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Full text of "Nipon o daï itsi ran; ou, Annales des empereurs du Japon"

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IBAim'SIANFORD'JVNIOR-VinVERSilY 



\ 



NIPON DAI ITSI RAN 



ou 



ANNALES 

DES EMPEREURS DU JAPON 



IMPRIMÉ 



PAR AUTORISATION DE M. LE GARDE DES SCEAUX, 

A L'iMPBIMEBIE ROYALE DE FRANCE , 

POUR LE COMPTE DU COMITÉ DES TRADUCTIONS ORIENTALES 
DE LA GRANDE-BRETAGNE ET DE L IRLANDE ; 

ET SE VEND A LONDRES 

CHEZ PARBURT, ALLBN ET C", LEADBNHALL STRBET. 



NIPON O DAÏ ITSI RAN, 



ou 



ANNALES 

DES EMPEREURS DU JAPON, 

TRADUITES 

PAR M. ISAAC TITSINGH, 

AVKC LAIDE DE PI.C9IKI7RS INTERPRETES ATTACHES KV COMPTOIR HOLLANDAIS DE NA^GASAKI ; 

OUVRAGE 

REVU, COMPLETE ET CORRIGÉ SCR ^ORIGINAL JAPONMS-CHINOIS , 



ACCOMPAGXE DE XOTES, ET PREChDK 



D'UN APERÇU DE L'HISTOIRE MYTHOLOGIQUE DU JAPON 

PAR M. J. KLAPROTH. 




PARIS. 



PRINTED FOR THE ORIENTAL TRANSLATION FUND 
OF GREAT BRITAIN AND IRELAND. 

SOLD BY PARBURY, ALLEN AND CO., LEÂDENHALL STREET 

LONDON. 

M. DCCC. XXXIV. 



TO THE RIGHT HONOURABLE 



GEORGE FITZ-CLARENCE, 

EARL OF MUNSTER, 



VISCOUNT FITZ-CLARENCE, AND BARON TEWKESBURY; F. R. S., F. G. 8.; 
A VICE PRESIDENT OF THE ROYAL ASIATIC SOCIETY, 
A VICE PRESIDENT OF THE ROYAL SOCIETY OF LITERATURE, 
A DEPUTY CHAIRMAN AND TREASURER 
OF THE ORIENTAL TRANSLATION FUND OF GREAT BRITAIN AND IRELAND f 



THIS WORK 

IS RESPECTFULLY DEDICATED 



BT HIS MO0T OBLIGED HUMBLK SERVANT 



KLAPROTH 



PRÉFACE. 



La traduction des Annales du Japon, qui paraît aujourd'hui sous les 
auspices et par la munificence du Comité des traductions orientales, est 
due au zèle de M. Isaac Titsingh, jadis chef du commerce hollandais à 
Nangasaki l . Dès sa première arrivée dans cette ville, en 1779, cet 



(1) M. Titsingh naquit k Amsterdam , vers 
1740. D passa de bonne heure aux Indes orien- 
tales , entra dans radministration de la Compa- 
gnie , et , par son zèle et son assiduité , parvint à 
l'emploi de conseiller. Grâce à son tempérament 
vigoureux et à son humeur égale et enjouée , il 
brava pendant dix-sept ans les effets désastreux 
du climat de Batavia , si funeste aux Européens ; 
il y vit deux fois se renouveler en totalité , par la 
mort de ses membres , le corps dont il faisait 
partie. En 1779, il fut envoyé au Japon comme 
chef du commerce hollandais. 

D partit de Batavia le 27 juin , et arriva à Nan- 
gasaki le 15 août. L'année suivante il alla comme 
ambassadeur à la cour du Seogoun. D quitta 
Nangasaki le 19 février, et arriva à Yedo le 
25 mars. D eut sa première audience chez le 
Seogoun le 5 avril, et celle de congé le 10 du 
même mois. D repartit de Yedo le 14 avril , et 
fut de retour à Nangasaki le 25 mai. Le 29 no- 
vembre 1780 il quitta le Japon, et revint à Bata- 
via le 24 décembre. Eu 1 781, il fut de nouveau 
nommé chef ae la factorerie de Desima. D quitta 
Batavia le 30 juin , et arriva au Japon le 12 août. 
Le 26 février 1 782, il partit de Nangasaki à la tête 
de l'ambassade pour le Seogoun, et arriva à Yedo 
le 】 avril. Le 13 du même mois i) fut présenté 
au Seogoun , eut son audience de congé le 18, 
pour repartir le 22 d'avril. D revint à Nangasaki 
le 27 mai. En 1783, M. Titsingh partit le 6 no- 



vembre de ce port , pour se rendre à Batavia , 
où il jeta l*ancre le 13 du mois de décembre. D 
s'y embarqua pour son troisième voyage au Ja- 
pon le 2o juin 178 な, et arriva à Nangasaki le 
18 août, dans un état déplorable f et après la 
perte d'un vaisseau qui accompagnait le sien. 
Le 26 novembre 1784 il quitta pour toujours le 
Japon , et retourna k Batavia. On voit donc que 
M. Titsingh a été trois fois au Japon , entre 1779 
et 1784, maïs qu'il n,a pas iait dans ce pays un 
séjour de quatorze ans , comme réditeur de ses 
Ceremonies usitées au Japon pour les mariages et 
les funérailles l'a avancé. 

Peu de temps après son dernier retour du Ja- 
pon , M. Titsingh fut nommé gouverneur de 
Chinsoura, comptoir hollandais du Bengale sur 
les bords du Hougly. Étant revenu à Batavia, il y 
exerçait ses fonctions de conseiller du gouverne- 
ment , lorsqu'il fut appelé de nouveau à repré- 
senter sa nation, comme ambassadeur en Chine. 
Il quitta, en cette qualité, Batavia, le 15 août 
179 な, arriva à Canton le 24 septembre , et se mit 
en route pour Peking le 22 novembre. 11 repartit 
de cette capitale le 9 janvier 1795, eut le 12 sa 
premiere audience chez lempereur, et le 8 février 
celle de congé , au château de plaisance de Yuan 
ming yuan. Le 10 il prit congé au tribunal des 
cérémonies , et quitta Peking le 15 février. 
était de retour à Canton le 10 du mois de mai. 

Après un séjour de trente-trois ans en Asie, 

A 



h PREFACE. 

homme estimable commença à tirer le meilleur profit de son séjour 
dans un pays aussi intéressant, et en même temps aussi peu connu que 
le Japon. Persuadé que pour parvenir à bien connaître une nation, le 
moyen le plus sûr est de Fétudier dans ses propres livres , il résolut 
d'entreprendre la traduction de quelque ouvrage japonais d'une grande 
importance. Son choix se fixa bientôt sur le Nipon o daï itsi ran, 
contenant l'histoire des Daïri, ou empereurs du Japon , depuis le pre- 
mier, qui commença à régner 660 ans avant J. C, jusqu'au cent hui- 
tième, décédé l'an 1611 après cette époque. Cependant M. Titsingh ne 
savait ni le japonais, ni le chinois, langues dans lesquelles l'original 
de ces annales est écrit ; mais il trouva, parmi les Japonais attachés 
comme interprètes à la factorerie hollandaise , des personnes très-dispo- 
sées à raider. 11 y en eut principalement trois , nommées Yosio kosak , 
Nari basi zenbi et Nari bayasi zuibi, qui se chargèrent de lui expliquer 
de vive voix le contenu du livre, qu'il écrivit, sous leur dictée, en hol- 
landais. On conçoit aisément qu'une traduction iaite de cette manière 
ne pouvait être ni très-exacte , ni très- complète. D'ailleurs les inter- 
prètes de la factorerie de Desima, n'étant pas des sa vans, mais de sim- 
ples dragomans, devaient naturellement ignorer beaucoup de choses 
dont il est question dans 1' origin al de l'Histoire des Daïri. Par consé- 
quent ils ne se trouvaient nullement en état de traduire, dans une 
langue qui ne leur était que peu familière, les passages dans lesquels ii 
était question de matières dont ils n'avaient aucune connaissance. D'un 
autre côté, on rencontre dans le texte du Nipon o daï itsi ran une 
foule de détails minutieux , relatifs aux difFérens grades et à l'avance- 
ment des officiers supérieurs de la cour du Dain, qu il aurait été impos- 
sible de traduire , sans y ajouter un grand nombre de notes explica- 
tives très-étendues pour la plupart. Les interprètes de M. fitsingh ont 
eu le bon esprit de supprimer ces passages, comme tout à iait inutiles 



M. Titsingh revit l'Europe. Il y était avantageu- 
sement connu de plusieurs savans. Possesseur 
d'une fortune considérable , il la fit partager à sa 
famille. Il s'occupait à mettre en ordre les maté- 
riaux nombreux qu il avait apportés du Japon , et 
voulait publier le résultat de ses travaux à la 
fois en Hollande, dans sa langue maternelle , 
et à Paris , en français. H venait fréquemment 



dans cette capitale , et avait même fini par y fixer 
son séjour, lorsqu'une maladie aiguë lem porta , 
en février 1812. Après sa mort, les collections 
et les manuscrits de M. Titsingh ont été totale- 
ment dispersés. Ceux de ses ouvrages qui ont vu 
le jour, ont été publiés d* une manière peu exacte, 
et sont remplis de fautes de copiste et a impres- 
sion. 



PRÉFACE. m 

pour un lecteur européen , et, on peut le dire, de peu d'intérêt même 
pour un Japonais. Quoi qu'il en soit de ce dernier procédé , qu'on ne 
peut pas trop blâmer, la traduction des Annales du Japon avait besoin 
d'être entièrement revue sur l'original chinois-japonais. J'ai entrepris 
cette tâche difficile, qui valait presque une nouvelle traduction ; car 
j ai trouvé beaucoup à corriger et souvent beaucoup à ajouter au 
travail de M. Titsingh. Pour donner au lecteur un exemple de la dif- 
férence qui existe entre sa version dans son état primitif, et cette 
même version revue sur l'original, je prends au hasard un morceau 
dans le livre, et je mets les deux textes en regard. 

VERSION DE M. TITSINGH. LA MEME REVUE SUR LORIGINAL. 



Le 1 er mois de la 12 e année (795), il 
fit examiner le terrain Kodo-no kori dans 
la province Jamasiro, par le Daynagon 
Foesiwara-no Kokoro Maro, par le Saday- 
ben Ki-no Kosami et par le prêtre Ken kei, 
afin dy transporter la cour. Il en fit faire 
part au dieu Kamo-no Miosin et aux tom- 
beaux de Tentje-ten-o , de Komin-ten-o , 
et de Tawara-no-osi. 



Le 6 e mois, il envoya l'ordre à diffé- 
rentes provinces de construire un certain 
nombre de portes au nouveau day ri ; cha- 
cune porte son nom comme Infoemon , 
Bifoemon , Ankimon , Ikanmon, Saoefeki- 
mon t Soeikenmon, Jaoemeimon, Tatsoe ち e- 
mon t Tatsoetenmon et lkoewoemon. 



Soegano-no Mamitje et Foesiwara-no ka- 



A la l re lune de la 12 e année (795), 
le Daïri fit examiner la situation du vil- 
lage Ouda-no moura ( Yu taï tsun ) , du dis- 
trict de Kado no kori [Ko ye kiun ) , dans 
le Yamasiro , par le Daïnagon Fousiwara- 
no Kokoaro maro ( Theng yuan Siao he ma 
]iu ) , par le badaïben Ai-no Kosami ( Tso 
ta pian Ki ko tso mei) , et par le prêtre 
Ken kei ( Hian king ) ; car il avait le des, 
sein dy transporter la cour. Il fit annon- 
cer cette intention au dieu Kamo-no miô 
sin ( Ho meou ming chin ) , aux tombeaux' 
des Dain ten tsi ten o , Kwo nin ten o , 
et à celui du prince Tawara-no o si. 
' Le 6 e mois , l'ordre (ujt expédié dans 
toutes les provinces, de fabriquer les 
portes du nouveau palais; chacune eut 
un nom particulier, savoir : In fou mon 
( Yn fou men ) , Bi fouk mon ( Meï fou 
men ) , An ki mon ( Ngan ki men ) , I kan 
/non (I kian men), Sô feki mon (Thsao py 
men ) , Soui ken mon ( Cheou hian men ) , 
Yô met mon ( Yang ming men ) , Tats si 
mon (Ta tchi men) , Tats ten mon (Than 
thian men ) , et Ikon wô mon ( Tou fang 
men ). 

Le 9 e mois , Souga np - no Mamitsi 

k 



IV 



PRÉFACE. 



djo-no Maro y furent envoyés le 9 e mois 
pour tracer le terrain pour ses serviteurs, 
et pour faire construire une demeure 
pour chacun d'eux. 



La nouvelle cour étant achevée , il s'y 
rendit le 10' mois de la 15 e année (794). 
Des quatre cotés , elle fîit entourée de 
bonnes rivières et de montagnes qui sont 
à l'entour très-bien situées pour y entrer 
et en sortir. A cause de cela, il donna à 
cette excellente cour le nom Feiansio. 
L'on fit une statue de terre , environ de 
cinquante pieds de haut; elle fîit décorée 
d'un casque de fer, et eut un arc et des 
flèches de fer à la main , pour servir de 
garde comme un dieu tutélaire , durant 
l'absence du Dayri. Il en fit mettre le pié- 
destal en terre sur la montagne Tosan, la 
face tournée du côté de l'ouest. Même 
dans ce temps, le peuple prétendit que 
c'était l'image du Ziogon Tsoeka \ qui, lors- 
qu'on devait s'attendre à quelque événe- 
ment fâcheux ou extraordinaire dans le 
dayri , s'agitait spontanément. 



( Kouan ye Tchin tao ) et Fousiwara-no 
Kado-no maro ( Theng yuan Ko ye ma liu ) 
forent envoyés à la nouvelle résidence , 
pour y partager le terrain où devaient 
être construits les bâtimens destinés à la 
demeure des personnes de service. 

Le nouveau palais de Kado no étant 
achevé , le Daïri sy rendit le 10* mois de 
la 15 e année (794). Le terrain sur le- 
quel ce bâtiment était placé , se trouvait 
sous l'influence des quatre génies qui pré- 
sident aux quatre points cardinaux, sa- 
voir, à gauche celui du dragon azur (le 
génie de lorient), à droite celui du tigre 
blanc (le génie de l'occident), sur le de- 
vant celui de Yoiseaa rouge (le génie du 
sud ) , et en arrière celui du guerrier obs- 
car (le génie du nord). Cet édifice était 
entouré de belles eaux et de montagnes. 
De grandes routes y arrivaient de quatre 
cotés ; il était assez vaste pour servir de 
résidence à cent rois , c'est pourquoi il 
reçut le titre honorifique de Fei an siô 
( Phing ngan tchhing) ou ville de la paix et 
de la tranquillité. On y éleva une statue 
de terre , haute de huit pieds (siak) ; elle 



portait un casque et une cuirasse de fer , 
et tenait à la main un arc et des flèches de fer. Elle était destinée à servir de divi- 
nité protectrice de la capitale , qui depuis ce temps a toujours été la résidence des 
Dairi. Cette statue fut placée sur un piédestal sur le mont Tô san (Toung chan) , la 
face tournée du coté de Foccident. Actuellement elle se trouve près des tombeaux 
des Seogoun. On prétend que lorsqu'il doit survenir quelque changement dans 
l'empire , cette image chante et se meut d'elle-même. 

Pendant son séjour au Japon, M. Titsingh avait contracté des liai- 
sons amicales avec plusieurs grands personnages de ce pays, mais 
principalement avec Koutsouki samon , prince de Tamba, lequel avait 
appris le hollandais , et écrivait même passablement cette langue. 



( 1) Cesl une erreur grave de M. fitsingh : le mot tsouka signifie sépulture , et n,est pas un nom 
d'homme. 一 Kl. 



PRÉFACE. v 

L'intention de M. Titsingh était de lui dédier sa traduction des An- 
nales des Daïri. Tai trouvé dans ses papiers Fessai suivant d,une dé- 
dicace adressée à ce personnage. La voici : 



À KOUTSODKI MINAMOTO-NO MÀSÀ TSOUNA , PRINCE DE OKI ET DE FIKODTSI YAMA 

DANS LA PROVINCE DE TÂMBÀ. 



Notre dernière entrevue eut lieu à Yedo , le 9 du 3 e mois de la a* des années Ten 
meï ( 1 782 )• Plus de vingt-cinq ans se sont écoulés depuis. Pendant mon séjour dans 
l'Inde , notre correspondance fut active. Elle fut interrompue par mon départ pour 
l'Europe, dans la 8 e année de Kwan sel (1795). Depuis mon retour, la guerre y a mis , 
à mon grand regret, des obstacles presque insurmontables. Une seule fois (le 16 de 
mai 1801) j'ai pu vous écrire de Londres; mais a ayant point reçu de réponse , je 
demeure incertain si ma lettre vous est parvenue. 

Après mavoir aidé si cordialement de vos lumières dans mes recherches sur l'his- 
toire de votre pays , vous aviez le droit d'espérer depuis longtemps que quelques dé- 
tails auraient été publiés après mon retour en Europe ; mais l'abattement d'esprit que 
mont causé, à mon arrivée, le sort de ma patrie et celui de l 1 administration de la Com- 
pagnie des Indes, et puis la vie errante et dissipée que j'ai menée , ne me l'ont pas per- 
mis. Ce nest que depuis que je me suis établi à mon gré à Paris, que j ai eu le loisir de 
m'en occuper. En vous offrant d'avance la dédicace de mon ouvrage, je m'acquitte de 
ma promesse. Cette dédicace servira de preuve de ma reconnaissance. Qui de vos 
compatriotes mieux que vous a droit d'y prétendre ? Votre noble émulation de les sur- 
passer dans tout ce qui a rapport aux arts et aux sciences , vos infatigables recherches 
sur ce qui concerne l'hémisphère européen , et voire connaissance de la langue de ma 
patrie , vous mettent en état de bien juger mon travail. 

Ma traduction de vos Annales nationales vous a déjà été remise en manuscrit , dans 
la 3 e des années Ten meï (17 83) ; elle formera avec d'autres pièces un volume. Ayant 
recueilli, pendant mon séjour dans votre heureux pays, que j aime à me rappeler 
chaque jour, assez de matériaux , je peux passer le reste de ma vie utilement occupé 
à les mettre en ordre. L'aphorisme de Koungfou tsa (Confucius) : , 



Itsou wan wo 
Fib ni wa iu té 
Tsou mi no besi 
Kokoro no towa ba 
Ikaga kotaî in. 



Il est facile de 
mentir ; mais 
alors, comment 
faire pour tranquilli- 
ser sa conscience? 



cet aphorisme que vous m'avez recommandé avec tant d'empressement , et qui est si 
scrupuleusement observé dans tous vos ouvrages , me servira de guide dans cette en- 
treprise. Sachant combien les voyageurs qui parcourent des pays lointains se plaisent 



vi PRÉFACE. 

à embellir leurs rapports , vous vous rappellerez ma promesse de ne dire que ce 
qui est tiré de vos meilleurs auteurs , ou fondé sur des pièces authentiques , et sur des 
renseignemens de personnes clignes de toute confiance. Aussi je me garderai d'ajouter 
rien du mien en ce qui concerne le fond. Si jamais j ai le bonheur d'achever mon ou- 
vrage sur le Japon, vous jugerez jusqu'à quel point j'ai observé la maxime de Koung 
fou tsu : Ghen ko 画 takf seï yo. « Il faut que l'action soit conforme à la parole, n 

Permettez-moi néanmoins de vous exposer un doute qui m'est survenu en travail- 
lant sur vos Annales. Ne doit-on pas supposer, me suis-je dit, que les Japonais, si 
jaloux de leurs voisins les Chinois , ont tâché , en écrivant leur propre histoire , de 
remplir plusieurs lacunes par la prolongation des règnes de leurs premiers Daïn? Ce 
qui m'a suggéré cette idée, c'est la vie trop longue de plusieurs d'entre eux, et l'excessive 
durée de leurs règnes , depuis Zin mou jusqu'à Ri tsiou ten o. On trouve de cette ma- 
nière, dans voire histoire , une période de 1060 ans, occupée seulement par les 
règnes de dix-sept Daïri. La durée de la vie de Zin 動 a, des règnes de Ko an, de Seï 
nin , et la vie de O sin t (ils de Iswa aï ten o, paraissent surtout improbables. Le pre- 
mier mourut à lage de 127 ans ; le second régna pendant 102, le troisième pendant 
99 ans; le dernier naquit, suivant les Annales, lan 2 00 de notre ère, et mourut en 3 10. 
Ce sont des événemens trop extraordinaires pour y croire aveuglément. On pourrait 
en effet accorder que la. vie chaste et frugale de ces princes ait pu contribuer à leur 
faire atteindre un âge très-avancé ; mais comment se fait-u alors, que depuis Ri tsiou 
ten 0, aucun de ses successeurs nait dépassé le terme ordinaire de la vie humaine ? 
Permettez-moi de recommander à votre discernement la solution de ce problème. 

Agréez mes vœux les plus ardens pour votre bonheur. Puissent les plus hautes des- 
tinées devenir la récompense de votre rare mérite ! Rien ne peut métré plus précieux 
que de recevoir encore de vos nouvelles , avec quelques éclaircissemens sur les 
nombreuses questions contenues dans mes lettres. Dans cet espoir flatteur, je me 
plais à vous répéter r assurance de mon panait dévouement. 

Isaac TITS1NGH. 

A Amsterdam , le 7 août 1807. 

La orthographe des noms propres japonais était en général très-irré- 
gunere et souvent fautive dans le manuscrit de M. fitsingh. Il m a été 
facile de la rétablir, dans l'original imprimé à Miyako, quand leur trans- 
cription en caractères kata kana se trouvait à côté des caractères chinois. 
Mais ce secours m'a manqué souvent , et alors j ai été obligé de iaire des 
recherches , quelquefois longues et pénibles, pour donner la véritable 
prononciation des noms d'hommes et de lieux. Maigre îe soin que j ai eu 
de purger, sous ce rapport, le texte de toutes les fautes , quelques-unes t 



PRÉFACE. vu 

y sont pourtant restées ; on les trouvera indiquées dans YErrata. 
Quant au nom ae la célèbre famille des Fouazi wara, M. Titsingh ï,avait 
toujours écrit Fousiwara. Comme je n'en ai découvert l'orthographe 
exacte que quand la moitié de l'ouvrage était deja tirée, j'ai été obligé 
de laisser subsister la transcription fautive de M. Titsingh , mais je n'ai 
pas voulu manquer de la rectifier ici. 

La plupart des livres historiques des Japonais sont écrits en carac- 
tères chinois , qu'on prononce , au Japon , autrement qu'en Chine; il 
m'a donc paru nécessaire de placer entre deux parenthèses, après les 
noms propres japonais les plus importans, la prononciation des carac- 
tères chinois avec lesquels ils sont écrits dans l'original. し était le seul 
moyen de les faire reconnaître, quand on les trouvera dans un autre 
livre où ils sont seulement exprimés en signes idéographiques de la 
Chine. J'ai aussi cru nécessaire d'ajouter aux noms des empereurs et aux 
nengo, ou titres honorifiques des années de leur règne , les caractères 
chinois avec lesquels ils sont écrits dans l'original. 

Le livre traduit par M. \ îtsingh ne contient que l'histoire des Daïri 
jusqu'en 161 1; je l'ai conduite, dans mon Supplément, aussi oien que 
j ai pu, jusqu'à nos jours. Les iaits que j'y donne sont, pour la plupart, 
extraits de diflFérens tableaux chronologiques japonais-chinois, impri- 
més au Japon. 

Les notes que j'ai ajoutées au texte serviront à éclaircir les passages 
auxquels elles ont rapport. J'aurais désiré en augmenter le nombre ; mais 
d'un côté le manque de matériaux , et de l'autre la crainte de trop grossir 
le volume, m'en ont empêché. H aurait été utile d'accompagner cet ou- 
vrage d'une carte du Japon ; elle aurait considérablement contribué à 
l'intelligence de son contenu. Les circonstances ne l'ont pas permis. Je 
aois renvoyer les lecteurs à ma carte de ce pays, publiée par M. Famiral 
Krusenstern, dans son Atlas de l'Océan pacifique , sous le titre de Carte 
du Japon de S. A. R. le duc de Weimar. Cette feuille n'est que l'extrait 
d'une carte plus étendue et plus complète. Toutes les deux seront bientôt 
remplacées par une beaucoup plus parfaite et plus exacte, que va publier 
M. le docteur von Siebold , dans ses Archives du Japon. Cet ouvrage, 
dont trois livraisons ont mru , est rempli de renseignemens importans 
et curieux sur ce pays, lesquels éclairciront, mieux que je n'aurais pu 



vin PRÉFACE. 

le faire , une foule de points contenus dans les Annales des Daïri. C'est 
une des plus vastes et des plus belles entreprises de notre siècle , destinée 
à faire connaître la partie la plus orientale de l'Asie moyenne. 

Un ouvrage aussi rempli de détails que les Annales des Daïri exigeait 
d'être accompagné d'une table alphabétique très-dé taillée. C'est M. Lan- 
dresse , un des bibliothécaires de rinstitut de France , et éditeur de la 
Grammaire japonaise du P. Rodriguez, publiée par la Société asiatique de 
Paris, qui s'est chargé de cette tâche, et il s,en est acquitté avec cette 
exactitude qui caractérise tous ses travaux. Je me plais à lui exprimer 
ici ma reconnaissance particulière , pour ce surcroît d, utilité qu'il a 
ajouté à l'ouvrage que j'étais chargé de publier. 



J. KLAPROTH. 



Paris, ce 20 mai i834 



APERÇU 

b 

DE 

L'HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

DES JAPONAIS, 

Par M. KLAPROTH. 



L'histoire fabuleuse , ou plutôt la mythologie des Japonais , donne à leur 
empire une antiquité démesurée ; elle fait régner la première dynastie divine 
des cent mille millions (Tannées , et place le commencement de la seconde 
836,702 ans avant notre ère. Cependant les gens instruits au Japon ne font 
aucun cas de ces chimères , et avouent que l'origine de leur nation est enve- 
loppée de ténèbres qu,il paraît impossible de dissiper entièrement. L'opi- 
nion la plus répandue et la plus probable est, non pas que le Japon a été 
peuplé par des Chinois , mais que ses aborigènes ont été civilisés par des co- 
lonies de cette nation qui y sont arrivées à différentes époques. M. Titsingh , 
dans un manuscrit hollandais fort court et peu utile sur i,antiquité des Chi- 
nois, cite la colonie qui fut conduite au Japon par Gtnno Taïfak, cest-à-dire 

par 伯 Thai pë du pays de ^ Ou ; et il rapporte à cette occasion le 
passage suivant , extrait d'un ouvrage japonais , mais mal rendu par lui ou 
plutôt par ses interprètes ; car il ne savait lire ni le japonais ni le chinois : « Gâ 
« tan ( Koun? than ) , grand-père de Bon wo ( Wou wang) , eut trois fils ; î amé fut 
« Go-no Taïfak ( Ou Thaï pë), lé second Iswu yet (Tchoung young) , et le 
« troisième Ki riak (Ki ly). Ce dernier succéda à son père, et son fils devint 
« empereur sous le nom de Bou wo (Wou wang). Quand Jfi riak monta sur le 
« trône , ses deux frères aînés se coupèrent les cheveux et se piquèrent des 
« figures sur les bras qu'ils frottèrent d'une matière noirâtre ; puis ils se reti- 
« rèrent dans une contrée située à l'est de la Chine, uo-no Taï fak, après sa 
« fuite de la cour, se rendit d'abord dans le pays de Go (Ou), la Chine méri- 
« dionale , où il s'arrêta pendant quelque temps dans le village Bal ris son. 
« En le quittant , il prit avec lui plusieurs des babitans et les conduisit au 



拳 



ij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

« Japon. Il aborda dans la province de Fiouga, voisine de celle de Satsouma, et 
« y résiaa dans un temple appelé Taka tewo. Sa première demeure fut dans les 
« rochers. La terre était alors couverte d'insectes volans , de deux pouces de 
« long, nommés tsou sou ga x , dont la morsure était mortelle. Ses compagnons 
« vivaient dans des trous qu'ils creusaient sous terre. Mais à mesure que le 
« pays fut défriché et cultivé , ces insectes disparurent. On prétend qu'ils ont 
« donné i,origine à la phrase par laquelle, au Japon , quand quelqu'un sin — 
« forme de l'état de votre santé , on lui répond , Tsou sou ga nakou , je ビ ai 
« pas de Tsou sou ga , c*est-à-dire , je me porte bien. » 

Go-no Thaï fak 、 ou prononcé à la chinoise Ou Thaï pë , était en effet le fils aîné 
de 4r Thai wang ou ^^^T Kou koung, roi de J^j Tcheou , dont la capi- 
tale était Khi tcheou, ville située aans la partie septentrionale de la province 

actuelle de Tchy li. Son frère cadet 歷^ r Ki ly (le Ki riak des Japonais), 

qui régna plus tard sous le nom de Wang ki, et fut le père de Wen wang, naquit, 
selon les auteurs chinois, en 1283 avant J.C. , et parvint au trône en 1230. Thaï 

pë, qui lui céda volontairement le trône , s'expatria alors avec son frère 雍 イチ 
Tchoungyoung ou i^/^, tchoung, ainsi 570 ans avant la l w année du règne 
de 隻 天^ 4 行 Zin mou ten o ; époque sur laquelle les Japonais n'ont au- 
cun doute , et qu*ils prennent pour base de toute leur chronologie. On voit 
donc que Ou r l haï pë ne pouvait être le même personnage que Zin mou , et 
qu'il xloit y avoir erreur dans la traduction de M. Titsingh. 

Thaï pë, et son frère Tchoung young, qui se trouvaient alors sur le mont 

Heng chart pour y cueillir des plantes médicinales 9 allèrent chez les 蠻 荆 

King man , peuple à moitié barbare 9 habitant sur les bords du Kiang 9 dans 
le département actuel de King tcheou fou , dans le Hou pë. Ces King man se 
tatouaient le corps et se coupaient les cheveux ( usages que les anciens 
Chinois ne suivaient pas). Ils choisirent Thaï pë pour leur chef, qui donna à 

sa nouvelle principauté le nom de 吴 Keou Ou. Comme il mourut sans en- 
fans , le fils de son frère lui succéda. Le petit-fils de celui-ci vivait à l'époque de 
la destruction de la dynastie de Chang parWou wang , qui , en 11 22 avant J. C. , 

le fit roi de 吴 Ou; mais dans un pays différent et situé dans le département 
actuel de Sou tcheoafou, province de Kiang nan. Les descendans de ce prince , 



( 1 ) C'est en vain que j*ai cherché le nom de 
cet insecte dans les lexiques et vocabulaires ja- 
ponais qui sont à ma disposition ; il ne se trouve 



pas non plus dans la grande Encyclopédie ja 
ponaîse. 



DES JAPONAIS. iij 
nommé 章 周 Tcheou tchang , y régnèrent pendant 659 ans, jusqu'en 473 
avant notre ère , époque à laquelle leur territoire fut conquis par le roi de が 

Yuë. 卢 Fou tchha, dernier roi de Ou, se pendit alors pour ne pas sur- 
vivre à la perte de ses états. Voici ce que l'auteur du Thsian pian , ou de la 
première partie du Thoungkian kang mon, ajoute à cette occasion : « On compte 
« dans le royaume de Ou, depuis TAafpe jusqu'à Fou tchha, ving^t-six généra — 
« tions. Les rois du Japon de nos jours sont aussi regardés comme descendans 
« de Ou Thaïpë. Après la destruction de ce royaume, les fils , les petits-fils et 

n la parenté du dernier roi de Ou, mirent en mer, et devinrent les Wo 
« ou Japonais ! . » 

Ce passage des livres chinois est le seul qui soit relatif à la descendance 
des Japonais ou de leurs princes de la famille de Ou Thaï pe. Mais comme le 
Thsian pian ne place rexpatriation de cette dernière qu'à la conquête de leur 
royaume par les Yuë, en 473 avant J. C., ou 188 ans après Favenement de 
Zin mou ten o , il est clair que celui-ci ne peut passer pour descendre de ces 
émigrés chinois , qui néanmoins peuvent avoir conduit une colonie au Japon. 
Aussi le rédacteur de la grande Encyclopédie japonaise, si habilement analysée 
par M. Abel-Kérausat , s'écrie-t-il : « Pour ce qui regarde la supposition que Zin 
« mou ten o soit descendant de Go-no Taï fak (Ou Thaï pe), elle est de toute 
« fausseté et inventée du temps des Thang. » Il déclare également que ropmion 

de l'auteur du Thsian pian, que je viens de rapporter , nest que du ^^墨 
[me than) ou bavardage (Técrivain. 
KaibaraTok zin, auteur d'une Histoire des origines japonaises, cite, à l'endroit 

où il parle des premières habitations humaines \ un passage de お Son ken 
(Sun hian), autre écrivain japonais Y qui dit : « Après la création du monde, les 
« hommes demeurèrent d'abord en plein air ; mais y étant exposés aux effets 
« du vent , de la pluie et de la chaleur , le besoin leur apprit à creuser des ca- 
« vernes dont ils préférèrent le séjour, maigre î numiditc de la terre , qui leur 
« causa des maladies. » 

Son ken ajoute qu'il a parcouru tout Terapire pour en examiner les diverses 
localités. Kj est dans la partie la plus escarpée des montagnes , et sur-tout dans 
des lieux éloignés des villes , qu'il trouva un grand nombre de cavernes dont 
l'intérieur était garni de grosses pierres. Ces antres avaient leur ouverture du 
côté du sud , et se composaient ordinairement de deux ou trois compartimens. 

Il en vit des milliers dans la province de Kawatsi , -près des rives du 川 吾 p jj^L 

(1) Thoungkian kang mou, Thsian pian; édi- (2) Wa zi "•, publie en 1690 ; vol. II, fol. 

tion impériale de 1 7 1 7 , Uv. xvm , fol. 20 verso. 1 3 et suiv. 

a 



iv HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

Fatori gawa ( Fou pou tchhouan ) , au pied du mont j^J|^ ^ I koma 
ga take , et aussi dans le canton de Yama be-no kôri, dans le Yamato. Toutes 
paraissaient avoir été habitées. 

A cette occasion , Kaïbara Tok zin rapporte qu'ayant parcouru la province 
de Tsikouzen, il y avait découvert plusieurs milliers de ces cavernes, disposées 
par groupes de six à vingt. Les habitans des villages voisins les exploitaient , 
et se servaient des pierres pour faire des gouttières, des digues , et les fonde- 
mens de leurs maisons. Tous ces antres étaient ouverts du côté du sud. 
« On n'en trouve point, ajoute-t-il, dans le voisinage de la capitale de la pro- 
« vince , mais bien dans les lieux les plus éloignés et déserts. Ceux qui étaient 
« situés près des endroits habités ont tous été exploités, et les pierrfes em — 
« ployées à divers usages. » Comme on avait supposé que ces cavernes avaient 
autrefois servi de sépulcres , Kaïbara Tok zin les a examinées sous ce rapport ; 
mais il n'y a trouvé nulle part le moindre reste d'ossemens : par conséquent , 
il rejette cette opinion, et dit qu'il est convaincu qu'elles ont été habitées an- 
ciennement 9 et qu'il y a probablement de semblables grottes en Chine, quoi- 
que les ouvrages chinois et japonais n'en fassent pas mention. 

D'autres auteurs japonais , jaloux de la gloriole de descendre d'autoch- 
thones, rejettent le récit de l'arrivée de Go-no Taï fak au Japon, ainsi que ce 
qu'on raconte des insectes tsou sou ga ; ils déclarent que ces récits sont d'in- 
vention moderne. 

Quelques écrivains japonais placent pourtant la colonisation du Japon 
par les Chinois à une époque beaucoup plus reculée , savoir , sous le règne de 
l'ancien empereur Houang ti , que les chronologistes chinois les plus modérés 
font parvenir au trône en 2697 avant notre ère. Ces écrivains basent leur 

système sur une autorité assez suspecte, celle du V^li/ San gaï kio (Chan 
haï king) , antique livre chinois qui contient une cosmographie fabuleuse , et 
qu'on attribue faussement à l'empereur Yu. Ils rapportent en même temps 
qu on trouve dans leur pays un bois pétrifié et noirâtre , qui est fort estimé , et 

qu'on nomme /jv^i^ ^ ou s ^ ^ (Fou sang mou) ou bois du pays Fou sô 
(Fou sang) l ; que ce pays est le Japon, qui a reçu ce nom à cause de sa 



(1) Le célèbre Deguîgnes , ayant trouvé dans 
les livres chinois la description du pays de Fou 
sang, situé à une grande distance à l'orienl de 
la Chine , à ce qu'il lui sembla , crut que cette 
contrée pouvait bien être une partie de l'Amé- 
rique. Il a exposé cette opinion dans un 
mémoire lu à l'Académie des inscriptions et 
belles-lettres, et intitulé Recherches sur ks navi- 



gations des Chinois du côté de f Amérique , et sur 
plusieurs peuples situés à Vextrémitè orientale de 
VAsie (Mém. de l,Acad. des inscr. et bell. lett. , 
vol. XXVIII, pages 505 à 526). 

H faut d'abord observer que ce titre est inexact. 
Il ne s'agit nullement « dans l^onginal chinois 
que Deguignes a eu devant les y oui, d'une navi- 
gation entreprise par les Chinois au Fou sang , 



V 



DES JAPONAIS. 

beauté , par laquelle il ressemble à l'arbrisseau fou sang, qui est , comme 
l'on sait , l'espèce d'hibiscus que nous désignons par le nom de rosa sinensis. 



mais , comme on verra plus bas , il est simple- 
ment question (Tune notice de ce pays donnée 
par un religieux qui en était originaire et qui 
était venu en Chine. Cette notice se trouve dans 
la partie des grandes Annales de la Chine inti- 
tulée Nan szn^ ou Histoire du midi Après la des- 
truction de la dynastie de Tsin, en な 28 de J. C., 
la Chine fut pleine de troubles , dont il résulta 
rétablissement de deux empires , Vun dans les 
provinces septentrionales , l'autre dans celles du 
midi. Ce dernier Ait successivement gouverné , 
de 420 à 589, par quatre dynasties , les Sonng, 
les Thsi, les Liang et les Tchhin. L'histoire de 
ces deux empires a été rédigée par Li yan tcheon, 
qui vivait vers le commencement du vn c siècle. 
Voici ce qu'il dit du Fou sang : 

«Dans la l re des années Young yuan, du 
règne de Fi H de la dynastie des Thsi, un cha 
men (ou prêtre bouddhique ) , nommé Hoei 
chin, arriva du pays de Fou sang à Kine tcheon 
(dans le Hou pë); il raconte ce qui suit : Le 
Fou sang est à 20,000 li à lest du pays de Ta 
han , et également à Forient de la Chine. Dans 
cette contrée , il croît beaucoup d*arbres appe- 
lés fou sang, dont les feuilles ressemblent à 
celles du thoung [b^nonia tomentosa ) f et les 
premières pousses à celles du bambou. Les gens 
du pays les mangent. Le fruit est rouge et a la 
forme d'une poire. On prépare Vécorce de cet 
arbre comme le chanvre , et on en fait des toiles 
et des habits. On en fabrique aussi des étoffes 
à fleurs. Lies planches du bois servent à la cons- 
truction des maisons; car dans ce pavs il n*y a 
ni villes , ni habitations murées. Les habitans 
ont une écriture et fabriquent du papier avec 
1 écorce du fou sang. Ils n*ont ni armes ni 
troupes , et ne font pas la guerre. D'après les 
lois du royaume , il y a une prison méridionale 
et une septentrionale. Ceux qui ont commis des 
fautes peu graves sont envoyés dans la méri- 
dionale ; mais les grands criminels sont relé- 
gués dans la septentrionale. Ceux qui peuvent 
recevoir leur grâce sont envoyés a la première; 
ceux au contraire auxquels on ne veut pas l'ac- 
corder sont détenus dans la prison du nord. 



Les hommes et les femmes qui se trouvent dans 
celle-ci peuvent se marier ensemble. Les en- 
fans mâles qui naissent de ces unions sont ven- 
dus comme esclaves à Fâge de huit ans , et 
les filles à l'âge de neuf. Jamais les criminels 
qui y sont enfermés n,en sortent vivans. Quand 
un homme d'un rang supérieur commet un 
crime, le peuple se rassemble en grand nom- 
bre , s'assied vis-a-vis du criminel placé dans 
une fosse, se régale d'un banquet, et prend 
congé de lui comme d'un mourant. Puis on 
le couvre de cendres. Pour un délit peu grave , 
le criminel est puni seul ; pour un grand 
crime, le coupable, ses fils et les petits-fils 
sont punis ; enfin , pour les plus grands mé- 
faits , ses descendans , jusqu'à la septième gé- 
nération , sont enveloppés dans son châtiment. 
• Le nom du roi du pays est Y khi (ou Yit 
khi) ; les grands de la première classe sont ap- 
pelés Toni ha , ceux de la seconde les petits 
Toui bu, et ceux de la troisième Na tu cha. 
Quand le roi sort, il est accompagné de tam- 
bours et de cors. U change la couleur de ses 
habits à différentes époques ; dans les années 

du cycle ^ kia et て 】 夕, ih sont bleus ; 
dans les années 巧 ping et ting, i^ouges ; 

dans les années ri on et 己 ki , jaunes ; 

dans les années kenget sin, blancs ; 

enfin dans celles qui ont les caractères 
jin et kouei , ils sont noirs. 

a Les bœufs ont de longues cornes , sur les- 
« quelles on charge des fardeaux qui pèsent jus* 
qu'à 20 hou ( 120 livres chinoises). On se sert , 
dans ce pays, de chars attelés de bœufs , de 
chevaux et de cerfs. On y nourrit les cerfs 
comme on élève les bœufs en Chine ; on fait du 
fromage avec le lait des femelles. On y trouve 
une espèce de poire rouge qi\i se conserve 
pendant toute l'année. Il y a aussi beaucoup 
de vignes ; le fer manque, mais on y rencontre 
du cuivre ; l*or et Fargent ne sont pas estimés. 



vj HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

Cependant le passage du San gai kio (Chan haï king), que les mêmes auteurs 
prennent pour appui , et que je donne ici , ne me paraît pas très-propre 



Le commerce est libre et l'on ne marchande 
pas. 

• Voici ce qui se pratique aux mariages. Celui 
qui desire épouser une fille établit sa cabane 
devant la porte de celle-ci ; il y arrose et net- 
toie la terre tous les matins et tous les soirs. 
Quand il a pratiqué cette formalité pendant un 
an, si la fille ne donne pas son consentement, 
il la quitte; mais si die est d*accord avec lui, 
il l'épouse. Les cérémonies de mariage sont 
presque les mômes qu en Chine. A la mort du 
père ou de la mère , on s'abstient de manger 
pendant sept jours. A celle du grand-père ou 
de la grand, mère, on se prive de nourriture 
pendant cinq jours , et seulement pendant trois 
à la mort des frères , sœurs , oncles , tantes et 
autres parens. Les images des esprits sonl 
placées sur une espèce de piédestal , et on leur 
adresse des prières le matin et le soir. On ne 
porte pas d,habits de deuil. 

« Le roi ne s'occupe pas des affaires du gou- 
vernement pendant les trois années qui sui- 
vent son avènement aa trône. 

« Autrefois ^ la religion de Bouddha n'existait 
pas dans celte contrée. Ce fut dans la 4 e des 
années Ta ming t du règne de Hiao tvou ti de 
la dynastie des Soung (458 de J. C.),que cinq 
pi khieou ou religieux du pays de Ki pin (Co* 
phène) allèrent au Fou sang et y répandirent 
la loi de Bouds dha ; ils apportèrent avec eux 
les livres , les images saintes , le rituel , et ins- 
tituèrent les pratiques monastiques , ce qui fit 
changer les mœurs des habitans. » 
La circonstance qu'il y avait des vignes et 
des chevaux dans le pays de Fou sang suffirait 
pour prouver qu il n était pas une partie de l'Amé- 
riqae, où ces deux objets n,ont été importés par les 
Espagnols qu'après la découverte de iJinstophe 
Colomb, en 1492. Mais d'autres raisons tirées 
des livres chinois supposent formellement à ce 
qu'on puisse supposer que Fou sang soit iden- 
tique avec une partie quelconque du nouveau 
monde. Nous avons vu, par la relation du prêtre 
Hoei chin, que le Fou sang était à 20,000 li a 




l'est du Ta han. Deguignes a pris ce dernier 
pays , à tort , pour le Kamtchatka ; il appuie 
cette hypothèse sur un autre passage du Nan 
szu , dans lequel l'auteur dit : Pour aller dans 

le Ta han , on part du district de 

Lo lang (dans la partie nord-ouest et sur 
côte occidentale de la Corée); on côtoie cette 
presqu île; et après avoir paroouru 12,000 li f 
on arrive au Japon ; de là , après une route de 
/,000 li vers le nord , on rencontre le pays de 
Wen cnin, et à 5,000 li de ce dernier , vers 
l'orient , on troure le pays de Ta han , donl le 
Fou sang est éloigné de 20,000 li. 

Anciennement les vaisseaux chinois qui al- 
laient au Japon traversaient le détroit de Corée, 
passaient devant les îles de Tsou. sima (en chi- 
nois Toux ma tao), et abordaient dans quelque 
port de la côle septentrionale de la grande île 
de Niphon. Par conséquent , nous pouvons con- 
clure que les distances, dans le routier duqud il 
s,agit, dépassent de beaucoup la réalité ; aussi les 
anciens Chinois n'avaient-ils aucun moyen de 
déterminer la longueur de leurs courses par 
mer. Si Ion admet même que le li marïlime , 
dans le v e siècle , ait été de 400 au degré , la dis- 
tance de 1 2,800 h ae navigation pour aller de 
l'embouchure du Ta thonng lâang sur la côte 
occidentale de la Corée , par 58° 45' lat. N. , au 
milieu de la côte du Niphon sar la mer du Ja- 
pon, est toujours {dus de deux fois trop longue ; 
l'espace entre ces deux points, en côtoyant , 
n'étant au plus que 5,608 li à 400 au degré. H 
en résulte que les li du routier chinois sont 
d'environ 850 au degré. 

Le même routier estime à 7,000 li la distance 
enlre le port japonais et le pays de Wen chin , 
ainsi un peu plus de 8 degrés de latitude. Cette 
distance dous conduit , toujours en suivant le 
contour des côtes sur la mer du Japon, exacte- 
ment à la partie septentrionale du Niphon et à 
la pointe méridionale de 1 île de leso. (Tétait là 
en effet le pays des Wen chin ou peuples tatoués ; 
car les Aînos ou Yébû, qui occupaient alors aussi 
bien la partie septentrionale du Japon que l*île de 



DES JAPONAIS. 

à prouver que les Japonais sont issus des Chinois , puisqu'il n'y est nullement 
question d'une colonie chinoise arrivée au Japon. « Dans le vaste espace placé 



Iéso, ont encore aujourd'hui l'usage de se pein- 
dre le visage et le corps de différentes figures. 

La distance du pays des Wen chin à celui de 
Ta han était, selon notre routier, de 5,000 li, 
ou d*enviroQ 6 degrés de latitude ; cela nous 
(ait arriver tout droit à la pointe méridionale de 
l,ile de Taraikai, nommée , sur nos cartes , mal 
à propos SaghaUen. L îaentité de cette île avec 
le Ta han est confirmée par un autre routier, 
qui conduit de la Chine septentrionale dans ce 
dernier pays. 

Du temps de la dynastie des Tbang'les Chi- 
nois avaient établi trois villes fortifiées au nord 
de la courbe la plus septentrionale que décrit 
le Houang ho , et qui entoure de trois côtés le 
pays actuel des Ordos, appdié pour cette raison 
Ho thao, ou envdoppé par le fleuve. L*une de 
ces villes, située entre les deux autres, portait 
le nom de Tchonng cheou kiang tchhing, ou la 
ville du milieu qui protège les peuples soumis : 
elle n'existe plus ; mais son emplacement , qu on 
ne peut plus fixer avec précision , était dans le 
pays occupé actudlement par la tribu mongole 
des Orat, sur le bord septentrional du Houang 
ho. Pour aller par terre au pays de Ta han , on 
partait de cette ville, on traversait le désert de 
Gobi ou Cha mo , et l*on arrivait au principal 
campement des Turcs , Hœi khe , situé sur la 
gauohe de rOrkhon , non loin de ses sources , 
et à rendrait ou les Mongols construisirent plus 
tard leur premiere capitale Kara koram. De là, 
on gagnait le pays des Kou li han et des Tou pho, 
aitués au midi d*un graod lac, sur la glace du- 
quel on pouvait passer en hiver. On sait par 
d'autres renseignemens que ce lac était le Bai- 
kal Au nord de ce lac , disent les relations chi- 
noises « on trouve de hautes montagnes et un 
pays où le soleil n'est, dit>on, sur l,horizon que 
pendant le peu de temps qu'il &ut pour faire 
cuire une poitrine de mouton. Les Tou pho, 
vmsins des Kou li han, habitent le pays au sud 
du lac. Un autre historien nous &it connaître 
quelle était la véritable demeure des Kou li han , 
en nous apprenant que leur contrée est la même 
que randen pays des Kirkis ou Kirghiz, situé 



entre YOpou (VOb) et YÀngkola (rAngarà).Ën 
quittant le pays des Kou li han et se dirigeant 
à l'est , on entrait dans celui des Chy wei Ces 
Chy wei se composent d*un grand nombre de tri- 
bus, qui ne paraissent pas avoir appartenu à 
une même nation ; car les relations chinoises 
parlent de plusieurs qui pariaient une langue 
différente de celle dont les autres faisaient usage. 
Cependant la plupart des Chy wei étaient de la 
même origine que les Khitan, et pariaient leur 
idiome , qui était identique avec cdui des Mo ho ; 
ceux-ci étaient , suivant toutes les aDDarences , 
des Mongols ; d,auires appàrtenaient à la race 
toungouse. Les Cny wei les plus méridionaux 
habitaient dans le voisinage de la rivière Non, 
affluent de droite de FAmour supérieur. Après 
avoir quitté le pays des Chy wei qui habitaient 
à rest des Kou li han et du lac Baikal, et en 
marchant pendant quinze jours à l,est , on trou- 
vait les Chy wei appelés h xi ^ 0tt tche, qui 
sont vraisemblablement le même peuple que 
d'autres auteurs chinois appellent rfe Jou 

tchy , c'est-à-dire , les Djowrdjè , ancêtres des 
Mandchoux actuels. De là on s'avançait pendant 
dix journées vers le nord, et Ion entrait dans 
le Ta han, entouré de trois côtés par la mer. 

Ce pays , appelé aus«i Lieoa kouei , ne pou- 
vait donc être autre que l'île de Taraîkaî , 
comme nous Favons déjà reconnu , en suivant 
le routier par mer, rapporté par Li yan cheou. 
Deguignes a voulu faire du Ta han le Kamtcha- 
tka ; mais il est impossible d'arriver en trente 
jours de la côte orientale du Baikal au Kam- 
tchatka , tandis que ce temps est justement sufll- 
sant pour aller, en traversant un pays où il n'y 
a pas de chemins , de la pointe orientale du Bai- 
kal, par le pays des Mandchoux et le long de 
F Amour, à la granae île de Taraîkai, située de- 
vant l*embouchure de ce fleuve. 

L'identité du Ta han et de l'île de Taraîkai , 
une lois démontrée , ne permet plus de chercher 
le pays de Fou sang en Amérique. Nous avons 
vu que les navigateurs qui allaient de la c^te 
occidentale de la Corée au Ta han, parcouraient 



viij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

« à lextrémité orientale du monde est la montagne 君 賁^^ 攀 Iyo kun te 



d'abord 12,000, puis 7,000, et encore 5,000 li 
pour y arriver, ainsi en tout 24,000 li (ou , 
d'après notre calcul , 29 degrés 1/2 de longitude 
à réquateur). Le Fou sang était à 20,000 li (ou 
23 degrés 1/2 ) à Yesi du Ta han ou Taraïkaï , 
ainsi moins éloigné de 4,000 li que celui-ci ne 
rétait de la côte occidentale de la Corée. En adop- 
tant la lettre de la relation , et en cherchant le 
Fou sang à Yest du Ta han , on tomberait dans 
le grand Océan ; car la côte opposée de l'Amé- 
rique sous la même latitude est au moins quatre 
lois plus éloignée. 

Il faudrait donc rejeter tout le récit de Fou 
sang comme £&buleux , ou trouver un moyen de 
le concilier avec la réalité. Ce serait de supposer 
inexacte 1 indication de la direction du routier par 
mer à l*est. Or, ce routier, qui nous conduit au 
Taraika! , indique constamment cette direction , 
tandis qu'il faut d,abord aller au sud pour doubler 
la Corée , puis, en entrant dans la mer du Japon , 
se dinger au nord-est, et changer finalement cette 
marche pour une plus septentrionale , afin de 
suivre la manche de la Tatarie jusqu a la pointe 
méridionale du Taraikai. On peut donc présu- 
mer qu'on partait de là et que d'abord on allait 
droit à l'est pour passer le détroit de la Pèrouse, 
en longeant la côte septentrionale de Iéso ; mais 
qu'arrivé à la pointe orientale de cette île, on 
tournait au sud et l,on arrivait ainsi a la partie 
sud-est du Japon , qui était le pays qu'on appe- 
lait Fou sang. Cest en efEril un des anciens noms 
de cet empire. 

Si l*on analyse les deux syllabes qui composent 
le mot Fou sang , on trouve que la première K 

signifie aider, être utile, et que la seconde 
sang désigne le mûrier. Ce mot signifierait 

donc le Mârier utile. Cette circonstance me fait 
penser qail y a quelque méprise dans le récit 
chinois conservé dans le Nan szu , et qu'il con- 
fond Y hibiscus ou la rose ae la Chine, avec le 
mûrier à papier (moras papyrifera); car la des- 
cription de 1 arbre en question s applique plutôt 
à ce dernier qu a Yhibiscvu: en effet, l'écorce du 
mûrier à papier fournit aux Japonais toutes les 
productions que la rdation chinoise attribue à 




l,arbre fou sang. On emploie cette écorce à faire 
du papier, des étoffes , des habits, des cordes, 
des mèches et beaucoup d^autres choses utiles. 

Parmi les autres productions du Fou sang, 
la vigne et le cheval , comme nous l'avons déjà 
remarqué, n^existaient pas en Amérique avant 
l'arrivée des Européens , tandis qu f on les trouve 
au Japon. Le cuivre de cette contrée est célèbre 
et un objet important d'exportation. Le fer est 
encore aujourd'hui rare au Japon, et par consé- 
quent plus estimé que le cuivre. Sdon les tra- 
ditions mythologiques des Japonais, le cheval et 
le bœuf furent produits par les yeux de l'esprit 
Ouke moisi no kami , et les autres animaux do* 
mesliques sortirent de sa bouche. Quant à la 
vigne , il parait qu'elle est plus ancienne au Ja- 
pon qu*en Chine , où elle ne fut introduite que 
dans le second siècle avant notre ère ; car, selon 
la tradition japonaise, les raisins furent produits 
par une tresse de cheveux noirs jetée par Iza 
naki-no mikoto , le dernier des sept esprits cé- 
lestes qu'on prétend avoir régné dans ce Davs. 

La seule difficulté qui reste, est celle qui con- 
cerne Fintroduction du bouddhisme. Selon les 
annales japonaises , cette religion ne se répan- 
dit dans Fempire qu'en 552, époque à laquelle, 
du Fiak saï ou Pe tsi, royaume sitné en Corée, 
elle fut portée à la cour du Dairi. Cependant 
comme cette croyance avait déjà été introduite 
en 372 dans le royaume de Kao U ou Korai、 et 
en 584 dans le Fiak sa! f et que les Japonais 
avaient alors eu depuis long-temps des rdations 
avec ces deux pays , il n'est pas improbable que 
le bouddhisme eût trouvé des sectateurs au Ja- 
pon , avant que l'entrée du pedais du Daïri lui 
fût ouverte. 

Finalement , je dois raire observer que le pays 
de Fou sang a procuré aux poètes chinois des 
occasions innombrables de iaire des descriptions 
fantastiques de ses merveilles. Les auteurs du 
Chan haï king, du Li sao, Hoai nan tsu, Li pe 
(aï et autres écrivains du même genre y ont 
puisé à pleines mains. Suivant eux , le soleil se 
lève dans la vallée de Yang hou, et fait sa toi- 
lette à Fou sang, ou il y a des mûriers de plu- 
sieurs milliers de toises de hauteur; les habitons 



DES JAPONAIS. ix 
« (Nie yao kiun ti) x ; c est là que croît l'arbre fou sô (fou sang). Sa hauteur est 
« de trois cents H (chinois); ses feuilles ressemblent à celles de la moutarde. 
« Près de là est la vallée On ghen kokf (Wen yuan koû). » Iyo kou ni (lisez Iyo 
kun te)^ ajoute l'auteur japonais , est Ylyo , une des quatre provinces de l'île 
de Si kokf. La vallée On ghen kokf est aussi appelée Tô kokf (Thang koû) 
ou des Sources chaudes. 

On lit dans un autre ouvrage chinois , intitulé Sin ghi kio (Chin 

i king) 2 : « Dans la partie orientale du monde, il y a un sô (sang) ou mûrier 
« haut de huit cents pieds ; il s'étend fort loin , et ses feuilles ont dix pieds 
« de long sur six ou sept de large. Sur cet arbre vivent des vers à soie de trois 
« pieds de longueur , et dont les cocons fournissent une livre de soie. Les 
« fruits de cet arbre ont trois pieds et cinq pouces de longueur. » 

Le passage suivant se trouve dans un autre chapitre du Chan haï king : - 
« Au-delà de l'Océan du sud-est, et entre les Kan soui (Kan choui ) ou les Rivières 

« douces, est le royaume de l^^vt^ Ghi wa kokf (Hi ho koué). Là vivait la 
« vierge Ghi wa (Hi ho), qui épousa Te ziun (Ti tsiun) , et donna naissance à 
« dix soleils. » Le même livre dit aussi que Ghi wa (Hi ho) est le nom d'un 
royaume dans les contrées de rorient, et quon l'appelait également le lieu 
d'oà sort le soleil. 

し est sur des argumens aussi faibles et aussi incertains que des auteurs ja- 
ponais supposent que leur pays a été peuplé long-temps avant l'époque de Go- 
noTaï fak, et que leur nation descend des Chinois. A l'appui de cette hypothèse, 
ils citent un passage du Chan haï king thseng tchu, qui est un commentaire du 
Chan ha! king, dans lequel on lit : « Du temps de l'empereur Kô le (Houang 
« ti ) , hrhi wa (Hi ho ) était l'astronome chargé d'observer le soleil. Ce 
« prince lui ayant donné le Davs de Fou sang , il s'embarqua avec sa 
« famille , s'y fixa, et nomma cette contrée Ghi wa kokf (Hihokouë), ou 

pays de Ghi wa. Il eut dix enfans ; les garçons furent nommés 巧 Fiko 

( Yen ) ou soleil mâle , les filles Fime ( Ki ) ou soleil femelle ; le so- 

« leil étant considéré comme principe de toute fécondité. » Ainsi un homme, 

( 1 ) Dans l'original ce mot est écrit / yo kou 
ni; mais c est une faute ; les deux dernières syl- 
labes /non ti, en chinois f doivent se prononcer 
en japonais km te. 

(2) Ce livre a été composé sous les Han par 
Tonng fan «o ; il contient une 

courte cosmographie fabuleuse. 



« 







en mangent les fruits qui donnent à tout leur 
corps un éclat doré, et leur procurent la pro- 
priété de voler dans l'air. Dans une notice du 
Fou sang , également fabuleuse, et qui date du 
temps de la dynastie des Liang, il est question 
des vers à soie de ce Davs qui ont six pieds de 
longueur et sept pouces de grosseur ; ils sont 
de couleur dor et pondent des œufs de la di- 
mension de ceux des hironddles, etc. 



b 



x HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

ajoute lauteur japonais , qui serait de nos jours nommé Ko sak , aurait 
eu a cette époque le nom de Ko jiko; et une femme nommée Oaki ne, celui 

d'Ouki Jime. Ce pays , poursuit - il , fut aussi appelé Wa kokf. 矛 Wa ou 

Kwa (Ho), le second caractère de Ghi wa, signifie tranquillité et paix; kokf 
veut dire royaume. Wa est encore aujourd'hui un des noms du Japon. 

On s'aperçoit facilement que les matériaux nécessaires pour résoudre avec 
quelque probabilité la question difficile ae leur origine , manquent aux Japo- 
nais mêmes ; il serait donc téméraire pour un Européen de vouloir aller plus 
loin qu*eux. Cependant , si l'on considère d'un côté la différence radicale entre 
la langue japonaise et la chinoise , et de l'autre le type tout-à-fait chinois de la 
civilisation actuelle du Japon, on peut conjecturer avec beaucoup de vraisem- 
blance que ce pays , originairement habité par des autochthones , a été civilisé 
par des colonies chinoises , arrivées à différentes époques dans les provinces 
occidentales du Japon. On verra plus bas que le théâtre de l'histoire mytho- 
logique qui précède l'époque de Zin mou ten o , est placé dans le Fiougo , pro- 
vince de rîle de xuouziou , qui est la plus occidentale du Japon , et que ce 
conquérant partit de là pour aller soumettre la partie orientale de cet empire, 
habitée par un peuple qui ressemblait aux Aînos du Yéso , du- Taraîkaî , 

des îles Kouriles et du Kamtchatka. Ce peuple , qui est aussi appelé 尺 

Mao jin 9 ou, d'après la prononciation japonaise, Mozin , c'est-à-dire hommes 
velus , occupa, à ce qu'il paraît , jusqu'au temps des Thang , la partie orien- 
tale du Japon ; car on lit dans l'histoire de cette dynastie chinoise , que le 
IVo koaë, ou le Japon , était borné au nord par de hautes montagnes au- 
delà desquelles vivaient les Mao jin. Il paraît donc qu,à cette époque la 
différence entre les Japonais et les Ain os ou Yéso n'était pas encore bien éta- 
blie , mais que les derniers commencèrent alors à se mêler avec les autres , et 
finirent plus tard par s identifier avec les Japonais sur le continent du 
Japon. En effet, la partie nord-est de l'empire n,a été civilisée que fort tard, 
relativement à celles de l'ouest et du miai. Ce fait, ainsi que plusieurs autres 
circonstances , paraissent appuyer la conjecture énoncée ci-dessus , et l'élever 
presque à la certitude. 

" nationaux, paraissent 

être convaincus gue leur patrie n'a commencé d'avoir un gouvernement 
régulier que sous Zin mou ten o , et que tout ce qui précède cette époque est 
enveloppé de fables. Les habitans du Japon , disent-ils , étaient des sauvages 
qui ne s'occupaient que de pourvoir aux besoins de la vie animale ; ils ne 
connaissaient pas l'art a écrire ; les événemens qui les intéressaient le 




DES JAPONAIS. xj 
plus n'étaient marqués que par des entailles , et par des nœuds de cordes 
de paille, dont les vieillards expliquaient le sens à la jeunesse. Tout était alors 
grossier , et plongé dans cet état de barbarie et de misère où rhomme ne dif- 
fère de la brute que par la faculté de développer son intelligence au moyen de 
la contemplation , de l'observation et de l'expérience , et de s'élever peu à peu 
à un certain degré de civilisation , qui résulte des découvertes utiles , des com- 
munications sociales , et des conventions fondées sur la raison et sur l'équité. 
Ceux qui excellaient par leurs connaissances, étaient révérés pendant leur vie 
comme des êtres supérieurs, et honorés après leur mort comme kami ou 
dieux. Une vie pure , des principes austères , une conduite modeste , le désir ar- 
dent d'améliorer le sort de leurs semblables, et une pratique constante des pré- 
ceptes qu'ils professaient, les distinguaient de la multitude. Un de ces hommes 
supérieurs était Zin mou. Par ses grandes qualités 9 il acquit une influence qui 
lui donna la facilité de devenir le premier souverain du Japon , et d'être ho- 
noré après sa mort du titre auguste de Ten o ou Empereur céleste. Aucune 
pompe ne l'entourait; sa demeure était une cabane de paille de douze toises 
ou de soixante-douze pieds en carré , ouverte de tout côté à l'inclémence des 
saisons ; le toit en était couvert de broussailles ; la terre lui servait de lit. Le 
souvenir de sa cabane a été conserve aans la construction des deux temples 
d'Izé , et dans une partie du palais des Daïri. 

L'histoire véritable du Japon ne commence guère qu'à la l w année du règne 

de Zin mou, qui est celle de ゆ 辛 Sinyeou, cest-à-dire , ia 58 e du cycle de 
soixante y ou l'an 660 avant notre ère. Cependant, comme un ouvrage histo- 
rique sur le Japon serait incomplet si l'on n'y trouvait pas un aperçu des tra- 
ditions mythologiques de ses habitans , traditions dans lesquelles se peuvent 
trouver cachés quelques faits véritables , nous donnons ici la cosmogonie 

et l'histoire fabuleuse des Japonais , extraites du ィ戈 îfî^ Sin dai-no maki 
(Chin taï kiuan) , ou Histoire des dynasties divines , et du premier volume de 

la grande histoire du Japon intitulée 曰 4^ Daï Nifon si (Ta Jy pen 

szu), par Minamoto Mitsou kouni (Yuan Kouang kouë). 



代 ふゆ 夭 TEN SIN SITS DAI, 

OU LES SEPT GÉNÉRATIONS DES ESPRITS CÉLESTES. 

Anciennement le ciel et la terre n'étaient pas encore séparés. Alors le 險 me 
(yn), ou principe femelle , n était pas détaché du 3â 6 (yang) , ou principe 



ri] HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

m&le. Le chaos 9 ayant la forme d'un œuf, jetait des vagues comme une mer 
agitée. Il contenait cependant les germes de toutes choses ; ceux qui étaient 
purs et transparens s'élevèrent et formèrent le ciel , tandis que tout ce qui était 
lourd et opaque se précipita, se coagula et produisit la terre. La matière subtile 
et parfaite se réunit et forma l'éther; la matière pesante et épaisse se durcit et 
devint ce qui est compacte. Le ciel fut donc formé le premier, et la terre s'a- 
cheva après. Un être diyin , ou jf/BO 聖 kami ( chin ching) , naquit au milieu. 
C'est cet événement qu'on regarde comme le commencement de la création. 
Une île de terre molle nagea sur les eaux comme un poisson. Il naquit en 
même temps , entre le ciel et la terre , une chose semblable aux tiges de la 
plante asi \ qui se métamorphosa en un dieu [kami) y auquel on donna le 
titre honorifique de Kouni toko tatsi-no mikoto 2 , et qui fut le premier des sept 
esprits célestes , dont voici la suite : 

1. Kouni toko tatsi-no mikoto (Kouë tchhang \y tsun), ou Y honorable du 
royaume toujours existant , régna pendant cent mille millions d'années. On 
l'adore principalement dans un temple de la province d,Oomi. 

2. Kouni sa tsodtsi-no mikoto (Kouë hiâ tchoui tsun), ou Y honorable du 
milieu maniant le maket , régna pendant une période de la même durée, et 
par la vertu de l'eau. Son temple est dans la province de Kawatsi. 

5. Toyo koun nod no mikoto (Fung tchin chun tsun), ou Y honorable qui 
puise en abondance du limon salé 3 , régna autant d'années y par la vertu au feu. 
Son temple est dans la province d'Oomi. 

Suivant les lois du ciel , ces trois êtres divins s'engendraient tout seuls et 
étaient des mâles purs. 

に Le génie mâle Odfi tsi ni-no mikoto (Ni thou tchu tsun), ou Y honorable 
qui cuit la terré argileuse. Il régna par la vertu du bois. Sa compagne était le 
génie femelle Sou fitsi ni-no mikoto (Cha thou tchu tsun), ou l, honorable qui 
cuit la terre sablonneuse. Ces deux génies ont régné deux cent mille millions 
d'années. Leur temple est dans la province d'Izé. Depuis eux , il y eut des 
mâles et des femelles ; mais il n,y avait pas encore de copulation charnelle. 

(3) C'est le caractère 》 ま chun t en japo- 
nais non, qui signifie limon salé ou terre im- 



(1) En chinois wei : c est une grami- 

née à laquelle M. de Siebold a donné le nom 
d,enanthns japoniens. Actuellement cette plante 
ne se trouve que très -rarement sur les côtes ma- 
ritimes du Japon , tandis que toutes les monta- 
gnes de ce pays, jusqu'à l'île de Yéso, en sont 
couvertes à une hauteur de 1,500 à 5,000 pieds. 

(2) Le mot mikoto est l'équivalent du chinois 
tsun, qui signifie vénérable. 



prégnée de natron et de sulfate de natron. 
D'autres auteurs japonais mettent le troisième 
de ces esprits célestes ayant les deux premiers , 
et lui donnent le titre honorifique d'Oumasi assi 
fko tsi-no mikoto, ou Yhonorable et excellent oncle 
cadet, da côté de la mère^ de la belle tige d'asi 



DES JAPONAIS. xiij 

5. Le génie m&le Oo to-no tsi-no mikoto (Ta hou tchi tsun), ou le véné- 
rable de la grande porte, et le génie femelle Oo toma be-no mikoto (Ta chen 
pian tsun) , ou l, honorable du bord de la grande natte. Ces deux esprits célestes 
régnèrent par la vertu du métal , et autant d'années que les précédens. Leur 
temple est dans la province de Yetsizen. 

6. L'esprit mâle Omo tarou-no mikoto ( Mian tsù tsun ) , c'est-à-dire le véné- 
rable àface pleine, et l'esprit femelle Kassiro ne-no mikoto (Houang ken tsun ), 
Y honorable de la racine de la crainte. Us régnèrent par la vertu de la terre pen- 
dant deux cent millions d'années. 

7. Le génie mâle Isa naghi-no mikoto ( I tsang no tsun), ou Y honorable qui 
a trop accordé , et le génie femelle Isa na mi-no mikoto ( I tsang thsë), ou l'hono- 
rable qui trop excite l . 

Les trois couples d'êtres divins qui avaient précédé celui-ci , suivaient les 
lois du ciel et de la terre, et se reproduisirent comme mâles et femelles , 
par une contemplation mutuelle. 

La période des sept générations des esprits (Kami yo tsits yoto) a duré de- 
puis Kouni toko tatsi-no mikoto jusqu'à Usa nagi-no mikoto et Issi nami-no mikoto. 

Issa naghi-no mikoto et Issa nami-no mikoto montèrent sur YAma-no ouki 
batsi ( Thian feou khiao), ou le pont da' ciel 2 , et dirent : N'y aurait-il pas là- 
bas au fond des pays et des îles ? Ils dirigèrent par conséquent en bas la 
pique céleste de pierre précieuse rouge " , et remuèrent le fond. En retirant la 
pique des eaux troublées , il en tomba des gouttes qui formèrent l'île appe- 
lée Ono koro sima , ou Vîle qui s'est formée spontanément Les deux génies des- 
cendirent alors et allèrent l'habiter. Cette île est la colonne du milieu sur le- 
quel est basé l'empire [Kouni-no nakà-no mibasira )• 

Le génie mâle marcha du côté gauche et le génie femelle suivit le côté 
droit. Ils se rencontrèrent à la colonne de fempire ; et s'étant reconnus , Fes- 
prit femelle chanta ces mots : « Je suis ravi de rencontrer un si beau jeune 
« homme. » Le génie mâle répondit d'un ton fâché : « Je suis un homme , ainsi 
親 il est juste que je parle le premier ; comment toi, qui es une femme, oses-tu 
« commencer ? »Ils se séparèrent alors et continuèrent leur chemin. Se rencon- 



( 1 ) D'autres auteurs japonais donnent la gé- 
néalogie suivante de ces deux derniers des gé- 
nies célestes. Koani toko tatsi-no mikoto, le pre- 
mier de cette dynastie, fit naître Orne kagami-no 
mikoto, ou Honorable du miroir céleste ; celui- 
ci donna la ,ie à Âma yorotsow no mikoto , l'ho- 
lioraUe delà totalité des cieux, lequel fit naître 
Awa nagki-no mikoto, îhonorable du mouvement 



de l'écume , et celui-ci produisit Issa nagi-no 
mikoto, 

(2) Les commentateurs disent que c'est une 
expression allégorique pour exprimer ridée de 
l'amour et de rattachement des deux sexes. 

(3) Âma-no to bokoâ (Thian tchi khioùng); 
les commentateurs disent que ces mots dési- 
gnent le membre Yini. 



xiv HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

trant de nouveau au point d'où ils étaient partis , le génie mâle chanta le pre- 
mier ces paroles : « Je suis fort heureux de trouver une jeune et jolie femme. » 
Et il lui demanda : « As-tu à ton corps quelque chose propre à la procréation ? » 
Elle répondit : « Il y a dans mon corps un endroit d'origine féminine. » Alors 
le génie mâle répliqua : « Et mon corps a également un endroit d'origine 
« masculine, et je desire de joindre cet endroit à celui de ton corps. » Ce fut 
l'origine de raccouplement des mâles et des femelles. 

Son épouse devint enceinte , et accoucha d'abord de l'île jiwasi-no sima 1 , 
qui fut le premier lieu créé du Japon. Puis elle mit au monde l'île Iyo-no 
Jouta na-no sima 2 , ensuite l'île de 1 sikousi-no sima 3 , puis les îles jumelles de 
Oki-no sima et Sado-no sima 4 , ainsi que Kosi-no sima 5 , Oo-no sima 6 et Kibi 鳴 no 
ko sima 7 . Tous ces pays sont compris sous le nom à'Oya sima-no kouni , qui 
signifie les Huit grandes îles ou contrées 8 . Puis naquirent Tsoa sima , Iki-no sima , 
et un grand nombre d'autres petites îles, produites toutes par i,écume* 

Dans la suite , ils engendrèrent la mer , les nyières , les montagnes , le 
Kougoa-no tsi, qui fut i,aïeul des arbres , le Kayo-no fime ou No tsoume , espèce 
de bruyère qui est la mère de toutes les plantes. Isanaghi-no mikoto et Isa- 
nami-no mikoto ayant réfléchi qu n manquait encore un être pour gouverner 
le monde qu'ils avaient procréé, se mirent de nouveau à l'ouvrage. Isa nami-no 
mikoto mit d'abord au monde un être divin , nommé Oo firou me-no moasi (Ta 
jy ling kouei ), c'est-à-dire, Y Intelligence précieuse da soleil céleste , et vulgaire- 
ment appelé Ten sio daï sin (Thian tchao ta enin ) 9 . Cette fille avait la figure 
resplendissante et 1 air spirituel. Ses parens en furent enchantés ; mais la 
trouvant trop belle pour la terre , ils résolurent de l'envoyer au ciel , et de l'y 
charger du gouvernement universel. 

(!) lu est-à-dire l'île de î écume. Elle forme 
une province du Japon et est située entre l'île 
de Si kokf et la province dHdzound. 

(2) ti est-à-dire la seconde île qut reçut un 
nom. ti est celle de Si kokf. 

(5) Ce sont les deux provinces de Isikouzen 
et Tsikoungo dans la grande île de Kiou ziou. 

(な) Oki-no sima , grande île au nord-ouest 
du Japon. Sada-no sima, île à peu de distance 
du Ni pon. 

(5) Sous la dénomination de Kosi-no sima ( Yuë 
tcheou ) sont comprises les provinces d* YeUizen , 
Yetsingo et Yetsiou de la grande île du Ni pon. 

(6) Oo sima (Ta tao) ou la Grande He, est 
située entre celle de iviousiou et ]*ardiipel de 
Lieou khieou. 



(7) Kibi-no ko $ima indique les trois pro- 
vinces de Bitsion , Bizen et Bingo. 

(8) A cette époque, £sent les auteurs japo- 
nais, on ne connaissait pas encore la division 
en nord , est, ouest et sud. Le nombre huit est, 
suivant la doctrine du Sinto ou de la religion 
primitive du Japon , considéré comme le plus 
parfait , le plus heureux ; c'est pourquoi ces con- 
trées sont désignées par le nom des huit îles. La 
diyision d'après quatre points cardinaux ne 
commença que $ous le règne de Zin mou. 

(9) ゅ大發 Ten sio dai sin, en 

japonais Ama teratoa con kami , signifie resprit 
céleste de l'éclat du soleil. Quelques auteurs 
prétendent qu'elle est la vierge Hi ho (p. ix). 



DES JAPONAIS. xv 
• La mère accoucha ensuite de Tsouki-no kami (Yuë chin) , ou la Déesse de la 
lane. D'une figure moins resplendissante 9 elle fut aussi envoyée au ciel, et 
gouverne le monde conjointement avec sa sœur. 

Puis naquit Firou ko (Tchy eul) \ ou la sangsue. Cet enfant ne fut pas en 
état de marcher ni de se tenir sur ses jambes avant l'âge de trois ans. Ses 
parens l'envoyèrent à la mer, dans la barque Ama-no iwa kousou foune 2 . Enfin 
la déesse accoucha de Sasan-no o-no mikoto (So san ming tsun) 5 . Celui-ci 
devenait ftirieux à la moindre contrariété : alors ii était très-fort et très-entre- 
prenant ; autrement il était doux , et avait toujours les larmes aux yeux. 
Mais étant provoqué, il cassait tout, déracinait les arbres , et mettait le feu 
aux forêts des montagnes. Ses parens l'en grondèrent, et lui firent entendre 
qu'il était trop dur et trop intraitable pour rester sur la terre , et qu'ils l'en- 
verraient au Ne-no kouni (Ken kouë) 4 . Il demanda et obtint la permission de 
faire, avant de s'y rendre, une visite à ses deux sœurs au ciel. ' 

Ayant fini la création, Isa naghi-no mikoto retourna avec sa femme au ciel, 
après avoir construit dans l'Awasi une petite cabane , en mémoire de leur sé- 
jour sur cette île. Leur palais au ciel eut le nom de Fi-no waka miya (Jy tchi 
chao koung) ou palais du jeune soleil 5 . 

代 i# 地 TSI SIN GO DAÏ, 

OU LES CINQ GÉNÉRATIONS DES ESPRITS TERRESTRES. 

1. Ten sio daî sin. Sasan-no o-no mikoto s'approcha du ciel avec un bruit 
afireux. firou me^no moutsi, connaissant l'esprit turbulent de son frère , en 



( 1 ) Les Japonais disent que les grenouilles 
et les crapauds, en naissant, n'ont point de pat- 
tes, et ne peuvent sauter qu à Fâge de trois ans. 
Firou ko dénote ici le dieu de la mer , nommé 
Yebis san ro , ou troisième fils à figure riante. 
Firou ko fut envoyé dans la province de Sets , 
arrosée par la mer, et dont la capitale est 
Osaka. Son temple Nui-no miya y est encore 
en grande vénération. On i,y voit représenté 
ayant une brème sous le bras et une ligne de 
pécheur à la main. Son nom est communément 
prononcé Ibis. 

(2) En chinois, Thian phanya tchangtchhonan, 
c est-à-dire , barque céleste faite dun tronc de 
camphrier. 



(3) G,est le dieu des vents et des tempêtes. 

( な) Ne-no kouni ou ZonmtHio kouni est le nom 
d'une contrée au nord-est de Miyalo. Il y existe 
encore le temple Oya siro , ou est Vimage de Sa- 
san-no o-no mikoto. Ne-no kouni signifie propre- 
ment le royaume des racines , et cest sous ce 
nom qu'on désigne ordinairement Fenfer; mais 
ici il s'agit du pays au nord-ouest de Miyako , 
qui alors était désert. 

(5) Fi-no waka désigne l*aurore , le soleil le- 
vant. Dans un autre ouvrage, on nomme ce 
palais Taka-no oinsia ; Taka est le nom du lieu, 
et Sinsia un temple dans la province d,Oomi , à 
ïest de Miyalo. 

(6) ti est la province de Yamato qui est dési- 



xvj HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

fut très-efifrayée ; elle présumait que , quoique ses parens eussent confié le 
gouvernement de différens départemens à chacun de leurs enfans , le but 
de cette visite était d'envahir le domaine qui lui était échu. Cependant 
elle prit courage ^ noua ses cheveux sur sa tête, retroussa ses vêtemens 9 les 
tira comme des caleçons entre ses cuisses , et les attacha à sa ceinture. Dans 
une main elle prit les cinq cents fils de grains de pierre précieuse rouge appe- 
lée Yasaka ni 1 ; elle orna ses cheveux de guirlandes qui mi tombèrent sur 
l'épaule , et sur le dos elle s'attacha deux carquois ; l'un contenait mille , l'autre 
cinq cents flèches. A son coude elle mit le gantelet Isou-no taka gara 2 , et prit 
de l'autre main un arc. Ainsi équipée , elle alla au devant de son frère , et lè 
questionna d'un ton aigre sur ce qui l'amenait. Il répondit : « Je n'ai point de 
« mauvaises intentions; mais mes parens m'ayant ordonné de me rendre au Ne- 
« no kouni , j,ai obtenu leur consentement de venir auparavant prendre congé de 
« vous, j ai eu beaucoup de peine à percer l'air et les nuages pour venir jusqu'à 
« vous, et je ne m imaginais pas que mon arrivée dût si fort fâcher ma sœur. » 
Elle lui demanda alors comment il pouvait la convaincre qu'il n'avait pas d'in- 
tentions hostiles. Il offrit de conclure avec elle cette convention , que s'il pro- 
créait trois filles , elle pourrait croire qu'il avait le cœur mauvais ; mais que s'il 
engendrait trois fils y son cœur serait pur. Elle accepta cette épreuve, prit i,épée 
de son frère appelée To souka-no tsourougm " , la brisa en trois morceaux , 
quelle lava dans le puits Ama-no mana i 4 ; puis elle les mâcha entre ses aents , 
et les rejeta. Un brouillard épais sortit en même temps de sa bouche, et il 
parut trois vierges , nommées Ta gorifme, Taki tsou fime et Itsi ki sima fime 5 . 
Sasan-no o mikoto prit alors des guirlandes que sa sœur avait tressées dans 
ses cheveux et les cinq cents nls de grains de Yasaka ni, les remua dans le 



gnée ici sous le nom du ciel. Elle est la plus fer- 
tile du Japon , et forme avec celle de Yamasiro ce 
quon nomme le Pays central, où se trouve Mi- 
yako , ou la résidence du Daîri. C'est là que son 
frère vint voir la déesse Ten sio daï sin. Par la 
suite elle fixa sa demeure à Izé , où sont ses 
temples si renommés , et visités chaque année 
par des milliers de pèlerins. 

( 1 ) Dans l'original : Yasaka nom <Tune ville 
de la province de Yamasiro ; ni pierre pré- 
cieuse de couleur rouge, iwo cinq cents, tsoji 
pièces , et misou marou filières de grains de corail. 
Ces grains sont un des trois insignes impenaux 
dont la possession rend le Daîri légitime. 

( 2 ) C'est un gantelet de buffle quon attache 



au bras quand on tire de lare, pour rompre ou 
diminuer le choc de la corde. 

( 3) Cest le troisième des insignes impériaux. 
To signifie dix, iouka poignée, et tsonrongki lame. 

(な) Ama signifie ciel, mana pur, et i puits. 
Ce puits est à Mana ifara, dam la province de 
Tamba , voisine de celle de Yamato. 

(5) Le temple de ces trois vierges est dans 
la province cTAki, et se nomme Isou kou sima. Il 
appartient au culte de Sinto. On y jouit d'une 
vue qui est de la plus grande beauté. Cest un 
des trois lieux du Japon célèbres pour cette 
raison. Les deux autres sont Mats sima , dans la 
province de Moûts ; et Âma-no fasi tate dans 
celle de Tango. 



DES JAPONAIS, xvij 

même puits, les mâcha et les rejeta avec un brouillard épais duquel sortirent 
cinq garçons , nommés Masa ya a katsou katsou-no fay a fi ama-no osi wo mimi-no 
mikoto , Âma-no.o Ji-no mikoto , Ama tsoa fiko ne-no mikoto , Ikou tsou fiko ne - no 
mikoto , et Kouma no-no kou sou fi-no mikoto ; il prétendit que c'étaient ses fils. 
Elle répliqua qu'étant produits par ses dijoux, ils étaient à elle ; mais que les 
trois filles produites par son épée, qu'elle avait mâchée t étaient à lui : en 
conséquence le traité fut rompu. Ces trois vierges possédèrent ensuite l'île de 
Kiou ziou , composée des neuf provinces de 1 sikouzen , 1 sixoungo , Figo , 
Fisen , Boungo , Bouzen , Fiouga , Osoumi et Satsouma. 

Le traité ainsi rompu, Sosan-no o-no mikoto commit toute sorte de dég&ts. 
Quand firou me-no moutsi ensemença la terre au printemps , u y jeta 
l'ivraie et foula aux pieds les sentiers. En automne , il chassa le cheval 
bigarré Ama-no boutsi koma 1 dans les champs , pour détruire la récolte. 
Enfin il se permit toute sorte de vexations envers sa sœur. Celle-ci en fut 
tellement effrayée , qu'elle se blessa involontairement avec sa navette , ce qui 
lui causa une si grande colère , qu'elle s'emuit dans une caverne du rocher 
Ama-no iwa (Thian cny) 2 , situé dans le ciel, et en boucha l'entrée d'une 
grosse pierre : aussitôt le monde fut couvert de ténèbres. 

Alors les huit cent mille dieux s'assemblèrent près de la rivière Ama-no 
yasou gawa (Thian ngan ho) 5 , pour se consulter sur le meilleur moyen de 
faire sortir Ten sio daï sin du rocher. Omqfi gane-no kami (Szu kian chinj, le 
dieu du destin, proposa dy rassembler des oiseaux et de les faire chanter, tandis 
que Ta tsikara o-no kami ( Cheou ly nioung chin) 4 garderait l'entrée , qixAma- 
no koyane-no mikoto ( Thian eul wô ming) 5 et Fouto dama-no mikoto (Tai yu 
ming) 6 iraient à la montagne Ama-no kako y ama 7 y pour y déraciner les cinq 
cents arbres nommés Ma saka ki (Tchin pan chu), et les planter devant le 
rocher ; puis ils suspendraient les cinq cents fils des grains 8 impériaux faits de 



(1) En chinois Thian pan Aria, coursier du 
cid, c'est-à-dire, la neige et la grêle. 

( 2 ) Ama-no iwa signifie rocher du ciel. On dit 
quil était dans la province de Fiouga. Kœmpfer 
place cette caverne dans la province Size, à 20 
ken du bord de la mer. Elle a , dit-il , environ un 
ken et demi de diamètre , et contient une chapelle 
dans laquelle on adore un dieu assis sur une 
vache et appelé Daï nits-no rat 

(5) Cest une nvière de la province de Ya- 
mato ; mais ici il' s'agit d ,! ine rmère du 
ciel. 

(な) ij est<-à-dire , le Dieu fort à la main puis- 



sante. Son temple Toga konsi-no miosin est dans 
la province de Sinano. 

(ô) Ama-no koyane^no mikoto est réputé avoir 
été le premier ancêtre de la famille du premier 
Kouanbak ou premier ministre du Dairi. 

(6) Fouto dama-no mikoto fut le premier père 
de la &mille d!Imbe (Ki pou), éteinte aujour- 
d'hui. 

(7) Cette montagne est près de Miyako ou de 
la capitale de Fempire , de laquelle toutes les 
distances sont comptées. 

(8) Les commentateurs japonais disent que 
Ten sio iai sin est remblème da soleil et de toutes 



G 



jtviij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

la pierre précieuse Yasaka ni (Pâ pan khioung) 1 à leur sommet, le miroir Ya to- 
rn) kagami (Pâ chi kian) 2 au milieu, et aux branches inférieures les Nighite 
( Thsing ho pi) 5 ; quensuite on y ferait danser Ama-no ousou me-no mikoto 
(Thian tian niu ming ) 4 , ayant sur la tête une guiriande de branches de l'arbre 
Ma saka ki, et les manches de sa robe retroussées avec des liens d'herbes; 
enfin qu'il faudrait y allumer un grand feu. Tout ceci fat approuvé par les 
autres dieux , et mis à exécution. 

firou me-no moutsi ou Tensio daï sin , entendant ce tumulte , se disait : « Puis- 
« que j ai fermé l'entrée de la caverne , il doit régner une nuit obscure dans 
« l'univers. , Entraînée par la curiosité de voir pourquoi Ama-no ousoume-no 
mikoto dansait au son de la musique , elle poussa la pierre un peu en dehors. 
Aussitôt Ta tsikara o-no kami passa une main dans l'ouverture , saisit la pierre 
des deux mains , la jeta de coté , et fit sortir firou me-no moutsi du rocher. 
Ama-no koyane-no mikoto et Fouto dama-no mikoto tendirent au même instant 
une corde devant l'entrée , pour empêcher qu'elle ne fut bouchée de nouveau 5 . 



les influences bienfaisantes , et qu'elle dénote le 
printemps et l'été. Sosan-no o-no mikoto, aa con- 
traire, né au Japon, homme rude et féroce, est 
pris pour Fautomne et l'hiver. 

( 1 ) Ces Misou marou ou grains précieux étant 
ronds , sont, selon rexplicaLion de quelques au- 
teurs japonais , l*emblème de l,heureuse in- 
fluence du soleil , qui fertilise tout. 

(2) Ya signifie huit, et ta est une mesure de 
huit pouces ; ainsi ce miroir avait soixante<}uatre 
pouces de diamètre. Le nombre huit est au 
Japon regardé comme parfait et de bon au- 
gure. Ce miroir, un des emblèmes de la puis- 
sance suprême , est aossi appelé Ma fou tsou-no 
kagami (Tchin king tsin kian) , ou le miroir qui 
aide à arriver a dod port; il est lemblème de 
la pureté ; aussi ne yoit-on dans les temples 
des &n\o qu*un miroir suspendu à une boule 
nommée hokoro ou le cœur. Les Japonais vi- 
sitent ces temples avec une profonde vénéra- 
tîoo. Le corps indioé, Us y offrent avec le plus 
grand recueillement et en silence leurs hom- 
mages au miroir, emblème de rÉtre suprême, 
qui est la source de toute création. Ainsi que 
dans un miroir , disent- ils , oû aperçoit les 
défauts du corps , de même l'Etre suprême 
«^perçoit les moindres vices et les mauvaises in- 
tentions dans le oœur humain. 



(3) Ce sont de petites bannières ; il y en a 
de deux espèces : les Siro nighite sont faits de 
l'écorce de chanvre apprêtée , et les Âo nighite 
de la même écorce , mais brute. Actuellement on 
les fait de papier; dies représentent les dons of- 
ferts à Ten sio daî sin , ou tout autre dieu , quand 
on vient prier au temple. Ces sortes d*ofirandes 
sont même généralement en usage dans les re- 
lations de politesse parmi les Japonais. Si Ion 
se propose de rendre visite à quelqu'un chez 
lequel on n,est jamais allé, il est d*étiquette de 
lui envoyer «Tabord quelque cadeau, auquel on 
attache, avec de petits cordons de couleur dorés 
et résenrés à cet usage, un papier plié suivant la 
nature du don, et qui contient un petit mor- 
ceau de nosi ou ( awabi) holothurie sèche, du est 
accepté , cest une preuve que la visite sera 
agréable. Les différentes manières de plier ce 
papier selon les circonstances, et l*envoi du nosi, 
ont été expliqués par M. TitsiDgh, dans son 
Traité des ceremoÀies de mariage des Japonais. 

(な) Ama - no ontou me-no mikoto était une 
femme de la province Fiouga , renommée pour 
sa perfection dans la danse. 

(5) Cette corde dénote, disent les commen- 
tateurs japonais, la distinction entre le pur et 
rimpur, le bienfaisant et le malfaisant. Ancien- 
nement on la nommait Sirt kowne nawa, à 



DES JAPONAIS. xix 
Tous les dieux supplièrent alors la déesse du soleil de ne plus s'enfiiir ; et 
pour lapaiser , ils arrachèrent à Sosan-no o-no mikoto les ongles des mains 
et des pieds, et les cheveux l . Alors il fit sa soumission à Ten sio daï sin, 
quitta le ciel , et descendit sur la terre aux bords de la rivière F"no kawa 
(Phi tchhouan) y dans la province Idzoumo. 

En y arrivant y des gémissemens frappèrent son oreille : pour découvrir d'où 
ils provenaient, il se promena le long de la rivière; et bientôt il aperçut un 
couple âgé, le mari se nommait jisi natsoa tsi (Rio mo ju) et la femme Te 
natsou tsi (Cheou mo ju)' 2 ; entre eux était une fille belle et jeune, nommée 
Ina da fime (Tao thian ki j 5 . Le dieu demanda au mari et à la femme la cause 
de leur douleur ; il apprit qu'ils avaient eu huit filles , dont sept avaient 
déjà été dévorées par un terrible serpent, ayant huit têtes et huit queues, 
nommé Ya mata-no orotsi 4 , et que ce même jour ils craignaient à chaque 
instant son retour pour dévorer aussi la seule qui leur restait. Sosan-no o-no 
mikoto les exhorta à prendre courage , et leur demanda cette fille en mariage. 
Les parens ayant consenti r il leur ordonna de préparer huit grands vases de 
saki , fit une espèce d'échafaud à huit ouvertures dans lesquelles il plaça les 
vases, puis il se cacha dessus pour attendre le serpent, qui arriva bientôt : 
ses yeux étaient rouges comme du soya mêlé de vinaigre ; sur son dos 
croissaient des pins et des cyprès , et la trace de sa marche formait comme 
huit vallées entre huit rangées de collines. Il enfonça chacune de ses têtes 
dans un vase , but la liqueur , et s'endormit aussitôt. 

A rinstant Sosan-no o-no mikoto tira son sabre et coupa le serpent depuis 
les têtes jusqu'aux queues en petits morceaux. Le sabre reçut à cette occasion 
quelques brèches. Le vainqueur vit alors un autrç sabre caché dans la queue 
du serpent , mais présumant qu'il appartenait à quelque dieu , il crut ne pas 
devoir le conserver, et en fit don aux aïeux célestes. Ayant trouvé à Souka 
(Thsing), dans l'idzoumo, un terrain convenable, 11 y bâtit une maison et épousa 
la jeune fille; il donna rintendance de la maison aux parens , et leur conféra 



présent , elle est appelée Sime nawa , ce qui 
veut dire , repousser tout ce qui est impur. On 
la trouve suspendue à l'entrée des temples 
Sinto. 

(1) Cette punition de Sosan-no o-no mikoto 
veut dire , arracher rivraie et labourer le terre, 
pour qu'elle soit mieux fécondée par les rayons 
biemaisans du soleil. 

(2) Am natsou tsi et Te natsou isi sont les 
noms des deux premiers habitons du Japon. Le 



premier signifie celui qui touche le bouton de 
la mamelle avec le pied , et le second , celui de 
sa femme , celle qui touche 】e même bouton 
avec la main. 

(3) Ina est le riz nouveau , ta champ, et fine 
dame. 

(4) Ya signifie huit, mata cime, et orotsi 
grand serpent. C'est , selon l'explication des 
commentateurs japonais , le nom (Tun fleuve 
rapide , ayant huit embouchures. 

C 



m HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

le titre dîna da miya nousi-no kami , ou de gardiens du palais dîna da fime. Il 
eut de sa femme un fils qui fut appelé Oo ana moatsi-no kami (Ta ki kouei chin); 
il partit dans la suite pour le Ne-no kouni, comme il l'avait promis. 

2. Mas a ya ta katsou ^atsoc-no faya fi ama-no osi wo mimi-no mikoto 
(Tching tsaï ou ching ching sou jy thian ki hoei eul tsun ) , fils aîné de Ten sio 
daï sin 1 , épousa Tagou tada tsi tsifme ( Khao fan thsian thsian ki ) ^ fille de 
Takan mi mosoa fi-no mikoto (Kao houang thsan ling tsun), et en eut un fils; 

3. Ama tsod fiko fiko fo-no ni ni ghi-no mikoto (Thian tsiu yan yan ho 
khioung khioung tchhu tsun ) y qui lui succéda. Son grand-père maternel 9 qui 
aimait beaucoup son auguste neveu [Soa me mima, Houang sun), résolut de le 
faire gouverneur à'Âsi wara-no naka tsou kouni (Weï yuan tchoung koué) 2 . Ce 
pays était alors rempli d'esprits brillans sous la forme de vers luisans , de mau- 
vais génies qui bourdonnaient comme des mouches, d'herbes et d'arbres par- 
lans. Pour l'en débarrasser auparavant , il assembla les quatre-vingts kami ou 
dieux célestes, leur annonça son intention de chasser les mauvais démôns 
du Japon , et leur demanda lequel d'entre eux ils jugeaient le plus propre à 
accomplir ce dessein. Tous désignèrent Ama-no fo fi-no mikoto (Thian hoei jy 
ming) , qui y fut envoyé ; mais loin de remplir sa commission , il se prêta en 
tout aux vues d,Oo ana moutsi-no kami , et demeura chez celui-ci trois ans sans 
retourner au ciel. On fit partir alors son fils Osei-no mi kouma - no ousi, qui suivit 
l'exemple de son père et ne revint pas. Takan mi mosou fi-no mikoto , choqué 
de cette conduite, consulta encore plusieurs kami, qui proposèrent Ame waka 
fiko (Thian tchi yan ) , homme d'un grand courage , et fils ^Ama-no kouni tama 
( Thian kouë yù). Takan mi mosou fi-no mikoto le fit venir y lui remit l'arc 
Ama-no kago yumi ( Thian lou eul koung) ou du cerf céleste , et les flèches 
Ama - no fabaya (Thian yu tchi) ou des pennes du ciel, et lui ordonna de des- 
cendre sur la terre. Celui-ci y resta de même , y épousa ^ita terou fime (Hia 
tchao ki), fille dHOtsousi kouni tama (Hian kouë yû), et se proposa de retenir 
plutôt pour lui-même le gouvernement du pays, que de le purifier pour le 
petit-fils de Ten sio daï sin. Long-temps après son départ, Takan mi mosou 
fi-no mikoto ne le voyant pas revenir , dépêcha le faisan Na nasi km pour en 
apprendre la cause. Le faisan se percha sur l'arbre Yetsou-no katsoura (Thang 
tsin thou mou ) , devant la porte d'Ame waka nko ; celui-ci informé par sa 
femme qu'il y avait un oiseau extraordinaire sur i'arbre , Ame waka fiko crut 
que c'était un présent que celui qui l'avait envoyé lui laisait parvenir ; il prit 
donc l'arc , sortit de la maisoti , et perça la poitrine de Na nasi kisi. L'oiseau 

(1) Selon d'autres, le fils de Sosan-no o mi- (2) Cest-à-dire, le règne du milieu du pla- 
koto. teau de ÏEryanlhns japonicut. 



DES JAPONAIS. xxj 
tomba roide mort : mais la flèche monta au ciel, et s'arrêta aux pieds de 
Takan mi mosou fi-no mikoto ; il la reconnut à l'instant, et , la voyant ensan- 
glantée ^ ii présuma qu'on était en guerre avec les kami terrestres ; il la ra- 
massa donc et la rejeta sur la terre, où elle atteignit à la poitrine Ame waka 
fiko, qui dormait après son dîner, et qui fut tué du coup. Les gémissemens 
de Sita terou fime percèrent jusqu'au ciel , et furent entendus d'Ama-no kouni 
dama. Instruit par — ià de la mort de son fils , il dépêcha à l'instant un vent 
rapide pour lui rapporter le corps , et construisit un édifice où il l'enterra. 
Les oies sauvages et les moineaux l'accompagnèrent, et passèrent huit jours 
et huit nuits en lamentations. 

Ame waka fiko avait eu, pendant son séjour sur terre , un ami nommé Âtsi 
sown taka fiko no-no kami (Weï szu kao yan ken chin) , qui lui ressemblait beau- 
coup. Celui-ci monta au ciel pour iaire son compliment de condoléance aux 
parens. Ces amnités, en le voyant, croyant leur fils ressuscité et de retour, 
lui détachèrent sa ceinture ; ce qui l'irrita. Il changea de couleur , et leur 
demanda comment lui, qui était l'ami de leur nls et qui venait de si loin 
pour leur faire politesse , était pris par eux pour le défunt. Dans sa colère , il 
tira son sabre , et hacha toute la maison de deuil en pièces ; elles tombèrent 
dans la province de Mino, et y formèrent le mont Mo yama (Sang chan) ou 
la montagne du Deuil , dans laquelle la rivière Aya mi-no kawa ( Lan kian 
tchhouan ) a sa source. 

Takan mi mosou fi-no mikoto assémbla de nouveau les kami , et les 
informa que la terre n était pas encore purifiée , quoiqu il y eût dépêché 
plusieurs des plus braves. Ils répondirent unanimement : « Iwa tsoutsou o 
« (Phan toung nan ), fils de Iwa sakou ne sakou-no kami , a épousé Iwa tsoutsou me; 
« il en a un fils, nommé Foutsou nousi-no kami (King tsin tchu chin j ; c'est lui 
« qui est le plus propre à réussir. » Alors Take mika soutsi-no kami , nls de Fe 
inofaya fi-no kami , petit-fils de Mika - no f aya fi-no kami, et amere-petit-fils ' 
d y Isou-no obasiro-no kami, et kami ou dieu lui-même , qui demeurait dans la 
caverne du rocher Ama-no iwa, entra de force dans l'assemblée , et demanda 
en courroux si Foutsou nousi-no kami était le seul brave , et déclara que 
lui-même était décidé à partir. 

Takan mi mosou fi-no mikoto les expédia tous les deux sur la terre ; ils y 
descendirent à ho dosa-no obama , dans la province dldzoumo. L'un d'eux 
enfonça la pointe de l'épée Tosoaka-no tsouroughi dans le sol, s'assit auprès, 
et fit venir Oo ana moutsi-no kami , fils de So san-no o-no mikoto. Il lui raconta 
queTakan mi mosou fi-no mikoto avait envoyé plusieurs Aami célestes sur la terre 
pour la purifier, mais qu'ils ne s'étaient pas acquittés de cette commission ; il lui 



xxij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

reprocha d'en être la cause , et lui demanda s'il voulait la quitter ou y rester. 
Oo ana moutsi-nq kami demanda du délai, pour consulter son fils Kotosiro 
nosi-no kami , et promit une prompte réponse. Ce dernier était allé au cap 
Mifo-no saki (San hoci khi), dans lldzoumo, où il s'occupait à prendre des 
poissons dans des nasses. Son père lui dépêcha Inase fagi pour s'entendre avec 
lui sur ce qu'il y avait à faire. Kotosiro-no kami se décida à reconnaître la 
suprématie des dieux célestes f à quitter la terre, et à se cacher dans la 
mer , où il construisit un enclos et s'y enferma. Le père rapporta aux deux 
kami la réponse de son fils; il ajouta que lui-même il prenait le parti d'obéir 
aussi , que tous les kami terrestres suivraient son exemple, et qu'aucun d'eux 
ne résisterait aux kami du ciel. Il leur ofl&ît en même temps son épée Foi ko, 
longue de douze à dix-huit pieds , les priant d'en faire présent de sa part à 
Àmatsou ûko fo-no nini ghi-no mikoto 9 en rassurant qu'à son arriyée sur la 
terre, s'il faisait usage de cette arme , personne ne pourrait lui résister : ensuite 
il alla se cacher avec les quatre-vingts kami. Foutsou nosi-no kami et Take 
mika soutsi-no kami mirent à mort tous les autres kami subalternes qui ne 
voulurent pas se soumettre , retournèrent ensuite au ciel , et firent leur rapport 
à Takan mi mosou fi-no mikoto. Celui-ci plaça alors son petit-fils Amatsou fiko 
fo-no nini ghi-no mikoto sur un trône céleste , ouvrit les cieux , et le fit des- 
cendre par la voie des huit espèces de nuages sur le mont So-no taka tsifo-no dake 
(Sy tchi kao thsian hoei fung) , dans la province de Fiouga, De là il alla au cap 
A ta - no nagaya-no kasa sa-no misaki (Où thian tchhang wo ly hiâ tchi khi ), où il 
rencontra un homme nommé Koto katsoa koani katsou naga sa. Il lui demanda si 
ce pays touchait à quelque autre ; celui-ci répondit que oui, et lui offrit 9 s'il 
avait envie d'en faire le tour, de se reposer d'abord et de passer la nuit dans 
sa maison. Amatsou fiko accepta la proposition , et trouva en entrant une 
femme d'une rare beauté , nommée Ka asi tsoa fime ( Loû weï tsin ki). Il 
lui demanda quels étaient ses parens ; elle répondit : « Votre servante est la 
« fille d'un dieu céleste , et ma mère est une divinité terrestre des grandes 
« montagnes. » Amatsou fiko l'épousa , et ia rendit enceinte la même nuit. Ce- 
pendant il crut qu'elle l'était déjà d,un autre, et lui dit : « Gomment se peut- 
« il que toi , fille d'un dieu céleste , tu deviennes enceinte dès la premiere 
« nuit de ton mariage ? » Cette question l'offensa ; elle fit construire une pe- 
tite cabane , et lui dit : « Je mettrai le feu à cette cabane ; si vous êtes le père 
« de l'enfant dont je suis grosse , le feu ne me touchera pas; sinon , je serai 
« consumée. » Elle s'y enferma et y mit à rinstant le feu. Dès que la flamme 
s'éleva , elle mit au monde un enfant, nommé Fo-no sousoro-no mikoto (Ho lian 
kiang ming) ; lorsque la flamme fut au plus haut degré, elle donna le jour à 



DES JAPONAIS. xiiij 
un autre, nommé Fiko fofo de mi-no mikoto (Yan ho ho tchhu kian tsun ) ; et 
quand le feu commença à s'affaiblir y parut un troisième enfant , nommé 
Fo - no akari - no mikoto (Ho ming ming). C'est ainsi qu'elle accoucha de 
trois fils. 

Amatsou nko mourut , et fut enterré sur le mont Ka ye-no yama ( Kho ngai 
tchi cban), entre le Tsoukouzi et le Fiouga. 

に Fiko fo fo de mi-no mikoto (Yan ho ho tchhu kian tsun). Fo-no sousoro- 
no mikoto , aîné des fils du troisième dieu terrestre , s'occupa du gouvernement 
de la mer , tandis que le cadet Fiko fo fo de mi-no mikoto présida aux mon- 
tagnes. Quelque temps après , ils convinrent de changer cet état de choses : 
le second donna son arc et ses flèches au premier, et en reçut rhameçon ; 
mais ne trouvant pas leur compte à cet arrangement , chacun voulut bientôt 
reprendre ses premières occupations. Cependant le cadet avait perdu l'ha- 
meçon , et voulut en donner un autre à son frère , qui le refusa ; il en fit 
donc faire plusieurs de son épée, et les lui oflfrit dans un van [mi) à blé, en 
le priant d'en prendre autant qu'il voudrait. INiais l'aîné , trop irrité contre lui , 
nen voulut pas, et insista pour qu'il lui rendît le sien. Son frère en fut fort 
affligé; il parcourut le rivage pour chercher rhameçon perdu, et rencontra 
un vieillard nommé Siwo tsoutsou-no o si (Yan thou lao oung) , ou le vieillard 
de la terre salée , qui lui demanda pourquoi il errait si triste sur la plage. En 
ayant appris la cause , il l'exhorta à prendre courage , et lui promit de l'aider. 
11 construisit à 1 instant une sorte de cloche de plongeur , y introduisit son 
protégé , et le fit couler au fond de la mer. Celui-ci arriva près du palais du 
dieu de la mer. Cette habitation était de la plus grande magnificence. A l'en- 
trée, il y avait un puits, sous l'arbre Ye tsou-no katsoura , dont les branches et 
les feuilles ombrageaient les environs : une jeune fille d'une grande beauté , 
ayant à la main uAe jatte de jade oriental, sortit de la maison pour puiser de 
l'eau ; le nouveau venu s'approcha du puits ; elle en fut effrayée , rentra préci- 
pitamment, et conta à ses parens ce qui venait d'arriver. Ceux-ci étendirent à 
l'instant dans le salon huit doubles nattes, pour y recevoir l'étranger , allèrent 
à sa rencontre , et le conduisirent dans la maison. Après les premiers compli- 
mens, ils s'informèrent du motif de son voyage. Ayant appris ses aventures, 
ils ordonnèrent à tous les poissons grands et petits de s'assembler devant la 
salle. Ne voyant pas venir le poisson Aha me (Tchhy niu) ou la dame rouge \ 

sophrys crùticeps. Au Japon , ce poisson est très- 
estimé, tant parce qu,il est consacré au dieu 
marin Yehis, que pour sa beauté et pour l'édat 
qu'il jette dans l^eao. La chair du toi est très* 



(1) Ce poisson appelé aussi en chinois 

Hao ( ou taï d'après la prononciation japo- 
naise ) , est nommé par les Hollandais dans l'Inde 
steenbrussen ; c'est le spams anrata, ou le chy- 



xxiv HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

ils interrogèrent les autres poissons sur la cause de son absence. Ceux-ci répon- 
dirent que l'Aka me avait en ce moment mal à la bouche , ce qui l'empêchait 
de venir. On dépécha donc vers elle quelques poissons , qui revinrent avec 
rhameçon perdu. 

Fiko fofo de mi-no mikoto épousa alors la ûlle du dieu de la mer , nommée 
Toyo tama Jime (Fung yu ki), et bâtit dans i'eau un palais où il passa trois 
ans à se divertir avec elle. Cependant le souvenir de son pays le tourmentait 
sans cesse , et il brûlait d'envie de le revoir. Sa femme s'en aperçut , et en fit 
part à ses parens , qui lui permirent d'y aller pour y porter rhameçon. A son 
départ , ils lui donnèrent le siwo mitsou ni (tchhao man khioung) , la pierre pré- 
cieuse du flux y et le siwo Jirou ni (tchhao hô khioung) , la pierre précieuse du 
reflux , et lui dirent : « Si ton frère ne te permet pas de revenir, jette la pre- 
t mière dans la mer, et à l'instant tout le pays sera submergé ; si alors il 
« t'accorde la faculté de t'en retourner . jette l'autre pierre, et bientôt i'eau 
« s écoulera. » 

Quand il fut sur le point de partir , sa femme lui dit : « Votre épouse est 
« enceinte et accouchera bientôt. Aidée par un gros vent et un flux considé- 
« rable elle gagnera le bord: de la mer , où il faut lui préparer une demeure 
« convenable pour qu'elle y fasse ses couches. 9 II lui ait adieu et alla chez son 
frère. Après lui avoir remis l'hameçon , il lui demanda la permission de rentrer 
dans la mer. Ayant essuyé un refus , il se vit forcé d'user du talisman de son 
beau-père, et jeta le joyau siwo mitsou ni dans la mer, qui submergea bientôt 
tout le Davs. Cet événement effraya extrêmement son frère aîné , qui lui offrit 
a ODéir en tout à ses ordres , d'être son serviteur , et de faire tout ce qu'il 
désirerait , pourvu qu il lui laissât la vie. Fiko fofo de mi^no mikoto jeta donc le 
siwo Jirou ni à la mer, et aussitôt elle rentra dans ses bornes ordinaires. 

Bientôt après s'éleva un vent très-fort , accompagné d ? un flux considérable. 
Fiko fofo de mi-no mikoto courut au rivage , et aperçut ae loin son épouse , 
accompagnée de sa sœur cadette Tama yori Jime, Après qu'il les eut jointes, 
sa femme lui dit qu'étant sur le point d'accoucher , il devait s'éloigner et 
s'abstenir de regarder. Il le promit et se retira ; mais il se cacha et 1 epia 
pendant qu'elle accouchait. Elle s'en aperçut , mit au monde un fils , se 
changea aussitôt en dragon , et se plongea toute honteuse dans la mer. Depuis 
cet événement, elle ne revit plus son mari. Le nouveau né fut nommé Fiko 
naki sa dake ou kaya fouki awa sesou-no mikoto. Son père vécut encore long- 
temps : il fut enterré sur le mont Faka ya-no yama, dans la province de Fiouga. 

dâicate , et 1 on paie souvent pour un individu de cette espèce , quand ce n,est pa» la saison , jus- 
qua 1,000 kobang, ou 28,000 francs. 



DES JAPONAIS. xxv 

5. FlKO NA KISA TAKE OU KA TA FOUKI AWA SESOU-NO MIKOTO (Yan pho lian 

wou Lou thsu thsao thsy pou hô tsun) , eut de son épouse Tama yorijime 
quatre fils , nommés Fiko itsou se-no mikoto, Ina iye~no mikoto , Mi ke iri no-no 
mikoto et Kan yamato Iwa are fiko-no mikoto. Il mourut dans le Palais du royaume 
occidental (Sai-no kouni - no miya), c est-à-dire , dans l'île de Kiouziou , et fut 
enterré sur le mont A Jira - no yama, dans le Fiouga. Tamo yorijime était la fille 
cadette du dieu marin fVada tsoumi ou Toyo tama Jiko. 



代皇人 NIN DAI, 

OU LES AUGUSTES DE RAGE HUMAINE. 

Zin mou ten o (Chin wou thian houangj , le plus jeune de ces quatre frères , 
devint le fondateur de l'empire japonais. Son titre honorifique fut Yamato^ 
no Iwa are fiko-no mikoto (Jy pen phan yu yan tsun), et son petit nom Sa no 
(hia ye). Dès son enfance , il se distingua par son esprit et son courage. 
A l'âge de 1D ans, il fut nommé Taisi ou successeur au trône. Il épousa plus 
tard j Jira tsoa Jime, née à Oda-no moura , dans la province de Fiouga. Il en eut 
un fils nommé Taghere mimi-no mikoto. 

Dans l'année 丧 ^ kiayn, qui est la 51 e du cycle de soixante (667 avant 
J. G. ), Zïn mou ayant atteint l'âge de ^5 ans 1 , tint conseil avec ses frères, et 
leur dit : « Anciennement Takan mi motsou ji-no mikoto a donné tout le pays 
« appelé Toyo asi wara-no misoufo-no kouni (l'empire japonais) au premier de 
« nos ancêtres Ama tsou Jiko fiko fo-no ni ni ghi-no mikoto , qui quitta le ciel, et, 
« en dispersant les nuages et les vapeurs , se fraya le chemin de la terre. Tout 
« était alors encore rude et grossier. Il choisit la contrée occidentale (Tîie de 
« Kiouziou ) pour y tenir sa cour. D*année en année, le bonheur et l'importance 
« de ce pays ont augmenté, grâces à la sagesse de son gouvernement. Depuis . 
« que ces événemens ont eu lieu , de longues années se sont écoulées ; mais 
« les peuples éloignés sont encore barbares. Chaque village a bien un chef; 
« mais ces chefe sont souvent en guerre pour leurs limites respectives. Siwo 
« tsoutsi-no ousi m,a rapporté que, du côté de l'orient, le pays est bon et entouré 
« de montagnes verdoyantes , entre lesquelles est arrivée la barque céleste 



( 1) A cette époque, dit le Dai ni fon si, les 
provinces occidentales (c est-à-dire, celles de l'île 
de jviouziou) étaient civilisées depuis long-temps, 
tandis que les orientales n'avaient pas encore 
sum cet exemple. Naga sonnejiko (Tchhaog soui 
yan) et Oki faya Ji-no mikoto (Jao su jy ming) 



y régnaient ; You kesi ( Hioung houa) , Oto kesi 
(Ti houa), Yaso taken (Pâ chy kiao), You si 
ki ( Hioung ki tchhing ) et Oto si ki (Ti ki 
tchhing) , étaient chefs de diverse5 principautés ; 
mais toutes ces provinces n'étaient pas réunies 
sotis la domination d*un seul empereur. 一 Kl. 

d 



xxvj HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

« Ama-no iwa foune. Si ce pays est tel qu'on le décrit, il mérite d'être le centre 
« de l'empire. Je crois que c'est Okifaya fi qui est descendu du ciel dans cette 
覼 barque. Je veux y aller bientôt , et y établir ma résidence. » Ses frères approu, 
vèrent son dessein , demandèrent à l'accompagner, et le pressèrent de partir. 

Le 3 e jour du 10 e mois, Zin mou s'embarqua donc avec ses frères pour 
l'expédition projetée. Il navigua vers l'est et arriva à Fay a so ゆ- no minato , 
appelé de nos jours Saga-no seki , dans la province de Boungo. Un pêcheur 
vint à leur bord dans un petit bateau. Uempereur lui demanda qui il était. 
Il répondit : « Je suis le Kouniyetsou kami , ou le chef protecteur de ce pays ; 
« mon nom est Outsou fiko; étant à la pêche à la baie fVada-no oura, j ai appris 
« l'arrivée du descendant d'un dieu céleste, et je m'empresse de venir ici le 
« recevoir. » L'empereur l'invita à lui servir de guide ; il y consentit. On lui 
tendit une gaffe pour s'y tenir , et on l'attira ainsi à bord , où il fut fait pilote 
sous le nom de Si ne tsou Jiko. 

Il vira directement de bord vers Ousa , dans le pays de Tsikouzi. Le gouver- 
neur Ousa tsoa Jiko et sa sœur Ousa tsou fime firent construire , à l,entrée de la 
rivière Ousa gawa, un palais qu,ils nommèrent Atzifito tsoa agare-no miya, 
pour y recevoir l'empereur pendant son séjour. Ce prince maria Ousa tsou 
fime à un des grands de sa suite nommé Ama-no tone ko-no mikoto ; ses des- 
cendans existent encore ; Naka tomi est leur nom de famille. Ils sont chargés 
de la garde des trois insignes impériaux appelés Yn kan sa i-no maka tama , 
Ya ta-no kagami et Kousa naerhi-no tsouroughi, ou la boule de pierre précieuse, 
le miroir et Fépée (voyez page 52, note 1 ). 

Le 9 e jour du il c mois , Zin mou arriva à Oka-no minato , dans le Tsikouzi. 
Peu de jours après il poursuivit son voyage , et aborda le 27* jour du 12 e 
mois dans la province de Aki, où il bâtit le palais Ye-no miya. 

Le 6 e jour du 5 e mois de l'année suivante 印 %j y mao (666 avant J. 0.) f 
il partit pour le pays de Kibi-no kouni, qui se composait des trois provinces 
actuelles de Bingo , de Bizen et de Bitsiou. Il y bâtit le palais TaJca sima-no 
miya, et y resta trois ans. Pendant ce temps, il fit construire beaucoup de 
vaisseaux de guerre , et assembla une grande quantité d'armes et de provi- 
sions , afin de se rendre maître de tout l'empire. 

Le 1 1* jour du 2 e mois de l'année 卞/^ wou ou (663 avant J. C.), il 
dirigea sa course vers i,orient : le grand nombre des mâts des vaisseaux faisait 
ressembler sa flotte à une forêt mouvante. U arriva au cap Naniwa-no misaki 
(qui est la pointe d'Osaka ) , appelé à présent Amaga sàki. Un courant rapide 
l'avait amené ; c'est pourquoi il donna à cette pointe le nom de Naniwa. 



DES JAPONAIS, xxvij 

Le 10 e jour du 3 e mois, le courant changea ; il remit alors à la voile y et 
vint jeter l'ancre dans la baie Awa koumo-no siro kata-no tsa, près du village 
Kousa ka-no moara, dans le Kawatsi 9 ou il débarqua ses troupes. 

Le 9 du A e mois , il les passa en revue , et commença sa marche par terre. 
Arrivé au mont Tatsoa ta yama, le chemin était si étroit qu'il ne pouvait 
avancer ; il tourna alors vers l'est, passa le mont I koma yama, et arriva dans 
le Yamato (Tchoung tcheou), ou province du centre. 

Naga sonne fiko \ qui la gouvernait , apprenant l'arrivée du descendant des 
dieux célestes qui venait envahir son pays , assembla son armée à Kousa ye-no 
saka. Un grand combat eut lieu : Itsou se-no mikoto , l'un des frères aînés de Zin 
mou , fut blessé grièvement par des flèches au coude et à la jambe ; ce qui décou- 
ragea les troupes. L'empereur, se rappelant alors qu'il descendait de la déesse 
du soleil 9 pensa que s'il attaquait l'orient en venant par l'occident, il risquerait 
d'être défait. Il ordonna donc la retraite. L'ennemi crut qu'il fuyait; mais il 
fit un détour, marcha d'un autre côté, et, ayant invoqué ses ancêtres, il suivit 
le cours du soleil , qu'il avait ainsi par derrière. Il proclama alors que le soleil 
étant venu à son secours , il ne voulait pas souiller ses armes de sang , et que 
rennemi se soumettrait volontairement. Ces paroles furent applaudies par 
rarmée. Après s'être reposé pendant quelque temps sans être poursuivi f 
u marcha vers Kousa tsouka-no , et y fit élever un retranchement. C'est pour- 
quoi cette baie reçut le nom de Tate tsoa , baie du Bouclier. 

Après la défaite à Kousaye-no saka , un des soldats de Zm mou , s'étant 
caché dans le tronc d'un arbre vermoulu , se disait : « Si je n'avais pas trouvé 
« cet arbre , ma mort aurait été certaine ; maintenant qu'il me garde dans son 
« sein, il est ma seconde mère, et je suis né une seconde fois. » Ayant raconté 
son aventure , on donna à ce lieu le nom de Omo fa fa-no ki moara 2 ; il s'appelle 
encore aujourd'hui Oki moara, le village du grand arbre. 

Le 8 de la 5 e lune, Zin mou campa avec son armée au port de Ki-no minato , 
sur le mont Tsino-no yama. Itse se-no mikoto , auquel ses blessures occasion- 
nèrent des douleurs insupportables , s'écria de désespoir : « Il est affreux qu'un 
« homme de mon courage périsse par les flèches des barbares sans pouvoir se 
« venger. » Cette exclamation fut nommée Oto kebi , et le port, O-no minato, 
la baie de la Bravoure. Itsou se-no mikoto mourut dans la marche vers le 
mont Kamado yama , dans la province de Kii , et fut enterré sur son sommet. 

Le 23* jour du 6 e mois, l'empereur parvint à Kousa-no moara : Nagou sano, 
qui y commandait , fut tué dans un combat. Zin mou alla alors par Sano 

(l) iVoga signifie long, soune modle, et fiko (2) Omo à présent t faka mère, ki arbre, 
chef. mourn village* 



xxviij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

jusqu'à Kami-no monta dans le canton de Kouma no et s'y embarqua de nou- 
veau sur les bateaux célestes Ama-no iwa foune. Au milieu de la mer il fut 
assailli par une violente tempête qui tourmenta extrêmement ses vaisseaux. 
Son frère Ina iye-no mikoto dit alors : « Mes ancêtres du côté paternel sont des 
« dieux célestes ; du côté maternel, des dieux marins : pourquoi nempêchent- 
« ils pas que je me trouve en si grand danger ? » Il tira en même temps son 
épée , et se précipita dans la mer. Son second frère Mi ke inno^no mikoto 
s'écria : « Mon oncle et ma tante sont des dieux marins ; pourquoi aonc la mer 
« est-elle si orageuse? » Il s'y jeta, et tâcha de parvenir au Tokoyo-no kouni l . 

Zin mou n'ayant plus de toute sa famille que son fils, partagea avec lui le 
commandement de i,armée. La tempête s,apaisa, et il aborda heureusement à 
Ara saka-no minato tsou, dans le Kouma no. Il y combattit Ni sikoa do be, et le 
tua; mais i,eimemi ayant fait élever contre lui une vapeur vénéneuse, tout 
son monde en tomba malade , ce qui retarda sa marche. 

Un homme , nommé Kouma no-no Taka koura sita , rêva alors que la déesse 
du Dai sin gou ou Ten sio daï sin disait au dieu du tonnerre Take kami tsoutsi- 
no kami : « Tout le pays du centre est en révolte ; dépêche-toi de l'apaiser. , Le 
dieu répondit : « Quoique je ny aille pas moi-même Je veux donner mon épée, 
« et le pays se calmera. » La déesse Ten sio daï sin y consentit et dit au rêveur : 
« J'enverrai mon épée Fou tsourîto mitama dans ton magasin ; va roffinr au des- 
« cendant des dieux célestes. » Taka koura sita , à son réveil , ouvrit son ma- 
gasin , et y vit tomber une épée dont la pointe entra dans la terre ; n la ramassa 
et la porta à i,empereur.Ceiui-ci, s'éveillant après un profond sommeil, s'étonna 
d'avoir dormi aussi long-temps. L'armée , jusqu'alors étourdie de la vapeur 
vénéneuse qui venait de disparaître , se mit sur pied , et se trouva dans le 
même état que si elle était revenue dune longue ivresse. Elle brûlait d'envie 
de marcher vers le pays central ; mais comme la route des montagnes était 
impraticable , on erra long-temps avant d'en trouver une bonne. L'empereur , 
s,étant endormi de fatigue , rêva que Ten sio daï sin lui promettait pour guide 
le yada-no kras 2 ou corbeau à huit pieds. Au moment où il se réveilla , cet 



( 1 ) Cest-à-dire, le royaume immuable ou de 
la mort. 

(2) /V Yada-no kras (pâ chi kiao) 

signifie le corbeau à 8 pieds (de 8 pouces). Le 
nombre huit, suivant la doctrine du Sinto , est 
le nombre le plus parfait. Ils ont adopté la divi- 
sion chinoise d* après les huit koua , dont ils 
prononcent les noms kan , kon , zin, zon , ri , 
kon , daï , ken , et qu'eux et les Chinois dis- 



posent dans leur boussole de la manière sui- 
vante : 

=-= 次 Kan (khan). — Nord. 
― ― Kon (ken). 一 Nord-ouest. 
二 二 震 Zm (tchin). — Ouest. 
一 一 Zon (sun). — Sud-ouest. 



DES JAPONAIS, xiix 
oiseau descendit du ciel, et vérifia ainsi son rêve. Il fut fort joyeux de l'assis- 
tance de ses ancêtres. Un de ses officiers Fi-no omi-no mikoto et son général 
koame lui amenèrent en même temps uq renfort considérable. On com- 
mença aussitôt à se frayer un chemin commode à travers les montagnes et les 
forêts , en suivant le vol du corbeau , et l'on arriva ainsi dans le district d'Oada- 
no Simotsou kori. L'empereur avait ordonné, à Mitsi omi-no mikoto de servir de 
guide à l'armée , en suivant le vol du corbeau à huit pattes. 

Le 2 e jour de la 8 e lune, il manda les deux chefs du district d'Ouda-no 
kori , nommés You kesi et Oto kesi , qui étaient frères. Le premier refusa d'ac- 
quiescer à ses ordres ; l'autre s'avança jusqu'à l'entrée du retranchement, 
et dit « que son frère ne voulait pas obéir , et que décidé à la guerre , 
« quoique convaincu de ne pouvoir résister à une si grande armée 9 il aurait 
« recours à la ruse, et qu'il s'occupait à bâtir un petit palais, où il inviterait 
« Fempereur, pour s'en défaire par une embuscade. » Zin mou envoya Mitsi 
omî-no mikoto aux informations; ceiui-ci, à son retour , rapporta qu'effective- 
ment on construisait un palais , et que beaucoup d'armes étaient cachées dans 
les appartemens. L'empereur, extrêmement irrité de cette trahison, prit son 
arc et son carquois , mit son épée à son côté , et marcha , suivi ae forces con- 
sidérables. You kesi avait préparé plusieurs pièges à ressort, qui, lorsqu'on y 
touchait, se fermaient. Voyant son mauvais dessein découvert, il entra dans 
rappartemcnt, et fut tué par ces machines. L'empereur l'en retira , et le hacha 
en pièces. Comme il entra jusqu'aux chevilles du pied dans le sang, ce lieu 
prit le nom d'Oada-no tsi bara ou le Plateau ensanglanté d,Ouda. 

Oto kesi offirit alors des bœufs , du vin et d'autres vivres à l'empereur , qui 
en régala ses troupes , et chanta les paroles suivantes : 

« On m'attendait à Ouda , dans un palais élevé , rempli d'armes à ressort. 
« Si j y étais allé , j aurais été comme une baleine qui s'offre de bon gré aux 
« pêcheurs ; si j y étais allé , ma femme et les miens seraient dans la plus 
« grande détresse : mais je me suis défié d'You kesi. Jetais comme un homme 
« dégoûté ae sa femme , et j'eus soin de ne pas me plonger dans le malheur. » 

L envie lui prit de visiter Yosi no, dans la province de Yamato. A son départ 
âiOaketsi-no moura, il avait peu de monde avec lui. Près de Yosi no, il vit sortir 
(Tun puits un homme qui avait le corps resplendissant et une queue : i,em - 

ZIZZl き Ken (khian). 一 Nord-est. 

H est donc probable crue le corbeau à huit 
pattes désigne la boussole dont Zin mou Best 
servi pour se guider dans son expédition. 



S» R ^ (li). — Sud. 


























Daï (toui). 一 Est 



xxx HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

pereur lui demanda qui il était; il répondit : « Je suis le chef de ce pays; mon 
« nom est Ibi kare. » Ayant continué sa route , il en aperçut un autre s'élauçant 
hors d'un rocher qui se fendit ; il avait une queue, et disait qui! était fils 
à'Iwa osi wake. Zin mou poursuivit son chemin à l'occident ; suivant le bord 
d'une rmère , il y trouva un pêcheur qui avait établi dans l'eau un grillage de 
bambous pour attraper les poissons ; lui ayant demandé son nom , ce pécheur 
répondit : « Je suis fils de Ni mots no. » Ce fut le premier des ancêtres de la 
tribu de A tata-no ouka JL 

Le 5 e jour du 9 e mois , l'empereur monta au sommet du mont Taka koura 
yama d,Ouda, d'où il aperçut le retranchement de Yaso-no taken , placé au 
sommet du Kouni mi-no oka. On y arrivait par trois grandes rampes ou 
montées, dont une, nommée Me saka, l'escalier des femmes , était gardée par 
un corps de femmes; l'autre, Osaka, était défendue par une troupe d'hommes ; 
et la troisième 9 appelée Soami saka, l'escalier d'Encre, était constamment 
remplie de charbons de terre ardens pour empêcher d'y pénétrer. 

Ces noms sont encore actuellement en usage. 

Yoa si ki , autre chef ennemi , avait assemblé près du village Yware-no moara 
une si grande armée, que les environs en étaient couverts. Les demeures 
de cés deux chefs étaient bien fortifiées , et nul étranger ny pouvait pénétrer. 

Zin mou vit en songe un dieu du ciel qui lui conseilla d'envoyer au mont 
Àma-no kako yama , et de faire iaire de la terre qu'on y trouve quatre-vingts 
kawa rake ou jattes grandes et épaisses; d'invoquer ensuite les dieux célestes 
et terrestres , et de faire chanter l'hymne Izi-no kasin , l'assurant quaprès cela 
rennemi se soumettrait de bon gré. 

A son réveil , Zin mou voulut tout de suite obéir à ce songe ; mais Oto kesi 
vint l'informer qu'au village Si ki-no moara , dans le Yamato , il y avait un chef 
nommé Si ki-no yaso takeri , et un autre nommé Akaga ne-no Yaso takeri , 
chef du village Taka obari-no moura , qui se préparaient à l'attaquer ensemble ; 
qu'ils étaient très - puissans, et quil concevait des craintes pour sa sûreté. Il 
conseilla i Fempereur de iaire faire des jattes de la terre du mont Ama-no 
kako yama, et de s'en servir pour sacrifier aux dieux du ciel et de la terre, 
ce qui certainement le ferait triompher de ses ennemis. Zin mou, entendant 
ce conseil, se réjouit de le trouver conforme à son rêve. Il ordonna aussitôt 
à Si ne tsou fiko de se couvrir de haillons , de prendre un chapeau et un man- 
teau de paille , vêtement ordinaire de la plus basse classe du peuple , et d'aller 
avec Oto kesi, déguisé en vieille femme, chercher de la terre de cette mon- 
tagne , dont il avait besoin pour subjuguer sans délai le pays central. 

Ils se mirent en effet en chemin ; mais le grand nombre d'ennemis dispersés 



DES JAPONAIS. 

dans tout le pays he leur permit que d'avancer lentement. Cependant, con- 
vaincus que la conquête de cette contrée dépendait de leur succès , ils redou- 
blèrent d'activité et marchèrent hardiment. L'ennemi se moqua de leur 
accoutrement burlesque , et les laissa passer ; ils parvinrent à la montagne. 
Us en apportèrent de la terre à l'empereur, qui, charmé de leur adresse, fit 
îaire à l'instant les quatre-vingts jattes et autant de petits pots, avec lesquels 
il alla à l'embouchure du Nibou-no kawa , pour y invoquer les dieux du ciel 
et de la terre. 

Arrivé à Asa wara, près de la rivière Ouda gawa, il dit : « Si je fkis la con- 
« quête du pays central , et si cela s'exécute sans répandre de sang , cette eau 
« doit se changer en ame 1 . » Il versa du sake m dans les jattes 9 et les jetant dans 
la rivière, il continua ainsi : « 01 les poissons viennent par troupes avaler ce 
« sake et viennent flotter sur l'eau comme les feuilles du make ( taxus verti- 
« cillata), cela me sera d'un Don augure, autrement tout mon espoir s'éva- 
« nouit. 9 Les jattes coulèrent à l'instant à fond , les poissons surnagèrent , 
vomirent de l'écume f et descendirent avec le courant. 

Si ne tsou fiko en fit le rapport à l'empereur, qui fut extrêmement flatté de 
voir que tout réussissait si bien , arracha les cinq cents arbres ma saka ki 5 
à rembouchure de la nvière Nibou-no gawa ; et les tenant à la main , il invoqua 
les dieux célestes et terrestres. Cest à cette époque qu'a commencé l'usage des 
jattes de terre dans les sacrifices. Zin mou prit alors le nom de Taka soube^ 
raki omoa tamasu-no mïkoto, et alla iaire ses prières en plein air. Mitsi omi-no 
mikoto fut nommé grand-prêtre , avec le titre d'/fcoa fimé 4 . Les petits pots de 
terre furent nommés Itsou be ; le feu fut appelé Itsou-no kakoa tsoutsi; l'eau , 
Itsourno midzoa fana me; les aiimens reçurent le nom d'Iisoarno ouga-no me; le 
bois à brûler, celui à'Itsourno yama tsoutsi , et l'herbe celui à^Itsou nono-no tsoutsi. 

Le 1 er jour de la 10 も mne, Zin mou mangea du riz dans une jatte de terre; 
puis il se mit à la tête de ses troupes pour attaquer Yasou-no ta keri sur le 

(1) Âme est expliqué dans les vocabu- est l^ncienne religion du Japon, on tient tou- 

laires japonais et portugais par : « Certa agoa- 
• mel groua, on affèloa que sefaz em Japao de 
« trigo , e outras comas. , M. Medhurst traduit ce 
mot en anglais par gruel , ooulis de gruau ou 
de riz. 

(2) Sake, et non pas saki、 est une liqueur 
vineuse taite de riz; cest la boisson ordinaire 
au Japon. L'art de la faire est très-ancien dans 
ce pays , et se perd dans les ténèbres de sa my- 
thologie. 

(5) Quand on prie sdon les rites du Sinto, qui 



jours près de soi une branche de cet arbre et un 
petit pot avec de l'eau. Nous avons vu qu ,。! i se 
servit deja du même arbre devant le roc où Ten 
sio aai sin s'était enfermée. 

(4) Le mot finie désigne proprement une 
femme. Il était d'usage que les invocations adres- 
sées aux dieux célestes et terrestres se fissent pajr 
une femme. Mais comme cela ne pouvait avoir 
lieu pendant la guerre, Zin mou donna le titre 
de fone au prêtre Itsou, pour en conserver le 
souvenir. 



xxxij HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

mont Kouni mi-no oka; il le vainquit. Avant le combat il avait chanté les vers 
suiyans : 

« Un vent divin souffla de la mer d'Ize sur une grande pierre (le retranche- 
« ment de rennemi ) , autour de laquelle les écrevisses de mer s'attachèrent. 
« Mes enfans , mes enfans s'y attachèrent de même comme autant d'écrevisses. 
« Us défirent rennemi , €|t ils mirent fin à la guerre, fin à la guerre. » 

Ayant alors passé son armée en revue , il la trouva assez forte pour essayer 
encore une attaque dans un autre canton. Il ordonna donc à Mitsi omi-no mikoto 
de marcher avec une partie de ses troupes sur Osaka-no moura , et d'y inviter 
l'ennemi à un grand festin ; mais d'après ses ordres secrets , ce général y fit 
creuser une cave, où il cacha beaucoup de monde. U commanda ensuite 
aux plus forts de ses soldats de se disperser parmi les ennemis qui viendraient 
à la fête , et quand ceux-ci auraient bu beaucoup et se lèveraient pour danser , 
de les égorger tous au moment où il commencerait à chanter. 

Les ennemis se rendirent en effet à son invitation , et s'assirent au festin 
sans crainte. Au milieu de l'alégresse générale , ils furent bientôt étourdis 
par la boisson. Mitsi omi se leva alors , commença à danser et chanta : 

« Une grande cave à Osaka contient beaucoup de monde. Plusieurs y 
« sont venus avec leur général Koame , armés de marteaux 9 de pierres et de 
« haches d'armes. Quand les ennemis en seront frappés , ce sera la fin de la 
« guerre. » 

Dès gue ses gens entendirent ce chant, ils tombèrent sur les ennemis 9 et 
les assommèrent tous. 

Le 7 du 1 I e mois, Zin mou ayant défait ^itsi fiko , envoya à Yoa si ki l'ordre 
de venir le trouver. Sur son refus , il dépêcha vers lui le corbeau Yada- 
no kras, qui se percha sur le toit de sa demeure, et lui cria : « Tu es mandé par 
«le descendant des dieux célestes, ifaya , ifaya, dépêche-toi 9 dépêche-toi. » 
You si ki , irrité des paroles de cet oiseau , prit son arc et ses flèches pour le 
tuer, mais le corbeau s'envola sur la demeure de son frère Oto si ki, ou il 
répéta les mêmes cris. Ceiui,ci eut peur et dit : « J'entends le messager 
« des dieux célestes qui est perché sur mon toit; cela me fera trembler la nuit, 
« le matin , et pendant toute la journée. Je suis bien aise qu'il m'appelle. » Il 
mit de la nourriture sur huit feuilles de Kasouwa ou nénuphar 1 , et les offrit 
au corbeau. Lorsque celui-ci s'envola , il le suivit et arriva chez l'empereur , 
auquel il dit : « Quand mon frère You si ki a appris Farrivée du fils des dieux du 
« ciel, il a réuni ses forces à celles de Yaso takeri , pour le combattre ; ainsi 



( 1 ) Dans grands sacrifices à la cour du 
Dairi, les offrandes sont encore placées sur des 



feuilles de nénuphar , auxqudles on donne alors 
le nom de kouyete ou jattes. 



DES JAPONAIS. 

« sois sur tes gardes. » Zin mou assembla ses généraux , et leur apprit que You 
si ki méprisait ses ordres; que, quoique invité à plusieurs reprises , il refusait 
de venir. Us répondirent : « You si ki est un homme de téte et courageux ; il 
« vaudrait mieux le iaire encore une fois exhorter à la paix par son frère , et 
« agir de même avec You koura sita et Oto koura sita. alors ils refusent d'obéir , 
« il faudra les attaquer de vive force. » Oto si ki fut donc envoyé vers son frère 
pour le presser a obtempérer aux ordres de Zin mou ; il lui fît envisager que 
c'était le seul moyen de sauver sa vie ; qu'autrement lui et les siens seraient 
mis à mort. Toutes ses instances furent vaines ; You si ki ne voulut rien 
entendre de soumission : Oto siki revint donc pour en instruire l'empereur. 

La guerre étant ainsi inévitable , Si ne tsou fiko proposa à Zin mou d'envoyer 
les plus mauvaises troupes en avant vers Osi saka , où campait rennemi , et de 
faire répandre le bruit que c'était l'élite de l'année ; dattaquer ensuite avec les 
meilleurs de ses soldats Soumi saka ou la montée d'Encre x t et de laire éteindre 
par les eaux du fleuve Ouda gawa le feu que rennemi y aurait mis. Nos adver- 
saires , ajouta-t-il , attaqués amsi d'un coté où ils ne s'y attendent pas , seront 
faciles à vaincre. On suivit ce conseil ; les plus mauvaises troupes furent 
envoyées en avant. L'ennemi 9 qui les croyait l'élite de l'armée , fit marcher ses 
plus braves soldats contre elles. Celles-ci firent halte dans un endroit avanta- 
geux pour les attendre. Comme rarmée était très-fatiguée par les marches 
continuelles , rempereur récita cette chanson pour ranimer : 

« Nous avançons sans bruit dans les forêts du mont Inasa vers le camp 
« de fennemi , méditant de le bien surprendre. Oakayega tomo 2 , viens à pré- 
« sent i notre secoura ! » 

Arrivés à la montée Soumi saka, le signal de l'attaque fut donné. Assailli 
par-devant et par-derrière , l'ennemi fut bientôt mis en confusion , et défeit 
facilement. You si ki resta sur le champ de bataille. 

Le k du 12 e mois, l'empereur recommença les hostilités contre Naga soune 
fiko , qui commandait à un peuple fort brave , ce qui fit traîner la guerre en 
longueur. Un certain jour, l'air se couvrit d'un brouillard épais et une pluie 
abondante tomba ; mais un milan de couleur d'or vint se placer sur la corde 
de l'arc de l'empereur, en dardant des rayons de lumière si vifs tout à l'entour , 
que. les yeux de l'ennenii en furent éblouis comme d'autant d'éclairs. Zin mou 
prit ce phénomène pour un bon augure , attaqua ses adversaires à l'improviste , 



( 1 ) Cest la montée de feu dont il a été ques- 
tion plus haut. Anciennement on ne connaissait 
point au Japon de remparts ai 4e mnraSlet ; les 
retranchemeDs se taisaient de troncs et de bran- 



ches d'arbres , auxquels pendant lattaque de 
rennemi on mettait le feu. 

(2) C'était le nom du diredevr des vivres 
de l'armée. 



e 



xxxiy , HISTOIRE MYTHOLOGIQUE 

et remporta la victoire. Le lieu où cette bataille se donna fut nommé Tobi-no 
moura 1 , le village du MUan. 

L'empereur se ressouvenant alors que son frère aîné Itsou se-no mikoto avait 
été blessé par des flèches dans le premier combat à Kousaye-no saka , et en 
était mort , ordonna d'exterminer tout ce peuple , et composa ensuite cette 
chanson : 

« Je suis attristé par la mort de mon général , auquel je pense toujours ; 
« rennemi doit être haché en pièces comme des ognons , avec ses femmes et 
« ses enfans, au pied de ses palissades. Cela suffira, et mettra fin à la guerre. » 

« Je suis attristé par la mort de mon général, auquel je pense sans cesse : ma 
« colère est pénétrante comme le goût du gingembre ; c'est en les exterminant 
« tous qu'il faut mettre fin à la guerre. 

Naga sonne jiko , apïès sa défaite , envoya dire à Zin mou : « Àutreiois 
« Kousiki tama nighifaya fi-no mikoto , fils des dieux du ciel, descendit sur la 
« terre dans la barque céleste Ama-no iwa foune; il y épousa ma sœur cadette 
« MikasKi ya fime. Etant de cette manière devenu son serviteur, je pense cru'il 
« ne peut y avoir deux espèces de dieux célestes; dis-moi donc pourquoi tu 
« t'arroges ce titre , et viens m'attaquer dans mon pays? » L'empereur répondit : 
« Il y a plusieurs fils de dieux célestes ; de quel dieu ton maître est-il fils ? S'il 
« en a la preuve , qu'il me la fasse voir. » Naga sonne jiko lui fit dire : « Kousiki 
« tama a apporté du ciel un baudrier et une flèche nommée Ama-nofaya fa , 
« que je t'envoie et soumets à ton examen. » Zin mou voyant ces pièces , 
s'écria : « Elles sont fausses. » Il tira une flèche de son carquois , défit son 
baudrier , et fit voir l'une et l'autre à Naga soune , qui les ayant examinés 
attentivement et s'étant aperçu combien ils différaient des siens, commença à 
avoir peur , d'autant plus qu'il remarqua que ses propres sujets en voulaient 
à sa vie. Cependant son grand attachement pour Kousiki tama, dont il avait 
adopté le fils, le fit persévérer dans ses projets de résistance. 

L'empereur, voyant son aveuglement , le fit mettre à mort; après quoi tout 
le peuple se rendit. Il fit annoncer que sachant que Kousiki tama nighifaya 
fi - no mikoto était d'origine céleste, ses descendans, s'ils voulaient le servir, 
seraient toujours comblés d'honneurs 2 . 

Le 20 du 2 e mois de l'année 未 ? *」 ki weï (662 avant J. C.), Zin mou 
ordonna à tous les généraux de iaire des préparatifs pour une nouvelle 
campagne. Il avait encore à vaincre trois ennemis , Nighi tpbe , demeurant 
au cap Tada-no oka saki , Kosin-no fort, à Ward saka moto, et / fori , occupant 

(1) Actuellement ce nom a changé en Torri (2) Leur famille , nommée Mono nobe, existe 
mi moura. encore aujourd'hui. 



DES JAPONAIS. XXXY 

le cap Nagaye-no oka saki; tous dans la province de Yamato, Ces trois chefs 
étaient nommés Tsoutsi goumo , les araignées de terre, parce qu'ils n'avaient 
point de demeure fixe, et qu'ils vivaient sous terre, dans des cavernes. Tous 
trois étaient forts et braves , et ne voulaient pas se soumettre. L'empereur 
envoya une partie de ses troupes contre eux, tandis qu'il marcha avec le reste 
contre un autre Tsoutsi goumo , demeurant à Taka o wari-no moura. Les sujets 
de cette araignée de terre étaient de petite taille et avaient de longs bras. Les 
troupes de Zin mou firent donc une sorte de filets de l'arbuste nommé Ka- 
tsoura, qu'ils jetèrent sur eux, et les tuèrent : ce qui fit donner à ce lieu le 
nom de Katsoura ki, le fort de Katsoura. 

Le 7 e jour de la 3 e iune , Zin mou adressa une proclamation à ses troupes , 
dans laquelle il leur disait que, quoiqu'il eût fait la guerre depuis six ans, et 
que par la faveur des dieux du ciel il eût triomphé de ses ennemis 9 il y 
avait quelques cantons éloignés qui ne lui obéissaient pas encore , mais que 
le pays du centre étant en paix, il avait le dessein d'y bâtir un palais. A cette 
époque , les habitans du Japon étaient encore plongés dans la barbarie , et 
vivaient pour la plupart dans des cavernes. Il fit donc abattre les forêts , rendit 
les chemins des montagnes praticables , et se dit : « Dès que j'aurai fait cons- 
« truire une maison, on imitera cet exemple. » Il visita alors YOunebiyama, 
dans ie Yamato , et ordonna de bâtir son palais au pied de cette montagne , 
sur le plateau de Kasiwa bara, qui était le centre de l'empire. Le palais fut 
nommé Kasiwa bara-no miya; et quana îi fut achevé , il y fixa son séjour, pour 
gouverner de là tout le pays. 

Dans Fannée 申 keng chin (661 avant J. C), le 16 e jour de la 8 e lune , 
Zin mou, voulant se marier, fit chercher dans ses états une femme digne de lui. 
Il se ût présenter à cet effet les arbres généalogiques des plus illustres familles. 
Le dieu Kotosiro nosi-no kami 1 avait épousé Tama kousijime , fille de Misima-no 
miso koabi, et en avait eu une fille d'une grande beauté , nommée Fime tatara 
izou sou-no Jime-no mikoto. し est celle que Zin mou choisit pour épouse ; il la 
reçut le 2 ん du 9 e mois dans son palais. 

Le 1 er jour du 1 er mois de l'an 

萄辛 

sin yeou (ooO avant J. C.) , Zin mou 
fut reconnu empereur par lout l'empire , sous le titre de Kan Yamato-no iwa 
are fiko fo fo demi ten o ( Chin Jy pen phan yu yan ho ho tchhû kian thian 
houang). Cette année est comptée comme la première de son règne. Il eut de 
sa femme deux fils : Fainé reçut le nom de Kami y a i-no mikoto; l'autre , qui 
succéda à son père, celui de Kan non na gawa mimi-no mikoto. 



(1) Cest Yebis , ou dieu de la mer. Voyez la note l , page xv. 



uLxvj HISTOIRE MYTHOLOGIQUE DES JAPONAIS. 

Le 2 e jour du 2 e mois de l'année 士 jin siô (659 avant J. C), qui fut 
la 2 e de son règne , il accorda des titres et des emplois à ceux qui avaient 
montré le plus de courage pendant la guerre : il donna k Mitsi ominio mikoto un 
grand bourg 9 nommé Tsouki saka-no moura ; k Okou mebe, le pays du mont 0«- 
nebi yama , i l'ouest de la rivière nommée aujourd'hui Koume-no moura, dans 
la province de Yamato ; il fit Outsou fiko seigneur de Yamato , petit district de 
la province de ce nom; Oto kesi devint commandant de Si ki; Tsoune eut le 
gouvernement de Katsoura ki , et le corbeau Yado - no kras (ut comblé de 
présens. 

Le 25 du 2 e mois de la A e année de son règne (qui est la cyclique appelée 

す 甲 kia tsa (657 avant J. C. ), il institua le service solennel pour ses 
ancêtres , à Kami-no ono-no fari bara, situé sur ie mont To mùno yama. U le fit 
en commémoration de ce qu'ils lui avaient apparu en songe, et lavaient 
secouru dans ses guerres sous la forme d'une clarté éblouissante. 

Le 4 e mois de la 5 I e année de son règne 印 辛 sin mao (650 avant J. C. ) , 
il fit une tournée dans l'empire , et se rendit au sommet du mont Waki kan- 
nofotsou ma-no oka, d'où il eut la vue sur tout le Japon. Il remarqua qu'il avait 
la forme de l'insecte Âkitsou mousi (la demoiselle), et c est pour cette raison 
qu'il ie nomma Âkitsou sima. Isa naghi-no mikoto favait nommé Oura yasou-no 
kouni , Foso foko-no tsi tarou-no kouni , et Si wa gamifo-no ma-no konni. Owana 
moutsi-no kami f avait appelé Tama gaki-no outsitsou kouni; et lorsque Ofaya Ji-no 
mikoto , pendant un voyage qu il fit dans l'espace vide sur la barque céleste 
Ama-no iwa foune , aperçut cet empire , il l'avait nommé Soura mi tsoa Yamato- 
no kouni. 

Le 5* jour de la 1™ lune de la 42 e année de son règne 寅 ^ jin yn (619 
avant J. C. ), Zin mou créa son fils Kan non na gawa mimi-no mikoto Taïsi , ou 
successeur au trône. 

Le 11 du 5, mois de la 76, année 子 巧 ping tsu (585 avant J. C. ) , 
il mourut dans son palais de Kasiwa bara-no miya, âgé de 127 ans. 

Le 12 du 9 e mois, il fut enterré sur ie flanc nord - est du mont Ounebi 
yama. Son titre posthume fut Zin mou ten o. 



免 一 

NIPON DAI ITSI RAN, 

oc 

ANNALES 

DES EMPEREURS DU JAPON. 



I. DAÏRI M 天 ぁ珅 ZIN MOU TEN 0. 

(De 660 à 585 avant J. C.) 

Zin mou ten o (en chinois Chin wou thian houang) descendait à la cin- 
quième génération de Ten sio daï sin ; il fut le quatrième fils diOuka ya fouki 
awasezou-no mikoto (Lou thsu yu thsy pou hô tsun). Sa mère était Tama yori 
fime (Yû i' ki), fille du Rio zin ( Loung chin), ou Dieu Dragon l . A l'âge. de 
15 ans il fut nommé Taïsi (Taï tsu) ou prince héréditaire ; et, à l'âge de A5, il 
partit, avec une expeaition maritime , de la province de h wugo , pour conquérir 

pour conquérir ce pays. Anciennement les rois 
des îles Lieou khieou portaient t à leur inau- 
guration , une couronne en forme de dragon, 
marque de distinction réservée à eux et à leur 
famille. Les grands de leur cour ornaient pa- 
iement leurs bonnets de figures de différeDS 
poissons , chacun suivant son rang et l'emploi 
qu'il occupait. 一 Voyez le San kokp tsou ran 
to sets, ou Aperçu general des Trois Royaumes, 
publie a Paris en 1832, p. 171. 一 Kl. 




( 1 ) Quelques auteurs japonais croient que la 
mère de Zin mou était fille du roi de l*archîpel 

de ;充 iUou kiou (ou Lieou khieou ) , dont 

les îles , au nombre de trente- trois , forment une 
chaîne qui s'étend depuis Formose jusqu'au Ja- 
pon. D se pourrait effectivement que les ancêtres 
de Zin mou , colons chinois établis dans ces îles, 
fussent yenus de là à la grande île aiou siou, qui 
fût partie du Japon , et de laquelle nous voyons 
que ce prince commence son expédition militaire 



1 



2 ANNALES 

le canton de Tsikousi (Tchû tsu) l . L'ayant soumis, il se dirigea sur la 
province d y Àki 9 ptiis vers le pays de Kibi (Ky pi) 2 ; il y rassembla beau- 
coup de vaisseaux de guerre et de vivres ; ce qui l'occupa pendant trois ans. 
Il marcha ensuite contre Naniwa 3 et la province de Kawatsi, et arriva dans 
la province de Yamato 、ra ho), où ii combattit, à Koasa ye^no saka ( Koung 
che weï fan), le fameux Naga sonne Jiko (Tchhang soui yan), ou le chef à 
la longue moelle. Dans la province de Kl i 9 il défit Na gousa (Ming thsao); 
puis il livra plusieurs batailles près de Kouma no ( Hioun? ye). S'étant rem- 
barqué , Zin mou perçut Beaucoup de monde sur mer, par une violente tem- 
pête, dans laquelle périrent ses trois frères aînés. , 

Ayant rassemblé de nouvelles troupes , il poursuivit ses entreprises. Il 
vainquit d'abord Naga soane Jiko, puis You kesi (Hioung houa) d'Ouda (Thou 
thian ) , Ya so takeri (Pâ chy kiao szu) et You siki ( Hioung ki tchhing). Tous 
ces ennemis et un grand nombre d'autres furent détruits dans les dix années 
qui suivirent son départ de Fiouga , lequel avait eu lieu dans l,année cyclique 
Kia yn f qui correspond à 6 り 7 avant notre ère. 

Dans l'année cyclique 5m yeou (660 avant J. C.) , il avait fait aplanir, dans la 
province de Yamato, la montagne Oune biyama (Mou pang chan). Il y bâtit un 
Dairi ou palais 4 , et fui proclamé empereur sous le titre de Kasiwa bara-no 
(Kian^ yuan koung) 5 : c'est de cette époque que date la première année 
du règne de Zin mou ten o. Ou ma si - no Mat si-no mikoto (Yu mo tchi Ma tchi 
ming) et Mitsi-no Omi-no mikoto (Tao tchin ming) , deux hommes d'un 
grand mérite militaire , furent iaits chefs des troupes qui gardaient le palais. 
La division du premier fut appelée Kou me bon (Laï mou pou), et celle de 



Le pays de 紫 Tsikousi (Tchû tsu ) 

comprenait les provinces actuelles de Tsikou- 
sen et de Tsikoango. Dans le district actuel de 
J^i kasi, de la province de Tsikonsen, on voil 
encore aujourd'hui , près du village de Wara da, 
un temple dédié au génie protecteur du pays de 
Tsikousi. 一 Kl. 

(2) L'ancien royaume de Kibi (Ky 

pi) comprenait les provinces de Bitsiou , de Bi- 
sen et de Bingo, situées dans la partie occiden- 
tale du Nipon et k l'est de la province de A ki. 
一 Kl. 

( 3 ) Naniwa ( Nan pho ) , ancien nom 

du canton d' Osaka. 一 Kl. 

(k) Ce palais était situé au sud-est de la 



montagne et sur ta frontière des districts actuels J 
de Katsouke et Takaïts. Le mot Daïri 

(Neî li) , dans le texte, signifie Vintenenr; c'est 
le nom qu'on donne au palais imperial : mais 
celte expression sert aussi a désigner 1 empereur 
même. On sait qu'on nomme vulgairement Daïri 
les empereurs du Japon. 一 Kl. 

(5) Aussi longtemps qu'un empereur est en 
vie, il ビ est pâs permis de proférer son nom 
en parlant de lui ; on ne le désigne que sous ce- 
lui de son palais. C'est ce qui a également lieu à 
l'égard du Seogoun et du prince son successeur ; 
on donne au premier le nom de Gofon marou, 
et à rautre celui de JVùio marou, d,après les 
palais que ces princes habitent. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 3 
l'autre , Mo no-no be ( Wë pou ) : cette dernière dénomination existe encore 
aujourd'hui dans l'armée l . L'administration de l'empire fut confiée à Ama-no 
tane ko-no mikoto (Thian tchoung tsu), à Ama ko ya-no mikoto ( Thian eul ming), 
qui fut la souche de la famille Fousi wara ( Theng yuan ) , à Ou ma si-no Ma 
si mikoto, et à Ame^no agasifi kata-no mikoto. Ces ministres furent appelés alors 
Sin siok kok seï daïfou (Chin chy kouë tching ta fou); dénomination qu'on 
a remplacée, dans les temps postérieurs , par celle de Daï sin (Ta tchhin). 

Un jour l'empereur étant monté sur une haute montagne d'où la vue s'é- 
tendait sur tout le royaume , il lui trouva la forme de l'insecte AkïUou rnousi 
( Thsing ling ) , ou la demoiselle. Depuis ce temps, le Japon porte le nom 
d'Akitsou sou (Thsieou tsin tcheou ) , c'est-à-dire i'He de la demoiselle. 

Après un règne de 76 ans, l'empereur mourut âgé de 127 ans (585 avant 
J. C). La 1" année de son règne fut la 17 e de celui de Siou-no Kei 6 (Hoeï 
wang, de la dynastie de Tcheou), ou 660 avant notre ère. 

II. DAÏRI 皇天 蜻終 SOUI SEÏ TEN 0. 

(De 581 à 5(ft9 avanl J. C. ) 

Soui seï ten o (Soui tsing thian houang), fils de Zin mou, eut pour 
mère Tata ra isouzou jime (Thao pi ou chy ling vouan), petite -fille d,Ofo 
ana moutsi-no kami (Ta szu kouei chin), et fille de Koto siro noas"no kami 
(Szu taï tchu chin). Soui seï avait un frère aîné, né d'une autre mère , 
et nommé Ta tosi mimi-no mikoto ( Cheou yan eul ming), qui aspira aussi 
à l'empire : ce qui causa tant de troubles que la aignite impériale fut va- 
cante pendant plus de deux ans après la mort de Zin mou, jusqu'à ce 
qu'enfin Soui seï fut élevé à la 'dignité de Daïri. Un autre de ses frères aînés , 
né de la même mère que lui, et nommé Kami ya moto mimi-no mikoto (Chin 
pa tsing eul ming), le secourut puissamment, et tua d'un coup de flèche 
Ta tosi mimi-no mikoto ; action qui fit monter au trône Soui seï. Celui-ci 
bâtit le palais Taka oka-no miya (Kao khieou koung) dans la ville de Katsoura 
ki (Ko tchhing) , et y établit sa résidence 2 . Il confia l'administration de 



( 1 ) Les 目 Kou me boa ( Laï mo 
pou), ou ceux qui viennent devant les yeux de 
Y empereur, sont les domestiques du palais, tan- 
dis que les ^^^J Mono-no be (Wé pou) 
forment la garde impériale. Tout Japonab qui 



a le droit de porter deux sabres , prend , encore 
à présent, le titre de Mono-no be ou Mono-no fou, 
— Kl. 

(2) Katsoura ki (ville du dolichos 

hirsutus ) était situé dans le district de Katsoura 
kami de la pronnce Yamato.— Kl. 

l * 



4 ANNALES 

Fempire à Ko fiko tomo-no mikoto (Thang yan yeou ming ) , régna 53 ans, et 
mourut à l'âge de 84 ans. 

III. DAÏRI お 天孳妄 AN NEÏ TEN 0. 

(De 548 à 511 avant J. C.) 

An neï ten o (Ngan ning thian houang) était fils de Soui seï; sa mère 
était IsouzoU yoto Jime (Ou chy ling i youan ) , fille de Koto siro nousi-no 
kami (Szu taï tchu chin). A cette époque , la résidence 1 fut transportée à 
Kata sivo (Pian yan) , dans la province de Yamato ; on y bâtît le palais 
impérial nommé Ouki ana - no miya (Feou khoung koung). Idzoamo Iro-no 
mikoto (Tchhûyun se ming) fut chargé du gouvernement de l'empire. Le Daïri 
régna 58 ans; il en avait vécu 57. 

鲁 

IV. DAÏRI 皇天 德魏 I TOK TEN 0. 

(De 510 à 476 avant J. C.) 

1 tok ten (I të thian houang), fils d'An neï, avait pour mère Me na 
soko naka Jime (Thing ming ti tchoung youan), fille de Kamo-no ofo kimi 
(Yâ wang). A cette époque , la cour s'établit à Karou-no tokoro (King ti) , 
dans la province de Yamato. On y bâtit le palais de Magari o-no miya (Khiù 
hiâ koung). Sous cet empereur, Idzoamo Iro-no mikoto (Tchhû yun se ming) 
fut encore chargé des affaires publiques. I tok régna 58 ans et mourut âgé de 
77 ans. La première année de son règne fut la dixième de celui de ^wu-no, 
Keî oo ( Aing wang , de la dynastie chinoise de Tcheou) , c'est-à-dire l'an 510 
avant notre ère. Sous le règne de ce Dam vivait le philosophe chinois K6 si 
(Khoung tsu), cest-à-dire Confucius. 

V. DAÏRI 皇天 洽考 KO SEO TEN 0. 

(De 475 à 595 avant J. C.) 

Ko seo ten o (Hiao tchao thian houang ) était fils d'I tok ; sa mère, 
Ama toyo tsou Jime (Thian fung tsin youan), était petite-fille d'An nei et la fille 
d*Iki si mimi-no mikoto (Szu chy eui ming). Sous le règne de ce prince, la 
résidence fut transportée à Waki-no kami (Ye chang), dans la province de 

( 1 ) Dans Forigina] , 者!^ Miyako (Tou) , ou tous les palais des Daïri ; Miyako , en japonais , 
la residence impériale, kj est le nom que portent signifie propremeol grand temple ou palau. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 5 
Yaniato ; le palais de Ikezi-no miya (Tchhi sin koung) y fut construit. Les pre- 
miers ministres furent De isizi-no mikoto (Tchhu chy ming) et Oki tsou yo so- 
no mikoto (Ing tsin chi sy ming). Ce Daïri , ayant régné 85 ans, mourut à 
Fâge de 114 ans. 

VI. DAÏRI 皇夭ぶ 孝 KO AN TEN 0. 

(De 392 à 291 avant J. C.) 

Ko an ten o (Hiao ngan thian houang) était fils de Ko seo; sa mère, Ioso 
tarasifime (Lihy tsoû yuan), était la sœur cadette de Oki yo so no mikoto (Ing 
tsin chi sy ming). A cette époque , on bâtu le palais de Monro tsi aki tsou 
sima-no miya (Chy ti thsieou tsin tao koung) , dans la province de Yamato. Ce 
prince régna 102 ans, et mourut à l'âge de 1D7 ans. 



VIL DAÏRI 皇天 靈孝 KO REÏ TEN 0. 



(De 290 à 210 avant J. C.) 

Ko reï ten o (Hiao hng thian houang) , fils aîné de Ko an, avait pour mère 
Osi fime (Yâ yuan) , petite-fille du Daïri / tok, et fille d'Ama tarasi jiko kouni 
osi fito (Thian tsou yan kouë yâ jin ). 11 établit sa cour à Kouro da (Hë 
thian), dans le palais d'i/bn do-no miya (Lou hou koung) ^ dans la province 
de Yamato. Dans la cinquième année du règne de ce prince (286 avant 
J. C.), la terre s'ouvrit dans la province d'Oomi , et il s'y forma le lac 
Mitsoà-no oumi L ; en même temps , la montagne de Fou 5i 2 s'éleva , dans la pro- 
vince de Souroaga. 

Ce Daïri gouverna pendant 76 ans, et mourut à l'âge de 128 ans. A cette 
époque régnait en Chine l'empereur kwô (Chi houang), de la dynastie 
de ^in (Thsin), qui envoya l'habile médecin Zw fouk [om iou) à l'île de 



(1) Le lac Mitson-no oumi (Hai choui, 

Eau de mer) porte aussi le nom de 

Btva-no oumi (Pm phahou), ou Mer de la guitare, 
parce qu'il a la forme de cet instrument de mu- 
sique. Il a yingt-quatre ri japonais (de dix-huit 
et demi au degré ) du sud au nord , et sept de 
Vest k Fouest; dans les endroits les plus étroits % 
sa largeur n est que d'un ri. Dans sa partie sep- 
tentrionale, on voit à présent YÛeTsikou bou sima 



31U 



(Tchu seng tao), qui sortit du fond des eaux 
dans l'été de i,an 82 après J. C. B31e fait actud- 
lement partie du district de Âza i. 一 Kl. 

(2) , Fonsi-no yama (Fou 

chan) est la plus haute montagne du Japon; elle 
est couverte de neiges perpétuelles, et située sur 
la frontière des provinces de Sonronga et de Kaï. 
C'est une pyramide colossale, et le volcan le (dus 
considérable et le plus actif du Nipon. 一 Kl. 



Ô ANNALES 

Fô raï san (Phung laî chan) \ pour y chercher le breuvage de rimmortalité. 
On raconte que , n'ayant pas réussi dans cette commission ^ il arriva au Japon 
et mourut au mont de Fousi. On a bâti un temple en l'honneur de Zio fouk, 
à Kouma-no ( Hioung ye ) , dans la province de Ki siou 2 . 

VIII. DAÏRI 皇天 元 孝 KO GHEN TEN 0. 

(De 209 à 158 avant J.C.) 

Ko ghen ten o (Hiao yuan thian houang) était (ils de Ko reï; sa mère, 
appelée Foso Jime (Si yuan), était fille de Kofori nousi oo me (Hian tchu ta 
mou) , chef de la ville de 01 ki (Ki tchhing). Ce Dain bâtit le palais de Karou-no 
tokoro - no sakafi wara-no miya (King ti king yuan koung), dans le Yamato. 
Outsi siko o-no mikoto [\u se hioung ming) administra l'empire sous lui. Ko 
ghen régna ol ans, et mourut âgé de 117 ans. 

IX. DAÏRI き 天 仏 蘭 KAÏ KWA TEN 0. 

(De 157 à 98 avant J. C.) 

Kaï KYfK ten ( Kaï houa thian houang ) , fils de Ko ghen , avait pour mère 
Outsi siko me-no mikoto [\u së khian ming), sœur cadette d'Outsi siko o-no 
mikoto. Ii établit sa résidence dans le palais de Kasou ga-no isa gawa-no 



( 1 ) Les myihologistes chinois prétendent 
qu'il y a dans la Mer Orientale trois montagnes 
des génies , appelées Phung laî, Fang tchang 
et Yng tckeou. E31es sont inaccessibles. On donne 
aussi à la première le nom de Pfiung too ou île 
de Phung; on dit qu elle est couverte de pavil- 
lons et de salles d'or et d'argent qui servent 
d'habitation aux gemes. 

し est à ces trois îles que Thsin chi houang 
ti envoya , en 219 avant notre ère, une expédi- 
tion composée de quelques milliers de jeunes 
gens des deux sexes , sous la conduite d,un Tao 
szu, pour y chercher le remède qui rend im- 
mortd. Les historiens chinois rapportent que la 
flotte qui les portait fil naufrage , et qu,une seule 
barque en revint apportant la nou,dle de ce 
désastre. On voit que les annalistes japonais sont 
d,un avis contraire. Zwfouk était 、 suivant leur 
récit, un de» médecins de l'empereur de la 
Lihine ; il apporta dans leur pays des arts et des 
sciences qu'on n'y connai»sait p«s auparavant ; 



c'est pour cette raison que les Japonais lui ont 
accordé les honneurs divins. 

Il paraît que la tradition chinoise des trois 
île» fabuleuses dePhanglaï , Fangtchanget Yng 
tcheou, situées dans FOcéan Oriental , a pris son 
origine dans les notions vagues qu'on avait à 
cette époque sur le Japon , qui , en effet , se com- 
pose de trois grandes îles , dont l'accès est diffi- 
cile à des marins aussi peu expérimentés que les 
Chinois devaient l'être au troisième siècle avant 
notre ère. D'autres auteurs chinois prétendent 
que l'île ou la montagne de Phung laî se trouve 
dans le voisinage (Tune île située à l'est de 

Tchhang kouè, district de Thaï tch 
de la province de Tchë kiang. 

Le Szu ki de Sku ma thsian donne aussi à 
Zio fouk (Siu iou ) le nom de Siu chi. 一 Kl. 

(2) ai siou est la même province quon ap* 
pelle vulgairement Ki i. 一 Kl. 



heou 



DES EMPEREURS DU JAPON. 7 
miya (Tchhun jy tsù ho koung) , et épousa / ka siko me-no mikoto (I hiang se 
khian ming), une des femmes en second de son père Ko ghen. Le père de 
cette princesse , Ofo je -no tsouki mikoto (Ta tsoung ma tchhû ming), fut 
chargé du gouvernement de l'empire , et I ka siko 0-/10 mikoto (I hiang sé 
khian ming) dirigea les travaux publics. L'empereur ayant régné 60 ans, 
mourut à l'âge de 115 ans. 

X. DAÏRI 皇天 # 崇 SOUI ZIN TEN 0. 

(De 97 à 30 avant J. C.) 

Soui ziN ten ( Thsoung chin thian houang) était (ils de Kaï kwa ; 
sa mère, qui s'appeiait I ka siko me-no mikoto (1 hiang sé khian ming ) , était 
filie d*I ka siko o-no mikatto. Ce Daîri établit sa résidence à Si ki (Ki tchhing), 
ville de la province de Yamato ; il y bâtit le palais Midzou gaki - no miya 
(Soui ii koung). Il fut le premier qui gouverna lui-même l'empire , tenant 
conseil avec les grands de l'état sur toutes les affaires majeures. A peine 
était -il monté sur le trône , que le Japon fut ravagé par une maladie 
contagieuse ( Yakou bioou). Il envoya alors sa fille aînée 1 Toyo souki infime 
(Fung thsieou jy ki) au bourg de Kasa noui-no moura (Ki y foun? v), dans 
la province de Yamato , pour y sacrifier à la déesse Ten sio daï sin (Thian tchao 
ta chin), et la cadette, Nou na ki iri finie (Thing ming tchnmg jy ki), pour 
offrir des sacrifices au dieu kouni tama-no kami ( Ta koué hoen chin , l'âme 
de l'empire j 2 . Ces dieux dédaignèrent d'exaucer leurs prières , parce que les 
cheveux de <^es princesses étaient tombés , et qu'elles étaient elles-mêmes 
malades. Le Daïri s'abstint alors d'avoir aucun commerce avec des femmes 
et de manger du poisson ; ii offrit des sacrifices au dieu mono nousi-no 
kami (Ta wë tchu chin) 3 , et aux huit millions d'autres divinités protectrices : 
aussitôt l'épidémie cessa et 1 empire redevint florissant. 

(1) Les filles des Daïri, des Seogoun et des 
Kokjziou ou princes souverains portent toutes le 
titre de Fimê. On nomme aussi les filles d'un 
Daîri Kozio ou Fime miya sama , et celles d,un 
Seogoan Fime kimi sama. 一 Kl. 

(2) Les divinités kouni tama et mono 
nonsi sont chargées par le dieu supérieur Miwa 
mio sin (San lan ta ming chin) du soin d'ac- 
corder toute sorte de prospérité à rempire. 一 
Note de l'original japonais. 

(3) Le dieu kouni tama-no kami est aussi 



appelé par les Japonais «jj^Daf kok (Ta 

kouë) : c'est le Grand Esprit de rempire. Il ne 
faut pas le confondre avec une autre divinité 
appelée également Daï kok , mais dont le nom 

est écrit avec les caractères qui se pro- 

noncent en chinois Ta hë , et signifient le 
Grand Noir. Cette dernière divinité, qu f on dit 
originaire de l'Inde, preside aux richesses. Le 
premier Daï kok était neveu de Ten sio daï sin. 
Kl. 



8 ANNALES 

Il nomma quatre Seogoun ( Tsiang kiun) ou généraux en chef : Ofo Jiko- 
no mikoto (Ta yan ming) , Take-no non kawa wake (Wou thing ho pie), Kioi 
tsou jtko (Ky pi tsin yan), et Tamba mitsi nousi-no mikoto (Tan pho Tao tchu 
ming) , qui furent chargés de commander dans les quatre parties de l'em- 
pire \ et de les purger des Yebis ou tribus barbares qui les habitaient encore. 
On nomma ces quatre généraux Si do seogoun (Szu tao tsiang kiun), ou les 
commandants des quatre provinces. Ceci fut l'origine des Seogoun ( Tsiang 
kiun) ou généralissimes au Japon. 

A cette époque , un certain Take fani yasou Jiko (Wou tchy ngan yan) se 
révolta dans la capitale ; mais le ministre de la guerre du Daïri le vainquit, 
le mit à mort, et rétablit ainsi la paix dans l'empire. Le Daïri confia à son 
fils Toyo ki - no mikoto (Fung tchhing ming) le gouvernement de la partie , 
orientale de l'empire. Le premier ministre Take mora wake - no mikoto ( Wou 
tchou khiu ming) fut fait Ofa mourazi (Ta lian) 2 , ou inspecteur de toutes 
les provinces. 

Sous le règne de ce Daïri, un ambassadeur d'Amana (Jin na) 5 arriva 
et apporta des présens. Ce pays faisait partie de celui de San kan (San 
han) 4 . Ce fut la premiere fois qu'une nation étrangère envoya un tribut 
( ou des présens ) au Japon. Quelques auteurs prétendent que l'ambassadeur 
d'Amana ayait une corne au front. Il mouilla dans la baie de Ke fi - no wara 
(Szu fan phou), dans la province de Yetsisen ( Yuë thsian ). Depuis , cette 
baie reçut le nom de Tsoa-no ga (Kio lou, cen a cornes). Le nom de 
Ke fi (Szu fan) est écrit à présent avec des caractères chinois qui se pro- 



( 1 ) Ofo fko-no mikoto était gouverneur gé- 
néral dçs provinces du nord ; Take-no nou kawa 
wake administrait celles qui bordent la Mer 
Orientale ; Kibi tsou Jiko , les contrées occiden- 
tales ; et Tamba mitsi nousi-no mikoto, le Tamba. 

― K.L. 

(2、 Ou Omourazi; ce titre équivaut à celui 
de Kouanbak (Kouan pe). 一 Kl. 

(3) Quelques auteurs placent cette ambas- 
sade dans la 65 e année de ce Daïri, qui cor- 
respond à l'an 35 avant J. C. Le pays d'Àmana 
ou Amana-no kokf s'écrit en chinois avec les deux 

caractères イ^ » Jin na. Les Japonais disent 

que son nom primitif a été Karo, et ils racoo- 
lent que l'ambassadeur venu dans leur pays 
avail dit : « Je suis le fils du roi / yb de Karo ; 
« je me nomme Tsounou wo aros ou Ou si ki 



« ari tsa tsi ouki, • Le pays appelé San kan est la 
Corée. Un roi de Sin ra (。in lo) soumit le pays 
d'Âmana en 562 de J. C. H est difficile de dire 
dans quelle partie de la Corée il était situé. Les 
nations étrangères le nommaient Mimona. L am- 
bassadeur demeura , pendant plus de trois ans , 
à Ke Ji-no wara. 一 Kl. 

(な) し ーレ San han ou les trois Han, an- 
cien nom de la Corée. Ce pays était autrefois 
habité par trois peuples qui portaient le nom 
générique de Han. Le premier de ces peuples , 
les Ma han, habitait les provinces actuelles de 
Tchhoung tsing et de Houang haï. Les Pian han 
étaient dans le Thsiuan Ib; ils pariaient la même 
langue que les Tchhin han, qui occupaient le 
AÀing chang. 一 Kx. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 9 

noncent Khi pi , mais en japonais , Ke Ji. Tsou-na ka s, appeik à présent 
Tsoarouga ( Tsiun ho). 

Ce Daïri régna 68 ans et mourut à l'âge de 120 ans. 

XI. DAÏRI 皇天 仁 金 SEÏ 画 TEN 0. 

( De lan 29 avant J. C. à l'an 70 après cette époque, ) 

Seï 匪 ten o ( Tchhoui jm thian houang ) , fils de Soui zin, avait pour 
mère Mima ki fimé ( Yu kian tchhing ki ) , fille à'Ofiko-no mikoto ( Ta yan 
ming ). 11 résida dans le palais de Tama Ki-no miya ( Tchu tchhing koun? ), 
à Maki moukou ( Tchhen hiang ) , ville de la province de Yamato. 

Un ambassadeur du royaume de Sinra (Sin io", nommé Ama-no fio ko 
( Thian jy thsang ) , vint apporter des présens consistant en miroirs , jade 
oriental ( tama ; en chinois , yu), sabres , coutelas et autres choses précieuses. 

l. épouse ( kisaki ) du.Dain fut Sawo fimé ( Hia noei ki); le frère aîné de cette 
princesse , nommé Sawo fiko (hia hoei yan), ayant l'intention de se révolter , 
persuada à sa sœur de l'assister dans son dessein : à cet effet, il lui remit un 
glaive pour tuer le Dam. La reine s'y refusa d'abord; enfin elle promit de faire 
ce qu'il demandait et prit l'arme. Peu de temps après, le Dain s,étant endormi 
la tête appuyée sur les genoux de sa femme , elle fut tentée de le tuer ; mais , 
craignant de commettre ce crime, elle se mit à pleurer, et une larme 
tomba sur la joue de i,empereur. Celui-ci rêvait qu'un petit serpent d'une 
belle couleur s'entortillait autour de son cou; u s éveilla , et, voyant sa femme 
en pleurs , la força de lui en dire la cause ; elle finit par l'avouer. Le Daïri la 
consola en disant que son frère seul était criminel. Il envoya aussitôt le 
grand général Koàdzouke-no Ya tsoa na da ( Chang mao ye Pâ kang thian ) 
pour combattre Sawo fiko : celui-ci s'était construit avec des sacs de riz un 
retranchement derrière lequel il se défendit. Sa sœur, se reprochant de 
l'avoir plongé dans le malheur, alla le trouver , avec son enfant dans les bras , 
pour penr avec lui ; Ya tsou na da lui arracha l'enfant : elle entra dans le 
retranchement et embrassa son frère : à l'instant , on mit le feu de tous les 



( 1 ) Sin h en chinois , et Sin ra ou Si raki en 
japonais , est le nom d'un royaume qui a existé 
dans la partie orientale de la Corée. Son pre- 
mier fondateur, Hë kiu chi, vécut vers l'an 57 
avant notre ère. H resida dans le pays des Tchhing 
han, dans la province actuelle de Khing chan. 
Le litre honorifique qu'il donna à sa dynastie 
fut Siu fa h. À la vingt-deuxième génération, 



sous le règne de Tchi tchmg wang, le nom 
du royaume fut changé en Sin lo. Auparavant, 
il avait aussi été appelé Szu h ou Szu lou. Ce、 
royaume a subsisté jusque dans la première 
moitié au x e siècle après J. C. , époque à la- 
quelle il fut conquis par les rois de la seconde 
dynastie de Kao li ou Aoraï. 一 Kl. 



2 



10 ANNALES 

côtés, et tous deux y perdirent la vie. L'enfant de cette princesse fut muet 
jusqu'à l'âge de trente ans : il arriva alors qu'une oie sauvage [kougoui; en 
chinois, hô ) passa au-dessus de sa tête en poussant des cris ; aussitôt il 
s'écria , « Qu'est-ce que c'est que cela f » au grand étonnement de ceux qui 
étaient avec lui. 

Il y avait dans ce temps-là deux hommes d,une force supérieure : l'un, 
nommé Tafema-no kouyè faya (Tang ma kiuë sou ), demeurait dans la pro- 
vince de Yamato ; et l'autre , nommé Nomi-no soukounè ( Yé kian sou ni ) , 
dans celle d'Idzoumo. Le Daïri les fit venir pour lutter devant lui. Le pre- 
mier se cassa la jambe et mourut ; l'autre fut gratifié d'un petit terrain et 
d'une pension , et resta dans la capitale. U fut l'inventeur des poupées 
de terre glaise et d'autres bagatelles. Il fut nommé intendant des travaux 
publics ; et cette dignité resta à ses fils, ses petits-fils et à leurs descendais , 
dont la famille porta le nom de i aka fara ( Kouan yuan chi )• し est à cette 
époque que l'art de lutter 1 a commencé au Japon. 

L'empereur confia le gouvernement aux cinq ministres Take non kawa 
waké ( Wou thing tchhouan pie ) , Fiko kouni foakou ( Yan kouë thsy 、、 ka 
sima (Ta lou tao), Ioutsiné (Chy thsian ken) et Taae-ji (Wou jy ). 

Dans la vingt - cinquième année de son règne (l'an 5 avant J. C.) , à la troi- 
sième lune, ce Daïri chargea sa fille cadette Yamato fimè ( Wo ki) de bâtir 
un temple en l'honneiH 1 de Ten sio daï sin, sur les bords de la rivière de 
Goyou sou gawa ( Ou chy ling tchhouan ) , dans la provincé d'Izé , et de s'y 
établir comme prêtresse. C'est de celte époque que date l'emploi des femmes 
comme prêtresses 2 , emploi auquel on donne le litre de Saïkou (Tchai koung). 

Dans la quatre-vingt-sixième année du règne de ce Daïri (5 / ae J. C. ), 
une ambassade partit, pour la premiere lois, du Japon , pour un royaume 
étranger : elle fut envoyée en Chine , à l'empereur Kô boa ko teï ( Kouang 
wou houang ti), de la dynastie de Go kan ( Heou han ), où elle arriva dans 
ia dernière année du règne de ce prince. 

Ce Daïri mourut à îâge de 140 ans, après en avoir régné 99. Sous son 
règne , l'empire jouit dune grande tranquillité. 



(1) On trouve par -tout, dans le Japon, des 
lutteurs. La plupart des princes ont les plus fa- 
meux à leur service ; ils s,en font accompagner 
dans leurs voyages. 一 Kl. 

(2) Parmi le grand nombre de prêtres atta- 
chés au service des temples de la province d'Izé, 
on trouve toujours une fille de Daïri comme 
prétresse , et portant le titre de Saï koû. Si le 



Daïri n'a pas de fille, il envoie une de celles 
du Kouanbak , ou de quelqu'un de ses proches 
parens , qui portent tous le titre de Sin o sama. 
Actuellement un fils du Dain occupe con&- 
tamment la dignité de grand-prêtre à Niko, lieu 
de la sépulture des Siogoun de la dynastie ré- 
gnante. Ud autre de ses fils remplit la place de 
grand-prêtre a Ouye no, à Iédo. On les désigna 



DES EMPEREURS DU JAPON 



11 



XII. DAÏRI 鬏 天行景 KEÏ KO TEN 0. 

(De 71 à 130 après J. C.) 

Keï ko ten o (King hing ten o) était fils de Sei nin ; sa mère fut Fi wa 
sou fimè ( Jv ye tsô yuan ), fille de Tamba-no mitsé nousi (Tan pho tao tchu ), 
l'un des quatre gouverneurs de l'empire. 

Le Dairi ayant été établi sur le trône , parcourut la province de Mino 
( Meï noung ) ; étant arrivé dans celle de Yamalo , il y bâtit , à Maki makou 
(Chen hiang), le palais de Fi wro-n ひ mia (Jy tai koung ) , ou de la famille du 
soleil. Alors les Oso ( Hioung sy) \ dans le pavs de Tsoukousi ( Tchoû tsu) , 
ayant fait mine de se révolter , le Dam marcha contre eux. 11 se rendit d'abord 
dans la province de Soawoû ( Tcheou fang ) , conquise par Kami ka si fimé 
(Chin hia ki yuan ), femme d'un errand courage , et qui commandait une 
armée très-nombreuse : elle se soumit à l'empereur t qui alla ensuite dans 
la province de Boazen (Fung tsian), où il tua la grande araignée de terre 
Tsoutsi koumo (Thou tchi tchu), qui avait son nid dans la caverne d'un 
rocher 2 ; puis il passa à la province de tiouga ( Jy hiang), et y éleva le 
palais Takayœ-no miya (Kao chy koung). 11 y fit venir la fille de Ya so takeroa 
(Pâ chy hiao szu), grand générai des Oso, et la prit pour concubine. Il lui 
persuada de l'assister dans son entreprise ; ce quelle fit en enivrant son 
père : dans cet état, le Dairi le tua de sa propre main. Dans ce temps, les 
pêcheurs présentèrent à l'empereur le poisson faraga ( fou tchhy vu ) , qui 
est fort rare 5 . 

Ce prince resta pendant six ans dans le Fiouga ; il fit le tour du Davs 
de Tsoukouzi. S étant endormi une nuit dans sa Darque , elle échoua ; il 

longs. Comme elle n*oi>eisâait pas aux ordres de 
rempereur, celui-ci envoya un de ses officiers t 
qui la prit dans un filet fait de la plante ka- 
tsoura ( ko) et la tua : cest de la que la ville、 
de Katsoura ki a reçu son nom. Il paraît qu'il 
est question , dans cette tradition , d'une espèce 
de phalangium. L épouse de Reïko , le quatrième 
des ancêtres de Yori tomo, fut blessée par une 
de ces araignées , que son mari taa d'un coup 
de flèche. 一 Kl. 

(3) Faraka est une abréviation de fara-aka 
(ventre rouge) ; de fara ou farra, qui signifie 
ventre , et aka , rouge. ― Kl. 

2* 



tous deux par le titre de Miya sama, puisqu'il 
nest pas permis de prononcer leur nom.— Ki^ 

(1) Hioung sy en chinois , et, selon 

la prononciation japonaise ^ so, signifie les 
descendaru de la famille noble des ours : c étaient 
vraisemblablement des vassaux tributaires de 
l^empire. 一 Kx. 

(2) Il est souvent question , dans l'histoire 
japonaise, d'araignées de terre. Dans la seconde 
année de Zih mou tkn o, il y en avait une près 
de Fendroit où Ion bâtit après la ville de Ka- 
tsoura ki ; elle avait le corps court et les pieds 



12 ANNALES 

s'éveilla et aperçut du feu tout autour de lui. Son bateau étant remis à flot, 
il donna à ce pays le nom de Fi-no % kouni (Ho kouë), ou royaume du Feu: 
il Comprend les deux provinces actuelles de Fizen et de Figo. Dans ce 
temps, le dieu du temple de l'Aso apparut à l'empereur sous une forme 
humaine ; puis le Dain retourna dans le Yamato. 

Quelques années après, les Oso se révoltèrent encore. L'empereur y en- 
voya une armée sous le commandement de son fils ousoa-no mikoto. Ce 
prince, qui n était âgé que de seize ans f avait deja dix pieds de hauteur ; 
il était si fort , qu'il levait facilement un de ces grands vases appelés kanafe 
( ting ) dont on se sert dans les sacrifices. 

Le grand général d'Oso , Kawa kami Takerou ( Tchhouan chang Hiao szu ), 
se divertissait à table avec ses amis ; le prince ( mikoto ) se déguisa en 
femme et vint les trouver. Kawa kami , frappé de sa beauté , et le prenant 
pour une femme , Famena chez lui et lui donna une chambre à coucher. Pen- 
dant la nuit, lorsque tout fut tranquille , le prince tira de sa manche un glaive, 
et , étant entré dans l,appartement de Kawa kami , il lui enfonça le fer dans la 
poitrine. Kawa kami, s'éveillant avec effroi, s écria : « Qui est là ?» Le fils du 
Dain se fit connaître ; alors Kawa kami lui dit : « Dans tout le Tsoukouzi , 
« il n,y a personne qui m égale en force ni en courage ; toi qui me prives 
«de la vie , tu dois porter à l'avenir le nom de Yamato take - no mikoto ( Jy 
« pen wou tsun ) , ou ん Prince des guerriers du Japon. » Puis il expira. Ce 
prince extermina toute la famille de Kawa kami , rétablit la paix dans le 
pays, et retourna ensuite au Yamato. C'est de cette époque que date, au 
Japon, le titre de Take-no mikoto ( Prince des guerriers ). 

Bientôt après, une autre révolte fut excitée par les Yébis 1 ou bar- 
bares de la partie orientale de l'empire. Le Daïri chargea Oo ousoa - no o si (Ta 
toui houang tsu ) , frère aîné du Prince des guerriers du Japon 2 , d'aller 

siou. Outre cette guerre avec eux , les annales 
japonaises font souvent mention d'autres qui 
ont eu lieu avant et après cette époque. Encore 
aujourd'hui les Japonais de la partie occiden- 
tale de l'empire donnent aux habitans de Iédo 
le sobriquet d'Âtsouma Yèhis. Les anciens abo- 
rigènes du Japon ne différaient peut-être pas 
beaucoup des Aînos de nos jours , qui habitent 
le Iéso , l'île de Tarrakai ( mal-à-propos nom- 
mée Saghalien sur nos cartes) et les Kouriles. 
Ce peuple est également désigné au Japon par 
le nom de Yi^û ou barbares. 一 Kl, 

(2) D'après la grande ^Encydopédie japo- 



(1) Yébis, en chinois I, signifie bar- 
bares. C'est ainsi que les Japonais appellent les 
anciens habitans de leur oays , avant qu,il fut 
civilisé par Zin mou. Mais long-temps après ce 
fondateur de la monarchie japonaise , la partie 
orientale de la grande île de Nipon était encore 
habitée parles Yébis non civilisés et connus sous 

le nom de ^ s 申 Âtsonma Yébis (Toung i) , 

ou barbares de la région orientale. Le général Fats- 
man taro combattit, sous le règne du Dairi Fori 
ka ten o (en 1087 de J.C. ). oendant neuf ans, 
contre les Atsouma Yébis de la province d'Oo- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 13 
Fétouffer. Oo ousou avait d'abord fait beaucoup de bravades ; mais quand 
il fallut marcher, il eut peur et se cacha. Alors le Prince des guerriers du 
Japon eut le commandement. Avant de partir pour les pays orientaux , il 
alla au temple Daï zin goû (Ta chin koung) , dans llzé , où Yamato Jimé ( Wo 
ki ) , fille du Daïri précédent , était prêtresse : elle lui fit cadeau d'un sabre 
précieux. Il se mit en route et arriva dans le Sourouga (Isiun ho). Pendant 
qu il chassait les cerfs dans une plaine , les Yébis mirent par-tout le feu à 
l'herbe pour brûler le prince ; mais celui-ci tira le sabre précieux , coupa 
l'herbe , et l'alluma du côté des ennemis , afin de les incommoder par les 
flammes que le vent poussait contre eux. Alors ce sabre reçut le nom de 
Kousa nagi-no kin ( Thsao tchhi kian ), ou le sabre qui fauche l'herbe. De 
là le prince se mit en route pour la province de Sagami ( Siang mo ). Sur la 
mer de Katsousa ( Chang tsoung ) 2 , une forte tempête l'assaillit et lui fit 
courir un grand danger. i atsiùanaji fimè ( Kiu yuan ), l'une de ses femmes 
en second, croyant le dieu marin Rioa zin ( Loung chin) irrité contre lui, 
se jeta dans la mer pour l'apaiser ; en effet, la tempête se dissipa. 

Dès que le prince eut mis pied à terre , il fit la guerre dans ÏOsioa ou 
Mitsi-no kou-no koani (Loû ngao ) , passa dans Yléso (Hia 1) et l'assujettit . De 
là il marcha vers la province de Fitats ( Tchhang lou ) , traversa la mon- 
tagne Tsoakou ba yama ( Tchoù pho chan ) , et poussa jusque dans le Kaï 
( Kiâ fi). Ensuite il fit le tour des provinces de Mousadz ( Wou tsang ) 
et de Kôtsoake ( Chang yé ) , où il ?agna les hauteurs par la montée d'Ousou 
fi toghè (Toui jy pan), d'où il eut une belle vue vers l'est et le sud. Se 
rappelant alors le dévouement de Tatsibanafi fimé, il s'écria , avec un pro- 
fond soupir, « Akatsouma ! » ( c est-à-dire , ma femme!) し est pourquoi les pro- 
vinces orientales de l'empire reçurent le nom d y Atsouma ou le Pays des femmes. 
Il chargea ensuite Kibi-no take jiko (Ky pi wou yan), général en second de 
son armée, de parcourir les provinces septentrionales , et se dirigea vers le 
dîna no et le Mino, où Take fiko, qui s'était déjà acquitté de sa commission y 
vint à sa rencontre. Il partit de là pour l'Owari ; il y fit un long séjour, et 

《 

épousa Miya son Jimé ( Koung tsmg yuan )• 

Ayant appris qu'il y avait sur le mont ï bouki-rw yama (Tan Ichhoui chan ) 5 , 
dans la province Oomi , un génie malfaisant, il y alla et grimpa sur cette 
montagne. Le génie, ayant pris la forme d'un grand serpent, se tint comme 



naise, ÎVoliansan thsai thon hoeï, ces deux princes (2) Le nom de cette montagne signifie mon- 
étaient jumeaux. 一 Kl. tagne qui crache du Jiei ; elle est située dans le 

(1) Cette mer est peu éloignée de Iédo. 一 Kl. district de Kouri moto, province d*Oomi. 一 Kl. 



14 ANNALES 

endormi au milieu du chemin. Le prince marcha sur ce serpent 1 : aussitôt 
la montagne fiit entourée de nuages et de brouillards si épais, qu'il eut heax^ 
coup de peine à descendre. Il se sentait aussi étourdi que s'il eût bu beaucoup 
de vin. Il trouva au pied de la montagne une source d'eau pure; il en but 
et se remit bientôt : c'est pour cette raison quon a donné à cette source 
le nom de Samega f ( Sing tsing ) , ou puits qui guérit de F ivresse 2 . Cepen- 
dant le souffle du poison s'était répandu dans tous ses membres et lui causait 
des douleurs très-vives. Il retourna dans l'Owari , d'où il gagna la province 
d'Iké. Lorsque son mal empira, il dépêcha Kibi-no Take fiko au Daïri, pour 
rinformer de sa situation et de la pacification des pays orientaux. Il mou- 
rut à No fo no (Neng pao yé), dans i,Iké, âgé de trente ans. Son ame, après 
sa mort, entra dans un Sira tori ( oiseau blanc ) , espèce de héron qui vole 
à Koto Jiki-no wara (Khin tan yuan), dans la province de Yamato. 

Le Daïri, ayant reçu la nouvelle de son décès, confia le gouvernement à 
Také outsi-no soukoané ( Wou neï sou ni ) 5 et au conseil des grands , et se 
transporta, vers la fin de l'année, dans la partie orientale du pays, pour y 
visiter tous les lieux où avait combattu le Prince des guerriers du Japon , qu'il 
regrettait amèrement. Il fixa ensuite sa résidence à Si ga ( Tchi ho ) , dans 
l'Oomi , où il mtourut après un séjour de trois ans. Il avait régné 60 ans 
et atteint l'âge de 1 06 ans. Il laissa plus de soixante fils , à chacun desquels 
il avait donné un territoire dans une des provinces de l'empire , pour y 
séjourner, de sorte qu'il existe encore aujourd'hui beaucoup de descendans 
de ce Daïri. 

XIII. DAÏRI 皇天 落成 SEÏ MOU TEN 0. 

(De 131 à 191 deJ. C.) 

Seï mou ten o ( Tchhing wou thian houang ) était fils de Keï ko , et 
frère cadet du Prince des guerriers du Japon. Sa mère la saka in fime (Pâ 
pang jy yuan) était fille de Ya saka in fiko (Pâ pang jy yan). Liet empereur 
établit sa résidence dans le palais de Taka ana fo-no miya (Kao hiué souikoung), 
& ^îga, dans la province d'Oomi. Take oats"no soukouné continua d'administrer 
l'empire. Il établit des gouverneurs dans les provinces et les districts ; il en 



( 1 ) Ce génie malfaisant fut nommé Ya ma- 
ta-no tsn rotsi, c est-à-dire , le grand serpent à huit 
cimes. 一 Kl. 

. (2) Cette fontaine est située dans la prorince 



d'Oomi , au pied du mont Fira-no dake, éloigné 
de 15 n japonais , au nord-nord-est, de la réû- 
dence actuelle de Afiya&o. 一 Kjl 

(3) Soukouné est le titre dune dignité. 一 Ri^ 



DES EMPEREURS DU JAPON. 15 
ûxa les limites d'après les montagnes , les rivières , les champs , les plantations, 
les villages et les hameaux ; il établit par-tout des garnisons 9 de sorte que le 
peuple fut heureux et que la tranquillité publique ne fut point troublée. 
Ce Daïri régna 60 ans, et mourut à l'âge de 107 ans. 

XIV. DAÏRI 皇天 哀 伸 TSIOU Aï TEN 0. 

(De 192 à 200 de J. C. ) 

Tsiou aï ten o (Tchoung ngai thian houang) fils du Prince des guerriers du 
Japon et neveu de ^ei mou, eut pour mère Tonka mitsi irijime ( Liang tao jy 
yuan), fille du Daïri Seï nin. Isiou aï, étant parvenu au trône , se fit apporter 
de toutes les provinces de l'empire , des oiseaux blancs, en mémoire de son 
père le Prince des guerriers du Japon. Sous son règne , Oo domo-no také motsi 
(Ta pan wou tho) remplit la dignité $Omonrazi [ i a lian) 1 , et Také oatsi-no 
soakouné fut premier ministre ; ces deux emplois reviennent à ceux de Sa daï 
sin ( Tso tai tchhin) ou ministre de la gauche , et Ou daï sin (Yeou tai tchhin) 
ministre de la droite , des temps postérieurs. 

Dans la seconde année de son règne , il se renaît à Tsoa-no ga 2 dans la pro- 
vince de Yetsizen ; il y fit quelque séjour dans le palais de Ke ye-no miya 
( Szu fan koung) ; il y laissa ses reines et sa cour , et partit pour le Kiï-no 
kouni 9 où il apprit que les Oso 5 s étaient révoltés de nouveau. Il alla donc 
directement dans le Nagato , s*y établit dans le palais de Toyora-no miya 
(Fung peou koung ) , et y fit venir les reines de Tsou - no ga. De là il transporta 
sa cour à Kasifi-no miya ( Kiang jy koung) dans le pays de Tsoukouzi 4 , et marcha 
contre les Oso. L'impératrice son épouse eut un pressentiment surnaturel qui 
lui fit apercevoir qu'il ne fallait pas faire la guerre aux Oso , mais s'avancer di- 
rectement contre le pays des Sin ra (oin lo). Le Dam rejeta cette proposition 
de l'impératrice et se porta contre les Oso ; il succomba , au milieu de son 
camp, à une forte maladie. D'autres disent qu'il fut atteint par une flèche 
ennemie, et quu mourut à la suite de cette blessure. 

Il avait régné 9 ans et en avait vécu 52. Son corps fut déposé dans 
le temple du Kebi-no daï mioo zin (Khi pi ta ming chin), dans la province 
Yetsizen 5 . 



(1) Voyez la note 2, à la page 8. (な) Voyez la noie 1 , à la page 2. 

(2) Voyez plus haut, à la page 8. (5) Son nom d'apothéose est Kl goro mioo 

(3) Voyez la note 3, à la page 11. zin (Khi pi ming chin )• 一 Kl. 



16 



ANNALES 



XV. DAÏRI 皇天:^ ゆ SINGOU KWOGOU. 

(De 201 à 269 de J. C.) 

Sin god kwo god (Chin koung houang heou) , épouse de Isiou aï , était 
rarrière-petite-fille du Daïri Kaï kwa, et fille à'Iki naga soukounè (Khi tchang 
sou ni). Cette princesse, étant restée dans le Tsoukouzi, se trouvait enceinte à 
la mort de l'empereur. Elle résolut, d'accord avec Take outsi — no soukounè, 
de cacher le décès de son époux, et se mit en marche contre les Oso, quelle 
vainquit et réduisit à la soumission , après avoir puni les mutins. Alors , 
par suite du pressentiment surnaturel qu'elle avoit eu, elle voulut faire 
la guerre au peuple de Sin m. Elle gagna donc les rives du Matsoura gawa 
( Soung phou ho ) , riviere du Fizen l . Elle y pécha à l'hameçon , et dit 
à sa suite : « Si mes projets aoivent réussir, l'amorce sera mordue, sinon elle 
« restera intacte. » En retirant la ligne , elle vit qu elle avait pris un éperlan 2 , 
On trouve encore aujourd'hui beaucoup d'éperlans dans cette rivière , et l'on 
prétend qu'ils mordent bien à un hameçon jeté par une femme, mais jamais 
à celui d'un homme. 

L'impératrice , arrivée a îa rade de Kasifi-no oura (Kiangjy phou), retroussa 
ses cheveux , en disant : « Gomme je veux aller soumettre les pays occidentaux, 
«je dmse mes cheveux. » Elle les baigna alors dans les eaux de la mer, les 
peigna des deux côtés de la tête , et en réunit les tresses en un nœud comme 
le portent les hommes; puis elle tint conseil avec ses ministres , décida la 
guerre , et donna des ordres dans toutes les provinces de l'empire , d'assembler 
des vaisseaux, des munitions de guerre, des troupes, des armes , et notam- 
ment de grands arcs qui lançaient des pierres , et quon venait d'inventer. Elle- 
même se munit d'une hache d'armes. 

Quand toute l'armée fut rassemblée, le dieu marin Fourni yori mioo zin 
( Tchu ky ming chin) la précéda constamment, pour lui montrer la route et 
pour la secourir. A cette occasion, on observa beaucoup de choses extraordi- 
naires. L'impératrice trouva une pierre quelle plaça sur ses reins ; ce caillou 
avait la vertu de retarder ses couches jusqu a la fin de la guerre. Ayant mis 
à la voile avec sa flotte à Wa ni-no so (Ho eul tsin), elle fut assaillie par une 
forte tempête ; alors plusieurs grands poissons vinrent à la surface de la mer 
pour soutenir les vaisseaux , jusqu'à ce que la tempête fût apaisée ; c'est 
ainsi qu'elle aborda dans le Sin ra (din lo). 

( 1 ) Cette rivière s appelle aujourd,hui Fama (2) En japonais , Âyou; et en chinois, Sie lin 
sima gawa. 一 Kl. yu. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 17 
Le roi de Sinra, frappé de terreur, s'écria : « Voilà l'armée invincible 1 du Ja- 
« pon ! je suis trop faible pour lui résister. » Alors, en signe de sa soumission, 
il se fit lier les mains comme à un prisonnier, et, précédé d'un pavillon blanc, 
il vint se déclarer esclave du Japon, en s'engageant à payer le tribut. L'armée 
voulut ravager le pays du roi de Sinra ; mais l'impératrice s'y opposa : elle 
rétablit le roi sur le trône , après lui avoir enlevé les trésors et les choses pré- 
cieuses qu il possédait ; elle fit transporter tout cela dans un magasin qu'elle 
scella de son cachet, et ne se réserva que les peintures, les tableaux et autres 
objets de ce genre. La canne de cette princesse était une pique ; elle la sus- 
pendit , en signe de sa victoire , à la porte du palais du roi de Sinra , où on 
la vit encore pendant plusieurs siècles. Quelques auteurs prétendent que l'im- 
pératrice écrivit avec la pointe de son arc sur cette porte : « Le roi de Sinra est 
« le chien du Japon. » 

Le roi lui envoya plusieurs de ses sujets en otage , ainsi que de For, de 
l'argent , des étoffes de couleur et quatre-vingts barques; ces dernières com- 
posaient le tribut quil était obligé de donner chaque année. 

Les rois de Kôraï (Kao li) et de Fiaksaï (Pë tsi) 2 , ayant reçu la nouvelle 



ar- 



il) Dans le texte, Jr^^g^. cesl-à-dire, 

mée surnaturelle. 一 Kl. 

(2) Le royaume de Fiaksaï ( Pë tsi ) , appelé 
aussi par les Japonais Koutara , occupait l*an- 
cien pays des Ma han, ou les deux provinces 
de Tchhoung ittsine ( en coréen , 7sig sing) et 
de Houang hai ( en coréen , Ba fai ou Fan fei) , 
situées dans la partie occidentale de la Corée. 
Ce royaume fut fonac Fan 18 ayant notre ère, 
par le roi Wen tsou wang, qui résida dans la 
ville de Hei li (chmng. Il donna 'aux Ma han 
le titre honorifique de Pian tsi ( en coréen , 
Ben kan ) , qu'on a changé plus tard en Pe 
tsi (en japonais, Fiaksaï). Trente générations 
de ses descendans ont régné dans ce pays, jus- 
qu'au roi / thsu wang, avec lequel cette dynastie 
finit en 660 de J. C. , après avoir occupé le trône 
pendant 6フ8 ans. 

Le royaume appelé par les auleurs chinois 
Kao li ou Kao kiu li, et par les Japonais Kôrai, 
Koukouri et Koumo, est celui qui a donne a toute 
la presqu'île de Corée le nom qu elle porte en 
Europe. Suivant la tradition du pays, les rois 
de Kôrai étaient originaires du Fou yu, con- 
trée située dans îe pays actuel des Mandchous , 



et au nord-est du Liao tung, sur les rives du 
Ghinn. Cest pour cette raison que les Coréens 
portent encore aujourd'hui le nom de Ghmn ou 
Ainu. Tsu moung, qui, comme fondateur du 
royaume de Kôraï , est nommé Toung min wane. 
venait du Foù yu , canton du pays des Tchhin 
han ; il résida dans la ville de Tsu, et donna k 
son royaume le titre honorifique de Kao kiu li 
Sa dynastie a duré 705 ans, sous vingt-huit de 
ses successeurs ; Pao thsang wang , le dernier , 
fut forcé , en 668 , de se soumettre à l'empereur 
de la Chine, qui le fit conduire à sa cour. Li em- 
pereur Kao tsoung , de la dynastie de Thang , 
le renvoya en Corée , en 677 ; mais Pao thsang 
wang, ayant essayé de se révolter, fut ramené à 
la Chine. 

Vers l,an 904 de notre ère, un bonze nommé 
Koung i se fit déclarer roi de Kôrai. Il fut très- 
libéral et puissant, et régna pendant dix-huit 
ans. En 922 , son ministre Wang kian se sou- 
leva contre lui , le tua , et prit le titre 4e roi. 
Sa dynastie eat connue sons le nom de Heon 
Kao li, ou Kôraï postérieurs. Elle suD]ugua , en 
954 , le royaume de om lo (en japonais , Sinra ) , 
gouverné par Khing chun wang, et celui des Pe 

3 



18 ANNALES 

de ces événemens , expédièrent en secret des hommes chargés d'examiner la 
manière dont les Japonais étaient accoutrés pour le combat. Sur leur rapport ^ 
ils ne se sentirent point en état de résister , et vinrent tous les deux au camp 
de l'impératrice pour faire leur soumission ; ils se reconnurent pour toujours 
vassaux du Japon , et s'engagèrent de payer un tnbut annuel. し est ainsi que 
furent subjugués en peu de temps les trois royaumes de Sinra, de Kôrai et de 
Fiaksaï, que l'on comprit alors sous le nom de San kan, et qui forment le 1 siô 
sen ( Tchao sian) de nos jours. 

Ayant ainsi assujetti les San kan, l'impéralrice laissa dans le omra son 
ministre Yada-no soukouné , chargé du commandement de l'armée can- 
tonnée dans les San kan ; puis elle retourna au Japon. On lit dans l'histoire 
de la Chine que l'empereur de la Chine de la dynastie des Ghi (Wei) lui 
envoya un ambassadeur nommé Isioû sei (Tchang tching) , pour contribuer 
au rétablissement de la paix entre le Japon et les San kan. 

L impératrice revint dans le Tsoukouzi , et y accoucha d'un fils gui fut 
le Daïri sin ten o. Le lieu où il naquit reçut le nom d'Omi, qui veut dire 
accoucher. De là, elle se rendit à Toyora ( Fung phou ) , dans la province 
ae Nagato , où tout fut préparé pour les funérailles de son époux, dont le 
corps fut transporté dans le Yamato. 

Tsiou ai ten o avait eu d'une de ses concubines deux nls , l'un nommé Ka- 
ko saka-no o (Mi pan wang) , l'autre Osi kouma-no o ( Jin hioung wang) : ces 
princes, ayant réuni une grande armée, s'avancèrent jusque dans la province 
de Farima (Po mo) pour surprendre l'impératrice ; car ils prétendaient qu'é- 
tant les aînés , le trône leur aDDartenait ; et qu'ils ne devaient pas être les 
sujets du fils qu elle avait mis au monde. Mais le premier ayant été tué à ia 
chasse par un sanglier rouge [aka ï) , l'autre se retira à Ou si (Thou tao) dans 
la province Yama siro (Chan tchhing) , ou il établit son camp. 

L'impératrice y envoya son grand général Také outsi-no soukouné , qui 
tâcha de s'emparer du prince par ruse. 11 le flatta , en lui disant qu'étant 
l'aîné , il avait réellement plus de droits au trône : le prince , qui le croyait 
réellement dévoué à ses intérêts , ne se déliait nullement de lui; mais un jour 
Také outsi l'attaqua inopinément, et, comme il n'était pas sur ses gardes , il 



Ui poslérieurs sous Chin kian wang. Cetta dynastie 
a régné pendant trente-deux générations ; elle 
finit avec Wang tchouan, qui, ayant perdu l'es- 
prit , fut tué par jli jin jin, un des grands du 
pays. Des troubles éclatèrent après sa mort ; 
enfin les habitans du pays élurent pour roi 



Wang yao : celdi-ci ne resta pas une année en- 
tière sur le trône ; il fut dépo&é par Li tchhing 
kouei , qui se fit roi sous le titre de Tchhing 
wang, et adopta pour son royaume, en 1392, le 
nom honorifique de Tchao sian; en japonais, 
î si^ sen. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 19 
ne put se sauver que par la fuite. Arrivé à Seta (Chi thian), petite ville de la 
province d'Oomi , il s'y noya de désespoir. 

Depuis ce temps , l'impératrice gouverna tranquillement; elle occupa le 
palais dHwaré-no miya ( Phan yu koung) , dans le Yamato , et y fit les funérailles 
de son époux. Son fiis fut déclaré Taïsi ou successeur. 

Deux fois elle envoya des ambassadeurs avec des présens à l,empereur 
de la Chine de la dynastie de Ghi (Wei) l 9 et elle reçut souvent des ambassa- 
deurs et des présens de ce monarque. 

Zon ken (Sun khiuan ) 2 , de la dynastie des Go (Ou) , qui régna alors dans 
la Chine méridionale , conçut le projet de se rendre maître du Japon, et y 
envoya une armée de plusieurs dixaines de mille hommes. La plus grande 
partie mourut en mer par la peste, ce qui fit échouer l'expédition. 

Il est question de cette impératrice dans plusieurs auteurs chinois. Elle 
régna 69 ans , et mourut à l'âge de 100 ans 5 . 

XVI. DAÏRI 皇天 #龐 SIN TEN 0. 

(De 270 à 312 de J. C.) 

sin ten o [ ïng chin thian houang) était fils de Tsiou aï. Sa mère Singou 
kwo gou se trouvant enceinte de lui à la mort de son époux, il était déjà , avant 
sa naissance , consmere comme le successeur du Daïri , et c'est pour cette raison 
qu'on le nomma Taï tsiou ten o ( Tai tchoung thian houang, ou F empereur dans 
le ventre de sa mère). 11 naquit avec une loupe sur le bras, de la forme d'un 
carquois , anciennement nommé fonda ou tomo, à présent yèbira , ce qui lui 
fit donner aussi le nom de Fonda - no ten o. 

Il parvint au trône à la mort de sa mère , et occupa le palais à'Aké-no 
miya (Ming koung), à Karoa-nç sima (King tao) , dans la province de Yamato. 11 fit 
venir beaucoup de Yémm ou habitants de Ieso et de gens du San kan (San han ) ; 
il employa les premiers à construire une chaussée qui conduisit à ses écuries , 



( 1 ) L'histoire de la Chine parle d'une de ces 
ambassades ; on y lit : « La seconde des années 
• king thsou (238 de J. C.) , sous Fempereur 

« Mingti des Wei, 爾 Pi mi hou, reine 

« du pays de Wo (ou Japon ) , envoya à la car 
c pitale un de ses grands , qui apporta le tribut. 
«Cette ambassade fit que les Wei furent en 
c bonne amibe avec la reine de Wo. L*empe^ 



« reur lui donna un sceau d'or , dans une en- 
« veloppe de soie pourpre. » 一 Kl. 

(2) La Chine était, k cette époque, partagée 
en trois royaumes appelés IVei, Chou et Ou. 一 
Kl. 

(3) FUe reçut après sa mort le titre de Kasi- 
m daî Mio sin ( Hiang tchi ta ming chin ) , sous 
lequel elle est révérée comme une des divinités 
protectrices du Japon.— Kl. 

3 # 



20 ANNALES 

les autres à creuser un étang ; voulant prouver par-là sa souveraineté sur tous 
ces peuples. Les trois royaumes de San kan lui envoyèrent des présens , et se 
conformèrent à la manière de gouverner du Japon. 

Le premier ministre Také outsi-no soukouné vint en Tsoukouzi pour saluer 
le Daïri. Son frère Oumasi outsi-no soukouné Faccusa , après son départ de 
Yamato , d'avoir conspiré avec les peuples de San kan pour se révolter, ce qui 
irrita le Daïri au point qu 11 envoya après lui pour le faire mettre à mort ; 
mais son innocence ayant été reconuue, un de ses serviteurs , nommé Iki-no 
Atafi-no Maneko (I khi fchy tching Ken tsu), qui avait répandu le bruit de la 
rebellion , subit le sort destine a son maître. Také outsi-no soukouné se rendit 
en secret chez le Dpïri pour lui prouver son innocence ; les aeux frères eurent 
Fordre de se justifier devant les dieux, en plongeant la main dans de l'eau 
bouillante. Cette épreuve démontra pleinement rinnocence du premier, qui 
fut rétabli dans ses emplois. C'est de cette époque que date Poil んは i グ oo ( thang 
khi thsing) ou la justification par l'eau bouillante. 

A cette époque , Wo nin (Wangjm), grand philosophe , arriva du royaume 
de Fiaksaï; il apporta le Ron go (Lun yu) et d'autres livres \ qu'il présenta à 
rempereur ; il enseigna aussi à lire et à écrire 2 à Oudzi-no Wakaï Ratsou go 
(Wen tao Tchi Lang tsu), fils du Dain. Alors furent aussi introduits l'art de 

manière à composer un discours suivi. Tcheou 
hing szu se mit de suite à l'œuvre et la termina 
dans une nuit : cependant ce travail difficile 
l'avait si fatigué , que le lendemain ses cheveux 
et sa barbe étaient blanchis. L empereur fut 
très-content de l*ouvrage , récompensa Fauteur, 
et ordonna que les mille caractères écrits par 
lui servissent à l'iostruclion du prince hérédi- 
taire et des autres enfans de la famille impé- 
riale. 一 Kl. 

(2) Jusqu'au temps du DairiO zin ten o, les 

Japonais n'avaient pas d'écriture ; les ordon- 
nances et les proclamations étaient publiées 
de vive voix. Ce ne fut que sous le règne de ce 
prince que l'on commença à se servir des carac- 
tères chinois nommés Sin zi, et plus tard Kan 
zi, c'est-à-dire lettres de Thsin et de Han. zin 
ten o envoya aussi , en 28 な ( le 6 e jour de la 
8 e lune ) , une ambassade dans le royaume de 
Fiaksaï ( Pc tsi ) en Corée , pour y chercher 
des hommes instruits et en état de répandre la 
civilisation et la littérature de la Chine dans son 
pays. Cette ambassade ramena ayee elle le cé- 



(1) Le Lun yu est le troisième des Szu chou, 
ou quatre livres de Confucius et de Mencius. La 

grande histoire du Japon, ^^^^ ョ 

Daï nifon si , dit que Wo nin apporta un Lun yu 

en dix volumes ou cahiers , et le キ -^" 

Thsian tsu wen, ou 1' Ecrit en mille caractères, en 
un volume. Ce deinier ouvrage est un livre 
élémentaire dans lequel les enfans chinois ap- 
prennent les mille caractères les plus néces- 
saires. Il se compose , en effet, de mille signes 
idéographiques chinois , dont aucun ne revient 
une seconde lois , et qui sont disposés de ma- 
nière que deux fois quatre forment toujours 
une phrase ou un sens complet. Ce traité a été 
composé sous fVou ti, fondateur de la dynastie 
de Liang, lequel régna de 502 jusqu en 5 な 9 de 
J. C. Ce prince aimait beaucoup la calligraphie, 
et avait fait une collection des autographes du 
célèbre calligraphe Wang hi ; il ordonna à un 
de ses écrivains , nommé Tcheou hing szu, d'en 
extraire mille caractère» , et de les disposer de 



DES EMPEREURS DU JAPON. 21 
filer, celui de travailler au métier et celui de coudre; ils vinrent du San kan 
et du royaume de Go (Ou) , dans la Chine méridionale. 

Les descendans des empereurs de la Chine Sin si kwo (Thsin chi houang) et 
ceux de la dynastie des Go kan (Heou han) 1 vinrent à la cour du Daïri. 

Le Daïri s'amusant à la chasse sur le mont Yosi no (Ky yë) , et y ayant pénétré 
jusqu'à l'endroit nommé Kousoa (Kouë tsao), un homme qui y demeurait lui 
oflfrit pour se rafraîchir du ko zaki (li) ou vin doux ; c est pour cette raison 
que tous les habitans de Yosi no-no Kousou ont encore la libre entrée chez 
le Daïri. 

sin ten o mourut après un règne de 41 ans, il en avait vécu 110. Après 
son décès, on l'honora comme un dieu, parce que sa mère, étant enceinte de 
lui, avait vaincu les peuples du San kan ; on lui bâtit, dans la province de Bou- 
zen, un temple nommé Oasaï-no miya (Yu tso koung) : à la construction de 
cet edifice , huit pavillons blancs descendirent du ciel ; c'est pourquoi on 
donna à la divinité qu'on y révère le nom de Fatsman daï Bosats (Pâ fan taï 
Phou sa) 2 , le grand Bodhisattwa aux huit drapeaux 5 . 



lèbre Wo nin, qui remplit parfaitement l'objet 
que le Dairi se proposait 

Voici ce que les annales japonaises intitulées 
Sio nitso pon gi nous apprennent sur ce person- 
nage : t Wo nin était de la famille de l'empereur 
t£ao tm, de la dynastie des Han. Ce monarque 
t avait un descendant nommé Ran ( Louan); Wo 
t hou (Wang keou) était de la postérité de ce der- 
t nier ; il se retira dans le Fiahaî. Dans le temps 
t que Ko sou wo ( Kieou sou vang) régnait dans 
t ce pays, zin ten olui fit demander, par une 
t ambassade, un homme lettré. Ko sou wo choisit 
• alors Wo nin, fils de Wo kou, et l'envoya pré- 
« seoter ses hommages à l'empereur. Wo nin ar- 
«riva à la cour, dans la seconde lune de Fan 
1 285 , et fut nommé instituteur des princes im- 
t pénaux. , Cest de lui que date rintroduction 
de la littérature au Japon. Ses descendans ont 
rempli de hautes dignités militaires sous îe 
règne de Kwan mou ten o , L e Dairi , entre 
781 et 805 de J. C. 

Le mérite de Wo nin a paru si éminent aux 
Japonais v qu'ils lui ont accordé des honneurs 
divins. Son temple principal est dans la pro- 
YÎnce dildzoumi, et s'appelle Too wara daï mioo 
in.Wo nin y est adoré conjointement avec ixioa 



to teno (Nieou iheou thiaajiouang), c est-à-dire, 
l'empereur céleste à tête de bœuf. 

Depuis le temps de Wo nin jusqu'à nos jours , 
les signes idéographiques de la Chine sont restés 
en usage chez les Japonais : ainsi que la langue 
chinoise, ils sont principalement employés dans 
les ouvrages savans ; mais cela n'empêche pas 
que leur connaissance ne soit répandue dans 
tout le Japon. Cependant, comme la construc- 
tion de la langue japonaise diffère sensiblement 
de celle des Chinois , et comme les mêmes ca- 
ractères chinois ont souvent plusieurs signifi- 
cations f on s'aperçut bientôt qu'on manquait 
d'un moyen ae parer à cet inconvenient ; on in- 
venta donc , dans la première moitié du viii e 
siècle , les syllabaires kata-kana et fira-kana. 
一 Kl. 

( 1 ) Nommés aussi Toung han ou Han orien- 
taux. 一 Kl. 

(2) Cette dénomination doit être d'une épo- 
que postérieure, car le mot Bosats en japonais 
et Phou sa en chinois , qui est l'équivalent du 
sanscrit Bodhisattwa, n'estvenu au Japon qu'avec 
la religion bouddhique , vers le milieu du vi e 
siècle de notre ère. 一 Kl. 

(5) On lit dans la vie du lvi* Daïri Si wa 



22 



ANNALES 



XVII. DAÏRI 皇天 檍仁 画 TOK TEN 0. 

(De 313 à 399 de J. C. 

Nin tok ten o (Jin te thian houang) était fils cTOsin : sa mère Naka fimè 
(Tchoung ki) était petite-fille du prince impérial Yo h in fiktMio osi ( Ou pë 
tching jy yan houang tsu). A sa naissance , un kisou (mou wen) ou hibou entra 
clans la chambre , et se plaça sur le fauteuil de l'accouchée. Také outsi-no sou- 
kouné eut le même jour un fils, qui naquit à l'instant où un sazaffi ( tsiao 
liao) 1 ou tarin vola dans la chambre de l'accouchée. Le Dam sin, surpris 
de cet événement , résolut de changer les noms de ces enfans , puisque le hibou 
est regardé comme un oiseau de mauvais augure , et le tarin , au contraire , 
comme un oiseau d'heureux présage. Il nomma donc son fils sazagi, ou le 
Grand tarin , et celui de Také outsi-no soukouné , Kisoa-no soukouné. 

sin ten o avait chargé pendant son règne son fils cadet Oudzi-no Wahal 
Ratsou go ( Wen tao Tchi Lang tsu ) du gouvernement , et lui avait donné 
sazagi pour î aider. Après sa mort, Ratsou go s'efforça de persuader à son 
frère aîné sazagi de monter sur le trône ; celui-ci le refusa constamment , 
en disant : « L'empereur vous a confié le gouvernement ; si vous fabdiquez 
« et que je l'accepte , nous enfreindrons les ordres de notre père. » Ce conflit 
dura trois ans ; pendant ce temps , il n'y eut point de Daïri. Ratsou go 
demeura à Oudzi (Wen tao) et sazagi à Naniwa (Nan pho), Lorsqu'il y arri- 
vait des présens pour le Daïri , ils étaient portés de l'une à l'autre de ces 
villes ; les deux princes les refusaient. Pour mettre un terme à cet état 
d'incertitude, Ratsou go se donna la mort. sazagi, apprenant que son frère 
était grièvement blessé , accourut vers lui; Ratsou go 9 qui respirait encore , 
lui parla et mourut. C'est alors qu,0 sazagi monta sur le trône , et régna sous 
le nom de Nin tok ten o. 

Il établit sa résidence près de Naniwa , ville de la province de Sets, dans le 

duit ce mot par hochequeue ; mais le sazagi, 
appelé aussi en japonais takoumi tori et miso 
sazagi, est le tarin. Les Chinois donnent encore 
à cet oiseau les noms de khiao fou niao (Fépou&e 
habile) et m'a isiang ( la femme travailleuse ) , 
qui correspondent à ^expression japonaise ta- 
koumi tori (i oiseau habile ou travailleur). Quant 
au hochequeue , il s'appelle en chinois isy ling 
ou young khiu, et en japonais , w-tmiaki , ou 
le batteur de pierres. 一 Kl. 



ten o , que le prêtre Ko kio allant vers ce temple , 
l'esprit d'O sin ten o lui apparut et rinstruisit 
de beaucoup de secrets. Ce prêtre retourna à la 
capitale et les communiqua au Dairi, qui fit 
construire , en l'honneur d,0 sin ten o , un 
temple à Otoko yama, près de Fousimi : ce temple 
existe encore. 一 Kl. 

(1) Dan» le texte en chinois , tsiao 

liao; en japonais , sazagi. M. TiUingh avait ira- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 23 
palais de Taka tsou-no miya (Kao tsin koung) , qui était très-simple et dépourvu 
de tout ornement. Il vécut avec une sobriété extrême ; W o nin , le philosophe 
de Fiaksaï, fit des vers sur son séjour à Naniwa et sur son avènement au trône. 

La quatrième année de son règne (516 de J. C), voyant que le pays n'était 
pas assez habité et que le peuple se trouvait dans le besoin , le Daïri ne voillut 
accepter d'autres dons que les impôts ordinaires des terres : ses vêtemens 
étaient-ils sales , il les faisait nettoyer et n'en voulait point changer ; son palais 
était-il endommagé par la pluie ou le vent, il le laissait dans cet état. Ses repas 
étaient de même d'une grande frugalité. On donne pour raison de cette con- 
duite , que , montant à son avènement au trône sur un bâtiment élevé , il n'a- 
perçut dans les environs que peu de fumée s'élever des maisons , et en conclut 
que la misère empêchait les habitans de faire cuire des alimens. Trois ans 
après , étant monté de nouveau sur le même édifice, il vit que les plus petites 
cabanes avaient bonne apparence , et que la fumée sortait de toutes les che- 
minées , ce qui le satisfit beaucoup ; ces trois années avaient été très-fertiles , 
et le peuple était riche et à son aise. 

Quoique le peuple vînt le prier de rebâtir son palais , il ne le fit que trois 
ans plus tard : alors les artisans , jeunes et âgés , accoururent de tout côté; l'ou- 
vrage fut entrepris avec tant d'ardeur , qu'il fut bientôt achevé. Tout le monde 
appela ce Daïri Zeï sin (Chuigjin) ou Y homme saint. 

On lui envoya du Kôraï (Kao li) un grand bouclier de fer. Il fit venir l'am- 
bassadeur , et ordonna au chef des troupes à boucliers de le percer d'un coup 
de flèche , ce qui fut exécuté au grand étonnemenl de l'envoyé coréen. 

Il arriva du Fiaksaï un homme nommé Zaki-no kimi (le Prince du vin) 
avec un faucon , pour apprendre cette chasse au Daïri, qui prit le premier une 
perdrix de cette manière. Depuis ce temps, il y a eu des fauconniers au 
Japon l . 

Také outsi-no soukouné mourut en ce temps , suivant les uns à l'âge 
de 317 ans, suivant d'autres à l'âge de 330, ayant été pendant 2^0 ans pre- 
mier ministre de six Dams. Il laissa beaucoup d'enfans; tous ses descendans 
furent heureux 2 . 

Nouka da-no osi (Nge thian houang tsu), l,un des fils du Daïri , étant à la 



( 1 ) Les Japonais regardent les faucons de la 
Corée comme les meilleurs pour la chasse, et ce 
pays en envoie tous les ans douze avec le tribut 
au Siogoun. 一 Kx. 

(2) O^assure que les descendans en ligne 
directe de Také ouisi-no soukouné, qui devint 



régent de lempire sous le xn e Dam Ke! kou 
ten o, lui ont succédé dans cet emploi , et qu'ils 
ont tous porté le même nom : c'est de cette ma- 
nière que cet emploi a continué dans sa famille 
pendant une longue suite (Tannées. — Kl. 



24 ANNALES 

chasse sur le mont Tsoughé (Teou ki) , y trouva un grand morceau de glace 
qu'il apporta à son père : on établit alors une glacière ; et depuis ce temps, il 
est d'usage d'ofi&îr au Dairi, le premier jour du sixième mois, de la glace de 
la province de Yamato l . On appelle cet usage kakoasi okou (thsang tchi). 

Dans la province de Fida (Fei tan), vécut un homme nommé Souk na (Sou 
nan), ayant un corps , deux têtes , quatre bras et quatre jambes : il fut très^ 
fort et adroit ; d'une main il tenait un arc , de l'autre les flèches , de la troisième 
et quatrième un sabre, qu'on dit avoir été long de neuf éventails ou de qua- 
tre-vingt-dix pouces. Comme il insultait lout le monde , le Daïri chargea 
Také fouroa kouma (Wou Ichin hioung) de le mettre à mort. 

Pendant tout son règne , Nin tok s'occupa jour et nuit du soin de l'empire. 
Il fut généreux et plein de bonté ; aussi de son temps la prospérité et la fé- 
condité furent sans exemple II gouverna pendant 87 ans , et mourut à l'âge 
de 110 ans 2 . 



XVIII. DAÏRI 倉 天 中 履 RI TSIOU TEN 0. 

(De400à405deJ, C. ) 

Ri tsiou ten o (Li tchoung thian hoang ) , fils de Nin tok, eut pour mère 
Iwa riki-no fimè (Phan tchi yuan), petite fille de Také outsi, et fille de Ka- 
tsoura ki-no Sotsou fiko (Ko tchhing tsin yan). Après la mort de son père, 
et après avoir été inauguré , ce Dairi voulut épouser Jtoaro jftmé ( Hë yuan) , fille 
de Tayasiro - no soukouné (Thian chi tai sou ni); il envoya son frère cadet 
Soumi Yosi-no naka-no osi (Tchu ky tchoung houang tsu) en prévenir le père : 
mais ce frère le trompa ; il se donna pour le Dairi et coucha avec Kouro fimé. 
En partant , il eut l'imprudence d'oublier un grelot (sonzou). L'empereur, allant 
la nuit suivante chez cette dame , vit ce grelot et lui demanda à qui il apparte- 
nait; elle répondit qu il l'avait oublie la nuit précédante : il le reconnut pour 
être à son frère, soupçonna ce qui s'était passé, en conçut beaucoup de cha- 
grin , et se retira sans rien dire de plus. Son frère ayant su que sa supercherie 
était connue t assembla des troupes, se révolta et investit le palais. L'empereur, 
qui ne se méfiait de rien , avait bu trop de vin et dormait d'un profond som- 



(1 ) Outre la お ace de la province de Ya- 
mato, ou il y a une grande glacière f le Sio- 
goun envoie de Yeao au Dain , le 1 er du 6 e 
mois , de la glace du mont Fousi-no yama. Le 
prince de Tamba lui offre également de celle 
du mont Fimowrou yama : elle lui est présentée 



œ même jour. Tous les Japonais se font , à la 
même époque , des présens de petits gâteaux à la 
glace, qu'on prépare pendant l'hiver et que l'on 
conserve à cet effet 一 Kl. 

(2) Son titre d'apothéose est Firaw>-no daï 
mio sin (Phing yé ta ming cliin). 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 25 
meil; trois de ses serviteurs , Fègoari-no Kitsou - no soukounè , Monono bè'no 
omaè et Atsi-no kimi, voyant qu'il était impossible dans le moment de réunir 
assez de monde Dour résister, l'éveillèrent, l'assirent de force à cheval, et le 
conduisirent dans la province de Kawatsi. Naka-no osi, ignorant sa fuite , mit 
le feu au palais situé dans le Naniwa. 

I empereur, arrivé dans le Yamalo , y leva une armée nombreuse : son frère 
cadet Mitsou fa Wakè-no osi ( Soui tchi pie houang tsu) vint du Naniwa pour le 
voir : le Daïri , se méfiant de lui , lui ordonna, pour preuve de son attachement, 
d'y retourner et de tuer son frère Naka-no osi ; il partit en effet avec Ki tsou-no 
soukounè (Mou wen sou ni), et réussit à corrompre Sasifiré , l'un des gardes de 
Naka-no osi, qui assassina son maître pendant qu 11 était sur la garde-robe. 

Kitsou-no soukounè parvint à convaincre Mitsou fa Waké que , quoique 
Sasi firé eût fait une action louable , il méritait la mort pour avoir porté la 
main sur son maître ; il fut donc égorgé avec tous ceux qui avaient pris part à 
la révolte. 

La tranquillité rétablie, le Daïri bâtit un palais à Iwaré (Phan yu) , dans 
la province de Yamato. Il confia le gouvernement de l'empire aux quatre gou- 
verneurs généraux Fégoari-no Kisou-no soukounnè (Phing kiun mou wen sou 
ni), Soga-no Matzi-no soukounè (Sou ngo mouon tchi sou ni) , Monono bé-no 
irofou-no omourazi (Wë pou i liu ie ta lian) et Tsouboura-no ôkimi (Yuan ta 
szu tchu). Pour récompenser le dévouement de son frère Mitsou fa Waké-no 
osi, il le nomma Taisi , ou successeur à l'empire. 

Ce Daïri étant un jour en bateau sur un étang de son palais , une quantité 
de fleurs de cerisier [wakoura fana , yng houa) tomba dans sa tasse à boire du 
vin. Il en fut si charmé , qu'il nomma le palais W aka sakoum - no miya (Tchi 
yng koung) , ou le palais des cerises nouvelles. 

II envoya des savans dans toutes les provinces de l'empire pour en écrire 
l'histoire. Il régna 6 ans, et mourut après en avoir vécu 70. 

XIX. DAÏRI 皇天 正 反 FAN SIO TEN 0. 

(De 406 à 411 de J. C.) 

Fan sio ten o (Fan tching thian houang) était frère cadet de Ri tsiou. Il 
portait, avant son avènement au trône, le nom de Mitsou fa fVakè-no osi. Ayant 
été élu Taïsi après l'assassinat de Naka-no osi, il demeura à Tanpi (Tan pi), 
au palais de Siba gaki-no miya (Tchhai li koung) , dans la province de Kawatsi. 
U mourut après un règne de 6 ans l . 

(1) Pan sio ten o mourut le 23 e jour du donc pas régné six ans ; mais au Japon il est 
1 er mois de la 6 e année de son règne : il n'a d'usage de compter de cette manière , et un 

4 



26 ANNALES 



XX. DAÏRI 皇天 恭免 IN KIO TEN 0. 

(De 412 à 453 de J. C.) 

In kio ten o (Yun koung thian houang ) était irere cadet de Fan sio. Comme 
ce prince était très-maladif depuis son enfance , son père et ses frères 1 aimaient 
peu , quoiqu'il fût d'un caractère très-doux. A la mort de Fan sio , tous les 
grands de l'empire voulurent le nommer Daïri ; mais il refusait constamment 
d'accepter cette dignité. Son épouse Osi zaka o naka fimé (Jin pan ta tchoung 
yuan) lui représenta l'inconvenance de résister plus longtemps à leurs vives 
instances ; il s'y rendit à la fin, et fut proclamé Daïri , plus d'un an après la 
mort de son frère. On fit venir du royaume de Sinra (en Corée), un habile 
médecin qui rétablit entièrement sa santé. Alors In kio s'appliqua soigneuse- 
ment au gouvernement de l'empire , et fit examiner et vérifier les généalogies 
de toutes les familles du peuple et des grands de l'empire l . 

Il aima beauçoup So toorijimé (I thoung ki) , sœur cadette de sa femme, 
lui fit bâtir le palais de Fouzi wara-no miya (Thenff vuan koung) dans le Ya - 
mato, et la prit pour maîtresse. L impératrice en fut si jalouse, quelle voulut 
se jeter dans le feu. Alors le Daïri fit construire pour So toori fimé le palais 
de Tsinou-no miya (Mao thing koung), dans la province Ka watsi , à une grande 
distance du sien ; ce qui apaisa son épouse. Il allait pourtant voir souvent son 
amante à Tsinou-no miya. So toori fimé composa sur ce sujet des vers, qu'on 
estime encore beaucoup aujourd'hui. 

Il régna 厶2 ans, et mourut âgé de 78 ans. Son fils Ki nasi-no karou-no osi 
(Mou li king houang tsu), prince héréditaire, était un débauché. Il souleva le 
peuple et fit la guerre à son frère cadet Anafo-no osi (Hiuë soui houang tsu); 
mais il fut vaincu et pent dans sa fuite. D'autres disent qu n fut exilé par son 
frère dans la province d'Iyo (I yu). 

XXI. DAÏRI 皇天 泉 安 AN KO TEN 0. 

( De 454 à 456 de J. C.) 

An ko ten o (Ngan khang thian houang ) était fils a In kio. Il porta d'abord 
le nom d'Anafo-no osi, et fut proclamé Dam après la déiaite de son frère. 

enfant né au 12 e mois de Fannée t est censé règne , ou l,an 415 de J. C. De cette époque 
avoir déjà vécu un an. 一 Kl. datent les noms de famille et les surnoms au 

(1) Ce fut dans la quatrième année de son Japon. — Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 27 
Sa mère était Osi zaka o naka fmé , fille de Fouta maka-no osi (Eul khi houang 
tsu). Il établit sa résidence dans le palais d'Ana fo-no miya (Hiuë soui koung), 
à Iso-no kami (Chy chang ) dans la province de Yamato. Se méfiant de son oncle 
O kousa ka-no osi (Ta thsao hiang houang tsu), il envoya des troupes qui le 
tuèrent, et conduisirent sa concubine Nakaré Jimè (Tchoung ti ki) dans le 
palais du Daïri ; celui-ci la prit pour maîtresse. Elle avait d,0 kousa ka-no osi un 
fils nommé Mi nn o (Mei lun wang): comme sa mère demeurait dans le palais, 
il y avait un libre accès. Quoique le Dain le fit surveiller à cause de l'assassinat 
de son père , Mi rin o, le trouvant un jour endormi sur les genoux de la prin- 
cesse sa mère, le tua. 

Ce Daïri a régné 3 ans, et en a vécu 56. 

XXII. DAÏRI 皇天 略 雉 YOU RIAK TEN 0. 

(De 457 à な 77 de J. C) 

You RIAK ten o 1 (Hioung no thian houang) , frère puiné d'An ko, apprenant 
sa mort, revêtit à la hâte sa cuirasse et accourut au palais. Mi rin o, effrayé, 
déclara que son intention n'avait pas été de devenir Dain , mais qu'il avait seu- 
lement voulu venger son père. Puis il prit la fuite et se cacha dans la maison 
de Katsouraki-no tsouboara-no daïsin (Ko tchhing yuan ta tchhin). You riak, 
soupçonnant ses deux frères Saka aji-no osi (Pan ho houang tsu) et Ya tsouri-no 
osi (Pâ tiao houang tsu) d'être complices de Mi rin o , tira son sabre , et tua Ya 
tsouri; l'autre prit la fuite et se cacha avec Mi rin o. L*empereur , irrité , enjoi- 
gnit à Tsouboura-no daisin de les chasser de chez lui; sur son refus, il ordonna 
que l'on investît sa demeure et crue l'on y mît le feu. Mi rin o et Tsouboura 
périrent dans l'incendie. Se méfiant aussi de son neveu Itzi-no bé-no osi (Chi 
pian houang tsu ) , fils de Ri tsiou, il le perça d'un coup de flèche à la chasse. 

Son palais de Fotsou sé-no asa koura-no miya (Pô lai tchao tsang koung) était 
dans le Yamato. Il chargea tegouri-no matori (Phing kiun tchin niao ) , Otomo- 
no mourasi moriya (Ta pan lian chv wô) , et Monono bé-no mourasi mé (We pou 
lian mou) , du gouvernement de l'empire. 

Ce Daïri était d'un caractère féroce ; il se plaisait à répandre le sang ; il 
fit périr erand nombre d'innocens, ce qui lui valiït le nom de Dai akou ten o 
(Ta o thian houang), le très-mauvais Daïri. 

Il aimait la chasse ; un jour qu il se trouvait sur les montagnse de Katsou- 
raki, il y eut un entretien avec le dieu de ces monts. 

(1) On écrit aussi le nom de ce Dairi Kou riak teh o; mais cest par erreur. 一 Kl. 

4* 



28 ANNALES 

Le Sinra , le Kôraï et le Fiaksaï se révoltèrent sous son règne , et refusèrent 
de payer le tribut ; il y envoya des troupes qui firent rentrer ces royaumes 
dans le devoir. Le Fiaksaï resta toujours soumis au Japon ; mais le Sinra et 
le Kôraï ne le furent que par intervalles. 

La 21 e année ae son règne (477), Ten sio daï sin lui apparut en songe et lui 
enjoignit de bâtir encore un temple dans llzé; il exécuta cet ordre le 9 e mois 
de l'année suivante. Le temple fut dédie au aieu Toyo ke damn (Fung cheou 
ta! chin) ; il était situé à Ta-no wara ( Thian yuan), sur une montagne du district 
de Watara ye-no kofon [ fou hoei kiun); à présent on l'appelle Gckoâ ou le 
temple intérieur l . 

La même année, un pêcheur nommé Oura sima-no ko (Phou tao tsu) prit 
dans le Mitsou-no ye (Choui kiang) , rivière de la province de Tamba , une 
grande tortue qui se changea en femme et prit cet homme pour mari ; elle alla 
avec lui à l'île de Fouraîsan (Fung lai chan) 2 . 

Cet empereur régna 25 ans, et mourut à l'âge de 62. Au commencement 
de son règne , il fut cruel ; dans la suite il se modéra beaucoup , de sorte que 
fempire resta en repos et que sa prospérité s'accrut 5 . 



XXIII. DAÏRI き 天き 清 SEÏ NEÏ TEN 0. 

(De 480 k 484 de J. C. ) 



Seï neï ten o (Thsing ning thian houang) , fils d'You riak , avait pour mère 
Katsouragi-no mo Jimè (Ko tchhing han yuan) , fille d'Oasoura-no daïsin (Yuan 
ta tchhin). A la mort de You riak, Kibi-no Waka jimè (Ky pi tchi yuan), belle» 



(1) Se! nin , XI e Dain, fonda, dans la pro- 
vince d Izè , un temple auquel on donua le 

nom de タ Naï kou (Neï koung) , ou 
temple inteneur. Le temple extérieur , nom- 
mé タ 夕ト Ghe kou (Wai koung), est celui 

qui sert au Daîri régnant ; il est aussi appelé 
Ten sio ko dai sin gou ( Thian tchao houang tai 
chin koung). Ces deux temples sont situés dans 
le district de Watara yè, de la province d7z«f. 

A rinauguration d'un Daïri , on mesure sa 
hauteur avec un bambou , qui est porté au Ghc 
kou et qu'on y conserve jusqu'à sa mort : alors 
on le transporte au Nai kou , après y avoir atta- 
ché douze ou treize petits papiers contenant le 
nom du prince ; tous ces bambous des Dairis 



défunts sont révérés comme des kami ou esprits. 

Outre le bambou du Daïri régnant, on ocn. 
serve également dans le Ghe kou un chapeau 
de paille, un manteau pour garantir de la pluie 
et une bêche; ce sont les attributs de l'agri- 
culture , occupation qui tient le premier rang 
au Japon , après l'état militaire. Ces objets y 
sont placés derrière un rideau de toile blanche ; 
le peuple croit que ce sont des images de dieux 
qu'on y cache. 一 Kl. 

(2) Voyez la note 1 à la page 6. Les Japo- 
nais appellent proverbialement Fou raî san tous 
les lieux où Ion conserve des trésors. 一 Kl. 

(5) Dans la 16 e année de son règne (Zi82) , 
ce Daîri fit planter des muners dans toute» les 
provinces de l'empire. 一 lu** 



DES EMPEREURS DU JAPON. 29 
mère de Seï nin , voulut faire monter sur le trône son fils Fosi kawa-no osi 
(Sing tchhouan houang tsu) ; mais les deux premiers ministres Otomo-no mour 
rouya-no otsoura ( Chy y ô ta lian) etYamato-no aya-no tsouka-no atafi (Tounglian 
kiù tchy) firent mettre la mère et le fils à mort. Alors oei neï fut proclamé Daïri. 

Il établit sa résidence à Iwa ré-no mika aouii (Phan yu oung ly) dans le Ya- 
mato , et chargea du gouvernement Otomo-no moura-no otsoura et Fégouri-no 
matori. 

Il était né avec des cheveux blancs , ce qui lui fit donner le surnom de Sika 
gano ten o (Pë fa thian houang) , ou le Daïri a cheveux blancs : il régna 5 ans , 
et mourut âgé de 42 ans; ■、. 

XXIV. DAÏRI * 天宗 H GHEN SO TEN O. 

(]L 485 à 487 de J. C.) 

Ghen so ten o (Hian tsoung thian houang) était petit- fils du Daïri Ri- 
tsiou , et fils d,Itsi-no bè-nojmfn était encore très-jeune lorsque You riak tua 
son père à la chasse ; alors il s'emuit avec son frère aîné Nin ken (Jin hian) dans 
la province de Farima , ou ils vécurent comme des gens du commun. Ils prirent 
du service dans le district d*Akasi (Ming chy) , chez Osi oumi bé-no Fosomé 
(Jin hai pou si moù), et gardèrent les bestiaux , sans se mire reconnaître. 

Yama-no bé-no Otate (Chan pou siao jun), prince de Farima , vint un jour à 
Akasi , où il rencontra Ghen sô , qui , aansant et chantant devant lui , déclara 
dans sa chanson qu'il était petit-nls de Ritsiou : le prince en instruisit Sel neï 
ten o , qui , n'ayant point d'enfans , en fut enchanté , fit venir Ghen sô et Nin kcn 
à la cour et les adopta. 

A la mort de Seï neï, Ghen sô voulut que son frère succédât au trône ; mais 
celui-ci refusa , disant que puisque c'était Ghen sô qui avait découvert leur 
origine au prince de Farima , il avait le plus de droits au rang suprême. Ces deux 
princes ne pouvant s'accorder, leur sœur aînée Ifi toyo-no kwo nio (Fan fung 
houang niu) , oui était mariée , se chargea du gouvernement ; mais elle s'abstint 
depuis de son mari. Elle mourut dix mois après, et on ne la compte pas parmi 
les Daïris, parce que son règne n'a pas été d'une année entière. Après sa mort , 
elle reçut le titre d'iFi toyo-no ten o (Fan fung thian houang). 

Les grands de l'empire et le premier ministre ( Ta lian ) insistèrent alors de 
nouveau pour qu'un des deux princes prît le gouvernement : Ghen sô fit son 
possible pour persuader à Nin ken d'occuper le trône ; mais il rejeta la propo- 
sition , et parvint à la ûn à le faire accepter à son frère , au grand contentement 



50 ANNALES 

de tout le peuple. Cet empereur résida dans le palais de Ya tsouri^no miya 
(Pâ tiao koung) dans le Yamato. 

Il institua pour le 3 e jour du 5 e mois le festin nommé kiokoa sou-no 
ncn (kiû choui y an) \ donna au prince de Farima Yama-no bé-no Otaté le titre 
de san kwan (chan kouan), ou gouverneur des montagnes , et le combla de 
richesses. 

Beaucoup de gens ayant perdu la vie à la mort de son père , le Daïri fit 
chercher leurs cnfans et leurs familles , et leur distribua des présens. 

Une vieille femme nommée Okimé (Tchî mou) savait seule l'endroit où son 
père avait été enterré ; elle en informa le Dain , qui très-satisfait y alla aussitôt, 
y trouva le corps, et le fit enterrer de nouveau avec pompe. Il récompensa 
généreusement Okimé et sa famille. 

Dans la province de Yamato il y avait un vieillard nommé lama (1 chu kan) , 
qui , dans la mite du Dain à Farima , lui avait pris le peu de riz qu'il avait sur 
lui. Etant parvenu au trône, ce prince manda le vieillard, et mi fit trancher la 
tête sur les rives de ïAsouka gawa (Fei niao ho). Il fit aussi couper les ten- 
dons des pieds à tous les parens de cet homme, et l'on prétend qu'encore 
aujourd'hui leurs descendans naissent boiteux. 

Pendant son règne, ce Dain déchargea ses sujets de tout impôt, de sorte 
que le peuple (pë sing) devint riche. Durant cette période, les cinq espèces 
de grains furent si abondantes, qu,on achetait cent kokf(chy) 2 ou ballots de riz 
pour la dixième partie d'une once d'argent. 

Ghen sô régna o ans, et mourut à l'âge de 38 ans. 

XXV. DAÏRI 炱天賢 仁 画 KEN TEN 0. 

( De 488 à 498 de J. C.) 

Nin ken ten o (Jin hian thian houang) , frère aîné de Ghen sô, lui succéda 
après sa mort. Il habita le palais de Yso-no kami-no firo taka - no miya (Chy chang 
kouang kao koung) dans le Yamato. 

Sous son règne, qui fut de 11 ans, l'empire jouit du repos, et les cinq 
espèces de grains furent abondantes 5 . 



(1) Ce は e fête est originairement chinoise. 
On s'assemble au bord d'une rivière pour s'y 
divertir et boire du vin. 一 Kl. 

(2) Le kokf, en chinois khing, et appelé par 
les Hollandais ganting ou ganton , est la seule 
mesure usitée au Japon pour le riz , le froment 
et les autres grains. Chaque kokf pèse 82 à 83 



livres du Japon , qui équivalent à une livre et 
un quart, poids de Hollande. 一 Kl. 

(3) L original japonais n'indique pas l'âge au- 
quel ce Daïri parvint. M. Tithsing avait ajouté, 
dans sa traduction , les mots : i II mourut à l'âge 
tde 41 ans. , Ksmpfer le fait vivre 51 ans. 
一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 



51 



XXVI. DAÏRI 皇天^!^ BOU RETS TEN 0. 

(De な 99 à 506 de J. C.) 

Boo rets ten o (Wou lie thian houang) était fils de Nin ken. A la mort de 
son père, et avant que Bou rets fût proclamé Dain , Fégoari-no matori (Phing 
kiun tchin niao), grand de l'empire , qui avait gouverné l'état sous You riak, 
voulut s'emparer du pouvoir suprême. Bou rets se proposait d'épouser Kagé 
fimé (Yn yuan), fille de Monono bè-no soga-no fi (Wë pou thsou lou ho) ; mais 
Sibi - no sin (Wei tchhin), fils de Matori, l'enleva. Matori avait un beau cheval ; 
Bou rets le lui demanda, et éprouva un refus. Tout cela l'aigrit au point qu'il 
envoya domo-no kana moura (Ta pan kin tsoun), avec quelques milliers de 
soldats, contre Matori. Kana mourou mit d'abord à mort Sri)i-no sin, puis 
Matori. Ce dernier était petit-fils de Takê outsi-no soukouné. 

Ce ne fut qu'après cet événement que Bou rets fut proclamé Daïri. Cç fut 
un très-mauvais prince : il resida dans le palais de Fatsoufi no moumouki-no miya 
(Pho lai tchhing koung ) dans le Yamato. Il ouvrait le ventre à des femmes 
enceintes pour voir l'intérieur de leur corps. Il iaisait arracher les ongles aux 
gens, et les forçait à déterrer dans cet état avec les doigts la racine yama-no 
imo 1 ; il en faisait monter d'autres sur des arbres crue l'on sciait ensuite, ou bien 
il les y perçait à coups de flèche pour les faire tomber. D'autres étaient jetés 
dans des réservoirs pleins (Teau et tués à coups de lance ; il misait lier des 
femmes nues à des planches, pour que des étalons pussent les saillir. Il com- 
mit encore un grand nombre d'autres crimes, h était toujours plongé dans le 
vin et le libertinage ; tout le monde le craignait et le détestait. 

Il mourut sans enfans , après avoir régné 8 ans. Il était descendant, à la 
vingt-septième génération , de Nin tok ten o, dont la famille fut éteinte avec lui. 

XXVII. DAÏRI % 天 î 鲞繼 KEÏ TAÏ TEN 0. 

(De 507 à 531 de J. C. ) 

Keï taï ten o (Ki thi thian houang ) descendait , à la cinquième géné- 
ration, d,0 zin ten o. Le fils de celui-ci , Fouta mata-no osi (Eul kou houang 
tsu), fut père d'O/bf ratsou go (Tai lang teu), dont le fils Fiko nousi bito-no o 



(1) En chinois chu yu. Celte racine est co- 
mestible; die est noirâtre et a souvent trois 
pieds de longueur. On l'appelle aussi au Japon 



yamattou imo et naga imo. Cest le dioscorea 
japonica de Thunberg. 一 Kl. 



32 ANNALES 

( Yan tchu ta wang ) engendra Keî taï. D'autres auteurs prétendent que le 
fils d,0 zin, nommé Sifi o (Szu feï wang) , fut le père de Fiko nousi bito-no o, 
et que par conséquent Keï taï était arrière-petil-fils d,0 zin. 

Keï taï avait séjourné pendant long-temps dans la province de Yetsizen. 
A la mort de Bou rets, et à l'extinction de la famille de Nin tok, les trois prin- 
cipaux ministres , Odomo-no Kana moura-no otsoura , Monono-no Soga-no ji-no 
otsoura, et Kosè-no Obito-no daïsin (Kiu chi Nan j in ta tchhin), tinrent conseil, et 
résolurent de faire venir Keï taï à la cour. 

Il établit sa demeure dans le palais de Kousou fa-no miya (Tchang ye koung). 
Le miroir impérial , le glaive précieux et la tablette des esprits 1 lui furent 
offerts par Kana moura. Cinq fois il les refusa ; à la fin il les accepta , sur les 
vives instances de Kana moura et de ses collègues , et fut proclamé Daïri , à 
l'âge de 58 ans. Il conféra le gouvernement aux trois ministres nommés plus 
haut , et fixa son séjour d'abord à Tsoutsou ki (Thoung tchhing) 2 , ville du 
Yamasiro, puis à Otomi (Y hiun) dans la même province , et enfin à Ywa ra 
(Phan yu) dans la province de Yamato , au palais de Tama wo-no miya [\u soui 
koung). 

Iwa i (Phang tsing) , seigneur du pays de Tsoukouzi, excita une révolte 
dans les provinces de Fizen , Figo , Bounzen et Boungo , et retint les tributs 
des Sankan. Le Daïri chargea Kana moura et Soera-no fi de marcher contre lui. 
Ils quittèrent la capitale , et Soga-no fi attaqua le rebelle à i improviste dans le 
district de Mi i-no kouri (Yu thsing kiun), où il fut lué. Par la mort dlwa i, 
la tranquillité fut rétablie dans le Tsoukouzi. 

Le Daïri nomma alors Kéma no (Mao ye) , natif de la province d'Oomi , gou- 



(1) Ces trois objets précieux sont appelés 



神 種 




sanziou zin bo (san ichoung 



chin pao) : ce sont ]cs attributs ou marques 
d'honneur de la dignité de Daïri. On prétend 
que leur origine refonte au temps de Ten sio 
daïsin, de qui Zin mou ten o descendait dans la 
cinquième génération. 

Le チム zi si ( Ho szu chi ) ou 

YOngine des chpses japonaises , ouvrage composé 
par Kaibara tokzin, et imprimé en 1697, dit 
(voi. III, fol. 50) que Ten sio daï sin présenta 
au dieu Amatsoa Jikofonoki mmgi-no mxHotto : 

1 . La boule ou planchette Ya saka ni-no maka 
tama ; on dit qu'elle est d'une pierre verdâtre , 
avec deux petits trous roads ; 



2- Le glaive Kousa nagi-no tsoarongi ; 
3. Le miroir Ya ta-no kagami • 

Le dieu envoya ces trois choses précieuses 
sur la terre; à présent on les nomme ordinai- 
rement Zensi, Fo ken et Mi komi. 

Le glaive Kousa nagi-no ken (onTsourougi) a 
déjà été mentionné dans l'histoire du xn e Daïri 
Keï ko ten o. Alors Yamato Jimé , prêtresse 
d,Izé, donna à son frère Yamato takè-no mikoto 
ce glaive, qui lui servit à couper l'herbe , ce que 
désigne son nom. Voyez plus haut, page 15. 
一 Kl. 

(2) Selon la plupart des auteurs japonais , 
dans la 5 e année de son règne, ou 511 de J. C. 
Dans la 12 e (518) , il alla résider à 'Êtdakonni, 
et dan» la 20« (526) k Tama wo.—Hl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 55 
verneur au Sankan. Cqjui-ci y étant arrivé, monta sur un lieu élevé d,où il 
harangua les officiers civils et militaires du Sankan qui s'étoient prosternés 
à terre. 

A cette époque \ un savant très-versé dans les cinq livres classiques 2 , nom- 
mé Tan yâ ni (Kia yang eul), arriva du royaume de Fiaksaï à la cour. Plus 
tard, Ko an bo (Kao ngan meou), autre savant , vint pour le remplacer. 

Keï taï régna 25 ans, et mourut âgé de 82 ans; d'autres lui donnent 28 
ans de règne 3 . 

XXVIII. DAÏRI 皇天 閑 安 AN KAN TEN 0. 

(De 534 à 535 de J. C.) 

An kan ten o (Ngan hian thian houang ) était fils aîné de Keï taï. Sa mère 
Méko fimê (Mou tsu yuan) était déjà mariée à Keï taï, lorsque celui-ci habitait 
encore dans le Yetsizen. 

Quand le Daïri fut proclamé , il occupa le palais de Migari kana-no tatsi- 
bana-no miya ( Keou kin kiu koung) dans le Yamato, et Kana moura continua 
d'être premier ministre. 

Sous le règne d'An kan ten o , qui dura deux ans , la fécondité fut générale 
dans tout l'empire. Ce Daïri est encore honoré comme un dieu à Yosi no ( Ky 
ye), sur le mont Kinbouzan (Kin fung chan) 4 . 

XXIX. DAÏRI き. 天 仏官 ZIN KWA TEN 0. 

(De 536 à 539 de J. C.) 

Zin kwa ten o ( diuan houa thian houang) était frère cadet d'An kan mort 
sans postérité. Il résida dans le palais de Iwon iri no-no miya (iavl jy ye koung), 
à Figouma (Hoei wei) dans le Yamato. Soga-no Inamé (Sou ngo Siao mou), 



( 1 ) D'autres historiens mettent cet événement 
dans la 7 e année de son règne, qui est la 573 e 
de J. C. 一 Kl. 

(2 ) Dans le texte , Ko gruo fakase ; en chinois , 
Ou king po szu. 一 Kl. 

(3) La table chronologique Wo han H wang 
nian piao, met un interrègne de deux ans (532 
et 533 de J. G.) après la mort de Keï taï 
teh o, et lui assigne un règne de 25 ans. Son 
titre d'apothéose est Aso ka-no mio sin (Tsou yu 



ta ming chin ) , ou le grand génie illustre aux 
pieds ailés. 一 Kl. 

(な) Cette montagne est nommée aussi Yosi 
no yama ( ny yé chan) , parce qu'dle est située 
dans le district de Yosi no , de la province de Ya- 
mato. Elle est une des sept mi dakè ou cimes 
les plus hautes du Japon. 

Le titre d*apothéose de ce Dairi est Kim bou 
zan gon ghen (tun fiiDg chan khiuan hian). 一 
Kl. 

5 



54 ANNALES 

conjointement avec Kana moura et Soga-no fi , eut le gouvernement de l'em- 
pire. Le Daïri leur dit un jour : « Si je possédais dix mille onces d'or et mille 
« caisses de jade oriental blanc , elles ne me mettraient pas en état de nourrir 
« mon peuple en cas de famine ; les cinq espèces de grains sont le fondement 
« sur lequel est basée l'existence de l'empire. » Aussi fit-il construire par Ina- 
mé et Soga-no 11 aes magasins impériaux dans chaque province , et il les rem- 
plit de blé , pour le distribuer au peuple dans les temps de disette. 

Sous son règne, le Sinra et YAmana dans le San kan se firent la guerre; il 
envoya Odomo-no Saté fiko (Ta pan hia cheou yan) pour les réconcilier. La 
concubine de celui-ci , Matsoura-no Sayo fimè ( Soung phou Tso young phin), 
voulut l'accompagner , ce qu'il refusa ; lorsqu'il partit , elle monta sur une 
hauteur pour suivre ses vaisseaux des yeux, et fit des vers qu'on admira 
beaucoup. Saté fiko était le fils de Kana moura. 

Ce Daïri régna k ans, et mourut à l'âge de 75 ans. 



XXX. DAÏRI 氧天 5 飲 KIN MEÏ TEN 0. 

(De 540 à 571 de J. C.) 

Kin meï ten o (Kiiin ming thian houang) était fils de Keï taï et de l'impé- 
ratrice Te siro ka-no kwo gou ( Cheou pc hiang houang heou), fille du Daïri Nin 
ken. Il naquit après i'avénement de Keï taï au trône ; il était par conséquent 
frère utérin d'An kan el de Zin kwa. Il établit sa résidence dans le palais de 
Kana sasi-no miya (Kin thsu koung), à Siki sima (Ki tchhing tao) , dans le Yamato. 

A cette époque , des troubles désolaient le San kan ; les Sinra et les Kô- 
raï y étaient en guerre avec le Fiaksai et FAmana. Ces derniers ayant demande 
du secours au Japon , on leur envoya Kasiwadé-no omifatésou (し hen tchhin pa 
ti szu). Ce général partit pour le Fiaksaï, et fut assailli en mer par une forte 
chute de neige , qui l'obligea à prendre terre. Son fils, encore en bas âge, y fut 
dévoré par un tigre. Fatésou , furieux , suivit les traces de Fanimal pour sauver 
son fils. Arrivé dans les montagnes , le tigre sauta sur lui la gueule ouverte ; 
mais Fatésou y enfonça le bras gauche , empoigna la langue du tigre, et le tua 
avec le sabre qu'il tenait de la main droite , puis l'écorcha et emporta la peau. 

La 15 e année du règne de ce Daïri (552 ), le roi de Fiaksaï envoya une 
ambassade qui présenta à l'empereur une image du Bouddha 凸 iaka (Chy kia) \ 
des pavillons , un ten gai ( thian kai) 2 , et les livres classiques de la reli- 

(1) C'est le Bouddha JJJJofJJ^frJ S'âkya (2) ^ C'est le nom des parasols dont 
mounu 一 Kl. 1 empereur de la Qiine et les grands de là cour 



DES EMPEREURS DU JAPON. 35 
gion de Bouddha. Ces présens furent très-agréables au Daîrî. Le ministre 
Inamé (Tao mou) entreprit de lui persuader d'adorer ce dieu; mais Mono-no bè 
no Ogosi (Wë pou Wei yu) l'en détourna, disant : « Notre royaume est d'origine 
« divine, et le Daïri a déjà beaucoup de dieux à adorer ; si nous adorons ceux 
« des royaumes étrangers , les nôtres en seront irrités. » Intimidé par ce dis- 
cours , ie Daîri fit cadeau de Vimage à Inamé , qui de joie fit abattre sa maison , 
et construire sur remplacement le temple Koé ghen si (Hian? vuan szu) l ;iiy 
plaça l'idole, et lui rendit constamment son adoration : c'est de cette époque 
que date l'introduction de la religion de Siaka au Japon, et de ses temples 
nommés Ga ran ( Kia lan ) 2 . 

Bientôt après , toutes les provinces furent ravagées par la peste. Les conseil- 
lers de l'empereur attribuèrent ce désastre à l'image de Bouddha ; par consé- 
quent , son temple fut brûlé , et l'idole jetée dans la rivière Naniwa-no Fori yé 
(Nan pho Chu kiang) 5 . Le temple fut rebâti dans la suite. 

Le roi ae Fiaksaï envoya au Japon des savans très-versés dans Fexpiication 
des Go hio (Ou king) , ou cinq livres classiques des Chinois; un yeKi-no fakassi 
ou commentateur du ïivre Yeki (Y king) , un koyomi-no fakassi ou compositeur 
de calendrier , un kousou-no fakassi ou médecin , un kousouri wo mmrou mono 
ou botaniste , et une dixainc de siya mon (cha men) ou prêtres bouddhistes. 

Les royaumes de Sinra et de Kôraï manquaient souvent d'envoyer ïeur tri- 
but au Japon ; ie Dam dépêcha donc Odomo-no Sa té jiko (Ta pan Hiâ cheou 
yan) pour leur iaire la guerre. Saté fiko pénétra bientôt jusqu'à la cour du 
roi de Kôraï, qui s'enfuit ; tous ses trésors furent enlevés , et envoyés au pre- 
mier ministre Inamé. 

De là le générai japonais marcha contre les Sinra. Un de ses gens nommé 
Ikina (I khi no) tomba entre ïeurs mains ; ils lui promirent la vie sauve s'il se 
rendait. Ils tirèrent alors leurs sabres , et voulurent le forcer de se découvrir 
le derrière , de le tourner vers le Japon , et de s écrier : « Que le général japonais 
« baise mon derrière ! » Mais Ikina se retourna brusauement, et s,éèria : « Que 



se servent. Thian signifie ciel , et kaï, couvercle. 
— Kl. 

( 1 ) H existe encore un temple de ce nom à 
Bliyako. 一 Kl. 

(2) ^ ^ffd- C est le nom général des tem 

pies et couvens bouddhiques. Il est évidemment 
d*origine sanscrite; cependant je n ai pas encore 
pu retrouver son équivalent dans cette langue. 

Les Japonais adtneltent qu un temple com- 
plet doit se composer des sept pièces suivaales : 



1. Daï mon, la grande porte ; 

2. Zou ro, le pavillon où les cloches sont 
suspendues ; 

5. Fon do , le séjour de la divinité ; 

な. Ho so , la demeure du chef des prêtres ; 

5. Kio so, la bibliothèque; 

6. Zan mon, Fescalier par lequel on monte 
jusqu'au faîte ; • 

7 • Kouri , la cuisine. 一 Kl. 
(3) Cette nviere coule dans le voisinage d'O- 
saka.— Kl. 

5' 



56 ANNALES 

« le roi de Sinra baise mon derrière I » Aussitôt il fut massacré. Saté fiko sou- 
mit les Sinrâ en peu de temps. 

Dans la dernière année de son règne , ce Daïri , ayant été fort troublé dans 
la nuit par un rêve, fit construire , dans le district à'Oasa-no kôri (Yu tso 
kixm) de la province Bouzen (Foung thsian), un temple en l'honneur du dieu 
Fatsman-no daïsin l . Il bâtit de même pour le dieu Kamo-no miosin (Kia meou 
ming chin) un temple dans la province de Yamasiro (Chan tchhing ) y où l'on 
sacrifie encore à présent à cette divinité. 

Ce Daïri régna 32 ans , et mourut âgé de 65 ans. 

XXXI. DAÏRI 皇天 達 拳 走 BIN DATS TEN 0. 

(De 572 à 585 de J. C.) 

Bin dats ou Fin dats ten o (Min ta thian houang), fils de Kin meï, avait 
pour mère Isi fimé (Chy ki), ûlle du Daïn Zin kwa. A son avènement au 
trône, il nomma Mono-no bé-no Moriya (Wë pou cheou woj, fils de Mono-no bè- 
no Ogosi , régent de i empire , et Soga-no Moumako (Sou ngo ma tsu), fils de 
Soga-no Inamé , premier ministre. 

On reçut alors du pays de Kôraï une lettre écrite sur des plumes de cor- 
beau ; personne ne pouvait la lire. Osin ni (Wang chin ni) la tint sur la vapeur 
du riz cuit , ce qui humecta les plumes , de sorte que les lettres parurent ; 
il la pressa ensuite sur une pièce de soie, et par ce moyen on parvint à la lire. 

Bientôt après , le Daïri bâtit un nouveau palais à sa da (Y yu thian). On 
lui envoya du Fiaksaï et du Sinra plusieurs images de Bouddha et des livres 
de prières; mais quoiqu'il aimât la littérature chinoise , il ne favorisa pourtant 
pas la doctrine de Siaka. Son neveu Moumaya do-no osi ( Kieou hou houang tsu) 
et le premier ministre Moumako étaient très-attachés à cette religion. A cette 
époque , la peste reparut : Moriya , régent de l'empire , ayant appris que Mou- 
mako suivait la religion de Bouddha , représenta au Dain qu'il fallait ré- 
prouver cette doctrine. Ce prince y ayant consenti , Moriya alla au temple, 
le détruisit, fit abattre les chapelles et les tours, brûla î image de oiaka 9 et 
jeta les cendres dans les eaux du Naniwa-no Fori yé; il fit aussi arracher les 
vôtemens ecclésiastiques aux prêtres et aux religieuses , et les renvoya chez 
eux. Moumako en pleura et tomba malade de chagrin : il implora du Dain la 
permission d'adorer oiaka , comme l'unique moyen de rétablir sa santé ; il î ox>- 
tint pour lui seul. C'est ainsi que le culte de Bouddha fut derechef rétabli. 

(1) Ce dieu est nommé à présent Otua-no FaUman» d'après ce temple. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 37 
Ce Daïri régna 14 ans, et mourut à l'âge de 48 ans. D'autres prétendent, 
mais à tort, qu'il ne vécut que 24 ans. 

XXXII. DAÏRI 皇天 树 用 YOU ME I TEN 0. 

(De 586 à 587 de J. C. ) 

You MEÏ ten o (Young ming thian houang) était le guatrième fils de Kin meî. 
Sa mère Kata siwo jimé ( Kian yan yuan ) était fille de Soga-no Inamé. Dans la 
deuxième année de son règne , le Dam tomba malade ; ses serviteurs lui con- 
seillèrent de permettre le culte de Bouddha. Moriya et Nakatomi-no katsou 
oumi (Tchoung tchhing chin hai) voulurent s'y opposer ; mais Moumako leur 
dit que c'était l'ordre exprès du Dain , et que personne ne pouvait l'enfreindre. 
En dépit de Moriya , il fit venir le prêtre Fou kouk fots sin (Foung koué 
szu). Moumaya do-no osi, fils du Daïri , était rami intime de Moumako. 

You meï mourut bientôt après. Moriya proposa Anafabè-no osi (Hiuë soui 
pou houang tsu), frère cadet de ce prince , pour lui succéder. Moumako le 
rejeta, et le fit assassiner en secret , afin de favoriser les prétentions de Mou- 
maya do-no osi. Il leva ensuite ses troupes et attaqua Moriya , qui fut tué 
a un coup de flèche par Atomi-no Itsiji (Tsy kian Tchy cheou), et toute sa fa- 
mille fut détruite. 

Moumaya do-no osi, bâtit dans la province de Sets (Chë tcheou), le temple 
des quatre Rois du L»iel \ en reconnaissance de l'appui que Siaka lui avait prêté 
dans cette guerre. Il donna un mankokf (wan khingj - des biens de Moriya 
à Atomi-no itzi fi , et le reste à ce temple. 

Moumaya do-no osi, aussi nommé Siô tok taîsi (Ching të taï tsu) , naquit 
à côté d'une écurie; c'est de là que lui vint ce premier nom de Moumaya do, 
signifiant la porte (Tune écurie. Osi est le titre des fils du Daïri. On lui donna 

onces d,argent, ou dix mille kobans. Les reve- 
nus de tous les grands de Fempire , de même 
que des moindres employés , sont évalués sur 
te taux , comme on le peut voir dans le Yédo 
kagami (Kiang hou Jung), ou Miroir de Yédo, 
espèce d*almanach impérial, en quatre petits 
volumes, qui parait deux fois par an , et dans 
lequel on trouve les noms de tous les grands de 
l'empire , ainsi que ceux des autres employés, 
avec l'indication des revenus de chacun d'eux. 
一 Kl. 



(1) ^ 天 四 Si ten o (&u thian wang) 

ou les quatre rois du ciel , sont les quatre Mahd 
ràdjâ des Bouddhistes. 

Ce temple, situé dans le TOismage à'Osaka 
(Ta pan), est visité ordinairement par les am- 
bassadeurs hollandais qui passent par cette ville 
à leur retour de Yédo. 一 Kl. 

(2) Le mankokf (yf an khing) est de dix mille 
kokf (khing) ; le kokf est de trois ballots isi (chy) 
de riz; le ballot de riz est évalué à deux onces 
d*argent; ainsi le mankokf vaut soixante mille 



38 ANNALES 

encore les noms de Ziogoa taîsi ( Chang koung tai tsu) et de Ya mimi-no osi 
(Pâ eul tai tsu) , le Prince imperial à huit oreilles % parce qui! pouvait donner 
audience à huit personnes à-la-fois. Par la même raison , il eut également le 
nom de Toyo ké (Fung thsoung), qui a l'ouïe fine. Il refusa le trône l . 

XXXIII. DAÏRI 皇天 複 崇 SIOU ZIOUN TEN 0. 

(De 588 à 592 de J. C.) 

Siou ziouN ten o ( Thsoung siun thîan houang), frère cadet de Youmeï, 
lui succéda par l'appui de Moumako. Moumako se conduisit mal dans l'admi- 
nistration ; ce qui irrita fortement le Dam. Un jour on présenta à celiii-ci un 
sanglier ; dès quil le vit , il s écria en présence de Moumaya do-no osi : « Quand 
« pourra ト je abattre la tête à quelqu'un comme à cette bête! »Une des maî- 
tresses du Dairi, qu'il aimait beaucoup et qui était toujours avec lui, entendit 
ces mots ; l'empereur s'étant refroidi plus tard pour cette dame , elle alla , 
pour se venger, trouver Moumako , et lui dit : « Le Dain veut mettre quelqu'un 
« à mort comme le sanglier quon lui a donné ; で e quelqu'un, c'est toi. » Alors 
Moumako excita Yamato-no aya-no Alafi koma ( Toung han Tchy kiu) 2 , homme 
intrépide , à se glisser fixrtivement dans la chambre à coucher du Daïri et à 
le tuer, ce qui fut exécuté. 

Cet empereur na régné que 5 ans. 

Atafi koma épousa en secret Kawa kami fimé (Ho chang ki), fille de Mou- 
mako. Quand celui-ci en fut instruit, il en devint furieux , fit attacher cet 
homme à un arbre , le fit percer à coups de flèche, et finalement décapiter. 

Les guerres continuelles avec le Sankan obligeaient les Japonais de tenir 
constamment une armée sur pied dans le Tsoukouzi ; une partie iaisait la garde 
dans la capitale , et était relevée chaque année. Moumako envoya un courrier 



( 1 ) Kœmpfer nomme Sotoktaïs ce célèbre pro- 
pagateur de la religion bouddhique au Japon 
I] place sa naissanee au premier jour de la pre- 
miere lune de la 3 e année du Daîri Bin dats, 
c'est-à-dire, en 574 de J. C., et le fait mourir 
dans la 28 e année du Daîri Som ko , dans la 
な 9 e année de son âge. Mais d'après ce compte, 
il n f aurait vécu que 47 ans, ce qui est contraire 
à notre texte , qui lui donne également l'âge de 
な 9 ans , comme on le verra plus bas. 一 Kl. 

(2) Le nom de famille de ce personnage t 

もト ^ Toung han en chinois , et Yamato-no 



aya en japonais , montre qu'il descendait ac la 
famille impériale des Han orientaux , qui pa- 
raît s'être dispersée après la chute de cette dy- 
nastie. En effet , des membres de cette famille 
se réfugièrent au Japon ( voyez plus haut , 
page 21); d'autres avaient déjà cherché un asile 
en Perse, puis s'étaient retirés en Arménie. C'est 
dans ce Davs qu f ils s'établirent et fondèrent la 
famille des Mamigoniens , ainsi nommée de son 
auteur Mamkon. Voyez les excellens hemoires 
sur YÂrménie , par M. Saint-Martin , vol. II , p. 25 
et suiv. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 39 
avec la nouvelle de la révolution qui venait d'arriver, et manda en même temps 
qu'on n'avait pas besoin de l'armée , qui devait rester dans le Tsoukouzi. 

XXXIV. DAÏRI 皇天 古 推 SOUI KO TEN 0. 

(De 593 à 628 de J. C.) 

Soui ko ou Si ko ten o (Tchhoui kou thian houang), fille de Kin meï et 
sœur de You meï, avait épousé , à l'âge de dix-huit ans, son frère utérin 
Bin dats , et était par conséquent impératrice à ia mort de son mari. ï ou meï 
et Siou zioun étant morts si promptement l'un après l'autre , Soga-no Moumako 
invita cette princesse à monter sur le trône. Pour la persuader , il lui dit que 
Sin gou kwo gou , quoique régente de î empire , n'avait jamais été véritablement 
reconnue comme Dairi ; qu'à la vérité elle avait porté le titre de Kwo gou 
(Houang heou) ou impératrice , parce qu'elle s'était trouvée enceinte à la 
mort de son mari , mais quelle n'avait jamais eu le titre de Ten o. Ces raisons 
la déterminèrent, et elle accepta le gouvernement sous le nom de Soui ko 
ten o ; elle était alors âgée de 39 ans. Ce fut la première femme reconnue 
effectivement comme Dam. 

Elle adopta aussitôt son cousin Moumaya do-no osi, qui avait 21 ans , et le 
nomma régent de l'empire. Comme ce prince était l'ami de Moumako , il 
s'occupa avec lui d'établir dans le Japon la doctrine de Siaka , et de construire 
des ga ran ou temples bouddhiques , pour lesquels on fit venir de Sinra des 
prêtres instruits. 

Soui ko bâtit pour sa demeure le palais de Ko farou da-no miya (Siao khen 
thian koung). Moumaya do-no osi occupa le palais d' Ikarouga-no miya (Pan 
kieou koung). Il reçut de la province de Kai de superbes chevaux noirs en 
présent, dont il se servit tous les jours pour aller voir l'impératrice. Il in- 
terdit dix-sept choses , et établit parmi les officiers du gouvernement douze 
classes distinguées par douze espèces de bonnets de formes et de couleurs 
différentes 1 ; en voici les dénominations : 

1. Tax tok (Ta te) , grande vertu. 

2. Zio tok (Siao të), petite vertu. 

3. Taï nin (la jin), grande humanité. 

4. Ziao nin (Siao jm), petite humanité. 

5. Taï ré (Tai ii), grande politesse. 

(1) La plupart des auteurs japonais mettent cette circonstance dans la 1 I e année du règoe de 
Soui ko, 604 de J. C— Kl. 



な0 ANNALES 

6. Zio ré ( oiao 11 ) , petite politesse. 

7. Tai sin (Ta sin) , grande 101. 

8. Zio sin (Siao sin) , petite foi. 

9. Taï ghi (Ta i) , grande justice. 

10. Zio ghi (Siao i), petite justice. 

1 1 . Taï dzi (Ta tchij , grand savoir. 

12. Zio dzi (Siao tchi) , petit savoir. 

A cette époque , l'empereur Yô te ( Yang ti), de la dynastie de Zoui (Soui) , 
régnait en Chine. L'impératrice lui envoya en ambassade 1 no-no Imoko (Siao 
yé meï tsu) , avec une lettre rédigée par Moumaya do-no osi , et portant pour 
adresse : « Le Fils du Ciel du soleil levant au Fils du Ciel du soleil couchant , 
c salut ; » ce qui irrita beaucoup Yô te , qui trouva ce style très-malhonnête. 
Imoko , à son retour, fut accompagné d'un des grands de la Chine , nommé Faï 
zeï seï ( Feï chi thsing) ; il apporta une lettre de son maître , et fut logé 
à la cour et magnifiquement traité. Quand il retourna dans son pays , Imoko 
et Taka-no ki-no Kouro maro (Kao hîang Hiuan li) partirent avec lui : le premier 
revint bientôt ; l'autre resta trente ans en Chine pour y étudier les sciences. 

Le bruit courut parmi le peuple qu'à la mort du prêtre Nan gak Si dai kwa 
sio (Nan yo szu ta ho chang) 2 , son ame avait passé dans le corps de Moumaya 
do-no osi; que le Fots kwa kio (Fâ houa king), livre classique , l'un des prin- 
cipaux de la doctrine de Siaka, dont ce prêtre s'était toujours servi, existait 
encore sur le mont Nan gak (Nan yo)、 et qulmoko avait été envoyé pour le 
chercher. Cependant le Nipon ki (jy pen kî) > ou histoire du Japon, ne parle 
pas de cette circonstance. 

Bientôt après , la dynastie de Zoui (Soui) finit, et celle des Too (Thang) 
la remplaça. A cette occasion 9 Inoubamè-no Mita souki (lai chang Yu thian tsiao) 
fut envoyé en ambassade aux 1 hang. 

Moumaya do-no osi et Moumako rectifièrent Histoire des Dains avant Soui 



( 1 ) L'histoire de la Chine place cette ambas- 
sade dans la 20 e des années appelées &Àaï honang 
(600 de J. C.), sous le règne de Wen ti, de la 
dynastie de Soui. Thou chi en parle dans son 
Thoung tchi. « Le nom de famille du roi de Wo 

• (Japon), dit-il t était Àmei, et son nom To li 
m szu pi kou. Son nom honorifique est A pei 

• kimi, ce qui signifie enfant du Ciel. Son am- 
t bassade ne fut pas reçue f car la lettre de 
t créance qu'elle apporta commençait par les 

• mots : Le fils da Ciel de l'endroit oà U soleil se 



• lève , au fis du Ciel de T endroit où le soleil te 

• couche, talut. L empereur Wen ti, voyant ces 
« mots , n'en fut pas content t et dit à son ministre : 
« La lettre des barbares est impolie ; je n'en veux 
t plus entendre parier. > 一 A pei kimi est vrai- 
semblablement le terme japonais Âma kimi, sei- 
gneur du mel. 一 Kl. 

(2) ti est-à-dire , le prêtre bouddhique mé- 
ditant au Yô meridional. Cest le mont Heng 
chan, dans la province chinoise de Hou nan. 
— Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 41 
ko ten o, et composèrent l'histoire des premiers empereurs du Japon , intitu- 
lée Kou si fort gi (Kieou szu pen ki) ou Mémorial des affaires de Fantiquité. 

Moumaya do-no osi dirigea les affaires du gouvernement pendant 29 ans , 
et mourut avant de monter au trône , à l'âge de 49 ans. Il fut d'un caractère 
très-doux ; il s'abstenait de tuer aucun être vivant. Aux festins qu'il donnait 
aux grands , on ne servait que des végétaux , conformément à la loi de Boud- 
dha , dont il expliquait lui-même les livres sacrés. Il bâtit à Osaka le grand 
temple de Ten o si (Thian wang szu) et neuf autres. 

Passant un jour par Kata oka (Pian kang) , il aperçut un homme affamé et 
lui fit donner des habits et des alimens. Celui-ci lui adressa des vers , et mou- 
rut bientôt après : il fut enterré aux dépens de Moumaya do-no osi , qui , ayant 
lu les vers après ses funérailles , les trouva si bien faits , qu'il conjectura que 
l'auteur ne pouvait être un homme ordinaire. Il le fit déterrer ; mais on ne 
trouva plus le corps ; il ne restait que les vêtemens dans lesquels il avait été 
mis en terre. Plus tard, on a prétendu que cet homme était une incarnation 
de Mon zio (Wen chu ou Mandjousri); mais les prêtres de la secte de Zen ken 
(Chen kia) soutiennent que c était l'ame de Darma (Ta mo) l . 

Après la mort de Moumaya do-no osi, Moumako devint régent de l'em- 
pire. Il fut grand zélateur de la doctrine des Trois précieux 2 . Un jour, un 
prêtre ayant frappé son grand père d'une hache , Moumako proposa au 
Daïri de nommer un Sou zio (Seng tching) ou chef de prêtres , et de régler 
en même temps les rangs de ceux-ci. Il y avait alors au Japon 46 temples de 
Siaka , 816 prêtres , et 569 religieuses ; mais depuis ce temps, leur nombre 
s'est augmenté considérablement. 

Le prêtre Yè kwan ( Hoei kouon ) , venant du jvoraï , apporta au Japon la 
doctrine bouddhique San ron sio (San lung tsoung) ou des trois roues. 



( 1 ) Darma , ou plutôt Dharma ou Bodhtdhar- 
ma, vingt-huitième patriarche de la religion de 
Bouddha , était originaire de l*Inde méridionale, 
de la caste des kebatrias , et fils du roi de Ma- 
war. Il s'appela d'abord Bodhiana, et ne chan- 
gea son nom qu'après la mort de son maître 
Banneyadara, le vingt-septième patriarche , qui 
se brûla lui-même en 457 de J. C. Plus tard, 
Bodhidharma quitta llnde, s embarqua sur la 
mer du midi , vint à la uhme , et fixa sa de- 
meure sur le montiSoan^ > dans le voisinage de la 
ville de Ho nan fou ,ou il mourut en 495. Celte no- 
tice, extraite de l,Histoire des patriarches bouddhi- 
ques en chinois, ne correspond pas pour les dates 



avec le récit de Kœmpfer, qui dit, d'après les livres 
japonais : « Dans la 12 e année du règne du xxvn e 

• Daîri Keï tei (518 de J.C.), arriva en Chine le 

• célèbre prophète et apôlre Darma, qui fut le 3 e 
t fils du roi indien Kosiouwo, et le 28 e succes- 

• seur sur le saint siège de Siakà. Il venait de Si 

• Tensik (Si Thian Ichù ) , c esl-a-cure , le Pays cé- 
• leste de roccident. し est sous ce nom qu'on 
« désigne le con linen t de llnde t puisqu'il est 
t situé à louest de la Chine. > 一 Kl. 

(2) Les チレ San /oo (San pao) ou Trois 

précieux de la religion bouddhique , sont Boud- 
dha , la Loi et tÉgliie. 一 Kl. 

6 



42 ANNALES 

Moumako mourut après avoir gouverné l'empire pendant 55 ans depuis 
Bin dats. 

Soui ko régna 56 ans, et mourut après en avoir vécu 75. 

XXXV. DAÏRI 皇天 铒舒 ZIO MEÏ TEN 0. 

(De 629 à 641 deJ. C.) 

Zîo meï ten o (Chu ming thian houang) était petit — fiis de Bin dats et fils 
d'Osi saka Jiko fito-no osi (la pan yan jin houang tsu). Lorsaue l'impératrice 
Soui ko était à Farticle de la mort, elle voulut lui céder i empire ; mais il ne 
put accepter, n'ayant pas encore été déclaré Taf5i (Taitsu). /àmasiro-no o (Chan 
peï wang) , fils de Siâ tok taïsi , ambitionna également le trône ; cependant 
l'impératrice , après avoir consulté Soga - no Yémisi ( Sou ngo Hia i ) , fils de Mou- 
mako , choisit Zio meï pour successeur. 

Ce Daïri résida dans le palais à'Oka moto-no miya (Kang pen koung) , dans le 
pays diAsouka (Feï niao). Après son inauguration , il envoya une ambassade à 
la Chine , sous la conduite à y Inoukami-no Mida souki ( Kniuan chang San thian 
thsiao), qui à son retour amena avec lui Ko jio sin (Kao piao jin), envoyé de 
l'empereur de la grande dynastie de Thang. Le Daïri expédia une barque à 
Naniwa (Nan pho) pour le recevoir, et à son aepart il le fit escorter jusqu'à 
l'île de Tsou sima (Toui ma) l . A cette époque , i,empereur Too-no Taïzô kwo et 
( 1 hang tai tsoung houang ti) régnait en Chine 2 . 

Le Sankan se soumit alors à cet empire ; mais la paix ne fut point troublée. 

On observa à cette époque plusieurs comètes ; des ouragans aflreux et 
de fortes et longues pluies dévastèrent le pays. Le Dam fit venir au palais le 
prêtre Yè on (Hoei yn), pour expliquer le livre bouddhique Mou ri ou zio kio 
(Wou liang cheou king) 5 . 



(1) JS^^jr Tsou sima , en chinois 

Toai ma iao (ile des Chevaux ODposés ) , est le nom 
d'une grande île siluée entre la Corée et le Ja- 
pon, et qui appartient à ce dernier pays. 一 Kl. 

[ 2) L'histoire de la Chine raconte i issue de 
cette ambassade toul autrement. Elle la met dans 
la 5 e des années Tching kouan, ou 651 de J. C. 
A cette époque, l'empereur Tai tsoung des Thang 
envoya Kao jin piao (et non pas Kao piao jin , 
comme écrivent les Japonais) , ancien mandarin 
de Sin ichéou, au Japon , pour assurer le roi de ce 
pays de sa bienveillance, et lui olhir toute sorte de 



bons offices de sa part. Kao jin piao sembarqua , 
et arriva au Japon après une navigation de plu- 
sieurs mois. Il se disputa sur le cérémonial avec 
le roi de ce pays, ne remplit pas les ordres de 
son maître, et retourna en Chine. Depuis ce 
temps , on rompit toute communication avec le 
Japon. 一 Kl. 

(3) 

cheou) , ou ceiui dont la durée de la vie est 
immense ; cest la traduction chinoise d'une des 
epithètes du dieu Àmidâbka , vulgairement ap- 
pelé Àmiia. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 43 
Sous le règne de ce Daïri commença l'usage de régaler les prêtres dans le 
palais impérial ; od nomme ces fêtes zai ou joki. Ce prince allait de temps 
en temps à Arima ( Yeou kian), dans la province de Sets, pour y prendre des 
bains chauds. 11 visita de même les eaux thermales de la province Iyo ; il 
chassait par-tout. 

Il mourut après un règne de 13 ans. 

XXXVI. DAÏRI ê 天極き KWO GOK TEN 0. 

(De 642 à 644 de J. C. 

Kwo gok ten o (Houang ky thian houang) était arrière-petite -fille de 
Bin dats, petite-fille d'Osi saka Fiko fito no osi, fille de Tsinoa - no o (Meou thing 
wang) , et veuve de Zio meï y auquel elle succéda. 

Après son inauguration , elle bâtit à Àsouka ( Feï niao ) , dans la province de 
Yamato , le palais d7/a biouki-no miya (Pan kaï koung). Soga-no Yemisi fut pre- 
mier ministre. Les San kan envoyèrent des ambassadeurs chargés de présenter 
des complimens de condoléance pour la mort de Zio meï , et des félicitations 
sur Favénement de Kwo ffok. 

A cette époque , il y eut une grande sécheresse : î impératrice ordonna des 
prières dans tous les temples des génies tutélaires du pays , pour obtenir de la 
pluie ; Yémisi prescrivit la même chose dans ïes temples bouddhiques ; mais 
ces supplications ne furent point exaucées. Alors l'impératrice alla sur les 
rives du Minami bousi gawa (Nan yuan tchhouan ) , et y sacrifia aux fo (Szu 
fang) ou quatre points cardinaux , et au ciel. Il tomba aussitôt une pluie abon- 
dante pendant cinq jours : tout le peuple en fut réjoui , et l'empire retentit 
des cris de ban si (wan soui) ou dix mille ans, âge qu'on souhaite au Daïri. 

Le premier ministre Soga-no Yémisi aevint fort orgueilleux : il fit construire 
à Kadzoura ki (Ko tchhing) , pour son père Moumako , un tombeau pareil à ceux 
des Daïri s , et y établit de même des chants et des danses. Son nls Irouka 
(Jy lou), quoiqu'il n'en eût pas le droit, gouverna le Japon avec encore plus 
d'orgueil que le père ; aussi fut - îi extrêmement haï de tout le monde , et on 
lui donna le sobriquet de Koura-no foukouri (Ngan thso , c'est-à-dire , le Sellier). 

Yémisi , étant très-malade , lui remit de sa propre autorité le gouvernement, 
et lui donna le chapeau de pourpre mourasaki-no kamori (tsu kouon ) , marque 
d'honneur attachée à l'emploi de premier ministre ; ce qui porta l'orgueil 
dlrouka hors de toute borne. 

YamasirxHio o, fils de oio tok taïsi, était haï par Irouka. Celui-ci ordonna 

6* 



kk ANNALES 

à son son serviteur Kosé-no Toko fasi-no mourasi (Kiu chi Te thou Szu lian) de 
l'attaquer, et de détruire son palais d* Igarouga-no mija(Pan kicou koung). Mitso 
nari (San tchhing) , homme très-brave et serviteur de Iamasiro-no o, en vint 
aux prises avec Mourasi, le vainquit, et mit en fuite les troupes dlrouka. 

Yamasiro-no o , craignant l'issue de ce eombat , fit porter beaucoup d'osse- 
mens de chevaux dans son appartement , quitta son épouse et prit la fuite , 
pour se cacher dans le mont / koma yama (Tan kiu chan), accompagné de 
Miwa-no kimi (San lun kiun) et de Ta-no me mourasi ( Thian mou lian ). 

Kosé-no Toko fasi-no mourasi assembla d'autres troupes , marcha de nou- 
veau contre le palais d'Igarouga-no miya , et y mit le feu. Comme on trouva beau- 
coup d'ossemens dans les cendres , et que le palais avait été investi de tout côté , 
Kosé-no en conclut que Yamasiro-no o avait péri dans les flammes , et se retira/ 

Miwa-no kimi conseilla à Yamasiro-no o d'assembler une armée dans la pa ト 
tie orientale de l'empire ; il le refusa , disant : « La dispute est entre moi et 
« Irouka : si je me tiens tranquille , la paix sera conservée ; mais si ,e commence 
« la guerre, beaucoup de monde perdra la vie. » Quatre ou cinq jours après, 
Irouka apprit que son ennemi existait encore , et il envoya des troupes de 
tout côté pour le prendre ; alors Yamasiro-no o vint en secret d,I koma yama à 
l'endroit où avait été son palais , et chargea Miwa-no kimi de porter à Irouka 
ce message : « 01 je voulais te iaire la guerre, certainement je te vaincrais; 
« mais cela ferait penr trop de monde; je préfère me rendre à toi, pour que 
« tu fasses de moi ce que tu voudras. » 

Après le départ de ce message , il donna la mort à sa femme , à ses enfans , 
et se tua lui-même. Il était fils de Sio tok taisi, nommé pendant sa vie Mou- 
maya do-no osi, et ainsi très-proche parent du Daïri. Après sa mort, l'orgueil 
dlrouka s'accrut encore , ce qui le fit détester généralement. On observa à 
cette époque plusieurs événemens extraordinaires. 

Le premier mois de la deuxième année de son règne (643), l'impératrice 
voulut conférer à Naka tomi-no Kamatari (Tchoung tchhin Liang tsou ) la charge 
de Sin ghi fak ( Chin khi pë ) ou grand sacrificateur d,Izé ; mais il s'en excusa 
sur sa mauvaise santé, et se retira à Mi sima (San tao). 

Karou-no osi ( King houang tsu) , frère cadet du Daïri, fut attaqué de la 
goutte , ce qui le retint constamment chez lui. II était très — lié avec Kamatari y 
qui venait le voir souvent ; il lui donna sa maîtresse la plus chérie en ma- 
riage , parce qu'il le regardait comme un homme d'une très-grande probité 
et d'un courage à toute épreuve ; en conséquence, Kamatari dit un jour aux 
domestiques de Karou-no osi : « Votre maître est un bon seigneur ; je desi- 
« rerais pouvoir l'éleyer au trône, pour lui montrer ma reconnaissance de ce 



DES EMPEREURS DU JAPON. な 5 

« qu,il m,a donné sa maîtresse. » Karou-no osi, ayant appris ce discours, en fut 
très-satisfait. 

Naka-no oyé-no osi (Tchoung ta hioung houang tsu ) , uis de Zio meï ten o, 
fut de même un homme de grande probité. Kamatari, mécontent de larro- 
gance dlrouka , mais n'étant pas en état de s'y opposer , avait déjà cherché 
depuis long-temps , parmi les parens du Daïri, un homme de courage pour le 
punir; il ne connaissait pas encore Naka-no osi. Près du temple de Fokosi (Fâ 
hing szu) il y avait un arbre de l'espèce nommée tsou ki (kouei) \ sous lequel 
Naka-no osi s'amusait souvent au jeu de paume : Kamatari l'y rencontra un 
jour; il arriva que la balle de Naka-no osi tomba; Kamatari la ramassa , et la lui 
présenta avec politesse ; il l'accepta de même. Depuis ce temps , ils se lièrent 
d'amitié. 

Tous les amis de Naka-no osi étaient suspects à Irouka. Il y avait alors un 
savant, nommé Nami bouké sen sei (Nan yuan sian seng), qui enseignait les pré- 
ceptes de la secte des lettrés. Naka-no osi et Kamatari assistaient souvent à 
son cours , chacun un livre à la main , et misant semblant de lire en se pro- 
menant ; mais ils se consultaient entre eux sur le meilleur moyen de se déiaire 
dlrouka. Le résultat de leurs conférences fixt qu'ils avaient besoin d'un 
concours nombreux d'amis pour une entreprise aussi dangereuse. 

Kamatari conseilla à Naka-no osi d'épouser la fille de Soga-no Koura yamata 
maro ( Sou ngo Tsang chan thian ma liu ) , homme d'un grand courage ; il y con- 
sentit, et Kamatari alla conclure les arrangemens de ce mariage. 11 rechercha 
en même temps l'amitié de Sa iki-no ko maro ( Tso pë tsu ma liu ) et de Katsoura 
ki-no Tsouna da (Ko tchhing Kang thian) , qui étaient deux hommes intrépides. 

Irouka ignorait que tant de braves conspiraient contre lui. Il avait lait cons- 
truire une nouvelle maison plus belle que celle de son père Yémisi , et à 
laquelle itdonna le nom de Kio mon (Koung men ) ou Porte du palais : elle était 
entourée d'une muraille comme un château, et contenait plusieurs apparte- 
mens remplis d'armes ; de tout côté on y avait établi des réservoirs d'eau en 
cas d'incendie. Irouka donna à son fils et à sa fille le titre d'Osi (Taï tsu), qui 
n'appartient qu'aux enfans d'un Daïri. Quand il sortait, il avait toujours une 
suite nombreuse de gardes qui marchaient le sabre nu à la main. 

trompé en traduisant tsou ki par palmier. Les Chi- 
nois connaissent encore un autre arbre kouei ; 
mais ils y ajoutenl le mot fan, et le nomment 
fan kouei, ou kouei des haies. Son écorce , trem- 
pée dans î eau , donne une encre très-noire et 
indestructible. 一 Kl. 



(1) Je d ai trouvé nulle part des renseigne- 
mens satisfaisons sur l'arbre tsou M, appelé en 

chinois kouei mou. Les dictionnaires 

chinois disent que le bois de cet arbre est propre 
à faire des arcs ; il doit donc être bien dur , et 
c'est pourquoi je crois que M. Titoingh s'est 



矗 



46 ANNALES 

Le 1 er jour du 6 e mois de la 5 e année du règne de l'impératrice (6M), 
tout fut prêt pour l'exécution du complot contre Irouka. Naka-no osi dit à 
Yamata maro qu'aussitôt que le tribut de San kan serait offert au Daïri , il le 
chargerait de lire la lettre et la liste des présens , ce qui fournirait l'occasion 
de tuer Irouka; Yamata maro promit d'obéir. 

Le 12 du même mois, l'impératrice entra dans la salle d'audience Taîgok 
den (Tai ky tian ). Kamatari y sachant qu,Irouka, qui se défiait de ses propres 
domestiques, portait jour et nuit un sabre, ordonna à toutes les personnes 
présentes de quitter leurs sabres. Irouka, en remettant le sien, dit d'un air 
moqueur : « C'est à moi que Kamatari en veut ; mais comme il nose enjoindre 
c à moi seul de me désarmer, il ordonne la même chose à tout le monde. » 

Naka-no osi avait donné l'ordre aux gardes du palais d'en fermer les douze 
portes aussitôt que Yamata maro commencerait à lire , et de ne laisser entrer 
ni sortir personne; il fit assembler dans une cour extérieure les gens de la 
suite des ministres , les y régala , et se tint derrière la salle d'audience armé 
d'une longue pique ; Kamatari avait son arc et ses flèches. Il fit porter par 
son serviteur Katsou maro à Sa iki-no Ko maro et à Katsoura ki-no Tsouna da , 
une cassette contenant deux sabres , et leur prescrivit de s'en servir pour tuer 
Irouka ; mais la peur les retint. Yamata maro lisait lentement : parvenu â-peu- 
près à la ûn de la lettre , une sueur froide mi couvrit le corps ; il attendait 
en balbutiant le moment où l,on attaquerait Irouka. Celui-ci , qui commençait 
à concevoir des soupçons, lui demanda la cause de son agitation ; Yamata 
maro répondit que la présence du Daïri rintimidait. 

Naka-no osi s'apercevant de la frayeur de Ko maro et de Tsouna da , se 
montra, et leur ordonna de punir Irouka : à Fiustant ils lui portèrent des coups 
sur la tête et les bras. Irouka se leva ef&ayé ; mais Ko maro lui coupa une jambe, 
ce qui le fit tomber. Il inclina la tête à terre , et demanda à l'impératrice de 
quoi il était coupable. Cette princesse , très-épouvantée , demanda à Naka-no 
osi la cause de ce tumulte. Celm-ci lui dit à l'oreille qu'Irouka avait massacré 
les parens du Daïri , que son orgueil était au comble , qu u régnait en Daïri , 
qu'il aspirait au trône , et qu'il fallait le punif de ces attentats. L'impératrice 
se leva , guitta la salie , et se retira dans un autre appartement. A l'instant 
Ko maro et Tsouna da coupèrent la tête â Irouka. Comme les pluies abon- 
dantes avaient rendu la terre autour du palais très - humide , on couvrit le corps 
de nattes et on le mit à Fabri , jusqu'à ce qu'on pût l'emporter. 

Soga-no Yémisi était très-malade en ce moment : Naka-no osi se retira avec 
le Dain et tous ses parens dans le temple de Fokosi ( Fa hing szu) , qu'il fit en- 
tourer d'un retranchement ; puis il envoya le corps d'Irouka à son père , et 



DES EMPEREURS DU JAPON. 47 

donna ordre au grand général Kosi-no tok (Chi të) de l'attaquer. La moitié des 
genstluDaïri étaient près de prendre le parti de Yémisi ; mais Kosi-no tok leur 
fit demander s il y avait quelque exemple qu'un Dairi eût cédé son pouvoir à 
un rebelle : alors tous abandonnèrent Yémisi , qui aussitôt fut mis à mort. Ses 
trésors et tout ce qu'il avait de précieux périt dans 1 incendie de sa maison, 
qui devint la proie des flammes. 

Comme les journaux et les archives des premiers Dams du Japon étaient 
déposés chez le régent, il s'en perdit une grande partie dans cette occasion. 
Tsoune-no foufito (Tchouan szu) en sauva queloues-uns des flammes, et les 
donna à Naka-no osi, auquel l'impératrice voulut céder 1 empire ; mais il le re- 
fusa, pour ne pas en priver son frère aîné Fourou fito - no osi (Kou jm houang 
tsu). Kamatari présenta pour Dairi leur oncle Karou-no osi , qui ne constentit 
pas non plus à accepter cette dignité , et proposa Fourou fito. Celui-ci ayant 
été très-lié avec Irouka , fut très-peiné de sa mort ; et pour ne pas accepter la 
dignité qu'on lui offrit, il se rasa la tête et se fit religieux. Karou-no osi fut 
alors élu Dam sous le nom de Ko tok ten o. Dans la suite , Naka-no osi monta 
sur le trône, sous le nom ûe Ten tsi ten 0; Kamatari fut régent. C'est le pre- 
mier exemple qu'un Dam ait abdiqué l'empire. 

XXXVII. DAÏRI 氧天傯 孝 KO TOK TEN O. 

(De 645 à 65 な de J. C.) 

IJ^ A ^ Tai kwa (Ta houa) , de 645 à 649, 
^ 白 Fokoutsi (Pë tclii) , de 650 à 65 な. 

Ko tok ten o était frère cadet de ^impératrice Kwo gok ten o, qui, après la 
mort dlrouka, avait résigné en sa faveur. Aux audiences qu'il donnait aux grands 
de l'empire , deux ofliciers Odomo-no Naga toko (Ta pan Tchang të) et Inouga- 
mi-no Takepé (Ta chang Kian pou) , se tenaient à sa gauche et à sa droite , un 
peu en avant du trône , ayant à la main un sabre nu et monté en or. Il ho- 
nora du nom de Koasofo^no mikoto (Houang tsou mou tsoung) , sa soeur, qui 
lui avait cédé le trône , et déclara Naka-no oyè-no osi son successeur. 

Abè-no koura-no Fasi maro fut nommé Sadaïsin (Tsota tchhin) ou ministre de 
la gauche, et Soga-no koura Yamata maro eut la place d'Oudaisin (Yeou ta tchhin) 
ou ministre de la droite. Ces deux emplois furent créés à cette époque : Kama- 
tari devint Nadaisin (Nei ta tchhin ) \ et obtint la permission de porter un 

(1) Ily avait autrefois au Japon quatre mi - tchhin) : le premier était le g チ )^走 え 
nistres portant le titre de 臣 ^ Daï fin (Ta Dai sio iaï sin, ou le grand qui dirige l'adminis- 



48 ANNALES 

bonnet brodé ; on lui assigna des revenus considérables , et on le choisit pour 
régent de l'empire , en récompense des services qu'il avait rendus par la mort 
d'Irouka. Dans la suite , le Dam lui accorda le chapeau de pourpre , et aug- 
menta encore ses revenus. 

Taka noki-no Kouro maro (Kao hiang Hiuan li) et Zobin (Seng min) étaient 
deux des savans de la cour les plus renommés ; ils avaient fait leurs études 
en Chine. 

Ko tok ten o , en montant sur le trône , introduisit le premier au Japon l'u- 
sage des nengo (nian hao) ou titres honorifiques des années du règne des em- 
pereurs. Il nomma les premières années du sien Tai kwa (Ta houa). Il divisa 
l'empire en huit provinces , et régla le rang de tous les officiers du gouverne- 
ment , qu'il distingua par dix-neuf sortes de bonnets de formes et de couleurs 
différentes, d'après leurs rangs. Il résida dans un palais qu'il avait fait nou- 
vellement construire sur le promontoire Toyo saki (Fung khi) , à Nagara 
(Tchang ping) , dans le voisinage de Naniwa. 

La 2 e des années Tai kwa (646), le 1 er jour du 1 er mois, il fixa les jours 
des grandes audiences de la cour l . Il établit , dans toutes les provinces de 
l'empire , des magistratures , des barrières et des relais de poste , dmsa le pays 
d'après les montagnes et les rivières , plaça des gouverneurs dans chaque 
province, et fixa le salaire des porteurs. Il nomma des chefs dans les districts 
et les villages , et le premier fit enregistrer le nombre des maisons et des 
habitans de chaque lieu , les impôts à payer et le produit des terres. Il in- 
troduisit les revues de l'infanterie et de la cavalerie ; il ordonna de prendre 
dans chaque centaine de familles une belle femme pour le service du palais. 
Tous les ans il envoyait un officier dans chaoue province pour examiner la 
conduite des gouverneurs. Il fit aussi construire des magasins et des arsenaux. 



tration ; c'est ce que nous appellerions le prési- 
dent du conseil des ministres. Immédiatement 
sous lui se trouvaient les trois autres Daï sin, 

dans l'ordre suivant : le g Sa daï sin 

(Tso ta tchhin ) ou grand de la gauche , le 

g •J^ ( J^T 。 u お " n ( Yeou ta tchhin ) , 

grand de la droite , et le ^ 夫 内 Na daï 

sin (Nei ta tchhin) , grand de l'intérieur. Les 
mêmes emplois existent encore aujourd'hui , 
mais sous d'autres dénominations : le président 

du conseil est appelé Daï tio kokf 



(Ta siang kouë) , et les trois autres jj^ ま 

Sa so kokf (Tso siang kouë) , jfap Ou 

so kokf (Yeou siang kouë) , et g Na sin. 
Pour 國相& kokf (Siang kouë), on dit 

aussi l|3-^^ So fou (Siang fou). 一 Kl. 

( 1 ) Cette féte est appelée par excellence le 
grand jour de cérémonies. A la cour du Daîri , elle 
porte le nom de 3 no faï, et à celle du Siogoun , 
celui d*Oré. Les cérémonies durent à présent 
trois jours , qu'on nomme pour cette raison 
hwan sait. ~ Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. な 9 

COudaïsin Soga-no koura Yamata maro fut chargé de l'avertir de toutes 
les fautes qu 11 pourrait commettre dans le gouvernement. Ce fut lui qui in- 
venta et introduisit en grande partie l'étiquette qu'on observe encore à la cour; 
Naka-no oyé-no osi et le régent Kamatari lui conseillèrent toutes ces mesures. 

La 5 e des années 7 ai kwa (649), mourut le Sadaïsin Abé-no koura-no Fasi 
maro. 

Dans la même année y Soga-no Fiouga (Sou ngo Jy hiung), frère cadet de 
rOudaism Soga-no koura Yamata maro, ayant informé le Dain que son frère aîné 
tramait une conspiration , l'empereur envoya des gens armés à sa demeure 
pour le mettre à mort. Yamata maro , quoiqu'il lût innocent , tua d'abord 
sa femme et ses enfans ; puis il se donna la mort. Dans la suite , lorsque son 
innocence fut prouvée , son irere Fiouga fut exilé en Tsoukouzi , qui alors 
était un pays sauvage et désert. 

Kosè-no tok ( jmu chi të ) fut fait Sadaism , et Odomo-no naga tok ( Ta pan 
tchang te) Oudaïsin ; ils eurent le chapeau ae pourpre l . 

L'année suivante (650), on envoya de la province de Nagato (Tchang men) 
au Dain un iaisan blanc ; ce qui fut juge d un heureux presage. Le Dairi en fut 
très-content , et manda toutes les personnes de sa cour pour leur montrer cet 
oiseau. La pompe fut ce jour-là aussi brillante qu'au jour de l'an. On plaça le 
faisan dans une chaise à porteurs : ainsi élevé en l'air , quatre personnes le pro- 
menèrent de tout côté , puis le portèrent à l'appartement du Dam , où il fut 
reçu par le Sadaïsin et l'Oudaisin , qui le lui présentèrent. A cette occasion , 
le nengo fut changé en Fakoutsi, qui veut dire Faisan blanc. Le prince de 
Nagato fut avancé en rang d'un degré , et les prisonniers furent mis en liberté 
aans tout l'empire. 



(1) De la même année date rétablissement 
des 

省 /\^ Fats siâ (Vbl seng) , ou huit admi- 
nistrations ou ministères. Ce sont : 

1. ^^中 Tsiou iâ-no siâ ( Tchoung 
wou seng) , la direction générale centrale ; 

2. ぶ, 式 Sik bou-no siâ ( Chy pou 

seng) , la direction legislative et de l'instruction 
publique ; 

3. ^ "恥 喜 ià (Tchi pou 
seng), la direction générale de î intérieur ; 

4. ! Min boa-no siâ (Min pou 



seng) , la direction des afiaires du peuple ou 
de la police générale ; 

5. ^ Jt^ Fio bou no siâ ( Ping pou 

seng) , la direction générale de la guerre; 

6. ^ i^^lj Ghio bou-no siâ (Hing pou 

seng) , la direction des affaires criminelles ; 

7. 省裔 大 Oo koura siâ (Ta thsang 
seng) , la direction générale du trésor; 

8. jf^ y Koû naïno siâ (Koung nei 
seog), le ministère de la maison de l'empereur. 



7 



30 ANNALES 

La 2 e des années Fakoutsi (651 ), le Daïri fit faire une image de Bouddha , 
haute de seize pieds , d'après laquelle on grava mille autres images de cette 
divinité. Il assembla dans son palais deux mille et cent religieux et religieuses , 
chargés d'y lire les livres de la loi de Bouddha. A cette occasion , la cour fut 
Uluminée de deux mille sept cent lanternes. 

La lC des années Fakoutsi (655), le Daïri envoya Kiso-no osani (Ky szu tchang 
tan), à la tête d'une ambassade y kKozo kwo té (Kao tson^houang ti), empereur 
de la Chine , qui la reçut en audience solennelle. Plusieurs prêtres japonais 
accompagnaient cette ambassade ; parmi eux se trouvait Zio yè ( Ting hoei ) , 
fils de Kamatari \ qui depuis fonda le grand temple de la montagne de Fafour 
no miné-no kai san (To wou fung khax chan ) , dans le Yamato 2 . 

Les royaumes de oin ra , de Kôraï et de Fiaksaï faisaient parvenir tous les 
ans des présens à la cour ; mais c'était peu de chose : le Daïri en fut mécon- 
tent. En même temps , on lui annonça qu*un envoyé de Sin ra, vêtu de l'habit 
chinois , venait d'arriver dans le Tsoukouzi ; l'empereur , irrité , le renvoya , 
parce quil n'observait pas les usages du Japon. Kosé-no daisin avait conseillé 
de le punir de mort. 

Ko tok ten o mourut après un règne de 10 ans ; savoir , 5 ans du nengo Tai 
kwa , et 5 de celui de Fakoutsi. 

XXXVIII. DAÏRI ま-天 明 齊 ZAÏ MEÏ TEN 0. 

(De 655 à 661 de J. C.) 

Zaï mkï tkn (Thsi ming thian houang ) fut le nouveau nom honorifique 
do i un [Oratrice Kwo gon ten o, quand elle reprit , â la mort de Ko tok ten o, le 
goiiveriiemont qu'elle lui avait cédé. C'est le premier exemple dans l'histoire 
(lu Japon que la m6mc personne ait occupé le trône pour la seconde fois. Naka- 
no oyé-no osi resta Taisi on prince héréditaire. Sur sa proposition , l'impéra- 
trice transporta sa résidence de Naniwa au palais Itaboaki-no miya , dans le dis- 
trict Asouka du Yamato. Une énorme quantité de rats et de souris y arrivèrent 



( 1 ) Zio yi n'était point le fils de Kamatari; 
il avait pour père Ko tok teno: celui ci , avant de 
devenir Daïri , porta le nom de Karou-no osi. Il 
avait alors une maîtresse qu il chérissait beau- 
coup , et qui se trouvait enceinte; U 1q don- 
na à Kamatari , et lui dit : « Si elle accouche 
« d,un fils , tu le garderas ; si c'est d'une fille , 
« tu me la rendras. » ― Kl. 



( 2 ) Les temples les plus considérables au Ja- 
pon sont : le Ni ko, où se trouvent les sépultures 
des Siogoun de la présente dynastie ; puis les 
temples de Founominé, Koya, de Fiko san et de 
Yosi no. Ils ont chacun une administration par- 
ticulière ; mais en cas de réparations, les Irais 
sont à la charge du oiogoun. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 61 
de Naniwa en même temps ; alors Zal meï ten o quitta le district d'Asouka , et 
alla résider dans le palais d'Oka moto-no miya (Kang pen koung) dans la pro- 
vince d,Oomi. Le Nadaisin Kama tari fut régent de l'empire. 

La 4 e année (658), en hiver , l'impératrice se rendit avec le prince héré- 
ditaire aux eaux thermales de la province de Kiï-no koutii. Le palais resta 
sous la garde' de Soga-no Akayè (Sou ngo tcnhy hioung). Pendant l'absence 
de rimpératrice , cet officier se plaignit k Anma-no osi ( Yeou ma houang tsu ) , 
fils de Ko tok ten o, de la manière dont l'empire était gouverné. Celui-ci 
croyant roccasion favorable pour une révolte et animé par les discours de 
Soga-no Akayé , le consulta sur les moyens de i,exécuter. Soga-no Akayé , qui 
n avait eu d'autre but que ae 1 éprouver, l'excita encore davantage ; mais ayant 
eu la précaution de faire investir sa demeure , il donna l'ordre de l'arrêter , et 
l'envoya prisonnier dans le Kmo (Ki tcheou). Le prince impérial , chargé de 
l'interroger , découvrit ses mauvaises intentions et le fit étrangler à Fougi siro 
saka (Theng taï pan) , à l'âge de 19 ans. Quelques auteurs disent qu'il se pen- 
dit , d'autres qu'il fut pendu à la branche d'un sapin , à Ifa dai ( Yan tai ) 
dans le iuzio , et que peu de momens avant sa mort il fit des vers. 

Le grana général Abé*no Firafou (A pou pi lo fou) fut chargé , dans le cou- 
rant de l'année , d'une expédition contre le royaume ^ Asifase-no kouni (Su 
chin kouë) l . Il y prit deux grands ours en vie , et obtint soixante-dix peaux 
d'ours. Ce royaume était situé dans le nord et en Tatarie. Abé-no Firafou 
passa avec plusieurs vaisseaux armés chez le^ Yémisi (ou Aînos de Iéso) qu'il 
subjugua totalement ; puis il revint au Japon. Du temps de Yamato také-no 
mikoto ou ïe Prince des guerriers du Japon , le Iéso avait déjà été soumis à 
l'empire ; mais ses habitans s'étaient constamment révoltés : Firafou s'en rendit 
entièrement maître , et y établit une place d'armes , pour tenir le pays en 
respect. 

La 5 e année (659) , Saka aki-no Sinouno (Pan ho chy pou) et Tsoumori^no 
Yorosi (Ism cheou ky thsiang) furent envoyés en ambassade en Chine ; ils 
avaient plusieurs habitans de Iéso à leur suite. A l'audience qu'ils obtinrent 



ou chin kouè en chinois. 



け) 阔饯蕭 
et, d'après la prononciation japonaise , SiH sin 
kokf, signifie mot à mot, pays ou royaume des 
respectueux et des attentifs : mais il ne faut pas 
faire attention au sens que les caractères chinois 
peuvent avoir; ils ne sont ici que la transcription 
de Djonrdjè , qui est le nom ancien et primitif 
de la nation appdée de nos jours les Mandchous. 



Ce même mot Djourjdê a élé ensuite écrit de 
cette manière en chinois : Jou djin, 

et Jon djy. Il ne faut pas que le 

caractère soit prononcé ici niu, mais ゾ ou. 

Les Japonais appellent dans leur langue les Sou 
tchin Asifase , ce qu'on pourrait tiaduire par 
ceux qui marchent à pied. 一 Kl. 

1 



52 ANNALES 

chez l'empereur Ko zo kwo té (Kao tsoung houangti) des grands Too (Thang), 
ce monarque s'informa d'abord de la santé de l'empereur du Japon , puis 
de l'état intérieur de l'empire ; ensuite il se fit donner des détails sur le Iéso. 
Les gens de ce pays lui offrirent des arcs , des flèches et des peaux de cerf. 

Le 9 e mois de la 6 e année (660), un ambassadeur de iaksaï apporta la 
nouvelle que le roi de Sin m, aidé par les Chinois , avait attaqué dans le 7* 
mois le roi de Fiaksa! , et l'ayait iait prisonnier avec toute sa cour. Fouksin 
(Fou sin), général des Fiaksaï , s'étant sauvé seul Y avait rassemblé dans le même 
mois de nouvelles troupes pour se défendre. L'ambassadeur pria î impéra- 
trice de créer roi de Fiaksaï ïe fils du roi prisonnier, lequel se trouvait en 
otage au Japon, et de lui donner une armée pour reprendre ses états. Elle y 
consentit , le nomma roi ae Fiaksaï, arma une flotte , et voulut raccompagner 
jusqu'à Naniwa. Naka-no oyé no osi fut chargé du gouvernement pendant son 、 
absence. Il ordonna de recruter dans toutes les provinces : du seul district de 
Sima - no kori (Hia kiun), dans la province de Bitsiou, arrivèrent yingt mille 
hommes ; ce qui valut k ce lieu le nom de Ni manrfio sato ( Eul wan niang) 
ou les bourgs des vingt mille. 

Au printemps de l'année suivante (661) , l'impératrice mit k la voile avec 
le roi de Fiaksaï. D'abord elle jeta l'ancre dans la province lyo (Iyu); ensuite 
à Asakowra (Tchhao tsang) , dans la province Tosa \ rhou thso )• Il y avait là 
un temple près duquel étaient des arbres sacrés que l'impératrice fit abattre , 
parce qu'on manquait de bois pour lui élever une residence. Le dieu du temple, 
irrité de cette action , fit écrouler l'édifice qu'on venait de construire , et 
qui dans sa chute écrasa beaucoup de monde. 

L'impératrice mourut le septième mois de la même année , dans le palais 
d'Asa koura. La première lois elle avait régné 3 ans et demi , et la seconde 
7 ans ; son règne fut donc en tout de 10 ans. Kwo gok et Zaï mef sont par con- 
séquent des noms différons du même Daïrf. On trouve bien, dans quelques 
auteurs japonais, que le 36 e et le 38 e Daïri ont été deux personnes dis- 
tinctes ; mais c'est une erreur; la différence n'existe que dans le nom que la 
même impératrice prit à son second avènement au trône. 

XXXIX. DAÏRI ë 天智天 TEN TSI TEN 0. 

(De 662 à 672 de J. C.) 

Ten tsi ten o ( Thian tchi thian houang) , fils de Zio meï ten o , succéda 
à sa mère. Il porta d'abord le titre de Naka-no oyé-no osi (Tchoung ta hioung 
houang tsu), puis celui de Katsoura ki-no osi (Ko tchhing houang tsu ) Y enfin 



• DES EMPEREURS DU JAPON. 55 

eelui de Firaki wakè-no osi (Khaï py houang tsu). Nakatomi-no Kamatari, qui 
avec son aide exécuta l'entreprise dangereuse contre Irouka, avait, pendant les 
règnes Kotok et Zai meï, porté le titre de Taïsi. 

Dans la 6 e année du règne de Zaï meï (660), les Chinois et les peuples 
de Sin ra avaient attaqué les Fiaksaï (Pë tsi) ; Fouksin, général de ceut-ci , 
était venu comme ambassadeur au Japon pour demander du secours, l. impé- 
ratrice Zaï meï l'avait accompagné avec beaucoup de troupes , et était descendue 
à Asa koura (Tchao tsang) , dans le Tosa. Tensi taïsi , qui administrait alors 
les affaires militaires, y fit construire dans les montagnes l'habitation impé- 
riale de Kouro ki (Hë mouj , la salle d'Asa koara-no ki marou tonou 9 ainsi que le 
château fort [seki ) de Karou kaya (Hi hian ). 11 y étahlit la police la plus sévère ; 
tous ceux qui y arrivaient étaient examinés ; on prenait leurs noms et prénoms 
par écrit. Zaï meï, qui était avec le nouveau roi, se prépara , le 7 e mois de 1^ 
même année (661), à mettre à la voile d'Asa koura avec une grande armée pour 
ce royaume. Elle y mourut au grand regret de son fils, qui , quoique déjà 
parvenu au trône , porta long-temps le deuil. 

Le 8 e mois , le Dain expédia au secours du roi de Fiaksaï aes troupes formi- 
dables , bien armées et munies de provisions, sous les ordres des deux géné- 
raux A tsoumi-no Firafou [A tan pi lo fou ) et de Kawa bé-no Moroyé ( Ho pian pë 
tchi). 

Le 9 e mois, il fit partir Fôsiô (Fung tchang), fils du roi de Fiaksaï, avec 
cinq mille hommes commandés par Fada-no yé itsi takoatsou ( Thsin pko fou 
thian). Aussitôt que Fôsiô fiit arrivé au Fiaksaï , Fouksin vint chez lui , le 
reçut avec le plus grand respect , et le proclama roi de Fiaksaï avec les forma- 
lités observées à rinauguration de ses ancêtres. Ce pays , quoique envani 
alors par les Chinois et les din ra, était resté toujours tributaire du Japon 
et lui envoyait des otages. 

Aussitôt que le deuil de sa mère Zaï meï fut fini , Ten tsi ten o retourna 
dans le Yamato. 

L'année suivante (6b2) , le Dain envoya k Fôsio, roi de Fiaksaï, un présent 
qui consistait en 300 pièces d,étoffes, 150,000 flèches, 500 livres de soie, 
1,000 livres de coton, 1,000 peaux tannées et 1,000 sacs de riz. 

Dans la même année, les om ra et les Chinois attaquèrent le royaume de Ko- 
rai , qui demanda du secours. Le Dain fit partir aussitôt beaucoup de troupes : 
des trois généraux de Tcnnemî , Zingasiou (Jin ya siang) mourut de maladie , 
Fokoutaï (Phang hiao taï) fut tué , et Soteïfou (Sou ting fang ) , ayant tâché vai- 
nement de prendre la capitale de Kôraï, a ou il fut repoussé avec une perte 
considérable , retourna dans son pays. 



54 ANNALES - 

; L'année suivante (663) , une grande flotte , portant beaucoup de troupes 
pourvues de vivres et d'armes , fut expédiée pour le FiaEsa! , afin de conquérir 
le Sin ra. A cette époque , Fôsiô , mécontent de Fouksin , le fit mettre à mort. 
Il n'était pas encore en état de marcher contre les Sin ra, lorsque ceux-ci ratta- 
chèrent. Les généraux cninois Zonzinsi (Sun jin szu), Riouzingouan ( Laeou jin 
youen) et Riouzinki (Lieou jin kouei), rassaillirent par terre et par mer. Le 
dernier débarqua , avec cent soixante-dix vaisseaux de guerre , à Fakôkô ( Pé 
kian kheou), tomba sur l'armée japonaise y qui n était pas assez forte pour 
résister, la prit par les deux flancs et la battit. Un grand nombre de Japonais 
périrent dans l'eau : Fada-no y itzifakoutsou , leur général , enragé de sa déiaite 
et grinçant les dents , tua un grand nombre de Chinois , puis il s'ôta la vie. 
Le roi de Fiaksaï semuit chez les Kôraï ; les restes de l'année japonaise re- 
vinrent accompagnés de beaucoup d'habitans de Fiaksaï , dont quatre cents 
des deux sexes furent envoyés , par ordre du Dam , dans le district de Zin sen 
gqri (Chin thsian kiun) dans la province d!Oomi (Kin kiang ) y et plus de deux 
mille dans le Kwan to ( Kouan toung) l . 

Quelque temps après, l'empereur de la ihine envoya un ambassadeur 
nommé Riou tok ko (Lieou të kao) pour rétablir la paix. Deux ambassadeurs 
japonais, Mori kimono oyé ( Cheou kiun ta chy) et Sakabé-no yesi tsoumi (Pan 
pou chy tsy) , allèrent trouver à cet effet Ko zo kwo té ( Kao tsong houang ti) , 
empereur des grands Thang; ils furent reçus favorablement 9 et revinrent. 

Dans la suite on bâtit plusieurs châteaux dans le pays de Tsoukouzi , pour 
y tenir des soldats en garnison ; on construisit aussi la forteresse de Taka yasou 
no siro (Kao ngan tchhing) dans la province d'Yamato , et une autre dans le 
Sanouki ( Tsan khi), appelée Ya sima siro (Wô tao tchhing). 

oix ans après la mort de Zaï meï ten o , sa sépulture fut reconstruite. Ten 
tsi ten o, n'ayant pas encore été proclamé Dairi, n'avait jusqu'alors gouverné 
que comme Taïsi ; cette année-ci , il établit sa cour i Siga (Tsu ho), dans la 
province d'Oomi , où son inauguration eut lieu au 1 er mois du printemps 
de la 7 e année (668). 

Le Na daïsin Nakatomi-no Kamatari étant très-malade dans l'hiver de la 8* 
année (oo9), le Daïri alla le voir, et lui demanda ce quil desirait ; il répon- 
dit : «t Une mort douce et des funérailles simples. » Le Daïri , de retour dans 



^ |^ Kwan to ( Kouan toung), ou le 

pays à l'est des barrières , est le nom. quon 
dopne à la contrée qui se compose des pro- 
vinces actuelles de Mousats, Sagami, Awa, Ka- 
dzouza , Simoosa , Fitats , Kootsne et Simotské. 



On l'appelle aussi j^^J^SaAa tâ (Pau toung), 

ou le pays à l'est du boulevart ; car ancienne- 
ment ou avait séparé ces provinces de celles qui 
en sont à l'ouest par un boulevart, dans lequel 
on avait pratiqué des barrières. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 55 
son palais , envoya son frère cadet Ten boa ( Thian wou) lui annoncer qu'il 
avait été créé Na daïsin , avec le titre de Daïsio kwan (Ta chy kouan ), et honoré 
du nom héréditaire de famille Fousiwara (Theng yuan ) , qui était celui du lieu 
de sa naissance. Kamatari mourut bientôt après, âgé de 50 et suivant d'autres 
de 56 ans , au grand regret du Daïri , qui vint chez lui pour y pleurer sa mort. 

Gomme Ten tsi ten o aimait les sciences , radministration des affaires pu- 
bliques et celle de la justice furent , sous son règne , établies sur des bases ré- 
gulières et stahles : on l'honore encore aujourd'hui comme un des plus grands 
princes qui aient régné au Japon. 

Le 1 er jour du 1 er mois de la 10* année de son règne (671 ), qui est la 
8 e (sin wei) du cycle de soixante , il créa Taï zio daïsin (Tai tching ta tchhin) 
son fils Otomo^no o$i (Ta fan houang tsu) 9 qui fiit le premier revêtu de cet 
emploi eminent. Le Daïri traça en même temps un nouveau plan d'adminis- 
tration , et nomma Soga-no Akayè ( Sou ngo tchhy hioung ) Sadaïsin , et Nakar 
tomi-no Kana mourazi ( Tchoung tchhin kin lian) Oudaïsin. 11 adopta aussi son 
frère cadet Ten boa, qui avait épousé sa fille Zi to (Chy thoung). La femme 
de son fils Otomo-no osi, nommée To itsi-no osi (Chy fou houang niu), était 
fille de Ten bou. Otomo-no osi aimait les sciences , avait beaucoup de discern 
nement, et composait des vers. Il était généralement chéri et respecté ; mais 
Ten bou le craignait. 

Au 1 e mois , le Daïri , étant très-malaae , fit venir Ten bou. Quand celui-ci 
fat arrivé, Soga - no yasou maro (Sou ho ngan ma liu) lui conseilla de peser 
soigneusement ses paroles avant de répondre au Daïri : ce prince lui annonça 
qu'il sentait les approches de la mort, et qu'il desirait mettre ordre aux 
a&aires ; Ten bou répondit qu'étant d'une constitution très-faible , et ayant 
l'intention de se faire religieux, il priait le Daïri de nommer Otomo son suc- 
cesseur. Sa demande lui fut accordée , on lui rasa la tête dans un temple 
bouddhique , et le Daïri lui fit cadeau d'un kesa (kia cha) 1 ou écharpe de 
religieux. Il quitta aussitôt l'Oomi , et partit pour Yosi no (Ky ye) 2 ; tous les 
grands raccompagnèrent jusqu'à Oa tsi (Yu tchi). Le bruit courut alors que 
Ten bou, retiré à Yosi no , y méditait quelque mauvais dessin. 

Otomo - no osi se livra, depuis cet événement, à toute sorte d'excès , et fit les 
promesses les plus éblouissantes au Sadaïsin Soya-no Akayé , à l'Oudaisin 

( 1 ) Le kesa est une écharpe de pourpre que 
les prêtres portent sur les épaules en-dessus de 
leurs vêtemens. Cette partie de rhabillement des 
prêtres bouddhistes est nommée en tubétain 
snam sdhjar, et en mongol kercha tahan. 一 Kl. 



(2、 rJb Yosi no (Ky yé), ou la Plaine 

heureuse, est le nom d'un district de la province 
de Yamato,an pied delà montagne Yosi noyama, 
ou Kin bou san, célèbre par ses templet boud- 
dhiques. 一 Kl. 



56 ANNALES 

Nakatomi-no Kana mourasi , et à tous les grands de l'empire , qui se mirent 
dans son parti. 

Ten tsi ten o mourut le douzième mois, après un règne de 10 ans, à l'âge 
de 46 , ou, suivant d'autres , de 58 ans. On prétendit qu'il était allé à Yama 
sina ( Chan kho ) , d'où il était monté au ciei ; car on ne le revit plus dans son 
palais , et l'on retrouva ses pantoufles à Yama sina ; c'est pourquoi on y cons- 
truisit son misaziki (ling ) ou tombeau. 

Dans l'année Jin chin du cycle de soixante (672), Otomono osi, méditant 
aejà sur le moyen de mettre Ten bou à mort , Favait invité à venir de Yosi 
no à son palais dans FOomi. Cette invitation affligea beaucoup To itsi, épouse 
d'Otomo , et elle écrivit à son père un billet qu'elle lui fit parvenir dans 
ie ventre d'un poisson. Ten bou l'ayant iu, fut consterné : il fit venir Moura 
kouni-no Oyori (Tsun kouë Nan i), et l'informa de la trame ourdie contre sa 
vie par les hauts fonctionnaires dans l'Oomi ; il le chargea d'assembler inces- 
samment des troupes dans la province de Mino (Meï noung) , d'occuper le 
aefilé de Fouwa (Pou pho) l y et de s'y maintenir jusqu'à ce qu'il vînt le re- 
joindre ; il envoya aussi Otomo-no Sima (Ta pan Tchi mo) au gouverneur de 
Yamato , pour lui demander du secours , qui lui fut promis. Alors le prince 
auitta sa demeure à Yosi no et monta à cheval ; sa femme fut portée dans un 
palanquin (norimon) ; ses deux fils, Kousa kabé-no osi (Thsao py houang tsu) et 
Isousi bi-no osi (Jin py houang tsu), suivirent à pied avec vingt domestiques 
mâles et aix servantes : une vingtaine de chasseurs se joignirent à eux sur la 
route ; ils rencontrèrent cinquante chevaux chargés de riz qu'on envoyait de 
la province d'Izé à la cour; ils s'en emparèrent , jetèrent le riz de côté, et 
montèrent tous à cheval. 

Etant sur la route de la province de Yamasiro , Ten bou fut blessé à Fimpro 
viste dans le dos par une flèche , sans qu'on pût découvrir d'où elle était par- 
tie; c'est pour cette raison que, dans la suite , ce lieu reçut le nom de Ya sé 
(Chi pei) ou Flèche au dos. Ten bou se retira alors avec sa troupe dans les 
montagnes ; et comme ses gens y suspendirent les selles des chevaux , on 
donna à la montagne où ils étaient campes le nom de Koura ma yama (Ngan 
ma chan ) , ou des Selles de chevaux. 

De là ils marchèrent vers Oo no (Ta yé) 2 . La nuit survint, et ils ne purent 
trouver leur chemin par les montagnes : ils démolirent donc une maison , se 
servirent de pieux de sapin en guise de torches , et arrivèrent heureusement 
dans riga. Une centaine d'hommes étaient venus se joindre à eux quand ils tra- 

( 1 ) Dans la province de Mino , à la frontière ( 2 ) Capitale de ilga. 一 Kl. 
de ceUe (ïOomi. 一 Kx. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 57 
versaient ces montagnes , et le gouverneur de la province d,Izé Miyaké-no mou- 
rosi (San tsë lian) vint à leur secours avec plus de 500 hommes, pour garder 
le passage de Souzou ka seki (Linglou kouan). 

Koaï no o si (Kao fou houang tsu) et Otsou no osi (Ta tsin houang tsu) , deux 
fils de Ten bou , détenus en otage à la cour dans l'Oomi , s'enfuirent et vinrent 
rejoindre leur père dans l'Iga et l,Izé, où il était accouru de loin pour implorer, 
sur les bords de la grande rivière (0 gawa-no fen, Ta tchhouan pian), l'appui 
de la divinité Ten sio daisin. 

Moura kouni-no Oyori lui ayant conseillé de garder avec 5,000 hommes le 
défilé de Fouwa (Pou pho) , dans la province de Mino , Ten bou suivit 
cet avis , et y envoya son fils Koaï-no o si. En même temps il dépêcha des cour- 
riers dans le Tôkaïdo (Tounghaï tao) et dans le Tôsando (Toung chan tao ) 1 pour 
exciter ces contrées à la guerre , tandis que lui-même resta avec son épouse 
dans le district de Kouwana-no gôri (Sang ming kiun), dans la province d,Izé, 
Quelques auteurs prétendent que Ten bou fut battu dans plusieurs endroits 
par les troupes d'Otomo-no osi , par exemple, à Yosi no-no Kousou fKy ye Kouë 
thsao ) , dans la province de Sima, et à Souno mata ( Tcheou kou), dans le 
Mino ; mais ces assertions sont peu vraisemblables , puisque l'histoire intitulée 
Nipon ki ne les confirme pas. 

Ten bou laissa sa femme à Kouwana et se porta sur Fouwa. 5 siïsa ko oe-no 
Souki tsouri (Siao tsu pou Thsou tiao), gouverneur de YOwari (Weï tchang ) , 
y vint à son secours avec 20,000 hommes. Ten bou envoya alors son fils Koaï 零 
no o si à Wa ni (Ho tsan) pour commander Farinée, et resta à No garni (Ye chang). 

Ofa-no Fou kési (Ta pan Tchhoui fu), vaillant guerrier, vint du Yamato au 
secours de Ten bou ; il attaqua l'armée d'Otomo , la battit à différentes re- 
prises , et peu s'en fallut qu'il ne poussât jusqu'à son palais dans l'Oomi. 
Otomo envoya beaucoup de troupes contre lui , mais sans succès ; elles furent 
forcées de se retirer. Moura kouni-no Oyori , grand général de Ten bou , mar- 
cha en même temps avec des forces considérables pour surprendre FOomi. Il 
avait donné à chacun de ses soldats une marque rouge pour qu'ils pussent se 
reconnaître. A Iki naga (Szu tchhang) et à Yoro gawa (Koueng tchhouan ) , il en 



(1) 潘 海 東 TâkaïJo (Toung haï tao) 
ou le Chemin oriental de la mer, et 

Tôsando (Toung chan tao), le Chemin oriental \ 
montagnes , sont les noms des sept grandes con- 
trées dans lesquelles l f empire japonais est divisé. 
Elles se trouvent dans la partie orientale de la 




grande île de Niphon. Le Tâkaïdo comprend 
quinze provinces , savoir : Iga , lté, Sima , Owari, 
Mikawa, Tootomi , Soaronga , Idzou, Kaï, Sa- 
garni, Mousasi, Awa, Kadzouza , Simoosa et Fi- 
tats. Le Tôsando se compose de huit provinces • 
qui sont : Oomi, Mino, Fida, Sinano, Kootské , 
Simoiskè, Moûts et DewiL 一 Kl. 

8 



58 ANNALES 

vint aux mains avec les troupes d,Otomo , commandées par Sakaï bé-no Kon- 
souri ( King pou Yô ) , qui fut blessé. Dans une seconde bataille donnée à To 
k(hno yama (Niao loung chan ) , Fada-no Tomotarou (Thsin Fan tsoû), autre gé- 
néral des troupes d'Otomo , perdit la vie. Une troisième fut livrée à Yafou 
gawa (Ngan ho ) ; Sen sima (Thsian tao ) , le chef de la milice , y fut fait pri- 
sonnier. Ten bou marcha alors en toute hâte avec son armée sur Séta ( Chi 
to); Otomo y vint à sa rencontre , et un combat terrible s'engagea : le bruit 
des tambours et des cymbales était épouvantable; les flèches tombaient comme 
la grêle. Isi son (Tchi thsoun) , général en chef d'Otomo , ayant fait de vains 
efforts pour s'opposer aux fureurs de rennemi , fut tué. Otomo , déiait , fut 
forcé de prendre la fuite avec les restes de son armée. Moura kouni-no Oyori 
l'atteignit à Awatsou(Soii tsin) , où le combat commença de nouveau ; Isoukafi- 
no mourazi ( Khiuan yang lian ) et Tani-no Siwotè ( Ku fan cheou ) , généraux 
d'Otomo , ainsi que ce qui lui restait de troupes , y perdirent la vie. Otomo , 
nayant plus d'espoir , se sauva dans les montagnes 9 ou il s'étrangla; il était 
âgé de 25 ans. On lui coupa la tête, qui fut portée à Ten bou. 

Koaï-no o si vint au palais d,Oomi, et y jugea les coupables. L'Oudaïsin 
Nakatomi-no Kana mourazi fut mis à mort , et le Sadaïsin Soga-no Akayé et 
les autres furent exilés. Ces troubles eurent lieu dans l'année o72. 



XL. DAÏRI 炱天ぁ 天 TEN BOU TEN 0. 

(De 672 à 686 de J. C.) 
風 白 Fakfô (Pë fang) , de 672 à 685 , 

^ Zutsiô (Tchu niao ), 686. 

Ten bou ou Ten mou ten o (Thian wou thian houang) 9 frère cadet de Ten 
tsi ten o , ayant heureusement terminé la guerre contre Otomo-no o si , vint 
d'ize auYamato , y bâtit le palais Kiyo mi bara-no miya (Thsing kian yuan koung), 
et fut proclamé Dain. Il récompensa tous ceux qui lavaient secouru, et donna 
aux années de son règne le nom de Fak fo ( Pë fung) , le Phénix blanc. 

Des ambassadeurs arrivèrent de Sin ra et du Kôraï pour le complimenter 
sur son avènement au trône. 

La 2 e des années Fak fô (673), on fit la première copie du livre boud- 
dhique Tai zô ghio (Ta thsang king). • 

La 3 e année (67 め , on trouva de l'argent 】 dans l'île de Tsoa sima (Toui 

(1) On lit dans Fhistoire du Japon intitulée ten o, de l'argent Uanc lui fat offert le 7 # jour 
Ni pon ki : La 3 e année du règne de Ten bod du 3* mois , par Osi Oumi-no miya Tsouko o 




DES EMPEREURS DU JAPON 59 
ma tao); on i,offirit auDaïri. C'est le premier qui ait été découvert au Japon. 
Cet empereur donna , le premier mois de chaque année, des fêtes auxquelles 
des hommes et des femmes chantaient et dansaient dans l'intérieur du pa- 
lais. Le 15 du même mois , les grands de Fempire lui présentèrent du bois à 
brûler [kamaghi). Le dernier jour du 6 e mois , il institua des sacrifices (forifi ) 
pour détourner les maux et implorer du bonheur. Il institua aussi le pèle- 
rinage Dai sioô ye (Ta tchhang hoei ) et d'autres fêtes, régla tout ce qui con- 
cernait les sacrifices et les cérémonies, et distribua tous les offices de l'empire 
en quarante-huit classes, distinguées par la couleur et la broderie de leurs 
habits. 11 introduisit aussi l'usage des noms de famille parmi le peuple. 

Dans la 13 e des années Fakfô (684) , il y eut un tremblement de terre 
terrible ; les montagnes se fendirent , les rivières débordèrent dans toutes les 
provinces ; un grand nombre de bâtimens du gouvernement , de magasins 
impériaux , de temples et de tours s'écroulèrent ; beaucoup d'hommes et d'ani- 
maux périrent par ces désastres : les sources chaudes de la province dlyo 
tarirent ; dans la province de Tosa, plus de 50,000 acres de terrain et de 
terres labourables furent submergés et engloutis par la mer ; une île s'éleva 
subitement près de la province dldzou. Plusieurs autres événemens extraor- 
dinaires arrivèrent sous le règne de ce Daîri. 

Ten bou mourut le 9 e mois de la l w des années du Zu tsio (686) , après avoir 
régné 1 o ans ; savoir, 24 ans avec le nengo Fak fâ, et un an avec celui de Za tsio. 

XLI. DAÏRI 皇天 統持 SI TÔ TEN 0. 

(De 687 à 696 de J. C.) 

Si tô ten o (Tchi thoung thian houang) , fille de Ten tsi et épouse de 
Ten bou , 1 avait accompagné pendant la guerre dans Flzé , et était revenue 
ayee lui dans le Yamato. Elle avait partagé avec ce Dairi les soins du gouverne- 
ment ; elle s'en chargea à sa mort. Ten bou avait nommé son fils Kousa kabé- 
no o si ( Thsao py houang ti) prince héréditaire , quoiqu'il fît plus de cas de 
son fils Otsou-no o si (Ta tsin houang tsu ) , qui à ses connaissances et à ses 
grandes qualités réunissait le talent d'un poète distingué. A la mort de 
son père , celui-ci se révolta ; mais il tut aussitôt arrêté et tué , par ordre de 



Ârooni, prince de Tson sima* Kj est la première lois 
quon ait exploité des mines de ce métal dans 
Fempire. Le prince reçut un nouveau titre en 
récompense, et le Dairi distribua l'argent en 



partie aux temples , pour le service des dieux , 
en partie aux grands de la cour. C*est de cette 
époque que date l'usage de l'argent au Japon. 
—Kl. 

8. 



60 ANNALES 

Si tô ten o et de Kousa kabé-no o si. Avant de mourir , il fit quelques vers pour 
déplorer sa fin prématurée , car il nayait que 24 ans. 

Trois ans après , Kousou kabé-no o si mourut âgé de 28 ans. 

L'année suivante ( 691 ), l'impératrice Si tô fut proclamée Daîri , et les 
grands de l'empire lui offrirent les insignes de l'empire, A cette occasion , 
tous les prisonniers furent relâchés , et ceux qui avaient été bannis de la ca- 
pitale et de la province de la cour, eurent la permission d'y revenir. Dans la 
capitale , plus de cinq mille vieillards reçurent chacun vingt bottes de riz 
on épi , et l'on distribua du riz en grain aux pauvres et aux malades. 

Koaî-no o si fut nommé Taisio daïsin (Ta tebing ta tchin), Tanji-no sima 
(Tan pi tao) fut créé Oudaïsin, et des promotions eurent lieu parmi les offi- 
ciers des huit ministères. L'impératrice conféra aux filles des Daîris le titre 
de Naï sin o ( Nai tsin wang) , qu'elles portent depuis ce temps ; les servantes 
des Daîris furent également avancées en grade. 

Tous les ans , l'impératrice iaisait un voyage à Yosi-no. Une fois elle voulut 
aller à Izé ; Miwa-no Koai maro ( San lun Kao fou ma liu ) tâcha inutilement 
de l'en détourner. Pendant le temps qu'elle y resta , elle diminua les impôts 
des provinces d,Iga, d'Izé et de 。ima, et fit distribuer du riz aux gens âgés' 

Dans la suite, elle bâtit le palais Fousiwara-no daïri (Then yuan nei li), 
où elle résiaa. A la mort de Koaï-no o si , elle consulta ses ministres sur le 
choix d'un 1 aisi. Katsoura no o ( Ko ye wang) proposa Karou-no o ( Kho iieou 
wang), fils de Kousa kabé-no o si; l'impératrice , étant tombée malade 9 lui 
ceaa l'empire , après avoir régné 1 1 ans. Karou-no o prit le titre de Mom mou 
ten o ( Wen wou thian houang ) , et l'impératrice to reçut à son abdica- 
tion le titre de Taî zio ten o (lai chang thian houang ) l . Des Daîris avaient 
précédemment aussi abdiqué le trône ; mais elle fut la première qui , à cette 
occasion , reçut le titre de Taï zio ten o. 

XLII. DAÏRI 氧天^ ^ MON MOU TEN O. 



Nengo 




( De 697 à 707 de J. C.) 
大 Taî f oo (Ta pao) , de 701 à 703 , 

Kii wonn (Khing yun) , de 70 な à 707. 




Mon mou ten o (Wen wou thian houang ) , petit-fils de Ten bou et fils de 

(1) ^^ナ ト ふ , ou le très-élevi sou- prennent quand ils renoncent à la possession 
verain céleste , est le titre que les Daîris 一 



DES EMPEREURS DU JAPON. ( 61 

Kousa kabé-no o si , étant devenu Daïri (en 697), épousa Fonsiwara-no Miyako 
fimè (Then yuan Koung tsun yuan ) , fille de Fousiwara-no Fonjira (Theng yuan 
Pou pi teng) , fils de Daï zio kwan ( Ta chy kouan ) , nommé depuis Tan kaï ko 
(Tan haï koung). 

L'année suivante (698), Mon mou ten o exila Yen-no Sio kok (Yû Siao kiô) 
dans une île de la province d'Idzou. Ce Sio kok , aussi nommé Yerv-no Ghio sia 
( Yû Hing tche ) , pratiquait la magie à la montagne Katsoura ki san ( Ko tchhing 
chan ) , dans le Yamato. On disait qu'il commandait aux esprits , qui , d'après ses 
ordres, arrêtaient et garrottaient quiconque refusait de lui obéir. Il sédui- 
sit Kan kok-no Firo fan>a(Han kouë Kouang tsou) , qui l'avait pris pour maître : 
lorsque le Daïri en fut informé , celui-ci fut aussi arrêté et banni; mais quel- 
ques années après , il obtint la permission de revenir. 

La 4" année du règne de ce Daïri (700), le fameux prêtre bouddhique Do 
seo (Tao tchao) mourut : son corps fut brûlé ; ce fut la première fois qu'on pra- 
tiqua cet usage au Japon. Dans sa jeunesse , Do seo était allé étudier en Chine; 
à son retour , il vécut dans le temple de Kiwan gô si ( Yuan hing szu). Il avait 
parcouru tout le Japon , rendu plusieurs rivières navigables , et bâti aes ponts. 
C'est k lui qu'on doit la construction de celui d'Où zi basi (Yu tchi khiao), dans - 
le Yamasîro, Ce fut le premier prêtre bouddhique qui fit de semblables choses. 
Dans la même année , Fousiwara-no Foufira rédigea , par ordre du Daïri , un 
recueil de lois divisé en six sections , et un code pénal en dix ; ces deux ou- 
vrages ont été encore très^stimés dans les temps postérieurs. 

Le 1 er du mois de la 1" année du nengo Taïfoo ( 701 ), le Daïri se rendit à 
la salle Daï gok den (Tai ky tian) , et fit placer en face de la porte du palais des 
bannières avec des figures d'oiseaux. On arbora du côté gauche la bannière 
du soleil , celles du dragon bleu ( génie qui preside à la partie orientale 
du ciel ) et de Foiseau rouge ( génie qui preside au sud ) ; la bannière de 
la hme, ainsi que celle du guerrier noir ( génie qui préside au nord) , et du 
tigre blanc ( génie qui préside à l,occiaent ), furent placées à droite A - Le 
Daïri donna ses audiences aux grands de rempire et aux ambassadeurs étran- 



(1) Pour comprendre ce passage, il faut sa- 
Yoir que le s^^w Li ki ou livre des rites ad- 
met quatre constellations qui président aux 
quatre poinU cardinaux du inonde, savoir : sur 

le devant ou au sud , le Tchu niao , oi- 

seau rouge; derrière ou au nord, le 



Hinan won, guerrier obscur et merveilleux ; k 
gauche ou à lest , le Thing loung, le 

dragon bleu ; et à droite ou à l'ouest , le 
Pë hou, tigre blanc. 一 Voyez Li お 

ta ihswnan , édition de 171/ ; chap. Khin li, 
kiv. I, fol. 52 recto. 一 Kl. 



62 ANNALES 

gers à gauche et à droite de ces bannières; ce cérémonial a été observé dans 
la suite à toutes les grandes fêtes de la cour. 

Dans le même mois, le Daînagon 1 Ofait-no Mighio (TapanYu hing) mourut; 
le Daïn lui donna après sa mort le titre d'Oudaisin. Ce fut le premier exemple 
d'un rang supérieur accordé à UEf défunt. 

A la 2 e lune, le 54 e jour du cycle (Ting tsu), une assemblée solennelle 
eut lieu dans le Daï gak rio ( Taï hiô liao ) , la salle de la Grande Doctrine. 
Ce fut la première fois que des discours fiirent prononcés en public, et qu'on 
sacrifia à Confucius (Kô si). Le Daîri ordonna que cette fête serait célébrée 
chaque année , au printemps et en automne. 

Le 5 e mois,, ce prince fit présent à Awaia-no Mabito (Sou thian Tchin jin) 
d'une épée, et l'envoya y accompagné d'un grand nombre d,offîciers, en am- 
bassade à la Chine. 

Le 7 e mois, le Sadaîsin Taaziji-no sima (To tchi pi tao) mourut, âgé de 
78 ans. 

Le 2 e jour du 10* mois (de la 2* année, 702), rimpératrice douairière 
Taï zio ten o Sito alla dans la province de Mikawa (San ho) ; elle revint 
le 11 e mois au Yamato, et mourut le 12 e mois. 

Le 1 er mois de la 5* année (705), toutes les cérémonies d'usage à la cour 
furent suspendues à cause de la mort de cette princesse. 

Sanbon osaka bè-no sin o (San phin hing pou thsin wang) , oncle du Daïri , 
fut nommé Tsidaisio kwansi ( Ta tchhing kouang szu); le devoir de cette charge 
est de veiller à la stricte observation des lois de i,empire. 

Le U 9 mois, rOudaïsin Abé-no minousifito (O pei yu tchujm) mourut. 

Le 12 e mois, le corps de Taï zio ten o Sito, impératrice douairière, fut 
brûlé à Asouka-no oka (Fei niao kang). Ce fut la première fois qu'on brûla le 
corps d,un Daïri. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Kiïwoun(10h) , Ysi-no foyé maro (Chy 
chang ma liu ) fut créé Oudaisin. 

Le 7 e mois , Awata-no Mabito revint de la Chine : le Daîri lui fit présent de 
vingt matsi 2 de terres labourables et de mille ballots de riz. Son grand savoir 

( 1 ) Il y a à la cour du Daîri trois espèces de entre les seconds et les troisièmes. Les Daînagon 



Nagon (Nâ yen) ou censeurs. Les 

premiers portent le titre de Daînagon (Ta oâ 
yen ) , grands censeurs ; les seconds sont les 
Tsiou nagon ( Tchoung nâ yen ) , censeurs du 
milieu ; et les troisièmes , les Seo nagon (Chao nâ 
yen ) , petits censeurs. Les San ghi ( Thsan i ) , 
les conseillers d'état , prennent rang à la oour 



et les Tsiou nagon appartiennent à la troisième 
classe des grands, et les San ghi et Seo nagon 
à la quatrième. 一 Kl. 

(2) Un malsi ( 了 ting, rue) de terre la- 
bourable contient 60 步 bo ( pou ) ou toises 
juponaises carrées. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 63 
et ses talent distingués Fayaient fait admettre chez Ten kwogou ( Thian houang 
heou ) , impératrice de la Chine ; elle l'invita souvent à ses festins dans la salle 
Rin tok den (Lin te tian). Elle lui fit des présens consistant en ouvrages de 
littérature , en bonnets et habits précieux. Les auteurs chinois font également 
mention de ces circonstances. 

La 2 e année (705), il y eut une grande disette dans tout l,empire; beau- 
coup de monde fut emporté par la peste : le Dairi ordonna d'envoyer des 
médecins et de fournir des médicamens aux malades. 

Le 5 e mois la tC année (707), il fit donner du riz, des vêtemens et du 
sel à Nisiki bé-no Tôra (Kin pou Tao liang) , de la province de Sanouki (Tsan 
khi) , et à Kosé -no Katami (Hiu chi Hing kian) Y de celle de Tsikougo (Tchù 
heou). Sous le règne de Ten tsi ten o, ils avaient été faits prisonniers par les 
Chinois dans le Fiaksaï, et, après un séjour de quarante ans en Cmne, ils 
étaient revenus avec Àwata-no Mabito. 

Le 6 a mois , le Daîri mourut : c'était un prince doux, humain et instruit. 
Il excellait dans la poésie , et dans l'art de tirer de l'arc ; il fut très-aimé 
de son peuple. Il n'avait atteint que l'âge de 25 ans. Les quatre premières 
années de son règne n, ont eu aucun nengo particulier : les trois suivantes 
eurent celui de Taïfâ , et les quatre dernières forent appelées au woun ; ce 
qui porte son règne à 11 ans. Les nengo avaient commencé avec celui de Taï 
kwo , sous Kâ tok ten o ; mais les années des successeurs de cette princesse n'en 
ont pas eu. Depuis 707 , les Dains ont constamment eu des nengo. 

XLIII. DAÏRI 皇天 g 元 GHEN MIO TEN O. 

(De 708 à 715 de J. C.) 
Nengo Waio (Ho thoung), de 708 à 715. 

Ghen mio ten o (Yuan ming thian houang) était fille de Ten tsi ten o, sœur 
cadette de tô ten o , et épouse de Kousa kabé no taisi. Le Daïri Mon mon 
Pavait, par son testament, chargée du gouvernement, à cause du bas âge de 
son (ils. 

Au printemps de l'année (708), on offrit à cette princesse du cuivre de 
la province de Mousasi ; c était le premier qu'on avait trouvé dans l'empire. 
Pour cette raison, Ghen mio donna aux années de son règne le titre honori- 
fique de Wado ( Ho thoung) , qui veut dire cuivre japonais l . 

(1) On lit dans le Sio Nipon ki : Le 11 e jour de Tsilsi boa-no hori (Thsieou fou kiun ), dans la 
de la な e lune de la l re des années Waio, le province de Mousasi , dou le nengo prit le nom 
Dalri uken mio ten o reçut du cuivre du district de wado, qui veut dire enivre japonais. 一 Kl. 



6,1 ANNALES 

Le 3 e mois de cette année, Ysi-no Foyé-no maro (Chy Chang ma liu) fut 
nommé Sadaïsin, et Fousiwara-no Forcira (Theng yuan Pou pi teng ) Oudaîsin. 

Le 3 e mois de la 2 e année ^ 709 ) , les Yébis ou peuples sauvages des pro- 
vinces de Moûts ( Loù ngao ) et d, Yétsingo (Yuë heou) 1 se révoltèrent ; on envoya 
contre eux des troupes qui les domptèrent. 

Le 5 e mois , Kin sin fouk ( Kan sin fou) arriva comme ambassadeur de Sin 
ra , pour offrir le tribut. Il fit une visite à Fousiwara-no Foufira , pour le fé- 
liciter de son avancement. 

Le 3 e mois de la 5* année (710) , rimpératrice établit la résidence à 
Nam (Phing tchhing). Dès les dernières années du règne de Mon mou, on avait 
eu le projet de l'y transporter; mais le palais ne fut achevé qu'à cette époque. 
Fousiwara-no Foufira construisit aussi le temple Ko fouk si (Hing iou szu) à Nara. 

La 4 e année い 11), Foudo-no Yasou maro (Taï Ngan ma liu) publia l'his- 
toire ancienne Ko si ki ( Kou szu ki ) en trois volumes 2 . 

La 5 e année (712) H on sépara de la province de Moûts celle de Dewa 
(Tchhû yu). # 

La 6* année (715), on sépara de la province de Tanba (Tan pho) celle 
de Tango (Tan heou); on démembra du Bizen (Pi thsian ) le Davs de Mima^ 
saka (Mei tso), et de la province Fiouga (Jy hiang) celui d^Osoumi (Ta yu). 

Dans la même année , le livre Fod to ki (Fung thou ki ) fut achevé : c est 
une description de toutes les provinces , villes , montagnes , rivières , vallées 
et plaines , des plantes Y arbres , oiseaux, quadrupèdes du Japon ; elle contient 
également le récit de tous les événemens remarquables qui , dans les temps 
anciens , se sont passés dans ce pays. 

La route qui traversoit les provinces de Mino et de Sinano étant fort étroite , 
on la fit élargir pour la commodité des voyageurs , et l'on établit aussi celle 
de Ki so (Mou tseng). 

Dans la 7* année (714), l'impératrice ayant su que, dans la province <T\ ama- 
to, il y avait deux hommes qui se distinguaient par leur amour et leur respect 
pour leurs parens 9 elle les exempta pour la vie de tout impôt et de toute re- 
devance ; elle récompensa de même tous ceux qui brillaient dans la pratique 
des vertus domestiques. 

La 8* année (715) , elle résigna l'empire en faveur de sa lille Ghen sio 

( 1 ) Anciennement, tous les habitans du pays 
de Mouto étaient nommés Atsouma yébis , ou sau- 
vages de l^orieot. On se sert encore aujoura hui 
de cette épithète pour désigner un homme stu- 
pide. — Kl. 



(2) ま已 • Cet ouvrage contient l f his- 

toire du Japon , depuis la dynastie des dieux cé- 
lestes jusqu'au 28 e jour de la l re lune de la 5 e 
antiée du Daîri Si ko ( 597 de notre ère). 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 65 
(Yuan tching) ; et après un règne de 8 ans , qui portèrent le nom de Wado t 
elle prit le titre hononiique de Taï zio ten o. 



XLIV. DAÏRI # 天 正 元 GHEN SIO TEN O. 



Nengo 





(De 715 à 723 de J.C.) 
Rei kn (i^ing kouei), de 715 a / 16 , 

老奏 W râ ( Yang lao ), de 717 à 723. 

Ghen sio ten o (Yuan tching thian houang) était fille 1 de Ghen mio, et 
sœur aînée de Mon mou; elle changea le nom du nengo en Reï kiï ( Ling kouei ) . 

La 2 e des années Reiki ^/lo), une colonie de 1799 hommes originaires 
du Kôraï (la Corée), fut établie dans la province de Mousasi (Wou tsang) ; le 
territoire au'ils y occupèrent reçut le nom de Kôreï-no kôri (Kao li kiun). 

Dans la même année, Tasifi-no kata mori (To tchi pi hian cheou ) fut en- 
voyé en ambassade à la Chine; Foasiwara-no Nokiafi (Theng yuan Yu ho) était 
son adjoint. Kibi-no daisin 2 , âgé de 23 ans, et portant alors le nom de Sima 
do-no Mabi (Hia tao Tchin pi), et Âbé-no Naka maro (A pou Tchoung ma liu) , 
âgé de 16 ans, partirent avec cette légation pour iaire leurs études en chme. 

Le 5 e mois de la 1" année du nengo Yô ro (717), le Sadaïsin M,si-no Foyè- 
no maro (Chy Chang ma liu) mourut âgé de 76 ans. 

Le 9 e mois , l'impératrice alla dans l'Oomi , où elle fut complimentée par 
les seigneurs de San on (Chan in), de Sanyo (Chan yang) et de Nankaïdo (Nan 
haï tao) 5 , et fêtée par des chants et des danses. De là elle passa au Minano 9 



(l)M.Titsingh avait traduit ヌ adoptive;mais 
il n'y a dans rorigînal que JfÊ^ mousoumè (niang), 

fille— 



( 2 ) 備ま fitl ( K が)。 u 公ィ ft 
Ki bi ko (Ky pi koung) , le comte Kibi, était 

grand de l'empire. A l*âge de vingt-trois ans , il 
fut envoyé en Liime pour y étudier. Il revint 
en 733 , remplit pendant sa vie plusieurs postes 
éminens , et mourut en 775, âgé de o3 ans. La 
tradition vulgaire lui attribue î invention de l'al- 
phabet Kata kana , composé de quarante-sept 
lettres syllabiques, qui servent à indiquer, à 
côté des caractères chinois , leur prononciation 
ou leur signification en japonais , ainsi que pour 
marquer les formes grammaticales de cet idiome, 
rendues difiicdes par l'usage des signes idéogra- 



phiques. Kîbi est vénéré comme un des plus 
grands saints du Sin io, qui est la religion pri- 
mitive du Japon. Son principal temple , situé 
dans la province de Yamasiro , est nommé Kami 
go rioo yasiro (Chang yu ling ché). 一 Kl. 

(3) Ce sont trois des sept grandes divisions 

du Japon : f 暴 li/ Sanondo ou Sanin 

do (Chan in tao), le chemin au, nord des mon- 
tagnes , comprend les provinces de Tanba • Tan- 
go, Tasima, Inaba, Fooki, Idzoumo , Iwami et 

Oki Le f ^ll/ Sanyâdo (Chan yang tao) 

le chemin au. sud des montagnes , se compose 
de celles de Farima, Mimasaka, Bizen, Bitsiou, 

Bingo, Aki, Souwo et Nagata. Le 
Nankaïdo ( Nan haï tao ) , le cl 

9 




66 ANNALES 

où les seigneurs de Tokai ( Toung hai), To san (Toung chan) 1 et Fokrokdo 
(Pe loû tao) 2 , lui rendirent les mêmes honneurs. 

Il y avait alors sur le mont Ta do san (To tou chan), dans le district de 
Ta ki go ri (Tang khi kiun) de la province de Mino, une source dont l'eau 
était douée de la propriété , quand on s'y lavait les mains et le visage , de 
rendre la peau très-belle , d'adoucir à l'instant les douleurs des parties qu'on 
y plongeait , de noircir les cheveux gris, et de les faire pousser quand ils étaient 
tombés ; cette eau éclaircissait également la vue. Comme l'impératrice se 
rendit à cette source dans les années aDpelées Yd râ, on donna à celle-ci le 
nom de Yô rô-no taki (Yang lao loung ) ou cascade Yô rd. 

Le 5 e mois de la 2 e année ^ 718), elle partagea les provinces de Yetsizen 
( Yuë tnsian) et de Noto (Neng teng ) , et celles de mimosa (Hia thsoung) et 
d'Awa (Ngan fang). 

Le 12 e mois, Tasifi - no kata mori revint de son ambassade à la Chine. 

Dans la même année , l'Oudaism Fousiwara-no Fou/ira fut chargé par i,im- 
pératrice de faire un nouveau recueil de lois en dix volumes. 

Le 5 e mois de la 4 e année (720), Sanbon-no Tonéri-no sin o (San phin Chc 
jin thsin wang) , fils de Ten bou ten o, ofint au Daïri le livre Nipon^ki (Jy 
pen ki) en 50 volumes 5 ; il contient l'histoire de l'empire, depuis les dynas- 
ties des génies jusqu'au règne du Dairi Si tô. 



la contrée septentrionale. 



nul de la mer, comprend les provinces de Aii-no 
kouni , Awadzi, Awa, Sanouki , Iyo et Tosa. 一 
Kl. 

( 1 ) Ces deux dénominations sont déjà expli- 
quées dans la note 1 de la page o7. 一 Kl. 

c est- à-dire , le chemin de 

septentrionale. Cette contrée se com- 
pose des provinces de Wakasa, Ietsizen, Kaga, 
Noto, IetsioUs Ietsingo et Sado. 一 Kl. 

(3、 Le Nipon ki (Jy pen ki) fait actuellement 
partie du grand ouvrage Ri kok si ou Chronique 
du Japon, qui commence à la création , et va 
jusqu à ran 887 de notre ère. Cette chronique 
est composée des six ouvrages suivans : 

1 。^己本 3 ^^(Jypenki),en30 
volumes. Depuis la création jusqu'en 720 de 
J. C. 

2 ° itj^^0 Siok N — ki ( Siû iy 

pen ki), en 40 volumes. Depuis la l re année du 
règne de Mon mon (697) jusqu a la 10 e de Kwan 



mou (791 ). Il décrit les événemens qui eurent 
lieu dans le courant de 95 années. Les premiers 
21 volumes furent composés par le Minbou-no 
Tayu Sougano-no Mamitsi, et par le Minbou-no 
Tayu Sougawara-no Sané Mitsi; les 19 autres 
par rOudaisin Fonsiwara-no Tsougon tsouna. 

3° 四 N — ko ^ ( J y Pen 

heou ki) , en 40 volumes , composé en 840 par 
Fousiwam-no Otsonghi. Cet ouvrage commence à 
la 1 I e des années In riak ( 792) , et finit à la 10 e 
du nengo Tentsio (830). 

な。 ii^kJ^é^ SiokNi p° nkoki 

(Siu Jy pen heou ki) , en 30 volumes , par le 
Taizio daîsîn Yosi Fousa, et par Farou Zonmi- 
no Yosi Nawa. Il commence à la 10* des années 
Tentsio (833) , et finit à la 5 e du nengo Ka- 
sio (850). 

5 。 i 實德 ^Mon dok Sits rok ( Wen 
të chy lou), en 10 volumes, par Fo-no Yosi ka、 
précepteur de Kansiosio. U oommence à la 5 e 



DES EMPEREURS DU JAPON. 67 

Le 8 e mois, FOudaisin Fousiwara-no Foufira mourut âgé de 62 ans; il fut 
honoré après sa mort, du rang de Taï zio daï sin. Plus tard, dans la 4 e année 
du nengo Tempe Fôzi (760), il fut créé Bonn tsiou kô (Wen tchoung koung) et 
Tan kaï ko (Tan haï koung) ; il avait exercé les fonctions de Si Taï zio kwan si 
(Tchi tai tching kouan szu), surveillant de l'exécution des lois. 

Dans cette année 9 les peuples d'Osoami (Ta yu), nommés Fayato (Sin jin), 
et les Yémis de la province de Moûts , se révoltèrent. On envoya contre eux les 
généraux de l'est et de l'ouest, qui rétablirent la tranquillité. 

Le 1 er mois de la 5 e année ^ 721), Nagaya-no o (Tchhang wo wang) fut 
nommé Oudaisin. L'impératrice fit des présens aux docteurs qui expliquaient 
les livres classiques (king) , et aux premiers savans de la cour. 

Le 12 e mois, rancienne impératrice Taï zio ten o ou Ghen mei mourut à 
l'âge de 61 ans. 

Le 1 er mois de la 8 e année (724) , rimpératrice régnante résigna en faveur 
de son neveu Sio mou; elle avait régné 9 ans : elle prit le titre de Taï zio ten o. 



XLV. DAÏRI 皇天 ま ^ SIÔ MOU TEN O. 



Nengo 




( De 724 à 748 de J. C. ) 
j^f Zin ki (Chin kouei), de 724 à 728, 

尺 Ten pe (Thian phing) , de 729 à 748. 



Siô mou ten o (Ching wou thian houong) était fils de Mon mou; sa mère 
Fousiwara-no Bounin miya ko ( Theng yuan Fou jin koung tsu) était fille du 
Taïzio daism Fousiwara~no Foufira. Siô mou étant encore très-jeune à la mort 
de son père , il ne lui succéda pas. Il avait été nommé Taïsi à l'âge de 1 ん 
ans ; pendant le règne de sa tante Ghen sio ten o , il s'appliqua à l'étude de 
tout ce qui concernait le gouvernement. Il changea le nom du nengo en Zin 
ki (Chin kouei). 

Le 2 e mois , l'Oudaïsin Naeara-no o fut nommé Sadaïsin. 

Le 10 e mois , le Daïri visita l'île de Tama tsi sima ( 1 u tsin tao), et le port 
de W aka-no moura (jo phou), situés dans la province de Kiï-no kouni. 



des années Kasio (850), et finit à la 2 e du 
nengo Ten gan (858). 

6 ° W ^ ^ ^ San daï sits rok (San 
taï chy loû) , en 50 volumes, par le Sa daîsin 
Toki Fira 9 et par son précepteur O Fira-no Yosi 



uki. Le mot San dai veut dire trois règnes ; et en 
effet l'ouvrage contient l'histoire de Siwa ten o , 
de Yosi ten o et de Ko ko ten o : il commence à la 
8 e lune de la 2 e des années Ten gan ^ et finit au 
8 e mois de la 3 e des années Nin wa (887). 一 Kl. 



9 # 



、 



、 



68 ANNALES 

La 4 e année (727), il envoya des commissaires dans les différentes pro- 
vinces pour examiner radministration des gouverneurs et la conduite de tous 
les fonctionnaires publics. 

La 5 e année (728), un envoyé apporta le tribut d'usage du royaume de Bok 
kaï (Poû haï) ; celui de Kôraï avait été conquis dans la dernière guerre 
par les chinois , et il n'en restait que cette partie , qui reçut alors le nom 
de Bok kaï. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Ten pé (729) , le Sadaïsin Nagaya- 
Tio-o ( Tchhang wô wang) se révolta. Le Dain chargea le Siki boukio Fousiwara- 
no Nokiaji (Chy pou hiang Theng yuan yu ho) d'investir sa demeure avec des 
troupes , et chargea le prince Toneri-no sin o d'aller faire une enquête sur son 
crime. IViais Na^ava-no o n'attendit pas l'arrivée de celui-ci ; il tua sa femme et 
ses enfans , et se donna la mort. Il était fils de Koaï-no o si , et petit-fils de Ten 
bou ten o. 

Le 8 e mois, le Daïri épousa Fousiwara-no Kwo mio si (Theng yuan Kouang 
ming tsu) , fille de Foufira, qui par conséquent était son grand-père et son 
beau-père; à cause de cette alliance, les descendans de Foufira sont respectés 
jusquà ce jour. 

Le Daïri ayant, le 2 e mois de la 2 e année (750), plusieurs de ses prin- 
cipaux officiers avec lui , leur distribua des billets roulés dont chacun por- 
tait un des cinq caractères qui désignent les cinq vertus cardinales (suivant la 

doctrine de Confucius) , ィニ zin (jin) la commisération , 篇 ghi (i) la jus- 
tice, 潘皇 reï (li) la politesse , tsi (tchi) le savoir, et ィ書 sin (sin) la fi- 
délité. Il leur fit des présens conformes au contenu du billet de chacun. 

Le 2 e mois , il envoya un officier porter des présens aux savans réunis en 
assemblée publique dans la salle Daï gak rio (Ta hio liao). 

Le IC mois , il fonda la première pharmacie publique , où Yon distribua 
aux malades les médicamens nécessaires. 

Dans la 4 e année (732) , Tasifi-no Firo nari (To tchi pi Kouang tchhing) 
fut envoyé en ambassade à la Chine. 

La 6 e année (754), Fousiwara-no Mousi maro ( Thener vuan Wou tchi ma 
liu ) devint Oudaïsin. Il était fils aîné de Fousiwara-no Foufira , qui eut quatre 
fils; tous remplissaient des emplois distingués : le second , nommé Fousa saki 
(Fang thsian), était Sanghi ( Thsan i ), conseiller ; le troisième, Noki aji (Yu ho), 
était Siki bou kio ( Chy pou hiang) , grand juge de i intérieur de la cour ; le 
quatrième , Sakio-no daïyo maro ( Tso king ta ma liu) , était aussi Sanghi. 

Le 3 e mois de la 7* année (735), Tasifi-no Firo nari revint de la Chine , 



DES EMPEREURS DU JAPON. 69 
où il était allé complimenter l'empereur Ghen sô kwo té ( Hiuan tsoung houang 
ti) , dont la renommée avait percé jusqu'aux pays étrangers. Simo Mitze-no 
Mabi et Kiùi-no daïsin accompagnaient l'ambassadeur; ils apportèrent quantité 
de livres et de choses rares , de même que les portraits des philosophes Kô si 
(Confucius) et Yan si, et de neuf des principaux sages de la Chine. Tous 
les deux avaient fait un séjour d'environ vingt ans dans cet empire. 

Dans l'été de la même année , la petite vérole fit des ravages aflreux qui 
durèrent jusqu'à l'hiver ; un très-grand nombre de malades succombèrent. 

Le 12 e mois, Sanbon-no Toncri-no sin o mourut âgé de 60 ans. Le Daîri 
lui donna le titre posthume de Taïzio daïsin. 

La 8 e année (736j, deux prêtres bouddhistes arrivèrent au Japon. L'un, 
nommé Bodaî (Pou ti) , venait du Nan Ten sik (Nan Thian tchu ) , l'Inde mé- 
ridionale 9 et l'autre , nommé Bonis tets (Fou tchë) , du royaume de Rin yif 
(Lin y), le Siam l . 

La même année 9 le Daïri accorda à Katsoura ki o (Kô tchhing wang) , qui 
était de la seconde division de la troisième classe , le nom de Moroyé (Tchu 
hioung) et le nom de famille de Tatsibana (jviu, espèce d'orange douce), qui à 
cette occasion fut introduit. 

Le Sanghi Fousiwara-no Fousa saki mourut le 4' mois de la 9 e année 
(737), à lage de 57 ans. 

Le 7 e mois , arriva le décès du Sanghi Fousiwara-no maro , âgé de 45 ans. 

Le même mois , succomba également l'Oudaism Fousiwara-no Mousi maro, 
âgé de 58 ans. Quand n était à l'article de la mort , le Dam l'éleva au pre- 
mier rang de la première classe , lequel égale celui de Sadaism. 

Le 8 e mois , le Sanghi Fousiwara-no Nokiafi , fils de Fou/ira et oncle du 
Daïri , mourut à l'âge de 44 ans. Ainsi les quatre frères furent, dans la même 
année , enlevés par la petite vérole. 

La maison de FOudadsin Mousi maro étant au sud , elle fut nommée Minami 
kou (Nan kia), la maison méridionale ; celle de Fousa saki étant au nord , 
elle fut désignée par le nom de Kita-koa (Pë kia) , la maison septentrio- 
nale. Fousa saki était le second fils de Foufira ; ses descendans obtinrent des 
emplois distingués, et ils ont toujours été jusqu'à présent les premiers servi- 



( î ) Les interprètes de M. Titsingh , peu ins- 
truits dans Histoire de leur pays , avaient tra- 
duit ce passage par :覼 La 8 e année, deux prêtres 

• arrivèrent du Nan ten sik et du Rin yu, pays 

• situés dans les environs du paradis. , 一 M. Ti- 
tsingh a ajouté k cette traduction la note sui- 
vante : cil n'a pas été possible d'obtenir une 



• explication suffisante sur ce sujet. • Plus tard, 
il s'est adressé à M. Degaignes fils, qui lui a don- 
né une version latine de ce passage , laquelle 
démontre clairement qu'il est incapable de tra- 
duire le moindre morceau du chinois. Voyez 
Journal asiatique, vol. XI , p. 124. 一 Kl. 



70 ANNALES 

teurs du Daïri. Fousiwara-no Nokiafi était Siki bon kio (Khy pou taï fou) , et 
par cette raison on l'appelait aussi Siki kou (Chy kia); c'était un homme très- 
instruit et reconnu pour tel chez l'étranger. Fousiwara-no maro était Sa ん io» 
no daï you, (Tso king ta fou), et on le nommait ordinairement Kio kio (King 
kia). Les descendans de la famille de Foufira furent, dans les temps posté- 
rieurs , très-nombreux ; tous dérivent de ces quatre souches. 

La mère du Daïri était malade depuis long-temps , et ne voulait voir per- 
sonne. Dans l'hiver de cette année , le prêtre Ghen bô (Hiuan fang) alla chez 
elle, ce qui lui causa beaucoup de joie. Le Dam y vint aussi et passa plu- 
sieurs heures chez elle, ce qui la contenta ; le prêtre reçut un présent de 
pièces d'étoffes de coton. 

Le 1 er mois de la 10 e année (736) t le Dam nomma Taïsi ou princesse 
héréditaire , sa fille Abé-no nai sin o ( pou nei thsin wang) ; car son fils était 
mort en bas âge. Tatsibana-no Moroyè ( Km tchu hioung) fut créé Oudaïsin. 

Le 8 e mois de la 12 e année (7 AO), le Dasaï-no sio ni Foasiwara-no Firo 
tsouki ( 1 a hing chao eul Theng yuan Kouang szu ) ayant fait de faux rapports 
sur plusieurs affaires importantes , Simo mitsi-no Mabi (Hia tchao Tchin pi) et 
le grand-prêtre Ghen bô (Hiuan fang) représentèrent au Daïri qu'il devait 
s'attendre à une révolte , s'il ne renvoyait pas Firo tsouki. Elle éclata en effet 
au 9 e mois dans le Tsoukouzi. Le Dain y fit marcher aussitôt t sous le com- 
mandement d'Ono-no Atsouma (Ta ye Toung jm ) et de Ki-no Iro maro (Ki Fan 
ma liu) , une armée de 17,000 hommes assemblés de dififérens endroits. 
4,000 hommes sous les ordres de Saïki-no tsouné bito (Thso pë tchhang jin) 
et d! Abé-no Mousi maro (A pou Tchoung ma liu) y furent ajoutés. Toutes ces 
troupes étaient destinées à punir Firo tsouki. Le Dam chargea aussi un grand 
de sa cour d'aller dans l,Izé pour y faire des offrandes et implorer la protec- 
tion des divinités tutélaires du temple de Daï sin gou (Tax chia koung). Il fit 
occuper par ses troupes plusieurs passages fortines. 

Firo tsouki avait de fortes garnisons dans les châteaux du district d,Oga 
(Yuan o) , de la province de Fizen, et à Itabitsoa (Fan kouei). 

Le 10* mois, il y eut un engagement entre les troupes d'Ono-no Atsouma 
et celles de Firo tsouki , sur les bords de la nvière d'Itabitsou. Firo tsouki , au 
lieu de bateaux , y avait construit des radeaux; Tsounébito et Mousi maro les 
attaquèrent avec des arcs très-grands et forts, et mirent ainsi le désordre dans 
la ligne de l'ennemi , sur lequel ils tombèrent avec 6,000 hommes. Ils cher- 
chaient de tout côté Firo tsouki , qu'ils rencontrèrent enfin à cheval. Il leur 
demanda à qui le Daïri avait comie le commandement ; Tsounébito répliquant 
que c'était à lui , Firo tsouki mit alors pied à terre , et protesta qu'il n'avait 



DES EMPEREURS DU JAPON. 71 
nulle intention hostile contre le Dairi , et qu'il n'en voulait qu'à Mabi et à 
Ghcn bô. Mais quand Tsounébito lui demanda pourquoi il s'était opposé 
avec ses troupes à l'armée du Daïri , il ne sut comment s'excuser. Il avait par- 
tagé ses soldats en trois corps, le premier , sous ses ordres, était de 5,000 
hommes ; son frère cadet Tsouna té (Kang cheou) en avait autant ; le troisième 
corps sous Tako-no Korou maro (Ta hou Kou ma liu) était de 5,000 hommes. 
Ayant été attaqué avant que les autres divisions pussent venir à son secours , 
Firo tsouki fut défait et tâcha de s'eniuir dans un bateau ; mais il fut fait pri- 
sonnier par Abe-no Kouro maro (Ngan pou Hë ma liu ) , au village de Naga-no 
(Tchhang ye), dans le district de Mats oura kori (Soung phou kiun), de la pro- 
vince de Fizen; et il eut la tête tranchée. Son frère Tsouna té subit le même 
sort. Quelques auteurs prétendent que Firo tsouki avait sauté dans la rivière à 
cheval, et que s'étant noyé, son ame courroucée avait causé beaucoup de 
malheurs dans le pays, et que, pour l'apaiser, on y avait construit un temple 
dans le district de Matsra , où il fut révéré comme un dieu. Il était fils de 
Nokiafi. Pendant cette guerre , le Dain était allé iaire des offrandes au temple 
Daï sin gou, dans l,Izé. Il revint par le Mino et l'Iga au district de Sagara- 
no kôri , du Yamasiro , où il établit sa cour , dans le palais de Kou, nin kiô ( Koung 
jin koung). fous ceux qui avaient conspiré avec Firo tsouki furent punis : 
Atsouma , Iro maro, Tsounébito et M ousi maro furent avancés en grade. 

La 14* année ( /42), le Dam se renaît à SikaraKi (Tsu hiang lô) dans le 
district de Kafoura-no kôri (Kia ho kiun), de la province d'Oomi , d'où il en- 
voya Tatsibana-no Moroyé à Izé, pour rendre grâces aux divinités du temple 
Daï sin gou pour l'appui qu'il en avait obtenu. 

Le 1 er mois de la 15 e année (74*>J, il reçut de îa ville de Taï saïfoa (Ta 
tsaï fu) 1 un faraka ou poisson à ventre rouge ( pag. Il); depuis ce temps, 
un poisson semblable est toujours offert au Daïri le jour de l'an. 

Le 5 e mois , FOudaisin Tatsihana-no Moroyé fut gratifié par le Daïri d,un 
rang à 一 peu — près égal à celui de Saaaism. 

Au 10 e mois, le Dam visita le temple Sigaraki-no miya (Tsu hiang iô ) : le 
prêtre Kio ghi (Hing khi ) avait parcouru tout l'empire afin de recueillir des fonds 
pour taire îairc une image de cuivre doré du dieu Rousiana (Lou chë no) 2 . 

Au printemps de la 16 e année 乂 1 kk) 、 la cour fut transportée à Naniwa , 
dans la province de Sets. 



(1) Tai saïfou, place d'armes établie par le 
39 e Daïri Ten tsi ten o , dans la province de 
TiiKouzen. Cette ville est la même que Saïfou ou 
Saif de nos jours. 一 Kl. 



(2) Rousiana est le mot sanscrit j lu 

RStchana , le resplendissant ; épithète donnée à 
Bouddha quand il est représenté avec une au- 
réole. ― Kl. 



72 ANNALES 

La 11 e lune, l'image du dieu Daï Bouts (Ta foù, ou le Grand Bouddha) 
fiit érigée dans le temple Sikaraki-no miya. Le Dairi y tira en personne une 
des cordes. Il alla ensuite visiter l'impératrice Taï zio ten o , ou Ghen sio. 
Le 1 er mois de la 17 e année (745), le prêtre Kio ghi (Hing khi) fut fait Daï 
so zio (Ta seng tching). Le 8 e mois, l'image du Daï Bouts fut transportée du 
temple de Sikaraki-no miya â Nara. 

Dans la 18 e année (746), le prêtre Ghen bô (Hiuan fang) mourut dans le 
Tsoukouzi. Il avait autrefois été en Chine , d'où il avait apporté au Japon plus 
de 5,000 volumes de livres bouddhiques et beaucoup d'images saintes. Le daïri 
lui avait accordé un kesa 1 de pourpre et lui témoignait beaucoup d'égards. 
Ghen bô traitait tout le monde avec dédain ; il avait défendu aux laïques d'imi- 
ter les manières et les usages des oia mon (Cha men) ou prêtres de Bouddha. 
Il était haï de tout le monde , et l'on prétend que l'esprit de Firo tsouki le 
tua pour se venger de lui. 

Dans la 19 e année (747) , rancienne impératrice I aï zio ten o ou Ghen 
sio tomba malade ; le 4 e mois de la 20 e année, elle mourut âgée de 69 ans. 
Pour le salut de son ame , elle avait copie les mille sections du livre boud- 
dhique Fots ke kiâ (Fâ houa king). 

Le 8 e mois, on décréta une fête en l'honneur du dieu oiaka. 

Le 1 er mois de la 2 I e année 、 749) , il fut défendu dans tout l'empire de tuer 
aucun animal : le prêtre Kio ghi (Hing khi) obtint le titre distingué de DaïBo- 
sats (Ta Phou sa). Le 2 e mois, il tomba malade et mourut âge de 80 ans. Il 
avait parcouru toutes les provinces , avait fait construire des ponts et des 
digues; il avait élevé des autels et des lieux de sacrifice dans le lieu où il de- 
meurait, ainsi que dans quarante-neuf endroits de la province de la cour. Le 
Daîri le consulta souvent et le combla de bienfaits. 

Fiaksai o Kei fouk (Pë tsi wang Khing fou) , prince de Moûts , offrit au Daïri, 
pour la première lois, un tribut en or, tiré des mines du district d'Oda (oiao 
thian) 2 . 



(1) Voyez page 55, note 1. 

(2) Le Nipon ki dit : • Le 3 e mois de la l n 
« des années Tai/o (701), Mon mou ten o reçut 
« de For en présent de l'île de Tsou sima. Cet évé- 
« nement donna occasion au nom du nengo deTaï 
« fâjCar taï signifie grand , et fo trésor. » Dans une 
note on lit : c Siô mou ten o disait qu v avant son 
« temps on n'avait pas trouvé de For dans i,em- 
« pire ; cependant le premier or lui fut envoyé 
o du pays de Monts. Il y a des auteurs qui pré- 



o tendent que l'or offert à Mon mou avait été 
« importé à Tsou sima des pays étrangers. • 

Le Siok Nipon Ari dit : « Siô mou ten o reçut , 
« le 2 e mois de la 21 e des années Ten pe (749) , 
• le premier tribut en or du pays de Moûts ; il 
o envoya des messagers à tous les temples pour 
« en informer les dieux. Depuis ce temps, on lui 
« offrit tous les ans de l'or de Moûts. 

On lit dans ic Man yo zio (Wan ye tsy) , qui 
est un recueil d'anciens poèmes par Tatsi bana- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 75 

Le 4 e mois, le Dam étant allé au temple Tôdaîsi (Toung ta szu), se tourna 
vers le nord , et se déclara , devant l'image de Bouddha , esclave des trois 
précieux l . Il était accompagné de l'impératrice , de ses fils et de tous les 
grands de la cour. 

Tatsibana-no Moroyé (xuu f chu hioung) se rendit devant l'image de ce dieu, 
lui fit part que l'on avait trouvé de l'or dans le pays de Moûts , et le remercia 
de ce hien&it. Auparavant l'or dont le Daïri se servait pour faire des images 
du Daï Bouts (Grand Bouddha) venait de l'étranger ; c'est pourquoi il se réjouit 
beaucoup de ce qu'on en avait découvert dans le Moûts, Le 5 e mois , il en 
avait aeja reçu 900 onces (ou kobang) , qui furent entièrement employées à 
couler l'image du Dai Bouts. 

Le Sadaisin Tatsibana-no Moroyé fut gratifié, dans le même mois, du pre- 
mier rang de la premiere classe , et le Daïnagon Fousiwara-no Toyo nari fut ho- 
noré d'un rang é?al à celui d'Oudaisin. 

Le 7* mois, le Dam, après un règne de 25 ans, resigna l'empire en faveur 
de sa fille, et prit le titre de Taï zio ten o (Tai chang thian houang). 

XLVL DAÏRI 皇天 謙 孝 KO KEN TEN O. 

(De 749 à 758 deJ. C.) 

I 寶勝平 天 Ten pe ziofo ( Tai phing ching pao) , de 749 à 756 , 
言寶平 天 Ten pe ^° zi ( Tai phing p 00 teu ), de 757 à 758 ' 

Kô ken ten o (Hiao kian thian houang) , fille de oiô mou, avait pour mère 
Kwo mio ko goa (Kouang ming houang heou ) , fille de Fousiwara-no Foufira. 
Comme Siô mou n'avait pas de fils , sa fille lui succeaa. Pendant le règne 
de Siô mou , le célèbre Kibi kô (Ky pi koung) lavait instruite dans Fart de gou- 
verner. 

La l n des années Ten pe zio fo , le dieu Fatsman daïsin (Pâ fan ta chin) 
apparut â Kô ken ten o , et lui enjoignit de construire un temple dans le dis- 
trict de Fira-kôri (Phing kiun) de la province de Yamato , où on l'honorait sous 
le nom de Tâdaùi-no Fatsman (Toung ta szu Pâ fan). Ce temple achevé , l,im- 
pératrice s'y rendit avec son père le Tai zio ten o, et sa mère la Kwo mio kwo goa, 



no Moroye (Kiu tchou hioung ) : «Le 12 e jour 
« de la 5 e lune de la 21 e des années Ten pe, 
«le prince de Yetsiou, pour complimenter le 
«Dairi sur la découverte de l,or, fit les vers 
« suivans : 

So e me ro ghi 

Ni mi o sa ki yen to 



A zou ma na ro 

Moutsi-no kou yama ni 

Ka ga ne fana sako. 
Cest-à-dire : Le règne du Daîri est si agréable 
aux dieux , qu'ils font édore des fleurs dor sur 
les montagnes de Moûts. ,一 Kl. 
( 1 ) Voyez la note 2 de la page 4L — Kl. 

10 



7d ANNALES 

pour assister à une grande assemblée de prêtres , qui y lisaient les livres sacrés 
(de Bouddha). 

Dans la 2 e année (750), elle envoya Foasiwara-no Seïga ( Theng yuan Thsing 
ho), Ofan-no K6 maro (Ta pan Kou ma liu) et Kibi-no Mabi (Ky pi Tching pi), 
en ambassade près de l'empereur de la Chine (Thang) 1 . 

Le 4 e mois de la 4 e année (752) , eut lieu l'inspiration 2 ae l'image du 
Daï Bouts , auquel on offrit un banquet. A cette occasion , l'impératrice alla 
au temple Tôdaïsi , accompagnée d,une pompe égale à celle qui est en usage 
au jour de Fan. A son retour, elle visita le Daïnagon Fousiwara-no Naka maro 
(Theng yuan Tchoung ma liu). Par estime pour sa personne et en récompense 
de ses bons services, elle resta pendant quelque temps chez lui. 

Le 1 er mois de la 6 e année (754), Ofan-no Kô maro et Kibi-no Mabi revin- 
rent de la Chine , où ils avaient laissé Fousiwara-no Seïga. Le premier rappor- 
ta qu'à l'audience qu'ils avaient eue chez l'empereur G lien tsiô (Hiuan tsoung), 
au jour de l'an, les ambassadeurs de Towan (Tou pho, ou Tubet ) occupaient la 
première place à l'ouest, ceux de Sinra la première à l'est, et que la seconde 
place à l'ouest avait été destinée pour eux , et la seconde à l'est pour les am- 
bassadeurs du royaume de Daï siok (Ta chy, la Perse). Kô maro, offensé de 
cet arrangement , demanda pourquoi l'on donnait le rang sur eux aux envoyés 
de Sinra , pays qui depuis long-temps était tributaire du Japon. Grâces à sa fer- 
meté et au mécontentement qu'il montrait , les ambassadeurs du Japon furent 
placés au dessus de ceux de Daï siok, et les envoyés de Sinra au dessous de ceux 
de Towan. Le prêtre chinois Kan sin (Kian tchin ) était venu avec Kô maro et 
Kihi à la cour; ces derniers furent récompensés par des emplois plus élevés. 

Le 2 e mois de la 8 e année (756) , le Daïri , informé que le Sadaîsin du 
premier rang de la première classe Tatsibana - no Moroyé méditait la révolte , 
refusa d'y croire ; mais Moroyé se démit de sa charge. 

Le 5 e mois, rancienne impératrice Taï zio ten o Sio moa mourut âgée de 
58 ans. A cause de sa grande dévotion envers Bouddha, on lui rasa la tête 
après sa mort, et elle reçut le nom ecclésiastique de oid man (Ching muon). 
し était la première lois qu'on rasait la tête à un Daïri après sa mort. Avant 
de fermer les yeux, Siô man ordonna que Mitsi-no On-no o, petit-fils de Ten 
bou , et fils de Nitsouta-no Osi , fût élu Taïsi ; ce qui eut lieu. 

l,3l l^des années Ten pé fo zi (757), Tatsibana-no Moroyé mourut âgé de 

(1) C était Hiuan ti (en japonais, Ghen té) qui (2) Dans loriginal, âfi Khai yan, c est 

régnait alors en Chine. Je ne trouve pas de men- 、ぶ,' , v 

• • , " , , , 1 r , ,• a-dirc, i ouverture des yeux. 一 Kl. 
tion de cette ambassade dans les annales chi- 

noires. 一 



DES EMPEREURS DU JAPON. 75 
74 ans; il reçut le titre posthume de Ide - no daîsin ( Tsing cheou ta tchhin). 

La 5 e lune , on priva Mitsi-no On-no de la dignité de Taïsi, et on le ren- 
voya à sa demeure. Quoique l'Oudaisin Fousiwara-no Toyo nari ( Theng yuan 
Fungtchhinff) représentât à l'impératrice que ce prince avait été élu Taïsi par 
son père, elle répliqua quelle en était mécontente et qu'elle ne voulait plus 
de lui. . 

, x.e 4 e mois , elle consulta les princes du sang sur la nomination d'un Taïsi : 
Toyo nari recommanda celui qui avait été déposé ; mais elle n'y eut aucun 
égard; et sur la proposition de Fousiwara-no Naka maro, elle déclara son suc- 
cesseur Ofoji-no (Ta tchoui wang) , petit-fils de Ten bou, et fils de Toneri- 
no sin (Che jin thsin wang). 

Le 5 e mois , 1 impératrice alla demeurer au palais de Fousiwara-no Naka 
maro, nommé Tamoura-no miya (Thian tsoun koung) , et avança le propriétaire 
au rang de Sifi naïsiou (Tsu vvei nei siang) , ou général en chef de la maison 
militaire de l'empereur , emploi qui équivaut à celui de Daîsin. Toyo nari, 
frère aîné de Naka maro , n était qu'Oudaisin ; et comme celui-ci fut élevé 
par la faveur de l'impératrice à un poste si élevé , il conçut une haine irrécon- 
ciliable contre son frère. Tous les deux étaient petits-fils de Foufira et fils 
ae Moutsi maro. 

Nam maro, fils de Tatsibana-no Moroyé , jaloux du crédit de Naka maro, 
conspira dans ce temps avec Ofan-no Ko maro , pour Fassassiner , et 
élever de nouveau Mitsi-no On-no o au rang de Taïsi. Fousiwara-no Toyo 
nari en fut instruit ; mais il ne révéla pas le complot, Na&a maro l'ayant appris 
entra dans une grande colère. 11 fit part au Dam de ce qui se tramait , et l'on 
trancha la tête aux deux conspirateurs. Mitsi-no On-no o fut de même mis à 
mort , et Toyo nari, pour avoir eu connaissance du complot sans le dénoncer, 
fut banni au Tsoukouzi. 

Le 8 e mois de l'année suivante (758), l'impératrice résigna en faveur d'O/b- 
fi-no : elle avait régné 10 ans. Elle prit le nom de Ko y a no ten o (Kao ye 
thian houang). 

XLVII. DAÏRI 帝廢 F Aï TAÏ l . 

(De 759 à 764 de J. C). 

Faï taï (Fi ti), petit-nis de Ten bou , et fils (Je Toneri-no sin , ayant été élu 
Taïsi à la recommandation de Fousiwara-no Naka maro , succéda à rimpéra- 

(1) Faï taï, en chinois Fi H, désigne un em- narques chinob et japonais qui ne sont pas 
pereur déposé ; on donne ce nom à tous les mo* comptés comme véritables empereurs. Celui dont 



10 



76 ANNALES 

trice le 8 e mois de la 2 e année du ncngo Ten pe fo zu En récompense, il 
éleva Naka maro au rang de Daïfou (Ta pao), égal à celui d'Oudaïsin, Il dé- 
clara en même temps que la famille de Naka maro, par sa conduite sage et pru- 
dente , depuis le temps de son premier ancêtre Daï siok kwan (Ta chy kouon), 
avait maintenu la tranquillité de l'empire ; que Naka maro avait fait avorter les 
mauvais desseins de quantité de personnes mal intentionnées , et déjoué leurs 
projets ; qu'ainsi , pour lui en témoigner sa reconnaissance , il l'honorait du 
nom de Fousiwara-no Youmi-no Osikatsoa (Theng vuan Hoei mei\a ching) , 
c'est-à-dire, le meilleur gardien y le bienfaisant ét le plus beau de la famille 
de Fousiwara. 

Le 12 e mois, on reçut de la し hme la nouvelle de la révolte d*An rok $an 
(Ngan lô chan) : on donna à l'instant l'ordre de surveiller soigneusement 
toutes les côtes du Japon , afin que , dans le cas où ses desseins échoueraient , 
il ne pût passer dans ce pays. 

A la 6 e lune de la 5* année (759), le Daïri honora son père défunt Tone- 
ri-no sin o , du titre de Soô do zin kiô kwo té (Thsoung tao tsin khing houang ti). 

Le 1 er mois de la à 9 année (7o0) , on envoya des commissaires dans les 
différentes provinces pour recueillir des informations sur les mœurs et les 
habitudes du peuple. 

Dans le même mois , le Dain fit une visite à l'impératrice Kô ken ten o. 

Osikatsoa fut gratifié du second rang de la première classe , qui équivaut à 
celui de Daisi, et qui est supérieur â celui de Taizio aaisin ; le Dam et Koya 
no ten o allaient souvent le voir. 

Le 6 e mois, l'impératrice Kwo mio kwo gou mourut âgée de 60 ans. 

Le 8 e mois, le Daïri fit présent â Fousiwara-no Foufira (mort en 720) de 
douze districts dans la province d,Oomi , en récompense de ses éminens ser- 
vices , imitant en cela le célèbre Tai ko (lai kung) de la Chine; il lui conféra 
aussitôt le titre de Tan kaï ko (Tan haï koung) ou prince de Tan kaï, qui est 
le nom d'un lieu de cette province. A la requête d'Osikatsou, son père et 
son oncle Moutsi maro et Fousa saki, décédés, furent élevés au rang de Taïzio 
daïsin. 

La 5 e année (761 ), la cour fut transportée à Fâ rid (Pao liang) t dans la pro- 
vince d'Oomi. , 

A la 3 e lune de la 6 e année ( 762) , Osikatsou fut gratifié du premier 
rang de la première classe. 

il est question n'a pas eu de nengo pour les années pefo zi[ ihian phing pao Isu). D'autres auteurs 
de son règne , dont la première est comptée nomment cet empereur ふえ^^ ^ Ten 
comme la seconde de celles qui sont appelées Ten o ofofi (Thian houang ta tchlioui). 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 77 

Il y avait alors un prêtre nommé Oaghe-no Do kid (Siô Tao king); il avait 
su se concilier la faveur ae 1 impératrice Ko ken ten o. Le Daïri en témoigna 
son mécontentement à cette princesse , ce qui causa une querelle entre eux. Ko 
ken alla de Forio à Nara ; le Daïri la suivit. Plus tard , elle se fit raser la tête , 
et prit le nom ecclésiastique de Bô ki ( Fâ khi ) ; cependant elle se conserva sa 
voix dans les grandes affaires de l'empire , ainsi que la faculté de punir les 
coupables et de faire grâce. Elle céda au Daïri la direction du reste. 

Dans le courant de la 7* année (765), Sokafi o Sinfouk (Szu wang Sin fou) 
arriva du Kôraï (de la Corée), avec le tribut pour le Daïri ; il visita aussi Osi- 
katspu , qui lui donna un banquet. 

Ala 9 e lune de la 8 e année (764), la faveur d'Osikatsou s'augmentent de 
jour en jour, Do kiô en devint jaloux et envia son rang élevé ; il flattait cons- 
tamment l'impératrice Ko ken, dont il était le favori. Alors Osikatsou déroba 
le sceau du Taî sw kouan (Taï tching kouan ) , et rendit un faux décret pour 
lever des troupes. Kô ken en étant informée , envoya le Sionagon Yama mou- 
ra-no o (Chan tsoun wang) pour lui reprendre le sceau ; mais Kounzioa maro 
(Hiun jou ma liu) , fils d'Osikatsou , s'en empara : alors Saka-no Won-no Karida 
maro fut envoyé contre Kounziou maro , et le tua d'un coup de flèche, Osi- 
katsou dépêcha Yatabé-no Okétsi ( Chy thian Pou lao ) , avec un nombre de 
gens armés à pied et â cheval , pour chasser Yama Moura-no o, que Kô ken 
avait chargé de ses ordres ; mais le Daïri ordonna à Ki-no Founa mori (Ki tchhouan 
Cheou laï) de mettre à mort' Yatabé - no oketsi et de déposer Osikatsou. Celui- 
ci s'enfuit avec ses partisans dans la province d'Oomi ; mais il fut poursuivi 
par les troupes de Fousiwara-no Yosi tsougou (Theng yuan Liang ki ) et de quel- 
ques autres chefs : il y eut plusieurs engagemens entre leurs armées , princi- 
palement au cap Mi oko saki ( San weï khi), près de Taka sima (Kao tao). Saïki- 
no Sanya (Tso pë San ye) avait livré vers midi un combat à Materou, un des 
fils d'Osikatsou ; ses troupes commençaient à se ralentir , quand Fousiwara- 
no Koura simo maro (Theng yuan Thsang hia ma liu ) arriva à son secours : 
alors la bataille reprit avec un nouvel acharnement. D'autres chefs étant 
venus par eau et par terre également à son secours , i,armée d'Osikatsou fut 
entièrement défaite. Osikatsou tacha de s'enfuir avec sa femme et son fils 
dans une barque; mais il fut pris et mis à mort par Isimoura Kono, et sa tête 
envoyée à la capitale. Materou et environ une trentaine de ses partisans per- 
dirent également la vie , ainsi que Siwo yaki-no o (Yan jao wang) , frère aîné de 
Mitsi-no On-no o, lequel avait trempé dans la rebellion. 

Toyo nari, frère aîné d'Osikatsou , qui sous le dernier Daïri avait été banni 
à Tsoukouzi, reçut sa grâce, et fut rétabli dans son emploi d'Oudaïsin. Do kiô 




ft 



78 ANNALES 

fut nommé Dai 5m Zen si (Ta tchin chen szu ) ou chef des prêtres bouddhistes , 
et chargé de Fadministration de leurs affaires. 

Ala 10 e lune , l'impératrice Ko ken envoya Yama moura-no o et d'autres chefs 
investir la résidence de Faïlaï, parce qu'il avait résolu sa mort avec Osikatsou. 
Faï taî fut déposé , et banni dans l'île à'Awasi (Tan lou )• Il avait régné six 
ans. Il y mourut l'année suivante , âgé de 33 ans; d^autres disent qu*il y fut 
mis à mort. On l'appelle pour cette raison Awasi-no ki-no mikado,, ou l'empe* 
reur déposé d'Awasi. 

XLVIII. DAÏRI 皇天 德稱 .SIÔ TOK TEN 0, 

(De 765 à 769 de J. C.) 

Ten pe zin go (Thian phing chin hou) , de 765 à 766 , 

|^)|)^ Zin go kei oon (Chin hou king yun ) , de 767 à 769. 

Siô tok ten o (Tchhing te thian houang) , nommée auparavant Ko ken, re- 
prit le gouvernement après lâ chute de Fai taï ; de même que rimpératrice 
Kwo gok ou Zaï mé, elle eut deux noms l . 

A la 2 e lune de la 1" aes années Ten pe zin go [ 7 り 5), elle créa Do kiô 
Taï zio daïsin zen si ( Taï ching ta tchhing chen szu). 

L'Oudaïsin du second rang de la première classe , Fousiwara-no Toyo nari, 
mourut le 1 1* mois , à l'âge de 62 ans. 

Le 1 er mois de la 2 e année (766) , Fousiwara-no N a gâté (Theng yuan 
Young cheou) fut nommé Ouaaisin, et Kibi-no Mabi devint Damagon. 

Le 1 0* mois, Do kiô fut déclaré Fots wô (Fâ wang) ou roi de la loi ; Fousiwara- 
no Nagate fut proclamé Sadaïsin , et Kibi-no Mabi Oudaïsin. Ce dernier était 
allé deux fois en Chine pour y étudier ; il était monté , par ses talens distin- 
gués , à un emploi si élevé , et c est lui qui fut le Kibi-no daïsin si fameux. 

A la l rt lune de la l rt des années Zin go kei oun \ 7b ノ), on célébra la fête du 
Bouddha Siaka. L impératrice assista en personne à la grande réunion dans 
laquelle on expli(pia la doctrine de ce dieu. 

Le 3 e mois, mourut Otsi-no Taîivâ (Yuë tchi l'haï tchhing) : c'était lui qui 
avait percé le oira yama (Pe chan) ou mont blanc de la province Yetsizen. 

A la 7 e lune, le prêtre Seou do (Ching tao) commença des travaux pour 
percer la montagne de Ni kwo san (Eul houang chan), cpion appelle aussi 
Ni kwâ san (Jy kouang chan ) , dans la province de Simotské. 



( 1 ) Voyez aux pages 43 et 50. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 79 

Le 10 e mois de la 2 e année (768), le grand maître de la doctrine Ko kasiwa- 
de-no Oodaï oka (Chen tchhin Ta kieou) représenta au Daïri que l'empereur 
de la Chine ayant conféré à Confucius (Kô si) le titre de Bonn sen 6 (Wen siuan 
wang) 9 le même titre devait lui être donné auJapon.Cette proposition fut agréée. 

A la 11 e lune , on éleva pour la première fois un autel pour sacrifier au 
Kassiga daï miosin ( Tchhun jy chin) , ou esprit du soleil du printemps ; et sur 
la montagne de Mi kassa yama (San ly chan), dans la province de Yamato, on 
o&nt des sacrifices aux dieux Také Ikatsouki-no mikoto (W ou loui ming) f Amçrno 
ko yane-no mikoto ( Thian eul wo ken ming) , Ifafi o-no mikoto (Thsi tchu ming) , 
et à Fimé daï sin (Ki ta chin). 

Le 1 er mois de la 3 e année (769) , Do kiô fut logé dans l'intérieur du palais 
impérial , au pavillon • occidental ( Seï kiou ) ; tous les officiers d'un rang infé- 
rieur au Daisin le servaient. 

Le 2 e mois, l'impératrice alla voir le Sadaisin Nagate et l'Oudaïsin Kibi- 
no Mabi. 

Nai sin o (Naï thsing wang) , reine de Fouwa (Pou pho), sœur cadette de 
rimpératrice , avait été mariée à Siwo Sala-no o. Celui-ci ayant été mis à 
mort, son fils conspira, â la 3 e lune, avec Fi-no o Sighesi maro (Ho chang Chy 
tchi ma liu ) pour assassiner l'impératrice ; mais le complot fut découvert. Naï 
sin o fut chassé de la capitale 9 et Sighesi maro exilé dans la province de Tosa. 

Le 9* mois , Da saï fou-no Aso maro (Ta tsai fou O tseng ma liu) avait dit 
à Do kio : « Le dieu Ousa Fatsman m'est apparu en songe , et m'a annoncé 
« que si tu deviens Daïri , Pempire jouira d,uil repos perpétuel. » Do kiô rap- 
porta cette conversation à l'impératrice , qui lui répondit que , quoiqu'elle fît 
beaucoup de cas de lui , elle n*avait pas le droit de l'élever à cette dignité , 
mais qu'elle consulterait le dieu Fatsman et agirait suivant sa decision. Elle 
fit donc venir Waké-no Aiyo maro ( Ho khi Thsing ma iiu ) , et lui dit : « Le dieu 
« Fatsman aaisin qui m*est apparu en songe , m,a ordonné de t'envoyer à Ousa , 
« afin de le consulter sur l'élection d'un Dam : va-s-y , et rapporte-moi sa 
« réponse. » 

Avant de partir, Waké-no Kiyo maro se présenta chez Do kio , qui, ayant 
fait retirer tout le monde, lui raconta que rimpératrice avait l'intention de 
consulter le dieu Fatsman daïsin sur son élévation â la place de Daïri ; 
quainsi il devait lui apporter pour réponse que tel était en effet le désir 
de la divinité. Il lui promit qu'aussitôt qu'il serait Daïri , il le ferait Daïsin 9 et 
lui confierait l'administration de l'empire ; le menaçant au contraire de 
le punir, s'il iaisait un rapport défavorable â ses vues. Il lui jeta en même 
temps un regard sévère , et mit là main sur son sabre pour l,effrayer. 



80 ANNALES 

Sur la route, vers le temple d'Ousa Fatsman, Kiyo maro considéra que, quelle 
que fût la réponse du dieu, l'affaire était de la plus grande importance pour 
l'empire , et qu'elle méritait pour cette raison d'être mûrement pesée. Il résolut 
donc de supplier le dieu, avec la plus grande ferveur, de lui communiquer dis- 
tinctement sa volonté. Dans cette intention , il entra dans le temple , où le dieu 
lui apparut en effet dans Pprabre. Il était haut de trente tsiô (tchang, ou toises 
de dix pieds) , et jetait un éclat comme la pleine lune. Kiyo maro se prosterna 
devant lui. Le dieu lui dit : « Dans notre empire , depuis la dynastie des 
« esprits célestes , et sous leurs descendans , nul être qui n était pas de leur 
« souche n f a jamais été honoré de la dignité impériale. Il était donc inutile 
« de venir ici. Retourne sur tes pas; tu n as rien à craindre de Do kiô. » 

. Kiyo maro grava profondément cette réponse dans sa mémoire , regagna 
la capitale et se présenta chez l'impératrice . Do kiô était avec elle pour 
prendre le résultat de la mission de Kiyo maro. Celui-ci rendit fidèlement 
la réponse de Fatsman , qui avait manifesté son improbation de Do kiô ; l'im- 
pératrice jugea de même que l'élévation de celui-ci serait insensée. Sur quoi 
Do kiô devint furieux : ses yeux étincelèrent , ses veines se gonflèrent , son 
visage était tantôt bleu , tantôt rouge ; il respirait à peine ; et regardant fixe- 
ment Kiyo maro , il s'écria : « La réponse que tu prétends avoir été donnée par 
« le cueu , tu Fas inventée ; tu es un imposteur. » Il voulut le laire mettre à mort, 
mais l'impératrice sy opposa. Dans sa rage , il fit couper les tendons des pieds 
à Kiyo maro , changea son nom en Kegasi maro ( Weï ma liu ) ou le Maro 
sale , et le bannit à Osoumi. Il avait le dessein de le iaire massacrer en route ; 
mais un orage affreux, accompagne de tonnerre et d'éclairs, éclata ; et rimpéra- 
trice, ayant appris son projet, lui défendit sévèrement de le mettre à exécution. 

Kiyo maro ne pouvant plus marcher, parce que ses tendons étaient coupés , 
se fit porter au temple d'Ousa Fatsman , implora son secours , et fut guéri ins- 
tantanément , au grana étonnement de ceux qui raccompagnaient . 

Foa$iwara-no Momoka ( Theng yuan Pë tchhouan ) y dont le pays dépendait 
du Figo , envisageant Kiyo maro comme un homme probe et un serviteur fi- 
dèle , partagea ses biens avec lui. 

Ala 10 e lune , les élèves de 1 école de Da saïfou (Ta tsaï fou ) furent en état 
de lire les Go ghiô ( Ou king ) ou cinq livres classiques de la Chine ; à leur 
requête , 1 impératrice leur fit présent des livres Szu ki , Han chou , Heou 
han chou , San koué tchi et Tsin chou 】• 

Le 2* mois de la 4 e année (770), l'impératrice se rendit au palais d'Oaghi- 



(1) Ce sont des livres historiques de la Chine. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 81 
no miya (Yeou ki koung) dans la province de Kawatsi. Do kiô lui servit quel- 
ques plats extraordinaires. 

Elle revint le 4 e mois à la résidence ; au 6 e , elle tomba très-malade , et 
aucun remède n'eut d'effet ; tout espoir de la voir guérir s^évanouit. Do kiô 
en fut enchanté , car il se flattait de lui succéder. 

L impératrice mourut à la 8 e lune , âgée de 53 ans. La dernière fois elle 
avait régné 6 ans, la première 10 ans; ainsi elle a occupé le trône en tout 
16 ans. 

Le Sadaisin Foasiwara - no Nagate et rOudaïsin Kibi-no mabi délibérèrent 
lequel des princes du sang impérial lui succéderait ; mais ils n'en purent 
trouver aucun qui fût capable. Alors Fousiwara-no Momoka et Fousiwara-no 
Yosi tsougou proposèrent Sira kabe-no ô (Pe py wang) ; il fut proclamé em- 
pereur. Do kio , qui habitait auprès de la sépulture de Sio tok ten o , fut exilé 
à la province Simotskc , où il devint prêtre du temple du génie qui préside 
aux remèdes. C était en effet un homme pervers , qui avait tâché de s'em- 
parer du trône , et auquel l'impératrice Siô tok , par une trop grande clé- 
mence , avait laissé la vie. Il y mourut quelques années après. Waké-no Aiyo 
maro fut rappelé à la residence. 



XLIX. DAÏRI 皇天 仁 光 KWO 薩 TEN O. 

(De 770 à 781 deJ. C.) 

iife ^ W ki (Pao kouei), de 770 à 780, 
ケハ 
m 尺 Ten w6 (Thian yng), 781. 

Kwo nin ten o [Kouan jin thian houang) y nommé auparavant Sirakabé-no o, 
était Detit-fils de Ten tsi ten o, et fils de Siki-no o si (Chi ki houang tsu). 
Pendant le règne de Siô mou et de Siô tok ten o , il exerça les fonctions de 
Daï nagon. Il devint Daïri à l'âge de 62 ans, par l'appui de Nagate et de Mo- 
moka. Dans les troubles de Fannée cyclique Jin chin (672), Otomo-no osi ayant 
été tué et Tenbou proclamé Daïri , les parens de Ten tsi furent peu respec- 
tés ; à rélévation de Kwo nin , ils recouvrèrent leur ancienne splendeur. L'em- 
pereur prit pour titre honorifique des années de son règne celui de Fô Aiï(Pao 
kouei ) ou tortue précieuse. 

A la 10 e lune de la 1" année, le Sadaism Fousiwara-no Nagate fut élevé du 
secoua au premier rang de la première classe. Ce rang, le plus éminent dans 
Fempire , navait été accordé quà Tatsibana-no Moroyé et à Iémisi-no Osika- 
tsou; eux et Nagaté en furent seuls gratifiés durant leur vie. Quoique Fou' 



1 1 



82 ANNALES 

siwara-no Mousi maro eût été le premier qui Feût obtenu , ce ne fut que sur 
son lit de mort; dans la suite , il ne fut plus conféré qu^après la mort. 

Le 11 e mois , le Daïri honora son père Siki-no o si du titre posthume de 
Ta wara-no o si ( Thian yuan houang tsu). 

Le 1 2 e , il fit présent à Nagate de deux cents matsi carrés de terre labou- 
rable , dans la province de Yamasiro. 

A la 2 e lune de la 2 e année (771), le Sadaîsin Nagate mourut âgé de 58 
ans ; il était petit-fils de Tan kai ko et fils de Fousa SakL 

Le 5* mois, l'Oudaisin Kibi - no Mabi se retira enbèrement du service. Daï 
naka tomi-no Kiyo maro (Ta tchoung tchhin Thsing ma liu) devint Oudaîsin , 
et Fousiwara-no Yosi tsougou (Theng yuan Liang ki) fut créé Naïsin. 

Le 11 e mois, empereur fit le pèlerinage Dal siô yé (Ta tchhang hoei), 
il alla d'abord à You ki (Yeou ki), dans la province Mikawa 9 puis à Sou ki (Siu 
khi ) , dans celle ôilnaba. Chaque Dairi est tenu de s'en acquitter une fois 
aans sa vie 1 . 

La 3 e année (772), un envoyé du royaume de Bok Àaf (Phoû haï), nommé 
Itsi man fouk (I wan foû) , arriva et apporta le tribut. Sa lettre de créance était 
rédigée dans des termes peu respectueux. On lui adressa des remontrances 
sévères, il demanda pardon, et fut renvoyé avec une lettre en réponse. 

I-no wou-no naï sin o (1 smg chang ne! thsin wang), une des épouses de 
l'empereur , avait un fils nommé Tado-no sin o (Tha hou thsin wang) , que le 
Daïri voulut choisir pour successeur. Le fils aîné du monarque était Yama-no 
bou-no sin o (Chan pou thsin wang). Le Sanghi Fousiwara-no Momoka insista 
pour que ce prince succédât au Dairi ; ce qui causa une dispute entre l'em- 
pereur et l'impératrice. Celle-ci résolut alors d'empoisonner le Dairi , pour 
faire monter son (ils sur le trône. Momoka découvrit la trame , et en informa le 
Daïri ; la mère et le fils furent dégradés. Uempereur tint alors conseil pour 
délibérer sur le choix entre ses (ils. Momoka soutenait que Yama-no bou-no 
sin o , comme î aîné , avait le plus de droits à devenir Taisi. Le Dam préféra de 
faire monter sur le trône sa fille Mikifito-no nai sin o (Thsieou jin neï thsin 
wang). Fousiwara-noTama nari représenta que la mère deYama-no bou-no sin o 
étant une femme de basse extraction , son fils ne devait pas succéder, et pro- 
posa le second prince impérial Fiye da-no sin o (Pi thian thsin wang). Momoka 
répliqua que la haute ou la basse naissance de la mère ne devait avoir aucune 
influence dans le choix d,un successeur. Le Dairi était embarrassé : Momoka , 



(1) Ce pèlerinage fut introduit par le な e Dain 
Ten hou ten o. し est une tâche bien pénible , puis- 
que l'empereur est obligé, le 11 e mois, de se 



baigner de grand matin dans i,eau froide, et 
dy faire en même temps ses prières. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 83 
observant son irrésolution, en fut si indigné y qu'il grinça des dents, déclara 
qu'il ne fermerait pas les paupières de quarante jours, et qu'il ne bougerait 
pas de devant le palais avant que Yama-no bou-no siu o si fôt déclaré Taïsi. 
Le Daîri s'apercevant de sa mauvaise humeur , consentit à la (in à ce qu'il desi- 
rait. Le Sanghi Fousiwara-no Momoka était très-respecté à cause de sa grande 
probité. Tado-no sin o et sa mère moururent peu d'années après; la tradition 
prétend que Fame de celle-ci passa dans le corps d'un dragon (rioô riô, ling 
toung). 

Kibi-no daisin 1 mourut à la 10 e lune de la 6 e année (775), âgé de 82 ans. 

A la 11 e , les peuples barbares du pays de Moûts se soulevèrent : le Daïri y 
envoya Ofan - no Sourouga maro (Ta pan Tsu ho ma liu) , commandant général 
des places fortes de la frontière. Ce général prit d'assaut leur principale for- 
teresse, et rétablit la tranquillité. Le Daïri le fit complimenter sur ce beau 
fait d'armes. 

Le 1 er mois de la 8 e année (777), le Naîsin Fousiwara-no Yosi tsougou fiit 
avancé au rang de Nadaisin , emploi qui n est inieneur que d'un degré à celui 
d'Oudaïsin. 

Dans la même année , le Daïri nomma Saïki - no Imaghe fito (Tsio pë Kin mao 
jm) premier, et Ono-no Isine (Siao ye Chy ken) second ambassadeur en Chine. 
En chemin , le premier fit semblant d'être indisposé , et resta en route ; l'autre 
prit sa place et s'embarqua. 

Sous le règne de Kô ken ten o , Fousiwara-no Seiga , envoyé à la Chine comme 
ambassadeur extraordinaire , y était resté. A différentes reprises , des navires 
avaient été expédiés pour le ramener ; mais Tempereur des Thang , qui l'aimait 
beaucoup , ne voulut jamais consentir à son départ. Cette lois le Daïri lui 
envoya un ordre par écrit, auquel il n obtempéra pas non plus. Il était fils de 
Fousa said. 

Sous le règne de Ghen sio ten o, Abé-no Naka maro (A pou Tchoung ma 
liu) avait été en Chine avec Kibi-no daîsin. A cette nouvelle ambassade 9 il fut 
nommé Fi sio kan (Py chou kian ) 9 ou premier secrétaire, et I,on changea son 
nom en celui de Tseou kaou ou Tscou kei (Tchao heng 9 ou Tchao hiang) : il 
était fort lié avec les célèbres lettrés chinois Ri fak (Li pë), Ghi man (Weï 
wan), et Ogni (Wang weï). Lorsqu'il fut sur le point de retourner au Japon , il 
composa une chanson dans laquelle il décrit son départ de Men siou ( Ming 
tcheou) 2 , port de Chine, son arrivée en vue des côtes du Japon dans les parages 



(1) Voyez page 65, note 2. portait, sous les Thang, la ville actuelle de Ning 

(2) ym fln Ming tcheou était le nom que phofou dans la province de Tehe kiang. 一 Kl. 



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DES EMPEREURS DU JAPON. 85 
effets appartenant au gouvernement. Le Daïri ordonna aussitôt à Ofan-no 
Masi fatsi et à Ki-no Kosami , d'entrer, à la tête de leurs troupes , dans le Moûts 
et le Dewa ; il fit transporter des différentes provinces de l'empire toute 
sorte d'approvisionnemens dans le Moûts. 

Fousiwara-no Ko kouro maro ( Theng yuan Siao hë ma liu ) y fut envoyé le 
9 e mois , pour prendre le commandement en chef } car le nombre des révoltés 
augmentait de jour en jour. Il les réduisit en peu de temps. 

(Le 1 er mois de la 1" des années Ten wo (781), une flotte étrangère débar- 
qua dans le pays de Moûts, pour venir au secours des révoltés ) l . 

Le 2 e mois , cent mille kokf (no) ou ballots de riz furent envoyés au pays de 
Moûts. A la 5 e lune , le.Dairi tomba malade , et à la lC、 il résigna l'empire en 
faveur de son fils Yama-no bou-no sin o, qui prit le nom de Kwan mou ten o, 
et fit annoncer par un ambassadeur extraordinaire son avènement au trône 
aux divinités du temple Daî sin gou , dans llzé. 

A la 6 e lune, l'Oudaism Daï naka tomUno Kiyo maro se retira entièrement 
des affaires ; le Nadaisin Fousiwara-no Wouo na fut élevé au rang de Sadaïsin. 

Le 8 e mois , Fousiwara - no Kokouro maro revint dans la capitale , après 
avoir entièrement éteint la révolte dans le pays de Moûts. Il fut nommé Zio 
san i. Ki-no Kosami fiit fort applaudi , à cause du courage qu'il avait montré ; 
mais Ofan-no Masi fatsi fut déposé pour sa lâcheté. 

À la 12 e lune, mourut le Daïri Kwo nin len o, à l'âge de 75 ans, après 
avoir régné 1 1 ans avec le nengo Fo kiî, et 1 avec celui de Ten wo ; en tout 
12 ans. 



(1) Ce passage ne se trouve pas dans lori- 
ginal japonais. Il parait que M Titsingh l'a in- 
séré dans sa traduction daprès d'autres docu- 
mens ; car on lit dans son Mémoire sur les fêtes 
et cérémonies observées à la cour des Seogouns , le 
passage suivant : • La l re des années Ten wo (781), 
« sous le règne du 49 e Dain , nommé Kwo nin 
• ten ,o , une flotte de vaisseaux de guerre vint 
« des pays étrangers aborder dans la province 
t de Moûts , pour subjuguer le Japon. Le Dain 
« envoya son fils Sara sin o et deux de ses frères , 
« lyo sin o et Momori sin o , pour commander l*ar- 
« mée qu*il opposait k lennemi. Avant de partir, 



t Sara sin o se rendît au temple Fonsi-no mori , 
t pour informer le dieu de sa marche, et pour 
« implorer son appui. H vainquit rennemi et dé- 
t truisit son armée. Les trois princes furent dans 
« la suite mis au nombre des dieux. Depuis ce 
t temps , on commença , le jour ae la fête du 3 e 
« mois , à enger des étendards et des figures cui - 
t rassées devant les maisons , et à donner des 
t sabres aux garçons pour jouets , tant pour com- 
t plimenter le Daïri 5ur la victoire que ses fils 
« avaient remportée , que pour inspirer aux en- 
t fans , dès leur bas âge , l'horreur de toute la - 
« cheté et un noble courage. »— Kx. 



86 



ANNALES 



L. DAÏRI 皇天お 至 KWAN MOU TEN 

(De 782 4 805 deJ. C.) 
Nengo Ynriak (Yen ly), de 782 à 805. 

Kwan mou ten o ( Houon wou thian houang) t fils aîné de Kwo nin ten o , 
porta auparavant le nom de Yama-no bou-no sin o. Sa mere était Koya ntMiofoa - 
sin ( Kao ye fou jin ) , fille de Koyano-no Oto tsougou (Kao yé Yki). Sous Siô tok 
ten o , ce prince était de la seconde division de la cinquième classe , et rem- 
plissait les fonctions de Daï gak-no kami (Ta hio theou), ou chef de l'instruc- 
tion publique. Lorsque son père parvint au trône, il fut élevé au rang de Si 
i - no si ziou, égal à celui de Naka tsou kasa-no kyo (Tchoung wou khing). 
Dans la 4 e année du nengo Fô ki , il devint Taïsi , et fut nommé Daïrî dans 
l'année Ten wo. Il choisit alors son frère cadet Faya yosUno sin o (Tsao liang 
thsin wang) pour Taisi ou prince héréditaire. 

A la l n lune, qui était ouro (jun) ou intercalaire, de la première des années 
In riak (782) , Inaba-no kami Kore-no woa-no Kawa tsougou (Yen fan cheou Ping 
chang Tchhouan ki ) conspira dans le dessein de s'emparer pendant la nuit du 
palais du Daïri ; mais on découvrit le complot , et il fut banni à Idzou. Il était 
arrière-petit-fils de Ten bou et nls de Siwo saké-no o : sa mère Foufa-no naï 
sin o avait déjà été exilée de la cour à la 3* lune de la 3* des années Zin go 
keï woun ( 769), et envoyée dans FAwasi. Quant à lui, il {ut banni seulement, 
parce que le Dain portait encore le deuil de Ko nin ten o. Tous ses parens et 
ses complices, comme Guats keï woun kak (Yuë khing yun khé) et autres 9 su- 
birent le même châtiment. 

Le 5 e mois , le dieu Fatsman du temple d'Ousa ordonna qu'on lui donnât 
le titre de Daï Bo sats (Ta Phou sa) l . 

A la 6 e lune , le Sadaïsin Fousiwam-no fVouo na fut déposé de son emploi , 
et exilé dans le Tsoukouzi, Plus tard , le Daïri lui permit de revenir dans la 
capitale, ou il mourut. 

Fousiwara-no Ta maro (Thengyuan Thian ma liu) fut nommé Oudaîsin. 
A cette époque , lorsque les emplois de Sadaïsin et d,Oudaïsin étaient vacans , 
le Daïnagon et }e Daisin en exerçaient les devoirs. 

Le 5 e mois de la 2 e année (785) , FOudaîsin Ta maro mourut à Fâge de 
62 ans. Il était cousin de Noki Afi. 

A la 7 e lune, Foasiwara-no Kore kimi (Theng yuan Chi koung) devînt Oudaîsin. 

(1) Voyez la note 2, à la page 21. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 87 
A la 10 e lune, le Daïri se rendit à la plaine de Kata no (Kiao ye), pour y 

chasser avec des faucons. 

Le 5 e mois de la 3 e année (784-), l'empereur fit examiner le terrain de 

Naga oka (Tchhang kang) , dans le district de Oto gouni-no kori (Y hiun kiun) 

de la province de Yamasiro , et ordonna, au 6 e mois, d'y construire un palais 

impérial {Daïri). 

Le I I e mois , il se rendit de Nam à Naga oka. Il envoya des présens au dieu 
Kamo mio sin (Kia meou ming chin) , et le fit prévenir qu'il avait transporté sa 
cour dans le Yamasiro. C'est de ce dieu que dépend cette province. 

A la 8 e lune de la IC année (785), le Daïri fit un voyage à Nara , confiant , 
pendant son absence 9 la garde du palais de Naga Oka au Sôra-no taisi (Tsao 
ling taî tsu), à l'Oudaisin Fousiwara-no Kore kimi, et au Tsiounagon Fousiwa- 
ra-no Tane tsougou. Comme ce Daïri aimait beaucoup la chasse, il Savait au- 
paravant chargé de cette garde que le Taïsi , quand il prenait cet exercice. Le 
devoir de Tane tsougou était de rester constamment auprès du Daïri, et, en cas 
de changement de résidence , devoir les yeux sur tout et de donner les ordres 
nécessaires. Il y avait quelque temps que le Taisi avait prié le Daïri d'élever 
Sa も hi-no Imaghe fito (Tso pë Kin maojin) au poste de Sanghi ; mais Tane tsou- 
gou ayant représenté au Daïri qulmaghe fito , à cause de sa basse extraction , 
n'était pas fait pour remplir un emploi si élevé, la demande fut refusée. Le 
Taïsi, outré de cet affront, chercha i,occasion de se défaire de Tane tsougou ; 
mais il en fut empêché par le Daïri , qui depuis ce temps ne confia plus la 
garde du palais, en son absence 9 au laisi seul, ce qui augmenta encore la 
colère de celui-ci contre Tane tsougou. Le Dam parti pour Nara , le Taïsi crut 
i,occasion favorable pour se venger. U envoya donc dans la soirée Otomo^to 
Tsougou fito et Otomo-no Tsikoura à la demeure de Tane tsougou 9 qui était 
assis près d'un flambeau ; ils tirèrent sur lui des flèches dont une lui traversa 
le corps , et il mourut. 

Le Daïri, ayant appris ce forfait, en fut consterné ; il revint aussitôt de Nara 
à Naga oka , et fit arrêter Tsougou fito et Tsikoura. Leur interrogatoire fit 
voir clairement qu'ils avaient agi par ordre du laisi. Le Daïri, indigné de sa 
conduite, le bannit à Awazi. Le prince refusa toute nourriture , mourut sur 
la route , et fut enterré à Awazi ; ses deux complices furent décapités , et ceux 
qui avaient été intimes avec lui furent bannis. Le Daïri conféra à Tane 
tsougou le titre de Zio itsi Sadaïsin , et regretta vivement sa perte . L'ame du 
Taisi oora-/io sin o excitant beaucoup de malheurs , le Daïri , pour calmer sa 
colère , lui accorda le titre de Sou do ten o ( Thsoung tao thian houang) y et 
envoya annoncer tous ces événemens aux tombes des Daïris Ten tsi et Kwo nin. 



88 ANNALES 

A la 11 e lune, il choisit son fils Tosou to-no sin o (Ngan tian thsin wang) 
pour Taïsi. 

Le 1 er mois de la 5 e année (786) , le Zio san i et Ouyé mon-no kami Saka - 
no wouyé-no Karita maro mourut âgé de 59 ans : il était frère de Tamoura maro , 
et commandait la garde du palais ; il excellait à monter à cheval et à tirer 
de l'arc. 

Le 10 e mois de la 6 e année (787), le Dam se rendit à Kata no, et logea 
dans la maison du Daïnagon Fousiwara-no Tsoagou tsouna , qu'il avait envoyé 
à Kata no , pour y offrir des sacrifices solennels en rhonneur acs dieux célestes 
et du Daïri Kwo nin ten o. 

Le 1 er mois de la 7 e année ^ /8b), on coupa les cheveux du front du Taïsi 
et on le revêtit de l'habit de l'âge viril (ghenfouk^ yuan fou). Le Daïnagon 
Tsoagou tsouna et le Tsiounagon Ai-no Founa rnori lui offrirent un bonnet im- 
périal. 

Le 2 e mois, Oto tsoagou (Siuszu), fils de feu Fousiwara-no Momoka y fut 
mandé par le Dain ; il avait alors 1 5 ans : on lui rasa également les cheveux 
sur le front. Le Dam l'ayant regardé attentivement, se ressouvint des services 
éminens de son père, et versa des larmes; il le combla de présens, et l'honora 
d'un rang. 

Le 7 e mois, le Saki-no Oudaïsin ou le vieux Oudaîsin , Dai naka tomi-no 
Kiyo maro, mourut à i âge de 88 ans. 

Le 12 e mois, les barbares de la province Oziou se révoltèrent : le Daïri nom- 
ma le Sanghi Amo kosami général en chef pour les combattre 9 et lui ordonna 
de prendre toutes les mesures qu'il jugerait convenables pour apaiser ces 
troubles. 

Dans la même année , le prêtre bouddhiste Saï ton (Tsoxxi tchhing) com- 
mença les travaux pour aplanir le sommet de la montagne Fiyeïzan (Pi joui 
chan ) \ ou il bâtit le temple Yen riak si (Yen ly szu). Quand cet édifice fut 
achevé , Saï tou reçut le titre ecclésiastique de Den teoa dai bo si (Tchliouan 
teng ta fa szu) 2 . 

La 8 e année ^789), le nombre des sauvages révoltés dans la province d'Oziou 



( 1 ) Cette montagne , appartenant à la pro- 
vince d'Oomi , est située à sa frontière occiden- 
tale, vers celle de Yamasiro. Le temple Yen riak 
si est à 3 demi-ri japonais , au nord-est de Miya- 
ko ou jvio. La salle du milieu du temple est dé- 
aiec au dieu de la médecine , la tour occiden- 
tale à S*akya mouni , et une chapelle près de la 
petite rivière Yo kawu k Amithdba kouan chi in. 



Les revenus annuds de ce temple montent à 
5000 kokfon ballots de riz. 一 Kl. 

(2) Dans l'original, on a imprimèrent daï 
si (Tchhouan kiao ta szu ) ; mais c est une erreur, 
puisque ce titre posthume ne fut accordé à oai 
tou qu'en 806. J ai corrigé cette faute d*après 】a 
Grande Encycbpidie japonaise, vol. LXaI , fol. 10 
recto (Voyez la note l , page 94). 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 89 
s'étant considérablement augmenté , Ki-no Kosami (Ki Kou tso meï) y mena , 
à la 6 e lune , beaucoup de troupes pour les punir. I kéda - no Mamaki ( Tchhi 
thian Tcmn mou) et Abé-no Kouro tsouna (Ngan pou Mé ching) , qui comman- 
daient sous lui, en vinrent aux mains avec les révoltés , et furent totalement 
battus ; ce succès rendit les Yébis fort insolens. Les troupes du Dairi furent 
également défaites sur mer ; environ trois mille hommes périrent tant sur terre 
que dans l'eau ; les Yébis ne perdirent que quatre-vingt-neuf hommes. 

A la 9 e lune , Ki-no Kosami revint à la capitale. Le Dairi chargea le Daïna- 
gon Tsougou tsouna de le citer devant lui au Tai siô kwan (Taï tching kouan ) 
ou palais du gouvernement , pour rendre compte et se justifier relativement 
à celte délai te. Il le fit si complètement qu'il fut absous, tandis que Mamaki et 
Kouro tsouna furent destitues. L'Oudaïsin Fousiwara-no Kore kimi , petit-fils 
de Mousi maro, mourut à l'âge de 65 ans. 

Le 2 e mois de la 9 e année (790), Fousiwara-no Tsougou tsouna lui suc- 
céda comme Oudaism. 

Le 3 e mois, on promulgua des ordres dans les contrées de Tâkaï (Toung 
haï) , de Tosan (Toung chan ) et d'autres , pour rassembler A00,000 kokf(hô) 
ou ballots de riz. L'arsenal de Taï saïfou (Tai tsai fou) fut chargé de fournir 
2,000 casques de fer. Tous ces préparatifs avaient pour but d'étoufifer la ré- 
volte des Yébis dans l'Oziou. 

A la 8 e lune , il survint une famine dans le Tsoukouzi ; le Dam fit distribuer 
au riz et du blé à quatre-vingt-huit mille habitans de ce pays. 

Le premier mois de la 10 e année (791 ), il envoya Fiaksaï-no owun tets (Pë 
tsi fchun tchë ) et Saka-no wouè-no Tamoura maro (Pan chang Thian tsun ma liu) 
dans le Tôkaïdo et le Tôsando , pour assembler des troupes et des armes. 

Le 7 e mois , Otomo-no Otogou maro ( Ta pan Ti ma liu ) fut envoyé dans 
l'Oziou , comme premier inspecteur des affaires militaires de l'est , Sioun tets 
(Isi tchë) et Tamoura maro (Thian tsu ma liu) comme seconds. 

À la 1™ lune de la 12 e année (795), le Dairi fit examiner la situation du 
village Ouda-no moura (Yu taï tsun), du district de Kado no kori ( Ko ye kiun), 
dans le Yamasiro , par le Daïnagon Fousiwara-no Kokoaro maro ( Thener vuan 
Siao hc ma liu), par le Sadaîben Ki-no Kosami (Tso ta pian j\i ko tso mei) , 
et par le prêtre Ken kei (Hian king) , car il avait le dessein d'y transporter la 
cour. Il fit annoncer cette intention au dieu Kamo-no miô sin ( Ho meou ming 
chin) \ aux tombeaux des Dams Ten tsi ten o , de Kwo nin ten o , et à celui 
du prince Tawara-no o si. 

(1) Le principal temple de ce dieu , nommé Ho meou houang tai chin) , est sur le mont Ka- 
avec tout 5on titre Kami Kamo à daî sin (Chang mo yama, au nord-est de la ville actuelle de 



12 



90 ANNALES 

Le 6 e mois, l'ordre fut expédié dans toutes les provinces, de fabriquer les 
portes du nouveau palais; chacune eut un nom particulier , savoir : In fou mon 
(Yn fou men ) , Bi fouk mon (Meï fou men) , An ki mon ( Ngan ki men) , / kan mon 
( I kian men ) , Sôfeki mon ( Thsao py men) , Soui ken mon ( Cheou hian men ) , Yô 
meï mon (Yang ming men) , Tats si mon ( Ta tchi men ) , Tats ten mon ( Than 
thian men), et Iko uwd mon ( Tou fang men )• 

Le 9 e mois, Souga no-no Mamitsi (Kouan ye Tchin tao) et Fousiwara-no 
Kada^no maro (Theng yuan Ko yé ma liu) furent envoyés à la nouvelle rési- 
dence , pour y partager le terrain où devaient être construits les bâtimens des- 
tinés à la demeure des personnes de service. 

Le nouveau palais de Kado-no étant achevé , le Daïri s*y rendit le 10 e mois 
de la 15 e année (79A). Le terrain sur lequel ce bâtiment était placé se trouvait 
sous l'influence des quatre génies qui president aux quatre points cardinaux , 
savoir, à gauche celui du dragon azur (le génie de l'orient), à droite celui du 
tigre blanc (le génie de l'occident), sur le devant celui de Yoiseau rouge (le 
génie du sud), et en arrière celui du guerrier obscur [le génie du nord). Cet édi- 
fice était entouré de belles eaux et de montagnes. De grandes routes y arrivaient 
de quatre côtés : il était assez vaste pour servir de résidence à cent rois ; c'est 
pourquoi il reçut le titre honorifique deFeïan siô (Phing ngan tchnmg) ou ville 
de la paix et de la tranquillité l . On y éleva une statue en terre , haute de huit 
pieds ($i(ik) ; elle portait un casque et une cuirasse de fer, et tenait à la main 
un arc et des flèches de fer. Elle était destinée à servir de divinité protectrice 
de la capitale , qui depuis ce temps a toujours été la résidence des Daïris. 
Cette statue fut placée sur un piédestal sur le mont Tôsan ( Toung chan), la 
face tournée du côté de l'occiaent. Actuellement elle se trouve près des 
tombeaux aes Seogoun. On prétend que lorsqu'il doit survenir quelque chan- 
gement dans l'empire , cette image chante et se meut d'elle-même. 

Le 1 er mois de la 15 e année (79o), le Daïri alla chasser à Fin kawa no (Khia 
tchhouan ye ) ; il était passionné pour cet exercice , et le prenait tous les ans; 
dans les environs de la capitale et dans d'autres lieux. 

Au 7 e mois, rOudaisin Fousiwara-no tsougou Tsouna mourut âgé de 70 ans: 
c'était un homme fort savant ; il avait composé avec Souga no 一 no Mamitsi 
( Kouan yé Tchin tao) Fouvrage intitulé Siok Nipon ki (Su Jy pen ki )• 

Le rsiounagon Ki - no kosami et Sin o furent nommés Dainagon , et char- 
gés des soins du gouvernement. 

Miyako t dans le district de Wo taghi de la pro- de nos jours, laquelle est encore aujourd'hui la 
vince d*Yamasiro. 一 Kl. résidence des Daïris, comme son nom l'indique. 

(1) し est la même ville que Kiâ ou Miyako £31e s'appelle aussi 中 AoAr isiou. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 91 

Dans l'hiver , on construisit le Tôsi (Toung szu ) , ou temple oriental. 

Le temple Koura ma tera (Ngan ma szu) fut commencé dans le courant de 
cette année par Fousiwara-no Izé Jito ( Theng yuan I chijm). A la même épo- 
que, le prêtre Gon zô ( Khin thsao) 1 commença à publier les huit explications 
du livre bouddhique Fots ke ghiô (Fâ houa king) ou de la fleur de la loi. 

Ki-no Kosami mourut le A e mois de la 16 e année (797). 

Au 1 I e mois , le Ziou si i Saka - no W oue-no Tamoura maro reçut le titre de 
Seï daï siô goun ( Tching i tsiang kiun) ou général qui combat les barbares 9 en 
récompense de ses services signalés , pour avoir subjugué les Yébis révoltés 
dans le pays de Moûts. 

Au 7 e mois de la 1 7 e année ( 798) , Tamoura maro fonda le temple Sei soui 
si (Tching choui szu), ou de l'eau pure. 

A la 8 e lune , le Daïnagon om o (Chin wang) fut nommé Oudaïsin. 

Le 2 e mois de la 18 e année ( 799), le Ziou san i Minboukià Wakvno ilijo 
maro (Min pou khing Ho khi fhsing ma liu) mourut , âgé de 6/ ans. 

La 17 e année (800), le sommet du mont Fousi brûla depuis le \lv du 5 € 
mois jusqu'au 18 du 4 e . Dans le jour une épaisse fumée et dans la nuit 
une grande flamme montaient au ciel avec un bruit de tonnerre ; les cendres 
tombaient comme une forte pluie , et coloraient en rouge le pied de la mon- 
tagne et les rivières. 

Au 11 e mois , le Daïri ordonna à Tamoura maro de iaire des recherches sur 
les révoltés de Moûts qui étaient en fuite , et de noter leurs noms. 

Au 2 e mois de la 20 e année (801) , Sougawara-no Seïkô ( Kouan yuan Thsing 
koung) , fut chargé de faire subir un examen aux bacheliers sur la littérature 
Ce Seï ko était le grand-père de Kwan siô sw ( Kouan tchhing siang). 

Taka maro (Kao houon), le chef des Yébis révoltés dans le Moûts, était 
parti de Tagara ( Ta koû khù ) pour surprendre le fort de juomiga $eki (Thsing 
Lian kouon ) dans la province de Sourouga. A cette occasion, le Dairi fit présent 
d'un sabre au Seï daï scogoun Saka - no fVoae-no Tamoura maro , qui marcha 
avec courage contre l,ennemi. faka maro s'enfuit devant lui vers le Moûts; 
Tamoura maro le poursuivit et iatteignit à Kagou ra oka (Chin lo kang) , où 

sivement plusieurs hautes dignités dans l'ordre 
monastique. Ce fut entre 810 et 823 qu'il reçut 
le titre honorifique de Gon zô. Il mourut en 
827, âgé de 74 ans ; le 53 e Dairi Zim wa ten o 
lui conféra le titre posthume de So dziâ. On rap- 
porte que l'ordre actuel de YIrofa ou de l'alpha- 
bet japonais est dû à lui, a Lai tsiô etkKô bâ iai 
nn. ― Kl. 

12* 



ひ) it 




Gon zô ou Kin sâ, de la fa- 



mille de Sin, naquit dans le district de 

Taka iki, de la province de Yamato. Sa mère 
ayant rêvé qu'elle se trouvait dans les bras d'un 
être auguste et resplendissant, devint enceinte, 
et le mit au monde. A i âge de douze ans il entra 
dans ua couvent de bonzes, et remplit succès- 



92 ANNALES 

ils se battirent. Taka maro et un autre chef des brigands , nommé Akouro o 
( lou wang ) , y furent tués , et la tranquillité fut rétablie dans le Moûts. 

Tamoura maro fonda alors dans le district d'Izawa kori ( Tan thse kiun ) un 
temple dédié au dieu Fatsman, et y suspendit son arc et ses flèches. Au sud de 
Tagaya , il en bâtit un autre sur le plan du temple Kourama dera (Ma ngan 
szu) , de la province d'Yamasiro , auquel il donna le même nom ; il y fit éle- 
ver l'image du dieu Ta mon ten (To men tnian). 

A la 1 I e lune, il revint à la capitale , où il fut comblé de louanges par le 
Daïri pour avoir réprimé la révolte , qui depuis plusieurs années désolait le 
Moûts. Il reçut en récompense le second rang de la troisième classe. 

Au printemps de la 21 e année (802), ramoura fut renvoyé dans le Moûts 
pour y construire le fort a Izawa siro (Tan thse tchhing). 

A la 7 e lune , il regagna la capitale , amenant avec lui O baka kô (Ta mou 
koung) et Ban kou kô (Phan Km koung ) , deux chefs des Yébis , pour implorer, 
leur pardon. Il insista pour qu'ils fussent renvoyés chez eux, afin de tran- 
quilliser leurs compatriotes ; mais le Daïri les fit mettre à mort, disant qu'ils 
ressemblaient aux brutes qui ne se ressouviennent pas des bienfaits. 

Le Dam étant allé au jardin om zen yen (Chin thsiuan yuan), y consulta 
rOudaisin Sin o sur le projet guil avait d'élever au rang de Sanghi Fousiwara- 
no O tsoaghi (Then yuan Siu ki) , âgé seulement de 29 ans. Le Dam et le Taïsi 
firent observer à leurs conseillers , que , quoiqu'on put être mécontent de ce 
projet à cause de la jeunesse d'O Isoughi , la reconnaissance l'exigeait , puis- 
que l'empereur avait été placé sur le trône par l'appui de Momoka , père 
d'O tsoughi. 

La 25 e année (804), le Dain envoya Fousiwara-no Kado-no maro (Theng 
yuan Ko ye ma liu) comme premier, Isigawa-no Mitsi mason (Chy tchhouan 
Taoi ) comme second , et Soagawara - no Seï kô comme troisième ambassadeur 
en Chine. Asano^no Ka tori ( Tchhao ye Lou thsiu ) les accompagnait, en qua- 
lité de secrétaire. Ces quatre personnes étaient très-instruites. A cette occa- 
sion, le prêtre Ten ghio ( Tchhouan khiao ) obtint la permission de s'embar- 
quer pour la Chine sur le bâtiment de Sei ko ; et le prêtre Kô kai (Khoung ha り 
demanda la faculté de iaire ce voyage sur celui de Kado no. Kô kai est le même 
personnage que le fameux Kô bô daï si (Houng fa ta szu) 1 , et Kado no est aussi 

district de Ta to ( To tou) , province de Sanouki. 
Son père fut le comte Saï ki-no atafi ta kimi 
(Tso pë Tchy thian koung) , et sa mère , la fille 
de l'officier A to -no si kwan (A tao szu kouan). 
Elle rêva quelle était embrassée par un prêtre 



(1) 法^ Kô bô (Houng &) ou 法^ 

^îp^(^ Kô hô daï si (Houng (a ta szu) , le 

grand maître de la doctrine qui répand la loi, était 
natif de Fié fouka oura (Phing foang phou) , du 



DES EMPEREURS DU JAPON. 93 
appelé Ka-nâ (Ho neng). Ils furent pourtant détenus jusqu'à la fin de Fannée ; 
les bâtimens de Kado no ayant été endommagés par une tempête en sortant 
de la baie de Naniwa. 

Le Daïri tomba malade au printemps de la 2^ e année (805) ; ne sentant 
aucun soulagement de remploi de plusieurs remèdes, il fit offrir des sacri- 
fices, et réciter des prières dans tous les temples pour son rétablissement. Il 
prescrivit d'élever dans l'Awazi un temple en l'honneur de Sôra-no taïsi et fit 
construire des greniers d'abondance dans toutes les provinces. U ordonna de 



de Fan (de Unde) , en devint enceinte , et mit 
au monde un (ils, douze mois après son rêve, en 
774 , le 15 e jour de la 6 e lune. Cet enfant mon- 
tra, dès son bas âge, beaucoup de bon sens, 
de sorte qu'on lappela le garçon ingénieux. H pé- 
nétra bientôt le sens des six king et des livres 
d'histoire. Il fut reçu parmi les disciples du cé- 
lèbre bonze Gouso, du temple d'Ywa bou si, et 
commença alors à approfondir les livres de la 
loi de Bouddha ; il s v aDpliqua aussi à Fétude de 
l'analyse des caractères chinois d,après les six 
règles [iou chou) , et des huit sortes de lettres 
\pa ti). A l*âge de vingt ans, il reçut le titre de 

て Koâ kaï ( Khoung ha!) , ou de mer du 

vide. A î age de trente ans , il fut envoyé en 
Chine et s'embarqua sur un vaisseau chinois ; 
il arriva dans ce pays Vannée suivante , du 
temps de l'empereur Té tsoung, de la dynastie 
de Thang. Il y étudia la doctrine de Bouddha 
sous la direction du bonze Hoei ko, retourna au 
Japon au bout de trois ans (en 806) , et habita 
dans le temple du mont Mam-no yama (Tchin 
wei chan) , dans la province d'Idzonmi. En 850, 
il reçut un nouveau titre d'honneur, qui signine 
le grand maître de la doctrine , dont le pinceau, 
trempé dans l'aurore, transmet la lumière. U établit 
alors son séjour sur le Daî rio dakè (Ta loung yô), 
haute montagne de la province d'Awa , et sur le 
promontoire Ya do saki (Wo hou khi) , dans 
celle de Tosa. En 824 , il y eut une grande 
sécheresse dans l'empire ; il prescrivit , pour 
obtenir la pluie , des formules de prières qui 
furent exaucées. A l'âge de 43 ans , il jeta les 
fondemens du temple Kon go bou si (Km kang 
fung szu) sur la montagne Ko ya san (Kao ye 
chan); lequel ne fut achevé cpien 890 , après sa 



mort. Ce temple est situé dans le district d,/to 
( I tou) de la province d'Iki , à 29 ri de Yédo et 
à 16 d'Osaka. Ses revenus sont de 21,700 bal- 
lots de riz. Il n,est pas permis aux femmes d'en- 
trer dans son enceinte sacrée. Il est entouré de 
7,700 habitations qui en dépendent. 

Kâ bô daî si est l'auteur da syllabaire japo- 
nais appelé Jura kana , qu'on emploie à écrire 
la langue japonaise seule, sans qu'il soit néces- 
saire d'avoir recours aux caractères chinois. H 
se compose , ainsi que le kata kana , de qua- 
rante-sept signes , dérivés de caractères chinois. 

Kâ bô daî si mourut âgé de 62 ans, en 835, 
jour de la 3 e lune. En 921 , le 60 e Dairi , 
Da! go ten o , envoya une ambassade au temple 
Kon go bou si, pour honorer Kâ bâ du. titre de 
Daî si, ou grand maître. Cest depuis ce temps 
qu'il porte le nom de Kâ bâ daî si. U a tou- 
jours été très - vénéré au Japon , et a beau- 
coup de temples et de sanctuaires dans ce oavs. 
On voit encore aujourd'hui , dans le district de 
Fira se, province de Yamato , trois ike ou étangs 
que ce saint homme a fait creuser. Ils sont ap- 
pelés Â-ike, Fa-ike et Oun-ike. Les premières 
syllabes des noms ne s'écrivent pas en caractères 
japonais ou chinois , mais en lettres dêvanagari 
irrégulièrement formées, telles qu'on les em- 
ploie au Japon , savoir : 

La grande Encyclopédie japonaise, qui me four 
nit cette notice (vol. LXXIII, fol. 32 verso) , ne 
donne pas la raison de cette manière inusitée 
d'écrire ces noms ; elle se rapporte vraisembla* 
blement à quelque tradition bouddhique. 一 
Kl. 



ou 
Houng, 



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DES EMPEREURS DU JtAPON. 95 
Le 8 e mois, le Daïri fit venir le prêtre Ten ghio, qui lui remit une image de 
Bouddha, et une explication des livres sacres de sa religion. 

Le 9 e mois, il reçut derechef Ten ghio à Taka 6 (Kao hioung) , et se fit bapti- 
ser par lui. C'est la première fois que le baptême bouddhique fut administré 
au Japon l . 

Ala 3 e lune de la 25 e année (806), le Daïri mourut à l'âge de 70 ans, et 
après 25 ans de règne, qui portèrent le titre d'Yn riak. 



vance des règles , actuellement professée de pré- 
fërence dans les temples Sioâ tai zi et Sai daï zi» 
fut introduite au Japon par le prêtre chinois 
Ghan sin (Kian tchin) , qui vint en 754 à la cour 
du Daïri. Elle ne fut répandue dans tout F em- 
pire qu,en 1211 par le maître de la loi Sioun zaï 
fo si (Tsiun tchhing fa szu). Il n'est pas permis 
aux prêtres de cette observance d'avoir aucane 
espèce de commerce avec les femmes f et ils 
sont tenus d*observer cinq commaodemens par- 
ticuliers. 

6. Ke gon siâ (Houa yan tsoung), 

ou Fobservance du Ke gon ghio (Houa yan kiog), 
ouvrage célèbre des bouddhistes. Elle fut fondée 
par le prêtre chinois To ziun kwa sioâ (Thou 
chun ho chang) , et introduite au Japon par R6 
ben (Liang pian ) , mort en 775. 

7. ^ ^ ^ Ten daï siâ ( Thian thaï 

tsoung) , ou Fobservance du mont de Thian 
thaï en Chine. Elle avait été fondée par un 
câèbre ecclésiastique chinois , connu sous le titre 
de Thian thai ta szu, ou le grand maître du 
Thian thai chan. Sous les dynasties de Tchhin et 
de Soui ( à la (in du 6° siècle), ce prêtre avait 
été Koue szu, ou instituteur de l'empire ; il vivait 
encore sous le règne du premier empereur des 
Thang. Cette observance fut portée au Japon en 
805 par Sai ton (Tsoui tchhing). Elle est une 
des plus répandues dans cet empire ; son siège 
principal est au temple Yen riak si. 

8. Sin gon siâ ( Tchin yan 

tsoung) , ou l'observance des paroles véritables, 
rile fut fondée parle Bodhisatwa Rico mio (Loung 



iueng) , natif de Unde méridionale f lequel vivait 
800 ans après S'akya mouni. H rédigea les livres 
intitulés Daï ni ghio (Ta jy king) , Sozits Isighio 
(Sou sy ti king) et Ghin gd teâ ^tio (King kaog ting 
king). Cette observance fut introduite au Japon 
par le célèbre K6 kai (Koung haï) ou K6 bâ daï 
si (Koung fâ ta szu) , qui revint de la Chine en 
80o. Elle y existe à présent sous deux formes, s-â 
voir , Ko ghi ( Kou i ) d'après l'ancienne règle , 
et Sin ghi (Sin i) d'après la nouvelle , intro- 
duite par Negoro Kaklan (Ken laî KiÔ tsoung) , 
mort en 1145. 

Les sectateurs de ces deux dernières obser- 
vances se servent, dans leurs prières, de la langue 
sansknte , et copient encore les livres bouddhi- 
ques en caractères dévanagari f appelés bon zi 
(fan tsu) lettres de i Inde. 

Outre ces huit observances anciennes des 
bouddhistes du Japon , il y en existe encore plu- 
sieurs autres , dont j'aurai plus bas l^occasion 
de parler. 一 Kl. 

(1) La cérémonie du y 輕 Kwan tsioâ 

(Kouan ting) ou baptême bouddhique se fait 
dans un endroit obscur , où ne peuvent pénétrer 
les regards de personne. Le grand-prêtre , qui 
tient en main un vase de cuivre , répand un peu 
d,eau sur la tête du néophyte, en prononçant 
quelques paroles. On appelle l'eau du baptême 
Aran ro (kan lou) , la rosée douce. En la versant 
sur la léte du néophyte , le prêtre prie les dieux 
de lui remettre les san go (san kouo) , c*est-à- 
dire , ses péchés, avant , pendant et après cette 
vie , et de 1 aider à purifier son cœur et k par- 
venir à la perfection. 一 Kl. 



96 



ANNALES 



LI. DAÏRI 皇大城 平 FEI ZEÏ TEN 0. 

(De 806 à 809 de J. C.) 
Nengo 同 ^ Dai dô ( Ta thoung) 、 de 806 à 809. 

Fei zeï ten o (Phinff tchhing thian houang) était fils de Kwan mou ; il por- 
tait auparavant le nom de Yasoudo (Ngan o tian). Sa mère était î impératrice 
Fousiwara-no Oto mouro (Theng yuan Y meou neou), fille du Naaaisin Yosi 
tsougou (Liang ki). Cet empereur aimait les sciences , et était excellent poète. 
A la mort de Kwan mou, il choisit pour son successeur son frère cadet Kami 
no-no sin o (Chin ye thsing wang). 

A la 5 e lune de la 1" des années Daï dô [ fa thoung) , le Daïnagon Fousiwara- 
no Wousi maro (Theng yuan Nei ma liu) fut nommé Oudaisin. De grands sa- 
crificateurs , qui avaient le rang de Sanghi , furent établis dans tous les tem- 
ples des Tao szu (Dchno kwan, Tao kouon). 

A la 9 e lune , le Daïri honora son grand-père défunt le Nadaisin Yosi tsou- 
gou du premier rang de la première classe , et le nomma Taizio aaisin. 

A la 8 e lune , le prêtre Kô Aaf revint de la し hine , d'où il rapporta Fobservance 
de la secte bouddhique appelée ^in son ( Tchin yan) l . Le docteur Tatsibana-no 
faya nari (Km y chi) rentra en même temps dans le Japon ; il était fameux 
pour la beauté de son écriture , même dans l'étranger. 

Le 1 er mois de la 2 e année (807) , la totalité des présens apportés par l'am- 
bassade de la Chine fut expéaiee au temple Ka si-no miya (Hian tchhoui 
koung) , dans la province de Tsikouzen , fondé en l'honneur de l'impératrice 
Sin gou kwo gou , et aux San reo (Chan ling), lieu de sépulture des anciens 
Dairis. 

Le lC mois , le titre de la classe des officiers militaires nommés jusqu'alors 
Konyé-no fou (Kin weï fou ) fut changé en Sa konyè-no fou (Tso kin weï fou), et 
celui des 1 siouyé-no fou (Tchoung weï fou) en Ou kon yè-no fou (Yeou kin weï 
fou). L'Oudaïsin Fousiwara-no Woutsi maro devint Sadaisio Y et le 1 siounagon 
Saka-no Wouyè-no Tamoura maro fut nommé Oudaisio. De cette époque date 
l'usage de faire habiter dans l'intérieur du palais les deux grands généraux de 
la droite et de la gauche ; les autres officiers militaires restèrent en dehors. 

Le 8 e mois, les offrandes du Japon et des productions de la Chine furent 
présentées dans le temple Dai sin gou (Ta chin koung), de la province d'Izé. 

A la 10 e lune, fyo-no sin o (Y yu thsing wang) , frère cadet du Daïri et 



( 1 ) Voyez la note de la page précédente. 



DES EMPEREURS DD JAPON. 97 
favori de l'empereur défunt , trama une révolte avec Fousiwara-no Moune 
nari (Theng yuan Tsoung tchhing). L'Oudaïsin W outsi maro l'ayant appris , en 
informa le Daïri. Moune nari fut arrêté , et contraint à avouer le complot. 
Le Daïri envoya le Satsiousio Abé-no Koré 6 (Ngan pou Chi hioung) et le Sa- 
fio yé-no kami Kosé no-no Moudarou (Kiu chi Ye Isoû), avec quelques soldats , 
pour arrêter Iyo-no sin o , avec sa mère Fousiwara-no bounin Kitsàusi ( Theng 
yuan fou jin Ky tsu) , et les conduire au temple Kawa wara si (Tchhouan yuan 
szu) : ils devaient y mourir de faim ; mais le prince et Kitsousi s'empoison- 
nèrent. Moune nari fut banni. Le Daïnagon Fousiwara-no Tomo (Theng yuan 
hioung yeou), oncle maternel d'Iyo-no sin o, fut envoyé en exil dans la pro- 
vince Iyo ; plusieurs personnes furent privées de leurs emplois. 

A la 5 e lune de la 5 e année (808), Firo kata (Kouang tchin ) , natif de la 
province d'Idzou , et médecin du Daïri, lui présenta un ouvrage de sa compo- 
sition intitulé Daï do rou ziou (Ta thoung loui thsiu ) , en cent volumes , et trai- 
tant de la meaecine. 

A la 11 e lune, le Dain accomplit le pèlerinage Daïsiô yè (Ta tchhang hoei ), 
qui aurait dû avoir lieu Tannée précédente ; mais l'attentat d'Iyo-no sin o 
y avait mis obstacle. 

Le 2 e mois de la année ( 809), rOudaîsin Woutsi maro obtint la permis- 
sion de porter aux audiences impériales la robe rouge (mourasaki). 

Le Dam gouverna en personne : les requêtes et les rapports qui arrivaient 
de toute part étaient jetés dans une boîte 1 ; il les examinait attentivement. 
Etant tombé malade au printemps , il résigna à la 4 e lune , et remit 1 empire au 
prince héréditaire , après avoir régné k ans avec le nengo Daïdô. 

、 LU. DAÏRI % 大き 差 SA GA-NO TEN O. 

(De 810 à 823 de J. C.) 
Nengo 仁^ 4 K6 nin (Houngjin) , de 810 à 823. 

Sa ga - no ten o ( Thso ngo thian houang) , frère cadet et utérin de Feï zeï 
ten o, portait auparavant le nom de Kami-no sin ひ; il parvint au trône le 4 e 
mois de la 4 e année du nengo Daï do. Il conféra à Fei zeï le titre de Taï zio 
ten o, et choisit son fils Taka oka-no sin o (Kao yô thsing wang) pour 1 aisi ou 
prince héréditaire. 

Le î I e mois, il donna ordre au Ouyemon-no kami ( commandant de la divi- 

( 1 ) Ces boîtes sont nommées meyas fako et zoziofako. 一 Kl. 

, i3 



98 ANNALES 

sion de la droite de la garde) Fousiwara-no Naka nari (Theng yuan Tchoung 
tchhing ) de bâtir à Nara , pour le Taï zio ten o , un palais , qui fut nommé 
Fei zei gou (Phing tchhing koung). Naka nari était un des grands officiers 
de l'ancien Dain iaï ziô ten o. 

A la 3 e lune de la 1" des années Ko nin (810), le Daïri créa la classe de 
fonctionnaires nommés Kourado (Thsangjin); Koké-no no tarou (Khi ye tsoù) 
et Fousiwara-no Fou tsoughi (Theng yuan Toung szu) furent les chefs de cette 
classe. 

Le 4 e mois , il arriva du Bok kaî (Phoû hai ) , un ambassadeur nommé Kô 
nan yod (Kao nan young). Le Daïri le fit loger à un des bureaux du ministère 
nommé Kô rek wan ( Houng lou kwan ) ; il l'invita à dîner , le combla de pré- 
sens , et le renvoya avec une lettre pour son roi. ' 

Le 9 e mois, on répandit le bruit que le Taï zio ten o, ou l'ancien Dam, 
avait rintention de transporter sa residence à Nara ; chacun en fut consterné. 
Ce prince était très-amoureux de Swsi Kousourigo (し hang chi Lo tsu) , sœur 
cadette de Naka nari, qui se flatta de jouir d'un crédit sans bornes aussitôt 
que l'ancien Daïri aurait quitté Nara. Naka nari fit donc informer ce prince, par 
Siôsi Kousourigo , que , depuis son abdication , le peuple était en général mé- 
content de Tadministration, et le fit exciter à remonter sur le trône. L'ancien 
Daïri y consentit Y au grand contentement de oiosi Kousourigo , qui espéra 
devenir son épouse et impératrice , et mettre le gouvernement entre les 
mains de son frère. C'était elle qui avait répandu le bruit du changement de 
résidence, lequel causa beaucoup d'inquiétude dans l'empire. 

Le Daïri fut très-affligé en apprenant cette nouvelle ; il fit aussitôt occuper 
par des troupes les dénies fortifiés des provinces d'Izé, d'Oomi et de Mino, 
et arrêter Naka nari , afin d'obtenir des renseignemens sur les menées de sa 
sœur. Fei an ziô (Phing ngan tchhing) était un lieu de residence trouvé con- 
venable par Kwan mou, et pendant long-temps avait été consmeré comme tel; 
ainsi la nouvelle que oiosi Kousourigo avait déterminé l'ancien Daïri à le 
emitter fit naturellement naître beaucoup de rumeur dans Fempire. Cempereur 
conféra au Tsiounagon Saka-no W ouyé-no tamoura maro Femploi de Daînagon , 
et lui ordonna de se rendre directement à Nara , d'y veiller sur le palais du Taï 
zio ten o, d'en chasser Siôosi, et de la priver, ainsi crue son frère, de leurs digni- 
tés. Le Taï zio ten o, extrêmement irrité de cette nouvelle, rassembla les trou- 
pes du Gokinaï 1 et du Kiziou , dans rintention de se porter à leur tête de Kawa 

se compose de cinq provinces Yama siro , Ya- 
maio, Kawatsi t. Idzoumi et &'(s. 一 Kl. 



ypj" Gokinaï ( Ho nei ) est la grande 
contrée qui tonne le domaine de Fempereor ; elle 



DES EMPEREURS DU JAPON. 99 
goutsî (Tchhouan kheou) au Kwan to. Il quitta en effet Nara / accompagné 
de Siôsi , assis dans un char impérial. 

Le Daïri , de son côté , nomma Tamoura maro général en chef, et lui en- 
voya, sur sa demande , le Sanghi Bounya no W ata maro (Wen wô Mian ma liu) 
comme adjudant général , pour garder les passages d'Où siyama (Yu tchi chan) 
et de Zaki yoto ( Khi tian) ; il lui ordonna en même temps de mettre Naka nari 
à môrt 9 au lieu de l'exiler dans l'île de Sado. 

Taï zio ten o , informé que tous les passages étaient occupés , fut forcé de 
retourner à son palais à Nara, où il se rasa la tête et se fit prêtre, oiôsi 
Kousourîgo y sentant l'énormité de son crime , prit du poison et expira ; tous 
ses complices furent bannis. Le laisi iaké oka - no sin o fut déposé , et devint 
prêtre et disciple de K6 bô ; il prit le nom de Sin zio (Tchin ju ) : Otomo-no sin 
o (Ta Dan thsing wang) , frère cadet du Dain, fut nomme a sa place Taisi ou 
prince héréditaire. 

Le Daïri envoya Oatsi si-no nai sin o (Yeou tchi tsu nai thsing wang), la 
plus jeune de ses filles , au temple Saî kou dans i,Izé, pour y être Saï in (Tsai 
yuan) ou prêtresse du dieu de Kamo. Ce fut la première origine de cet em- 
. Cette princesse avait beaucoup d'esprit , et aimait passionnément la 
poésie. 

Le 1 er mois de la 2 l année (811), il arriva un ambassadeur du royaume de 
Bok kai (Phoû hai). , 

Le 3 e mois , le Daïnagon et Ouaaisio Tamoura maro mourut, au grand regret 
du Dain , qui distribua à cette occasion au peuple une grande quantité d'étoffes 
de soie, de toile de colon , et du riz. Le défunt fiit enterré au village de Kou- 
rousoa moara, dans le district d'Ousi ( du Yamasiro). Son arc, ses flèches , son 
carquois et son sabre furent mis dans son cercueil par ordre du Daïri. Ta- 
moura maro était un homme très-bien fait ; il avait cinq pieds huit pouces de 
haut; sa poitrine était large d'un pied deux pouces; il avait les yeux comme 
un faucon , et la barbe de couleur d'or. Quand il était en colère , il efirayait 
les oiseaux et les animaux par ses regards ; mais lorsqu'il badinait, les enfans 
et les femmes riaient avec lui. Il mourut âgé de 54 ans. 

Le 1 I e mois, les Yebis du pays de Moûts se révoltèrent ; le Daïri y envoya 
Bounya-no Wata maro (Wen chy Mian ma liu) , qui les réduisit à l'obéissance 
et fut récompensé par le second rang de la troisième classe. 

Le 2 e mois de la 3 e année (812), le Daïri alla au jardin Sin zen yen (Chin 
thsiuan yuan , jardin de la source des génies ) , pour s'amuser à y con- 
templer les fleurs et à faire des vers. C'est à cette époque que commença au 
Japon le goût pour les fleurs. Ce prince aimait les sciences , et écrivait supé- 
• i3 # 




100 ANNALES 

rieurement. Il se plaisait à la chasse , et prenait souvent cet exercice à Owara 
(Ta yuan ) , Tarizen (Sou thsian ) , Mitsoa nari (Choui seng), Kata no (Kiao ye), 
Seri gawa (Khîn tchhouBn ) , Oigawa ( Ta yan tchhouan), et autres endroits. 

Le 6 e mois, il ordonna à Ki-no Firo fama (Ki Kouang pin) et à Àbé-no Ma- 
katsou (0 pou Tchin ching) de lire pour la première fois, en public , l'ouvrage 
intitulé Nipon ki. 

Le 10 e mois, FOudaisin Fousiwara-no W outsi maro mourut âgé de 57 ans; 
le Daïri l'honora , après sa mort, du titre de Taï zio daïsin. 

Le 12 e mois , il fit venir le Sanghi Fou tsougoa (Toung szu) , fils de Woutsi 
maro, et l'éleva au rang de Sadaïsio ; le Daïnagon et Fousiwara-no Sono fito fut 
créé Oudaisin. 

Le 4 e mois de la 4 e année (815), étant allé à l'étang méridional du palais 
du Taïsi , tous les savans lui offrirent des vers et des éloges; l'Oudaisin fit aussi 
une chanson et la lui présenta. 

Le 5 e mois , Bounya-no W ata maro (Wen chy Mian ma liu ) obtint un rang 
militaire égal à celui de Zio i seogoun (Tching i thsiang kiun). La même année, 
en hiver , les Yébis du pays de Moûts se révoltèrent. A cette occasion , Ono-no 
Sekio (Siao ye Chy hioung) fit faire des casques et des cuirasses de peau de 
mouton et de bœuf, qu'il distribua aux troupes avec lesquelles il marcha 
contre les mutins, et les défit. 

Dans le courant de cette année , Fousiwara-no Fou tsougou et K6 bô arrê- 
tèrent le plan de construire l'hôpital Nan yen dâ (Nan yuan thang) dans l'en- 
ceinte du temple Kâ bouk si (Hing fou szu). 

Le lC mois de la 5 e année (814), le Daïri se rendit à Kan in-no take (Hian 
yuan kouan), maison de Fou tsougou , et lui fit cadeau d'un poeme qu'il avait 
composé lui-même. 

Le 5 e mois, il accorda à ses filles Noboa (Sin) , Firon (Houng) , Tsoune 
(Tchhang) et Akira (Ming) le nom de famille de Minamoto (Yuan) , qui alors 
fut introduit pour la première fois. 

Le 6 e mois, il chargea Naka tsoukasa kiô man ta sin o (Tchoung wou Khing 
fang to thsin wang) et rOudaïsin Sono Ji to (Yuan jin) et autres , de rédiger le 
Sid zi rok (Sing chi lou) ou la généalogie de tous les grands de la cour. Il fit 
aussi présent au prêtre Ten ghio (Tchhouan kiao) de quatre cents ballots de 
riz de la province d'Oomi. 

Le 1 er mois de la 6 e année (815), Okâren (Wang hiao lian ) arriva comme 
ambassadeur du royaume de Bok kaï. Le Daïri le régala à la cour; l'ambassa- 
deur fit des vers qu'il lui offrit. Il fut honoré du premier rang de la quatrième 
classe , et renvoyé aans son pays. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 101 
Le 4 e mois, le Daïri se rendit à Siga (Thsu ho), dans la province Oomi. 
Le 9 e mois, il éleva la reine Tatsibana-no fousin Kaghesi (Khiu fou jin Hi 

tchi tsi) au rang d'impératrice , sous le nom de Dan rin kwo gou (Than lin 

houang heou). 

Le 2 e mois de la 7 e année (816), s'étant transporté à l'édifice Saga-no 
bets kwan (Thso ngo pië kwan), tous les lettrés y furent appelés pour faire 
des vers. 

Le 6 e mois, Ko bô ayant rendu habitable le mont Ko ya san (Kao ye chan) 
dans le Kiziou, y établit sa demeure. 

Le lC mois de la 9 e année (818), tous les gakf ( ngë ) 1 au dessus des portes 
des salles de l'intérieur du palais impérial furent renouvelés. Le Daïri écrivit 
celui du nord, Tatsibana-no Faya nari celui de l'est ; le gakf du sud et celui 
de la porte Tats ten mon (Tha thian men) furent écrits par Kô bô. 

Le 12 e mois , TOudaisin Fousiwara-no Sono fito mourut âgé de 65 ans. Le 
Dairi lui donna le titre posthume de Sadaism zio itsi î. Pendant tout le temps 
que la dignité d'Oudaïsin resta vacante , le Dainagon Fousiwara-no Fou tsou- 
gou en exerça les fonctions. 

Le 2 e mois de la 10 e année (819), le Dairi enjoignit aux grands de la cour de 
distribuer aux pauvres ses revenus tant en denrées qu'en argent provenant des 
provinces appelées Gokinai 1 . Cette année il y eut une grande sécheresse durant 
l'été , et l'empereur donna ordre que l'on o&rit au temple Daï sin gou (Ta chin 
koung) et au dieu Niou-no mio sin (Tan seng min chm) d'Izé des sacrifices pour 
obtenir de la pluie : en effet, il en tomba constamment pendant l'automne ; 
alors il ordonna des sacrifices pour avoir du beau temps {fari). 

Le 1 er mois de la II e année (820) , l'empereur prononça en public le pa- 
négyrique de la famille de Fousiwara , et loua les services éminens qu'elle 
avait constamment rendus. H compara ses membres à Sïou ん d (Tcheou koung), 
Tan sô ga (Tan siao ho) et autres , et leur accorda de nouveaux privilèges. 

Le 2 e mois , sept cents des naturels de Sin ra , qui autrefois avaient été éta- 
blis dans les pays de Tootomi et de Sourouera , se révoltèrent, tuèrent des 
habitans de ces deux provinces , pillèrent le riz de la province dldzou , et se 
préparèrent à se sauver par mer dans des barques; mais ils furent poursuivis 
par les habitans du Mousasi et du Sagami , qui les mirent tous à mort. 

Le 4 e mois , le Daïri prescrivit au Dainagon Fou tsougou de régler ses dé- 
dessus des portes du palais , des temples , et 
même de quelques maisons de particuliers. 

( 2 ) Voyez la note 1 , à in page 98. 一 Kl. 



(1) On nomme gakf les planchettes sur 

lesquelles sont inscrits , d'une manière élégante, 
des noms ou des sentences , et qu'on place aa- 



圹 



102 ANNALES 

crions d'après ce qui est statué dans les ouvrages intitulés Kô nin gak (Koùng 
jin kë) et Kô nin sik (Koungjin chy), dont le premier est une compilation de 
tous les décrets sur l'administration impériale et la législation pénale ; l'autre 
règle d'avance ce qui se pratique ordinairement dans le courant de Fannée. 
Tous les officiers supérieurs sont tenus d'étudier ces deux ouvrages , ainsi que 
ceux qu'a composés Tan kaî kô (Than haï Koung) , et qui sont connus sous le 
nom de Rits riô ん (lju ling kë) , afin d'agir suivant leur teneur dans l'admi- 
nistration des affaires et dans le maintien des lois. Quiconque ne s'y conforme 
pas est puni.Ces quatre ouvrages forment l'antique code administratif du Japon. 

Le 1 er mois de la 12 e année (82i), le Dainagon Fou tsougou fut nommé 
Oudaïsin. 

Le 6 e mois, le Daïri ordonna de construire un Ko dan (Kiai than) 1 sur le 
sommet du mont Fiyei zan (Szu joui chan ) ; il le mit sous la direction du 
prêtre Ten ahio (Tchhouan kiao). 

Dans la même année, Fou tsougou (Toung szu) , comme membre de l'uni- 
versité impériale , composa pour tous les jeunes gens de la Ëtmille Fousiwara , 
un discours qu'ils étaient tenus a apprendre par cœur. 

A la 6 e lune de la 15 e année (822), le prêtre Ten ghio (Tchhouan kiao) mou- 
rut à l'âge de 59 ans , très-regretté du Dairi, 

Le 1 er mois de la. 13 e année (825), ce monarque donna le temple T6 si 
(Toung szu ou oriental) au prêtre Kô bô (Houng fa) , et le temple Saï si (Si 
szu ou occidental) au prêtre Siou oin (Cheou min). 

A la 2 e lune , l'empereur alla au village situé dans les montagnes , où ré' 
sidait la savante princesse Nai sin o, prêtresse du dieu Kamthno mio sin (Ho 
meou ming chin ) , pour y donner un banquet parmi les fleurs , et entendre 
réciter des pièces de poésie. Nai sin o fit aussi quelques vers, quoiqu'elle 
n'eût alors que 17 ans. u était la fille du Daiii, comme on Fa dit plus haut. 

Le 5 e mois, la province d' Yetsizen fut partagée en Yetsizen et Kaga. 

Le tC mois, le Dain résigna Fempire au Taisi Otomo (Ta pan) , et se retira 
dans le palais de Reï sen in (Leng jcn yuan). Il avait régné 14- ans , avec le 
nengo Kô nin. 

(1) タ菅 Ko dan sont des chapelles dans lesquelles on prononce des sermons , et où 1 on 
prie. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 



10$ 



LUI. DAÏRI 皇天 和 i 享 ZIOUNWATEN 0. 

( De 824 à 833 de J. C. ) 
Nengo Ten tsiô (Thian tchfaaog) , de 824 à 833. 

Zioun wa ten o (Chun ho thian houang), auparavant nommé Otomo-no sin o 
(Ta pan thsin wang) , était le fils de Kwan mou et le frère cadet de Saga ten o : 
sa mère Fousiwara-no Tajisi (Theng yuan Liu tsu) était fille de Momoka. Cet 
empereur aimait les sciences , misait des vers, et écrivait supérieurement. 
Saga ten o l'avait nommé Taisi au lC mois de la 14 e des années Kô nin. Ayant 
été proclamé Dam , il nomma Taisi Masa yosi-no sin o (Tching lang thsin wang) , 
fils de Saga ten o. Quant à Saga ten o , il fut honoré du titre de Taï zio ten o 
(Taï chang thian houang) , et Feï zeï ten o de celui de Saki-no taï zio ten o 
(Thsian taï chang thian houang). 

A la 5 e lune , le Dain accorda au Tsiounagon Yosiminé Yasouyo (Lang thsin 
Ngan chi) le rang de grand général de la droite. Ce Tsiounagon était frère 
cadet du Daïri , qui lui avait donné le nom de famille Yosiminé (Lang thsin), 
et qui Femploya parce quil était très-instruit. Son grand père du côté mater- 
nel , Momoka , avait obtenu le rang de Taï zio daisin de la première classe. 

Le 9 e mois , le lai zio ten o se proposant d'aller à son palais à Saga , le 
Dam voulut que cela eût lieu avec la pompe a un Daïri en voyage ; mais le 
Tai zio ten o s en défendit , refusa le char de cérémonie , et fit le voyage à 
cheval. 

Le 11 e mois , le Daïri accomplit le pèlerinage Daï siô yé (Ta tchhang hoei )• 

A la 12 e lune , le Saki-no taï zio ten o , ou Feï seï (Phing tchhing) , arriva à la 
cour pour prendre l'amusement de la chasse ; le Dain le combla lui et les siens 
de présens de toute espèce. 

L'été de la 1" année du nengo Ten tsiô (824.) étant extrêmement sec, le 
prêtre Ko dô invoqua les dieux dans le jardin Sin zen yen (Chin thsiuan yuan), 
pour avoir de la pluie , et l'obtint. 

A la 7 e lune , le Saki-no taï zio ten o Feï seï mourut âgé de 51 ans. 

Le 10 e mois, le Daïri» accorda à Ghi sin (I tchin), disciple de Ten ghio , le 
temple Yen riak si (Yan ly szu) , pour demeure. L'observance de Ten dai 
(Thian thaï) 1 commença à être en vogue au Japon , depuis l'époque où cet 
ecclésiastique y remDlit les fonctions de grand-prêtre 2 . 

( 1 ) Voyez la note à la page 95. —Kl. • Voia les différentes dasses et dénominatknu 

> -i. „ , • • m , des prêtres bouddhiques au Japon. 

(2) iT Hi ム sou, en chinois Tso tebu. • , . . , \ • . 

、 ' «X* JoOm Les princes du sang îmoénal qui émbrassenl 



104 ANNALES 

A la 5 e lune de la 2 e année (825), FOudaisin Fou tsougou fut nommé Sadaï- 
sin, et le Daïnagon Fousiwara-no tsougou (Theng yuan Siou szu) Oudaisin. 
L'empereur chargea le Sadaïsin et l'Oudaisin du gouvernement de l'empire ; 
le dernier était fils de Momoka 9 et oncle du Daïri du côté de sa mère. 

Le 8 e mois , le Daïri fit venir les premiers docteurs de l'empire à la salle 
Si sin den (Tsu chin tian) , pour s informer des progrès de leurs disciples. Cet 
usage a prévalu depuis lors. 

Le i I e mois le Taï zio ten o Saga célébra sa 40 e fête. 

Dans le courant de l'année , Oura simago (Phou tao tsu) revint du Fourni san 
( Fung laï chan ) 1 à son village dans le Tango. C'était dans la 22 e année du 
règne de Yn riak ten o (4 78) qu'il était parti pour cette montagne ; il avait 



l'état ecclésiastique , prennent le titre de 
î 亦 Mon zek ( Men ^), 

parce qu us doi- 
vent se tenir à la porte du palais. 

Les hautes dignités ecclésiastiques sont : 

1. Jp ィ曾 Daîsâ ziô (Ta seng tching) , 
avec le rang de Daïnagon. 

2. Jf ^ ^ Siâ sâ ziô ( Tching seng 
tching) 、 avec le rang de Tsiounagon. 

5. ィ會 ネ兹 Gteon sâ ziô ( Kouon seng 
tching) , ayee le rang de Sanghi. 

k. 去 g" (曾 -]^ Dai sâ dzou (Ta sengtou). 

5. 4f ィ 翁^^ sâ dzou, (Chao seng tou ). 

6. 食 f ^[拳 Ritssi (Liû szu). 

D autres titres de prêtres bouddhiques sont : 
に Jî も 去 Fô yin (Fâ yn), cachet de la loi, 

^^Vi F も S^ 11 ( Fà y an ), œil de la loi , 
棒 法 Fâ kioô (Fâ khko), pont de la loi. 
Le chef des 口 Ktoa sioâ ou Osioâ (Ho 

chang) ou bonzes, porte le titre de ォ-^ ^ 

Daï kwa sioâ (Ta ho chang). 

食 îp|^ Fâ si (Fâ szu) , maître de la loi. 

|^ Kokfsi (Kouë szu), maîtres du royaume, 



et gift JU Daï si (Ta szu) , grand maître, sont 

des titres honorifiques qu*on donne à des prê- 
tres d'un grand mérite. 

^pf A zia ri (A che li) est le mot 

sanscrit ^||^|eA| AichAryya t qui signifie ins- 
tituteur spirituel. Ce titre fut pour la première 
fois introduit au Japon en 975 de J. C. 

jr Za son (Tso tchu), maître du siege 

ou du trône, est le titre qu'où donne au premier 
prêtre d'un temple bouddhique. 

^î^jll^L Zen zx (Chen szu ) , docteur de la mé- 
ditation , est un titre d'une haute dignité ecclé- 
siastique accordé pour la première fois au Japon 
en 1278. 

Siou -a (Cheoutso) , titre qu'on donne 

au supérieur d,un couvent. 

ま^ Tsiâ râ (Tchhang ko) et 入 ト 

Sioâ nin (Cbang jin) sont des titres de membres 
du haut dergé bouddhiste. 

^^イ^^ Sà rok (Seng loû) , titre qu,on donnait 

aux chefs de communautés religieuses , sous 
la dynastie des Thang en Chine. Il y en avait un 
de la gauche et un de la droile. 

善識智 Zm Ul Sik (ひ 60 tehic M), P 1 ^ - 
' tre absorbé dans Fextase religieuse.— Kl. 
( 1 ) Voyez à la page 28. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 105 

été absent pendant plus de 500 ans. Cette histoire singulière n 9 est vraisem- 
blablement qu'une fahle. 

A la 5 e lune de la 5 e année (826), la copie du Fots ke kio (Fâ houa king), 
écrite de la main du Taï zio ten o, fut lue dans le temple Saisi, pour le salut 
de Fame de l'empereur Kwan mou ten o. 

Le 7 e mois , le Sadaïsin du second rang Foutsougou mourut âgé de 52 ans. 
Le Dairi l'éleva à la première classe , et l'honora du titre Kan in-no Sadaïsin 
( Yang yuan tso ta tchhin). 

A la 11 e lune , le prêtre Kô bô conseilla au Daïri de bâtir une tour [thâ) 
auprès du temple Tôsi. 

A la 5 e lune de la 4 e année (827), l'empereur chargea Sighe no-no Sada o 
(Thsu ye Tching tchu) de rassembler tous les anciens poèmes , et de les réu- 
nir dans un ouvrage nommé Keï kok sou (King koue tsy) t en 20 volumes. 
Sada o excella dans toute sorte de littératures ; il y avait alors beaucoup de 
savans et de bons poètes à la cour du Dam. 

Le 2 e mois de la 5 e année (828), Yosimine-no Yasougo obtint un rang équi- 
valant à celui de Daïnagon ; le même rang fut accordé à Fousiwara-no Moatsi 
mûri ( Theng yuan San cheou ) et à Kiyo wara-no Natsou no (Thsing yuan hia ye). 
Ils étaient chaînés de veiller à ce que les lois de l'état fussent observées. 

Le 9 e mois , Ono-no Taka moura ( Siao ye Houang) fut nommé Daînaki ; il était 
fort versé dans les affaires de tout genre. 

A la 5 e lune de la 9 e année (829), Yosimine-no Yasougo conseilla au Dauî . 
d'ordonner au peuple des différentes provinces de fabriquer des machines 
hydrauliques , pour conduire l'eau sur les champs et les terres labourables , 
afin d'augmenter la récolte. 

A la 7 e lune de la 7 e année (850), il mourut à l'âge de ans. 

Le 12 e mois, le Dairi alla à une maison de campagne appartenant au Daï- 
nagon Kiyo wara-no Natsou no , et située aur le mont Torabi-no oka ( Chouang 
kang). 

Dans la 8 e année (851) t l'empereur ordonna à Sighe no-no Sada o de faire 
un recueil de tous les ouvrages élégamment écrits, tant anciens que modernes ; 
cette collection , qui reçut le titre de Fi fou riak (Pi fou liô), se composait de 
1000 volumes. 

Le 4 e mois de la 9 e année ( 852), l'empereur se rendit i Afoartwa ん i no (Tsu 
ye): on y bâtit une maison où il allait se divertir souvent ; elle fut appelée 
Oun rin in [Y un lin yuan), ou le palais de la Forêt des nuages. 

Le 11 e mois , Fousiwara-no o tsougoa fut créé Sadaïsin, et juyo wara-no 
Natsou no Oudaisin. 

i な 



106 



ANNALES 




Le 1 er mois de la 10 e année (855), le Daïri chargea Kiyo vmra-no Natsou no 
de lui présenter une nouvelle révision du Riou ghi kaï ( Ling i kiaï) , ouvrage 
rédigé autrefois par Tan kaï kâ. 

Le 1 e mois , il remit Fempire au Taïsi Masa yosi sin o, et se retira à Sai in 
(Si yuan), où le lieu de sa résidence fut nommé Zioun wa in (Chun ho yuan). 
Il avait régné pendant 10 ans , avec le nengo Ten tsiô. 

LIV. DAÏRI 皇天 街 仁 画 MIO TEN 0. 

(De 834 à 850 de J. C.) 
Zeâ wa (Tching ho ) , de 834 à 847 , 

Ka siô (Kia siang) , de 848 à 850. 

Nin mio ten o (Jin ming thian houang) , fils de Saga ten o, était nommé au- 
paravant Masa yosi-no sin o ( Tching lang thsin wang). Sa mère Dan rin kwô goa 
(Than lin houang heou) était fille de Kiyo tomo; elle eut aussi le nom de 
Tatsibana fousin Kaghesi (Kiu kia Tchi tsu ) : elle était sœur cadette du Sadaïsin 
Moroye. Zioun wa ten o étant devenu Daïri, le nomma Taïsi. Il monta sur le 
trône, à la résignation de cet empereur t au 10 e mois de la 10 e année du nen- 
go Ten tsiô. Il choisit pour Taïsi Tsoune sada-no sin o (Heng tching thsin wang). 
A cette époque , l'ancien Dain Saga ten o reçut le titre de Saki-no tai zio ten o 
( Thsian tai chang thian houang) y et Dioun wa celui de Notsi-no taï zio ten o 
( Heou taï chang thian houang). 

O tsougou et Natsou. no étant Saaaïsin et Oudaism , furent chargés du gou- 
vernement. Le Sanghi Tatsibana-no Outsi kimi (Kiu Chi koung) , oncle du Daïri , 
fut iau Oudaisio , ou grand général de la droite. 

Le Dain visitait souvent ses prédécesseurs Saga ten o et Zioun wa ten o. 

Le 11 e mois, il accomplit le pèlerinage Daï siô ye (Ta tchhang hoei) ; le 
terrain fut décore ae quantité de pavillons , sur lesquels étaient représentés 
le phénix de l'arbre appelé go to (ou thoung, volkameria japonica ) , le soleil 
et la lune , la pêche de la Mère du roi de l'Occident entouré de nuages de bon 
augure , le bambou du pays d'Oa et de Lian li, le Khi lin , el autres em- 
blèmes. 

Dans le courant de l'année, le Daïri créa le Sanghi Bounza-no Akitsou (Wen 
chy Thsieou thsin) grana juge; il le chargea de veiller à ce que, pour les ré- 
compenses et les punitions, les lois de l'état fussent observées et en tout stric- 
tement exécutées. Il créa plusieurs emplois nouveaux distingués par différens 
titres. Les officiers chargés de la conservation des édifices de la capitale por- 



DES EMPEREURS DD JAPON. 107 
taient ceux de Sakio et Oukio、 Le Ghiï bou (Hing pou), ou tribunal des crimes, 
avait soin que la peine prononcée fût mise à exécution. Le grand-juge devait 
aussi examiner toutes les plaintes et les requêtes , bannir les criminels , et 
pourvoir à ce que la loi fut accomplie dans tout ce qu'elle prescrit. Le Daîri 
nomma encore soixante-six juges inférieurs ; il en envoya un dans chaque 
province. 

Le 1 er jour au 1 er mois de la 1" année du nengo Zeô wa (854), il alla faire 
ses prières dans la salle Daï kok den (Taï ky tian )• 
Le 2 e mois , il fit une visite à Zioun wa ten o. 

Le 5 e jour, Zioun wa ten o visita Saga ten o , pour le féliciter sur la nouvelle 
année. 

Le 7 e , le Dam se rendit à la salle Bou m ん c^n (Foung lô tian) , et y célébra 
la fête du jour du cheval blanc. Il nomma à cette occasion le Sanghi Fousiwa- 
ra-no T sonne tsougou premier et On<hno Taka moura second ambassadeur en 
Chine , et leur adjoignit plusieurs autres personnes comme secrétaires. 

Le 2 e mois, l'empereur vint à l'arène destinée à l'exercice du tir à l'arc. Il 
distribua des récompenses aux meilleurs tireurs ; il tira lui-même , ainsi que 
le Daism et tous les officiers subalternes. 

Le 3 e mois, Saga ten ose rendit à la demeure de l'Oudaisin Natsou no, à 
Torabi-no oka ( Chouang kang). 

Le 8 e mois, la princesse Kousi nai sin o (Kieou tsu thsin wang) alla faire ses 
prières à la rivière Kamo gawa ( Ho meou tchhouan ) : ensuite elle visita le 
temple No miya (Ye koung) ; puis elle se rendit dans l'Izé pour devenir 5afAou 
ou prêtresse. 

Le l w mois ds la 2 e année (855), le Daïri alla chasser à la rivière Seri gawa 
( Khin tchhouan ) : il aimait à prendre cet exercice dans les campagnes éloi- 
gnées. 

Le 21 du 5 e mois , le fameux prêtre Kà bâ mourut au mont Kâ ya san 
(Kao ye chan). 

Le 5 e mois , le Dam alla pêcher dans l'étang du jardin Sin zen in , et en*- 
voya les poissons qu'il avait pris à Saga ten o et à Zioun wa ten o. 

Le 7 e mois , il fit venir Souga wara-no Sei kâ (Kwan yuan Thsing koung) 
pour se faire lire les livres Sen kan sio ( Thsian han chou) et Go kan sio (Heou 
han chou). 

Le 9 du 9 e mois , il se rendit à la salle Si sin den (Tsu chin tian) , pour y cé- 
lébrer la fête de la fleuraison de la matricaire (kio). Les poètes lui offrirent 
des vers à cette occasion. 

Le 2 e mois de la 5 e année ( 836), il manda Fousituara-no Tsoune tsougou et 

i4* 



108 ANNALES 

Ono-no Taka moura , qui avaient été nommés ambassadeurs en Chine , et leur 
fit distribuer par FOudaisin Tatsibana-no Ousi kimi des étoffes de soie. 

Le 4 e mois, il les appela à la salle Si sin den , leur fit plusieurs présens et 
les régala de vin. U gratifia d'habits royaux et de brocards'tous ceux qui ex- 
cellaient dans la poésie. A la même occasion, il accorda des titres posthumes 
à Fousiwara-no Seïga , Abé-no Naka maro et Isigawa-no Mitsi masou , qui au- 
trefois étaient allés en Chine , où ils étaient restés jusqu'à leur mort. 

Le V mois , les ambassadeurs destinés pour ia Chine partirent sur quatre 
bâtimens de Taï saï fou ( Taï tsaï fou ) ; mais ils furent forcés par un typhon d'y 
revenir. 

Le 3 e mois de la 4 e année (857 ) , ils mirent de nouveau à la voile , accom- 
pagnés du prêtre Ghen nin (Yuan jin), qui plus tard devint Zi gai dmsi (Tsukio 
ta szu ) 丄, 

Le 9 e mois, Kiyo wara-no Natsoa no mourut à Fâge de db ans. 
Le 1" mois de la 5 e année (858), Fousiwara-no Mitsi mon fut nommé Ou - 
daisin. 

Le 9 e mois, Tsio d<hno jiro kô (Tcny tao kouang koung) lut , dans la salle 
Sei riô den (Thsing leng thian ) , le Kiun chu tchi yao, ouvrage chinois qui est 
une espèce d'aperçu de tout ce qui a rapport au gouvernement. 

A la 8 e lune, le 25 e jour du cycle , on expliqua le Siô sio ( Chang chou , ou 
Chou king) , le Tchhun thsieou, a autres parties des cinq king, ainsi que le 
Lun yu et le Hiao king. 

Le 12 e mois, O no-no Taka moura, second ambassadeur en Chine 9 revint, 
prétextant une indisposition qu'il avait gagnée en route. On supposait que 
Tsoune tsougou avait plus d'esprit , mais réellement Taka moura remportait 
sur lui en ce point La nomination de Tsouné tsougou comme premier am- 
bassadeur avait beaucoup choqué Taka moura ; cependant les ordres positifs 
du Daïri l'avaient forcé de quitter ia capitale. Des quatre bâtimens qui compo- 
saient l'expédition , celui de Tsoune tsougou fut le plus endommagé ; il prit 
alors celui ae Taka moura , qui , encore plus offensé de cela , refusa de par- 



ti) 師ふ夢 象 Zi goA お' i (Ilisu 
kiô ta szu) portait le surnom de ィニ jj^ Yen 

nia (Yuan jin). Il était de la famille ^ ^t» 

Nin sié (Jin seng), et natif du district de Tsomka 
de la province de Simotske. Il naquit en 794 et 
fut disciple du célèbre Ten ghio. En 838, il alla 
en Chine , où il s appliqua prmdpflAemeiit h 



l*étade des lirres de Ia fei booddhique, écrits 
en l&Dguefan, ou saoskrite. Il visite plusieurs 
des plus fameux temples de la Chine , et entre 
autres celui du Thxan thaï chan % ou û copia tons 
les ouvrages religieux des moines qm Habi- 
taient B rapporta au Japon 559 volumes, formant 
en tout 21 ouvrages, et mourut le 14 e jour delà 
l re lune (864), âgé de 71 ans. Cest alors qu'on lui 
donna le titre posthome de Zi eak iax ri. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 109 
tir, et écrivit au Daîri. Sa lettre était remplie de plaintes; il allait jusqu'à dire 
qaîi n'avait pas peur même du Dain. Saga ten o en fut fort offensé, crai- 
gnant que la fauté ne tombât sur lui. Cependant on fit grâce de la vie à Taka 
moura, à cause de ses talens et de ses connaissances littéraires ; mais il fut 
banni à Oki. Après quelques années , on lui permit cependant de revenir à la 
capitale. 

Le 8 e mois de la 6 e année (859) , Tsoane tsougoa fat de retour. 

Le 9 e mois , il se présenta au Dam dans la salle sin den , et lui ofirit par 
rOudaism Foasiwara-no Mitsi mori la lettre de l'empereur de la Chine : le j)aïri 
reçut Tsoune tsougou avec beaucoup d'affection. Celui-ci était fils de Kado na. 
Lui et son père avaient été premiers ambassadeurs en Chine , chose bien rare 
au Japon , et k cause de cela fort applaudie. 

Le 2 e mois de la 7 e année ( 840), le nombre des brigands s'étant augmenté 
prodigieusement dans plusieurs provinces , le Daîri y envoya le Sakio et l'Ou- 
kio pour les arrêter. 

L'ancien Daîri Zioun wa ten o mourut le 5, mois , âgé de 52 ans. 

L'Oudaïsin Fousiwara-no Mitsi mori décéda de même au 7 e mois. 

Le 8 e mois, on suspendit les cours publics, à cause du deuil du Dam (Yuan 
tchhang). Le Dainagon Minamotto-no Tsonnè fut nommé Oudaïsin. 

Au printemps de la 9 e année (842), il arriva un ambassadeur de Bok kai; 
on le congédia le 4 e mois , et il retourna dans son pays. 

Le 7 e mois, Saga-no taï zio ten o mourut âgé de 57 ans. 

A cette même époque , Fougoa-no Fate waki, Ban-no Kowa mine et Tatsioana- 
no Faya nari , prince de Tasima , s'étaient réunis pour se révolter , et pour 
proclamer Daîri le Taïsi Tsoane sada , fils de Zioun wa ten o et neveu du 
Daîri régnant. À la mort de Zioun wa ten o , ils n'étaient pas d'accord : Kowa 
mine et Faya nari étaient Tésolus d'exécuter leur projet; car ils croyaient que 
le décès de Saga tén o leur ofirait une occasion favorable. Le prince Abou 
sin o (A pao tfasin wang) 9 ayant eu connaissance du complot, le découvrit à 
la mère du Daîri , veuve de Saga ten o ; elle en fit part à Fousiwara-no Yosi 
fousa , qui aussitôt fit investir de troupes les demeures de Kowa mine et de 
Faya nari v et fermer toutes les avenues par une forte garde, afin de les arrêter 
et de les punir : on se saisit aussi des personnes du Dainagon Foasiwara-no Air 
bùtêou , du Tsiounagon Fousiwara-no Kitsou no et du Sanghi Bonnyanio Akitson , 
qui furent tous destitués de leurs emplois et bannis de la résidence , puis- 
qu'ils avaient été serviteurs de Zioun wa et fort attachés au Taisi. On pré- 
tend que Tsoune $ada sin o ignorait entièrement le complot ; mais qu Y à cause 
de ses liaisons avec les conspirateurs , il fut déposé du rang de Taîsi , <et devint 



110 ANNALES 

prêtre sous le nom Goû zio (Heng chô). Faya nari fut banni à Idzou, et Kowa 
mine à Oki : Tsoune sada écrivait supérieurement. Quelque temps après, 
Mitsi yasou sin o (Tao khang thsin wang), fils aîné du Dairi , fut nommé Taïsi. 

Le 7 e mois de la 10 e année (843), le Sadaïsin Fousiwara-no tsougou mou- 
rut âgé de 70 ans. 

Le 9 e mois, on reçut de l'île Tsou sima la nouvelle qu'on y entendait un bruit 
très-fort de tambours du côté de Sin ra , ce qui fit craindre une invasion. On 
envoya donc des troupes du pays Tsoukouzi à Tsousima. 

Le 12 e mois , Bounya^no Miya ta maro (Wen chy Koung thian ma liu) eut 
rintention de se révolter ; mais le complot fut découvert; on Fexila à Idzou, 
Tous ses nis fiirent également bannis. 

Le 3 du 1 er mois de la 1 I e année (844), le Dairi rendit une visite à sa mère. 

L.e 6 e mois , le Dairi ordonna à Sougawara-no Taka tosi (Kouan ye kao nian) 
d'achever la lecture du Nipon ki , commencée déjà le 6 e mois de l'année 
précédente. 

Le 7 e mois , Minamotto-no Tsoune o devint Sadaïsin 9 et Tatsibana-no Ousi kimi 
Oudaïsin. Le premier était frère cadet, l'autre l'oncie du Dain. 

Le 1 er mois de la 12 e année ( 8A5 ) , un certain Mourasi Fama nousi (Lian pin 
tchu ) , né dans la province Owari et âgé de 133 ans, vint danser devant le 
Dam. Cet liomme était extrêmement leste à s'asseoir et à se lever ; c'était à 
force de danser ou'il avait atteint un âge si avancé. Le Dam l'admira beaucoup , 
et lui fit présent d'un de ses propres habits. 

Le 2 e mois, Sougawara - no Korc yosi obtint le titre de Bonn $id fak se (Wen 
tchang phô szu), ou premier maître du style. Il était père adoptif de Kan siâ 
siâ (Kwan ching siang) , et fils de Seï kô ( Thsing koung) 9 ills de Ko zin (Kou 
jm). Ce dernier ainsi que ses descendans fiirent des docteurs du premier ordre 
et très-savans. Il faut que Kan siô sio soit né à cette époque , car à l'âge de six 
ans il vint chez Seï kô; il n'avait ni père ni mère, et personne ne connaissait 
son origine. Kore yosi prit soin de lui et de son éducation, et l'adopta. Ce 
récit paraît cependant peu croyable. 

Le 2 e mois de la 1 4 e année (847), Foutiwara-no Sada fosi revint de îa Chine , 
où il avait étudié la musique. Il fut nommé Outa^no kami (Ya yo theou ) , ou 
premier musicien. 

Le 3 e mois, Soumi-no yosi tsoune (Tchhing ohen ching) , étant devant le Daîri, 
lut le livre du philosophe chinois Sâ zi (Tchouang tsu), ainsi que le Kan sio 
(Han chou). 

Le 10 e mois, le prêtre Zigak (Thsù kiô) 1 revint de la Chine , ou il était resté 

(1) Voyez la note 1 de la page 108. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 111 
pendant dix ans. U rapporta le règlement pour les moines et les religieuses, 
fait par l'empereur Wou tsoung houang ti , de la dynastie de Thang. Le prêtre 
Yen saï (Yuan tsaï), qui était parti avec lui , resta en Chine. 

Au même mois , Tatsibana-no Nam maro fut honoré du titre posthume de 
Taîzio daïsin du premier rang de la première classe. Sous le règne de Ko 
ken ten o , il avait été décapité par ordre d'Ousikatsou ; mais comme la mère 
du Daîri descendait de lui, il obtint ce titre eminent.. 

Dans le même mois , mourut, à l'âge de 41 ans, la princesse Outsis>no naï 
sin o, prêtresse du dieu Kamo-no mio sin (Ho meou); elle était fille de Saga 
ten o. 

Le 12 e mois, FOudaisin Tatsibana-no Ousi kimi mourut âgé de 65 ans. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo ka siâ (84b), le Daïnagon Fousiwara- 
no Rosifousa (Theng yuan Liang fang) devint Oudaism. Il était (ils du défunt 
Sadaïsin Foutsougou (Fung szu) ; dans la suite il reçut le titre de Tsiô nin kô 
(Tchouang jm koung). 

Le 6 e mois , on oflfrit au Daïri une tortue blanche de la province de Boungo. 
Comme c'était une chose extraordinaire , tous les fonctionnaires publics 
allèrent en complimenter l'empereur , qui donna pour la même raison aux 
années de son règne le nengo Ka siô (Kia siang) ou d'heureux augure. 

Le 4 e mois de la 1" année (839), un ambassadeur nommé boun kou (Wang 
wen kiu) arriva du Bok kaï. Il fut logé dans le pavillon Koû ro kwan (Houng iou 
kouan). Yosimine-no Tsouné sada ( Lang thsin Tsoung tchin ) , fils d y An se, et un 
des grands qui approchaient le plus du Daïri , furent envoyés pour le compli- 
menter. 

A là 5 e lune , il vint au palais , et fut régalé par l'empereur , qui chargea 
Ono-no Taka moura de préparer une lettre , avec laquelle l'ambassadeur fut 
renvoyé. 

Le 10 e mois, le Daïri célébra sa 40 e fête; sa mère et le Taïsi lui firent à 
cette occasion beaucoup de présens. 

Le 11 e mois, il fit une promenade par la capitale 9 et distribua beaucoup 
de riz et d'argent aux pauvres. En passant par-devant la prison , il ordonna à 
Yosi fousa de mettre en liberté les coupables qu'on y détenait. 

Le 1 er mois de la 5 e année (850) , il rendit une visite à sa mère , à sa rési- 
dence Reï zen in. Arrivé dans sa demeure , il descendit de son char, monta à 
la salle où elle se tenait , s'assit sur une natte , se tourna vers le nord et observa 
les ceremonies d'usage. Les ayant achevées t il redescendit l'escalier, monta 
en voiture et s'en retourna. Tout le monde fut édiuc de cette marque pu- 
blique de , sa piété filiale. 



112 ANNALES 

Le 1" mois, le Dairi tomba malade t et mourut au 3 e , âgé de 41 ans. Sui- 
vant son désir , il fut enterré sans pompe à la sépulture Foukakousa-no misaghi 
(Chin thsao ling). C'était un prince fort instruit ; il aimait les sciences et 
écrivait parfaitement. Il avait aussi étudié la médecine , et excellait à tirer de 
lare et à jouer de la guitare et de îa flûte* Sous son règne , l'empire jouit 
d'une paix profonde et fut très-florissant. La plus grande dépense de ce mo- 
narque avait été la construction d'un grand Daïri (hei ii) ou palais. Le général 
de la gauche Yosimine-no Momie sada, qui était toujours avec lui, fut si affligé 
de sa mort qu'il se rasa la tête et se fit prêtre , sous le nom de Fen zeoa (Pian 
tchao). Dans la suite , il fut grand-prêtre bouddhique au mont Ye san (Houa 
chan), et porta alors le titre de Yesan-no sâ zio. Le Dairi avait régné 17 ans, 
savoir, 14 avec le nengo Zeô wa et o avec celui de Ka siô. 

LV. DAÎRI 复天德 文 BOUN TOK TEN 0. 

(De 851 à 858 de J. C.) 
j| 二 Nin zioa (Jin cheou), de 851 à 853, 

Nengo l 衡齊 お ka6 (加お heng), de 85& à 856, 
^^天 Ten an (Thiaa ngan), de 857 à 858. 

Boun TOK ten o (Wen të thian houang) , nommé auparavant Mitsi yasou 
(Tao khang) 、 était fils de Nin mio ten o. Sa mère, l'impératrice Zwun si (Chun 
tsu) 9 était fille du Sadaîsin Fousiwâra^no Foutsougou. D'autres veulent que le 
nom de sa mère ait été Go sio-no Kisaki (Ou thiao heou). U avait été déclaré 
T^bi la 9 e année du nengo Zeô wa (84^)* Nin mio étant décédé le 3* mois 
de la 3 e année du nengo Ka siô , ii fut proclamé Daïri dans le 4 # mois de la 
même année. 

Le 5 e mois, l'impératrice veuve de Saga ten o, mère de Nin mio et grand- 
mère du Daïri , mourut. Cette princesse, très-dévote, avait fondé le temple Dan 
rin «(Than lin szu) , ce qui lui fit donner le nom de Dan rin Kwo gon (Than lin 
houang heou). レ, était elle qui avait envoyé en し bine le prêtre Zi gak, pour 
y étudier la religion. Elle aimait les sciences , et bâtit l'école publique Gak 
kwan in (Hiô kouan yuan), où elle logea les descendons ae iatsibana-no Ousi, 
pour donner des cours publics. A la mort de Nin mio , elle se coupa les che- 
veux de désespoir, et mourut peu de temps après, âgée de & 5 ans. Elle fut 
enterrée au palais Moume-no miya (Meî koiing) , où se trouvait la salle de ses 
ancêtres de la fkmille Tatsibana. Cette princesse fut honorée comme une 
sainte. 




DES EMPEREURS DU JAPON. 113 
Le 7 e mois , le Sadaisin Fou tsougou reçut le titre posthmne de Taïzio 
Daîsin. 

Le 11 e mois , le Daïri choisit Kore Jito (Wei jm ) pour Taïsi. La mère de ce 
prince , qui n'était âgé que de 9 mois, était fille de l'Oudaisin Yosi fousa. 

Le 5 e mois de la 1™ année du nengo Nin ziou (851) , l'empereur se rendit à 
la maison de Yosi fousa , pour jouir de la beauté des cerisiers en fleurs, et 
pour s'occuper de la poésie et du chant. 

Le 4 e mois , Yosi tsouna expliqua publiquement le Bonn sen (Wen siuan ) l . 

Le 11 e mois , l'empereur assista à la cérémonie Daï siâ yé. 

Le 5 e mois de la 2 e année (832), on reçut la nouvelle que le kan ro (kan 
iou) ou la rosée douce tombait dans plusieurs provinces. 

Le 12 e mois, le Sanghi Ono-no Taka moura (Siao ye Houang) mourut à l'âge 
de 51 ans. On dit que ses dcscendans existent encore dans le Kwan to. (Voyez 
page 5 ん) 

Le 2 e mois de la 3 e année (853), le Daïri alla à rhabitation de Yosi fousa , 
et gratifia Naniwa^no Akitsou , serviteur de celui-ci , d'un rang au-dessous de la 
cinquième classe. 

Le 6 e mois, Htsiban Katsourawa-no sin o, fils de Kwan mou ten o, mourut. 

Le 8 e mois , mourut Kawa nari (Ho terming), né dans le Fiaksaî; il excellait 
dans l'art de peindre. 

Le même mois, le prêtre Yen tsin (Yuan tchin) partit pour la Chine. C'est 
lui qui , dans la suite , reçut le titre de Tsi siâ daï si (Tchi tching taî szu) 2 . 

Dans le courant de cette année , beaucoup de monde fut enlevé par la pe- 
tite vérole , qui fit de grands ravages par tout l'empire. 

Le 6 e mois de la 1" année du nengo Sai kaô le Sadaisin Minamotto- 

no Tsoune mourut âgé de A3 ans. 

Le 7 e mois, un prêtre qui prétendait vivre sans prendre de nourriture , vint 
de la province de Bizen à la capitale. Le Daïri le logea dans le jardin oin zen 



Wen siouan est une collection 

de pièces de rhétorique en chinois , faite par le 
prince Tchao ming, fils de l*empereurWou ti de 
la dynastie de Liang, vers le milieu du vi e siè- 
cle. Cet ouvrage fut commenté sous les Thang 
par Li chen; il se compose de 60 sections. 一 Kl. 

(2) ê^^lè^ Tsi 816 ^ 1 si P 01 * 1 " 1 

le nom de ^^ÎW Y en " IA (Yuan tchin). Il 
était de la famille 4:0 Wa (Ho), et naquit en 



813, dans 】e district de Naka, de la province 
de Sanouki. Dès sa jeunesse 4 il montra beau- 
coup de talent et d'assiduité pour l'élude. Arrivé 
en Chine , il apprit la langue sanskrite et vi- 
sita les principaux temples. D rapporta au Japon 
plus de mille volumes d'ouvrages religieux. Il 
mourut le 39 e jour de la 4 6 lune de lan 890 , 
âgé de 78 ans. Ce ne Ait qu'en 927 que le Dain 
Da! go ten o lui conféra le titre posthume de 
Tsi siâ daï si. 一 Kl. 



5 



U4 ANNALES 

yen : tout le monde fut fort étonné de cette chose , et l'on accourut en foule de 
tout côté pour le voir. Dans la suite , on découvrit sa tromperie; car il prenait 
dans la nuit du riz et de l'eau , et l'on trouva ses excrémens dans la maison. 

Le 1 er mois de la 2* année 855 , les Yemis de la province de Moûts se révol- 
tèrent ; on y envoya de l'Oomi un secours de 1,000 hommes et des provi- 
sions au gouverneur du pays. 

Le 5 e mois , la tête de l'image du Daî Bouts du temple Tôdaîsi (Toung ta 
szu) tomba d'elle-même ; en conséquence , le Daïri ordonna, le 9 e mois, au 
Damagon Foasiwara-no Yosi souke ( r lheng yuan Liang siang) et au prêtre Sin 
zio (Tchin jou), d'amasser des dons pieux par tout l'empire, pour faire une 
autre image du Daï Bouts; imitant en ceci ce qui s'était pratiqué du temps de 
Sio mou ten o. Yosi souke était le frère cadet de Yosi fousa. 

Le 7 e mois de la 3 e année ( 836 ) , le Tsiounagon Foasiwara-no Naga yosi 
mourut âgé de 55 ans; il était frère aîné de Yosi fousa , qui, n'ayant point 
de fils, adopta Moto tsouné, troisième fils de Naga yosi. 

Le 11 e mois, le Daïri fit venir Yosi tsouna, et lui ordonna d'expliquer le 
Sin sio (Ism chou), ou l'histoire de la dynastie chinoise de Tsin. 

Le même mois, il fit construire une nouvelle salle y pour y offrir sur la ter- 
rasse un sacrifice au ciel. Fousiwara-no Yosi souke et Sougawara-no Kore yosi 
furent chargés de l'exécution de cette bâtisse. 

Le 2 e mois de la l n année du nengo Ten an (857), l'Oudaisin Yosi fousa 
fut nommé Taïzio daïsin , le Daïnagon Minamoto-no Nobou devint Sadaïsin , et 
Yûsi souke fut fait Oudaïsin. Nobou était roncle du Daïri. 

Le 3 e mois , le Daïri permit à Yosi fousa de garder son sabre sur lui en 
venant à la cour , suivant en cela ce qui avait été accordé par le fondateur de 
la dynastie chinoise de Han à Sou ga (Siao ho) 1 ; mais Yosi fousa refusa cet 
honneur. 

Le 6 e mois , les haDitans de l'île Tsou sima se révoltèrent et tuèrent leur 
gouverneur. Le Daïri y envoya des troupes de Taï saïfou (lai tsaï fou) pour 
rétablir la tranquillité. 

Le 11 e mois, K6 bô, sur la requête de son disciple Si seï (Tcning tsi), fut 
honoré du titre posthume de Daî soa ziô (Ta seng tching). 

Le 12 e mois, le Daïri manda devant lui son fils aîné Kore taka (Wei khiao) , 



( 1 ) Siao ho avait le plus contribue a l'âéva- 
tion de Lieoa pang au trône , qui , étant parvenu 
à la dignité impériale , adjugea à oiao fyo % en 
201 avant J. C. , la première place parmi ses 
grands ; il le nomma son premier ministre, avec 



la liberté d'entrer au palais quand il le jugerait 
à propos , sans une permission expresse et sans 
ses habits de cérémonie. Il lui permit encore de 
venir îe sabre au côté , distinction qui notait ac- 
cordée à personne. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 115 

lui fit prendre la robe virile et l'éleva à la quatrième classe ; puis il dîna avec 
Yosi fousa et autres grands. Il avait Fintention de choisir Kore taka sin o pour 
successeur y à cause de la grande jeunesse de Kore Jito sin o (Wei jin thsing 
wang) ; înais Yosi fousa et le Sadaism Minamoto-no Nobou s'y opposèrent , 
en lui iaisant observer que le dernier avait depuis long-temps été déclare 
1 aisi : alors l'empereur se rangea de leur avis. 

Dans la même année , le premier corps de garde fut construit à Osaka - no 
Seii ou Keaghi, en dehors de la capitale l . 

Le 2 e mois de la 2 e année (858), le nombre des voleurs s'étant prodigieu- 
sement accru dans la capitale 9 Saki-no Wouye-no Masa mitsi (Pan chang Tang 
tao) et Foasiwara-no Ari sané (Theng yuan Yeou tchin) reçurent l'ordre de 
les rechercher et de les arrêter. 

lui donna le nom de Fata koumo (Khi yun) ou le nuage de la Bannière. 

Le 8 e mois, le Daîri mourut âgé de 52 ans. Ce prince avait toujours soi- 
gneusement veillé à la stricte observation des lois; il naimait point la chasse: 
il était d'une constitution très-faible , ce qui l'empêcha de se charger lui- 
même des soins du gouvérnement , et fîit aussi la cause qu'il mourut fort 
jeune, n'ayant régné que huit ans, savoir, 5 ans avec le nengo Nin ziou, 3 avec 
celui de Saï kaô, et 2 avec celui de Ten an. 

LVI. DAÎRI き 天 和 清 SEI WA TEN O. 

(De 859 à 876 de J.C.) 
Nengo 藿 l 肩 Zioâ kwan (Tching kouon), de 859 à 876. 

Sel via ten o (Tching ho thian houang) , nommé auparavant Kore fiio (Weï 
jin), succéda à Boun tok. Sa mère était Somcdono - no kisaki Fousiwara-no Aki ko 
(Jen tian beou Theng yuan Ming tsu), fille du Taïzio daism Yosi fousa (Liang 
fiing). A l'âge de 9 mois, Kore fito devint 1 aisi ; Boun tok étant i^ort le 8 e 
mois de la 2 e année du nengo Ten gan (858), il fut proclamé Daïri le 11 e 
mois, âgé de 9 ans. On nomma aussitôt son grand-père Yosi fousa Sets sioô 
ou régent. C'est pour la première lois que ce titre fut accordé à un membre 
de la famille de Fousiwara, et le premier exemple au Japon d'un prince aussi 
jeune devenu Daïri. On fit annoncer son avènement au trône au temple Daï- 
singou dans l'Izé , et à tous les tombeaux de la famille impériale. On honora 
la grand-mère du Daïri Minamotto-no Ketski (Yuan kie ki) du premier rang de 

(1) Ce passage ne se trouve pas dans le texte. 一 Kl. 

i5* 



116 ANNALES 

la première classe ; elle était fille de Saga ten o , épouse . de Yosi fousa , et 
mère de Some do-no Kisaki. 

Dans le courant de cette année , le prêtre Tsi siô (Tchi tching) revint de 
la Chine. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Zioô kwan (859), toutes les fêtes de 
nouvel an furent suspendues, à cause du deuil du Daïri Boun tok. 

Le 2 e mois, le Dairi éleva le dieu Mi wa mio sin (San lung ming chin) \ de la 
province Yamato, au premier rang de la première classe , et accorda^également 
aes rangs supérieurs aux dieux des autres provinces. 

L'Oudaîsin Fousiwara-no Yosi souke bâtit le palais Sô sin in (Thsoung thsin 
yuan ) , à l'usage de . tous ceux de la famille de Fousiwara qui navaient point 
(ïe logement; il construisit également la maison Ghen meï in (Yen ming yuan ) , 
pour les recevoir en cas de maladie. 

Le 3 e mois, l'empereur envoya fVakc-no Tsoane nori (Ho khi I fan) au 
temple du dieu Fatsman à Ousa, pour lui faire part de son avènement au 
trône. Chaque Daïri doit envoyer une fois une semblable ambassade à ce dieu. 

Le 4 e mois, il fit présent au Sadaîsin Minamoto-no Nobou (Yuan dinj d,un 
terrain de chasse dans la province de Sets. 

Le même mois, il fit ofl&îr des sacrifices au dieu Kamo-no mio sin par plu- 
sieurs des grands de sa cour. 

Le 5 e mois, Ou kô sin (Ou kiao tchin), ambassadeur du Bok kaî, arriva par 
mer dans la province de Kaga; le Daïri envoya Abé-no Seïkio pour prendre 
ses lettres de créance , lui fit parvenir sa réponse , et le dépêcha de là , sans 
l'avoir fait venir à la cour. 

Le 7 e mois, il envoya des ambassades aux temples de Kamo (Ho meou), 
Mats-no o (Soung weï), Fira no (Phing ye) t O/ara no (Ta yuan ye)^Miwa (San 
lun), Kasouga (Tchhun jy ) , Soumi yosi (Tchu ky) , Kebi (Khi pi) et Fi maye 
(Jy thsian). 

Le 11 e mois, il fit le pélerinasre Dai siô ye. 

Dans la même année , le prêtre Kiô kou (Hing kiao) alla prier k Ousa, dans 
le temple de Fatsman Daïsin. Ce dieu l'informa qu'il se rendrait à la cour pour 
protéger le Daïri. L'empereur, aussitôt quil fut instruit de cette nouvelle , fit 
construire le premier temple en l'honneur de Fatsman Daisin sur le mont 
Ofoko yama (Nan chan) , près de la rivière Iwa se mitsou (Chy thsing choui ) , 
dans la province de Yamasiro. 

( 1 ) Le temple de ce dieu est sur le mont comme un des protecteurs de Fempire. On l*ap 
\Jf^&- - Mi wa yama , duquel dérive son P«Ue aussi Ooyama montsi-no mikado (Ta i kouei 

nom. C'est un dieu japonais qui est regardé )• 一 • . 



DES EMPEREURS DU JAPON. U7 

Aia 1~ lune deia 2* année (860), le grand docteur tsoaghi (Hioung ki) 
du temple de Kasouga (Tchhun jy) , offrit au Daîri le Keô ghio (Hiao king) , 
livre chinois , qui depuis ce temps a été étudié par tous ses successeurs. 

Le 2 e mois de la 3 e aimée (861), l'empereur se rendit à la demeure du 
Taïzio daîsin Yosifousa , et accorda aux gens de sa cour , ainsi qu'à ceux de 
Yosi fousa , un rang plus élevé. 

Limage du Daï Bouts ou grand Bouddha du temple Tôdaïsi étant achevée 
le 5f mois, on y célébra à cette occasion une grande fête. 

Le 5 e mois 9 les vaisseaux de l'ambassadeur de Bok kaî firent des descentes 
sur. la côte de la province d'Idzoumo , et commirent beaucoup de dégâts ; 
le Daîri ordonna de leâ forcer à partir. 

Le 6 e mois, l'empereur fit exécuter devant le palais une lutte d,enfans, et 
leur fit distribuer quelques présens. 

Le 8 e mois, le Daîri lut le Ron go (Lun yu); ce livre lui fiit expliqué par 
Kasouga-no tsoughi. 

Le 3 e mois de la 4 e année (8o2 ) t il accorda à Ariwara-no Narifira (Tsai 
yuan Nie phing) , fils d'Abou-no sin o et petit-fils de Saga ten o, un rang su- 
périeur k la cinquième classe. 

Le 1 er mois de la 5 e année (865) , mourut le Daînagon et grand général de 
la droite Minamoto-no Sada (Yuan Ting) t favori de Saga ten o. Son frère aîné 
le Daînagon Minamoto-no Firo ( Yuan Houng) , homme très-instruit et excel- 
lent écrivain, le suivit dans la tombe le même mois. 

A la 5 リ une, on sacrifia dans le jardin Sin zen yen, aux ames courroucées 
de Soadâ ten ひ, mort en 785 , d、fyo - no sin o , mort en 807, de Foasiwara-no 
bouninAitsousi, morte en 807, de Tatsibana^no Faya nari, mort en 842, et de 
Bounya-no Miyata maro, mort en 8 A3. Cette fête religieuse fut appelée Go reô 
ye (Yu ling hoei). Depuis quelques années, le Davs avait été affligé par une 
maladie contagieuse , qui au printemps avait enlevé beaucoup de monde. On 
attribua ces désastres à l'influence de ces ames courroucées ; on leur offrit des 
sacrifices pour les apaiser. . 

Le 10 6 mois, le Daîri fit venir fosi fousa pour le régaler à l'occasion de son 
60* anniversaire. 

Sur la proposition de Yosi fousa , Fempereur chargea cette année Farou 
zoumi-no Yosi nawà (Tchhun tchhing Ghen ching) de composer le Siok Nipon 
kô ki. (V oyez page 66.) 

Le 1 er du 1 er mois de la 6 e année ( 864) , on rasa au Daîri les cheveux sur le 
front; il était alors âgé. de: 15 ans. On en fit de même à treize jeunes gens de 
la famille Fousiwara, 



118 ANNALES 

Le 2 # mois, l'empereur se rendit à la maison de plaisance de Yosi fênisa, 
pour s'amuser à contempler les fleurs ; il y tira aussi de l'arc et toucha sou- 
vent le but. Il dit à Ima mon, gouverneur de Yamasiro, de lui amener des la- 
boureurs avec leurs outils , et leur fit travailler la terre, afin ae se procurer 
une idée de leurs pénibles travaux. 

Le 5 e mois , le mont Fousi-no yama brûla pendant dix jours , et vomit 
de son sommet une immense quantité de quartiers de roche , aont plusieurs 
tombèrent à la distance de 30 ri dans la mer. Beaucoup de monde périt et 
un grand nombre de maisons furent détruites. L'éruption volcanique com- 
mença du côté du mont Asama , et s'étendit jusque dans la province 
de Kaï. 

Le 4 e mois de la 7 e année (8b5 ) , le Daîri dépêcha Wake-no Tsoune nori au 
temple du dieu Fatsman à Iwa si midzou , et le chargea de lui présenter des 
plastrons (tafe) et des selles (konra). 

Le 8 e mois , il ordonna que cent ballots de riz et cent ballots de fèves 
fussent employés pour rétablir les mines d'argent de l'iie Tsou sima , dont les 
fôrtes pluies avaient détruit les ouvrages. 

Le 3 e mois de la 8 e année ( 866 ) , il alla à la campagne de FOudaisin Yasi 
souke. 

Le 1 er du 3 U mois, qui était oaro ou intercalaire , le Daîri fit une partie de 
plaisir k la demeure de Yosi fousa. 

Le 10 e , pendant la nuit , la porte du palais appelée ten mon ( Yng thian 
men ) (at détruite par un incendie : on ignorait si c était par accident ou par 
méchanceté. Yosi fousa, étant alors presque toujours avec le Dam , avait confié 
la direction des affaires à Yosi souke : celw-*ci , qui avait pour favori le Daï' 
nagon Témo^no Yosio , desirait de le faire monter bientôt à un emploi plus 
élevé ; il n'y en avait pourtant aucun de vacant. Minamoto-no Nobou était 
Sadaîsin ; Yosi souke comptait obtenir cette place après lui, et iaire donner 
alors à Yosio la place d'Oudaïsin. U eut rimpudence daccuser le Sadaîsin 
d'avoir mis le feu à la porte , et se rendit avec Yosio à la salle de justice comme 
pour examiner Fafiaire ; il y fit venir le Sanghi Tsiousio Moto tsoune (Ki king) , 
et lui dit que l'incendie de la porte étant l'ouvrage du Sadaîsin, il devait aller 
directement à la demeure de celui-ci pour le punir. Moto tsoune demanda si 
le Taïzio daîsin en était prévenu. Il reçut pour réponse quêtant entièrement 
occupé de la loi de Bouddha , il ne se mêlait plus de radministration , et 
n était pas informé de l'accident. Moto tsoune refusa alors de punir le Sa- 
daîsin sans avoir reçu l'ordre du Taîûo ddasin; à cet effet, il fit part de ce qui 
arrivait à Yosi fousa , qui en fut consterné , et s'informa du crime du Sadaîsin. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 119 
Appi^enant ce do^t on l'accusait , il dit que si le crime avait été réellement 
commis, on aurait dû s'adresser à lui comme Taïzio daïsin ; que Yosi souke 
méritait d'être puni, au lieu du Sadaisin, Ceci tranquillisa le dernier. 

Le 5 e du 4 a mois, Oya-no Taka tori (Ta tse Yng thsiu) découvrit que le 
feu ayait été mis secrètement à la porte O ten mon par Yosio et son fils , qui 
en avaient accusé &ussement le Sadaîsin. Le Dain chargea le Sanghi Minante 
bontsi - no Tosi ma (Nan yuan Nian ming) et le Fousiwara-no Yosi tsouna (Theng 
yuan Liang ching) de les punir tous les deux.Quoique, pour un tel crime, Yosio 
eût mérité la mort, il fut seulement banni à Idzou, et son fils et les autres 
complices ailleurs. 

Le 7 e mois , l'impératrice Some dono-no Taïgwa tomba malade , et ordonna à 
So o ( Siang yng) , prêtre du temple de Yeï zan , de prier pour sa guérison ; les 
prières ayant été exaucées , Ten ghio ( Tchhouan kiao) et Zi gak (Thsu kiô) 
forent gratifiés du rang posthume de Daïsi. So o avait été disciple de Zi gak, 
mort dans la 6* année du nengo oiod kwan (86A). 

Le 10 e mois de la 9* année ( 80 7 ) , l'Oudalsin Yosi souke mourut. 

Le 12 e mois de la 10* année (868), le Sadaîsin Minamoto-no fobou mou- 
rut ; il était savant, écrivait supérieurement 9 excellait dans la peinture, et 
fut très-habile dans a autres exercices, principalement à monter à cheval et 
à chasser au faucon. 

Le 4 e mois de la 11* année (869), le Daïri char&rea le Daînagon Foasiwa- 
ra-no Ousi moune , le Sanghi Oo ye^no Oto Jito et Sougawara-no Kore yosi, asses- 
seur du tribual des crimes, de rédiger le Ziô kwan kiyak (Tching kouon ko), 
qui fiit le code en vigueur pendant les années de son règne. Oto fito était un 
des hommes les plus versés dans la littérature. 

mille personnes y perdirent la vie. 

Le 6* mois, plusieurs pirates de Sin ra mouillèrent à Fakata (Fou to), pour 
piller les barques qui devaient porter à la cour le tribut de la province de 
Bouzen. On envoya des troupes de Taïsaïfou (Taï tsaï fou) pour les arrêter; 
mais ils s'enmirent au plus vite. 

Le l w mois de la 12 e année (870), Fonsiwara-no Ousi moune fut fait Oudaï- 
sin. Minamoto-no Oto moura et Fousiwara-no Moto tsoune devinrent Daînagon. 
OHo moura était fils de Saga ten o. 

Le 2* mois de la 1 3* année (871), le Daïri se rendit au Si sin den (Tsu chin 
tian ) 9 ou à la salie d'audience. Ce fut la première fois qu'il s'occupa des affaires 
du gouvernement ; ii prit connaissance de tout ce qui se fit. Avant le temps de 
Nin mio ten o, les Daîri avaient L'habitude de venir diaque jour au Si sin den. 



120 ANNALES 

et de prendre part à radministration ; cet usage cessa entièrement sous Bouji 
tok ten o. L'empereur le reprit , à la satisfaction de tout le monde. 

Le 4 e mois , il combla Yosi fousa , pour ses services distingués , de beaucoup 
de présens , et le nomma San gâ (San koung ) 9 c est-à-dire , inspecteur des 
armes des gardes du eorps de rempereur. Ce titre fut alors introduit pour la 
première fois. 

Le 8 6 mois , l'Oudaisin Ousï moune offrit à l'empereur le Ziô kwan sik 
(Tching kouon cùy), ou le règlement administratif qui devait avoir cours du- 
rant son règne , qu 11 avait composé. 

Le 9 e mois , la reine Go zio-no Fousiwara-no kisaki Zioun si (Ou tiao heou 
Theng yuan Chun tsu) , veuve de Nin mio et mère de Boun tok ten o , mourut. 

Le 12 e mois, un ambassadeur du Bok kai, nommé Yoo sei ki (Yang tching 
koueï) , arriva avec sa suite dans la province dé Kaga. 

Le 1" mois ae la 1 4 e année ( 872 ) , le Daïri y envoya le Sionaîki Souga warn- 
no Mitsisane (Kouon yuanTao,tchin), pour complimenter Tambassadeur de Bok 
kaî. Mitsi sane est le même personnage que Kan siô sid (Kouan ching siang). 

Le 2 e mois , l'Oudaisin Fousiwara-no Oasi moune mourut. 

Le 5 e mois , Yosi fousa tomba dangereusement malade ; . le Daïri donna 
500,000 seni (thsian) ou pièces ae monnaie de cuivre , destinées à offinr aux 
dieux un sacrifice pour son rétablissement. 

Le 5 # mois 9 Fambassadeur de Bok kaï arriva à la cour; il fut logé et régalé 
dans la maison Koû ro kwan (Houng lou kouan). On lui donna un festin impé- 
rial, et jinwara-no Narifira vint le complimenter au nom du Dain. Plusieurs 
savans lui rendirent visite ; To rioô kioâ (Tou liang hiang) , homme très- 
instruit, alla aussi le voir. Plus tard, le Daïri envoya la lettre de congé à l'am- 
bassadeur , qui partit de la maison Koû ro kouan sans avoir été: au palais. Cette 
maison , qui servait de demeure aux ambassadeurs étrangers , était tout près 
de la porte Ra siô mon (Lo tchhing men) du temple Td tera (Toung szu). 

Le 8 e mois, Minamoto-no Oto moam devint Sadaîsin 9 et Fousiwara-no Moto 
tsouné Oudaïsin. 

Le 2 du 9 e mois, le Taïzio daïsin du second rang de la première classe 
Foasiwara-no Yosi fousa mourut âgé. de 69 ans; il fut élevé , après sa mort, au 
premier rang de cette classe , et son titre de Meï nd kô (Meï noung koung) r fut 
changé en celui de Isiô nin kô (Tchoungjin koung). Les Sadaîsin et. Oudaïsin 
Oto moura et Moto tsouné furent tous les deux chargés du gouvernement ; le 
premier pourtant était moins respecté que Fautre. 

Le 2 e mois de la 16 e année (87め, on fonda le temple Ziô kwan si (Tching 
kouan szu), et l'on y célébra la fête religieuse Dai saïye (Ta tsai hoei). 



DES EMPEREURS DU JAPON. 121 
Le 4" mois, le palais Ziun wa in (Chun ho yuan) fat détruit par les flam- 
mes; les brandons tombèrent jusqu'en dedans du daîri ou palais impérial. 
Moto Tsoune et sa suite y accoururent ; et par leur prompt secours , le feu 
fut bientôt éteint. Le palais Ziun wa in était la demeure de Ziun wa ten o après 
son abdication. 

' Le 1 er mois de la 17 e année (875) , le palais de Reï sen in (Lang j en yuan) 
fut brûlé ; c'était la résidence de Saga ten o. On y avait transporté les archives 
et une grande quantité de choses précieuses ; tout fut détruit par les flammes. 
Owara-no OJiro , qui voulut étouffer rembrasement, y périt. 

Le 4 e mois, le Daïri lut les cinq livres classiques de la Chine, le Siki (Szu 
ki), rencyclopédie cJiinoise intitulée Goun sio dzi you (Kiun chu tchi yao). Ces 
ouvrages lui avaient été offerts par Sougawara-no Koré yosi , Souga-no Souke yo 
et O oyè-no Oto fito. 

Le 10 du 4 e mois de la 18 e année (876), la salle Dai kok den (Taï ky tian) 
et ses portes extérieures furent consumées par le feu. Le Daïri soupçonna que 
cet incendie avait été causé par la malveillance , et ordonna de faire les recher- 
ches les plus sévères par toute la ville de Rok tsiou (ijo tchoung) ou Miyako , 
pour découvrir les coupables. 

Le 5 e mois , il envoya des ambassadeurs aux temples d,Izé et à celui de 
Kamo et de Matsou-no o , pour annoncer aux dieux la destruction de la salle 
Daî kok den. Le 7* mois , on commença à la rebâtir. 

Le 11, mois, le Daïri céda l'empire à son fils aîné Zada akira-no sin o 
( Tching ming thsin wang), nomma FOudaisin Moto tsoune (Ki king) régent 
ou Sets sioô , et lui recommanda de suivre les règles du gouvernement don- 
nées par Tsiou nin kâ (Tchoung jin koung). 

Le 12 e mois, Seï wa ten o prit le titre de Taï zio ten o, et alla demeurer au 
mont Midzoa - no ouye-no yama (Choni wei chan ) , ce qui lui fit donner le nom 
de Midzou - no ouye-no mikado (Ghoni weï ti). Il avait régné 18 ans avec le 
nengo ム 106 hvan. 

LVII. DAÏRI 皇天 成 陽 YO ZEÏ TEN O. 

(De 877 à 884 de J. C.) 
Nengo お ^ (Yuan khing), de 877 à 88 な. 

Yo zeï ten o (Yang tchhing thian houang), nommé auparavant Zada akira, 
avait pour mère i,impératrice Foasiwara^no Ko si (Theng yuan Kao tsu), fille 
du Tsiounagon Faga yasou, et sœur cadette de l'Oudaism Moto tsoune. Sui- 

16 



122 ANNALES 

vant d'autres , lu mère de cet empereur fut Ni zio-no kisaki (Eul tiao heou). Il 
naquit dans la 10 e année du nengo Zioô kwan, et fut fait Taïsi dans la 11*. 
Seî wa ten o lui ayant cédé Tempire au 11 e mois de la 18 e année de son 
règne , il fot proclamé Daïri le o au 1* mois de la 1" année du nengo Gwan 
kioô (877). Comme la salle de Daï kok den n'était pas encore achevée, il logea 
dans celle qui était appelée Boa rak den (Fung lô tien). Uempereur nétant âgé 
que de 8 ans , Moto tsoune exerça l'epiploi de régent, U conféra à son grand- 
père défunt Naga yasou le titre de Sadaïsin avec le rang de la première classe 
supérieure. 

Le 2 e mois , des ambassadeurs du Bok kaî arrivèrent dans la province dldzou 
mo, d'où ils furent renvoyés chez eux. 

Le 6 e mois、 il régna une grande sécheresse ; on offrit alors des sacrifices aux 
dieux Fatsman , Kamo , et autres des temples de la province d'Izé , afin d'obte- 
nir de la pluie. 

Le 1 1* mois , le Daïri fit le pèlerinage Daï sid yé. 

Le 12 e mois, on bâtit le temple Gwan kioô si (Yuan khing szu). 

Le 2 e mois de la 2 e année (878), Yosi bontsi-no Yosi nari (Ghen yuan Ngai 
tchhing) fut chargé de lire au Daïri le Nipon ki (Jy pen ki), livre historique. 

Le 5* mois , une troupe de Yébis révoltés, au nombre de pins de mille, s'étant 
réunie dans la province Dewa, y brûla le château d'Akita (Thsieouthian). Le 
prince Fousiwara-no Okiyo (Theng yuan Hing chi) eut un engagement avec eux; 
mais il fut battu et perdit plus de cinq cents des siens; il informa le Dain de 
cet événement. Il fut de nouveau défait au 4* mois. 

Le 5 e mois , le Daïri envoya Foasiwara-no Yasou nori dans le Dewa pour y 
rassembler les troupes des provinces voisines, et exterminer les rebelles. 

A la 6 e lune, Okano-no Farou kase (Siao ye Tchhun fiing) fut nommé gé- 
néral en chef. Il se rendit dans le Moûts pour y réunir une armée; il fit de 
même avancer des troupes des autres provinces du Tokaido. 

Le 7 e mois, Yàsou nori combattit les rebelles 9 et obtint quelques légers 
succès ; mais i,eimemi fut renforcé par d'autres venus du canton de Tsougar 
(Tsm king). 

Le 9 e mois, il y eut un tremblement de terre terrible dans le Kwan to. (Voyez 
page 54.) 

Le 1 er mois de la 5 e année (879), les rebelles du Dewa se soumirent 9 et 
la tranquillité y fut rétablie ; ce qu'on manda au Daïri. 

Le 5* mois , l'ancien Dam Seï wa ten o se rasa la tête et se fit religieux. 

Le 1 e mois , la salle Daï kok den fut achevée ; le Daïri s'y transporta et doiuia 
une fête i toute la cour. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 125 
Lé 5* mois de la 4" année ( 880 ) , Se! wa taîzio ten o yisita les provinces 
deYamasiro, de Yamato et de Sets, ainsi que plusieurs montagnes célèbres, et 
des temples bouddhiques. Dans celui qui est nommé Midzou-no ouye-no tera 
(Choui weï szu), dans le Tamba, ii se revêtit de la robe sacerdotale , et y fit 
le service en personne. 

Le 5* mois, le général en second de la gauche Jriwara - no Narifra mourut 
l^de 56 ans; il était très-habile à iaire des chansons japonaises et très-adonné 
au libertiiiage. 

Le 8 du ll ff mois, rOudaîsin Moto tsoune , régent de l'empire 9 prit ie 
titre de Kwan bak (Kouan pë) , qui alors fut introduit pour la première tois. 
Vers la fin de ce mois , Seï wa taï zio ten o tomba malade. 

Le 4 du 14 # mois, Moto tsoune fut nommé Taïzio daïsin. Le9 services 
que son père Yosi fousa et lui avaient rendus à l'État lui avaient acquis l'estime 
du Duri, qui les éleva tous les deux à ces emplois éminens. . 

ju ancien Dairi oei wa taï zio ten o mourut âgé de ^1 ans; son image fut pla- 
cée parmi les Kami (Chin) ou dieux bienfaisans. 

Le 2* jour de la l w lune de la 6* année (882) t Moto tsoune posa le bonnet 
viril sur la tête du Daïri ; ses cheveux furent rasés par le Daînagon Minamoto- 
M Ofosi (Yuan To) : cette cérémonie fut accompagnée d'une grande pompe. 
Minamotxhno Ofosi fut créé Oudaïisiii , Fousiwara^no Yasou yo et Fousiwara-no 
Fok o devinrent Daînagon, et Jinwara-no Ouki Jira et Mimmoto-no Nowou, 
Isioimagon. 

Le 2* mois 9 Moto tsoune fut grabbé du rang de San gou , et obtint la per- 
mission d'avoir une suite armée. 

Le 1" mois de la J e année (885), un ambassadeur du Bok kaï, nommé Faï 
tei (Poei ti), arriva dans la province de Kaga; ie Daïri le fit venir le 4 e mois à 
Miyako , ie logea dans la maison Rou ro kwan , et envoya ie docteur Kanseôsiâ 
(Kouan tchhing siang) pour le complimenter. Faï teï étant très-savant, ils 
s'entretinrent sur l'histoire ancienne 9 la littérature et la poésie. 

Le 5* mois, le Dam donna à Fai teï une fête à la cour; il y eut des courses 
de chevaux et des tirs à l'arc ; puis il le renvoya dans son pays. 

Le 11* mois, il commença à goûter Texercice du cheval ; il entretint un 
grand nombre ae chevaux à la cour; i! faisait constamment des courses. H ad- 
mit beaucoup de gens du peuple à sa présence , et contracta leurs habitudes 
grosnères. Moto tsoune, qui en fut informé, vint au palais, et chassa Ono-no Kiyo 
kazow(SUiO ye Thsing ho), ainsi que d'autres qui étaient toujours avec le Daïri. 
Depuis ce temps, le Daïri resta presque toujours seul; queiqueiois il faisait 
jeter des grenouilles aux serpens pour les voir avaler par ces reptiles , ou 

i6* 



124 ANNALES 

bien il prenait plaisir k faire combattre des chiens avec des singes. Bientôt 
ses amusemens devinrent plus dangereux :il tuait de sa main des criminels 9 
et chassait à coups de sabre ceux qui osaient lui adresser des représentations , 
quand il était en colère. Moto isoune fit toutes les instances possibles pour le 
détourner d'une pareille conduite ; mais il ferma l'oreille à toutes ses remon- 
trances. 

Le 1 er mois de la 8 e année ( 884) , les habitudes extravagantes du Daïri 
augmentèrent : Moto tsoune , étant venu à la cour, fut témoin que, pour se di- 
vertir , l'empereur faisait monter des gens sur des arbres, et ordonnait de les 
percer à coups de lance jusqu à ce qu ils tombassent morts à terre. Alors Moto 
tsoune se convainquit que ce prince était indigne de régner plus long-temps , 
et se servit du stratagème suivant pour le déposer. Il alla au palais, et lui dit 
qu'il devait être ennuyé de se trouver toujours seul, et lui promit de l'amuser 
par une course de chevaux. Le Dain, charmé de cette proposition 9 le pna de 
fixer le jour où cette course aurait lieu. Il fut convenu que ce serait le 4 du 
2 e mois. Ce jour-là, le Daïri sortit en voiture ; Moto tsoune fit aussitôt occuper 
lés portes par une forte garde, et envoya l'empereur au palais Yo set in (Yang 
tchhing yuan) à Ni zio (Eul tiao) 1 . Il lui déclara que sa démence le rendait.in — 
capable de régner, et qu'il était détrôné. Le Dain pleura beaucoup, ce qui 
excita la compassion de tout le monde. On liu donna le titre de Tai ziô ten o ; 
il n'avait alors que 1 7 ans. Moto tsoune était très-hautain ; mais le grand pou- 
voir dont il abusait , fit trembler tous les grands de la cour ; plusieurs eurent 
à se repentir d'avoir voulu lui résister. Le Dain était souvent malade : il 
n'avait régné que 8 ans , avec le nengo Gwan kiod. 

LVIII. DAÏRI 鲁 天 孝 光 KWÔ KO TEN O. 

へ (De 885 à 887 de J. G.) 
' Nengo ネ 《1 仁 Nin wa (Jin ho) , de 885 à 887. 

Kwô ko ten o (Kouang hiao thian houang), troisième iils de Nin mio ten o, 
fut nommé, avant son avènement au trône, Toki yasou (Ghi khang). Sous Boun 
tok ten o , Seï wa ten o et Yo zeï ten o , il porta le titre d'itsi bon Sik boa kio 
sin o (Y phin yjiy pou khing thsin wang). A la déposition de Yo zçï ten o, il 
fut proclamé Daïri, le 23 du 2 e mois de la 8* année du nengo Gwan kioô. H 
avait alors 55 ans. Moto tsoune continua dans son emploi de Kwanbak. 

(1 ) Ville située à peu de distance au sud-ouest de Miyako, et qui forme pour ainsi dire un de 
$es faubourgs — Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 125 
Le 5*. mois , le.Daîri conféra à son grand-père Fousiwara-no Fousa tsouki 

(Theng yuan.Tsoung ki) le premier rang de la première classe. 

Le 4 e mois , le Daïri commença la lecture du Boun sen ( Wen siuan ) , qui lui 

fut expliqué par Tatsibana-no Firo souke. (Voyez page 115.) 
Le 1 I e mois, le Daïri fit le pèlerinage Daï siô yè. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Nin wa (885) 9 il fit présent à Moto 
tsoune d,un terrain de chasse dans la province de Sets. 

Le 4- 6 mois, il célébra le cinquantième anniversaire de Moto tsoune. 
. Le 8 e mois, il alla au jardin Sin zen yen pour s,amuser à pêcher et à monter 
à cheval. 

Le 11 e mois, il célébra la 70 e fête du prêtre Soô ziô Fen zà (Pian tchao). 

Le 1 er mois de la 2 e année (886), le Daïri donna lui-même le bonnet viril 
à Tokifira (Chi phing), fils de Moto tsoune, lequel avait atteint l'âge de 16 
ans : Moto tsoune lui fit à cette occasion beaucoup de présens. 

Le 8 e mois, le jour /*, on expliqua publiquement 1,Y king. Moto 
tsoune se rendit au temple de Kô $ï ( Confucius ), et y accomplit les cérémo- 
nies d'usage. 

Le 14 du 12 e mois, le Daïri alla à Seri gawa pour y chasser au faucon ; il 
aimait la chasse et prenait souvent cet exercice. 

Le 4 e mois de la 3 e année ( 887), il envoya offrir des présens aux temples 
à^Izé , d7wa si midzou et de Fiyosi. 

Le 5 e mois, il gratifia l'ancien Daïri /o zeï taï zio o d,un terrain dç chasse 
à Ofara-no (Ta yuan ye) , dans le Yamasiro. 

Le 8 e mois , plusieurs signes extraordinaires apparurent dans le palais ; le 
Daïri mourut le 2q ae ce mois, âgé de 58 ans. Sous les règnes de Feï zeï ten 
o , de Saga ten o et de Ziun wa ten o , on s,était appliqué beaucoup à composer 
des vers ; ce qui fut la cause que , sous ces monarques , il y eut beaucoup de 
grands poètes. Gomme Kwô ko ten o lui-même excellait dans la poésie , cha- 
cun s'en occupait aussi. Il n'a régné que 3 ans , avec le nengo Nin wa. 



LlX. DAÏRI 皇天 多 字 OUDA TEN O, 

(De 888 à 897 de J. C.) 
Nengo 平 寬 Kwanfeï (Rouan phing) , de 889 à 897. 

Ouda ten o (Yu to thian houang) , troisième fils de Kwô ko ten o , portait 
auparavant le nom de Sada yosi (Ting ching). Sa mère était limpératrice 
Fan si (Pan tsu), fille de Naka no-no sin o (Tchoung ye thsin wang). Avant que 



126 ANNALES 

Kwô ko de^nt Daîri , il avait demandé à ses trois £ls , qu,ii aimait beaucoup , 
ce qu'ils souhaiteraient si jamais il était élevé à cette dignité. Le premier , 
Kore tsiou (Ghi tchoung) , demanda le gouvernement du pays de Tsoukoiui ; le 
second, nommé Kore sada (cihi tching), celle du TokaSdo ; le troisième 9 Sada 
7 osi , ^ voudrait succéder à son père : celuwi, apnt été proclamé D^ri , 
i,éleva au grade de Zi zioa (Chi tsoung). Pendant sa maladie et sur les ins- 
tances de Moto tsoune, il le déclara Ta&i. Quand il ràaorat, Moto tsoune 
conduisit Saaa yosi à la salle Daî kok den, ou il le dédiara Dairi. Ce prince 
avait alors 2 1 ans. 

Le 17 du 11 e mois de la 3 e année du nengo Nin wa (887), Moto tsoune 
o0Ht un placet et demanda ae se retirer des affîiircs. Le Daîri lui dit :« Ma 
. • grande jeunesse ne me permet pas de gouverner; et si tu cesses de m,aôder 
«de tes conseils, je serai obligé d'abdiquer et de me retirer dans les moo- 
« tagnes ou dans une forêt. » Moto tsoune continua donc à rem]dir sa charge 
de Kouan bak. 

Le 4 e mob de la 4 e année (888), il y eut une grande sédberesse 4ans le 
Sanouki. Kanseôsiô , gouverneur de cette province, offrit alors un sacrifice so* 
leimel au dieu du mont Siâ son ( Tchhmg chau) , lequel était le patron 
du pays. 

Le 8 e mois, le temple Nin wa si (Jin ho szu) fut achevé. Sin nen (Tchinjen), 
prêtre du temple du mont Ko y a san (Kao ye cban), y fut installé comme grand* 
prêtre. C'était un disciple de Ko bô dalsi. 

Le 9 e mois , le Daîri ordonna au peintre Kam tikd (Rin kang) de peindre 
l'appartement 1 du sud y ainsi que les murs de l'est ei de l'ouest du palais. 

Le 10 e mois, l'Oudaisin Minamota-m Ojosi mourut âgé de 59 ans; il était 
nls de Nin mio ten o. 

Le 11 e mois, le Dairi £t le pèlerinage Dai sié yé. 

Le l tr du 1* mois de la 1 M année du neago Kwan /ei(889)vle Daîri adressa 
des prières aux dieux des quatre Doiate cardinaux % ce qui depuis s^est pra- 
tiqué chague année. 

Le Daïnagon Fousiwara-no Yasou yo (Theng yuan Liang chi), frère cadet 
de Yosi fousa, devint Sadaîsiô , et le Tlsîounagon Minamoto^no No won (Yuan 
neng yeou) Oudaîsio ; il était fils de Bouu tok ten o. 

Le 5 e mois, le Daîri gratifia Taka moutsi-no o (Kao wang wang) du nom de 
famille Feï (Phing); c'était l,arrière petit-fils de Kwan mou ten o , le petit-fils 

(1) En japonais Figasi, ce qui signifie, d'après « da casa continuado ou pegaio com o mesmo tel- 
le dictionnaire japonais et portugais , imprimé à • Jmdo. ,一 Kl. 
Nangasaki en 1605 : ^ Acmentanifint» fqwno 



DES EMPEREURS DU JAPON. * 1S7 

de Katsoura warorno sin o, et le fils de Takami-no o , aïeul de Kiyo mori.et de 
Fofouziô. 

Le 10* mois, l'ancien Daûi Yo zeî-no taîzio o fut de nouveau attaqué de 
son ancienne maladie mentale , qui le rendit furieux. Il fit alors garrotter des 
femmes avec des cordes dHnstrumens de musique, et les fit jeter à l'eau ; il 
courait à cheval et écrasait les gens ; quelqueiois il entrait dans les palais des 
personnes de la cour et s'y comportait avec la plus grande rudesse , ou bien il 
s^enfonçait dans les montagnes pour y chasser aux sangliers et aux cerfe. 

Le 11* mois, le Daîri ofiHt un sacrifice extraordinaire au dieu Kam&-no 
mio sin. Avant de devenir Dairi , il avait demandé à ce dieu d'obtenir cette 
dignité , et il en avait reçu la promesse dans un songe 9 à condition qu'il fho- 
norerait d'une fête particulière. 

Le même mois, il accorda à Moto tsoune le droit d'entrer à la cour et d'en 
sortir en voiture; il permit de même à 腿 namoto^no Oto moura l'usage d,ime 
autre espèce de voiture. 

Le 15 du 1 er mois de la 2* année (890) , on lui servit de la bouillie com- 
posée de riz et de sept sortes de légumes (Nana kousa - no kaye, en chinois 
Thsy tchoung tchy); ce qui est encore aujourd'hui l'usage au palais. 

Le 11 e mois, Moto tsoune tomba malade ; le Daïri alla le voir et lui sou- 
haita meilleure santé. Tsi ziô (Tchi tching), prêtre du temple Hàiye dera (San 
tsing szu) , y vint aussi pour prier les dieux pour son rétablissement. 

Le 15 du 1 er mois de la 3 e année (891 ), le Kouan bak et Taîzio daïsin Fou- 
siwara-no Moto tsoune mourut âgé de 56 ans. Il fut honoré du premier rang 
de la première classe et du titre posthume de Yets sen kô (Yuë thsian koung). 

Le 3 e mois , le Daïnagon Foasiwara-no Yasoa yo devint Oudaîsin , et Toki 
fira , fils aîné de Moto tsoune , fut gratifié d'un rang équivalant à celui de 
Sanghi. 

Au 10 e mois mourut le prêtre 1 si ziô , fondateur du temple Mi je dera. 

Le 5 e mois de ia A 9 année ( 892 ) y Toki Jim fut nommé grand-juge. Kanseôsid 
{ut chargé de rédiger l'ouvrage intitulé jRoqi kiô kou si (Loui thsiù kouë szu) , 
ou histoire de différentes provinces. 

Le 2 e mois de la 5* année (895), Toki Fira fut Tsiounagon et grand gé- 
néra] de la droite , et Kameôsiâ fut &it Sanghi ; comme il surpassait tous les 
savans dans la connaissance de la belle littérature , le Daïri le gratifia d ,! m 
rang plus distingué. 

Le 7 e mois , le Tsiounagon Ariwara^no Oukijira mourut à l,âge de 75 ans. 

Le 8* mois de la 6* année (894; , Kanseôsiâ (Kouan tchhing siang) fat nom- 
mé premier et jl ト no Fa se 6 (ju Tchhang ku hioung) second ambassadeur i la 



128 ANNALES 

Chine : tous les deux excellaient en savoir; le voyage fut pourtant suspendu 
à cause des troubles qui régnaient en Chine. Fa se 6 avait principalement 
étudié le Kan sio (Han chu ) , le Bonn zen (Wen siuan) et rencyclopédie Goun sio 
(Kiun chu) , et était fort instruit. 

Le 9 e mois , plus de cinquante barques de pirates de Sin ra mouillèrent à 
File Tsousima. Bounya-no Yosi tomo (Wen chy Chen yeou), gouverneur de Tsi- 
kouzen et commandant en chef de Taïsaifou, s'y rendit sans perdre de temps, 
en tua plus de trois cents, et prit leurs barques et leur appareil de guerre. 

Le 12 e mois, les prêtres Yak sin (Y sin) et Sioô bô (Ching pao) furent nom- 
més directeurs des affaires ecclésiastiques bouddhiques. Le premier demeura 
au temple Nin wo si (Jin ho szu) , l'autre au temple Daïgo (Ti hou); c'étaient 
les deux ecclésiastiques les plus renommés de robservance 5m gon. (Voyez 
page 95.) 

Le même mois, Faï boun sek (Poei wen thsy) arriva en ambassade du Bok 
kaï; le Daïri le logea au palais Kô ro kouan (Houng lou kouan), où il avait déjà 
demeuré quand il vint en ambassade en la 7 e année du nengo Gwan kioô 
(883), sous le nom de Faï teï. Ayant lu les vers de Kansiosiô, il avoua que 
ce poète égalait sous tous les rapports le célèbre Fak rak ten (Pë lô thian), 
renommé dans l'empire des Thang (la Chine). 

Le 5 e mois de la 7 e année ( 895) , le Daïri alla au jardin Sin zen yen pour 
voir les cerisiers en fleurs. Kanseôsiô ly accompagna. 

Le 8 e mois, le Sadaïsin Minamoto^no Oto moura mourut âgé de 75 ans. Il 
avait fait bâtir le palais Rok sio-no kawa wara-no in (Loù tiao ho yuan yuan). 
Il avait fait creuser dans sa cour des étangs très-larges , que cent hommes rem- 
plissaient chaque jour d'eau de mer de la baie diAmagasaki (Ni thsian phou), 
dans le Sets. De cette manière 9 il obtenait tous les mois jusqu'à 50 kokf de 
sel. Il avait fait cet établissement à rimitation des salines du Moûts. 11 nour- 
rissait aussi des poissons, des oiseaux et des insectes; il planta une grande 
quantité de diflférens arbres et d'herbes. On lui donna également le nom de 
Kawara-no Sadaïsin. 

Le 10 e mois, Kanseôsiô fut fait Tsiounagon. 

Le 6 du 1 er mois de la 8 e année (896), le Daïri fit une partie de plaisir au 
palais Oun rin in (Yun lin yuan), accompagné des princes et des grands de sa 
cour. 

Le l 9 mois, Fousiwara-no Yasou yo fut avancé à remploi de Sadaïsin 9 et 
Minamoto-no Nowou à celui d'Oudaîsin. 

Ala 9 e lune, on découvrit que Ni sio-no Kisaki (Eul tiao heou), veuve de 
rempereur de Seîwa et mère de Yo sei teh o , vivait en adultère avec Zen you 



DES EMPEREURS DU JAPON. 129 
(Chen yeou) , prêtre du temple Tôkwansi ; ellp fut dégradée et exilée dans 
Isou. Cette princesse avait alors 55 ans. 

Le 12 e mois, le Sadaïsin Yasou yo mourut âgé de 74 ans : l'Oudaisin Mina- 
motto-no Nowoa gouverna l'empire. Il était fils de Boun tok ten o, et excellait à 
monter à cheval et à tirer de l'arc , de même que le fondateur de la famille 
Minamotto Sada soumi sin o (Tching chun thsing wang). 

Le 6 e mois de la 9* année (897), FOudaisin Minamottchno Nowou mourut 
âgé de 55 ans. 

Au même mois, Fousiwara-no Tokijira devint Daïnagon avec un rang équi- 
valant à celui de grand général de la gauche : Minamotto - no Kwô (Yuan 
Kouang) etKan seô siô furent nommés Gon Daïnagon ( Kouan ta nei yan), le 
dernier avec un rang égal à ceiui de grand général de droite. Lui et Toki 
lira furent chargés du gouvernement. 

Le 2 du 7 e mois, le Daïri céda l'empire au Taïsi Atsou fito (Thun jin) et se 
retira dans le palais 5ioa siak in (Tchu tsiao yuan); il était alors âgé de 50 
ans; il reçut le nom Teï si in (Ting tsu yuan )• Plus tard (en 989) , il se fit 
raser la tête et devint prêtre , sous le nom de Kwan feï fô wô ( Kouan phing 
fa houang). Il avait régné 10 ans, savoir pendant la 4 e des années Nin wa,et9 
avec le nengo Kwan feï. 

LX. DAÏRI 皇 夭辆暖 DAÏ GO TEN O. 

(De 898 à 930 de J. C.) 
^ Sioô taï (Tchhang thai) , de 898 à 900, 

Nengo 1 喜^^ In ghi (Yen hi), de 900 à 922, 

In tsioô (Yen tchhang) , de 923 à 930. 

Daï go ten o (Thi hou thian houang) \ fils aîné d'Ouba ten o, et nommé 
avant son avènement au trône Atsou fito (Tun jin) , avait pour mère Fousiwara- 
no Insi (Theng yuan Yn tsu) , fille du 11 siounagon Taka fousi (Kao theng). 
Dans la 5 e année du nengo Kwan pe (893), il fut créé Taïsi, et proclamé 
Daïri le 3 du 7 e mois de la 9 e année , étant alors âgé de la ans. Le même jour , 
Ouda ten o prit le titre de Taï zio ten o; et d'après soxt désir, les soins du 
gouvernement furent confiés au Daïnagon Fousiwara-no Toki fira (Theng 



( 1 ) Daï go, en chinois thi hou, est le nom d*une 
liqueur grasse et épaisse comme de la crème ; 
elle traverse , diton , tous les vases , à l'exception 
dé la calebasse et de la coque dœuf. On se 



sert de ce \enne au figuré pour désigner la bien- 
faisante compassion que Bouddba porte à toutes 
les créatures. ― Kl. 



7 



150 ANNALES 

yuan Chi phing) et à Kan seâ siô (Kouan tchhing siang) , qui devint alors Daïna- 
gon.On prétend que Toki fira , âgé à cette époque de 27 ans, vivait en adultère 
avec la femme de son oncle Kouni tsoune (Kouë king). Comme il était le 
fils aîné de Moto tsoune , le Daïri le nomma régent , en récompense des ser- 
vices importans rendus par son père , et parce que déjà d,autres membres 
de sa JTamiUe avaient été chaînés de ce poste important. Kan seâ siô , âgé alors 
de 54 ans, était fort versé dans les littératures japonaise et chinoise, et ce fut 
ce qui l'éleva à une dignité si éminente. Pendant la jeunesse du Daïri , ces deux 
ministres gouvernèrent Fempire et dirigèrent toutes les affaires. 

Le 2 e mois de la 1" année du nengo Siô taï (898), le Daïri alla au palais Sei 
riô den (Thsing leng tian), y lut Fencyclopédie Goun sio (Kiun chou) et le traité 
de l'art de gouverner Dzi y 6 (Tchi yao). Ki-no Fa se (Ki Tchhang kû hioung) 
les lui expliqua. 

Le 10 e mois, le Taï zio ten o se rendit dans le Yamato et dans le Sets; il 
était accompagné de Kan seô siô. 

Le 1 er du 11 e mois, le soleil étant entré dans le solstice dTiiver, tous les 
grands officiers de Fempire vinrent complimenter le Daïri à ce sujet; ce qui 
est resté en usage. 

Le 3 du 1 er mois de la 2 e année (899) , le Daïri alla présenter ses devoirs 
au Taï zio ten o à son palais Siou siak in (Tchu tsiô yuan). 

Le 2 e mois , Fousiwara-no Toki fou fut créé Sadaism et grand général de la 
gauche ( Sadaïsio ) , Kan seô siô devint Oudaïsin et grand général de la droite 
(Oudaïsio). Minamotto - no Kwo (Yuan Kouang), fils de Nin mio ten o, et 
Takafousi (Kao theng) de la famille Fousiwara , grana-père du Daïri, furent 
nommés Damagons. 

Le 9 e mois, la princesse impériale Ziou si nai sin (ieou tszu nei thsin wang) 
devint prêtresse à Izé. Le Dam sortit pour assister à sa consécration ; le Tsiou- 
nagon Fousiwara-no Kouni tsouné l'y accompagna et l'installa dans le temple 
Zai kô. 

Le 1 e mois , l'ancien Daïri 1 ai zio ten o se rasa la tête au temple Nin wasi 
(Jin ko szu), et prit le nom ecclésiastique de Kin gô kak (Kin kang kio). 

A la 1 I e lune, Kwan teo (Kouan ting) , prêtre du temple Tôdaïsi, se rendit 
auprès du Tai ziô ten 0, et le consacra comme prêtre de la religion boud- 
dhique. Ce fut la première 101s qu'un Daïri devint 参 Fô wô (Fâ houang) 
ou empereur consacré prêtre. 

Le 3 du 1 er mois de la 3 e année (900) , le Daïri alla au palais Siou siak 
in pour voir son père. Kan seô siô lui ayant offert des vers , reçut une robe 



DES EMPEREURS DU JAPON. 131 
impériale en présent. L'empereur prit de jour en jour plus d'amitié pour lui, 
ce qui excita la haine et la jalousie de Toki fira. On dit que le Daîri proposa 
en secret à Kan seô sio de le créer Kwanbak , mais que celui-ci refusa d'accepter 
cette haute dignité. 

Dans le même mois , Taka fousi fut nommé Nadaïsin. 

Le 5 e mois, Taka fousi mourut âgé de 63 ans ; on lui conféra le titre de 
Daîsin 9 et le premier rang de la première classe. 

Le V mois une comète parut. 

Le 10 e mois, Miyosi-no Kiyo tsoura (San hi Thsing hing) y un des premiers 
savans de la cour et qui s'occupait beaucoup de la cabale , avertit Kan seô siô 
par une lettre, que l'année prochaine lui serait funeste , su ne se déiaisait de 
son emploi. し, était parce qu'il jouissait de 1 entière confiance de l'empereur 
et qu'il était de la secte des lettrés. 

Ce mois-là , le Fô wô , ou vieux Daïri , se rendit à la montagne Ko ya san 
(Kao ye chan). 

Le 1 er du 1 er mois de la 1" année du nengo In ghi (901), il y eut une 
éclipse de soleil. 

Le 25, Kan seô sio, calomnie par Toki fira, Minamotto-no Kouwou , Fou- 
siwara-no Sada kouni et Fousiwara-no Souga ne, fut exue dans le Tsoukouzi. 
A cette nouvelle , lancien Daïri Ouda ten o s'empressa d'aller à ia cour ; il 
trouva les portes fermées , et resta pendant toute la nuit en dehors; personne 
n'en informa le Daïri ni n'ouvrit la porte. A la pointe du jour il retourna 
chez lui. Kan seô siô partit dans la matinée pour le Tsoukouzi , accompagné de 
ses quatre fils , qui étaient également bannis. 

Le 8 e mois, le Daïri chargea Toki Fira et Ojira-no Yosi ouki (Tathsang Chen 
hing) d'écrire l'histoire des règnes de Seï wa , de Yé si et de Kwô kô ten o. Cet 
ouvrage, qui se compose de cinquante volumes , porte le titre de San daï 
siets rokf [voyez page 67) : Yosi ouki avait été précepteur de Toki fira, et 
était alors âgé de /0 ans. 

Le 12 e mois , le vieux Daïri, suivant les conseils du prêtre Kwan teo du tem- 
ple Tô daï si, se bâtit une demeure ou o mouro (yu chy) dans l'enceinte du 
temple Nin wa si. Ce fiit la première de ce genre ; il y établit sa residence. 
Dans les temps postérieurs , les princes de la famille impériale qui se sont 
laits religieux ont suivi cet exemple. 

Le 5 e mois de la 2 e année ( 902 ) , on donna une fête à la famille de Fou- 
si wara dans Fédifice appelé Fi kiô sia (rei hiang che). 

Le 25 du 2 e mois de la 3 e année (903) , Kan seô siô mourut dans le Tsou- 
kouzi, â&ré de 59 ans. 

リ * 



132 ANNALES 

Le 2 e mois de la lC année (906), Yasou a ん ira (Pao ming) , fils du Daïri, 
fut nommé Taïsi. Il n'avait alors que deux ans : sa mère Foasiwara-no Insi 
( Theng yuan Wen tsu) 1 était la sœur cadette de Toki fira. 

Le 3 du 1 er mois de la 5 e année (905), le Daïri alla au temple Nin wa si. 

Le 4-, il rendit visite à loki fira pour assister à une fête que ceiui-ci lui 
donna. 

Le 4 e mois , Ki-no Tsoura ouki offrit à i,empereur la collection des poésies 
japonaises anciennes et modernes Ko kan wa ka siô (Kou kin wo ko tsy). 

Le 9 e mois , Fô wô ou l'ancien Daïri visita le mont Kon fô san ( Kin fung 
chan). 

Le 11 e mois, on acheva la rédaction du règlement administratif appelé 
d'après le nengo In gm kiak (Yen hi kë). 

Le 8 e mois de la 6 e année (90o), le Daïri se fit lire le oi ai (Szu ki) 2 . 

Le 7 e mois mourut Fousiwara-no Sada kouni (Theng yuan Ting kouë), Daï- 
nagon 9 grand général de la droite et beau-père du Daïri. 

Le 9 e mois , une bande de voleurs s'était formée dans la montagne Sousou ka 
yama\hing loû chan) , située dans Ylzè ; soixante furent pris par les gardes et 
mis à mort. 

Le 12 e mois, la lecture publique du Nipon ki fut achevée ; le lecteur fut 
régalé d'un festin , et il composa une pièce de vers sur cet événement. 

Le 10 e mois de la 7 e année (907), le Daïri éleva le dieu tutélaire de Kou- 
ma no (Hioung ye chin) au second rang de la première classe des officiers de 
rempire. Le Fô wô ou ancien Daïri se rendit à Kou ma no. 

Le 1 er mois de la 8 e année (908), un ambassadeur nommé Faîkio ( Peï 
khieou ) arriva de Bok kaï ; le 4 e mois , il retourna dans son pays. 

Le 4 e mois de la 9 e année (909), le Sadaîsin Fousiwara-no Toki Fira mou- 
rut âgé de 39 ans. Il fut honoré du titre de régent de l'empire de la pre- 
mière division de la première classe , et reçut le nom honorifique de Ne inr 
no Daï sin (Pen yuan taï tchhin), 

La 10 e année , il y eut une grande sécheresse ; on observa des signes fort 
extraordinaires au ciel. 

Le 3 e mois de la 15 e année (913), l'Oudaisin Minomotto-no kouwou mourut, 
âgé de 69 ans. 

Le 8 e mois, il y eut un ouragan affreux. 



(1) Il ne faut pas confondre cette princesse 
avec la mère du Daïri , qui porte un nom sem- 
blable , mais écrit en partie avec d'autres carac- 
tères chinois. 一 Kl. 



(2) Ce sont les mémoires historiques du cé- 
lèbre historiographe chinois Szu ma thsian. 一 
Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 133 

Le 1 er mois de la 14 e année (914), plus de six cents maisons furent consu- 
mées par un incendie à Miyako. 

Le 6 e mois , il y eut de grandes inondations. 

Le 7 e mois, le Daïnagon Fousiwara-no Tada fira (Theng yuan Tchoung 
phing) 9 frère cadet de Toki ûra, fut nommé Oudaisin. 

Le 7 du 5 e mois de la 16 e année (916), le Daïri alla au palais Siousiak in 
(Tchu tsio yuan), pour complimenter le vieux Daïri , qui y célébra sa 50 e fête. 

Le 7 du 5 e mois, Sada Soumi sin o (Tching chun thsin wang), sixième fils 
de Seïwa ten o , mourut. Il porta aussi le nom de de Momo sono-no sin o (Thao 
yuan thsin wang) , et fut le premier des ancêtres de la famille des Minamotto J . 

Le 21 , il y eut une violente tempête , accompagnée de fortes pluies. Le 
Tsiounagon Fousiwara-no Sada kata (Theng yuan Ting fang) et Fousiwara-no 
Kiyo tsonra (Theng yuan Thsing kouon ) furent chargés d'aller inspecter les 
digues de la rivière Kamou gawa (Ho meou tchhouan). 

La 17 e année , il y eut une grande sécheresse ; tous les étangs et les puits 
de Miyako tarirent. 

Le 7 e mois de la 20 e année (920), Faï kio revint une seconde lois comme 
ambassadeur de Bok kaï; il fût honoré du premier rang de la troisième classe , 
et retourna dans son pays. 

Le 10 e mois de la 21* année (921), le Daïri envoya le Sionagon Faïra-no 
kore souke (Phing weï fou) au mont Ko y a san (Kao ye chan), pour porter 
le titre de Daïsi à Kôbô. 

La 22 e année (922), la grande sécheresse continua encore. 

Le 5 e mois de la 1 M année du nengo In tsio (923), le Taïsi Yasou akira mou- 
rut; il reçut le titre Bonn ghen taïsi (Wen yen taï tsu). On prétendit que l'es- 
prit de Kan seô siô irrité avait causé sa mort. 

Le 1 er mois de la 2 e année (92^), Tada fira devint Sadaism, et le Daïnagon 
Fousiwara-no Sada kata, fils de Sada kouni, fut créé Oudaïsin. 

Le Daïri reçut ce mois-là les félicitations à l'occasion de son 厶 e anni- 
versaire. 

Le 6 e mois de la 5 e année (925) , il eut des pustules à la figure. 

Le 12 e mois de la 4 e année (926), on célébra le 60 e anniversaire du Fô wô. 

Le 11 e mois de la 5 e année (927), le Sadaîsin Tada fira présenta au Dam 
le In gki sik (Yan m chy), ouvrage en cinquante volumes , qu'il avait composé. 
On avait commencé à rédiger de pareils réglemens du temps du Dam Saga. 
Sous Saï wa, on s'occupa de dresser des généalogies de la maison impériale. 

(1) Cest de lui qae descend le célèbre Yosiye (Ikia), duquel il sera question dans l'année 1057. 
— Kl. 



m ANNALES 

La description géographique et statistique des soixante-six provinces de rein- 
pire (Fung thou hi) fut faite sous Ghen mio. 

Le 12 e mois, l'empereur accorda au prêtre Tsi siâ (Tchi tchhing) le titre 
posthume de Daïsi. 

A la 6 e lune de la 6 e année (928), Siôn(hno Mitsi kase (Siao ye Tao fung) fut 
appelé à la cour pour peindre sur le mur méridional du palais Sei riô den, les 
actions vertueuses du célèbre ministre Ken o (Hian wang), qui vivait sous la 
dynastie des Han , en Chine. 

Le 8 e mois de la T année ( 929), des inondations dévastèrent les campagnes 
et beaucoup de monde périt. 

Le 9 e mois , Siâ no-no Mitsi kase peignit le fameux tableau représentant Ken 
ziô siô si (Hian ching tchang tsu). 

Le 26 du 6 e mois de la 8 e année (950) f un nuage noir, venant du côté 
diAiago (Ngai thang), s'avança accompagné d'affreux coups de tonnerre ; la 
foudre tomba sur le palais Seï riô den, et frappa le Daînagon Fousiwara-no 
Kiyo tsoura , l'Outsiouben Taïra-no Mare yo et beaucoup d'autres officiers su- 
balternes , qui furent tués et consumés dans l'incendie. Le Dairi se réfugia 
dans le païais Ziô nei den (Tchhang ning tian). On attribua ce désastre au 
courroux de Fame de Kan seô sio. 

Le 22 du 5 e mois , le Daïri tomba malade , et resigna l'empire & son fils 
Firo akira (Kouan ming). Il mourut le 29 âgé de 46 ans , après en avoir régné 
o3 , savoir , 3 avec le nengo Siô tai, 22 avec celui de In ghi, et 8 avec le nengo 
In tsiô. Il fut aussi appelé In ghi mikado (Yen hi ti). Il fut enterré près du 
temple Dai go si , et cest pourquoi il reçut le titre de Daï go ten o. 

LXI. DAÏRI 皇天 雀 未 ZU SIAK TEN O. 

(De 931 à 946 de J. C. ) 

平 永 Seâfe: ( Tchhing phing) % de 931 a 937, 
Nengo / . 

5^ Ten keï (Thian khing) , de 938 à 946. 




Zu siak in ( Tchu tsio yuan ) était le onzième uls de Daï go ten o 、 et 
nommé auparavant Firo akira : sa mère rimpératrice Fousiwara-no In si était 
fille de Siô sen kô (Tchao siuan koung). Il avait été créé Taïsi le 10, mois 
de la 3 e année du nengo In tsioô, à Fâge de 3 ans. Le 9 e mois de la 8 e année , 
son père lui céda l'empire , et le 11 e mois il fut proclamé Daïri : il n avait 
alors que 8 ans. Le Sadalsin Fousiwara-no Tada fira fut choisi pour régent. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 135 

^ Le 7* mois de la 1" année du nengo Seo feï (951), l'ancien Daïri Ouda-no 
Fôwô mourut 9 âge de 65 ans. 

Le 8 e mois de la 2 e année (952), rOudaïsin Fousiwara-no Sada kata (Theng 
yuan Ting feng) mourut à l'âge de 65 ans; il avait porté le titre de San si(h 
no Oadaïsin. 

Le 11 e mois, le Daïri célébra la fête Daï ziô ye; il offirit à cette occasion 
des présens de grand prix au dieu dlzé , duquel descendait sa race , et sacrifia 
également aux autres dieux tutélaires de ce pays. 

Le 1 er mois de la 3 e année , il y eut des bandes de voleurs à Miyako. 

Le 2 6 mois, le Daïnagon Fousiwara - no Naka fira (Theng yuan Tchoung 
phing), frère de Taka Fira, devint Oudalsin. 

Le 12, mois, dix des premiers dignitaires de Fempire allèrent chasser avec 
des faucons dans la plaine à^Owara-no (Ta yuan ye); ils étaient tous vêlus avec 
une grande magnificence. 

La 4 e année (954), le nombre des pirates s'étant accru considérablement 
dans les contrées de Sanyô et de Nankaï, le Dain y envoya des troupes pour 
les arrêter. 

La 5 e année (955 ) , Sié zen koun (Tsiang tchhing hiun) , natif du Davs Go jets 
(Ou youë) \ vint offrir au Dam des moutons. 

Le 6 e mois de la 6 e année (936), Fousiwara-no Somi tomo (Theng yuan 
Chun yeou ) , chef des pirates du Nankaï, rassembla des troupes à Fi fouri 
sima (Jy tchm tao), île de la province de lyo. Avec plus de mille barques il 
arrêta et pilla toutes celles qui allaient à la cour. Le Daïri ordonna alors à 
jliwio Yosi fito , prince dlyo , de les punir. Comme c était un homme fort juste 
et très - respecté , les pirates se tinrent pendant quelque temps tranquilles. 

Le 7 e mois, Siô zen koun , du pays de Goyets, vint à Tai saïfou. 

Le 8 e mois , Tada fira lui fit parvenir une lettre pour le roi de Go yets en 
Chine. 

Dans le même mois, Tada fira fiit nommé Taïzio Daïsin 9 Naka fira Sa- 
daism et Fousiwara-no Tsoune souke Oudaïsin. 

Le 1 er mois de la 7 e année (9b7), on revêtit de la robe virile le Daïri, âgé 
alors de 15 ans; Tada fira présida à cette cérémonie. 

Le 12*- mois, on célébra le 70 e anniversaire de l,ancien Daïn ïosi tai zio o. 



(1) Le royaume appelé Ou yuë, 

était situé dans la province chinoise de Tche 
kiang. Il Ait fondé en 895 de J. C. par Thsian 
lieon, et finit avec Houng che, qui se soumit, en 
978 , au second empereur de la dynastie impé- 



riale des Soung. La capitale de ce petit état 
était fue tcMou, actuellement Chao hingfou , 
dans le Tche kiang. Douze villes du second 
ordre en dépendaient. 一 Rl. 



156 ANNALES 

Le k du 3* mois de la l re année du nengo Ten ief (958), on fit combattre 
dix paires de coqs devant le Daïri. 

Depuis le 10 jusqu'au 29 du mois, on ressentit constamment des trem- 
blemens de terre. 

Le 1 er mois de la 2 e année (939), on célébra le 60* anniversaire de Tada 
fira. 

Le 5 e mois , l'Oudaisin Tsoune souke , fils de Yasou yo , mourut. 

Le 4 e mois, il éclata une révolte parmi les habitans de la province de Dewa. 

Le 22 du 8 e mois, le Daïri donna un festin à la cour. 

Le 11 e mois, il lut le Si ki (de Szu ma thsian ) , que Fousiwara-no Arifira 
(Theng yuan Thsaï heng) et d'autres lui expliquèrent. 

Le 12 e mois, Taira-no Masa kado (Phing Tsiang men) se révolta dans le 
pays de Kwan tô ; il fit une invasion dans la province de Fitats , tua son oncle 
Fitats-no Daïsio Taïra-no Kouni ka (Phing Koué hiang) , et se rendit maître de 
toute cette province. De la il marcha vers le Simotske et en chassa le prince ; 
puis il alla dans les provinces de Kotske , Kadzousa, Simosa, Mousatsi et Sa, 
garni , qu'il conquit , et se bâtit un palais aans le village i$i i-no gou ( Chy tsing 
khing) , du district de Sarou sima (Heou tao) , de la province de Simosa , où il 
se fixa et prit le titre de Dam sous le nom de Feï sin o (Phing thsin wang) 9 
parce qu'il descendait , à la cinquième génération , de Kwan mou ten Il 
donna à ses officiers les mêmes titres que le Dam accorde aux siens ; il eut 
un Sadaïsin , un Oudaisin et un astronome chargé de composer ralmanach. 
Il construisit encore une autre demeure dans le district de Sô komiyo ( Siang 
ma), dans la même province, et donna à cette residence le nom d,0 siro 
(Wang tching) , c'est-à-dire, ville royale, 

A la même époque , Fousiwara-no Soumi tomo (Theng yuan Chun yeou) en- 
vahit, à la tête d'un grand nombre de pirates, la province 4,Iyo, se rendit maître 
de celles de Bizen et de Farima , dont il fit prisonniers les princes, subjugua 
la contrée de Nankaï , et s'empara aussi de celles de Sanyô , de Sanin et de 
Sikaï. Il avait été intimement lié avec Taïra-no Masa kado. Pendant leur séjour 
à Miyako , ces deux chefs étaient convenus de se révolter et de conquérir 
tout l'empire ; Masa kado devait alors être proclamé Daïri , et Soumi tomo 
devenir Kwanbak. En conséquence de ce plan , le premier était allé dans le 
Kwan tô , l'autre dans llyo , pour assembler des troupes. Ils se soulevèrent en 
même temps dans les parties orientale et occidentale du Japon; ce qui causa 
dans tout l'empire et dans la capitale une grande terreur. Minamotto-no TsoUne 
moto (Yuan King hi ) , demeurant dans le M ousasi , courut en hâte à Miyako 9 
pour en informer le Daïri , et fat récompensé de son zèle par un titre. Tsoune 



DES EMPEREURS DU JAPON. 137 
moto était fils de Sada Zoumi , qu'on dit avoir été le sixième fils de Seî wa 
ten o; c'est pour cette raison que Tsoune moto portait le titre de Rok mago o 
et le nom de famille de Ghen. Le fils de Tsoune moto était Tada - no Man tsiou 
(To thian Man tchoung). 

Au 1 er mois de la 3 e année (940), on ofiBrit des sacrifices dans tous les 
temples 9 pour obtenir la prompte défaite de Masa kado et de Soumi tomo. 

Le 2 e mois, le Dairi nomma le Sanghi Ou sei mon Fousiwara-no Tada boun 
( Theng yuan Tchoung wen) général en chef, et son frère cadet Foasiwarorno 
Tada nobou ( Theng yuan Tchoung chu) et Minamoto-no Tsoune moto ( Yuan 
king ki) pour commander sous lui, avec ordre de marcher vers le Kwan tô. 
Oo no-no Yosifourou (Siao ye Kao kou), Fousiwara-no Yosi ouki (Theng yuan 
Kbing hing) et Okamoura-no Farou sané (Ta thsang Tchhun chy) eurent le 
commandement de deux cents vaisseaux de guerre, et furent envoyés vers 
riyo. Dans les pays de Tôkaî et de Tôsan , un décret promettant à ceux qui 
vaincraient les rebelles d'être avancés à des rangs supérieurs fiit promulgué. 

Le 1 er du 2 e mois, Fousiwara-no Fide sato (Theng yuan Sieou khing ) f prince 
de Simotske, et Taïra-no Sada mori (Phing tching clung), prince de Fitats , à 
la tête de 16,000 hommes, attaquèrent l'armée de Masa kado, dans la pro- 
vince de dimotske. Après avoir fait un affreux carnage des rebelles, ils for- 
cèrent Masa kado de prendre la mue, et le poursuivirent pendant treize jours 
jusque dans la province de Simosa, ou il se retira sur le mont Sima firo yama 
(Tao kouang chan) : Saaa Mori y mit le feu aux retranchemens de Masa kado, 
et le força de les quitter. Le 14, Masa kado se prépara au combat à Koa si^ 
ma (Sin tao); mais blessé par une flèche de Sada Mori, il tomba de cheval. 
Fidé sato mit aussitôt pied à terre, et lui coupa la tête. Cent quatre-vingt-dix- 
sept de ses ? ens furent tués , et Yon prit leurs armes ; plusieurs de ses frères 
se trouvèrent dans le nombre : Foasiwara-no Farou si oka yowo , et plu- 
sieurs autres de ses complices 9 perdirent la vie en différens endroits. 

Le 9 du 5 e mois, Fide sato fut récompensé , pour cette victoire, par le se- 
cond rang de la quatrième classe , et fut nommé gouverneur des deux pro- 
vinces de Simotske et Mousasi. Il fut célèbre dans tout Fempire , sous le nom 
de xawara tô da (Piao theng thaï). Dans la suite, lui et Sada Mori, qui avait 
obtenu le second rang de la cinquième classe , furent créés Zin sioa fou Seo- 
goun (Tchin cheou fou tsiang kiun). 

Le 25, la tête de Masa kado fut apportée à Miyako. 

Soumi tomo , qui avait conquis les provinces d'Iyo , de Sanouki et d,Awa , 
ayant été défait , le à 9 mois , dans un engagement avec Awa-no Souke kouni kase , 
se retira vers les provinces de Tosa, d,Aki et de Souwa, dont il se rendit 

18 



138 ANNALES 

maître , et marcha de là contre Taï saï fou , pour piller l'arsenal de cette ville. 
Il fut poursuivi par Yosi fousou , qui l'attaqua le 5 e mois de la 4 e année (941) 
à Wakata , dans la province de 1 sikouzen. Fousou , aidé par Fousiwara-no Yosi 
ouki et Okamoura-no Farou sane , remporta une victoire complète et mit le 
rebelle en fuite. 

Le 6 e mois, Yosi ouki et Farou sane brûlèrent ses bateaux, ce qui le força 
de senfoir dans un petit canot vers l'Iyo ; mais il fut pris par Tatsibana-no To 
yasou , et mis à mort avec son fils. To yasou envoya leurs têtes à Miyako , où 
Yosi Fourou arriva dans le 8 e mois. 

Le 11 e mois, le Daïri nomma Kwanbak le régent Tada fira. Quand celui- 
ci eut été investi de cette dignité , toutes les afiaires lui furent d'abord sou- 
mises; ensuite il les communiquait au Dain, suivant ce qui s'était pratiqué 
du temps de Moto tsoune. 

Le 12 e mois, les troubles étant apaisés dans la partie orientale de l'em- 
pire et dans le pays de Sankaï , un pardon général fut proclamé. 

Le 3 e mois de la 5 e année (9^2), le Daïri envoya des députations aux tem- 
ples dlzé et d'Ousa , pour y ofïrir de riches présens aux dieux ; lui-même 
alla pour la première fois au temple de Kàmo , et y rendit des actions de 
grâces pour la destruction des rebelles. 

Le 4* mois de la 7 e année (944) , Fousiwara-no Sane yori (Theng yuan Chy 
laï) , fils aîné de Tada fira, frit nommé Oudaîsin. 

Le 9* mois de la 8 e année ( 94.5 ) , le Sadaïsin Fousiwara-no Naka fira mourut 
âgé de 7l ans. Il reçut le titre posthume de Biwa-no Sadaïsin l . 

Le mois de la 9 e année (94b), le Daïri résigna l'empire à son frère cadet 
Nari akira (Tchhing ming ) , se retira dans le palais ^io siak in (Tchutsio yuan), 
et prit ie titre de Taï ziô ten o. Il avait régné 16 ans ; 7 avec le nengo oiâ 
feï et 9 avec celui de Ten keï. 



(1) jsr ftp Biwa (Phi pa) est le cratœgus bibas. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 



139 



LXII. DAÏRI 皇^ JLtt MOURA KAMI TEN 0. 

(De 947 à 967 de J. C.) 
^ Ten riak (Thian ly), de 947 à 956 , 

德 天 Ten tok (Thian te), de 957 à 960, 

^<îj^ wa (Yng ho), de 961 à 963 , 

仏 泉 ^f 00 ( KhaD S P ao ), de 964 à 967. 

Moura kami ten o (Tsoun chang thian houang ) était le quatorzième fils de 
Daï go ten o , et frère cadet et utérin de Zuriak in ; il portait auparavant le 
nom de Nari akira. Zu riak in , n'ayant point de fils , le choisit pour Taïsi et lui 
céda l'empire. Il fut proclamé Daïri le 28 du tC mois de la 9 e année du nengo 
i en keï、 à l'âge de 21 ans. 11 a la réputation d'avoir été un prince fort savant 
et un excellent poète. 

Le k du 1" mois de la 1" année du nengo Ten naA(947), il alla au palais 
Sio siak in, pour rendre visite à sa mère l'impératrice In si et au Tai zio Ten o* 

Le tC mois , Fousiwara-no Sane yori devint Sadaïsin et grand général de la 
gauche ; son frère cadet Moto souke fiit nommé Oudaîsin et grand général de la 
droite ; enfin leur père Tada Jira fut créé Kwanbak et Taïzio daïsin. Ce fiit le pre- 
mier exemple qu'un père et deux de ses nls occupassent en même temps des 
emplois aussi distingués ; on considéra cela comme un événement très-fortuné. 
La fille de Moto souke, nommée Yasou ko (Ngan tsu) , était l'épouse du Daïri. 

Le 6 e mois , le Sanghi Fousiwara-no Tada boun mourut , âgé de 75 ans. 
Après sa mort ,ii fût nommé r lsiounagon; il avait été général en chef dans la 
guerre contre Masa kado. 

A la 8 e lune , il y eut beaucoup de maladies cutanées par tout l'empire ; 
pour détourner ce fléau, on offrit des sacritices, et on lut les livres saints 
dans les temples. 

Le 9 e mois, on bâtit à Kita no (Pë ye) un temple en rhonneur de Kan seô siô. 
Le il* mois , le Daïri alla chasser à Oudzi (Ou tchi). 
La 2 e année ( 9^8) , il y eut une grande sécheresse en été , et de fortes pluies 
cû automne. 

Le 2 A du 8 e mois , on vit en même temps au ciel le soleil et la lune. 

Le 1 er mois de la 5 e année (949), le Taïzio daïsin Tada fira fut renvoyé 
des affaires , pour cause de maladie. Sane yori et Moto soake eurent ensemble la 
direction des affaires. 

i8 # 




1な0 ANNALES 

Le 1 4 du 8 e mois, 3 ada fira mourut , âgé ae 70 ans; on lui conféra le pre- 
mier rang de la première classe , et le titre de Teï sin kô ( Tching sin koung) ; 
pendant vingt ans il avait été régent de l'empire , et pendant huit Kwanbak. 

Le 9 e mois, l'ancien Daïri Yosei-no Taï zio ten o mourut à l'âge de 81 ans. 

Le 12 e mois, le Daïri ordonna à Oyè-no Tomo tsouna (Ta kiang Tchao kang ) , 
à Tat$ibana-no Nao moto (Khiu Tchy o), à Sougawara-no Boun toki ( Kouan 
yuan Wen chi) , et à Oyé-no Kore toki (Ta kian Wei chi), de composer quel- 
ques poèmes, qun fit écrire ensuite par Ono-no Tofoa sur des paravens ornés 
de peintures. 

Le 7 e mois de la 4 e année (950), il créa Taïsi son second fih Nori fira 
(Hian phing). 

La 5 e année (951 ) , il nomma Fousiwara-no Kore tada conservateur des 
pièces de poésies en japonais , et il chargea Minamotto-no ^yita gafou (Yuan 
chun ) , le Daïnakatomi-no Oasin ( Neng siuan ) , Kiyo wara-no Moto souke [ fhsing 
yuan yuan fou), Ki-no Toki boun (Ki chi wen)^ et le Saka^no Wouye-no Motsi 
Tsiki ( Pan changWang tchhing), de rédiger le Go sen Wa ka si (Heou siuan Ho 
ko tsy) , ou la seconde collection de poésies japonaises. Sita gafou et Tokï 
boun étaient des hommes très-savans et très-instruits en littérature. 

Le 8 e mois de la 6 e année (952) , fancien Daïri Zu riak taï zio ten o mourut 
à l'âge de 50 ans. 

Le 3 e mois de la 7 e année (955) ,1e Daînagon Fousiwara-no Moto kala mou- 
rut âgé de 66 ans ; sa fille était l'épouse du Daïri. Le fils aîné de cette prin- 
cesse était Firo fira (Kouang phing) ; mais ce fut le second Nori fira (Hian 
phing) qui fut nommé Taïsi. L'empereur l'avait eu de Yasou ko, fille de 
Moro souke (Szu fou). C'était pourquoi Moto kata détestait Moto souke ; la 
nomination du Ti aisi l'affligea si fortement au ii mourut de chagrin. Son petit- 
fils Firo fira et sa mère le suivirent de près dans la tombe. Le Taïsi Nori fira 
était toujours languissant, ce qu'on attribua à Finfluencc du courroux de Fame 
de Moto kata. 

Le 1 er mois de la 9 e année (955), on expliqua au palais du Daïri, pour la 
premiere fois, le Fots ke kio (Fa nwa king), et l'on interpréta son contenu. 

Le 3 e mois, le dieu céleste de Kita-no fit annoncer au Daïri que mille sapins 
avaient poussé dans une seule nuit à Oakon-no baba (Kin ma tchhang). 

Le 4 e mois de la 1" année du nengo Ten tok (957 ) , le Daïri célébra le 50 e 
anniversaire de Moro souke par un festin dans la maison Fousi tsoubo (Theng 
khouen) ; à cette occasion , le Daïri lui fit présent de sa coupe à Zaki. 

Le 3 e mois de la 2 e année (958), il accorda à Sane yori (Chy laï) l'usage 
d'une voiture. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 141 

Ala 11 e lune, mourut Minamotto-no Tsoune moto (Yuan King ki). 

Le 3 e mois de la 5 e année (959), les prêtres du temple Kan sin in (Kan 
chin yuan) eurent une dispute avec ceux du temple Seï souï si (Thsing choui 
szu ) ; le Daïri envoya des juges pour décider entre eux. Le temple Kan sin 
in était dans le jardin Ghi won (Khi yuan). 

Dans le même mois; Moro souke se rendit au temple de Kasouga (Tchhun 
jy) : Kasouga , nommé pendant sa vie Kamatari ( voyez page 55) , était le. 
fondateur de la famille Fousiwara. C'est pourquoi tous ses descendans vont 
constamment prier dans son temple. 

Le 4 du 5 e mois de la 4 e année (960), l'Oudaisin Fousiwara-no Moro souke 
mourut âgé de 57 ans. Il était d'un caractère doux et affable ; gai ou en colère, 
on n'apercevait pas le moindre changement sur son visage. 

Le 8 e mois, Fousiwara-no Aki tada (Theng yuan Hian tchoung), fils de 
Toki fira , devint Oudaisin. 

Le 9 e mois , le daïri ou palais imperial fut réduit en cendres. C'était la 
première fois qu'un accident de ce genre arrivait depuis que la cour était à 
Feï an siô , ou aéjà treize Daïri avaient résidé. Beaucoup de choses précieuses 
des anciens temps qu'on y conservait furent consumées par les flammes. On 
raconte que le miroir précieux Sin kiô (Chin king) se détacha spontanément 
dans la salie No met den (Wen ming tian ) , s'envola et s'accrocha à la branche 
d'un cerisier, près de la salie méridionale, où une servante du Daïri le trouva 
suspendu ; elle l'apporta à ce prince sur la manche de sa robe. 

Le 11 e mois, l'empereur fixa sa demeure dans le palais Reizen in (Leng 
thsiuan yuan). 

Le 1 I e mois de la l w année du nengo wa (9bl), il alla habiter le nouveau 
daïri qu'on avait construit. 

Le 2 e mois de la 2 e année (962), il envoya des députés aux temples d'Isé, 
de Kamo, Mats-no o ( Soung wei), Fira no (Phing ye) et de Kasouga (Tchun 
jy) , pour offrir des présens aux dieux. Aux temples de Kamo et de Mats-no o 
il donna dix chevaux ; il fit de même présenter des offrandes dans les autres 
temples de l'empire. 

Le 2 e mois de la 3 e année (963), le Taïsi fut vêtu de la robe virile dans la 
salle Si sin den (Tsu chin tiao). Sane yori lui posa la couronne sur la tête, 
le Sanghi Foasiwara-no Aki tada lui rasa les cheveux. 

Le 8 e mois, Sane yori alla faire ses prières à la nvière Iwa si midzou (Chy 
thsiang choui ) ; plusieurs de la famille Fousiwara suivirent cet exemple et s'y 
rendirent également. 

Dans le même mois , le Daïri fit venir Yosi ghen ( Liang yuan ) du temple du 



1H2 ANNALES 

mont Yeïsan (Joui chan), et Tsioa son ( Tchoung souan) de Nan bou ( Nan tou), 
et les chargea d'examiner les affaires spirituelles de la religion bouddhique. 

Le 4 e mois de la 1 M année du nengo Kôfô (964) , rimpératrice Foasiwara - 
no An si (Theng yuan Ngan tsu) mourut. Sa sœur cadette Fâ 5i(Tengtsu) était 
mariée à Si び he akira sin o (Tchoung ming thsin o), frère aîné du Daïri. 
Comme elle était d'une grande beauté , celui-ci en devint amoureux et vécut 
avec èiie. Sîghe akira sin o décéda dans ce temps , ainsi que l'impératrice. 
Alors l'empereur fit venir Fo si à la cour, et négligea le soin du gouver- 
nement. 

Le 4 e mois de la 2 e année (965) , rOudaîsin Fousiwara-no Aki fira mourut 
âgé de 66 ans. 

Le 12 e mois, le Daîri célébra sa 40 e fête. 

Le 1 er mois de la 5 e année ( 966), Minamotto-no Taka akira devint Oudaïsin. 

Le 8 e mois, le prêtre Yosi ghen (Liang yuan) fut nommé maître suprême de 
l'observance bouddhique Ten daï (voyez page 95); il porte aussi le titre de 
£si ye Sô siô (Thsu hoeï seng tching). 

Le 25 du 5 e mois de la 4° année (967), le Daîri mourut âgé de ^2 ans, 
après en avoir régné 2 1 ; savoir 10 avec le nengo Ten riak、 4 avec celui de Ten 
tok, 5 avec celui d'O wa, et 4 avec le nengo Kô fô. 

LXI1I. DAÏRI 院泉冷 REÏ ZEN IN. 

(De 968 à 969 de J. C.) 
Nengo ^ n v> a (Ngan ho), de 968 k 969. 

Reï zen in (Leng thsiuan yuan) était le second fils de Moura kami ten o; il 
portait , avant son avènement au trône , le nom de Norijira. Sa mère , la reine 
An si , était fille de i'Oudaïsin Moro souke ; il naquit le 5 e mois de la 4 e année 
du nengo Ten riak (950), et fut déclaré Taïsi au 7 e mois. Son père, qui lan- 
guissait depuis le 2 e mois de la 4 e année du nengo Kô fô , étant mort au 5 e 
mois , il lui succéda étant âgé de 18 ans. 

A la 6 e lune , Fousiwara-no Sane yori fut créé Kwanbak. 

Le 12 e mois, il fut nommé régent de l'eiiipire ; Minamotto-no Taka akira de- 
vint Sadaïsin , et Fousiwara-no Moro tada (Thengyuan Szu yun) Oudaïsin. Ce 
dernier était le frère de Sane yori. Le second frère du Dam était Tame fira, 
et le troisième Mori fira. Tame fira était gendre du Sadaism Taka akira et 
Fcnfant favori de son père Moura kami ten o. Avant de tomber malade , cet 
empereur avait l'intention de le déclarer Taïsi, ce qui étonna tout le monde; 



DES EMPEREURS DU JAPON. 143 
mais comme l'exécution de ce projet aurait aussi pu troubler la bonne har- 
monie avec Sane yori etTaka akira , il s en désista. Mori fira fut alors nommé 
Tô gô (Toung koung) , ou prince impérial. 

Dans le courant de la l w année du nengo An wa (968), le Daïri, se trouvant 
très-indisposé 9 confia le gouvernement à Sane yori (Chy laî), à Taka akira 
(Kao ming) et à Moro ta,da (Szu yun). 

Le 2 e mois de la 2 e année (969), les gens de TOudaisin Moro tada eurent 
une dispute avec ceux du Tsiounagon Fonsiwara-no Sin ka ( Theng yuan Kian 
kia); un des premiers ayant été tué , les autres, au nombre de quelques cen- 
taines, coururent à la maison de Sin ka et la détruisirent. Sin ka était le troi- 
sième fils de Moro souke , et cousin de Moro tada. 

Le 5 e mois, le Sadaïsin Taka akira , appuyé par Minamoito-no Sighe nobou 
(Yuan Min yan) et par le prêtre Woun mo (Lian meou), se prépara à faire 
une révolte , dans le but de déposer le Daïri , et de proclamer à sa place son 
gendre Tame fira. Ce complot fut découvert par Minamotto Mantsioa (Yuan 
Man tchoung) 9 et par Foasiwara-no Yosi toki ( Theng yuan Chen chi ) ; il$ en in- 
formèrent Sane yori et Moro tada , qui en firent part au Daïri : Taka akira eut 
la tête rasée , et fut exilé dans le Tsoukouzi ; Moro tada devint Sadaïsin , et 
Àrijira Oudaïsin. lis envoyèrent aussitôt des juges pour arrêter Signe nobou 
et le prêtre Woun mo , qui , à leur interrogatoire , confessèrent tout , ainsi que 
Foasiwara-no 1 si farou (Theni? vuan Thsian thsing ) 9 qui était un des com- 
plices ; sur quoi dighe nobou , Woun mo et 1 si farou furent emprisonnés. 

Le 4 e mois , la maison de Taka akira fut rasée , et Tsi farou , Sighe nobou 
et Woun mo furent bannis. On envoya aussi plusieurs commissaires spé- 
ciaux en différentes provinces pour arrêter les autres conjurés. Mantsiou et 
Yosi toki furent récompensés pour la découverte du complot. On prétend 
que Taka akira ny eut point de part, et qu'il fut redevable de son bannisse- 
ment dans le Tsoukouzi aux calomnies de Mantsiou , qui le rendit suspect à 
Sane yori. 

Le 8 e mois, la maladie du Dam augmenta y ce qui lui fit résigner l'empire 
à son frère cadet Mori fira. Il se retira dans le palais Reï zen in , et prit le titre 
de Taï zio ten o. Tous ses successeurs ont adopté le titre In (Yuan) , au lieu 
de celui de Ten o. Son règne n'a duré que 2 ans, avec le nengo An wa. 



1 なな 



ANNALES 



V 



LXIV. DAÏRI 院融 j§ YEN WOU IN. 

( De 970 à 984 de J. C.) 
ェ Ten rok (Thian loû) , de 970 à 972, 

^ 天 Ten yin (Thian yen), de 975 à 975, 

yT ^ Tseï ghen (Tching yuan) , de 976 à 977 , 

ん天 Ten ghen (Thian yuan), de 978 à 982, 

種 I 永 ^«1 hoan ( Young kouan ) , de 985 à 984. 

Yen wou in ( Yuan young yuan), cinquième fils de Moura kami ten o, était 
nommé auparavant Morifira (Cheou phing). Il avait pour mère la reine An si, 
et fut proclamé Daïri, au 9 e mois de la 2 e année du nengo An wa (984) , à 
l'âge de 11 ans. Sane yori occupa le poste de régent y et obtint la permission 
d'entrer dans la cour du palais et d'en sortir en voiture , et d'avoir fattirail 
de guerre dans son train. Il porta le titre de Sets ziô Taï $iô daï sin. 

Le 1 0* mois , le Sadaïsin Moro tada mourut. 

Le 13 e mois, on célébra la 70 e fête de Sane yori. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Ten rok (970), Fousiwara-no Ari fira 
(Thenff vuan Thsai heng) devint Sadaïsin , et Foasiwara-no I tada ( Theng 
yuan I yun), fils aîné de Moro souke et beau-père du Daïri , Oudaisin. An 
fira avait été admis dans le commencement chez les Daïris , comme étant de 
la secte des lettrés ; sous Moura kami ten o , il obtint de l'emploi , tant pour 
son grand savoir , que parce que le Dam épousa sa fille , qu'il aima beaucoup. 
A l'exception de Kibi-no daïsin et de Kan seô siô , il fut le seul personnage de 
la secte des lettrés qui, depuis les temps les plus reculés , monta à un poste 
aussi élevé. 

Le 5 e mois , le Se siô ou régent et Taï zio daïsin Fousiwara-no Sane yori 
mourut âgé de 71 ans. Il fut honoré du premier rang de la première classe 
et du titre de Sei sin kô (Thsing tchin koung) ; l'Oudaisin I tada fi vun) devint 
régent. 

Le 10 e mois, le Sadaïsin Ari fira \ fsai heng) mourut à l'âge de 79 ans. 

Le 3 e mois de la 2 e année (971) , on célébra la première fois une fête parti- 
culière en rhonneur du dieu d'Iwa si midzou (Chy thsing choui ) ; l'Outsiousiô 
Tada ki yo (Tchoung thsing) en eut la direction. 

Le 11 e mois , I tada fut créé Taï zio daism , Minamotto-no Kane akira (Yuan 
Kian ming) Sadaïsin , et Fousiwara-no Yori tada (Thenff vuan Laî tchoung) 



DES EMPEREURS DU JAPON. 145 
Oudaîsin. Kane akira était fils du prince impérial In ghi (Yen hi ) et Yori tada 
fils de Sane yori (Chy laï). 

Le 5 du 1 er mois de la 5 e année (972), le Daïri fut couronné à l'âge de 
14 ans par I tada ; les cheveux autour de son front furent rasés par Kane 
akira. 

Le 4 e mois, Minamotto-no Taka akira obtint la permission de revenir à 
Miyako de son bannissement dans le Tsoukouzi. 

Le 11 e mois, I tada mourut âgé de 49 ans, fut honoré du rang de la pre- 
mière classe, et reçut le titre posthume de Mi kawa kô (San ho koung). Son 
frère cadet Kane mitsi fut nommé Nadaisin , avec le rang de Kwanbak l . Dans 
le temps qu'il n était que Sanghi y son frère aîné Kane ye devint Tsiounagon. 
Kane mitsi ayant été créé Tsiounagon , Kane ye fut promu à la dignité de 
Daïnagon. Kane mitsi , élevé au poste de Nadaisin et de Kwanbak , fut chargé 
avec rOudaîsin Yori tada du gouvernement de l'empire. Kane ye , jaloux de 
la promotion de son frère , conçut le dessin de l'assassiner ; il était furieux 
contre tous ceux qui rendaient leurs hommages à Kane mitsi. 

Le 24 du 4 e mois de la 1" année du nengo Ten yin (973) , des scélérats 
mirent dans la nuit le feu à la maison de Minamotto Mantsiou (Yuan Man 
tchoung); malgré tous les efforts qu'on fit pour les saisir , ils s'ennurent. Plus 
de trois cents maisons furent réduites en cendres. On doubla alors la garde 
en dedans du daïri. 

Le 2 e mois de la 2 e année (9/4j , Kane mitsi fut nommé Tai ziô daïsin , et 
obtint le privilège de venir à la cour en voiture. 

Le 10 e mois, on envoya au Daïri des chevaux ae la Corée (Kao h). 

Le 6 e mois de la 3 e année ( 975), Kane mitsi envoya des ambassadeurs au 
temple Ghi won , afin qu on y célébrât une fête pour remercier ce dieu de sa 
guerison de la petite vérole. On y dansa au son de la flute. 

Le 8 e mois , la princesse Sensi Nai sin o devint prêtresse du dieu Kamo ; 
elle était fille du Daïri Moura kami ten o. Dans la même année , on observa 
au ciel plusieurs choses extraordinaires , et il parut une comète. 

Le 11 du 5 e mois de la 1" année du nengo Tseï ghen (976), le palais im- 
perial fut détruit par un incendie. 

Depuis le 6 e jusqu'au 7 e mois , il y eut constamment des tremblemens" de 
terre affreux , qui endommagèrent grandement les temples et les maisons des 

( 1 ) Kwanbak ou Kouanbak ( Kouan 

pë), ou Âtsouraki moron est-à-dîre , le garde 
des bonnets de cérémonie de l'empereur) est le 
nom d'une des plus hautes dignités au palais du 



Daïri; elle date de Fan 880 de notre ère (voy. 
page 125 ). Le Kouanbak est le president du 
conseil des ministres. 一 Kl. 



9 



146 ANNALES 

habitans de Miyako et des provinces voisines. Beaucoup de monde périt dans 
ces désastres. 

L'empereur se retira avec son épouse la rsiougou à Fori kawa-nofatsi (Khû 
tchhuan kouan) , demeure du père de cette princesse. Cette maison était très- 
spacieuse et construite sur le pian du aain ou palais impérial. Kane mitsi 
avait encore une autre maison nommée Kan in, qu'il prépara pour y donner 
une fête au Daïri. 

Le 4 e mois de la 2 e année (977), Minamotto-no Kane akira , qui avait excité 
l'envie de Kane mitsi , fut démis de sa charge de Sadaîsin et dégradé : Yori 
tada le remplaça y et Minamotto-no Masa nobou, petit-fiis du Daïri Ou da ten o, 
devint Oudaïsia. Kane akira était un homme de talent et grand poète. Il se 
retira sur le mont Kame yama (Koueï chan) , où il mourut quelques années 
après. 

Le 7 e mois , le Daïri alla habiter le nouveau palais qu'il avait feàt cons- 
truire. Les gakf (voyez page 101 , note 1 ) au dessus des portes y étaient écrits 
par Fousiwam-no Souke masa (Theng yuan Thso li) , célèbre en Chine même 
pour sa belle écriture. 

Le 10 e mois 9 Kane mitsi résigna la place de Kwanbak 9 à cause de. 
l'état qjiétif de sa santé ; Yosi tada lui succéda. Kane mitsi , qui haïssait son 
frère Kane ye , l'accusa d'avoir rintention de déposer le Daïri , et le fit dé- 
grader. Non content de cela, il voulut le faire exiler ou mettre à mort; mais 
le Daïri , qui savait que toute cette accusation n'était que l'effet de sa passion , 
refusa d'y prêter l'oreille. 

Le 8 du 11 e mois, Kane mitsi mourut âge ae 51 ans. 

Le 8 e mois de la 1" année du nengo Ten ghen (& 78), le Daïri fit venir Sen si 
(Thsiuan tsu), fiiie de Kane ye, et l'épousa. Pendant tout le temps que Kane 
mitsi vécut , aucune femme n'obtint la permission de venir à la cour , à cause 
du mariage de l'empereur avec la fille de ce ministre. Cette princesse donna 
bientôt un fils au Daïri. 

Le 10 e mois, Yori tada devint Ta! zio daï sin; MinamotUnno Masa nobou fut 
nommé Sadaîsin y et Kane ye Oudaïsip. 

Le 27 du 3 e mois de la 2 e année (979), le Daïri visita le temple du aieu 
Fatsman à Iwa si midzou (Chy tnsing choui). Depuis ce temps 9 ses successeurs 
ont toujours iait de même. 、 

Le 2 e mois de la 3 e année (980) , on rasa les cheveux sur le front du fils 
de Yori tada, au palais Seï riou den (Thsing leng tian), 

Le 10 du 10 e mois , le Daïri se rendit au temple du dieu Kamo , et ses 
successeurs ont depuis suivi cet exemple. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 147 
Le 22 du 11 e mois, le palais impérial fut consumé par les flammes. 
Le 20 du 2* mois de la 4 e année (981), le Dairi visita le temple de F ira 
no (Phing ye). 

Au 7 e mois , il tomba malade ; Zi ye 1 , chef des prêtres du temple du 
mont Yeï san , fut appelé auprès de l'empereur pour réciter des prières 
pour la guérison de ce monarque , laquelle ayant eu lieu , il obtint le titre de 
Daï sô ziô, et la permission de venir en voiture à la cour. 

Le 9 e mois, le Sougawara-no Bonn toki (Kouan yuan Wen chi), de la seconde 
division de la troisième classe , mourut âgé de 83 ans. Il était petit-fiis de Kan 
seô siô ; son grand savoir l'avait iait nommer instituteur du Daïri Moura 
kami ten o. 

Le 1 e mois , le Daïri alia demeurer dans un nouveau palais qu'on avait bâti 
pour lui. 

Le 1 er mois de la 5 e année (982) , les prêtres Zi gakf et l$i siô du mont 
Yeï san eurent des querelles entre eux ; pour les apaiser , le Dairi y envoya 
le Korando Taïra-no Tsoune masa (Thsang jin Phing Heng tchhang). 

Le 9 e mois, Teou nen (Tiao jan), prêtre du mont Yeï san, fit un voyage 
dans l'empire de la grande dynastie des Soung, c'est-à-dire , en Lihine 2 . 




(1) 師大 暴露 Zi や M si ゆ 11 
hoe! ta szu) , ou vulgairement ^ip 

Ghen san daï si (Yuan san ta szu) , sont des titres 

posthumes du célèbre prêtre ^Jfe Yo" 

(Lang yuan), dont le nom de &âûlle était 

tT Ki tsou (Mou tsin). Il naquit en 912, 

le district d'Azi し de la province d'Oomi. 
D se distingua par ses travaux spirituels , et 
contribua puissamment au maintien et à l'ex- 
tension de la religion bouddhique au Japon. 
Aussi fut-il placé, en 966, sur le si お e pontifi- 
cal de lobservance Tendai ; en 961, il reçut la 
dignité de Dai sâziâ, et mourut en 985 , âgé de 
74 ans. 一 Kl. 

(2) L'histoire chinoise de la dynastie des 
Soung met l,arriyée de |^ Teou nen (Tiao 

jan ) en Chine, dans la l re des années Yonne hi 
(9841). H y vint par mer, accompagné de cinq 
ou six de ses disciples. Arrivé à la cour , il pré- 
senta à l'empereur une dixaine de yases de 
bronze et un volume contenant la succession 
des rois de sa pairie. Ses habits étaient faits 



d'étoffe de soie noire. D se disait de la familJe 
de Tkengyuan (en japonais Fousiwara) , et man- 
darin, de la cinquième classe dans son pays. 
H écrivait fort bien les caractères li chou, mais 
il ne comprenait pas la langue parlée de la 
Chine. D rapporta un exemplaire du texte de 
Himo king, ou du livre sur la piété filiale de 
Thseng tsu , disciple de Confucius , ainsi que le 
13 e volume de la nouvelle explication (Sin i) de 
cet ouvrage , fait par Yue wang, second fils de 
Tai tsoung , de la dynastie des Thang. L'empe- 
reur Tai tsoung le reçut fort bien, lui fit cadeau 
(Tune robe rouge , et le fit loger dans le temple 
Taï phing King koue szu. Mais comme ce séjour 
ne lui convenait pas, il alla bientôt demeurer 

sur le mont ジ, Ou thaï chan , dans 

le Chan si. Cette montagne célèbte a reçu son 
nom de ses cinq cimes , qui s'élèvent dans les 
nues et qui ressemblent à autant de tables ou 
autels ; car leur surface supérieure est plane 
et unie. Elle est couverte d'hennitages , où 
se retirent des sectateurs de Foe ou Boud- 
dha. Plusieurs temples et couvens célèbres se 
trouvent sur ses flancs. Le plus ancien est le 

l 9 



148 ANNALES 

Le 17 du 11 e mois, le palais impérial fut de nouveau réduit en cendres; 
le Daïri se retira dans celui qui est appelé Fori kawarito in (Khiû tchhouan 
yuan). 

Le 2 e mois de la l re aimée du nengo Yeï kwan (983), il ordonna à tous les 
officiers de justice d'arrêter quiconque , dans la ville de Miyako et dans la pro- 
vince qui en dépend 9 errait armé d'un arc et de flèches. 

Le 5 e mois, on fonda le temple Yen won si (Yuan yong szu) 9 et Ton y fit 
venir les prêtres Zi ye du temple de Yeï san , et Kwan so de celui de Nin wa 
si (Jin ho szu), pour réciter des textes sacrés et bénir Tédifice. 

Le 8 e mois de la 2 e année (984), le Daïri résigna l'empire en faveur de son 
cousin Moro sada, et prit le titre de Taï zio ten o. Il avait régné 3 ans avec 
le nengo Ten rok, 5 avec celui de Ten yin , 2 avec celui de Tei ghen , 5 avec 
celui de Ten ghen , et 2 avec le nengo Yeï kwan ; en tout 1 5 ans. 

LXV. DAÏRI 院山花 KWA SAN-NO IN. 

(De 985 à 986 de J. C.) 
Nengo 寺 d ダ Kwan wa (Kouan ho) , de 985 k 986. 

Kwa San-no in (Houa chan yuan) était fils aîné de Reï zen in, et nommé 
auparavant Moro sada (Szu tching). Sa mère Fousiwara-no Kane ko (Theng yuan 
hoaï tsu) était fille du régent Kore tada. Ce Daïri, choisi pour Taïsi par 
Yen you m, fut, à la résignation de celui-ci , proclamé Dam , le 27 du 8 e mois 
de la 2 L année du nengo Yeï kwan : il avait alors 1 7 ans. Yori tada continua 
à remplir i,office de Kwan bak. Les Daïris Reï zen in et Yen you in portèrent 
tous les deux le titre de Taï zio ten o. 

Le 4 e mois de la 1" année du nengo Kwan wa (985) , Fousiwara-no Toki 
akira et son frère Yasou soake se battirent à coups de sabre avec Fousiwara- 
no Souki taka et Oye-no Masa fira. Le dernier perdit les doigts de la main 
gauche ; les deux premiers s'enfuirent , on ne sut par où. Ce ne fut qu'après 
de soigneuses recherches qu'on arrêta Toki akira dans la province d'Oomi. 



Thsmg leng szu, fondé par l'empereur Hiao wen 
ti des Weï postérieurs , dans la seconde moitié 
du V e siècle , et renouvelé par les Mongols en 
1265. Dans un autre, appelé Yn kiao szu , et si- 
tué sur la cime du milieu, on conserve des 
reliques de Bouddha dans une tour de fer fondu. 
Cette montagne est à 120 li au nord-est de la 
ville Ott thaï hian; la montée pour arriver à la 



plus haute cime est de 39 li ou な lieues de 20 
au degré. 

Teou nen revînt au Japon en 9b7 ; il mourut 
en lannée 1016, et reçut le litre posthume de 

師 大请弘 ESzi daî si (Houng tei dai 
szu). 一 



DES EMPEREURS DU JAPON. 149 
Le Daïri prit , à son avènement au trône , trois femmes ; elles étaient filles 
du Kwanbak ïori tada, du prince Tame fira sin o, et du Damagon Fousiwara- 
no Tsio ko. Plus tard, il épousa la fille du Damagon Fousiwara-no Tsoune ko, 
qui à cette occasion reçut le titre de Kô ghi den (Koung weï tian )• Comme 
il en était très-amoureux , il négligea entièrement les trois autres ; mais elle 
mourut bientôt. Il en fut si affligé , qu'il eut l'esprit aliéné , et résolut de 
se retirer du monde. Son père avait aussi été attaqué d'une maladie sem- 
blable , dont il ne guérit jamais. 

Le 8 e mois , le Taï zio ten o Yin you se fit raser la tête , prit le titre ecclé- 
siastique de Fo wô (Fâ wang) , et se retira dans le palais Yin you in. 

La 2 e année (986), le Daïri, toujours occupé du souvenir de son épouse 
chérie , fille de Kô ghi den , résolut de quitter le monde et de se faire 
prêtre. Le 22 du 6 e mois, il sortit secrètement , pendant la nuit, par la petite 
sortie de la salie Deou kwan den ( Tching kouan tian ) et alla au temple 
Kwan san si , où il se rasa la tête , et prit le nom de Nag gakf (Jy kiô). Il avait 
alors à peine 1 9 ans : il ne fut accompagné que par Kourando Fousiwara-no 
Mitsi kane , et par le prêtre Gon kou ( Yan kieou )• L'astronome imperial 
Abe-no Seî meï (Ngan pou Tsing ming) , occupé dans ce moment à faire ses 
observations, découvrit par un phénomène céleste qu'un changement était 
arrivé au Daïri. Effrayé de ce signe , il se rendit en toute hâte au palais ; 
mais nonobstant toutes les recherches , on ne put trouver l'empereur. A la 
pointe du jour, on le chercha par-tout ; et à la grande surprise de tout le 
monde , on apprit à la fin qu'il s'était fait prêtre dans le temple Kwan san si. 
Le 1 siounagon Foasiwara-no Yosi kane et le Satsiouben Fousiwara-no Kore 
nari , qui l'avaient constamment servi, prirent également Fhabit ecclésias- 
tique. 

Ce prince n a régné que 2 ans , avec le nengo Kwan wa. 



150 



ANNALES 



Nengo 



LXVI. DAÏRI 院條ー YETS SIO-NO IN. 

(De 987 à 1011 de J. C. ) 
l^ ^u \ei yin ( Young yen) , de 987 à 988 , 
韩き Yei zoo( Young thsou ) , 989. 

る Ziô riak (Tching ly), de 990 à 994 1 
^ -j^ Tsiô tok (Tchhang te) f de 995 à 998 , 
休 長 Tsiô foo (Tchhaug pao) , de 999 à 1005 , 
^ 見 Kwan ko ( Kouan houng), de 1004 à 1011. 

Yets siô-no in (Y tiao yuan) était fils aîné de Yen you in , et portait , avant 
son avènement au trône , le nom de Kane jito (Houai jin). Sa mère Foasiwara- 
no Sen si était fille de l'Oudaisin Kane ye. Kane fito avait été créé Taîsi scms 
le règne de Kwa san-no in ; dès qu'on sut que celui-ci s,était retiré du monde , 
Kane ye Vempressa de venir au palais , et veilla soigneusement sur tout ce qui 
se passait, en attendant que Kane fito , qui n'avait que sept ans, Mt proclamé 
Daïri. Kane ye quitta alors l'emploi d'Oudaïsin , et devint Kwanbak ; son frère 
Tame ko fîit nommé Oudaïsin à sa place. 

Reï zen in porta alors le titre de Taïzio ten o ; Yen yoû in et Kwa san-no in 
eurent celui de Fo wô. Aucun de ces trois empereurs ne s'était mêlé du gou- 
vernement ; tous en avaient laissé le soin à Kane ye. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Yeîyen (987), le prêtre Teou nen 
revint de la Chine ; il en rapporta l'image du dieu Siaka , qu'on conserve 
encore aujourd'hui dans le temple Saga à M iyako 9 ainsi que le livre Isou saï 
kid (Y thsië king). 

Le 10 e mois, le Dam alla à la maison de Kane ye; le 1 I e mois, au temple 
d'Iwa si midzou , et le 12 e , à celui du dieu Kamo. 

Le 6 e mois de la 2 e année (988) , Fousiwara^no Yasou souke, chef des bri- 
gands , s'étant caché dans la maison du Tsiounagon Foasiwara-no Aki kô, le 
Daïri donna ordre de l'arrêter ; mais il se coupa la gorge. 

Le 8 e mois , Kane ye , ayant construit un palais , y invita un grand nombre 
des serviteurs du Daïri , et les régala splendidement. Minamotto-no Yori ko 
y vint avec trente chevaux , pour les distribuer à ceux qui étaient d'un rang 
inférieur à celui d'Oudaism. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 151 

Le 1 I e mois, le Dairi alla au palais de Kanc ye , pour y célébrer le 60 e an- 
niversaire de celui-ci. 

Le 2 e mois, Mitse taka, fils aîné de Kane ye, fut nommé Nadaïsin et Sadaïsio. 

Le 3 e mois, le Daïri se rendit au temple du dieu Kasouga (Tchhiin jy). 

Le 6 e mois , le Sake-no Kwanbak Fousiwara-no Yori tada (Thsian kouan pë) 
mourut âgé de 66 ans. Il reçut le titre posthume de Sourouga ko (Tsiun ho 
koung). 

Le 8 e mois, un ouragan violent détruisit un grand nombre de temples et 
d'autels situés en dehors des portes du palais impérial. 
Le 1 2 e mois 9 Kane ye fut nommé Taï zio daïsin. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Tsio riak (990), on rasa le front du 
Dain , qui était âgé de 11 ans. 

Le 1 er mois du nengo Yeï zoo (989), le Daïri fit une visite au Fo wô Yen 
you in. 

Le 5 e mois , Kane ye , étant tombé malade , se fit raser les cheveux et devint 
prêtre sous le nom de Tô $an si<Hno Daï mou do (Toung^an tiao Tajy tao). Son 
fils Mitsi tada fut choisi pour régent à sa place. 

Le 2 du 7, mois, Kane ye mourut âgé de 62 ans : son palais fut converti 
en temple , et reçut le nom de Fo keô in (Fa hing yuan). Il fut le premier qui 
obtint le titre de Sets ye-no in (Chë Ida yuan). 

Le 2 e mois de la 2 e année (991), le Fo wô Yen you in mourut à l'âge de 
32 ans. 

Le 9 e mois, FOudaisin Fousiwara-no Tame kio fut promu à la dignité de Taï 
zio daï sin , Minamotto^no Sighe nobou, frère cadet du Sadaisin Musa noboa, de* 
vint Oudaîsin , et Foasiwara-no Mitsi kane , frère cadet de Mitsi taka, Nadaïsin. 

Le 1 e mois , la veuve de Yen you in se rasa la tête , et reçut du Daïri le titre 
de Figasi san sio in , et des prêtres celui de Kisaki-no in. Elle fut la première 
femme qui porta le titre de Nio in (Niù in). 

Le 6 e mois de la 3 e année (992), le Taï zio daï sin Tame ko mourut âgé de 
51 ans. Il reçut le titre posthume de Sagami kô ( Siang mou koung). 

Le 12 e mois, le Daïri ordonna à MinamottiMio Tada yosi de se saisir d'Aziari, 
chef des pirates. 

Le 4 e mois de la 4 e année (993), Mitsi taka fut démis de l'emploi de ré- 
gent, et nommé Kwanbak. 

Le 5 e mois , on accorda à Kansedsiâ le titre posthume de Taï zio daï sin 
et le premier rang de la première classe. On fit annoncer cette promotion 
par une députation au temple An rok si (Ngan lô szu) 9 dans le Tsoukouzi. 

Le 7 e mois, le Sadaisin Minamottcnno Masa nobou mourut âgé de là ans. 



152 ANNALES 

Sa fille Rin si ( Lun tsu ) était mariée à Mitsi naga, troisième fils de Kane ye. 

Le 3 e mois de la 5 e année (994) , le Daïri envoya Minamotto-no Misou 
mdsa, Taïra-no Kore toki, Minamotto-no Yori tsika et Minamotto-no Yori nobou , 
commandans de troupes , dans différentes provinces , pour arrêter les bri- 
gands qui les infestaient. 

Le 7 e mois, Minamotto-no Sighe nobou fut nommé Sadaïsin 9 Mitsi kane Ou- 
daïsin , et Kore masa, fils aîné de Mitsi taka, Nadaïsin. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Tsiô tok (995), le Daïri fit une visite à 
Fimpératrice Nio in. 

Le 3 e mois , Mitsi taka, étant tombé malade y se rasa la tête et demanda que 
son fils Kore masa obtînt sa place de Kwanbak. U mourut peu de temps 
après y âgé de ん5 ans. 

Le 4 e mois , l'Oudaisin Mitsi kane fut nommé Kwanbak; Kore masa en fut 
très-mécontent. Cela causa de grandes querelles entre eux ; Kore masa pria 
les dieux de priver Mitsi kane de la vie. 

Le 7 du 5 e mois , le Sadaïsin Minamotto-no Sighe nobou mourut , âgé de 
M ans. 

Le 8 e mois , le Kwanbak Mitsi kane mourut; onze jours après, il reçut le 
titre de Kourida-no Kwanbak (Sou thian kouan pë). 

Le 1 I e mois , Mitsi naga (Tao tchhang), Sa daï seo et frère cadet de Mitsi 
kane, fut choisi pour Kwanbak , sur les instances de l'impératrice douairière 
Nip in, et à la grande mortification de Kore masa , qui se flattait d'obtenir cette 
charge. Dans sa colère , celui-ci implora de nouveau les dieux pour qu'ils 
fissent mourir le Kwanbak ; mais ce vœu ne fut pas exauce. 

A cette époque , une maladie contagieuse fit périr un grand nombre des 
officiers de la cour du Dairi. 

Le 7 e mois , Mitsi naga devint Oudaïsin , et fut chargé des soins du gou- 
vernement. 

Le 1 er mois de la 2 e année (996 ) , le Fo wô Kwa san fit un voyage dans le 
Kinaî , ou la province de la cour. A son retour à Miyako , il eut une intrigue 
avec ia princesse Taka tsoukasa-no oi-no kimi (Yng szu Szu kiun), et se rendit 
en secret chez elle. La sœur aînée de celle-ci en avait une avec Kore masa. 
Comme le Fo wô venait souvent à cheval chez oi-no kimi , Kore masa en aevint 
jaloux, l'attaqua dans ia nuit, au clair de lune 9 avec son frère cadet le Tsiou- 
nagon Taka ye , et le blessa au côté d'un coup de flèche. Le Fo wô en res- 
sentit une grande frayeur ; mais ayant honte a ébruiter cette affaire , il nen 
ait rien. Cependant elle fut bientôt connue ; et le 4 e mois, Kore masa fut 
exilé dans le Tsoukouzi , et son frère Taka ye dans lldzoumo. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 】55 
Le 7 e mois, Mitsi naga (Tao tchhang) devint Sadaïsin y et Fousiwara-no Aki 
mitsi (Theng yuan Hian kouang) , fils de Kane ye, fut nommé Oudaïsin. 

Le 4 e mois de la 3 e année (997), Kore masa et Taka ye furent rappelés de 
leur bannissement 9 parce que leur sœur la Tsiou gou (l'impéraixice) Sada ko 
(Ting tsu), épouse duDaïri, était accouchée d'un fils. Kore masa, indigné 
d'avoir été exilé, s'était coupé les cheveux; mais le Dain parvint à apaiser sa 
colère. 

Le 7 e mois, le Daïnagon Fousiwara-no Kin souye (Theng yuan Koung khi) , 
le plus jeune des fiis de Moro souke et oncle de Mitsi naga , fut créé 
Nadaïsin. 

Le 8 e mois, mourut Tada-no Mantsiou. Depuis le nengo Kwan wa, qu'il 
se rasa la tête , il avait été reçu dans le Sets, dans la maison Tada-no in. Il avait 
atteint Tâge de 88 ans. Ses fiis Yori mitsi, Yori tsika et Yori nobou excellaient 
dans le maniement des armes, et furent gardes du corps du Daîri. 

Le 9 e mois de la tC année (998), plusieurs barbares méridionaux , habitant 
les îles de lamer de Tsoukouzi, furent pris et conduits à Taisaïfoa. 

Le 5 e mois de la \ n année du nengo Tsiôfô (999), le gouverneur de la 
province de Simotske Taïra^no Kore fira se battit , dans le pays de Kwan to , 
avec Taïra-no Moura yori. Le Daîri ayant envoyé des juges pour rechercher 
qui avait tort, Moura yori fut banni. 

Le 8 e mois , on expédia l'ordre à Taïsaïfou de mettre à mort les barbares 
du midi , qui avaient commis des pirateries. 

Le 1 I e mois, Àki ko , fîiie de Mitsi naga , vint à la cour; et comme la Tsiou 
gou ou impératrice Sada ko était morte, le Daîri répousa. 

Le 5 e mois de la 3 e année (1001 ), une maladie contagieuse désola l'em- 
pire. On bâtit un temple k Moura no (Tsu ye) , et l'on y célébra une fête en 
l'honneur du dieu de la santé. Ce temple porte à présent le nom de Gori you 
(Yu ling). 

Le 11 e mois, le daîri ou palais impérial fut détruit par le feu. 
Le 1 2 e mois , mourut Figasi san sich-no Nio in sen si , veuve de Yen yu in. 
Le 5 e mois de la 4 e année (1002), le prêtre Ziak sô (Isy tchao) 1 partit 
pour la Chine ; il y resta et ne retourna plus au Japon. 



(1) 昭 1ÊT Ziak sô (Tsy tchao) , ou avec 
son titre honorifique, Jr |8| Ghen 

tô dai si (Yuan thoung tai szu) 9 ne savait pas la 
langue chinoise pariée; mais il formait parfaite- 
ment bien les caractères avec lesquels elle s'écrit. 
Il composa un irofa ou alphabet japonais de 47 



lettres, qui ne diffère pas beaucoup du fira 
kana, encore en usage, mais qui n'avait pas la 

dernière lettre o kio (king) , laquelle ne sert 

en effet qu a écrire le nom de la capitale de 
l'empire. 一 Kl. 



20 



15 な ANNALES 

Le 5 e mois, le Daïn envova des ambassadeurs aux vinfft-un principaux 
temples de l'empire. 

Le 10 e mois de la 5 e année (1003), il s'installa dans le nouveau palais. 

Le 10 e mois de la 1" année du nengo Kwan ko [ iOO ん), l'empereur se ren- 
dit pour la première fois au temple de Kita no (Pë ye). 

Le 2 e mois de la 2 e année (1005) , il permit à Kore masa de venir à la 
cour, et le chargea de l'administration. 

L,e 1 er mois de la 5 e année (1008), Kore masa fut élevé à un rang égal à 
celui Daîsin. 

Le 2 e mois, le Fowô Kwa san mourut à l'âge de 41 ans. 

Le 4 e mois, la Isiou gou Àki ko (Tchang tsu) établit sa résidence dans le 
palais Ziô tô mon in (Chang toung men yuan), et en adopta le nom. Elle avait 
Mourasaki sik boa (Tsu chy pou) pour première dame de sa cour. Sensi Naï 
sin o , prêtrésse du dieu Kamo , demanda à Ziô tô mon in un ouvrage sur les 
evenemcns anciens ; celle-ci chargea Sik bou d'en composer un qui fût in- 
titulé Ghen si-no monogatari (Yuan chi wë yu) , c'est-à-dire , Histoire de la 
famille de Ghen ou Minamoto. Ce livre fut présenté à Sensi. 

Le /' mois de la 6 e année (1009), Nakatsou kasa-no kio Ghifeï sin o ( Tchoung 
wou king Kiu phing thsin wang), prince imperial du second rang, mourut 
âgé de 4b ans. 

Le 12 e mois, le Sanghi Sougawara - no Souke masa ( Kouan yuan Fou tching) 
mourut âgé de 85 ans; il excellait dans toutes les branches de la littérature. 
On lui sacrifia , après sa mort , dans le temple de Kita no. 

Le 1 er mois de la 7 e année (1010) , Kore masa mourut, âgé de 37 ans. 

Le 10 au 6 e mois de la 8 e année ( 1011) , le Daïri étant infirme résigna 
l'empire en faveur du Taïsi Souke sada sin o (Kiu tching thsin wang) , et mou- 
rut le 22 9 à l'âge de 32 ans : il en avait régné 25 , savoir, 2 avec le nengo Yeï 
y in, 1 avec celui de Yeï zoo , 5 avec celui de Isiô riak, 4 avec celui de £$iô 
tok, 5 avec cciui de Tsiô fô, et 8 avec celui de Kwan kâ. 



LXVII. DAÏRI ?完條 三 SAN ZIO-NO IN. 

(De 1012 à 1016 de J. C.) 
Nengo 寿-長 Ts 厶 wa (Tchhang ho), de 1012 à 1016. 

San zio-no in (San tiao yuan) était le second fils de Reï zen in; avant son 
avènement au trône, il portait le nom de Souke sada ; sa mère 1,0 daï gou 
( Houang ta heou) Fousiwara-no Teou si (Theng yuan Tchao tsu) était fille 



DES EMPEREURS DU JAPON. 155 
du régent Kane ye (Kian kia). li avait été nommé Taïsi pendant le règne 
d'Itsi sio-no in; et à la résignation de celui - ci, il fut proclamé Daïri, le 6 e mois 
de la 8 e année du nengo Kwan kô , ayant alors dS ans. Mitsi naga (Tao tchang) 
fut Se siô ou régent. 

Le 10 e mois , l'ancien Dam Reï zen Taï zio ten o mourut âgé de 62 ans. 

Le 8 e mois de la 1™ année du nengo Tsiô wa (1012), le Daïri épousa Ken si 
(Kian tsu), fille de Mitsi naga. 

Le 5 e mois , le Dairi envoya une offrande en grains aux dieux des vingt-un 
yasiro (che), ou principaux temples de l'empire l . 

Le 9 e mois de la 2 e année (1015), il se rendit au palais de Mitsi naga. 

Le 11 e mois, il visita le temple Iwa si midzou , et le 12 é mois, le temple 
de Kamo ; ce qui fut également observé par ses successeurs. 

Dans le même mois, Foasiwara-no Masa nobou (Theng yuan Ya sin) , officier 
de la Tsiou gou ou impératrice , fut tué par un militaire , nommé Fousiwara-no 
Kore kane. Mitsi naga , indigné de cet assassinat , le fit arrêter et mettre en 
prison. 

Le 9 du 2 e mois de la 5 e année (1014) , le palais impérial fut détruit par 
un incendie. 

Le 5 e mois , le Dam étant allé à ia demeure de Mitsi naga , s'y amusa à 
monter à cheval et à tirer de l'arc. 

Le 6* mois, G hen sin (Yuan sin, , prêtre du temple Ye sin in (Hoei sin yuan ) 
sur le mont Yeï san , mourut. 

Le 9 e mois de la 4' année (1015) , le nouveau païais fut achevé. 

Le 10 e mois, le 50* anniversaire de Mitsi naga fut célébré. 

Le 1 I e mois, le palais fut de nouveau réduit en cendres. 

Le 1 er mois de la 5 e annéé (1016), le Dam devint aveugle ; ii résigna en 
faveur du Taïsi Atsou nari (Tun tchhing) , et prit le titre de Taï zio ten o, 
après avoir régné 5 ans , avec le nengo 1 siô wa. 

(1) On trouvera les noms des vingt-un tfj 4- yasiro sous rannée 1059. — Kl. 



20 



156 



ANNALES 



LXVIII. DAÏRI 院银ー 後 GO ITSI SIO-NO IN. 

(De 1017 à 1056 de J. C.) 
Kwan nin ( Kouan jin) , de 1017 à 1020 , 

Dzi an (Tchi ngan), de 1021 à 1025, 

Man zio (Wan cheou ) , de 1024 à 1027 , 

Tsiô ghin (Tchhang yuan) , de 1028 à 1056. 

Go ITSI sio-no in (Heou y tiao yuan ) , nls cadet de Itsi sio-no in, portait au- 
paravant le nom d'Atsou nari. Sa mère l'impératrice (Isiougou) Foasiwara-no 
Aki ko (Theng yuan Tchang tsu) , nommée ensuite Zw tô mon in , était fille 
du Sadaisin Mitsi naga. Go itsi sio-no in avait été déclaré Taisi sous le règne 
de San zio-no in, qui lui céda l'empire , le 1 er mois de la 5* année du nengo 
1 siô wa. Il fut proclamé Dam n'ayant que 9 ans; son grand-père Mitsi naga 
resta refirent. Un nls de San zio-no in, nommé Àtsou akira (Tun ming) 9 fut 
déclaré Taisi. 

Le 22 du 1 er mois de la 1" année du nengo Kwan nin (1017), quelques 
voleurs ayant pénétré pendant la nuit dans le palais impérial , furent tués à 
coups de flèche par Fousiwara-no Naga souke et Fousiwara-no Yosi taka, offi- 
ciers de Mitsi naga. Le Dairi leur accorda des récompenses. 

Le 3 e mois , Mitsi naga se démit de la cùarge de Sadaisin ; FOuaaisin Aki 
mitsi (Hian kouang) lui succéda. Le Nadaïsin mn sonye (Koungki) devint Ou- 
daisin , et le Daînagon Yori mitsi (Laï thoung) , fils de l'épouse légitime de 
Mitsi naga, fut fait Nadaïsin ; son père lui céda dans la suite la place de ré- 
gent de l'empire. Il était âgé alors de 26 ans, et son frère cadet, le Tsiouna- 
gon Koré mitsi ( jviao thoung) , fut iait Sadaisio , ou grand général de la gauche. 

Le d du 5 e mois, Mitsi naga distribua des dons à plus de 5,000 pauvres , 
dans un bâtiment construit par ses ordres , dans ia rue Itsi sio-no mats. 

Le 9 de ce mois , le Taï zio ten o San zio-no in mourut , âgé de 42 ans. 

Le 27 du 6 e mois, quelcrues voleurs entrèrent de force dans le trésor de 
Mitsi naga, et emportèrent environ 1,500 onces de poudre d'or; quelques 
mois après , ils furent arrêtés dans la province de Farima. 

Le 8 e mois, Atsou akira sin o, qui était 宮 來 Tô goa ou successeur du 
trône , fut attaqué d'une maladie cutanée. Ayant résigné pour cette raison , 
il reçut le titre d,0 itsi sio-no in (Siao y tiao yuan), et , avec l'autorisation du Taï 
zio ten o, son frère cadet Atsou yosi (Tun liang ) fut nommé Tô gou ou Taisi. 




DES EMPEREURS DU JAPON. 157 
Le 9 e mois, Mitsi naga (Tao tchhang) se rendit au temple Iwa si midzou, 
accompagné de plusieurs des serviteurs du Daïri ; ils trouvèrent en chemin 
beaucoup de filles vagabondes. De là il alla au passage du Yoto gawa (Tian 
tcn^iouan ) , se promena sur ce fleuve avec sa suite , sur une cinquantaine 
de barques. Une de ces barques coula bas , et plus de trente personnes furent 
noyées. 

Le 1 2* mois , Mitsi naga fut nommé 1 ai zio daïsin ; le Daïri dépêcha vers lui 
le régent Yore mitsi pour le lui annoncer. 

Le 5 du 1 er mois de la 2 e année (1018), le Daïri prit la robe virile ; Mitsi 
naga lui posa la couronne sur la tête. Ses cheveux lurent rasés par Yori mitsi. 

Le 3 e mois, Isi (Wei tsu), fille de Mitsi naga 9 vint à la cour, et le Daïri 
répousa. Plus tard, elle devint Tswu goa (Tchoung koung) ou impératrice. 

Le 10* mois, l'empereur se rendit au palais de Mitsi naga. 

Le 5* mois de la 5* année , Mitsi naga se rasa la tête et se fit moine ; il 
avait alors 54- ans; il prit ie nom.de Nou do (Jy tao). 

Le k du 4 e mois , plus de cinquante vaisseaux de pirates étrangers firent 
une invasion dans l'île d'Ikî , et attaquèrent le commandant Fousiwara-no Masa 
tada ( Theng yuan Li tchoung). Aussitôt qu'on en eut reçu la nouvelle à Taï- 
saîfou, la garnison de cette place fut envoyée pour détruire ces pirates. 

Le 9 e mois , Mitsi naga se rendit au temple Tôdaïsi , pour y vivre dans la 
retraite. 

Le 12 e mois, Yori mitsi quitta le poste de régent, et devint Kwanbak. 

Le 2 e mois de la hC année ( 1020 ) , Mitsi naga fonda lé temple Fots sio si ( Fâ 
tchhing szu et à côté une salle nouvelle gommée Mou rio su in ( Won liang 
cheou yuan ) ou le palais d'Amidâbha. Il avait fait faire neuf images du dieu 
Amida , hautes de six dziô (tchang) ou toises ; il les y plaça avec plusieurs au- 
tres images divines. 

Le 7* mois , les portes du palais impérial furent fortement endommagées 
par un ouragan. 

Le 5* mois de la 1" année du nengo Zi an (1021), le Sadaïsin Fousiwara- 
no Aki mitsi mourut âgé de 78 ans. 

Le I e mois , l'Oudaisin Kin souye fut avancé à l'emploi de Taïzio daïsin , le 
Kwanbak et Nadaîsin Yori mitsi fut iait Saaaisin , Fousiwara-no Sane souke Ou- 
daïsin , et Fousiwara-no Nori mitsi Nadaism. 

Le 1 e mois , le Daïri se rendit au temple de Kasouga. 

Le 7* mois de la 2 e année (1022), Mitsi naga donna une fête dans la salle 
dorée du temple Fo zio si ; le Dain alla y faire sa dévotion , accompagné du 
Taïzio daïsin Kin Souyé et de beaucoup d'officiers de rangs inférieurs. Les 



158 ANNALES 

épouses de trois Daïris, savoir, la Taï o Taï gou Siôsi , ÏO taî o gou Kensi et la 
Tsiou gou hi, y vinrent avec lui ; toutes étaient filles de Mitsi naga , qui , pour 
avoir fondé cette salle , reçut le titre de Go dô-no Kwanbak. 

Le 5 e mois de la I" année du nengo . Man zio (1024), plusieurs voleurs 
furent arrêtés et jugés à Miyako. 

Le 9 e mois , le Dam se rendit à la maison de Y ori mitsi. 

Le 12 e mois , le Daînagon Foasiwarartio Kin tada (Theng yuan Koungjm) se 
dévoua entièrement au service du Dain ; il était fils de Yori tada , et excellait 
dans la poésie et dans la musique. Il est l'auteur de Fouvrage Wa kan rô yei 
(Wo han lang young) ou recueil des meilleures chansons chinoises et japo- 
naises. 

Le 8 e mois de la 2 e année (1025), la princesse Fousiwara-no Ki si ( Theng 
yuan Hi tsu) , fille de Mitsi naga et femme du Taisi Atsou yosi, accoucha d'un 
fils, et mourut le 5 e jour après , âgée de 19 ans. Depuis le temps de Itsi sio- 
no in, Mitsi naga avait toujours eu du bonheur ; cette mort fut la première 
calamité qui lui arriva. La princesse défunte fut honorée du premier rang de 
la première classe. 

Le I er mois de la 4 e année (1027), le Daïri fit une visite & sa mère Zio tô 
mon in. 

Le 9 e mois , la Kwo o kisaki Ken si , fille de Mitsi naga et veuve de Sansio-no 
in, mourut âgée de 34 ans. 

Le 11* mois 9 Mitsi naga tomba malade ; les impératrices Zio tô mon in et 
la Tsiou gou firent reciter des prières pour son rétablissement. 

Le 26, le Daïri se rendit dans le même but au temple Fols sio si. 

Le 1 er du 12 e mois, Mitsi naga mourut âgé de 62 ans. Pendant 50 ans, et 
sous trois Daïris, il avait occupé les postes éminens de régent et de Kwanbak. 
Itsi sio-no in , San sio-no in et le Dain régnant étaient ses gendres ; ses fils avaient 
les emplois de Sets zio et de Kwanbak. Aka some i mon ( fchhy jen weï men) 
a décrit sa vie dans un ouvrage japonais en 40 volumes , et intitulé O ban 
Mitsi naga-no yeï kwa-no sirou. 

Le 4 de ce mois , le Daînagon Fousiwara-no Aki nari ( Theng yuan Hing 
tchhing) mourut âgé de 56 ans. Il était renommé pour la beauté de son écri- 
ture. 

Le 4 e mois de la l w année du nengo T$o ghin (1028) , le prince de Figo 
Taka sina - no Nari akira ( Kao kiaï Tchhing tchang) , Fousiwara-no Toki to ( Theng 
yuan Chi yuan) et Taîra-no Tame aki ( Pning weï hing) se firent la guerre entre 
eux. Le Daïri fit prendre des informations pour savoir qui d'eux avait tort- 

Le 6 e mois , le Sake-no kasousa-no souke i aïra-no Tada tsoane (Phing tchoung 



DES EMPEREURS DU JAPON. 159 
tchhang) se révolta dans la province Simotské ; le Daïri ordonna à l,Oudaïsin 
Sane Souke d'envoyer Taïra-no Nao kata ( Phing Tchy fang) et Naka wara-no 
Nari mitsi ( Tchoung yuan Tchhmg tao) à la tête des troupes des pays 
de Tokaï et de Tosan , pour punir ce rebelle. 

Le 6 e mois de la 2 e année (1029) , le Kwanbak Yori mitsi se rendit à Siro- 
kawa avec ceux des officiers du Daïri , d'un rang inférieur à celui de Daisin , 
pour s'y amuser par la musique et îa course des chevaux. Depuis la mort de 
Mitsi naga , ce ministre dirigeait toutes les affaires à son gré. 

Le 10 e mois, le Taïzio daisin Fousiwara-no Kin souye mourut âgé de 72 
ans. Il fut nommé Kaï kô ou prince de Kai , et eut le titre posthume de JMin 
ghi kô (Jin i koung). 

Le 12 e mois, Nakawara-no Nari mitsi fut rappelé , ayant été défait dans la 
province de Simotské par le rebelle Tada tsoune. 

Le 5 e mois de la 5 e année ( 1030), le prince d'Awa Fousiwara-no Mitsi nari 
(Theng yuan Kouang nie) , redoutant Tada tsoune , s'enfuit à Miyako ; le Daïri 
nomma Taïra-no Masa souke à sa place. 

Le 9 e mois, Taïra-no Nao kata fut rappelé , pour ne pas avoir mis à la rai- 
son Tada tsoune , et Minamotto-no Yori nobou (Yuan Lai sin ) , prince de Kaï , 
fut chargé de rassembler les troupes dans le Ban dô ou Saka tô ( voyez page 54 , 
note 1), et de le soumettre. 

Le 4 e mois de la 4 e année (1051), il assiégea le château de Tada tsoune. 
Il ne pouvait l'investir complètement, parce qu'il était situé sur le bord de 
la mer , et que Tada tsoune en avait éloigné toutes les barques , pour ne pas 
être attaqué de ce côté. Yori nobou, en homme de talent , chercha un endroit 
guéabie ; l'ayant trouvé , il y passa à la tête de toute sa cavalerie. Tada tsoune, 
voyant qu'il n'y avait pas moyen d'échapper , se rendit à discrétion. Yori no- 
bou le conduisit à Miyako ; mais il tomba malade en route , et mourut dans 
la province Mino. On lui coupa la tête ; elle fut exposée à la porte de ia 
prison publique. 

Le 10 e mois, l'impératrice Ziô tô mon in alla faire ses prières aux temples du 
dieu Fatsman , à fourni yosi (Tchu ky). 

Le 11 e mois de la 6* année (1035) , on célébra le 70 e anniversaire de 
Minamotto-no Rin si , décorée du second rang de la premiere classe , et veuve 
de Mitsi naga. C'était ia mère de Ziô tô mon in et la grand'mère du Daïri. 

Le 9 e mois de la 7 e année (1054) , le Dairi envoya un de ses parens, ie 
Daï tsiou sin-no souke tsika , à Ize, pour y iaire des prières en son nom. Revenu 
à Miyako , celui-ci offrit à ce prince une pierre précieuse bleue , qu'on avait 
trouvée parmi des fruits de pin. 



160 ANNALES 

Le 6* mois de la 8 e année (1035), Sensi naï sin o, fille de Mourakami ten o 
et prêtresse du dieu Kamo, à Ize, mourut âgée de 92 ans; Ziô tô mon in en 
fut fort affligée. 

Le 1 / au 4- e mois de la 9 e année (1036), le Daïri mourut à Fâgc de 29 
ans. Le Tsiounagon Minamotto-no Aki moto (Yuan Kian khi), qui l'avait servi 
constamment , se retira dans son affliction au temple à'Ofara (Ta yuan ) et 
se fit prêtre. La veuve de ce Dam la Tsiou gou hi mourut dans le 7 e mois. 
Ce prince avait régné 20 ans; 4- avec le nengo Kwan nin, 5 avec celui de Zi 
an , 4- avec celui de Man zio , et 9 avec celui de Ziô ghin. 



LXIX. DAÏRI 院崔朱 後 GOZIU ZIAK-NO IN. 

(De 1057 à 1045 de J. C.) 

1 麼長 Tsiâ riak (Tchhang ly), de 1037 à 1039, 
久長 Tsiâ kiou (Tchhang kieou) , de 1040 à 1043, 
德 *p Kwan tok (Kouan te), de 1044 à 1045. 

Go ziu ziak - no in (Heou tchu tsio yuan ) était fils de Yets si(hno in , et 
nommé auparavant 纖 yosi; sa mère était l'impératrice Ziô tô mon in. Il avait 
été créé Taïsi le 8* mois de la 1" année du nengo Kwan nin , et fut proclamé 
Daïri , le 7* mois de la 9* année du nengo Tsiâ ghin, à l'âge de 28 ans. Le 
Sadaîsin Yori mit si devint Kwanbak, et chargé du gouvernement. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Tsiâ riak (1057 ) , le Daïri épousa Ghen 
si (Yuan tsu), fille de Yori mitsi; nétant que Taïsi , il avait été marié avec 
Ki si (Hi tsu), fiiie de Mitsi naga 9 laquelle , étant accouchée d'un fils, mourut 
trois jours après. Depuis, il avait pris pour femme Teî si naï sin o (Tchingtsu 
neï wang) , fille du Daïri San zio-no in , de qui il avait eu un fils nommé Mori 
fito (Tsun jin). D'autres prétendent que Ghen si était fille d!At$ou yasoa sin o 
( Tun kfaang sin wang ) , frère aîné du Daïri ; que Yori Mitsi l'avait adoptée et 
conduite à la cour , et quelle fut mariée au Daïri , qui l'épousa le 5 e mois , 
et lui donna le titre de Tsiou gou. 

Le 1 er mois de la 2* année (1058), Fempereur fit une visite à Ziô tô mon in. 

Dans l'hiver de la même année , il nomma le Sôzio Mio son ( Ming tsun ) 
grand - prêtre du temple Mi dera ( San tsing szu ) , Ten dm sasou , ou chef de 
l'observance de Tendai. 

Le 2 e mois de la 5* année (1059) , tous les prêtres de l'observance du mont 
Yeï san représentèrent à Yori mitsi par écrit que le Sôziô Mio son n'était pas 



DES EMPEREURS DU JAPON. 161 
propre à être chef de l'observance de Tendaî , puisqu'il n'était que disciple de 
Tsi dé , et qu'il fallait plutôt investir de cette haute dignité ecclésiastique un 
disciple de Zi gak. Yori mitsi répliqua qu'il était indifférent de qui il fut dis* 
ciple , et que son grand savoir le rendait digne d'être chef de l'observance 
de Tendaï. Les prêtres du \ ei san , mécontens de cette décision , s'attrou- 
pèrent devant la maison de Yori mitsi , et commencèrent à démolir les co- 
lonnes de l'entrée. Aussitôt celui-ci ordonna à Taïra-no Nao kata de les chasser 
de là ; plusieurs d'entre eux furent tués et blessés ; on saisit le grand-prêtre 
du Yeï san , et on l'envoya en prison. 

Le 5 e mois , l'impératrice Ziô tô mon in se rasa la tête , et prit Mio son (Ming 
tsun ) pour guide spirituel. 

Le 22 du 8* mois , le Dam envoya des ambassadeurs aux vingt-deux yasiro 
(che) ou autels principaux de l'empire , qui sont ceux d'Ize (I chi), d'Iwa si 
midzou (Chy thsing choui) , le supérieur et î inférieur de Kamo ( Ho meou), de 
Mats-no o ( Soung weï), de Fira no (Phing ye), d'Inari (Tao ho), de Kasouga 
( Tchhun jy) , de faro no (Ta yuan ye) , de Daï sin (Ta chin) , à y Iso-no wouye 
( Chy chang) , de Yamato (Ta ho), de Firo se (Kouang laï), de Tats ta (Loung 
tian), de Soumi yosi (Tchu ky), à'Oume^no miya (Meï koung) , de Yosida (Ky 
thian ) , de Firo da (Kouan thian) , de Gni won (Khi yuan) , de Kita-no (Pë ye) , 
de Nibou (Tan seng), et de Kifoune (Kuei tchhouan). 

On fait dans ces temples , chaque année , le service divin par ordre du 
Daïri , qui alors y envoie des présens. 

Le 9* mois de la 1" année du nengo Ziô kiou (1040), le palais impérial 
fiit réduit en cendres; l'un des trois joyaux de la couronne , le miroir dmn 
(voyez page 52), se brisa par la chaleur. On rassembla pourtant les pièces qu'on 
reconnut par leur éclat , et on les déposa dans un temple. Le Dain se retira 
au palais Tofok in ( Toung pe yuan), bâti par l'impératrice Ziô tô mon in , à 
côté du temple Fo ziô si (Fâ tchhing szu). 

Le 4 du 5 e mois de la 2 e année (1041 ), il alla donner un festin au milieu 
des fleurs : les poëtes lui offrirent des vers; ceux d'entre eux qui y excellaient , 
furent gratifiés d'emplois plus considérables. Cette coutume , qui a commencé 
du temps de Saga et de Ziun wa ten o , est encore en vogue. 

Le 5 e mois de la 3* année (1042), le Daïri épousa la fille du Dalnagon ilfi- 
namottHio Moro fousa (Yuan Szu fang) , petit-fiis de Moura kami ten o, fils de 
Tomo firo, et gendre de Mitsi naga. 

Pendant l'été de la 4 e année (1043), il y eut une grande sécheresse; le 
Daïri ordonna au prêtre Ni Aaf(Eul haï) d'oftnr des sacrifices pour obtenir de 
la pluie. Ses prières ayant été exaucées , il eut la permission d'aller en voiture. 

2 1 



162 ANNALES 

Le 10 e mois de la l w année du nengo Kwan tok (1044), l'impératrice Zi&- 
tô mon in tomba malade ; elle fit réunir dix mille prêtres pour implorer sa 
guérison. 

Le 18 du 1* mois de ia 2 e année (1045), le Daîri mourut âgé de 57 ans. 
Quoique très-instruit , ce prince fut obligé , dans tout ce qui avait rapport au 
gouvernement, de se plier à la volonté de Yori mitsi. Il régna 9 ans , savoir , 
5 avec le nengo Ziâ riak , 4 avec celui de Ziô kiou , et 2 avec celui de Kwan tok. 

LXX. DAÏRI 院泉ゅ 後 GO REÎ ZEN IN. 

(De 10 な 6 à 1068 de J. C.) 
未 Yeizeâ ( Young tchhing) , de 10 な 6 à 1052, 

Ten ki (Thian hi) , de 1053 à 1057, 

Nengo ( ^"へ 

平 泉 Kâfeï (Khang phing) , de 1058 à 1064, 




j^yù Dzi riak ( Tchi 巧), de 1065 à 1068 . 

Go reï zen in (Heou leng thsiuan yuan) était fils de Go zia ziak-no in, et 
portait, avant de monter au trône, le nom de Isika fito (Thsinjm). Sa mère, 
Foasiwara-no Ki si (Theng yuan hi tsu), était fille de Mitsi naga (Tao tchhang). 
Go reï zen in avait été nomme faisi par Go ziu ziak , et fut proclamé Daïri 
à l'âge de 21 ans , le à 9 mois de la 2* année du nengo Kwan tok. Yori mitsi 
continua d'être Kwanbak. 

Le 1" mois de la 1" année du nengo Yeïzeo ( 1046) , rOudaîsin Fousiwara- 
no Sane souke mourut âgé de 90 ans. Il était petit-fils de Sane yori, et avait 
composé le Ko you ki (Siao yeou ki ) , ouvrage historique. 

Le V mois, le Daîri épousa Siâ si (Tchang tsu) , fille du Daîri Go iUx sio. 

Le 8 e mois de la 2 e année ( 1 047 ) , Nori mitsi (Kiao thoung) , qui était Nadaï- 
sin, devint Oudaism, et le Daïnagon Yori moane (Lai tsoung) Nadaisin ; tous 
les deux étaient frères cadets de Yori mitsi. 

Le 1 1* mois de la 4 e année (1049), l'empereur réunit au palais des poètes 
qui composèrent des pièces de vers. Cette coutume était en usage depuis le 
temps de Moura k 象 mi ten o. 

Le 12 e mois , le Daïri alla au temple Kasouga , où il ofirit des sacrifices à 
toutes les divinités protectrices de l'empire. On lui présenta alors un grain 
de siari ou reliques de Bouddha. 

Le 10 e mois de la 5* année ( 1050), ii fit une visite à sa grand'mère Ziô tô 



mon in. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 163 
Le 12 e mois, ii épousa Kwan si ( Kouan tsu) , fille de Yori mitsi, et la nom- 
ma impératrice. 

La 6* année (1051), Yori mitsi fonda à Oudzi le temple Bid dd in (Phing 
teng yuen )• 

Dans la même année, Âbe-no Yori toki, chef des peuples révoltés ( Iboukou ) 
de la province d'Oziou, excita des troubles et s'empara de ce pays. Le Dairi 
envoya Minamoto-no Yori yosi (Yuan Lai i) pour le punir. Yori yosi était petit- 
fils de Tada-no Mantsiou et fils de Yori nobou : dans la guerre entre son père et 
Tada tsoune , il avait remporté la victoire ; ce qui le fit respecter par toutes 
les troupes du Kwantô. Aussitôt qu'il arriva dans FOziou , il dompta les 
rebelles , et la tranquillité fut rétablie. Sada tao ( Tching jin ) devait être 
châtié pour avoir enfreint les lois; son père Yori toki (Laî en り en fut offensé 9 
partit avec lui pour son château à Aomori gawa (I ho), où ii se fortifia, et 
refusa d'obéir. Yori yosi assembla alors une armée de dix mille hommes , 
avec laquelle u attaqua Komori gawa ; mais il ne put réduire cette place. 

Le 1 I e mois de la 7 e année (1052), le Daïri alla aux temples Mats-no o et 
Fira no , qui avaient été visités souvent par ses ancêtres. 

Le 6 e mois de la 1™ année au nengo Ten ki (1055), Minamoto - no Kin si 
(Yuen Lun tsu), mère de Yori mitsi, mourut âgée de 90 ans; elle était la 
bisaïeule du Daïri, 

Le 9 e mois de la 5 e année (1057), Yori yosi en vint aux mains dans la pro- 
vince d'Oziou avec Yori toki , qui fut tué par une flèche. Sada tao rassembla le 
reste de ses troupes à Kawa saki (Ho khi ) ; d'autres prétendent qu'il se rendit 
maître du château de Kawa saki. Le 1 1* mois, Yori yosi , avec plus de onze cents 
hommes, attaqua ses retranchemens; mais Sada tao, qui avait quatre nfflie 
combattans , fit une défense vigoureuse. Pendant le combat, il s'éleva une forte 
bourrasque accompagnée de neige ; les soldats de Yori yosi , déjà épuisés par 
le manque de vivres , en perdirent la vie , à l'exception de sept cavaliers, savoir, 
Yori yosi et son fiis Yosi je , Fousiwara-no Kaghe mitsi, Ooya-no Mitsi taka, 
Kiyôwara^no Sada firo, Fonsiwara-no Nori souye et Fonsiwarœ-no Nori akira , qui 
furent enveloppés par le nombre des ennemis. Yosi ye, âgé alors de vingt ans, 
et tirant supérieurement de l'arc , en tua plusieurs ; tous se défendirent avec 
un tel courage , que leurs adversaires se retirèrent fatigués , et que Yori 
yosi, son fils et ses compasmons , purent iaire leur retraite. Les ennemis, 
stupéfaits d'une pareille résistance , déclarèrent hautement que Yosi ye devait 
être le Fatsman tairô (Pâ fan tai lang) ou dieu de la guerre. Il fut postérieure- 
ment adoré sous ce titre dans le temple Fatsman gou , à Iwa si midzou. 

Le 12 e mois, Yori yosi ordonna à Minamoto-no Toki yori, prince de Dewa, 

21* 



m ANNALES 

et i plusieurs autres chefs subalternes , de rassembler des troupes dans toutes 
les provinces ; mais ils ne purent réussir , faute de vivres. Sada tao , dont 
l'audace augmentait par ses succès , pilla les tributs que les différentes pro- 
vinces envoyaient au Dairi. Il poursuivit Yori yosi jusque dans i'Oziou. 

Le 8 e mois de la 1" année du nengo Kâ feï (1058), la salle Dai kok den fut 
détruite par les flammes. 

Le 7 e mois de ia 5 e année (1060), le Kwanbak fori mitsi abandonna cette 
charge , et fut nommé Sadaisin. Nori mitsi lui succéda ; Yori moune devint 
Oudaïsin 9 et le Daînagon Moro sane, fils aîné de Yori mitsi, Nadaïsin. 

Le II e mois de la 4 e année (1061), on célébra le 70* anniversaire de Yori 
mitsi. 

Le 7 e mois, le Daîri visita les temples d'Iwa si midzou et de Kamo. 

Le 12 e mois, Yori mitsi reçut le titre de r iai ziô daï sin. 

Yori yosi ne pouvant réussir à faire rentrer dans le devoir Sada tao dans 
i'Oziou, le Daïri y envoya , la 5 e année (1062), Tsoune sighe, que la peur fit 
revenir sur ses pas. 

Le 7* mois, Kwâ wara-no Take nori ( Thsinsr yuan Wou tsë) , de Sen bok 
(Sian pë), dans la province deDewa, rassembla un corps de dix mille hommes, 
avec lesquels ii vint au secours de Yori yosi , qui alors , étant supérieur en 
forces, quitta au 8 e mois îe i)ewa, pour prendre le camp Ko matsoa (Siaosoung), 
appartenant au prêtre Rô seo (Lang tchao) , oncle de Sada tao; ii y eut un 
engagement avec Moune tao (Tsoung jin), irere cadet de ce dernier 9 et le 
battit vigoureusement. 

Le 5 du 9 e mois, Sada tao sortit de son camp à la tête de huit mille 
hommes ; un combat acharné s'engagea et dura depuis midi jusqu'au soir. 
Yori yosi , Take nori , Yosi ye , et son frère cadet Yosi tsouna , se battirent en 
désespérés. Sada tao fut défait, et se retira à Iwa i gawa (Phan thsing ho) ; 
mais étant poursuivi de près, il se réfugia à Koromo gawa (I ho). Le jour 
suivant 9 Yori yosi attaqua ce ciiateau; Sada tao alors gagna ie camp palissadé 
(Sakou) de Tori-no oumi (Niao hai ). Le 11, ce camp fut pris avec une grande 
perte pour les troupes de Sada tao : celui-ci s'enfuit vers le camp de Kouriya 
gawa (Tchhu tchhouan), ou il fut investi ie 14. Le lb f on se battit jour et nuit; 
beaucoup de monde tomba de part et d'autre. Le i /, Sada tao quitta son camp , 
et engagea ie combat ; mais ii fut tué à coups de pique par les gens de Yori 
yosi , qui ie mirent sur une planche et le portèrent ainsi à leur chef. 11 avait 
plus de six pieds de hauteur ; ia circonférence de son corps était de sept 
pieds quatre pouces ; il fallait six hommes pour le porter : il était alors âgé de 
34 ans. Son uls aîné Isi yo dô zi (Thsian chi tung tsu) 9 âgé seulement de 13 



DES EMPEREURS DU JAPON. 165 
ans , sortit du château et continua le combat. Yori yosi admira son courage , 
et ordonna de l'épargner; mais Take non le fit tuer. Sighe tao et Ye tao , frères 
cadets de Sada tao , et leur compagnon Fousiwara-no Tsoune kiyo , perdirent 
la vie. Moune tao , son frère cadet Nori tao , et leur oncle Tame moto , se sou- 
mirent et obtinrent quartier. 

Cette guerre avait duré douze ans, depuis la 6* année du nengo Yeï sio 
jusqu'à la 5* année du nengo Kô feï. Yosi ye y avait été toujours victorieux , 
ce qui le fit redouter dans toute la partie orientale de l'empire , qui revint 
à robéissance. 

Le 2 e mois de la 6 e année (1065), Yori yosi envoya au Daïri les têtes de 
Sada tao , de Ye tao et de Tsoune kiyo ; à leur arrivée à Miyako , tout le monde 
accourut pour les voir. 

Yori yosi fut élevé au premier rang de la quatrième classe , et nommé 
prince d'Iyo. Yosi ye eut le second rang de la cinquième classe , et devint 
prince de Dewa. Yosi tsoune fut nommé Saye mon-no zeo. Taka nori eut un rang 
approchant du second rang de la cinquième classe 9 et l'emploi de i sin siow-no 
seogoun. Fomiwara-no Souye tosi et Minbou-no Naga nori , qui avaient apporté 
les têtes à Miyako , furent aussi récompensés. 

Le 10 e mois de la 7* année (1064), le Daïri alla au palais Tô fok in ( Toung 
pé yuen ) f pour rendre visite à sa grand'mère Ziô tô mon in. 

Le 2 e mois de la 1" année du nengo Dzi riak (1065), le Fori kawa-no Ou- 
daîsin Foa$iwara-no Yori moune (Theng yuan Lai tsouncr) mourut âgé de 75 ans. 

Le 6* mois , Foasiwara-no Moro sane ( Thener yuan Szu chy) lui succéda 
comme Oudaîsin 9 et Minamoto-no Moro fousa (Yuan Szu fang) comme Nadaisin. 

Le 9 e mois , l'empereur écrivit de sa propre main et en caractères d'or les 
huit explications du livre Fots ke (Fa boua pâ kiang). 

Le 10 e mois, le temple Fo ziô si (Fâ tchhing szu) ayant été rebâti , le Daïri 
y alla donner un repas. 

Le la au 10 e mois de la 5 e année ( 1 0o7 ) , le Daïri , sur l'avis de Yori mitsi , 
alla au palais Biô do in à Ouda , pour s*y divertir par la poésie , par les chap- 
sons , par la musique instrumentale , et par la promenade en bateau. Tout le 
palais était alors orné d'or, d'argent, de perles et de pierres précieuses. Le 
Daïri en revint le 17. 

Yori mitsi s'était fait construire une maison à Oudzi , et c'est pour cette rai- 
son qu'on l'avait nommé Oudzi - no Kwanbak. A l'âge de 70 ans, il avait de- 
mandé d'être déchargé de cet emploi ; mais il ne put obtenir sa démission. 
Depuis, il demeura à Oudzi , où il s'occupa des soins du gouvernement. 

Le 1 er du 1 er mois de la 4 e année (1068), il y eut une éclipse de soleil , le 



166 ANNALES 

Daïri fit tirer un rideau devant la salie où il était assis, et toutes les céré- 
monies de la cour furent suspendues. 

Le 19 du IC mois, le Dain mourut à l'âge de 44 ans, après en avoir régné 
23, savoir , 7 avec le nengo Yeï zeâ、 5 avec celui de Ten ki, 7 avec côiuî de 
Kôfeï, et k avec le nengo Dzi riak. 

LXXI. DAÏRI 院條三 後 GO SAN SIO-NO IN. 

(De 1069 à 1072 de J. C.) 
Nengo 久^ & Yen ghiou (Yan kieou), de 1069 à 1072. 

Go san sio-no in (Heou san tiao yuan) était le second fils de Go ziu ziaK m , 
et nommé , avant son avènement au trône , Taka fit ひ. Il était frère de Go reï 
zen-no in, mais d'une autre mère , qui s appelait Yô me mon in Teï si (Yang ming 
men yuan Tching tsu), et était fille du Dam San sio-no in. 

Le 15 du 1 er mois de la 2 9 année du nengo Kwan tok, Go ziu ziak, étant très- 
malade , eut l'intention de céder l'empire à Go reï zen no in , lorsque le Daï- 
nagon Fousiwara-no Yosi nobou vint lui demander s'il voulait que son second 
fils fut obligé de se faire prêtre l . L'empereur répliqua qu'il desirait le voir 
nommer successeur de Go reï zen. Yosi nobou voulut que cet arrangement fût 
effectué tout de suite ; le Daïri crut que rien ne pressait , puisqu'il y avait déjà 
un Taïsi ; le Kwanbak Yori mitsi fut du même avis. Cependant , sur les vives 
instances de Yosi nobou , la nomination de Tàka fito comme second 1 aisi 
eut lieu le même jour. Ce prince était alors âgé de 12 ans. Yosi nobou lui 
fut adjoint comme premier officier. De cette manière , tout resta tranquille 
à la • mort de Go ziu ziak. Yosi nobou était frère cadet du Kwanbak Yori 
mitsi. 

Lorsque Go reï zen mourut , au 4 e mois de la 4 e année du nengo Dzi riak , 
Taka fito fut proclamé Daïri, à îâge de 55 ans. Pendant qu'il était Taïsi , il 
avait étudié avec ardeur sous la direction d'Omi-no Masa fousa (Ta kiang 
Khouang fang) , homme d'un grand savoir et très-instruit dans la doctrine de 
Siaka, scion l'observance de Ten daï et de 3in goa. 

Fousiwara-no Yori mitsi avait , depuis le règne de Go itsi sio-no in , occupé 



( 1 ) Daprès un ancien usage , le second et 
le troisième fils du Dairi étaient obligés à se 
faire prêtres , à moins qu'une prédilection pour 
l'un d'eux ne portât leur père à le déclarer Taisi 
ou successeur , au pr^udice de son fils aiaé. 



Cet usage fut introduit pour prévenir les trou- 
bles après la mort <Tun empereur, puisque ses 
fils qui avaient embrassé Fétat ecclésiastique , 
ne pouvaient plus prétendre à la succession. 一 
Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 167 
les emplois de régent et de Kwanbak pendant cinquante années , sous trois 
empereurs ; mais le Daïri régnant étant mécontent de ce qu'il avait résisté i 
sa nomination comme Taisi , Yori mitsi demanda sa démission et se retira à 
sa campagne , à Oadzi (Yu tchi) l . 

Son frère cadet , le Sadaïsin Nori mitsi , lui succéda comme Kwanbak; 
Mora sane , fils de Yori mitsi , devint Oudaisin , et Minamoto^no Moro fonsa 
Nadaïsin ; les deux derniers furent en même temps nommés grands généraux 
de droite et de gauche. 

Avant le règne de ce Daïri , les régens de l'empire étaient réellement 
chargés du gouvernement , ce qui rendait leurs parens orgueilleux et hau- 
tains ; mais Go san sio , prince doué de génie et très-instruit, gouverna lui- 
même , et eut soin de rendre justice à ses sujets. Il fit construire un édifice 
où chacun avait le droit de lui présenter ses requêtes et ses plaintes. Jusqu'au 
temps de Go reï zen, l'empire avait toujours été déchiré par des troubles; 
mais à peine y avait-ii un an que le nouveau Dam était monté au trône , que 
le pays jouit de la plus panaite tranquillité. 

Le T mois de la 1" année du nengo Yen ghiou (1069), le Kwanbak Nori 
mitsi fut démis de la charge de Sadaism , et remplacé par Moro sane. Moro 
fonsa devint Oudaisin , et Fousiwararno Noboa naga , fils de Nori mitsi , Na- 
daïsin. 

Les fêtes des temples Iwa si midzou 2 , Kamo et Kasouga arrivant au 8* mois, 
le Daïri s'y rendit. L'institution de la grande fête Fô siô ye 5 fut célébrée . dans 
les provinces Yamato et Yamasiro , par ses ministres et les grands de la cour 
qui y avaient été envoyés. 

Dans le même mois, l'empereur fit une visite à sa mère Yô me mon in. 

Le 5 e mois dé la 2 e année (1070), le Kwanbak Nori mitsi fut nommé Taï 
ziô daï sin ; ce qui lui donna un rang supérieur k celui de son père et de 
son frère , mais moins de revenus 4 . 

Le î I e mois , le Dain visita les temples de Fira no et Kita no. 

Le 1 2 e mois , il fonda le temple d' Yen siô si (Yuan tsoungszu), et s'y rendit 
le jour de l'inauguration. 



( 1 ) Oudzi est un bourg près de Fonsami, dans 
la province de Yamasiro. B produit le meilleur 
thé du Japon. ― Kl. 

(2) Ce temple, appelé en chinois Chy thsing 
ehotti sm, est dédié au dieu Fatsman , et fut bAti 
en l*honneur du 16 e Daïri Osin ten o. ― Kl. 

(5) La féte Fô siô ye (Faog seng hoei) est 
célébrée dans le temple a Iwa si midzou , en 



rhonneur d'O sin ten o. Elle tombe au 15 du 8 e 
mois. Le peuple y apporte tous les poissons et 
oiseaux qu'il a pu prendre ; on jette les poissons 
dans I étang du temple , et Ion fait voler les 
oiseaux. 一 Kl. 

(4) Le Talziâ àai sin est le premier ministre 
de l*empire ; on le nomme Kwanbak , quand il 
est chargé du gouyernement. 一 Kl. 



168 ANNALES 

Le 1 er mois de la 5 e année (1071), il yisita les temples à'Inari (Tao ho) 1 et 
de Ghi won (Khi yuan). 

Le 8 e mois, le nouveau daîri ou palais fut achevé , et l'empereur y établit 
sa residence. , 

Le 1 I e mois, il vint pour la première fois dans le temple Fi yosi (Jy ky) 2 . 

Dans la même année, ily eut une révolte dans la province d'Oziou ; le Daîri 
envoya pour l'apaiser Minamoto-no Yorifosi (Yuan Laî tsiun ) , gouverneur du 
pays de Moûts. 

Le 10 e mois de la A 9 année (1072), il alla au temple Yen siâ si, pour 
assister à une dispute sur différens points de la doctrine bouddhique , entre 
les prêtres du temple Mi dera (San thsing szu) et ceux du temple Kô bok si 
(Hing foû szu). 

Le 12 e mois , il résigna l'empire à son fils aîné Soda fito (Tching jin), après 
avoir régné k ans avec le nengo Yen ghiou. 



(1) Inari, en chinois Tao ho, signifie pro- 
prement grains de riz; mais les temples qui 
portent ce nom sont consacrés au renard (kits- 
ne). Ce quadrupède est très-révéré au Japon. 
On y en trouve deux espèces , le renard blanc 
et le renard ordinaire : on considère le premier 
comme très-intelligent , aussi est-il consulté sur 
toutes les afikires épineuses ; dans toutes les mai- 
sons de gens de qualité, ainsi que dans plu- 
sieurs de personnes (Tune classe inférieure , on 
voit un petit temple qui lui est consacré ; tandis 
que loo chasse le repard ordinaire, comme un 
animal pernicieux. 

Un Japonais , ayant quelque demande à faire , 
ou se trouvant dans une situation embarras- 
sante , offre à son renard un sacrifice , composé 
de riz rouge mêlé de fèves. Trouve-tril le jour 
d'après que tant soit peu en a été mangé, c'est 
un aigne favorable; si au contraire il n、 point 
été touché , il lui reste peu d'espoir. Voici une 
anecdote sur le pouvoir miraculeux du renard 

Japon. 

Un ancien trésorier iippérial de Nimgasaki, Ta- 
kaki Saghemon , grand-père de celqi qui y rem- 
plissait le même emploi en 1782, dépêcha, dit* 
on , un courrier à Yedo avec des lettres pour les 
conseillers d'état. Peu de jours après , U s'aper- 



çut qu'il avait négligé d'enfermer une des lettres 
dans le paquet , oubli qui l'exposait à la plus 
grande disgrace. Dans son désespoir, il eut re- 
cours à son renard, et lui offrit un sacrifice : le 
lendemain matin , il vit à sa grande satisfaction 
qu'une partie en ayait été mangée ; et rentrant 
dans son cabinet, u n'y vit plus la lettre. Il en 
fut fort inquiet, jusqu à ce qa*il en reçût une 
de son commissaire de Yédo, qui lui fit part 
qu'ouvrant la boite , la serrure paraissait avoir 
été forcée en dehors par une lettre pressée 
entre la boîte et le couvercle ; ce fut la lettre 
même qui était restée àNangasaki! Cette histoire 
fit naturellement beaucoup de brait , et donna 
une grande réputation au renard du trésorier. 
Comme, au Japon , les renards sont honorés de 
titres suivant le degré de leur intelligence et 
selon les miracles qu ils opèrent, il obtint pour 
le sien , à force d'argent, à la cour du Daîri , le 
titre de Zw itsi i ou de grand du premier rang de 
la première dasse. Les gens d'esprit se moquent 
de . cette superstition ; mais le peuple , par les 
inspirations des prêtres de Siaka , a une con- 
fiance illimitée dans les renards. 

(2) Ce temple est situé sur une montagne 
awei baute, dans l'enceinte même de Miyako. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 



169 



LXXII. DAIRI 院阿& ZIRO KAWA-NO IN. 

(De 1073 à 1086 de J. C,) 
Yen ghiou (Yen kieou), 1073, 
Ziô fo (Tchhing pao) t de 1074 à 1076, 
Ziô riak (Tchhing ly), de 1077 à 1080, 
Yeîfo ( Young pao) t de 1081 à 1083, 
tok (Yng te) , de 1084 à 1086. 

Ziro kawa-no in (Pe ho yuan), fils de Go san sio, était auparavant nommé 
Sada fito. Sa mère fut l'impératrice Sô kougou Fousiwara-no Sighe si (Theng 
yuan Koung tsu), et fille adoptive du Daînagon Yosi noboa. Go san sio Tavait 
épousée étant 1 aisi , et en avait eu ce fils , qui avait été nommé Taïsi au 
4* mois de la 1" année du nengo Yen gmou. Ziro kawa-no in fut proclamé 
Daïri le 12 e mois de la 4 e année , à l'âge de 20 ans : Go san sio reçut le nom 
d'Itsi in (Y yuan). 

Le 4° mois de la 5 e année ( 1075) , il fit une visite à son père. 

Le 7 du 5* mois. Go san sio mourut âgé de 4I ans. Il avait gouverné l'em- 
pire en personne : après son abdication , il amgea son fils dans les affaires , et 
ranima à suivre son exemple ; de sorte que Nori mitsi n'eut que le titre de 
Kwanbak. 

Le même mois, le Daïri éleva son déiîint grand-père Yosi noboa au rang de 
Taï ziô daï sin , du premier rang de la première olassc. 

Le l w mois de la 1™ année du nengo Ziô fo ( 1074) , le Daînagon Mi- 
namoto-no Taka kouni demanda sa démission ; il était âgé de 71 ans, et alla 
demeurer à Oudzi. Il y fut visité par beaucoup de ses amis , avec lesquels il fit 
des recherches sur l'histoire ancienne de l'empire. Il recueillit de cette ma- 
nière les événemens remarquables dans un uvre , qui d'après lui porta le titre 
d,Oudzi Daïnagon-no monogatari. 

Le / du 2 e mois , le Saki-no Kwanbak , ou ancien Kwanbak , Yori mitsi , ae- 
céda , âgé de 83 ans. A la même époque, mourut aussi sa sœur aînée iA6 tô 
mon in siô si, veuve du Daïri Itsi sio-no in ; elle avait 87 ans. 

Le 9* mois de la 2 e année (1075) , le Kwanbak Fousiwara-no Nori mitsi 
mourut , âgé de 80 ans. 

Le 10 e mois, le Sadaïsin Fousiwara^no Moro sane fut nommé Kwanbak. 

22 




170 ANNALES 

Le 12 e mois, le Daïri alla au temple de Kasouga. • 

Le 10 e mois de la 3 e année (1076), il chassa dans la plaine de Saga (Thso 
ngo): étant sur les bords de la rivière i gawa (Ta tsing tchhouan), il y vit 
tomber les feuilles des arbres rougies par l'automne (momidzi) , et composa 
des vers sur ce sujet. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Ziô riak (1077), il visita les temples 
Iwa si midzou, Kamo , Fira no et fara no. 

Le 2 e mois, l'Oudaïsin Minamoto-no Moro fousa (Yuan szu fang) mourut 
d'un ulcère , à l'âge de 70 ans. Le jour de son décès , le Daïri le créa Taï zio 
daî sin. Ainsi que son père, le prince Tomo fira sin o, il était très-instruit dans 
la littérature du Japon et de la Chine ; tous les deux ont écrit des mémoires 
historiques. 

Le même mois ; le Daïri alla au temple de h i yosi. 

Le 28 du 4 e mois de la 2 e année (1078), il y eut une grande réunion de 
tous les officiers de la cour , dans laquelle on composa des vers en japonais 
et en chinois. Li empereur nomma le Daïnagon MinamoUnio Aki fousa pour 
décider de leur mérite. Fousiwara-no Mitsi tosi , Fousiwara-no Aki souye et 
Minamoto-no Tosi yori excellaient dans la poésie japonaise , tandis que Fou- 
siwara-no Sane masa et Fousiwara-no Atsou mitsi avaient fait les meilleurs vers 
chinois. Omi-no Masafoasa l'emporta dans les deux genres , ainsi que le Tsiou- 
n^on Minamot(Mio Tsoune nobou , qui de plus était un musicien distingue. 

Le 10 e mois de la 3 e année (1079), le Daïri alia aux temples d'Inari et 
de Ghi won. 

Le 8 e mois de la 4 e année ( 1080), le Nadaisin Fousiwara-no Nobou naga fut 
nommé Taï zio dai sin , le Daïnagon Foasiwara-no Tosi ye, frère aîné de Nobou 
naga , devint Oudaïsin , et Foasiwara-no Yosi naga, ûls de Yosi nobou, Nadai- 
sin. Le Kwanbak Moro sane, qui était également Sadaïsi, dirigea avec le Taï zio 
daï sin Noboa naga, toutes les affaires du gouvernement. 

Le 5 e mois, le roi de Kôrai (la Corée j , Oumafi (Wang ping), envoya sur 
ua vaisseau marchand un messager nommé O 'sok teï (Ouang tsé tching) , à 
lai saï fou (dans le Isikotizen). O sok teï était porteur d'uue lettre par la- 
quelle ce prince demandait qu'on lui envoyât le fameux médecin Masa tada 
(Ya tchoung) , de Tamba, pour le guérir d'une maladie très-grave. Le Daïri 
refusa , et la réponse à la lettre fut rédigée par Ominao Masa fousa. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Yeïfo ( 1051) , un prêtre du temple 
de Kobokousi, ayant une querelle avec un des gens de Teno mine^ fut battu 
par cet homme; ce qui irrita tellement les prêtres de son temple , qu'ils se 
réunirent et mirent le feu à la maison de Tono mine. 



DES EMPEREURS DU JAPO*. 171 
Le 6 e mois , les prêtres du temple de Fi yel san se battirent avec ceux du 

temple de Mi dera, qui fut brûlé à cette occasion. 

Le 10 e mois de la 2 e année ( 1082) , l'Oudaïsin Tosi ye ( Tsiun kia) mourut 

à l'âge de 64 ans. 

Le 11 e mois, le Nadaïsin Yosi naga mourut âgé de 61 ans, et Minamoto-no 
Yori yosi à 88 ans. 

Le 12 e mois, le Daïnagon Minamoto-no Tosifousa ( Tsiun fang ) , fils de M oro 
fousa , fut nommé Oudaïsin. Du côté de sa mère , il était petit-fils de Mitsi naga. 

Le 1 er mois de la 5* année ( 1083), le Kwanbak Moro sane fut démis de 
cette place, nommé Saaaism , et remplacé par Minamoto-no Tosi fousa ; Aki 
fousa (Hian fang), frère cadet de celui-ci, devint Oudaïsin , et Moro mitsi (Szu 
tao) , fils de Moro sane, Nadaïsin. 

Le 2 e mois, Siô sin (Seng sin), Fun des ûls du Dairi, fut iait prêtre du 
temple Nin wa si ( Jin ho szu )• Il fut admis à cette occasion dans le second rang 
des princes. Ce fut la première lois qu'un fils de Dairi devint prêtre et reçut 
comme tel un titre honorifique. 

Le 10 e mois, on fit construire une tour de neuf étages près du temple de 
Fo siô si (Fâ cking szu). C'est depuis ce temps au'on a commencé à bâtir des 
temples superbes, pour lesquels on dépensa des sommes immenses. 

Le 9 e mois de la 1" année du nengo tok ( 1084), mourut l'impératrice 
Ken si (Hian tsu). Le Daïri en fut si affligé, qu'il confia pour quelque temps 
radministration du gouvernement à ses ministres. 

Le 5 e mois de la 2 e année , il fit venir le Cha men Syoo (Thseng yu) à la 
cour, pour l'instruire dans la doctrine du Fots ke ghio (Fâ houa king) , qu'il 
goûta de jour en jour davantage. Il fonda, en rhonneur de son épouse décédée, 
plusieurs garan (kia lan ) ou couvens , et copia de sa propre main les livres de 
la loi bouddhique. 

Le 11 e mois de la 5 e année (1086), ii resigna l'empire à son fils le laisi 
Yosijito (し hen jin), et prit le titre de Taï ziô ten o. A son avènement au trône, 
il avait continué le nengo de son père pendant un an ; cest pour cette raison 
que ce nengo Yen ghiou dura 5 ans : ensuite vinrent les nengo Ziô fo de 3 , 
Ziô riak de 4, Yeï fo de D, et O tok de D ans. Son règne a donc été en tout 
de 14 ans. 



22 



172 



■m 

^ ANNALES 



LXXI1I. DAÏRI 院} 可磁 FORI KAWA-NO IN. 

(De 1087 à 1107 deJ. C.) 
K 誰 si (Kouan tchi), de 1087 à 1093, 

Kafoo (Kia pao),de 1094 à 1095, 

Yeï ziô (Young tchhang) , 1096, 

Ziâ tok ( Tchhing le) , de 1097 à 1098 , ' 

Kâwa (Khang ho) , de 1099 à 1103, 

Ziâ $i (Tchhang tchi) , de 110 な à 1105, 

Ka ziô (Kia tchhing) , de 1106 à 1107. 

Fori kawa-no in (Khû ho yuan) , second fils de Ziro kawa-no in, porta, 
avant de régner, le nom de Yosijito; sa mère, la 1 siougou Ken si, était fille de 
rOudaïsin Minamotcnno Aki fousa , qui était d'un rang inférieur à celui de 
Kwanbak. Cette princesse avait été adoptée par le Kwanbak Moro sane, et 
ensuite mariée au Daïri. Né la 2 e année du nengo Ziô riak, Yosi fito avait 8 
ans à son avènement au trône, le il e mois de la 5 e année du nengo O tok. 
Moro sane fut régent ; mais le gouvernement resta entièrement dans les mains 
du Fo wô ou de i,ancien Dam. Celui-ci bâtit alors deux palais , un à Miyako, 
nommé Ziro kawa-no go sio , Fautre à Toba, près de Fosoumi, appelé Zeï nan- 
no rikoa. Au commencement du nouveau règne , ce prince s'occupa de toutes 
les afiaires du gouvernement , de sorte que le Kwanbak et le jeune Daïri ne 
régnèrent que de nom. Comme ce dernier aimait la poésie japonaise , il y eut 
à sa cour plusieurs excellons poètes des deux sexes. Parmi les hommes , on 
cite Minamoto-no Tosi yosi et Fousiwara-no Moto tosi comme les plus fameux; 
parmi les femmes , excellèrent Soawa-no naï si et Ize-no taïfou. Les premiers 
visitaient tous les jours le Daïri, qui avait aussi près de lui plusieurs musiciens 
célèbres ; lui-même jouait supérieurement de la flûte. Toki moto , un de ses 
courtisans , joua en maître sur le siô (seng) 1 . 

Le 5 e mois de la 1" année du nengo Kwan « (1087), Ziro kawa-no Taï zio 
ten o se rendit à Ouazi. 



(1 ) Le seng ou ching est un instrument à 
vent composé de plusieurs flûtes. On peut en 
voir la figure dans le Chou king , publié par 
M. Deguignes , planche I , n° 7, et dans le 



VII e volume des Mémoires concernant les Chinois, 
planche VI , n° 45. Dans le même volume 
(page 228) , on trouve une description détaillée 
de cette espèce d'orgue portatif. 一 Kx. 




DES EMPEREURS DU JAPON. 173 
Le 1 er mois de la 2 e année (1088), le jeune Daïri fit une visite à son père. 
Le 2 e mois, le Fo wô alla aux temples Tô daï si et Kobokousi; il monta en- 
suite sur le mont Ko ya san , et fit ses prières devant l'image de Kobô. 
Le 10 e mois, il visita le temple Fi yeï san. 

Le 1 I e mois, le Taïzio daïsin Nobou naga demanda et obtint sa démission. 
Il avait alors 67 ans. 

Le 12 e mois , le Sets zio ou régent Moro sane fut nommé Taïzio daïsin. 

Le 5 e mois de la 5 e année (1089) , le Fo wô alla une seconde fois au mont 
Yeï san, où il resta pendant sept jours dans le temple du milieu. 

Le 12 e mois , le Daïri se transporta sur le mont Fiko ne san (Yen ken chan ) , 
dans rOomi. 

Le 1 er mois de la 4 e année (1090), il visita le temple Kouma no in , dans 
le kizio. 

Le 10 e mois, ii alla au temple Kiyo midzoa si ( Thsing choui szu) , où il resta 
sept jours. 

Le 12 e mois , Moro sane obtint sa démission comme Sets zio ou régent , et 
fut nommé Kwanbak. 

Le 1 er du 1 er mois de la 5 e année (1091), le jeune Daïri rendit une visite 
à son père. 

Le 4 e mois, il fit venir sa tante (oba) Sake • no saï in fokousi , et l'épousa 
comme impératrice , avec le titre de Tsiougou. 

Dans l'hiver de la même année , Minamoto-no Yosi ye (duquel descendent 
les Seogouns actuels ) marcha vers la province d'Oziou , pour attaquer Kiyo 
wara-no Take fira (Thsing yuan Wou heng ) , et son frère cadet Ye fira (Kia 
heng) ; il les vainquit et y rétablit la tranquillité. Sous le règne de Go reï zen , 
dans la 6 e année du nengo Yen sio , il était allé avec son père Yori yosi , dans 
l'Oziou , pour laire la guerre à Sada tao et à son frère cadet Moune lao , qu'il 
avait vaincus. A son retour à Miyako , Yori ye fut fait prince de Dewa, et Kiyo 
wara-no Take nori, qui s'était fort distingue aans cette guerre par son courage , 
reçut le titre de 1 si ziou fou Seogoun. Il était fort estimé dans les provinces 
de Moûts et de Dewa. Il avait deux fils , dont 1 aîné était Take fira et le cadet 
Ye fira; ils marchèrent sur les traces de leur père. Fousiwara-no Tsoune kiyo 
(Theng yuan King thsing) était un parent de Sada tao, et descendant de Fide 
sato. (Il fut tué en 1062 , de même que les frères cadets de Sada tao. ) Il avait 
laissé un fils , nommé Kiyo fira ( Thsing heng) , et sa veuve épousa Ara kawa 
taïrô Take sada ( Houang tchhouan taï lang Hou tching) , de sorte que Kiyo fira 
devint ûls de Take sada et son seul héritier. Quelques auteurs prétendent 
qu'auparavant elle avait été effectivement mariée avec Tsoune kiyo, mais qu'a- 



174 ANNALES 

lors Take nori l'avait enlevée , et que , dans ce temps , elle accoucha de Ye fira , 
qui par conséquent aurait été frère de Kiyo (ira. Après la mort de Take nori , 
Ye fira se brouilla avec son aîné Take ûra et avec Kiyo ûra. Ce fut à cause de 
cette dispute , que Yosi ye , qui, en 1082, avait été nommé prince de Moûts et 
avait pris possession de cette province , fut parfaitement bien reçu par Take 
fira et Kiyo fira ; mais Ye fira resta dans le Dewa , et refusa de lui obéir. Yosi 
ye entra alors dans cette province ; mais il fut forcé , par la vigoureuse résis- 
tance de Ye fira , de retourner dans le Moûts. Take fira, qui s'était déjà sou- 
mis , voyant que Yosi ye , qu'il tenait pour l'homme le plus brave de l'em- 
pire , était contraint de ceaer à son frère , se rendit aussi dans le Dewa , s'y ré- 
concilia avec lui, et assembla beaucoup de troupes au château de Kana zawa 
(Kin tsë), appartenant à Ye fira. 

Yosi ye y marcha pour l'attaquer. Son frère cadet , Sinra san rô Yosi mitsi , 
qui servait comme Fié ye-no zô de la garde impériale , et par conséquent 
toujours près du Daïri , apprenant la grande guerre qui venait d'éclater dans 
l'Oziou , commença à craindre pour son frère , et demanda à rempereur la 
permission d'y aller. Comme elle lui fut refusée , il s'enRiit pendant la nuit 
de Miyako. Yosi ye se réjouit beaucoup de son arrivée , disant qu'elle était pour 
lui un aussi bon augure que si son père lui-même était venu à soû secours , 
et qu'elle avait doublé son courage. Il assembla un p^fad nombre de troupes 
et bloqua étroitement le château Kana zawa. Kamahoutn-no gon go ré Kagke mu- 
sa (Liang thsang khiuan ou îang King tching) , un des généraux de Yom ye , 
jeune homme âgé de ib ans, qui commàndait lava»t-garde , fut blessé à l'oeil 
gauche û une flèche. Il ne l'arracbâ point , mais tua de la sienne celui qui 
l'avait tirée. Mi oura^no Tame t^oag&a (San phouWei thsfu) , et Ban-no Souke kane 
(Pan Tsou kian ) , deux autres personnes d'un grand courage , firent également 
des prodiges de valeur. Yôsi ye, pour humilier les lâches, les sépara des 
braves. Fousiwara-no Fide kàta (Themg yuafi Sieou fang) se fit distinguer aussi 
par sa vaillance , quoiqu'on ne lui en eût jamais soupçonné. 

Pendant le siège , une grande troupe d'oies sauvages [kali tsoura ) se mon- 
tuèrent devant le camp de Yosi ye , et se disrpe お èretot dans les campagnes 
voisines : îi soupçonna alors que FennOTii avait placé quelque part une embus- 
cade qui effarouchait ces oiseaux ; il fit donc fouâler Je voisinage. On trouva 
eh effet trente hommes dans des marécages ; ils fièrent tous mis à mort. Oomi- 
no Masafousa , cjui était un bon observateur, avait appris à Yosi ye cette règle 
de guerre, qu'il fallait craindre une embuscade , lorsque les oies s'envolaient 
en se dispersant. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 175 
Jira , frère des deux chefs révoltés , lui conseilla donc d'en cesser l'attaque , 
mais de le tenir cerné. Il suivit ce conseil , dont le résultat fut que les provi- 
sions des assiégés diminuant de jour en jour , ils se trouvèrent à la fin dépour- 
vus de tout; alors un grand nombre rendit ses armes et se soumit; un autre 
mourut de faim. 

Le 14 du 11 e mois, Take Jira et Ye Jira mirent pendant la nuit le feu au 
château et s'enfuirent. Aussitôt Yosi ye en prit possession ; presque tous ceux 
(pion y trouva furent tués. Take fira étant poursuivi , sauta dans un fossé, 
et se cacha dans les joncs ; mais il fut découvert et £ait prisonnier, et on 
lui coupa la tête. Ye Jira , qui avait tâché de s échapper sous l'habit d'un 
esclave , fut reconnu et tué par Aetata-no ko si rô Soaki to ( Hian siao thsu 
lang Thsu jin) ; quarante-huit de leurs complices subirent le même sort. 
し est ainsi que la tranquillité fut rétablie dans les provinces d'Oziou et 
de Dewa. 

La première guerre y avait duré depuis la 5 e année du nengo Yei ziô (1050); 
jusqu'à la 5 e année du nengo ^<5/ef(I062),ou pendant 12 ans. Quelques au- 
teurs prétendent que la seconde na duré que 9 ans; d'autres disent quelle 
commença la 2* année du n^ngo Yeïfo (1082), et finit la 5 e année du nengo 
Kwan si (1091), et que par conséquent elle fut de 10 ans. Touteiois , dans 
la dernière année, il ne s'y livra plus de batailles , et l'on assiégea seulement 
les châteaux des rebelles. 

La paix étant rétablie , Yosiye confia l'administration de ces deux provinces à 
Kiyo fira, et retourna à Miyako. Depuis ce temps, les descendans de Kiyo fira 
ont gouverné la province d'Oziou. Yosi ye étant très-redouté dans l'Oziou 
et le Dewa, tous les peuples de Kwantô lui firent leur soumission. 

Dans la 6 e année (1092) , le Daïri alla au mont Kin boa san (Kin fung 
chan), dans le voisinage de Yosi no 2 . 

La 3 e année ( 1095), il visita les temples de Kasouga et de O fara no. 

Le 5 e mois de la 1" année du nengo Ka fo (1094-), Moro sane demanda sa 
démission de la charge de Kwanbak : son fils le Nadaïsin Moro mitsi lui succéda : 
mais pendant quelque temps , le Sadaîsin Minamoto-no Tosifousa conserva le 
pas sur lui. Moro sane, qui avait alors oo ans, fut nommé Kogou-no kwanbak , 
et Moro Mitsi, âgé de 53 ans, Ni sio-no kwanbak 2 . 

Le 6 e mois, le Daïnagon Minamoto-no tsoune nobou fut envoyé à Taï saïfou, 



(l) Yosi no (Ky ye), ou la plaine heureuse, 
est situé dans la province de Yamato. Cette ville 
est célèbre pour le beau vernis qu*on y recueille , 
et qui est le plus estimé du Japon, 一 Kl. 



(2) Kongou et Ni sio sont les noms de rési- 
dence de ces deux Kwanbak. On place au Japon 
ordinairement les noms des lieux de residence 
devant les titres. 一 Kl. 



176 ANNALES 

et eut le gouvernement du Tsoukoazi et de ses dépendances ; il était alors âgé 
de 79 ans. 

Le même mois , le Sanghi Fousiwara-no Mitsi tosi et Oomi-no Masa foasa furent 
nommés Tsiounagons. 

Le 9 e mois, rOudaisin Akifousa mourut âgé de 58 ans; c'était un homme 
de talent et un grand poète. Quoique son frère Tosi foasa mt plus instruit , il 
avait été créé Oudaism . parce qu'il était l'oncle du Dam. Il aurait pu monter 
à un emploi plus éminent ; mais il le refusa , disant que son frère le surpassant 
en savoir, il était juste qu'il devînt Daisin avant lui, et qu'ensuite on pouvait 
s'occuper de lui-même. 

Le 4 e mois de la 2 e année (1095), le Dain visita les temples à'Iwa si midzou 
et de Kamo. 

Le 8 e mois, il fut attaqué par une fièvre intermittente , et ordonna au prêtre 
Riô mid (Loungming) de prier pour son rétablissement. Ayant recouvré la santé, 
il lui accorda la permission de se servir d'une voiture semblable à celle du Daïri. 
Pendant sa maladie , i,empereur fit venir Yori ye au palais, pour tirer de l'arc ; 
le son de la corde de cette arme contribua aussi à chasser les mauvaises in- 
fluences. Depuis ce temps , on s'est fréquemment servi au même moyen. 

Au nengo Yei ziô (1096), le Kwanbak Moro mitsi fut gratifié du second 
rang de la première classe ; ce qui le plaça un degré au dessus du Sadaisin 
Tokifousa. 

Dans l'été de la même année , on exécuta une danse accompagnée de mu- 
sique dans les champs de Miyako. Cette fête, nommée Den gak (Thian yô), 
était courue par les riches et les pauvres; le vieux Daïri même y fit venir les 
danseurs à sa cour. 

Le 8 e mois, le Fo wô se fit raser la tête par le prêtre Riâ mid, et prit le 
titre de Ziro kawa-no Fo wô; il continua néanmoins à gouverner l'empire. 

Le 1 er du 1 er mois de la 1 n année du nengo Ziô tok ( 1097), le Dainagon 
Minamoto-no Tsoane nobou mourut à Taï saï fou, âgé de 82 ans. 

Le 4 e mois , le Daïri visita le temple Ghi won. 

Le 10 e mois, il alla chez le Kwanbak Moro milsi. 

Le 7 e mois de la 2 e année (1098) , il visita le temple Fd sid si. 

Le 9 e mois, Oomi-no Masa foasa fut nommé Gd^no sots (Kiang sou; ou com- 
mandant de Taï saï fou , et se rendit à ce poste. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Kô wa (1099), un fils du Fo wô devint 
prêtre au temple Nin wa si, sous le nom de Gak ghio (juo hing ) ; il obtint 
le titre de Fots tsioa-no sin o (Fâ tchoung thsin wang). 

Le 6 e mois, le Kwanbak Moro mitsi mourut âgé de 38 ans. Après son dé- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 177 
cès , toutes les affaires relatives ^ ce poste furent dirigées par son fils le Daïna- 
gon Tada sane. Son grand-père Moro sane, qui vivait encore et portait le titre 
de otono , avait adopté Tada sane. A cette époque finit le pouvoir démesuré 
des régens de l'empire ; le Fo wô s'était arrogé entièrement la direction des 
affaires , ce qui avait fort chagriné Moro mitsi. Ce ne fut que long-temps après 
sa mort qu'on nomma de nouveau un Kwanbak. Le Fo wô gouverna seul ; 
ses ordres furent exécutés par tout l'empire , sous la surveillance du Daînagon t 
du Tsiounagon et des Sanghi ; il les décora du titre de Bets tô (Pië tang) ou 
inspecteurs , et les fit respecter davantage de jour en jour. Dans l'intérieur de 
son païais , il avait une garde nombreuse , et l'on y observait le même céré- 
monial que s'il eût encore été Dam. 

La 2 e année (1100), le Daînagon Tada sane devint Oudaîsin , et Minamoto^ 
no Masa sane y ûls d'Akifousa , Nadaïsin. Le gouverneur de l'île de Tsou sima, 
Yosi tsikou , fils aîné de Minamoto-no Yosi ye , ayant enfreint les ordres du 
Dairi, fut exilé dans la province d'Idzoamo. 

Le 2 e mois de la 3 e année (1101), l'ancien Kwanbak Moro sane mourut 
à l'âge de 60 ans. 

Le 1 er mois de la 4 e année (1102) , le Daïri alla au temple de Kasouga. 
Le 3 e mois , on célébra la 50 e fête anniversaire de la naissance du 
Fo wô. 

Le 6 e mois, Oomi-no Masa fousa revint du Tsoukouzi à Miyako ; le Tsiouna- 
gon Fomiwara-na Sighe naka fut nommé commandant de 1 ai saï fou. Comme 
il avait l'air sombre , on le nomma Kok sots (He szu) ou le maître noir. 

Le 1 er mois de la 5 e année (1103), le Daïri fit visite à son père au palais 
Toba-no ri koa (Niao yu li koung). 

Le 3 e mois de la l w année du nengo Tsiô « (1104), il visita le temple Soun 
siô si (Tsun ching szu). 

Le 8 e mois , Fempereur écrivit de sa propre main les mots du Fots ke. 

Le 6 e mois de la 2 e année (1105), une neige rougeâtre tomba dans la par- 
tie septentrionale de l'empire. 

Le 11 e mois, le Daïri fut informé par le prêtre du temple Fi yo si, de la 
mauvaise conduite du Tsiounagon Fousiwara^no ^ighe naka, commandant de 
Taï saï fou, lequel fut exilé dans la province Fitats. 

Le 1 2 e mois , l'Oudaisin Tada sane fut créé Kwanbak. 

Le 3 e mois de la 1" année du nengo Ka zid (110b), Oye-no masa fousa 
fut rétabli comme commandant du Taï saï fou. 

Dans la 2 e année (1107), Minamoto-no Yosi tsikou (Yuan I thsin ) , exilé dans 
l'Idzoumo, persévérant dans sa mauvaise conduite , et s'étant derechef révolté 

23 



178 ANNALES 

contre les ordres du Daîri , celui-ci envoya Taïra-no Masa mori pour le com- 
battre et le punir. 

Le 19 du 7 e mois, le Daîri mourut à l'âge de 29 ans, dont il avait régné 
20 ans, savoir, 7 avec le nengo Kwan si, 2 avec celui de Kafô, 1 avec le 
nengo Yeï ziô , 2 avec celui de Ziô tok, 5 avec celui de Kô wa, 2 avec celui 
de Ziô si, et 2 avec le nengo Ka ziô. 

LXXIV. DAÏRI 院朔鳥 TO BA-NO IN. 

(De 1108 à 1123 de J. C.) 
仁 天 Ten nin (Thian jin) , de 1 1 08 à 1 109 , 

^ ^ Ten yeï ( Thian young) , de 1 1 10 à 1 1 12 , 
Nengo / \ あ Yeï ghiou (Young kieou), 1113 à 1117, 

7T A Ghen yeï (Yuan young) f de 1118 à 1119, 
• ^,本 Fo an (Pao ngan) de 1120 à 1125. 

To BA-NO in (Niao yu yuan ), fils unique de Fori kawa-no in , s'appelait , avant 
son avènement an trône, Moane fito ( Tsoung jin). Sa mère Fousiwara-no 
si était fille du Kan in-no Daïnagon Sane sighe. U naquit le 1 er mois de la 5 e 
année du nengo Kô wa , fut créé Taïsi le 8 e mois , et proclamé Dain à la mort 
de son père , le 7 e mois de la 2 e année du nengo Ka ziô ; il n'avait alors que 5 
ans. Quoique l'Oudaism Fousiwara-no Tada sane eût été nommé régent , 
toutes les affaires furent pourtant dirigées d'après l'avis du Ziro hawa-no Fo wô, 
grand-père du Daîri. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Ten nin (1108), Taïra^to Masa mori 
livra bataille à Yosi tsiKou, dans la province dldzoum ひ, le vainquit, et le punit 
de mort. Avant que Yosi tsikou eût été envoyé en exil , son fils Tame yosi 
(Wei î ) vivait chez son grand-père Yosi ye , qui l'adopta. Yosi tada (I tchoung) , 
frère cadet de Yosi tsougou , aurait hérité de son oncle 5mm son ro Yosi mitsi 
(Sin lo san lang I kouang), s'il ne s'était pas brouillé avec lui. Aussi au 2 e 
mois , Yosi mitsi fit tuer en secret Yosi tada par un de ses gens nommé Kasima 
san rô (Lou tao san lang). Personne ne connaissant l'auteur de cet assassinat , 
Yosi tsouna , frère aîné de Yosi tada , en fiit accusé ; irrité de se voir fausse- 
ment soupçonné , il se révolta , et courut au mont Kô ya san ( Kia ho chan ) , 
dans la province d'Omi , et s'y fortifia. Tame yosi^ qui alors navait que 1 ans , 
fut chargé de Vy attaquer. Yosi tsouna fut défait, et banni à l'île de Sado. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 179 

Dans la même année 9 Yosiye mourut âgé de 68 ans , et Tame yosi , qui devint 
son petit — fils légitime , fût son héritier. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1109) , le Daïri visita les temples i'Iwa si midzou 
et de Kamo. 

Le 5 e mois de ia 1" année du nengo Ten yeï (1110), il fit présent au temple 
Fo sio si (Fâ chmg szu) du Grand trésor de la doctrine bouddhique (Tathsang 
king), écrit en caractères d'or , sur du papier bleu. A cette occasion il y alla 
en personne. 

Le 1 er mois de la 2 e année ( 1 1 1 1 ), il fit une visite au Fo wô. 

Le 7 e mois , oye-no Masa fousa mourut âgé de /1 ans. 

Le 1 2 e mois de la 3 e année (1112), le régent et Oudaîsin Tada sane fut 
nommé Tai zio dai sin. 

Le 1 er du 1 er mois de ia 】 w année du nengo Yeï ghiou (1115), on rasa la 
tête au Daïri , qui avait alors 1 1 ans l . 

Le lC mois , le régent Tada sane fut créé Kwanbak. 

Le 8 e mois, le Daïri alla aux temples Mat お no o (Soung weï) et Kita no 

(Peye) 2 . • 

Le 10* mois, il visita les temples de Fiyo si, et le ll f mois ceux d!Inari et 
de Ghiwon. 

Dans la même année , les prêtres du mont Fi yeï san ( Fi joui chan ) 5 eurent 
une dispute sur la religion avec ceux du temple Kd bok si (jung fou szu) 4 . Le 
Daïri donna raison aux premiers , ce qui irrita tellement les autres quHls 
se réunirent en masse , enlevèrent le sim bok ( chin mou ) ou bois sacré 
du temple de Kasouga 5 , s'avancèrent jusqu'au mont Korou sou san (Ko si 

(1) Les personnes qui n^ont pas encore d'em- de leurs palais pour 8,amtiser, et Ton appefle 



ploî, et qu'on appelle J^^ fT* hommes libres, 

se rasent, à l'âge de 15 ans, les cheveux sur la 
tète, en forme de fer à cheval. Cette manière 
de les raser est nommée ghehbonk ( yuan fou j. S'ils 
ont reçu un emploi avant cet âge , ils se rasent de 
suite la tête de cette £açon, et ils sont alors con- 
sidérés comme parvenus à cet âge. Étant plu» 
jeunes et sans emploi , ils sont mis dans la 
même catégorie que les femmes, et ne sont 
pas admis au serment. On rase ainsi les cheveux 
au Daïri , dès qu'il a atteint l'âge de 11 ans. 
— Kl. 

(2) Lorsque le Daïri va à quelque temple, 
c est toujours une partie de plaisir pour lui ; car, 
sans ce prétexte, l'étiquette ne lui permet pas 
de sortir. Les Seogoun sortent actuellement 



cela aller à la chasse. 一 Kl. 

(3) Le temple Fi yeï san est dans les environs 
de Miyako. 一 Kl. 

(4) Le temple Kâ bok si est dans le district 
de Nara. 一 Kl. 

(o) Le temple Kasou dera est situé au pied 
du mont Mikasayama, du district Soo-no kami, 
de la province Yamato. H fut fondé du temps de 
Kamatari. On y conserve un coffre dans lequel 

on garde une pièce de bois nommée 'Tfi) 

oimlokj et qui est Femblème d'un saint. Ai 
lois on croyait au Japon que edui qui portait 
celle pièce de bois avec loi , n'avait aucune ré- 
sistance à craindre, et que tout le monde était 
obligé de se soumettre k lui et de Fadorer en 
le voyant 一 Kl. 

23* 



180 ANNALES 

chan) \ et menacèrent Centrer à Miyako. Le Daïri envoya un officier pour les 
apaiser ; comme ils refusèrent de l'entendre , il chargea Minamoto-no Tame yosi 
de les chasser. Celui-ci les attaqua de vive force , les dispersa et les força de 
retourner à Nam. Tame yosi avait alors 1 8 ans ; il fut fort loué par le Daïri 
pour sa conduite valeureuse , et avancé à l'emploi de Sa ye mon-no zio 2 . 

A cette épogue , tous les prêtres montrèrent un orgueil et une humeur 
guerroyante. Quand ils étaient mécontens du Daïri , ceux de Fi yeï san venaient 
avec le sin yo 5 qu'ils prenaient dans le temple de Fiyo si , de la même ma- 
nière que les autres s'étaient emparés du sim bok du temple de Kasouga , pour 
obtenir par la force , à Miyako , ce qu'ils voulaient. 

Le il e mois de la 2 e année (1114) , le Daïri fonda à Ziro kawa (Pë ho) la 
salle Amida dô (0 mi to thang). Lorsqu'elle fut achevée, il y alla faire ses 
prières. Fousiwara-no Tame fousa (Then? vuan Wei fang) , qui avait surveillé 
la bâtisse , fut récompensé par le premier rang de la 5 e classe. 

Le IC mois de la 3 e année (1115), le Nadaïsin Minamoto-no Masa sane fut 
avancé à remploi d'Oudaïsin ; il était fils du Kwanbak Tada sane. Le Daîna- 
gon Tada Mitsi, âgé de 19 ans, fut nommé Naaaïsin. 

Le 5 e mois de la 5 e année (1117), on apprit que Minamota-no Yosi tsikou 
( Yuan I thsiu ) , qui sous le nom Fo si était devenu prêtre dans la province 
Oziou, y pervertissait le peuple. Le Dam envoya l'ordre de le mettre à mort; 
il fut pris dans le moment où il tâchait de s'évader. 

Le 9 e mois de la 1" année du nengo Ghen yeï (1118) , le Fo wô alla à 
Kouma no. 

Le 12 e mois, on célébra une fête au temple Sai siô si (Siu ching szu); 
le Daïri vînt y assister. 

Le 8' mois de la 2 e année (1119), le prince du sang AHfito (Yeou jin) fut 



(1) La montagne Korou sou est dans le voisi- 
nage de Fousonmû 一 Kl. 

(2) Sa ye mon-no zio est un grade militaire, 
équivalant à celui de général. En cas de guerre 
ou d'insurrection, il recevait du Daïri plusieurs 
feuilles de papier blanc , en bas desquelles était 
imprimé le sceau de l'empereur. Le général en- 
voyait une de ces feuilles dans telle ou telle pro- 
vince, selon qu'il le jugeait convenable, après y 
avoir marqué le nombre d^hommes que la pro- 
vince devait fournir sans délai. 

Actudlement c est le Seogonn qui envoie de 
pareilles feuilles imprimées de son cachet en 
noir au grand-iuge de Miyako, aux gouverneurs 



de Nagasaki, de Fousoumi, de Sakai, de Nara, 
d'Izé et de Sado , et au commandant en chef du 
château d*Osaka. Le cachet rouge y est employé 
dans des aâaires de moindre importance, par 
exemple k la nomination d'un chef de province ; 
on l'appose aussi sur les licences accordées à la 
compagnie hollandaise des Indes orientales , 
pour trafiquer au Japon. 一 Kl. 

(3) Le jfe 系 辛 sin yo (chin yu) est une 

pèce de caisse, posée sur des bâtons et portée 
sur les épaules , renfermant un objet sacré et 
universellement révéré. 一 Kl. 



es- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 18i 
honoré da nom de famille Minamoto (Yuan), et du second rang de la troi- 
sième classe. Souke fito sin o (Fou jin thsin wang), père d'Ari fito, était le troi- 
sième fils du Daïri Go san sio , et frère cadet du Ziro kawa-no Fo wô. Il excellait 
dans Fart de faire des vers. 

Le 2 e mois de la 2 e année du nengo Fo an (1121) , Tada sane perdit la 
place de Kwanbak : il avait alors 44 ans. Tada mitsi, âgé de 25, lui succéda 
et obtint du Daîri la permission de venir à la cour dans une voiture traînée 
par des bœufs , et d'être accompagné d'une suite militaire. Son père Tada 
sane se retira à Oudzi (Yu tchi) et à Kan kiyo (Hian kiu); comme il habita le 
palais de Tomika (Fou kia), il fut appelé Tomika dono. 

Le 5 e mois , les prêtres du mont Yeï san mirent le feu au temple Mi dera. 

Le 11 e mois, le Sadaîsin Minamoto-no Tosi foasa mourut âgé de 87 ans. 

Le 12 e mois de la 5 e année (1122), FOudaisin Minamoto-no Masa sane fut 
créé Taï zio daï sin : le Kwanbak Tada mitsi devint Sadaîsin ; il était par consé- 
quent d'un degré au dessous de Masa sane. Le Daïnagon Fousiwara-no Ye tada 
( Theng yuan Kia tchoung) obtint 1 emploi d'Oudaïsin , et le Daïnagon Mina- 
moto-no Ârifito celui de Sadaîsin. Tous ces officiers obtinrent le titre de grand 
général ou de gauche ou de droite. 

Le 28 du 1 er mois de la 4 e année (1123), le Daïri abdiqua l'empire en fa- 
veur de son nis Akifito (Hian jin), et prit le titre de Taï zio ten o. 11 navait alors 
que 21 ans, et en avait régné 16, savoir, 2 avec le nengo Ten nin, 3 avec 
de Ten yeï, 5 avec le nengo Yeï gniou , 2 avec celui de Ghen yeï, et k avec 
le nengo Fo an. 

LXXV. DAÏRI 院德 * SIU TOK-NO IN. 

(De 112 な à 11 な 1 de J. C.) 
^AX- Ten si (Thian tchi), de 1124 à 1125, 

>A ^ Taisi (Ta tchi de 1126 à 1130, 

天 Ten ziâ (Thian tchhing), 1131 , 

長 Tsiâ ziâ (Tchhang tchhing), de 1132 à 113 な, 

保 Fo yn (Pao yen), de 1135 à 1140, 

ほ 永 Yeîsi (Youngtchi), 1141. 

Sid tok-no in (Thsoung te yuang), fils de To ba-no in, nommé auparavant 
Aki fito, avait pour mère l'impératrice Fousiwara-no Siô si (Then yuan Tchang 



Nengo 




182 ANNALES 

tsu), qui portait le titre de Taï ken mon in (Taï hian men yuan). Elle était fille 
du Daïnagon Foasiwara-no Kin sane (Theng yuan Koung chy). Âki fito naquit 
le 5 e mois de la 2 e année du nengo Ghen zeï (1119). Après l'abdication de 
son père, qui eut lieu le 1 er mois de la 4 e année du nengo Fo an (1125), il 
fut proclamé Daïri, le 2 f mois, à l'âge de 5 ans. Le Kwanbak Tada mitsi fat 
choisi pour régent. Comme Ziro kawa-no Fo wô , bisaïeul du nouvel empereur , 
jouissait encore d'une bonne santé , il vint à la cour pour y avoir la surveil- 
lance des affaires. Il prit alors le titre de Fort in (Pen yuan), et lancien Daîri 
To ba-no in reçut celui de Taï zio wo (Taï chang houang) ou Sin in (Sin yuan). 

Le 9 e mois mourut le Soui ri no-no daï fou Fousiwam-no Aki sighe (Theng 
yuan Hian ki ) , âgé de 69 ans. Il était célèbre pour ses vers japonais. 

Le 2 e mois de la l n année du nengo Ten 5i (1124), le Ziro kawa-no Fo w6 et 
l'ancien Daï|i To ba-no sin in allèrent en voiture à Ziro kawa pour y contempler 
les fleurs. Taï ken mon in et plusieurs autres dames de la cour les accompa- 
gnèrent-en voiture ; leur cortège était trèsrbrillant. Le Kouga-no taï zio daï sin 
Musa sane suivait à cheval ; après lui venaient un grand nombre de leurs gens 
en habits de chasse. Tada mitsi fermait la marche en voiture , accompagné de 
bandes de musiciens et de beaucoup de femmes destinées à chanter devant 
les deux empereurs. 

Le ,• mois , Masa sane donna sa démission de la place de Tai zio daï sin , 
sq rasa la tête , et devint prêtre. 

Le 1 e mois , le Fo wô alla au mont Ko ya san. 

Le 5 e mois de la 2 e année (1125), le grand-prêtre du temple de Mi dera 
fut gratifié du titre de Daï sô ziô , et obtint la permission de se servir d'une 
voiture traînée par des bœufs. 

Le 10 e mois , le Dairi visita les temples d'Iwa si midzou et de Kamo ; ensuite 
ceux de Fira no , fara no, Mats-no o, Kita no, Ghiwon , et plusieurs autres. 

Le 2 e mois de la 2 e année du nengo Taï si (1127} t le Kouga saki-no taï zio 
daï sin Masa sane mourut , âgé de 69 ans. 

Le 10 e mois , les deux anciens Dams Ziro kawa-no Fo wô et 10 ba-no in 
allèrent au mont Ko ya san. 

Dans la même année , le Sinra Sanro Minamota-no Yosi mitsi mourut à î age 
de 72 ans ; il avait appris à monter à cheval de son frère aîné Yosi ye. Comme 
celui-ci lui était inférieur en rang, il s,était tenu constamment dans les pro- 
vinces de Kai, de Sina no et de Fitats. Minamoto-no Tame yosi fut nommé grand 
juge , et reçut le second rang de la 5 e classe. Il ambitionna d'être prince de 
Moûts , dignité à laquelle sou grand-père Yori yosi était monté , après avoir 
défait Sada tao et Moune tao. Son père Yosi ye avait aussi été créé prince de 



DES EMPEREURS DU JAPON. 183 
Moûts , après sa victoire sur Take fira et Ye fira. Tame yosi y aspira de même ; 
mais Fousiwara-no Moto fira (Theng yuan Khi heng), fils de Kiyo fira , l'avait 
déjà obtenue. 

Le 5 e mois de la 5 e année (112o), l'impératrice Taï ken mon in, pour s'ac- 
quitter d'un vœu, bâtit le temple Yen siô si (Yuan ching szu). 

Le 10 e mois , on célébra une fête au temple d'Iwa si midzou, et l'on y récita le 
livre bouddhique Its saï kiô (Y thsie king). Le Fo wô assista à cette cérémonie. 

Le 12 e mois, le régent Tada mitsi devint Taï zio daï sin. 

Un grand nombre de pirates infestant la navigation dans les environs des 
contrées Sanyodo et Sankaïdo, le Dam ordonna, le 5 e mois de la 4 e année (1 129), 
de leur donner la chasse et de les arrêter. 

Le 6 e mois, Tada mitsi reçut sa démission comme régent , et Rit nommé 
Kwanbak; à cette occasion , on rasa au Dam les cheveux du front. 

Le 7 du 7 e mois, le Ziro kawa-no Fo wâ mourut âgé de 77 ans; il avait cons- 
tamment tenu les rênes du gouvernement , même après son ax>dication du 
trône, jusqu'à l'âge de 50 ans. Depuis, lorsque quelque événement heureux 
arrivait à la cour , on comparait Ie$ Dams à Ziro kawa-no Fo wô , puisqu'il 
avait été un prince constamment fortuné. 

Après le décès de ム iro kawa, l'ancien Dam To ba-no in se chargea en- 
tièrement du gouvernement. Le Dairi régnant était fils de Taï ken mon in, qui 
avait eu plusieurs autres enfans des deux sexes. Ce dernier épousa deux nou- 
velles femmes : Taï si (Thaï thsu) , fille de l'ancien Kwanbak Tada sane, et 
Tok si (Te si), fille du Sanghi Fousiwara-no Naga sane. La première reçut le 
titre de Ko yô in (Kao yang yuan), l'autre celui de Bifouk mon in (Meï fou men 
yuan).*Il fat fort épris de sa troisième femme Bi fouk mon in, et ses soins 
pour les a&aires du gouvernement commencèrent à s'affaiblir. 

Le 1 2 e mois de la 5 e année ( 1150) , le Daïri épousa Siô si (Ching tsu) , fille 
du Kwanbak Tada mitsu Elle reçut le titre de ka mon in (Houang kia men 
yuan). 

La 7 e lune de la 1" année du nengo Ten ziô (1151) ^ on célébra l'anniver- 
saire de Ziro kawa-no in au temple Fo rio si, et l'on récita le Fots ke kio. 

Le 12* mois, rOudaisin Ye tada devint Sadaisin , le Nadaîsin An fito Ou- 
daïsin, et le Daînagon Fousiwara-no Moune tada Nadaîsin. 

Dans le même mois, i,ancien Kwanbak Tada sane fut remis en place , sur la 
recommandation de Fancien Dairi f o ba-no ziô wo. Le Ziro kawa-no Fo wô , 
mécontent de lui , l'avait fait déposer et nommer Kwanbak ; de sorte qu'il 
avait été pendant douze ans sans emploi. Rentré en fonction 9 il obtint la per- 
mission de revenir avec son cortège à la cour, et fut chargé de radmînistration 



184 ANNALES 

du palais impérial. Il n'était pas content de la conduite de son fils aîné Tada 
mitsi; mais il aimait beaucoup le second y nommé Yori naga, âgé alors de 
12 ans. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Tsiô ziô (1132), Tada sane obtint un 
témoignage de faveur du Daîri. 

Le 5 e mois , le To ba - no ziô wo fonda le palais Tok siô ziu (Te tchhang cheou 
yuan), qui avait trente-trois kan (kian) 1 de longueur. U y fit placer mille et 
une statues de divinités bouddhiques, i aïra-no Tada mori fut chargé d'en sur- 
veiller la construction ; après l'avoir achevée , il reçut en récompense le gouver- 
nement de l'île de Tsou sima. Il descendait du Daîri Kwan mou. 

Dans le même mois, le Dairi alla à Ko ya. 

Le 1 er mois de la 5 e année (113 め, il visita les temples de Kasouga et de 
Fi yo si 9 et au 5 e mois , ceux d7iua si midzoa et de Kamo. 

Le 5 e mois de la 2 e année du nengo Fo yn (115o), on donna une fête et 
un grand repas dans le palais de l'empereur To ba, appelé Ziâ kô mio in 
(Chin kouang ming yuan); le Daîri vint y assister. 

Le 5 e mois, le Sadaisin Ye tada moi\rut âgé de 75 ans. 

Le 12 e mois, l'Oudaisin Minamoto-no jin fito fiit nommé Sadaisin ; le Na- 
daïsin Moune tada Oudaïsin 9 et le Daïnagon Fousiwara-no Yosi naga, âgé de 
1 7 ans, Nadaisin. 

Le 2 e mois de la 4 e année (1158), l'Oudaisin Moune tada se rasa la tête , à 
l'âge de 77 ans, et devint prêtre avec le titre de Ya mon-no ofou (Yu men 
yeou fou). 

Le 9 e mois , l'ancien Daîri alla au mont Yeï san, et y resta sept jours. 

Le 11 e mois, le Sa ye mon-no kami Fousiwara-no Moto tosi (Theng yuan Khi 
tsiun) se rasa la tête à l'âge de 84 ans. Cétoit un poète éminent Y qui surpassa 
tous ceux de son temps. 

Le 1 er mois de la 5 e année (1159), Bifouk mon in, l'épouse chérie de l'an- 
cien Daîri, accoucha d'un fils qui reçut le nom de Fosifito (Pen tsu). Elle 
avait déjà mis au monde deux filles; le Daîri craignait qu'il n'en fût encore de 
même ; mais quand il apprit qu'elle lui avait donné un ûls , il fut extrêmement 
joyeux. Tous les grands de la cour, ainsi que le Kwanbak et tous les officiers 



(1) Le caractère chinois kian, on selon 

la prononciation japonaise kan, désigne le ma, 
ou l*espace de l'une à l'autre des colonnes qui 
portent le toit d*un édifice. Cet espace forme la 

toise japonaise, et contient à présent fix 产 
siak (tchhy) ou pieds. Autrefois elle était de six 



siak et cinq sun (tsun) ou pouces. Ksmp- 

fer s,est trompé pour le mot ma •• il l,a pris 
pour le terme hollandais mat (natte) ; de sorte 
qu'il parie de nattes partout où il est question 
de toises ou d'entrecobnnemens japonais. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 185 
subalternes , vinrent le complimenter. Tosi fito fut allaité par l'impératrice 
Wo ka men in (Houang kia men yuan), et déclaré Taïsi le 8 e mois. 

Le 12 e mois, le Sadaïsln Minamoto-no Arijito reçut sa démission avec le titre 
de grand général de la gauche ; son successeur dans cet emploi fut le Nadaïsin 
Yori naga (Laï tchhang). Le Damagon Foasiwara - no Saneyosi (Theng yuan Chy 
neng) devint grand général de la droite. Kin sane (Koung chy), grand beau- 
père du Dain , avait trois fils : l'aîné , le Dainagon Sane yuki (Chy hing) , eut 
le titre de San sio (San tiao ) ; le second % le Tsiounagon Mitsi sighe (Thoung 
kï), reçut celui de Si kok si (Si yuan szu); Sane yosi (Chy neng) , le troisième , 
celui de Tok daï si (Te ta szu). Les desccndans de ces trois seigneurs rem- 
plirent tous des postes élevés. Leur famille fut nommée Kan in ke ( Hian 
yuan kia). 

Le 2 e mois de la 6 e année (1140), l'ancien Kwanbak Tada sane obtint la 
permission de venir en voiture à la cour. 

Le 5 e mois , les prêtres du mont Yeï san se réunirent et mirent le feu au 
temple Mi dera. 

Le 1 e mois , Tada sane , s,étant retiré à Oudzi , se rasa la tête à l'âge de 
62 ans. 

Le 12 e mois, le Nadaïsin Yosi naga fut démis de la charge de grand géné- 
ral de la gauche. Le Daïri aurait voulu donner cet emploi au Dainagon Sane 
yuki, frère aîné de Saneyosi, grand général de la droite ; mais l'ancien Dain 
favorisa le Dainagon Masa sada, fils de Masa sane. Sane yuki, comme beau- 
frère du Dam, y avait certainement plus de droit, d'autant plus que son frère 
cadet Sane yosi était grand général de la droite. Aussi le Dain refusa d'abord 
de se prêter aux vues de son prédécesseur ; mais celui-ci étant venu pendant 
la nuit à la cour , ses vives instances firent obtenir i Maso sada l'emploi qu'il 
lui destinait. 

Le 5 e mois de la 1" année du nengo Yeïzi (1141), l'ancien Dam To ba-no 
ziô wo se rasa la tête , et prit le titre de To ba-no Fo wo ; il était âgé alors de 
59 ans. 

Le 1 2 e mois , le Daïri, cédant aux intrigues du Fo wô, résigna l'empire à son 
frère cadet Tosi fito (Pen jin). Depuis ce moment , il vécut toujours en désu, 
nion avec le Fo wô. Il avait régné 18 ans , 2 avec le nengo Ten zi , 5 avec 
celui de Taï zi , 1 avec le nengo Ten ziô , 5 avec celui de Tsiô ziô , 6 avec ce- 
lui de Fo yen , et 1 avec le nengo Yeï zû 



186 



ANNALES 



LXXVI. DAÏRI 院衛逸 KON YE - NO IN. 

(De 11 な 2 à 1155 deJ. C). 
E6 zi (Khangtchi), 11 な 2 et 11 な 3 , 

Ten^(Tliian yang), 1144, 

Kion an (Kieou ngan), de H4o a 1150, 

Ninfd (Jin ping), de 1151 à 1155, 

Kion zion (Kieou cheou), 1154 et 1 155. 

Kon te-no m (Kin wei yuan), 8 e nls du Toba-no Fo wô, porta avant son 
avènement le nom de Tosi fito. Sa mère, la Bi fouk mon in Fousiwara-no Tok 
si, était fille du Tsiounagon Fonsiwara-no Naga sane. Tosi fito naquit dans la 
5 e année du nengo Fo yen (1159) ; bientôt après il fut déclaré 1 aisi , et pro- 
diamé Daïri, ie 12 e mois du nengo Yeî zi (114.1 ), à l'âge de 5 ans. Le Kwan- 
bak Tada mitsi fut Sets zio ou régent. Le To ba-no Fo wô fut nommé Itsi in 
(Y yuan) ; et om tok m eut le titre de Sin in (Sin yuan). Le premier dirigea 
toutes les affaires du gouvernement ; l'autre ny eut aucune part , et , par sa 
brouillerie avec lltsi m , il traîna une vie remplie ae contrariétés. 

Le l" mois de la 2 e année du nengo Ké zi (1143), le Fo wô fit une visite à 
sa mère. 

Le 5 e mois , il passa les jours de jeûne au tempie Té dax si , et ensuite visita 
celui chi mont Yeisan. 

Le / e mois delà 1" année du nengo Tenyé (114.5), une grande comète pa- 
rut. C'est pour cette raison qu'on changea le nom au nengo en kiou an. 

Le 8 e mois, rimpératrice Taï ken mon in, mère du Sin in, mourut. 

Le Daïri alia , dans le courant de l'année , aux temples d y Iwa si midzoa et de 
Kamo. 

Le 2 e mois de la 2 # année (1146), il fit une visite au To ba-no Fo wô. 

Le 12 e mois , il célébra par une fête le 5 8 e anniversaire du régent Tada mitsi. 

Le 2 e mois de la 5* année ( 1147), le Sadaîsin Minamotù-no Jinfito mourut 
âgé de 45 ans , et reçut le titre posthume de Kwa ghen dai sin ( Houa yuan ta 
tchhinj. 

Le 6 e mois , le Fo wô alla avec le Din in au mont Yeï san. 
Le 8 e mois , on célébra une fête devant l'image d'Àmida, à laquelle ie Fo wô 
To ba-no yn assista. 




DES EMPEREURS DU JAPON. 187 

Le 6 e mois de la tC année (1148), le daïri ou palais impérial fut consumé 
par les flammes. 

Le 7 e mois, le régent Tada mitsi fonda le temple Fô siâ si (Fa seng szu), et 
y donna un grand repas auquel fut présent le Fo wô. 

Le 8 e mois , le Daïri visita les temples de Fira no et à'Ofara no. 

Le 5 e mois de la 5 e année (1 , une grande fête fut célébrée au temple 
Yen siâ $i; le Daïri y assista. 

Le 7* mois , le Nadaïsin Yori naga devint Sadaîsin , le Daïnagon Sane yuki 
Oudaïsin, et Minamoto-no Musa sane Nadaïsin. 

Le 10 e mois, le Daïri alla aux temples de Mats-no o, Kita no et Ghi won. 

Le même mois, le régent Tada mitsi reçut l'emploi de Taï zio daï sin. 

Le 1 CT mois de la 6 e année ( 1150), le Daïri prit la robe virile. 

Le 5 e mois, Tada mitsi fut démis de la place de Taï zio daï sin. 

Dan$ le même mois, le Daïri épousa Ta si (To tsu), £dle du Tok daï si 
(Té ta szu) Tsiounagon Fousiwara^o Kin yosi. Elle avait été élevée par le Sa- 
daîsin Yori naga , et reçut le titre de première impératrice. 

Le 6 e mois, le Daïri épousa encore Feï si (Tching tsu) , fille du Daïna- 
gon Fousiwara-no Kore mitsi , élevée par le régent Tada mitai. Elle devint 
Tsiougoa ou seconde impératrice. Comme le Daïri aimait beaucoup cette se* 
coude épouse et négligeait la première , il y eut depuis ce temps désunion entre 
Tada mitsi et Yori naga, son frère cadet. 

Le 8* mois, FOudaisin Sane yuki fut nommé Taïziô daïsin; le Nadaï$in Mam 
sada Oudaïsin, et le Daïnagon Sane yosi Nadaïsin. Ofosi (To tsu), la première 
impératrice, était petite-fiUe de Sane yosi , père de Kin yosi. 

Le 9 e mois , Tada mitai fut déclare chef de la famille des Fousiwara. 

Le 1 2 e mois , il résigna son emploi de régent , et devint KwajoJbak. 

Dans la même année , Minamoto-no Yosi kouni (Yuan I koué) ae rendit à Àsi- 
kaga (Tsu pië), dans la province Simotske; il était troisième fils de Yosi ye; 
et c'est de lui que descendent les familles de Nitsoata (Sin thian) et d,Jsi- 
kaga (Tsû li). 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Nin feï (1151), le Sadaîsin Yori naga 
(Laï tchhang) obtint la permission d'avoir une garde , et fut avancé au rang 
de Taï siâ kouan (Ta tching kouan). Ensuite il fut créé Naï ken (Nui kian) , 
emploi qui oblige de lire les requêtes du peuple , avant qu'elles soient pré- 
sentées au Daïii , et (jui auparavant était dans les attributions du Kwanbak. 
Son père Nudo Tada sane (Jy tao Tchoung chy) jouissait encore d'une par- 
faite santé ; et comme il aimait beaucoup Yori naga et haïssait Tada mitsi, il 
employait tous les moyens possibles pour faire monter le premier à un emploi 



188 ANNALES 

plus élevé. Yori naga était généralement haï, à cause de son caractère capri- 
cieux ; il s'efforçait de supplanter Tada mitsi, pour s'élever ' à un plus haut 
degré de pouvoir et de considération. 

Le / du 3 e mois de la 2 e année (1152), le Daïri alla à la salle Toba dono, 
pour y célébrer le 50 e anniversaire du Fo wô; il y resta jusqu'au lendemain, 
s'amusant à voir les danses et à entendre la musique. 

l^e 2 du 1 CT mois de la 5 e année (1155) , il fit une visite à son père. 

Le même mois, le Taïra - no Tada rnori (Phing Toung ching ) , president 
du tribunal criminel t mourut, âgé de 58 ans; son fils Kiyo mori (Thsing 
ching ) lui succéda. 

Un oiseau effrayant, nommé Nouye 1 , vola au dessus du palais impérial en 
poussant des cris horribles. Le Daïri ordonna à Minamoto-no Yori masa de 
l'abattre à coups de flèche. Celui-ci l'ayant tué, le Dain lui aonna en récom- 
pense son sabre, et lui fit de plus présent d'unè des dames du palais 9 nommée 
Ayame-no maye. Yori masa était petit-fils de Raï kwô, gouverneur de Sets , qui 
l'avait bien instruit à monter à cheval et à tirer de l'arc. 11 excellait aussi 
comme poète. 

Le 5 e mois de la l n année du nengo Kiou ziu (1154), FOudaisin Minamoto- 
no Masa sada se rasa la tête , et devint prêtre. U avait alors 61 ans, et mourut 
ouelques années après. 

Le 8 e mois, Fousiwara-no Sane yosi, grand général de la droite , devint grand 
général de la gauche ; le Tsiounagon Fousiwara-no Kane naga , âgé de 17 ans , 
lui succéda dans le premier emploi. 

Le 25 du 8 e mois de la 2 e année (1155), le Daïri mourut à l'âge de 17 ans , 
sans laisser d'enfans , après avoir régné 1 4 ans , savoir , 2 avec le nengo de Kô 
si, 1 avec celui de Ten yô, 6 avec ceiui de Kiou an, 3 avec celui de Nin feï 9 et 
2 avec celui de Kiou. ziu. 

LXXVII. DAÏRI 院 i 可 白 後 GO ZIRO KAWA-NO IN. 

(De 1156 à 1158 de J. C.) 
Nengo 元气 Fo ghen (Pao yuan) ,de 1156 à 1 158. 

Go zmo kawa-no in (Heou pë ho yuan) était quatrième fils de l'empereur 
Toba-no in. Avant son avènement au trône , il était nommé Masa fito. U avait 

Le nom de cet oiseau est écrit avec le aussi ye en chinois et ya au Japon. Quelques 



caractère Afi , qui manque dans les diction- auteurs japonais décrivent cet oiseau comme un 

. . „ -. -,. monstre ayant la téte d,un singe , le corps et les 

naires chinois. 11 se compose du signe d oiseau , • , ,, 

x j , . , / X . j griffes du ùgre f et la queue d un serpent 一 Kl. 

et de celui de naïf (ye), et doit se prononcer ° o i r 







DES EMPEREURS DU JAPON. 189 
pour, mère Taï ken mon in (Tai hian men yuan). Son. prédécesseur , au lit de 
mort, Fadopta, quoique To ba-no in eût promis à son épouse chérie Bifouk 
mon in de faire succéder sa fille Siou si naï sin o; mais comme , depuis le 
temps de Seo tok ten y> (765) , il n'y avait pas d'exemple qu'une femme eût 
été Daïri , Masa fito fut proclamé empereur à l'âge de 29 ans. On avait 
généralement cru que le prince Sighe jito (Tchoung jin) , fils de Siu tok on 
Sin in, remplacerait l'empereur défunt , mais Bifouk mon in, qui soupçonnait 
Sin in d'avoir causé la mort du Daïri Konye-no in , communiqua cette idée à 
son époux; par-là elle fit avorter ce projet. Ceci causa un si grand éloignement 
entre le Sin in et Bi fouk mon in , que le premier vivait toujours dans la 
crainte. 

Le Daïri épousa , après son avènement au trône , Taka mats dono ( Kao soung 
tian). Le prince Itsi-no miya Mori Jito sin o (Y koung Cheou jin thsin wang) fut 
déclaré Taïsi. 

En hiver, le Fo wô alla faire ses dévotions à Kouma-no. 

Le 2 du 7 e mois de la l n année du nengo Fo ghen ( 1156) , le Toba-no Fo wô 
mourut à l'âge de 54 ans. Après avoir cédé l'empire , il s,était encore pendant 
trente-quatre ans mêlé au gouvernement. Tada mitsi conserva la charge de 
Kwanbak ; mais Yori naga fut déposé et fait Naïran , parce qu'ii n'avait pas pris 
le parti du Daïri régnant, et avait tenté de iaire nommer à sa place Siu tok in 
pour la seconde fois. U conspira alors avec celui-ci , assembla les troupes des 
provinces voisines y et effectua un soulèvement qui occasionna des troubles 
graves à Miyako et dans les provinces limitrophes. Sept jours après la mort du 
Fo wô , le Sin in quitta son palais Toba-no ta tsiou den , et se rendit avec le 
Sadaisin Yori naga à lxto kawa-no go sio (Pë ho yu so). 

Le Kwanbak Tada mitsi et plusieurs autres grands de l'empire restèrent 
dans le daïri ; parmi eux étaient le prince de Simotske Minamoto-no Yosi tomo 
(Yuan I tchao), et celui d'Aki Taïra-no Kiyo mori (Phing Thsing ching), qui 
firent bonne garde. Tame yosi (Wei î ) , père de Yosi tomo , et Tada masa 
(Tchoung tchin), oncle de iviyo mori, étaient du parti de な tok in; ils le 
suivirent à Ziro kawa-no go sio. De tous ies fils de Tame yosi , Yosi tomo fut 
le seul qui resta fidèle au Daïri ; ses autres frères étaient attachés à Siu tok in. 
Parmi eux se trouvait Tsen seï-no fatsi rô Tame tomo (Tchin si la lang Weï 
tchao) , qui était d'une force peu commune et tirait supérieurement de Fare. 

Le 11 e jour après la mort du Fo wô, il y eut un combat nocturne à Ziro 
kawa-no go sio : beaucoup de soldats du Dain furent tués par la bravoure 
de Tame tomo; mais Yosi tomo mit le feu à la place , ce qui causa une grande 
consternation parmi les troupes de diu tok in , de sorte qu'elles furent dé- 



190 ANNALES 

Élites. Yori naga fut tué d'un coup de flèche , à l'âge de 36 ans. Siu tok 
in se fit prêtre et fut exilé dans le Sanouki; il avait alors 38 ans. Le prince Sighe 
fito sin o embrassa aussi l'état ecclésiastique. Kane naga, Moro naga et Souke 
naga, de Yori naga, furent bannis; Tame yosi et Tada musa furent mis à 
mort avec leur fils. Tame tomo seul fut épargné , à cause de sa bravoure , mais 
envoyé en exil à l'île d'O sima, appartenant à la province dldzou. Beaucoup 
des partisans de Siu tok in furent exécutés ou bannis ; ce qui devait aussi être 
le sort de Nudo Tada $ane; mais Tada mitsi obtint, par l'entremise de Zusi, 
officier de la cour du Dain, le pardon de son père. Celui-ci, apprenant qu'il 
en était redevable à son £ds, en fut si réjoui, que dans la suite il vécut de 
nouveau avec lui dans la plus grande intimité. Dans cette guerre , ce fut une 
chose très-curieuse de voir que le père 6e battait contre $on fils, un parent 
contre l'autre , et beaucoup de seigneurs contre leurs sujets. 

Yosi tomo , en récompense de la victoire qu'il venait de remporter, fut élevé 
au poste de grand général de la gauche ; kiyo mori, en récompense de sa bra- 
voure , fut nommé prince de Farima; Tada mitsi resta Kwanbak. 

Le 9 e moh , le Nadaistn Sane yosi fut nommé Sadaîsin , le Daînagon Faasi- 
wara-no Moune souke Oudajisin , et le Daînagon Foiuiwara-no Kore mitsi NadAisin. 
Après cette guerre , la tranquillité fut complètement rétablie dans l'empire , 
et le Daïri &e chargea lui-même du gouvernement. Il fit construire un édifice 
particulier , ou , comme dans le temps de l'empereur Go san sionio in , les 
requêtes et le$ piawtes étaient reçues et examinées. 

A U S e lune de la 2 e année ひ 157), Fousiwara-no Sane ynki îxit congédié 
avec le titre de Taïzio daïsin : le Sadaîsin du temple Tokdai si Sane yosi mourut 
dans le même mois. L'Oudaism Moune souke fut créé Taïziô daïsin , le Nadaîsin 
Kore mitsi Sadafein ; Mori sane , fils du Kwanbak Tada mitsi , nayant alors que 
15 ans, fut fait Oudaisin , et le Daînagon Fousiwarorno Kin non, fils de Sane 
jnuJki, obtint la place de Naaaïsin. 

Le 10 e mois, on posa les fondemens d'un grand daïri; depuis le temps de 
Zîro kawa-oo in , il n'y en avait plus. 

Le 1" mois de la 5 9 année , le Daïri fit une visite à l'impératrice à Bi fouk 
mon in. 

Le 22 du même mois , il donna un grand festin à la cour , accompagné de 
danses et de musique ; Tada mitei composa à cette occasion des vers ; et les 
présenta à l'empereur. 

Le 8 e mois, le Daïri céda i, empire au Taîsi Morifito, et prit le titre de 
Taizio teno. U n'avait régné que 3 ans avec le nengo Fo ghen. 



DES EMPEREURS DU JAPON 



191 




LXXVIII. DAÏRI 院條ニ NI SIO-NO IN. 

(De 1159 à 1165de J.C.) 
^+ Feï zi (Phing tchi), 1159, 

Yeïnak (Young ly), 1160, 

Nengo / 保 急 Ofo (Yngpao), 1161 et 1162, 

長 Tsiâ kwan (Tchhang koaan) , 1163 et 116 な , 
-» 

j^V Yeï man ( Young wan) , 1165. 

Ni sio-no in Œui tiao vuan) était le fils aîné de Go ziro kawa-no m, et nommé 
Mori fito avant de parvenir au trône. Sa mère était Fousiwara-no I si, fiiie du 
Taïzio daïsin T sonne sane. Il avait été déclaré Taîsî pendant la vie de son père; 
et à son abdication , qui eut lieu le 8 e mois de la 5 e année du nengo Fo ghen, 
il fut proclamé Daïri. Tada mitsi se retira avec le titre de Kwanbak, et fut rem- 
placé par son nls l'Oudaïsin Moto sane (Ki chy), âgé seulement de 16 ans; 
mais le maniement des afiaires resta entièrement entre les mains de rancien 
empereur Go ziro hawa-no ziô wo. 

Le o du 1 er mois du nengo Feï zi (1159), le Daïri rendit visite à son père. 

Le 21 du même mois, il y eut un festin à la cour. 

Parmi les officiers du Daïri se trouvait un certain Fousiwara-no Nobou yori 
(Theng yuan Sin laï) 9 Tsiounagon et commandant de la garde de droite {Oughi- 
moïirno kami) , alors âgé de 27 ans. Quoique doué de peu de talens 9 il était 
monté par degrés au poste éminent qu'il occupait. Néanmoins il n'était pas 
satisfait et ambitionna le rang de Daisio ou grand général. Go ziro kawa-no 
ziô wo prit siir ce sujet l'avis de Zu si (Sin si), qui lui représenta que la 
place de Daîsio ayant été réservée depuis les temps les plus reculés aux per- 
sonnes d,un mente supérieur et d'un courage à l'épreuve, Nobou yori n'y 
pouvait point prétendre. し eiui«ci, instruit et irrité de cet entretien , résout 
de se dciaire de Zu si , qui était le confident de Kiyo mori. Nobou yori était 
ami de Yosi tomo , qui de son côté desirait la mort de Kiyo mori ; tous deux 
s'engagèrent à s'assister mutuellement dans leurs projets. 

Dans la 12 e lune 9 Kiyo mori étant allé à Kouma no pour y laire ses dévo- 
tions 9 ils crurent cette occasion favorable pour la réussite de leur entreprise y 
et se portèrent aussitôt à la tête de quelques troupes à Kouma. Us mirent le 
feu au palais San sio dono , résidence du Ziô wo : beaucoup de monde périt 
dans cet incendie. Us cherchèrent ensuite Zu 8i, qui s'enmit à Nam, et l'y 



192 ANNALES 

cacha dans un trou sous terre; mais il fut découvert et mis à mort. Tous ses 
enfans furent bannis , à Finstigation de Nobou yori et de Yosi tomo , qui for- 
cèrent le Ziô wo de venir demeurer dans les environs de la cour, et le Daîri 
de rester dans le palais Kouro do -no go sio (Hë hou yu so). 

Noboa yori résida dans un des pavillons du palais impérial , prit lui-même le 
titre de Daïsin daïsio , et dirigea toutes les affaires à sa fantaisie. A cette nou- 
velle, Kiyo mori revint en toute hâte à Miyako 9 et s'établit dans l'hôtel (tatsi) 
appelé Rokfa ra (Loû pho lo). 

Le 26 du même mois, Go zira kawa, assisté par le Daînagon Fousiwara-no 
Tsoune moune et par Foasiwara-no Oure kata, s'y rendit pendant la nuit; le 
Dairi régnant se retira secrètement au temple de Nin wa si, et tous les grands 
de la cour gagnèrent également Rok fa ra. 

Le 27, Sighe mori (Tchoung ching), fils aîné de Kiyo mori, fut nommé 
Daïsio ou grand général , et reçut l'ordre de mettre Nobou yori et Yosi tomo 
à mort. Le premier, qui était un lâche , évita le combat ; mais Yosi tomo et son 
fils Akoughentâï Yosifira (0 yuan tai I phing) se battirent plusieurs fois avec 
les troupes de Sighe mori , jusqu'à ce qu'enfin Yosi fira fut défait et obligé de 
s 9 ennur dans la partie orientale de l'empire. Nori yobou fut pris et décapité i 
tous ses adhérens et parens furent également suppliciés ou bannis. 

Le 3 du 1 er mois du nengo Yei Hak (1160), Yosi tomo, étant à No-no ma 
dans la province d'Owari , y fut tué par son parent Osa da-no Tada moune, 
qui mit aussi à mort son propre gendre , le fils de Yosi tomo. 

Yosifira , fils aîné de Yosi tomo , homme entreprenant et d'une force sans 
pareille , vint le 10 de ce mois en secret à Miyako , dans fintention de tuer 
Kiyo mori; mais ayant échoué , il fut arrêté et mis à mort à Fâge de 20 ans. 
Son frère cadet Tomo naga (Tchao tchhang) , second fils de Yosi tomo, et qui 
avait été blessé grièvement dans le combat à Miyako , mourut à Aka faka , 
dans la province do Mino. Le troisième fils , le célèbre Yori tomo , s'enfuit dans 
la province d'Owari ; il y fut fait prisonnier par Moune kiyo , et conduit à 
Miyako. iviyo mon lui accorda la vie; mais il fut banni dans Hdzou, n'ayant 
alors que 14 ans. iviyo mori épousa Tôkiwa (Tchhang phan), veuve de Yosi 
tomo , femme d'une beauté extraordinaire , et eut soin que ses trois fils ne 
fussent point bannis, luh d'eux , nommé Ousi waka , avait alors deux ans ; ce 
fut lui qui aans ia suite fut si connu sous le nom de Minamoto-no kou rô Yosi 
tsoune (Yuan kieou lang I king). 

Le 7 e mois, Fousiwara-no Moune souke iut congédié avec le titre de Taizio 
daism. Le même mois, le Nadaïsin Fousiwara^no Kin mon mourut, ainsi que 
son père le Saki, ou ancien Taizio daïsin Sane youki , âgé de 84 ans. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 193 
Le 8 e mois, le Sadaïsin Kore mitsi fut nommé Taïzio daïsin , le Kwanbak 
Oudaïsin Moto sane Sadaïsin , le Daïnagon Am yosi Oudaïsin , le Daïnagon 
Moto fousa Nadaîsin 9 et Taïra-no Kiyo mori Sanghi, avec le premier rang de la 
troisième classe. Il était fort respecté , pour avoir fait échouer les tentatives de 
Yosi tomo. 

Dans le courant de l'année, le Dain épousa Fousiwara-no Ta go, veuve du 
Daîri Kon ye-no in. U avait été tellement épris de sa grande beauté , qu'il la 
força à ce mariage, qu'elle avait toujours rejeté ; ce fut malgré les efforts de 
tous les grands qui cherchaient à l'en détourner. 11 avait alors 1 8 ans , et la 
nouvelle épouse 23. Depuis ce temps, il fut brouillé avec l,ancien Dain 
Go ziro kawa-no in. 

Le 2 e mois de la l n année du nengo fo (llol), il alla au temple Ka- 
souga , et à tous les autres situes hors des murs de la capitale. 

Le 8 e mois , FOudaisin du temple Tokdaïsi Kin yosi mourut, âgé de kl ans ; 
Moto fousa devint Oudaïsin , le Daïnagon t ousiwara-no Moune yosi Nadaîsin , et 
Taïra-no Kiyo mon fsiounagon. 

L impératrice Bifouk mon in mourut au 1 I e mois. 

A la l n lune de la 2 e année ( 1 1 62 ) , le Dam fit une visite à son père. Dans 
le même mois, rancicn Taïzio daïsin Moune souke mourut, et Taïra - no Kiyo 
mori fut nommé grand juge. 

Le 6 e mois, le Tomi ka-no Nudo Siô kokf Tada sane mourut âgé de 84 ans. 
11 reçut le titre posthume de Tsisoukou in-no Kwanbak. 

Le 1 er mois de la l n année du néngo Tsiô kwan (1163), Taïra-no Sighe 
mori obtint le second rang de la troisième classe. 

Le 2 e mois de la 2 e année (1164), le Daïri fit rebâtir le temple Rin ghe <hin 
(Lian houa wang yuan) ou le palais du Roi du nénuphar. 

Dans le même mois , on réunit un grand nombre de prêtres bouddhistes 
dans les temples Tô daï si et Kô fouk si, afin qu'ils récitassent des prières pour 
la prospérité de la famille impériale. 

Tada mitsi , ancien régent de l'empire , mourut aussi aans ce mois, à l'âge 
de 68 ans, et reçut le titre posthume de Fo sid si dono. Depuis le temps de 
Toba-no m , il avait gouverné l'empire , tant comme régent que comme 
Kwanbak , pendant quarante ans. 

Le 8 e mois, Siu tok in mourut dans le Sanouki , âgé de 16 ans; il fut enterré 
à Siro mine (Pë fung). 

Le 10 e mois, le Kwanbak Moto sane fut destitué de la charge de Sadaïsin , 
et Moune yosi de celle de Nadaîsin : Moto fousa fut nommé Sadaïsin , Fou- 
siwara-no Tsoune moune Oudaïsin , et Kane sane, frère cadet de Moto fousa, 

25 



m ANNALES 

Nadaïsin. Moto fousa et Kane sane devinrent de plus grands généraux de 
gauche et de droite. 

Le 2 e mois du nengo Y ex man (1165), le Daîgou-no Taïzio daîsin Kore 
mitsi mourut, âgé de 73 ans. 

Le 3 e mois , Minamoto-no Tame tomo, qui , sous le règne de Go zira kawa-no 
in , avait été banni (en 1 156) à l'île d,0 sima dans lldzou, partit avec quel- 
ques vaisseaux pour Oni^a sima (Kouei tao), et s'empara de cette île l . 

Le 5 6 mois , Taïra-no Sighe mori devint Sanghi. 

Le 6 e mois, le Daïri tomba malade 9 et céda Fempire à son fils Yosi fito. Il 
prit alors le titre de Taïzio ten o, et mourut le 28 du 7 e mois, à l'âge de 25 
ans , en ayant régné 7 , savoir, 1 an avec le nengo Feî zi , 1 avec celui de Yeï 
riak , 2 avec le nengo O/o, 2 avec celui de Tsiô kwan , et 1 avec celui de 
Yeï man. 



LXXIX. DAÏRI 院格六 ROKOU SIO-NO IN. 

(De 1166 à 1168 de J. C.) 
Nengo ィュ Nin an (Jin ngan) , de 1166 à 1168. 

Rokou sio-no in (Loùtiao yuan), ûls de Ni sio-no in, était nommé auparavant 
Tosijito. Sa mère était fille à'Okoara-no o souke ki-no Kane mori (Ta thsang 
ta fou ki Kian ching). U n 9 avait que 2 ans lorsqu'il fut proclamé Daïri : le 
Kwanbax Moto sane fîit régent de l'empire ; mais le grand-père de Fempereur, 
Go ziro kawa-no in, se mêla toujours de l'administration des aftaires. 

Le 8* mois , Taïra-no Kiyo mori fut créé Daînagon. 

Le 7 6 mois de la I w année du nengo Nin an (1166), Taira-no Sighe mori 
devint lisiounagon. Dans le même mois, le régent Moto sane mourut âgé de 
24 ans, et fut honore du titre de Taïzio daîsin ; son frère cadet le Sadaîsin 
Moto fousa lui succéda dans son emploi. 

Le 10 e mois, le prince Dhri fito sin o (liian jin thsin wang) fut nommé 
successeur au trône par le crédit de Go ziro kawa-no in, son père. U était 
oncle du Daïri, et avait six ans , tandis que ce dernier n en avait que trois. 

Le 11 6 mois, Moto fousa fut dépossédé de la place de Sadaism ; l'Oudaisin 



(1) Oni ga sima, en chinois Kouei 

tao, signifie ï(le des Démons. Je ne connais pas la 
situation de cette île ; mais il est probable que 
Farchipel de Laeou khieou est désigné sous cette 
dénomination , car on lit dans la grande Ency- 



clopédie japonaise (liv. lxvu , fol. 3 ) , que Tome 
tomo s*enrait de l'île Oo sima, et qu'il arriva à 
Lieou khieou, dont 9 devint le prince.— Voyez 
aussi ma traduction du San kokfiton ran (o sets, 
page 173. — Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 195 
Tsoune moune le remplaça comme régent de l'empire , le Nadaîsin Kane sane 
devint Oudaîsin , et Taïra-no Kiyo mori Nadaîsin. 

Le 11 du 2 e mois de la 2 e année (1167), Kiyo mori fut tout d'un coup 
porté du poste de Nadaîsin à celui de Taïziô daîsin , et au second rang de la 
première classe ; il obtint la permission de venir à la cour et d'en sortir en 
voiture. U était âgé alors de 50 ans. Le Daïnagon Fousiwara-no Tada masa 
devint Nadaîsin , et Taira^no Sighe mori Gon daïnagon. 

Le 5 e mois , Kiyo mori obtint sa démission avec le titre de Taïziô daîsin , 
et le Dairi le gratifia, le 8 e mois, du gouvernement des provinces de Farima 9 
de Fizen et de Figo. Son troisième fils Moune mori fut créé Sanghi. 

Le 2* mois de la 3 e année (1168), le Daïri fut déposé par son grand-père 
Go ziro kawa-no in , et reçut le titre de Taïziô ten o et le nom de Sin in. U 
avait alors à peine 5 ans , et ses cheveux du front n'avaient pas encore été 
rasés. Jamais pareille chose n'était arrivée auparavant. 

LXXX. DAÏRI 院舍窩 TAKA KOURA-NO IN. 

(De 1169 à 1180 de J. C.) 
Ka o (Kiayng), de 1169 à 1170, 
Tsiâ an {letting ngan), de 1171 à 117 な, 
Ancien (Ngan yuan), de 1175 k 1176, 
Zi ziâ (Tchhi tchhing), de 1177 à 〗 179. 

Taka koura-no in (Kao thsang yuan), troisième fils de Go ziro kawa^no 
in, portait, avant son avènement au trône, le nom de Norifito. Sa mère Ken 
sinn mon in laxra-no Sigh si (Kîan tchhun men yuan Phing Thsu tsu) était fille 
du Sadaîsin Toki nobou. Norifiro, étant l'enfant chen de son père, avait été 
déclaré successeur de Rokou sio-no in ; il fîit proclamé Dam le 3* mois de la 
3 e année du nengo Nin an, à l'âge de 8 ans. Moto foasa fut régent , et le Dain 
Go ziro kawa-no in dirigea les afDaiires. 

Le 8* mois , le Kwan-no in Nadaîsin Fousiwara-no Tada masa fut créé 1 aiziô 
daîsin ; le Daïnagon Minamoto-no Masa mitsi le remplaça dans l'emploi qu'il 
venait de quitter. 

Le 11 du 11 e mois, Kiyo mori, étant tombé malade 9 se fit raser la tête à 
l'âge de 51 ans; il reçut le titre de Nudo siô kokf (Jy tao siang kouë), et de- 
meura tantôt à Rok fa ra , tantôt à Si fats sio ou à Foukwan , dans le Sanouki. 

2 5* 




196 ANNALES 

Son épouse eut le titre honorifique de Fats sio-no niye dono , son second fils 
Yori mori celui d'Ike dono, et tous ses autres enfans furent également gratifiés 
de dénominations honorifiques. 

Le 3 e mois de la l n année du nengo Ka o (1169), le Go zira kawa-no in 
alla au mont Ko ya san. 

Le 6 e mois, il se rasa la tête, et prit le titre de Fo wô. 

Le 12 e mois, le Tsiounagon Fousiwara-no Nari tsika, sur les plaintes des 
prêtres de Yeïsan , fut banni dans la province de Bingo ; mais peu après il 
fut rappelé chez le Fo wô, à cause de ses longs services. 

Dans le courant de l'année , le Dain alla aux temples à'Iwasi midzou et de 
h.amo. 

Au printemps de ia 2 e année (1170), Kano-no souke Mot si mitsou, natif de la 
province d,Idzou, apporta à la cour la nouvelle que le proscrit Tame tomo , 
.après avoir conquis plusieurs îles , avait l'intention de se rendre maître did- 
zou. Des ordres de repousser cette agression furent expédiés sans délai. Les 
troupes de Kwantô, ayant été rassemblées a ほ 4 e mois, tâchèrent de surprendre 
son camp ; mais il s'y défendit vaillamment avec ses archers. Enfin, après que 
ses vaisseaux eurent été détruits et presque tous ses soldats tués, il se fendit 
le ventre , à l'âge de 33 ans l . 

Le 6 e mois, Tada masa fut destitué de la place de Sadaism. 

Souke mori, frère cadet de Sighe mori, allant chasser au faucon , rencontra , 
le 10 e mois, le régent Moto fousa en route , et ne descendit pas de cheval 
pour lui présenter son respect ; les gens de Moto fousa forcèrent Souke 
mori de mettre pied à terre. Kiyo mori, père de ce dernier , ayant appris cet 
événement , en ftit indigné ; et un jour, Moto fousa étant venu à ia cour en 
voiture , il ordonna à des soldats de le mettre en pièces et de couper les 
cheveux à tous ses gens. Quand Sighe mori , homme habile , vertueux et 
juste , en fut informé , il s'en affligea extrêmement ; il fit exiler son frère dans 
la province d,Ize. 

Le 12 e mois, Moto fousa fut nommé Taïziô daîsin, et Taïra-no Moune mori 
1 siounagon. 

Le 3 du 1 er mois de la 1" année du nengo Ziô an (1171), le Daïri ayant 
atteint l'âge de 11 ans 9 on lui rasa les cheveux autour de la tête. 

Le 15 de ce mois , ce prince fit une visite au Fo wô , et épousa Taïra-no 
1 ok si (Yuan Te tsu), fille de Kiyo mori, âgée de 15 ans. 

(1) On voit encore aujourd'hui, sur une petite honoré sous le nom de Tame tomo daï mio sin. 
île située au sud-ouest et près de celle de Fats Cependant son temple principal est dans FSle 
siâ, un temple dédié k Fame de ce héros. By est Oo sima. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 197 
Le 2* mois de la 2 e année (1172), elle obtint le titre de Tsiougou. 
Le 3 e mois , le Daïri alla au temple Fi yosi. 

Le 7 6 mois, le Fo wô s'établit dans le palais de San sio karasou marou. Le 
Tsiounagon Nari tsika f qui était dans la troisième classe , fut avancé au second 
rang de la seconde. 

Le 10 e mois, le Daïri alla aux temples d'Inari et de Ghi won 1 . 

Le .12 e mois , Moto fousa cessa d'être régent et Taïziô daïsin , et obtint 
la place de Kwanbak. 

Le 4.' mois de la 3 6 année (1173), le Daïri visita les temples à^Iwasi midzou 
et de Kamo. 

Le 10 e mois , sa mère Ken siun mon in fonda le temple Zaï siô kô in, qui fut 
consacré par une fête à laquelle il assista. Moune mori fut avancé au second 
rang de la deuxième classe. 

Le 1 er mois de la 4 e année (1174), le Daïri fit une visite à son père et à sa 
mère. 

Le 3 e mois, Ghioa waka (Nieou jô), le plus jeune fils du prince d,Oudzi, 
Minamoto-no Yosi tomo , quitta secrètement la capitale , et passa dans la pro- 
vince d'Oziou ; il y demeura chez Foushvam-no Fide fira , se rasa les cheveux 
autour de la tête, et prit le nom de Kourô-no Yosi tsoune (Kieou lang I king). 
Il avait alors 1 6 ans. 

Le 7 e mois, le Daïnagon Taïra-no Sighe mori fut nommé grand général de 
droite ; le Daïnagon Fousiwara-no Moro naga, fils de Yori naga, devint Sadaîsio. 

Le 2 e mois de la l n année du nengo An ghen (1175), le Nadaïsin Minamoto- 
no Masa mitsi mourut âgé de 58 ans. 

Le 11 e mois, Fousiwara-no Moro naga fut nommé Nadaïsi. Sighe mori envoya, 
dans le courant de cette année , un présent de 3,000 onces d'or au tempie 
/ wo san (Yû wan chan ) , en Chine. 

Le 3 e mois de la 2 e année (1176), le Daïri alla faire visite à son père, à 
roccasion du 50 e anniversaire de celui-ci. 

Le 7 e mois, Roku sid-no in mourut à l'âge de 13 ans, ainsi que Ken siun 
mon in, mère du Dam. 

A cette époque , Fousiwara-no Moro taka, prince de Kaga , étant en dispute 
avec les prêtres au mont Yeîsan , son frère cadet Moro tsoune mit le feu à 

son image imprimée et collée sur les portes des 
maisons du peuple, et l'on croit que ce dieu 
préserve de toute sorte de maladies, et princi- 
palement les enfans de ia petite vëiole.— Kl. 



(1) Ghiwon ( Khi yuan ) est un 
die ひ japonais qui porte aussi le nom de 
隻 "^^3^^* Ghio dzou ten o, ou l'Au- 
guste du ciel à tète de bœuf. On voit par-tout 



198 ANNALES 

leurs habitations. Us se plaignirent au Dairi , et demandèrent que Moro taka 
fut exilé et Moro tsoune mis en prison ; mais comme Seikô , père de ces 
derniers , était grand ami du Fo wô, l'affaire fat assoupie. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Zi ziô (1177), le Nadaisin Moro naga 
perait son emploi de grand général de ia gauche , qui fut donné au Dainagon 
Sighe mon. Le Tsiounagon Taïra-no Moune mon devint grand général de la 
droite. Le Dainagon du temple Tokdaîsi Foasiwara-no Sane sada et le Kwasan- 
no in tsiounagon Foasiwara-no Kane masa s'efforcèrent alors de parvenir 
au rang de Daisio ou grand général : le Dainagon Fousiwara-no Nari tsika y 
aspirait de même ; mais par le crédit de Kiyo mori , son premier et son second 
fils oighe mori et Moune mori obtinrent les places pour lesquelles toutes ces 
personnes pétaient mises sur les rangs. Nari tsika en fut tellement irrité , qu'il 
résolut de les iaire périr, et se rendit dans le Smga tani (Loù koû), vallée du 
mont Figasi (Toung chan ) , pour en délibérer avec Seï kô (Si kouang) ; le 
Fo wô y arriva dans le même dessein. 

Le 5 e mois, Moro naga fut avancé directement de l'emploi de Nadaisin au 
poste éminent de 1 aizio daisin ; Sîghe mon le remplaça comme Nadaisin. 

Le 4 e mois, les prêtres du Yeï san renouvelèrent leurs plaintes contre Moro 
taka et Moro tsomt ; cependant le Fo wô ny fit aucune attention. Le 10 du 
même mois, ils se réunirent en grand nombre, se portèrent sur Miyako 9 et 
tâchèrent de pénétrer dans le daïri ; mais les portes en étaient fortement 
gardées par oighe mori et autres membres de la famille de Taira (Yuan), ainsi 
que par Yori masa, de sorte qu'ils furent repoussés 9 et forcés de retourner 
au Yei san. Le Dam, informé de cette tentative 9 fut fort offensé de la con- 
duite de ces deux frères qui avaient causé ranimadversion de ces prêtres , et 
dépêcha le Dainagon Foki tada pour les punir. Moro tada fut exilé , et Moro 
tsoune mis en prison. 

Le 28 de ce mois , il éclata un grand incendie à Miyako, et parla force du 
vent tout le palais impérial fut réduit en cendre. 

Le Fo wô fut indigné de l'attentat des prêtres du Ycï san 1 ; et sur la 
représentation de Seï kô, leur Za sou (Tso tchu) ou supérieur Mei woun 
( Mme vun ) fut exiié , au 5 6 mois , dans lldsou ; mais ses adhérens le 
délivrèrent sur la route , et le ramenèrent au Yeï san. Nari tsika (Tchhing 
thsin ) reçut alors l'ordre de s'y rendre, et de les attaquer dans leurs habi- 
tations. 

Ta da-no koarando Yuki tsouna (To thian thsang jin Hing kang) s'était réuni 

( 1 ) La communauté de ces prêtres est ordinairement appelée f , \Jf ^ an 鶴 n ( Chain 
men) , ou la Porte de la monUgne. — Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 199 
avec Nari tsika pour détruire la famille de Feïke (Phmg kia) l ; mais il changea 
d'opinion 9 se rendit le 29 du même mois au palais de Rok fa ra, et découvrit 
le complot à Kiyo mori, qui fit arrêter, le 1 er du 6 e mois , Nari tsika , Seï kâ 
et leurs complices. Seî kô et ses deux fils Moro tada et Moro tsoune furent mis 
à mort ; quant à Nari tsika , on lui fit grâce de la vie , sur l'intercession de 
Sighe mori ; mais il fut exilé à l'île Ko sima (Eul tao) , qui appartient à la pro- 
vince Bizen. Ses fils Nari tsoune et Taïra-no Yasou yori , ainsi que le prêtre 
Sioun kwan、 furent bannis à File de ai kaïga sima (Kouei kiaï tao) 2 , ainsi que 
tous leurs complices. Dans la suite, Nari tsika fut mis à mort au lieu de 
son exil. 

Dans le même mois , Sighe mori perdit Fempioi de Sadaîsio , et fut remplacé 
le 12 e mois par le Tokdaïsi daïnagon Sane sada, appuyé par Kiyo mori. 

Le 4* mois de la 2* année (1 178), le Dam alla au temple de Kasouga. 
Dans le même mois , Taïra-no Moune mori fîit nommé Daïnagon. 

Le 12 du 11* mois, l'impératrice Taïra-no Tok si , épouse du Daïri, accou- 
cha dun ûls. Kiyo mori , père de cette princesse , en fiit trè»-réjoui; le Fo wô 9 
le Kwanbak , et tous les officiers de la cour , allèrent à Rok h ra , pour l'en 
complimenter. 

. Le 12 e mois, le nouveau-né £at déclaré Taïsi. 

Dans le même mois , Minamoto-no Yori masa obtint le second rang de la 
troisième classe ; il y avait long-temps aspiré , et à cette occasion y parvint , 
soutenu par Kiyo mori. On permit aussi à Foasiwara-no Nari tsoune et à Yasou 
yori de revenir de leur exil ; mais Sioun kwan , à cause de rénormité de son 
crime , y resta et y mourut. 

Le 2 e mois de la 3* année (li 79 ), Moune mori reçut sa démission de la 
chaîne de grana général de la droite , et au troisième mois , ^ighe mori cessa 
d'être Naaaism. Mon gok (Wen kiô) 9 prêtre de Taka wo, fat exilé dans le 
même mois pour ses crimes , et envoyé dans la province dldzou. 

(1) pf* la famille des Taira on Fei conféra ce nom de fieimille k quatre de ses filles t 



ke ( ^^"*|^* P^ing Ana ) descend du prince 

Simo taka mi-no o ( Hia kao toung wang) , nls de 
Kadzoura warn sin o ( Rô tcniuiig thsin wang ) , 
et petit-fils du Daîri Kwan mou ten o. Ce fut 
en 825 qu*il obtint de 1 empereur Zioun wa 
ten o ce 一 nom hononnque pour ses descendans. 
La famille de Pd ke fui, comme nous le verrons 
dans la suite , détruite par c^e des Minamoio 

ou pr Ghen si (Yuan cfai), laqadle date 
de 814 , époque à laqadle le Daîri Saga ten o 



comme il a été dit pliu haut , p. 100. L*histoire 
des guerres entre les Feï ke et les Ghen si est 
amplement décrite dans le célèbre ouvrage inti- 
tulé "âS.^|^^^J^ Feî ke-no mono gotari 

(Fning kia wë yu). 一 Kl. 

(2) Cette île appartient à la province de 
Satsomna. Cest la possession la plus méridio- 
nale des Japonais ver» l f archipel Lieoa khieou. 
Selon le San hokf Uou ran to sets, elle fait partie 
de ce dernier. — Kl. 



200 ANNALES 

Le 5 e mois , beaucoup de maisons furent détruites à Miyako par un violent 
ouragan. 

Dans l'été de cette année , Sighe mori alla à Kouma - no , puis revint à Miyako. 

Le 7 e mois, il gagna une fièvre maligne , de laquelle il mourut le 1 er du 
8 e mois. Il n'avait que 45 ans , et fut fort regretté du Fo wô et de tout le 
monde. 

Le 11 e mois, il y eut un tremblement de terre a£Breux. 

Le même mois, Kiyo mori vint de Foukou wara (Fou yuan) à Miyako, et fit 
entendre au Fo wô qu'il était fort mécontent de plusieurs affaires. Sur ses 
plaintes , le Matsou dono Kwanbak Moto foasa fut banni dans le Bizen , et 
le Mou on in-no Taizio daisin Moro naga dans l'Owari ; FAzetsi daïnagon Mi- 
namoto-no Souke kata et quarante - trois officiers du Dam furent privés de leur 
rang et de leurs emplois. A la même occasion , Kiyo mori fit avancer son 
gendre Moto mm , fils du Kwanbak Moto sane : il avait le rang de général du 
milieu de la seconde classe ; il passa tout d'un coup aux emplois de Nadaïsin et 
de Kwanbak , quoiqu'il ne fut âgé que de 20 ans. Tsoune moune fut alors nommé 
Sadaîsin , et Kane sane Oudaism. Kiyo mori fit conduire le Fo wô de la maison 
Fo sio si au palais To ba-no ri koâ, confia la garde de Miyako à Moune mori, et 
retourna à Foukou wara. Tous ces mauvais desseins de ruyo mori auraient 
déjà été exécutés depuis long-temps ; mais Sighe mori s'y était constamment 
opposé. Ajprès sa mort , juyo mori , voyant que personne ne lui résistait , ne 
respecta rien et nagit plus que d'après son bon plaisir. 

Le 2 e mois de la 4 e année (Ï180), le Dairi résigna l'empire à son fils, et 
prit le titre de Taizio ten o; il avait régné 12 ans, 2 avec le nengo Ka o, 4 
avec celui de Tsiô ghen , 2 avec le nengo An ghen, et 4 avec celui de Zi ziô. 

LXXXI. DAlRI 皇天 德安 AN TOK TEN O. 

(De 1181 à 1185 de J. C.) 

( Yâ wa (Yang ho), 1181, 
Nengo j 、 + 

( Ziouyei ( Ltheou young) , 1 182 et 1 185. 

An tok ten o (Ngan te thian houang) , fils de Taka koura-no in, était nommé 
auparavant Koto fito (Yan jin). Sa mère, Ken rei mon in Taïra-no Tok «•, 
était fille du Taizio nudo Kiyo mori. Koto fito était né le 11 e mois de la 2 e 
année du nengo Zi ziô ; son père lui ayant cédé l'empire le 2 e mois de la 4" 
année , il fut proclamé Dairi à l'âge de 3 ans. Kiyo mori garda l'entière 



DES EMPEREURS DU JAPON. 201 
direction des affaires; le Kwànbak Moto mitsi fut régent de l'empire. Go ziro 
kawa-no Fo w6 , ancien Dam , vivait dans le palais Toba den ; Taka koura-no in 
avait reçu le nom de oin in. 

Le y mois, ce dernier se rendit à l'île Itsoukoa sima (Yan tao) l , dans la 
province de Aki. Comme les membres de la famille de Feï he suivaient la 
croyance de Sin to, Kiyo mon était toujours content lorsqu'on y allait faire ses 
dévotions. Le oin in qui le savait , fit ce voyage pour se concilier les bonnes 
grâces de Kiyo mori , et le disposer de cette manière à rendre la liberté au 
Fo wô , qu'il tenait confiné dans le palais Toba den. 

Le 4 e mois, Minamoto-no Yori masa (Yuan Laï tching) proposa en secret au 
prince Motsifito sin o, second fils du Fo wô, de détruire la famille de Feîke. 
Motsi fito sin o était le frère aîné de Sin in, et portait aussi le nom de Taka 
koura-no miya, parce qu'il demeurait à Taka koura. 

Yori masa et son fils , le prince de Idzou Naka tsouna , expédièrent des 
lettres i tous les chefs de la famille Ghen si (Yuan chi), pour assembler des 
troupes dans les provinces qui étaient sous leur dépendance, Zourô Yuki 
ye , le plus jeune des fils de Tome yosi , (Ut dépêché avec ces lettres par 
Taka koura-no miya, dans la province de Idzou. 11 y rejoignit Saki ,! 10 oufio 
ye-no souke Minamoto-no Yori tomo, qui y était banni y lui communiqua ses 
ordres , et se rendit de là dans les autres provinces. 

Le complot de Yori masa ayant transpiré dans le 5 e mois , Tame yosi se 
retira avec Taka koura-no miya au temple de Midera. Us y réunirent les prêtres 
de Midera et de Nanto , et marchèrent avec eux par Nara au palais de Beo do m 
i Oudzi , ou us se reposèrent. Tomo mon, l'un des chefs de la famille Feïke, les 
y attaqua. Alors Yori masa fit détruire le pont , mais Âsikaga-no Tada tsouna 
tenta avec l'avant-garde le passage de la rivière. Un combat acharné commença ; 
Naka tsouna et Kane tsouna , fils de Yori masa, y furent tués, et lui-même, 
voyant que tout était perdu, se coupa le ventre i l'âge de 75 ans. Le prince 
Taka koura-no miya s'enfuit i Nara ; mais il fut tué a un coup de flèche sur 
le mont Koû mio san (KouaDg ming eban ) , i l'âge de 50 ans. Tomo mori brûla 
le temple Midera par ordre de Kiyo mori. 

Celui-ci résolut dans le 6 e mois de transporter la cour à Foakou wara (Fou 
yuan) , dans le Sets. H y fit conduire le Fo wô, le Daïri , et tous leurs officiers. 

Le Daîri Rwan mou ten o avait fondé Feï an siô (Phing ngan tchhing), 
et depuis ce temps, cette ville (qui est le Miyako de nos jours ) avait été la 
résidence des Daïris. Le méchant Kiyo mori fut le premier qui essaya un chan- 
gement. Il tint le Fo wô étroitement confiné à Foukoa wam, et ne lui permit 

(1 ) Cest sur cette Ûe que se trouvait un des prindpaox temples de 1a neiigioo dé Sin* to. — Ki*. 

26 



202 ANNALES 

pas de sortir du palais , parce qu'il le croyait instruit du dessein du Taka* 
koura-no miya, qui avait avorté. On lui conseilla de détruire toute la famille 
des Ghen si , à cause de l'attentat de Yori masa. 

Dès que Minamoto-no Yori tomo , qui était encore dans le Idzou , apprit ce 
qui était arrivé , il envoya Tôkou ré-no Mori naga dans le Kwantô , pour y 
assembler une armée , et s'opposer aux entreprises de la famille des Feïke. 
Tsoane tane de Tsifa, Yosi akira de Mioura, et d'autres chefs moins distingués, 
coopérèrent au même dessein. 

Le prêtre Mon gok de Taka o , qui avait été exilé la 3 e année de ce nengo 
dans le Idzou, allait voir souvent Yori tomo, et Fexcitait de plus en plus à dé- 
truire la famille de Feïke. Il partit en secret pour Foukou wara ; aidé par 
Fou$iwara-no Mitsi yori, il trouva le moyen d'obtenir du Fo wô un ordre par 
écrit pour Yori tomo , qui lui enjoignit de venir à son secours. Mon gok s'em- 
pressa alors de retourner dans le Idzou. 

Le 8 e mois, Yori tomo dépêcha Fo sio Toki masa avec les frères de la 
famille Sasaki, pour tuer le gouverneur de idzou, le Yama ki fan kwan Taira- 
no Kane taka ; lui-même se mit à la tête de trois cents hommes, et s'établit 
sur le mont isi basi yama (Chy khia ひ chan), dans la province de Sagami. Il y 
(ut attaqué par ObcHfto Kaghe tsika i la tête de trois mille hommes; après un 
combat très-opiniâtre il fût défait. Sanada-no Yo itsi et Yosi tada y perdirent 
la vie , et Yori tomo, poursuivi par Raghe tsika, s'enmit au mont Soughi yama. 
Un des gens de Yori tomo , nommé Sasaki-no Taka tsouna , arrêta ce dernier , 
et aonna le temps i son maître de se cacher dans un arbre creux. Aadzi 
warorno Kaghe toki et plusieurs autres le cherchèrent en vain. On prétend 
cependant que Kaghe toki le découvrit , mais qu'il dit à ses gens qu'il n'avait 
rencontré ni lui ni ame qui vive dans le bois , et même pas de trace a homme 
sur la montagne. Ce rapport les fit retourner sur leurs pas, et Kaghe tsika 
lui-même se dirigea d,un autre côte. 

Yori tomo , échappé à ce danger, se retira sur le mont Fako ne yama (^îang 
ken chan) où il rencontra TlokI masa; Moune toki, ms de ce dernier , avait 
perdu la vie en se battant en chemin. 

Yosi akira de Mioura , son fils Yosi sonmi , et son petit-fils W ada-no Yosi 
mori, partisans de Yori tomo, étaient venus à son secours à isi basi yama t 
avec trois cents hommes ; mais ayant appris sa défaite et ne sachant ou il s'était 
eniui , ils retournèrent à Mioura. En route ils rencontrèrent Sighe tada de 
Takake yama , l'un des chefs de l'ennemi ; ils l'attaauèrent et le forcèrent à 
la retraite , après lui avoir tué beaucoup de monde ; mais Sighe tada reçut du 
secours , marcha au château de Mioura , et le prit d'assaut. Yosi akira fut tué 



DES EMPEREURS DU JAPON. 203 
dans le combat, à l'âge de 89 ans. Yosi soumi et Yosi mori allèrent à la 
recherche de Yori tomo, qui de Fako ne avait gagné Toi ou Tofi (Thou feï), 
où il s'était embarqué sur un navire pour le Awa ; ils le rejoignirent dans la 
traversée. Ayant rassemblé dans le Awa des forces considérables 9 il se rendit 
avec eux dans le 9 e mois à la province de Simotske , où Tsoune tane de i si fa 
vint le trouver avec ses gens. Il dépêcha aussitôt Fo sio Toki masa dans le 
Kaï , pour y réunir toutes les troupes de la famille Ghensi. Firo tsoune , chef 
de Kadzousa , le rencontra avec 20,000 hommes sur les rives au Soumi da 
gawa (Yu thian ho). Irrité ae son long retard , Yori tomo le plaça à l,arrière- 
garde. 

Le 10 e mois, il entra dans la province de Mousadzi , où tous les militaires se 
joignirent à lui. Sighe tada de Fatake yama 1 lui offrit aussi de l'assister, et lui 
fit ses excuses d'avoir auparavant pris le parti de ses ennemis. 

Du Mousadzi , Yori tomo marcha vers la province de Sagami , et établit sa 
résidence à Kama koura * , qui avait autrefois été celle de Yori yosi , ïun de 
ses ancêtres. Les peuples des huit provinces du Kwantô lui donnèrent le titre 
honorifique de Kamakoara dono (Kian thsang tian ). 

Minamoto-no Yosi naka, chef de Kiso , qui était petit-fils de Tame yosi , et 
fils de Yosi taka , alla du 。inano au Kootsoukc et de là au Yetsingo , pour 
s'emparer des provinces du nord. A l'âge de deux ans, il avait pèrdu son 
père , et avait demeuré long-temps dans la province de oinano ; à présent 
il venait au secours de Yori tomo , son parent. 

Yosi sighe , chef de Nitsta oye , petit-fils de Yosi si ye et fils de Yosi kouni , 
résidait au château Tero o , dans la province de Kootsouke. Depuis long-temps 
il était brouillé avec Yori tomo; enfin il demanda à se réconcilier avec lui. 

Yori tomo fit rebâtir le temple du dieu Fatsman , fondé à Tsowrouga oka par 
Yori yosi, duquel il descendait. Toute la famille Ghen si était fort dévouée 
au culte de ce dieu. Yori tomo ayant été banni à 14 ans dans le îdzou . y était 
resté pendant 20 ans, et avait par conséquent 34 ans à cette époque. 

Kiyo mori , courroucé de i accroissement des forces de son adversaire , 




(1) Ce nom s'écrit ^ • Le premier 

des caractères qui 】e composent n'est pas usité 

en Chine ; c'est uo synonyme japonais de |j 

pou, potager. Le mot fatake, représenté par ce 
caractère, signifie selon le dictionnaire japonais 
et portugais , imprimé à Nangasaki en 1605 : 
c Quintal , orta, campo, onde se semeo qualquer 
« coma tiranio arroz. • 一 Kl. 



(2) ^^.^^ Kama koura , en chinois Lian 

thsang, ou le magasin de faalx, est le nom d'un 
district de la presqu'île que la province de Sa- 
garni (orme à lorient. レ est une large vallée, 
entourée de rochers. On y révère encore aujour- 
a hui Yori tomo sous le nom de Sirofatt mio tin 
(le génie illustre du drapeau blanc). 一 Kl. 

26 # 



204 ANNALES 

nomma le Siosiô Kore mon général en chef, et Tada nori prince de Satsouma 
son second ; ils étaient accompagnés de Tada kiyo, prince de Kadzousa , et de 
Sane mon, à la tête de 30,000 hommes ; il les chargea de s'avancer vers la 
rivière Foasi gawa, dans la province de Sourouga, pour combattre Yori tomo. 

Toki masa vint appuyer celui-ci avec les troupes de la province de Kaî 9 ce 
qui augmenta tellement ses forces, que les partisans de Kiyo mori furent 
frappés d'épouvante. Kore mori et Tada mori firent reculer leur armée à 
Foukou wara. Yori tomo tira parti ae ce mouvement rétrograde, marcha 
aussitôt sur les provinces de Sourouga et de Omi, s'en empara, et revint 
à Kama koura. Son frère cadet Kou rô Yosi tsoane qui venait de la province 
de Oziou le rencontra lorsqu'il iaisait halte sur les bords du Kise gawa 
(Houang laî ho). 

Of an-no Kaghe tsika était venu implorer son pardon , mais à cause de sa con- 
duite hostile , il fut décapité. 

/fo-no Souke tsika fut pris et donné en garde à son beau-père Yosisoumi, chef 
de Mioura. Il ne fut relâché que long-temps après avec beaucoup d'autres 
qui avaient été faits prisonniers au mont îsi basi yama. 

Le 11 e mois, Yori tomo entra dans la province de Fitats. Après y avoir mk i 
mort Satake Fide yosi, il revint à Kama koura, et confia le commandement de 
son armée à Wada-no Yosi mori. 

Le 12 e mois, Kiyo mori fit de nouveau transporter le Fo wô et le Daîri de 
Foukou wara (Fou yuan) à Feï an siô (Phing ngan tchhing) l . 
. Le même mois, il chargea son cinquième fils, le grand général Sighe Jira 
(Tchoung tchhoung) , de brûler les temples Td daï si et Ko bok si dans le 
pays de Nan to ( Nan tou ) , parce que les prêtres avaient favorisé Yori masa. 

Le l n mois du nengo Y6 wa(ilbl) y le Taka koura - no ziô wo mourut à 
l'âge de 21 ans. 

Le 2 e mois , Kiyo mori ordonna i Siro-no souke naga , prince de Yetsingo , 
de faire mourir Kisou-no Yosi naka. 

f Les provinces de l'est et du nord , celles qui sont situées sur la mer de l'occi- 
ûent et sur celle du miai furent à cette époque déchirées par la guerre. Okata- 
no Kore yosi ( Siu fang Weï i ) s'était révolté dans le Tsoukouzi. Mm kiyo 
{Thoung thsing) , fils de Mitsi nobou y de la famille Ghen si (Yuan chi), livra 
bataille dans le Si kokf aux troupes des Feïke (Phing kia). Yuki ye 9 oncle de 
Yori tomo , conquit la province de Owari. Tomo mori (Tchi ching) et Aore mori 
(Weï ching), chefs des Feflœ , s'étaient portés dans les provinces de l'est et 

(1) C'est-à-dire Miyako. Voyez p. 90, n. 1. 一 Kl, 



DES EMPEREURS DU JAPON. 205 
du nord pour combattre Yori tomo ; mais voyant qu'ils n'étaient pas en état 
de lui résister, ils feignirent d'être malades , et se retirèrent. 

Le 4 e jour du 2 e mois intercalaire 1 , Kiyo mori mourut i l'âge de 64 ans. 
Dans la même nuit, 1 eaifice Nisi fats sio (oi pâ tiao) fat réduit en cendres. 
Son nls Moane mori ( rsoung ching) s'empara du gouvernement , et le Fo wô 
retourna à son ancienne demeure dans le temple Fo sio si. 

Dans le même mois, Yosijiro, oncle de Yori tomo, assembla les troupes des 
provinces de Fitats et de Simotske , et attaqua par derrière Yori tomo. Dans 
cette affaire , yama-no Tomo masa ( oiao chan Tchao tching) , périt sur le 
champ de bataille. 

Le 5 e mois , ^ighe Jira, cinquième fils de Kiyo mori, fut élu grand général 
par la famille Feïke. 11 accourut dans la province de Owari , combattit Yuki ye 
près de la rivière Sou-no mata gawa (Me yù tchhouan), et le vainquit. Mina- 
moto-no Ki yen (Yuan Y yuan ) , frère aîné et utérin de Yosi tsoune , y perdit 
la vie. 

Le 5 e mois , Yori tomo bâtit à Tsouronga oka (Ho yô) le temple fVaka 
miya (jo koung). 

Le 6 e mois, oiro-no Souke naga (Tchhmg rsou tchhang) marcha contre Ki 
sou-no Yosi naka (Mou thseng I tchoung) , mais avant de l'atteindre , il mourut 
d'une attaque d'apoplexie. 

Le 7 e mois , Sada yosi, officier de service auprès de Moune mori , fut en- 
voyé dans le Tsoukouzi pour y étouffer la révolte. 

Le 8 e mois, la famille Feïke chargea Fousiwara-no Fide Jira (Theng yuan Ki 
heng) , prince de Moûts , de tuer Yori tomo ; mais il ne remplit pas cet ordre. 

Le 2 e mois de la 1™ année du nengo Ziou yeï ( 1 1 82 ) , Yori tomo envoya 
des présens à la déesse aaorée dans le temple de Daïsingou à Izé. 

Le 6 e mois, le régent Moto mitsi perdit la charge de Nadaisin. 

Le 8 e mois, Taira^no Masa go (Phing Tching tsu) , épouse de Yori tomo, et 
fille de Fok sio-no Toki masa (Pëtsiao Chi tchhing ) , accoucha d'un fils, qui fut 
nommé Yori ye (Laî kia) : Tlojû masa fût le dernier rejeton de la famille du 
général Saaa mori , descendant du Daîri Kwan mou. 

Le 9 e mois, Naga motsi , frère cadet de Siro-no Souke naga, étant devenu à 
la mort de celui-ci prince de Yetsingo , réunit une armée , et fondit sur Kisou- 
no Yosi naka; mais n fut battu et contraint à prendre la mite. Ce succès rendit 
Yosi naka très-célèbre dans les provinces du nord. Il avait parmi ses troupes 
quatre personnes d'un courage à toute épreuve , Yemaï-no Kane fira, Fi goutsi- 
no Kane mitsi, Fate-no Tsika tada, et Ne-no i-no Yuki ko. On les nommà ten o 

1) Les mois intercalaires s*appdlent en chinois jfiw, et en japonais ouro. ― Kl. 



206 ANNALES 

( Szu thian wang ) ou les quatre rois célestes ; cependant Kane fira était le 
plus brave de tous. 

Le 10 e mois, Moune mori fut nommé Naaaisin ; et Yori mori Daînagon , Nori 
mori et Tomo mori devinrent Tsiounagons, et Tsoane mori Sanghi. Nori mori 
et Tsoune mori étaient frères cadets de ruyo mori , Moune mori était son 
fils aîné ; Kiyo moune avait le premier rang de la troisième classe , Sighe fira 
et Kiyo mori étaient au second rang de cette même classe , et généraux du 
milieu. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1183), le Dairi se rendit à Fo sio si , pour taire 
visite au Fo wô ou ancien Dain. 

Moune mori dépêcha des assassins dans la province de Tosa , pour tuer 
Mare yosi , frère cadet de Yori tomo, qui y était exilé. 

Le 2 e mois, Moune mori fut avancé au second rang de la première classe 9 
et remplacé dans l'emploi de Nadaism par Sane sada du temple Tokdaïsi. 

Le 5 e mois, la désunion éclata entre Yori tomo et Yosi naka ; elle aurait pu 
causer une guerre , mais le dernier envoya son fils légitime Si midzou-no kwan 
sia Yosi taka (Thsing choui kouon tchel kao) en otage i Yori tomo, qui le 
reçut k Kama Jcoura , et le maria à sa fille. 

Le A 9 mois, Taira-no Kore mori et Mitsi mori furent nommés grands géné- 
raux : Tada nori, Tsoune masa, Kiyo fousi et Tomo nori commandèrent sous leurs 
ordres; ils marchèrent avec une armée de 100,000 cavaliers vers les provinces 
du nord , pour détruire Yosi naka. lu armée des Feïke y arriva .dans la 5 e lune, 
et livra plusieurs batailles à Yosi nahi. Les Feîke remportèrent la victoire près 
du fort Fi outsirga seki (Ho soui tchhing) , dans le Yetsizen ; mais au mont To 
nami yama (Ti lang chan ) , dans la vallée Kouri kara gani (Kiu li kia io ku) , 
au mont Sijo-no yama (Tchi pao chan) dans la province de Yetsiou, ainsi 
qu'à ^ino wara (Tiao yuan ) , dans celle de Kaga , Yosi naka eut partout l'avan- 
tage , et les Feïke essuyèrent dans ces différens combats une perte de plus de 
20,000 hommes. Kore mori se retira alors à Miyako ; Mata no-no go ré Kaghe 
feisa et Sato betâ Sane mori perdirent la vie. Après ces défaites 9 la famille 
Feïke commença à craindre celle de Ghen 

Le 7 è mois, Yosi naka quitta les provinces au nord pour se rendre maître 
du temple du mont Yeïsan ; de là il se porta sur Miyako , ce qui consterna 
beaucoup les Feïke. Moune mori s'emoit à Foukou wara avec le Dain An tok 
ten o , rimpératrice Ken reï mon in , et Niye-no ama (Eul weï ni ) , veuve de 
Kiyo mori. Tout ce qui était attaché à la famille des Feïke les suivit. Le 
Daînagon Yori mori fut le seul qui avec la permission de Yori tomo resta i 
Miyako. On dit que sa mère avait rendu ae grands services à ce dernier, dans 



DES EMPEREURS DU JAPON. 207 

le temps qu'il était banni. Le Fo wô , qui avait refusé de suivre la famille Feike 
dans sa fîiite, se retira le 21 en secret au mont Yeîsan , accompagné du 
régent Moto mitsi 9 du Sadaïsin Tsoune moune , de l'Oudaisin Kane sane, et de 
plusieurs autres de ses officiers. Le 26 il revint à Miyako , escorté par Yosi 
naka , et une armée de 50,000 hommes. 

Les Feike ne se croyant point en sûreté à Foukou wara, se réfugièrent dans 
le Tsoukouzi. 

k celle de Ghen si : Yosi naka obtint la province d'Iyo , les titres de Sa ma-no 
kami[T so ma theou), ou chef de la cavalerie de la gauche, et de Asa Jin ひ se<h- 
goun (Tchhao jy tsiang kiun ) , ou général du soleil du matin. Yuki ye eut la 
province de Bizen , et le titre de prince de Bizen. 

Le 20 de ce mois , Taka nori , fils ae 1 aka koura-no in , fut proclamé Dairi. 
Il resida à Miyako ; par conséquent il y eut deux Dams , car on emmenait 
ailleurs l'ex-empereur An tok. 

LXXXII. DAÏRI 院姻 I 後 GO TO BA-NO IN. 

(De 1184 à 1198 de J. C.) 
j^^Q Ghen riak (Yuan ly), 118 な, 
Nengo I y^^^ Boun zi (Wen tchi) , de 1185 à 1189, 

Ken kiou (Kian kieou), de 1190 à 1198. ' 

Go to ba-no in (Heou niao yu yuan) était le quatrième fils de Taka koura-no 
in; il portait, avant de parvenir au trône, le nom de Taka nari. Sa mère Fousi- 
wara-no Nari ko (Theng yuan Tchy tsu) était fille du ^îtz sio souri-no ta yu 
Nobou taka. Elle eut deux fils de Taka koura-no in : le Fo wô se les fit amener 
le 7 e mois de la 2 e année du nengo Ziô yeî, quand l'ex-empereur An tok se fut 
retiré dans le Saï kaïdo. Toki-no Kami sada, âgé de 5 ans, commença k 
pleurer , tandis que Taka nari , qui Savait que 4 ans , sourit et s,assit sur 
ses genoux ; ce qui plut tant au Fo wô , qu'il le choisit pour Daïri. 

Fonsiwara-no Moto mitsi , fils de Kiyo mon, conserva le poste de régent , 
mais radministration des affaires resta entièrement entre les mains du Fo 
Kisou^no Yosi naka était chargé de la garde de Miyako. 

Le 9* mois, le Daïri An tok ten o alla au temple à'Ousa fatsman , dans le 
Bouzen. 

La famille Feike resta a Taï saï fou pour réparer ses pertes ; mais y ayant 



208 ANNALES 

été attaquée par Okatchno sabré Kore yosi, natif de la province de Boungo, 
elle abandonna l'île de Kiou ziou , et passa dans celle de Si kokf. Kiyo tsoune, 
le général moyen de la gauche de leur armée, se noya au gué de Yanaghi ga 
oura, dans le Bouzen; il était le troisième fils de Sighe mori. 

Le Awa-no min bou Sighe yosi (Tchoung neng) avait fait bâtir à Ya sima 
(Woû tao), dans la province de Sanouki , un daïri ou palais destiné à être la 
résidence de la famille Felke, qui en effet y resta en repos tant que les troupes 
du Nankaï do et du Sanyô ne furent pas assemblées. 

Le 10 e mois , Yosi naka envoya une armée commandée fdîr Minamoto-no Yosi 
kiyo, pour attaquer les Feïke, Celui-ci combattit Tomo mori et Non tsoune , 
prince de Noto , à Misoû sima (Choui sima) , dans la province de Bitsiou ; mais 
les troupes des Ghen si furent défaites , et Yosi kiyo resta sur le champ de 
bataille. Non tsoune était le second fils de Non mori, Yosi kiyo fat le premier 
ancêtre de la maison de Nitsoù kifoso kàwa (Jin mou si tchhouaa). 

Sur la nouvelle de cette défaite , Yosi naka quitta à la hâte Miyako , mit à 
mort Seno o-no Kane yatsou, l'un des Feïke, et résolut d,exterminer toute cette 
famille. Yuki ye qui resta à Miyako , tâcha a exciter le Fo wô contre Yosi naka. 
Celui-ci , informé de ces manœuvres , revint en toute hâte pour le punir. 
Yuki ye s'enfuit alors dans le Bansiou (ou Farima). Il y attaqua les Feïke près 
du mont Kouto yama (Chy chan); mais il fiit battu 9 et forcé de se retirer dans 
la province de Kawatsi. 

Pendant la 11 e lune , Yosi naka resta à Miyako 9 où il fit beaucoup de mal 
aux Feïke , et se conduisit avec une grande insolence. Le Fo wô , irrité de sa 
conduite, ordonna aux prêtres du Yeïsan et de Midera de se déxaire de lui. 
Aussitôt que ce projet fut connu, Imaïrno sirô Kane fira conseilla à son maître 
Yosi naka àe demander pardon au Fo wô; mais il repoussa cette proposition , 
marcha i la tête de ses troupes sur Fosiosi , palais du Fo wô, y mit le feu, et 
le tint prisonnier dans la maison Go sio-no on so, Meïwoan (Ming yun), chef 
suprême de l'observance de Ten daï, Naga ri Yen keïfo sin o (Tchhang li 
Yuan khing fa tsin wang) , grana - prêtre du temple Midera, et plusieurs cen- 
taines de ses gens , furent mis à mort. Tous les o&ciers de la cour s'enfuirent 
pieds nuds. 

Ensuite Yosi naka marcha contre la province de Taroba , la conquit , et 
épousa la fille de l'ancien Rwanbak Matsoa d(hno Moto fousa. Depuis ce temps 
il agit en tout à sa fantaisie ; il déposa le régent Moto mitsi, Sane sada Na- 
daîsin du temple Tok daï si , ainsi que quarante-neuf autres officiers ; il 
nomma régent et Nadaïsin le Tsiounagon Moro ye , fils de Moto fousa. C'était 
un enfant de 12 ans. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 209 
Le 12 e mois, Yori tomo fit punir de mort Kasousa^no souke Firo tsoune. DdLïis 
la suite l'innocence de celui-ci fut reconnue, etYori tomo s'affligea beaucoup 
de l'avoir condamné injustement. 

Le 1 er mois du nengo Ghen riak (1184), Yosi naka fut nommé Zeï daï ïseo^ 
gonn (Tching i ta tsiang kiun), ou grand général qui combat les barbares. 
Il fit tout ce qu'il put pour , contrarier lè Fo wô. Dès que Yori tomo qui' se 
trouvait dans. le Kwantô , en fut instruit, il envoya ses frères cadets Kaba-no 
kwa sia Nori yori et Kouro-no Yosi tsoane avec 60,000 hommes à M iyako , pour 
tuer Yosi naka. Celui-ci les combattit à Oudzi et à Seta: Yosi tsoune dépêcha 
Sasaki . Taka tsouna et Kasiwara Kaghe souyo , qui traversèrent la rivière 
d'Oudzi , tandis que Fatake yama Sighe tada attaqua de front Yosi naka. Sur 
ces entrefaites , Yosi tsoune marcha en toute hâte sur Miyako , et prit par 
surprise la maison où le Fo wô était confiné. 

Yosi naka essuya plusieurs combats dans les environs de Seta , mais il fut 
entièrement défait et tué d'un coup de flèche à Afatsou-no wara ( Sou tsin yuan), 
à l'âge de 31 ans. Ima i,no sirô Kane fira, un de ses principaux officiers, y 
mourut aussi. 

Fi gousi-no Kane mitsi , qui avait été envoyé par Yosi naka dans la province 
de Kawatsi pour y faire mourir Yuki ye, revint à Miyako, et rentra dans son 
devoir , mais il fut exécuté. 

Dans le même mois , Moro ye fut dépouillé de l'emploi de régent , et Moro 
mitsi rétabli dans ce poste. 

Pendant le temps que Yosi naka commettait toute sorte de maux à Miyako , 
la faùiille des Feïke avait fait la conquête des provinces occidentales l . Elle 
avait . aussi construit une forteresse dans la vallée d'Itsi-no tard (Y koû), 
dans le Sets , et rassembla dans les environs une armée de 100,000 
hommes : i,ex - empereur s'était retiré de Ya sima à Foukoa wara. Les mili- 
taires des cantons voisins étaient attachés à la. famille, des Ghen si; c'est pour 
cette raison que le prince de Noto Nori tsoune se défit d'un grand nombre 
d'entre eux. 

Le 2 e mois, Nori yori ei Yosi itsoune s'avancèrent i la tête de deux armées 
contre les Feïke.. Un retranchement Y élevé sur le mont Mi kousa yama (San 
thsao chan) par Taïra-no Souke mori , fut détruit par Yosi tsoune, qui ensuite 
attaqua la forteresse d'Itsi-no tani par derrière , pendant que Nori yori la prit 
de iront. Dans le combat, les deux frères Kawa bara (Ho yuan) périrent, les 

Si koue en chinois. Soas ce grande île de J^fj^^ £oa ziou ( Kieou 
niom on comprend les neuf provinces de la tcheou ); ― Kl. 

2 7 



210 ANNALES 

premiers. Kasiwara-no Kaghe toki et son fils Kaghe sonke ayant tenté vainement 
avec Kouma gafe-no Nao sane et Fira yamorno Souke $ighe de donner assaut 
à la forteresse par derrière , Yosi tsoune fit avec un corps considérable ie 
tour de la montagne 9 et commença 9 sous un feu terrible l , une attaque 
furieuse au village nommé Fiyotori yeye (Pi yuë). Les Feîke t ne pouvant 
résister à cet effort extraordinaire , furent vaincus. Le Yetsizennao mino Mitsi 
mori 9 le prince de Satsouma Tada nori 9 le prince de Bitsiou Moro mori, le 
prince de Mousadzi Tome akira, le prince d'Owari Kiyo sada, le prince d'Àwa 
Kiyo fousa, le Kwan go gou souke Tsoune masa, le prince de Wakasa Tsoune 
tosi 9 le Rourando-no ta yu Nari mori, et le Ta yu Âtsoa mon » tous de la famille 
dé Feïke, périrent ayec beaucoup de leurs soldats y dont on ne peut fixer le 
nombre. Sighe fira, général du milieu de la troifiième classe, fut pris. On disait 
que le prince de Noto Non tsoune avait aussi été tùé, mais il était parvenu 
à se sauver par la fuite. 

Moune mori , Tomo mori , Nori mori et Tsoune mori n'échappèrent que diffi- 
cilement 9 et s'enfuirent à Ya sima avec rex-empereur » Timpératrice Ken reï 
mon in , et la princesse de la seconde classe Sen ye. 

Noriyori et Yosi tsoune retournèrent à Miyako. D'après leur avis, le Fo wô fit 
conduire Sighe Jira dans le Kwantô. 

Le 3 e mois, Taïra-no Kore mori sorti de Ya sima, voulut aller par mer â 
Kouma no ; il fit naufrage , et périt dans la mer de Natsi , sur les tuâtes de la 
province de Koya. 11 n'avait que 27 ans. Cependant le bruit se répandit qu'il 
était encore en vie, et se cachait dans les montagnes. U fut donc ordonné de 
vérifier si cette rumeur était fondée. 

Dans le courant du même mois , Yori tomo fut élevé au premier rang de 
la quatrième classe. 

Le 4 e mois , Yori tomo fit mourir son gendre m midzou-no kwan sia Yori taka, 
ûls de Yosi naka ; sa femme , voulant rester veuve, fie ma la tète et se fit 
religieux ) 

Le 5 e mois , Taïra-no Mori yori vint à Kama koura , pour rendre ses devoirs à 
Yori tomo ; à son départ , il fut comblé de présens. 

Le 6* mois, MinamottHio Yori nori fut nommé prince de Mikavra. 

Le 8 e mois , iosi tsoune devint Sayemonwoio kami. . 

Le 9 e mois , il fut gratifié du second rang de la troisième classe , et la garde 
de Miyako lui fut confiée. 

Nori yori marcha contre le pays de Saîkaî pour y détruire la famille Feîke. 

(1) B y a dans l'original le caractère que les ann«t à feo ne fussent , à cette époque, 

qui signifie feu ; ainsi il ne parait pas douteux eonimes des J 食 ponaû* — Ku 



DES EMPEREURS DU JAPON. 211 

A Fousi to (Theng hou) dans la province de Bizen, il eut un engagement 
avec Yuki mori, et remporta ia victoire par une attaque vigoureuse et les 
bonnes dispositions de SasakMio Mori tsouna , qui commandait son avant» 
garde. Les Feïke se dispersèrent vers ie nord. 

Le 10* mois, Yori tomo fit construire un Mon tsi sou (Wen tchu so) ou tri- 
bunal d'audience , et chargea Oo ye-no Firo moto et Miosi-no Yosi nobou de 
maintenir robservation des lois i de recevoir les requêtes du peuple , et de 
surveiller exactement tout ce qui se passait. 

Le 11* mois , il bâtit le palais Tsiô ziou yn ( Tchhang cheou yuan ). Il y avait 
Une chapelle appelée Bo dai sou (Phou ti so), qu'il réserva à son usage , et 
qui pour cette raison fut nommée Minami-no mi dâ (Nan yu thang). 

Le 1 er mois de la l n année du nengo Boun zi (1185), les Feïke bâtirent 
le château diAka maga seki ( Tchhy kian kouan ) % dans la province de Nagata, 
et énvoyèrent Tomo mori pour conquérir File de Kioa ziou. Moune mon resta à 
Ya sima. Non yori fut alors dépêché par Yori tomo dans ie Kiou ziou , et Yosi 
tsonne i Ya sima. Le dernier partit de Miyako dans le 2 e mois , et arriva à Wa' 
tana be (Tou pou), dans le Sets, pour y assembler des vaisseaux de guerre. 
Il y eut une dispute avec Kaghe toki , relativement à son embarquement. Un 
gros temps ne lui permit pas de transporter toutes les troupes , il ne mit à la 
voile qu'avec cinq vaisseaux. Sans apparence de succès, il aborda à Ya sima, y 
•mit ie feu au palais du Dairi An tok ten o, et força Moune mori de s'échapper 
sur un navire avec ce prince. 

Nori tsoune , prince de Noto , resta à Ya sima pour s'opposer à Yosi tsoune ; 
Souke nobou , Mitsi masa et plusieurs autres chefs de la famille Ghen si furent 
tués, ainsi qu'un grand nombre de leurs troupes , par les flèches de Nori 
tsoune ; mais après un combat opiniâtre , les Feïke furent défaits y et s 9 enfuirent 
dans la province de Nagata. Le Den na! Sayemon Nori yosi, qui avait été 
envoyé par les Feïke pour s'emparer de Kawàtsi , dans la province de Iyo , 
se soumit à Yosi tsoune , qui , après s'être rendu maître de l'île de di koif , 
attaqua la province de Nagata. Les Feïke voulurent alors se retirer dans le 
Kiou ziou, mais Nori yori les guettait dans ia province de Boungo 9 pour 
fondre sur eux dans leur fiiite. 

Le 24 du 5* mois, Yosi tsoune arriva devant le fort Âka maga seki, et attaqua 
les Feïke, L'Awa-no minbou Sighe yosi qui depuis plusieurs années avait été 
attaché à ceux-ci, les abandonna et reconnut l'autorité du Dairi. Enfin tous 
ceux qui restaient de cette famille furent anéantis dans cette bataille. JVrye- 
no ama, qui avait les deux insignes impériaux appelés Sin si ou le cachet 
divin , et le Foo ken ou épée précieuse , se sauva avec le ci^devant empereur 



212 ANNALES 

sur un yaùseau ; mais ne voyant plus d'apparence d'échapper ^ leurs persé^ 
cuteurs , les deux fugitifs se jetèrent dans la mer, et y périrent x . Moune 
mori , son fils l'Ouyemon-no kami Kiyo moune et le Feï daînagoh Toki tadà 
furent faits prisonniers. Les autres chefs des Feïke , savoir Tomb mori, Nori 
mori, Tsoune mori, Souke mori, Yuki mori, Jin mori, et ait-on aussi le prince 
de Noto Nori tsoune , se noyèrent dans leur fuite ; il ny eut que l'impératricé 
Ken reï mon in qui fût prise , tous les autres membres de là famille Feïke 
trouvèrent leur fin dans les flots. Le Foo ken ou l'épée précieuse y fut en- 
glouti et perau , mais le ^in si ou cachet divin surnagea et fut sauvé. 

L'ex-empereur avait été proclamé Daïri à l'âge de 5 ans, et avait régné 
avec les nengo Yâ wa et z wa yeï. Son règne n'avait été effectivement que de 
5 ans. À l'âge de six ans il s'enfuit de Miyako. Après avoir erré pendant deux 
ans dans les campagnes, il fut noyé dans la mer à l'âge de 8 ans. 

Le 4 e mois, Yosi tsoune retourna i Miyako. En récompense de sa victoire, 
le Dam lui accorda le second rang de la seconde classe. 

Le 5 e mois , il partit pour Kama koura pour y mener Moune mori et son 
fils Kiyo mori, qui y étaient prisonniers. Yori tomo envoya Fosio-no Toki masà 



( 1 ) Dans le câèbre Amida iera , ou temple 
«TAmida, à Simo-no séki, dans la province de 
Nangata, on conserve encore aujourd'hui l'image 
du- Daïri An tok ten o , et tous les étendards , 
sabres et autres débris de l,armée des Feïke. 
On y voit également de très-anciens paravens, 
à fond doré , sur lequd sont représentés avec 
des couleurs, très- vives tous les détails de la 
guerre entre les Ghensi et les Feïke. 

On trouve dans la mer de Simo-no seki de 
petits crabes , nommés Feïke gani, sur le dos 
desquels les Japonais croient voir une figure 
humaine en, colère. On les vend la pièce quel- 
ques sem ae cuivre , avec un imprimé dont voici 
le contenu : 

«Sous le Daïri Taka kowra-no in, dans la 1 K 
« année da nengo Zi ziô (1177), la désunion 
« entre les familles de Feike et de Ghen si fut la 
« cause d'une guerre sanglante qui aura jusqu'à 
«la l re année du nengo Bonn zi ( 1185j. Enfin 
«là famille de Ghen si extermina par uneTorce 
• supérieure les Feike. Plusieurs chefs de ceux- 
« ci qui avaient échappé à la dernière bataille, 
« tâchèrent de se sauver par la fuite ; mais étant 
i poursuivis de près par les Ghen si, ils n en' 
«virent pas la possibilité. Pdussés par le déses- 



« poir , et voulant se soustraire à la honte d'être 
« pris et mis à mort publiquement , ils se 
« noyèrent dans le passage de Kokaura à Simo- 
« no sekû Le Dairi An tok ten o fuyait également 
« sous la garde de sa nourrice ; celle-ci désespé- 
a rant à la fin de lui trouver un asile , et ne 
« voyant point d'apparence d'échapper à ses 
« persécuteurs , le prit dans ses bras , et sauta à 
«la mer, ou tous les deux furent noyés . On dit 
t que depuis cet événement Yon trouve dans cet 
« endroit des crabes montrant sur leur dos une 
« figure humaine , qui exprime la rage. * 

On ajoute que depuis -ce. temps, ce passage 
fut tellement infesté par des esprits , . que per- 
sonne ne pouvait le fréquenter , jusquà ce qu'on 
eut bâti à oimo-no seki un temple dédié au dieu 
Amida, afin d'apaiser les esprits de là famille 
royale. Depuis lors'' les obsessions ont cessé, 
et n inquiètent plus les voyageurs dans ces 
parages. 

De l'autre côte du village Daïri, on voit la 
colonne ' Yoribe , érigée par ordre - de Talko, au 
même endroit où Ion dit qu リ n tok ten o avait 
pen. £lle est placée sur une pointe de rocher 
qui sort de Feau. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 215 
à Kasi goye (Yao yuë), pour les y tenir confinés tous deux, et fit défendre 
à Yosi tsoane de venir à Kama koura. Il était jaloux de ses hauts faits d'armes 
et se défiait de lui 9 i ce qu'on disait par les instigations de Kaghe toki. 

Le 6 e mois, Yori tomo fit conduire Mouoe môri et son fils de Kasi goye à 
M iyako y pour les livrer à Yosi tsoune. Il ordonna à Minamoto-no Yori kane de 
mener Sighe jira à Nara. 

A Sino wara (Siao yuan), dans la province Omi, Yosi tsoune fit mettre à 
mort Moune mori et son fils Kiyo moune ; le premier avait 39, l'autre 17 ans. 
Signe fira fut supplicié à Nara, pour avoir brûlé Nanto. 

Le 8 e mois, Yosi tsoune fut crée prince de Iyo , et nommé gouverneur de 
Miyako. 

Le 10 e mois, Yori tomo envoya le Tosa bo Siyousi yen à Miyako , pour se 
défaire de Yosi tsoune , mais il fut battu et tué; alors "ion tomo y marcha en 
personne. 

Yosi tsoune ayant obtenu le 11 e mois une permission par écrit du Daïri, 
résolut avec son oncle Yuki ye de détruire Yori tomo; en conséquence ils 
partirent de Miyako pour les provinces occidentales. Dans la traversée , ils 
essuyèrent près de la côte de Daï mots (Ta we) une forte tempête , qui dispersa 
toute leur flotte ; de sorte qu'elle aborda en différentes provinces. On dit 
qu'alors Yosi tsoune s'arrêta dans les montagnes de Yosi no et de Ta bou-no miki. 

Yori tomo, sur ses instances 9 obtint également une permission par écrit du 
Dam pour aller à la recherche de Yosi tsoune , mais on ne le trouva nulle 
part. Arrivé le même mois à Kise gawa ( Houang lai no) dans la province de 
Sourouga , avec le dessein de iaire mourir Yosi tsoune , il y apprit que celui- 
ci avait quitté Miyako avec son oncle Yuki ye. Il retourna alors i Kama koura, 
et y expédia Fosichno Toki masa comme gouverneur , avec ordre de faire cher- 
cher tous les membres de la famille des Feïke qui s'étaient échappés. Le 
sixième fils de Kore mori fût épargné à la requête du prêtre Mongok (Wen 
kioj. La cause de lanimosité de Yori tomo contre son frère Yosi tsoune venait 
de ce que celui-ci avait épousé une fille de Kiyo mori. 

Yori tomo dépêcha Daîno-no Sane fira pour garder la contrée de Saïkaï do, 
et fit demander au Dam par Toki masa d'être crée isoû tsoaifou si (Thsoung 
tchoui phou szu) ou commandant suprême de tout l'empire. Cette requête 
ayant été agréée, il établit des gouverneurs dans les différentes provinces, 
et nomma un commandant dans chaque endroit. 

Le l n mois de la 2 e année (1186), le Fo wô célébra son 60 e anniversaire. 

Le 5 e mois, Moto mitsi , qui était Sets zio ou régent , fut destitué et rem- 
placé par rOudaïsin Kane sane. Daprès le désir de Yori tomo , approuvé par 



214 ANNALES 

le Daîri, Moto mitsi habita alors le payiilon Kin ghi den, et Kane sane, celui 
de Ghiou sio den. 

Toki masa retourna à Kama koura dans le courant de ce mois. 

Le 4 # mois le Fo wô alla à fara (Siao yuan) prier pour Fâme de f impé- 
ratrice Ken reï mon in. 

Le 5 e mois, le Sama-no kami Fousiwara-no Yosi yasou, beau-£rère de Yori 
fomo , enToya des troupes dans la province dldzoumo , pour faire mourir 
Yuki ye. Yori tomo l'en récompensa par la place de gouverneur de Miyako, 

Le 8 e mois, le prêtre Si ghio fosi (Si hing fa szu} 9 parent de Fide fira, arriva 
à Kama koura pour rendre hommage à Yori tomo, qui s'entretînt avec lui sur la 
poésie japonaise, sur Fart de tirer les flèches , et sur l'équitation. 

Le 10 e mois, Kane sane perdit sa place de Oudaîsm 9 et fut rem]placé par 
le Nadaîsin Sane sada; le Daînagon Yori mitsi, fils de Kase sada , fut nommé 
Nadaîsin. 

Le 1 2 e mois , le Daîri commença la lecture du livré intitulé Keo kiô (Hiao 
king). 

Le 2 e mois de la 5 e année (1187) y Yosi tsoune partit en secret de Ize , tra" 
versa la proriiice de Meino , et se dirigeant au nord , arriva daits ceàïe de Oziou i 
oh il demeura dans ia maison de Fide Jhu. 

Le 4 e moi" le prêtre Yeïsaî (YouBg si) partit pour la Chine; 

Le même mois y le Daîri ordonna au prêtre Sdf^en (Tchoung. yuan) de 
Élire réunir du bois de charpente pour rebâtir le temple T6 daî â du dieu 
DaïbouU (Ta foë). Le Fo wô et Yori tomo y consentirent. 

Le 5 e mois, Yori tomo fit construire à Miyako un palais impérial t qu'on 
nomma Kan in-no daîri (Hian yuan neîli). Ooye^no Firo moto vint & ia capitale 
pour en snrreîUer la construction. 

Le ft* mois , plusieurs vols furent commis à Miyako. Tsi fa-m Tiwsaie tone 
et iHmo kawa be^no Yuki fira arrivèrent de Kama koura , firent ssisit tous les 
voleurs , et les pumreùt de ia peine càphale. 

Le 10 e mois, ielsiziou fou seogoun Fousiwararno Fide fira, prince de Moûts, 
mountt; il avait ordonné à son fils Yasou fira de remettre le gouyernement 
de cette province à Yosi tsoune. 

Le 11 e mois, le Dam adia aux temples à'Iwasi midzou et de Kamo. 

Le 1 er mois de la 4 e année ( 1 1 %&) 9 le temple Kô bmk si étant achevé , le ré- 
gent Kane sane y alla , accompagné d'un grand noikibre d'officiers subalterne. 

Le 2 e mois , ie Nadaîsin Yosi mitsi mourut âgé de 20 ans. 

Le 3 e meaSy des émissaires furent expédiés dans la protince de Motifs pour 
porter à Yasou fira l'ordre de tuer Yosi Uoune. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 215 
Le 7* mois, Yori ye 9 fils de Yori tomo , mit pour la première fois une 
cuirasse. 

Le 1" mois de la 5* année (1189), Yori tomo fût avancé au premier rang 
de la seconde classe. 

Le 2 e moU, ïe oye-no go mon Sadaîsin Fousiwara*no Tsoune moune mourut 
âgé de 91 ans. 

Le 3 e mois , Yori tomo pressa le Daîri d'ordonner la mort de Yasou fira , 
mais rempereur refusa dy consentir. 

À la 4 e lune, ie Daînagon Fousiwara-no Tomo kata, Fouskvara-no Yori tsoune, 
de la troisième classe, le Kourando-no kiyo Taka sina, et Yasou tsonne forent 
exilés comme Êivorisant le parti de Yosi tsoune. Le Yosida Tsiounagon Fousi- 
waroHM Tsoune fousa rivait en bonne intelligence avec Yori tomo , et proposait 
au Daîri tout ce que ceiui-ci désirait. 

Dans ia 4 e lune intercalaire, le Daîri ayant envoyé à Yasou fira Fordre de 
faire mourir Yosi tsoune , Yasou fira marcha contre la demeure de celui-ci k 
Koromo gawa-no tatsi (I ho kouan) et Ly attaqua. Yosi tsoune n'étant pas en 
état de résister i une force si supérieure , et ne voyant aucune appareil cede 
salut , tua d'abord sa femme et ses enfans, et ensuite se coupa le ventre. Il 
n'avait alors que o 1 ans 1 . Yasou fira envoya sa tête à Kama koura , et égorgea 
également son propre frère cadet Tada jira , qui avait été l'ami de Yosî 
tsoune. Cette actitm barbare irrita tellement Yori tomo, qu'il assembla une 
armée pour punir Yasou fira de ce £br&it , et qaokpe le Daîri le défendît , 
il refusa d'obéir à ses ordres. 、 

Le 7 e mois , Sane sada FOudaisin du temple Tok daî si fut nommé Sadaîsin , 
le Nadaîsin Sane fousa Oudaîsin , et le Daînagon Kwa san^no in Kane masa 
Nadaîsin. 

Le même mois, Yori tomo marcha avec trois armées composées des troupes 
de toutes les provinces de l^mpire contre ie Qxiou; il prit son chemin par ia 
contrée de Tôsando ; Fatake yama-no Sighe tada commandait ravant-garde ; Tsi 
fa-no souke Tsoune tone et Fatsouda-no Tomo ye allèrent par le Tôkaïdo ; Fiki- 
no Yosi kasou marcha par le Fokrokoado , taudis que Miosi-no Yosi ntAou, Sa- 



( 1 ) D'après la tradition populaire Yosi tsoune 
ne lut pas tué dans celte occasion. On répandît 
^eukmeot la nouvelle de sa mort pour traoper 
ses ennemis; mais il trouva moyen de s'em- 
barquer, et passa dans le pays de Yeso. Les 
faabitans de ce pays lui donnent le nom de Oki 
goarxm. 一 Voye» de plus amples détail» sur ce 



sujet dans ma traduction du San kokftsau ran tô 
sets, oa Aperçu général des trois rojanme$, page 
221. Gq>eBdADt ia Grande En^chpédie japowùse, 
yoI. lxvii , fol. 6 recto, dit que ce récit n'est 
qu,une fable, et que Yosi tsonne se donna effec- 
tivement la mort dans le Ozioa. 一 Kt. 



216 . ANNALES 

saki-no Tsoane taka et Oo y e-no Kaghe yosi restèrent à Kama koura , pour .gar- 
der cette place. 

Yasou fira quitta Fira-no Idzoumi-no tatsi (Phing thsiuan kouan), et vint 
camper à Kokf boun Jara (Kouë fen yuan). Il avait bâti un château au mont 
A tsou ka si yama (0 tsin ho tchi chan) , où commandait son frère aîné 
Kounifira. 

Le 8 e mois, Yori tomo arriva de Siro gawa-no seki (Pë ho kouan) dans le dis- 
trict de Date (I ta), et mit en ruines le château d'À tsou ka si. Wada-no Yosi 
mori fit tirer une volée de flèches , par une desquelles Kouni fira fut tué. Un 
officier de Sighe tada lui coupa la tête, et la porta à son maître. Ensuite 
Yori tomo livra plusieurs combats y dans lesquels il remporta toujours la 
victoire. Quand Tsoune tarte et Tomo ye furent arrivés du Tôkaîdo dans le 
Dewa , et que Fiki-no Yosi kasou fut venu du Fokrokoudo , la plus grande 
partie de l'armée de Yasou fira fiit tuée , et lui-même contraint de se retirer à 
Fira-no idzoumi. 

Yori tomb Yy investit ; alors Yasou fira mit le feu à ses retranchemens , et 
s eniuit dans les montagnes. Yori tomo envoya des troupes à sa poursuite pour 
le saisir. ' 

Le 9 e mois , Yasou fira voulant se sauver dans i,île Yezo ga sima , fut assassiné 
par un des siens nomme Kawada-rno ziro , qui vint ensuite implorer son pardon 
de Yori tomo : Tosifira , Souye fira, et Taka fira, frères cadets de Yasou fira, 
se soumirent à Yori tomo , qui se renait maître des provinces de Moûts et de 
Dewa. Son armée se composait alors y tant en soldats qu en officiers , de 
2 8 ん 000 hommes. 

Depuis le temps de Kiyo fira, ou depuis une centaine d'années , pendant 
quatre générations, Moto Jira, Fide fira et Yasou fira avaient amassé dans le 
Oziou des trésors immenses ; ils tombèrent dans les mains de Yori tomo , qui 
les distribua parmi ses troupes. Il nomma Kasi-no kiyo sighe gouverneur de 
Oziou , et retourna le 10 e mois à Kama koura. 

Le 11 e mois , le Dam alla au temple de Kasonga. 

Le 12 e . mois , le réeent Kane sarie fut nommé 1 aiziô daisin. 

Le 1 er mois de la 1™ année du nengo Ken kiou ( 1 190) , le Daïri prit la robe 
vinie , et épousa la fille de Kane sane. 

Dans le courant du même mois , Okawa-no Kane tô (Kian jin ) , Fun des 
officiers de Yasou fira , rassembla un nombre considérable de troupes dans 
le Oziou , se fit passer pour Yosi tsoune, ou, suivant d'autres récits , pour 
Si midzoa-no kwan , et s'empara de plusieurs districts et villages. Yori tomo 
donna le commandement en chef à jisiKaga Katsousa-no souke Yosi kane, et 



DES EMPEREURS DU JAPON. 217 
lui adjoignit Tsi fa-no souke Tsoune tane et Fiki-no Yosi kasou, pour punir ce 
rebelle. 

Le 2 e mois, ils livrèrent bataille à Kane tô. . 

Le 5 e mois , celui-ci fiit battu et s'enfuit ; mais il fut pris au temple Kou- 
rifara si (i^y yuan szu), et égorgé. 

Le 4 e mois, Kane sane, Taizio daïsin , fut destitué. 

Le T mois , Its pon bô Siô kwan (Y phin fang Tchhang kouon ) fut envoyé par 
Yori tomo pour bâtir un autre palais à Rokfara. 

Sane sada perdit la place de Saaaisin ; Sane fousa le remplaça. Kane masa 
devint Oudaisin , et le Daînagon Foasiwara-no Kane fousa, frère cadet de Kane 
sane, Nadaïsin. 

À la 1 e lune , Yori tomo alla à Miyako. Le cortège était ouvert par Sighe 
tada, et fermé par Tsoune tane. Pendant son absence , Toki masa eut la garde 
de Kama koura. 

Yori tomo ordonna de faire mourir Naga da-no Tada moune (Chang thian 
Tchoung tsoung) 9 à No ma (Ye kian) , dans la province Owari. 

Le 11 e mois, Yori tomo arriva à Miyako , et occupa son nouveau palais à 
Rokfara. Sa marche fut magnifique ; le Fo wô était allé secrètement voir son 
entrée. Yori tomo , revenu à la cour du Daïri , fut nommé Daînagon. Il ofl&it 
des dons précieux au Fo wô et au jeune Daïri. Ensuite il se rendit au temple 
de Iwasi midzou, et présenta en offrande un grand sabre et un cheval. 

A cette occasion, Kane masa, Ouaaism du palais Kwa san-no in, grand 
général de gauche, fut congédié et remplacé par Yori tomo. 

Le 12 e mois, Yori tomo alla au palais de l'empereur, demanda sa démission 
de l'emploi de grand général de gauche , et retourna a Kama koura. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1191), i,empereur récompensa par des charges 
ses officiers Oo ye-no Firo moto , Foasiwara-no Yuki masa, Kamada-no Toki 
naga, Naka bara-no Mitsi ye, Afiosi-no Yosi nobou, W ada-no Yosi non, Kasiwara- 
no Kaghe toki , Foasiwara - no Tsikayosi, Fousiwara-no Tosi kane , Miosi-no Yasou 
kiyo, Miosi-no Nobou fira, Taïra-no Mori toki , Naka bara-no Naka nari, et Kiyo 
wara-no Sane tosi. Il nomma le Tsiouna?on Foasiwara-no Yosi yasou gouverneur 
de Miyako y et Ama-no Tok kaghe surintendant militaire des provinces occi- 
dentales. 

Le 2 e mois, Yosi yasou fut créé grana-juge par la protection de Yori tomo; 
ce qui lui donna une grande considération. 

Le 5 e mois, la demeure de Yori tomo à Kama koura et le palais de Tsou- 
rouga oka furent rebâtis sur un nouveau plan. Le Nadaïsin Kane fousa fut 
nommé r i aiziô daïsin , et le Daînagon Foasiwara-no Tada tsika Nadaïsin. 

28 



218 ANNALES 

Le 4 e mois , le prêtre Yeï sai (Young si ) revint de la し hine, et introduisit au 
Japon l'observance bouddhique appelée Zen siô l . 

Le 10 e mois, le Fo wô fit rebâtir le temple Fo si si. Yori tomo y envoya ses 
officiers Firo mitsi et 1 sika yosi pour surveiller les travaux. 

Dans la 12 e lune, Kane sane reçut sa démission de la place de Sets zio ou 
régent, et devint Kwanbak. 

Dans le 12 e mois intercalaire , Sane sada, ancien Sadaîsin , du temple Tok 
daï si , mourut âgé de 55 ans. 

Le 1 er mois de la 3 e année (1192), le Katsouga«no go rô beî ghi Tada 
mitsi, de la famille des Feïke, renommé pour sa bravoure , vint en secret à 
Kama koura pour tuer Yori tomo. On y était alors occupé de rebâtir le temple 
Yeï f oak si (Young fou szu), et Yori tomo s'y rendit. Tada mitsi s 9 étant cou- 



(1) En chinois <^ Chen tsonng, c'est- 
à-dire ^observance de la haute méditation boud- 
dhique. Eïle a trois subcuvisions : la première 
et primitive est celle qui fut fondée par le célèbre 
prêtre chinois, appelé d'après le lieu de sa de- 
meure, Çïp^^y^^^ Rin zi daï si (Lin tsi 
szu), tandis que son véritable nom était 
Ghi ghen ( I hiuan ). Il fut le ^ t|7 Ghen ka 

(In kho) , ou prédécesseur spirituel de fef 

声 、 

Wô bak (Houaog pë). L'observance qu'il a fon- 
dée portait le nom de if^ Zi siâ (Tsi 

tsoung). Le titre honorifique donné après sa 
mort à Ghi ghen est ^i^^^ ^ 象 Ye siâ 

zen si (Hoei tchao chen szu). 

La seconde modification de l'observance Zen 

S6 tâ 




no 



est celle qui est appelée 

siâ (Thsao thoung tsoung ) , d'après les noms 
des deux prêtres chinois Thsao et Thoung. Le 

premier dont le nom propre était ^ 
Ré Arai (Liang kiaî), portait le titre honorifique de 
pip J|r ひ, 》J《 Tâsan daï si (Thoung chan ta 
szu ). Il fut le prédécesseur spirituel de J 3E' 

fVoun ghen (Yun yuan), et son titre posthume est 
^Ipjp^^^iJ'A Go fon zen si (Ou pen chen 



szu). Je ne trouve pas de détails sur l'autre 
prêtre dont le nom propre était Thsao. 

Enfin la troisième modification est cdle 



du prêtre chinois Wô bak. Quant à 

Yeï saï ou Yâ sai (Young yuan) , il était de la 
famille de Kaya, et né dans la province de Bi- 
tsiou. Il n'avait que 19 ans quand il s'embarqua 
en 1168 pour la Chine, et y visita le fameux 
mont Ten daï san (Thian thai chan). Il revint 
bientôt au Japon. Mais poussé par un désir 
irrésistible d'aller dans le Ten tsik ( Thian 
tchû) ou l'Inde, pour y faire ses adorations 
aux huit pyramides da Monni (dans l*original 

タ客ノ"^ » jp つ ) , il se rendit de nouveau en 

Chine, en Uo7. Il s'y embarqua à ム m ngan 
fon (à présent Hang tcheou fon, dans le Tche 
kiang) , pour gagner par mer le Ten tsik ; 
mais des yents contraires forcèrent le rais- 
seau de relâcher à Wen tcheou' dans la même 
province, où il prit terre, et alla voir le chef du 
temple fVan nian szu, situé au pied du mont 
Thian thaï chan. Après ayoir reçu les instruc- 
tions de ce grand maître , il retourna au Japon , 
ou il arriva , comme nous venons de le voir , en 
1191. L année suivante , il bâtit le temple Fo 
onn si (Pao ngan szu), dans le district de Ka- 
souga du Tsikouzen , et en 1195, celui de Siâ 
fouk si (Ching iou szu) à Wahala, dans la même 
province. U mourut en 1215 , à l'âge de 75 ans , 

et reçut le titre posthume de |^ ^ 

Zen. hwô kokj si ( Thsian kouang kouë szu ) , c est- 
à-dire maître mille fois resplendissant de l'em- 
pire. 一 Kx. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 219 
vert la prunelle de l'œil gauche d'une écaille de poisson , pour paraître lou- 
che , cacha un sabre sous ses vêtemens , et se mêla dans la foule : Yori tamo 
jeta les yeux sur lui, et ayant conçu quelque soupçon , ordonna à Kaghe toki 
de l'arrêter. Il fiit reconnu , interrogé , et supplicié avec ses complices. 

Le 5 e mois, le Go Zira kawa-no Fo wô mourut à l'âge de 67 ans. Il n avait 
été Daïri que 5 ans, cependant il avait réellement tenu le timon des affaires 
sous les règnes de Ni sio-no in, Kok sio-no in , Taka koura-no in, et An tok ten o, 
c'est-à-dire pendant 40 ans. Il avait souffert beaucoup durant la guerre entre 
les familles Feïke et Ghen si, et avait été humilié par Nobou yori, Kiyo mori , 
et Yosi naka. Par Tappui de Yori tomo , il était enfin parvenu à jouir de nou- 
veau d'une heureuse tranquillité ; mais aussi, depuis ce temps, le gouverne- 
ment de l'empire se trouvait entièrement entre les mains ae ce généralissime 
ae l'armée. 

Le / e mois , le Dain se chargea de toute la direction des affaires ayant im- 
médiatement rapport à la cour , et envoya Naka bara - no Kaghe yosi et Tada 
sane à Kama koura , pour apporter à Yori tomo la nouvelle qu il était nommé 
Siô i dai seogoun (Tching i ta tsiang kiun) 9 ou grand général qui combat les 
barbares. 

Le 8 e mois naquit le second fils de Yori tomo , qui reçut le nom de Sane 
tomo (Chy tchao )• 

Le lC mois de la IC année (1193), Yori tomo alla chasser à Na sou no (No 
sieu yc). 

Le 5 e mois, il prit cet exercice à Ai sawa (Lun tsë) dans la province de 
Sourouga , et ensuite à Fousi no. A cette occasion , ie Souga-no su rô Souke 
nari , et son frère cadet le Go rô 一 no Toki moune , entrèrent furtivement pendant 
la nuit dans l'endroit où dormait Souke tsoane, et le poignardèrent parce quu 
était l'ennemi de leur père. Ensuite ils pénétrèrent dans l'appartement de 
Yori tomo, et tuèrent plusieurs de ses gens. Yori tomo fut fort effrayé de 
cet attentat nocturne. Nitsouka-no Tada tsoune égorgea Souke nari , mais Toki 
moune se défendit vaillamment. Yori tomo voulut se battre avec lui, mais il 
fut retenu par Otomo-no Yosi nao. Un de ses gens, nommé Go rô marou, 
homme très-fort , saisit Toki moune, et le mena garrotté devant Yori tomo , 
qui le fit mettre à mort. Il était âgé de 20 ans; son frère Souke nari en avait 22. 

Le 7 e mois, Yoko yama Tokifiro fit présent à Yori tomo d'un cheval haut de 
neuf pieds , qui était né dans la province d'Awatsi. Yori tomo l'envoya aux 
pâturages de Soji-no bama, dans l'Oziou. 

Le 8 e mois , le prince de Mikawa Nori yori , soupçonné de vouloir se 
révolter, se justifia par serment. Cependant comme Yori tomo avait des 

28* 



220 ANNALES 

raisons assez fortes pour se méfier de lui , il l'envoya en exil dans la province 
de Idzou , où quelque temps après il fat massacré avec tous ceux qui y étaient 
avec lui. 

Le 12 e mois, Yori tomo envoya Minamoto-no Kore yosi, prince de Sagami, 
en députation au temple à y Atsou ta (Je thian ) , dans l'Owari , pour y offrir 
un cheval de race en présent. La mère de ce prince était fille du Daïgouzi 
Souye nori. 

Le 3 e mois de la 5 e année ( 1194.) , une bande de malfaiteurs tâcha de mettre 
ie feu au daïri. Minamoto-no Yori kane , gouverneur du palais , les fit saisir et 
punir de mort. 

On découvrit , le 8 e mois, que le Yasda Totomi-no kami Yosi sada voulait 
exciter une révolte ; elle fat prévenue par son exécution. 

Le 9 e mois, on célébra dans le temple Kô bouk si une grande fête , à laquelle 
assistèrent ie Kwanbak Kane sane , et un erand nombre d'officiers subalternes. 
Yori tomo fit présent d'un cheval et d'un sabre à la déesse du temple Daï 
sin gpu, dans le îze. 

Le 2 e mois de la 6 e année (1195), Yori tomo se rendit à Miyako , pour 
assister à la fête du temple Tôdaïsi. Son épouse Taïra-no Masa go et son fils 
aîné Yori ye l'accompagnaient. La fête eut lieu au 3 e mois. Le Daîri y vint 
accompagné d'une grande suite. Yori tomo y parut aussi , et présenta au 
temple en offrande dix chevaux , cent mille ん 。が (ch テ) de riz, mille onces 
d,or , et mille pièces de soieries. Le temple était gardé par ses soldats ; 
les prêtres eurent une dispute avec eux ; elle fiit cependant apaisée par 
Yuki-no Tomo mitsi. Après la fête , le Dam retourna à sa cour accompagné de 
Yori tomo. 

Le même mois , le Nadaïsin de Naka yama Tada tsika mourut. Il avait com- 
posé plusieurs ouvrages , tels que le San kwaiki (Chan houaï ki), et le Midzou 
kdgami (Choui kian) y ou le Miroir des eaux. 

Le 4 e mois, Yori tomo traversa en cérémonie la ville de Miyako, et visita 
plusieurs temples. Le Dain lui envoya le Tsiounagon Fousiwara-no Tsounefousa 
pour le complimenter. 

Le 6 e mois, Yori y e vint au daïri. Dans le même mois, Yori tomo retourna 
avec son épouse et son fils à Kama koura. 

Le 11 e mois, ie Daînagon Fousiwara-no Yosi tsoune , secona fils de Kane 
sane, fut nommé Nadaïsin. Son épouse était fille de Yosi yasou , et nièce de 
Yori tomo. 

Le lC mois de la 7 e année (1196), le Sansio-no Sada お in Sane fousa cruitta 
cette place , et se rasa la tête. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 221 
Le I I e mois, Kane sane cessa d'être Kwanbak y et fut remplacé par l'ancien 
régent Moto mitsi. 

Le même mois, Fousiwara-no Kane foasa reçut sa démission de l'emploi de 
Taïziô daîsin. 

Le 4 e mois de la 8 e année (1197), le Daîri fit une visite à sa mère, à Sits 
sia-no in. - 

Le 12 e mois, Minamoto-no Yori ye obtint le second rang de la cinquième 
classe , et fut nommé grand général de la droite. 

Le 1 er mois de la 9 e année (1198), le Daïri résigna l'empire à son fils Tame 
fito , et prit le titre de Taï ziô ten o, après un règne de 15 ans; savoir 1 avec 
le nengo Ghen riak, 5 avec celui de Bonn zi, et 9 avec celui de Ken kiou. 



LXXXIII. DAÏRI 院。 街 土 TSOUTSI MIKADO-NO IN. 

(De 1199 à 1210 deJ. C.) 
ド正 Ziô zi (Tching tchi) , de 1197 à 1200, 
仁 建 Ken nin (Kian jin) f de 1201 à 1203, 
JVejigo / 久^ i Ghen kion (Yuan kieou), de 120 な à 1205 f 

Ken y お ( Kian young) , 1206, 
承 Ziô ghen ( Tching yuan ) , de 1207 à 1210. 

Tsoutsi mikado-no in (Thou yu men yuan) était le fils aîné de Go toba-no in, 
et nommé avant son avènement au trône Tame fito (Wei jin). Sa mère Mina- 
moto-no Ari ko (Yuan Tsaï tsu) portait comme impératrice le titre de Seô meï 
mon in ( Tchhing ming men yuan); elle était fille de Fo m-no yen, mais adoptée 
par le Nadaïsin Minamoto-no Mitsi tsika. Tame fito naquit le 12 e mois de la 
6 e année du nengo Ken kiou ( 1 19b), fut nommé Taïsi le 1 er mois de la 9 e année 
( 1 198) , et proclamé Daïri le 3 e mois , à l'âge de 4 ans. Le Ko-no ye-no Kwan- 
bak Fousiwara-no Moto mitsi fut Sets zio ou régent. Le Dain Go to ba-no in 
prit le titre de Ta! ziô ten o , et surveilla dans le palais impérial rexécution 
des lois de l'empire ; mais ce fiit Minamoto-no Yori tomo, établi dans le Kwantô, 
qui gouverna réellement. Il assista le Dairi en tout, et exécuta ses ordres. 

Le 10 e mois, le Tsiounagon Fousiwara-no Yosiyasou, gouverneur de Miyako, 
mourut âgé de 52 ans. 

Le 1 I e mois, Fousiwara-no Kane masa Oudaïsin du palais Kwa san-no in 9 fut 



222 ANNALES 

nommé Sadaïsin , et l'Oo i-no go mon-no Daînagon Foasiwara-no Yori sane 
Oudaïsin. 

Le 12 e mois , Ina ghé-no sanbrô Sighe nari , noble 1 de la province de Sagami , 
fit construire un pont sur la rivière Sagami , en l'honneur de son épouse 
défunte, fille de Fôsio toki masa, et sœur aînée de la femme de Yori tomo. 
L'ouvrage étant achevé , Yori tomo alla visiter ce pont. A son retour, il tomba 
de cheval ; cette chute iui occasionna une maladie. Selon Fopinion vulgaire , les 
ames courroucées de Yosi tsoune et de Yukiye lui avaient suscité ce malheur. 
On disait aussi que celle d'An tok ten o lui avait apparu au cap Ina moura ga 
saki (Tao tsun khi); mais ce récit est considéré comme une £aLbie. 

Le 11 du 1 er mois de la 1" année du nengo Ziô zi (1199), le Se! ye daï seo- 
goun du premier rang de la seconde classe , Souki-no Daina^on , grand gé- 
néral de la gauche , Minamoto-no Yori tomo , se fit raser la tête parce qu'il se 
sentait fort mai, et mourut le 13 , à Fâge de od ans. Il avait gouverné l'empire 
depuis la 4 e année du nengo Zi ziô, ou pendant 20 ans. Sa femme Taïra-no 
Masa go se fit religieuse. Son fils Yori ye , général en second de la gauche , 
lui succéda , à î âge de 18 ans. Son grand-père Fosio-no Toki masa fut nommé 
Sits ken (Ghy khiuan). Du vivant de Yori tomo, il avait déjà été Fo sa (Fou 
tso), qui est une des charges les plus distinguées, et qui consiste à iaire 
exécuter les ordres donnés par le généralissime. La considération et ies 
égards qu'on avait pour Toki masa, s'accrurent de jour en jour au point que 
personne dans l'empire ne lui était comparaDle. Son fils Yosi toki avait autant 
de talens que le père. 

Le 20 de ce mois, Ion ye fut nommé Satsiouseo , ou général en second 
de la gauche. Le 26 , il obtint tous ies emplois de Yori tomo , et le Daîri ie 
chargea d'envoyer ses gens dans ies différentes provinces , pour les garder. 

Le 2 e mois, les sacrifices Siyak ten et ceux de fara no furent suspendus 
à cause de la mort de \ on tomo. Celui qu'on offrait au dieu Fatsman à Tsou- 
rouga oka fut également différé d'un mois. 

Le 4* mois, Yori ye fit construire un nouveau tribunal d,audience en dehors 
' du mur de son palais. Miosi-no Yosi nobou y fut placé comme grana-juge ; 

il devait examiner toutes ies requêtes du peuple , et y faire droit conformé- 
ment aux lois. Depuis ce moment, Yori ye négligea ies affaires du gouverne- 
ment. Ses officiers Toki masa , Firo moto, Yosi nobou, Miwoara-no Yosi zoumi, 
Yata-no Tomo ye, Wada-no Yosi mori, Kasiwara-no Kaghe toki, Fiki-no losi kasou 

tugais imprimés au Japon traduisent ce mot par 
镭 Fidalgo, homem honrado, »— Ki v 



(1) Dans le texte sabourafi ou sabourai, 
en chinois sza. Les vocabulaires japonais et por- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 225 
et Tôkour&-no Mori naga composaient le conseil d'état, dans lequel tout était 
discuté et décidé : le chef de Kamon Fousiwara-no Tsika yosi devint gouver- 
neur de Miyako. 

Yoriye avait quatre officiers de confiance , Ogasa wara-no Ya taï rô, Fiki-no 
• san rô , Fiki-no Yasirô , et Naka no-no go rô : personne autre ne pouvait rap- 
procher. Quels que fussent les crimes commis à Kama koura, il était impos- 
sible par les intrigues de ces favoris de s*en plaindre au Seogoun. 

Le prêtre Taka o-no Mongak (Kao hioungWen kiô) ourdit un complot pour 
foire monter au trône le deuxième fils de Go to ba-no in. Ses menées furent 
découvertes , et il fut exilé dans l'Oki. Son disciple Rok daï zen si ( Loû taï 
chen szu) 9 fils de Tafra - no Kore mori, qui était son complice, fut exécuté. 

Le 5 e mois, le prêtre Sioun zeo (Isiun jeng) partit pour la Chine. 

Le 6 e mois, Kane masa, Sadaisin du palais Kwa san-no in, eut sa démission, 
rOudaîsin Fousiwara-no Yori sane devint Taiziô daism , le Nadaîsin Fousiwara- 
no Yosi tsoune Sadaisin , le Daïnagon Fousiwara-no Ye sane Oudaïsin , et le Daï- 
nagon Minamoto-no Mitsi tsika Nadaîsin. 

Le 8 e mois, Yori ye débaucha une des femmes d* Atatsi-no Kasthe mori, qui 
pour cela devint son ennemi. Kaghe toki épia sa conduite , et le condamna à 
mort ; mais par l'intercession de Taïra-no Masa go , mère de Yori ye , il lui 
fit grâce de la vie. 

Le 10 e mois, le rusé Kaghe toki excita la colère de Yori ye contre Yoaki - no 
Tomo mitsi, qui en ayant été informé, en fut très-surpris ; alors il s,aboucha 
à Tsourouga oka avec W ada-no Yosi mori , Miwoura-no Yosi monta , Tokourô-no 
Mori naga, 1st fa-no souke Tsoune tane, yama-no Tomo masa, Fatake yama^ 
no Sighe tada , et plusieurs autres officiers du Seogoun , au nombre de 
soixante-six, pour concerter sur ce qu il y avait k laire contre Kaghe toki. lis 
écrivirent une lettre a ïori ye, munie du cachet de chacun d'eux, par laquelle 
ils lui révélèrent les forfaits et les crimes de ce dernier. Dès que Kaerhe toki 
en eut connaissance, n quitta Kama koura, et s'emuit dans la province de Sa- 
gami, où il se tint caché dans le temple Itsi-no miya (Y koung). 

Le 1 I e mois, Yori ye alla chez Fiki-no Yosi kasou , pour s'amuser au jeu de 
paume qu'il aimait beaucoup ; il était amoureux de la fille de Yosi kasou 9 qui 
pour cette raison jouissait d'une haute faveur et d,une grande considération. 

Le 1 2 e mois , yama-no Tomo masa fut créé prince de Farima , et gouver- 
neur de Miyako. 

Le l tr mois de la 2* année ( 1200) , Kaghe toki trama une révolte ; il promit 
des emplois considérables à Take da-no Jin yo$i de la famille de Minamoto et 
demeurant dans le Kaï. s'il voulait l'aider à se rendre maître du Tsoukousi. 



22k ANNALES 

Mais en traversant la province de Sourouga , il fut attaqué par les troupes impé- 
riales , et tué ainsi que ses fils Kaghe souye , Kaghe taka, Kaghe mitsi, et tous 
leurs gens. Ari yosi , et un grand nombre de ses complices , tous gens du 
peuple , périrent de même en difFérens endroits. 

Le 2 e mois, Masa go, mère du Seogoun , fonda à Kama koura le temple 
Ziou fouk si (Cheou tou szu) ; le prêtre Yeï sai (Young si ) y fut installé comme 
supérieur. 

Le 3 e mois, Fosio-no Toki masa fut nommé prince d'Omi. 

Le / e mois, le Sadaïsin du palais Kwa san-no in Kane masa mourut à l'âge • 
de 53 ans. ' 

Le 10 e mois, Yori ye fut avancé au second rang de la troisième classe , et 
reçut le titre de Sayemon-no kami. 

Le il e mois, on découvrit que Kasiwabara-no Yosabrô, commandant de la 
province d'Omi , avait enfreint les ordres du Dam : Yori ye le fit mettre à 
mort par ordre de l'emperexir. 

Dans le même temps, un nommé Swa ta, qui méditait une révolte dans la 
province Oziou , fut sur les orares du Dain tué par les gens de Yori ye. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Ken nin (1201), le Daïri, accompagné 
des gouverneurs de Miyako yama-no Tomo masa et ^asaki-no Tada tsouna, fit 
une visite à son père, ^iro-no Naga mit si profita de cette occasion pour attaquer 
la demeure de Tomo masa ; mais ii fut repoussé par les gens de celui-ci et 
s^niuit à Kama koura. Tomo masa le fit poursuivre , il fut saisi et massacré 
avec son complice Taka fira, frère cadet de Yasou fira. Naga mitsi était né 
dans la province de Yelsigo ; son frère cadet Soukou mori, qui y demeurait, se 
fortifia dans le château Tori saka-no seki (Niao pang tching). Les troupes des 
provinces de Yetsigo et de i île de Sado l'y attaquèrent pour le faire périr ; 
mais sa tante Fangakf (Pan nsè) défendit le château si vaillamment , qu'un 
grand nombre des assiégeans fiit percé par les flèches et périt. 

Le 4 e mois, Yori ye ordonna à Sasaki-no Mori tsouna d'attaquer le château. 
Mori tsouna le prit et fit Fangakf prisonnière ; Soukou mori échappa. Fangakf 
fut conduite à Kama koura , où , quoique très-iaide , Asari-no Yosi to l'épousa 
à cause de son grand courage. 

Le 7 e mois , Yori ye s'étant diverti pendant cent jours au jeu de paume , fit 
venir de Miyako Yuki kaghe qui y excellait, et le prit pour maître. Cet amu- 
sement devînt son occupation journalière , et lui fit négliger les affaires. Malgré 
les représentations de Fosio-no Yasou toki , ûls de Yosi toki et petit-fils de 
Toki masa, il refusa de renoncer à ce divertissement. 

Le 12 e mois, le Daïri fonda le Wa ka sio (Ho ko so) ou rhabitation de la 



DES EMPEREURS DU JAPON. 225 
chanson japonaise. Minamoto-no Ye naga y eut sa demeure pour revoir lés 
chansons qu'on faisait à la cour ; Fousiwara-no Kiyonori, Kama-no Naga akira et 
Fousiwara-no Fide yosi s y assemblèrent pour en faire et les présenter au Daïri , 
qui les aimait beaucoup. 

Le Oo fi souke , ou directeur en second de la cuisine du Daîri , Nitsi da-no 
Yosi sighe , qui était du second rang de la cinquième classe , mourut le 1 er mois 
de la 2 e année (1222). 

Le 6* mois, ie temple de Ken nin si (Kian jin szu) fut fondé ; le prêtre Yeï 
saï s'y transporta. Ce fut alors que la doctrine de l'observance Zen siô (Chen 
tsoung) se répandit dans l'empire. . 

Le 7 e mois, Yori ye obtint le second rang de la seconde classe y et fut créé 
Seï daî seogoun. * 

Le 10 e mois, ie Kouga-no Nadaism Minamoto-no Mitsi tsika mourut , âgé de 
04. ans; il fut remplacé par le Daïnagon Fousiwara-no Taka tada. 

Le 12 e mois, Moto mitsi fut destitué de la place de régent , et remplacé 
par le Sadaisin Yosi tsoune , homme d'un grand savoir , excellent chansonnier 
japonais et bon poëte en chinois. • 

Le 5 e mois de la 3 e année (1203), Kawano-no fokio zen zeô (0 ye f â khiao 
thsiuan tchhing ) , oncle de Yori ye, se révolta dans la province de Souron^a , 
mais il fut exécuté aussitôt qu'on eut la nouvelle de sa révolte. 

Le 6 e mois , Yori ye alla chasser dans la province de Idzou. Il y ordonna 
à Wada-no Tane naga d'entrer dans la caverne à / tô-no saki (I toung khi), où 
un grand serpent avait établi sa demeure, et de le tuer. Du Idzou il se rendit 
dans le Sourouga , pour chasser , et fit visiter par Nitstmda - no Tada tsoune la 
Caverne des hommes 1 de la montagne de Foasi. 

Le 8 e mois, Yori ye tomba gravement malade. Il donna alors à son fils 
Itsi man (Y fan) les vinert-huit provinces situées à Test du défilé fortifié お 
kaga-no seki (oiang pan kouan), et à son fils cadet Sane tomo les trente-huit 
provinces qui sont à l'ouest. Fosio-no Yosi kasou, grand-père de Itsi man, fut 
indigne ae ce partage inégal , et de la préférence marquée pour Sane tomo ; n 

mité , où il avait trouvé un courant d*eau très- 
profond. La caverne était remplie de chauves- 
souris qui se jetaient à la tête et à la figure des 
hommes. Le courant d'eau formait une forte ri- 
vière quil fut impossible de passer sans bateau 
et sans pont ; ce qui fit retourner Tada tsoune 
sur ses pas. 一 Voyez Grande Encycbpidie japo- 
naise, vol. LXIX. fol. 6 recto.— Kl. 



( 1 ) Cette grotte appelée Fito ana 

(Jin hiuë) ou la caverne des hommes, est au 
pied du mont Fonsi-no yama. E31e est très-pro- 
fonde et escarpée. Tada tsoune y entra avec cinq 
personnes , et y resta pendant un jour et une 
nuit. En sortant , il raconta qu,il y faisait très- 
obscur, et qu'ils avaient eu de la peine à retrou- 
ver le chemin par lequel ils étaient entrés. Il y 
avait parcouru dix ri ayant d'arriver à l^extré- 



2 9 



•526 ANNALES 

résolut donc de mettre son petit-fils en possession de toutes les provinces , 
en de défaisant en secret de Sane tomo et de tous ses parens. 

Le 9 e mois, il conseilla secrètement à Yosi ye de les égoi^er tous, et de 
donner la totalité des provinces à Itsi man , pour que le repos de i,empire 
ne fût pas troublé ; mais Masa go, mère de Sane tomo, étant aux écoutes 
derrière un paravent , en informa directement Toki masa , qui fit yenir Yosi 
kasou , sous prétexte de lui parler d 9 aifaires ecclésiastiques , et le fit tuer par 
Ama no-no To kaghe et Nitsou da-no Tada tsoune. A ia nouvelle de ce meurtre , 
Moune tomo , ids de Yosi kasou 9 assembla tous ses parens , et se porta avec eux 
au palais d,Itsi man. Toki masa manda en toute hâte Yosi toki, Yasou toki, 
Fatake yama-no Sighe tada et fVada-no Yosi mori avec leurs gens, et les chargea 
de tuer Moune tomo et ses parens. Celui-ci voyant le palais investi , y mit le 
feu, et périt aans les flammes avec Itsi man et une partie de ses adhérens ; le 
reste fut tué. 

Yosi ye, furieux de cet événement , ordonna à Wada-no Yosi mori et k Nitsou 
da-no Tada tsoune d*ôter la vie à Toki ma!sa; le premier, qui était afni de ce 
dernier, nobéit point; Fautre fut tué. Alors Yosi ye, d'après ie conseil de Masa 
go , se fit raser la tête et devint prêtre , après avoir gouverné l'empire pen- 
dant 5 ans. 

Toki masa conféra aussitôt le commandement 9 avec le consentement de 
tous les autres officiers de Yori tomo, à Sane tomo, qui reçut du Dairi le 
second rang de la cinquième classe y et le titre de Ziô daî seogoun. Toki masa 
devint Sets zio ou régent. , 

Le 10 e mois. Sane tomo, âgé de 12 ans, se fit revêtir de la robe vinle par le 
prince de Mousadzi Minamoto-no Yosi nobou, et raser les cheveux autour de la 
tête par Toki masa; il commença aussi alors à monter à cheval, et à porter 
un casqué. Yosi ye fut relégué au temple Ziou zen si (Sieou chen szu), dans 
la province de Idzou. 

Le 1" mois, fVada-no Tsoune mori fiit envoyé par Sane tomo au temple 
Iwasi midzofu, pour y présenter une offrande de chevaux. 

Le 12 e mois , le Daïri alla à l'édifice Wa ka sio, pour y célébrer le 90 e anni- 
versaire de la naissance du poète Fousiwam-no Tosi nari nudo siyàk a; celui-ci 
mourut Fannée suivante. 

Le 1 er mois de la 1 M année du nengo Ken んん a (1204), Sane tomo commença 
l'étude du livre Ko kio (Hiao king) , sous la direction de Naka wara-no Naka 
kane , à qui u fit présent d'un sabre et de poudre d'or. 

Le 2 e mois, le Daïri se rendit au temple Ten o si (Thian wang szu). 

Le 5* mois , il créa Sane tomo générai en second de la droite. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 227 

Le 4 e mois, Tomi da-no Moto mori et Mioura-no Mori toki , de la famille 
Feïke , effectuèrent une révolte dans la province de Idzou , et s'en rendirent 
maîtres ainsi que de la province de Iga. Le prince de Mousadzi Minamoto-no 
Tomo masa, gouverneur de Miyako 9 y expédia tout de suite des troupes qui 
les tuèrent et dispersèrent tous leurs adhérons. Tomo masa était gendre de 
Toki masa ; il s'acquit une grande réputation dans cette occasion. 

Le 7 e mois, Sane tomo et Toki masa dépêchèrent à Idzou des hommes 
qui égorgèrent Yori ye, dans le temple Ziou zen si. Il avait alors 23 ans. 
Ses gens tâchèrent d'exciter une émeute ; mais ils furent taillés en pièces par 
les soldats que Fosio Yosi toki, prince de Sagami , y avait envoyés. 

Le 10 e mois, Sane tomo chargea Fôsio-no Masa nori, Tomo mitsi et Fatake 
yama-no Sighe yasou d'aller à Miyako recevoir la fille du Bô mon-no daïnagon 
Foasiwara-no Nobou kiyo, quil devait épouser. 

Le 12* mois, les deux premiers retournèrent avec elle dans le Kwan tô; 
Sighe yasou resta à Miyako , où il mourut. に, 

Le même mois, Yori sane perdit la charge de Taiziô daïsin, et fut remplacé 
par le régent Yosi tsoune. Le Kono ye-no Oudaîsin Ye sane devint Sadaïsin , 
et le Nadaîsin Taka tada Oudaîsin. 

Dans le courant du même mois , le Dam fit quelcrues chansons japonaises , 
>qu*ôn conserva dans les temples de Iwasi midzou, de Kamo, et de Soumi yosi. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1205), le Dairi prit la robe virue à i,âge de 11 
ans. Le même mois, Sane tomo fut nommé général du milieu de la droite, et 
reçut le premier rang de la cinauième classe. 

Le 5 e mois, Miyako et toute la province de la cour (jm nai) furent dévastés 
par un ouragan terrible ; ce désastre fiit attribué au prêtre Yeisaï, pour avoir 
introduit la doctrine Zen siô dans le Japon. Le Dairi en ayant été instruit, le 
fit cnasser de la capitale ; mais il obtint dans la suite la permission de revenir 
à Miyako. 

Le 6 e mois, Toki masa, à l'instigation de Maki-no On kata, son épouse, fit 
assassiner Fatake yama-no Sighe yasou, fils de Sighe tada. Sighe yasou étant allé 
l'année précédente à Miyako pour emmener la fiancée de Sane tomo, eut une 
dispute avec Minamoto-no Tomo masa, l'un des gouverneurs de la capitale. Ce 
dernier ne s'en tira pas avec honneur. Mani-no On kata, qui aimait beaucoup 
son gendre Tomo masa, en ayant été informée, fut fort irritée contre oighe 
yasou et anima constamment son mari contre lui. Inaghe-no Sighe nari vivait 
en mauvaise intelligence avec Sighe tada , et quoique son parent , il se réunit 
contre lui avec l'épouse de Toki masa. Ils formèrent plusieurs projets pour se 
défaire de Sighe tada et de son ûls ; ils réussirent enfin en répandant des 

^9 



228 ANNALES 

calomnies et de faux rapports sur le compte de Sighe yasou. Sighe masa vivait 
dans la province de M ousadzi ; Toki masa l'appela à Kama koura, mais il n'y 
vint point ; alors des troupes , sous le commandement de Yosi toki , furent 
dépêchées à Foutamada gawa pour l'arrêter. On combattit ; oighe tada fut tué 
dans l'action, mais oighe nari y perdit également la vie, sans que personne 
se doutât quil avait conspiré avec Maki-no on kata , épouse de *i Oki masa , 
contre les jours de son parent. 

Sane tomo se trouvant au 7 e mois dans la maison de Toki masa , Maki-no 
on kata excita son mari a le tuer, et à élever son gendre Tomo masa à la dignité 
de Seogoun. Mcisa go, mère de Sane tomo, en eut quelque soupçon, vint 
en hâte le prendre , et le conduisit à la demeure de Yosi toki , qu'elle fit garder 
par toutes les troupes de Kama koura : Toki masa voyant ses desseins décou- 
verts , se rasa la tête , se rendit à Fâ sio , dans la province de Idzou , et y vivait 
dans la retraite. Sane tomo chargea Yosi toki de le mettre à mort; mais à sa 
prière , Toki masa resta exilé avec sa femme dans le Idzou. L'influence de 
Yosi toki augmenta depuis de jour en jour. Sur ses ordres, Tomo masa fut 
tué à Miyako par les troupes. 

Le 8 e mois , Outo-no miya-no Yori tsoune ourdit une révolte ; ses desseins 
ayant été découverts , Yosi toki chargea Oyama-no Tomo masa 1 de l'en punir; 
mais Yori tsoune demanda grâce de la vie , se rasa la tête , et obtint son pardon. 

Comme Sane tomo aimait la poésie japonaise , Fousiwara-no Sada ye lui fit 
présent le 9 e mois d'une nouvelle collection de vers anciens et modernes, 
intitulée : Zin ko kon si (Sin kou kin tsi). 

Le 1 I e mois, le Daïnagon Foasiwara-no Sane moune fut nommé Nadaïsin. 

Le 1 2 e mois , Zenzaï fils de Yori ye , cédant aux conseils de Masa go , sa • 
grand ,! nère, se rangea sous la discipline du prêtre Son keou (Tsun hiao ) , dans 
le temple de Tsourouga oka (Ho yo). Sane tomo Fadopta depuis ; mais ensuite 
il embrassa de nouveau l'état ecclésiastique 9 et prit le nom de Ad keou 
(Koung hiao). 

Le 2 e mois du nengo Kin yeï (120b), Sane tomo reçut le second rang de 
la quatrième classe. 

Le 3 e mois , le Daïri voulut aller chez le régent Yosi tsoune , mais dans la 
nuit précédant ie jour destiné à cette visite , une personne inconnue s'y était 
introduite secrètement, et, passant une lance par le plafond 9 avait percé Yosi 
tsoune. On ne put découvrir l'auteur de ce forfait. Yori tsoune était alors 

(1) Le nom de ce Tomo masa s écrit avec les question jusqu'ici 8,écrit (Tchao ya). 

caractères chinois jjj^^j^ (Tchao tching) , 一 Kx. 
tandis que celui du Tomo masa duquel il a été 



DES EMPEREURS DU JAPON. 229 
âgé de 38 ans. Le Kon ye-no sadaïsin Ye sane lui succéda comme régent. 
Fousiwara-no Sane moune fut destitué de la place de Nadaïsin , et remplacé 
par le Daïnagon Foasiwara-ho Tada tsoune. 

Le 12 e mois, Ye sane cessa d'être régent , et fut nommé Kwanbak. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Zioghen (1207), Sane tomo obtint le 
premier rang de la 4 e classe : Fôsio-no Tokifousa fiit créé prince de Mousadzi. 

Le 2 e mois, i'Oudaïsin Taka tada devint Sadaïsin 9 le Nadaïsin Tada tsoune 
Oudaïsin , et le Daïnagon Fousiwara-no Mitsi tsoune Nadaïsin. 

Dans le même mois, le prêtre Ghen kô (Yuan khoung) fut exilé dans le 
Sanouki. Il avait pris le nom de Fo nen (Fâjen), il établit sa demeure à Kouro 
dani (Hë kû) 9 où il répandit la doctrine Zioô do siô (Thsing thou tsoung) \ 
et eut beaucoup de sectateurs ; dans le nombre se trouvait une femme de la 
cour .du Daïri, laquelle se fit religieuse. Ce fut ce qui causa la grande colère 
de l'empereur contre Ghen kô. Son disciple Anrak Dziou ren (Ngan lô tchu 
lian ) fiit mis à mort. 

Le 4 e mois , le Kousio saki-no Kwanbak et Taïziô daisin Fousiwara-no Kane 
sane mourut , âgé de 61 ans. 

Le 2 e mois de la 2 e année (1208) , Sane tomo eut des pustules au visage. 

Le 6 e mois, le Dairi visita le temple de Kouma no. 

Le 7 e mois , le Nadaïsin Mitsi tsoune fut nommé Oudaïsin , et remplacé par 
le Daïnagon Fousiwara-no losi souke. 

L.e 9 e mois , Kouma ye-no Nao zone mourut à Kouro dam. 

Le 1 e mois , la princesse IViasa go vint à Miyako , et pria dans le temple de 
Kouma no. 

Le 1 2 e mois , elle retourna à Kama koura. 

Dans le courant du même mois, Sane tomo obtint le premier rang de la 
quatrième classe. 

Le 5 e mois de la 5 e année (1209 ) , Mitsi tsoune perdit la place d'Oudaïsin. 
Le 4 e mois, le Nadaïsin Yosi souke devint Oudaïsin , et le Daïnagon Fousi- 



(1) vSf Zioô do siâ, en chinois 

Thsing thou tsoung, ou l'observance du pays de 
la pureté (c est-à-dire de la patrie de Bouddha) 
fut alors introduite au Japon. Cette observance 
y fut postérieurement modifiée, et aivisée en 
deax branches , dont la première reçut le nom 

de 善 Y 充^^ zeî non ghi (Tchin 
si lieou i) ou secte de Tchin si , et l*àutre , celui de 

^^It^s^Jf^nf ^ zan " 0fl 8 ム 1 (Si chan 



lieou i) ou secte de la montagne occidentale , 
d,après un temple de ce nom, dans le palais 

même du Dairi. ? t Ghen kô était natif de 

ィ卞 So tsiou ; il mourut en 1212, âgé de 80 

ans. £n l'année 1697 , il obtint le titre posthume 

de 師大光 fi) Ghen kwô dai si (Y 
kouang ta szu )• — Kl. 



uan 



230 ANNALES 

wara-no Kin tsougou Nadaîsin : Sane tomo obtint le second rang de la troisième 
classe , et fut nommé général du milieu de la droite , le 5* mois. 

Le 7* mois, Sane tomo fit une chanson japonaise t qu'il envoya à Fousiwara- 
no Sada ye. Celui-ci lui présenta en échange l'histoire secrète de la famille 
des Sada ye , rédigée d,après les traditions orales. 

Le 5* mois de la 4* année (1210), le Daïri alla au temple de Kouma no. 

Le T mois , le Daîn attacha Fide yasou , princç de Kadzousa , à la cour. 

Le 8* mois, il se rendit au temple Kasou ga. 

Le 9* mois , il parut une comète dont la queue avait trois pieds de long. 

Le 11* mois , ayant atteint l'âge de 16 ans, le Daîri, sur les représentations 
de son père , et sans aucune raison particulière , céda i,empire à son frère 
cadet Mori nari. Son règne a duré 12 ans; savoir 2 avec le nengo Zio si, 
5 avec celui de Ken nin , 2 avec celui de Ghen kio , 1 avec le nengo Ken yei, 
et U avec celui de Zio ghen. 

LXXXIV. DAÏRI 院德 J|]| ZIOUN TOK IN. 

(De 1211 à 1221 de J. C.) 
J^^: Ken riak (Kiun ly) , 1211 et 1212, 
Nengo I ィ呆建 Kenfo (Kianpao), de 1215 à 1218, 

久^ C Ziâ kiou (Tchhing kieou), de 1217 à 1221. 

Zioun tok in (Chun te yuan) était troisième fils de Go To ba-no in; il 
portait le nom de Mori nari. Sa mère , l'impératrice Zou meï mon in Fou- 
siwara-no Sighe ko , était fille du Sadaïsin Non souye. Mori nari avàit été nommé 
Taïsi le 4 e mois de la 2 e année du nengo Zio zi. Le 2 e mois de la 2* année du 
nengo Zio ghen, il avait pris la robe virile. Le 11* mois de la 4* année, Tsoutsi 
mikado~no in résigna, et Mori nan fut proclamé Dain à F&ge de 14 ans. Le 
Kono ye-no Sadaism Ye sane conserva l'emploi de Kwanbak. Go To ba-no in , 
rancien Dain 9 reçut alors les titres de Itsi in et de Fo in; il eut la direction 
des affaires. Tsoutsi mikado-no in obtint le titre de Sin in , et fut éloigné de 
1 administration. 

Le 1 er mois de la l n année du nengo Ken riak ( 121 】 ), Sane tomo obtint le 
premier rang de la troisième classe. 

Le 2 e mois, le prêtre Ziun zed (Tsiun tchhing) revint de la Chine. Il fonda 
le temple Sen you si (Thsiuan young szu), et fut le premier qui répandit la 
doctrine Rits siô (Lin tsoung) dans l'empire (voyez page 95 )• 



DES EMPEREURS DU JAPON. 251 
Le 7* mois , Sane tomo étudia Fouvrage chinois intitulé Ziô kwan seï yô 

( Tching khouon tching yao) l . 

Le 9 e mois , Fousiwara-no Sada ye fut élevé au second rang de la troisième 

classe. 

Le 10 e mois f Kam<hno Naga akira (iua fchhang ming) arriva à Kama koura 
po«r rendre ses hommages à Sane tomo , et pour prier sur la tombe de Yori 
tomo. 

、 Le même mois , Fousiwara-no Taka tada fut renvoyé de la place de Sadaisin , 
rOudaîsin Fousiwara-no Yosi souke lui succéda, le Nadaïsin Fousiwara-no Kin 
tsougoa hit nommé Oudaïsin , et le Bô mon-no Daïnagon Fousiwara-no Nobou 
kiyo, beau-père de Sane tomo, Nadaism. 

Le 12* mois, Soagawara-no Tame nûgâ fut élevé au second rang de la troi- 
sième classe. Il était arrière-petit-fils de Kan seo sio, et très-instruit. 

Le l w mois de la 2* année (1212), le prêtre Ghen kô ou Fo nen mourut à Kou- 
ro dani. L'année précédente , il avait obtenu la permission de revenir à Miyako. 

Le 4 e mois, Sane tomo fonda le temple Dat zi si (Ta thsu szu). 

Le 6* mois, Fousiwara-no Nobou kiyô reçut sa démission de la charge de Na- 
daïsin , et fut remplacé par le Daïnagon Fousiwara-no Mitsi ye , petit-fils dé 
Kane sane, et fils du Notsi-no Kiô gok Sets zio Yosi tsome. Le même mois, 
il fut envoyé par le Daîri vers Sane tomo, pour presser la construction du 
nouveau palais Kan irnio o kio (Hian yuan yu khiu). 

Le 12* mois , Sane tomo fut élevé au second rang de la seconde classe. 

Le 1* du 1" mois de la 1" année du nengo Ken fo (1213), il y eut un 
tremblement de terre à Kama koura. 

、 Dans le courant du mois Sane tomo alla fiaiire ses prières aux temples de 
Fako ne et de Mi sima. Depuis le temps de Yori tomo, les Seogoun s'y étaient 
déjà rendus plusieurs fois dans ce but. 

Le 2' mois, le prince de Idzoumi Tsika fira forma en secret le dessein 
d'élever Tsi zio , fils de Yori ye , à la dignité de Seogoun , et de détruire la 
&mille des Fôsio. Il était soutenu par plus de cent trente militaires , qui y 
avaient été excités par des' lettres que le prêtre An nen avait écrites. Le Tsi 
& -no souke Nari tane fit arrêter ce prêtre, et l'envoya à Yosi toki ; il Ait tor- 
turé y et nomma tous ses complices. Un mandat d'amener Ait lancé contre Tsikà 
firâ et ses complice» ; mais il tua les hommes dépêchés pour 6e saisir de lui , 
et parvint à se sauver ; cependant ses compagnons furent arrêtés et exilés. 

(" 要!^^ li ま Tching khouon teking Tching khouon (de 627 k 649) , ou sous le règne 



yao est un oarrage chinois qui traite du goa- 
Ternement de l'empire pendant let années 



de l'empereur Tai ttomg det Tliang. — Kl. 



232 ANNALES 

Sane tomo fut gratifié le même mois du premier rang de la seconde classe , 
en récompense des soins qu'il avait donnés à la construction du Kan in-no 
daïri. Yosi toki obtint le premier de la cinquième. 

Le 3 e mois , fVada - no Yosi rnori demanda grâce pour ses fils Yosi sane et Yosi 
sighe, qui avaient été complices de l'attentat de Tsika Jim; Sane tomo la lui 
accorda en considération des services auil avait rendus autreiois. Pour mar- 
quer sa reconnaissance , Yosi mori s'empara de quatre-vingt-dix-huit des 
conjurés , et les fit mener au Seogoun. Plus tard , il sollicita également la 
grâce de son cousin Tane naga ; mais elle lui fut refusée , et Sane tomo chargea 
Yosi toki de garrotter Tane naga et de l'exiler dans l'Oziou. Yosi mori en fut 
irrité ; peu de temps après , il pria qu'on lui donnât la maison de Tane naga ; 
le Seogoun consentit d'abord , mais il changea d'avis , et en gratifia Yosi toJa. 
Alors Yosi mori résolut de se révolter. 

Le 2 du 5 e mois, ayant assemblé tous ses parens et ses adhérens y il investit 
les palais de Sane tomo et de Yosi toki. Quoique Mioura-no Yosi moura fut parent 
de Yosi mori, il était pourtant contre lui. Asa ï na-no Yosi souye , troisième fils 
de Yosi mori, âgé de 58 ans, et d'une force peu commune, enfonça la porte, 
et entra dans l'habitation de Sane tomo; un grand nombre des gens de ce 
dernier furent tués; on mit le feu au palais , et il s'enfuit au temple Fots ke dô. 
Yosi toki se défendit vaillamment, Fôsio Yasou toki, son frère cadet Tomo toki, 
Asikaga-no Yosi ousi , Mioura-no Yosi moura , Fa ta-no i ada tsouna et Take da-no 
Nobou mitsi combattirent en braves. Le lendemain y les troupes des cantons 
voisins accoururent au secours de Yosi toki, et quoique Yosi mori se battît 
avec grand courage , il succomba enfin ; il était âgé de 6/ ans. Avec lui périrent 
ses fils Tsoune mori , âgé de 52, Yosi sane , âgé de j7, Yosi sighe, âgé de 3 在, 
Yosi nobou , âgé de 28, et Souye mori, âgé de 15 ans; de même que le Tomo 
mori , petit-fils de Yosi mori , lequel avait été dans i'inthnité de Sane tomo. 
Tsoutsita-no Yosi kiyo, Okasaki-no Sane tada, Yoko yama-no Toki kane , Fourouko- 
fori-no Yasou tada, et Daïno-no Kore fira, venus avec Yori mori , s'étaient cmuis ; 
mais on les arrêta , et tous furent punis de mort avec ce qui restait de la fa- 
mille Kasiwara. Asa ï na-no Yosi souye fut le seul qui s échappa avec environ 
cinq cents hommes et s'embarqua pour la province de Awa. Personne ne sut 
ce qu'il était devenu ; quelgues-uns veulent qu'il fut assassiné à l'endroit où 
il débarqua, d'autres disent qu'il prit terre à l'île Tsou sima , et passa de- là 
en Corée. Ses compagnons furent tués dans différens endroits. Tane naga 
fut de même égorgé chez lui dans le Oziou. 

Le 6 e mois, Sane tomo se fit construire un nouveau palais ou Ba foa (Mo 
fou). 



DES EMPEREURS DU JAPON. 233 

Le 8 e mois, les prêtres du temple Zeï souï si [ Ihsing choui szu) eurent une 
dispute avec ceux du temple Zeï kan si (Thsing hian szu). Tous ceux du dis- 
trict de Nanto prirent le parti des premiers , tandis que ceux du Yeïsan se ran- 
gèrent du côté des autres. Le Daïri envoya des juges pour examiner l'affaire, 
et pour les réconcilier ; les prêtres de Nanto se soumirent 9 mais ceux du 
Yeïsan s'y refusèrent. Les juges en firent supplicier dix , et arrêter et garrotter 
vingt autres ; le reste , outré de colère , regagna le couvent. 

Le 11" mois, Fousiwara-no Sada ye offrit à Sane tomo la célèbre collection 
de poésies intitulée Man yo zio (Wan ye tsy). 

Le 2 e mois de la 2 e année [ 1214), Sane tomo , ayant bu trop de vin , en fut 
fort incommodé. Yeïsaï, grand-prêtre du temple Ziou fouk si ( Cheou foû szu ) , 
lui fit présent d'un excellent thé , qui le rétablit. 

Le 3 e mois , le Daïri alla à Kasouga. 

Le lC mois, les prêtres du Yeïsan mirent le feu au temple Yen ziô si (Yuan 
tchhing szu) , qui avait été rebâti par Sane tomo. 

Le 1 er mois de la 3 e année (1215), Fosio i oki masa mourut dans les mon- 
tagnes de la province de Idzou, âgé de 78 ans. 

Le 6 e mois , le grand-prêtre Yei saï décéda ; selon les uns à Miyako , dans le 
temple Ken nin si (ivian jm szu), mais suivant d'autres t à Kama koura, dans 
le temple Ziou fouk si. 

Le 8 e et le 9 e mois, il y eut plusieurs tremblemens de terre à Kama koura. 

Le 10 6 mois, Fousiwara-no Kin tsougou fut congédié de la place d'Ou- 
daisin. 

Le 12* mois, îe Nadaïsin Mitsi ye devint Oudaism, et le Daïnagon Fousi- 
wara-no Kin fousa Sadaisin. 

Le 5 e mois de la 4 e année (l21o) t le Bo mon saki-no nadaïsin Fousiwara-no 
Nobou kiyo, père de la femme de Sane tomo, mourut. 

Le 6 e mois, Tsin kwa keï (Tchhin ho khing) arriva de la Chine , et rendit 
visite à Sane tomo à Kama koura. • 

Le même mois, Sane tomo fut nonuné 1 siounagon. 

a la 9 e lune, Yosi toki tâcha de persuader Sane tomo par le canal de firo 
moto de l'élever, malgré sa jeunesse , à un rang plus distingué t mais le Seogoun 
refusa cette demande. 

Le 11 e mois, Sane tomo conçut l'idée de faire un voyage en し tune, et 
chargea le Chinois Tsin kwa keï de construire un grand vaisseau. L'année sui- 
vante , quand ce navire fut achevé, Kane tomo se rendit à Yufi-no foura, pour 
l'essayer ; mais le bâtiment était trop lourd et iaisait eau. Cette circonstance 
fit abandonner le voyage; le vaisseau resta dans le port, et y pourrit. 

3o 



234 ANNALES 

Le 】 " mois de ia 5 e année (1217), le Daïri alla aux temples de Fira no et 
d'Ofara no. 

Le 6 e mois, l'Asiyari Gou ko (Koung hiao) 1 fut nommé grand-prêtre du 
tempi お de Tsourouga oka. 

Le 1 I e mois, le Daïri visita les temples de Kita no et de Mats no o. 

Le 12 e mois, il créa Yosi toki prince de Moûts, et Toki fousa prince de 
Sagami. Le même mois , un ordre écrit de l'empereur renvoya Fousiwara-no 
Kin tsoune qui était Daïnagon. Cette destitution avait pour cause le méconten- 
tement de l'ancien Daïri Go To ba-no in contre cet officier ; il fut pourtant 
rétabli peu de temps après. 

Le 1 er mois de la 6 e année ( 1218), Sane tomo fut nommé Daïnagon. 

Le 2 e mois, la veuve de Yori tomo Taïra-no Masa go partit pour Miyako , 
afin de prier dans le temple de Kouma no ; elle fut accompagnée par Toki fousa. 

Le 3 e mois , Sane tomo sur sa demande fut nommé grand général de la 
gauche , et Àsida-no Kaghe mori, un de ses officiers, prince de Dewa. 

Le même mois, Sane tomo obtint le titre de Sa ma rio-no Gokan y ou chef 
de la gauche de la garde à cheval du palais. Le Dain mi en dépêcha la nou- 
velle à Kama koura par une lettre dont Naka wara-no Sighe tsougou fut le 
porteur. Sane tomo, dans sa joie , donna à cet émissaire trois chevaux , et 
cent onces de poudre d'or. Yasou toki, un de ses ofliciers , fui créé en même 
temps prince de Sanouki ; il déclina pourtant cette faveur. 

Le 4 e mois, Taïra-no Masa go retourna de Miyako à Kama koura. Pendant 
son séjour dans la capitale , elle y avait été honorée du second rang de la troi- 
sième classe. L'ancien Daïri Go To ba-no in avait désiré de la voir , et l'avait 
invitée à venir à son palais ; mais elle n'y était pas allée. 

Le o" mois, Sane tomo ayant l'intention de prier au temple de Tsourouga 
oka, le Dain ordonna à son trésorier en second Tada tsouna de lui préparer 
ses voitures et d'autres équipages. Plusieurs ofticiers attachés au Daïri actuel 
et à Go To ba-no in furent envoyés à Kama koura pour raccompagner. 

Le T mois, Sane tomo y nomma cinq commandans , dont Yasou toki était 
le chef. 

Le 8 e mois , on s'amusa à la cour du Daïri à composer des chansons japo- 
naises. 

Le 10 e mois, le San sio-no daism Foasiwara-no Kin fousa fut nommé Taïzio 
daism , et Sane tomo Nadaisin. Sa mère Masa go reçut le second rang de la 
première classe , et le titre ecclésiastique de Zen ni de la seconde classe. 



(1) Voyez l'explication d'Asiyari, dans la note de la page 104. 一 Kl. 



響 



DES EMPEREURS DU JAPON. 235 

Le 11 e mois, le Sadaïsin Fousiwara-no Yosi souke y frère cadet du Kio gok 
Yosi tsoune , mourut. 

Le 12 e mois, l'Oudaisin Fousiwara-no Mitsi ye devint Sadaïsin y le Nadaïsin 
Sane tomo Oudaïsin , et le Daïnagon Foasiwara-no Ye mitsi Nadaïsin. 

Le 26 du 1 er mois de la 1" année du nengo Zio kiou (1219), Sane tomo 
visita pendant la nuit le temple de Tsourouga oka. Fira moto Nudo kwaka lui 
avait conseillé de s'emmaillotter le corps sous ses habits; mais il s'y refiisa, et 
y alla en grande pompe. Après avoir nm ses prières , il fut attaqué en descen- 
dant de l'escalier du temple , par Ko kio, un des fils de Yori ye, déguisé en 
femme , qui tira son sabre en s'écriant : « Ennemi de mon père , reçois ton châ- 
« timent. » Ko kio fendit d'abord la tête kSane tomo, puis il tua son serviteur 
Naka akira. Les gens de Sane tomo poussèrent des cris lamentables. Comme 
il avait été attaqué à l'improvisle, personne n'avait pu le secourir. Ko kio s'en- 
fuit, se cacha chez Yaki-no Sito, et tâcha de persuader Mioura-no Yosi moura de 
le nommer Seogoun. Mais celui-ci en informa Yosi toki , qui envoya aussitôt 
Naga o Sada kaghe pour punir de mort l'assassin de Sane tomo. Celui-ci était 
devenu Seogoun dans la 5 e année du nengo Ken nin. Il avait exercé pendant 
17 ans le pouvoir suprême, et fut assassiné à l'âge de 28 ans. 

Le règne de Yori tomo , de Yori ye et de Sane tomo est nommé la Période 
des trois Seogouns , qui dura quarante ans. Ko kio perdit son père Yori ye à l'âge 
de 4 ans , de sorte qu'il en avait 1 9 quand il fut mis à mort. 

Le 2 e mois, Masa go délibéra avec Yosi toki sur le choix d'un successeur de 
Sane tomo. Elle dépêcha le prince de Sinano Yuki mitsi à Miyako pour solli- 
citer rancien Dairi Go To ba-no in de nommer Seogoun de Kama koura un 
de ses deux fils Rokousio-no miya Masa nori , ou Reïzen-no miya Fori fito ; 
mais cette demande fut refusée. 

Le 3 e mois, le Nadaïsin Fousiwara-no Ye mitsi fut nommé Oudaism , et le 
Kouga-no Daïnagon Minamoto-no Mitsi mitsi Nadaïsin. 

Le 6 e mois, Yori tsoune, troisième fils du Sadaïsin Fousiwara-no Mitsi ye, 
fut rappelé par Masa go et Yosi toki à Kama koura ; ils dépêchèrent à Miyako 
Fosio - no Toki fousa , prince de Sagami , pour l'accompagner. Sur tout le 
chemin, les srens de guerre lui rendirent leurs hommages , quoiqu il n'eût que 
deux ans. Masa go eut soin de lui, mais toute la direction des affaires fut 
confiée à Yosi toki. 

La sœur aînée de Yori tomo avait été mariée au 1 siounagon Yosi yasou ; elle 
avait eu de lui une fille qui épousa le Kiogok ïosi tsoune. Leur fils Mitsi ye 
épousa la fille de Saï yen si-no Kin tsoune. De ce mariage naquit Yori tsoune, qui 
par conséquent était successeur légitime de Yori tomo. Le Kawa-no kwansio 

3o* 



236 ANNALES 

Toki moto, fils de Zenziô, et neveu de Yori tomo, vivant dans la province de 
Sourouga , prétendait à lui succéder ; mais Yosi y toki envoya des troupes , et 
se défit de lui. 

Le 7 e mois , i,ancien Dain Go To ba-no in envoya des soldats pour chasser 
Minamot(hno Yori sighe, gouverneur du palais impérial , parce qu'il était mé- 
content de lui. Celui-ci se retira dans la salle Nin ziou den, faisant partie du 
palais , y mit le feu , et se fendit le ventre. Tous les trésors qui y étaient con- 
servés devinrent la proie des flammes. Yori sighe était petit-fils de Yori masa. 

Le 9 e mois , Taïra-no IVlasa go nomma Yega-no Mitsi moune , frère aîné de 
la femme de Yosi toki, grand-juge à Kama koura. Son frère aîné Yega-no fan- 
kwan Mitsi souye devint gouverneur de Miyako , tous les deux étaient fort 
respectés. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1220), le Daïri alla aux temples dlwasi midzou 
et de Kamo. 

Dans le courant de la même année , il y eut plusieurs trcmblemens de terre 
à Rama koura , ainsi que aes incendies et des ouragans qui détruisirent beau- 
coup d'habitations de militaires. 

Le 3 e mois de la 3 e année (1221 ) t le Sanghi Fousiwara-no Masa tsoune 
mourut. 

Le bC mois , le Go to ba-no ziô o résolut de détruire la puissance des chefs 
militaires de Kama koura. Il était indigné de la conduite de Yosi toki, qui 
depuis la mort de Sane tomo agissait en tout suivant son bon plaisir , en dépit 
de la volonté du Dain. Il manda donc Mori tâ, commandant de Sinano , à la 
cour. Yori toki en ayant été informé , prit possession de oette province. Le 
Dairi voulut donner le district de Koura-fasi dans le Sets au prince Dira be- 
no sin o Kame kikoa , mais le commandant de la province refusa de le recon- 
naître. Le Dain chargea aiors Yosi toki de l'en punir; celui-ci lui adressa des 
représentations : Go To ba-no zio o en fiit très-offensé , et envoya Fousiwara- 
no Fide yasou vers Mioura-no Tane yosi pour se consulter avec lui sur la perte 
de Yosi toki. fane yosi se montra disposé à le seconder, et commença aussitôt 
à lever des troupes. Tsoutsi mikado-no in, qui n'était pas mécontent de Yosi 
toki , tâcha en vain d'arranger les affaires. 

Au même mois, le Daïri resigna en faveur de son fils Kane nari, qui n'avait 
alors que k ans : Fousiwara-no Ye sane Derdit l'emploi de Kwanbak. Mitsi ye 
devint Setszio ou régent. Le Go To ba-no in reçut le titre de Itsi-no fo in, le 
Tsoutsi mikado-no in, celui de r ïsiou in, et Zioun tok in celui de Sin in. 

Le Fo in consulta le Sin in sur le moyen de détruire Yosi toki. 

Le 5 e mois, le Go To ba-no in vint au paiais Koyo in ; il y manda le Saï yen si- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 237 
no sadaïsio Fou$iwara-no Kin tsoune avec son fils le Tsiounagon Sane ousi , et les 
fit emprisonner dans la salle Kou you den , parce qu us étaient d'intelligence 
avec Yosi toki. Il fit appeler de même le Yega-no fankwan Mitsi souye; celui-ci 
n'étant pas venu, il envoya Tane yosi , Fideyasou, Firo tsouna et Isika firo avec 
les troupes de Miyako , pour le punir. Mitsi souye se défendit long-temps , 
mais ne voyant point de moyen de résister, il se coupa le ventre. 

Foasiwara-no Mitsi tsika reçut de Go To ba-no in un ordre adressé à tous les 
militaires des contrées de Gokinaï et de Sits do 1 de tuer Yosi toki. 

Osi matsou fut dépêché par Tane yosi dans le Kwanto , avec une lettre pour 
son frère aîné Mioura-no Yosi moura, par laquelle 11 l'invitait à tuer Yosi toki. 
Au lieu d'y obéir, Yosi moura montra la lettre à celui-ci. Yosi toki fit arrêter 
et garrotter Osi matsou , courut chez Masa go, et y tint conseil avec Firo moto 
et Yosi nobou. Ils résolurent de marcher sur Miyako. Yosou toki, prince de 
Mousadzi , celui de Sagami fokifousa, jisiKaga-no Yosi ousi, et Mioura-no Yosi 
moura , arrivèrent du Tokaïdo avec cent mille hommes , Takeda-no Ogasa wara 
et yama-no Kokio avec cinquante mille hommes du Tôsando , et Tomo toki, 
second fils de Yosi toki , avec quarante mille hommes du Fokrokoudo. 

Le 6 e mois , Yasoa toKi et Toki fousa étaient entrés de vive force dans les 
provinces de Mino et de Owari ; i,ancien Dam Go To ba-no in envoya des 
troupes pour prendre possession des défilés de Oudzi et de Seta , mais elles 
furent mises en mite par l'attaque furieuse et la force supérieure de l'ennemi. 
Yasoa toki marcha de Oudzi et Toki fousa du Seta sur Miyako. Ils livrèrent 
bataille à l'armée de Go To ba-no in , qui fut totalement défaite. Tane yosi et 
Sasaki-no n iro tsouna se coupèrent le ventre ; les autres chefs furent faits pri- 
sonniers ou tués. Parmi les premiers se trouvèrent Fousiwara-no Mitsi tomo , 
le Damagon Fousiwara-no Tada nobou, le Tsiounagon Fousiwara-no Ari masa , 
Fousiwara-no Mouneyuki, et beaucoup d'officiers, d'un moindre rang au service 
de Go To ba-no in. On les garrotta pour les mener au Kwanto ; mais ils furent 
massacrés en route, à l'exception de Sada nobou, à qui l'on fit grâce de la 
vie, parce qu'il était parent de Sane tomo. 

Yasou toki et Toki fousa s'établirent à Miyako , dans le Rokfara y qui est la de- 
meure du gouverneur , et examinèrent la conduite de Go To ba-no in. 

Le 7 e mois , le Daïri Kane nari fut déposé ; il alla demeurer au palais de 
Kou sio in. 

Dans le courant du même mois, Toki ousi et Yasou yuki, fils de Yasou toki, 

(1) SUs do ou les sept chemins ou province de la cour, et la huitième contrée. 一 

contrées, sont celles dont se compose l'empire Kl. 
japonais, à l^exception du Gokinaï qui est la 



258 ANNALES 

exilèrent Go To ba-no in dans la province de Sanouki , le Zioun tok in à l'île de 
Sado , le prince Masa nari sin o , fils de Go o Tba-no in , dans le Ta sima , le 
prince Yorifito sin o dans la province de Bizen , et Tsoutsi mikado-no in dans le 
Tosa, d'où il fut envoyé dans le Awa, plusieurs années après. 

Lorsque Zioun tok in résigna l'empire en faveur de sou ûls Kane nari 1 , il 
avait régné 1 1 ans. Son fils n'ayant point été proclamé , n'est pas compté 
parmi les Dairi. 

LXXXV. DAÏRI 院 i 可磁後 GO FORI KAWA-NO IN. 

(De 1222 à 1252 de J. C.) 

Tel wo (Tching yng), 1222 et 1223, 
Ghen nin (Yuan jio) , 1224 , 
Ga rok (Kia loû) , 1225 et 1226, 
An tei (Ngan tching), 1227 et 1228 , 
Kwan ki (Khouon hi) f de 1229 à 1251 , 
Tei yeï (Tching young) , 1 232. 

Go fori k aw a-no in (Heou khû ho yuan ) , nommé auparavant Moisi fito 
(Meou jin), était petit-fils du Daïri Taka koara-no in, et fils du prince Mori 
sada sin o, frère aîné de Go To ba-no in, avec qui il vivait en mauvaise intelli- 
gence t parce qu'il navait pas succédé au Daïri, et qu'il fut obligé de vivre 
en simple particulier. Il porta le titre de Zi mio in-no miya. 

La guerre étant terminée, Yosi toki proclama Motsifito Daïri , le 7 e mois de 
la 5 e année du nengo Zio kiou. Ce prince n'avait alors que 10 ans. Sa mère 
Fousiwara-no Yosi ko était fille du 'I siounagon Moto ye : Mori sada , père du 
Daïri , reçut le titre de Taïziô ten o , et fot chargé de radministration des 
a&aires. Mitsi ye 9 père de Yori tsoune de Kama koura , ne fut plus régent , 
Konoye-no Ye sane le remplaça. Au surplus Yosi toki agissait, dans tout ce qui 
concernait le gouvernement de l'empire , selon son bon plaisir. Le prince de 
Mousadzi Yasou toki et celui de Sagami Tokifousa furent nommés gouverneurs 
de Miyako. 

Dans l'hiver de la même année , l'Oudaisia Fousiwara-no Ye mitsi devint 







âc 元嘉 安寬 âc 

應仁錄 âc 臺永 



( 1 ) Ce prince n est pas compté comme Daïri. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 259 
Sadaïsin 9 Tokdaïsi^no Kin tsougou Oudaïsin 9 et Saï yen si-no Kin tsoune Nadaï- 
sin : le régent Ye sane fut nommé Taïziô daïsin. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Teï wo (1222), le Daïri prit la robe 
virile. 

Le mois, la charge de Taïziô daïsin fut ôtée à Ye sane. 
iLe 8 e mois , le Nadaîsin Saï yen si-no Kin tsoune devint 1 aiziô daïsin , et son 
fils le Tsiounagon Sane ousi Oudaïsin. 

Le même mois, le Daînagon Fousiwara-no Moro tsoune obtint l'emploi de 
Nadaïsin. 

Le 2 e mois de la 2 e année (1223), le Daïri épousa la fille du Sansio-no 
taïziô daïsin Kin fousa. 

Le 5* mois, le Taïziô ten o Mori sada mourut, et fiit honoré du titre de 
Go Taka koum-no in. 

Le 10 e mois, Ye sane cessa d'être régent, et fut nommé Kwanbak. 

Le 2 e mois du nengo Ghen nien (122^), un vaisseau coréen fut jeté sur la 
côte de la province de Yetsingo. Toute la cargaison qui était avariée fut trans- 
portée à Kama koura. 

Le 1 5 du 3 e mois, Fôsio-no Yosi toki mourut âgé de 62 ans, selon les uns, 
d'une attaque d'apoplexie , selon d'autres , il fut tué par un de ses gens. Pen- 
dant vingt ans , il avait été premier ministre du Seogoun 1 ; c'est-à-dire de- 
puis la 2 e année du nengo Ghen kioa ( 1205). Dès que Yasou toki et Toki fousa 
apprirent sa mort, ils partirent de Miyako pour Kama koura. 

Kaga-no Mitsi moune , frère cadet de répouse de Yori toki , s'engagea secrè- 
tement avec Mioura-no Yosi moura à se déiaire de Yori tsoune et de Yasou 
toki, d'élever Fousiwara-no Sane masa, gendre de Yosi moura, à la dignité de 
Seogoun de Kama koura, et de nommer Masa moura, fils de Yosi toki, son 
premier ministre ; mais la Zen ni ( ou Musa go) fit donner cette place à Yasou 
toki et à Toki fousa. Elle alla secrètement pendant la nuit chez ïosi moura, 
lui adressa des reproches sur ses projets , lui conseilla de se tenir tran- 
quille , ne voulut pas permettre qu'il restât chez lui, et lui enjoignit daller 
chez Yasou toki. En attendant , Sane masa fut envoyé à Miyako , d'où il fut 
exilé dans la province de Yetsizen , l'épouse de Yosi toki dans le Idzou, Mitsi 
moune dans le Sinano , et ses deux frères cadets furent bannis à 2 sin zaï fou. 
Yosi moura conserva son emploi ; Masa moura était Tami intime de Yasou toki. 

Fousiwara-no Zuki mori remplaça Mitsi moune comme grand-juge , et fat 
chargé de veiller au maintien des lois de l'empire. 

(1) ネ 蕃^^ Sits ken (Tch, khiuan) est reipression reçue pour indiquer cette charge. 一 Kl. 



240 ANNALES 

Yasou toki accorda quelques revenus à ses frères : son fils Toki ousi, et Toki * 
moura y fils de Toki fousa, envoyés à Miyako , y demeurèrent au palais de 
Rokfara. 

Le 8 e mois, le Ronoye-no Sadaïsin Ye mitsi , fils de Ye sane, mourut. 

Le 12 e mois, l'Oudaisin Kin tsougou devint Sadaïsin , le Nadaism Moro tsoune 
Oudaïsin t et le Daïnagon Fou$iwara-no Yosifira Nadaïsin ; le deuxième étfiit 
fils de Yori sane, le dernier, frère cadet de Yosi tsoune. 

Le 6 e mois de la l re année du nengo Ga rok (1225), Oo ye-no Firo moto 
Nado kwaka mourut à l'âge de 85 ans. Depuis le temps de Yori tomo, on 
l'avait constamment consulté dans toutes les affaires législatives et adminis- 
tratives de quelque importance. 

Le r mois, Taïra-no Masa go, veuve de Yori tomo, qui, comme religieuse , 
portait le titre de Zen ni, et le nom de Zio zits (Ju chy) , décéda à l'âge de 69 
ans. Depuis la mort de son fils Sane tomo , elle avait eu le soin du gouverne- 
ment; c'est pourquoi elle fut nommée Ama seogoun (Ni tsiang kiun) ou la 
nonne Seogoun. 

Le 9 e mois, le Saki-no Daisou ziô Zi woun (Thsu yuan), fils du Kwanbak 
Tada mitsi , et grand-prêtre de l'observance bouddhique Ten daï, mourut. Il 
avait été excellent poète pour les chansons japonaises. 

Le 1 I e mois, Yori tsoune prit à Kama koura la robe virile, à î age de 8 ans. 
Yasou toki y fut chargé de la direction des affaires. 

Le 12 e mois, le Daïri alla aux temples d'Iwasi midzou et de Kamo. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1226), le Seï i daï seogoun Yori tsoune reçut 
du Daïri le premier rang de la cinquième classe. 

Un homme qui se donnait pour le Zen zi Kô kio, fils de Yori ye , se révolta 
au 5 e mois dans le Moûts. Tomo fira le fit arrêter et mettre à mort. 

Le 1 er mois de la 1™ année du nengo An teï (122/ ), ie Tokdaïsi-no Sadaïsin 
Fousiwara-no Kin tsougou mourut à l'âge de 53 ans. 

Le 2 e mois, le Daïri épousa Naga ko, fille du Kwanbak Ye sane. Cette 
princesse était plus âgée que lui ; mais il 1 aimait éperdument. 

Le 4 e mois , Fousiwara-no Moro tsoune perdit la place d'Oudaisin , le Na- 
daïsin Yosi fira devint Sadaïsin , le Daïnagon Fousiwara-no Nori sane Oudaï- 
sin ; le Daïnagon Fousiwara-no Kane tsoune était fils de Ye sane. 

Le 6 e mois, Toki sane, second fils de Yasou toki, fut tué à i age de 16 ans 
par Taka fasi. On arrêta l'assassin , et on le punit de mort. 

Le 12 e mois de la 2 6 année ( 1228), la place de Kwanbak fut ôtée à Konoye- 
no Ye sane , qui fdt remplacé par 1 ancien régent Mitsi ye. 

Le 4 e mois de la 1 M année du nengo Kwan ki (1229 ) y lai siougou ou impé- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 241 
ratrice Minamoto-no Naga ko mourut, et reçut le titre posthume de Osi-no in. 
Le Daïri épousa alors Son si (Tsun tsu) , fille du Kwanbak Mitsi ye. 

La 2 e année (1150), Sighe toki , de la famille de Fôsio, et prince de Sou - 
rouga , arriva à Miyako , et se logea au Rokfara. 

Le 4 e mois, Souri-no Toki ousi, de la famille de Fôsio, partit pour Kama 
koura, où il mourut le 6 e mois, à l'âge de 28 ans. 

Le 12 e mois, le Seogoun Yori tsoune épousa la fille de Yori ye, elle avait 
quinze ans plus que lui. 

Dans le même mois, le Matsu do-no saki-no Kwanbak Moto fousa mourut, 
âgé de 86 ans. 

Le 2 e mois de la 3 e année (1231), Yori tsoane obtint le second rang de la 
quatrième classe. Le mois suivant, il fut créé général du milieu de la gauche, 
et à la quatrième lune , il monta au premier rang de la quatrième classe. L,Ou- 
daism Foasiwara-no Nori sane devint alors Sadaïsin , le Nadaîsin Kane tsoune 
Oudaism , et le Daînagon Sane ousi Nadaîsin. 

Le / e mois , Mitsi ye céda la place de Kwanbak à son fils le Sadaïsin Nori 
sane, et reçut le titre de Oo dono. 

Le 10 e mois, le Tsoutsi mikadd-no in mourut dans la province d,Awa, à l'âge 
de 37 ans. 

Le 12 e mois, le Saî yen si-no taïzio dâïsin Kin tsoune se rasa la tête, et se fit 
prêtre. 

Le 1 er mois du nengo Feï ye (1252), Fousiwara-no Sada ye fat avancé du 
poste de Sanghi à ceiui de Isiounagon. 

Taka ben (Kao pian), prêtre de Taka o, mourut dans le même mois. C'est 
le même qui est connu sous le titre de Mio ye ziô nin (Ming hoei chancr jin). 

Le 2 e mois , Yori tsoune reçut le second rang de la troisième classe. 

Le 6 e mois, le Daïri chargea le Tsiounagon Fousiwara-no Sada ye de faire 
un rapport sur la rédaction d'une nouvelle collection de chansons japonaises. 

Le T mois, tout ce qui est renfermé entre les quatre mers, c'est-à-dire 
l'empire . jouissait de la paix et de la tranquillité , car Yasou toki et Toki fousa se 
conduisirent avec la plus grande droiture dans le gouvernement , et ne se 
permirent aucun acte arbitraire. 

Le 11 e mois, il y eut une grande famine dans l'empire , la récolte ayant été 
mauvaise, Yasou toki fit distribuer beaucoup de blé aux pauvres. 

Le même mois , le Daïri résigna l'empire à son fils Tosijito, après un règne 
de 11 ans; savoir 1 avec le nenero Ghen nin, 2 avec celui de Ga rok, 2 avec 
celui de An teï, 5 avec le nengo Kwan ki, et 1 avec celui de Teïyeï. Il prit le 
titre de Tai zié ten o. 

3i 



242 



ANNALES 



LXXXVI. DAÏRI 院條 SI SIO-NO IN. 



(De 1233 à 1242 de J. C.) 



Nengo 



天 Ten book (Thian fou), 1233, 
廢 文 Bonn riak (Wen ly), 1234, 

县 Ka tei (Kia tching) , de 1235 à 1237 



仁 麼 Riak nin (Lyjin), 1258, 
龐廷 Yen^Yan yng),1239, 
\S 仁 Nin si (Jin tchi), de 1240 à 1242. 

Si sio-no in (Szu tiao yuan), nommé auparavant Tosifito , était le fils aîné 
de Go Fori kawa-no in. Sa mère la Sou fek mon in ( Thsao py men yuan) Fou- 
siwara-no Son si était fille du Setszio et Sadaïsin Mitsi ye. Tosi fito naquit le 2 e 
mois de la 3* année du nengo Kwan ki, et Itftsqu'à la résignation de son père 
au 1 I e mois du nengo Teî ye il parvint au trône, il n était* âgé que de 2 ans. 
Le Kwanbak Nori sane , fils de Mitsi ye , fut régent , et Go Fori kawa-no in sur- 
veilla les affaires. Mitsiye était très-respecté ; le Setszio Nori sane et ie Seogoun 
de Kama koura Yori tsoune étaient ses fils. Yosi sane et Sane tsoane, frères cadets 
de Nori sane, obtinrent les rangs les plus élevés. Le Konoye-no Oudaïsin Kane 
tsoune était gendre de Mitsi ye. Les grands-prêtres des temples de Nin wa si, de 
Yeisan et de Midera étaient fils de Mitsi ye ; le Saî yen si-no saki-no sokok Kin 
tsoune était son beau-père. Tous deux étaient très^considérés , et consultés par 
Fôsio Yasou toki dans toutes les aûaires importantes. 

Le 1 er mois du nengo Ten bouk (1233), Yori tsoune obtint le poste de Gon 
Tsiounagon. 

Le 5 e mois, le Konoye-no saki-no setszio Moto mitsi mourut à l'âge de 74 
ans. Il reçut le titre posthume de Fou ghen si (Phou hian szu). 

Le 9 e mois, Sou fek mon in, mère du Daïri, mourut n étant âgée que de 25 ans. 

Le 3 e mois du nengo Boun rok (1254), Tsoune toki (King ch り, petitrfils 
de Yasou toki , prit la robe virile , et Yori tsoune lui plaça le bonnet sur la tête. 

Le 5 e mois, le Kiou sio-no faï teî ( empereur non compté ) mourut à l'âge de 
1 7 ans. 

Le 8* mois, l'ancien Daîri Go Fori kaworno in décéda à l'âge de 23 ans; par sa 
mort , le pouvoir absolu resta entre les mains de Mitsi ye et de Kin tsoune. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 2U 
Le 12* mois, Yori tsoune obtint le premier rang de la troisième classe. 
Le 3 e mois de la 1" année du ncngo Ka teï (1235), le régent Nori sane 

mourut à l'âge de 26 ans ; Mitsi ye fut alors chargé de nouveau de cet 

emploi. 

Le 4 e mois , le prêtre Yen ni se rendit en Chine , au mont Kin zan ( Kin chan), 
oix Boa sioun (Wou tsun) rinstruisit dans la loi bouddhique. 

Le 1 e mois, le Ronoye-no oudaïsin Kane tsoune fut nommé Sadaisin 9 le oai 
yen si-no Nadaism Sane ousi Oudaïsin , et le Daïnagou Foasiwara-no Yosi sane 
Naaaism. 

Le 1 I e mois, Yori tsoune obtint le second rang de la deuxième classe. 

Le 12 e mois , les prêtres du temple Iwasi midzou vinrent attaquer ceux du 
temple de Kasouga. Le Nara-no daïsi assembla des troupes pour les com- 
battre. Ils commencèrent à transporter le Sin go (voyez page 180) à Miyako. 
Fosio-no oighe toki envoya des troupes à leur rencontre pour rétablir la paix , 
et le Sin go fut ramené à Kitsou gawa. 

La 2 e année (123o), Fosio^no Yasou toki fut honoré du second rang de la 
cinquième classe. 

Le 6 e mois , Sane ousi perdit l'emploi de Oudaïsin , et fut remplacé par Yosi 
sane ; le Kasouga-no dainagon Minamoto-no Sada mitsi devint Naaaisin. 

Yori tsoune fut élevé le 7 e mois au premier rang de la seconde classe. 

Le 10 e mois, les prêtres de Nara avaient construit des fortifications , ils s'y 
enfermèrent dans le dessein de se révolter ; car ils étaient mécontens du 
Dain. Yasou toki % indigné de leur conduite , supprima leurs revenus. Cette 
mesure les força à demander pardon , ainsi que le rétablissement de leurs 
appointemens, qu'ils obtinrent. 

Le 2 e mois de la 5* année (123/ ) , Aiitsi ye résigna l'emploi de régent 
entre les mains de son gendre le Sadaisin Kane tsoune. 

Le 4 e mois, Fousiwara-nq Ye taka , qui était du second rang de la deuxième 
classe , mourut âgé de 80 ans. 

Le 5 e mois , le Daïri alla au temple de Iwasi midzou. 

Le 8 e mois , Yori tsoune fit bâtir une nouvelle maison sur le terrain Rokfara. 
Le 11* mois, le Daîri fit une visite à Saï yen si^no Kin tsoune , beau-père de 
Mitsi ye. 

Le 12 e mois ^ Minamot(h-no Sada mitsi eut sa démission comme Nadaïsin ; il 
fut remplacé par le Dainagon Fousiwara-no Moto ye, frère cadet de Mitsi ye. 

Le 1 er mois du nengo Riak nin (1238), Yori tsoune partit pour Miyako , 
accompagné de Yasou toki , et des troupes de plusieurs provinces. Fousiwara- 
no Yuki mitsi resta à Kama koura pour garder ce pays. Yori tsoune arriva le 

3i* 



244 ANNALES 

2 e mois à Miyako 9 et alla demeurer dans le nouveau palais à Rokfara; ses 
parens Mitsiye, Kin tsoune et Sane ouki vinrent lui rendre visite. Il fut honoré 
du titre de On ye mon-no kami ou chef de la garde de droite. 

Le 5 e mois , il fut nommé Dainagon. Dans le courant du même mois, le 
Dairi alla au temple de Kasonga. 

Le 4 e mois , Yori tsoune quitta la charge de Daïnagon. 

Le même mois, Mitsi ye se rasa la tête et devint prêtre. 

Le 6 e mois, Yori tsoune alla faire ses prières au temple de Kasonga. 

Le 7 e mois , le Saki-no sadaïsin Foasiwara-no Yosi fira fut nommé Taïzio 
daïsin , rOudaïsin Yosi sane Sadaïsin, le Dainagon Fousiwara-no Sane tsika 
Oudaïsîn, le Dainagon Fousiwara-no Ye tsoagou Nadaisin , et le Tsiounagon 
Fousiwara-no Tame ye, fils de Sada ye , Zousio. 

Dans le môme mois , Yori tsoune alla faire ses prières au temple de Iwasi 
midzou , et au 8 e mois, à ceux de Kamo, Ghiwon , Kita no et Yosi da. 

Le 10 e mois, l'ancien régent Foasiwara-no Moro ye mourut. 

Le même mois, Yori tsoune retourna à Kama koura. 

Le 1 er mois du nengo Ye no (1239), le Taïzio daïsin Yosi fira se rasa la tête 
et se fit prêtre, à l'âge de 36 ans. 

Le 2 e mois. Go To ba-no in mourut dans le Oki, âgé de 60 ans. 

Le 2 e mois de la 1™ année du nengo Nio si (1240), le Dainagon Fousiwara- 
no Kin zo, petit-fils de Kin tsoune et fils de Sane ousi , fut envoyé par le Daïri 
pour prier au temple de Izc. 

Lè 9 e mois , Sansio-no Sane tsika perdit la place de Oudaïsin. 

Le 10 e mois , le poste de Nadaisin fut ôté à Oo ye-no go mon Ye tsougou , 
le Dainagon Sane tsoune devint Ouaaisin , et le Damagon Ye yosi Nadaisin. 

Le 12 e mois, le régent Kane tsoune fut nommé Taïzio daïsin. Fôsio Toki 
fousa mourut cette année, à l'âge de 66 ans. 

Le 1 er mois de la 2 e année (124.1 ), le Daïri ayant atteint l'âge de 11 ans, 
prit la robe virile ; le régent Kane tsoune lui posa le bonnet sur la tête , et le 
Sadaïsin Yori sane lui coupa les cheveux. 

Le 8 e mois, Foasiwara-no Sada ye mourut âgé de 81 ans. 

Le 12 e mois, le Daïri épousa In si (Yan tsu), petite-fille de Mitsi ye, fille 
du régent Nori sane ; elle n'avait alors que 9 ans. 

Le prêtre Yen nin (Yuan eul) revint dans le courant de l'année de la 
Chine. 

Le 1 CT mois de la 3 e année (1242) , le Daïri mourut à l'âge de 12 ans. Il avait 
régné un an avec le nengo Ten bouk, un avec celui de Boun riak, 5 avec celui 
de Ka teï, un avec le nengo Riak mn, un avec celui de Yen o, et 5 avec celui 



DES EMPEREURS DU JAPON. 245 

de Nin si; en tout 10 ans. Il fut enterré au temple Zen yeï si 1 , où sont égale- 
ment les tombeaux de plusieurs Daïri postérieurs. 

LXXXVIL DAÏRI 院 峻* 差 後 GO SAGA-NO IN. 

(De 1243 à 1246 de J. C. ) 
Nengo * も Kwan ghen ( Khouan yuan ) f de 1243 à 1246. 

lio saga-no in (Heou Thso ngo yuan) portait avant son avènement au trône 
le nom de Koune fito (Pang jinj. Il était le second fils de Tsoutsi mikado-no in. 
Sa mère Minamoto-no Mitsi ko était ûlle du oaisio tsiouseo Mitsi moune. Pendant 
la guerre qui eut lieu dans les années Ziô kiou, Koune fito, âgé de 2 ans, fut 
élevé par son oncle le Daïnagon Mitsi kata, qui mourut lorsqu'il eut atteint 
sa 1 8 e année. Depuis ce temps , Koune fito vivait chez sa tante , comme un 
simple particulier. Si sio-no in n'ayant ni enfans ni frères , ses officiers déli- 
bérèrent entre eux sur le choix de son successeur : Ziun tok in qui demeurait 
dans la province de Sado, avait à Miyako un fils nommé Tada nari, petit- 
fils de Fousiwara-no Mitsi ye. Ce deniier désira de le voir nommer Daïri , afin 
de pouvoir en son nom ainger les affaires à sa fantaisie , et il tâcha de faire 
goûter ce projet au Seogoun ; mais Yasou toki sy opposa, et dépêcha l'Akiaa- 
no sio-no souke Yosi kaghe à Miyako , pour proclamer Daïri le ûls de Tsoutsi 
mikado-no in, qui n'avait pas pris part à la guerre. 

Yosi kaghe, avant de partir, voulait savoir de Yasou toki quelle conduite il 
tiendrait dans le cas où le fils de Ziun tok in aurait été proclamé Daïri avant 
son arrivée. Il reçut pour toute réponse qu'il devait le déposer sans la moindre 
hésitation. Alors il se hâta d'arriver à la capitale , et aussitôt alla chez l'impé- 
ratrice Zio meî mon in , mère de Ziun tok in ; lun et l'autre furent très-affli- 
gés de cet arrangement, mais contraints de s'y soumettre. 

Le 20 de ce mois, Kouni fito prit la robe virile à l'âge de 23 ans. Le Sa- 
aaisio Foasiwara-no Yosi sane lui mit le bonnet de cérémonie sur la tête, et 
Sada tsougou lui rasa les cheveux. 

Il fut proclamé le 5 e mois, et Yosi sane fut nommé Kwanbak. 



(M マ^ ^ Zenyeïsi (Thsiuan young 

8zu), ou le temple de la source dont les eaux 
débordent , est petit et n f a point de tour ; une 
simple colonne en pierre , de deux pieds de haut 
et d'un pied de large, s'élève au sommet Aupa- 



ravant les Daln aéterminaient d'avance l'endroit 
de leur sépulture, soit dans un champ en plein 
air , soit ailleurs. Leurs tombeaux ne sont cou- 
verts que d'un toit de paille , pour rappeler la 
simplicité des premiers âges. 一 Kl. 



、 



246 ANNALES 

Le 6 e mois, le Daïri épousa Ki si (Ki tsu), fille de Fancieo Oudaîsin Saï yen 
sUno Sane ousi. Elle avait alors 1 8 ans. 

Le 15 de ce mois, Fôsio Yasou toki mourut âgé de 60 ans. Depuis la 1™ 
année du nengo Ghen nin, ou pendant 19 ans, il avait été Sitsken ou premier 
ministre du Seogoun de Kama koura. Respecté pour sa droiture , la cour du 
Daïri et tout l'empire jouirent sous son administration de la plus grande 
tranquillité. Son petit-fils Tsounc toki lui succéda , mais Yori tsoune se chargea 
du gouvernement. 

Le 8 e mois, la Kisi, épouse du Daïri, fut nommée Tsiougou ou impératrice. 

Le 9 e mois, Ziun tok in mourut dans l'île de Sado, à l'âge de 64 ans. 

Le 10 e mois, Mitsi ko, mère du Daïri, fut honorée d'un rang d'impératrice 
supérieur, et son grand-père Mitsi moune gratifié du poste de Sadaïsin , et 
du second rang de la première classe. 

Le 1 2 e mois , rancien régent Ye sane mourut âgé de 64 ans. 

Le 6 e mois de la l re année du nengo Kwan ghen (124.3), l'épouse du Daïri 
accoucha d'un fils , qui fut aussitôt déclaré Taîsi. Son grand-père Saï yen si-^no 
Sane ousi en fut d'autant plus respecté. 

Mitsi ye et Yosi sane exercèrent une influence également grande dans lé 
gouvernement. Les personnes qui aspiraient aux emplois les plus considé- 
rables, y étaient nommées par le consentement de ces deux ministres. 

Kin tsoane , père de Sane ousi, demeurait alors à Kita yama (Pë chan) 9 
où pour son amusement il avait fait élever une petite montagne , ornée de 
divers arbrisseaux et de rochers ; il y avait fait aussi creuser un petit étang, 
formé un jardin et bâti des pavillons. Dans la suite , il fonda le temple Saï 
yen si (Si yuan szu), et fit construire dans son enceinte plusieurs chapelles. 
Ces embellissemeos étaient son occupation favorite ; et en effet la vue dont on 
jouissait de ce lieu était aussi belle que celle du temple de Fots sio si ( ra 
tching szu ) , fondé par Mitsi naga. 

Le prêtre Yen man in nin meîfo sin o (Yuan man yuan nin miao {a thsin wang) , 
frère aîné du Daïri , était un homme û un grand savoir, et étroitement lié avec 
lui. Outre les affaires domestiques, celles du gouvernement Foccupaient aussi. 

Le 7 e mois, Fôsio-no 1 sonne toki fut nommé prince de Mousadzi. 

Le 10 e mois, le Saï yen si-no nudo sokokf Kin tsoune alla au temple Kou- 
ma no pour y faire ses prières. Il était accompagné de tous ses fils et petits- 
fils, et d'un grand nombre d'ofiiciers de la cour du Dain; ae sorte que son 
cortège égalait en pompe celui du Dain. 

Le il e mois, le Daïri fit réciter des prières pour le repos de l'ame de sa 
mère Tsoutsi mikado-no in. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 247 
Le 1 er du 12 e mois, il alla au temple de Iwasi midzou ; le Kwanbak Yosi 
sane, le Sadaîsio Fousiwara-no Tada ye et FOudaisio Fousiwara-no Sane moto 
raccompagnèrent à cheval. Sa suite était extrêmement brillante. 
Le 3 e jour, il alla au temple de Kamo. 

Dans le courant de l'année , Mitsiye fonda le temple Tô fok si (Toung fou 
szu) 9 Yen nin en fut nommé grand-prêtre ; il en surveilla la construction , et 
reçut le titre honorifique de Ziô itsi kokfsi (Ching y kouë chi). 

Au printemps de l'année suivante ( 1244) , on observa au ciel, à Kama 
koura , plusieurs phénomènes extraordinaires , qUi effrayèrent le Seogoun 
Yori tsoune. 

Le 4° mois, Yori tsougou , fils de Yori tsoune , prit à l'âge de 6 ans la robe 
virile ; Tsoune toki lui mit le bonnet, et lui rasa les cheveux autour de la tête. 

Dans le même mois , Yori tsoune demanda au Dam la permission de céder 
son emploi à son fils. Yori tsoune , à l'âge de deux ans, avait été conduit à 
Kama koura ; à 9 ans , il avait été proclamé Seogoun , et avait rempli ce poste 
émineot pendant 1 8 ans. La prudence lui fit regarder les phénomènes célestes 
qui avaient eu lieu comme de mauvais augures ; il insista par conséquent 
pour avoir sa démission , et Fôsio dono appuya fortement sa demande , car 
dans tout il n'avait d,autre loi que sa volonté. Il crut trop dangereux de le 
voir plus long-temDS aaos son poste , et préféra un jeune à un vieux Seogoun. 

Le 6* mois, le Kwanbak Yosi sane Sadaïsin fut congédié , et remplacé par 
son frère cadet FOudaisin Sane tsoune; le Nadaism Fousiwara-no Kane fira 
devint Oudaïsio , et le Daïnagon Tada y e Nadaïsin. 

Le 8 e mois y le Saï yen si-no nudo sokokf £m tsoune mourut à l'âge de 71 ans. 

Le 1 er mois de la 3* année (1245) , une étoile inconnue fut observée à 
Kama koura : et Tomo toki, prince de Omi, second fils de Yosi toki, mourut le 
même mois, âgé de 53 ans. 

Le 7* mois, Yori tsoune se rasa la tête, et se fit religieux. 

Le même mois , le Seogoun Yori tsougou, qui n'avait que 7 ans, épousa Fifa 
da Jime, ûlle de Fôsio-no Tsoune toki , laquelle avait lo ans. 

Le 1 er mois de la 4, année (1246) 9 le Daïri résigna Fempire en faveur de 
son (Us Fisa Jito (meoujin). Il avait régné 4 ans avec le nengo Kwan ghen , et 
prit le titre de Taïziô ten o. 



248 



ANNALES 



LXXXVIII. DAÏRI ?完 孽谈後 GO FOUKA KOUSA-NO IN. 



(De 1247 à 1259 de J. C.) 



Fo si (Pao tchi) , 1247 et 1248 , 
景 ^ Ken tsiô (Kian tchhang), de 1249 à 1255 
Nengo < 建 Kâghen (Khang yuan), 1256, 



着 正 Zio * な (Tching kia) , de 1257 à 1258, 
7Git Zio ghen (Tching yuan ) , 1259. 

Go fodka kousa-no in (Heou Chin thsao yuan), nommé auparavant Fisa 
fito , était le second fils de Go Sa ga-no in. Sa mère était la Tsiougou Fousiwara- 
no lù si, fille de Saï yen si - no Sane ousi. Fisa fito naquit dans la 1" année du 
nengo Kwan ghen , et devint Dairi à î âge ae 4 ans : Go Sa ga-no in eut la di- 
rection des affaires à la cour; Sane ousi, étant en bonne intelligence avec les 
Fôsio , jouissait par cette raison d'une grande considération. Mitsi ye, qui 
était encore en parfaite santé , assista Sane ousi dans radministratioo ; le 
Kwanbak Yosi sane, qui était brouillé avec son père Mitsi ye, fut congédié , 
tandis que son frère cadet, le Sadaisin Sane tsoune, fut nommé régent. 

Le 3 e mois, Sane ousi fut créé Taïzio daisin. 

Le même mois, le Saki-no sanghi Souga wara-no Tame yosi mourut, âgé de 
89 ans : le régent Fôsio-no Tsoune toki étant tombé malade à Kama koura, rési- 
gna son emploi à son frère cadet Toki yori. Le 3* mois , il se rasa la tête , et 
mourut le 1 CT iour du 4 e mois intercalaire , âgé de od ans. Il avait occupé le 
poste de Sitsken ou de premier ministre du Seogoun 9 depuis la 5 e année du 
nengo Nin si. 

Le 5 e mois, une révolte éclata dans le pays de Kama koura. Mitsi toki, de 
la famille de Fôsio , prince de Yetsigo , fils de Tomo toki , et petit-fils de Yosi 
toki , voulut d'après les instructions de Yori tsoune assassiner Toki yori, pour 
devenir premier ministre. Ce projet ayant été découvert , ses terres furent 
confisquées , et lui-même fut exilé dans le Idzou. Ses complices partagèrent 
son châtiment ; son frère cadet Toki akira qui n'avait pris aucune part à son 
complot, devint ^16 zok, de la famille des Na goats. Depuis ce temps , Toki 
yori conserva tranquillement son poste de premier ministre du Seogoun Yori 
tsoagou. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 249 

Le 6 e mois , l'ancien Seogoun Yori tsoune quitta sa demeure ordinaire , et 
s'étahlit dans le jardin de t ôsio Toki mon. 

Le 1 1 du 7 e mois, Yori tsoune partit de Kama koura , arriva le 28 à Miyako , 
et alla demeurer au Rokfara. Les troupes qui l'avaient accompagné retour- 
nèrent à Kama koura; Mioura-no Mitsi moura fut le seul qui versa des larmes en 
prenant congé de lui, et le pria de revenir un jour a Kama koura. Il était 
le deuxième fils de Yosi moura, et frère cadet de Yasou moura ; il avait été de- 
puis son enfance au service de Yori tsoune. Pendant la vie de Tsoune toki , le 
bruit avait déjà couru que Yori tsoune avait l'intention d'aller à Miyako ; 
maintenant Yori toki fit en sorte qu'il y fût envoyé plus tôt , à cause de 
l'attentat de Mitsi toKi. 

Mioura-no Yasou moura, gendre de Yasou toki, était prince depuis plusieurs 
années ; Toki yori prenait son avis sur l'administration. L'Akida-no zio-no 
souke Yosi Kaghe était l'ami de Yori toki , il désirait d'être consulté et considéré 
autant que Yasou moura. Fosio Sighe toKi , homme très-versé dans les lois et 
dans les formes du gouvernement , vivait depuis long-temps à Miyako ; Toki 
yori le pria de venir à Kama koura , afin d'avoir recours à ses conseils ; mais 
Yasou moura sy opposa , et ce fut pour cette raison que Sighe toki n'y arriva 
que long-temps après. 

Le 12 e mois, Sane ovLsi, qui était Taïziô daïsin, eut son congé; il fut rem- 
placé par Fancien Nadaîsin Minamoto-no Mitsi tosi , le Kwanbak Sane tsoune 
perdit la place de Sadaïsin , FOudaisin Fousiwara-no Kane fira devint Sadaisin , 
le Nadaîsin Tadaye Oudaîsin , et le Daïnagon Sane moto Nadaîsin. Le Seogoun 
Yori tsougoa obtint alors le second rang de la quatrième classe. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Fo si (1247), Tsi sio-no Sane tsoune 
cessa d'être régent , et fut remplacé par Konoye-no Kane tsoune. 

Le 2 e mois, Yori tsougou fit un voyage avec Toki yori. 

Le IC mois, Kaghe mori, père de l,Akida-no zio-no souke Yosi kaghe, qui 
avait demeuré long-temps à Ko y a (Kao ye), arriva secrètement à Kama koura 
pour délibérer avec Toki yori sur la manière de se défaire de Mioura-no Yasou 
moura. L'exécution de ce projet aurait bouleversé tout Kama koura, car les 
accusations contre ce dernier et ses crimes y étaient encore ignorés. 

Le 5 e mois, la sœur de Toki yori mourut. Celui-ci alla demeurer chez Yasou 
moura. Dans la nuit, ayant entendu un bruit semblable à celui que font ceux 
qui mettent leurs cuirasses , il se hâta de revenir chez lui. On sut que ce bruit 
avait été causé par Mitsi moura , qui avait eu Fintention de se révolter. Yasou 
moura obtint son pardon de Toki yori. 

Le 6 e mois, Kaghe mori fit venir Yasou mori, fils de Yosi kaghe, tous ses 

3a 



250 ANNALES 

parens et ses amis ; il les chargea de se défaire de Yasou moura ; celui-ci , quoi- 
que épouvanté d'une pareille attaque , se défendit vaillamment. Dès crue Toki 
yori en fut instruit , il ordonna à Fôsio Sane toki de garder le palais du Seo- 
goun , et envoya aussitôt Fôsio Toki sada avec des troupes pour tuer Yasou 
moura. Pendant le combat, Toki sada mit le feu à la demeure de Yasou moura, 
qui se retira alors avec ses parens et ses amis dans la maison Fokedo. Mitsi 
moura y combattit avec beaucoup de bravoure , mais à la fin , épuisé de fa — 
timie , il se coupa le ventre ; Yasou moura et tous ceux qui étaient avec lui , au 
nombre de plus de deux cent soixante et dix personnes 9 suivirent cet exemple. 
Ceux qui s échappèrent furent tués en différens endroits : Toki yori envoya 
les détails de cette révolte à Miyako. 

Le 7 e mois, Sighe toki, de la famille de Fôsio et prince de Sagami , étant 
mandé par Toki yori , vint du Rokfara à Kama koura. Toki yori le consultait 
dans toutes les affaires , de sorte qu 11 avait part au gouvernement. Sighe toki 
reçut alors le titre de prince de Moûts, et Toki yori celui de prince de Sagami. 

Naga toki, fils de Sighe toki, fut envoyé comme gouverneur à Miyako , et 
chargé de l'administration des contrées de Kinaï et de Sikokf. 

Lie 17 du 1 er mois de la 2 e année (1248), le Taïzîo daîsin Minamoto^no 
Mitsi mitsi fut congédié, et mourut le lendemain, âgé de 62 ans. 

Le 10 e mois , rancien Daïri Go Sa ga-no in visita Oudzi, pour contempler les 
feuilles rouges des arbres. Le Seogoun eut alors le gouvernement entre les 
mains, et l'ancien empereur en était exclu ; aussi passa-t - il son temps à se 
divertir. Le Daïri , qui était encore enfant , s'occupa des jeux de cet âge. 

Le 2 e mois de la 1" année du nengo Ken tsiô (1249), le palais Kan inrïio 
daïri fut détruit par un incendie ; il fut rebâti dans la suite par Toki yori. 

Le 3 e mois, à peu près la moitié de la ville de Miyako fut réduite en cendres. 

Le 3 e mois de la 2 e année (1250), le Daïri alla au temple de Kouma no. 

Le k e mois , le Nadaisin Fousiwara-no Sane moto fut renvoyé ; le Daïnagon 
Minamoto-no Sada sane lui succéda. 

Le 5 e mois, le Seogoun Yori tsougoa s'occupa de la lecture du iivre intitulé 
Teï wan (Ti fan), ou la Règle des empereurs , qui lui fut expliqué par Kiyo^ 
wara-no Nori taka. i oki yori copia l'ouvrage intitulé Teï kwan sei yo ( Tching 
khouan tching yao). 

Le 12 e mois, le Nadaisin Minamoto-no Sada sane eut son congé; le Daïnagon 
Fousiwara-no Mitsi naga le remplaça. 

Le 7 e mois de la 3 e année (12d1), Yori tsougoa obtint le second rang de la 
troisième classe , et fut nommé grand général du milieu de la gauche. Toki 
yori pour avoir rebâti le Daïri , reçut le premier rang de la cinquième classe. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 251 

Le 12* mois, SosoJcmio Oasi nobou et Take fou$i-no Kaghe yori arrêtèrent un 
homme nommé Reo giofo si (Liao hing fâ szu), et l'envoyèrent à Toki yori; 
qui le fit mettre à la torture ; on découvrit alors que le ci-devant Seogoun de 
Kama koura Yori tsoune , qui demeurait à Miyako , avait le dessein d'exciter 
une révolte. Tous ses partisans dans le Kwantô furent punis. 

Toki yori et Sighe toki, après avoir mûrement réfléchi, envoyèrent, le 2 e mois 
de la 4 e année ( 1252 ) , un ambassadeur à Miyako , pour conduire Moune taka 
sin o, 61s de Go Sa ga-no in, à Kama koura , et le proclamer Seogoun. 

Le même mois, le ci-aevant régent Mitsi ye mourut à l'âge de 61 ans. Dans 
le temps de Yosi toki et de Yasou toki , il était autant respecté quelle Daïri , 
parce qu'il était le père du Seogoun Yosi tsoune. Après sa mort, on découvrit 
qu'il avait eu le dessein de iaire assassiner le vieux Daïri; c'est pour cela que 
tous ceux qui étaient attaches à sa personne , ainsi que son fils Tada ye, Rirent 
envoyés en exil. Nisi(h-no Yosi sanc, un autre de ses ûls, conserva son emploi , 
parce qu'il avait toujours tâché de détourner son père de son dessein crimi- 
nel , et par là s était attiré sa colère. Toki yori en avait été informé , et par ce 
motif, on ne l'interrogea pas même sur cette aûaire. 

Le 3 e mois , Moune taka sin o partit de Miyako , et arriva au lC mois à Ka- 
ma koura; n y fut proclamé Zii i daî seogoun. Selon quelques-uns , il n'avait 
alors que 13, selon d'autres , 11 ans. Toki yori, prince de Sagami, et Sighe 
toki, prince de Moûts , furent ses premiers ministres. 

Le même mois, l'ancien Seogoun Yori tsougou fut déporté , et envoyé à 
Miyako ; il avait régné depuis la 2 e année du nengo Kwan ghen jusqu'à la 
3 e année du nengo Ken tsi ou pendant 8 ans. 

Moune taka sin o étant fils d'un Daïri était très-respecté de tous ses officiers; le 
palais de l'ancien Seoeroun fut démoli, on lui en bâtit un autre à la même place. 

Le 10 e mois, Konoye-no Kane tsoune , régent , fut congédie à Miyako , et rem- 
placé par son frère cadet le Sadaïsin Kane fira. 

Le 1 er mois de la 5 e année (1253) , le Daïri, ayant atteint l'âge de 11 ans, 
prit la robe virile. Tous les membres de la famille Saïyen si (Si yuan chi) 
dirent avancés en grade, par la protection du vieux Dam. Le Dainagon À m 
souke et son frère cadet le Daïnagoo Kin moto , qui étaient fils de Sokokf Sane 
oasi , forent créés Sadaïsio et Oudaisio. 

Le 8* mois, Do ghen (Tao yuan), le fondateur du temple Yeïfei si (Young 
phing szu) dans le Yetsizen, mourut. C'était lui qui avait introduit dans l'em- 
pire la doctrine Sâ tô siô (voyez page 208). 

Le 10 e mois, le Daïri fit une visite à son père Go Sa ga-no in qui demeurait 
au palais To ba-no ri gou (Niao yu li koung). 

32* 



252 ANNALES 

Le 11 e mois, Toki yori ayant fondé le temple Ken tsiô si (Kian tchhang szu), 
y fit célébrer une fête par le prêtre chinois Do riô (Tao loung) , nommé aussi 
Ran keï (Lan khi); c est le même que Dai gak zen si (Ta kiô chen szu) , il vint 
de la Lihme au Japon , et était de l'observance de Zen siô. 

Le 11 e mois de la 6 e année (1254), Yosi ousi, troisième fils de Yosi ye, mou- 
rut; il était Farrière-petit-fils de Yosi kouni. Celui-ci avait eu. deux fils, le pre- 
mier nommé Kitsou ta-no Yosi sighe , l'autre Asikaga-no Yosi yasou^ dont le fils 
Kasoadza-no Souke Yosi kane fiit beau-frère de Yori tomo , et grand ami des 
Fôsio. Yosi ousi du côté de sa mère était petit-fils de Toki masa ; c'est pour 
cette raison que Yosi kane et Yosi ousi furent Irès-respectés , et considérés 
par les Fôsio. 

Le 12 e mois^Moane taka fit venir Minamoto-no Tsika yuki , prince de Kawatsi, 
pour se faire expliquer l'ouvrage intitulé Ghen si-no monogatari (Yuan chi wë yu) 
ou l'Histoire de la famille Ghen si. Comme Toki yori administrait l'empire , et 
agissait en tout selon son bon plaisir , Moune taka avait assez de temps pour 
s'amuser à jouer à la paume et à faire des vers. 

L,e 5 e mois de la 7 e année (1255), le Daîri alla au temple de Kouma no, 
'et fut précédé par le prince Gakf nin fo sin o ; cet usage fut pratiqué alors 
pour la première fois. 

Le 3 e mois de la l n année du nengo Kâ ghen (1256), le prince de Moûts 
Sighe toki , de la famille des Fôsio , reçut sa démission ; son frère cadet Masa 
moura lui succéda , et fut chargé du gouvernement avec Toki yori. 

Le 4 e mois , Fôsio-no Naga toki, gouverneur de Miyako , fut renvoyé , et se 
rendit à Kama koura ; son frère cadet Toki sighe , âgé de 27 ans, le remplaça ; 
ils étaient fils de Sighe toki. 

Le 8 e mois, l'ancien Seogoun Fousiwara-no Yori tsoune mourut à Tâge de 
39 ans. 

Le 10 e mois, son fils, le dernier Seogoun Fousiwara-no Yori tsongou , mou- 
rut aussi âgé de 18 ans. 

Le 11 e mois, Toki yori résigna son emploi de premier ministre au prince 
de Mousadzi Naga toki, se rasa la tête, prit le nom de Sai miô si, et alla à l'âge 
de 50 ans vivre dans les montagnes. Son fils était encore un enfant y ce qui 
l'avait déterminé de nommer provisoirement Naga toki pour être avec Masa 
moura à la tête du gouvernement ; toutes les affaires furent pourtant dirigées 
d'après le bon plaisir de Toki yori. 

Le 2 e mois de la 1" année du nengo Ziâ ka (l2i)7), le Daïri épousa la fille 
du Sayensi-no saki-no sokokf Sane oasi. 

Le même mois, Toki moune , successeur désigné de Toki yori, prit la robe 



DES EMPEREURS DU JAPON. 253 
virile à l'âge de 7 ans. Moune taka plaça le bonnet sur sa tête , et Naga tokî 
lui rasa les cheveux. 

Le 3 e mois , le Go Sa ga-no ten o alla au temple Kouma no. 

Le 7* mois, Siô meî mon in、 mère de Tsoutsi mikado-no in et bisaïeule du 
Daïri, mourut âgée de 87 ans. 

Le 3 e mois de la 2 e année (1258), le Seogoun annonça aux troupes de dif- 
férentes provinces son intention de se rendre dans le courant de l'an prochain 
à Miyako ; ce voyage fut pourtant suspendu. 

Au printemps du nengo Zio ghen (1259), une maladie contagieuse ravagea 
l'empire et enleva beaucoup ae monde. Une jeune religieuse , âgée de 14 à 15 
ans, dévorait les cadavres des gens morts dans la capitale. Cela dura pendant 
un mois; personne ne sut ensuite ce qu'elle était devenue. 

Le 3 e mois, Daïgou in, mère du Dain, fit placer des fleurs devant le temple 
de Saï yen si, et y fit lire les iivres de la loi de Bouddha. Le Daîri y alla le 
lendemain pour jouer sur l'espèce de violon appelé Biwa. 

Le 5 e mois , le Konoye-no saki-no Kwanbak Kane tsoune mourut à l'âge de 
50 ans. 

Le 11* mois, le Daïri, d'après les conseils de son père, céda Fempire à 
son frère cadet Tsoune fito; il avait alors 17 ans, et en avait régné 13, savoir 
2 avec le nengo Fo si, 7 avec celui de Ken ziô, un avec celui de Kô ghen, 
2 avec le nengo Ziô ka, et un avec celai de Ziô ghen. 




LXXXIX. DAÏRI 院 山敎 Kl ZAN-NO IN. 

(De 1260 à 1274 de J. C.) 

Bonn too (Wen yng), 1260, 
Nengo / 長お Ko tsiô (Hung tchhang), 1261 à 1263、 
永^^ Bonn ytî (Wen young) , 1264 à 1274. 

Ki ZAN-NO in ou Kame tama-no in ( Roui chan yuan ) portait avant son avé* 
oement le nom de Tsoune Jito; il était le sixième fils de Go Sa ga-no in, et frère 
cadet de Go Fouka kousa-no in : il avait été Taïsi le 8 e mois de la 2 e année 
du nengo Ziô ko, il fut proclamé Dain le 1 I e mois du nengo Ziô ghen , à l'âge 
de 11 ans : le Taisiô daîsio Kane Jira fut Kwanbak; Go san-no in avait la direc- 
tion de îa cour, il reçut le nom d7faî in, et Go Fouka kousa-no in, qui résida 
dans le palais de Tomi-no kouzi, celui de Sin in. 



25 な ANNALES 

Le 2 e mois du nengo Bonn wo (1260), une fille de Konore-no Kane tsoane 
arriva à Kama koura : elle fut adoptée par Sai mio si Toki yori, et Moane taka 
sin o l'épousa. 

Le 7 e mois, le prêtre Nitsi ren (Jy lian) vint à Kama koura , et fit une visite à 
Toki yori ; il introduisit l'observance Nitsi ren , qui eut beaucoup d'adhérens. 

Le 11 e mois, le oai yen si saki-no sokokf 5a/ie ousi se rasa la tête , et reçut le 
titre religieux de To kifa i-no nudo (Tchhang phan tsing jy tao). 

Le 1 2 e mois , le Daïri épousa la fille de l'Oudaisin Sane o , frère cadet de 
Sane ousi; elle avait alors l'âge de 16 ans. 

Le 2 e mois de la 1" année du nengo Ko tsiô (1261), il épousa la fille du 
Sadaïsin Saï yen si-no Kin souke. 

Le 5 e mois , le Sadaïsin Kin souke eut sa démission , et fut remplacé par 
rOudaïsin Sane o; Konoye-no Moto fira , fils de Kane tsoune, devint Oudaïsin, 
et Sansio-no Kin tsika Nadaîsin. 

Le mois, le Kwanbak Kane fira fut renvoyé , et remplacé par le Nisio- 
no saki-no sadaïsin Yosi sane. 

Le 6 e mois , Ritsou moto Yosi ghen , fils de Mioura-no Yosi moura , se révolta ; 
on l'arrêta à Kama koura , et on fit la recherche de ses complices. 

Le 11 e mois, l'ancien prince de Moûts Nudo Fosio Sighe toki mourut âgé de 
64 ans, et reçut le titre posthume de Kok Fouk si; il était le troisième fils de 
Yosi toki. 

Le 12 e mois, le Sayensi saki-no sadaïsin Kin souke , beau-père du Daïri , fut 
créé Taïziô daisin. Depuis long-temps , il avait été étroitement lié avec le ふ m 
in ; tous ses parens étaient fort respectés. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1262) , le Nadaîsin San sio-no Kin tsika fut con- 
gédié ; Fakats kasa-no Moto tada, fils de Kane fira, le remplaça. 

Le 7 e mois, le 1 aiziô daïsin Kin souke fut destitué. 

Le 28 du 11 e mois , le fondateur de la secte Its kâ siô ( Y hiang tsoung) 1 mou- 
l'habit religieux , mais l f habit ordinaire japonais 
et deux sabres. Leurs norimons ou chaises à por- 
teur sont comme ceux des autres prêtres , mais 
leurs chevaux sont enharnachés comme ceux 
des princes da sang. Us sont tous exercés 
dans l f art militaire; ils mangent du poisson et 
de la viande, et se marient ordinairement dans 
les premières familles, ou avec des parentes des 
Dairis. 

Cet ordre étant très-riche et puissant et ré- 
pandu par toutrempire, les Seogouns le traitent 



(1) 字 何 Its ふ^ (Y hiang tsoung) 

est à présent Inobservance bouddhique la plus 
suivie au Japon ; elle prit son principal essor à 
la 9 e année du nengo Bounyeï (1272). Quoique 
les prêtres de cette observance suivent la doctrine 
de Siaka (Chakia mouni) 1 il y a une différence 
essentielle entre eux et ceux des autres ordres. 
On les regarde comme étant de la parenté du 
Dam , et on les nomme pour cette raison Its ko 
siù mon zek (Y hiang tsoung Men tsy).Leur tête 
n'est pas rasée ; en voyage ils ne portent point 



DES EMPEREURS DU JAPON. 255 

rut à Fâge de 91 ans; il portait aussi le nom de Sin ran (Thsin liuan ) , et était 
de la famille de Fi no (Jy ye). 

Le 2 e mois de la 3 e année ( 1265), le Go Sa ga-no in résida à Kita yama (Pë 
chan) dans le palais appelé Ki zan den, ou Kame yama den, ou du Mont de la 
tortue ; le Daïri et Sin in s'y rendirent pour mettre en ordre la collection 
des pièces de vers qu'ils avaient composées. 

Le même mois , Fôsio Masa moura réunit à Kama koura une société de poètes 
dans laquelle on composa mille chansons japonaises par jour. Il passait toutes 
ses heures de loisir à cette occupation ; le Seogoun Moane taka aimait beau- 
coup la poésie. 

Le 5 e mois , Foasiwara-no Sane o perdit la place de Sadaïsin. 

Le 8 e mois , l'ancien régent Itsi sio-no Sane tsoune fut renommé Sadaïsin. 

Le 10* mois, le Seogoun Momie taka se proposa de faire un tour à Miyako ; 
cependant ce voyage n'eut pas lieu. 

Le 22 au 1 I e mois, le prince de Sagami Fôsio Toki yori nudo sai mi o si, qui 
était du premier rang de la cinquième classe , mourut âgé de 57 ans. Depuis 
la 4 e année du oengo Kwan ghen jusqu'au nengo Ko ghen , il avait été Sits ken , 
ou premier ministre du Seogoun. Quoiqu'il eût déjà quitté ce poste , et se fût 
rasé la tête pour entrer dans l'état ecclésiastique , il se mêla encore du gouver- 
nement pendant sept ans; ainsi on peut dire qu'il Fexerça pendant dix-huit 
ans. C'était un homme d'une grande droiture , très-versé dans la connaissance 
aes lois de l'empire et dans l'administration des affaires. Aussi le Japon jouis» 
sait d'une tranquillité parfaite pendant sa gestion. On dit qu'après sa résigna- 
tion, déguisé sous des vêtemens vulgaires , il parcourut tout l'empiré , pour 
observer et connaître la conduite des princes , et s informer de la situation de 
la classe inférieure du peuple. La famille de Fôsio Yasou toki était dans la 
plus grande considération. Son fils aîné Toki souke était gouverneur de Miya- 
ko, et eut part à la direction des affaires avec Toki sighe. Ils habitaient les deux 
palais de Rokfara. Son second fils le Sama-no kami Toki moane lui suc- 
céda , et fut premier ministre chez le Seogoun à l'âge de o ans et sous la 
conduite de Masa moura et de Naga toki. L'Âkida-no souke Yasou rnori, beau- 
père de Toki moune , était aussi près de lui chez le Seogoun , pour aider au 
maniement des intérêts de l'empire. 



arec beaucoup d'égards. A lavénement d'un 
Seogoun , les prêtres de tous les autres ordres 
reçoivent de lui une patente , scellée d ,! m sceau 
en vermillon. Les prêtres de l'observance de Its 
kô siô, au contraire, lui offrent un écrit, dont 



ie sceau est aspergé de leur sang , et s'engagent 
par là de l'assister dans toutes les occasions en 
cas de troubles ou de révolutions. C'est pour 
cette raison qu'ils jouissent d'une grande consi- 
dération à la cour de iedo. 一 Kl. 



256 ANNALES 

Le 5 e mois de la 1" année du nengo Bounyeï (126 め, le temple Yen riak si 
fut détruit par les flammes. Le grand-prêlre du temple Ten o si (Thiao wang 
szu) ayant été placé dans un rang inférieur à celui du grand-prêtre du temple 
Midera , les prêtres de ce dernier , mécontens de cette mesure , mirent le feu 
au Yen riak si. . 

Le 5 e mois , les prêtres au Yen riak si brûlèrent à leur tour le Midera jus- 
qu'aux fondemens ; dans le courant de cette année , ceux du temple de Nanto 
se réunirent et entrèrent de force à Miyako, pour combattre Tomo ye, dont 
ils étaient mécontens ; ils portèrent avec eux le Sin bouk. 

Le 8 e mois, Fôsio Naga toki mourut à l'âge de 35 ans. 

Le IC mois de la 2 e année (1265), le Kwanbak Nisia-no Yosi sane fut renvoyé , 
et remplacé par le Its sio-no Sadaisin Sane tsoune. 

Le 10 e mois, le Nadaisin Sane tsoune eut sa démission; le Konoye-no Oudaï- 
sin Moto Jira lui succéda ; le Takats kasa-no naaaisin Moto tada devint Oudaïsin ; 
rOo ye-no gomon Fouyou tada Nadaisin. 

Le temple Ren ghe o in (Lian houa wang yuan) ayant été rebâti, on y cé- 
lébra , le IC mois de la 5 e année (126bj , une fête; le Dam s y rendit en grande 
pompe , accompagné du Itsi in et de om in. 

Le 6 e mois, le Seogoun Moune taka, indigné des actes arbitraires de Fôsio 
Toki moune, résolut de le iaire périr, afin de régner lui-même. A cet effet, il 
assembla ses principaux officiers, et consulta sur ce projet le prêtre Yosi ki, 
qui était constamment avec lui. Cependant le plan ayant été découvert , le 
prêtre s'entuit au mont Ko ya san , où il se fit mourir de iaim. 

Le 7 e mois , Fôsio Toki moune et Masa moura délibérèrent avec Fôsio Sanë 
toki et FAkida-no souke Yason mori pour déposer le Seogoun Moune taka; ils 
exécutèrent ce projet, et le forcèrent à partir de Kama koura. 

Cependant l'ancien Daïri Go Sa ga-no in envoya Tsoune tao dans le Rwantô , 
pour intercéder en faveur de Moune taka , de sorte que cette affaire se Dassa 
sans causer le moindre trouble. Ce Seogoun avait régné depuis la IC année du 
nengo Ken tsio, ou pendant quinze ans. Toki moune et Masa moura le firent 
remplacer par son fils Kore yasou, qui avait alors 3 ans : ce Seogoun fut pro- 
clame Zioo î aaî seogoun , dans le même mois. 

Le 1 er mois de la 4 e année ( 1267) , le Nadaisin Fouyo tada reçut sa démis- 
sion ; Ye tsoune , fils du Kwanbak Sane tsoune , lui succéda. 

Le 10 e mois, le Go Sa ga-no in se rendit au temple Kasouga , où l'on célébra 
une fête. Au même mois, le Sai yen si saki-no sokokf Kin souke mourut 
âgé de 40 ans f Son père le Nudo sokokf Sane ousi était encore en parfaite 
santé. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 257 
Le 1 2 e mois , le Kwaabak Itsi sio^no Sane tsoune fut remplacé par le Ko- 
noye-no Sadaisin Moto fira. 

Dans le courant de la même année 9 le prêtre Zeô miô (Tchao ming) revint 
de la Chine. Il était aussi nommé Nanfo (Nan phou); ses disciples lui don- 
nèrent le nom de Sô (Tsoung phang). Il fut le fondateur du temple Daï 
tok si ( Ta te szu ) à Moura saki no. 

A cette époque , la Chine fut envahie par les Môko (Mong kou ) , qui tiraient 
leur origine des Fok t€k (Pe ty) 1 , et avaient donné à leur royaume le titre 



( 1) M. Titoingh avait traduit ce passage de 
la manière la plus singulière : • Dans ce temps- 
« ci , dit -il , la Chine fut ravagée par une guerre, 
t Mon ko kokf (Mong kou kouë), empereur de la 
t partie septentrionde, envahit le pays du milieu 
t Daï ghen hokf (Taï Yuen kouë ) , et s'en rendit 
t maître. ,! 1 a donc pris le nom des Mongols 
pour celui de leur empereur , et le titre de Taï 
yuan que leur prince avait donné, en 1271 , à 
sa dynastie (Tai Yuan kouë) pour celui de la dy- 
nastie chinoise qu'il venait de renverser. 

Le nom des Mongols est écrit dans l'onginal 

^i^^^ , il se prononce en chinois Moung hou, 

et au Japon M6 ko ou Mo kou ri. Cette dernière 
prononciation est celle du mot Mongol, dans le- 
quel les Japonais remplacent le /, qui leur 

manque , par r ou ri. Le mot XU Fok tek 

(Pë ty ) est le nom général que les Chinois 
donnent aux bari>ares qui habitaient au nord de 
leur empire et du désert de sable. Il est cepen- 
dant principalement appliqué aux tribus mon- 
goles et toungouses. Le mot Pë ty est composé 
de Pe, nord, et de ty, barbare, étranger. . Ce 
dernier caractère se compose de celui de chien 
et de feu. Il désigne les pays situés au nord de 
la Chine et leurs habitans ; il était déjà en 
usage du temps de Confucius , ou dans le vi e siè- 
de avant J. C. , car on le trouve dans le Chou 
king et dans ie Li ki. Pë ty t ou Barbares du 
Nord , est une dénomination qui ne date que du 
temps de la dynastie des Thang (de 618 à 906 
après J.C.) ; elle s* appliquait alors aux Khitans y 
aux Hi , aux Chy weî , aux Mo kho du fleuve 
Noir , et k ceux de la rivière «Son mo. Ces derniers 
furent appelés plus tard Phou haï. Les auteurs 
mongols et tubétains 、 qui ont écrit sur l'an- 



cienne histoire des Mongols, appellent ce peuple 
avant Tchingpiz khan , 



, 



V Z^ v ^ Biiè ou Z^ v ^ v 『 Bèdè. 



Il est probable que ce n f est qu'une corruption 
de la dénomination chinoise de Pë ty, et nulle- 
ment l'ancien nom de la nation mongole. Cette 
conjecture est d'autant plus probable que ces 
mêmes auteurs avouent avoir puisé ce qu'ils 
disent sur ce peuple , dans des livres chinois. 

Quant au nom Mongol , il n'y a aucun doute 
qu'il n'existât avant Tchhingghiz khau. On a 
Heu de croire que les Mongols soumis autrefois 

à la nation toungouse des 萆易華 末 Mo kho, et 

au nord-ouest de laquelle ils habitaient , en 
avaient adopté le nom , duquel les Chinois ont 
vraisemblablement rejeté le / final ; comme ils 
ont supprimé le r final dans le nom Tatar, qu'ils 
écrivent Tha ta. Selon les annales chinoises, les 

Moung kou ou Mongols habitaient au- 
trefois au nord des Ja tchy, qui furent les ancêtres 
des Mandchous de nos jours. Sous la dynastie des 

Thang, leur horde portait le nom de yT 
Moung gon ou , ぼ Moung kou szu 
(prononcez Mounggous). Enfin le mot «^p^^ 

Moung kou , qui répond à Mongol, se trouve 
dans les mêmes annales , sous la 5 e des années 
tchao rung, qui est l'an 1135 de J. C. , ainsi 
vingt-six ans avant la naissance de Tchingghi- 
khan. Il n'est donc pas vrai que ce conquérant 
ait imposé à son peuple ie nom de Mongol, 
comme un passage de l'histoire mongole de Sa- 
nang setsen, publié par M. J. J. Schmidt k Saint- 
Pétersbourg, pourrait le taire <Aroire. L'autorité 

33 



258 ANNALES 

de Daï ghen ん o が (Ta yuen kouë). Ils envoyèrent un ambassadeur en Corée 
(Kôrai), et ordonnèrent au roi de ce pays de faire parvenir au Japon une 
lettre , par laquelle ils exigeaient un tribut de cet empire. Le roi de Corée 
répondit que cela ne pouvait pas s'effectuer promptement, puisque le Japon 
était très-éloigné ; par conséquent ^ambassadeur s'en retourna sans avoir 
réussi dans sa mission. 

Le 10 e mois de la 5* année (1268) , le Konoye-no kwanbak Moto jira mou- 
rut à l'âge de 25 ans. 

Le 12 e mois, le Fakats kasa-no sadaïsin Moto tada fut nommé Kwanbak. 

Le même mois, le Sin in célébra au palais de Tomi-no kosi (Fou siao lou) 
le 50 e anniversaire de la naissance du Itsi in ; à cette occasion celui-ci se rasa 
la tête , et prit le titre de Fowô. Il fit, pour s'amuser , une promenade avec 
Sin in dans la ville et dans les environs de Miyako ; les environs de cette 
capitale fouissaient alors de la plus grande tranquillité. 

Pendant qu'on taisait les préparations pour cette fête , un ambassadeur des 
Mâko ( M oung kou) arriva par mer à Tai saï fou. Il était porteur dune lettre 
qui fut envoyée d'abord dans le Kwantô , et de là à Miyako. Comme cette 
lettre était conçue en termes grossiers , on n'y fit point de réponse l . 

Le 3 e mois de la 6 e année (1269) , le Kwanbak Moto tada perdit la place 



de cet auteur moderne est trop suspecte , pour 
qu'on puisse ajouter foi a toutes ses assertions ; 
et en effet, il dit seulement que Tchinghiz khan 
a donné à son peuple le nom de と nî- ^jxa^ 
Kake Mongol ou Mongols bleus. 一 Kl • 

( ] ) Le contenu d'une de ces lettres est rap- 
porté aussi bien dans les Annales chinoises que 
dans les livres japonais. Voici ce qu'on lit dans 
la Grande Encyclopédie japonaise (Vol. xm , foi. 6 
- et suiv. ) sur l'expédition entreprise par les 
Mongols et les Coréens contre le Japon. • Les 
« Mâhou ri (Mongols) ayant attaqué et vaincu la 
« dynastie des Soung , en fondèrent une nou- 
« velle à laquelle ils donnèrent le nom de Daï 

• Ghen kohf (Ta Yuan kouë). Leur roi qui s*était 
«emparé du trône de la Fleur du milieu (la 
«Chine), reçut le titre de Chi tsou houang ti. 
c S*étant cdlié avec les Ko kou ri (Coréens) et 
t ayant tout disposé pour conduire une armée 
« contre le Japon , il y envoya a abord une lettre. 
« Ceci eut lieu au milieu des années Boon yeï 
« (de 1264 à 1274), sous le règne de lempe- 

• rear Kame yaha-no in. > 



t Lettre de Vaugaste empereur des Mongols au roi 

« du Japon. » 

« Moi , je suis le prince d f un royaume qui au- 
• trefois n'était que petit ; mais il contracta des 

■ alliances avec ses voisins , qui se réunirent 
i tout-à-fait à lui, parce qu'il leur inspira une 

■ confiance entière, et ils vécurent avec lui dans 
«la plus bdie harmonie. De plus, mes ancêtres 
k en suivant les ordres précis du i^iel /étendirent 

■ leurs limites sur les possessions des Hia, les 

■ cantons éloignés et Vautres pays étrangers , 
i qui craignant leur pouvoir et admirant leur 
i vertu , se soumirent, et leur nombre est in- 
i nombrable. A notre avènement au trône , le 
i peujde innocent de la Corée avait depuis long- 
i temps été attristé par la guerre ; j'ordonnai de 
i la faire cesser et je fis revenir mes troupes de 
i ses frontières. Le vieux et le jeune roi de ce 
ipays vinrent alors à ma cour, pour nous prou- 
t ver leur gratitude pour les bienfaits dont nous 
(les avions comblés ; et en effet, ie souverain 

: et son vassal se réjouirent k cette occasion , 



DES EMPEREURS DU JAPON. 259 
de Sadaïsin ; Itsi sio-no Ye tsoune devint Sadaïsio , le Kwa san-no in et Nadaîsin 
Mitsi masa fut fait Oudaïsin , et le Daïnagon Minamoto-no Mitsi nari Nadaîsin. 



comme s'ils avaient été père et fils. La Corée 
est, comme vous savez, notre possession la 
plus orientale ; le Japon est voisin delà Corée , 
et de génération en génération , il a envoyé, 
comme il convenait t le tribut en Chine. Ce 
n'est que sous notre règne qu'aucun ambassa- 
deur n'est venu pour constater la bonne har- 
monie et la parfaite intelligence qui devait 
régner entre nous. Je doute que le roi du pays 
en soit instruit f et je ne veux pas entrer dans 
des détails sur cette affaire ; mais s'il m'envoie 
une ambassade, il connaîtra mes intentions. 
Le sage voudrait que tout ce qui est compris 
entre les quatre mers ne forme qu'une famille ; 
mais s,il n'y avait pas union parfaite comme 
dans une même famille , on se verrait forcé 
d'avoir recours aux arme» pour la rétablir. 一 
Un bon roi doit réfléchir à cela. » 
Le même ouvrage ajoute : Cette lettre était 
accompagnée d'une autre du roi de la Corée , 
qui était égdement insolente. C'est pourquoi on 
n'y fit aucune réponse. Les Mongols envoyèrent 
encore trois ambassades semblables au Japon ; 
toutes furent renvoyées , ce qui mit les Mongols 
en fureur. Ils vinrent donc avec 900 vaisseaux 
de guerre attaquer le Japon en 】 H, Les chefs 
des Mongols étaient Woe tun; il avait le titre de 
Tou yuan saï , ou général en dief; Houng tchha 
hhieou était Yeou fou yuan $ai % ou général en 
second de droite, et Lieonfou thing, Tso fou 
yuansai, général en second de gauche. Les trois 
corps de troupes coréennes étaient commandés 
par neuf généraux. I/armée comptait 25,000 
Mongols et 8,000 Coréens ; sur la flotte il y 
avait 6,700 matelots. Cette expédition partit 
de Ima (sou (lisez Kane tsoa , en Corée ) , et 
arriva onze jours après à l'île de Iki, où un 
combat naval eut lieu. Lieou fou thing ayant 
été tué d'un coup de flèche, son armée pensa à 
la retraite; mais pendant la nuit , un typhon ac- 
compagné d'une forte pluie attaqua les vais- 
seaux de guerre et les brisa contre les rochers 
du rivage • de sorte qu'une grande partie en Ait 
détruite. Le général coréen Kin sin périt dans 
l'eau; enfin toute l'eipéditioa fut détruite , et il 



n'en retourna que 13,500 hommes environ. 

L'année suivante (ou la l re du nengo Ken zi 
1275), les Mongols envoyèrent Thon chi toung, 
comme amDassadeur ; il vint avec celui de la 
Corée à Kama koura , il y fut mis à mort , et sa 
tête publiquement exposée. 

Dans la 4 e année du même nengo (lisez du 
nengo K6 an 1281), les généraux mongols A 
thsu han et Fan wen hou partirent du Kiang nan, 
avec une expédition de 180,000 hommes de la 
Chine méridionale. Houng tchha hhieou et Hin 
fou conduisirent 40,000 Mongols , Coréens et 

Chinois de Afou tsou も 幸 , et les généraux 

coréens Kin fang khhing , Pho hhieou et Kin 
tcheon ting arrivèrent en 24 jours au Japon , 
au village de Se kaï moura , dans la baie de Daï 



mw oura. 



On envoya alors des ambassadeurs au temple 
de Ize , on offrit sur tous les autels de l'empire des 
sacrifices, et on adressa des prières aux aiYim- 
tés. Fâsio Toki moune t qui résidait à Kama koura, 
ordonna aux troupes rassemblées dans le Tsi- 
kouzen (Tattaquer l'armée des Mongols , qui 
étaient arrivés à YÛe de Iki. Un capitaine de 
vaisseau , qui avait 113 marins à bord , fut pous- 
sé par le vent contre rennemi , et eut un com- 
bat avec lui dans lequel il perdit 36 homme» de 
son équipage. Les troupes japonaises, »étant mu- 
tuellement animées , attaquèrent la Ugne des 
Mongols, y pénétrèrent, et y répandirent une 
grande confusion. Houng tchha khieon monta 
à cheval et s'efforça de porter partout du se- 
cours ; le combat dura pendant toute la jour- 
née, et l'armée ennemie fot sévèrement mal- 
traitée. Elle comptait plus de 3,000 morts. Hin 
tou et Houng tchha khieou renouvelèrent sou- 
vent le combat , mais toujours à leur détriment. 
A thsu han était tombé malade en route, et 
notait pas venu avec eux. Fan wen hou arriva 
trop tard, et tout se trouvait dan» une situa- 
tion déplorable. Il avait sous ses ordres 3,500 
bâtimens k bord desquels il se trouvait jdos 
de 100,000 Chinois des provinces méridionales. 

Le 1 er jcmr de la 8* lune, A s,éleva un vent 

33* 



260 ANNALES 

Le 7 du 6 e mois , le Sayensi-no nudo sokokf Sane ousi , grand-père du Daïri 
et du Sin in , mourut âgé de 76 ans. 

Le 11 e mois, le Nadaïsin Mitsi nari fut destitué , et remplacé par Moro 
tada, fils de Ni sio-no Yosi sane. 

Dans le courant de cette année, des ambassadeurs des Môko abordèrent sur 
un vaisseau coréen à Tsou sima (Toui ma tao), d'où ils emmenèrent deux 
habitans , nommés Tôsirô et Yasiro. Les Môko les interrogèrent sur le Japon , 
leur firent quelques présens , et les renvoyèrent. 

Le 1 er mois de la 7 e année (1270), Fosio Toki sighe mourut au Rokfara 9 à 
l'âge de 30 ans. 

Le 11 e mois, le Ni sio-no saki-no Kwanbak Yosi sane mourut âgé de 55 ans. 

Dans le courant du mois , le Seogoun Kore yasoa obtint le second rang de 
la troisième classe , et le titre de général du milieu de la gauche ; c'est alors 
qu'il prit le nom de famille Minamoto. 

Dans la même année 9 l'ambassadeur des Môko Teô riô fits (Tchao liang py) 
arriva à la Corée , et demanda d'être transporté au Japon. 

Le 3 e mois de la 8 e année (1271), le Kwasan-no in Mitsi masa eut sa.démis- 
sion comme Oudaïsin , Ni sio-no moro tada lui succéda , et le Kwasan-no in 
Moro tsougou fut nommé Nadaism. 

Le 9 e mois , l'ambassade des Môko , conduite par Teô riô fits , mouilla 
à Ima tsou (kin tsin) \ dans la province delsikouzen. Ce dernier remit une 
lettre à laquelle on ne fit point de réponse , de sorte que l'ambassade fut 



furieux qui détruisit toute son expédition et ]a 
submergea ; la haute marée en jeta les débris 
sur le rivage. Houng tchha kbieou , Fan wen 
hou et autres se sauvèrent par la nute , mais 
personne ne sut de quel côté ils étaient allés. 
On prit vivans 3,000 hommes qu'on mit à mort 
dans l'île Fa ha ta (Pa kiô tao). Cependant oa 
en épargna trois nommés Kan tchhang, Mo 
•thsing et Oa wan ou; on les renvoya dans leur 
pays, pour qu'ils pussent y donner des nou- 
velles du succès de l'expédition. Il y eut encore 
trois tempêtes furieuses ; elles furent excitées par 
le dieu des vents qui est vénéré à Ize. C'est pour 
cette raison que son temple reçut le titre hono- 
niique de Kase-no miya (Foung koung) , ou pa- 
lais du vent. Ce titre lui fut accordé le 20 e jour 
de la 6 e année du nengo Zio o, ou 1293. 

Les Japonais disent que le dieu du vent est 
une incarnatioii du souffle de Isanaghi-no m" 



koto (Voyez Histoire mythologique , page juij). 
Son temple s appelle aussi Xa^a Jino miya (Fung 
jy kni koung). 一 Kl. 

( 1 ) Dans l f Histoire chinoise de la dynastie 



des Yuan ou Mongols, ce nom est écrit 




Kin tsin, mais dans notre original on lit y^^^^ 

Ain tsin, ce qui est plus exact et conforme à la 
dénomination japonaise Ima tsou. Ce n,est pas , 
comme le disent les livres chinois, une île, 
mais bien une presqu'île du district de Sima 
kori, de la province delsikouzen. Elle contient 
un bourg du même nom , et est située au nord 
de Ima sik, et à rouest-nord-ouest deFoukoaoko, 
capitale de la province. La presqu'île de Ima 
tsou forme avec celle de Kara domari un golfe 
profond , que je ne trouve bien indiqué que sur 
la grande carte de l'île de Kiou ziou , qui a paru 
àNangazaki, en 1 785. — Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 261 
obligée de s'en retourner sans avoir rien fait. Cependant Yasiro l'accom- 
pagna comme ambassadeur. L'empereur des Môko l'admit en sa présence , 
le régala splendidement, et le renvoya. 

Le 10 e mois, Fosio-no Yosi moune alla de Kama koura à Miyako pour y 
remplir la place de gouverneur ; il s'y logea au côté nord , et Toki souki au 
sud du Rokfara. Yosi moune était fils de Naga toki. 

Le 1 er mois de la 9 e année ( 1272), Kore yasou fut avancé au second rang 
de la deuxième classe. 

Le 15 du 2 e mois , un ambassadeur arriva de Kama koura à la demeure de 
Fôsio Yosi moune , qui aussitôt investit la demeure de Toki souke au sud de 
Rokfara 9 et le tua. On avait découvert le dessein secret que celui-ci nour- 
rissait de se révolter ; car il était irrité de ce que son frère cadet avait 
succédé à son père. Ses complices Fosw Kin toki et Fôsio Nori toki, qui demeu- 
rèrent à Kama koura , furent également punis de mort. 

Le 1 / de ce mois, le Go Sam-no Fowô mourut âgé de 53 ans. Pendant 
20 ans, ou depuis sa résignation , il avait eu la direction des affaires à la cour. 
Pendant tout ce temps l'empire fut en paix , et le peuple vécut tranquille et 
content. On dit qu'à son lit de mort il insista pour que les descendais des Go 
Fouka kousa-no in et de Ki zan-no in succédassent alternativement comme 
Daïris , cependant cet usage résulta principalement des mesures salutaires 
que prit Fosio Toki moune. 

Le 5 e mois de la 10 e année (1273), le Kwanbak Fakats kasa-no Moto tada 
fut renvoyé , et remplacé par Kousio-no Tada ye. 

Le même mois , Fôsio-no Masa moura, quatrième fils de Yosi toki, mourut à 
l'âge de 69 ans. 

Le 6 e mois , Fôsio-no Yosi moura , quatrième fils de Sighe toki, fut nommé 
premier ministre du Seogoun par 1 oid moune , en place de Masa moura. 

Le 8 e mois , ie San Sina-no saki-no sadaisin Fousiwara-no Sane o mourut 
âgé de 57 ans; il était fort respecté comme beau-père du Daïri et du Sin in. 

La même année , Teô nô fits (Tchao liang py ) arriva une seconde fois 
comme ambassadeur des Môko ; il ne put obtenir la permission d'aller ni à 
Miyako , ni à Kama koura , et fut renvoyé de Taï saî fou. 

Le 1 er mois de la 11 e année (127il), le Daïri résigna l'empire à son fils Yo 
fito; il était alors âgé de 20 ans; il en avait régné 15, savoir 1 avec le nengo 
Bonn o , 5 ans avec celui de Ko tsiô , et 11 avec celui de Bonn yeï. 



262 ANNALES 

XC. DAÏRI 院少宇 後 GA OU DA-NO IN. 

(De 1275 à 1289 de J. C.) 




Ken zi (Kian tchi), de 1275 à 1277 , 
Kâ an (Houng ngan ) , de 1278 à 1287. 



Go ou da-no in (Heou Yu to yuan), nommé auparavant Yo Jito, était le fils 
aîné de Ki zan-no in ; sa mère était ûlle du Sadaisin Fousiwara-no Sane o. 
Il naguit au l2 fc mois de la 4 e année du nengo Bonn yeï; au 1 er mois de la 
11 e année, il succéda à son père , et fut proclamé Daïri le 3 e mois, à l'âge de 
8 ans. Le Kiousio-no kwanbak Tada ye remplit la place de régent ; Go Foaka 
kousa-no in reçut alors le titre de Fo in , et Ki zan-no in celui de in. 

Le 2 e mois, le Sayensi saki-no oudaisin Kin moto mourut âgé de 55 ans, 
ainsi que le Tok daï si saki-no sokokf 5ane moto, oui avait atteint l'âge de 72 ans. 

Les Môko , offensés de ne pas recevoir de réponse aux lettres quils avaient 
envoyées à différentes reprises , dépêchèrent au 5 e mois' de cette année deux 
généraux avec trois cents grands vaisseaux , trois cents autres de moindre 
grandeur, trois cents petits montés par une forte armée destinée à attaquer 
le Japon. A la cour du Daïri, on adressa des prières ferventes à plusieurs dieux; 
du Kwantô on envoya des ordres dans le Tsoukouzi de se préparer à la 
résistance. 

Le 6 e mois , Tada ye régent fut renvoyé , et eut l'Itsi sio-no Sadaïsin Ye 
tsoune pour successeur. 

Le / e mois, l'ancien Seogoun Moune taka sin o mourut à l'âge de 3d ans. 

Le 10 e mois, la flotte des Môko mouilla à l'île de Isiou sima. lis y com- 
battirent les Japonais. Les Môko furent défaits parce qu'ils manquaient de 
flèches ; ils s'enfuirent avec leurs vaisseaux de différcns côtés , et retournèrent 
chez eux après une perte très-considérable. 

Le même mois, Firo Jito, fils de Go Fouka kousa-no in, fut déclaré Taïsi ; il 
aurait été Daïri avant Ki zan-no in , mais Go Saga-no in ayant désiré que Ki zan- 
no in lui succédât , sa mère la Daïgou-no Nio in l'avait annoncé dans le Kwantô : 
ainsi Yo Jito fut de nouveau déclaré successeur au trône. Ki zan-no in après son 
abdication ^continuait à gouverner selon son bon plaisir , et tenait Go Fouka 
kousa-no in éloigné de toutes les affaires. Celui-ci en fut inaigné et résolut 
de se laire prêtre ; cependant quand son fils devint Taisi par les démarches 
de Fôsio Toki moune, il en fut fort réjoui, abandonna ce dessein, et se récon- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 265 
cilia avec Ki zan-no in. L'impératrice Daïgou-no Nio in fut également contente 
de cet arrangement. 

Depuis ce temps, la succession des Daïris fut toujours réglée dans le 
Kwantô ( c est-à-dire par le Seogoun). 

Le 2 e mois de la l n année du nengo Ken zi (1275), To sei tsiou (Thou chi 
tchoung) arriva en qualité d'ambassadeur de Môko, accompagné de quelques 
Coréens. Cette légation fut obligée de s'arrêter à Taïsaï fou; seulement trois 
de ses membres purent aller à Kama koura; ils n'obtinrent pas la permission 
de venir à Miyako. L'ambassadeur avait apporté une lettre; on n'y répondit pas. 

Le 6 e mois , l'ancien régent Kousio-no Tada ye mourut à l'âge de Ip ans. 

Le 8 e mois, le Kwasan-no in et Saki-no Oudaïsin Mitsi masa fut nommé 
1 aiziô daïsin. 

Le 10 e mois, Itsi sio-no Ye tsoune régent et Sadaïsin fut congédié ; le Tok- 
daïsi saki-no Kwanbak Kane fira le remplaça comme régent. 

Le 12 e mois, le Nisio-no Oudaïsin Moro tada devint Sadaïsin , et le Kiousio- 
no daînagon Tada nori Oudaïsin. Le Kwasan-no in Moro tsoagou perdit la place 
de Naaaïsin, et eut Konoye-no Ye moto pour successeur; Tada nori était fils de 
Tada ye , et Te moto fils de Moto fira. 

Le même mois , Fosio-no Toki kouni arriva à Miyako pour en être gouver- 
neur , et prit sa demeure dans la partie méridionale du Rokfara. 

Dans le courant de Tannée 9 le prêtre Itsi pen (Y pian) fonda Fobservance 
bouddhique appelée Zi siô (Chi tsoung). 

Le 5 e mois de la 2 e année ( 127b), le Kwasan-no in sokokf ilfifoî masa mou- 
rut à l'âge de kk ans. 

Le 12 e mois, le régent Kane fira fut de nouveau fait Taiziô daïsin. 

Dans la même année , un ambassadeur des Môko débarqua dans la pro- 
vince Naga to; on le fit venir à Kama koura , où il fut décapité. 

Le 1 er mois de la 5 e année (1277), le Dam prit la robe virile ; il avait 
alors 1 1 ans. Kane fira lui imposa le bonnet , et Sana akira lui rasa les cheveux. 

Le même mois, il rendit une visite à l'ancien Daîri Kame yama-no in. 

Le 3 e mois, il alla au temple Iwasi miazou, et le 4 e mois au temple Kamo. 

Dans le courant de ce mois , Kane fira Taiziô daïsin perdit cet emploi. 

Le 5 e mois, Fôsio-no Toki masa, premier ministre du Seogoun , obtint sa 
démission ; il se rasa la tête , et alla demeurer dans la province de Sina no ; 
Toki moune conserva seul l'emploi de premier ministre. 

Le 12 e mois , le Tôgou , ou successeur au trône , Firo jito, prit la robe virile; 
le Nisio-no Saaaisin Moro tada lui mît le bonnet, et Minamoto-no Tomo mori lui 
rasa les cheveux du front. 



264 ANNALES 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Kô an (121 S) y Fôsio-no Toki moura vint 
à Miyako pour être gouverneur de cette capitale y et logea dans la partie sep- 
tentrionale du Rokfara ; il était fils de Masa moura. 

Le 12 e mois, Kane fira régent eut sa démission 9 et redevint Kwanbak. 

Le 1 er mois de la 2 e année (127.9), le Seogoun Minamoto-no Kore yasou fut 
gratifié du premier rang de la seconde classe. 

Le 2 e mois de la 5 e année (1280), To seï tsiou (Thou chï tchouner ) ( voyez 
page 265), ambassadeur des Môko, fut mis à mort. Aussitôt que les Môko en 
eurent reçu la nouvelle , ils assemblèrent une armée considérable pour con- 
quérir le Japon. Lorsqu'on fut informé de leurs préparatifs , le Daîri envoya 
des ambassadeurs à Izé et à plusieurs autres temples pour invoquer les dieux. 
Fôsio-no Toki moune , qui résidait à Kama koura , ordonna que i,on assemblât 
les troupes dans le Tsoukouzi, et expédia du Kwantô à Miyako de nombreux 
détachemens de soldats , pour garder le Daîri et le 1 ogou , et les protéger 
contre tout danger. Go Foaka koasa-no in et Kame yama-no in furent conduits 
dans le Kwantô. Les deux gouverneurs de Miyako eurent ordre de se rendre 
dans le Tsoukouzi. 

A la lune de la 4 e année (1281), les Môko nommèrent A si kan (Ngo 
tsu han), Fan boun ko (Fan wen hou), Kin to (Hin tou) et Kô sa kio (Houng 
tchha khieou) généraux de leur armée , qui était forte de plus de cent mille 
hommes. Elle fut embarquée sur un nombre considérable de vaisseaux de 
guerre. A si kan tomba malade pendant la traversée , ce qui rendit le général 
en second Fan boun ko indécis sur 】e parti à prendre. 

Le 7 e mois , toute la flotte arriva au Japon à l'île de Firando (Phing hou) , 
et passa de là kGo riô san (Ou loung chan); les troupes du Tsoukouzi étaient 
sous les armes. 

Le 1 er du 8 e mois, il s'éleva une tempête afifreuse, les vaisseaux de la flotte 
des Môko furent engloutis dans la mer , ou fort endommagés. Le général Fan 
boun ko prit la iuite avec les autres généraux sur les vaisseaux qui avaient le 
moins souffert ; personne n'a su ce qu'ils sont devenus. L'armée de cent mille 
hommes qui avait débarqué au-dessous de Go riô san , y resta errante sans 
vivres pendant trois jours ; ces soldats avaient le projet de construire d'autres 
vaisseaux pour retourner en Chine. 

Le 7 e jour, l'armée japonaise les investit et les attaqua ; on se battit avec 
acharnement, les Môko furent totalement défaits , trente mille hommes furent 
faits prisonniers , conduits à Fa ka ta (Pâ kio tao) , et mis à mort. On ne fit 
grâce qu'à Kan siô (Kan tchhang) , Bak sai (Mo thsing) et Go wan go\Ou wan 
ou) , qui lurent envoyés en Chine pour y porter la nouvelle du sort de l'armée. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 265 
La destruction d'une flotte si nombreuse par la tempête fut considérée comme 
la preuve la plus évidente de la protection des dieux. On attribua principale- 
ment cet événement au dieu des vents, qui a son temple à Ize , et on lui ma- 
nifesta la plus profonde vénération pour avoir sauvé l'empire par l'anéantisse^ 
ment de la flotte mongole. Kan siô et ses compagnons retournèrent dans 
leur pays , et annoncèrent ce désastre au prince des Môko , qui était i,em- 
pereur Zi zou kwô te (Chi tsou houang ti), de la dynastie des Ghen (Yuan) l . 



(1) Rachid-eddin , le célèbre historien persan 
des Mongols , qui edmposa son Djema' ettawa- 
rikh en 129 な, connaît le Japon, et lui donne le 
nom de Djemen hou, qui n'esl qu une corruption 

des mots chinois 曰 Jfpen houe, car 

les Mongols n aiment pas prononcer la lettre p, 
et la remplacent fréquemment par un m. Voici 
ce qu,il rapporte de ce pays : 



"a ySjJT. y t pb |«Jû^ •jèyar 

^" ^ ^ ^ メ — ^ 

ケ • I 

L-J^t 卩^^ ラ CAMMbAP\» pOUU U jtiN»^^ 5^1^ 

〜 

• Du côté du sud-est , le Kaân n'a aucune 
guerre à soutenir, car tous les pays situés de 
ce côté font partie de son empire jusqu a 
VOcéan. Il faut cependant en excepler un qui 
est une grande île près des côtes de Djourdjeh 
(du pays des Mandchous actuels) et du Ko li 
(Kao li, ou la Corée). Elle est située au milieu 
de l'Océan , et porte le nom de Djemen kou. E31e 
a presque 400 parasanges de circuit; il y a 
beaucoup de villes et villages. Elle a un roi 
indépendant, et qui depuis long-temps est 
« constamment en guerre (avec le Kaàn). Les 
« gens de ce pays sont de basse stature , ont le 



翁 cou court et de gros ventres. Il y a beaucoup 
藝 de mines dans ce pays. 霞 

Aboulféda parle aussi dans sa Géographie du 
Japon , dont il corrompt encore plus le nom que 
Rachid-eddin , car il l'appelle ^>y^ Djemkout, 
et dit que les Persans écrivent ce nom 
Djemâkout. Il parle de ce pays dans sa quin- 
zième table qui comprend la uhme , et le place 
à l'extrémité orientale du monde : n De même , 
dit-il , que les îles Fortunées ( 
qui sont à l*extrémité occidentale. Au delà de 
Djemkout à l'est nest aucun pays habité. Il est 
situé sous Féquateur même , c'est pourquoi il 
n'a pas de latitude géographique. • 

L'illustre voyageur Marco Polo donne une 
description du Japon , qu il appelle Zipangou , 
et non pas Zipangri, comme on le lit dans les 
mauvaises éditions de cet auteur. Zi pan gou est 
encore la dénomination chinoise de Jy pen kouë. 
Je fais suivre ici, d*après rédition de Ramusio, 
les deux chapitres de Marco Polo , lesquels con- 
tiennent des détails curieux sur l'expédition en- 
voyée par Khonbilai khan contre ce Davs. 

Lib. HI , cap. 2. DelV isola di Zvpanga. 

Zipangu è un Isola in Oriente , la quai è dis- 
oosto dalla terra , et liai ai Mangi in alto mare 
mille cinque cento miglia. Et è Isola molto gran- 
de, le cui genti sono bianche , et belle, et di 
gentil maniera. Adorano ば Idoli , et man ten- 
gonsi per se medesimi, cioè che si reggono dal 
proprio Re. Hanno oro in grandissima abbon- 
danza , perché iui si truova fuor di modo , et il 
Re non lo lasaa portar fuori , perà pochi mer^ 
cantivi vanno, et rare volte le paui d,altre re- 
gioni. Et per questa causa diremoui la grand' 
eccellenza délie ricchezze del palagio del Signore 
di detta Isola, secondo che dioono quelli c hanno 

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266 ANNALES 

Le 10 e mois de la 5 e année (1282) , les prêtres du temple Kobokousi , 
mécontens de Tomo ye , se portèrent en masse sur Miyako ; ils étaient pré- 
cédés du Sin bok ( voyez page 179) du temple de Kasouga. 



pratica di quella contrada , v'ha vn gran pala- 
gio tutto coperto di piastre doro, secondo che 
noi copriamo le case, ôvero cmese di piombo, 
et tutu i sopra cieli délie sale et di moite ca- 
mere sono di tauolette di puro oro molto grosse , 
et cosi le finestre sono ornate d'oro. Questo pa- 
lagio è cosi ricco , che niuno potrebbe giamai 
esplicare la valuta di quello. Sono ancora in 
questa Isola perle infinite , le quali sono rosse , 
ri tonde, et molto grosse, et vagliono quanto le 
bianche , et piu. Et in questa Isola alcuni si se- 
peiiscono quando son morti , alcuni s'abbru- 
aano. Ma a quelli che si sepeliscono , vi si pone 
ia bocca una di queste perle, per esser questa 
la loro consuetudine. Sonui etiandio moite piètre 
pretiose. 

Questa Isola è tan to ricca , che per la fama 
sua il gran Can ch'al présente régna , che è 
Cublai , deliberô di farla prendere , et sottoporia 
al suo dominio. Mando adunque duoi suoi Ba- 
roni con gran numéro di navi piene di gente per 
prenderia , de quali vno era nominato Abbacca- 
tan, et l'altro Vonsancin, quali partendosi dal 
porto di Zaïtum et Quinsai, tan to navigorno per 
mare, che pervennero a questa Isola. Dove 
smontati nacque inuidia fra loro , che l'vno dis- 
pregiava dobedire alla volonté, et consigh'o delT 
altro, per la quai cosa non poteron pigliare ei- 
cuna città à castello saluo che uno , che presono 
per battaglia , perô che quelli ch*erano dentro 
non si volsero mai rendere. Onde per comanda- 
mento di detti Baroni a tutti furono tagliate le 
teste, saluo che a otto huomim , li quali si trovô 
c havevano una pietra pretiosa incantata per arte 
diabolica , cucîta nel braccio destro fra la pelle 
et carne , chè non potevano esser morti con ferro 
nè feriti. Il che intendendo quei Baroni fecero 
percotere li detti con un legno grosso, et subito 
morirono. Auuenne un giorno -che'l vento di 
Tramontana comincio a soffiar coq grande im- 
peto , et le navi de Tartan , ch'erano alla riua 
dell' Isola , sbatteuano iosieme. Li marinan 
adunque consigliatisi deliberarono slontaoarsi 
da terra. Onde entrato l'esercito nelle navi , si 



allargarono in mare. Et la fortuna comincio a 
crescere coq maggior forza , di sorte che se ne 
niDpero moite , et quelli che v'erano dentro 
notando con pezzi di tavole , si saluorono ad 
una Isola vicioa a Zipanga quattro miglia. Le 
altre navi, cbe non erano vicine, scapolate dal 
naufragio con li duoi Baroni, havendo leuati gli 
huomini da conto, cioè li capi de centenari di 
mille, et dicemila , drizzorono le vele verso la 
patria , et al gran Can. Ma i Tartan rimasti so- 
pra llsola vicina erano da circa trentamila t 
vedendosi senza naui , et abbandonaa aalli Capi- 
tani , non hauendo nè arme da combattere , nè 
vettovaglie, credeuano di douere esserc presi et 
morti, massimamente non vi essendo in dette 
Isola habitatione , dove potessero ripararsi. Ces- 
sata la fortuna , et essendo il mare tranquillo f 
et ia bonaccia , gli huomini délia grande Isola 
di Zipanga con moite naui , et grande essercito 
andorno ail' Isola vicina per pigliar li Tartan , 
che quiui s erano saluali, et smontati dalle naui , 
si missero ad andaiii a trouare con poco ordine. 
Ma li Tartan prudentamente si governarono , 
per cioche l'isola era molto elevata nel mezzo , 
et mentre che li nemici per una strada s'aifret- 
tauano di seguitarli , essi andando per un, altra 
circondarono a torno llsola , et pervennero a, 
nauiiij de nemici , quali trouorno con le ban- 
diere, et abbandonali et sopra quelli immediate 
montati, andarono alla città maestra del Signor 
di /jipanga, dove vedendosi le loro bandiere , 
furono lasciati entrare , et quiui non trouorno 
altro che doune , le quai tennero per lor uso , 
scacciando fuori tutto il resto del popolo. Il Re 
di Zipanga intesa la cosa come era passata fu 
molto dolente , et subito se ne venne a mettere 
l*assedio , non vi lasciando entrare nè uscire 
persona alcuna , quai duré per mesi sei. Dove 
vedendo i Tartan che non potevano haver aiuto 
alcuno , al fine si resero salve le persone t et 
questo fu correndo gli anni del Signore 1 264. 
Il gran Can dopo alcuni anni , hauendo inteso 
il disordine àopradetto, successo per causa délia 
discordia di due Gapitani, fece tagliar la testa 



DES EMPEREURS DU JAPON. 267 
Le 12 e mois, le Tsiounagon Minamoto-no Yosifousa fut exilé dans la pro- 
vince de Aki; les prêtres de Kobokoasi se retirèrent alors , et remportèrent 
le Sin bok. 

Dans la même année , Fôsio-no Toki moane fonda le temple Yen kak si (Yuan 



ad un di loro , l'altro mando ad un* Isola salva- 
tica detta Zorza , doue suol far morire gli huo- 
mini , cbe hanno fatto qualche mancamento , in 
questo modo. Gli fa rauolgere tutte due le mani 
in un cuoio di buffalo allora scorticato , et slret- 
tamente eu cire, quai corne si secca, si strigne 
talmente intorno , che per niun modo si puo 
muouere , et cosi miseramente finiscono la loro 
vita non potendosi aiutare. 

Cap. 3. Delia maniera de gV Idoli di Zipangu , et 
corne gli habitanti mangiano carne humana. 

In quest* Isola di Zipangu, et nelT altre vicine 
tutti i loro Idoli sono fatti diuersamente , perche 
alcuni hanno teste di buoi , al tri di porci , al tri 
di cani , et di becchi, et di diuerse altre manière. 
Ve ne sono poi alcuni , c'hanno yn capo et due 
volti. Al tri tre capi , cioè uno nel luogo debito, 
et gli altri due sopra ciascuna délie spalle. Allri 
channo quattro mani , alcuni dieci , et altri cen- 
to, et quelli che n,baimo più si tienc chab- 
biaDo più virtù , et a quelli fanno maggior rivè- 
rent^. £t quando i Christiani li domandano , 
perche fanno li loro idoli cosi diuersi , rispondo 
no , cosi i nostri padri et predecessori gli hanno 
lasciati , et parimente cosi noi li lasciamo a 
nostri fi^iuoli , et successori. Le operationi di 
questi Idoli sono di tante diversita , et cosi scé- 
lérate et diaboliche, che saria cosa empia et 
abominabile a raccontare nel libro nostro. Ma 
vogliamo che sappiate almeno questo che tutti 
gli habitatori di queste Isole, che adorano g^'Ido- 
li, quando prendoao qualch'uno , che non sia 
loro àmico , et che non si possa riscuotere con 
denari, conuitano tutti i loro parenti, et amici a 
casa sua, et fanno vecidere quell* huomo suo 
prigione, et lo fanno cuoeere , et mangianselo 
insieme allegramente , et dicono , che la carne 
humana è la piu saporita , et migliore che si 
possa truouar al moado. 

Le nom du général mongol , imprimé dans 



Ramusio Abbaccatan, est écrit Abatur dans le 
Codex Riccardianus du texte de Marco Polo, et 
c'est la seule leçon exacte. Sous ce nom est dési- 
gne ici le même personnage qui dans les relations 
chinoises est appelé A thsu han. Selon la manière 
chinoise , la première syllabe A est son nom de 
famille f et on l'appelait, avec le terme mongol 
qu'on donnait à tous les hauts chefs militaires , 
baatowr ou batour, ce qui signifie héros : par con- 
séquent A batour. Thsu han n'est que le surnom 
du même individu. 

Vonsancin, ou dans d'autres manuscrits Von- 
sanchin, est le Fan wen hou des historiens chi- 
nois. Wen hou n est que son surnom posthume, 
tandis quç San chin ou San kin était vraisembla- 
blement celui quil portait pendant sa vie. Fan 
est son nom de famille , que Marco Polo écrit Von- 

Les ports de Zaitum et de Qainsaï sont ceux 
de Thsiuan tcheoufou, dans le fou hian, et de 
Hang tcheou fou, dans le Tche hiang; comme je 
l'ai démontré dans le second volume de mes 
Mémoires relatifs à VAsie, pag. 200 et suiv. 

Le récit de Marco Polo relativement à l'expé- 
dition des Mongols contre le Japon diffère sous 
beaucoup de rapports de celui qu'on trouve dans 
les livres chinois et japonais. Il met aussi cette 
entreprise vingt ans trop tôt; mais 1264 n'est 
vraisemblablement qu'une faute d'impression 
pour 1284. On conçoit que Khoubilaï khan ne 
devait pas aimer qu*on pariât trop de cette en- 
treprise malheureuse , et la version rapportée 
par Marco Polo était peut-être celle qu'on avait 
répandue en Chine t pour ne pas avouer une dé- 
faite totale. 

Quant à l'île de Zorza, son nom ne se trouve 
que dans rédition de Ramusio. Cest vraisem- 
blablement File de Taraïkaî , nommée mal à 
propos Sakhalien dans nos cartes , de laquelle il 
est question ici , puisqu'elle est située devant le 
pays actuel des Mandchous , nommés 9 ^ m jy^ 
Djourdjèh ou Djordjah à l^époque des Mongols 
en Chine. 

34* 



268 ANNALES 

kiô szu), et y établit comme grand-prêtre Zo ghen (Tsou yuan) , qu'il avait fait 
venir exprès de la Chine. Zo ghen est le même que Bouts kô zen si (Fou houang 
chen szu). 

Le 2 e mois de la 6 e année (1285), Toki moune nomma premier ministre du 
Seogoun Fosio-no Nari toki, cinquième fils de Sighe toki. 

Le 1 er mois de la 7 e année (1284), le Ghiou o Daïnagon Minamoto-no Moto 
tomo fut promu au second rang de la première classe, mais il le perdit au mois 
suivant et fut nommé Daïsin. Tomo mitsou reçut le titre de Ghi tô san si (I thoung 

Le l\ du 4 e mois, Fôsichno Toki moune, prince de Sagami , tomba malade 9 
se fit raser la tête, et mourut le même jour à l'âge de 34 ans. Il avait été Sits 
ken du Seogoun depuis la 1™ année du nengo Bonn ye , ou pendant 21 ans. 
Son fils adoptif, le Sama-no kami Sada toki, âgé de 14 ans, lui succéda dans 
la place de Sits ken du Seogoun Kore yasou ; et Fosio-no Nari toki lui fut donné 
pour adjoint. Le Akiaa-no sio-no souke Yasou mori, grand-père de Sada toki, 
' devint prince de Moûts , il jouissait de la plus haute estime. 

Dans cette année, Fosio-no Toki kouni, gouverneur de Miy ako , trama une 
révolte ; il fut mandé dans le Kwantô , et exilé dans le Fitats , où on le fit 
périr plus tard. 

Le r mois, l'Itsi sio-no saki-no Kwanbak Sane tsoune mourut, âgé de 62 ans. 
Il reçut le titre posthume de Yen mio si (Yuan ming szu). 

Dans le courant de la même année , O seki ou (Wang tsy oung) , de rem- 
pire des Ghen (Yuan ou Mongols en Chine) , accompagné du prêtre de Boud- 
dha, nommé Ni nio tsi (Eu! yu tchi), vint au Japon pour épier les mœurs et 
usages du pays. IViais d'après les lois de l'empire , on fit mourir O seki ou, avec 
tout l'équipage du vaisseau qui l'avait amené. On avait été informé en Chine 
que Ki zan-no sin in et les Fôsiq de Kama koura étaient très-attachés à la doc- 
trine Zen siô , et on avait pris ce prétexte pour envoyer un prêtre de cette obser- 
vance , pour prendre des informations sur les lois et les coutumes de l'empire. 

Le 2 e mois de la 8 e année (1285), on célébra le 90 e anniversaire de la prin- 
cesse Sada ko , qui avait le titre de Kita yama-no Sinn kisaki , et le second rang 
de la première classe. Elle était fiile du Wasi-no o-no Daïnagon Taka fira , 
veuve du Saï yen si-no sokokf Sane oasi, mère de rimpératrice Daïgou-no Nio in, 
aïeule du Fo in ou Go Fouka kousa - no in, du Sin in ou Ki zan-no in, et 
bisaïeule du Dam Go Oada-no in, et de son successeur Fousi mi. îous ceux de 
ces personnages qui vivaient encore allèrent chez elle pour célébrer son jour 
de naissance et pour lui rendre leurs devoirs. 

Le lC mois, le Takats kasa saki-no Kwanbak Moto tada fut nommé lauiô 



DES EMPEREURS DU JAPON. 269 
daîsin ; son père le Saki-no sokok Kane fira devint de nouveau Kwanbak. 
À cette époque leiir prospérité fut au comble. 

Dans le courant du même mois , Fôsio-no Sada toki fut créé prince de Sa- 
garni; son grand-père le Akida-no zio-no souke Yasou mon jouissait d'une très- 
grande considération. Yori tsougou, l'un des compagnons de Sada toki , envieux 
de la haute estime que tout le monde montrait à Yasou mori , était mal avec 
lui. Moune kaghe , ûls de Yasou mori, changea son nom de famille de Fousiwara 
en Minamoto, parce que son trisaïeul Kaghe mori avait été parent de Yon 
tomo. Dès que Yori tsougou en fut instruit, il fit dire à Sada toki qu'en chan- 
geant ainsi son nom de famille , il laissait percer le dessein de devenir Seo- 
goun. Sada toki soupçonna de même Yasou mori et Moune kaghe d'avoir 
rintention de se révolter. Les recherches que l'on fit ayant prouvé la réalité 
de ces présomptions , ces personnages ainsi que tous leurs parens et leurs 
amis furent mis à mort. Dans le 11 e mois, Yori tsougou acquit par cette dé- 
couverte beaucoup de réputation ; il se rasa la tête, et devint prêtre sous le 
nom de Koua yen (Ko yuan). 

Dans la même année , Fôsio-no Kane toki vint en qualité de gouverneur à 
Miyako , et habita dans la partie méridionale du Rokfara. Il fut petit-nls de 
Toki yori. 

Le 6 e mois de la 10* année (1287), le Seogoun Kore yasou fut nommé 
Tsiounagon et Oudaïsio. Fosio-no Nari toki se rasa la tête. F6sio-no Nobou fousa, 
petit-fils de Toki fousa, succéda à Sada toki dans l'emploi de Sits ken. Fôsio- 
no Toki moura retourna de Miyako à Kama koura. 

Le 8 e mois, Takats kasa-no Kane fira fut renvoyé comme Kwanbak, et rem- 
placé par le Sadaïsin Awïo-ho Moro tada. 

Le 10 e mois, le Seogoun Kore yasou obtint le titre Ni port (Eul phin). 

Le même mois, le Dairi résigna l'empire à son successeur Firo jito (Hi jin ) , 
après un règne de 15 ans, savoir 5 ans avec le nengo Ken si, et 10 avec celui 
de K6 an. 

XCI. DAÏRI 院 見 伏 FOUSI MI-NO IN. 

(De 1288 à 1298 de J. C.) 
正 Ziô o (Tching yng) , de 1288 à 1292 , 

Nengo l リ" 

仁^^ Yeï nm (Young jin), de 1293 à 1298. 

Fousi mi-no in (Fou kian yuan) , nommé auparavant Firo jito, fut ills de Go 
Fûuka kousa-no in; sa mère la Ghen ki mon in t ousiwam-no In si était la fille du 




270 ANNALES 

San sina-no Sadaïsin Sane o. Firo fito avait été nommé Tô gou ou successeur, 
le 10 e mois de la 1 I e année du nengo Bounye, sur la recommandation de Toki 
moune ; il fut proclamé Daïri le 10 e mois de la 10 e année du nengo Kô an, à 
l'âge de 23 ans. Nisio-no Moro tada fut Kwanbak. Il y avait alors encore trois 
Daïris en vie, savoir, Go Fouka kousa-no in, qui fut aussi nommé Itsi in et Fo 
nin, Ki zan-no in, surnommé Tsiou-no in,' enfin Go Ouda-no in, nommé aussi 
Sin in ; ce dernier ne se mêlait pius des affaires. 

Le 4 e mois de la l n année du nengo Ziô o (1288), le Kwanbak Moro tada 
eut sa démission de la place de Sadaïsin. 

Le 6 e mois , le Dam épousa la fille du Saï yen si-no Dainagon Fousiwara-no 
Sane kane , ûls de Kin souke. 

Le 7 e mois , le Kiousio-no Oudaisin Tada mori devint Sadaïsin , le Konoye- 
no Naaaïsin Ye moto Oudaïsin, et le Dainagon Minamoto-no Mitsi moto Nadaïsin. 

Le 10 e mois, Mitsi moto eut sa démission comme Nadaïsin ; il fut remplacé 
par Takats kasa-no Fouyou tada, frère cadet de Moto tada. 

Dans cette année , les gouverneurs de Miyako changèrent de résidence ; 
Fôsio-no Kane toki alla du sud demeurer au nord du Rokfara 9 et Fôsio-no Mori 
fousa du nord au sud. 

Le mois de la 2 e année (1289), TS isio-no Moro tada eut sa démission de 
la charge de Kwanbak ; rOudaïsin Konoye-no Ye moto le remplaça. 

Dans le même mois, le Dam adopta Tane fito , fils de son frère cadet, et le 
déclara Tô gou , ou successeur. 

Le 8 e mois, le Zioun daïsin Minamoto-no Moto tomo fîit nomme xalziô daîsin. 

Le 9 e mois , il y eut une révolte à Kama koura. Le Seoeroun Kore yasou 
sin o arriva en toute hâte à Miyako. Le 15 du mois précédent, on avait célébré 
la fête du dieu Fatsman, nommée Ka gakf-no Fô ziô ye (Ho yô Fang seng 
hoei ) ; à cette occasion , le Seogoun s'était rendu déguisé au temple. Sada 
toki , prince de Sagami , et celui de Moûts , Nobou toki , ainsi que les troupes , 
paraissaient lui être fort attachés , mais les derniers se soulevèrent à l'impro- 
viste , le jetèrent dans une chaise à porteurs , et le renvoyèrent de Kama koura. 
Il y avait administré depuis la 5 e année du nengo Bonn yei, ou pendant 24. ans. 
A son arrivée à Miyako , il se rasa la tête , et alla vivre à Saga. Il avait alors 
26 ans. 

Dans le même mois , Fôsio-no Sada toki envoya ^ le Ifi souma fan kwan et 
quelques autres des principaux officiers pour conduire à Kama koura le 
prince impérial Kou met sin o , fils de Go Fouka kousa-no in , et frère cadet du 
Daïri. 

Le 1 e mois , Kou meï sin o fut revêtu d'habits de cérémonie , et proclamé 



DES EMPEREURS DU JAPON. 271 
Seï i daï seogoun. On lui bâtit une nouvelle cour à Kama koura ; il avait alors 
l'âge de 1b ans. Par l'entremise de Sàda toki , il épousa la ûlle de Kore yasou. 

Le Kwanbak Ye tomo eut dans le courant de ce mois sa démission comme 
Oudaïsin ; le Takats kasa-no Naaaisin Kane tada lui succéda ; le Saï yen si-no 
Daïnagon Sane kane devint Nadaisin. La fille de ce dernier fut une des épouses 
du Daïri , mais elle n'avait point d'enfans. Le Tô gou ou prince héréditaire 
Sane fito était le ûls de la fille adoptive du Sanghi Fousiwara-no Sane ousi. 

Le 4 e jour du 5 e mois de la 3 e année ( 1290) , un des lions en pierre 1 devant 
la salle Si sin den (Thsu chin tian) se fendit. Tout le monde regarda cet événe- 
ment comme d'un mauvais présage. 

Pendant la nuit du 9, Asa wara-no fats rô Tame yori , un descendant de la fa- 
mille des Kaï ghen si, entra avec ses deux ms à cheval dans le daïri ; ils étaient 
couverts de casques , et demandèrent à une des servantes où se trouvait l'em- 
pereur. Pendant qu'ils étaient à sa recherche , celui-ci , déguisé en femme , 
s'échappa secrètement avec son épouse et le 1 o gou : Tame yori et ses fils ne 
le trouvant pas, entrèrent dans la chambre de i impératrice. Sur ces entre- 
faites , les soldats qui étaient de garde à la cour , et auxquels s'était réunie 
une cinquantaine d'autres personnes des environs , accoururent. Tame yori 
voyant qu'il ny avait pas moyen de résister, se coucha sur le lit du Daïri , et 
se coupa le ventre. Son fils aîné en fit de même dans la salle Si sin den; le 
cadet se défendit long-temps à coups de flèches , mais a îa ûn il se coupa aussi 
le ventre. Les trois corps furent portés au Rokfara pour y être examinés. Le 
Taîziô daisin Tame yori, de la familie de Minamoto , £ut d'une force surpre- 
nante , et de plus, un des meilleurs archers. Comme il avait autrefois trempé 
dans une conspiration , des ordres avaient été expédiés dans les différentes 
provinces de l'empire de le chercher , et ses possessions territoriales avaient 
été confisquées. Voyant qu'il ne lui restait plus de refuge y il résolut de péné- 
trer dans le daïri. Le sabre dont il se coupa le ventre lui avait été donné en 
présent par Sane mori. Quand ce fait fut connu 9 on arrêta ce dernier , on le 
conduisit au Rokfara, et on le mit à la torture. On découvrit alors que l'at- 
tentat avait été commis sur l'instigation de l'ancien Dain i siou in ou Ki zan- 
no in, qui, irrité de ce que le Daïri régnant avait épousé la fille du Saï yen 
si-no Sane kane, avait, ainsi que le «3m in, excité secrètement Tame yori à 
tuer l'empereur. Le Tsiou in fut confiné au Rokfara pendant qu'on examina 

dire chiens de Corée. On voit ordinairement deux 
de ces animaux fantastiques devant les temples 
des kami、 ou (divinités japonaises. ― Kl. 



( 1 ) Ces lions, d'une forme monstrueuse, sont 
nommés en japonais ^^柏 Kopta inou (Pë 

khiuan), et J^j^ 1& £braf inou, cest-à- 



272 ANNALES 

l'affaire ; il aurait ensuite été banni , si le Fo in ou Go Fouka kousa-no in 
n'avait pas refusé d'y consentir. Le Tsiou in et Sin in furent obligés de s'en- 
gager par serment de se tenir dorénavant tranquilles ; ils demandèrent par- 
don aux chefs de Kama koura , et l'affaire fut étouffée , sans que Fadminis- 
tration militaire s'en mêlât. 

Le même mois, Minamoto-no Moto tomo fut destitué comme Taiziô daism 9 
et Saï yen si-no Sane kane, au 4 e mois, comme Nadaîsin : il fut remplacé 9 au 6 e , 
par le Daînagon Nobou tsoaki. 

Le 9 e mois , le Ki zan-no in se rasa la tête à l'âge de 41 ans ; il prit le nom 
de Kon kô kakf (Kin kang kio ), et se retira dans le temple Zen rin si (Chen lin 
szu ) de l'observance Zen siô. Ce temple porte actuellement le nom de Nan 
zen si (Nan chen szu). 

Le 12 e mois, Nobou tsouki eut sa démission comme Nadaîsin ; le Tô in — no 
Daînagon Kin mori, fils de Sane o, le remplaça. 

Le 2 e mois de la 4 e année (1291), le Fo in ou Go Fouka kousa-no in se 
rasa la tête à l'âge de 48 ans, et reçut le titre de Fôwo. 

Le 5 e mois, Konoye-no Ye moto fut remplacé comme Kwanbak par le Kiou- 
sio-no Sadaïsin Tada non. 

Le Fô in-no Kin mori fut de même remplacé au 7* mois comme Nadaîsin 
par ^fisio-no Kane moto. 

Le 12 e mois, Tada nori perdit la place de Sadaïsin. 

Le même mois, le Saï yen si-no saki-no Nadaîsin Sane kane devint Taïziô 
daïsin ; le Takats kasa-no Oudaïsin Kane tada, Sadaïsin ; le Nisio-no Nadaîsin 
Kane moto, Oudaïsin ; et Tok daï si-no Kin taka, Nadaîsin. 

Le 5 e mois de la 5* année (1292), ce dernier eut sa démission de cette 
place. 

Le 8 e mois, le Daînagon Minamoto-no Sada sane, qui était de la seconde 
classe du premier rang , fut nommé Zioun daism. 

Sansio-no Sane sighe devint Nadaîsin à la 11 e lune. 

Le 12 し mois, Sane kane eut sa démission comme 1 aiziô daïsin. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Yen nin (1295), Sansio-no Sane sighe 
perdit la place de Nadaîsin ; il eut pour successeur Kiousio-no Moro nori. 

Le 2 e mois , ce dernier fut également déchargé de l'emploi de Kwanbak , 
que Konoye-no Ye moto obtint de nouveau. 

Le 5 e mois , Fôsio-no Sada toki envoya Fâsio-no Kane toki du Rokfara au 
pays de Tsoukouzi , pour résider à Tsin saifoa comme gouverneur du Saï kokf 
(ou de l'île de Kiou ziou). Il nomma un de ses parens gouverneur de la pro- 
vince Nagata, déposa Kane toki, le gouverneur de Miyako, et le remplaça par 



DES EMPEREURS DU JAPON. 273 
Fôsio Fisa toki, qui alla demeurer au Rokfara. C'était un petit-fils de Naga toki. 

Le 4 e mois , il y eut à Kama koura un tremblement de terre si violent , 
qu'à-peu-près toutes les maisons y furent détruites , et environ dix mille 
personnes périrent. 

À cette époque , Sada toki avait parmi ses favoris Yon tsongoa et le second 
fils de celui-ci, Yenouma fan kwan, qu'il créa prince d'Awa. Yori tsougou in- 
trigua pour se faire nommer Sits ken. Son fils aîné Moune tsougou , en étant 
informé , découvrit ce projet à Sada toki. L f a£Paire fut examinée, et Yori 
tsougou et le prince d'Awa furent mis à mort. Moune tsougou fut banni à 
Sado, mais dans la suite il obtint la permission de revenir à la cour, où il 
devint un des compagnons de Sada toki. Cependant à cause de son incon- 
duite il fut exilé plus tard dans le Kadzousa. 

Le 1 2 e mois , i,ancien régent Itsi sio-no Ye tsoune mourut âgé de 厶 6 ans. 

Le 8 e mois de la 2 e année ( 1294), le Takats kasa saki-no Kwanbak Siô kokf 
Kane Jira mourut à l'âge de o7 ans. 

Le 6 e mois de la 5 e année (1295), Fôsio-no Kane toki revint de son gouverne- 
ment à Kama koura, et y mourut le 9 e mois , à l'âge de 55 ans. 

Le 6 e mois de la 4 e année (1296), le Kwanbak Konoye-no Ye moto mourut 
âgé de 5b ans. 

Le V mois, le Takats kasa-no Sadaism Kane tada fut nommé Kwanbak 9 et 
quitta l'emploi de Sadaïsin. 

Le 11 e mois, le Yosi mi-no mago taîrô Yosi yo s'occupait à exciter une 
révolte ; mais on découvrit ses projets, et il fut taillé en pièces à Kama koura. 
Il descendait de Minamoto-no Non yori , prince de Mikawa. 

Le 12 e mois, Nisio-no Kane moto devint Sadaïsin 9 Kiousio-no Moro non Ou- 
daism, et le Zioun daisin Minamoto-no Sada sane Nadaisin. 

Le 5 e mois de la 5 e année (1297) , Fôsio-no Morifousa et Fôsio-no Fisa toki 
furent envoyés du Rokfara à Kama koura. Le 6 e mois , ils furent remplacés par 
Fâsio-no Moune kata et Fâsio'no Moune nobou ; le premier établit sa demeure au 
nord , l'autre au sud du Rokfara. 

Le 1 0* mois , le Nadaisin Minamoto-no Sada sane reçut sa démission ; il fut 
remplacé par le Fisagou-no Daînagon Minamoto-no Mitsi o. Le Dainagon 
Minamoto-no Mitsi yori devint Zioun daïsin. 

Dans le cours de cette année, Fôsio-no Sada toki envoya des délégués 
dans différentes provinces pour s'informer de la conduite des princes, et pour 
entendre les plaintes du peuple. Cet usage s'est maintenu. Un de ces députés 
s'étant mal conduit dans les pays qu'il avait visités , Sada toki n'en fut pas 
averti; mais les prêtres de la montagne Fa gouro-no yama (Yu hé chan) dans 

35 



« 274 ANNALES 
la province de Dewa étant venus se plaindre , l'affaire fut examinée, et le cou- 
pable , avec plus de cent personnes , sévèrement puni. Tout l'empire jouissait 
alors de la plus parfaite tranquillité. Sada toki fut fort respecté à cause de 
son excellente administration. 

Le 2 e mois de la 6 e année (1298), le Tsiounagon Fousiwara-no Tame kane 
fat banni à Sado , pour avoir voulu se révolter. 

Le 6 e mois , le Nadaïsin Mitsi o reçut sa démission ; le oai yen si-no Daï - 
nagon Foasiwara-no Kin fira le remplaça. 

Le 7 e mois , le Daïri céda l'empire à iane fito son successeur désigné , et 
alla vivre au palais de Fousi mi den (Fou kian tian ) ; il reçut le nom de Tsi mio 
in den ( Tchhi ming yuan tian). Il avait régné pendant 11 ans, savoir 5 avec 
le nengo de Zeî o, et 6 avec celui de Yeï nin. 

XCII. DAÏRI 院見伏 後 GO FOUSI MI-NO IN. 

(De 1299 à 1301 de J. C.) 
Nengo Zeî an (Tching ngan) , de 1599 à 1501. 

Go fousi mi-no in (Heou fou kian yuan), nommé avant son avènement Tane 
fito, avait été adopté par Fousi mi-no in. Sa mère adoptive était donc l'impé- 
ratrice Yeifouk mon in, fille du Saï yen si-no sio kokf Sane kane, mais sa propre 
mère était fille de Fousiwara-no Sane ousi. Comme le Daïri n'avait point 
d'enfans de son épouse , il adopta Tane fito , qui devint alors 1 ogou ou prince 
héréditaire. Il fut proclamé Daïri le V mois de la 6 e année du nengo Yen 
nin , à l'âge de 11 ans. Le Kwanbak Takats kasa-no Kane tada fut régent. Les 
anciens Dains Go Fouka kousa-no in, Ki zan-no in, Go Ouda-no in , et Fousi 
mi-no in , étaient alors en parfaite santé. 

Le 8 e mois, Kounifarou, fils de Go Ouda-no in, fut déclaré Tôgou. 

Le 12 e mois, Kane tada régent fut renvoyé ; le Nisio-no Sadaïsin Kane 
moto lui succéda. 

Le IC mois de la l w année du nengo Zeî an ( 1299), le régent Kane moto 
quitta l'emploi de Sadaïsin ; Kiousio-no Moro nori lui succéda ; Saï yen si-no Kin 
fira devint Oudaïsin , et le Takats kasa-no Daînagon Fouyou fira Nadaïsin. 

Le 6 e mois, le Do in saki-no Nadaïsin Kin mori fut nommé 1 aizio daîsin. 

Le même mois, le Saï yen si saki-no siô kqkf Sane kane se rasa la tête, à l'âge 
de 51 ans. 

Le 10 e mois, le Taïziô daîsin Kin mori fut destitué, et le régent Nisio^no 
Kane moto le remplaça au 11 e mois. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 275 
Le 12 e mois, rOudaisin Kinfira fut congédié, Tok daïsv-no Kin taka lui 
succéda. 

Dans cette année , un prêtre chinois nommé Itsi san (Y chan) arriva de la 
Chine alors soumise aux Yuan ou Mongols. Il était chargé en secret de 
prendre des notes sur l'état du Japon , et de les faire passer dans son pays. 
Fôsi(hno Sada toki, qui soupçonna ses desseins, le fit arrêter, et l'envoya en exil 
dans la province de Idzou. Dans la suite , on le mit en liberté , mais on ne 
lui permit pas de retourner en Chine. Il devint grand-prêtre du temple Nan 
sen si, où il enseigna la doctrine Zen siô. A cette époque,' tous les prêtres qui 
venaient de la Chine étaient de cette observance. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1300), le Daïri prit la robe virile ; le régent 
Kane moto lui imposa la couronne. 

Le lC mois, Kane moto perdit la place de Taïziô daîsin. 

Le 7 e mois, Fôsio-no Sane masa, gendre d'un descendant au cinquième 
degré de Yosi toki , fut nommé gouverneur à Tsin sai fou. 

Le 1 I e mois, Fôsio-no Moune kata retourna du Rokfara à Kama koura. 

Le 12 e mois , Kane moto cessa d'être régent, et fut nommé Kwanbak. 

Le 1 er mois de la 5 e année (1501), Toki kiyo et Yuki sada furent envoyés 
de Kama koura en qualité d'ambassadeurs à Miyako , pour déposer le Dairi , 
et pour mettre sur le trône le Tôgou. Le premier avait alors 1 4 ans ; il avait 
régné 3 ans avec le nengo de Zeï an. Il reçut le titre de Taï ziô ten o. 



XCIII. DAÏRI 院條ニ 後 GO NISIO NO IN. 

(De 1302 à 1507 de J. C.) 
さ ぞ Ken ghen (Khian yuan) , 1302 , 
Nengo I 喜 Ka ghen (Kia yuan) , de 1303 à 1305, 

Tok si (Tëtchi), 1306 et 1307. 

Go nisio-no (Heou Eul tiao yuan), nommé auparavant Koanifarou, était 
le nls aîné de Go Ouaa-no in ; sa mère Minamoto-no Moto kio était fille du 
Daïnagon Tomo mori. Ce prince avait été déclaré Tôgou à l'âge de 15 ans. Les 
chefs militaires qui résidaient dans le Kwanto le firent proclamer Dain, 
le 1 er mois de la 5 e année du nengo Zeï an; il avait alors 17 ans. Nisio-no kane 
moto fut Kwanbak : le Ki zan-no in et Go Ouda-no in dirigèrent les affaires 
de la cour. 

Le 6* mois , le Saki Nadaïsin Sada sane fut nommé Taïziô daisin ; il était 

35* 



276 ANNALES 

fort protégé par Go Ouda-no in, et c'est pour cette raison que ses deux fils 
le Daïnagon Masa fousa et le Tsiounagon 2 sika sada montèrent à des postes 
supérieurs. 

Dans le courant du même mois, Fôsio Moto toki, gouverneur de Miyako 9 
vint y demeurer au nord du Rokfara. 

Le 8 e mois, Tomo fito, second fils du Daîri Fousi mi-no in, fut déclaré 
Tôgou ou successeur au trône. 

Le même mois, Fôsio-no Sada toki se rasa la tête , et désigna sa charge de 
premier ministre du Seogoun à son gendre Fôsio-no Moro toki, petit-fils de 
Toki yori. 

Le 9 e mois , Fôsio-no Nobou toki se rasa aussi la tête : Fôsio-no Toki moura, 
fils de Masa moura , devint , par l'appui de Sada toki , premier ministre con- 
jointement avec Moro toki , qui était plus âgé. Tous les deux furent également 
respectés : Toki moura était petit-fils de Firo toki et gendre de Sada toki , c'est 
pourquoi ils montèrent si rapidement à des emplois aussi considérables ; 
cependant ils consultaient Sada toki sur toutes les affaires. 

Le 1 er mois du nengo Ken ghen (1302), Fôsio-no Moane nobou retourna 
au Rokfara à Kama koura, et tôsi(hno Sada akira fut nommé gouverneur de 
Miyako. 

Le 6 1, mois , le Ai zan-no in fit une visite au Fôwo , ou l'ancien Dain. 

Le 7 e mois, le Taïzio daïsin Minamoto-no Sada sane reçut sa démission. 

Le 9 e mois , Sada toki fonda le temple de Saïzeo woun si (Tsoui ching yuan 
szu ) ; le Seogoun Koa meï sin o assista à la fête qui y fut donnée. 

Le 11 e mois, ie Tok daïsi-no Oudaïsin Kin taka fut crée xaïziô daisin ; leTok 
dais ト no Nadaïsin Fouyou jira le remplaça ; le Its ト no Daïnagon Woutsi sane 
devint Nadaism. 

Le 10 e mois de la l w année du nengo Ka ghen (1505), Fôsio-no Moto toki 
arriva de Miyako à Kama koura. 

Le 11 e mois, Fôsio-no Toki non en partit pour Miyako, dont il était gou- 
verneur. 

Dans la même année , Sada toki eut un fils qui reçut le nom de Taka toki. 
Le 3 e mois de la 2 e année (1504), Tok daï si-no Kin taka Taïzio daisin fut 
congédié. 

Le 7 e mois , le Go Fouka kousa-no Fôwo mourut au palais de i omvno kosi (Fou 
siao lou), à Fâge de 62 ans. Sada akira et Toki non y accoururent avec des 
troupes du Rokfara , et se placèrent à l'entrée pour la garder. Le Fôwo fiit 
enterré à Foasi mi den. 

Le 12 e mois, le Nadaïsin Itsi sio~no IV outsi sane mourut à Fâge de 20 ans. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 277 
Le 1 er mois de la 5 e année (I50i)), le Daïnagon Konoye-no Ye fira fut fait 
Nadaîsin. 

A cette époque , Fdsio-no Moro toki et Fôsio-no Toki moura remplacèrent Sada 
toki comme premiers ministres du Seogoun : Fôsio-no Moune kata, petit-fils 
de Toki yori, voulant obtenir cet emploi , avait assemblé en secret des 
troupes ; résolu de tuer d'abord Toki moura , et puis Moro toki , il vint à bout 
du premier , qui expira à i âge de 64 ans. Sada toki , justement irrité, ordonna 
à F6sio-no Moune nobou et à Wouto-no miya Sada tsougou de mettre Moune kata 
à mort; il fut exécuté avec tous ses complices. Moune nobou fut nommé 
premier ministre avec Moro toki. 

Le 4 e mois, NisiiHio Kane moto resigna Femploi de Kwanbak; le Sadaïsin 
Kiousio-no Moto nori quitta alors ie sien, et devint Kwanbak. 

Le 5 e mois, le Ki zan-no Fôwo mourut âgé de 57 ans : Go Ouda-no in et tous 
les officiers du Daïri assistèrent à ses funérailles. A l'âge de 14 ans , il avait 
déjà eu un enfant; après sa résignation y il eut des enfans chaque année, même 
après s être rasé la tête. 

Le 7 e mois, le Tokdaisi saki-no siô kokf Kin mori mourut âgé de u3 ans. 

Le 12 e mois, le Takats kasa-no Ouaaisin Fouyou Jira devint Sadaïsin , le Ko- 
noye-no Naaaism Ye Jira Oudaism y et le Daïnagon Itsi sio-no Sane y e Zioun daï- 
sin Naaaisin. 

Dans le même mois, les provinces de Idzou et de Iyo , qui appartenaient à 
rancien Oudaïsin Saïyen si-no Kin jira , furent confisquées par le Daïpi. Lui- 
même fut privé de son rang. 

Le 2 e mois de la 1™ année du nengo Tok zi (1506) , il rentra en grâce , et 
£at rétabli dans la possession de ces provinces et de sa dignité. 

Le 6 e mois , Itsi sio-no Sane ye Nadaîsin reçut sa démission. 

Le 12 e mois, Ye sane fut iait Taîziô daïsin, et le Nisio-no daïnagon Mitsi 
Jira Naaaisin*. 

Le 2 fl mois de la 2 e année (1507), le 1 siounagon Taira-no Tsoune tsika 
arriva en qualité d'ambassadeur du Daîri à Kama koura. Le 3 e mois, il revint 
à Miyako. 

Le 7* mois, l'impératrice Yosi mon in mourut âgée de 58 ans; elle était 
la plus chérie des épouses de Go Ouda ten o. Profondément affligé de cette 
perte , il se rasa la tête , et s'abstint de tout commerce avec les femmes ; il 
avait alors 40 ans. U étudia la doctrine secrète de l'observance Zingon , et 
fonda à Saga le temple Daïkakfsi (Ta kio szu), pour y mener une vie religieuse. 

Le 8 e mois , Fôsio-no Toki mori mourut au Rokfara ; Fôsio-no Sada fousa fut 
nommé pour le remplacer dans le gouvernement de Miyako. 



278 ANNALES 

Le 7 e mois de la 5 e année (1308), Fôsio-no Sada toki déposa le Seogoun 
Kou mei sin o, et le renvoya à Miyako. Ce dernier avait rempli cette dignité 
depuis la 2 e année du nengo Zeï ou pendant 20 ans, mais seulement de 
nom , car Sada toki dirigeait toutes les affaires comme il rentendait. Il fut 
remplacé par son fils Mori kouni sin o , âgé de 7 ans. Sada toki remit alors 
ladministration entièrement à Fôsio Mori toki et à Fôsio Moune noboa. La 
mère de Mori kouni sin o était fille de l'ancien Seogoun Aorc yasou. 

Le 8 e mois, le Daîri mourut à l'âge de 24 ans, après un règne de 8 ans : 
1 avec le nengo Ken ghen, 5 avec celui de Ka ghen, et 2 avec celui de 
Tok zi. 

XGIV. DAÏRI 院 S) 花 FANA ZO-NO IN. 

(De 1308 à 1318 de J. C.) 




Nengo 



^ In keï ( Yen khing), de 1308 à 1310, 

長應 tsiâ ( Yn g tehhaD g), 131 乙 
寺 は iL Ziâ wa (Tching ho), de 1512 à 1316, 
ィ呆文 Bonn po (Wen pao) , de 1317 k 1318. 



Fana ^o-no in (Houa yuan yuan), nommé auparavant Tomi Jito, était fils de 
Fousi mi-no in; sa mère l'impératrice Ken sin mon in Foushvarorno Atsou ko, 
était fille du Sadaisin Sane o. Sous le règne de Oo Nisio-no in, il avait été 
déclaré Tôgou par rinfluence des chefs militaires dans le Kwantô. Go Nisio- 
no in étant mort le 8 # mois de la 5 e année du nengo Tok zi , il Ait proclamé 
Daïri à Fâge de 12 ans. Le juou sio-no Kwanbak Moro nori fut nommé régent, 
et Fousi mi-no in eut la direction des affaires. 

Le 9 e mois, Koukafarou, fils de Go Ouda ten o, fut déclaré Tôgou sur la 
proposition du chef militaire du Kwantô. 

Le 1 e mois , le nom du nengo fut changé en Yen kei. 

Le 11 e mois, Moro nori résigna la régence ; il fut remplacé par le Takats 
kasa-no Sadaisin Fouyou fira. 

Le 5 e mois de la 2 e année (1509), Fouyou fira Sadaisin reçut sa démis- 
sion, et fut remplacé par l'ancien Oudaisin kin fira, qui fut aussi renvoyé 
le 6 e mois. 

Le 1 e mois , Itsmo-no Sane ye Taïziô daîsin fut destitué , Fancien Nadaisin 
Noboa tsougoa le remplaça ; le Konoye-no Oudaisin Ye fira devint Sadaisin 9 le 



DES EMPEREURS DU JAPON. 279 
Nisio-no Nadaïsin Mitsi jira Oudaïsin y et le Daïnagon Tsoune /ira, frère cadet 
de Ye fira , Nadaîsin. 

Le lC mois de la 3 e année (1510), le Daïnagon Minamoto-no Tomo mori 
fut gratifié du second rang de la première classe 9 et du titre de Zioun 
daîsin. 

Le 11 e mois , Fdsio-no Soda fousa mourut au Rokfara , et Fdsio-no Toki atsou 
fut nommé gouverneur de Miyako. 

Le 1 2 e mois , Nobou tsoagou perdit la place de Taïziô daîsin , le régent 
Fouyou Jira lui succéda , car c était l'usage que celui qui mettait la couronne 
au Daîri eût cet emploi. 

Le 1 er mois du nengo tsiô (1511), le Daîri ayant 17 ans prit la robe 
virile ; Fouyou Jira plaça la couronne sur sa tête , et le Konoye-no Nadaîsin Ye 
fira lui rasa les cheveux. 

Le 5 e mois, Fouyou Jira fut nommé Kwanbak. Le même mois, le Saki-no 
daï siô Vok£ Nobou tsougou mourut , âgé de 76 ans. 

Le 8 e mois, le ci-devant Sadaïsin Saï yen si-no Kin fira se rasa la tête. 

Le 9 e mois, Fôsio-no Mori toki mourut à l'âge de 57 ans. 

Le 26 du 10 e mois, Fôsio Sada toki, prince de Sagami , mourut âgé de 
41 ans. Il reçut le titre de Soi seo woa si (Isoui chiner yuan szu). Depuis la 
7 e année du nengo Kô an, ou pendant 1 8 ans , il avait exercé la charge de pre- 
mier ministre. Après s'être rasé la tête , il dirigea encore les affaires pendant 
10 ans; ainsi il avait administré Fempire durant 28 ans : son fils Taka toki 
n'avait que 9 ans. Fôsio-no Moune nobou et Fosio-no Firo toki devinrent premiers 
ministres; le dernier était petit-fils de Toki moura, et gendre de Sada toki. Le 
beau-père de Taka toki , le Âkida-no zio-no souke Toki akira et Nudo yenki 
avaient promis à Sada toki de donner à son fils l'emploi de Fosa (Fou tso), 
qui est plus distingué. Yen ki, nommé auparavant Yori tsougou , était fils de 
Mitsi tsougou; l'autre était frère cadet de Yasou mori , prince de Moûts, et 
petit-fils d'Aki mori. 

Le 6 e mois de la 1™ année du nengo Zid f (1312), Fdsio-no Moune nobou 
mourut , et Firo toki gouverna seul. Le respect qu'on portait i Yen ki et à Toki 
akira augmentait de jour en jour. 

Le 7 e mois de la 2 # année (1313), le Takats kasa saki-no Kwanbak Moto tada 
mourut âgé de 67 ans. Fouyou fira fut déchaîné de Fempioi de Kwanbak 9 à 
cause du deuil de son père , et remplacé par Konoye-no Ye fira. 

Le 10 e mois, Fousi mi-no ten o se rasa la tête; Go Fousi mi-no ten o eut 
alors la direction de la cour : le dernier était fils adoptif du premier. 

Le 12 し mois, le Sadaïsin Konoye-no Ye Jira reçut sa démission 9 et fut rem- 



280 ANNALES 

placé par rOudaïsin Nisichno Mitsi fira ; le Nadaïsin Konoye-no Tsoune fira 
devint Oudaïsin , et ie Damagon Minamoto-no Tomo mori Nadaïsin. 

Le 1 I e mois de la 3 e année (1514), Fôsio-no Sada akira retourna du Rok£atra 
à Kama koura. 

Le 5 e mois de la 4 e année ( 1^15), le Nadaïsin Minamot(hno Tomo mori fut 
destitué , et remplacé par le Do in — no Dainagon Sane yasou. 

Le 7 e mois, Fosio-no Firo toki mourut; alors Fosi(hno Moto toki et Fôsio-no 
Sada akira devinrent premiers ministres. Le premier était petit-fils de Nori 
toki , le second descendait au cinquième degré de Yosi toki. Son bisaïeul était 
Sane yasou , qui eut pour fils le prince de Yetsingo , Sane toki, demeurant à 
Kana sawa (Kin tsë). Le fils de celui-ci Aki toki, prince de Yetsingo, fut le père 
de Sada akira. Us résidaient tous à Kana sawa , ou ils avaient fondé une biblio- 
thèque d'ouvrages japonais et chinois. Les livres de la doctrine des lettrés y 
étaient imprimés en caractères noirs , et ceux de la religion de Bouddha en 
rouges. Cette bibliothèque n'existe plus. 

Le 9 e mois , le Takats kasa-no Saaaisin Fouyou fira fût de nouveau nommé 
Kwanbak. 

Le même mois, F6sio*no Kore sada devint gouverneur de Miyako y et prit sa 
demeure au côté du sud du Rokfara. 

Le 1 er mois de la 5 e année (151b), le Saki-no Nadaïsin Minamoto-no Tomo 
mori mourut. 

Le 7 e mois, Fôsio-no Tdka toki, fils de Sada toki, entra en office comme 
premier ministre du Seogoun Mori koani sin o; il n'avait alors que 14 ans. 
F6$io-no Moto toki cessa d'être premier ministre , et se rasa la tête. 

Le 9 e mois , Fouyou fira perdit la charge de Kwanbak ; le Nisio-no Sadaîsin 
Mitsi fira se démît et lui succéda. 

Le 10 e mois, le Konoye-no Oudaïsin Tsoune fira devint Sadaîsin , le Do 
in-no Nadaïsin Sane yasou Oudaïsin , et le Imade gawa-no Dainagon Kin akira 
Nadaïsin. 

Le 3 e mois de la 1" année du nengo Bonn po (1317), Taka toki , alors âgé 
de 10 ans, fut créé prince de Sagami. Il n'avait pas encore assez a expé- 
rience pour être premier ministre , emploi qui lui était destiné par un 
arrangement fait du temps de Sada toki. Il fut chaudement appuyé par ie 
Akida-no siô-no souke Toki akira et par Yen ki ; leurs efforts iui obtinrent cette 
place éminente. 

Le 6 e mois , Do in-no Sane yasou fut renvoyé de remploi de Ouaaism , et 
remplacé par le Imade gawa-no Nadaïsin Kin akira; le Sansio-no Dainagon 
Kin sighe devint Nadaïsin. 



Nengo 




DES EMPEREURS DU JAPON. 281 
Le 9 e mois, Fousi mi-no ten o mourut âgé de 55 ans. 
Le 2 e mois de la 2 e année (1518), le Daïri abdiqua en faveur de Taka 
farou, son successeur désigné , qui avait alors 50 ans , tandis que le Daïri n'en 
comptait que 22. Il avait régné en tout 1 1 ans, savoir 3 avec le nengo Yen keï, 
1 avec celui de O tsiô, 5 avec celui de Ziô wa, et 2 avec celui de Bonn po. 

XCV. DAÏRI 皇天 湘晃後 GO DAÏ GO TEN O. 

(De 1319 à 1331 de J. C.) 

矛 Ghen o (Yuan yng) de 1319 à 1320, 

Ghen kâ (Yuan heng), de 1321 à 1325, 
正 Ziô tsiou (Tching tchoung), de 132 な à 1325, 
耳 Ka rek (Kia ly), de 1326 à 1328. 

Ghen tok (Yuan té), de 1329 à 1530, 
%K 7C Ghen kô (Yuan hung) , 1331. 

Go dài GO ten o (Heou Thi hou thian houang) , nommé avant son avène- 
ment Taka farou (Tsun tchi) , était le second fils de Go Ouda-no in; sa mère 
la Dats ten mon in Foasiwara - no Tada ko, fille du Sanghi Tada tsoagoa, avait 
été adoptée par le Nadaïsin Kwasan-no in Moro tsougqu, ensuite le Daïri l'épousa. 
Taka farou avait été déclaré Tôgou ou successeur, sur rinvitation des chefs 
militaires du Kwantô. 

Lorsque Fana zo no-no in abdiqua, le 2 e mois de la 2* année du nengo Boun po, 
le Tôgou Ait proclamé Daïri à l'âge de 51 ans. Nisio-no Mitsi fira fut Kwanbak ; 
le Go Ouda-no Fowô eut la direction de la cour; le prince Mori kouni sin o fut 
Seogoun à Kama koura , et le prince de Sagami Taka toki , de la famille de 
Fôsio , son premier ministre. 

Le 5 e mois, Kouni yosi (Pang liang) 9 nls de Go Nisio-no in, fiit déclaré 
Tôgou. 

Le Konoye-no Sadaîsin Tsoune jira (King phing ) mourut le 6* 'mois. 

Le 8 e mois, le Nadaïsin Sansio-no Kin sighe (San tiao Koung meou) fut 
renvoyé. Son père , l'ancien Nadaïsin Sane sighe, perdit la charge de Nadaïsin. 
Le Do in - no saki-no Oudaïsin Sane yasou devint Sadaîsin 9 le Damagon 
Kwasan-no in Ye sada Oudaïsin , et le Daînagon Itsi sio-no fVoatsi tsoune 
Nadaïsin. 



36 



282 ANNALES 

Le 12 e mois , Nisio-no Mitsi fira fut obligé de résigner l'emploi de Kwan- 
bak sur les instances des chefs militaires de Kwantô ; Itsio-no fFoutsi tsoune 
le remplaça* 

Le 1 er mois de la 1™ année du nengo Ghen wo (1319), Fdsi(hno Taka toki fut 
élevé à la dignité de Zouri-no ken ta you. 

Le 4 e mois, Ye sada perdit la place a Oudaism. 

Le 6 e mois, le Kwanbak Woutsi tsoune cessa d'être Nadaïsin , et (ut rem- 
placé par le Daînagon Minamoto-no Ân fousa. 

Le 7 e mois, jïti fousa mourut ; le Kiou sio-no Daînagon Fousa sane devint 
Oudaisin , et le Daînagon Minamoto-no Mitsi sighe Nadaïsin. 

Le 8 e mois, le Daïri épousa Ki si (Hi tsu) , fille du Saï yen si saki-no siô kokf 
Sane kane; il épousa aussi Ken si (Kian tsu ) , fille du An no tsiousio Fousiwara- 
no Kin kado ; la dernière fut sa favorite. Outre ces d^ux femmes, il avait un 
grand nombre de concubines , dont il eut beaucoup de fils et de filles. 

Le 10 e mois, Sansio-na Sane sighe fut remplacé dans le poste de Taïziô 
daïsin par le Saki Nadaïsin Minamot(hno Mitsi o : Minamoto-no Mitsi sighe perdit 
la place de Nadaïsin , et eut Kwasarnio in Moro nobon pour successeur. 

Le 5 e mois de la 2 e année (1320), Fôsio-no Toki Moa mourut au Rokfara. 

Le 7 e mois, le ci-devant régent Kiousio-no Moro nori mourut à l'âge de 48 ans. 

Le 2 e mois de la l w année du nengo Ghen ko ( 1521), le Imadc gawa saki-no 
Oudaisin Fousiwara-no Kin akira mourut. 

Le 4 e mois , le Go oada-no Fowâ fit placer une petite chapelle a or dans le 
temple Daï gakf si (Ta kio sxu). 

Le 5 e mois, le Dairi alla visiter ce temple. 

Le 6 # mois , Fôsio-no Kane toki , qui était Tsin saï - no ten aai ou administra- 
teur militaire du Kiouziou , mourut. 

Pendant l'été , il y eut une grande sécheresse. Le Daîri chargea Fousiwarar 
no Tsoune nobou de distribuer du blé aux pauvres , et mit un prix modique au 
ris emmagasiné par les riches , afin de nourrir le peuple qui mourait de faim. 
Il se rendit en personne à la salle du conseil, et y examina les requêtes de 
ses sujets. 

Le ll e mois, le Kwasan-no in 'Nadaïsin Moro nobou mourut. 

Le 12 e mois, le prince de Sourouga Nori sada, parent de Fôsio-no Taka 
toki , fut nommé gouverneur de Miyako au Rokfara , et Fôsio-no Fide toki gou- 
verneur militaire du xuou siou. 

A cette époque , Yen ki (Yuan hi) de Ndngasaki et parent de Taka toki étant 
tombé en enfance , on donna son emploi à son fib Taka soake, qui depuis 
devint d'une arrogance sans bornes. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 285 

Le 1 er mois de la 2 e année ( 1 322 ) , le Daïri fit une visite au Fowô , qui lui 
donna un concert instrumental. 

Le 5 e mois, An do go ro et Mata faro, de la province de Moûts y eurent 
entre eux une altercation. Taka souke de Nangasaki, chargé d'examiner cette 
affaire, reçut des présens de chacun , et donna une décision si arbitraire que 
An do go ro se révolta. Alors trois chefs s'opposèrent aux ordres du Seogoun ; 
ce furent fVada nabc , du Sets, An da, originaire de la province de Kii, et 
Ghetsi , de celle de Yamato, Depuis cent ans , c'est-à-dire depuis le nengo i>eô 
kiou (1219), il ny avait pas eu d'exemple que l'autorité de la famille Fôsio 
eût été méconnue , An do goro fut le premier qui le donna. 

Le Daïri, indigné de la conduite de Taka souke, oflbcier du Seogoun , 
délibéra avec son conseil sur le moyen de s'emparer de Kama koura, afin 
de détruire le despotisme qu'exerçaient les chefs militaires. 

Le 6 e mois, le Daînagon Fousiwara-no Fouyou oasi fut créé Nadaisin. Dans le 
même mois, ie Daïri fit venir plusieurs de ses serviteurs pour lui lire et expli- 
quer les cinq King, ou livres classiques 9 et les trois livres historiques. 

À cette époque, ie Go Ouda-no Fowô chargea le Daînagon Foustwara-no Sada 
fousa daller dans le Kwantô , pour iaire remettre le gouvernement de ce pays 
au Daïri Go Dai go-no ten o. Les chefs militaires furent instruits de son séjour 
au temple Dai gakf si. 

Le 8 e mois, le Sadaïsin Sane yasoa et le Nadaisin Fouyou ousi furent congé- 
diés; rOudaisin Kiou sith-no Fousa sane devint Sadaïsin ; le Imade gawa*no Daî- 
nagon Fousiwara-no Kane souye, qui était le plus jeune fils de Saï yen si-no 
Sane kane 9 eut la place d'Ouaaisin, et le Takats kasa-no Daînagon Fouyou nori 
celle de Nadaïsin. 

Le même mois, oi ren (Szu lian) et (j hen kô (Yuan heng), prêtres du temple 
Tô fouk si, offrirent au Dain les livres de la religion bouddhique. Si ren 
obtint alors le titre honorifique de Ko kwan (Hou kouan). 

Le 9 W mois, le Saï yen si saki*no siôkokf Sane kane mourut âgé de 74 ans. 

Le 3 e mois de la 3 e année (1323), Itsi sio-no Wouisi tsoune perdit ia place 
de Kwanbak , et eut Kiousio-no Fousa sane pour successeur. 

Le 5 e mois , Minamoto-no Mitsi o perdit la place de Taïziô daïsin , et le Ta- 
kats kasa-no saki-no Kwanbak Fouyou Jira rentra dans ce poste. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Ziô tsia ( 1324), le Sansio saki^no 
Nadaisin Kin sighe mourut i l'âge de 41 ans. 

Le 5 e mois, le Daïri alla au temple de Iwasi midzou, et le 4 e mois à celui 
de Kamo. 

L.e même mois, le Nadaisin Takats kasa^no Fouyou nori fut nomlné Sadaïsin , 

36* 



28 な ANNALES 

le Konoye-no Daïna^on fsoane tada Oudaisin , et le Sai yen si-no Damafiron 
Sane Jira Nadaîsin. 

Le 5 e mois, le Konoye-DO saki-no Kwanbak Ye Jira mourut, et au 6 # mois 
le Go Ouda-no Fowô à l'âge de 58 ans. 

Le 8 e mois , Fôsio-no Kore sada revint du Rokfara à Kama koura. 

Dans la 9 e lune, on apprit que Yori kasou et Koumi naga se préparaient 
d'après les ordres secrets du Dairi à s'emparer de Kama koura; mais le gou- 
verneur de Miyako Nori sada envoya contre eux des troupes , qui les tuèrent. 

Le 5 e mois de la 2 e année (1525), le Tsiounagon Souki tomo et Tosi 
moto avec lesquels le Daîri avait tenu conseil fiirent arrêtés et conduits à 
Kama koura. 

Le 7 e mois , le Daïri chargea le Tsiounagon Nobou fousa d,tme lettre adres- 
sée à Taka toki pour demander leur pardon. Celui-ci leur laissa la vie ; Souke 
tomo fut exilé à Fîie de Sado , et Tosi moto eut la permission de retourner 
à Miyako. Cette aôaire n eut pas de suites fâcheuses pour le Dain. 

Le 8 e mois , le prêtre So sik devint grand-prêtre du temple Nan zen si. 

Le 10 e mois, rancien Seogoun Kore yasoa sin o mourut à l'âge de 62 ans, 
et le 1 2 e mois, le Itsi sio-no saki-no Kwanbak W outsi tsoane âgé de 5b ans. 

Le 5 # mois de la 1" année du nengo Ka rek (1326), Kouni yosi , fils du 
Dam Go Nisio-no in, mourut à Fâge de 24 ans; il avait été déclaré Tôgou 
le 5 e mois de la 2 e année du nengo Bonn po. 

Le même mois , Fôsichno Taka toki étant malade , se rasa la tête à l 9 âge de 
24 ans, et prit le nom ecclésiastique de Sô kan (Thsoung kian); son frère 
cadet Yasoa ye le remplaça comme premier ministre du Seogoun. Yasou ye 
et Kane sawa-nô Sada akira ne furent premiers ministres que de nom , car 
Taka souke de Nangasaki se garda de les consulter. Ils en fiirent offensés, 
demandèrent leur démission , et se rasèrent la tête. Alors Fôsio-no Toki mon 
et FôsitMio Kore sada les remplacèrent , sur les instances de Taka toki. 

Le 7 e mois Kazou Jito, tus du Daïri Go Fousi mi-no in, fut déclaré Tôgou ; le 
Dain avait plusieurs fUs, mais le choix d 9 un successeur dépendait à cette 
époque de la cour de Kama koura , et i,empereur n'avait pas le pouvoir d'agir 
suivant ses désirs. 

Le 9 e mois, Kana sawa-no Teî siô (Kin thse Tching siang) arriva à Miyako , 
et demeura au Rokfara ; peu de temps après il retourna à Kama koura. 

Le 11 e mois, le Saï yen si-no Nadaîsin Sane Jira mourut, et eut pour succes- 
seur le Daïnagon Fousiwara-no Moto tsougou. 

Le 1 er mois de la 2 e année (1327), le Takats kasa-no Kwanbak Fouyou Jira 
mourut âgé de 55 ans. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 285 

Dans le même mois , un prêtre chinois bouddhiste , nommé Ziô teou 
( Tching tchhing) , arriva de la Chine gouvernée alors par les Yuan ou Mon- 
gols ; il alla demeurer dans le temple Ken tsiô si (Kian tchhang szu ) dans le 
canton de Kama koura. 

Le 2 e mois, Nisio-no Mitsijira fat nommé Kwanbak. 

Le 3 e mois, Kiousio-no Fousa sane mourut à l'âge de 08 ans. 

Le 1 。• mois , Fâ$i(Hio Kore sada mourut. 

Le 10 e mois de la 3 e année (1 328) 9 l'ancien Seogoun Kou mei sin o mourut 
figé de 55 ans. 

Le 12 e mois, Son ounfo sin o (Thsoung yun fa thsin wang), l'un des fils du 
Daïri, devint grand-prêtre de l'observance Tenaai. Ce prince, aimant beau- 
coup la guerre , conçut le projet de se rendre maître de Kama koura. Il est 
aussi nommé Oo td-no miya (Thaï tha koung). 

Le 6 e mois de la 1™ année du nengo Ghen tok (1329), le Sansio saki-no siô 
kokf Sane sighe mourut âgé de 71 ans. 

Le 1 2 e mois , Minamoto-no Mitsi o mourut à 73 ans. 

Le 1" mois de la 2 e année (io30), Nisio-no Mitsi fira perdit la place de 
Kwanbak^ qui fut donnée à rOudaîsin Konoye-no Tsoune tada. 

Le 2 e mois , le Nadaîsin Moto tsoagou devint Oudaïsin , et le Kouga-no Daï- 
nagon Kin kata Nadaîsin. 

Le y mois , le Daïri alia aux temples de Tô dai si , Ko fouk si et Yen riak si , 
pour consulter en secret les prêtres sur le meilleur moyen de détruire le 
pouvoir des chefs militaires du Kwantô. Son fils Son oun fo sin o lui avait 
conseillé cette démarche. 

Le 5 e mois , les prêtres Yen kwan , Mon kwan et Tsiou yen furent arrêtés , et 
envoyés à Kama koura ; mais comme c'était par les ordres du Daïri qu'ils 
avaient comploté contre les chefs militaires, ils fiirent seulement bannis. 

Taka toki envoya un de ses officiers nommé Fon ma (Pen kian), pour 
mettre à mort F6sio-no Souke tomo, qui avait été banni en 1325 à Sado. Après 
avoir exécuté cette commission , cet envoyé fat lui-même tué par A nef, fils 
de Souke tomo, alors encore fort jeune. 

Le 6 e mois, Fosio-no oighe toki, fils de Firo toki , fut nommé Sits ken , ou 
premier ministre du Seogoun. 

Le 7 e mois, Fi no-no Tosi moto fut rappelé à Kama koura, et égorgé pour 
avoir trempé dans le complot de Souke tomo qui avait pour objet la des- 
truction des chefs militaires du Kwantô. 

Le 8 e mois , le Kwanbak Konaye-no Tsoune tada fut renvoyé , et remplacé 
par Takats kasa-no Fouyou nori. 



286 ANNALES 

Le 9 e mois, comme Taka sonke de Nangasaki , par sa conduite arbitraire et 
son insolence démesurée , causait un mécontentement extrême , Taka toki 
donna ordre à Taka yori de le faire mourir. Taka souke , qui en fut instruit, 
exila Taka yori dans le Oziou, devint encore plus arrogant , et ne consulta 
plus que sa seule volonté. Le Dairi, irrité de sa conduite , résolut de s 9 emparer 
de Kama koura. 

Le 2* mois du nengo Ghen ko (1531) 9 rOudaîsin Foasiwam-no Noto tsougou 
fut nommé Sadaïsin 9 Kouga-no Naga mitsi Oudaîsin 9 et Sai yen si-no Souye Jira 
Nadaîsin. 

Le 5 e mois, ie Daïri se rendit à Kita yama, ou à la montagne du nord, 
pour jouir de la beauté des fleurs. 

Le 8* mois 4 deux députés arrivèrent du Kwantô à Miyako, dans Fintention 
d'envoyer en exil le Daïri et le prince Son oun fo sin o. Le Daîri courut se 
cacher au mont Kasa ghi yama (Ly tchi chan); le Tsiounagon Fousifonsa et 
son frère cadet So aye fousa ly accompagnèrent. Le Kwa san-no in Daînagon 
Moro kata prit les habits du Daïri , et alla chercher du secours au temple de 
Yeïsan, Les troupes du Rokfara attaquèrent le temple et s'y battirent. Le 
Daîri fit venir de la province de Kawatsi Kousounoki Masa sighe , guerrier intré- 
pide y pour le consulter; ce dernier retourna aussitôt à Aka saka yama (Tchhy 
pan chan) pour y assembler des troupes. 

Le 9 # mois, le gros de Farmée du Kwantô fit une attaque sur Kasa ghi 
yama , et s'en rendit maître ; le Daîri s 9 enfuit , mais il fût pris et confiné au 
Rokfara. Ensuite , après une longue et vigoureuse résistance , Femiemi prit le 
château d,Aka saka. Masa sighe s'échappa et se réfuta an mont Kon gâ sait 
(Kin kang chan) ; le prince Son oun fo se tint caché dans les environs de 
Foison kawa (Chy thsin ho). Tous les partisans du Daîri fiirent pris; le Tsiou- 
nagon Fousifonsa, Souye fousa, Itsh-no Miya taka 9 Yyosi, et tous les fiis au 
Daîri, se trouvaient parmi eux. Ce prince avait régné 13 ans, dont 2 avec le 
nengo iAen o, 3 avec celui de Ghen kà, 2 avec celui de Liô tsiou, 3 avec le 
nengo Ka rek, 2 avec celui de Ghen tok, et 1 arec celui de Ghen kô. 

XCVI. DAÏRI 院嚴光 KWO GON-NO IN. 

(De 1352 à 133 & de J. C ) 
Nengo 慶正 Zi6 kei (Tching khing), de 1532 à 153 な. 

Kwô gon-no in (Kouang yan yuan), nommé auparavant Kazoa fito (Liang 
jm), était le nls aîné du Daïri Go Fousi mi-no, et de rimpératrice Kô ghi 



DES EMPEREURS DU JAPON. 287 
mon in , fille du Sai yen si - no Nadaïsin Kin Jira ; ii avait été déclaré Tôgou le 
7 # mois de la 1™ année du nengo Ka rek, sur la demande de Taka toki. Go 
Daî go-no ten o ayant été, le 10 e mois du nengo Ghen ko, transporté de Kasa 
g^bi yama au Rokfkra, il fat proclamé Daïri à sa place. Yasou fito, fils du ci- 
devant successeur au trône Kouni yosi , et petit-fils de Go Nisio no in, fut 
déclaré Tôgou. 

Le 5* mois de la 1™ année du nengo Ziô (1352), Toki ja et Nori sada 
cessèrent d'être gouverneurs de Miyako , et furent remplacés au Rok&ra par 
Fésicnno Naka toki et Fésio-no Toki mason. Le premier demeura au nord , l'autre 
au sud du Rokfara. 

Dans le même mois , Taka Toki envoya Nagaï Taka fouyou à Miyako pour 
délibérer avec les gouverneurs, et exiler Go Dai go no ten o à File de Oki. 
Le prince Itsi-no miya Taka yosi sin o fut relégué dans la province de Tosa, et 
Miyo fou in Son oun fo sin o dans le Sanouki ; m"s ce dernier, fuyant d'un 
iieu à l'autre , prit le nom de Mori yosi , et laissa de nouveau croître ses 
cheveux. 

Le 5 e mois, plusieurs des officiers du Dain déposé dirent mis à mort, et 
un plus grand nombre envoyés en exil. Koasoanoki Dasa sighe arriva dans le 
même mois à la tête de quelques troupes dans les environs du temple Ten 
o si ; Souda-no Taka fasi marcha contre lui avec la garnison du Rokfara , l'at- 
taqua et le força à la retraite. 

Le V mois , Ouso^no miya Kin tsougou fut chargé par les gouverneurs de 
Miyako d'agir contre Masa sighe. 

Akamats Yen sin (Tchhy soung Yuan sin) , qui avait pris le parti du Daîri 
déposé, se fortifia le 8 e mois dans le château de Koke naja (Thaï ching), 
situé dans la province x de Farima. Masa sighe construisit un fort à Tsifa ya 
(Tbsûm kian pho), ety rassembla une armée. 

Le 9 e mois , Taka toki ordonna à ses généraux Tokifaroa et Do oun de 
s'avancer à la tête (Tune armée sur Miyako. 

Le 1 0* mois, le Dainagon MinamottHio Mitsi akira fut nommé Taiziô aaisin. 

Le l w mois de la 2 # année (1353), les troupes du Kwantô mirent le siège 
devant le château de Mori yosi à Yosi«no , devant le fort de Masa sighe à Isi 
fa ya , et devant le château d'Aka saka , où un des compagnons de Masa sighe 
s'était de nouveau fortifié. 

Le 2 e mois , ces troupes prirent le château d,Aka saka , et ensuite celui de 
Yosi-no : Mon yosi échappa avec peine ; Yosijirou et Yosi taka ayant été tués 
dans le combat 9 ii semuit, et se cacha dans la partie la plus escarpée des 
montagnes. Après ces succès, larmée du Kwantô et de plusieurs autres pro- 



288 ANNALES 

vinces, forte en tout de cent mille hommes, alla investir la forteresse de Tsi 
fa ya : Masa sighe , par ses manœuvres bien combinées, repoussa avec grande 
perte les assiégeans. Nitsda-no Yosi sada qui était venu secrètement consulter 
Mori yosi , retourna dans le Kotske , pour assembler des troupes et renouveler 
la guerre avec vigueur. 、 
Akamats Yen sin arriva dans le courant de ce mois au château de Mato , 
dans la province de Sets; To i-no Tok nô (Thou kiu Të neng) se révolta 
dans le Igo. 

Le 3 e mois , Akamats Yen sin entra par surprise dans Miyako ; le Daîri 
s'emuit au Rokfara ; les assaiiians se battirent long-temps avec les deux gou- 
verneurs. 

Kik tsi Sia ka se concerta avec Miouye et Goukan, dans le pays de Tsoukouzi , 
pour se défaire du régent Fôsio-no Fide toki; mais ce dernier en ayant été ins- 
truit , Kik tsi fut mis à mort. 

Dans le même mois, Go Daïgo-no ten o s'échappa de l'île de Oki , et arriva 
dans la province de Foki ; il demanda à Nawa-no ^faga tosi la permission de 
rester à Foune-no wouya yama. Un grand nombre de soldats des contrées de 
San yô do et de San in do accourut à son secours. 

Mori yosi chargea , dans le même mois, les prêtres de Yeîsan de surprendre 
Miyako. Ils y vinrent en effet en assez grand nombre 9 et se battirent contre les 
troupes du Rokfara ; mais ils fiirent déiaixs. 

Go Daîgo-no ten o envoya de même Taka akira pour se rendre maître de 
Miyako ; après avoir long-temps lutté avec les gouverneurs , il échoua dans 
cette entreprise. 

Taka toki avait envoyé ses parens Taka ye, prince d'Owari, et Taka ousi, 
ie premier comme commandant en chef, l'autre comme commandant en 
second , pour garder Miyako. Taka ye y fut tué dans un combat contre Aka- 
mats, l'autre prit le parti du Daïri Go Daïgo-no ten o. Il fit un long séjour 
à Miyako , et vécut dans la meilleure intelligence avec Akamats. Ensuite il 
alla dans le Tamba , où beaucoup de troupes de cette province et d'autres se 
joignirent à lui; de sorte qu'il parvint bientôt à assembler une armée. 

Le 7 du 5 e mois, Taka ousi, Akamats Yen sin, Tada akira et Yosi tada, offi- 
ciers de Mori yosi , attaquèrent le Rokfara : les gouverneurs Naka toki et Toki 
masou , ne pouvant plus résister, s'ennurent le 8 dans le Kwantô avec les 
Daîris Go Fousi mi et Fana zono-no in. Toki masou fut tué en route par 
une flèche à Banba (Fan ma) dans le Oomi. Naka toki, ayant été assailli 
dans sa fuite par rennemi , mit lui-même fin à son existence , ainsi que tous 
ceux qui étaient avec lui. Le nouveau Dain fut reconduit à Miyako avec Go 



DES EMPEREURS DU JAPON. 289 
Fousi mi-no in et Fana zono-no in. L'armée qui avait investi la forteresse à 
Tsi fa y a se retira dans le pays de Nan to. 

Le 8 du mois , Nitsda-no Yosi sada marcha avec la grande armée qu'il avait 
assemblée dans le Kotske, pour prendre Kama koura : Taka toki envoya 
contre lui son frère cadet Yesiyou; ils en vinrent plusieurs fois aux mains dans 
ia province de Mousadzi , mais toutes les troupes de Kwantô abandonnèrent 
le parti de Taka toki , de sorte que Yesi you fut forcé de se retirer à Kama 
koura. Nitsda-no Yosi sada le poursuivit de si près, qu'il entra à Kama koura 
avec lui et s'empara de cette place. 

A cette occasion , des officiers du Seogoun Fôsio-no Mori toki et Fôsio-no 
Moto toki se tuèrent eux-mêmes. Le premier était petit-fils de Naga taki. Sada 
na o et Teïsio furent tués dans le combat. Toka sighe , homme du plus grand 
courage , qui souvent avait remporté ia victoire , se donna aussi la mort. Taka 
toki se retira dans le temple Fo sio si , où il prit le même parti : son premier 
ministre Sighe toki fit de même dans la grande salle de la cour de Kama koura ; 
les parens de Sada akira et de Non sada, et tous les officiers de Yen meï et de 
Yen ghi , suivirent son exemple. Le Seogoun Mori kouni sin o. se rasa la tête le 
même jour, à l'âge de 35 ans; il mourut le 7 e mois. 

Kouni toki , fils aîné de Taka toki , fut pris et égorgé ; le second fils du pre- 
mier, Tokiyuki, s'enfuit dans le Sinano 9 et Yesi you dans le Oziou. 

Dans le même mois, la guerre éclata dans le Tsikouzi : Otomo y fit mourir 
le régent gouverneur militaire Fide toki. Fôsio-no Toki nao , gouverneur mili- 
taire au Nagato 9 demanda la vie sauve ; à l'exception de ce personnage, 
tous les membres de la famille Fôsio, qui demeuraient dans les provinces , 
furent massacrés par le peuple. 

Taka toki avait succédé à son père à l'âge de 9 ans ; il devint premier mi- 
nistre à 14 ans; il remplit cet emploi pendant 11 ans , et après s,être rasé 
la tête , il l'occupa encore pendant 7 ans. A sa mort il avait 3 1 ans. 

Minamoto-no Yori tomo arriva à Kama koura ia 4 e année du nengo 2i ziô 
(1180); il reçut le titre de Kama koura do-no, et fut nommé Seogoun. Jus- 
qu'à l'époque de cette guerre il y avait eu neuf Seogouns. La famille Fosio 
avait rempli l'emploi de Sits ken ou premier ministre sous huit d'entre eux , 
ou pendant une période de 154 ans. 

Le Dairi Kwô go-no in n'avait régné que 2 ans , avec le nengo Ziô keu 



3? 



290 



ANNALES 



Le Daïri GO DAÏ GO TEN rétabli sur le trône. 

( De 1334 à 1336 de J. C.) 

• ( -3? Ken mou ( Kian wou), de 133 な à 1555, 

Nengo l 一 

( ^T A Jlk Yenghen (Yan yuan) , 1556. 

Go daï go-no ten o devint de nouveau Daïri. Aussitôt qu il fut informé par 
Taka ousi , Tada akira et Akamats Yen sin de la prise du Rokfara , qui avait 
eu lieu dans le 5* mois de la 2 e année du nengo Ziô keï, il s'emharqua pour 
Miyako. Kousou noki Masa sighe alla le recevoir à Fiogo ; il arriva le 6* mois 
dans la capitale. Quand il était au mont Sio sia zan 9 dans le Farima, Yosi 
sada lui apprit la nouvelle de la mort de Taka toki : Taka ousi obtint le second 
rang de la quatrième classe , et fut créé 1 sm siou fou Seogoun , et Nao yosi fut 
nommé Sama-no kami. 

Le Daïri étant remonté sur le trône , Fouyou nori perdit la place de Kwan- 
hak, et Imade gawa Kane souye celle de Taïzio daïsin ; mais ce dernier conserva 
le titre de Saki-no Oudaîsin. Plusieurs des o&ciers du Daïri déposé perdirent 
leur rang; rOudaîsin Souye fim et le Nadaisin Minamota-no Mitsi akira se 
rasèrent la tête; Nisio-no Mitsijira fut de nouveau nommé Sadaisin. Comme 
l'empereur voulut régner par lui-même , il ny eut point de Kwanbak. Kouga- 
no Naga mitsi devint une seconde lois Oudaîsin , et Do in-no Am taka Nadaisin. 
Tous ceux qui avaient été Bannis à cause de la révolte qui avait éclaté durant 
le nengo G hen kô furent rappelés. 

Le même mois, Mori yosi , fils du Daïri et nommé auparavant San oun fo 
sin o, fut créé par le Dam Zeï dai seogoun. Il arriva à Miyako , ayant appris que 
Taka ousi avait l'intention de se révolter, il voulut le iaire mettre à mort; 
mais Taka ousi en fut informé , et échappa à ce danger par la protection de la 
belle-mère de Mori yosi , la Tsiougou Fousiwara-no Gato ko. 

Le 7 e mois, tous les chefs militaires qui avaient investi le fort de Isi fa ya 
firent leur soumission ; néanmoins ils perdirent la vie. 

Le 8 e mois, le Daïri honora Taka ousi du second rang de la troisième classe, 
et le nomma prince de Mousadzi : il agissait en cela d'après les conseils de son 
épouse Gato ko qu'il aimait extrêmement; ce fut au détriment de Fempire. 
Souvent le Tsiounagon Fousifousa avait tâché de le détourner d'une pareille 
faiblesse , mais ce fut vainement. 

Le 10 e mois, le Fatakou-no Sanghi Minamoto-no Taka ye ixii créé prince de 



DES EMPEREURS DU JAPON. 291 
Oziou ; il s'y rendit et eut aussi i,administration de la province de Dewa. 

Le 1 er mois de la 1 M année du nengo Ken mou (lod4), le Daîri gratifia 
• Taka ousi du premier rang de la troisième classe. 

Le même mois, on posa les fondemens d'un grand dain ou palais. 

Le 2* mois, Minamota^no Naga mitsi Oudaisin fut congédié; Konoye-no 
Tsoune taàa obtint de nouveau çet emploi. 

Au printemps , le Daîri donna à Taka ousi les provinces de Mousadzi y de 
Fitats et de Simosa, à Yosi sada celles de Kotske et de Farima, à Nao yosi la 
province de Totomi, à W akiya Yosi souke, frère cadet de Yosi sada, la pro- 
vince de Sourouga , à Yosi aki, fils de Yosi sada, celle de Yetsingo , à Masa 
sighe les provinces de Sets et de Kawatsi , et à Naga tosi les provinces dlnaba 

qui rayaient assisté. Akamats Yen sin nayant point obtenu de province , en fut 
fort offensé. 

Le 5 e mois , Mori yosi sin o fut exilé dans le Kwantô , et confié à la garde 
de Nao yosi , qui le confina à Kama koura , dans la maison de Nikaïdo. Son 
bannissement avait été provoqué par sa belle-mère , qui suivait dans cette 
occasion les conseils de Taka ousi et de son frère. Fo in Yosi tada, officier 
de Mori yosi, fut assassiné. Nari yosi sin o, huitième fils du Daîri, fut pro- 
clamé Zei dai seogoun, et Nao yosi fiit nommé son premier ministre et prince 
de Sagami ; n alla résider à Kama koura. 

Le 7* mois, un oiseau monstrueux se percha sur le toit du pavillon Zi sin 
den , situé en dedans du daîri , et y poussa des cris affreux ; Oki-no Firo an le 
tua d'un coup de flèche. 

Le 9* mois, Dô in-no Kin Taka fut remplacé dans la charge de Nadaïsin par 
le Yosida-no Dainagon Sada fousa. Taka ousi tut nommé Sanghi. 

Le 10 e mois, le Takats kasa saki-no Sadaïsin Fouyou nori devint Oudaisin. 

Le 2* mois de la 2 e année (iDoô), le Nisio-no Sadaïsin Haitsi Jira mourut , 
âgé de 49 ans ; l'Oudaisin Fouyou nori eut l'emploi de Sadaïsin , et le Do-in 
saki-no Nadaïsin 八 m taka celui d'Oudaïsin ; Yosida-no Sada fousa perdit la 
place de Nadaïsin , et eut pour successeur le Itsi sio-no Dainagon Tsoune mitsi. 

Le 3* mois, le Tsiounagon Fousi fousa renonça au monde et se fit prêtre. 
Le Saï yen si-no Dainagon Kin moune trama un complot avec Yesi you y frère 
cadet de Taka toki, pour fomenter une révolte. Toki yuki, fils de Taka toki, 
excita des troubles dans le Kwantô ; Toki kane p son parent, en fit de même 
dans les provinces orientales. Dès que le projet de jud moune transpira , il 
fut mis à mort. 

Le 7 e mois , Toki youki marcha par la province de Sinano et attaqua Kama 

3 7 * 



292 ANNALES 

koura. Nao yosi s'enfuit avec le Seogoun Nari yosi sin o, après avoir fait tuer 
Fancien Seogoun Mori yosi sin o. 

Le Daïri envoya Taka ousi dans le Kwantô pour punir Toki youki. Taka 
ousi ayant rencontré Nao yosi dans la province Totomi , marcha avec lui sur 
Kama koura. 

Le 8 e mois , ils livrèrent plus de dix combats à Toki youki dans les pro- 
vinces de Totomi, de Sourouga, de Idzou et de Sagami ; à la fin Toki youki fut 
défait, mais personne ne. sut 011 il s'était enfui ; Toki kane fut tué dans les 
provinces orientales. 

Toutes les troupes de Kwantô se rendirent à Taka ousi , qui alors se pro- 
clama Zeï i daî Seogoun. し omme depuis long-temps il avait vécu en mauvaise 
intelligence avec Yosi sada , il résolut de s,en défaire. Yosi sada informa le 
Daïri des mauvaises intentions de Taka ousi , et lui apDrit que Nao yosi avait 
arbitrairement mis à mort Mori yosi. Le Daïri très-imté chargea Yosi sada 
de faire mourir Taka ousi. 

Le 1 I e . mois, Takats kasa-no Fouyou nori perdit la place de Sadaîsin ; il fut 
remplacé par le Konoye-no Oudaism Tsoune tada. 

Yosi sada partit de Miyako dans le courant du même mois, et marcha avec 
le prince impérial Itsi-no miya Taka yosi sin o vers le Kwantô. A Yafaghi saki 
sakate gosi, dans la province de Sanziou ou Mikawa, ils se battirent plusieurs 
fois avec Nao yosi, et furent toujours déiaits. 

Le 12 e mois, Taka ousi et Nao yosi arrivèrent à Fakone ko take-no sita, où ils 
obtinrent du succès contre Taka yosi et Yosi sada, et les forcèrent à retourner 
à Miyako. routes les troupes du Kwantô, des provinces septentrionales , du 
Saîkokf ou Kiou ziou, et de la contrée de Nankaï, se joignirent à Taka ousi. 

Le 1 er mois de la 3 e année (1356), ce dernier et Nao yôsi marchèrent avec 
une grande armée sur Miyako. Yosi sada, Yosi souke, Masa sighe et Naga tosi 
gardèrent les passages de O watari, de Yama saki , de Oudzi et de Seta pour 
les empêcher d,y pénétrer; mais n étant point en état de résister à des forces 
supérieures , Yosi sada fut défait , et se replia sur Miyako ; le Daïri s'enfuit au 
mont 1 eisan ; Taka ousi s'avança vers IViiyako pour réduire la cour du Daïri et 
toute la ville en cendres , et dépêcha Teou zen à Midera pour s'emparer du 
\eisan. 

Dans le même mois, le Fatakou-no Sanghi Minamota-no Taka ye, prince 
de Oziou, arriva avec une armée au Yeîsan pour secourir le Dam ; Yosi sada, 
Taka ye et Masa sighe prirent Midera, et forcèrent Teou zen à se replier sur 
Miyako. Les troupes de Yosi sada livrèrent quelques assauts à cette capitale 
qu,ils emportèrent finalement; Taka ousi fut mis en fuite. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 293 
Le 2* mois, le Daïri quitta Yeïsan et rentra dans son palais. C'était Masa 
sighe qui avait principalement contribué à la victoire par son grand courage 
dans le dernier combat. 

Dans le même mois , Yosi sada , Taka ye et Masa sighe attaquèrent Taka 
ousi à Foyo sima dans le Sets ; il fut défait, et s'enfuit dans le Tsoukouzi. Yosi 
sada retourna à Miyako et fut créé général moyen de la gauche. KiKousi-no 
Take tosi poursuivit Taka ousi avec les troupes de Kiouziou , ils eurent un en- 
gagement à fatara-no fama dans le Tsoukouzi ; Taka ousi fut vainqueur, et 
toutes les troupes du Kiouziou se rangèrent sous ses ordres. Yosi sada , épris 
de Koto-no naïsi, femme d 9 une grande beauté , négligea d'entrer dans le Saï- 
kokf; par conséquent Akamats Yen sin, et toutes les troupes de cette contrée, 
firent leur soumission à raxa ousi. 

Le 5 e mois, le Tsiounagon Taka ye obtint le titre de 1 sin siou fou seogoun, 
et retourna dans le Oziou. Yosi sada fut récompensé par le gouvernement des 
seize provinces des contrées de San yô et de San on. Il marcha alors contre le 
Saïkokf pour s'emparer du château à'Akamats, dans la province de Banziou 
ou Farima. 

Le 4 e mois, l'ancien Daîri Go Fousi mi-no in décéda âgé de ん 9 ans; avant sa 
mort, il avait adressé une lettre à Taka ousi. Dans le même mois, Taka ousi 
et Nao yori partirent du Tsoukouzi à la tête d'une grande armée. 

Le 5* mois, Yosi sada revint à fio go (Ping khou) et l'assiégea. Le Daïri 
chargea Masa sighe de 1 aider. Celui-ci voulut donner des conseils salutaires 
ài, empereur, mais n étant point écouté, il marcha sur Fio go. Conjointement 
avec Yosi sada il livra bataille à Taka ousi , mais il se noya dans le Minato 
gawa. Yosi sada fut défait et se retira à Miyako ; le Daîri s'eniuit de nouveau 
au temple de Yeïsan. 

Taka ousi , arrivé à Miyako , manda Fana zono-no ten o ( Houa yuan chang 
houang) au temple Tô si , pour placer sur le trône la famille de Si miô in ( Chi 
ming yuan). 

Le 6* mois , Taka ousi chargea Moro sighe d'enlever le Yeïsan ; mais les 
troupes de celui-ci fiirent battues, et lui-même fut fait prisonnier. 

Le T mois, Yosi sada essaya sans succès plusieurs tentatives sur Miyako ; 
Naga tosi y périt ; alors Yosi sada alla au temple Tô si pour se battre en duel 
avec Taka ousi, qui le refusa. Il retourna 9 plein de rage, au Yeïsan. 

Le 8* mois, Toyo Jito, le frère cadet de Kwo gon in, fut par Finfluence de 
Taka ousi proclamé Daîri ; le Konoye-no Sadaism Tsoane tada parvint au poste 
de Kwanbak. 

Le 10* mois, le Go Daîgo-no ten o envoya son fils Tsoune Jito avec Yosi sada 



294 ANNALES 

dans les provinces septentrionales , et quitta également Miyako ; mais il fut 
arrête par Taka ousi, et confiné dans le palais Kwa san-no in. Taka ousi 
dépêcha alors Taka tsoune et Moto yasou dans les provinces du nord pour 
s,emparer du château de Kana saki, dans la province de Yetsizen, où Yosi 
sada s'était fortifié. 

Le 丄 1* mois, Taka ousi fut créé Daïnagon. 

Le 1 2 e mois , le Go Daîgo-no ten o s'échappa secrètement de Miyako et 
gagna Yosi no (Ky ye), où il se mit sons la garde de Masa tsoura, fils de 

Masa sighe. Depuis ce temps, Yosi no reçut le nom de ^ 南 Nan tsio (Nan 
tchao) , qui signifie l'empire du Sud' Il y eut alors deux Daîris. 



XCVII. DAÏRI 院 お 光 KWAN MIO IN. 



(De 1337 à 1348 de J. C.) 

應 廢ル" ( L f yng). de 1558 à 1541 , 
Nengo I ^ ^ Eâ yd (Khang young) , de 1342 à 1544, 

â Teîwa (Tching ho), de 1545 à 1548. 

Kwan mo in (Kouang ming yuan) était auparavant nommé Tayo fito (Fung 
ji.ii )• Il était le quatrième fils de Go Fousi mi-no in. Le 8 e mois de la 5 e année 
nengo Ken mou , il fut proclamé Daîri par le crédit de Taka ousi. Quelques- 
uns veulent que ce fut à la l w année du nengo Yen ghen, prétendant que ce 
nengo fut institué après le retour du Daîri. Le Fanna zono-no in reçut le nom 
de Fo in (Pen yuan), et le Kwo gon in le nom de Sin in (Sin yuan). 

Le 5 e mois de la 4 e année du nengo Ken mou (loo7), qui est le secona du 

nengo 葬 yQ^ Yen ghen du Daîri du Sud Go Daî go ten o , les généraux de 
Taka ousi prirent le château de Kana saki (iun khi). Yosi sada et Yosi souke 
se sauvèrent au fort de Soma yama 1 ; Yosi aki, fils de Yosi sada, et Taka yosi 
sin o se coupèrent le ventre ; Faro-no miya Tsoune yosi revint à Miyako y ou il 
fut massacré par ordre de Nao yosi. 

Le 4 e mois, le Kwanbak Tsoune tada se retira dans l'empire du Sud; son 
beau-frère Moto tsougou fut nommé Kwanbak à sa place. 

Le 7 e mois , Do iVno Kin taka perdit la place d'Oudaïsin ; le Itsisio-no 



( 1) \Xf^ih Le premier de ces deux carac- Japon, ou il signifie soma, cest-a-dire , abattre 
tères n est pas chinois , mais seulemeDt usité au des ^ hre$ dans les montagnes. 一 Kl. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 295 
Nadaîsin Tsoane mitsi devint Sadaîsin, le Kiousio-no Daînagon Mitsi nori 
Oudaîsin 9 et le Takats kasa-no Daînagon Moro Jira Nadaîsin. 

Le 8* mois, Taka ye, prince de Oziou, fit des préparatifs de guerre. Il se mit 
en marche le 12* mois pour se rendre maître de Kama koura. Yosi oki, second 
fils de Yosi sada, et Fdsi(hno Toki yuki se joignirent à lui; ils livrèrent 
bataille à Yosi nori , fils aîné de Taka ousi , qui fut défait et s'enfuit de Kama 
koura. 

Le 1 er mois de la l w année du nengo Riak o (1538), Taka ye et Yosi 
oki s'avancèrent sur Miyako. A Awa-no warn, dans la province de Nôziou 
ou Minô, ils se battirent contre Momo-no i Nao tsoune , grand général de 
Taka ousi. 

Le même mois, Yosi sada et Yosi souke partirent de Soma yama pour enlever 
le château Fou-no seki, dans la province de Yetsizen ; Asikaga-no Taka tsoune 
se réfugia dans le château de Kouro marou (Hë houan ) ; Yosi sada résolut de 
prendre Miyako. 

Le 2* mois , Taka ye se mit en route pour Yosi no ; sur la route , il fut 
attaqué plusieurs fois à Yawa ta (Pâ fan) et à Nan to (Nan tou) par Moro nao 
et Nao tsoune. 

Le 5* mois , Taka ye fat battu à Abe-no , dans la province de Sen ziou ou 
Idzoumi ; il mourut dans la mêlée à i,âge de 21 ans. Son frère cadet Taka 
nobou et Nitsta-no Yosi oki rassemblèrent leurs troupes dans le district de 
Yawa ta , qui fut conquis le 6* mois par Moro nao. 

Le même mois , le Konoye-no Moto tsougou Kwanbak fut destitué ; il eut 
lltsisio-no Saaaisin Tsoune mitsi pour successeur. 

Le 7* mois , Yosi sada envoya Fordre par écrit aux prêtres de Yeïsan de 
faire de leur côté une attaque sur Miyako. 

Le 2* jour du 7 e mois intercalaire 9 il attaqua le château de Kouro marou ; 
mais il fut tué d'un coup de flèche, à Fâge de 57 ans. Yosi souke se retira 
avec l'armée au château de Fou-no seki , dans la province de Yetsizen. Yosi oki 
retourna dans le Kwantô y et Taka nobou dans le Oziou. 

Le 8* mois, Taka ousi fut créé Zeî i dal Seogoun avec le second rang de la 
seconde classe ; Nao yosi obtint le second ae la quatrième, et le titre de gé- 
néral en chef en second ; Moro naga reçut le commandement de Farmée. Taka 
ousi ne s'occupa pas des affaires du ressort de remploi de Seogoun , et en 
chargea son frère cadet Nao yosi. 

Le même mois, le Go Dai go-no ten o, Daîri de Fempire du Sud, mourut i 
Yosi no à râge de 51 ans; six ans par conséquent après être monté sur le 
trône pour la seconde lois. Il fut remplacé par son septième fils Yosi yosi 



296 ANNALES 

(I iiang), qui prit le nom de 至 上 ネ寸 ォ 炙 Go Moura kami ten o ( Heou Tsun 
chang ten o) 1 . La mère de celui-ci, Gato ko, avait été la favorite de Oo Daïgo- 
no ten o. Minamoto-no Tsika fousa était premier ministre dans l'empire du 
Sud. Do in-no Tsoune yo et ^isio-no Taka souye informèrent le Dam (du Nord) 
de tout ce qui s,y passait. Tsika fousa fut père de Taka ye , homme de grand 
talent; il a composé plusieurs ouvrages. Son second fils Taka nobou devint 
prince de Oziou, et son troisième fils Taka yosi prince de Ize. 

Le 7 e mois de la 2 e année (lD39), Yosi souke assembla des troupes dans les 
provinces du nord pour prendre le château de Kouro marou dans le Yetsizen : 
Taka tsoune qui y commandait, ayant demandé du secours à Miyako, reçut 
un renfort considérable. Yosi souke fut défait , et s^nfuit dans le Sinano , 
d'où il vint à Yosi no. Toutes les forteresses de ses alliés furent prises ; il ny 
eut que Fatakc-no Toki yosi qui se défendit long - temps avec vingt- sept 
hommes dans le château Taka sourfio siro; enfin il succomba. 

Le 12 e mois, Itsi sio-no Tsoune mitsi cessa d'être Sadaîsin; le Kiousio-no 
Oudaïsin Mitsi nori lui succéda ; le Takats kasa-no Nadaîsin Moro fira devint 
Oudaïsin , et le Daînagon Minamota^no Tomo tsika Nadaîsin. 

Le 5 e mois de la 5* année (154.0), le Yenya &n kwan Taka sada , prince 
de idzoumo , fut mis à mort , sur un faux rapport fait au Seogoun par 
Moro nao. 

Le 4 e mois, Yosi souke fut envoyé par le Daïri du Sud dans la contrée de 
Nankaido pour se rendre maître de l'île de Sikokf. 

Le 5 e mois , Yosi souke mourut de maladie dans la province de Iyo ; Foso 
kawa-no Yorifarou, général de l'armée de Taka ousi, fit exécuter tous les par- 
tisans de Yosi souke; ainsi la tranquillité ne fut pas troublée dans l'île de 
Sikokf. 

Le V mois, Minamoto-no Tomo tsika perdit l'emploi de Daîsin y et fut rem- 
placé par le ]\isio-no Daînagon Yosi moto. 

Le 12 e mois, le Kouga saki-no Oudaïsin Minamoto-no Naga mitsi hit nommé 
Taïziô daîsin. 

Dans cette année , le prêtre So sek (Sou chy) conseilla à Taka ousi et à Nao 
yQsi de bâtir le temple Ten rio si (Thian lung szu) ; il en fut nommé grand- 
prêtre. So sek est le même personnage que Mou sô ko si (Mou thsoung 
koue szu). 

Le I er mois de la 4* année (1541 ) , le Kwanbak Moro tada, bisaïeul de Yosi 
moto, mourut âgé de 89 ans. 

(1) Les sept premières années de son règne (de 1538 à 1545) portèrent le nengo de 
^Ao^(Hingkouë).— Kl. や、 



DES EMPEREURS DU JAPON. 297 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Kô yeï (1342), Itsisio-no T sonne mitsi 
perdit la charge de Kwanbak ; Kiousia-no Mitsi nori le remplaça. 

Le 2 e mois , Kouga-no Naga mitsi reçut sa démission ae faiziô daïsin. 

L.e 9* mois , Yori to rencontra le Daîri , et lui manqua d égards ; Nao yosi en 
fût si indigné qa u le fit mettre à mort. 

Le 11* mois, Kiousio-no Mitsi nori fut destitué du poste de Kwanbak, et 
remplacé par le Takats kasa-no Oudaîsin Moro fira. 

Le 12* mois, Fousiwara-no Kiyo ko, mère de Taka ousi, mourut; elle était 
fille d'Ouye souki Yosi sighe. 

Le 4 e mois de la 2 e année ^1545), le Do in saki-no Oudaîsin Foasiwara-no 
Kin taka fut nommé Sadaism ; le Nisio-no Nadaism Yosi moto devint Oudaîsin , 
et le Saiisio-iio Daïnagon i sonne tada Nadaism. 

Le 1 er mois de la 5 e année (13^4), Taka ousi fit ses prières au temple de 
Iwasi midzou. 

Le 9 e mois, Nao yosi obtint le second rang de la 5* classe. 

Le 29 du 8* mois de la 1" année du nengo Teï wa (134.5), on célébra une 
grande fête au temple Ten rio si; Taka ousi et Nao yosi y vinrent faire leurs 
dévotions ; Fana zono-no in et Kwô gon-no in eurent également rintention de 
s,y rendre , mais les prêtres de San mon et de Nanto étant entrés de force 
dans le dam pour présenter une requête , ces deux princes en furent empê- 
chés , et y allèrent le lendemain. 

Dans le même mois, Sansio-no Tsoane tada fut remplacé dans remploi de 
Nadaism par oye-no Fouyou nobou. 

La même année y Miyakou Taka nori, de l'île de Kosima , dans le Fizen , com- 
plota avec Yosifarou, fils de Yosi souke, d'aller secrètement à Miyako pour 
tuer pendant la nuit Taka ousi et Nao yosi; mais cette trame ayant été décou- 
verte , il s'enfuit dans la province de Sinano. 

Le 2 e mois de la 2 e année (1346), Takats kasa-no Moro fira reçut sa démis- 
sion de l'emploi de Kwanbak ; le Nisio-no Oudaîsin Yosi moto le remplaça ; 
Fouyou nobou Nadaism fut congédié , et Tokdaïsi-no Kin kiyo lui succéda. 

Le 6* mois, le Sadaîsin Do in-no kin taka fut destitué. Cette année fût la 

1" du nengo 平 Ghen feï (Yuan phing) de l'empire du Sud. 

Le 8 e mois de la 5* année (io47), Kin kiyo perdit remploi de Nadaisin. 

Le 9* mois , le Kwanbak Yosi moto devint Sadaîsin , Kiousia^no Tsoane nori 
Oudaîsin, et Konoye-no Mitsi tsougou Nadaisin. 

Le 8* mois de la 4 e année ( 1 548), Kousounoki Masa tsoura marcha , à la tête 
d'une armée , de la province de Kawatsi vers celle de Sets : Taka ousi en- 
voya Foso kawa Âki ousi contre lui; ils se livrèrent bataille à Fousi dera, 

38 



298 ANNALES 

et Aki ousi fut défait. Masa tsoura se porta avec rapidité sur Miyako, et surprit 
les demeures de Taka ousi et de Nao ousi. Le premier s'enfuit dans le Ye ziou 
(ou Oomi) , le second parvint également à mettre sa personne en sûreté. On dit 
que répouse de Taka ousi périt dans cette attaque si imprévue. Masa tsoura 
retourna alors dans le Kawatsi , et Taka ousi et Nao yosi revinrent à Miyako. 
Le 10* mois, Do irhno Kin taka devint Taïziô daïsin. 

Dans le même mois, le Dairi résigna en faveur de son neveu Okijito, après 
avoir régné 12 ans; savoir, 1 avec le nengo Ken mou, k avec celui de Rek o, 
5 avec celui de K6 yeï, et l\ avec le nengo Teï wa. 



XCVIII. DAÏR1 院光崇 ZO KWO IN. 

(De 1349 à 1351 de J. C.) 
Nengo ]^||^ Kwan 。 (Khouon yng) , de 1349 à 1551. 

l6 kwô in (Thsoung kouang yuan ) , nommé auparavant Omjito, était (ils aîné 
de Kou gon-no in ; sa mère l'impératrice la Yo rok mon in Fousiwara-na Fide 
ko était fille du Sansio-no Dainagon Kin fide. Oki fito fut proclamé Daîri , le 
10* mois de la 4 e année du nengo Teï wa , étant âgé de 15 ans. 

Nao fito , fils de Fana zono-no in , fut déclaré Tôgou. L'ancien Dairi Fana 
rono-no in mourut le 11 e mois. • 

Dans le même mois , Taka ousi envoya Toki ousi et Aki ousi pour se défaire 
de Masa tsoura; ils l'attaquèrent à Soumi yosi (Tchu ky) et à Abe no (Ngan 
pou ye) ; mais dans ce combat plus de la moine des troupes de Miyako 
périt : Toki ousi et Aki ousi furent forcés de se retirer avec le reste. 

Le 12 e mois, les généraux en chef Ko-no Moro nao et Moro yasou marchèrent 
avec une grande armée contre Masa tsoura pour le détruire. 

Le 1 er mois de la 5 e année ( 1349 ), Moro nao et ^izio Nawa te lui livrè- 
rent bataille. Ils y perdirent beaucoup de monde et furent défaits ; ils cou- 
raient le plus grand danger, quand Masa tsoura fut atteint d'une flèche, et 
expira à Tâge de 2b ans. Alors la fortune changea ; son frère cadet Masa toki 
et tous les chefs de son parti furent tués. Ensuite Moro nao attaqua Yosi no ; 
le Daïri de l'empire du Sud et tous les siens s'enfuirent en Ka na wou (Ho 
ming seng). Moro nao regagna Miyako. Moro yasou campa à Isi gawa et à 
Kawa bara dans la province de Kawatsi , pour continuer la guerre contre Masa 
nori, le plus jeune frère de Masa tsoura. 

Les victoires de Moro nao le rendirent insolent et hautain , ce qui déplut 



DES EMPEREURS DU JAPON. 299 
beaucoup à Ouye souki Sighe yosi et à Fatake yama Nao moune. Ils informèrent 
Nao yosi , par un prêtre du temple Ten riô si , des mauvaises intentions de 
Moro nao, et offrirent de le tuer. Il y consentit, et manda le 8* mois Moro nao' 
Celui-ci soupçonnant quelque mauvais dessein , se retira chez lui , et fit venir 
Moro yasou avec les troupes de la province de Kawatsi, pour attaquer Nao 
yosi. A l'arrivée de Moro yasou, Nao yosi s'enfuit auprès de Taka ousi; et 
Moro nao ayant fait investir par un grand nombre de troupes la maison 
de ce dernier, Nao yosi demanda pardon et fut déposé ; Sighe yosi et Nao 
moune furent exilés dans le Yetsizen , et plus tard mis à mort. Le prêtre 
du temple Ten rio si s'absenta ; d'autres disent qu'il fut aussi puni de la peine 
capitale. 

Le 9 e mois , le Kwanbak Yosi moto cessa d'être Sadaïsin : Kousio-no Tsoune 
nori le remplaça. Konoye-no Mitsi tsougou devint Oudaîsin , et 7sik rin in Kin 
sighe Nadaïsin. 

Le 10* mois, Yosi nori , fils aîné de Taka ousi, étant venu de Kama koura 
à JVbyako , fut chargé du gouvernement de cette capitale au lieu de Nao 
yosi. L'administration de Kama koura fut remise à Moto ousi son frère cadet, 
auquel Ko-no Moro to et Ouye soaki Nori oki furent donnés pour premiers 
ministres. 

Le 12 e mois, Nao yosi se rasa la tête, et reçut le nom ecclésiastique de Ye 
ghen (Hoei yuan) : il avait alors l\!2 ans. 

Le 3 e mois de la 1" année du nengo Kwan o ( 1 o50), Do in-no Kin to ん' a,quitta 
la place de Taïziô daisin. 

Dans l'été de cette année , Nao to assembla une armée dans le Tsoukouzi. 
Misoumi-no Nudo mitsi, un noble de Hwami , ayant pacifié cette province , vint 
au secours de Nao to. 

Le 6* mois, Moro yasou entra dans î lwami pour le punir. 

Le 8 e mois, Yosi nori fut gratine du rang de Sanghi , et créé général moyen 
de la gauche. 

Le 10 e mois, Taka ousi et Moro nao marchèrent contre le Sai kokf ( Tîle de 
Kiouziou) pour détruire Nao to. Yosi nori eut la garde de Miyako. Nao yosi 
ou Ye ffhen s,échappa secrètement de cette ville , et arriva le 】 2 レ mois à Yosi 
no , où il fit sa soumission au Dairi du Alidi , qui le nomma par un diplôme 
son général en chef. 

Le 1 er mois de la 2* année (1551), Ye ghen assembla les troupes de l'empire 
du Sud pour attaquer Miyako. Momo-no i Nao tsoune accourut à son secours, et 
conquit les provinces du nord. A son approche , Yosi nori s'emuit de Miyako , 
et cette ville fut prise par Nao tsoune. 

38 # 



500 ANNALES 

Taka ousi et Moro nao, instruits de cet événement, y retournèrent, Nao 
tsoune fut défait ; mais toutes ses troupes rejoignirent l'armée de Ye ghen, 
ce qui força Tako ousi et Moro nao de se retirer dans le Saî kokf. Yosi non 
s,emmt dans la province de Tamba, et Nao tsoune revint à Miyako. 

Le 2 e mois , Moro yasou partit de Hwami et s,avança vers Miyako. Dans la 
province de Banziou (ou Farima) , il rencontra i,armée de Taka ousi et de Moro 
nao, et se joignit à eux. Au temple deKwô mio si (Kouang ming szu) et kKo 
si midzou (Siao thsingchoui), dans le Sets, ils se battirent contré Farmée de 
Ye ghen, qui remporta la victoire. Taka ousi se retira avec ses troupes au 
château de Mats oka (Soung kang) , pour s,y couper le ventre ; cependant il se 
réconcilia avec Ye ghen, et retourna avec lui et avec Yosi nori à Miyako. Moro 
nao et Moro yasou demandèrent grâce et se rasèrent la tête ; mais ils furent 
mis à mort en chemin, ce qui fut également le sort de tous les che& de 
leur parti, qu'on exécuta en difierens endroits. Ka^no Moro to fut tué dans le 
Kwantô. 

Le 4 e mois , î sik rin in Kin sighe perdit l'emploi de Nadaisin , et fut rem- 
placé , le 6 e mois , par le Daïnagon Kwasan-no in Fousiwara-no Naga sada. 

Le /* mois, Taka ousi et Ye ghen se brouillèrent de nouveau : le dernier 
fut forcé de se retirer dans les provinces du, nord. 

Le 9 e mois, Taka ousi avait l'intention d'attaquer Ye ghen dans ces contrées; 
mais celui-ci marcha contre le Kwantô , et entra dans Kama koura. 

Le 10 e mois, Taka ousi fit une invasion dans le Kwantô 9 pendant que Yosi 
nori gardait Miyako. 

Le I I e mois, Taka ousi campa à Satayama, dans la province de Sonrouga; 
Ye ghen vint avec une grande armée du Kwantô pour l'investir. 

Le 12 e mois, Am tsouna et Kin yosi prirent le parti de Taka ousi; comme ils 
faisaient partie de ramère-garde de l'armée qui entourait Sata yama 9 Ye ghen 
fut complètement battu, et forcé de se rendre à Taka ousi, qui le conduisit 
prisonnier à Kama koura. Il y mourut de chagrin ; d'autres disent qu'il fut 
empoisonné. 

Pendant cette guerre , peu de troupes étaient restées à Miyako , de sorte que 
cette ville fut souvent très-exposée. Yosi nori conclut un traité avec le Daïri du 
Sud , qui cependant n'agissait pas franchement. La 2 e année du nengo Kwan o 

fut la 6 e du nengo 平 JE» ^ feï (Tching phing) de l'empire du Sud. Le 
Nisio-no Kwanbak Yosi moto et tous les officiers supérieurs vinrent à Yosi no, 
et furent gratines d'emplois plus élevés. 

Le 2* mois de l'année suivante ( 1 352) , le Dain du Sud se rendit de Yosi no 



DES EMPEREURS DU JAPON. 301 
aux temples Soumi yosi et Ten o si. Minamoto-no Akiyosi, prince de Ize, y vint 
avec une armée pour faire sa soumission. Le Daïri marcha alors vers Yawata, 
et chargea Aki yosi et Kousonoki Masa yosi de surprendre Miyako. Yosi noii 
s'enfuit dans le Ye ziou ou Oomi; Foso kawa Yori farou périt dans le com- 
bat. Dès que Aki yosi fut arrivé à Miyako , il s'empara de la cour du Dam , 
et fit prisonnier le Fôwo Kwô gon-no in , le Kwô mio in ou Sin in , le Daïri 
Zô kwô in et son successeur désigné Nao fito , qui tous habitaient dans le palais 
Si mio in den (Tchhi ming yuan tian). Ils furent transportés en voiture à Yosi 
no, et enfermés dans la maison Ka na wou. Zô kwô in n,avait régné que 3 ans 
lorsqu'il fut conduit à Yosi no. Comme alors il n'y avait plus de Daïri à Miyako 
ou Feï an siô , cette ville eut bientôt l'apparence d'un désert. Depuis long- 
temps on ny avait plus célébré les fêtes solennelles , à cause des guerres 
continuelles. 

Yosi moune et Yosi oki , fils de Yosi sada, ainsi que Yosi farou, fils de Yosi 
souke, assemblèrent à cette époque une armée dans le Kwantô y et livrèrent 
bataille à Taka ousi dans les plaines de la province Mousadzi. isido nudo avait 
concerté en secret avec Nitsta-no Yosi oki le projet de se défaire de Taka ousi. 
Cependant Ouma-no souke, fils de Isido nudo, n'étant pas d'accord' avec son 
père sur ce point , celui-ci , craignant son fils, prit le parti de Yosi oki. Ce 
dernier ayant réuni ses forces à celles de Yosi farou , attaqua Kama koura , et 
s'en rendit maître. Moto ousi s'enfuit. 

Peu de temps après , les armées de Taka ousi et de Yosi moune se livrèrent 
bataille ; le dernier fut défait et se retira dans la province de Yetsigo. Taka 
ousi reprit alors Kama koura ; Yosi oki et Yosi farou se sauvèrent et réunirent 
leurs troupes au château de Kawa moura (Ho tsun). 

Le 5* mois, Yosi nori, ayant formé une armée, marcha sur Miyako pour 
prendre Yawata. Plusieurs combats y furent livrés. 

Le 5 e mois, i,armée du Daïri du Sud fut défaite ; ce prince se sauva de 
Yawata et retourna à Yosi no. 



502 



ANNALES 



XCIX. DAÏRI 院嚴光 後 GO KWO GON IN. 

(De 1352 à 1371 de J. C.) 
Bonn wa (Wen ho), de 1352 à 1355, 
Yen boon (Yan wen), de 1556 à 1360, 
Kâ an (Khang ngaa) , Idol, 
Tel zi (Tching tchi) , de 1362 à 1567 , 
an (Yng ngan) , de 1568 à 1371. 

Go kwô gon in (Heou Kouang yan yuan), nommé auparavant lyo fito (Mi 
jm), le plus jeune frère de Zô kwô in, qui était prisonnier à Yosi no chez le 
Daïri du Sud , fut, par le crédit de Yosi nori , proclamé Dairi le 8 e mois de la 
5* année du nengo Kwan o. Sa nomination fut sujette à contestation, parce que 
les trois insignes de la royauté , qui doivent être entre les mains de celui qui 
est élevé à cette dignité , étaient en possession du Dain du Sud. Cependant 
comme il avait tous les militaires pour lui, n devint Dairi à Fàge de 15. ans. 

Le 9* mois, le nom du nengo fut changé en Bonn wa. 

Le 1 I e mois, le Dainagon Kin fide, grand - père du Daun, fut créé Nadaîsin. 

La 2 e année du nengo Boun wa (13oj), Moro oasi, fils de Yama na Toki 
ousi, se révolta, et prit le parti du Dairi du Sud. Grâces à sa bravoure on 
avait remporté la victoire à Yawata; en récompense il avait demandé de 
l'avancement, et s'était adressé à Yosi nori par l'entremise de Sasaki - no Mitsi 
yo; mais celui-ci négligea de s'acquitter de sa commission. Moro ousi, irrité 
de ce procédé , se retira dans la province de FoK , sa patrie , et excita sou 
père Toki ousi a la révolte. 

Le 5 レ mois, il quitta à la tête de son armée les provinces septentrionales, et 
dans le e mois, aidé par les troupes de Yosi no, il attaqua Miyako : Yosi 
nori fut battu 9 et s'emuit avec le Dain, d,abord à Saka moto (Pan pen), et de 
là dans les provinces orientales. L,ennemi le poursuivit ; Fide tsougou fut tué 
en route en se battant. 

Foso kawa Kiyo ousi prit le Dain sur son dos, et le porta sain et sauf à Fa- 
rou i, dans la province de Mino , où il vécut assez tranquillement. Yosi nori 
veilla sur lui , et assembla les troupes de plusieurs provinces pour combattre 
Yama na Toki ousi. Celui - ci, dégoûté de la guerre, retourna avec son fils 
dans les provinces du nord ; alors Yosi nori revint avec le Dairi à Miyako. 






文延泉 Èc* 

和文 安: SH. 



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DES EMPEREURS DU JAPON. 503 
Au printemps de la 5 e année (1554), Nitsta-no Yosi oki et Wakiya-no Yosi 
farou se sauvèrent du château à Kawa moura. Les provinces orientales étaient 
alors en paix. Fatake yama-no Kouni kiyo fut placé par Taka ousi comme premier 
ministre auprès du Seogoun Moto ousi pour surveiller le Kwantô. Taka ousi 
retourna ensuite à Miyako. Le Niki sa kiô-no dayu Yori akira fut nommé com- 
mandant en chef. 

Taka ousi envoya son fils Yosi nori dans la province de Farima pour y 
assembler une armée , et attaquer Yama na-no Toki ousi. Dès que celui-ci fut 
informé de ce dessein, il fit venir Nao to, et lui donna le commandement de 
ses troupes. De cette manière y Nao to prit le parti du Daîri du Sud, et fit 
la guerre à son père Taka ousi. Asikaga-no Taka tsoune, prince de Yetsizen , 
et Momo-no Uno Nao tsoune , prince de Yetsiou , irrités contre Taka ousi, 
assistèrènt Nao to, s'engagèrent à attaquer Miyako , et s'y rendirent, en effet, 
par les provinces du nord. 

Le 12 e mois , Yama na-no Toki ousi se mit en marche et quitta la province 
de Fooki. 

Le 1 er mois de la 4* année (1555), Taka ousi s^enfuit avec le Daîri de Mi- 
yako dans le Ye ziou (ou Oomi). Nao to, Toki ousi , Taka tsoune et Nao tsoune 
arrivèrent à Miyako. 

Le 2 e mois, Taka ousi assembla les troupes des provinces de l'est , et campa 
à Tô saka moto (Toung pan pen); son fils Yosi nori réunit les troupes du 
Saî kokf , et vint camper à Kounaï. Toki ousi et Moro ousi attaquèrent son 
camp. Foso kawa-no Yori aki, Aka mats So kioa et Sasaki-no mitsi yo combat- 
tirent en braves. Moro ousi ayant été gravement blessé , fut vaincu : Nao to et 
beaucoup de commandans en second se retirèrent au château de Tô si (Toung 
szu); Taka ousi livra plusieurs combats à Nao to dans les environs, et fut tou- 
jours vainqueur par la valeur de ses alliés Yori uki, Mitsi yo, Akamats So kiou 
et Niki. 

Le 5* mois, Nao to, Toki ousi, Taka tsoune et Nao tsoune retournèrent dans 
leur pays, parce que le Daîri du Midi ne pouvait leur fournir une quantité 
suffisante de vivres. Taka ousi et Yosi nori revinrent à Miyako , où Taka tsoune , 
sur les instances de Yosi nori , arriva aussi. 

Le 7 e mois de la l re année du nengo Yen boun (1556), le Daïnagon Mina- 
moto-no Mitsi souke fut nommé Nadaîsin. 

Le 8 e mois, Yosi nori obtint le second rang de la troisième classe. 

Le 2* mois de la 2* année (1557), le Daîri du Sud permit au Kwô gon in ou 
Fôwo, au Kwô mio in ou 5m in, et au Zô kwô in, de retourner des montagnes 
de Yosi no à Miyako. - 



30 な ANNALES 

Le 2 e mois de la 5 e année (1358) , le défunt Nao yosi fut honoré du second 
rang de la 2 e classe. 

Le 29 du 4 e mois, le Zeï daî seogoun et Dainagon du premier rang de la 
seconde classe , Minamoto-no Taka ousi, mourut âgé de 54 ans. Il avait admi- 
nistré l'empire depuis la 5 e année du nengo Ken mou, jusqu'à la 5 e année du 
nengo Yen boun, ou pendant 23 ans. Son fils, le oaisiO tsiouseo Yosi mori, lui 
succéda comme Seogoun. 

Le 1 e mois , Moto ousi fit venir le premier ministre de Kama koura , Fa- 
take yama-no Koune kiyo, ainsi que Nudo dozeï, prince de Yedo et Totomi, et 
le prince de Simotske Take sawa fFoakio 醫 no souke, et leur ordonna de mettre 
à mort Nit$ta-no Yosi oki, qui demeurait à /a goutsi-no watari (Chi kheou 
tou), dans la province Mousadzi. Il fit de même rechercher et exécuter tous 
ses compagnons. Moto ousi ne résidait point à Kama koura, mais il était 
campé à Nama gawa (Jy wen tenhouan) , dans la province Mousadzi ; il s'y tint 
sur ses gardes y de sorte que les provinces orientales restèrent tranquilles. 

Le 11 e mois, Kie koutsi-no Take mitsi , l'un des partisans du Dairi du Sud, 
s étant battu tous les ans avec Odomo , gouverneur établi dans le Figo par Taka 
ousi, parvint, à cette époque , à le chasser. Informé du décès de Taka ousi , 
il attaqua plusieurs lois ses ennemis dans le pays de Kiouziou. Il y fit venir 
le fils du Daîri du Sud, le nomma Seogoun des contrées de l'ouest, et lui fit 
hommage. Après ses victoires dans le Kiouziou, les parens et compagnons 
de Yosi oki se joignirent à lui dans le pays de Tsoukouzi 9 et lui amenèrent 
les troupes de plusieurs provinces. 

Le 12 e mois, le Daïri créa Yosi non Zeï i daî seogoun. Le brevet lui fat 
porté par le Satsiouben Toki mitsi; et reçu par Fide non. 

Le même mois, Ai5io-no Yosi moto perdit l'emploi de Kwanbak ; Kiousi(hno 
Tsoune mori le remplaça. 

Le 2* mois de la 4 e année (io59), Yosi nori fut nommé prince de Mousadzi. 

Le 10 e mois, Niki fori akira, intendant militaire en chef, mourut; Foso 
kawa Kiyo ousi, prince de Sagami, fut nommé à sa place. 

Le 1 1* mois, Fatake yama Do zeï marcha au nom de Moto ousi , avec une 
grande armée , du Kwantô à Miyako , dans rintention de disposer Yosi nori 4 
se rendre maître de l'empire du Sud et à combattre le Dain. 

Le 12 e mois, Yosi nori et Do zeï, à la tête de plusieurs milliers d'hommes, 
attaquèrent l'empire du Sud , qui fut défendu par Kiousi noki Masa nori et 
W ada-no Masa sighe. 

Depuis le 2 e mois de la 5* année (1560), les troupes de Miyako et de Kwan- 
tô combattirent fréquemment et dans divers lieux celles du Daïri du Midi , 



DES EMPEREURS DU JAPON. 505 
principalement à Riô mon san (Loung men chan ) , à Ka dake rio zen ( Yn soung 
loung thsiuan) , et à Fira yewa (Phing yan).- 

Le 5 e mois , les armées de Miyako et de Kwantô prirent le château d y Aka 
saka (Tchhy pan); mais elles nétaient point en état de pénétrer jusqu'à la cour 
du Dairi du Sud, qui était trop éloignée , et située dans les hautes montagnes. 
Les généraux Wada et Kousounoki s'étant retirés dans les vallées étroites 
du mont Kon gô san (Kin kang chan) r Yosi nori et Do zei retournèrent 
donc à Miyako. ' 

Le 9 e mois, le Kwanbak T sonne nori cessa d'être Sadaisin; il fut remplacé 
par le Konaye-oo Oudaïsin Mitsi tsougoa ; le Takats kasa*no Daïnagon Fouyou 
mitsi devint Oudaïsin 9 et Minamoto^no Mitsi soake eut pour-successenr Nadaïsin 
le Daïnagon Sansio-no Kin tada. 

Le 6 e mois du nengo Kô an (13bi), il tomba beaucoup de neige; il y eut 
de grands incendies et un violent tremblement de terre. 

Le V mois, Yama na-no Toki aasi partit de La proyince de Foki attaqua 
celle de Mimasaka. Un combat fut livré à Akamats. 

Le 9 e mois, Kousounoki^no Masa nori entra dans le Sets. A cette occasion 
Sasaki Fide nori fut tué. Kikoutsi se révolta dans ieTsoukouzi, et en chassa 
Odomo. * 

Dans le même mois , il seleva une dispute entre Fmo kawa Kiyo avsi et 
Sasaki Mitsi yo. Ce dernier porta ses plaintes devant Yosi nori , oui voulut 
alors mettre à mort Kiyo ousi ; celui-ci s'enfuit de Miyako dans le Wakasa. 

Le 10 e mois, Asikaga-no Omi yori fut chargé d y attaquer luyo ousi; celui- 
ci se retira dans l'empire du Sud. Il y embrassa le parti du Daïri du Midi , et 
fut nommé géaéral en chef. 

Le 11 e moîs, plus de mille officiers de l'armée du Kwantô s'étant consultés 
ensemble , informèrent Moto ousi de la mauvaise conduite de Do zeï. Ce der- 
nier se sauva alors dans la province de Idzou, ou il se cacha dans le temple 
Sio zen si (Tiao chen szu). 

Dans ce mois , Kiousio-no Tsoune nori Kwanbak fut remplacé par Konoye-no 
Mitsi tsougoa. 

Le 12 e mois, Foso kawa Kiyo aasi et Kousounoki Masa nori attaquèrent Mi- 
yako et s'en rendirent maîtres. Yosi nori s'enfuit avec le Dairi dans le Ye ziou 
(Oomi); le prêtre Ran ziou cacha Yosi mitsou, fils de Yosi nori, âgé de k ans , 
et le confia ensuite à Cantate Sokioa, gouverneur du Banziou 《Farima). Yosi 
nori, ayant assemblé les troupes de plusieurs provinces, marcha contre Kiyo 
ousi, qui se retira vers le sud; Yosi nori revint à Miyako. 

Le 1 er mois de la 1" année du nengo Teï zi (1562), iLiyo ousi leva une 

39 



306 ANNALES 

armée dans l'Awa pour faire la conquête de l'île de Silokf; Yosi mitsou re- 
tourna du Banziou à Miyako ; Yosi nori voulut donner le commandement de 
rarmée à Asikaga Ousi yori; mais Dotseo, père de celui-ci, ny consentant 
point, Yosi masa, le plus jeune des fils de Dotseo , fut nommé k sa place. 
Comme 'il était jeune, son père se chargea de l'aider. Asikaga Ousi yori se fit 
prêtre, et reçut le titre de ba (Szu pho). 

Le 4 e mois, le Daïri revint du Ye ziou (Oomi) à Miyako. 

JLe 6 e mois, Nao to et Yama na Toki oasi entrèrent de force dans les pro- 
vinces du milieu. 

Le 7 e mois, le Ouma-no kami Foso kawa Yori ouki combattit Kiyo ousi dans 
le Sanouki. Ce dernier fdt tué ; alors tout le peuple de 1 île de Sikokf se 
soumit à Yori ouki. 

Le 9* mois, Ousi tsoune, deuxième fils de Dotseo , fut nommé gouverneur 
général de la grande île de iuouzîou ; mais il en iut chassé à son arrivée par 
ai koutsi lake mitsi. Ousi tsoune se rasa alors la tête, et revint à Miyako. 

Le 10* mois, le Kwanbak Mitsi tsougou quitta l'emploi de Sadaism, et fdt 
remplacé par Takats hasa-no Fouyou mitsi ; le Kouga-no saki*no Nadaisin 
Minamoto-no Mitsi souke devint Oudaïsin. 

Le 12 e mois, SansitHio Kin tada perdit la place de Nadaisin. 

Le 1 er mois de la 2 e année (i5o5), 7051 nori fut nommé Daïnagon. 

Le 3 e mois, le Do in*no Daïnagon Fousiwara-no Sane to parvint au poste de 
Nadaisin. 

Le 6 e mois, Mitsi tsougou cessa d'être Kwanbak ; il eut pour successeur 
Nmo^no Yosi moto. 

Le 7 e mois, Yosi nori obtint le second rang de la deuxième classe. 

Le 2 e mois de la 5 e année ( 1 564 ) , Sane to Nadaisin reçut sa démission , et 
le Saî yen si«no Daïnagon Sane tosi fut nommé à sa place. 

Au printemps de cette année y woatsi-no souke , de la province de Souwo , 
revint, avec le consentement des chefs militaires 9 à Miyako. Yama na Toki oasi 
et son fils firent également leur soumission. Les chefs militaires envoyèrent 
alors des gouverneurs dans les cinq provinces de Inaba, Foki, Tamba, Tango 
et Mimasaka. Niki-no Yosi naga, dont les forces étaient fort afiBaiiblies, obtint 
de même son pardon. 

Fatake yama Do zeï ne se croyant pas en sûreté dans le Kwantô, se rendit 
dans le Kawatsi , et tâcha de se mettre sous la protection du Dain du Sud , 
par rentremise de Kousounoki ; mais n'ayant pu réussir, il erra d'un lieu à 
l'autre , et mourut. 

Le 6 e mois, le Wouye souki Minbou-no fayou Nori aki fut, sur la propo- 



DES EMPEREURS DU JAPON. 507 

sition de Moto ousi, nommé surintendant militaire à Kama koura. Faka zeka, 
ennemi de Non aki et envieux de son avancement , se révolta. Moto ousi 
monta à cheval et le défit; alors tous les militaires de Kwantô se soumirent 
à Moto ousi , qui fut extrêmement respecté. 

Le 7 e mois, le Kwô gon in ou Fôwo mourut âgé de 52 ans. 

Le 5 e mois de la 4 e année (1565), le Itsisio-no saki-no Kwanbak Tsoune 
nori mpurut âgé de 49 ans. 

Sasaki Mitsi yo et tous les grands ayant informé Yosi nori de la mauvaise 
conduite de Dotseo, celui-ci s'enfuit le 8 e mois de Miyako dans la province de 
Yetsizen. On le fit poursuivre pour le tuer. 

Le 7 e mois de la 5 e année (1566), Dotseo mourut dans le Yetsizen ; son fils 
Yosi masa demanda pardon , et l'obtint. 

Le 8 e mois, le Kouga-no Oudaïsin Minamoto-no Mitsi souke fut fait Taïziô 
dalsin ; Saï yen si-no Sane sosi devint Oudaïsin , et le Nisio-no Daînagon Moro 
naga Nadaism. 

Le 9 e mois, Yosi masa fut nommé prince de Yetsiou et gouverneur de 
cette province. Il reçut l'ordre de mettre à mort Momono i Nao moune. 

Dans le même mois, des Coréens arrivèrent à la cour. 

Le 12 e mois, Yosi mitsou, fils de Yosi nori, fut élevé au second rang de la 
cinquième classe. 

Le 1 er mois de la 6 e année ( 1567), Yosi nori obtint le premier rang de la 
seconde classe. 

Le 5 e mois, le Daîri alla au palais Tsiou den (Tchoung tian) pour y com- 
poser des vers en japonais. Il était accompagné de Yosi nori. 

Le 4 e mois, Mmamoto-no Moto ousi, surinteudant de Kama koura et de Sama- 
no kami, mourut à l'âge de 28 ans; il fut remplacé par son fils Ousi mitsou. 
Wouye souke Nori aki devint le Fosa ou l'adjoint de celui-ci dans radmims- 
tration. 

Le 8 e mois , Yosi moto Kwanbak fut remplacé par Takats kasa-no Fouyou mitsi. 

Le 9 e mois, Saï yen si-no Sane tosi Oudaïsin reçut sa démission ; Nisio-no 
Moro yosi lui succéda ; Sansio-no Sane tsongou , fils de Kin fide et beau-père 
du Daïri , devint Nadaïsin 

Dans le même mois, le Seogoun Yosi mori tomba malade , et céda son 
poste à son fils Yosi mitsou : le Foso kawa ouma-no kami fori uki fut appelé du 
Sikokf pour être son Sitsken ou premier ministre. 

JLe 12 e mois, Minamoto-no Yosi mitsou, âgé seulement de 10 ans, fut nommé 
Sama-no kami, et reçut le premier rang de la cinquième classe. 

Le 7 de ce mois , Minamoto-no Yosi nori, Zei i da! . Seogoun du premier 

3 9 * 



308 ANNALES 

rang de la seconde classe et Saki-no Daînagon , mourut à l'âge de 38 ans. 
Il reçut le titre posthume de Fou kef in (Pao khy yuan), et fut enterré à 
Zouï yama (Soui chan); il avait administré depuis ta 3 e année du nengo Yen 
boun, ou pendant 10 ans. 

Le 2 e mois de la 1 M année du nengo an (l5b8), les prêtres Tsiou tsou 
(Tchoung tsin) et Beo sa (Miao tso) furent envoyés en Chine auprès de Taï 
tsou, premier empereur de la dynastie Taï ming 9 lequel venait de monter 
. au trône , et avait donné aux années de son règne le nom honorifique de Kô 
bon (Houng wou). Le prêtre Tsiou tsou obtint plus tard le nom honorifique 
de Sets kaï (Tsiuë haï), et Beo sa celui de Zio rin (Ju lin). Tous les deux 
étaient des hommes distingués par leurs talens. 

Le 3 e mois , le Daïri du Sud Go Moura kami - no in mourut , et reçut le nom 
de 2 siâ keï in (Tchhang khing yuan); il fut remplacé par son fils Firo nari、 

Le tC mois, Yosi mitsou prit la robe virile ; Yori aki lui imposa la couronne , 
et le Foso kawa Fio bou-no tayu Nari oasi lui coupa les cheveux sur le front. 

Le 6 e mois , Yori uki alla pour Yosi mitzou au temple d ,! wasi midzou , et y 
oflBrit en son nom une épée d argent, un cheval de race et du sable d'or. 

Le 9 e mois , fVouye souke Nori aki , Sitsken de Kama koura, mourut ; son fils 
Yosi nori et son cousin Tomo fousa furent choisis pour premiers ministres. 

Le 12 e mois, Yosi mitsou, âgé de xl ans, fut nommé Zeïidaî Seogoun» 

Le 1 er mois de la 2 e année (ido9), Yosi mitsou accorda des lettres de 
grâce à Koasoanoki Masa nori, qui les avait sollicitées de ladministration 
militaire. 

Le 5 e mois, le Fosa kawa ouma-no souke Yori mitsi, Akamats fan kwan et 
dWtres furent envoyés de Mîyako dans le Midi , auprès de Kousounoki. 

Le 4 e mois, Kousounoki Masa nori arriva à Miyako ; il alla aussitôt voir Yori 
uki , et ensuite il se rendit chez Yosi mitsou. 

Dans le même mois, les prêtres de Yeï san prirent la résolution de détruire 
le temple Nan zen si ; us exposèrent leurs griefs au Dairi , mais l'on n'y fit pas 
attention, ce qui les irrita au point qu'ils vinrent un jour heureux avec le Sin 
yu pour brûler le palais imperial. Sasa ki Sou yeï les dispersa y sauva l'édifice t 
et les renvoya alors au Yeï san. 

Le o e mois, Ghi sio-no Yosi masa combattit dans le Yetsiou Momo-no i Nao 
tsoune. Ce dernier fut vaincu, et se retira au château de Mats koura ( Soung 
tsang). Alors tous les habitans de cette province se soumirent à radministra- 
tion militaire. 

Le 11 e mois, Takats kasa-no Fouyou mitsi Kwanbak reçut sa démission ; 
Nma-no Moro yosi le remplaça. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 309 

Le 3 e mois de la 3 e année (1370), Nao kasou , petit-fils de Momo no i Nao 
tsoune, campa à Naga sawa, dans la province de Yetsiou; il y livra bataille à 
Yosi masa; mais il fut tué avec un grand nombre des siens. 

Dans ce mois , le Kwanbak Moro yosi fut nommé Sadaïsin , et le Kiousio-no 
Daînagon Tada moto Ouaaisin ; le Nadaïsin Sansio-no Sane tsougou fut rem- 
placé par le Daînagon Fousiwara-no Tsoune aki. Ce dernier, âgé alors de 7D ans , 
avait beaucoup travaille depuis le temps de Kwô gon in. 

Le lC mois, Yosi mitsou alla faire ses prières dans le nouveau temple du dieu 
Fatsman à Roksio , et dans le temple de Ghiwon , à Kita no. 

Le il e mois, Wada et plusieurs officiers de Fempire du Sud attaquèrent 
le camp de Kousounoki Masa nori :Yori uki mena contre eux une armée nom- 
breuse, et les battît; il laissa Yama na Oasi kiyo dans la province de Kawatsi , 
pour la défendre contre les troupes du Midi , et retourna à Miyako. Masa nori se 
réunit alors aux chefs militaires. Dans cette année , le nengo Ziâ feï de l'em- 
pire du Sud fut changé en 德 # Ken tok (Kian te). 

Le 2* mois de la 4* année (1371), Yama na Toki oasi mourut. Dans le 
même mois, Ai koutsi iake masa de Isin saî et beaucoup de militaires subal- 
ternes de l'empire du Sud excitèrent une révolte dans le jviouziou ; Nudo reo 
zioun d r Ima gawa , prince de Iyo, y courut pour l'étouffer; il était accompagné 
du Daînagon Yosi fro. 

À cette époque , les troupes de Riouziou reconnurent pour chef Take 
masa. Un des fils du Daîri du Sud avait pris ïe nom de Kouan seï sin Yosi kane. 
Take masa, prétendant agir par ses ordres, envoya en vahiné un vaisseau avec 
un ambassadeur, lequel était porteur (Tune lettre écrite au nom du Ten o ou 
roi de Nipon (Japon) Kwan seï sin o Yosi kane (Kouan si thsin wang Liang 
houai). Un ambassadeur arriva ae la Chine dans le Tsoukouzi ; Toke masa 
l'y retint et rempêcha de se rendre à Miyako î . 

Le 3 e mois , le Daui résigna en faveur de son successeur O Jilo. Il avait régné 
pendant 20 ans : 5 avec le nengo Bonn wa, 5 avec celui de Yen boun, 1 avec le 
nengo K6 an, 6 avec celui de Teï zi , et k avec les premières années du 
nengo O an. 



( 1 ) L histoire de la Chine parie ainsi de cette 
ambassade : • Dans la 4 e des années Houng wou 
«(1371), le roi du Japon Liang hoaai envoya 



• un prêtre de Bouddha à la conr, oa il apporta 

• un tnbut U (ut admû, et reçut une réponse à 

• la lettre dont il était porteur. Kl. 



510 



ANNALES 



C. DAÏRI 院鬲も 後 GO YEN YO-NO IN. 

(De 1372 k 1382 de J. C.) 
an (Yng Dgan ) , les trois dernières années de 1372 à 1374, 
Yéiwa (Young ho), de 1375 k 1378, 
£$refc(Khangly),de 1379 à 1580, 
Yeî tok (Young të) , de 1381 k 1582. 

Go ten yô-no in (Hcou Yuan young yuan) ou fito (Siu jin) était fils aîné 
de Go Kwô gon in. Sa mère Sô ken mon in était fille du Dainagon Fousiwara - 
no Kane tsoune. fito fut proclamé Daïri le d L mois de la IC année du nengo 
an ; il avait alors 1 k ans ; son père eut l'administration des afiaires. 

Les anciens Daïris Kwô mio in et Z6 kwô in demeuraient alors à Fousi mi; 
ils étaient en bonne santé : le dernier avait prié Yori uki de faire en sorte que 
son fils Yosi fito parvînt au trône ; mais déjà Go kwô gon in avait, par ses ins- 
tances pressantes , obtenu de Yori uki la succession pour fito , ce qui causa 
du mécontentement entre les deux frères. 

Le 5 e mois, le Foso kawa ouma-no souke Yori moto attaqua Fempire du Sud. 

Le même mois, Foso kawa Yori uki, prince de Mousaazi , résigna et se retira 
à ^iisi yama (Si chan), dans le temple Saïfô si (Si fang szu); mais il revint à 
Miyako sur les vives sollicitations de Yosi mitsou, d^Akamats , de Rits si et de 
Sokoa you. 

Le 7 e mois, Foasiwara-no Tsoune aki Nadaisin fut congédié. 

Le même mois, Momo no i Nao tsoune guerroya dans la province de Yetsiou. 

Le 8* mois , l'armée de l'empire du Sud attaqua le camp de Kousounoki ; 
les troupes de Miyako vinrent à son secours. 

Le 10 e mois, les temples Iwasi midzou, Fatsman gou et Yeisan furent rebâ- 
tis. Yori uki devint prince de Sagami. 

Le 1 I e mois , Àkamats So kwu mourut âgé de 60 ans. 

Le 3 e mois de la 5 e année (1372) , Ima gawa Reo zioan se battit dans le fsou- 
kouzi contre Take masa. Yosi firo vint avec une armée à l'assistance du pre- 
mier, ce qui lui donna le moyen de remporter la victoire. 

Le 11 e mois, Yosi miisou assura au temple d'Iwasi midzou un revenu an- 
nuel. Il avait alors 15 ans. Cette année était la 1" du nengo ^ Boun 
tsioa (Yuan tchoung) de l'empire du Sud. 




DES EMPEREURS DU JAPON. 311 
Le 5' mois de la 6* année (1375) , Foso kawa-no Ousi farou rassembla son 
armée à Amaga saki (Ni khi), pour attaquer l'empire du Sud. 

Le 6 e mois , deux prêtres nommés Tsioa yu (Tchoung yeou ) et Mou its ( Wou 
y ) arrivèrent comme ambassadeurs de Fempire de Taï ming , ou de la Chine, 
à Tsin saï fou, et partirent pour Miyako. Ils y furent logés dans le palais de 
Saga. Ils se plaignirent de ce que déjà trois ambassadeurs chinois , ayant dé- 
barqué dans le Tsoukouzi 9 avaient été empêchés par Ki koutsi Take musa de 
se rendre à la cour, et forcés de repartir sans avoir rempli leur mission. 
Voilà ce qui avait engagé l'empereur de la Chine k envoyer cette nouvelle 
légation. Yosi mitsou fut très-surpris de cette affaire. 

Le 8 e mois , le Daïri du Sud résigna en faveur de son frère cadet Firo nari o 
(Hi tchhing wang). Yosi no ayant été pris, les débris des troupes du Sud 
campées à Ama no, dans la province de Kawatsi , attaquèrent larmée de Mi- 
yako pendant la nuit. Dans le même mois, Sasaki Mitsi yo mourut. 

Le 11 e mois, Yosi mitsou obtint le second rang de la quatrième classe. 11 
fut aussi nommé Sanghi et général moyen de la gauche ; Oasi mitsou, de Kama 
koura, devint Sama-no kami, ou chef de l'aile gauche ae la cavalerie. 

Le 12 e mois, Yosi mitsou résolut d'attaquer avec Yori uki le Kionziou. On fit 
venir de Kama koura le Ouye souke dansio Tomo fousa pour garder Miyako. 
Niki Yosi naga fut chargé de marcher contre Kita fatake, de la province de 
Ize; Yama na Oasi kiyo, contre les parens et les alliés de fVada et de Komounoki, 
qui avaient pris le parti du Dain du Sud ; Takeda et Ogasa warn, sur Kana ya 
( Kin koù ) , dans le Iyo. On rassembla pour cette entreprise un grand nombre 
de troupes dans plusieurs provinces , et le recrutement s'effectua depuis la 
province dldzou à l'est jusqu'à celle de Yetsingo au nord. 

Le 1 er mois de la 7 e année (1374), rancien Daïri Go Kwô gon in mourut 
âgé de 73 ans. 

Le 3 e mois , Yosi mitsou et Yori uki se mirent en marche avec une armée de 
cent mille hommes pour conquérir le Tsoukouzi , et pour mettre Ki koatsi à 
mort; ils étaient accompagnés de plusieurs grands , parmi lesquels on comp- 
tait Yosi masa, Fatake yama Yosifouka, Niki, Ima gawa Doki , et les membres 
de la famille de Sasaki ; tous ensemble au nombre de trente-neuf : Yama na 
Moro ousi et Akamats commandaient !,a vaut-garde. 

Le 4* mois, Yosi mitsou arriva dans le Aki. Son atant-garde se battit contre 
Ai kontsi dans h province de Nagato ; Yama na et Akamats furent défaits ; 
mais Foso kawa Yosi nh , prince de Sanouki , arrivant du Sikokf avec ses 
troupes, Ki koutsi fut vaincu , et s'eniuit avec le Siozei Seogoun vers le Tsou- 



312 ANNALES 

kouzi , où il campa avec son armée à Zaîfou. Ses alliés Simatson et Itô deman- 
dèrent grâce, et prirent parti contre Ki koutsi. Dès<jue Fara daAki tsouki et 
toute l'armée du Kiouziou se furent disposés à l'attaquer, Ki koutsi se retira 
sur le mont Ko râ san (Kao liang chan) 9 dans le Tsikoungo, où il dressa son 
camp : Yosi mitsou arriva à Zaîfou ; Foso kawa , Yama na et Akamats se bat- 
tirent plusieurs lois contre Ki Koutsi. 

Le 9 e mois , celui-ci demanda grâce et promit de se rendre ; layant obte- 
nue, il retourna dans la province de Figo. 

Yosi mitsou donna à Itô la province de Fiouga, à Odomo celle deBoungo^et 
à woutsi-no Yosi jiro les provinces de Nagato et de Bouzen, en récompense de 
l'assistance qu'ils lui avaient prêtée dans cette guerre. 

Le 1 e mois , Yosi mitsou revint à Miyako. 

Le 量 1* mois, Ouye souke Tomofousa retourna à Kama koura. Depuis ce temps, 
la renommée de Yosi mitsou s*accrut rapidement , et après qu'il eut fait la 
conquête des pays mendionaux , les troupes de plusieurs provinces se ran- 
gèrent sous ses ordres. 

Le 1 2 e mois , on célébra la grande fête du Dain , qui depuis plusieurs 
années avait été suspendue à cause des guerres continuelles. On fit venir le 
Sin bok du temple de Kasouga. 

Le 5 e mois de la 1 M année du nengo Yeï (量; >75), Yosi mitsou alla au 
temple d'Iwasi midzou et y fit ses prières; il y offîit un sabre 9 des chevaux 
de race et de l'or en paillettes. 

Le 4 e mois, il entra pour la première tois dans le daîri. 

Le 8 e mois, il réunit à sa cour une assemblée de poètes , oui y compo- 
sèrent des chansons japonaises. 

Le même mois , Yama na Reo zioun , gouverneur militaire de Kiouziou , fit 
tuer Fouyou souke, qui avait rintention de se révolter. 

Le 11 e mois, le Daïri célébra la fête Daï zioa je. 

Le même mois, Yosi mitsou fut élevé au second rang de la troisième classe. 

Le 12 e mois, fimo^no Mora naga Kwanbak et Saaaisin fut congédié ; le 
JMOusio-no Oudaism Tada moto le remplaça dans ces deux emplois ; le Daina- 
gon Moto tsougou devint Oudaîsin , et le Konoye-no Daïnagon Kane tsougou Na- 
daïsin. Moro tsougou était le frère cadet de Moro naga. 

A cette époque , Nmo-no Yosi moto, Kioasio^no Tsoune nori, Konoye-no Mitsi 
tsoagou, Takats kasa-no Fouyou mitsi et Nisio-no Moro naga furent déposés de 

leurs emplois. Cette année est la l 1 * année du nengo ォ 矢;^ Ten ziou (Thian 
theou) de l'empire du Sud. 



DES EMPEREURS DU JAPON. 315 
Le 1" mois delà 2 e année (1576), les prêtres Zets kaï et Zio rin revinrent 
de la Chine; ils y avaient été envoyés pour complimenter l'empereur Taï so 
kwâ te (Taï tsou houang ti) de la dynastie de Taï ming. Ce monarque les avait 
interrogés sur l'histoire de 猫徐 Zio fouk (voyez page 5). Zets kaî lui pré- 
senta à cette occasion une pièce de vers. L'empereur lui donna en récom- 
pense un dragon qu,ii avait peint lui-même. 

Le 7 e mois , Ara kawa fut envoyé comme gouverneur dans la province de 
Iwami. Nao to fit sa soumission à cette époque, et obtint son pardon de Yosi 
mitsou , qui l'envoya dans Hwami. 

La 3 e année (1377), un ambassadeur de la Corée 群 ネぉ , nommé Teï^no 
bd siou (Tchhing moung tcheou) , débarqua dans le Tsoukouzi pour compli- 
menter Ima gawa Reo zioun ; il retourna ensuite dans son pays. 

Le 3 e mois de la IC année (1378), Yosi mitsou fit une grande chasse. 
Dans le même mois , il alla habiter le nouveau palais dans la rue Monro matsi 
(Chë ting) , et fut nommé Daïnagon, 

Le IC mois, Oaye sonke Yosi non mourut à Kama koura. Son frère cadet 
Norifarou lui succéda. 

Le 8 e mois, le Kwanbak Tada moto Sadaisin reçut sa démission ; Nisio-no 
Moro tsougoa fut nommé Sadaism , Konoye-no Kane tsougoa Oudaîsin , et llmade 
gawa saki-no Daïnagon Foasiwara-no Kin nao Nadaïsin : Yosi mitsou fut créé 
Ouko-no ye daisio. 

Le 11 e mois , le Fasi moto Minboa, l'un des généraux de Fempire du Sud, as- 
sembla ses troupes dans le Kiziou, et attaqua Foso kawa Ousifarou; aussitôt 
Foso kawa Yori moto , Yama na Yosi mari, le prince de Moûts Ousi kiyo, Isido 
et Akamats furent envoyés de Miyako au secours di Ousifarou; mais Minbou 
ayant été défait, on n eut pas besoin d'eux, et ils vinrent à Miyako. 

Le 12 e mois, Yosi mitsou îat avancé au second rang de la deuîième classe. 
Les troupes de Fempire du Sud s'assemblèrent de nouveau pour effectuer une 
invasion. Yosi mitsou lui-même marcha sur Tô si (Toung szu) ; Yama na Yosi 
mari et Ousi kiyo y furent envoyés pour défendre cette place , et pour chasser 
Tennemi. 

Le 1 er mois de la 1** année du nengo K6 rek (1379), ils firent évacuer à 
rennemi le Kiziou, et prirent les châteaux Tsoutsi marou (Thou houan) et 
You jasa ka-no siro (Yang thsian tchhing). 

Le 2 e mois, le Sama-no kami Ousi mitsou , Scogoun à Kama koura, forma le 
projet de se rendre maître de Miyako. Ouye sonke Norifarou tâcha en vain de 
l'en dissuader. 

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3U ANNALES 

Dans le même mois, les prêtres de Nanto mandèrent à Miyako que Toïisi 
tramait de mauvais desseins dans le Yamato ; Yasi masa, Tomi kasi et Akamats 
furent, par conséquent , dépêchés avec les troupes des provinces de Oomi 
et de Mino pour le punir ; mais une révolte générale ayant éclaté dans la 
ville de Miyako Y ils reçurent contre-ordre. Les troupes de Yosi masa et de 
Doki ayant déserté en route , Yosi masa revint de l'Oomi à Miyako. Le Doki daï 
zen-no daïyou conçut également le projet de se révolter , et Yosi mitsou envoya 
alors dans les différentes provinces l'ordre de le saisir et de le mettre à mort. 

Le 5 e mois, Yosi mitsou , ayant été instruit du projet hostile du Seogoun 
de Kama Koura, expédia a Non farou une lettre par laquelle il lui enjoignait 
de détourner son maître de ce dessein , afin que la paix de l'empire ne fut pas 
troublée. Nori farou n'y ayant pas réussi , malgré ses vives instances, se coupa 
le ventre. Ousi mitsou, frappé de sa mort, le regretta beaucoup et abandonna 
son plan. Nori kata, prince d,Awa, le plus jeune des frères de Nori farou , lui 
succéda dans radministration de Kama koura. 

Le même mois, Yosi mitsou accorda le pardon à Daki daï zen-no daïyou. 
L'envoyé que celui-ci avait expédié à Miyako fut attaq