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NOTICE
SUR
LE LIVRE DE BARLAAM ET JOASAPH.
PARIS.
MAISONNEUVE FRÈRES ET GH. LECLERC,
ÉDITEURS,
QUAI VOLTAIRE, 25.
NOTICE
SUR
LE LIVRE DE RARLAAM ET JOASAPH,
ACCOMPAGNEE
D'EXTRAITS DU TEXTE GREC
ET DES VERSIONS ARABE ET ÉTHIOPIENNE,
PAR
H. ZOTENBERG.
PARIS.
IMPRIMERIE NATIONALE.
M DCCC LXXXVl.
TIRÉ DES NOTICES ET EXTRAITS DES MANUSCRITS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, ETC.
TOME XXVIII, !'■*' PARTIE.
A MON AMI
PAUL MEYEH.
NOTICE
SUR
LE LIVRE DE BARLAAM ET JOASAPH.
Le livre de Barlaam et Joasaph occupe une si grande place dans
l'histoire littéraire; il a joui, au moyen âge, en Orient comme en
Occident, d'une célébrité si universelle; sa haute valeur esthétique,
quel que soit le cadre qu'il ait revêtu dans le cours des siècles et
chez les différentes races, est toujours si généralement reconnue,
qu'il peut paraître opportun de soumettre à un nouvel examen la
question de savoir à quelle époque et dans quel milieu ce livre a été
composé. Aujourd'hui, où l'on sait que la tendance mystique et ascé-
tique du roman chrétien a une affinité étroite avec les principes du
bouddhisme indien, et que l'histoire édifiante du héros n'est elle-
même qu'une transformation de la légende sacrée du Bouddha-Çakya-
mouni, le problème littéraire touchant l'auteur de cet ouvrage a
acquis une importance que ne pouvaient soupçonner les savants qui
nous ont précédés.
Dans fédition qu'en i86/i nous avons donnée, mon ami, M. Paul
Meyer et moi, de l'une des versions françaises du roman de Barlaam
et Joasaph, nous nous étions bornés à faire observer que l'ouvrage
avait été composé probablement en Egypte et qu'il était antérieur à
la naissance de l'islamisme. Ces conclusions avaient été adoptées par
plusieurs savants, notamment par M. Littré^ Elles ont été récem-
^ Journal des Savants, i865, p. SSy; — Etudes sur les barbares et le moyen âge (Paris,
1867), p. 327 et suiv.
1
IHPniMEItlE NilTIOKAlE.
ment contestées par M. Max Mûller ^ En examinant avec l'altenlion
qu'ils méritent les arguments du savant professeur d'Oxford, et en
abordant la question de plus près, je crois être parvenu à la rap-
procher de sa solution. Je montrerai dans les pages suivantes que
l'opinion déjà ancienne, d'après laquelle le livre de Barlaara et Joa-
saph serait l'œuvre de saint Jean Damascène, qui vivait au viii*' siècle,
repose sur la conjecture gratuite de l'auteur de la première version
latine et sur d'autres hypothèses déduites, elles aussi, de certains
faits inexactement observés. J'apporterai des preuves établissant que
le texte grec du livre est, non une traduction, comme quelques sa-
vants ont cru pouvoir l'affirmer ^, mais le texte original. Je produirai
enfin les raisons qui me paraissent à peu près décisives et qui doivent
faire admettre que ce texte a été rédigé en Syrie, dans la première
moitié du vii^ siècle, qu'il renferme les traces des controverses reli-
gieuses de l'époque, et qu'il a été la source de toutes les traductions
et imitations connues.
En discutant les questions que je viens d'indiquer, je laisserai de
côté tout ce qui touche à l'origine et à l'histoire des apologues con-
tenus dans l'ouvrage. Une telle recherche me paraît prématurée
aussi longtemps que nous ne posséderons pas les documents de la
littérature bouddhique qui doivent en former la base et qu'un savant
indianiste anglais, M. Rhys Davids', promet d'ailleurs de publier dans
un avenir prochain. Mais, comme la rédaction grecque de ces contes
est elle-même le point de départ de toute étude sérieuse de leurs
transformations successives, j'ai cru utile d'en donner le texte, colla-
tionné sur plusieurs manuscrits de la Bibliothèque nationale. L'édi-
tion de Boissonade * n'avait été constituée que d'après deux ma-
' M. Mûller, Selected Essays (London, ^ Voy. Baddhist birth slories or Jâtaka
1881), t. I, p. 533 et 8uiv. taies, tome I, Introduction, p. xxxvn.
* Motamment M. G. Pari», dans un ar- * Anecdota greeca, t. IV, Paris, iSSa,
licle inséré dans la Revue de l'instriution p. 1 à 365.
publique, année i865.
-^{ 3 )<^
nuscrits. Le choix de variantes publié par A. Schubert, dans les
Jahrbâcher der Literatur de Vienne \ ne renferme guère de leçons réelle-
ment importantes. J'en ai tenu compte cependant et j'ai fait figtuer
quelques-unes de ces variantes à côté des leçons de nos manuscrits.
Les extraits de l'ancienne version arabe et de la version éthiopienne
que l'on trouvera à la suite des textes grecs, seront, je l'espère, éga-
lement les bienvenus pour tous ceux qu'intéresse l'histoire si cu-
rieuse du livre de Barlaam et Joasaph. Je dis de Vancienne version
arabe. Je me suis proposé, en effet, de faire connaître par quelques
spécimens, non la traduction corrigée et remaniée que nous offrent
certaines copies , mais la paraphrase littérale du premier traducteur
avec toutes ses erreurs et ses incorrections de langage. Le lecteur ne
s'étonnera donc pas de trouver, dans les variantes placées au bas des
pages , des leçons souvent préférables aux expressions qui ligm^ent dans
le texte.
Le texte grec du livre de Barlaam et Joasaph se trouve représenté,
dans nos bibliothèques, par un grand nombre de manuscrits. La Bi-
bliothèque nationale en possède vingt ^. Six exemplaires sont con-
servés dans la Bibliothèque impériale de Vienne^, quatre dans la Bi-
* Jahrbâcher der Literatur, t. LXIII,
p, 44 et suiv. , t, LXXII, p. 374. et suiv. ,
et t. LXXIII, p. 176 et suiv.
* Mss. du fonds grec go3 (du xi° siècle) ,
904 et 906 (du xii° siècle), 906 (du
xiif siècle), 907 (du xiv' siècle), 908,
1095 et 1125 (du xvi' siècle), 1126 (du
xiii" siècle), 1127, 1128 et 1129 (du
xiv° siècle), ii3o, ii3i et ii32 (du
xiii'-xiv* siècle), 11 63 (du xiv' siècle),
1706 (du xvi° siècle), 1771 (du xv' siècle);
ms. du fonds Coislin 3o8 (du xiv" siècle);
ms. du supplément 769 (du xii" siècle).
* Voyez Lambecius, Comment, de Au-
gustiss. Biblioth. Cœsar. Vindohoncnsi , éd.
de Kollar, lib. IV, col. 2 54, cod. CXLV
( « membran. pervetustus » ) ; lib. VIII ,
col. 6x4 et seq. , cod. historicus XXI
(« membran. pervetuslus ») ; ibid. col. 623,
cod. histor. XXII (a chartaceus antiquus ») ;
ibid. cod, bistor. XXIII (ocbartac. medio-
criter antiquus»); ibid. cod. historicus
XXIV (« char lac. antiquus ») ; ibid. col. 62 5,
cod. historicus XXV du xii° siècle). —
Comparez Jahrbâcher der Literatur, t. LXIII,
Vienne, 18 33, p. 52 et suiv.
bllolhèque royale de Munich', dix dans différenles bibliothèques
d'Oxford-. Des manuscrits isolés existent au Musée britannique', dans
les bibliothèques d'Heidelbe^g^ de Rome^, de l'abbaye de Grotta
Ferrata*^, de Florence"', de Venise \ de Turin ^, de Madrid '^ de l'Escu-
riaP\ de Moscou''^, dans la bibliothèque patriarcale du Caire'', au
* Voy. Ign. Hardt, Catal. cod. manuscr.
Biblioth. reg. Bavar. , 1. 1 , p. 2 1 5 , cod. XLI
(du XVI* siècle); t. II, p. io3 et aSo,
cod. CXXXVIII et CLXXXVIII (du
XVI' siècle); t. V, p. 168, cod. CGCCXCVI
(du xi" siècle).
* Voy. H. 0. Coxe , Catal. cod. manuscr.
Bihlioth. Bodl, pars I, p. 3o, cod. Ba-
rocc. XXI (du xii' siècle); ibid. p. 5^8,
cod. Laud. LXVI (du xiii* siècle) et cod.
Laud. LXVn (du xii° siècle); pars II,
cod. Clark. XLIV; pars III, p. 4 et 85,
cod. Canonic. II, III et LXXXIX (du
xvi' et du xvii* siècle). — Catal. cod. ma-
nuscr. qui in collegiis aulisque Oxonicns.
hodie adservantur, cod. Lincoln. XXI (du
XVI* siècle) et cod. graec. Colleg. B. Maria;
Magdalenœ (du xi* siècle). — Plus un ma-
nuscrit au collège de Corpus Christi (voyez
Fabricius, Bibliotheca gr., éd. de Harles,
t. VIII, p. i/i5).
' Ms. du fonds de Harley n" 56 1 9 ( voyez
Catal. of the Harleian manuscripts, t. III,
p. 281). D'après le catalogue, ce ms. serait
du XV* siècle. J'ai pu m'assurer, en exa-
minant le volume, lors d'un récent séjour
à Londres , qu'il est du xvi* siècle.
* Voy. Sylburg, dans Mieg, Monumenla
pietatis et littcraria, p. 32, cod. 59; p. 57,
cod. 201; p. ii5, cod. 368.
* Voy. Montfaucon, Biblioth. Biblio-
ihecar., 1. 1, p. 34, cod. 932 de la collec-
tion de la reine de Suède.
* Voy. D. Ant. Rocclii, Codices Cryp-
tenses seu Abbatiee Cryplœ Ferralœ in Tiiscu-
lano (Tuscul. , i883), p. i54. Le ms.
décrit dans ce catalogue serait du x* siècle.
' Voy. Montfaucon, Di'trium ilalicam,
p. 365; Biblioth. Bibliothecar. , t. I, p. 4i4
(ms. du XI* siècle à l'abbaye des Bénédictins).
* Voy. Montfaucon , Bibl. Bibliothecar. ,
t. I, p. 478; — Mittarelli, Biblioth. cod.
manuscr. monast. S. Michaelis Vcnet. ,
col. 107; — Mingarelii, Grœci codices ma-
nuscr. apud Nanianos asservati, p. 3 18,
cod. 137, et p. 343.
' Voy. Pasini, Cod. manuscr. Biblioth.
regiee Taurin. Athenœi, p. 3o2 et 394
(mss. du XII* siècle).
'" D'après les notes inédites de feu Cli.
Graux qui, en 1878, avait examiné les
mss. grecs de différentes bibliothèques
d'Espagne. Un ms. de Barlaam cl Joasapli
coté VII. G. 4, est conservé dans la Bi-
bliothèque du Palais royal, et un autre
(Cax. i63, num. 8, cod. XXVI), dans
l'Archlvo historico nacional. L'un et
l'autre sont du xvj* siècle.
" Voy. Miller, Catal. des mss. grecs de
l'Escurial, p. 167 (ms, du xiv* siècle) et
391 (ms. du XVI* siècle).
'* Voy. Matthaei, Accurfita Cod. Grœc.
mss. Bibliothecar. Mosguensium sancliss.
synodi notitia, p; i53, cod. CCXXXIII (du
XI* siècle) et cod. CCXXXIV (du xii* ou
du XIII* siècle).
" Voy. H. 0. Coxe, Report to Her Ma-
jesty's Government on the greek manuscripts
xet remaining in libraries of the Levant
(London i858),p. i3 (ms. du xiv* siècle).
couvent de Saint-Saba, près de Jérusalem^ et au couvent d'Ivéron
du mont Athos^.
Les plus anciens de ces manuscrits, ceux du xi% du xii% du xiii%
du xiv*^ et du xv*^ siècle, à l'exception de deux exemplaires dont nous
parlerons plus loin, et à part quelques légères variantes, portent tous
le titre suivant : Ic/lopicc ■^vyw'^ekyi'S èx Trjs èvSoTépcts rœv klBiO'KWV
■/wpas, Tïjs IvSœv \sy lièvres , 'uspos tvv àyiav zsoXtv ^stsv£)(6£T(tci, êicc
Iwàvrou \KovcL'/pv, OLvSpos Tifxiov xccl èvoLpsTOV [xavï}? Tov àyiov Sàéa.
Ce titre, dans quelques copies, est complété par les mots èv ri à ^ios
BapXaàfA xai IwàcraCp rwv doiSifiwv xccl ficcxccpicôv ^.
Dans le ms. i i63 de la Bibliothèque nationale daté de Tan i348
de J.-C, le nom de Saba est orthographié cràua. Cette forme incor-
recte a donné naissance à un autre malentendu ; car quelques copistes
ont changé ce nom en crtm. Telle est la leçon que présente, au lieu de
cràé'a, le titre, d'ailleurs conforme à celui qui est transcrit ci-dessus,
des deux manuscrits 1126 et 1 706 de la Bibliothèque nationale, l'un
et l'autre du xvi*^ siècle. D'autres manuscrits du xvi" siècle, le ms. 908
de la Bibliothèque nationale, les mss. 1 38 et 188 de la Bibliothèque
royale* de Munich, les deux mss. de Madrid, et le codex Canoni-
' Coxe, /. c, p. 38 (ms. du xi° siècle).
* Voy. Bibliothèque de l'Ecole des
Chartes, 1866, 6° série, t. II, p. 3i3 et
suiv. (article de M. Paul Meyer).
' Le révérend H. 0. Coxe , dans sa no-
lice du ms. n" IV du collège de S'°-Marie-
Madeleine daté de l'an io6i!i, en repro-
duit le litre ainsi : ïalopia ^pup^dX^sAws èx
TYJs èvhoTépas rùv AidiàiTCiov yiopas tûv
IrS&Jr Xeyo{JLévï}5 (iSTevex^GeTcra -crpos rrjv
àylcLV tsàXiv 8«à {waaàÇ) àvtpbs âyiov xal
èvapérov tîjs p.ovrj5 rov âylov (jâ€Sat. Dans
ce titre, le nom de îwatra^, au lieu de
ibjivvov, s'il n'est pas le résultat d'une
faute de lecture, ne peut être qu'une
erreur du scribe. Il est à regretter que
le même savant, en tenant entre ses
mains, au couvent de Saint-Saba, l'exem-
plaire du livre de Barlaam et Joasaph
qu'il mentionne dans son Rapport au
Gouvernement anglais [Report ta lier Ma-
jesty's Government, p. i3), ne l'ait pas
examiné de plus près; car le' titre qu'il
attribue à l'ouvrage ( Vita Barîaami et Jo-
saphat Johanni Damasceno fera tributa, pic-
turis optime ornata membr. in-U, sec. XI)
est évidemment de sa propre rédaction.
Nous n'avons pas, non plus, de rensei-
gnements sur le ms. de l'abbaye des Bé-
nédictins de Florence mentionné par
Montfaucon [Diarium italicum, p. 365, et
Bibliotheca Bibliothecarum , t. I, p. ^11 à)-
Le ms. de Grotta Ferrata est mutilé au
commencement.
cianus 89 de la Bibliothèque Bodléienne, présentent une altération
qui s'éloigne encore davantage de la leçon primitive : au lieu de crivà,
on lit (TivoLÏ'TOV ou (TVvcL'i'Toxj. Le dernier de ces six exemplaires se
distingue, en outre, de tous les manuscrits connus par une variante
singulière : les mots Siol Iwdvvov fxovax,ou xtX. sont remplacés par
ceux-ci : Stà, îwàvvov àp-)(^ie77iax6TTOV dvSpos Ti[i.lo\) xal èvoLpéjov [Lovijs
TOO àyloV (TltVOLÏ'TOV.
Dans un troisième groupe de manuscrits, tous de date récente,
on rencontre un titre différent : ïc/lopioL i\i\)'/w<peki)ç èx. tvs tÔûv Aî-
Ôioircôv x<^pa5 Trjs IvSwv 'keyo\x.évris dneXdovTwv [twv) Tifiicûv àvSpwv
zspos Tvv àyioLV 'uiokiv èv jy (lovri tov àyiov Sàé'é'a xai diroLyyetXoLVTwv
(TvyypaÇieida zsctpà, tov àyiov Iwâvvov tov LcL[m.(TX7)vov. Telle est la
leçon du ms. 907 de la Bibliothèque nationale, ms. du xiv* siècle,
dont le premier feuillet, ajouté après coup, est du xvi% ainsi que du
ms. 1 132, dont les premiers feuillets sont également du xvi*' siècle,
et du ms. du collège de Lincoln, à Oxford, daté de l'an 1 58^. Le ms.
du fonds Harley du British Muséum, un ms. de Munich, les ma-
nuscrits d'Heidelberg et d'autres donnent le même titre ou un titre
analogue. Un ms. moderne de la Bibliothèque Naniane de Venise
commence ainsi : ïa^opia ypv)(^M<psXrfs èx tïjs tmv èvSokoTépœv twv
aîdionwv x^poLs Trjs ivSwv xalov^iéws tspbs tïjv àyictv 'uiâXiv fisTevs^-
ÔeïcroL Siœ Iwolvvov ^ovoLypv tov SoLfjiaLcrxrjvov dvSpos Ttfxiov xcù èvctpéTOv
liovYJs TOV àytov crd^cc êirjyovpiévov tov ^iov ^apXaàii xolI iwâdCL'P ^
En réjsuraé, la plupart des manuscrits de date ancienne nous ap-
prennent que l'histoire de Barlaam et Joasaph a été apportée dans la
ville sainte, c'est-à-dire à Jérusalem, par un moine du couvent de
S*-Saba nommé Jean. Dans quelques copies modernes, ce personnage
est désigné comme « moine du couvent de Saint-Sinaï ou Saint-
Sinaïtès», et dans un petit nombre d'exemplaires du xvi" et du
' Voy. Mingarelli, Grœci codices manu de Barlaam et Joasaph en grec vulgaire,
scripti apud Nanianos, p. 343. — Le ma- par Pierre Casimatès, dont le codex Gano-
nuscrit i63 de la même bibliothèque [ihiil. nicianus a de la Bibliothèque Bodléienne,
p. 363) conlicnl une traduction du livre date de l'an i63a , paraît être la copie.
XYil*^ siècle, on lit que ce récit apporté par quelques hommes pieux,
de l'Inde à Jérusalem , au couvent de Saint-Saba , a été rédigé par saint
Jean Damascène.
Seuls deux manuscrits, l'un du xi*^ siècle, l'autre du xv^ le ms. 187
de la Bibliothèque Naniane de Venise, et le ms. 1771 de la Biblio-
thèque nationale, diffèrent par leur titre de tous les autres exemplaires.
Les premières lignes du ms. de la Bibliothèque Naniane, suivant
la description de Mingarelli, sont un peu effacées, mais il est facile
d'en compléter le texte (nous ajoutons les parties qui manquent entre
crochets), ainsi qu'il suit : [Ic/lopicc \pv')(^(A)](p£Xrj5 èx, tïJs êvSoTépCLS twv
ctiOioTTWv x^P^^ 'cspbs \yriv\ lepàv 'csohv fjL£Tei's;(0£t'cr[a] Siol imolvvov \kq-
voL'/ov (Jiovrjs Tov àyiov ad^^a [épfjiijvsvôéicyoL] è/no ttjs i^r'tpwv TSpbs rrjv
éXXdSoL y\ôô(j(jCLv vnkp evOviii^ov] dvSpos Tiyiîov kcu eùae^oxis tov XeyO'
llévOV 1^7} pos^.
Le ms. 1 77 1 de la Bibliothèque nationale, ms. du xv*^ siècle, porte
le titre suivant que je transcris littéralement avec toutes ses incor-
rections orthographiques : Aoyoi \f^vxoÇ>£)<V5 [i&xsvs'/BéicrcLi dno Tr}?
TMV èdvoTZMv èvSwTépccs x^pa? sis tïjv pMyiccioôv yijv • xctl fiSTOL^XrjQijcTCc
diTO Tijs Tcôv èOioirwv SiaXéxTOv èrri ttjv éXXvviScc yXwcroLv Tuiapd svOrj-
fjiiov TOV dyiOTdTOv [KovcLypv tov ij^vpos tov kolI ysywvoTOs xoLdrjyVTOv
Tïjs \t.e,ydXr)s Xd^pcLs tov dyiov ddoLVOLcriov tov dyiov œpovs.
Or le texte contenu dans ces deux exemplaires, qui aurait été tra-
duit en grec par un moine nommé Euthyme l'Ibère, n'est pas une
rédaction particulière, une traduction de seconde ou de troisième
dérivation, mais le même texte que celui de tous les autres manu-
scrits^.
' Mingarelli , /. c. , p. 3 1 8. de la notice du catalogue imprimé a corn
^ Pour le ms. de Venise, on peut en plètement méconnu le livre de Barlaam et
juger sur le spécimen publié par Minga- Joasaph. Il le décrit ainsi : «Sermones ad
relli. Quant au ms. de Paris qui contient informandos praeserlim idonei ex ^thlo
plusieurs ouvrages, entre autres la chro- pica lingua in graecam vulgarem conversi
nique de Constantin Manassès, l'auteur ab Eutbymio laurae beali Atbanasii ad
Euthyme, ou saint Eutliyme Tibère est un personnage célèbre
dans l'histoire ecclésiastique et littéraire de la Géorgie. Second abbé
du couvent ibérien du mont Athos\ il a traduit en géorgien un
grand nombre d'ouvrages, notamment la Bible-. On raconte qu'il
avait été envoyé dans son enfance, comme otage, à Constantinople,
qu'il avait à peu près oublié sa langue maternelle et qu'il ne retrouva
l'usage de l'idiome géorgien qu'à la suite d'un miracle. Voici, à ce
sujet, un récit inséré par Timothée Gascliwili dans son ouvrage appelé
la Visite : « En lisant les anciens livres, dit l'auteur géorgien, j'ai vu
que le saint père Ewthym Géorgien, étant malade dans son lit, la
reine, mère de Dieu, se montra et lui dit : Quels sont tes chagrins,
ô Ewthym.^ — Sainte reine, répondit-il, je suis gravement malade.
Puis la Vierge, lui parlant en langue géorgienne, lui dit : Lève-toi et
parle-moi en géorgien; car tu seras guéri et sortiras de ce lit de dou-
leur. Ewthym se leva, et bien qu'il eût oublié la langue géorgienne,
il parla si longuement et avec tant d'éloquence en cet idiome, qu'il
laissa Homère bien loin, pour la beauté du style. Alors il expliqua
les mots géorgiens et se mit à traduire plusieurs livres^. »
sanctum montera Praefecto. » Est-ce l'or-
thographe incorrecte du texte que l'auteur
de cette note aurait appelée grec vulgaire ?
* D'après la tradition géorgienne, ce
couvent aurait été fondé, en 976, par le
général géorgien Thornic. Il y a là une
erreur, que nous sommes à même de rec-
tifier. La fondation du couvent remonte
au commencement du x* siècle , ainsi qu'en
témoigne une chrysobulle de l'empereur
Constantin VI Porphyrogénète datée de
l'an 968 (voyez Langlois, Le mont Aihos,
p. 36). Thornic ne fut que le restaurateur
du couvent d'Ivéron (voy. loannis Com-
neni Descr. montis Atho, dans Montfaucon ,
Paleeogr. grœca, p. AyS).
* Voyez Brosset, Histoire de la Géorgie
(trad.), t. I, p. 3oo et 3o5. On conserve
encore aujourd'hui, au couvent d'Ivéron
du mont Athos, cette traduction avec
d'autres mss. géorgiens (voy. Journal
asiatique, 6* série, t. IX, p. 333 et suiv.).
Cependant il existait probablement une
traduction plus ancienne de la Bible ou
d'une partie de la Bible, en langue géor-
gienne, sur laquelle nous n'avons que
des renseignements incertains. Euthyme
l'Ibère est mort en 1026 de J.-C. (voy.
Martinov, Annus ecclesiaslicus grœcoslavi-
cus, dans Acta sanctor., Oci. t. XI, p. i65).
^ Brosset, /. c. Additions et Eclaircisse-
ments, p. 19a. — Comparez Bulletin scien-
tifique de l'Académie de Saint-Pétersbourg ,
t. IX , p. 3o5 et suiv. ; — Compte rendu
de l'Académie de Saint-Pétersbourg , année
1837, p. i33.
Le récit qu'on vient de lire nous montre que les commence-
ments de la littérature géorgienne, qui d'ailleurs n'a jamais atteint
un haut degré de développement et qui se compose, en grande
partie, de traductions, ne datent que de la seconde moitié du
x*^ siècle, et cette donnée est entièrement d'accord avec ce que nous
savons des destinées du peuple géorgien dans les premiers siècles
de notre ère.
Il paraît donc a priori invraisemblable qu'un ouvrage d'une forme
si achevée, à la fois si profond et si éloquent, comme le livre de Bar-
laam et Joasaph, ait été composé primitivement en un idiome encore
inculte. Mais il est une preuve positive de l'impossibilité d'une telle
origine. Les innombrables citations de la Bible et des Pères de l'Eglise
qu'il renferme sont reproduites littéralement d'après le texte grec de
ces livres. Peut-on supposer qu'un traducteur ait cherché, dans les
textes originaux, toutes les phrases, tous les mots, toutes les allusions
(car un grand nombre de passages forment une sorte de mosaïque,
composée de locutions tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament) ,
au lieu de les traduire avec le reste du discours.^^ Une telle hypothèse
serait tout au plus admissible, s'il s'agissait de citations bien distinctes
du contexte. Mais le doute n'est plus permis, lorsque, à côté de ces
passages, on trouve des étymologies grecques telles que celles-ci :
xcù el olùtyIs ty}? èjvfxoXoyîas • 'uspooLipsiov yàp èc/li t6 hspov TSpo
Tou eTépov OLlpsTov (p. i3i de l'édition de Boissonade), et l'étymo-
logie de k6(tijlos (p. 2 4i)-
En conséquence, le texte grec du livre de Barlaam et Joasaph
étant certainement la rédaction originale, la phrase qui se trouve
jointe au titre du manuscrit de Venise, loin d'être contemporaine du
livre, ou d'avoir l'autorité d'une tradition sérieuse, doit être con-
sidérée comme une assertion gratuite du scribe, ou plutôt comme
une supercherie naïve de quelque moine géorgien du couvent d'Ivéron,
d'où le manuscrit aura été apporté. En effet, certaines locutions de
cette phrase trahissent assez clairement l'étranger illettré ; car même au
x*= siècle, un homme de langue grecque n'aurait pas employé des ex-
pressions aussi incorrectes, comme [épfivvevOeïcroL) octto Trjs iërfowv
TSpos Ttjv èXXdSa -ykwfTcrav virep . . . Aussi le copiste du ms. 1771 de
la Bibliothèque nationale a-t-il cherché à corriger ces barbarismes, en
même temps que l'erreur de fait, en changeant les mots oltto Trjs i^vpwv
TSpos Tvv èXXdSa yXwcrcTciv du ms. de Venise , en diro ttjs twv aiOiénwv
SioLké)CTOv èni Ttjv èX'kvviSa yXwcrcjcLv. Quoique, même sous cette
forme, le rôle attribué à Euthyme l'Ibère ne soit pas plus acceptable,
le titre du ms. de la Bibliothèque nationale, d'après les détails précis
qu'il donne sur ce personnage, paraîtrait plus rapproché de la source
première du renseignement, si, d'un autre côté, il n'était pas tout
à fait improbable que des formes correctes aient été changées, de
propos délibéré, en un langage incorrect. Quoi qu'il en soit de la prio-
rité de l'un ou de l'autre des deux titres, il est inutile de nous arrêter
en ce moment à démontrer ce qui ressortira de la discussion ulté-
rieure, à savoir que le livre de Barlaam et Joasapli n'a pu être ré-
digé ni par Euthyme, ni au x*^ siècle. Nous ne croyons pas que cette
attribution repose sur une donnée sérieuse. On peut l'expliquer en
supposant que les deux manuscrits, écrits au mont Athos, peut-être
même au couvent dlvéron, ont été copiés sur un exemplaire qui y
avait été apporté par Euthyme. En effet, sans parler du premier saint
Euthyme, qui était Arménien et le fondateur du couvent dont saint
Saba ne fut que le restaurateur, nous savons que les relations des Ar-
méniens et des Géorgiens avec la laure de Saint-Saba ont toujours été
fréquentes ^ Un écrivain géorgien, Georges Mtha-Tsmidel, mort en
1068, y avait longtemps séjourné; c'est là qu'il a complété la version
de la Bible d'Euthyme^. De plus, le livre de Barlaam et Joasaph paraît
avoir été en grand honneur au couvent d'Ivéron du mont Athos. Outre
l'exemplaire orné de peintures qui y existe encore aujourd'hui, les
' Voy. Cyrille de Scylhopolis , Vita * Voy. Brossct, lîfl/)por<5 iur a« wy«</c
S. Euthymii, dans Cotelier, Ecclesiœ grœcœ archéologique dans la Géorgie et dans CAr-
monumenta, t. II, p. 234; — VilaS. Sahee, ménie, Sainl-Pélcrsbourg iS^Q-iSSi, On-
ibid. t. II, p. 264; — Acla Sanctor. Mari. zième rapport, p. 26.
t. m, p. 232, et Append. p. iG.
--«.( 11 )<-»—
deux manuscrits de la Bibliothèque synodale de Moscou qui comptent
parmi les plus anciens en proviennent également \ et probablement
encore d'autres.
Nous avons vu plus haut que les copies qui indiquent comme au-
teur du livre de Barlaam et Joasaph un moine , Jean de Sinaï, n'ont pas
la valeur d'un témoignage plus solide que celui que nous venons d'é-
carter, et que la forme de crivoL (ou de orivoii'Trjs) n'est que la corruption
du mot crava, orthographe fautive de craé'a. Comme on ne connaît
pas de couvent de Saint-Sinaï ou de Saint-Sinaïtès , il est probable
que les scribes qui ont créé ces noms avaient voulu désigner saint
Jean Climaque, fauteur du Scala Paradisi, qui fut abbé d'un couvent
du mont Sinaï vers la fin du vi*^ siècle. Mais cette rubrique n'a été accep-
tée comme authentique que par un ou deux savants du xvii'' siècle^,
tandis que la tradition qui attribue l'ouvrage à saint Jean Damascène
a rencontré fassentiment plus général de la critique, voire des défen-
seurs convaincus. En effet, cette attribution n'est pas fondée seule-
ment sur le titre de quelques manuscrits modernes : elle remonte
plus haut et figure dans la plupart des anciennes versions, notam-
ment dans la première traduction latine. Néanmoins, en présence
de la diversité des titres, les écrivains qui, depuis le xvi*^ siècle,
se sont occupés du célèbre roman ascétique ont jugé nécessaire
d'appuyer le témoignage de la rubrique par des preuves tirées du
livre lui-même.
II
Voici en quels termes s'exprime fabbé Jacques de Billy, dans la
^ Voy. Matthael, l c, p. i53.
* Voy. Vossius , De histor. grœcis, lib. II ,
cap, XIX. — Mattli. Rader, Isagoge ad Seal.
Joannis Climaci, cap. i [Patrol. grœca,
t. LXXXVIII, col. 585 cl sulv.). — Deux
exemplaires de la version latine de l'ou-
vrage qui se trouvent dans la bibliothèque
de l'Académie de Leipzig sont désignés
dans le catalogue de Feller ( Catal. cod. viss.
bibliothecœ PauUianœ , p. 167 et i63)
avec le nom de saint Jean Climaque. Il y
aurait lieu de vérifier si cette attribution
a efl'cctivement pour elle l'autorité de ces
deux manuscrits.
— «.( 12 )
préface placée en tète de sa traduction latine du livre de Barlaam et
Joasapli : « . . .Nam ut omittam quodTrapezuntiusvir natione graecus,
et magni non inter suos tantum, sed etiam inter nostros nominis,
non allum quam Damascenum eius authorem protulit, primum ipsa
phrasis reliquis ipsius operibus quam simillima Damascenum au-
thorem testatur. Deinde ad eam opinionem confirmandam illud milii
magni momenti est, quod ut in libris De orihodoxa fide , ac reliquis
pêne omnibus, Damascenus multa e Basilio, Gregorio Nazianzeno,
aliisque eiusdem notae Patribus libenter corrogat, atque intègres
saepe uersos, imo etiam totas periodos al) ipsis mutuatur : eodem
modo in bac quoque historia multa in iisdem authoribus, suppresso
intérim nomine, produci animadverti, ac prœsertim ex Nazianzeno,
ut cap. 7, 8, 10, 11, i5, 17, 20, 24, ac plerisque aliis locis. Adde
quod non solum ab illis libenter mutuo sumit, sed etiam multa
quoque affert ex libris De orthodoxa fide ad uerbnm transcripta, ut
ea omnia quae cap. i5 de arbitrii libertate disputât. Quod quidem,
ut opinor, non tam aperte faceret, nisi tanquam suo iure iis, ut
suis, uteretur. Denique cap. 19 disputatio ea de Imaginibus, quaî
Damasceni œtate feruebat, in eadem sententia non parum me con-
firmât. »
Comme les arguments de l'abbé de Billy ont été souvent repro-
duits, et récemment encore par un savant d'une grande autorité \ il
convient de les examiner avec détail. Ils se résument en ces cinq
points : 1** Georges de Trébizonde, savant grec renommé, considérait
saint Jean Damascène comme l'auteur du livre de Barlaam et Joasaph.
2° Le style du livre de Barlaam et Joasaph est le même que celui des
écrits de saint Jean Damascène. 3° On rencontre dans le livre de Bar-
laam et Joasaph, comme dans les ouvrages de saint Jean Damascène,
de nombreux passages empruntés aux écrits des Pères de l'Eglise, par-
ticulièrement de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze. ii" Le
' Voy. Max Mûller, Selected Essays on langaage, mytkohgy and religion, London,
1881, t I, p. 533-534.
— y->{ 13 ).€4~-
livre de Barlaam et Joasaph contient beaucoup de passages littérale-
ment empruntés au traité de saint Jean Damascène De orlhodoxa jide ,
notamment le passage sur le libre arbitre, Ô** Le livre de Barlaam et
Joasaph renferme une dissertation sur le culte des Images, question
fort controversée du temps de saint Jean Damascène.
Nous pouvons négliger, je pense, le témoignage de Georges de
Trébizonde, à Tautorité duquel il suffirait, d'ailleurs, d'opposer,
ainsi qu'à celle même de l'abbé de Billy, une autre, plus grande en
tout ce qui touche à la critique des textes de saint Jean Damascène,
l'autorité du P. Lequien, qui avait exclu le livre de Barlaam et Joa-
saph de la série des écrits authentiques de Jean Damascène i. Peut-être
aussi serait-il permis (quand même je pourrais apporter à un tel
examen une entière compétence) de négliger l'affirmation vague et
dépourvue de preuves, relative au style de saint Jean Damascène,
d'autant plus que des comparaisons de cette nature ne réussissent pas,
généralement, à résoudre les problèmes littéraires. Voici cependant
un petit nombre d'observations, qui peuvent être placées en regard
de la thèse si absolue de l'abbé de Billy.
Le savant P. Lequien , l'éditeur des œuvres de saint Jean Damascène ,
résume son opinion sur le style de cet auteur en ces termes : « Auc-
toris nostri dictio, seu dicendi scribendive ratio, ubi dogmata fidei
edisserit, a ut tuetur, simplex est et perspicua. Totus est in re quam
agitvocibuspropriis et usitatis explicanda. Quamobrem in libro prae-
sertim Defide orlhodoxa, non tam suis, quam anteriorum se Ecclesiae
doctorum verbis identidem utilur. In orationibus vero ac homiliis
simplex quidem est, nec comptus admodum et laconicus, uti nec
ejus œtas et patria tune ferebant, Asiaticam vero eloquentiam non-
nihil redolet. In longissimas periodos quandoque effimditur, quarum
confertim congesta sibique succedentia membra acerrimum ardentis-
* Joannis Dainasceni Opéra cura et studio P. Mich. Lequien. Prœjatio (jeneralis, SS XII
et XXL
simumque ejus ingenium spirant, acceplisque ut plurimum e Scrip-
tura locutionibus atque sententiis constant ...»
Cette appréciation du style de saint Jean Damascène n'est pas, au
fond, très favorable. Il est, en effet, peu d'écrivains ecclésiastiques
dont la diction révèle, à un degré plus prononcé, la pensée orientale
dans un vêtement d'emprunt. Malgré les nombreuses citations que
lui fournit sa vaste lecture et qui font partie intégrante de son texte,
Jean Damascène n'a réussi que dans une certaine mesure k éviter
la monotonie produite par la construction uniforme des phrases et
leur coordination au moyen de la particule xai. Il paraît, d'ailleurs,
lui-même avoir eu conscience de son inhabileté dans l'art d'écrire,
s'il faut entendre à la lettre certain passage de l'Introduction à la Dia-
lectique qui ne semble pas être une simple captatio benevolentiœ.
Le livre de Barlaam et Joasaph, au point de vue de la diction l'un
des plus remarquables de toute la littérature ecclésiastique, se dis-
tingue, au contraire, par la parfaite correction du langage \ par
l'usage des nuances les plus délicates de la syntaxe, par l'ordonnance
savante des périodes, dont les membres sont logiquement subor-
donnés les uns aux autres, et surtout par la variété et la richesse
du vocabulaire. L'auteur, élevé à l'école de saint Jean Chrysostome
et de saint Grégoire de Nazianze, maître lui-même de toutes les
ressources de la rhétorique et du style élégant, n'emploie ni néolo-
gismes, ni constructions inusitées. C'est, peut-être, à son habileté
présumée ou déjà appréciée d'écrivain qu'il est fait allusion dans
certaine phrase de l'introduction, où il déclare vouloir éviter le
châtiment réservé au serviteur de la parabole qui avait enfoui le
talent à lui confié : oiXXws Sk xal tov è'nrjp'^VlJ'évov tc5 SovXm xivSvvov
v(^opù3iievos , 6s, Xaëojv TÀSOLpà tov SecnroTov to tcx,Xclvtov, sis yijv
' L'éditeur du livre de Barlaam et Joa- cipe èxS&xraî pour èxSoûs (p. aao). La
saph n'a relevé, dans tout l'ouvrage, que forme ^%éois (p. i lo), que l'on trouve dans
deux flexions irrégulières, la forme de la plusieurs mss. anciens pour ijhéai, peut
deuxième personne du présent b[LOio\taa.i être considérée comme une corruption
Jvoy. Roisson., p. 343 et ^79) et le parti- introduite parles copistes.
__<.,.( 15 )<,K-
èxeîvo xaTwpv^s kolI to SoOkv TSpos àpyoLcricuv expv\p£v d'KpayyidTSiiTOv,
è^vyrjcriv •^\j')(jM(pekrj îws èfxov koltclvtvctcktcilv ovScl^lws criwnrfCTOiicci ^
Comme particularités de son style on peut signaler une prédilec-
tion marquée pour la construction participiale et l'attraction du relatif;
pour l'emploi du génitif absolu, de ws [wt/le) avec l'infinitif, de s'X^stv
avec l'adverbe, de viïàp-)(Mv pour wv, et pour l'emploi du datif, soit
comme sujet du passif (aussi bien du parfait que d'autres temps), soit
en général du datif modal et instrumental, et notamment comme ré-
gime de l'adjectif: t<w xf;? sîSojXofxavias è^sXoiivsTO ^o(pw (p. 3 de
l'édition de Boissonade); — àfxapTta SovXovyisvov [ibid.); — toTs
oîxdois cnvXdy/yots èiiiKaiiÇideis [ibid.); — tj; rfXiKicç kolI rr} opàaei
wpOLiOTCLTOvs (p. 2o); — TovTot? TspTTOfjLSVOs (ibid.); — fiéyoLS ysvô-
[Ksvos 'nfkomw (p. 6); — tw tt/s dircideiciLS (pwTi KctTsXoLfjiTrpvvsv (p. 8);
— èveSo^OLcrdw irj tovtwv TSpoa-^^JCLvcrei (p. 44) ; — TtV* Xoyw (p. 2 9) ;
— TV^Xos ty} KCLp^icL (p. 37); — (poëspov TTf Bsicç (p. 1 1 2), ctc. Ce-
pendant, on trouve aussi l'accusatif comme régime de l'adjectif : tov
fikv ^iov èirieixvs, evasCrjs Se tïjv 'uiic/lw (p. 21); — (Jo(pQS tol B-étcc
(p. 36); — ëvdoDs yevo^evos tïjv "^vxrjv (p. 38), etc.
Quant à la variété du vocabulaire, on en trouve des exemples à
toutes les pages du livre. Pour exprimer le mot contrée, l'auteur em-
ploie tantôt "Xaywv (p. 4), tantôt Xii^is [ibid.), x^P^ (P- ^)' ^'p*°*
[ibid.), ïj Twv \vSwv [ ibid.), i) yrj (p. 1 8) , Ta xki[L(XTCL (p. 27),?) 'usokis
KCLl Y) X,^pOL (p. 2 1 et 2 7 ) , CtC.
Les moines et les anachorètes sont appelés Tœv [kov(X)(wv TJsXrjdrj
(p. 5 et 6), TO [iovaL-/}XQV Tccyixœ (p. 8 et 18), twî; yLOvax^ôv XoydSes
ou Toû pLOvccSixov (jyJiii.cLTOs "koydSes (p. 8), 01 fxovd^ovTes ou tc5v /xo-
vcclovTMv opyr} (p. 9), twv yiovciL^ovTMV TOLyfjiOL (p. 21), ot iJLOvoLXpi ou
01 fiovoLc/Jai (p. 27), etc.
Pour exprimer le sentiment de la colère, l'auteur dit : opyijs on
' Édition de Boissonade , p. 2 et suiv. formule a été employée aussi par Cyrille
Il est cependant plus probable que la com- de Scytliopolis , dans l'introduction à la
paraison s'applique au récit que l'auteur Vie de saint Saba -(Cotelier, Ecoles, gr.
croyait ne point devoir cacher. La même moniim. , t. III, p. 221).
TsXeia^V^ tskvpwBsU xcd tm B-vfjLÔJ vitepléacLs (p. 7) , B'vyLOfxa)(^wv (p. 8) .
è^exavôrj Tfj opyft et opyrjs smeTvXyjpwTO (p. 9 ) , èxtvsÎTO \jiïq toO
^\j^o\j (p. 17), àpyicrOeis (p. 1 8 et 28) , B-vfiov ùnepeirtfj.n'koLTO (p. 2 1),
yoLXsTTa.ivei)v xai opyi^oiÂSVos (ibid.), "kioLv èSv(T)(^épctv£ (p. 26), opyvs
vnspsnifin'koLTO (p. 26), èpylXœs olùtoïs èviSœv (ihid.), o^inoLTOL kivïj-
Oeis xai B-vixÔô àar^iTM KCLTaLkyj^Bels ôpyiXws clxjtw èXàXet kolI 'diKpœs
70VS oSovTOLS ë€pv)(^e (p. 2 1 A), etc.
Pour le verbe mépriser, on trouve, dans un petit nombre de pages,
les expressions TSCtp' oùSèv TiOévai (p. 6), Sicci^veiv (p. 7), 'koyilecjBcLi
eîs oùSkv (p. 10), xaTOL(ppovsTv (p. 11), ^pcf/yv 'usoisTcrOat \6yov Tivés
(p. G), etc.
Pour désigner le tribunal, l'auteur emploie tantôt jS^pux (p. 9),
tantôt SixoLc/lrjpiov (p. 10), tantôt crvvéSpiov (p. 1 1 et 17).
On lit, p. i56, SiOLXOviav ftov TSe-KOiv^oi,; p. 177, Skxkoviolv fxov ts-
xéXsxa; p. 33o, SiaKoviav /xov èiTXr}po(p6pvcroL; p. 355, SioLxoviav
'UiXrjpoT, etc.
Plus encore que par la variété du vocabulaire, l'ouvrage se dis-
tingue, dans les limites de la mesure et du bon goût, par son style
relevé, par des expressions d'un usage rare, imagées et parfois poé-
tiques, qui donnent au récit tout entier un caractère oratoire. Bois-
sonade, dans les notes qu'il a ajoutées au texte édité par lui, en a
relevé un certain nombre. En voici quelques autres : ai [LSiènsiTCL
yevea/(p. 2); èxSiccndoiJLOLi tous dOécrfxois twv TSpà^eœv (p. 3); eiSwXo-
yiavioL [ibid.); 01 yiv&loLi, les disciples (p. A) ou les élus (p. 1 ili); sis
vTïdpy^odv Tïjs SwSexccpiO^ov (pâXaLyyos twv ^lclByitwv toO Xpio^oû (p. 4.)
dyyeXofjiiixvTOs (p. 5); ànocfloXiKcus fieTOLTikoLaOévTes x^pai [ibid.)
(Tv^rjv Tp\j(pY} xal diroXcLvasi (p. 6); £X,^iv Siœ (ppovTiSos isoXkrjs (ibid.)
t6 tïjs dTSKvids xoLxov [ibid.); B-dvccTov Siyprjv (p. 7); î? èxeWev fiaxoc-
piérrjs [ibid.); èpœTixws £)(eiv 'uspés ti [ibid.); (jxoTO[i.y]vn (p. 8); oixo-
vofwa Q-eiOTepa [ibid.); yaipsiv eheiv [ibid.); S\>vaL(/ldcL, force armée
(p. 9); (Tvvoupeiv Xoyov TSpos tivol (p. 10); èx p^écrov 'usoteiv ou TJot-
eïcrôai (p. 10, 1 1^ 1 7); èVi xoiuSrj véos xjndpy^œv (p. 1 1); yevecrdcu tvs
Twv ovTùJv yXvxvTtjTOs [ibid.); v\i(Taeiv tïjv "^^xvv (p. 12); ô iiye(icûv
— ^i-».( 17 )<^^
voîJs [ibid.)', éavTov èXkoTpiov KCCTCcaKSvdleiv (p. it));^OLTloXoyiavSis^-
épye(jdai (p. 17); ws r/ x,^ip eviropsT Ttvi (p. 18); ecr7<ï^ iSeïv ou ^v
/^erf (p. 18 et 122); è^ èmXoyrjs clvSpss (p. 19); (piXoTsp^t^err (p. 20);
V TScippr^fTicL ets tivol (p. 21); rà 'cspoô'vcL (pépeiv (actif, ibid.); xccKoScct-
(lovloi (p. 27); XtfjLOÎJ zsapoLvdXMfjiOL yevécydcti [ibid.); toTs pevc/loîs
èTrlov(J-évoi [ibid.); yvœpifxov iiBévcLi (p. 29); èv pitot (p. 3 i et 1 i4);
èyxexofÂfxévoL 'XccXeTv (p. 33); jS/w xocryiovyievos (p. 36); tî;? iepw(j\jvvs
TSTeXsiMfjiévos tt} yjxpiTi [ibid.); ôp^jLœfxevos [ibid.); ovx i)(w Xéysiv
[ibid.); virwiTtccafÀOs (p. 4-i); (TaïKpoXoyia [ibid.); v B-ectvSpiKT} oiKO-
vofxioL (p. 61); V àyioL êéXTOs [ibid.); KOpv(pcuos tmv fjLCtdrjTÔôv ou twv
à-noalokwV (p. 78, 9G, 277); SplflVTOLTOL ^XoCTVpOVVTOL (p. 11 2); Ô
SiavXos, le cours de la vie (p. i i 3); è^épy^ecjdai tov crwfLOLTOs (p. 1 1 7);
iSpwTss TYfs dpsTTJs (p. 197 et 34o); (pddveiv t6 tol'xos (p. 20/i); |3ax-
TTjpicc TOV y7]pw5 (p. 207); èv TSOLŒYi TYf v(prjXi(jô (p. 223); Bsoloysiv
[ibid.); fxvc/laywyoi [\). 22^); Sdxpvcc 'aoTOLfiri^ov xoLTeSvov 01 ô(pdaX-
pLoi, et tïtpoç TOV Seov ^àxpvcL 'usoTCL^i-nSov twv o(p6aXfXùûv 'T;ipo)(^e6fJL£vos
(p. 282 , 324, 34A); To T»7? \ctX0LV1xri5 TSvpyo'KOiiaLS exyovov (p. 286);
èvBpQvil^iv èxxXyjaicLV (p. 307), etc.
Cetle liste, aussi bien que celle de Boissonade, pourrait se com-
pléter par un nombre d'exemples bien plus considérable; car plusieurs
parties du livre présentent, presque à toutes les pages, des expressions
du même genre.
Les mots 8-vpLos xcd rj èTïidvfxioL (p. 10), qui ont tant embarrassé
Boissonade, sont employés dans le sens défini par le pseudo-Denys
Aréopagite^
Le mot TSpMTOcrv^^ovXos (p. i36 et 2o3) qui, en dehors de notre
' De cœlcsti lùerarcliia , cap. il, S IV : ^ (TvvyjÔsicts èv toi'S à^XoKOTOts àxpar&Js
œÀA' sTri TMv voepœv été^w ipÔTrci) ^prf tô èyyivofiévtjv 'apocmâdeiav Kai Tr)v âXoyov
Q-vpixàv èvvorjaai, hrjXoiiv, (bs oTp.cii, t^v rrfs (ToouariKïîs opé^eccs èiriKpâreiav
àppevcûTrov avrcov XoyiôrrjTa xal tt/jv dp.ei- Otolv Ss ràs àvop.oiovs bp.oiàtrjtas toTs
ÀtxTOv éZiv èv "zaîs Q-sosihéffi xal àp.sxa^à- vospoTs 'Gsspnidévxes , èTitdvfxisiv aÙToTs tss-
"kois l^pi(Te(Tiv. Ùaaiixws èitiOMp-iav p.èv pnikàawp.£v, spayra Q-stov aÙTr}v èvvof}-
sîvai ^apev, èiri Tœv otXàyuiv àTtephnenlov aai x.t.A. (Cf. Evagrius, Capita praclica ad
Ttva xal Tsp6av\ov, è^ èpiÇivTov xivrjoeeos, Anat., c.xLUi; Pair, gr., t. XL, col. 12 36.)
2
irmvEnit KirioiiiLi.
ouvrage, ne s*est rencontré, jusqu'à présent, dans aucun texte an-
térieur au VIII*' siècle, serait un témoignage important pour la date
de la composition du livre de Barlaam et Joasapli, s'il était certain
que ce terme, par lequel les écrivains grecs du moyen âge désignaient
soit le généralissime, soit le principal conseiller des souverains mu-
sulmans ^ avait été employé dans ce sens des l'origine. Mais rien ne
le prouve, et Ton peut croire que l'auteur du roman a voulu parler
d'un premier ministre, comme il en existait dans tous les états.
Ce sont plutôt les institutions de la Perse qu'il a prises pour modèle
de son tableau imaginaire du gouvernement du royaume indien; car,
dans un autre passage (p. 8), il présente le plus haut dignitaire du
pays sous le titre de 0Lp')(i(70LTp(X77rfs ■, et ailleurs encore il parle des
satrapes ((TOLTpditai) y à côté des (/IpoLTvyoi (p. 3o4 et 319), tandis
que les expressions de ap'/pvjQs kolI rtyefxoves (p. 3o^), de jSovAr;,
de crvyxXr/TOs et de crvyTcXrjTOs ^ovXrf, qu'il emploie fréquemment,
rappellent la hiérarchie de l'Empire romain.
Outre les similitudes tirées de la Bible et les paraboles, devenues
célèbres, qui lui donnent une physionomie si particulière, l'ouvrage
renferme, ornement très caractéristique du style, un certain nombre
de locutions proverbiales et d'adages, tels que les suivants : Ovtoj
xctXœs èy(6vTwv twv tspayfxdTwv xolI ^(^pvcTcus T/iépv^t, t6 Srj \sy6-
fjisvov, sis oùpavovs TSoXkwv dvniloL^évMv (p. 6); — xal isdvTOL Xidov
KivrjcjcLÇf To Toû \6yo\j (p. 9), et 'csolvtol XiOov, to tov Xoyov, xivwv
(p. 232); TJSVp, TO TOU AOyOVy 'CSveVCTOLS (p. 27); TOVTO Srf TO
Tov \6yo\i, sis ovpccvàv To^evetv sTvi-^eipwv (p. 29); — otAX' èpyôjSés
è(/li xcd xofitSr} àSvvaTOv to 'Uivpl (Tvv(xvciL(/}ps(p6^ev6v rivet ^v xoLirvi-
^scrôctLt (p. 99); — èÇ)' vSoLTWv èSoxei (nreipeiv (p. 1 83); — ovos si, to
TOV \6yoVf Xvpas àxovwv xal dcrwsTOs fjiévûôv (p. 293); — xevrjv
-if/aXXeiv èœxsi (p. 3 16).
Rien de pareil ne se trouve dans les œuvres de saint Jean Dama-
scène.
' Voy. Rciskc, Comment, ad Constant. Porpliyrof/., h\. de Bonn, j). SoO cl suiv. —
JIrnr. Stepli. Thés. éd. nova, s. v.
Le troisième argument allégué par l'abbé de Billy, quand même
il serait mieux fondé, ne prouverait pas, ce me semble, que le
livre de Barlaam et Joasaph et les ouvrages de saint Jean Damascène
ont un seul et même auteur. Comme la plupart des écrivains ec-
clésiastiques appuient leurs démonstrations par des citations nom-
breuses d'auteurs plus anciens, il serait non moins légitime, si l'on
admettait le raisonnement de l'abbé de Billy, d'attribuer le livre de
Barlaam et Joasapb à saint Cyrille, à Maxime le Confesseur, ou à tout
autre Père de l'Eglise.
Et d'abord, il convient de distinguer deux sortes de citations dans
les ouvrages de saint Jean Damascène et dans le livre de Barlaam et
Joasapli : celles de la Bible et celles des docteurs de l'Eglise. Les re-
productions (le paroles de l'Ancien et du Nouveau Testament sont
plus nombreuses dans le roman ascétique que dans les livres scolas-
tiques et dogmatiques du théologien de Damas. Celui-ci, au contraire,
a mis à contribution plus fréquemment les œuvres des écrivains non
canoniques.
En ce qui concerne les premières, si l'on examine les extraits qui
se rencontrent d'une part et de l'autre, on constate entre eux cer-
taines différences, qui montrent que saint Jean Damascène et l'auteur
du livre de Barlaam et Joasaph n'ont pas eu sous les yeux le même
exemplaire du texte sacré. On lit, par exemple, dans le livre de
Barlaam et Joasaph (p. 68 de l'édition de Boissonade) un passage de
l'évangile de saint Jean relatif à la résurrection des morts (saint Jean,
chap. V, versets 25, 28 et 29), reproduit en ces termes : Ap/r yàp,
(pr^al, \éyw v^Xv oti 'ép)(eTCLi wpcc èv ^ isclvtss oi èv toTs ixvvfJ-^iois àxov-
(JOVTCLl TÏJS (pwVTJS TOV TloV TOV SsOV , XCÙ ol OLKOVfTOLVTSS Kv<^OVTai' XCcl
avOis' Èp-)(^eTOLi wpcL ots oi vexpol olkovctovtcili rrjs (pc*)vr}s olùtov^ xai sk-
TVOpSVŒOVTOLl 01 TOL OLyCuBcL TJSOiy'jCTOLVTeS £15 dv(X(/l(X(nv ^Wî??, ol Se Ta
(pOLVAa ■zspoL^OLVTSs sis dvoicrlacriv xpicrews. A part l'interversion, peut-
être fortuite, des mots oi vexpoi et tisqlv'ïss oi èv toXs ^vyi^siois, le
texte de ces versets s'accorde avec celui des meilleurs et des plus
anciens manuscrits des évangiles. Saint Jean Damascène, dans le traité
3 ,
De orthodoxa fidc, ou chapitre xxvii du livre IV, cite une partie du
incme passage ainsi : Àxot^crorra* yàp, (prjo'lv, oi èv fxvvfJ^SiOis tïjs
(pwvrjs TGV Tiov tov 0eov, xai è^ekevaovTOLi oi t<x dyadà 'TSoivctolvtss
sis àvdcrlcLmv K^ijs xtX. La leçon è'^ekevcrovTOLi , qui remplace le mol
èxnopsva-ovTdt , n'a rien qui la recommande particulièrement. Elle
a été probablement prise dans le texte parallèle du chapitre xxv,
verset ^6 de l'évangile de saint Matthieu. Mais certains manuscrits des
évangiles, notamment le manuscrit en lettres onciales appelé codex D
ou manuscrit de Bcza, conservé aujourd'hui dans la Bibliothèque de
l'université de Cambridge, la renferment également, et saint Jean Da-
mascène l'a transcrite de l'exemplaire qu'il avait sous les yeux.
Dans le livre de Barlaam et Joasaph (éd. de Boissonade, p. 71),
un verset de l'évangile de saint Matthieu (chap. xxv, vers. 34) est cité
ainsi qu'il suit : AevTS, oi svXoyrjfxévoi tov UoLTpos pLOu, xXvpovofjLïf-
(TOLTS Tïjv r)Toip.(X(T^évriv \j[Liv ^acriXeioLv diro xaTOL^oXrjs xocrfiov. Saint
Jean Damascène, dans le traité Uepl tcûv èv Tsic/let xeKoi\Lyi\i.év(jôv\
transcrit le même verset ainsi : Aevre, oi evXoyrjfJ-évoi tov llaxpos
|xou, Tïjv vTOifxaaiiévrfv iifxTv ^ccaiXeiav xXvpovofxrfcroLTe.
Le verset 36 du chapitre xi de l'Epître aux Romains se trouve cité
dans le livre de Barlaam et Joasaph (Boissonade, p. 84), ainsi qu'il
suit : ÔTi èk CL\jTO\J xcd §1 avTov xolI sis olxjtov tol 'usolvtol. Ces paroles
sont conformes au texte reçu. Saint Jean Damascène, dans le traité De
orthodoxa fidc , au livre III, chapitre x, reproduit le même verset,
mais avec une variante : è| aÙTOv xcd SC aOTOÛ xcd èv clvtw rà TsdvTOt,.
Dans le livre de Barlaam et Joasaph, la particule ydp, qui relie
souvent un verset de la Bible à un passage précédent, est presque
toujoiu's omise. Ainsi on lit (Boisson., p. 162) le verset 20 du cha-
pitre VI de l'Epître aux Romains : ots SovXoi ^Tg tïjs àfiOLpTioLS xtA.,
et les premiers versets du chapitre v de la deuxième Epître aux
Corinthiens : OiS^a/xer oti xtX. , tandis que Jean Damascène, en com-
mentant ces deux sentences, écrit conformément au texte reçu :
' Palrol gr.. I. XCV, col. 265.
OTS yccp SovXoi et OiSa^ev yàp oti ^ Voici, d'ailleurs, en ce qui
concerne la première, encore d'autres différences : Ots Sovkoi vts
Tïjs àiiccpTiaSy èXsvôspoi ri^e tyj SiTiaiOfTvvri ' Ttvcc ,ovv xccpnov eiyeis
TOTS, èp' oJs vvv èiïCLKTyyvsaSs; lo yoLp réXos èxeivwv B-olvoltos. Nni^i
Se eke'uBspwBévTSs àrnb Tr}s àiJiOLpTioLs xtX. Telle est la leçon du livre
de Barlaam et Joasaph, conforme (sauf la suppression de la par-
ticule yap) au texte reçu, établi sur le témoignage presque una-
nime des anciens manuscrits et des anciens auteurs. Saint Jean Da-
mascène reproduit la phrase ainsi qu'il suit : Ots yàp SoUkoi ïjts tïjs
à^cLpjicLs, èXevdepoi vts tyi SiKctiocrvvri ' tivol ovv Kccpitov e;(,ST6 tots,
è<p' aïs vvv ènaia")(yv£Ts; t6 yœp Tikos èxdvwv B-olvqltos. Nur Sk èXsv-
depCjôOévTss
Sans attribuer une trop grande importance à des variantes par-
fois minimes, il faut cependant considérer que tous ces passages
n'ont pas été cités de mémoire, mais qu'ils ont été transcrits
mot pour mot d'un exemplaire de la Bible. On remarquera, du
reste, qu'ils sont choisis dans les ouvrages de saint Jean Damascène
dont l'authenticité est incontestée. J'ai notamment écarté de cet
examen les Sacrées Parallèles, où l'on trouverait un bien plus grand
nombre d'exemples, parce qu'il me paraît certain qu'aucune des ré-
dactions qui en existent, et dont deux seulement ont été publiées
jusqu'à présent, ne lui appartient.
Les auteurs ecclésiastiques dont les ouvrages ont été mis à contri-
bution par saint Jean Damascène sont fort nombreux. Dans le traité De
orlhodoxa fuie , par exemple, on rencontre des extraits de saint Justin
martyr, de Nemésius d'Emèse , de saint Epiphane , de saint Grégoire de
Nazianze, de Grégoire de Nysse, de saint Basile, de saint Athanase , de
saint Jean Chrysostome, de Cyrille d'Alexandrie, de Cyrille de Jérusa-
lem, de Théodoret, de Sévérianus de Gabala, de Léonce de Chypre,
de Maxime le Confesseur, d'Anastase le Sinaïte, d'Anastase d'An-
^ PatroL gr., l. c. , col. ;488 et 728. Le texte de l'édition de Lequiep perle o?8a f*év.
Mais cette leçon est erronée.
tioche, des écrits attribués à Denys l'Aréopagite. L'auteur du livre
de Barlaam et Joasaph n'emprunte ses citations qu'aux auteurs des
premiers siècles, notamment à saint Grégoire de Nazianze et à saint Ba-
sile, sans d'ailleurs en signaler ni le caractère, ni la provenance. Ces
textes font partie intégrante de sa narration. Un certain nombre de
fois seulement on trouve la mention : comme dit un sage, 0-0(^65 Tts^
ou un saint, tis tmv àyiœv, ou cette phrase à l'occasion d'une citation de
saint Grégoire de Nazianze (Boisson., p. 129), ô'tw tis xixl twv vfjie-
jépœv cro(pwv SiSolctxolXwv, B^soXoytKWTOLTOs dvvp, (tvvclSwv . . .\
Examinons maintenant les preuves vraiment sérieuses que l'abbé
de Bifly a produites à l'appui de son affirmation. Le livre de Barlaam
et Joasaph, dit-il, renferme de nombreux passages littéralement
transcrits du traité de saint Jean Damascène De orfhodoxafide.
Et d'abord est-il vrai que de nombreux passages soient identiques
d'une part et de l'autre? L'abbé de Billy n'en signale qu'un seul, la
dissertation sur le libre arbitre. J'indiquerai plus loin les autres,
dont le nombre se réduit à quatre. En second lieu, ces concordances
doivent-elles faire conclure nécessairement à l'identité des auteurs, et
ne s'expliquent-elles pas aussi bien par des emprunts d'un auteur à
l'autre, ou mieux encore, comme nous allons le démontrer pour la
principale d'entre elles, par une dépendance commune d'une source
antérieure.^ L'affinité que des analogies de ce genre établissent entre
deux ouvrages se caractérise généralement par d'autres liens que
celui qui a été imaginé par l'abbé de Billy. En effet, on peut sup-
poser i**que le livre de Barlaam et Joasaph, plus ancien, a été connu
de saint Jean Damascène et cité par lui, ou 2° que les écrits de saint
Jean Damascène ont été utilisés par l'auteur du livre de Barlaam et
Joasaph, ou enfin 3** que le livre de Barlaam et Joasaph, plus
' Saint Jean Damascène lui aussi, in- dique, non seulement le caractère de»
troduit, généralement, dans son texte, les passages cités, mais aussi les noms des
passages empnmtés, sans en avertir le auteurs. Ces emprunts n'ont pas tous été
tecleur. Plusieurs fois cependant, il in- signalés ni reconnus par les éditeurs.
ancien que les écrits de Jean Damascène, a été interpolé après
coup, pour établir un accord dogmatique qui n'existait pas primi-
tivement.
La dissertation sur le libre arbitre , qui , d'après l'abbé de Billy,
aurait été d'abord insérée par saint Jean Damascène dans le traité De
orthodoxa Jldc et reproduite par lui, une seconde fois, dans le livre
de Barlaam et Joasaph, ne cadre qu'imparfaitement avec la rigou-
reuse ordonnance de ce dernier ouvrage. Piattachée à l'exposé de la
doctrine chrétienne que le moine Barlaam fait à son catéchumène,
elle se distingue de cet enseignement, non seulement par son carac-
tère scolastique, mais aussi par sa forme.
Après avoir recommandé à Joasaph la pratique de l'aumône et le
détachement des choses de ce monde, Barlaam compare la loi et la
sagesse divines au soleil, qui luit pour tous, quoique certains ferment
les yeux à sa lumière. «De même, dit-il, la lumière du Christ qui
répand son éclat sur tous, et dont chacun participe selon son désir et
son empressement. Car le soleil de la justice ne se dérobe pas à ceux
qui veulent le contempler, et il ne s'impose pas à ceux qui , librement,
choisissent les ténèbres: chacun, pendant la durée de sa vie terrestre,
est abandonné à son libre arbitre et à son libre choix. » Ce sont ces
derniers mots qui ont appelé la définition que nous allons examiner,
et dont voici le texte d'après l'édition de Boissonade ^ auquel j'ajou-
terai les variantes que j'ai relevées dans les manuscrits de la Biblio-
thèque nationale présentant la leçon la plus authentique^ :
(ùy](Tiv 6 yépwv • AvTS^oticriOTT^s ^Lév èc/li "^v^vs Xoyixrjç B-é'kr](jiSy olkm-
XVTWS KlVOVfJiévrj TgpOS OTTSp âv jSovXotTO, shs dpSTÏJV eiTS KOLXIOLV, oij-
TW5 vno Tov Srtpiiovpyov yevop.ivns. Avrs^ovfrioTvs avOis^ èc/li voepôis
IpV^ijs'^ KlVrjaiS CCVTOXpOLTÏ)?. UpOOLip£(7l5 Se èafllV OpS^lS ^OvksVTlXrj TMV
' Boisson., p. i3i et suiv. ms. 1 126 par F, et le ms, du Supplément
" Je désigne le ms. 908 par la lettre A, n° 75g par G.
le ms. Qod par B, le ms. 905 par G, le ^ EF aiiTt}.
ms. 906 par D, le ms. 907 par E, le ' l^DEG voepà tifs tpvxijs.
è<p' vfiîv, if ' ^ovXev(Tis opsxTDcv twv è<p' ijfjLÎv ^ • tov yoip TSpoxpiôévTos
èx TTJs ^ovXrjs èipiéiisdoL TSpoaupovp.zvoi ^. Bov>r? ^é £0-7*^ ops^is i^vrVTiKV
TSepi Twv è<p' rffuv TSpcLXTiKwv ^ yivofxévï} ' ^ovkev&Tai ^ yap tis et
cû<peiXe fisTekôsTv t6 TSpàyyLOL y) ov. EJja xpivei t6 xpeTilov, kolI yivsTCci
xpicTis^. EÏTCt SioLTideTai KOLt dyoLnoi to èx tïjs ^ov\yjs xpiôèv, x<xl Xé-
ysTCU "^ yvùûfjiv ' èàv yàp xpivrf , xcd (iv SiccTêOri ^ '^pos to xpidsv '\ ijyovv
dyoLnria-rf olùto, où XéysTOLi yvMfjiV- EFra (istoc tïjv SidQetTtv ytvsTai
TSpoaipscris , ijyovv èiïCkoyr] • 'cspoctipeais y dp èc/li Svo 'cspoxeiixévwv to
èv^^ OLipsTcrOcu xcd èxXéysaôai tovto 'cspo tov è-vépov. Kai tovto (pctvspov
ô't* ^ovXr'f è&li fjLST èntxpicrsMs 37" tspooLipsai? , xcù è^ olvtïjs tï}? STVfio-
Xoytas • TSpoaipsTov ydp è&li to hepov 'cspo tov éTspov cùpsTov ' ovSeis
Se ispoxpivei ri fir} ^ovXevadiisvos , ovêk TispooLipeiTcii (xif 'ispoxpivas^'^.
ÉTTSiSif ^^ ycLp ov rsàvrcL Ta '* So^ccvtol rjfxTv ev s'/eiv sis epyov OLyccysiv
tjSpoOvpiOVfxedoi,^''', t6t£ TiSpoaipscris , xolI TSpoctipsTov yiveTCLi to TSpoxpi-
Bkv èx Tïjs ^ovXrjs , Stchv TSpocrXoLëYf tï}v ope^tv. Kai oO'tw (TvvdysTOLi
TSpooLipscriv sïvai ôpe^iv ^ovXevTixrjv twv èÇ)' rifuv ^'^ ' tov yàp zspoxpi-
ÔévTOs èx Tïjs ^ovXrjs è(pié[LsBcu 'UipocLipov^s.voi. WoLcrcL y<xp ^ovXij 'cspci-
^ecûs ëvexoL xolI Siol 'uspà^iv ^"^ • xal ovtw TsdarYts pièv TSpoatpéasMs ^ovXrj
vyeÎTOLiy Tsâcrrjs Se TSpcL^sws Ttipodipecns. Aicc tovto ov fiovov ai TSpd-
^£15, dXXoL xal Ta ;caTà Siqlvoiclv, cLtivcl tols 'uipooLtpiaets TSdpKfiwai ,
xcd (/l£(pdvovs xcd xoXdcreis TSpo'^evovcriv. Àp/rj yàp àfxapTioLs xai Si-
xanoTïpcuyicLs TSpocLtpecJis èc/liv èv TOtk è(p' i]^lv xoLTCLyofxévr} ^^ * œv yàp
ai^^ èvépystoLi ê(p' rf^h, tovtcov xcd olI TSpoL^eis olI xcltcl Trjv èvépystoLv
èÇ»' rffiTv ' è(p' ripÀv Se cd xoltcl tïjv âpsTrjv èvépyeioLt, è(p' ijfuv dpcc xcd
' D )) xai. " B ^ fier' èitixplaswç tspoaipsais.
' D Tùv ovx è<p' Yi[iTv. " B fi>) xplvas.
' E xal 'sfpoatpovfisda. " BCEF èirel h'âv.
* GDEF lirpaxTW»». '* BCE, manque ri.
* E fovXerat. '* B tspodvfKbp.eda, D 'zspodvfxovu.evoi.
* G Ôpe^ts. '" F ajoute : r) ^ovXeuaiv ôpexTtxii}v tûv
' CDEG yiverai. è0' r/(iTv.
* B haxpid^. " EF S<à ■vspi^ews.
* FG t6 xpiOtjvai. '* BE xa.ta.yivop.evr].
" AGDFjFG, manque év. '" BE, manque ai.
al àpsTOLi' Kvpiùûs yàp s(p' v^uv èc/li xà \//v;(^txà TsàwaL xcù, TSepl wv
avTS^ovcricos^ 'uspooLipovyLsvœv.xoLO' o<tov olv tis zspocciprJTOii'^, koltol toct-
OVTOV KCÙ ^ fÂSTS/^Sl TOV BsiOV (pWTOS XCcl TJS pOKOltl SI èv TOÏS TÏJS Ç>lXo-
Go(picLs èirnvSsv^cKTi • §i(x(popoLl yccp Tufpoatpéasœs ^ ehî. Kai xciOàiiep
Ttvss TJSyjycù vSoljwv èx, twv tïjs yrjs Xciyovcôv dvccT^sp/irofÂevai'^ , ai fxkv
ènmoXaiMs tïjs yrjs èxQ^v^ovaiv, ai Sk fxtxpov ti ^aOvT&pov, ai Se Xiav
^aOéwSy TOVTCôv Se twv v^à^wv ta \ikv TSpocTQyws èx^v^ovja^ xal tti
yev(T£i yXvxéa, tcc Sk |3a0£Ci)s è^ep-)(0[LSva xaï àXfxvpi^ovTa rj B-eaÇ>i-
^oi^Ta^, xal TOL fxev à<p66vw5 èxSiSoyieva , tol Se xaxd ynxpov aflâlovia ^° •
ovTws xaï èiïl Tù)v TÂ^poaipécrewv voei, tols fxkv ja^eias eJvai xal Xiav
B-epiÂOTOLTas , Tas Se voôBpàs xal -^vy^à?, xal jds fxkv oXws sttI tol xaXà
Tïiv poTirjv xexTïjfJ'évas , xà? ^é TSpos to èvavTiov Tsda-rf Svvdfjiei dnoxXi-
vovcras. KaTa yovv Tas a\JTOôv Siadécreis xal ai tspos xàs 'u^pd^eis dxo-
Xovdovcriv^^ op\kai.
Il s'agit, dans ce passage, des facultés de rame humaine qu'Aris-
tote appelle ï,wTixai ou opexTixai, c'est-à-dire vitales ou d'appétition
(distinctes des facultés de l'entendement, yvwaflixai) , et parmi elles,
d'une seule catégorie de la volonté. L'auteur expose que le libre ar-
bitre est la volonté de l'âme rationnelle, libre de choisir le bien ou le
mal, ou le mouvement spontané de l'âme intelligente. L'intention ou
le libre choix ou la liberté d'agir, t;J|Ooa/pecr<s , est l'appétition réfléchie
des choses qui sont en notre pouvoir; car nous désirons une chose
qui, après réflexion, nous a paru meilleure qu'une autre. La réflexion,
jSovXt;, est l'appétition, accompagnée d'examen, des choses qui sont
en notre pouvoir; car on réfléchit si l'on doit faire une chose, ou
non; puis on juge ce qui est meilleur, et il y a jugement, xpiŒis. On
' E ^ovXô(xsdoL. ' G àva.hihô(isvat.
^ A Tspoaipovy.évoyv. * BDEF ^Ai/^ovra.
^ CE, manque ^ovXevo[xévœv twv àv- ' ABCDFG 9}Te à(^i?,ovr(x. Ces mots
ôpûirœv xal aiiTs^ovcrîœs. manquent dans E.
' DEG ispoaipeTrai. '» BCDEFG alaXâiovTa.
^ BCUEFG, manque «a». " AB âxoAou^oOcra».
BDEF 'zapoaipsascûv.
se décide à la suite de ce jugement, résultat de la réflexion, et il y a
sentiment, yvMfxrf. Apres la disposition, SiciOsats, il y a intention ou
libre choix, TSpocLipsais.
Si l'on compare la longue discussion consacrée au même sujet
par Jean Daniascène [De orlhodoxa Jide , lib. II, cap. xxii à xxviii), on
trouve que les deux dissertations, loin d'être identiques, se contre-
disent, sinon sur les définitions, qui proviennent d'Aristote et de ses
commentateurs et de Nemésius, du moins sur les déductions. Le seul
argument commun aux deux textes est celui qui est relatif à l'action
comme suite nécessaire de l'intention ou du libre choix, résultat lui-
même de la réflexion. Mais Jean Damascène sépare entièrement le
libre arbitre, avTe^ovcnorvs , de la liberté d'agir, 'zspoalpscris, tandis
que pour l'auteur du livre de Barlaam et Joasaph, le libre arbitre
occupe la place de la volonté, B-éXrjf^ts, ou de la volilion, ^ovk-iicris,
et il est la base indirecte de la liberté d'agir.
Quant à la première définition, on en trouve une partie, avec
quelques variantes, dans le traité de Maxime le Confesseur .4c/ Mari-
num \ où elle est citée comme étant empruntée au sixième chapitre
des Ascétiques de Diadochus de Photicès. Cependant la définition
que nous lisons, dans les manuscrits, non au sixième, mais au cin-
quième cl)a})itre des sentences de l'évéque de Photicès^, n'est elle-
même qu'une partie de la phrase, de Maxime.
La seconde définition, OL'ÙTe^ova-ioTrfs èc/lt vospàs ^pv^^^ Kivv<^is ctv-
TOXpOLTr/s, se retrouve, à titre d'emprunt fait à Grégoire de JNysse,
dans le même traité de Maxime le Confesseur Ad Mariimm, où elle
est formulée ainsi : Avre^oucrtoTr;? èaTiv OLVTOKpaTVS tov B-eXvfxoLTOs
xivvcris ^.
' Patrol. greeca.i. XCI, col. 277 C : Av- |)artie d'un paragraphe relatif à la volonté
Te^ovaiôrrjs èali ^v)(ffs Xoyixijs Q-éXïjtrts {Q-éXrjais). Il semble qu'il y ait une erreur
àxoûXxjreos yivo[iévr} Tspàç âv fovXijrai. dans la citation de Maxime; car je n'ai pas
' Ms. grec de la Bibliollièquc nalio- trouvé le passage dans le traité de Gré-
nale n' 36^ , fol, 160 v'; ms. grec n°858, goire de Nysse contre Apollinaire. Il ne fi-
fol. I v°. gure pas, par exemple, à l'endroit où
' L. c, col. 277 B, Celte 'phrase fait Grégoire réfute l'objection d'Apollinaire
Les deux définitions sont citées, avec certaines dillércnces et sous
le nom de Grégoire de Nysse, dans les scolies anonymes au Climax
publiées par Rader ^
La définition du libre choix, 'uspoctipem? , est tout entière de la
rédaction de Nemésius qui, au chapitre xxxviii du traité De naturel
hominis, résume sa dissertation 'usepï ispocLipéaews en ces termes :
HvvQLyeTCu Sy èx tovtwv, Tgpoaipscnv ehcci ope^iv ^ovXsvTixrjv rwv è(p'
VflTv, Yj ^0VXSV<71V OpSKTlKÏJV TCÔV èÇ>' ijoiv. Toû yoLp ZipOKplÔévTOS SK
TYJs ^ov'X.rjs è(pié^e6<x TJSpooLipovfxsvoi ^.
Une partie de ce passage a été également transcrite par Maxime
le Confesseur '.
Le paragraphe consacré à la définition du terme de jSovXr;, dont
la première phrase (reproduite aussi par Maxime le Confesseur*) se
trouve, en substance, également dans Nemésius^ (où toutefois on lit
^ovXsvdis au lieu de ^ovXrf), est probablement tiré de quelque com-
mentaire de l'Ethique d'Aristote.
La suite de l'analyse de la 'uspooLipems^ dans laquelle la définition
de ^ovXri ne forme qu'une parenthèse, est encore empruntée à Nemé-
sius, où on lit : . . . Ot< fx-kv ovv ^ovXrf tis èali kolI ^oûX&vm? julst' èrrtiKpi-
(TSMs, et KOLt p/ aÙToé'ouXr/, (pavspov xccl £k Trjs èiv\i.oXoyiaLç. WpooLi-
peTov yàp èafli t6 hepov tspo èTepov OLipsTov. OùSek Se TSpoxpivsi ti,
ixrj ^ovXsvcroifxevos , ovSk CLÏpeixcLi, yLV xpivas. ÈTretSrj Se où tsolvtol t<x
So^ctvroL rj[tXv eZ eyeiv ek epyov àyccyeïv TSpoôvfxovfjieOciL, Tore 'uspocLi-
peais xal 'uspocupeTOV yiveTai t6 'uipoKpiBev èx, tïjs ^ovXrjs otolv TÀipocr-
touchant le libre arbitre [Patrol. grœca, — AvTS^ovfrtÔTrjs avôis èali voepà rfjs
t. XLV, col. 1232). — Une autre défini- ifwx'7^ xivrjtris avTOxpanjs.
tlon du libre arbitre, appartenant à Ma- ' Patrol. grœca, t. XL, col, 786 A.
xime lui-même, se lit dans le même traité ^ IbicL, t. XCI, col. i3Beti6B:H
Ad Marinum [l. c. , col. 17) : Hepi è^o\)- 8s 'vspoalpscris Ôpe^is ^ovXsvTtxr) tûv sÇi'
aîas' Yf Si è^ovcria. xvpiÔTyjs évvop.05 twv r)p.iv iffpaxTwv.
è(p' YfpXv -zîrpaxTwv. * L. c. , col. 16.
- ' Patroî.^rœca, t. LXXX VIII, col. 644: * Patrol. grœca, t. XL, col. 783 B.
AvTS^ovaiÙTïjs sali ypv^fjs XoyiHffs ë'éXij- (Comparez Arist. Eth. Nicom. lib. III,
<Tis éroiftcos xtvorj(iévrj eis ÔTrep àv Q-éXrj. cap. m, 7.)
Xâëri jrjv ope^w. kvayxaiws ovv v TSpoatpsŒis 'csepl Tauxà èc/Jt, tsepl à
xoLi r) ^ovXrf. HwayeroLi Sy ex tovtwv TSpooLipeŒiv elvcci ope^iv ^ovlevTi-
xrjv Twv è(p' vfxïv, )) ^ov'Xevcnv opexTiKvv twv è<p' ij^Tv. Toû yàp 'uspo-
xpiOévTOs SX Trjs ^ovXrjs è(pié^e6(x. 'uspoaupov^evoi'^.
Les déductions suivantes sont également celles de Nemésius, en
partie littéralement transcrites, en partie résumées et adaptées au
raisonnement particulier de l'auteur^.
La dissertation sur le libre arbitre dans le traité De orlhodoxa fide
(lib. II, cap. XXV à xxviii), commence par une définition qui éta])lit,
comme celle du livre de Barlaam et Joasaph et de l'ouvrage de Maxime
le Confesseur, mais en termes différents, l'équivalence du libre ar-
bitre et de la volition : O TSepl tov OLÙTe^ovcriov Xoyos, Tovrécrli tov
èp' ïffxTv Et dans un autre passage (lib. III, cap. xiv), où Jean
Damascène démontre la double volonté et le libre arbitre dans Jésus-
Christ, il dit : OLÙje^ovtTioTïjs Sk oxiSèv hepov èc/liv eî firj v B-éXrj<7i5.
Ou encore : To yoLp OLVTe^ovcriov B-éXr}(^iv ojpicroLVTO ol WcLTipes^, Toute-
fois, malgré ces différences, il ressort du paragraphe dont font partie
les deux définitions que saint Jean Damascène a eu sous les yeux le
texte dont s'est servi l'auteur du livre de Barlaam et Joasaph, sinon
ce dernier ouvrage lui-même. Au surplus, on lit au chapitre xxii du
même livre II une définition presque identique : ^ovkri 6é ècrliv ope^is
Xyi^V^iXTi TSepl tÔjv è(p' ij^uv tspcLXTwv yivoixévrj ' ^ovXevsTOLi ykp , et
oÇ)etXei fjLeTsXdsïv to TSpàiy^cL, jj ou* erra xpivei to xpeîilov, xal XéysTOLi
xpî<Tis • erra SioLTidsTOLi , xcd dyanà to èx tïjs ^ovXrjs xpidev, xal xccXéiTCCi
yvcû(iV' Èoiv yàp xpivrfy xcù firt SioLTedrj Tspos to xpi9kvy ijyovv dyoL-
' Patr. gr., t. XL, col. 733 C, ySS A.
' Ibid., col. 764 C : tsSxjd ■yàp ^ovXif
■BTpâÇeoJs évexa xal 8<à 'zspà^iv. — Col. 769
B : èTteiirf 'oàatjs 'apà^scos 'apoalpecTis ^-
■yeîrat, xil où fiôvov rj <Bspi^ii, àWà xal if
'Bspoa.ipeais vii6htx6s èali ^9X^ 7^9
ifiaprioLÇ xal hixaio-npaylas >) -zspoalpsais.
— Col. 764 C : Et», ùv ai èvépyeiai è^'
T^fiîv, Toinuv xal al -apà^eis, al xarà riljv
èvépjeiav, è^' i^piTv ■ è(p' r)[itv 8è al xarà
Tàs dpsTàs èvépyetat • èÇi" T^p.Tv âpa xai al
âpsTal. — Col. 768 A : xvpicas hè èÇ> -fipXv
èalt rà i^up^ixi 'Bfâvra, xal 'srepl wv jSou-
Xevàpieda.
^ Les mêmes déftnitions se trouvent
résumées, avec certaines différences, dans
le petit traité de saint Jean Damascène in-
titulé /«a^o^e, au chapitre x.
TTî/o-^ OLVTO, OÙ "kéysTCct yvwixV' Erra j^sTa ttjv Siddscrtv, yivsjoit TSpo-
oLipSGis, ijyovv èTïCkoyn' 'uspoaipzms y dp kc/li Svo 'cspoKsifxévœv to êv
OLipeîadcci , xoLi èx'kéyscrdai tovto '^po tgv éTspov.
Quant aux autres définitions, il n'est pas douteux que Jean Da-
mascène, dans le traité De orthodoxa fide, n'ait pris pour base de
sa dissertation l'ouvrage de Nemésius. Mais il n'en a transcrit littéra-
lement que deux phrases : Ilào-a yàp ^ovkrj TSpd^ecôs evsxct xcù Sià
'uSpaZiv (lib. Il, cap. xxv), et Kvptws Sk è(p' vfuv è(/li tol ypv)(^ix.QC
isdvTCL kolI 'csepl oûv ^ovXevofxeOoL (lib. II, cap. xxvi). Ajoutons, en
passant, qu'on lit une discussion entièrement diirérente, touchant la
volonté, dans le traité Uepl tù)v èv t<w Y>.pi(/l(jo S\)o BsXvp'-cx^Twv du
même auteur.
Il résulte de ce qui précède que la dissertation sur le libre arbitre
insérée dans le livre de Barlaam et Joasaph est indépendante du cha-
pitre de Jean Damascène qui traite du même sujet; qu'elle est, en
grande partie, directement empruntée au traité de Nemésius sur la
nature de l'homme, dont a fait usage également saint Jean Damascène ,
et que la définition amplifiée de la ^ovXri, qui paraît venir de quelque
commentaire d'Aristote, est le seul passage reproduit littéralement
dans les deux ouvrages.
Voici maintenant les autres passages du livre de Barlaam et Joasaph
et du traité De orthodoxa fide qui révèlent une source commune ou
une dépendance directe de fun à fégard de fautre.
Au sujet de la création de fhomme, on lit dans le roman ascé-
tique (éd. de Boissonade, p. 45) : EJt» SrjfxiovpysT tov cLvBpwivov
p^epcriv îSioLis, X'^^^ l^^^ "ka^wv œwb tïjs yrjs sk Sid'KXoLcriv tov (TœfxoLTOSy
Tvv Sk ypv/rjv Xoyixrjv xai vospcLv Sià tov oîksiov èpi(pvcrr;(:/,aTO? avTÔJ
SovSy i^Tis kolt' eiKovcc xcù é^oiMcriv tov Ssov SeSrjp-iovpyrjcrdai yéypcL-
n^CLt ' xoLT eîxova fÂSv Siol to vospov xcâ œÙTekovcriov y xaB' ôpiotwcriv Ss
SlCC TÏJV TÏJS dpSTïjS XOLTà TO SvVOLTOV ÔfXOlMCnV.
De même dans le traité De orthodoxa fide (lib. II, cap. xii) : Etts/ Se,
TCLVTOL OVTOôS Si^^V, i| ÔpOLTijS TS XCcl OLOpOLTOV Ç!V(7eOJ5 SïJfJ'-tOVpySÏ TOV
—V5.( 30 )^^—
OLvBpwnov oixsiats x^pci xai' oixeictv sîxovol ts, xolI o\i.oiw(Tiv' èx yijs
fikv t6 (TœfxoL SicLTïXdaroLç y ^pv/rjv Se \oyixvv xctl vospàv Sicc tou oixsiov
èii(pvcrv[j.aTOs Sovs clvtw , onep Si} B-etctv eixova, (pcL[i.év * to ptèr ycLp xaj
e/xoVa, TO voepov SrjXoT xcù OLVTe^ovcriov ' to Se xolÛ' b^oiwaiv iy]v tïjs
dp£Ti}s XOLTOL TO SvvCLTOV ÔfXOlC»)(TlV.
Au sujet de la chute des anges, on lit : Eïs Se tôôv eiprjfJ'évœv àyye-
Xixwv SvvdfjLeœVj fxiàs (/IpoLTiàs 'n^pwjoc/loLTVs , ovSoXws èv éauTW zsccpoL
Tou Arjiiiovpyov xaxiccs (pvcrixrjs ècr)(r]xœs i)(V05, dXX èii dyadw yevo-
fievos, avTe'^ovaiOi) TJgpoaipécrei èTpdirv èx toxj xaXov eis to xolxov, xoli
ènvpôv Tt} dizovoicL, dvTdpcci ^ovXrjôeis iw SecmàTr} xoli B-eo). A<o dire-
Q'.rjOv TÏJS id^ews clvtov xoli Trjs d^ias, xoli, dvTi tïjs p.0LX0Lpi0L? So^vs
èxeivrjs xoli dyyeXixrjs ovg^iolg-iols , Atàé'oXo? èxXyOv xolIUoltolvols TSpocr-
ù)v6iioL(jioLt. Èppi^pe ydp olùtov ô 0eos ws dvd^tov Trjs dvœdev Sâ^rjs'
(TvvoLTvecTKdcrOr} Se avTw xoli cyvvoLTreëXrjôrj xal 'usXrjOos 'usoXv tov vit'
aÙTOv TdyfiaTOs twv dyyéXœv, ohives xaxol yeyovojes tïjv TJSpooLipecriv,
xal dvTi TOU dyoLOov t^ diroc/loLaioc è^oLxoXovOr'fcroLVTes tov oip-)(pvTOS
aviwVf ^aifjLOves wvofjLdaOyjcroLV, œs TsXdvoi xoli dnoLTecJves^.
S. Jean Damascène [De orth.fide, lib. II, cap. iv) expose la niênie
théorie en termes analogues et, en partie, identiques : Ex tovtcôv
Twv dyyeXixodv Svvdfxeœv 'cspwTO&ldTyjs tï}? TSeptyeiov jd'^ews, xal tïjs
yijs TÏJV (pvXaxrjv èyyeipicrBels TSapd 0eou, où (dvcrei 'nsovrjpos yeyovws
ûtXX' dyados mv xal tri dyaOw yevofxevos xal fxvSokœs èv èavzw 'csapà
TGV ArjfJLiovpyov xaxias è(Tyji]xoôs i)(vgs, (xï] èvéyxas tov Te (pcûTiafxov,
Tnjv Te Tiiiijv vv aÙTw à ArjfJ-iovpyos èSojprfcraTO , a'jTe^ovatw tspoai-
pécrei eTpairv èx tov xaTa (pvcnv eis to TSapà (pvGiv xal èirïjpdrj xaTa
TOU isenoivxoTos avTov &eov dvTcipai avTOj ^ovXrjOeis ^waive-
cnracrdr] Se xal rjxdXovOrjaev avTw xal crwéirecre TsXyjQos dneipov twv vtï
avTc5 TeTayfjiévœv dyyéXwv. Trjs avTrjs Toiyapovv (pvcrecôs toïs dyyéXois
VT:dp-)(ovTes xaxol yeyovacri, tvv tspoaipecjiv èxovcriws èx tov dyadov
tspos TO xaxov èxxXivavTes.
Voici enfin un exposé du dogme de l'Incarnation presque identique
' Boisson. , p. 46>
— ^M.( 31 ).«—
dans les deux textes : . . . (xkX svSoxici tov Ssov kccI UaTpos xcù (7vv-
epyioL TOV àyiov UvsvfxaTOS y ô yiovoyevyjs Tlos xolI Aoyo? tov 0£Ov, ô
côv sis rov k6\'kov tov WdTpos, o ôfÀOOvcrios tm ïlccTpl xcci tw àyiw
Mvsv[LaLTi, ô TSpooLiwvios, ô avccp/^os, èv àpy(r) wv, xcù TSpos tov ©eor
Kcd riarspa âv^ xal Ssos œv, (TvyxoLTOi^aivsi toTs solvtov SovXois crvy-
XCLTQL^CLCTIV iX(PpCC(/loV XOLI OLXCLTOkïJTïloV, XOLI SsOS WV TéXsiOS , CCvôpWTlOS
TéXeios yivsTOLi èx HvevfjLaTos àyiov xtxi Mapiccs ty}s àyias Uccpdévov xolI
SeoToxoVy ovx èx cnrépfjiOLTOs dvSpos r) B-ekri(j.(XT05 r) (TvvoL<p£i(X5 , èv tï}
àyjiOLVTW iir'fTpqc tïJs lloLpOévov crvXXrj^Osls ^
Dans le traité De orthodoxa fide (lib. III, cap. i) on lit : Eû^ox/a ykp
TOV ©eoîî xcâ WcLTpbsy o yiovoyevv^Tios xccl Aoyos tov Beov xcù Qeos, ô
wv els TOV xoXiiov tov 0eou xcli Y\(XTpbs, à ôfioovcrios tw JlcLTpl xai
Tw àyiw Wv£vix.aLTi , à 'cspoctiwvtos, ô 6ivap')(05y ô èv àpyj^j wv, xcd 'vspos
TOV 0£OV xtxi WcLTepCl WV, xcd QSOS WVj . . . (JVyXCLTCL^CLlvei ToTs éctVTOV
SovXois (TvyxoLTciËacriv a(pp(X(/J6v ts xai OLXOLToXrjTilov * . . . xcct Ssos
wv TéXsioSf avOpMTTOs Tsketos yivsTCLt . . . xccl ô Aoyos croLp^ àTpéiilws
èyévsTO èx UvevfxoLTOs àyiov xccl Maptas tvs àyicLS AsmccpOévov xal
SeoToxov . . . ovx èx B-ekrjyiOLTOs r) èrnSv^iicLS i} (JvvcL(psicLS àvSpos rj
ysvvricTsœs èvrjSovoVy èv tï} ày^^pàvTw [t-VTpCL Ttjs UapOévov crvXkrj-
(pBûs
IJauteur du livre de Barlaam et Joasapli démontre l'existence de
Dieu par la mutabilité des choses créées et par le gouvernement du
monde , et dans sa discussion on lit cette phrase : Hwç yàp âv ai èvav-
TioLt (pvcrsis sis évos xocrfiov crvfji'KXr/pwa-iv àXXrfAccis (TVvsXyjXvdeKTOLv xolI
àSiàXvToi yL£yLSvr}X£i(Tixv , si \j.r} tis tsolvtoSvvolij.os ^vvcc^iis tolvtol avvs^i-
é'acrs xccl àel (TVvsTvpsi àSiàXvTO,^;
Le traité De orth. fide (lib. I, cap. m) contient à peu près la même
phrase : IIw? yàp àv ai èvavTiai (pvaeis, Tgvpos Xéyco xal vSaTos, àépos
xal yvs, sis évos xoa-fxov crvp.'KXrfpwcriv àXXriXais crvvsXrjXvôacri , xal
àStàXvTOt ixévovariv, si fxrf tis TSavToSvvafxos Svvaixis TavTa xal (jvvs^i
SacTSy xal dsl Ttjpsï àSiâXvTa;
' Boisson., p. 5i et suiv. — ^ Ihid., p. 147.
Je ne suis pas à même d'indiquer la source première de ces pas-
sages. Nous nous trouvons de nouveau en présence des hypothèses
énumérées pKis haut*, dont celle qui a été adoptée et défendue par
Fabbé de Billy peut paraître la moins vraisemblable. Mais nous sa-
vons que la plupart des démonstrations de Jean Damascène sont
enïpruntées à des ouvrages antérieurs. Depuis que, dans les contro-
verses religieuses, notamment dans les débats des Conciles, la cou-
tume s'était établie d'argumenter par des citations des Pères de
l'Église, il existait des collections de textes, des Parallèles, dont les
écrivains du vu'' et du viii*' siècle faisaient un fréquent usage. C'est d'un
recueil de ce genre, on peut le supposer, que les extraits transcrits ci-
dessus ont passé dans le roman, aussi bien que dans le traité théolo-
gique de Jean Damascène. Il ne s'agit naturellement que de la rédac-
tion identique; car en ce qui concerne le fond, les mêmes idées ont
été exposées par plus d'un théologien des premiers siècles.
Il nous reste à parler du dernier argument que l'abbé de Billy a
présenté en faveur de sa thèse, de celui qui est relatif au culte des
Images.
Le passage du livre de Barlaam et Joasaph qui traite de l'adoration
des Images est ainsi conçu ^ : Upocrxvvsi tSi&Iw'S tiilwv xolI àcmcL-
^6\KSvos^ t6 (Te€oL(Tiiiov è)nvTrw{x.aL tov SscrnoTixov yoLpaxTrjpos tov Si'
rjfiàs èvoLvdpwTTYfaravTOS Seov Aoyot», olvtov Sokmv tov Kzic/lrjv'^ àpàv
èv Tri eixovi. H TtjX); yœp tyjs eixovos, (pvo'i tis tÔôv àyicûv, ènt t6
TSpwTOTvnov SicL^aivei • TUpoôTOTM-nov Se èali t6 e'iKOVi^ofxevov, è| ov to
TSCLpàywyov yivsTai. Trjv yocp èv eîxévi pkénovTSs ypoL(pvv toTs tov
voos o(pBcCk[Lo'Ï5 'uspbs T7JV àXvÔivrjv SioL^oLivofiev ISéav ov ë(/]\,v 77 ^ dKwv,
evae^ws 'TspoaTcvvovvTes tïjv tov Si' rj^às (TOLpKwOévTOS fxop<pvv, où
B-eoTroiovfji£voij àXX ojs eixovoL tov crcLpxwOivTOS %£ov^ xaracnra^o-
' Voy. ci-dessus, p. 22. tent : 'mpoaxwet tslalei xaTuaitalàfievos.
* Voy. Boisson. , p. 166. * F èvavdpooTtrjcravTOv tùv XTivTrjv.
' Les mss. BCDEF (voyez, sur ces de- ^ EF, manque rj.
signalions, ci-dessus, p. aS noie 2) por- " C (xop^rfv S-eov.
— -!->( 33 )» <» ■ ■
fjLcvot, TSoBw Kccl àyoL-KTi ToO KSvwacLVTO? éoLvrov Si' ïffJ^às pt^xP* '^^^
SovXov fxop(pr}5- éfjioiws kcu tïjs àp^parrov ixrjTpos olvtov jcolI tsolvtwv
Twv àryiwv rà èxTVKw^ccTOL toutco tc5 XoyM TSepmflva-a-ofievoi ^ Ùcratî-
TWsSk KCcl TOV TVTTGVTOV '^WOITOIOV Xal (TS^aorfXlOV (/loLVpOV TSlOr'lsi'îSpOCT-
XVVWV XOLTOLO-TTOL^OV Stà TOV KpSflOLO-OévTOL èv OLVTW (JOLpxï 6771 O-WTrjpiOi
TOV yévovs rjfxwv 'Xpic/lov tov ©soi» xai crœTrjpa tov xocrfiov , kolI Sovtcc
ijpJv TOVTOV (TV(xëo'koV Tïjs KOLTCC TOV SlOL^oXoV VIKT]?' (ppMsi yCLp KCU
Tpé(xei, (xrj (pépwv xciBopàv, olvtov tïjv SvvoLfxiv.
La sentence H Tiyiv yàp tïjs sîkovos hïl t6 'cspwTOTViïov SioL^OLivei
est empruntée au traité de saint Basile De Spiritu Sancto adressé à Am-
philoque^. Elle est citée, accompagnée de la même glose, dans Tou-
vrage de saint Jean Damascène De orthodoxa fide , et reproduite, mais
sans la glose, qui n'appartient pas à saint Basile, dans la première
ainsi que dans la troisième Dissertation sur les Images^.
Ce passage, en effet, semble non seulement témoigner du culte
des Images qui, on le sait, avait existé depuis le iv*' siècle, mais en
être l'aRirmation doctrinale. Cependant, longtemps avant les premières
controverses que fit naître le décret de Léon flsaurien, les auteurs
ecclésiastiques, dans leurs polémiques contre les païens et les juifs,
avaient été amenés plus d'une fois à expliquer et à justifier la vénéra-
tion dont les fidèles, sans fapprobation formelle de l'Eglise, entou-
raient les images et les reliques sacrées. Déjà saint Cyrille d'Alexandrie
réfute les sarcasmes de fempereur Julien touchant fadoration de la
Croix*. Une apologie très positive du culte des Images contre les ob-
jections des juifs, par Léonce, évêque de Néapolis en Chypre, qui
vivait au commencement du vii*^ siècle, sous le règne de l'empereur
Maurice, se trouve citée dans la quatrième Action du deuxième Con-
cile de Nicée, ainsi que dans la troisième Dissertation sur les Images
' BCDEF 'Z3'ep<7r7tio-o-&)fzeôa. * Contra Juliannm,\ih. Yl {Patrol. gr.,
^ De Spiritu Sancto adAmphil., cap. wiu t. LXXVI, col. 796 et suiv.); comparez
[Patrol. gr., t. XXXII, col. 1^9 C). saint Jean Chrysostome , éd. de Montfau-
^ De orth.Jide, lib. IV, cap. xvi. — Pa- con, t. I, p. 3o5 , 319.
trolgr., t. XCIV, col. 1361 D, i36i B.
IMPRIMERIE NATIOVALEa
attribuée à saint Jean Damascène'. La Disputatio cum Herbano
Judœo, qui fait suite aux Lois des Homérites, ouvrage attribué à
Grégentius, évêque de Zafar, mais composé réellement vers 63o,
contient une défense expresse du culte de la Sainte Croix ''^.
Photius, sous le n° GCXV de sa Bibliothèque, mentionne un ou-
vrage de Jean Philopon ayant pour sujet la défense des Images contre
Jamblique. Anastase le Sinaïte, patriarche d'Antioche, dans le traité
intitulé : AtàXe^ts xaxà lovSaiwv, publié par le cardinal Mai, discute
longuement la question du culte des Images et le défend contre
les objections des juifs ^. Constantin, diacre de Constantinople, un
siècle plus tôt, réfute les objections analogues des païens'*. Le Pré
spirituel, XstfXùôvdpiGv, recueil composé au commencement du
vii*^ siècle, renferme quelques récits dont la tendance manifeste est
de recommander le culte des Images, notamment de l'image de la
Sainte Vierge^.
On le voit, les phrases du livre de Barlaam et Joasaph qu'on vient de
lire peuvent appartenir aussi bien au vi'^ siècle qu'au vu® ou au viii*^.
Elles ne sauraient prouver (jue ce roman soit sorti de la plume du
plus fervent défenseur du culte traditionnel, et il n'est pas besoin,
pour expliquer leur insertion dans un ouvrage antérieur à fépoque
' Voy. Mansi, Sacr. Concil. nova et am- * Voy. Pairo/.^rr., t. LXXXVIII, col. 497
pliss. Collée lio , t. XIII, col. h/i et suiv. ; et suiv.
— Patrol.gr.,i.XCl\',co\. i38ietsuiv. — * Pratiim spiritnalc, cap. xlv et lxxxi.
Cet important passage se trouve aussi se- — De nombreux témoignages en faveur
parement (voy. Lambecii Comment. Bi- du culle des Images, attribués à des au-
hlioth. Cœsar. Vindoh.. éd. KoUar, t. V, teurs des premiers siècles, se trouvent
p. 290. — Catal. cod. Biblioth. Taurin., cités dans la première et dans la quatrième
p. 3oo). Action du deuxième Concile de ^icée,
* Voy. Pafr.^r., t. LXXXVI, col. 636 C. ainsi que dans le troisième Discours sur
* Scriptoram veter. Collectio, t. VII, les Images attribué à saint Jean Damascène.
p. 207 et suiv. ; — Pa/ro/. ^rr. , t. LXXXIX , Mais presque tous ces passages sont dé-
col. ia33 et suiv. — Cependant, il n'est tournés de leur sens propre ou empruntés
pas certain que ce traité ait réellement a des ouvrages apocryphes composés au
pour auteur Anastase le Sinaïte. Il parait vni* siècle, à répo(|ue de la lutte des Ico-
plutôt appartenir à un auteur du vni* ou noclastes, pour les besoins de la contro-
du IX' siècle. verse.
._^( 35 ).«^_.
de saint Jean Damascène, d'avoir recours à l'hypothèse d'une interpo-
lation. Au reste, il ne serait pas impossible que ce passage ne fût un
écho des débats auxquels donnèrent lieu les opinions hautement pro-
fessées par les principaux docteurs monophysites, tels que Sévère
d'Antioche etPhiloxène de Maboug, qui s'étaient élevés, sinon contre
le culte des Images en général, du moins contre l'usage de repré-
senter les êtres incorporels, c'est-à-dire Dieu et les anges ^
III
Nous venons de montrer que les faits sur lesquels on s'est fondé
pour attribuer le livre de Barlaam et Joasaph à saint Jean Damascène
avaient été, en partie, inexactement observés, en partie interprétés
d'une manière trop absolue. Nous allons examiner si, à défaut d'un
témoignage direct et de citations plus nombreuses, s'étendant sur une
littérature plus considérable, l'ouvrage ne renferme pas d'autres in-
dications permettant de fixer, avec un certain degré de probabilité,
l'époque où il a été composé.
La mention de saint Antoine dans un passé légendaire ^, le tableau
du christianisme répandu sur toute la terre et occupant une place
dominante dans le monde ^, la plainte touchant l'existence de cer-
' Voy. Mansi, Sacr. Concil. Coll.,
t. XIII, col. 180 et suiv.; Assemani, Bi-
bliotlieca orient., t. II, p. 21 et suiv. — Ci-
tons encore un passage du livre de Barlaam
et Joasaph , relalif à la vertu miraculeuse du
signede la croix (Boisson,, p. 283 et suiv.)
que Ton peut rapprocher d'un enseignement
de saint Cyrille de Jérusalem [Catech.
IV, cap. xiv) et rlu récit de la conversion
des Ibères rapporté dans l'Histoire ecclé-
siastique de Rufin (lib. I, cap. x) et dans
l'Histoire ecclésiastique de Socrate (lib. I,
cap. xx). Cette croyance, du reste, est
mentionnée fréquemment dans les Vies
des saints. Quant à la vénération des re-
liques des saints, dont il est souvent
question dans notre ouvrage (voy. notam-
ment Boisson. , p. 101) , il est suffisamment
connu que, dès les premiers siècles, les
chrétiens honoraient les reliques des mar-
tyrs et que les principaux docteurs de
l'Eglise , saint Jean Chrvsostome , Grégoire
de Nysse, Grégoire de Nazianze, etc., re-
commandaient cette pratique.
'^ Boisson,, p. 107 : Ôs xai àp^ijyàs ye-
yevijadai Tfjs xoLTà (xova^ovs tsoXneias
}^éysTai, kvTOûvios Se Ôvofia aOrw. . .
^ Ibid., p, 5.^ et suiv., 10 1, i34 et 294.
3.
/
„^( 36 ).«^
taines hérésies*, voilà des données qui ne permettent pas de faire
remonter la rédaction du livre au delà du v* siècle, quand même on
ne trouverait pas dans le titre même une date limitative, à savoir le
nom de l'ancien couvent construit par saint Eu thym e et restauré par
saint Sabas en Tan 491.
Le système théologique, dont l'exposé est étroitement rattaché
à la narration, nous fournit quelques témoignages plus précis. En
transformant l'histoire du Bouddha-Çakyamouni en un conte édifiant
à l'usage de lecteurs chrétiens, fauteur, suivant encore fexemple de
f ouvrage original, a fait du récit de la conversion du prince indien
à la vraie religion, celle qu'il professait lui-même, le cadre d'un en-
seignement doctrinal. Il a voulu démontrer, d'abord la vérité absolue
du christianisme et sa supériorité sur toutes les autres religions
connues, le judaïsme et les différents genres de paganisme, et en
second lieu, la vanité du monde et fexcellence de la vie contempla-
tive. Les théories ascétiques et mystiques, étant, de leur nature, en
dehors de toute relation de temps et de milieu, ne reflètent que
d'une manière générale les circonstances au milieu desquelles elles
se produisent. Les doctrines religieuses, au contraire, sont du do-
maine de l'histoire et se prêtent plus facilement à un classement chro-
nologique.
La théologie du livre de Barlaam et Joasaph, aussi bien les prin-
cipes de la foi que fensemble des institutions chrétiennes, sauf
quelques divergences d'ordre secondaire que nous aurons soin de re-
lever^, est conforme à la dogmatique des écrivains de l'Eglise ortho-
doxe d'Orient du vi'' et du vii^ siècle : de Léonce de Byzance, de
' Boisson., p. i34.
* Au nombre de ces divergences , il n'y a
pas lieu de compter les passages relatif» au
Saint-Esprit procédant du Père et du Fils ,
qui ont tant embarrassé le cardinal Bel-
larmin et les autres savants du xvi* et du
XVII* siècle. On sait que cette différence
n'existe pas etquel'abbéde Billy n'avait pas
rendu fidèlement le texte grec (voyez Bois-
sonade, p. 162 et i63). Ce ne sont pas les
seuls passages que l'abbé de Billy, les ju-
geant contraires au dogme de l'Eglise catho-
lique, ait altérés dans sa traduction. Ainsi,
il a traduit les mots ràv toO ïlarpàs ^pôvov
firf àiroXtirœv, Uapôévov wxtjcre (Boisson.,
p. 3), par ac Patris throno relicto
37
Procope de Gaza, de Jean Climaque, d'Anaslase le Sinaïte, d'Anllochus
de Saint-Saba, de Maxime le Confesseur. On peut dire aussi qu'elle ne
diffère pas sensiblement de la théologie de Jean Damascène, qui a
résumé plus tard toute la science religieuse de son temps et de
l'époque antérieure ^ Comme, depuis le grand schisme provoqué
par le concile de Chalcédoine jusqu'à l'époque des controverses qui
s'élevèrent au sujet du culte des Images, il n'y a eu, au sein de l'Eglise
ofïicielle, d'autre tentative hérétique que les projets des empereurs
tendant à rétablir l'union entre les deux sectes dissidentes , les croyances
chrétiennes, se recommandant désormais de l'autorité des Pères du
IV® et du v*' siècle et des conciles, avaient fini par former un corps de
doctrines définitif et universellement accepté.
Ainsi que son grand modèle, Grégoire de Nazianze, fermement
attaché à la tradition, l'auleur du livre de Barlaam et Joasaph expose,
sur Dieu, sur la Trinité, sur l'Incarnation, la création, la chute et la
rédetiiption, sur le baptême et la résurrection, sur toute la métaphy-
sique et les institutions chrétiennes, les opinions traditionnelles, sans
y introduire de longues démonstrations scolastiques, telles qu'elles
se rencontrent dans les ouvrages de saint Jean Damascène. Il définit
' L'analogie que l'oa constate , touchant
la doctrine, entre le livre de Barlaam et
Joasapli cl les traités dogmatiques de
saint Jean Damascène a paru à M. J. Lan-
gen, professeur de théologie [Johannes von
Damaskus. Eiiie patristische Monographie.
Gotha, 1879, p. 2 SA )> une raison suffisante
pour admettre ce livre au nombre des ou-
vrages authentiques du Damascène. M. Lan-
gen a énuméré les principales de ces théo-
ries identiques, qui sont les suivantes :
1° Le bien seul a une existence réelle.
2° Satan, avant sa chule, était chef d'un
ordre d'anges. 3° La vie monacale est la
vraie vie chrétienne et la vraie philosophie.
A" L'homme est doué du libre arbitre pour
choisir le bien ou le mal. 5° Le péché est
né du libre choix de la créature. 6° Jésus-
Christ est réellement dans l'Eucharistie.
7° Le culte des Images. On trouve, en
outre, dans notre ouvrage, comme dans
les écrits de Jean Damascène, un exposé
très complet du dogme de la Trinité et de
la christologie , ainsi que des citations nom-
breuses des Pères de l'Eglise , notamment
de Grégoire de Nazianze et de saint Basile.
Quelques-uns de ces arguments ont été
discutés plus haut. Ce sont ceux qui avaient
été présentés par l'abbé de Billy. On verra
plus loin que les doctrines énuméx'ées par
le professeur de Bonn et dont la liste
pourrait être augmentée sont communes,
non seulement aux ouvrages de Jean Da-
mascène et au livre de Barlaam ei Joasaph ,
-^».( 38 ).« —
Dieu, à l'exemple de saint, Cyrille de Jérusalem \ cl de l'auteur inconnu
des écrits qui portent le nom de saint Denys l'Aréopagite ^, par diffé-
rents attributs négatifs, tels que àvaLpyos xclI (XtêXs^tj^to?, aîœvtos
xcLi dï'SioSy ôixuc/los, oirpsu^os xai OLdM^cnoSy OLOpctros, émepi-ypoLiflo?,
direpivotîTos , at/iteipos, dnepiopic/los , ànaQrjs, àvoLXkoiwTOs , etc. ^. C'est
à Grégoire de Nazianze lui-même qu'il a emprunté la formule philoso-
phique d'une définition positive : ô qvtws wv koli del wv'^, qui , au fond,
n'est autre que celle de la Bible. Ce Dieu, par sa providence , maintient
et gouverne le monde. L'harmonie de ce monde, au milieu de la
variabilité et de la mobilité de toute chose, prouve l'existence de Dieu;
car l'édifice du monde suppose un architecte, et ce qui est en mouve-
ment, un moteur éternel et immuable, exempt de toute passion et
de toute imperfection ^. Dieu est le principe de la vie (r; ^côïi) , source
de toute bonté, de toute justice et de féternelle lumière. Il est
terrible et tout-puissant, mais bon, juste [Sikolios fxovos) et miséri-
cordieux, plein de douceur et de charme et éminemment désirable.
Il aime les hommes, la sainteté et toutes les vertus. Il est la vérité,
la charité, la bonté [avToa.\vdsiOL ovopia,2,sTai xai è(/iiv, ctvTOCtyoLTTJj ,
OLÙTOCLyaOoTrjs'^). Il se révèle, non dans sa nature, car il est impossible
à l'homme de le voir et de le connaître, mais par ses manifestations''.
L'unité du corps humain est une preuve de l'unité de Dieu*^.
Le dogme de la Trinité est défini avec une grande précision, dans
deux règles ou professions de foi, solennellement proposées au néo-
phyte avant le baptême. Ces deux textes, qui ont échappé à l'atten-
tion des théologiens, ne figurent dans aucune collection de symboles.
mais aux ouvrages d'autres écrivains de * Boiss. , p. 45, 211, aSg.
différentes époques. M. Langen n'aurait " Ib'uL, p. i43.
prouvé sa thèse que si ces doctrines avaient '"" Ihid., p. 49-5o, i44, i46-i47, 211,
été enseignées exclusivement par saint ^Sg.
Jean Damascène. * Ibid., p. 45, i43, an, 292.
' Cateclt. IV, De decem dogmuùhns, ' Ibid., p. 5o, i44, i48-i49.
cap. IV. * Ibid., p. a5o-25i.
* De iheol. myst., cap. iv et v.
39
Je crois utile de les donner ici d'après les manuscrits de la Biblio-
thèque nationale que j'ai désignés plus haut.
Eïs Ssos^ à UoLTïtp il ov Ta TsdvTOL Kcù vfxeîs sis olvtov'^' xcci sis
xvpios \yi<70\Js \pi(/i6s Si ov tol isolvtcl xolÏ viisTs Si' aÙTOv*, os è&liv
eixwv Tov 0£oCi tov àopOLTOv, 'CSpcoTOTOxos àircicrrîs Tr}s ktictsw? koli
TSOLVTMV 1WV CÙœVWV'^, OTl èv OLVTW SXThOïJ TCC TSàvTCL, TOL èv TOÏS^
OVpOLVOT? XOLt Ta èTTl TTJS yVS ^ Ta ÔpOLJOL XOLl TOL dopOLTOL, eiTS Q-povoi, eiTS
xvpioTVTSs, sÏTS àpyjù, eiTS è^ovcriar tcl"^ 'csclvtcl SC avTOÛ èyévsTO,
KOLi X^pis OLVTOv èyévsTO ovSe êv Ô yéyovs ' kolI êv UvsvpiOL âyiov , èv
W TOL TSOLVTOLf TO KVpiOV Xai ^«OTTOiOV, BsOV KOLI BsOTïOlOVV , TSVBVllOL
àycuQov, TSvevpiOL svôks , TSvevfxoL tsoLpcixXvTov , TSvevfxoL viodsaioLs. Tov-
Twv ^ebs {xkv £KOL(/îov xad' éavTO^ BsMpovixevov , ws ô lloLTvp xolI à
Tios, MS ô Tios'^ XOLl t6 UvevpLOL t6 âyiov eïs Se Seos èv Tptci, fiia
Ç>v<Tis^^f fiiOL jSacrAeta, jx/a SvvcLfjiis, fxia So^cl^^, fxia ovcrioL, SiaipeTrj
TOLÎs VTroa-ldcrea-i xoli fj.6vov. Eïs yœp ô HoLTVp , w xoli ïSiov v dyevvvyioL *
eïs Se ô fjLOvoyevïfs Tto?, xolI ïSiov clxjtw ij yévvrjcns' iv Se t6 âyiov
Wve\Jii.CL^'', XOLI iSiov olvtm y) èxTi6pe\j(Jis. Ovtc*) y dp rjfjLeîs, ex (^mtos tov
liaTpo? (pœs 7S epiXoLfji(pd évTes ^^ tov Tlov èv (pcoTt tû5 dyiM llvev|W.aT<,
fxioLV So^d^opiev ^eoTYiTOL èv Tpialv VTCoc/ldcrem ^* • xat aÙTos èc/liv
dXrjôivos^'^ XOLI p.6vos ^ebs, à èv TpidSi yivœ(Tx6pLevos , oti è^ olùtov xoli
Si aÙTOu xrti eis clùtov Ta 'UidvTOL.
' Edit. de Boiss. , p. 83.
" E, manque Qsàs.
* E Kai »7fxers aOroO.
* E Sj' cLÙiàv, B sis OLxnàv.
* E, manque t&jv.
" C , manque "rots.
' C , manque xà.
* CE Kcnd' savrov.
' C, manque ws à Tlôs.
" A , manque fiia, (^veris.
" B, manque fxlahô^a.
'* BEF TÙ tsveiifia to âytov.
'* BEF ejBÔTes.
'* BEF àyia.i(î}fiedix èv Tpieriv viroalà-
(jecriv [iiav ho^iiwvTes Q-eÔTrjTX.
'* BCEF dXrjdrjs.
—»->.( 40 ]^—
B^
Uic/leve toivvv sis UoLrépoL kolI Tîov xolI ciyiov UvevfjiOL tïjv àyiav kclI
Kwccpx^^vv TpicîSa èv rpialv viroc/ldcreai kolI ynà B'sotïjti ^okjLlo{kévnv ,
StOLipSTVV flèv TOUS ÙTTOc/ldaeCTl KCf.1 TOUS VTÎOa-loLTlKOUS l^lOTÏjmV, YfVCt)-
fiévvv Se TYf ovcria' èW fiev yivwcrxœv Seov dyévvrjTOv, tov~ OaTépa,
îvoL Se ysvvrjTov Kvpiov, tov Tlov, (pws sk (pwTos, 0eov àXvQwbv ex
^so^j dXrjOtvov, yevvrjOévTOi, TSpo 'csdvTwv twv olIwvwv dyaOov yàp^
IlaTpos dyaôos èysvvrfdv Tios, (pwTos Se tov àyevvvTov <Z>ms è^éXa^ype
t6 dtSiov, KOLI èx TTJs ovTMS Kmïjs 7] K^oivoios 'csporfXde TSïjyrj , kolI èx
Tr;? avToSvvoLfj.eM5 rj tov Tlov Svvoliâis è^e(pdvv, os èc/ltv QŒOLvyo.(T^oi
TYfs Sé'irjs^ KOLI Aoyos èvvnoc/loLTOs , èv à,p)(r} œv TSpos tov 0eov xai
^ebs^ civoLp'/os Te xolI d'ièios • St' ov tol TSdvTCL syéveTO tol ôpoLTOL xai tol
dopoLTCL ' Kcâ ev eiSœs ïlvevjxa dyiov, t6 èx tov IloLTpos èx7^opev6p.evoVf
Seov TeXeiov xai K(*J07roi6v kolI dyioL(7(jiOv TSapexTiKov, TOLVTodeXès , tolv-
ToSvvafJiOV^f (TVVOL'tSlOV, èvVTTOc/loLTOV. OuTW? OVV IJSpOaKVVei TOV VlaTÉpOL
KOLI TOV Tiov KOLI To dyiov UveviiOL èv Tpicrlv viroc/ldfTecnVy eiTOvv'^
iStoTïjcri, Kai^ B-eàTrjTi pwà* koivov (lev y dp twv Tpiwv rj B-eoTrjs, kolI
fJLÎOL OLVTWV V (pVCriS, fXlOL OVCTIOL, ^ÂlOL So^CL, fJilOL ^OL(TlkeioL , tllOL SvVOLfXlS ,
[lid ^ovaioL' KOIVOV Se Tiw xai dyiM livevfjiOLTi t6 èx tov UoLTpos, iSiov
Se TOV IlaTpos fj.kv v dyevvrjaioL, Tiov^ Sk if yévvncjis, llrevfx-aTOs Se
rj eKTtopevms. Ourw pièv ovv^^ tolvtol Tsic/leve' xoLToXoL^elv SeTov Tpoiïov
177? yevvrjaews , r) tïjs èx'Kopevcrews pir; èmlioTei^^ [dKOLTd\r]i{ios y dp) •
dXX èv evdvTïjTi KOLpSioLS divepiépyws 'cspoaSéyov oti à WcLTrjp kolI ô
Tlos KOLI TO âiyiov UvevfxoL KOLTd zsdvTOL ev eicn 'CsXrjv tïjs dyevvv<yîoLS
xai Trjs yevvnaews kolI ttjs èKTTOpevaeœs , kolI oti ô fxovoyevrjs Tios koli
' Boisson., p. i6i et suiv. ' B ijyovv.
' DEF, manque rôv. , * B, nianquexa/.
' AEF, manque ydp. " AC Tiw.
* C T^s hô^rjs TOV Uarpàs. " BCDF, man(|uc olv.
* BCD xal Seàs <i)v. " HD Zt^ret.
* F raaLVTohwafjLov.
Aoyos TOv 0eo{3 kolI Seos Sioi, tïjv viièTepav (rœTrjpiav KctTijXdev èniTrjs
yrjs evSoKici tov UoLTpos xcù (jvvepyia. tov àyiov UvevyiOLTOs
Ce qui distingue ces deux documents, consacrés, l'un et l'autre,
exclusivement à la définition de la Trinité (le dogme de l'Incarnation
n'y figure que comme appendice du symbole plus étendu) , c'est la
forme symétrique des articles divisés en deux séries, l'une générale,
énonçant les qualités positives et individuelles des trois hypostases,
l'autre, leur place dans l'unité. Dans le premier texte , paraphrase libre
d'une ancienne règle de foi du diocèse d'Antioche, l^s canons de Dieu
le père et de Dieu le fils reproduisent littéralement quelques versets
des épîtres de saint Paul (i*^ épître aux Corinthiens, chap, viii, vers. 6 ,
et épître aux Colossiens, chap. i, vers. 1 5 et 16) et de l'évangile de
saint Jean (chap. i, vers. 3). Mais la coordination des formules sis à
UoLTÏjp è| OV 7<X 'nSOLVTCL, SIS KVplOS IrjŒO'Os \pl(/lbs Si' OV TCC TsdvTOL,
êv UvevfJiOL âyiov èv w tcl 'csclwcl, résumées avec une légère variante
dans la sentence finale, est un des points caractéristiques des Ana-
tlièmes promulgués par le second concile de Constantinople^ Les
termes appliqués au Saint-Esprit sont empruntés à d'autres sources :
les mots TO xvpiov hclI i^mottoiov se lisent dans la règle de foi du pre-
mier concile de Constantinople; ^soiroiovv et TSvevfJLCC vloôecrias ont
été employés par saint Basile et samt Grégoire de Nazianze.
Le second texte, que l'auteur présente comme une explication du
symbole de Nicée^, est en réalité la paraphrase du symbole du pre-
mier concile de Constantinople qui avait été adopté par la plupart des
églises d'Orient et qui était en usage notamment dans l'église de Jé-
rusalem, où il avait remplacé, dès le iv*^ siècle, la règle de foi de
saint Cyrille^. On y remarque, comme attribut de la Trinité, l'expres-
sion de X,waLp-/j.K6s , que d'autres écrivains n'appliquent qii'à la sainte
' Voy. Mansi, Sacr. Concil. nova Coll., * Voyez la Dissertation de 13om A.
t. IX, p. Sôyet suiv. ; — Uahn , Bibliotheli ïoutlée dans S. P. N. Cyrilli arcJiiep.
der Symbole and Glaubensregeln , a' éd , Hierosol. Ojoera, à la suite de la cinquième
p. 86. Catéchèse [Patrol. gr., I. XXXIIl, col. 626
* Boiss. , p. 167. à 53o).
Vierge ou au Saint-Esprit ^ L'omission, dans le canon du Fils, des
termes fjLOvoyevvs, à[uoo\)Gios et oO 'csoinjQeU, paraîtrait assez naturelle,
sinon fortuite, le document ayant été rédigé à une époque où les hé-
résies d'Arius et d'Apollinaire étaient depuis longtemps vaincues, s'ils
ne figuraient pas dans la dissertation de saint Jean Damascène sur la
Trinité^, dissertation qui est le commentaire du même syn)boie. Ou
peut croire aussi que c'est intentionnellement (et nous en verrons
plus loin la raison) que l'auteur évite d'attribuer à la Trinilé une seule
volonté et une seule opération (j[x,/a B-éXrj^^ts, \ucl èvépyeiœ), formule
importante que les professions de foi de la province ecclésiastique de
Jérusalem, telles que ledit commentaire de saint Jean Damascène et
la lettre synodale du patriarche Sophronius, ne manquent pas de
mettre en évidence''.
Cependant, il y a, en ce qui concerne les hypostases de la Trinité ,
dans le langage et dans les idées de l'auteur du livre de Barlaam et
Joasaplî, une certaine confusion, lorsqu'il dit par exemple, que Jésus-
Christ a créé le nionde par sa parole et l'homme de ses propres
mains, os è&li^pi&los Iv^rovs, ô Kvpios toôv cuïolvtwv, os, (7\jvcLvcLp'/ps
wv xolI (TwaiSios iw McLipï xcù TOUS ovpavovs tw Xoyw xat tvv yrjv
iTTOc/lïfaoLS y Tov clvdpMTTOv TS ^^p^riv oîxeians èSr]iuovpyrj(J£ \ ou
lorsque, à côté du Logos, complètement identifié à Dieu, il fait inter-
venir un nouvel agent de la création, le priiicc : \pt&lw crvvsTOL^OLfivv,
Tw TOV 0eou xai lloLTpos Tiw Kcù Koyw , ou tw pvjy,aTt 'TS(xpy)y(Qv to 'rsàv
ex |u.J7 ovTwv, 05 Kcù TOV OLvOpWKOv èx -x^oos SiOLiikoLcroLs'^, ou encore,
lorsqu'il déclare que Jésus-Christ a habité une vierge, sans quitter
le trône du Père : xal tov tov UccTpos B'pévov firj àiroXiTtcûVy llccp-
dévov wx77<T6^, et qu'après sa résurrection, il est remonté au ciel, dont
^ Cependant, dans la profession de loi mélie apocryphe de s. Jean Chrysostome.
de Paul, patriarche de Constantinople, ré- * De orthodoxa Jide , iib. I, cap. vin.
digée en 6^7, on trouve également Çwap- ' Patrol. gr., t. LXXXVII, col. 3i48.
;^«x>) Tpias (voy. Mansi, t. X, p. 1019; — * Boiss., p. i4.
Hahn, /. c, p. 38a). L'expression est rela- ' Ibid. , p. 210.
tivcment récente. Elle figure dans une ho- ° Ibid., p. S.
il n'avait pas été séparé : èydpSTCLi Toiyapovv ws Qeos kolI àvipx^iixi
eis ovpoivovs oôev ovSoLfjiœs èywpiaBri'^. Du reste, de même que saint
Grégoire de Nazianze", saint Jean Chrysostome ^, Léonce de Byzance^,
saint Jean Damascène^ et d'autres, il recommande au croyant de ne
point scruter le mode de la filiation du Fils et de la procession du
Saint-Esprit, et il étend cette réserve au mystère de l'Incarnation et de
Tunion des deux natiu'es en Jésus-Christ ^, dogme que saint Jean Da-
mascène traite avec toutes les ressources de la dialectique^.
Le Fils de Dieu réunissait en lui la nature humaine, composée
d'un corps véritable et d'une âme rationnelle , et la nature divine. Im-
peccable, mais soumis à toutes les conditions du corps humain, il
subit la passion et la mort en sa nature humaine , tandis que la nature
divine demeurait impassible. Si, dans cet enseignement, on ne peut
méconnaître une tendance polémique contre l'hérésie d'Apollinaire,
suivant laquelle le Logos tenait lieu, en Jésus-Christ, de l'àme ra-
tionnelle, il est également certain qu'en parlant, à plusieurs reprises,
des conditions humaines du corps de Jésus-Christ, de la passion
subie par lui en réalité, des deux natures, unies mais distinctes,
l'une et l'autre également parfaites, l'auteur se place sur le terrain
du dogme défini par le concile de Chalcédoine, d'une manière plus
formelle que Jean Damascène qui , en cherchant à expliquer l'union
des deux natures et en s'éloignant autant que possible ^de l'hérésie
nestorienne, n'a pas complètement évité l'écueil de la doctrine mono-
physite. Ces deux natures, dit-il encore, sont douées, chacune en
particulier, de volonté, d'action et de libre arbitre : xai èv Svo (pvarsm
vospoLÎs, B-skrj'^tKOLis Te xai èvspyvTiKcàs xctl OLVTe^ovaiois , xcni xoltol
' Boiss. , p. 392. ' Dialect. c. xli à xliv, lxv à lxvh [Pu-
' Hom. theolog. III, cap. vin. troL gr., t. XCIV, col. 608 et suiv. , 657
' Comment in loann. , Hom. XXVU. et suiv.). — Contra lacohitas [ibid., col.
* Libri très contra Nestor, et Eutjcii. 1^36 et suiv.); — De duabus volantatibus
{Patrolgr., t. LXXXVI. col. i32/l C);— [Patrol gr. , t. XCV, col. 128 et suiv.);
De sectis, Actio I , S 1 . — Contra Nestor. ( ibid. , col. 1 88 et suiv. ) ;
^ De orth. fide, iib. I, cap. viii, — De orlh.Jide, lib. III, cap. ii, xi, xvi,
* Boiss., p. i63 et 164. xxiv, xxvii, xxviii.
tsdvTa Tskeiùôs s)(pv(TCUs kcltol tov éxàc/Jri 'UiphrovTct Spov Te xai Xoyov,
BsàTïfTl (pVfJ-i XOLl dvOpMTTOTVTl, (lia Sk (TVvdéTCf) ÙTTOO^ (1(761 \
Ce qu'on lit, dans notre ouvrage, touchant la création et la nature
de l'homme, est, en partie, littéralement emprunté à Grégoire de
Nazianze^ et à saint Basile'. Dieu a créé, d'abord le monde invisible,
les anges, puissances célestes et immatérielles, esprits qui sont les
ministres de la majesté divine [ovpdvioi Svvdfxeis, "keiTOvpyixoL 'nsvev-
fiOLTa)y ensuite le monde visible et matériel. L'homme étant formé
à l'image de Dieu, c'est-à-dire doué de raison et de libre arbitre et
de la faculté de se rapprocher de Dieu par la vertu, qui est l'état
naturel de son âme, le péché, en particulier le péché originel, est
né de notre libre choix (avTovofjiia Trjs Ts'Xdvv?)- Il est notre œuvre
et celle d'un archange déchu nommé Diable ou Satan*. On ne doit
pas croire qu'il y ait un règne du mal , ni que le mal ait une existence
propre, ni qu'il ait été créé par Dieu^.
Les mêmes théories sont exposées dans les ouvrages de saint Gré-
goire de Nysse, de Cyrille de Jérusalem et dans ceux qui sont attri-
bués à saint Denys rAréopagite*^.
En ce qui concerne les institutions chrétiennes, l'auteur ne parle
qu'incidemryent de l'eucharistie, en affirmant la présence réelle [tskt-
Tevwv èv dXrjGsicc (r^pLOL kclI c/a[L(x vircip/^eiv \pi(/Jov tov Ssov"^). Mais il
s'étend longuement sur le baptême et sur la pénitence. Pour saint Jean
Damascène, le baptême consiste dans l'action lustrale de l'eau*, qui
' Boiss. , p. 1 63. et 4- — Dion. Areop. , De div. nom, , cap. iv,
' Hom. in Theophania, S 9; — Hom. in 26, 33 et 34-
Sanct. Bapt. ,% txb. ' Boiss., p, i65 et suiv. — Dès le
* Homil. IX in Hexaemeron, passim. iv* siècle, les théologiens orientaux, par
* Boiss., p. 4.5, 5i, 173. exemple Ephrem le Syrien et Isaac d'An-
* /6i(f. , p. 165. tioche, enseignaient la présence réelle,
* Greg. Nyss. , De hominis opijicio , {^oy. Assemarii, Bibl. or., t. I, p. 220;
cap. XVI {Patrol.gr., t. XLIV, col. i84 et comparez t. II, p. 190).
suiv.) — Cyr. Hieros. , Calech. II, SS 1, 2 * Dcorth.fide, lib. IV, cap. ix.
prépare le néophyte à recevoir le Saint-Esprit. C'est l'action du Saint-
Esprit uni à l'eau qui constitue le baptême, selon l'auteur du livre de
Barlaam et Joasaph. Le baptême, dit-il, est comme la racine et la base
inébranlable (p/^a éjcyjzep xolI à(T(p(xXY}5 VTro^dôpcc) de la religion chré-
tienne. L'homme, purifié de tous les péchés, renaît de nouveau,
l'image de Dieu est restaurée en lui , il inaugure une alliance avec Dieu
et acquiert l'espoir du salut. Cependant le baptême ne détruit pas le
libre arbitre ^ Et il ne peut être reçu une seconde fois. Lorsque,
après avoir été sanctifié, le chrétien a péché de nouveau, il ne peut
être régénéré que par le baptême des larmes et le chemin rude de la
pénitence. Il est dangereux de se laisser vaincre par le péché, et il
n'est pas digne du lutteur de tomber; car ceux qui tombent ne réus-
sissent pas toujours à se relever. Mais la miséricorde de Dieu est in-
finie, et la pénitence triomphe de toutes nos fautes^.
Si la foi et le baptême sont indispensables pour gagner le royaume
des cieux ^, ils ne suffisent pas pour nous sauver; car la foi sans les
œuvres est morte. Après avoir reçu le sceau du baptême, l'homme
doit cultiver toutes les vertus, accomplir les commandements du Dé-
calogue et de fEvangile, et éviter, non seulement le péché en action
et en paroles, mais aussi les mauvaises pensées, qui éloignent la grâce
du Saint-Esprit, ainsi que la fumée chasse les abeilles. Du reste, il
est facile d'implanter en nous fhabitude de la vertu; car celle-ci est
innée dans l'homme , tandis que les vices ne sont que des accidents '^.
Pour sanctifier le corps et fesprit, il convient de pratiquer la prière,
qui est une conversation avec Dieu, une jouissance anticipée de la
vie future^; et pour acquérir les trésors célestes, il faut prodiguer
.aux pauvres les richesses de ce monde '^.
\
' Boisson., p. 58, 59, 84, 88,89, 9^' ^ Boisson., p. 8A.
3o 1,32 1. * Ibid., p. 87 et suiv. , 117, 168 et
* Ibid., p. 8g, 93 et suiv., i65. — suiv.
Comparez Grég. de Nazianze, Hom. in ^ Ibid., p. 17/i et suiv. — Comparez
S. Bapt.; — Joann. Climax, gradus VII, Climax, gradus XXVIII.
init. " Boisson., p. 126 et suiv. , 3io et suiv.
Un sujet (pie l'auteur traite avec prédilection et à plusieurs
reprises, c'est la résurrection des morts et la vie éternelle. Sans
doute, nous n'avons pas, dit-il, en ce qui concerne les choses
futures, la même certitude que pour les événements extraordinaires
du passé, qui nous ont été rapportés par des témoins oculaires. Mais
ces mêmes témoins, dont nous avons reconnu la véracité, nous sont
Pjarants de la réalité des merveilles du monde à venir qu'ils ont
annoncées : le paradis, l'enfer, le second avènement de Jésus-Christ,
la résurrection ^ La mort est la séparation du corps périssable et de
l'âme immortelle. La résurrection sera la réunion de ces deux élé-
ments, œuvre de la toute-puissance du Dieu créateur'^. Les résurrec-
tions opérées par Jésus-Christ, ainsi que sa propre résurrection, nous
en fournissent des exemples^. D'ailleurs, en présence de la répartition
souvent injuste des biens et des maux, en cette vie, ne faut-il pas
admettre, dans l'avenir, une justice distributive plus équitable*.*^ C'est
lors du second avènement de Jésus-Christ et lors de la résurrection
des morts que chacun sera récompensé selon ses mérites; la vie éter-
nelle du paradis sera pour les uns, la damnation sans fin ni rémis-
sion, pour les autres^. L'Ancien et le Nouveau Testament fournissent
à l'auteur des traits nombreux pour tracer un tableau très complet de
la catastrophe finale*^.
L'Ecriture nous apprend que la vie du paradis consiste surtout
dans la contemplation de la Trinité. Mais nulle langue humaine ne
peut décrire le royaume des cieux, aucun esprit en concevoir l'éclat
glorieux et la félicité suprême. En effet, dit l'auteur, ces choses ne
seraient pas extraordinaires, si l'homme, chargé d'un corps matériel,
pouvait les connaître. Cependant, malgré cette déclaration, il ne re-.
cule pas devant une description minutieuse des demeures célestes et
' Boisson., p. 67 et sui?. lib. IV, cap. xxvii) présente des arguments
' Ibid. , p, 64. différents pour démontrer la résurrection
' Ibid. , p. 69 et suiv. des morts.
* Ibid., p. 64 et suiv. * Boiss' n., p. 69 cl suiv., ^5 et suiv.,
* S. Jean Daniasctne (Dr orih. fide, 339.
des horreurs de l'enfer, soit en se servant des paroles de la Bible, soit
sous forme de l'êve ^
La vérité des croyances chrétiennes est attestée par les déclarations
des prophètes, par les témoignages de Jésus-Christ et des apôtres, et
confirmée par les miracles qu'ils ont accomplis^. Une autre preuve
est ce fait mémorable, que le christianisme, propagé par des gens
pauvres et ignorants, a triomphé du paganisme , qui était soutenu par
les plus puissants et les plus savants^.
Dans sa polémique contre le paganisme, l'auteur argumente non
seulement contre la mythologie superficielle des grands peuples de
l'Orient et de la Grèce; il cherche aussi à réfuter les systèmes rai-
sonnés du symbolisme philosophique, fevhémérisme et la théorie des
forces de la nature, en lutte les unes contre les autres et dont les
dieux seraient les représentants. Cette lutte ne saurait se produire sans
troubler l'harmonie de l'univers*. Il montre également la contradiction
qui existe entre ces conceptions mythologiques et les principes de la
morale. « Comment, dit-il, les philosophes et les savants d'entre les
Grecs n'ont-ils pas compris que ceux qui donnent des lois sont jugés
d'après leurs propres lois.^ En conséquence, si les lois sont justes,
leurs dieux agissent d'une manière absolument injuste, en violant ces
lois, en commettant des meurtres, des sortilèges, des adultères, des
vols, des crimes contre nature. Si, au contraire, en agissant ainsi, ils
ont bien agi, ce sont les lois qui sont injustes et en opposition avec
leurs dieux. Or ces lois sont excellentes et justes, approuvant les vertus
et réprouvant les vices, et les actions de leurs dieux sont contraires
aux lois. Donc leurs dieux ont transgressé les lois, et ceux qui ont in-
troduit de tels dieux étaient des malfaiteurs dignes de la peine de
mort, des impies. En effet, si les récits qui les concernent sont fabu-
leux, ce ne sont que des paroles; s'ils sont réels, les personnages qui
' Boisson., p. 60 et suiv., 66, 72 et ^ Boisson., p. 61 et suiv.
suiv., 175, 23o et suiv., 280 et suiv., ' Ibid,, p. 298 el suiv., 3i6.
36o. * Ibid. , p. 297.
ont fait ou subi de telles choses, n'étaient pas des dieux; si les récits
sont allégoriques, ce sont des fables et rien de plus '. »
Ces démonstrations, malgré leur étendue relative, ne constituent
pas, cependant, l'objet principal du livre de Barlaam et Joasaph.
C'est la doctrine ascétique qui y occupe la place dominante. Elle est
traitée avec une remarquable éloquence , une étonnante profusion de
preuves, de figures de rhétorique, d'images de toutes sortes. Bien
que, au fond, le mysticisme se renferme dans un cercle assez res-
treint d'idées que tous les maîtres de la vie spirituelle reproduisent
généralement avec les mêmes développements, l'auteur de notre ou-
vrage, s'inspirant de ses propres convictions, dont la fermeté ressort
avec évidence, et sous finfluence des spéculations de la doctrine du
bouddhisme, s'élève fort au-dessus des autres écrivains mystiques. En
proclamant, avec saint Basile et le pseudo-Denys Aréopagite^, que la
vie ascétique est la vraie vie chrétienne et la vraie philosophie, et en
enseignant le détachement absoki des choses de ce monde, la mortifi-
cation du corps et l'aspiration à l'union avec Dieu, loin de recom-
mander des pratiques bizarres ou absurdes et une morale outrée, il
n'a garde de franchir les limites du raisonnable et du possible.
Au début même du récit, la théorie du néant terrestre est résumée
en cette phrase : « Les sots considèrent les choses qui sont, comme
n'ayant point de réalité et- les méprisent, et ils préfèrent s'attacher à
celles qui n'ont point de réalité et qu'ils regardent comme réelles^. »
Ce thème de la vanité du monde est illustré par l'histoire du prince
rencontrant un lépreux, un aveugle et un vieillard décrépit, et par les
belles paraboles de l'Unicorne, des Trois Amis et des Rois exilés dans
une ile. Voici les réflexions que l'auteur, à la suite de la fable des
Rois exilés, met dans la bouche de l'un de ses héros : « Après avoir
ôté de mes yeux le voile de l'erreur, et après avoir vu que toute la
' Boisson., p. a5o et sulv. SaA)- — Den. Aréop. , De ecclesiasf. Itier-
* Comparez S. Basile, Epist. xlv et archia, cap. vi.
ccxxiii [PalroL gr., t. XXXÎI, col, 365 et ' Boisson., p. 1 1.
vie (les hommes se consume dans ces choses (vaines) , que les uns
apparaissent, les autres disparaissent, que rien n'est fondé sur une
base solide, que les riches ne conservent pas leurs richesses, ni les
puissants leur pouvoir, ni les sages leur sagesse, ni les heureux leur
bonheur, ni les libertins leurs plaisirs, ni ceux qui croient vivre en
paix, leur vaine et inintelligente sécurité; ayant vu que rien de tout
ce que l'on aime en ce monde n'est durable, que la vie, au contraire,
ressemble à la chute vertigineuse des torrents qui se précipitent dans
l'abîme de l'océan . . . , alors j'ai reconnu que tout cela est vain et
de nulle utilité et, de même que tout ce qui a existé a été enseveli
dans l'oubli : gloire, pouvoir royal, hautes dignités, orgueil du com-
mandement, arrogance des tyrans, ou autres choses semblables, ainsi
le présent disparaîtra dans les temps futurs. . . J'ai vu comment ce
monde tyrannique et agité traite les hommes, les plaçant tantôt ici,
tantôt là, précipitant les uns de la richesse dans la pauvreté, élevant
les autres de la misère à la gloire, faisant sortir de la vie les uns et
amenant d'autres à leur place; rejetant des hommes sages et pru-
dents, abaissant et déshonorant des gens honorés et respectés; éle-
vant sur le sommet de la gloire des sols et des étourdis et faisant pro-
diguer des honneurs à des gens méprisés et obscurs. On peut remar-
quer que le genre humain, en présence de cette cruelle tyrannie du
monde, n'a aucun point d'appui; comme une colombe qui, fuvant
un aigle ou un épervier, vole d'un endroit à l'autre, se posant tantôt
sur tel arbre, tantôt sur tel buisson, puis se réfugiant dans les creux
des rochers, cherchant à s'accrocher à toutes les épines, ne trouvant
nulle part un abri sûr, sans cesse agitée et tremblante, ainsi sont ceux
qui aiment avec passion les choses présentes, ceux qui, par une ardeur
irréfléchie, se tourmentent et vivent dans l'angoisse, sans jamais trou-
ver ni un appui ni un abri, et qui ne savent pas à quoi ils tendent,
ni où cette vie de néant les conduit "... »
Certains anachorètes ayant été amenés devant le roi de l'Inde,
' Boisson., p. 12 1 et suiv.
IHPniMERIE MTIOmE.
ennemi des chrétiens, celui-ci, dans l'interiogaloire qu'il leur fait
subir, les accuse de séduire le peuple, de détourner les hommes des
joies de la vie et de leur prêcher le renoncement, de sorte que, s'il
ne s'y opposait, la terre deviendrait déserte. C'étaient les reproches
(jue les Perses mazdéens, qui considéraient l'ascétisme comme œuvre
d'Ahrin)an, faisaient habituellement aux chrétiens^. L'un des anacho-
rètes lui répond en ces termes : « Si tu désires que tous participent
aux biens de cette vie, pourquoi ne leur donnes- tu pas une part égale
de tes plaisirs et de tes richesses ? Pourtant, la plupart d'entre eux
végètent dans la pauvreté, et toi, tu leur prends encore ce qu'ils
possèdent pour l'ajouter à tes trésors. Donc, tu n'as point souci du
bien-être de la multitude, mais tu engraisses ton propre corps, pré-
parant ainsi de la matière à la voracité des vers. C'est pourquoi, niant
le Dieu de tous, tu appelles Dieux ceux qui ne le sont pas et qui ont
inventé tous les péchés, afin d'obtenir, en t'abandonnant comme eux
au libertinage et au péché, l'honrieur d'être appelé imitateur de tes
dieux. . . Par conséquent, tu es dans une grande erreur, ô roi! Tu
crains que nous n'amenions quelques-uns de ton peuple à se sous-
traire, en s'unissant avec nous, à ton pouvoir et à se soumettre au
pouvoir qui régit l'univers. Car tu veux que les serviteurs de ton ava-
rice soient nombreux, atin que, tandis qu'ils mènent une vie misé-
rable, tu profiles de leur peine. Ainsi qu'un homme qui nourrit des
chiens ou des oiseaux apprivoisés pour la chasse, et leur prodigue,
avant la chasse, des caresses, mais lorsqu'ils ont saisi un gibier, le
leur arrache violemment de la bouche, loi aussi qui désires avoir un
grand nombre de gens qui t'apportent des tributs et des impôts de
la terre et de la mer, tu dis que tu as soin de leur bien-être, tandis
qu'en réalité, tu leur prépares la perdition éternelle. . .^. »
' Boisson., p. 224. — Comparez Elisée, duit par Grégoire Kabaragy Garabed
Soulèvement national de l'Arménie chrétienne, (Paris, i844), p. 29 et 62.
au y' siècle, contre la loi de Zoivastre, Ira- * I^oisson., p. 200 et suiv.
^i>{ 51 ).c^—
IV
Le système théologique que nous venons de résumer renferme une
profession de foi dyolhélétique caractérisée par une tendance très
apparente de polémique contre la doctrine du monothélétisme, dont
la naissance et les évolutions donnèrent lieu à de nombreuses con-
troverses durant la [)lus grande partie du vii*^ siècle. De ce fait il est
permis de conclure que le livre de Barlaam et Joasaph a été composé
à celte époque. C'est à ces mêmes débats, touchant la nature de la
volonté, que se rapporte la dissertation sur le libre arbitre, dont
nous avons parlé plus haut, dissertation qui est un hors-d'œuvre dans
le cadre parfaitement ordonné de l'ouvrage et dont l'insertion ne s'ex-
plique que par l'importance qu'attachaient à cette question l'auteur
et ses contemporains.
La profession de foi ou Ecthèse relative au dogme d'une seule vo-
lonté en Jésus-Christ a été promulguée en l'an 638. Mais déjà en
633, Cyrus, patriarche d'Alexandrie, avait publié les Neuf articles,
dans lesquels, sous une autre forme, il enseignait la même doctrine,
et de longues négociations avaient précédé ces deux actes. L'empe-
reur Héraclius, lors de la révolution qui le porta au trône, avait pu
apprécier les dangers politiques de la séparation de l'Eglise en deux
sectes hostiles, et il s'était appliqué, à l'exemple de quelques-uns de
ses prédécesseurs et peut-être dès le commencement de son règne, à
chercher un terrain favorable pour rétablir l'union. Il s'agissait, par
quelque concession touchant la définition du dogme des deux na-
tures en Jésus-Christ, d'amener les populations monophysiles de
l'Orient à reconnaître l'autorité du concile de Chalcédoine. Sergius,
patriarche de Constantinople , et certains théologiens d'Orient
croyaient avoir trouvé la solution de ce problème dans une formule
qui consistait à dire que Jésus-Christ, le Verbe incarné, hypostase
composée, dont il ne convient de distinguer les parties que par la
pensée , accomplit les choses divines et les choses humaines par une
52 Wh
seule impulsion cl i\ne seule opération \ L'empereui' lui-même,
pendant la campagne de Perse, entre les années G22 et 629, réussit
à gagner à celte opinion, d'une pari, l'évoque orthodoxe de Phase
(qui, bientôt, fut nommé patriarche d'Alexandrie), et d'autre pari,
l'Eglise monophysite d'Arménie , ainsi que le patriarche mono-
physite d'Antioche^. Cette active propagande ne laissa pas que d'in-
quiéter les adhérents fidèles du dogme des deux natures. On trouve
un écho de leurs alarmes dans un passage du Pandectès, ouviage
composé vers l'an 620, par Antiochus, moine de S^-Saba : « . . .C'est
pourquoi, dit cet auteur, Dieu l'ayant permis, Satan a déchaîné sur
nous un tléau capable d'atteindre les intestins, la moelle et les os.
Nous avons appris qu'il est venu d'Orient un précurseur de l'Anté-
christ, voulant occuper le siège d'Antioche ^, nommé Immortel (Atlia-
nase) ou plutôt Mort immortelle'^, qui proclame et propage les dogmes
d'Apollinaire, d'Eutychès, de Sévère et de Jacques. Cette nouvelle a
agité d'une manière extraordinaire les habitants orthodoxes de la
ville sainte et les monast res des environs^. »
Bien que, dans la première phase des controverses monothélé-
tiques, le débat roulât principalement sur la question de fopération
' Les commencements de la doctrine
monothélétique remonlent probablement
au VI* siècle. Les auteurs arabes les ralla-
chent à l'origine de la secte des Maronites
et rapportent que l'auteur de cette doc-
trine était un moine nommé Mârôn , qui
vivait sous le règne de l'empereur Mau-
rice (voyez Benaudol, Hist. Patriarch.
Jacob. Alex., p. 149; Le Quien, Oriens
christ., t. III, col. 1 et suiv.).
' Voy. Act. Xn du troisième concile de
Constantinople [Sacr. Conc. nova Coll.,
t. XI, col. 539). — In vitam et certamen S.
P. N. ac confessons Maximi, éd. Combe fi s,
p. VII. — Gregor. Barhebraeus, Clironicon
,ecclesiusl., cd. Abbeloos et Lamy, t. I,
col. 261 et suiv. — Théophane, Chnn. ad
ann. 621. — Combefis, Hisloria hœresis
Monothel. , col. 5 et suiv.
* C'est-à-dire , le siège orthodoxe d'An-
tioche; car Athanase, à cette époque, était
déjà patriarche monophysite de cette pro-
vince.
* kôavéuTiov fièv tspotTayopevôfievov •
ftàAAov 8è 0avaTov àôàvitTov.
* Hom. CXXX, dans Migne, Patrol.
fjr., t. LXXXIX, col. lU^ BC. Antiochus
dit qu'Athanase était venu d'Orient, soit
parce qu'il avait été moine à Samosale , soit
que, comme patriarche jacobite d'An-
tioche, il avait alors sa résidence dans
quelque couvent de la Mésopotamie.
—!->•( 53 )•€-»—
unique, fiiœ èvépyeict (Tabandon momentané de ce terme, à partir
de 633, date de la lettre adres<sée au patriarche Sergius par le
pape Honorius, qui ne prétend affirmer que la volonté unique, êv B-é-
"krjfxoL, n'était qu'une concession faite aux scrupules des orthodoxes),
il est à peu près certain que les auteurs de la nouvelle doctrine,
Théodore de Pharan, Alhanase, patriarche d'Anlioche, et Sergius,
patriarche de Conslantinople, avaient enseigné, dès le début, la
formule enlière du monothélétisme \ Et les deux premiers ne s'en
étaient peut-être pas tenus à cette seule proposition. Sophronius,
patriarche de Jérusalem, dans sa lettre synodale écrite en 633 et
adressée à Sergius, représentant officiel de la théorie de l'opération
unique, prononce l'analhème contre Athanase qu'il accuse d'avoir
propagé Terreur de Sabellius^. Au concile de Latran, en 6/19, on
reprochait à Théodore de Pharan d'avoir enseigné le docétisme ^.
Ils avaient, disaient habituellement leurs adversaires, renouvelé l'hé-
résie d'Apollinaire^. En effet, de même que, pour maintenir à la per-
sonne de Jésus-Clirist l'unité et l'invariabilité, parce que l'union d'une
volonté invariable et d'une volonté variable constituerait un être
monstrueux, Apollinaire avait nié la liberté et l'âme humaine de Jé-
sus-Christ, ainsi les monothélites, en affirmant une seule volonté,
arrivaient également à la négation du libre arbitre humain, à un corps
qui n'est que le revêtement du Logos. Et comme, en réalité, le mo-
nolhélétisme n'était qu'une forme de monophysitisme, les efforts des
' Voy. Théophane, Chron. ad. ann. 621.
— Théod. de Pharan, Epist. ad Set^gium
ep. Arsinoeis (Conc. Lateran. secret. III,
Mansi, t. X, col. 960) : Tô 8è 3-si'xùv
Q-éXr)(ia Ôirsp èaliv a\iTO\) toô Xpialov,
ainoît ye tô Q-éXrj(xa ëv èali «ai toOto
©•eikév. — Sergii epist. ad. Cyrum (Mansi,
Sacr. Conc. Coll., t. XI, col. 52 5 D). —
Seigii epist. ad Honoriuni papam (ibid.,
coi. 529 E, 533 E, 536).
* Vov. Mansi . Sacr. Conc. Coll. , t. XI ,
col. 468 CD.— Pafro/. gr., t. LXXXVIT,
col. 3193 A.
^ Mansi, /. c, col. 965 et suiv. : Ào-w-
(xâTdOS ÈK fXTJTpaS 'uspoïjï.dsv à xvpios
"Eœpiarixàv Ôyxov oix é)(eiv xarà aâpHCL tôv
xipiov, àXX' dàyxws xai àawpiœTWs siri tïjs
^aXàcftyrjs 'SSspmarrjacLi EI&jt&jvtov
(rdifiaTOS (^aixœv îhiOTij'rcùv (bs âvdpwiiov
ysyovévai iràv xvpiov xai TavTas saoTOÔ ràs
(^vatxàs ihiôrrfTos àireXavvsfv.
' Ibid., col. 873 A, 893 A , 905 C.
dyothélites tendaient à démontrer que chacune des deux natures de
Jésus-Christ avait tous les attributs de sa substance, et, en particu-
lier, que l'âme humaine était douée d'intelligence, de volonté et de
libre arbitre ^
Que la formule dyothélétique du livre de Barlaam et Joasaph, èv
Svo (pij(TS(Ti voepcLÏs, B-eXrîTiKCLÎs ts xai èvepyrjTixous xal avTs^ovrriois
xai xaxà TJotvTa Tskeictjs è^ovcrais xarà tov èxàc/liri 'cspéitowcn Spov ts
kolÏ Xéyov, B'soTïjTi (pVfJ^î ^oi'i dvOpcônoTVTi, (J^ià Se (tvvOstù} virof/Jcia-ei,
que cette formule, dis-je, ne soit pas simplement une réfutation de
certains docteurs monophysiles qui, se rencontrant sur ce point avec
Nestorius, avaient également affirmé une seule volonté^, ni un souve-
nir de la polémique contre Apollinaire, refusant à Jésus-Christ le
libre arbitre, cela résulte du groupement des trois facultés, de la vo-
lonté, de l'action et du libre arbitre et, aussi, de leur attribution, non
à la personne, mais aux deux natures de Jésus-Christ. Deux volontés,
deux actions et deux libres arbitres, à l'état de coordination, non de
subordination, se manifestant dans l'hvpostase composée de Jésus-
Christ, parallèlement, et non contradictoirement, sans se confondre,
c'est là le dogme des deux natures dans ses conséquences extrêmes.
Dans sa forme absolue, cette théorie dépasse en rigueur les définitions
du concile de Latran et du sixième concile général, ainsi que les opi-
nions des plus ardents dyothélites, tels que Sophronius, Maxime le
Confesseur, les papes Martin et Agathon, saint Jean Damascène, qui,
dans une certaine mesure, ont dû reconnaître l'incompatibilité du
libre arbitre humain avec l'existence et l'action du Logos. On dirait
que cette formule remonte aux premiers temps de la controverse.
* Voy. Maxim. Conf. , Uvev[iàTiHOs d'Afrique au palriarclie de Constantinople
t6(ios (écrit vers 64o), dans Migne, Pa- lue dans la deuxième Action du concile
trol. gr.,t XCI, col. ibj AB. — Di/putatio de Latran [ihid., col. 929 et suiv. ).
c. Pyrrho. ibid. , col. 3oi C, 3o5 A. — * Voy. Assemani, Biblioth. or., t. II,
Martini papœ Epist. ad eccles. Carthag., p. 34. — Mai, Script. Vct. nova Coll.,
dans Mansi, Sacr. Conc. Coll., t. X, t. VU, p. 71 et 288.
col. 801 . Voyez aussi la lettre des évèques
-—*->♦( 55 )•€-!—
où aucune concession n'avait encore été faite aux objections du parti
opposé, qu'elle sort du même milieu que le Pandectès d'Antioclius
dont je viens de citer quelques phrases.
En ne considérant que les termes des deux volontés et des deux
opérations, on peut assurément admettre que la profession de foi
du livre de Barlaam et Joasaph a été rédigée au moment où la nou-
velle doctrine commençait à se produire publiquement, c'est-à-dire
vers 620. Mais le canon du libre arbitre paraît se rattacher à une
phase ultérieure du débat. Sans doute, ce point important de la
christolorçie n'a pu être négligé par les théologiens orthodoxes défen-
dant le dogme des deux natures contre les premières propositions
monothélétiques, celles d'Athanase d'Antioche et de Théodore de
Pharan, qui, d'après l'opinion générale, reproduisaient l'hérésie
d'Apollinaire. A celte époque déjà, la nature de la volonté de Jésus-
Christ était l'objet de discussions nombreuses, comme le prouve, par
exemple , le passage suivant du colloque entre Maxime le Confesseur
et Pyrrhus : « Rien ne m'a tant éloigné do ton prédécesseur ^ dit
Maxime au patriarche exilé de Constantinople, que sa versatillié. . .
Tantôt, approuvant ceux qui prétendaient que cette volonté unique
(de Jésus-Christ) est divine, il montrait que celui qui a été incarné
était seulement Dieu; tantôt, approuvant ceux qui disaient que cette
volonté était délibérante, il enseignait qu'il était simplement homme,
agissant comme nous, par réflexion et ne se distinguant pas de Pyr-
rhus et de Maxime^; tantôt, appelant cette volonté hypostatique , il
admettait en dehors de la différence des hypostascs, la différence des
volontés dans les personnes de la même substance; tantôt, approu-
vant ceux qui disaient que la volonté est libre , il prétendait que l'union
était une union accidentelle, parce que la liberté morale et d'autres
facultés de ce genre sont évidemment des mouvements intellectuels,
et non des mouvements naturels; tantôt, se joignant à ceux qu'il
appelait ses maîtres et qui disaient que la volonté est douée de libre
' C'est-à-dire de Sergius. — ' C'est-à-dire de toi et de moi.
— «i-a-f 56 )•«—
choix el de réflexion, ii enseignait, non seulement que le Seigneur
était purement homme, mais qu'il était variable et soumis au
péché. . . ^ »
Toutefois, la thèse de la volonté douée de libre arbitre, S-iXr/jxa
aÙTe^ov(Tiov, en Jésus-Christ, n'a été soutenue, paraît-il, antérieure-
ment au concile de Latran, que par Maxime le Confesseur. Celui-ci
n'admet qu'une seule restriction de la liberté de la nature humaine,
restriction touchant la ispoctipecris , parce que Jésus-Christ étant im-
peccable, il n'a pas besoin de choisir entre le bien et le mal.
L'intervention de Maxime dans les controverses monothélétiques
remonte au moins à Tan 633. Il se trouvait à Alexardrie, en même
temps que Sophronius et d'autres moines étrangers, au moment où
le patriarche Cyrus prépara son acte d'union sur la base du dogme
de l'opération unique ^. Les lettres qu'il écrivait vers cette époque
montrent qu'il a pris une part active à la défense de la doctrine or-
thodoxe et qu'il était absolument d'accord avec Sophronius ^. Or,
dans sa lettre synodale, rédigée en 034, Sophronius, qui venait
d'être élevé au siège de Jérusalem, défend encore la doctrine des
deux opérations, en s'appuyant de la lettre du pape Léon, et pro-
clame que chaque nature agit avec le concours de l'aulre; mais il
donne ouvertement une place prépondérante à l'action divine qui,
dit-il, lorsqu'elle le voulait, permettait à la nature humaine d'opérer
et de souffrir les choses humaines*. Quelle que fût la raison de ce re-
' Disputatio cam Pyrrho [Patrol. gr.,
t. XCI, col. 329 CD). — Le traité de
Maxime sur les deux volontés et le traité
Ad Marinum nous montrent combien, à
cette époque, on s'occupait de recherches
philosophiques sur la nature de la volonté.
* Voy. Dejloratio ex epist. ad Petrum II-
liutrem [Patrol. gr., I. XCI, col. ua A),
' Voy. Epist. ad Pyrrhum presb. et he-
gumenum [Patrol. gr., t. XCI, col. 589 et
suiv.). L'un de ses correspondants lui
ayant soumis certains doutes, comme il
n'avait pas alors à sa disposition les livres
nécessaires pour résoudre ces questions,
il le renvoie à Sophronius qu'il appelle
«son maître», qui, dit-il, sait défendre
l'orthodoxie contre toutes les hérésies et
qui possède une nombreuse bibliothèque
théologique [Epist. ad Petrum lllustrem ,
Patrol. gr., t. XCI, col. 533 A).
* Patro/.^r., t. LXXXVII, col. 3 168 D,
3173 B.
-^>{ 57 )^-»~
virement ', il est certain que les sentiments du diocèse de Jéruoalcm,
dont la lettre synodale de Sophronius, délibérée dans un synode
d'évêques palestiniens, était l'expression officielle, différaient, en 634,
de l'attitude antérieure du groupe des théologiens dyotliéliles.
Par conséquent, si l'on considère, en outre, que le passage du
livre de Barlaam et Joasapli sur le libre arbitre a certaines parties
communes avec une dissertation de Maxime le Confesseur sur la vo-
lonté^, on peut admettre comme probable que la profession de foi
qui affirme, en Jésus-Christ, deux natures douées de volonté, d'action
et de libre arbitre a été écrite antérieurement à l'an 634.
Cette date, en effet, se trouve confirmée par quelques indications
d'une autre nature.
Au commencement même de l'ouvrage, énumérant les limites de
l'Inde, l'auteur profite de la mention de la Perse pour exprimer ses
sentiments à l'égard de l'ennemie séculaire de l'empire romain, en
ces termes : «Du côté du continent (l'Inde) confine à la Perse,
contrée qui, depuis longtemps, était couverte des ténèbres de l'ido-
lâtrie, qui était tombée dans une extrême barbarie et était adonnée
aux plus détestables actions^.» Cette invective, fort naturelle sous
la plume d'un écrivain vivant à une époque où la kitte entre les
deux nations durait encore, et dans une province continuellemeut
exposée aux attaques d'un voisin barbare, ne se comprendrait pas
si l'on voulait supposer que l'auteur a écrit après le triomphe de l'is-
lamisme, alors que la Perse était anéantie. Le souvenir encore ré-
' Ce n'est pas l'accord intervenu entre
Sophronius et le patriarche Serglus , en
vertu duquel on devait s'abstenir de par-
ler d'une ou de deux opérations (voyez
Sergii epist. ad Honorium papam, Mansi,
Sacr. Concil. Coll. nova, t. XI, col. 533 et
suiv.) , qui a pu déterminer cette réaction ,
puisque, loin de passer sous silence la
question des opérations , la lettre synodale
la traite à l'exclusion des autres points du
débat.
^ Ad Marinum, Patwl. gr. , t. XCI,
col. 13 et suiv. Voyez ci dessus, p. 26.
' Boisson., p. 3.
/
— -^3.( 58 )<^^
cent de rinvasion de la Palestine, en l'an 6 1 4 , a pu inspirer au pieux
moine ces paroles amères adressées aux infidèles, qui avaient sévi
contre les chrétiens, massacré les moines de Saint-Saba, qui avaient
emmené captif le palriarclie de Jérusalem et enlevé la précieuse re-
lique de la Sainte Croix. Cependant, la victoire s'ctant déclarée pour
les Romains, quelques années plus tard, et l'empereur Héraclius ayant
reconquis la Sainte Croix, il est peut-être permis de voir une allu-
sion à cette heureuse tournure des événements dans un autre passage
du livre, où on lit: «Et bien que l'ennemi (c'est-à-dire Satan), ne
pouvant se résigner à la défaite, suscite encore maintenant des
guerres contre nous autres croyants, persuadant aux sots et aux faibles
d'esprit de rester attachés à l'idolâtrie, sa puissance est tombée et ses
armes sont brisées, par la puissance du Christ ^ ■
Du reste, bien qu'il nous présente l'histoire d'un prince indien,
l'auteur a choisi les modèles et les couleurs de sa composition dans le
royaume de Perse, qu'il était à même d'observer de plus près. J'ai
cité, ci-dessus^, un passage, qui se trouve répété encore ailleurs et
qui est une réponse au reproche, fréquemment formulé par les secta-
teurs de la religion mazdéenne contre le christianisme, d'être une
religion antisociale. Les épisodes de la persécution dirigée par le roi
indien contre les chrétiens reproduisent en substance les scènes ana-
logues qu'on lit dans les auteurs syriens et arméniens représentant,
avec la môme exagération , le fanatisme des rois sassanides.
Si, dans sa polémique contre le polythéisme grec et égyptien, l'au-
teur n'apporte que des arguments tirés des discussions des anciens
Pères, il expose d'ime façon plus précise les croyances des Perses, qu'il
désigne toujours sous le nom de Chaldéens. Il dit que le principe
de leur religion est le culte des éléments, c'est-à-dire du ciel «qui
tourne» [TpeTràfJievov xai xoltol dvoLyxrjv xivov(j.svov) , de la terre, de
l'eau, du feu, des vents, du soleil, de la lune et de l'homme^. Par
l'homme, il entend évidemment le roi de Perse auquel on attribuait
' Boisson., p. 55 et 56. — * Voyez p. 5o. — ' Boisson., p. a/4i et suiv.
— w.( 59 )<^—
le caractère divin. Il insiste, à plusieurs reprises, sur l'erreur qui con-
siste à croire à l'existence d'un règne du mal^ Les relations des
prêtres [vew)c6poi) et du chef des mages avec le roi indien^ rappel-
lent le rôle des mobeds et du mobed suprême de la religion maz-
déenne dans le royaume des Sassanides.
On sait que Chosroès Anoùscbirvân, souverain à l'esprit ouvert et
curieux, cherchait, malgré son attachement à la reHgion nationale, à
se rendre compte des croyances et des philosopbies étrangères^. De
même le roi du livre de Barlaam et Joasaph, dont le portrait res-
semble singulièrement au grand Chosroès : « Ne vois-tu pas, dit le roi à
son fils, quelles peines et quelles fatigues je m'impose souvent, soit
dans les expéditions contre les ennemis, soit en in'occupanl d'autres
affaires de l'Etat.^ Je ne me refuse pas, au besoin, à supporter la faim
et la soif, à marcher à pied et à coucher par terre. Quant à l'argent et
aux richesses, je m'en soucie si peu et je les méprise tant, que, sans
compter, je vide toutes les chambres de mon palais pour construire
de grands temples en l'honneur des dieux et les orner avec toutes
les magnificences , ou pour prodiguer de grandes sommes aux troupes.
Par conséquent, comme j'ai si peu d'inclination pour les plaisirs et
tant de constance à supporter les peines, si j'avais reconnu que la
religion des Galiléens fût meilleure que celle que nous avons, avec
quel empressement n'aurais-je pas cru devoir, en négligeant tout le
reste, m'appliquer à gagner mon salut .*^ Si tu m'accuses de ne point
connaître le bien, et de ne pas savoir l'apprécier, considère que sou-
vent j'ai passé bien des nuits sans sommeil, lorsqu'une question, par-
fois même peu importante, avait été posée, sans me donner du repos
avant d'avoir trouvé une solution judicieuse et la meilleure. Donc, si
je m'intéresse à la moindre de ces choses éphémères et m'en occupe
jusqu'à ce que je l'aie menée à bonne fin et résolue à l'avantage de
* Boisson., p. d5, 5i, i65, 173. .The third part of the Ecclesiast. History of
* Ibid.,p. 263 et suiv. John of Ephesus, éd. Cureton, lib. VI,
' Voy. Elisée \ari8ihed. Soulèvement na- cap. xx. — Agathias, lib. II, c. xxvin,
tional de l'Arménie chrétienne, p. 16. — éd. de Paris, p. 66 et suiv.
/
tous, et s*il n'y a, je crois, personne sous le soleil qui, plus soi-
gneusement que moi , s'applique à scruter les mystères, ainsi que tout
le monde m'en est témoin, comment aurais-je négligé les choses di-
vines et ce qui doit être vénéré et adoré, et ne me serais-je pas
occupé à les étudier avec la plus grande ardeur et de tout mon pou-
voir, de toute mon âme et de toute mon intelligence, afin de trouver
la vérité et la certitude? Et en effet, je me suis livré à un examen
laborieux, j'ai passé bien des jours et des nuits à ces recherches,
convoquant des sages et des savants pour en délibérer, et conférant
avec plusieurs de ces gens que l'on appelle chrétiens. Et par une en-
quête diligente et une ardente recherche, j'ai découvert le chemin de
la vérité qui m'a été démontré par des sages, honorés aussi bien pour
leur éloquence que pour leur haute intelligence; j'ai vu qu'il n'y en
a pas d'autre^ que celui que nous suivons aujourd'hui, en adorant
les dieux suprêmes et en nous attachant à celte vie agréable et char-
mante qu'ils ont donnée à tous les hommes, celte vie qui renferme
tous les plaisirs et toutes les joies et que les chefs et les maîtres des
Galiléens ont follement dédaignée, de sorte qu'ils renoncent volontai-
rement même à cette délicieuse lumière et à toutes les joies que les
dieux nous ont accordées pom^ en jouir^; ils y renoncent dans f es-
poir d'une autre vie douteuse, ne sachant ce qu'ds disent, ni de quoi
ils parlent ^. »
Comme les divers épisodes de la partie narrative du livre de Bar-
laam et Joasaph ont leurs parallèles dans la vie du Bouddha, il est
inutile de rechercher si l'auteur n'a pas connu aussi l'aventure, plus
ou moins transformée par la légende, d'un autre prince, qui, fils d'un
roi polythéiste et professant la religion chrétienne, avait été relégué
dans une ville éloignée du royaume et s'était révolté contre l'autorité
de son père. En effet, l'histoire d'Anouschzâd , fils du grand Ghosroès,
' Quelques manuscrits portent ovk Taàvxa âirep eis àirôXavaiv è'xjiplaatno •ôpXv
éaliv àWi) tslalis. Boissonade a adopté ol Q-eoi.
cette leçon. ' Boisson., p. aaa et suiv.
* rà yXvx'ù ToiJTo Çûç xal rà tepTivà
-~i>[ 61 )<^—
bien que les traditions persanes attribuent à l'emprisonnement et à
la révolte de ce prince des motifs exclusivement religieux \ n'apporte
au roman de Joasaph aucun élément nouveau. En revanche, l'une des
principales scènes du livre , le colloque entre les païens et les chrétiens ,
en présence du roi de l'Inde et de son fils, rappelle par plus d'une res-
semblance un fait historique, célèbre dans les annales de la Perse, à
savoir l'assemblée solennelle dans laquelle furent discutées, devant le
roi Qobâd et son fils Chosroès, les doctrines de la secte de Mazdak^,
et ces analogies, à part le sujet de la controverse et à part aussi le
dénouement, ne paraissent pas dues seulement au hasard.
Quoi qu'il en soit de ces rapprochements, il ne paraît pas douteux
que l'auteur du livre de Barlaam et Joasaph n'ait composé plusieurs
de ses tableaux d'après nature, ayant sous les yeux le royaume en-
core existant de la Perse et avant la conquête musulmane. Il met dans
la bouche du principal orateur de la conférence dont il vient d'être
question la déclaration suivante : «Nous savons, en effet, ô roi,
qu'il y a trois sortes d'hommes en ce monde : les adorateurs de ceux
que vous appelez dieux, les juifs et les chrétiens^. » Si, au moment
où il écrivait ces lignes, l'islamisme avait été connu en dehors de
l'Arabie, aurait-il pu passer sous silence une secte religieuse qui ve-
nait d'apparaître avec tant d'éclat sur le théâtre du monde? On ne
saurait non plus prétendre qu'il rentrait dans le plan de l'auteur de
ne pas mentionner la religion musulmane, parce qu'il aurait voulu
placer sa fiction dans les premiers temps du christianisme ; car on ne
trouve, dans l'ouvrage, aucun indice d'une telle préoccupation. On a
' Voyez Firdousi, Livre des rois, Irad.
par J. MohI, t. VI, p. 173 et suiv, —
Nôldeke, Gesch.ich.te der Perser und Ara-
ber ziir Zeil der Sasaniden aus der arab.
Chronik des Tabari, p, /lôy et suiv.
* Voyez Firdousi, /. c, t. VI, p. 1 16 et
suiv. — Aux institutions du royaume de
Perse mentionnées dans le livre de Bar-
laam et Joasaph que j'ai citées plus haut
(p. 18), on peut ajouter la coutume de la
transmission du pouvoir royal par la re-
mise du diadème et de l'anneau (Boisson. ,
p. 33o), et celle du châtiment qui con-
siste à enduire les yeux du coupable de
suie [ïbid., p. 260). Relativement à cette
dernière coutume, comparez R. Duval, Les
dialectes néo araméens de Salamas, p. 37.
^ Boisson., p. 2^0.
— •^>«( 62 )^-»—
vu, au contraire, qu'il représente le christianisme triomphant dans la
plus grande partie du monde et le domaine du paganisme fort ré-
duit. Mais la violente polémique contre le paganisme montre aussi
que celui-ci n'avait pas entièrement disparu, et le seul genre d'ido-
lâtrie que l'auteur ait pu connaître est celle de la religion mazdéenne.
VI
Nous avons montré, au commencement de ce mémoire, que le titre
qui attribue le livre de Barlaam et Joasaph à saint Jean Damascène
ne se rencontre que dans les manuscrits les plus récents de l'ouvrage
et qu'il doit son origine, non à une tradition authentique, mais à une
hypothèse. Cependant, la rubrique à peu près uniforme de la plupart
des textes anciens soulève elle-même certains doutes. l.Ue nous ap-
prend que ce récit a été apporté de l'Inde dans la ville sainte (de
Jérusalem), par un moine du couvent de S*-Saba, nommé Jean : Icr-
Topia tp\j')(w(psXr}s ex Trjs èvSoTepas rœv kiSioTtwv "/wpcLS, Tijs ivSwv
Xsyofiévvs , 'cspos ttjv àyiccv isokiv yLST£ve)(deT(70L Stcc Iwdvvov [LOVdypVf
dvSpos TiiJuov xoLt èvoLpsTov fxovïjs Tov àyiov Sàé'a. 11 reste à savoir si
le moine de S'-Saba avait apporté à Jérusalem le récit original qui,
ensuite, aurait reçu sa forme actuelle, ou si son rôle s'était borné à
Toflice de transmettre le livre déjà rédigé.
Dans la préface, au contraire, l'auteur nous dit qu'il a composa
son ouvrage d'après un récit dont il avait eu connaissance par quel-
ques hommes de l'Inde, qui eux-mêmes l'avaient traduit de véridiques
documents, è^vyvcriv \pv^œ(peXï} ews èfiov xoltolvtv(7ol(tolv oùSoliâcôs
GiwTrrjcro[LCLi vvmep [loi d(pr}yV(^OLVTO oivSpss eùAaé'elk Trjs èvSoTépas rœv
AiOioTTCûv XJ^pcLs, ovc/livcLs IvSovs oJSev "Xoyos xccXeiv, è^ vTropii^vp-aTwr
TCLXiTnv àypevSêbv fxeTaL(ppdi(T(xvTesK Et 11 répète dans l'épilogue : ye-
yp(XÇ>rjX(X KClOwS OLKÏJXOCL 'USCLpCL TWV dyj/evScbs TSCHpOLSsSwKOTCûV flOl
rifjJcôv dvSpwv^.
' Boissnnade , /. c, p. 3 — ' Ibid., p. 365.
Par conséquent, il est évideni que la rubrique, qui n'a pas été
écrite par Tauteur lui-même (les épithètes laudatives jointes à son nom
le montrent suffisamment) , renferme une erreur. Je suppose qu'entre
les mots ix£Tevs)(ôét(TOL et Sià lœdvvov il y a une lacune et qu'il faut
suppléer les mots kolI (TvyypctÇisicroL.
Cette rectification une fois admise, nous ne voyons aucune raison
sérieuse pour révoquer en doute l'authenticité des renseignements
donnes par le titre , à savoir que le récit a été apporté de l'Inde à Jé-
rusalem et qu'il a été rédigé par un moine du couvent de S*-Saba,
nommé Jean.
L'origine indienne de l'histoire de Barlaam et Joasaph est certaine.
Signalée déjà, au xyi*^ siècle, par l'historien portugais Diogo do Couto \
et, de nos jours, par feu M. Laboulaye ^, l'identité des légendes de
Joasaph et de Gautama Çakyamouni, le fondateur de la religion
bouddhique, a été démontrée d'une manière définitive par M. F. Lie-
brecht, professeur à Liège ^. Les prédictions des astrologues lors de
la naissance de Joasaph, fds d'un roi de l'Inde; sa séquestration dans
un palais, loin du spectacle du monde; la supériorité de son intelli-
gence qui étonne ses maîtres; sa sortie du palais et ses rencontres
avec des hommes représentant les misères de la vie : la maladie, les
infirmités, la vieillesse et la mort; sa conversion à la vraie religion et
son renoncement au trône et au monde; sa tentation; sa lutte contre
le sorcier et les mauvais esprits; sa fuite pendant la nuit pour aller
embrasser la vie ascétique; la conversion de son père : ce sont là
* Diogo do Couto , Decada quinta da ^ Voy. Jahrbuchfûr romanische und eng-
Asia dos feitos que os Portngueses fizerào , lische Literatur d'Ebert, t. II, p. 3i4 et
lib. VI, cap. II. Lisboa 1612, fol. laSet suiv. — Max Mûller, Selected Essays,
suiv. — Voy. H. Yule, The travels of t. I, p. 587 et suiv. La démonstration de
Marco Polo, 2'^ éd., t. Il, p. 3o8. — The M. Liebrecht repose sur une comparaison
Academy, i883, sept. I , p. i/i6. — Il faut du livre de Barlaam et Joasaph avec la vie
remarquer cependant que l'auteur portu- du Bouddha composée par M. Barthélémy
gais considère la légende du Bouddha Saint-Hilaire [Le Bouddha et sa religion,
comme une contrefaçon de la légende Paris, i858), principalement d'après le
chrétienne. Lalita Vistara, traduit du tibétain par
^ Journal des Débats, 26 juillet 1869. M. E. Foucaux (Paris, i848j.
*■>{ 64 )•€^
aillant de traits qui se retrouvent sous une forme peu différente dans
la légende du Bouddha; et comme cette dernière existait déjà avant
la naissance du christianisme, il faut nécessairement conclure que le
roman clirétien en est l'imitation ^ Nous aurons seulement à nous de-
mander quelle était l'ordonnance du récit que l'auteur du livre de
Barlaam et Joasaph a reproduit, dans quelle mesure il l'a transformé
et de quelle manière il lui est parvenu.
L'auteur nous dit qu'il a eu connaissance de cette histoire par com-
munication orale, que des hommes de llnde la lui ont racontée,
vvnep fj.01 OL(pr]yr](JCLVTO (Boisson. , p. 3), qu'il l'a entendue, olxïjkool
(p. 365), mais que ces hommes l'avaient traduite de véridiques do-
cuments, è^ ÙTTOfXVTJllOLTWV TOLVTYJV (X\p£vêwV lXeTOL(Pp<X(TCt,VT£S (p. 3). Il
est à peine hesoin de faire remarquer que le mot « véridiques » est un
artifice de langage destiné à rehausser l'intérêt du livre et à stimuler
la sympathie du lecteur, procédé bien connu et employé par les ro-
manciers de tous les temps. C'est à la même catégorie de l'art de la
composition qu'appartient la phrase de l'épilogue qui recommande le
lecteur de cette histoire aux prières des saints Barlaam et Joasaph,
les deux héros du roman, dont le premier est une création pure et
simple de l'écrivain.
Les principaux faits qui constituent la légende du Bouddha, men-
tionnés dans les écrits sacrés des Bouddhistes des différentes écoles et
représentés déjà sur des monuments figurés d'une haute antiquité, se
trouvent coo^donnés , formant un récit suivi , dans le Lalita-Vistara , ou-
vrage qui fait partie du canon des Bouddhistes du Nord et dont la ré-
daction , sous sa forme actuelle ou sons une forme très semblable , paraît
remonter au premier siècle avant notre ère'^. Ce livre raconte tous les épi-
* Voyez M. MùUcr, /. c. , p. 54i. tibétain par Pli. -Ed. Foucaux, introd. ,
* \oy. Et. Senart, Légende du Bouddha, p. xvi et suiv. ; — Bcal, The wmantic
dans le Journal asiatique, septième série legend of Sâkja Buddha , inirod. , p. vi et
(1875), t. VI, p. igS et suiv. — Sur suiv.; — The Fo-sho-hing-lsan-hing , a life
les diflercntes versions chinoises du Lalita of Buddlia by Asvugosha Bodliisattva [Sa-
Vislara, voyez la noie de Stan. Julien dans cred Booiss of the East, t. XIX) , inirod. ,
VU'utoire de Sakya Mouni, traduite du p. xvi ol suiv.
-~4->( 65 )<-^^
sodés célèbres de la carrière de Çakyamouni : sa naissance royale, les
prédictions des Brahmanes lors de sa naissance \ le savoir étonnant
qu'il montre à l'école'^, sa réclusion^, sa sortie et ses rencontres \ sa
fuite pendant la nuit pour embrasser la vie ascétique ^, sa lutte contre
Mâra et son armée et contre les Apsâras ^. Cependant, malgré la par-
faite concordance de ces récits avec la série parallèle du livre de
Barlaam et Joasaph, comme le texte sanscrit et la version tibétaine
du Lalita Vistara n'embrassent que la première partie de la vie du
Bouddha, celle qui est antérieure à son apostolat, ce n'est pas dans
ce Soùlra que nous chercherons l'original du roman chrétien. Le livre
indien, dont la traduction ou une libre paraphrase a été communiquée
à l'auteur grec, devait contenir la vie entière du Bouddha, depuis
sa naissance jusqu'à sa mort, et notamment le récit de la conversion
de son père et de ses compatriotes. On peut supposer que la doc-
trine du renoncement et de la délivrance , dont le Lalita Vistara ren-
ferme les principes, mais non le système complet et rigoureux, y
était largement développé. Cet ouvrage a dû comprendre aussi plu-
sieurs légendes, étrangères à l'histoire de Çakyamouni, mais particu-
lières au cycle des incarnations du Bouddha, que l'auteur chrétien
a reproduites sous forme de paraboles"^. Il est probable enfin que
dans cette Vie, l'exubérance des éléments merveilleux et mytholo-
giques, parmi lesquels il est si difficile de distinguer les événements
ayant une apparence de réalité, était remplacée par une narration
plus simple; que la figure divine du Bouddha, à la suite d'une sorte
de transformation evhémériste, s'était rapprochée d'une existence
humaine, et que même, peut-être, les traits qui n'auraient pas
' Le Lalita Vistara, traduit du sanscrit, * Le Lalita Vistara, ibid., p. 226, 267
par Ph.-Ed. Foucaux (tome VI des Annales et suiv. , 3i4 et suiv.
du Musée Guimet), p. 67. ' Sur l'origine bouddhique de ces pa-
^ Ibid., p. 1 i/i et suiv. rabotes, voy. Benfey, Pantschatantra, 1. 1,
* Ibid., p. 166 et suiv. p. 80 et suiv., 38o, 4o8, 489; t. II,
* Ibid., p. 168 et suiv. p. 628 et 543.
* Ibid., p. 175 et suiv.
iUPRIHCaiE RiTIOXALE.
— «-»♦( 66 )«€H—
manqué de détourner le pieux moine de Saint-Saba d'une œuvre trop
manifestement païenne, étaient plus ou moins efTacés.
Le nombre des relations de la vie du Bouddha que nous connais-
sons actuellement, chez les Bouddhistes du Nord et chez les Boud-
dhistes du Sud, est assez considérable ^ Il n'en est aucune qui rem-
plisse les conditions que nous venons d'énumérer. Seul un texte
chinois présente une ordonnance, sinon semblable, au moins ana-
logue; c'est le Fo-pen-hing-tsi-king, paraphrase de l'Abinishkramana-
Soùtra, qui a été traduit en anglais par M. Samuel Beal^, et qui non
seulement embrasse, comme toutes les autres rédactions du Lalila
Vistara, sauf celle du Népal, la vie entière du Bouddha, jusqu'à sa
mort, mais dont la narration, alternant avec l'enseignement, est illus-
trée par beaucoup de Djâtakas.
C'est une composition de ce genre, je suppose, que les Intermé-
diaires indiens ont communiquée à l'auteur du livre de Barlaam et
Joasaph. Ou faut- il croire que les diverses parties de ce dernier
ouvrage, le récit principal, les paraboles et la partie ascétique,
proviennent de sources diflérentes? L'emploi du pluriel dans le pas-
sage de la préface que nous avons cité, è| iinofxvvfJ^oi'Twv tolvtvv
6i\pev§c*)V ixeTOL(ppâ(TavTes , donnerait un certain appui à cette conjec-
ture. Si, au contraire, on voulait admettre, avec M. Bhys Davids^
que le roman chrétien a été rédigé d'après une collection de Djâtakas,
précédée, comnje dans le canon pâli, d'une esquisse de la vie du Boud-
dha, on se heurterait à deux objections sérieuses. Et d'abord, les
paraboles du roman ascétique, qui correspondraient aux Djâtakas,
sont relativement peu nombreuses. C'est l'histoire du prince indien, à
laquelle se relie l'enseignement de la doctrine du renoncement et
' Si M. S. Beal prétend [The Fo-sho- ni la forme, ni les développements du La-
hing-tsau-hing , Introd. , p, xvi) qu'il n'existe Hla V istara.
pas de Vie du Bouddha chez les Boud- * A romantic legend of Sâkya Buddha.
dhistes du Sud, il veut dire, sans doute, London, 1876.
que les différentes rédactions, pâlie, cinga- ^ Buddhist birth stories or Jâtaka taies,
laisp, birmane, siamoise, ne représentent t. I. Introd., p. xxxvii et i,xxi.
—v3.( 67 )^^—
de la délivrance, qui en forme le sujet principal. En second lieu, la
vie du Bouddha, dans l'original, paraît avoir été assez étendue, plus
circonstanciée même, sur certams points, que celle du Lalita Vistara,
comme en témoigne, par exemple, la parabole du joyau (Boisson.,
p. 36 et suiv.), tirée de la légende des sept trésors qui sont Tapa-
nage d'un roi Tschakravartin. C'est la pierre Mani que la rédaction
du Népal mentionne, sans en définir le caractère ^ A part ces ré-
serves , rhypothèse de M. Rhys Davids me paraîtrait assez plausible
(car il est possible que la légende du joyau Mani elle-même ait fait
partie d'un Djâtaka), si Ton pouvait montrer que nos paraboles se
trouvaient réunies dans une seule et même collection de Djâtakas, et
que les divers épisodes de la vie du Bouddha s'accordaient, en tous
leurs détails, avec les récits du roman grec. D'après le l.alita Vistara,
la réclusion du jeune prince n'a lieu qu'après les trois rencontres, et
la tentation de Mâra précède celle des Apsâras, tandis que la version
chrétienne, comme plusieurs rédactions chinoises et quelques rela-
tions de la littérature bouddhique du Sud, présentent ces faits sui-
vant l'ordre inverse^. Peut-être M. Rhys Davids, qui se propose de
publier un travail spécial sur les sources bouddhiques de la légende
de Joasaph^, apportera- t-il , pour résoudre cette question, des
preuves qui , actuellement , nous manquent.
Mais quelle que fût la forme de l'histoire du Bouddha dont il s'est
inspiré, l'auteur du livre de Barlaam et Joasaph n'a reproduit le
récit original qu'avec certaines modifications, dont les principales,
se déduisant logiquement de la transformation de la ligure du
Bouddha en celle d'un saint chrétien, étaient exigées par le rôle dif-
férent du héros. Telle est la suppression de la nativité divine et de
toutes les manifestations surnaturelles; car, bien que, dans l'original,
^ Voy. Lalita Vistara, traduction de <//!fl,p. 2o5 et suiv. — Alahaster, The wheel
Foucaux, p. 124. — Senart, La légende of the Law,^. i/i<^ et suix. — Senart, Joum.
du Bouddha, Journ. asiat. , iSyS, t. II, as., 187^, t. III, p. 254, «ote.
p. i48. ^ Buddhist birth stories or Jàtaka taies ,
' V'oyez Bcal , i4 romantic legend qf Bud- t. I, Introd., p. xxxvii.
5.
la mythologie ait dû être remplacée par une légende plus humaine,
le fait de rincarnation , croyance fondamentale du bouddhisme, y
était sans doute mentionné. Un autre changement de cette nature est
le dédoublement de la personne du Bouddha, dont les deux aspects
sont représentés dans le roman par deux personnages : le prince in-
dien Joasaph, le véritable héros, passif et contemplatif, qui, par une
intervcnlion providentielle, est conduit à la vérité chrétienne et à
l'état de sainteté, et Barlaam, l'initiateur et le guide vers la perfec-
tion. D'autres traits qui distinguent le héros chrétien sont empruntés
à la légende des Saints. Sa naissance était longtemps désirée par ses
parents. Il repousse le mariage, parce que la perfection chrétienne
exige, non seulement la chasteté, mais la virginité. Comme les p!us
illustres des saints et des martyrs, il est obligé de lutter contre son
père et il subit des persécutions. Ce sont les souverains et les insti-
tutions de la Perse, nous Pavons vu plus haut, qui ont fourni le
modèle de la figure du roi et le tableau de son gouvernement et de
sa religion, ainsi que les épisodes de la persécution du christianisme,
en particulier de fascétisme chrétien.
S'il résulte de ce qui précède que notre ouvrage n'est pas une
])araphrase, mais une imitation de la légende indienne (et à cet
égard, aucune analogie n'existe entre le roman grec et le livre de
Kalîla et Dimna, qui prétend réellement être la traduction d'un texte
sanscrit), on constate, d'un autre côté, une si grande précision dans
la reproduction de certains épisodes et de certaines paraboles, préci-
sion s'étendant aux détails et parfois même aux expressions \ qu'on
incline à croire que l'auteur a entendu de la bouche des narrateurs
* Voyez M. Mûller, Selected Essays, Thcudas, comme Abncr, Barachias et Na-
t. I,p. 54a. On a cru reconnaître aussi, chor, sont des noms lires de la Bible,
dans les noms de Joasaph et de Theudas, dans leur forme grecque. Barlaam est le
des transcript'ons des noms sanscrits Bo- nom d'un saint célèbre delà Syrie; le nom
dhisattva et Devadatta. Sans nier que Tau- de Zardan , dans lequel M. Max Mûller
teur ait pu choisir des noms propres rap- croit reconnaître celui du cocher Chaiv
pelant les noms des personnages de l'ori- daka, est un nom persan (yl^^))-
ginal, je ferai remarquer cependant que
-~t^>{ 69 ).€-»—
une iiilerprélalion littérale de cette partie des documents apportés de
llnde.
Ces narrateurs ou interprètes étaient, ainsi qu'il est dit dans la
préface et dans l'épilogue, des Indiens indigènes, que l'auteur honore
des épitlièles svXol^sTs et Ti^iioi, par conséquent des chrétiens. Qu'il
ait voulu parler, tout en confondant llnde avec l'Ethiopie (97 èvSoTspcL
Tcôv XiBioTiwv X^P'^) d'iiahitants de flnde proprement dite, et non de
l'Abyssinie, ni de l'Arabie, c'est ce qui résulte du passage où il en
détermine les frontières et aussi de la mention de saint Thomas,
l'apôtre que la tradition assignait à ce pays ^
Nous savons qu'il existait au vi'' et au vii*^ siècle, sur la
côte occidentale de l'Inde et dans l'île de Ceylan, une chrélienté
nombreuse qui, par sa constitution et probablement, en grande
partie, par son origine, se ratlacbait à l'église de Perse. Gosmas In-
dicopleustès, vers le milieu du vi* siècle, nous apprend que les
chrétiens de la côte de Malabar avaient un évoque, résidant à Kal-
liana, qui recevait son ordination en Perse. C'étaient des chrétiens
perses qui étaient tablis à Ceylan-. Une lettre adressée au métro-
politain de Perse par le patriarche nestorien Yeschoû'yahb d'Adia-
bène, qui occupait le siège de Séleucie vers l'an 65o, affirme qu'il
V avait des églises dépendant de ce siège, sur toute la côle occldcn-
' Boisson. , p. 3 et 4.
* Topogr. christ , lib. III et XI [Patrol.
gr., t. LXXXVIII. col. 169 A et M5 C).
La plupart des savants identifient Kalliana
avec la ville de Kalyâni, située au nord
de Bombay. Cependant feu M. Burnell,
s'appuyant sur des raisons très séi'ieuses,
paraît avoir démontré [On some palilavi
hiscriptioiis iii South Inclia, Mangalore,
1873) que la ville que Cosm.is appelle
Kalliana était située sur la côte sud-
ouest, près de Mangalore. Je ne puis citer
la publication de Burnell que d'après
l'ouvrage de M. Germann [Die Kirche der
Tliomaschristen , Gûlersloh , 1877, p. i38).
Quoi qu'il en soit, Cosmas Indicopleustès
paraît connaître des chrétiens, en dehors
de la côte du Malabar et de l'ile de
Ceylan, au nord-ouest de l'Inde, dans les
provinces maritimes, limitrophes de la
Perse : Ùnoiws hs xal STrl BàxTpois xal
Oiivvois xai Uép(Tais xat \onrots IvhoTs xai
Jlepo-apfxsr/oiS xai Mrjhois xai ÉXafi/rar»
xai "sjâarf t); X^pa Uepcr/Sos xai èxxXKXîai
âirsipoi xai èitiaxcnsoi, x. t. A. (/. c. ,
col. 169 B).
~K5.( 70 )K^—
laie de rinde ^ Quelques monuments épigraphiques récemment dé-
couverts confirment ces témoignages ^.
Il est possible qu'à côté, ou au milieu des établissements des Nes-
toriens, dont le principal centre paraît avoir été la côte du Mala-
bar, il y eût aussi quelques communautés de chrétiens monophvsites.
L'Histoire des patriarches d'Alexandrie de Sévère d'Aschmounaïn et
la Chronique d'Al-Makîn rapportent que, sous le pontificat de
Siméon, quarante-deuxième patriarche jacobite d'Egypte, un prêtre
indien était venu à Alexandrie ayant pour mission d'obtenir pour
ses compatriotes la consécration et l'envoi d'un évèque^. Sans doute,
ce renseignement est trop vague pour qu'il soit permis de rien en
conclure touchant l'importance et le siège d'une église monophysite
de l'Inde, au vu*' siècle. Mais il n'est pas absolument invraisemblable
que des chrétiens monophysites de la Syrie ou de l'Egypte, en vue
du commerce et au même titre que les Nestoriens de la Perse, aient
été amenés dans l'Inde et y soient demeurés fidèles à leur doctrine.
Quoi qu'il en soit, il n'y a aucun in<lice, et il est en dehors de toute
probabilité qu'il ait existé, sur un point quelconque du territoire
indien, des chrétiens orthodoxes, c'esl-à-dire des adhérents du con-
cile de Chalcédoine; tout porte à croire, au contraire, que la chré-
tienté de la presqu'île du Gange était, en majeure partie, sinon en
' Voyez Assemani , Biblioth. orient. ,
t. III, pars I, p. 129 et i3i; comparez
ibilem, t. III, pars II, p. xxvii et
ccccxxxviii. La date du pontificat de Yes-
choù'yalib indiquée par Assemani (65o
à 660) n'est pas certaine (voy. Gregorii
Darhebrœi Chron. eccles., éd. Abbeloos et
Lamy, t. II, col, lag-iSo).
' V oy. Germann , Die Kircheder Thomas-
cliristen, p. ag'j et suiv.
^ Ms. arabe de la Bibliolbèque natio-
nale. Ancien londs n° i3(), p. 117 et suiv. ;
— Uistoria saracenica, p. 68 ; — con)parez
Hcnaudot , Hisloria palriarch. Jacob. A lex. ,
p. 184 et 188. Qu'il s'agisse, dans le récit
de Sévère d'Ascbmounaïn et d'Al-Makîn,
de l'Inde, et non de l'Abyssinie ou de
l'Arabie, ainsi que le prétend Assemani
[Biblioth. or., t. III, pars II, p. cccclii et
suiv.), c'est ce qui résulte d'abord de l'ex-
pression ovJuJI, employée par Sévère, qui
ne désigne jamais ainsi l'Abyssinie ( JkJj
^^ — U (^^jouJa^ jsjuji J-i6t), et aussi de
l'itinéraire que le prêtre indien avait suivi
pour retourner dans son pays.
~^{ 71 H^
totalité, nestorienne et que les personnages qui avaient apporté à Jé-
rusalem la légende du Bouddha étaient nestoriens. S'il en est ainsi,
il reste à savoir comment ces hérétiques se sont trouvés rapprochés
de l'auteur très orthodoxe du livre de Barlaam et Joasaph. Deux
explications sont possibles.
Dans la première moitié du vii*^ siècle, à la suite de circonstances
que nous ignorons, les liens hiérarchiques qui rattachaient l'Eglise
indienne, comme une branche de l'Eglise nestorienne de la Perse,
au siège patriarcal de Séleucie, avaient été rompus. La lettre du pa-
triarche Yeschoû'yahb d'Adiabène, écrite vers 600, que nous avons
citée tout à l'heure, déplore l'état d'isolement auquel étalent ré-
duites, par la faute du métropolitain Siméon et de son prédécesseur,
toutes les églises de la côte de l'Inde, du nord au sud. L'histoire de
la chrétienté de l'Inde présente plusieurs exemples d'une telle inter-
ruption de relations traditionnelles, et toujours, pour sortir de leur
abandon, ces églises lointaines se décidèrent à demander des pas-
teurs à quelque aulre communion chrétienne. Le fait particulier que
nous venons de rappeler a-t-il déterminé une démarche analogue, et
quelques fidèles s'étaienl-ils rendus à Jérusalem pour demander un
évècpie, mission qui devait leur assurer un accueil empressé auprès
des orthodoxes .►^ On peut poser la question, mais il serait téméraire
de vouloir la trancher. Pour rendre compte des rapports courtois
entre un fervent chalcédonlen et des personnages hétérodoxes, fait
assez anormal pour Tcpoque, il est une explication plus simple : ces
Indiens, chrétiens de naissance ou bouddhistes nouvellement con-
vertis, versés dans la connaissance de la littérature bouddhique,
étaient probablement des pèlerins, visitant les lieux saints, qui, à
cause de l'intérêt qui s'attachait à leur pays d'origine, inspiraient au
moine de Saint-Saba des sentiments de sympathie qu'il aurait refusés
à des hérétiques plus rapprochés.
C'est, selon toute apparence, au couvent même de Saint-Saba, près
de Jérusalem, (jue le livre de Barlaam et Joasaph a été composé. Si
Tauleur, au commencement de l'ouvrage, pour déterminer la scène du
récit, en décrit la situation par rapport à l'Egypte', il ne s'ensuit
pas qu'il se trouvait lui-même dans ce pays; c'est parce que la navi-
gation, au départ de l'Egypte, était la voie la plus habituelle et, de
son temps, probablement la seule voie de communication entre l'Inde
et l'Occident^. Il dit, en parlant des premiers chrétiens de la même
contrée, que «leur vie ressemblait à la vie des anges »^. Ces mots
désignent, sans doute, les moines et les anachorètes de la Thébaïde
et de la vallée de Scclé qui, encore au commencement du vii*^ siècle,
jouissaient d'un grand renom de sainteté*. Il n'est pas admissible
qu'un auteur ait applique une telle hyperbole à ses propres com-
patriotes.
La laure de Saint-Saba occupait depuis le commencement du vi*^
siècle, comme foyer de la doctrine orthodoxe, une place cminenle
dans l'Eglise d'Orient. Elle est demeurée, pendant tout le moyen âge
et jusqu'au temps présent, l'un des plus célèbres couvents de la Pales-
tine ^. Cyrille de Scythopolis , dans la Vie de saint Euthyme et dans la
Vie de saint Saba, nous a laissé une relation circonstanciée de sa fon-
dation et des événements des cinquante premières années : l'émigra-
tion d'une partie des moines et l'établissement d'une nouvelle laure
à proximité de l'ancienne, les graves dissensions qui éclatèrent au
sein de la communauté, sous le règne de Justinien, à l'occasion de
la controverse touchant les doctrines d'Origène*^, et autres faits de
moindre importance. Mais à partir de la seconde moitié du vi*^ siècle,
l'histoire du couvent ne nous est connue que par quelques faits isolés,
' Voy. Boisson., p. 3 et 5. reich, dcr Schweitz , Italien, Palestina , etc.
' Ibid., p. 36. Leipzig, i833, p. i43 et suiv.; — Ti-
* Ibid., p. 3. schcnd(jrf, Aus deni heiligen Lande, Leîp-
* Voy. Pratum spirituale, cap. Xhi\, liv, zig, 1863, p. 3 34 et suiv. ; — Anccdota
LXIX, CLXI, etc. sacra et profana, 2' éd. , p. 3 23.
* Voy. Theodori Studilae Epist. ad Lau- * Voy. Cotelier, Monumenta eccles.
ram S. Sabœ (Patrol. gr. , t. XCIX , rjwca?, t. II, p. 300 et suiv. — Comparez
col. iiG5; — cf. ibid., col. 1800); — Evagiius, //<5(. ecc/«.,lib. IV, cap. xxxvill.
lScIioIz, Biblisch-kritische lîeise in Frank-
73
tels que le massacre de quarante-quatre moines par les Arabes, alliés
des Perses, lors de Tinvasion de la Palestine, en 6 1 4 \ et une attaque
de la laure et la mort violente de vingt moines, en 796^. Comme les
autres communautés orthodoxes de la Syrie, celle de Saint-Saba prit
une part active aux luttes contre le monothélétisme et, plus tard,
contre les iconoclastes^.
Au point de vue de l'histoire littéraire, on pourrait croire que
cette institution illustre, centre renommé de la pure doctrine dyo-
physite et orthodoxe, où avaient trouvé asile tant de moines grecs,
arméniens, géorgiens et syriens, qui n'étaient pas tous exclusivement
voués à la vie contemplative, eût contribué à la littérature tliéologique
de nombreux et importants ouvrages. Il n'en est rien pourtant. A part
le livre de Barlaam et Joasaph et le célèbre Typicon, livre liturgique
adopté par un grand nombre d'églises*, qui avait été composé, dit-on,
par saint Euthyme et saint Saba et réformé, plus tard, par Sophronius
et saint Jean Damascène, il n'est sorti des cellules de la laure que des
écrits de second ordre : les biographies de quelques saints person-
nages, par Cyrille de Scythopolis '', par le moine Etienne*^ et par
' Antlochi Monachi Epist. ad Eusta-
thium, PatroL gr., l. LXXXIX, col. 1^21.
* Acta Sanct. Mart. , t, III, p. 166 el
suiv. ; Append.y p. 2 et suiv. L'auleur de
la relation indique la date de 6288 du
monde, 688 de l'Incarnation, indiction 5.
L'événement eut lieu lors des troubles de
Syrie, en i8o de l'hégire.
^ Voy. Theodori Studitœ Epist. ad Lau-
ram S. Sahœ [PatroL gr., I. XCIX ,
col. 1 16A et suiv.).
* Voy. L. Allatius, De Ubrls écoles..
Dissert. I. — Ducange, Gloss., col. 1622 ,
s. V. Tvirixov.
* Cyrille deScythopolis a écrit la Vie de
saint Euthyme,(^telier, l. c, t. II, p. 200
et suiv.) , la Vie de saint Saba [ihid. , t. III ,
p. 320 et suiv.), la Vie de Jean le Silen-
tiaire \Acta Sanctor. Maii, t. III, p. 282 et
suiv., Append., p. 16 et suiv.), la Vie de
Cyriaque ranachorète (Monlfaucon, .4Ha/.
(jrœca, p. loo et suiv.; — Sym. Méta-
phraste, 29 sept., PatroL gr., t. CXV,
col. g 1 9 et suiv. ; — A cta Sanct. Sept. ,
t. VIII, p. i4a et suiv.) et la Vie de
saint Theognus (voy. Montfaucon, BibL
CoisL, p. di7; — Fabricius, BibL gr.,
éd. Harlcs, t. XI, p. 99). Il est possible
que la Vie d'Abraham, disciple de saint
Saba, qui se trouve en arabe dans un ms.
palimpseste de la Bibliothèque de Leipzig
(voy. Zeitschrift der Deutschen Morgenlàn-
dischen Gesellschaft , 1. 1 , p. 1 5o) soit égale-
ment de Cyrille de Scythopolis.
•* Acta Sajictor. Mart. , t. III , p. 167 el
suiv. , Append. , p. 2 et suiv.
Léonce de Damas ^; le Pandectès d'Antiochus'^ et une traduction
grecque d'une partie des œuvres ascétiques d'Isaac de Ninive, par
deux moines nommés Abramios et Patrikios'. 11 est vrai que, suivant
la tradition, c'est également à Saint-Saba qu'auraient été composés la
plupart des ouvrages de saint Jean Damascène. Cette tradition, cepen-
dant, ne repose sur aucune donnée sérieuse; elle ne s'appuie même
pas sur le témoignage de la biograpliie qui, rédigée longtemps après
la mort du célèbre écrivain, renferme plus d'un trait légendaire'*. On
peut admettre que Jean Damascène a été, temporairement, comme
beaucoup d'autres personnages illustres, l'Iiôte du couvent, sans avoir
été reçu au nombre de ses membres; car si, dans quelques manuscrits,
il est désigné par le titre de « moine », il n'est jamais appelé « moine de
Saint-Saba ». Mais il est certain que, déjà avant sa retraite, saint Jean
Damascène, par sa science et ses écrits, avait acquis une grande répu-
tation et joué un rôle important dans la controverse au sujet du culte
des images. Il s'est occupé, à Saint-Saba, ainsi qu'il paraît ressortir du
récit même du patriarcbe de Jérusalem, son biographe, à perfec-
tionner ses ouvrages antérieurs et à ajouter quelques hymnes sacrées
à celles qu'il avait composées auparavant^.
Le nom de Jean, par sa fréquence, du vi* au viii'^ siècle, a été une
source infinie de confusions. Parmi les ouvrages qui portent le nom de
saint Jean Damascène, il en est plusieurs qui lui ont été attribués à
' Acta Sanct. Jul. , t. III, p. 5a4 et suiv.
* Voyez ci-dessus, p. 62. Peul-ètre les
chapitres ascétiques de Théodore , évèque
d'Edesse, contenus dans le ms. de Coislin
n' 1 2/i (voyez Monlfaucon , Biblioth. Coisl. ,
p. 199) ont-ils été également composés à
Saint-Saba.
* Voy. Asseniani , Bibl. or., t. I , p. 446 ;
t. III, p. io4. — Galland, Vet. Patr.
BibL, t. Xir, p. m, 1. — Migne, Patrol.
gr., t. LXXXVI, col. 801-802. — Fabri-
ciu», Bibl gr., éd. Harl. , t. XI, p. 119.
* La Vie la plus authentique de saint
Jean Damascène est celle qui a été écrite
par Jean , patriarche de Jérusalem , dont la
place, dans la série des patriarches, n'est
pas établie d'une manière certaine. Mais il
n'est guère possible d'assigner à ce docu-
ment une date antérieure au x' siècle; car
l'auteur mentionne déjà une Vie de Jenn
Damascène écrite en arabe, hixXéxTù) xai
ypâfJLfxaai toïs XpaStxoïs ( Vila S. Joannis
Dam., cap. m, Patrol. gr., t. XCIV,
col. 433 B).
* Vita Joann. Dam., cap. xxvn, xxxi,
xxxin, XXXVI.
-^s.( 75 )^-s—
tort, comme la Vie de saint Aréthas, les Sacrées Parallèles, le dialogue
avec un Sarrazin, l'Octooechus, plusieurs homélies, et d'autres ^ Le
livre de Barlaam et Joasapli, on le sait, a eu le même sort. Portant
en tête le nom de Jean, moine du couvent de Saint-Saba, il a été
attribué à saint Jean Damascène, que la tradition mettait en rapport
avec le célèbre couvent.
Nous avons déjà fait observer que l'auteur du livre de Barlaam et
Joasapli ne paraît avoir composé que ce seul et unique ouvrage. Sa
place n'étant pas marquée dans l'histoire littéraire, il ne reste, pour
en retrouver la trace ailleurs , afin de compléter sa biographie , que les
seules données du nom, du milieu et du temps.
Des différents moines de Saint-Saba, nommés Jean et réputés pour
la sainteté de leur vie, dont la mémoire nous a été transmise, aucun ne
vivait au vu® siècle : ni Jean le Silentiaire, ancien évêque de Colonie
d'Arménie ^ ; ni Jean le Stylite , dont le tombeau est mentionné par
Jean Phocas, qui avait visité le couvent en i i 85 ''; ni Jean le martyr,
qui périt avec dix-neuf autres moines, en 796, lors d'une attaque des
Arabes*; ni Jean, disciple de saint Etienne Sabaïte, qui, plus tard, fut
' En revanche , non seulement il existe
dans nos bibliothèques plus d'un traité
inédit de Jean Damascène (voy. Fabricius,
Bibliotheca gr. , éd. Harles, t. IX , p. 789
et suiv. ) , mais il est fort probable qu'un
certain nombre d'ouvrages se sont perdus ,
comme toute la polémique contre les ico-
noclastes; car les trois Discours sur les
images sont d'une authenticité douteuse;
les citations en partie apocryphes, en
partie détournées de leur sens, ainsi que
les arguments qu'ils renferment ne parais-
sent pas entièrement dignes d'un auteur
tel que Jean Damascène. Nous ne possé-
dons pas, non plus, toutes ses hymnes.
Il semble que c'est à ses productions poé-
tiques, bien plus qu à sa prose, qu'il était
redevable du surnom de Xpvanppôas. Au
reste, la critique littéraire des œuvres
de saint Jean Damascène est encore fort
obscure et cette partie de sa biographie
devra être soumise à un examen circonspect
et exempt de parti pris. La monographie
du professeur J. Langen [Johannes von
Damaskus. Eine patristisclie Monographie ,
Gotha, 1879) ne s'éloigne pas notablement
des résultats acquis par Le Quien.
* Acta Sanct. Maii, t. III, p. 282 et
suiv. , et Append. , p. j 6 et suiv.
* Voyez Léo Allatius , StifXfijKra , p. 28
et suiv. — Acta Sanct. Maii, t. II, p. vi.
' Acta Sanct. Mart. , t. III, p. 166 et
suiv. , et Append. , p. 2 et suiv.
_^5.( 76 )<+—
évèque de Characmoba '. Si Ton voulait s'en tenir à une chronologie
approximative, le livre de Barlaam et Joasaph ne pourrait être attribué
avec quelque vraisemblance qu'à Jean Moschus, l'auteur du Aetjaw-
vàpiov ou Pré spirituel, dont le séjour à SaintSaba est positivement
attesté. Or Jean Moschus a quitté la laure en 602 ou Go3 , et il est
mort, à Rome, antérieurement à l'an 620^, et ces dates, elles aussi,
sont inconciliables avec celles que nous avons étabhes pius haut,
quand même il ne paraîtrait pas à peu près impossible qu'un ouvrage
d'une tendance si élevée et d'une telle valeur esthétique fût sorti de
la même plume que les récits, en général si ternes et parfois si
naïves, du Pré spirituel.
Une supphque adressée aux évoques réunis au concile de Latran,
par plusieurs moines grecs résidant à Rome, porte comme première
signature celle d'un abbé de Saint-Saba « Joannes abba presbyter mo-
nastcrii patris nostri Sancti Sabbae » , puis celle de l'abbé du couvent
de Saint-Théodose^. Comme ces deux couvents, qui étaient très rap-
prochés l'un de l'autre et suivaient souvent une direction commune ,
s'étaient prononcés, dès le début du mouvement monothélélique ,
contre la nouvelle doctrine, on ne s'étonne pas de voir, au moment
où il s'agissait de la juger solennellement, intervenir leurs chefs
pour en dénoncer le caractère hérétique et en demander la condamna-
nation. Cependant ce n'est pas apparemment en vue de cette dé-
marche que les deux abbés étaient venus en Occident; car dans la
motion introductive de leur pétition présentée par le notaire du con-
cile, il est dit que les signataires (ils étaient au nombre de trente-
sept et appartenaient à différentes contrées) résidaient à Rome de-
puis quelques années. Y avaient-ils été attirés par le pape Théodore ,
qui occupait le trône pontifical de 6^2 à 6^9 et qui, lui-même,
' Acta Sanct. Jul. , l. III , p. 5/i5. — Nous avait embrassé les doctrines tl'Origène (voy •
connaissons, au vi" siècle, encore d'autres Cyrill. Scythop. , /. c, p. 3Gi cl suiv.).
moines de Saint-Saba portant le nom de ' Voy. Pratum spirituale, cap. m [Pu'
Jean, par exemple Jean, diacre et cano- trol. gr., t. LXXXVII, col. 3139 et 3 1 36).
narque, et Jean Brontodaenion . les deux — Photius, Dibliolhecn, cod. CXCIX.
chefs du parti qui, dans la grande laure, ' Mausi.iSacr. Co/tc<7.Co//., l.X.col. 909.
-^>( 77 )<^—
était originaire de Jérusalem? Les monastères des environs de Jéru-
salem avaient-ils été saccagés par les Arabes et les moines s'étaient-ils
dispersés? Ou les controverses dogmatiques avaient-elles déterminé,
au sein de ces communautés, comme cent ans auparavant, de nouvelles
discordes et une nouvelle séparation? C'est ce que nous ignorons.
Si nous ajoutons que parmi les autres signataires du document
adressé au concile de Latran, ligure un moine nommé Maxime,
celui qui, plus tard, sera connu sous le nom de saint Maxime le Con-
fesseur, le coryphée des adversaires du monotliélétisme , on admettra
peut-être comme possible que l'abbé de Saint-Saba que nous trouvons
à Rome, en 6/19, soit le même que le moine de Saint Saba, auteur
du livre de Barlaam et Joasaph; car cette identité paraît ressortir
non seulement d'une similitude de nom et de profession, ainsi que de
la contemporanéité, mais aussi de l'attitude, égale d'une part et de
l'autre, en face de l'hérésie monothélétique. Je ne voudrais pas, ce-
pendant, donner à cette conclusion une forme plus affirmative. C'est,
en réalité , le hasard qui a sauvé de l'oubli le signataire de l'acte pré -
sente au concile de Latran, et dans la nombreuse population de la
laure, le nom de Jean était sans doute porté par plus d'un religieux.
A supposer que cette identité fût établie sur une base plus solide , il
y aurait lieu de se demander si, à l'analogie du Pré spirituel de Jean
Moschus et de plusieurs ouvrages de saint Maxime, le livre de Barlaam
et Joasaph n'a pas reçu sa forme définitive à Rome. Mais de ce côté
encore, les preuves nous manquent. Au contraire, tous les éléments
de la composition se retrouvent en Orient.
Quoi qu'il en soit, on n'hésitera pas à admettre, ce me semble, que
le livre de Barlaam et Joasaph a été composé par un moine grec du cou-
vent de Saint-Saba , nommé Jean, dans la première moitié du vii*^ siècle.
Le système théologique de l'ouvrage, aussi bien que les détails de la
partie narrative, nous conduisent à cette date, que je considère comme
certaine, quand même on parviendrait à prouver que quelques passages
ont subi, plus tard, des altérations ou des interpolations.
— «•( 78 ]<-*-
VII
Le livre de Barlaam et Joasaph paraît être resté pendant assez
longtemps inconnu dans les anciennes provinces helléniques de l'Em-
pire d'Orient. Ce n'est qu'au onzièn^e siècle que l'on a commencé à
en mulliplier les copies ^ Il n'en est fait aucune mention dans la litté-
rature grecque du moyen âge, et l'histoire des deux saints héros n'a
trouvé place, ni dans le recueil de Syméon Métaphraste^, ni dans les
anciens synaxaires et ménologes; elle n'a reçu la consécration de
l'Eglise qu'à une époque relativement récente^. Cependant, en i35/i,
l'empereur Jean Cantacuzène, en renonçant au trône, et en prenant
l'habit monacal sous le nom de Joasaph, s'est probablement proposé
comme modèle le saint roi indien du roman ascétique.
Nous ignorons à quelle époque l'ouvrage a été traduit en latin. Les
plus anciens manuscrits de la version latine remontent au douzième
siècle*, et avant la fin du même siècle, le récit jouissait déjà en
Occident d'une certaine popularité, comme en témoigne la repré-
sentation de la parabole de l'Unicorne sur le tympan du baptistère
de Parme, construit en i 176 par Benoît Anthelml^. On sait que ce
texte latin, inséré par Vincent de Beauvals dans le Spéculum hisio-
riale et reproduit, sous une forme abrégée, dans la Légende dorée
de Jacques de Voraglne, a donné naissance à plusieurs traductions
européennes ^.
' Voyea ci- dessus, p. 3 et suiv.
* Comme le texte de Syméon Méta-
phraste a subi des interpolations nom-
breuses et successives, il est possible que
l'histoire de Barlaam et Joasaph ait été
insérée dan<* quelques manuscrits. Elle
figure, parait-il, dans une édition récente
de Venise.
* Voy. E. Cosquin, dans la Revue des
Questions historiques , ocl. j 880 , p. 58o et
suiv. Cepcndcint les synaxaires , ménologes ,
martyrologes et catalogues des saints n'ont
pas encore été examinés avec tout le soin
désirable.
* Voy. Barlaam undJosaphat voti Gui de
Cambrai. Stuttgart, i864, p. 3 18.
* Voy. Mémoires de la Société des Anti-
quaires de France, année i855, p. 277 et
suiv.
* Voy. Barlaam undJosaphat, 1. c.
L'histoire de Joasaph n'a pas rencontré une moindre faveur en
Orient. De bonne heure elle a été traduite en arabe et mise en
vers par un poète musulman. La rédaction musulmane, à son tour,
est devenue la source d'une paraphrase hébraïque. Plus tard, Je pre-
mier texte arabe a servi d'original à une version éthiopienne. On
connaît, en outre, deux rédactions arméniennes, l'une en prose,
l'autre en vers'.
Comme la plupart des ouvrages arabes d'origine grecque ont été
traduits du syriaque, on a pu supposer qu'il en était de même du
livre de Barlaam et Joasaph. Mais rien ne prouve qu'il ait existé
une version syriaque, et il n'est pas probable que les Syriens, soit
jacobiles, soit nestoriens, aient adopté un récit édifiant dune ten-
dance orthodoxe si prononcée. Au surplus, la version arabe porte
en elle-même plus d'un indice établissant qu'elle a été exécutée
directement sur l'original. Les noms propres, autres que ceux de la
Bible, sont littéralement transcrits du grec, très souvent avec leurs
désinences de flexion : Tgpos ^avdrjv (Boisson., p. 2 45), ^^LiîJJ; —
TÂipos A77^ar (ibid.) yjyJU; — Ai6vv(tov xcli Hrjdov xai A|x(p/oî^a xcù
ïipccKXrjv KOLi AizokXwvoL KOLi ApTS^iv XCLI Ilepcrea, Kdf/lopci re xcù
ÈXévvv xoLi YloXvSevxvv xccl Mivmol xoli PaSciiJiOLvOov xcù 'Lcup'KYjSovoL
xai . . . MovcrcLs [ibid.), îLm-j (j>^Ij;I yjJJbl (^^^î;! lj^*>*JÎ u^^Ô ul? »■***■ '••>?^
,jaAoy> i^y^\ — l{<pai(/iov (p. 2/i6), ^J^y^y>}'^, — k<Tx\r]iïi6v (ibid.),
^jyj<AxMt\', — AoLxsSoLifjLOvos viov [ibid.), (j*oj.*!i>l^iJ (^; — (j(pCLyrjvcLi
VTTo Twv Tndvwv (p. 247), (jjlk*jJI y^vXj (j-Liî x^i; — tov Ocripiv
lOV (7(pOLyévTCC ilTTO TOV d§sX(pOV OLVTOV Tv(pMVOS (p. 2^9), yY^wji l*«>o
jj*oyuj »^\ xsï'i îj^^; — XOLI OLTiéxTsivs tov Tv(poJva, [ibid.)^ Ujjuj Jocï^^.
' Parmi les versions orientales , on peut Èpfirjs et Aptjs sont exprimés par leurs
encore mentionner celle qui a été faite équivalents astronomiques J-a..;, ^^-^ •■• ■•»■ - .
sur un texte espagnol par le P. Antonio de ï~é\ , ^^Uxc, g'y». Ô Taprapos est traduit
Borja, Jésuite, en langue tagala, et qui a par -iy^y ÉAAj/ves, dans le sens propre
été imprimée à Manille en 1 y 12. et dans l'acception de païens, est toujours
* Les noms de Kpiros, ZeOs, A^poS/T)7, traduit par y>*?LaJl. Une traduction sin-
— M.( 80 )^-i—
Il est difficile cradmcllrc que ces formes bizarres aient été
transmises par une traduction intermédiaire. Des nialentendus non
moins caractéristiques que renferment les interprétations de certains
mots et de certaines phrases montrent également que le traducteur
a ou sous les yeux un texte grec. Dans la phrase <7Vvrfk6ov TSpos tov
^acTiXécc è| èmXoyris ccvSpss (Boisson., p. 19), il n'a pas compris le
sens de è| èrnikoyijs et Ta rendu par ;Ly:à-lj. Un peu plus loin, dans
le même discours, il a méconnu le sens de la phrase xcd o\jk ëywye
oTfJLCti TOV GKOTtov èxsîvov xcLi jijs eXiTiSos -tpsvcrOyjfTecrOcu, qu'il donne
comme une réflexion de fauteur. — Au lieu de iSioL^ova-Yj (p. 20)»
il a lu iSid^ov. — Dans la même phrase, il a altéré le sens des mots
yLSTOL Tïjv (JVfjLTrXripcûcjiv Tïjs zspcôTïjs ifkixicLs, en les traduisant par
JÏJili «Jvi J.U ^^. — Il a pris l'adjectif -^iXos [ibid.) dans son acception
propre, en le rendant par »X^. — Les mots kXX ev ÏœOi (p. 3i),
sont traduits par iL*». ^ yi Jt+i»; — les mots eî Tavxa ovtms s')(£,i
(p. 3^), par *Ai î*xd> yl^ s!; — èx toutov, deinceps (ibid.) par »j»jft ^^;
— les mots (XfjiSi\pOL5 tç> éccvTOv crp(7;pia (p. 36), par A)Xi J^^; — -nrap'
SXrjv (TOV TYjv Koôr'/v (p. 80), par JljL«*. ^^ (j^; — <Tvvs)(ydr} Trj XuTrr?
(ibid.) par ^J•.A (^ ^UssiCo aXX53L t^^iC**o5, sens primitif de crvy;^sw; —
le mot odsv, clenim (p. 244) par U;t>U (^; — les mots Seôrjvai
CLVTOV [tov Aprjv) vivo TOV vïiTiiov EpwTOs KOLi VTïo ^(pdic/lov (p. 2/1.7),
par ^^kwliLl^ o^^;5 ^^waJt «3^^; — le mot o^fs (p. 268) par Sysw^; —
XpVfJ^cc (p. 269) par JU, etc.
Du reste, à part les erreurs de ce genre, et à part aussi un certain
nombre d'omissions portant généralement sur des membres de phrase
qui ne sont que des développements oratoires, cette version se dis-
tingue par la tendance à représenter mot à mot le texte original. On
rencontre rarement une allure plus libre et des passages tels que ceux-
ci : y^^\ ^Ji^Ji^ ^ ij oyyi ^jli (dXX' eî ^ovkei ^eëctiMOrjvoLi ixrjSev vfxàs
'a&7iX(X(j[tÀvov Xéyeiv., Boiss. , p. 22); ^ J^ d S> (s*"^^ lispos olvtïjs
gulièrc est celle du pays de Seiiaar, rije était ainsi nommé d'une ville située non
SevaapmSos yrjs (Boisson., p. 3G) par 3 loin de Koufa.
•jUvJl Âiyi LxtJkj jojl . Le désert de Sanuiwa
fi
(xkvGsias, p. 23); X)l^ ^^ [SiCKTXs-^OLfxevos , p. 26), tandis que le sys-
tème littéral a fréquemment produit une diction incorrecte et étrange
et des locutions inintelligibles, comme ^wmmJLî -i)L J^^ ij3 (^ ■ "^ '' ■"■:> (j^
[àXXoL fxifxrjTal kolI olvtoI twv tov \pt(Tlov TSOLÔrjfxÔLTWv)-^ des expres-
sions comme ii^iJ! iyJUwJI cyiwoiXj [v BsoivSpiKV oiKOVOfJiioL); |j>^ JcU
[jotovTOs). On trouvera d'autres exemples dans les extraits imprimés
ci-après. Quant au langage, il ne diffère pas essentiellement de celui
dont faisaient usage la plupart des écrivains chrétiens de la Syrie
et de l'Egypte. Les cas du substantif, les nombres et les genres du
pronom, du nom et du verbe, sont souvent confondus; les formes
dérivées du verbe employées au lieu de la forme simple, etc. Il n'y a
aucune raison pour attribuer ces anomalies, pas plus que les fautes
de syntaxe et les acceptions particulières des mots, aux copistes
plutôt qu'à l'auteur même de la traduction ^
La version arabe nous a été conservée par plusieurs manuscrits. La
Bibliothèque nationale en possède sept exemplaires^. La copie la plus
ancienne est celle qui porte le n** 169 de l'Ancien fonds arabe. C'est
un ms. du xiii*^ siècle et, bien que les vingt-six derniers feuillets soient
d'une main moderne, on lit à la fin Tannée 6729 de l'ère d'Adam
(probablement du comput de Constantinople, 1221 de J.-C). Il faut
supposer que cette date est celle du volume en son état original et
que les derniers feuillets, lacérés ou endommagés, ont été reproduits
de nouveau, ou que c'est la date de l'exemplaire d'après lequel ces
' Il en est ainsi des traductions, faites
également d'après le grec, des homé-
lies de saint Epbrem et du panégyrique de
saint Ephrem, par Abraham d'Antioche le
protospathaire (ms syr. -carchouni de la
Bibliothèque nationale n" 191, fol. 1 1 8
et suiv. , et ms. arabe de la Bibliothèque
nationale. Ancien fonds 67, fol. 278 et
suiv.), qui se rapprochent beaucoup par
leur langage de la traduction du livre de
Barlaam et Joasaph.
* Un autre exemplaire, du xv* siècle,
se trouve dans la Bibliothèque du Vatican
(voy. Mai, Scriptor. Vet. nova Collecdo,
t. IV, p. 597), et une copie récente, qui
désigne comme auteur Jean Damascène,
dans une collection particulière , à Saint-Pé-
lersbourg. Une description et quelques
extraits de ce dernier ms. ont été publiés
par M. B. Dorn, dans le Bulletin de l'Aca-
démie impériale des sciences de Saint-Pé-
tersbourg, t. IX (1852), col, 3o5 et suiv.
6
«rKIMEHIC NATIONALE.
— *■>{ 82 )hi—
feuillets ont été copiés. Quoi qu'il en soit, ce ms. nous donne la
version arabe telle qu'elle est sortie de la plume du traducteur, avec
toutes ses erreurs et toutes les imperfections de langage. Le m^. i i i
du Supplément, écrit à Aqfahsa, en Egypte, probablement au
xvi^ siècle, et portant également une date, celle de 6673 de l'ère
d'Adam (1081 de J.-G. selon le comput d'Alexandrie), qui est en
désaccord avec l'âge véritable de la copie, renferme le même texte.
Les autres mss. de la Bibliothèque nationale \ les n°* i46 et iGo A
de l'Ancien fonds, et les n°M 10, 1 1 2 et 1 1 3 du Supplément, offrent
tous une rédaction plus ou moins remaniée de la version primitive^.
Lés mss. i46 et 160 A s'en éloignent le plus et, différenciés eux-
mêmes par un grand nombre de variantes, se distinguent du groupe
des trois autres, qui ont une origine commune^.
La version primitive rend le titre de l'original assez exactement,
comme on en peut juger par Vincipit du ms. 1 1 1 du Supplément
(le commencement du ms. de l'Ancien fonds 169 manque) : tjill ^«wo
^»;jo ^^j^ydl i Jl[jo>]iî. A la marge, en regard des mots /*jXîI t^Uî
JuéLiîî, on lit J-ciw««xJî Ua^jj. Mais ces mots ont été ajoutés après coup.
Je doute aussi que l'interprétation du nom de l'Etbiopie par xiM^a^
' Et aussi le ms. de Saint-Pétersbourg.
^ Ces iDaniiscrits sont mentionnés sous
les n" 368 à 27/i du nouveau Caialogue
des mss. arabes de la Bibliothèque natio-
nale où il est dit, par erreur, que la iin
du ms. i46 de l'Ancien fonds manque. Le
ms. est parfaitement complet. La date
qu'on lit dans ïexpîicit du ms. n 1 du
Supplément est 6578, et non 6873. Dans
le ms. 110 du Supplément, le livre de
Bariaam et Joasaph est suivi de l'histoire
de Gai 'ad et Schiniàs.
* Celte répartition ne cadre pas entiè-
rement avec les origines confessionnelles
de ces mss. Les mss. 1 /i6 el 1 69 de l'An-
cien fonds, 111 et 112 du Supplément,
sont melkiles. Les mss. 160 A de l'Ancien
fonds et 1 10 du Supplément ont été exé-
cutés par des scribes jacobites, qui ont altéré
les passages relatif:! aux deux natures de
Jésus-Clirist. Lems. n" 1 13 du Sup[)lcment
e.st d'origine jacobite ; mais les passages sur
les deux natures ont élé grallés et modifiés
par
iclkitc.
— ■+>{ 83 )^-»—
remonte au Iraducteur lui-même. Dans les autres mss. , le titre a été
modifié selon la fantaisie des scribes. Le ms. 1 60 A de l'Ancien fonds
commence ainsi : ^^y*MJ:^^ <jL*j ^i ^yu t^^SsJCô . . . ^<xiiJî ^jJ'^ {ji^^^ V^' f^^
>Lo QMwjtXJiJt w<>o ^IdUil) <_A^Ui Iàa>-^ viJJs JJù le (^^^f LLL(>:;iuj' ^^'o^ IgJCa^Lj ^vA^h.
iT^^jA^Î Ux* -îoi^y (^A**^*KiiJî i «yi^j^^l is*'y- Le n'* 112 du Supplément
nomme également comme auteur de l'ouvrage le moine Jean, du
couvent de Saint-Moïse, tandis que les mss. 1 10 et 1 i3 l'attribuent
à un saint moine du couvent de Gethsémané (c-u^i; (j»*!>*>>J» J^^ njuà^ L3f
aXjUvuJI Ja:*? (jj^L.). Ces titres, de date récente, sont dépourvus de
toute autorité.
La traduction arabe du livre de Barlaam et Joasaph est men-
tionnée pour la première fois dans l'encyclopédie ecclésiastique
d'Aboû '1-Barakàt, auteur chrétien de la fin du xiii'' siècle'. Mais elle
est, sans doute, beaucoup plus ancienne.
D'après le Kitâb al-Fihrist, Abân ibn ""Abd al-Hamid al-Lâhiqî
al-Raqàscliî , poète musulman du second siècle de l'hégire ^ qui a
mis en vers le livre de Kalîla et Dimna, fhistoire d'Ardeschîr et
d'autres contes et romans, était l'auteur d'une version poétique d'un
livre intitule Bilauhar et Yowâsaph ou-|^^ yjt>^Xi^. Il est difficile de
décider si ce nom de Bilauhar est une corruption du nom de Bar-
laam, ou un changement intentionnel, dû à une réminiscence de la
forme syriaque de ce nom, |o;^;.3, ou encore si le poète musulman a
eu sous les yeux une version syriaque aujourd'hui perdue. Cepen-
dant, en tenant compte des habitudes des scribes arabes dans la trans-
' Ms. arabe de la Bibliothèque natio- ' Kitdh al-Fihrist , éd. de Flùge\,Tp. iig
nale, Ancien fonds 8^, fol. 116 v°. et i63. Dans le second de ces deux pas-
* Vo)'. Kitâh al Aghâm, éd. de Boulâq, sages, il fuut lire y«yb, au lieu de ■^•J\ ,
XX, 73 et suiv. — D'après Ibn-Djauzi et dans les deux passages (jL«l^j, au lieu
{Mir'at al-Zaniân, nis. arabe do la Biblio- de x^l-i^-S} ou uL«<I»>w}. L'orthographe à
thèque nationale , Ancien fonds 64^o , peu près exacte de ce dernier nouj se
fol. 3o v°) et Aboù 'l-Mahâsin [Annales, trouve au huitième livre, au moins dans
éd. JuynbolIetB.F. Mattlies, t.I, p. 576), qu('l(]ues mss.
Abàn esl mort en l'an 200 de l'hégire.
criptioii des noms étrangers, on s'explique le procédé qui, du nom
de J^yi a fait naître la forme -^^ .
Le même ouvrage, sous le titre légèrement différent de Yowâsaph
et Bdauhar, jJt>y^^ ou«1^ t^U^, est encore mentionné dans un autre
chapitre du Kitâb al-Fihrist, parmi les contes d'origine indienne tra-
duits en arabe ^ Comme dans ce dernier passage il n'est question, ni
d'Abân ni d'une rédaction poétique, je suppose que l'auteur de cette
énumération bibliographique a voulu désigner la version en prose,
celle qui était la source de la composition poétique.
Une paraphrase hébraïque du livre de Barlaam et Joasaph, en
prose rimée et en vers, exécutée, d'après une version arabe, par un
rabbin d'Espagne, Abraham ben Samuel Ibn-Jlisdaï ou IJasdaï, dans
la première moitié du xiii^ siècle ^ reproduit les principaux traits et
même les détails les plus caractéristiques du récit. On y retrouve
l'histoire du ministre qui avait embrassé la vie contemplative et la
scène de son entrevue avec le roi; l'allégorie de la colère et de la
passion; le discours du ministre sur l'inanité des choses qui existent et
sur la réalité des choses éternelles et invisibles (chap. 2 et 3); l'his-
toire de la naissance du prince, les prédictions des astrologues et le
récit de sa réclusion (chap. 4); l'histoire du premier ministre accusé
d'aspirer au trône, celle de l'homme qui guérit le mal produit par la
parole, et l'histoire des deux anachorètes condamnés au feu (chap. 5);
rénumération des hautes qualités du jeune prince, la révélation qu'il
obtient touchant son isolement et l'histoire de sa sortie et des trois
rencontres (chap. 6); l'histoire de l'arrivée de l'anachorète et la para-
bole du joyau (chap. 7); la parabole du roi qui honore les anacho-
rètes et celle des quatre boîtes (chap. 8); les paraboles du semeur
(chap. 9), des trois amis (chap. 1 1), du roi élu pour un an (chap. i3),
du roi et des époux pauvres (chap. 16), du jeune hon)me riche qui
' L. c. , p. 3o5. puis dans d'autres villes (voy. Wolf, Bi-
' Cet ouvrage, dont il existe plusieurs bliotheca Hebr., t. 1, p. 58; t. Ifl, p. 35;
manuscrits, a été imprimé, pour la pre- t. IV, p. 763). Il a été traduit en allemand
jnière foi», à Constantinople, en i5i8, par le D' W. A. Meisel (Steltin, 1847).
— i->[ 85 )*CH—
épouse une jeune fille pauvre (chap. 18), et la parabole de l'oiseau
(chap. 2 1) ^
A côté de ces apologues, la rédaction hébraïque en renferme un
certain nom!)rc qui sont étrangers au livre ^e Barlaani et Joasaph :
l'histoire du jeune homme dans le conseil d'Alexandre le Grand et la
parabole du patriarche Joseph, sur le danger de l'aJGfection exagérée
(chap. G); l'histoire de l'oiseau qui avale un poisson avec l'hameçon
(chap. 9); l'histoire du roi qui est réduit à manger son enfant
(chap. 12); la similitude des trois sortes de visions (chap. i5);
l'histoire du roi et du pâtre (chap. 1 6); la parabole du chien qui veut
profiter de deux repas de noces (chap. 17); fliistoire du jeune
libertin amendé par l'amour (chap. 18); la similitude de la prédica-
tion des prophètes comparée à l'appel d'un certain oiseau (chap. 19)^;
rhisloire des chiens qui déchirent un homme innocent (chap. 28);
l'histoire du roi violent et de son serviteur et l'histoire de fhomme
qui avait appris du roi Salomon le langage des animaux (chap. 2 4);
l'histoire du marchand et des deux filous (chap. 27); l'histoire de
l'homme, de l'ours et du sanglier, celle du roi qui exerce mal l'hospi-
talité et l'histoire du mari trompé par sa femme et son serviteur
(chap. 3o); l'histoire du singe et du rasoir (chap. 3]), et l'histoire
du tisseur qui imite un cabrioleur (chap. 3i).
Cependant, les paraholes authentiques elles-mêmes ne donnent
pas une image exacte des histoires parallèles de l'original, et les mo-
difications qu'elles ont subies sont loin d'être des améliorations.
Plusieurs d'entre elles contiennent des développements oiseux, et les
moralités sont, en général, mal appliquées. L'idée qui inspire et do-
mine l'ouvrage original est à peu près effacée; l'enseignement ascétique
' La parabole de l'unicorne manque; p. 84 et suiv.). Le nom de l'oiseau, dans le
mais les principaux traits sont reproduits texte imprimé (qui n'est pas à ma disposi-
dans une pièce de vers, au chapitre 16. tien) se lit, parait-il, DTpbN. Lesmss. de la
* Cet apologue est une version 1res Bibliothèque nationale (n°" 786 et i283)
libre de l'histoire fabuleuse de la perdrix portent Q"Np , DTlp. Toutes ces formes
(-srépSil) [\oy. Bochâvl,Hierozoïcon,l.U, sont peut-être des corruptions de Kijpv^.
86
est remplacé pai' la doctrine d'un vague déisme et par une prédication
exaltant la sagesse, la science et la vertu. Dans le roman chrétien
les paraboles ne sont que des épisodes isolés destinés à confirmer
l'enseignement. L'auteur juif a voulu écrire une instruction morale
embellie d'histoires plaisantes. Son récit s'arrête à l'entrevue du prince
et de l'ascète. 11 a négligé toute la seconde partie de la narration
grecque.
Ce texte hébreu est divisé en trente-cinq chapitres, dont les quatre
derniers, rédigés en prose, contiennent quelques définitions philoso-
phiques et une disserlation eschatologique et paraissent avoir été
ajoutés par Abraham Ibn-Hasdaï^ Que celui-ci, dans le reste de l'ou-
vrage, ait traité la version arabe, base de son travail, avec une grande
liberté, c'est ce qui ressort suffisamment des allusions aux choses de
l'Ancien Testament et des passages de la Bible qu'il y a introduits^. Il
est probable encore qu'il l'a enrichie de plusieurs contes et qu'il a
modifié la tendance des autres.
Tout porte à croire que cette composition arabe était rédigée en
vers et qu'elle était l'œuvre même d'Abân al-Lâhiqî mentionnée
dans le Kitâb al-Fihrist. Seulement on hésite à admettre que le poète
arabe l'ait traduite du grec, ainsi que l'affirme expressément la préface,
reproduite par l'auteur juif^. Nous n'avons pas d'exemple d'un ouvrage
grec traduit par un musulman, et bien que l'orthorloxie et même
' Il y a, de plus, un premier chapitre
qui n'est pas compté et qui renferme le
commencement du récit. Le texte arabe a
dû être divisé en 3i ou Sa chapitres.
* Celte liberté s'étend aussi aux ru-
briques. Celle du chapitre 22, par
exemple, est un verset des psaumes : Dî
riNiim bnn nbnn nns-aiyn pc?"? bu
'>:n'bhvi2 bz inaDv'pSnD b:> ^naD on
^DD Kip3n mn iddh n">nN2D "«d idin
^mT"! • rnn^n onoa ■•n^Vyi • imn
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••:ni • Ninn Vc'cn N2in rVv icx pivn i"?
b^l2^ mpD V33 onvcM nsD i3 ^nuin
"•miDvnnN -i3T tib vbv m'^^2^^^ -iyc?n
ic'ND niD Vy Dnvc'n bz iDcn nnTiD3
131 NVioV rDiMT} Vy bp"^ ]'JDb on
.rive? nnN3 V121D
—t->.( 87 )<-*—
la descendance arabe d'Abân ne paraissent pas avoir été incontestées \
rien ne prouve qu'il ait été versé dans les langues et les littératures
étrangères. Nous savons, d'ailleurs, que ses autres romans, tels que
le Kalîla et Dimna et le Kâr-nâmè, étaient des rédactions en vers
d'ouvrages en prose déjà existants ^. S'est-il attribué un mérite qui
ne lui appartenait pas et , en faisant ressortir l'origine hellénique de
son roman, a-t-il voulu en rehausser la valeur? On supposera avec
plus de vraisemblance que la phrase « L'écrivain qui a traduit ce livre
de la langue grecque en langue arabe » a été ajoutée par le traduc-
teur juif, Ibn-llasdaï. Un autre renseignement qu'on lit dans la même
préface donne également lieu à un certain doute. Le titre de Livre
du Fils du roi et de l'Ascète n'est rien moins qu'authentique. Mais on
peut croire qu'il est l'œuvre de quelque scribe et que le traducteur
arabe l'a réellement lu dans son exemplaire.
Il est donc probable que le poète du deuxième siècle de l'hégire
a mis en œuvre une version arabe plus ancienne en prose , soit celle
qui a été exécutée, d'après l'original, par un chrétien, à l'usage des
chrétiens, soit une autre, adaptée aux croyances musulmanes et au
génie arabe.
Une rédaction musulmane du livre de Barlaam et Joasaph qui a
été découverte, il y aune trentaine d'années, à Constantinople, porte
précisément le titre indiqué dans le Kitàb al-Fihrist^. Très abrégée et
réduite à la partie narrative*, celle-ci diffère complètement de la tra-
duction littérale. Le cadre du récit lui-même est modifié dans
un de ses traits principaux : ce n'est pas l'ascète qui vient instruire
le prince; c'est le prince qui entreprend un voyage et rencontre le
^ Voyez Kitâh al-Aghânî, l. c, p. qlx.. ^ Voy. Zeltsclirift der Deutschen Mor-
(vers la fin de l'arlicle). genlàndisctien Gesellscfiaft, t. VII, p. Aoo
^ Voyez Kitâh al-Fihrist, p. HQ et i63; et suiv.
— Geschichte des Ardesir i Pâpakân, aus * Le récit n'occupe, dans le ms. , que
dem Pehlewi ûbersetzt von Tti. Nôldeke , bà }!ages, à i3 lignes par page. Il est in-
{Beitràge ziir Kwide der Indogerm. Spra- complet à la fin, mais il ne paraît manquer
chen, t. IV), p. 26. que quelques feuillets.
— «.( 88 )<^
sage Bilauhar dans l'île de Serendîb ou Ceylan. Or le texte du ms.
de Gonslantinople se rapproche par quelques particularités de la
rédaction arabe en vers, telle que nous la connaissons par la para-
phrase hébraïque. L'ordre des paraboles est le même dans les deux
textes : la parabole du roi qui honore les ascètes et celle des quatre
boîtes précèdent la parabole du semeur; les paraboles de l'unlcorne
(où l'éléphant est substitué à l'unicorne), des trois amis, du roi élu
pour un an, et celle du roi et des époux pauvres précèdent la para-
bole de Toiseau et de l'oiseleur. Ils contiennent, l'un et l'autre, une
parabole, celle de l'oiseau comparé aux prophètes, qui ne se trouve
pas dans l'original grec. Il est vrai que certains récils, également
étrangers au livre de Barlaam et Joasaph, que l'on rencontre dans la
rédaction musulmane, manquent dans la version hébraïque, et
d'autres, en plus grand nombre, figurent seulement dans cette der-
nière. Mais la grande liberté avec laquelle procédaient les traducteurs
de ces sortes d'ouvrages explique suffisamment de telles interpola-
tions, qui ne détruisent pas l'affinité réelle des deux rédactions et la
dépendance de l'une à l'égard de l'autre; il reste seulement à savoir
si la version en prose a été transformée en un récit poétique, ou si
celui-ci a donné naissance à la rédaction en prose. D'après ce que
nous lisons dans la préface traduite par Abraham Ibn-Hasdaï, il est
peu probable que le poète ait eu sous les yeux un autre texte qu'une
reproduction fidèle de l'ouvrage original. Les changements qu'il dé-
clare y avoir introduits ne peuvent avoir eu pour objet que l'ordon-
nance primitive. Il faut donc conclure que la version musulmane en
prose du manuscrit de Constantinople qui, comme toutes les autres,
a pour base le texte grec (la parabole du semeur seide suffit pour en
établir l'origine chrétienne), présente une rédaction déjà remaniée ^
Par conséquent, si Abân ibn 'Abd al-Hamîd, selon toute apparence,
' M. Ë. Kuhn parait avoir tiré des Dimna], dans ie Kitàb al-Fihrist, partuî
conclusions excessives du titre du ms. de les contes d'origine indienne (voy. Zeit-
Constanlinople et de la rubrique sous la- schrift der Deutschen Morgenlândischen Ge-
(juelle figure l'ouvrage (à côté du Kalîla el selhchaft, l. XXXIl, p. 584).
~^>[ 89 )k^—
a mis en vers la version arabe chrétienne, celle-ci a dû exister au
commencement du neuvième siècle de notre ère. En rendant compte
du manuscrit conservé à Saint-Pétersbourg, M. B. Dorn a cru pouvoir
affirmer quelle ne remontait pas au delà du dixième siècle, parce
que le mot ÈXkrjves, dans le sens de «païens», y est traduit par
^j^-x-jLâJî «les Sabiens», acception qui, d'après les recherches de
M. Chwolsohn, ne serait pas antérieure au quatrième siècle de
riiégire ^ Je ne crois pas, pour ma part, que l'histoire du mot
yj^LaJî soit aussi certaine. Les chrétiens de langue syrienne, à
l'exemple des juifs de la Palestine, exprimaient le mot EXXrjves, qui
était devenu synonyme de païens, par le mot JLoo?), désignant spécia-
lement les païens de Harràn, les Sabiens. Lorsque les écrivains ecclé-
siastiques de la Syrie et de la Mésopotamie commencèrent à se servir
de l'idiome arabe, ils traduisaient naturellement jU^?) par yjyuLaJI.
Que le mot y^^UaJ! « les païens » ne se soit, jusqu'à présent, rencontré
dans aucun ouvrage plus ancien que les Annales d'Eutychius, c'est là
un fait dû au hasard; car les ouvrages chrétiens des premiers temps
de la domination musulmane sont peu nombreux. Il va sans dire que
le passage du Kitàb al-Fihrist qui, d'après ma conjecture, mentionne
la version arabe en prose du livre de Barlaam et Joasaph, peut aussi
bien désigner un texte musulman qu'un texte chrétien^. Au surplus,
il paraît probable que celte version a été exécutée au couvent même
de Saint-Saba où, de bonne heure, on avait eu soin de traduire
en arabe les légendes des Saints auxquelles on attachait un intérêt
spécial ^.
Un auteur juif du onzième siècle, Bahya ben Joseph Ibn-Baqôda,
^ Voyez Bulletin de l'Académie des même passage, à la suite du Livre de Yo-
sciences de Saint-Pélersbourg, Classe histor. wâsaph et Bilauhar, s'il n'est pas le résultat
philol., 1862, t. IX, col. 317. — Chwol- d'une confusion, pourrait indiquer une
sohn. Die Ssabier und der Ssabismus, t. I, version différente de la première,
p. 204. et suiv. , 2 35 et suiv. * Voyez Zeitschrift der Deutschen Mor-
Ritâb al-Fihrist, p. 3o5. — Le titre genlàndischen Gesellschaft , t. 1, p. 1^8 et
de ,>^ vju«l^ 4jU5', qui est cité dans le suiv., t. VIII, p. 687.
— !-».( 90 U^
dans uu traité moral, écrit en arabe mais en caractères hébreux et
intitulé tjjAiiJI t>aSLi J! ioîo^l tjb:^\ rapporte un conte qui apparem-
ment est tiré du livre de Barlaam et Joasaph. C'est la parabole du
roi élu pour un an. En voici, d'après le manuscrit de la Bibliothèque
nationale qui renferme l'ouvrage de Bahya, le principal passage, au-
quel je joins le texte parallèle de la traduction littérale du roman
grec :
MS. HÉBRED DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE , MS. ARABE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE ,
N" 756, fol. 73. Ancien fonds n° 169, fol. 94.
w *
l^«XJi »LLj^ c^iMAJol L» AaTT /«aj^ Ajuu
f )«Xft l ^ * i AjL5Cc ^ AJCuiLm ffOsjyu Â4^Iâft
VySjU» ^jA^ ^y^ iS^i^JU I2JU 1^^ ^^
^ Sjjjjt^ /OjiujJI JJS J^ v.JU^ t^b
* w y ^ *
Jyy«b 5Xj JJi -1*3 v_juS Li>l tLyi.^ J^l
La traduction hébraïque de cet ouvrage a été imprimée, plusieurs foi», sous le
titre de maaSn main.
— ^,.( 91 )<^
XjlJ! 0. ,Mw.,~vL9 j»^^ J^^ (j^>«^^' f^T*^ ^ ^^-^^ kil-L^J j*^'^^' iCxjUudt (jXAJ*XiI
J^Law^ r^r*' ''^^ ouiw^ ^^ "^p (j^ i ''^-iS-î' iL-to^Uim iùt->*«Jî A.g>.^>»^ uJ^iai^J
^ àl^JC^wilî^ tj^lj JxX^t Jj bj^i <^JJî y\ J^^^.*^ O'MîJî^ -U;^iJI <!u*jb ^ ylXi
clfLfwS} SwjL:k.S J^J^:^^ C^T^' i^.'^'^ (i' (<(\^^ ~>Uiii>.< /w« <3j3ti ^j a-^ Jùxl dU^ (jM^à
|i^^ <JI <j<*-jLj ^^ Uûîj,-u. i «JulLft LLm <î*^^ <-^J*5 iuuOsXî J^l cubU loi;
iuoJsX) ^ Aj«X>« Ajt \Sjb k£. C^ '/v^CiîjJ 3t^V?^ (^.y^i^^^.
(^\ Ajoly^ ^ /Wy^5) A-^~^*Xî JUjLÀ]!^
HX-y^ )^-^^^ iùiaj^ 4;>Ub5 /yt <^Ajy^ ^lyot
(^! IflV'-t ( âhpôraTOv Ôyxov ) iC^dâ? iLÀxA?^
Ce texte, qui diffère si complètement de la version chrétienne, ne
s'accorde pas davantage avec la paraphrase d'Ibn-Hasdaï, ni pour les
circonstances qui sont omises dans l'une et dans l'autre rédaction, ni
pour celles qui ont été ajoutées. iMais il est inutile, ce me semble,
de supposer qu'il ait été tiré d'une autre source ou d'une autre tra-
duction. Il suffit d'admettre que l'auteur juif du onzième siècle a usé,
en reproduisant le récit, de la même liberté que le traducteur du
treizième siècle.
Le livre de Barlaam et Joasapli a été traduit en éthiopien par un
savant indigène, nommé 'Enbâqôm (Habacuc) '. Celui-ci, dans une
note finale de son texte, a eu soin de nous apprendre que cet ou-
vrage avait été traduit de l'indien en arabe par Barsauma, fils d'A-
boù '1-Faradj, et qu'il Ta traduit lui-même, de l'arabe en éthiopien,
en i553 de notre ère, sur l'ordre du roi Galâwdèôs^. En ce qui
concerne la paraphrase arabe, l'un des deux termes du renseignement
est manifestement inexact, l'ouvrage n'ayant pas été traduit de la
« langue indienne ». Mais je ne pense pas que la seconde affirmation
mérite plus de créance que la première. Il serait, en effet, étrange
que seul l'exemplaire d'après lequel a été exécutée la version éthio-
pienne eût conservé le nom du traducteur qui manque dans tous
es autres manuscrits. Je suppose que l'écrivain éthiopien a confondu
le copiste du manuscrit arabe, qui lui servait d'original, avec l'auteur
de la traduction^.
La version éthiopienne reproduit le titre que nous avons trouvé
dans deux exemplaires de la traduction arabe : les mss. i i i et i j 3
du Supplément de la Bibliothèque nationale. Mais cet accord carac-
téristique ne s'étend pas au delà de la rubrique. Le texte lui-même
n'a pas une affinité plus exclusive avec ces deux copies qu'avec les
autres. Il présente, tantôt les leçons du groupe de manuscrits qui
renferment la version primitive (mss. n° i 69 de l'Ancien fonds et 1 1 1
du Supplément), tantôt celles de la rédaction corrigée que contiennent
les mss. du Supplément i 1 o , 1 1 2 et 1 1 3 , tantôt enfin celles qui sont
particulières au ms. de l'Ancien fonds 1 46 ou les leçons du ms. 1 60 A.
' Voyez Calai, des mss. éthiopiens de la
Bibliothèque nationale, p. 207, n" ll^o (ce
ms. est incomplet); — Wright, Catal. of
the ethiop. Mss. in the British Muséum,
p. i83 et 216 {Orient. Mss., 699 et 753);
— A. d'Abbadie, Catal. raisonné, p. 87 et
147. — 'Enbàqôm a traduit encore d'au-
tres ouvrages arabes (voyez Wright, /. c,
p. aïo et agi; — Catalogue des mss.
éthiopiens de la Biblioth. nationale, p. 73).
't'tCl^ao t mil 1 0»jf <h^ •- hrûi
m î ^<:nL « aiùh : a-ihhmi » "»?«/*'* •
^ Nous avons d'aulres exemples de ce
genre d'erreur. Voyez Catalogue des mss.
éthiop. de la Biblioth. nationale, p. 106.
Souvent aussi, à part les nombreux malentendus , il diffère de tous les
exemplaires arabes par des interprétations libres et d'autres cban-
gements qui, presque toujours, consistent en abréviations. Les extraits
imprimés ci-après, joints à ceux que j'ai insérés dans le Catalogue
des mss. étbiopiens de la Bibliothèque nationale S pourront suffire
pour faire apprécier celte paraphrase, dont le style, bien qu'elle soit
très moderne, est relativement pur et même élégant.
Une histoire arménienne de Barlaam et Joasaph a été signalée , il
y a une trentaine d'années, par feu M. Brosset^. Le catalogue des
manuscrits conservés au couvent d'Eschmiadzin , publié en i863,
mentionne cet ouvrage, qui fait partie d'un recueil de traités de
diverse nature, sous le titre de \\ l^u^ (^ni/ujutnili L ^KujpujfiuiJntJ .
Quelques extraits que je dois à l'obligeance d'un jeune prêtre armé-
nien m'ont permis de constater que le manuscrit d'Eschmiadzin ne
renferme pas, comme l'a cru M. Brosset*, une traduction du roman
grec, mais un texte abrégé , ne reproduisant que les faits principaux
de la partie narrative et commençant ainsi :
1^ fin. *h i/ujnn hniubtri y/T U-ufhtiù r^innlriiiu aui^tnbirntntnj h*-P
brnUniniuuuÂi qnnu II. iurnuobiHÊU ujùnuuMLhrujq , b. uirnupbiuq ahnuui
iuj2[utun<^u tut[lrliuthi Diunnnb I ÊjmnDUJjnLp-liLliU \ Sf ' \^'- ^ ■^"'" 4t^
TCiubiui- ■CJbifbti/q u\\ni-iJiujb lutuiuab-injL nn lybiuq uuUrL. oiunnabi o^J^m"
1^ «5- . II. ULHiup nuLanuT uDUibfbiliu qonnup-b luup. uLJlrUutunÊ-np ^ncLLnjh
pfijbiLiq b'bbnbqfiu Lu buLnn.b'tijq dlu^luLuiju b. uMUL^inoUhuLjU' b. pb^plM
aiupuno "lÊUj^Çiuinujbhiui buimutnb-quLL- 'Av|\f7 : 1 'kL tfbuiq tu^JuiJun^Çlj ItinjU
ouLnnqnup-hujiJab "uTL 1 tLuuob-Ênjîi (hiui/iiÂituibu p.uLqni,iJu j
1 ^£. q.uLniuLL. bfLULuiiuputnL.p^b'ujtfiJLU b. f3^UJq.tuL.nn tfb uirct- b. lULqj^nn
' P. 2o8 et Suiv. ' \P"UP 3"'-3"'k ^l^"-""ll'P tTuiutlrUfig . . .
^ Rapports sur un voyage archéologique Tiflis, i863,p, i83, n° lô^ia.
dans la Géorgie et dans l'Arménie. Troi- * Voy. Bulletin de l'Académie impériale
sième rapport, Saint-Pétersbourg, 1849, de Saint-Pétersbourg , tXXlV, col. b6li; —
p. 69; — Journal asiatique, année i85o. Mélanges asiatiques, t. VIII (Salnf-Péters-
t. I, p. 85. bourg, 1879), p. 538.
aonnuptruMilu. j^ p.b%bn UMbnLh' Il jiunnjq ^uiiuié^u/ùu 'fi t^nuij onhu^
unnbl^^ifù , . . .
« Le Verbe de Dieu, s'étant fait homme, choisit ses douze disciples,
qu'il appela apôtres, et les envoya dans le monde entier, pour annoncer
le royaume de Dieu. Et la contrée de l'Inde échut à l'apôtre Thomas,
qui y alla prêcher le Dieu Jésus-Christ. Il y accomplit beaucoup de
miracles par la puissance du Saint-Esprit, y éleva des églises et or-
donna des prêtres et des diacres. Et après avoir subi le martyre, il se
reposa en Jésus-Christ. Pendant longtemps, le pays demeura attaché
à la doctrine du saint apôtre. Puis l'idolâtrie se releva de nouveau, et
un roi puissant et victorieux, nommé Abener, suscita une persécution
contre les chrétiens. »
Ce récit se trouve être à peu près identique à la Vie des saints Joa-
saph et Barlaam qu'on lit dans le Ménologe de Grégoire Zérentz ou
de Kblath au cinquième jour épagomène^ Aucun des donagons et mé-
nologes plus anciens, au moins aucun de ceux que j'ai pu examiner^,
ne renferme les noms des deux saints. La légende, par conséquent,
ne paraît pas avoir été connue des hagiographes arméniens avant le
commencement du xv*' siècle, époque où le ménologe de Grégoire
de Khlath a été rédigé'. Quoiqu'il ne figure pas dans tous les exem-
plaires de ce recueil*, qui n'est pas resté à l'abri des interpolations,
le récit arménien doit en être à peu près contemporain. Car, préci-
sément vers le même temps, Arakhel, archevêque de Siounia, neveu
et disciple de Grégoire de Khlath^, a mis en vers l'histoire de Bar-
laam et Joasaph. Un exemplaire du poème d' Arakhel se trouve parmi
' Ms. de la Bibliothèque nationalp, * D'après un renseignement que je dois
ancien fonds arménien n° 89, fol. b^o à feu Victor Langlois, elle ne se trouve pas
à 552. dans les éditions de Constantinopiode 1706
' M>s, arméniens de la Bibliothèque et lySo. Un second ms. du ménologe de
nationale. Ancien fonds n" àh, A6, ^7, Grégoire de Khlath, conservé à la Biblio-
86. ihèque nationale (ms, arménien n°87), est
' Voy. Sukias Soraal, Quattro </<'//« s/onr/ inc()nq)icl à la lin.
IfUeranu dt Armcnia , p. i?tS. '" Sukias Somal, /. c. , p. 139.
les manuscrits du couvent d'Eschmiadzin, et un autre à ia Bibliothèque
nationale ^ M. Brosset en a donné quelques détails dans le Bulletin
de l'Académie de Saint-Pétersbourg'-^.
' Ancien fonds n° i33, fol. io3 à ikk. — ' Bulletin de V Académie impériale de
Saint-Pétershourg , t. XXIV, col. 5G&; — Mélanges asiatiques, t. VIII, p. 54 1 et suiv.
APPENDICE.
A
TEXTE GREC DES APOLOGUES DU LIVRE DE BARLAAM
ET JOASAPH.
I
APOLOGUE TOUCHANT LA COLÈRE ET LA PASSION.
Ms. de la Bibliothèque nationale goS (A), fol. 7; — go^ (B), loi. 7; — goS (C), fol. 4; —
go6 (D),fol. 3; — go7 (E), fol. k\ — 1126 (F), fol. 6; — Supplém. 75g (G), fol. 22/j v";
— ii3o (H), fol. 10; — 1128 (I), fol. 6. — Edition de Boissonadc, p. 10-11.
Le ms. du Supplément 75g a quelques lacunes et les feuillets sont intervertis.
TouTwv OLTcovcrccs à toO 0eov ccvdpMTios èxeîvos •)(jxpiévTMS àpta xai
èfxoLXciôs dnsKpivoLTO ' El \6yov 'uspos fxe (Twàpai B-éXsis, w ^acri'kevy
Tovs è)(6povs (Tov èx. fxécrov tov SixoLc/lvpiov 7Soiv(tov, koli Tr)vtx.oi,vTa^
àiroxpivoviÂCU^ (toi 'uiepi wv âv Kv'7V(^V^^ fjLOiOéiv ' èxstvœv ycnp avfx-
TTCCpOVTWV (TOI, OÙSsls èfJLOl iSpOS (TS XoyOS. ÈXTOS êè \6yOV Tl\i.(l3pei,
cr(pàf7e, TSoiei 6 B-iXeis ' è^ol yctp'^ o K6(T[i.os èc/lccvpcjôTat, xàyw tw
x6(Tfji(A) , Ç>rjcriv o èfxos SiSdaxoLXos ^. Tov Se ^cL(TtXé(jô5 emovTOs , Kai
Ttves oi èyOpol ovtoi, o\js èx {xérrov ^SoiricrciLt fxe 'uspocficL(T(T&is; (pr}<Tiv o
B-eïos àvvp ' O B-vfjLos xat rj è'KiOvp.icL ■ Taûxa yctp è^ dp/fj? f^èj^ (tvv-
epyol Tïjs (pv(Te(*)5 vtto tov S7][kiovpyov 'TSCLpr]-)(Br}(TCLv , xclÏ vvv w(tclvt(jôs
e)(pv(Ti ToTs fxrj xoltol croLpxa, TSoXnevofxévois , àXkà xccTa TSvevficf èv
' I , manque xai; — G xal t« rrjvticaiiTa. * A ô Q-elos xai à è{iàe hihâ<TxaXos; —
' I àiroxp/rofx«<. Boiss. à &eïos xai èfxds SiSacrxaAos; — F
* CG Ç»7T))o'eis; — H Kvrrfs. xarà ràv è/ièv hihàaxaXov.
* H, manque yàp.
-~M.( 97 )<^~-
vijJv Se, ohivss to SXov èafle «rapxss, [Kï^Sev îyoviz's tov TSvsvfxoLTOs,
àwiSiKOi ysyovcKJi, xal tol twv t/Bpwv xai -nroXspi/wr SioLnpOLTlovTCCi.
H yocp èmôvfxiciL èv vfuv^ èvspyovfjiévv fJ-sv ijSovvv èydpzi, KCCTOLpyov-
liévrj Ss B-v(ji6v.A.'Ké(/]M ovv Tauxa (Tr/fjispov àno crov , TispoxoLÔs^écrdwcroLv
Sk sk OLKpocLfJiv 1WV Xsyoïiévoôv xal xphiv v (ppovnGis xal rj SixolioœvvV'
El yàp TOV B-Vfxov xal tïjv èiridvyiiav èx fjiécrou 'CSoiïjctqi'S , àvreicrd^sis^
Se Tïjv (ppovnmv xal rrjv Sixaiocyvvyjv, (piXaXridws zsdvTa Xé^w crot. • "
II
RECLUSION DE JOASAPH.
Ms. 9o3 (A), fol. iSv"; — 90/1 (B),fol. 12; — goS (C), fol, 8; — 906 (D),fol. 6; — 907.(E),
fol. 7 v°; — 1126 (F), fol. 9; — ii3o (H), fol. i4 v"; — 1128 (I), fol. 1 1 v°. — Bois-
sonacle, p. 20.
O Se ^amXevs w? rjxoxjcre xaura, ^apéws^ trjv àyyèkiav èSé^aTO,
Xinrv Se tïjv ev^pofTVvrjv avrw Siéxoiilev'^. Ev 'usâXet Se o^lwç iSialovai^^
TSakoLTiov Seifxdfxevos TJSepixaXkei xal XapLnpàs olxlas (pCkoTS'/yrjcjas ,
ixel TOV 'TSaïSa edeTO xaioixew, fxeTa rrjv (jv^'KXripw(7iv ttjs 'uipwTrjs
a\jTw^ riXixias àivpoÏTOv Te eïvat THapexeke'ùcraTO , tsaiSaywyovs aitTw
xal ùnvpéTa? xaTac/lrjcras , véovs t^ ifkixia^ xal Trj opacrei wpaiOTa-
Tovs, è77i(Txr)\pa5 avToTs^ (xvSkv twv tov §iov àviapwv xaTaSrjXov avTw
TSoivcracrdat , fxr] ^dvaTov, fxv yrjpas, fir) vocrov, ^v TSeviav, ^v àXko ti
Xvirvpov xal Svvdfxevov^ Tr^r evCppocT'uvrjv aÙTiw Siaxoi^eiv, dXXà TsdvTa
Ta^'' TepiTvd xal dnoXav(/lixd 'uspoTiBévai, ïva tovtois o vovs avTOv Tsp-
TTOfjLevos xal èvTpy(pœv ixrjSèv 8X(jôs tsepl tÔûv yieXXovTùôv SiakoyilecrBai ^^
' I , manque èv vfiu'. et LIV de Vienne, tyjs aOroô T/Ajx/as.
* CFG àvTiai^sis, I (7vvei(jayàyeis. ' ACDEFHI tt/v i^Xixiav.
^ BE et Boiss. Kai ^apéoos. * BC ai/Toiis.
^ Ms. Cil de Vienne S<eSé|aTo, ms. XXI ' D tô hvvA(jt.£vov. ■ .
de Vienne 8«efiépt|ev. '° I, manque rà.
' Ms. XLIX de Vienne sùha^oiiap. " BCDEFH htaXoyhoLadixi.
^ C avTOô; — DE et les niss. XLIX
IVrRIMEBIE NATtOHiLE.
98
u-»«
i<T/y<^sie, fjLVTe [t-i^P^ ypikov pr}(xa,Tos xà TSepi ^ tov \pic/lov xai twv
avToû Soyp.à'ïwv àxovcreiev. ToOto yàp fjLaki(/ia tsolvtwv diTOKpvyf/OLt
avTM SisvoeÎTOf tïjv tov d&lpoXéyov 'apooLy6pev(7iv \j(popoô^svo5. E<
TiVOL Ss TWV VTTYjpSTOVVTWV aVTW^ V0(t9J(TCU (Twé^YJ, TOVTOV fxkv S'OtT^OV
èx^ctXéïv^ èxéWev rsapexeXsvsTO , hepov Se àvi" olvtov (r^PpiywvzcL xctl
e'ùex^ovvTCL èSiSov *, ïvcc (jlvSsv SXws âvMfxaXov oi tov tscuSo? o(p6oLXfj.ot
B-eâaaivTO ^.
III
LES TROIS RENCONTRES.
Ms. goS (A), fol. 20; — 904 (B), fol. 16 v°; — goS (C), fol. 12 v°; — 907 (E), fol. 1 1 ; —
1 126 (F), fol. i3; — ii3o (H), fol. 19; — 1128 (I), fol. 17. — Boissonade, p. 2 8-34.
Lacune dans le ms. 906, entre les folios 6 et 7 (Boissonade, p. 31 à 96).
O Se Tou ^ctcrikéws vios, zsepl ov ô Xoyos oliv' dpyfjs dnsïv wpfxrjTai^
èv Tc5 xoLTCtcrxevcttTOévTt olvtw 'usclXoltiw dnpoÏTOS œv tyjs è(priëov ijypoLTO
rjXixicLs, TSàTCtv tïjv AWiottwv xal Uep(TS)v fxsTekOwv tscliSsiolv, o\jx
êXoi'/lov TÏJV ypvxrtv ij to crw/xa ev(pvvs œv xcù wpaTos vovve)(rfs ts xcli
(ppavifios xolI TjSàcri Sioîka^ircôv dyaOoïs 'TsXeovexTVfJ'Ctcriy ^r7T/;jxaTd re
(pvcrixoi TSpos T0V5 §iêx(TxovTas avTov 'uspoëccXXéfÂevos ws xdxetvovs
B-OLVfidlsiv èm tt} tov TSatSos dyyjLvoicL xoli crvvéa-siy èxTikTiTTlscrdai Se
xoLi TOV ^aaiXéa to re ^apiéc/larov ^ tov TSpocrMirov xolI to Tr}s ypv)(rJ5
xcLTdcr'lri^KX. ÈvToXds Te èSiSov toTs crvvovmv (x\jtw fxrjSev to TSCLpdiïCLV
TùôV TGV ^ioV dviCLpWV OLVTW yVWpi[LOV B-eWCU fJLvS' OTl oXùôS " B-dvcLTos
TCL 7S0Lp6vT(x TepTïvcL SicL^éyeTCLi. Kevars Se ènzrjpeiSeTO èXnhi xoli tovto
Srj TO TOV Xàyov eis ovpoLvov To^eveiv èT^tx^ipcôv. Ilws y dp âv xai ^ SU-
' D rà tsepl rovTcov xal tûv.
* FI ainâv.
' El èH€ànetv.
* Hitiàvai.
BCD Q-ei<Tœvrat.
ACCFH xal rà ^(apiéalcnov.
B ôXws 6ti.
B, manque xai.
XoLÔev dvOp^jômv^ (pvcrsi^ ô B'dvoLTos; ov ^lévroi oùSs tc5 tsoliSI SiéXoLds.
ïlcicrxf yàp avvécrsi JtaTOixoyLOv i'/wv èxeivos tov Xoyicryiov, ècrxoTret xaO'
èccuTov Tivi Xôyw olùtgv ts dirpàhov slvcct ô 'iSOLTrjp xaTeSlxacrs xal
TSavTi Tw ^ovXo(À.évM Tïjv eîs avTOv où (jvyxwpéï eicroSov. Êyvw yàp
xolO' éoLVTOv [Kri oLvexi tïjs tov iscLTpbs ■rspoc/layris tovto shcct. Optw?
rfSeiio èpwTijcrcu olvtov • tovto fjikv oltiIBolvov eivai XéyMV, ^ri tol crvpL-
(pépOVTO, CLVTW^ TGV 'ZSCCTépOL SlOLVOélCrOai , TOVTO Sk (TXOTÏWV W5, si XOLTOL
yvw\i.riv TOV TSCLTpos è(/Ji t6 'uspOLy^a, xotv èpwTrfarfy ovx âv clvtw tol
Tïîs dXvOeioLs yvœpioT^. Ôdsv TSctp' ëXXwv xcd [ltj rsctpà tov isaTpos
TOLVTOL iiadaîv Siéyvw. Eva Sk twv isaiSaywycôv 'cspo(7(piXé(7loLTOv xcù
oixcioTOLTOv'^ Tùôv Xomwv xexTVfJ-évos , ÊTri TsXeTov oîxeiMcrd^evos xal
SwpSOLÏS (plXoTl^lOlS h^lWdCL^LSVOS , èrîTVVÔOLVSTO TSCLp' OLVTOV Tl oLv BoV-
XoiTO Tw ^arnXeï if èv tw 'nsepiTSiy^idii.aLTi^ èxeivw tovtov xdÔeip^ts, xal
MS Ef TOVTO, ^rj(jiy (JCL^pôôÇ SlSoL^eiS (JLB, TSpOXplTOS TScivTfjJV ê(7Y1 (JiOl, XOLl
^toLOrfxrjv (^iXioLs Sivvexovs SictdYfcrofjLai (toi. O ^k TScctSoLywyos è-)(^é^pwv
XOLl OLVTOS VTïéip'jÇWV XCLl StScôS TÏJV TOV TxSCLl^OS (TVVSTrjV XOLl TsXsiOLV (^po-
vrjfTiv xcù W5 ovx âv clvtw yivoiTO xivSvvov tspo^svos, tsÔlvtol olvtw
XOLTCL flépOS SnjyVCrOLTO , tov XCLTCL TWV \pic/llOLVœV TsOévTOL TSOLpà TOV
(SoLo-iXéœs Si(jôyyi6v xai ° è^ctipéTws xoltol twv dcrxrjTwv, Ôttms ts dirrjXd-
ôrjfTav xolI s^sQ.ridrjcroLv'^ tï}? 'usspiywpov sxsivns, oïd ts ysvvrjQsvTOs
avTOv oi dc/lpoXâyoi TSporjyopsvcroLv. Iv ovv, ^v^ri, fit) dxovaois tïjs
èxslvwv SiSoL)(rJ5 TauTr;^ TSpoxpivxis tvs ijfxsTépas B-prjcFXSias y ^rj 'cspoo--
ofjLiXsîv (TOI TSoXXovs dXX svapiOfxrfTovs ô ^clctiXsvs èiïSTy]Ssv(TOLT0
svToXoLS vfxTv Sovs fjLïj^év (TOI Twv TOV ^lov dviOLpwv yvcôphoLi.
TaOTa cûs vxov(tsv ô vsolviols ovSsv hspov TSpocrédsTO XoLXricroLt •
ijypoLTo Ss TYis xapêioLs olvtov X6yo$ (TWTvpioSf xolI v tov UoipaxXrfTov
p^àpts Tovs V0VT0V5 OLVTOV opdoLXyiOvs Siavoiysiv sTïsysiprjcTS TSpos tov
dypsvSr} -/sipcLycjôyovcrcL^ ©eov w$ -cypoiwv ô X6yo$ SrjXc/ôcrsis. 'Lv')(vw5 Ss
' CE àvdpcoirivïjv ^vcrtv. * C tsepiay^-^^titi.
^ BCEI aÙTOÔ. * I, manque xa<.
■^ A et les niss. de Vienne yvwpteî^ — 'I, manque xal è^e€XijOrjaav,
C yvœphai, H yvcoptr}. * CI ^sipayœyovvra.
* BCf zfpofT^ikétnepov nai oinetÔTepov.
-^»«( 100 ).€-!♦—
Toû TSCLjpbs aÙTOv xai ^aaiXéMs xoltol B-solv tov TScctSàs sp)(^oiiévov,
OLyouK-^ yàp VTTspëoiXkovcrr) è(pCkei olvtov, èv fiioi Xéyei olùtm^ ô viés'
MolOsTv Ti èTve6vfxrî(T0L TSOLpOL a-ov, w Séa-noTOt, xal^ ^OLcrikex), è<p' w Xvttj;
Sirjvexrjs kolI (léptiivcc àêiœKavc/los xoLTsa-Qiei ^lov tïjv \l/v')(r}v. O Sk
TsaTvp è| olÙtwv Tœv pr]^6LTwv dXy ridas xà crTrXayp^ra s(pv ' ^éye fioi,
jéxvov 'csoBeivÔTCLiov, ris v (TVvé)(OV(T(i cre "Xvirrj kolI B-oltIov olvtïjv sis
)(CLpCLV fx,eTa|u,Ên//a< (movSdo-M. Kat Ç>rj(^iv ô zsaîs • Tis ô Tpoiïos Ttjs
èfjLys èvddSe xadeip^ews oti svtos Tei^^wv xal tsuÀwr (TVvéKksicrds fxs,
dnpoÏTOv zsoLVTï)^ xal dOéoLTOv 'csàcri fis xaTao^r/cra? " ; Kai 6 TSOLTVp e(p7} •
Où jSovXofxai, c5 Téxvov, iSeïv cré ti iwv drjSt^ovrcôv ttjv xapSiav^ crov
xal èyxoi/lovTùôv croi^ tïjv ev'ppocr'uvvv'^. Èv Tpv<^ri yàp Strfvsxeî xaù
X^pd 'nfdtTTi xoLi B-v^y]SicL ^rrcroLi as. ^ tov dnoLVTCc SiOLvoovjxai cliwvcl. ÀXX*
eZ iadi, w Sécnrora, '^ricrlv à vios tw zsoLTpl, tm Tpoivw tovtm oùx èv
X'^pd xal B-vfjiv^ia ^-w , èv B-Xi\p£i Se yidXXov xal (/levox'^pi^^ TSoXkri, ws .
xal avTïjv Tïjv ^pwcriv ts xal isocnv drjSij^ fiot xaTaÇ'aivsa-ôai^'^ xal
TSixpdv. WoQw ydp opav TsdvTa^^ rà e^w^^ twv tsvXwv tovtwv. Et ovv
^ovkei èv oSvv^ iirj K^iv (xe ^^ xikevaov TSpoépx^^yOai xaBws ^^ ^ovXofjLai
xal TépnecrOai tïjv "^vx^^ ^^ '^V ^^^ "^^^ ysvoixévwv léois dOed^wv {xoi.
ÈXvTvvdv ô ^acriXeùs œs ijxGva-e ravra xal Siea-xoTTSi œs si xcSkvcrsi
Tïjs ahif](jewi 'usXdovos avTç5 dviaç xal ^ispi^vri? TSpà^evos ëc/lai. Kai,
Éyw GO\)y réxvov, sîirwv. Ta xaTadvfjiia TSoirjdw, ïmrovs avTixa èxXsx-
Tovs xal Sopv<poplav tïjv ^acriXei TSpéTTOvcrav svTpsnKTÔrjvai xsXevcras,
'cspoépx^f^GoLi avTov ots ^ovXono SiMpicrajo èTvicrxrjypas toîs (tvvovtiv
aviw ^^ i^vSèv drfSss sis crvvdvTv^Tiv axjTw dysiv, dXXà Tsàv 6 ti xakov
' I Xéyei aitràv. '" I (palveadat.
* I, manque xal; — CE, manque iéa- " Manque -cràvra dans les mss. Cil et
irora xal. XLIX de Vienne.
' E xsâvrcôv. '* H rà é^œdev.
* 1 Kaxéol-qaoLS. " A (prim. m.) eî où ^oiiXrj èv ohiivri
* E liàvotav. Ç^v /xe; A (sec. m.) si olv ^ovXet àvùhvvos
* E T))v xaphiav crorj. • , Kriv (le; — BCEH el ovv oxi ^o^\et.
' BH aov. '* Ms. XII de Vienne xaffà.
* E Krjtreadai. " B T^jf 4/ux>7.
* Les mss. de Vienne : aitri^v rr)v K^orfv '* B avrov , C ainàv.
-"»-»-( 101 )<^ —
xoLi Tépipiv è^noiovv, tovto vnoSeixvvsiv^ tc5 tsoliSI, )(opovs ts dvyxpo-
TsTv èv TOUS ôSoTs TSavcipiioviovs xpoTovvTœv ^ wSàs kolI tsoixlXol B-éccTpct
crvvKTlùûVTWv^f œcrie zoviois tov vovv aÙTOv à'TïCL(T'/pXei(7Bai^ xccl èvï}-
Svvecrdai.
k^éXsi oiiTMcrl (tv^volImv èv zaïs TSpooSots à toD jSactXéws \jVqs eJSev
èv iiià Tœv vfxepMv xoltoi, Xr'fdrjv Tœv vTtripeioôv ccvSpoLs êvo côv ô fxkv
XsXw^yi^évos, TV^pXos §k ô hepos rjv * o\Js i§wv kolI drjStcrôds tïjv '^V)(ijv
Xéyst Toî? (ist' olvtov • Tivss ovtoi xal 'usoTcuih v Svrrxeprjs aùjwv B-écc;
0/ Sk, fiY} Svvdfxevoi t6 sis opouriv çlvtoxj èXBov d'noxpv\pCLi , e(pr}(^CLV'
Uddïî TOLVTOL^ eicriv OLvOpwTriva oliivcl è^ vXrfs Si£(pdixp(xévvs kolI o-miioltos
K(XKO'/y\j.ov^' tdïs ^poToTs (jv^^cuiveiv zïwBe. Kat (priaiv ô TSaiis ' Uà(Ti toîs
àvBpwTïois Tavra si'Qtc/lcLi (rvyiêcLivsiv; Aéyovcriv èxéivoi ' Où TSàfriv àXX'
oTs âv èKTpamh) ib vyisivov "^ èx ttjs rœv x^fx-iwv ^0^(67] pias. AvOis ovv
èrKVvBcLVZTO ô TSCLIS' Et 0\J TSOLGiy Ç>V<yi f TOVTO TOFs àvBpWTÏOlS (TVfX^Oii-
vsiv eiwBsv dXXoL tktIv, apœ yvw&lol xaiBec^rjxcLcrtv ovs fiiXXsi tccvtol
xoLTOiXrj-ipscjBcu Ta Ssivol; rj dSiopic/lœs^ xal dirpooi^MS v(pî(TloLTai^; Aé-
yovcriv èxeîvoi • Kai tis iwv QLvBpwTzwv Ta [kéXXovTCL ^^ (jvviSeiv Svvoltcci
xal dxpi^ws èTztyv(iôvcfLi^^ ; xpéiilov y dp dvBpœmvvs Çivcrecôs tovto xcd
fiovois ditoxXripfjôBèv toIs^^^ dBavdTOis BsoTs. Kai^^ èncLvcrcLTO fiev ô tov
^acTiXéœs vlos èirepoôTœv ^*, œSvvrfBrj Ss tïjv xapSiccv ^^ tîTi tw ôp(xBévTi^^
xcLÏ rjXXoiœBv 7) (lopÇirj tov TSpocTWTïov clvtov tc5 dcrvvyjBsi tov TSpdy-
fXOLTOS.
MsT ov 'csoXXds^'^ Se ijyiépoLs ctvBis Sisp-j(6iievo5 èvTvyydvei yépovTi
TgsTïOLXcuœixévù) èv vixépoLis 'nsoXXaïs, èppixv(jôp.év(jû^^ fxèv t6 Tspocrwiïov
"^ E et ms. GII de Vienne xpoToivras; " E yvwvai.
— F xpoTOÔvres. '* I, manque Tofe.
' Ms. Cil de Vienne avvhlûvTas. '' E, manque «ai.
* C àTro(T)(pXeî'(7da,t. " BCFH èTrep&JTâtv, C èp&rràv.
^ E Toiavra. ^^ E t^ «apS/a.
* C Haxo)(ynévov. ** B èirl toî»t<w tw àpaôévri aÙTÙ).
' E vyisivès. " E (lerà TroAAàs.
* l àopialws. '* ACH èpinvonéveo.
' BCEviphlavrat.
-^s-( 102 ).c<"
'aciLpsi[Lévw SeTCLs xvr/ixas, (TvyK£xv(p6Ti xai oXcjôs^ TSeiro'kKjô^évw , èt/le-
prjliévc») Tovs oSovTOLS, xcLi èyxsKO[i^év(x'^ XaXovvT*. ExTrXr/lts oZv olùtov
Xapt.é'àvst • xoLi Srj, TsXrjaiov tovtov dyoLyœv, ènrjpf^TOL fiadeiv t6 tïjs
Q-éoLs TSapdSo^ov. 01 Se (rvfX'ïïapovTSç slizov • Outo? y^povwv ijSrj TsXei-
oTiwv xmàp-^ei xcù xoltol fjLixpov (X£tovfj.évvs aCrw Trjs i(7yyQs è^acrdsvovv-
t(a)v Se Tciôv fjieXcibv eis rjv ôpàs eipOcccre TOLkatnwpiOLv. Kcù ti, ^V(yt,
TOVTOV To^ TéXos; 0/ Sk ûitov axjTw * OvSev dXko rj B-ôlvoltos olvtov Sia-
Sé^ETOLi^. kXXœ xal Tsàc^iv, ê(pv> toTs OLvOpœnois tovto TSpoxeiTOLi; v xai
TOVTO èviois olùtwv o-vfxëoLivet; Aivexpidvo-OLV èxeïvof E/ firj TSpoXaëœv
à B-dvccTOs ixeTOLc/lïfo-et tivol twv èvTevdev, dSvvoLTOv, twv y^p6v(jdv TSpo-
ëaivovTMVy fxv ek tolvtvs^ ekSeiv tïjv 'csêipoLv Trjs Td'^ews ^ . Kai (pr^crlv
'uiOLÏs • Ér TSOŒOis ovv hem tovto èirépy^eTai Tivt; xal ei tsolvtws 'cspé-
xeiTOLi "^ ^■dv<XT05 xal ovx ec/li fxéôoSos tovtov 'usapaSpaixeîv xai p-vSk
eis TavTïfV^ ekBeiv tvv TaXamwpiav; \éyov(Tiv avTw • Ev oySorjxovTa
[lev ^° xal éxaTov hecriv eis tovto to yrjpas xaTavTwaiv oi avÔpMirot
eha àTto6vr](Jxov(Ti , (iv àXAw? èvSe^ofxévov. \péos yàp (pvaixov à 8-à-
vaTo's è(/liv èk àp-^fijs èniTeOev toïs dvQpMTVois^^, xal dirapaiTïfTOs v
TOVTOV ènekevcrts.
Tavxa 'usdvTa ws étSé Te xal ijxovcrev à crvveTos èxéivos ^^ xal (ppé-
vifxos veavias cflevd^as èx ^dÔovs xapSias e^rj ' Utxpos é jStos ovtos xal
Tsda-rjs oSvvvs xal drjSias^'^ dvdiïXecjôs^^ y ei ravra ovtws è-)(ei. Kai tsws
dfxepifjivvG-ei tis ttj zspocrSoxia tov dSrfXov B-avdTov ov r} ekevfrts où
fjiovov dnapaiTrjTos d'kXd xal dSrfXos, xaBws einaTe, vndpy^ei ; Kai
dnrjXde Tavra (/}pé(pwv èv iavTw xal dnavc/lws SiaXoyt^ofxevos xal 'dv-
xvds TSoiovfÂevos zsepl tov B-avaTOv tols vnofxvYjfreis , 'csovois Te xal dOv-
[liais èx TOVTOV (tv^wv xal diravc/Jov eywv tïjv Xvttvv. ÉXeys yàp èv
éaiiT<w • Apd tgoTe fie ô BdvaTOS xaTaXvipeTat; xal tis èaflat à fxvvfJ-vv
' CEI ôXcû. ' 15 xai eis TawT)7v (iij.
* CE èxxexonévù). ' BE, manque rf.
' E TOWTW, 1 TOÛTO TÔ. '" I , manque è^ °^PX^^ • • • àvÔpûirois.
* CE hia^é/^erai. " BF è èxeTvos àvrjp.
' BEHl TOLXJTTjv. '* Ms. Cil de Vienne àdvfiioLs.
* E 'Bopelav rijs -apàZecos. " E àhvvrjs «vâTrAews xai àrfhiixs 'BfXrjprfs.
' ACEMI, manque à.
^ir>i 103 )^-
fiov TiiotovyLSvos fj-STcc S-Ôlvcctov tov y^povQXi Tsàwa. Tri ^V^V '^oipaSiSév-
Tos; xcâ et oltïoBolvwv sis to fxrj 6v SiccX'uOricrofjiciLi^ ; ^ ec/lt Tts ciXXrj ^iotïj
XOLl £T£pOS XOCTfXOS;
lY
PARABOLE DU JOYAU.
Ms. 9o3 (A), fol. 20; — god (B), fol. 20 v°; — 906 (C), fol. i6; — 907 (E), fol. i4; —
1126 (F), fol. 17; — Supplém. 759 (G), fol. ii5 v°; — ii3o (H), fol. 22 v'; — 1128 (I),
fol. 22. — Boissoiiade , p. 35 à 39.
Lacune dans le ms. goS , entre les folios 28 et 29 (Boissonade, p. 38, 1. 1 5, à 39 , 1. 3 5).
EyéveTO y cep kolt èxeîvov tov KOLipov y^ovoLyp? tis <T0<p6s tol BsTcl jS/w
TS xat Xoyw xocrfxovijisvos xcii sis cLxpov^^ 'csàaroLv fjLOvayjxrjv fxsTeXOœv
TSoXiTsioLv ' oBev fjisv op[LW[L£VQç KOLi^ èx TÂ^oiov yévovs oxjx ïyw Xéysiv • èv
'csoLvspVfxœ Se Tivi tyjs lievaccpiTiSos "^ yï}s tgls oixrfcreis 'usoiov^evos xal
TYJs iepwGvvK]? TeTeksiw[Livoç Tri yjxpiTi. BoLpXoLOLfx riv^ ovo^lcl tovtw^
Tw yépovTi.
OvTOS oZv oltïoxclXv-^si Tivl B-eoÔsv '^ avTcu yevo^évri yvovs tcl xoltol
TOV viov TOV ^aaiXsMs è^eXOœv Trjs èpr]\i.o\> Tjspos tyiv olxo\)\i.évriv xolt-
vXôe. Kai dfjLsi^pOLs to éoLVTOv <JX^{^^ ifxdTid ts xoct^ixcl à^(pi(X(T(i^evos
xal vrjos entras dÇ)ix£TO sis tol twv IvSÎjov ^ctcriXeia xcù èyinopov ÙttoSvs
TSpocFOôTïéîov T7JV TSoXiv ^ xaT(xXoL^ê(iv£t £vScL Srj ô TO\j ^acriXéoôs vios to
TÂiciiXaLTiov uys. Kai r) fripas SioLTpiypOLs £X£T(7£ 'nsoXXàs^ rjxpi^oXoyvo'aTO
TOL XOLt' OLÙTOV XOlI TÎV£5 01 TOVTW ^° 'UsXrj(Tldl0VT£5. ^ClBwV oZv TOV àvOJ-
Tspw prjOévTa^^ TScuiêoLyMyov zsdvTwv olvtùj {jâXXov^'^ olx£i6TaTov éivat
' A Ôv âv hiaX. ' H Q-eiOTépa.
* F oLKpoLv. * H Tï}v oixov(iévr]v.
' F, manque xai. " G tsapà laroAXwv.
* A , sec. m. , 2evap(T<So$:. '" G tovtov.
* E, manque 9fv. " I, manque prjdévTo..
* C a«Tû5. '" B , manque (làXXov.
TSpoffeXOùJV CLVTw xcLT iSicLv £(^7} ' Tivw(T)ceiv (TS jSovXofxat, Kvpié ju,ov, 6ti
efiTTopos èyw èx [kOLKpàs eXrj'kvOoL p^wpa? xal viïOLpyei \i.oi Xi6os Tifxios w
TSOLpéfjiOios 'uswTïOTS^ ov)(^ svpédrj- Kai ovSevl fiéxp^ '^^^ ^^^ tovtov è(pciL-
vépwcroL • (7ol §s xoLTdiSrfXov ijSrj zsoiùû (tvv£t6v t£ xolI vovvs.'/j) ^inwv
are oivSpOL^, œs âv elaoLyd'yYts {xe 'uspos^rov vîov tov ^aaiXéws xctl ST^tSwcrw
TOVTOV CLÙtÔj. UdvTMV yCLp TMV XoXclûV (X(TVyXplTœS VTÏ&pé^^&l ' SwCLTOLl
xai* Tv(pXoîs^ tï; xccpSla,'^ (pws SùôpeTadcci'^ (To(pi(xs, xw(pœv Se wtcl dvoi-
yeiVy dXaXois ts (pwvrjv SiSàvon ^, xolI pwaw Toh vocrovori 'ni<xpé)(&iv ■' * to\js
oi(ppovoL5 (To(pi^£i^^, ScLiiiovas Stcoxet^^ xat tsolv 6 ti xclXov xolI èpacrfiiov
aL(pB6v(jôs yopriyeï tw xexTïjyiévM olùtov.
Aéysi TSpos ccvTOv ô TSOLiSaywyos * Opw ae ^'^ civ9pc*)7tov (rJoidepov xolI
^eërjxoTOs ^^ (ppovrffjiOLTOs • Ta Se prjfjLaTOL crov àjU-erpà as xav^àaScLi èfx-
(pcLivovcri. AiOovs yàp xolI fxapyapiTas 'csoXvTsXeïs xolI TSoXvufjiovs tsws
âv (TOI Siriyr]G(xi^r}v ocrovs^'^ éwpcLxa; s'/pvTas Se toiolvtols ols eïpvxoLs^^'*
Svv<X(iei5 0VT6 elSov ovre iixovcroL. Ofioûs xmoSei^ov fioi olvtov xcu eï èt/ïi
XOLTOt TO prj[LÔL (TOV ^OL'HoV SlCTOLyâyCô ^'^ TOVTOV 'Uipbs TOV TOV ^OLCTlXéùJS
viov XOLI Tificcs OTi [isyicrlcL? ^'^ XOLI êwpeoLS Xrf^Y} 'usap clvtov. "Hpivri Se
^s€oLi(M)9i}vai pis TYJ OL\pevSeT^^ twv o^6clX\lwv^^ opoLcrei olSvvoltov p.oi
Tw è[iw SeairàTï} xal ^° ^OLŒiXeï 'csepl TSpoLyfxoLTOs OL(pOLvovs tolvtol Sv tol
imépoyxoL diroLyyeTXoLi.
<5^è BapXoLàfjL ë<prj ' KolXws eliroLs fxrfTe^^ éwpaxévoLi jswivoTe /xr/re
dxrjxoévoLi TOioLVTas SvvdfjLeis xolI èvepyeias • 6 ydp TSpos cré y.ov Xàyos
ov TSepl TOV TV')(6vTos è</lï 'uspdyfjiOLTos dXXà B-olv^xolc/Iov tivos xal (xe-
' C 'OÔTS. '* C, manque ae.
* ABCF (Tweràv as xai vovve)(ïj fXéircov '* H feêaiov, — E c/iadepàv xal fe€ï}-
ivZpa. xàta.
' C eis. '' C o6s.
* F et ms. LIV de Vienne yàp xaL " E, manque as etprjxas.
' G TvÇiXovs. '" I et Boiss. eiaàyoo, B eiaayayâ.
* E rtfv xapliav. " ACFGH (isyhlovs.
' BC hcopijcreujdat. " H , manque àypevhet.
* B iùvat. " E ô(pd. (xov.
* B tsapé)(^£i. "F, manque xal.
" C (Tw^por/^e*. *' E (itJTroTs.
" H (TO^/^etv . . . hidjxetv.
r
— ^K9.( 105 )<-»—
yaXou. Ôti Se è^rfrrjcroLs tovtov ^soLaoLcrOai oixavcrov xwv èyiwv pY}(J-oi,7œv.
Ô Xidos ovTos ô TSo'kvTifxos (isTcc TOôv zsposipïffJ'évMv èvspysiMV xccl
SvvdfxeMV hi xcd tolvtvv xéKrrjTai tïjv layyv oO ^ui^aTat B-edcrccaôcci
avrov èx tov ijspo^/sipov à (iv ï^^"^ èppMyiévvv (xh tïjv opacriv Kcd
vyi(x,ivov(TOLv, àyvov Sk t6 aw^cL kolI tsolvttj dfxdkwTOV. Eî yàp tis (xrj rà
SvO rOLVTOL KCtXoôS^ ^X^"^ 'iSpO'TVSTWS è^Q^é\p£l£ Tc5 TlfJilw \i6wT0\)'ÏW, KOLl
OLVTVV SïjTrov Yfv sx^i'^ OT^ixrjv SvvoLpLiv Kcd TOLS (ppévoLS TSpocraTioXécrstev^.
Èyw Sk oùx àpLUï7T0? tyjs loLTpixrjs èma-lvfxrjs VTvdpxMV xaBopw * (tov tovs
o(p6oL'XfjiOvs yiv vyiMS b-zo^cls, xcd SéSoixa, \i.v xcd^ fis i-)(eis opàaews dé-
prjaiv TSpo^evficrœ. ÀXXà tov vlov tov ^cLGÎkéws dxy'jxooL ^iov ^lev i^^iv
(jw(ppov(x, TOV? 6(pdaXtiovs Se wpaiovs^ xcù vyiœs ôpwvTas ' tovtov
X^dpiv èxdvw vnoSéi^ciLi tov B-7j<yoLvp6v tovtov TeôdppvxoL. 2v ovv ^rj
dfjieXœs 'usepl tovtov SicltsB^s, yLrj^k 'nspdy[ka,Tos toiovtov tov xvptov crov
dTio(/ls,prj(TYi5.
ô Sh TSposdVTOv Kai et TavTa, (pvcrtv, ovtws ej^et, iifj fxoi tov "Xidov
vnoSsikrj? ' èv dfjLCcpTtoiis yàp TSoXkaîs ô (S/o? (xov èppvTiwTOLi '' • ovy^ vyiôôs
Se xcd Tïjv ôpoLcriv , xclBws sœcls ^, xéxTVfJ-OLt. AXX èyw toTs (toTs tssktOsIs
pr)^àL(7i yvwpÎŒCCi^ tolvtol tw xvpiw [lov xcd ^ao-îXeT ovx oxvriaw. EItts
TavTa ^^, xcd eîcrsXOoôv xoltol yiépos TsdvTcc tw vlw tov ^OLcrtXéws divvy-
ysiksv. Èxeîvos Sk ws ijxovcrs Ta tov 'cscciSoLywyov prjfioLTOLy x^P^^ Ttvos^'-
xcd B-VfjLïjSias 7;iv£vp.aLTix7J5 ijabsTO tï} olvtov èfjLiïveva-dcrvs ^'^ xapSicc xcd
evdovs wd'mp ysvo^evos^^ ttjv "^vyjiv èxéXsvas B-àilov ehayoiysîv Tor
àvSpoL.
Ùs ovv eîfTïjXdsv ô BapXaàfji xcd SéSwxsv olvtw tïjv 'nspéitovcrcLV
dprjvvv, èT7£Tpe-\pev olvtov ^'^ xoLÔscrÔrivaLixalTov ^CLiScuywyov viioywpri-
GCLVTOs Xéysi ô \wdcra(p tw yépovTi * TttoSsi^ov ptof tov TiioXvTifjiOv
' B et Boiss. xaXà. * H yvwpiaw.
* B 8)^1700 &)(Siv. ^° E, manque Efirs ta.vta.
^ F àTtoXéasisv. " E X*P*^ 'csoXkris.
" E virâp/ù) xai nadopù. '^ BCGHèpnrvsuo-ào-»;, E êfjfjrveiKTavTOs,
* G, manque Kai. F SfAirveutras,
•^ F œpaiœs. " F evdécos évdovs yev.
' CGH pepvTrcoTai. '* FI aÙTiw.
' B, manque Hadà}s ehras.
-^>{ 106 )<-H~
Xidov TSepl ov fieyoîka, tivol^ koli Q-olvià/k/Ioi, Xéyeiv cre^ ô èfxos TScuSoLyw-
y os StrjyrjdCLTO.
O Se BoLpXoLOLyi ovtùjs OLirrip^oLTO Trjs TSpos olùtov SiaXé^eœs ■ Où Sî-
xoLtov è(/liv, w ^CLcriXev, ^pevSœs ti xoli dn£pt(7X£Ti/lùJs zspos to vitepiyov
TVS (Tr}s ^ So^rjs Xéyeiv fx-e • tsixvtol yœp xà SvXMdévTcc aoi TSccp' èfioîi
èXrjBv eicri xcù dvoL{i(piXe}noL. ÀXX', ei \i.ri TSpoTspov SoxiyLïfv Trjs <jrjs
Aaé'co (ppovvcreœs , ov ^'éfxis to (ivc/lrfpiov (pavepwŒai <toi.
V, VI
PARABOLE DE LA TROMPETTE DE LA MORT.
PARABOLE DES QUATRE BOÎTES.
Ms. goS (A), fol. 37 v°; — goi (B), fol. 28; — goS (C), fol. ig v°; — 907 (E), fol. 16; —
1136 (F), fol. ig v°; — Supplém. 75g (G), fol. 118 v"; — ii3o (H), fol. 26 v"; — 1 128 (I),
fol. 3 5 v". — Boissonade, p. 4ià 44-
Lacune dans le ms.goS, entre les folios 28 et sg (Boisson., p. 43, l.iSàp. 43, dem. ligne).
Hv yoLp Tis ^OLGikevs p^éyoLS xcù evSo^os, xolI èyévsTO Siep^opiévov
avTOV * è(p' appiOLTOS )(^pvcroxoXXr}Tov xal tyjs ^OLaiXsT^ 'cspsTiovcrvs Sopv-
(popioLS 'ÙTTOLVTrjarat êvo àvSpas SieppwyoTOL fikv i}p.Ç)is(Tpiévovs xai pepv-
irùjfÂSvci èKTSTrjxoTOLS^ Sk Ta TSpoawncL kolI Xtav xcLKjô'/jpiwp.évovs • rjv Se
yivœcrxcôv tovtov? ô jSatrtXeùs tw viïWTticLap.w toû awp.cLios xcd toTs
Trjs dtrxricrecûs ISpwai to acLpxiov èxSeSamcLvnxo'ïCLs'^ . ils oxiv eïSev aù-
Tovs^f xaT0L7:r]Sr}(J0Ls eùdvs Tov âpp.(iTos^ xcù èni jrjv yrjv 'creo'wr ispocj-
exvvrjo'e, xolI âv(X(/loLs 'mepieirXoLxrf^^ avToTs^^ 'apo(7(piXé(/laTa xara-
' I, manque rtvà. ' F èxieiaTr3.vrf(xévovs.
' E, manque as. * H ô faaiXeùs.
' H, manque aifs. " E fiàvos.
* A, manque aùroû. " BCF tspotjeirXiHtj.
* E ^a(TiXtxi}s, F ^atriXiios. " BG avTovs.
* B èHrtrrfxàrci , I pep. ifiàrta ixr.
cnrcclofjLSvos. 0/ Se (Âsyic/lcives olvtov kclI cipypvTSs èSvayépoLVCLv eut
TO\iTW, àvd^ioL Tïjs ^(xcriXixrfs <5o|r;s 'zsenoirfJiévai avTov vofitlovTss ' fiv
ToX(jiwvT£5 Sk^ xaLTOL TSpocTW'KOv êkéyysiv, Tw yvriaiw aÛTOv 6LS£k(pw'^
iksryov XoLXr}(70Li tw ^oLcrikéi fx»; to v\pos tov SiolSyiixoltos ovTwai xaSv-
€pi^£iv. Tov Se elirovTOs ravTa tw àSeX(pœ ^ xolI K<x7CL^ep.->\/CLy.évov * tî7v
CLKOLtpov avTOÛ (TfjLixpoXoyiav SéSœxev olùtw dnoxpKTiv à ^ctfTtXevs ffv
o\j avvYJKev ô <xSeX(p6s ^. ÈÔos ykp ^ riv èxeivif) tw ^CLcrikeï, otclv olttq-
(poLCTiv ^-avoLTOv "^ xoLTOL Tivos èSiSov , KYfpvxcL SIS Tïfv avTov ^\jpav (XTrO-
(/iùXeiv pLsxà (TcCkKiyyos TeTCLyfxévvs sis touto *, ^s ty} (pcovr} yJ(T-
dovTO ^ TSixvjes Q-OLVOLTOv evoyov èxeïvov VTïâp'^eiv. Ècynépccs ovv
xaTOLXoL^ovcrTjs QŒéc/leikev o ^acriXeùs tvv (ToîXmyya tov B-av<XTOV
(jcîkiïileiv èiTt tyj S-vpa ^^ tov oikov '^ tov dSeX(pov avTOv. ils ovv
rJKOV(Tev èxeîvos tyjv crcikTTiyyoL ^^ tov B-clvqltqv y dnéyvco Trjs éoLVTOv
(TCOTVpiOLS XOLI SléBsTO ^^ TCL XCLT OLVTOV oXïJV TïJV VVXTOL ' OL^CL Sk 'ZSpOûî
dfxÇ>iOL(TOL^evos fxéXava^'^ xœl TSsvdïipv^^^ fxsTà yvvcLixos xal Texvwv dirép^
X^TCLi eis Tï}v B-vpav tov 'TSaXctTiov xXoiicov xcù oSvpofievos ^^. EicrcLyoLywv
Se OLVTOV ô ^OLCFtXevs xœt ovtws iSwv oXo(pvp6fjLevov, e^ri • Ù dcrvveTe
xcù cL(ppov, ei (TV ovtoûs èSeiXiOLcras tov xripvxa tov ôixoyevovs xal ôfjLO-
Ti\j.ov (TOV dSeX(pov TSpos 6v ovSèv oXws^"^ èavTov YtixaLpTVxévoLi yivwcrxeis,
'usws è(ÂOi fxéixypiv ènriyoLyes èv TOLTreivworei d(nroL(TOLp.évœ tous xvpvxoLs
TOV &eov [Lov, Tovs evïT/éaflepov ^^ (TdXiïiyyos fxrjvvovTds fxoi tov B-dvoL"
TOV xal Tïjv (poSepOLv tov AeairoTOV vndvTVTiv w 'CSoXXà xolI fieydXœ
èfxoLVTov ïfyLOipTvxévoLi èi7i(/laiioLi; iSov toivvv tïjv (tvv ekéyywv avoiOLv
' E 8é awTW. * A et Boiss. xai t^ Çcûvç rrfs aàXiriy-
* Boissonade ràv yvijfftov avToU àSeX- yos ènelvijs.
(pbv. '" CGH tijv Q-vpav.
' ' B Tw jSao-iAer. " B, manque tov otxov; A, sec. m.
* CEGI xccra{ieii(^o(iévov , F fie/n^ofié- '* F rffs (riXitiyyos.
vov. " F édero.
* Boiss. ô aS. avTOi). " B (léXeva., G fxéXaiva.
* Ciî,manqueyàp;EF Èdoshè. " l tsevG. ifiâTia.
' E, manque S-avarou. '* Ms. LIV de Vienne ohvvrâfxevos.
' Mss. LIV et XXI de Vienne : èv aàX- " A, manque oihèv; — E oiZàXûos.
irtyyi tov Q-avéiTov èTrtTtjhes "keyofÂévrf. '* B evrj-/sa1spovs.
— «.( 108 )<^—
TOVTW Srj Tw TpoTTM è'/^prf(TCX'(JiVV , wcnrep ovv xai tous viioOe^évo'os crov^
Tifv xar èfxou '(xéyi\piv B-oiilov àvovTaiveiv èXéy^w. Kai ovtw'^ B-epcc-
irevcroLs^ tov dS£X(p6v olvtov kolI ùj(p£Xïf(70Ls oïxctSe èméafleCkev.
Ex^Xevcre ^h yevéadat èx ^vXc*)v ^olXolvticl TécracLpOL. Kai Ta fiev Svo
'usepiKOikùi^fCLs TsdvToOev y^pva-iw xccl^ ot/là vexpwv oSmSotol^ jSaXwv èv
CLVTOÎs, ^pva-cù's'^ TSspévais KOLTV(T^OLXicroLTO • Ta Sk cckXoL TSicrari xoltol-
XP^^^OL^ Jtai àcr(paXTwcra? "^ ènXrjpMcre XiBwv Tifiiwv Kcd ^apyoLpMV ^ 'uso-
XvTifiMV xai 'csàorr^s iJLvpe\j^iKrjs sùwSiccs. 'L'/^oiviois ts Tpi)(ivois TaÛTa
'ZSspi(T(pty^ccs èxaXs(Js tous fisyLypoLiÂévovs clvtw ^ yLsyic/làvcis èirl t^ tmv
dvSpMV èxdvMV GyjvaLWincFei , xai TSpoéBsTO clvtoïs tol TécrcrctpoL (SolXcivtiol
TOV diTOTiyiYjcroLcrdoLi TSocrov fjisv tolîjtol , 'doo-ov Se èxéivoL T^p/fjiaTOs ehiv
oi^icc. 0/ §£ TOL ^èv Svo Ta xe;^pucrwpieVa TipLrjs oti TsXeic/irjs eïvai Stwpî-
lovTO ' È^£(/li yoLp, (prjcrivy èv olvtoïs ^ccctiXixcc SiolSïj^oltol kclï ^wras
àiToxéicrOat • Ta Se tyj TSia-crrf xaTaxe;^p<(T|a£f a ^° xai tt; ^^ dcrÇxiXTw sùts-
Xo
VS TIVOS XCLl QlKTpOV TlfXïffJiOLTOS VTKXpye.l
12
Ô Sk ^acriXevs £(pv TJSpos olvtovs • OJSa xàyw toiclvtcl Xéyeiv vfjiàis *
Tor? ol'ktÔvtoTs ydp o(pBcCk[Ldïs tyjv aicrdrjTVV 6\piv xoLTavo£ÏT£ ' xai fxrfv
où'x^ ovTCûs hï 'zsot£Îv ^^ ' àXXoL Toïs £vSov 6(ifiaai tyjv èvTos <xTtox£iik£vrjv
^V ^£1T£lV £ÏT£ TlfXïfV £IT£ (XTlfJilOLV. Kccl èx£X£V(T£V dvOiyijVOLt^'^ Ta XS-
)(pV(7Ci)fX£V0L ^œXoLVTia. ^lOLVOf)(d£VT(*)V Sk S£ivrf TIS £JCV£V(T£ ^^ SvCTùôSlOL XCÙ
dr}S£(/]ciTr} wpdBr] B-éa. ^rj<^iv ovv ô ^ol(7iX£vs • Ovtos ô tvtïos twv tol ^^
XoLfjJTpoL fikv xai ivSo^œ rjfji(pi£crfjLévwv, 'TjsdXXfj êk So^rj xai Svvct(/l£t(x cro-
€ap£vo{ji£V(»)v ''', xai £(twB£v diïolwvTwv v£xpcùvx<xl 'usovrjpwv £pywv. Erra
x(iÏTaL'uS£rTvi<T(jw[K£vcLXCLl xaTr)(T(pcLXTc*)(i£vcL^^ xeX£vcroL5 dvaxaXv(pBr}vai ,
' BCGHI <Tot. '' CEFGHl et les mss. de Vienne i^ta
' BCEH oijTùûs. éXeyov.
^ F Q-epairé(iipas. " B oû;^ oiTcoe xaravoœv 'aotetrai.
* BCEFH, manque xai. '* B àveœxPvvai.
* BF ôhcohàrav. '* I èvéTtvevae.
• CEGH xP^aoîs. '* CEFGI, manque rà; — H t<wv Aaft-
' CEFGHl àa<pàXx(j}. irpwv.
• CE fxapyaphcov. '^ H, manque -moXXff . . . aoëapevofié-
' CGHl et les mss. de Vienne airàv. vuv.
'* El xex^puT(iéva. '* G xai rff io-^âAroj xexaXv(X(xéva.
" CEFGHl , manque T^.
~^>{ 109 ).€H—
-cyàrTas s\j(ppoLV£ Tovs TSOLpovTas Ttf Twv èv cfÙToTs dnoKsiyiévMv (paiSpd-
TtfTi J^ai sùwStcc. È(pv <5'è TUpos clvtovs • OÏSclts tivi 6[ioicl tolvtol; toIs
TOLTTSIVOTS èxSlVOlS KOLl SVTsXï} 'CSSpiKSlfxévOlS èvS-UflOLTCC WV VfJisTs TO SKTOS
QpriôVTSs (TyjîiiCL v^piv riyr}(T0L(76e ttjv èfxrjv tcoltol 'cspo^coirov aùrwr ènl
yyjs 'CSpO(JKiJvyi(Jiv ' èryw Sk toTs vospoïs Ofx^ctai t6 tiijliov olvtwv xcù
TSBpixcLXkhs ^ KCLTCLVor](Jais TMV \pv)(^wVf èvsSo^dcrdvv fièr tï} tovtow 'uspocj-
^//av(T£< , tïtavTOS Se c/l£(pixvov xolI zsoLcrrjs ^acriXixris àXovpyiSos TiynwTé-
povs OLVTOvs Yfyvcroi^vv. OO'tws ovv olvtovs aicT^yvoLs" èSiSa^e fxr] toTs
(pOLivofxévois 'uskcLvoLcyBai y àXkcL toîs voo^j^évots TSpocréysiv.
VII
PARABOLE DE L'OISELEUR ET DE L'OISEAU.
Ms. 9o3 (A), ibl. 49; — 904 (B), fol. 4a v"; — 906 (C), fo". 38 v°; — 907 (E), fol. 29; —
ii'.e (F), fol. 36; Su-^plément 769 (G), fol. 139; — ii3o (H), fol. 45;— 1128 (1).
fol. Sa. — Boissonade, p. 79 à8i.
. . . Sfjioioi eicriv ol rwv dSwXwv TSpofTXMvriicd àvQpw'KM î^evTf/ os
■H.1li(jyjV ÎV TÔôV (jp.lKpOTOL'ÏWV ^ (/IpOvOlWV ' OLKlSoVOL TOVTO KOlXovCTI.
Aaé'wv Se i^oLycupcLv tou (7(^0,^1x1 olvto xolI (pccyéiv *, èSoÔv tyj dvSovi (pwvrt
evapOpos. Kai (pr}(^t TSpos tov î^svtïjv • Tt crot 6(pù.o?, âvdpœTTSy ttis èfxrjs
(TÇxxyrjs; ov Svvva-ri y cep §1' è^iov tïjv (tïjv èinvXrjacci yoLc/lépcc. ÀXX'
si'fAS Twv SsŒyiCôv èXevdepùôcrets f Swcrw croi èvTokccs TpeTs as (p'ukoLiflwv
yisyaXoL 'csctp okr]v (tov tvv Kwrjv ^ œ(p£XvOv<^V- ^ ^^ B'ccfj.ëvOsls tttj
TOLVTïfs AaXtà, ènvyy^iXoLTOf si xcnivov ^ ti 'csap avjyjs àxovasie, B-cc-ilov
èXevdepwcTOLi tïjs xoLTO)(r}s. ÈTVi(TlpaL(p£T(TOL Se 97 dvSwv Xéyei rœ dv~
' CG tsepixoLAès. ^ A, manque ftS'yâAa; — B -nrap' ôXy
^ A et Boiss. ■^(T)(yve xai. aov tïj Kcorj fieyàXuis,
* F (iiKpoTàToov. '^ B ixavôv.
* B, manque xai (^ayslv.
~^».( 110 )<^—
Bptimw' MrjSénoTé tivos twv oiv£(pUTwv èniyeipinaris è<pixé(jdoLt y xai ^iv
fjLSTaiisXov^ ènl rspày^uiii TSapeXOovri , xcci àiric/lov pvpLCt -crcoTroTs^ pLïf
tSi(/lev(7Yis^. TavTOLs Srj ras rpéis èvToXoLS (pvkcLiUe xcù eu (toi yévrfTcci.
AydtievGS Se o dvrjp i^o eva-vvoTi^ov xat (TvveTov iwv pr}[t.QL7(t3v, Xuo-as
avir^v Tov Ssufjiov^ xoltol tov dépos è^aTréc/leiXev^. É ovv drjSwv B'é-
AOVdOL fxoLdeïv ei èitéyvw è dvrjp twv XeyOévTwv clviw^ prj^ciTwv tijv
SvvoLfjitv xoLi eV èxcLp'KwcrcLTÔ Tiva^ M(psXeiav, Xéyei TSpbç olvtov Mcc-
fjiévv èv Tc5 dépi • Oev crov tïjs dëovXias dvBpwKSr • o-koîov B-v(T0LVp6v
crrjfjLepov dTtwXsacLS • iutdpyei ydp èv toTs èyxdiois ^lov p.oLpyoLpiTr}s
imspé)(0)v Tw iJisyédei (/IpovOoxapirfXov wov^. Ùls oiv^^ vJcovae raOra
ô i^evTïfs, ovve^^ydv Trj Xvtt^ fjLeTOLiieXd^evos oti è^é(pvy£v rj drjSojv
èxewrt ^' rà? x^rpa? avTov • xcù TSstpuip.evos clvQis xciTCLcryéiv olùtïjv
sine' àevpo èv tw oÏxw (xou, xclI (piXo^^povvfrdfÂSvos as xiXcôs èvTifxws
è^OLTTOf/leXw ^^. H Se drjSwv e^v clvtw ' Nur eyiwv irry(ypws dvorjTctiveiv
(T& • Se^diievos ydp rà Xe'/BévTCL aroi TSpoBv^iws xat ijSéœs dxovcroLs ov-
Sefiiav è^ olvtwv w(pikci(x,v èrKexirjcyw ^^. E^ttoV (toi fxr} fxsTOLiÂeXéicrdai '*
ènl rspdypiOLTt TSapeXdovTt • xcù iSov (jvveyyBris Trj Xvnri ÔTt (to\j rds
p^erpas è^é(pvyov fi£Tafj.eX6ii£vos ènl tspdyp.cLTi TSctpeXdovTi ^^. ÈveTStXd-
firfv^^ (TOI fiv è7ri-)(^eip£Ïv twv dv£(pixTwv èipixécrdoLi , xcù'n!i£ipci(TCU^'^ xoltol-
(yy£iv p.£ ixYf SvvdiJi£vos rns è[i.yjs è<pixé(T6oLi 'csop£ict,5. Upos tovtois Se xal
âiri(/lov pviia ^^ fir) 'TSi(/]£V£iv ^^ (toi Si£(/ΣiXdfjivv "^^ • dXX' îSov èTït(/l£\)(TCLS
'Lmdp^£tv èv ToTs èyxdrois (xou fjLCcpyaphvv vTt£pSaivovTCL to p^érpov tïjs
vXixioLS fjiOVy xcù oùx è(pp6vr](TCL5 crwiévoLt oTt oXrj èyu ovx è(pixvoviJiat
' AEFHI fxerafieAôJ, C fierafxeAww. " BH, manque èxelvrj.
* BH (xrjiéTTore, C firJTrore. " EH èiiTrofflelXù).
' E tsKTisieis. ^ '' AC èxTijaù), ms. LXXF de Vienne
* A et Boiss. T<ùv he(T(iùv. èKaptiàao).
* A xaTÀ TÔr àépa. àTtéalsikev. '^ H fteT. as.
F avrov, G «wt&w. '" E èiti "mpâyfiaTOS ^aapeAdàvroç.
' AEFH, manque el. '• B èTrr}yyeiXi(ir}v. ,
* CEFGHI et les mss. de Vienne rtva '" Bf et Boiss. xs&tpà.
èZ ainànf. '» G ànlalu pr^p-ari.
* BEF el les mss. de Vienne aSov, '° B vsoLpahé)(e(Tdai.
'* CEFGH, manque olv. " Boiss. hexeiXàyLïfv.
— K3-( m )^-t—
ovTov èyùôpnarcL èv èyiol.
VIII
PARABOLE DE L'HOMME ET DE L'UNICORNE.
Ms. 9o3 (A), fol. 66 v"; — god (B), foL 58 v"; — goS (C), fol. 55; — 906 (D), fol. 12; —
907 (E), fol. /lO; — 1126 (F), fol. 5o; — Supplément 769 (G), fol. i/i8; — ii3o (H),
fol. Sg v°; — 1128 (I), fol. 68. — Boissonade , p. ma ii3.
Tous flkv OVV TOlOV7(jô * SovXsvOVTOLS OLTTTJVei KOLl 'CSOVtipW SsCHîâTTlJ ,
TGV àycLBov^ TcoLi (pikoLvOpwTiO'u (ppevo^cL^ws éoLVTOvs fjiaxpvvoLVTOLs , sis
TOL TSOLpovzcL Ss Ke)(y)v6xaLS TSpdyyiaTOL xctl tovtois TSpoc/lsTïjxoTas, ftj;-
SoXmS^ TWV ILeXXoVTWV XoLfJi^dvOVTOLS eVVOlCLV, JlOLt sis flèv"^ TCLS (TW^ÇL-
TiKOLs êLTïokcLijasis oiSiaXeMciûs èTTSiyofjiévovs , TccsSè -^vyèis^ èwvTOLÇ Xt^w
xoLTCCTrfKecrOoLi xal yivpiois TaXoLiircôpéicrôoLt xolxoïs , o^oiovs sJvai Soxw
dvSpl (pevyovTi àizo TSpocrwnov^ fxonvofxévov^^ fxovoxépciûTOs ,ôs iirj <pépwv
tOV VypV Tï}? CtÙTOV ^OÏJS ^^ XOLl TOV <po€ep6v OLVTOV IXVXvdfJLOV ^^ dXX i<T-
Xvpœs diToSiSpoLaxMv TOV (iv ysvédOoLi TOUTOV xoLTOL^pœyiOL y èv TW Tpé-
yeiv CLVTov o^écjôs pLsyàXw tivI TSepiiréiilcôxe ^^ ^oôpco ' èv Se tw èfinMeiv
OLÙTÔJ ^* TCC5 p^elpas èxleiVOLS XCÙ (ptlTOV TIVOS SpOL^dfXeVOS XpCLTOHWS ^^ TOVTO
xoLTsrj'x^e , xolI èizl ^da-ews tivos ^^ tovs tsoScls &lvpi^ciLs e§o^£v èv eipvvrf
' I, manque tw (leyédsi. ' G ^e'ùyovri ■wpàaf/ynov.
' B, manque T&ir tou; FG, manque '* E, manque [laivo^évoM.
TOV '^ E àxofjs.
' E côov. '' ACDH et les mss. XII, LIV et XXI
' BGEH et le ms. LIV de Vienne tows de Vienne rûv (poëspâiv «Otov fivxvjdixôiv.
fièv olv Tû5 ^/&) ToxiTCû 'srpoKeifiévovs xai '* H TséitloiHs.
Toioirù). '* A (sec. man.) BCH et les mss. de
* D xai TOV dy. Vienne èv avTw, I èir'avTM, EG avTÔv.
* B xal fxrfh. " H xpaTÛv.
' E, manque eie fièv. '* E èirl ^éuret rivi.
* DG ypv^f^txâs.
-♦i-».( 112 )h4—
Xotirov^ eïvcu xai (XO"(paXe/a. ]iXé\pcc5 ovv~ ôpà Svo^xjols, Xeuxor (lev tov
éW, ftAara Se tov hepav, SieoOiovTOLs dnccvc/lMs tyiv pi^av tov Ç>vtov
ou* vv è^vpTVfJ'-évos^, xai Saov ovTrw èyyi^ovTOLs TccuTrjv èxTeixéiv. Ka-
TCLvovaoLs èe tov trfv^piera tov ^oôpov SpdxovTOL eïSe Ç)o€£p6v ty} 8-éa,
«CTUp TSvéoVTCL KOLl êplfXVTOLTOi ^XoCTVpOVVTCL , TO (/16\J.CL T£ SetVMS TSepiyjX-
GKOVTCL^ Kcd xoLTOLTTieïv olÙtov iiïetyo^Qvov^. ATevicroLs Sk aZBis Tri ^dcrst
èxsivrj è(p' 5 '^ovs tsoSols eJ-^ev èpvpsKryiévovs, TéfraoLpcLs sTSe"^ X£(pOLXiX5
àcTTïiSwv TOV Toixpy 'uipo^e^Xrjxvtas^ £0' ov^ èTTsc/lvpiKTo. kva^XéypoLs
Se Tovs o(pBcCk[LO\js ^^ Opà èx twv xkàSwv tov (pvTOv èxsivov fxixpov
d7ro(/}d,^ov fiéXi ^^ ÈdcroLs ovv SiCL(Txé'>\iaL(TBaLi TtSepl twv 'usepieyovcFwv ^"^
CLVTw^^ <TV\j,(popwVf OTCws e^wBsv fxkv b fxovoxepMs^'^ Seivws èxpiOLvsîs^^
^j/Tsr TOVTOv^'^ xaTCcÇiaysiv, xoltmBsv Se ô Tssixpos Spdxcôv xéyyive
xoLTOLitieïVy TO Se (pvTov ô TSepieSéSpoLXTO^'^ ocrov ovttm èxxon/lea-Bcu
ëfieXke ^*, Tovs Te T^^oSas kiz oXiaBvpà xoà dmc/lw ^àaei èirecrlvpiJclo ^° •
Twv ToaovTwv ovv xoLi TOiovTwv (^pixTwv B-ectfÂiXTWv dXoyic/lws èrnt-
XaBopievos , oXœ vol' (lekiTos èxeivov tov pnxpov yéyove Trjs vSvtvtos
èxxpefx^s^^.
AVTÏJ V ÔflOtWCriS TÔôV T^ dlïdTt;! '-^^ tov iSOLpOVTOS TSpOCrleTïfXOTCûV
^ioVy v(nTep^'^ tvv (TOL(pvveiCLV clvtIxol Xé^œ (toi. O \Lev fiovoxepws^^ tvtïos
' E Tô \ons6v. " CEFH aitàv.
' A et lîoiss. Se. " EF ô (xovÔKspos.
' BÔ, DIa>,Hy. '' T> èoLfioLveis.
* BCDEFGHI et les mss. de Vienne -rare- '* AD, manque toûtov.
piiehpayfxévos. " A (pr. ni.) 'srpoarjpijpeKT'lo, (sec. m.)
* BCDEFGHI et les mss. de Vienne tspocrprjpeKTlo, àla marge, 'tsepiehé^paxTO.
Çpixrùs xs^Tjvàra. '* A fxéAAov,
° A , manque holï . . . èireiyôp.svov. "A 'SfeTrrjyÔTCts éytav avrôs.
' BCEFHI et les mss. XII, LIV, Cil de " BCDEFGHI et les mss. de Vienne
Vienne Q-ecopst. xal rùv toaoitwv kolï rotovreov hetvcov
* AD'Jspoëe€Xrjx&Tas,G'apoê£ëXr}p.évas. (E -ora^wi') èTtiXaOàp.£vos à'Krj(Tx,àXr}(Tev
* BDFGHIé^'Ôr. aùràv (DEFGHI éauràr) t^ yXvxirrjri
" EFG (sec. m.) H et ms. XII de Vienne (ï Ttjs yXvxÙTtjros) toO (xtxpov fxéXnos
roîs à^daXfioîs. èxeivov.
" E fiéXiTOs. " D àyàirrf.
'* ABCEFHI 'arepiexàvTùJv, D avvexàv- *' E wa-nsp.
T«i». " FH (lovàxspos.
-^tr>{ 113 )<-t—
âv eirf tov B-av<XTOV tov Simxovtos àel xcù koltolXol^sTv èmiyoïxévov t6
kSoLiJLicuov yévos ' ô Se ^oBpos ô KOfTfxos èaflï Ts'Xrfprjs vndp'/^wv tsolv-
ToiwV KQLXÔôV ^ XCcl ^CLVCLTHl^^OpCjôV 'USCCyiSwV ' TO (^VTOV êk TO VTÏO 7(JôV
Svo fjivcjjv diTOLVcflMs (TvyKOlilàfÂSVov ô 'ZSspisSéSpax.To'^ à êicLvXos vndp-
•)(&i TYJs éxdalov Koorjs , o SccTiavcôfxsvos koli dvcckicrKo^evos^ Stà twv
wpœv TOV vfjispovvKTiov xccl TTf £KTOfxff KCCTOL iLiKpov ^ 'uspocTsyyilwv ' ai
Ss Tscrcrccpss dantSes ttjv èni TSŒcroipœv (T(pOLX£pœv koli àc/lâiwv c/lot-
j^s/wv crvc/loLcriv tov dvdpwTzsiov ^ crœfÂOLjos CLiviiflovTCiLi wv qltclxtovvtwv
KOLI TapOL-^OfxévùûV ij TOV (T(A)tt.0LT05 KaTaXvSTai (7V(/}0L(JIS. TlpOS TOVTOIS
KOLI ô TSVpwSri? SKSIVOS KOLI dnTJVVS SpdKOôV TÏJV ÇiO^SpOLV eiKOVl^Sl '^ T<3V
aêov yoLc/lépoL tïjv fxoLifxdarcrovaoLv vivoSé^acrôoLi tov? tol iscLpovTCL TepirvoL
Twv ixskXovTœv dyaOwv TSpoKpivovTOLs''. O Se tov fiéXiTOs (/ioLXoLyfjLos
T7JV yXvKVTTJTOL è^(pOLlV£l TWV TOV KOtT^OV ïjSéoôV Si' ifS èKSlVOS dlTOLTCôV
T0V5 éOLVTOV (piXoVS OVK èOL Tï}? (T(p(t)V 'TSpOVOrf<70L(T6oLl (TCOTVpiOLS.
IX
PAR/VBOLE DE L'HOMME ET DE SES TROIS AMIS.
xMs, 9o3 (A), fol. 68; — 904 (B), fol. 60; — goS (C), fd, 56 v°; — 906 (D), fol. i3; —
907 (E), fol. 4i; — 1126 (F), fol. 5i; — Supplément 769 (G), fol. idg; — ii3o (H),
fol. 60 v"; — 1128 (1), fol. 70; — Boissonade , p. ii4 à ii8.
O Se yépwv elirev • Ôfxotoi OLvBis ^ elcriv oi èpoLcrOévTss twv tov ^lov
TSpirVMV KOLI TYJ TOVTOV yXvKOLvOévTSS ïfSvTÏJTl, TWV fJLsXXoVTMV^ T£ KOLI
[kï] (TcCk£VO[LévWV TOL p£V(/JoL KOLt dcrdsVïj 'US pOT l^ïj (TdVT S5 , dvOpWTÏW Tivl
10
' D 'csftd&v. * BI dvdpwTrhov.
' BGDEFGH et les mss. XII, LIV et ' C eiKovi^cov.
XXI de Vienne «eptSeSpay fze^a , I 'crspi- ' BEFI 'zspoxptvivras.
^ehpa.yfiévos. * A, manque aw^js.
^ I dh(Tx. ® G et le ms. XII de Vienne (levôvrccv.
" C xarà (xépos. '" EFHI , manque 7ivi.
ÏMPSIH£RIE NATIONALC.
-^9.( 114 )-*^
TpeTs eo-p^r/xoTt ^ (piXovs wv tovs fiev Svo tsepiTtctOws èTi^ua koli (j(po8pws
Tïjs avTwr àyoLTïvs dvTsiy^eTO fiéy^pi B-clvoltov virep ^ olÙtÔûv dywvi^ofxsvos
xcù TSpoxivSvveveiv ctipoviievos^ ' 'uipos Se tov Tphov isoXkrj è^pépezo"
xaTOLÇipovï}(7£i , fxriTe t<|x^s, p.r)T£ tïjs TSpoa-rjxovavs aÙTOv TSMirore
à^iwdCLs àycinvs^, ctXX' ^ fjLixpdv tivol xai*^ ovSafxivrjv eis avTov 'uspoa-
7rotov(ji£vo5'^ (piXioLV^. KoLTaXoLfjiêœvovcriv ovv èv pita (po^epoi Ttves xai
è^oucrioi (/IpaTiœTOLi (nrevSovTes TCL^yTur^i zsoXkr} zipos tov ^acrtXéoL
TOVTOv dyayeïv Xoyov diroSwcrovTaL vTvsp o<peiXvs fj.vpia)v tolXolvtcôv.
STsrop^wpovpLeros êè èxéïvos è^rjTei ^orjBov tov crvravTtXaé'ÊcrÔat^ aÙTc5^*^
èv*tw (ppiXTù) TOV ^cKTiXéœs 'XoyoBemw'^^.
LpCL\J.WV 0\)V IjSpOS TOV TSpWTOV CLVTOV XCLl 'CSOLVTùôV yvyifTldôTOLTOV
<piXov Xéyei • OlSccs w Ç>iXe ws àsl èdé^ivv tïjv yj/v^vv ju,ov ùnep crov •
vxjvl Se XPV^^ §or}6eiOLs '^ èv Trj rfi^époc tolvtyj ty}s xaLTey(pv(Tr}s (xe àvày-
xrjs. Uocrœv^^ oZvèjvoLyyéXkrt a-vvoLVTiXa.ëécrdai^'^ (xoi^^ vvv; xaiTts if 'cscLpœ
<TOv iispocryivoiiévn^^ fioi èXnls , 'apo(T(piXé(/ioLTe; kivoxpiBek oZv èxeïvos
e(pv ' Ovx eifjit <70V (piXos, ctvOpœire • oùx^'' ènicrlcifxai tis eJ^^. kXXovs
yàp^^ iyjM 'uspoa^Ckéis (led' wv Séi fxe arin^epov ev(ppaive(T6(xi xai (piXovs
aÙTOXJS eis to é^rjs xtïi(tcl(tBcli^^ . Hcupéjw Se (toi îSov pàxicL Svo tov e^eiv-^
TttVTa èv Tt} oSw Yi 'uiopevYi oltivcl ovSév cre to 'csapânav d}(peXrf(TOV(Ti.
Kai iirfSeiiiOLV ctXXrjv TSap' èfjiov 'nipo(TSoxricrr}5'^^ èXniSoL. Tovtwv àxovcras
èxeïvos xcù àiroyvovs ^v è| avTOv ^orfBeioLv'^^ vXni^e, TSpos tov hepov
* DH èaxmbta. '* EFH et les mss. XII el LIV de Vienne
' C, manque hitèp. (rvvavTtXafiSâveadcii.
* DI, manque xal ispOK. alpoifi. '* ADGH [xov.
* B èxéx^piTO. '* B yivofiévt}.
* E (piXavdpamias. " BCDEFGHI où U.
* B fiâxpav tiva nai 'zsiw eireXeT. '* G 6s rts el, D où hè othct. ae ris el
' B 'zsoioifievos. " B, manque ydp.
* E ù^éXeiav. " BI, manque xal (^iXovs . . . xtiiaaa-
* G drriXae. Oai.
" H aitàv. '' I et Boiss toû éy^etv ae.
" A ^orjdbv tàv tjvvaintXa^adai aùroî) " CEG 'VjpocrZoxtjcfeis.
. . . "koyodealù) hwâ^Levov. " BCDEFGHI ^s -/fX-irtiev éS aùroû fot)-
'* G ^orfdeias 'zsapi aon. 6elas.
" DEGH 'aàaov.
-^>[ 115 )<i-'-
TSOpSVeTOLl Ç>iX0V XOLl (pV<yi' MélJLVV(70Ll , œ éTOLÎpe, OUVS d7TY}Xa,V(T0LS iSCLp
èpLOv ii\tJns Kccl svyvwfxocrvvvs * (TV(iepov Se B-Xi-^si TSepmsGwv Kcd av[L-
<popà fieyic/lri X9V^^ (rvvepyov. Tiocrov ovv i(7')(yeis yioi (TvyxoTcidcroLi;
è^ OLVTïis ^ yvwpKTOv fjioi. O §é <pvcrtv ' Où (7)(p'kàt,w crrifjLSpov rrvvcLywvi-
(TOLo-daLi^ (TOI • iiepiixvdLis yàp xàyw xcu Ts^spialdcrecn 'usepmscroôv èv
B-Xl-ipSl sifÀl. MlXpOV §' OfXMS (TVVgSsvcTCiô (TOI xâv (JivSkv (jô(p£krj(T(jô (TS ^ '
xal B-àilov vnoc/lpéxpoLs oixccSe laîs ISiccis ecrofxcci d<7)(^oXovyi£vo5 (leptyL-
vais. Kevouç ovv xaxsïôsv v'jvo(t^ p£\pas x^P^**' ^ âvOpwTios xcd 'nsdvioBsv
œnopoyy.evos STCLkàvilev solvtov tï}? ixaTccioLS satiiSos twi» (xyvwpiovwv
CLVTOv (piX(A)v xai twv dvovr'jTwv'^ TCcXccnrMpiwv wv virsp t»;s èxeivwv
dydirvs viréc/lV' ÀTrépp^sTat Xomov TSpbs tov ipiTOv (piXov^ 6v oùSéiTOTe
èSepd'KzvGsv oùSe xotvwvov tïjs olvtov^ eùÇipocTvvri? 'nspo(7ex(iXé(TCLTQ'
xdi ^r](Ti TSpos OLVTOv xaTYj(T')(yfxiJiév(A) ts "^ xccl xaTrj^picôvTt tm ^ TSpocr-
WTTW • Oitx £-)(M (/lofxa Siàpcci TSpos (TSf yivoô(TX(jôv dxpi^ws OTi où fxé-
fJiVY}(TCci fLOV -CÏWTrOTS £Ù£py£TV(TCIiVT6s (TS, 7) tSpOCT^PiXÔôS Sl(X,TsdévT05 (TOI.
AXA' ÊTTsi (TVfxÇ>opd |!xe xccTéXcc^e ^ixXeTTWTdTV , oùSafiodev Se iwv Xomwv
fjiov Ç>iXwv evpov (TWTvpicc? èXmScL TSCLpsryevoy.riv TSpos crè Sv(tmtz(a)v , ei
ë(/]i (TOI î(T-)(ùs , [Lixpdv Tiv(x ^OïideicLV 7JS(xpcL(T)(^eTv (xoi. Mïj oùv^ dn(x,yo-
pev(Tri5 firjvicTOLs yiùv ^^ tï}? dyvwfiocrùvvs ^\ O Se (prjcriv ikcipw xccl x^P^~
evTi^'^TSpocrc^iKA)' Nai Srj (ptXov èyiov yw^^i^'^ccTov o\LoXoyw (Te ÙTidpxew,
xccl TV? fxixpàs èxeivns fxefivvfJ-évos crov^'^ eùirouccs (tÙv to'xw^* Grj^epov
diToSc^cTW (TOi.Mrj (po^où toivvv, fxvSè SéSiÔi^-" èycô yocp 'uspO'Kopeù(TO[LCLi
(Tov, èyù) Sv(Tù)'Kri(TW ùnep (toù rov jSacriAéa xccl où iirj TzapccSod (Te eis
p^erpas èxBpwv (tov. Odpcrei ovv, '7spo(T(piXé(T^ccTe, xccl [t-v Xvnoù. Toie
xccTccvvyels èxéivos ekeye fiera Sccxpùwv ' Oï(j.oi , Tt TSpwrov B-prjvrfcrùiy
B èv àlrjOeia.
E awaycovi^eadat.
BE (701.
CF dvorJTCov.
1 et Boiss. (^iXov atnov.
A, manque airov; CF êawTôO.
BCDEFGHI , manque ts.
BGDEFGH, raan(|ue tm.
BCDFGHI , manque ovv.
'" A fts , BG (Jioi.
" B d(ppo(T'ljvijs , D rrfv àyvwfioaivrfv.
'" I xadapw.
" FGH néfivï}(iai aov «ai.
'* E xaî à ô(psiX(jo avv tôkco.
'^ BCEFI et les mss. Cil, XII, XXI et
LIV (sec. man.) de Vienne SsjX/a, H 8e<-
Xtiarjs, DG et le ms. LIV (pr. man.) de
Vienne héhoixas.
— ^*-( 116 )^H"-
XOLl li xkOLlKTOIXOH TSpWTOV; Tf;S fXOLTOLlOL? fJiOV XaLTaLyVM(TO\L(tl TSpOCnTOL-
Oeicts sis Tovs àfivvfjiOvcLs xccl àyoLpic/lovs xal ypevSéts <pi\ovs èxeivovs;
^ Tïfv (ppevoQ^OL^rj toXclvÎctw OLyv(jôfj.O(Jvvr]v vviiep tw oCk-riBéi^ tovtw
xclÏ yvrjcrîff) èvsSsi^dixvv (pCkw;
O ^k Icijàa"a(^ xcd tovtov ijlstol B-clvixoltos Ss^dyLevos tov \6yov tïjv
(TCtÇivveiav èlrjTSi. Kcti (pricriv à BapXaàju, • O 'ZSpwTOs (piXos âv siv V
TOV 'ufkOVTOV TSeptOVCTia KOLl à TYJS (plkoXpVfJ'Ol'TlOLS ^ SpMS è(p' S) ^ fJLVpiOlS
oLvOpodiïos TSepinMei mvSvvois xal zsoXXccs viiofiévsi TctXamwptciLs *
èXdovcTïjs Se Trjs TsksvTOiioLs tov B-olvoltov TSpoOea-fLiOLs ovSkv ex 'usolvtmv
èxeivwv el pjt] Ta 'uspbs xrjSsioLV àvovvTcc pàxicL XoLfx^civsi. AevTepos Sk
(pCkos xéxXv^OLi yvvv * xal tsxvcl xal ol Xomol avyyevéts ts xal olxsToi ^
wv TYf tgpocnraOeiCL xexo'kXviJ'évoi Sva-airocrTrâc/lMs 'éypiiev, avTïjs tvs
^pv/ffs xal TOV (TWfjLaTos evexsv tï}? aÙTwv virepopœvTes àydirt)^ • ovSe-
fxiàs Se Tis e| aÙTwr àirwvaTO wZèXdas t9j wpcL tov ^-avaTOv *
àXX' ^ [Lovov [i-éy^pi tov fjLi»77pLaTos avTw 'TSapendfj.evoi^, eÏT evôvs
tKava(flpa(pévT&s twv ISiwv eyovTai fxeptfxvwv xal TSepic/ldcrewv'^, ovx
eXaiflov Xrjôy tïjv fxvvfJLVv rj t6 crfwpia tov -riroTè -zspocripiXovs xaXv^pav-
Tes Td<pœ. O S' av Tphos (piXos à isapeMpafjiévos xal (popTixos, ô (iv
'cspomTos dXkd (pevxTos xal oïov dTTOTponaios , ô tùjv dpic/lwv èpywv
X'^po^ xaôécrlvxev^, oîov rstolis, èXmSydydTTV, èXsvfJ^ocrvvt}, (piXavOpoô-
ma^, xal o Xomos twv dpsTcov opiiXos , ô SvvdpLSvos 7Sponop£ve(T6ai^^
ijpiwv è^epyop.évwv ^^ tov crwfJiaTos, vitep vixœv Te Svaœirrjcrai^^^ tov Kv-
piov, xal TWV è)(6pœv ii^ds XvTpovfievos xal SeivMV (popoXoywv twv
Xoyo6é(Tiov vfjîiv zsixpov^^ èv tm dépi xivovvtwv xal -^eipwaacTdai tsi-
xpws^'^ Kv^ovvTwv.OvTÔs è&liv ô evyvwawv (pCkos xal dyaQos,à xal ttjv
' BI àXr}6ivû>. ' A vTtoaJàaewv.
* E ^«Aoirpayfi are/as, G ^ TOV ■orAoirov * G 'Bsé(pvHSv.
<Pt'koyjprj\ta.tla. ' CD «ai Ç>iX.
' D è(p' av. '* B 'srpOTropevdrfvai.
* I et Boiss. yvvTJ re. " D ri(xTv è^ep)(pfiévois.
* BCEFHI pi'Ao*. " G hvcùoirœv.
* BCDEFGHI, avvoisiovffiv au lieu de ''^ GHI Twr Xoyode<Ti(t)v ^(xfv -orjxpwv.
flVTw isapeTf6fÂ.evoi. '* F el le ms. XII de Vienne ^tai<os.
^^j.( 117
divoêiSovs.
X
PARABOLE DU ROI QUI S'ASSURE UN HEUREUX AVENIR.
Ms. 9o3 (A), fol. 70 v"; — 904 (B), fol. 62 v°; — goS (C), fol. 59; — 906 (D), fol. 1/, v';
— 907 (E),fol. 42 V»;— 1126 (F), fol, 53;~Supplém. 769 (G), fol. i5i v";— ii3o(H),
fol, 63; — 1128 (1), fol, 72 v°. — Boissonade, p. ii8 ài2o.
Lacune dans le ms. 906 (Boissonade, p, 119, 1, 5 à p. 122, 1. 3).
Axoycrov xal ^ tovtov êrj tov 'CSpoQ.r/iioLTOs o^oiwcriv. \\6\iv tivol fte-
fjLciOrî^OL- {jLsydXrjv^ rjs ol tsoXitoli toiolvtïjv è(j'/y)KB(T(xv'^ ex-ncCkaLi^ gvvï}-
dsiccv Tov'^ èniXafxëdvscrdai'^ ^évovTivos xcdoLyvoôorlov dvSpos , ^rjSkv twv
v6(JLWV TÏJS TSoXzWS KOLI TSOLpaSoCTSMV oXwS èTTl(/}ciLfÂSVOV , Xai TOVTOV ^OL-
GlkécL KOLOlCrlàiv^ éOLVTOÏS^ TSOLfTYlS œrCoXcLVOVTOL è^OVCrioLS^^ XOLl TMV aVTOV
BsXrj^oi'TCiOV OLKùôkvTWs èyo^kevov ci-^pi (JVfXTrXr/pwcrews èviavcriOLiov )(^p6-
vov. EIt', è^cLi(pvns h 'unxcn^ aÙTOv TvyyjxvovTOs d^eptfxviojL^^ Tpu(p(wrTos
Te xcLi cnrcLTaXwvTOs '^^■^ olSsms kcÙ (TVvSiatfjûvt^siv^^ olvtm tïjv ^cca-iXsioiv
shoLsi SoxovvTOs, è7i£yeip6(i£voi kolt olùtov xctl tïjv ^arriXixvv d<peX6-
\ievoi c/loXrjv^'^y yv(jLv6v ts olvol tsoLddv B-piaiiëevcroLVTes^^ tt^v 'CSoXtv, è^o-
pi&lov eTTSfXTTor £15 (jiOLxpoLv 0Œwxi(T\i.évyjv XOLl fxeyoLXrjv TivoL vrj(jov, èv
ri y.rjT£ SiOLTpo(prJ5'^^ sùiropcôv (xrj'^s èvSvfxoLTMV^'^ èv Xifxôô xolI yvyivoTrjTi
Seivœs xoLTSTpv)(e,TO , tïjs TjSoLp' èXiriSoL Sodehrjs avTÔj Tpv(pY}s xolI S-Vjxr/-
BCEGHI hr) xaL
E , manque fxsfjt, , G àxrjxoa.
A, manque fi£yà}^rjv.
EGI èaxjjxaaiv.
G, manque éxTraXai.
A Ta.
C STriXàëeadat.
H xadicrlàvai.
E èv aiiT^.
'" D «TToA. àTroXavtrews xai è?.
" G eiiïjfiepia, H âheta.
'^ F xaTa<77raTaX<wrTos.
" B (Tvvhatœvicrat.
** G ^daCksicLV àÇieX.
■* BEFGH Q-piafxêerjovTss.
'* D Tpo<prjs (sec. m.).
" G èvhvfiaTOs.
-~^».( 118 )^^
Uas eis Xvitvv olvÔis ^ TSap' èXiriSa TSàcra.v Kcâ 'apotr^oxioLv fxeTapLSi-
(pôelarrjs^. Kaxà to TSCLpoLJcoXovdijcrctv rotvvv eOos twv TÂfoXiTœv èxeivœv
'uspoe'/eiphB-n tis àvvp eîs tïjv ^ccaiXeiav crwéasi TSoXkrj tov \oyi(j\iov
xoLTdxofxov^ eX^v, ôs clùtUol p; (TwapirafTÔels Tri è^oi,i(pvvs OLvrœ tspoa-
irecrovcTYf evdrjvla , ftr;^è tSôv TSpo^e^cLdikevxo'ïwv'^ kcli àdXiws èK^XrjÔév-
Tùjv Tïjv diisptpivtoLV ^vXwcras , è\i[i.épi\t.vov ety^e xclI èvctycûviov tvv "^vx^jv
'GSws OLV TOL xoLT avTov sv SidOoiTO. Tïj crv^vri Se fjieXéTri dxpi^wcrdfxevos'^
fyvCô Sld TtVOS (TO<Pc*)TÔlTOV (JV\u€o\jXo\) TÏJV (TVVÏldetOLV TùôV TSoXnWV XOLl
TOV Tàitov TTJs Sivvexov; è^opiOLS , oirœs tê xpv èoLVTOv (i(T(p(xXi(T(X(Td(xi
àirXoLVMs'^ èSiSoLxOv- Taux' ovv ws eyvw'^ kolI oti Seî avTov^ ocrov ovnw
èxeivrjv xcLTOLXcc^ëcivetv ^ tïjv VYJaùv tïjv S' èivixTVTOv tolvtïjv xolI àXXo-
TpiOLV ^oLcriXeioLv dXXoTpiois^^ ctZBis xoLToXiimoLveiv, àvoi^œs tovs B-rjcyav-
poùs avTOv wvnsp xio)? OLVsipiévrjv eJ^s ^olI SlxwXvtov tïjv xpVf^iv^ xolI Xcl-
ëwv xpviJ^ctTfjôv^^ 'csXrjBos^'-, ;(pi»o-ou^^ Te xolI dpyvpov^'' xaà XiQwv Tifxîwv
àSpoTOLTOV ôyxov, TSK/ioTdTOis^^" 'usoLpoLSoùs oixéTOLis, eis èxsivrjv 'zspoéirefji-
\j/£v ek rjv sfxeXXev di^dytcrOai vrJGOv, ^vvTsXeaOévTos^'^' §k tov èfiirpo-
6é(7p.o\) èvioLVTOv (/loLcridfTOLVTes oi zsoXTtoli^'^ yvfivov avTov ws xctl tovs
TSpb CLVTOX) Tri è^opia 'ZgoLpéiTe^tpav. 01 (lev ovv Xomoi dvorjTOi xal 'cspocr-
xoupot ^(KTiXeîs êeivcbs èXi^wiflov * o Se tov 'hiXovtov 'apooLiroOéfievos
èxeîvov ^^ eùôrjviœ SirjvsxeP^ av^wv xal Tpv(pvv ^" d^diroLvov ej^^wv, (po^ov
Te TSaLVTdTïOLCFiv dTcoaetcfd^evos twv dTdxTWV ^^ xolÏ 'csovrjpwv 'doXiTciov,
T);s (ToCpœTdrvs éccvTov èfxccxdpilev eùëovXias.
ïloXiv ovv '^^ voei fxot tov ^dTaiov tovtov xai dTtOLTewvoL xoafxoVf 'uso-
' I et Boiss. alOis xal. '' EF isXijdv.
arjs. " CG àpyvf/lorj,
' F, manque xarax. , G xaràxoafxov. '* B xal 'csial.
* I ^eëouT. '* B tsXvp('}6évTos.
* BEF ixpi€a(Tâ(isvos. " G oi -aoXmxoi.
* H à(T<paXâs. '* CFH èxeïvos.
' E ô veavlas. " E , manque hirjvexet.
* EG Si'aOTÔJf. *' G Tpo(prfv.
* ABCEH xaTaXaêerr. " BCEFGH et les mss. de Vienne (hri-
'• E, manque àXXorpiois. alcov.
" AB, manque ;^p>;u(£T«<n». " bEFH ftèv olv.
— !->( 119 .
XtTOLS Se TOLS àpyOLS KCÙ è^OVmCLS ^ TÔoV ScClfJiOVœV , TOVS KO(T[kOKpQLTOpCLS
Tov (TKOTOVS Tov cuiwvos TOVTOV, Tovs SekeoL^ovTOLs ij^às Tc5 Xe/w ^ Tr}s
yjSovïfs KQLt ws TSspl d(p6cipTœv vizoTidep^évovs StoLvoeîo-doLi twv (pÔOLpTcov
x,OLi èrKiKinpwv^yWs axe (jvvSianwvtloya'n?^ v^uv xcù olÔolvoltol tïjs tovtwv
CrVVV7T0Lp)(0V(7'nS OUKo'kCL'ÙdSMS. OvTWS OVV OLTVOLTVÔévTMV ÏJfXœV KOLl (17)-
SefjLiccv TJSspi TMV iJiovifXMV èxeivwv xcù aîwviwv ^ovXevtTOLfxévMv firiTS ti ^
TOLfiievŒa^évwv éccvToTs sis tov SKéidsv §iov ai^viSios rf(xiv è(p/cr7aTa<
oXedpOS Ô TOV S'OLVOLTOV
XI
PARABOLE DU ROI ET DES ÉPOUX PAUVRES MAIS HEUREUX.
Ms. 9o3 (A), fol. 78 v"; — 904 (B), fol. 72 v°; — 908 (C), fol. fig; —906 (D), fol. 19; —
907 (E),fol. /i8; — 1126 (F), fol. 60 V»; — Supplément 769 (G) , fol. 160 v"; — ii3o (H),
fol. 70 v"; — 1128 (1), fol. 83. — Boissonade, p. i35 à 137.
AxTfKOOL yoLp ^OLcriXéoL Tivœ yeryovévoLi 'csâvv xaXws tïjv solvtov ^ oUo-
voiLovvTCL ^(xcTiXeioLV f TSpdws T6 KOLi viriMS Tw VIT OLVTOV '' xe')(^pviJ-évov
XOLM^, èv TOVTW Sk fXOVW^ (T(pcCkX6\LeV0V TM flV TsXoVTétV ^° TOV Tïjs
B-eoyvwdioLS (p(jôTi(T\j.6v^^ yOÙ'XcL Tri TsXdvrt twv eiSœXoov xoLTé'/j.cTQaLi. ^^x^
Se TtvoL uv^ëovkov àryadov x.olI tsclvtoiws ^^ x£KO(T^r]yiévov Trj ts ispos tov
Ssov^^eùcre^eiix xcù tïi Xomrj 'csdcrrj èvoLpsTM (ToÇ>ia^'^' os, (i')(d6(ievos kolI
Sv(T-/&pCLivwv èni tï} tuXàrr; tov ^oLcriXsœs kolI ^ovk6[Levos olvtov tiiepi
TOVTOV èXéy^OLl, àvS^'^lTllsTO Tïjs ÔpyLïjS^^ SeSoïKùJS (IV XCCKWV TSpo^svos
éoLVTœ T£ KOLI Toïs axjTOV sTOLipots ysvoiTO KCU TTjv yivo^évïjv Si aÙTOV
' I et Boiss. ràs è|. . ' BCDEFGH {xôvov.
' c TeXsiœ. ' '° BCDEFGHI éf^siv.
^ E àKYipàTCÛV. " E TÙJ . . . ÇCûTKTfJiâ).
" GH Ziaiœvilovarjs. '* CH 'ciavToiwv.
' EF Tiva. '* AE -apos Seàv.
* BCDEFHI aÙToO. '* H, manque èvapéTO), \ 'usiari àpsiYj.
' E awTOV , F axitw. " AD tijv bpp.r)v.
* B TÔv . . . Xabv.
^^-9.( 120 jt^-r-
•cyoXXwf w<péXsiav 'usepiKoypetev. ÈE,r}Tsi Se ofiœs xaipov evdsTOv rov èX-
xvcrou OLXJTOV 'uspos To àyccOov. <I))7crir oZv èv jxta vvxtI TSpos olùtov ô
^OLcriXevs' ^evpo Srf yè^éXdwiisv xaà è[jJit£pŒCLT-r](TW[Lev tïjv TSoXiv^feÏTSov
Ti TMV M(p£XovvTwv ^ oypofxeOoL. EfXTTspnioLTOvvTMv Ss olùtmv tvv TSoXlV ^
elSov (pwTO? CLvyrjv omo tivos rpvfxaXiôis XdfxnovdOLV " • xolI tolvty} tovs
o(pdaXn,ovs èirt^oLXovTes ^Xéirovcriv vnoyeiov Tt ^ dvjpwSes *^ oïxvfJ^OL èv w
'sspovxaôé^STO "^ dvrjp myàrsvi crv^wv TSevta xolI svjeXr} tivol 'ZS£pix£tp,£V05
pdxicL^. Uapif/JoLTO Se v yvvrj olvtov oïvov'^ xipvœacc. Tov Se dvSpos ty}v
xvXixcL ènl x^TpCLs Xol€6vtos, Xiyvpov oiSovcroL fxéXos èxsivv ^'^ Tspypiv
avTw èvsnïoièt op)(pv[kéviii, xcd lov avSpa, èyxœfxiois xcLTCiBéXyovacL. Oi
'GSepi TOV ^aaiXéoL Toivvv, èml œpav ixctvvv tolvtol xoLTtxvoovvTSs , èôccv-
fiOLl,ov OTi TOiOLVTY} 'dieloiJLSVoi^^ 'cssvicLyOôs jW-T/TÊ oïxoxj svTïopsïv fXïjT' ècrôï}-
Tos, ovTMs svdvfiœs TOV ^iov Sirjyov. Kai <^ri(Tiv à jSacrtXsv? tw 'zspw-
TOcrvfJL^ovXw CLVTOxi' Cl TOV 3-aufxaTG?, (p/As, OTI èjxoi ts xai crol ovSk
oxjTùôs à xad' ïf^às 'usots rjpecye ^ios Too-avrr; So^ri xcd Tpv<pr} TSep Siol-
XdfiTUMV^'^fWS v evTsXrjs (XVTtj xcù TcCkamwpos ^wî; tovtovs Srj tovs
dvovTOVs TépTtsifXcâ vSvvei Xéios olvtoîs xcd 'TSpocrvvrjs ô Tpccyys ovtos
xcd (XTVsvxTaTos ^los ^^ xaTCL(poLiv6^evos ^*. EvxoLipov Se Spa^cifievos ô TSpM-
Toavfx^ovXos èjpoLS e(prj • AXXol (toi ye ^^, ^cccriXev, tiSws rj tovtwv (poLÎve-
Tcu ^lOTïj; WoLVTwv, (prj'^lv ô ^OLcriXevs, wv TSMiroTe^^ écopccxa drjSea-ldTrî
xal Sy(/lv/e(ftOLTi[], ^SeXvxTV Te xcd OŒOTpoiïCLios. Tots Xéyei TSpos olv-
tov ô TSpcjôTOcrvfÂ^ovXos ' OvTcos ovv, ev tcrdt, ^cccriXev, xcd 'csoXXw
XCtXeTTWTepos ô xclO' rifxcis Xèkoyic/lcLi ^los toTs èTtoiflCLis xcd ixvc/loLis
Tr}s dïSiov So^ïfs èxeivïjs xolI twv tsolvtol vovv v'nep^cuvovTwv àyoiQwv *
aCi Te ^(jpvacj) xaTOLc/liX^ovcroLi oixiai xal Ta XoLiiirpoL tolvtck. èvSv^jLOLTO,
' 1 T^ 'srôXgi. ' A , manque ohov.
* GDEFGHI ôpeiXonévœv. "* AD, manque èxeivr}, D èxet.
* D\ rtf 'oàXei. " Atsts^ônevos
* G XàixTtovTOs. '* D -ŒrepjXâfxTT&Jv, 11 larepjSiaX.
* A, manque t<; BD T«ra. '^ AD, manque (S/os.
* Cl àvhpàies. '* G (paivà[isvos.
' BCE -orpoexafi^lero. "" CDI avys.
' BCDKHI pâx>7. '• CE isins.
-^( 121 ).«^
xal V y<oinv Tov ^lov tovtov ^ TpvÇ>r} (txv^olXmv ts kclI dfiapMV ^ slcrlv
drjSéc/lspoi' ToTs o^daXfjioTs twv sISotmv tol dvsKSivyv^OL xàWri twv èv
ovpoLVOÎs d'/etpoTevKTWv (Dcrjv^jôfxoiTùûv Tïfs B-sov(p(ivTOV T£^ (/IoXyjs Kcd
Twv QL(pBàpi(jôv SiOL§v(J-dTO)v à rjTOifiOLcrev ô 'usàvTwv ùkVfJ-iovpyos xai " Ku-
pios Toïs àycLTïWfTW avTov ^. Oj^ TpoTTOv yccp dvorjTOiivetv rj^uv ovtoi èXo-
yt(Tdr}(TCCv, TSoXkw TsXéov ijfjists ol tw xoayLM zsspmXccvMfxsvoi xai olvtol-
p£(TKOvvTes èv TYJ ^ ^pevSofxévrt tolvtï} So^y} xolI dvoYfTM '' Tpv(pYi B-prjvwv
è(Tfj.kv OL^ioi Kcd SoLKpvMV £v oÇidccXyLOÏs Twv yeyŒCLfxévœv tïjs yXvxvTVTOs
Twv dyaOùûv èxdvwv.
XII
PARABOLE DU JEUNE HOMME RICHE ET DE LA JEUNE FILLE PAUVRE.
Ms. 9o3 (A), fol. 81 v"; — 90/i (B), fol. 76; — 906 (C), fol. 71 v"; — 906 (D), fol. 20 v°;
— 907 (E), fol. 49 v"; — 1126 (F), fol. 6a v'; — Supplément 759 (G), fol. 162 v°; —
ii3o (H), fol. 72 v"; — 1128 (I), fol. 85 v". — Boissonade , p. i39ài43.
Wpos 6v yépwv direxplvoLTO ' Et tovto 'zsotrfcrsi? Sfioios ëa-yj veoLvia-xM
Ttvl (ppoviiLWïdiw TSspl ov dKT/KOOL TsXovmwv^ yeyovévat xal èvSo^wv^
yovéwv wTtvt ô TSccTvp (ivrjc/lsvcrd^evos tïjv^'^ B-vyoLTspoi tivos rœv sv-
ysvsioL KOLi TsXovTCt) §ioL(p£p6vT(iôv XtoLV œpoLiojdTVV, xoivoXoyrjo'dfisvos
Se TSpos rov tsolïSci isepl tov ydfxov xal ottws rjv clvtw fjisAsTwpisva "
dinxyydXoLS ^'■^, dKOva-ccs èxeivos xcù œs d'Kii)y^is ^^ ti xccl oltotïov dirocreia-d-
{jisvos To TUpoLy^KCL (pvyàs wp^^eTO KOLTOLXnrojv tov 'usoLTépcL. Wopsvo^svos
êk ^evilejoLi èv oîkÎol yrjpcLiov tivos TsévTjTOs, tov xaucrwros^* Ttjs riiiépas
' CDEFGIII, manque TOÛTov. * BHI 'nrAoD<T/&)TaT<wv.
^ Y, xov 10 prôiv. " BCDEFGI SfSoÇoTaTÉOv;- H, manque
' CEFI , manque te. yey. xal êvSo|.
* G, manque «ai, '" I, manque t);v; — BCGH ^v.
* I et Boiss, ô Q-eos toÎs àyair . avràv " BCFGHI (leXerdyfievov.
à vtàvT . hrjfi . xai Kiptos, '* C àva.yysîXai.
■* G vsXa.vw^evoi xai tspoirlevrjxôres t^. '^ G àvexôss.
' FH ivovTJTCi}. '^ BGEFGHI ràv Haicrcùva.
—tr>{ 122 )k-»>-
éoLVTov^ SiOLvaTTOLVMv. H Sk B-vyôiTijp Tov TsévrjTOs^ fxovoysvrjs ova-a kolI^
tSapOévoSy xade^oiJLévY) tspo twv B-vpwv, elpyoL^eTO fisv'^ tous X^pcri,
Tw ^è c/lofioLTi OLtTiyrfTCôs Tov Seov evkoysiy eù)(jxpi(/io\j(Ta olv-ïw ex |Sa-
Oéwv i\/\jy(ijs. Twv tolvtïjs Se vfjLVWv^ àKOvacts ô véos e<^r} • Ti crov, yvvoLi,
t6 èniTïjSeviJLCL; x^P^^ ^^ livoç ovto) TSep ola-a evTeXrj? kclI Tslwyj] ws
èiïi Ttcrt fJLsydXois Swpr]p.cL(Tiv evxpf'pK/léis tov SoTripa,^ vfxvovcroL; H Sk
TSpbs OLVTOV àiï&KpivoLTO ' Oùx oTadoL OTi xoLdâirep (pdpfjLCCKOv p.txp6v èx.
fjLsyaXœv vo(T'n[LCLT(jôv 'csoXXdxis "^ p^STOLi tov txvôpMirov, ovtw Stj xai t6 *
èirl ToTs (jiixpoTs evyjxpK/Ieîv tw 0£c5 [Ksryéîkwv TSpâ^evos'^ yiv&TCu; Eyw
TOtvvv ^vyÔLTrip oucra yépovTos 'cs1ùi))(p\j svy(jxpi(/lM ènri toTs ^ixpoïs
TOVTOis^® xcù evkoyw tov %sbv^^j eiSvïa ms ô xavra Sovs xal fxsi^ovoL
SvvcLTOii SovvoLi. Kal TCLVTOL fxkv TJSspl Twv s^mBsv xclÏ ov^^ vfxeTspwv è|
œv oûVe Toïs TÂSoXkcc xexTVfJiévots Tt 'uspo(ryiveTCLt xépSos^'^, ïva piv siTTW
OTt xai ^^ KvP'i'X' TSoXkoLxis , ovts toTs ekàiflova "koL^ovcriv ènép-)(^eTai
^Xciërj, Tïjv CLXJTïjv OLpi(poTépwv èSevovTMv éSov xal TSpos t6 olvto èmei-
yofjiévwv tIXos ^* • èv Sk toïs dvccyxoLioTOLTOis ^^ xal xaipiwTaTois 'csoXkwv
dnrfXavaa xal yieyialwv^''' tov AecnroTOU fiov^'^ Sœpvp-OLTWV, ovfxevovv
è)(pvTwv àpiôfxov V eixacrpLM vtïotïitiHovtwv. Kax eixova ydp Seov
yeysvrjp'ai xai tvs avTOv yvwaews ^^ r/çtcoj^at xai Àoy w tsapa 'usavTa xa
'Cwa x£x6(Tp.rip,ai xal èx ^avcizov ^^ 'uipos tïjv '-^^ K^vv àvaxéxXrjpiat Sià
cnrXàyyva èXéovs 0eov vp.ùûv, xal twv avTov piSTsy^siv yivc/lrjpiwv è|ov-
(Tiav 'ika^ov, xal ij tov TSapaSsicrov B-vpa àvécôXTai, àxwXvTOv, ehep
^ekrjcyùdy 'csapé)(pv(jâ [koi tïjv siaoSov. Tœv toctovtwv ovv xal toiovtwv
' GHI éavrà).
' BCDEFHÎ yépovToç.
' BCDEFGH, manquerai.
* BCDEFGHI, manque [lèv.
* E ràv TaiiTïfs hè ijfivov.
* AG aùnrjpix.
' CE, manque TSoXkixis.
* EH, manque tù.
* H et Boiss. tspà^evov.
'• A, manque toûtois.
" BCDEFGHI TÔr 8e(T7r6Tî;v.
" E -apoaxexTtjnévois ylveral ti xéfthos.
" B, manque xai.
■* H rém.
"* ACDEF àvayxaiorépois , H dvayxaio-
répois xai xaiptcorépois.
'* A, manque xai p-sylalrav.
" BCDEFGI Toô eeo«, H twv Seov.
'• I iô^vs.
'• DEFHI TOÔ ^avàTov.
" BCDEFHI , manque r^r.
-^tr>{ 123 )^-«—
)(OLpi(/lr}(TOLl tsdvTïf fJLOl dSvVCCTOV ' SI Sk XCÙ TVV yHKpàv TOLVTTJV VfJLVO'
"koyicLV^ ov TSpocTQL^w Tw ^wpy)(7Ct,^évw , TSoictv î^w oŒoXoyicLv;
O Se vewTspos tïjv tjsoXXïjv olvtïjs vnspdoLVfxdcroLs crvveaiv, tov avriis
TSpocrx.ctXsfjày.evos 'uSd^épcL, Ao? [loi, Ç>V(^if tî7v B-vyoLTépcc crov rjya,-
TTVcrcL yoLp Tïjv (jvvecriv OLVTïis^ tcccI evcréësiav. O Se yipwv e(pr} ' Oùx.
ë^e&li (TOI roLVTrjv Xol^sTv tïjv tjssvyjtos B-vyoLTépcc 'csXoMaiwv ovti yovéwv.
Avdis Se ô véos, '^cti, (pv<^l, Tavrrjv Xvi^io^i.cu ^ eiitep oùx diroLyopeycreis'^'
B-vyoLTïjp ydp fxoi fxepiVYfc/levTOLi evyeVMV xctl 'usXovaiwv, xcd tccvtvv
(XTTOcreia-ii^evos (pvyyj è')(^pr}(T(Xfjiïtv ' Tr}s Se (rrjs B-vyctTpos Sicc jyv eh
Seov evcré^sioLV xal tïjv vovve/fi (Tvve<Tiv èpcccrOek <TVvoi<p9r}vcx,i ccùtï}
TSpOTsdvfxviJiOii. O Sk yépwv 'ZSpos olvtov sÇirjcrev ' Où Svvafxai aoi tolvtvv
Sovvai TOV OLTictjycLyéiv èv tc5 oïxœ tov 'zsccTpôs crov xal twv èy^wv x,^-
picTCLi àyxcCkwv fxovoysvrjs y<xp jxot èc/liv. kXX èyw, (p-r^mv o vecuvicrxos,
'ZSCLp vyïiv [uevoô xal tïjv v\koôv àvaSé^o^CLi TSoXiTsiccv. Ehcc xcd tïjv Xolil-
TzpcLv dnoOéfjievos ècjSrJTCL tcl tov yépovTOs OLiTV(TOi,fxevo5 TSepie^akeTO^.
UoXXœ Se èxeîvos èxireipcicroLs'^ olùtov xal zsoixi'Xws tov olÙtov SoxifjiœcrcLS
'koyicr^ov, œs syvw crlaôepàs vndpy^eiv "^ olùtov ^ Siolvoiols xcù œs ° oùx
epWTi d(pp0(jvvv5 xaTe-zp^Levos ahéiTCLi tïjv olùtov Q-vyaTepoL, àXX'
êpwTi eùcreëeioLs eï'keTO 'usevixp^^ Kfiv, tolvtïjv 'uipoxpivas tïjs dÙTOV
So^rjs xoLi eùyeveicLs, xpaTvcroLs aÙTOv tïjs ^eipos, ehïfyayev ^ eis t6
èoLVTOv TOLfiieîov ^^ xoil iméSet^e tsXovtov tso'Xvv diroxei^evov olùtw xal
y^pV^iâTCôv àvapidyiVTOv^^ oyxov, oaov où TedéaTO^-' tSwTroTS ô veavicr-
xos. Kai (priGi TSpbs aÙTov • Téxvov, TavTa tuarTa croi SiS(*3[j.i àv9' mv
vpeTicrct} yevécrdai tïjs è[irjs oùcrias xXrjpovoyiOs^^. tlvirep xXrjpovoiiiav
' EH à^. (lY/. ' AG, manque œs.
" E OfxvwS/ar, G ho^oXoyiav. '" I hô^rjs xal stursësirts ehijyaysv.
' G yàp avT^v hià Tr)v 'sroXXrjv aiiTtfs " BH Ta(xetov, CD sis rà aÙTOv T(X(isïa.
aivea-iv. '^ E àvapidfxijdoov.
* Bolss, àitayopeisis. '* CEHI redéarat.
* EF ècrdiJTa, -ïï^apisëàlsTO paxœhrj. ** Boiss., d'après le ms. 1, t^s è^ifs S-w-
* E fseipàaas. yaxpàs àvr)p yevécrôai, ysvéadcu hè naï
' CE VTtàpysi. HXrjpovôpLOS tïjs èfirfs otxrias.
* ADFGH, manque aOxor.
— «.( 124 )k-.—
xoLiac^x^^v èxeîvos zicivTas imepripe tous èvSo^ovs tïjs yr}s xat tsXov-
(TtOVS.
XIII
PARABOLE DU CHEVREUIL.
Ms. 9o3 (A), fol. 90; — 904 (B), fol. 83 v"; — 906 (C), fol. 81; — 906 (D), fol. 27; —
907 (E). foi. 55; ~ 1126 (F), fol. 70; — Supplément 769 (G), fol. 170 v»; — ii3o (H),
fol. 80; — 1128 (I), fol. 95. — Boissonade, p. iSy.
^e€p6v SopxdSos sVpeipe tis twv TsXovmwv. kv^rjOslfTaL Se olvtv tols
èprifjiovs STTodst jrj (pvcriKrf éXxoyiévr) ë^ei. È^eXOovcroL toivvv èv fità, eù-
piaxet àyiXr^v SopxoiSwv ^ocrxofxévMV^ xcci èyp^ievcL^-^ tovtwv TSspirjyev èv
Toîs TSeSiois Tov àypov^, V770(Tlpé(pov(Ta fLsv TO TSpos ècmépcLv, oiyLOL Sk
ispœf Tri Twv ÙTTOVpyovvTwv àpt.eXeta è^£p)(^ofjLévv xcù toîs dypiois (tvvol-
yeXà^oucra. Éksivwv Se 'usoppwTépw fxsTOiÔsfjiévwv véfjLscrdai (tvvïjxoXov-
dYfcre xcd olvttj. 01 Se tov tsXovcjiov ùirrjpéTOLi tovto ai(j06\Levoi iirnois
ènixadhctLi/les * xoltsSiw^clv ottig-m olùtwv, xolI tïjv fxkv ISiav SopxciSoL ^w-
ypV(7avTes xal STravac/l péxpavres oixccSe dirpoÏTOv tov "koiirov eôevTO '
TYJs Se Xomrjs dyéXrjs tols fxèv ^ divéxTeivoLV, tols Se xolxws SUBsvto.
' ADEFHI focTXOfiévrjv. * Boiss. i^' ftnrwv âvaëàvTss.
' G èxpiiévïj. * E ràs hè Xonràs rrjs àyeXrjs &s (lèv.
' I et Boiss. Spufxov.
— *>( 125 )<^—
XIV
PARABOLE TOUCHANT L'AMOUR DES FEMMES.
Ms. 9o3 (A), fol. 1/I7; — 904 (B), fol. i45; — goS (C), fol. 189 v»; — 906 (D), fol. 65;
— 907 (E), fol. 88 v"; — 1126 (F), fol. 117; — Supplém. 769 (G), fol. 49 v"; — ii3o (H),
fol. i35 v"; — 1128 (I), fol. 149 v°. — Boissonade, p. 268-269.
BoLŒiXevs jis TSOLtSos dfxotpœv oippevos rjvtOLTO , Xiav tïjv \pv)(rîv d)(66-
(levo? Kal dTV)(rjyia tovto où (jLixpov Xoyilofxsvos. Èv tovtois ovv olvtÔô
ovTt yevvàTai vlds' kolI x^pa? ènl tovtm tyjv xapSioLV^ èïïsirXripMTO^ à
^OLdiXevs. EÏttov §s avzœ ol twv ioLTpwv è-KK/lrjiLOves wSy si svtos twv
SœSeKd^ XpovMV ffkiov y) TSvp t6 'tsaiSiov^ tSoi, (/leprjB-ncrsTCLi TSCLviauncLcrt
TGV (pWZOS • TOVTO yOLp Y} TMV OfJLfXOLTfjôV OLVTOV B-é(Tl5 ^ SïjXoT. ToLVTOL TOV
^aa-iXsa (xkoixtolvtcl XéyeTOLi olxiarxov dvjpwSss sk TSSTpoLs tivos Xa^ev-
craïf xoLKsTcrs tov zscùSct ^ercL rœv TidrjvovvTwv olvtov^' jcccTaKXslcFOiVTa ,
fjLïjêoXws i^-éy^pi (TVfjLTvXvpMo-eMS TMV SœSeKOL "^ èvioLVTÔôv (pwTo? VTToSsT^at
yLOLpfxoLpvyrjv to TSccpdiroLv. Merà Sk xrjv (TVfXTTXripMaiv twv SœSeKcc^
STwv ^, è^dyei tov oixhxov ^° tov TSaiSoL (Ârj^ev oXùôs ^^ tov xocrfxov B-ecccrd-
fxsvov, xoLt KsXevst ô ^ccmXevs TsàvTCL kcltol yévos 'U^ccpcca^vo'OLVTOLs ^^ vno-
Ssî^cct OLVTW, avSpoLs (xkv èv évl totïw, àXXap^ou^^ Se yvvouxoLS, éTépcodi
y^pvaov, cipyvpov, oCkXcLXpOsv fxoLpyapiTas ts xolI XiBovs TSoXvTsXeis ,
lfjL(XTioL XoLfXTTpoL xcù xocryiioL, dpfxoLTOL TSspixccXXrf (xsTcc ïnnwv ^acriXixwv
y^pvdoyjÙKivwv avv tgltïï^cjw^'^ àXovpyoTs, xolI dvcc^oLTOLs stt' (xvtoIs ônXo-
(popovs, ^ovxoXioL T£ ^oùjv XOLI 'csoipjviCL zspo^cLTwv. Ktti, àiiXcôs eiiTeiv,
' C T77 xapS/a. ' BCDEFGHI et quelques mss. de
'^ CFH STrXî/poÛTO. Vienne héxa.
^ BDEFGHI et quelques mss. de Vienne * CE èviavrân:
ZéKCC. '" G TOV oixov.
'' I et Boiss. tffatS. touto. '' H Ô\ov ôXœe, F ÔXor ôXeç rw x6(T(i(f).
* B j; TÙiv {lâvTœv Q-é(Tts. ^^ D xjTioalriaavxas.
' Bf , manque avxàv. " C àAAap^oOo-e , DG akX(f)(ôi)<TS , F «AAa-
' BCDEFGHI et quelques mss. de ypvzs.
Vienne léxa. "' BD "ziTtaoïv.
TsdvTOL f/}oi)(jijS6v xjTieSeUvvov ' tÔj 'uscuSi. Uvv6ctvofj.évov Sk olvtov tî
TOVTwv ÏKCL(/lov jcaXsiTCLi , oi Toû ^CLCTikéœs VTza,cnri(/JoLl kolI SopvÇ>6pot
Tïfv £Kà(/lo\j Kkrjaiv èSriXoxjv. ils Se tyjv KXr}<Tiv twv ywoLixcov ijpeTO
fiadelv^, Tov cmcLddptov^ tov jSacrtXeW ^(CLpiévTws emeïv, SclI^ovcls olÙtols
x(x\sî(TdoLi at Tovs dvOpœnovs 'usXoLvwaiv. H Sk tov tsaiSos xapSia, tùj
èxeivcôv'* TSoOùj TsXéov twv Xomwv'' èQéXy(Br)^. Q.s oZv Tsâvra rsepteX-
OovTSs TSpos TOV ^CLCTiXéoL tnoLvnycLyov OLVTOVj ènvpoôTa ô ^amXevs tI
âpscrlov OLXJTw TsàvTwv"^ Twv ôpccOévTMv èÇxxvV' Tf^, (prj^^iv ô 'u^aïs^,
oiXXo, àXX' ^^^ oi Sixiy,oves èxsivoi, oi tovs àvBpwTvovs tsXclvwvtss;
ovSevos yoLp twv oÇtOévTwv (xoi crrffxepovy rf t9} èxeivwv (piXia è^exavOrf
fiov if ypv)(yf. Kai èOavfJiCLcrev ô ^(xcnXevs èxeîvos èTvl tw pr'jfxoLTi tov
'TSOLiSoSy xal oïov èc/ll Tvpavvixov XP^\^^ yvvciiKwv^^ epws.
' BE virsSs/xrve. " E t&v iXkwv -zsepieOéXxdiij.
* G, manque (laôeïv, H Twv 8é . . . B-é- ' G et Boiss. , manque -nrârrwv.
Xovroç (ladeîv. " E oihév Çirjatv.
^ BEFH et le ms. XII de Vienne tov " CD , manque ô -arars.
(TTradàpiov Xéyerat. '" BG, manque i).
' F èxeivo). " BEFH yvvaixàs.
■' HI Tiràyreov,
-'♦K>.( 127 )<^—
B
EXTRAITS DE LA VERSION ARARE.
I
NAISSANCE DE JOASAPH ET SA RECLUSION.
Ms. de l'Ancien fonds 169 (A), fol. 7 v°.
Ms. du Supplément m (B),foL i4.
Ms. du Supplément 112 (Cjjfol.gv".
Ms. de l'Ancien fonds 160 A (D), fol. i3.
Ms. du Supplément 110 (E), fol. 6 v".
Ms. du Supplément ii3 (F), fol. 10 v°.
Ms. de l'Ancien fonds i46 (G), fol. 6.
^^yi^J^^j <.u^j.^ jl>i^â.L CtlL J,t ' j]; (^$-^t ^J^ fy„ Jj
(^5Lc U LtfJà.£ (^p^-^ ^iPliLi ^1^X3 j^v^aJ. f*i^j; '•'''^^ '^•!>-^'
' BCDEFG Uî^. A^yb dJaî Jyuu«w <^^Uli; — D ji»L3:>li
* Ce mot, qui est la traduction de è$ a^^Lw Ijyyuwa^» Aj-* (JJJLî.
èiTjAoyvs, ne se trouve que dans le ms. A. "^ B ^yH L»; — CDE »_j6 U a*ivxj ^i
B 2Lsfc^ yj)--Mi^ \j**^ y.^ ; — C (J-*3-* ■' — ï^ <*^r^ ^ ^y^y*-?. {J^'^ — G
{^.y*r>^ Jl^;; — EF i^ y^ ïj^ JU»-; »^^_xj^^ cujyî! ^lk> t^^XÀ^L fj x>^*L»j
Afil^T; — G y^-*-^j iL-«*_5- dJUî Uî^ ' GDEF i^^iî <^î ^1 (^; — G ^^
" EF (j_*^|jJX]î; — manque dans ' CDEF CffJàs^ l^^ JJi ^ î^^;
BCD. — G Î^A-»*c!w^ îjAa.-4.
' E xojJLj; — G a-jL-* lj^; — C 'G yU,.
128
• CDEF y^-C*-»- Ajit ^ aJ IjJU,
L* li> (D tsJiàs, OJLo) l^fvtâfc (EF y^)
' CDEF^3^x,yû^.
*>Ji
U
,li
(:)^|<»^^=r;
.7:; — D
A*^ >«^-^ ; — EF ^-^-T' (j^ Jukajilî _j^^
/»- ft -fr j y^*^ *^ <J^ 0-* î — G «X^.1 y!^
•" EdUilL^Î^I.
' AC wL4w AxAf (C 4^<>o «Xi) ^Jo
^^-.^<J\ ; — EF !Lm A-A-A-fi /^^ «X-J»
-^j^l. — Le ms. G est détérioré en cet
endroit.
' B y5l ijJ^l; — CEF i^\ ! Ju6;
— D A-a^L^ yl; — G i^j-Li Îiv-A.
* B uij^j^ <X-<iî^ (j*'-*-* ^ 5i»<Jsi; —
CEF ^U» 5Jb J^!^ L^ 5V»ai; — D li^cl
A «X^VMMhJ ; — CD AmmmJLo «XaCVxMi .
J° C xUl c-UÛ Jv^; — EF ioUill ; — G
'' BEF ^^.^^ ^; - CD ^^Jaj? ^.
'' D, mancjue *_Xa_*Lj />--•; — C /j_j»
A!yi^ xLytb.
>>x»^ . . . (..jJ^ ^ manquent dans G.
'^ D Jyi Jii^; — C ^,4^41 ! JsA aJ Jlï
'' CDEF ajoutent JJUî (i^U^ ; — G
ssj^ ^ jbJ3:> ^ ^»^l Jli yl (^î U5
. . . (j^3 aM! y L Jj .
■ " CD IJ^_<û (j^^-x-I^; — EF (j-wj^J^
M 129
4l ^«v-O? .^'jp^ ^t^t ''^ j;"^! <iio^U- ''^j ''J[x^ <^5s^t
^^"^ <jl^t^ jïHotJI ^jL^ ^* ii;^ 21 :^] 4! t^jLi^ "^ J jfyi^
» G ajoute iUjcJJ; — EF àÎJv-«i)l
' BGvU*-'-
. * Çj ajoute /o-g-j^ (O^i*; — DEF ^^Lj*.
^jjtxjljL^ "Ùj^jm J^ ^xbJb (EF Xjî 4pj»*)
* G JJlù . . . JJi; CDEF ,*-fs« l^i
(D (^^■■&,-*Jl) »;Li^l »4XJ5 XjL« JJLlî
D AJLj« JuaJUaj »J^ (4^) JaA^ t^V^
EF AJL* JJLij).
" EF yjp^ «JCo^y ; — C dJi ^jL4
jxi^ yy^ Aa^y (jbjtit>; — D dJ«>sj ^jl^^
' DEF ilyc*^.
'" Ainsi dans B;
— manque dans les autres manuscrits.
" A partir de ce passage, il y a une
lacune d'un feuillet dans le ms. A. —
B y-
à-^^y
(D ^ KTI Jj) ^'^-toi;
A »*X_:wt Jt_fc;
G 1 ; <1 ■>.. «;
— CDEF «_
C ^^Smh; — D /oLm^.
" CD^Uiû.
'* DJOLfc,.
G «UmJ Lo «XÀfi^ .
" CG i^j^ tjl; — D>r Ji; —
EF 4-^ yî.
'* Dc^y^.
" B manque^ /»xfcs*<«.
" CDF manque a^^Um ,j.
" Manque dans CD; — G Aj^^fcot» iJ y!
" CDEFi)^.
iHrBivtnir îc.tTioxAti:.
-^5.( 130
^^♦JLUoj *4)sJLc C^iXj t_>via.j (^^ "^ c:i>I^X-U,! <-/oU| k,uo*»^ (^^]^
^-^ û«p<sê Ls^ <^^' J3sil ^ j^a.t ^j^y^ ut ^LS^ V '^^•i-Lt
V '^ lij^ L^ <^l c5S^I '' J^Lo "^ ^3sa^ '3 |6uJ[
* CDEF (*iaJiJ J (D (^) (^ ^5^1
Jy^^\
AAfi.
' B eyîiXJLUî; — CD ^_j-j- (^^
c:,!ijUl^ c:,L^Î J^ Ai (D o^y); —
— G k.^M*-so5 Vr^' J^ *-^ (î^^ (J^
"^ CDEF L4-J -jcjLXj^; — G VT^a^sJ
' C cylJyuùJb; — D c:yl*>uuùJI; —
G *;yly& \je^ aXXj3L) Jjb Job il^.
' G ^>->--l^ ^ *4^ **JUj iJ^ ; — d
" Ce» mots manquent dans CD; — G
" D iLLs. ii-i^Li. JJi /^Uo y!^; — G
'^ CD ajoutent aJ ; — G U ^^ y! (*^^5
as^! -^ aj -«XX»; — B ajoute xî «-oj^
8w_A_£ r*'-'-:?^ d)u^ 0>O ^j9£^ (jby« Sb!
X-gw.-a^ l-.agV <<=> LL^ ; — D Liloî wo! -^j
^j-as?<Jj (J^y* f»'*^^ ty**^ Ly'T* ^^^ *^^
xw4^ j4^^ v'^ *T^ r^^ diUjû /y-«; —
EF (jbj— c 3I !*X_:w5) (j=';Le J «n ■> iî^
^
\jJm
^<^*«J ^^■
-* c\f>^ -^ j, ^-^^^=^ '^'^ 'S^ (•U>3 ^^
(jby 5b (F ^€w^ ^*îy^) ; — c j^jb! yl^
xw^ ^^^ (_>Ly«w AÀft >«baJÙo^ fttX^ /w«
'* CD OvJbLiJ,- 5bXJ; — E i) *il ^^«^
" CDEFG iL*-Jt <^l (C <^Ufi) ^^^
(EFG ^CkJL«Mi«) ^^^JÙmaXI «a* 0(^-
131
II
LES TROIS RENCONTRES.
Ms.
de l'Ancien fonds
169
(A)
, fol.
16.
Ms.
du Supplément
1 1 1
(B)
, fol.
21 V
Ms.
du Supplément
112
(C)
, fol.
18 V
Ms.
de l'Ancien fonds
160 A
(D)
, fol.
2/1.
Ms.
du Supplément
1 10
(E)
, foi.
1 1.
Ms.
du Supplément
ii3
(F)
, fol.
17 V
Ms.
de l'Ancien fonds
i/,6
(G)
, fol.
lO.
JS<Si ^.JJ\ J,t^-k^ ^_^ ^-y^'i] Jlc ^^^1 c^it ^ISj
QâAj ^i> UojJL
^ '^U ^jp^ <Âwo bt ^ôJt t._/wsuJt 'cAltj j4-**Jt U?l ^^^^ J^!
<^j-3? 45«>JI (E^i)l ^ c^-^^JIy^ U)
5A^! .^^u^i J^L? (EF ^uw) aJ yjXw iJ P&5;
— Dy,>t bt dJJLI «xLJ! L^l aaj^ JUi
y^X^ ^(jw [sic) aJ J ^^ ; — G <îujil JU
EFG x.«w L» «Xa£. — D ç^Uwiî 4>sj!jti
IfoJs.
CE-2AXÎI tJs^ JoU;
' EF, manque 5»jl .
* B, manque ^^ill Juc; — F jL^ ^
'• D 5j_jÎ ''i-.*-^ J-:i-:> pUi't (JÀXJ i^
*îl^:^t «XJujb^ LbyU Lcw A-î-ac' yt^^; —
* EFpUi)!.
* B , manque viUil^ .
A <frjlà (JT^ (^<^l CjAAAwJl.
' A AJW.
iiv-U jiL aJ y^ i); — CEF.ovA^t
--*->{ 132 ].c^~-
^ — « jjJx-yOo ^-A^ J^ i)j~^ c5^-*-^-*> ^^ S-5]j-?J jj^i j^^I-^
» A »Lû^!; — B »Li^; — C «Lic^l
Cjyj*. ; — F byaw »1 A >> ! ^t .» •> j ; — E
Ujjai. ftU*^.l AX£>.^t ; — D ^'y^- c-» Joa?!
* BCDEF aJ (B JUi) JU^.
' BioU,.
* CEFyfc Lo.
* B viUUL-ûw,; — G JJUi; — CEF
' CDEF ^y Jl iisy-^ AJb;î c^^.
* CEF j^l (CF à,U) j.:5iUJ! AjUwli.
* EF l3^3Ê^ Li^lJ6.
yàUiJ
■^^ 3-^ j-^^ v'j^'^
" B v^-^; — G vilUl *jU-li; — CF
/J JUi; — DdUlÎAJ JUi.
'- G JuLaê J^Lio ^jl ; — D jjyi loo
'^ CDEF viU-uU 4^:>^ L* »XALio i) ^^1
•* CDEF, manque AKyûjJl.
'* B , manque (jm.À-xJI iiX-L» Lo iiioj ;
— C Q*jiJî x> i> JsJj" Lo; — EF ^^-u. Jbj
^j»,uLiJl A-j iiXXxj Lfc^^ ^ J Jûj; — DF
^jmjLJI <90 SJsXXj Lo iùyO^ .
•" B y! JyyJî 1^1 ^ (jJ^I v^^'î —
CEF Jsxj vi)l j^ ( c (^i)t ) t^ait t^U^li
L^l ^i ^j! ^^^xjL, (C 5ASU) uj^a^ » J^
^iJl ; _ D ^jl j-î-^ 2XJL» ^! ajLs^U
JsjuJi l^jl ioCS; — G ^j-yL» (jjjill aJ JUi
'«•( 133 W^-
h^ (^S—^*?- uM <M^— **«-~^ (jf^»-iS*-^l Cl5!3>.1j jJ^ÎLaxI oa-*mJ ULil
L
r;r^t o' jr^'^ '^dy^ ^'^ ^-^^^^^ J^-^' c)' V^ c^^-uJ
' C p^<y.^ ij^L ; — EF 1^^^ l3îj^! .
' CEF, manque J ^aJU^o.
* CEF J^JJ *jtJd; — D «iX.^ ^î
s^Lm^^ ^^ jM>^' &«xb (jM>^! ovmJ JUL
«Js-jiJ; — G (jS^y^' ovmJ jLil IJs^ ^j!
(J^î (jl (5^-:*. là^^ uj^ <-^ cr*^ **^
* B , manque ^*^ .
* AB ^;U^ u.
' CEF ovi! c:^.
» EFG^y.
' E yljj^l ^i» I4à; LShs^; — g ^j!
" Bl^y ^<^!»«X;fcLiuf; — CDEF
(D (-j^^ rr^^) Vt^ (^ ^y^' u^ y*'^
yj U« (D ^LJLjLju^ «XJLc) iuoLxjC; (^uiub
(D, manque «Xju) <X» S«X(bL^!.
" CDEF jUdt IJ^ Jou; — G ,*<w a
'' CDEF viUi (^; — G aJOû ^^.
CDEF «^HH^ u^Jr^ ^ *^î-^' — G ;Uj
JJi.
CEF
JL(^i)!; — DvXJ^I
4-yH^; — G*xyi
'' CF JJi ^1; — D JJ ^î; — D
<,.Mw>A. diJUû c'^«.a>,t «XJ».
" BDEFG L^; — C L^-.
" D ^5UJJ aù^ ^fy^ — G j^i
xJbli^JI cyiliJt^ i*x*JL>.
" DEF iiiiaiv.
l3/i
^ (^^y^â-Jil Lj-J^wJ LôJ^a»^ cJJb <.^vkit <-i».uJ (^La^^I ^t (J!:»^
i^ /^i^— ' J5 S-'*-*-^!!^ ^(j-^Jï-'^'^l ^^-^Lj^ (^IsJaJl ^ *^ ^
c)J^^^J
^v3Jil jLa-3 <.4u-â3 i^:,KjblSj L^HoLc Llt-^ V Iv^v-^ ?^^i? ^^^
,A^ >^«X-o^ c,^ f > j ^1 1(^->*I
(5/c) jL
pt—AWb-j; — CEF >^4X_J5 ^y^ (J* 3~^l5
pLkM «,:'< A ^ Xj (C ^îtX-J^)•, — D -JOUjj
— G
uV'^
. ^ / *** ^ 1 ^ 1$ .
— CEF I^Js; ^î **• (ijjJJî (C -v) Us^^
iUL^ i (EF »UJL, i) y!) «UJL, ^^î iUJî
ioJail pLyiiill ^^j^. (jCJ Jaii! yS^^»^ (5*1
i l^_JL> i) yl A** {jy^. (^«^^ C^*'!?'^
y-jyj' (>iCJ JoUl (j**A^^ l^ iCXxIi <ioùJ<9
,„„, jUJî^ ;L«-ii)! v^'^; — G ^tylj
' CF dLJ*X_j 3_rf> J .cL^A^-JL,; ^p_».
aj iJvJuù^ (F JJi *Xi£>Uio i^ij^); — G
Xj JJL»^ *iU Jo »-Xi JiUuJ ; — D tili
i aJ
ffc^
yXt *j^t ,Lii)! ^>«^^; — G U|jl^
' CEF (C cyU^JaJ!) ^3^1 ^;IjL. i
(F t_>-JaJl^) v.jLjyjL*fl xJlj ^y^i ; — G jj
* C e.L^!^ ^5Ut ^ij^l ^^ ^y J^^
jUMI^ ;L*-iii)! ; — F J5Ut ^1^1 jXj
J^ î^^.jc.^1^ ^SUI ^1^1 ^yJî ^i;b
Aj .^«XLo^.
»yudl^; — EF tgJ^Xtf» -^1 ^;! yî Uâ
^^!^ »yLxJ! J^ wiLUl ^^1; — D U5
' A, manque -ItX-àl j^LlXj; — CEF
» CEF ^>o^l i ^^JAJù bl^ (:j4=-y;
I
M 135 W-.^
L^ ^^Lo"^! A^>«-d> ^1 ^L^ls ^ûs-k>o <àjLc jsi U ^Uo ^|?u5n^
J iiiU J5U) ^^^^ ''l^.^j\ <J^^ V o-'-^' ''j^ cô-*^
' BG JL^A^^j U^JsL^; — CDEF U
UyJU^ U5 (C ^jbU L$ Lo) ybU.
^ CG UyiXc.
•^ B dU^Î aiyii^; — CEF liLe »yàij;
— D i*Xri>Uiw«; — G iùÀs. U.
'^ BGibyio U5)T»J^.
' CDEF ««Xjû (F liSU) ^U »^l^U
(D (^s^ir) ijy^^£ (E lit) pL^ill.
•* GyiJt;.— D^Ut.
CEF tJsXô (F
t>;*=?^) cry^^-
' Fjcw-^i.
■ Manque dans D; — ÇF Li)5 /oJiXJt
— E Lbjî /oJiA_Jî /wo.
'" CEF ^U.
" C »*X^; — EF tik^.
'' CEF^LJ.
" CEF «^U^li.
-yiJî Jo; — G t*X^ :5)oU -5Ajiîî -o^UwU
Jo ! js^ /»^AA*aJ yt S^tfi J^ (j*yJ ^^^3^
y^yJt^ H«jJ» j*»LjLJI (^ d);«X> c:>lii)5 SJnJÛ
i^*X_^ oO»^ ; — EF Jl^j UsjI -0^ JU*
-*♦•{ 136 )•€-!-
^cjl) U Je ^-A-U <-J^^j\j jJLuJ.t ^^ c^l ^J J^S^-^kii
^LL bLl^tjL^ U^ li^ «^ l-U^ JS\3.'^j^ç[\
Joo
dtX^JsX
4-^LiJi ^^^.-:4->o ^^-AiLuJl i boo ^^^wo <û*^i ^jîj;^ '^
' CEF (jb-_«_j yi ^ysyft U o**j (jt
iLc«Xx!l ii^^\ i<yub \9jxc_ JsùJss \j:\^ aj
cyjiî. — La phrase entière manque dans
le nis. D.
' CEF ^^ JJi OOLfc dJLlI (^) oiXi
(F JJi) JJjJ Ax=^^î^ (C ^) JSLII
4^1^ L» JlX Î*X^ xJS ; — D oi^ »ù\ ^
»î; L.; — G iUL-Ul (^ dJdî (j^î v-Àiii
=• C «XJ^I^ x^^ (jj-M^ow ^>; — DEF
* G ^ Ltf »*ys^Li Cil a(^>j t-^hM?
* BCDEF, manque ï^.
* D »yJ-jdU «-^^ -Ljt Jot-j A-iî AJ
' CDEFG, manque -ULj U-a-
CDEF
^
l— /«. I (ft
ÎJ^^ ISatu* A£*.^î (D v-s^, EF ^*Mb*); —
G (•j-*^ ji^^ ci~^ 3 ^'.5 *"^.5 f* "^ *^*?^
(pour ^jijSji^) jMw«pCj^ 5ty» ooLtAo «Xi
' CDEFG, manque aJ153L Lyft.
'» CDEF ^H^^l-? o»Hu«-^ au lieu de
" CEF^yHS^Uî (C AjJ.^Li) »*Xi^li
»j_jLa-L» îi Lo JL**j ayAjl U (C Lajl)
(C LwaLjî) xji-« y^-oL^; — D »*XÂ.li
^j^J^ L« J«x_iL JLm-^ «y^j! LlJAs^JJ
aÎ IjJUj ; — G AJwXi cyJiiSj AxaiSj" :>!y»
y^\ yJàjM JJi> ciyJ aJLmj aJL* U«Xi
" D yL-jl i*xd>.
* G /wajUw 8«X£.
^' G '"^ 'n f' • '''; — D ç-» yiiiuLX-j «X»^
»|^_.»; — CDEF ajoutent ^_jj Ji-e
^^3.( 137 1^-
j>yj> (_5iL^^i_JJt iSLû ^j-LUi) ^y-^y^ M^X-4-3 lî'W'^^ V''ci>^t
o
* CD AJt^l; — EFy:^! a)!^.
^ BCD ^ (C Jvj) i^«w; — G yl Jl
iJL^ ; — EF, manquent les mots . . . ^Xjj
"■ BDG »y.
* D ajoute : «Jî^-a^U iUai. aÎ ^jl^ yî^
« D aajI^ y^j- li U.
' B cyjXî ^ J^ J^xj aJ lyU; — CEE
«Xxj 0^ a) (C ^) ^^ (jMuJ Ait 2(^U>.l»
_^ i) cyj-ll iFl (E l^ Lii)!) U; îjvd»;
ytrS- iJ cyj-lî ; — G aJ Jj jj**J AÎ y Ui
* BG V<s^\\ — EF ÎJ^j ^U^l.
* GDEF oàL-AâLj (D ,î) p! bcçr ^
" CEF jL-b Jl_c ^yX\ d;J^ ^ y!
!j^ (^ J^-il JI3 (EF ^o^gJLi); — D
CIJ^Jll A -Â-g y. .-^ l A > {J-^^ (->Uw ^^^ *-:^^^
«Xxj^ Axa JwÎj filo U Jl JLil Aj Oi^JCjI
cy^-C dJi ; — G yU».jy! J;iX-> ^ ^
Jo ^ ty> IX woâJ ^^.^ c:>^i .
'* Cette phrase manque dans D.
" B A_.L_^ o^:^^; — EF i yli yî,
A_jLw« ^I^al «X .-yy :>• A— L_A-_a». ; D
^^Lsii «X.â>^ aAiAs*. Aaà J^ ^ jUi
Aju».
" CDEF »Jv-<5 JoU Jî I^X^t -*xJb ^^
138
U :^l9 <-siJ ^'^^ i:j* J4>si "pli |?uJt <^5yJt c^i ^t'Uift
."<63 |j^ ^L^i>t ^^t^P^j ^j cK'cir '^y^l j^^H^I ijuô l^t
' CEF ^! »J^ y^Lç (il ^^U »^U.I
jLjL»; — D i i^m yl (jj-ftJi^Li "y}^^
»*X_t6Lim xjuajuil U J^ ck^^' ;*^'
* B ^Uî yUa^; — DG yLoill JuA,^ ;
— CEF ^LJI JuA,.
^ CDEFp^î |j^iû JùU Ji.
* GDEF, manquent les mots /j-X-C i)^
(«Xib...; — G l«XA wk^ Lçi ^^ !^.
* B jxJo U,à; — GEF^ uy^l ^ji)
t^ » * lrr> (j-Jà xJL^ ^l*J! J^; — ^ (J^
* BG,>wL«.
' G ajoute ô^yc* «a^ Aa^^ .
* D, manque e^J^^ . . . Lcj-«éj-«; —
£F, manque 9-^>y^ ■ . • AjLù'U.
C U^ u' 7^^
•* DEFG ^^.
" EF, manque LlU^
" D, manque tf^X*^ . . .^JUXî
>* DEF lL.;i) Ij^;
l^3i) a1 I j^; — G Ax* aÎ^ ! j^ ^jl^ il^ .
'" BGEF itxi^!; — DG(^.
" CDEF Ai^ 1j y ^^jJi cy^l.
"* B, manque ^^-Jfc; — CEF, manque
" CBIF, manque /o-J'y^^ L« . . . kJii ; —
D, manque /oJ^^i . . . (jia^UJ! ; — G ci»^)
fi-'r^ Lt cArMOk. ^^^yÇ u^^ ^^)} (S^''
" B )^.
" CEF *-jli i :>Sj^ _j_i6j ^"-^H^^^ ^
Jl^I ^^ ^tjJI J.X iyjLc« JyiJI I j^
cyjXt ; — D JyJI t*>jft àSy» yftj ^gMl* ^
pl^jJl Juft cyj-Xt j J^iou Ajii i; — G
139
III
PARABOLE DES QUATRE BOÎTES.
Ms. de l'Ancien fonds 169 (A), fol. 27.
Ms. du Supplément m (B), fol. 3o.
Ms. du Supplément 112 (C),fol. 28 v".
Ms. de l'Ancien fonds 160 A (D), fol. 34.
M s. du Supplément 110 (E), fol. 16 v*.
Ms. du Supplément ii3 (F), fol. 25.
Ms. de l'Ancien fonds i46 (G), fol. là.
"^ ^JJ^ ^Lk-c '^L^L-A-J 7^-^JJ ^LXiôi <^U. Jr(j-» H-^Lo* ^Làj1
^vjj^l ^fcJj "4_I-s-i6^ N~4--«L**^ JLâiL ^L^Loo ^^yiJ <-U>o«
,Â^ ^^J-SjJC-w]^ ^^L^JSJ^
' CDEF
^ BCG^-.
* A l^ ^jUi-iJÎ ; — EFG (jjJ3] .
* DG c-.w^j^i ^ULaûo; — E ^Uuaj
' DG j^L
c Lg-U ^;jijJL«*»j^ ;
— EF /o^xXt (3jy_5;
CEF ^^i JLuL
Làjl ; — D t^i ^j^ JLoL- .
'" A yî^ilî; — B Dl»3 yj^\ ijjJ3:^\
]1^y, — CEF ^yhX,, t^^i)î (^-^S)!^
)j_aJ»5 CiL-iV; — D -_àfc.i)l (jLoMÎ «Xi^^^
ocJjJU ^j^jJJaj; — G wi^ill Jp-L» ^jl^
" G ;L^Î (j^; — C »;L*- ,Ujf5; —
EF ;L^I pSAjCj ; — D «;l^ u^^ .
^^ BC v^-A-J*; — DE J^uiMy^ — F
•' B l^J^j ; — manque dans CDEF.
" CDEF (>V--^^'
— '*->{ 140 )<H^~
pxij ^.j-^vyt 'oU^i ^^lUiLx^vl Je ^jJi ^x}\ -\5jjJ\ jLyt
L^t-6-i ^^^ ^1 ^^.^ y Is ^"i tlr^ syL^t L^u^- ^,>^ j^t
' A dL,i; — BEFG JuJji; — D -^•
jj^jJI ôl^î JL^yi dLJ^' UjocwÎ
'BDEUyJ.
* G L^yt^. . .
^CDEFy^ybyl.
* AB L^Lfl; — CD, manquent les
mots Lfyjlxl iUy AJ^yu^.
' G Jubiyî; — EFabyl.
• GDEFG J^.
• G AHS4^; — EF iLfJ.^ cyU^b
" B(jy*:^^|;— GEFc:,U.^laU! JJl3
" A Uy^L.^; — E Uj_;opL»; — F
" BG dJUI ^L^U; — CEF t^L^U
silUl.
" BG, manque Lil.
'* G c:>Liî*XMJt (^^b.
'• BG^àiXI.
" CEF, manque ^J^y„^*^] )J^^*^^ •
" B \ùSjb', — CEF ^jl LJ ^jx^, ^j^
IJ^(Ey_^(^IJ)y^.
" BaJuùJIxJoUI.
^•«.( Ul
Ul sy5^ iJû"^ 4-6JJ <-i«Jt <_>]^^t ,^5^^jl^t jLx^ xvç^ Mô^
10
13
' B ii->J JJL! ; — CEF y! Jv^yLxa^ ^li
(F (jjHy.çj5 JUl) ; — G ^LjLj ^ji ^i ^•
' CEF ^^.
* BG iLd!.^; — CEF iC^^ ïLkXJ^
!«X^ (Eiùû^).
* Ces mots manquent dans CEF; — G
« CEF^ !J^ y! JJai ^ JUi; —
G JùUIJsift.
' CEF, manque iuLXl!^ .
' BCEF /o»».VJùiwb<>.
, ^ CEFAi^.
"> EF c:,l^i)l^.
'* E (j_*_i:jjpll ; — F (jjj^
'' CEF JJJy^^.
" CEF l (}. » A b /-<v^»*o (E*puiioj) i<<î*j^
(F L^^AxIô); — G l^-Axb !ci*j iO.^,^S-îJ^.
•' B tj-U-xJi; — CEF l^Jôl^sl x>^ JLS,
(C i^^oijl) {jy^^ i' viUi «XÀ£.
B /jL^Uib.}; — C \y^jJi*ji; — G Ju»^
^jm^^^ A rjl -s! /^-a-£^Lj /^vA^b L» /oX:^
àÙA-Liuu!! /w^ax^L UX«b (j^^. (ji LlLçmm
ttX3 ^i tiLÀJLt JU» V l«Xs>. iuJuLo i<^«^
yL> LaSuj! yfi^îj V ^i^^M^ ^^?^' L^[jji)b
U2
^t f(X^j f\j^j fl^ \S^ vt^vXi J^jj '2;-Lo ^j^^Jj ^l- Jr
JuA^ ^.^^' ioAjc^ u!^^'^ iujk^l ^1^^
b-'T^ l^^l^ 0»»» -s Q^ ^^^>^^ Ix /^~40laL
B pUi; — manque dans D.
' B (^^ill dUi)^ i^Uo; — CEF
JJi (jy^u-jliOt (^y>jco!ydI (j^JU-y ^^^
-AJL^ (JiJI j-LUi ; — G l<yJùç>*-J ^jiiU
' CEF wjbUâJLj -,J>*XJ^U; «x* ^^ÔJ!
^ fl - >j ij^ UyJ ^**gL:*' ij^y^ ^x*é*i^ ^
J iùâJLU i)3ibw]; — G Lftyf.Xi5Ui ^jljJlJI
JuàJÎ dUi LjyAxLJ y!. — Cette phrase
manque dans G.
" CEF (EF ^^ 1^1) j^lj^! tJs5:^
(F ^M-^JJ' E ^o-ô-L^ J>!^) ^M-^^
ij-ft^x^is, il dJ j^ (E ^o^^-^l^) ^0^^
(^LJL Jo yûUâJU ; — D M^^i r^'r^^
iUbLJl pLuiSX) o=>^'
i->( 143
IV
PARABOLE DE L'OISEAU.
Ms. de l'Ancien fonds 169 (A), fol. 89 v°.
Ms. du Supplément 111 (B), fol. 54-
Ms. du Supplément 112 (C), fol. àS v°.
Ms. de l'Ancien fonds 160 A (D), fol. 62 v°.
Ms. du Supplément no (E), fol. 39 v°.
Ms. du Supplément ii3 (F),fol. ii2.
Ms. de l'Ancien fonds i46 (G), fol. 26.
I^LÂ...A^ ^A.^.
t; o.
L^:^
u?-
Ul^^
y>e)'
fi
D
' A àiJ^Î.
' BE !3;i^; — G;^^_^sO!;
^ D, manque *JoL>^.
* B, manque UoLU>*^.
' CDF «^ ;^^t ^i (G3;jli) ^
* E <^U>?Jo-; — F ^^L*rJo; — D il
« BdùXj^.
'" CFG, manque lôloJl (^y*.
'• F JljJ^ii).
'* B (^ijOi-; — CEF ^ÛJuÔ.
B vibU^. -u! aat: (^ Jo /w«; — G
tiLjL*_sw ,5 Uiiilî ^^ ^ ; — E ijiiuUi
A si * «fc -U ^-fr^ l^ ; — F Lgj xjLuLaJ
" BE iiLa)i^y;;ssf;i; — ef jji^^;*:;*
— 1^( 144 )<-t—
' CF »-_^i> L_« ii-:^ X-J^-A (*_«w yî
— G xJUUaJ l-Hi-^ l»y^ A^ ^<v»*j yl
' CF JLS^ »Li ;;»;-aAJl ^UL»; — D
* BDEG, manque «Xi.
' BCDEFGbLc,.
* AB A^l^à ^.
'» E 1^1 i ^■, — c j^yt c-.^
<-.«.-*J^; — G Q ,«w, !!fc /j^ Jt^J! b^wd&jci
(^_^! i »:iU^^ *JiXIôli A>«:i\:^.
» AB^-^v-JC-^t^; — EJ.-«w«I^; —
DF AJL-» XjkJl wçjwajj ; — G Jo%.j
" Manque dans DF; — E dùîJJ ISaç?,;
— GviU^^.
" BDG 1^; — F Ij^ y!.
" CDF ç^ -^t (D ootl-») oouèl
'" E iujLC «Ji; — G ïyj^ »Jà.
" BCj^UsNï; — DG;y^.
" E liti.
►J-9»( 145 )»€-H—
I^AJl^^ <I.)Sl!lj c^^Ss-uôt tout) (^_yajLftJt 5?-<Vw LXJ V yuuJt <>^i»-6^
L iljs^t^ ■'IsU:^^^ ij\i J-ii U *^ciAJl4N^j^ c^jLAi ciJ^"^ ^^ILg^^
V " J-^^-*^ Jst Jy^ji\ oUSv^ Lr-4-[5 4J^Lla.^^• ^t J;L^ vi^^jt Lôj
' ApUJI; — CEGiuUjJ!.
lî^àLi *lXJî^ Uj-^ (iJ^ S^^V*; — D -Jsj
Aj'li U (J^ AJLyO^ <ÎÙ-.-^. «XXiiî <>w»j ;
F {j'j-^ (jj-* iU-siCo ^uLCîL (_a3C»*ùÎ^ -«Xi
vJJi ^Jiff -*XJJw»; — G (jV^ ^jl^ UJ^"
»tX3i
(?; — D ç-X-Js? /.,î àî
U' ^';'i
^^j-.:^0!; — F x^«X_3!? y! iî^U; — G
/wuLjtX VI À ; ; — E JljL^ viLj çcub\ Ljtj
' EF ovJJUjj ; — D oouL*?^ .
G oot^vrfl ; — DG CAA.«w .
* A, manque llww.
« DFGoJL$Où-l.
'» CF j^ Jug; — B ;iSM JLg; —
" E cyli w«! Jt-c; — G «XJi w«l (Jlc
cyLi; — D CoiLj l1LjL-« ^j^^AjLjÎ^; —
'- DF iJjS y*s. (F ^ Jl) lui ^^JOJ) il;
— G (j^ j*^ (5>*^' l* (jj*^*-»^ ^ •
'' G liî Jj^^ J! j^Ns*^" yl; — D U,
J^ jj^LkL^j (jjXtf ,Aè L*î ; — F ^5
10
K.
•«.( 146 ]<-!<—
Lft^ L^ <.â_4jL:^ "^ <.J^'^ <^t ^Jv3s.AAi )i \ oUi 30o ^LtU.ô.^j,j
dUi J^; — DFG Jouuo5t^. ' B^y^ ;.ju5J; — C o^O^X»
* BCDEF, manque aLJÎ. c^Ij Ï U!>^ u' 2"**''' — ^ *-=^^ ^-**^
CDF (^Xieya^. j^ (j-^ U^ (*-!«*->; — F ^ u>^ ^-*^
* E iouySf il^i , ^^lJ^Lj ; — G ^ Ut?-X? {j^ (J^. ^-*-*^-
' B <^3o )_^'; — E t^iS^a^ )^^'^ — "* CF ^^*^' **^ J^î — D A^' i)^
F c:>l>« il«X£ (ii^*^ «X^> . ^^"^^ )<Xj ^^1 8> tXJ! StXib c:>«a£ /^t /y*
* G ^o4Aj;5 ; — DE ^^ i)^ . (ij-^y^ J^ o^<w.» Jiil i yl^ jJ^ -UJt
^».( 147 ]^-
PARABOLE DE L'UNICORNE.
Ms.
(le l'Ancien fonds
169
(A)
, fol.
87.
Ms.
du Suppiémenl
1 1 1
(B)
, fol.
74 v°
Ms.
du Supplément
1 1 2
(C)
, fol.
63.
Ms.
de l'Ancien fonds
i6o A
(D)
, fol.
84.
Ms.
du Supplément
l lO
(E)
, fol.
ài v"
Ms.
du Supplément
n3
(F)
, fol.
55.
Ms.
de l'Ancien fonds
afi
(^0
, fol.
35 v'
<^i> J.X^ (j^ LjLô ^"M-r^j ^4!^' '•'Allai *Lft-4£ wwiUl CL>]^j
dw^-.^ Ç.yA^j «L_à.L^ coj^v^ J-<^ l -^t ^^^U " J^iJ^t ^ v^l
G «X-i» ; — E «X-'s* 'iX-sÀA-fc ; — CF
tSJi^ \iyjb JuL«; — D *J l^«>ojù' /ojJU
G ;0>^xmÀ>!.
' CF *^Lsj; — D Jufi _^iLà? iJ -oi-
' G ç.,t4X*îl A^UiL.
B l^.»o J l e:>l^w IàûJj; — E (JÙmJ^
jivJa_ft LiLii _j-t»(Jî cyl^o ; — CF LiâJ^
'^ G Jy^^i.
manque dans DG.
.^; —
h».( U8 W-i.
vXj <5l <J^U ^t (]>-^ ®d3^,^ -"Lb^ Je ô^^i.j ■'e.AJiijj MjoJ^-vc
clillà d J^^ <-6^vsc ^'' ^s^-^^ ub (jM-A-iJU ^'^ siâ-m ^V-«-«« L^ss^ c^tr^
(F t^^ Jj) vy* *i:^^^; — G ^ il " C . . . jSo\ yUyb; — D yjA^L, 1%
* BCF Ij^ iouS^; — Ej>aS^; ^j^S^^ajUI JJu>; — G J^^l i ^^\
G y'f-f S S^«^^-^ «XJLfr /i^jM*^ Q<«xi.»i
'DG^yù-. '* D^l; — F UkJLL*; — CL«y^^.
* B ^^,.xJh>LS-; — C iy# i t>LtJu» " BFG ^j; — E ^; — D^L ^•.
' A ^^ J AJu««; — E «xJI a* ^Jifi ^^^xX^b. — EG IcyL* g.ln»<oj t«>l9£ ^^yy-)-
* DF /yjuL o g L^jU dLMfc4^ ^yr^ ijj-^*** " B ^jjt<-'' — ^ (ir*^,?^^'
)OwJ^^ l^C^.«; — G ^.AJ^Aajb ^^Jlxx* '" CF A^l sL> ^L»^^ ; — G U^a^
!t>s>«X^ \.çSjéJ, wçslt jAi*w Jk£ (^^AAjb. ftL» L^'U sUjkft; — D ^^ u^-^ <^(^*^
' BDFG oJUj3 ; — E ^^]5J . L^li ySbt^ si» q<« l^^Lk. «Xi^' ^Uj (Jy^ÎI
* G JJoy Jk*; — D p^yt »U-4 Jifi »li.
-Xj^; — F »»X*j iUiy.^ »by Jx. " F X»».!;.
* CDFyo^yb lil^. » l) {-«^1; — G tkj^l; — E JL^^t.
'f^>i 149 Wh
^^^j-..A..>L..>^uLJt t^U *ô^p^t ^j^ s U gjj^ ^^tu^ ^ci^k jjj :^
^j« J^_a».J^t ^N-iJtjis ^t^si-J fj "^ <iiX^t ''c-/JLJ.L ^Uvi&'^t
' D o^-xJLL»!; — F L*JLLî; — C
' BCEF (^;^i; — D l^i^i.
' F ïy^ i; — E U^M^^aJÙ >A^.
" c JJJs? U^^; — D aj L^Îj; — G
' CDEF ^Lail dULù; — G <X3 U
" EyLjwàJi)!^; — G^l^l^jyjb^j
' DEFG JJli(^.
'» DF ^;y| jliilî (^ i^^^; — G
D L$U«J.
'■ CDF, manque AxXfi Juilj.
B /^^«X>; — G fjyjtSj.
'' BCEF, manque ^^j-^ Ijsj6 i; — D
w.( 150
Jr(^ ÂyXJiS ^L^sJ^t ij<3y^\ \^\j V '^:>'^t ^j^Àjli aijvX;L«o
Ut^ V^c:.^! 4U^Li j-UJl^ <J}l^\j ^j\A\jjjyJ\j ^\s^\
Lc-is^ i^iill ; — F ^j! 11,^ ^Ls^l^
Ua5^ ^^:y^\ ,jJA d;Js»; — 1^ *XflVl*^li
y.i»^\ (jwuLa> ^oj- — Toute la phrase
manque dans G.
' CDF LijJ! »j^.
* CDF »3^^ ^,_4J *^^ viLlwJf ;^l
^ B IÇÛ; - E L^^y;; - G 1^/3.
' B JL=^i)t5 ;l$5)l; — CDF, manquent
les mots ^ISi'l^ . . . AjXA^tS.
» BCDEFGycUfi.
j<w -si t;»<^jkJ3 »J> ; — G ^<S-^ (S*^ (S^\
^.
" C, manque (^-LUI <^;LJI; — DF,
manque ^^UJL
" BE ougJjLj; — A ou^AJh? t^'JJ';
— F coi fl, ,'i \ y ^^«X-JI; — G /^«X-Jl
.».( 151 )k^
eijL-Ajii (Je ^ei^L^Ul (^LixA» ^jUii; ^^.iJt ^t-s?- Jjl^^J J
' AFG J^Lljlj; — G ^î iLs^yjUl ' GF ^Wi îj^ cylJJ^ LyjJi «j3JUw
Jjl^L-A-J; — D <^, fl A L-j ;^| /<V:S.! (F X>U«X-»oî tJvXi^l) «U«X-icl fi>LiI; —
-**-[ 152 ).
VI
PARABOLE DU CHEVREUIL.
Ms. lie l'Ancien fonds 169 (A), fol. i3o.
Ms. du Supplément 111 (B),fol. 107.
Ms. du Supplément 112 (C),fol. 90.
Ms. de l'Ancien fonds 160 A (D), fol. 116 v".
Ms. da Supplément 110 (E),fol. 60.
Ms. du Supplément n3 (F), fol. 79.
Ms. de l'Ancien fonds i46 (G), fol. 5o v".
^(£r^-^^ ^^-^j^ Jj-^ ^^ J J^ J-*^ ^^y J^yé. jAi
' DFd^l.
' CFaJGj.
' E rs^M.
iL»-Jl : — CF yL^ DL«3 »JsJ^ Uij LfcJ
JI (F îi-jUL*) ùyLt t5;U-J' (i' OJ^-^'-'^
«àLic^ byijL* iùjJl Jt ^Lam^) ^L^ «tXÀfi
A«t>* »nli .
* BE, manque ^Ji; — DF ^w.
" Al^; — CDEFG-^.
' B is?;J! yilyili JJLj; — C jî^ ^JJi
^jLaaJLÎI; — DF AlaÀ>? plJvil Uy ^^
" B 0(^1» «'*'*»; — C l^AAAJ; — G ^03
— «.( 153 )<-*—
^\y^^j Jj-O. \yS^ UU ^t ^Lu -^i^U IXi v'^^
V ^»^ g Â-» <_-âJlke -^^-uJl ^Jp^]; eH^^^^ ^]^a3 j-Ja-ftJt jL
• CF UaLU» ULÎ!; — D OJt axa:», l^^»yU;— Fà^^yîiyMîî^^y.
L«aJo. ' CG a^iLwli; — B »jX*«j;.
' A (^. ' A «yjitj; — C ^bjj «yiXft,; — F
' G 4,^->-Lo isjà\ yl^ viU Jo ,U l^i ^ïb^ »yii>î^ ; — D IsLy »yi:5>^^ ; — G
sJlA^ ; — les mots jLiL . . . Ct^ man- »^;3 ; — E x^Afi lyi^j |04J;U^ Ji »^i>5^.
quent dans CDF. * AC JoJii.
* BEG îy?-^^. ' A l^JU-j; — E 1^! !^^; — G
" C -icJA J^â Jyuuo^ yltoàJî l^y 1^1 ly^^ QûJO,
^>{ 15'i ).
VII
PARABOLE TOUCHANT L'AMOUR DES FEMMES.
Ms. dp l'Ancien fonds 169 (A), fol. 2 32.
Ms. du Supplément 111 (B), fol. 177 v".
Ms. du Supplément 112 (C), fol. i5o.
Ms. de l'Ancien fonds 160 A (D), fol. i84.
Ms. du Supplément 110 (E),fol. 90.
Ms. du Supplément ii3 (F), fol. iSa.
Ms. de l'Ancien fonds i46 (G), fol. 82 v°.
® lsSN_i-JL.>0 ^«O^-iXA^ ItXw^ <Jjy^ «Ou-Ôj Ci/J>LS* ''|>-Si IjJ. i^\yJi
*l V c 4I jLs_3 V
bjx^
'C^Ut^.jLjSUx»ls ^^
L^-'
' CDEF Aj (_»«x^w).
* A »;y3î; — B yLj:i)| c^JlaCWo,
' CDEF ^1 I jsjft JoU.
* CDEFG LJL-»Oc-a^ JL^ <J-«v-î^
(G J) Jj^-Lft J^«^ (DEF UiU).
* BG JyJ! ii^.
' CG UJL. yLi ajI; — DEF ^l^ Ail
' CEFliiTiJ^^)^^.
* BCG, manque aJLjUX*;
D, man-
quent les mots î> A ^ .> . . . A-LJLJJLJiL.* .
» BCEG)^; — Fyoi.
^AMo; — EF »^AM»j »;L.3?; — G JJ5jU
" B c:yL»5i)l jjiajuj i; — CDF l»XJÛ i
.-jyi; — E j««i)l t«Xj6 i; — G »J^ i
" CDF Lui; — EGljJj.
" BDEF x>JLï.
--i-».( 155 )^-i—
îoo ^^oiLuô (^5y>^t ^^o*"-^^ S^Ulo <.s^ 'JSvu^ ^^ly^ ^ M
4 a j^l; k-a.:^ ij^j jSluJ.t v:r» c^-^t V^' U^x-v^ v<-uw
^ B (j,-s-.4^JL;; — DEF JOLft AÎ JUi
L-bill^ *UoJI viUi; — G .xlv^ jUi
* A, manque yaji.
' A, manque AjL».
^ A^j^UJLÎ; — Exj^UJi; —F
«^ JôU ; — D Laj «jyuou JôÂj «Xkj y«) ;
— G AjJàb «XJut».
" EF J^iJ.
« G c^-A-Ç^ J^-^ epJ; — F cM-^
»jJ^ ^J^ *juL»tXaw t-y^y ; — la phrase
manque dans D.
' BGDEFG ,«w.
* B , manque «»*XsaJI ; -^ G l»XA Jx<
J^JvslOî; — DEF Ϋ>a5 JuU; — G I J^
" F aJ oc^I; — D xJ oc^vi; — E
AJ J^ ; — G *J i^»J^. Ail^ .
'" G, manque ÏJ^ ^^\ — B «yc? ^;
" BjjJl=wij;— DGjj*A=w3;— E^^j.
" DEF L^.
'^ DEF, manque *_JL-«è|^— ^.3 ; — B
A«t«X:^^; — G Aj'uoy*.
" A *j;*»; — G *J5j>; — DEF «jj;^;
— G JLàÀj ^i iôcJ! ajJCc ^^.
» B JlX; — GDEF JJ^lju-î »<>\ i^^\
— G jXî^^i^.
" B ^-i. l«Xd> Jsjco.
" B, manque /»-« L-^s—^^î — ^ >^ y^i
yéJLxJI La-ûI (j^ icu3l (jgi i^; — G yjj
yftîj yJLxJt La-ÛÎ 0-* LyM 4^1^ iixJî qX}
I fl t , ».; i)^ Iq^-»^ ; — F iixJ! (jX!> ^^
l^yo i)^ ^IjJi Lyil (j^ Lyû j^î; ; — DE
i)^ ^UJl;^l (j^ àUJt LyÛ ^^î; ^^ ^^
" BGEF Jykàjs?; — D^ly-iMC.
" AG t^;^^; — B xJ !;^^; — DEF
^^ BF, manque âyu.
156
^„A-3 1^ oN-A,-^ <^.«t*."^ <-^>wwU ^,^iv^ sL^vâ^ <.4iâ>ô.A-/o <j4_Lo
A ^{«xj^.
* A ^ysp^.myj*é\ — G, manquent les
mots Ov^Uw ids>.l l^jy^.
' CF, manquent les mots iLLa^l I^aXc
pLL*! ... ; — B J,^^ »U^I iAjJlS^
,LiiJl ïL, yiJI^ ^1^ -^^XJSy, — DE
il^«-!L^ ^^^JoJI^ jiiwjUI^ AjpJLi <_>LjJt^
* B »yy: J;)^! (^Jl^; - CF J^ jJs?
^lLii *I;)^ (F jjàjtj «jjyt-s»); — DE
(E A4wl^ v.ÀÀ*p J6 ftyyti) *'^)^' **7fS'
* A JjiX*^.
* CG^)^!.
' DE JLs J.^.À!i j-«^ Jî ^^^! U<*
" A ^j_y-*iiJI; — manque dans B; —
DF /o^jJl A^ ^UawU; — C /uAi ^UànL»
'» B ,Lx-ii)l (^^çir ^j^; — G ïL ^j^
L^ Lyi:i)l; — D XjUU u J^ (j^.; — e
" Baj JUJJUi JI:»LftUo.
^vW 157 )kh
' D U^a. AJLjÎ^ ^JJi Lo; — EF U
ooî^ L» Js 0^,
^ A dLxJy iLl.3?cj iî t^L^Î; — B
^^ îj^; — DE L« :^U <^î v^-'
— G /y--« /> A»*. -».L> c:a-jÎ^ Lo aJ jLJLi
■^ B A (j. > ^^w- i j oAjiii *>oj; — CDE
(D Jjjyi^) /o^J c$^**J^ oUjtAAw! tXJij; — F
^BJLo^ljU^.
' CDE 4<jv^»^î -U^ (^ dJUî o^
<î(i JaJCuiîj ; — G ^Jy■^. U IwyO . . . «_aj&»
.^>.( 158 )^<-
EXTRAITS DE LA VERSION ETHIOPIE IV NE.
I
LES TROIS RENCONTRES.
Manuscrit du British Muscutn , Oriental 699 (A), fol. i4 v°.
Manuscrit du British Muséum, Oriental ySS (B), fol. 89 v°.
Ms. de la Bibliothèque nationale. Ethiopien i4o (C), fol. 17 v°.
mht^U'A « -nM-ï « ^ft^•^ « ^ao^rh -• -îfl s «-c*. s ha*» : jBCAf" «
( A+^A«klM a Olïlï » ^<«.*(? : 9^^ : Î^M a fliflA « hiiD<PM « Jift
A" I A^fl•l^ 8 MA s h^'ti ! >iy"ih s htf» » ^mfi,n » A^*7H.îk? s
^•h/*» : y*lV1* » Il^*h»l 8 «D-ïH^ « IfhAfl » àd9^ » ' I/JS+rtl*
flï > Ai^ftf s mjBflA*} K atfia « Aro « l'h/*' 8 II71* 8 3i?»kI^ : gh
ao s AO- s fl-lH^ : iDJ^dA" 8 ^«ïiJi s AiDA^*? 8 idÇ^<^ s ^T%^^ 8
y"?^ 8 ai«îi* : •ÏH'ï 8 Bh^ïh 8 (DT'i^ 8 m V* 8 ho» 8 7i<DA/n «
45m.* 8 {[^P*ài 2 a (Dh(D'/**h s IDA^ 8 Tt-ÎI/ : JB^A 8 y^f^ : (D^h'P s
'taoln'i?"ti s A'htf'flï-tr^? 8 3 flfl.^ » tp^lii : «7XhA 8 T*?" s fl-MJ
X-P» 8 hÇ^ff I hllao : i:A^h!L 8 /"(D-d 8 TirOJB» 8 If-A"* ss IDJBfLA" 8
^T-/*» 8 K^A 8 d.i'^ïf 8 AiDA^? 8 hn» 8 K^Chfi. 8 iljK-nTiA 8 A>
9tlh 8 œn^l^H 8 3^?"* s 4î/*''ii 8 iDai«%^ 8 rdiao 8 K-nJ^Cïh « h
ao a i-aira»< : M't - fH*^A 8 IIA^A9" s lDflt^A- s ^4ï/*'A1' 8 m
fllIJSTA'^ 8 A»4ïA = œhat'/^h -- oïA/t 8 A^fl•I^ 8 tofidâf 8 js^a
iDh 8 ^hT'c 8 Ahfl-? 8 h0» 8 h) 8 ani: -- 'nic^ 8 hh : haar 8
rH-JÎ-A s /hj&OI^ ï ID^-^îi^Al- s h A 8 fl-ÎH^ 8 <Dfl^}|-H : -Qttli :
idW-A* s hd'OAA? 8 aiA-fc? -• ad^C i T+ s h^^aA 8 fl|A?° = îift<io 8
' A ùd^^ 1 ^ B *A* «
* AB •ïn « Ç/"* » ' BC iDi'ïni I
' BC AoxD'a^V I
-^».( 159 )k^~-
aoà s' ïi'îh î ^-^^^ 8 hfl» î M 8 A.jBA?a>* 8 aij&iof' « Mfl-ÏH^ s^
hTITI 8 hfl» 3 Mh 8 ID^'î-^'lA »' »Çft? a aaXf*-|s a AH a KaKh- 88
fll4-hH a tf/^ 1 Afl 8 flrO 8 un» : MlJ a iDihA? a Mtf a JB-DA a
Ahao a hATilflP' 8 hrU'i'ti a J&hai«? a -^#ll>}l^f<-^ a Ah-nif^ a
•ÏH'î := afh(D*/*'h s ^-JH * JR-OA a AlDA^? a Ç*C 8 hi a XV-flC s
Ç'^lDi'h' î8 IDhHH s ^7-/»» a htf» 8 ^A-^J^Afn. a h^i5.A a iPÇ^t «
ai1{.^> a |DJB/*'C(^ a ^«Pf : A*A a tfJ&^A- a AA? a ao'}'!/*'^ l
fDhm a h<i» a ^(D'ùhf '- 09^0-^9* a «ïfl a ^J.*^ a IDhl/IfinH s A^A s
?"ftA.I^ 8 hao a X.JBl-i:h'fl a «îfliK^ a flÇ?'|: a r^4hi a tf-îA-r a iw»
Ahh- a M a WA» a ridà^'t a ^CÏiJB5^ a U^b'tda/^àl '-' (D^h^H
Am. a A"* a fl^Ç;h'î- a '7AA.;^•^ a aîT^A;^•^ a -hS: a lD'^a»«^>^ 8
fll-hAUP- a an/H » li.hI^ a*^ ^C7:^•^ a «^AA.^ a Oitti-'i^i a hm» a J&A
^;h a AO- a fl-H^* a iDfi.TOV' a fl»Afl a hÇ a AOlAi^ a ^7-/»» a A
^«»l a niXpAA a" Ù'td./^'ih a OV-h^A a a}^f-<nH a Aih^th a h'iU a JB
A^Jtî^iHH a AîiA s JB^OHg a s fl^«B s TIA;»A. a ît-^H a eihai«{. a fl
ÇT^- a Eh9°itraJ>- 3 4»vA,A a /*'p a IDA a AOI-C « l»Afl a C?if-
m»- a y^^h^ao* a i4îA- a^ iDfi.tl/fao- a AXA a ?*>AA>I^ a T"i^ a îiA- a
œT*!^ a 10 liiCaon :a ai;^'MlUA^ai>- a hn» 8 fi'Ml'hP a Xftn» a C
Îif-IHH a ahàfi.Tr^lb a aifca>-/*'îii»' a htti a JB-flA- a H* » «î'flA^ a
^^^ a n* s JBl-<^h<- a /*'pm*^'i a |Dh0i>1f a jB^^^m». a AA-OÎI a
fl"H a 'iàT* a «^Ai a a»a»«A1« a KOA a Hfl* a flA+f" a hïfjS, a jRhfl»*
7 a ïiAO « œha^J^hao* a ai<&»| a OIJBAA^iiih a A'^iîrï- a Tll-fs 8 HJB
^J^«0iH a Atf-A- 8 A-nX « h(D-/*'-hP a 1 <DJBfl,A^ a XJl a A'^/t a I/JB
CMao- a -Hf-f: a Alf-A^in»* a M a li'hHm'i " l»JSfl,A"in>- a flV- a 2^*
JlTao. a ^hr'CP a ATI^* a h0i» a JBi:)iri<ii>< a hiD' a «î^i« : janD»»
hao- a Tf-J* a Ji<B a Uh^dli a Xft a tD*ih'i « iDha9-/^hP a iDJ^ftA
BC îi<w»A » ' G <w»*PA »
A n-tH? * " G JRROlR î
G iO^^^^Sh » « A JÇft »
B n-if t ç^' t « A y*^^ s
AB atlHn.^lI^ *
-.-«.( 160 ).«—
? s iDi*aiAm a il^ï - tiCh^ib '- tDis,^^ < 7K > 3iA0i> < C^? > UKCh? >
œhni a y^r^'\C - ao*eù6i a ^IH a f -ÎA^S a +i5.hfl a S i hijp
Ç a If AU* a T* a tD^^C - 7«. a (D^ttT* '- AJt4-^ a (DfiKtO*^ a
fc+^^31 a 7i7i:ih a (Dt'àt''^ '-' HflV- a IDi-Ol^h. .-^ hiinV' a iDj^h
«w» a filt a aiC}if- a ^^70 a iD'tX.ao s ID-hATiA^cnH : A^A a f»flA.
W- a 9°'i^lh a Tf^«fs a IDJ&fkAF' a 'flfr'î a 'iao^^v a ATI^* i ID
♦Cfl a -ÎA^t* a h<ii> a /hj&OI'^iiiH s Ahflfl»« a MH a JBÎ^-I a flfl i ^
ft-t^ a ID£t)£ii> a 3 îifth : janX** a -ïfl a H^i&^i. a JBWfc a h^'^C^r
Ç a fli AA a ll^r a ' ja^ll'^ a KH A-I:l^ a <C^4.^ a a>JBfl.A"in>- : r'>+ a
JBhfl»-^ a ^ri^-fï a IDJ&fl,A^ a AAfl a H^-CC a 1/ïi^flA a ao*^^ s A
m</^hao* : IDJ&n>A<'0ix a "JO-Cy- a Tl7* -' Atf-A* a fl-OK a fcfl». s A^ï
■'Sfll'* a j&^t]nfn>- a IDJSfLA^ a ^^-fl a /*»^d a AW-A* a Ùilh a IDhfli»
"H a Ç^o^ : ;hj&a»-^liD« a <DJ&(LA»0i>- : |D<&I/ : fl7ift^^-|: a 'iao^^ i
JBiioif îi a Tf^-fs : AÔA a fl-flîi a ^D^•hao a flj : IIA.JSl-ï^*7 a y^R-fc
* : Ad A a 1^A• a fl-flTi : mAhoofl a y"hV^ *' îl^•^ -' ^^^h-O a A^
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-—«.( 161 )<-!—
II
PARABOLE DES QUATRE BOITES.
Manuscrit du Brilish Muséum, Oriental 699 (A), foi. 19,
Manuscrit du Britisii Muséum, Orientai 763 (B), fol. 92
Ms. de la Bibliotlièque nationale. Ethiopien i4o (C), fol. 28 v".
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iMpItIMRniE NATIO?(ALE,
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III
PARABOLE DE L'OISEAU.
Manuscrit du Britisb Muséum, Oriental 699 (A), fol. 3i v°.
Manuscrit du British Muséum, Oriental 753 (B), fol. 99.
Ms. de la Bibliothèque nationale, Ethiopien i4o (C), fol. 38 v".
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flAλ»8 " [h?"] hH» 8 J&ft«7d 8 ^y»iI^ : X-^t 8 ^A- 8 IDh#ï«»8 jB4ï^-a. 8 Ç
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Tili s nhaoCh- : iDme* s 9^^^ s îifl^h I 7ift£iD - A'^Ah s aï•^©h
^h : W-A" s I/7ifl>Ah s at^O^ s flïAAI-TAî^ s «DJK.O+'dh - îi^iu- s
hA-h s fl*^■^'^ M Ah^ ! îifl,Ah - K^illAi s AAA s Uhrwaih i (D
Çth : Mi* ' '^A•M7 ! 4ÏX.III» s flM•^ s Ar/*'/n^? s hrhS^h '- ht
U ! ^%ll!ti s AM-h s ^-OC : IfïAA M CDliAfl s huah-h '-hao^K^
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*7(?^-P : ID>Î.JBl-hllAh s A/*'*?!?^-? s œa^àl s -ÎO s ^Çi-? a ID^
^ s ÀHTIh-h : hfl» : K.^-îifli»^ s ^A : If^.h* î îtOD-i f fliÇlh : h^
+ s JBWJt : hiiD^h î h£i» s fla>-ft1* : hC/**? s Al* s HACJB s U'tO
fl. : îiiïDml?' I A.Afla>«h : œh^^haoCh » hiw> s K» -• t^A'î:^P s Ah
«ï» : RAOkX '-' fliiD^Afl»- s A.^ht)A s *A^ : S : M^^'^ - UCllV ï
^ A nît'î'tp » ' c H+^fLjB s îioo^f s e »
IV
PARABOLE DE L'UNlCORNE.
Manuscrit du Britisb Muséum, Oriental 699 (A), fol. 4u
Manuscrit du Brilish Muséum, Oriental 753 (B), foi* io4.
Ms, de la Bibliothèque nationale, Éthiopien i4o (C), fol. 5o.
7K- : AHS+CÏ- » fldfLjB s ^Cll-Î* s fl>A.JBhA -" ^^01/^ '- Û'^O * ^
ya « ^A- : tDiCllb I h4 ! JB7-/iJB a flW-A- » "TfJftA- « htf» s Kfidll
f" : A.4? 8 iUilh 8 IDh'îlf 8 JB'Ï»JBJ& 8 a'h'hh '- é^àW a |D^+ s Offl-h a
din>-* 8 OU^^ s tforija s T* » iDflZHL 8 Jt** 8 fl^A 8 îi^«eih :
idA-îh s Pod : HH-t 8 Inûithi* 8 Àd0-4> s' oiaflm a 9:ih0 8 fl7i^<eih I
ID*»y s hhPàlb s fl7fl'P1- 8 ùà 8 ainoA/k» 8 mi^-fs s tiao a <:hfl a lîr
•tt a H A.^f^A^A sa (OhTfU a û»*îi* a J&iX-C : Ch? a |1« : MUm s
S a S(0^ : IDA : ^d.T' a mMPlP»* : 1/AÀ a A3^At|-|: a hÙO*^ a l|J&7i
'iffinH : nX-lp-A a (D-Ti* : ^3|A. a ID;».^A2(4' a^ îiAh a 'i^th a •^#ïI»
^•|r;^ ^ a flîîXi: : -ïfl s «ÎA^* a dtf*^ : (DCM a '^flI»ï a |/«|^r a
^îiP a ll^Ai-ïÇA : ^A•^ a œMS^'i^\h\ s JRflC^ a fl-îJBA a iDlnA-
^- a ft4'ih 8 ao'ill^U' : IDJftA^/î' a f-lm k fll<^m a Tfi^&V a "Iffl i
Hït a r**P?" a Iffl* : JB+OK'^ 8 7i7^Ih a CM a KCHAi* a h)lJ&A-^ a
UhiD-^h^ : ACTiA'tIf inx a hT'tl^él^a^ a llal«A'^ a /ï^C^-^od. : Uf
ùrm a fl* a A^/»'h a hAjBI-tlh a œCM - TfVtt - U'hlûd a ao'id «
?a11/ a S'i^d.^rV i" haoûiùûi't a AA a tfêA. a MO^kV - <DA<hA a flA4
V- a aiTAT» a fO'td.P'ài a (1* 8 iD^ACWi a Afl a^ hr-lAf-* a ^-n^ a
ID-Ï^? a hAl"l|?"^4* a fl7iA))-|: a y°^^fl,^^ s îiA a VO(D-j^P a»
ai>?k.'tAf a hm» a US'pClh a flh^K a hn a (|||^^- : JBT;hC a (Dfi
• AB iDjRfloftAi « « C ^Oid^ »
* AB Ufî.'t'f^i!. I ' B (OhtlCà* I, C iDhCAai « AO* •,
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* : y°^^fl»^-> : If'/t'flD- : fllAOS^nif <n>. : ' av^lACrh -" Cîift s d^nàtm s
llh- s flw^C s Ih't^ « flïT|aHîi+ : T*ii(^\fao* s ATîA -• fi^aodai, 8 5
fl^'î•al•^ : ^^^ s •tflllf : A^A?° 8 -ÎA<i : (D'ith s ^^-nh- 8 hn» a
TiiiLhC s Ah s Wi-t k HS^fl 8 i»cih 8 i-îiif// s T*^- s a»-îi* s haï^-
H*^i 8 ^A^" 8 jBîi-t : HrAW^ 8 î^rif-A- 8 ;h*7r 8 iDTkhif^ -- (o
^^^ÙA 8 -^ auo^ilC M Oiddfl 8 Hë-fï : ^d0-<Ëlh 8 îîA 8 JK-ï-flAIH 8
ai^-4 8 îir/iÇ'nT s 0^^% 8 ;hjBiD^> : (D-îi-l: : l/JK'^flAd 8 (Df-^A
^ " htam s îtA.?" s A.A.'Î- 8 (D^h'ti 8 CD^0^:t 8 flo'JA'î- 8 (D-K-fr ::
tDhcnà'tiù s hhjBftI- 8 hcOd-f: 8 m(ïfi,ù •- "h^^^^ -- hii s ;i.j&*io-
«7 8 oh'll't s Ti^îA 8 Ttao^fm- 8 ' TiA 8 Afl 8 JB-î-VAA- 8 hao'iCXirao' :
h(D- s Jg'^lioyh- 8 JB'JAA 8 aht't 8 Tff-f: 8 Ihn&lh 8 1//**;^ a iD-htf»
tù 8 jB^o^AA s flhCtf» 8 A.AA s tfJBÏit^ 8 AllO* 8 hao i jS,^tn>mP
in>- 8 A>iA s -ï^p : ihh-t 8 if-t 8 -îA^î^^ s AdA s ^^•^ s 'î-tfDiî'ïi »
IPÇ^'Î- :: œao'iCii 8 flîdiïiK : idÇ')-|D-|: : ATI^* s ^A?" 8 U^^^th
àPao- s Ah^a1fl'I:(^ s œh,^(l(D*^ao* : h»» 8 sh't'hT'aon : Afn»^')
i*!* 8 }^A<nH M
' C HjRAlf<n»« » * BC JB^^o»ftiD« »
» B Itl't^ s « C IDJB^o%ûA »
' C IfA,^«-AÇfl«»« I 'A, manque d^î»* i
—»->•( 16l) )•€^
V
PARA^BOLE DU CHEVREUIL.
Manuscrit du Britisli Muséum, Oriental 699 (A), fol. 58.
Manuscrit du Biitish Muséum, Oriental 763 (B), fol. ii3 \°.
Ms. de la Bibliothèque nationale, Ethiopien i/(0 (0), fol. 76 v".
Afl s AU* s fl•1[fl»I^ î ht î PATI7 s htfo s Kfi-^'^'nh - hT*%U' s flh
X-flA 8 fl>»^4« : iHk-f^oiK : AA7i}]^ s aO'kO'ti M l»^A•^ s dA+ 8 -h
flÇhoi : 9°ÛA 8 ao£,ù? s iDj^mA^ 8 oftAPao* s fl•^Ay°/^ s oKIma
fia a fl>•^X•^V• 8 1 AiHh 8 flA^^A 8 oii* Ain. s Aipc? 8 ^m-j s œM
'UP 8 AiDJBmA"!!»- 8 at'i.iD' : œh'bCd. -- aoC^^ù '- mz+^-A- 8 îi?«
^iTinH : œmti^Ùao- 8 AdAiIfin»- »
NOTE COMPLEMENTAIRE DE LA PAGIi 95.
Le poème arménien de Joasaph, par Arakhel, a élé imprimé à Amsterdam en i6G8.
Un exemplaire de cette édition se trouve dans la collection des livres arméniens de feu
M . Dulaurier, dont le catalo^'ue vient d'être publié.
1850 i
^
BINDING sec:, sep 15 1S7Û
PA Zotenberg, Hermann
5302 Notice sur le livre de
Z5Z56 Barlaam
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