXa. 
Tolç tityy'r^ 'Ajto/J.cov v.-Toy.(>L-Tioç [tiirù /o/.o')i)fj, 
(fdr/i;aT]o è ovx Ô.t^'/.egtov «,Tf//,/yo«[s t'.Ti (~)>'j(hj, 
'Hi'llh], tI.-t^tf Tiùuira ror (/.rrixa .-tÔt^hov slèyyeig ; 
iii'j Tid), in'i] fi'ui'xovTa (^laÇeo fiavzevsoOai. 
Or.-Toj aoi] ]Ji'0(7jri uh'ei xoiJio\pijioç sôoi] 
ovôs XI jr]w(?) ryOvtjXf-)' ocpiç fiéyaç, [akk'szi xeïvo 
dî]oîov ai]yoyn'i:[(]ov d.-ro IIâ[s]iot[oTo Traoéojiov 
IIagrt:n\i>y ykj ôema .-Teoiozé(/[8( h'rta xvxloiç. 
àXX'Ei^in:£ç è\oéoi zi roiuozsoor 1} «[.to ()d(f'V}]ç 

G. Isocrate, ZZ 37, 3-^, 39 du Panégyrique. 

Dans la même vitrine, d'autres fragments classiques. Parmi les 
papyrus ptole'maïques non littéraires, voir n° 14. Requête d'un 
prisonnier au roi. i 5. Plainte contre le comarque Pakyvis. 
18. Déclaration de biens et de personnes. 22. Lettre d''un cer- 
tain Diogène à Apollonios pour affaires privées. 



1 64 

Dans la vitrine M, quelques lettres adressées au roi, etc. 

Au-dessus des vitrines M-N. : Papyrus judiciaire Cattaoïii^ long, 
o m, 80, haut, o m. 22 ; il est e'crit sur les deux faces. C'est 
le plus conside'rable parmi les papyrus non litte'raires d'e'- 
poque romaine. Le commencement de ce papyrus se trouve 
au Musée de Berlin. Il contient 7 protocoles judiciaires écrits 
de la même main et se re'fe'rant à des questions relatives au 
mariage de soldats romains. 

i*" Col. I, 1-4. Protocole du praefectus Aegypti M. Rutiiius Lu- 
pus dans une question qu'on ne peut pas déterminer (i 14-1 17 
ap. J.-Ch.). — 2° Col. I, 5-13. Protocole du même praefectus 
(3 janvier 117) se référant à des « plaintes pour dots » soule- 
vées par des femmes de soldats. — 3° Col. I, 1 4-111, 10. Pro- 
tocole dun àgyibiy.aorijç (haut fonctionnaire judiciaire) en sa 
qualité de délégué du praef. Aeg. M. Petronius Mamertimts 
(25 février 134,^. Même objet que le précédent. — 4° Col. III, 
11-12. Plainte préjudicielle d'un soldat, citoyen romain, se 
référant au « status familia; » de son fils, « fils de soldats » 
(24 octobre 114). — 5° Col. IV, 1-15. Demande d'une ci- 
toyenne d'Alexandrie pour faire exempter de Tmipot la suc- 
cession de son fils, liœres testamentaritis d'un soldat romain 
(4 juin 115). — 6° Col. IV, 16-V, 26. Demande préjudicielle 
d'un soldat, civis alexandrinus^ se référant au status civi- 
tatis de son fils (26 août 142). — 7° Col. VI. Procès causé 
par des délations contre la femme d'un soldat : hona vacantia. 
— Le verso du papyrus contient la pétition d'un soldat qui, 
se basant sur plusieurs documents, nous trace l'histoire assez 
compliquée d'un procès. 

BIBLIOGRAPHIE. — Botti, Riv. Egiz., \'II, p. 529 suiv.; Sciai.oia, 
Bull. deWIst. di diritto romano. VIII. iSy^, p. 15^ suiv. ; Mélanges Revit- 
loitt, p. 3S4 suiv. ; Bott/, Bull. Soc. Arch., 4, (1902), p. 108-118; Gkenfell, 
HuNT et P. Mever, Arch. Jiir Papyrus/orschung, 3, p. 35-105. 

80. Contrat de location^ dans le village de iNiloupolis, Le 1 2 
septembre 65 ap. J.-Ch. deux lesones de la déesse Isis Ne- 
phremmis donnent en location, jusqu'au 2 septembre de l'an ôô, 
l'Isieion de Nephremmis à un certain Petesouchos, au prix 
de 300 drachmes d'argent, payables par acomptes mensuels. 

BIBLIOGRAPHIE. — Vitelli G., Mélanges Châtelain, p. 288 suiv. 

Parmi les autres papyrus, il y a des lettres privées (n°^ 60, 82, 
90, etc.), des contrats (n°^79, 88, 96, etc. n°:79 vente d'un cha- 
meau); le n° 113 est une requête de certains fermiers de Sokno- 
paiou Nêsos (P'ayoum) au stratège du nome Arsinoïte pour se 
plaindre contre un agresseur et ses quatre frères qui ont voulu 



. 165 

les empêcher de faire les semailles et s'approprier leurs champs. 
Le n" 119 est un papyrus magique^ contenant des formules 
d'invocation au bon ge'nie Nilus. au grand esprit Sabaoth, pour 
avoir toutes sortes de bonnes fortunes. Le n° \i2 est la de- 
mande, libellas, d'une attestation d'avoir sacrifie' aux dieux, 
présentée, pendant la perse'cution de Dèce, par une dame Au- 
rélia, prêtresse du dieu Petesouchos, à la commission pre'posêe 
aux sacrifices. 

Dans la Vitrine O. Tablettes en bois à l'usage d'e'coliers ; sur 
celle qui porte le n° i sont e'crits des vers d'Homère. 



Monuments divers au centre de la salle. 

332^. Scarabée colossal provenant du terrain de la Colonne dite 
de Pompe'e. Inscription hiéroglyphique pour le dieu Khopri 
(XIX""^ dynastie). Granit rouge. Long, o m. 90, haut, o m. (jo. 

351'', Sphinx assez remarquable comme travail, malheureusement 
acéphale. Il porte grave' sur la poitrine et entre les pattes de 
devant le cartouche d'Har-em-heb (XYIH'"*^ dynastie). De'couvert 
aux environs de la colonne dite de Pompe'e. La tête avait 
e'te' casse'e intentionnellement en mille petits morceaux. 

331. Dieti Apis trouve' en morceaux (1895) à l'ouest de la co- 
lonne dite de Pompée et restauré en 1898 par le sculpteui- 
Marcucci. Ce monument appartient indubitablement à l'époque 
de l'empereur Hadrien, ainsi que l'indique une inscription frag- 
mentaire trouvée avec la statue brisée du taureau et qui devait 
faire partie du pilier placé comme soutien sous le ventre de 
l'animal. C'est un monument des plus dignes d'attention. 
Granit noir Haut, i m. 80 (fig. 23, pag. 99). 

330. Sphinx femelle. Cette statue est travaillée avec une liberté 
qui n'était pas coutumière à l'époque préalexandrine. Elle 
incline la tête de côté et croise les pattes de devant. Calcaire 
jaunâtre. Prov. Alexandrie (Sérapeum) (fig. 42). 



SALLE 7. 



Une partie des monuments qui sont exposés dans cette salle 
provient des fouilles exécutées dans les environs d'Aboukir en 
i89r par S. K. Daninos Pacha; il y découvrit des ruines qu'il 
a identifiées comme étant celles du sanctuaire de iMénouihis. Ces 



66 




monuments n'ont pro- 
bablement pas ëte' exe'- 
cute's pour l'endroit où 
ils ont e'te' de'couverts, 
mais ils y ont e'te' trans- 
porte's d'He'liopolis ou 
de S aïs. 

I , Staiue colossale {hau- 
teur, 2 m. (82) d'un 
Pharaon du Moyen 
Empire (de la dy- 
nastie e'trangère des 
Hyksos) usurpe'e par 
„. Ramsès II. A droite, 

Fig. 42. . , ' 

on voit grave le por- 
trait de la princesse 
Hout-iMa-Ra, fille de Ramsès II, celle'Jqui. selon la tradition, 
aurait sauve' des eaux Moïse enfant. 

3 et 5. Dnix sphinx ace'phales, le premier au nom d'Amenemhat 
IV, le deuxième au nom d'un Pharaon de la XII^^ dynastie 
et usurpe' e'galement par Ramsès IL Grès rougeâtre. Long. 
I m. 87, haut. I m. 40. 

4. Têie de Pharaon. Prov. Aboukir. 

18. Buste d'une statue de Ramsès II. Granit rouge. Près de ce 
buste sont expose'es des pho- 
tographies du champ des 
fouilles (avec le monument 
en place), ainsi que du groupe 
colossal en granit de Ram- 
sès II et de sa fille, actuel- 
lement dans la cour da 
Muse'e. Prov. Aboukir. 

2. Acte -d'adoration au dieu 
Horus, et 6, fragment d'une 
statue de Ramsès VIII, pro- 
viennent d'Alexandrie. 

Vitr.B.n"!'^. Buste deroisaïie. 
Travail de l'école de Mem- 
phis, caracte'rise parune exé- 
cution fine et molle. Granit 
noirâtre (fig. 43). 14- Belle 
tête de jeune Pharaon. 




Fltr. 



i67 

Socles 17-19: Deux couvercles de sarcophages en bois peint. 

Vitrine G. Detix statues incomplètes du même personnage, 
PsherephtaJi, haut fonctionnaire à la cour des Ptole'mées ; il 
e'tait « scribe de son roi, ve'rificateur du tre'sor, chef du se- 
cret de la maison de Phtah, du Rasatit, du Serapeum de Rha- 
kotis, et de la maison fune'raire d'Anubis sur sa montagne, 
chef de la garde-robe royale, etc. ». Calcaire jaune. Prov. Alex- 
andrie (Serapeum). 



SALLE 8. 

Superbe chapiteau hathorique en basalte noir. Ce type de cha- 
piteau (v. temple de Dendera), devint à la mode sous les Ptole'- 
me'es et fut fre'quemment employé' dans les constructions de 
cette e'poque. Celui-ci a e'te' trouve' isole', à Alexandrie, au 
sud de la Porte Rosette. 

1,2,4, 5- Sarcophages anthropoïdes en calcaire nummulitique, 
trouve's dans une ne'cropole de la province de Ke'neh. 

3. Bas-relief funéraire (il formait le linteau d'une porte) remar- 
quable par la finesse de son dessin et la vivacité' de l'expres- 
sion des personnages. Il faisait partie de la de'coration d'un tom- 
beau he'liopolitain (0 (fig. 44). Le Pharaon Zanoufir, fils d'On- 
khoupsammatik, ne' de la dame Noubêiti, est assis à gauche 
sur son trône. Un e'norme bouquet de lotus se dresse en terre 
derrière lui 5 un second bouquet est plante' devant lui; une grue 
perchée sur la plus haute fleur tient dans son bec un lotus 
e'panoui; et deux canards d'espèces diffe'rentes, un bouton de 
lotus au bec, sont lie's par les ailes au nœud qui serre le bou- 
quet. Au-delà trois scènes de re'jouissances sont figure'es, qui 
sont separe'es l'une de l'autre par deux bouquets analogues à celui 
de l'extrême gauche. Dans le premier un rhapsode chante en 
s'accompagnant d'un trigone. C'est un homme âge', comme 
le prouvent les rides de la face et les plis de la nuque. Il 
est assis sur un tabouret-, il a la tête rase et les pieds chaus- 
se's de sandales courtes, releve'es le'gèrement à la pointe ; il 
est drape dans un grand pallium plisse, dont l'extrémité' lui 
flotte sur l'e'paule et laisse libre le mouvement des bras. Trois 
musiciennes sont debout derrière lui. La première accom- 
pagne le chant de la voix humaine et de la harpe sur un 

(l) Ce beau relief a été étudié dans ses détails et en rajipoit avec d'autres 
bas-reliefs du même style par G. Maspero, Musée égyptien^ II, 2, p. 84 suiv., au- 
quel j'en emprunte la description. 



: l68 

tambour oblong en forme de tonneau, qui lui pend au cou par 
une courroie : elle est habille'e du sarrau frange' dont les bre- 
telles sont liées au-dessus du sein et du grand pallium plisse' 
qui l'enveloppe entière : elle est coiffe'e de la perruque courte 
à petites frisures, qui de'gage la tête; un ruban, dont l'extre'- 
mite' tombe sur la nuque en formant boucle, serre sur le front 
un lotus e'panoui. Les deux nutres femmes frappent dans leurs 
mains pour accentuer le rythme. Dans la seconde scène un 
personnage nomme' Khaemmoufir, pre'pare à boire pour le 
de'funt. Il a la tête rase et les pieds chausse's de sandales à 
frein revenant sur la cheville ; il porte le pallium. La dernière 
scène est une scène de danse. Deux danseuses, nues en appa- 




rence, dessinent un mouvement en s'accompcignant. la première 
sur une Ivre, la seconde sur la guitfire. Derrière les danseuses, 
un dernier bouquet se dresse, sur lequel une petite grue est 
perche'e. — Prov. Hcliopolis. Don de S. E. Tigrane Pacha. 

Caisse C. Momie provenant d'une ne'cropole de la Haute -Egypte, 
endommagée pendant le transport par des bateliers à la re- 
cherche de tre'sors. 

Caisse E. Momie de la XXVI'"^ dynastie, dans son cercueil 
de sycomore. Le cercueil exte'rieur n'est pas de'core'. Le car- 
tonnage qui enveloppe la momie est peint sur toute sa sur- 
face. Le masque de la momie est peint en couleur rose, la 
perruque en noir. Sur le sommet de la poitrine, la de'esse Neith 



ibQ 

de profil tournée vers la droite portant le signe de la vie. Des 
e'paules de la momie descend un large et riche collier. Le reste 
du corps est divise' en six zones horizontales; et dans chacune 
de celles-ci sur un fond jaune-or sont peintes des scènes du 
rituel fune'raire. Les couleurs pre'dominantes sont le vert (pour 
les chairs), le noir (pour les vêtements). 

Caisse B (387). Cercueil extérieur de momie, provenant de 
la deuxième trouvaille de Deir-el-Bahari en iSgi (v. Maspero, 
Guide du Musée du Caire). La surface intérieure a le fond 
rouge; les figures sont peintes en jaune, en vert et en blanc. 
Sur les parois verticales, du côte' de la tête, un serpent aile', 
les ailes de'ploye'es, et le signe de la de'esse Neith sur la 
poitrine ; aux côte's, six ge'nies debout auprès d'un autel 
surmonte' d'un vase à libation. Dans la surface horizontale, 
du côte' de la tête, un serpent, le corps replie' plusieurs 
fois sur lui-même, serrant dans ses replis le signe de la vie. 
Au-dessous, la de'esse Neith, debout, de profil tournée vers 
la droite; à gauche elle est flanque'e de signes hie'roglyphiques; 
cà droite un serpent enroule' autour d'une plante de lotus ; plus 
bas, sur une base, est l'âme sous forme d'oiseau. Dans la zone 
infe'rieure une divinité' assise, de profil, tourne'e vers la droite, 
portant la plume, signe de la ve'rite'. Partie exte'rieure (à gauche 
du visiteur). La montagne de l'Occident. En haut la de'esse 
Nout embrasse le disque du soleil ; au centre du disque est 
le scarabe'e ve'ne're' de Khepra : suivent (à droite) trois rangées 
de chacals, cynocéphales et éperviers adorant le soleil. La 
scène suivante a pour point central la momie qui est placée 
debout vers l'extrémité droite de la caisse, de profil tournée vers 
la gauche ; douze personnes, des pleureuses, des prêtres habillés 
de la peau de panthère, s'inclinent vers la momie et lui font 
des offrandes. La momie est placée à l'entrée du tombeau, un 
édifice rectangulaire surmonté d'une petite pyramide. (A droite 
du visiteur). La montagne de l'Occident, la déesse du nord à 
l'œil d'Horus ; la déesse Hathor sous forme de vac.he blanche 
tachetée de noir, descend de la montagne. Le fils du défunt, 
suivi d'une femme habillée en noir (la veuve), fait de nom- 
breuses offrandes à la divinité (des vases, une oie, des pains, 
des gâteçiux, des fruits). Une barque flotte sur le Nil; elle trans- 
porte le défunt et sa mère. La barque est remorquée ; un pilote 
debout près de la proue dirige la manœuvre et tient les câ- 
bles auxquels sont attachés quatre chacals d'Anubis et trois 
éperviers à tête humaine. Au dessous, une seconde barque à 
trois rameurs transporte les offrandes. 

La caisse A (380) provient de la même trouvaille de Deir-el- 



I70 

Bahari. Bien qu'en partie moins bien conserve'e que la pre'ce'- 
dente, elle est recouverte de belles peintures, en couleurs 
brillantes f jnd jaune-or, la figure en vert, noir et rouge), qui 
repre'sentent toute une se'rie de scènes du rituel fune'raire. 



SALLE 9. 

1. Fragment de la porte du tombeau d'un personnage de l'Ancien 
Empire. 

2. Le dieu Honis l'aîne' sous la forme d'e'pervier dans un naos. 
Il porte sur la tête la double couronne de la Haute et de la Basse 
Egypte. Le naos a une double frise forme'e par un double 
e'pistylium, de'core' du disque solaire entre deux uraeus. La 
corniche est surmontée d'une rangée d'uraeus, Prov. Denderah. 

5. Fragment d'une statuette de scribe assis. 

7. Chapiteau à tête d'Hathor (cfr. salle 7, n° (>). Don de 

M. L. Avierino. Prov, Alexandrie (probablement). 
9. Statue de la déesse Sekhet^ à tête de lionne, trouve'e dans 

les fondations de la maison Mavridis, rue Cherif-Pacha (XVIII"^'-' 

dynastie). Basalte noir. Haut, i m. 32. 
14. Basalte noir. Haut, o m. 45. Buste du roi Psainmetik IL 

Sur la poitrine, suspendue au cou en guise d'amulette, la 

de'esse Neith, ayant sur la tête la plume, symbole de la ve'- 

rite'. Prov. Alexandrie. Port-Est. 
16. Bîtste de prHre égyptien. Les yeux en ivoire et e'bène sont 

rapporte's 
21. Fragment à^ obélisque du roi Séti I^'' trouve' à Alexandrie 

(quartier Labbane). où il doit avoir e'te' transporte' d'He'liopolis. 

En effet le roi Se'ti est repre'sente' faisant des de'votions au roi 

Atoun. 
27. Statue assise. acéphah\ de Raïuscs 11.^ trouvée sur le plateau 

de la colonne dite de Pompe'e. Granit rose. Haut, i m. 0(). 

Bon travail. 

30. Stèle cintrée. Le serpent Agathode'mon, de profil tourne' 
vers la gauche, ayant la double couronne royale, se dresse 
sur sa queue enroule'e, entre deux Jperviers couronne's et un 
troisième aux ailes e'ploye'es. 

31. Stcle funéraire peinte. Bas-relief repre'sentant une scène 
d'offrandes à l'occasion d'un enterrement (Moyen Empire). 

34. Calcaire jaune. Haut, o m. 30, long, o m. 23. Stèle cin- 
trée. Le dieu Osiris assis entre Isis et Nephtys, debout. En 
bas, inscription de'motique. 



36-37» Planches de cercueil sur lesquelles on a dessine' des ge'nies 
fune'raires. 

38. Albâtre. Base d'une colonne du palais du roi Ramsès III 
dans la ville d'Onion. 

39. Calcaire jaune. Long, o m. 30, haut, o m. 22. Table d'of- 
frande au dieu crocodile (Petesouchos) richement de'core'e. Le 
dieu est repre'sente' en relief dans un bassin d'une forme 
rectangulaire, au fond duquel les desservants descendaient par 
deux escaliers. Le bassin communique par un canal avec un 
autre bassin carre', plus profond. La bordure supe'rieure est 
richement de'core'e par une graeca^ par des rosettes et par 
des scarabe'es en relief. 

Au milieu de la salle. Sur une sorte de caisse en bois sculpte', 
est de'pose' un brancard pareillement en bois, qui devait servir 
aux processions du dieu Pete- 
souchos ou Pnéphe'rôs (dieu 
crocodile) (fig. 45) adore' à 
The'adelphie. Sur le brancard, 
une momie de crocodile. Caisse 
et brancard ont e'te' de'couverts 
dans le temple de The'adel- 
phie (Batn He'rit, Fayoum) qui 
remonte à la moitié' du H""' 
siècle av. J.-Ch. Des photo;^ra- 
phies et une aquarelle accro- 
chées à la paroi de la caisse 
faisantface à l'entre'e, montrent 
ces objets tels qu'ils étaient au 

moment de la découverte dans Ig vestibule de la ceïla du temple, 
ainsi que des prêtres portant le dieu en procession. Au centre 
de la paroi du fond de la sali.e est déposée la grande porte 
en bois du pylône extérieur du temple. Elle est très solide, 
et presque intacte. Une inscription grecque gravée sur'la face 
extérieure rappelle que le pylône et la porte ont été érigés 
par Agathodore, fils d'Agathodore, Alexandrin, inscrit dans la 
deuxième hipparchie, en l'honneur du roi Ptolémée (Evergète 
II). de sa sœur (et femme) Cléopatre, et de sa femme (et 
niècej Cléopatre, l'an 137 av. J.-Ch. A côté sont exposées des 
photographies du pylône en pierre calcaire, flanqué de deux 
lions, ainsi que de la cour, de la cella et de l'autel. D'autres 
monuments provenant de ces fouilles sont dans cette même 
salle (ils portent tous un petit écriteau explicatif;. Nous avons 
transporté et nous allons reconstruire dans la cour du Musée 
le pylône et l'autel de ce temple si intéressant. 




Fi?. \5-. 



SALLE 10. 

Cette salle a e'te' de'die'e à la me'moire de feu Sir John An- 
toniadis, parce que cet homme e'claire', donnant un exemple qui 
devrait être imite' par d'autres concitoyens, a offert au Muse'e 
une grande partie des objets expose's dans cette salle, et d'autres 
encore. La salle Antoniadis contient une riche se'rie de petits 
monuments pharaoniques ainsi que des bijoux de ditfe'rentes é- 
poques : statuettes de dieux, objets du culte, ouschabtis, amu- 
lettes, canopes, vases en albâtre. Il y a e'galement quelques mo- 
mies et quelques cartonnages de momies. 

A l'entre'e de la Salle, Socle B. Calcaire jaune. Long, o m. 
85, larg. m, i. Prov. Samanoud. Belle lable d'offrande du 
temps du roi Amenemhat de la XI"^^ dynastie. Elle est divise'e 
en deux parties. Dans l'une il y a deux bassins rectangulaires, 
pourvus de petits canaux destine's à amener les re'sidus de la 
libation dans l'autre section de la table forme'e par un bassin 
à degre's. Ces bassins à degre's symbolisaient, d'après les con- 
ceptions religieuses des Egyptiens, l'Univers, c'est-à-dire la vie 
terrestre et celle d'outre-tombe. 

Vitrine C. 3-25. Statuettes d'Osiris et Osiris-Oimophris. Il est 
repre'sente' quelquefois debout, coiffe' de l'uraeus, de la double 
couronne et de la plume, le fouet et le crochet en mains 
(n"* 3, 5,7, 10, 15); d'autres fois, à ces symboles sont ajoute'es 
les cornes qui indiquent la puissance du Nil fn" 4) ou le disque 
solaire (n" 13); d'autres fois encore, il est repre'sente' sans le 
fouet ni le crochet (n" 1 6). Souvent, on lit en hie'roglyphes sur 
la base: « Osiris donne la vie pour toujours ». Osiris repre'senta 
d'abord le Nil inconstant et sauvage des e'poques primitives, 
puis le cote' heureux de sa natuie ayant pre'valu à mesure 
que les riverains avaient appris à re'gler son cours, il n'avait 
pas tarde' à se transformer en bienfaiteur de l'humanité'. Il 
e'tait aussi le seigneur de la terre en sa qualité' de roi, et il avait 
appris aux hommes tous les me'tiers. D'ailleurs il ne tarda pas 
à devenir le protecteur des morts. Le lieu d'origine de son 
culte fut la ville de Busiris dans le Delta, mais il devint la 
divinité' principale d'Abydos. 

26-40. Le taureau Apis, coiffe' de l'uraeus et du disque solaire. 
Le taureau Anis e'tait l'image vivante de Phtah sur la terre. 



. ,73 

On le gardait dans une des cours du temple de Phtah, à Mem- 
phis, où il rendait des oracles. Mort, il avait sa se'pulture dans 
le Se'rapeum. Il n'y avait jamais qu'un Apis à la fois, et le 
taureau n'e'tait adore' comme Apis que lorsqu'il portait cer- 
taines marques sacre'es, telles que taches noires sur le flanc, 
triangle au front, tache en forme de croissant sur le poitrail. 

41-45. La déesse Hallior. Hathor, de'esse de la montagne qui 
séparait la terre d'Egypte de l'autre monde, e'tait repre'sente'e 
sous la forme d'une vache ou d'une femme à oreilles de vache. 
Elle e'tait la de'esse de la beauté', que les Grecs identitièrent 
avec leur Aphrodite. 

46-60. Le dieit Plitali. Phtah, identifie' avec Vulcain, était le 
dieu suprême de Memphis. On le repre'sentait debout ou assis, 
tenant un sceptre des deux mains, à la figure fine et souriante. 
G 'e'tait lui qui avait donne' leur forme à toutes les choses exis- 
tantes. Les n°^ 60 ^'^ et suiv. repre'sentent Phtah Patèque, 
re'apparition à la vie du soleil vainqueur des te'nèbres. 

61-68. Le dieu Nofirioum. Nofirtoum e'tait le fils de Bastit 
ou de Sekhet, et il paraît avoir incarne' une des formes du 
soleil, ou plutôt la force solaire, l'ardeur que l'astre, à son lever, 
met à dissiper les e'ternels ennemis de son œuvre. 

69-76. Le dieu Noum ou Khnoum (Knouph, Knoumis, Ghnouphis, 
des Grecs). Il jouait à Ele'phantine le même rôle qu'Ammon 
à Thèbes et que Phtah a Memphis, c'est-à-dire qu'il y repré- 
sentait le dieu suprême, le dieu créateur et primordial; mais, 
sous le nom de Noum-Ra, il était la divinité se manifestant par 
le soleil. Il est représenté avec, une tête de bélier. 

77-106. Déesse Thouéris ou Apet^ à tête d'hippopotame, aux 
mamelles pendantes. Quelquefois elle est léontocéphale. Elle 
personnifie l'espace dans lequel le soleil prend naissance, elle 
est la déesse mère et nourrice. 

107-132. Figurines d'Anoitp ou d' Antthis, à tête de loup ou 
de chien. Il est le dieu de l'embaumement et de l'ensevelis- 
sement (voir à Kôm-el-Ghogafa la scène principale dans les 
bas-reliefs de la niche du fond), le dieu des morts. 

133-179. Le dieu Tliot^ à tête d'ibis. Thot, identifié par les 
Grecs avec Hermès, était le dieu inventeur de l'écriture, le 
dieu pondérateur, intelligence directrice de l'Univers. A l'origine 
Thot est une divinité lunaire, mais il est en même temps le 
secrétaire des dieux, le juge céleste, le dieu de la sagesse et 
de la science. L'ibis et le singe cynocéphale lui étaient con- 
sacrés. Le centre principal de son culte était la ville de 
Schmoun, l'Hermoupolis Magna des Grecs, aujourd'hui Aschmu- 
nein (province d'Assiout). 



174 

Vitr. C. Dans le compartiment inteVieur, une collection de po- 
teries provenant des fouilles faites par Flinders Pétrie à Tark- 
ham. H'ne.Tiin'e dynastie. 

Vitr. D. I. Tt'te de momie, La figure est en partie couverte 
d'un revêtement forme' de bandelettes de toile. 2. Intéressante 
itie de momie gardant, en bon e'tat de conservation, un 
masque en plâtre dore': ce masque est très inte'ressant parce 
qu'il moule tout à fait la figure du mort, et par conséquent 
nous montre tous les détails de sa physionomie. 3. Bois peint. 
Vache accroupie^ de profil, tourne'e 
vers la droite ; l'inte'rieur est creux 
et l'ouverture carre'e ame'nage'e sous 
le cou communique avec un bassin 
rectangulaire que la vache tient entre 
les jambes de devant ; c'e'tait une 
sorte de boîte d'offrande votive pour 
, ^i^m l'ame d'un fonctionnaire charge' du 

KâyPl^^ be'tail d'Ammon, ainsi que le rap- 

fA^I^^^ porte l'inscription hie'roglyphique 




n-ave'e horizontalement sur le dos de 



la vache. Bon travail. 4. Momie d'en- 
fant^ dans son cartonnage peint et 
son masque dore'. Cet enfant e'tait 
fils d'un dignitaire appartenant à une 
famille sacerdotale. 5. Momie d'un 
aigle dans son revêtement de toile. 
6. Momie d'ibis. Dans la surface su- 
pe'rieure du maillot qui l'enveloppe est 
applique'e, en relief, l'image de Thot 
assis, coupe'e dans une bande de toile. 



Fig. 46. 



'Vitr. AA. Dans le rayon b. Deux beaux 
scarabées ailés en e'mail bleu-fonce' ; 
trois serpents uraetts en bois dore'. 
I, 2, 3-10 (rayon d). La de'esse Sekhet ou Seclimet (la puissante) 
quelquefois assise, quelquefois debout. De'esse personnifiant la 
force de la lumière solaire ; de'esse guerrière lançant le feu 
contre Tennemi. Le centre de son culte e'tait Memphis. Elle 
est repre'sente'e avec un corps de femme et une lête de lionne, 
souvent surmonte'e du disque et du serpent uraeus. 

Le n° I, une très belle statuette en bronze haut, o m. 24), 
repre'sente Sekhet assise sur un trône, tenant dans la main 
gauche une fleur en or (fig. 46). 



i 




Il- F 5 (rayon ^). Iiiihotep. C'était 
une divinité solaire. Fils aine de 
Phtah, enfanté par Nout. 

16-31 (rayon e). Quinze statuettes 
de Cynocéphales^ les unes en 
bronze, les autres en terre c- 
maille'e. G'e'tait le singe consacre 
à Thot. Il est toujours repre'senté 
assis sur son arrière-train. Quel- 
quefois sa tcte est surmontée du 
disque solaire. 

32-35 (rayons /, î, /). Bast (chatte, 
ou corps humain à tête de chatte). 
5 [ (Hg. 47). Petite chatte en 
bronze portant des boucles d'o- Pig.^ ^, 

reilles en or. 55 (fig. 48) (haut. 
G m. 23). Exemplaire en bronze 

bien conservé et d'un très bon travail. — Basi, forme atténuée de 
Sekhet, adorée à Bubastis, était la personnification de la chaleur 
bienfaisante. Quelquefois elle est considérée comme^ déesse de 
la guerre, mais elle se plait surtout à la musique et à la danse. 

56-89 (rayons //, k). Horus à tète d'épervier et éperviers sacjés 
d'Horus. Sans couronne, ou coiffé du disque solaire (58)^ou 
plus souvent du /'sc^^w/ (double 
couronne de la Basse et de la 
Haute Egypte) (fig. 49). — 
Fils d'Isis et d'Osiris il repré- 
sente le soleil; il ressuscite le 
soleil levant. L'idée de repré- 
senter le soleil comme un fau- 
con volant dans le ciel est très 
ancienne. 

90. Bronze, hauteur o m. 23. 
Le dieu Râ hiéracocéphale, 
coiffé du pschent^ assis devant 
un obélisque. L'obélisque était 
la partie essentielle du temple 
de Râ et représentait la rési- 
dence du dieu (fig. 50). 

[)\. Porcelaine, haut, o m. 11. 
Le dieu Râ hiéracocéphale, 
coiffe du pschent, debout, la 
main droite sur la poitrine, la 
main gauche le long du corps. Fig:. 48. 



PI^^P", 




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92 (ravon k). Bois peint et dore (voir aussi 92^"^, ravon /). Statue 
d'Osiris. La base est souvent formée d'une boîte destine'e à 
renfermer des papyrus funéraires. 

93-107. Petites boites en bronze destine'es à contenir des reliques 
de serpents, de crocodiles et d'autres animaux sacre's. L'animal, 
dont la boîte renfermait quelques restes, est sculpte sur la 
surface supérieure. 

108 (rayon k). Terre cuite emaillee (fig. 51). Belle ampoule 
lenticulaire à vernis verdâtre, garnie de rangs de perles ou 





Fig. ^9. 



Fig. 



d'oves sur la tranche, d'un collier sur la panse. Le cou est 
flanque de deux singes accroupis en guise d'anses. Tout autour, 
au bord de la panse, est gravée une invocation à Phtah et 
à Neith. On échangeait celte sorte de vase comme e'trenne 
le jour de l'an. 

109. Jolie petite statuette de criophore en e'mail bleu. 

I 10. Feuille de dattier. Panier dans lequel on avait place' des 
fruits de doum et des œufs. 

Vitr. DD. Collection de vases en albâtre provenant des fouilles 
faites à Sakkarah (xMemphis). IV-\T"^ dynastie. 

Vitr. E. Rayon supérieur. Bronzes. Statkettes et bustes de 
divinite's diverses à classer (Osiris, Harpocrate, Mat, Bast). 

I. Terre cuite. Le dieu Hobs debout. 2. Le même en porce- 
laine. 3. Bronze. Le dieu Hor-sJiefi. 4. Porcelaine. Quatre 
génies typhonieiis, debout autour d'un cylindre surmonte' d'un 




Fig. 



scarabée. 3. Bronze (fig. 52). 
Beau chacal de profil à droite, 
couche sur le ventre, sur une 
fleur de lotus. 6--J. Bronze. Icli- 
veiunons sacres. 8-10. Fjronze. 
Poissons sacrés. 11-13. Ar- 
pions probablement symboli- 
ques de'die's à quelque divinité'. 
14. Pierre dure grisâtre. Frag- 
ment d'un iîistruinent de toi- 
lette, dom il formait le manche: 
repre'sente une négresse cou- 
che'e horizontalement sur le 
ventre, les bras allonge's en 
avant. 15. Porcelaine. Phtah 
patèqite foulant à ses pieds 
deux crocodiles, la tête flan- 
quée de deux faucons d'Horus, adosse's à un pilier de'core' par 
des images d'Isis, en relief, repre'sente'e debout, la tête ornée 
du disque solaire. 16-22. Pectoraux-égides d'Hathor, de Bast 
et d'autres divinite's. 23. Bronze. Barbare vaincu (Cfr. Rei- 
NACH, Répertoire, II, 424,7), le corps nu, la tête casque'e, 
assis sur son talon gauche, le genou gauche appuyé' au sol, 
la cuisse droite replie'e en arrièr-^ sur la moitié' infe'rieure de 
la jambe; les mains sont soulevées au-dessus de la tête pour 
soutenir un gros disque en bronze. 24. Joli petit flacon en 
e'mail bleu, le corps de'core' d'une se'rie d'images de divinités, 
en relief. 25. Pierre noire. Sphinx portant sur son dos une 
table d'ofl"rande. 

Dans le compartiment du centre de cette même vitrine. 
Papyrus fragmentaires^ en 
partie hie'ratiques (412-416), en 
partie de'motiques (417-422). 

Dans le compartiment infé- 
rieur, collection de poteries 
provenant des fouilles faites 
par Flinders Pétrie à Tark- 
ham. II'"*^ et III'"^ dynastie. 

Vitr. F (v. aussi A. G. I. K.). Cou- 
vercles extérieurs de caisses 
de momies. Bois peints. Cha- 
cun de ces couvercles est rem- 
pli de scènes se référant au Fig. 52. 




.-^ 178 

vovage de la momie dans l'autre monde, ou à la protection 
que celle-ci reçoit de diffe'rentes divinite's. 

Nous nous bornerons à reproduire comme type la description 
des scènes repre'sente'es sur le cercueil F. C'est le couvercle 
du cercueil de Chonsoiimès, prêtre d'Ammon à Thèbes, pro- 
venant de la trouvaille de Deir-el-Bahari en 1891. La momie 
de Chonsoumès est au Muse'e du Caire. Ce couvercle est 
momiforme : la tête porte un bouquet de lotus, symbole de 
nouvelle naissance ; le collier qui couvre la poitrine se compose 
de fleurs et de boutons de lotus ; au centre du collier on 
voit le scarabée de Khepra, les ailes e'tendues sur le dad 
(nilomètre), coifte du disque solaire. 

Premier Tableau. A gauche, Osiris dans un naos orne d'u- 
raeus, est assis devant la table des offrandes, assiste' lui-même 
de la de'esse Nephtvs qui, debout derrière lui, reçoit par le ka 
du de'funt l'offrande de l'encens. Isis aile'e, peinte en vert, 
e'tend ses ailes, en signe de protection, sur l'âme de Chonsou- 
mès. Le'gende : « Isis, la grande mère de dieu, la maîtresse 
dans l'occident, accorde toute chose bonne et pure ». Repre'- 
sentation analogue à droite : ici la de'esse qui est debout est 
Isis, celle qui est aile'e est Nephtvs. Le'gende : « Nephtvs, 
de'esse auguste, maîtresse de l'occident, accorde etc. ». Der- 
rière Isis on voit Anubis ; deux ge'nies fune'raires à droite et 
deux à gauche. 

Deuxième Tableau. Nout, de'esse du ciel, les chairs peintes 
en vert, e'tend ses ailes pour recevoir Chonsoumès dans son 
sein. De chaque côte Anubis est debout, tenant l'e'tendard de 
l'Amenti ; l'âme de Chonsoumès en adoration. Au-dessous de 
Nout plane un scarabe'e aile' surmonte' du disque solaire 
flanque' d'uraeus, A droite et à gauche de celui-ci, des scènes 
d'adoration. 

Troisième Tableau. Au centre, le naos de Khepia. Au 
sommet, le soleil qui plane du nord au sud sur l'hiéroglyphe 
indicatif du mot ciel. L'œil mystique d'Horus à droite et à 
gauche, ainsi que la de'esse aile'e du nord et celle du sud. Au 
milieu, le scarabe'e simple, coiffe' du disque solaire et de la croix 
anse'e re'pe'te'e quatre fois (la croix, en e'criture hie'roglyphique, 
signifie vie). De chaque cote' la le'gende : « Osiris seigneur de 
l'e'ternite' », et ge'nie barbu assis. A droite Osiris, seigneur de 
l'e'ternite' et demeurant dans l'Amenti, assiste d'Isis debout avec 
une bandelette, est coiffe' du disque solaire et assis vis-à-vis 
d'une de'esse à figure de serpent aile', aux grands replis, debout. 
A gauche, même repre'sentation, sauf qu'Isis se change en 



■ — — — — — 179 

Nephtys. Au bord de chaque côte, Ghonsoumès en prêtre, 
debout, rase', revêtu d'un longue robe flottante, fait ses offrandes 
à Osiris. 

Au-dessous de ce tableau, au centre, le disque solaire aile' plane 
du nord au sud. Quatre fois le signe de la vie, cinq uraeus 
à droite et autant à gauche. Quatre ge'nies fune'raires. Suit 
encore le scarabe'e coiffe' du disque solaire, les ailes ouvertes. 
Plus bas, le disque solaire et deux scarabe'es simples ; quatre 
ge'nies à droite et trois à gauche, devant l'emblème de l'Amenti. 
Autre scarabe'e aux ailes e'tendues, promesse de re'surrection, 
et enfin le disque solaire entre la de'esse du nord et celle du 
sud, l'œil mystique de droite et celui de gauche ; de chaque 
cote' un uraeus. A droite, Osiris coiffe' de la couronne verte 
avec les deux plumes (justice et ve'rite') est assis devant la 
table des offrandes, assiste' d'Isis debout. Prière banale pour 
que l'on donne toute chose bonne et pure à Ghonsoumès. 
Vis-à-vis d'Osiris, un ge'nie, qui a pour tète le signe de l'A- 
menti, est debout. A gauche, représentation analogue. 

Plus bas, ligurations analogues: le ge'nie est coifle du sca- 
rabe'e ; le signe de l'Amenti est derrière Isis. Au pied, trois 
génies aftVonte's avec la de'esse aile'e au corps de serpent. La 
dernière scène montre le de'funt en prière devant Osiris 
hie'racoce'phale, coiffe' du disque solaire et assis à la table 
des offrandes. 

Vitr. H. Compartiment supe'rieur. Vases Canopes en albâtre. 
Ces vases devaient recevoir les entrailles du de'funt, retire'es 
du corps pour l'embaumement. Pour chaque cadavre il fallait 
quatre vases : un pour l'estomac, un pour les intestins, un 
pour les poumons, un pour le foie ; et chaque vase e'tait 
place sous la protection d'un génie fune'raire : Amset, Hapi, 
bouamoutef, Kebehsenouf, les quatre fils d'Horus. 

A côte' de ces vases canopes, quelques alahastra ou lacrima- 
toires, des coupes, des cantharoi^ de petits mortiers, etc. 

Dans le rayon &.• Petite dalle en calcaire jaune, portant en 
relief un taureau d'un travail remarquable. 

Dans le compartiment du centre, petits vases de toilette : un 
brûle-parfums; d'autres, destines à contenir le kohol^ c'est-à-dire, 
les poudres noires dont les hommes et les femmes se teignaient 
les paupières et les sourcils (n"^ 1-2); le n° 3 e'tait pour les 
parfums pâteux et les onguents parfume's ; n" 4, vase pour 
broyer les couleurs. Pour des raisons d'ordre pratique on a 
place ici le n° 5, table d^offrande en calcaire jaune, très bien 
conserve'e et finement travaille'e. 




-^ — I So — 

Dans le compartiment infe'rieur : 
vases canopes en albâtre. 



n-os 



Vitr. BB (ravon d). i. Figurine de la de'esse 
MaîL Elle personnifiait l'espace dans lequel 
le soleil prend naissance. 
2-20. Figurines du dieu Slioii. Il personnifie 
la force cosmogonique du soleil ; il sou- 
tient et porte le ciel. 
21-24. Figurines de Choiisoit^ dieu lunaire, com- 
putateur du temps et aussi dieu gue'risseur. 
2S-32 (rayons h et e). Bronze (le n" 29 
bronze-dore) (fig. 53). Statuettes de Neith^ 
de'esse guerrière, ve'ne're'e principalement 
à Sais. Elle a pour coiffure la couronne 
du nord. On la repre'sente souvent arme'e 
Pj^_ d'arc et de flèches, qui doivent faire 

allusion au rayonnement que darde l'œil 
solaire. Elle est en même temps une di- 
vinité de la guerre. Son culte, ainsi que celui d'Hathor, e'tait 

desservi par des femmes. 
33-36 (ravon /). Bronze. Statuettes d'Aunnon^ Aminon-Rù. Il 

ressemble beaucoup au dieu Min et, comme lui, porte deux 

hautes plumes sur la tète. Il e'tait le dieu suprême de Thèbes, 

et personnifiait la divinité' cache'e, se mani (estant seulement 

par le soleil. 
37-Ô7 (ravon g). Bronze, porcelaine, terre 

cuite. Figurines du dieu Bès^ exemplaire 

très beau et parfaitement conserve au 

n" 37 (fig. 54). Bès personnifie l'ardeur re- 
doutable du soleil en tant que dieu guerrier. 

Il est aussi dieu de la musique et de la 

danse. Il a un corps monstrueux, aux yeux 

à fleur de tête, à la langue pendante, aux 

jambes ècarte'es. Il devint un dieu très 

populaire à Tèpoque gre'co-romaine. Les 

oracles, qu'il profe'rait dans un sanctuaire 

près d'Abydos, e'taient très appre'cie's. On 

le conside'rait même comme dieu protecteur 

des morts et des tombeaux, dont il e'cartait 

les esprits malfaisants. 
68-go (rayons h et /). Harpocrate ou « Horus 

enfant ». Il est repre'sente' la tête chauve, 

sauf une mèche pendant sur l'e'paule. On 




Fig. 5-1- 




lui donne les formes d'un enfant aux 
membres potele's. Le doigt qu'il porte à 
sa bouche devait signifier, paraît-il, qu'il 
commandait le silence sur les profonds 
mystères qu'on lui avait re'vélés. Nous 
verrons plus loin (salle i8) dans une 
riche se'rie de figurines en terre cuite 
d'époque romaine, la grande variété d'at- 
tributs qu'on avait accumulés sur ce 
dieu enfant. De petits monuments de 
basse époque (voir n°^ 9i-94) 'e re- 
présentaient debout sur des crocodiles et 
tenant un scorpion, un lion, deux ser- 
pents et une gazelle; au-dessus du dieu 
grimace la tête du monstre Bès^ qui, 
en cette circonstance, paraît représenter 
la force destructive de la nature en 
opposition avec l'éternelle jeunesse per- Fig. 55. 

sonnifîée par Horus. En général ce mé- 
lange de divinités a un but prophylactique: on veut augmenter 
la force magique de ces images contre les esprits malfaisants. 
95 (rayon À'). Porcelaine. Minuscule figurine de Khein^ le dieu 

qui s'engendra lui-même en fécondant sa mère. 
96-135 et suiv. Nombreuses statues et statuettes d'Isis, soit seule, 
soit, plus souvent, allaitant son fils Harpocrate (fig. 55). 

Isîs n'était à l'origine que la divinité de Bouto, 
ville du Delta. Par sa seule puissance elle avait 
enfanté Horus. De bonne heure on l'unit à son 
voisin Osiris, dieu de Busiris et de Mendès. 
Osiris devint son frère et son époux; et, lorsqu'il 
fut tué traîtreusement par Sei (le principe du 
mal), ce fut Isis qui le fit renaître. Isis est, 
dans la génération, le principe femelle, indis- 
pensable à la perpétuité de l'espèce. D'ailleurs 
cette déesse, surtout à l'époque gréco-romaine, 
finit par absorber petit à petit une infinité 
d'attributions. Elle fut la terre habitable et 
nourricière, elle symbolisa la nature (souvent 
on la représente voilée pour indiquer que la 
nature dissimule a l'homme ses secrets). On 
la considère comme plus sage que toute autre 
divinité, que tous les hommes, que tous les 
philosophes. Il n'y avait rien d'inconnu pour 
Fig. 56. elle au ciel et sur la terre. C'est elle qui 




l82 

règne sur la voûte ce'leste, qui préside à l'agriculture (Isis- 
De'me'ter), qui veille à la vie d'outre-tombe (Isis-He'cate), qui 
protège la navigation. Souvent elle est identifie'e avec la For- 
tune (Isis-Tychè). Le nourrisson qu'elle serre contre son sein 
sur les statues et statuettes d'e'poque gre'co-romaine, ou le 
jeune garçon, qui se tient debout à ses côte's, est son fils Har- 
pocrate. Isis était la divinité protectrice d'Alexandrie et. comme 
telle, était représentée tenant un radeau dans sa main droite. 
A coté des images de cette déesse, la plus célèbre de toutes 
les divinités égyptiennes, sont exposés quelques sisires (137- 
i-io, surtout le n° 137) et quelques siliihv (n°s 141-143) ins- 
truments caractéristiques de son culte, 
^isisjs^ qui était desservi principalement par des 

^ \^ femmes. « Le sistre (fig. 56), dit Apulée, 

est une crécelle d'airain, lame étroite re- 
courbée en forme de baudrier et traversée 
par plusieurs bâtonnets qui le heurtaient 
avec un son aigu quand on secouait vive- 
ment le bras ». Le sistre, à l'époque ro- 
maine, devint l'attribut essentiel et caracté- 
ristique de la déesse, de ses prêtresses, 
de ses adorateurs. Le manche représente 
souvent une statuette de Bès. — La situla 
(%• 57) ^^^ u" ^'^^^ à forme ovoïde avec 
un col très large, muni d'une anse mobile, 
qui avait dans la religion isiaque une 
importance particulière. Pour les fervents 
d'isis, l'eau du Nil est une dérivation 
d'Osiris. Le vase qui contient ce principe 
divin, source féconde de toute vie, a la 
première place dans les cérémonies du 
culte. La surface extérieure de ces siinlœ est souvent décorée 
de plusieurs figurines se rattachant au culte isiaque. 

Dans le compartiment / : 

144-145. Deux chevets de momie en bois. 

146. Pliant en bois incrusté d'ivoire. 

147. Calcaire. Modèle d\tne maisonnette égyptienne. 
148-133. Terre cuite. Cônes funéraires symbolisant, paraît-il, des 

offrandes, c'est-à-dire, des pains à forme conique. 




Fig. 



Vitr. L. Les compartiments supérieurs de la vitrine L renferment 
une collection à'Oitshatbi ou Shabtaion^ les Répondants, ainsi 
nommés parce qu'ils devaient répondre et se présenter à l'appel 



du nom du défunt pour exécuter les corve'es qu'Osiris avait 
le droit d'exiger d'eux. Les formules qu'on voit grave'es sur 
leur corps correspondent à cette ide'e. On les de'posait en 
grand nombre dans la tombe avec la momie. Ceux qui sont 
ante'rieurs à la XYIIP"^ dynastie sont, ge'ne'ralement, en 
bois, en granit, en calcaire ou en albâtre. Sous la XVIII'"*-" 
d)aiastie commence à paraître la terre cuite revêtue d'un 
e'mail bleu, et, ce qui devient ensuite 
d'usage ge'ne'ral, la pierre et la terre cuite 
à e'mail vert. — Dans le compartiment 
inférieur, quelques vases en terre cuite^ 
des couronnes de fleurs naturelles des- 
se'che'es. 

Vitr. M. Beau cartonnage de momie 
(fig. 58). En haut, entre les bandelettes 
qui resserrent le visage et la gorge de 
la momie, on voit la déesse Mait (la 
juste), de'esse du droit et de la ve'rite', 
femme du dieu Thot^ assise à gauche, 
portant le signe de la vie ; dans une 
zone au-dessous, l'ibis du dieu Thot ; 
devant lui la plume de la ve'rite'. Sur 
la poitrine, est e'tendu le grand scarabe'e 
aile' : la première figurine de droite (à 
tète d'epervier) est le génie Donanioittef-^ 
il est suivi par Khebsenouf^ à tête de 
chacal. Du cote' oppose, c'est-à-dire à 
gauche du scarabe'e, on voit le ge'nie 
Amset à tête humaine, suivi de Hapi, 
à tête de chacal. 

Premier Tableau. Osiris-Onnofris, 
debout, suivi par les de'esses Isis, Ne- 
phtys et Maît, se voit pre'senter par 
Thot, Anubis et une autre déesse, Maît, 
l'âme de la de'funte, sous les traits que cette dame avait dans 
sa vie terrestre. 

Deuxième Tableau, Ici Osiris est assis en juge des défunts 
sur un trône place' au-dessus de la moitié' infe'rieure du corps 
d'un serpent, dont la moitié' supe'rieure se dresse devant le 
dieu, pour e'pouvanter ceux qui voudraient s'approcher. Der- 
rière Osiris se tient debout la de'esse Isis. Le chien infernal 
fait lui aussi bonne garde au dieu. Anubis a dressé la balance 
à deux plateaux : dans l'un des plateaux il a mis le cœur 




Fig. 58. 



^ 184 

de kl défunte, dans Tnutre, une statuette de la déesse Maîr. 
L'e'quilibre est parfait. Le dieu Tiiot l'annonce à Osiris, qui 
prononce le jugement. 

Troisième Tableau. Osiris recevant les hommages d'Isis 
et Râ-Hor à droite, de Nephtys et Anubis à gauche. 

Quatrième Tableau. Les quatre ge'nies principaux de l'A- 
menti, les quatre fils d'Horus gardiens et protecteurs de la 
se'pulture, marchant à droite dans Tordre suivant : Amset^ 
Hapï^ Douamoutef et Khehsenottf. 

Vitr. O (horizontale). Collection de scarabées et d'amuleiies en 
difife'rentes matières. 

L'amulette en forme de scarabée est un symbole de durée 
pre'sente et future : la garder sur soi e'tait une garantie contre 
la mort. Mille significations mystiques de'coulèrent de ce pre- 
mier sens ; mais, après avoir constitué pour des siècles un 
moyen de protection contre toute sorte de malheurs, les 
petits scarabées finirent par n'être plus que des bijoux sans 
valeur religieuse. On en faisait des chatons de bague, des pen- 
deloques de collier et ainsi de suite. — L'amulette en forme 
de colonnette en feldspath vert (n"^ 1759 et suiv.) rappelait 
l'idée du rajeunissement divin. — L'œil mystique^ Voudja 
(n° 1736 et suiv.) protégeait contre le mauvais œil, contre 
les paroles d'envie et de colère, contre la morsure des ser- 
pents. — Les n°^ 1760, 1762, 1784, dadoii, dottdoif^ étaient 
l'emblème de la stabilité éternelle. — i 1 54, à forme de 
cœur. — '535- Pierre noire. Deux doigts^ l'index et celui 
du milieu serrés l'un contre l'autre et allongés en avant. — 
1532: Masque de Bès qui protégeait contre les esprits malfai- 
sants. — Il paraît qu'à l'origine beaucoup d'amulettes n'étaient 
pas conçues comme telles. Elles n'étaient que des imitations 
en petites proportions de tous les objets qu'à une époque plus 
ancienne on plaçait réellement dans la tombe à côté du mort 
(voir n"^ 1 1 5 1 et suiv., imitations du chevet sur lequel devait 
reposer la tête de la momie; n° 1530, imitations d'animaux, 
vaches, brebis, etc.). 1783: Godet à forme de biche^ pieds liés 
ensemble, corps aplati et creusé en bassin carré. 

Vitr. P. Cette vitrine renferme quelques petits vases à parfum 
de Rhodes et de Chypre (n° 1887, Aryballisque; n^ I887^ 
Vase amigdaloïde) et des bijoux d'époques différentes qui 
seront, en temps voulu, placés dans leurs séries chronologiques 
respectives. 1793, 1797, 1798: Bracelets en gros fil d'or. 
1794, 1796: Deux autres bracelets pareils terminés en tête 



,85 

de serpent. 1795 : Bracelet forme' d'une barre d'or tordue non 
ferme'e, termine' aux extre'mités par un buste d'Isis (voir les 
n''^ 18 18, 1820 du même type, mais en argent). 1799- 1806 : 
Huit boucles d'oreilles en or et pierres pre'cieuses. f 807 : 
Cinq agrajes à masque de tête humaine. 182 i, 1822: Argent, 
Bracelels termine's en buste de Sarapis et d'Isis. 1825: Or, 
Vingt-et-une figurines de divinités égyptiennes destine'es à 
être applique'es sur les robes des momies. 1826, 1S27 : Ba- 
celets^ diam. o m. 095, haut, o m. 035; surface courbée demi- 
sphe'rique de'core'e de reliefs, rosettes, oves, au centre de losan- 
ges (e'poque byzantine). 1830: Or, Collier compose' d'une chaî- 
nette et de neuf figurines de divinite's égyptiennes. 1832-33: 
Oi-, Boucles d'oreiltes assez êle'gantes. 1838-1840: Cuivre dore', 
Bracelet à corps aplati de serpent enroule'. 1846: 0\\ Bague 
avec scarabe'e. 1847-1853: Or, Boucles d'oreilles. 1864- 
1872: Huit bagues enor. 1856: Or, Bracelet à corps de 
serpent d'un travail exquis. 1858: Chaînette d'or fermée par 
un me'daillon de'core' d'un gorgoneion en relief (cfr. 1919). 
1861 : Bague à plusieurs tours; les deux extre'mités sont 
termine'es par deux têtes de serpent. 1873: Or, Boucles d'o- 
reilles. 1874, 1882: Or, Bague et Boucles d'oreilles. 1889: 
Or, Figurine de Vénus Anadyomène. 1890: Or et rubis. 
Petite bague (Port oriental, Alexandrie). 1S95: Or, diam. o m. 
o'^. Bracelet termine en tête de serpent. 1898: Or, diam. 
o m. 075. Bracelet termine' en buste d'Harpocrate et Gorè. 
1899: Collier en or et e'meraudes. 1902, 1908: Or, Boucles 
d'oreilles. 1909-1911: Or, Disques avec tête de Me'duse en 
relief. 19 19: Ôr, Collier termine' en médaille de'core'e d'une 
Me'duse en relief. 1923: Fils d'or, Coijfure d'une jeune fille 
de Canope qui e'tait ensevelie dans le sarcophage n" 3 expose' 
dans le jardin. 1926: Or, Plaquette sut laquelle sont tracées 
vingt-six lignes d'e'criture. 1927: Or, Restes d'une couronne 
funéraire. 



SALLE 11. 



Dans cette salle nous avons tâche' de re'unir les spe'cimens les 
plus intéressants que le Musée possède de l'art égyptien à l'é- 
poque gréco-romaine, ou les monuments qui ont un caractère 
mixte, c'est-à-dire qui, tout en ayant été travaillés avec les ten- 



i86 

dances et les procèdes de l'art e'gyptien, re'vèlent quelque in- 
fluence de l'art grec, ou reproduisent des scènes e'gyptiennes 
avec inscription grecque ou vice-versa (^) (voir aussi dans la salle 
suivante, de'die'e à l'iconographie, le n° 33 (Alexandre IV) et le 
n° 60 (Ptole'me'e Philopator). 

I (A l'entrée de la salle): Granit d'Assouan, haut, i m. 10. 
Partie infe'rieure d'une stahte colossale d'un prince ou d'une 
princesse de la famille des Ptolémées. 

A côte' se trouvent les phoiographies en grand format de 
trois statues analogues, mais en parfait e'tat de conservation, 
exposées au Musée égyptien du Vatican. Elles représentent 
Ptolémée II Philadelphe, sa sœur et femme Arsinoé et une 
autre princesse. On pense que ces trois statues étaient autrefois 
à Alexandrie. Un empereur romain (Hadrien?) les aurait trans- 
portées à Rome pour décorer quelque temple ou quelque palais. 
D'ailleurs les archéologues ne sont pas d'accord à ce sujet. 
Un fait qui rend plus probable l'origine alexandrine de ces 
statues, c'est qu'on a trouvé à Alexandrie les restes d'une qua- 
trième statue du même type, 

II -14. Inscriptions hiéroglyphiques de l'époque gréco-romaine. 

15, 16, 17. Stèles portant, en relief, des scènes tout à fait égyp- 
tiennes, mais, au-dessous de la scène, elles ont une inscription 
grecque. 

1 8. Stèle votive à Amtbis dédiée par Héroïdès mechanicos, pour 
Irène, fille de Dorion (v. aussi n''^ 3162, 3163, 3174). 

iQ, Calcaire jaune, haut, o m. 55. Relief représentant Horus en 
guerrier, de profil à droite soutenant un bouclier dans sa main 
gauche, la tête surmontée de la double couronne de la Haute 
et de la Basse Egvpte. 

20. Grès, haut, o m. 60. Relief représentant un Ptolémée, le 
buste de face, la figure de profil à gauche, La tête coitfée 
d'une perruque, porte le diadème qui est décoré sur le front 
d'un uraeus. Travail d'une certaine mollesse. 

24. Le Nil couché à droite ; près de lui, on voit la déesse 
Anonké son épouse (ou Euthenia). 

33, Le vase de la déesse Anoiiké entre deux Agathodémons af- 
frontés, 

34, Detîx Agathodémons mitres affrontés 5 celui de droite re- 
présente Sarapis, l'autre Isis (fig. 59), 

35-36. Deux stèles fragmentaires provenant de Chatby avec scè- 
nes d'adoration du serpent Agathodémon (fig. Go). 

(i) Font exception les cinq tableaux contenant des fragments de peintures mu- 
rales, qu'on a été obligé de garder provisoirement ici pour des raisons d'ordre 
pratique. 



,87 



Isis alexandriue^ revêtue du chiton et de l'himation tiré 
jusque sur la tète ; sur la tête elle porte le modius ou cala- 



thus; dans la main droite elle 



tient une haute torche. Elle 
est debout entre deux serpents. Celui de gauche est couronne 
du pschent et porte serre' dans ses replis le caducée d'Hermès; 
l'autre est couronné du disque solaire, des plumes et des 
cornes d'Ammon ; il tient le sistre d'Isis. 

39. Bas-relief représentant Minerve en armes, Zeus^ Sarapis 
et Hercule. 

40. Isis-Cércs et Hor-HéracJès sous les traits de deux Agatho- 
dé nions affrontés. 

41. Stuc peint; c'est une dalle de locuhis trouvée par Botti à 
Gabbari en 1900. Au centre une je^ine fille debout, presque 
de face, tète nue, habillée du chiton et de l'himation. À droite 





rig- 59. 



Fi-. 60. 



du visiteur, trois divinités superposées: Thot, Hortts. Isis'^pté- 
rophore. Il en est de même à gauche. 

42. Haut. o. m. 37. C'est la lèfe d'une staiue-porlrait, proba- 
blement d'un prêtre, travaillée dans le style égyptien avec 
pilier-support derrière le dos. Il porte un diadème qui se 
noue sur le haut du front en deux boutons qui imitent des 
boutons de lotus (v. n" 60, dans la vitr. B, la tête en granit 
noir). Le traits sont ceux d'un homme solide et fort, mais le 
visage est extrêmement maigre, le front est large et carré, mar- 
qué de grosses rides. On dirait que le sculpteur a voulu 
représenter un personnage dont la vie était absorbée par l'as- 
cétisme et la prière. 

43-53. Trouvaille faite dans le temple de Soknopaiou ('•' à Dimeh 

(1) Ce groupe de statues a donné lieu à bcaucr.up de discussions: voir Botti, 
Catalogne, pages 467 et suiv., et Apostolides, La statue cflréuce. 



88 



(FayoLim). Ces statues n'ont pas une valeur artistique excep- 
tionnelle, mais elles sont inte'ressantes parce qu'elles semblent 
être execute'es par des écoles indigènes influence'es par l'art 
grec. Entre ces mêmes statues il doit exister des diffe'rences 
chronologiques. 
43. Statue dont le visage pre'sente des caractéristiques person- 
nelles; elle porte sur les plis de sa robe dans le sens vertical 
une inscription grecque votive. 
49. Statuette portant sur le côte' droit une inscription qui dit 

qu'elle a e'te exe'cute'e par TIftsç UaTrov. 
54. Basalte noir. Cette tète de Ntihien est pleine de vigueur et 

d'expression. Elle est même 
: - remarquable pour l'exacti- 
tude avec laquelle l'artiste 
a e'tudie' et reproduit les 
caractères physionomiques 
de la race. Prov. Dimeh ? 
55-59. CVitr. B. rayon d'en 
haut). Divers exemplaires 
du dieu monstre Bès repre'- 
sente' en relief sur des dalles 
de calcaire jaune. 
55. A cote' de Bès, à sa droite, 
on remarque une petite 
femme nue, vue de face, 
debout, jouant du sistre et 
du tambourin. 
60. Granit noir (fig. 61). Tête 
pleine d'expression, repre'- 
sentant un prêtre, analogue 
au n° 42 : l'un et l'autre 
sont couronne's du diadème à double fleur de lotus, se nouant 
sur le haut du front (v. d'autres têtes semblables dans la 
même vitrine). 
C)i. Onze plaques en calcaire jaune qui devaient décorer les pa- 
rois d'un temple à Athribis (Benha). Elles contiennent des 
morceaux de bas-reliefs en creux. A côte' de la figure hu- 
maine assise de droite à gauche, il v a des traces de lettres 
grecques; la tête de la même figure est coiffe'e de plusieurs 
symboles religieux, crocodile, ichneumon, be'lier, d'un travail 
exquis, surmonte's de la couronne d'Ammon. En face de 
ce personnage e'tait repre'sente' le dieu Horus à corps hu- 
main et tête de faucon de profil à droite. Au-dessus de la 
tête sont des cornes de bœuf, et un e'norme disque solaire, 




Fig-. 61. 



de la partie antérieure duquel s'avance un serpent uraeus. 
Entre ces deux, figures et au-dessus sont repre'sente's en pro- 
portions plus petites un sphinx de profil à gauche, et un faucon 
ayant la double couronne de la Haute et de la Basse-Egypte. 

62. Calcaire jaune. Joli petit naos, malheureusement en me'diocre 
e'tat de conservation, mais qui donne une ide'e exacte de cer- 
taines constructions d'e'poque hellénistique. Il est de'die' à Isis 
qui est represente'e en haut-relief, au centre de la niche, assise 
sur un trône et allaitant son fils Hurpocrate. Les côte's du 
trône sont forme's par deux sphinx:. Deux hautes colonnes à 
chapiteaux fleuris soutiennent un fronton très e'ieve', divise' en 
deux sections dont une de'core'e du disque solaire aile'. Au-dessus 
est une frise denticule'e qui supporte le couronnement constitue' 
d'une corniche cintre'e au milieu de laquelle plane le disque 
solaire. Quelque peu en arrière deux colonnes à chapiteaux 
papyriformes, surmonte's d'abaques à tête d'Hathor, soutiennent 
une architrave surmonte'e d'une frise d'uraeus. Encore plus 
en arrière est le vrai e'dicule ou cella dont l'entre'e est flanque'e 
par deux socles qui supportent deux sphinx se faisant face; 
l'entre'e n'a qu'une architrave couionne'e par une frise denti- 
cule'e. Sur la base du naos est grave'e une inscription de'mo- 
tique. Calcaire jaune. Prov. Komel-Haualid. 

66. (Au dessus de la vitr. A). Dalle en calcaire jaune, sur la 
face ante'rieure de laquelle est sculpte' en relief de profil 
à droite le corps d'un long serpent.^ replie' six fois sur lui- 
même, la tète surmonte'e de la plume, symbole de la vcritJ. 
Bon travail. Prov. Alexandrie. 

69. (Vitr. A). Calcaire jaune-clair, haut, o m. 50. Statue mal- 
heureusement ace'phale, d'une femme représentée debout, ados- 
sée à un pilier, les mains allongées sur les cuisses, la jambe 
gauche en avant de la droite. Elle est vêtue d'une étroite 
tunique qui ne cache pas, mais marque plutôt les lignes et les 
charmes de ce beau corps juvénile, aux formes tendres et en 
même temps solides, élégantes et robustes. L'artiste a travaillé 
d'après les canons de l'art égyptien, mais il était évidemment 
sous l'influence de l'art grec (v. Maspero, Art en Egyple.^p. 261). 

70. Calcaire blanc. 71. Marbre. Deux Osiris-Canopes^ le corps 
recouvert d'amulettes, en relief. 

75. Calcaire jaune, haut, o m. 43. Stèle fnnéraire d'époque gréco- 
romaine représentant ie défunt debout au centre d'un naos 
de style égyptien. 

76. Calcaire jaune. Dans un naos une divinité à buste de femme, 
aux cheveux flottants et la partie inférieure du corps en ser- 
pent se dressant sur sa queue. 



^ IQO 

']■] . Granit veidâtre, haut, o m. 27. Torse d'une statue de femme, 
dont le travail rond et mou peut être compare' à celui de la 
statuette n" 69. 

78. Granit noir. Beau torse d'une statue de de'esse ou d'une 
prêtresse d'Isis. l.e châle qui couvre ses e'paules forme sur 
la poitrine le nœud isiaque. Prov. Fouah, Garbieh. 

79-80. Appuye's au sol, gros blocs de calcaire, ayant des empreintes 
gigantesques de pieds. Ces empreintes e'taient dëdie'es à quel- 
que divinité' (Sarapis, Isisj comme ex-voto pour pèlerinage ac- 
compli ou pour grâce reçue (voir les stèles 81-82). 

Au milieu de la salle, on a placJ une mosaïque découverte 
dans le quartier de Moharrem-Bey. 

Tableaux 1-5. Pour qui connaît les peintures murales de 
Pompci, les p'èces qu'on a range'es ici paraîtront bien pauvres ; 
ne'anmoins, ces pauvres fragments ont une importance consi- 
de'rable, non seulement parce qu'ils forment les vestiges d une 
branche de l'art qui doit avoir e'te' très florissante à Alexan- 
drie (v. ne'cropole d'Anfouchv), mais aussi parce que les peintures 
murales pompe'iennes, dès leur origine et leur de'veloppement, 
ont du être grandement influence'es par les royaumes divers 
qui se formèrent lors de la division de l'empire d'Alexandre le 
Grand, notamment, sans doute, par Alexandrie elle-même. 
D'ailleurs, parmi ces fragments, quelques-uns sont assez jolis 
(voir surtout les tableaux n°'^ 3 et 5). 



SALLE 12. 

Portraits et petites sculptures. 



Presque toutes les sculptures du MusJe ont JtJ réunies dans 
les salles 12 et 16. Pour des raisons d'ordre matériel on a dû 
placer la statue colossale d'Hercule au milieu de la rotonde 
dans la galerie qui traverse le jardin, et la tête colossale de 
Marc Antoine dans le jardin même. On a e'te' malheureusement 
oblige' de laisser dans la salle 4, par crainte de le briser, le 
groupe funéraire en calcaire nummulitique, dans lequel on a 
voulu reconnaître la reine Be'rênice en Niobe'. Le groupe de 
Dionysos et du Faune, re'cemment de'couvert a e'te' place' dans 
la salle 20. 



I r 

Comme introduction à cette partie du guide le visiteur pourra 
lire le paragraphe sur VArt Alexandrin^ p. 27. Toutes les sculp- 
tures du Muse'e appartiennent à l'e'poque hellénistique et romaine 
(du III"'*^ siècle avant au III"'^ siècle après J,-Gh. à peu près). 
Il est souvent difficile de les dater avec une précision absolue 
ou même avec une approximation bien sûre, mais souvent aussi 
la date approximative de leur origine semble e'vidente et peut 
être affirme'e sans crainte excessive d'erreur. 

Notre description commence 
par la paroi à droite de l'entre'e. 

\C) !324i). xMarbre blanc à gros 
grain, haut, o m. 31, du visage 
o m. 20 (fig. 62). Portrait de 
Jenne homme, probablement un 
athlète. Ce buste faisait cer- 
tainement partie d'une statue. 
Il est de face, le'gèrement in- 
cline' vers sa droite. Le cou est 
fort et solide ; les muscles bien 
relevés autour de la pomme 
d'Adam. La structure architec- 
tonique du visage est robuste, 
mais bien proportionnée, le 
front triangulaire ne descend 
pas tout droit, mais présente 
une remarquable saillie à partir 
du milieu jusqu'aux sourcils 
et à r attache du nez. Les 
yeux sont profonds avec de 

fortes ombres aux contours : &• o-- 

le sourcil inférieur presque ho- 
rizontal, le supérieur en demi cercle assez accentué. La pru- 
nelle n'est pas marquée. Le nez était droit, la bouche petite, 
légèrement entr'ouverte, les lèvres relevées bien dessinées. Les 
cheveux abondants, mais a peine esquissés, légèrement bouclés, 
descendent du haut du front sur les tempes. Malgré le calme 
du regard, cette belle tête exprime de l'énergie, on dirait même 
de la passion. Elle appartient, je crois, au IV'"^ siècle av. J.-Gh. 
On serait tenté de la rapprocher des sculptures de Scopas. 
Prov. Alexandrie (?). 

16^(19118). (Sur le grand chapiteau à coté). Marbre blanc à 




gros grains, haut. 



31. du visage o m, 23. Malgré la 



médiocre conservation de cette tête, il est aisé d'y voir un 



^ 1 q2 • 

portrait d'Alexandre le Grand. — Les portraits d'Alexandre, 
d'après la description que nous en a laisse'e Plutarque, peuvent 
se reconnaître au moins à trois caractères essentiels, c'est-à- 
dire : I. aux longs cheveux retombant sur le front ; 2. aux 
yeux dirige's le'gèrement en haut (aroj (i/.hstrl ; 3. à la position 
de la tête et du cou (yjJoig igayj'ilovi. — Le front est presque 
divise' en deux par la forte saillie que fait la moitié' inférieure. 
Les yeux sont profonds, les sourcils accentue's. La prunelle 
n'est pas marque'e. Au sommet de la tête est un trou cylin- 
drique, dans lequel devait être fixe un ornement comple'men- 
taire du diadème. C'est e'videmment le reste d'une statue. Je 
crois y voir l'influence de l'e'cole de Scopas. Prov. Alexandrie 
(Rue Rosette). 

17 (3242), Granit rose, haut, o m. 34, du visage o m. 25. 
Schreiber y a reconnu une tête d'Alexandre le Grand ap- 
partenant à l'e'poque helle'nistique et probablement influence'e 
par quelque statue du Gonque'rant sculpte'e par Lysippe. Mais 
l'œuvre tient aussi de l'art e'gyptien ; le granit d'abord est la 
pierre presque ge'ne'ralement employe'e dans la statuaire indi- 
gène; et ce n'est pas un proce'dê de l'art grec de travailler 
les prunelles dans une autre matière pour les incruster ensuite 
dans le creux de l'œil. L'incrustation a disparu et on ne 
voit que les creux (même proce'dê' dans la tête n° 33, en granit 
vert, d'Alexandre IV, fils posthume du Gonque'rant, et dans le 
n° 60, en granit rose, tête de Ptole'me'e Philopator). Sur le 
sommet de la tête est un gros trou, qui doit avoir servi à fixer 
un ornement : Schreiber pense au serpent uraeus, mais c'e'tait 
plutôt la couronne d'Ammon. Prov. Alexandrie. 

BIBLIOGRAPPIIE. — Schreibek, Sliidien itber das Bildniss Alexan- 
ders des Grossen, p. 46 et suiv. 

18 (3244). Marbre blanc à petit grain, haut o. m. 25. Tête 
de jeune guerrier (fig. 63-64). Il est complètement de face 
et regarde droit devant lui. La tête est couverte d'un casque 
ferme' par un sous-gorge, Ge casque calotte se replie en pointe 
sur le sommet du front, mais adhère parfaitement à la tête en 
laissant à de'couvert les oreilles. Quelques cheveux fins et longs 
descendent sur le front sortant par dessous le casque. Le front 
triangulaire est caracte'rise' par une forte saillie près du point 
de conjonction avec le nez. Les yeux sont profonds ; l'arc 
du sourcil bien marque' ; le creux, qui se'pare l'œil du nez, 
assez profond. La bouche petite, entr'ouverte, n'est pas coupe'e 
en ligne droite, mais à double saillie. Le visage est oblong. 
La structure architectonique de la tête et du visage est obtenue 
au moyen de lignes droites. La prunelle est marque'e par une 



'93 

petite concavité' ronde. Il me semble que cette belle tête 
re'vèle, bien qu'à un degré beaucoup moindre que la tête n'^ i 6, 
l'influence de l'e'cole de Scopas. 

20 (3908). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 46, du visage 
o m. 25. lête de'tache'e violemment d'une statue (fig, 24, 
p. 100). Du côté droit le cou est entièrement conservé ainsi que 
le sommet de la poitrine. Un peu plus grande que nature. Ap- 
partenait à une statue de déesse. Les cheveux divisés sur le 
haut du front descendent en longues tresses ondulées couvrant 
la moitié supérieure des oreilles derrière la nuque, mais sans 





Fig. 63- 



Fig. 64. 



former chignon ; il sont fermés par^'un ruban ou bandelette 
(diadème) qui contourne la tête et va se nouer sous la nuque 
formant tout autour de la chevelure une sorte de sillon. Le 
front est triangulaire, large et droit. Les yeux sont assez 
profonds, le nez plutôt large et fort, suivant qu'on peut en 
juger d'après la partie conservée. La bouche est petite, sinueuse, 
aux lèvres plutôt charnues. Toute la figure révèle une femme 
dans le plein épanouissement de sa florissante jeunesse. Le 
visage est formé par des plans bien fondus. L'expression 
est rêveuse et en même temps passionnée. La prunelle n'est pas 
marquée par un trou, mais il est très probable que la prunelle 
et l'iris étaient reproduits au moyen de la peinture. En etîet la 
statue devait être peinte et en partie dorée. Ce spécimen assez 



■ 194 — — 

remarquable de l'art helle'nistique d'Alexandrie a e'te' de'couvert 
aux environs de la colonne dite de Pompée, 



2 1 (3466). Marbre blanc à gros grain, haut, 
o m. 20. Tête de femme^ 



o m. 



du visage 




surmontée d'une couronne. C'est 
évidemment une reine et je crois 
pouvoir y reconnaître Be're'nice, 
femme de Ptole'me'e III Evergète 
(241-222 av. J.-Gh.). La riche 
chevelure, en grosses tresses on- 
dule'es, couvrant une moitié' des 
oreilles, descend jusqu'au-dessous 
de la nuque, où elle forme chi- 
gnon. Une partie de la chevelure 
qui couvre la partie supérieure 
de la tête sort par dessous la 
grosse tresse et descend sur les 
joues et derrière les oreilles en 
petites tresses boucle'es, cylin- 
driques. C'est une coiffure que 
nous retrouvons sur d'autres por- 
traits de reines Lagides (voir 
dans la grande vitr. A les n°^ 10 
^'o- ^5- et II). La tête était surmonte'e 

d'un ornement en or, fixe' dans 
un trou cylindrique. Pour arracher cet ornement, de'jà dans 
l'antiquité', on a fait e'clater la moitié' droite du visage, du nez 
et au-dessus. Prov. Environs de la colonne dite de Pompe'e. 

19 (3239). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 26, du visage 
o m. 20. La surface a e'te' ronge'e par le sel de la mer, la 
tête ayant été' ensevelie sous l'eau près du Port oriental. 
Maigre' ce de'plorable état de conservation, on reconnaît la 
finesse du travail de cette tête aux traits assez individuels. 
C'est évidemment un portrait ; quelques archéologues y recon- 
naissent un portrait de Cléopâtre ; en effet le profil de la 
tête rappelle le profil que la fameuse reine a sur les monnaies, 
avec la coiffure à tresses divisées au milieu du front et descen- 
dant en grosses ondulations sur les tempes et sur les oreilles 
pour se réunir en gros chignon derrière la nuque 5 mais l'ab- 
sence du diadème, à mon avis, rend cette identification dou- 
teuse. La figure est vue de face et regarde droit devant elle, 
les yeux sont plutôt profonds, la prunelle n'est pas marquée. 
Prov. Alexandrie. 

20 (3243). Marbre blanc à petit grain, haut, o m. 32, du visage 
o m. 20 (fig. 63). Cette tête aux traits nettement caractérisés 



195 

est évidemment un portrait; elle représente JîiJes César. Le 
visage est remarquablement plus large dans la partie supe'- 
rieure. Le front est large et haut, point du tout ombrage' par 
la chevelure courte et plate. La figure est maigre, tine, pleine 
d'expression intelligente ; les tempes accentue'es, bombées. Les 
oreilles sont conside'rablement de'tache'es de la tête. I-es yeux 
nont pas la prunelle marque'e. 

Dans la petite vitrine G, à remarquer plusieurs tcies féminines 
ayant appartenu à des statuettes de modestes dimensions, mais 
d'exe'cution assez soignée. 2. Venus qui fait une torsade de 



ses cheveux. 



6, 7, 8 : Tètes et bustes de Vénus. Le 



n"^ 8 est le meilleur de tous. La tête féminine n" 4 a les yeux 
peints en rouge et en noir et porte d'autres traces de poly- 
chromie. 9. Marbre alabastroïde: Eros grassouillet, aux mem- 
bres potele's, lie' à un tronc d'arbre. Prov. Alexandrie. 

Grande Vitrine A. 

1-2. Têtes féminines de petites dimensions, de style ide'aliste. 

3. Tête virile. 4-6. Têtes féminines. Travail alexandrin de 

l'e'poque pre'romaine. 
5 (3262). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 22, du visage 

o m. 16 (fig. G6). Jeune femme 

de souche aristocratique. Le 

crâne est petit, le visage oblong 

le'gèrement incline' vers sa 

gauche. Les traits sont fins 

et de'licats. Les cheveux sont 

divise'sen plusieurs tresses pres- 
que simplement e'bauche'es qui. 

partant du front, se dirigent 

derrière la nuque, où elles sont 

ferme'es par un ruban ou ban- 
delette qui entoure le crâne. Le 

front est petit et triangulaire. 

Les yeux, assez profonds, n'ont 

pas la prunelle marquée. Les 

sourcils sont presque horizon- 
taux. Le nez est mince et droit, 

la bouche petite, entr'ouverte. 

I.a jeune dame regarde au 

loin devant elle; l'expression 

est douce, mais pensive et rêveuse. Don de M. Antoniadis, 
7 {3264), Marbre blanc. Tête féminine a coii^'uve très compliquée. 

Elle porte une perruque forme'e de nombreuses tresses ran- 




66. 



___ iq6 

gëes en rayons superposes qui lui cachent les oreilles et une 
partie des joues. A droite et à gauche du visage, au-dessus 
de la perruque, sont suspendues de chaque côte' une tête de 
lion et une tète de bœuf. La perruque est surmonte'e d'une 
couronne cylindrique ayant la surface extérieure de'core'e de 
grosses pointes en haut-relief; une e'paisse couronne de 
fleurs entoure la pre'ce'dente : un croissant plane au-dessus du 
front. Ne serait-ce pas l'image d'une reine Lagide en de'esse ? 
S (3265). Calcaire. Tète féminine pourvue d'une riche chevelure, 
boucle'e, surmonte'e d'une couronne orne'e du disque solaire 
entre deux cornes. Les yeux e'taient rapporte's. Probablement 
c'est le portrait d'une reine en de'esse. 
15 (3270). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 147, du visage 
o m. 10. Cette tête est simplement 
e'bauche'e dans la partie poste'rieure 
(probablement elle e'tait comple'te'e 
avec une matière différente) ; mais le 
visage est en parfait e'tat de conser- 
vation. On reconnaît autour de la 
chevelure les traces de la bandelette- 
diadème. La tête est légèrement in- 
clinée vers sa gauche, le front large 
n'est pas tout à fait droit, car il pré- 
sente une saillie près du point de 
conjonction avec le nez qui est droit 
et régulier. Les yeux, peu profonds, 
n'ont pas la prunelle marquée. La 
bouche petite, la lèvre supérieure lé- 
gèrement soulevée; le cou, fort, laisse 
voir la pomme d'Adam. A première 
vue, l'expression douce et les traits 
fins nous laisseraient croire à un 
portrait de femme (le cou assez fort 
est même caractéristique pour les 
femmes?de la famille des Lagides) ; mais il s"agit en réalité 
d'un homme, et je n'hésite pas à y reconnaître le portrait 
d'un Ptolémée et plus précisément de Plolémée III dans la 
fleur de l'âge. 
15^ (19122). Ce httste est à mon avis un portrait du même roi, 




Fig. 67. 



mais un peu plus âgé (fig. 



O7 



/ h 



IO-I2. Trois portraits de reines Lagides. 

II (3274). Marbre blanc, haut, o m. 115, du visage o m. 063. 
Tête féminine légèrement tournée vers sa droite, surmontée 
de la couronne. Le visage et le cou sont comme encadrés dans 



197 

la partie supérieure d'un riche voile qui, tire' sur le sommet 
de la tête, descend en larges plis derrière le dos et à droite 
et à gauche du visage sur les e'paules. C'est e'videmment une 
reine Lagide (il suffit de confronter les monnaies des Ptole'me'es 
pour s'en convaincre), probablement Arsinoé PhiladeJphe. 

12 (3275). Marbre blanc, haut, o m. 185, du visage o m. 12. 
Tête féminine le'gèrement tourne'e vers sa droite (fig. 68). Les 
cheveux sont divisés au milieu du front et descendent ondule's 
de manière à couvrir les tempes, tandis que sur les oreilles 
et dans la partie postérieure ils sont rangés en nombreuses 
tresses bouclées cylindriques. Ces tresses descendent en rayons 
superposés, jusque sur les épaules. Le visage est d'un ovale 
parfait, aux formes pleines, mais aristocratiques. La couronne 
qui surmonte la chevelure indique le portrait d'une reine. J'y 
vois un portrait de Bérénice //, 
femme de Ptolémée IIL 

Dans les rayons supérieurs de la 
section gauche, dans la même vi- 
trine A. 2 3- 2 S. Autres petits 
bustes féminins d'époque hellé- 
nistique (v. le n" 25, d'une exé- 
cution assez soignée) aux formes 
bien fondues, à l'expression in- 
définie, énigmatique. 

Dans les rayons inférieurs, 20 (3282). 
Marbre blanc à gros grain, haut, 
o m. 15. Buste du dieu Pan. La 
nature animalesque de cette di- 
vinité est rendue avec un réa- 
lisme parfait. 

^l {yi%^). Tète de Faune ^cowvonnée ^^• 

de fleurs, d'un réalisme accentué. 
22, Tête de vieux Faune^ d'une remarquable exécution. 




23 (3336). (Sur le socle): Calcaire nummuHtique, haut, o m. 33, 
du visage o m. 22. Portrait réaliste d'homme âgé, sans barbe 
ni moustaches, coiffé d'une calotte de feutre adhérente à la 
tête. Les traits assez grossiers sont très individuels. C'est évi- 
demment le portrait d'un guerrier (macédonien ?\ Prov. Alex- 
andrie (Gabbari). 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreibkr, Necrop. von Kôin-esch-Schuk., p. 255. 
Reinach a. J., Les Gâtâtes dans Vart alexandrin, pag. 73, fig. 35. 

32^ (3337). Plâtre, haut, o m. 48, du visage o m. 22. Buste 
viril^ nu, sans barbe ni moustaches. La belle tête a une ex- 



IQ> 




Fk 



pression pensive; elle est tournée 
quelque peu à gauche. Les che- 
veux sont abondants et cre'pus, 
le front rondelet. Les yeux, assez 
grands, ont la prunelle marque'e 
par une le'gère protube'rance. Le 
nez re'gulier, la bouche droite bien 
forme'e, aux lèvres fines. La moitié' 
supérieure du visage est plutôt 
large en comparaison de la moitié 
inférieure. Les traits, bien indivi- 
duels, sont ceux d'un jeune homme 
distingue' et dans la fleur de l'âge 
(fig. 69). Ce buste a e'te' trouve' au- 
dessus d'un sarcophage avec l'outre 
e'galement en plâtre qui lui fait face. 
3- (3339)5 hauteur o m. 55. Ici 
nous avons un Jeune homme aux 
traits plus vulgaires que ceux du pre'ce'dent. Le visage est plus 
large et plus plat, le cou plus fort. Les yeux ont la prunelle 
releve'e par un cercle et l'iris marque' par un trait en forme 
d'aste'risque. Tandis que le pre'ce'dent est nu, celui-ci est ha- 
bille' du chiton et du manteau (fig. 70). D'après les conditions 
de la de'couverte on pourrait attribuer les deux bustes à l'e'po- 
que des Antonins. Prov. Alexandrie (Ne'crop. occidentale). 
24 (333'^)- (Socle): Marbre blanc, haut, o m. 34, du visage o m. 20. 
Pour travailler cette ièie rcaliste aux traits individuels assez 

grossiers, on a employé' une partie 
de la corniche d'un e'difice. En 
effet dans la partie poste'rieure on 
voit encore des astragales et des 
oves. Les cheveux devaient être 
exe'cute's à part et ajoute's comme 
une perruque. La façon dont est 
coupée la base du cou de'montre 
évidemment que la tête devait être 
encastre'e dans une statue. 
28 (3344). (Sur l'e'tagère à côte' de 
la vitr. D). Marbre bleuâtre, haut, 
o m. 30. Tête virile avec riche 
barbe boucle'e et longues mous- 
taches. P>ont large, ride', faisant 
une saillie remarquable vers l'os 
du nez. Les yeux, très profonds, 




199 ■ 

ont une expression de force dominatrice. Cette tête a certaine- 
ment appartenu à une statue d'Hercule. Elle est d'un assez bon 
travail, mais la conservation en est mauvaise. Prov. Alexandrie? 



Petite vitr. D. i. Marbre blanc, haut, o m. 09. TiHe virile avec 
longue barbe et longues moustaches, cheveux longs comme 
ceux d'une femme. Dionysos ou Esculape. Prov. Alexandrie. 
4-8. Torses d'Hermaphrodite; le n' 7 est d'un bon travail. 

Vitrine D. i. Marbre blanc, o m. 25. Dans ce portrait de feinine 
âgée^ d'une grande maigreur, aux traits individuels, on a voulu 
reconnaître un portrait 
de Cle'opâtre à la fin 
de sa vie. Cette identi- 
fication est au moins 
très douteuse; mais l'ex- 
pression volontaire de 
cette tète est vraiment 
remarquable. Les che- 
veux en tresses paral- 
lèles sont simplement 
e'bauche's ; le front petit 
est traverse' comme par 
un sillon; les sourcils 
sont extrêmement proe'- 
minents, les yeux creu- 
se's, oblongs, n'ont pas 
la prunelle marque'e. Le 
nez a une courbe aqui- 
line ; la bouche est large ; 
les lèvres minces, les 
joues comme desse'che'es 
laissent voir les os des 
mâchoires. 

Sur la base: n^ 33 (3357), haut, o m. 35. Granit verdâtre. Tèle 
colossale d'un jeune roi avec diadème et uraeus, mais sans la 
double couronne de la Basse et de la Haute Egypte. Quelqu'un 
y a reconnu Ptolèmèe V; d'autres y voient Alexandre IV, fils 
posthume d'Alexandre le Grnnd. En tout cas on a ici un beau 
spe'cimen de ce style greco-ègyptien exécute selon le modèle 
et le canon de l'art indigène. Les yeux e'taient rapporte's 

60. Granit rose. Tête colossale de Plolenice IV Philopator coiffée 
de la double couronne. Elle a ète' trouve'e à Aboukir, puis 
transportée à Bulkeley (Ramleh) dans un terrain devenu plus 




tard propriété du Dr Rufter. qui a bien voulu la ce'der au 
Muse'e. Les yeux e'taient rapporte's. Sans barbe ni mousta- 
ches, mais avec des favoris boucle's à la façon de ceux qu'on 
voit sur les monnaies de Ptole'mëe IV. 

Vitr. G. Plâtre, haut, o m. 30. Portrait d'un Libyen (fig. 71). 
C'est le portrait d'un homme jeune d'une race non europe'enne. 
Les cheveux courts retombent sur le front en mèches plates; 
les yeux sont gros, à fleur de tête. Les pommettes proe'mi- 
nentes, le nez fort et large ; la bouche est marque'e par une 
ligne mince presque droite. Le menton est large et fort ; de 
minces et courtes moustaches couvrent la lèvre supérieure; 
une barbe fine, courte, cre'pue, encadre le visage. La prove- 
nance parait être la Cyrénaïque. 

Dans la même vitrine, des têtes de Zeus Sarapis en marbre, 
ainsi qu'une petite statue en calcaire de Sarapis assis sur un 
trône, la tête surmonte'e du modius orne' d'e'pis en relief: cette 
statue, dont l'exe'cution est très me'diocre, est toutefois impor- 
tante, car c'est évidemment une copie de la célèbre statue 
qui était placée au Sérapeum. Prov. Alexandrie. 

Dans la petite vitrine E, à remarquer le n" ig, portrait mi- 
nuscule, en pâte de verre, de l' empereur Auguste. 

Sur les étagères: n^ 50 (3233). Granit vert, haut, o m. 28. 
Buste d'une statue accrochée au pilier. Homme barbu, au 
visage plat, au front ridé, aux muscles gonflés et relevés 
autour de l'os du nez, aux grands yeux profonds, au regard 
méchant. 

51 (3367). Marbre blanc, haut, o m. 35, du visage o m. 25. 
On a reconnu dans cette tête trouvée à Alexandrie un portrait 
de V empereur Hadrien. La tête faisait partie, sans doute, d'une 
statue. 

5 5 (3 37 0- Marbre blanc, haut, o m. j^n. Portrait de Septime 
Sévère. La structure du crâne est longue et étroite; les cheveux 
abondants, longs et crépus ; une belle et longue barbe bouclée 
encadre le visage. Le front est large, les yeux profonds ont 
la prunelle relevée par un cercle et l'iris marqué par un 
petit trou en forme de croissant. Le nez droit est plutôt lar- 
ge à la base. La tête est tournée légèrement à gauche. L'ex- 
pression est sérieuse. Prov. Alexandrie (fig. 72). 

52 (3374). Marbre blanc, haut, o m. 35, dont 7 cm. pour le 
cou. Tète de jeune homme à la chevelure abondante et bouclée. 
Le visage est remarquablement large à la hauteur des pom- 
mettes, les joues sont plutôt fuyantes. Les veux ont l'iris mar- 



____ 201 

que par un trou circulaire. On a reconnu dans cette tcte un 
portrait de Marc Aurèle pendant sa jeunesse. 

Grande vitrine B à droite. 35-40. Bustes et têtes de Sarapis. 
Le n° 42, pourvu du calathus; 38, une grande bague en mar- 
bre portant à la place du chaton un buste de Sarapis en re- 
lief. Le n° 45, en pierre noire, imite la couleur de la statue 
du Se'rapeum et re'pond au 
caractère sombre du dieu 
conside're' comme roi de 
l'enfer. 

Section du milieu dans la 
même vitrine : 20-24. Cinq 
têtes de petites dimensions 
reproduisant Alexandre le 
Grand aux traits plus ou 
moins ide'aHsês. 20, en cal- 
caire blanc, est d'un travail 
sommaire. 22 paraît une 
copie en proportions re'- 
duites d'un original de Ly- 
sippe, le sculpteur pre'ferê 
duGonque'rant macédonien; 
il a une expression douce, 
rêveuse, presque molle, 
ainsi que le n° 23 trouve' à 
K6m-el-Ghogafa. Le n° 24, 
par contre, qui re'pond bien 
à la description du portrait 
d'Alexandre donne'e parPlu- 

tarque (v. ci-dessus, p. 192), exprime la force piesque doulou- 
reuse de la pense'e, l'e'nergie de la volonté'. Le front est 
presque divise' en deux par un sillon qui le traverse hori- 
zontalement. Prov. Alexandrie (fig. 6, pag. 17). 

BIBLIOGRAPHIE — Schreiber, o. c, 

24 (3408). Marbre blanc, haut, o m. 28. Moitié' droite d'une 
tête expressive d'homme âge', barbu. Le front est ride', les yeux 
profonds, le sourcil en arc accentue'. Gette tête faisait partie 
d'une statue d'Hercule. 

27 (3409). Marbre blanc, haut, o m. i 5. Souriante tête d'enfant, 
tournée à gauche, aux joues grassouillettes, au front haut et 
rondelet, aux yeux profonds, à la bouche petite, entr'ouverte 
de façon à laisser voir les dents, au menton petit et rond. 
Prov. Alexandrie. 




Fig. 72. 



Section de gauche dans la même vitrine. Dans le rayon supe'- 
rieur, remarquer la tète d'enfant n" 4, intéressante pour 
l'ornement qui lui pend des cheveux sur le front, forme' 
d'une plaquette en or à laquelle e'taient suspendus trois 
petits disques pareillement en or: un gros trou cvlindrique 
rempli de plomb e'tait sur le sommet de la tête et devait 
servir à fixer un ornement en me'tal. Prov. Alexandrie (terrain 
de l'hôpital indigène) 

Rayon du milieu. 9 (3 4.[8). Marbre blanc, haut, o m. 215. 
Moitié' ante'rieure d'une tête d'homme âge', sans barbe ni mous- 
taches, le large front ride', les sourcils en arc, qui convergent 
comme dans un effort de pense'e ou de pre'occupation. Prov. 
Alexandrie. 16 (3472). Marbre blanc, haut, o m. 265, Moitié' 
postérieure d'un ioi'se de Vémis. Il est conserve' seulement 
de la base du cou aux cuisses. Sur les e'paules, quelques 
restes des cheveux. Ce torse, d'un travail exquis, pre'sente la 
de'esse nue dans le plein e'panouissement de sa florissante 
beauté'. 

Dans le rayon infe'rieur, de nombreuses statues acéphales de 
Vénus^ repre'sente'e soit nue, soit sortant du bain, en train 
de s'envelopper dans l'himation. L'exe'cution est en ge'ne'ral 
me'diocre. La meilleure de toutes est celle qui porte le 
n° 65 (3446). Marbre blanc, haut, o m. 50, provenant d'Asch- 
mouneïn 

Une imnge de Ve'nus devait de'corer la chambre nuptiale de 
presque tous les jeunes marie's. Ceci explique la quantité' de 
statuettes de cette divinité' (en marbre, en bronze, en terre- 
cuite) qu'on trouve même dans les maisons des villes pro- 
vinciales. 

BIBLIOGRAPHIE. — Rkinach ^, Répertoire, II, 334,5 = Irv. 3448 ; 
335,7 = I"v. 3439; 336,5 = Inv. 3446; 3^9,2 = Inv. 3449; 371,3 r^ Inv. 3434. 

Socle: 33 (3240). Marbre blanc, haut, o m. 30. Moitié' ante'rieure 
d'une tête de Sarapis^ un peu faible d'exe'cution et d'expression. 
Les cheveux, la barbe et les moustaches sont creuse's peu 
profonde'ment et restent sans mouvement ni vie. Les traits 
sont re'guliers, mais un peu plats. 

BIBLIOGRAPHIB. — Amklung, R. A., IVme Soi ie, I, 2, p. 189. 

36 (34^3). Marbre blanc, haut, o m. 30 (tig. 73). La tète de 
Zetts qui est place'e à côte', est très vivante et pleine d'ex- 
pression, maigre' l'absence des cheveux et de la barbe, qui de- 
vaient être exe'cute's se'pare'ment en plâtre. Le front large et 
haut est marque' d'un profond sillon horizontal et des bosses 
conside'rables lui donnant une expression de pense'e profonde 



et d'énergie. Les yeux sont profonds; le nez droit et fort, la 
bouche sensuelle. On a rapproche' cette tête d'une autre de Zeus 
du Muse'e de Naples. Le type rappelle aussi le Zeus d'Otricoli. 

BILIOGRAPHIE. — Sieveking dans Bruckmann, Denkmaler, n. 605. 

37 (3464). Marbre blanc, haut, o m. 30. Cette tcte diadéniée de 
Zeus (ou de Sarapis) est d'une exécution moins habile, mais 
elle a quand même une expression de force et de majesté'. 



Vitrine F. Parmi ces petits bronzes remarquer quelques amours 
ailés debout, soulevant dans la main droite un oiseau (3483- 
3486) ; ou assis, tenant dans 
la droite une coupe (3303). 
Le n" 3494 (fig. 20, pag. 96) est 
un exemplaire bien travaille 
et complet du monstre Cerbère 
à trois tètes de chien (les têtes 
latérales, plus petites que celle 
du centre et allonge'es, res- 
semblent à des têtes de serpent) 
ayant des serpents autour des 
jambes et de la poitrine. Le 
n° 3502 (fig. 22, pag. 98) re- 
produit un autre type du même 
monstre, c'est-à-dire, un chien 
ou un lion sur la tête duquel 
se dresse un serpent, dont la 
tête est surmonte'e du iiiodius 
ou caJathns de Sarnpis. 




38 (3465). Marbre blanc a gros 



ï^ig. 73- 



grain, haut, o m. 32, du visage 
o m. 18. Buste d'inconnu. Il faisait partie d'une statue. C'est 
le portrait d'un homme jeune, barbu ; il regarde vers sa droite, 
la tête légèrement inclinée sur l'épaule du même coté. Les 
traits sont individuels et grossiers. La structure de la tête est 
large, les plans du visage se réunissent en lignes irrégulières. 
Les pommettes sont larges et proéminentes. La lèvre infé- 
rieure et le menton tirés un peu en arrière. La chevelure est 
abondante, bouclée, peu soignée. La barbe qui encadre les 
mâchoires et le menton est courte, fine et n'a pas été taillée 
en relief. Le front rectangulaire tombe droit sur le nez large 
et fort. Les yeux n'ont pas la prunelle marquée. Prov. Alex- 
andrie (Kôm-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE. — SciiKianEu, Kôm-esch-SchnkàJa, p. 267. PI. 
XLIX-L. 



204 

39 (3369)- ^^^'t)re blanc, haut, o m, 33. Tête colossale de déesse. 
La chevelure e'tait travaillée se'pare'ment. En effet celle qu'on 
voit sur le sommet du front et sur les tempes est simplement 
e'bauche'e, et d'autre part la cavité' large et profonde existant 
dans la partie supe'rieure et poste'rieure de la tête devait évi- 
demment servir à fixer le crâne actuellement manquant, la che- 
velure ainsi que des ornements en me'tal. Sur le sillon qui con- 
tourne la tempe droite devait s'adapter un diadème en métal. Les 
lobes des oreilles pre'sentent des trous, auxquels e'taient sus- 
pendues des boucles. Front large, triangulaire, rondelet 5 les 
yeux très grands, à forme d' amande, n'ont pas la prunelle 
marque'e. La bouche est relativement petite, entr'ouverte, les 
lèvres quelque peu charnues. Le visage est d'un bel ovale. 
L'expression est douce et souriante. Bon travail. Le nez est 
restaure'. Prov. Alexandrie (?) 

40 (3469). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 31, du vi- 
sage o m. 19. Têle détachée de la statue d'un prêtre (de 
Sarapis ?). Portrait d'homme âge', maigre, sans barbe ni mous- 
taches. Chevelure longue, ondule'e, descendant jusqu'à couvrir 
les oreilles. Le front haut, traverse' par des rides. Les yeux ont 
la prunelle marque'e par un cercle et liris par un signe assez 
profond en forme de croissant. L'expression de la figure est 
se'rieuse et pensive. Elle rappelle l'expression des prêtres-ascètes 
que nous avons vus dans la salle 1 1 (n°^ 42 et 60). La tête est 
surmonte'e d'une couronne que nous devons supposer en métal, 
forme'e par deux bandes soude'es l'une à l'autre se terminant à 
la partie supe'rieure par de petits arcs ouverts en haut. Ce dia- 
dème est orne' sur le devant, au sommet du front, d'une sorte 
de me'daillon en relief contenant une e'toile dans un cercle. 
C'est un emblème que portaient les prêtres des divinite's orien- 
tales. Prov. Alexandrie (K6m-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE. — Schsejber, o. c, p. 262-266. PI. XLV-XLVI. 

Sur les e'tagères, quatre tètes féminines aux traits individuels. 

41 (3470). Calcaire jaune, haut, o m. 22. Jeune femme à la 
figure petite, aux traits peu re'guliers, mais sympathiques. La 
chevelure, en boucles petites et nombreuses, encadre les tem- 
pes et couvre les oreilles. Un manteau ou voile lui couvre la 
partie poste'rieure et supe'rieure de la tête, descendant derrière 
le dos et sur les e'paules ; le front est petit et rond ; les yeux 
assez grands ont la prunelle releve'e par un cercle ; le nez a 
la pointe le'gèrement souleve'e ; le menton est rond, petit, proe'- 
minent. Bon exemplaire du stvle re'aliste. 



__ 20 5 

42 (347 0' Jt'iiue Jemme très bien, mêtne trop bien en chairs, 
au visage rond et gras, l.es yeux sont grands, à fleur de 
tète ; la prunelle n'est pas marquée. La coiffure est assez 
complique'e 5 une tresse est sur le haut de la tète perpendi- 
culairement au front ; d'autres sont frise'es à ondulations pa- 
rallèles au front ; d'autres, laissant tout à fait à découvert les 
oreilles, descendent jusqu'au-dessous de celles-ci et derrière 
la nuque. 

43 (3472), Haut, o m. 25, Cette tête a des traits presque virils 5 
les cheveux ondules, divises au milieu du front, descendent 
en grosses tresses sur les tempes et, couvrant une moitié des 
oreilles, vont se nouer au-dessous de la nuque. 

44 (3471). Marbre blanc, haut, o m. 35, dont 13 cm. pour le cou. 
Elle devait faire partie d'uae statue plus grande que nature, 
représentant une femme au visage robuste, rondelet. îEUe est 
tournée légèrement vers sa gauche ; les yeux assez grands 
n'ont pas la prunelle marquée; l'expression est douce, mais 
sérieuse. 

Au-dessus des chapiteaux placés contre la petite paroi vers la 
salle ' I, est une tête colossale^ virile, haut, o m. 60, en mar- 
bre blanc, (le crâne et la partie postérieure manquent) de style 
égyptisant et qui a probablement servi comme modèle dans 
un atelier de sculpture. Don de Tigrane Pacha. 

Dans le passage entre la salle i i et la salle 12: 

1 (3226). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 23, du visage 
o m. 17. C'est un portrait d'adolescent^ d'un réalisme plein 
de vérité et en même temps de grâce. Il est tourné vers sa 
gauche avec une expression sérieuse. Son crâne est celui d'un 
dolicocéphale allongé dans la partie postérieure en poire, 
ayant le sommet du front proéminent. Les yeux n'ont pas la 
prunelle marquée. Les cheveux sont simplement ébauchés. 
Schreiber reconnaissait dans ce portrait un enfant égyptien, 
mais il pourrait bien être également de souche grecque ou ro- 
maine. Prov. Alexandrie (K6m-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiher, o. c, p. 269. PI. LIII-I^IV. 

2 (3517). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 2 i (du crâne), 
o m. 14 (du visage). Portrait d'un enfant entre trois et cinq 
ans, pourvu d'une riche chevelure réunie dans un nœud au 
sommet du front et descendant sur les tempes et derrière 
la nuque en longues boucles. C'est un enfant bien nourri, aux 



206 



traits assez irreguliers, mais sympathiques. Prov. Alexandrie 
(K6m-el-Ghogafa). 



BIBLIOGRAPHIE 



SCHREIBER, O. C, p. 270. PI. LV-LVI. 



3 (3516). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 38, du visage 
o m. 133 (fîg. 74). Portrait de jeune dame, en parfait e'tat 
de conservation et d'une remarquable beauté'. Elle regarde 
au loin vers sa droite. Les yeux presque voile's n'ont ni 
la prunelle ni l'iris marque's; le nez aquilin est nettement 
distinct du front. L'expression du visage est se'rieuse et 
triste. Les traits du visage, très personnels, n'ont pas une 
parfaite re'gularite', mais sont ne'anmoins aristocratiques ; les 
formes sont fines sans maigreur. La coitïure à grosses 
tresses parallèles au front et à petites boucles, avait ete' mise 
à la mode par Julia, fiUe de Titus. Prov. Alexandrie Kom- 
el-Ghogafa). 



BIBLIOGRAPHIE. 



SCHREIBER, o. C, p. 2Ô6. PI. XLVII-XLVIII. 



4 (3225). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 37, du visage 
o m. 22. Buste qui devait faire partie d'une statue. C'est 
le portrait d'une femme encore jeune, aux traits peu affines. 

La coiffure est identique à 
celle qu'on rencontre sur les 
monnaies de Julia Soemias, 
la trop ce'lèbre mère d'Ela- 
gabale. Les cheveux, divises 
au milieu de la tête et qui 
descendent par ondulations 
svme'triques sur les tempes 
laissant tout à fait à de'cou- 
vert les oreilles, vont se 
ramasser derrière la nuque 
en chignon cpais et plat. 
Ils forment en somme une 
sorte de casque-calotte. D'a- 
près cette coiffure on a 
voulu reconnaître en cette 
tète un portrait de Julia 
Soemias. 

Vers le milieu de la salle : 




Fig- 7+- 



27 (3 5 '9)- Marbre blanc, haut. 
o m. 



Vénus^ acéphale, les bras et les jambes coupe's à mi-hauteur, si 
elle ne révèle pas une habileté' technique extraordinaire, produit 
cependant une agre'able impression La de'esse est repre'sente'e 
nue après le bain, faisant le mouvement de chausser son pied 
droit d'une sandale. 

Au centre de la salle : 

30 (3250;. Marbre blanc, haut. 2 m. 15 (fig. 16, pag. 82), 
Statue colossale de l'empereur Marc Aurèle. L'empereur est 
repre'sente' debout, de face, le'gèrement tourne' à droite. Le 
poids du corps repose sur la jambe droite ; la jambe gauche 
est incline'e, pousse'e en arrière. L'empereur est tête nue, habille' 
en commandant militaire avec la cuirasse impe'riale, orne' de 
l'e'charpe du commandement. La cuirasse est du tvpe à e'pau- 
lières et lambrequins 5 elle est de'core'e de plusieurs motifs 
en relief. Sur le haut du torse, le gorgoneion; au-dessous du 
gorgoneion, deux griffons aile's. Sur la partie qui recouvre le 
ventre devait être un aigle, mais qui a e'te' martelé' à l'e'poque 
chrétienne pour être remplace' par une croix en creux. Le bord 
infe'rieur de la cuirasse, taille en frange, aux coins arrondis, a 
chaque plaquette de'core'e, soit d'une tête d'animal, soit d'une 
fleur stylise'e, en relief. On remarque : dans celle du centre, 
un gorgoneion -, à droite, une tête de mouton, et ensuite une 
fleur toute ouverte à quatre pe'tales ; à gauche, une tête d'a- 
nimal (peu visible), une fleur comme la pre'ce'dente, une tête 
d'aigle. De la main gauche souleve'e à hauteur du flanc, l'em- 
pereur serre la poigne'e de l'e'pe'e; le bras droit est appuyé' sur 
une corne d'abondance qui s'e'lève du sol à cote' de la jambe 
droite. Le manteau, noue' sur lêpaule gauche, est ramasse' 
sur le bras du même cote' et descend le long du flanc gauche 
jusqu'au-dessus du genou. La chevelure est riche et boucle'e ; 
une barbe e'paisse et fine encadre le visage. Les yeux ont la 
prunelle marque'e par un petit trou. L'empereur philosophe re- 
garde au loin avec une expression douce et pensive. Prov. 
Alexandrie (des fondations du the'atre Zizinia). Don du comte 
de Zizinia. 

BIBLTOGRAPH[E. — Reinach S., Répertoire, III, 161,5. 

Dans le passage entre les salles 12 et 13: 

64 (3361). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 10, du visage 
o m. 13. Tête d'un garçon entre huit et dix ans. Les cheveux 
sont ferme's par un ruban qui entoure le crâne, et sont ranges 



208 

en boucles allonge'es tout autour du front. Prov. Alexandrie 
(Kôm-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber, o. c, p. 268. PI. LI-LII. 

Sur l'e'tagère à gauche: 

65 (3362). Marbre blanc, haut, o m. 26. Tête virile^ aux traits 
individuels, assez expressive. Cheveux plats et lisses. Les yeux 
ont la prunelle releve'e par un trou (Retouches modernes ?). 

Sur le socle à gauche : 

66 (3359'« Marbre blanc, haut, o m. 28. Cette têle aux cheveux 
abondants et boucle's, aux traits irre'guliers, aux gros yeux, 
aux tempes fuvantes, au nez fort, aux lèvres charnues, re- 
pre'sente un jeune homme qui n'est pas de race europe'enne. 

Sur l'e'tagère à droite : 

67 (3360). Marbre blanc, haut, o m. 12. Jeune femme d'un type 
e'tranger à l'Egypte ; le front bas, les yeux à fleur de tête, 
le visage petit, sans expression, coifle'e de tresses plates, pa- 
rallèles au front et ramasse'es en un gros chignon circulaire 
sur le sommet de la nuque. 



SALLE 13. 



Vitrine A. Echantillons des diffe'rentes qualite's de marbres, 
granit, albâtre, porphyre, etc., recueillis pendant les fouilles 
sur le territoire d'Alexandrie. 

Vitr. F. I (19079). Petit torse cV athlète d'une exe'cution soigne'e. 
L'anatomie est bien observe'e ; les muscles sont habilement 
repre'sente's en relief. 

2 (19081). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 17 (fig. 75). 
Jeune Faune ou Silène souriant, tourne' à droite, regardant 
au loin en haut. Les cheveux e'pais et en mèches sans ordre 
sont entoure's d'une lourde couronne. La nature animale est 
caracte'rise'e par les oreilles pointues ainsi que par les traits 
gros et vulgaires. Les yeux grands et tout ouverts ont les pru- 
nelles marque'es par un trou circulaire. La bouche entr'ouverte 
laisse voir les dents. Cette tête est travaille'e avec une remar- 
quable habileté' technique. 



. _ ___ .—^ 209 — -— --^- 

3 (igoSo). Marbre alabastroïde. Torse d'éphèbe on de divinité 
(Hermaphrodite ?). Le mouvement rappelle celui de l'Hermès 
praxite'lien soutenant dans l'avant-bras gauche Dionysos enfant. 

5 O9536). Bronze, haut, o m. 145. ' 7"^/^ de négresse d'un 
re'alisme parfait dans tous les de'- 
tails et d'une exe'cution très soi- 
gnée. 

En haut de cette vitrine F. Dalle en 
calcaire portant un relief d'un tra- 
vail grossier. Le relief repre'sente 
Némésis habille'e d'une courte tu- 
nique, aile'e, volant ou courant à 
droite. Le pied droit soulevé en 
arrière est appuyé' sur une roue 
qu'elle fait eVidemment rouler. Sur 
une seconde roue qui est derrière 
la pre'ce'dente, est place'e la patte 
droite ante'rieure d'un griffon aile', 
autre figure symbolique (zoomor- 
phe) pour représenter Ne'me'sis, 
de'esse de la jalousie et de la 
vengeance, dont le culte fut si re'pandu 
tique et romaine. 

BIBLIOGRAPHIE. — Perdri/îet P., B. C. H. 
ibidem, XXXVI (1912), p. 248-274. 




Fig-. 75- 



à l'e'poque helle'nis- 



XXI (1898), p. 599-602 ; 



Au-dessus du gros chapiteau en granit entre les salles 13-15: 
4. Marbre blanc à gros cristaux, haut, o m. 57. Torse de Pan. 
Maigre' l'absence de la tête et des pieds (de bouc), il est aise' 
d'y reconnaître la divinité' qui personnifiait la vie agreste et 
brutalement sensuelle. On sait qu'on peut ramener la repre'- 
sentation de Pan à deux types principaux. Dans l'un surabon- 
dent les traits de la nature animale 5 dans l'autre l'animalité' 
est réduite au minimum. Notre torse est du premier type. Le 
thorax et les bras sont recouverts de longs poils; e'videmment 
ce sont les jambes d'un bouc. Une peau de bouc lui descend de 
l'épaule sur le bras gauche qu'elle enveloppe, laissant ainsi li- 
bre et nu le reste du corps. De la main gauche il devait s'ap- 
puyer sur un bâton recourbe. Le bras droit e'tait replie' sur la 
poitrine. De la main droite il soutenait probablement une sy- 
rinx. Ce torse est d'un travail soigne'; la structure anatomique, 
les masses des muscles et leurs mouvements sont reproduits 
avec beaucoup de précision et de finesse. Je crois que cette 
statue date de l'âge helle'nistique. 



Vitr. H. I. Bronze, haut, o m. 28. Isis. Debout dans l'attitude 
du repos, la jambe avance'e, la main gauche souleve'e tenant 
un objet (vase ou fruits). Elle est habille'e d'une tunique et 
d'un manteau, dont les deux extre'niitës forment le nœud isia- 
que sur le devant de la poitrine. Les cheveux sont range's 
en tresses épaisses à rayons superpose's et formant frange sur 
le front. La de'esse a sur la tête le vautour surmonte d'un 
disque insère entre deux cornes et deux plumes. Le bras droit 
manque. Type commun gre'co-e'gyptien. (Cfr. Edgar, Greek 
Bronzes^ 27669-27672). 

2. Bronze, haut, o m. 055. Caricature de sénateur romain ou 
d'orateur drape dans sa toge et dont la tête est remplace'e 
par celle d'un rat. Il est identique, ou à peu près, à la sta- 
tuette reproduite par Ghampfleury, Histoire de la caricature^ 
pag. 121. 

Vitr. D. Plusieurs torses d'Eros, d'Hermaphrodite et de Vénus. 

I (16425). Belle tête d'enfant grassouillet et souriante. La bouche 
bien dessine'e est entr'ouverte ; de la chevelure e'paisse et 
boucle'e descend sur le front un ornement que nous devons 
supposer en métal, forme d'une chaînette à laquelle sont at- 
tache's plusieurs petits médaillons. 

Dans les niches ame'nage'es sur les parois de la salle : Statues 
acéphales de femmes drapées (4, 5, 6, 7). 

5. Marbre blanc, haut, i m. Le poids du corps porte sur la 
jambe gauche 5 la jambe droite est replie'e en arrière. Sur le 
chiton d'une étoffe plutôt e'paisse, est l'himation, dont le pan 
gauche est pose' sur l'e'paule gauche tandis que l'autre, tour- 
nant derrière le dos et sous l'aisselle droite, va lui aussi finir 
sur l'e'paule gauche, 

6. Haut. I m. rS. Le poids du corps porte sur la jambe droite, 
tandis que la gauche est replie'e en arrière. Elle est habille'e 
d'un chiton de fine e'toffe à nombreux plis verticaux. Le man- 
teau, dont un pan est pose' sur l'e'paule gauche, descend der- 
rière le dos et, remontant sur le flanc droit, se ramasse autour 
du ventre, soutenu par la main gauche. Par conse'quent il ne 
recouvre pas le bras droit et les seins, ce qui permet de con- 
stater que la courte manche du chiton n'est pas cousue ; en 
effet les bords de l'e'toffe sont fermes par plusieurs agrafes. 

7. Haut, o m. 90. Jeune femme debout. Le poids du corps re- 
pose sur la jambe droite; la jambe gauche est incline'e en ar- 
rière de cote'. Elle est habille'e du chiton et du manteau, dont 
le pan droit est jeté derrière l'épaule gauche ; le bras droit 



soulevé pour faire ce mouvement est replie' sur la poitrine et 
retenu par les plis de l'e'toffe. Le motif est gracieux et élé- 
gant, mais le travail est lourd et sans finesse. 

Au centre de la salle, sur une haute base : 

1 (3608). Marbre blanc, haut, i m. 90. Statue d'empereur. Au- 
tour de la cuirasse, qui n'est pas de'core'e de reliefs, l'e'charpe 
du commandement. La tête de Septime Se'vère est rapporte'e 
et n'appartient pas à la statue. 

BIBLIOGRAPHIE. — Reinach S., Répertoire, III, 160,5. 

2. Marbre blanc, haut, o m. 71. Base d'une statuette de la 
déesse Isis de'die'e par un certain Dioscoure, sa femme et ses 
enfants pour grâce reçue. Sur les côte's, deux serpents en 
relief. Prov. L'île Mahar-el-Ghaaran (Mariout). 

Près de l'entre'e de la salle 14: 

3. Calcaire, haut, o m. 62, larg. o m. 40. Naos funéraire à 
colonnes lotiformes. A l'entre'e e'taient deux figures en haut 
relief, aujourd'hui en mauvais e'tat de conservation. Sur la paroi 
de droite et de gauche, deux chiens d'Anubis en haut relief 
comme gardiens ; dans la partie poste'rieure est une porte 
entr'ouverte. (v. Schreiber, Kôm-esch-Schtikâfa, p. 174-175). 



SALLE 14. 



Au centre du dallage de la salle on a place' ce qu'on a pu 
sauver de la mosaïque dite de Méduse^ existant jadis au Mont 
des Oliviers (Gabbari) et publiée dans la Rev. Arch. en 1846. 
A cette e'poque elle était en parfait état de conservation. Ce 
qui reste (long. 2 m. 24, larg. 2 m. 20) faisait partie du com- 
partiment central des trois dont se composait la mosaïque en- 
tière. Au centre une tête de Méduse (tout à fait disparue) ailée, 
entourée d'une égide (gorgoneion). Cette mosaïque est d'un 
travail assez fin à petits cubes polychromes. 

Contre la paroi du fond : 

I (3661). Marbre blanc, haut, i m. 82. Statue romaine d'orateur 
ou d'écrivain. A sa droite est une cista remplie de plusieurs 
votumina (rouleaux de papyrus). Il tient un rouleau ou une 



mappa dans sa main gauche. Le poids du corps repose sur 
la jambe droite, la jambe gauche est le'gèrement avance'e sur 
l'autre et incline'e. Il est habille' de la tunique et d'un large 
manteau [toga] qui enveloppe le corps, laissant à de'couvert 
une partie de la poitrine. La main droite, souleve'e à hauteur 
de la poitrine, est appuye'e sur les plis de la toge. La statue 
provient d'Aschmouneïn (Hermoupolis Magna). Sa tête est 
rapportée : elle est d'un marbre ditfe'rent. C'est un portrait 
d'inconnu très expressif, probablement d'e'poque hellénistique. 

Dans cette salle et dans la suivante sont expose's la plupart 
de nos fragments d'architecture, qui proviennent malheureuse- 
ment presque tous de trouvailles fortuites. Sauf les stèles fune'- 
raires, aucune des autres pièces n'a e'te' trouve'e in situ avec 
les autres restes de l'e'difice auquel elle avait appartenu. 

En ge'ne'ral, on remarque que l'emploi du marbre n'était pas 
fre'quent 5 nous dirons même qu'il e'tait rare, et que les matières 
le plus souvent employe'es e'taient le calcaire nummulitique et 
le calcaire jaune tendre dont le type est le calcaire du Mex. 

Le calcaire nummulitique présentant une grande difficulté' à 
être travaille' avec finesse dans les de'tails à cause de sa surface 
irrêgulière et difficilement polissable, il e'tait recouvert d'une 
couche de stuc, puis de'core' à l'aide de la polychromie. Cette 
technique devait être employe'e aussi pour le calcaire du Mex. 
Ce calcaire qui est grossier se prêtait ne'anmoins à toutes les 
hardiesses du travail le plus fouille', et donnait ainsi à l'archi- 
tecte le moyen d'obtenir une ornementation plutôt complique'e, 
mais dont la polychromie pouvait tirer les plus heureux effets. 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber, Kôm-esch-Schukâ/a, Kap. XIX ; Del- 
BRiicK, Helleiiistische Bauten itn Latimn, Strassburg, 1912, II, p. 142 ; 149; 
157 sq. ; 1Ô4 sq. ; 166 sq. 

2-4 (3664, 3668, 3671). Calcaire. 2-3. Deux chapiteaux et une 
partie de demi-colonnes qui s'y rapportent. 4. Couple de demi- 
colonnes et de chapiteaux du même type. Les colonnes sont 
forme'es par des faisceaux de tiges de papyrus et de lotus 
et les chapiteaux par les fleurs des mêmes plantes. Ce type 
floral de colonne et de chapiteau a été' très employé à l'é- 
poque gréco-romaine. Traces de polychromie (rouge pâle, jaune). 
Prov. Alexandrie rue d'Allemagne, fondations de la maison 
Lévi et Francis). 

5 (18873). Chaux et plâtre. Partie supérieure d'une niche ou 
édicule a petits caissons hexagonaux sculptés; la corniche est 
décorée d'une frise de longs denticules et d'une greca. Prov. 
Alexandrie (Mafrousa). 



213 

6. Calcaire, haut, i m. 38. Porte d'une tombe à locultis (fig. '/6). 
Elle imite l'entrée d'un temple. Tandis que le fronton est du 
style grec, tout le reste rappelle l'art égyptien. Deux colonnes 
soutiennent une frise à double épistylitim^ dont la moitié supe'- 
rieure est de'core'e par des agathode'mons aile's en relief, dispose's 
à droite et à gauche d'un bouquet de lotus. Le fronton est 
triangulaire sans acrotères. Sur la dalle qui occupe l'espace 
de la porte est représente'e en relief la façade d'un temple 
égyptien surmonte' d'une haute frise d'uraeus vus de face, la 




tète orne'e du disque solaire. Au milieu de la façade un joli 
bouquet de cinq fleurs de lotus. Au-dessous de cette porte 
est la table en calcaire, reconstitue'e telle qu'elle e'tait dans la 
tombe. Elle devait servir à recevoir les offrandes funéraires. 
Prov. Mafrousa (Nécrop. occidentale). — Sur cette table sont 
déposés deux Sphinx en albâtre (long, o m. 56), dont l'un sou- 
tient entre ses pattes de devant un autel et l'autre une sta- 
tuette d'Osiris assis. Un troisième Sphinx en marbre faisait 
partie d'un bloc cubique qui servait de support au grand sar- 
cophage exposé dans la salle 17, à gauche de In porte donnant 
sur la cour. 



2 14 

Au milieu de la paroi, en haut, fragment de corniche d'un 
e'difice décore' par des caissons sculpte's en losanges. 

Vitr, B. Chapiteaux^ voUttes de chapiteaux, corniches avec restes 
de polychromie (bleu, rose, jaune). Prov. Alexandrie. 

Vitr. A. 1-2 (rayon supe'rieur). Deux chapiteaux corinthiens, soi- 
gneusement travaille's, qui gardent leur polychromie. Prov. 
Alexandrie. 3. Chapiteau papyriforme. 

Au centre de la paroi à droite de l'entre'e : 

10 (3640). Calcaire, haut, o m. 80, larg. o m, 70. Balte de fer- 
meture d'un locultts. Elle porte en relief l'image d'une porte 
forme'e de deux battants, chacun divise' en deux panneaux; 
dans chaque panneau est un heurtoir à tête de lion soute- 
nant un anneau. 



SALLE 15. 



A l'entre'e de la salle i 5. Granit vert, haut, o m. 50. Chapiteau du 
type corinthien à feuilles lisses et volutes. Epoque ptole'maï- 
que. Prov. Alexandrie (Hôpital du Gouvernement). 

Dans la riche collection de chapiteaux re'unis dans cette salle 
il est aise' de remarquer que le type corinthien avec ses varie'te's 
secondaires pre'domine d'une façon absolue (fig. 77-78). 

On rencontrait moins dans l'architecture des petits e'difices le 
chapiteau ionique [n° 45), dont nous avions d'ailleurs de beaux 
spe'cimens dans l'architecture monumentale (v. salle 16). Le 
dorique est encore plus rare. — Le chapiteau corinthien est du 
type helle'nistique : la moitié' infe'rieure de'core'e par des feuilles 
d'acanthe et la moitié' supe'rieure par deux volutes en corym- 
bes oppose'es l'une à l'autre ; entre les deux corymbes passe 
une tige qui soutient une fleur e'panouie au centre de la cor- 
niche du chapiteau (25^^, 62, 65); les volutes sont souvent di- 
vergentes (34, 37, 40). Quelquefois aux feuilles d'acanthe sont 
mêle'es des feuilles de vigne (62). La matière est très souvent 
le calcaire blanc, quelquefois le calcnire nummulitique; et tous 
conservent des traces plus ou moins e'videntes de polychromie. 
Dans plusieurs chapiteaux et plusieurs e'dicules on reconnaît 
soit des spe'cimens des styles architectoniques e'gyptiens soit un 



215 



mélange de motifs grecs et de motifs égyptiens. Le spe'cimen le 
plus inte'ressant à ce point de vue est le chapiteau n° 2 (sur 
une petite colonne de ciment), qu'on peut de'fînir corinthien, m.ais 




Fig. 77. 



qui pre'sente mêle à quelques feuillesjd'acanthejet^aux corymbes 
le lotus et le papyrus, ainsi que le serpent uraeus (fig. 79). 

Q. Calcaire revêtu de stuc. Corniche d'une porte. Sur la gorge 
en relief deux faucons dllorus, oppose's, et derrière eux deux 
couronnes de la Basse Egypte. En haut, frise d'uraeus. Traces 
de peinture. 



2lG 




Fig. 78. 



I o. Calcaire, h. o m. 7 5. 
Pseudo porte d'une 
tombe; deux colonnes 
à faisceau de papyrus 
et de lotus, à chapi- 
teaux lotiformes, sou- 
tiennent une haute 
corniche couronne'e 
par une frise d'u- 
raeus. Au milieu est 
l'encadrement d'une 
porte en style égyp- 
tien. 
8. Calcaire, haut, o m. 
80. Autel pour sa- 
crifice. La base est 
censée repre'senter un édifice quadrangulaire plus large à la 
base qu'au sommet. A la surface ante'rieure une porte à deux 
battants entr'ouverts'; au côte' gauche, un édicule; au côte' 
droit, une porte toute ouverte sans battants. 

Dans l'encadrement en bois : 68 et 69. Plusieurs fragments 
de petites corniches en stuc, de'core'es de reliefs qui repre'sen- 
tent soit des griffons atfronte's deux à deux, ayant entre 
eux une palmette stylise'e, soit des sphinx , aile's, e'galement 
atfronte's, soit des bucrânes et des palmettes. Travail assez 
fin, d'e'poque ptole'maïque. 

20. Paroi ante'rieure d'un sarcophage, de'core'e d'une peinture à 

fresque. Un clou placé au centre 
et deux clous aux extrémités sou- 
tiennent un riche et long feston 
de fleurs reliées par un mince et 
long ruban. Dans la partie cen- 
trale, suspendu au ruban est un 
masque comique. Dans l'espace 
limité par les deuK arcs du feston, 
sont peints deux coqs, se faisant 
vis-à-vis, prêts à se lancer l'un 
contre l'autre. Travail exécuté de 
chic, mais avec habileté. 11"'^ 
siècle après J.-Ch. — De la même 
tombe faisait partie la paroi 
peinte n° 50, qui représente 
Fig, 79. une perspective architectonique. 




En haut des parois : 

68. Marbre blanc. Corniche d'un portique de'die' (à un empereur?) 
par la ville, // jt6a{iç\. 

6(j. Fût d^une colonne en calcaire revêtu d'une fine couche de 
stuc, bsse dans la partie infe'rieure, ensuite cannelé'. Le cha- 
piteau corinthien, de'core de feuilles et tiges d'acanthe et de 
corymbes, est bien conserve' et garde des traces e'videntes de 
polychromie (rouge, jaune, bleu). Prov. Alexandrie (Hadra) 
(fig^ 80). 

Les chapiteaux n°- 3 et 70-71 gardent eux aussi des traces assez 
accentue'es de polychromie. 




Fig. 80. 



SALLE 16. 

A l'entrée: Deux têtes de //ow formant gouttière. 
A droite de l'entre'e: 

I, Sur un tronc de colonne en granit (haut, i m. 45, diam. o m. 
90) portant gravée une inscription latine en l'honneur de 
T(itus) Longaeus Rufus, pre'fet d'Egypte en 185 ap. J.-Ch., sont 
places deux gros chapiteaux en calcaire nummulitique (larg. de 
chaque côte' en haut, i m.) du type corinthien, la moitié' infe'- 
rieure de'core'e par des feuilles d'acanthe, la partie supe'rieure 
par deux volutes oppose'es l'une à l'autre ; dans le centre du 
bord supe'rieur une fleur e'panouie. Les angles ont des feuilles 
d'une seule pièce repliées sur elles-mêmes en volutes. Prov. A- 
lexandrie. 

4 (3876). Marbre blanc, o m. 45. Torse d\ine statue virile nue 
(un pan de la chlamyde sur l'e'paule gauche) repre'sentant une 
divinité' ou un he'ros. Les muscles de la poitrine et du ventre 
sont rendus avec force et ve'rite'. La tète et les bras e'taient 
travaille's se'pare'ment. La partie poste'rieure, coupe'e vertica- 
lement, n'e'tait pas travaille'e; elle pre'sente une cavité carre'e. 
La statue devait faire partie d'un groupe probablement place' 
sur le tympanon du fronton d'un temple. Prov. Alexandrie. 

5 (3868). Marbre blanc, i m. 10. Torse d'une statue de Mé- 
nade presque nue. La nehrîs noue'e sur l'e'paule droite lui 
couvrant seulement le sein droit, une partie du ventre et 
le flanc gauche. On a voulu repre'senter une femme dans le 
premier e'panouissement de sa jeunesse. Les seins sont ronds, 
bien forme's, droits et solides, les formes e'ie'gantes, e'iance'es 
et en même temps robustes. 

6 (3863). Marbre blanc, i m. Torse d'une statue inacheve'e d'une 
divinité' ou d'un he'ros. 11 est presque nu; la chlamyde agrafe'e 
sur r e'paule droite e'tait jete'e derrière le dos. On remarquera 
les points fixe's par le sculpteur pour servir de guide aux ou- 
vriers èbaucheurs. Prov. Alexandrie (Fondations du The'àtre 
Zizinia). 

Sur l'e'tagère en marbre, au-dessus de la statue pre'ce'dente : 

7 (3874), 8 (3903), 9 (3891;. Trois statuettes acéphales d\Alex- 
andre le Grand à Vcgide. Le Conquérant en héros divinise 



2 19 

porte une grande égide agrafée sur l'e'paule droite, qui lui 
laisse à de'couvert les jnmbes au-dessous des genoux, le flanc 
et le bras droit. Le meilleur exemplaire et le mieux con- 
serve est celui qui porte le n" 8. Prov. Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE. — Perdrizet T.. Un type inédit de la plastique 
grecque, Alexandre à Végide dans Monuments et Mémoires Piot, t. XXI, 
Jer tasc. 




Fig. 8i 



10 (3870). Marbre blanc, 1 m. 17 sans la tète qui ne lui appar- 
tient pas. Stattie de femme habillée du chiton noue' par une 
ceinture sous les seins et de l'himation. Elle est debout sur 
un socle, soutenant du bras gauche une corne d'abondance. 
(Isis-Tychè?). 

BIBLIOGRAPPIIE. — Reinach S., Répertoire, III, p. 79, 5. 



12 (17838). Sur une colonne de granit verdàtre : Marbre blanc 
à gros grain. Remarquable buste de Déméter-Sélént\ avec dia- 
dème et voile ; deux bouts de cornes sur le front. La tète 



inclinée vers la droite du spectateur, les yeux grands bien 
dessine's, la prunelle releve'e par un cercle et l'iris marque' 
en creux (fig. 8i). 

13 (3875). Marbre blanc à gros grain, haut, i m. -^o. Statue de 
feuime drapée. Le chiton est noue' par une ceinture sous les 
seins, l'himation est jeté' autour du corps avec un mouvement 
assez e'iegant. Cette dame est repre'sente'e le pied droit avance', 
en train de marcher ; de la main droite elle soulève le chiton 
pour ne pas le laisser traîner à terre. Le bras droit e'tait tra- 
vaille' à part. Prov. Alexandrie (Sidi-Gaber). 

BIBLIOGRAPHIE. — Reixach S., Répertoire, II, 662, j. 

14 (3871). Marbre blanc à petit grain, haut, i m. 15. Jeune 
nymphe qui devait tenir des deux mains les manches d'un vase 
appuyé' sur le tronc d'arbre qui est devant elle. Prov. Alex- 
andrie. 

BIBLIOGRAPHIE. - Breccia, B. S. A., 7, p. 72, fig. 24. 

15 (3S79). Marbre blanc à gros grain, haut. 2 m. 10. Statue de 
dame romaine habille'e du chiton et de l'himation. Elle est 
debout de face. Le poids du corps repose sur la jambe 
droite, la jambe gauche est incline'e en arrière. C'est une sta- 
tue fune'raire. Elle a ete' de'couverte dans le cimetière an- 
nexe aux quartier de la le'gion romaine campe'e à Nicopolis 
(Moustapha Pacha). 

BIBLIOGRAPHIE. — Reixach S., Répertoire, II, 666, 1. 

16 (3880). Marbre blanc à petit grain, haut, o m. 63. Torse de 
jeune homme en héros^ le corps presque nu. la chlamvs jete'e 
derrière le dos. Ce fragment de statue re'vèle une remarqua- 
ble finesse d'exe'cution. 

17 (3881). Calcaire jaune, hnut. 1 m. 20. Torse de Vénus très 
endommage', mais d'un bon travail. La de'esse a la partie 
supe'rieure du corps nue ; elle'tâche (dans un mouvement de 
pudeur ou peut-être par suite d'une im.pression de froid en 
sortant du bain; de cacher ses seins avec les bras et la main 
gauche, tandis que le bras droit s'abaisse pour relever les habits 
qui e'taient à ses pieds. Prov. Alexandrie. 

Sur Te'tagère en marbre, au-dessus de la \"enus : 

18 (3869). Haut, o m. 50. Buste colossal d'inconnu (divinité). 



K) (3871). Haut, o m. 58. Buste colossal de Sélénè^ reconnais- 
sable aux bouts des cornes qui poussent sur le front. 

20 (3882). Haut. I m. Y:). Statue acéphale de femme h?ib\\\ée du 
chiton avec long apoptigma et d'un manteau drape' de façon 
à laisser à découvert le flanc droit et le sein gauche. Elle est 
repre'sentee debout, de face sur un socle. Le poids du corps 
repose sur la jambe gauche ; la jambe droite est le'gère- 
ment inclinée. Sur le genou droit est gravée l'inscription 
lAuucôyio; 'AjioUmvIov èjtoîei, Ammonius, fils d'Apollonius, en 
est l'auteur. 

BIBLIOGRAPHIE. — Von Bissing, Die griechisch-rômischen Alter- 
tilnier in Muséum zu Cairo, dans Aich. Anzeiger, 1901, p. 204 ; Reinach 
S., Répertoire, III, 192, 7 (non pas 11). 

2 1 (3885). Sur une colonne de granit grisâtre: Marbre blanc à 
gros grain, haut. o. m. 80. iBuste colossal d'une prêtresse d'I- 
sis (probablement une reine). Malheureusement la surface du 
marbre est rongée. Les yeux étaient rapportés. Au-dessus 
du chiton elle porte un châle frangé formant sur la poitrine le 
nœud isiaque. Prov. Alexandrie. 

22 (4780). Calcaire, haut, i m. 40. Statue acéphale d'une prê- 
tresse d'Isls. Sur le bras gauche elle tient la situla^ le vase 
contenant l'eau sacrée. La situla avec le sistre (v. p. 181) con- 
stituent les instruments caractéristiques du culte de cette 
divinité. Le sistre était probablement dans la main droite qui 
manque. En dehors du chiton et de l'himation elle porte le 
châle qui forme sur la poitrine le nœud isiaque. Travail som- 
maire. Prov. Haute Egypte. 

23 (11311). Marbre blanc, haut, i m. 37. Statue d'une prêtresse 
d'Isis. Elle porte une corne d'abondance appuyée contre l'a- 
vant-bras gauche. Même habillement que la précédente. Gros 
nœud isiaque sur la poitrine. Prov. Alexandrie. 

24 (17842). Marbre blanc à gros grain, haut, i m. 30. Partie 
inférieure (des cuisses aux pieds) d'une statue colossale virile 
drapée. Bon travail. Prov. Environs d'Aboukir, 

25 (3887). Marbre blanc, haut, o m. 60. Médiocre huste de 
Socrate (authenticité douteuse), — Don de Mr. Antoniadis. 

Au-dessus de la colonne en syénite qui suit: 

28. Très beau chapiteau ionique en calcaire nummulitique datant 
du III"^^ siècle av. J.-Gh. Larg. entre les points extérieurs des 
volutes I m. 10, du côté de l'abaque o m. 85; hauteur (prise 
au centre) o m. 28, haut, de la volute o m. 35 (fig. 14, 
p. jG). Ce chapiteau est tout à fait pareil à ceux du temple 



d'Athèna Polias à Priène. 11 a ete découvert avec cinq autres 
identiques (voir celui qui est place' vis-à-vis sur une autre co- 
lonne de sye'nite ; les quatre autres sont expose's dans la cour) 
près du aéyag huljv (Port-Est) entre la rue Joussef Eiz-Eddine 
et Silsileh (Gap Lochias). 

26 (16160) Plâtre, haut, o m. 98. Buste colossal de Dionysos 
Sarapis ou d'Hermès-Sarapis (v. les deux ailes sur les tempes) ; 
probablement destine à décorer une paroi d'un temple, ainsi 
que le buste d'Isis lui faisant face. 

BIBLIOGRAPHIE. — Edgar, Greek Sculpture. Catalogue général (Musée 
du Caire), pag. 69. 

27 (3893)- Marbre blanc, haut, i m, 35. C'est le plus ancien 
bas-relief funéraire grec trouve' à Alexandrie. Il doit dater 
du IV"^= siècle. Probablement importe' d'Athènes. Une femme 
de profil à gauche est assise à droite sur un escabeau. Elle 
incline tristement la tête, l'appuyant sur la main droite qui 
à son tour s'appuie sur la jambe droite. Elle est habille'e du 
chiton et de 1" himation; une servante, debout devant elle, 
lui présente une boîte renfermant les bijoux dont la dame se 
parera pour son dernier voyage. Prov. Alexandrie. Quartier 
Lebbane. 

BIBLIOGRAPHIE. — Pfuhi., Athen. Mitteil., 1901, XXVI : Alex. Grab- 
reliefs, p. 254-265. 



29 (19404). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 60. Statue 
acéphale de Dionysos. Personnage aux formes pleines et bien 
en chair, mais en même temps sveltes et robustes. Il est sur 
une plinthe debout, de face. Le poids du corps repose sur 
la jambe gauche ; la jambe droite est le'gèrement en arrière 
et pliêe. La partie exte'rieure de la jambe gauche est appuve'e 
à un tronc d'arbre, autour duquel est représente' en relief 
un tronc de vigne avec feuilles de vigne et grappes de raisin. 
Le jeune homme posait sur la colonne l'avant-bras gauche (ac- 
tuellement casse'). De la main gauche il devait tenir soit une 
grappe de raisin soit un vase à boire. Le bras droit casse' au- 
dessus du coude e'tait allonge' le long du corps un peu en de- 
hors. Le corps est presque entièrement nu, car la nehris noue'e 
sur l'e'paule droite ne couvre qu'une partie de la poitrine et 
du dos. La chevelure e'tait longue et boucle'e. Les pointes 
de quelques longues mèches sont visibles au sommet du dos et 
sur la partie ante'rieure des e'paules; et ceci rend e'vidente 
l'identification de cette statue avec celle de Dionvsos, iden- 



223 

tification d'ailleurs assez claire. Le travail est remarqua- 
blement soigne', même dans la partie postérieure. On remar- 
quera le sillon qui contourne la jambe et la sépare du tronc 
d'arbre. C'est une bonne copie, probablement romaine, d'un 
original qui doit remonter à l'e'cole de Praxitèle plutôt qu'à 
celle de Polvclète. Prov. Kôm-el-Dosheh (Basse Egypte). 

30 (3937). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 47. Triple 
Hécate^ en qui on doit probablement reconnaître Hécate 
triv'ia^ déesse des carrefours. Autour d'une colonne à l'inte'- 
rieur vide, sont place'es trois images presque identiques de la 
de'esse He'cate. Elle est represente'e habille'e d'une tunique 
talaire, qui recouvre une tunique plus courte noue'e par une 
ceinture sous les seins. La tête est surmonte'e d'un calathus; 
un voile, couvrant à moitié' celui-ci, descend sur les épaules 
et derrière le dos. Les cheveux sont frise's en longues tresses 
qui descendent sur l'une et l'autre e'paule, par devant. Les 
figures ne sont pas toutes les trois dos à dos, car un tronc 
de colonne en se'pare deux. A cette colonne est adosse' un 
chien (il ressemble à un le'vrier) assis sur son arrière-train. 
Au-dessus de ce tronc de colonne, sur une console, est pose' 
un autre animal (oiseau ?). Une des figures a les bras allonge's 
et colle's au corps ; de la main droite elle tient un gros objet 
(phiale?) que guette le chien. La figure à côte' saisit des deux 
mains la robe comme pour la relever; la troisième a la main 
droite replie'e contre la poitrine et tient un fruit. La triple 
He'cate était une divinité' chtonienne en rapport avec Hadès, 
et, comme reine des carrefours, elle envoyait aux voyageurs 
attarde's les fantômes et les monstres terrifiants de la nuit. 

Voir à côte une seconde statue plus petite, haut, o m. 40, 
presque identique. 

BIBLIOGRAPHIE. — Rkinach S., Répertoire, II, 323, g. 

31 (3951). Baignoire. Pierre noire donnant un son presque me'- 
tallique, provenant, paraît-il, d'une carrière entre Goptos (Haute- 
Egypte) et Be'renice (Mer Rouge). Long, 2 m. 35, haut. 1 m. 
Les surfaces late'rales sont de'core'es, l'une de deux têtes de 
lion à la bouche ouverte, à la langue pendante, à la crinière 
boucle'e, finement sculptées; l'autre, de deux têtes de lion 
identiques aux précédentes, et, entre celles-ci, au centre, près 
du bord inférieur, d'une tête de lynx dont la bouche trouée 
servait à vider la cuve. Cette baignoire a été employée comme 
sarcophage en y ajoutant un couvercle de granit rose. Prov. 
Alexandrie (Wardian, nécropole occidentale). 



224 — ■ 

32 (3867)- Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 51, Belléro- 
phon sur le cheval Pégase. Bellerophon chevauche Pégase, le 
fabuleux cheval aile' que certains dieux protecteurs avaient 
envoyé' au jeune he'ros quand il allait combattre la Chimère. 
Le monument e'tait adosse' à un pilier de soutien. Le cheval 
fort, musculeux, a la partie ante'rieure du corps soulevée et 
fait un effort pour s'e'lancer. Le cavalier lui saisit le cou 
du bras gauche tandis qu'il se retourne en arrière, peut-être 
pour regarder l'effet de ses coups contre la Chimère. La tête 
de Belle'rophon ainsi que celle de Pe'gase manquent, la moitié' 
infe'rieure des jambes du cheval est e'galement casse'e. Ce joli 
monument — helle'nistique selon toute vraisemblance — a e'te' 
de'couvert par Pugioli dans un puits de la ne'cropole occi- 
dentale. 

BIBLIOGRAPHIE. — Reixach S., Répertoire, II, 507, j. 

33 (39^5)- Pi^d colossal en marbre, chausse d'un calceti s riche- 
ment de'core' et surmonte' d'un buste acéphale de Sarapis. Dans 
la partie poste'rieure au-dessus du talon se dressent deux ser- 
pents uraeus, entre lesquels on voit la partie infe'rieure d'une 
statuette assise d'enfant, probablement Harpocrate. Sur le ta- 
lon est grave'e une inscription grecque rappelant que cet ex-voto 
a e'te' de'die' à Se'rapion par P(ublius) Acilius Zosimos et Aelius 
Doriphore, Prov. Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE. — Schmidt C, dans Arch. Anzeiger, 1896, p. 54 : 
De Ricci, dans Rev. Arch., IV série, t. II, p. 191 en note ; M. Bieher, 
dans Ath. MUteil,, XXXV (1910), p. 8, note 2 ; Weinreich, dans Ath. Mit- 
ieil., XXXVII (1912), p. 38. 

Au centre de la salle : 

34 (3936). Marbre blanc à très gros grain, haut, i m. 98. Aigle 
colossal au repos. Prov. de l'île de Thasos. Don de S. A. le 
Khe'dive (fig. 82). 

Derrière celui-ci, appuyé' contre le socle : 

3 5 ('7856). Calcaire nummulitique, long, i m. 20, haut, o m. 60. 
Bain de siège. Prov. Alexandrie. 

3^"^ (3934)- Marbre blanc, haut, i m. 05, larg. de chaque côte 
en bas o m. 48, en haut o m. 36. Base triangulaire. La 
partie infe'rieure des surfaces late'rales est orne'e de couples de 
volutes en S, de rosaces de fleurs stylise'es et des ailes de 
trois sphinx, dont le corps est engage' dans les angles du can- 
délabre qui est censé' reposer sur le dos de ces trois monstres. 



22 5 

Au-dessus du sphinx, l'angle est de'core' d'une file verticale d'astra- 
gales. Sur la surface supérieure le trou central est dans un^tre'- 
pied bas de'core par des feuilles d'acanthe et de vigne, renversées. 

37 (393ï"393 5)- Basalte noir, long, i m. 95, haut, (de la cuve) 
o m. 61, du couvercle o m. 20. Sarcophage à forme de bai- 
gnoire. Les surfaces la- 

te'rales de la cuve sont 
décore'es de têtes de lion 
et d'une tête de lynx en 
relief, comme le n° 31 
qui a été trouvé en 
même temps et dans le 
même lieu que celui-ci. 
Le couvercle du sarco- 
phage a le flanc anté- 
rieur décoré par un lourd 
feston de fruits et fleurs 
(où le pavot domine) sou- 
tenu à distance conve- 
nable par trois génies 
ailés qui tiennent dans 
leurs mains une cou- 
ronne et des fleurs de 
pavot. 

38 (20194). Marbre blanc, 
haut. I m. 20. Statue 
d'homme drapé assis sur 
une élévation de terrain. 
Il est vêtu du chiton et 
de l'himation, ^'dont le 
pan droit est ramassé 
sur les genoux. La tête 
et les bras (qui man- 
quent) étaient travaillés 

à part et insérés dans le tronc. C'est probablement la statue 
d'un écrivain (Ménandre ?). Prov. Basse Egypte. 

39 (3930). Marbre blanc, haut, o m. 85. Avant-bras soutenant 
dans la main ouverte une grosse sphère. Il devait appartenir 
à une statue colossale (d'empereur.?). L'effort des muscles et 
le gonflement des veines causé par l'effort est bien reproduit. 
Prov. Benha (ancienne Athribis). 

A gauche de l'entrée : 

40 (17855). Calcaire nummulitique, haut, o m. 64, larg. du coté 




l'ig:. i2. 



2 26 

aux extrémités des volutes o m. 92. Chapiteau corintJiien. 
Chapiteau d'une colonne cannele'e appuye'e à un pilastre. Ce 
de'bris d'un grand e'difice qui devait se trouver dans le quartier 
roval (il provient des fondations dune maison bâtie le long 
de la rue Joussef Eiz-Eddine) remonte au III '"^ siècle av. 
J. Gh. La moitié' infe'rieure est de'core'e de feuilles d'acanthe 
dentelées en volutes et d'he'lices concaves enroulées autour 
d'un disque. Au centre du bord de la tablette supe'rieure et 
dans les angles, au-dessous de celle-ci, sont trois fleurs, dont 
les hautes tiges em.ergent parmi les feuilles d'acanthe (fig. 1 5, 

P- 77)- 

41 (3923) Marbre blanc, haut, o m. 52. Torse viril nu. Conserve' 
de la base du cou au pubis. Les bras e'taient travaille's à 
part comme on peut s'en rendre compte par les trous ame'- 
nage's à cet effet. Non seulement la partie poste'rieure n'est 
pas travaille'e, mais elle manque sur une large tranche Evi- 
demment, ainsi que le de'montre davantage un gros trou carre' 
destine' à fixer un tesson, le torse devait être attache' à une 
paroi. Ce torse dun travail assez soigne' a e'te' trouve' avec 
les n"^ 42, 43, 45. Probablement ils faisaient tous partie d'un 
même groupe de'coratif, place' sur le fronton d'un grand e'di- 
fice. Ils proviennent de la zone occupe'e dans l'antiquité' par 
le quartier royal près du port oriental (uéyag /.iio'/ri. 

42 (3924). Marbre blanc, haut, o m. 90. Torse de femme, plus 
grand que nature. La tête et les bras, travaille's à part, man- 
quent; les jambes sont coupe'es à mi-cuisse. Le poids du corps 
reposait sur la jambe gauc'ne ; la jambe droite e'tait avance'e et 
fle'chie. Le bras droit devait être soulevé' au-dessus de la tête. 
Elle est habille'e d'une tunique collante faite d'une e'toffe légère, 
noue'e par une ceinture sous les seins qui sont bien de'veloppe's, 
droits et solides. La tunique e'tait sans manches, ouverte en sa 
partie supe'rieure du côte' droit et retombant sur la poitrine de 
façon à laisser tout à fait à de'couvert un des seins. La partie 
poste'rieure n'est pas travaille'e ; on y voit par contre plusieurs 
trous carrés ou rectangulaires destine's à fixer la statue à une 
paroi. Un trou pareil est sur la hanche gauche un peu en ar- 
rière. Sur la cuisse droite et entre les jambes on observe des 
traces e'videntes d'oxydation. C'est dans ces points qu'e'taient 
fixés soit les ornements soit les attributs en métal qu'on avait 
placés sur la statue. On est tenté de voir dans ce torse, d'après 
1 habit et le mouvement, le reste dune Victoire. Il n'est pas 
douteux en tous cas qu'il rît partie d'un groupe décoratif, 
probablement placé sur le fronton d'un grand édifice. De même 
que la statue précédente, malgré le travail sommaire et les 



inégalités d'exc'cution, celle-ci révèle une remarquable habi- 
leté' et produit une bonne impression. 

BIBLIOGRAPHIE. — De Ricci, Comptes rendus de VAcad. des Ins- 
criptions, 19^8, décembre; Reixach S., Répertoire, IV, 238, o. 

43 (3923). Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 80, Torse viril. 
Ce torse viril, qui devait repre'senter un homme robuste aux 
muscles bien développes, est travaille' même dans la partie pos- 
te'rieure, mais il faisait groupe avec les pre'ce'dents. Tête, jam- 
bes et bras (ceux-ci travaille's se'pare'ment) manquent ; cepen- 
dant on remarque sans peine la position tourmente'e qu'avait 
la statue. 

43 (3928). Marbre blanc, haut, o m. 75, larg. (entre les parties 
exte'rieures des genoux) o m. 60. Fragment de statue assise 
sur un trône, plus grande que nature. Un large manteau en- 
veloppe les jambes (toute la partie supe'rieure de la statue, 
qui était travaille'e dans un autre bloc de marbre, manque) ; 
un pan du manteau venant du flanc gauche est ramasse' sur 
les jambes entre lesquelles il descend en beaux et riches plis. 
La partie infe'rieure de la jambe gauche à partir du genou 
e'tait travaille'e se'pare'ment et elle e'tait nue. S'il n'en était 
pas ainsi, on ne comprendrait pas pourquoi l'artiste aurait tra- 
vaille' avec tant de soin, même les plis du manteau qui re- 
tombe sur la partie ante'rieure du trône. Il est même évident 
que la statue e'tait haut place'e et que ces de'tails pouvaient 
être vus d'en bas. Ce morceau de sculpture est d'un travail 
plein de force ; remarquables surtout sont les plis nombreux 
du manteau, profonde'ment fouille's, souples et mouvementés. 
Cette statue faisait groupe avec les trois pre'ce'dentes, mais elle 
révèle à mon avis une technique plus habile et plus raffinée. 
Il est probable que cette statue était au milieu du fronton 
et constituait la figure centrale du groupe. 

BIBLIOGRAPHIE. — Reinach S., Répertoire, IV, 430,5 (femme assise) : 
cf. C. R. Acad., 1908, pag. 794. 

46 (3866). Marbre blanc d'un grain très gros, haut, i m. 20. 
Torse viril. La chlamys nouée à droite est jetée derrière les 
épaules et le dos, et ne recouvre que la partie supérieure de 
la poitrine. Les membres sont robustes et les muscles font 
une forte saillie. Le poids du corps appuyait sur la jambe droite; 
la jambe gauche avancée était légèrement pliée. Alalgré le dé- 
plorable état de conservation on y reconnaft un bon travail. 

47 (39 '6)- Marbre blanc avec taches bleuâtres, haut, i m. 90. 
Statue colossale assise de Sarapis en bon état de conservation. 
Le nez manque à moitié et les moustaches sont quelque peu 
rongées. Les bras sont cassés au-dessus du coude. Le dieu est 



_ . 228 

assis sur un trône eleve, les pieds appuye's sur un escabeau 
transversal. La jambe droite est avance'e, et la plante du pied 
repose entièrement sur l'escabeau ; la jambe gauche est fle'chie 
en arrière et n'appuie sur l'escabeau que par la pointe du 
pied. L'habillement se compose d'une tunique (chiton) à cour- 
tes manches et d'un manteau. Le pan gauche de celui-ci des- 
cend de i'e'paule droite sur le devant; le reste du manteau des- 
cendant derrière le dos laisse libre I'e'paule droite et remonte 
sur les jambes, et, passant par dessus la cuisse gauche, retombe 
en plis lourds vers le pied. Le corps est repre'sente' de face, 
la tête légèrement tourne'e vers sa droite. Le front large et 
haut, saillant vers la base, est ombrage' par les mèches de 
cheveux qui retombent du sommet de la tête. La chevelure 
longue, boucle'e forme une ve'ritable crinière. Les yeux sont 
trop grands (ni la prunelle ni la pupille ne sont marque'es), 
mais profonds vers la racine du nez ; les arcades sourcilières 
sont assez de'veloppe'es et presque enfle'es Le nez e'tait fort 
et droit. Une riche barbe boucle'e encadre les joues et le 
menton carre' et robuste. De longues moustaches, retombant 
à la chinoise, aux pointes releve'es en boucle, ombragent la 
bouche sinueuse, charnue, entr'ouverte. L'expression de la sta- 
tue est re'fle'chie, se'rieuse et douce en même temps 5 elle re'- 
vèle aussi une tranquille assurance et une calme autorite'. Au 
sommet de la tête, est dessine' le bord infe'rieur du modius, qui 
e'tait travaille' se'pare'ment et fixe' dans une profonde cavité' rec- 
tangulaire. La main gauche souleve'e à hauteur de I'e'paule 
s'appuyait à un long sceptre ; la main droite baisse'e s'ap- 
puyait sur la tête du gardien infernal, le monstre trice'phale 
Cerbère (fig. 21, pag. 97). Epoque romaine. Prov. Alexandrie 
(Rue Adibj. En avant se trouve une me'diocre copie d'e'poque 
romaine, qui pre'sente cependant quelques reflets de la beauté' 
du ce'lèbre chef-d'œuvre helle'nistique ve'ne'rè au Se'rapeum, 

BlBLIOGR.\PHIE. — Sur les statues de Sarapis v. Amei.ung, Le Sa- 
rapis de Briaxis dans Rev. Arch., IV™^ Série, Tome II, pag-. 177-204; cfr. 
Isidore Lévy, Sarapis (Extrait de la Revue de l'Histoire des Religions, 
1913) et Weber W., Die aegyptische-griechischen Terral'oiten, Berlin, 
Curtius, 1914, p. 25 et sq. ; Reinach S., Répertoire, II, 18,11. 

48 (3913). Marbre blanc, haut, o m. 60. Sarapis assis. Cet exem- 
plaire est ace'phale; mais il garde, en plus du pre'ce'dent, des 
restes du Cerbère : au milieu est une tête de chien, et par 
côte' des têtes de serpent. 

49 (3917^' Chaux et plâtre, haut, o m. 35. Tête colossale de 
Sarapis (fig. 83), au-dessus d'une belle colonne en marbre 
violet. 

50 (79). Marbre blanc, haut, o m. 30. Torse d'une statue (d'O- 




229 

siris ?), représentant un homme habille' d'une tunique collante, 
■ lisse, aux longues manches, au bord supe'rieur rabattu autour 
du cou. Il a les deux mains replie'es sur la poitrine, serrant 
de la droite le fouet et 
de la gauche le crochet 
osiriaques. Sur le bord 
rabattu de la tunique, 
sont repre'sente's en re- 
lief une étoile à sept 
pointes, deux scarabe'es, 
un croissant; sur la 
poitrine, à droite et à 
gauche, sont deux gros- 
ses e'toiles. Sur le ventre, 
deux bœufs Apis vis-à- 
vis en deçà et au-delà du 
long serpent qui monte 
verticalement le long du 
corps jusqu'au sommet 
de la poitrine. D'autres 
e'toiles, volutes, etc., c- 
taient dans la partie in- 

fe'rieure. Est-ce bien une '^" '^' 

statue d'Osiris, ainsi que 

le croit le prof. Weber ? J'avais pense' y reconnaître un 
prêtre de Sarapis ou de Mithra. Prov. Alexandrie (ruines du 
Se'rapeum, colonne dite de Pompe'e). 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia, Rapport sur le jnarche du Service 
du Musée (1910-111, p. 13, pi. IV ; Weber, Terrakotten, p. 40, fig-. 25. 

51 (3909). Marbre bleuâtre, haut, i m. 25. Autve slattte de Sa- 
rapis assis, assez mal conservée. 

Sur l'e'tagère : 

52 (3912). Marbre blanc, haut, o m. 50. Moitié' ante'rieure d'une 
iêie colossale de Sarapis. Le crâne et la chevelure devaient 
être comple'te's en plâtre. Pour les caracte'ristiques de cette 
tête, il faudrait repe'ter à peu de chose près ce que nous 
avons observe' au sujet des autres meilleures images de Sa- 
rapis. Le travail, sans être d'une finesse extraordinaire, n'est 
pas grossier. A remarquer les traces nombreuses et e'videntes 
de polychromie (au moment de la de'couverte on a pu observer 
même quelque trace de dorure). 

52* (3914). Basalte noir, haut, o m. 51. Tête colossale de Sarapis. 
Cette belle tête de Sarapis a cte' elle aussi trouve'e dans les 



230 

environs de la colonne dite de Pompe'e. Elle est travaille'e avec 
une remarquable habileté technique et produit une bonne im- 
pression, maigre son me'diocre e'tat de conservation. Les pupil- 
les sont marque'es par un cercle. La couleur de cette tête rap- 
pelle que la première statue originale de Sara pis, expose'e et 
adore'e au Se'rapeum, e'tait de couleur bleu-noirâtre. 

53 (3900)- Marbre blanc à gros grain, haut, o m. 35 (fig. 84). Por- 
trait d'inconnu. Conservation parfaite. Mr Hogarth se demandait 
à tort, je pense, mais sans oser re'pondre affirmativement, s'il ne 
repre'sentait pas l'empereur Hadrien. Traits individuels repro- 
duits avec un soin et une pre'cision admirables. C'est un homme 
âge, bien en chairs, presque gras, aux formes abondantes et 

molles. Le crâne, large et ron- 
delet, accuse une asyme'trie ac- 
centuc'e. Tandis que la tempe 
gauche est plate et fuyante, au- 
dessus de l'oreille gauche le 
crâne s'enfle en une large bosse. 
La moitié' droite du crâne est 
saillante. Le front étroit et haut 
est traverse' par une profonde 
ride horizontale et fait saillie 
vers la racine du nez, près des 
arcades sourcilières. Les yeux 
assez profonds près du nez ont 
le globe proe'minent. Ni' la pru- 
nelle ni la pupille ne sont mar- 
que'es. Le nez, long et fort, ne 
descend pas en ligne droite, 
mais en ligne d'abord saillante 
et ensuite baisse'e près de la pointe. Le visage est complète- 
ment rase, les joues charnues, quelque peu retombantes. Deux 
rides profondes descendant transversalement de la base du 
nez encadrent la bouche aux lèvres plutôt minces et ferme'es. 
Le menton est large et le'gèrement pointu. Un ruban (diadème?) 
e'troit, mais e'pais, fait le tour entier du crâne qui est presque 
tout à fait chauve. L'artiste a su traiter son sujet avec une 
re'elle habileté' technique. Prov. Kôm-el-Khanziri (Basse Egypte). 

54 (3878). Marbre blanc, haut, o m. 49. Apollon assis sur. 
Voniphalos. La tête fait de'faut, le bras droit est casse' au-dessus 
du bicepi, le pied et la main gauche manquent aussi. La tête 
et la main gauche e'taient rapporte'es. Apollon est repre'sente 
à moitié' nu. Le manteau, jeté' sur les jambes, laisse tout à 
fait à de'couvert l'abdomen et la poitrine, et, contournant la 




84. 



231 

hanche droite, remonte un peu derrière le dos et va se ramas- 
ser sur l'avant-bras gauche pour retomber entre les jambes. Le 
pied gauche reposait à plat sur le sol, la jambe droite est le'- 
gèrement pousse'e en arrière et fle'chie. C'est un jeune homme 
aux formes sveltes et robustes, à la musculature fortement 
de'veloppe'e. Le modèle est bien rendu. La draperie est un 
peu sèche. Cette statue est probablement une copie réduite 
d'un original en bronze. Elle remonte à l'époque helle'nistique 
et l'original peut être place' au III"'^ siècle av. J.-Ch. L'om- 
phalos est un tronc de cône assez simple, sans décoration. L'om- 
phalos était censé représenter le nombril du monde et il 
était placé à Delphes dans l'adyton du temple à côté de la statue 
d'or d'Apollon. Souvent il est représenté couvert de bandelettes 
et de branches de laurier. L'omphalos en granit rouge (voir 
n" 54 '"^ appuyé au sol devant la statue d'Apollon) que j'ai ré- 
cemment recueilli à Hadra est entouré d'un serpent : c'est une 
allusion évidente à l'un des dogmes fondamentaux de la religion 
pythique, à la victoire remportée par le dieu sur le serpent 
Python. Notre Apollon assis sur l'omphalos a été acheté à Alex- 
andrie en igo2, mais il paraît qu'il a été importé d'Asie 
Mineure. 

BIBLIOGRAPHIE — alan J. Wace, Apollo seated on the Omphalos, 
dans Animal of the British School at Athens, vol. ]X (1902-03), p. 211-242; 
Reinach s., Répertoii e, JI, 361,3. = IV, 57.-. 

5 3 (s^^S) Granit vert, haut, o m. 60. Porteur d'outre. On a 
désigné, à tort selon moi, cette statue comme étant celle 
de Bacchus trébuchant sur une outre pleine de vin. La fi- 
gure n"a aucun des caractères de Bacchus. Il semble plus 
probable que nous avons affaire ici à un exemplaire de ces 
sujets de genre, de ces scènes de la rue, dont lé goût, selon 
quelques archéologues, aurait caractérisé un des styles de l'art 
alexandrin. Nous nous trouvons probablement en face d'un 
vendeur d'eau ou d'un porteur de vin (v. la grappe de raisin 
sur le tronc d'arbre). Travail sommaire. 

56-59. Quatre statues romaines., acéphales, simplement décora- 
tives, honoraires ou funéraires. Toutes ont été découvertes à 
Alexandrie, probablement près du cimetière romain de Sidi 
Gaber. 

BIBLIOGRAPHIE. — A. J. Reinach, Bull. Soc. Arch., it (1909), p. 300 sq. 

56 (3907). Marbre blanc à larges taches bleuâtres, haut. 1 m. 55. 
Personnage drapé court, bien en chair, la jambe droite 
appuyée à un tronc d'arbre, la gauche dégagée, légèrement 
pliée; habillé de la tunique et de la toge. Le bras droit 
était allongé et appuyé sur le tronc d'arbre. De la main gau- 



232 

che. soulevée à hauteur de l'abdomen, il tient une mappa. Les 
pieds sont chausse's de calcei de l'espèce la plus commune 
[péronés) en cuir souple. Travail sommaire. 

57 (39^9)- Marbre blanc à taches bleuâtres, haut, i m. 73. Per- 
sonnage drapé ^ dans la même position que le pre'cëdent. Seu- 
lement le bras droit, au lieu d'être allonge', est replie' sur la 
poitrine et retenu par les plis de la toge. Il est chausse' du 
calcetis patricïus. Travail d'atelier. 

58 (3904). iMarbre blanc, haut, i m. 75. Personnage drapé^ 
debout dans la même attitude que les prëce'dents ; mais 
la jambe droite, au lieu d'être appuye'e contre un tronc d'ar- 
bre ou un pilier, est contiguè" à une ciste (capsa) surmonte'e 
de rouleaux de papyrus. De la main gauche il tient la niappa^ 
de la droite une patère. Une bague entoure l'annulaire de la 
main gauche. Aux pieds, des calcei de l'espèce la plus com- 
mune. 

BIBLIOGRAPHIE. — V. 11.0556-59: Rki^acu S., Répertoire, 11,625,2. 

59 (3902). Marbre blanc, haut, i m. 30. Personnage drapé, 
debout, s'appuyant sur la jambe gauche qui touche à une 
capsa surmonte'e d'un paquet de rouleaux. La main gauche, 
qui fait de'faut, e'tait souleve'e jusqu'à hauteur de l'abdomen ; 
la main droite allonge'e, quelque peu e'carte'e, soutient un pan 
de l'ample et riche toge. Travail moins sommaire que celui des 
prëce'dents. 

Sur l'e'tagère : 

ôo(j6ita). Portrait réaliste de femme mûre, aux traits vulgaires, 
aux joues charnues, mais molles, à la coiffure plate à ondula- 
tions parallèles allant du front à la nuque. 

61 (3897). Marbre blanc, haut, o m. 65, long, i m. 40 (fig. 85). Per- 
sonnage couché. Vieillard à demi-e'tendu sur un lit. Le poids 
du corps appuie sur le côte' gauche. La tête est le'gèrement 
tourne'e vers sa droite. Il est habille' d'une tunique et d'un 
manteau. Celui-ci couvre seulement l'épaule gauche et les 
jambes. L'avant-bras gauche, appuyé' sur une sorte de coussin, 
soutient en grande partie le poids de la moitié' supe'rieure 
du corps. De la main gauche le personnage tient un vase à 
boire ; de la main droite, allonge'e et abandonne'e sur la cuisse, 
du même côte', un bouquet de fleurs. Les traits sont indivi- 
duels, et la tête en tant que portrait est très digne d'attention. 
Le crâne grand et rond est tout à fait chauve dans la partie 
supe'rieure. Le front large est traverse' par des rides profon- 
des. Les veux gros proe'minents n'ont ni la prunelle ni 



233 

l'iris marques, et ils sont entourés d'e'paisses paupières. L'ar- 
cade sourcilière est très peu accentue'e. Le nez large et fort 
surmonte une bouche large et sinueuse. Le menton large est 
entoure' d'une barbe fine marque'e par des traits superficiels, 
de même les moustaches dont les pointes retombent à la chi- 
noise. Ce travail d'atelier est plein de de'fauts, mais la tête est 
assez caractéristique. La mollesse de formes du vieillard est 
e'galement rendue avec un certain succès. 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber, Kôm-esch-Schukâfa, pag. 256; Col- 
nGNON, Les statues funéraires, pag. 357, fig-. 227. 

A l'entre'e de la salle 17: 

62 (3896). Marbre blanc, long, o m. 40. Génie funéraire. Il est 
couché sur le coté droit, appuyant la tête sur son bras gau- 
che replié. Le bras droit est allongé en avant près d'une 
torche appuyée au sol. La tête, qui fait défaut, était rapportée. 
A remarquer la ressemblance de ce type de génie funéraire 
avec celui qui lui fait face. Ceux qui ne le croient pas plus 
ancien que la Renaissance italienne pourraient avoir tort. 




Fig. 85. 



234 



SALLES 17-18. 



J'aurais voulu arranger par séries disliactes et sJpare'es toutes 
les différentes catégories de petites pièces (ustensiles, lampes, ver- 
reries, figurines en terre cuite, produits de la ce'ramique, etc ), 
qui remplissent les salles 17 et 185 mais l'accroissement incessant 
de nos collections, les conditions de l'e'difice, et surtout les vi- 
trines d'un modèle peu pratique, m'ont trop souvent empêche' 
de mettre intégralement à exe'cution un classement me'thodique 
et de'finitif. Cependant j'ai groupe' autant que possible les pièces 
selon leur affinité', soit de matière, soit de sujet, soit de prove- 
nance, et le visiteur pourra, j'espère, acque'rir une notion assez 
claire de l'inte'rêt qui s'attache à chacun de ces groupements. 

D'ailleurs, pour ne pas l'obliger à revenir plus d'une fois 
devant une même vitrine, je vais donner ici en tête de cette 
partie du guide, dans de courts chapitres pre'liminaires, quelques 
mots d'explication sur le caractère des se'ries les plus impor- 
tantes ou les plus richement repre'sente'es : 

i") Urnes cinéraires ; 

2°) Lampes ; 

3°) Figurines en terre cuite. 

Urnes cinéraires. — Les Grecs alexandrins ont indiffe'rem- 
ment employé' pour leurs morts soit l'inhumation soit la cre'- 
mation. Les cendres des cadavres brùle's dans un endroit ad hoc 
(appelé' tistrimim par les Romains) place' au milieu ou à proxi- 
mité' des ne'cropoles, e'taient recueillies dans des vases, ge'ne'rale- 
ment en terre cuite, dont les types les plus fre'quents sont 
VJiydrie ou le kalpe. Vamphore et moins fre'quemment le cratère 
ou le stamnos. 

En gène'ral, ces vases se rattachent, quant à la forme, à la 
ce'ramique grecque ; mais ils ont ete' trouve's à Alexandrie en 
telle quantité' et beaucoup d'entre eux pre'sentent une de'coration 
si particulière qu'ils peuvent bien constituer une section à part 
dans l'histoire de la ce'ramique et qu'on pourrait les appeler 
« urnes cine'raires alexandrines ». 

«) Une première cate'gorie. la plus nombreuse, est forme'e par 
les urnes hydriformes ou amphoriformes. qui sur le fond jau- 
nâtre ou rougeâtre de la terre cuite portent une décoration 



236 

très caractéristique. Celle-ci consiste en bandes line'aires plus ou 
moins larges, tire'es en cercle autour du pied, à moitié' de la 
panse, sur l'épaule, autour du col et de l'embouchure. Les cercles 
qui entourent la panse et l'e'paule sont re'unis entre eux par 
des lignes verticales ou par des palmettes près des anses (fig. 86). 
Dans les espaces ainsi encadre's sont peintes en marron ou 
en noir des spirales qui se re'pètenr, des palmettes, des rosaces, 
des festons^ou des guirlandes de fleurs, des branches de lierre, 

d'olivier, de laurier (fig. 87 ; cfr. 
fig. 86; fig. 12. p. 71). Plus rarement 
on V rencontre une perspective archi- 
tectonique, des dauphins (fig. 88), des 
oiseaux aquatiques, des chevaux aile's, 
une scène de combat (fig. 89), un 
profil de tête humaine. 

Ces urnes datent toutes du III'"^ 
siècle av. J.-Ch. et même de la fin 
du IV"^*^. On les a trouve'es en grande 
quantité' à Chatby, à l'Ibrahimieh, à 
Hadra (d'où la de'nomination commune 
de Hadra-Vasen) et même dans la 
ne'cropole occidentale (Gabbari-War- 
dian). Ce tvpe d'urnes cine'raires est 
originaire d'Alexandrie, d'où il a e'te' 
importe' à Chypre, en Crète, à Rhodes, 
dans la Russie me'ridionale. 

Beaucoup de ces urnes portent soit 

°" ^ ' en peinture soit en graffite sur la 

panse ou sur l'e'paule, le nom du 

défunt souvent accompagne du nom du père et de l'indication 

de sa patrie. 

Un groupe de ces inscriptions nous permet de fixer avec pre'- 
cision la date de leur emploi. Elles appartiennent soit à des 
mercenaires des Ptole'me'es, originaires de Thrace, de Crète, de 
Thessalie, etc., soit à des ambassadeurs des fêtes religieuses 
iOeoooI) envoye's en mission à Alexandrie et morts dans cette 
ville, où ils ont e'te' ensevelis par les soins d'un fonctionnaire 
ou d'un entrepreneur de pompes funèbres. 

^) Une seconde classe est constitue'e par les vases qui, tout 
en ayant les mêmes formes que les prece'dents, ont e'te' de'core's 
d'une peinture à la gouache après leur cuisson de'finitive. Ils ont 
e'te enduits d'un badigeon à la chaux et sur celui-ci on a peint 
en plusieurs couleurs, souvent assez bien conserve'es, soit un 
feston de fleurs, soit des rubans, soit des armes (fig. 13, p. 71)1 




237 

des amphores panathenaïques, des momuments fune'raires, un 
gorgoneion (tête de Méduse) et même des parties de Thabille- 
ment (par ex. une paire de souliers). 

Les urnes en terre cuite vernissée en noir avec décoration en 
blanc surperposé (fig. 89), souvent portant des médaillons ou pla- 
quettes en relief, sont également fréquentes, à Alexandrie, mais 
elles n'ont rien de particulièrement alexandrin, ayant été im- 
portées de l'étranger (de l'Italie méridionale probablement), ou 
étant des imitations locales de cette même céramique étrangère. 
Les urnes cinéraires en albâtre sont de même assez fréquentes. 
Vers la fin de l'époque hellénistique et à l'époque romaine les 
urnes en terre cuite émaillée de vert et en plomb deviennent 
fréquentes. On en a trouvé même en verre, 

BIBLIOGRAPHIE. -SchmkibkrTh., Die !^ekropole von Kôm e>;ch-SchHkâfa, 
Kapitel XVI, §7 ; Breccia Ev., Iscrizioni greche e /«/?;/<? (Catalogue Général), 
p. IX-XVII ; La Necropoli di Sciatbi, p. 25 sq. ; Pagenstkcher R., Die grie- 
chisch-aegyptischen Sainmlung Ernst von Sieglin, 3er Teil. Dans ces ouvra- 
ges on trouvera citée toute la littérature antérieure. D'une façon générale, je 
reriviàe à ces publications pour ce qui se réfère à tous les produits céramiques 
conservés au Musée gréco-romain et publiés jusqu'à ce jour. 

Lampes. — La quantité de lampes qu'on trouve à Alexandrie, 
soit dans les collines de détritus, soit à côté ou à l'intérieur 
des tombes, est vraiment extraordinaire. Le Musée en possède 





■:_\ 



Fig. 91. Fig. 02. 

une^collection de plusieurs centaines, dont une publication scien- 
tifique montrera la grande importance. En effet, les lampes 
comptent parmi les plus précieux et les plus intéressants pro- 
duits de la céramique ancienne. 

Les Grecs avaient en général l'habitude de s'éclairer avec des 
chandelles: mais on trouve des traces de lampes jusqu'à l'épo- 
que mycénienne et l'usage doit en être devenu commun à l'é- 



238 

poque hellénistique. Nous en avons découvert une quantité' 
considérable dans des tombes du III""^ siècle av. J.-Ch. L'or, le 
bronze, l'albâtre, le verre ont e'te' employe's depuis l'origine pour 
fabriquer les lampes ; mais l'argile cuite est naturellement la 
matière prédominante La plupart des lampes sont faites au 
moule, en deux coquilles, supérieure et infe'rieure, qu'on ajuste 
ensuite l'une contre l'autre avant la cuisson. 

Dans notre collection on peut aisément distinguer les lampes 
preromaines, romaines et chre'tiennes. Les lampes preromaines 
ne portent en ge'neral aucune de'coration en relief ; elles sont 
aussi très simples : un re'cipient rond, cylindrique, avec un large 
trou central pour v verser l'huile. Elles sont de'pourvues d'anse 

poste'rieure et n'ont qu'une petite 
proe'minence late'rale perce'e d'un 
petit trou qui devait servir à 
enfiler ces lampes par dizaines à 
une ficelle pour les suspendre 
à un clou, soit dans la fabrique, 
soit dans la boutique du mar- 
chand. D'autres ont le re'cipient 
demi-sphe'rique, monte' sur pied, 
avec manche late'ral en forme 
d'anneau assez large, avec bec 
mince proe'minent, sur la pointe 
duquel est un trou circulaire 
d'où sortait le lumignon. Le bord 
du trou central supe'rieur est dé- 
core' d'une spirale qui se re'pète 
en noir sur fond rouge. Les unes 
et les autres sont d'une belle argile rouge, sans autre de'coration, 
recouvertes d'un beau vernis noir me'tallique brillant. Les exem- 
plaires à deux becs sont très rares. 

On rencontre aussi des e'cuelles en terre cuite ou en bronze, 
dont le bord est comme pince' de manière à former un bec. 
Aux nombreux spe'cimens de lampes de ce genre recueiUis à 
Chypre et en Phe'nicie et dans la plupart des re'gions où les 
Phe'niciens ont se'journe', il faut ajouter la riche collection d'A- 
lexandrie. Sous l'empire, l'usage des lampes devint ge'neral dans 
tout le monde romain. Les lampes de cette e'poque sont beau- 
coup plus aplaties que les pre'ce'dentes. On peut en distinguer 
deux types principaux (pour les lampes chre'tiennes, v. plus loin). 
a) Lampes à re'cipient rond, sans anse, munies d'un bec très 
de'tache', le plus souvent orne' de volutes (fig. 91). 

/5) Lampes à re'cipient plus ou moins rond, munies d'une 




Fiir. 



239 

anse postérieure en forme d'anneau (fig. 92), de triangle (fig. 93), 
de croissant, etc.) ; le bec est court et rond. 

Le re'cipient e'tait tantôt à air libre, tantôt couvert. Dans ce 
dernier cas la face supe'rieure était percée d'un ou plusieurs 
orifices où l'huile était versée. Parfois, cet orifice ou ces orifices 
étaient fermés par un couvercle mobile (v. une lampe en bronze 
dans le compartiment du milieu de la vitrine G, salle 17). Il y 
a aussi des lampes à suspension, d'autres qui pouvaient se fixer 
au moven d'un tube central, d'autres qui étaient soutenues par 
■un pied formant une seule pièce avec la lampe même. 

A côté des petites lampes à une seule mèche, on en trouve 
de plus grandes à deux, à trois, à cinq, à sept, parfois jusqu'à 
vingt mèches. 

Nous avons dit que les types principaux sont au nombre de 
deux ; mais naturellement Tusage et le caprice créèrent une 
quantité de variétés secondaires. On eut des lampes en forme 
de vase, en forme de statuette ou en forme de maisonnette, en 
forme de pied, de tête (quelquefois grotesque) d'un animal, etc. 

Les lampes portaient fréquemment des inscriptions destinées 
soit à indiquer à l'acheteur le sujet représenté sur la lampe, 
soit à marquer le nombre d'heures que la lampe pouvait durer 
allumée (5 heures, 3 heures et ainsi de suite). D'autres inscrip- 
tions sont des acclamations ou des formules que le fabricant ou la 
lampe elle-même était censée adresser au public. D'autres en- 
fin, et ce sont de beaucoup les plus nombreuses, portent des 
signatures de potiers, de véritables marques de fabrique. Nom- 
breuses sont les lampes importées d'Italie, mais très nombreuses 
aussi les lampes de fabrication locale. Les marques les plus fré- 
quentes à Alexandrie sont : Phœtaspi, Strobili, Octavi. G. Dessi, 
Fortis, Ei'TÎ'/oi\ etc. 

Plus souvent encore, les lampes portent des ornements en 
relief, sur le disque supérieur ou sur l'anse postérieure, dont 
la superficie est parfois considérable. Ce sont tantôt des images 
de dieux, des emblèmes empruntés au culte, des scènes mytho- 
logiques ou héroïques, plus rarement des sujets historiques, parfois 
des fables d'Esope, des spectacles du cirque, des situations sca- 
breuses, etc. Nous devons nous borner à ne signaler dans les 
pages suivantes que quelques-unes des lampes les plus intéres- 
santes soit pour leur forme, soit pour la beauté ou l'importance 
ou la curiosité de la scène qu'on y voit représentée. 

Figurines EN terre cuite (fig. 94). — Depuis la grande décou- 
verte des figurines en terre cuite à Tanagra, puis en Asie Mineure 
et en d'autres endroits du monde grec, un grand intérêt s'est 



240 

attache à ce genre d'antiquite's. Les figurines d'Alexandrie, bien 
que peu connues jusqu'ici, ont pourtant une importance re'elle, 
soit à cause de leur varie'te', soit à cause de la finesse et de l'ide'ali- 
sation de certains types. Les figurines du genre grotesque parais- 
sent plus fréquentes, en ge'neral, à l'e'poque romaine. Les arche'o- 
logues se sont souvent demande' pour quelle raison les anciens 
ont place' ces figurines dans leurs tombes. A l'origine, < ces 
figurines, qui ont un caractère votif, sont e'videmment en relation 
avec les croyances fune'raires >. 

« Que dans des siècles de foi, comme au temps des guerres' 
me'diques, on enterrât, avec le mort, des images du culte repre'- 
sentant des divinite's, rien n'est plus naturel ; on l'entourait de 
ses dieux, on y joignait ses armes, ses bijoux, tout ce qui lui 
avait e'të familier pendant sa vie. Plus tard, quand le sentiment 
religieux se relâcha, on continua à respecter la tradition dont 
le sens s'est obscurci; on persista à placer, dans le tombeau du 
mort, des figurines qui lui rappelleront, dans l'autre vie, les 
compagnons de son existence mortelle; ces personnages char- 
meront la vie à demi-re'elle qui l'anime encore dans le tombeau ; 
ils remplacent les êtres vivants, esclaves, chevaux, qu'aux temps 
he'roïques on immolait sur la tombe du guerrier pour qu'il arrive 
dans l'Hadès escorte' de ses compagnons habituels ». Dans cette 
belle page de x\I. CoUignon, il y a certes une grande part de vrai, 
mais je crois qu'à l'e'poque alexandrine et romaine, le sens symbolique 
originaire s'e'tait complètement obscurci, et que l'influence des 
croyances religieuses sur cette habitude e'tait nulle ou presque 
nulle. On doit voir plutôt dans la pre'sence de ces figurines la 
manifestation d'un e'tat psychologique qu'on devine aise'ment, 
mais qu'il est difficile d'analyser. Ces figurines qu'on trouve 
presque toujours dans les tombes de femmes et d'enfants, et 
jamais dans celles des hommes ou des vieillards, sont là pour 
indiquer, en quelque sorte, l'affection de'iicate des survivants. 
Elles repre'sentent la fleur du souvenir, le besoin de mettre une 
atmosphère de vie autour de ceux qui en ont e'te' pre'mature'- 
ment prive's; les liens d'affection les plus solides envers les 
vieillards et les hommes ne se manifestent pas avec cette poe'sie 
naïve, cette de'licatesse, qui ont un sens si intime, si profond, 
si naturel lorsqu'il s'agit d'enfants, d'adolescents ou de jeunes 
femmes. En somme, à partir d'une certaine époque, les figurines 
en terre cuite place'es dans les tombes n'ont, à notre avis, aucune 
signification symbolique pre'cise. Par la force de la tradition et 
comme manifestation d'un e'tat d'esprit, de même qu'on de'pose 
à côte des cadavres d'hommes mûrs ou de soldats un strigile, 
une êpe'e, on de'pose, à côte' d'autres cadavres selon l'âge ou 



24 



le sexe, des figurines en terre cuite, des couronnes, etc. Pour 
ce qui a trait à la fabrication de ces figurines, les proce'dés 
sont au nombre de deux: la plus grande partie est fabrique'e à 
l'aide de moules, d'autres sont façonne'es à la main. Dans les 
deux cas, la figurine e'tait cuite au four, puis trempe'e dans un 
bain de lait de chaux, ensuite peintes. Les exemplaires peints 
avant la cuisson sont très rares. Les couleurs ' employe'es sont 
le rose pour la chair, le rose ou le rouge 
(rarement/ et le bleu (très souvent) pour 
les habits, le marron ou le noir pour les 
cheveux. 

Lorsque on parle de terres-cuites alex- 
andrines, on croit en ge'nèral qu'elles 
sont pour la plus grande partie repre'- 
sentèes par des sujets de genre, par des 
caricatures, par des figurines gre'co-egyp- 
tiennes. Cette impression disparaît lors- 
qu'on classe ces figurines d'après la chro- 
nologie et d'après les lieux de provenance. 
Les statuettes en terre cuite qu'on a 
recueillies dans des tombes ou dans des 
couches de terrain appartenant à l'e'- 
poque helle'nistique, reproduisent en très 
grande majorité' de jeunes femmes, des 
enfants, des personnages mythologiques, 
dont le type est purement grec et qui 
ont des analogies intimes avec les figurines 
des autres re'gions du monde grec de 
cette e'poque. Au fur et à mesure que 
nous nous rapprochons de l'époque ro- 
maine, on constate l'infiltration de sujets 
indigènes, mais à Alexandrie ils ne de- 
viennent jamais pre'dominants. D'autre part les figurines qui 
re'vèlent une fusion entre les deux religions et les deux civi- 
lisations datent surtout de l'ëpoque romaine et il faut les chercher 
principalement dans les villes provinciales de l'inte'rieur. 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber Th., Die Nekropolc von Kôm-esch-Schn- 
kâja, p. 305 et sq. ; Breccia Ev., La iiecropoli di Sciatbi, p. 107 et scj. Pour les 
Terres cuites du Fayoum, v. plus loin p. 264 si\. 




Fig:. 94. 



242 



SALLE 17, 



Vitr. A, A^ ; O, P. Collection de vases en verre provenant 
en partie liAlexandrie ou de l'Egypte, en partie de la Syrie 
(achats ou dons). Alexandrie a ëte', on le sait, un des centres 
les plus importants de l'industrie du verre à l'e'poque impe'riale. 
D'ailleurs cette industrie e'tait pratique'e et florissante en Egypte 
longtemps avant la conquête grecque. 

Sur l'importance des fabriques alexandrines nous avons le 
te'moignage de Strabon, et, sur le commerce d'importation en 
Italie, celui de CiceVon. Nous trouverons en parcourant les salles 
du Muse'e des traces e'videntes de l'activité' des fabriques de 
verre alexandrines ainsi que de la varie'te' et même de la finesse 
de leurs ouvrages. 

Dans la vitr. A : une belle collection de houteillts et d'autres 
vases aux formes e'ie'gantes et pre'sentant une irisation admira- 
ble : V, le n° i (7278) à panse ovoïdale. long pied pointu et 
col très haut (fig. 95); 2 (7271), 3 (7263) à forme d'oiseau 
(fig. 96); 4(7264), 5 (7266),^6 (721 1) amphorisques; 7(7263) 
tout petit bocal, le corps décore' d'une branche de feuilles 
d'olivier en relief; 8 (72 ()7) amphorisque à corps cordonne'5 
beaucoup de balsamaires à corps allonge' (Don de Mr Rotha- 
cker). 

Dans la vitr. A' : de nombreuses assiettes, des halsainaires dont 
quelques-uns empaquete's dans des feuilles sèches de dattier. 
I (2344), 2 (2345): Deux godets à fond jaune tacheté' de mauve. 

Dans la vitr. P : 

I (3969). Masque barbu en pâte de verre polychrome. 2 (3961), 
3 (3962), 4 (3963). Amphorisques à rainures multicolores 
(%• 97) '1 5(3960), 6 (3964), 7 (3959), 8 (3965). ^a/sûma/ré-s 
aux formes e'ie'gantes, à rainures ou couches polychromes d'un 
agre'able eflet (fig. 98). 

Sur la colonnette en bois Q : Gros vase en verre employé' 
comme urne cine'raire. 



243 

Dans la vitrine O : Nombreuses hotitetlles et 
halsamaires. Dans le rayon du milieu : 
Fragments de vases mtirrhins et mille ftori, 
de mosaïques en verre. La grande mode 
à l'e'poquc helle'nistique fut de revêtir ou 
d'incruster, sur les murs en briques, des 
dalles de matières plus rares, marbres, al- 
bâtres, etc., ou d'y exe'cuter des travaux 
de mosaïque avec des plaques en pâte de 
verre. Au XV!""*^ siècle le voyageur ita- 
lien Filippo Pigafetta eut la chance d'ad- 
mirer, intactes encore, de vieilles maisons 
d'Alexandrie, dont les parois gardaient un 
revêtement d'un travail admirable. 

Dans les vitrines n"^ i-io, accroche'es aux 
piliers le long des parois de cette salle, sont 
exposées quelques centaines, choisies entre 
plusieurs milliers, d'anses d'amphores munies 
d'empreintes ou de cachets. 

L'interpre'tation à donner à ces inscrip- 
tions n'est pas encore fixe'e. Les anciens se 
servaient de grandes amphores (il y en a un 
grand nombre e'parses par toutes les salles) 
pour transporter certaines denre'es, telles que 
le vin, l'huile, le ble', les fruits, les œufs. Les anses de ces re'ci- 
pients portent ge'nêralement des timbres qui permettent de re- 
connaître leur lieu d'origine : Rhodes (à Alexandrie, les anses 
de Rhodes sont la très grande majorité'), Cnide, Thasos, Paros, 
Smyrne, etc. L'usage de timbrer les amphores a pris naissance à 
Rhodes. Sur les timbres rhodiens on n'indique jamais la natio- 
nalité', tandis que presque partout ailleurs le fabricant ajoute sur 
le timbre sa nationalité. 

Ces timbres, lorsqu'ils sont complets, nous donnent en partie 

sur une anse, en partie sur l'au- 

^^^^^^ tre, ou sur une anse seule, les 

ll^^^^B jjf^ indications suivantes : à RhoJes, 

i^^^^^E >m le nom du prêtre du Soleil^ 

« le mois^ le .nom du fabricant 

j-'-'k^UgÊl^^t ^^ ^^^ ^rmé'5 dé la ville (la rose, 

****Mtt^ygyB|^^W la tête du dieu Hêlios, le ca- 

^25SBB|||P[^^ ducée) ; à Thasos, seulement le 

— li(_,^ d'origine (-)aoîcor, une sorte 

Fig. 96. de corne etc., et le nom du 




l'i^. 9: 



244 

fabricant ; à Gnide l'indication d'origine Kvibiov ou KvibUov, le 
nom du phroitrarqiie et cehti du potier^ et un emblème. 

Quelques arche'ologues ont attribue' à ces timbres une signi- 
fication officielle, d'autres non. Pour ceux qui donnent à l'estam- 
pille un caractère officiel, la marque serait apposée par les ma- 
gistrats et justifierait le payement d'une taxe-, d'autres pensent 
que les estampilles étaient des marques de fabrique et en même 
temps l'équivalent d'un poinçon apposé après vérification offi- 
cielle de la contenance. Mais il est plus vraisemblable que le 
timbrage était une affaire privée, permettant aux fabricants de 





Fig. 97- 



Fig. 98. 



faire connaître leurs produits ; en même temps c'étaient des 
signes permettant aux fabricants de suivre, dans leurs ateliers, la 
marche des opérations par lesquelles doivent passer les amphores. 
D'ailleurs, une fois le timbrage mis en pratique (celui des am- 
phores doit être imité de celui des briques qui à l'origine 
avait pour but de protéger contre le vol le propriétaire plutôt 
que la fabrique), on en reconnaît l'importance pour la réclame, 
pour le contrôle du travail ; c'était même une précaution et 
une assurance contre certaines malversations possibles: le timbre 
indiquait le mois de fabrication, et par conséquent, avant que 
le fabricant eût mis en circulation la provision fabriquée à cette 
date, il était aisé de constater un vol éventuel. Les moules à 
timbres étaient probablement de bois. 




245 

BIBLIOGRAPHIE. — II existe une bibliographie très riche sur cette ques- 
tion. V. en dernier lieu : Martin P.Nillson, Timbres amphorigues de Ltndos, 
Copenhague, 1909; Bleckmanx F., dans .K'/Zo. XI, (1912), p. 249 sq. ; H. Von 
Gaertringen, Berliner Philolog. IVochenschriJt, 1913, p. 124 sq. Pour la Bibl. 
relative à l'Egypte : Breccia. B. S- A., 9 (1900), p. 74-85. Ajoutez ; Preisigke F., 
SammeJbuch griech. Urktinden ans Aegypten, passim ; Pagenstecher R., 
Die griechisch-aegyptische Sammlung E. von Sieglin, p. 152 sq. 

Vitr. B (à gauche de l'entrée). Quelques miroirs^ un cyathus ou 
simpulum^ petit vase en forme de cuillère ayant la petite 
vasque assez profonde et pourvu d'un long manche ; il servait 
à puiser le vin des cratères pour^ remplir les coupe. Des 
lampes pareillement en bronze. D'autres 
ustensiles domestiques : clefs, agrafes, cuil- 
lères, etc. 

Dans le compartiment du milieu, un certain 
nombre de polissoirs en pierre employe's 
par les orfèvres et bijoutiers. 

Dans les compartiments inférieurs, une col- 
lection d'urnes cinéraires en plomb. 

Sur la colonnette : B^ Casque en bronze. 
B^. Une grande Oinochoè. B3. Candélabre. 

Vitr. C. (Rayons supe'rieurs). Figurines en 
terre cuite provenant d'une colline de dé- 
tritus qui était dans le quartier de Mohar- ^'s- 99 
rem Bey. 

Rayon a. Série danses de lampes avec de'coration en relief : 

1. Gorgoneion ; 2. Le serpent Agathode'mon ; 3. Isis allaitant 
Horus ; 4. Buste de Sarapis ; 5. Divinité marine ou fluviale à 
la barbe extrêmement touffue et longue 

Rayon h. Grotesques, v. n°^ i, 2, 3, 4 : Animaux et têtes d'ani- 
maux ; 5. Singe soutenant un panier dans la main gauche re- 
pliée à hauteur de l'épaule 5 6 et suiv. Manches de pocle 
à tête de bélier, de cheval, etc. 

Dans le compartiment du milieu, plusieurs dizaines de lampes 
d'époque romaine: i. Hercule dans le jardin des Hespérides ; 

2. Mercure ; 3. Actéon se défendant contre ses chiens; 4. Le che- 
val fabuleux Pégase ; 6. Grotesque ; 7. Lampe à trois becs, 
caricature de deux vieillards s'embrassant (fig. 99). 

La Vitrine horizontale RR renferme une partie du mobilier 
funéraire trouvé sur des momies à Wardian (nécropole occi- 
dentale d'Alexandrie) ; bagues, chaîne en or et pierres précieu- 
ses, boucles d'oreilles en or, diadème en argent, fragments de 
collier en bronze, bracelets, langues et doigts en feuilles d'or, 



246 

ainsi que beaucoup d'autres ornements et amulettes faites de 
matières diverses. 1/autre compartiment de cette vitrine ren- 
ferme des pierres grave'es et des came'es : voir le n° 2431, Cor- 
naline^ buste de Sarapis nimbe' vu de face ; n° 243 5, Hématite, 
Sarapis assis à gauche posant la main droite sur Cerbère ; 
n° 2439, Jaspe, Rome Nice'phore debout à gauche 5 n° 2441, 
Lapislazziili, Tête de Néron à gauche avec couronne de lau- 
rier; n° 2505, Camée trouve' en morceaux à la colonne dite de 
Pompe'e en 1896 -.buste de Minerve e'gide'e ; n^^^ 250*^, 2522, 
2528, Pierres i^nostiques. 

Vitr. D. Dans le compartiment supe'rieur une se'rie de petits 
autels votifs en terre cuite et en calcaire. A remarquer dans 
le ravon a le n" 1, dont la surface exte'rieure est de'core'e d'un 
feston de fleurs soutenu par des amours ; 2. Les quatre faces 
du pilier portent des bustes en relief d'Isis He'cate, d'Isis et 
d'Harpocrate ; le n"^ 3 porte sur une des faces deux oreilles 
pour inviter la divinité' à bien e'couter la prière. 

Rayon b. Restes de Pelves, c'est-à-dire de Bassin destine' à chauffer 
de l'eau pour laver le linge, les vêtements, les pieds. Sur le 
bord est grave'e la marque de fabrique. 

Rayon c et Compartiment du milieu : Poterie d^ Arretinm. Plu- 
sieurs de ces vases portent la marque de fabrique : Avili ; 
Primi ; Atilii 5 C. Murri ; C. Chresti, etc. et ses imitations lo- 
cales (terra sigillata) Keoào^ ; Xaon ; ^aga.Tiç, etc. 

Sur un socle e'ieve', contre la paroi orientale de la salle, est 
place'e une statue colossale sculpte'e dans un monolithe de por- 
phyre. C'est la plus grande statue connue, sculpte'e dans cette 
matière. La tête et le bras droit manquent. Haut. 2 m» 83. 
Elle repre'sente soit un empereur [Dioclélien d'après Ne'- 
routsos), soit un Christ dans le type du Pantokrator d'après 
Strzygowski. Personnage assis sur un trône à dossier, habille' 
d'une tunique et de l'himation. Ce serait une œuvre du IV'"^ 
siècle ap. J.-Ch. Elle a e'te' trouve'e à Alexandrie presque en face 
de la Mosque'e Attarine, du cote' sud de la rue. Don de la fa- 
mille De Zogheb. 

BIBLIOGRAPHIE. — Strzygowski, Koptische Kiinst (Catalogue Géné- 
ral du ISIusée du Caire), p. i-6; Rkinach S., Répertoire, II, f)3i,i. 

Devant cette statue, appuyé contre le socle, est le seul sar- 
cophage en marbre blanc de'core' d'une scène mythologique 
en relief découvert à Alexandrie (fig. 100). Le sarcophage typique 
d'Alexandrie est le sarcophage à guirlandes (v. dans cette même 
salle les deux sarcophages à droite et à gauche de la porte qui 
donne sur le jardin). La surface antérieure est divise'e en deux 



247 ■ 

tableaux, l'un plus petit à droite, l'autre à gauche. Dans le petit 
tableau on voit une femme (Bacchante) portant deux torches, 
pour e'clairer le chemin à Hercule, qui étant ivre trébuche et 
marche avec difficulté' soutenu par deux Faunes 5 un troisième 
Faune porte sur son e'paule le glaive abandonne par le dieu. A 
gauche de cette scène la surface du marbre fait saillie et cette 
saillie se'pare les deux sujets repre'sente's. De la saillie e'merge 
la proue d'un bateau, pour indiquer que la rencontre entre 
Ariadne endormie et Dionysos suivi par son thiasos a lieu dans 
l'île de Naxos où Ariadne a de'barque' seule, venant de Crète à 
la poursuite de The'se'e. Le héros athe'nien avait manque' à sa 
promesse de l'e'pouser et e'tait parti de Crète en cachette après 
son exploit contre le Minotaure. Ariadne, folle d'amour, s'e'tait 
embarque'e seule pour le rejoindre; mais, fatigue'e par la longue 




navigation, elle relâche dans l'île de Naxos. Elle est repre'sente'e 
plonge'e dans un sommeil profond (v. la figure d'Hypnos, dieu 
du sommeil, debout à droite d'Ariadne, incline' vers elle et la 
caressant de la main droite) sur un lit bas, couche'e sur le 
côte' gauche. A la suite des mouvements qu'elle a faits incons- 
ciemment pendant son sommeil, Ariadne est reste'e demi-nue. 
Dionysos la surprend dans cette provocante attitude et il est 
profonde'ment frappe' par sa beauté', qui excite aussi l'admira- 
tion e'mue de ses compagnons (Pan, Sile'nopappe, Faunes, Fau- 
nesses). Tous expriment par des mouvements significatifs leur 
enthousiasme et l'invitation à ne pas re'veiller la belle dormeuse. 
On connaît la fin de l'histoire: Dionysos e'pouse Ariadne. Sur 
les faces latérales du sarcophage sont repre'sente's à droite des 
Faunes et des MJnadcs qui dansent, à gauche une scène de 




248 

vendange (inacheve'e). Mai- 
gre' l'exécution peu soigne'e 
et les ine'galite's qu'on y 
surprend, cette pièce est 
très inte'ressante. Prov. Ne'- 
_^^ cropole occidentale. 

^Ê tfti il ;j Vitr. E. Dans le comparti- 

■■HK-' -mÊmm^^ ment supe'rieur : Collection 

de poteries diverses d' é- 
pcque romaine. Dans celui 
du milieu : Lampes ro- 
maines. i.La barque qui fait traverser aux morts l'Acheloos, 
rivière de^l'Hadès; elle est commande'e par Sarapis (cfr. les 
n°- 2, 3. 4). 5. Rapt d'Europe. 6. Ve'nus prenant le bain, 
fait une torsade de ses cheveux mouille's. 7-8. Mercure. 
I). Gladiateurs. 



Kl-. 



Vitr. F. et Vitr. horizontale S. Collection de fragments de poteries 
émaillées^ d'e'poque helle'nistique et romaine. Dans la vitr. F 
à remarquer n° i (d'autres à côte' et 1-15 dans la vitr. S.). De 
nombreux fragments de ces vases en e'mail vert, en partie 
dore's, connus sous la de'nomination de Vases sacrificatoires 
des reines d'Egypte ; ce sont probablement des vases qu'un 
fabricant avait mis dans le commerce soit comme preuve de 
sincère de'votion pour la famille royale, soit dans l'espoir que 
le sujet faciliterait la vente de ses produits. Ces vases avaient 
la forme d'une oinochoè et étaient e'videmment une imitation 
des vases en métal. A l'endroit où l'anse s'attache au corps 

de l'oinochoè on voit superpose' 
un masque sile'nique en rehef 
(vitr. F. 4, 5, 6, d'autres dans la 
vitr. S). Autour de la panse piri- 
forme on voit une femme tourne'e 
à gauche, drape'e du chiton et d'un 
court manteau, coiffe'e du diadème 
frontal des reines et de'esses ; dans 
les plis du bras gauche elle porte 

(^^^^^^^m- ^^"^ corne d'abondance ; de la 

^^^^^^^r j main droite e'tendue elle tient 

^^H^^ une patère renverse'e au-dessus 

^^^^ d'un grand autel carre' à acrotères ; 

à droite, derrière la reine se 
] i^r , ,. dresse une colonnette conique en- 




249 

guirlandée (v. vitr. S. n° lo). Une inscription est gravée en 
creux sur la face ante'rieure de l'autel (vitr. S. n°^ 5-6) Ôecàv 
êvEoysTcàv, et à quatre centimètres au-dessus de l'autel une se- 
conde inscription en l'honneur de la reine Baodîoor/ç: Bsge- 
riK}}ç, âyaOrjç tv/j]ç (vltr. S. 7, 8, 9 etc.). Parmi les autres 
fragments, à remarquer dans la vitr. F. rayon c: 7, Scène de 
combat. Un guerrier probablement tombe' de cheval (on observe 
un cheval en fuite du côté gauche), armé d'un bouclier et 
d'une épée, tâche de se défendre contre un éléphant qui le 
poursuit et qui a dressé contre lui sa trompe. Le corps de 
l'éléphant est couvert d'une riche draperie, ce qui prouve qu'il 
ne s'agit pas d'une scène de chasse. 

BIBLIOGRAPHIE, — Biexkowski, Bull, de VAcad. des Sciences de 
Cracovie, avril-juin 1912 ; Breccia, Necropoli di Sciatbi, p. 187, n. 614. 




Fig. 103. 



8. Fragment de skyphos. Un centaure, de profil à droite, a les 
pattes antérieure soulevées, le bras droit armé d'une grosse 
pierre soulevée contre un guerrier qu'il tâche d'immobiliser de 
sa main gauche. Le guerrier, armé d'un bouclier et d'une épée, 
a le bras droit soulevé jusqu'au-dessus de sa tête pour frap- 
per ferme, mais il paraît sur le point de succomber. Beau 
travail en haut relief. (Observer les élégantes décorations flo- 
rales de beaucoup d'autres fragments). 

Dans le compartiment inférieur, deux longues sections de deux 
conduites d''eau en plomb (diamètre: o m. 14-, o m. 09) et 
plusieurs tuyaux en terre cuite. 

Vitr. G. Cette vitrine renferme une partie du mobilier funé- 
raire provenant de la nécropole de Chatby (v. p. 75), la plus 
ancienne nécropole d'Alexandrie (entre la fin du IV'"^ et la 
première moitié du III'"^ siècle av. J.-Gh.). Parmi les pote- 



__ 250 

ries, voir les e'ie'gantes coupes vernissées noires (1-2) aux 
longues anses à bâtonnet attache'es au vase seulement par la 
partie supe'rieure (fig. loi); quelques kantharoi (fig. 102) du 
même type (3); quelques skyphoi (4-5). Parmi les figurines de 
terre cuite voir: n*^ 6, les quatre qui ont e'te' placées autour des 
urnes cine'raires dans la même position qu'elles avaient là où 
nous les avons de'couvertes; 7. Cowro77W^ û^é" y? d^wrs artificielles 
en terre cuite peinte (fig. 103)5 8. Couronne de laurier-^ 9. 
Couronne de 'lierre en bronze dore' et terre cuite • i o. Urne 
cinéraire dans sa gaine forme'e de deux gros bassins en terre 
cuite; i i. Baignoire pour enfant (employe'e comme sarcophage) ; 
12. Sarcophage pour enfant, forme' d'un gros tuyau en terre 
cuite; 13. Urne cinéraire en terre cuite recouverte d'une cou- 
che de dorure 5 14-15 etc. Lacrimatoires, petits plats, coupes 
en albâtre. 

Vitr. H. Dix urnes cinéraires hydriformes du type Hadra-Vasen : 
5. De'coration à branches d'olivier ou de laurier; 6. à branches 
de lierre. L'urne n° 7 renferme les cendres d'un certain Glau- 
cias ; le n° 8 porte sur la surface ante'rieure une scène de 
course dans le stade. 

Vitr. K. Urnes cinéraires dont on peut fixer avec pre'cision la date 
d'ensevelissement, voir l'inscription grecque peinte sur la panse. 
3. Urne de Menecles, crêtois, commandant de cavalerie : il est 
mort en 281-0 av. J.-Ch. (l'an 5 du roi, c. à d. de Ptole'mêe 
Philadelphe); Philon a pris soins de ses fune'railles ; 4. Le per- 
sonnage, dont l'urne renferme les cendres, e'tait originaire de 
la Pamphylie : il est mort en 278-7 av. J.-Ch.; 6 Urne de 
Talète, originaire de Gyzique, embassadeur des fêtes religieuses, 
mort en 278-7 ; 8. l'rne d'Attalos, originaire d'Acarnanie. 

Vitr. L. (Ne'cropole de Ghatby). Urnes cinéraires dêcore'es de 
branches d'olivier, de lierre en couleur noire, avant la caisson 
de'finitive (v. n°^ 1,2). — Urnes cinéraires vexêtues d'un enduit 
au lait de chaux et de'core'es d'une peinture polychrome à la goua- 
che: n°^ 3, 4. Feston de fleurs et rubans ; 5. Monument fune'- 
raire, cuirasse et bouclier; 6. Cuirasse et bouclier (fig. 13, p. 71); 
(ces deux dernières renferment les cendres de soldats). — 
Figurines en terre cuite : 7. Jeune femme avec un large 
chapeau (petasos) conique sur la tête (fig. 104), — Stèles 
peintes: 8. Guerrier prenant congé' de ses deux fils. 

A gauche de la porte qui donne sur le jardin : Gros sarcophage 
en marbre blanc, larg. i m. 98, haut, (sans le couvercle) o m. 
98 (fig. T05). Couvercle très lourd à dos d'âne avec acrotères 



251 

aux quatre coins. La surface ante'rieure est de'core'e de festons 
de fleurs et de fruits (e'pis, pavots, raisins) suspendus à des clous 
auxquels sont attachés des bucrânes ; une e'norme grappe de 
raisin descend du milieu de l'arc inférieur de chaque feston, 
tandis que Tare de cercle supérieur est décoré de rosaces ou 
(celui du centre) d'un gorgoneion. Prov. Nécropole occiden- 
tale (Wardian). 

Au dessus de ce sarcophage: Mosaïque représentant la person- 
nification de la légende du fleuve 
Alphée (le jeune homme à gauche) 
poursuivant la belle nymphe Aré- 
thuse. 

A droite de la porte: Autre sarco- 
phage du type à guirlande. Les di- 
mensions sont plus modestes que 
celles du précédent, et les festons sur 
la surface antérieure sont soutenus 
par des génies debout sur une base 
cubique. Les trois arcs de cercle 
formés par les festons portent chacun 
un gorgoneion. Ainsi que je l'ai dit 
au sujet du sarcophage d'Ariadne, 
le type presque unique de sarcophage 
qu'on rencontre à Alexandrie est 
celui-ci, décoré par des festons de 
fleurs. On peut en voir un grand 
nombre dans le jardin. D'ailleurs les 
Alexandrins avaient une vraie manie 
pour les fleurs, qui étaient un des 
éléments les plus essentiels de tous 
leurs arts décoratifs. 

Au-dessus de ce sarcophage, plusieurs 
portraits de momies, peints à l'en- 
caustique sur des tablettes en bois, Fig-, 104, 
Prov. F'avoum. 




Vilr. N. Compartiment du milieu: Une série d'étiquettes de mo- 
mies^ en bois de sycomore. « Vers l'époque gréco-romaine 
l'usage s'étant généralisé des chantiers où les familles entre- 
posaient les momies de leurs morts et se déchargeaient sur 
des entrepreneurs spéciaux du soin de veiller à leur conser- 
vation et de célébrer en leur honneur les fêtes usuelles contre 
payement d'un loyer plus ou moins considérable selon la nature 
de l'entretien exigé, il fallut, pour éviter les confusions, mettre 



252 

sur elles des marques spéciales: on leur attacha donc au cou 
ou sur la poitrine de leur gaine ces tablettes en bois, sur 
lesquelles leur nom et leur filiation étaient tantôt e'crits à l'encre 
noire, tantôt grave's rapidement en creux, en demotique ou en 
grec. » (G. Maspero). Presque toutes les tablettes qui sont dans 
notre Muse'e ont e'te' envoye'es à Alexandrie en 1892 par 
la Direction Ge'ne'rale. Elles doivent provenir des ne'cropoles 
d'Achmin et de Sohag. 

Dans les deux petites vitrines 11-12 (accroche'es aux parois inte'- 
rieures des piliers du côte' ouest de la salle) : Manches de bra- 
sier ou de four de campagne. Les vases complets dont ces man- 




ches ont fait partie sont très rares: il y en a un au Muse'e de 
Genève (v. la photographie dans la vitr. 11) qu'on a identifie' 
avec un brasier {nvoavrog ou èoyâga) et plus re'cemment avec 
un four de campagne {yJJ(iavoç ou y.oîj^avog). La forme est celle 
d'un large bassin avec un pied assez haut, concave en dessous, 
avec trois manches solides, de'passant le bord. Mr Walters, qui 
ne connaît pas ceux de notre Muse'e, estime à plus d'un 
millier le nombre des exemplaires des différentes collections ; à 
nous seuls nous en avons quelques centaines. Ces manches sont 
de'core's de rehefs sur un carre' représentant soit un drageon de 
feuilles ou de rosettes, soit des foudres, soit une tête barbue 
grotesque, quelquefois pourvue d'un bonnet conique (fig. 106), 
soit une tête de bœuf Quelquefois ces manches portent le nom 
du fabricant, Hécataios en général. On a affirmé que les têtes 



253 

grotesques de ces manches représentent des génies de différente 
nature place's ici par croyance superstitieuse : ils auraient pro- 
te'ge' la cuisson des viandes. Furtwangler y a vu des Gyclo- 
pes, les compagnons de Vulcnin. 

Au milieu de la salle sont placées sept momies d'e'poque 
gréco-romaine. Elles proviennent toutes du Fayoum. Voir celle 
qui est expose'e dans la vitr. T: elle garde intact son maillot 
complique' qui re'vèle une habileté' spe'ciale et même artistique 
à pre'parer les momies. Voir aussi vitr, A A. BB. GG. DD. 

Vitr. U (adosse'e au pilier nord-est de la salle). En correspon- 
dance avec le visage est place' le portrait du défunt peint à 
l'encaustique sur une tablette de bois, artistement encadre' dans 
une bordure en toile et en plâtre, dore'e 
et ferme'e par les bandelettes qui em- 
maillottent la momie. Il repre'sente un 
homme assez jeune aux formes robustes, 
à la ligure large, aux pommettes proe'- 
minentes. Les cheveux sont noirs, courts 
et cre'pus, le front e'troit. Les yeux, 
qui ne sont pas trop largement coupe's, 
sont d'une couleur noire intense; le 
nez est fin et droit. De minces mous- 
taches, retombant à la chinoise, surmon- 
tent la bouche petite, sinueuse, charnue. ^'?- ^°°- 
Une barbe courte, noire, fine et cre'pue 

encadre la figure qui a une expression re'fle'chie et mélanco- 
lique. Le corps est habillé d'une tunique blanche. C'est une 
peinture d'une vigueur d'expression, d'une vérité et d'une 
force de teint vraiment remarquables (v. pi. en trichromie). 

Vitr X. Avec quelle précision ces portraits reproduisent les traits 
personnels du défunt, on peut l'observer aussi sur la momie 
qui est encore dans sa caisse de sycomore (à remarquer la 
courbe du nez). Voir aussi dans la vitr. Y. 

On pense que ces portraits, faits pendant la vie pour être 
accrochés sur l'une ou l'autre des parois de la maison, en 
étaient détachés à la mort, pour être placés sur les cada- 
vres. L'époque de ces portraits peut être fixée avec une 
grande approximation entre 50-150 ap. J,-Gh. 

BIBLIOGRAPHIE. — Ebeks, Hellenistiche Portriits ans dem Fcijjum; 
EDGAR C. C, On the dating of the Fayiim Portraits dans Journal 0} Hel- 
lenic Studies, vol. XXV ; Guimet E., Les Portraits d'Antinoé au Musée 
Gniinet, Paris, Hachette, 1914. 




— • 2 54 ■ — 

Les vitrines horizontales EE. FF. GG. renferment des masques 
en plâtre peint et des masques en plâtre dore', ainsi que des 
restes de pectoraux, revêtements de mains, de pieds, etc , pro- 
venant en partie (vitr. EE.) de la Haute Egypte, en partie 
de Taposiris Magna (Mariout), en partie d'Alexandrie. En ge'- 
ne'ral aucun de ces, masques ne peut pre'tendre donner le 
portrait du de'funt, maigre' les diffe'rences marque'es qu'on ob- 
serve entre un masque et l'autre (v. surtout la vitr. EE.) et 
certains caractères personnels qu'on peut observer sur quel- 
ques-uns. 

BIBLIOGRAPHIE. — Guimet E., o. c. 

Sur les colonnettes HH. KK. Deux urnes cinéraires en émail 
vert et bleu, de'couvertes à Gabbari (Ne'cropole occidentale). 
Epoque romaine. 

Sur la colonnette LL. Urne cinéraire en terre cuite vernissée 
noire 5 une branche de lierre en blanc superpose' court autour 
du vase à moitié' de la panse et sur le col. Quatre plaquettes 
en relief repre'sentant de vieux silènes sont sur les e'paules. 
IIl^^ siècle av. J.-Ch. Prov. Alexandrie (Ne'cropole de Hadra). 



SALLE 18. 



Vitr. A (à droite de l'entre'e): Douze urnes cinéraires alexan- 
drines en terre cuite, hydriformes, peintes avant la cuisson, 
en noir, rouge, brun, marron, etc. (v. p. 234). La se'rie expose'e 
dans cette vitrine pre'sente une riche varie'te' des diffe'rents mo- 
tifs de'coratifs employe's pour ces vases et de leurs combinaisons : 
I. Rubans, branches de laurier et d'olivier; 2. Palmettes, ro- 
saces, branches d'olivier ; 3. Perspective architectonique, ba- 
lustrade et portique avec vue sur un jardin où se promènent 
deux oies; 4. Branches de lierre et d'olivier; 5. Scène de combat: 
des quatre combattants l'un a e'te' mortellement blesse' et il est 
e'tendu à terre (à droite) ayant sur la tête un casque richement 
crête'; un second est tombe' à genoux et tâche de se de' fendre 
avec l'e'pe'e contre un adversaire qui est debout devant lui et 
le menace avec son e'pe'e tout en se prote'geant avec son bou- 
clier ; un quatrième combattant arrive en courant et fait le 
geste de lancer une grosse pierre (fig. 89, pag, 235); 6. Bran- 
ches de vigne et grappes de raisin. 



255 

Vitr. B (à gauche de Tentre'e) : 1-9. Amphores et fragments 
d amphores panathéna'iqties. On sait que ces vases e'taient des- 
tinés à contenir l'huile des oliviers sacre's, donne's en prix 
aux vainqueurs des jeux ce'le'bre's à l'occasion des fêtes Pana- 
théne'es. D'un cote est repre'sente'e Athèna, arme'e du casque, 
de la lance et du bouclier, debout entre deux colonnes, au 
sommet desquelles sont, soit des coqs, soit des chouettes, soit 
une statue d'Athèna, etc. ; dans le champ, dispose'e verticale- 
ment, on lit l'inscription: TQX ASENESEN AGAÙN [W\^ 
donne' à Athènes dans les jeux athle'tiques); souvent une se- 
conde inscription donne le nom de l'archonte alors en fonc- 
tion ; sur l'autre cote' de l'amphore une scène de jeux dans 
le stade. Notre n° i est date' de l'archonte Phrasikleides, 371-0 
av. J.-Gh.; le n'' 2 (prix donne' à un vainqueur dans la course) 
est date' de l'archonte Nicomachos, 341-0 av. J.-Ch. Ces deux 
amphores proviennent de la Gyre'naïque. 

Les fragments expose's à côte' ont e'te' trouves à Alexandrie; 
mais l'un d"entr'eux provient d'Athènes ; d'autres pourraient 
appartenir à des vases fabrique's à Alexandrie, imitant la forme 
et la de'coration des vases athe'niens, 

\'itr. G, D, E. Dans les compartiments supe'rieurs est une collec- 
tion de poteries hetlénistiques vernisse'es en noir me'tallique, 
souvent avec de'coration en blanc ou en rouge superpose' 
(coupes, verres, petites hydries, skyphoi, le'cytes, etc.). — Dans 
la vitr. G, à remarquer le kantharos i, qui est de'core' d'un 
damier en blanc superpose' et d'une se'rie de carre's inse're's 
l'un dans l'autre de couleur jaune rougeatre; on y voit aussi 
les restes d'une inscription plastique en rouge au-dessous du 
bord exte'rieur de l'embouchure. - Dans la vitr. E: i (8862) 
Coupe du type mégarien^ signe'e par Menemachos, et portant 
repre'sente' en relief le jugement de Paris, reproduit deux fois 
sur les deux moitie's de la surface exte'rieure ; le he'ros phry- 
gien est assis sur un rocher à droite ; les autres figures sont 
dispose'es de droite à gauche, de la façon suivante : He'ra, 
Athèna, Aphrodite (assise, assiste'e par un petit Eros) et der- 
rière celle-ci Hermès. Le nom de Menemachos est grave' en 
relief en cercle dans le fond exte'rieur du vase 

BIBLIOGRAPHIE. — Pagenstechek R., Die. griechisch-aegyptische 
Sammlung E. von Sieglin, 3 Teil, p. 193-4, PI. XX. 

Dans le compartiment du centre de ces mêmes vitrines 
sont dispose'es quelques centaines de lampes d\'poqite romaine, 
(un classement méthodique de la richissime collection de lampes 
que le Muse'e possède sera fait prochainement). 



256 — - 

Voir dans la vitrine G: i. Deux Victoires aile'es soutenant 
un médaillon au-dessus d'un autel cylindrique entoure' de laurier; 
2. Un berger, faisant la sieste près d'une fontaine pendant que 
son troupeau pâture autour de lui ; 3. Eros aile' chevauchant 
un dauphin et jouant de la lyre (fig. 107). Voir aussi toute 
une se'rie de divinite's égyptiennes ou syncre'tiques (Sarapis, Isis, 
Harpocrate 5 Isis-Se'lènè embrassant Sarapis, les serpents Aga- 
thodëmons; Isis-Cerès; Sarapis entre Isis et Harpocrate, etc.) ; 4. 
(iîg. 108). A deux mèches : Prêtre d'Harpocrate portant l'autel 
du dieu ; à droite et à gauche de la cuvette, deux serpents 
agathode'mons, celui de droite à tète de Sarapis, celui de 
gauche à tête d'Isis. 

Dans la vitrine D: i. Triton; 2. Faune poursuivant une 






Fig. 107. 



Fis. 108. Fig-. 109. 



nymphe ; il l'a saisie par Thabit, mais celle-ci, tout en pro- 
tégeant ses vêtements avec la gauche, lui a pris le menton et 
le repousse avec e'nergie (fig. 109). 

Vitrine F. Parmi les wingt-sept figurines en terre cuite conser- 
ve'es dans cette vitrine plusieurs sont vraiment intéressantes 
et quelques-unes sont d'une valeur artistique re'elle. Presque 
toutes gardent leur couleur admirablement conserve'e, et si 
certaines peuvent choquer un goût trop raffine' par la juxtapo- 
sition dans l'habillement de teintes criardes,^ d'autres de'sar- 
ment tout esprit de critique. On ne peut qu'admirer le n" i 
(au centre de la vitrinej : jeune femme (fig. i 10 et trichromie 
sur la couverture) couronne'e de lierre, au visage noble 
et fin, aux formes robustes mais e'ie'gantes et sveltes, à 
l'expression re'fie'chie, presque hautaine ; le poids du ^ corps 
appuie sur la jambe gauche, la droite est le'gèrement écartée 



257 

et fléchie; elle est habillée du chiton et de l'himation ; le 
bras gauche est replie' et la main fait appui sur la hanche ; le 
bras droit est soulevé' sur la poitrine, retenu par. les plis de 
l'himation 5 les vêtements sont blancs avec une large bordure 
bleue, d'une e'toffe très fine, presque transparente. Le n° 2 
est finement travaille' et il a aussi une pose très élégante 
(fig. I I i). 4. Joueuse de pandourion (fig. 1 12). 7. Jeune mère 
portant assis sur son avant-bras gauche son nourrisson qui est 





Fig. 



Fig-. I] 



tout à fait nu (fig. i 1 3). 8. Jeune femme debout regardant à 
gauche dans une pose e'ie'gante; le bleu et le rouge clair des 
habits sont parfaitement conserve's (voir trichromie). 9. Dan- 
seuse (fig. I 14). Jeune femme debout de face, habille'e du chiton 
et du manteau tire' jusque sur la tête; de la main gauche elle 
tient les deux pans du manteau ferme's sur la poitrine (fig. 94, 
p. 241). Voir aussi les figurines du second rayon, surtout les 
n^^ II, 12, 13, 14. 

Dans le compartiment du milieu : Poteries originales d'Arre- 
Hum et imitations soit locales, soit de fabriques de l'Asie 



17 



258 

Mineure. De nombreux fragments portent la signature soit 
du potier, soit de celui qui avait fait les poinçons pour la 
de'coration. Parmi les sujets qui ornent en relief la surface 
exte'rieure de ces vases {terra sigillata) le plus remarquable 
est le n° i, Ge'nie aile' jouant de la double flûte. Voir aussi : 
2. Tête d'Hercule de profil à gauche. 3 et suiv : gladiateur, 
combattants, masques comiques. — Dans la section droite du 
même compartiment : les restes de deux grands plats en terra 
sigillata de fabrication locale 5 dans le fond du plat, au centre, 





Fig. 112. 



un dattier ; à droite et à gauche de celui-ci, les bustes de 
l'Afrique et de la Mauritanie affronte's 5 tout autour du bord, 
une chasse aux bêtes sauvages : lion, sanglier, etc. 

Vitr. G. Dans le compartiment du milieu, d'autres ^poteries ar- 
rétines et leurs imitations 5 voir parmi les reliefs de ces der- 
nières : I. Set-Typhon (Prov. Kôm-el-Chogafa, Se'rapeum); 2. 
Sarapis 5 3-7. Dromadaires (Memphis). 

BIBLIOGRAPHIE. — Schreiber Th., Die Nekropole von Kôm-esch-Schu- 
kâja, Teil VI, pag. 298 sq. ; Pagenstecher R., Die griechisch-aegyptische 
Sammlung E. von Sieglin, 3 Teil, p. 100 sq. 



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Kl 


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y 


PR^:- 




JB 



Fig-, 114. 



— 259 ■ 

Parmi les (êtes de figurines Jen terre 
cuite expose'es dans le compartiment 
supérieur: i. Un enfant nu à cheval 
sur l'e'paule gauche de sa mère, joue 
avec elle et lui caresse le menton, 
A remarquer aussi la riche varie'te' et 
la complication des coiffures (n"^ 2 et 
aussi 3-4 et suiv.); 5. Charmante sta- 
tuette d'un garçon assis sur un rocher, 
la tête tourne'e vers sa gauche, habille' 
d'une tunique et d'un manteau agrafe' 
sur l'e'paule droite; les cheveux longs, 
boucle's, lui descendent sur les e'paules, 
l'expression du visage est souriante ; 
couleurs bien conserve'es ; 6. Tête de 
jeune femme surmonte'e d'une lourde 
couronne; la statue e'tait de dimen- 
sions conside'rables (haut, de la base 
du cou au sommet de la tête o m. i i). 

Dans la vitr. H : 

Compartiment supérieur. Section à gauche. Figurines en terre 
cuite: i. Enfant souriant debout sur une bigue minuscule 
chargée de raisins, traînée par une couple de chiens (hg. i i 5). 

2. Enfant debout souriant; il 
soulève de la main gauche les 
bords inférieurs de sa tunique 
remplie de fruits. — Dans la 
section du centre : 3. Buste 
d'Hercule, le bras droit armé 
du glaive, soulevé au-dessus 
de la tête; 4. Tête d'Hercule, 
haut, o m. 08, aux formes 
puissantes, pleines de vigueur 
et de force, d'un modelé bien 
rendu (fig. 116); 5. Autre buste 
d'Hercule (plâtre) ; 6. Tête de 
Sarapis. 

Dans le compartiment du 
milieu : Quelques échantillons 
de céramiques en reliej d'épo- 
que romaine, i. Hélène, pour- 
suivie par son mari Ménélas qui 
Fig. 115. menace de la tuer pour venger 





F'sr. 



260 

sa trahison, s'accroche eftVayce à une statue 
dAthèna dont elle implore la protection ; 
en faisant ce mouvement elle laisse tom- 
ber son vêtement et de'couvre toutes ses 
beaute's ; à ce spectacle, ainsi que le mythe 
le raconte, la fureur de Me'ne'las se calme et 
fait place à l'amour renaissant. Cette situa- 
tion est expliquée ici par les petits amours 
qui retiennent le bras de Mene'las arme' 
d'une ëpe'e et déjà soulevé pour frapper. 
Le travail est médiocre, mais la scène est 
charmante 5 2. Hercule terrassant le lion 
de Ne'mée • 3,4, 5. Hercule en lutte avec 
le taureau ; 7, 8, 9, etc. Masques et scènes 



bachiques; 10, 11, 12. Masques de Gorgone; 



La figu- 



rine fragmentaire d'une argile très fine et d'un travail soigne, 
est sans doute hellénistique; elle représente Léda et Zeus, celui-ci 
transformé en cvgne, ainsi que le mythe le rapporte (fig. 117). 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia E., Di alcnni frammenti di vasi cou 
rappresentanze a rilievo, dans B. S. A., 11, p. 298 sq. 

'Vitr. L Figurines en terre cuite. Collection de personnages et 
de masques de théâtre (fig. 1 18- 1 1 9) ainsi que de cflr/ca/«;T5 
et de figurines grotesques. 

Vitrine K. Terres cuites provenant des collines de détritus près 

du faubourg de Hadra. A remarquer: 
i.'^Tête de Galate^ haut, du visage o m. 03. Le Galate est repré- 




Fig. 



201 





Fig. 



Fig. 119. 



sente ^non pas ivre, mais mourant; maigre' l'exage'ration qu'on 
peut constater dans la musculature saillante, cette tète est très 
vivante et pleine d'une expression sauvage et douloureuse 
(fig. 120). 

BIBLIOGRAPHIE, — Reinach A., Les Galates dans Vart alex., p. 43. 

2. Tête de Gauloise aux formes puissantes. Les cheveux en 
mèches épaisses tombent bas sur le front, puis forment de 
part et d'autre deux masses rejetëes en arrière qui couvrent les 
oreilles et descendent jusqu'au cou. 

BIBLIOGRAPHIE. — Reinach A., o. c, p. 50-51. 

3. Tête de Faune (reconnaissable aux oreilles pointues, anima- 
lesques) ivre (fig. 12 \\ Il devait faire partie d'une statue ana- 
logue à celle du Muse'e du Gaiie, provenant, paraît-il, d'Alex- 
andrie et connue sous la de'nomination de Satyre cà l'outre. 
D'autres figurines de ce type ont e'te' re'cemment découvertes 
à Kertch. 

BIB[ lOGRAPHIE. — Rkixach A., o. c, pas,-. 38; Pharmakowsky, 
Fragments de statuettes de Satyres de la ville de Kertch (en russe), Odessa, 
1912, pag. 18, PI. II. 

Dans la section à droite, une se'rie de Lampes^ de Statuettes 
et de Lanternes: \. Lanterne de'core'e d'une Venus nue, age- 
nouille'e, faisant une torsade de ses cheveux; 2. Buste de Mi- 
nerve; 3. Eros; j\. Buste de nègre; 8. Joueuse de trigon{fig. 122); 
9. Lampe à support; 10. Lampe-statuette : Venus debout sor- 
tant du bain ; les habits ramasse's autour des genoux laissent 
à de'couvert le reste du corps ; les mains souleve'es font une 
torsade de ses longs cheveux; 11. Lampe-statuette: Eros aile' 
embrassant passionnément Psyché (fig. 123). 



Dans la section du centre : 

i6. Façade de temple : on y monte par un haut escalier de dix 
degre's flanque' de deux sphinx ; les colonnes, lisses jusqu'au 
tiers de la hauteur dans la partie inférieure, sont ensuite can- 
nele'es et surmonte'es de chapiteaux corinthiens : le fronton est 
triangulaire avec acrotères ; dans l'encadrement de la cella 
on voit une statue de Minerve; 13-14. Masques; 15. Lampe dont 
l'anse est forme'e par un Eros aile' accroupi ; 1 6 (fig. 1 24). On 
a voulu voir dans cette lanterne ou veilleuse une reproduction 
(très mauvaise sans doute du ce'lèbre Phare d'Alexandrie, qui 





Fig. 12] 



avait le premier e'tage carre', le second octogonal, le troisième 
cylindrique; 17. Statue de Minerve; 18-19-20. Bustes de Mi- 
nerve: 21. etc. Lampes à support. 

Dans le compartiment du milieu horizontal) : 

Collection de lampes romaines, dont plusieurs pourvues de la 
marque de fabrique (Strobili, Octavi, etc.). Presque toutes ont 
la cuvette supe'rieure de'core'e d'une figure d'animal (chien, 
lion, ours, gazelle, taureau, dauphin, aigle, ibis, lapin, saute- 
relle et ainsi de suite . 



Vitr. L. Moules en terre cuite pour fabriquer des figurines en 
terre cuite v. n°^ 1-2). et moules soit pour cacheter des pains, 
des gâteaux, peut-être aussi des bouchons d'amphore, soit 



263 — 

aussi pour décorer en relief certains 
produits ce'ramiques. A côté de chaque 
moule est exposée son empreinte en 
plâtre. Il y en a qui sont d'un tra- 
vail assez fin et qui reproduisent des 
motifs gracieux. 1-3. Bustes de Dio- 
nysos (fig. 125)5 4. Vénus ou Amphi- 
trite sur un cheval marin; 5. Hercule 
luttant contre un centaure; 6. Vieux 
nain nu, dansant à côté d'une*amphore 
remplie de vin ; dans la ['droite il 
tient un trigon, dans la gauche une 
coupe; 7. Amphion jouant du pan- 
dourion^ à cheval sur un dauphin ; 
8. Coq marchant à gauche dans la 
pose orgueilleuse qu'on lui connaît. 

Au centre de la salle : 




Fig, 122. 



Vitr. FF. Collection de fragments de poteries de Naucratis 
(Kôm Gaief). 

On sait que Naucratis était la ville où Amasis, vers la moitié 
du VI"^® siècle av. J.-Ch., avait réuni la plus grande partie des 
mercennires et marchands grecs qui depuis Psammetik étaient 
dispersés dans plusieurs camps fortifiés de l'Egypte. Naturelle- 
ment ces Grecs entretenaient un commerce suivi avec la patrie 
d'origine ; en conséquence, on trouve dans les ruines de la 
ville beaucoup de fragments de vases rhodiens, ioniens, chy- 
priotes, attiques, etc. des VI"^^, V'"'^ 
et IV'"*^ siècles. 



Les mosaïques, qui décorent le parquet de 
cette salle, sont formées par de petits 
cubes polychromes. Les dessins pré- 
sentent des combinaisons très variées 
de motifs géométriques. Elles provien- 
nent toutes des ruines de Canope (au 
sud du fort Tewfik, près d'Aboukir), 
où elles décoraient probablement le Sé- 
rapeum ou quelqu'une de ses annexes. 

Parmi les lampes dans la vitrine-pyramide 
au centre de la salle, plusieurs sont re- 
marquables, soit par le nombre des 
mèches (n"^ 1-8), soit par la forme (n" 9, 




Fig-. 123. 




264 

Eros ailé endormi), soit par la scène 
reproduite en relief sur la cuvette ; 
10-20. Gladiateurs isole's ou par couples, 
se battant en duel (fîg. 126 et p. 237); 
21, Les trois Grâces 5 22. Minerve; 
23. Isis alexandrine, une corne d'abon- 
dance sur le bras gauche, un radeau 
dans la main droite ; 24. Victoire de 
profil à gauche, soutenant un bouclier 
rond ou un me'daillon (fig. 127); 25-26. 
Faunes jouant ou dansant ; 27. Eros che- 
vauchaut un cheval marin, bordure ri- 
chement de'core'e, anse forme'e par un 
buste d'Isis (fig. 128); 28. A forme de 
pied, la mèche est sur l'orteil, etc. 

Dans la vitr. H H en face de l'entre'e de 
Fig. 12^. la salle : 

En bas: deux urnes cinéraires du type 
dit de Hadra, de'couvertes dans la nécropole de l'Ibrahimieh. 
Celle qui garde ! encore son bouchon, fermant avec du plâtre, 
contient les cendres d'une certaine Agonis, morte l'an 25 du 
roi (Ptolémée Philadelphe, 261-0 av. J.-Ch.). — Dans le com- 
partiment supérieur: Grande urne cinéraire hydriforme en terre 
cuite vernissée en noir, avec des zones de décoration en blanc 
superposé et des médaillons en relief sur les épaules, soutenus 
par de jeunes femmes (fig. 129). Dans ce vase l'imitation des 
vases en bronze est évidente. Sur le bouchon est insérée une 
figurine en terre cuite vernissée noire, image, infidèle sans doute 
et seulement intentionnelle, de la défunte, dont l'urne renferme 

les cendres. Prov. Nécropole de 

l'Ibrahimieh. 



Dans les vitrines le long de la paroi 
droite de la salle, sont exposées 
les nombreuses statuettes en terre 
cuite connues sous l'appellation 
imparfaitement exacte de figurines 
du Fayonm. Ces figurines, qui ne 
peuvent à aucun titre réclamer 
l'admiration pour leur valeur 
artistique, sont néanmoins d'un 
intérêt" considérable pour l'étude 
des croyances et des mœurs popu- 




Figr. 125. 



265 



Elles sont en ge'néral creusées. 




Fig. 



laires. 

travaille'es au moule. On en a trouve' en 
grand nombre, surtout au Fayoum, mais 
aussi dans d'autres villes de l'Egypte ro- 
maine (Akhmîn, Ehnâs, Hermoupolis, 
Coptos,Abydos, Antinoe', etc.). La plupart 
sont des figures de divinite's gre'co- 
egyptiennes et d'animaux sacrés ; mais 
il y a aussi un bon nombre de grotesques, 
de caricatures, de paysans, d'ouvriers, 
de sujets de genre, de figures d'animaux. 
Dans toutes les statuettes qui ne^.sont 
pas des caricatures ou des figures d'ani- 
maux, on a voulu chercher une signi- 
fication religieuse ou symbolique (pleureuses, concubines du 
mort, porteurs de viandes pour le de'tunt). 

Il est eVident que les images de divinités n'étaient pas exclu- 
sivement décoratives et qu'elles devaient servir 
comme intermédiaires entre Thomme et la 
divinité; mais très souvent, à mon avis, ceux 
qui fabriquaient ces figurines et les gens du 
peuple qui les achetaient ne voyaient pas dans 
toutes ces poupées une personnification déter- 
minée, et ne leur attribuaient pas une signi- 
fication symbolique précise. Au fond, beaucoup 
de ces figurines ne sont pas très différentes 
de celles qu'on vend de nos jours aux pay- 
sans dans les foires de campagne et les jours 
de fêtes autour de certains sanctuaires. 

HIBLIOGRAPIUE. — W. Schmidt, Die Griesk-aeg. Terrakotter iny 
CarlsbergGlyptothek, Copenhague, 1911; Id., Choix de monuments égyptiens, 
lime série (Glypt. Ny-Car Isherg), l'ruxelles, 1910 ; Kaufmann C. M., Die aeg 
lerrakoten ci. griech.-roetn. Epoque, Caire, 1913 ; Reixach Ad., Catalogne 
des anliq. égypt. recueillies dans tes fouilles de Coptos en 1910-1911, expo- 
sets au Musée de Lyon, p. 87 sq. 

L'ouvrage de Webkr W., Die aegyptisch- 
griechischen Terrakoiten (Kônigl. Mus. zu Ber- 
lin), Berlin, Curtius, 1914, m'est parvenu pendant 
la correction des épreuves, trop tard pour l'uti- 
liser comme je l'aurais voulu. 

Le prof. Pau] Perdrizet éditera le Catalogue 
des terres-cuites de la richissime collection Fou- 
quet ; les prof. R. Pagenstecher et S. Loeschke a- 
nalyseront Us terres-cuites de la collection S'eglin. 

Dans la vitr. P : 

Rayons a. b, 1-24. Dans ces cônes de terre 

cuite à l'intérieur creux, généralement 

ouverts en haut et en bas, (hauteur 18- l'ig. 128. 





266 

2 2 cm.) on a voulu voir des supports de torches, mais ceci 
peut paraître douteux. Ils affectent souvent une forme phallique, 
et sur la surface antérieure, ils portent en bas-relief quelquefois 




Fi g. 129. 



une figure qui rappelle par certains de'tails Sarapis-Dionysos, 
par d'autres Priape; d'autres fois, une tête sile'nique de vieillard 
dans la partie infe'rieure, reliée par des rinceaux et des grappes 
de raisin à une tête juve'nile (probablement du cycle diony- 



2 07 

siaque), placée près de l'extre'mite' supe'rieure. Au lieu d'être 
un ustensile, ne serait-ce pas un objet de'coratif auquel ce- 
pendant la superstition du peuple attribuait une influence pro- 
pitiatrice sur la fe'condite'? — 25-32. On a vu dans ces pièces 
des griffes de sistre ou des gaines de poignards. Ce sont 
des espèces de cônes renversés^ qu'on pourrait croire formés 
par des bouquets de longues feuilles surmonte's soit d'une 
double corne d'abondance, soit d'une sorte de calice, soit de 
deux torches, et de'core's dans la partie supe'rieure, soit d'un 
buste de Sarapis entre des festons de fleurs et de grappes de 
raisin, soit d'un serpent uraeus se dressant entre les cornes 
d'abondance. — 33-3 5- V<^ses à libations (?) ou plutôt lampes. 
Quelqu'un voit d:ms la figure ap- 
puye'e à la colonne la gardienne 
(Athèna ou Rome) du bouclier à 
l'e'tranger 5 mais il faut observer 
qu'il y en a même sans la figure 
de femme guerrière avec bouclier. 
Au-dessus d'un re'cipient oblong, 
affectant en gros la forme d'une 
barque, et soutenu par deux ou 
quatre pieds, se dresse une colonne 
surmontée d'une tète de cygne au 
long cou. A la colonne, du côte' in- 
te'rieur, est adosse'e une femme 
casque'es'appuyant sur un bouclier. 
Rayon c. 3Ô-40. Femmes as- 
sises sur une haute base cubique, 
les jambes e'carte'es, le manteau 
tire' sur la tête. Nos exemplaires 
ont tous les bras coupe's, mais il 
est probable que ces fractures ne _^ 

sont pas intentionnelles. Les bras travaille's à part et.^ajoute's 
avec du plâtre, e'tant souleve's, e'taient sujets à se casser facile- 
ment et à disparaître. Pre'tendues orantes ou pleureuses (à vrai 
dire, elles sont souvent souriantes), quelquefois nues, quel- 
quefois habillées. Sur le vêtement elles portent une longue 
chaine qui descend du cou sur la poitrine, ou se croise pour 
descendre sur les hanches et continuer derrière le dos. Sur 
la poitrine la chaîne est fermée par une grosse plaquette ou 
agrafe ronde. 

Rayon f. Nombreuses statuettes de Bcs^ tenant les mains ap- 
puyées sur les genoux, ou bien portant une épée dans la main 
droite, à la façon d'un guerrier. Sur trois exemplaires, au- 




Fig. 130. 



2 68 




-^ . dessus de la haute couronne de plumes, 
se dresse un naos du bœuf Apis repre'- 
sente' de profil à droite, le disque solaire 
entre les cornes (fig. 130). 

Dans la vitrine Q: 

Rayon a. Tyiiipanistres. Figurines de 
femmes habillées d'une longue tunique, 
couronne'es de fleurs, en train de jouer 
du tambourin qu'elles tiennent de la main 
gauche souleve'e et qu'elles frappent de 
la main droite. Quelques-unes jouent et 
dansent en même temps. 

Ravon b. Figurines de femmes nues, 
portant des couronnes suspendues au cou, 
les mains souleve'es au-dessus de la tête 
pour soutenir une corbeille large et pro- 
fonde. Elles sont extrêmement grasses ; 
p'»- 13 '• leurs seins longs et pleins, tombent sur le 

ventre enfle' (fig. 131). Dans ces cane'phores 
quelques arche'ologues ont reconnu des concubines ou des ser- 
vantes du mort ; le Dr Regnault y voit une femme enceinte et 
presque à terme. Les seins ressemblent de'jà à deux outres 
pleines. {U Univers médical^ 25 janvier 1914.. Il peut se faire 
que ce soit un sujet de genre, sans aucune signification spe'cifique. 
— D'autres figurines reproduisent un autre type de la femme 
nue à la coiffure complique'e, la tête orne'e d'une lourde couronne, 
les bras et les pieds charge's de bracelets, les 
jambes coUe'es l'une contre l'autre, les bras al- 
longe's et colles au corps (fig. 132). Il semble 
qu'à l'origine on ait voulu repre'senter une 
déesse de la volupté (Hathor, Aphrodite), mais 
qu'on ne tarda pas à y voir tout simplement 
des courtisanes. Schreiber pensait que ces fi- 
gurines de'pose'es dans les tombeaux étaient les 
concubines du mort. 

Rayon c. Figurines de femmes richement coif- 
fe'es, habille'es d'une tunique pourvue d'un long 
apoptigma et pare'es d'une longue chaîne qui 
entoure le dos, les épaules et les hanches et qui 
est fermée sur la poitrine par une boucle ronde. 

Dans les vitr. R, S, T, on a réuni la collection de 
statuettes représentant Harpocrate^ dans une 





269 • ■ 

riche variété d'attitudes et de symboles. Nous 
avons eu de'jà l'occasion de signaler (salle i i) 
la grande popularité' acquise à l'e'poque ro- 
maine par cette forme d'Horus (Horus enfant) 
sur laquelle on accumula une grande quantité 
de symboles. 

Vitr. R. — Rayon a. Harpocrafe debout, de 
face, habille' d'une longue tunique, la tête 
chauve, sauf une longue boucle lui descendant 
sur l'oreille droite (cette caracte'ristique per- 
met de distinguer facilement Harpocrate d'E- 
ros, ou d'un enfant quelconque ou de toute 
autre divinité'), un double bouton de lotus au 
sommet de la tête en guise coiffure (fig. 133). pi.r_ 13.. 

De la main gauche il tient un vase appuyé' 
sur la hanche, la main droite fuit le geste de 
puiser dans ce vase. Harpocrate au vase, mais couronne' de 
fleurs, habille' d'un manteau agrafe' sur l'e'paule droite, jeté' 
derrière le dos, l'index de la main droite appuyé' aux lèvres 
faisant le signe du silence. Le même, nu, ithyphallique. — 
Rayon b. Harpocrate habille' ou nu, accoude' à un pilier, la tête 
surmonte'e de la couronne de la Basse et de la Haute Egypte, 
une corne d'abondance sur le bras gauche, l'index vers la 
bouche (fig. 134). Sur quelques exemplaires la couronne est 
celle d'Ammon. — Rayon c. Le même ; 
le même assis. 



Vitr. S. — Rayons a, fc, c. Harpocrate avec 
la double couronne des pharaons, nu ou 
habille' d'une tunique, assis ou à demi- 
couche', soit sur sa jambe gauche, soit sur 
sa droite, un vase dans la main gauche 
et faisant de l'index droit le signe du 
silence. Le même, assis sur une base cu- 
bique, coiffe' d'une lourde couronne sur- 
monte'e de la double couronne pharaonique 
entre deux boutons de lotus. 

Vitr. T. — Rayon a. Harpocrate coiffe' de 
la double couronne, habille' d'une courte 
tunique, l'index aux lèvres, montant un 
cheval qui marche de profil à droite. — 
Ravon h. Le même sans couronne, habille' 





270 

d'une chlamys, armé d'un bouclier 
rectangulaire et d'une e'pe'e (fig. 
135). i.e même à cheval sur une 
oie. Le même à cheval sur le 
be'her sacre'. — Rayon c. Har- 
pocrate assis sur sa jambe gauche 
au-dessus d'une haute base circu- 
laire 5 le bras droit manquant est 
remplacé par une fissure oblongue 
(était-ce le couvercle d'une tire- 
lire ?). — Rayon d. Harpocrate 
nu, assis, souriant, aux formes 
potelées, une hitlla suspendue au 
cou. Buste du même typ2. — 
Rayon e. Harpocrate assis, un 
vase entre ses jambes, dans le- 
ï^'o- '35- quel il puise avec la main droite ; 

rinde.x de la main gauche porté 
aux lèvres. Doubles images d'Harpocrate accoudées. — Rayon/. 
Harpocrate dans un naos. Le même coiffé de la double cou- 
ronne pharaonique, assis sur une grosse fleur de lotus. Le 
même en Osiris. Le même soutenant sa propre image assise 
sur son épaule gauche. 

Dans la vitrine U: 

Rayon a. 1-4, Zens assis sur un trône, le corps de trois 
quarts à gauche, la tête tournée à droite ; le manteau lui 
couvre seulement le dos et la moitié inférieure des jambes, 
laissant à découvert tout le reste du corps aux formes puis- 
santes, un aigle aux ailes déployées est à ses pieds, debout, 
adossé à la jambe gauche du dieu, la tête levée vers lui. 5-6. 
Statuettes de Sarapis assis sur un trône dans la pose que 
nous avons déjà eu l'occasion de décrire à maintes reprises, 
la main droite posée sur la tête du Cerbère qui est debout, 
de face, adossé à la jambe droite du dieu. 

Rayon h. Bustes et médaillons de Sarapis, anses d'amphores 
avec l'image en relief de cette divinité si populaire. Buste de 
Sarapis sur un fauteuil. 

Rayon c. Dans la moitié gauche : Isis alexandrine^ une 
corne d'abondance sur le bras gauche, la main droite appuyée 
à un radeau. Isis allaitant son enfant Horus; 5. Isis donnant 
le sein au bélier sacré. — Dans la moitié droite : Isis (ou prê- 
tresse d'Isis) richement habillée de lourdes couronnes en ban- 
doulière, la tête surmontée de la couronne hathorique, le bras 



droit soulevé agitant le sistre. La 
même soutenant dans la main droite 
souleve'e à hauteur de l'e'paule le 
vase qui renferme l'eau sacre'e. 

Rayon d. Isis-Cérès debout, de face, 
habillée d'une tunique et d'un man- 
teau tire' jusque sur la tête, surmon- 
te'e du calathus, la main droite ap- 
puyée à une énorme torche place'e 
verticalement, la pointe infe'rieure 
au sol, la flamme en haut à hauteur 
de la tête de la de'esse. 

Rayon e. Isis-Cérès debout, de 
face, la tête surmontée de la couronne 
hathorique, la moitié' infe'rieure du 
corps en serpent replie' sur lui-même 
et tenant dans ses replis des e'pis. 

Rayon f. Buste de Minerve qui 
surmonte une petite lampe adossée 
du côté droit à la base du buste. 




Fig. 136. 



Dans la vitrine V : 

Rayon a. Figurines de Vémts. Vénus sortant du bain, 
l'himation abandonné sur les hanches, faisant le geste d'ar- 
ranger ses longs cheveux mouillés. La 
même tout à fait nue. La même age- 
nouillée sur sa jambe droite. Vénus à 
demi-couchée sur le côté gauche dans une 
barque. La même s'enveloppant la poi- 
trine d'une zone ou ceinture. 

Rayon h. Plaquettes oblongues avec 
l'image en relief de Vénus dans un naos, 
debout, nue, faisant une torsade de ses 
cheveux. 

Rayons &, c. Figurines de femmes de- 
bout, de face, rappelant par l'attitude et 
par les vêtements abandonnés sur les han- 
ches, ou par leur complète nudité, le type 
de Vénus que nous venons de décrire 5 
mais celles-ci ont les mains soulevées vers 
la tête pour soutenir une corbeille remplie 
de fruits, au milieu desquels se dresse un 
serpent uraeus. Adossés aux jambes on 
Fig. 137. observe : quelquefois un garçon jouant 




de la double flûte à droite et une amphore à gauche 5 quel- 
quefois un joueur de flûte à droite, une danseuse à gauche. 
Même dans ces figurines Schreiber avait cru voir des con- 
cubines des morts. 

Rayons d^ e. Gracieuses figurines d'Eros dans différentes at- 
titudes, charge'es de ditfe'rents symboles ; debout, soutenant une 
longue et lourde torche ; debout, de face, habille' d'une tunique, 
les ailes de'ployëes, la tête inclinée sur l'épaule droite, la torche 
appuye'e sur l'épaule gauche et derrière la nuque. Eros guer- 
rier de profil à droite, coifïé du polos, habillé de la chlamys, 
un bouclier rond dans la main gauche, une épée dans la main 
droite (fig. 136). Le même armé de la torche. Eros guerrier de- 
bout, de face, armé d'un bouclier oblong. sur une fleur de 
lotus (fig. 137). Eros en orant, debout, les mains jointes sur 




Fig. 138. 

la poitrine. Le même couché sur le côté gauche, et faisant 
du bras gauche un coussin à sa tête. Le même assis, endormi, 
coifl'é du polos, le menton appuyé sur ses mains entrelacées 
et posées sur le genou gauche soulevé. 

Dans la vitrine X : 

Rayons a, b, c. Petites têtes appartenant à des figurines de 
différents types féminins 5 elles sont remarquables par la ri- 
chesse, la variété et la complication des coiffures (fig. 138). 

Rayons d, e^ f. Femme assise sur un socle élevé, jouant 
du trigon. Deux jeunes femmes jouant à Vephedrismos. Sujets 
de genre: Grotesques: Caricatures; Objets divers. 

Rayon d. i. Porteur d'eau, un gros vase rempli de ce liquide 
sur l'épaule droite; 2. La cueillette des dattes: au paysan est 
substitué un singe (fig. 139); 3. Paysan, le dos chargé de palmes 
de dattier, qui marche en chantant et en jouant de la double 
flûte. 4. Chameau chargé d'amphores, entre lesquelles est assis 



273 

le chamelier ; le chameau, qui s'est couche sur le ventre pour 
faciliter le chargement, est sur le point de se soulever pour se 
mettre en marche 5 5 (fig. 140). Une grenouille jouant de la lyre. 
assise sur un gros poisson (caricature d'Amphion?); 6. Lampe 
très gracieuse, l'anse souleve'e par un jeune nègre accroupi 
tenant une lanterne dans sa main gauche ; 7. Partie supe'rieure 
d'un vase à tête de nègre ; 8. Pastophores (prêtres de rang 
infe'rieur) portant en procession un naos. 

Vitr. J. Objets divers. Ustensiles. Animaux. — Un homme coiffe' 
du polos, debout sur un char à deux roues, faisant le geste de 





Fig. 139- 



Fig. 140. 



fouetter les chevaux (qui manquent). — Poignard et manches 
de poignard. — Fauteuils. — Grosse fleur de lotus sur une base 
à degre's. — Oiseau sur une pomme (?). — Griffon tramant une 
roue avec la patte droite ante'rieure. — Représentation sym- 
bolique de Ne'mésis. — Le bœuf Apis. — Un groupe de chiens 
(le type maltais est prédominant); un le'opard, un e'ie'phant, des 
chevaux harnache's ou non. — A remarquer les chevaux en 
bois fixe's sur des rouelles, qui devaient servir comme jouets 
d'enfant. 



Une série de figurines a cté classée dans une chambre qui est 
fermée d'ordinaire et qui ne peut être visitée qu'avec l'autori- 
sation du Directeur du Musée. 



274 



SALLE 19. 



A rentrée de la Salle, accroche' au pilier de gauche : Frag- 
ment d'une mosaïque (fig. 141) d'une grande finesse, travaille'e 
avec de tout petits cubes polychromes coUe's sur des dalles 




Fig. 141. 



en terre cuite. La figure quife'tait repre'sente'e dans le fi-agment 
que nous posse'dons était celle de Klio, la Muse de l'histoire. 
Prov. Alexandrie (Hadra). 

Au centre de cette salle a e'te' de'posee une belle mosaïque de'- 
couverte entre le cimetière israe'lite et la plage de la mer 
(Chatby). Dans un carre' borde' d'une bande blanche et noire 
est inse're' un cercle borde' d'une bande noire et d'une bande 
blanche. La surface du cercle est occupe'e par une fleur co- 
lossale e'panouie, dont les pe'tales sont e'tendus sur un plan 



275 

horizontal. Dans ces mêmes pe'- 
tales sont inse're'es des branches 
de lierre. L'espace entre les sé- 
pales est occupe' par des couples 
de volutes convergentes se'pa- 
re'es par une figure qui ressemble 
à une pointe de lance. Les 
quatre angles sont occupés par 
quatre calices, dont les anses 
se prolongent en amples volutes. 
Deux côte's du carre' sont flan- 
que's de deux larges bandes por- 
tant un dessin en « grecque ». 
La mosaïque est forme'e de petits 
cubes de pierre polychromes 
(noir, blanc, jaune, rouge-brun) distribués avec goût. 




Fig, 



Dans les vitrines verticales A. B, G, D, ont été réunies des fi- 
gurines en terre cuite provenant presque toutes de Kôm-el- 
Chogafa. 

Vitr. A. Animaux^ sacrés on non. — Rayon a. Aigle, Poule, Lion, 
Anubis. — Rayon h. Chiens ; n° 5. Cerbère (les deux têtes laté- 
rales font défaut), la poitrine enveloppée dans les replis de 
deux serpents ; travail soigné; l'expression féroce du gardien 
de l'enfer est bien rendue. — Rayon c. Baudets chargés d'un 
gros sac ou de couples d'amphores. 



Vitr. B. — Rayon a. Anses de lampes : n°^' 5-8. Polyphème à de- 
mi-couché sous un arbre, jouant de la flûte de Pan; le bélier 
à ses côtés, une lyre suspendue à la branche de l'arbre. Le 
prof. Sauer de Kiel prépare une étude 
détaillée de ces anses. — Rayon h. Anses 
de lampes: i (fig. 142). Le Nil, sous la 
forme d'un beau vieillard à la longue 
barbe bouclée, presque nu (le manteau 
enveloppe les cuisses seulement), assis 
au-dessus d'une fleur de lotus, coiff'é du 
double bouton de lotus, une corne d'abon- 
dance sur le bras gauche, une branche de 
papyrus dans la main droite. V. aussi le 
n^ 2: une figure féminine (Euthenia ou 
l'Egypte) est aux pieds du Nil à demi- 
Fig, 143. couché et regarde vers lui. — Rayon b. 




^ . — 27G 

Sarapis sur un trône; Bustes de Sarapis et d'Isis; Isis sur un 
trône, allaitant Horus. — Rayon c. Bustes de Sarapis. — Ra- 
yon d. Bustes d'Isis. 

Vitr. G. — Ravon b. i. Sept amphores bouche'es range'es sur des 
e'tagères au-dessus d'un gros zire ; 2. Harpocrate debout ha- 
bille' d'une tunique et d'un manteau. la tête surmonte'e d'une 
lourde couronne, une corne d'abondance sur le bras gauche, 
l'index droit aux lèvres, une oie à ses pieds; 3, Vase canope 
à tête d'Osiris au-dessus d'un socle orne' de reliefs; 4. Gyno- 
ce'phale, une bulla suspendue au cou sur la poitrine, la tête 
surmonte'e du disque solaire. — Ges quatre figurines provien- 
nent d'une tombe de la nécropole occidentale. — F^ayon d. i. 
Tête d'Hercule couronne'e de lierre; 2-3. Têtes de Minerve; 
4-5. Têtes de Pan et de Silène; 6. Hercule nu, debout, de 
face, la main droite appuve'e sur la massue porte'e comme 
une canne, la peau de lion sur l'avant-bras gauche, les pommes 
des Hespe'rides, qu'il vient de voler, dans la main gauche légè- 
rement souleve'e; 7. Hermès ou Mercure adosse à un pilier 
(fragment de vase?;, debout, de face, habille' d'une chlamys 
jete'e derrière le dos, le caduce'e dans sa main gauche. 

Vitr. D. Amusante série de figurines grotesques et de cjricatures 
(fig- 143)- 

Dans les vitrines verticales I et II a été arrangé le luohilier fu- 
néraire recueilli au cours des fouilles de 191 2 dans la né- 
cropole de Hadra. 

Dans la vitr. I, à remarquer surtout le superbe vase en émail 
bleu, parfaitement intact, décoré de trois masques de Bès 
en relief sur l'épaule et d'une statuette de Bès debout entre 
l'épaule et l'orifice ; toute la surface extérieure est ornée 
de figures d'animaux fantastiques ou réels encadrés par des 
zones de rosettes et de spirales (commencement du lîl'"*^ siècle 
av. J.-Gh.). A remarquer aussi plusieurs des figurines en terre 
cuite. — Rayon a. Statuettes de jeunes femmes debout, de 
face, habillées du chiton et de l'himation, dont les pans sont 
ramenés sur la poitrine par la main gauche, la main droite 
étant soulevée et appuyée sur la hanche. — Rayon h. \ Joueuse 
de trigon; 2. Charmante figurine d'enfant souriant, à demi-nu 
(le manteau rejeté sur l'épaule gauche et derrière le dos), qui 
s'accroche à une herma de Dionysos, pour protéger contre 
quelqu'un, qui veut la lui prendre, une pomme qu'il garde 
dans sa main droite; une oie est adossée à sa jambe gauche. 



. -^77 — 

Couleurs délicates bien conserve'es ; 3. Garçon et tiilette (celui- 
là nu, celle-ci habille'e du chiton) se disputant un canard 
(fig. 144). — Rayon c. i. Tète de de'ge'ne're' ou de fou, d'un 
travail exquis; 2. Superbe tète de cheval harnache; 3. Vieux 
Silène ; 4. Harpocrate à demi-couche sur une barque charge'e 
d'amphores, couronne de fleurs, du double bouton de lotus 
et de la double couronne de la Haute et de la Basse Egypte. 

Vitr. II. Urnes cinéraires h décor polychrome et urnes à de'co- 

ration en couleur noire rehaussée de blanc; urnes en albâtre; 

lekane à figures rouges. 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia, Rapport sur la marche du Service du 
Musée pendant faniiee 1912. 

Dans les vitr. III et IV sont exposées : 
Douze belles nrnes cinéraires en al- 
bâtre. 

Dans les quatre niches aménagées dans 
les parois de la chambre : 

Entre les vitrines A et I : i. Stèle fu- 
néraire en calcaire nummulitique (la 
scène peinte a tout à fait disparu) 
pour le thessalien Hippocrate fils de 
Philofes., qui était certainement un 
mercenaire au service des Ptolémées ; 
2. Stèle en forme de naos portant 
en relief une scène mal conservée, 
mais d'une touchante inspiration: une i"'g"- 144- 

jeune fille s'efforce de tenir soulevée, 

assise sur son lit, sa mère mourante, à qui la respiration manque 
et à qui les trois coussins qu'on lui a placés derrière le 
dos ne donnent même plus de soulagement. 

Entre les vitr. II et B : 3. Stèle peinte en forme d'édifice sur- 
monté d'une corniche décorée de triglyphes et de métopes : 
la scène peinte représente une femme prenant congé de son 
mari, pendant qu'une femme de chambre lui arrange sa toilette 
funéraire (il est intéressant de noter l'effort de l'artiste pour 
reproduire un salon en perspective avec son plafond à cais- 
sons). 

Entre les vitr. G et III : 4. Stèle en forme de petit temple; dans 

les parois du fond est peinte une scène de congé entre deux 

soldats. 

Entre les vitr. IV et D : 5. Fausse porte peinte sur la dalle de 

fermeture d'un loculus : les pleureuses qui soutiennent la 




278 

tessera portant l'epithaphe, les deux têtes de Gorgone et 
surtout l'Hermès dessine' à gauche de la pseudo-porte, reVè- 
lent une habileté' qui n'est pas coutumière dans cette cate'gorie 
de monuments hellénistiques, (v. Rapport du Mnsce^ 19 12). 

Dans la vitrine-table on peut voir plusieurs tessères en os, en 
ivoire et en verre. Quelques-unes portent des noms propres, 
d'autres des chiffres, d'autres des figures en relief (têtes humai- 
nes, joueuse de lyre, crocodiles). Gomme curiosité' observer les 
trois dents naturelles relie'es par un fil d'or et appartenant à 
un cadavre enseveli dans la ne'cropole de Tlbrahimieh, au III'"^ 
siècle av. J.-Ch. 

Dans la vitrine verticale isole'e, place'e en tace de la mosaïque : 
Urne cinéraire gardant encore sa belle couronne de fleurs ar- 
tificielles (fig. 145). Elle a e'te' de'couverte dans la ne'cropole 
de Chatbv, dont le mobilier fune'raire est réuni en grande 
partie dans la salle 20-21. (Entre la fin du IN'"'*^ et la pre- 
mière moitié' du III'"'-' siècle av. J.-Ch.). 




t-'^. 145- 



279 



SALLE 20. 



Au milieu de la salle est place le groupe, 
malheureusement mutile, de Dionysos et 
de Faune, découvert à gauche de la Porte 
Rosette, lors de la de'molition des fortifica- 
tions. Maigre' sa mutilation, ce groupe, 
sculpte dans un beau marbre blanc, pro- 
duit une bonne impression. Dionysos dans 
une pose d'abandon devait s'appuyer sur 
un jeune Faune, lui passant le bras gauche 
autour du cou. Le Faune passait son 
bras droit derrière le dos de Dionvsos. 
La jambe droite du dieu s'appuyait à un 
tronc de \igne; adosse'e à celui-ci e'tait une 
panthère. De ce groupe on connaît plusieurs 

re'pliques (la nôtre se rapproche plus particulièrement de celle 
du Muse'e Ghiaramonti, Vatican), dont l'original remonte pa- 

• raît-il, à l'ccole de Praxitèle, 




Fig-. 146. 



Sur le soubassement à droite et à gauche de l'entre'e sont 
placées plusieurs sicles peinte^^ dont quelques-unes très bien 
conservées, maigre leurs vingt-deux siècles d'existence : 

1. (à gauche). Une femme assise sur un 
haut fauteuil de profil à droite, habillée 
du chiton et de l'himation tire sur la 
tète, berce sur ses genoux un petit enfant. 
Elle s'appelait Isodora et e'tait originaire 
de la Cyre'naïque. 

2. Jeune officier caracolant sur un superbe 
cheval qui marche à gauche. Le cheval 
est richement harnache'. Le cavalier est 
arme de la cuirasse, de l'e'pe'e et de la 
lance ; une chlamys agrafe'e sur la poi- 
trine lui Hotte derrière le dos. Une ordon- 
nance qui tient de la main droite la 
queue du cheval court derrière son maître. 
C'est un olLicier originaire de la ALncJ- 




Fig-. 147. 



28o 

doine, mort à Alexandrie peu d'an- 
ne'es après la fondation de la ville. 

Dans la grande viir. A, on peut ob- 
server un groupe d'urnes ciné- 
raires. A remarquer l'urne n" i, 
qui est recouverte d'une couche 
de stuc jaune, sur lequel est estam- 
pe'e une de'coration à motifs ge'o- 
me'triques et floraux (imitation évi- 
dente des vases en or ou en argent) : 
voir aussi des poteries vernisse'es 
noires (fig. 14Ô) aux formes varie'es, 
des figurines en terre cuite, des 
vases poly- 
chromes en 
verre (fig. 
147)- 

Grande vitr. B. 
Autres belles 
figtirines^^^u- 
tres vases : 
Jeunes fem- 
mes assises 
(1-2) ou de- 
bout (3-4-5) 
en habit de 

promenade • une joueuse de trigon (fig. 

148) (6); des enfants en train de faire 

leurs devoirs d'e'coliers (fig. 149) (7-8-9) 

ou de jouer avec des animaux (10), etc. 

A remarquer aussi un large plat d'al- 
bâtre qui avait servi au repas funéraire 

et qu'ensuite on avait cassé, en déposant les morceaux dans 

la tombe. 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia Ev., La necropoli di Sciatbi, t. I, 
p. LVI, 212, t. II, pi. LXXXII, Caire, 1912. 





■g- 149- 



,8i 



SALLE 21. 



Dans la Vitrine-table: i (11056). Couronne de fleurs artificielles 
en terre cuite peinte ou dore'e. On y compte plus de cent 
fleurs qu'on peut distribuer entre quatre ou cinq varie'te's. Plu- 
sieurs ont la corolle d'une seule pièce avec rebord dentela' et 
un petit bouton relevé' au centre. Celles-ci sont entièrement 
dore'es ; d'autres ont la corolle forme'e par huit se'pales oblongs 
qui sont peints en diff"erentes couleurs, rouge, vert, bleu. etc. 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia E., Ghirlandomania alessandn'na, 
dans Musée Egyptien. III, 1, et dans Necropoli di Sciatbi, Cap. VII. 

Dans la même vitrine : D'autres couronnes et branches de lau- 
rier ou de myrte, les feuilles en bronze dore', les graines 
en terre cuite e'galement dorées ; 
2. Gorgoneia, Bucranes, Masque 
en stuc dore': ils devaient être 
incruste's dans un sarcophage ou 



dans une caisse en bois 



Mi- 




nuscules figurines de danseuses, 
et colonnettes en stuc dore': celles- 
ci aussi devaient probablement 
orner une petite boîte en bois ; 

4. Plusieurs fragments de mo- 
saïques en verre avec de'cor floral 5 

5. Double flCite en ivoire: les deux 
chalumeaux sont compose's de plu- 
sieurs pièces distinctes, soigneuse- 
ment encastre'es les unes dans 

les autres; l'un a cinq trous, l'autre six. Les anciens connais- 
saient le virolet ou clef pour fermer automatiquement les trous 
des instruments de ce type. 

Dans la cage en verre au milieu de la salle: Momies cV oiseaux 
sacrés provenant de Taposiris Magna (Mariout). 



Vitrine A (à gauche de l'entre'e;. — Rayon a. Figurines en terre 
cuite peinte, de'couvertes dans la nécropole de Ghatby. Jeunes 
femmes habillées d'une tunique et d'un manteau, assises ou 
debout dans différentes attitudes. — Rayon h. i. Un joueur de 



282 

pandoitrion, de type e'tranger ; 2. Un jeune homme dans la 
fleur de l'âge, aux formes sveltes et e'ie'gantes, le manteau 
rejeté derrière le dos, le coude gauche appuyé' sur un haut 
pilier, le bras droit soulevé' sur la hanche; 3. Un inte'ressant 
type d'hermaphrodite. Têtes de figurines. — Rayon c. Garçons 
et fillettes ; une oie d'un travail soigne (fig. i 50). 

Dans la grande vitrine B. Unies cinéraires (v. la belle et grande 
amphore à fond noir me'tallique avec de'corations en rouge et 
en blanc superpose') (fig. 151), albâtres^ poteries^ figurines en 





Fig. 151- 



terre cuite (v. le petit garçon habillé du chiton;^et_~ de l'hi- 
mation, ayant une couronne se terminant en pointe au sommet 
du front sur la longue chevelure boucle'e; voir aussi le char- 
mant groupe d'un enfant et d'une fille se disputant une oie). 
Beaux fragments de vases en verre (mille fiori et vases iniir- 
rhins). 

Dans les grandes vitrines D et FF ont ete' exposes tous les 
monuments recueillis dans la ne'cropole de l'Ibrahimieh (III"'^ 
siècle av. J.-Ch.). Parmi les nombreuses inscriptions peintes 
en couleur rouge, à remarquer surtout celles qui sont e'crites 



283 — 

en caractères arame'ens: elles contribuent à fixer la chrono- 
logie de la colonie juive à Alexandrie, colonie qui remonte, 
il n'y a pas de doute, aux de'buts du Ill'^e siècle av. J.-Gh. 
Les autres stèles nous font connaître des personnages de Ben- 
gasi (Xenaratos, fils de Charmartias, de Be're'nice des Hespe'- 
rides); de Sidon (Simotera, fille d'He'liodore); de l'île de Thèra 
(Teucosmos, fils de Socritos, de Thëra), etc. — Parmi les nom- 
breuses figurines, v. le beau garçon (vitr. D, n° i) accoude' à 
un pilier, le manteau rejeté' sur les jambes, le haut du corps 
nu peint en couleur rose (avant la cuisson), la longue chevelure 
boucle'e surmonte'e d'une couronne (cense'e être en me'tal). 
2-3-4. Restes de Sirènes en pleureuses s'arrachant la cheve- 
lure dans le paroxysme de la douleur, etc. 

Dans la vitr. F. Le groupe de figurines en plaire peint (de'couvert 
dans une tombe certainement d'e'poque plus tardive'. Hercule, 





F\g. 



F'g:- 154- 



Harpocrate, Min sur une barque entre deux vases canopes, 
l'un à tête d'Osiris, l'autre en forme de grappe de raisin; Min 
sur une barque entre une amphore et une colonne, etc. — 
Parmi les urnes cine'raires il y en a plusieurs qui gardent au 
col leur ornementation, forme'e d'une couronne de fleurs arti- 
ficielles (fig. 1 52). — A remarquer en outre dans la vitr. F 
les peintures sur les urnes cine'raires: !. Scène de combat; 2. 
Cheval aile' (beau dessin) entre deux colonnes (symbolisant 
le Stade). 

BIBLIOGRAPHIE. — Breccia E., La necropoli de V Ibrahimieh, dans 
B. S. A., 0, pag-. 35 et suiv. 

Vitr. E. Grotesques et caricatures en plâtre peint -^ fragments 
de figurines et figurines en terre cuite provenant de K6m-el- 
Chogafa. Dans le compartiment du milieu une collection de 
lampes^ dont plusieurs intéressantes, i. Diane chasseresse; 2. 



284 

Venus assise occupe'e de sa toilette après le bain, aide'e par 
des Amours (fig. 153); 3. Ve'nus sortant du bain; 4. Ve'nus 
debout en train de s'habiller, un petit Amour lui pre'sente 
un miroir (fig. 154) ; 5. Le dieu Pan, une canne recourbe'e dans 
sa main gauche, une flûte dans sa main droite (fig. 153). 



SALLE 22. 




Cette salle porte le nom de S. A. le prince Toussoun. par- 
ce que S. A. à offert au xMuse'e presque tous les monuments qui 

la de'corent et qui proviennent de 
Canope (Aboukir). 

Parmi les monuments qui nous 
donnent quelque lumière sur la 
ville de Canope, il y a des de'di- 
caces à Sarapis et à Isis qui re- 
montent à la première moitié' du 
III""^ siècle av. J,-Ch. (sur la paroi à 
gauche de l'entre'e: n" i, en l'honneur 
de Ptole'me'e Philadelphe et de .^a 
femme par Callicrate fils de Boiscos 
de Same; 2-3, en l'honneur de Pto- 
le'me'e et de Be're'nice, etc.); d'autres 
"" sont d'époque romaine ; certaines 

Fis'. I5Ô- inscriptions nous rappellent la Ca- 

nope chre'tienne. En outre il y a 
une belle se'rie de restes d'architecture (beaux chapiteaux de type 
fioral), quelques remarquables pièces de sculpture, une se'rie de 
figurines en terre cuite. Voir dans la vitr. G: i. la belle scène 
pleine d'animation et d'un bon travail entre un vieillard et des 
garçons, scène qui se passe dans un portique du gymnase (fig. i 56)5 
voir aussi le n" 2 : un e'ie'phant richement pare' d'un large drap, 
portant un guerrier (?) sur son dos : un Harpocrate couronne' de 
fleurs et du double bouton de lotus, assis par terre devant l'ani- 
mal, lui caresse la trompe avec la main gauche, tandis que la 
main droite puise dans un vase ; n° 3. Joueuse de lyre. 

Au centre de la salle est expose'e une mosaïque provenant 
d'Alexandrie (Rue Joussef Eiz-Eddin) travaille'e dans la plus 



Z0 3 

ancienne technique, c'est-à-dire, compose'e de petits cailloux 
naturels de couleurs diffe'rentes. Au centre un guerrier ou un 
bestiaire, arme du bouclier et de la lance, marchant à gauche, 
mais tourne à droite pour frapper un ennemi censé' être der- 
rière lui ; autour, une se'rie de griffons affronte's deux à deux. 



SALLE 22 ^ 



On revient dans la salie 1 8, d'où on passe dans la petite pièce 
2 2^ , où sont expose'es des peintures parie'tales païennes et chre'- 
tiennes, 

I . Ex-voto au dieu PnJphe'ros ou Petesouchos. He'ron Soubattos, 
un officier de haute leve'e, pare' de toutes ses armes, son 
cheval à côte' de lui (grandeur moitié' nature), offre un sa- 
crifice à la divinité' devant un tre'pied surmonte' d'un gros 
vase. Autour du tre'pied s'enroule un serpent qui dresse 
sa tête vers le personnage. Un esclave noir, repre'sente' beau- 
coup plus petit que son maître, est aux pieds de celui-ci. 
Héron laisse tomber de l'encens sur la flamme qui brûle 
au-dessus d'un petit autel cylindrique. Les offrandes sacrifica- 
toires comprennent aussi un poulet, des fruits, etc., de'pose's à 
terre. La Victoire aile'e qui arrive en volant et pre'sente une 
couronne au-dessus de la tece de He'ron doit signifier, je pense, 
que celui-ci remercie la divinité' pour être sorti sain et sauf 
et victorieux de quelque exploit militaire, La peinture peut 
remonter à l'e'poque des Antonins. 

2. Autre ex-voto analogue, à peu près contemporain, Prov. The'a- 
delphie (Batn-He'rit, Fayoum). 

Les autres fresques proviennent toutes d'une crypte ou chapelle 
souterraine de'couverte en plein de'sert mare'otique, à trente 
km, en ligne droite au sud-ouest d'Alexandrie. Elles sont 
c'videmment chre'tiennes (on a du les placer ici pour des 
raisons d'ordre pratique), et datent du Vl'"^ siècle. Elles con- 
tribuent à de'montrer que les sources de l'art chre'tien en 
Egypte doivent être cherche'es dans l'art hellénistique. Les 
plafonds à caissons sculpte's ou peints sont très fre'quents dans 
l'art alexandrin de l'époque des Ptolémées (n"'^ r, 2) ainsi que 
les parois peintes à imitation de marbre et d'albâtre (n°^ 3, 



286 

4, etc.). Les parois peintes à figures humaines monumentales 
sont fre'quentes dans la de'coration parie'tale de l'e'poque romaine. 
La crypte e'tait compose'e d'un escalier d'accès, d'une chambre 
presque carre'e, d'une seconde pièce plus petite, au fond de la- 
quelle s'ouvrait une niche. Les restes du plafond a caissons 
proviennent de la première chambre, dont les parois e'taient de'- 
core'es d'une image de saint Me'nas (n"^ 3, à gauche de Tentre'e), 
delà scène de l'Annonciation (4-3), d'autres saints qu'il a e'té 
impossible d'identifier. Pnrmi les socles de'core's, voir la cor- 
niche à entrelacs complique's, au centre de laquelle sont peints 
un oiseau blanc et des fleurs. Sur le cintre de l'arc de pas- 
sage entre la première et la seconde chambre e'tait peint dans 
un me'daillon le buste du Christ (personnage de type égyptien, 
n" 6), La seconde pièce avait pour de'coration des tentures 
(7-8) sur les parois et sur le plafond en berceau -, dans la 
niche du fond e'tait peint un saint (9) debout en orant au 
milieu d'un curieux paysage qui repre'sente probablement le 
Paradis. 

BIBIJOGRAPHIE. — Breccia E., Rapport sur la marche du Service 
du Musée gréco-romain d'Alexandrie en 1912, p. 1-14, pi. I-IX. 

On revient dans la grande salle carre'e (17' et par la porte 
ouverte dans la paroi ouest, on passe sur la ve'randa qui traverse 
le jardin. 

Au milieu de la véranda est place une Stotite colossale d'Hercule 
assis {fig. 17, p. 84). Marbre blanc à gros grain, haut. 2 m. i 5. 
La statue est sculptée dans un seul et même bloc avec le siège, 
exception faite de la moitié' infe'rieure de la jambe gauche, qui 
e'tait travaille'e à part. Malheureusement ce beau spe'cimen de 
l'art helle'nistique a e'te' mutile' de la tête ainsi que de V é- 
paule droite. 

Le dieu de la force he'roique est repre'sente' assis dans une 
attitude de calme et de repos. La partie supe'rieure du corps 
est tout à fait nue, car le manteau est jeté' autour des jambes 
et un pan seulement, contournant l'extrême partie du dos, va 
se ramasser sur l'avant-bras gauche soulevé' horizontalement. 
De la cuisse gauche descend la tête de la le'ontis (peau de 
lion) ; à côte' de celle-ci, sculpte'e en haut-relief dans le bloc 
qui sert de base, est la massue. Les formes puissantes, les 
muscles bien de'veloppe's sont rendus avec force, ve'rite', et en 
même temps avec souplesse. La structure anatomique est 
minutieusement e'tudie'e, le modèle est d'un travail remarquable. 
On a rapproche' cette statue du ce'lèbre torse du Vatican (qu'on 
avait cru être d'Hercule, mais qui est en re'alite' de Polyphème), 



chef-d'œuvre d'Apollonios auquel (ou à son e'cole) notre Hercule 
pourrait être attribue'. Ce type de statue de divinité' assise, 
dans cette même attitude, est assez fre'quent parmi les sculp- 
tures alexandrines. 

BIBLIOGRAPHIE. — Reinach, Répertoire, II, 229, 1. 

Dans la section nord du jardin, on peut observer plusieurs mo- 
numents funéraires provenant de la ne'cropole de Ghatby, de 
nombreux sarcophages en marbre et en granit du type à guir- 
lande, des chapiteaux. 

Aux pieds de l'escalier, deux sphinx d'un bon travail, ace'phales, 
provenant d'He'liopoIis. 

Au milieu du jaidin, il y a un grand bassin circulaire en granit 
rose d'un seul morceau ; à gauche de celui-ci, un groupe co- 
lossal en granit de Ramsès II et de sa fille repre'sente's assis 
l'un à cote' de l'autre. Prov. Aboukir. 

Au fond, appuyée contre la paroi : Tête colossale en granit vert 
(de'couverte près du lac de Hadra dans les ruines de l'ancien 
temple Teleste'rion, voir p. 74). C'est Marc-Antoine sous les 
attributs d'Osiris. On sait en effet qu'Antoine et Cle'opâtre s'e'- 
taient fait dresser leurs statues en Isis et Osiris à l'entre'e du 
fameux temple. 

Au milieu du mur de droite, un e'norme bassin qtiadr angulaire 
(sarcophage) en granit d'un seul morceau. En face de celui-ci, 
un grand pressoir à Intile ou à vin^ en bois, de l'e'poque ro- 
maine, provenant de The'adelphie (Fayoum). 

Dans la section sud du jardin nous avons reconstruit deux tombes 
taillées dans le rocher et provenant de la ne'cropole occiden- 
tale, l/une est date'e du III"^e siècle av. J.-Gh., l'autre du I^"" 
siècle après. 

La première (A) est une cella qui renferme un sarcophage 
en forme de lit et qui garde encore la trace des peintures 
dont elle e'tait de'core'e. La cella, à laquelle on monte par 
un escalier de cinq degre's, e'tait pre'céde'e d'un long vestibule 
rectangulaire pour les re'unions des survivants (salles de lamen- 
tations) et d'un atrium carre' (fig. 18, p. 84). 

BIBLIOGRAPHIE. — Bkkccia, dans Musée Egyptien, II, pag. 64 sq. 
Cfr. Rapport sur la marche du Service du Musée pendant les années 
f'J/O-JU/f, pag. 4 s(]. 

L'autre tombe (B) est plus simple. L'entre'e en arc a la voûte 
de'core'e d'une grande coquille en relief (même de'coration à 



. 288' 

Kôm-el-Ghogafa) ; sur les trois parois sont creusées trois ni- 
ches et dans chacune de celles-ci est sculpte' un sarcophage 
du type à guirlande. 

On remonte sur la véranda et, passant devant la Direction et 
la Bibliothèque du Muse'e, on revient dans le vestibule et 
d'ici on passe dans les salles qui renferment les antiquite's 
chre'tiennes et le cabinet numismatique. 



SALLE 1. 

Sur le christianisme à Alexandrie, v. p. 42. 
A droite et à gauche de l'entre'e : 

1-14. Stèles fune'raires en marbre blanc provenant, assez pro- 
bablement, d'un des fameux monastères dits du Hennaton (du 
neuvième mille à l'ouest d'Alexandrie vers le Mariout) et se 
rapportant à des moines appele's soit àèelrpoç (frère) soit d/i/io 
(abbé). Cette dernière appellation n'indique pas toujours la di- 
gnité sacerdotale, mais c'était un titre de distinction pour 
certains moines savants ou particuhèrement vertueux. Plusieurs 
exerçaient une profession. L'abbé Dorothée (2) était un ijh'ûtij^^ 
joueur d'instruments à corde. L'abbé Sérène (4) était médecin 
(uiToégJ et avait transmis à son disciple Jean les secrets de son 
art. La plupart sont désignés comme maîtres des novices. Douze 
de ces inscriptions sont datées de l'ère des martyrs. La plus 
ancienne (i) est datée de la seconde indiction, l'année 240 
depuis Dioclétien, année qui correspond à l'année 524 de l'ère 
commune, puisque l'ère des Martyrs commence avec l'année 
284 de Jésus-Christ. 

BIBLIOGRAPHIE. — Lefebvre G., Epitaphes de moines alexandrins, 
dans Bull. Soc. Arch. d'Alex., S, p. 11-19; Recueil des Inscriptions chrétien- 
nes d'Egypte, n. 1-14. 

Le long de la paroi à droite de l'entrée sont rangées environ 
deux cents inscriptions funéraires chrétiennes (partie en grec, 
partie en copte) provenant soit d'Alexandrie, soit de divers en- 
droits de la Basse et de la Haute Egypte principalement d'Assouan, 
d'Achmin, d'Achmunen). La forme est quelquefois triangulaire, 
d'autres fois rectangulaire, surmontée d'un petit fronton. 

Plusieurs commenceni par la formule 2V>//./; tov... (Stèle du...) 
qui est surtout caractéristique pour les inscriptions d'Achmin ; 



28q 

beaucoup d'autres commencent par la formule ''Exo(iit)O)]. A 
ces formules fait suite le nom du de'funt ou de la de'funte avec 
l'epithète fiaxâgioç ou iiaxâoia, son âge, la date de sa mort et 
quelquefois sa profession. 

Le n° 5'^ est une e'pitaphe, en partie me'trique, pour une dame 
Joannia^ fille d'Ammonius, d'Hermou polis, qui aurait e'te' re- 
marquable comme poe'tesse, oratrice, ainsi que par ses con- 
naissances juridiques. 

Sur les stèles 103, 106, 108, iii, 119, 120, 130, 135, 144, on 
peut observer les difife'rentes formes de la croix en Egypte. 
Le n° 130 donne le plus ancien de tous les monogrammes: 
il repre'sente à la fois le nom de Je'sus-Christ et l'image de sa 
croix. Le n° 106 n'est autre chose que l'ancien signe hiérogly- 
phique ânkh, signifiant vie : ce symbole est spe'cial à l'Egypte. 
On trouve encore la croix avec boucle, ou croix anse'e, la croix 
carre'e (avec bras e'gaux), la croix avec les bras horizontaux 
plus courts. 

BIBLIOGRAPHIE — Lefebvre G., Recueil des Inscriptions chré- 
tiennes d'Egypte, Le Caire, 1907. 

Vitr. A : Vers le centre de cette paroi. Figurines en terre cuite. 
Femmes aure'ole'es, chevaliers, guerriers, animaux, etc., prove- 
nant du sanctuaire d'Abou-Mina. Ce sont à mon avis des pou- 
pées ou jouets que les pèlerins rapportaient dans leur pays 
comme souvenir pour leurs familles, surtout pour leurs enfants. 

Vitr. B. Papyrus coptes et byzantins (lettres prive'es, documents, 
fragments de l'Evangile, etc.). 

Au milieu de la salle, aux deux extre'mite's, deux chapiteaux en 
marbre à forme d'abaque, haut, o m. 63, long, (de chaque côte 
dans la partie supérieure) i m. 04, aux surfaces de'corées d'en- 
trelacs, sur lesquels sont plaque's au centre de chaque face 
des fleurons stylise's flanque's chacun de deux feuilles plus pe- 
tites, le tout lie' en bouquet. Ils rappellent pour le style les 
chapiteaux de la basilique de Saint Vital à Ravenne. Ils ap- 
partiennent, selon l'opinion commune, à l'e'glise de S. Marc 
d'Alexandrie. Le prof. Strzygowski les croit importe's à Alex- 
andrie pour une basilique de l'e'poque de Justinien. L'exem- 
plaire qui est en face de l'entrée a ëte' e'vide' pour en faire 
soit des fonts baptismaux, soit un bassin quelconque, avec 
trou de sortie pour l'eau; il a e'té de'couvert en creusant les 
fondations de la maison où se trouve la Poste Française 
(Boulevard de Ramleh). Le chapiteau qui se trouve à 1' autre 
extre'mite provient de la maison Kindineco au bord du canal 



19 



^ :290 ■ — 

Mahmoudieh, Un chapiteau semblable, provenant e'galement 
d'Alexandrie, se trouve au Muse'e du Caire. Un quatrième cha- 
piteau, de type tout à fait identique, mais de plus grandes di- 
mensions, est expose' au centre de la salle 2: il a e'te' trouve' 
en creusant les fondations de l'e'cole professionnelle des Frères 
des Ecoles chrétiennes (fig. 157). 

Dans les cinq caisses-vitrines C-G sont expose's des cadavres des- 
séchés, provenant de la ne'cropole chre'tienne d'Antinoe' et 
sardant encore leurs habits en e'toffes brode'es. 




Fig-. I57. 



Au centre de la salle : Couvercle de sarcophage en porphyre^ 
trouve' par Botti en 1893 ^^'""s ses fouilles au quartier Lebbane. 

Il a la forme d'une pyramide tron- 
que'e. Au centre de chacune des 
quatre faces verticales qui en for- 
ment, pour ainsi dire, le socle il 
V a une tête exe'cute'e en haut relief, 
bu côte' de la porte d'entre'e de la 
salle : tête de jeune femme, les 
cheveux en tresses divise'es au mi- 
lieu du front, ferme'es par un ruban 
et ramasse'es en deux chignons sur 
le haut de la nuque ; à droite de 
celle-ci : tête de jeune femme aux 
longs cheveux re'unis en cercle au- 
tour du crâne et couronne's de 
grappes de raisin et de pampres ; 
du côte' oppose' à l'entre'e : tête de jeune homme imberbe, sou- 
riant, aux cheveux en mèches de'sordonne'es ; sur la quatrième 
paroi : tête barbue, le haut du crâne chauve, couronne' de 
branches de vigne et de petites grappes de raisin. Des festons 
en haut relief font le tour du couvercle avec les extrèmite's 
noue'es aux angles et au-dessus de chaque tête. M, Strzygowski 
voit dans ce monument une preuve de plus en faveur de sa 
the'orie sur l'origine orientale de l'art chre'tien. (Fragment de 
sarcophage analogue au Muse'e de Constantinople; voir, sur le 
côte' est, la photographie du sarcophage du Vatican de type 
identique, qu'on dit être celui de sainte Costanza). 

Vitrine-table H. Cuirs écrits (en copte) contenant des actes de 
donations pieuses faites à un couvent de la ville de Mohondi 
(Haute-Egypte). Menus objets en plomb; Poids byzantins; 
Pierres gnostiques. 




. 2 9 I — 

Vitr. I. Curieux cottssin en bandes (laine 
polychrome) arrange'es de façon à former 
une se'rie de carre's. Il a e'te' de'couvert sous 
la tête d'un cadavre dans la ne'cropole chre'- 
tienne d'Antinoe'. 

Vitr. K. Collection d'os et d'ivoires sculptés. 
Tous ces fragments ont e'te' certainement 
incruste's dans des meubles ou des coftVets 
ou ont de'core' des ustensiles et des armes. 
Ils ne sont pas pour la plupart d'e'poque 
chrétienne, mais on les rassemble tous ici 
pour ne pas les disperser en différentes 
se'ries et aussi par raison d'ordre pratique. 
Ils ont e'te' trouve's pour la plus grande partie 
dans les collines de de'tritus de l'ancienne 
Alexandrie, et si en ge'ne'ral ils ne sont pas 
remarquables par la finesse de l'exe'cution, 
ils sont toujours inte'ressants pour les sujets. 
D'ailleurs il y en a qui ont une certaine 
^ '^" '^°" valeur artistique: 1978. Paris ou Adonis 

debout, le haut du corps nu, coiffe' du 

bonnet phrygien, appuyé' à une grosse et longue canne; 1979. 

Jeune homme nu de profil à droite, à la forte musculature, la 

tête tournée en arrière, le pe'tase suspendu derrière la nuque 

(Mercure?) ; 1 993-1 994. Ve'nus nue, debout, avant un dauphin 

à ses pieds 5 2000-2006. Joueuses de cymbale, le corps nu (le 

manteau flotte derrière le dos), faisant un 

mouvement de danse; 2007. Dans un naos (?) 

buste de jeune homme marchant à gauche, 

la tête tourne'e à droite ; bon travail; 2012 

(fig. 158;. Personnage (Silène) habille' de la 

seule chlamys agrafe'e sur l'e'paule droite, la 

tête pousse'e en arrière, le corps agite' par 

l'ivresse de la danse ; 202 1 (fig. 1 59). 

Vieillard barbu, le corps nu, le manteau 

abandonne' sur les jambes, s'appuyant sur 

des jeunes hom.mes qui le soutiennent (Bac- 

chus avec de jeunes Faunes); 2027. Femme 

debout, habille'e d'une tunique, accoude'e à 

une colonnette et offrant avec la main 

gauche une coupe à un jeune homme nu, 

souriant, qui est debout à sa gauche; 

2038-2044. Ve'nus et nymphes ; Ve'nus et Fig. 159. 




Faune (fig. 160)5 2058. Bacchante agitée par l'ivresse de la 

danse; 2087 (fig. 161). Le dieu Pan, dans sa double nature 

humaine et animalesque (de bouc) sautant et tenant des deux 

mains une canne recourbe'e. 

BIBLIOGRAPHIE, -r- Strzygowski J-, Helltnistishe nnd koptische 
Kunst in Alexandria B S A, =^, p. i-qq ; cfr. Pagenstecher R., Die grie- 
chisch-aegyptische Sammlitng E. von Sieglin, 3 Teil, pag-, 229 suiv. 

Le long de la paroi gauche : 

Vitr. L. Plusieurs dizaines de bouchons d'amphores en plâtre 
estampille. Beaucoup d'entre eux portent des J^inscriptions 5 
d'autres, des images de saints ou des symboles chre'tiens. Ces 
empreintes devaient servir comme marque de proprie'te'. — 
Rayon a: Inscriptions diverses grave'es ou peintes. — Rayon b: 
50-5 F. Bustes de saint barbu auréole'5 52-36. Saint debout en 
orant entre deux branches de palme. — Rayon c: 57-68.^Trois 
■poissons (fig. 162); 70. Aigle aux ailes de- 
ploye'es; 71. Lion de profil à droite hurlant, 
soulevé' sur les jambes poste'rieures, ins- 
cription tout autour; 72-73. Deux oiseaux 





Fig. 160. 



Fig-. 161. 



SOUS un arbre à trois e'normes branches (fig. 163); 75-80. Ange 
debout aux ailes à demi-de'ploye'es, les bras e'carte's, la tête 
dans un nimbe, — Rayon d : Monogramme (V. Pagenstecher, 
o. c, Pl. XLVII-XLVIII). 

Dans le compartiment du milieu : Collection de lampes en belle 
terre cuite rouge, ayant la cuvette supe'rieure de'core'e de reliefs. 
11 y en a, 1-2, avec des bustes d'empereurs ; 2-5, avec l'image 
d'un coq; 7-10, avec celle d'un lion ; \ 1-14, avec des croix et 
de beaux monogrammes du Christ (fig. 164); 15-21, avec des 
palmes ; 22-24, avec des vases, etc. 

Sur l'étagère à droite de la vitrine préce'dente: 1. Petite s/èle 
affectant la forme d'un temple, la partie cintre'e de l'arc 



203 

dëcoree d'une coquille; 3. Stèle semblable, mais au-dessus du 
fronton est le buste d'un saint, le tout entoure' par deux 
plants de vigne; 2. Stèle de grès sur laquelle est repre'sente' en 
relief un gros oiseau vu de face, le corps dresse' verticalement, 
les. ailes de'ploye'es et souleve'es, soutenant une couronne dans 
laquelle est inse're'e une croix carre'e. 

Au-dessous de l'e'tagère : 4. Stèle rectangulaire portant en relief 
un pseudo-temple à la façade en arc surmonte' d'un fronton 
triangulaire. L'ouverture de l'arc est toute occupe'e par un 
personnage en orant; l'arc est entièrement de'core' de branches 
de lierre. Dans le fronton deux paons affronte's, bec contre bec. 

Parmi les autres stèles etjidalles de'coratives^ voir^ le n'' 5 : 
partie supe'rieure et haut fronton triangulaire avec acrotères ; 





Fig:. 163. 



l'architrave est decore'e d'une branche de lierre ; les corniches 
du fronton par des feuilles en forme de cœur ; dans le tym- 
panon deux paons affronte's se caressant e'tendent le bec par 
dessus un haut pilastre conique; 6. Dalle richement de'core'e 
de motifs ge'ome'triques et floraux. 

Vitr. L, M. AinpoitJes de Saint Menas (fig. 165). G'e'tait une an- 
cienne coutume parmi les chre'tiens de demander des gue'risons 
miraculeuses, soit à l'eau d'une source place'e près de la tombe 
d'un martyr, soit à l'huile qui brûlait devant le se'pulcre. Les 
de'vots qui allaient en pe'lerinage à tel ou tel sanctuaire ce'lèbre 
emportaient toujours un peu d'eau ou quelques gouttes d'huile 
dans des re'cipients en forme d'ampoule, be'nites dans le sanc- 



294 ■ 

tuaire même. Il est évident que l'ampoule elle-même devait 
garder sa puissance miraculeuse, car la petite quantité' de 
liquide disparaissait, sans doute, après quelques heures. Les 
eulogies de saint Menas sont très re'pandues dans le monde 
ancien. On en a trouve' jusqu'à Rome, à Athènes, en Dalmatie, 
etc. La plupart, avant la de'couverte des sanctuaires d'Abou- 
Mina (v. p, 1 30), avaient ëte' trouve'es à Alexandrie, d'où pro- 
vient la collection expose'e dans ces deux vitrines. Maigre' 
l'uniformité' du type on compte par plusieurs dizaines les va- 
rie'te's secondaires de ces ampoules. Cette diversité' est produite 
soit par la formule et la position de l'inscription, soit par les 
symboles grave's en relief sur les deux faces. En ge'nëral on 
y voit saint Menas repre'sente' en soldat 
romain, la tête nue nimbe'e, debout, de 
face, en orant entre deux chameaux ac- 
croupis. Souvent la tête du saint est au 
milieu d'une inscription: AFIOY MHNA 
EYAOriA (Eulogie de saint Menas), EY- 
AOriA TOY AFIOY MHNA MAPTYPOi: 
(Eulogie de saint Menas le Martyr) ou 
d'autres formules pareilles. La face op- 
pose'e est souvent identique à 1' autre, 
souvent aussi elle n'est de'core'e que d'une 
inscription insëre'e dans une couronne 
(fig. 166). Parmi les symboles les plus 
fre'quents qu'on rencontre sur 1' une ou 
r autre face, il faut compter la croix, 
une barque à voile, des fleurons stvlise's, 
une corbeille remplie de pains. Quelquefois, fre'quemment 
même, au lieu de 1' image du saint, on trouve la tête d' un 
nègre, laquelle évidemment devait avoir un but de prose'lytisme 
religieux parmi les populations de race nègre. 

BIBLIOGRAPHIE. -- Leclercq II., au mot Ampoules d;u:s le Dic- 
tionnaire d'' Archéologie chrétienne et Bihl. ibid. ajoutez: Dutilh et Blom- 
FiELD, Saint Menas d'Alexandrie dans B. S. A., 6, pag. 38 et suiv.; Kauk- 
MANN C. M., Zur Ikonographie des Menas- AmpHllen^ Caire, Diemer, 1910. 




164. 



Entre les deux vitrines qs,\. Qx^osé un hjs-relief eu marbre h\Rnc 
repre'sentant saint Me'nas dans l'attitude qu'il a sur les am- 
poules entre les deux chameaux accroupis. Ce bas-relief est 
sans doute une me'diocre copie de celui qui e'tait sur le se'pul- 
cre du saint au Mariout. Tl a e'te' découvert dans les ruines 
d'une petite e'glise à l'ouest d'Alexandrie (De'khe'la), d'où pro- 
viennent e'galement les deux colonnes, l'une à spirale et l'autre 
lisse, qui flanquent le bas-relief, ainsi que le beau cancel qui 



— ■ 29S 

est entre les colonnes, et aussi 
les chapiteaux exposes sur les 
e'tagères à cote' des vitr. L, M. 

BIBLIOGRAPHIE. — Crum- 
Breccia, D'un édifice d'époque 
chrétienne à el-Dékhéla, B. S. A., g, 
p, I-I2. Cfr. Rômische Quartalschrijt, 

190Ô, IV, i 

Dans les cadres P, Q, R, S, sont 
expose'es des tapisseries coptes 
provenant des ne'cropoles chre'- 
tiennes d'Achmîn et d'Antinoe' , 
et dont les plus anciennes re- 1 
montent au III™^ siècle. Elles , 
e'taient fabrique'es sur des me- ; 
tiers place'sdans le sensvertical. 
Pour la chaîne on employait en 
ge'ne'ral le fil de lin e'cru. La 
trame est en laine, rarement en 
laine et en lin. La finesse du 
tissu diffère suivant l'e'carte- 
ment donne' aux fils de la chaîn 
partie du tissu même. L'une des 
des dessins très fins trace's en lin é 
brune ou pourpre. Ces dessins sor 
broche volante que le tapissier fai 
autre, dans le sens de la chaîne; au 
les ressauts. « Les tapisseries 
e'gyptiennes et celles des Go- 
belins, e'crit Mr Gerspach, à qui 
nous avons emprunte' ces de'tails 
techniques, re'sultent d'un travail 
tellement identique, sauf pour 
quelques de'tails secondaires, que 
j'ai pu sans difficulté' faire repro- 
duire des copies par les e'ièves 
de notre e'co'e de tapisserie (aux 
Gobelins). Les motifs de'coratifs 
sont emprunte's à la nature ani- 
male et ve'ge'tale, à la géométrie. 
On y voit des lions, des panthères, 
des chiens, des ours, des poissons, 
des oies, des chevaux, enfin tout 
ce que reproduit le travail du 
peintre. Il y a lieu de signaler le 






e. 

car 

cru 

it p 

sait 

our 


Fig. 165. 

Les tapisseries faisaien 
acte'ristiques consiste er 

sur des fonds de couleu 
roduits au moyen d'une 

sauter d'un point à ur 
d'hui on n'emploie plus 

Fi^. 166. 


H 



2Qt) — 

soin, dit toujours Mr Gerspach, que les Coptes mettent dans 
les bordures et les entourages. Postes, courantes, rinceaux, 
torsades, fleurons, entrelacs, dentelures, boucles, ondes, pam- 
pres, cellules, fers de lames, cre'neaux, chevrons, pierres pre'- 
cieuses, spirales, enroulements, etc., sont partout très justement 
approprie's, comme dessin, couleur et importance, au sujet qu'ils 
doivent accompagner ; on remarque la pre'occupation presque 
constante de produire un effet, en posant la frise extérieure 
dans un sens oppose' à celui du motif principal ». Ces obser- 
vations peuvent être toutes contrôlées dans la collection de 
tapisseries du Muse'e qui est expose'e dans les cinq tableaux 
sus-indique's de la salle i et dans beaucoup d'autres qui se 
trouvent dans les salles 2-4. 

BIBLIOGRAPHIE. — Forrer R., Die Gràber- iind Textiljnnde von Ach- 
mîm-Panopolis, in-4'^', Strassburg, 1891; Gerspach M., Les tapisseries coptes 
in-40, 1890; GuiMET E., Les Portraits d'Antinoé, in-4", Paris, 1914. 

A droite de la vitr. M, accrochées à la paroi et sur deux e'tagères, 
sont d'autres stcJes et dalles de'core'es d'inte'ressants reliefs. 
Particulièrement curieuses sont les deux dalles qui portent en 
relief Zeus transforme' en cygne embrassant Leda. L'art copte 
n'avait pas repousse' comme motif de de'coration ce mythe 
païen plutôt scabreux que l'art helle'nistique avait tant de fois 
reproduit dans des monuments d'une finesse exquise ; mais 
l'exe'cution des ouvriers coptes est si grossière que ces reliefs 
ressemblent à des caricatures. 

Le haut-relief place' au-dessus du tableau S repre'sente deux 
femmes habille'es d'une tunique e'troite, courte, extrêmement 
de'coUete'e, à demi-couche'es, se faisant pendant à droite et h. 
gauche d'un panier ; elles sont accoude'es sur les pains dont 
le panier' est rempli, la jambe droite plie'e en deux, la gauche 
allonge'e^en dehors ; de la main gauche les deux femmes s'ap- 
puient à de longues branches d'arbre suspendues au-dessus 
de leurs têtes. 

Adosse' à la paroi qui est à gauche de l'entre'e de la salle 2 
est un socle en marbre de'couvert à Hagar-el-Nawatieh (fau- 
bourg d'Alexandrie près de la berge du canal Mahmoudieh. 
L'inscription grecque grave'e sur la face ante'rieure rappelle 
le curage du canal fait par un gouverneur d'Alexandrie à 
l'e'poque byzantine (sous Le'on L''). 



297 



SALLES 2, 3, 4, 5. 

Cabinet numismatique. Collection de moulages. 



Au milieu de la salle i sont expose's, au-dessus d'une base de 
colonne en marbre, deux gros chapiteaux ffig. i 57, p. 290). Celui 
qui est au-dessous a e'te' de'jà signale' lorsque nous avons de'crit les 
deux chapiteaux byzantins au corps de'core' d'entrelacs, qui sont 
expose's dans la salle i. L'autre est très curieux pour sa forme 
et pour les motifs de'coratifs. Il serait à section rectangulaire 
(o m. 79X0 m. 85) si deux des côte's n'e'taient pas coupe's 
sur une longueur de 20 cm., formant ainsi un angle rentrant, 
ce qui donne à la section du chapiteau une forme ge'ome'trique 
irre'gulière à six côte's de longueur ine'gale. La surface exte'- 
rieure est orne'e dans la partie infe'rieure d'une baguette d'as- 
tragales, au-dessus de laquelle se dressent de larges feuilles 
d'acanthe, dont les diffe'rentes parties sont releve'es et se'pa- 
re'es par des se'ries de trous assez profonds faits au tre'pan. 
Les cinq angles d'en haut sont occupe's par de gros masques 
humains qui ont probablement l'intention de symboliser les 
vents. La bouche et les lèvres en effet expriment un puissant 
effort pour l'e'mission de l'air. D'autre part les cheveux, les 
moustaches et la barbe ne sont pas repre'sente's par des poils, 
mais par de longues et larges branches de feuilles de chêne, 
se'pare'es l'une de l'autre par des se'ries de trous faits au tre'pan. 
Ces branches sont dispose'es des deux côte's du visage comme 
si elles e'taient pousse'es en arrière par le vent. Au centre 
des quatre côte's plus longs est repre'sente' en haut-relief un 
aigle soit de face, soit de profil, debout sur les feuilles d'acanthe, 
les ailes de'ploye'es, une croix suspendue au cou. Ce chapiteau 
a e'te' trouve' isole' dans une proprie'te' prive'e à Moharrem Bey. 

Le Cabinet numismatique occupe les salles 2, 3, 4, 5. Il 
compte aujourd'hui plus de 7000 monnaies et nous pourrons 
l'enrichir de plusieurs autres centaines, dès que nous aurons le 
moyen de trier et de classer les lots qui sont dans nos magasins 
et dès qu'on aura agrandi l'cdifice du Muse'e. 

Le but de notre collection est de re'unir une se'rie aussi com- 
plète que possible de monnaies ptoJémalques et de monnaies 



. 298 

impériales romaines frappées à Alexandrie [Xnmmi Augustoriim 
Alexandrini). Naturellement d'autres groupes de monnaies prove- 
nant des fouilles sur le sol égyptien y trouvent et y trouveront 
leur place. 

Salle 3. — Vitr. A-B (à droite de l'entrée^ 

I ffig. 167). Tétradrachme frappé au nom d'Alexandre le Grand 
pendant la satrapie de Cléomène (330-323 av. J.-Ch.). Sur le 
Droit : Tête d'Hercule dans la peau d'e'le'phant. Sur le Revers : 
AAEEANAPOY à droite du haut en bas ; Zeus de profil à 
gauche, assis sur un trône, la main gauche soulevée appuye'e 
sur un sceptre, l'aigle dans sa main droite. Dans le champ à 
gauche : tête d'Ammon. 
2-43. Monnaies frappées pendant la satrapie de Ptolémée fils 
de Lagns (de 323-2 à 306-5 av. J.-Ch.). 

Les monnaies en argent ont toutes sur le Droit la tête d'A- 
lexandre le Grand de profil à droite avec les cornes d'Ammon 
et la peau d'e'le'phant sur la tête et l'e'gide noue'e autour du 
cou. Les Revers de certaines se'ries repre'sentent Zeus assis 
sur un trône comme sur les monnaies de la satrapie de Gle'o- 
mène ; d'autres se'ries repre'sentent Athèna Promachos de profil 
à droite, AAEEAN APOY de bas en haut dans le champ, à 
gauche un petit aigle de profil à droite, les ailes ferme'es de- 
vant l'Athèna. 

Après la mort d'Alexandre le Grand Ptole'me'e fils de Lagus 
gouverna l'Egypte comme satrape sous la suzeraineté' de Phi- 
lippe Arride'e d'abord (323-317), puis d'Alexandre IV, fils 
posthume du Conque'rant, de 317 à 31 i. A cette date Gassan- 
dre assassina le tout jeune roi, et ce crime brisa définitive- 
ment l'unité' de l'empire. Les satrapes devinrent les vrais 
rois de leur province et vers 306-5 tous en prirent effec- 
tivement le titre. 
46-274. Monnaies frappées par Ptolémée devenu roi d' Egypte 
[Ptolémée Soter). 

Elles peuvent se diviser en deux se'ries principales : une qui 
re'unit les monnaies plus anciennes ayant sur le Droit la tête 
d'Alexandre et sur le Revers l'Athèna Promachos comme les 
monnaies de la Satrapie (fig. 168); l'autre qui est compose'e des 
monnaies plus rc'centes et qui portent : sur le Droit la tête de 
Ptoleme'e Soter à d. avec diadème autour de la tête et une 
e'gide noue'e autour du cou; sur \e Revers UTOAEMAIOYa 
gauche, BA^LiEUZ à d., et dans le champ un aigle aux ailes 
ferme'es, de profil à gauche, debout sur un foudre, et à gauche 
de l'aigle une lettre ou un monogramme (fig. 160). Dans la 



•99 




Fig. 167. 




Fig. lô*^. 




Fig. 169. 



300 

vitrine A on peut voir un beau groupe de 14 te'tra drachme s 
en or (fig. 170). 

Ptole'me'e F'" régna jusqu'à 285 av. J.-Ch. A cette date il 
abdiqua en faveur de son fils, ne' de Be're'nice, Ptolëme'e II, 
connu sous le nom de Philadelphe; Ptole'me'e I^"" mourut en 283. 

Vitr. B-C. 273-510. Monnaies frappées pendant le règne de Pto- 
lémée II Philadelphe (de 285-4 à 246-5 av. J.-Ch.). 

On peut les grouper en plusieurs se'ries. Il y en a qui re'- 
pètent le type des monnaies de Ptole'me'e I^"", sauf naturelle- 
ment la diversité' des monogrammes. (Voir de beaux penta- 
drachmes en or, 275-280, et les te'tradrachmes en argent qui leur 
font suite). D'autres ont sur le Droit : Tête d'Arsinoe' avec 
couronne et voile, de profil à d. ; et sur le Revers : l'aigle 
et l'inscription APIIXOHI à g. <PIAAAEA^OY à d. (331- 
342. surtout la belle monnaie en or 342 [fig. i7ï])- D'autres qui 
ont sur le Droit le buste de Zeus Ammon et sur le Revers soit 
un soit deux aigles (343-372). D'autres au type de Ptole'me'e 
Soter, mais en plus, sur le Revers^ derrière l'aigle un bou- 
clier (373-382). D'autres encore au type de Ptole'me'e Soter, 
mais en outre les monogrammes avec des symboles varie's (bou- 
clier, massue, etc.) devant l'aigle (383-427, etc.). Les mon- 
naies en or 428-434 et 436 ont sur un côte' les bustes 
re'unis de Ptole'me'e I^"" et de sa femme Be're'nice, sur l'autre 
les bustes de Ptole'me'e II et de sa femme Arsinoe'. Au-des- 
sus des premiers l'inscription f)EQX -^ au-dessus des autres. 
AJEA<PQX. Dans le champ derrière le couple des Adelphes 
ou frères, un bouclier (fig. 172). 

Ptole'me'e II épousa en premières noces la fille de Lysimaque 
de Thrace (Arsinoe' P'.^), puis sa propre sœur Arsinoe' II, veuve 
de Lvsimaque qu'elle avait fait assassiner par son frère con- 
sanguin Ptole'me'e Ceraune. Mais son complice l'avait ensuite 
oblige'e à s'enfuir de Thrace et elle chercha un refuge à Alex- 
andrie. Cette femme sut tellement circonvenir son frère, que 
celui-ci exila sa première femme et e'pousa sa sœur, ce qui 
d'ailleurs e'tait conforme aux traditions et aux mœurs des an- 
ciennes dynasties indigènes. Arsinoe', femme d'une extrême 
habileté' politique, reçut, de son vivant, des honneurs presque 
divins et après sa mort elle fut divinise'e. 

Vitr. C. 551-619. Monnaies frappces par Ptolémée III Evergcte 
(de 247-6 à 22i-o). 

A remarquer les de'cadrachmes en argent orne's du buste 
d'Arsinoe' II Philadelphe avec couronne et voile sur le Droit, 



30I 




Fig. 170. 




Fig. 17] 




Fig. 172. 



302 

la double corne d'abondance et 1' inscription APIIXOH^ 
4>IAAJEAfP0V sur le Revers (fig. 173). Les monnaies en bronze 
ont sur le Droit soit la tête de Zeus Ammon, soit le buste de 
Ptole'mee III (601-603); ^^^ te'tradrachmes en argent portent 
par contre le buste de Ptoleme'e I-'" (604-606). Sur le Revers 
en ge'ne'ral un aigle de profil à gauche sur un foudre, souvent 
la tête tourne'e en arrière, et une corne d'abondance soit der- 
rière l'aigle en haut, soit devant en bas. 

Ptole'me'e III succe'da à son père en 247-6. Il avait e'pouse' 
sa cousine Be're'nice, fille de Magas de Gyrène, femme d'une 
remarquable sagesse. Ptole'me'e sut agrandir les domaines de- 
l'Egypte, par suite d'une expe'dition victorieuse contre la Syrie. 




620-673. Monnaies frappées par Ptoléiiiée IV (de 221-0 à 204-3). 
A remarquer surtout le superbe octodrachme en or (620) 
avec le buste de Ptole'me'e III, la tète surmonte'e d'un diadème 
couronne' de rayons, l'e'gide noue'e sur l'e'paule droite, un tri- 
dent appuyé' sur l'e'paule gauche; la pointe centrale du trident 
finit en sceptre. Sur le Revers^ une corne d'abondance dont 
le bordsupe'rieur est orne' de rayons (fig. 174). 62 r. Te'tradrachme 
en argent avec le buste de Sarapis et Isis sur le Droit ; sur le 
Revers un aigle debout sur un foudre de profil à gauche, la 
tête tourne'e à droite, et double corne d'abondance sur le dos 

(fis- 175)-, 

Ptole'me'e IV avait e'pouse' sa sœur Arsinoe'. Ils moururent 
secrètement, victimes d'une intrigue de cour, en 204-3. 

Vitr. G. 679-684. Vitr. D. 683-699. Mormaies frappées par Pto- 
lémée V Èpiphane (de 204-3 à 181-0). Sur le Droit ^ tantôt le 



303 




l'ig. 174. 




Fig. 17= 




Fig. 176. 




• 304 ■ 

buste de Ptolemée P^ (679), tantôt celui d'Isis couronne'e d'e'pis 
(680-684), quelquefois celui de Ptole'me'e V (695). 

Il avait e'pouse' Gle'opâtre, fille d'Antiochus, roi de Syrie. 

Vitr. D. 700 et suiv. Monnaies frappées pendant le règne de 
Ptolemée F/(de 181-0 à 174-3), sous la régence de sa mère Gle'o- 
pâtre). Dans cette se'rie, les trois pièces dignes d'attention sont les 
octodrachmes en or, repre'sentant le buste de Gle'opâtre, tout 
à fait identique à celui d'Arsinoe' II, avec diadème, voile et 
sceptre. La lettre K derrière la tête est l'indice caracte'ristique 
du nom [KAEOnATPA). Sur le Revers: APIINOHI a g., 
(PIAAAEA^OY a d., double corne d'abondance (fig. 176). 
Les monnaies des Ptole'me'es frappe'es 
depuis cette e'poque n'ont d'intérêt que pour 
les spe'cialistes. Nous nous bornerons à si- 
gnaler les monnaies en bronze exposées dans 
la vitrine E (n°^ 1059 et suiv.) ayant sur le 
Droit le buste de la dernière reine Lagide, 
la fameuse Gle'opâtre VII (fig. 177). 

BIBLIOGRAPHIE. — Sur les monnaies des Pto- 
lémées, voir en dernier lieu SvOROxos I. N., Ta 
r ly. 177. Nouîauaza tov xoÛtov; tmv IlToleaaîojv, Athènes, 

1904-08. 

Dans la vitr. F sont expose'es des monnaies en or et en argent 
de la Macédoine, de la Thrace, de la Phrygie, de la Syrie, etc. 
et d'autres régions de l'Asie Mineure. 

Dans cette même salle 3, j'ai réuni provisoirement un premier 
noyau d'une collection de moulages en plâtre ainsi que des pho- 
tographies de monuments gréco-romains découverts à Alexandrie 
ou en Egypte et exportés à l'étranger. J'espère pouvoir joindre 
un jour à cette collection une salle consacrée à l'iconographie 
complète d'Alexandre le Grand, et d'autres salles destinées aux 
moulages des monuments les plus significatifs de l'art hellénis- 
tique, ainsi qu'aux chefs-d'œuvre de l'art grec avant Alexandre 
le Grand et de l'art de la période impériale. 

I. Bas-relief représentant Hermès Psychopompos (conducteur 
des morts), jadis à Alexandrie, actuellement au British Muséum. 
De la libéralité de l'administration du British Muséum nous 
viennent également le n° 2, Cadran solaire^ et le n° 3, Bar- 
bare (un Parthe?) prisonnier^ les mains liées derrière le dos: 
l'original faisait partie de l'arc de triomphe de Trajan qui 
se trouvait, paraît-il, dans le quartier actuel de Moharrem-Bey. 

4-5. Bustes romains provenant d'Alexandrie (voir surtout le n" 4) 



305 

actuellement au Pelizaeus-Museum de Hildesheim. Les deux 
bas-reliefs (>--] sont les copies de deux ce'lèbres bas-reliefs 
jadis dans la collection Grimani à Venise et actuellement 
dans la collection impe'riale de Vienne. Le prof. Schreiber, à 
tort probablement, croyait que ces deux monuments, ainsi que 
tous les bas-reliefs analogues, étaient d'origine alexandrine. 
Un des plus charmants parmi ces bas-reliefs est celui dit du 
Paysan allant au marché^ de la Glyptothèque de Munich en 
Bavière, dont le moulage (9) est exposé dans la vitr. verti- 
cale A. Dans cette même vitrine : 10. Moulage d'un beau 
portrait féminin d'e'poque romaine, jadis à Alexandrie 5 11, 12, 
13. Les originaux en marbre de ces trois têtes^ trouvées à 
Alexandrie, faisaient partie de la collection Friedheim, aujour- 
d'hui à Dresde; 14. Btiste d'une reine Lagide (f) (Musée du 
Louvre). 14^. Buste de Jules César -^ l'original fait partie du 
Musée Baracco (Rome), il avait été découvert en Egypte. 

Au-dessus de la vitr. A: 14^. Buste d'' Alexandre le Grand -^ 
l'original est au Musée Baracco. 

Sur les socles, appuyée contre la paroi nord : 13. Tête de jeune 
femme couronnée de fleurs -^ l'original trouvé dans le terrain 
appartenant à la Compagnie du Gaz à Karmouz, a été envoyé 
au siège central de la Compagnie à Paris; 16. Homère; ce 
buste a été trouvé à Baia (Naples) et il est au British Muséum, 
mais on pense que le type de ce buste du prince des poètes 
doit être d'origine alexandrine ; 20. On a voulu reconnaître 
dans cette tête^ qui est au British Muséum, le portrait de Cleo- 
pâtre VII^ mais probablement à tort. Le profil peut rappeler 
jusqu'à un certain point celui de Cléopâtre qu'on voit sur les 
monnaies (v. fig. 176), mais Cléopâtre avait le nez droit, le 
front plus large, le menton plus volontaire. D'ailleurs cette 
tête n'a aucun ornement qui soit un signe de la royauté. 

Les photographies exposées à côté de ces moulages portent 
toutes une courte description du monument et l'indication du 
pays et du Musée qui gardent l'original. 

Monnaies impériales d'Alexandrie. 

Cette série est de la plus grande importance, non seulement 
pour l'histoire de la domination romaine en Egypte, mais aussi 
et surtout pour l'histoire du syncrétisme religieux de cette époque 
ainsi que pour la topographie d'Alexandrie. Les Revers de ces 
monnaies en effet reproduisent souvent soit des divinités, soit 
des temples et des monuments alexandrins. 




Fig. i; 



97-101. 

Claude 



Claude (4 
; 122-iqo. 



306 

Salle 2. — Vitr. A: 1-64. Bronze. Monnaies 
frappces sous Oclavien Auguste (30 av. 
J.-Ch., 14 ap. J.-Ch.). Sur le Droit ^ en ge'- 
ne'ral la tête d'Auguste de profil à droite. 
Sur le Revers^ ditierents symboles. Aigle 
debout sur un foudre à gauche (1-3). Vases 
(7). Autels (16). Bouquet d'e'pis (22-25), etc. 
Une se'rie pre'sente sur le Droit le portrait 
de Livia, femme de l'empereur (48-64). — 
65-96. Tibère (14-37 ^P- J.-Ch.). Les 
n"^ 65-80 en bronze 5 81-96. en potin. — 
1-54 ap. J.-Ch.) et Antonia sa mère-^ 102-121. 

Claude et Messaline. Les monnaies dont 



nous donnons la reproduction sont le n" 108 (fig. 178), bou- 
quet d'ëpis, et le n° 135 (fig. 179), sur le Droit Tête de 
Claude avec diadème de profil à droite, sur le Revers Ca- 
duce'e dans un bouquet de quatre e'pis. — 03-4' 6. Néron 
(54-68 ap. J.-Ch.) tantôt seul, tantôt avec Agrippine, avec 
Auguste, avec Tibère, avec Poppée. — 417-463. Galba (68-69 
ap. J.-Ch.). — 464-4^7- O^^^on (69 ap. J.-Ch.). - 488-495- 
Vitellius (69 ap. J.-Ch.). — 496-548. Vespasien (21 de'cembre 
69-23 juin 79 ap. J.-Ch.); 549-553- Vespasien et Titus. — 
554-574. Titus (79-Si ap. J.-Ch.). 

Vitr. B: 575-683. Doniitien (81-96 ap. J.-Ch.). Parmi les i^^î^^rs, 
à remarquer: 665. L'empereur sur un quadrige tire par des 
e'ie'phants ; 668. L'empereur sur un char tire par deux cen- 
taures ; 669-672. Arc de triomphe vu de face 5 675. Phare: 
987 (fig. 180). Arc de triomphe vu de face, à trois arcades, dont 
celle du centre plus e'ieve'e que les deux autres ; au-dessus du 
fronton, deux victoires aux angles, au centre l'empereur sur 
un quadrige. — 684-692. Nerva (96-98 ap. J.-Ch.). — 693-982. 




Fi^-. 179. 



307 





Fig. i8o. 



Fig. 18: 



Trajan (98-1 17 ap. J.-Gh.). Parmi les Reversa remarquer : G97 
(fig. 181), Façade d'un temple de Sarapis de style grec, à fronton 
triangulaire 5 les chapiteaux sont corinthiens ; au centre, Sara- 
pis debout, appuyé' sur un long sceptre, sacrifiant devant un 
autel; 750 (fig. 182). Temple d'Isis(?). Façade d'un temple de style 
égyptien ; deux gros pylônes re'unis par une architrave, sous 
laquelle s'ouvre la porte ; au-dessus de l'architrave, on voit 
une de'esse debout de face, tenant dans la gauche un long 
sceptre 5 ce temple e'tait certainement à Alexandrie ; 703-704. 
Le Nil couche' à droite ; 771. Sarapis assis sur un trône ; 772. 
Sarapis sur le be'lier sacre' ; 780. Trophe'e; 785 (fig. 183). Arc 
de triomphe à trois arcades, surmontées de trophe'es 5 799. 
L'empereur sur un quadrige; 804-807, sur un quadrige d'e'le'- 
phants ; 871. Sarapis assis sur un trône, la tête surmonte'e 
du modius, la droite pose'e sur le Cerbère trice'phale ; 890- 
891. Modius rempli d'e'pis sur un char attelé' de serpents aile's; 




Fig. 182. 




Fig. 183. 



- 308 - 

892, Modius au-dessus d'une co- 
lonne, garde' par deux serpents aile's, 
affronte's. 
V'itr. G: 900-1477, et vitr. D, jusqu'au 
n" 1602. Hadrien (i 17-138 ap. 
'.-Ch.). Les Revers sont très varie's; 
102 5- 1026. L'empereur sur un qua- 
drige d'e'le'phants; 1051. Hippopo- 
tame; 1059 et passim: Serpent; 
1092-1095, V. aussi I 379-1 383, etc., 
le Nil demi-couche' à d., une corne 



d'abondance dans la main gauche, un 
papyrus dans la droite. 11 42-1 147, 
V. aussi 1466- 1467. Sphinx femelle aile'e traînant une roue'avec 




Fig. 184. 

une des pattes ante'rieures (Ne'me'sis); i 276. Le Phare; 1 3 19-1324, 
Le Nil demi-couche' à droite, une corne d'abondance souleve'e 
dans la main gauche; 1340. Zeus 
de profil à g., assis sur un aigle 
aux ailes de'ploye'es ; 1363-1366 
(fig. 184), L'empereur debout de 
profil à g. qui reçoit des e'pis de 
la ville d'Alexandrie personnifie'e 
par une jeune femme debout vêtue 
d'une courte tunique, la tête sur- 
monte'e de la peau d'e'le'phant : 
elle baise la main de l'empereur ; 
'39ï"ï393-Victoires; 1405. L'em- 
pereur sur un char attelé' de ser- 
pents; 1407. La tête de Sarapis Fig. 




309 



.^^J^^ 



Fi-, 186. 




Fig. 187. 





Fi g. 188. 



Fig. 189. 



de profil à droite, sur le dos d'un aigle aux ailes deploye'es, 
debout sur un foudre, les pieds e'carte's, tenant une plume dans la 
griffe gauche; 1409 (fig. 185). L'empereur à d., de profil à gauche. 




Fig-. 190. 

devant Sarapis debout de profil à d., la main gauche appuye'e 
sur un long sceptre, la droite souleve'e vers l'empereur : entr'eux 
un autel; 14 10. Isis allaitant Harpocrate : 141 5- 1418. Athèna 
debout de profil à gauche ; 1420- 1422. Isis alexandrine habille'e 
du chiton et de Ihimation debout de profil à gauche, une corne 
d'abondance dans la main gauche, la main droite appuye'e 




:^.'Kr-. 




Fig. 191. 



Fig-. 192. 



contre un radeau ; 1430-145 1 (fig. 186). Isis Pharia et le Phare; 
1396 (vitr. E). Sur le Droit: Buste d'Antinous ; sur le Re- 
vers : Antinous à cheval de profil à d., tenant un caduce'e 
dans la main droite (fig. 187). 



Vitr. D: 1603-1925. Vitr. E: 1926- 
2166. Anionin (138-161)5 1639 
(fig. 188). Le Phare; 1657 (fig. i8q). 
Sarapis assis sur un trône, de 
trois quarts à gauche, la main 
gauche appuyée sur un long scep- 
tre, la main droite souleve'e sur 
la tête de Cerbère; 1723. Euse'bie 
au centre d'un temple te'trastyle; 
1726. Hercule terrassant le lion 
de Nëme'e; 1756. Temple d'Her- 
manubis ; 1757- Victoire aile'e 




'93- 



de profil à droite, e'crivant sur 

un bouclier; 1760. Trophée; 1782-1795. Le zodiaque: 1819 




Fig-. 194. 



(fig. 190). Empereur assis, le casque sur la tête, accoude' sur 
son bouclier, une petite Victoire sur sa main droite souleve'e 

horizontalement; 1846 (fig. 191). 
Sarapis assis sur un trône, la droite 
pose'e sur le Cerbère trice'phale, 
dans un temple; 1886. La de'esse 
Moneta, une corne d'abondance ap- 
puye'e sur le bras gauche, une ba- 
lance dans la main droite; 1903. 
Temple de Sarapis de style grec 
à fronton triangulaire: le dieu est 
repre'sente' assis sur un trône ; 
1906 (fig. 192). Temple d'Isis a 
fronton cintre': Isis est repre'sente'e 
assise de profil à droite allaitant 




_ 3 ' 2 

Harpocrate; 1988 (fig. 193). Eusébie au centre d'un temple 
te'trastyle. 2003 (fig. 194). Temple te'trastyle, avec l'image 
d'Euse'bie entre les colonnes du centre ; griffons aile's comme 
acrotères ; un bûcher au-dessus de la bordure; 2036 (fig. 195). 
Temple hexastyle avec podium assez e'ieve'; acrotères, et au- 
dessus de la bordure un bûcher. 

Vitr. E: 2167-2208. Marc-Aiirèle (Ce'sar, 1 39-161 ap J.-Gh.) ; 
2209 et suiv. Marc-Anrèle (Empereur, 161-180 ap. J.-Ch.) ; 
2180. Temple de Sarapis ; 2202-2204. Temple hexastyle ; 2326- 
27. Sur le Droit: Buste de Faustine jeune, femme de Marc- 
Aurèle ; sur le Revers: Tête de Sarapis au-dessus du bélier 
sacre'. 

Vitr. F. Cette vitrine renferme les monnaies frappe'es à Alexan- 
drie sous Lucius Verus^ Commode et Sévère- Alexandre . Dans 
la vitrine K-L est expose' un premier noyau de monnaies 
consulaires romaines et de monnaies de l'Empire. 

Dans chacune des quatre niches ame'nage'es dans les parois de la 
salle est place' un chapiteau en marbre provenant de la basi- 
lique de Saint-Me'nas. Ces chapiteaux servent de base à quatre 
moulages de statues ou de bustes d'Alexandre le Grand : 
I. Moulage de la ce'lèbre Herma de'couverte par le chevalier 
Azara près de Tivoli, aujourd'hui au Louvre. Le n° 2 est 
e'galement au Louvre. Dans le n° 3, identifie' d'abord pour un 
dieu Mars, des arche'ologues ont reconnu un Alexandre ; 4. 
Cette belle tête du Conque'rant a e'te' de'couverte à Alexandrie 



Salle 4. — En face de l'entre'e : Gros pithos en terre cuite, 
d'e'poque copte de'couvert à Te're'nuthis (Delta). La surface 
exte'rieure est de'core'e d'une image d'un Saint (Je'sus-Christ ?) 
en orant dans un me'daillon. A droite et à gauche, dans une 
zone place'e au-dessous, sont peints des oiseaux, des pommes et 
des plantes aquatiques. 

Dans les vitr, A-B, 280S-3985, est expose'e la suite des Kummi 
Augg. Alexaiidrini depuis Alexandre-Sévère jusqu'à Niimérien 
César (283 ap. .I.-Ch.). 

Dans la vitr. C, 3986-4283, de Numérien César a Doinitius 
Domitien (297 ap. J.-Ch.). 

Les n°^ 4284-4397 comprennent les monnaies des Nomes 
(provinces ou districts de l'Egypte). Ces monnaies ont e'te' frap- 



3 ^ 3 

pees par les différentes provinces de l'Egypte sous Hadrien, 
Trajan et Antonin. 

BIBLIOGRAPHIE. — Sur les monnaies impériales de l'Egypte con- 
sulter l'ouvrage de M. G. Dattari, Ntttni Angg. Alexandrini : Catalogo 
délia collezione G. Dattari, Cairo, 1901. 

Sur les e'tagères sont expose'es des inscriptions funéraires pro- 
venant d'Akoris (Haute Egypte) qui n'ont d'intérêt que pour 
l'onomastique gre'co-e'gyptienne. Dans les encadrements 1-8 
on peut voir une belle se'rie de fragments de tapisseries 
brodées provenant d'Antinoe'. 

La statue colossale en calcaire num- 
mulitique qui est dans cette salle 
remonte à l'ëpoque helle'nistique 
(fig. 196). On n'a pas pu la trans- 
porter dans la salle de la sculp- 
ture, par crainte de la briser. 
Une femme mûre est assise sur un 
haut fauteuil, habille'e d'un chiton 
sans manches et de l'himation. 
L'himation est tire' jusque sur la 
tête, mais laisse à découvert le 
bras droit abandonné sur la cuisse. 
Le bras gauche, enveloppé dans 
un pan de l'himation, est soulevé 
jusqu'à hauteur du menton. La 
femme regarde vers sa droite avec 
une expression triste, douloureuse. 
Debout, appuyée contre sa jambe 
gauche, est une fillette habillée 
d'une longue tunique, les jambes 
croisées, la tête tournée en haut, 
elle la regarde vers sa droite. De. la main gauche soulevée 
jusqu'au menton elle tient un rouleau: le bras^droit est replié 
sur la poitrine. Malgré son médiocre état de conservation ce 
groupe produit une bonne impression et révèle une main ha- 
bile. Dans cette statue on a voulu voir, et probablement avec 
raison, Bérénice femme de Ptolémée III, en deuil de sa fille, 
qui en effet mourut à l'âge de neuf ans. C'est à l'occasion 
de la divinisation de la petite princesse que les prêtres réunis 
à Canope ont rédigé le fameux Décret de Canapé en trois 
écritures, qui a beaucoup contribué au déchiffrement des hié- 
roglyphes. 

BIBLIOGRAPHIE. Tourn. Intern. de Numismatique, I (1898), pi. 10 : 

Mon. Piot, IV (iSgg), p\. 19, par M. Colmgnon ; cfr. Scurkiskr, Kôm-esch- 
Schukâjfa, p. 273, fig-. 73 ; Reinach, Répertoire, II, p. 516, /i. 




Fig. 196. 



— 3U 

Salle 5. — Vitr. A. Dépôt provisoire de monnaies qui ne rentrent 
pas dans les deux se'ries principales : Tctradrachmes athe'niens, 
dont quelques-uns avec inscription en relief ajoutée après-coup, 
et presque tous marque's d'un poinçon (trou en Forme de 
carre, ou de cône, ou d'ëtoile). Ils proviennent en partie de 
Memphis, en partie de K6m-el-Nakhla el-Baharieh (Basse 
Egvpte). Quelques Dariques en or. Deux médaillons en or de 
Galère Maximien, 102 petites monnaies romaines en argent 
provenant d'une trouvaille faite à Benha (Athribis) ; envoi de 
la Direction Ge'nerale du Service des Antiquite's ; leur chro- 
jiologie va de l'empereur Vespasien à l'empereur Albinus, 

V^itr. B. Collection de monnaies romaines et de monnaies by- 
zantines en or provenant en partie d'une trouvaille faite à 
Alexandrie Ghatby), en partie d'une trouvaille faite à Benha 
(Athribis). 

Vitr. G. Fond d'atelier d'orfèvre et de pre'pose' mone'taire. 
Trouvaille faite à Myt-Rahineh en 1860 par Mariette et illustre'e 
par LoNGPERiER dans Xo. Revue Xtimismatique (1861), T. 4, 
p. 407-428. On y voit des monnaies de difïe'rentes parties de 
la Grèce, des morceaux d'argent de différents poids qui atten- 
daient d'être travaille's ; quelques petites idoles en argent (132, 
Bœuf Apis). Bagues et restes de bagues portant grave'es des 
images de divinite's. Autres fragments analogues provenant 
d'une trouvaille faite à Samanhoud. 

Vitr. D. Monnaies romaines frappées à Alexandrie pour le ser- 
vice de l'Empire sons la Tétrarchie (284-305 a p. J.-Gh.). 

Vitr. E. Monnaies romaines frappées à Alexandrie pour le ser- 
vice de l'Empire par les successenrs de la Tétrarchie (après 
305). Monnaies byzantines frappées à Alexandrie. 

Vitr. F. Monnaies de plomb. 

Sur les e'tagères: Stèles funéraires provenant de la Haute Egypte 
(en grande partie d'Akoris). 

Dans la vitr. verticale A sont provisoirement arranges des 
masques en plâtre peint, de'cou verts dans la nécropole païenne 
d'Antinoe' par Mr Gayet. 

Dans la vitr. B. Poteries polychromes provenant de K6m-el-Gho- 
gafa. 



3'D 

Petites vitrines G, D. Ampoules de Saint Menas et de Sainte 
Thècle : lampes^ moules d'ampoules et de lampes^ provenant 
des sanctuaires de Saint-Mënas au Mariout (Abou Mina, voir 
p. I 30). Au centre de la paroi : Beau pilastre en marbre trouve' 
dans les Cœnobia annexe's à ces mêmes sanctuaires : haut. 
I m. 80, larg. o m. 58, prof, o m. 20 5 le cote gauche n'est 
pas travaille', la partie infe'rieure du côte' droit et de la surface 
ante'rieure est lisse et polie tandis que la partie supe'rieure 
(haut, o m. 53) est ornée d'un relief; une grosse couronne 
ferme'e avec des rubans qui se de'roulent syme'triquement en 
spirale vers le bas est au milieu de larges feuilles d'acanthe 
qui se dressent verticalement vers les angles et sur le côte' 
droit ; au centre de la couronne e'tait une croix carre'e en relief 
aujourd'hui martele'e : ce martelage remonte assez probable- 
ment à l'e'poque de la Conquête arabe. 

Avec cette vision de la civilisation musulmane, qui pe'nètre 
dans le pays dont la ville fonde'e par le Gonque'rant mace'donien 
a ête' la capitale pendant de longs siècles, s'arrête la tâche de 
notre Muse'e. Une histoire nouvelle commence alors pour l'Egypte, 
histoire dans laquelle Alexandrie joue un rôle secondaire ou dis- 
paraît tout à fait. 




INDEX 



Pag. 
Introduction vu 



LA \'ILLE MODERNE. 
Population 1 



Organisation administrative . , , 

Climat. Hvi£iène, (Confort .... 


2 
. , . 3 


Edilité 

Commerce . . 


5 
5 


Vie intellectuelle 

Visite à la ville moderne .......... 

Ramleh .... . , 

Canal Mahmoudieh 


... 6 
. . . b 
... lit 
... 13 


Jardin Nouzha 


. . 14 


LA VILLE ANCIENNE. 

Aperçu historique 

Population 

Vie alexandrine 


... 16 

... 23 

. . 25 


Art alexandrin 


. . , 21 


Régime administratif 


iq 


Commerce 


^11 


Industrie ... ... 


^■) 


Sciences et Lettres 


. . . h^ 


Le Musée ... 


\^ 





3i8 

Pa-. 

La Bibliothèque . .^<S 

Le Chi-istianisme à Alexandrie 42 

Les Juifs à Alexandrie 46 

TOPOGRAPHI?:. 

Constitution géologique de la côte alexandrine ..... 54 

Aperçu général .56 

Les Murs d' enceinte .... 58 

Les Rues . 61 

La Côte et les Ports . .65 

Le Canal ... 6" 

Les Citernes .... 6(S 

Les Nécropoles 69 

Montes Testacei 72 

De Xicopolis à Xécropolis 7^ 

Le Soma ou Sema - H2 

Le Gymnase, le Tribunal, le Panelon . 86 

Rhakotis .... 89 

L'Ile de Pharos et le Phare 9(1 

Le Sérapeum . . 95 

Les Catacombes de Kôm el-Chogafa 1<>4 

La Nécropole d' Anfouchy 115 

Environs d'Alexandrie . ... 121 

Taposiris Magna .123 

Sanctuaires d'Abou-jNIina .1311 

Aboukir (Canope) 134 

Rosette 139 



GUIDE DU MUSEE. 

Introduction . • . . ... . . 143 

Topographie d' A^lexandrie . . . 145 

Inscriptions grecques et romaines (Salle 6) 147 

Antiquités égyptiennes (Salles 7, 8, 9, K», 1 1) I()5, lh7, 170, 172, 185 

l'ortraits et petites sculptures (Salle 12) 19(1 

» » » » (Salle 13) ....... . 208 

Fragments d'architecture (Salles 14, 15) ..... , 211, 215 



. 3^9 

Pag. 

Sculptures (Scalle 16) . 21<S 

Urnes cinéraires (Salles 17-21) 2o4 sq. passim. 

Lampes (Salles 17-21) 2?>7 sq. passim. 

Figurines en terre cuite (Salles 17-21) .... 23M sq. passim. 

^'^ases en verre -■^- 

Anses d' amphores --^^ 

Sarcophages en marbre . ....... 246, 25(1, 251 1 

Poteries émaillées . 248 

Etiquettes de momies . 251 

Mosaïques 251, 263, 274, 284 

Manches de brasier 252 

Portraits peints à 1' encaustique . . • , -^^ 

Masques en plâtre . 254 

Amphores panathénaïques ... ........ 2oo 

Poteries hellénistiques ..... 255 

Potei-ies d' Arretium (terra sigillata) 257 

Céramique en relief d' époque romaine ....... 259 

Moules en terre cuite • . 262 

Poteries de Naucratis 263 

Figurines du Fayoum 264 

Nécropole de Chatby 274 sq. (v. aussi 250) 

Nécropole de Tlbrahimieh 2>^2 sq. 

Monuments provenant d' Aboukir (Salle 22) ..... , 284 
Peintures pariétales païennes et chrétiennes (Salle 22 ^) , . 285 

Antiquités chrétiennes (Salles 1. 2, 4, 5) 288 

Cabinet numismatique (Salles 2, 3, 4, 5) 297 sq. 

Collection de moulages 3il4 




N. MANCHESTER. 
INDIANA