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Full text of "Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc"

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NOUVEAU 

DIGTIONNAIRE 

D'HISTOIRE NATmiJ:iI.E. 



FÂB— FQR, 



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NOUVEAU 

DICTIONNAIRE 

D'fflSTOIRE NATURELLE , 

APPLIQUÉE AUX ARTS , 

A rAgrîculture ^ à rÉçonomie rurale et domestique^ 

à la Médecine y etc. 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES 

ET D'AGRICULTEURS. 



Nouvelle Édition presqu^entièrement refondae et considé- , 

rablement augmentée ; 

ATEC DES FIGURE5 TIRÉES DES TftOIS AÈGUES DE LA MATURE. 

TOME XL 



bS riMPaiMlRtl D*ABSI. LAVOl, RUS PB LA UARPS. 

A PARIS, ' 

Chez DETERYILLE, libraire, rue hautefeuille, »<> 8. 



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Indication des Pages ou dowent être placées les 
Planches du Tome XI^ avec la note de ce 
(jumelles représentent. 



D 20. Mollusques et Zoophytes Pag. 78 

Dentale entale -«Doris argo. — Encli^d^ fiise«u. -* 
Encrine fossile. -^Echmorinque du pic. — Eponge 
pesixe. --rEpon^e oculëe. — Fasciole de la Couleurre. 
Fasciole bmne. —Fasciole de la Dorade. — Firole 
transparente. — Fissnle cystidicole. — 'Flustre tron- 
quée. -^Fodie rougeâtre. -r-Gonerectangle.«— Gor- 
gone jonc. — Hîmantope puceron. — Holothurie punc- 
tate. — Hydatîde des moutons. — Hjdatîde du daifr- 
phin. — Hydre y^rte. — Ilydre jaune. — Hydre co- 
rinaîre. 

P 18. Oiseaux 94 

Pie-grîècbe écorcheur. -rEpervier k gros bec. — Fau* 
con émârillon. 

I) 22. Oiseaux 211 

Itfoucbet. — Faurette protonotaire. — Fauyettettiérioii. 
—Foulque. 

P î>3: Plantes 456 

Euphorbe officinale. — Férule assafcptida. —Figuier des 
Pagodes. -r-Fromager pentandre. 

D 12. Plantes ifiS 

Dorstène à feuilles de berce. — Dragonnier à feuilles 
de yuca. — Filao à feuilles de presle. — Dryandre 
oléîfëre. 

D 24. Poissons^ 535 

pactyloptère pirapède. — Diodon orbe. — Diodon 
atinga. — Diptérodbn singel. — Echeneis rémora. — 
Elops léxard. — Esoçe orphie. -<-Esoce cayman. — 
' Exocet yolant. — -Flstulaire pipe. 



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NOUVEAU 

I 

DICTIONNAIRE 



D'HISTOIRE NATURELLE. 



F A B 

Jr A et FASI-BAMI. Ce sont deux noms do Noisetier ^- 
Japon , suivant Thunberg. (ln.) 

FAADH. Nom arabe de la- Panthère. V. k l'art Chat; 

(besm.) 

FAAREGRAES. Nom des Paturins (Poa), en Dane- 
marck. (ln.) 

FAAREPAERER et Faarelorte. L'on nomme ainsi i 
en Danemarck , VActma spicata. L. (ln.)' 

FAARETUNGE. Nom da Grand Plantain ( Planiago 
major ) 9 en Dànemarcl^; (^^0 

FAA— TIL-LISS. C'est ^ en Danemarck , l'on des noms 
de la Paque&ette. (lN.) 

FABA. Nom donné de ioiite ancienneté ^ par le» 
Latins 9 à la FèVe ( Faba vesca , FcUfa eqmna , vicia Faba ) 
On en ignore Forigine , à moins qu'il ne soit corrompu 
de Phaca , nom grec dé la Lentille. Pline met la Fjeye au 
premier rang des légumes , et s'étend en éloges sur cette 
plante 9 dont le fruit étoit un aliment très-en usage , soit pour 
l'homine 9 soit pour les troupeaux ; son fiânage étoit une ex- 
cellente nourriture pour les bestiaux , et un excellent engrais 
pour la terre. La Fève a été non moins célèbre chez les 
Grecs : c'est leur Cyamos , nom qui tire son origine du vetbé 
grec x/tf, prœgno en latin.) \a& Egyptiens paroissent être le peu- 
ple qui cultiva le premier la Fève. Diodore nous apprend que 
c'étoit an d^3 légumes les plus commuas en Egypte , et que 

XI. ï 



^ F A B 

quelques personnes , par «liperstitlon , n^en màngeoienl poinh 
Hérodote avoit dit ayant lui , mais à tort, que les Egyptiens 
n^en fakolent point usage , et que les prêtres ne vouloîent 
même pas voir ce légume qu^ils regardoient comme impur. 
Les prêtres du temple de Jupiter à Rome s*en abstenoient 
aussi. Les taches brunes ou noires qu'on voit sur la fleur de 
la fève, étoient regardées comme des signes de deuil. (Pline, 
Varron)fc On croyoit que les âmes des morts pouvoient être 
^contenues dans les fèves , et on étoit dans Pusage de porter 
des fèves en allant aux funérailles. Les pythagoriciens s*abs- 
tenoîent aussi des fèves. Suivant M. Petit îladel , ce ne se- 
Toit pas des fèves ordinaires , mais des fruits du caroubier , 
dont la pulpe sucrée est d^un rouge de chair ^ et nous ajoute- 
rons indigeste. Ainsi des causes diététiques ont pti faire naîtra 
les idées superstitieuses des anciens à regard de la fève. 

Au reste , à présent c^est un des léguihes les plus cultivés 
ien Egypte et en Italie. On remarque que cette culture s'amoin- 
drit^ à mesure qu'on avance dans le nord de TEurope. 

A Nazies conime en Egypte , on mange les jeunes fève« 
toutes crues , et les grosses coites et grillées au tour.' On les 
vend publiquement toutes cuites. U parod cependant que le 
goût pour les fèves est e&core plus doiinwaat en Egypte qii<( 
partout ailleurs. C'est une excellente provision pour les cara-* 
vanes, que celle des fèves sèch'esi 

Les Fèveis , les Carotes , les Concombres et les fruits du 
Caroubier servent de nourriture aut chevaux : en Egypte y 
n donne d«s fèves aux chameatuc. 

Macrobe ajoute que l'on nommoit le i.*** de juin te jour 
ma% fèves, sam doute parce que , les fév^s paroissent à cette 
époque. Des ressemblances pliis ou moîiis éloignées avec les 
fruits àt la fève , avec la consistance toiguense de ses ^eusses, 
etc. , ont fait nommer Faba , bien des plantes tr^s-diffé- 
rentes , avec des épithètes néanmoins qui les distinguent* 
V. pour cet objet les dififérens articles Fève. Quanta la fève 
proprement dite, les botanistes modernes comme les anciens, 
en font un genre distinct de celui des Yesces ( Vicia ) ^ avec 
lequel Linnœus les avoit confondues, r". FAVEiftA. (ln.) 

FABACIA. Selon Pline , on nommoit ainsi des gâteaux 
ou une sorte de pAm fait avec des Fèifes réduites' en yb~ 
h'ne. (lt^.) 

FABACIUIVI et Fabalis. Les anciens donnolent ce nom 
au fanage de la Fève. Fahalium et Fa^etum désignent le plan- 
tage des fèves , et les lieux où Ton a semé ce légume, (ln.) 

FABAGELLE y Zygophyllum. Genre de plantes dé la dé- 
candrie tnonogynie , et de la famille des rntacées , qui pré^ 
sente pour caractères : un calice de cinq folioles ovales oblon^ 



F A B 3 

{;fies , ttù peu toncaveà et obtuses \ cinq pétaies oblonss et 
obtus ; dixétamines , dont les filamens ont chacun à leur base 
interne 9 une écaille adnée et bifide ; un ovaire supérieur ^ 
oblong , prismatique , chargé d^un style quelquefois incliné ^ 
à stigmate simple ; une capsule ovale , pentagone, divisée en 
cinq loges , et qui s^ouvre en cinq valves auxquelles adhèrent 
les cloisons. Chaque loge renferme, sur deut rangs ^ plusieurs 
semences anguleuses. 

Ce genre renferme une quinzàii^e d'espèceis presque toutes 
propres à rAOrique , et fort voisines des FagoNes. Ce sont 
des sous-arbrisseatK , ou des herbes vivaces à feuilles conju^ 

Eées , très-raremébt simples , et à fleurs solitaires et axil- 
ires. Une seule de ces espèces est dans le cas d^étre men->^ 
tionnée ici : c^est la FàISAGBLlE coHMtrKB , ZygùphyUum fa^ 
èagùy Linn. , qui croft en Syrre et bn Barbarie. Elle a les fo« 
lioles oblongaes ^ planes ; les tiges herbacées et les capsules 

Srismatiqfues. C'est une plante remarquable 9 qui reste en 
enr peadanf trois mois. En conséquence , on la cultive as'^ 
«ez firéqfuemment dans les jardins. On la dit vermifuge, (b.) 

FABAGO. Nom pat lequel Dodonée a désigné le premier 
le ZygophyUuM fcéagà , patce que , dans cette plante , les 
feuilles sont disposées deux à deux , comme sont les folioles 
de Idifhe^ sur leur pétiole. Conïmelin , Burmann , 'ï'oume- 
fort , Dillen , etc. , ont cru devoir donner ce nom de Faba- 
GO au genre ZygôphyUum lui-mâqie ( V. FaBagellb ) , et 
au Fagona. F. Fagonb. n 

J. Camerarius nous apprend que, de son temps^ on nom- 
moit quelquefois l'arbre de Judée , Fabago. (ln.) 

FABALIS. F. Fabacium. (ln.) 

FAB ARAZ. Nom qu'on donne, en Espagne, à la staphysai« 
gre , espèce de Daupsitïeluë (Delphinium siapkysagna )* (ln.) 

F AVARIA de Césalpin. C'est le Cotylet ombUiqué et 
la Fabagelle {Zygôphyllumfahqgi>\(jL^.) 

F ABATARIUM. Sorte de potage aux fèves , suivant Lam- 
uride , oa même le vase ou le plat sur lequel on servoit leB 
FÈV£S sur table. (tN.) 

FABE. Synonyme de Fève, (b.) 

FABIANE , Fabîana, Arbrisseau à feuilles très-petites , 
sessiles , orvales , squamiformes , concaves en dedans et im- 
briquées le long des rameaux , à fleurs d'un blanc vio- 
litre , solitaires à l'extrémité des rameaux , qai forme un 
genre dans la pentandrie monogynie , et dans la famille des 

solanées^ 

Ce genre o£Gre pour caractères: un calice petit, persistant, 
à cinq angles et à cinq dents; une corolle infundibuliforme. 



4 F A B 

à tube très-long ^ à limbe k cinq lobes plissés et recourbes ; 
cîoq étamines , dont deux plus longues ; un .ovaire supérieur, 
à style filiforme et à stigmate émarginé ; une capsule ovale j 
kiloculaire , bivalve , contenant un grand nombre de se-^ 
menées. 

Le Fabiane croît au Chili , et répand une. odeur résineuse. 
Ses feuilles sont amères et employées contre une maladie àts 
chévires , appelée pîzguin dans le pays, (b.) 

FABION. La chélidoine portoit ce nom chez les Ro- 
mains, (ln.) 

FABRECOULIER. C'est le Micocoulier, (b.) 

FABRIGIA. Trois genres de plantes portent ce nom. Le 
premier et le plus ancien . est le Fabrida d^Adanson , établi 
sur le Laçandula multîfida^ qui diffère des autres, espèces du 
genre Lwanoe , par ses épis à fleurs solitaires et sessiles } 
par le calice à deuxlèvres et à cinq dents ; par la corolle à cinq 
divisions presque égales; par les étamines courtes, et par ses 
graines hémisphériques. Ce genre n'a pas été adopté. 

Le second genre Fahrîcia est celui de Thnnberg f dont 1^ 
caractères n'étant presque que ceux de l'hypoxis , l'y ont fait 
rapporter. Cependant une des espèces est dans le genre 
Gethyllis, 

Le troisième genre Fàhricia est celui fondé par Gœrtner. 
Comme le précédent ^ il rappelle le célèbre entomologiste 
Fabricius , à la mémoire duquel il ^ été consacré. Les bo- 
tanistes ont adopté le Falncia de Gœrtner. V. Fabrk- 
CIE. (ln.) 

FABRICIE y Fabricia. Genre de plantes de l'icosandrîe 
monogynié , et de la famille. des myrtoïdes , dont la fleur 
offre : un calice divisé en cinq parties ; une corolle de cinq 
pétales sessiles ; un grand nombre d'étamines distinctes ^ in- 
sérées au calice ; un germe à demi-inférieur , ovale , à style 
simple et à stigmate globuleux ; une capsule multiloculaire ^ 
à une seule semence «liée. 

Ce genre y qui ne diffère des Lepîospermes que par sa 
capsule et sa semence , renferme deux espèces qui viennent 
de la Nouvelle-Hollande , ou Australasie. Ce sont des ar« 
bustes à feuilles alternes ou opposées, et à fleurs axillaires et- 
solitaires , qu'on cultive actuellement dans les jardins de 
France et dAi^e terre, (b.) 

FABRONIÉ , Fabrorda,' Genre de plantes de la famille 
des mousses, proposé dans les Actes de Florence , et adopté^ 
par M. Schwsegrichen. Il se compose de trois espèces. 

Ce ^enre , quoique le même que celui proposé sous le 
même nom par M. de Lapylaie, dans le Journal botanique , 
ne réunit pas 9 dans l'ouvrage de M. Schwsegrichen , les mêmes 



F A Ç 5 

caractères. Celaî-cî ne lui donne que huit paires de dents ré- 
fléchies en dedans. M. Lapy]aîe , diaprés Radda qui a créé 
le genre , en décrit seize paires toutes droites. (P. B.) 

FABUCA et FABUCO. C'est , en Espagne , le Faine, 
froit du HÊTRE, (ln.) 

FABULONGA. Suivant Adanson , les Tuscules nom-r 
molent ainsi la Jusquiame , Hyoscyamus rdger, (ln.) 

FACA et FACE. V. Phaca. (ln.) 

FACE , Faciès , qui parott venir de fari , parler. Le« 
mots os . et vuUus désignent plus particulièrement , Tun, 
la bouche et les parties voisines ^ le second Pespression de la 
physionomie; car il se tire de fiff/<^, vouloir. C'est ainsi que / 
Tacite parlant de Tibère; dit qu'il avoit vultus jussus , une 
physionomie commandée, lorsqu'il dissimuloit ses sentimens 
poar feindre ceux qu'il n' avoit pas* 

De tous les temps , l'excellence et la dignité de la face 
humaine, qui ^s'élève vers le ciel, tandis que celle des ani- 
maux ç sans noblesse , sans expression , se courbe bassement 
vers la terre, a servi de texte aux poëtes et aux orateurs. Ci- 
céron emprunte à Platon ses belles pensées sur ce ^ujet; 
Ovide nous assure que Dieu même 

Os hominî sublime dédit , coelumque tueri 
Jussit, et erectos ad sidéra tôlière vuUus. 

Silius Italiens le répète en moins beaux vers, et BufTon 
après eux , nous montre que : « L'attitude de l'homme est 
« celle du commandement; sa tête regarde le ciel et présente 
« une face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de 
a sa dignité ; l'image de F âme y est peinte par la physio- 
« nomie » l'excellence de sa nature perce à travers les orga- 
V nés matériels et anime d^un feu divin les traits de son vi«^ 
« sage. » Les contradicteurs, car il y en a surtout, disent 
néanmoins avec le sceptique Montagne et f|Uelques autres, 
que les chameaux, les autruches et même les oies et les din- 
dons relèvent également la tête , et que nous ne regardons 
pas encore si directement le ciel que le poisson uranoscope 
dont les yeux sont placés sur le sommet de son crâne; enfin, 
que le pingouin ( oiseau marin , aica iqr^j L.) marche aussi 
redressé que nous. 

Il y a cependant une différence énorme entre la face de 
Thomme et l'ignoble museau des bêtes brutes. L'allongement 
de leurs mâchoires , le reculement et l'aplatissement de leur 
cerveau montrent bien qu'elles mettent l'appétit devant la 
pensée, qu'elles tendent vers l'aliment, comme étant le pre- 
mier besoin pour elles. Le singe même , l'orang-outang , le 
plus voisin de notre espèce^ a plutôt une moue grimaçant 



/ 



6 F A G 

qa^an visage , et déjà il présente des vestiges de cet os biter^ 
maxillaire supérieur , qui porte , cHez les autres mammifères , 
les dents incisives supérieures, et concourt à Télongation des 
mâchoires. Le nègre enfin, indépendamment de son teint 
noirci et de ses cheveux laineux , annonce encore , par l'avan- 
cement de sa bouche et l'abaissement de^op front , qu^il a 
des appétits moins nobles et une disposition moin^ marqué^ 
pour rordinaire , à la réflexion, à la méditation , que l'homme 
blanc dont la face est droite et le front avancé. On doit donc 
.considérer que plus le mqseau sera prolongé dans un ^tre, 
plus son cerveau sera reculé et rétréci ^ et en même tei^ps 
plus il sera brut et dépoij^nnd^ intelligence; ^u contraire, k 
mesure que les os de la fac<^e raccoureîront et dixninueront 
de volume , plus Forgane encéphalique aura d'étenidue , et 
plus ranimai déployant de facultés intellectuelles , s'élèvera 
dans l'échelle des êtres, jusqu'auprès de l'homme qui, étant 
placé au sommet, doit présenter, par cela même, le cerveau 
le plus développé , et les os de la face les moins allongés de 
tous les êtres. 

C'est sur de telles observations qu'est fondée la belle règle 
de Vangle facial, établie par P. Camper, dans sa Dissertationt 
sur les traits du visage. Que l'on suppose , en effet , avec lui 
une ligne droite passant à la base du crâne , depuis le trou 
occipital jusqu'à la racine des dents incisives supérieures \ 
puis, qu'on tire une antre ligne, de cette même racine des in- 
cisives supérieures, au front dç l'homme ou de l'animal qu'on 
veut examiner; on aura un angle d'autant plus aigu que l'a^? 
;iimal sera plus brut , et d'autant plus ouvert , plus voisin de 
l'angle droit, queThomme ^urade noblesse et d'intelligence. 
Les singes offrent des angles depuis 4S degrés ( les macaques ) 
jusqu'à 60 ou même 63 d'ouverture ( aux brangs outangs et 
)oclcos ) ; le. nègre a 70 degrés environ ; l'européen , depuia 
75^ jusqu'à 85°. Mais les anciens sculpteurs grecs auxquels 
XQ génie des beaux arts avoit peut-être révélé cette règle , 
donnoient à la face de leurs dieux 90 degrés d'ouverture , et 
même 100*^ à leur dieu suprême, au grand Jupiter. 

Daubenton avoit fait une observation remarquable aussi ^ 
c'est que plus le museau des animaux s'allonge , plus le trou 
occipital est reculé , de sorte que dans les espèces à très-long 
museau , il çst à l'opposite de la gueule , et le crâne est très- 
petit. De cette manière la tête qui est dans Vhomme presque en 
équilibre sur l'atlas, et qui retombe mênie en arrière chea^ 
l'homme blanc à grand cerveau , tombe toujours en devant 
et en bas chez les quadrupèdes ; c'est pourquoi ils ont besoin^ 
d'un ligament cervical robuste àproportion de ce prolongement 
du museau. Les tractions qu'exerce alors ce ligament sur l'os^ 



FAC j. 

occipital, doivent empêcher le libre développement du cer- 
Yeau dans ces espèces. 

La heauié de la/ace n^est donc pas tout-à-fait un résultat de- 
simple convention , ni le fruit du caprice et des goûts par- 
ticuliers de chaque peuple , coinme on le pense. « Interro- 
«r gez , dit Voltaire , sur le beau , sur le t« x«A4i j^ un crapaud; 
« u vous répondra que c^est sa crapaude avec ses deux gros 
« yeux et sa peau gluante, etc. » Le nègre doit faire sa beaur 
té noire comme lui, sans doule. Mais n^y a-t-il pas un état 
de perfection , de régularité , dliarmonie d'organisation dans 
chaque espèce ? N'a-t-elle pas sa beauté propre indépen- 
damment de nos préventions.'^ Les seuls aveugles ont laper- 
mission de nier sans absm^ité qu'un vis^e dont les deux moi- 
tiés sont également formées , dont les traits'sont symétriques ^ 
et dans une juste proportion avec Tensemble , ne soit pas 
beau .Or, tout c^ qui caractérise la perfection d'un être dans 
sa propre espèce , fût-ce un crapaud et une araignée , le 
rend beau relativement au rang que la nature lui assigne. Et 
comme Thomme est le premier de tous les animaux , il est 
certain que plus il se distinguera d'eux par Téminence de ses. 
facultés intellectuelles, plus il aura de vraie beauté , et même 
de majesté dans sa igure. C'est en effet ce qui résulte du dd- 
veloppement de son cerveau et de la diminution des os de la 
face. Lies peintres et les sculpteurs n'ont souvent pés d'autre- 
9^tifice pour imprimer un caractère de noblesse et d'éléva- 
tion am^ figures , que de leur donner un angle facial plus ou-<^ 
vert , comme l'ont fait les artistes grecs. Les autres moyens, 
tels que la régularité de l'ovale , les traits droits ou demi- 
onduleux ne sont que 4és auxiliaires dju type prijoi^ipal de la^ 
beauté. 

Après ces considération^ qui nous montrent la supérioritév 
de notre organisation sur celle des autres animaux , il importa 
d'examiner les traits même de face humaine, ce miroir vivant 
de l'âme , où viennent se peindre nos affections , nos pen-r 
chans , où se décèlent même les lisions profondes de notre 
çconojnie. L'homme est tout entier dans sa face; c'est dans 
la tête qu'il vit le plus ; c'est par-là qu'il se distingue de ses 
semblables ; un tronc sans tête n'a pas de nom : et sine nomîne 
çorpufi. Les bêtes n'ont presque aucune physionomie diffé- 
rente entre elles , en chaque espèce. Hors des diversités de 
taille, de couleur, de sexe et d'âge, tous les individus de. 
même sorte se ressemblent. Il paroît que l'homme inculte et 
sauvage dont les facultés morales sont rarement mises en 
jjeu, dont l'intelligence estfoiblement éclairée, dont les pas- 
sions sont peu exaltées , a peu de physionomie ; ainsi l'on a 
^^(des Bçasiliens et de la plupart des Amérijoai^s sauyages , 



8 F A G 

qu^ils avoient tous à peu près les mêmes traits. Chez les Inr> 
sulaires des mers du ^ud, on n^ observe, en général , qu^une 
physionomie brute et féroce ; les peuplades nègres , sauf les 
variétés nationales , de corpulence , de teint, etc. , offrent 
toutes le même museau plus ou moins prononcé. Ces êtres 
élevés par la simple nature, dans le même climat, nourris 
de mêmes alimens , aussi peu instruits les uns que les autres , 
réduits à des conditions tontes semblables 9 tous à peu près 
également apathiques, doivent avoir , en effet, très peu de 
diversité de physionomie ; et les animaux sauvages soumis pa- 
reillement àTuniformîté de vie et d'instinct dans leur espèce, 
$ous le niênie climat, n'offrent aucune différence notable dans 
les traiu de leur figure. V, Physionomie, (virey.) 

FACE. r. Phaca. (ln.) 

FACE DE LOUP. C'est le Lycopside des champs, (ln.) 

FACKBLUM. Nom allemand du Bouillon blanc (Fcr- 
bascum ihamusj L. ). (ln.) 

FAGKÊL. L'un des noms allemands du Pin sauvage 
( Pinus sylvestris). (LN.) 

FACKELBAUM et FACKEBEERE. Noms de I'Obieii 
(^ vlàurnum opulus ^ L. ) en Allemagne, (ln.) 

FACKELDISTEL. Nom des Cierges (rac/i^) en Alle- 
magne, (ln.) 

FACKELROS. Nom danois de la Salicaire ( Lythmm 
saUcaria), (LN.) 

FAÇON, r. Phaca. (ln.) 
FACOS. r. Phaca. (ln.) 

FACULTE. Nom donné k un poupoir particulier qu'un 
objet considéré possède en soi, et conséquemment qui lui est 

Sropre. Ainsi, toute faculté est un pouvoir, celui de faire ou 
'opérer quelque chose ; et ce pouvoir est le propre du corps , 
ou de Torgane, ou du système d'organes en qui on l'observe. 
Il subsiste dans ces objets , tant que l'ordre de choses qui y 
donne lieu n'est pas détruit. 

D'après cette définition, il est évident qu'il n'y a que les 
corps vivans qui aient des facultés; qu'aucun corps inorgani- 
que , qu'aucune matière quelconque , ne sauroit avoir en pro- 
pre la moindre yàcw/fe'; que , conséquemment, tout corps non 
vivant, toute matière quelle quelle soit, n'a que des qualités , 
que des propriétés , et jamais le pouvoir de faire quelque 
chose , sinon accidentellement. 

Si cette définition est fondée , elle a sans doute une grande 
importance ; car, dès qu'bn la prendra en considération, elle 
seule pourra ramener diverses parties de nos théories physi- 
ques actuelles , dans la vraie route à suivre pour avancer so- 
lidement lio^ connoissances à l'égard des faits que ces parties 



PAC 9 

considèrent. Je reprendràice sujet, mais après avoir exposé ra- 
pidement ce qui concerne lesyôcWiSés des corps vivans , et avoir 
montré^ que ce sont des phénomènes purement organiques.' 

Le premier objet essentiel à considérer ici^ est la néces- 
sité de distinguer \ts facultés générales^ c^est-à-dire, celles qui 
sont communes à tons les corps vivans , d'avec celles qui 
sont particulières à certains de ces corps. Voy. la Philosophie 
zoologique , vol. 2 , p. 1 13. 

Des facultés qui sont générales aux corps vioans. — ^ C'est un 
fait certain et suffisamment connu , que les corps vivans pos- 
sèdent àes facultés qui leur sont communes, et qu'à cet égard 
il n'y a aucune exception ; 'tandis que Ton connoît différens 
corps vivans doués de certSLinés facultés qu'eux seuls possèdeiit , 
et qu'en effet l'on chercheroit vainement dans les autres. Il 
y a donc, parmi les corps vivans, des facultés qui sont réelle- 
ment générales, et d'autres qui sont tout- à-fait particulières 
à certains d entre eux.Dans l'instant, nous citerons les unes 
et les autres , les disting(uant entre elles et dans leur cause. 

Les facultés générales des corps dont il s'agit, sont assu- 
rément le propre de la vie ; puisque tout corps animé par la 
vie, en est dès lors doué. Or, comme je l'ai suffisamment dé- 
montré , la vie n^est point un être ; mais c'est, dans le corps 
qui en est doué , un ordre de choses qui y permet une suc- 
cession de mouvemens qu'une cause , toujours active , sait 
alors y produire. 

On a donné le nom à' organisation à l'ordre de choses en 
question, observé dans tout corps vivant; mais l'on n'a pas fait 
attention que l'organisation n'est elle-même qu'une des con- 
ditions de la vie , et qu'il faut encore reconnoître la cause 
capable d'y exciter et d'y entretenir des mouvemens L'orga- 
nisation, quelle qu'elle soit, n'est qu'un objet passif; ne rem- 
plit, tant qu'elle conserve son intégrité essentielle , que la 
moitié des conditions; et la cause qui l'anime, en y excitant 
une succession de mouvemens, lui est tout-à<fait étrangère. 

Ainsi, la vie elle-même est un phénomène organique qui 
s'opère dans un corps qui en offre les conditions, s'y main- 
tient tant que ces conditions subsistent, et qui en produit 
plusieurs autres qui sont les facultés communes à tous les corps 
qui en jouissent. 

Maintenant, pour concevoir la véritable source de ces fa- 
cultés des corps vivans , il importe de considérer que la vie , 
se composant essentiellement de mouvemens, est réellement 
nne force; et que cette force donne des pouvoirs, car toute 
force en possède et en communique. Or, les facultés <, soit 
des corps qui en présentent de générales, soit des organes ou 
des systèmes d'organes qui en possèdent de parllculiéres ^ 



,o F A G 

sont des pouvoirs qui opèrent les phénomènes qu'on observe | 
les uns, comnHins à tous les corps ylvans, les antres, parti-p 
çoliers à certains â^entre eux, 

. La na^re elle-même, qui opère tant de choses, qui a, par 
conséquent, un si grand pouvoir, n'est qu^un ordre de choses 
général , sans cesse animé d« mouvemens qui sont inaltéra-^ 
nies dans leur source , variés selon les circonstances , et tous, 
assujettis à des lois. Aussi y ai-je comparé la vie ; mais celle-n 
ci amène sa propre destruction , tandis que la nature sera 
étemelle, s'il plaît à son sublime auteur qu'elle le soit. V. U 
6.<^ partie de 1 Introduction de VHistoite nahtulle des ûnimauot 
sans vertèhrea^ 

Puisque les corps vivans possèdent ies facuUés qui leur sont 
communes à tous , facultés qui sont é^demçient le propre 




dans des corps qui n'ont pas un seul organe particulier , mais 
qui remplissent seulement les conditions essentielles à l'exé- 
cution des mouvemens vitaux; il s'ensuit nécessairement que 
les f acuités générales des corps vivans n'exigent, pour leur pro- 
duction , aucun organe particulier. On observe , effective- 
ment, ces facultés dans toutes les organisations, quelque 
simples ou quelque compliquées qu'elles soient, tant que 
la vie les anime ; et si, après les organisations les plus simr 
pies, on en trouve d'autres qui sont graduellement plus com- 
pliquées en organes particuliers divers, c'est parce que celles- 
ci possèdent non-senlem«nt les facultés générales que donne 
la vie, mais en outre des facultés particulières que les pre-, 
mières ne sauroient avoir. 

hcsfaculiés communes k tous les corps vivans, c'est-à-dire, 
celles dont ils sont exclusivement doués , et qui constituent 
autant de phénomènes qu'eux seuls peuvent produire , sont^ 

i.^ De se nourrira l'aide de matières étrangères incorporées; 
de l'assimilation continuelle d'une partie de ces matières^ 
qui s'exécute en eux ; enfin , de la fixation des matières assi- 
inilées, laquelle répare , d'abord (i) avec surabondance, en^ 

(j) Dans la jeunesse d'un individu, T assimilation, et par suite la 
nutrition, s* exécutent avec une surabondance telle que, non-«eule- 
luent elles opèrent parfaitement les rdparations , mais en outre que 
leur excédant, fixé successivement partout et en son lieu propre, exé-. 
cute alors I* accroissement de Tindividu. Cet excès de nutrition dimi^ 
uueensuitegraduellement, et s'anéantit à un certain terme de la durédi, 
de la vie. La nutrition alors ne fait que suffire aux réparations ; elle 
devient après^ peu àpeu et de plus en plus insuffisante ;Ies forces alors, 
vont en diminuant; les organes acquièrent une rigidité croiwantei 1^ 



N 



F A C 

8aitA,plus ou moins' complètement, les Certes de stibstancesi 
qae Tont ces corps dans tous les temps de leur vie active ; 

2.0 De composer leor corps, c'est-à-dire, de former eux-i 
mêmes les substances propres qui le constituent, avec des 
ipatériaux qui en conliennent seulement les principes , et 
que les matières alimentaires leur fournissent particulière- 
ment ; 

. 3.0 De se déoehpper et de s^accnitre jusqu'à un certain ter* 
me, particulier à chacun d'eux , sans que leur accroissement 
résulte Slc l'apposition à l'extérieur des matières qui se réu- 
nissent à leur corps ; 

4-° Enfin, de se régénérer eux-mêmes; c'est-à-dire, de 
produire d'autres corps qui leur soient en tout semblables-. 
( PkUosophie loçlogiqve^ vol. a , p. iiS. ) 
. Ce sont là les facultés de tous les corps vivans sans excep- 
tion ; et ces corps sont les seuls qm en aient de semblables. 
Ainsi , qu'un de ces corp's, végétal ou animal, ait une orga- 
nisation fort simple, ou qu'il en ait une très-composée; qu'il 
soit de telle classe , on de tel ordre , etc. ; il possède essen*> 
tiellement les ipatre facultés que je viens d'énoncer. On 
peut donc dire qu'elles constituent les phénomènes essentiels 
que ces corps nous présentent. 

Je renvoie à. la Philosophie zoologique (^r 61. a, p. ir6 et sui- 
vantes ) , pour le développement et l'aperçu des moyens que 
la nature emploie pour donner exclusivement aux corps vi- 
vans, la faculté de produire ces quatre sortes cle phénomènes^ 

Si , parnû les facultés que nous offrent les corps vivans, 
Ton en observe qui leur sont généralement communes , et 
d'autres qui ne sont que le propre de certains d'entre eux, il 
est donc nécessaire de distinguer les facultés générales àe celles 
qui ne sont que particulières. On sent, en effet, qu'il doit ré- 
sulter de cette distinction ^ plus de facilité pour remonter à la 
source et aux causes de ces deux sortes de facultés. 

Des facultés gui sont particulières à certains corps vivons* *-** 
De même que c'est un fait positif que tous les CQi'p$ qui jouis-- 
sent de la vie , possèdent les quatre facultés exposées ci'de$« 
sus , c'en est un autre tout aussi certain., que beaucoup de 
corps doués de la vie , possèdetit des facultés qui levu* sont 

Îarticulières, et dont d'autres sont entièrement dépourvus. 
iCS oiseaux, en général, ont la faculté de s'élever dans le 
sein de l'air, de s y soutenir pendant un temps quelconque, 

capacité des canaux diminue par degrés; et IV/v/rtf de choses nécessaire 
à I*exécution des mpuvemens vitaux étant détérioré jusqu'à un cer- 
tain point, la moindre caus« d'embarras suffit pour amener le terme 
^e la vie, 

\ 



13 F A C 

et d^y exécuter des locomotions plas ou moins grandes , t^n-r 
dis que beaucoup d'autres animaux nV)nt nullement cette fia- 
culte. Quantité d'animaux vivent habituellement dans Taîr , à 
la surface de la terre , et quantité de ces êtres vivent dans 
les eaux et périroient s'ils restoient à l'air libre. Beaucoup 
' ont des sens divers ; ceux qui n'en possèdent qu'un petit nom* - 
bre 9 voient au moins et palpent les objets ; d'autres , en ou- 
tre, entendent les bruits, distinguent les odeurs, les' saveurs; 
et ces animaux emploient les sensations qu'ils éprouvent , 
pour satisfaire à leurs besoins, se diriger vers leur proie , se 
guider dans la fuite d'un danger, dans la recherche d'un bien- 
être , etc. Quantité sont privés de sens , n'éprouvent point 
de sensation , ne sàuroient se diriger après aucune proie , et 
cependant conservent aisément leur existence, parce que tout 
ce qui leur est nécessaire se trouve toujours à leur portée. 
Enfin , beaucoup d'animaux peuvent varier leurs actions pour 
satisfaire à leurs différens besoins ; inventer des ruses nou-- 
velies pour s'emparer de leur proie, de nouveaux moyens 
pour échapper au danger, pour obtenir tout ce qui est fa-* 
vorable à leur bien-être ; et beaucoup encore agissent tou- 
jours de même , dans les mêmes circonstances ; emploient 
constamment les mêmes moyens dans tout ce qu'ils ont à 
faire , et ne sàuroient y en substituer d'autres. Il y a donc 
des animaux qui possèdent des facultés , dont d'autres sont 
dépourvus. Ce sont-ià les facultés pariicullères dont j'entends 
parler; et, certes, il en existe un grand nombre qu'il seroU 
inutile de détailler ici. 

Si certains animaux possèdent des facultés qui leur soient 
véritablement exclusives, il est évident que ces animaux doi- 
vent ces facultés , qu'eux seuls possèdent , à des causes quî 
n'ont aucune existence dans d'autres animaux , à des orga- 
nes dont ceux<ci sont réellement privés. Leurs facultés sont 
donc particulières, et les organes qui y donnent lieu, le sont 
pareillement. On sait, d'ailleurs, que 1 organisation suffisante 
à l'existence de la vie dans un corps, nel'estpaspour donnera 
ce corps les facultés qu'on observe ailleurs ; puisque l'on con- 
npît des corps vivans tout-à-fait dépourvus de quantité de 
facultés dont d'autres corps vivans jouissent. 

Ainsi , la vie peut exister dans l'organisation la plus sim-r 
pie, la plus réduite ; dans celle qui n'a besoin d'aucun or- 
gane particulier pour que les mouvemens vitaux puissent être' 
excités en elle ; et celle-là , dès lors , offre , dans le corps qui 
en est doué , les facultés communes à tous les corps vivans ; 
tandis que l'organisation plus composée de beaucoup d'au- 
tres corps doués de la vie , présente , outre les facultés géné- 
rales de ces corps , d'autres facultés d'autant plus nonu 



» 1 



F A C ,3 

breases et plus éminentea, qu'elle est plus compliquée dW- 
ganes particuliers divers; 

D'après les observations que j^al consignées dans mts dif- 
terens ouvrages, et particulièrement dans ma Philosophie zoo- 
logique , ainsi que daiis Vtniroâuction de mon Histoire natui-dh 
des Animaux sans verièbres. J'ai montré que le phénomène ac- 
tif de la vie tendoit, sanï cesse, à en amener successivement 
l^eaucoup d'autres ; que , conséquemment , cette tendance 
de la vie dans un corps, consistant toujours à varier les 
mouvemens excités , à multiplier et diversifier les canaux des 
fluides , composoit et compliquoit graduellement l'organisa* 
tion, depuis celle qui est dans sa plus grande simplicité, jusqu'à 
celle qui offre la plus grande complication, le plus d'organes 
divers, et qui donne aux corps vivans, dans ce cas , les facul- 
tés les plus nombreuses , parmi lesquelles il y en a qui sont 
admirables par leur éminence. 

Il s'ensuit de ce fait important, que l'observation constate, à 
l'égard des corps doués de la vie, que tonte ,^uZ&? particu- 
lière à certains corps vivans, est évidemment le produit 'd'un 
organe ou d'un système d'organes qui y donne lieu, et que 
cet organe ou ce système d'ofganes est réellement particulier à 
ces corps. Il s'ensuit , en outre , que la faculté qu'il procure j 
ayant une fois été obtenue , doit se retrouver dans tous les 
cor^s vivans à organisation plus composée , puisque , dans 
l'ordre de la nature , la composition de l'organisation ne ré-* 
trogi*ade pas« 

Cependant la cause qui a modifié les opérations de la na-^ 
tare, et qui le6 modifie eticore sans cesjse, c'est-à-dire, les 
drconsiances très-diverses dans lesquelles elle a opéré et oik 
elle opère encore , ayant changé la direction de ses actes ; 
ceux des organes particuliers obtenus et qui sont les»moins 
essentiels, ont subi des altérations, des avortemens plus ou 
moins complets; et, dans ce dernier cas, ont tout à fait dis^ 
paru , ainsi que la faculté qu'ils produisoient. Mais les or- 
ganes ou systèmes d'organes de première importance , une 
fois obtenus, se sont trouvés moins es^osés que les autres 
.aux influences des circonstances , n'en ont éprouvé que des mo- 
difications sans pouvoir être détruits, et la composition crois- 
sante de l'organisation a reçu son exécution entière. 

Parmi les facultés particulières que possèdent beaucoup d'a^- 
nimaux différens, il en faut nécessairement distinguer de deux 
isortes ; savoir : 

I .^ Ites/acultés constanteset de première importance, comme 
celles qui sont dues à des organes ou des systèmes d'organes, 
par le résultat unique du pouvoir de la vie , et que la cause 
modifiante n'a jamais la puissance d'anéantir; 



! 
I 

)usqu ' 



,4 F A C 

2.<^ ïjt^facûhêsakérahlei^i dUmportancé infëriedr^, feomMé 
celles qui sont dues à des organes obtenus autant par Pin-^ 
fluence des circonstances que par le pouvoir de la rie , et 
que d'aatres circonstances maintenues peurent ensuite alté-* 
rer et métne détruire. 

Cette distinction que j^ai oubliée dans ma PhUosopkie zofh- 
iogique , où cependant les principes* qui la fondent se trouvent 
exposés , est nécessaire pour accorder les faits avec la théo- 
rie qui les explique , et je mVmpresse de la consigner ici. In^ 
diquons maintenant , pour exemple , plusieurs des facultés 
particulières observées parmi les animaux , en distinguant les 
deux sortes dont je viens de parier. 

Les facultés constantes et de première importance qu'on ob-^ 
serve parmi les animaux , celles qui sont dues à des organes 
pàrtictttiers, uniques résultats du pouvoir de là vie, et que 
rinfluence des circonstances ne sauroit anéantir, sont prîn^ 
cipalement : 

i.<> De digérer des alimens ; 

3.<* De respirer par un organe spécial ; 

S.^* D'exécuter des mouvemens de parties ou des actions ^ 
par des organes musculaires ; 

4»® De sentir ou de pouvoir éprouver des sensations ^ 

5.<> De se multiplier par la génération sexuelle ovipare ott 
ovo-vîvipare ; 

6.^ D'exécuter, par leurs fluides essentiels, une véritable 
circulation ; ^ 

j.^ D'avoir, dans nn degré quelconque , de VinteUigencé ^ 
c^est-4'dire , des idées ; d'être capable d'atteiiticm ; ée pou<* 
voir comparer , juger , etc. ; 

8.^ Enfin , de se reproduire par la génération vivipare , 
c'est-à-dire, parcelle qui donne la vie active à l'embryon dans 
l'instant même* qu'il est fécondé. 

Chacune de ces &cnltés particulières , fme fois obtemie ^ 
ne rétrograde jamais , et se retrouve tot^ours, mais avec les 
perfectionnemens acquis , dans les organisations supérieures 
k celles qui l'ont d^abord offerte. Passons maintenant à l'ex*' 
posé des facultés particulières d'un ordre inférieur. 

hes /acuités oHéraUes et d'importanée inférieure, comme 
celles qui sont dues à des organes particcdiers obtenus autant 
par rînflttence des circonstanées que par 1« pouvoir de la vie, 
et que d'autres circonstances mainjtenaes peuvent ensuite al^ 
térer et même anéantir, sont principalement: 

i.o Celle de locomotion, par des organes particuliers ^ 
tels que : 

Des pattes^ pour marcher, courir ou sauter sur la terre; 



ï" A C tj 

bes ailes f )90ur it soutenir et travek'ser its espaces dans le 
sein de rair; 

Des nageoireSy pour se déplacer dans les eaux ; 

Des membranes ^ entre les doigts, pour faciliter les déplace- 
mens sur Teau, ou entre les membres^ pour exécuter 
de grands sauts dans Tair, ou même le toI. 

2.® Celle de palper les objets , à Taide d^organes qui par** 
ticulariseUt le sens du toucher, tels que : 

Des antennes y dans les insectes, etc.; - 

Des tentacules f dans les mollusques gastéropodes > trachëli- 

podes y etc. ; 
jy^ filets tentaculiformes y dans les concliifêres, etc. 

3.<> Celle de saisir les objets , soit pour s'y attacher , soit 

pour s'en emparer comme proie ^ à faide de bras tentacu^ 

îaires , tels que : 

Ceux des céphalopodes y des cirrhipèdes, de dlilérens po- 
lypes y de diverses radiaires y etc. 

4'^ Celle d'exécuter, sur des alimens concrets^ spit des 
déchiremens qui les divisent, soit une yéritabie mastication,. 
àTaide : 

De mandibules ou de mâchoires $ 

De dents adhérentes ou enchâssées , etc. 

S.<» Celle d'attaquer et de se défendre , à l'aide : 

De dents , de griffes , de cornes ,• etc. 

6.® Celle de se communiquer, entre individus semblables, 
àes idées qui font connoitre une proie aperçue , qui aver- 
tissent d*un danger présent , qui désignent des besoins d'a^ 
mour, qui menacent de colère et de vengeance, etc. , à l'aide: 

De sifBemens divers; 

De sons variés ou d^inflexîons de la voix; 

De chants particuliers ou de signes exprimés par des mou*^ 

vemens de parties ; 
De sons articulés pour suffire è la communicatioii d*une 
•multitude d'idées différentes que \t» besoins accrus ont 
fait nakre. 

Je n^aipas besoin de dire qu'il y a quantité. d'autres facul^ 
tés particmières de cet ordre , que je n'ai point citées^ et 
que fai dA passer sons silence. Il me suffit d'avoir indiqué des 
exemples parmi les principales de ces facultés , et d^avoii 
montré que celles-ci , ainsi que celles que je nomme constantes 
et qui sottt de première importance , sont toutes le propre de 
certains animaux , et non celui de tous les animaux existans* 

Assurément Ics^^kti/i^ qui sont particulières à certains ani« 
maux , sont , comme je viens de le dire , le produit d'organes 
particuliers qui y donnent lieu, d'organes que tous les ani- 
maux Dépossèdent point; et ce n'est, sans doute, qu'en 



,6 F À C 

exécutant leurs fonctions que ces organes peuvent doiin/er 
lieu aux actes de ces facultés. Or , qui ne sent que , lorsque 
Torgane sera lésé par une cause quelconque , sa fonction 
sera proportionnellement altérée dans son exécution , et 
qu^alors la faculté le sera pareillement dans l'exécution de 
ses actes ! Cela est certainement conforme à tout ce qu;e l'on 
observe â Cet égard. 

Ici , relativement aux facultés des corps vivans , je n'ajou-^ 
teraî rien de plus : mais je vais rappeler une particularité 
qu'embrasse la définition que j'ai donnée de ces objets aii 
commencement de cet article , parce qu'elle présente une 
considération qu^il est très-important de ne point perdre de 
. vue. . 

Digression uiiie à Poccasion des facultés. — La faculté d'uii 
corps, ou de quelqu'une de ses parties, n^étant qtte le pou-* 
voir d'opérer quelque chose , et ce pouvoir ne recevant son 
exécution qu'à Taide de celle d'une fonction organique ; il 
s'ensuit \que toute faculté , que tout pouvoir de cette sorte ^ 
ne peut appartenir qu'à àes corps vivans ; que , conséquem-^ 
nient, tout corps inorganique , toute matière , quelle qu'elle 
soit, n'a que des qualités, qUe des propriétés, et n'a jamais 
en propre le pouvoir de faire quelque chose. 

Certes,, le mouoemenl ne peut être le propre d'aucune sorte 
de matière , en un mot , ne peut être celui d'aucun corps 
quelconque. Or, sans mouvement, aucune action, aucun 
phénomène ne sauroit se produire. Les corps organisés , eux- 
mêmes, ne sauroient offrir aucun phénomène qui' leur fui 
propre , s'ils n'étoient animés par la vie. Aussi, lorsqu'après 
la mort d'un individu ; son corps s'altère , fermente , se dé- 
compose , etc. , les phénomènes qu'il présente alors ne lui 
appartiennent plus, aucune fonctionne s'exécute plus en lui; 
ce n'est plus qu'un corps passif; et c^est à des causes étran- 
gères à Ce corps , qu'il faut attribuer les mouvemens qui 
)»' exécutent dans ses parties , et qui amènent plus ou moins 
promptement les changemens qu'on y observe. 

Cependant, nos théories physiques modernes supposent 
à diverses matières , des facultés de mouvement comme leur 
étant propres. Elles attribuent , aux unes , celle de repous- 
ser ou d'écarter les corps; aux autres, celle de les attirer, etc« 
Selon ces théories, le calorique est une matière tellentent ac- 
tive en elle-même, c'est-à-dire, par sa nature^ qu'en péné^. 
trant les corps, elle repousse de toute part leurs parties /les 
écarte les unes des autres , et bientôt dilate ces corps , les 
liquéfie ou les volatilise , après avoir détruit Taggrégatioa 
de leurs parties , si elle ne peut les dénaturer en place. Le 
fiuide électrique et le fluide magnétique ont aussi en propre $ 



F A G ,7 

tolTant les mêmes théotUs., le8.facoiliés'deTi9poitf5er, d'at- 
tirer, etc. 

Sans doute , c'est d'après de^faits très*positifs et bien cous* 
tatés qu'on a établi , comme principes , ces résultats d'ob* 
senration. Néanmoins ^ ces prétendus principes ne peuvent 
être que des erreurs , quoiqu'il)^ soient appuyés sur des faits 
certains, parce qu'on n'a pas fait attention que les facultés 
de mouvement attribuées aux matières que je viens de citer y 
ne sont qu'accidentelles , que circonstancielles , et non réel- 
lement propres à ces matières ; enfin , parce qu'il ne peut 
être vrai qu'aucune matière, quelle qu'elfe soit , puisse avoir 
en elle-même du mouvement , de l'activité ^ en un mot, la 
faiculté de faire quelque chose. . 

Mais 9 dira-t-on ,, les fluides cités ne se montrent jamais 
que dans un état d'activité, un état de pouvoir. Cela se 
peut : mais qpie doit-on en conclure , sinon que nous n'a- ' 
vous de moyens pour les observer , que lorsqu'ils sont dans 
cet état. 

L'air atmosphérique , fortement comprimé dans un fusil 
à vent , a le pouvoir, dès qu'on lâche la détente ^ de chasser 
une balle à une grande distance , et même de lui faire percer 
une planche de médiocre épaisseur. Oseroit -^ on dire , d'ar 
près cela, que le propre de l'air soit d'avoir du mouvement ! 
non : l'ayant observé , dans d'autres circonstances , on s'est 
convaincu qu'il n'en a aucun par lui-même. Or, je demande 
s'il est impossible qu'il y ait des matières que nous ne puissions 
apercevoir que lorsqu'elles sont.d^ns on ét^t de mouvement 
par des cai|ses hors d'elles* 

Quant à moi , je sqis très-persuad(i{ ^'11 en existe qui sont 
tout- à -fait dans ce cas ; et ce que j'ai publié sur i^ matière 
du feu y sur les différens états dans lesquels elle peut se trou* 
ver par diverjses #^uses , en mu ^pt, si^r le calfiriçue (1) , fait 
voir que ce calorique n'a les facultés qu'op lui observe » 
qu'accidentellement ; qu'il cesse prpgressiveme/it de les pos* 
séder à mesi|ire\qu'il les exerce ; qu'on ne peut obtenir nulle 
part un degré soutenu de chaleur, qu'en y faisant affluer con«> 
tinuelleipeQt; 4^ ^puveaii, calorique,, chaque portion agis- 
sante arrivant promptement • à un afibiblissement graduel 

(i) Voyez èoLy^^X lAjtroductionàt.\ Histoire naturelle 4is aiu'çtauxsans 
çertèhres ^ à la, page 171 , et surtout dans la note de cette page, mes 
principes à ce sujet. Voyez aussi , dans mes Mémoires depkf'sigue et 
d'histoire naturelle , leâ paragraphes 332 à 338, offrant (es principaux 
développemens de ma TTtéorie du feu. Ce sujet a trop d* importance ' 
pour qu'on né^Ige de prendre en consBération toute tue qui tend à 
y répandre d« iQur* La matière du feu, daib quelque état qu'elle soit, 
joue un ai grand r^ôle danf la plupart des faib que noua observons ! 

XI. ^ 



»« F A C 

d'action ^ailmferoîtsÂteioÂferétald^iiiâctivitépropre kctlïe 
matière , comme à toute autre , si le calorique , entretenu 
idans les milieux eArii^onnans^par une cause connue , ne la 
maintenoit au mèAie état. 

C'est donc un principe dé toute évidence, et, en même 
temps, Tun des premiers et des plus importans de la pkysi- 
xpio , que le mouvement ne sauroit être le propre d'aucune 
matière; qu'il est tout- à -fait étranger k toutes celles qui 
existent; et qu'il est un de ces objets créés qui font partie de 
l'ordre de choses que nous nommons la nature; ce que j'ai 
démontré dans la sixième partie de VlntroducUon de l'Histoire 
naturelle des animaux sans vâtèbres. 

Si , néanmoins, méconnoîssant ce principe , on persiste à 
suivre de fausses routes qui obligent d'entasser hypothèses 
sur hypothèses , à mesure que l'on pénètre dans le vaste dé- 
tail des faits observés • on obscurcira la science en l'encom* 
hrant d'erreurs ; et la difficulté de la recommencer , de la 
rétablir dans l'état d'où elle ne devoit pas sortir, en un mot, 
de seY^approcher des vérités à découvrir, devieiidra alors in--, 
surmontable. 

■ 41 y à donc quelque importance à considérer la définition 
que 1 bi doimée du moi Jittulté, au commencement de l'artiicle 
qui re concerne. F. lès articles Idée, iNStTNtT', Iîïtelli- 

•GENCE, FôISfttlONife ORGAΫQUES. (LAM.) 

FACULTÉS VITALES, Fhcultatesjàefacere, faire. C^ 
sont ^eiâ: pouvoirs que la nature , en organisant'les êtres vi-- 
vavfs , leur^onne 'd'exercer , pour subsister dans ce monde. 

Nous distinguons avec tous lès physiologistes les facultés 
fktsfmntk)nsXV' ce mot), en* ce que celles-ci résultent du 
feu propre dés organes internes pour là nutrition ou la Répara- 
tibti de l'individu , et pour la propagation de l'espèce. Mais 
4es^ Éaeéltés'v proprement ditel^, s*e rapporf^nt à'un exercice 
des sens , des^ihembries extérieurs; elles paroissènt unique-^ 
ment propres aux animaux ' Elles ' émanenf -princtpalement 
de* deux' sources activer qm liont la SfiNSfBîLltl^ et la Lo- 
tîOMOTiviTÉ, 'F. €es niôts: ' ' - ;». ! 

• 'Ainsiynoufi n'adrhettrôns point, '^eommë fetf ândèns , une 
faeidiê digèsin^^ tiné fàaûté^ gènentiioe j etir. , niais* des • fonctions^ 
de dige5lîôn",""de gi^nérâtion , etc., parce que; ces opérations 
réstiitènt d'tm concert d'organes dont le jeu suffit pour 
ax^cnter ces. actes importans, qui n'ont pas même toujours 
besôlfi du système nerveux , pûisqu'ib s'exécutent dans les 

ILnîen «stpas ainsi des facultés ou pouvoirs de sentir, de se 
mouvoir^ qui résultent d'un principe inconnu qui nous anime , 
ou de la rie animale qui vetse dans nos nerfs une certaine 



PAC ,3 

lomitte âVetmté que nous dépensons, et quî, ensuite, a be- 
soîa de se reposer pour reprendre une nouvelle somme de 
forces. De là vient que les fac^ultés sont soumises à Tinlermit- 
tence du repos oii du sommeil, et de l'activité ou de la veille ; 
taodis que les fonctions 9 la digestion, la cîrcnlatien, la respi- 
ration ^ etc. f s.'opèrent isans relâche pour conserver et ré- 
parer Torganisation. 

Les facultés appartiennent h la vie extérieure ou de rela- 
tion, particulière aux animaux. Elles ont leur racine dans 
la sensibilité d'où nait la- volonté ; parce qu'un être sensible 
au plaisir et k la douleury doit nécessairen^ent f»ir Tune qui 
le détrait et réchercher l'aViti^e qui le conserve ou le n^uUiplîe ; 
conséquemmeiit , il doit pouvoir changer -vie place à yo^ 
lonté. Donc les facultés appartiennent k TAnimal. (^. ce 
mot.) Les végétaux, quoique vivant et se reproduisant aussi, 
n^ont qae des fonctions.' 

Les principales facultés, dansThomme surtout 9 sont Vin- 
tell/gence on le pouvoir de recevoir des idées* et de les juger, 
de les combiner plusoumoiâs, deles coâserv^r, dé se les 
représenter au besoin'. De là naissent tes parties de rinteili- 
gence, savoir : la mémoire et 1 imagination^ le ji: cernent dont 
une suite forme la chaîne an raisonnement tCoiniut il résulte 
de ces sensations de plaisir et de douleur, comparées dans 
le cerveau, que nous avons une connoissance quelconque ^ 
au moins relative à nous, des objets extérieurs cars^nt ces 
sensations, il en naît une faculté de choisir le bien et de fuir le 
mal ; c^est la voioniéy le tibre arbitre. Chez les animaux pri-« 
vés de Tintelligence , ïinstinct la remplacé. 

Cette faculté envoie dans les muscles de nos membres, par 
1 intermédiaire des perfs émanant du cerveau, des détermina- 
tions promptes pour les faire contracter et agir conformément 
à ses intentions. On ne sauroit douter que les animaux, les 
plus perfectionnés après l'homme , ou toutes les espèces à 
sang chaud (mammifères et oiseaux), ou même les reptiles et 
les poissons , mais à un moindre degré, n'aient des volontés 
déterminées par leurs sensations extérieures , une certaine 
mémoire , un jugement et un raisopnnement quelconques, 
bien qu'ils soient infiniment plus bornés que 1 homme à ce 
sujet. 

Un cheval, un oiseau même, ne retiennent-ils pas dé mé- 
moire une foule de choses qu'on leur apprend par l'éducation, 
ou qu'éux-niêmes apprennent ? Un chien qui enfouit dans la 
terre un morceau de chair, pour s'en nourrir le lendemain 
parce qu^il est bien repu aujourd'hui , n'a-t-ii pas , dans sa 
petite prévoyance , Timagiilation de ce lendemain et l'idée 
4e la faim qu'il éprouvera ? Ke raisonne*i-il pas conséquem^ 



\ 



ao F A C 

ment en cadunt Jâou^ terre cetie pitance^ potir ne pas Va- 
bandonner à U vue du. premier venu qui s en empare roll ? 
Voilà donc un exercice bien motivé de.'sef {acy^itésintellcc-^ 
tueiies, toiU com»^ des nôtres , à la grande di^l^érepeç pr>'^s. 
de nos hau^s pensées abstraites,-çoniparatLvement à ses sîm-; 
pies idées toutes niatérielles pour ainsi dire. 

Mais ranimai possède encore un autre ordre 4c facilités 
qui ne sont point ça son^ pouvoir,, et qui , an contraire > le 
fipuvement spontanément; c'est I'In^^tinct. ( Ip^. ce, nmi). 
Toutefois ce pouvoir inconnu^ évun^.'de. Unature^ qui, don- 
nant à ranifips^ ^^ organe^y bijk trace; encore, d^ayance les 
indication^ on k^ yfAfis fomr s'en sf^^h , est une faculté bien 
plus haute ^tpifis j^o^irablf , puji^qqç, po^ ne la créons pas. 

Olez k l'animai ^^ o,r^an»§ 4^& sen^, bientôt son cerveau 

ne receva^ pluS: ^^ù^pip^^s^i^^^ * V^fi h^^ coi^pArai;it ow. ne les 
jugeant plus, il ne saura plus agir 'volontairement ; H n'aura 
plus de faculté^fUie «^itcmu^i^a pbi&; i^ périroit donc, si la na- 
ture ne mettoit pafs dans sefi eo^traiUes , le getme d^actions 
spontanées, nabesoinf nn désir i^YoW^taires quiponsseni le 
fc^tus (et même l'enfant, naissç^nt incâ^pabjie de se; servir encore 
a propos de ses sen^) à sucer ta nu^m^Ue paternelle. Ypilà 
Vin5tii\ct U ne fa^t p^iPOKC déi€armj^ation:<^u çejvoan, un 
jjrugementt i^ne s^rje; de ra(isopi)c;meJ9i/$.f|t de volontéiS d^n^ les 
nerfs et les mus^çle^i ff(^m oi/i^repi ^ siicç^on au mamelon 
par }a iHMichjÇ dn^PV^eav^nét C^ s(^ 4<^s^ faits qu^^nousi es- 
sayons d'exposer aw mots CEjRV^ivVr ÀKiMiSL^ Iksi^nct, etc. 
On se demaqi^eva si l'ammal se. peut 4<>xmier dçs. facultés 
par les efforts de i^a volo»^é, par Ve?iQ,rcice et par l'effet d^ 
certaines eir^on^t/aççes qui. ie fqre^çpnt à 4^p^yer de nou- 
velles ip,4<^^i?i4^* Rien ne le prouve ; car une simple exten- 
sion , un dl^yeJoippemQnt plu^ coi^idér^l^le des facultés àé\k 
reçues de la. nature, n^e sont fi^^^ poiW cela , de.noiaveUes, 
créatÎQnj^. Qu'ijin homme s'exercq l»ï^iiement i|pfn£îer, à 
courir, à forger , il deviendra certaijaement plus babileàces 
action,sp^ le mnh^t d^ l'habitude e^ pa^r Tàfflux plus confjl- 
lâérable de^ foi;c^s vitales awR 0;fga^e$» .^onvent en^l^yés ; 
mais rieçk de nouveau ne sera produit. Ce. seroît, il nous 
«emble, aboiser étrangement ^.effets cçni^us ^ rh.^bi^nde 
que de penser qu'une chauve-souris a dû Textension dft se*. 
pattes antéri^QfeSi et le^ ktges nieip^^r^^ea qui l^ûf^ripAent 
<Jes ailes, à la volonté, à la néc^sité loflg^tem^;^ cQip^i^nuéei 
pendant des ^iè^çlesde s'éiever dajbs le«, aitcs» p^i^i; v^ltig^r le 
jçoir après les phalènes on papillons, ngcturnes* Qui eûtpij^ 
forcer ces animaus; à vouloir si opiniâtrement ceUe bizarre 
«nanière die vivre, si la nature fli'ei^ pas pris ellerm^me la 
peine de fQi:m«r feun «rganeft? j'içi^ore si l'onpcMjrt ççoire 



que la 2^ple ycàmôéV%aî«tée tie rèxercrcë , parvienne k 
faire découvrir à Toîseau qu^il faut à ses ail^s des pennes , 
ou, 4és plumes, çotifi^fé^ de telte- )q^ telle façon , et j ad- 
luireroîs surtout que la volonté de cet animal €fût le pou- 
voir ^opérer fine :siiaiinoateiiëe t^r^aotîdn. 

Les facùlié^ dépendent des fef mes de IMt^àniâaticm, mai$ nfe 
prèdtnseni pas ceHës*-îcr./G'ëst là naturte., ùti -son subll?n^ 
Aateùr, <^mçrée; la ti^èàinrè obéit à sa struciurte ; nul fromm^ 
iie^sauroit afoutef ' là !iâ fcfefe physique él md^ate f làbti phii 
qu'^à $on -Corps-, au-delà de ce qui itn est dotmë; tout ce 
qo^onp^ttt fiftré, c'est -^'adcfctlre par rtxefrdîce et Th^bi- 
iude telle ou telle faculté ; mais cette ^rugmemailon Ise fait 
toujours atn dépetlâ déb iiAt^ë»fttèiAës tm ftmctioiis, coiitme 
il est démontré par toutes les lois de laphy^ologîe. (virey.) 

FA1)ELKRAUT. L'un des noms allemands du Colchi- 
que d'automne. (LK.) 

FADENS-PUNGER. Nom danois de la Jusquiame , 
Hyos Cyamus n^er- IÇLl!^'y 

, FADNOou FAÏ NQ et FADNORlJdiîrÀS. Noms da. 
pois de rAis^EJUiQUE de Bohèbie, Angelica (uvhaogelic^. (ln.) 

: FiÉTIDIA de Gommerson. K FétiwE». (t^.) > 

FÂÏiAN: Nom dbdnë par Adansôn à tine coqtiîlle bi- 
valve dû Sën^al; qal fait partie dd geti4-e fles Arcëës de 
Linnœus, et du genre PÉtOî^ciE de' Lar»artlc. Elle est fl-r». 
guréfc ^ pi. 1$ de Poruvragc d'Adanson. (B.) 
; FAGARA. D'après le voyageur Lînschot, il parott que 
c'est le nom qu'on donné à Java ^nfogariev du Japon. Avî- 
cenne en décrit lé fruit, "en se demandant à quelle pi anie il ap- 
partient. Maintenant lenom de Ftf^araest'celcH du cénre'FA- 
^ARIER, qui comprend le pttroià^ Vcvodià et ieluphrùim. 

■ FAGARIER , Fagam^ Linn. ( Tétrandne moftogymie).!!^ om, 
que portent une viriglâitre d'^lrbres ou arbrisseaux exotiques , 
qui con3tituent un genre de la famille des térébinthae^cs , oU 
mieux des Éàfltbotyllées, et dont les feuillt's sont alternes, 
ordinairen^ent ailées àyecntipalre , et les fleurs réunies en 
fsiisceaux o^ en grappes atix aîsscUeft "des feuilles. On trouve 
'àansiâtaq[ue fleur un calice persistant , très-^ctit , et à quatre 
ou cinq divisions ; une corolle à qcratre ou cinq pétales ; 
uuatirë à' huit étammes, dont les filets un peu plus longs que 
fa corolle , portent des aïitbèi^es ovales ; un ovaire supérieur 
et simple ; et un style couronné par un stigmate à deux lobes, 
j^efifuit est une capsule à deux vâlfes, uniloculaire, contenant 



I ^ 



22 F A G 

une semence arrondie et laî$ante:gajdqvefob il e»t composé 

de plusieurs' capsules. 

Les genres CtAVALiEfi et £lroni£ se rapprochent iAfiQi- 
ment de celuUci. 

Le Eaoarier du Japon on le Poitribr du Japon • Fagam 
piperita , Lînn. , est Tespèce de ce genre la plus intéressante 
à coDDoître. C'est un arbrisseau* célèbre , dans ce pays, par 
ses. qualités, et par Tusage qu'on fait habituellement de quel* 
ques-unes de ses parties. 11 s'élève environ à dix pieds. Son 
écqrce est tuberculeuse ; son bois léger et rempli de moelle ; 
ses feuilles sont à peu près semblables à celles du frêne, 
mais moins longues. 

. Cet arbrisseau croît naturellement dans le pays dont il 
porte le nom. Son écorce , ses feuilles et ses capsules ont 
une saveur aromatique ^ poivrée et brûlante.; aussi s'^nsert* 
OD à la place de poivre et de gingembre, pour assaisonner les 
alimens. . 

On trouve danà les forêts de la Guyane une autre espèce 
'du même genre , dont les fruits ont une écorcé pareillemenit 
piquante et aromatique. C'est le Fâgarier i*e lÀ Guyane ,, 
Fagara giiyanensis , Lam. , vulgairement le pohre âès nègres , le 
cacatîn des 6a/i^ou5. Cet arbre.s' élève )usqu^ à cinquailte pieds; 
il a des feuilles ailées , sans impaire , composées d'environ 
dix folioles opposées et presque sessiles, longues de cinq à 
six pouces et larges en proportion. 

V On distingue encore le Fâgarier octandkxque, Fagara 
octandra , Linn. , qui croit dans Tîle de Curaçao ,.o4 on se sert 
de son bois pour faire des selles. C'est un petit arbre dont les 
feuilles , qui tombent tous les ans , sont composées de neuf 
folioles crénelées et cotonneuses des deux côtés. Quelques 
personnes pensent que c'est cet arbre qui produit la véritable 
résine tœaniatfue, V, ce mot. 

Ce genre offre quelques autres espèces , mais elles sont pea 
importantes. Voyez-tu la description dans ï Encyclopédie mé- 
thodique,(x^^ 

FAGARO. Nom italien de I'Euable, ^é:^r caw;>«^. (ln.) 
FAGEBLOMMA. Nom de I'Anémone des bojlç , An, n^- 

monnsa^ en Gothlande, province de Suède, (ln.) 

FAGELIË, Fagelia. Genre établi sur la Calceolaire 

PINNÉE , et non adopté par les botanistes. fB.) 

FAGGINA. L'un des noms italiens du dARRAsm. (Uï.) 
FAGGINOLO. On nomme ainsi le fruit du Hême en 

Italie, (lk.) 
FAGGIO. Nom italien du Hêtre, (ln.) 



F A G ,5 

FA6IQLI. Nom ititUen des Kaiocots. (in.) . - . 

F AGONE , Fagonia, Genre de plantes dé la ^candrie 
monogynie y et de la famille des rutacfées , qui a pour carac- 
tères : an calice de cinq folioles oVales , (anéiédlées, droites 
et caduques ; cinq pétales ongmcQlês , ovales ,' arrondis , ou 
en cœur; dix étamînes ; un ovaire supéri^ur^ à ciiiq angles , 
surmonté d^un style en alêne à stigmate simple ; une cap- 
sule eiï pyramide courte,- mucronée^ à cinq')t>bés., à cinq 
loges , à dix valves, contenatit , dans ëhaque Ù^e; une seule 
semence insérée à un placenta central. 

Ce genre ne sedistingue.d^s Fabagelles que par Tabsence 
des écaille&'à ta base des étamines. Il ne comprend que 
quatre espèces ^ qui tirent leurs noms dès pays. oà. elles se 
trouvent , c'est-à-dire , de Crète ^ à^ Espagne ^ d'Arabie èi de 
VInde. Cette dé Crète est la plus commune dans! les écoles de 
botanique. C'est une plante à tige herbacéç,, anguleuse ; à 
feuilles opposées , pétiolées , composées chacune de trois, 
folioles lancëolées.9 mucronées , sessiles; à fleurs. solitaires ,. 
axillaires , pédonculées , purpurines « et à capsuLe& compris 
mées et ciliées, (b.) 

Fagoihià. Ce genre a été ainsi nommé par Tournefort ^ 
qui le consacra à la niémoire du célèbre Fagon , niédecin 
de Louis XIV. (ln.) . ) 

FAGONIASTKUM {Faux-fagorda , en grec)rLippî dé- 
signe par ce nom la Fabagelle. (ln.)^ 

FAGGPYRUM. Nom donné au Sarrasw , parceque aies 
graine^ sonttriangulairescomo^e cellesdu Hêtre, et farineuses, 
comme celles du blé on froment. On Ta appliqué ensuite à un 
grandnombre d'espèces du genre/7o/)^^onu/n.Toumeforten avoit 
fait le nom d'un de ses quatre genres, qui forment maintenant^ 
par leur réunion , le genre Polygonum, L. Il étoit caractérisé 
par à»^ fleurs en grappe ou bouquet ,. et par les graines trian- 
gulaires. A ces caractères on peut ajouter ceux des étamines^ 
au nombre de huit ^ et la présence de trois styles, (li^) 

FAGOTRITICUM. Mêmeétymologiç que Fagopyimjm. 
Ce nom désigne aussi les mêmes plantes, \jtsfagoiriticum si- 
mili'sàe Plokenet, eu font partie. Ils forment le genre Fal- 
IX)PIA d'Adanson ( V, ce piot.X qui comprend les espèces 
grimpantes du genre po^^ooum* (ln.) 

FA<]^OU£. C'est le Thym , dans le midi de la France. 

FAGRB , Fagrœa. Arbrisseau de Ceylan^, dont les tîgcs 
«ottt légèreproent tétragones ^ les feuilles opposées, ovales, 
cunéiformes et entières , et les fleurs disposées trois ensemble 



à4 F A G 

an sommet dèr rameaux , lequel forme un genre dans la peiht 
tandrte monogynie , et dans la famille des apocinéfes. . 

Ses caractères sont : un calice campanule à cinq divisions; 
une corolle mopopétale , ipfiuidibutiforme , à très-long tube , 
etàHmbe à cinq divisions obliques et obtuses; cm<\ Sta- 
minés ', un pvaire Supérieur , surmonté d'un style de la lon-^ 
gueur de la corolle , k stigmate orbiculaire et en plateau ; 
une baie ovale , charnue , glabre , de la grosseur d^ime pe- 
tite poire f et divisée intérieurement en deux loges. poly-« 
spermes, (b.) 

FAGRë. Nom donné y en Norwése, ainsi que ceux de 
HuiTMAUR etOuiTMAUR, aM galiumùoreole , L. (lw.) 

FAGU-JERA , FAKOBI et FANRU, Trois noms 
que;, suivant Thunberg, on donne , au Japon, âlaMoRGEUNE, 
Alsine média ^ plus connue sous le nom de mouron des petits 
oiseaux. (^^0 

FAGUS. Les Latins désîgnoient par ce nom le Hêtre ; 
du moins , c'est Topinion de la plus grande pfirtie des bota- 
nistes. Gaza avança que lefagus des Latins étoît le même que 
le phagos ou le phegus des Grecs » - communément considéré 
comme une espèce de chêne , dont les glands servoîent de 
nourriture , ^insi que Texprime le moi phegosy originaire du 
grec pkagein (qui est mangeable). V, EscuLus. 

Aoanson semble suivre l'opinion de Gaza et de ses imita-» 
teurs. Le Hêtre est Voxyne de Théophraste, et Voaya des 
Grecs. Ce dernier nom se trouve transporté à une espèce de 
charme , et au genre charme lui-même , que les botanistes , 
avant Linnœus, ont souvent nomiaéfagus sapîum. 

Si l'on en croit Lobel et Dodonée , la , Faii^^ , fruit du 
hêtre y servoit de nourriture au bas peuple. L'huile de faine 
remplaçoit le beurre dans le carêmie 9 au rapport de Scbwenc-^ 
feld, et le bols de hêtre sèrvoît à faire des fourreaux d'épée, 
usage extrêmement ancien, puisqu'il en est mention dansPlînei 
Les botanistes font maintenant du Hêtre, Fagus^ un genre 
distinct de celui du Châtaignier, avec lequel Linnseus l'a-^ 
voit confondu. V. H Être. 

làc/agus americanus de Pluken esit le tetracera voluhiUs, 

(LN.) 
FAGUTALIS. D'après Varron , le bois de Hêtre por- 
toit ce nom aux environs de Rome. Selon Pline, les petits 
temples consacrés à Jupiter, construits en fagus^ étoient 
nommés fagutal. Ce nom Aefagutalis est très-probablement 
Torigine de notre mol fagot (ln.) 
FAGYAL-FA. Nom du Troène en Hongrie, (ln.) 
FA-GYONGY. Nom du Gui, Viscum aUnmi , en Bon-. 
grie. (LN.) 



FAI aS 

FAHACA des Arabes. CVst le TAtiaouon le plus an^ 
cieonemeiit connu. U habite le Nil. Les Grecs le nomment 
phaseapsaro. Ost le TVfr. ph^sa de U. GeOfllroy , Mëm. de 
rinst d'Egypt. (desh.) 

FAHLëRTZ. Mine de cuirre grise,* appelée aussi minfi 
iargeki fçrisê , quand elle contient une qoanthé notable de ce 
méul. V. Cuivre geis. (J?at.) 

FAHNENHAPER. L'un à^^ noms de TAvoink , en Al- 
lemagne, (ln.) * 

FAHRSAND. Nom aHemand du Doîipte-vïinin , Aicl^ 
fias vîncetoxicon, (LK.) 

FAI , FIJE. Deux nomà du Panis 1iub£ , Panicum veiii^ 
ciUatum , au Japon^ (ln.) 

. FAIHE. Suivant Parkinson, c'est, à. Othaïti, le nom de 
la FiGUEoBANANE, musa sàpienium f L. (ln.) 

FALFO'-SUGL C'est, «n Japon» l'un des noms du Gfi- 

lŒYRISa GOS|MU>. (liN.) 

FAILLE. On nomme ainsi , dans le« mines de houille , 
toute matière ëtrangère qui interrompt , comprime ou gêne 
une couche ^t bomlle, ^t Id dérange de sa position prmti- 
tire , oa lui fait subir quelques changemens» - 

On distingue les failles tafaUks p>êgiâièns bu in'mês failles et 
tnfaiUes irféguUàivs , appelées aus^i cnns , cJMns , ^lesy barré' 
menSj brouiBages^ etc. 

Les /àtUesréfguMères ou wàiêsfaiSes sont desmasses très-éten- 
dues en longueur et en profondeur,' beaucoup -moins éi^~ 
dues en épaisseur , qui coupent et traversent les coiiche® de 
houille , ainsi que tes couches des terrains qui les accom- 
pagnent 9 et rejettent souvent une des deux parties de toutes 
ces couches fort loin de l'alignement de i'autre partie ; de 
U , sans- doute , le mot de faSlê , du mot aUemand , fùilëifè , 
qui signifie tomber^ parce que, sur l'un ^ie^ côtés de la faille , 
tout le terrain a glbsé et s'est affaissé , en entratnant les 
couches de houille qu'il renfermoit* Les failles pénètrent ainsi 
dans le rocher depuis la surface du sol ; elles s'anihicisseift 
en général à mesure qu'elles s^enfoncent. Ce sont de vérita- 
bles filons' pierreuiTt et ellesse conduisent absolument comme 
les autres filons , dans tueurs rapports avec le$ couches des 
terrains qui les encaissent. ( V. FiLOiv;) m a^ 

On connott des fÀlles qm ont plus; de 6000- métras èfo 
longueur ; ' leur étendue en profondeur est quelquefois plus 
grande que celle à laquelle les travaux des mines font par- 
venir. Leur épaastwr ou pwiêsance est extrêmement vame. 
On en connott qui ne sont presque que des Fctites, à peine 
(arges de quelques déciniètre? ; d'auCres ont pips 4^ I^Q 



36 FAI 

mètres de largfor. Souvent les imiîeurs donnent aux fail- 
les une épaisseur plus ^ande que celle qu'elles ont réelle-» 
ment, i.® parée qu'ils les traversent horizontalement , et 
dans une ligne inclinée à la fois à la direction , k Tépaissenr 
et à ripclinaison de JUi Caille ; a.* parce qu'aux approches 
des failles , Les couches du terrain sont en général bouler 
versées , et qu^îls comptent d* ailleurs, cojnme épaisseur delà 
faille , toute celle du terrain qu'ils traversent avant de re- 
trouver la houille. 

. Comme les filons, les failles sont souvent dirigées en ligne 
droite ou peu sinueuse ; d'autres sont irrégulières dans leur 
direction. ÊUes sont presque toujours irrémilières dans leur 
puissance , et souvent aussi dans leur înclmaisoB ; cette in- 
clinaison est ordinairement peu éloignée de la verticale^ 

' Les failles sont remplies de sables, de graviers» degrés et de 
fra^ens de roches de diverses espèces, confusément entassés 
et brouillée Elles- ont tous les. caractères de fentes pro- 
duites par la rupture des couches du terrain , et remplies pos^ 
térieuremeni par des fra^ens ou alhivions de toiité espèce, 
précipités dans leur intérieur par les eaux. Elles différentes 
cela desjS&ns, dont la plupart, remplis de substances cristal^ 
Usées, portent l'empreinte d'une formation lente et tranquille 
( V. Filon), ; et dont on rencontre aussi quelqttes-4ins dans, 
les terrains 4 houille. Les failles renferment des cavités reroh- 

flies d'eau ettapissées quelquefois de cristallisations calcairesi. 
Iles sont en général crevassées et fendillées, et donnent sou- 
vent beaucoup d'eau ^ quand on les rencontre dans lés 
travaux des mines, > > -. 

A l'approche des failles, la houille perd de sa qualité. Elle 

S rend souvent les couleurs de l'iris, se fendille et devient firia* 
le , puis mate , terreuse, se divise en veinules, et finit 
souvent par se tomirt ea .apparence dans la .substance de la 
,faiUe même.. Ceschangemeiis sont d'autant plus marqués 
que la faille, est plus grande et plus épaisse. Quelquefois la 
houille et les autres couches du terrain semblent se courber 
;à l'approche des failles , de Vànite câté desquelles on les 
retrouve cependant ordinairement ; maisces couches ne sont 
pliq^s dans l-alignement de leur^ autre partie , elles ^ scmt r«- 
jfdiféis et quelquefois.' très-lotn. 

La partie supérieure des failles se nomme ioA et l'infé*- 
jdeoreTfiiir,. comme pour les. couches et les filons. Lorsque la 
faille s'est.forjQGkée , l'alFaissement s'.est opéré dans les couches 
situéesautoikde la /ente,. lesquelles ont glissé sur le plan int- 
cUné.de ce toit; elles sont dolie^ plus 'basses de ce côté, et 
plus élevées duc&té du mur. Si donc ,ven suivant une couche 
de houille> on rencontre une faille à son^ur, c'est-à-dire , si 



FAI ,y 

on ^t que la finUe tfébifpt de la amAt en s^ttfcaçiit , 
on pge qu'on esidaBs la partie bute de la eooclie , et qa'il^ 
feot la rechercker en descendant, de Tantre cAlé de la faiRe. 
Si, an contraire, on arrive an êoii\ c'est^indire, si la faille 
s'enfonce en passant sons les |»eds, on est dans la partie de 
la eoocke qoi a glissé , et il £iot rechercher Taotre partie 
pins haaL 

' Cette règle paroft sAre ; mais il est qndqnefob dilBctle de 
reconnottre 1 inclinaison dîme faille, àcaosederirrégolaritd 
de ses parois. Alors on cherche à se guider par les traee» 
ou Teinales de houille que les codrhes oiSt laissées quelque—* 
fois sur la faille, en se dérangeant , eVqui font suivre leur» 
traces. Souvent aussi ces traces n'existent pas; il fiuit,' 
dans ce cas , tâcher de recoonnître , par TetameQ des cou« 
chesda terrain, des deux côtés de la faille, quel est le cité 
qui a glissé et qui se trouve. plus has que Tant^e. Si TexamenT 
ne fournit pas de données suffisantes k cet égard , il faut 
percer, le long de laCailloi desouvertures assex étendues pour 
reconnottre sa direction et «on inclinaison. 

On doit remarquer que, le plus souvent, la faille est 
inclinée dans le même sc^ns que les couches; ainsi, si on a 
atteint la faille en montant , on est presque sûr d'être dans 
son tott« Il faut donc monter encore, «et sous une incli-^ 
naison plus grande, pour retrouver la couche de houille; le 
e^ntraire.a li^u si on à atteint la faille en descendant. Pour 
traverser vue faille , il faut' étudier son aUute^ sans quoi' on 
s'em>se.à.ne pas la percer par la lignera p|ua courte. Quand 
on Ta traversée , il faut encore avancer de quelques mètres 
dans le même sens, pour sortir de la partie du rocher qui 
est bouleversée parle voisinage de l» faille ; ptiis on dirige 
sou onvrage de recherche, soit en montant soit en descen^ 
dant,^d^après les règles données ci - dessus, parallèlement 
k la ligne d*inclinaison de la faille , ou , ce qui ^st un che- 
min plu^ court encore, perpendiculairement aux couches du 
terrain. Quelqueipôs on dirige la galerie de reicherche hori-» 
xcmtalenkent, par des considérations relatives à 1 écoulement 
des eaux ; mais en s-exp6se alors à ne rencontrer la couche 
de hoùilhr re^tée^ qu'à une. trèsrgrande distance. 

Dans quelques circonstances peu communes , la rupture 
qui a formé la faille, a changé la direction et rinclinaison des 
couches: du terrain; situées sur Ttuie^de ses parois. 11 est donc 
nécessaire , avant de commencer ses ouvnages de recher- 
che- aurdelà de la faille, de s'assurerderallune des couches 
que 1 on doit traverser, pour diriger ses travaux perpendicut 
Iairemei»t ces couches,- . ' ' 

hes Jiiiiles irréguHères ou fausses failles ont une très* petite 



^ F Al 

étcadue : les- dwagemens qa^eHes finit snblr au ^ctadicA 
ne seul qoepacttels^ . et ne détmiient mb lear contoMiité. 
On distbgne : i.*^ lescrinsonemns, éirremmis oa inm-^gm 
fermés par «un rocher qui se tromre an milieu de la couche et 
qui Tobalrae 4out-à-£ait , «u U cemprîmei de manière À iâ ré- 
duire à mteveinoletriSHBiince^Ce todier aort ordinatrement 
du mur de la couchey'et est de la même nature que: ce -mutt 
varemeàEit il vîè«l,'4u49iiL lie crin s'étend qnel^uéCaiîs'Mirp^us 
ds.centmètites'ide longueur ; son épaisseur <est aussi souvent 
oansidérable ;t asUem's. eUe n'est que de qaeique& mètres. Il 
faut le ^rcerod letonmer^^ selon que sa dnreté et Mm éten^ 
diie £t>ni tpottv>ep fihii d'avantage à rim mm^ k l'anireNdes deoz 
modes.: 

- Qi^ Les bxmik^s.lV semble qnelqœlois ^se le dépât de la 
èdoehe debeoilleaété comme troublé) elle ne 4:ontieilt«|«ie d^s 
franmens irréguliers , rompus , mêlés et agglutinés'^ mais sans 
mâange hétérogène. Cet accident est ftèi^préjudkt»ble aw^ 
mineurs ; il s'étend, dans certains cas, sut t«ute «né coocke. 
Ailleurs , en perçant le bnmiiUige', on retrouve la cidicba 
dans son premier état. 

: 3i^ Les salars, Idaçah ou counuùUM sonnàts imuMag» dans, 
lesquels la housUe . est nràlée de cailloux, de> g^ès , de 
schiste , etc., de manière que le tout prend Tap^renc^ 
d'une brèchei ' » 

*: 4-^ Les étmnghmens on ressertanéÉU des couches du mnri«t, 
du toit. On ks nomme aussi quelquefois trias. CUt aicciden) 
, a ordinairement prude durée^ jet la coaehe'*de homlie rc'** 
prend sa puissance première , ou môme ime puîssanite plcA 
grande ; raai^ queiqurfois plusieiars resseraremens semblable* 
se succèdent^ :et la. couche etA comme formée d*e^ees 
d'amas réunis castre eux pfar de simples.' filets ; car, dans ce 
cas,. le toit et le mur ne sont |amais entièrement contigus , 
<4^il reste toùjours.une ilrac^ de bduiHcw 
r 5.A ËBlin:.ott n appelé uosnov l'aocideot «fu'oflire qnelqnei- 
fttis une' oouohe -de'houiUe qui,- brisée prar quelq^ bonle^ 
vemementda terrain, a été en partie romp»^ , de manière 
qnevl'one denses parries a prisûnedirei^tieno et une ineHnal^ 
.son diffère otea, quelquefois nkémeioppqséesi celles diprbflie 
de la, couche. Get accident rentre dans ^e nombt^ debèux 
produits par- lesyba^ r^ttibè»^ (sn,) ''v 

:. «FAINE. Oestleoom vulgaire dn fenit du Hêtù. (à;) 

.FAIRE LA/i^ËTË. ( Fêiuc.}. C'est JK^eoatameruniiisejm 

qttV>n dresse pour la lisinconiierie , à sé> laisser meitteta oha*- 

penon. (v.) .^ ., : .. .. .^ .- .- , 

FAISAN , Phasianus , Lath. Genre de l'ordre des oîtreini 

(srALUNAeÉ;^ , et de la famine des..Muninn£$. (F. ces inots.) 



FAI ag 

CoMc^f: bec robuste/ eotivexe m dessns., im peu épais ; 
ttiandîbule supérieure ^voûtée ^'courbée vers le bout, etplu^ 
longue <)ue Finférieu^e \ narine» situées à la ba&e du bec , 1%- 
térales., CQuvertes eu dessus jUruxieoienibraxie gonflée; languç 
charaue, entière; ioa^s ^ dans la plupart desi eAp^ces^gacnie» 
d'anepeau verruqueuse, prolQQÇée jusqu'àlab^uspda.b^c; ta^sfj» 
da mâle, éperonnés; qoatre.doigts, trois devant, umk derrîèrç^ 
les antérieujrs unis à. la base par une memliraoe-; Je posté- 
rieur ne ppr^ant à terre que sur le bout ; <aigle& un peu, courr 
bés , presque obtus ; ailes. cpnc^ves , arrondies^ .le$ cin^q prer 
mières rémiges ^raduelles^ la premièif étant la plus courtejt 
et les qua.trièaie et ^sixième les plus longues de toutes^ 
qneue cQmposjée 4e .dix- kult penaes étagées.,. longues 
et voûtées. Oq p^ut, divUer ce genre en tr^is sections. , 
si le naj^ajui et le faisan suficrjbe l^i apparûenpent réeilemenV; 
le premier se distingue de. tous fea autres en ce qu'il 
a les orbites et les jmies couvertes de plumes sétacées , la 
tête garnie de deux çoimes cylindriques f et.une.oiembrane 
qui pend sur la gorge et le devant du cou ; c^s caractères 
sont indiqués snrla%ure qu'a publiée Edwards. L'autre ^a 1^ 
front garni d'une caroncule arrondie ^ et la gorge munie de dew| 
membr^ines subulées , si les peintures chinoises sont exactes* 

Le nom de faisan a été prodigué a des oiseaux qui n'ont de 
rapports avec le faisan proprement dit qu'en ce qu^ils sont de^ 
gaihnacés; il en est même deux qui n'appartienoent nullement 
à cet Ordre : l'un estun.SIusoPHAGE, Pàasioausafricanus ^ et 
l'autre rHoAZi5 ou le iaisan huppé de Cayenne ,. qui doit em 
être éloigné , d'après sa m^inière de vivr^ et ses caractères^ 
Ainsi donc, le nombre des faî^ians^reconnus pour tek se réduis 
à quatre espèces , savoir ; le^ faisans açTnmui^ , uoîr et blanc ^ 
tricçiqrfjit à coilier.. 

Le Fa^isan paopQ^Hj&iiT plt.^ Phasiamifi colchicus , Lath. ^^ 
fig. pi. ealum. de Buffofi^ n.® %2%^ le mâle, etn«® 122, la £e^ 
melîe. Oui ne connoU l'oiseau du Phase y. qu^ le^ Argonautes 
rapportèrent de la Golcbide r - 

! Argivâ prir9.uQi;4um trat»§pottata rarinÀ ;. . 

; Allie mihi- nbt^^/aîl ; i^ si pii^i»» erat. 

Qui ne sait que le fais^ f^mbeU4t nos (bcé^ et nos parcs , 
tomme U fait l'honneur de nosi tables par son goÂt savpureu^ 
et la délicatesse de son fumet? 3on pluuiage:^ beaiieoup d'é- 
clat ; les tiges des plumas du cou et di| dos «01^ d'un beau 
jaune doré ^ et fout l'effet d autant de lames d^or ; les barbeâ 
de ces marnes plumes du cou ^ aussi bieu que 4;eUes de la tête ^ 
bnlient, d'un vert doré , changeant en bleu et en violet ; un 
i^ouge' bai luiioni s ét^od sur le dios^? 1^ croupignelU poi^ 



3o FAI 

trine ; \tt a3é$ s<nît brtniés , aréc de^ taches d^un blanc fau- 
nâtre , et le yéntre est blanc ; les couvertures du dessus de la 
queue, vont en dimlnuaût , et finissent eïi espèces de filets ; 
âix-huit pennes composent la qiieue , qui est fort longue ; cel- 
les du nulieu ont plus de longueur que tes autres , qui sont 
d^antant plus courtes qu'elles sont placées plus près des côtés ; 
les douze dn milieu sont rayées transversalement de noir.. 

Les plumes du cou et du croupion sont échanci^es en cœur, 
comme quelques plumes de la queue du paon ; f ;s veux sont 
entourés d'une membrane cbarniie d'un rouge écarlate; deux 
bouquets de plumes , d'un vert doré , s'élèvent , dans le temps 
dies amours, au-dessus de Toreille, et Tanimal peut fermer 
'à son gré l'ouverture fort grande de cet organe avec d'autres 
plumes qui Tenvironneat ; les pieds ont un ergot court et 
pointu y ils solat d'un gris-brun ; le bec a une couleur de corne 
pâle , et riris de 1 œil est jaune. 
" Les couleurs brillantes que VonvientdMndiquerne sontpro- 

f^res qu'au faisan mâle ; elles ont beaucoup moins d'éclat dans 
a femelle, et sa parure modeste est à peu près la même que 
(Celle de la caille ; les pennes de saqueue sont beaucoup moins 
longues que celles dn mâle, et elle a aâssi derrière le pied 
un très-petit ergot , qui devient plus grand à mesure qu'elle 
vieillit ; il est très~peu saillant au pied àt% jeunes femelles ; 
et il est entôut*é d'un petit cercle noir, qui ne disparott qu'à 
la seconde ponrte. 

La grosseur dn faisan est celle d'un coq ordinaire , et sa 
longueur de deux pieds dix ou onze ponces ; la queue seule 
est longue d'un pied huit pouces; les ailes pliées ne s'étendent 
guère au-delà du commencement de fa queue : cette brièveté 
àts ailes rend le vol du faisan court et bruyant. * 

Nous avons peu de cantons en France où il y ait des fai- 
sans vraiment sauvages, c'est-à-dire, qui n'aient point été 
élevés dans des parcs avant d'être lâchés dans les campagnes. 
L'on dit qu'il y a de ces faisans sauvages dans les montagnes 
du Dauphiné qui confinent à celles du Piémont , ainsi que 
dans les montagnes du Forez , dans les forêts de Loches et 
d' \mboise , dans celles de Chinon , dans plusieurs îles du 
llhin , etc. , etc. 

Ce sont des oiseaux extrêmement farouches , qu'il est près* 
que impossible d'apprivoiser : lorsqu'on les prive de la liberté 
ils deviennent furieux , et fondent à grands coups de bec sur 
ks compagnons de leur captivité. Ils fuient l'homme et les 
lieux qu'il' habite ; ils se fuient même les uns les autres ; ils ai- 
ment à vivre isolés , et ne se rapprochent que dans la saison 
des amours', ^ù commencement du printemps. On' dît que 
dans l'état sauvage, les mâleâ n'ont chacun qu'une seule 



FAI 3, 

fémeDe. €leHe-i:l{atîtïbii nid au pîeddhin arbre, dc'briosdc^ 
bois et de débris de platites sèches; elle y dépose douze k 
quinze œufs plus petits que ceux de la ,pouiè , et d'un gris 
verdâtre tacheté de brun. L'incubation est -de yingt- trois à 
▼îngt-quàtre jours. La poule faisane , suivant les observations 
de AI. Leroy , a beaucoup moins d'empressement que lajper- 
drix , pouf rassembler ses petits et les retenir près d^elIe. Elle 
abandonne sans be^çoup d^nquiétude xeiix qui s'égarent et 
la quittent; mais en même temps elle est douée d'une sensi- 
bilité plus générale pour tous les petits de son espècie ; il suffit 
de la suivre pour avoir droit à ses soins, et elle devient la mère 
commune de tous ceux qui ont besoin d'elle. 

Ces oiseaux se plaisent dans les bois ; ils se tiennent à terre 
dans les taillis , d'où ils sortent de temps en temps pour gagner 
les chaumes et les terres nouvellement ensemencées. Ce n'est 
que dans les cantons o^ ils sont communs , qu'ils se montrent 
dans les plaines : on peutencorc se rappelcnr quelle quantité 
il yen avoit dans -lès campagnes des environs de Paris. 

Dès que le soleil se touche , les faisans gagnent ordinai- 
rement les gaulis et les cantons où il y a des chênes élevés ; 
ils s'y perchent pour y passer ia nuit^ et en y montant, le 
mâle fait toujours entendre son cri , qui a quelque rapport 
avec celui du paon et aveé celui de la peintade ; le cri de la 
femelle est très-foihle. 

Dans les pays où l'on élève des faisans dans un état de de- 
mi-liberté , commp on le.faisoit en Fpance.daps les capitai- 
neries , l'on voit ces oiseaux se réunir en troupe , lorsque la 
terre , dépouillée des récoltes , les force de se.rassembler aux 
remises dans lesquelles on les conserve ; ^lors ils sortent du 
bois deux fois par jour pour chercher leur nourriture , ce qu'on 
appelle aller au gagruige. Tous à peu près ensemble s'achemi- 
nent au lever du soleil. Lorsque cet astre commence à mon- 
ter sur l'horizon , leur repas étant bientôt fait , parce qu'alors 
la nourriture est .abondante , la chaleur qui se fait sentir les 
invite à rentrer âû bois. Ils. en sortent ensuite entre cinq et 
six heures > et leur souper dure jusqu'à la nuit; ils rentrent 
alors pour se percher. Foyez les Lettres sur les Animaux , par 
M. Leroy , pag. aS^. 

. C'est encore dans la Colchide , ^jourd'hui la ]VIinjQ;irélie ^ 
antique berceau déréspèjce du faisan , qu'elle est plus to'rte et 
plus belle ; à mesure qu'on l'a forcée à s'en éloigner, elle % 
perdu de ses qualités originelles. L'espèce est à présent rër- 
pandue dans presque toute l'Europe , en Afrique , en Asie, 
même dans les contrées froides du Nord. Regnard avoit tu£ 
des faisans en Bothnie ; Gueneau de Montbeillard ne pou- 
vant se persuader qu'un' oiseau qui, en France même, exige 



?. FAI 

d{3,soin6 pour sa muUiplicatLoii j -pùi se trouver dians une ts* 
titiide aussi élevée ^ révjoquoit en doqte le tcmaigiiage de ce 
voyageur. Mais le rapport de Begnard a depuis été confirmé 
par ]^' Palla$ 9 qui a .vii des faisaps dans des contrées encore 

S lus septentriopales. I^e véritable domaine de cette espèce ^ 
it cet illustre naturaliste , est dans les bois de Kuma ^ aui^ 
environs du Terek, du Kuban^ des places couvertes de joncs 
qui avoisinent la mer Caspienne et tout le Caucase.. (ÂToii-^ 
i>eaux Vqyages dans Us Gowememens méndiouaux de VEmpire de 
Riissiej en 1793 et ij^i*) Dans ses premiers voyages , M. Pal-* 
)âs avQit fihsGvyé que les faisans ne sont nulle part pluscomr 
muns que près du fleuve Amour en, Sibériat Ces oiseaux sont 
tm article de commerce pour les Chinois, qui les vendent ge- 
lés au marché de Kiakta. 

. Les faisans vivent ordinairement si^ .à sept ans; c^est la 
durée de la vie de la poule commune^ L'op sait qu'un fai-* 
sandeau est un mets exquis et en mémelemps fort sain ; aussi 
c'est up n^or^reau cher et fort recherché t est pour se le procur 
rer, tes riches n'épargnent point les dépenses. L'éducation 
des faisans est devenue Mn art^ même assç9 difficile, dont on 
pprl^ra après/avoir indiqué les différentes- manières de 1<» 
iph^çs^r. 

^' Chàisê du Faisan. — ^On chasse cet oisean j soit arec les oi-^ 
seaux de vol , soit au fusil , soit aux lacets , bu autres pièges.' 
-; L*<m trouver'à k l'article de la FauccH^ERIE , la manière 
de prendre les fîatisans avet Toisean de proie: Sonniioi a vu les 
¥uf es de Salonique se f^ire un amtrsement habituel de cette 
èfcftssè, surioutpéndàèt l'hiver, oii les farsans arrivent' en très- 
grand nombre ^am lès bots et les- plaines de la Thessalie. 

"Au fusil, la chassé du faisan est l'a même que celle de la 
perdrix: On peut en tuer aussi, en se tenant à l'affût au 
pifcd*d€îs grands arbres, que ces oîseâui recherchent pour 
à'y percher pendant là ttuli ; et commfe il$ né manquent pas 




rtieuftrière étolt fort pratiquée palf- les' braconniers des en-^ 
virons de Pau'is^ jejle est en mêmfi tenues très-facrile ; car le 
faisan , perché 'sur àbii arbfê , ïe lâbsè approcher tant qu^oii 
TéuV.i'etsouffrfenfiéjpae èu*oa lui tiré. pl^^ coiJtps de fusil 
S^iis' quitter larbre. , ,, .... 

'V auteur tiû Trmlédè la chfisst «i^^5 assure qu'en brûlant; 
pen^s^Ât lÀ nuit, une mèche soufrée an - dessous de la 
Branché sur laquelle un faisan est peicch^, il tombe sufibqu^ 
par la furûée du ^o,ufrç embrasé. Cet auteujc cite, , à cette oç- 



FAI .83 

ca'sion , j(me ftirentuife ^e i^l*âcoiihiers siupris k tMe diasse 
dap$ le parc du château de Richelieu* 

Les Ùf^èts pour prendra les faisan» sont ie$ mimes que 
ceux doBt ou se sert pow* prendre. les Perdrix. ( Voyez ce 
mot) Les habitaos des maatagnes voisines d^- mont Cau- 
case , ^où les faisans sont très-communs, se senreot d^un lacet 
particviUer pour attraper ces oiseaux, qui, en passant à tra^ 
vers àes ro^auiX ép^is , y laissant des traces en tous sens. C'est 
dans ces espèces de sentiers qu'on place le lacet; il est assu^* 
jetli à uuje veiige élastique que Ton courbe par le bas ; il est 
é^4ttofint e^trela^é anteur d'un petit bois , qui , tendu par la 
verge élastique f&t .uii>cor4on , presse un bâlon mis en travers 
^ur un arc assujetti en terre , et le tient droit. Sur ce bâton , 
en reposent plufitieurs autres petits qui traversent la trace sur 
laquelle 09 tend le piège. Skâ^t que le Caisan pose le pied 
sur un de ces petits bâtons , le poids de l'oiseau presse 
4:ontre terre, cçlui qui est mis en travers ; le petit bois part , 
la verge ^lastiqwe se dégage et se relève avec prompIHude, 
emprisaone les pieds deT oiseau dans le piège, et relève avec 
lui en l'air , 4e manière qu'il se trouve dans l'impossibilité 
de.&e défi;ager* 

J)^ Vé^Lcotif^ dâs Faisans, r^ On suivra ici les préceptes et 
les indications de M; Iieroy , ancien lleotenant des chasses 
du parc 4e Y QrsaiUes. La place qu'il occupoit ravoit mis à 
pprtée de £aÂre les meilleures observations, et sa -sagacité., 
aiûsi que 6<hi esprit îuste et philosophique , les rendent très-* 
précieuses. 

On appelle faimnâerie le lieu où l'on élève des faisans ol 
desperdri]^ 4e toute espèce. 

Cette éducation domestique du gibier est le meilleur moyen 
d'en pè^l«^r |M'^Mnpte#nent une terre , et de réparer la des^ 
traction :q«e lâchasse en fait.iCe n'est que par-là que Ton est 
parvenu à répajudre les faisans et les perdrix rouges dans les 
endroits que la nature ne leur avolt pas destinés. Les faisans 
ètajAt ie i^ibîer qu'ordinairement on désire le plus, et que 
l'on sait le moÛQs se procurer , nous 'donnerons ici en détail 
la mct^iode la plus sûre pour en élever dans une faisanderie. 
Cette méthode peut d^aÛlcurs s'appliquer aussi aux perdrix 
rouges et grises ; s il y a quelques différences , elles sont lé- 
gères , et noHS aurons ^in de les remarquer. 

Une faisanderie doit -^.tre uq enclos ésrmé de mors assez 
hauts pour n'être tpas io&uhés par les renards , etc. , et^'une 
étendue proportionnée k la quantité de gibier qu'on y veut 
élever» Dix ai^ns suffisent pour en contenir le nombre dont 
un faisMidier peut prendre soin ; mais plus une faisanderie 
est spaçi^iiSje 1 jpo^iAUnre id^e eat U «M nécessaire que les 



a4 ' FAI 

bandas du feane gibier qa^OB élève soient assez éloignéeiS 
les unes des autres , pour que les âges ne puissent pas se con^ 
fondre < Le voisinage de ceux 'qui sont forts est dangereux 
pour leâ plus foibles : cet espace doit d^ ailleurs être disposa 
de manière que Therbe croisse dans la plus grande partie , et 
qu^il y ait un a$sez grand nombre dé petits buissons épais et 
fourrés , pour que chaque bande en ait un à portée d^elle ; 
ce secours leur est nécessaire pendant le temps de la grande 
chaleur. 

Pour se procurer aisément desr œufs de faisani^ , tl faut 
nourrir pendant toute Tannée un certain nombre de poules : 
on les tient enfermées au nombre de sept avec un coq 9 dans 
de petits enclos séparés , auxquels oit a donné le nom de par^ 
quels. L^ étendue la plus juste d'un parquet est de cinq toises 
en carré, et il doit être gazonné. t>ans les éndrerits exposés 
aux fouines , dux chats , etc. , on couvre les parquets d'uik 
filet : dans les autres, on se contente d'éjointer les faisans pour 
les retenir. I^ointer^ c^est enlever le fouet même d^une aile 
en serrant fortement la jointure avec un fil. Il fatrt quece qtri 
fait séparation entre deux parquets soit assez épais , pour que 
les faisans de Tun ne voient pas ceux de Tautre. Au défaut 
de murs 9 on peut employer àt& roseaux ou de la paille 
de seigle. La rivalité troubleroit les coqs s'ils se voyoient , et 
elle nuiroit à la propagation. On nourrit les faisans dans uti 
parquet , comme des poules de basse-cour , avec du blé , de 
rorfi;e, etc* Au commencement de mars , il n'est pas inutile 
de leur donner un peu de blé noir, qu'on appelle sarrasin^ 
pour les échauffer et hâter le temps de l'amour. Il faut qu'ils 
^ient bien nourris ; mais il seroit dangereux qu'ils fussent 
engraissés. Les poules trop grasses pondent moins , et la co- 
quille de leurs œiifs est si molle , qu'ils courent risque, d'être^ 
écrasés dans Tihcubation. Au reste, les parquets doitent être 
exposés au midi , et défendus du cÀté du nord par un bois , 
ou par un mur élevé qui y fixe la chaleur. 

Les faisans pondent vers la fia d'avril ; il faut alors ramas- 
ser les œufs avec soin tous les soirs dans chaque parquet ; sans 
cela ils seroient souvent cassés et mangés parles poules mêmes. 
. On les met , au nombre de dix-huit, sous une poule de basse- 
.cpi^* , de la fidélité de laquelle on s'est assuré l'année précé- 
dente : on l'essaye même quelques fours auparavant sur des 
œu& ordinaires. L'incubation doit se faire dans une chambre 
enterrée , assez semblable à un cellier , afin que la chaleur y 
soit modérée , et cpie i'impression du tonnerre s'y fasse 
moins sentir. Les œu& de faisans sont couvés pendant vingt- 
quatre et quelquefois vingt-cinq jours , avant que les faisan- 
<7raMa?4 viennent à écloré. Lorsqu'ils sont éclos , on le» Uîsse 



FAI 35 

enéoneoséûS'I^ poule petrdantVîiii^'^^^atre hénresv sans lear 
donner à Mâtiger. Une caisâ^e ide trois pieds -de long sur on 
pied et àeim de large , est d'abord le seul espace qn'on leur 
permette de parcourir ; la poule y est avec eux, mais retenue 
par une grille qui n^empÉefae pas la comnaonication que les 
faisandeauic doivent avoir avec elle. Cet endroit de la caisse 
qae la poulehabité , est feriné par le haut, le reste est ou-* 
vert; et cottime il ést:souvênt nécessaire de mettre le jeune 
gibier 'à l'abri', soit de la pluie , soit d'un soleil trop ardent , 
on j ajuste au besoin un tctit^ de planches légères , au moyen 
duquel on leur ménage le degré d'air qui leur convient. i)e 
jour en jour ^ oh donne plus d'étendue de terrain aux faisan* 
deaux, et aprè^ quinze jours, on les laissé taut-à«-fait libres ; 
sçulement la poule , qui reste toujours enfermée dans la caisse, 
lear seit de point de ralliement, et en les raj^elant sans 
cesse, elle les empêche de s'écarter. ,»./.. 

Les œu£s de fourmis de pré devroient être-, pendant le 
premier mois ,- la principale nourriture des faisandeaux. Il 
est dangereux «devcràloir s'en passer 'tout-à-£iit) mais la dif4 
Bculté de sVn procufi»* -en- assesi' grande abandance ,■ con- 
traint ordinairement à- cherdier des mo^yfensrd -y suppléer. 
On se sert pourceja d^Bufs durs hachés et môles avec de la 
mie de pain et nn peu de laiUK^.Les repas ne sanroient être 
trop fréquens pendant ces premrers( temps; dn ne peut mettre 
trop d'attention à ne donner que peu de nourriture à 'la fois: 
c'est le moyen d'éviter aux faisandeaux des|maUdiesfqui de^ 
viennent contagieuses, et qui sont iocurable^. Cette méthode, 
outre que l'expérieticè lui ^stfavorable, a encore cet avan- 
tage , qu'elle .e^t l'imitation de la: vnature. La paitle faisane.^ 
dans la eamp^ne, promène ses pietits pendant presque tout 
le jour , quand ils sont jeonesi , et ce continuel changement 
de lieu leur offre à tous momens de quoi manger 4 sans qu'ib 
soient jamais rassasiés. Les faisandeaux étant âgéi d?un mois, 
on change- un peu leur nourriture ^ et on en augmente la 
quantité. Oii leur donne des > œufs de fourmis de ,bois^ 
qui sont'plufr gros et plus solides ; on y ajoute dsi/blé , 
mais très-peu d'abord : on met aussi plus de distance entre 
les- repas.— • '-■ , ^ ■ - •., ,r 

Ils sont sujets alors à être attaqués par une espèce de poux 
qui leur êist commune avec la volaHie , et quiles'met en Aan- 
ger. Ils maigrissent, ils meurent à la fin, si l'on n'ygremédie. 
On l<e fait en nettoyant avec grand soin leur. caisse,. dans. la^ 
quelle âs^passent ordinairement la nuit. Souvent on est oblige 
de leur tètiref cette caisse raênie qui recèle mie partie de 
cette vermiâê. On leur laisse seulement-ce toit légçç i^j^ 



36 F A. I 

nous xraas pxAé, *am lefwl Us pj 



A mesure qne les faisandeaux awipeut ça âge , 4e» «lan- 
cers diminaent pour eux. Ik ont pourunt hb moment #a»cï 
critioue à passer , lorsqu'ils ont un peu ph«.de deoï «0194 
W Sûmes de leur queue tombent alors , et il (en poosse M 
noureUcs. Les œufc de fonirmis Wt«»t c«i moment, et leren^ 
dent moins ^Mgereu». Il ne fauâroit pas Ibot dwner de ce. 
caifs de foraroisde bois , sans y ajouter ^u mo»w4eww>«pa» 
Sœu& dors bâchés. L'excès des premiers seroit«u«si Éicbeux 
nue rnsaae en est nécessaire. • ■ .,.,_. 

Mais àe tous les soins , celui sm- leqnel on doit le moms se 
relâcher, regarde l'eau qu'on donne à boire aux faisandeaux* 
*Ue doit être incessamment renoowlée et rafifaîchie ; 1 inat- 
tention à cet égard expose lejeane «ibierA unepaladie asse» 
t?mmune par^i les poulet. , appelée ia p^, fit à laquelle 
41 n'v a Rttère de remède- • • - 

yousVvons dit qu'il f»»l<^<^»?fcî^^^^2Sél^ 
bandes de faÎMins, as.ea p0ar.qu'«lUs:»e passent pwse meier, 
mab comme «ne poule suffit pour «n fixer «n grand ^mbre , 
Tu otU^««A1* *n»i« ou qnatw co«rées , J'âge à peu prèa 
«L^l pour en former une bande. Les plus .âgés n'exigeait 
Krdessoins cMitànueU, anka éloigne au» extrémités de la 
Sanderie , «t les plus jeune, iloiwnt toujours, étre^aous la 
ÎSTdu foiandier. Par ce moyen, la confusion , s'd en ar^ 
riVe , n'est jamais ^'entre^es tgesmoms Aspr^ortionaés ^ 
et dévient moins dangereuse» • ,, , • . 

Voilà les fabandeaux élerés. La même méthode <»»rient 
__ oerdrix; il faut lAsecrer seidement qu'en général le« 
^aW Towes «nft plos «lieates qvte les iaisaas mêmes , et 
W les oecl^de fourmis de pré leW sont plus pécessaines. 

Lowou'ette» ont atteint six semaines, et<q»e leur tê*e est 
«^èrement couverte^ plumes, U est danger«i«; 4c lies tenir 
;*Xn«ées dans la faisanderie. Cegibier , naturellement sau- 
*^"derieatsujet alors à «ne malade contagieuse , Abonne 
«revient qu'en le laissant libre dans la campagne. Cette ma- 
Kdb?irime«ce par «ne enflure considérable à la tête «t aux 
pieds , et elle est accompagnée d'une soif qm hlteia mort 

£nand on la nti^it. ' , 

^ \ l'éiMTd des perdrix grises , eUes demandent beaucoup 
mnins de soin et iT attention dans le choix de la nourriture, 
îîn lés élève tBèsr«4reme»t par la méthode que nous avons 
donnée pour les faisans; mais on peut en élever a^si sans 
«Mfs de fourmis , avec de lamie-de pam , des oeufs Airs , du 
iSènows^cM»^^ «» la noBorituee que l'^n donne ordinaire- 



FAI Sjt 

ment aux pralets. H é%i rare qa^eHes ment sajeHes à des ma^ 
ladies , ou cela ne seroit qae pour avoir trop «MuogA ^ et efiki 
est aisé à prévenir. 

L'objet de Tédacation domestlquje du gibier étaxit d^en 
peupler la canipagné , il faut, lorsqu'il est élevé , le répandre 
dans les lieux où Ton veut lie ûzer. 

On peut donner la Kberté aos faisattr, lorsqii^ib< ont deux 
mois et demi ; et on doiv la donner aux perdrix ^ surtout aux 
rouges , lors^'elles ont atteint six semaines. Pour lea^ fixer , 
on transporté avec eux leur caisse et la poule qui les a élevée. 
La nécessité ne. leur ayant pas appris les moyens ..de. se 
procurer de la nourriture , il faut encore leàr en porter pen- 
dant quelqu^e temps: chaque jour on leur en donné un peu 
moins; chaque jour aussi! ils ar'accoutttment i ^n éhercher 
énx-mânes. 

Insensiblement ils perdent de leur, familiarité, mais sans 
jamais perdre la mémoire du Keu' oA îh ont été déposé» et 
nourris. On les abandonne enfo,, lorsqù^on voit qu'ils n^ont 
pins besom de secours. 

Nous ne devons pas finir cet article sàu9 avertir qn'on ten^ 
terok inutilement d'avoir de» œufk àe perâHx \ surtout des 
rouges , en nourrissant à^s pairos dans des parquets $ elles ne 
pondent point , ou du moins pondent très-peù lorsqu'elle» 
sont enfermées. On ne peut 6n élever qu'en raîi^afnt ramasser 
des œufs dans la campagne. On donné à une potde vingt- 
quatre de ces œufs, et elle lés couve deux jours de moins que 
ceux de faisan. Pour ceux-ci on doit renouveler les poules 
à^& parquets lorsqu'elles ont quatre ans ; à cet âge, elles 
commencent à pondre beaucoup moins , et les œufa en sont 
souvent clairs. \ Ancienne EncychnéSey 

Varîâés du Faisan. — r.<> he faisan blatur^ Pfiasiantts albusj' 
var., Lath. Si l'on en excepte des tâches? violettes $ur le cou ^ 
et d'autres roussâtrés sur lé dos^ le plumage de cet oiseau est 
tout blanc ; la femelle a ipoins de taches que le mâle. Oiin,a 
{Uccettaria^ paig^. 4^) ^^ ^^ les faisans lianes viennent de 
Flandre. . 

a.« hé faisan paAaché ou faisan varié (^"Phasianm i>arms^ 
var. /Lath.). Des tadhes qui réunissent toutes lès couleurs 
An faisan, , sont semées sur le fond blanc du plumage de cette 
variété, qui , i^uivant Frisch , n*est point bonniè pour la pro- 
pagation. , 

3." he faisan tiâtarâ ou le coquat. V\ au'mot CoQUAR. 

Le Faisan roïjssatre, provenant du /û/kmà'îcn/or et dû' 
faisan corranxm, ' .... 

Le Yk\^K3^tf^&^iqek ^ 'PhadàoM afidctautSi Lalk f est 
un MusoPHAGE. JEr^ ee ikioi. • 



38 FAI 

LepAtSAK DES AirriLLEs; C'est ^ dans quekiues. voya- 
geai:» , T Agami. . .. >. 

Le Faisan AAGEifTÉ. F- Faisan noir et blaî^c; 
he Faisan, a^ôus.. V. au ipot Argus. 
Le Faisan bâtard. V. Çoquaji. '. 
Le Faisan bigolor. V. Faisan^ noir et blanc. 
Le Faisan bruyant , est le ûrand Tétras; 
' Le Faisan bu Cap de Bonnè-Esperance , est un Fran- 

COLIN. 

4 ' 

Le FaisaÏï ▲ COLUER jPhasi^puf torquatus , ¥ar. , Lath. ^ 
est une race très-voisine àa/aisart commun, pui$<^ue ces 4eux 
oiseaux prp4uisent ense]nl)Ie , et donnent la vie à des indi- 
vidus qui se propagent entré eux et avec les premiers. Cette 
race çst très-commune à. la Chine> et 4epuis long- temps 
multipliée dans ks parcs , tn Angleterre.. .1»^. premiers qui 
parurent à Paris , où Ton n^en voit plus à prçsent , furent 
appelés par les oiseleurs , jfàisâns paons , à ça^use des taches 
du 4Qs,'plus larges, plus r^gialière», «t ayant de loinTappa- 
rence des yeux dé la queye dçs paons. Montagu, Dîct. omit, , 
suppl. , présente ce' faisan pour une espèce parlîculière Ce 
galhnacé a. la tête , la gorge, rabdomen et le cou d'un noir 
pourpré ; un collier blanc sur la dernière parlië ; deux raies 
de cette couleur sur chaque côté de la tête ; les plumes du 
bas .du cou et du hautide la poitrine 4'nn rouge cuivreux , et 
terminées de noir; les couvertures des ailes, couleur de 
plomb ; le haut du dos noir et tacheté de jaune ; le bas de 
cette partie variée de blanc et de roux ; les 'pennes de la 
queue olivâtres , sur leur milieu , 4^ un roux violet dans le 
reste, avec de larges bandes noires et transversales ; les 
pied$ gris : le bec jaunâtre ; Piris d'un beau jaune. -Lon- 
gueur totale , deux pieds cinq pouces. 
^ La femelle a au-dessus des yeux une petite bande de 
plumes très--courtes el noirâtres ; le plumage généralement 
d'une teinte plus rembrunie que la femelle du faisan com- 
mun t elle n^a point , comme cellerci, des taches noires sur 
la poitrine ; les bandes transversales de sa queue sont plu$ 

I^ononçées. \ 

..Ce faisan se trouve dans les forêts d^ la Chiiië. ' Ses œufs 
sont 4'un bleu yerdâtre, avec de petites taches d'une teinte 
plus foncée. Les petits qui naissent. en Europe, sont plus 
diifficiles à élever que ceux des autres faisans* 
Le Faisan commun de la Chine.^ r. Faisan, a collier 
Lt Faisan coloré. M.Latbam, dans son supplément ,au 
Synopsis ofhirds^ désigne ainsi le Fais AN NQi|i..a. : . 



FAI 33 

Le Faisa» €oaNu. V. Faisan napaul. 

Le Faisan couleur de feu. V, Coq couleur be peu. 

Le Faisan de la Guyane. F. Marajl paraka. 

Le Faisan couronne des Indes, de Brisson , i^^est poinl 
un faisan. F. Goura. , 

Le Faisan doré. V. Faisan trigolor hupbé. 

Le Faisan HUNÉRU. CéBt, dans Fi^seli, iè Goquar. K 
ce mot. 

Le Faisan huppé. Dénomination donnée, dans quelques 
ouvrages d* ornithologie, au Rouloul. V. ce mot. 

Le Faisan huppe ïhe Cayenne. F. Hoaîin. 

Le Faisan d^Impey. F, Momoul. 

Le Faisan de Junon.' F. Argus* • 

Le Faisan du Maryland, est la Grosse GéUnotte du 
Canada ou Gelinotte a Fraise. 

Le Faisan de îieIil Dénomination impropre , appliquée 
au Canard pilet. 

Le Faisan momoul. F. Momoul. • 

Le Faisan des montagnes. Dénomination vulgaire du 
petit tétras. F. Tétras. 

Le Faisan NAPAUL^ Plmsimius safyrus, Yieill. ; Meteagris 
tatyra, Lath., figuré pi. 1 16 de YHist. ruU. des Oiseaux , d^ Ed- 
wards. J^atham Ta classé< dans le genre du dindon. Edwards 
lui donne le nom de fmsan cornu , et Gueneau de Montbeil- 
lardée regarde comme un fallan. C'est aussi Fopinion de 
Mauduyl dans M Encyclopédie méthodique. 

Le premier attribut qui frappé à la vue de ce gallinacé , 
sont les deux cornes d'une substance calleuse , à pointe ob--* 
tnse , couchées en arrière , et de couleur bleue , qu'il porte 
sur la tête , et qui s'élèvent derrière l'œil de chaque côté. 
C'est de là que la dénomination àe faisan cornu lui a été im- 
posée, et que les nomenclateùrs lui ont donné celle de 
sa^r&, Une tôembrane bleue et variée d'orangé pend sous la 
gorge et le devant du cou; le tour des yeux est garni de poils' 
noirs. Les noms que cet oiseau porte dans l'Inde, signifient 
oiseau marbré et oiseau brUlant. Son plumage brille en effet de 
vives couleurs , et de taches, dont les unes sont rondes et 
les autres ' en forme de larmes , mais toutes de couleur 
blanche entourées de noir, et très - rapprochées Tune de 
l'autre , paroissant de jolies marbrures sûr un fond rouge , 
qni prend difiërèntes nuances sur les diverses parties. La fe- 
melle n'a ni cornes , ni membrane pendante sous la gorge ; ' 
mais sa tête est garnie de longues plumes d'un bleu foncé , 
qui retombent en arrière. 
\ Lagcosseur de cqt oiseau est celle an faisan ; il lui res • 



\ 



t 



4ô FAT 

semble encore dans'prescfae toiu le^ âétaib^ s» eorforitia- 
lion , et surtout par la forme de sa queue. 

Quoique la figure du napaut se trouve communément dans 
les peintures des Indiens , c^est un oiseau fort rare et encore 

{>«u conâUvll vit au Bengale et dànà d'autres contrées des 
ndes' orientales. CeUe espace n'existé en nature dans au- 
cune collection. 

Le FaisIk noûi y Fhadànus leucomdanùSi Léth. , oiseau 
des Indes orientales , dont les plumes sont noires^e^ ftt>i^— 
4ées de blaric^ c«tfte bordure est |rfu9 large ^ôti$ te éotps 
qu'en dessu») fim le deffièfe de là tête , Mé lôngftfé fttifpp€ éë 
couche en arrière ; tés pieds-sont armés chacun d'titifr éperén y 
et la longueur totale de roiseati est de ving^-uiv pouces. Le 
bec est blanc , «t les côtés de la tête sont unis et rouges. Cette 
espèce ne peut être un faisan^ puisqu'elle porte une queue 
doiit les pennes sont d'égale longueur. 

^ L'on a aussi appelé faisan noir le petit tétras. V. TÉTRAS. 
Le Faisan noiK et blanc (Pkasianus nycthemerus^ Larth., fig. 
d. enlum. de Buffon, n.^* ia3 lé mâle, et n.^ ia4 ^^ f&melle). 
iel. oiseau de la Cbinef plus gros que lefaistm comAmn ; il 
est aussi plus robuste, plus disposé à s'apprivoiser et moins 
délicat k élever que le dindon^ mên^e dans nos pays; ses 
œufs ont la grandeur de ceux de la poule, et une couleur rous-» 
sâtre, avec de petits points blancs. 

Des traits noirs et déliés traversent obliquement le phnfiage 
de cet oiseau, sur le fond blsrtic du dessus du cdn et du cotpsy 
et ce fond déjà si pur et si brillant re^it encore plus d'éclat^ 
par le contraste du noir pourpré qui couvre les mêmes parties 
en dessous. Les ailes et la queue sont également blanches et 
rayées de noir, à l'exception des deux pennes du milieu der 
la queue, dont le fond est uniforme ; une longue huppe, re-* 
tombant en arrière, et d'ufi noir pourpré, sôirmonte la tête« 
Les yeux sont entourés d'une peau nue d'un rouge éclatant 
et qui peut s'étendre, suivant que l'oiseau est affecté, jusqu'à 
excéder beaucoup la tête en deséus et en dessous ;. l'iris est 
jaune, et le bec jaunâtre avec un peu de brun à son extrémité; 
les yeux sont d'un rouge vif ^ et les ergots sont bleincsv. 
Le Faisan paon. F&yez ÉPERONifiBR et Faisav a oolliea. 
Le Faisan rouge. Albi^ et Klein donnent cette dénomi'*^ 
nation au Faisan tricolor huppé. 
Le Faisan verdatre de Cayenne. V. Marâil. 
Le Faisan superbe ( Phasianus superbus^ Latb. ) «L'on ne 
connoit encore cet oiseau, dont Buffon n'a pas parlé» et àii-^ 
quel Linnaeus a donné la qualificatiion de superie ( Mantiss, 
1771, pag. 526 ), que par sa figure, quise trouve soavetitsur 
les papiers peints de la Chîne« Màk de pareilles peinliireâ 9 



FAI a 

iatu$ lesfoéUes riofâgi^dHioa des antsUschiaoîs \&ae , eomme 
Ton sait^ un grand rôle, ne nous parolssent pas devoir mérheif 
une grande aitenUon de la part des naturalistes, ni sufiBre pout 
constater Teiistence d'une espèce. Cependant il existe dam 
la Chuie un , £ai$an qui surpasse tous les antres en beauté ; 
msàs c'est en vain qu'on a cherché, jusqu'à ce jour, k le po(^ 
séder en nature ; tout ^t que l'on conaottde sa! dépouille, ce 
«ont deux longes pennes du milieu de la queoe, que M. Theoi' 
mînck consenre daUssa Collection. Ces deuxpenneSf diieena-* 
turalistcf, ont ^fuatre pieds de longueur, cequifatt supposer quo 
la taille de cet oideati doit être aumoina de aix pieds : ellei^aont 
larges d'enyir6n dkux pouces, se terminent en peinte, et sont 
voûtées comme chez le faisan tricolor. Leurs hatrbessefntd'nii 
blanc grisâtre nuancé d'un roux doré; on remarque quarante- 
sept bandes quisont lunuléessur chaque cdté, et qui sont paral- 
lèles àlabase vers le bout de la queue, et alternes dans le reste; 
ces bandes sont noires k l'orfgine de la plante et nuancées 
plus on moins de couleur marron vers son extrémité , qui est 
entièrement de cette teinte* 

Le Faisan tri^olor hiMé ou Faisav boké m ta CttnxE 

{Phasianus picius^ Latk) , pi. D. a6 n«« a de ceDietionnUire* 

C'est un de ces oiseaux que la nature s^est pIù k parer-arec 
magnificence ; l'or, l'azur, le pourpre , brillent sur son man^ 
teau, et de longues plumes soyeuses qui tombent mollement 
le long de son cou, se relèvent quand il le veut, et forment 
au-dessus de sa télé un panache doré. Sa queue plus longue 
que celle iufaUan^ est austii plus émaitlée, et au-dessus des 
pennes qui la composant sortent des plumes longues et étroi- 
tes, à tige jatine et à barbes de couleur écarlate. \\ a le des- 
sus du cou d'un vert doré , rayé transversalement de noîr ; 
la partie supérietire du corps d'un jaune doré, et Tinférieure 
d'un rouge de pourpre ; les pennes moyennes des ailes d'un 
bleu d'àaiur ; les peMes latérales de la queue rayées oblique- 
ment de noîr sur un fond marron ; l'iris , le bec ^ les pieds et 
les ongles jauues. 

Dans là femelle , lés dimeflisiotis et tés proportions sont un 
peu plus petites. Son plumage n'a pi éclat ni vivacité dans les 
couleurs ; c'est du brun jaunâtre eu dessous, et du brun rous- 
sâtre sur le corps et la queue. Les fennes mâles ressemblent 
aux femelles, et ce n'est qu'à U seconde mUe qu^ils commen- 
ceut à se revêtir de toute la richesse et de toute U beauté de 
leur pamrè. A mesure que les femelles vieillissent, Jenr phir* 
mage se rapproche de celui du mâle, et^ elles prennent aussi 
les l^n£ites plumes qui/dadsle mâle^ acèMI]^ag|i«ftt les pfn^ 
nés de la ijueue. . , 



4a F A K 

Les tricolore huppes sont originaires de la Chine < d'oiiron les a 
transportés dans les ménageries et les parcs de l'Europe. Lear 
éducation exige plus de soins et d'attention que celle dayailunt 
commun. Ils sont plus délicats; Thumidité et Tinconstànce de 
notre climat les font soui^nt périr; du reste, la maiiièrède les 
élever et de le^ nourrir est la même que f0rxf les faisais ; mais 
ils se familiarisent beaucoup plus aisémètit^ et ils sont, en gé- 
néral, moins farouches, moins ombragetût. ]ls produisent avec 
Tespèce commune^ mais les oiseauîx métis (]pii résultent de 
cette union demeurent inféconds. La feqieUe àxktrkolor huppé 
pond, dans nos pays^ plus tôt que celle du ^^lûan commun^ et 
SouTent dès le mois dé mars ; ses œuf^ sont plus POogeÂtres 
que ceux de nosfaisam. (s^ et v.) 

FAISAN. Kœmpfer paroît avoir indiqué sous cette déno- 
mination, le Spigifère. V, ce mot. (s.) 

FAISAN D'ARGENT. T. Faisan noir et blanc. 

(desm.j 

FAISAN DE CARASSOU. V. Hocço. (ûesm.) 

FAISAN. Nom marchand d'une coquille , dont .Lamarclif 
a fait un genre sous celui de Pbasianelle. (b.) 

FAISAN D'EAU. On donne ce nom au ùtrboL V au mot 
Turbot et au mot Pleuronegte. (b.) 
FAISANDE.FemclleduFAiSAN.^.aussiFAiSANE.(DESM.) 

FAISANDEAU. Jeune Faisan. V, ce mot. (s.) , 

FAISANE ou POTJLE FAISANE. Femelle dans l'es- 
pèce du fahan. On l'appelle aussi quelquefob ppulç faisande, 
y. Faisan, (s.) 

FAISCEAU MINÉRAL, Fascicufis mmeralis geniculatus. 
Quelques anciens auteurs ont ainsi désigné des corps quQ 
j'oi^ a pris. pour des Coralunes fossiles, (desm.) 

FAIT AN ou FLETAN. ÎPoîsson du genre des P^-euro- 

FAITIÈiiE. Nom marchand de la Tridacne- (b.) 
FAJOL. Nom espagnol de la Renouée, Pofy^onum a^içu- 

lare , L. (ln.) 
. FAKA.. Suivant Thunberg, on appelle ainsi ^ au Japop^ 

la Menthe .POIVRÉE, MenÀa/?^£ato. (LN.) 

FAKOBl. V. Fagu-jera. (ln.) 
'- FAKOBOKON. C'est un des noms donnés, au Japon ^ 
suivant Thunberg , à la DanaÏde fétide 9 pœdena feUdal 

. ., . . (LN.) 

FAKONArSASA, FATS-KU fetFATSIKU. Noms ja- 
ponais du Bambou et de plusieurs de ses variétés, (ln.) . 



F A L 43 

FAKTJT JOKE. Une cÉfètt de PAiMBriaB , Pnmula cor-' 
tasdides , est ainsi nommée au Japon. (LN.) 

F ALABRIQUIER. C'est le Micocouluer. (b.) 

FALAISEiS. Gâtes de la mer qui soqt coupées à^ic ^ 
comme une partie de celles qui bordent la Manche, Il n y a 
guère que Tes montagnes calcaires à. couches horizontales, 
qui forment des yo/â^cj. V. CÔTES et CouRAltô. (PAT.) 

FALANGE. V. Phalahge. (s.) 

FALANGER. P. Prâlanger. (desm.) 

FALANOUC. Nom. de la Civette zibeth à Madagas- 
car, (desbi.) * 

. F ALBINGER. I^^in àts noms allemandsdu Saule blanc , 
Salix ç(lba. (ln.) ' \ 

FALCARIA de Rivin. C'est qne Berle ^ dont les décou^ 
pures des feuilles sont dentées et courbées en forme de fer de 
faux. C'est ce qu'exprime, le nom de falcaria , conservé par 
Linnaeuft à cette espèce de berle , Shan falcaria , L. Sur la 
considération que, dans celte espèce , rinyobicre commun est 
composé de six à doute folioles , Adanson à cru devoir en for- 
mer un genre , qu'il nomme , arec Tralliani , prionids , nom 
«dopté par Belarfire ( FiSoiv d'Awerpie^f et que Wibel et 
Moench ont changé en celui de drepatiopfyihsm, (ln.) 

FALCATA. Nom latin du Courlis vert. V. Falcinel- 

H?S.'(S.) 

FA LCATE , Fakaia, Genre de plantes de la diadelphie dé- 
candrîe ," qui a pjour caractères : un calice à quatre dents ; ime 
corolle papîlîonacéè , tubuleuse , ^^ étendard oblong , à ailes 
onguiculées et À carène dîyisée en deux parties ; dix étamines » 
dont neuf réunies par leur base ; un ovaire alloji^é , chargé 
d^un style relevé , à stigmate obtus; un légume oblong , com- 
primé, recourbé en forme; de faux , et âigu des deux côtés , 
qui contient plusieurs semences. 

Ç^ genre ne renfenne qu'une seule espèce , qui est une 
plante grimpante , à r feuilles, temées et k nei^:s blanches ca-- 
pttées.Elle vient de H Caroline, (b.) 

FALÇATULE. Selon Bertrand (JDkt.^cù^.)', ce nom 
a été doAné à des denU pétrî6ées ei^rforme de faux., et qui. 
paroi&sent étrç des Gm^^^pèTRE^. F, oe;Wîot. (desm.) 

•FALCHETTU. En Sicilç , on appelle de ce- nom un oi^ . 
seauijd^ proie {.du genre des Faucons, d'écrit par M. Raf-^ 
finesque - Schmaltz ,. qui lui assigne, les caraictères sui-' 
vam:;fbéé Uéu; cire , pieds et dos.brons.v cm.demi-coHièr 
rou^sâtre ; corps blanc en dessous avec des taches brunes sur 



a F A L 

1« Tciitre ; qneiia tiyéfs Si fierrui^seiii* If Iid dottne le nom âe 
fako torquaius. (DESlff.) ....,.;..'' 

^ FALCINELLE. Nem^qui! M. CuTÎer donne à une ^Sên- 
sion ^e sa famille des loitgirostres , et qui c^rrei^j^nd À non 
genre Eroiie. T. ce mol. (v.) 

FALCINELLTJS. Nom latîn cmpfoy^ par Çesner, de 
Itiètne que celui de PAliCATA , pour désigner Te couHis vert y 
dont le nom italien est FAtciNEtLo! Mais d^ns les livres de 
nomenclature , le mot latin/îi/c^^llifo est 'iippliqaé aux ee/i^m, 
zxa grimpereaux , Sita soin-fn^tgas jei i^xn piomerops, ($i) 

FALCIROSTRES , Fakim^re?: Famille de l'ordre àt% 
oiseaux EcHASSïERS, et de la trîbù des TÉtRADACTirt^. (F, 
ces mots. ) Caractères : pieds allongés ; ta;*^es réticulés ; doigts 
anférîeurs unit» k la Krase par une iamb^tûe ; le postérieur ^1*7 
lîcalé au bas du tarse, appuyant à terre sur toute sa tônguearv 
bec épai» àt-l'cirigfnier^ ^on^ ccmrbé.enrfâl»; oorge extensible; 
qtteoe composée de douze peanes; Cette nmtUe contiesl 
iesgenres iBis.et Takotale. F. ceâraot&'(T.> 

FALCK. r. FAVcsfiw. (s.) 

FALCO. !NMè ktîit des ÏÏMOtms. (msh.> 

FALCON , FALCONOS. lSomB^c»àaTà»à&m. Le» 
Ajijdai8rappeUèatiÉiséiFAi.cqN.<(Yv)*- ' 

JPALCONËLLE .IWamai^Yieill.) LamusjlMh. G^nre 
de Toi^dre des fMsea!uxSYLVA£]!^., et «de la famille des Collp^ 
RI0I9S. (f^. ces ffu>\s,)rC(j^aclères: bec courte rebuste ^ très-com- 
primé latéraleinent, un peu arqué ; mandibule supérieure den* 
tée et crochuç ver^ le bout ; Uinférieur^ plus courte , ft pointe 
retrousse et acumînée ; narines rondes ^ latérales , situées 
près des phimes dncaphtrum; fanéue. courte , triangulaire, la- 
térée à Fextrémité ; là preidière rémige la plus longue de tou- 
tes ; quatre doigts , trois devant , un derrière. Ce genre n^est 
composé que cTuae âeule espèce. 

LaFALCOTTÉtlÊ A FRomrËLAWC, Fahuncutusfrontatus, Viéill. j 
Lamusfrontatas, Lath. , ph M. 16 ^ n.<^ 1 de ce Dictionnaire. La 
tête et le cou sont noirs ^ deut bandes lîlânches se font rem^r- 
qder sur les c6€és <fe1af*§ie; t'nnepatTt de l'oeil et s'étend rers 
l'occiput; i'auti'èf éit eii âvàfrit'de Fosil, passe* sur le front ell 
descend sur les côtés de là gàrge ; (es foues sont noires ; la 
corps est d'iui'|oti'>yért-^live en dessus et d'un beau famne en 
dessous ; les aUès^et laiqueue sout^brinnes-^ eelle-ci est termi-* 
née de blane v lé iMC^st noir" elle" tafi^britn. Ge^te espèce set 
trouve à la Nouviellé^itoUaiide, (t.). 

FALCORDiE. Ifom- que i oh donne , «ur la Loire ^àime 

Mot}£TTE BlkANGH£>ÈTv1fOfrftB. (Ti) " ;• . 

FALCUIiA. L'Hi»ottbXLiiEM>B'Riiifi\^'enlatîè. F^réeinot. 



I 

I 

I 

i 

j 

1 

I' 

I 



E A L 45 

FALCULATA, îïdm idcmné par: IlKger, iJProàr. nom,) 
il >ua .ordre de mamoiilières ^1 réunîi «eux des <^jmêssktn 
jpro^renii^&t dlt$ on digitigcfées , et àts .pifuitigradea de 
nos méthodes, (desm.) 

FALCUNGDliltt&*^* FAMomatE* (v.) 
FALIëB. Goif ville da /genre^ Voi^unt. (s.) 
FAUGOULE;- Aflden nom du Thym, en Laogiiedoc. 

FAIiK: }^om alfemanâ des Faugoks. (i^.> 

- FAIX; "Nom d'un vtoyagear, que Soàxxitii a' donné à im Ou 
'«EAU DTE PRciiE. 1^. ce mot. (v.) . ^ * 

FALKIË , Falkia, Plante qai , par la forme de sa tteur^ 
ressemble beaucoup aux Liseroivs , mais qui en est très- 
distinguée par ses fruits. 

Sa fleur a un calioe môn^hylle, InfundibuliÇorme y pjf)r«- 
sîstant , et partagé >e?i cinq déqoc^rQs lancéolées^ une co- 
rolle inonopétale.v.c2impa«uMe » àjimbe ample , crénelé à 
dixdmsîpns; six étamii^e^.; quatrjç ovair/e^ ^Ppérienrs^. gla- 
bres, d^entre lesquels naissent deux styles "captllaires ^ dlvêr;- 
gens^ à stigmates en tête obtuse.; quatre semences nues , 
globuleuses , situées au fond du calice.. 

Cette plante croit fW Ci^p de Bonne-Espérancie, dans lef 
lieux inondés. Il nfr.|i^t'pas la cwfpndre avec ie oo¥»çJ»ul^» 
falkia de Jacquin 5 qm «^ un yériltahie LbSEapsr. (fi.) 

FALLBAR. L'un des noms du Frab^boisier en S«èée. 

FAIiiaWJî*E. 'C'est le <3o^OTtflfCOT<iPtt;w«rv*iMwy^ 
en Allemagne, (ln.) 

FALLEN. L'om'des tiomsllii Pm^si^fTAOÈ, en AUemagne. 

^ (en.) ' 

FALtLKilAIJT. dts 'nom «st denn^^ usn Allemagiie., à 
I'Imu^: mrsEKTERiQiJSv à TiiiUi/E'VELi^Ë ( lu, ftinte)»ei à l'Aai- 
I^IQUE de montagne, (ln.) 

iPAljbOPE;. Nom de la pMLausE, 4«is%eloB. (s.) 

FALLOPË , Failopia. Arbrisseau de la Chine , à fevtlles 
4f^t^i'Oir$les , laibtéiléett , garââes4îs nervEuressaillaiites , 
un peu dentées; à fleurs blanches, petites, portéosiatir des 
grappes terminales.,, quk^^nehon dLoiiréairo ^iertx^ nm genre 
4aoj& Ja . iiolya^dme^mo^Synie. 

Ce genre offre pour caractères :un calice coiniiuin.de donae 
^Etdiàles iaflEkcéolées., linéMes^)cadtii|nes > oonten wt trois fieu- 
4N»is; ^point de calice propre ; .une eéroUe de «cinq ;péta^fs 
'ovalfis, plus Ism^ffj^ ie catk^ ; cinq jéc^iUfispétalJ&inoeii > 



:^6 ' ' F*' Al 

< ti^-petUeâ,à la basé interne delalîOréllé; ufaecinqùantBîne 
clVtainines inégaies-; un «)vaire supérieur , presque tcfnàj k 

- âtyte épais et à stîgnkate simple; une ^aie presque ronde , 
uniloculaire et iétrasperme. (b.) 

'FAL{iOPIA. Adduson ay^t remarqué que dans le Pofy'- 
gonum scandent fes.fléups cffTroient 'ijeuf étasaîneS' , trois stîg- 
liâtes cylindriques ) et que le fruit éteitjtriangalaire^, ;^li foriiia 
le genre Faixopia. Depuis , ce même genre a été établi par 
Gsertner sous le nom de Brunmcfiîej adopté par presque tous 
Jes botanistes, mais auquel, on n^a.pas encore rapporté 
toutes les espèces de polygOQum qui doivent y rentrer , et 
principalement les espèces grimpantes, (iï^.) 
' FALLTRÀNCKp. Nom que donnent W Suisses à uçi 
mélange de différentes plantés plus où moins vulnéraires , 
que Ton récolte sur les hautes Alpes, et que l*on connoît, à 
Fâris, sous le nom de thé de Si^e, Ces plantés sOni ordi- 
nairetnent la 5flwfc?é;, la ^i^i<?; Isl pervendha ^ la ver^e'd*or.\ là 
véronique , ' \sl pyroU , le gnaphale didi(jûe , Yalchemille , la.i^r/wi- 
glosse-, V armoise^ \sl puimonàire-, lAbrunelie^ la bétoinei^ la ver^ 
"çeine , te scrophulaire , V aigrerhqihe \ la rHéxie centaurée^ là mèh- 
*ihé^ Vépejvîère piloselle j etc., ou' mieux lés'espèces alpines de 
ces genres. Rarement on y met des yowg'^n^^. ' " 

" Les.habilans des Tnbntagnes de' l*mtérieur dé la'Pratice 
'récoltent aussi des plantes' d'eispèces aiidogiies pour former 
un composé, que l'oii appeloit'ci-devantwï/«^irtf/f>^i>crj^7î^, 
mais qui est moins eslàmé ou moins recherché que'lef^éf de 

^Suisse-. • " ••..'. .. .' :..:.iA'î. 

Qn se sert de Pun ou dePautre , en infusion, contre la jau- 
p\^S(^, les rhumes invétérés , et pou^ dissoudre Içs huib^rs 
épaissies, (b.) .... ;■ 

FALQNA>.,Sy.nofy^ie, de .(^i»p^ff77«^; dans Adaq^on; Fbj. 

CBiÉTEliLE. (ln.) 

r, JFALOXmi^E. Dans le département dé FAîn on donne 
ce nom à IMrondelle de.mer , Sxi^.^krrprgaiin. On Tappellë 
aussi PûgTio» ou Poc/ie. (v.) ' ; • ' ■ 

F ALSE de Sonriei^at. C'est Je XJftBvœR d' Asî« ( Gtwia 

. FALTE'NBrLlîME* Synonyme de LïsjEaoK ( Con^olimbté) 
ren Allemagne^ (Xï^.) ... .. , :, ,. 

- ^ F ALI'R ANCK:: V. F axltrancks. j(b.) 

FALTRIAN. Nom allemand éaMi70tJÉT( Cbrtwii/ar/d 

F ALUN. C'est le nom qu'on donne; ^n Touraine , à déis 
couches composées de débris de coquilles et d^aûtres* pro^ 
ductions marines. Oaips le Vexin^ eUe^iont appelées^ érran ou 



F A L ^7 

f:rt>n. dette ibaiiére est ^m^loyée, coihuie la taiàrbe /pour 
fertiliser les terres maigres et arides*; elk cOiiTient aussi par- 
faitemest aox' terres argileuses , qu'elle rend plus Itères et 
plus traitables. 

hesfalunièresàe Toucaine oaifc plus de trois lieues de lon- 
gueur sur une largeur bea.ucoup moindre* JLia majeure partie 
des coquilles dont el}ies.9ontr composées i sont tellement bri< 
sées, qu'elles sont à pçttprès réduites en craie : on y re* 
mar^e aussi des couohes régulièjres de coquilles entières , 
placées dans leur. situation. naturelle. 

Ces cptk:hes de falunse s^nconirânt à peu de profondeur , 
qoel<|uefois à trois ou quatre pieds seulement de la superficie.; 
mais le bloc entier qu'elles forment , a jusqu'à vingt pieds 
d'énaisseur. 

., Quant à Torigine et à la formation de ces couches , roîci 
la manière dont on peut, je crois j en donner une explication 
nato^ellè ,'san8 avdir recours à de prétendues révolutions ^qui 
«l'eurent jamais lieu ; . car les grands travaux de la naiur^ 
3i'ont point été faits par^secousses , mais toujours par. des 
opérations graduelles et non interrompues. 

On ne sauroit douter qu'en général les couches coquîHières 
n'aient été formées dans une mer tranquille : cela est évident; 
par leur régularité, ^les étoient donc , dans le temps de 
leur formation j à une profondeur assez considérable pour 
que l'agitation des flots n'y fàt pas sensible. 

Lôrsqu' ensuite , par l'effet de sa diminution graduelle , la 
mer s'est trouvée à peu près au niveau de ces marnes cou^ 
cbes f le mouvement, violent de ses ondes les a .sillonnées « 
dégradées et enfin détruites , comme on peut l'observer 
dans les endroits où la mer s'est ouvert un passage (non par 
«in effort momentané » mais par un travail long-temps con- 
tinué y, 

Dana le temps oik l'Océan couvroit et la, France et l'An- 
gleterre , il s'est formé de3 couches calcairea-poquillières , qui 
s'étendoient , d'une manière uniforme » sur la surface de ces 
deux contrées. Lorsque les eaux se sont trouvées abaissées k 
leur niveau , il est arrivé que les courans qui venoient du 
N; £r , ont attaqué ces couches du cAté de la Hollande , tan* 
disque les courans opposés les attaquoient entre la Bretagne 
et la pointe du Comouailles ; et à force* de les corroder d^ 
part et d'autre , ces courans sont enfin parvenus à former 
le canal qu'on nomme la Manche» Les couches parfaitement 
correspondantes' qui existent des deux cdtés de ce canal | at- 
testent l'exactitude de ce fait. 

Or, ces couches calcaires, aujourd'hui détruites , étoient 
remplies > comme à l'ordinaire , de productions inarines , 



48 P A M 

dont les débris, rciMs et comminaés p^r Ug flots , ont été 
successiTenent déposés et accamniés sur les eôtes voisines , 
dans les parages^ les plus tranquilles. Les sables, lai pierres 
roulées , et autres corps étrangers qui souvent se trouvent 
mêlés avec le falun , prouvent que c'est un dépôt de matières 
transportées par ies eaux. 

A regard des couches où l'on voit des coquîUes entières 
dans leur situation naturelle , il parott évident que ces co- 
quilles se fonnpient journellement sur les anciens débris , 
comme on les voit encore aujourd'hui se former sur tous le|( 
rivages ; et peu k peu elles étoi^t couvertes par d'autres sé« 
dimens , qui se peuploient encore de nouveaux coquillages 
sirivaps. (pat.) 

FALUNIÈRE. T. Falun. 

FALZBLUME. Nom allemMid des MicnoPEs , petites 
fiantes herbacées, (lk.) 

FAM-FUM. Nom qu'on donne, dans le nord de la Clmiey 
4 une plante dont la racine charnue , presque fusiforme et 
Uanehe, est très-employée en médecine (Core(^tsis JeucorftiKa^ 
Lour. ). (ln.) 

FAMILLES NATUR£LLE&( des animais et des plan- 
tes ) , ou ordres naturels. Ces termes étant trèSHSonvent em- 
ployés et indiquant une méthode de claisification suivie , nous 
en devons donner une exposition précise. 

Dans l'espèce humaine , c^e qu'on appelle^NttîD!? , se -cong^ 
pose de plusieurs individus ^'appartenant par des liens de 
consanguinité , ^x>mme frères , seeurs , cousins , oncles , tan- 
•tes i etc. , ou par des alliances légales , comme le père et la 
mère. La famille suppose une «sorte d'unité dans les motturs , 
les halMtudes , et des traits de ressemblance dans la phy** 
-sionomie, comme on^n obsenre parmi les hautes maisons de 
noblesse , qui ne s'allient guère qu'entre elles^ et quiconser-^ 
Tcnt, par cet isolement propre à renforcer même les carac" 
tères A leur racé, les défauts comme les bonnes qualités da 
•phyi^que et du moral. C'est ainsi que toute noblesse anti- 
que craint de déroger , de forligner par des mésalliances , ou 
d'altérer cette pureté de son sang , reçu en droite ligne de 
Lucrèce en Lucrèce , d'illustres ancêtres. Ce n'est pas ici le 
lieu d'examiner si , au contraire 9 le .défaut de croisement 
deâ races ne les abâtardit pas ( nous en traitons à l'.article 
DéoÉlïÉaATiON ) ; s'il peut y avoir des lignées pétries d'uii 
limon essentiellement plus noble que d'autre , dans cette 
vieillesse 4â monde et parmi ce mélange infini des nations 
de^ la terre ; enfin , s'il ne peut pas sortir 9 dit BoHeau , du 
tronc le pius Uliùtre , Wèt, branche pourrie^ ¥% RaO£ , £sPàcE y 
GeïQUS } etc« . 



F A M 49 

Les botanistes , et Magnol, le premier, transportàrenl le 
terme de famille à une réunion de plantes tontes pins ou 
moins analogues entre elles par des caractères communs, sans 
appartenir néanmoins aux mêmes espèces. Prenez, par exem- 
ple , des ombellifères , le persil , le cerfeuil , la carotte ^ le 
céleri , le panais, le fenouil , l'anis , le cumin , la bercé , en- 
fin plusieurs centaines d^herbes portant ainsi leurs fleurs en 
parasol ( umbeUa ) sur une tige droite, ayant cinq pétales, cinq 
étamines , deux pistils et tous les autres attributs communs 
à ces plantes ; vous aurez l'idée parfaite d^une famille natu- 
relle de végétaux , qui conserveront entre eux cette aimable 
ressemblance , quaiem decet esse sororum , comme s'ils étoient. 
parens. Il en sera de même pour toutes les herbes graminées, 
pour toutes les fleurs papilionacées , labiées , etc. 

La nature nous guide ainsi pour reconnottre de semblables- 
familles parmi les animaux ; tous les papillons, tous les scar 
rabés , toutes les mouches , ou bien tous les petits oiseaux 
granivores , tous les oiseaux de proie , toutes les espèces pal- 
mipèdes , formeront des famUles naturelles^ des tribus; comme 
les serpens, leslézards,Ies poissons plats ( oupleuronectes ),etc^ 
en formeront dans les autres classes d'animaux. ( V. QKkkr 

TUEES , MÉTHODE , RAPPORTS. ) 

Mais quelle différence , dira-tM>n , les naturalistes mettent- 
ils entre les classes et les familles ? Où s'arrêtent l'une et- 
l'autre de ces divisions P le voici : 

Une classe se compose, de plusieurs familles. Prenons , par 
exemple , la classe des oiseaux , bien distincte de tous les au-- 
très animaux : on y remarquera plusieurs tribus on types 
généraux ; de telle sorte , qiren prenant seulement un oiseau 
de chacun de ces types on de ces conformations de famille , 
on aura le représentant de cette tribu. Ainsi, un canard, avec 
ses pieds palmés , sa démarche boiteuse , son bec aplati , sa 
voix nasillarde , représentera les principaux traits des cen* 
taînes d'espèces d'oies^ de cygnes, de sarcelles, de tadornes, 
de millouins , etc. Un faucon donnera les caractères d^un oi- 
seau de proie ; le coq et la poule offriront les traits de con-^ 
formation des gallinacés, des faisans, des peintades , des 
hoccos , etc. . ' 

Sil'on veut ainsi grouper danstouteslesclassesd'animaux, de 
végétaux ( et peut- être de minéraux avec Berzélins), les espèce$ 
qui se ressemblent le plils, on en composera des familles fort na- 
turelles; et pour peu qu'on se représente les conformations 
propres à chacun des groupes, on pourra connottreJbien plus 
facilement tous les êtres de la nature. C'est encore un des 
caractères des genres et des familles naturelles ^ par exemple^ 
d'offrir des propriétés médicales analogues ( F. DecandoUe., 

XI. 4 



$o F A M 

Essai sur kspfoprtêLméd. des planUa^nk.* ëdit. !^aris, iSiG^in-S.*») 
domment ensuite disposera-t-on les lamilles entre elles ? 
Laquelle sera la , première et la dernière P Cette difficulté 
n'est pas plus grande que les précédentes ; il s^agit d'examiner 
laquelle offre des êtres plus ou moins parfaits. Tout le mande 
conviendra que la famille des singes et antres quadrumanes, 
devra être placée immédiatement après Thomme ^ dans Tor-* 
dre naturel, et bien avant les carnivores ; mais ensuite ceux- 
ci sont plus perfectionnés que les ruminans , qui seront donc 
rangés plus loin. Tout de même , nous avons montré que 
dans la èlasse des oiseaux, il étoit plus naturel de commencer 
par les perroquets et ensuite par les oiseaux de proie , que 
de placer ceux-ci les premiers ; puis viendront d'autres ia^ 
' milles inférieures, et ainsi s^établira une hiérarchie conforme 
à la marche qui nous est indiquée par la nature. 

Supposez , au contraire , une classification systématique 
4|ni sépare tous ces êtres parens entre eux , sous prétexte de 
quelque petite différence : par exemple ^ la sauge n'a que 
deux étamines , et le romarin en a quatre inégales , comme 
les autres labiées ; ainsi , dans un système fondé sur les éta- 
mines , on éloigne infiniment ces plantes que tant d'autres 
caractères plus importans rattachent à une même famille. 
Voilà un divorce manifeste -, voilà une interruplioDforcée dans 
les lois que nous n^ontroit si clairement la nature. 

Quand , de même , on rapproche des êtres disparates , un 
lézard d'un cheval , sous prétexte que ce sont des animaux à 
quatre pieds , sans avoir égard aux énormes différences de 
structure interne et externe, qui rangent ces anim^uix dans des 
familles l^iep séparées , on confond toute la nature, on dé- 
truit toute bonne méthode, et le naturaliste devient hors' d'é-* 
tat de )oger les vraies harmonies des êtres , d'en tirer des 
observations précieuses. 

Mais pour constituer des familles naturelles , il faut avoir 
«ssooé assez d'espèces analogues sous tous les rapports ^ 
pour les grouper sous des caractères connus. Vingt espèces 
de plantes voisines peuvent composer un bon genre. jSirôn en 
recueille ensuite deux à trois cents, ce genre seroit trop nom- 
breux ; on peut en établir une famille , pourvu que leurs ca- 
ractères ne les confondent pas trop évidemment avec des 
plantes d'une autre tribu. Plus la famille sera naturelle ou 
composée d'espèces voisines par leur ressemblance , quel 
que soit leur nombre, plus elle sera parfaite et avouée de tous; 
mais plus il sera difficile d'y constituerdes genres, des sections 

Ïarticulières bien distinctes , qui facilitent l'étude des nom- 
reuses espèces. Aussi les graminées , les crucifcTres , etc. , 
qui sont dé très-nombreuses et belles familles naturelles, ont 



F A M 61 

lies genre» on des conpes difficiles à former , i bien asseoir ; 
les botanistes ne cessent de morceler ces familles en genres^ 
chacun à sa manière , au grand détriment de Tétade, chacuft 
croyant mieux faire qu^iin autre, mais tous embrouillant mal-* 
beureusement la science par Tiçtroduction de nouveaux noms. 
liy a des familles tellement naturelles enfin, qu^on ne peut près* 
que pas y faire de divisions ; ainsi , le genre papUion et \t 
genre phalène sont *des familles cbacnne de sept 4 huit cents 
espèces, qu'il est fort difficile de bien déterminer. 

La plupart des grands genres de plantes établis par Lin- 
nœus , ayant acquis , par des découvertes ultérieures , nné 
multitude d^adtres espèces , comme lés mesembryanthemum , 
les cacius^ les géranium , les viola , les ericaj les pofygala, les 
ii:hensj etc., sont devenus les types d'autant de famuies natu- 
relles. Aussi ce grand botaniste soutenoit que les genres étoient 
naturels ; il y groupoit en effet si bien les espèces , qu'elles 
paroissent toutes tenir ensemble par des liens de parenté | 
ce que nul autre , excepté notre habile Toumefoft , n'âvoit 
aussi bien fait avant 1 illustre Suédois. 

La différence Aa genre à \b. famille n'est donc que du plus aa 
moins; quelques espèces analogues peuvent constituer un gente; 
quelques geiires ( ou même un seul genre bien distinct ) font 
nnefaiiiille^s\\& se rapprochent assez entre eux par leurs ca^ 
ractères; enfin, plusieurs familles, qui doivent être évidem^ 
ment associées , constituent Vordre ou la classe. Les ciasses 
sont les principales divisions*^ou les membres d'un Règne. 
P'oy. ce mot. 

Les plantes, les animaux, sans analogues conmis, et qu^oa 
ne sait pas encore où placer, comme les espèces incertœsedis ^ 
sont le type de nouvelles familles , ou se rattacheront plus 
tard, par la découverte d'intermédiaires, k quelques familles ^- 
comme on en a déjà vu des exemples. V. GenAe , Espèce, etc. 

(VIREY.) 

FAMILLE ÇBotanùpiéy Groupe ou série de genres réunb 
ëous un ou plusieurs caractères communs à tous et constans 
dans chacun. Ce sont ces caractères principaux qui distin- 
guent une famille naturelle de plantes de toute autre famille. 
F. À Tartiéle Bota.niqu£ , le développement de la méthode 
de Jussieu. (d.) 

F AMOCANTRATON. C'est le Gecko a tète pUlTe. (b.) 

FAN. r. Faon, (s.) 

FAN. Nom arménien du Cornouiller, (ln.) - 

FANABREGOU. C'est le Micocoulier, eâ Languedod: 

(LN.) 

FANAGE. Préparation que l'on donne aux Foins après le 
iaocbage^ pour les faire sédber, ayant de les rentrer, (s.) 



^ 5î r À r^ 

FANAT , t'ANiN. Noms du Britât^ fou k Turin, (v.) 
FAN^CHAU-CAN- TSAO. C'est le nom chinois de là 
Réglisse , Gfycyrrittza glabm. (ln,) 

F ANCÙLUM. Nom duFsi^ouiL , en latîn corrompu, (ln.^ 

FANDENS-AX. C'est, enDanemarck, le nom de I'Orge 
DES 11 ATS , Hor^eUm murinum ,~si commun partout. Tln.) 

FAIHDENS MILK. Nom du Réysu mâtin /en Dane- 
marck. (ln.) 

FANE. Enveloppe de la corolle des anémones et des re- 
noncules, (d.) ■ ' 

FANEL. Nom donné k la Nérite canrène. (b.) 
FANELLO. C'est, dans Olina, le nom de la LmoTE» 

(V.) 

FANER. F. Fanage, (s.) 

FANESPORE. C'est, en Daiiemarck , la Dàu^hinellé 
des blés , Delphiniwn consolida. (LN.) 

FANFARE. Air qu'à la chasse on sonne sur le cor. (s.) 

FANFRÉ. Nom donné , à Nice , à plusieurs poissons , no«> 
iaiiunent à la Baliste vieille et au Centeonûte pilote» 
Celui Aefar^ré d^aménco est également appliqué à la Balisté 
BUNiVA de Risso et au Cobyphène pompile. Le même Risso 
appelle Oligopode noir, un poisson de Nice , nommé yan-»- 
/ré n§gro. (BESM.) 

F AN--KI-KOUC. Nom donné , en Cochînchine , à I'Illé* 
CÈBRE sessile , Iliecebrum sessUe , L. (ln.) 

FAN-KHI-KOUC. Nom chinois d'une Verbesine, Ver^ 
hésma ealendulacea , L. (LN.) 

FANNA-BOTU. C'est le nom donné , au Japon , à une 
espèce de Peucedanum , P.japomcum , Thunb. (ln.) 

FANNA IKADA. C'est , au Japon , un arbrisseau que 
Thunberg nommtosyrb japonîca. (ln.) * 

FANNASHIB A. Grand arbre du Japon , dont les fleurs 
répandent une odeur fort agréable. On le plante dans le voi^ 
sinage des temples. Est-ce la Badia^ne de la Chine ? (b.) 

FANNA SKIBA et SKIMMI. Noms donnés , ^â Japon, 
à I'Anis ETOILE , Ilicium anisaium. (LN.) 

* FANNA-SU WO. Nom du G Ainier , Cercis siU^uaUrum , 
au Japon, (ln.) 

FANN A-TADSI-BANNA. Nom donné , au Janon , à la 
Sladhie a feuilles frisées, Bladhia crispa^ selon Kaempfer. 

(ln.) 

FANNA-TSOB.SuîvantThunberg, c'est, au Japon, le 
«cm d'une Iris 9 l^ sibirica, (ln.) 



FAN Si 

TANNESWOK. Dénomination aHemana* in Femj 
GREC , Tngonettafœnum grœcum. (LN.) 
. rANN-FÎSKAR-lINy DENGÈN. Il paroh qu<^ ce n4>m 
islandais désigne le DAtPHiN GRAtfPUS. V. ce mot (p£»M.Y 

ÇANNIN. r. Fanât, (v.) 

FANNI IRA, Nom donné , au Japon \ à un 6aill£T , 
qjai\ suivant Thunberg, est le Galium uliginosum ^'lAim, (LN.j^ 

FANt^NS ou BARBES. C*est la matière connue sous le 
nom de baîdne , de laquelle on fait des busqués , des rayons 
de parapluies , des ressorts, des corps de femmes , etc. C'est. 
un assemblage de fibres cornées , réunies par un gluten , en 
espèces de lames qui ont jusqu^à quinze pieds de longueur 
dans ranimai qui les porte. Ces fanons sont attaché^ à U mâ^ 
choire supérieure des vraies espècçs de baleines, et leur ser- 
rent de dents. {V. Tartrcle Ba^eii^e et l'article Dent.) Il est 
assez remarquable que ces fanons spjent composés d'elle mul- 
titude infinie de poSs ou de soies semblables à celles du co-. 
cbon , mais plus 'longues et agglutinées en espèces de lames» 
La corne du rhinocéros est de même formée par un faisceaa 
de soie& semblables à celles des sangliers. Il semble que la 
nature, n* ayant pas voulu placer des poils sur les corps des 
baleines et des rli^nocéros , les ait réunis en lames et mis' dans 
la gueule des unes i ou façonnés en corne pour les placer sur 
le nez des autres. Tous les animaux qui ont du lard , tels nue 
les cochons, les tapirs, les rhinocéros, les éléphans, les hi{^-^ 
popotames, etc., ont^ au lieu de poils fins et serrés , de gros* 
%QS soies clair-seniiées si\r le corps , et quelques espèces sont 
même presque toutes nues. On observe aussi que l^hom- 
mes et les apimaux très-4[^s sont bien moin^ velus que les 
autres , et qu^ les pl^tea^asses , épaisses , humides , n'ont 

g* mais autant de poils que les h(Qjrbes^gr^S|t sèches et maigres. 
. ourquoi tous les corps organisés qui v.ivent dans les lieux 
humides sont-ils lisses ou privés de poils , tandis qu^on ob- 
serve tout le contraire chez ceux qui habitent dans les lieux secs 
et élevés ? N'est-ce point à cause que Pexhala^on est plus cour 
sidérable dans ce dernier cas .^ Or 9 p)us ie système ex)ialant 
devient actif, plus il se développe de poils 011 de ^iUpsités, 
C'est tout le contraire dans les êtres qui fréqueptent des.lieui^ 
humides. Mais^ comme si la pâture ne vouloit pas pçrdre ses 
droits, elle emploie les poils, les soies et autres organes d'exha- 
lation à quelque autre fonction. Dans le rhinocéros , elle en fait 
une corne , une défense ; dans les baleines , elle en compose^ 
des fanons qui remplacent les dents. (viREY.) 
. FAN-QUA. r. Nak-qua. (ltî.) 

FANRU. V. Fagu-jera. (ln.) 

|'ANXiiRNIO*Noml*nga€dociendcrARï«TOLOGHE<Mi.) 



H F A R 

FAON. Petit du cerf, du chetfreuil ti in daim. V, Ce&F. (s.) 
FAOU. Nom du Hêtre , en Languedoc, (lîî.) 
FAOUTERNO et FANTERNÏO. L'Aristoloche pone 
ce no'm en Languedoc. (l)«.) 
FAQUOS. V. Khtar. (lw.) 

FAR. Nom latin de tout grain propre i faire de la fariner 
Il désîgnoit aussi les grains dëpourrus de leur écorce, comme 
Forge mondé , Tavoine perlée que les Italiens nomment en- 
core farra. Farris est le nom de la farine. Certaines es-^ 
pèces de blés privés de la peau et réduits en farine grossière « 
4onnoient le simila des Latins. C'est la semola des Italiens^ t% 
notre semoule^ autrefois dite Froumeîîtée. F. Farine, (ln.) 
FAR. Nom de la souris, en Egypte, (desm.) 
FAR A ou RAVALE. Gumilla donne ce nom au Sarigue. 

F. .DlDEliPHE. (DE$M.) 

FARAEH. Nom arabe d'une espèce d'AcACiE (^acacia 
heterocarpay Delil ) , qui croit près de Qoceyr dans la Haute- 
Egypte. On vend ses fruits au Kaire , chez les phannaciens^ 
Bruce donne ce nom à la Bavhikie acumuœe. (ln.) 

FARAFES. Si Ton en juge par plusieurs indications 
vagues de quelques anciens voyageurs, Xtfarafes de Tîle de 
Madagascar doit être le Chacal. Yoy. à l'article Chieï^* 

FARAIRE. r. au mot Ferrars. (b.) 

FARAMIER, Faram«a. Genre déplantes, quia lesplua 
grands rapports avec le Pavet. 

Sa fleur offre un calice monophylle , tTirbîné , dont le 
bord est à quatre petites dents ; un^ corolle monopétale, ip-r 
fiindibuliforme , à tube long et à Umbe divisé en quatre 
parties ; quatre étamines ; up ovaire inférieur , couronné , 
d'un disque , et surmonté d'un style filiforme à stigmate \ 
deiK lamc$. 

Le fruit n'est pas connu^ mais l'ovaire semble indiquer 
qu'il est à deux logçs. 

Aublet qui a établi ce genre , en décrit deux espèces , le 
Faramier a bouquet et le Faramier a fleurs sessiles,. 
Ce sont des arbrisseaux à feuilles siinples , opposées, ac- 
compagnées de stipules, et à fleurs en bouquets terminaux. 
Ils se trouvent dans Les grandes forêts de la Guyane, (b.) 

FARAS. VersrOrénoque^ c'est le nom d'un animal do 
genre Dioelphi^ , probablement la Sarigue, (desm.) 

FARAT UNGOR. C'est VanchusaoffidnaUs.m Uplande, 
province de Suède, (ln.) 

FARB. («'un dt$ nom$ allemands du Safran, (ln;) 



FAR 55 

FARBEDORNet FARBEKORNÊR. Noms allemanda 

da NEapncN cathartique. (ln.) 

FARBEGINSTER. C'est un clc& noms àa geiièi dei 

teinturiers, en Allemagne, (ln.) 
FAR^ELAUB. Nom donné , en Allemagne , au Fustet 

( fhus cob'nus) et à la Garance, (ln.) 

FARBENHAUT. Nom des Iris , en AUemagne. (lk) 
FARBERBAUM. Nom donné par les Allemands ai» 

FusTET et an Sumac ( rhus cotims et conaria,) (in.) 
FARBERBEERE. F. Famedoïin. (ln.) 
FARBERBLUME. T. Fameginster. (lk.) 
FARBER-DISTEI4. Nom de la Sarrette des telnlu^ 

ricrs ( semUula tinciorià') , en Allemagne. (lN). 
FARBERGRASS. Dénomination de la Gaum, en AUe-^ 

magne, (ln.) 

FARBERKORNER. F. Farbedorn. (ln.) 
FARBERRRAUT. Les Allemands désignent par ce nom 

le Genêt des teinturiers, quelques BlDEKTS et la Sar- 

BETTE commune ( S* iindona ). (ln.) 

FARBERPFRIÈME. V. FARaEGiN$TKR. (ln.) 
FARBERROTHE. Nom allemand de la Garance et de 

quelques autres RuBïACÉES , telles que le Gaillet blanc^ 

l' AsPÉRULE teinturière , etc. (LN,) 

FARBERSCHARTE. V. Farberdistel. (ln.) 

FARBERWAID. L'un des noms du Pastel, en Alle- 
magne, (ln.) 

FARBERWAN. V. Farbergrass. (ln.) 

" FARBERWURZEL. F, Farberrothe. (LN.) 

FARBHOLZ. Nom allemand du Bois de Brésil, (ln.) 

FARCAT. Nom de I'Épervier, à Turin, (v.) 

FARCAT D'MOUNTAGNA. Nom de IÉwerillon et 
du Hobereau , à Turin, (v.) 

FARCHET D'LE PASSOURE. Nom de I'Émérillon; 
•dans des cantons du Piémont, (v.) 

FARCINIÈRE. F. Potentille printanière. (b.) 

FARGO UN. Nom pîémontais du Faucon, (v.) 

FARD , Pigmentum, Nous rendons compte , dans une seq-^ 
tion de Particle Homme , de ce qui concerne sa parure. On 
peut voir aux différons mots, Bracelets, Ceinture, com- 
bien le besoin de& ornemens paroît être essentiel k notre es- 
pèce. Chaque peuple a ses goûts ; et le Hottentot, barbouillé 
de graisse et de suie , ne croit le céder en rien à une belle 
européenne plâtrée de rouge et de blanc. Les insulaires de la 
mer du Sud se peignent avecdies terres bolaires l'ouges, bleues, 

1 



I > 



56 FAR 

blanches , certes » etc. D'autres peuples se peignent en bleu ; 
les femmes arabes en orangé ; les Américains en rouge de ro^ 
cou. Les Uns ain^ept certaines couleurs, ceux-là en veulent 
d^autres , et chacun se croit supérieur à tous. Ce désir de 
plaire, ce besoin i^e se faire admirer, cet amour-propre qui 
se nourrit dMIlusions , qui aspire à la prééminence , est Tapa- 
nage de rhomme ^eul ; car on ne voit rien de pareil chez les 
animaux. C'est une foiblesse ajoutée à notre nature, et qui 
est ie principe de beaucoup de biens comme de beaucoup de 
mam;:» Je sais bien que c'est Tun deçplus puiss^ins liens delà 
société ,. et une source féconde d'avantages , quand cette va* 
nité est bien dirigée. Quiconqpe s'en moque, ne se donne pas 
garde qu'il tombe lui-même dans jine autre vanité; celle de 
se croire plus sage et plus raisonnable. Le cœur humain est 
pétri de deux élémens : l'intérêt et la vanité; mais, chaque 
individu place ces choses sur difréren3 objets , et s'imagine 
avoir seul raison. Vanitas vonîtatum , çmma vanUas. Cela est 
pourtant nécessaireà la plupart des hommes; Us seroientbien 
misérables s'ils ne se ïlat^oien^ pas quelquefois d'être regar- 
dés ; et tel qui fait gloire de mépriser tous ces objets , cherche 
encore uti genre de vanité, (virey.) 

FARDAGAKAL. Nom islandais d'une espèce de Pa- 
TIENCE ( rumex acuius ). (LN.) 

'' FAREBLAD. Nom de la Sgabiehse Mors du Diable, 
en Norvi'ége. (ln.) 

FARÇK. Nom abyssin de la Bauhinie acuminée. (b.) 

FARÈNE. Poisson du genre Cyprin, (b.) 

FARFALLA. Nom de la Scorsonère LACiNi£E,en£s-^. 
pagne, (ln.) 
FARFANAZZÀ. C'estlenomde laBARDAKE, en Italie. 

(LN.) 

FARFANELLA. Nom italien d'un Tussilage (iusi^âlûr^o 
farfara , L. ). (l*N.) 

FARFARA. Nom d'unç espèce de tussilage plus connij^ 
sous celui de pas-d^âne à cause de la forme de sts feuilles. Il 
paroît que cette plante est le Tus3iLAGO de Pline et le Be- 
CHION des Grecs, (ln.) 

FARFITGIUM des Latins. Il est rapporté au pas-d'âne 
çt au peuplier. Farfenum est le même nom altéré, (ln.) 

.FARINE. Poudre' qui résulte d'une Stemence de céréale 
broyée par des meules ; elle est plus ou moins blanche , 
flouce au toucher, peu sapide , se combine avec l'eau, est 
susceptible àt^ trois degrés de la fermentation, et exhale sur 
les charbops ârdens , une odeur qu'on désigne sous l^nom 
de pain grillé. Lorsqu'on parle de la farine sans désigner çi^ 



FAR Sy 

^mème temps le grain auquel elle, a appartenu 9 ^ c'est toujours 
celle de froment dont il s'agit. 

L'expérience journalière prouve que le grain da froment 9 
de toutes les graminées le plus propre à la panification, peut 
perdre de -ses bonnes %ialités par l'ignorance du meunier , 
oa par Timperfection du moulin ; qaW y a autant de diffé- 
rence entre un bon et un mauvais moulage, quMI en existe entré 
un blé d'élite et un blé médiocre : il faut donc considérer la 
mouture comme la première opération du boulanger, et sous 
ce point de vue , le' développement des soins qu'elle exige 
doit précéder tout ce que nous avons à dire sur la farine. 
Voy- Pain. 

En supposant que toutes les conditions nécessaires pour 
obtenir des fromehs extrén^en^ent nets aient été remplies, on 
peut, dès qu'on est assuré de jouir dp moulin , les y envoyer 
sans aucune opération préalable , surtout si au-dessas de la 
trémie se trouve placé un crible destiné à rafratcbir le grain , 
à dissiper Podeur qu'il auroit contractée , et à le mettre en 
état, en subissant l'action des meules, de prendre le moins de 
chaleur possible. Si l'on est forcé de se servir des blés non- 
veaux, ménie avant qu'ils aient ressué au grenier, il fauttoti« 
jours faire en sorte de les mêler avec des blés vieux; la mou- 
tare s'en fait plus aisément , et ceux-ci produisent une farine 
qui donne, par ce moyen, au pain le goAt de fruit. 

A la vérité, ce mélange lie doit avoir lieu que pour le fro^ 
ment de diverses qualités; car noas ne pouvons nqus dis- 
penser de désapprouver Pusage adopté en quelques cantQns, 
d'envbyer moudre à la fois des grains , dont la nature , la 
configuration et le volume étant entièrement différens , de- 
mandent chacun une mouture particulière. Jamais ils ne 
peuvent donner une farine aussi abondante, que s'ils eusseut 
été broyés séparément. Il faut donc toujours les moudre k 
part, quoiquon ait l'intention de mêler ensuite leurs fa- 
rines. 

Les blés., sans avoir passé a l'étuve , peuvent avoir acquis 
une sécheresse précieuse pour la qualité de l'aliment , mais 
préjudiciable à l'opération qui doit les convertir en fariqe. 
Four obtenir une bonne mouture^ il faut que le grain con- 
serve une portion d'humidité , sans quoi la totalité se pulvé- 
rise au même degré. Le son se tamise à travers les bluteaux 
les plus serrés, se mêle à la farine , d'où résulte une farine 
ièrne et piquée , ce qui lui enlève sa valeur dans le coni- 
merce, et dans le pain qu'on en prépare. Or, les blés du 
Midi sont toujours dans ce cas ; ils exigent constamment 
gu'o^leur restitue l^eau que ceu)^ des contrées s.eptenlrloliales 



/ 



58 FAR 

ont souvent par surabondance, et c'est environ sept à hait 
livres par quintal de grain qu'il faut y ajouter. ' '' 

^^]VIais la précaution du mouillage est insuffisjmte pour les 
blés qui auront contracté à leur superficie une odeur de moisi 
ou dUnsectes. Pour les blés sales et recouverts de poussière , 
il faut les laver à grande eau la veille de leur envoi au mou- 
lin ; ils acquièrent par ce moyen la qualité désirée, et le pain, 
qui en provient est infiniment plus blanc. C^est en mettant 
^n pratique le mouillage et le lavage des blés^ cpieles Fran-^ 
çais sont parvenus, en Egypte, à améliorer la qualité de leur 
subsistance principale. 

La mouture consiste à séparer les différentes, parties quî 
constituent le grain, et à conserver à chacune les proprié- 
tés spécifiques qui les caractérisent. On reconnoit qu^une 
moîiture est bien faite, lorsque la farine n^ est que tiède en sor- 
tant des meules , que le son est large , parfaitement évidé ^ 
qu'il a la même couleur qu'avant d'avoir été détaché di» 
grain. , 

Cette opération , dont l'influence sur la perfection des fa- 
rines ne sauroit plus être révoquée en doute , a été tellement 
subdivisée, qu'on a jeté beaucoup de confusion dans les idées 
sur l'art de moudre : cependant on peut rapporter toutes le& 
méthodes connues et pratiquées jusqu'à présent , à deux ; 
savoir ; la mouture à blanc qu par économie^ laLmaïUurt rustique 
on à la grosse. Par la première , il s'agit de moudre et de re- 
moudre ; dans la seconde , il n'est question que d^un seul 
moulage ; ainsi celle-ci est finie lorsque le grain est broyé, et 
que la farine sort d'entre les meules , tandis que. l'autre ne' 
fait que commencer. Présentons ici les inconvéniens et les 
avantages de l'une et de l'autre méthode. 

La mouture à la grasse varie infiniment, non - seulement 
dépaysa pays, mais encore de moulin à moulin , selon 
que les meules sont plus ou moins serrées, les bluteauxplus 
ou moins ouverts , et le moteur plus ou moins fort ; d'où ré- 
sultent des inconvéniens sans nombre : arrêtons-nous aux 
'principaux. 

Comment pouvoir se flatter de retirer d'un seul moulage là 
totalité de la farine que les grains renferment? Ils sont com- 
posés de différentes parties plus ou moins dures , plus ou 
m6ins sèches ; il faut bien nécessairement qu'il y en ait qui 
échappent au premier broiement, et ne se trouvent que gros-' 
sièrement divisées, tandis que les autres seront en poudre im* 
palpable. Premier mcowément 

Les meules étant rapprochées, et faisant jusqu'à cent tours, 
par minute , une partie du son est réduite en pondre très-- 
fine ; l'autre se troure rougic par la chaleur, la faVine sort 



f . 



FAR 59 

liràlaitle et ipi^ée ; elle perd p»r ce moyen de sa valeur dans 
le commerce et dans Temploi anqael on la destine. iSeooiid 
ineanpéménL 

Les memiiers rendant tons les produits ensemble , sans 
aamne distinction , ils ont la feicolté de substituer des blés 
inférieurs à ceux de première qualité, de la farine bise à de 
I»farine blanche, enfin du son à de la farine, sans qu^il soit 
trop possible de reconnoitre si les résultats appartiennent 
réellement an grain qùW a donné à motfdre. Troisième tncon- 
^éident. 

On peut au moulin mouiller le blé plus que son degré de 
sécheresse neTexige; ce qui, d^une part , augmente les diffi- 
cultés de conserver la farine, €i donne de Taulre un moindre 
produit en pain; le meunier en outre aura une bonne mesure 
ou du poids, quirendra nulles les. précautions de peser ou de 
mesurer avant et après la mouture. Quatrième inconoérderd. 

Tous ces inconvéniens sont bien plns'consldé râbles encore, 
lorsque le moulin est ouvert de toutes parts àThumidité, auiç 
insectes, à la poussière, que les meules sont tendres et mal 
ihabillées, que le moulage trop accéléré en a fait détacher 
une poussière qui, ajoutée à celle dont le blé non criblé est 
recouvert , passe dans la farine , qu^elle rend sableuse et co- 
lorée.^ ' 

La mouture économique, -^On peut définir ainsi Part de faire la 
plus belle ^nVi^, d'en tirer la plus grande quantité possible ^ 
d'écurer les sons sans les diviser, de les séparer si exacte- 
ment des produits , qu^l q'en reste pas la moindre parcelle, 

La mouture à la grosse , telle qu^elle est pratiquée dans la 
plupart de nos cantons , doit être regardée , au contraire , 
comme l'art de faire manger à Thomme Isl farine avec le son, 
et aux. animaux , le son. avec la ,/âi?/!^.- 

Un criblage dirigé comme- il convient, un* excellent mou- 
lage répété plusieurs fois> toe blutenebien conditionnée , le 
tout mis en }eu par des agens qui ne coûtent lien , constituent 
essentiellement la mouture économique ; et les meilleures fa-* 
opines , dans quelque pays qu'elles se fabriquent , seront tou- 
jours Celles qui résulteront de c^tte mouture }>ien exécutée. 
Quand verrons-nous 4q^ 1^ routine céder à l'expérience et 
À ses résultats P 

Nous déplorons bien raveilj»lement où sont ceux qui , pou- 
vant se servir de la mouture éconqmiquej continuent de donner 
lapréférence à la mouture à la gérasse. C'est autant leur inté- 
rêt que la qualité et le bon ifnarché du pain , que nous avons 
principalement en vue , en présentant ici les avantages les 
|»las frappans de la ipotttttre économique. 



eo FAR 

Ton* les proânks de cette liiontare éuat rendas à part , 
pn peut facilement )iiger de leurs qualités respectives ; et s'ils 
sont bien réellement les résultats du blé qu'on a donné à 
inoudre. Premier a»uniage» 

Si le blé a été mouillé plus que son degré de sécheresse 

. Ile le comporte , ou qufil sèit nui moulu , Içs produits qu'on 

«n obtient manifestent surrrl^*€lia|np ses défauts. Hofàdime 

Cbaque mouvement 4^ la roue du moulin fait aller los 
cribles destinés à nettoyer les grains , les meules qui doivent 

, les broyer, epQn , les bluteaux qui séparent les farines d'avec 
les sons ; ce qui produit une grande épargne de temps , de* 
frais de transport et de main-d'œuvre, puisque ces diffé- 
rente^ Opérations s'e^çéçutent de suite, dans le même lieu et 

\ par le même moteur , sans presque aucun .déchet* Trvsiimfi 
oQoniage. 

Ajoutons à ces avantages , up t^b.Ieau pour $xer les bases 
siir lesquelles portent les dlfférens produits de U mouture écor 
nomique. 

.JÙat desprpduils »i farines et mues^ reUrég par ia mouture écono» 
mique d^un seder de blé , mesure de Paris f, du. poid^ de a40L 
Wres. 

Poids du setier de blé ^l^o liv; 

jFamie^/â/M:Air^ Première, dite de blé. V 

Seconde , dite première de gruau. . • > i6q liv* 

Troisième, dite seconde de gruau. < • j ' 

Farine bise. Quatrième , dite troisième -. 

de gruau. . , * • • ( 20 liv. 

Cinquième , dite quatrième de gruau. 5 

Issues. Remoulage .^ • , . . 1 

Recoupes , . • . , > 54 lîvi 

Sons. . ..«,... ^ j 

Déchet de mouture. ........ ^ 6 

Poids égal au setier. ......; ^ . 2^0 iîv. 

Choix de Içl farine, -i—La farine est composée. des mêmes 
principes que le grain d'où elle provient ; ilss^y trouvent seules* 
ment dans des proportions différentes. De là , cette variété de 
nuances qu'elle offre si souvent. Ainsi la farine la plus blanche 
«t la farine la plus bise , contiennent Tune et l'autre les su&s- 
. tances que nous désignerons au mot Froment, comme par«- 
ties constituantes du blé. Il s'agit maintenant d'indiquer à 
quels signes on peut reconnoitre leurs qualités. 
, La nieilleure farine est d'un jaune-:clair , sèche et pesante; 
comprimée dans la main , elle res^e en une espace de pelotqa 



P A * 6r 

Elle 11% afttcttne odèar ; mais la savettf qa^elle répand dans la 
il>oacbe , est semblable à celle de la colle fraîche. La %Tès^ 
petite qaantitë de son que les meules eu détachent , et qne^ 
les Uateaox les plus fins laissent passer , n'y est perceptible 
poor aucun de nos organes. 

La/iÊnne de seconde qualiié a on œil moins Tif , et est d'un 
blanc plus mat. Une ^rtie s'-attache en la pressant dans la 
main : et comme le grain mal moulu donne un résultat qui 
ressemble à peine à celui d'un blé de qualité inférieure , cett€ 
farine pourroit bien appartenir à un blé d'élite 9 quoiqu'elle 
ne réunisse que les caractères qui appartiennent à une farine 
de seconde qualité. 

La farine de troisième qualité est celle qui résulte des pe-^ 
tits blés parmi lesquels se trouvent des semences étrangères. 
ËUe a différentes nuances de couleur, de sareuret d'odeur,. 
Xe pois gras lui communique un gris-blanc; la cloque ou ca« 
rie 9 une odeur de graisse ; la nieUe ^ un goût amer ; la rou* 
geôle, un jaime débrouille. Toutes ces hétérogénéités^ que des 
négligences dans la préparation des semailles , le défaut de, 
sarclage et de criblage rendent plus ou moins considérables y 
sont cause que lé blé de première qualité ne fournit que des 
résultats inférieurs* 

Gomme les blés ne donnent pas seulement de la farine 
blanche , que l'art de moudre perfectionné , a su en retirer 
Celle qui, étant la plusroîsîne de l'écorce, se ressent de son 
odeur et de sa couleur, celle-ci est connue sous le nom de 
farine bise. Sa bonne qualité est remarquable par un jaune 
plus ou moins obscur , et sq$ qualités inférieures , par un 
toucher un peu rude et une coiûenr rougeâtre. 

On appelle farine piquée , celle où l'on remarque i&% ta- 
ches : c'est un défaut qui la déprécie. Si ces taches sont noires , 
elles indiquent que la farine a souffert et qu'elle est échauf- 
fée. Si, au contraire, elles ne sont que grises ou jaunâtres , 
c^est que la moulure a été mal faite , et que les bluteaux ont 
laissé passer du petit son, qui s'y est mêlé quelquefois en si 
grande quantité , qu'elle ressemble plutôt à du remoulage 
qu'à de la farine. 

Les farines détériorées s'annoncent suffisamment par leur 
aspect et leur odcurl EUes sont quelquefois aigres, d'un blanc 
terne on rougeâtre , et elles laissent dans la bouéhe une im« 
pression acre et piquante ; saveur qu'il faut bien distinguer 
de celle qu'elles doivent au terroir on aut engrais qui ont 
amendé le sol sur lequel le grain a été récolté. 
' Nous ne ferons pas ici l'énumératîon des différens moyens 
d'épreuves usitée pour reconnoître les qualités de la fanne ,. 
parce «^nç la plupart sont insignifians ; nous( noa» contea* 



6a FA R_ 

ter0ns tfevleineiil d'iadiqner ceux dont OU seseHk' pluA 
communément, et qui doivtent êirereeardéa comme la vé- 
ritable pierre de touche de la Valear des farincfs. 

' Il y a trois moyens usités pour éprouver la farine : i.« Od 
en prend une pincée qù^on met dans lé creux de la main , cl 
après ravoir comprimée , on traîne le pouce sur la masse , 
pour juger de son corps et de son moelleux ; ou bien on en 
rend la surface extrêmement unie avec la lamé d'un couteau; 
et se tournant vers le jour le plus clair , et changeant de po> 
sition ,«>n fuge de sa blahcbeûr , de sa finesse , si elle est pi^ 
quée et contient du son., Plus elle est douce au tact , et plus 
elle s'allonge , plus on doit se flatter qu'on en obtiendra dit 

1>ain de bonne qualité, a.^ On prend la quantité dé farine que 
e creux de la main peut renfermer , et avec de l'eau fraîche ^ 
I. on en fait une boulette d'une cc^sistance qui ne soit paft trop 
ferme. !^i la farine a absorbé le tiers dé son poids d'ean , si 
ta pâte qui en résulte s'allonge bien sans se rompre 9 en la 
tirant de tous les sens , si elle s'affermit promptement k l'air, 
et qn'eUe preni^e du corps , c'est alors un signe que la farine 
c^t bien faite , qu'elle n'a pas souffert ^ et que le blé qui Ta 
lournie est de bon choix. 

. Si au contraire la pâte mollit , «^attache aux doigts en là 
.maniant , qu'elle soit courte et se rompe volontiers 9 on ea 
conclut que la farine est de qualité inférieure ; et si à cette 
circonstance elle ajoute celle d'avoir une odeur désagréable 
et un mauvais goût , c'est un signe d'altération. 3.<* On mêlé 
ensemble une livre de farine et huit onces d'eau froide ; on 
en forme une pâte ferme , qu'on pétrit bien ; on dirige en- 
suite sur èette pâte un filet d'eau ; on la presse doucement en 
faisant passer Teau à travers un tamis, ayant soin de réunir à 
fa masse les portions de pâte qui peuvent échapper des mains. 
Peu à peu l'eau détache de la pâle les autres principes qui, 
confondus' avec elle , sont reçus dans un vase placé au-des- 
sous du tamis. Quand l'eau cesse d'être laiteuse , il reste dans 
les maîns un corps spongieux , élastique ; c'est la matière 
glutineuse. 

Si la farine appartient à un blé de bonne qualité, elle fonr-^ 
nira par Uvife j entre quatre et cinq onces de matière gluti* 
neuse , dans l'état mou , de couleur jaune-clair et sans mé- 
langCv de son. Si elle provient au contraire d'un blé l^imide , 
ou mal moulu , ou tamisé par un bluteau trop ouvert , elle 
n'en donnera que trois à quatre onces au plus f dont la couleur 
sera d'un gris\cendré , qui se trouvera en outre mélangée de 
particules' de son ,plus ou moins grossières. « 

' .Enfin,. si la farine est le résultat d'un Mé gâté , elle ne 



FAR 63 

tônÛenâra qat tris-pcm on point de matière glotineuse » qui ^ 
alors n'est.ni ausaî tenace ni aussi élastique , attendu que lès 
altérations qu^ éprouve le grain, par les vicissitudes des saisons 
etriafluence du sol, se portent entièrement sur cette matière ; 
et comme le seigle, Torge, Tavoine, le maïs et les semences 
légumineuses ne contiennent point de matière glutineuse , 
cette épreuve servira non - seulement à faire conaottre 1» 
qualité des farines , mais encore leur mélange ou leur détén 
rioratîon. Toutes ces vérités , que nous avons établies par 
des elxpériences positives , ont dirigé les travaux de ceux qui f 
depub nous, ont écrit sur les mêmes objets d'économie. > « 

Nous avons examiné les effets de toutes les pratiques 
usitées pour conserver les farines, et c'est d'après cet examen 
que nous allons faire connoître Içs divers moyens de con- 
server les farines , afin qu'on puisse juger laquelle mérite la 
préférence. 

La conservation des farines en rame a été sans doute la 
première adoptée : elle consiste à porter au magasin la farine 
telle qu'elle sort.de dessous les ^leules, c'est-à«-dire, lafarine 
confondue avec les gruaux et les sons, à laisser ce mélange à 
l'air , et à ne bluter que cinq ou six semaines après , ou m&ie 
lorsqu'il a fermenté ; telle est l'expression dont on se sert 
dans les parties méridionales de la France , où cette méthode 
a été long-temps suivie , spécialement pour le commerce des 
farines , qu'on nomme fannes de minot 

Il est certain que le son et les gruaux se trouvant interposés 
entré les moléciileç de la farine , ils empédient qu'elle né se 
tasse et ne s'amoncèle ; ils permettent à l'air sec de pénétrer 
plus aisément dans la masse , à celle - ci de laii^ser exhaler 
une portion de Thumidité qu'elle renferme , et de se combi- 
ner plus intimement avec l'autre ; cet effet , appelé si impro- 
prement la fermentation de la rame , n'est qu^une véritable 
dessiccation insensible et spontanée, en sorte que la totalité 
de la farine se détache mieux de l'écorce , et se blute plus par^ 
faite ment. ' 

Mais l'écorce , par son séjour dans les farines , leur com- 
munique du goût et de la couleur; elle perd de son volume , 
et la farine bise qui s'y trouve toujours adhérente ', acquiert 
la faculté de se tamiser en même temps que la farine blan- 
che ; elle ternît sa blancheur et la pique ; d'ailleurs les mites 
se mettent aisément dans le son : et si le grain d'où il ré- 
sulte , provient d'années humides , et qu'il fasse chaud , la 
farine ne tarde pas à s'altérer; souvent même c'est l'affaire 
de deux fois vipgt-quatre heures. 

: Pour conserver la farine en garenne, -r- Etant blutée au mou^ 
li|) ou chez le particulier qui l'emploie ou qui en fait le com« 



64 FAR 

merce, on la iép^nà en coiïche» on en tas sûr le carreau ou 
le plancher du magasin , en ayant la précaution de la remuer 
de temps en temps y et même tous les joars quand il fait 
chaud , afin d'empêcher qu'elle ne contracte de Todeur, de 
la couleur, et ne se marronne. 

Cette méthode est encore exposée à plus d'inconvéaiens 
que celle des grains abandonnés en couches. La farine , une 
fols salie par toutes les ordures et les insectes qui y ont eu ac^ 
ces , ne sauroit être nettoyée par aucun instrument ; il en 
coûte ensuite des déchets et beaucoup de frais de main-^ 
d'œuvre , pour empêcher que ces corps étrangers , aussi nui- 
sibles à la santé du consommateur qu'à la conservation de la 
denrée , n'augmentent les dispositions naturelles qu'elle a à 
s'échauffer et à fermenter : aussi le pain , à l'approche detf 
TÎves chaleurs 9 se ressent-il plus ou moins de cette défec- 
tuosité dans la conservation ; tantôt il a le goût de poussière , 
tantôt celui de yer ou de charanson, ce qu'on ne manque pas 
d'attribuer à la mauvaise qualité du grain ou à un vice de fa- 
brication 9 tandif qu'il ne faut accuser que le procédé 4^fec- 
tueux de garder la farine. 

A£n d'éviter les inconvéniens des méthodes; qui viennent 
d'être exposées , on renferme la farine dans des sacs rangés 
lés uns à côté des autres auprès des murs , ou entassés en 

!>iles , de manière qu'ils se touchent par tous les points de 
eur surface. 

L'air hé peut circuler autour des sacs empilés ; l'humidité 
qui transsude perpétuellement des farines 1 n'est pas dissoute 
ni entraînée au-dehors:or, ne faisant plus partie du corps 
d'où elle émane , elle réagît sur lui , le dispose à la fennen* 
tation. La farine alors commence à pelotonner à la surface 
interne du sac , et bientôt l'altération gagne les couches voi- 
sines. Souvent cette méthode peut , malgré toutes les précau- 
tions 9 devenir perfide. Quelquefois on est dans la plus par- 
faite sécurité sur le compte de 'ses farines, parce que de 
temps en temps on a eu soin de visiter les sacs qui sont les 
plus extérieurs des piles , et par conséquent rafraîchis par le 
contact de l'air , ce qui fait qu'ils n'ont éprouvé aucune al- 
tération, tandis que les autres sacs placés au centre , sont 
déjà échauffés et détériorée. Ainsi ,■ on ne s'aperçoit du mal 
qu.au moment où il n'y a plus de remède , et on fait' circuler 
dans le commerce une marchandise qui a perdu une grande 
partie de ses qualités. 

L'humidité ayant été regardée de tous les temps coitime 
un des principaux instrumens de l'altération des farines , et 
leur transport ne pouvant se faire au loin 9 surtout quand les 
grains ont été récokés en temps pluvieux , sans subir des ava^ 



/• 



FAR 63 

rieSf on a cherché à leur appliquer, comme aux blés , la 
chaleur du feu dans des étuves ; mais, malgré les éloges don- 
nés à cette méthode , nous ne pouvons nous dispenser dç 
lui faire quelques reprocher fondés sur'des expériences dont 
nous avons publié les résultats. On peut consulter le Mé- 
moire qui a pour titre : MéièodefacîU de comerveràpeu defrai$ 
les grains et les farines. 

Si le grain défendu par Técorce ne sauroit résister à Tac- 
tion du fieu sans perdre de ses qualités , à plus forte raison 
la farine sur laquelle cette action se portera plus immédi«k- 
tement. 

Le préjudice notable que le feu a^^orte aux principes de 
la farine , n'est pas le seul inconvénient de Pétuve ; son ap- 
phcation est gênante , coûteuse , et il est démontré , en 
outre , que les meilleures farines étuvées exigent plus de sur- 
veillance ensuite , pour être conservées en bon état 

Eclairé par le vice de tontes les méthodes de conserver 
les farines, on a pris le parti de les tenir renfermées dans des 
sacs isolés , placés et disposés par rangées , et éloignés k 
quelque distance des murs. En supposant que ces farines pro- 
viennent de grains d'une récolte pluvieuse , et qu'il régne 
des chaleurs vives , accompagnées d'orages , on déplace les 
sacs , et on tes retourne cul sur gueule. On conçoit aisément 
que la farine , ainsi subdivisée , doit moins s'échauffer que 
si elle étoir amoncelée en grandes masses. 

Ikaiiit' des masses- de farines répandues en tas ou en cou* 
diC8 , Taîr ne peut pénétrer; mais il circule librement aii^ 
tour du sac , entretient en dedans une fraîcheur salutaire ; la 
poussière apportée par les portes et les fenêtres , ou qui 
tombe du plancher, n'en salit plus la superficie ; enên, le» 
rats, les chats et les insectes ny occasîonent aucun dégât. 
Ainsi, Pon évite les déchets oceasionés, soit par les 
opérations du grenier , soit par te» animaux ; on est encore 
À l'abri de mille autres accidens qui détériorent la denrée , 
nsnchérissent soo prix , et diminuent nos ressources. 

L'efficacité de cette méthode , et tous les avantages qni en 
aunt la s«ite, ont été constatés par leâ expériences les plus 
décisives. Les administrations ne se sont déterminées à l'a- 
dopter , qu'après en avoir bien apprécié le mérit^. Arrêtons- 
nous à faire voir combien en effet elle est simple, commode 
et économique. 

Les OMmtages de conserver ksjîmnes eu sacs isolés' , sont : -— 

\,^ de placer dans l'endroit où il y a déjà du blé , les farines 

de différentes qualités , provenant it, deux récoltes ^ sans 

CQufiisioQ ni mélanee. 

A.** U sera possible d'ouvrir el de fermes le grenier, d'y 

XI. 6 



tîB PAR 

entrer , de le nettoyer , sans crainte d'apporter dans les fa- 
rines , des ordures ou de Thamidité qui en accélèrent le dé- 
périssement. 

^ La farine étant marquée et numérotée , on verra sur- 
le-champ le grain dont elle provient , le pays et Tannée de 
la récolte , le nom du marchand qui Ta vendue , la date de 
Tachât et de la mouture. 

4..® La poussière qui tombe du plancher , et salit la super- 
ficie du tas, se déposera sur les sacs 9 qu'il sufBra de brosser 
au moment de leur transport ou de leur emploi. 

5.^^ La farine «enfermée ne répandra plus au loin une 
odeur qui allèche les insectes ; leurs papillons ne pourront 
plus y pénétrer , ni par conséquent y déposer leur postérité. 

6.<* Comme il est incontestablement démontré que les fa- 
rines se bonifient à la longue , on pourra en avoir en avance 
au-dessus de la consommation , sans courir des risques , ni 
payer aucuns frais. 

7.° On pourra profiter des temps favorables aux moutures , 
faire des amas de farines , se précautionner surtout contre 
ces disettes momentanées , que fait naître , même au sein de) 
l'abondance , le chômage des moulins. \ 

8.*^ Dans ua jour chaud et orageux» on pourra s'assurer, 
sans qu'il soit nécessaire de vider un seul sac, si la farine du 
milieu et du fond est aussi fraîche que la superficie. 

g.® On saura bientôt s'il faut déplacer les sacs , ce qui n'ar- 
rivera que fort rarement. Cette opération , qui entraîne peu 
de frais et de déchet » ne sera pas autant préjudiciable à la 
santé des ouvriers, que celle du remuage au grenier à l'air 
libre, qui fait avaler, par la voie de la déglutition , une pous- 
sière ténue , sèche et absorbante. 

io.° Quand il s'agira de faire des mélanges de farines, pro- 
venant de blé nouveau ou de blé vieux , de blé sec ou hu- . 
mide , de blé revêche ou tendre , il suffira de déterminer , 
par des essais en petit, la quantité de chaque sac , de chaqui^ 
espèce à vider. 

II. <> On aura la facilité , en un clin d'œil , de vérifier l'état 
du magasin , de se rendre compte à volonté de la recette et 
' de la consommation , de ce qui reste au bout du mois , du 
trimestre ou de l'année. 

Un des moyens de perfectionner promptement, d'une ex- 
trémité à l'autre de la France, la meunerie et la boulange- 
rie, c'est de substituer le commerce des farines à celui des 
grains. Il n'existe pas de pays aussi favorablement situé , pour 
eo tirer un parti avantageux , soit à cause de la multiplicité de 
ses moulins , soit par rapport à l'abondance et à la qualité 



FAR 6- 

ie ses grains , soit , enfin , relatirement à ses différentes ri- 
vières navigables et à ses ports maritimes. 

On ne coniioissoit autrefois , dans les environs cfe Paris , 
qae le commerce des grains, et la monture n'avoit lieu qu'à 
proportion de la consommation. La moindre apparence 
d'une belle récolte'suspendoit les achats , engorgeôit les mar- 
chés , enlevoit aux laboureurs la faculté dé remplir leurs en~ 
gagemens ; ce qui mettoît nécessairement à la gêne le pro- 
priétaire, et concouroît souvent à détériorer les produits 
de la moisson. 

Mais la mouture économique ayant remplacé la mouture 
à la grosse , la majeure partie des récoltes est convertie en 
farines ; les fermiers qui ont des moulins , viennent les ven- 
dre eux-mêmes aux marchés. Les meuniers qui travaillent 
alternativement pour le public et pour leur compte , sont 
devenus marchands de farines. D'autres enfin , qui ne sont 
ni meuniers , ni fariniers, achètent des blés, les font moudre , 
en sorte qu'on, ife voit actuellement à la halle de Paris , et 
dans les marchés des environs, que des farines, et fort peu 
de grains. Il faut bien que cette méthode ait présenté , 
dans la spéculation comme dans la pratique , une utilité 
réelle pour toutes les classes , puisqu'on n'a jamais vu re- 
venir sur leurs pas ceux qui ont été à même d'en calculer 
tous les avantages. 

Si on objectoît que la farine est moins susceptible de se 
garder que le grain, je fe rois cette réponse, qui à elle seule 
doit valoir toutes celles que je pourrois accumuler ici ; c'est' 
que depuis la découverte du Nouveau-Monde , nous n'avons 
approvisionné les Colonies qu'en farines ; et lorsqu'elles se 
sont gâtées en pa^^ant les mers , cet inconvénient a toujours 
eu lieu par la faute de ceux .qui ont négligé de se servir de 
blés secs, qui ne les ont pas dépouillées de leur humidité sur- 
abondante , qui n'ont pas employé une mouture convenable ^ 
qui les ont embarquées dans un état de malpropreté , et déjà' 
remplies d'insectes. 

Pour achever de se convaincre des avantages du commerce 
des farines, il suffira de jeter les yeux sur le tableau des pro- 
duits en argent , que rapporte une mesure de blé convertie 
en farine par la mouture économique. 

Produit en Farine blanche. 

Les i6o livres composant un demi-sac du 
poids de 320 liv., à ai iiv. le sac , ou a sous 
7 den. - la livre. si 1. 



68 FAR 

Report d'ailtre part. 21 1. 

ProduU en Farine bise. 

Les ai livres de farine troisième , à 
36 Hv. le sac du même poids , ou i son, 
xo den. -j la livre i 3 s. 6 d. 

Farine quatrième , à a5 liv. le sac du 
même poids , ou i sou 7 la livre. .«...< la 6 . 

Produit en issues, ^ 

Les i3 liv. de remoùlage fai- 
sant un boisseau à 10 sous. ... xos. 

Les 1 5 livres de recoupes fai- ^ an 

saut deux boisseaux, à 7 sous. . i4 

Les a4. livres de gros son fai- 
sant 4 boisseaux i 9 à 6 sous. ..il. 7 

Total aS 6 

Dépense. 

Prix d'achat du setîer ai > ^ j 

Mouture et. voiture a ^ , 

Bénéfice sur la vente de la farine. . ... a 6 

On ¥011 donc que le setier àé blé converti en farine par 
la mouture économique, produit un bénéfice réel de a livres^ 
6 sous ; ce qui fait un dixième en sua du prix d'achat. Il ne 
s'agit plus que de comparer ces produits et ees bénéfices , et 
^e les appliquer à la mesure du paysv 

Il seroit possible , peut-être , que différeii^es circonstances 




diminutions de poids et de mesure que les issues éprouvent 
en les gardant. Ces déchets, il est vrai, se réduiront à peu de 
chose , si Ton conserve les sons en sacs isolés, à IHnstfir des 
blés et des farines. Considérons maintenant les avantages de 
ce commerce sous ses différens rapports. 

Les fermiers qui s' adonne roient au commerce des farines, 
trouveroient dans la vente de cette denrée de quoi payer le, 
prix du grain , les frais de mouture et de transport , ainsi que 
le bénéfice attaché à ce commerce. Ils s'appliqueroient da- 
vantage à la recherche des moyens de donner k leurs blés le 
degré de pureté et de sécheresse capable de mettre les pro- 
duits en état d'être exportés , en cas de besoin , dans les 



FAR 69 

contrées le» plus éloignées , sans aroir à craindre d'avaries. 
L'expérience a déjà prouvé ^ne le commerce des farines 
àe minot occasionoit une actirité favorable à Fagrieiillare 
dans les cantons qui avoisinent les villes maritimes, et que, 
sous «{nelqae (onae qu^on exporte Texcédant des récoltes , 
c'est tonjonrs celle qui approche le plus du but qu'on se pro- 
pose , qui produit le plus grand effet, et qu'il £aiut le plus 
encoivager. 

Ainsi , le commerce des farines perfectionnant nécessaire- 
ment les produits des grains , et l'kiduslrie leur donnant 
toute la valeur qu'ils ont reçue de la nature , il s'ensuivroit 
que le laboureur soigneroit davantage ses senuilles, ses ré- 
coltes et ses greniers ; qu'il seroit moins indififérent aux ins- 
tructions qu'on, lui offre , et qu'il ne perdroit point, par son 
entêtement nu ses négligences , mi quart , et quelquefois mè« 
me un tiers de sa poisson. 

Les meuniers qui ne travaillent que pour le marchand ou 
le boulanger , seroient moins/jbltgésd'interrompre le moulin ; 
ils feroient pour l'un ou pour Fautre ce qu'ils sont forcés de 
faire pour le pkAlic ; ils ne perdroient pas autant de temps , 
moudroient mieux , plus fidèlement et k moins de frais. 

Ceœc d'entre eux qai auraient assez de moyens pour faire 
le commerce des farines, moulant pour leur propre compte, 
seroient beaucoup plus intéressés à rentfetien de leur mou^ 
lin , et à la perfection de leur travail; ils rentreraient dans 
la classe des meuniers-fartniens , et ne pourroient dans au- 
cun cas être suspectés : (m ne seroit plus fondé ii crier sanjs 
cesse au voleur contre eux ; on ne les accuseroit pins de faire 
leur pain , d^engraisser leurs volailles , et de nourrir leurs 
bestiaux aux dépens des grains d'antrui. 

Les établissemens de mouture économique ne nécessite-^ 
•rotent pas de grandes dépenses ; formés dans lesgrandes villes , 
llsdeviendroicnt pour les jeunes meuniers un cours pratique; 
c'est là oà ils apprendroîent à bien «aonterles meules, à les 
piquer parfaitement , à sasser convenablement les gruaux ; 
enfin ils acquerroient la preuve qu'une perfection d'une chose 
tient souvent à des soins peu dispendieux , dont on est am- 
plement dédommagé par la valeur des marchandises qui en 
sont l'objet. 

La meunerie a tant de liaison avec ia fabrication du pain , 
qu'il seroit à désirer que le boulanger fiit en même temps 
meunier , on qu'au moins il pi^t toujours réunir les connois-* 
sances les plus essentielles de la mouture et celle de la fabri- 
eatîon du pain ; il seroit en état de guider , dans l'occasion , 
les fi)e«|nieris relaiiveiD^eftt au]ç v^es dq ses opérations. Qui 



70 FAR 

^doit s^ntéresser davantage à la perfection d'une matière , que 
celui qui est chargé de la manipuler, et sur lequel retombent 
toujours les plaintes , quand elle a quelque défaut ? 

Les boulangers seroient dans le cas, en achetant des grains, 
de les faire moudre sur-le-champ, parce qu'en supposant que 
l'état des eaux et de l'atmosphère fût favorable aux moutures , 
que par conséquent le prix de la farine se trouvât en propor- 
tion avec celui du blé , ils ne perdroient jamais le fruit de 
leurs soins et de leur attente , la farine conservée suivant les 
bons principes n'exposant à aucune dépense , et s'améliorant 
avec le temps. 

Au lieu d'aller au loin faire moudre , les boulangers pour- 
roientf se réunir en communauté , former dans le voisinage 
des établissemens de mouture économique , dirigés par un 
commis suffisamment instruit en meunerie et en comptabilité, 
et dont la gestion seroit examinée et surveillée à tour de râle 
par l'un des associés. 

Il n'y a pas jusqu'aux petits boulangers de campagne qui 
ne trouvassent aussi un bénéfice dans le commerce des fa- 
rines ; les précautions qu'ils sont obligés d'employer dans 
leurs achats en grain ne seroient ni aussi gênantes , ni aussi 
incertaines , s'ils étoient faits en farine ; ils ne seroient plus 
la dupe des fraudes mises en usage par les blatiers -, pour 
augmenter le poids et le volume du blé ; car ces fraudes sont 
impraticables pour les farines. 

Les marchands de farine qui , sans être meuniers ni bou- 
langers,* voudroient s'établir dans les différentes parties de 
la France pour faire ce commerce , y trouveroient aussi leur 
compte ; ils garderoient la farine dans l'espoir de profiter des 
circonstances , et saîsiroient le moment de la vendre avec le 
plus de profit. 

Inutilement on objecteroit qu'il est moins aisé de connoître 
la farine que le grain , et plus facile encore de l'allonger en 
y mêlant des farines inférieures en prix et en qualité ; nous 
avons déjà fait voir que cette connoissance étoit aussi aisée à 
acquérir , et qu'il y avoit également des pierres de touche qui 
déceloient la présence des mélanges. 

Les particuliers qui achètent du blé pour leur consom- 
mation , n'ont pas plus de moyens pour prononcer sur sa 
nature : d'ailleurs, Pintérêt du négociant ne sera-t-il pas de 
donner toujours à sa marchandise la plus grande pureté ? 
Jamais un pareil soupçon n'a eu lieu à Paris , quoique tout 
le commerce de la halle se fasse en farines ; et nous nous dis- 
penserions de repondre à cette objection , «si de temps en 
temps elle n'étoit renouvelée par des écrivains qui ne parois- 



FAR 71 

sant pas avoir une grande idée de l'espèce humaine , loi îm-« 
putent toujours des torts , sans examiner s'ils ont quelque 
fondement. 

Mais, en supposant que toutes les craintes alléguées contre 
le commerce des farines soient fondées, comment sera-t-on 
plus en sûreté du côté de son meunier , toujours intéressé à 
expédier l'ouvrage , sans trop s'embarrasser s'il est bien ou 
mal fait , toujours indifférent sur la quantité des objets qu'il 
obtient et qu'il rend ? Une fois le grain acheté /ne faut-il pas 
l'envoyer au moulin ? Si le meunier y mêle d'autres grains 
inférieurs ; s'il substitue de la farine bise aux gruaux , et qu'il 
remplace^ ceux-ci par du son , quels moyens employer pour 
le convaincre de cette manœuvre ? Enfin , nous dirons plus : 
c'est que les grains peuvent avoir contracté une légère odeur, 
que le marchand aura pu masquer , soit en les lavant , soit en 
les étuvant , mais que les meules développent et manifestent 
très-sensiblement. Tout est donc en faveur du commerce des 
farines. 

Il est évident que le commerce des farines seroit également 
avantageux au gouvernement , en donnant lieu à une expor- 
tation d'autant plus nécessaire , que les combinaisons instan-^ 
tanées promcttroient à ceux qui apporte roient de la farine , 
d'avoir la préférence sur la marchandise du blé, parce que leur 
marchandise ayant déjà subi une préparation essentielle ^ il» 
profiteroient de la faveur' du moment ; et les marchands 
appelés en foule par la certitude de la vente > entreroient en 
concurrence et amèneroient l'abondance. 

On ne seroit plus obligé de calculer la distance des moulins, 
ni exposé aux inconvéniens de la mouture. On pourroit sur- 
le-champ approvisionner de farines les grandes villes , pu le 
choc des événemens et les hasards produisent des effets si 
terribles en matière de subsistances. On ne verroit plus des 
cantons épuisés par des levées de grains trop considérables ; 
on ne les feroit pas revenir, vendus d'abord vingt livres le 
setier , lorsque le besoin les rappelle , de contrées fort éloi- 
gnées , pour les payer uu tiers en sus de la première valeur , 
après avoir perdu quelquefois de leur première qualité. 

L'objet des subsistances étant celui qui intéresse le plus la 
tranquillité d'un pays et les besoins indispensables des habi- 
tans , le gouvernement anroit dans tous les temps sous la 
main , à la faveur du commerce des farines , un moyen 
prompt et assuré de prévenir les disettes locales ou les ren~ 
chérissémens subits , d'apaiser les émeutes populaires daiis 
le moment de cherté et de chômage des moulins , de faine 
avorter sur-le-champ les projels des spéculateurs. 

L'administratipn pourroit accorder une préférence mar;- 



ya FAR 

qHëe à rezportatlon des farines sar celle des grains , parce 
€ptt la main-d'œuvre , i|ai resleroit dat» le canton , donne- 
roit naissance à des établîssemens utiles. Cette exportation 
ayant lieu dans des barriques , elle multiplieroît le travail 
des tonneliers; les moulins économiques étant en pins grand 
nombre, ils revivifieroient les manufactures d'étamines à 
blnteaux ; la memiserie ., la cbarpente et les forges se res- 
sentiroient aussi de Taccroissement de ce genre de travail. 
Ces objets réunis angmenteroient peut-être le prix du setier 
de blé de a À 3 liv. au profit de la Trance , qui seroit en pos- 
session de ce nouveau genre de commerce , long-temps avant 
que les étrangers fussent en état de lui disputer la concur- 
rence. Enfin y le bénéfice de la main*<d'œuvre nous paroft 
soériterime si grande considération , que s'il étoît possible de 
yrocorer aux autres nations leur subsistance en^ pain , nous 
osons assm'er que ce seroit k l'exportation en pain qu^il fau- 
droit donner la préférence. 

Après avoir prouvé que le commerce des farines seroit 
Êivorable à Tagriculture , aux meuniers , anx boulangfers , aux 
marchands et au gouvernement, il convient d'examiner et de 
calculer,' dans cette circonstance, rintérét du consomma- 
teur de toutes les classes. 

Les grains en nature n'étant pas l'aliment propre à Ser- 
vir de nourriture, nous ferons remarquer que leur abon- 
dance ne suffit pas toujours pour tranquilliser sur les besoins 
de la consommation journalière. Les, temps caflmes , la sé- 
cheresse , les inondations , les gelées , toutes ces variations 
sont autant de circonstances qui peuvent retarder, suspendre 
même la mouture , et renchérir les farines , au point que leur 
prix ne soit plus en proportion avec celui du blé. 11 n'y a 
presque point d'années où ces événemens fâcheux n'arrivent 
dans quelques endroits de la France. 

Tous ces inconvéniens n'auroient pas lieu moyennant le 
commerce des farines ; on ne redouteroit plus cette disette 
momentanée que fait naître , au sein même de Tabondance 
des grains , le chômage des moulins; on ne seroit plus exposé 
à être trompé par la mauvaise foi et T ignorance du meunier ; 
les pertes , les négligences , les maladresses seroient tou- 
jours à la charge du marchand , qui , par cette raison - là 
même , auroit le plus grand intérêt de surveiller le moulin 
et le meunier. 

Ceux au contraire qui , n^ayant pas de blé , voudroîent que 
le pain se fit à la maison, trouveroient un grand bénéfice en 
achetant des farines en place de grain , parce que quand ils 
envoient moudre , ils ne s'attachent point à connoîtrc d'une 
manière positive la nature et la qualité des -produite de 



FAR jî 

lears blés; «t ^and Os le ponrroient, ils n^en ont pas les 
moyens , puisque le plus souvent ils sont lîrrés .à rigno- 
rance et à la discrétion du meunier , qui retient et rend ce 
qu'il veut. 

Des magasins dé farines établis dans les villes principales, 
seroient de la plus grande ressource pour tous les ordres de 
consommateurs. Ils trouveroient trois qualités de farine, le 
blanc, le bis-blanc et le bis, au prix qu'ils le désireroient : 
chacun pourroit préparer Fespèce de pain conforme k ses 
besoins , à ses facultés , et savoir tout d'un coup , diaprés un 
calcul etact , s'il ne seroit pas plus économique de Tacheter 
chez le boulanger, s^ns compter qu'on seroit exempt d'in- 
quiétudes et de soupçons ; qu'on ne perdroit plus de temps à 
attendre son tour au moulin et h. soigner la mouture ; qu'on 
n'auroitplus l'attirail des.bluteaux, les gânes continuelles de 
porter le blé au motrtin , de le rapporter en fax'ine , de rem- 
plii' et de vider les sacs , tous embarras qui partagent le temps 
en pure perte , et occasiôneni encore des déchets. 

Les farines retirées d'un même grain étant faites pour aller 
ensemble , on en préparera sans doute un jour paiTtout le 
vrai pain de' ménage , aliment fins analogue à la constitu- 
tion de la classe ouvrière , et dont la livre pourroit lui revenir 
moins cher encore que la livre de blé , si Ton y faisoit entrer 
le remoulage ; mais jamais ce pain de ménage ne sera ni aussi 
bon ni aussi abondant par le procédé défectueux de la mou- 
tare à la grosse , quelque forts qu'en soient les produits. 

Enfin , le commerce des farines donneroit lieu en même 
temps au commerce des is&oes, qui co&teroient d'autant 
moins , que les moulins -économiques seroient plus multipliés. 
Ainsi , les particuliers qui ootone basse^cour, troi^veroient 
.également im très-grand bénéfice à acheter aussi du son au 
poids et non à la mesure^ parce que quand Us font moudre, 
ce son leur revient souvent «i même prix que la farine. Ils 
se prociireroient l'^pèce dont ils auraient besoin : le. gros son 
pour les chevaux , le petit son et les recoupes pour les vaches : 
enfin, le remoulage pour l'engrais des .porcs, dasvolailles, et 
pour faire des élèves. Tous ces avantages toumeroient au 
profit du pauvre , pour^qulk* pain est , dans tous les tem^, la 
dépense la plus consfléraUe , et souvent la seule que sts 
moyens puissent lui permettre. 

X<e coiameroedeslariiies, préférable à celui desgraiiks, a 
donc l'avantage dç réiuiir à l'intérêt public l'înlîci^t particu- 
lier , et , sous«e douUe rapport , il mérite de ftxer l'attention 
des hommes d'état. (Pé RM.) 

FAIUNË CHA'UDÇ.Ccst, k la Guadeloupe, le nom vul- 



s. 



74 FA R 

gaîre d^un Xylophyllon , parce quUl sent \^ farine de manHiot 
quand il est en fleur. (b.( 

FARINE EMPOISONNEE. Les mineurs donnent ce 
nom y soit à Parsenic oxydé pulvérulent qui se trouve à la sur- 
face des minerais de cobalt et d^arsenic , dans le sein de la 
terre ; soit au dépôt blanchâtre produit par la sublimation et 
qui s'attache à la voûte des fourneaux dans lesquels on grille 
les mêmes minerais pour préparer le bleu de cobalt, (luc), 

FARINE-FOSSÏLE ou ftllNÉRALE. Terre calcaire 
pulvérulente , très-blanche et très-légère , qu'on trouve dans 
les fentes des montagnes calcaires. On lui donne aussi les nomi$ 
de lait de lune et de craie coulante , parce qu'elle est assez sou- 
vent délavée par les eaux souterraines , et présente alors une 
matière nuide , blanche comme du lait V\ CIhaux cxaBa*. 

NATÉE PULVÉRULENTE. (PAT.) 

Le nom àe farine fossile est appliqué , en Toscane, à une 
substance terreuse de couleur blanche , employée , dans ce 
pays , à polir l'argent , et dont la nature est très-différente. 

Le savant directeur du cabinet de Florence , M. Fabroni , 
en a fabriqué des briques de la forme ordinaire, qui, étant 
jetées dans l'eau ^ revenoient et demeuroient à sa surface. II 

I^aroit que c'est avec une terre semblable que Ton fabriquoit 
es briques légères dont Pline , Yitruve et otrabon font men^ 
tion , et qui se tîroient de Pitane en Asie , de Galento et de 
Maxihiaen Espagne. Ce qui en indique encore l'identité , c'est 
le passage de Polidonius , qui rapporte qu'on s'en servoit à 
nettoyer l'argenterie , usage auquel elle est encore employée 
aujourd'hui. 

Celle qui se trouve aux environs de Santa-Fiora , terri- 
toire de Sienne , exhale une odeur argileuse , par l'insufTla- 
tion de rhaleine , et il s'en élève une poussière blanche très- 
iîne, quand on essaye de la délayer dans l'eau. Sa pesanteur 
spécifique est de o,3o2. Elle ne fait point d'effervescence avec 
les acides 9 est infusible sans addition , et perd au feu un hui- 
tième de son poids, sans diminuer sensiblement de volume. 

100 parties sont composées dé silice , SS ; magnésie , î5 ; 
alumine 9 la ; eau, i4; chaux, 3; et fer 9 i II ^e pourroit 
que le minéral dont il s'agit soit une variété pulvérulente de 
magnésie carboiîatée silicifère. (f^. cè^mot.) 

Chacune des briques faites av^c citte substance ne pesoit 
que quatorze onces un quart , tandis que les briques de là 
même grosseur , en argile ordinaire , cuites au même degré 9 
pèsent cinq livres neuf on cei^ trois quarts ; ainsi là pesanteur 
des briques de farine fossile est à celle des' briques commu- 
nes cohime 57 , est à SSg, c'est-à-dire environ comme i est à 
6: leur pesanteur spécifique n'est que de 0,20, qaoiquecelle de 



FAR 7$ 

la terre dont elles sont formées soit de o,36 , ce qui vient de 
ce qae ses molécales laissent entre elles beaucoup d^interval- 
les qui rendent ces briques très--poreuses ; elles sont cepen- 
dant d'une assez grande force. Fabroni assure qu'elles por- 
tent un poids égal à lo ; lorsque celles d'aigile blanche la 
plus pure de Montecarlo en portent ao, et lorsque les briques 
ordinaires en portent 14.. 

Les architectes profiteront sans doute de cette découverte ^ 
qui ajoute au nombre des matériaux légers, tels que la pierre 
ponce, la tufet la poterie de terre cuite, qu'ils recherchent dans 
plusieurs circonstances. On en feroit des voûtes dont la pous* 
sée seroit très-peu considérable. 

L'auteur propose aussi de les employer pour construire en 
maçonnerie sur les vaisseaux. Il soupçonne qu'elles ont pu 
senrir à élever des tours que les bâtimens de mer des anciens 
portoient souvent à la partie antérieure de l'arrière, ainsi que 
des édifices flottans plus considérables ^ dont l'histoire fait 
mention. 

On ponrroit , parmi nous , bâtir avec ces briques , qui sont 
plus légères qu'aucune espèce de bois , la cuisine des vais- 
seaux , et surtout la sainte barbe ou soute aux poudres , qu'il 
est si important de mettre à~ l'abri de toute communication 
avec le feu. Si les batteries flottantes , employées au siège 
de Gibraltar, eussent été doublées intérieurement avec des 
briques , il anroit été presque impossible aux Anglais d'en 
triompher ( Cet article est extrait du Journal des Mines , tom. 
a , n.<> la , p. 6a et suiv.) (tue.) 

FARINE. MINÉRALE. V. Faeiot fossile, (desm.) 

FARINE VOLCANIQUE. M.Delamétherie a donné ce 
nom à \at farine fossile de Toscane. F*, ci-dessus, (lug) 

FARIO. Poisson du eenre Salmoi^e. (b.) 

FARKAS-ALMA ÇPomme de loup). Nom de I'Aristo- 
LOCUE CLÉMATITE , en Hongrie, (ln.) 

FARKAS- SZOLO {Baisln de loup). Nom hongrois de 
l'HEaBE ST.-CuaiSTOPHE , Actœa spicaUif Linn. (ln.) 

FARKASCH. Nom hongrois du Loup, (desm.) 

FARKAS-TEJ (^LaU de loup). Nom donné , en Hongrie , 
à TEuPHORBE à feuilles de cyprès , Euph. cyparissias , Linn-. 

(LN^ 

FARLOUSAIRE. V. le genre Pipi, (v.) 

FARLOUSE. V. Pipi des arbres, (v.) 

FARLOUSE DES PRÉS (La Grande). C'est le Pipi 

ROUX OU ROÙSSELINE. (V.) 

FARNI A , Césalpin. Le Chêne roure en Italie, Quercus 
robur. (LN.) 

FAROIS. Coquille du genre Volute, (b.) 



76 F A S 

FAROLILLO. Les Eepagodb nomment ainsi la CoainnK, 
Car^axpermum halieacabum, (ln.) 

FAÂOS. Nom de deux variétés de Pommes d'automne , 
Tune , le gms/aros^ est grosse , comprimée , lisse et rouge ; 
Tautre , le pM /ams^ moins grosse, est oblongue et pourpre. 

(LIS.) 

FAROUCHE. On appelle ainsi le Trèfle incari^at^ dan» 
Je midi de la France, (b.) 

FARRAGO. Pline désigne sous ce nom leBLÉ-MÉTEiL ou 
le seigle. Selon dolumelleetYarron, c'est un mélange de tou^ 
4es sortes de ^aîns. Ce terme étoit encore prisau figuré pour 
exprimer un mélange quelconque. (LN.) 

FARRANUMde PUne. Synonyme àtfarfiigkm. T.cemot. 

(LN.) 

FARR ATAGE. Le TiiÈFLE ihcajiivat porte ce nom anx 
environs de Narbonne. (b.) 

FARRENSAMËN. C'est b FuMEixn&s bubeuse , en 
Allemagne. (lnJ 

FARRO et FARRA. Noms italiens de rOnee voKnÉ , et 

de l'AvOINE PERLÉE. (LN.) 

FARSETIE , Farstlia. Genre établi par Clîton , aux dé- 
pens des JuuEiviœs et des Alysses. Il a pour caractères : fi- 
lamens des étamines pourvus d'ime dent ; silicnle ovale t 
ol^longue , sessile ^ polyspeime , à valves {âanes , on au plus 
légèrement convexes ; semences entourées d'vn rebord. 

La Julienne FARfiETiï; et les Altsses LCNAROïbEy en soti- 
CL1ER , BLANCHATRE et BELTOïOE , entrent dans ce genre , qui 
est le même que celui appelé Fibigie par Moencb. (b.) 

FARTARMAR. Nom du Liseron des champs ( Comoi- 
pulus afvensis ) , dans la province d'Uplande en iSuède. (ln.) 

FARTIS. Adanson nomme ainsi le genre ZiZANIA de 
Linnaeus. (ln.) 

FARVALA-JASSA. NomdelaPiE-GRiàcHEdite rÉooR- 
CHEUR dans le bas Mont-Ferrat. (v.) 

FARYALA-ROUSSA. Nom de la Pie-grièche rousse, 
dans lé bas Mont-Ferrat. (v.) 

FARVERROUE, L'un des noms danois de la Garanc». 

(LN.) 

FARVEURT etFANBENSMELic. Noms danois du Réveil- 
iïATl^ (^ Euphorhia helwscQpi'a^ (LN.) 

FARVEVEIDE. C'est le Pastel , en Dwiemarck. (ln.) 

FASAN-D'MOUNTAGNA. Nom piémontais du Fetjï 
Tétras, (v.) 

FASANOT. Nom de la Gelinotte , dans les L»3guea> 
canton du Piémont, (v.) 



\ 



F A s '77 

FRASCHK C'estle Pïm-saotme^ dans ^elcjocs parties 
de rAllemagne. (i*i!V.) 

FASCI-NAKI. NcNndiiiSiiMAcaa Ysam», aDJap«i.(B.) 

FASCIOIAIRE , Famokuia. Gewe de coolies do U 
dimion des imivalTes, étaUî par Lamarok, aux. dépens des 
RocBERS. Il offre pour caractères : une coquille presque fusi-' 
fonne> canalîcvdée à sa base , sans bourrelets ^ ayavi sur la 
colnmelle deux oa trois plis égaux » très^obliqpes% Ce genre 
a pour type le Rocher tulipe, (b.) 

FASCIOLE, jFascÂD/o. Genre de versintestinaux^ qui apour 
caractères: on corps oblong, ayant deux suçoirs^ dontruneai 
^ rexlrémité antérieure, et rantre s»r le c6té on son» le ventre; 
le premier constituant la bouche et le second Tanus. 

Les espèces de ce genre , appelé Distoke par Retsius, 
sont fort bien caractérisées par les deux ouvertures , qui 
jouissent toutes dem de la faculté de se fixer sur les oorps 
étrangers , par niecion, à la manière des sangsues. Lenr in- 
térieur présente un canal intestinal ^ qui , après avoir csrcnlé 
dans toute sa capacité , revient sur Im-méme , et aboutit à 
la seconde ouverture. On y voit , de plus , deux ou %roi% 
autres vaisseaux , dont on ne peut pas déterminer piMÎtive-* 
ment la nature. 

• Les genres Licule , Livguatulb ^ MoN<Mr?oif £ , Amphi- 
STOMEet GiaoFLÉEont été établis aux dépens de celui*^L 

Malgré les travaux de rinfattgable Mnlier, ceux de Goëze, 
Pallas et autres, ce rcnre , quoique contenant quatre-vingt- 
quatre espèces dansTonvrage de Rudolpln sur les vers in- 
testinaux , sans y comprendre celles qui fwflaent les genres 
ct-dessus indiqués , n'est sans doute encore qn'e£Bean^. On 
ne connolt encore d'exotiques y. que ks espèces que Tai fait 
graver dans VH&ioire natêor. der Ven^ £ataanl suite au Bujfan , 
édition de DeterviUe , et il parott cependant qn'eUes s^nt 
excessivement abondantes dans les poissons el autres ani- 
maux des pays chauds. 

L'espèce la plus commune , et la plus aificiennement con* 
nue , est appelée dùitoe par ks habitans des campagnes et les 
artistes vétérinaires. Elle a la forme d^une petite rak , c'est* 
à-dire , qu'elle est très-plate , très-mînce sur les bords 9 el 
terminée, antérieurement, par vn prolongement tubnkox el 
percé. L'autre trou est.vers le tiers du ventrte, en-deasous. Sa 

couleur est d'an veit obscur^ quelquefois rougeâtre. Sa Ion» 

Keur est de quatre à cinq lignes sur deux à trots de langeur« 
;s canaux biliaires ou excréteurs du foie , sont sa vraie de- 
meure. Ge n'est , pour ainsi dire , que par acddenl qu'on U 
rencontre ailleurs. 
Tant que legs doures ne sont qu'en petit noad>re dans un 



yg F A S 

animal , elles ne parobsent pas lai nuire ; mais lorsqu'elles 
remplissent les canaux biliaires , elles les tuméfient de toutes 
parts et deviennent la cause de plusieurs maladies. Dans les 
moutons . qui y sont plus sujets que les autres quadrupèdes 
domestiques , ellesproduisentla pouriture et la consomption. 
( Voyez au mot Mouton et au mot Veks intestinaux.) 
Dans ce cas, la laine tombe , la conjonctÎTe est blancbe , les 
forces se perdent , et Fanimai périt de Fespèce d'hydropisie 
appelée €iscùe, 

Chabert, qui a décrit ces symptômes , ne parle pas des re- 
mèdes ; et) en effet , il parott difficile de les faire asir sur des 
animaux qui sont hors de Testomac et des intestins. Aussi 
sait- on que le meilleur parti à prendre , lorsqu^un mouton 
commence à dépérir par cette cause , est de le tuer et de le 
manger , les dowes ne nuisant en aucune manière à la bonté 
de la cbair des animaux qu'elles attaquent. 
- Quoiqu'on ait cité des fasdoîes trouvées dans le corps de 
l'homme , il n'est pas encore véritablementxonstaté qu'il soit 
sujet à ce genre de vers. 

hes fascioies ont été déclarées hermaphrodites et ovipares, 
sur l'observation qu'un très-grand noiubre d'individus de la 
même espèce existans dans le même animal, àvoient tous an 
paquet d'œufs visibles; mais le fait est qu'on n'est pas plus ins- < 
truît sur le mode de leur génération , que sur celle de la plu- 
part des autres vers intestinaux. Tout ce qu'on dit à cet égard, 
se réduit à des conjectures, ou tout au plus à des probabilités. 
On connoit quarante espèces àefasciales ; savoir , cinq vi- 
vant dans les quadrupèdes, neuf dans les oiseaux, quatre dans 
les reptiles, et le reste dans les poissons. 

Les plus communes sont la Fasciole hépatique ou Douve, 
qui vient d'être mentionnée. Elle se trouve dans le foie des 
animaux domestiques , et surtout des moutons. 

La Fasciole de la Chauve-souris, qui est allongée, cy- 
lindrique , et a l'intestin rouge. Elle se trouve dans les intes- 
tins de r Oreillard. 

La Fasciole nu Canarb, qui est roussâtre, cylindrique,, 
et n'a qu'un seul suçoir. Elle se trouve dans les mtestins du 
canard domestique , forme un genre particulier dans Goeze 
et Zéder. Voyez au mot Monostome. 

La Fasciole de l'Oie est oblongue, ovale, a deux rangées 
de mamelons en dessous et les suçoirs rapprochés. Elle se 
trouva dans. les intestins de l'oie. 

' La Fasciole de la Couleuvre est blanchâtre, susceptible 
de prendre plusieurs formes. Ses suçoirs sont saUlans , et le 
postérieur est le plus grand. Je l'ai trouvée dans la bouche 
d'une couleuvre d'Amérique. Elle est figurée pi. D. ao. 



F A s -9 

La Fasciole brune , la Fasciole de la Dorade , et la 
' Fasciole caudale , toutes trois également trouvées par moi 
[ dans les viscères des dorades > sont figurées dans la même 
planche à côté de la précédente. 

On peut voir, dans V encyclopédie, la figure d'une partie 
des autres yôscib/es qui se trouvent dans les poissons. 
I II y en a aussr une, la Fasciole massue, figurée dans le 

preitiier volume des Actes de la Société linnéenne de Londres. 
Elle a trois trous , et est très-digne de remarque. 

Rudôlphi a fait un genre particulier des fascioles , dont la 
bouche est antérieure , et l'anus à Fextrémité de la queue. 
V. au mot AuPHiSTOM £. {s.) 

FASELN. Nom que les Allemands donnent aux Haricots. 
IJ dérive de phaseolus^ nom latin de ces légumes, (ln.) 

FASEN. L'un des- noms allemands de TÉpeautre ( Tri- 
iicuni speJla'). (LN.) 

FASEOLARIAdeCcsalpin. C'est VAnagyrisfœtida, (ln.) 

FASEOLE. On appelle ainsi les semences de quelques 
espèces de Haricots ou de Dolics , qui se mangent dans le 
midi de la France, (b.) 

FASI-BAML C'est le Noisetier, au Japon, (ln.) 

FASIN. Coquille du genre des Tonnes, (b.) 
FASIO-MAME. Nom qu'on donne, au Japon , au Pois- 
sabre, doUchos ensiformis, et ^udoUchos llneatusy Thunb. (LN.) 

FAS-NOKADSURA. C'est, au Japon, le menispermum 
japomcum^ Thunb. (ln.) 

FASOLCHEN. Voyez Faseln. (ln.) 

FASOLO. Voyez Fagiolt. (ln.) 

FASOLUS, Césalpîn. Voyez Haricot et Phaseolus. 

(i-N.) 
FASSAÏTE. Lfe minéral nouvellement introduit par 
M. Werner, dans lé tableau de sa méthode, sous le nom de 
Fassmte^ n'a offert à M. Haiiy, qu'une variété de pyroxène^ d'un 
vert grisâtre ou d'un vert obscur. On le trouve dans la vallée 
de Fassa en Tyrol , d'où lui est venu son nom , ordinaire- 
ment sous la forme de petites masses grenues lamellaires, et 
quelquefois cristallisé , dans une chaux carbonatée lamellaire 
bleuâtre. Les minéralogistes tyroliens avoient deviné juste en 
le rapprochant de la saMite qui n'est elle-même qu'un Py- 
ROxène: V. ce mot. 

Ces cristaux ont présenté d# nouvelles variétés de formes, 
que le savant professeur du Muséum a décrites dans. le t. a 
des Mémoires de cet établissement. . 



^ 



8ô F A U 

AI. Leiiz aroît déjà donné le nom de fas^itàu à U slilbite 
rouge , oui se trouve dans la rallée de Fassa. (lug.) 

FASSPIEPËN. Cest ainsi que le CAMSAuifia (^Lomcêra 
^losteum) est nommé en Allemagne. (JLN.) 

FASTAEKI. Nom des Agarics, en Hongrie. (nssM.) 

FASTIGIAIRE, Fastigiana. Genre de plantes, établi 
par Stackhouse, Néréide Bnianni^e saix dépens des Vabecs 
de Lînnœus. Ses caractères sont : frondes cylindriques, ra- 
meuses, dichotomes ; fructifications dans un tubercule termi- 
nal et noyées dans une mncosîté. 

Ce genre rentre dans celui appelé Fubcellaike par La-^ 
mouronx. U renferme cinq espèces dont fait partie le Varec 
LOMBRiCALfjpl. 8du grand ouvrage de Fauteur précité, (s.) 

FASTUCA. Bans quelques cantons de Tlttlit méridio- 
nale, on donne ce nom au pistachier. (l^N.) 

FATAGINCr.r espèce du Phatagin àr^tiiicle Pan- 
golin, (desm.) 

FATALIS. Nom que lesBomain&dQunotentanPoTAifo- 
GETON. V, ce mot. 

FATAG13 £. Gramînée de Madagascar , qui s^élève k plus 
de huit pieds , et qui fait un excellent fourrage. On Ta trans- 
plantée à rile-de France. Le genre auquel eUe appartient ne 
m^est pas connu, (b.) 

FATAN. C'est la ^éiuis hUmc de mige. F. au mot Yémis. 

FATNO. Fuyez FADwa (lu.) 

FATSIKU. C'est, au Japon,, k nom diiBAMBOV es de ses 

variétés, (ln.) 

FATSKU. Voyez Fakona. sasa. (juw.) 

FAU. C'est le hêtre, dans quelqœsr parties de Is^ France; 
il dérive sans doute Aefagus , nom latm de cet arbre, (ln.) 

FAUX-PEIUDRIER. C'est sous ce nom qu'on appeloit , 
du temps de Belon^ le BusARn n& bxarais. (y.) 

FAUCHET. Oiseau des mers Magellaniques, qui paroît 
être une Hirondelle de mea. (v.) 

V AU CHEJJK, PhahngÎHm, Linn. Genre d'arachnides 
trachéennes, Camille desholètres, tribu des phalaagpens^ 
ayant pour caractères : tête , tronc et abdomen réunis en 
une masse, sous un épiderme commun; des plis sur l'abdo- 
men formant des apparences d'anneaux; mandibules articu- 
lées, coudées, terminées en pince» àaillantes en ava^t du 
tronc; deux palpes (ou plutôt pieds-palpes ) filiformes ,. de 
cinq articles, dont le dernier ysrminé par un petit crochet ; 
et huit pattes simplement jambulatoires; six mâchoires, dis- 
posées par paires: les deux premii^res formées parla dilata^ 



FA U 8i 

lion dé lalyase des palpes 9 et les quatre aiufr^s par^jian- 
ches des deat premières paires de pieds; une langue ster-- 
nale ^ avec on trou de chaque côté , servant de phiarynx; deux 
yeux portés sur un tubercule commun. 

Les faucheurs sont très^remarquables. par la longueur de 
leurs pattes. Les premiers naturaiist^îs qui c^t; ^crk sur cqs 
insectes, les ont nommés andgmes à longues patiés; mais ils 
diffèrent des araignées^ noii^eulemjeiit par leur organisation 
intérieure 4 m^ encore à V^gl^"^. 4e. la fotimf; :^néràjje da 
corps , du nombre d^ leurs yeux , des parties de la bouche 
ou de leur manière de vivre* Ob les. rencontre partout. Ils 
se prennent dan3 la campagne > sur les plantes;. on les trouv;e 
aussi dans les maisons ^ sur les. i^urailles enduites 4^ plâtre p 
où ils aiment à s'accrocher* • ■ . ,< 

Leur corps est ovoïde ou arrondi, souvent, déprimé, re- 
bordé,* renCen&é sous une peau foibUment coriqce.^ Leur 
corselet, dont le contour esti anguleux , et qui a environ. un 
tiers ^et demi de la longueur du corps , n^est séparé de l'abdo- 
men que i^t une ligne transversale; cet abdomeo est recouvert 
d'une peau d'une seule pièce , foripant plusieurs plis qi^i en 
marquent les anneaux ; il.^ Un stigmate de chaque e6té, près 
l'origine des pattes p^st^ri^ures ; ces stigmates sont, cachés 
par les hanches. 

Les pattes I au nombre de huit , sont très- longues , très^ 
déliées, cylindriques, composées de la hanche, dé la cuisse '^ 
de la jambe formée de deux; articles, et du tarse, dont la lon- 
gueur 4gale au moins celles de la jambe t% de la cuisse prises 
ensemble, et qui est compQ^é d'un grand nombre d'articles « 
dont le premier très - long> et le dernier muni d'u^ peti^ 
crochet, qui paroit simple e^ arqué. , - * 

Les natur^istes qui ont traité des faucheurs , à Texcepr 
tion de Lister et d'Hennannfils, dont les observations n'onf 
cependant été publiées qu'après les miennes, n^ont pou^ 
connu les organes sexuels de ces insectes ; ils ont tous regardé^ 
comme une espèce distincte, ie faucheur cornu y que des ob- 
servations répétées m'ont fait connoître pour le mâjlé du ^u- 
cheur des muraiUe^y Phal,opilioj Linn. Voy, mon Mémoîi^e suf* 
ces animaux, imprimé à la suite de mon Histoire des fourmis^ 

Les organes de la génération dans ces arachnides ont une 
forme singulière , surtout ceux des mâles, et dsù^ les deux 
sexes leur position est bizarre. La partie du mâle .est une esr 
pèce de dard allongé, composé de deux pièces, dontlapre-^ 
mière , qui forme la base , est courte, grosse, d'une consis- 
tance molle ; elle sert d'étui à la seconde , qui est un peu 
plus longue, plus étroite, presque écailleusc;, terminée^ dans 
\^ faucheur cornu y par une pièce triangulaire, membraneuse, 

XI. () 



PAU 




tuée immédiatement aa-dessons de la boocke. La paiii« 
«exuéii^de la fémelie est placée comme celle d^mâle; <mi y 
découvre uft tuyau membraneux, comprimé , très-flexible, «m 
sert d'ôviduct^. En prei^sant une petite éminence appelée îè^ 
vre , qui se trompe entre les deux devnîéres paires de pattes y 
4 la ba3e de-Pubdomen , on fait sortir ces parties dans les deux 
sexes* ... 

Ciesaradmides ne filent point, comme «quelques auteurs Font 
|>rétendu; plusieurs (espèces ont une odeur forte àb feuilles de 
noyer, et toutes sont carnassières* Elles se nourrissent de petits 
insectes qu'elles saisissent avec leurs mandibules ; elles les per^ 
cent avec les crochets dont elles sont armées, et les sucent. 
£lles se livretit ai»$i entre elles des combats à mon, at s^ea* 
tre-dévorent , à ce que l'on assurev 

Les longues pattes doiat la lUÂiire les a pomiirues, leur suiv- 
irent nonnieulement à marcher avec beaucoup de facilité , 
mais encore h échapper à là pc^ursuite de leurs ennemis , et 
à les avertir de Icui* présence. Dans le i*epos, posé sur une 
muraille oti sur le tronc dJvsi ^rbre, 1« faucheur étend circu- 
lairement ses pattes autour de son corps. Comme elles occu- 
pent un espace asseK coii^idëràlble, ëi un anittial touche à une 
de ses [Parties , le falichcfurse met aussitôt sur ses pattes, qui 
forment autant d^arcades , sons le^ttélles l^anim^al fiasse s'il 
lest petite cette ruse iië lui réiXssit-ellé pas , il saute k terre^ 
et s'éloigne promptement. SôttVeM aussi il s^éc^p^e des 
inains de Tobs^rvatêur ,' niais en taissant or^î'naWenieiit énti^ 
les doigts qui l*ont saisi , une -ou plusieurs de ses pattes , q«»i 
conservent 'CTïcore dn jnouvemêÀ pendant des heures «n- 
Wèrfes, en se pliant et se dépliant altertiativéniënl, Cfe phë- 
nomèiie a lieu ; pai^cé que chaque patte est un' tuy^u tvtWi ^ 
qui contient, 'dans toute la longueur dé isa cavité^ une espèce 
de filet tendineux très-délié , srir lequel l'air agit ,'qUand la 
patte est d^ljachée du tronc. Le célèbre naturaliste Geoffroy , 
'qiiî a trouvé iltt faucheur ayant la troisième^alte i>eaucoup 
plus c<Hirtè que les autres, présume, que cette patte a voit 
Iremplafcé cette qu'il avoit perdue , ainsi que cela ar- 
rive' anx crabes et aux écreçisses qui peinent les leurs. Mats 
cette conjecture ne me paroft pas asscE fondée , attendu que 
les fadchéurs ont une vie très-courte. 

On ne trouve ordinairement aii printemps ^uè de petits 
faucheurs qui' proviennent des œufs déposés i'àutonmè pré- 
cédent. Ce n'est guère que vers la fin de l'été qu'ils ont pris 
tout leur accroissement , et c'est alors qu'ib s'accouplent. 



F ATJ ^ 81 

L'abcoapleinentn^a;.pâftU6a[^qiid4açfob 9 surtout dam Tes- 
pèce ia plus commane aiiK «nrîroiis 4e Parts « le faucheur de$ 
murailles^ sans un combat eaitre les miles <, et satts uo peu de 
résistance de la part de k femelle. Quand ceUe-i:i se rend ai|K 
désirs dv mftle^ ce dismier se place de manière que 
sa partie antérieure est en face de celle de la femelle « 
dont il sai^kles lAandibnles avec ses pÎAees..I^ plan iofiârieur 
des deux corps est sur une même ligne ; alors l'organe du mâle 
atteint celui de la femelle , et l'accouplemeat a lieu i il dure 
trois ou quatre secondes. Après l'accouplem^it ^ la. femelle 
dépdse dans la terre , à wiw' certaine dislance de, sa surface « 
des œufs de la grvsseur d'un grain de saUe ^ de couleur }>la9r 
che , entassés les uns auprès des autres. 

Quoique ces anîmaux'soîeni Toisios àtsl^ffoignées.^ ils ne 
▼îrêttt cependant point v^oinme elles, peiudaot plusieurs an- 
nées; presque tous périssent i la fin dai Tautomue. Un d^ 
leurs ennemis , et qui se fixe sur leur corps pour Içs sjicer » 
est lipe espèce de mitte (f^. L^pte).; cet insecle ne tieoAt 
quelquefois aif foucbeur que p^ir.^pn )><e^|. le reste de son 
corps semble suspendu en Tair. TSngordius^ setmblable à celui 
qu%n trourê souvent dans l'intérieur des sauterelles., et dont 
on forme aujourd'hui un genre , sous le nom àtjilairey trouvé 
dans l'abdomen du faucheur çor^u, pen| fa^re crpiré que ces 
arachu^id^ssoiitsujettci^àse no^vfn de ces vers. Celui aûla été 
observi^ étoit trèsTUssp , un j)§i^ transparent, rempu d'une 
matière laiteuse ; il avoil envirpn sept pouces quatre lignes 
de longueur, et deux dixièmes de'ligjdé Sp larjgeur. 

On cônnoît douze à quatorze espè'ces'fle 'faucheurs, qui 
se trouvent, pour la plupart, en Europe. ' 

Le ^htcmxsti des muKAILLï;s , Phaiangium opiUo , phalan- 
gium coMutum;'ÏÂtkû. v ' * 

Le mâle QXt^an^urà cpmuttùny^ le dessus du corps d'un 
gris roussâtre , dti peu plus foncé ^n milieu ; les mandibules, 
les antenifulés et le dessOuis du corps blandiâtres^ et leis pattes 
grisâtres ; les mandibules s'élèvent en pointe. 

La femellç a tout le dessus du corps d'un brun gnsitre, 
marqué de traits obscurs , et de quelques points blanchâtres; 
le dessous d'un blanc-gris , avec quelques nuances obscures 
vers les côtés de Tabaomen ; les mandibules et les anten- 
nules d'un blanc-gris ; les pattes d'an gris clair , tachetées de 
brun ; les yeux placés de chaque côté d'un tubercule lisse. 

On le trouve dans presque toute l*Europé ,'dans les champs, 
1^ plus ordinairement sur 4es ^murailles et sur le tronc des 
arbres. . < 

Le Faucte\?r â qi|A9RB DiENTS , PAaioDgiiàa quainéknlft- 
um j Guy. y Fab. 



/ - 

/ 



84 , F A U 

il aie côrpi arrondi, frèst*plat, à^na gris cendré ^ qnel- 
qaefols jaunâtre en dessous ; une pointe conique sur le miliea 
du bord antérieur du coriselet ; un tubercule oeuKfére , près* 
que lisse;' deux rangs de tubercules* sur Tabdomen; quatre 
pointes , dont les latérales plus petites postérieurement ; les 
hancbes et les cuisses épineuses. 

On le trouve à Paris , à Bordeaux , à .Brlves , sous les 
pierres. 

' Le Faucheur des mousses , Phahmgiûm muscorum ^ Nob. 
Il a le corps orale, d'un cendré jaunâtre, tacheté d'obscur 
«n dessus, pâle en dessous ; un tubercule oculifère , dentelé ; 
une bande dorsale , longitudinale , noirâtre ; les Cuisses an- 
guleuses. 

Je Tai trouvé dans le Midi de la France. Consultez la Mo- 
nographie de ce genre , par Herbst , le Mémoire aptérolo- 
gique de Hermann , le premier rolume de mon Gênera crusU 
^t insecL , et le premier fascicule de la première partie des 
Mémoires sur les animaux vertébrés , de M. Savigny-. (l.) 

FAUCHEUR. C'est le chœtodon puncuaus , Lmn. Voy. au 

'mOt'CHÉTOOON. 

On appelle zxkmfaucheury un autre poisson du genre La* 

BRR. (B.) 

FAUCHi;UX. V. FiyucHEUR. (desm.) 

FAUCILLE. Trois espèces de poissons portent ce nom: 
un Spare , Spams falcatm f Lînn. ; un Salmone , Salmo fat-- 
calus\ et un Cyprin ^Cyprinusfalcatus. (b.) 

FAUCILLE. C'est le nom d''un lépidoptère du genre 
Phalène (Phalœna Jakatarid), (DESM.) 

FAUCILLE, Campuhsus, Genre de la famille des grami- 
nées, établi par Desvaux, pour placer la Chloride a un 
SEUL EPI , celle en Faux de Swartz et quelques autres. 

Ses caractères sont : épi courbe ; épilletç unilatéraux 
sessiles , sur deux rangs; de trois à cinq fleurs ; la balle cali- 
cinale de deux valves , l'inférieure très-petite , membraneuse, 
persistante ; la supérieure pourvue d'une arête presque ho- 
rizontale , sortant au-dessous du milieu du dos de la nervure ; 
la fleur latérale à une seule valve , mâle et mouandreî la fleur 
intermédiaire hermaphrodite , à balle de deux valves, l'infé- 
rieure crénelée et portant une soie droite un peu au-dessous 
de son sommet ; la supérieure entière et mutique ; la fleur 
supérieure a trois étamines , mâles ou stériles, (b.) 

V FAUCILLE p'ESPAGJî]^. C'est une CoronilleCCoto- 
nilla seeundaca , Linn.). (LN.) 

FAUCILLETTE. Un des nom» provensaux du Marti- 

^NEïNOIR. (V.) 



F A TT «5 

FXUCŒN, Ftf/ro, Lath. Genre de Voràre des Accipi- 
TRES, de la tribu des Diurnes et.de la famille des Acci^-i 
TEINS, /^.ces mots. Caractères : bec garni d'une cire et courbé 
dès la base , un peu comprimé latéralement, arrondi en des- 
sus ; mandibule supérieure à bords dilatés , dentée vers le 
bout, crochue et acuminée à la pointe; Pinférieure plus courte, 
convexe en dessous , droite , obtuse et échancrée à son extré- 
mité ; narines orbiculaires , tuberculées dans le milieu ; lan- 
gue charnue , canaliculée , é^ancrée ; tarses nus , épais chez 
les uns , grêles chez les autres ; quatre doigts , trois devant , 
un derrière ; les antérieurs unis à la bas# par i^ie membranes- 
ongles presque égaux; ailes longues , la deuxième rémige la 
plus longue de toutes. lutA Jaiu^ons-gerfaïUs ont le bec seule- 
ment i|iuni' d^un feston sur chaque bord de sa partie supé- 
rieure et sans échancmre prononcée à l'extrémité de Tinfé- 
rieure : différence que M. Cuvicr a jugée suffisante pour en 
faire ud sous-genre sons le nom dé Thierofalco. 

Excepté donc les gerfauts dont j'ai fait une division particu- 
lière , tous les autres ont les caractères indiqués ci-dessus ; 
mais ils sont susceptibles d'être divisés en plusieurs sections , 
d'après quelques attributs particuliers k plusieurs espèces. Ce- 
pendant, pour pouvoir signaler toutes celles qu'on doit placer 
dans chacune , il faudroît les avoir toutes examinées en na- 
ture , et je n'ai pas cet avantagé. Je me bornerai donc à dire : 
I.* que le faucon propremetit dît 4 la première rémige plus 
longue que la troisième , le tarse épais , les doigts longs', les 
ongles allongés , robustes et très-aigus; 2.* que les hobereau jt 
ont les première et troisième rémiges proportionnées comme 
celles du précédent, les tarses grêles, les doigts allongés, les on- 
gles médiocres et aigus ; 3.^ que , chez les cresserelles et les faucons 
malfinis ^ la première rémige est de la longueur ou à peu près 
^de la quatrième , et plus courte que la troisième ; les tarses 
sont grêles , les doigts courts*, les ongles médiocres et seule- 
ment pQintas ; 4.° que le faucon deè pigeons ne diffère de ceux • 
ci qu'en ce qu'il a les doigts allongés et les ongles plus aigus; 
5.^ que les émerillons ont les doigts pareils. à ceux du ho- 
bereau , les ailes semblablci à celles de la cresserelle , les on- 
gles grands et très^aigus. 

La première division de mes faucons se compose des es- 
pèces qui ont le bec denté etéchancré ; il en est peut-être 
encore d'autrels fijarmi lé grand nombre de celles que renferme 
le genre falco 4es auteurs ; mais ne les connoissant que par 
des descrip^ion^f on des figures qui ne m'en indiquent point 
les attributs nécessaires, je ne les ai placées dans aucun genre^ 
et jeles ai décrites au mot Oiseaux de proie ; en vm condui- 
sant ainsi, je m'évite des méprises | et je les signale à ceux 



86 F A U 

qui auront occasion de les observer , afin qiiHls déterminent 
le groupe qui leur est propre. 

A. Bec denté et échancré. 

' - • •• .. ' 

Le Faucon proprement dit, Falco peregnnus , Lath. f pL 

1). a6 fig. 2 de ce Dictionnaire. 

Si àes ornithologistes systématiques ont réuni, sous rindi- 
cation générique de faucon^ un grand nombre d^oiseaux d'es- 
pèces fort éloignées les unes àck autres, ils ont augmenté la 
confusion qui résulte de cette réunion, en faisant autant 
d'espèces^duyâucoii proprement dit ^ que Ton peut remarquer 
de nuances sur le plumage du mâle et de la femelle , aux di- 
verses époques de leur vie. Il est , eu effet , peu d'oiseaux 
dont les couleurs changent aussi fréquemment. On lui voit 
prendre de nouvelles temtes et même distribuées autrement 
à chaque mue qu'il éprouve, et ce n'est guère qu'au bout de 
trois ou de quatre années que cet oiseau prend une livrée 
moins variable, mais qui n'est pas encore constante, car elle 
change dans sa vieillesse. 

La pi. enl. de Bitffon, n.<> 4^o , représente un vieux mâle 
sous la dénominatioai de Lanikb. Le, miême^ âgé de trois ou 
quatre ans, aie dessus de la tête et du cou d'un.blon.Qoi-r 
rÂtre; le manteau d'un cendré bleuâtre, avec des bandes d'upQ 
teinte plus claire, upe espèce de moustache noirâtre qui , de 
la base de la mandibule inférieur^ , < ^cen4 sur le^ côtés 
de la gorge ; une bande blanche au bas. 4^s joues ;. toutes les 
parties inférieures de cette couleur, i^arquées en long de 
quelques traits d'un bnm (bncé sur le devant du cou et sur 1^ 
poitrine , et en travers sur les parties pastérieures; les pennes 
des ailes et de la queue d'un brun noirâtre,; celle - ci est 
rayée transversalement d'une teinte plus sombre ; le )bei; 
bleu ; les paupières ^t l'iris jaunes» ; les pieds et la membrane 
du bec Sont ordinairement verdâtres; quelques-uns les ont 
jaunes*^ ceux-ci, que ksfiuicoru^rs nomtaent Jëucenslecjaun^^ 
soiit dédaignés pour ,1a chasse du vol. 

La grosseur àa faucon est celle ji'éiie ^oule ôrdiiiaire. U a 
dix-huit pouces de long et trois pieds et demi d'envéfgore vsa 
queue est Icnigue d'un peu plus de cinq poupes^ les ailes pliées 
atteignent presque son extrémités 

Le même, adulte, pi. enl. 4-^iE, est, d^uti^ris4>fttn sftrCd^n^B 
les. p^artiéis supérieures,' avec des b^tudéiettes tèxks^ët9iA^ 
d'trft^teime plus claire; blanchâtre eu deiMOua et riiyë i^n ti^^- 
vér^ âé brutrdair. A méiMire qu^il àvftKfUè eu âge^ ié é;dé4eU# 
blauche «'épure ^^t lès raies "dfctititfUtfut beâutou]^ IMiBii 
nombreuses» j - ^ '- '■■ - 



F A U 87 

■ Le feane, Falco stelians, Lath., pi. efil. ijo^ sous le nom 
de faucon sor&, a le front, les joues et la nuque d'un blanc 
roussâtre , avec quelques taches d^iln hruit foncé ; les plumes 
des parties supérieures d'un gris noirâtre, bofdées et termi- 
nées de brun clair; les pennes caudales rayées irrégulière- 
ment de roussâtre , et terminées de Blanchâtre ; la gorge et 
toutes les parties inférieures, d'un blanc saie couvert de ta-^ 
ches longitudinales brunes; Hris de cette couleur; la cire d'un 
bleu jaunâtre ; les pieds jaunes. 

La vieille femelle a la tête , le dos , les plumet scapulaires, 
les couvertures supérieures d'un gris cendré rembmiiiy ou. 
d'un brun sombre; le dessous du corps d'un blanc jaunâtre^ 
avec des bandes transversales d'un brun sombre; la queo^ 
d'un cendré brun, traversée par des bandelettes d'un gris jauc 
nâtre. Elle a, dans son jeune âge, le bec bleuâtre , l'iris d'uii 
gns-brun ; les paupières et une tache en avant de l'œil d'uç 
vert-jaune ; la tête et le dos d'un brun noirâtre ; la nuque ua 
peu nuancée de brun ferrugineux; les couvertures supérieure^ 
de la queue d'un gris noirâtre avec des taches ovales roussâ- 
très , et sur les plus longues, des bandes d'un brun rougeâtre; 
les joues d'unbrun-noir; la gorge jaunâtre,et variée de petites 
lignes noires ; les parties postérieures d'un jaune verdâ^ 
tre , a^^ec des taches noirâtres sur le milieu de la plume ; le 
bas-ventre d'un blanc jaunâtre parsemé de bandes d'un bnji^ 
sombre ; la queue di'un brun-noir avec huit bandas oblong|ies 
d un brun rou^^âtre sur chaque côté des pennes , mais ne s'é- 
tendantpas îuscpi"^ la tige. Le falco commuais aUr de G'melin^ 
ainsi que le (aucon passager de Buffon , pL 4.69 1 sont dej» fe*- 
melles âgées de deux ans.. 

La description éafédcocammunû et Limueus et de Ladu»^ 
ne peut convenir wi faucon proprement dit, et me semble 
plutdt signaler la buse diangeante dans ses deux premières 
aimées ; c'est pourquoi je ne l'ai point indiqué cotDWBut syno** 
nyme. ) 

Le mâle est d*un tiers plus petit que la feitielle, et s^âppellé 
Uercdet de faucon. 

Cette espèce se trouve en Fra^e? en Allemagne^ enSuide^ 
en Islande, dans les îles de la, Méditerranée, etc., toujoioirs 
sur les rochers les plus h(tuts .^t les mont^nes les plus escar- 
pées. Ijq» faucons, des pays d^ Nord ^ont prdinairement pluf 
erands que ^eux,de nos vxonU^çs àes Alpes et des Pyré^éesu 
Il y en a qui. sont,yoif^ç\irs.M que \e$ fauconniers appellent 
/aiiir«n5./x0«sag^. On en.prenârén.Frânce, ^m deux époques dfe 
leur passage^, jc'.est-à-d^r'e eni 0ic;UJI»re QU ôJoy wbre , et en £fr- 
vrier ou mars. 



1 



88 F A IT 

Ces oiseaux , dont*les ailes sont fort grandes, volent haut 
et avec rapidité ; ils s'approchent rarement de la terre ,» et ils 
ne se posent qae sur la cime des rochers les plus élevés ; ils 
choisissent ceux qui sont exposés an soleil du midi , pour y 
placer leur aire, dans hquelle les femelles déposent ordinai- 
rement quatre œufs d^un jaune rougeâtre et tachetés de hrun. 
L'incubation ne dure pas long-4emps , et dès que les petits 
sont en état de voler , ce qui arrive dans nos climats vers la 
mi-mai, les père et mère les chassent et les forcent à s'éloi- 
gner du canton qu'ils habitent. De même que les grands oi— 
seaux de'proicf ceux-ci passent pour vivre très-long-temps. 
L'on a parlé à^nst faucon privé, qui, à Tâge de cent quatre- 
vingt-deux ans, avoit conservé beaucoup de vivacité et de vi- 
gueur. 

Parmi les oiseaux de proie , \e faucon est l'un des plus vi-» 
goureux; d'est aussi l'un de ceux dont le courage est le plus 
franc et le plus grand, relativement à ses forces, et, pour ainsi 
dire, le pltis noble. Il fond perpendiculairement sur sa proie, 
et Tenlève si elle n'est pas trop lourde, en se relevant de 
ifhéme ^ plomb. 

Si c'est ainsi que se comporte \e faucon dressé pour la chasse, 
il n'agit pas de même dans son état sauvage ; du moins il at- 
taque sa proie d'une manière tout opposée , dans les plaines 
de Champagne. L'exposition que je vais en faire, est le ré*- 
sultat d'observations i^itérées, pendant une longue suite d'an- 
nées, par M. le comte de Riocourt qui, rempli de zèle pour 
lès pVogrès de l'ornithologie, me les â communiquées, afin 
d'en faire mention dans ce Dictionnaire. Les /âiic67i5 arrivent 
dans les plaines de la Champagne; vers la fin d'août, et quoi- 
qu'ils ne soient pas en grand nombre, ils occupent un terrain 
considérable. Jb chassent seuls, ou quelquefois deux ensem- 
ble. Le ^ucon se tient alors sur une motte de terre ou sur 
une branche basse, d'où il part avec la rapidité de l'éclair^ 
dès qu'il aperçoit une compagnie de perdrix à quelque dis— 
tance que ce soit. Il la suit ou la croise , t'atteint , et en la 
traversant , tâche d'en saisir une avec ses serres; s'il ne réus- 
sit pas de cette manière, il lui donne, en passant, un coup si 
violent avec sa poitrine, qu'il l'étourdit s'il ne la tue. Il revient 
alors sur elle, et son agilité est telle qu'il l'enlève souvent 
avant qu'elle soit à terre. Alors il,la dévore sur la place même 
Ou il la porte derrière un buisson : \t faucon ne suit pas à pied, 
les perdrix, comme font lasoubuseet l'autour, et ne se jette 
pas non plus d'à-plomb sur elles; c'est en passant et repas - 
sant au-dessus qu'il cherche à les faire lever. Il vole bas lor^^ 
qu'il chasse, en rasant la terre un peu au-dessus de sa proie, 
et fait alors un bruit semblable ausifSement d'une balle. Son 



-'• 



F A U «3 

cri, ^'ilYiê £aiît mère entendre qa'en jànrîer on février, res- 
semble à celui d on hobereau ; mais sa voix est plus forte et 
jpliis éclatante. Il fait sa pâture de tons les oiseaux, alouettes, 

f;rives, pîgébns et canards ; ceux-ci plongent aussitôt qu'ils, 
'aperçoivent, et les perdrix se jettent à terre et se cachent 
dans les buissons, d'oàil est difficile de les faire sortir. C'est 

i>resque toujours dans le même endroit que le faucon passe 
a nuit. Il s'y rend peu de temps après le' coucher du soleil* et 
se blottit sur une grosse branche d'arbre , près du tronc. Son 
sommeil n^est pas aussi profond que celui de la buse\ aussi 
i'approche-t-on plus difficilement. Le moyen le*plds sûr pour 
le tuer, quand on a découvert l'arbre sur lequel il couche, 
est de se rendre sur le lieu, une demi-heure avant le lever 
du soleil , et de le tirer aussitôt qu'on le voit. Il quitte les 
plaines de la Champagne vers là fin de février, et il ne revient 

' qu'après la récolte des graines céréales. 

L*on a su profiter de la vigueur an faucon et de son cou- 
rage , pour le dresser à la chasse. Mais, comme son naturel 
est^en niéme temps sauvage, et m^me féroce, il a fallu beau- 
coup d'art et de peines pour parvenir à le dompter et à en 
faire un captif plutôt qu'un domestique. Et cet état d'escla^ 
vage est tellement opposé an naturel des faucons, que jamais 
ils ne produisent àscat nos faucormeries^ et que l'on n'a jamais 

. pu ni en élever ni en multiplier l'espèce. On trouvera au 
mot FAUCONimRiE, un précis de TArt de les dresser à la 
chasse du vol. 
Le Faucon DE la baie d'Hudson, Falco ohsoîetus ^ Lath. 

V. Bu^E DE LA BAIE D'HuDSON. 

Le Faucon de Barbarie est regardé comme une variété 
du Faucon proprement dit. 

Le Faucon a bec jaune. Faucon dont les pieds et le bec 
sont jaunes ; l'on n'en fait point de cas en fauconneriç. 

Le Faucon behrée. V. Oiseaux de proie. 

Le Faugos i^u, Bengale. V. Petit Faucon du Bengaljç. 

caractérisflBt oiseau de U Guyane. Son^jcorps est, en dessus, 
4e couleur de plomb , excepté le croupion , qpi est roux, ainsi 
que la poitrine et le ventre y leç ailes sçnt rayées ; les pennes 
^ la queue ont des bandes blanchâtres ; le bec est brun , et 
treize pouces font sa longueur totale.' 

Le FAUCON BLANC, Fako albus, var. D , Lath. , figuré pi- 
80 de Frisch, esft l'OiSEAU Saint- Martin ou le mâle de la 
Soubuse. 

Le fsHicon blanc se trouve en Russie , et dans d'autres pays 



Le FA^tti BlDENTÉ , Foko biderOahiSy Lath. La double 
échancru^^Bl est sur les bords.de la mandibule supérieure. 



g6 F A TJ 

du lSinA\ il 7 ad» ô^dÎTidna tout blancs ^ SâalMi.^àrA 
deS'tacW broieB mit le "dos, les ailes et la qaeae; il eJitda 
la méffié grandeèr qike le faiêc<m> âammun. 
Le Faucoiï ètEil B'ËAWAAosy éftt k mate de la Sou»«sft« 

ê Le FaUCÔÎÎ BLEtTATltE A QVEJJILUfOlKt y fdtéo tdUdus^ Lath. 
V. OlSÉAtrX DE MOIÈ. * 

Le Fattcon Bosstj . T. F axtcok a ag abd. 

Le Faucon brun , Talco fuscusi Var. A ,.Latb. , figuré pi. 
76 de'Frisch * est là Buse changeante. V- ce mot. 

Le Faucon brun et bleuâtre, Falco fusco-cœnuescens ^ 
ViellL, se trouve au Paraguay où il est fort rare* 11 aie bec trè»- 
fortygros, d'unbleufoDcé en dessus et àsap extrémité, vert dans 
toutle restjB ; la cire d'jBB vert jaunâtre; di* pouces huit ligneade 
longueur totale -, près de la base de la mandibule supérieure, 
une tache blanchâtre qui se termine en dessous et à la moitié 
de l'oeil ; sur les côtés de. la tête une moustache noire qui des- 
cend vers la gorge et s'étend de Tautre côté, derrière l'oreille, 
jusque près de Focciput ; les plumes du dessus de la tête ,^ du 
cou et du corps , ainsi que les couvertures supérieures des ailes 
d'an brun mêlé de bleu terreux avec leur tige d'un noir peu 
apparent ; les couvertures supérieures de la uueue de la cou- 
leur Ju dos et traversées par des bandelettes blanchâtres; les 
pennes de la queue , les pennes extérieures des ailes et leurs 
couvertures supérieures > d'un brun plus foncé sans mélange 
de bleuâtre ; les pennes aiaires avtfc des' taches en forme de 
larmes surle milieu desbarbes iBférieure3 ; les plus proches du 
corps terminées dé blanchâtre ; le bas de la gorge, le dessous 
du cou et la poitrine bruns et rayés transversalement de blan<î; 
le ventre et les couvertures inférieures de la queue roussâtres; 
celles-ci tachetées de brun. C'est VAlcondUo ohscuro atulegù 
de M. de Azara. 

Le Faucon be la Caroline, Fa/co àuhim, me parott êti% 
un individu de l'espèce du Faucon t)ES pigeoniS. V. ce mot. 

Le Faucon to €È*1tt.ÀN, Falco ^tylanênsi^f' tath. K Oi- 
seaux be proie. . ^ f ne «• 

-Le Faucon diiikKVBUR. F. Aurbua CBAWfËlrR. ■> 
^"Le FaucoïT ; OtiïéQUERA , Faico dhitApiera^ Lath. , pLâi> 
des Oiseaux d'Afrique par M. LevàUlamt. Cet oiseau ha- 
bite rlnde et porte à ChandernagOf te nom de ChUqwerQ. 
11 n'est pas phis' gr&è ^'unè lourtèt-etle commune ; *es 
ailes pliées ne s'étendéttt pas au-èélà des deux tiers dfc 
Ja longueur de là^ qtteue ^ dont les peiwes sont iégère- 
me*t étâgées «t àt'i'MdieS) ^le d^Ms dé 4a tête ctle.deiv 
rière dh cou sont d'un roux mêlé de rougeâtre ; uae.foibte 
teinte de la même coalW se répattd aolonr du bec.,/id«ïSant 



F A TT 



9» 



lé coa 9 ainsi que sur le baut dé l'aîle ^ et si» mêle au blanc de 
la gorge ; tootbi les «parties si^ériewres du plumage sont d^un 
joli gris-bien, et les inférieores blanches ^ arec me légère 
raynre de gris-blanc ; il y a égalemeilt des raies transversa-- 
les snr lés pennes des ailes et de la qaene , et celle - ci porte 
nne large bande noire vers son eitrétnité , qm est d'un blanc 
ronssi^re ; le bont du bec est noirâtre , le reste est )aune pâle; 
les Veux et les ^eds sont d^nn beau jaune* 

L'on ne connoît point les habitudes du ddcqueru; et Tes* 
pèce ne parott pas nombreuse 9 puisque Levaillant assure qu'il 
a acheté le seul indiiridu que l'on connoisse. (s.) 

Le Fauoom a collier. Nom donné par Brisson à l'OiSEAU 
SAmT-MsATOf. V. BusÂiin-souftusE. 

Le Faucon a coLU^a de Sonnerat , est un busard. V. Bu« 

SARD TVCIIOUÛ. 

Le Faucoh a collier blanc , Fako msUcobis. Cet oiseau 
n'est point du genre ànfaucmi : il doit ét^e rapporté au Bu** 

SARD-SOUBUSE. 

Le Faucon commun.. F. Faucon proprement dit. 

Le Faucon a cou blanc, Fàlco alèicoliiêj Lath. V. OisAaux 

ta FROIE. 

Le Faucon a cou noir, Falco nigncoUis^ Lath. F. Oiseaux 

l>E PROIE. 

Le Fauc(»9 de couleur de chocolat, Falco spadkeus^ 
Lath. , est une Busepatue. F.* ce mot. 

Le Faucon couronné de bleu. V. Oiseaux de proie. 

Le Faucon gresserelle {Falco tinnunculus, Lath., pi. enl. 
de Biiffon, n.<>» ijoi et Jlji^ 

C'est l'oiseau de proie le plus nombreux , le plus répandu , 
et celui qui approche le plus de nos habitations ; il s'y fait 
entendre par un cri préciphë,^r/\ pri^ pri^ qu'il ne cesse de • 
répéter en volant. Le bruit ne paroît pas l'effrayer , car il 
vient s'établir sur les vieux bàtimens, au milieu à&$ grandes 
villes, et y fait la chasse aux petits oiseaux dans les jardins. 
Aux chajmps , il choisit les anciens châteaux \ les tours aban- 
données , et plus rarement l'épaisseur desT bois ; rependant il 
y fait assez souvent son nid, qu'il construit avec des bèchettes 
et des racines , sur les arbres les plus élevéls ; quelquefois il 
s'empare des nids de corneilles. Sa ponte est de quatre à cinq 
œufs rougeâtres, et tachetés de brun-olive, quelquefois blancs, 
et tachetés de rouge. 

Dans le premier âge, les petits ne sont couverts que d'un 
duvet blaiie; ensuite ils ont le dessus de la tête, la nuque et 
te dos, d^un roux rembruni et tachetés de noir ; les taches sont 
triangulaires sur la dernière partie ; les pennes dorsales noi-^- 
tes ; les primaires ont, k l'intérieur, sept taches blanches et 



9» F A TT 

roûssâtresy et une à^aa brun noirâtre et arrondies à Pextrënitté; 
la queue est d^un brun-roux , avec une bandé noire vers le 
bout j et terminée de blanc roussâtre ; ses pennes extérieures 
sont traversées en dedans par sept bandes noires ; la gorge 
est d^un blanc rpussâtre ; une bandelette noire part des coins 
de la boucbe et descend sur les côtés du cou ; les autresipar- 
ties inférieures sont d^un blanc ronssâtre clair, avec des ta* 
ches noires , longitudinales ; la cire et les panières sont d'an 
jaune verdâtre ; l'iris est d'un brun noisette. 

La femelle, qui est un peu plus grande que le mâle, a le 
dessus de la tête et du corps , les scapulaires et les couver- 
tures supérieures des ailes, d*un roussâtre sale et parsemé de 
taches brunes, en forme de lignes sur la tête, transversales sur 
les couvertures et sur les pennes secondaires des ailes; les 
rémiges sont d*un brun foncé, avec des taches blanches sur 
les unes et roussâtres sur les autres ; toutes sont blanchâtres 
en dessous, avec des taches brunes effacées ; le croupion est 
d^un gris bleuâtre ; la queue d^un roux clair, avec huit taches 
noires sur chaque côté des pennes latérales ; ces taches sont 
rondes et en forme de cœur k Textérieur ; transversales en 
dedans; toutes ont une large bande noire vers le bout, qui est 
b!anc;;Ie bec est jaunâtre k la base et noir à la pointe; la cire 
d'un jaune verdâtre ; Tiris couleur noisette; les paupières et 
tes pieds sont jaunes; le menton est blanc; la gorge roussâtre; 
le devant du cou et la poitrine d'une nuance pâle et parsemés 
de taches brunes et longitudinales; le reste des parties infé- 
rieures d'un roux clair. . 

Le mâle parfait est d'un gris bleuâtre sur la tête et la nu-? 
que, aveoun petit trait noir sur lemilieu de la plume; d'un brui» 
rougeâtre sur le manteau avec quelques taches noires* trian- 
gulaires ; roussâtre sur la gorge, ainsi que sur les parties in-r 
férieures , lesquelles sont tachetées de noir ; les pennes des 
ailes sont noirâtres avec des taches blanches à l'intérieur ; le 
bas du dos, lecroupion, les couvertures supérieures et les penr 
nés de la queue sont d'un gris bleuâtre; celles-ci, à l'exception 
àes deux intermédiaires, ont quelques bandelettes transver- 
sales, noires en dedans, et toutes ont vers le bout qui est 
blanc , une grande tache notre ; le bec est bleuâtre ; la cire , 
les paupières, l'iris et les pieds sont d'un beau jaune ; lon- 
gueur, quatorze pouces ; queue arrondie. 

Les ornithologistes font mention de plusieurs variétés : i.? 
lut faucon gris de Lewin , pi. 17 des Oiseaux de la Grande- 
Bretagne; 3.» la cresserelle jaune àe Sologne, décrite par Sa- 
lerne, et dont les œufs sont également jaunes ; â.<^ l'oiseau que 
Gmelin a donné comme une cresserdU à plumes grises et ti- 
ges noires ( tmnunculus pennis gnseîs ), et que Sonnini croit être 



F AU ^î 

It faucon rocJder; 4*^* l^L eressêtelU à pieds noirs, assez rare en 
France ; 6.^ la cresserelie à tempes noires ; 6.^ la cresserelie à 
corps blanc. Enfin, Vepeivier des aUmdits^ figoré pi. 88, dans 
Frisch ^ est une femelle cressereUe. 

J^ai sons les yeux un indiridu mâle, tué %n Suisse, lequel 
n^est pas plus grand que le faucon mal-fini \ il a le bec bidenté 
sur chaque c6té' de sa- partie supérieure ; une des dents est 
vers le bout, et l'autre* est émonssëe et formée par une échan- 
érure profonde qui se trouve au mlKeu. Cet oiseau a la tête, 
la nuque, le croupion, les couvertures supérieures des ailes 
et la queue d^un bleu très-clair, uniforme, et le manteau d'un 
roux vif. • • 

On peut dresser la cresserêUe-j^oxir la fauconnerie; elle s'ap- 
privoise assez facilement quand on la prend jeune. On la 
nourrit de viande crue. 

Cette espèce "^ se trouve dans presque toute l'Europe, en 
France, en Angleterre, en Italie^ en Espagne, en Alle- 
magne, etc. Elle ne reste en Suède que pendant l'été , et dans 
cette saison elle ?ayatiCe*'au N#rd jusqu'en Sibérie. 

Lc^Faucon à CROUpïbî^ BI.ANC, Folco hyemalisj Var. Lath., 
est un mâle de l'espèce à^lf^ Souhuse, F. Busaed-soubuse» 

Le Faucon a culotte noire , Fala^tibiaUs^ (jath.,, pi. 29 
des Oiseaux d'Afrique. Ce n^'Sont^passiei^em.ent les culottes 
ou le9 plumes qfii.re<^ouvr;ent lés jambes ou le;s çuîsse's de cet 
oiseau de proie , quî- spot teintes de noirmélédebruç, mai# 
encore là tète, les^aiiesi^^la^iqueue ; uàe< bordure blanche se 
fait remarquer aux pannes de ces d^riQières t dont les cou- 
vertures supérieures f'^ingi. que }es picraies scapulaires, soni 
d'an gri&'brnn, avec quelques nuances plus foncées sur le mi« 
lieu de chaque plume; la gorge est blanche; un roussâtre clair, 
tacheté de brun, est répandu sur tout le devant, du corps, le 
bas dojlentre^et les couvettures inférieures^ de la queue ; le 
bec est moins courbé, et plus gros que celui au. faucon commun; 
les deux mandibi^Jes. sont jaunes à leur base , et couleur de 
corne dans le reste de leur longueur ; la queue n'outre-passe 
les ailes, pliées que dans un tiers de sa longueur; ses, pennes 
sont arrondies à leur bout; les doigts gros et jaunes, ainsi que 
les tarses, qui sont emplumés un peu aU'desso^s du talon } 
enfi|i, l'iris est d'un brun noisette. 

Cette espèce paroît très-rare en Afrique, et on la rencon* 
tre quelquefois dans le pays des grands Namaquois. Les co- 
lons du Cap de Bonne-Êspérance lui donnent le nom de kUne- 
ber^-haan , c'est-à-dire petit coq des moniagnes ; mais au Cap , 
c'est le nom générique de tous les oise^iux de proie un peu 
grandst ; r 



/ 



.94 F A tl 

Le Fatjcdn a double icitAiicauftE au wg. F. Faucoh 

BIDENTÉ. 

Le FAUcpN iiHE^iLLûN, Falco làkqfatcQj Lath. 4 1^. enl. de 
Bufifon, n.® 4^7 9 et pi. D. k8 de ce I)i£t.,.soii8.Ie pom de 
rochier. Le plomtge 4q vieux , d^ 4'adulte et du JAVpe, pré- 
sentant des èiSùéte^ct^j il eu est résulté deox espj^ces et upi» 
yariété dans les ouvrages d'ornithologie. .l«e. mâle, J^ns on 
âge avancé, a été donné poiir we espèce p^cqlière, soo^ 
le nom i^jfyuo^n 4^ rQck< ou r^chi^. Le$ d^criptÂons q4>^ î« 
vais faire d« ces^îs^aui:, sont d'aprèi^ p;iaMir(i. 
. Lie mâle parfait a dû ponces efl^mi 4e loqgi^evr totale; 
le dessusdelatête^le dos, le croupion, les scapulairjis etle^ 
couvertures supérieures de la qi^eu^ d'une couleur jde ploinb, 
^rec des lignes i/^pléçs , lQ];\gîtudinales et noiref \ 1^ 4^ssqus du 
cou varié de roux, dé blanc et de bleuâtre^ lespou^erturesjsu— 
périeures et Jes penpes dfis ailes, brunes ; Jçspriçinière? ter- 
minées de bleuâtre clair; les autres tachetées de I)|^nç en 4e-^ 
dans et; en dessous; les pennes les plus extérieures, l^ordéiesdc^ 
cette coolçur ep dehors ; la aueu,e bleuâtre ep 4e;^ous, avec 
une Urée bande noirâtre yers le bout et terminée de blanc • 
d^un gris bleuâtre en dess9ds^ avec des taches noirâtres ; les 
Joues blanches et tachetées de 'brun; la'goige blanchie; \tà 
parties postérieures d'un' blanc roùssâtte , avec dés taches 
étroitei^, longitudinales etnoirei^; lé bét bleuâtre; la cire 9 
ies paupières et les- pieds jaunis v l^irisbrifti et les- ongles 
noirs. Tel est aussi lefaido crtsiiii de -Me ver. ' » 

La description suivante que -tS^nini -tait du rochîer, prd^ 
sente quelques dîfÉérences da^ les nuances y ce qu'on ^oil 
attribuer à son âge moins avaitcé que e^hn duffrécédem; 
mais c^est à tort quUi Le donne pô^ une. espècerdistihete, ainsi 
que Latham, Gmèlin et Daudin^ •;..., 

Sur les parties supé.rieureis,'lè^ ^ttznes ont leur iigt noire 
et leurs barbes eéiidfées ; uneVèînte roussâtre par<ltt- entre 
rœil et les ouvertures des l^ariitesy ^ une autre, brune, sur le 
cou et tout le dessous du corps où lès tiges des plumes sont 
aoîres comme en dessus ; les grandes pennes àa ailes sont 
brunes, les moyennes ceiidrées , et toutes rayées de blanc sur 
leur c6té intérieur, excepté la première qui Vf il des deux cô* 
tés; le bo^t de la queue est blanc, tacheté de noirâtre; 1« 
reste est cendré ; la membrane de la base du bec, Tiris e| les 
pieds sont jaunes , les ongles noirs, et le bec est d^un £Ka:idré 
Ueuâtrè. • 

- On Ta nommé faucon de roche oq mchier, parce qu'il se re-*- 
tire et nicbe dans les rochers de plusieurs parties de TËurope» 
Il est à peu près^ de la grosseur de la crtssertUe ; ses ailes 
{it'iiées vont jusqu'aux trois quarts de la longueur de la.queue; 



B. i8. 



I. Pie-i/ri'èc/ie e'cofWteitr. a. F,^>f/vier a ^i-od- ée< 

J./'/f//iWl etHeri//ott . 



fpren 
è,ct 

«de 
lit né 

nia 

Ûtii 



8,avi 
nda 

niioal 

il 1)1] 

île; 

Î31SJ 






:4 



F AU 95, 

leur première -p^^iiiie eftt l^datteodfi^ l^us courte ifae la se- 
conde, et celle-ci est U plus longue ; t&utès sont éobancrées, 
ce qui fait ranger en fauconnerie le ^TDcUtfr au nombre des eî- 
seaux de basse rolerie. 

Le même 9 dana la première année, ressemble à la fe-^ 
melle; c'est alors rEMEHiLLOii ixnsviKm ^ ftilco œsaioR^ Lath.^ 
figuré dans Friscb, pi. 89 , et rEMSBitLON DES faucokïïieiis, 
falcoœsalon^ var., Lath., )f\, enl. deBuff. b.<» 468. Il a la tété 
et le dessus du cou bruns , rayés en long de noirâtre ; le dos 
et les couvertures des ailes d'un bruti plus foncé, avec* wne, 
bordure extérieure roûssâtre à chaque plume ; les joues blan^ 
ches, avec de petites Hgùes brunes ; la gorge blanche ; le der- 
▼ant du cou et là poitrine blancs, ^ avec des taches l6n-^ 
gitudinales brunes ; les parties postérieures roussâtres ; 
le dessous de la queue brunâtre et traversé par des bandes 
d'un blanc - roux ; les pennes des aHes tà^etées de romt 
en dessous i le bec d'tin bleuâtre clair et noiriâtre à la 
pointe ; la cire verdâtre ; l'iris brun ; les pieds jaunes. Ghex 
le jeune , la couleur roûssâtre domine plus que dans les au- 
tres ; chez d^autres , les taches du milieu de la plume sont 
moins saillantes. 

C'est' de Témer&lon des fauconniers qu'il est question dans 
les ouvrages des naturalistes anciens; il portoit le nom à^œsa^ 
ton , et Arîstote Ta mis le second' pour la force parmif les 
épewiers. Suivant le philosophe grec, VémerOlèn fait une guerre 
continuelle au renaît dont Û mange les petits; et les corbeaux» 
dont il casse les eeufs, viennent se joindre au renard pour re« 
pousser leur ennemi commun (^HisL anhnal,^ ^il>* $9 ch. i , 
et Plin. HisL md, lîb. 10 , cap. *jl^),\ï' y 2i sans douté quet^ 
que exagération dans ce récit des ancien^ ; maïs cela proUv6 
qu'ils connoissoient bien ^^émer^on^ l\ui des plus pe^tits, tÀais 
en même temps l'un des plus courageux entre les oiseaux de 
proie. Il est au rang des oiseaux nobles , et les faucontiiers 
savent mettre à profit ses bonnes qualités poar le <lrésser ià 
la chasse du vol. Il a autant d'ardeur que de force et de cou^ 
rage ; il est très-propre à la chasse des alouettes et des cailles; 
ii prend même les perdrix, il lés transporte quoique plus pe- 
santes que lui, et souvent il ies tue d'un seul coup en les frap- 
pant de l'estomac , sur la tête ou sur le cou. Son vol est bas, 
mais léger et très-rapide , et tl fond comrme un trait sur les 
petits oiseaux, auxquels il fait la chasse dans les bois et les 
buissons. 

C'est une méprise de quelques commentatetirs, répétée pir 
Bidfon dans une note de l'histoire de VénaiRon (Voyez le 
vol. 3^, page saS de mon édition), de dire ^ue VémeriUon 
portoit 9 chez les ancteps^ le nom èLœs(don^ parce qu'il se 



96 F A U 

montre en toute saîsoii. L-errear â sa gourée dans Un passage 
de Pline, auquel des énidits ont t:ru mal & propos devoir 
Xaire une correction. Ce passage est relatif à la éuse : Pline dit 
que les Grecs rappellent épUéufn où .é/Meien , parce qu'elle 
parott en tout temps ; et dans quelques éditions, Ton a subs- 
titué le mot œsalon à celui à'^ilehn. Les émenUons sont des 
oiseaux voyageurs qui vont aU pripteoips vens le. Nord, et re^ 
viennent au Midi lorsque Thiver approche. 

Dans cette espèce , le mâle et fa femelle sont à peu près 
de la mén)e grandeur, au lieu que dans tous les afitres-oiseaux 
ile proie, le mâle est bien plus petit que la femelle; celle-ci 
pond cinq à six œufs nuancés d'un brun^roux. Le nid est placé 
^ilr un arbre dans les bois eit les montagnes , et quelquefois 
dans les rochers. 

Le Faucon étoile, Falco sUilaris, est un jeune faucon 
dans sa première année. 

Le Faucon étranger , le même que le Faucon passa- 
ger. 

Le Faucon falk. V. Oiseaux be proie. 

Le Faucon gentil. C'est, en fauconnerie , un faucon qai 
a de belles formes et qui est bien dressé ; mais le Faucon 
gentil de Brisson ,^£o gentiUsy Lath. , est un individu de 
l'espèce de Vautour, 

Le Faucon gris , pi. 17 des Oiseaux de la Grande-Bre^ 
tagne , par Lewin , est une variété du mâle Cresserellu. 

Le Faucon gris, Falco griseus^ Latb. , est un jeune Gkr-^ 
faut. Je dois cette indication à M. Bâillon qui possède cet 
oiseau dans sa collection. 

Le Faucon hagard, Falco gibbosus , var. F. Latb., pi. enl. 
4.71. Vieux yêni4!;off -qui a plus de blanc sur son pennage que le 
sors ou jeune : hqgafd^ en fauconnerie , est synonyme de sau- 
vage. ' 

Le Faucon-Hob^reau , Falco subbufeo ,, Latb. , pl.enlum. 
de BufF. , n.^ 43a. ]La longueur totale du mâle est de onze 
pouces ; il a une moustache noire qui descend sur les côtés 
de la gorge ; les plumes des parties supérieures , d'un noir 
bleuâtre , et bordées d'une teinte plus claire *, la gorge et le 
devant du cou blancs , la poitrine et le ventre tacbetés longi- 
tudinalement de brun-noir , sur un fond blanchâtre \ le bas- 
ventre et les culottes rousses ; les ailes noirâtres y rayées de 
roux à l'intérieur^ les pennes latérales de la queue rayées 
en-dessus de noirâtre , blanchâtres en-dessous , ayec des 
handes transversales bnmes ; le bec bleuâtre ; la cire et les 
pieds jaunes ; l'iris couleur noisette foncée ; la femelle 
diffère en ce qu'elle a des couleurs moins pures , moins pro- 
noncées, et un peu plus de longueur. £Ue est d'un brun-noijr 



F AU 57 

sar k'MT]» v:e(lts tf^es ^^ polies ki^^rieuiQ^ se rappr^* 
chéxU ^\itôt du brun ^ue du noir. La livrée du jeu9^ est 

£ lu», sombre $ur lés parties su^érîe^es 9 doat !«$ plumes fiut 
mrs .^ofds4'uQ rottssâftre rembruni ; le haut de la tête est 
de cette feinte ; deux grandes taches jaunâir^es se font remai** 
4}ae|r sur la ^u^ue ; la gorge est d'un Uanc jaunâtre ; Jies par^ 
ties postérieures cmU des taches longitudinales d'un Vun clair, 
sur un fond ^d'un roux jauùâtre ; la queue est teri^iîidée dç 
jrou36âtc<; JUcire est d*un vert jaunâtre, et Tins d'un gris rem- 
iMTuni. lie i^ie^ix se disiing'Ue ep ce.qqe ses parties inférîeiire« 
«ont d'un blanc nlus éclatant .que chex l'adulte. L'iDdÎTÎdtt 
^gur^sturJUpl* enl..deBi^on,ji^43i9etprésenté comme une 
variéié singulière du hobereau , est le mâle d'we ai|lr« «sp^ce* 

JLte ioLérea^ est un grapd deatructeiur d'alovettes.; H les poiHT* 
iiuk devant le fusil du chasseur ., et les saisit <^yec adresse ; 
il prend aussi les cailles ; mais ce n'est que' lot4qu'il eH 
4res^é, qu'Ai attaque les perdrix* C'est dans les i^lames 
voisines des bois , i^u'il exerce sop industrie «t qu'il fai^ 
la pba^Ke auxpetits oiseaux ; son vol est facile, et quoique V^^ 
louette s'^^^ beaucoup 4ans les airs, il peut Yolet en«* 
core|>b» b^.qn'elle.. Uès qu'il s'eat -emparé d'une proie, 
il «e jr^ire dans la forêt, oà ii se perche sur les plus grands ar^ 
bres: c'est aussi là qu'il niche. Ses œu& sont blanchâtres , pîr 
iqueiésidelNrw.f ^^ec goelqfie^ iacbes uoires pluserànde^. 

Cf^fte^pÀoe est assezcommwe en France , en A&emagoe, 
<in.$9ède ,.dau^ les déserts 4e U Tartarie et en Sibérie. £Uc 
•^t siisoep^îbie 4'éducation , et on peut la dric^sar avec f$jw^$ 
.pour^l^e vol Ae la caîUe et de la perdrix 

Jjt flhVÇ0V{ W9BÈ. V. FAUqON^JJItNiWS. j 

XiC £ÀllCOHAUSVÉJftfiSlll0fi6, F«t/G0c:Ma6»,<Latll. j^.Olr 

'Le F^vcrm AS 4l'ïxe ms, Sk^k. V. OiaEAtJX de pror. 

Le f M>C0N te l'île -St.-Jïaîî , Ftdco SancU Jahçmas \ 
Lath. , est une Buse patue. V. ce mot. 

Le Faucon de t*It,E be Ste.- Jeaote , Falco j<^gnnensis ^ 
Lath. r. '.Oiseaux de proii^. 

te Faucon .d'Islande. V, ci-après Gerpaut, pag. loj. 
e F^AUCON d'Ixalie ^ J^fdco itqlicus^ Lath. V. 04^Ayx 

D£.BEOI£. ^ 

Le .t'i^UGPN KjOWZ ou jKp9I^ f iF<^co ofe^pertims ^ Lath.j; 
Falcoin^pçfi , :M<eyer. On le troufie en Sibérie , en Husâîi^ , 
«t ilfist^passage en jjkiiemstfSf^ tt en Italie, Le^Rnssc^ l'ap- 
pellent ^«642^* les B^aaciàUr^ Je .pomment Kuigm»k et quel-- 
quefoîs Jm<dM* iQ»dit qiiiU^iljhabiludo^^ ne voler et 4e 

XI. ' 7 



9» '^ ^ ^ 

ne chasser que le soif et peridam la miit , habitaSe qù^îl p^tf* 
tase avec les soubuses : c'est surtout aux cailles ijue cet ôiseati 
fait le plus ordinairement ia guerre. II niche dans des creux 
d'arbres 9 ou bien il s'empare dés nids que les' pies Ont con»- 




ardoisé , ou gorge de pigeotit , avec la queue noire et les plumes 
des jambes rousses. Chez quelques-uns, le bas-veiltre et les cou- 
vertures inférieures de la queue sont aussi de cette couleur ; 
le bec est noir à la pointe , ronge de brique danif le -reste ; 
la cire , Tiris et les pieds sont de cette dernière teinte. Taille 
du Faucon emenlion. 

D'autres miles ont tout le corps d*un brun nuancé de bru- 
nâtre , à l'exception du rentre qui est blanchâtre ; les pennes 
des ailes sont d'un brun tirant sur le bleu; les primaires noi- 
râtres à leur extrémité ; la queue est brune. 

Le même oiseau, dans un âge moins avancé , a le dessus du 
corps et des ailes rs^yé en travers de brunetdebleoâtre; la queue 
traversée par quatorze bandes alternativement bleuâtres et 
noirâtres; lesplumes du tour de l'œil noires; la tète et lanuque 
rousses ; la gorge , le devant du cou , d'un blanc qui prend 
tm ton roux sur les parties iiiféri*eures , mais qui eiM plus pro- 
noncé sur les culottes. 

La femelle est un peu plus forte que le mâle ; elle a le» 
paupières , la cire et les pieds d'un rouge orangé sali; la tête 
rayée longitudinalement ; les plumes de la nuque d'un roux 
faunâtre sur le milieu et noirâtre sur les bords ; le dessus du 
corps, de cette dernière teinte, bordée de grîs4)leu ; les pen- 
nes alaires d'un brun-noir, et frangées de roussâtre ; la gorge 
d'un jaune roussâtre ; les parties inférieures de la même cou- 
leur , avec des taches longitudinales d'un bruiHaoir ; les ca- 
lottes rousses; la qneue.d'ungris-bleuf rayée en travers de noi- 
râtre , et blanche à son extrémité* Le mâle loi rassemble jus- 
qu'à la deuxième année. 

LeFAUGOî^ |:<\NiER,Fâ/co/af)ar2W,.l4ath.L'Qiseaureprésenlë 
sur la pi. enl. de BufT., n.^ 4^0 , est le Faucon commun ar^neé 
en âge , ainsi que celui qni est figuré dans l'édition dé Sonoini. 
Il est un peu pias petit que Ikbifse ; il à le front blanchie ; 
le dessus de la tête d'un gris-brun ; une ligue blanche cei- 
gnant la tété au-dessus des yeux; lesplumes du dos et tes coii'* 
vertnres des ailes d'un brué^oirâtré , et bordées d'un brun 
lavé ; la gorge hlahche ; line tache noh>e près des oreilies; 
tout le dessons du corps^ bla»è: t^int^ dé cendré; les penn«s 
des ailes noirâtres et tache téi^'s dé §fris foncé sur leur cdté in^ 
teneur ; la q^eue Ipnguey rayée de brun en-des$ans et taeh«*- 



F AU 93 

iéé àe Uané ; là membrane du bec jaiiae ; epfin , les pieds 
coarls et bleus , de n^érne que le. bec 

La femelle a les taches des pennes plus blanchâtres , et 
roîseaci jeune a la membrane du bec aun jaune verdâtre ^ 
et le dessous du corps d'un jaune sale. 

Cette espèce , qui se rapproche davantage du gerfaut que 
de tonte autre , ëtoit autrefois assez commune en France; elle 
y établtesbit son aire sur les plus, hauts adbres des forêts oii 
dans left trous des rochers les plus élevés. Nos fauconniers 
en faisoient grand cas , à cause de sa douceur et de sa doci- 
lité ; ils reftfployoient tant pour le vol du gibier de plaine^ 
que pour belui des oiseaux aquatiques. De nos jours, le lanier 
a fisparu de nos pays et des pays voisins , et Fon ne connoît 
p2LS la cau^ de cette disparîtioti totale ; il a^est retiré dans 
des contrées pliis septentrionales. Les auteurs de la zoologie 
britannique disent qu'il se montre encore en Angleterre ^ 
mais très^rarement ; et il ne fréquente plus guèi'e .^ue les 
déserts de la Tartane. 

G^ést enclore une espèce très-douteuse. 

Le Fxocox hÈ^tESt de Brisson , est TOissau Saint- 
Maati^^. . , 

Le Faùcôk-leVériàtï. K ISalbuzard. 

Le Faucon - LuiSANt. F, Faucon bleuAtrè , a <;!tËu^ 

KOIRE. 

Le I*AUCON-LÛNULÉ. P^. t*AUCON-B£HRÉ£. 

Le Faucon sialfini , Fako sparverim , Lath. , pt. 12 ^ 
(le mâle), pi. iSi (le jeune) 9 des Oiseaux de l' Amérique 
septentrionale , sotts le nom de Cresserelle ^alon. Les 
Colons de Saint-Domipgue donnent t^ nom à un émerUlon^ 
qui se trouve encore à la Caroline, à Cayenne, au Paraguay 
et dans les Etats-Unis; 

Buffon pensoit que ce nom de malfini étoii le même que* 
celui de mamsfini mal prononcé. Mais Toiseau des îles An- 
tilles y que le père Dutertre a désigné par ce dernier nom , 
n'a d^autre rapport ayec le ma^/u, que d^étre également un 
oiseau de proie , et il en diffère à beaucoup d'égar<ls , ainsi 
^n'on peut le voir en jetant un coup d^ϔi sur la description 
^œ nous en donnons au mot mansfini, article des Oiseaux. 

BE PA<DIE. 

Mais on tkt peut méconnqttre le malfini dans cette autre 
notice du père Duteltre. «< iSémenllon , dit-il , que nos habi- 
tans appellent ^-^ , à cause qii'en volant il jette un cri , 
qnUU expriio&ejDt par ces syllabes gty-gty 9 est un autre petit 
oUeau de pro^e <mi n'est guère plus gros qu'une gn'çe; il à 
toutes le^ j^iufiQi^s de dessus le dos et des ailes rousses 9 tachées 



,oo F A U 

de noir , et le dessous du venlte blâHc ^ môluâieté caimnA les 
fourrures d^hermine; il est arme d*tltiiȎe et de griffes iiproipor^ 
tion de sa grandeur ; il ne fait la. diaâse qu'aux fiéiits lézards 
et aux sauterelles^ et qweèqoefoîs a«x petits poulets qMMd iil^ 
sont nouvellement éclos ; je leur en ai ùit JAcker pllusksiiri 
ibis; lapoale se défend contre loi et W donne la,€ha8ae« l«es 
habitans en mangent y mais il n'est pas bien gras, » (JSi^ ^uL 
des AnHtks^ lom. 2 , pag. aSS.) Getle descr^tion peutiiiea 
convenir à T individu observé par !Ducertre^ mais 4e plttm;ige 
de cet oiseau'ohange tellement depuisJe fenoe âge jns^'à Tige 
avaïicé, ^Hl en esl |?ésulté des eapèces puremolïit nomir 
nales et ^ts variétés de noire émeriilon^ eii effet i| c'est à 
cette espèce qa'îl faut rapporter les Fake ^$salon^ nod^ 
horac€HsU et aarihpcamm de Gmelîfi ; acm Fdco $p€U7triug 
(plane, enlmn. de Btiffon, n.** tfih , sons le nom Héme^ 
nlïondeîa CaroUne); le FaJco dômùueenm ^ %^é dan^ Bris- 
son , pi. 2^ V ^* ^9 s<^^ 1^ dénominatsen A^^mènifyn dé 
Saint-Domingue ^ et enfin Vémerillon de €agfmne^ pK enL , 
n.^ 4^4-* I^cs individus ont 'sept taekto noires sur les c^tés de 
la tét« et sur la tiÉqne ; d' autres Ven ^nt point ou elles sont 

f>eu visibles ; plusieurs ont les parties inférieures d'une cou,» 
eur uniforme, blanche, ronsseou d'un roux vineux; d'au- 
tres ont les mêmes parties tachetées ou ravées ; ta tête de 
quelques-uns est totalement briine; cbez d'aiitTês l^occijput 
seul est de cette couleur, et le reste d'un cendré bleuâtre ,; â 
en est encore qui diffèrent des précédens par 'dès ntum^es 
plus ou moins foncées, par la d^tribotion et iis^tKAnl>i% âes 
lâches et àes rates ; on ne peiA Hé^titifoins tes isolei* q^écî- 
Yiquement, puisquHl y ai entre eux eènfonnité de 'fermes , 
d'iùsthict , de mœm*s et d^orgttie^. Ces ^rs^uft »e rsipptro^ 
chent beaucoup pkts de la eresserelle^e 4e i''ém«t^lbn ;, p9t 
leurs cris , leurs habitudes et leur natcirel. Buffoto'éloicdonc 
bien fondé ^ dire «ces éménUons de 4' Amérique paneÀrront à 
tous ceux qni 9es examineront attentivementi |ms prècide la 
cressérelle ïfne à^Vémerllbnàesfaitôoimiêrs,'» 

Cette cspkce porte aux Amilles tes ndms de mà^ini^ de 
pri-pri et de gry-gry. Le premier de ces noms lewr ew donné 
par les Créoles, ainsi quà d'autres |Metks oi^eauk de pnove, 
d'après lenr peu de prévoyance, qtii les expose àmadfinir 
leur carrière ; les autres sont tirés de son cri différtemmèift 
entendu. Les hafbitans des Et^As - 'Unis l^$|ppétlwrt Sp4airow 
litde ha0k (jfisdtéper^ierdesynoineauttyXiéfkt ^spècie- ert v*re 
dans le nord des Etats-Ufiis, plu^ cômrntmè'dàiole Sud 
et très-nombreuse àSaint-Domingue,sùndut'âf«Kim|(m d<an!îl 
et de mai. La facilité avec laquelle ^e peut iro\t¥tr À tom 
instaidt les lézards amUs^ ^a principale n<>urt4fttre<,' ikods Ms 



F A U tôt 

Antilles «' 9eiiaUe avoir 4^1^^ sf» mo^tn^ e^ TaToir rendue 
pb$& sociable ; eo etk% elle %Cai paiiit, à Saiat-BQmiogue, la 
méfiance, Tardeiw c^t Taf^livi^é ^'elle inontre cUqs le nord 
de TAnMrîqiie. L^^ t^t oijBeaa aim^ à vivre danfi U société 
de s^s^ ^Wblabloi^ t^ inQi^tre beaucoup d^Uacbeipeat pour 
sa fen^ile^ Il ùk^ ^f)9^ nid daiis l^es foréu % i la ciiae de$ plu» 
fr^nd» artires.. Sa poiil<e est de quatre œu& blancs , et ta<p 
ch«^ d0 rnu^t il niche au Paraguay dans dei$ trous d'arbre f^ 
on dans les galeries des églises. Là, sa ponte n'est que de 
deux' œufs. U est à remarqut r que la .couvre des oiseaux de 
cette partie de rAmérique est ^ chez tous , au rapport de 
M. de.Azara, coinposée d^un- moludre nomdre dœu£s que 
dans le nord de ce continent. 

Le mâle a le bec d'un bleu noirâtre et couleur de corne à 
la base de sa partie inférieure ; le tour des yeux ; le front et 
les joues blancs ; la cire et les pieds jaunes ; le sommet de la, 
tête d'un gris ardoisé ; sept taches noires qui sovt situées à 
une ^i^tânct presque égale suv la nuque et sur les côtés de 
la tête ; le dessus Ài eofps d'un bnw-roun ; le dps rayé traasr 
versalemeni de noir \ les petites et les moyennes couvertures* 
des ailes d'un gris bleuâtre sombre, moucheté de noir; les 

!;randes^ de cette dernière couleur et grises à leur extrémité ; 
es pennes noires * bordées de gris tn dehors et terminées 
de blauG ; |a qqeue d'qn brun-roux Mm one partie de sa 
longueur « ensuite noire et blaucbe â sa pointe ; la gorge d'ua 
blane sale , s^niji que le ba^t-veptre ; U$ autres pitiés, infé- 
rieures sont fj^nves-ett^cbetf^es de noir. Longueur totale, neuf 
f>ouces et demi. La femelle diffère par une taille un peu phis 
brte et par des couleurs un peu mto\m belles. £Ue a en 
outre le d^s^us de la tête varié de brun ; les cpnyeftiires des 
ail^s de cette deruièrfs teinte ; un plus ^raud nombre de 
b^des transversales ^^x Le do^.^ et plus de tâches ou de 
raies en dessous du corps. 

Le îeune (que je décris d'après les individus que j'ai eu 
f occasion de voir k Saint -« |)omingue et dansles États- 
U^b ) , est un peu lupiea long que le^ adultes , il a le 
bec bleuâtre ^n dessus^ et couleor de comc^ en dessous ; 
t'iris nois^tl^ ; le dessus de U tête de deux nuances grises ; 
une taclie rousse sur Tocciput ; sept marques rouss^tres 
et diHribuées comme chez les adultes; le^ manteau rayé 
de roux et de noirâtre ; les pennes des ailes de cette der-^ 
nière couleur \ les 4^^^ premières bordée» de blaqc sale 
en dehors et tachetées de roussâtre en dedans ; la queue 
d'mi brun^oux en dessus , et traversée par des bandes noire» 
et une blanche qui est à son extrémité ; ce$ baudes sont en 
dessau& sur un fwd gris 9 plus étroites et d'une nuance pkuL 



,a> F A U 

claire ; la gorge e$t blanche ; le derant da e<m et de la pôit 
trine sont gris et tachetés de brun ; les parties postérieârea 
pareilles à la gorge et les pieds d'un jaune pâle. Tel est le 
jeune avant sa première mue. Celui que liathain donne 
pour une variété de notre émerUhn 9 sous le nom de neai^orh 
merlin est plus avancé en âge. Les individus décrits pap 
M. de Azara présentent aussi quelques différences ; mais il 
est aisé de rec9nnoître qu'ils appartiennent à la même 
espèce. 

Le Faucon de hauais^ d^Edwards , esf la Soubuse 
femelle. 

Le Faucon be marais. M. Saleme, dans son Ornithor 
logie , donne ce nom au Balbuza&d. 

Le Faucon mélanops. V. Oiseaux de proie. 

« 

Le Faucon MÉRintoNAL. V^ Oiseaux de proie* 

Le Ï^AUCON MUSIFLANCE. V, OlSEAUX DE PROIE. 

Le Faucon montagnard ^ Falco rupicdis^ Lath. pi. 35 
de YHisL nat, des Ois, é^ Afrique^ par Levailiant. 

C*est Une crtsserelle^ et peut-être la cresserelle d^Europe 
modifiée par Tinfluence du climat de TAfrique. Elle est pres- 
que sur tout le corps d^un roux terne , et taché de noir ; elle 
a la tête d^un brun roussâtre ; la gorge blanche ; le ventre 
gris , rayé de noir ; les ailes noires , ainsi que le bec et les 
ongles ; la queue rousse et les pieds jaunes. Sa taille est k 
peu près celle de notre cresserelle ; la femelle , qui est plus 
grosse que lé mâle 9 a la teinte rousse moins foncée ; et les 
taches moins nombreuses. 

.Les colons hollandais du Cap de Bonne-Espérance con* 
noissent cet oiseau sons le nom àe faucon rouge ou àe faucon 
de pierres ; et cette dernière dénomination , de liiêine ' que 
celle de montagnard que Levailiant lui a donnée , indique les 
lieux qu'il habite ; c'est , en effet , sur les montagneset les 
rochers qu'il a fixé sa demeure naturelle. Il pose k plat, 
sur la roche même , un nid formé négligemment d'herbes 
et de brins de bois , sur lesqueb la femelle dépose six à 
huit œufs roœ. Le cri de cette cresserelle est très^aîgu , et sa 
nourriture se compose de reptiles , de petits quadrupèdes et 
d'insectes. 

Le Faucon DE montagne, de Brisson. F. Oreaûx de 
proie. 

Le Faucon de montagne cendré , est le mâle de la sou- 
buse. V, BUZARD SOUBUSE. 

LcFaucon niais. C'est celui que Ton prend au nid pour 
l'élever et le dresser à la chasse du vol. ^ 
^ Le Faucon nocturne. F. Faucon kobez. 



FAU io3 

he Tkveicm hoir ^ Falco aler^ Lath. , pL enl. it BafT. soos 
l^nom i^t fcmpon passeur y n,^ Ifig^ var. £. Qt. faucon se 
prend au passage à Malte, en France et en Allemagne. Sei 
courses ne se bornent pc^nt aivc contrées de TËurope ; car 
on le voit encore sur les côtes de rAmérique septentrîo* 
nale., à Teire-rNeuve et à. la baie d'Hudson. Cet oiseaa 
est regardé comme un^eune de Tespèce du Caucon propre- 
ment dit f ainsi que le yttiM7<tf» noir d^Eidwards, pL 4-9 lequel 
diffère de celui de Boffon , en ce qa'il a les pieds jaunes ; et 
enfin , le sdÈOfarMbmuner-habkht de Frisch , pL 83. 
' Le Faucon Noia rayé. V. Oiseaux de proie. ' 
Le Faucon de la Mouyelle-Zelande. F* Oiseaux de 

PROIE. 

Le Faucon orscur , Fi^co obscurus , Lath. , est un indi- 
vidu de Tespècie du Faucon des pigeons. 

Le FAiJco]|iiPPHioPHAGE y Falcoophiophagusy Yieill. se trouve 
danslesuddesËtats^Unisoùilse nourritde serpens. lia treize 

{lonces de longueur ; le bec noir et court *, la cire bleuâtre ; 
a mandibule supérieure dentée dans le milieu ; l'inférieure 
faiblement échancrée vers le bout; la queue carrée; la tête , 
le cou et t0utes les parties inférieures d'un gris-blanc , qui 
prend un ton roussâtre sur la tête , sur la gorge , les pau- 
pières etle/bnim. Cette couleur prend, en avant de l'œil, la 
forme d'un croissant qui Tenveioppe à moitié ; les scapii-* 
laires, le dos et les petites couvertures des ailés sont d'un gris 
foncé , les grandes terminées de blanc ; ce qui forme ui\e 
bande obliqœ sur l'aile dont les pennes sont noires , ainsi 
que le croupion , la queue et les ongles ; les pieds' sont 
bleus. • 

Le Faucon passager, Falco communis ater^ var. pi. enl. 
Ifi^ , est une femelle âgée de deux ans , de l'espèce du faucon 
catntnuiL 

Le Faucon patu , Falco Uucocephalus. Variété du Falco 
communis de Lath. f figuré par Frisch , pi. 75. C^est la BuSE 

PATUE. • 

Le Faucon pêcheur d'Adanson, est le Faucon tan as. 

Le Faucon pécheur des Aqtllles , est lé Mansfini. Vt^ 
Oiseaux de proie. 

Le Faucon PÊçqEUR de la Caroline , est le Balbuzard^ 
F. Balbuzà|ii>. 

Le Faucon PÈLERIN. C'est, ép fauconnerie , le Faucon 

PASSAGER. 

Le Petit Fauqon. Dénomination par laquelle quelque^ 
auieurs ont désigné TEherillon. 

Jjt Pjctit Fapçon du Bengale , Falco çœmtesctns , Lath. , 



toi PAU 

{A. io8 à€B ûiié^nd d'Edward^ , egt Irèft^^pédl ; éiM^ sk loif- 
gdear toule n'est qoe de dit pouces et devfii. U » l« bec 
noirâtre ; la cire et Firis yanots ^ aiiMÎ qae la j^an dénuée de 
|dttmes qui, entonre les yem ; 9a retnarfue autour de eelle- 
ci une tache AMTe^ bordée de'bUnc^ fui, de \kf deseendsur 
1^ côtés du cott ; les partie* supérieures sùm tviti noir 
bleuâtre 7 et les inférieures d'une teinte evângéé^ pins 
pâle sur la poitrine ; les deux pennes intermédiaires de la 
^ueue sont totalement noires ? les autres ont de plus des raies 
transversales blanches sur les côtés ; les pieds sont jaunes et 
les ongles noirâtres. H. Edwards obserfe que les jàinbes 
sdnt etnplnmées Jusqu'au - dessous du genou ^ #t que 
cet oiseau est à proportion aussi courageux et aussi fort quoi 
Taigté. 

Le Petit Faucon noir et orangé dès Indes , d* Edwards." 
r. Petit Pauco^ï nu Bengale. f' 

Le Faucon des pierres. C'est ainsi que les Hollandais 
du Cap appellent le Faucon montagnard. F. ce mot. 

Le Faucon ou la Cressebe&lb bbs pigeons , Fako cektnr 
hsBrius f Lath. , pL 1 1 des Oiseaux de V Amérique sepieHtrwnale» 
C'est mal à propds qu'on a doimé à cet accipitre le nota 
à'éperner ^ car il n'en a ni les caractères ni les habitudes* 
On le rencontre^ dans toute l'Amérique septentrionale, 
depuis la Louisiane jusqu'à la baie d'Hudson où il porte 
le nom de pecusiîs. Il conMruît son nid sur les arbres y 
^ la bifurcation de deux grosses branches , arec des herbes 
grossières et des rameaux à lextérienr , de la mousse et des 
plumes à l'intérieur. Sa ponte est de quatre œufs blancs , ta** 
dketés de rous^âtre. Il fait la cbasse aux tourterelles , aux pi- 
geons y et surtout aux troupiales commandeurs , qu'il attaqué 
d'une manière* particulière, à l'époque où ils se réunissent, 
en troujp^s très-nombreuses. Alors , . il les gerd rarement de 
vue , soit qu'ils cherchent leur nourriture, soitqu'ik secouent 
dans les airs. Il se tient ordinairement sur un arbre ou une 
clôture , d'où il veille sur tous leurs mouyemens. Il i^e quitte 
pas son poste , tant qu'ils sont occupés à chercher leur nour-/ 
riture ; le momenl; dé les attaquer n'est pas encore venu* 
Mais au moment où toute la bande va se réfugier dans les 
roseaux ou se percher sur un arbre' , il part , fond dessus avec 
la rapidité de réclair. Son coup d'œîl est si jûSte , son dé~ 
fiart si hi€n calculé , son vol si rapide , quUI afriviî aussitôt 
qu'enxi quelque éloignés qu'ils soient, et qu'il manqué ranc^ 
tufent son but. Il a d'autant plus de facilité à saisir sa pfoie 9 
que ces troupiales ^ posent toujours très-près les uns des 
autres. Il attalpte de la même manière les pigecm à langue , 



F AU ,o5 

futfM^, doBl rhabiittde est de se tenir touîovrs en troupes 
ferrées, lorsqikMls volent, ott qu'ils sont perchés* 

La eresstrelh desfngÊQns a le bec d'aa bleu-4aoir en desiwiâ •' 
de couleur de corne en dessous et vers la base ; la cire 
bleuâtre ; riris et les pieds jaunes ; une ligne d?un blanc rous-» 
sâtre sur VmVL , laquetle part de la mandibule supérieure e% 
s'étend jusqu'à Toceiput; le dessus de la tétc , du cou et d» 
corps d'un brun un peu ardoisé et tacheté de noir loiigiUidi-» 
nalemeut sur les deux premières parties, dont les côtés sottt 
blaBcs et marqués de brun foncé* La gorge estblancbe; cette 
couleur se ternît sur la poitrine et sur les parties postérieures i 
dont les plumes ont des taches brunes sur le Milieu et les bords 
blancs \ les couvertures supérieures et les pennes des ailea 
sont d'un brun foncé; les primaires grises eu dessous et 
rayées transversalement de noirâtre; les secondaires et les 
couvertures inférieures ont des taches presque rotides ,.ierru-' 
gineuses chez quelques-uns ^ et d^un gris^blanc ckes d'autres ; 
ces taches , qui sont sur le bord des plumes , vers le bout ^ 
se trouvent encore , au nombre de quatre ^ sur chaque plume 
des flancs ; la queue est pareille aux ailes , et a quatre ou cinq 
raies blanches , plus larges en dessous qu'eu dessus. Lon^ 
gueur totale , dix à onze pouces. Tel est l'oiseau pariait Le 

I'eone a dix pouces de longueur. Sa couleur dominante est 
e brun ^ mais %t% joues sont couvertes de. plumes blan- 
châtres à tige brune ; une ligne blanche passe au-dessus 
des ye^x \ les plumes du croupion sont terminées de gris 
clair, et si on les soulève , on découvre des taches blan^- 
cfaeS) en forme d'oeil; toutes les parties inférieures sont 
blanches , et , à l'exception de la gorge , semées de ta- 
ches brunes ; sur les flancs et Sur les couvertures du dessous 
de la queue , il y a Ses taches rondes et blanches ; des bandes 
ou raies de la même couleur traversent les pennes des ailes 
et* de la queue ; enfin les plumes des jambes ont leur tige 
noire et leurs barbes jaunes. Dans. ses pretnières années , 
ses couleurs ne sont pas tout-à-faît les mimes ; il n^est donc 
pas étonnant qu'il soit décrit d'une autre tbanière , et qu'il 
diffère du pigeon Hawk, des Falco éMuê ^ehêeuna^jkxus^ 
de Latham, et de VémeriUon pané de Daudin , lequel est ua 
jeune oiseau. 

Le Faucok a poitriiœ oraKgée, FalcùtmnmUm, Lath., a 
qnatorise pouces de long ; le bec couleur de plomb , presque 
blanc à la base, assez robuste , proportîoi|nellement k la 
taUte de l'oiseau ; le plumage d'un brun*4ioir en dessus , uni'- 
forme sur le cou ; le sommet de la tète et les couvertures des 
ailes v^ariés de bandes blanchâtres transversales , interrdmr 
pues et peu non^euses sur le reste des parties supérieures ; 



€0» F A U 

les plumes da menton tpis-longaes, étroites, sétâcées^ etd^one 
coulear blanchâtre ; U gorge et la poitrine orangées; cette 
teinte incline au bran sur la premièFe partie , et est variée de 
taches blanches arrondies ; le ventre d^un brun-noir avec ées 
bandes interrompues d^one couleur de bufHe Sale ; les plumes 
des jambes ferrugineuses et tachetées de brun sur leur tige ; 
les couvertures inférieures de la queue pareilles , avec quel- 
ques bandes transversales noirâtres ; la queue de la couleur 
du dos y traversée, dans sa. moitié inférieure , par des raies 
blanches; Tautre moitié d^une teinte brune foncée nni-^ 
forme; les pieds cou^ur de plomb , et les ongles noirs. Quel^ 
ques individus ont une taille moins forte » et les raies da 
dessus du corps d^une nuance moins foncée ; d^autres sont 
rayés de blenàtre sur le dos, dont le fon4 est lui-môme 
d'nn noir bleuâtre ; ils ont, en outre , du roux , au lieu d'o- 
rangé ,. an-devant du cou et à la poitrine ; le bas-ventre de 
la même couleur ; une tache blanche au milieu du cou et 
les pieds fauves. Ce sont des variétés produites par la diffé-^ 
rence du sexe on de Fâge et par la mue , et qui ne constituent 
point des races constantes. C*est le haèerea»-orangé àeSon-^ 
iiini y et je pense comme ce savant, <fae VakonciUo piamûdo , 
de M. de Azara, fait partie de la même espèce , quoiqu'il y 
ait quelques différences dans lés puances des couleurs» 

Cesfaucom se trouvent à Surinam et dans 1* Amérique ans^ 
traie. ïls suivent , dit Thistorien des Oiseaux du Paragut^ , les 
voyageurs et les chasseurs qui traversent les campagnes , et 
voltigent autour d'eux pour se jeter sur les petits oiseaux et 
les perdrix que les hommes font lever ; genre de vie qui les 
rapproche de notre hobereau. 

Le Faucon punicien. V. Faucon tunisien. 

Le Faucon a queue en ciseaux. F. Milan nu Para- 
guay. 

Le FaUCQN flHQMBOÏpAL. V. OïSEAUX DE PliOlE. 

J-«e Faucon i^iEua. V. MacÀcua. 

Le Faucon pe roche ou Rochier , est un vieux mâl^ 
de Tespèce du Faucon émerillon. 

Le Faucon roiteust , Falco regulus , Pallas; se trouve en 
Sibérie. Sa lonsueur n'est pas indiquée ; mais ce savant voyar 
geur dit que c^est Foiseau de proie le plus petit qui soit 
connu. Il a le bec et Tair de la cresserelle '; la cire verdâtre ; 
Tiris brun ; le dessus de la tête d'un brun grison varié de 
lignes noirâtres ; une couleur ferrugineuse autouc du cou ; 
les plumes du dos d'une couleur de plomb grisâtre et brunes 
Sur leur tige ; la gorge et les parties postérieures blanchâtres, 
avec un grand nombre de taches d'un brun ferrugineux; Iç 



F A 17 ioj 

bord de raileblaiic ;leB pennes de la qiieae presque égales, 
Ae la couleur du dos , rayées trans^ersalemetit en dessous , 
noires sur les bords et blanches à leur extrémité; les pieds d'un 
jaune foncé. U fait la chasse principalement aux alouettes. 

Le Faucqn npuoE, No^n que les Hollandais du Cap -de 
Bonne-Espérance donnent au Faucon montagnaiu). y. ce 
mot. 

Le Faucoï^ rouge 1)E3 Indes. V. Oiseaux Ide pboie. 

Le Faucon sacre, Falco $acer^ Lath. AwL yeux de plu-^f 
sieurs ornithologistes nomenclateurs , il n'est même qu'une 
▼ariété du faucon commun ; cependant Belon , observateur 
exact y qui le premier a décrit le sacre, le doniie pour une 
espèce distincte ; et il est juste, ditBuflbnVde s'en rapporter 
à lui^ M. Cuvier (A^^ti^ animal) le cite dans la synonymie 
du GïiRTAUT. On ne peut donc assurer qu^ ce soit une espèce 
Particulière et distincte. Au reste , le sacre est devenu fort' 
rare dans nos pays. On Ty employoit néanmoins au temps 
de Belon , dans les fauconneries , comme un oiseau de haut 
vol , dont on se servpit pour chasser le milan et toute espèce 
de gibier. C'étoit la femelle qui portoit le nom de sacre ; le 
mue s'appeloit êocret : i| n'y a d'autre différence entre eux 
que dàni^ ta candeur. Ce sont des oiseaux passagers qui ;pa^ 
roissent venu* du Nord pour se rendre dans des contrées mé* 
ridionales, et y passer une partie de Tannée. On les voit en 
Sardaigne , à Rhodes , dans Tile de Chypre , et dans plu- 
sieurs autres lies de l'aréhipel de la Grèce. Ils sont encore à 
présent, dans l'Inde , au nombre des oiseaux de vol les plus 
estimés pour la force et le courage* 

Si le corps du sacre n'étoit pas arrondi , il paroitroit aussi 
grand que le faucon; mais ses jambes sont plus courtes^ son 
bec et ses pieds sont bleus, et son plumage tacheté de brun 
sur le dos , la poitrine et les couverturfis dés ailes ; les pennes 
de la queue ont des taches en forme de lunules ; le dos est 
noirâtre chez des individus , et roussâtre chea d'autres ; l'iris 
est noir. Sa taille tient le milieu entre celle èa faucon et celle 
-du gerfaut. 

Le Sacre américain, Fakosacer^ var. Lath., passe pour 
être une variété du sacre de l'ancien continent ; mais aucune 
observation positive n'appuie cette assertion, des auteurs sys* 
tématiques. C'est au nord de l'Amérique , et particulière^ 
ment à la baie d'Hudson , que se trouve et sacre; il y fait sa 
proie ordinaire des perdria; et des geUnoUes. U est nlus grand 
et moins ramassé que le sacre proprement dit ; les teintes 
de son plumagesont moins sombres , et sa tête , sa poitrine et 
son ventre ont des taches brunes et longitudinales sur un fond 
blanc ; il a , comme l'autrç , le bec et les pieds bleus. 



toa F A TJ 

. Le TkvomsoBA^ Fako barmémm, ràr. , pL eaL de Bo&d; 

.' Le Faucom jouffleuh. V. OisiAirx de noiB. 

Le Faucon a* socrcils nos. F. Oiseaux bë moi^. 

Le Faucoik a taches &homboTdales. Voyez Oiseaux hk 
pitôul. 

Le Faucon tacheté , Faico maculaius « rar. ^ La^^ , est ^ 
suivant BtifTon , te jeune dii Faucon passageh. Il a plus de 
▼ingt-un pouces de longueur totale ; la' tête blanclie et mér 
l;iilgée de ferrugineux ; les plumes du dos blanchâtres , fasr 
cié.es de brun et bordées de blanc; la queue arec quatorze 
bandes transversales % alteroatÎTement brunes et blanchies y 
les ongles noirs ; le postérieur assez long. 

Le Faucon tanas , Falca piscatar^ Lath. , fig. dans PifûC 
naL des OiseaujR d Afrique ^ par Levaillant , n.^ m » sous la dé- 
nomination à^ faucon huppé. {Nota , que l^ipUmchc etdummée ; 
n.^ 4-7^ de YHisL noL des Oiseau» de Bujfùn^ présente un^ 
figjure tr.ès-fatttive du tanas. ^ 

Cet oiseau de proie , un peu plus petit que l^fiiueùm cotor 
mxok , porte sur la téti^ de longues piiimes en arrière , for- 
mant une sorte de huppe qui ne coanpence à parottre que 
quelques mois après que le tanas a pris Tessor. ut b^Ci dans 
t/tx%t espèce , ^ à^ dents très-sensibles ; la tête esl eov^ 
lettr de rouilU « le corps cendré en dessus , avec une bordure 
brune à chaque plume ^ et le dessous îaunâtre , tacheté de 
brun ; le bec çst ^aune et les pieds sont bruns. L'âge ou le 
sexe apportent des différences, non-seuleiaenl dansia graib- 
4eur des indiWdos , mais encore daps les couleurs du plu- 
9Piage ; Içs jeunes ont la gorge , le cou e( la poilriae vari^ de 
roux et de gris*brun , et tout le corps feuye. 

Les'Nègres du SénégaLdonnentàce^/bucoR le nom de Usna^ 
On le trouve dans toute la partie méridionale At l'Afrique» 
et notamment au CapdeBonne^Ëspérance. Il se tient au bord 
dés eaux^ perché sur lesbranches sèches et les troncs d'arbres» 
C'est un habile pécheur ; il saisit , avec beaucoup ib^ pre^ 
tesse y les petits poissons ^ sans toucher la surface de- r«au , 
et les enlève entre ses serres; il les décUre avec son bec , et 
les mange par morceaux. La femelle pond quatre méà i^am 
blanc roussâtre, et elle est aidée par le-mâle dans le trarail 
de l'incubation» 

Le Faucon de TAHTAftifi ^ Fako pertgrimu tariancus^f Latlu 
Il est plus grand qne le faucon, passager ^ et ses serres sont 
plus longues. Il a du roux sur les ailes. M. Meyer Le rapporte 
au faucon commun , et le considère seulement comme eu 
étant une variété d'ige. 



F AU ,^ 

Lé Faucon M T)Bte£^*^NEtnnE^ jFbto 
est uoe Buse patce. j^. ceuiôt. * 

Le Faucoiï TESTAcé 'est le même ^ le Faugor bg t%t 
JUB Jayi^, )^. Oiseux im p^oie. 

Le Favcon a t&¥E blakcbe , Fofeo lêueùeepkakts , Frlsdr, 
4^1. 75;^ B^e«t point Wk faucon^ c'est U BtfSB v^kvoSh V^. tè 

3DOt» • ;^ 

Le FaOCOK ▲ Tin «T COÏT Bi.ft!KCfl. V. 0(ES)E^AV3C «& PllOtt. 

Le FAlJCONAi*tË»èttifty/ïbfcdalhbï;»^^ Wîlswi,<3^tiûJ^; 
éêTAmêr. sept. , pi. Sa , f. 3 , â vkttt-^eax pofQce^ fle lomgûetïf 
toft^Ie; le fcee et la tîrëliietts; rir»>conlem"ffdiiibre ton- 
•geâtre; l'occipot tioir, hox%é , sur tfaagiîe cette., par une raie 
^lidie fifietnfetit pon<5tiiéè Se noir ; ks parties sopérienm. 
4aTèes de^ran; les pieds firaBes, émisâmes jnsqa^à moitié; 
le eroupioti dHm Wanc piar ; les plumes i*e to'trtes les ^af- 
%i€» inférieures de eette codeur-, finemetet rayéts ,de brun 
i^t noires sur la tige. . ' , 

Cette espèce se hnmve Aans 4es Etaffs-Unîs. 

Le Faïtcon a TÈTÉftcmsSE , Tidcù iheridioïuiks. T. OisèadÎ 
te pAons. 

Le Faucon tunisien n'est qu'une yariété d'âge ou dé sexe 
èafâucûn cammitn. 

Le Faucon vautour. V. ci-après "GEaFAur. 

Le Faucon veilleur. V. Falck ^ i l'article des Oiseaux 

DE ^AOIS. 

Le GERf aut eu<SrER«^AULT , ^ako iàUmÊÊtaus^f Meycr^pL 
enl. de Buffon-, n.®* 4^o«, .4^-9 4& 9 ^e/trowre Auis 
le nord de l'Europe ; il est le plus 'estimé idc tous les oiseaux 
de proie ^tpie V&a emploie dans la^avcoHoacTie. M. Cuvier en 
(ait ^ conbne ^e l'ai dit à l'article/aucan ^de^pe d^ine noo«« 
rette division , sons le nom h^inhierbtfûko^*ïaMkm «acvé. Ce 
«rom vvatkl de -ce que le ^aeri^ «qtie ce'SaVtant donire pour «un 
ger£Milt4 iâeiit à ranoîenne vénëratton ^s -Egyptiens pour 
certiaias oiseaux de fproîei, et le mot g^ifauèt e%t ^corrompu 
^héeka-fitUo"^ 'maifl esl^ bieH ceitadn fpir^ le Menées Egypr^ 
liens sékréelletnen^légevfaid^ .f^ Autiestei M.Sfmgmr^n^enitfit 
aucune mention ^atns son ouvrage aur les «oiseaux d'Ëgrppte ., ^si 
ce n'est,poar les rapporter 'à son vdu^r^fàrcnàpière. Xl^ùtre^ 
«irnîtholQgistes font ^rii^er le moii^fi^^ni^ de i'alIènHmd Igyr 
ou;^^,'jq«i signifie iMuiUaa, -en aerte'qénp ^fftfaiâoi^ «tpcNt ^^ 




110 F A U 

^enté des géifaots souà «(oatre'ndms spëcifiqaes^ partî^Klns 4 
savoir : ceux de falco cantÛcans4islandicus^ gyr^alco eisaca* ; d'aï»- 
Ires les réunissent to«s dans une sedie espèce, qui, selon Son- 
nini , est composée de trois races constantes , toutes trois nsh 
tareUes,aux è(^als froids, et qu*on ne voit point en France , 
|ii flans .aqcim. autre pays tempéré. Ces trois races sont les 

gifâuts blanc, à' Islande et de Norwége. Il n'existe, suivant 
• Ideyer, qu'une seule espèce , dont le falcù idcmdkMs ^st 
le type 9 et dont les deux antres ne sont ^e des variées d'âge , 
ainsi que les fùko de Gmelin candicans , var. B. , islanâicu»; 
maailaùâSfVScC^àufaico islanâiau; car^cansn.^ toi ^gyr- 
faicoTk.** aj, sace^,vk.^ 93, et le falco fusGua de la: Faun. 
Groê'nl, n.^ 34 B. M. Cuviei: ne fait qu'une espèee des 
falco candicans, dnertusei saceràe Gmelin. Il donne ie falco 
gyiyfalco pour un. aut/our^ et ne fait pas mention des autres. Il 
résulte de cette diversité dans les opinions , que l'on n'a pas 
encore de données suffisantes pour déterminer le gerfaut ^é- 
cifiquement , et que , si Ton admet les réunions indiquées ci- 
dessus, cetaccipitre se présente sous un plumage très-variable, 
et de plus , avec une cire et des pieds tantôt jaunes , tantôt 
bleus. 

14a livrée la pins générale du gerfaut d'Islande est plus ou 
moins blanche et parsemée de taches cordiformes d'un brun 
foncé ou noirâtres. Il est, dans l'âgé avancé, d'un blanc pur 
avec quelques taches isolées , plus ou moins apparentes , bru- 
nes ou noirâtres, et en forme de cœur sur le dessus du corps ^ 
et encore plus rares en. dessous. Les pennes de la queue sont 
blanches , et on remarque quelques raies sur les intermé-> 
diaires. Voilà pour Tespèce. Les variétés sont :'t.» le fàlca 
candicans var. B., islandicus ^ lequel a le bec d'un brun 
foncé; la cire d'un jaune clair; la tête d'un blanc rous- 
sâtr^ , variée de raies longitudinales d'un brun sombre } le 
dos et les couvertures supérieures des ailei^ avec des taches 
oblongues blanches; le dessous du corps Uanc, avec des mar- 
ques noires ; les .culottes blanches avec des raies transver- 
sales plus ou moiùs brunes ; les rémiges d'un brun foncé , 
blanches à l'intérieur et rayées eu travers; les pennes de la 

Seue du même bmn , variées de bandes transversales blan-<- 
ts. interrompues par Leur tige. a.« Le falco macidaius est 
blanc en dessus et en diessous, avec de grandes taches noires.^ 
cordiformes. 3.<> Lç ^ g^omt de Nomége ^ pi enl. 4&> ; les 
falco candicans etgyr-falcà de Gmelin , sont reeardé» comme 
■des jeunes ; ils sont plus estimés en fanconnene que les an-^ 
4res , parce qu'ils: sont plus courageux et en même tetnps plus 
vifs et plus dociles; il y a plus de brun sur leur plumage. 4^ Le 
fakofuscus de la Faune GroënL B. a la cire bleuâtre ; les pieds 



F A U ,„ 

Dade cette teinte 6a jaaliâtrés ; Iç des^asdacorpà d'onbnm 
foncé ; le dessous d^un jaune ferrugineux avec des taches lon^ 
gitudinales d'un gris cendré foncé sur la gorge., Ces taches soni 
transversales sur les autres parties inférieures. J'ai peine à 
croire que cet oiseau soit un gerfaut , comme le dit Mejrer , 
qui décrit encore comme des variétés ^ deux autres individus^ 
dont Tun a le bec d'un brun foncé ; la cire d'un jaune clair ; 
la tète d'un blanc rayé de roussâtre et avec des taches longi- 
tudinales d'une couleur foncée ; les plumes du dos brunes et 
bordées de blanc ; les pennes des ailes du même brun et d'un 
blanc roussâtre sur leur bord extérieur, et rayées de blanc' à 
l'intéjrieur ; la queue traversée par des bandes blanches et d'un 
brun foncé ; le dessous du corps blanc et tacheté de brun en 
longueur ; les plumes des jambes comme celles du ventre ; 
les pieds d'un jautie clair. L'autre a l'iris d'an jaune foncé ; 
le dos et les ailes bruns et tachetés de blanc ; le bas du àoê 
et le croupion avec des bandes d'un gris-blanc; la gorge et 
le devant du cou d'un blanc roussâtre et tacheté de noir ; les 

fueds d'un jaune clair. Mais ce qui tend encore à confondre 
e gerfaut avec d'autres oiseaux de proie, c'est que Pon pré^- 
tend que, dans la même nichée , il se trouve des petits , grisy 
demi-gris et blancs.j 

La grosseur du gerfaut surpasse celle ifi Vautour mâle; les 
pieds sont jaunes ; la cire et le bec bleuâtres ; celui-ci assez 
4:ourt et sans dents ni échancrure à son extrémité. Sa queue 
est longue etses aUespliées n'en atteignent pas l'extrémité. Le 
dessus de sa tête est aplati de même que dans le faucon ; la 
première penne de son aile, ou le cerceau , est presque aussi 
Ippgue que la suivante , et se termine en forme de lame de cou* 
:teau ; enfin ses tarses sont courts et ses doigts allongés. 

De tous^ les oiseaux de proie , le gerfaut est , après ïrn^e , 
le plus fort 9 le plus vigoureux et le plus hardi ; il ne erainf 
pas même de se mesurer avec le tyran des airs , et dans un 
engagement en apparence inégal, il prouve par ses victoires 
ce que peut la valeur contre les avantages de la taille et^de^ 
armes. A des qualités nécessaires à un être que la nature a 
destiné aux cémbats et au carnage i cet oiseau joint la promp- 
titude dans les mouvémens , la célérité dans l'exécution, et 
l'activité qui enchaîne les succès. Aussi l'art de la fauconne* 
rie a'est-il emparé dexette espèce puissant(e..Le gerfaut tient 
le premier rang parmi les oiseaux de ha[ute-volerie ; il es^ 
bon à toutes les sortes de chasse , il n'çn refuse «aucune ; il 
a bientôt fatigué et pris, les grands oiseaux d'eau , tels que la 
cicogne ^ la grue , le, héron ; il est aussi très-propre au vol 
du milan ^ et si on l'emploie à des expéditions moins bril- 
lantes , mais plus utiles , il réussit mieux qu'aucun autre ^ et 



ï„ F A TJ 

avec tant d^âVâM^^S) qa^après Tavoir ?a chasser , i»b est ^é- 
goèté des autres oiseasx de vol. Si une perdrix qae Us chiens 
font lever cherche à reniMiter m coteau, elle n'a pas €ait la 
moîlté du chemin, ^a'ette est déjà dans les serres dii gerfaut. 

Mais ce bel oîseav est aussi fi«r que ceurageux ; son édôca^ 
tion demande des m:éfMigemens ; il veut être traité avec dou'* 
eeur , avec patience ; il exige des soins particuliers , et si on 
les lui épargne , il se rebute , s'impatiente et devient indomp* 
tabte. r. faiticle de la Facgon«£&ie. («. et y.) 

Dans Fétat de liberté , cet oiseau fait sa proie ordinaire 
tl^antres espèces, et particulièrement des pigeons. Son natu^ 
rel est si ardent , que iorsqu'il a saisi une proie et qu'il tm a 
déchiré quelques lambeaux , il la quitte pour en poursuivre 
une autre. 

.FAU€ON MARIN. Les Raies , AioiiE et fksnxHhcm 
t>nl quelquefois reçu ce nom. (besit.) 

FATJCONNEAU. C'est un jeune Faucon, (s.) 

FAUCONNEAU. V. fais vert. (▼.) 

FAUCONNERIE. Art de dresser les /oucoiu^estinés k 
la chasse ^ vol , et de les gouvetwer. 

On appelle aussi fauconnerie ^ l'altiiraH et l'équipage de la 
chasse 4u vol, ainsi que les bâtimens où on les rassemble. 

Ce que nous aUeul» présenter de l'art de la fauconnerie, 
sans fermer un traité complet, suffira pour ifiiléresser la cu^ 
riositésur les points esseUftiels de ce syi^me , instruire l'ama»- 
teur, et le mettre à même de perfectionner et d'étendre ses 
'connoissances-par la lecture , devenue plus facile , des auteurs 
^ni se sont 'diatingi:M^s -dans cette carriière. 

'H seroit bien inutile au chasseur le plnspassionné , de*<Aer- 
cher à faire connoissance avec des-écrivains à peu près^igno^ 
réSf et qui, -piAliantlenr doctrine avant l'époque de ta ^tor- 
tnation de la langue , ajoutent à des compositions protides , 
diffitses et sans plan , l'obscurité du 'langage et rinimeUiglbi-^ 
lité delà n»étho'de. 'M feutdanscelte-étud^ s'appliquer prin^ 
cipaïlement'à deux ouvrages anciens : -la Fauconnerk de i^m^e^ 
d'Arcussia de Câpre ^ "Seigneur d^E^mm ^ à Paris ^ chez Jètm 
H(ml, en i6a7 , iV4..^ ; ia Fauconnetiede Jean de Franàhière , 
^rand-jnteur a'AquÙàine, »i-4*^ A Paris ^ éhet Qkmde ^Cra^ 
moi^^ 172*. 

Un ôbservateilr -de nos jours a fait faire à 4a fanoonnerîe 
quelques pas déplus. « ftl. Hubert, savant genevois, qui à 
«< une rmâfghiution active, dit VEncyclùpédie méthodù/ue^ joint 
tr Icitalcnt d'observer, s'est occupé de la fauconnerie on 
ft liomme de. génie , en observateur qui' compare les prodno- 
« tiotis de la nature, qui lie les connoissances , les augmente 
fc les unes par les autres , et qui , dans Une découverte qu'il 



F AU ,,3 

or Vient de faife, reconnoît la route qu! conduit aune décou- 
« verte nouvelle ; il a composé un ouvrage qu'il n'a jamais 
K publié , mais dont il a bien voulu communiquer le précis 
<( à i|n de nos plus grands naturalistes j qui en a fondu les 
?» idées dans son travail, d'où nous allons les extraire ».. 

En joignant à ces sources d'instruction ce que la première 
Encyclopédie , et celle qui Ta suivie , ont rédigé sur la faucon- 
nerie f on aura tout ce qu'il importe de savoir en ce moment 
sur cet art d'agrément. 

Il comprend quatre articles principaux: i.^ Choisir le 
faucon; a.® l'élever; 3.® le dresser; 4"^ soigner sa santé. 

1.^ Le choix du/aucon.'-^Ce premier point est le plus essen- 
tlel: de la bonne ou mauvaise acquisition du sujet, dépen^ 
tout le succès de l'éducation, et la somme de plaisir que l'é- 
lève doit procurer dans la suite ; car, dans la variété des indi- 
vidus de l'espèce, se retrouvent, et d'une manière bien pro- 
noncée , au moins à l'intérieur , la diversité et la dissîmili- 
tude des nuances de' caractère , d'appétit , de passion et de 
facultés. La nature heureusement n'a point voulu que dansi 
l'acquisition de ces oiseaux on fût trompé , et elle a pris 
soin de désigner par des indices a$sez sûrs et faciles à 
reconnottre , les faucons qu'il lui a plu d'enrichir des dons 
les plus estimables. 

Un bon faucon doit avoir la tête ronde; le bec court et 
gros, le cou fort long, la poitrine nerveuse ; les màhutes.(/tf 
haut des ailes près du corps^ larees ; les cuisses longues ;les jam- 
bes courtes ; la main large ; les doigts déliés , allongés , et 
nerveux aux articles ; les ongles fermes et recourbés ; les ailes 
longues. Les signes de force et de courage sont les mêmes 

f^our le gerfaut et pour le tiercelet y qui est le mâle dans toutes 
es fîspèces d'oiseaux de proie, et qu'on appelle ainsi, parce 
qu'il est d''un tiers plus petit que la femelle. Une marque de 
bonté moins équivoque dans un oiseau, est de cke^niucher con- 
tre le vent , e'est-^-dire de se rqidir contre , et de se tenir fer- 
me sur le poing lorsqu'on l'y expose. 

Le pennage d'un faucon doit être brun et d'une pièce ^ 
c'est-à-dire de même couleur ; la bonne couleur des mains 
est de vert d'eau; ceux dont les mains et le bec sont jaunes» 
ceux dont le plumage est semé de taches , sont moins estimés 
que les. autres. On fait cas ^es faucons noirs; mais quel que 
soit leur plumage , ce sont toujours les plus forts en couragis 
qui sont les meilleurs. 

<c II y a des faucons lâches et paresseux» dit un obsisrya*- 
« teur célèbre, et il y en a d'autres si fiers, qu'ils s'irritent 
« contre tous les moyens de les apprivoiséfr; il faut abandon- 
ne néries uns etlesautreis '>• 

XI. \ 8 



»,4 F A U 

Nous résumons, sous un seul point de vcle, \eè prmcîpâlefft 
observations relatives au bon choix de l'oiseau de proie. 

On préfère en général celui qui a la taille plus dégagée , 
et les formes plus élégantes , les ailes plus longues, Toeil plus 
fier et plus assuré ; qui a plus de finesse dans les jambes , plus 
d^allongement dans les doigts , plus de largeur dans la main , 
plus d'angle dans la prise; dont le plun/age a moins de mou- 
chetures, est plus foncé, d'après la nuance commune au 
pennage de toute Tespèce. 

2.^ Acquisition du faucon, —^Ow l'on se procure à prix d'ar- 
gent des faucons tout élevés , ou il s'agit d'en prendre par le& 
moyens que je vais indiquer, et de se charger de leur éduca- 
tion jusqu'à l'âge où ils peuvent être dressés. 

Dans le premier cas , on s'épargne une besogne et àcs soins 
longs et minutieux. Mais avant de payer l'oiseau, et après lui 
avoir appliqué toutes' les remarques dont on vient de parler, 
i^ est encore essentiel de s'assurer de la bonté de sa constitu'- 
tion intérieure; il faut examiner s'il n'est point attaqué du 
chancre^ espèce de tartre qui s'attache au gosier, ainsi qu'à 
la partie inférieure du bec; s'il n'a point sa mulelte empeloiée^ 
cVst-à-dire, si sa nourriture ne reste point par pelotons dans 
son estomac ; s'il se tient sur sa perche sans éprouver de va- 
cillations ; s'il n'a point la langue tremblante ; si les émeus 
Ou excrémens sont blancs et clairs; les émeus bleus sont., 
dans ces oiseaux , un symptôme de maladie et de mort pro- 
chaine. 

Dans le second cas , ou l'on a le rare bonheur de découvrir 
un nid, et d'y trouver les jeunes faucons formés, et en 
état de subvenir eux-mêmes à leurs besoins; ou il faut se 
résoudre à s'emparer, par adresse et par surprise , àes/aucons 
adultes . 

En terme de fauconnerie, on appelle /uâi>,les oiseaux qu'on 
déniche ; sors , ceux qu'on prend jeunes , avant la première 
mue , et hagards , ceux qui ont déjà éprouvé une ou plusieurs 
mues : cette différence se reconnoît aux mouchetures et aux 
autres nuances du plumage. 

Les branchiers sont les jeunes oiseaux qui, sortis du ni^, 
sautent de branche en branche, sans pouvoir ^encore pren- 
dre le vol, ni s'élancer sur la proie. 

Dans la doctrine de M. Hubert, il faut absolument négli^ 
ger ces sortes d'oiseaux, et même effacer de la nomenclature 
de la fauconnerie les termes sous lesquels on a coutunfe de 
les désigner. « Les branchiers^ dit-il, déjà faits en partie, 
$< sans être cependant tout-à-fait 'formés , s'habitueroient dif- 
tc ficilement à la nourriture qu'on leur donneroit ; avides de 
(c la liberté dont ils ont déjà joui, il seroit impossible de los 



F A U „5 

tr retenir , sans les souinettre aux etercices de VaffaUage^ ou 
« de l'art de les dompter, parce qu'ils ne seroient plus en 
« état de le supporter, à cause de la délicatesse de leurs or-* 
te ganes* et de la foiblesse de leur tempérament ». 

On prend les oiseaux dans Vaire ou nid , pendant qu'ils 
sont encore couverts de duvet, au moins sur la tété; dans 
Un âge plus avancé , le jeune faucon^se formé beaucoup plus 
difficilement au régime qu'on est fbrc<é de lui faire observer, 
pour le rendre propre à la chasse. 

L'oiseau pris dans Foi/v reçoit, au moment même, dans la 
domesticité , une première éducation distinguée de Vaffaitagéy 
mais qui y prépare. 

Cette première éducation s'opère sous les auspices de la 
liberté; la contrainte et l'esclavage ne manqueroient pas 
d'amollir leur caractère , et d'altérer le principe de leurs 
facultés , qui alors ne se développant plus que très-imparfaite- 
ment , ne donneroient qu'un élève dégradé et indigne du rôle 
qu'il doit jouer. Quoique ce premier traitement soit, en 
général , assez uniforme pour les oiseàua^de haut et bas vol , 
on y découvre néanmoins quelques différèilcyes qui leur sont 
Relatives. ' 

]De quelque espèce, que soient les niaîs^ on leur attache 
des grelots aux pieds en les recevant , et on les place dans 
Vaire qui leur est destinée, t^our l'oiseau de haut vol, c'est un 
tonneau défoncé à un des bouts , couché, couvert en dedans 
de paille, posé sur un mur bas ou sur un tertre à portée dti 
maître, l'ouverture tournée au levant. Pour celui de bas vol, 
Vcdrc est une hutte de paille nattée , posée sur un arbre peu 
élevé , à la portée de la main* 

Quelques planches en forme de table , adaptées à l'ouver- 
ture du tonneau ou de la hutte , servent aux premières cour- 
ses' des jeunes oiseaux , et à recevoir le pâi ou nourriture 
qu'on leur donne. U consiste en viande de bœuf ou de mou- 
ton f dont on a retranché avec soin la graisse , les parties 
tendineuses , membraneuses et nerveuses , coupée en mor- 
ceaux minces et oblongs ; il est bon d'y ajouter quelque- 
fois de la chair de volaille avec les plumes et les os. La chair 
de cochon est trop nourrissante ; celle de veau ne l'est pas 
assez. 

On donne le pàl deux fois par jour, à sept heures du ma- 
tin et à cinq de l'après-midi ; on le jette sur la table , et pen- 
dant le repas on excite les jeunes oiseaux par un cri quel- 
conque i mais toujours uniforme, afin qu'ils puissent le re- 
connoître. 

Au bout de trois semaines enriron , après la première sor- 



A 



n6 F A U 

tk 4e Vaifv^ les oîseSiiixâe haut vol commencent à monter h 
l'essor. D^aborâ ils se jouent entre eux^ puis ils se confient à 
leurs aîles ; et au bout de six semaines ^ les foiblés habîtans d« 
l'aîr, les hirondelles et les chauve-souris, deviennent leurs 
premières victimes; c'est le moment de ne plus les laisser 
Jouir de la liberté, et de les dresser pour la chasse. 

Si on n'a pu se procurer de jeunes faucons en les déni- 
chant , il faut chercher à s'emparer de qpielques adultes ; en 
voici les moyens. 

Comme tous les autres oiseaux, le Caucon peut se prendre 
à cette espèce de filet qu'on emploie jpour prendre des 
alouettes ; mais la difficulté est d'attirer l'oiseau, oî son appé- 
tit est satifait , ou qu'au haut des airs il soit occupé à pour- 
suivre une proie qui redouble d'efforts pour lui échapper, il 
ne quittera pas prise , et il ne descendra pas de cette hauteur 
à la vue d'un appât immobile et qu'il méprise- Il faut donc 
plus d'art pour réussir. 

Le chasseur expérimenté nlace et fixe au centre de ses 
filets une poulie ( ou un fort fil de^fer caurbé en arc ) , dans 
laquelle il passe une filière de trente à quarante toises de long, 
et à son extrémité il lie par les pieds un pigeon vivant , qu'il 
emporte avec lui dans sa loge pour attendre le faucon. 

Comme cet ofeeau est quelquefois si élevé qu'il échappe- 
roit à ses regards , il en est averti par les mouvemens d'une 
pie-grièche qui, par une ficelle attachée à un corselet fixé 
près du filet, désigne par son genre d'agitation l'espèce d'oi- 
seau chasseur qui plane dans Pair. Est- ce une buse ou tout 
aiitte ennemi lourd et peu dangereux ; la pie-grîèche ne se 
remue qu'assez mollement: mais si elle se précipite dans la 
loge et s'y cache , cette démonstration a pour annonce un 
oiseau d'un genre' noble. 

Alors le chasseur lâche le pigeon , dont la vue éi l'état appa- 
rent de liberté attirent les regards du faucon. S'il s'approche 
taçcilement , on retire le pigeon , et un moment après on le 
i^che de nouveau. Cette seconde apparition ne manque pas 
d'irriter l'oiseau de haut vol, qui fond sur sa proie , et se 
trouve h l'instant empêtré dans les filets ; car , à l'aide de la 
filière, le chasseur entraine la proie et l'oiseau qui s'acharne 
au point où le filet peut jouer et le réduire en captivité. Voici 
une autre méthode. ^ 

Un faucon privé que l'âge , les infirmités , ou d'autres mau- 
Tais£S qualités , rendent de nulle valeur , est attaché au bout 
à'une gaule , d'un bois pliant , longue de quinze à vingt pieds ; 
l'autre bout de cette gaule est fixé en terré. Au bout auquel 
le faucon est fixé, on attache une filière passée par la poulie 
ou Jl'arc placé au centre du filet. 



F A U „7 

An son et aux moutemeilé de la pîe~griècliey an moyen 
de la filière qaele chasseur tient à la main , laganle s'abaisso 
et se plie en arcrers la terre ; le faucon qui j est attaché le& 
ailes pendantes j la tête en bas , représente par cette atti- 
tude un oiseau abattu sur la proie ; celui de son espèce qui 
{^aperçoit du haut des airs « se précipite Ters lui, et se )ette 
dans le piège. 

Le grand^duc est roiseau de nuit dont on se sert par pré- 
férence, et même le plus ordinairement pour attirer et pren- 
dre spécialement les oiseaux qui servent à la fauconnerie. 

L'instruction du grand-duc se réduit à lui apprendre k 
Toler , à tout moment , d'un bout à Tautre d'une corde d'en- 
won cent pieds de long , attachée à deux billots sur lesquels 
le duc se repose après sa volée. 

Pour Vy accoutumer, on l'enferme dans une chambre oik 
l'on a placé des billots en lisne droite , à peu de distance 
d'abord, mais que de jour en jour on éloigne davantage. On 
attache une corde d'un billot à l'autre, et aux jambes du duc 
des menottes ; on passe dans l'anneau de ces menottes une 
corde qu'on y fixe , et l'autre extrémité est liée k un anneau ^ 
à travers duquel passe la c6rde tendue entre les deux billo'ts. 
On pose ensuite le duc sur un des deux billots, et on lui 
présente à manger sur l'autre; il ne peut prendre la nourri- 
ture offerte qu'en filant tout le long de la corde; bien entendu 
que celle qui l'attache ne doit pas être assez longue pour qu'il 
puisse se poser à terre , et il faut qu'il soit forcé de faire le 
trajet en volant. 

À-t-ilpris une b^ade^on pose le pât sur un autre billot, 
en continuant le même exercice jusqu'à la fin du repas. Peu 
k peu le duc de lui-même s'habitue à voler d'un billot à 
l'autre, seulement pour changer de place, et sans y être obli- 
gé par l'éloignement de la nourriture; alors son instruction 
est finie , et voici l'usage que l'on en fait. 

Dans un taillis où, en élaguant quelques arbres, on a fora- 
ine une ouverture et une espèce de salon , on place en ligne 
droite, et k cent pas environ de distance , deux oillots ; on les 
joint par unç corde tendue, à laquelle le duc est attaché, 
comme dans le lieu de ses premiers exercices. Cet emplace- 
ment doit être à découvert , et placé en face du salon. 

Ce salon est disposé de manière qu'il soit ouvert , et que 
l'accès en soit libre en dessus et sur les côtés k trois ou qua- 
tre pieds de la surface de la terre. Les parois mitoyennes entre 
cet espace et le dessus sont fermées par des branches qui , 
laissant la liberté de voir dans le salon, en interdisent l'entrée 
k un oiseau de proie qui voudroit s'y précipiter les ailes 
étendues. 



/ 



iig F A U 

On suspend des filets nommés araignées aux branches dont 
se forment les piarois intérieures du salon ; il y en a de même 
à la partie supérieure. Us sont attachés très^légèrement aux 
branches qui sont à Tentour; il n^y a de libre que le côté 
tourné vers le billot sur lequel on a posé le duc. 

Dans cet état de préparatifs, le chasseur se retire dans 
une loge aux environs. Lorsque le duc baisse la tête entoura 
nant le globe de l'œil vers le ciel, on juge qu^l découvre quel- 
4}ue oiseau de proies «A cette approche, Poiiieau captif quitte 
son poste, et vole vers le billot du salon où tl va se reposer. 
L'oiseau de proie ne le perd pas de vue, et alors , ou il se 
précipite vers le salon, de plein vol, en y fondant du haut 
des airs par Touverture supérieure , et il s^embarrase dans 
Vareugnêe qu'il emporte', et dont les côtés retombent sur lui ; 
ou il vient se poser sur les branches qui.iiorment les parois 
supérieures. A l'instant il s'en précipite pour se jeter par les 
côtés inférieurs sur l'ennemi ; mais alors il fait tomber les 
araignées^ et il se prend dessous. De quelque manière que 
cela arrive , dès que l'oiseau de proie a pénétré dans le salon, 
il faut y courir à la hâte , et le saisir avant qu'il ait pu se dé-r 
gager des filets , ou se blesser en essayant de s'en débar-t- 
rasser. 

Les auteurs qui ont écrit sur la fauconnerie , ne manquent 
pas d'indiquer d'autres méthodes pour s'emparer de l'oiseau 
de proie ; mais toutes sont fondées sur les mêmes principes 
que celles que l'on vient d^exposer, et elles n'offrent rien 
déplus curieux ni de plus utile ; il est donc superflu d'en par- 
ler ici. 

Le filet que l'on nomme araignée^ est en général maillé en 
losanges larges d'un pouce , d'un fil délié , retors en deux 
brins , et teint en xouleur. Le filet a sept ou huit pieds de 
large, sur cinq à six de haut, en proportion de la hauteur 
des haies près desquelles on le dresse. 

hes araignées^ spécialement destinées.à prendre des oiseaux 
de proie, ont des mailles de deux ou trois pouces, et une 
hauteur proportionnée à l'arbre, oà on les tend en angle qui 
accole l'arbre, avec un oiseau^de proie privé , près de terre t 
pour appeler celui que J'on veut prendre. ' 

Ce filet se termine par des bouclettes, ou bien on passe 
fine ficelle bien unie dans toutes les mailles du dernier rang 
d'en -haut. * 

3.*» Manière de dresser le faucon. -r-rhz. méthode particulière 
de dresser le faucon pour la chasse, se nomme affaitage. Nous 
en avons vu les premiers rudimens dans ce qui a été dit de la 
fnanière 4'élever ces sortes d'oiseaux, lorsqu'on les a pris dans 
îe nid , jusqu'au monient où commençant , avec l'âge , à jouir 



F A U . „5 

de lears facnh^s, de l'usage de Taile surtout, Hs annoncent 
qu^il est temps de ne plus leur laisser goûter une liberté , dont 
la perte est le premier moyen que le chasseur va mettre en 
usage pour les former à la discipline et s^assurer de leur 
obéissance. * 

Il s^agitvdonc de s^en emparer absolument et sans retour ; 
c'est ce qu'on appelle prendre Toiseau^ On prend de deux 
manières les jeunes 04seaux que l'on a élevés : au piège ou 
au filet. 
^ Le piège consiste à attacher au bout de la table sur laquelle 
on leur donne le pât^ une ficelle, par le moyen d'un clou 
enfoncé iusqu'à la tête. !<' autre extrémité de cette ficelle est 
garnie d un nœud coulant , plus ou moins ouvert , et selon 
Fes^èce d^ oiseau, et de six pouces de diamètre au moins, si 
c'es.t un faucon. Ce nœud est placé aplat sur la table, et au - 
milieu on met un morceau de viande. Par ce moyen , l'oi-r 
seau qui veut enlever ce morceau se trouvé pris par les pieds ^ 
et demeure fixé à la table sans pouvoir se jeter dehors, 
parce que la ficelle ne doit pas être assez longue pour le lui 
permettre. 

Aussitôt qu'il est captif, on le couvre d'up linge épais ^ 
qui , lui dérobant la Iqmière et le plongeant dans l'obscurité i 
parvient bientôt à l'abattre et à le calmer; on pro.fite de ce 
premier moipent de surprise pour le saisir et rari:éter , ou. 
plutôt l'enchaîner comme il convient. Cette opération , qui 
denaande de l'adresse çt de la promptitude , s'exécute ^e la 
manière sulvaixte. 

On passe T index de la main gauche entre les deux jambe3 
de l'oiseau; on le contient à l'aide du pouce et des doigts 
latéraux de l'index; on se garantit du bec dont les coups sont ' 
à craindre , surtout de la part des oiseaux de haut vol ; le 
linge peut servir à s'en défendre. On couvre sa tête d'un cha- 
peron de msty qui, en privant l'oiseau de la vue, lui permet 
de prendre sa nourriture; on attache les yV/^ aux pieds; cq 
3ont des nfienottes de cuir souple ou de peau de chien de 
mer, n^iqce, et cependant forte. 

A ces menottçs tiçnt un appendice de quatre pouces da 
long, et garni d'un anneau; on y passe une corde ou longe 
de trois h quatre pieds ; alors on porte l'oiseau ainsi garrotté 
sur un billot à fleur de terre entouré de paille ; il y est fixé par 
le nioyen de la longe qui arrête ses ébats , et dont la paillo 
amortit Teffet. Dans cet état le prisonnier se calme peu â^ p^u^ 
et dès ce moment , on commence à' le dresser absolument et 
de la même manière que les autres oiseaux qui ont été élevés 
fin branchis avec lui: car la première éducation que l'09 yiei^ 
4e décrire est brancher^ en terme de l'art. 



„o FA U 

Il arrive quelquefois que les jeunes élèves , déjà trop épris 
de r Indépendance , se roidissent et ne reviennent plus zxtpât^ 
et ne peuvent dès lors ilr&pris au piège dressé sur la table. 
En pareille occurrence od recourt au filet dont on fait usage 
pour les adultes , qui depuis le berce&u jouissent dé la pleine 
liberté, et dont on a parlé ci-dessus. 

C^est donc ici que , par les oiseaux adultes, et même par 
les élèves domestiques , vont s^ouvrir les grands exercices de 
la fauconnerie. Toute cette école , autrefois si célèbre , est 
fondée sur un seul principe , et sur un raisonnement qui , à 
quelques égards , ne manque pas d^une certaine profondeur, 
L^oiseau de proie, celui de haut vol surtout, ne devant Tin- 
dépendance du caractère, sa férocité, sa passion de Tétat 
sauvage et solitaire, qu'à l'éminence de ses facultés et à la 
confiance de sa force dans la jouissance de la liberté , c'est 
précisément de cette liberté fière et indéfinie qu'il faut le pri- 
ver , afin de se rendre maître , au profit de l'intérêt per- 
sonnel , des brillans avantages de cet oiseau , et de le faire 
servir uniquement et selon ses caprices , aux plaisirs des 
cbasi^eurs. 

Les secours et la nourriture abondante , choisie et régu- 
lière^ reçue par ces captifs des mains intéressées de l'homme 
qui vient de les enchaîner , accoutument ces êtres , ci-devant 
si indociles, à reconnoître celui qui en prend soin ; bientôt 
ils passent à l'habitude de la soumission , et ils en viennent 
jusqu'à ressentir des mouvemens de recônnoissance pour le 
tyran dont Ils portent le joug , et qui ne voit en eux que l'in»* 
trument de ses jouissances. 

Pour dompter ces oiseaux captifs et les dresser au manège 
de la fauconnerie, il y a des méthodes communes à tous; 
mais il y en a aussi de particulières , relatives à certaines 
espèces, dont le caractère et l'origine demandent nécessai- 
rement des attentionls particulières. Je vais parler de ces deux 
sortes d'instruction. 

Généralement , et communémeiçit parlant , dès qu'un oiseau 
est pris y on lui donne des entraves, des sonnettes aux pieds , 
afin que dat^s la jouissance de son apparente liberté , son 
maître puisse toujours le découvrir: les jambes passées dans 
les jets dont on a parlé il n'y a qu'un moment ; le nom du 
maître gravé sur l'anneau qui tient à l'appendice des Jets ; 
une corde passée dans cet anneau , et qui sert à fixer , mal- 
gré lui , l'esclave partout où on le juge à propos ; tout an- 
noncé le frein du despotisme et le tombeau de la liberté. 

Lorsque l'on veut procéder sérieusement à l'instruction 
pour r exercice du vol, le chasseur , la main couverte d'un 
gant, prend l'oiseau sur le poing, et, partageant nécessaire- 



F A U 

m^iit lai-méme une grande jpartie àes fatigues auxquelles on 
va le soumettre , pour Faccabler et le dompter entièrement, 
il le poi'te continuellement , sans lui permettre un seul ins- 
tant de repos , de nourriture et de somtneil , le tout dans le 
dessein de lui faire perdre ses forces , de voir sa fierté dimi- 
nuer avec elles, et de lui inspirer, par rëpiiisement , les pre- 
miers sentimens de la soumission. 

Celte première épreuve dure ordinairement trois jours et 
trois nuits, quelquefois davantage, mais toujours de suite et 
sans aucun relâche. Si, dans cette violente contrainte, Toiseail, 
trop fier ou trop robuste , se rappelle son origine et son an- 
cienne indépendance; s'ilVagite avec trop de force; s'il veut 
employer le bec pour rompre sa chaîne ou attaquer son 
geôlier, de temps en temps on tempère l'ardeur de ses mou- 
vemens par des jets d'eau froide , dont on lui baigne le corps , 
ou Ton plonge dans un vase plein de la même liqueur cette 
tête altière et indocile. L'impression de l'eau achève de 
l'abattre ; on le voit quelque temps stupide, immobile et en- 
tièrement rendu; on se hâte de profiter de cette situation 
pour lui couvrir la tête d'un chaperon. 

Il est bien rare que trois jours et trois nuits , passés dans de 
pareilles épreuves, ne parviennent pas à faire tomber toute 
la fierté de l'oiseau. Privé aussi long-temps de la lumière ^ 
de la vue du ciel , de l'air des campagnes , dont il jouissoit 
avec tant de plaisir, il est bien impossible qu'il ne perde pas 
insensiblement Fidée de l'ancienne liberté , que cet attrait 
continue k le tourmenter, et qu'enfin son caractèrene s'amol* 
lisse pas à la longue. 

Au bout de ces trois jours et de ces trois nuits , on le rend 
à la lumière, et l'on juse du succès de l'opération précède titc 
par la tranquillité de l'oiseau , par sa docilité et une espèce 
d'apathie à se laisser couvrilr la tête du chaperon, qu'on ôte 
et qu'on remet , surtout par sa promptitude à prendre , 
étant découvert, le pât ou la viande qu'on lui présente de 
temps en temps. Ces différens exercices sont autant de leçons 
que l'on répète souvent pour en assurer et en affermir le suc* 
ces. Pour rendre ces leçons plus fréquentes et plus profi- 
tables , on donne à l'oiseau soumis des cures. 

Ce sont de petites pelotes de filasse qui produisent un 
double effet : par Tirritation elles provoquent ou augmentent 
l'appétit, et en faisant les fonctions d'un purgs^tif; elles vident 
l'animal et l'affoiblissent. La perte des forces répond de la 
eontimiatioii de la docilité ; l'appétit rend l'oiseau plus âpre 
à prendre le pât; il s'accoutume à reconnoître la main qui te 
lai présente, et s'attache peu à peu à son nourricier. Lors- 



,M F A U 

qu'il parott se llrrer arec autant de franchise que dé soumis- 
sion , il es^telnps de Tendoctriner davantage. 

Porté dans un jardin , posé sur le gazon, tenu à U loi>ge^ 
on le découvre, et en lui montrant le pâlj qu'on tient un peu 
élevé 9 on l'accoutume à sauter sur le poing. 

Lorsqu'il parott formé et assuré à cet exercice , on lui ap- 
prend à connoître le leurre : c'est une représentation de la 
proie , un assemblage de pieds et d'ailes , sur lequel on place 
ta viande dont on a coutume de nourrir l'oiseau. Cette Habi- 
tude de prendre le pât sur le leiirre l'accoutume à sa vue , 
la lui rend agréable, et la lui fait aisément reconnoître ; 
on s'en sert donc aussi pour le réclamer ou Tappeler, lors-^ 
que, pour faire cbasser l'oiseau, on l'a mis en liberté. 

Pour que Toiseau fasse une plus grande attention an leurre^ 
et pour convenir^ pour ainsi dire avec lui, d'un signal qui^ 
dans la suite , l'avertisse par le moyen de l'ouïe au défaut dç 
la vue , on a toujours soin , en lui présentant le leurre , de lui 
faire entendre un même cri, dont on renouvelle l'intonatioq 
toutes les fois qu'on revient à cet important exercice. 

Lorsqu'on s'aperçoit que l'écolier est habitué au leurre ^ 
les leçons suivantes se donnent en pleine campagne , en le 
tenant toujours attaché à la filière , qui doit avoir au moins 
dix toises de long. On lui présente le leurre , on l'appelle du 
geste et de la voix , d'abord à quelque distance , et de jour 
en jour d*un peu plus loin. 

Toutes les fois qu'il vient au leurre , on lui sert de la viande 
dont on le nourrit , et on lui en laisse prendre bonne gorge , 
pour Yaffriandèr. Enfin quand , au bout de ces fréquentes ré-: 
pétitions , l'oiseau fond vivement sur le leurre de la longueur 
de la filière, le moment est arrivé de lui donner Vescap,' 

Cet exercice consiste à lui faire bonnoftre et manier sou^ 
vent l'espèce particulière de gibier auquel on le destine ; on 
y parvient soit eii attachant ce gibier sur le leurre , soit en le 
laissant en présence de l'oiseau courir ou voler, d'abord 
attaché à une ficelle , puis en liberté. 

C'estlà la dernière leçon ; tant qu'on la juge nécessaire à 
rélève , on continue de le retenir par la filière { mais quand 
il est parfaitement assuré^ on se confie à lui, on le met en 
liberté, et c'est ce qu'on appelle isoler pour bon, 
' Nous observons de nouveau, que toutes les méthodes pour 
dresser l'oiseau de proie expliquées jusqu'à ce moment, ne 
contiennent que les principes généraux ; et que quant à l'appli-^ 
cation particulière , il y a nécessairement une foule de dé- 
tails et d'exceptions qui admettent des nuances infinies. Plu-r 
sieurs de ces ois«aux exigent des soins très -particuliers ettrès-« 
différfiQs, selon l'espèce , l'âge , le sexe, le' clin^at qui les yU 



F AU , „3 

Daîlre , et même d'après la dureté ou la souplesse du carac- 
tère individuel, enfin d'après la qualité du vol auquel on des^ 
tine l'élève. 

Ci|rconscrîts dans des bornes étroites , il nous est sans dout^ 
impossible de décrire toutes ces particularités , ni même d'y 
entrer; mais il est dans Part de la fauconnerie àes éducations 
remarquables , par les talens nécessaires pour y présider , 
ou par l'espèce singulière de soins , de patience et de travaux 
qu'elles demandent : il est juste de s'y arrêter et d'en mettre 
les divers tableaux sous les yeux du lecteur. 

Affaitage des gerfauts de Nonvége, — »? En principe général, 
un oiseau est d'autant plus difficile à dresser, qu'il appartient 
k une espèce plus grande , qu'il est plus âgé , et qu'il arrive 
de contrées plus septentrionales. On a aussi observé que les 
plus difficiles k traiter é^oiçnt les tiercelets hagards des gerfauts de 
Kprcyége, • 

Il s^agit d'abord de les essîmer ou maigrir, ce qu'on appelle 
aussi baisser le corps ; mais, pour y procéder avec sûreté , il 
est indispensable de faire une grande attention à la force 
de leur constitution ; au^ temps qui s'est écoulé depuis qu'on 
les a pris jusqu'à l'instant où l'on commence à les dresser , 
Ipip des lieux qu'ils ayoient coutuine d'babitçr ; à l'inaction 
dans laquelle ils ont vécu, et à la qualité des viandes plus on 
moins nourrissantes qu'on leur a données. 

Il faut surtout bien se garder de ne rien outrer; un jeûne 
poussé à l'excès ne produiroît qu'un effet momentané ; moins 
rigoureux , mais trop prolongé , il feroit naître le marasme : 
que l'on se tienne donc danai un juste milieu , et en cherchant 
à amaigrir l'oiseau pour le dompter, il faut tout combiner de 
manière que le dépérissement passager que l'on occasione 
puisse être facilement réparé quand on le voudra, et sans 
altérer les facultés naturélles^r toujours infiniment précieuses, 
et qu'il est à propos de conserver par tous les moyens pos- 
sibles. ^ 

L'expérience et des observations assidues- ont appris que 
Ton atteint ce but en ne donnant à l'oiseau que la moitié de 
la nourriture qu'on lui abandonneroit, si on avoit dessein de 
le faire jouir de toutes ses forces. On pousse même le soin 
jusqu'à passer à l'eau , et à lav^r les chairs qu'on lui offre 
pour les rendre moins nourrissantes et un peu laxatîves. Cette 
double précaution , répétée quelques jours , maigrit , à la vé- 
rité , l'oiseau ; mais telle est là force de sa constitution , que 
même après un grand mois de ce traitement, son embonpoint 
n'est pas encore assez diminué pour le rendre souple, et"^ 
suffisamment docile ; et pour y parvenir, il faut recourir au 
fât suivant .* 



«4 F A U 

On réduit , en le battant , un cœur de veaii en une espèce 
de bouillie mucilagineuse. Après avoir laissé Poiseau jeOlner 
un peu plus qu'à Tordinaire, pour aiguiser son avidité, on lui 
donne une pelote arrangée avec cette bouillie , de manière 
qu^il fasse gorge de la pelote entière ; deux ou trois jours 
après cette opération , les forces et le corps étant suffisam- 
ment baissés, on revient à la première nourriture de cbair 
lavée , maisà demi-ration seulement; on la continue pendant 
quinze jours 9 et , tout ce temps , on fait souvent la tête à 
Toiseau, c'est-à-dire, qu'on Taccoutome à se laisser mettre 
le cbaperon. 

Cette manoeuvre particulière exige quelques détails , par 
rapport au gerfaut , que l'on pourra modifier en traitant des 
oiseaux moins difficiles. 

Vers les quinze derniers jours du régime que l'on vient de 
tracer, on bride une des ailes du gerfaut au moyen d'un fil ; 
on lui mouille le dessus du dos, les côtés et le devant du corps, 
en lui jetant de l'eau avec une éponge ; puis on passe la main 
devant et derrière la tète qu'on manie , mais sans Ater ni re- 
lâcber le cbaperon. 

Enisuite, avec une aile de pigeon que la fauconnerie nomme 
frislr-frast, on le frotte, en appuyant sur le dos, sur les côtés 
et entre les jambes. Alors la main se reporte vers la tête ; si 
les mouvemens en sont 'souples, dociles à l'impression de la 
main , on relâche le cbaperon , en découvrant à nioitié un 
des yeux. 

Le chaperon se remet en état plus ou moins promptement 
suivant la contenance de l'oiseau; on renouvelle la friction 
àafrist-frast; on découvre un œil, et ainsi de suite , retirant 
la lumière , et l'ôtant tour à tour ; dans les intervalles , frot- 
tant avec l'aiU de pigeon, on arrive à découvrir les deux yeux^ 
sans cependant ôter entièrement le chaperon , dans lequel on 
tient toujours le bec engagé. 

Cette opération , pratiquée d'abord dans un lieu absolu- 
ment solitaire , et qui ne reçoit qu'une lumière sombre , est 
tellement efficace , que si on la commence de grand matin , 
et qu'on la répète dans la journée , il est très-ordinaire que 
te gerfaut , ainsi tourmenté sans cesse , se trouve le soir assez 
doux , quoique découvert , pouf qu'on puisse lui faire voir 
compagnie. 

Mais il faut bien observer : i.? que toutes les personnes qui 
^le trouvent en présence de l'oiseau, soient placées de façon 
qu'il leur soit présenté en face, et qu'aucune ne passe der- 
rière lui , ce qui ne manque roit pas de l'effrayer ; 2.® d'éviter 
tout ce qui pourroit l'intimider , car la moindre émotion de 



F A U ,,5 

crainte au point où II en est, feroît perdre tout le fruit de sa 
première éducation , et la reculeroit de beaucoup. . 

Du reste , le gerfaut , dans ce lieu habité , est traité comme 
il Tétoit dans sa solitude , c^est-à-dire , que Ton continue de 
le découvrir , de lui remettre le chaperon , de lui faire éprou- 
ver lejristrfrast jusqu'au milieu de la nuit ; alors on lui donne 
un repos dont il a sûrement tr^s-grand besoin. 

Tout ce qu'on vient de dire , et qu'on renouvelle sans 
relâche pendant six semaines, n'est encore que ce qu'on ap~ 
pelle la première éducation du gerfaut et comme son ébauche ; 
et ce n^est qu'au bout de deux nouveaux mois d'apprentissage, 
qu'on dira qu'elle est achevée* Nous considérerons chacun 
des exercices qui ont lieu dans cet espace de temps. 

Les dix premiers jours sont employés à la fréquente répé* 
tîtion des leçons que l'on vient de décrire , et qui , commen- 
cées le matin , se continuent jusqu'au milieu de la nuit ; mais 
à cette époque on laisse peu à peu l'oiseau plus long-temps 
découvert; on l'accoutume au bruit, au m.ouvement, à ï^ 
vue des chiens qu'on tient en laisse, d'abord dans un grand 
éloienement , et de jour en jour à une moindre distance. 

U oiseau k demi découvert reçoit quelques bécades , puis on 
en permet un plus .gr4nd nombre sans mettre le chaperon ; 
enfiia on le forme k prendre sa ration entière sans être cou- 
vert. L'éduc0tion le perfectionne et s'avance lorsqu'il sve 
montre à la fois empressé à prendre sa nourriture , docite 
aux autres exercices , paisible à la vue des chiens et des 
autres objets qui ^entourent : parvenu à ces points capitaux , 
l'élève passe i d'autres manoouvres. 

On le porte dans une chambre o& n'entrent que le maître 
et deux aides, et où se trouve une table sur laquelle est atta- 
chée une ipiêue de bauf; les aides sont placés de manière que 
l'oiseau, les aperçoive en face lorsqu'il sera découvert ; le 
maître s'approche ayant à la piain une aile de pigeon san- 
glante , etrnouvellement arrachée du corps de l'animal. 

Il la Cadt sentir au gerfaut ; au moment où il s'acharne 
dessus , il est découvert, et permis à lui d'en prendre quel- 
ques bécades ; puis on tire doucen^ent l'aile vers la queue de 
bœuf, sur laquelle l'oiseau se jette vivement , parce qu'on en 
a retiré l'aile , qu'on lui représenta) quelque temps après dans 
le creux de la main : à mesure que 1 oiseau pose sur cette aile 
l'une on l'autre de ses serres, on élève doucemient la majn 
en faiswdt le cri du leurre^ les premiers jour;^ à voix basse , et 
tandis qu'il s'acharne sur l'aile , on le couvre légèrement du 
chaperon. 

y n moment après , on retire, l'aile , et l'exercice recom- 
menc«!. L'oiseau découvert reprend la queue de bouf.; on le 



t£6 F A Tl 

relève en lui présentant Taile de pigeon , avec laquelle on lé 
leurre. Un des aides lui donne dans sa main M ration; pendant 
qu'il la prend , on le recouvre encore aux dernières bécades ; 
on l'acharné encore quelques instans sur l'aile , et l'exercice 
finit par la friction dajnst-frcisi. 

' Le lendemain on recommence , en attirant Pdiseau Vers la 
table , par un appât dont on le tient un peu plus éloigné , en 
haussant la voit par le cri du leurre , en même temps qu'on 
Vachanie. 

Le soir du même jour , l'oiseau placé sur sa perche et dé~ 
couvert , on passe devant ses yeux , à quelques pas de dis- 
tance ^ une lumière ; on la promène doucement , en prenant 
garde d'abord que l'ombre ne passe derrière lui ; ensuite on 
l'y accoutume peu à peu, et lorsqu'on s'aperçoit qne les di- 
vers mouvemens qu'on répète ne lui font plus d'impression , 
' on emporte la lumière, après la lui avoir montrée une heure 

• ou deux. 

Le$ quator^ièifie et quinzième jours suivant, 'Ids mêmes 
leçoné se renouvellent ; mais on les rend plus forUs ^ et on les 
donne en plein air sur le gazion. 

On tient d'albord l'oiseau fort court , et on le leurre de près $ 
puis la longe se l^che insensiblement, et on \t leurre àe plils 
loin, en sorte que le quinzième ou seizième jour, le leurre 
soit présenté à cent cinquante ou deux cents toises ; on ne 
manque pas , à chacun de ces exercices', de l'accoutumer 9âk 
cri du leurre dans tout son éclat, et tel qu'il l'entendra les 
jours de chasse. Pendant toute la durée de ces leçons , la 
ration se diminue d'autant plus qu'on approche davantage du 
^ terme des quinze jour^ , et l'oiseau est vidé d,eux ou trois fois^ 
- par l'usage S une cure â^aU et d'absinûie qu'on lui fait avaler 
enveloppés d*éioupes. Chaque soir on le couche à la lumière , 
et -on s'efforce de le fortifier et de le tranquilliser dans l'habit 
tude des objets qu'il aperçoit , et des mouvemens qu'il voit 
faire. 

Pendant lés deux joui's qui*siiivent cette laborieuse quin- 
zaine , on acharne le gerfaut sur une poule ; le premier jour, 
' on' ne lui ôte le chaperon que lorsqu'on le voit acharné, . et 
on jette la volaille à trois ou quatre pas : le second , on con»- 

• raence par le découvrir ; la poule lui est montrée à cinq on 
six pas , en l'avertissant par le cri du leurre. Ces deux jours la 

'poule est à sa disposition , et pendant qu^l s^'en repait , on 
-affecte de' parler, de crier , de se mouv'oir autour de lui, pour 

• le fortifier de plus en plus au bruit et à l'agitation. • 

Le jour suivant on le tient ferme ^ c'est-à-dire- que , peu 
nourri , on le rend plus âpre et plus disposé à la leçon èm len-r 
^ demain : c« jour on le leurre à deuj» cents toises , sans filière. 



r 



F A U „7 

Les difTërens exercices décrits jusqu^à ce moment, forment 
la preinîère partie de l'éducation du gerfaut : ce ne sont en- 
core que de simples préparatoires , et le but Unique du chas- 
seur n'a été que de rendre Toiseau docile en Panoiblissant , 
dj^ s'en assurer par les secours qu'on lui donne , de le faire 
au bruit et à toute espèce de mouvement. U est actuellement 
question de le former sérieusement et directement à la pra- 
tique de l'état auquel on le destine , c'est-à-dire , à poursuivre 
une proie^qui s'efforce d échapper , à connohre particulière- 
ment celle à laquelle on veut l'attacher, et à se montrer 
prompt à l'atteindre , et apte à la saisir : or , pour parcourir 
toute la série des nouveaux exercices relatifs à cette seconde 
partie de sa grande éducation , il faut encore à l'oiseau quinze 
ou vingt jours , et quelquefois davantage, d'après le plus ou le 
moins de disposition, de patience et de docilité qu'il possède* 
Le premier jour on enfermé dans une peau de lièvre un 
poulet , qui passe la tête en dehors par un trou pratiqué à 
cette enveloppe , et on la fixe sur le plancher , comme si ' le 
lièvre ëtoit en repos sur le ventre. 

Dès que ce hurrt est montré au disciple , à trois ou quatre 
pas y il s'y porte , et le poulet rentre la tête ; mais ses mouve- 
mens et ses cris animant le gerfaut , il s'acharne sur la peau; 
on Texcite encore en lui présentant , sur le poil du lièvre, 
quelques bécades ensanglantées ; puis on le relève et on le 
recouvre. Un moment après on fait la répétition , mais à cinq 
ou six pas 4e distance , et même en faisant faire quelque mou- 
vement au leurre , qui d'abord sVtoit présenté entièrement 
immobile. 

Dix jours consécutifs sont employés & la même manoeuvre, 
en lui donnant plus d'extension de jour en jour; la' peau qui 
sert de leurre se montre toujours de plus loin ; elle reçoit plus 
de mouvement. Un piqueur , qui d'abord la traînoit fort dou- 
cement , peu à'peu marche plus vite , enfin l'emporte en cou- 
rant à toutes jambes; et les derniers jours, monté achevai, 
'il part au galop le plus rapide , traînant après lui la peau de 
lierre. 

L'oiseau étonné , ne l'atteint d'abord que le bec ouvert et 
haletant; mais l'exercice le met bientét en haleine n, et la 
leçon se répète jusqu'à ce que l'obeau arrive le bec serré et 
sans haleter. 

En répétant ainsi ce point de l'éducation ,'robjet du maître 
est non-seulement d'apprendre au gerfaut à connoître le 
Uhre , mab de le fortifier par l'exercice même, et le mettre 
en haleine , ce qui est absolument indispensable , à quelque 
vol qu'on le destine, en observant de lui donner sa cure 
chaque fois qu'il atteint la peau et qu'il s'y acharne virement. 



„8 F A U 

Uédocatlon est finie , si l'oiseaa est destiné pour le Uèf?re; 
mais si Ton a dessein de lui faire voler U héron , la buse , oa 
quelque autre habitant de Tair 9 il y a d'autres choses à ajou- 
ter 9 au moment où il est en haleine par Texercice de la peau 
du lièvre , qu'on nomme traîneau; on lui fait connottrc l'en- 
nemi auquel il doit faire la guerre , et on Ty habitue en le 
tenant sur une peau de l'espèce pour laquelle on le dresse ; 
en la lui jetant de plus loin en plus loin; en l'accoutumant à 
la lier en l'air , ou saisir dans les serres pendant qu'elle re- 
tombe ; en lui faisant manier le vif^ lui donnant , pour l'y 
acharner 9 àesbécades ensanglantées à traders les plumes; en 
lâchant la proie devant lui, le découvrant au moment qu'elle 
prend l'essor ; la lui faisant lier d'abord à une foible hauteur , 
puis à une plus élevée ; car oa a remarqué que l'oiseau qui 
une fois a lié la proie à trente pieds d'élévation , la lie bienlôt 
à cinquante» puisa cen^vCnfiA, à quelque hauteur qu'elle 
monte ; et alors l'édncation eçt complète et absolument ter- 
xainée. 

Les détails dans lesquels nous sommes entrés pour réussira 
former nn des plusfiers et des plus indociles des instrumens de 
l^foucûnuerie , peuvent donner une idée suffisante des moyens 
moin^ sévères et moisis Ipngs à employer pour dresser d'au* 
très oiiseaux dont le caractère , la constitution et la docilité 
j^Kigent moins de travaux et préseiitent moins de difficultés; 

J4ffaitage du sacre, — Le traitement des oiseaux de cette es- 
pèce demanda encore plus de sévérité que celui desgerCsiuts , 
rapport au régime ; car comme rien n'égale leur fierté , il est 
impossible de les abattre que par des privations et un jeilkne 
poussés presque k l'excès. 

.Lorsque le corps est à moitié baissé ^ on commence à les 
prendre sur le poing et à leur faire la tête ; cependant le jeûne 
jcigoureux continue jusqu'aux approches du marasme, au point 
qu'ils ne peuvent plus soutenir leurs ailes. Là, va commen- 
cer une éducation de près d'un mois et demi. 

Les trois premiers jours , commue aux gerfauts , on leur 
donne leçon dans une chambre , où tout ce qui est néces- 
saire se trouve préparé ; le quatrième , la montre de l'appât 
Jeur apprend à sauter du poing sur la table , et à revenir sur 
lie poing , de lau^e la longueur de la longe , qui doit avoir à 
peu près trois pieds ; c'est ce qui s'appelle yonfin^r. Si l'oi- 
seau se trouve^âiu: » on commence à le remonter , c'est-à- 
dice , à lui rendre ses forces par la nourriture. ; on ne lui en 
.4onne cependant d'abord qu'autant qu'il lui en faut pour ne 
.^as mourir d'inanition 9 et cela jusqu'à ce que «a docilité 
elle-^méme demande grâce , et avertisse de l'aliinenter plus 
^olide^eut. 



F AU . ,,g 

Da cinquième au quinzième jour, on donne les leçons en 
plein air ^ de plus en plus, loin 9 les dernières à la distance de 
cent pas. Celles de la manœuvre qu^on nomme jardiner ^ se 
donnent aussi en plein air / et consistent à sauter du poing 
sur une motte de gazon <, et du gazon sur le poing ; pour cela^ 
le maître pose d^bord un genou en terre , et présente le 
poing baissé ; puis se relevant , il le présente debout^ et tou- 
jours de plus loin en plus loin. Le seizième jour, la longe 
s'ôte , et on exerce Toiseau au leurre; cette leçon se répète 
deux jours , à deux cents pas de distance chaque fois. 

Au vingtième jour , on donne au piquet un pigeon vivant ; 
il ne faut pas s^inqoiéter si Toiseau a quelquefois de la peine 
à s'y acharner d'abord , comme s'il ne connoissoit plus le vif; 
bientôt il se remet , et s'élance sur la proie. 

Le jour suivant , selon le vol auquel on veut appliquer le 
sacre , on lui donne la peau du lièvre , si on le destine à la 
chasse de ce gibier , ou une poule d'un plumage obscur, si 
on le dresse pour la buse , ou une volaille d'un plumage rous- 
sâtre , si on le forme pour donner chasse an mihm , ou même 
à la buse ; et le lendemain 9 on donne an piquet le milan ou 
U buse , après leur avoir émoussé les ongles , et surtout le 
bec. 

Les jours suivans , jusqu'à la fin de l'éducation , les exer- 
cices pour la chasse du lièvre consistent à en donner là peau , 
d'abord sur une table , ensuite à terre 5 puis entraînée et em~ 
portée à la course , précisément comme on l'a dit pour le 
gerfaut ; enfin ^ à faire chasser le lièvre poursuivi par des 
chiens en plaine , et retardés dans leur course par la plàte-^ 
longe. 

Si le sacre esl destiné au vol de la bnse ou du milan t la 
leçon se réduit à donner, par degrés, Yescap de ces oiseaux ; 
en premier lieu à la filière , puis en liberté , à des distances 
et à des hauteurs plus ou moins grandes; enfin, d'après Pin-* 
dication des circonstances , pour animer le sacre et l'achar- 
ner , on le leurre avec des peaux de buse ou de milan ^ et en 
les llu jetant, on l'accoutume à les /rVr, ainsi qu'on vient de 
l'expliquer pour le gerfaut. 

Ajfaitage du faucon. — Il s'en faut bien que l'éducation de 
cet oiseau soil aussi longue et aussi pénible que celle des deux 
précédens ; son régime est beaucoup moins rigoureux , et les 
soins qu'on lui donne ne demandent guère qu'un mois. Le 
faucon niais est même quelquefois dressé en quinze jours , 
comme étant presque apprivoisé lorsqu'on le reprend pour 
^l'appliquer à l'exercice. La formation du /âu/;o/} hagard est 
plus longue que celle an sors ^ et celle-ci plus que celle du 

XI. 9 



i3o * A U 

wais ; et cette diffërence se reproduit chez toutes les espèces 
dont on dresse les individus. 

Lorsque le corps àa faucon est à demi-batssé , on pi'oéède 
h \m faire la iéte , et souvent il ne lui faut que trois jours |»our 
y réussir. Viennent ensuite les leçons dans la chambre , et 
qui consistent à lui apprendre k sauter du poing sur la table , 
et de la table sur le poine. Le quinzième jour, depuis celui 
où Ton a commencé à lui^'iv la tête , on donne à Toiseau , 
dans un champ, les leçons de Fexercice qu'on appelle yVznii^ 
net ; le vingtième , celle du pigeon vivant au piquet ; le viiigt- 
deuxième , celle de la petite escap , le pigeon tenu à la filière. 

Le vingt-troisième , il est temps de le dresser pour le vol 
auquel on veut l'employer; et suivant sa destinée, on lui 
donne au piquet, pour la corneille^ une poule noire; une rousse 
pour le milan; une dinde grise pour le héron. Le lendemain on 
le tient trèsfenne^ c'est-à-dire , qu'on lui donne fort peu de 
nourriture. 

Le vingt-cinquième jour , on donne au piquet la corneille , 
le milan ou le héron^ les ongles émoussés et le bec convenable- 
ment pris dans une espèce d'étui ; car il est extrêmement im- 
Ï sortant que ni le faucon^ ni aucun autre oiseau dressé pour 
a chasse , n'éprouvent , avant d'être entièrement saifasU des 
dangers , une résistance , peut-être même des blessures con- 
sidérables qui pourroient les dégoûter pour toujours , ou du 
moins ralentir de beaucoup l'ardeur qui ne doit jamais les 
quitter ; les deux jours suivans , une demi-escap ; le vingt-" 
huitième , une escap en liberté , et bien plus élevée que les 
précédentes ; enfin , le trentième jour, la grande escap. 

Nous terminons la description de l'âj^oii^^e du faucon , en 
observant quelques particularités dans les mœurs de cet oi- 
seau , relativement à son éducation et aux proies qu'on lui 
destine* 

Quelques faucons , naturellement actifs et courageux , se 
montrent à découvert àès le commencement de V escap ; et 
à la vue du héron, ou à sa simple image , on les voit s'ani- 
mer , et laisser paroître dans l'o^i et dans leurs mouvemens, 
r inclination hostile qui les porte à le combattre sur-le-:champ, 
et sans délibérer. 

Le faucon qui se jette précipitStmment sur toute espèce de 
volaille, dès qu'il est découvert , n'est pas fort estimé ; car op 
craint que , se livrant toujours à cette proie commune , il ne 
fasse montre d'aucune propension marquée pour le gibier de 
distinction , auquel on se propose de former son vol. 

Cet oiseau ne fait pas d'abord paroître un courage déter- 
miné pour le milan j soit qu'il le craigne avant d'avoir bien 
éprouvé ses propres ressources ^ et fait usage t au combat, de 



y 



F A U ,3, 

la supériorité de ses forces , soit que Pantipathie réciproque 
soit moins marquée entre ces deux espèces. 

£n général , il ne faut pas s'impatienter lorsque le faucon 
est quelquefois paresseux et lent à s'animer dans le temps dés 
exercices. On a même souvent observé qtie les. plus tardifs 
deviennent dans la suite plus ardens et plus assurés que ceux 
qui, d'abord, ont fait paroître une ardeur précoce. Il faut 
seulement ne pas se rebuter dans le cours de leur éducation , 
leur donner plus dé soins , et multiplier ou continuer pliis 
long-temps , à leur égard , les expédiens d'instruction dont 
on a parlé , comme de leurrer dans la peau même de rani- 
mai qu'il doit combattre , et autant qu'il est possible , de le 
mettre aux prises avec l'animal vivant, après avoir pris la 
précaution de le priver d^une partie de ses moyens de dé- 
fense ; sans cela ^ <îomme on l'a dit il n'y a qu un moment ^ 
le disciple ne manqueroit pas d'être intimidé à sou début , et 
il deviendroit moins propre au vol qu'il doit fournir. 

Comme ce qui a rapport aux cures des faucons , et à leur 
hmn , regarde' beaucoup plus leur santé en général qile l'édu- 
cation de la cbasse , on n'en arieii dit jusqu'ici ; et en ce mo- 
ment encoi'e,' il suffit de remarquer que , durant leur instruc- 
tion y on doit donner aux élèves deux ou trois cures , et les 
baigner autant de fois. 

Cet article dii bain étant essentiel , il faut en décrire la mé- 
tbode. L'oisé«u attaché à une corde , et fixé près du bord dé . 
l'eau , a coutume de se baigner lui-même , dès que le maître 
^tant un peu éloigné , il se voit en liberté ; ou s'iiy obstine à 
ne point entrer dans l'eau , on le relève ,' en le tenant sur le 
poing , par la longe , on l'y fait, tomber, et on l'y retient jus-^ 
qu'à ce qu'il se soit convenablement baigné. Au surplus ^ 
c'est au maître à déterminer ^ d'après les circonstances , les * 
forces et l'ardeur de l'oiseau , la fréquence ou la rareté du 
besoin des cures et du bain , en observant que ce dernier 
ne doit être mis en usage que lorsqu'on s'aperçoit que le 
faucon a beaucoup perdu de son indocile fierté , et qu'il com- 
mence à se montrer doux et familier, 

AjfaiiagèdèsémeriUons. — On épargne la mise et Fusage du 
chaperon , au plus docile et au plus familier des oiseaux ehas^ 
seurs , et on abrège de beaucoup pour lui les longs exercices ' 
du jeûne ou de l'éducation dont on a parlé jusqu'ici. Â peine 
l'instituteur a-t-il porté les émeriliôns sur le poing, l'espace 
de deux ou trois jdurs , en les affriandatit de quelques bécades ^ 
qu'ils se montrent empressés de voler- vers lui , dès qu'ils Ta-i 
perçoivent. 

Alors on les enferme dans une chambre , dont la fenêtre 
ouverte est tendue d'une toile qui la boucihe; ils y volent, et 



,3, F A U 

sautent ei) toute liberté. Si , à Taspect du maitre, Toîseau 
vient suf-le-champ à lui, on le porte en plein air, pour lui 
apprendre à sauter sur le poing ; et c^est ce qui se pratique 
le cinquième ou siziès^e jour , depuis le premier moment de 
r éducation. 

Dès que rémerillon est habitué à sauter sur Je poifg , à la 
dbtance de vingt à trente pas , on lui dorme k v(ff qu'on lui 
présente dans le même éloigne ment ; dès qu^un aide à lâché 
une alouette , retenue par une très-mince ficelle , Foiseau 
part, et fond si^r la proie. Mais k peine Ta-t-il /*^, qu^il la 
prend dans le bec , la passe aux serres , et veut remporter. 
Y oilà le grand , le seul défaut des émerîllons , et dont u s'agit 
de les corriger. 

Pour y travailler efficacement, il est essentiel , au moment 
où rémerillon a. saisi l'oiseau du bec , qu'on lui donne une 
saccade en tirant- la ficelle ; à ce mouvement, oa la proie 
échappe, au chasseur , ou il ne lui en reste que la (été , dont 
il fait curée. Alors on tire près de soi l'alouette au moyen de 
la ficelle , et on la passe lestement dans un crochet exprès 
enfoncé en terre ; l'oiseau revient ii la proie avec fiirenr , et 
ne pouvant l'enlever, la dévore k terre , aux pieds du mattre^ 
qui ïassure du geste et de la voix. A force de lui donner la 
même leçon f on loi fait perdre l'habitude d'enlever la proie , 
et on peut la mettre en usage pour toute la menue vol^uUe. 

Affcdia^e des éperviers. — La douceur et l'instinct de la fami- 
liarité ne sont pas des qualités de cette espèce d'oiseau , qui 
appartient k. la classe àts voliers. Leur éducation, d'ailleurs, 
assez semblable à celle de l'autour, exige beaucoup plus de 
soin que celle de l'émerîllon , et le double, au moins, de temps 
qu'on emploie à dresser l'autour. 

Ily a , par rapport aux individus de cette espèce , àes dif- 
férences plus grandes^ que relativement aux individus des au^ 
très espèces, rarmi les épeiviers niais , on en rencontre quel- 
quefois dont l'éducation est parfaite en cinq ou six jours 
seulement, tandis que d'autres , moins intelligéns du moins 
dociles, ne se forment que dans le double de temps. L'ins- 
truction des passagers dure souvent trois semaines, et quel- 
quefois elle n'exige' qu'une douzaine de jours de soins assidus. 

Avant de se servir de Tépervier k la chasse , il est impor- 
tant de lui répéter les leçons dans le verger, etTy réclamer 
jusqu'à ce que l'oiseau cherche de lui-même son maître , lors 
même que celui-ci affecte de se cacher. C'est, en général , uii 
fort bon instrument pour la chasse du vol ; mais Texpérience 
apprend qu'il faut presque continuellement le tenir en ha- 
leine *| que l'inaction le rappelle à son instinct fier et indocilci 



V 



F A U ,3 

el qu'il abesoîa d'être souvent entretenu dans la pratique de 
sa première éducation, par la présence du maître etTespèce 
de familiarité qui s'établit nécessairement , par le firéquent 
usage du vol et de tout ce qpi raccompagne* 

U n'est peut-être pas indifférent de remarquer que , dans 
toutes les espèces d'oiseaux de proie qui servent aux plai-r 
sirs de l'homme , il est des individus si fiers et si fidèles aux 
premières intentions de la nature à leur égard, que to«8 le» 
eipédiensi toutes les ruses et toute la patience des maîtres en 
fauconnerie n'ont jamais pu les dompter, bien moiçs encore 
les'familiariser avec le joug , ni les faire plier sous la volonté 
de l'instituteur. On a même observé que ces superbes sujets^ 
loin de s'adoucir à la longue, se raidissent de: jour en jour, 
s!aigrissent et redoublent de dureté , de méchaneeté même ^ 
en proportion des soins adoucis ou sévères par lesc^uels on 
essaye de les abattre : lors donc que la continuité des travaux^ . 
des lôénagemens. , du : jeâne et de la rigueur , ne peut faire 
oublier à ces oiseaux absolument intraitables^ l'ancienne et 
chère liberté , ni les accoutumer à la voix d'un maître, il faut 
s'arrêter, ne plus les toarmenter, et les abandonner entière* 
ment aux mœurs et à l^instinct de leur race. 

4.^ Soin de lasgnié des oiseauco de proie, •— La supériorité que 
le chasseur exerce sur les instrumèns de sa plus vive jouis^ 
sance , et le joug qu'on: est parvenu à leur iinposer , ne 1» 
dispensent pas d'un mouvement de reconttoissance et d'atta- 
chement, que leurs travaux et leur docilité ont si bien' mé*- 
rite. Ce sentiment doit surtout se manifester p9r les attentions 
qui veillent à la santé de ces oiseaux, et par les soins que 
Ton prend de les soulager dans leurs infim^tés et dans les 
accideqs presque toujours inséparables de la carrière qu'on 
les oblige de fournir continuellement dans un état hostile , 
formés à combattre sans hésitation l'ennemi qu'on leur pré- 
sente;. ils triomphent presque toujours ; mais il n'est pas ex- 
traordinaire de les voir revenir du champ de bataille , cou- 
verts dé blessures, qui ^^estent, en caractères de sang ^ leur 
courage, et leur dévouement 

Indépjendamment donc de- la perte.causée par la mort d'un 
dé ces animaux intéressans, le maître ne peut se refuser à 
une certaine impression de senrïl>ilité, ni de venir au secours 
de ces êtres, qm le reconnoissentpour leur instituteur et leur 
dieu. Yoyon$ d'abord ce qui concerne leur régime ordinaire 
dans l'état de santé. 

Comnie dans tou» les êtres vivans la constatation s'entre* 
tient, surtout par la bontie qualité et la juste mesure àé» sdir 
mens , c'est d'abord à ce premier point qu'il faut s'arrêter ^ 
avec la plus sensible attention. 



i34 F A U 

De I^ tranche de bœuf ou du gîgot de mouton , dont on a 
pris grand soin de retrancher toutes les parties grasses et 
tendineuses , voilà le fond de la nourriture de Toiseau chas- 
seur. Quelquefois on répand sur leur pài du sang de pigeon ; 
mais ce pigeon, ordinairement, sert plus à les reprendre 
qu^à les nourrir : en pleine santé , on ne leur donne qu^une 
(prge , par jour , mais bonne ; dans la mue , il convient d^en 
donner deux , mais modérées. 

La veille d^une chasse» Toiseau reçoit une gorge beaucoup 
moins abondante que les jours précédens, et quelquefois on 
le cure ; une seule bécade de plus ren droit Toise au languis- 
sant , et nuiroit au grand succès de la volerie. 

Au mois de mars , à la renaissance de la saison et des 
impulsions de l'amour, on se hâte de faire avaler zn faucon 
àtfi cailloux de la grosseur d^une noisette ; au moins a-t-on 
imaginé que ce remède étrange , donné aux femelles , fait 
avorter les œufs , qui prennent alors de Taccroissement , et 
servent de rafiEraîchissement aux mâles, à qui on les fait 
prendre. 

« U se peut, dit Y Encyclopédie méthodique , que les cailloux 
» par leur poids, par leur frottement sur un estomac muscu- 
cc leux et membraneux , beaucoup plus délicat que celui des 
<e oiseaux granivores, nuisent aux fonctions de ce viscère , 
<f troublent et vicient les digestions ; il peut arriver , en ren- 
c< dant les oiseaux malades , en appauvrissant leur nutrition , 
« que les œufs ne se développent pas , ou qu^ils se flétrissent 
« dans les femelles; et qu'avec les forces, les désirs s'amortis- 
« isent dans les mâles ; niais, quoi qùMl en SQÎt de Teffet à^s 
<c cailloux,. on convient assez généralement que c^est un re^ 
u mède dangereux, dont il feut n^user que rarement. Il sem- 
« ble qu'il séroit plus sage d'y substituer un autre moyen , 
« qui produiroit le même eff&t , sans entraîner le même dan- 
« ger ; qu'une viande ^moins nourrissante, ou la même viande 
« donnée avec moins d'abondance, rempliroit, sans risquer, 
« le but qu'on se propose naturellement. » 

Le lieu où l'on tient habituellement ces oiseaux, n'est rien 
moins qu'indifférent. On a coutume , en hiver, de les tenir 
le jour dehors , et de leur faire passer la nuit dans des cham- 
bres échauffées ; la seconde partie de ce traitement n'est pas 
approuvée par tous les maîtres en fauconnerie, auxquels elle 
ne paroît qu'un raffinement de domesticité, et qui n'est au 
fond d'aucune utilité rigoureuse. 

En effet, disent-ils, la plus grande partie des oiseaux qu'on 
cliauffe la nuit, sont originaires de contrées où règne un froid 
excessif, et le berceau' des autres étoit dans des pays au moins 
tempérés. Les premiers habitent les montagnes couvertes 



FA V i35 

àe friinas ^ les autres des forêts souvent blanchies pa^ I4 
neige : tous alors se retirent ou dans quelques fentes de ro- 
chers, ou dans le plus épais des bois, où 9 i Fabri du vent 
et des premières impressions du froid , ils viveùt sans avoir 
Tair de souffrir , au moins , sans dépérir dans une atmo- 
sphère d'un degré bien différent que celle d^une chambrç 
échauffée. 

Ne se rapprocheroit-pn pas davantage de la nature et des 
mœurs primitives de Panîmal ; ne contribueroit-on pas à le 
rendre plus agile et plus fort , si en Fabritant tout simple-? 
ment la nuit , comme la volaille doipestique , on soignoit 
son existence sans altérer son naturel ?Ne doit-on pas^enfipy 
se conduire par une certaine analogie à son égard, et se sour 
venir que les moutons qui passent la nuit en plein air , et y 
supportent toute la rigueur des élémens 9 jouissent d^une santé 
plus forte , d'une constitution plus assurée, que cetix de leur 
espèce qu'on enferme dans une étable ? et dans le fond , une 
chaleur factice , et qui nécessairement affoiblit les organes, 
est-elle bien propre à les préparer aux courses et aux travaux 
auxquels on le destine ? 

Le soir, lorsque Poiseau est sur la perche , oi) Vy attache; 

{»our .qu'il ne puisse pas nuire aux antres, et réciproquement: 
e chaperon est ôté ^ bien visité , et soigneusement pettoyé , 
de peur que quelque ordure ne nuise aux organes de la vue , 
ou ne les blesse. La lumière qu'on laisse dans la chambre , 
une heure après la retraite des oiseaux, leur sert à se repasser^ 
c'estr-à-dire , à nettoyer et à lustrer leur pennage. 

L'étéy l'hospice des oiseaux change de décoration et d'em- 
placement ^ transporté dans le lieu le plus frais, il est garni 
de gazons, sur lesquels l'oiseau aime à se reposer, et d'un ba- 
quet dans lequel il ne manque pas de se baigner. Il faut 
cependant ici faire encore une' grande différence dans le 
traitement. 

Laissez alor*s en liberté dans les réduits , les oiseaux qui 
peuvent former une paisible société, ou du moins les parti- 
sans de la tolérance. Il n'en est pas de même de ceux dont 
les races, 9aturellei|ient 'ennemies, ne cherchent qu'à se dé« 
çhirer , dès qu^ils se rencontrent. Ainsi \e. gerfaut d'Islande et 
celui de Nonvége ne peuvent vivre ensemble, et même ceux 
4e ce dernier pays ont coutume de se combattre. 

Il faut donc fixer par des longes, ces différens ennemis sur 
des gazons séparé;^, sans qu'ils puissent s'approcher et se 
lauirè; mais il faut aussi ne pas oublier de les baigner l'un 
après l'autre, en été, et au moins tous les huit jours. Cet usage, 
est suftout indispensable dans le temps de la mue , parce 
qu'amollissant la peau, il rend les nouvelles plumes plus s€u- 



i36 F A tr 

' pies, plus faciles à prendre leur accroissement, et fayorise en 
tous sens les nouveaux déreloppemens que la nature a prépa- 
rés : aussi yoit-on toujours les oiseaux de toutes les espèces, 
h cette époque critique , recourir fréquemment au bain, qui 
devient le principe de leur santé. 

Tous les auteurs qui ont écrit sur Tart de la fauconnerie , 
ont pris soin de détailler toutes les branches des différentes 
maladies auxquelles les oiseaux les plus soignés et les plus sa- 
gement nourris peuvent être sujets. Le sieur deFraacbières, 
dont il est fait mention au commencement de cet article., a 
pris un soin particulier de nous instruire de tout ce qui re- 
garde la médecine et la chirurgie relativement aux oiseau^ de 
vol; et Ton trouve dans son ouvrage une pharmacopée com-* 
plète pour les maladies internes , et un traité de métl^odes 
Usitées pour les accidens externes qui peuvent affliger ces es* 
pèces d^animaux. 

On sent bien qu^U nous est impossible de présenter ici le 
tableau détaillé de toutes ces recettes, et des justifications qui 
les accompagnentNous allons nous attacher a^ traitement des 
maladies des deux genres les plus ordinaires ou les plus fâcheu- 
ses. Si le mal survenu à un oiseau ne se trouvoit pas dans ce ca- 
talogue , le lecteur intéressé pourra en chercher le remède 
dans les écrivains qui ont traité ex professa ce point si im— - 
portant de la fauconnerie , et dont on trouvera la notice ci- 
après. 

Maladies des oiseaux deproie^ doni le principe est itUeme. -— Le 
rhume. Il se manifeste par un écoulement d'humeur aux na- 
seaux. On y remédie en achamaiU l'oiseau sur le tiroir, c'est- 
à-dire , en lui faisant tirer sur le poing des parties tendi- 
neuses , telles qu'un bout d^aiië de poulet ou le bout d'un 
manche de gigot , qui Texcitent sans le rassasier; il est aussi à 
propos de mêler 'à son pât quelques mprceaux d'un vieux 
pigeon ; mais l'exercice du tiroir doit être souvent renouvelé , 
d'autant mieux qu'en pleine santé comme en maladie , il est 
très-salutaire. 

\jepanJtkis, C'est une difficulté dans la. respiration, causée 
par quelque effort. Elle se fait remarquer à un battemeut de 
la muletie , en deux temps, au plus léger mouvement que fait 
^ l'oiseau. 

Le crac. C'est aussi le fruit d'un effort : on le distingue au 
bruit que fait Iç vol de l'oiseau. 

Portées à un certain point , c'est-à-dire , lorsqu'elles vien- 
nent d^un violent effort, ces deux maladies sont absolument 
incurables; mais si elles ne proviennent que d'un léger effort, 
on peut espérer de les guérir , en faisant avaler au malade, 



F A U ,37 

plein un dé à coadre de mumie pulvérisée , et en versant de 
l'huile sur la viande dont on le nourrit. 

Le chancre. On en distingue de deux sortes, ley'aiiii£ et le 
mouillé, La partie inférieure du bec est le siège du jaune : le 
mouillé a le sien dans la gorge. Le premier peut se guérir i 
mais le second çst regardé comme incurable^ et même con- 
tagieux; dès que Ton aperçoit de Fécoulement d'une mousse, 
blanche par le bec , il faut se hâter de le séparer des autres, 
de peurqu^ilne leur communique bientôt son mal. On guérit 
le chancre jaune en le touchant et Textirpant au moyen d'un, 
bâton arrondi, que Ton a garni de filasse imbibée de jus de 
citron ou de quelque autre liqueur stiptique- 

Les vers ou filandres, Ces^ vers s'engendrent dans la mu- 
leUe , et se trahissent par une fréquence de bâillement. Une 
gousse d^ail^ ou de l absinthe hachée très*menae , donnée 
dans une cure , en sont le remède» 

Les taies sur les yeux. Ces taies , nommées quelquefois , 
mais improprement, catomcrfes, ont pour principe, ou une 
cause interne , ou , trop souvent , la. négligence à entretenir 
journellement la granoe propreté du chaperon, L'alun cal- 
ciné bu du blanc de Vémeu d'un autour, qu'on a fait sécher , 
et dont on souffle la'poudre dans Torgane malade, remédient 
à cet accident : j'observe que le blanc de Vémeu est préféré 
comme le souverain spécifique. 

Les mains enflées. Si c'est par pur accident, elles se guéris-* 
sent en les trempant dans une liqueur d'eau-de-vie , mêlée 
avec du persil pilé. 

Comme la plqpartdes autres oiseaqx, ceux de proie éprou* 
vent les tourmens de Ih goutte. Quand la maladie se déclare à 
la suite d'un long travail, et qu'elle s'annonce comme le fruit 
delà fatigue, on la guérit, dit-on, quelquefois, en plaçant 
l'oiseau au frais sur un gazon enduit de bouse de vache dé- 
trempée dans le vinaigre , ou sur une éponge arrosée de viu 
aromatique. 

« Si ce^remède agit, dit V Encyclopédie méthodique , c'est cer- 
« tainement comme répercussif; l'effet n'en peut être. , par 
<t cette raison , que très-dangereux. Laissons donc , pour les 
<c oiseaux de proie , u^ remède qui peut en apparence guérir, 
(f la goutte , en en repoussant l'hunxeur des extrémités vers 
« le tronc , du dehors à l'intérieur. Peut-être ces animaux, 
« sont-ils assez bien constitués'pour que les forces vitales bri^ 
« sent, atténuent et surmontent en eu;c l'humeur morbiûque; 
« mais avertissons les personnes qui pourront lire cet arti- 
« de, et qui n'auroient pas de connoissances. en médecine, de 
« ne point appliquer à Fnomme, chez lequel la goutte s'es^t dé- 



i38 F A U 

« cUrée aux extrémités, le remède indiqué pour les oiseaux^ 
« ni aucun autre médicament qui soit analogue. » 

Lorsque, dans les oiseaux de proie, la goutte survient sanaf 
cause apparente , il est inutile de chercher à les guérir; on les 
soulage quelquefois en pratiquant sous la main des incisions , 
an moyen desquelles on fait évacuer une partie de Taipas 
çrétacéj qui forme et entretient Thumeur goutteuse. 

Les apostumes» ^ Souvent advient que dedaps le corps des 
n faucons s'engendrent et forment grosses et dangereuses apos- 
fr tûmes, dit le seigneur de Franchières, dont nous rapportons 
«r le texte , pour que Ton puisse juger, malgré son vieux style , 
« combien il avoit étudié les maladies de cet oiseau ; il leur 
<r Tient ce mal , pour prendre trop les haies et les buissons j 
€c ou pour trop se débattre, soit sur le poing, soit à la perche, 
n de frapper sur leur proie , en quoi faisant, ibse froissent 
« et s'échauffent, puis se refroidissent , et ce leur vîept Ta- 
% postume. 

« De ce* mal vous pourrez prendre indice et démonstra-*^ 
« tion , quand vous verrez les narines de vostre oiseau sou- 
«r vent s'estouper, et le cœur lui battre fort dans le corps. 

<; Pour remédier à ce mal... prenez le blanc d'un œuf et 
«( le battez bien fort, et àe$ feuilles de chou que ferez piler 
« et en espreindre le jus , puis le mêlerez avec le blanc de 
A Topuf battu, et en composerez une médecine, laquelle 
«r mettrez dans un boyau de geline , et la ferez ^ le matin, 
« prendre à vostre oiseau , que vous ferezj^ puis après , te-> 
« nir au feu ou au soleil, et ne le paissez jusqu'après mi4i , 
«~que lui donnerez d'un cœur de mbutqn pu d'une jeune po^- 
« laille. 

« Le lendemain , prenez du romarin que ferez brftler ef 
« réduire en cendre et poudre , de laquelle vous lui poudre-- 
« rez sa chair, quand le voudrez paistrè à discrétion ; puis paf 
« trois jours , lui donnerez du sucre , et le quatrième jour en- 
« suivant , retournez i lui donner de telle poudre ou cendre 
« de romarin , changeant ainsi le sucre et la poudre de tro;is 
«t en trois jours , poiir l'espace de quinze jours , pendant les- 
« quels àdvisez soigneusement à le tenir chaudement |our et 
« nuit , et ne le paistre que de bon past à moyenne gorge. » 

Mal de foie, — Le mal ou échauffement de foie , survient 
ordinairement aux oiseaux par la faute de ceux qui sont char* 
gés de les gouverner, c'est-à-dire , en leur donnant pour Nour- 
riture de grosses ou mauvaises chairs , souvent vieillies et gâ- 
tées , ou parce qu'on néglige de baigner ces oiseaux , qu'on 
épargne leurs boissons , ou que l'eau n'est pas propre , au- 
tant de moyens de leur échauffer le foie. Dçs pieds fort échaûf- 



F À U ,39 

fés , la gorge blanchie par les vapeurs irritantes du foie échauf'v 
fé , sont les tristes indices du mal intérieur. 

, Si , lorsque Ton s^cn aperçoit , il a déjà fait assez de pro^ 
grès pour que la langue paroisse noire, T oiseau est perdu; il 
est inutile de songer à le spigner. 

Mais si ce symptôme mortel ne se manifeste pas, on peut 
espérer de sauver le malade. On fait usage en pareil cas de 
limaçons détrempés dans du lait d'ânesse , ou de chèvre , 
dans un verre couvert , pour que les limaçons n'en puissent 
sortir. Le lendemain , après avoir rompu les coquilles et 
lavé les limaçons dans du lait frais , on en fait avaler à l'oi- 
seau quatre ou cinq , selon leur grosseur. Il faut tout de suite 
le placer au chaud ou au soleil , et Vy laisser jusqu'à ce qu'il 
se soit vidé quatre ou cinq fois , et même le retenir au so- 
leil plus long-temps s'il en peut endurer l'ardeur. On le patt 
ensuite de chair de mouton ou de volaille baignée dans le lait, 
et il faut le tenir à cette nourriture huit à dix jours. 

Lorsque les premières purgations auront évacué les mau- 
vaises humeurs, et que la langue aura repris sa couleur fraîche 
et naturelle , on la lui arrose , ainsi que la gorge , avec de l'huile 
d'amandes douces , ou d'olives , en se servant d'une plume , 
deux ou trois fois par jour ; ensuite avec un instrument d'ar- 
gent ou d'or, on lui racle la langue et la gorge jusqu'à parfaite 
guérison , toujours en continuant de laver son past dans du 
lait. 

Si la maladie étoît telle que l'oiseau ne put manger , gar- 
dez-vous de l'abandonner ; c'est tout au contraire le moment 
de reconnohre ses servîtes et de redoubler vos soins : à l'aide 
d'une petite fourchette , enfoncez doucement la nourriture à 
petits morceaux dans la gorge , de manière qu'il puisse l'a- 
valer ; car ce n'est que le mal qu'il éprouve de l'enflure de la 
langue , qui l'empêche de prendre des alimens. La patience 
et la douceur ne peuvent manquer de triompher au bout de 
Quelques jours. 

UépUepsie. — là'épûepsie ou le haut-mal , qui , quelquefois , 
tourmente les faucons , a pour principe une certaine ardeur 
du foie , qui , faisant monter des chaleurs au cerveau , les 
étourdit et les fait tomber. Il faut en pareil cas , selon l'au- 
teur que je viens de citer , examiner le derrière de la tête de 
l'oiseau, où l'on trouvera deux fossettes ^ que l'on chauffera 
avec un fil d'acier ; si cetle opération ne réussit pas , on aura 
recours au traitement suivant : ' 

" Faîtes sentir au malade sur la tête un petit fer rond .et 
chaud , en observant de ne point blesser l'animal , et de pré* 
senter le fer avec autant de douceur que d'adresse. Puis, mê- 
lez et battez bien ensemble une égalç quantité de lentilles 



iLo F AU 

rousses séchées an four et rëdaites ^tx pcmdre Ane, et de lar 
limaille de fer la plus déliée ^ le tout jeté, dans du miel frais. 
Faites avaler à Toiseau des pilules de cette matière , grosses 
comme un pois. Placé ensuite sur le poing au soleil , il doit y 
demeurer jusqu^après deux évacuations ; alors on lui donne 
une aile de pigeon , et ce remède se continue sept ou huit 
jours. 

1j2l pépie. —Une mauvaise nourriture , mal lavée et mal net- 
toyée, produit des phlegmes et des humeurs grossières dans, le 
corps , et surtout dans les entrailles des oiseaux chasseurs ; 
les fumées , en montant à la tête , et condensées en pituite , 
tombent sur. la langue , et leur corruption y engendre la pé- 
pie. Le fréquent éternuement de Toiseà^u, suivi d'un ou deux 
cris, annonce la maladie, c'est-à-dire, la pépie sur la. langue. 
Ob trempe dans de Peau rose un morceau de coton au boat 
d'un petit bâton , et on en lave , à plusieurs reprises , la langue. 
Ensuite , durant quatre ou cinq jours , à deux ou trois fois le 
jour , on fait la même lotion avec Phuile d'amandes douces ou 
d'olives. Alors la pépie é.tant devenue'blanche et molle, onla,> 
tire doucement dehors avec la pince d'un instrument, comme 
on le fait à la volaille en pareil cas. 

Mcd d'oreille, — Le froid et le rhume de tête produisent cet 
accident. On connoît que l'oiseau en est atteint ^ lorsqu'il met 
l'œil de travers , eft que son appétit diminue sensiblement , à 
cause des humeurs qui coulent dans ses oreilles, comme vous 
pourrez vous en. apercevoir en y jetant les yeuxi 

On prend un petit fer dont le bord est arrondi commue ua 
petit pois ; on le chauffe et on le trempe dans l'huile d'aman- 
des douces , et on en fait dégoutter dans les oreilies.de l'oi- 
seau : il seroit bien à propos de pouvoir en même temps , avec 
l'extrémité de ce fer, insinuer de cette liqueur au fonddes oreil- 
les , ce qui hâterôit la guérison , en prenant bien garde de 
ne pas chauffer trop lé fer , et de ne pas le pousser trop avant^ 
de peur de blesser le malade , et de lui causer un nouveau 
mal pire que le premier. 

On répète ce traitement cinq ou si^ jours , en continuant 

toujours d'enlever et d'essuyer avec toute la douceur et toute 

la propreté possibles l^huineur. qui découle du siégf? da mal ; 

il faut aussi visjiter 1^ gorge pour voir si l'humeur ne l'a point 

attaquée. 

La teigne, — Ce niai vient le plus souvent de ce que l'oi- 
seau trop ardent ou trop courageux , brave le vent ,avec trop 
de force , et s'obstine, à lutter contré son soufQe iinpétueux ; 
. car alors le sang , par la violence du battement et du vol , se 
porte aux extrémités , c'est-à-dire , aux ailes et aux mains ; ^n 
sorte que la liqueur vitale meurtrie ou émue^ n'étant pas assea^ 



1 

I 



F A U ,;», 

l6t évacuée par la saignée , elle se corrompt et produit les 
botitoiis teigneux aux mains , et de petites vessies aux ailes ; 
Toiseau les crevant avec le bec , le bout de Taile paroît souillé 
comme on fer de la rouille. Voici le remède indiqué par le 
seigTi^ur d'Esparron, dont on a parlé au commencement de 
cet article. 

« Or , pour préserver vos oiseaux de teigne , tenez-les en 
tt bon point; et si tant estoit quMls s'en trouvassent atteints, 
« la première cbose que vous ferez , c'est de remonter Toi- 
u seau , car tant qu'il sera à bas , vous ne le sauriez guérir. 
« Pour ce , traitez-le bien , et de bonnes viandes , comme pi- 
« geonneaux, moineaux, et autres petits oiseaux que vous lui 
« laisserez en vie, s'il est possible , tenant toujours Poiseau 
« malade en lieu où le froid n'entre point. Si vous faîtes tant 
« qu'il se remonte , il guérira facilement ^ en faisant comme 
« s'en suit. 

<< Faites-lui un onguent de boli armeni , vinaigre , sang de 
« dragon , et salpe5tre , et lui en mettez partout où vous ver- 
« rez qu'il aura cette rouillure , ou des vessies , ou des clous , 
« comme je vous ai dict. 

« £t le lendemain faite;s un bain de vin blanc et de rosma- 
« rin , et lui ostez toutes \es peaux mortes , et demi -heure 
« après, baignez l'endroit où vous verrez qu^il sera escorché , 
« avec du coton trempé dans da l'eau en laquelle vous aurez 
« mis de la poudre d'aloès et d'&lun , autant de l'un que de 
« l'autre, le laissant comme cela ; et si du premier coup , l'oi« 
i» seau ne guérit dans dix jours , vous lui pourrez réitérer ce 
« remède. ^i par tout le mois de mars il ne se trouve mieux, 
« n'en espérez autre chose ». 

1j2l graçelle. — C'est le produit d'une humeur sèche qui cuit 
et endurcit les excrémens de l'oiseau dans les intestins , en 
sorte qu'il s'en forme des pierres de la grosseur d'un pois, et 
d'une matière semblable à de la chaux , ce qui quel<|uefois 
lui fait sortir le boyau par le fondement: ou d'autres fois il se 
fait un tel amas de cette craie dans tout le boyau , qu'en peu 
de jours l'oiseau en périt. 

Cette maladie attaque ordinairement les obeaux de proie 
dans les trois mois d'hiver , surtout ceux qui ont mué , si on 
n'a grand soin de les purger quand ils sortent de cet état cri* 
tique. Pour prévenir tous ces accidens , ne manquez pas de 
faire de temps en temps attention aux excrémens de l'oiseau , 
qui, en bonne santé , « sont blancs comme du lait, assez H- 
« quides et grands , et ont quelques petites taches de noir ; et 
«r combien qu'il n'en soit pas besoin , vous ne devez faillir , 
<< de quinze jours en quinze jours , de lui donner quelque 
« chose pour lui tenir le boyau^ lâche , principalement anîger- 



i4:i F A U 

« foui, » Ce âarant les trois mois d^hiver, il est \ pfopos Je 
lui donner de ce remède laxatif une fois par semaine ; pour 
cela : 

n Prenez^ dit l'auteur cite il n^ a qu'un moment^ la glaire 
«< d'un œuf , et la battez fort avec du sucre candi pulvérisé ; 
cr puis , ayant accommodé la chair par morceaux pour la 
ft donner à Toiseau , mettez-la dans cette glaire ainsi battue , 
« et l'en paissez; et continuant à le paistre de cette façon , as- 
« sûrement votre oiseau guérira. 

« En telle maladie , le lait et le sucre opèrent grandement , 
« comme fait aussi Thuile battue avec le sucre ^ et ainsi don- 
« née à l'oiseau avec la viande par morceaux. Quand le boyau 
« sort du fondement , surtout le beurre frais , avec le sucre 
« candy , est bon à ce maL 

rc Jamais oiseau gardé par un qui connoisse , ne mourra de 
rc cette maladie , laquelle ne procède que de la négligence du 
« fauconnier. L'huile de sucre est bonne à ce mal , mais sur- 
ce tout des pilules de manne , données une hei^^e devant la 
<c past , de la grosseur d'un pois ». 

Perte de V appétit, —;• Lorsque l'oiseao perd l'appétit, il est 
clair que l'organisation est dérangée, et qu'il a besoin de se- 
cours. Faites d'abord attention à la qualité de sa nourriture 
et de %ts déjections : de là , vous pourrez juger d'où procède 
le vice , et y remédier , d'après les principes généraux de la 
médecine, c'est-à-dire, de stimuler Textréme paresse de l'es- 
tomac , ou de purger celui qui se trouve surchargé. Une ex- 
cellente pratique consiste de donner^ en hiver, la chair trem* 
pée dans l'eau chaude , avec du chiendent , la racine du per- 
sil , la chicorée, la scabieuse et autres plantes de la même 
qualité.. 

Enflure générale. •— Le sieur d'Esparron , dans sa Letbrt dbr- 
neuçième , parle du mal dont il s'agit ici. Ayant perdu . un 
faucon qui s'étott égaré à la chasse , il apprit six jours après 
qu'un paysan l'avoit trouvé et rapporté à un de ses parens. 
On s'imagine bien , dit-il , comment cet oiseau se débattit 
pendant les, deux lieues de chemin qu'il fut porté, et peut- 
être par les pieds. 

Dès le lendemain ^ il étoît enflé dans toute l'habitude du 
corps, et plein de vent entre les deux peaux. Le chasseur at- 
tribua cet accident à l'extrême chaleur du jour où l'oiseau 
s'étoit perdu , et aux efforts des ailes qu'il se donna , dès 
qu'il se sentit en pleine liberté. 

D'après ce raisonnement , il donna au faucon fugitif, un 
bain de vin blanc , avec moitié d'eau de bouts dé chêne. En- 
suite il le piqua avec des ciseaux aux endroits qui parurent 
les plus enflés , et par ce moyen , fit sortir le vent eùfermé 



. F A U i43 

entre les deux peaux , cpinme' d'une vessie soaffl<Se. Ensuite 
Toiseau fut purgé avec des pilules laxatives pendant deux 
joui's , et au troisième , il reçut un bain dans un ruisseau où 
le fâiicon à paru se plaire beaucoup; ce qui me donne espoir^ 
COiitinue l'auteur 9 ^ué àe ne sera rien. 

Le rhume, -^ C'est la maladie la plus commune des oiseaux 
dé proie. U se forme dans la tête par l'ascension d'une hu- 
meur chaude , des parties du cœur et du foie , vers le cerveau 
refroidi. Cet accident provient de la diversité de la tempé- 
rature des jours 9 qui se succèdent immédiatenient, les tms 
chauds et les autres froids 9 laquelle opposition subite ne 
peut manquer d'agiter le sang et d'occasion er le rhume. 

U peut avoir encore trois autres principes , tous différens. 
i.^ Lorsque Toiseau a senti le froid de la nuit, s'il a été tou- 
ché des rayons de la lune ou des rosées du matin, a.*' Quand , 
ayant été mouillé du bain ou de la pluie , il a été négligem- 
ment ou mal s^ché. 3.® Pour avoir été frappé d'un coup de 
soleil trop ardent , soit dxm jardiners du matin , ou vis-à-vis 
de quelque fenêtre , surtout si elle est vitrée. 

Quelle que soit la source de ce mal, il est dangereux^ sur- 
tout aux trois mois d'été , et assez ordinairement il produit 
une infinité d'autres accidens fâcheux. Le remède , dans tous 
les cas , est de purger l'oiseau avec une pilule de manne , et 
trois heures après , de le paître à»r demi-gar^. Si le lende- 
main soir l'oiseau paroît assez robuste , donnez - lui une 
pilule de tribus dans sa curée sèche ; si au contraire il se 
trouve bas et maigre , donnez-lui quelque bonne viande avec 
sa curée , dans laquelle on mettra de la sauge ou de l'ab- 
sinthe. 

Portez ensuite le malade devant le feu ou au soleil, pourvu 
que sa chaleur soit modérée , de peur que l'oiseau assez alerte 
de lui-même , ne s'ébatte vivement et ne s'altère encore plus. 
En le rentrant , placez-le dans un endroit chaud où il n'y ait 
point de vent coulis. La bétoine dans la cure est excellente 
pour purger le cerveau des oiseaux attaqués du rhume. 

La phûusîe, que d'autres appellent mal subit y se forme des 
^humeurs catarrheuses qui tombent dans la mulette, laquelle 
refroidie peu à peu par les humeurs froides et gluantes qui 
s'amassent en cette partie , empêche l'oiseau de faire sa di- 
gestion comme il le doit, quoiqu'il soit toujours affamé ; d'où 
il arrive que le malade baisse insensiblement et meurt , 
n'ayant , comnoe oii dît , que la peau sur les os. Comme 
cette maladie se manifeste communément en automne, et 
qu'elle est très-dangereuse^, il importe beaucoup d'y porter 
iremède le plus tôt possible , et de l'empédier de régner eu 
Jiîver. 



,U F A U 

Le remède conna et usitë en ipareîl cas^ consiste à parger,' 
trois jours de suite , Toiseau malade avec les pilules douces ; 
au quatrième jour on lui donne une piaule de tribus , le soir , 
dans une cure sèche. Lorsque le mal est invétéré , il ne se 
guérira qu^en réitérant plusieurs fois cette pulsation. Le re- 
mède suivant, préconisé par Texpérience et le succès, est 
aussi en grand crédit dans cette cruelle maladie. 

On donne à Toiseau à son past, de jeunes moineaux r^îl se 
peut, ainsi que des pigeonneaux et de petites souris , tons 
vifs s'il est possible. On administre ensuite le lait d'ânesse 
mêlé avec sa nourriture. Dès que les forces et la santé re- 
viennent , il faut donner souvent la purgation dont on vient 
de parler. Prenez ensuite une poignée de chèvrefeuille , de 
langue de bœuf et de la caballine , faites-en une décoction , 
dans laquelle vous jetterez la viande de sa nourriture. U faut 
renouveler cette décoction tous les trois jours , la lui donner 
ni trop cuite , ni trop chaude , de peur de lui faire rendre 
gorge , et la continuer pendant quelque temps. 

La purgeOion des oiseaux. — - La plupart de ces traitemens 

{prescrits par T article de laL-fauconnene^ pour les oiseaux ma- 
ades , étant appuyés , préparés on suivis par des purgations , 
il (est bien essentiel de se mettre au fait de la bonne et saine 
adminbtration de ce remède , pour qu'il réussisse au gré de 
celui qui le donne. Or , dans celte circonstance , il faut , 
avant de procéder aux médicamens, considérer attentivement 
trois points : i.® qael est cet oiseau qu'il s'agit de traiter ; 
a.^ dans quel état il est ; 3.^ la saison dans laquelle on veut le 
purger. 

i.^ Quel est l'oiseau. Est-il formé ou tiercelet, niais ou 
passager , sors ou mué ; faucon^ lanier , gerfaut, sacre on bâ- 
tard ; s'il est pris nouvellement , passager , ou s'il a mué ; si 
vous l'avez récemment tiré de la chamjlïre , ou recouvré de 
quelqu'vm qui l'avoitbien Ou mal traité. Or , les maitres en 
faucormene prescrivent , pour tous ces cas, des méthodes très- 
différentes : il seroit infini de les présenter ici; il suffit d'aver- 
tir le lecteur d'avoir recours aiuc originaux , dans les cas qui 
lui paroitront vraiment embarrassans. 

a.^ En qud état est l'oiseau. Ou U s'agit de le purger pour 
guérir quelque maladie , ou simplement pour la prévenir. 
Dans le premier cas , c'est - à - dire , dans la nécessité , les 
auteurs les plus sages et les plus expérimentés dans l'art , 
veulent que , sans hésiter, Toiseausoit purgé trois ou quatre 
jours de suite ; et au bout d'une dizaine de jours , si la gué— 
rison n'est pas parfaite , ils veulent qu'on réitère les trois ou 
quatre jours de purgation. Mais si l'oiseau a recouvré la 



F AU ,45 

santé f achevez de le pni^et* très-légèremétit une seule fois, 
sans revenir à la chaîne. 

U faut encore faire attention si alors l'oiseau est trop plein^ 
ou trop bas et décharné , ou s'il est en état médiocre^ car 
c'est d'après toutes ces considérations bien appréciées , que 
vous pourrez le traiter et le purger en diverses manières. 11 
va sans dire que la complexion plus ou moins délicate , plus 
ou moins forte , doit faire varier de beaucoup la dose et la 
fréquence du remède. 

3^^ On recommande aussi de faire attention à la saison du 
traitement , surtout à la température froide , chaude ou tem- 
pérée de l'atmosphère ; car on a remarqué qu'un remède ad*- 
ministre fort à propos^ dans tel degré du thermomètre , peut 
devenir nuisible , inutile au moins , dans un degré différent. 

Cette variété dans l'air influe aussi nécessairement sur les 
compositions médicales | à cause du plus ou du moins de force 
et de saveur que l'influence de la saison et les rayons du so- 
leil leur communiquent. Â cet égard, il n'est pas aussi indif- 
férent qu'on pourroit le penser , de voii^ en quel lieu , dans 
quel temps et à quelle exposition ont crû les simples , les 
racines et tous les végétaux que l'on fait entrer dans la cure , 
on de l'oiseau malade , ou de celui que l'on veut toujours 
entretenir en parfaite santé. 

Force et qualîtédeg oiseaux vour la purgatio^. -— Pour né rien 
laisser à désirer sur un article si essentiel à la conservation 
des oisesLiiidefauconnene^ nous plaçons ici une indication rapide 
de la force respective , de la vigiieur de leur constitution , et 
conséquemment du plus ou moins d'activité à donner aux re- 
mèdes purgatifs qu'il est bon ou absolument nécessaire de 
leur faire prendre. 

Le gerfaut niais est , sans contredit , Toiseau le plus robuste 
de tons ceux qu'on destine à chasser la proie ; d'autant miéul 
que les observations lés plus attentives ont démontré que les 
niais y de quelque espèce qu'ils soient, sont toujours de quatre 
degrés plus forts de complexion , et plus en état de supporter 
les pUrgations que les passagers; et ceux-ci pris sors^ plus que 
ceux qui ont mué dans l'état de UAerté ; au point que plus un 
oiseau de proie, a vieilli dans cet état de liberté , plus il est 
délicat et sujet aux infirmités lorsqu'on le forme y à cet âgé, 
aux exercices du vol. 

Dans l'ordre de la force et de la bonne constitution , après 
le gerfaut , vient son tiercelet , que Ton peut égaler au gerfaut 
passager sors; s'il a été pris passager ^ il est un peu moins ro* 
buste. 

Paroit ensuite le sacré ^ qu'il faut traiter comme le tiercelet 
de gerfaut mué. Le lanier niais est au même niveau. Quant au 

XI. lO 



.46 F AU 

sacreij il faut régalèraa lanietàe passage , et le htnéret comme 
le précédent. 

Le plus délicat de tous ces oiseanx est \t faucon niais ^ qu^ii 
faut mettre précisément au rang du ianier^as;5flf«r et du sacreL 
Tut faucon passager^ pris sors , est moins robuste , et moins 
encore lorsqu^ii a mué^ de même que son tiercelet, ^n fau- 
connerie , on se croit fondé d'appliquer à ces derniers oiseaux 
la maxime développée ci-dessus^ par rapport au gerfaut; 
Savoir , que Toiseau ruais est toujours plus fort que le pas^ 
sager , et que plus ils ont joui de la liberté y moins ils sont 
vigoureux; mais ils sont propres à supporter les mixtions 
qu'on a coutume ou qu'on est forcé de leur faire prendre 
dans Tétat de captivité. 

Remède purgatifs i^r, ou de précaution* — Dans la néces-- 
sité où Ton se trouve assez souvent , de purger légèrement 
Toiseau de proie , pour entretenir sa santé , et évacuer lei 
humeurs ^ dont l'accumulation pourroit occasioner quelque 
maladie grave ^ il est bon d'avoir une recette saine et éprou- 
vée. Voici celle que les maîtres en fauconnerie ont consacrée ^ 
après de longues observations sur le bon effet qu'elle ne 
manque jamais de produire sur ces animaux. 

(c Prenez de la conserve de rose en roche, dit le sieur 
M d'Esparron , et la rendez molle en la maniant ; et si elle ne 
M se peut ramollir , mettez-y une goutte d'eau ; et estantdeve- 
« nue maniable comme la cire, aplatissez - la de la grandeur 
K d'un teston , et y mettez, si c'est pour un lanierj dix grains de 
« poivre , rompus; si c'est pour quelque autre oiseau, selon 
(c ce qu'il sera, et comme if vous a été dit ci-dessus , dans Tar- 
er ticle immédiatement précédent, de la qualité àts oiseaux: 
H ajoutez en cela la moitié moins de sel en grain , et non en 
M poudre ; puis enveloppez le tout , et en formez la conserve , 
« en façon d'une cure , que votre oiseau pubse avaler. Cette 
a^ pikde ainsi faite, il vous la faudra garder jusqu'au lende-^ 
« main, pour la laisser sécher, afin qu'elle ne se rompe en 
(c la donnant à l'oiseau. 

» Et la lui faut faire avaler , en le faisant tenir abattu , 
« et la conduire, avec le d^t , dans le gosier , le plus avant 
(C qu'il vous sera ppssibje ; mais surtout gardez qu'elle 
<i ne se rompe , car elle ne feroit nul effet. Je donne toujours 
« à nos oiseaux tme gorgée «d'eau , pour mieux faire avaler 
c ceste pilule. 

. y La lui ayant donnée > une heure après , ou deux au plus, 
« votre oiseau doit rendre sa mulette ; et par ce moyen , il 
« sera fort allégé. Il ne faut oublier de lui donner de l'eaa 
« dans un verre, et lui en faire boire une heure après qu'il aura 
« ridé sa mulette. Cela fait , ne le paissez de trois heures ^ et 



à qu'il n^aitpremièrement ba comme j'ai dit ; car, autrement, 
« il mourroit ; et encore ne lui donnez que trois ou quatre 
« morceaux de viande , bien trempés en Peau. 

» Puis le soir ensuite paissez-le sobrement sans lui donner 
« cure ; et le iendemaià {présentez lui le pain sans faillir: qud 
« si le temps est couvert, présentez-lui de Teau dans un 
« verre....; Il ne liii faut donner la conserve, si ce n*est de 
<r grand matin ^ afin d^ avoir plus de commodité d^ observer 
« ce que j ai dict ; et faut que ce soit en temps frais, s il est 
« possible : si ce n'est qu'il en fust extrêmement besoin ; car 
« alors il faut tout basarder, quelque temps qu'il fasse .» 

Tous ces détails intéressanspour la santéou le soulagement 
des oiseaux, sont suivis, dans Tauteur, d'un avertissement 
qu'il est à propos de transcrire. 

« tie fauconnier sera averti , dît-il , qu'il y a des apotbicaires 
<r qui mettent du jus de limon pour rendre leur conserve 
« plus belle et vendable: telle conserve est fort préjudiciable 
« aux oiseaux, à quoi on doit prendre garde , et y aller con- 

«t sidérément C'est pourquoi il vaut niieux donner de la 

«( mànne... C'est cbose bien assurée que les oiseaux en leur 
(c liberté , d'eux-mesmes se font rendre le double de la mu- 
« lette , en prenant de la terre ou eau salée , ou de petites 
<c pierres au bord de la mer , ou du salpêtre dans la cbambre 
« où ils muent .» 

Le même auteur termine son traité de médecine en fau-^ 
connerie, par des recettes qui doivent ici trouver leur place : 
d'autant mieux qu'il s'agit de remèdes de diverses qualités ^ 
assortis aux circonstances, et qui, se conservant long-temps , 
se trouvent sous la mam lorsqu'on croit en avoir besoin. 

Pilules Blanches et douces pour les oiseaux de complexion 
robuste.'^ On fait les pilules blanches^ en trempant, quelques 
jours , du lard dans de l'eau fraîche : on en prend le plus net^ 
avec autant de ùioelle de bœuf; le tout , fondu peu à peu ^ 
est passé dans un linge blanc, de manière qu'il n'y reste au-: 
cune crasse. Ce qui reste de bien propre, mêlé avec autant 
pesant de sucre candi en poudre , est bien battu , en obser- 
vant que le sucre ne demeure pas au fond ; puis on en forme 
des pilules, déposées dans des boîtes où elles peuvent se gar*- 
der deux ou trois ans , sans cKanger de couleur on se gâter,- 
pourvu qu'elles soient dans un endroit où on ne les touche 
que pour s'en servir. 

Les pilules douces se Ibnt, en mêlant aux blanches un tiers 
de conserve de rose en roche , faite au sucre ; et cette mixtion 
forme des pilules dont il est à propos , hors le cas de néces- 
sité , de n'user qu'en été , afin qu'elles Soient plus fermes il 

don nen ObserVez qu'il faut donner de ce» pilules douces 



tlt F A U 

un tiers moins que des blanches , car elles font beaucoup 
plus d'effet, quoiqu'elles aient la même vertu et les mêmes 
propriétés. 

Pilules pour les sacres et les laniers passagers. — II paroit que 
les oiseaux de cette espèce ont besoin d'un traitement tout 
particulier. Voici la recette qui leur convient: On prend deux 
drachmes de sirop fait avec le sucre et le vinaigre \ mêlez - y 
de la poudre de clou de girbfle , du poids de demy-escu , et au- 
tant de sucre candi , dont on fait une masse. Il faut que 
dans ces pilules il entre les deux tie^rs de sucte , et même 
davantage. 

Elles sont bonnes en hiver, et il faut les donner à Poiseau 
une demi-heure avant le vol, de la grosseur d'un grain de 
blé , et , jamais plus. « Tout fauconnier doit estre adverli , 
« dit le même auteur, de tenir un mortier de marbre ; car 
o j'ai expérimenté que ceux de cuivre et de bronze sont ex- 
« trémement contraires aux oiseaux , mesme la rouille ou 
« moisissure qui s'y engendre .» 

Pilotes de tribus* — - Les pilules communes ou de tribus , dont 
on a souvent parlé dans les recettes précédentes , se font 
de niyrrhe , safran et aloès , mêlés avec du sirop d'absinthe , 
ou de l'eau de plantain; tous, les pharmaciens les connoissent, 
d'autant mieux qu'on en donne aux hommes : « elles sont 
« bonnes en tout temps, hors qu'en esté , n'en donnez qu'aux 
« laniers et aux sacres •» 

Pourfàxre rendre àVoiseau qui a trop mangé.'^Ce dernier ar- 
ticle mérite d'autant plus d'attention , qu'il est assez ordi- 
naire aux oiseaux de proie en captivité , de se livrer à leur 
voracité naturelle , lorsqu^on n'a pas soin de ne leur donner 
queie pur nécessaire. Si l'accident contraire arrive, et que la 
nature seule ne puisse se soulager , on a recours au remède 
fuivant. 

Prenez quinze grains de poivre entiers, cassés chacun en 
deux pièces , et enveloppés dans une peau de poule , ou dans 
une autre peau. A peine l'oiseau aura-t-il avalé cette mixtion, 
que vous le verrez rendre sans aucun danger. S'il est déli- 
cat , ce sera assez de douze grains, et proportionnant tou- 
jours la dose à ses forces, il convient de s'en tenir , en pa- 
reille occurrence , à ce remède ;,car la plupart des autres*qui 
se pratiquent pour faire rendre l'oiseau , ne manquent pas de 
le dégoûter , étant tous composés d' aloès , d'alun , de chéli^ 
doine , d'antimoine et de vitriol. 

L'art de la fauconnerie ayant observé tous les accîdens et 
toutes les suites fâcheuses auxquelles la mue , mal absolu- 
ment inévitable , expose les oiseaux de proie , a pris un soin 
particulier de veiller à leur soulagement en cet état , et il nou 



F A U ,4, 

a laissé àe savans préceptes pour leur traitement avant, pen* 
dant et après ta maladie. , 

TraâemèntaQant la mu«.*— Lorsque vous tous apercevrez que 
Toiseau est arrivé à Tépoque de la mue , ou qu'il commence 
à en éprouver \hs premiers symptômes, hâtez-vous de Taîder 
et de favoriser la crise de la nature. Pour cela, allez aux lieux 
où Ton tue les moutons , au mois de mal ou juin ; prenez les 
glandes que ces animaux ont sous l'oreille , à Fextrémité de 
la mâchoire , et qui sont il peu près de la grosseur d'une 
amande ; emportez -«en dix ou douze ; faites ">kfr hacher avec 
la nourriture de l'oiseau , et tâchez qu'il prenne le tout ; si 
Tamertume naturelle de ces glandes rebutoitToiseau, tâchez 
d'y mêler quelque ingrédient qui adoucisse ce mélange. 
Observez que quand le malade commencera à muer vérita- 
blement , et à perdre ses plumes , il faut bien se garder de 
continuer le remède , mais le cesser snr-le champ; car il fe- 
roit aussi bien perdre les nouvelles plumes que les vieilles. 
Un ancien auteur cité par le seigneur de Franchières , 
donne, k ce même sujet, un autre remède. Faites bouillir les 
tronçons d'une couleuvre, dans un pot neuf plein d'eau; faites, 
tremper dans cette eau refroidie des grains de froment; 
nourrissez de grain quelques pigeons ou tourterelles , et sem* 
blables oiseaux, et vous en paîtrez l'oiseau, dont la mue , à 
ce moment , lente et pénible , prendra bientôt un caractère 
d'amélioration et de salubrité qui sauvera le malade. 

Si c'est UB faucon dont la mue ait peine à fournir son 
cours, faites griller au four, jusqu'à la réduction en poudre^ 
des chauve-souris ; mêlez cette poudre à la nourriture ordi- 
naire de l'oiseau , qui ne tardera pas à en éprouver le meil-^ 
leur effet. 

Traitement pendant lé mut. •^ «< Si vous voulez , dit l'auteur 
)» que l'on vieùt de citer , avoir bonne entrée et bonne issue 
» de la mue de votre oiseau, advisez premièrement à ce que , 
» entrant en la mue , il soit hautgcz& et en bon point, et au 
)» surplus très^bîen purgé et curé avant d'y entrer.*... Aussi 
i> étant en la mue , il le vous faut paistre de bonnes chairs, 
*» comme depetjt poulets^ et antres semblables, boa past vif 
>> qui soit bx2^tif. îïe faillez semblablementde lui bâiller l'eau 
¥ deux ou trois fois la semaine : pour ce qu'il en pourroii 
boire aucune fois , et par ce moyen se descharger des 
humeurs >du corps et des rhumes de la teste : et s'il s'y 
baigne ^ le pennage ea sera meilleur et plus beau. Yous 
pourrez aussi, à la fois ^ faire past de rats et souris grand» 
et petits , qui sont laxatifs : et surtout les faudra, tenir en 
lieu propre, honneste et net .» 
Traitement agrèsla mue. — Suivant Tancien auteurcitépar de 



» 



,5q F A U 

Frapchtères, lorsqu^on lioe les faucons de la mue',* s^ils son| 
hauts et gras , il faut se garder de les porter sans chaperon ; 
car dès quUls sentent Taîr, le soleil et le vent , ils s^ebattent 
vivement ; s^échauffant et aussitôt se refroidissant , ils ris- 
quent de tomber en quelque maladie grave. Gouvernez -les 
donc doucement , modérez leur ardeur , nç leur donnez 
pendant quelque temps que de la chair lavée , et à gorge rair 
sonrMhle^ 

Si après la mue Toiseau dégoûté ne montroit que peu d^apr 

f^étit , ou qu'il le perdit entièrement , il faut prepdre de X^- 
oès en poudre , le mêler avec du jus de rhubarbe ; et après 
lui en avoir fait prendre une pilule , le tenir sur le poing 
jusqu'à ce qu'il soit bien purgé ; ne lui donner de nourriture 
qu après midi , et alors lui fournir quelque bon past vif s^il est 
possi))le. Le lendemain donnez-lui à manger d'une poule , 
ensuite leau et le bain. 

Des écrivains également estimés disent que lorsque Toiseau 
est hors de mue , u est bien à propos de laver sa chair , et lui 
en donner petit à petit, plus ou moins, selon Tapparence de 
son appétit. Il faut, dans les premiers jours, ne le nourrir 
que d'alimens laxatifs, afin de tenir le ventre libre. Ce pro- 
cédé est d'ailleurs excellent pour un peu rabattre la fierté que 
l'oiseau a coutume de manifester, lorsqu'il est heureusement 
sorti de l'abattement de la mue ; on ajoute même qu'il faut 
continuer à faire usage du chaperon, le porter au poing , ne 
lui permettre le vol que douze ou quinze jours après la sor- 
tie de la mue , et après l'avoir purgé de nouveau à cettc^ 
époque. La meilleure purgation alors est celle dont il a été 
parlé plus haut , composée de lard , moelle de bœuf et sucre ^ 
en y mêlant pour ce moment un peu d'aloès , çn se souve- 
nant de les porter devant le feu ou au soleil , le jour qu'ils aur 
ront pris ce remède , et ne les paître que deux ou trois heures 
après , ensuite, les nourrir de volaille où de mouton. 

Observation sur tes diffirentes manières défaire muer les oiseauiV. 
— Totis les oiseaux muent communément de quatre façons : 
I.® en liberté dans la chambre , dans laquelle il faut qu'il y^ 
ait une fenêtre vers le soleil levant \ a.<^ sur le billot ou sur 
la perche, en les tenant couverts durant le jour, et la nuit de 
même, s'il en est besoin ; 3.<> dans une chambre avec une toile 
devant la fenêtre ^ pour leur dérober la vue de la campagne, 
dont l'aspect et le désir de la jouissance pourroiènt les ex- 
citer à s6 débattre ; 4*^ en les laissant aller aux champs , et 
revenir toujours prendre le past à la maison à laquelle ils sont 
accoutumés. 

La première façon convient aux oiseaux niais , de quelque 
espèce qu'ils soient; la seconde est pour les oiseaux passa- 



F A U ,St 

fen^ plus fiers et moins souples ; la troisième est pour les 
oiseaux doués de peu de patience et qui s^agitçnt trop; 1^ 
quatrième pour ceux qui sont plus doux , et montrent moin^ 
d'ardeur et de courage. 

£n usant de la première méthode , on doit toujours tenir 
un bassin d'eau fraîche dans la chamhre , et tout auprès éle^ 
rer une niasse de gazons de quatre pieds en tous sens , et 
arroser ce gazon de Veau du bassin que Ton renouvellera 
tous les jours ; il est même à propos de répandre sur cette 
terre quelques cailloux ^ surtout de ceux que l'on troure dans 
le sel. 

Quant aux oiseaux mués sur le billot ou sur la perche et 
couverts, il faut, vers les trois heures , au plus chaud du jour, 
leur mettre un linge mouillé çu^ les mains , et les asperger 
d'eau , de huit en huit Jours; ce qui doit se pratiquer dans 
l'obscurité , afin que 1 oiseau pense recevoir de Fean de 
pluie. 

On a remarqué tn faucormaie ^ comme un principe qui ne 
souffre aucune exception , que les oiseaux qui dès le moment 
de la naissance sont nourris en pays froid et dans les grandes 
montagnes , muent de meilleure heure que ne font ceux qui 
sont pris vers les côtes de la mer ^ au midi ou au levant ; et 
que plus leur aire est en région froide, plus tôt ils se hâtent de 
muer, lorsqu' ensuite ils sont élevés en pays chauds. 

Aussi voit' on que les montagnards portés en pays chauds, 
commencent la mue entre mars et avril. I<a raison en est que 
dans cette saison ib éprouvent précisément le degré de cha- 
leur qu'ik ressentiroient en leur pays natal, aux mois de juillet 
et août ; et voilà ce qui les &it muer de si bonne heure « 
comme l'expérience le fait voir : ainsi les gerfauts muent bien 
plus tôt et plus aisément que \^s sacres et tous les oiseaux nés 
dans les répons chaudes. 

Maladies des oiseaux de proie ,' dont le principe est externe. -*- 
Indépendamment des différentes maladies et de la multitude 
des accidens qui attaquent la santé de ces oiseaux, et dont le 
germe est intérieur, us sont conUnueilement exposés à reve- 
nir du vol , victimes trop ardentes d'un essor poussé jusqu'à 
l'excès, et qui altère l'organisation extérieure, ou, combattans 
intrépides , couverts de blessures honorables. 

L'un et l'autre de ces spectacles doit vivement toucher le 
maître pour lequel un serviteur zélé n'a pas craint de s'expo- 
ser à tous ces dangers ; et quand ces oiseaux ne seroient à la 
fin accablés que sous le poids des ans et des services , inva- 
lides vieilKs dans la carrière pénible du vol et des combats ^ 
ne doivent-ils pas s'attendre à trouver en toutes occasions les 
çt^cQursf dont ib ont besoin , chca un maître dont ils ont si 



.5, F A U 

souvent procuré ramuftement et les plus ylTes jouissances? La 
uratique de ces sentimens de commisération est d^autant plus 
Ucile , que les traités de fauconnerie abondent en méthodes 
curaiives , assorties à tous les accidens dont ces animaux 
peuvent avoir à souffrir. 

Sans prétendre ouvrir ici une école de chirurgie ^ où tous 
les cas soient prévus , discutés , où Ton trouve Tindication 
de tous les procédés appropriés à la guérison des blessures de 
Toiseau de proie, nous allons parcourir avec intérêt le tableau 
lies opérations les plus essentielles , nécessaires pour remé-^ 
dier aux fractures et aux autres maux provenant d^ule cause 
£Xteme , auxquels i^^est exposé. 

Prindpes gênéraua^ pour la guérison des' plaies de i^ofseau de 
proie. — Avant d'entrer dans Tes détails , il est ettrémement 
important de s'arrêter d'abord à la considération d'un prin-f 
cîpe général. Ne prenez aucun parti sans être bien informé 
si la blessure de l'oiseau vient ou non des serres de Taigie , ou 
du bec d'un héron ; car la serre du premier et le bec du se- 
cond portent toujours du venin dans la plaie ^ et alors c'est 
là principalement que le remède doit agir , et c'est vers ce 
point pnncipal qu^l (aut diriger sa vertu ; et observez bien 
que toutes les onctions , toute application des corps gras eo 

f pareille occasion , sont très-préjudiciables au plumage de 
'oiseau , qu'il est si essentiel de conserver toujours le plus 
intact que possible , pour favoriser l'action du vol et le& 
moyens de la>défense. 

. Dès que vous êtes instruit qu'un des deux oiseaux dont je 
viens de parler a blessé le vôtre , et qu une lotion de vin blanc, 
surtout , vous, a découvert le lieu de la plaie, purifiez-la avec 
l'eau distillée de bouts de branches de chêne , dont vous de-^ 
vez toujours avoir des fioles préparées au mois de mai ; car^ 
alors ces extrémités sont tendres et plus propres à la distilla- 
tion. Cette eau est d'autan^ plus précieuse, qu'indispensable 
pour les blessures de la nature de celles dont op vient d'indi--. 
quer la cause , elle convient également à toutes , de quelque 
cause qu'elles puissent procéder. Au défaut de cette eau, la 
décoction du gland ou la poudre de l'écorce du çhên$ , peun 
Yent être utilement employées. 

Sang dans la gorae ou dans le bec, — Si Poiseau a reçu queK 
que coup qui lui tasse reridre le sang par la gorge ou par le 
bec , prenez une vingtaine de glands de chêne , et une poi- 
gnée de plantain ou de centlnode ; faites bouillir le tout dansL 
une pintjé d'eau ; lorsqu'elle est réduite au tiers , jetez-y dewc 
onces de manne , et la moitié de terre sigillée , et donnez- 
en à l'oiseau avec son past : ou bien^ prenez deux drachmes de 
çQr^il rouge , deux d'aml)rç , et deux de corne 4e cerf « eA 



' F A U ,S3 

^Btant de terre sigillée > avec deux drachmes de muniie, et 
mettez de cette poudre sur la nourriture de Toiseau, 

Blessure accasionée par quelque coup, -— Voici dari, cette 
occasion la recette du docteur Jean de Franchières , grand- 
r rieur d^ Aquitaine , nn des plus célèbres fauponniers du 
sixième siècle : « Prenez de Therbe vulgairement appelée 
« pied de colamb , autrement herbe rohert , et Payant pilée avec 
*f un mortier , exprimez-en le jus ; puis fait , prenez Toiseau, 
f et sa plaie visitez ; et si le coup est grand et neir à Fen- 
i( tour î et néanmoins il n'y ait pas grand pertuis , en faudra 
fc faire Touverture plus grande > ainsi qù ou le verra être 
« besoin , et dedans ladite plaie mettre du jus de Therbe su»^ 
« dite f et dessus icelle, puis après en appliquer le marc en for« 
« me de cataplasme, etle banderbien mignonnement , et puis 
« n'y toucher de vingt-quatre heures. Aussi doit être le tau-* 
•r connier, averti d'atracher les plumes de l'entour de la plaie, 
« en temps quUl les verra (aire nuance et empêchement à 
y Tapplication du médicament. Or a ladite herbe robert 
« telle vertu que la plaie à laquelle est appliquée en la ma- 
« fiière susdite , n'apostume point, qui est un admirable soa« 
« lagement pour les oiseaux. 

» Toutes fois au défaut de pouvoir recouvrer de cette herbe 
« à& pied de Colomb en sa 'verdure, et conséquemment du jus 
m d'icelle, prendra la peine le fauconnier d'en avoir de la 
fr sèche en poudre 9 et d'icelle poudre, se pourra aider, ne 
« plus ne moins que du jus , appliquant Tun et l'autre {remède^ 
V à son aisance et commodité à la plate ^ parla forme ci-des* 
« sus indiquée, après avoir néanmoiias bien nettoyé et lavé 
« ladite plaie de vin blanc; car Fun des grands secrets et 
« moyens de bien guérir F oiseau blessé, est de bien tenir 
ff toujours la plaie nette ,» 

OatgleTQmjm, -*^ Ou l'oiseau a perdu Fongle entier , ou seu- 
lement une partie : dans le premier cas, c'est-à-dire, ^'il a 
tout perdu, et qu'il n'ait que le petit tepdon ou cartilage 
intérieur, il faut prendre du cuir mince, en faire «in doigtier 
à l'oiseau, que l'on emplit de graisse de poule, et le dçdans de 
\ orteil au doigt , dont 1 ongle est perdu ? ep attachant adroite- 
ment ce doigtier ii la jambe de l'oiseau, ayeçdf petite^ cour- 
roies du même cuir, et le renouvelai^t de deux en deux jours 
jusqu'à ce qu^il ait fait revenir Fongle. 

Dans le second cas, c'est-à-^ire^ si Fongle est seulement 
rompu et le bout emporté , de manière qu'il en reste encore 
assez , il faudra oindre ce reste de graisse de serpent , ce qui 
fera revenir et croître insensiblement cet ongle , au poiatqu^au 
tout de quelques jours l'oiseau pourra s^en senfir copame des 
autres* ' 



,i54 F A U 

Lonrqae l'ongle est foibkment séparé de la chair , ef qne U 
plaie est sanglante, prenez do sang - dragon en poudre ^ 
mettez^le sur la plaie, et sur-le-champ le sang sera étanché. Si 
à la suite de la blessure il sunrenoit quelque enflure , il faut 
Toindre de graisse de poule, et la tumeur ne tardera pas 
à disparoître. 

Ri^ifiure de ht euisse et de la jambe, «— Prenez une jeune 
branche de pin , de la grosseur du petit doiçt ; fendez-eq 
Técoroe en deux éclisses pour faire tenir droit le menodbre 
malade ; faites ensuite un emplâtre de bol d'Arménie , de 
/«ang - dragon et de glaire d^œuf ; appliquez-le sur la partie 
offensée de manière que le handage ne soit pas levé avant 
treate jours^. A cette époque on peut relâcher peu à peu ces 
éclisses, sans les ôter entièrement que dix jours après; alors, 
c^ est-à-dire au bout de cette quarantaine, Toiseau doit être 
gnérî. 

Observez que, pourPempécherde se débattre pendant tout ^ 
ce temps , il est à propos de le tenir en lieu o|)scur , qui ne 
soit ni froid ni humide. Si la rupture est au-dessus du genou, 
et si haut, qu^on ne puisse que difficilement appliquer les 
éclisses , n'en concevez aucune inquiétude ; le cataplasme , 
Ixé du mieux qu'on pourra, fera son effet, et la guérison 
Sr^opërera. 

Rupture de VaMt. -— Si Toiseau a Taile rompue à Tune Aes 

jointures, elle est perdue, et iln 'y a point de remède. Si la bles^ 

sinre est dans une autre partie du membre , on peut la guérîn 

w Tondez premièreinient tout autour de la blessure ,' dit le 

^ sîeur d'Esparron , et coupez toutes les plumes phis proches ; 

• puis redressant bien raîie en son lieu , prenez des pièces 
^ d'écorce de pin , des phis jeunes branches , et de celles qur 
V sont de la grosseur du petit doigt , et accommodez ces deux 
^ pièces d^éoorce en liant bien Taile au milieu d'îcelies, le. 

• mieux qu'il se pourra; après appliquen^lui un emplâtre, 
m ( comme dans VarUcle ùfnrnédiatemertl 'précédent ) ; >stani 
o guarry du tout, vous lui ferez une estuve pour ramollir ses 
m nerfs, comme s'ensuit. 

ft Remplissez un pot de terre tout neuf, du meilleur vin 
«e que vous pourrez trouver ; puis mettez avec ce vin une poî- 
« gnée de roses sèches , et autant de son de froment , et une 
m quatrième partie dé ppudre de myrte ; après , couvrez le 
<r pot avec de grosse toile, laquelle vous enduirez de paste ou 
« d 'argile , en ùiçon que ceste toile ne brûle point ; puis faites 
«f ainsi bouillir le tout dans ce p6t,'durant une bonne heure,, 
•e après laquelle vous osterez du feu, et y ferez un troupar- 
n dessus, au milieu de la toile; et en abattant vostreois)ean, 
« tenez-le en sorte qu'il en reçoive la fumée à Tcndrorct de 



PAU ,55 

-p la blessure. Cette estcnre réitérée dinsi trois fois, lu! profi- 
« tera beaucoup. Cependant, soyez soigneux de le tenir ei| 
« lieu chaud, attendant que le temps de muer soit venu; car 
f( après la mue , il rolera comme auparavant. » 

U^aiie démise. — • Lorsque Toiseau se sera démis Taile , ou en 
volant avec trop d^efForts, ou en frappant trop vivement 
sur sa proie , hâtez-vous de le traiter comme il suit : Prenes 
^vec douceur Toiseau bles^^, et rçmetle^ légèrement Taile à 
sa place ; appliquez ensuite à Tendroit malade un cataplasme 
de sanjg ^ dragon , et bol arménien , comme celui dorU Qit a 
parié çi-dessus ; ce cataplasme doit rester appliqué trois ou 
quatre jours. On doit avoir soin de couper en petits morceaux 
la chair qu on lui destiqe , afin qu'en mangeant il ne fasse 
aucun effort qui puisse déranger le bandage qui retient Yttù^ 
plâtre. 

Notice de quelques auteurs gui ont écrit sur la fauconnerie. 
A la si^ite de ceax dont on a parlé au commencement de Tar- 
ticle général, et qui se sont rendus célèbres ext cette matière^, 
il faut pfaçer : 

i.^ Guillaume Tard^y daPuy en Yelai. Ainsi que tous |es 
maîtres de Tart, il défend expressément de donner à aucun 
oiseau de proie de la chair d'un animal en rut; quelque peu 
vraisemblable que soit le danger d^une pareille nourriture , 
il seroit curieux d'en vérifier la réalité, et de lever tou^ç^ 
espèce de doute à cet égard. 

2.^ Arletouche de Alagona, Ce qui appartient ^P propre à 
cet écrivain , c'est qu'il divise les dilTérentes^ sortes de chairs 
pour les oiseaux de proie, en bonnes ^ restauratives , laxati-;: 
ves et pernicieuses ; selon lui, les bonnes sont celles de vache , 
porc , mouton , lièvre , toute chair sauvage , excepté le cerf 
et le sanglier : les restaurantes sont celles d^oies , de canes , de 
chevreaux, de souris, de faisan , de perdrix , et de volaille ei^ 
général : la chair de poulet, le poulmen et le foie de porc, 
sont laa^atioes ; les pernicieuses sont celles de sarcelle , de corr 
moraq, de chouette , de corbeau et de corneille. 

3*° M. Leroi^ lieutenant des chasses du parc de Versailles ^ 
et qui a fourni l'article sur l'art de la fauconnerie, dans la 
première édition de V Encyclopédie, s. et v.) 
' FAUCONNIER. Celui qui instruit et soigne les faucons 
et les autres oiseaux de proie , que l'on élève pour la chasse. 
On l'appelle auUmrsier^ lorsqu'il est spécialement chargé du 
soin des autours. V. pAUCOiï et Épervieu- Autour, (s.) 

FAUFËL. Nom indien de la noix d^arek ou caieéhu. V. 
Arec, (b.) 
' F AULJB AUM, Nom donné par les Allemands à la Bour^ 
pèîiE, au Merisier 1 grappe, à I'Obier et auTRoài^E. (tH.) 



r 



tS^ IF A U 

FAULBEERE. F. Fauliaum. (ln.) 

FAULE. Nom allemand qui désire U Carie qmatu^ 
quiç le9 grains, (ln.) 

FAULESCHE. C'est le T&ew ble^ en Allemagne.. (£M.> 

FAULGRETHE. La Berle à feuilles en faux {smm. 
fàlearia') et la Petit? Cigue (^at&usa cynapium ) sont ainsi 
gommées en Allemagne, (ln.) 

r FAULWEIDE« C'est, en Allemagne, une espèce de* 
&hVi.fL(^sûUoDpentandra). (W,) 

FAULX. Instrument ou grande lame qui sert à Faucher.. 

(s.) 

FAULX. V. au mot CÉW)le. (b.) 

FAUNE. C*ëloît un dieu champêtre de Pancienne mytho- 
logie. H habitoîties bois, se plaîsoit à fréquenter te rocher 
solitaire et à se désaltérer dans les fontaines mousseuses. Il 
étoit fils de Mercure et de la Nuit. Les satyres^ les sylvains, 
les nymphes avoîent aussi les mêmes parens. Les faunes 
ëtoient représentés comme des hommes avec des pieds de chè- 
vre, un aspect sauvage ^t approchant du bouc, il parott que 
ces dieux fabuleux avoient été introduits par les Egyptiens qut 
honoroient les singes et les cercopithèques. Qu^est-ce en effet 
que les satyres 9 les égipans , les sphinx , les onocentaures 9. 
sinon des pithèques, des magots, des chimpanzés, des papions^ 
des singes cynocéphales? Aujourd'hui le smge malbrouk porte 
le nom de sîmiafaunus y Linn. Comme Thistoire naturelle des. 
plantes d'un pays se nomme une Flore , Linnaeus appelle une 
Faune l'histoire naturelle de ces animaux. Nous avons des 
flores d'un grand nombre de contrées, mais peu de faunes^ 

Selon les anciens , ces dieux champêtres qu'ils nommoîent 
faunes et satyres, étoient très-lascifs et pétulans. Ils indiquoient 
sous cette allégorie , la fécondité et les perpétuelles généra-- 
tions de la naturç. Ces dieux chantoient, exécutoient des Cêtes. 
Rustiques , charmoient les bois des accens de leurs flûtes , et 
poursuivoient les naïades dans leurs roseaux, les dryades dans 
les bocages touffus. C'étoient de$ emblèmes frappans de l'a- 
ifiour qu'inspirent les campagnes dans les beaux jours, et des. 
charmes dont elles s'embellissent. C'est ainsi que les anciens 
étudioient l'histoire naturelle ; ils la remplissoient des agréa- 
blés mensonges de la mythologie, et cherchoient moins à dis- 
séquer en détail les objets de la nature ^ qu'à s'enivrer des 
sentimens que leur aspect inspîroit à leurs cœurs; ils savoient 
moins , mais ils jouissoient davantage, (yirey.) 

FAUNE. Nom donné à un papiÙon^ par Esper et Fabrî^^ 
çius, et qui paroît être YavQfihfié à!lLxkigt2îVAt\\t \J?apilloiKS, 
4'Europe ). V. SaTXI^E. (L.) 



F A U ï5y 

FAUNE, Fournis. Genre de coquiUes établi par Daude- 
bard , dans le voisinage des Vis. Ses caractères sont : coquille 
libre , uniralvé, turriculée ; spire régulière, aiguë ; ouverture 
semilunaire ; coiumelie lisse , arquée j soudée , dans le baut j 
k la lèvre extérieure qui est tranchante et terminée par une 
légère dentelure ; base échancrée. 

LA seule espèce i]ui constitue ce genre a trois pouces de 
long. Sa couleur est un noir de jayet £Ue parott fluviirtile^ 
mais son pays natal n'est pas connu, (b.) 

FAUSSE-AIGUE-MARINE. Variété de chaut fluàtéfc 
transparente , d'un bleu verdâtre ou d'un vertUenâtre pâle , 
cristallisée ou amorphe, (luc) 

FAUSSE AILE DE PAPILLON. Noià marchand d'uA 
côoe ( conus gennanus), (desM.) 

FAUSSE-AMETHYSTE, spatfa.fluor violet. Le spa 
fluor vert est uneyâù55é; émeraude; le bleu; un faux saphir; le 
laune^ une fausse topaze j etc. V. Chaux flûatée et Spath 
FLUOR, (pat.) 

FAUSSE-BRANC-URSINE. C'est la BeAge. (b.) 

FAUSSE-CANNELLE. C'est le Laurier cassïe. (b.) 

FAUSSE -CHÉLIDOINE. Nom très-impropre qtfo* 
donne à de petites calcédoines lenticulaires qu'on trouve dans 
un ruisseau , près de Sassenage en Dauphiné : on les nomme 
SMSsi pierres d'hirondelles, (pat.) '^ 

* FAUSSE- CHRYSOLITHE. Quarz hyalin de couleur 
jaune verdâtre j que l'on a nommé aussi fausse topaze d'oa 
jaune verdâtre. (luc«) 

FAUSSE-COLOQUINTE. Espèce de Courge, (b,)' 

FAUSSE-ÉBÈNE. C'est le Cytise Mai Alpes, (b.) 

FAUSSE-GALÈNE. On donne ce nom à une vatiétf dé 
blende qui a de la ressembîance avec/la galène ; mais ôît la 
distingue facilement en so;tfflaiit dessus : la Mende se ternit , 
ce que ne fait pas la galène. V. Zinc sulfuré, (pat.) 

FAUSSE-GALLE. V. au mot Galle, (b-.) 

FAUSSE-GUIMAUVE. C'est FAbutilou. (b.) 
FAUSSE-HYACINTHE. Quarz transparent, de cou- 
leur }aune-rous!;âtre. (Ltrc.) 
FAUSSE-IRIS. Voyez Morée de la Chine, (b.) 

FAUSSE-IYETTE. C'est une GEUiAifDRiE {teucnum 
pseudo-^hamœpyiis , L. ). (l?ï.) 

FAUSSE*LINOTTE. V. FAtTVETTfi<BmBE£éE. (t.) 
FAUSSE - LYSIMACHIE. C'est I'Epilobe à feniUes 

étroites, (lt^.) 
FAÛSSE-MALACHITE. Nom très^impropre donné au 

jaspe oert. (PAT.) 



r 



*5* F A tJ 

FAUSSE-MUSIQUE; C'est une variété de la VoliJte 

IIUSIQVE {pol. mufica), (desm.) 
FAUSSï^ORANGE. Espèce de Courge jaune, (b.) 
FAUSSE ORONGE. C'est un agaric très- vénéneux, et 

qui a beaucoup de ressemblante avec TAgaric oronge 

VRAIE. (nESM.) 

FAUSSE -OREILLE DE MIDAS. C'est le Buume 

BOUCHE ROSE (^ bulimus roseus). (desm.) > 

FAUSSE -POIRE ou Çougourdette. Variété de la 
'Courge, (ln.) 

FAUSSE-PRASE. F. Praseh et Quarz. (luc.) 

FAUSSE-RÉGLISSE. C'est un Astragale ( Asiragahis 
ffyd/OiyUàs). (LN.) 

FAUSSE-RHUBARBE. C'est le Pigamon des prés. 
Dans le& colonies françaises, c'est le Royog^ et le Piga- 

HONTUBÉREUX, L. (B.) 

FAUSSE-ROSE DES SAULES. Des auteurs appellent 
ainsi une monstruosité que l'on observe quelquefois sur des 
tiges du saule, ou au bout de ses branches* C^est un assem- 
blage de feuilles imitant grossièrement , par leur nombre et 
leur disposition, une fleur de rose; cette production, qui ne 
se voit que dans les endroits où il y a eu un bouton, est pro-> 
bablement occasionée par la piqûre de quelques insectes , 
qui modifie la direction des sucs de l'arbre et les fait passer 
•en plus grande abondance en cette partie. Elle est pour l'i- 
gnorant un présage de malheurs, (b.) 

FAUSSE-SAUGE DES BOIS. C'est une Germandréb 
( ieucrium scorodorda , L.). (ln.) 

FAUSSE-SÇALATA. C'est une coquille unîvalve du 
gjenre turbo de Linnaeus. C'estson Turbo claihrus , qui sert de 
type à. un genre particulier. V. Scalaire, (besm.) 

FAUSSE- SENILLE. C'est la Renouée (^pqfygonum 
officulare^ Linn. ). (ln.) 

FAUSSE-TEIGNE. Nom donné par Réaumur à des 
chenilles qui, à la manière de celles des teignes proprement 
dites , vivent dans des fourreaux qu'elles se sont construits , 
nfiais fixes. V. TinéïIe , Aglosse , Gallérie. (l.) 

FAUSSE-THIARE. C'est le nom d'une coquille d'caù 
douce. C'est le Strombus palusiris Lînn. (desm.) 

FAUSSE-TINNE DE BEURRE. C'est un cône ( cmus 
glaucusy (desm.) 

FAUSSE-TOPAZE. F. plus haut Fausse-Chrysolithe 
et Quarz. (luc.) 

FAUSSES - NAGEOIRES ou Nageoires adipeuses. 
On donne ce nom à des appendices de la peau remplis de 
graisse, et non supportés par des arêtes , que l'on remarque 



F A U ,59 

sur la ligne dorsale de certains poissons, et notamment de 
ceux du genre Salmone. (desm.) 

FAUSSES-CHENILLES. On a ainsi nommé les larves 
des ténàirèdâs de Linn^us , à cause de leur grande ressemblance 
avec les véritables chenilles : elles diffèrent de celles-ci par 
leurs pattes membraneuses , qui n'ont pas de crochets, et dont 
le nombre est au-dessus de dix, ou qui manquent tout-à« 
fait. (L.) 

FAUSSES-PLANTES MARINES^. Ce sont lesdîvenès 
espèces de productions polypeuses, que les anciens natura- 
listes prenoient pour àes végétaux , à raison de leur fonne 
branchue. F. PoLYPiEa, CoaAiL , Gk>aGON£ , Antipaxbe 
CoRALUiïE^ Seatclaire, Flustrs, etc. (b.) 

FAUSSES-PLANTES PARASITES. Cesont des plain 
tes que les circonstances font quelquefois croître sur les ar-« 
breSf mais qui viennent ordinairement sur la terre: ce sont 
encore les plantes grimpantes qui s'attachent au corps des 
arbres , «ans pour cela vivre à leurs dépens, comme le lierre*. 

(B.) 
FAUSSES-TRACHEES. V. Trachées et Arbre. Tb) 

FAUVE, BETE FAUVE. Dénomination que les chas- 
seurs appliquent an cerf^ an daim et au chwrtuU, (s.) 

F ATJY £. Dans VHisi. rua. des Antilles , par LouviiUers de 
Poincy-, on trouve, sous la dénomination de fauve, Tindi- 
ication d^nn oiseau à.pieds palmés, qui paroît être le^ji. (s.) 

FAUVE. Poisson du genre Labre, (b.) 

FAUVETTE,-S/i^îa,Lath.,jiiotoc^ Linn. G^nredelor- 
dre des oiseaux sylvains, et de la famille des chanteurs. V. ces 
mots* Caractères: bec grêle, subulé, à base un peu comprimée, 
chez les uns, un peu déprimée chez les autres, rarement toot-à- 
(ait droit, toujours étroità son extrémité; mandibule supérieure 
entière on échancrée vers le bout, le plus souvent fléchie à 
la pointe; Tinférieure droite; narines garnies en dessus d'une 
membrane , ^ ouverture de diverses formes , oblongue , li- 
néaire oulunulée; langue cartilagineuse, lacérée à la pointe; 
bouche ciliée; ailes à penne bâtarde courte chez le plus grand 
nombre; rémiges les plus longues, variables ; les ^i.^^^ et a.« 
chez les unes, les a.* et 3.* chez les autres , les 3.* et J^.^ chez 
plusieurs ; quatre doigts , trois devant , un derrière ; les exté* 
rieurs sondés à la base, Tinteme totalement .libre. Ce genre 
est divisé en deux sections : la iJ^ se compose des espèces 




approches de cette saison où les arbres dépouillés de feuilles et 
de fruits y les insectes morts ou engourdis, les privent de leur< 



,6o F A U 

Dourritiire habituelle ; mais dès qae les flears commenceQt 
à s^épanouir , que les bocages se coarrent d'une naissante 
rerdure, et offrent de tendres alimens h des milliers de petits 
animaux, la nombreuse famille àtsfaweties reparoît et se dis-* 
perse dans nos campagnes; plusieurs se fixent dans nos jardins 
et nos bosquets; d^autres préfèrent la lisière des taillis on Té* 

Ïiaisseur des bois; quelques-unes ne se plaisent que dans des 
ieux aquatiques, où elles établissent leur domicUe d^amour; 
toutes animent les endroits qu'elles habitent , par la gahé de 
leurs chansons, la variété, la vivacité de leurs mouvemens , 
leurs jeux et leurs combats amoureux. 

Parmi ces oiseaux , les uns ne vivent que d'insectes ; d'au- 
tres y joignent les baies et les fruits succuleiis. Lorsqu'ils se 
nourrissent de raisins , de figues , de mûres , ils deviennent 
grias, et ont la chair presque aussi savoureuse que le bec-Jigue^ 
ee qui les fait confondre avec lui dans nos contrées méridiona- 
les. Les bosquets , les buissons , les halliers sont les endroits 
que la plupart choisissent pour y établir leur nid , tandis que 
d'autres préfèrent les joncs et les roseaux; les culs-muges 
confient leur progéniture k des trous de muraille , de rocher 
ou d'arbre ; les pouiilots nichent à terre et donnent ai leur 
nid la forme d'un petit four. Leur ponte ne se compose , chez 
le plus grand nombre, que de quatre à cinq œufs, et de six 
à huit chez les pouiilots. 

Tous les ornithologistes se récrient avec raison , contre la 
difficulté de débrouiller la nomenclature des fauvettes et des 
pouiilots d'Europe , difficulté bien surprenante quand il s'agit 
d^oiseauxqui habitent parmi nous; mais elle cesse néanmoins 
de l'étrepour celui qui s'est assuré des erreurs qui fourmillent 
dans la plupart de leurs descriptions et de leur synonymie. 
En effet , des auteurs ont divisé ce qu'dli devroit réunir, tan-*, 
dis que d'autres ont réuni ce qu'il falloit diviser; presque tou- 
tes les figures de ces oiseaux^ publiées jusqu'à ce jour, ont 
encore contribué à t'etnbarras ob l'on se trouve; car, ou elles 
sont défectueuses ^ ou il en est parmi les plus fidèles,' qu'on 
ne trouve pas d'accord soit avec le texte, soit avec fe syno-^ 
nyme. Linnseus , le guide de presque tous les naturalistes , à 
quelquefois occasioné des méprises en indiquant dès carac- 
tères spécifiques d^unc manière insuffisante ou Susceptibles 
d'être appliqués à des espèces différentes ; aussi iCetzins 
avoue dans son édition dé la Fauna suecka , qu'il hii est im- 
possible de se reconnoître dans là nomenclature des mota-^ 
cil/a; eni conséquence, il s'est borné à opposer les unes aux 
autres les descriptions desyazrp^/^^ auxquelles des auteurs ont 
donné le ifnême tiom. Brisson a très-bien décrit les espèces 
qu'il a vues en nature ; mais il n'a pas toujours été héureui 



F A U i6i 

dans les synonymes. Btiffon, qcd se nattoit de porter quelques 
lumières dans le genre , a seulement prouvé que rien n^est 
plus contagieux que Terreur appuyée d^un grand nom. En 
effet, ses méprises , répétées par d'autres naturalistes , 
sont, pour bien des gens , des vérités incontestables. Cepen- 
dant il est aisé de s'apercevoir que sur ses planches enlu- 
minées, plusieurs figures des fauvettes européennes sont 
loin de concorder avec le texte ; c'est quelquefois au point 
qu'on ne peut s'empêcher de croire, qu'il n'a pas toujours 
comparé le portrait de l'oiseau à son signalement. £n outre^ 
la partie historique de plusieurs espèces manque d'exacti-- 
tude ; car il transporte à l'une, les mœurs, le chant, le nid et 
les œufs d'une autre. Je citerai entre autres sa fawette pro- 
prement dite , ses faw>eties de roseaux , griseite , babiiiarde , 
roussette^ tachetée. V, ces mots. Ses rapprochemens présentent 
aussi quelques erreurs. Lathàm et Gmelin n'ont que trop con- 
tribué aux difficultés qu'on éprouve, en citant souvent des sy- 
nonymes et des phrases spécifiques nullement analogues. 
Nous devons à Mm. Bechstein et Meyer la connoissance de 
plusieurs yaiic«/£^ non décrites ou confondues avec d'antres ; 
mais malheureusement le premier n'a pas mis toute l'exacti- 
tude nécessaire dans la synonjmie ; M. Meyer l'a souvent 
accompagnée du doute. Je n'ai pas été moi-même à l'abri de 
ces erreurs dans la première édition de ce Dictionnaire; mais 
de nouvelles recherches et de nouvelles, observations m'ont 
mis dans le cas de me rectifier dans cette nouvelle édition ; 
ainsi donc, la partie qui concerne nosfawettes et nospouil-' 
lots y est entièrement refondue. 

Les tachuris de M. de Azara ayant le bec court , foible , 
droit , très-légèrement crochu et plus épais que large , je les 
ai joints aux fauvtltes. Il en est de même de quelques-uns de 
sts colas agudas qui ont le bec effilé , comprimé sur les côtés 
et presque droit. Ses cordramaestres m'ont paru appartenir 
à ce genre, d'après la forme de leur bec; cependant, comme 
^e ne puis garantir que tous soient classés convenablement, 
puisque je ne les connois que par les descriptions que ce na- 
turaliste en fait , ils ne sont ici que pour les signaler k ceux 
' qui auront occasion de les voir. Une astérisque les indique 
ainsi que les espèces que je n'ai vues ni figurées, ni en nature. 

La Fauvette proprement dite, pi. enl. &79,fig. i. r. Fau- 
vette GRISE. 

La Fauvette acutipenue, Sylina oxyura , Vieill. , pi. i33, 
f. I — 2 des Oiseaux d* Afrique. Parties supérieures et dessus de 
l'aile' d'un roux vif ; ailes et queue d'un jaune citron en des- 
sous , bas - ventre et couvertures inférieures de la queue 
blancs ; les deux premières pennes primaires , et l'extrémité 



,6i F A TJ 

m 

des sept ou huit suivantes, bnmÂtres; bec noîr; pieds et 
ongles bruns. La femelie difTère du mâle en c« qu'elle n'a 
que la gorge jaune , et que les flancs sont ron^jsâtres. 

La FavV£TT£ CDONlEOtt BRETONraB, S^hia œdonîa , YîeiU. ; 
Sylina horlmgU^\AT. ; Syh^ia passerina , Lath. , pi. enl. de Buf* 
fon, n.^ ^79 9 f. a. £lle a toutes les parties supérieures d^un 
gris un peu rembruni et «m peu laré de veri-alive; la gorge, 
le dessous du cou et du corps d'un gris-blanc , inclinant au 
brun sur la poitrine, très-dair sur les autres parties^ à Vt\r 
ception des flancs qui sont presque roa5sâtres;une tache bUn* 
châtre est entre le bec et Tteil et située près du Iront; 4e pli de 
l'aile 9 les paupières , les couvertures inférieures de la queue 
sont d'un blanc pur; les pennes alairesd'nn gris sombre, fran- 
ges en dehors d'une nuance plus claire, et bordées de blanc 
en dessous \ les couf^rtures inférieures des ailes d'un blanc 
légèrement teint de jaune ; les pennes caudales pareilles, aux 
ailes en dessus et d'un cendré clair en dessous; lon|;ue«ir to- 
tale , cinq pouces trois à quatre lignes ; bec brun ; tarses et 
ongles d'un gris-brun. La femelle diffère ^ nâle^n ce qu'elle 
a le dessus du corps d'un £ris plus prononcé , sans ùulie 
apparence de vert-olive , et les flancs très-peu ou point mar - 
qués de roussâtre ; les jeunes ont seulement àG& couleurs 
moiiis viveSi. 

Je divise cette espèce eh deux races, dont Tune, est un 
peu plus grosse et un peu plus longue que l'autre ; du reste^ 
toutes les deux se ressemblent parfaitemeni. 

Ces fauvettes paroissent dans nos contrées plus tard que 
les autres; elles habitent dans les taillis , les bosquets , les 
vergers, et souvent dans les jardins, même au sein des villes 
les plus populeuses , pourvu qu'il y ait des charmilles avec 
des arbres d'une certaine élévation. CesIqKmrquoi le nom 
à'horiensisj que lui ont imposé les ornilàiologistes allemands , 
lui convient mieux qu'à toute autre, et surtout qu'à la fauvette 
que Gmelin et Laôiam appellent ainsi ; car il indique une 
habitude qui lui est totalement étrangère ( V. Fauvette 
GRISE.) ; maisTépithète é^horiensis pouvant donner lieu à des 
méprises, puisqu'elle est imposée à deuxespèces très-distinctes, 
je l'ai remplacée par celle Xadonia pour l'espèce de cet ar- 
ticle, d'après la beauté de son ramage. Les oiseleurs de 
Paris l'appellent bretonne; elle ne fréquente point les buis- 
sons ; au contraire , elle se plaît à la cime des arbres de 
moyenne.hauteur et des grands taillis. Toujours gaie , sans 
cesse en mouvement, elle cherche sa pâture en chantant. Sa 
voix a moins d'éclat que celle de la fauvette à tète noire ; 
mais elle est aussi mélodieuse , et seis reprises m'ont paru 
plus variées. Son cri est le même lorsqu'on l'inquiète, 



F A U iG3 

et elle le répète souvent ^and elle eramt pour sa progé- 
QÎtare. 

Son nid est presque à découvert dans les chartnilies, sur 
les grands arbrisseaux , et se trouve rareofient ailleurs; il 
est d^une foible consistance , fait k claire-v^ie , composé de 
i%es d^berbes à Textérieur et garni de oki en dedans. Sa 
coupe est d^nne moyenne grandeur et peu profonde. La ponlA 
se compose ordinairement de quafre œvù marbrés de deux 
nuances brunes sur un fond d'un blanc sombre et sale. Oa 
reconnoît ceux de la grande race en ce qu'ils sont un peu plntf 
gros, et aux Caebes qui sont d'une couleur plus pâle ; du resste^ 
il n'y a point de différence. Je rapproche de cette espèce la jve/iYf 
fauoeli^àe ^riBsouetlapasstrine^ede lapl. enl. de Buffon^^ citée 
cî-desstts. U y a, il est vrai, quelques différences dans la des-» 
cripliou de leur plumage ; mais ik en existe aussi chez les 
fauvettes ^edonies : des individus n'ont point de vert-olive snr 
leurs parles supérieures; tel est ordinaireinent le plumage 
des femelles'et des mâles: pendant l'été ; cependant le vert^^- 
oliv^reparoît toujours, et la teinte rwoussâtiie est plus étendue 
et plus chaînée imoiédiateinent après lamoe. Si^ me trompe 
dans ce rapprochement^ une espèce des plus communes au*' 
roit donc échaj^é aux recherches de ces naturalistes^ attendu 
que, de toutes les fauvettes qu'ils ont décrites, aucune ne 
présente une analogie anssi complète que la passerinette. 
Je dois cependant remarquer que l'historique de celle-ci^ tel 
que Ta fait Montbelliard , ne peut convenir k la bretonne; en 
effet , son chant , son cri et ses œufs sont très-diiférens , puis- 
que,' dit ce savant, elle fait entendre , à tous momens, un 
refrain monotone, Up, ttp ^ en sauliUant dans les buissons 
après de courtes reprises d'une même phrase de chant... Les 
œu£s ont sur un fond blanc sale des taches vertes et verdâtres^ 
en plus grand nombre au gros bout. Mais ne séroit-ce pas 
encore une méprise telle que j'en indique plusieurs dans l'his- 
toire des fauvettes décrites dans l'Histoire naturelle de 
Buffon ? 

La Fauvette aux ailes i>oii££s. V. Fauvette chuy-t 

S0PTèlt£. 

La Fauvette des Alpes. F. Pégot. » 

La Fauvette altiloque, SyMa altUaqua ^ pi. 38 des Oi- 
seauan de TAmâ^ue sepienlnonale. Cet oiseau ayant le bec plus 
comprimé que ne l'ont les moucheroiles parmi lesquels je 
l'ai classé dans cet ouvrage , je le crois mieux placé parmi les 
fauvettes. Le mâle a le dessus de la. tète , du cou et du 
corps 9 le bord externe des couvertures supérieures et des 
pennes .alaires et caudales d'un brun olivâtre; ces der- 
nières d'un brun sombre en dessus et d'im gris ardoisé en des- 



V 



i64 F A U 

sotts ; les sourcils d^un blanc roussâtre ; le dessous du corps 
blanc et tacheté irrégulièrement de jaunâtre pâle; le bec et 
les pieds bruns; longueur totale , cinq pouces un tiers. 
La femelle diffère dumâlepar un sourcil moins maroué et par 
des couleurs plus ternes. Cette espèce se trouve à oaint-Do- 
mîngue ainsi qu'à la Jamaïque où elle porte le nom de wip^ 
tomkeUy^ que son ramage semble exprimer. 

La Fauvette aquatique , Syhia aquaUca , Lath. ; syl- 
pia schœnohœnus ^ Scopoli , doit être rayée de la nomencla- 
ture des'faurettes , puisqu'elle n'en est point une, ce dont on 
peut se convaincre facilement en lisant la description qu'en 
a faite Scopoli, d'après qui tous les auteurs ont décrit cet 
obeau. Ellle a , selon cet auteur , les parties supérieures d'un 
roux pâle y tacheté de brun ; la gorge et la poitrine inclinant 
au roux; le ventre et le croupion blancs; une tache blanche 
au coin extérieur de l'œil ; une bande de cette couleur à la 
base des ailes; les pennés de la queue pointues. Elle niche à 
terre , et souvent on la voit perchée à la cime des plantes. Il 
sufQt d'avoir sous les yeux une femelle ou un jeune mâ^e ta- 
mr après la mue, pour les reconnottre dans cette description; 
en effet, ik ont, comme cette prétendue fauvette , toutes les 
parties supérieures d'un roux pâle et tachetées de brun ; la 
orge et la poitrine roussâtres; le ventre blanc ; les taches 
lanches au coin de l'œil et à la base des ailes ; les pennes 
caudales pointues; la seule différence que je remarque, con- 
siste dans la couleur du croupion qui n'est point blanc; mais 
qui est pareil au dos; cependant, comme les plumes de la queue 
du tarier sont blanches à labase, neseroit-cepasce qui a donné 
lieu d'attribuer cette couleur au croupion i^ De plus , si Ton 
consulte le genre de vie de ces deux oiseaux , on voit que 
l'un et l'autre se tiennent dans les prairies et se perchent à la 
cime des plantes. Comme Scopoli a donné la schœnobœnus 
pour un oiseau d Italie, et que je nel'avois pas vu en nature, 
]e me suis adressé à un savant naturaliste de Turin , M. Bo- 
neili , qui m'a répondu d'une manière tout-à-fait conforme 
à l'opinion que j'ai émise ci-dessiis. 

' M. Meyer n^avoit établi la synonyn^îe de sa sybiasaUcana 
(ma fauvette des marais) qu'avec le doute , en citant Xsi schœ- 
nobœnus de Scopoli, VaquaUca de Gmelinet deLatham, les- 
quelles sont le même oiseau sous deux dénominations diffé- 
rentes; mais M. Themminck, dans son ilfa/iii^/, qui est à peu 
Srès la traduction du Taschenhuch Deulscken Vogelkunde de 
t. Meyer , avec quelques additions tirées des ouvrages 
de Bechstein et de Leisler , qui le rendent d'autant plus utile 
à ceux qui ne possèdent pas ces auteurs Allemands; ce 
naturaliste , dis * je , prétend que la ^Ivia salicana n'est 



î 



F A TT ,65 

autre que cette syhia schctnohœnus. II me sembfe mi'avaBt 
de prendre une pareille détermination , il auroit dÀ s assurer 
si la description de celle-ci convenoit à F autre; car U 
aoroit vu que la saUcaria n^ar ni une tache blanche au caîn 
extérieur de l'œU, ni le croupion , ni la base des premières 
pennes alaîres de cette couleur , et qu^ enfin elle n'a point le 
bord des deux pennes extérieures ^ de la queue blanc, ainsi 
qu'il le dit , et ce dont ne parle pas M. Meyer. 

* La Fauvette ARDOISÉE , Syhia ardôsûzcea, VieiM., a cinq 
pouces un quart de longueur totale ; le dessus et les^côtés de 
la tête d'une couleur d'ardoise foncée ; un petit trait blan- 
châtre , depuis les i^arines jusqu'aux côtés de Tocciput ; le 
devant du cou d'un bleu clair d'ardoise; les parties inférieures 
et le tarse d'un bleu plombé; toutes les supérieures d'un 
bran verdâtre; les ailes et la queue brunes; le bec noirâtre 
en dessus, blanchâtre en dessous. On la trouve au Paraguay. 

* La Fauvette aurore, Syhia aurorea, Lath. Cet oiseau, 
que l'on rencontre dans la Tartarie Sibérienne , voisine de 
la Chine , a la taille du rossignol de muraille ; la tête grisâtre ; 
le front blanchâtre ; là gorge et le devant du cou noirs, ainsi 
que le dos et les ailes ; une marque triangulaire blanche 
sur ces- dernières; le dessous du corps jaune foncé; les 
deux pennes intermédiaires noires , tes autres jaunes. 

* LaFAUVî;TTEAWATCHA,5y/«flûwaAp/{fl,L.Telestle nom 
que les habitans du Kamtschatka donnent k cette fauvette ; 
son plumage est brun en dessus , et blanc en dessons , varié 
de taches noires sur la poitrine, et de traits longitudinaux 
sur le ventre ; tes premières pennes des ailes sont bordées de 
blanc , et les latérales de la queue rousses à leur origine. 

La Fauvette BABILLARDS, Syhia garrula^Bechsi.; Syhia 
curruca , Syhiella dumeiorum f Lalh., pi. enl. 58o , fig. 3. Cette 
fauvette est très-reconnoissable sur la figure que je viens d'indi- 
quer ; mais il en est autrement dans la description qu'en donne 
Buffon , car ce n'est point elle qu'il décrit , mais Vdgriseilej et 
le signalement de la babiUarde est dans le texte de celle-ci. Le 
mâle a toutes les parties supérieures d'un joli gris qui incline 
au brun , et qui est plus sombre sur la tête , en dessous et der*- 
rière l'œil; les inférieures sont blanches; cependant cette cou- 
leur n'est pas uniforme sur toutes ; elle est pure sur la gorge 
et sur le devant du cou , tend un peu au gris, sur les côtés de 
la poitrine et du ventre , et prend un. ton roux vers l'anus ; les 
petites couvertures des ailes sont brunes, ainsi que les gran* 
des , dont le bord est d'un gris roussâtre ; les inférieures sont 
d'un blanc un peu roux ; les pennes primaires brunes , fran- • 
gées à l'extérieur de gris cendré et de blanc en. dessous du 



/u 



ïGS F A TJ 

côté inlerne ; les secondaires hwàées de gris ronssâtre efi Ae-^ 
hors ; les dix pennes intermédiaires de la qaeoe d'un gris^ 
brun et d'une nuance plus claire en dehors; la plus extérieure 
est blanche en dehors , k la pointe et en dedans , le long de 
la tige , ensuite cendrée ; celle qui soit est terminée par une 
petite tache blanche qui se fait quelquefois remarcpier à 
rextrémité de la troisième et de la quatrième , chez Toiseau 
peu avancé en âge. 

La femeUe diffère si peu du mâle qu^on peut aisément les 
confondre ; cependant celui-ci à la tête d'un gris pkis foncé « 
et de plus inclinait au bleuâtre sur le sommet , lorsqu'il est 
vieux; telle est ta ^Ivia dumetorum\ enfin le blanc de la poitrine 
se rapproche davantage du gris ; le bec est noir; les tarses sont 
couleur de plomb et d'une nuance plus claire chez les fe- 
melles. Longueur tçtale , quatre pouces six à huit lignes. Les 
jeunes ont la tête et tout le dessus du corps d^un gris cendré 
uniforme ; les parties inférieures' d'un blanc pur, à l'excep- 
tion des flancs qui sont d'un gris très-clair. 

Cette espèce ne fréquente guère nos jardins , à moins qu'il 
n^y ait des bosquets très-fourrés ou à proximité. Elle se plaît 
dans les taillis de trois ou quatre ans , et préfère les endroits 
les plus épais et les plus solitaires , d'où le mâle , sans sortir 
de sa retraite favorite , fait entendre un ramage qui a une cer- 
taine analogie avec celui de iafauçelle effarvaie. Comme il 
ne met presque pas d'intervalle entre les reprises , c'est pro- 
bablement de ce chant continuel qu'est venu le nom babil- 
lard que Brisson lui a imposé ; en effet il lui convient beau- 
coup mieux qu'à l'oiseau auquel Buffon Ta appliqué dans le 
texte de &afawetie babillarde, qui, comme je l'ai dit ailleurs, et 
ce qu'on ne peut trop réjpéter, est la grisette de Brisson et de 
jl'à planche enluminée. Ces deux espèces jettent le même cri 
^bjie bjie , ce qui tend encore à les faire confondre. 

La fauvette de cet article fait son nid au milieu du buis- 
0on le plus touffu , le place à trois ou quatre pieds.de terre , 
emploie beaucoup plus de matériaux et Itii donne plus de pro- 
fondeur et d'épaisseur que ne font les autres. A des tiges d'her- 
bes grossières jetées négligA»ment à la base et sur les con- 
4:ours, suecèdeni des herbes plus fines, entrelacées d^un peu 
4e kûne« La ponte est de quatre à six œufe blancs , glacés 
4'un gris très-éclair,' pointillés d'oUvâtre et de noir sur le mi- 
,lieu, avec des tacher de la première cbulenr, nombreuses et 
âcrégulières vers le gros bout. Les ceufs indiqués par BufTon 
-et Latham n>'appartiennent point à cette fauvette. 

La syli^a sylsdelUi de Latham , que S&nnini appelie/^/e^n- 
setle , est un individu* de cette espèce. La ^hia âumetorum est 
un vieux mâle ; Sonnlni la décrit sous le nom de roug€h§or^ç 



F A ÎT ,67 

éfes buksons. Il s'est pas ittwtile de £atre remarquer ki qu'il y a 
eu transposition dans les notes qoe 'fz\ eomnmaiqiiëes à Son- 
Bxni pour son édition de BnfSon. La note b.® i ^ t. 5i , p. 409, 
appartient 'à la babHlarde de la pi. enl. , et celles du même 
tome n.^ ^r , p. 116 et 119, regardent la grisette de la pL enl. 
(la babîllarde du texte.) 

* La FautettE barbue 9 Syhia èarbaùij YieilL, setronre 
k la Nonrelle^Hollande. Sa taille est celle du ponillot. Elle a 
le bec très-garni de soies à la base 9 et noir ; les pieds de cette 
couleur ; la gorge et les sourcils blancs; le dessus du cou et du 
corps noirâtre ; cette teinte est plus claire sur le dos, et plus 
foncée sur les ailes et sur la queue ; celle-ci a ses deux pen- 
nés latérales très-longues et blanches en dedans ; tontes les 
autres larges et égales ; les ailes sont conformées comme cel- 
les de Vhirenddle ; la poitrine et le dessous du corps sont d'un 
blanc salé. 

Un autre indÎTidit , Tenant de la même contrée, ne diffère 
qu'en ce quHl est moitié plus grand et plus gros , en ce que le 
9oirâtre tire snr la couleur d'ardoise , et que le blanc est plus 
pur. Ces deux oiseaux tiennent aux gobe-mouches par les soies 
qui sont à la base du bec , cft awl fauvettes par I9 forme des 
mandilniles. 

La Fauvette A SBC COULEUR bebuffie, F. Fauvette jau- 
nâtre. 

*La Fauvette A BEC noir, SyL mgnrosins, Lath.y a six pou- 
ces et demi de longueur ; le bec noir , plus pâle À la base v le 
plumage d'un brun-oUre en dessus; le milieu die chaque phime 

Elus foncé ; une tache d'un jaune-roux entre le bec et Toeil ; 
k gorge de cette couleur ; nue strie blanchâtre sur les joues ; 
la poitrine rousse, ayec des taches longitudinales* noirâtres ; 
le ventre blanc ; les côtés tachetés de noir ; les couvertures 
des ailes d'int brun-olive sombre et terminées de blanc rou- 
geâtre ; les pennes de la même teinte , mais plus fo«eée , et 
bordées de jaunâtre ; la qneue carrée et les pennes pointues , 
la plus extérieure de chaque côté blanche ; rexirémité de la 
plus proche est de cette même couleur ; les aoltcs sont bru- 
nes , et les pieds d'un brun jaunâtre. Lafham , qui le premier 
a décrit cet oiseau , se tait sur son pays natal. 

La Fauvette bicolor , Syhia licoior^ Vieill. , pi. 90 bis des 
Oise0»3cderAmérûfueseptentnonaie, se trouve àCayenne et dans 
les Étarts-Unis. Elle n'a que deux couleurs principales sut son 
plumage. Un bleu clair couvre tontes les parties supérieures , 
et borde en dehors les pennes alaires et caudales dont le côté 
interne est noirâtre ; un joli gris règne sur toutes les parties 
inférieures , et prend un ton jaunâtre vers l'anus ; le bec et les 
pîeds soùt bruns. Longioeor totale, quatre pouces trois Ugpes. 



,68 FA TT 

« 

Le bec est un peu arqué et sans échancrure apparente. La fe- 
melle porte un plumage terne. 

La Fauvette bimbelé , Syltna palmamm, Lath., pi. 78 des 
Oiseaux de V Amérique septentrionale. Cet oiseau se trouve à Saint- 
Domingue ; il a le dessons du corps d'un blanc sale teinté de 
jaune , excepté les flancs qui sont d'un gris nombre ; les par- 
ties supérieures , d'un brun plus ou moins foncé ; les quatre 
pennes latérales de la queue bordées intérieurement de blanc, 
vers Textréinité. Longueur , cinq pouces. 

La Fauvette BLACKBURNiAiï, Syhia blackhurrdy Lath. , 
pi. 96 des Ois. de l'Amérique septentrionale , est rare au 
centre des Etats-Unis. Elle y arrive au printemps , et je ne 
crois pas qu'elle y nicbe , car je ne l'ai pas rencontrée pen- 
dant l'été. Elle a trois bandes longitudinales sur le sommet 
de la tête ; une jaune qui est au milieu et deux noires qui lui 
servent de bordure ; l'occiput , la nuque , le dos ^ le crou- 
pion , les plumes scapulaires , les pennes dés ailes et les six 
intermédiaires de la queue sont de cette couleur; elle forme 
encore , sur chaque côté delà tête , une bandelette qui part'du 
bec , passe à travers l'œil , et qui est surmontée d'un trait 
jaune ; les autres pennes caudales sont blanches et frangées 
de jaune ; le bord extérieur des moyennes et des grandes cou- 
vertures des ailes , les pennes secondaires , les plumes de 
l'anus et les couvertures inférieures de la queue sontblanches; 
la gorge et les parties postérieures jusqu'au bas - ventre 
sont d'un jaune orangé , qui se ternit sur le bord de la 
poitrine , et qui est mélangé de taches noires sur les côtés ; 
une raie de cette teinte descend des joues jusqu'à Tinsertioa 
de l'aile ; le bec et les pieds sont noirs ; longueur totale , 
quatre pouces un quart. 

La Fauvette bleue de Madagascar , Syhia Iwida^ 
Lath. , pi. enl. 70$ , f. 3 , a quatre pouces et demi >de Ion- 
sueur totale; les parties supérieures du corps d'un gris-blanc; 
les inférieures d'une nuance plus pâle , dégénérant jusqu'au 
blanc sur le bas-ventre ; les pennes des ailes noirâtres et 
bordées de blanc ; la queue longue de près d'un pouce et 
demi^, noire , avec les deux pennes extérieures blanches ; le 
bec et les pieds couleur de plomb. 

Ijejiguier bleu , pi. enl. 5o5 9 f. i 9 est donné par BufFon 
pour la femelle du précédent. Il a trois pouces trois qiiarts 
de longueur ; le bec noirâtre ; le dessus du corps d'un gris- 
bleu ; le dessous blanc ; les ailes et les pennes pareilles à 
celles du mâle ; les pieds bleuâtres. Latham et Gmelin font 
de cette femelle une «spèce distincte , sous le nom de S/lçia 
mauriciana. 

La Fauvette bleuâtre , Sykia cœrxdescens,^ Lath. , pi. 80 



F A U ,69 

de VHisL des Ois. de V Amérique septentrionale. Cette faupette 
se rencontre à Saint-Domingue pendant Thiver, et va 
nicher dans les contrées septentrionales de TAmérique ; elle 
passe à New-Torck au mois de mai^ et ne s^ arrête que plus 
au Nord ; aussi la retrouvons-nous dans le petit figuier cendré 
du Canada de Brisson ^ ou \e figuier bleu d*Âmérique de But- 
fon. Lors de son passage dans la Pensylvanie , elle vît solitaire 
dans les forêts et les grands taillis : c'est aussi la vie qu'elle 
mène à Saint-Domingue 9 et partout elle est peu nombreuse. 
Longueur, près de cinq pouces ; bec , plumes de sa 'base , 
tour des yeux, joues, gorge et côtés de la poitrine, noirs ; des- 
sus , c6tés de la tête et du cou , manteau d'un cendré bleu , 
mélangé d'un peu de brun sur le dos ; plumes des petites et 
moyennes couvertures des ailes noires, et entourées de gris- 
bleu ; pennes brunes , et bordées de vert bleuâtre, avec une 
tache blanche sur le bord àei primaires ; queue d'un gris 
bleuâtre ; les trois pennes extérieures de chaque côté blan- 
ches, en dessous , dans une partie de leur longueur ; le reste 
du corps de cette même couleur ; pieds brunâtres ; le plu- 
mage que cette fimi^ette porte à l'arrière -saison diffère du 
précédent, en ce que les couleurs sont moins pures et ont 
moins d'éclat. C'est sous ce vêtement qu'on la trouve à 
Saint-Domingue. 

La Fauvette bloï^ïe nu Sénégal, Syhia'suhflaçay Lath. , 
pi. enL de Buffon , n.^ 584 9 f • 3 , a quatre pouces trois quart& 
de longueur ; le bec noirâtre ; les côtés du corps d'une teinté 
blonde ; la queue cunéiforme ; les parties supérieures grises ; 
le croupion d'une nuance plus pâle. 

♦ La Fauvette boréale , Sybia horeaUs , Lath. Front 
ferrugineux; même couleur sur les côtés de la tête et 
sur la gorge , mais plus pâle ; parties supérieures du corps 
vertes ; les inférieures d'un jaune inclinant vers Tolive ; 
queue arrondie à son extrémité ; toutes les pennes , excepté 
les deux intermédiaires , terminées de blanc ; pieds noi- 
râtres ; bec d'une teinte pâle ; longueur , quatre pouces trois 
quarts. 

La Fauvette bouscarle de Provence , pi. enl. 652 , 
f. a , a, dans ses couleurs, des rapports avec lai/aiweiie rous-^ 
seline ; c'est sans donte ce qui a décidé M^. Meyer à la rap- 

{^rocher de celle-ci ; d'autres ornithologistes la donnent pour 
a femelle de la fauQette cendrée. 

Comme la description qu'en fait Buffon est trop succincte 
pour la déterminer avec certitude , il paroft que ces natu- 
ralistes ne l'ont jugée que d'après la figure indiquée cir 
dessus ; mais comme son image la représente avec une 
queue unicolore , et que ses prétendues analogues Tout de 



,7o F A U 

deux couleurs, ce m peut écre ni Tune ai Taiitre/ C'est 
encore une de ces fauveUes qu^il faut voir en Batnre pour 
leur assigner la place qai leur est propre. 

La Fauvette Beetonns. V. Fauvette a:iK>ifiE. 

La Fauvette des erous&aille5 , Sytriadurmcoèa , Yieîll. ^ 
se platt dans les broussailles embarrassées^ ataîs peu £^iiillées 
çt peu éloignées des rivières et dea eaux stagnantes du Pa-r 
raguay. Elle est d^un bleu d'indigo en desaus , et d'un blanc 
teint de bleu en dessous ; un petit trait d'un gros bleur 

Sresque noir , part des narines et passe au-dessus de Fceit et 
e l'oreille ( la femelle n'a poi»t ce trait) ; lespemies des 
ailes S(mt noirâtres et feiblement frangées de blanc ; celle» 
de la queue sont noires, excepté les deux extérieures de cha- 
que côté l[|ui sont blancbes dans une partie de leur étendoe v 
le bec est noir , Tiris brun , et le tarse d'un noirâtre pk>ml»é; 
longueur totale , quatre pouces deux tiers ; queue composée 
de pennes étroites , foibles et terminées en pointe ;. les %\% 
du milieu ont sixligiies de plus que les extérieures; les autre» 
sont étagées. Sonnmi rapporte cet CMseau aa figuier ojtfam^ 
loeUe gris- de-fer ; il est vrai qu'ils présenlent une certaine 
analogie , mais je pense que ce sont dem races différentes. 
Au reste , la fauvette de cet article se trouve aussi à la 
Guyane. 
La Fauvett». eeune. V. Fauvette fipi, 
La Fauvette bruine de Belon , est raipp<»rtée par Buffo» 
à làfaiweiie babiUarde de son texte ; mais je ne crois pas que ce 
rapprochement soit juste. En effet, Beloi» sùgnale la femelle' 
de sa faiweUe brune , « en disant qu'eUe a le dessus de la tête 
tanné , ayant cela de particulier comme la femelle du ros- 
sffgiol de, muraille , à qui le dessus de la t^te est tout noir. «» 
Certes ^ la femelle de cette babillarde n'a pas le diessns 
de la tête couleur de tan. N'est-ce pas> plutôt ta femelle de 
l^fawetle à tête noire à^nt parle Belon ? Je le pense^ attei»di> 
qu'elle a le dessus de la tête tanné , et d^ autant plus que le 
nom de plombée , qu'il donne à sa f(gu»eÊH hrmm , ne pent 
convenir à X^hahillajde , mais caractérise très-bien le mâle de 
la fcm^elie à tête noire , qui a le cou en entier* et le dëvanl de 
la gorge d'un gris plombé clair , et le dessus de la tête noir. 
$i cette exposition ne suffit pas pour quHl en tésulte un« 
pleine conviction , consultons dans Belon l'historique de S2i 
fauoette brune ou plombée : « Veu s'ei^ faut, dit le patriarche de 
Tornithologie ^ qu'elle ne cbante aussi bien que le rossignol , 
tellement qu'en notre France o» l'enferme eik cage , et la 
tient-on au lieu du rossignol,... L'on ne sauroit se trouver 
l'été en quelque lieu ombrageux , le long des eaux, qu'on 
n'oie CCS fawcties chantant à gorge déployée ^ si haut qu'on 



F A TT ,71 

- • • ■ ' 

les 5ît S*ttû grdffd cfem-quart de lîeae. Potrrqiioî , c'est un 
oîseaa jà cogncH en tMite^ ccmirées. » Il faot arouer qu'un 
chavi ^i se fait entendre d^anssi loin, ne peut être que celui 
de fia fau&ette à tàe noire , èoM lé gosier esX sottrent comparé 
à celui du r&ssîg^i^ et qite par ce motif Pon garde en cage, 
oùelie se pïaît phw teng- temps que toutes lés diXiir^ifawgUes , 
ce qo'on ne fait pas pour la babîilarde (du textfe de Buffon) 
dont la vois a peu d'étendue et n'a auctnrç àmalo^îe avec 
celle du cM^j^ée des bois. Aussi la tient-on rarement eu 
cage , et P00 a raisofr^ car elle n'y rît qii^ très-pen de temps. 
La Fauvette brctt - canîtêlile , Syhux ccayophyUacm , 
Latk y fig. ; Brovra,' Ilinst of zoal, , tab. 33. Cette faupeUe de 
Ceylm est de la graiiderrr dn ro^/igf ,- elle a le iec et les pieds 
rougeâtre» ; la emflefur générale de son plumage est fauve 
clair ; ïcs ailes et la queue sont noirâtres. 
- La Fauvette bhune nv SÉNÉGAt , Sybia fuscata , Lath. , 
pi. etik 584, %• *• Longueur, iferx ponces; bec noirâtre; 
le^ dessus du carps brun;; le dessous gris , arec une teinte 
rougeâtre sur les cètés; les pennes Ats ailes et de la queue 
d'un brun phis foncé qttef le dos ; la queue assez longue et 
égale à son extrémité ; les pieds jaunes. 

• ♦ La Fauvette bhuke de VrRGmrE , Syhmjuncorum , La ih. 
Plumàee brun , phrs clair en dessons. Est-ce bien ctne fau- 
vette ? Catesby , qui le premier a décrit cet ofseau , le donne 
ponr un moineau. C'est aussi l'opinion de Brisson. 

♦'La Fauvette BRUN-^rEâDATKE, Sybia vindicata,y\éM. , 
5e trouve au Paraguay. Elle a les plumes de la tête d'un jaune 
Vif etd'ff» brun verdâtre âr ^extrémité ; toutes" les parties su- 
périeures offrent cette teinte , qui borde les pennes araires 
et caudales qui sont brunes dans le reste ; la gorge est blan- 
châtre; fe devant du cou d'nn blanc lavé de jaune ; le des- 
sous d« corps jaune, teint de blanc ; le tarse plombé ; le bec 
noirâtre en dessus ^ blanchâtre en dessous; les pennes de la 
queue sont terminées en pointe et à peu près égales. Lon- 
gueur totale , cinq pouces et demi. On la trouve au Paraguay. 

• La Fautette brunette , Syhia fuscescens , VîeilL , se 
trouve dans lé Languedoc. Elle est en dessus d'un brun-gris, 
tirant un peu à (a cotdeuf d'ardoise sûr la tête ; blanche sur 
lagorge et snr le milien du rentre ; lès couvertures supérieures 
des aile^ sont de la teinte du cfos ; la pohrine , fes* flancs , 
le bord extérieur des pennes al aires et catrd^les sont gris ; 
la queue noire en-dessous, est d*un gris brun en-dessus , ainsi 
que les pennes des ailes ; l'iris i'un rouge jaunâtre ; le bec 
noir, très-fïn , couteur de coriiesur les bords" et à la base de 
la mranfdibuie inférieure ; les orbites sont couleur àe chair vive ; 
les pieds jaunâtres*; les ailes courtes, oiiire-passant de très-peu 



^^% F A U 

Torîgme de la queoe, ({ai est longue de deux pouces trois lignes,^ 
doot les huit pennes latérales sont étagées , et celles du rsà^ 
lieu à peu près égales entre elles. Longueur totale 9 cînqpouces 
deux lignes ; grosseur de idi fauvette babUiarde. f 

Je n'ai vu qu^un individu qui est dans la collection de 
M. BaiUom ; je trouve , dans son ensemble , des rapports 
avec \difin»eUt pUehon ; mais il en diffière particulièrement en 
ce qu^il n'a aucune trace de ferrugineux dans son plumage , 
quUl n^a point'de blanc dans l'aile ni dans la queue ; de plus , 
ses proportions- et %^s dimensions sont plus fortes. Si c'est 
ns^ espèce distincte , e^e est nouvelle. 

^ La Fauvette cafre , Syhia arfra , Lath. La taille de 
cet oiseau est celle de la loffandière; la tête et le dos sont oli- 
ves ; les sourcils blancs; entre le bec et l'œil, il y a une tache 
noire ; la gorge et le croupion, sont ferrugineux ; la poitrine 
et le ventre blanchâtres ; les pennes des ailes brunes ; celles 
de la queue sont pareilles à la gorge , terminées de bnm et 
d^égale longueur. Elle habite le Cap de Bonne-Espérance. ' 

La Fauvette cafocier , pi. 139 des Ois. à' Afrique , est 
la petite fcuMfeUe tachetée des pi. enl. ^ n.® i3o) f. i. F. ce mot. Le 
nom que M. Levaillant a imposé à cette fauvette , vient de 
capoc ( V. Oiseau capoc), nom que les Hollandais du Cap 
de Bonne-Espérance donnent aux oiseaux qui font leur nid 
avec la bourre des plantes «pi'ils nomment capoc. Les plumes 
des parties supérieures du mâle sont d'un jaune-brun et bor- 
dées de roussâtre. Toutes les parties inférieures sont d'un 
blanc jaunâtre ; la femelle diffère en ce qu'elle est dW brun- 
roux en-dessus. Dans les deux %txt%y le bec est brun , et les 
pieds sont roux. 

La Fauvette caqueteuse, Sylina babœcala^ Yieill., pL i a i ^ 
f. 1. des Oiseaux H Afrique, Elle est d'un blanc. rembruni 
en-dessous du corps ; d'un brun sombre ^ mêlé d'o^vâtre , 
en-dessus ; griveiée sur le fond blanchâtre de la gorge et du 
devant du cou. Le bec et lès piçds sont d'un brun clair. La 
femelle di0ère du mâle en ce qu'elle est d'un brun foncé , et 
n'a point de grivelures. Elle niche dans les roseaux : sa ponte 
est de cinq ou six œufs blancs tachetés de brun. 

La Fauvette cendrée ou grisette, «S//<;ia dnerea , Lath. , 

Îl. qnl. de Bujfon^ n.° 57g, £ 3, est très -commune en 
Vance. Le mâle a la tête et le dessus du cou cendrés , 
une tache noirâtre en^ avant de l'œil ; les tempes et le des- 
sus du corps , d'un gris un peu lavé de ferrugineux ; les pau- 
pières et la gorge blanches; la poitrine nuancée de roussâtre, 
et quelquefois d'un gris-blanc; le ventre blanchâtre; les flancs 
roussâtres ; les grandes couvertures supérieures et les pennes 
secondaires des ailes , largement bordées^ en-dehors, de la 



FA u ,73 

dernière teinte; la première dés primaires, frangée de 
blanc à l'extérieur, les autres de roussâtre ; toutes d^un brun 
sombre en dessus , et blanches en dessous ; les pennes de la 
queue brunes et bordées de gris roussâtre à Textérieur , à 
l'exception de la plus éloignée de chaque côté , qui est blan* 
che en dehors, d^un gris-blanc , le long de la tîge en dedans , 
et ensuite d'un gris-brun frangé de blanc jusqu'à la pointe 
qui est de cette dernière couleiu*;la suiranteestlerminéepar 
une marque cunéiforme blanche , et la troisième , par un 
petit trait ; les couvertures subalaires sont d-un gris-blanc ; 
l'iris est jaunâtre ; le bec brun , et le tarse d'un gris-brun. 

La femelle a le dessus de la tète d'un gris rembruni , 
une tache blanchâtre entre le bec et l'œil ; le dessus du cou 
et le dos pareils à la tête ; la poitrine roussâtre ; les tempes 
fauTCs. Les jeunes mâles, au printemps qui suit la première, 
mue , diffèrent alors des femelles en ce que la tète et le des- 
sus du cou sont moins rembrunis ; que les tempes sont moins 
faures ^ et que l'iris est d'un brun jaunâtre. Les couleurs de 
cette espèce yarient dans leurs nuances. Pendant les deuxpre- 
mièfes années ^ des individus ont la tête , le dessus du cou 
et du corps d'un gris rembruni , mélangé de fauve ; d'autres . 
ont la tète d'un cendré brun clair , sans aucune nuance de 
fauve. Tous , à cette époque , ont une teinte roussâtre sur la 
poitrine ; mais dans un âge plus avancé , elle est remplacée 
par du gris-blanc plus prononcé sur les côtés. Je soupçonne 
que cette espèce est composée de deux races distinctes seule- 
ment par leur taille ; car des individus n'ont que cinq pouces 
de longueur , tandis que d'autres ont 7 à 8 lignes de plus. Ces 
deux races habitent nos bosquets , se plaisent dans les haies, 
et dans les broussailles ; elles placent leur nid à deux ou trois 
pieds de terre dans les buissons , et de préférence dans ceux 
qui sont isolés , quelquefois dans à&s champs de vesces et de 
pois. Elles le composent -de tiges d'herbes sèches^ en dehors , 
avec quelques flocons de laine surles côtés. Un lit de crin, 
est la couche sur laquelle la femelle dépose quatre ou cinq 
œufs d'un blanc verdâtre , parsemés de petites taches d'un, 
roussâtre clair et de forme irrégulière. 

Le mâle chante en volant BufTon décrit son ramage , dans 
le texte de sa fauoeUe .habiUarde^ en disant qu'on le voit s'éle- 
ver fréquemment d'un pe;tit vol droit , au-dessus des haies , 
pirouetter en l'air , et retomber en chantant une petite re« 
prise fort vive , fort gaie , toujours la même , et qu'il répète 
à tous momens. U finit ordinairement sa chansonnette dans 
l'intérieur du buisson d'où il étoit parti. Si c'est Â'après ce 
chant qu'on a donné à ctXiefauQcUe l'épithète de babillardë ,. 
toujours est-il certain que ce n'est point la babillarde fig. 3 de 



174 F A U 

la pi. enlum. , n.9 38o, m latiahiBéutk «leBcisso*, ckéecùjaxmt 
synonyme par Bujfon. 

La habiÙarde du Uixte dt Buff^n n'étant ^oint ^ eouune 
je viens de le. dire » ceUe de U pi. «ni. vt cedÙe de Bnss^n y il 
en est résulte des méprises qui se reamiFeUeint tess its jours; 
c'est au point que JU4jrai$ETT£ deBrissoe n'est cpnnae il Pa- 
ris que sous le nom de Babiiùèrée^ el que la rraîe haUliarde* 
ne Test que sous celui de GriseUe. 

La mésange cendrée de Brissoa, la (gorge Utmche de Biiffon ^ 
ne sont point des «mésanges ; maÂs ce sont des FiqvKnSES de 
cette espèce. 

. ♦ La FxuVETTE CHINOISE ( SyMa smensis , Larifa. ). Lon^ 
gueur , cmq pouces et demi ; !>e€ d^un rouge noirâtre ; dessus 
du corps Tert ; ligne pMe de Tonl h la nuque ; tache sar les 
oreilles ; le dessous du corps de couienr de chair; qnene 
pointue ; pieds noirâtres : telle est la courte description don- 
née par Latham de cette yain^^ -de la Chine. 

♦ La Fauvette CBivi, Syhia ckhij VieîH., se traoye aaPara- 
goay. Le ramage du mâle est assez agréaUe, et si sonoiu; qu'oti 
i'entend de fort loin. L'expression de son chant est difficile k 
rendre ; car tantôt il semble dire ehm-ckm^ et tantôt A/^- 
ble-ble. Il construit son nid k la bifurcation de deux petits ra- 
meaux , et le compose de petites feuilles sèches très-déliées , 
quoique larges, et assujetties arec des toiieS d'araignées re- 
couvertes en dehors de quelques brins d'écorce très-flexible 
des plantes , de sorte que sa surface parèît fort lisse. La cou- 
che intérieure se compose de filamens aussi fins qne des che- 
veux et artistement arrangés , et Fintérieur de ces couches est 
garni de matières cotonneuses. Le tout n'excède pas 3 lignes 
d'épaisseur; l'ouverture , comme la profondeur, est de lofig. 
Cet oiseau que M. de Azara appelle ^«ero (gabier) a 5 p. de 
longueur; un trait noirâtre qui va du bec à l'oreille , surmonté 
par un arc très-apparent d un blanc pâle ; au-dessous , un 
autre trait noirâtre ; le dessus de la tite d'un bleu d'ardoise 
clair; le dessus du cou et du corps, les couvertures supérieures 
et les bords des peiines des ailes et de la queue d'un vert som^ 
bre , môle de jaune , de même que les côtés de la tête et du 
cou ; les pennes alaires et caudales , le milieu des grandes 
couvertures , brunes;, les parties inférieures blanches jusqu'au 
bas-ventre , qui est d'un jaune pur, ainsi que les côtés du 
corps ; le bec noir en dessus et à sa pointe , blanchâtre dans 
le reste ; les tarses d'une teinte de plomb clair ; l'iris brun 
foncé; la queue égale. 

La Fauvette CHRVSOPTÈRE, Syhia àirysoptera^ Syîvia fia- 
Qifrons , Lath. , pi. 97 des Ois. de VAm. sept. 

Un jaune brillant cpfore le front et le dessus de la tète de 



F A U ,75^ 

cet oiseau, <|ae Ton trmrre en Pensylvânie ; me bandé noire , 
liserée de blanc sar chaque côté, passe à travers l'œil; la 
eofge et le devant du coa sont noirs ; la poitriâ« et le ventre 
blancs ; le dessus du con et dn corps, ie croupion «t les pe-' 
tites eonvenares des ailes sont d'«n gris biraâtre cbir ; les 
grandes couvertures et les œoyenaes d'«n f a«ne ^datant ^ ce 
qui jbrafte sur chaque aile une laiige tadie de cette couleur ; 
les pennes primaires et celles de la qoeue sont d'an cendré 
foocé ; les lalérsdes ont une ta^e blapdbe sur les baii>es ex- 
tërieores ; ie bec et les pieds sont bruns. 

La FAUVETixctTftitfE^^^^&iMi^i^^^aMi, Vieil!., pL isj^f.i ,2 
des (Hs.d'Af- aun peuniotns de grossenrqtie la/aupcâe babUlarde\ 
la^pieMe aussi grande que tout le corps et >éiagée; les ailes 
comtes^ tes parties supérieures d'unbrun elair teinté de jaune; 
les pennes alaires etcaudsies de couleur isabeile; la gorge et le 
devantdttCoablwKbâtres, avec qùelquestadiesbrunesdisper-* 
séessorlebas dueou; les parties postérieures d'un jaune foible; 
)e bec brun eties pieds jannâtrcs. La femefiediiSère du mâle «n 
ce qu'elle est privée de la tacbe au bas du cou, que sa couleur 
isabeile est plus roussâtre et la teinte jaune plus faible. Son 
nid ^st ovale , couvert sur les deux tiers de sa hauteur , com- 
posé de la bourre des fleurs , et posé çur un arbrisseau , à une 
bautear médiocre. La ponte est de «cinq à six œufs d'un blanc 
roux y tachetés de brun. N'est-ce pas i^ figuier à veniregris du 
Sénégal ? • 

^ La Fauvette otrinelue, Syhia eUrma^ Lath. La Nou- 
y^Ue-Zélande est la patrie de cet oiseau, dont la taille est celle 
du pQidlki* Il a trois pouces et demi de longueur; le bec noir; 
l'iris dW bleu très-pâle ; ie plumage jaune en dessus et strié 
de noirâtre ; la tète, aundessous des yeux, ainsi que le devant 
du cou et lapoitrine sont blancs ; le ventre, le bas-ventre et le 
croupion très-jaunes ; la queue est courte , n'ayant qu'un de« 
mi-pouce de long , de couleur noire et terminée de jaune 
terne ; les pieds sont noirâtres, et les ongleà grands. 

La Fauvette cm* d^or, Syîna auralicoHis , vieîll. , pi. iig^ 
f . I , 2 des Oiseaux d'Afrique, La gorge et le devant du cou 
sont d'un jaune couleur d'or ; la poitrine et tes parties posté- 
rieures blanches ; les pennes latérales de la queue , le milieu 
des premières pennes de l'aile et le bord des grandes coî£- 
vertures supérieures jaunes; le dessus du corps, les ailes 
et la queue d'un brun clair; le bec et les pieds noirs ; les. yeux 
rougeâtres. La femelle se distingue par sa couleur , qui est 
moms vive que chez le mâie. 

La Fauvette a collier, Syhiaiorqueaa , Yieill. ; Parus 
amencanus^ Lath. , pL g^ des Oiaeauje de l Amérique septen^ 
inonale, Latham et Gmelin ont fait de cet oiseau une mé- 



i7Ç F A U 

sange^ quolqoe Buffon et Brisson l'aient tnis h sa place. On 
ignore quia pu déterminer ces méthodistes à faire cette trans- 
position^ pmsque cet oiseau n'a point le caractère distinctif des 
mésanges, G est lefinchcreoftr de Catesby {grimpereau pinson)^ 
et non pas mésange pinson. Le mâle a quatre pouces de longueur 
et quelquefois deux et trois lignes de plus ; le bec brun en 
dessus , jaunâtre en dessous ; la tête , le dessus du cou et le 
croupion gris bleuâtre ; le mitieu du dos ▼ert'^liye ; une tache 
noire entVe le bec et Tœil ; une petite marque blanche au-des- 
sus des yeux, et une autre en-dessous; les couvertures desailes, 
leurs pennes et celles de la queue noires, à Textérieur, et bor- 
dées de gris-bleu; les couvertures terminées de blanc, ce qui 
forme deux bandes transversales sur chaque aile ; lesdeux pennes 
latérales de la queue blanches à Textrémité sur le côté inté- 
rieur; la gorge et le devant du cou jaunes; sur la poitrine, 
un demi-collier d'unbrun rouge; chaque plume ayantune petite 
frange jaune (sur quelques individus il est cendré, et le ronge 
est par taches sur les côtés ) ; le bas de la poitrine jaune clair; 
le reste du dessous du corps blanc ; les pieds bruns. Tel est le 
mâle au, printemps. La femelle a les couleurs plus rembru-^ 
nies , moins vives , et est privée de la teinte rouge sur la poi- 
trine ; il y a des individus qui ont cette partie pareille à la 
gorge ; chez d'autres , le rouge n'est indiqué que par des ta- 
ches. Cette espèce se trouve , pendant l'été , dans les Ëtats- 
Unîs ; et en hiver , aux grandes Antilles. 

La ]f ÂUTETTE GOLOMBAUBE de Buffon. Des ornithologistes 
sont d'opinion que cet oiseau n'est autre que lai fauvette grise. 
Buffon , au contraire , la présente comme une variété de la 
fauoette à télé noire ^ et dit l'avoir vue en nature. Au reste , la 
description qu'il en donne est trop succincte pour la dé- 
' terminer avec certitude ; et l'on doit , afin d'y parvenir , 
s'assurer si la colomhaude a la queue de deux couleurs comme 
la fauvette grise ^ ou d'une seule, comme la fauvette à tête: 
noire. 

La Fauvette a cordon koir, Syhia meicmoieucos, pLiSo, 
f. i^ 2 des Oiseaux d'Afrique^ sous le nom de gohe-mouche à 
cordon noir. Le mâle a.la tête, le dessus du cou^ le ventre et 
les parties inférieures blancs ; plusieurs plumes scapulaires 
et les ailes d'un noir lavé de brun ; le reste des scapulaires , 
le milieu àts trois premières pennes primaires , le pli de Taile 
et une partie du front blancs ; les pennes latérales de la queue 
d'un beau noir et liserées de blanc en dehors ; les pennes 
intermédiaires très-longues , blanches ; le bec, les pieds et 
les ongles noirs. La femelle n^a point de longues plumes à la 
.queue ; sa poitrine est d'un roux lavé. Le jeune et le mâle 9 
en hiver, lui ressemblent. 



PAU ijj 

' La Fauvette coryphée , Syhia àoryphœus ^ Vlelll. , pi. 120, 
f. I ^ a des Oiseaux d'Afrique , a les sourcils blancs , une ta^ 
chè noirâtre entre le bec et Foeil ; la queue un peu étagée ; 
le milieu de la gorge blanc ; le dessus du cou, les ailes et les 

Ï)ennes intermédiaires de la queue d^un brun uniforme ; les 
atérales d'un gris-brun à l'origine , ensuite noirâtï^es et ter- 
minées de bl«nc; le devant du cou gris de perle ; le dessous 
du corps d'un brun roussâtre ; le bec et les pieds noirâtres. La 
femelle est d'un gris-blanc sur la poitrine et sur les flancs* 
Elle fait son nid dans lesbuissons et pond de trois à cinq œnbf 
d'un bleu yerdâtre , fort pâle et sali vers le gros bout. 

» La Fauvette a cou bleuâtre, iSy/t^ia cyamcolUsj Vieîll. , 
a quatre pouces deux lignes de longueur totale ; un trait blanc 
à la base supérieure du bec ; la tête et le cou en dessus d'une 
CQulenr bleue d'ardoise; le dessus ^u corps et les petites cou-^ 
vertures supérieures des ailes d^un brun verdâtre ; les grandes 
de la partie interne sont d'un noirâtre foncé et d'un roux 
vif à l'extrémité; la gorge presque blanche ; le devant du 
cou gris de perle ; la poitrine et le ventre blancs ; les côtés 
du corps , les couvertures inférieures des ailes et de la queue 
blanchâtres; lepli de l'aile jaune; les tigesétlesbords despennes 
alaires de couleur blanche; le tarse d'une couleur de plomb \ 
le bec noirâtre en dessus et blanchâtre sur le reste ; les coins 
de la bouche orangés ; la queue égale ; les plumes de la tête 
longues f brunes et étrpites. On la trouve au Paraguay. 

La Fauvette a cou jaune , Syhia pensOis, Lath. , pi. enl. 
n.^ 688. Vivacité , cafté , ramage agréable , jolie robe , taille 
dégagée ; tels sont les attributs de cette charmajïie fautfeUe de 
Saint-Domingue j où les uns l'appellent cou jaune ^ d'après la 
couleur dé sa gorge, et d'autres, chardonneret^ s^ns doute d'a^ 
près quelques rapports dans le chant , car elle, n'en a ni le 
plumage ni les habitudes. Son gosier la rapproche beaucoup 
plus du guit-'guil sucrier^ avec lequel elle auroit de l'analogie 
dans le choix de sa nourriture , dans ses mœurs, dans la ma-^ 
nière de construire et de placer son nid, si réellement ils 
sont tels que le dit Buffbn ( V, Sucrier )• 

Le cou jaune a le sommet de la tête gris-noir , plus clair 
sur le cou^et plus foncé sur le dos ; les sourcils blancs ; une 
petite tache jaune entre le bec et l'œil; les couvertures des 
ailes mouchetées de noir et de blanc par bandes horizontales; 
de grandes taches blanches sur les pennes, dont la bordure ex^- 
téneure est gris-blanc; les quatre penites latérales de la queue 
terminées par une large tache blanche ; la gorge , le devant 
du cou et la poitrine jaunes ; le ventre blanc ; les flaQCS gri- 
velés de blanc et de gris-noir ; les pieds d^un gris verdâtre ; 
longueur , quatre pouces neuf lignes. 

XX. la 



«78 .. F A U 

La femelle diffère par des couleurs plus ternes et par le 
jaune du dessous du corps , qui est beaucoup moins rit 
La Fauvette couleur de girofle. V. Fauvette brur 

CANNELLE. 

La Fauvette couronnée d^or , Syhia coronaia ^ Lath. ; 
pi . 7 7 (le mâle) et pi. 78 (le jeune) des Oiseaux deF Amérique sepL 
Cette fauvette 9 que j ai observée avec la plus grande atten- 
tion dans le nord de l'Amérique 9 ne portant pas en toutes 
saisons ni dans les diverses périodes de son âge un vêtement 
tout-À-fait pareil, il en est résulté plusieurs espèces purement 
notninales. Telles sont la Fauvette ombrée, 5//p,i/m6na, pi. 
enl. 709, f. I, sous le nom àefawetU tachetée àe la Louisiane qui 
est une fauvette couronnée d'or , sous son plumage d'automne; 
le Figuier GRASSET, iS/À'ia^i/^uûetle Figuier du Mississipi,, 
pi. enl. 731, f.2, que Gm. a donné pour la variété d'une autre es- 
pèce, Tun et l'autre sont souslalivrée d'automne; le Figuier a 
cEiNTURE,«Sy/a/acih^/la, quiestunmâleenhabitd'été;iln'aréel^ 
lement point de ceinture , mais bien deux taches jaunes iso- 
lées sur chaque côté de la poitrine , lesquelles ont été rap- 
prochées , dans la figure publiée par Brisson , au point de 
représenter l'ornement dont Buffon a tiré la dénomination 
de cet oiseau. L'individu indiqué pour la femelle est un 

jeune. 

Le mâle , dans Ja saison des amours, a le front gris et 
marqué de noir ; ces deux couleurs servent de bordure d'un 
jaune d'or qui est sur lé sommet de la tête; les sourcils sont 
blancs, ainsi qu'un petit trait qui se trouve au dessons de l'œil; 
la bande noire qui couvre les tempes s'étend sur les joues ; et 
se prolonge jusqu'au bec; le croupion est jaune, de même que 
deux taches qui sont sur chaque câté de la poitrine ; le des- 
sus du cou est gris*; cette teinte est variée de noir sur le 
dos et la partie antérieure de l'aile ; les couvertures supé-^ 
rieures sont noires, bordées et terminées de blanc ; le devant 
^u cou , les pennes alaires et caudales sont noires, et celles- 
ci ont leurs barbes extérieures grises ; les trois premières de 
la queue sont terminées k l'intérieur par une grande tackç 
blanche; le menton et le dessous du corps sont blancs , avec 
àcs taches noires sur la poitrine et sur les flancs; le bec et les 
pieds sont noirs. Longueur totale , cinq pouces. La femelle 9 
une bande noire et étroite sur les câtés de la tète , du gris- 
brun varié d^ noirâtre sur les parties supérieures ; les taches 
des flancs moins grandes et moins prononcées que celles du 
mâle , et un jaune moins étendu , moins brillant sur la tête , 
le croupion et les cètés de la poitrine. Le jeune , après sa 

tremière mue , a la gorge et le dessous du corps d'un gris- 
lancavec des taches brunes, longitudinales; sur l'estomac. 



F A U ,73 

le rentre et les flancs ; le sommet de la tête , les côtes de la 

f poitrine et le croupion d'un jaune pâle ; le dessus du cou , 
e dos d'un gris brun , plus foncé sur le milieu de la plume ; 
les couvertures et les pennes des ailes noirâtres. Enfin , le 
même , dans son premier âge , est d'un gris-brun sur toutes 
les parties supérieures, d'un blanc sale varié de 'brun som- 
bre sur les inférieures, et il n'a point de taches jaunes sur les 
côtés de la poitrine et sur la tête. 

Cesyôup^/^ paroissent en troupes assez nombreuses dans 
Tétat de Ne w-Torck aux mois d'avril et de mai , époques où 
elles sont sous leur habit de noces ; mais elles y restent peu de 
temps, et se rendent dans le Nord, où elles nichent; elles y re- 
viennent en automne, ne font que passer, et se retirent dans 
le Sud pendant l'hiver. Elles portent à la Eouisiane le nom de 
grasset j ^Arce qu'à l'automne elles y viennent avec beaucoup 
de graisse , ainsi que toutes les fawelies et tous les figuiers 
qui s'y trouvent pendant cette saison. 

* La Fauvette courohnée de roux , Syhia ruficapiUus j 
Vieill. , habite dans le Paraguay. Longueur totale , 4 pouces 
4. lignes ; plumes du sommet de la tête d'un r<>ux vif et ter- 
minées de brun; dessus du cou et du corps d'un brun foibie* 
ment teinté de vert ; ailes et queue d'un brun foncé ; yeux en- 
tourés de roussâtre clair ; gorge blanchâtre ; devant du coii 
et dessous du corps blancs; couvertures et bord inférieur àe& 
ailes d'un jaune clair ; tarses violets ; bec noirâtre ; intérieur 
de la bouche jaune paille. 

La Fauvette couturière , Syhia sutoiia , Lath. , Zoologia 
indîcaf pi. ij , tab. 8, n'a q«e trois pouces de longueur, ne 
pèse pas plus de quatre-vingt-dix grains, et est totalemenfer 
d'un jaune clair. Cet oiseau qu'on appelle aussi iafl^ est doué 
d'une industrie remarquable pour mettre sa famille à l'abri 
de la voracité des serpens et des singes ; il choisit une feuille 
d'arbre vers l'extrémité d'une branche, à laquelle il en adapte 
une morte qu'il a l'adresse d'attacher à la première; de ma- 
nière que le nid est en forme de hotte. Il en tapisse l'intérieur 
de duvet et de coton, et y dépose trois on quatre œufs blancs , 
un peu plus gros, dit Pennaiit^ qu'une chrysalide de fourmi» 
Cette espèce se trouve dans l'Inde. 

La Fauvette a cravate noire, Syhîa virent j Lath. , pl. 




y reste que peu de jours. 
la tète, tout le dessus du corps et les petites couvertures su- 
périçiires des ailes sont d'un vert d'olive ; les côtés de la tête 
et du cou d'ua beau jaune ; la gorge et le dessous du cou noirs} 



i»o F A TJ 

la poitrine est jaunâtre; le reste du dessous du corps blanc, 
avet quelques taches noirâtres sur les flancs; les grandes cou- 
Vcrtnres supérieures des ailes sont d^un brun foncé et ter- 
minées de blanc, te qui forme sur chaque aile deux bandes 
ttransversales blanches; les pennes aiaires et caudales 
sont d^un ^cendré foncé; les trois pennes extérieures de cha- 
que côté de la queue, ont des taches blanches sur leur côté in- 
térieur; les pieds sont bruns; longueur totale, 4 pouces un tiers. 

• La femelle diffère du mâle par des couleurs plus claires, et 
H^a point de plaque noire sur le devant du cou. 

La Fauvette à croupion jaune, Syhia xartihorhoay Vieill., 
'Parus oirginianusy Lath., figurée par Catesby, pi. &j a le des- 
;8us de la tête , le dessus du cou et le dos d'un brun-olive ; le 
croupion jaune ; îe dessous du corps gris ; les pieds et les 
ongles noirs. On la trouve dans la Virginie. 

La Fauvette a croupion noir, Sylwa mdamrhoa^ Vieill., 
se trouve à la Martinique. ' Elle a quatre pouces environ de 
.longueur totale ; le bec noir en dessus et jaunâtre à la base 
de sa partie inférieure; les pieds bruns; les plumes du des- 
. sous de la tête, jaunes à l'origine et ensuite noirâtres ; celles 
du dos noires et blanches ; le dessus du cou d'un gris-brun ; 
le croupion totalement noir ; les couvertures supérieures des 
ailes de cette couleur, et terminées de blanc ; les pennes 
noirâtres; la queue pareille au croupion ; les trois premières 
pennes de chaque côté blanches à T extérieur vers le bout ; 
les sourcils, la gorge , le devant du cou, jaunes» et les cou- 
vertures inférieures de la queue blanches. 

• La Fauvette a croupion rouge ^Syhia peregrina , Vieill.; 
Parus peregnnus , Lath., Sparmânn, Mus. carsl. fasc. a, t. 4-8 
et 4-9 î P^fus peregrinusy coccineus , Gmelin ; c'est un double 
emploi. Le mâle a la tête, le cou et le dos cendrés; 
une tache noire entré le bec et Toeil , qui s'étend au-dessous 
de celui-ci; le devant du cou, la poitrine et le croupion d'tm 
orangé foncé ; le bec et le ventre blanchâtres ; le dessus des 
ailes noir et le dessous de couleur de soufre ; quelques-unes 
des pennes primaires orangées à leur base ; les quatre inter- 
médiaires de la queue , noires , les autres de cette couleur 
jusqu'au milieu, et le reste orangé. Grosseur de ia mésange 
charbonnière, 

La femelle a le dessus du corps de la même couleur que 
le mâle , mais d'une nuance plus pâle ; tout le dessous d un 
blanc sombre ; le croupion moins orangé , ainsi que la base 
des pennes primaires et une partie de celles de la queue ; le 
bec et les pieds noirs. C'est d'après les figures publiées pat 
Sparmann , que j'ai jugé que cette espèce étoit plutôt une 
fojweUe qu^une mésange. Son pays est inconnu* 



I - 



. F A U ttn 

* LaFAUYETTE jhelaD AaVRTRySyhiacyane, LaA.Noasd6^ 
vonsà Pallasla découverte de cette jolie fauvette, qu^ila vue k 
l'extrémité de laDaourie, entre les rivières d'Auot et d^Argun^^ 
elle y paroîtaupriiitemps,maîsy est rare. Sa taille égale celle 
du rosàgnol de murat'lie; un bleu foncé est la couleur de la tête 
et dés parties supérieures du corps; un beau blanc celle des 
parties inférieures et des deux pennes latérales de la queiie ; 
enfin, un trait noir part du bec, et s'étend jusqu'aux ailes. 

* LaFAUV£TT£ A. i)£Mi-C0LLi£R, Syiçia fe/iu-toi^tto^ Lath. 
Ce petit oiseau se trouve à la Louisiane ; il a quatre pouces 
et demi de longueur r le bec noirâtre en dessus et blancbâtre 
en 'dessous; le dessus de la tête olivâtre , tirant au jaune; une 
bande cendrée derrière les yeux ; la gorge et tout le dessous 
du corps d'un cendré très-clair, avec un demi-collier jaunâtre 
sur la partie inférieure du cou. Cette couleur nuance aussi le 
gris du ventre; les couvertures supérieures et les pennes des 
ailes sont brunes ; les premières bordées de jaune, les rémi* 
ges primaires bordées deblanchâtre; les secondaires d'olivâtre 
et terminées de blanc; les pennes de la queue cendrées , et 
les quatre latérales de chaque côté bordées de blanc à l'inté- 
rieur ; toutes les dix , dit Buffon , sont pointues par le bout. 
N'y auroit-il pas erreur ? car tous lesji^ers ou fauvettes con- 
nus ont douze pennes à la queue. 

La Fauvette DiscoLOR, Syhîa discolor^ Vielll., pi. 98 des 
Oiseaux de T Amer, sept , se trooive aui^ Grandes Antilles et 
dans les Etats-Unis. Elle a au-<Lessous de chaque œil une 
tache noire en forme de croissant ; le dessus de la tête d'un 
vert-olive ; une raie jaune sur les c6tés, laquelle s'étend de 
la mandibule supérieure au-delà des yeux qui sont placés aa 
milieu d'une tache noire; une bandelette de cette dernière cou- 
leur est sur les côtés du cou , et des taches semblables se remar- 
quent sur les côtés du corps , qui sont d'un très-beau jaune, ainsi 
que la partie antérieure de l'aile, la gorge et la poitrine; cette 
teinte se dégrade sur le ventre et sur les parties postérieures; 
le dessus du cou, le dos et le croupion sont du même vert que 
la tête ; les couvertures supérieures de la queue sont grises ; les 
pennes noirâtres et bordées de gris-jaune en dehors ; les pen- 
nes extérieures blanches en dessous et sur le bord interne ; 
les moyennes couvertures , les grandes et les penikes des ailes 
noirâtres ; le bec est de cette dernière teinte et les pieds sont 
bruns ; longueur totale , quatre pouces et demi. La femelle 
diffère du mâle en ce qu'elle n'a point de crobsant sur chaque 
côté de la tête; ce croissant est remplacé par des points d'un brun 
obscur, semés sur un fond verl-ofive; les taches des côtés de la 
gorge et de la poitrine sont brunes et répandues sur un fond 



^ 



iS» ^ F A r 

iaune , le vert-olive des parties snp^rîeures est un peu rem- 
lininî sur le dos. 

La Fauvette a double sourcil, Syl^na dîophrys^ Vicill. , 
pi. iâ8 , fig. 2 des Oiseaux d* Afrique , a les yeux placés entre 
deux traits noîrs ; le dessus de la tête d'un roux foncé ; le des- 
sus du corpâ d'un brun-roux ; le dessous d'un blanc sali de 
roussâtre sur les flancs et sous la queue ; celle-ci longue et 
ëtagée. Taille de \^ fauvette citrine. La femelle n'a point de 
-sourcils noirs j et est d'un brun plus terne en dessus. 

La Fautetie effarvatte, Syima strepera ^YieiW. Bufibn 
parle très-succinctement de cet oiseau, à l'article de la rousse-- 
rolle. Je crois le reconnoître dans le syhia palustn's de Meyer 
qui ne l'a décrit que d'après Nauman. Cette fauvette^ une des 
plus communes en France, a été confondue avec celle des 
roseaux de Buffon ; en effet , Tfaistorique de cette dernière 
espèce lui convient parfaitement , mais non pas la figure de 
la pi. enl., qui est celle d'une espèce bien distincte. Elle a 
la tète , le dessus du cou et du corps , d'un gris tirant à l'oli- 
vâtre , principalement sur le croupion ; les sourcils , les pau- 
pières , les côtés de la poitrine et du ventre roussâtres ; la 
gorge et le milieu de Tabdomen d'un blanc un peu sali ; cette 
teinte foiblement lavée de roux sur les bords des couver- 
tures inférieures de la^ueue-; les petites couvertures dés ai- 
les sont de la couleur du dos ; les grandes et les pennes d'un 
gris rembruni, bordées en dehors de fauve, et de blanc en 
dedans ; la quetié est arrondie , pareille aux ailes en dessus 
et grise en dessous ; les plumes des jambes sont rousses ; le 
front est allongé et aplati. Longueur totale , quatre pouces, 
six à sept lignes, et quelquefois , cinq pouces ; bec brun , 
d*un blanc jaunâtre en dessous et sur les bords^ de sa partie 
inférieure; pieds et ongles d'un gris-brun. Les différences que 
j'ai remarquées entre le mâle et la femelle , consistent en ce 
que celle-ci a les sourcils et les paupières d'un blanc sale ; les 
parties inférieures d'un blanc plus pur, et engénéral, des cou- 
leurs moins prononcées. 

J'ai lieu de croire que cette espèce est composée de deux- 
races, mais qui ne diffèrentgaère quepar des dimensions et des 
proportions plus fortes chez l'une que chez l'autre ; car f ai 
Vu plusieurs individus, communiqués par M. Bonelli, les- 
quels sont plus grands que ceux qui se trouvent dans nos con- 
trées; ils en diffèrent encore en ce qu'ils ont le bec et les ailes 
plus allongés et les deux premières rémiges d'égale longueur, 
tandis que chez nos effawattcs^ la première est plus courte que 
la deuxième. Ces individus habitent dans le Piémont, 

Les uns et les, autres fréquentent le bord des rivières , 



F A U ' ,85 

dès lacs et des ëiatigs , où ils se tiennent dans les roseaux , 
et généralement danis les lieux arrosés où croissent cet plan* 
tes ; ils en saisissent la tige par le travers avec leurs doigts, 
et les parcourent en sautillant. Le mâle fait entendre pendant 
le jour , et souvent , pendant le$ nuits calmes , un ramage 
qui semble exprimer les syllabes tran^ tra^^ iran^ répétées 
douze il quinze fois de suite. Le nid se tr6uv(f dans les mêmes 
endroits , ordinairement à un pied de Teau. 11 est construit 
des mêmes matériaux que celui de la rousseroUe (^iuttlus arun- 
dinaceus). Des feuilles et de petites tiges de plantes aquati- 
ques tapissent la couche sur laquelle la femelle dépose quatre 
ou cinq œufs verdâtres et tachetés irrégulièrement de vert- 
olive ; ces taches sont confluentes vers le gros bout. Ce nid 
est attaché à plusieurs rose^ix, de manière qu'il est suspendu 
en Fâir. On prétend que, par le moyen de trois ou quatre an* 
neaux assez lâches et composés de mousse et de crin , il peut 
s'élever et se baisser suivant la hauteur de Teau. Cette asser* 
tion est combattue par des naturalistes qui m'ont assuré que 
ces nids , quoique suspendus de cette manière , ne peuvent 
s'élever tout au plus qu'à deux ou trois pouces, les anneaux se 
trouvant arrêtés par les nœuds des roseaux ; alors ils se trou- 
vent submergés si la crue des eaux est un peu forte. 

Uefiiivate présente de si grands rapports avec la rousseroUe 
par la forme et la position du nid, par les couleurs des œufs, 
par son plumage et son genre de vie, qu'en certains cantons 
on ne la distingue que par l'épithète de petite. Une si grande 
analogie ne permet guère d'éloigner génériquement ces deux 
oiseaux; ainsi donc M. Cuvier me paroft très- fondé k les 
classer à là suite l\in de l'autre. Les habitans des campa-^ 
gnes de la Lorraine jugent par la hauteur où se trouve le 
nid de la rousserolle, l'élévation où parviendront les eaux 
pendant l'été. (Note communiquée par M. le comte de Bio^ 
court.) 

J'ai donné pour synonyme de Vejfcuvàtte , le syhia palustiis 
fig. pi. 4-6, n.(* io5 des Oiseaux de Nauman , parce que la des- 
cription qu'en fait M. Meyer me paroît lui convenir , sauf 
quelques foibles dissemblances qui me semblent être le ré-- 
sultat d'un âge plus ou moins avancé.. C es p/?/{i5^ se rappro- 
chent de ia grande race signalée ei-dessus , mais je ne crois pas^ 
comme M. Meyer, que ce soit une espèce purement nominale; 
car il est bon de remarquer que ce savant ornithologiste ne 
connott pas notre effarvatte ; du moins je n'ai trouvé dans 
son ouvrage, aucune fauvette À laquelle on puisse la rapport 
ter, si ce n'est peut-être celle qu'il appeUe fauvette de ro- 
seaux y qui néanmoins en diffère par un plumage autrement 
coloré, ou pliUèt par des couleurs plus vives et plus pronour 



i84 F A U 

cées ; car, da reste, elles ont Tune et Tautre les mêmes kabi-^ 
tudesy an nid pareil, et elles se tiennent dans les mêmes en-^ 
droits. V. FaiwtUe de roseaux de Meyer. Je transcris ici là des- 
cription de la syloia palustris , pour ceux qui ne possèdent pas 
les ouvrages des auteurs allemands cités ci-dessus. EUle a le 
dessus du corps d^un gris verdâtre, une grande raie d'un blanc 
sale au-dessus de rœil ; le dessous du corps de cette couleur, 
mais tirant au roussâtre sur les côtés. Longueur, cinq pouces. 
Queue un peu arrondie en forme de coin. 

La Fauvette éPERViÈRE , Sylifia nisoria , Bechstein; a la 
tête et le dessus du corps d^un gris-bnm cendré; la gorge et 
les parties postérieures d'un blanc ondulé de gris , rembruni 
sur les flancs et lavé de roux sur lé$ côtés de la poitrine ; 
les petites couvertures des ailes sont entourées d'un blanc 
un peu roussâtre ; les inférieures de la queue marquées de 
gris-brun ; les pennes d'un gris cendré , et les deux intermé- 
diaires marquées de raies transversales d'une nuance un peu plus 
foncée , et visibles seulement sous un certain aspect ; toutes 
les latérales sont terminées par une tache blanche , qui est en 
forme de coin sur les deux premières; les pennes des ailes sont 
d'un gris cendré ; le bec est brun et d'une teinte plus claire 
à la base de sa partie inférieure ; l'iris est d'un beau jaune 
ardent ; les pieds sont bruns. Grosseur du rossignol ; lon- 
gueur totale , six pouces et demi. 

La femelle diffère du mâle en ce qu'elle est d'une couleur 
plus sombre sur le dos , blanchâtre en dessous avec des raies 
transversales d'une teinte de rouille brunâtre et des lunules 
d'un gris-brun éteint sur les côtés ; la tache cunéiforme des 
deux rectrices extérieures est chez elle plus petite et d'un 
blanc sale ; les taches des autres sont d'une couleur ferrugi- 
neuse claire. Les jeunes, avant leur première mue, sont cou- 
verts de taches en forme d'écaillés ; d'un gris cendré brun sur 
la gorge , le devant du cou , le haut de la poitrine et les 
flancs. 

^ette espèce se trouve en Allemagne , et est de passage 
dans le Piémont Elle fréquente les taillis des plaines , les haies 
et les bosquets qui entourent ou bordent les prairies. On 
trouve son nid dans les buissons les plus fourrés ; il est com- 
posé à l'extérieur, d'herbes et de petites racines , etàl'in« 
térieur, de crins et de bourre. La ponte est composée de 
quatre œufs d'un grb blanchâtre , parsemés de taches irrégu- 
lières , confluentes , d'un cendré roussâtre et d'un gris de 
plomb. Le cri de cette fauvette ressemble au son que le ros- 
signol fait entendre lorsqu'il prélude , et son chant a de grands 
rapports avec celui de lai faw^etie cendrée ou grUeUe, C'est de 
toutes les fauvettes la moins agile ; ses mouvemens sont gau- 



F A U i85 

ches et pesâns ; maïs son vol est très-rapide. On la voit sou- 
▼ent5 dans la saison des amours, s'élever droit eu Fair jusqu'à 
quinze ou vingt pieds, la tête en haut et la queue perpendi- 
culaire. Elle s'arrête alors ; descend ensuite lentement en 
battant des ailes comme le pipi des arbres^ et voltige encore 
xm instant au dessus du buisson qu'elle vient de quitter. 

* La Fatjvette ferrugineuse, Sybiaferruginea^ Lath., se 
trouve en Russie. Elle est cendrée en dessus , blai^châtre en 
dessous , et elle a la gorge et le cou ferrugineux. 

♦La Fauvette fitert, Syhia sybilia, Lath. i^iV^r^ est le 
nom que porte cet oiseau à Madagascar ; il habite les bois 
touffus, qu'il fait retentir d'un chant très-agréable. Il est un 
peu plus gros qi;ie notre traquet; il a. cinq pouces quatre li- 
gnes de longueur ; la tête et tout le dessus du corps jusqu'au 
bout de la queue , noirs , avec quelques ondes' roussâires sur 
le dos et les épaules; le devant du cou, l'estomac et Iç ven- 
tre blancs ; la poitrine rousse ; la gorge noire ; les grandes 
couvertures de l'aile les plus proches du corps, blanches; cette 
couleur termine aussi les pennes du côté intérieur, et est plus 
étendu à proportion qu'elles sont plus près du corps; les pen- 
nes sont noirâtres dans la moitié de leur longueur, et celles 
de la queue noires, ainsi que les pieds, les ongles et le bec. 

La Fauvette FLAVÉOLE, Syhia flageola y Vieill., se trouve, 
en France , quelquefois en Lorraine d'où m'ont été envoyés 
les individus que j'ai observés. Elle a le dessus de la tête ^ 
du cou et du corps d'un vert-olive ; les sourcils , le tour de 
l'œil , le pli et les couvertures inférieures des ailes, la gorge » 
le devant du cou et le dessous du corps d'un beau jaune ; les 
couvertures supériepres et les pennes des ailes, ainsi que celles 
de la queue d'un gris rembruni et bordées d'une teinte oli- 
vâtre , qui incline au jaune s^r le bord externe des pennes 
secondaires , lesquelles sont, ainsi que les primaires , blan- 
ches en dedans; le bée compri^mé en entier latéralement^ d'un 
brun bleuâtre en dessus, tirant au jaunâtre sur les bords et en 
dessous, aussi large que haut à la base, ensuite plus haut que 
large et finissant en pointe aiguë ; les pieds d'un gris-brun ; 
longueur totale^ quatre pouces trois lignes. Lafemelle se distin- 
gue du mâle par des couleurs moins vives. Le jeune , avant 
sa première mue, ne diffère de l'adulte qu'en ce que la couleur 

I'amie est encore plus pâle que chez la femelle. En comparant le 
>ec de iaiflavéole à celui de la fauvette lusciniole^ l'on apercevra 
aisément les différences qui les caractérisent , et qui sont 
suffisantes pourne pas les réunir; d'ailleurs, la ^ât»^/? est un 
peu plus petite que l'autre ; et la première penne de son aile 
est un peu plus longue que la quatrième et plus courte que la 
troisième , tandis que chez la /ii5c////o/>, la première penne n'est 
jamais plus longue que la quatrième y et quelquefois un peu 



i86 F A U 

plus courte. Cette 'espèce se tient dans les roseaux, au mîlîeo 
des étangs et des lacs. 

La Fauvette fluviatile, Syhia fluQiaUlis^ Meyer, se 
trouve en Autriche sur les bords du Danube, où elle se tient 
dans les broussailles et dans les roseaux. Son chant, dit-on, 
semble exprimer zi zi zi zi zi xi zi zî z' zi i iL Son nid et 
ses oeufs sont inconnus ; on soupçonne cependant qu^elle ni- 
che sur les rivages à terre, on dans un trou entre les racines 
des saules. Le mâle a la tête, le dessus du cou et toutes les 
parties supérieures d^un vert-olive sombre ; les sourcils blan- 
châtres ; la gorge et le devant du cou de cette même teinte 
avec des taches longitudinales d!un vert-olive rembruni ; ces 
taches descendent jusque sur le haut de la poitrine , qui est 
dans le milieu , ainsi que le ventre, d^un blanc sale , nuancé 
de brun olivâtre sur les côtés , sur les plumes de Tanus et sur 
les couvertures inférieures de la queue ; celle-ci et les ailes 
inclinent plus au brun et le dos plus au vert; les pennes cau- 
dales, vues sous un certain aspect, présentent des bandes 
transversales d'un ton plus prononcé que la teinte du fond; 
longueur totale, cinq pouces environ ; bec grêle , d'un brun- 
çlair ; pieds couleur de chair terne, queue arrondie. La fe- 
melle ne diffère du mâle qu'en ce que les taches de sa gorge. 
sont très-pâles et ne se prolongent pas aussi loin. 

* La Fauvette FOUDI-ZALA, Syhiamadagascanensis, Lath. 
Elle a six pouces cinq lignes de longueur ; la tête rousse ; le 
dessus du cou et du corps, les ailes et la queue d'un brun 
olive ; le dessous du cou et la poitrine d'un roux clair ; la 
gorge blanche ; le ventre d'un brun-olive et roux; le bec et les 
pieds d'un brun foncé. Cet oiseau porte à Madagascar le 
nom de foudi zala. ' 

La Fauvette des fragons, Sybia rusdcola^ Vieill. , a la 
tête noire jusques au-dessous des yeux et jusqu'à la nuque ; le 
dessus du cou , le dos et le croupion , les couvertures supé- 
rieures des ailes et de la queue d'un gris plombé; le pli de 
Taile , la gorge , le milieu du ventre, l'extérieur de la pre- 
mière penne caudale et la pointe des trois suivantes, blancs; 
le devant du cou , la poitrine, les flancs et les couvertures in- 
férieures de la queue d'un gris bleuâtre un peu plus foncé sur 
les côtés du ventre ; les pennes des ailes d'un gris sombre ; 
celles de la queue noirâtres , dont les quatre intermédiaires 
sont d'une teinte uniforme ; longueur totale , 5 pouces 6 
à 7 Jlignes; grosseur de \difauoette babiUarde ; bec noir et cou- 
leur de thair à la base de sa partie inférieure ; iris d'un 
rouge un peu orangé; paupières jaunes ; pieds d'un gris rem« 
bruni ; ailes courtes et outre-passant un peu l'origine de la 
queue , laquelle a deux pouces et demi de longueur; ses huit 
premières pennes étagées et lés autres à peu près égales % 



FA U 187 

et les plus longues. La femelle , le jeune ^ \é nid et les œufs 
sont inconnus. On trouve cette espèce en Provence, en Sar- 
daigne et aux Canaries , elle se tient de préférence dans les 
fragons. 

* La Fauvette a gorge brune de Cayenne , Sy^viafus^ 
àcoîlis , Lath. Sa taille est celle àiipouiliot; un brun vcrdâtrc 
couvre la gorge , le dessus de la tête et du corps , les couver- 
tures des ailes , les pennes et celles de la queue ; les premiè- 
res sont bordées de rons^âtre , et les dernières de verdâlre ; 
un jaune ombré de fauve est répandu sur la poitrine et le ven- 
tre ; lorsqu'on connoîtra les habitudes et les mœurs de cet 
oiseau , peut-être le classera-t-on parmi les gobe-mouches f 
dont le rapproche la conformation de son bec large et. aplati 
à sa base. 

♦ La FaiîVETTE a gorge dorée , Sybîa ochroleuca Vieîll. 
muscicapaoçhrol. , L. ; se trouve aux Etats-tJnîs elle n'est que 
de passage ^ ainsi que la plupart àasfauçeties on figuiers qui ni- 
chent dans le nord de l' Amérique. La couleur olive sale qui 
couvre la tête et toutes les parties supérieures de cet oiseau , 
estremplacée par un beau jaune doré sur la gorge et sur le bord 
de l'œil; par du blanc nuancé de jaunâtre sur . la poitrine et 
sur les parties postérieures; les pennes alalres et caudales bor- 
dées d'un vert-olive brillant; le bec et les pieds sont noirâtres. 

La Fauvette a gorge grise , SyMa griseicoUîs , Vieill. j 

SI. 87 des Oiseaux de V Amérique SepterdrionaJe ^ se. trouve à 
aint-Domipgue, à Porto Rico et à la Louisiane. Elle a le bec 
brun *, la tête , le manteau et le croupion , d'un brun vcrdâtre ; 
une tache blanche entre le bec et l'œil; les paupières de cette 
couleur ; les couvertures et les pennes des ailes brunes et bor- 
dées de vert à l'extérieur ; le dessus de la queue pareil au dos, 
le dessous d'un gris ardoisé et bordé de vert ; sts deux pen- 
nes latérales de chaque côté blanches vers leur extrémité et 
sur leur côté interne ; la gorge d'un gris-blanc; la poitrine, 
les. flancs et les couvertures inférieures de la queue , jaunes ; 
le milieu du ventre blanc et les pieds bruns. Longueur totale , 
quatre pouces sept lignes. 

La femelle, décrite sous la dénomination de Figuier brun-* 
OLIVE, Syhiafusca , Lath. , a le dessus de la tête , du cou 
et du corps d'un brun olivâtre ; les couvertures de la queue 
de couleur d'olive; le devant dii cou, la poitrine, blanchâtres 
et variés de traits gris ; le ventre blanc ; les couvertures infé-r 
rieurés de la queue jaunes ; les couvertures des ailes et les 
pennes secondaires brunes, frangées de la même teinte , mais 
plus claire , et terminées de blanchâtre ; les primaires bor-* 
dées de gris clair, avec une tache blanche à l'extrémité du côté 
intérieur des deux latérales, h^s pennes de la queue pareilles; 



ïS8 F A U 

la plus extérieure est bordée deblaoc ; le bec bran en dessus , 
plus clair en dessous ; les pieds bruns. 
. ♦ La Fauvette a gorge jauke, Sybia fidm^ Lath. Tête et 
dessus du corps d'un olivâtre brun ; gorge , cou et haut de la 
poitrine jaunes ; cette teinte un peu rembrunie sur la der- 
nière partie ; le reste du dessous du corps roussâtre , tirant 
au jaune sur les couvertures inférieures delà queue; les petites 
couvertures supérieures des ailes d'un jaune varié de brun ; le 
jaune forme une bordure assez apparente; les pennes des ailes 
et de la queue , brunes ; les primaires bordées de gris clair qui, 
s'éclaircissant de plus en plus , devient blanc sur la première 
penne ; les secondaires bordées d'olivâtre ; celles de la queue 
brunes, bordées de même que les secondaires; bec brun en 
dessus, plus clair en dessous; pieds d'un brun jaunâtre. Elle 
se trouve à la Louisiane et à Saint-Domingue. 

* La Fauvette a gorge orangée , Syhia auncolUs , Lath. 
La tète , le dessous du cou , le haut du dos et les petites cou- 
vertures du dessus des ailes sont de couleur olive ( Buffon 
dit que ces parties sont cendrées ; n'est-ce pas une faute^e 
copiste , puisqu'il ne la décrit que d'après Brisson, qui les dé- 
signe comme nous .'^) ; la partie inférieure du dos et le crou- 
pion sont cendrés, ainsi que les couvertures du dessus de la 
Î[ueue et les grandes des ailes ; cette teinte borde à Textérieur 
es pennes alaires , qui sont brunes , et couvre les intermé- 
diaires de la queue ; les latérales sont blanches sur leur côté 
intérieur, noirâtres du côté extérieur et à l'extrémité ; la gorge^ 
' le devant du cou et la poitrine sont d'un jaune orangé ; le ventre 
est d'un jaune pâle , qui , sur les flancs , tire au vert-olive ; le 
bas-ventre et' les couvertures inférieures de la queue sont d'un 
blanc sale ; longueur, cinq pouces une ligne; grosseur de la 
fawette à tête noire; bec brun ; pieds couleur de chair ; la fe- 
melle a les couleurs moins vives ; ces oiseaux se plaisent dans 
les buissons qui sont arrosés d'eau vive. Us passent Tété dans 
le Canada et la Nouvelle-Ecosse. 

La Fauvette GRIGNETTE, Syhîa subcœrulea^ Vieill. , pi. 
126 , f. I des Oiseaux d* Afrique , est d'un gris ardoisé en 
dessus , sur les couvertures supérieures et sur le bord ex- 
terne des pennes de l'aile ; cendrée sur la gorge avec de pe- 
tites taches noires , oblongues , deux taches sur les parties 
postérieures d'un roux foncé sur le bas-ventre et sur les cou- 
vertures inférieures de la queue , dojit les pennes intermé- 
diaires sont noirâtres et les latérales en partie blanches. L'in- 
dividu fig. 2 de la pi. citée ci dessus, est une variété acciden- 
telle , entièrement blanche , à l'exception du bas -ventre et 
des couvertures inférieures de la queue. 

La Fauvette grise, Sjbiagrisea ^NieiW.. \Syl9ia hortemiSf 
Lath. , est d'un grijs cendré en dessus (tirant au noirâtre sur 



F A U ,89 

Id tète et derrièVe ToeUda m&Ie), la gorge est d^an blanc 
pur , un peii sali sur les parties postérieures , et inclinant au 
roussâtre vers l'anus ; un trait blanchâtre est en avant de 
Tœil; les grandes couvertures des ailes sont bordées de gris 
roussâtre ; les pennes d'un cendré sombre , noires sur la 
tige , bordées de gris en dehors et d'un blanc sale en des- 
sons ; celles de la queue pareilles à celles-ci en dessus et sur 
les barbes extérieures ; un blanc pur est sur le pli de l'aile 
et il tire au gris sur ses couvertures inférieures ; la première 
penne de la queue est blanche en dehors dans la plus grande 
partie de sa longueur, et en dedans le long de la tige, et des 
deux côtés seulement à sa pointe ; la deuxième terminée par 
une tache échancrée 'de la même couleur qui se iait remar- 
quer à i^ extrémité de la troisième ; le bec se courbe un peu 
en arc cnez quelques individus, mais il est ordinairement droit; 
il est noirâtre et d'une nuance plus claire à la base de sa 
partie inférieure ; les pieds et les ongles sont bruns; Ion- . 
gueur totale , six pouces. La femelle a la tête du même 
gris que le dos : la teinte rousse des couvertures de l'aile plus 
étendue et le bec d'une teinte plus pâle que chez le mâle. Les 
}eunes lui ressemblent. 

Cette espèce ne se trouve point dans nos provinces sep- 
tentrionales; mais on la rencontre en Hollande , en Lor^ 
raine, en Piémont, en Provence, et probablement en Alle- 
magne 9 quoique MM. Bcchstein et Meyc r n'en fassent pas 
mention. Son genre de vie tien^ aux localités , car en Hol- 
4ande elle habite , selon Noa^emann, les lieux humides , et 
elle construit son nid dans les roseaux avec des herbes sè- 
ches et des feuilles de plantes aquatiques ; sa ponte est de 
quatre ou cinq œufs tachetés de brun-roux sur un fond blanc. 
En Provence 9 au contraire, elle préfère les lieux arides près 
les forêts de pins au haut desquels le mâle se plait dans la 
saisdn des amours, et d'où il fait entendre -une voix forte , 
sonore , et un, chant qui ne manque pas d'agrément. 

Je n^ ai point cité la ^. 1 delà pi. enl. de fiuffon, n.® 576, 
parce que n'étant pas correcte 9 elle donne une fausse 
idée de cette fauvette à laquelle Buffon a rapporté les Jiabi- 
iudes des fauoeUes griseUe et babillarde , en disant qu'elle ha- 
bite dans, nos Jardins , nos bosquets et dans les champs se- 
més de légumes, comme fèves et pois. Sonnini a encore con- 
tribué à la confondre avec d'autres fauvettes , en ajoutant 
qu'elle construit son nid à découvert sur des arbrisseaux, et 
<}uelquefois même sur les rosiers des prdins. Ce nid est celui 
ÂtAaifaweUe œdonie oU bretonne. 

^ La Fauvette g&ise et blai^che, Syhia leucopbaa^ &b 
trouve à la ^Nouvelle-Uollande. Elle a le dessus de la tête. 



V 



igo F A U 

le dessus du cou et du corps d^un joli gris clair : les sourcils; 
les joues , la gorge , le devant du cou et toutes les parties 
postérieures blancs; cette couleur borde largement les cou- 
vertures supérieures des ailes et à peu près un tiers des 
pennes latérales de la queue jusqu'à leur pointe ; ces pennes 
sopt noirâtres ainsi que les couvcfrtures et les pennes alaires, 
et un trait qui traverse Tœii; le bec est de cette teinte en 
dessus, jaune en dessous , si ce n'est à la pointe; les pieds sont 
bruns; taille de làfauifeUe épàvière. 

La Fauvette grise des Etats-Unis, SyànagUça, VieilL , 
pi. 34- des Oiseaux de V Amérique sepienlrionale , sous le nom de 
moucherolle gris. J'avois d'abord placé cet oiseau parmi les 
moucheroUes dont il se rapproche par la base déprimée de 
son bec ; comme ce caractère n'est pas étranger à beaucoup 
de fauvettes , je crois qu'il est mieux classé parmi elles. 
Il a un chant analogue à celui de laifauçeiU ctdonie ou bre-- 
tonne et ses mêmes habitudes* C'est par erreur que je l'ai 
comparé alors k celui de la fauvette rousse ( moiacilla rufa y 
Gm. ). Cette espèce a le bec et les pieds bruns; la tète ^ le 
dessus du cou et du corps d'un gris légèrement nuancé de ver- 
dâtre sur le dos ; les pennes des ailes et de la queue brunes 
et bordées d'une teinte plus claire ; toutes les- parties in- 
férieures d^un blanc sale qui tire au gris sur les Bancs et sur les 
couvertures inférieures de la queue; les pennes caudales blan*»- 
ches en dessous. Longueur totale, quatre pouces neuf lignes. 

La Fauvette CiRis-DE'FER, Syii^ia cœrulea, Lath., pT. 88 
^ àj^s Oiseaux de r Amérique septentrionale. Le mâle de cette es- 
pèce se distingue de la femeilç par un trait noir situé sur le 
iront et au-dessus des yeux ; l'un et l'autre ont la tête et 
tout le corps d'un joli gris bleuâtre qui s'éclaircit sur les par- 
ties inférieures ; les pennes des ailes d'un brun foncé et bor- 
idées en dehors du même gris ; cette teinte devient presque 
blanche sur les secondaires les plus proches du dos; les 

Sennes caudales sont noires ^ à l'exception de la première 
e chaque côté qui est blanche , si ce n'est sur la tige ; la 
deuxième est de cette couleur dans moitié de sa longueur v 
et la troisième seulement à son extrémité ; le bec et les pieds 
sont noirs; longueur to laie , quatre poucçs quatre lignes. Le 
£iguier à gorge cendrée, Syhia canaj est un jeune individu de 
cette espèce. Le chant de cette fauvette, que l'on trouve dans les 
£tats~Ûnis pendant l'été , est foible et court. Elle fréquente 
les taillis et les bosquets, où elle construit son nid arec beau^ 
coup d'arl. £ile le place à la cime d'un buisson ou d'un ar->- 
brisseau et lui donne un^ forme cylindrique ; le compose de 
mousse à l'extérieur, ensuite de crins, et en garnît l'intérieur 
d'une sorte de bourre qui enveloppe Icj^ boutons de certain* 



F A U ,9, 

arbres et du àwrti des plantes ; le tout est recouvert d'un li- 
chen grisâtre. Sa ponte est de cinq œufs blancs tachetés de 
gris. 

La Fauvette giiis-de-fer a tête noire , Sylvia cœrulea , 
var. , Lath. , pi. enl. de Buff. , n.® 704.9 fig* i 9 est donnée par 
Buffon pour une variété de laprécédente; en effet, toutsonplu- 
mage offre les mêmes couleurs , ài Texception de la tête , des 
pennes des ailes et del six intermédiaires de la queue , qui sont 
d^un beau noir. Je pense que c'est une espèce distincte* 

* La Fauvette gris de souris , Syhia murina , Lath. Son 
pays est inconnu. Elle a la grandeur du moi/ieaii;la tète et le 
cou noirs ; le corps et les ailes gris de souris ; une strie blan- 
che sur chaque c^té de la tête , qui part du bec , passe à tra- 
vers Toeil et descend sur chaque côté du cou ; le ventre est 
blanc sur les côtés et noir dans son milieu ; cette dernière cou- 
leur teint la queue , dont les plumes les plus extérieures sont 
les plus courtes et frangées de blanc. 

* La Fauvette grise a gorge jaune, Sylvia fia»icùiUs ^ 
Lath. J'ai peine à croire que cet oiseau soit une espèce dis* 
tincle de iaLfawfette à poànne jaune de la Louisiane , tant il y a 
d'analogie entre eux. IVIais il est certain que ce n^ est point une 
mésange y quoique Catesby l'ait ainsi dénommée. C'est d'après 
la figure qu'il en a publiée qu'on l'a décrite. Elle a cinq pouces 
un quart de longueur; le bec noir; la gorge et le devant du cou, 
jaunes; une petite tache de celte couleur de chaque côté de la 
tête vers la base de la «mandibule supérieure, le reste du des- 
sous du corps blanc, avec quelques mouchetures noires sur les 
flancs ; toutes les parties supérieures d'un joli gris ; un ban- 
deau noir sur le front , qui s'étend sur les yeux , descend des 
deux côtés du cou , et borde la couleur jaune ; les ailes d'un 
gris-brun ; les couvertures supérieures terminées de blanc , 
ce qui forme deux bandes transversales sur Paile ; la queue 
noire et un peu fourchue ; toutes les pennes , excepté les deux 
intermédiaires, ont leur bord intérieur blanchâtre ; enfin , les 
pieds sont bruns. La femelle n'a sur son plumage ni noir ni 
jaune ^ et se distingue très-facilement du mâle. 

Une variété décrite par Latham , diffère par son bec de 
couleur de corne , par la privation de la bande noire dans U 
partie où elle borde la couleur jaune de la gorge ; par la bor- 
dure blanche des couvertures et des pennes des ailes ; par son 
ventre blanc, sans taches, et par sa queue d'une couleur uni« 
forme , et dont toutes les pennes sont égales entre elles. 

Catesby dit que cette espèce est commune à la Caroline. 

La Fauvette grisette. V. Fauvette cendrée. 

La Fauvette grivetine, Syhia leucophrys , Vieîll. ^ 
pi. 1x8, fig. 1 et 3 9 des Oiseaux d'Afrique , sous le nom de ^n- 



x9» F A tl 

çetine. Elle fait son nid dans les buissons ; sa poilté est dtf 
quatre ou cinq œufs d'un vert-d^ean Icès-pâle et barbouillé 
de brun. Elle est un peu plus petite que le rossignol commun $ 
d'un gris-brun en dessus ; de couleur de rouille sur le crou- 
pion et sur les couvertures supérieures delà queue: d^un blanc 
«ali de brunâtre en dessous du corps; d^un blanc pur^ avec 
quelques traits noirâtres sur la gorge et le devant du cou ; 
blanche sur le bord du front et sur les Sourcils; lesscapulaî^ 
res et les couvertures supérieures des ailes sont d'un brun gri- 
sâtre et bordées de blanc ; les yeux grands et d'un brun clair. 
La femelle diffère du mâle par un brun plus lavé ; un blanc 
plus roussâtre , et un roux moins foncé sur le croupion. 
La Fauvette grise tachetée, de Brisson. F. Fauvette 

LOCUSTELLE. 

♦La Fauvette habit-uni, Sylçla campesins, Lath., pi. laa, 
fig. j des Oiseaux d*Edmirds, Montbeillard a placé cet oiseau 
avec ses demi-fins , parce qu'il a le bec plus fort et plus gros 
que ne Tdnt ordinairement les fauvettes. Edwards, à qui l'on 
doit la connoissance de cette espèce , la décrit ainsi : son bec 
est assez fort, mais pas autant que celui d'un oiseau qui vit 
de graines ; il est pointu vers le bout , un peu recourbé en 
bas , et de couleur noire ; la tête et le cou sont d'un cendré 
tirant un peu sur le vert ; le dos , les ailes et la queue sont 
bruns; le dessous des pennes est presque cendré ; la poitrine, 
le ventre , les cuisses , les couvertures inférieures des ailes et 
de la queue sont d'un blanc nuancé ig brunâtre ; les pieds et 
les ongles sont bruns. Cet oiseau se trouve à la Jamaïque. 

C'est d'après ce plumage , presque uniforme , que Mont- 
beillard a désigné cet oiseau de la Jamaïque par la dénomi- 
nation Shabil-unî. 

La Fauvette des haies. V. Mouchet. 

♦La Fauvette des herbes, Syhia herbicola^WtiW. C'est 
un oiseau solitaire qui se trouve dans les terrains inondés du 
Paraguay , ainsi que dans les campagnes couvertes de grandes 
herbes et de buissons dans lesquels il se cache ; cependant il 
se montre quelquefois au haut des branches. Il a sept pouces 
cinq lignes de longueur , dont la queue tient trois pouces 
cinq lignes ; ses pennes sont pointues et fort usées à leur ex- 
trémité , surtout les deux du milieu qui n'ont que la tige à 
leur bout et dépassent la penne extérieure >de cinq lignes \\es 
autres sont étagées; le bec et les pieds sont de la même force 
que ceux de IsifauoeUe des broussailles ; les plumes de toutes les 

Earties supérieures sont noirâtres sur leur milieu et d'un 
run verdâtre sur leurs bords ; le vert est plus apparent aux 
ailes; les pennes de la qufeue sont ^ barbes décomposées , 
noirâtres et bordées. de^brim; les côté» de. la tête de cette der« 



F.A U rgi 

tolère couleur ; le pli de Taile est d'oir jaune pur *, la gorge ^ 
le devant du cou et .la poitrine sont blanchâtres, et le ventre^ 
èM d'un brun-roux ; les courertures inférieures des ailes sont 
d'un gris de perle ainsi que les tarses; le bec est noir à sa basé 
et jaune dans le reste. 

La Fauvette HiPPOLAis, MotacUla Mppolaisi Linn.; Fauha. 
suecica, me semble, d'après sa description,, appartenir à l'es- 
pèce du pouilloiJiUs , comme une des variétés que j'ai indi- 
quées à son article; mais ce n'est plus ce pouillot, si Ton s'en 
rapporte aux auteurs, chez qui cet hippoldis est tantôt le syno-*". 
nyme de fauvettes très-différentes de celui-ci et aussi très-dif- 
férentes entr'elles, tautôt le nom spécifique de quelques-unes* 
Consultez BrlssonetBuflba, ils vous diront que^'e^t leur fau-* 
vette propre meQ,t dite (F". Fauvette grise,), <]uoiqq elle n'ait 
aucune trace de jaune dans ion plumage, et qu'elle soit d'une 
taille très-supérieure. Pénnant assure que c'est cette même 
fauvette et son petfychaps qui diffèrent plus de celle-ci que dé 
Thippolaïs de Linnaeus; c'es.t, selon l^ech^tein et Meyer, 
ma fauvette lusciniole , dont non«-seulement les sourcils sont 
jaunes, mais encore tout le dessous du corps , et de plus lé 
pettychaps de Latham , de Pennant , et la fauvette propre- 
ment dite , dont il vient d'être question ; synonymie bien 
contradictoire , surtout de la part de Bechstein , qui ne sa- 
chant que fa ire de la dernière , la rapproche aussi mal à propos 
de sa Syl0ia hortensis (ma fauvette aedonie).Âu moins M. Meyer 
accompagne cette synonymie du doute. Cet hippolaïs est 
donné par Retzius comme le même oiseau que l'hippolaïs de 
JLatliam ftiXsifaui^ttede roseauoQ de Brisson et de Buffou, deusL. 
espèces très-différentes. Si l'on s'en rapporte à Lewin, ce 
sera son lesser pettychaps et la petite fawdte de Brisson ^ qui 
en diffèrent autant que de la fauvette proprement dite. 

I)'autres ornithologues ont aussi leur hippolaïs ; mais ce 
ti'est plus celui vde Linnseus et des auteurs ci-dessus. Âldro- 
Vande appelle ainsi ia fauvette babillarde ; Tengmaim donne 
ce nom à une espèce que je soupçonne être ma fauvette 
ceJo/22^ou5r^o/i/2^; enfin rhippolaïs de Belon est la fauvette 
à tête noire. Il résulte de cette diversité d'opinions^ qu'une 
pareille dénomination devroit être bannie de la nomencla- 
ture des fauvettes , puisqu'elle ne tend qu'à 1 embrouiller 
davantage. En outre , Ihippolais , ou plutôt Vhypolais des 
Grecs , étant un oiseau qui cherche les vermisseaux sous 
les pierres ( a,vis sut tapidious vermicutos inqidrens ) 9 ne peut 
être une fauvette ni im pouillot. 
La Fauvette d'hiver. V. Mou^het. 
* La Fauvette a huppe noire Sylvia nigricolUs^ Lath.^ 
habite les Indes orientales ; elle a une petite huppe noire ; 

XI. i3 



*94. FAU . _ 

les ailes ef ta'qttene de cette cmileur; le dessotij du eorp$^ 
iticarnat , le dessus d^un gris pâle; les pieds et le bec jaunes. 
LaFAuyEtTËiCTÉKiWE,5jMi kterina^ Vieil!., se trouve en 
France. Jiis^'àprésettt je n'ai encore vaque deux individus de 
cette espèce dont Tun est au Muséum d^Hist. nat., et Tautre 
à Nancy, dans la collection de M. le comte deRîocourt. Cette 
fauvette a beaucoup de rapport , dans son plumage , arec les 
fawetlé» lusdrâole tXjlaQéole; mais elle présente d^ ailleurs des dis- 
^end[>lançès qui m'ont paru spécifiques , et que j'indiquerai 
ci-après. Toutes les parties supérieures sont d'un gris oli- 
vAtre ; les sourcils , les paupières , là gorge et le dessous du 
corps jaunes ; les couvertures inférieures dés Ailes d^un blanc 
tm peu lavé de jaune, avec quelques tacM^ brunes vers le 
pli de Taiie ; le$ pennes d'un gris-brun y BMhlées en deKors 
d^olivâtre , blanches en dessous et sur le côté interne ; les 
pennes secondaires les plus proches du dos largement fran- 
gées, à ^extérieur, d'un blanc jaunâtre; les pennes caudales 
pareilles aux primaires en dessus, grises en dessous. Longueur 
totale, 4 pûticesg ligues. Le bec est d^un brun clair en dessus, 
jaunâtre en dessous , trés-fendu , un peu plus large que haut 
à la basé , ensuite aussi haut que large' et â pointe arrondie. 
La première rémige est plus longue que la quatrièn&e, et pres- 
que égale à la troisième ; les pieds sont d^un brun glacé de 
jaune , et les doigts de cette dernière couleur en dessous. 

Jjes faui^tes lusciniole , flageole et ictêrine ayant dans les 
couleurs une grande analogie , il est Décessaire de les rap- 
procher pour saisir les différences qui les caractérisent : la 
lusciniole a le bec déprimé depuis la base jusqu^au-delà du 
milieu; la première rémige plus courte que là quatrième : la 
flofiéek a le bec comprimé latéralement dès là base , grêle , 
effilé et aigti ; la première rémige un peu plus longue que là 
quatrième , et sensiblement plus Courte que la troisième; une 
taille plus petite et des couleur^ plue vives et plus prononcées 
que les deux autres : Yicténne a le bec on peu déprimé, seule- 
ment à l'origine; iapremière rémige sensiblement plus longue 
que la quatnèitie , et presque égale à la troisième ; le plumage 
à peo près pareil à celui de la fiavéole ; mais etie est plus 
grande que celle-ci , et plus petite que la lusciniole. Si Von 
s'attache à ces différences caractéristiques et spécifiques , il 
sera facile de distinguer ces oiseaux ; autrement on les con- 
fondra toujours , surtout si on les voit isolément. 

♦ La Fauyette de l'^Île de Noël , Sybia çMjuinocttaËs , 
Lath. Taille de notre moineau; chant très-foible , et cepen- 
dant trèjS-agréable.; plumage d^ùn brun terreux sur le dps, 
presque blanc sous le corps, et pâle sur le croupion; bande» 
irrégulières sur la queue. 



F A U ,55 

lia FaiTT£TT< rsABEULE, Sykîa èaihaUij Vieîll. , pi. lat , 
fig. a des Oiseaux d^A^que^ a le bec d'une conlenr jaunâtre ; 
le dessus du corps d^un brun tirant à la couleur fauve ou isa** 
belle , le Aessous d'un blaac na peu rous&fltre ; ^e bec et les 
pieds d'un brun clair. Ëlie nicbe dans les roseaux. Sa ponte 
est decinq à six œufe bljmcs et tachetés de brun. 

La GRANDE Fauvette ds la Jasiaïque , Syhia calidrîs , 
Lath.,pl. 131 des Oiseaux d'Edeoards, quila nomme nMs^wo/^'yi- 
7nériifue;eMe aie dessus du bec noirâtre, le dessous de couleur 
da ckair; le sommet de la tête, le dessus du cou, le dos, 
les couvertures des ailes et de la queue , d'un brun verdâtre 
obscur ^ cette teinte Aire au jaune sur le croupion et les bords 
«xtérieurs des pennes des ailes ; les côtés de la tète ont deux 
bandes d^mi brun noirâtre sur un fond ofangé sale ; Tune 
passe au-dessus des yeux , et l'autre au-dessous ; les pennes 
de la queue sont pareilles aux ailes; enfin les pieds sont oou-^ 
leur de chair : taille du rouget-gorge, 

La Fauvette jaune , Syhiaflaw^ Vieill., pi. 8g des Ois» 
de Vernir, sept, Buffon s'est mépris en donnant cet oiseau 
pour une variété de son figuier tacheté, décrit ci-après sous le 
nom de fikiMUe iacheiée ; car ayant observé avec attention 
ces deux oiseaux dans leur pays natal , je me suis assuré que 
ce sont deux espèces4istinctes. L'unetrautre arrivent aucentre 
des États-Unis^ la même époque, lors de leur retout duSud; 
msÀs Ul fau»ette jaune nV reste que peu de temps, tandis que 
l'autre y passe toute la nelle saison. Le mâle a le front et les 
côtés de la tête d'un beau jaune ) le dessus de la tète , l'occi-^ 
put , le dessus du cou et du corps d'un beau vert- olive ; les 
petites couvertures des ailes grises , les autres et les pen- 
nes secondaires d'un^brun clair; les primaires d'un brun foncé; 
toutes les couvertures et les rémiges d'un vert jaune à l'exté* 
rieur ; les^pennesdelaquette pareilles aux primaires des ailes , 
et tontes les latérales jaunes en dessotis et en dedans ; cette 
conlenr , mais plus brillante , règne sur toutes les parties in^ 
férienres ; quelques individus ont sur les flancs plusieurs ta- 
ches effacées^ le bée est brun, et le tarse d'un gris^rottx; Ion- 
Sueurtotale, quatrepouees deux lignes. La femelle a le dessus 
e la tête et du corps d'un brun verdâtre , et le dessous d'un 
fauve pâle. * 

he ^figuier ifeH et èUaic mâle , de Buffon, Syioia chroroleuca , 
Lath. , a une grande ressemblance avec cette fauvette ; il 
en diffère néanmoins par une nuance moins pure sur la tète , 
sur le devant du cou et sur les parties inférieures. Peut-être 
est--ce un jeune oiseau. 

. La Fauvette jaunâitiie. K Fauvette a eoi^GE d'or. 
' * La Fauvette jaukAtre à ïront jaune , Syivia luiescens^ 
Lath, y a cinq pouces et demi dé longueur; le bec noirâtre ; le 



igG F A U 

front et le liant de la gorge d'un fauve sombre ; une graAd^ 
tache d'un brun rouge sur les oreilles^ le dessus du corps et 
les courertures supérieures de la queue d'un brun ferrugi- 
neux ; le dessous do corps d'un blanc rougeâtre ^ plus sombre 
sur la poitrine ; les pieds bruns. Son pays natal est inconnu. 
La Fauvette des joncs, MatacUla schœnobanusy linn.; 
Syloia phragmùis^ Meyer, pi. 107 des Oiseaux de Lewin* Elle 
a le dessus de la tête et du corps testacë, avec des taches d'un 
brun sombre sur la première partie , et presque éteintes sur 
le dos; la gorge blanchâtre ; les sourcils, la poitrine et les 
parties postérieures d'un blanc légèrement teint de jaune ; le 
croupion et les couvertures supérieures de la queue sont d'une 
couleur de tan foncée chez les vieux mâles; le hautde la poitrine 
csttacheté de brun chez les adultes mâle et femelle 9 et ils ont les 
sourcils et le dessous du corps blancs; maiscette couleur est un 
peu sale suc la poitrine ; lavée de ronssâtre sur les flancs et 
sur les couvertures inférieures de la queue. Les taches du dos 
3ont prononcées chez les jeunes femelles, effacées chez les 
vieilles. Tous ont le pli de l'aile et ses couvertures inférieures 
blanchâtres ; les supérieures , les pennes , ainsi que celles de 
la queue, sont brunes et bordées de roussâtre ; la queue a 
10 à 12 bajQides transversales d'un brun plus sombre que 
le fond , apparentes vues obliquement, invisibles dans toute 
autre direction. Longueur totale, 4- pouces 6 à 7 lignes ; bec 
très-fin , brun en dessus , pâle en dessous ; pieds d'un brun 
rougeâtre clair; queue arrondie. Le plumage de cette espèce 
est très-sujet"à varier; car, outre les différences indiquées 
ci-dessus, quelques individus ont toutes les parties infëriàeures ^ 
et les sôuFcils d'un blanc pur; d'autres ont ceux-ci jaunâtres, 
tandis que chez d'autres encore ils sont totalement blancs , 
quoiqu'ayant le dessous du corps jaunâtre. Il en est , selon 
M. Meyer , dont le dessus du corps a plus de brun olive et 
plus de taches d'un brun sombre. On rencontre cette fauvette 
en France, sur les bords des étangs et dans les marais inon- 
dés ^ où elle se tient dans les joncs, les roseaux et les brous- 
sailles épaisses qui les entourent. Elle construit son nid près 
de terre , au centre d'un buisson ou entre les racines àeS^ 
saules , avec des herbes sèches en dehors et en dedans. Je 
n'ai point vu ses œufs , et les auteurs ne sontp»i d'accord.sur 
leurs couleurs ': ils ont , selon M. Meyer , des taches isolées 
noires et d'un brun jaunâtre , sur i|n* fond d'un blanc sale. 
Lewin les présente avec des taches d'un verdâtre foncé et 
quelques^ grands zigzags sur un .fond couleur de bistre. Us 
sont, suivant Latham, d'un blanc sale et marbré de brun. 
Nozeman les a fait dessiner sur la pi. 53 de son ouvrage , 
avec de petites taches brunes sur du blanc verdâtre ; enfin , 
jundc mtis i|mi$ iu'aa$sur.é qu'ils re^en^bloi^nt beaucoup aux 



F AU. ,97 

ctntà àe l2Lfaupette effajvatle C'est à ceux qui les examîneroiît 
par I4 suite ^ à nous faire connoître la vérité ; car il esi 
très-pfobable que l'on décrit les œufs de plusieurs espèces. 

Comme il est facile de confondre cette fauvette avec celle 
des marais , je vais indiquer ce qui les distingue parfaitenient. 
Les couleurs de la dernière sont plus tranchées et d'une 
nuance plus décidée ; lès taches de sa tête forment deux 
bandes noires longitudinales très-prononcées ; les pennes 
de sa queue sont étroites , terminées un peu en pointe et 
d'une couleur uniforme. Les teintes de la fauvette des joncs 
sont plus ternes , ses taches plus petites^ isolées 9 et forn^ant 
sur la tête cinq raies longitudinales 9 distinctes seulement 
quand les plumes sont serrées et couchées; les pennes cau- 
sales ont plus de largeur que celles de la fauvette de marais 9 
et offrent les bandelettes transversales indiquées ci-dessus ; 
ce qui lui est commun avec iesfaupeites locusteUe eifluQÎafile, 

J'ai donné le Molacilla sckœnobœnus de Linnœus pour être 
le même oiseau que msifauQetfe des joncs , non pas d'après la 

{hra$e spécifique prise isolément , telle qu'on la voit dans 
,atham et Grmelin 9 car elle ne la caractérise point assez , et 
elle pQurroit en quelque sorte être appliquée 9 peut-être avec 
autant de fondement , à IstfauçeUç 4e marais , mais d'après la 
description qti'en fait Retzius , qui 9 selon moi 9 ne laisse rien 
à désirer 9 en ce qu'elle n'indique des taches que sur la tête 
' et sur le dos 9 principalement sur la tête ( caput , dorsum et 
uropygium spadicea 9 maculis nigris in capîte dorsoque , imprlmis 
in capite ). En effet , les taches sont prononcées sur la tête , 
peu nombreuses ou presque nulles sur le dos. 

* La Fauvette aux joues noires Syhla crhysops , Lath. 
On retrouve 9 dans cette fauvette de la Nouvelle Galles du 
jSud 9 la vivacité et la gaîté de son aimable famille ; elle est 
plus grosse qu'un moineau ; son bec et ses pieds sont noirs ; 
une tache noire couvre les joues , et entoure l'œil 9 au-des- 
sous ducpiel passe une raie irrégulière d'un beau jaune ; la 
tête 9 le manteau ^ les ailes et la queue sont d'un brun rou- 

f;eâtre ; le dessous du cora^ est d'un blanc sombre 9 excepté 
e menton qui est d'un gris-bleu. Cette fauvette a la langue 
ciliée à son extrémité 9 attribut qui se trouve chez un grand 
nombre des oiseaux de l'Âustralasie 9 quoique de genres très- 
différens 9 d'après la forme du bec. 

* La Fauvette lancifère, Syhia nitida,. tel est le nom im- 
tiosé par M. Themminck, à une espèce qui se trouve à 
la Nouvelle - Galles méridionale. Llle a quatre pouces 
fît demi de longueur totale ; les plumes de la tête allongées 
en forme de huppe 9 d'un brun de bistre 9 plus clair vers leur 
bout; les sourcils d'un roux éclatant; le dos tacheté de berna, 



,98 F A U 

sur un fond vert- olive ; la gorge , le dèyant in e6u , la poi^ 
trlne et le ventre d'un blanc foîblement teînt de jaunâtre, 
aVec une tache noire, en fonne de fer de lance ,' le long de 
la tîge ; la queue de cette couleur ; le bec et les pieds bruns, 
La Fauvette locustelle ou a queue en ÉtEWTAiL, Syl- 
çia locusUlla^ Lath., Meyer, pl.gS des Oiseaux de Lewin. La 
locustelle est d'un brun olivâtre , tacbçice de brun en dessus ; 
les taches sont petites sur la tête, où elles formenC six raies 
longitudinales, lorsque les plnmes sont couch^ées. Ces taches 
sont plus grandes sur le dos et sur les parties postérieures ; 
une ligne fauve et fort étroite est au--dessus de roeîl ; les pau- 
pières , la gorge et les parties inférieures sont de cette teînie ^ 
qui est claire sur le milieu du ventre , inoins sur la poitrine , 
foncée sur les côtés avec des marques sagittées sur quelques 
plumes des couvertures inférieures de la queoe. Les couver- 
tures supérieures et lés pennes des ailes sont brunes et bor- 
dées d'olivâtre sombre ; le pli et les couvertures subalaires 
roussâtres ; les pennes caudales lai|[es , un peu étagées > d'un 
brun foncé , avec des raies transversales , d une nuance plus 
sombre , qu'on ne distingue bien que lorsque la queoe est 
posée obliquement ; les deux intermédiaires longues de ètvlx 
pouces un quart , et un peu pointues ; la plus extérieure 
de chaque côté est longue d'un pouce , un peu arrondie à 
l'extrémité ; et les autres étagées , et d'autant moins ar- 
rondies qu'elles sont plus proches des deux du mîKeu. Lon^ 
gueur totale, cinq pouces trois â six Hgnes.Becbnmen dessus^ 
d'une couleur plus claire en dessous; pieds d'un brun olivâtre. 
Le jeune diffère de l'adulte , en ce qu'il a les paupières, 
la gorge et le dessous du corps à\m blanc sale , plus chargé 
sur les côtés , varié de petites taches brunes sur lé devant dtt 
cou , tX en be que les taches des couvertures inférieures de la 
queue sont plus larges et plus nombreuses. 

Cette espèce , qui est assez rare en France , fréquente Or- 
dinairement les pâturages, se tient dans l'épaisseur des haies ^ 
dans les buissons les plus touffus , les genêts épineux, et dans 
les bruyères. On la rencontre, mais peu fréqueitnment en Lor- 
raine et en Picardie , où elle habite tantôt les forêts et les taillis 
les plus fourrés , tantôt an milieu des roseaux qui bordent lei 
étangs et les marais situés an ceptre des grands bois. Le mâle 
arrive le premier au printemps, se perche alors à l'extrémité 
des branches, ei fait entendre une sorte de ramagne pareil ai3| 
bruit que le grain fait sous la meule. Ce ramage est clair, 
aigu , et seml^le exprimer en commençant , 5r , 5r , ^r , 5/* , 
^, sr. En d'autres temps , il gazouille d'une manière très- 
agréable, et il chante pendant la nuit , lorsque le ciel est serein. 
Le pîd est d'une élégante sti-uçlure 9 et les œufs sont auss^ 






I 



F A IT ,^ 

ff'OB que ceux de la fauvette ceadrée ou grlsette , mais plas^ 
allongés et d^un bleu pâle ou d^un blanc bleuâtre. Cette fau- 
vette devient si grji^se à, Tautoaiae , qu'après deioûc «»a trois 
vob « on peut la prendre k la maio. 
Je n^ai point cité la%. 3« deia ^ enl. dç Buff^m^ m.» SSi^ parce 

ficelle manque d^exactitude,et que celle qui a été pubUéepar 
e win est plus correcle ; en ouire^ la description qn'en fait ie 
!Plipe français , n'est le signalement ni de la locus^eUe ^ ni de 
^oiseau figuré ; car aucpn des deux a^a de blane daas les 
ailes ni à la queue^ comme l'indique cette descripiioa. Cette 
iauvette du têx^e ^ que Brissoa et BafTon oat aoimnée tachù- 
iée t étant , comme ils disent^ la hoarina d'AldrovaiàdeL» ti^ap^ 
jpartient poji|t à cette famille , puisque cett^ boanaa est aae 
|f une femelle de la beirg^rotmeUe de prùdemps^ a?antr 1^ ftremière 
çaue. K. Fauvette tachetée. 

Il en est tout au^emeat de la Fawetie gtùe UuhMt^ d^critfe 
et iSgnrée dans le siu>|^lément de TOoiithologie de Brisaon^ etr 
dont Buffon a« par^e point, mais que Latham a eu raison de 
^apporter à son Grasshotmer Wgrbkr du a/'^supplémeat de son 




Cepeadant M. Meyer dit qu'bn a tort de la séparer de la lo^ 
custeUe de ^atham ; et j£ le crois fondé j %i réeHeanent Wil- 
highby s'est .trompé, comme l'assurent le^ oraîtliologisles an- 
glais modernes. Dans tous les cas, cettelpcustetl^ n'eat certain 
nemen^ pas VaiaueUe pipi de BuiTonf ni celie de immm de Bris«- 
son , que lui rapporte Lalbarn , poiscpie ces P^is o^t la qtteoe 
bicolore et fourchue, Fongile postérieur Irès-loag et presque 
droit , tandis que la fauvette locusteUe a la queue arrosée; 
ijuiiforme , et cet ongle. court et crochu^ 

^ La Faiitette A LQ2»Gja£cn.u Kamtscbatka^<S/Mi iKToml^ 
ckcdkensis^ I^tb. La partie supérieure du corps 4e cet oiseaa 
est 4'tm brun-olive ; Jbe front , les joues t\ le meaitop sont d'oa 
ferrugineux pâLe ; le milieu d^ veii^tre est blaac. On le trouve 
4aiis le ^ord de TA^Iè^ 

* La Fauvette a ijonos fkas , ^hda lfmgipe$ , Ladi. 
Cette espè«*.e de la Nouvelle-Zélan4e a les larses pins l,oags 
^e ne les ont ordinairement ses congénères ; ils ont pluas d'ua 

gouce >de V>il8tt^u* \ ^^ ^ 1^ l»cc noir , Tiris d'ua cendré 
leuâtre ^ le 4/sssus du corps ^ les ailes et la queue d'un 
joli .vert clair , le^fronJt,, les 4:âtés de la tète et du cou et le 
dessous de ToBil oen4icés ; au-dessus des yeux on remarqae 
une tache noire demi^cijrcuiaire ; le dessous du corps est d'ai) 
gris cendré très^-pâle ; les j^unbes et le basrit^nt|ie sont jau*- 
nâtres, et les pieds de couleur de chaii;. 



30O F , A U 

• 

Cet oiseau porte' , k la baie DusH , le nom flV ieelee tee 
poinom, 

* La FAtJVETTE A LONGUE QUEUE 1»^ LA Chine , Sylçià lon- 
giçenida , Lath. Cette aimable fauvette, quîjointuncbaut agréa- 
ble à un instinct doux et familier , se plaît dans les arbres qui 
ombragent la demeure des Chinois! Un roui pâle couvre le 
sommet de sa tête ; un vert-olive teint le dessus du cou , le 
dos, le croupion , les couvertures des ailes, et de la queue; 
les pennes alaîres sont d^un brun-olive , et celles de la queue 
longues et étroites. 

- * La Fauvette a loi^gue queve du Guzurat , Syhta 
asiaiica\, Lath. Cet oiseau égale notre rossignol en grandeur; 
son l>ec est noir , et garni de quelques soies à la base ; la tête 
et le cou sont de -la même couleur ; le menton est blanc ; le 
dessus du corps brun , le dessous jaunâtre , avec quelques 
taches blanches sur la poitrine ; la queue longue de trois 
'pouces trois quarts \ et cunéiforme ; toutes ses pennes^ 
•excepté les. deux intermédiaires , sont , du milieu à l'extré- 
mité , d'une teinte *pâle. Une variété de cette espèce a le 
front, une strie aUniessous des yenx, et toutes les parties in- 
férieures blanches ; les pennes de la queue , dans la partie 
4>à l'autre les a* d'une teinte pâle ^ sont de la couleur du 
-ventre- : ' 

Ces dé«ix oiseaux ^se trouvent dans la même contrée. 

La Fauvette LUSCiNioLE ou Polyglotte, Sybîa polygloUa^ 
-Vieill. ; Syhia hippoliùs, Bechst,, a le dessus de la tête, du 
cou et du corps d*un gris-cendré olivâtre , inclinant au vert 
sur le croupion ; les parties inférieures d*un jaune pâle, ten- 
dant au gris sur les flancs ; les sourcils^ les paupières et le 
pli de l'aile, jaunes^ les grandes couvertures des ailes gris- 
brun , et bordées de gris-oKvâtre ; les pennés offrant les 
-mêmes couleurs, avec une large bordure blanche en dessous ; 
4es dernières secondaires frangées d'une teinte blonde à l'ex- 
térieur ; ks pennes caudales pareilles aux primaires de l'aile 
en dessus et grises en dessous; la première, de chaque 
côté , d'une nuance plus claire et bordée de blanchâtre ; 
les couvertures inférieures des ailes d'un blanc lavé de jaune ; 
les plumes des jambes grises et jaunes. La femelle diffère 
i3u mâle par lin jaune plus pâle , presque blanc sur la gorge 
et sur le milieu du ventre , piar une teinte plus terne sur le 
dessus du corps. Les jeunes mâles lui ressemblent! avant 
leur première mue, et les jeunes femelles sont , à là même 
époque , grises en dessus , blanches en dessous , avec une 
foible nuance de jaune sur les côtés de la gorge et sur les joues. 
Le dessus du bec est d'un gris un peu bleuâtre, le dessous d'un 
jaune tirant à la couleur de chair 9 aplati^ jusqa'au-<delà du 



F A U aoi 

milieu comme celui da gobe-moache ; lalangue jaune, cou*- 
fée carrément à la pointe et terminée par trois soies roides 
et courtes ; la bouclfe large et couleur de citron ; l'œil grand, 
d'un brun obscur , entoure d'un cercle jaunâtre irès-étrbit ; 
le front un peu aplati et, pointu ; les pieds d'une couleur de 
plomb, glacé d'un gris orangé ; les doigts jaunes en dessous. 

On rencontre cette espèce dans les taillis , les bosquets:^» 
et quelquefois dans les roseaux. Le ramage du mâle a une 
sorte 4'analogie avec celui de l'efTàrvate ; mais il est plus 
varié , plus aigu dans des reprises , et dans d'autres à peu 
près semblable au cbant de Vhironddk de cheminée, 

Bechstein le dit plus suivi , plus continuel que celui du 
rossignol , <^e • qui est • vrai ^ c'est pourquoi il nomme* cet 
oiseau bastard nachitgall (^rosslgaoï bâtard): Quand il cbante.^ 
il Se perôbe ordinairement Sur une branché sèche , isolée , 
tend le #t>u en avant , et enfle considérablement la gorgé. 
Ses cris d'amour et de colère semblent exprimer db^e , daguèj 
Jidhoi^Jidkoi; et celui de l'inquiétude peut se rendre par les 
syllabes ^1; re ^re^re ^-re^ re^ prononcées d'un ton aigre. 
Cette espèce donnée son^ nid -une forme élégante; elle le 
construit ;dans les buissons élevés, le place à l'angle des 
branches , et souvent à six ou sept pieds de terre. Les maté* 
riàus qn^ielle emploie sont ', des écorces de bouleau blanc , 
ou deshet4)esde cette couleur , quelques coques de chrysa- 
lides, de la laine, du duvet des plantes sur les bords, et des 
4ierbes fines à l'intérieur. Sa ponte est de quatre ou cinq 
œu&de couleur de chair, avec des taches rares, noires ou 
d'un rouge sombre. Le mâle , ^comme tous ceux: de ce 
genre, partage l'incubation^ mais il couve plus long-temps 
que les antres ; savoir , depuis midi jusqu'au soir. Si l'on 
visite son nid plusieurs fois ,' ce>tte fauvette l'abandonne , 
même lorsqu'elle a des petits^ Ceux-ci né le quittent que 
•très-:eouverts de plumeis , et 'naissent- avec un. léger duvet. 
' J« rapproche de la luseiiuùle lai/auQéUe de rosetàui de Bris- 
•son et de Buffon , attendu que la description du plumage , 
.'que ces naturalistes en font, lui convient parfaitement; et 
c'est d'après cette convenance que la luscmiole n'est con- 
nue à Paris que sous le nom àefaupeUe de roseaux : mais il n'en 
cs| pas de même de la figure pi. enl. n.® 58i. ; car elle re- 
présente un autre oiseau décrit ci- dessus , sous le nom de 
flageole. 

On trouve en Frapce trois fauvettes à plumage jaune, 
qui sont des espèces différentes, les deux dont il vient 
d'être question, et celle que j'appelle ûr/ffriW; mais il en 
est de ces oiseaux comme ^es fauvettes à plumage grj^ , et 
à plumage tacheté ; on les confondra toujours dès qu'on 



ao, F A U 

«e les déterminera -que diapré» mù réUmtiM joui lef 
conleurs n'ofirent , au prcimîer aperçu ^ que de trè» - feîblec 
^mseaablancea* Il ea sera imil aotreaeftt pour celai qui les 
éuidîera dans la nature vivante , parce qii^cn remarquant 
que chacune a dea mœurs « dea b^tudes, un instinct » un 
.chant et un cri particnUera, il cherchera alprs» et il trouvera les 
caractères spécifiques qui les distioguent à l'extérieur.. C'est 
'en me condntsant de cette uaanière que je suis parvenu à 
4ine connoissance que je crois complète de cesoiseaupc d^£i^ 
rope ; c^eB% aussi par les mêmes moytens que )e suî$ venu 
/ à bout de distinguer quau*e pouiihu présentés par des natu^ 
ralistes , cornai ne composant que deux e^èces , et par 
d'autres comme des individna d^mM^ seule, ^/ei-après Tar- 
ticle àt& PouuxoTa. 

. * La Favvettje ue Mageu<ak , SyMa mngtUû^fca ^ Latb. 
C'est au détroit de Magellan que Too rencontre ant oiseau;, 
dont Tiris est rougeâtre ; le dessus du coi^ d*u» yiane remr 
Inruni , onde de noir et d^ .rougeâtre % surtout ^rers le dos i 
le dessous du corps d*un jaope cendré, rayé transversale^ 
tnent de noirâtre ; la queue , arroiidle à sais e^rémité , d'un 
brun jaunâtre , sldangé de rouge et rayé de nQir,Ji iiies pieds, 
de couleur janne* 

La Fauvbttb De m au aïs , SyfymptUudicQim^ YieiU; ; SyM^k 
saUcma , Meyer , a trois bandes longitudinales sur U ^m^ 
met de la t^e ^ dont deux noires et l'autre d'un blanc ^au- 
iiâtre ; les sowcîls de cette dernière teinte , ainsi que toutes, 
les parties inférieures 9 mais pkis claire sur la goi^ge \ h^ desir 
sus du corps roussAlre , avec des taches, allongées d'un bffunr- 
noir sur le milieu de la ]^ame , lar^ges sur le dsis , étroites «. 
et seulement le ieng de la tige sur le croupion et sur 
les. couvertnces supérieures de la queue ;. les couvertmes. 
et les pennes àes ailes sont brunes et hordée&de roux 
foncé ; des individus ont un trait aiur sur le milieu des 
plumes pectorales , et d'autres en' ont sur celles des Qanc^ et 
4n dessous de la queue , dont les pematçs sont étroites, \m 
peu pointues et pàrdllles aux rémiges* Longneiir; totale, i,, 
quatre pouces et demi. La femelle est plutôt grise ^t|e rousr 
sâtre sur les parties supérieures ^ sur les ailes et sur le hord 
^% couvertures de la queue ; d'une couleur plus etaire, que 
celle du mâle en dessous du corpSji avec une teinte |aunâtre 
sur les côtés et sur le haut de la poitrine ; bec très-fin, brun 
en dessus , plus pâle k la base die sa partie inférieure , très- 
t fendu ; pieds couleur de chair pâle. 

Cette espèce se trouve sur Je bord des fleuves et des 

étangs y ainsi que dans les marais iisondés et rempUs de ro-. 

, seaux. Elle les .qukte après les^ comrçQS pour cuenrfier sa 



F A U roi 

nourritare iâM les diâmps de j^is et èe wettt^ EUe prend 
.ak>rs beaucoup do graisse , souveut aii point de ne pouroir 
presque pas voler , et d^être quelquefois la proie des ckiens 
de chasse. Son nid et se» aeab sont inconnus. On trouve cette 
espèce en Lorraine et en Picardie , maïs eUe y est rare et 
semUe ii'y être que de passa^. 

J'ai donifté une autre épithète à cette fauvette , quoique 
'^eUe qui lui a été imposée par M. Meyer lui coAvieme trés^ 
bien^ parce qu'ayant dé^ été appliquée il deux espèces très^ 
distinctes de celle-ci , ilpourroit en résulter des iiiépnses de 
la p2M't de ceux qui ne consultent que lanouftenclature.Ceses^ 
pècessont le^M^hode Lianseus , de Gmeliii et de Teùgmalm* 

La Fauvette de la mer Cashehke. V. Fauvette m 

]IIVA€|^. 

La Fauvette miteée , Syhia mhmta , Lath. , pi. 7S 
d^^ Oiseau» de F Amérique sepietârianale , a été d^rite par 
BufFon , sous le nom de gêèe^vumehe citrm et de mésange à 
çoUier ; tuais elle n'appartient p<nnt 21 ces genres ; c'est une 
vraie fauvette , ainsi que l'a ji^gé Latbam. Le mâle a Foc- 
cjput et la nuque noirs ; cette couleur remonte en avant 

i'usque sous le beCf forme un plasiron arrondi sur le devant de 
a poitrine , ei sert de bordure au faune briUaiiit qui colore 
le sinciput et les cdtés de la tête; ce même jaune couvre aussi le 
reste de la poitrine et les parties postérieiures » ^ l'exception deai 
flancs qui sont d'un vert-(dive foncée ainsi que tout le dessus du 
corps; il bordée» dehors ^ mais avec une nuance phts claire, 
les coup^erlures supérieures , les pennes des ailes et celles de 
la queUe ; le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale , 
quatre pouces neuf lignes. La femelle a le dos et les épaules 
olivâtres ; les pennes des ailes frangées i% cendré ; toutes les 
p^its Inférieures d'un jaune pâle. Cette espèce ne se platt 

Îue dans les lieux solitaires 9 et est rare dans le nord àts 
Itatâ-UmSf où eUe ne passe que la belle saison. 
* La Fauvette mordorée , Syhia mbida , YieilL , a les 

Ïliudies du dessus de la tête noirâtres dans le milieu, d'un 
rua ro<issâtresur<le reste) les côtés de la tête; le dessas du cou 
. et dtt corps , la bordure des penoes caudales e^ lejl petites 
couvertures supérieures des ailes, mordorés ; la queue 9 les 
jpennes et les grandes couvertures supérieures des ailes 
brunes; les couvertures subulaires jaunâtres; les parties in<- 
ierieures d'up jaune pur et vif ; le tarse noirâtre ; le bec noir 
en dessus et blanchâtre en dessous; l'iris d'un brun rou- 
^eâtre; le» pennes des ailes pointues, ainsi que celles de la 
queue qui sont étagées. Elle se trouve au Paraguay. 
. La Fauvette MOSQUiTfl. T. l'article de U Fawvj^tte a 



:»o4 F A U 

La Fauvette katne. V, ci-après Pouillot nain. 

La Fauvette naine i>£ la Nouvelle-Galles du Saâ. jp^« 

MÉRION SRUN. 

La Fauvette nébuleuse, «^//w'a nebulosa^ Yieill.^ pi. 1^99 
fig. I y 2 des Oîseau'j> d'Afrique^ sous le nom de gohe- mouche 
nébuleux. Le mâle est totalement blanc , à Texception des ai- 
les et de la queue qui sont noires; le bec et les pieds sont de 
-cette couleur. La femelle est d'un brun terreux où» le mâle 
est noir , et nfa point la longue queue qui distingue celui-<u et 
qu'il ne porte que pendant la saison des amours. Cette fau- 
Yçtte place son nid ii Textrémitë des branches qui pendent 
sur Teau. Ses œufs sont d'un vert pâle, pointillé de brun. Soa 
cri exprime les syllabes ichirit. 

J'ai rangé cette espèce ainsi que celle à cordon noir parmi 
les fauvettes, parce que M. Levailtant, qui nous les a fait 
ronnoître et qui les a décrites comme des gobe-mouches , nous 
dit qu'elles doivent être plutôt parmi celies-là* 

* La FAUVETTENOiRATftE(grande), Syhîa ^li^estrîs^ Vieille 

Elle ressemble tellement à la petitefauoeUe noirâtre , que 
Ton pourroit croire, dit M. de Azara, que ces deux oiseaux 
sont de la même espèce; cependant , comme il y & quelques 
différences dans leurs dimensions et de plus grandes encore 
' dans la nature des terrains qu'ils fréquentent , il pense qu'ils 
forment deux espèces «distinctes. En effet, la petite habite au 
milieu des plantes aquatiques et des buissons qui sont sur les 
.bords des eaux stagnantes, et la grande se tient sur les branches 
médiocrement élevées des grands'bois du Paraguay. Celle-ci 
diffère de l'autre en ce qu'elle a , i.® cinq pouces et demi de 
longueur totale ( trois quarts de pouce plus que la petite ) , et 
les autres dimensions dans la même proportion ; 2.^ la teinte 
àes parties supérieures d'un brun plus clair et Le gris des ior 
férieures plus foncé, k l'exception du ventre qui est blanchâ- 
tre ; 3.0 le bec noirâtre en dessus et d'un orangé clair en des- 
sous. Queue étagée 

; * La Fauvette noirâtre (petite) , Syhia ntgricans^ Vieill., 
se trouve dans le Paraguay et aux environs de la rivière de 
la Plata ; elle se tient au bord des eaux stagnantes , dans les 
buissons et sur les plantes aquatiques; longueur totale, quatre 
ponces trois quarts; tête et parties supérieures d*unbrun som- 
bre mêlé de vert; queue presque noire , étagée; pennes des 
ailes et couvertures noirâtres ; celles-ci avec un liseré brun; 
-gorge, devant ducouetventred'ungris de perle; le reste des par- 
ties inférieures d'un brun sombre; bec et tarses noirs; iris brun. 

La Fauvette noire , SylUa multicolore Lath., pi. enl. dfi 
Buffon, n.o Sgi, fig. 2. On trouve cet oiseau À Cayenne, mais 
il y est rare ; la tête, la gorge , le haut et les côtés du cou, 



PAU ,^5, 

lés ailes et le dos jasqa'à rôrigîne de la queaé, sont noirs ; 
cette même teinte reparoît encore vers l'extrémité des pennes 
caudales , qui sont d'un roux bai dans leur première moitié; 
un trait assez court de cette même' couleur est trace, sur le^ 
six ou sept pennes de Taile vers leur origine, et les côtés du 
cou et de la poitrine ; le devant du corps est gris blancbâtre; 
le bec et les pieds soilt d'un brun jaunâtre ; longueur , près 
de cinq pouces. 

La F AUVETTENOIREET BLANCHE- F'.FàUVETTE A TÈTE NOIRE« 

* La Fauvette noire de Cambaye , Syl^la cambaiemis , 
Lath. Cette espèce a la taille du rossignol \ le bec noir ; le 
corps brun noirâtre en dessus , noir brillant en dessous , d'un 
roux ferrugineux sur la partie inférieure du ventre et vers l'a- 
nus ; les couvertures des ailes blancbes ; la queue longue de 
trois pouces , et égale à son extrémité ; les pieds bruns. Elle 
habite le royaume de Guzuratv 

La Fauvette noirâtre , Sybia airata^ Lath. , est un indi- 
vidu de l'espèce du Rouge-queue tithys. V. ce mot. 

La Fauvette olivâtre des Indes ^ Sybia olwacea, Lath. 
liiiist, of zool. tab. i4- Cet oiseau, qni se trouve dans l'île de 
Geylan , a le bec blanchâtre , et environné à sa base de plu- 
mes d'un jaune pâle ; la tête , le dessus du corps , les ailes et 
la queue couleur d'olive ; la poitrine et le ventre blancs. .11 
a l'habitude de relevef sa queue en angle aigu avec le corps, 
et la renverse sur le dos. 

La Fauvette olive, Syhià (zqmnoctialîsj Lath. , pi. 82 des 
OiseauxdeV Amérique sept Cette espèce est répandue à Cayenne 
et dans T Amérique septentrionale; mais elle est sédentaire à,la « 
Guyane, et ne paroîtque pendant Télé dans le nord de cette 
partie du monde. Longueur , quatre pouces neuf lignes ; trait 
jaune sur l'œil ; dessus de la tête et du corps ^ bord extérieur 
des pennes des ailes et de la queue d'un vert d'olive ; des- 
sous du corps d'un jaune clair , /inclinant au vert sur les côtés ; 
bec brun; pieds noirs. La femelle, pi. enl. de BufTon, 
n.* 68S , fig. I , diffère du mâle en ce que le vert-olive est ré- 
pandu sur un fondbnm, et que le ventre est jaunâtre. 

La Fauvette olivert, SyÎQia olimcea , Vieill. , pi. laS , 
fig. I , 2 des Oiseaux d'Afrique , a la queue fort courte ; les 
ailes longues; le dessus de la tête., du cou, -le manteau'; leâ 
ailes et la queue d'un beau vert jaunâtre ; - le desspus de la 
queue blanchâtre ; les ailes noirâtres à l'intérieur ; la gorge 
et les parties postérieures blanches; le bec grisâtre et les pieds 
d'un jaune pâle. La femelle est d'un vert d'olive en dessus et 
d'un blanc sali d'olivâtre en dessous. 

La Fauvette ombrée est une femelle de l'espèce de M 
Fauvette couronnée d'or, eu habit d'automne. 



âo6 F A U 

. La FAUVEtTE OAAKGÉE , Sylina f^jfsocépfuJa «Xiatli. Cette 
espèce t que l'on trouve à la Guyane, a le sonnmetci lescô-- 
tés de la tête , la gorge , les' côtés et le dessus du coa d^mo 
belle couleur orangée, avec deux petites bandes brunes de 
chaque côté de la tête ; le dessins du corps et les pennes des 
ailes d'un brun r^ugeâtre; les couvertures sopérienres des aï" 
les variées de noir et de blanc ; la poitrine et le ventre jaisnÂ^ 
très ; les pennes de la queue noires et bordéeii de fauaâlre } 
le bec noir^ et les pieds jaunes^ 

* La Fauvette patagone , Sylwi paiçgonica , Latb. Cet 
oiseau habite la Terre-de-Feu , à Textrémité de FAtnérique 
méridionale; il vit de coquillages et de vermisseaux qu'il dier^ 
che sur les bords de la mer. C'est bien la phis grande àes fn^ 
i^eUes^ si réellement c'en est une; son bec est long de seize li- 
fi;nes , un peu courbé vers la pointe ; noir ^t bordé de candré; 
Te dessus du corps et le dessous depuis la poîtriae^ sont de 
cette mêipe teinte , mais plus claire sur les parties ÎBfiérieures; 
la gorge est blanche , ainsi qu^un trait qui passe au-dessus des 
veux et les pennes latérales de la queue ; les ailes sont d'un 
brun cendré et traversées par une bande brunâtre; le& pieds 
noirs avec les doigts très-longs. Longueur totale, huit pouces 
trois lignes. 

* La Fauvette aux paupièb^s blavghes, Sriina leucehk* 
pharaj YielU. , a un petit sifflement doux et expressif 9 sans 
autre variation que de hausser ou baisser de ton , d'en presser 

ilus ou moins les notes et de les allonger on de les abréger, 
llie habite les grands bois et se tient ordinairement sur les ar^ 
bres. JElle descend quelquefois à terre, et il cherche les insec- 
tes dans les feuilles tombées.. Les paupières smt blanches $ 
Tespace entre le bec et l'œil est noir; un trait blanc part de la 
nanne et se perd à l'occiput , près duquel il prend une teinte 
plombée ; en dessous est un autre trait parallèle et noir , et 
un troisième d'un blanc plombé commence à la base de la 
mandibule supérieure, et divise en deux portions égides le 
sommet de la tête; Tocciput et les côtés de la tâte sont d'une 
couleur d'ardoise ; les parties inférieures blanches jusqu'au 
bas^ventre qui est jaune, acc noirâtre; tarses d'un blanc pâle^ 
longueur totale , cinq pouces sept lignes; pennes de la queue 
terminées en pointe et étagées. 

La Fauvette dite le PAVANfitn, SyMa hrachypiera , Vieîll., 
1, xaa, fig. X, a, des Où. d* Afrique j est d'un brmrttès-som- 
re endessusy sur les aileset la queue; d'un bran plus clair sur 
la gorge et sur le bas^-ventre; le bec est noir en dessus, jaunâtre 
en dessous; la queue arrondie ; les ailes sont très-courtes. La 
femelle diffère du mâle, en ce qu'elle est d'un brun moins foncé, 
et en co qu'elle a quelques lignes brunâtres sur la gorge et sur 



i 



F A n ^oj 

te devai^t in ton. Elle t&che dafisiés niàra» ; sa potite e^t de 
quatre ott ciaq œafs. Cet oiseau a une certaine analogie avec 
noire faui?€ttt locuste^. ^ ^ 

La Fauvette petit-Simon, SyRna berhofdca^ Lath.;eHe a 
trois pouces huit lignes de longueur^ totale ; le dessus du corps 
d'une couleur d^ardcHse claire; le dessons gris4»lanc; la gorge 
blanche; les grandes pennes des ailes et de la queue d'un bnin 
foncé , bordées d^un côté de couleur d'ardoise ; le bec brun , 
pointu et effilé ; les pieds gris et Tûeil noir. La femelle et les 
petits ont à peu près le même plumage que le mâle. Nid 
sur les arbres isolés , composé d^herbes sèches et de crin à 
l'intérieur; ponte de trois œufs bleus. 

La fetite Fauvette. V. Fauvette osdokie* 

La PETITE Fauvette de l'île de la Traité a un plu-- 
mage très-analogue à celui de la Fauvette a collier ; mais 
ses couleurs sont plus vives ; elle n'a point de collier ^ et sa 
taille est encore pins petite. 

La PETITE Fauvette a PomiiNE jaune. V, ci-^près 

POUILLOT J$1fLVlCOI3. 

La PETITE Fauvette tachetée du Cap de BoimE-EspÉ^ 
aaNce. V, Fauvette capocière. 

♦ La PETITE Fauvette verte et brune , Sybia guzwata^ 
Lath. Grosseur du/9(>tii%/; longueur, quatre pouces trois lignes; 
bec et pieds d'un brun pâle ; dessus du corps d'un vert sale ; 
dessous blanc ; sommet de la tête marron ; ailes et queue bru- 
nes , frangées de vert ; celle^i arrondie; on trouve cette es- 
|ȏce dans le royaume de Gnzurat. 

* La Fauvette phryganopsile , Sybia phryganophila , 
VieilL, abnit pouces trois quarts , dont la queue en tient quatre 
et demi; celle-ci est composée de pennes extrêmement étroi- 
tes, foibles, terminées en pointe et étagées; les ailes foibles et 
concaves ; le bec noirâtre en dessus , blanchâtre en dessous^' 
fort pointu et presque dr6it ; les pieds et les doigts robustes. 
De petites plumes brunes et noirâtres dans leur milieu, cou-* 
vrent le front de cet Oiseau ; celles du dessus de la tête sont 
couleur de cMmln, et marquées dans le milieu par un trait 
longitudinal et noirâtre; un trait blanc part des narines et en- 
ioure à peu près les yeux; les plumes des côtés, du derrière 
de la tête et de la partie postérieure du cou, sont brunes avec 
une légère teinte de noirâtre sur leur milieu ; celles du haut 
du dos sont d'un brun clair , avec un trait noir sur leur tige ; 
les grandes couvertures supérieures et les pennes secondaires 
des ailes sont pareilles auxplumesdu haut du dos, et les autres 
d'un rouge carmin; le bas du dos et lé croupion sont d'un brun 
roussâtre ; la queue est brune et bordée de roux près de l'o- 
rigine des pennes ; la gorge est d'un jauué pur ; au-dessous est 



ao8 F A U 

une tache il^un noir velouté > accompagné de -chaque câté par 
une marque blanche ; toutes trois ne dépassent pas le tas 
de la gorge ; le devant du cou est roux, de même que les cô-' 
tés du corps dont le dessous est blanc , ainsi que les couver-* 
tures inférieures de Faile, ; le tarae est d'un bleu rougeâtre ^ 
et le bec noirâtre. On la trouve au Paraguay , où elle se tient 
dans les broussailles élevées. ^ 

* La Fauvette aux pieds dorés, Syhia chrysopus , a quatre 
pouces de longueur totale; le bec brun en dessus, jaune en des-^ 
sous ; le tarse long et d'un jaune doré ; les ongles bruns ; la 
tête et le haut du dos tachetés de brun et de roux ; les ailes 
brunes; ses grandes couvertures entourées de blanc ; ses pen^ 
nés et ses petites couvertures bordées de roux en dehors ; le 
croupion de cette couleur; la queue courte^ arrondie et ter- 
minée de blanc ; la poitrine et le ventre irrégulièrement ta- 
chetés de brun. Cet oiseau se trouve à la Guyane , et fait 
partie de la collection de M. Themminck. 
. * La ÎAUVETTE AUX pieds JAUNES, Syhia ruhficata^ Lath. 
Cet oiseau y un peu pins grand que le rouge-gor^e^ se trouvcî 
dans la Nouvelle-Galles du Sud. Son bec est noirâtre ; Tiris 
couleur noisette; le dessus du corps d'un cendré brunâtre; 
le dessous d^m ferrugineux qui incline au jaune ; les ailes et 
la queue sont bi:unes ; cette dernière est un peu arrondie à 
son bout ; les pieds sont jaunes. 

La Fauvette piNC-PiNc, Syhia teocùix j Vieîll., pi. i3ï 
des Oiseaux d'Afrique^ est de deux nuances brunes en dessus. 
Tune noirâtre sur le milieu de la plume et Tautre plus claire 
sur les bords ; le' dessous du corps est d'un blanc roussâtre 
grivelé de brun ; la queue très-courte, noirâtre à l'extérieur, 
terminée de blanc et étagée ; le croupion et le bas-venire 
sont roussâtres ; le bec est brun et le tarse d'un jaune pâle. 
Cette espèce. construit son nid très-artistement ; il est rond , 
composé de bourres de plantes, avec une entrée en forine de 
gorge en haut; M. Levaillant nous assure que Sonnerat a eu 
tort d'indiquer ce nid pour celui de sa mésange petit deuil. 

La Fauvette pipl, Syhia aiithôides^ Vieill. ; Syhia no^ebc^ 
racensis et tigrina , var. , Lath. , pi. 82 . des Oiseaux de V Amé- 
rique septentrionale , sous le nom à^ fauvette brune. Elle se trouve 
à Saint-Domingue pendant l'hiver, et dans le nord de rAmé** 
riqne pendant Tété. Le dessus de la tête et toutes les parties 
supérieures , les ailes et la queue sont d'un brun nuancé de 
vert ; deux traits d'un blanc j,aunâtre se font remarquer sur les^ 
côtés de la tête , l'un au-dessus de l'œil et l'autre au-dessous ; 
une moucheture noirâtre les sépare près du bec ; la gorge et 
les parties postérieures sont d'un blanc nuancé de jaunâtre cl 
tacheté de brun-noir sur le devant du cou , la poitrine et les 



F A U ,oj 

flancs ; le iJtesoiis de la queue est gris ; le hBC brun foncé en 
dessus, plus clair en dessous; les pieds d'unbnm jaunâtre. Lon- 
gueur, qaatrepouces quatre lignes. Cet oiseau est décrit deux 
fois dans Latbam et Gmelin , d'abord comme espèce , ensuite 
comme variété d'une fauvette qui n'a avec lui aucun rapport 
y. Fauvette tigrée. 

Cette fauvette paroît dans l'état de New- xorck vers la fin 
de mars , y reste quelque temps et se retire ensuite dans des 
contrées plus boréales. A son arrivée, elle se tient sur les ar- 
bres en (leurs , particulièrement les pommiers et les poiriers^ 
où elle fait la cnasse aux insectes ailés. Ses habitudes ne sont 
plus les mêmes à son retour, vers les mois de septembre et 
d'octobre ; alors je ne l'ai trouvée qu'au pied des baies , sur 
le revers des fossés humides et presque toujours à terre. Cette 
manière de vivre à l'automne, et son plumage, la rapprochent 
du pipi dés arbres, ce qui m'a décidé à lui en donner le nom. 
M. Dufresne, naturaliste du Jardin du Roi, possède un indi- 
vidu qui a été trouvé dans le nord de l'Europe ; c^est pourquoi 
je r.ai rangé parmi les'fauvettes de cette partie du monde. - 

La Fauvette pitchou , Sylvia ferruginea , Vieill. ; Syioia 
dartfordiensis , Lath. ; Moiaciïla proçincialis , Gm. , pi. enl. de 
Buff. 655,%. I. Lewin a publié, pi. io8, une figure plus cor- 
recte dU'iûâle. Cette espèce habite dans nos contrées méridio- 
nales» dans quelques provinces de PAngleterre, et se trouve 




tiges d herbes sèches avec quelques petites 
branches mortes de ces arbrisseaux , et.en garnit rmténeur de 
laine et de plume. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs d^un 
blanc tm peu verdâtre , couverts de petits points irréguliers 
d'un brun olivâtre et cendré , très-nombreux et denses au gros 
bout sur lequel leur réunion prend la forme d'une zone. 

Le pitchou est d'une extrême mobilité et se présente sous 
diverses attitudes et gesticulations ; il vit d'insectes , surtout 
de mouches. Quand il les chasse, il se cache dans Tépaisseur 
d'un buisson , les guette au passage , les saisit au vol et re-* 
vient aussitôt à son poste favori. Son cri semble exprimer cha,. 
ckà , cha. Il paroît peu sensible au froid , car il passe quelque- 
fois l'hiver en Angleterre, et souvent on l'y voit encore^à Noël. 

Le mâle a la tête et le dessus du corps d'un cendré foncé ; 
les parties inférieures ferrugineuses, avec.de petits traits 
blancs , presque imperceptibles chez l'oiseau avancé en âge ; . 
le pli des ailes , le bord dé l'aile bâtarde et le milieu du ventre 
blancs ; les couvertures supérieures pareilles au do?; les pen- 
nes et celles de la queue noirâtres et frangées de gris obscur, 
à Pexception des deux pennes les plus extérieures de celle-ci) 

XI. 14 



/ . 



aïo F A U 

qui sont blanches en dehors et à Pextrémité, ch^z des indivi- 
das , tandis qne chez d'autres c'est seuiemem la première 
de chaque c6té qui est de cette couleur; les paupières sont oran- 
gées et Tiris est d'un rbuge jaunâtre dansles deux sexes; bec noir 
couleur de corne à la base de sa partie inférieure ; pieds jaunâ- 
tres; ailes courtes, dépassantà peine Torigine de la queue qui est 
longue de deuxpouces, et dont les huit penneslatéraies sont éta- 
lées, et les quatre intermédiaires égales entre elles et les plus 
ionguesde toutes. Longueur totale, quatre pouces et demi. La fe- 
melle diffère du mâle en ce qu'elle est en dessus d^ungris rem- 
bruni» plus foncé sur la tête» et d'un roux clair en dessous. 

* La Fauvette pivote de la Chine , Syhia albicapûla , 
Lath. Sept pouces font la longueur de cet oiseau ; on remar- 
que des taches blanches sur sa tête et vers ses yeux; le dessus 
de son corps est noir; le dessous et la gorge sont blanchâtres. 

La Fauvette a plastron NOia , Syhm tunulata , Vieill, , 
pi. 123, fig. 1 , 3 des Oiseaux à* Afrique , a un croissant noir 
au bas du cou sur un fond blanc ; le dessus du corps d'un gris 
olivâtre ; les pennes des ailes noirâtres et bordées d'olivâtre ; 
les pennes du milieu de la queue pareilles ; les latérales en 
partie blanches ; le dessous du corps d'un blanc jaunâtre ; une 
tache noire autour de Toeil , laquelle couvre une partie des 
joues ; le bec de cette conleu^ et les pieds jaunâtres. Taille de 
la faw^etie œdome. La femelle n'a point de croissàift .sur 
ïè cou ; elle niche dans les buissons , les herbes et les plantes 
basses. Sa ponte est de six œufs d'un blanc roussâtre. 

La Fauvette plombée. V, Mouchet. 

La Fauvette a poiTEine blancue , Syl^ia dumetamm , est 
un mâle, dans l'âge avancé, de la Fauvette BABiiLAiinE. 

La Fauvette a poitrine jaune. V. Fauvette trichas. 
* ♦ La Fauvette a poitrine jaune nu Paraguay , Syhia 
pectoraUs ^NieïW. , a un trait blanchâtre à travers l'œîl^ le des- 
sus de la tête noirâtre seulement à l'extrémité, et blanc 
dans le reste ; l'occiput , le dessus du cou et du corps d'un 
brùh teinté de roux ; cette couleur termine les couvertures 
des ailes qui sont noirâtres ; les pennes de cette dernière 
teinte et finement bordées de roussâtre ; la queue liserée de 
blanchâtre sur un fond brun ; les parties inférieures couleur 
de jaune d'œuf un peu pâle ; lès tarses noirâtres ; le bec noir, 
garni à sa base de quelques poils également noirs. Longueur, 
quatre pouces un tiers environ ; queue égale. 

* Là Fauvette A POITRINE ROUGE, SyipîarubncoHiSj Lath. 
Cet oiseau^ dont on ne connoît pas la taille , a le bec et les 
pieds bruns; le dessus du corps bleu; le dessous blanc; le de- 
vant du cou et la poitrine rouges. On le trouve dans la Nou- 
velle-Galles du Sud. 



k* 



F AU ^„ 

toL Fau YETTE l'AOToSôT AIRE, Syblaproionotùrius^ L. , pi. D. 
a2y n.<* a de ceDûr&onnoiVif.Teiest le nom que porte cet oiseau 
à la LQuisiane. U ne s'avance pas au-delà de la Géorgie dans l' A- 
niérique septentrîonaley enoore y est-il rare. Il a quatre pouces 
dix lignes de longueur ; le bçc d'un brun jaunâtre en dessusetplus 
clair en dessous (quelques individus l'ont noir) ; la tête, le cou , 
la poitrine, le ventre, d'un beau jaune; le dos d'un vert sale; 
le croupion et les couvertures supérieures de la queue d'un 
gris ardoisé V les inférieures blanches ; les plumes qui recou- 
vrent l'aile et les pennes noirâtres à l'intérieur et grises à l'ex- 
térieur; les petites couvertures bordées de vert jaune ; les pen- 
nes de la queue pareilles aux ailes, à l'exception des deux 
plus extérieures de chaque côté , qui sont blaj^ches à l'inté- 
rieur jusqu'aux deux tiers de leur longueur, et terminées de 
.gris ; les pieds bruns. 

* La FâU^^TTE A QtJEtîB BLANCHE, Sybiaîêucophœa^ Lath., 
se trouve en Anstfalasie; elle est brune en dessus , d'un blanc 
bleuâtre en dessous ;' les pennes des ailes sont noires , avec 
une marque transversale blanche sur le milieu ; la queue est 
assez longue et de cette même couleur, à Texception des deuK 
pennes intermédiaires ; les pieds sont de couleur de plomb. 

La Fauvette a queue bleue. V. Teaquet a queue bleue. 
La Fauvette a queue en éventail. V. Fauvette locus- 

TELLE. 

La Fauvette a queue gazée des Oiseaux d'Afrique^ pi. i3b> 
-fig. a , a d^ins son plumage de tels rapports avec le mé/ion ùin-' 
jdoHf que je ne doute pas qu'elle soit de la même espèce, quoi- 
qu'on dise qu'elle se trouve à Java , tandis que l'autre habite 
dans la Nouvelle -Hollande , mais sa demeure dans l'île de 
Java n'est pas certaine. V. fifÉBiON binion. 

* La Fauvette a queue jaune, Sylmacasta^ Lath., habite 
l' Anstralasie; elle a le plumagedes partiessupérieures d'un brun 
ferrugineux; le dessousducorpsd'unblanc jaunâtre, nuancé de 
Jbleu-clair sur la poitrine, etd'unjaunede rouille sur les côtés; 
au-dessus de l'œil un trait irrégulier d'un brun noirâtre ; la 
4neue d'uQ jaune terne et marquée de brun dans son milieu. 

» La Fauvette de aivage, Syhialittorea^ Lath. C'est sur 
les bords de la n^er Caspienne que Ton rencontre cet oiseau 
remarquable par l'agrément de son chant. Son plumage est 
€n dessus d'un vert obscur, et en dessous d'un blanc lavé de 
Jaune ; les ailes et la queue sont noirâtres. 

* Fauvette rayée, Syhia sa^iatuy Lath.Parmiles fauvét-' 
tes de la Nouvelle-Galles du Sud, l'on a distingué celle-ci 
par la beauté de sa voix ; elle a la taille et la grosseur de notre 
Siauvette d'hiver; son plumage même est assez analogue , prin- 
cipalement sur les parties supérieures , excepté le croupion, 



».« F A U 

qui est têintë d'une couleur de rouille ; elles Isout parseiieës 
de raies noires , en forme de fer de lance , ainsi que les îh- 
férieures , dont le fond est blanc ; on retrouve encore ces raies 
sur la tête ; mais là , elles sont biaoehes sur un fond noir ; un 
trait ferrugineux part des narines , et se perd derrière TcbiI ; 
enfin , les pennes de la queue ont leurs barbes lâches et flot- 
tantes; le bec est noir; les pieds sont noirâtres. Cet oiseau ha- 
bite la Nouvelle-Hollande. 

La Fauvette de roseaux de Buffon. Tout Thistorique de 
cet oiseau appartient à lafauçeUe effaivaUe; et la description 
de son plumage est celui de ma fauvette lusdniole {V, leur ar- 
ticle). Si Ton consulte les synonymes de plusieurs autres fau- 
vettes, on la trouve déplacée dans toutes. En effet , ce n^est 
point, comme le disent Latham et Gmelin, le motacilki schœ- 
nobœnus de Linnaeus , qui a la tête tachetée et qui est d^un 
brun testacé (Consultez Farticie de l^fiua^ette desjoncÈ'), Ce 
nVst pas non plus le moiacUla saUcaria de la Fauna suedca , 
comme le prétendent Retzius , Gmelin et Latham , laquelle 
est cendrée eà dessus , blanche en dessous ainsi que sur les 
courcils {cintrta^ sutiàs alba^ superciUis albis , dit Linhseus). 
Brisson et Buffon ont probablement donné lieu à cette erreur 
en faisant de cette saUcaria le synonyme de leur fauvette dé 
roseaux. M. Meyer rapporte celle-ci a sa fauvette de roseaux; 
en effet , elles ont des rapports dans leur plumage ; mais ce 
n^est plus le même oiseau , si Ton s^en rapporte à la figure de 
la pi. enl. , et à la description de Bufifon. Enfin Retzius la rap- 
proche une seconde fois du motadUa hippolais de Linnaeus^ 
mais elle n^a pas , comme celui-ci , les sourcils blanchâtres 
et Fabdomen argenté {superciUis albidis^ abdomine argentso); de 
plus , elle est plus grande que cet hippokds. Au reste , on peut 
.dire qu'il n^y a pas de synonymie plus confuse ^ qui porte 
plus à faux que celle des fauvettes et des poùillots d^Europe ; 
ce que je prouverai dans un ouvrage uniquement consacré à 
> ces oiseaux , et dont je ne puis donner qu'une esquisse dans 
un dictionnaire. . 

La Fauvette de roseaux de Meyer, Syhia amndmacea^ 
Mey. , pi. i3 des Oiseaux de Lewin, sous le nom dé reed-wren* 
Cette fauvette est d'un vert-olive sur la tête, le cou, le dos, les 
scapulaires et le croupion; d^un roux jaunâtre sur les sour- 
cils et sur toutes les parties supérieures ;^ cette teinte est pres- 
que blanche sur la gorge, et sur le milieu du ventre , plus 
chargée sur les côtés de la poitrine. Les couvertures infé- 
rieures des ailes sont du même roux -; . les supérieures et les 
^ pennes d'un gris rembruni et bordées d'olivâtre ; ces pennes 
Elanchâlres à l'intérieur en dessous ; les pennes de la queue 
pareUlç^ à celles des ailes; longueur totalci cinq pouces 



PAU 3x3 

Ttroii ; le bée bran en dessus , d^un blanc jaunâtre en dessous, 
long de sept lignes , large de trois lignes à la base ; la bouche 
et la lan^e couleur d^orange ; Tiris d'un jaune rembruni; les 
pieds couleur de chair jaunâtre ; le^ doigts verdâtres en dessous; 
la queue arrondie.. 

La femelle, suivant M. Meyer , ne diSëre du mâle qu'yen 
ce qu'elle a le àos d'une couleur moins foncëe , et que les. 
côtés des parties inférieures sont d'une nuance plus claire. 
JjSk demeure , le genre de vie , le chant, le nid et les œufs 
fie cette fauvette sont les mêmes que ceux de la Fauy£tt£ 
EFFARVATTE. Consultez son article^ 

Je n'ai point cité le Syiina arundinaeeaie Latham, parce 
que cet auteur donne au mâle sept pouces etdemi de long, et â 
la femelle six pouces trois quarts, mesure qui ne peut conve- 
nir à cette fauvette. Lewin répète laméme mesure pour son rèed 
wren ; mais il 2 fait figurer le mâle avec deux pouces de 
moins. Les premières mesures se retrouvent encore dans 
les Philùs, Tram., tome 7$, p. 8, f. i ; mais le portrait de 
l'oiseau convient en tous^ points à VeffaTvatU ; ce qui me 
fait soupçonner que ces mesures sont fautives quoique ad-» 
inises par les auteurs cités ci - dessus , et par Gmelin. 
M. Meyer rapporte encore ^ sa fauvette celle des roseaux 
de BufTon; en eifet, tout son historique lui est propre ; mais 
la description de son plumage ne me paroît pas lui conve-* 
nir parfaitement, et encore moins la figure pi. enl. ^ n." S81, 
qui repré^nte un autre oiseau. ( V^ Fauvette flavéole. 
Des ornithologistes donnent aux jeuneisde la fauvette de cet ar- 
ticle un plumage qui a-les plus grands rapports avec celui de 
VeffatvuUei N'y auroit-il pas confusion? Je le soupçonne; 
car , malgré toutes les recherches que ^'ai faites depuis plu^ 
sieurs années , ainsi que MM. Bâillon et de Riocourt'qui 
^'en sont' chargés, à ma considération , l'un en Picardie et 
l'antre en Lorraine, nous n'avons jamais pu rencontrer la 
fav»etie des roseaux de M. Meyer, et, pas une de^ cinquante 
effarvates mâles et femelles adultes , que nous avons vues 
diaos la même année depuis le mois d'avril jusqu'au mois 
d'octobre , ne lui ressembloit. Cependant elle existe telle 
qu'elle est signalée ; car je l'ai vue en nature , et elle est pré- 
sentement dans la collection de M. Bâillon à qui M. Meyer 
l'a envoyée. Malgré les différences qiii existent entre ces deux 
oiseaux , sont-ce deux espèces distinctes ? 

La Fauvette rousse , Sylmt rufa , Lath. Il n'est pas aisé 
de déterminer quel est cet oiseau , son signalement et son his- 
torique ne sont pas complets 1, et les figures qu'on en a pUr- 
bliées sont très- incorrectes. En effet, on ne peut la détermi- 
ner dans Belon, cité par Buffon , tant son image est maa- 



/ 



\ 



a,4 . f A n 

yaise , nî dans Buflbn , puisque là pi. etil. , n.^ SSi , 1 1 9 
représente un oiseau totalement différent de celui du texte y 
qui est plus grand, qui a des plumes blanchâtres à la queue, 
et que je décris ci-après sous le nom Atfawetiê rousseUne. Ce 
naturaliste rapproche, ainsi queBrisson, de la fauvette rousse 
le musdcapa ndrdfna^ tab. a4i de Frisch ; si ce rapproche- 
ment e3t exact, je ne doute plus alors que celle-ci ne soit mon 
pouiiioi ruifyôùe f puisque ce musticapa a avec lui une très- 
grande ressemblance , et très-peu avise le pouillotjfitisj auquel 
, M. Meyer le rapporte. Eln tout cas , la description du nid et 
des œufs 9 que Buffon a prise dans Belon, seroit factice ; car 
ce ne sont point ceux du coUyhite^ ni du fiis- , ni de Toiseau 
figuré sur la pi. enluminée ; et je crois reconnottre dans la 
forme et la composition de ce nid , celui de la fauoeiie 
œdome. 

luSi fauvette rousse àe la pi. enl. de Buffon, S81, f. i, eist ma 
faweUe rousseTinê. ( V. ce mot. ) Je dois remarquer que cette 
figure ne représente point la Fauvette RODssE-du texte. V, 
ci-dessus. 

La Fauvette ROussEUNE,5y/aia/mûW, Bechst.;pl. enl. 
de Buffon , n.® 58i , f. i, sous le nom de Fa'uvette rousse. 
Cette fauvette a toutes les parties supérieures d'un léger gris- 
fauve, un peu plus foncé sur la tête ; une ligne étroite d'un 
blanc fauve , qui part des narines et plane au-dessus de Tœil; 
les paupières de la même teinte ; la gorge d'uiii blanc pur, 
ainsi que le milieu du ventre ; la poitrine et les flancs d^un 
roux blanchâtre ; les couvertures supérieures et les pennes 
des ailes d^un brun (bncé , avec une large bordure d^un gris 
roussâtre k l'extérieur des grandes couvertures et des pennes 
secondaires , mais étroites sur les primaires ; les couver- 
tures inférieures d'un gris blanchâtre ; les pennes de la queue 
d^un brun clair , les dix intermédiaires bordées de roux 
çn dehors ; la première de chaque côté blanche à l'origine , 
ensuite roussâtre du côté extérieur ; d'un gris-brun depuis la 
base jusqu'au-delà du milieu , d'un roux très-clair le long 
de la tige et totalement de cette couleur jusqu'au bout sur le 
côté interne ; la deuxième d'uii blanc roussâtre , plus foncé 
à la pointe où cette teinte forme une espèce de triangle; elle 
se présente encore comme un trait à l'extrémité de la troi- 
sième ; les quatre du milieu de la queue sont terminées en 
pointe , d'égale longueur et dépassant les autres qui sont 
pn peuétagées; le bec est brun en dessus, jaunâtre en 
dessous; Tiris d'un brun foncé; le tarse d'une couleur de 
plomb, glacée de jaunâtre; les doigts sont jaunes en dessous^, 
et les coins de la bouche de cette couleur; longueur totale, 
quatre pouces trois quarts. On trouverai peut-être que les 



. F A U „5 

descriptions que je fais de nos fauvettes sont minutieuses ; 
mais tous les détails sont de première nécessité pour le$ 
bien reconnoitre , poisqu^il en est beaucoup que Ton con- 
fond dans tous nos ouvrages d^ornithoiogie. La feineUe dif-, 
fère.fo.rt peu du mâle ; j^ai seulement remarqué que sa cou- 
leur rousse est moins vive ; les jeunes mâles lui ressemblent. 
Je n^ai jamais rencontré cette espèce dans la saison des 
amours , mais quelquefois au commencement du printemps ^ 
et souvent à l'automne , lors du passage et du départ des 
fauQtMes^ rossignols j etc. ; ce qui me fai^ présumer qu^elle ne 
niche point dans nos contrées. Il en est autrement en Aile- 
mtagne , où, selon Beefastein, elle babite, pendant Tété, les 
endroits montagneux couverts de broussailles et de buissons; 
elle place son nid dans une touffe de framboisiers ou d^épi- 
nes noires les plus sombres. Sa ponte est de quatre oîicmq 
oeufs blancs , jaspés de bleu rembruni avec des points d'un 
roux foncé. On peut, dit cet ornithologiste allemand , ran^ 
ger cette fauvette parmi nos meilleurs chanteurs, quoique sa 
voix ne soit pas aussi fl&tée, aussi pure que celle de la graucy 
grasmiicke (ma fauvette oedonie) , cependant à Taide de. 
quelques coi^ps de gosier très-éclatans, son chant d^ amour 
est varié d'une manière fort agréable. 

. Cet oiseau ^a été confondu avec ïaifaweite cendrée ou gnseUe, 
et présenté , tantôt comme sa femelle, tantôt comme un 
jeune : ce h'est , selon moi , ni Tune ni l'autre ; il est vrai 
que ces deux fauvettes ont , au premier aperçu, une grande 
l*essembiance ; mais lorsqu'on les examine scrupuleusement, 
ainsi que je Tai fait , on s'aperçoit que la rous^eline se dis- 
tingue de l'autre , i.^ par la nuance roussâtre répandue sur 
la plusgrande partie de son plumage ; 2,^ par une taille moins 
longue; 3.® par les yeux d'un brun foncé ; 4.'> par la teinte des 
trois premières rectricesj S.*» par la proportion de là pre- 
mière et de la quatrième rémige qui, chez elle, sont égales ; 
tandis que chez les autres la première est plus longue que la 
quatrième. Qu'on ajoute à ces faits ; que ses œufs et son 
chant diffèrent essentiellement , alors on ne pourra discon- 
venir qu'on est fondé .à Ti^oler , d'autant plus encore que 
tous les individus présentent ces mêmes dissemblances et ne 
varient entre eux que par un peu plus ou un peu moins de 
roux dans leur plumage , ce qui caractérise la différence des 
sexes ; enfin , la fauvette /cendrée niche dans^ nos contrées et 
y est très-commune , et l'autre au contraire n'y fait que 
passer. Pour qu'elle fût la femelle de la cendrée , il fau- 
drait qu'elle élit un vêtement pareil, ce qui n'est pas; ainsi que 
je m'en suis assuré sur un grand nombre de ces femelle^ à 
qijielque âge que ce soit. ]VI. Meyer ayoi^ d'abord donné 



âi6 F A IT 

le sjbia fruticeti pour une espèce particulière; mais il sVsl* 
rétracté depuis , et le présente comme une variété du syl- 
via cinerta. Npus sommes d'accord^ s'il appelle variétés cts 
races constantes ^i se perpétuent et se conservent pures par 
la génération , les causes qui les déterminent étant toujours 
Subsistantes; ces races, que Buffon appelle espèces très-yoî- 
sines 9 qui diffèrent seulement par une taille plus on moins 
grande, par des couleurs d'une nuance plus ou moins pronon* 
cée 9 plus ou moins étendue ; enfin , par quelques caractèrear 
particuliers, mais qui tiennent à la même souche par un grand 
nombre de ressemblances communes. Enfin M. Themmînck, 
dans son Mamui domiûiologiejfrésenie le syhiafrutiteti comme 
une jeune grisette. Il faut , pour se permettre ce rapproche-* 
ment , n'avoir jamais vu de grisettes dans leur jeimeisse ^ car 
pas une n'a un plumaee semblable à celui de la rausseUne; 
au contraire^ ils ressemblent à leur mère qui, comme je viens 
de le dire , n'est pas celle-ci. Je ne suis pas le seul qui ait 
vérifié ces faits ; d'autres ornithologistes , JAM. de Biocourt 
€t Bâillon, très-bons observateurs, ont , à ma demande, réi^ 
téré leurs recherches , et il est résulté de leurs nouvelles ob«< 
nervations sur laifauçette grisette^ que nous sommés parfaite*- 
ment d'accord. C'est au point que l'un de ces naturalistes n'a! 

Ïm, jusqu'à présent, trouver qu'une seule rousseline, et que 
'autre n en a encore recontré que deux ; et si celle-ci étoit 
réellement une jeune grisette , ils en auroient rencontré cent 
pour une , tant l'espèce de la grisette est nombreuse. 

LaFAUVETTE ROVSSETTE de Belon, Currucasyheslrisy Briss. 

J'ai dît dans la première édition de ce Dictionnaire, article 

de la fawelte des bois , que je ne balançois pas à croire que 

cet oiseau étoit une femelle de Tespèce de la fouoetie d'hûer, 

mais un peu moins colorée qu'elle ne l'est ordinairement; et 

je me fondois sur ce qu'il me paroissoit bien extraordinaire 

que ces Jeux oiseaux fussent les types de deux espèces distinctes, 

s^ , comme dît BufTon , ils ont un plumage analogue, la même 

taille , un chant , un cri et un genre de vie seniblables ; s'ils 

vivent dans les mêmes lieux, passent la mauvaise saison avec 

nous ( saison dans laquelle nous ne rencontrons que la seule 

fameUe d'hiver); s'ils font un nîd pareil et pondent des ceufs de la 

même couleur. Mais depuis ayant remarqué que Bnffon avouoît 

ne l'avoir pas connue , et que tout son historique n'étoit point 

extrait de l'ouvrage de Belon , le seul auteur qui Ta vue en 

nature , je croîs aujourd'hui m' être trompé. En effet, la 

figure de' la roussette j publiée par Belon , présente dans' la 

queue des attributs qui ne se trouvent if^uliendtent dans celle 

de Ik fouvette d'Iiiver ou mouchef ; car elle a la queue large, 

arrondie et rayée en travers , caractères qu'aucun aute^^r o'it 



F A U '4,7 

indiqués, tandis qne celle du mouchet est un pea fourchue e| 
sans raies transversales.. 

] Tous les ornithologistes donnent la rou$sette pour le syno- 
nyme du moiaciiia$chœnobœnusàe\atFaunasuecica(matauYeite 
des joncs); mais je ne puis adopter leur opinion, parce que celle- 
ci est beaucoup plus petite et n^habite que les joncs ( modu^ 
Jari multà minor,,, inter scapos habitai j ditRetzius , Faun^suec,^^ 
au contraire, la roussette vit dans les bois et est , disent Buf- 
Fon et Brisson, de la taille de leur fauvette proprement dite^ 
ce qui est un peu exagéré, si on en juge d'après la figure citée 
ci-dessus ; cependanKlle est certainement plus gran'de que le 
sdiœnobœnus. Mais , dira-t-on, quelle est donc cette roussette? 
quant à moi, je suis tenté de croire que c^est ma fauQeHelocus- 
telle; en effet , celle-ci est de la même taille , elle a le plu- 
mage en dessus, varié des mêmes couleurs ; la gorge et les 
parties postérieures roussâtres ; avec des taches sur la poi- 
trine, avant sa première mue; la queue conformée de même 
et de deux nuances brunes, dont Tune forme des bandes 
transversales. Gomme la roussette, elle se tient dans les 
bois et vient , pendant les chaleurs , boire aux mares. 
Mais tout l'historique de la roussette ne lui convient nul- 
lement , et je pense qu^on doit le rapporter à la fauvette 
d'hiver. Ce n'est pas la première transposition qu'on re- 
marque dans l'histoire des fauQettes de Bufifon. 

* La Fauvette roussine, Sybia msseola , VieilL, nVst pas 
fort rare au Paraguay , où elle se cache dans les buissons 
et les plantes aquatiques ; elle vole peu et bas. Son chant 
d'amour estime espèce de fredonmonotone^ peu agréable, et 
qu'elle répète souvent; elle a six pouces de longueur totale ; 
les six pennes intermédiaires de la queue , à barbe finissant 
tout-à-coup, comme si on les avoit coupées à deux lignes du 
bout des pennes ; les deux du milieu , longues de dix-huit li- 
gnes de plus que l'extérieure ; les autres étagées ; les parties 
supérieures d'un roussâtre clair ; cette couleur prend celle 
du tabac d'Espagne ^ sur la tête , les ailes et la queue ; 
le bout des pennes alairesest noirâtre ; une petite tache de 
cette teinte se trouve entre le bec et l'œil ; les côtés de la 
tête , le dessous du cou et du corps sont d'un blanc sale ; les 
plumes^ de la gorge d'un jaune pur; les couvertures infé- 
rieures des ailes et de la queue d'un roux très-clair ; les tarses 
d'une teinte mêlée de bleu et de blanc ; l'iris est noirâtre ; le 
bec noir en dessus , et bleu de ciel en dessous. 

La Fauvette RûusstE TÊTE , Syhia fulQicapUla .^ We\\\* ^ 
pi. 124 , f I , a des Ois. à^ Afrique , a le sommet de la tête 
couleur de tan^ l'occiput d'un brun-roux ; le des^s du corps ^ 



1 



,ai8 F I U 

les ailes et la quene d^un gris brunâtre ; le dessous cendre; 
les pieds jaunâtres. La femelle n'a point de roux à la tête. Il 
fait son nid dans les buissons; sa .ponte est de cinq ou six oeufs 
lianes , avec de petites taches vineuses. Il se trouve en 
Afrique . 

La Faitvette bes sapins , Syl^ pinus , Lath. Brisson a 
fait de cet oiseau sa mésange américaine ^ d'après Catesby, et 

?^_ ^ _• j^ f_ r--.'_« ji i_ 1. £. * ^ 




ni» comme elles 9. les narines couvertu de plumes ; ce n'est 
pas non plus ungrimpereaii , puisque son bec n'est pas courbé 
en farme de faucille; c'est line vraie fauveUe^ d'après ses ca- 
ractères ; mais il a , des mésanges et des erimpereaux , quel- 
ques habitudes; comme les premières, il s'accroche à l'ex-* 
trémtté des branches pour en becqueter les bourgeons , et y 
chercher les petits insectes qui s'y nichent , et il grimpe 
quelquefois $ur les arbres comme font les grimpereaux. J'ai 
remarqué que plusieurs fauvettes de l'Amérique septentrio- 
nale ontxes mîmes habitudes. 

iLOifaw^tliedes sapins a quatre pouces trois quarts de longueur; 
le bec noir ; la tête 9 fa gorge et tout le dessous du corps 
d'un très-beau jaune ; une petite bande noire sur les côtés 
de la tête ; la partie supérieure du cou et tout le dessus du 
corps d'un vert^jaune 9 plus vif sur le croupion; les ailes et 
la queue d'un gris-de-fer bleuâtre , selon Bufibn , et brunes, 
selon I^tham ; les couvertures supérieures terminées de blanc, 
ce qui forme sur chaque aile deux bandes transversales 
blanches ; les pennes latérales de la queue blanches à l'exté- 
rieur ; les pieds d'un brun jaunâtre. 

La femelle est entièrement brune. Catcsby dit que cette 
espèce passe toute l'année à la Caroline. L'on assure qu'elle 
arrive en Pensylvanie au mois d'avril, où elle reste tout l'été. 
Il faut qu'elle y soit rare , car je ne l'y ai jamais rencontrée. 

La Fauvette nu St^tCjki^^SybiaflaQescens^ Lath., pi. en!, 
de Buff. , n.<» 58a , f.. i. Tout son plumage est à peu près le 
même que celui de Isl fauvette du Sénégal à ventre jaune , à l' ex- 
ception du devant du corps qui n'est pas d'un jaune clair, mais 
d'un ronge anrore. Elle n'a pas la queue étagée; c'est pourquoi 
Latham en fait avec raison une espèce distincte de Wfaw?eUe 
tachetée du Sénégal, 

* La Fauvette de Sibérie , $ybîa longtrostns ^ Lath. 
Cet oiseau habite les montagne^ qui bordent la mer Cas- 
pienne. Il a le dessus du corps d'une teinte cendrée , le des- 
soits noir et lé bec long. 
. * La JFauvette a sou&cii^ jaunes , Syhia superciUosa , 



Làthr Là Russie est le pays qu'habite cet oiseau , qui est ver- 
dâtre en dessus, de la même teinte^ mais plus pi^e, eh des^'. 
sous et sur le milieu de la tête. 

♦ La Fauvette a sovKcihShovXfSyipiapym^jhrjrSf VîeîUj 
Elle habite dans la Nouvelle-Galles du Sud. Elle a lesplumeÀ 
de la tête allongées en forme de huppe , et d'un brun de bis« 
tre , plus clair vers le bout ; lès sourcils roux ; le dos tacheté, 
de brun , sur un fond olive ; la gorge , le cou et les parties 
postérieures , d'un blanc jaunâtre > avec àes taches en forma 
de fer de lance 9 le Jong de la lige et vers' le bout ; le bec et 
les pieds bruns. Longueur totale j quatre ponces et demi. 

La Fauvette striée , Sylaia striaia^ Yieill. ; MusdeajUê 
drUOa , Lath. , etc. F. Miller, tab. i5 , Â. B. Vurious^ Suk* 
jecL Elle passe la belle saison à la baie d'Hudson. Le mile 
a le bec noirâtre en dessus, et jaunâtre à la base de sa partie 
inférieure ; le sommet de la tête noir ; les joues blanches ; la 
gorge jaune et tachetée de brun; la poitrine et le ventr» 
blancs ; les côtés variés de noir ; le dos d^un cendré verdâtre f 
et rayé en travers de noir ; deux bandes transversales sur 
Taile , dont Tune est d'un blanc pur , et Tautre dVin blano 
jaunâtre; les pennes alaires et celles de la queue brunes; les reo^ 
trices extérieures tachetées de blanc ; les pieds jaunâtres et le« 
ongles bruns ; la femelle a la tête rayée de noir ; sur un fond 
verdâtre; les sourcils jaunes , la gorge et la poitrine d'un jaune 

λâle , avec àts taches oblongues brunes ; les stries du dos 
ongitudinales et moins nombreuses; le reste du plumage pa- 
reil à celui du mâle. 

* La Fauvette sunamisique, Sybia mnamtdca^ Lath. La 
taille de cet oiseau est celle de la gorge bleue; sa teinte domM 
nante est un cendré roux ; la gorge est noire ; la poitrine et 
le ventre sont d'un roux pâle ; chaque plume est terminée de 
blanc ; cette couleur borde les pennes des ailes et de la 
qfieue , dont les deux intermédiaires ^ont brunes , et les au-* 
très fauves ; le bas-ventre est blanc , ainsi qu'une ligne qui 
passe au-dessus des yeuxy et s'étend jusqu'à la nuque ; le biec 
et les pieds sont noiris. 

On rencontre cette espèce sur les rochers des Alpes de la 
Perse. . • 

La Fauvette tachetée, Sybîa nœoia , Lath. , n^est point 
une fauvette ; mais c'est une jeune bergeronnette de prm^ 
temps. Comme il ne suffit pas que je sois convaincu de ce fait, 
il faut mettre le lecteur ii portée de juger par lui^-méme 

Ïue mon sentiment est fondé sur des preuves* mcontestables. 
^otu* parvenir à cette fin, je vais transcrire ici la description 
copiée dans Aldrovande , d'après lequel tous les auteurs ont 
signalé cette prétendue fauvette. Ce naturaliste italien , qur 



f^oi F A Tl 

Vappeile èoarola oa boarina , parce qa^elle a ThabStade i^ 
aoiTre les boeafs dans \ts prairies et les pâtarages , la décrit 
ainsi : Awcula est oblonga; rostro eÊûmi oïdongo , exfuseo rubes^ 
' centi ; colore per iatum dorsum et caput ex plombeo driereo , et sub^ 
hdeo mixte ; gùla M venter lotus caMâtcant^pectits verè nigris ma-* 
fuiis UstingidtMr; alœ ex idffrà lutescente aWoque v€aiœ;cauda ion-- 
gùiscuia , n^fM , à' kdere alba; tibia et peâes mgricanL Quiconque 
a Ttt une femelle de la bergeronnette de printemps dans sqiî 
premier âge (motadila flaoa , Gm. ), ne peut disconrenir que 
^ette description la signale complètement; en effet sa taille 
est oblongue ; le dos et la tête présentent un mélange de gris-* 
de-plomb et de jaunâtre ; ces deux couleurs se fondent en- 
•eaooble de manière qu'au premier aperçu elles semblent ne 
former qu'une seule teinte ; la gorge et le yentre sont blan- 
cbAtres ; la poitrine est jaunâtre et tacbetée àe noir;^ les ailés 
en;entier, sont rariëes de noirâtre , de jaunâtre et de blan-^ 
cbâtre ; la première teinte occupe le milien des plumes ; la 
deuxième est sur le bord des pennes secondaires ^ et la troi^ 
sième k rextrëmité des petites et des grandes couvertures ; 1^ 
queue est allongée et noire, avec ses deux pennes les plus ^té- 
rienres blancbes de chaque cété. De plus y si l'on consulte 
les habitudes et le nid de la boarina, on voit que ce sont les 
mêmes que ceux de la bergeronnette faune, puisque celle- c» 
se tient touj<Mirs de préférence dans les prés et les pâturages ^ 
y niche et se plaît à la suite des bestiaux. 

Brisson, qm n'a pas vu en natnre ssifawdte tachetée , s'est 
un peu écarté de la description faite par Aldrovande , quoi^ 
qii'il ne la décrive que d'après cet auteur , en disant que les 
parties supérieures sont variées de brun roussâtre , de faunâ^ 
ire et de cendré, et s'est mépris en ajoutant que les pennes des 
ailes* sont bordées de blanc; mais si, comme moi> il eût pu 
comparer au signalement, le dessin en couleur qu'a fait de cet 
oiseau Tocnithologiste italien, il se seroit aperçu de .sa mé^* 

ÎinBiQ, Ce dessin représente la boarina telle qu' Aldrovande 
'dt décpte , et est la fidèle image d'une jeune bergeiHinnette 
avec tous les caractères qui distinguent son espèce y comme 
d'avoir l'ongle postérieur allongé 4et «droit , si ce- n'est k la 
pointe où il est un peu incliné ; la queue longue, égale, et 
non pas fourchue, ainsi que le dit.Brisson; les dernières pen- 
nes secondaires presque aussi longues que les premières ré<« 
Uliges^ attributs^ ainsi que celui de l'ongle ^ qui sont étrangers 
à toutes les fauvettes , dont aucune n'accompagne les besr* 
tiaux dans les pâturages. 

Buffon s^est conformé en tous points à ce qu'a dit Brîssop» 
et n'a certainement pas comparé sa description à la figure 3 
de U planche enluminée 58i.*^car il se setoit aperçu que Tuuq 



<itra)itre présentent un contraste parfak. Cependant cette 
figare est ilmage ^junt fajii»eUe tachetée; mais ce n^est point là. 
boarina des Italiens 9 ni la faiwette tacheiée da texte ; c'est Celle 
de lafawetie grise taclietée du Sapplément de l'Ornithologie 
de Brisson, et conséqnemmentma^iifw^/oaM^/tf. Je népar'j 
lerai point des autres auteurs , qui n'ayant fait que copier les 
ornithologistes français, sont tombés dans les mêmes fautes% 
Cette motacUla'nœQia est à présent dans la Collection pu- 
blique , sous le nom d'une autre fauirettè qui n'a aucun rap- 
port ni avec la figure citée ci-dessus 9 ni avec le texte de 
Brisson et de BufTon; car c^est maFAUVETTE nES JOi9C5.(r^.cè 
mot et le motacilia schœruibœnus de Linn. ) 

La Fauvette tachetée du Cap de BoNNE-EspÉRAUCEt 
Syhiaafiicana. C'est le merle Auteur de Le vaillant. V, MeulEv 

La Fauvette tachetée de la Louisiane. ]^1. enl. 709 ^ 
f. I. V, Fauvette couronnée d'oir. , 

La Fauvette tachetée de la Louisiane àa teooe de 
Buffon, V, Fauvette pipi. 

La Fauvette tachetée de rougeItrë, Syhiaaudm^ 
Lath , pL 95 des Oiseaux de l'Amérique septentrionale^ 
C'est non-seulement en Canada que Ton voit cet oiseau 
pendant l'été , mais &core dans la Pensylvanie et les Etatis 
voisins : il y arrive au printemps, y niche, et les quitte II 
Tautonhie. C'est donc par erreur que Buffon dit qu'il n'y 
niche pas, erreur répétée par Latham et autres : il est vrai 
qu'on le trouve aussi à Cayenne et à Saint-Domingue» Il à 
à peu près quatre pouces et demi de longueur; la tête et Ib 
dessous du corps d'un beau jaune , avec dés taches rougeitrear 
sur la partie infériettredii cou , sur la poitrine et les nancs^^ 
le dessus du corps , les couvertures des ailes et le bord «des 
pennes d'un vert-olive ; celles-rcî sont brunes aî'nsi que les pkL<^ 
mes de la queue dont le bord est jaune ; bec et pieds noirâtres; 

La femelle a un plumage peudifférent; les taches sont moins 
nombreuses et d'une nuance moins Vive, et le dessus de -la 
tête est vert-olive. Les jeunes mâles, après leur première mue, 
difTèrent des vieux, en ce qu'ils ont le dessus de la tête d'un vert« 
olive ; du blanc jaunâtre sur les cdtés et sur la gorge; dtii 

Î'aune pâle sur la poitrine et sur le ventre ; de l'olivâtre à 
'extérieur des couvertures et des pennes alaires ; du jaune 
brun au-dessous des pennes caudales. Avant la • première 
mue, ils ont la gorge blanche ; les pacties supériei»res'wte& 
et mélangées de gris. 

làe^Jiguiers à gorge blanche de Buffon ( Syhia albicoUs ) i mâl«/ 
et fiBmelIe , ne sont que des mâles de c«Ue espèce après et avant 
leur première mue. Le figuier, du Canada de Brisson et le 
fiffiier iacheU dfi Buffon 1 sont aussi des mâles. 



•«• PAU 

Cette fauvette, «ntor€ la MiaàKGS Ji^UNE âe Caiesby,:pL 
65 9 rapportée mal à propos , par Gmelin et l*2^tham ^ 
comme variçtéy ao ^jr^ia troch^us , et au Roit£i.rt jaune 
4'£dwarâ» , pi. a 78 , £ a. 

La fauvette de cet article niche sur des arbrisseaux 
de moyenne hauteur ; sa ponte est de quatre ou cinq q»u& 
blancs ^ tachetés de brun verdâtre. 

La FauveVte Tachj^tée du Sénégal « Sykda rufigaatrà , 
Laih.9 pLenl.. i6ay %* a,n^aguère que quatre pouces de lon- 
gueur , sur quoi sa queue, qui est étagée , en prend deux ; 
iotttes ses pennes soot brunes et frangées de blanc roussâtre, 
ainsi que les primaires de Faile ; les secondaires et le^ cou? 
yertures, lés plumes du dessus de la tête et du dos sont noires 
etbordées.d'un roux clair*; le croupion est d'un roux plus foncé, 
et le devant du corps blanc. Buffon soupçonne que cet oi- 
seau est un niàle de Tespèce de la fauvette, du Sénégal ou de 
icelle à v€n(rejaiung^.ei que ceUe9~ci ne sont que àts variétés 
d'âge. 

, La Fauvette ta1ix>r, Syhia sùtoia^hath,^ pi. j5 et 76 des 
Oiseaux de T Amérique septentrionale. On ne voit cet piseatt 
à New-Yorck qu^au printemps ; encore n'y reste-t-il que 
huit à dix ^urs : il niche à Terre-NeAve. Dessus de la tête 
noir; joues blanches ; dessus du cou, dessous ducorps blancs et 
rayés de noir ; dos gris et tacheté de noir ; ailes et queue n4>i-*' 
râtres; deuxbandes transversales blanches sur les ailes; les pen-p 
nei secondaires et les pennes latérales de la queue bordées 
de cette dernière couleur; le$ prim)aires frangées de gris ; le bec 
noir en dessus, blanchâtre en dessous; les pieds d'un brun 
clair. Longueur, quatre pouces cinq lignes. La femelle a le 
sommet de la tête pareil au dos du mâle ; les deux bandel 
traasveirsales des ailes moins apparentes , et le blanc de» 
pennes latérales de la queue moins étendu. 

La Fauvette icheric , Syhia leuœps , VieilL ; Sflina ma- 

dagasoarieasîs , Latb. , pi. i3 , f. i et a des Oiseaux d'Afrique ^ 

est remarquable par une petite membrane blanche qui en-* 

toure Iti yeux ^ ce qui lui fait- donner , par les hàbitans de 

rUe^e-France , le nom d'œil hàmcE^e a la tête, le dessus 

' ^u cou ^ le dos et les couvertures siqȎricures des ailes d'un 

Tert d'olive ; la gorge et les couvertures inférieures de la 

iqueue faunes ; le dessons du corps blanchâtre ; les penneft 

4e4«aâles bordéçs à l'extérieur d'un vert olive ; les deux pennea 

intermédiaires de la queue brunes et bordées comme celle» 

.'des ailes; les autres brunes avec la- même bordure ; le bec 

gris-brun et les pieds éendrés. La femelle a des couleurs plus 

ternes que celles du mâle« Le jeune diffère des adultes eti 

ce qu'il n'a poiilt les paupières blaucheâ. Le Tckem: cons- 



F À U , is3 

truît son nid sur les arbustes ou branches basses dès arbres , 
et lui donne la forme de celui de notre pinson: Sa ponte est def 
quatre à cinq œufs. On letrouVe à Madagascar et dan;^ Pile;' 
de-France. Ces oiseaujc sont peu craintifs ^ tie s^approch^nt 
pas souvent des Heur habites , et volent «n troupes. 

* Là Fauvette de la Terre de DïéMEN, Syhta cane^ensy 
Lath. Cet oiseau à six pouces ^t demi anglais de longueur ; 
ta tête noire ; le front blanc ; le dessus du ôorps d'un bmn 
blanchâtre ; le dessous d^ûne teinte plus claire ^ avec des strier 
noires sur la poitrine et vers l'anus ; les pennes de la qûëue 
sont rousses à la base , et les ailes tachetées de la même' 
1 couleur. * 

La Fauvette de la Terre de Feu. V. le gente Grim-' 
pereau. . j 

La Fauvette a tête cewdrée , Syhîa maadosa , Lalih. ^ 
pi. gS des Oiaeaux de l' Atnérique septentrionale i, se monti*é 
au printemps et k ^automne au centre des Etats-^Unis , et 
passe Pété dans des contrées plus septentrionales. Elle nichiî: 
à la baie dTHudson, où le mâle fait entendre une voix per-^ 
^ante , surtodt lorsqu'il pleut et tant que la plirie dure ; c'esl 
d'après cette particularité que les aborigènes lui ont xm-t 
posé le nom de kimme0an apaykuteschish, Ile nïâle a le de^sui 
de la tête d'un gris cendré , bordé par une bande noire qui.( 
du front y s'étend sur les côtés , et se perd à l'occiput ; une 
tache blanche est à l'extérieur de l'œil ; les paupières sont <lé 
cette couleur y et.l'irb est noirâtre ; le dessus dncôa , le flo^ 
et les couvertures supérieures de la queue i^ônt d'un bltiiir^ 
Tert , tacheté de noir ; le croupion est jaune ; la partie an^^ 
térieure de l'aile grise et variée de noir ; les moyennes* et 
grandes couvertures des ailes ont les mêmes couleurs à leur* 
origine , et sont blanches dans le reste ; les jpiennes noirâtre^ 
et bordées de gris ; la queue a ses deux pennes intermé-r 
diaires totalement noires , et les autres blanches dans 1^ 
milieu ; la gorge et toutes les parties postérieures , jusqu'ai» 
bas-veatre, sont d'un beau jaune ^ tacheté d^ noir sur le der 
vant du cou , la poitrine et sur les flancs,; \es^ plumes de l.'anu» 
blanches; le bec et les. pieds noirâtres. Longueur totale ^^ 
4uatre pouces trois lignes. La tête de là femelle est cendrée 
l^artout où celle du mâle a du noir et du blatic ; dti reste , 
elle lui ressemble. Cette femelle est figurée dans les Oi- 
jféaux d'Edw^ards , pi. âiï6i 

Le FijgUier cendré à gorge jaune, Sj^Ma dùininîca , est dilè 
Variété d'âge de cette ei^pécé. 11 diffère des préeédens, eneequ'fl 
a le crotipiûn du même cendré ' que le dessus de la tête ^ 
étjanepetité bâti dé Jongitddin aie jaune entre le bec etl'œit. 

' Là 'Fauvette a trÊTE jauijîe, Syhîa ieterocephata ^ Lath. ; 



«4 F A U - 

pL QO des Oiseaux de rAmërîqae septentrionale. Cet oiseau 
est le même que le Figuiee a, poitriise aouge , Syhia pen-* 
sfhanica. -11 arrive au centre des Etats - Unis au mois, 
a avril, y reste peu de jours , se montre au Canada dans, 
le mois de mai, et plus tard à la baie d'Hudson , et com- 
me ses congénères d'Amérique il en quitte le nord 
à Tautomne. Le beau jaune dont la tête du mâle est parée, 
a pour bordure un liseré noir qui part du bec , passe au- 
dessus des yeux , et s'étend un peu en arrière ; une bande--* 
lette pareille descend sur les côtés de la gorge ; le des- 
sus du cou est gris et varié de noir jusqu'à Tocciput ; le 
dos et le croupion ont, sur un fond jaune, des taches noires 
et longitudinales ; les petites couvertures à!t% ailes sont grises 
et bordées de verdâtre ; les moyennes et les grandes sont 
noires et terminées, de jaune ; les pennes primaires brunes 
et grises en dehors ; celles de la queue pareilles à celles- 
ci en dessus , et le^ trois plus extérieures blanches en dedans, 
depuis le milieu jusqu'à la pointe ; toutes les parties infé- 
rieures sont de cette couleur , à l'exception des côtés de la 
poitrine et du ventre où règne une teinte d'un brun rou- 
geâtre ; le bec est noir ; le tarse d'un brun clair. Longueur 
totale , quatre pouces. La femelle diffère du mâle en ce 
qu'il n'y a point de noir sur ses parties supérieures, ni de 
brun rougeâtre à la poitrine; eu outre %^^ couleurs ont moins 
d'éclat. 

lie figuier de Mississipi, pi. enL n.<* 781 , iig; 3, n^appar-* 
tient point à cette espèce comme une variété d'âge ou de. 
sexe, ainsi que l'a pensé BufFon; c'est une ytxxxit fmtQelUxQU'» 
ronnée d'or après sa première mue. 

♦ La Fauvette a tête grise , Syhia incana , Lath. , se 
trouve à New-YorcI:, au printemps seulement. Tille a la 
tête, les côtés du cou et les couvertures supérieures de la- 
queue d'un joli gris ; les couvertures des ailes terminées de 
blanc ; les pennes primaires et celles de la queue bordées de 
gris ; la gorge orangée ; le menton et la poitrine d'un beau- 
jaune; le ventre d'un cendré blanchâtre. 

La Fauvette a tête noiee, Syhia atncapUla^ Lath. ^ 
1. enl. 58o , mâle et femelle , de YHùioire naturelle de Buffon. 
e toutes les fauvettes^ il n'en est point qui affectionne pins 
sa femelle que le mâle de cette espèce , qui montre autant de 
tendresse pour sespetits, et dont le chant soit aussi agréable' 
et aussi continu. C'est sans doute cet aimable oiseau qu'^ 
peint l'immortel Buffon , lorsqu'il dit: « La fauvette fut l'em^ 
blême des amours volages , comme la tpurterelle de l'amour 
fidèle. Cependant la fauvette ^ vive et gaie ^ n'en est ni moins 



g 



F A U 225 

aimante , ni moins fidèlement attachée, et la tourterelle triste 
et plaintive, n'en est que plus scandaleusement libertine ; le 
mâle prodigue à sa femelle mille petits soins pendant qu'acné 
couve ; il partage sa sollicitude pour les petits qui viennent 
d'éclore , et ne la quitte point après Téducation de sa fa- 
mille ; son amour semble durer encore après ses désirs sa- 
tisfaits.» Rien ne peut^ altérer sa tendre affection, pas même 
la perle de sa liberté, à l'époque où les oiseaux en sont si jaloux, 
si c'est avec sa famille qu'il en est privé; il nourrit alors ses petits 
et sa femelle , la force à manger , lorsque le chagrin que lui 
cause la captivité la porte à refuser la nourriture qu'on lui' 
présente. * 

Les mâles de cette espèce arrivent dans les premiers jours 
d'avril; mais les femelles ne paroissent que vers le i5. 
Si , à cette époque , quelque retour de irold les prive 
d'insectes, ils se nourrissent des baies de la lauréole^ du 
lierre, du troène et de l'aubépine; il en est de "même 
pour ceux que des pontes retardées ou d'autres âccidens 
forcent de passer l'hiver chez nous , ce qui est très-rare. Aus- 
sitôt après l'arrivée des femelles ces oiseaux s'occupent de 
la construction du nid ; le mâle cherche la position la plus 
favorable y et lorsque son choix est fait, il semble l'annon- 
cer à sa femelle par un ramage plus doux et plus tendre : 
c'est presque toujours dans les petits buissons d* églantier et 
d'aubépine ^ à la hauteur de deux ou trois pied$ de terre , 
sur le bord des chemins riverains des bois , dans les bois 
même et dans les haies , que la femelle l'établit ; elle 
lui donne une forme petite et peu profonde, le compose 
d'herbes sèches à l'Ixtérieur , et de beaucoup de crin à l'in- 
térieur. Sa ponte est de quatre à cinq œufs , marbrés de cou- 
leur marron foncé sur un fond marron clair ; si l'on touche 
à ses œufs elle les abandonne , mais moins souvent que la 
plupart des autres fauvettes. Le mâle la soulage dans le tra- 
vail de l'incubation , depuis dix heures du matin jusqu'à 
quatre et cinq heures du soir. Les petits naissent sans aucun 
duvet, se couvrent de plumes en peu de jours ^ et quittent 
le nid de très-bonne heure , surtout si on les inquiète ; sou- 
vent il suffit de les approcher ; ils suivent alors leurs parens 
en sautillant de branche en branche , et se réunissent le soir 
pour passer la nuit ensemble ; toute la famille se perche sur 
la même branche , le mâle à un bout, la femelle à l'autre et 
les petits dans le milieu , tous serrés les uns contre les autres. 
Après cette première couvée , ces fauvettes en font une se* 
conde , et même davantage , si ' elle$: sont interrompues. 
Le mâle de cette espèce ayant un chant qui tient de celuir 
du rossignol., dont les modulations , quoique peu étendues , 

XI. i5 



I» 



, 



aa6 F A U 

sont agréables f flexibles, variées, et les sons ptirs et légers, est 
de toutes les fauvettes le plus irechercbé pour la cage ; il joint 
à cela une amabilité peu commune ; il affectionne aune ma- 
nière touchante celui qui en a soin , et il a pour raccueillir 
un accent particulier ; à son approche sa rôix devient plus 
affectueuse ; il s'élance vers lui contre les mailles de sa 
cage, comme pour s^efforcer de rompre cet obstacle afin de le 
joindre , et par un continuel battement d'ailes, accompagné 
de petits cris, il semble exprimer Tempressement et fa re- 
copnoissance : tel est le vrai tableau que nous en a fait Olina, 
et c'est de cette fauvette que mademoiselle Bescartes a dit: 

N*en déplaise à mon oncle , elle a du sentiment. 

On se procure ces oiseaux de diverses manières : Ordi- 
nairement on préfère les jeunes qu'on attrape aux abreu- 
voirs vers les mois d'août et de septembre; leur chant a, 
dit'-on , plus de mélodie , et plus de rapport avec celui 
des mâles en liberté. Pour les accoutumer à la cage , 
on leur lie les extrémités des ailes , et on leur ^onne la 
nourriture du rossignol , avec des^ fruits tendres , même 
des poires et des pommes. Quand on veut élever les petits , 
il faut les prendre lorsqu'ils sont déjà à moitié couverts de 
plumes, c'est'd-dire, huit à neuf jours après leur naissance , 
et on les nourrit comme les jeunes rossignols; mais pour 
une parfaite réussite il faut les tenir très -proprement sur de 
la mousse sèche et renouvelée deux fois, par jour : on peut 
encore leur donner une pâte liquide, composée de jaune 
d'oeuf, de chènevis broyé et de mie de pain. Lorsqu'ils 
mangent seuls , on y joint du persil haché très-menu , et on 
donne à cette nourriture la consbtance de la pâte; comme 
elle les engraisse promptement, ce qui souvent leur oc- 
casione la mort, on en corrige la malignité, surtout celle du 
chènevis^ en leur donnant des poires ou des pommes coupées 
en deux, des figues et des raisins , et autres petits fruits dont 
ils sont toujours très-friands. Pendant l'hiver on les tient dans 
un endroit chaud; il sufSt que leur boire et leur llianger ne 
puissent geler. L'on assure qu'ils peuvent perfectionner leur 
chant, SI on les tient à portée d'entendre le rossignoL A 
l'époque du départ, qui est à l'automne , les fauvettes de vo- 
lière s'agitent pendant la nuit, et surtout au clair de la lune , 
ce qui eq fait périr un grand nombre; ce tourment leur 
dure jusqu'en novembre , et après ce temps elles sont tran- 
quilles jusqu à la même époque de l'année suivante : cetle 
envie de voyager ne les quitte qu'après plusieurs années de 
captivité. L on en a conservé en cage pendant dix ans ; mais 
le cours de leur vie est ordinairement de cinq i six. Avec 



F A U a^y 

• d€s soins, on parvient k le$ faire nicher en captivité ; il faut 
pour cela les tenir dans un jardin , et que la volière sôit gar- 
nie d'arbostes toujours verts ; et on les tient dans un apparte- 
ment pour les conserver peadiant Thiver. 

Cette fauvette ,^ que Yort trouve communémenteil Europe , 
sï)it au midi , soît au nord , est rare , dit-on, en Angleterre. 

Le mâle a le derrière et le sommet de la tête jusqu'aux yeux 
couverts d'une calotte noire ; un gris ardoisé colore le reste 
de cette partie et le tour du cou ; il est plus clair sur la gorge, 
et s'étend sur le gris-blanc de la poitrine ; lès Hancs sont 
ombrés de noirâtre ; le ventre et les couvertures inférieures 
de la queue sont pareiU à la . poitrine ; le dos est d'un 
- gris -brun tirant sur l'olivâtre, ainsi que le croupion, les 
couvertures supérieures de la queue , les petites des ailes et 
le bord extérieur des pennes, dont l'intérieur est d*une teinte 

Î dus foncée; lebècestbrun, et les pieds sont couleur de plomb: 
ongileur totale , cinq pouces cinq à six lignes. La femelle 
qui a été donnée par quelques ornithologistes pour une espèce 
'particulière , diffère en ce que le dessus de la tête est d'un . 
rovx-brun , et que le gris qui couvr^ le cou n'est point ar- 
doisée hes jeunes lui ressemblent jusqu^à la mue ; cependant 
on distingue les mâles de cet âge par la teinte de la tête, qui 
est d'un roux noirâtre. 

< On remarque plusieurs variétés* de la faupeUe à iéie iwirs; 
savoir, lAfawMsUe noire et Manche ^ ^nt tout le plumage est 
varié: de Hoir et de blanc , et layôuoa/te à dos noir de Frisch. 

La Fauvette a tête noire DE»SARnAiGNE , Syioia mêla" 
nocephàia , Lath. , est donnée par Sonnini , dans son 
édition de VHisloire natureUe de Bujfon , pour une variété de 
la nâtre, et comme une espèce distincte par Latham et par 
Gmelin ; elle en diffère par sa taille un peu plus petite; par la 
couleur verdâtre des parties supérieures, et par un trait rou- 
geâtre au-dessus des yeux. Cetti , qui l'a fait conuoître , dît 
qu'elle chante peu. Cela suffit , je pen^e, pour en faire une 
espèce particulière, qui peut-être est la même que xa^fauœUe 
desfmgons , qui se trouve aussi en Sardaigne. 

La FAnvETTEMOSCHiTE, 5y/(?«ïmo5cAîto, Lath. , se trouve' 
dans la même île. Qetti en fait encore une espèce particulière, 
et Sonnini la regarde comme la femelle de la précédente. 
Elle en diffère par la teinte rousse de sa tête , et son plu- 
mage couleur de plomb: 

Enfin , Latham et Gmelin ont donné encore pour une va-^ 
riété V^faweUe verdâtre de la Louisiane; mais c'est utte espèce 
très-distincte. Foy. Fauvette verdâtre. 



I 
\ 



2a8 F A U 

La Fauvette a têi'e ïs^oire et collieb blai!ig de Sibérie. 
V, Fauvette tschecantschiki. 

La Fauvette a tête rouge , Sybia petechla , Latham , 
pi. 92 des Ois. de tAmér, sept, La très-grande rareté de cet 
oiseau dans la Pensylvanie , me fait soupçonner que c^est une 
variété de IsLfauoetie tachetée de rougeâtre , avec laquelle il a la 
plus' grande analogie , d^autantplus que j^ai vu des mâles de 
cette dernière espèce , dont la teinte jaune de la tête étoit 
orangée ; au reste , il n^en diffère que par le beau rouge qui 
couvre le sommet de sa tête. 

L'oiseau désigné par Edwards , pour la femelle ^ est cette 
fauQette tachetée de rougeâtre. 

La Fauvette a tête rousse , Syhia ruficapîlla , Lath. , 
a la tête , la gorge et le haut du cou roux ; les parties infé- 
rieures et le dessous des ailes d'un beau jaune , avec des ta- 
ches longitudinales d'ua roux vif sur le bas du cou , la poi- 
trine et les flancs , pur sur le reste ; le dessus du cou et du 
dos est d'un vert-olive foncé ; le croupion , d*un vert-faniie ; 
les pennes des ailes et les couvertures sont d'un verdÂtre foncé 
bordées en dehors d'un vert-olive , à l'exception des moy ennes, 
qui le sont de jaune ; les deux pennes intermédiaires de la 
queue, sontpareilles à celles des ailes; toutes les latérales fran- 
gées en dehors de verdâtre , et Jaunes à l'intérieur en dessus 
et en dessous; les pieds bruns; longueur totale , quatre pouce» 
quatre lignes. La femelle diffère du mâle en ce qu'elle 
a la tête pareille au dos , et la gorge jaune ; les taches 
des parties inférieures peu apparentes , et la couleur jaune 
plus pâle. Ces descriptions sont d'après nature. 

On trouve cette fametle à la Martinique. L'oiseau de la 
même île, indiqué par le P. Feuillée, sous la dénomination de 
chioris erUhachorides ( Obserwitions physiques) ^ a paru à Buffon 
être le même que le précédent, u 11 a , dit Feuillée , le 
bec noir et pointu , avec un tant soit peu de bleu à la ra- 
cine de la mandibule inférieure ; son œil est d'un beau noir 
luisant, et son couronnement, jusqu'à son parement, est 
couleur de feuille morte ou roux-jaune ; tout son parement 
est jaune , moucheté à la façon de nos grioes d'Europe , par 
de petites taches de même couleur que le couronnement ; 
tout son dos est verdâtre ; mais son vol est noir , de même 
que son manteau ; les plumes qui les composent ont une bor- 
dure verte ; les jambes et le dessus de sts pieds sont gris , mais 
le dessous est tout-à-fait blanc , mêlé d'un peu de jaune , et 
ses doigts sont armés de petits ongles noirs fort pointus. 

« Cet oiseau voltige incessamment , et il ne se repose que 

lorsqu'il mange. Son chant est fort petit , mais mélodieux. «> 

La Fauvette tigrée , Syhia Ugnna^ Lath. , pi. 94 des 



F A U «9 

Oiseaux de rAmérique septentrionale , est le figuier iacheU 
de jaune de BufFon, il seroît mieax de le dire tacheté de tioîr 
puisque ce sont des taches noires qui sont répandues sur 
un fond' jaune.. Au reste, .il se trouve au printemps dans 
la Pensylvanie. U a quatre pouces et demi v de longueur ; 
le bec et les pieds noirâtres ; la tête et le dessus du corps 
4'un yert - olive ; une bande jaune passe au - dessus des 
yeux ; la gorge , la partie inférieure du cou , la ppitrine 
et les couvertures inférieures de la queue sont d'un beau 
jaune , avec de petites taches noires ; le ventre et les 
jambes d'un jaune pâle, sans taches; les ailes et la queue 
d'un vert - olive obscur ; les grandes couvertures à&^ ailes 
terminées de blanc , ce qui forme une bande transver- 
sale ; les deux pennes latérales de la q^eue sont blanches à 
l'extérieur sur la moitié de leur longueur. 

La fetaelle diffère, du mâle en ce qu'elle a des tachés 
brunes sur les parties inférieures; le bord extérieur des 
couvertures et des pennes alaires et caudales d'un gris-blanc ; 
les parties supiérieures d'un vert-olive un peu rembruni, et 
le dessous du corps d'un jaune moins vif. 

. * La Fauvette a toupet , Sybiasubcnstata , Vieill. , fré- 
quente les broussailles du Paraguay, les parcourt en tous 
sens avec beaucoup de légèreté. Elle a sur le sommet de la 
tête quelques petites plumes étroites et pointues qui forment 
un toupet ou une huppe de cinq lignes âe long , que l'oiseau 
relève plus ou moins. Ces plumes sont noirâtres et blanches 
à la base ; le reste du dessus de la tête , ses côtés et sa par* 
tie postérieure sont d'un brun clair , foiblement mélangé de 
bleuâtre ; le dessus du cou et du corps est brun , et mélangé 
plus ou moins de verdÀtre ; les pennes des ailes et leurs 
grandes couvertures sont noirâtres , et ces dernières termi- 
nées de blanc ; les pennes de la queue étroites , étagées et 
brunes, et le côté externe de la première est blanc; la 
gorge et le devant du cou sont d'un blanc légèrement nuancé 
de gris de plomb ; le reste des parties inférieures est d'un 
beau jaune; l'iris brun ; le bec noir, ainsi que le tarse: 
longueur totale , quatre pouces deux lignes. Sonnini rapporte 
cet oiseau au roitelet mésange ( ^hia elata); mais je crois que 
c'est une espèce distincte. Ce roitelet est plus pelit , n'ayant 
que trois pouces et demi de longueur ; en outre , il en dif- 
fère par les plumes de sa tête , qui sont couleur de citron ; 
il y a encore d'autres différences dans son plumage. F. Ty- 
ranneau. 

La Fauvette trichas , Syhia trichas^ Lath. ; turdus trichas^ 
Linn. , pi. 85 et 86 des Oiseaux de F Am, sept, (mâle et femelle)^ 



a3d F A U 

Cet oiseaa a été donne poar nnt grwe oans le Systema naturœ 
<ie Lîmittos. On le retrouve parmi itsjigiders , sous la dëno* 
imination Atfigukr du Maryland oa aux joues noires. 

Cette ^charmante Jauoeite est , pour Le chant et les habi- 
tudes 9 le pendant de notre griseête ; même pétulance , 
même gahé; mais à ces qualités , elle fomt de jolies et 
brillantes couleurs ; unf demi-masque noir , surmonté d'un 
bord ardoisé clair , lui couvre le front, les tempes jusqu'au* 
delà de Toeil , et descend sur les côtés du cou ; l'occiput et 
le manteau sont d'un vert-olive , plus foncé sur les ailes 
et la queue ; un beau jaune domine sur la gorge , la poi- 
trine , le ventre et les couvertures inférieures de la queue ; 
le bas-ventre est blanc ; le bec noir ; les pieds sont jaunâtres: 
longueur , quatre pouces trois lignes ; queue un peu arrondie. 
La femelle diffère en ce que le noir est remplacé sur la tête 
et les tempes par un brun verdâtre, qui est la couleur du 
manteau» des ailes et de la queue ; le jaune des parties infé- 
rieures du corps est moins vif, et s'afibiblit en gris jaunâtre 
sur le ventre ; le bec et les pieds sont d'une teinte brune , 
mais plus claire sur les derniers. Cette espèce se trouve dans 
r Amérique ^septentrionale. 

* La Fauvette tschecath'schiki , Syhîa tschecantschîa , 
Lath. Cette espèce a une partie du dessus dp corps noirâtre ; 
le dessous ferrugineux ; la tête noire ; la nuque blanchâtre ; 
le dos noir ; un collier blanc ; une tache blanche çt 
obloncnae , sur chaque aile. On la trouvé en Sibérie. 

La FAUYEiTtî; a ventre gris du Sénégal , Syhia suhflaça^ 
Var. f Lath. , pi. enl. de Bufifon^ n.® 584 ? f. 3 , ne dilTère de 
XdLfcuweiU blonde qu'en ce que la teinte grise est plus claire. 

♦ La Fauvette a ventre jaune doré , Sylvia flavigasira, 
Lath. Cette jolie espèce se trouve à la Nouvelie^G ailes du 
Sud. Un jaune doré règne sur les parties inférieures du 
corps 5 mais il est plus foncé sur le menton et la poitrine ; 
une tache noire est entre le bec et l'œil , et entoure celuî-<:i ; 
une couleur d'un cendré ardoisé couvre la léte , le dessutf 
du cou , le dos , et prend un ton plus foncé sur les ailes et la 
queue ; un beau jaune est sur le croupion ; lé bec est fin 
et d'un noir sombra , aio^I que les pieds. Taille de la fwweUe 
à ventre roux. / « 

La TAuvEtTE A ventre jaune du Sénégal , Syhîa flu- 
mcens\ Yar., Lath. , pL enl. 58a, 6g. 3, a le haut de latéte,^ 
k dessus du corps et la queue bruns ; Taile d'un brun noi- 
râtre , frangée sur ses pennes et ondée sur ^t% couverture» 
de brun roussâtre-; le devant du corps est d'un jaune clair , 
et il y a un peu de blanc sous les yeux. Elle n'a pas la queue 
étagée comme \t figuier tachelê du Sa^égai. 



/» 



F A TJ a3i 

♦ LaÏAUTETTE AV£NTK£EtQiJ£UEJAUTIES,iSy/a/aocArKra» 

Lath, Taille da rossignol; bec brun ; paupières nues; som- 
met de la tête el nuque d'un brun cendré ; cou et dos noirs \ 
croupion et couvertures inférieures de la queue mélangés de 
blanc et de cendré ; gorge et poitrine d^un noir brillant ; 
ventre blanc ; pieds noirâtres. Cette espèce babite les mon- 
tagnes de la Perse. Je soupçonne que c'est un motteux, 

♦ La FauTETTE A VENTRE ROUGE, Sy,hiaetylhrogastra^ Latb., 
se trouve dans les monts Caucasiens. On la voit pendant Tété 
sur le gravier an lit des torrens qui descendent de ces monts. 
Elle fait sa nourriture ordinaire des semences de Tbippophaë 
(^hîppophae rhamndides y Linn.), et place son nid survies 
brancbes de cet arbrisseau. Le mâle est noir 6n dessus , à 
Texceplion du croupion et de la queue , qui sont , ainsi que 
les parties inférieures , d'un marron clair , et du sommet de 
la tête, ^ui est cendré; une. tache blancbe est. sur les ailes; 
le bec et les pieds sont noirs , et Firis est brun : longueur 
totale , sept pouces. La femelle diffère du mâle en ce que 
son plumage est cendré , qu^elIe a du roitt seulement au 
milieu du ventre , et que les deux pennes intermédiaires de 
la queue sont toutes brunes. 

♦ La Fauvette a ventre roux, Syhia ru/henhis , Lath. On 
remarque quelque analogie dans les couleurs de ceiiefaweife 
de la Nouvelle-Galles du Sud^ avec celles dé notre gorge bleue ; 
mais cette espèce est près d'un tiers plus grosse; son bec et ses 
pieds sont noirâtres ; sa langue est bifide à" son extrémité et 
plnmeuse sur les bords ; un gris ardoisé couvre le dessus du 
corps , s'avance sur les côtés du cou , se colore de bleu sur 
la poitrine , où il forme une sorte de croissant , sur le fond 
roux qui s'étend sur le ventre , les jambes et les couvertures 
inférieures de la queue ; la gorge et le devant du cou sont 
blancs ,. et les pennes caudales a égale longueur. 

Là Fauvette verdItre , Syhîa viridicans , Vieill. , Syhia 
atricapitta^ Yar. ; Lath. Il est difficile de deviner quel est le 
motif qui a pu décider Latham et Gmelin à faire de cet oi- 
seau une variété de lafaupetle à léte noire ; c^r la forme de 
son bec, qui diffère même de celui des fauvettes, comme on 
peut le voir dans la figure que j'en donne dans mon Histoire 
des Oiseaux de PAmérufue sept. , pi. i ,'et ses couleurs sont 
très-différentes ; le seul rapprochement qui existe entre ces 
deux oiseaux, est la teinte du sommet de la tête , qui est d'un 
gris un peu noirâtre dans iat fauvette verdâtre ; une raie blanche 
sal e passe au-dessus * des yeux , et part de la mandibule 
snpéricfure : le tour de l'œil est gris; le dessus du corps, vcr- 
dâtre ; cette teinte borde les couvertures , les pennes des 
s^\e s et de la queue , qui sont brunes ^ et couvre les flancs ; 



ii2 



F A U 



le dessous du corps est d^un gris^blaDc ; les convertares in- 
férieures, de la queue jaunâtres; les piêds noirâtres; le hec 
est brun en dessus, et de couleur de corne en dessous et sur 
les côtés. Longueur , quatre pouces sept lignes. L^on ne voit 
pas de difTérence entre le mâle et la femelle. 

* La Fauvette versicolore , Syhia versîcolor^ Lath. Bçc 
noir ; pieds d'un brun pâle; dessus du corps brun, nuancé d'un 
rouge pourpré ; dessous blanc bleuâtre ; les deux pennes in- 
termédiaires de la queue, brunes ; les autres rouges et termi- 
nées de blanc. Latham ne fait pas mention de la taille de cet 
oiseau de la Nouvelle-Galles du Sud. 

* La Fauvette verte de Ceylan, Syl*fia zeylanensis^ Lath. 
Un vert à reflets couvre le dessus du corps de cet oiseau ; le 
devant du cou est orangé ; la poitrine et le ventre sont jaunes; 
le bec est brun. 

On le trouve à Ceylan. 

La Fauvette voilée , Sykia velaia , Vieill. , pi. 74. des 
Oiseaua> de V Amérique septentrionale , passe Tété dans F Amé- 
rique du nord. La face de cette fauvette est à demi-voilée 
l^ar un bandeau noir qui part des coins du bec , couvre les 
Jones , et qui est attaché sur le front par un liseré d'un brun 
noirâtre ; le reste de la tête est d'un gris ardoisé , nuancé de 
vert sur le dessus du cou, sur le dos, le croupion , les cou- 
vertures supérieures, les pennes des ailes et celles de la 
queue , dont le bord externe est d'un vert plus clair ; la 
gorge et les parties postérieures sont d'un jaune brillant, qui 
se rembrunit sur les flancs , et qui se salit sur les couver- 
tures inférieures de la queue ; le bec est brun en dessus , jau- 
nâtre en dessous, et le tarse est de cette dernière teinte. Lon- 
gueur totale , cinq pouces. La femelle a la tête et toutes les 
parties supérieures d'un vert^-olive sombre ; les inférieures 
d'un jaune pâle. Les jeunes lui ressemblent. 

Cette espèce, et particulièrement le mâle, a dans son 
plumage des rapports avec \2i fauvette trichas , qui se trouve 
dans le même pays ; mais elle en diffère par st& dimensions 
plus fortes , par la teinte verte des parties supérieures , qui 
est d'une autre nuance , et en ce que son bandeau n'est point 
bordé de gris-blanc , et ne s'étend pas autant sur le sommet 
de la tête. En outre, elle n'en a ni le chant ni les habitudes; 
son ramage est aussi agréable et aussi expressif que celui de 
notre chardonneret. On trouve aussi cette fauvette au Para- 
guay. 

* LaPAUVETTE aux YEUX "S^oiKS^ Sybiamelanops, Vieill., se 
trouve au Paraguay. Elle a cinq pouces et demi de longueur ; 
l'œil noir ; le bec noirâtre ; le tarse de couleur de plomb ; 
le derrière de la tôte 9 le bas du dos , le croupion et toutes 



F A U a33 

les parties inférîeares d'un rpiix fôible ; une bande de la 
même coukur qui part des narinejsv^ passe au-dessus des 
yeux et se termine à la nuque ; une tache noirâlre couvre 
la paupière iuférieare et T oreille; les plumes dû dessus du cou 
et du haut du dos sont blanches sur la tige , noires à Tinté- 
rieur, et d^un plombé clair en dehors ; les petites couvertures 
. supérieures des parties internes de Taiie d^un bruQ roussâtre ; 
les grandes des mêmes parties , d'un rouge de carmin à leur 
origine et à leur bout, et noires sur le milieu ; les autres 
couvertures brunes ; les pennes secondaires d'un brun noi- 
râtre dans une moitié , d'un rouge de carmin dans l'autre : 
. cette dernière teinte s'étend encore sur le milieu des pennes 
primaires , qui dans le reste sotki d'un brun foncé ; la queue 
a sa penne extérieure, de chaque côté, et i'extrémité des 
autres , d'un roux sombre , le reste noir; le tarse est d'une 
. couleur de plomb , et le bec noirâtre. 

* La FAUVErrE aux yeux rouges, Syhia anilis^ Lath., se 
trouve 11 la Nouvelle-Galles du Sud, où elle paroît au mois de 
janvier ; elle a le dessus du corps brun clair ; le dessous blanc 
terne, excepté les couvertures inférieures de la queiie, qui sont 
jaunes ; l'iris roiigç ; le bec et les pieds bruns. 

' Chasse. aux fauvettes» -7- On les prend aux gluàux sur les ce- 
risiers et dans les abreuvoirs ( Vqy. au mot Hochequeue La- 
vandière , la chaise, aux abreuvoirs, ) , aUx raquettes ou saute* 
relies , et au coUeL De tous les pièges^ celui-ci est le plus géné- 
ralement connu et pratiqué; c'est le Qéau des oiseaux. 11 y a diffé- 
rentes espèces de collets : les collets piqués ou à piquet sont Ceux 
qui sont tenus dans des piquets que Ton fiche en terre; les coUets 
pendus sont suspendus par un fil comme les sulvans ; les collets 
,traînans sont attachés à une ficell#qui tra^tne à terre; tels sont 
céSi qu'on tend ordinairement aux Alouettes (F. ce mot); 
les coUets à ressort ont un ressort pour mobile. Pour bien 
faire un collet^ on prend quatre crins blancs d'un pied~et 
demi de long à peu près.; on met les extrémités supérieures 
de deux crins avec les inférieufes de deux autres, qu'on 
noue dans le milieu d'un nœud sioiple. Ces crins doivent 
être tors en manière de corde , de façon que quand le nœud 
fixe est fait , ils ne se détordent plus. Le vrai moyen de réus- 
sir à les bien tordre , est de prendre de la main gauche les 
quatre crins séparé^ par un nœud dans le milieu , de sorte 
que tes doigts de la même main fassent la séparation de ces 
crins, que la main droite torde jusqu'à ce qu'on ait rencontré 
. quelque extrémité , qu'on arrête d'un nœud fixe : on coupe , 
après cela , les extrémités des crins qu'on n'a pas mises en 
œuvre. Il i^ut au collet à piquet tendu , une distance entre lui 



l 



,34 F A TJ 

et la terre, an mains de deux bons doigts d^intervalié ; ou 
fiche ces piquets danSr des sentiers de i|uinze k quinze pas de 
distance « et Ton forme de chaque côté du pùfuet de petites 
haies avec de petites brancHes que Ton nomme garniture $ 
cette petite haie empêche lesoiseaox^ et surtout les grives^ 
de passer à côté da collet : quand c'^est pour prendre -ces der- 
nières r il est bon de semer au bas de chacun quelques baies 
de genièvre pour les amorcer et les amener au piège. Quand 
les collets prennent un mauvais pli ^ il suffit de les taire trelïi- 
er pendant quelque temps dans Teau^ pour qu'ils reprennent 
a disposition à bien faire le cercle* Four attacher le collei 
êupiguet, on fait k une baguette dé coudre 9 ou d'autre bois 
vert, longue d'environ un pied et même plus , une fente avec 
nxk couteau^ et on fait passer dans cette fente, tandis que 
le couteau la tient, ouverte, l'extrémité À^wn collet dont le nœud 
fixe en empêche le retour; l'autre extrémité du pifuet est ai- 
guisée en pointe , afin de pouvoir être fichée solidement en 
terre jusqu'à ce que le collet tendu if en soit plus distant que 
de deux bons travers de doigt. L'autre espèce de collet^ qu'on 
pourroit prendre pour un eoUei p^ndu , s'attache k la cime 
des buissons de distance en distance. L^pn s'en sert ordinai- 
rement lorsque les fruits commencent à devenir rares , et 
on les amorce avec ceux dont les oiseaux se nourrissent' 
communément. Il faut amasser, autant qu'on peut, de ce^ 
fruits et de cesbaies,et les conserver^ afin de s'en servir aussitôt 
que la disette commencera à se faire sentir. Si l'on n'a pas 
en cette précaution , on peut y suppléer avec de fausses 
baies ; nuis on ne réussit pas également ; cependant c'est 
toujours un appât pour les grives , si Ton imite celles du 
buisson ardent. 

Le collet pendu est celui fui n'est point tenu dans une fente 
faite à un piquet ; une baguette de bois vert , qu'on appelle 
volant^ est pliée de cette manière [J au moyen de deux crans 
qu'on y fait , et liée à ses ^eux extrémités par un fil qui sert 
d'attache à plusieurs collets. Il doit y avoir depuis le basî 
des collets jusqu'au volant , deux travers de doigt d'inter- 
valle , et on amorce ce piège avec des fruits attachés au 
fil en face des collets ; on fixe le piège contre une branche 
d'arbre, en le liant par un des côtés àà volant : pour le 
placer avantageusement , on cherche quelques buisson$ 
isolés et en face des sentiers; les oiseaux apercevant les fruits/ 
qui servent d'amorce, donnent dans le piège /HCt quoiqu'il 
y en ait de pris , les antres subissent le même sort , tant 
que les autres cùOets ne sont pas dérangés. Cette chasse 
est assez lucrative à la fin de 1 automne , dans les lieux où 
les oiseaux frugivores abondent , et surtout après les ven-; 



F A TT a35 

anges , si on les amorce avec da raisin ; poar les petites 
espèces , on les amorce avec diverses baies. 

Enfhi , une autre espèce de coUet pendu dont on se sert 
beaucoup en Lorraine , consbte à faire deux fentes à une 
branche ^^arbre , dans chacune desquelles on fixe les deux 
extrémités d^une baguette , à laquelle on fait prendre une 
forme demî-circulaire , et l'on attache à sa partie supérieure 
un coUet amorcé comme la saison Fexige. Parnli ces diffère ns 
collets 9 ceux que l'on ^emploie pour les petits oiseaux , sont 
les collets pendus. Ils ne sont faits que de deux crins , et la dis* 
tance qui doit se trouver entre eux et le vàlwit , ne doit pas 
être moindre d'un demi-ponce ; il arrive souvent de prendre 
sur le même volant deux oiseaux, mais rarement trois. On 
prend encore des fauvettes au lacet, V, Merle. 

8 II. Les PouiLLOTS. 

Ce nom imposé à un des plus petits oiseaux d^Europe , pa- 
rôti venir , comme celui de poul^ donné au roitelet, de pullus ^ 
pusHus , et désign^galement un oiseau très-petit. M. iVIeyer 
classe les pouillow dans la quatrième famille de ses sylvla^. 
ei leur assigne , pour attributs , d'avoir le corps petit , 
les pieds longs, le plumage en général verdâtre et jaunâtre. 
M. Cuvîer les place dans son genre Figuier. V, ce mot. 
Quant à moi , ne lenr trouvant pas des caractères' assez 
tranchés pcyjr les retirer du genre /au(^ette, si ce n'est d'avoir 
le bec plus foible et plus elfilé , je les laisse à leur suite. 
On trouve des pouillois dans toutes les parties du monde. J^aî 
décrit tous les nôtres d'après nature ; leurs mœurs , leurs 
habitudes ^t leur chant, m'ont prouvé que M. Meyer étoit 
très-fondé à en faire des espèces particulières. 

Le PouiLLOT DE l'Austral ASIE, Syhia Âustralasîœ^ Vieilf., 
est d'un vert-olive tirant au jaune sur la tête; de cette dernière 
couleur sûr le bord du front, la gorge et le devant du cou ; 
blanc sur les parties postérieures ; noirâtre sur les pennes 
des ailes et de la queue » dont les bords sont d'un vert-jaune ; 
le bée brun; les pieds couleur de chair rembrunie. Taille du 
pouiUoiJiiis, 

Le PouiLLOT COLLYBITE, Syhia coUyhUa^ Vîcill.; Syhiarufa^ 
Becbst. et Meyer.Le mâle a toutes les parties supérieures d'un 
vert-olive sombre , plus foncé sur la tête ; les sourcils et les 
paupières jaunes ; une tache brunâtre en avant et à l'arrière 
de lœil; la gorge, le devant du cou et la poitrine d'un jaune 
roussâtre , avec^^es ondes jaunes et ob]ongues ; le milieu du 
ventre d'un bltf|yull ( d'un jaune roussâtre chez les vieux); 
les flancs rou^HK ; les plumes des jambes d'un gris ver- 
dâtre ; le pli et i|f couvertures inférieures des ailes d'un beau, 
jaune ; les couvertures supérieures et les pennes d'un gris 



>>36 F A U 

, rembniDÎ et frangées d'olivâtre en dehors ; ces dernières lar- 
gement bordées de blanc en dessous ; les couvertures înfé - 
rieures de la qaeue d'un jaune clair ; ses pennes pareilles à 
celles des ailes ; le bec bran , jaune sur les bords et en de-' 
^ans ; les pieds d'un brun noirâtre: la première penne de 
l'aile plus courte que la cinquième. Longueur totale , quatre 
pouces un quart. La femelle diffère du mâle en ce qu'elle est 
en dessus d'un vert olivâtre clair 9 et en dessous d'un roux 
blanchâtre où celui-ci est d'un roux plus prononcé. Les 
jeunes mâles lui ressemblent après leur première mue. 
Quelque analogie que ces oiseaux présentent dans leur plu- 
mage avec le pouUlot JîUs ^ laprpportion relative de la pre- 
mière et de la cinquième rémiges suf&t pour qu'on ne puisse 
les confondre. 

Ce pouillot est, de nos oiseaux printaniers , celui qui se 
montre le premier. Il revient dans nos régions septentrio- 
nales au commencement de mars , et y reste jusqu'à la fin 
d'oclobre. On le voit souvent avec lefids à la cime des 
arbres dans les forêts et les bosquets ; %p*s on les confond 
toujours , tant leur vêtement et leur taule ont d'analogie 
à une certaine distance ;'mdis on ne peut s'y méprendre 
quand ils chantent, leur ramage étant fort différent ; l'un et 
l'autre préludent par leur cri iuU , répété trois ou quatre 
fois de suite sur un ton bas ; ensuite le coUybite fait entendre 
un petit gloussement entrecoupé et des sons argentins dé- 
tachés , semblables au tintement d'écus qui toiïlberoient Tuà 
sur l'autre. Quant à la seconde partie du chant que Buffon 
attribue au ïnéme pouillot , elle appartient^ BxxfiUs , ce dont 
je me suis assuré lorsqu'ils ramage oient l'un et Tautre sur 
le même arbre et en même temps ou alternativement. Le 
chant du coUyhUe lui a valu , dans divers cantons de la 
Normandie, le nom de compteur d argent On l'entend de très- 
loin , et il m'a paru exprimer les syllabes iyp , iap , ré- 
pétées sept à huit fois de suite ; la première d'un ton élevé. 
Bechstein le note ainsi en allemand, zip^ zap , zîp^ zap^ 
zip y zap , précédé du cri ihroid. Lorsque les oiseaux sont 
près de muer, ils se taisent; mais celui-ci chante encore, et 
souvent jusqu'à la mi-septembre , époque à laquelle il quitte 
les bois , sa demeure favorite pendant toute la belle saison , 
pour visiter nos jardins ; alors il ne jette plus que son cri 
plaintif /uâ, tuîtf cri qui, étant pareil à celui des pouiliots 
à ventre^ jaune et fiiis , a donné lieu de les prendre pour des 
individus d'une même espèce. ^ 

Les coUybiUs habitent non - seulemeMjA bocages qui 
sont sur la lisière des grands bois , mais iflBg plaisent aussi 
dans l'intérieur des forêts épaisses et nombres , et sur les 



F A U' ,37 

grapdâ aAres qui , dans la Haute-Normandie , entourent les 
habitations rurales v partout ils préfèrent les endroits les plus 
frais. Us placent leur nid sous des feuilles tombées , soit dans 
un vieux trou de taupes , soit dans lés crevasses que laissent 
entre elles les grosses racines qui s^étendent à fleur de terre. 
La ponte est de quatre à six œufs blancs , avec des points 
isolés d^un rouge noirâtre et pourpré, nombreux et con- 
(luens vers le gros bout. 

J'ai rapporté ce pouiUot au syhia rufa des auteurs Alle- 
mands,quoique la description qu ils en font offre quelques dif- 
férences dans les teintes du plumage supérieur qui , selon 
eux , est d'un gris roux chez le mâle et d'un gris roussâtre 
chez \si femelle^ laquelle, ajoutent-ils, se distingue encore, 
en ce qu'elle a le dessous du corps onde de jaune ," ce qiîî 
semble indiquer que le mâle est privé de ces ondes : cepen- 
dant tous les mlâles que j'ai examinés et en grand nombre , 
sont pareils à celui que j'ai décrit ci-dessus. Comme ,'du 
reste, leur description dépeint bien le collybite, et que This • 
torique du syhia rufa de Bechstein lui convient totalement , 

i'e ne doute pas que c'est du même oiseau que nous parlons 
'un et l'autre. 

* Le PouiLLOT d'Espagne, Syhia medilerranea ^ Lath'. 
Cette espèce , décrite par le voyageur Hasselquitz est de la 
taille du pouillot commun; elle en diffère principalement eii 
ce que la partie supérieure du bec est un peu crochue à son 
extrémité ; tout le dessus du corps et la tête sont d'un brun 
yerdâtre ; le devant du cou et le haut de la poitrine fauves ; 
le dessous du corps et l'extrémité des couvertures supérieures 
des ailes ferrugineux. Cet oiseau a été pris à bord.d'un navire 
sur les côtes d'Espagne. « 

Le Pouillot FiTis, SyUiafiûs, Meyer, a les parties supé- 
rieures d'un gris verdâtre. Un trait de la même teinte traverse 
l'œil; les sourcils, le pli de l'aile et ses couvertures inférieures 
sont jaunes; les joues, la gorge, la poitrine et les couvertur 
res du dessous de la queue,sont d'an blanc nuancé de jaune; le 
ventre est d'un blanc argentin pur; les pennes alaires et cau- 
dales sont d'un gris-brun , bordées d'un vert-jaune en dehors, 
et de blanc en dessous; le bec est brun en dessus , jaunâtre sur 
les bords, en dedans, et à la base de sa partie inférieure; les 

Îdeds sont jaunâtres ; la première rémige est plus longue que 
a cinquième et plus courte que la quatrième; longueur totale 
quatre pouces trois à quatre lignes. Le plumage de cette espèce 
varie : des individus ont les sourcils d'un blanc jaunâtre/ d'au* 
très les ont blancs, du côté du bec, jaunâtres en dessus et au- 
delà de l'œil, quelques-uns les ont totalement d'un blanc sale; 
plusieurs ont la gorge blanche, et seulement quelques. taches 



,38' F A U 

4 

jaunes oblongaes sur le haut de la poitrine'. Il en est <fiiî ont 
toates les parties supérieures d'un verdâtre rembruni , Les 

i'oues et le dessous du corps blancs , mais lavé de jaune sur 
a poitrine. Cette variation dans les nuances ^ de vert ^ de 
jaune et de blanc , ne caractérise point particulièrement Tua 
ou Tautre sexe; car on la trouve chez les mâles et cbez les fe- 
melles ;^mais les teintes foibles sont toujours Fattrihut de 
celles-ci. Le vert est rembruni, et le dessous du corps est d'un 
blanc sale cbez les jeunes. 

Le yîi^ arrive plus tard dans nos contrées que le eolfybiie; 
des mâles se montrent quelquefois vers la fin de mars; mais le 
plus grand nombre ne parott que dans les premiers jours 
d'avril. ^1 construit son nid à terre, au pied d^un buisson, 
mit le revers d^un. fossé, dans une touffe d'herbes; lui donne 
une forme ovale , et en place l'entrée sur le devant prés du 
sommet. De la mousse , des herbes grossières sont les ma- 
tériaux qu'il emploie à l'extérieur ; des plumes , -de la Laine , 
du crin , en garnissent llintérieur. La ponte est de cinq à sept 
œufs blancs , avec de petites taches roussâtres ou violettes » 
isolées, quelquefois plus fréquente&vers le gros bout. 

Ce pouillot jette le même cri {thuU) que le coUybite; mais son 
ramage est très- différent. On ne peut le décrire uniformé- 
ment; car son expression dépend de la manière dont on l'en^ 
tend. Suivant Latham, il prononce les syllabes âviV, twH^ ùvù^ 
iwii^ twily twit ^ répétées vivement et délicatement ; Bechsteiii 
le note ainsi en allemand, didi^ dihuj dehi^ ûar zia^ et lui 
donne le nom àtjitis d'après son cri fu. Quant à nu)i , j'ai 
cru entendre Umiij thuUy ikuit^ hiwoem hlofoen whia » les trois 
premières syllabes prouoacées vivement, les suivantes lente- 
ment et la dernière d'un ton plaintif. Je ne doute pas qu'on ne 
signale encore son ramage d'une autre manière; car il est plus 
aisé d'imiter le langage des oiseaux que d'en donner une des- 
cription suffisante. 

^ Le (^RAND Pouillot de Buffon, Syhîa trochilus majora 
Lath. ; trochilus loihunngicus-^ var., Gm. Oiseau peu. connu, 
d'un quart plus grand qnelepowlloifiis^ et qui. a la gorge 
blanche, un trait blanchâtre sm* Toeil ; une teinte roussâtre sur 
un fond blanchâtre, qui couvre la poitrine, et le ventre; la mê- 
me teinte formant une large frange sur les couvertures et les 
pennes de l'aile , dont le fond est de couleur noirâtre ; un 
mélange de ces deux couleurs se montrant sur le dos et la tête. 

Le (jtRAND Pouillot de Brisson, qui a le double de la gran- 
deur àxnpomUQtfaàj est encore un oiseau^ qu'on ne peut dé- 
terminer; Buffon croit que Willughby, d'après lequel Brisson 
en fait mention , aura pris pour un pouillot sa fawette de ro" 
iccuAx qui lui ressemble assez; enfin , te Grài^d Pouillot de 



F A U sSg 

M. Cuvier est la motimBmhifipstais A% B'eebâtetOf la4{tteile^ce~ 
pendant, n^a pas le vei^tre argenté, ainsi qu^U tçjit. V. ma 
Fauvette LUsciNioLE. ^ 

Le PouiLLOT NAiK , Sybh pumilia , ^bia irochilus, var. 
liath., pi. loo des Ois, de rAmén^ue septeatrionaie^ sous 1^ jqooi 
de faiweUe naine. Cet oiseau, le plus petit des pouiUots , a. 
trois pouces cin<| lignes de longueur totale ; toutes les par* 
lies supérieures dW beau vert , plus cJatr sur la tâte ; tôales 
les inférieures d'un yert-jaune ainsi qvie le.bor4-eiitérieur des 
pennes alaires et caudales qui sont noirâtres dans le reste. 
La femelle diffère du mâle en ce qu^:^lle a le dessus de la tête 
et du corps d'un brun verdâtre; unq bande <bruQe sur les câiés 
de la té|e ; tout le dessous du corps jauaey de même que le bor^ 
extérieur des pennes des. ailes et de laqueij^e oà cette couJeur 
estpltts pâle. Le jeune lut ressemble. «Ce pouîUtd fait un nidL 
à claire -voie, assez profond, composé seulement d^berbe^ 
fines, etartistement construit à la bâurcation de trois 'petite* 
branches aui^quelLes il est attaché , de manière qu^ilparote 
suspeitidu en Taîr. On trouve cette espèce dans le Sud deS' 
Ëtats-Uûis, aux Grandes-Antilles t\ ^ Cayenne. 

Le PouiLLOT SYLVicOLB, Syhia sylncola^ Lath. ; ^hîa si-^ 
hUatnxi Meyer, est d'un beau vert-jaune eok dessus, depuis 
le front jusqu'à la queue ; 4'ua jaune clair sur les soiircjts , - 
le devant du front , les joues, la gorge et sur la poitrme ; 
d'un blanc de neige sur les parties postérieures ; un trait 
jaune est au-4esstts de TœUi^^ ^^ autre, brun, passe à travers» 
lequel se prolonge, au * delà et part des coins de la bouche. 
Les pennes aiair«s et caudales sont d'un gris un peu sombre^ 
frangées de blanc en dessous , bordées en dehors d'nn jaune 
verdâtre, qui est moins vif et plus étendu s%Mr les dernî/ère» 
pennes secondaires ; les couvertures supérieures des ailei» 
sont du même gris, avec une bordure d'un vert-*oUve ; les in-' 
fériejures jaunes; le pli dç l'aile est de cetie couleur,, qui, en» 
dessous 9 est tacheté de brun ; les plumes des jambes sont 
pareilles à celles du dos; la queue est grise en dessous et éschai^ 
crée ; Tiris noisette; le bec brun en dessus, jaunâtre à. la 
base de 
tarse d' 

gue que la quatrième et égali 

plus longue de toutes; longueur totale , quatre pouces deuK 
à quatre lignes ; grosseur de i^fam^te bahiUarde, La femellie 
diffère du mâle en ce qu^elle est un peu phis petite et qu^elle 
a les parties supérieures d -un vert<olive; le jaune de$ sourcils %% 
de la gorge plus pâle ; cette couleur est très-peu apparente , 
sur le fond blanc du milieu de U poitrine, et plus terne sur 
le bord des ailes et sur le;| GOU¥ertures inférieures. Daii«i;ett« 




a4o F À Û 

es]pice , comme chez la plupart de îioafauQei/es et poidUvts^ 
les mâles arrivent au printemps, huit è dix jours avant les fe- 
melles. Us se montrent dan$^|p)s contrées vers la fin d^avril , 
époque à laquelle on les voit à la cime des arbres , dans les 
taillis de sept à huit ans, particulièrement sur les bouleaux, 
d'où ils font entendre leur ramage, qu'accompagne toujours 
un mouvement d'aile précipité. Leur chant m'a paru appro- 
cherde Celui du bruant vulgaire (emberiza dtrinella); mais il est 
moins fort y moins étendu, et les sons ont plus d'aigreur; Bechs- 
tein le note ainsi en allemand, s^ s^ s^ $f r^ r>f r^ r^fidyjid^ 
fia. Je l'ai indiqué un peu différemment dans la première édi- 
tion de ce Dictionnaire, à l'article de la petUefauçeite àpùHrine 
jaune; mais cela dépend de la manière dont il frappe l'oreille,' 
et j'avoue qu'il est difficile d'en fixer l'expression. Leur cri, 
ainsi que celui des femelles, surtout quand ils ont de l'in- 
quiétude pour leurs petits , est sonore , plaintif, et »» fort 
qu'on a peine à croire qu'il vient d'un si petit oiseau. Ce cri 
m'a semblé avoir quelque analogie avec le premier son du 
chant de notre sittelle. *'- 

Cepouilloi se tenant toujours dans les bois, dans les taillis, 
et ne fréquentant pas les haies ly les buissons , les personnes 
qui étudient les mœiirs des oiseaux dans leur état de liberté, le 
Fecoilnohrbnt âisémdnt à ce gen^e dé vie ; mais il n'en est pas 
de même quand on le voit dans les collections, où on le con- 
fond avec d'antres pouillots, et surtout le moiàdlla hîppolais de 
Linnaeus. Il construit, de même que ceux-ci, son nid à terre, 
lui donne la forme d'un petit four, et lé place sous les arbres 
des forêts qui portent le plus d'ombrage, entre des racines 
exhaussées ou au pied d'un petit buisson. L^entrée de ce nid est 
sur le devant près du sommet; des tiges d^herbés , séchées 
sur pied, et de la mousse, sont à l'eilérieur; des herbes 
fines et de longs crins en tapissent le dedans. La ponte est de 
cinq à sept œufs blancs, couverts de taches et de points d'un 
roux foncé , confluèns et formant une sorte de couronne vers 
le gros bout. > 

Je viens de dire que ce pouillot a été confondu avec le 
moiacilla hippolais de Linnaeus ; en effet , il est ainsi nommé 
au Muséum d'Histoire naturelle ; cependant il est certain 
quMl n'a pas ^ comme l'indique la phrase spécifique de' cet 
i^/);;?o/ai^, les parties supérieures d'un cendré verdâtre, ni les 
sourcils blanchâtres , et que l'épîthète alhidus ne peut conve- 
nir à son ventre qui est d'un blanc de neige. Gmelin , après 
avoir répété la phrase spécifique de Linnseus, a changé dans 
la description la couleur du ventre et des sourcils, en disant: 
suprà oculos flaokans i abdomen argenieum- Latham en agit de 
même pour le ^bia hippolais ; mais il a fait de ^difaxt»eiU syl-^ 



F A U à4i 

oicole une espèce distincte de son hippoîais ; c^^est eh quoi il 
me paroît très-fondé ; car ces deux 'oiseaiùç diffèrent, par la 
couleur des parties supérieures , par la taille , le chant , les 
œufs et les proportions des premières rémiges. La synonymie ' 
de Bechstein porte à faux, car ce n^est ni iepouiHot du chan-- 
ire de BuÛbn , ni le motaciUa trochUus mas. de Linueeus. II 
y a variété de grandeur chez les/ sylvicoles ou erreur de la 
part de Latham qui leur donne cinq *pouces et demi anglais, 
tandis que leur taille n^est que de quatre pouce6 et demi au 
plus dans les auteurs allemands et chez tous les individus que 
j'ai eu occasion de voir. 

Le PoDiLLOT A VENTRE JAUNE, Sykia floçiventris , Vîeill. ; 
syhia trochilus , La th., a la tète el toutes les parties supérieures 
d'un vert-ôlive un peu cendré ; les sourcils, les paupières, la 
gorge , toutes les parties postérieures, et les plumes des jam-^ 
bes jaunes, les couvertures supérieures et les pennes des 
ailes, d'un cendré rembruni et bordées de vert-olive à 
l'extérieur ; les primaires terminées par une petite tache 
d'un blanc presque jaunâtre , peu apparente sur les quatre 
premières ; toutes sont frangées de blanc en dessous ; le 
pli de l'aile et ses couvertures inférieures d'un beau jaune , 
avec deux petites taches brunes sur le bord interne de la 
première partie; les pennes caudales pareilles à celles des 
ailes ; le bec brun, jaune en dedans , sur les bords et à l'o^* 
rigine de la mandibule inférieure ; le tarse d^un jaunâtre 
rembruni; la première rémige plus courte que la quatrième 
et plus longue que la cinquième; longueur totale^ quatre 
pouces quatre lignes. La femelle et le jeune diffèrent en ce 
qu'ils ont les sourcils moins apparens; toutes les parties in* 
férieures d'un blanc lavé de jaune ; cette teinte est très-foible 
sur le ventre et sur les couvertures inférieures de la queue. 
Ce pouillot reste dans nos contrées septentrionales jusqu à 
la mi-octobre , quelquefois plus tard , et passe l'hiver dans 
nos pays méridionaux, où je Tai vu au mois de décembre» Il 
habite lesiK)is pendant l'été, et les quitte en septembre pour 
fréquenter les jardins et les bosquets. Son cri est alors le 
même que celui àts pouiUois collyhUe et fitU , et m'a paru ex-* 
primer le mot /laV. Il le fait entendre souvent à l'automne. 
Son chant ^ son nid et ses cenfs me sont inconnus ; cepen-* 
dant il niche aux environs de Paris ; car j'ai vu des jeunes au 
mois de mai. Les œufs , selon Latham , ont des taches rou- 
geâtres sur un fond blanc, sale , et le nid est/fait en forme de 
four. Comme le nid et ^s œufs ressemblent beaucoup à ceux 
àa pouUhtJiiis ^ n'y anroit-il pas confusion P 

Je rapproche de ce^'pouillot le im^cilia irochilus acridula de 
Linnseus ^ et je. me fonde sur ce que le peu qu'il en dit lui est 

XI. 16 



a4a F A U 

applicable , et surtout là tache blanchâtre qui est à la pointe 
des septième^ huitième et neuvième rémiges. 

Presque tous les auteurs confondent plusieurs pouillots , 
quand ils disent qu^il n^ en a qu'une seule espèce en Eu- 
rope , dont le mâle et la femelle varient dans divers périodes 
de leur âge ; qak une certaine époque ils ont le ventre d'un 
jaune brillant , à une autre d'un jaune presque blanc , à une 
autre encore d'un blanc sale ou d'un blanc éclatant.Mais comme 
je me suis assuré des quatre espèces que je signale , je persiste 
à dire qu'elles existent réellement dans la nature , et qu'el- 
les se distinguent entre elles, non-seulement par des tein- 
tes autrement nuancées, mais encore par leur chant et par les 
différences que j'ai indiquées à leur article. On ne peut néan- 
moins disconvenir qu'étant toutes à peu près de la même taille, 
et couvertes d'un plumage assez analogue, ne différant que par 
des nuances, qu'ayant un genre de vie à peu près pareil, que 
toutes construisant leur nid à terre, lui donnant la même forme 
il est très-difficile de les classer spécifiquement, si on ne les 
étudie dans la nature vivante » et si l'on ne cherche sur leur 
extérieur ces caractères distincti& qui , échappant toujours 
au premier aperçu , demandent un examen scrupuleux. 

Je n'ai rapporté à aucun des pouillots d'Europe le chantre 
de Buffon^ parce que n'ayant décrit qu'un seul pouiliot avec 
an plumage variable , il donne comme individus de la même 
espèce celui-ci, le collybiiei elle fifs. 

§ III. hB.S RoSSIGTqOLS. 

Un peu plus , ou un peu moins de grosseur ou de lon- 
gueur dans les oiseaux, ne me paroît pas suffisant pour en 
faire des espèces particulières, quand leur vêtement est 
pareil ; mais bien pour indiquer des races , telles qu'on 
en voit réellement chez nos bouvreuils ^ nos fouoettes grisette^ 
bretonne, effar^aU, etc. Il n'en est pas de mém^, si, outre une 
dissemblance dans la taille, les oiseaux présentent encore 
des différences dans le plumage , si peu prononcées qu'elles 
soient, dans les habitudes , dans le langage et dans les couleurs 
des œufs ; alors on ne peut disconvenir qu'ils constituent des 
espèces distinctes , quelque analogie qu'ils présentent d'ail- 
leurs avec d'autres. C'est d'après cet exposé que j'ai cru 
devoir adopter le sentiment de AlM. Bechstein et Meyer, qui 
ont isolé spécifiquement le grand rossignol dont Frisch seul a 
publié la figure , pi. 2 , f. 2 , B. , et que tous les auteurs ont 
indiqué comme une simple variété de notre rossignol commun; 
sans doute , parce qu'ils n'ont pas connu cet oiseau en nature 
et qiî ils n'ont eu aucun renseignement sur sa partie histo- 
rique. Outre qu'il est constamment plus grand que celui-ci , 
qu'il a la tête plus grosse, que ses couleurs sont plus sombres. 



. y 



F A U i43 

H s^etk éloigne encore par son ramage, la teinte de ses œufs 
et les proportio4l de ses premières rémiges. F. son article 
ci-après. On a donné le nom de rossignol à plusieurs oiseaux 
étrangers, d'après leur chant; mais ce nom n'est propre qu'à 
deur espèces qui ne se trouvent qu'en Europe , et dont le 
bec a la forme de celui des fauvettes ; mais qui diffèrent de 
celles-ci en ce qu'ils <mt l'ouverture des narines elliptique, et 
les tarses couverts d'une écaille d'une seule pièce , pro- 
longée presque jusqu'au métatarse , tan db que chez tous leurs 
congénères, elle est composée de cinq ou six anneaux. Ils ont, 
de même que les bergeronneUes^ les pipis et les rouge-^gorges, un 
mouvement de queue de bas en haut, très-remarquable quand 
îls'se posent à terre ou ^[u'ils se perchent. 

Le IlossiGisoL COMMUN, Syii^ia iuscinia , ' Lath. , pi. enlom. 
6i5 , %.'3 de ÏHistTuU. de> Buffon , a six pouces de long ; le 
dessus de la tête et du cou, le dos , le croupion et les plumes 
scapulaires, les couvertures supérieures des ailes et de la 
queue, d'un brun tirant sur le roux; la gorge, le devant 
du cou, la poitrine, le ventre, d un gris-blanc; les flancs gris, 
ainsi que les jambes ; les couvertures inférieures de la qaeue 
d'un blanc roussâtre; les pennes caudales dun bran^roux; celles 
des ailes tirant sur le roux en dehors, dun cendré' brun , 
bordé de roussâtre du côté interne ; les pieds et les ongles de 
couleur de chair; le bec brun foncé en dessus et gris-brun en 
dessous; la queue arrondie, et la première rémige plus 
courte que la troisième. 

La femelle ressemble tellement au mâle , qu'il est très-' 
difïicile^^ de la distinguer; cependant les uns lui donnent 
l'œil moins grand , la tête moins ronde , le bec moins long 
et moins large à sa base , surtout étant vu par-dessous ; lé 
plumage moins foncé en couleur ; le ventre plus blanc ; la 
queue moins touffue et moins large , lorsqu'elle la déploie; 
elle court., dit-on , çâ et là dans la cage, tandis qjae le mâle 
se soutient long-temps en la même place , posé si^r uu' seul 
pied. D'autres prétendent que le mâle a deux ou trois pennes 
à chaque aile , dont le côté extérieur est noir , çt que ses 
pieds , lorsqu'on les met entre soi et la lumière , et qu'on re- 
garde au travers, paroissent rooçeâtres, tandis que ceux de la 
femelle paroissent blanchâtres. Tous ces signes sont très-équi* 
voques. Quoique j.'aie élevé et«possédé pendant plus de vingt 
ans des rossignols mâles et femelles , j'avoue que , malgré 
l'examen le plus sévère , et souvent répété, je n'ai pu trouver 
dans le plumage et la taille des différences qui puissent ca- 
ractériser les sexes d'une manière certaine. 

Le jeune mâle se fait connoitre par son gazouillement 
'pre$q[ue aussitôt qu'il mange seul , et le vieux en ce qu'il a 



^^, F A u 

Tanas plus gondé et plus allongé y te qui forme un iulrercuië 
éieyé, au moins, de deux lignes ao-^essiAdunirean de. la 

Ïeau ; ce tubercule est très^apparent au printemps , et Test 
eaucoup moins dans les autres saisons; e^estdans la plupart 
des oiseaux, surtout les petiu, ee qui indique la différen-» 
ce des sexts^ On ne peut admettre un peuplns^ un peu moins 
de grandeur dans la taille pour caractère dîstinctu, puisqu'il 
y a des mâles plus petits que des femelles j etdes femelles plus 
petites que des mâles. Arantla n^e, le jemie est mimcbeté de 
roux clairsurla tête , le dos , le^apulaires et à reztrémité des 
couvertures supérieures des ailes ; onde de cette couleur sur 
le derant du cou et sur la poitrine;*d!mi blanc nuancé de gris^ 
brun sur les flancs , et il est pareil aux adultes sur les^ pen^ 
nés des ailes et de la queue. 

On désigne plusieurs races dans cette espèce :maitsoBt-elle» 
réelles ? c'est ce que j'ai peine à croire; quoi qu'il en soit , o» 
les divise d'après les lieux qu'elles habitent 9 en. ross^gfaùb de 
montagne j qui sont les. plus petits 9 en nusi^ioU de campagne^ 
qui sont de moyenne grandeur, et en ross^nois aquaiiipus; 
ceux-ci ont plus de grosseur , sont plus robustes et meilleur» 

Jour le cbant; quelques-uns prétendent qu'ils ontle gosier plus 
umide et moins éclatant que ceux qui vivent dans les lieux 
secs.Enûn,d'autresassurentqueces rossignols aquatiques sont 
des RoussEROLLES ( V. ce mot ). J'ai pris des rossignols 
sur (es montagnes , dans les plaines et au bord des eaux ; je 
n'ai vu entre eux d'autres différences que celles qu'on aper* 
çottdans tous les oiseaux de la même espèce; savoir, un plu- 
mage dont les nuances sont plus ou moins foncées; une taille 

£lus ou moiiis forte; un chant pfus ou moins parfait. Parmi 
\s variétés accidentelles, on remarque le rossignol blanc. 
Quant aux oiseaux étrangers k rËurope , auxquels on a 
donné le nom de rossignol , parce que leur chant surpasse 
^1 mélodie celui des autres volatiles de leur pays, ce ne sont 
point de vrais rossignols. Celui des Antilles est «e espèce de 
wnoqueur; celui du Canada est un troglodUe; celui de Virginie 
est un gros-bec , etc. 

L'espèce du rossignol appartient à l'ancien continent ; eUr 
babite l'Europe depuis l'Italie et TEspagne jusqu'il la iMèdef 
elle se trouve aussi en Sibérie et dans une partie de TAsie; 
on assure même qu'on la voit» au Japon et à la Chine; mais 
il eist des pays où elle se plait plus que dans d'autres. U en est 
même où elle ne s'arrête point; Ton cite, en France, le 
Bugey, jusqu^i la hauteur de Kantua ; uiie partie de la Hol- 
lande , l'Ecosse , r Irlande , et quelques contrées du nord de 
l'Angleterre. 

X^es rossignols nous quittent en aoiomiie }>o» n'en ^ouve 



F AU. a4l 

pn^hiie pas '^n liiyeF dUns po^scoBtréés méridioiiâles. Comme 
l'oQ n'avoit pas de certitude qu'il y en eûl ea Afrique , 
ou a jogé qu^iis se retiroient eu Asie ; mais l'on sait prësen-^ 
tement que ceux d'Europe a'y réfugient pour y passer la 
mauvaise saison. Soni^ini , k qui nous devons des observa** 
lions suiviielS et ludicie^ises sur les oiseaui voyageurs , bous 
assure qu'il y a des rossignols dans la contrée la plus orien-r 
taie de l'Afrique y et qu'ils arrivent en automne dans la 
Basse- {Igypte. <« J'en ai vu.plttsiears pendant l'hiver, dit ce 
savant vt^yageur ^ sur les plaines fraîches et riantes du Delta ( 
f ai été atissi témoin de leur passage dans les £ies de TAr- 
chineL Dans quelques parties de l'Asie Mineurci comme 
l[a Katolie^ ajoute-ft il, le rossignol est commun , et ne quitte 
point les forêts ni les bosquets qu'il s'est choisis. Au reste , 
pendant leur passage daqs les îles du Levant et leur séjour 
sur les plagies qui leur sont étrangères, puisquUls ne se livrent 
point k Isi reproduction de leur espèce -, les rossignols ne dé-* 
ploient pat leur chant mélodieux, » Il n'y a pas de doute qu'il 
en est qui se retirent dans la Barbarie ; car, lorsqu'au prin-* 
temps et à l'automne on observe leur marche en France y oi| 
Yoît qu'ib sont plus nombreux à l'arrière-saison dans nos 
contrées voisines de la Méditerranée > qu'en tout autre 
temps \ on les y rencontre lorsqu'ils ont totalement disparu 
de nos p^s septentrionaux, et près d'un mois plus tôt; je les 
ai entendus y au commencement de ntars^ chanter dans les 
bosquets qui sont aux environs de Bayonne ; ce n'est qu'à me-* 

Kre que les frimas s^éloignenl: 9 qu'ils s'avancent vers le 
ord ; ils partent et reviennent avec les fauvettes, les figuiers^ 
les bec-figues et lés«antres insectivores* L^habitude de voyager 
les maîtrise tellement , que ceux qu'on tient en cage s'agitent 
beaucoipp , surtout la nuit , aux époques ordinaires marquées 

Eour leur émigration. Ils fuient non-seulement les grands 
oids^mais ils cherchent un pays oà ils puissent trouver une 
nourriture convenable. 

lie rossignol 4 d'un naturel timide et solitaire , voyage ^ 
arrive et part seul ; il paroît dans nos provinces k la fin de 
mars 9 se tient alors le long des haies qu^bordent les terrains 
cultivés et les jardins, où il trouve une nourriture plus abon-* 
dante que partout ailleurs ; mais il y reste peu de temps , car 
dès que les forêts commencent à se couvrir de verdure , il 
se retire dans les bois et les bosquets , où il se plaît sous le plus 
épais feuillage ; l'abri d'une colline , le voisinage d'un ruis- 
seau , la proximité d'un écho, sont les endroits qu'il préfère ; 
le mâle a toujours deux ou trois arbres favoris , sur lesquels il 
se plaît à chanter , et ce n^est guère que là qu'il donne à son 
ramage toute l'étendue dont il est susceptible ; il en.est cepen* 
^ant un plus préfi^ré que |es autres, c'est celui qui est le plus 



ilfi F A U 

proche dn nid sur lequel il ne cesse d'avoir V(éVi. Une foâ 
apparié , il ne souffre aucun de ses pareils dans le canton 
qu'il a choisi ; Tétendue de son arrondissement semble dé~ 
pendre du plus ou du moins d^ abondance dans la subsistance 
nécessaire ^ sa famille ; mais où la nourriture abonde, la dis- 
tance des nids est beaucoup moindre ; cependant la jalousie y 
entre pour quelque chose , puisque les mâles se battent k ou^ 
trance pour le choix d'une compagne; ces combats se répè-^ 
tent souvent à leur arrivée ; car , dans cette espèce , les fe-^ 
mellés sont beaucoup moins nombreuses que les mâles. 

Vers la fin d'avril ou au commencement de mai , chaque 
couple travaille à la construction de son nid ; des herbes gros^ 
sières, des feuilles de chêne sèches, et en grande quantité, 
sont employées en dehors ; des crins , des petites racines ^ 
de la bourre , garnissent le dedans ; le tout est lié ensenible ^ 
mais d'une manière si fragile , que , dès qu'on déplace le nid, 
tout l'édifice s'écroule. Il le construit ordinairement près de 
terre , dans les broussailles , au pied d'une haie , d'une char-* 
mille , ou sur les branches les plus basses de quelque arbuste 
toufïii. La ponte est de quatre à cinq œufs , d'un brun ver- 
dâtre. Le mâle , dit-on , n'en partage pas l'incubation, ce 
quiseroit une exception à l'ordre établi pour les insectivores ^ 
qui spulagent leurs femelles dans ce travail vers le milieu dq 
jour ; mais une telle exception demande , pour être confir- 
mée, de nouvelles observations, puisque tou» ceux qui en- 
parlent , paroissent ne le faire que d'après un ouï-dire. 

La femelle, ajoute-t-on^ ne quitte le nid qu'une foislejoûr^ 
sur le soir, pour chercher sa nourriture; d'après'cela, elle ne 
prendroit sa subsistance que toutes les vingt-quatre heures ^ 
ce qui seroit bien long pour un oiseau qui ne vit que d'insec- 
tes ; mais, ce qu'on ne dit pas, c'est que le mâle y supplée 
dans le courant de la journée. Dès que les petits sont écîos ^ 
le père et la mère en prennent un soin égal ; mais ils ne leur 
dégorgent pas la nourriture, comme font les serins , ainsi que 
le disent JVIontbeillard et Mauduyt ; en cela i)s ne diffèrent 
pas des autres insectivores ; ainsi que ceux-ci , ils n'ont 
point de jabot; ils remplissent leur bec jusqu'à l'œsophage de 
yermisseaux,de petiteschenillesnon velues, d'œufs de fourmis, 
et d'autres insectes qu'ils distribuent également à leurs petits ; 
et ihéme, lorsque la nourriture est en abondance près de leur 
nid, ils se contentent de la porter au bout de leur bec , ainsi 
qu'ils iefont lorsqu'ils nourrissent leurs petits en volière. Ceux- 
ci ont le corps couvert de plumes en moins de quinze jours ^ 
et quittent le nid avant de pouvoir voler; on les voit alors suivre 
leurs pareQS en sautillant de branche en branche ; dès qu'ils 
peuvent voltiger , le mâle se charge seul du reste de l'éduca- 
tion , tandis que la femelle s'occupe d'un nouveau nid pour 



PAU 3^7 

sa seconde ponte. Elle en fait ordinalremenf deux par an , 
rarement trois , du moins dans nos contrées, à moins que les 

Î>remières n'aient été détruites, ce qui arrive souvent diaprés 
a position du nid. 

Dès que le rossignol a des petits , il cesse de cbanter , et 
rarement on Tentend pendant la deuxième couvée , pour peu 
qu'elle soit tardive ; mais il jette souvent , et surtout le soir , 
un cri perçant qui s'entend de loin ^ whii , whit^ et une sorte 
de croassement errrrre, qui ne s'entend que de près , et que 
le père et la mère répètent sans cesse lorsqu'on approche du 
nid ou des petits envolés : cris d'inquiétude et d'alarme^ qui^ 
bien loin de les sauver , les décèlent , et les exposent au dan- 
ger ; cependant , à ce signal , la jeune famille reste immobile ^ 
se blottit sur les branches ou se cache dans les broussailles ,, 
et garde surtout te plus profond silence. 

V ers la fin d'août, et même plus tôt, si leur nourriture ha- 
bituelle devient rare dans les bois , tons, vieux et jeunes, les 
quittent pour se rapprocher des haies vives , des terres nou- 
vellement labourées , des jardins, lieux où elle est plus abon^ 
dante , et à laquelle ils joignent les baies tendres , les fruits, 
du snreau> etc. Alors leur chair , prenant beaucoup de graisse , 
acquiert cette délicatesse qui les fait rechercher , surtout en 
Gascogne ; mais ni là ni ailleurs , on ne les engraisse pour la 
table , comme le disent quelques naturalistes ; ils le sont na- 
turellement, ainsi que les fauvettes , les hec-figues^ et la plupart 
des oiseaux à bec fin ; on les. prend alors le long des haies y 
avee des crins et des lacets. 

De tous les oiseaux , le rossignol est celui qui a le chant 
le plus harmonieux , le plus varié et le plus éclatant ; je n'en 
puis excepter le moqueur , qu'on a mis beaucoup au-dessus ,, 
mais qui doit descendre au second rang ; du moins telle est 
mon opinion , basée sur la comparaison. Il n'est pas un seul . 
oiseau chanteur que le rossignol n'efface; il réunit les talens 
^de tous; il réussit dans tous les genres. On compte, dans 
son ramage, seize reprises différentes, bien déterminées par 
leurs premières et dernières notes; il le soutient pendant vingt 
secondes , et la sphère que remplit sa voix a au mpins un 
mille de diamètre. Le chant est tellement l'attribut de cette 
espèce , que la femelle , assure Montbeillard ,. a un ramage 
moins fort , il est vrai , et moins varié que celui du mâle , 
mais qui, du reste , lui ressemble; enfin, le rêve du rossignol 
est un gazouillement ; aussi l'a-t-on nommé le coryphée des 
bois. Ce qui charme dans cet oiseau , c'est qu'il ne se répète 
pas comme les autres ; il crée à chaque reprise ; du moins , , 
s'il redit quelque passage , c'est avec un accent nouveau , em- 
belli de nouveaux agrémens. Qui jpeut l'écouter sans ravisse- 
ment , dans Ces belles nuits du printemps , dans cejs tempjs^ 



«48 F A U 

calmes , ojk sa voix p'est offusquée par aneôDe antre f Cesf 
alors qu'il déploie , dans leur plénitude « toutes les ressources 
de son incomparable organe, dont Téloquent coopérateur de 
Bufibn nous fait une peinture aussi brillante que fidèle. ( Voyez 
Vartlcle du Ros^GliOL , dans son Histoire naiurdlfi, ) Mais , 
avare des beautés de son flexible gosier, il n^est plus le même 
dès le solstice d'été , et s'il se fait encore entendre , ses son$ 
n'ont ni ardeur ni constance , et quelques jours après , U 
ehantredêlanaiurese tait. Ce ramage inimitable est alors rem- 
placé par des cris rauques et une sorte de croassement^ oi!| 
ion ue reconnoit point du tout la mélodieuse Philomèle"; ce 
qui auttefois a donné lieu de lui imposer en Italie un autre 
nom dans cette circon&tance. 

Becbstein étant le seul auteur qui ait exprimé d'une ma- 
nière exacte le ramage de ce rossignol , je vais transcrireâci 
ce qu'il en dit, pour ceux qui ne possèdent pas son omitbo^ 
logie , en rapprochant , autant qu'il me sera possible, la pro- 
nonciation allemande de la nôtre , soit en changeant ou en 
ajoutant quelques lettres. Je crois que ceux qui sont un peu 
familiarisés avec le chant de cet oiseau , jugeront comme 
moi , qu'on ne peut guère en donner une meilleure idée : 

Tiouou , iiouou , tiûuou , iiouôu , . 

Schpe tiou iokoua , ; 

Tio j iio , U'o , tio , tioiia , 

Kououlio^ kououiw^ kououito^ kotiûuiia , kououiio : 

Tskouoy ishouo , iskouo , iskouo , 

Tsû\ tsii^ tsii^ isii y tsii , isii^ isHj tsiîj isii , to*. 

Kouorror tiou tskoua pipitskouisL 

Tsù tso tso tso tsù tso tso iso tso tsà tso tso isirrkadin^ ! 

)isisi5i tosmsisisisist , 

Tsorre tsorre isorre isorreki ; 

Tsatn tsatn tsatn tsatn isatn isatn tsatn i», 

Dio dlo àlo dlo dio dlo dlo dlo dh : 

Kouioo irrrrrrrr itzt. 

iMlululylylyfyttHltU, 

Kouio didl lHoiâyli. 

Hà guourguour koui kouio ! 

Kouiû kououi kououi kououi koui koui koui koui, ghighighi; 

Gkoli ghoU gholl gholl ghia fiadudoi. 

Koui koui hoir ha dia dia dUlhi l 

Hets heis hets hets heis kets keis hds hets heis hets hets hets hets 
hets hoarrho hostehoi ; 

Kouia kouia kouia kouia kouia kouia kouia kouiati; 

Koui koui koui io io io io io io io koui. 

Lu fy II le la Io Io didi io kouia, 

Higuai guai guai guai guaiguai guaiguai guai tdotsiopi kouior. 

On a cherché les moyens de jouir long-temps du rarmage 



F A U fl4j 

de cei ofaean ; mais pour conserver à »a voîx le charme qui, 
dans J'oîseau libre , aisparcrît avec ses amours , îl faut le te- 
nir en captivité ; ce n^est pas asseé , il exige de la patience, 
des attoDlioas ; il faut loi prodiguer des soins que ne deman- 
dent pas les autres car c'est un captif d'une humeur difficile, 
qui ne rend le sierviee désiré, qu'autant qu'il est bien traité. 
Mmdèrt d'ékoetet âê cofu^mêr les rossignols en voBère, -* On- 
se procure des rosstgnok de trois manières ; dans le niS , en 
automne ^ et au priiïtemps à leur arrivée, f^our trouver un nid 
de rossigDol où il y a des petits , il fauit aller le matin au le- 
ver du soleil, et le soir au soleil couchant , près du lieu 6ùe 
l'on a iott^urs enteiada chanter le mâle , ccvquMl ne fait or- 
dinairement que peu éloigné du hid ; on s'y tient tranquille 
sans faire de bruit ; les allées et venues du père et de la mère , 
les cris des petits indiqueront certainement!' endroit où il est; 
ce moyen est presque immanquable. U faut se garder , dès 
qu'on veut les élever à la brochette , de les tirer hors du nid 
ayant qu'ils ne soient bien couverts de plumes^ On doit pré* 
lërer ceux de la pr^nière ponte; ils sont toujours plus vigou- 
reux y et ils chanteront plus t6t ; en outre, la mue qui en fait 
périr une partie , les prend dans les chaleurs , et ils sont plus 
en état de la supporter. On les met avec le nid et de la 
mousse , dans un panier dont le couvercle est k claire-voie , 
et que l'on couvre, pendant lanuit, d'une étoffe chaude; il faut 
saUput prendre garde qu'ils ne sortent du panier après leur 
avoir donné la becquée, de peur qu'ils ne prennent dans le 
moment la goutte, qui estpoor eux un mal incurable. On les 
tient dans ce panier très-proprement jusqu'à ce qu'ils 
puissent bien se soutenir sur leurs jambes; alors on les met- 
tra dans une cage dont le fond est garni de moussé. Il faut 
savoir leur donner la nourriture et la leur refuser à propos ; 
ils sont si délicats que le moindre excès peut les étouffer. On 
ne doit pas av6ir égard à leur demande réitérée , car ils ou-> 
vrent le bec à tout moment , soit qu'on les approche , soit 
qu'on touche au nid ; il faut donc, pour réussir , ne pas s'é-^ 
carter du régime suivant. 'On leur donne la première bec-* 
quée une demi-heure après le lever du soleil , la seéoi^de uUe 
heure après , et ainsi d'heure en heure jusqu'à la dernière , 
qui est vers le soleil couchant ; ^près il faut les refuser 4 
quoiqu'ils demandent ; mais la dernière doit être plus forte 
que les autres , à cause de la nuit. On se sert pour cela d'une 
petite brochette de bois , bien unie , un peu mince' par le bout ^ 
et de U largeur d'environ le petit doigt, et on ne leur don- 
ne à chaque fois que miatre becquées ; après trois semaines 
ou un mois au plus, ils mangent seuls ^ et les mâles com- 
mencent à gazouiller; alors on les sépare et on les met dans 
différentes cages 9 car ces oiseaux aim«nt à vivre seuls. La 



\ 



25o F A U 

Dourriture qui leur convient est celle indiqua poar les vieux ^^ 
à laquelle on donne la consistance nécessaire pour pouvoir 
la prendre avec la brochette. Quelques curieux font des bou- 
lettes du diamètre d%ne plume à écrire, et composées de cœur 
de mouton ou de veau cru, dont on aenlevé exactement les mem- 
branes, les tendons et la graisse ; ils leur en donnent deux ou 
trois, à huit ou dix reprises différentes par jour; on peut rem- 
plaçât ces boulettes avec du jaune d'œuf dur , coupé par pe- 
tits morceaux ; il les font boire deux ou trois fois par jour , 
avec un peu de coton trempé dans Tean '^ enfin , une pâte faite 
de mie de pain , de chènevîs broyé , de bœuf bouilli et de- 
persil haché, est employée avec succès; mais la première in- 
diquée est la meilleure de toutes. 

Comme ces oiseaux sont très-délicats , on ne réussît pas 
toujours complètement; c^est pourquoi on doit, si on le peut, 
les faire soigner par le père et la mère : pour y parvenir , on^ 
tend près du nid le filet , rets sillani , ou deux nappes à pe- 
tites mailles, si le terrain le permet , on les garnit de vers de 
farine attachés à des piquets , et Ton a bientôt pris le mâle et 
la femelle. • Aussitôt qu^on est de retour , on les met avec le 
nid et les petits dans un cabinet très-peu éclairé. On leur 
donne à boire et à manger dans trois pots de faïence pea 
profonds ; dans Tun est 1 eau , dans un autre sont cinquante 
à soixante vers de farine , et dans le troisième la nourriture 
indiquée , À laquelle on joint des œu£» de fourmis : poui^& 
décider plus tôt à manger, on jette de ces derniers en abon- 
dance sur le plancher ; on les traite enfin , quant à la nourri- 
ture, ainsi que les rossignols nouvellement pris, dont je par- 
lerai ci-après. J^ ajouterai à cela qu'on doit les familiariser 
avec leur nouveau domicile , y mettre des paquets de branches 
garnies de feuilles, et couvrir le plancher de mousse. Les acbres 
encaisse , toujours verts et touffus, comme lauriers, buissons 
ardens, etc., conviendroient encore mieux, d'autant plus qu'il 
en résulte un avantage très-grand pour leur tranquillité , puis- 
qu'on ne seroit pas obligé d^entrer dans leur prison pour chan- 
ger la verdure. £n opérant ainsi , on a bientôt la satisfaction 
de voir le père et la mère prendre des vers de farine , des 
œufs de fourmis et de la pâtée pour les donner à leurs petits ;. 
cette pâtée sera composée comme la première^ indiquée ci- 
dessus. Ces oiseaux ont une telle affection pour leurs petits,, 
qu'ils oublient promptement la perte de leur liberté, leur pro- 
diguent les mêmes soins que dans les bois , et montrent pour 
eux la même sollicitude ; ils jettent aussi le cri d^alarme si 
quelque chose les offusque ; et à ce cri , leur jeune famille se 
cache aussitôt dans la mousse et la feuillée. Ceux qui veulent 
les faire nicher au printemps suivant ( Voyez ci-après la ma- 
nière de le faire ) , conservent les vieux , et ont soin de les 



F A U aSi 

sëparer en les qfiettant dans des cages particulières ; autre- 
xnent, on doit donner la liberté à la femelle , ainsi qu'aux jeu- 
nes de son sexe , qu^on reconnoît facilement k leur silence ; 
au contraire les jeunes mâles , ainsi que j^e l'ai déjà dit, corn- 
Biencent leur ramage dès qu^ils mangent seuls : ainsi donc on ' 
peut être 'certain qu'un jeune qui , un mois après , ne ga- 
zouille pa», est une femelle. Il y a encore d'autres moyens 
pour s^épargner la peine de soigner soi-même des petits , 
comme celui de les faire élever par des vieux accoutumés à 
la cage. Si Ton désire lesçonnoître, on peut consulter le TraUé 
du Rossignol , pag. 78 et suivantes. 

Les jeunes qu'on doit préférer , sont ceux de la première 
ponte; on peut leur donner tels instituteurs que l'on voudra; 
mais les meilleurs, si l'on ne désire que leur ramage , sont les 
TÎeux rossignols , et l'on choisit celui qui a la plus belle voix, 
car tous ne chantent pas également bien. A mesure que le 
jeune mâle avance en âge, sa voix se forme par degrés, et est 
dans toute sa force sur la fin de décembre ; il apprend facilement 
des airs étrangers , sîfQés à la bouche , ou des airs de flageolet^ 
si on les lui fait entendre assidûment pendant quelques mois ; 
il apprend même , dit-on , à chanter alternativement avec un 
chœur, à répéter ses couplets à propos, et même à parler la 
langue que l'on voudra ; mais il faut faire le sacrifice de son 
chant naturel , ou il le perd en entier , ou il est, en partie gâté 
par ces son« étrangers , et souvent on finit par le regretter ; 
puisque sa variété qui en fait le principal mérite , est rempla- 
cée par une monotonie qui, à la longue , devient ennuyeuse ; 
enfin , un autre inconvénient qui n'arrive que trop souvent , 
c'est qu'il oublie une partie du premier, et n'apprend qu'une 
partie du second; d'où il résulte un chant coupé et très-im- 
parfait. Cependant, si Ton veut lui apprendre quelques airs ^ 
on s'y prend de cette manière : on le met, dès qu'il com- 
mence f gazouiller , dans une cage couverte de serge verte , 
que Ton place dans une chambre écartée de tous oiseaux quel- 
conques , jeunes ou vieux , afin qu'il n'entende pas leur rat^ 
mage ; de plus , toute personne, autre que celle qui en a soin, 
doit s'abstenir d'y entrer ; car une très-grande tranquillité 
lui est nécessaire. On accroche cette cage près de la fenêtre , 
dans les premiers huit jours , après quoi on l'en éloigne peu à 
peu , jusqu^à ce qu'elle soit dans l'endroit de la chambre le 
plus sombre , où l'oiseau doit rester tout le temps qu'on sera 
à l'instruire. Six leçons par jour suffiront v deux le matin , en 
se levant , deux dans le milieu de la journée , et deux le soir 
en se couchant ; celles du matin et du soir seront les plus lon- 
gues , parce que c'est l'instant qu'il est plus attentif ; on ré- 
pète <à chaque leçon , dix fois, au moins , l'air qu'on lui àp- 



a5a F A U 

prend ; on le siffle , on le joue tout de soit/e ^ sang répéter 
deux foi^ le commen cément et la fin. U peut exécuter derai 
airs avec facilité ; mais si on lui en -apprend plus , il arrive 
souvent quUl les confond 9 et ne sait rien parfaitement. 

L'instrument dont on se sert doit être plus moelleux et 
plus bas que le petit flageolet ordinaire ou les serinettes pro* 
près à siffler les serins ; un gros flageolei fait en. flûte àoeC]» 
dont le ton est grave et plein ^ convient mieux au gosier dq 
rossignol; mais celui qui me paroît remplir le but désiré , est 
une. serinette à bouvreuil que Ton nomme bouçretu ou pione g 
il se fabrique à Mirecourt, où il est connu souÀ ces noms* 
Cependant on doit avertir l^nstitnteur de ne pas se rebuter 
et abandonner son écolier , parce qu^il l'entend toujours ga^ 
zouiUer comme k son ordinaire , sans donner aucun signe 
d'instruction après sa mue et même pendant Tbiver , car ce 
nV'st aouvant qu'au printemps que plusieurs répètent les airi 
qu'ils ont appris. On ne doit pas espérer de réparer la faute 
qu'on a faite en cessant de l'instruire , car à cet âge il n'est 
plus susceptible d'éducation. Parmi les jeunes qu'on élève 4 
il s'en trouve qui cbantent la nuit , mais la plupart commen- 
cent à se faire entendre le matin sur les huit à neuf heures 
dans les jours courts 9 et toujours plus matin à mesure que 
les jours croissent. 

Les jeunes pris ver& l'automne doivent être traités de la 
même manière que les vieux ; ils n'ont sur ceux«^i que Vsfi* 
vantage de chanter pendant l'hiver^ dès la première année « 
et de se familiariser plus volontiers. 

Si l'oa vent faire chanter le rossignol captif , il faut, comme 
je l'ai dit , le bien traiter dans, sa prison , tâcher de lui rendre 
sa captivité aussi douce que la liberté , en l'environnant des 
couleurs de ses bosquets ^ en étendant la mousse sous ses 
pieda, en le garantissant du ffoid et des visites importunes , 
en lui donnant surtout une nourriture abondante A qui lui 
plaise ; k ces conditions il chantera au bout de huit jours , et 
môme plus tôt s'il est pris avant d'être a^^rié , c'est-à-dire^ 
avant le a5 avril ; autrement il est très-rare qu'il ne suc- 
combe à la perte de sa femelle ; maiâ il ne chante plus 00 
très-peu s'il est pris après le i5 de mai. 

U y a trois sortes de cages qui conviennent aus ros- 
signols : la première sert à mettre l'oiseau aussitôt qu'il est 
pris ; elle est couverte en dessus d'une serge verte 9 cons- 
truite en planches , en forme de caisse carrée de seize pouces 
de longueur sur quatorze de hauteur et dix de profondeur , 
fermée par-devant d'une grille de fer ou de bois couverte 
comme le dessus ; la porte est sur le côté dans le bas ^ et 
assez grande pour que la main puisse y entrer et sortir aisé^ 
ment , et pouvoir donner k manger et k boire au rossignol 



F À tJ sSi 

sans refiaronclier. Aa- dessus du pot destiné & mettre la 
mangeaiile , on pratique au haat de la cage un petit trou 
auqueKon adapte un entonnoir de fer blanc, par. lequel Ton 
fait tomber la pâtée et les vers de farine dans le. vase qui est 
au-de^sou9, ce qui évite de troubler l'oiseau plusieurs fois 
par jour. , ee à quoi Ton seroit forcé sans cela > vu qu'il liiî 
faut donner des vers au moins à trois reprises. Le pojt à 
boire est de l'autre càté de la porte , et placé de manièxe 
qu'onpuisse le prendre et le remettre sans déranger la cage , 
et sans bruit. On fixera cette cage sous un petit auvent aur 
dehors d'une fenêtre, de manière qu'on puisse atteindre 4 la 
porte sans rien déranger. L'exposition du Levant étant la 
meilleure , doit être préférée ; celle du Midi fatigue l'oiseau ^ 
l'empêche de chanter , le dessèdie , et souvent le rend aveu* 
gle au boutade quelques mois. La cage doit y i^ester pendant 
toute la saison du chant, et il ne faut pas la nettoyer tant 
qu'il sera dans cette prison , de peur de l'eiTaroucher; il n'en 
résulte aucun inconvénient pour Bt$ pieds , car il ne quitte 
les juchoirs que pour boire et manger. Lorsqu'il a cessé de 
chanter , on 1^ retire et on la tient dans la chambre ; et pour 
l'accoutumer peu à peu au grand jour, on élève insensible- 
ment la serge qui est devant le grillage. 

La seconde est c^lU où il doit toujours rester, et, dans 
laquelle on le met lorsqu'il est moins sauvage. Cette cage a 
la même fprme que la précédente , est ouverte sur le de-r 
Tant , et a une seconde porte au milieu des barreaux ., afin de 
pouvoir donner la liberté au rossi^ol quand on le veut ; on 
place les pots au boire et au manger de chaque côté de cette 

Jiorte à la hauteur d'un doigt , près des bAtons , en dedans de 
a cage et ^^ns *ua petit cercle de fer : elle doit avoir un 
double fond qui se tire quand on vent la nettoyer ; on peut 
même s'éviter l'embarras de le faire souvent , en mettant 
dans le fond de la» mousse , sur laquelle la fiente de 
l'oiseau se dessèche promptement , et ses pieds , par ce 
moyen , restent toujours propres. L^entonnoir devient inu-^ 
tile , puisquVn lui pressentant des vers de farine , on Facco»^ 
tnme facilement à venir les prendre à la main ; il faut lui en 
donner peu , car ce mets, qui est pour lui une friandise, le 
fait maigrir ; on 'doit aussi éviter d'en mettre dans la pâtée\ 
k moins qu'ib ne soient coupés , vu que se réfugiant dans le 
fend duivapt, le rossignol jette toute sa mangeaiUe pour les 
avoir 9 djPa jette souvent dans la suite pour les chercher» 
qittoiqtt'iTn'y en ait pas. 

£nfin , la troisième sert pour mettre un rossignol avenue «, 
on aveuglé exprès pour en tirer un chant plus continu ; elle 
doit être petite et n'^oir que trois juchoirs , un pour le 
boire f un autre pour le manger , et le troisième au miliefi 



a54 FA tJ 

de la cage. Elle doit être faite de sapin on de hêtre bien sec 
et bien sain ; les planches doivent être très-minces ; l'ouver- 
ture est, comme dans les précédentes , sur le devant; sa lon- 
gueur est de sept pouces et demi , sa hauteur, d'un pouce de 
plus , et sa profondeur de quatre et demi ; les deux premiers 
juchoirs sont éloignés des pots de seize lignes tout au plus ; 
ces pots sont placés dans de petits cercles de fil-d^-fer sur 
chaque côté en dedans de la cage , et couverts en dehors d'une 
grille de fer voûtée. Cette cage doit ausi|i avoir son tiroir pour 
la nettoyer. 

Le Grand Rossignol , Sylna phUomda , Meyer , t. 2 1 , 
f. I. fi. de Frisch, sous le nom du sprossiH>gel. il a toutes 
les parties supérieures d'un brun sale ; la gorge blanche et 
bordée de brunâtre ; la poitrine d'un gris clair, onde de 
gris-brun ; le ventre d'un blanc sale ; les ailes d'un brun 
foncé ; les petites couvertures bordées de roux ; les pennés 
et les couvertures supérieures de la queue , larges et d^ùn 
brun-roux, mais plus foncé que chez le précédent; le bec d'un 
brun de corne en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous; les 
pieds d'un gris blanchâtre ; les ongles bruns ; la queue ar- 
rondie , et la première rémige plus longue que la troisième. 
Longueur totale , six pouces et demi. 

Le grand rossignol niche dans les buissons aquatiques ; sa 
ponte est composée de quatre ou cinq œufs , plus gros que 
ceux du rossignol commun , d'un brun-olive , onde d'un brdn 
sombre. On ne le rencontre point en France , mais bien 
dans diverses contrées de l'Allemagne , notamment dans ia 
Poméranie où se trouve aussi l'espèce précédente, dont il 
diffère non-seulement par des couleurs plus sombres, par 
les ondes de sa poitrine , par des dimen^ons et des pro- 
portions plus fortes, mais encore par son ramage. Sa voix est 
d'une- telle force qu'on ne peut guère le garder dans un ap- 
partement. Il chante avec plus de lenteur que l'autre ; ses 
airs , ses coups de gosier sont moins variés , ses sons moins 
flûtes ; son timbre est moins agréable , point de t^adenc^ , 
point d'accords finaux ; phrases sans liaison , ramage coupé 
et composé de couplets isolés comme celui de la grive ou de 
la draine , mais plus agréables et plus variés. On l'entend 
de plus loin que le rossignol commun , surtout pendant la nuit. 

Chasse aux Rossignols, — On les prendà la/>i)>^ , saxgluaux^ 
avec le trébucheiàmésangesj notamment ïetrébufhel oBihmlogiguej 
qui est le phis commode et le plus en usage, pafrce qioL^Évest très- 
subtil et peut se mettre à la poche. Je ferai observer que lesp^e- 
tits pièges qu'on emploie pour prendre les rossignols destinés 
à la cage , doivent être couverts d'un taffetas vert, au lieu d'un 
illet dans fequelleurs plumes peuvent s'embarrasser, et où ils 
pourrokut perdre les pçoA^jS .de la queue^.ce qui retarderolt 



F A U 255 

kur cbant, cdr f ai remarqué qu'un rossignol qui en est privé 
garde le silence ; comme ce| pennes ne repoussent qu'à la 
mue^ils ne chanteroient pas de toute la saison. Cette particu- 
larité dans. les rossignols n'est pas connue de beaucoup d'a- 
mateurs , qui leur arrachent la queue lorsqu'elle est gâtée , 
'croyant qu'elle repousse promptement , ainsi que fait celle 
des autres oiseaux. Cette suppression qui^ au printemps, les 
prive de leur chant, s'ils sont captifs , l'avance , au contraire , 
au temps de la mue , si on devance l'époque où elles doivent 
tomber naturellement. 

Le trébuchet œdonologique se fait de deux demi-cercles de 
fer , dont on se sert poqr les cages des perroquets , et de 
huit pouces de ^amètre , dont un est du double au moins plus 
fort que l'autre : le premier sert de ressort , et l'autre de bat- 
tant. Il y a un trou à chaque bout du plus gros , par lequel 
on passe de la ficelle double , meiiue et très-forte ; dans les 
ficelle», on arrête le second par les deux bouts, au moyen de 
deux petits morceaux de bois plats. Aux deux demi -cercles 
sera attaché le filet de soie , ou plutôt le taffetas , qui doit 
être un peu large , afin que le rossignol y étant pris , ne se 
trouve pas tf pp à l'étroit. On tend ce piéfi;e par le moyen d'un 
-piton de bois pointu ; on le passe au milieu des ficelles dou- 
bles ; on le tourne assez pour que le trébuchet soit bien 

\bandé , et on l'enfonce ensuite en terre jusqu'à la tête , au 
moyen de quoi le trébuchet se trouve fermé et posé contre 
terre. On a un autre piton de boisa crochet pour mieux fixer 
le premier demi-cercle , et afin qu'il ne s'élève point du der- 
rière lorsque l'autre se ferme. 

Pour tendre ce piège , il faut lever le demi - cercle , 
ouvrir le trébuchet et Farrêter, ce qui se fait avec un cro- 
chet ou une petite machine de bois à qui l'on fait deux coches 

' avec un canif, dans lesquelles s'arrêtent les deux demi- 
cercles. Aux crochets sont attachés les vers de farine avec 
des épingles ; ensuite on retire le filet de soie du milieu du 
trébuchet, en le plaçant entre les deux demi-cercles , et le 
reculant en arrière autant qu'il peut se faire, afin de ne pas l'ac - 

. crocher dans les coches du crochet du bois qui tient le piège 

^ ouvert. On a soin , lorsqu'il est tendu , que le demi-cer- 
cle soit élevé de terre d'environ deux pouces, ce qui. em- 
pêche le rossignol de venir prendre les vers de farine par 
derrière , et de passer le bec par-dessus les demi-cercles sans 
entrer en dedans du trébuchet. On a encore attention qu'il 
puisse tomber facilement , et qu'il ne soit point arrêté dans 
sa détente par quelque pierre , ou de la terre qui se trou- 
veroit sous les deux petits morceaux de bois ou sous la partie 
inférieujre du crochet où sont attachés les vers de farine. 



iS6 F A U 

Pour bien comprendre la manière dont ce piëee est cons^ 
truit, et qu^une description nfrësente toujours imparfaite- 
ment , on doit en conl^uiter les figures dans la NovQdlè Maison 
rustùfuêf le Traite du Rossig^ et VAificeptologie firançaisê. De 
plus on trouve à Paris de ces trébncfaets tout tbits chez les 
marchands de filets ; ils en ont même d^un nouveau genre , 
moins compliqués , et qui offrent les mêmes avantages^ 

Peu de chasses offrent autant d'agrëmens que celle-ci ; elle 
se fait dans les belles matinées du mois d'avril; Ton estton- 

J'ours à Tombre des bosquets , Ton jouit de la fraîcheur des 
lois sans essuyer aucune fatigue , et Ton est toujours sàr de 
rapporter son gibier , pour peu qu'on ait de l'adresse , car le 
rossignol est si friand des vers de farine 9 qu'il se jette sans 
aucune défiance s&r l'amorce trompeuse qui doit lui ravir sa 
liberté. On a encore l'avantage de pouvoir choisir dans le 
bois celui qui est doué du plus bel organe , sans craindre de 
se tromper, puisque^ comme je l'ai dit, cet oiiseau n'en 
souffre point d'autre dans son arrondissement. 

Le vrai temps de chasse est depuis le lever du soleil jus- 
qu'à dix heures àxk matin , parce que c'est à cette épo^e du 
)our que le rossignol cherche sa pâlure et se jette avec plus 
d'avidité sur les vers de farine. La veille du )o«r destiné pour 
la chasse , on se itjià le soir dans le bois où l'on aura en- 
tendu chanter un rossignol; on remarque ses arbres favoris ,' 
et l'endroit le plus propre pour tendre le filet ; après y avoir 
remué la terre , on y enfonce plusieurs petites baguettes lan- 
gues d'un pied, à l'extrémité supérieure desquelles on attache 
quelques vers de farine ; les4>laçant de manière que le ros- 
signol puisse aisément les apercevoir de dessus son arbre. Si 
on trouve 1^ lendemain les vers mangés , on y place le piège ^ 
en remuant de nouveau la terre , ce qui attire cet oiseau ; en 
outre , étant naturellement curieux , il est rare qu'il n'y vienne 
aussitôt qu'on s'est retiré ; on ne doit pas s'inquiéter s'il s'en 
écarte pendant qu'on tend le filet, et va chanter aîUeurs ^ on 
l'y attire en imitant lé çri d'appel de la fenieUe qui est le 
même que celui du mâle, mais sur un ton plus foible et plus 
doux ; enfin s'il s'obstine à rester éloigné, on l'effraye en lui 
jetant une pierre ; 4:ependant il faut observer qu'à leur ar- 
rivée les rossignols n'ont pas encore de canton choisi , n'ont 
pas d'arbre favori, et se tiennent le long des haies V mais 
s'en écartant peu , il suffît de les tourner pour les faire veqir 
où le piège est tendu. Pour s'assurer si c'est un mâle ou une 
femelle qu'on a pris , on reste environ une demi-heure dans 
l'endroit , et dès que l'on n'entend pins rien pendant un es- 
pace de temps , on peut être certainde tenir l'oiseau désiré ; 
si au contraire on entend chanter tm rossignol dans le même 



F A U aS; 

liett 9 G^est aûe manque quç cVst une femelle qa*on a prise ; 
alors on tend le piège de nouveau pour prendre le mâle ; 
d^aïUeurâ on peut s'en assurer par les marques indiquées ci-» 
dessus : mais comme elles n'existent pas chez les jeunes mâles 

{»rls au mois d'aoïit, on s'assure de leur sexe , par le gazouil- 
ement qu'ils font entendre ordinairement huit à dix jourâ 
après la perte de leur liberté. Pour le retirer du piège , on le 
prend d'une main en dessous du filet , de l'autre on ouvre le 
trébuchet ^.et on le saisit par les pieds en le dégageant dou- 
cement des mailles dans lesquelles il pourroit être embar- 
rassé. Dès qu'il en est retiré , on le met dans un pelit sac de 
taffetas fait exprès et dont on doit être toujours muni , et en 
avoir un pour chaque rossignol que Ton prend. Cette- poche 
doit avoir au* moins six pouces de longueur sur deux outroiji 
de largeur, et s'ouvrir par les deux bouts comme une bourse ; 
l'un reste fermé , et par l'autre on fait couler l'oiseau dans 
le petit sac , ayant soin de ne pas déranger les plumes 9 sur^ 
tout celles dés ailes et de la queue , ce qui retarderoit son 
chant si elles étoient endommagées. 

La cage étant d'avance préparée et placée comme je l'ai dit^ 
le premier soin qu'on doit avoir au retour de la chasse ^ est de 
mettre le rossignol dans sa prison. A cet effet, on ouvre le pe-* 
tit sac du tàté qui répond à la tête de l'oiseau « quW laisse 
couler doucement ; et dès qu'il a la tète passée hors du sachet , 
on lui fait avaler quelques gouttes d'eau pour le rafraîchir, ce 
qu'on fait en trempant le bec à plusieurs reprises dans un pe^" 
tit pot plein de ce liquide ; on le laisse ensuite sortir du sac 
dans laçage, dont on ferme aussitôt la porte. Il reste quelque 
temps tranquille ; mais les vers de farine réveillent bientôt 
son appétit , et lui font oublier sa liberté. 

Quatre heures après que le rossignol est en cage , on doit 
le visiter,, entr' ouvrir légèrement la porte de la cage , tirer 
avec deux doigts le pot aux vers de farine , et en remettre vingt- 
cinq nouveaux ; on couvrira en même temps le fond du pat ^ 
d'un peu de pâte décrite ci-àprès , et qui doit être sa nourri >{ 
ture ordinaire. Sur les sept heures du soir , on lui fait une troi- 
sième visite < pour lui donner encore vingt-cinq vers , dont on 
coupera quelques-uns en deux avec des ciseaux, afin que la 
pâte s'y attache , et que le prisonnier puisse en avaler înseni 
siblement et en prendre le goût. On doit en mettre aussi quel- 
ques-uns dans 1 abreuvoir , afin qu'en les Voyant remuer , il 
s'aperçoive qu'il y a de l'eau. Le second jour , on lui donne la 
même quantité de rers en trois fois , savoir, vingt-cinq à huit 
heures du matin , autant à midi , et autant à sept heures da 
soir, ayant soin de couper tous les vers en deux et de les mê- 
ler un peu avec la pâte. On fait la même chose le troisième 

XI. ' *7 



i58 F AU 

}our ; mais Foû doit alors couper les V^ers en itùh ott qnàfre 
parties ^ et faire Le même mélanee. On suit celte marche pen- 
dant trois semaines , après quoi 1 on diminue peu à pen le non^ 
bre des rers^ en augmentant à proportion la quantité de la 
pâte, afin qu'il Hjc manque pas de nourriture : plus îl mange 
de cet aliment , plus il derient vigoureux et plus îl diante. Si 
l'on peut se procurer des vers avec facilité , on peut conti- 
nuer de lui en donner dix à quinze par jour, tant qu'il chante. 
Cet oiseau timide et solitaire est capablcr, à la longue , d'at- 
tachement pour la personne qui te soigne; on en a vu, dit-on 9 
ftiourir de regret en changeant de mattre , et d'autres qui , 
Ayant été lâchés dans les bois, sont revenus chez lui. Ce qu'il 
y a de certain , c'est qu'il n'aime pas le changement ; il de- 
vient triste , inquiet et cesse de chanter , si on le transporte 
d'un local dans un autre , si même on le change de place « 
Quoique dans la même chambre ; c'est pourquoi l'on doit, pour 
ne pas interrompre son chant j le laisser au même endroit pen- 
dant toute la saison. 

Les rossignols qu'on tient en cage ont coutume de se bai- 
gner après qu'ils ont chanté; c'est pourquoi on doit leur don- 
ner tous les jours de l'eau fraîche. ïlnfin cet oiseau , d'un na- 
turel très-craintif, lorsqu'il n'est pas apprivoisé, s'effarou- 
ehe à la vue du moindre objet qui lui est étranger. II pérh im- 
manquablement , si , comme les autres oiseaux , on le met 
dans une cage à jour de tons côtés ; il s'y débat comme un 
fiirieûx , jusqu'à ce qu'il se soit tué ; au contraire ^ lorsque le 
}our lui est interdît , îl est tranquille , se console en chantant 
et en mangeant des vers, de farine. 

Moyen pour se procurer le chant des Rossignols pendant faute F an- 
née. — On a vu que ces prisonniers avoient deux saisons pour 
chanter , le mois de mai et celui de décembre ; mais on peut 
en changer l'ordre à son gré. Pour cela , on met au commen- 
cement du mois de décembre un vieux mâle dans une des ca- 
ges faites pour cet objet , et décrite ci-dessus pour les rossi- 
gnols aveugles. On l'enferme dans un cabinet rendu obscur 
£ar degrés , on l'y tient jusqu'à la fin de mai, et l'on ménage 
î retour de la lumière comme on l'a retirée. Ce retour fait 
sur lui les effets du printemps ; et iJ chante en juin , époque 
où l'on agit de la même manière pour un autre jusqu'à la fin 
de novembre. Aînji avec deux vieux mâles , on en a toujours 
un qui chante pendant tout le lemps que Tautre se tait ; mais 
pour une parfaite réussite , il faut*que celui qui est dans la 
chambre obscure n'entende pas le chant de l'autre , et que 
pendant l'hiver le froid ne puisse entrer dans son cachot. Des 
personnes les aveuglent pour en tirer un chant presque con- 
tinuel. Voyez la manière de les aveugler au mot Fringiile , 
article du Pinson. 



F A U aSg 

Àpparieméni et pùhiè des Rossignols pi éaptiçite. -^ Malgré le 
plus grand obstacle , Tamour de la liberté qui est plus vif dans . 
ees oiseaux que dans les autres , on a trouvé des çaoyens po^r 
les faire nicher dans leur prison et y soigner leur géniture. 
Les meilleHrs s.ont ceux qu'on a pris att printemps précédent , 
à qui on a fait élever leurs petits , qu'on a conservés , avec la 
précaution de tenir pendant Tblver le mâle et la femelle dana 
une cage particulière ^ et Tattention de les placer d'abord ^ s'il 
se peut , dans le cabinet destiné à cet objet , afin qu'ils s'y ac-* 
cbutument peu à peu. On leur en facilite les moyens en les 
laissant sortir de leur cage^ de temps à autre. Cette alliance 
est d'autant meilleure, qu'elle est due k la nature , et qu'on 
ne réussit pas toujours en les appariant de force. Au commen* 
cément d'avril > on leivr ouvre la cage pour ne la plus refer- 
mer ; alors on leur fourni^ les matériaux qu'ils ont coutume 
d'employer pour leur nid , ^els que feuilles de chêne, mous- 
ses , chiendent épluché , beurre de cerf et crins ; trois ou 
quatre fagots de bois sec et menu sont dans un coin de la 
chambre, près de la fenâtre , l'un contre l'autre, liés ensem- 
ble , mais lâchement, et fixés par le gros bout ; on les garnit 
de feuilles de chêne dans le haut, sur les côtés et entr^ les 
}>ranches , ne laissant d'ouverture , pour leur en faciliter l'en- 
trée , que celle par qù l'on aura passé la main ; on y met en 
outre un petit baquet de bois de deux pouces de profondeur, 
de troi^ pieds de diamètre et rempli de terre , et un vase d'un 
pouce de profondeur, rempli d'eau, afin qu'ils puissent s'y 
baigner ; elle doit ôtre renouvelée tous les jours; mais il faut 
retirer ce vase lorsque la femelle couve. Ce cabinet doit être 
exposé au mi4i 9 bien clos et garanti du vent de nord. Des cu- 
rieux se procurent une |ouiasance plus agréable , en mettant 
le couple dans une grande volière plantée d'ifs , de charmilles , 
lil'as y etc. ,>ou plutôt dans un coin de jardin garni de ces ar- 
brisseaux , et dont on fait une volière en l'environnant de fi- 
lets ; cette manière est plus favorable et plus sûre pour les 
faire couver. On a observé plusieurs fois qu'on pouvoit lâ- 
cher le père et la mère tant et si long-temps que les petits 
ne sont pas en état de voler, sans craindre de les perdre ; il 
suffit seulement d'avoir l'attention, dans les premiers jours, 
de ne pas les laisser sortir tons deux à là fois , mais de lâcher 
-d'abord le mâle seul , ensuite >^a femelle encore seule ,' après 
quoi tous les deux ensemble ; mais il faut surtout que l'ouver- 
ture par laquelle ils sortent et rentrent , soit proche de leur 
nid ; ils profiteront de cette liberté pour attraper beaucoup 
d'insectes qu'on ne peut leur procurer, et très-* nécessaires 
pour élever leurs petits. Enfin , il faut se garder d'entrer sou- 
vent dans la volière tandis que le père ^t la mère ont la li* 



X ' 



aGo .PAU 

berté de sortir, et n^y laisser entrer ni cUen ni chat , fttc.9 
ce qui suffiroit pour la leur faire abandonner. 

Iln^estpas d'homme qui ne désire posséder, dans unjar' 
din orné de bosquets , un oiseau dont le chant , toujours dif- 
férent de lui-même , varie s,ans cesse nos jouissances sans ja- 
mais nous lasser ; un oiseau qui , au milieu de la nuit la plus 
sombte , fait retentir les bois et les échos de ses accens les 
plus 'éclatans. Nous allons donc lui indiquer les moyens de 
fixer près de sa demeure le chantre des bois. Pour cela , l'on se 
procure le père et la mère lorsqu'ils ont des petits éclos de- 
puis environ huit jours 1, avec un rets saillant , ainsi que je l'ai 
dit pour les rossignols auxquels on veut les faire élever en vo- 
lière. 'Il faut les prendre de grand matin , ce qui se fait en 
moins d'une heure. Aussitôt qu'ils sont pris , on les enferme , 
séparés l'un de l'autre , dans un petit sac de soie ; après quoi 
on enlève le nid sans toucher aux petits , et l'on coupe toutes 
les branches sur lesquelles il est posé ; si c'est un arorisseaa, 
on doit l'enlever tout entier. Ou transporte le tout à Tendroit 
destiné , et on le place dans un site qu'on choisit le plus sem- 
blable à celui d'où on Ta enleva ; ensuite on met le mille dans 
une cage particulière , et la femelle dans une autre. Ces ca- 
ges doivent être couvertes d'une serge verte et assez épaisse , 
avec une porte sur le devant , arrangée de manière qu'étant 
éloigné , on la puisse ouvrir avec une ficelle qui y sera atta- 
chée. Le nid posé , on placé les cages,' une de chaque côté , 
à la distance de vingt-cinq à trente pas , de manière que les 
petits se trouvent à peu près dan^ la même ligne et entre les 
deux : les portes doivent leur faire face. Le tout ainsi pré- 
paré, on les laisse crier pendant un certain temps , jusqu'à ce 
que leur cri d'appel ait été bien entendu par les père et mère ; 
alors on ouvre la cage de la femelle , sans se montrer ; en-* 
suite celle du mâle, lorsque celle-ci est sortie : le mouvement 
de la nature les portera droit au lieu où ils ont entendu crier 
leurs petits , auxquels ils donnent de suite la becquée , et ils 
Jeuf continueront ces mêmes soins jusqu'à ce qu'ils soient éle* 
vés. La jeune famille , assure^-on 9 y reviendra l'année sui- 
vante et peuplera les bosquets ; car ils ont l'habitude de re- 
venir tous les ans dans les lieux où ils ont été élevés , san^ 
doute s'ils y trouvent une nourriture convenable et les com- 
modités pour y nicher; car sans cela tout ce qu'on auroit fait 
seroit à pure perte. 

Nourriture £1 rossignol. -— Cet oiseau , d'un naturel vorace, 
s'accommode volontiers de tout aliment, pourra qu'il soit mé- 
langé de viande. Les uns les nourrissent avec parties égales 
de chènevispilé , de mie de pain fraisée, de persil et de chair 
de bœuf bouilli , le tout haché menu et mêlé ensenible ; d'au- 



F A U a6i 

très prenneikt partieg égaies de pain d'orilIeCte H ie colifichet 
réduits en poudre , auxquels on ajoute du cœur de bœuf ou 
de mouUm cuit , bâché bien menu. Ces deux pâtes ont un 
inconvénient , quoiqu'elles maintiennent cet oiseau en bon 
ëtat ; c'est qu'il faut les renouveler tous les yoars en été, sans 
quoi la viande se corrompt promptement , dégoûte Tokeau , 
Je faitmaigrir et lui faitgarder le silence. Il a donc fallu lui cher- ^ 
cher une nourriture qui réunît tous ces avantages, sans avoir ' 
ce désagrément : telles sont celles indiquées ci-après; elles se 
conservent des années entières sans se corrompre , et avec 
elles Ton n'éprouve pas plus d'embarras à soigner un rossignol 
qu^un serin. Ces pâtes sont suffisantes pour Tcntretenir en em- 
bonpoint ; cependant en y mêlant de temps à autre 4 k parties ^ 
éfiales , du cœur de mouton haché fin , il chante beaucoup 
plus fart et plia long -temps ; c'est pourquoi on doit lui en 
donner souvent dans la saison du chant. 

Pour composer cette pâte , on prend deux livres de rouelle 
de bœuf ^ une livre de pois chiches , une livre d^ amandes dou- 
ces , un gros et demi de safran duGâtinais en poudre et douze 
œufs frais. Les pois doivent être piles et tamisés ; les aman- 
des pelées dans l'eau chaude et pUées le plus un qu^il sera 
possible ; la rouelle de bœuf doit être hachée bien fin , et net- 
toyée avec soin de ses peaux , graisse et filets ; le safran in* 
fusé dans un dèmi-gobelet d'eau bouillante. Le tout disposé 
de cette manière /on casse dans un plat les douze œufs , et 
l'on y mêle successivement tous ces mgrédiens^ en finbsant 
par le safran. On forme du tout des gâteaux ronds , de l'épais- 
seur du doigt 9 qu'on fait sécher au four, après que le pain en 
aura été tiré , ou dans une grande tourtière , frottée avec du 
beurre frais et mise à un feu très-doux. Ces gâteaux ont at- 
teint la cuisson nécessaire > lorsqu'ils oçt la consistance des 
biscuits nouveilem«nt faits , ou du pain d'épice de Reims^ 
On en rompt yn morceau , qu'on émiette dans la main pour 
le donner au rossignol. 

Deuxième pâte. — On y met de plus qu'à la première, une demi^ 
livre 4e semence de pavot, autant de miUet jaune ouécorché, 
deux onces de (leur de farine, une livre de nxiel blanc et deux ou 
trois onces de beurre frais. On pulvérise et tanûse les pois et le 
millet jaune ; on pile bien la semence de pavot , ainsi que les 
amandes douces ; il faut que celles-ci soient bien réduites est 

Îiâte et qu'on ne sente point de grumeaux sous les doigts, car 
es rossignols ne les digéreroient pas ; la viande doit être 
préparée comme il est dit pour la première pâte; ensuite on 
casse les œufs, dont on mejt seulement les jaunes dans, un 

5;rand plat de terre, en y ajoutant ensuite le miel et le sa- 
ran. Lorsque ces trois ingr^^dieos sont bien mélange», on.y 



a&i F A U 

• 

incorpore suçcessiTeinent la viancle , les âmarnies douces et 
^es farines , ayant soin de remuer le tout av^ec une spatule de 
bois pour n^en faire qu^une espèce de bomilie égale et sans 
grumeaux. Ensuite on verse le tout daiYs cm autre grand plat 
de terre vernissée, dont on aura soin de graisser le fond avec 
le beurre, et on le met sur tin feu très-doto, en remuant 
toujours, surtout dans le fond, de ^eur que la pâte ii'e B'y atta- 
che; et pour qu'elle se dessèche doucement, on continue 
ainsi jusqu'à ce qu'elle sôît cuite , ce qui se connoît lorsqu'elle 
ne s'attache plus aux doi^s et qu'elle a la mollesse d'un bis- 
cuit nouvellement fait. Alors on la reth'e de dessus le feu 
pour la laisser refroidir entièrement dans le plat ; après quoi 
on la met dans une boîte de fer blanc fermée de son couver- 
cle , et oh la conserve pour l'usàge dans toi endroit sec. Si , 
lorsqu'elle est refroidie , il y a beaueottp de morceaux dans 
la pâte, il la faudra piler de nouveau, afin de la rendre égale 
dans toutes ses parties , parce que les rossignols les préfèrent , 
et jettent lès autres pour les chercher jusque dans le fond du 

{»ot ; au contraire , si ces morceaux sont d'égale grosseur , ils 
es mangent tous. 

Cette pâte, difficile à préparer, si on né l'a vu faire, ou si 
on n'en a pas un échantillon , dépend d'tm degré de dessè- 
chement qu'on ne peut trouver qu'au hasard. Quand eHe est 
trop sèche, elle perd de sa substance, et l'on est obligé d'y 
^oindre souvent du cœur de mouton ponr maintenir les rossi- 
gnols en embonpoint; si au contraire elle n^est pas assez 
cuite , elle se moisit, et il faut l'employer promptement. Ces 
deux pâles conviennent au rossignol , parce qu'elles, sont 
échauffantes; l'on a reconnu qu'elles l'excitoient à chanter, 
ainsi que les parfums; mais elles ne conviennent point aux 
fauvettes et autres petits oiseaux à bec tendre et délicat , 
•quoiqu'ils s'en trouvent bien dans les premiers mois et qu'elles 
les engraissent ; elles les dessèchent par la suite et lès font 
périr d'étisie. On ne doit leur donner que la première nour- 
riture indiquée ci-dessus. 

Verdefàtine.-^C^est ainsi que l'on désigne la larve d'un 
ténébrion Qtenebrh molUôr^ Lînn. ) qui se trouve eta abon- 
dance chez les meuniers et les boulangers. Cette sorte de 
nourriture eèt* très-essentielle pour prendre tes rossignols au 
filet et pour les fortifier pendant la 'saison du chant ; c'est 

{Pourquoi on doit tot^ôurs en avoir une provision ; comme 
'on en trouve difficilement au commëfi^cement du 'printemps, 
il faut s'en approvisionner Pété. On les conserve dans àes 
vases de faïence ou de terre vernissée , à fond large , en leur 
donnant du son pour nourriture^ è't y mettant quelques mor- 
ceaux de liège ou de bois pourri o^'ù& se rétirent et engrais- 



F AU ,63 

sent prOHlptement., Les pots doivent être de faïence ou de 
terre vernissée , parce que ces insectes sMchapperoient si oi| 
les mettoit dans une Loîte ou un vase contre leqael ils puis- 
sent grimper; c^est par cette rabon qu'on laisse deux à troif 
pouces au moins de distance entre le son et 1%^ bords de Tou* 
verture: cette précaution est indispensable, tant parce quHIs 
s'échapperoient tous 9 que parce qu'étang très- voraces, ib 
gâteroient les meubles et les livres. JLe vase doit être placé 
dans un endroit sec. Il faut avoir soin de renouveler de tempf 
en temps leur nourriture ; on reconntlt qu^ le son est usé , 
lorsquM est téduit en une sorte de poussière grise : on le cri- 
ble deux fois par an , époque où on'liè venouvelLs entièrement; 
sans cette précaution,^ il contracte une mauvaise .odeor, et 
prend une humidité occasionée. par le mélange des ex-* 
crémens de ces insectes , ce qui les fait ma%rir et dépérir^ 
Maladies des rossignols ,. et remèdes.-^V ouv savoir si un ressi^ 

fnol est malade, il faut connaître les signes qui indiquent sa 
onne santé. Il se porte bien , s'il chanle souvent daos la 
saison, qui est depuis décembre jusqu'à la fin de juin ; 'Aùnt 
en excepter la première année de sa captivité , où il .ne s^ 
fait guère entendre avant le mob de février ; s'JJ s'éploche 
fréquemment , surtout au dos; s'il est gai , alente^ s's^Uedani 
sa cage, secbue beaucoup les ailes et se pare de tous c^tés ; 
enfin s'il dort sur un pied 9 .maoge bien «t est a^ide de veiy 
de farixie. 

Lorsque le rossignol reste pjendant la nuit dans le basses» 
cage, c'est un signe de maladie , à moins que se» doigts ne 
soient embarrassés par la fiente qui s Y attache , si on ose le 
tient .pas proprement, et s'y durcit au point qu'il iui est im" 
possible de se tenir sur son jucboir. £n ce cas, on met roi— 
seau dans sa main, et on trempe ses pieds dans de i'eau tiède , 
afin de les nettoyer; il éprouvera aussi beaucoup de difficulté 
il se percher si ses ongles sont trop l(Migs, utais il suffit de 
les rogner de temps en temps. 

S'il est attaqué d'un mal au croupion, qui le faittlai^îr , 
on fendra l'abcès itvec la pointe des ciseaux , on le pressera 
on seu^avei: le bout du doigt, et on rétablira i' oiseau avec 
-qpielques vers de farine , des cloportes et des araignées. On 
jui éirite cette maladife en le purgeant quelquefois, surtout au 
juoisde loaiiGf, avec une demi-douzaine de ces dernières. 

Qœnd àrforce de chanter il dessèche et maigrit, la graine 
de (pavot «ist excellente dans «9 pâte pour le tranquilliser^ le 
rairatchir.et iui procurer du .sommeil. Le cœur de mouton, 
-pùiigé de Jes. peaux, fibres et vieines , haché très-menu et mé- 
langé avec sa pâte, l'epgraisse jpromptemcnt, ainsi que les 
.figiies et les b^iies de sureau. On doit supprimer la graine de 



\ 






â«4 F A U 

pavot après la mue , époque où il prend beaucoup de graisse 
et est exposé à mourir de gras-fondure. 

Ou guérit UQ rossignol constipé avec quatre ou cinq vert 
de farine dopnés à la fois , ou une grosse araignée noire de 
cave et de gredkr ; ce remède est le plus efficace. 

Lorsqu^il est incommodé du flux de ventre , ce qu'on voit 
il sa fiente plus lipide qu^à l'ordinaire , au remuement con- 
tinu de sa queue et à ses plumes hérissées, il faut lui donner 
du cœur de mouton , arrangé comme f ai dit ci-dessus. 

Ces oiseaux ^ont sc^ts à la goutte, surtout les jeunes élevés 
à la brochette : ceux qui Pont avant de manger seuls, en péris* 
sent infailliblement ;. et iès qu'ils boitent , c'est perdre son 
temps que de les élever. Lorsque les vieux pris att filet en 
sont attaqués , ce qui est assez rare , cela vient de ce que la 
cage se trouvé exposée à quelque vent coulis dont l'oiseau n'a 
pu se garantir ;* il suffit de le mettre dans un endroit chaud 
pour le guérir. On doit , afin de leur éviter cette maladie ^ 
garnir le fond de la cage de mousse et de sable. De tous ces 
maux, que cet oiseau ne connott pas en liberté , le plus dan- 
gereux est le mal caduc; car il en périt, si, dès qu'il en est 
attaqué, on ne vient promptement à son secours. F. le re-r 
Pinède au mot Oiseau. 

Lorsque les rossignols ont avalé quelque chose d'indigeste ^ 
ils le rejettent sous la forme de pilules ou de petites pelotes , 
comme font les oiseaux de proie ; mais ce n'est point une ma- 
ladie , cela vient de ce qu'ils n'ont point de jabot , et qu'ils 
n'ont qu'un seul canal ou œsophage qui conduit à l'estomac. 
Enfin , on visite deux fois par an son rossignol , au mois de 
mars et au mois d'octobre, pour voir s'il n'est pas trop gras 
ou trop maigre, car son air extérieur est souvent trompeur; 
quelquefois U est malade sans le paroitre ; quelquefois il ne 
Test pas , quoiqu'il le paroisse , soit en portant mal ses plu- 
mes, soit en dormant le jour, ce qui arrive souvent aux deux 
époques du voyage , parce qu'il s est fatigué à se débattre 
pendant la nuit. 

§ IV, JjES Rouge-queues. 
Le nom de Rouge -^ queues est imposé à de petits obeaux à 
bec fin 9 d'après la couleur rousse qui domine dans leur 
qaene. L'étude de l'ornithologie dans les musées^ peut pa- 
rottre à peu près suffisante pour établir des méthodes ; mais 
}l en est tout autrement si l'on cherche à déterminer les in* 
diridus d'une même espèce, lorsqu'on ne les a pas observés 
dans la, nature vivante ; car la différence des couleurs., entre 
le m&le et là femelle, entre le jeune et l'adulte, entre ceux- 
ci et le vieux, océasione des méprises que nos plus habiles 
naturalistes nVnt pas toujours évitées. Leurs traités sur les 



F A U a65 

rotige - qoeues d'Europe nous donnent la preuve de cette 
assertion. En efifét, Brîsson en présente quatre espèces, 
quoiqu'il n'en existe réellement que deux ; savoir, son rossi- 
gnol de mutaitte et celui de Gihralfar ou lé ûthys ; son rouge- 
queue proprement dit étant la femelle de celui-ci et son 
rouge-^pieue à collier un jeime mâle àe Tautre espèce. Gmelin 
et Latham ont fait la même erreur, et ont, eu outre, fait un 
doèble emploi en donnant le iàhys sous deux dénominations 
spécifiques ( aùtUa et gièraùariensis) ; BoSbn s'est trompé 
en prenant pour des variétés du rossignol de muraille j celui de 
Gibraltar; de plus , il s'est mépris , ainsi que Gmelin et La- 
tham, en présentant le rouge-queue proprement dit et celui à 
collier de Brisson, pour le mâle et la femelle d'une même es- 
pèce , le premier étant, comme je l'ai dit ci-dessus , la femelle 
du tithys, et l'autre un jeune mâle rossignol de muraille; 
de plus, tout l'historique de cette prétendue espèce lui est 
totalement étranger. V. Bouge-queue tiihy s, M. Meyer a très- 
bien distingué le tiûiys^ et lui rapporte avec raison les mota- 
cilla gibraliariensis et alnUa , ainsi que les variétés du phœni- 
curus de Gmelin. Ce naturaliste a divisé son genre syli^ia en 
quatre familles, et a classé les rouge-queues dans la troi- 
sième avec les gorges-bleues et rouge*gorges^ à laquelle il donne 
pour caractères: le bec peu large à la base , cylindrique et 
tort pointu. 

Les rouge-queues arrivent en France du i.«' au ao avril; 
et y.- restent jusqu'au mois d'octobre; celui que l'on |est con- 
venu d'appeler rossignol de muraille se trouve dans toutes les 
contrées de ce royaume ; il n'en est pas de même du iidiys; 
on ne le voit ni aux environs de Pans, ni dans nos régions 
septentrionales ; il faut le chercher en Bourgogne et en Lor- 
raine , où il porte le nom de rossignol de muraille^ tandis que 
l'autre porte celui de rouge-queue , ce qui contribue encore 
à la confusion qui règne entre ces deux espèces , lesquelles 
diffèrent par un caractère constant et qui ne permet pas de les 
confondre , quelque rapport qu'il y ait d'ailleurs entre eux. 
Notre rossignol de muraiUe a la première rémige aussi longue 
que ]fL cinquième , et le tiûiys l'a plus courte. Le pre- 
mier dont nous connoissons très-bien le genre de vie, ha- 
bite dans les lieux élevés ^ nichent dans des trous de 
muraille , de rocher et d'arbre; il se plaît dans nos habita- 
tions rurales et même stu milieu de nos villes. C'est un oi- 
seau solitaire , qui , hors le temps des amours , vit isolé 
secoue incessamment la queue par un trémoussement, non 
de bas en haut, mais horizontalement et de droite à gauche. 
Cette famille est répandue dansles quatre parties du monde. 

Le Rouge-queue, Sylvia erythacu»^ Lath. , est une femelle 



.66 F A U 

de Tespèce ànrougt-çueue tùhys; et celui à collier est on ^eime 
mâle après la mue, de Tespèce iu rouge-^ueue de munuile. 

Le Rouge-queue de G ayenne , Sylina Guyanenm^ Lath«, pl« 
enl. n.o 686 , fig. 2. a six pouces et demi de longt^eur ; le bec 
noirâtre; les parties supérieures grises; les aile9 et la queue 
d'un roux très-vif; la gorge , le devant du cou et tout le des«- 
sous du corps Maocbitres; les pieds gris-bruas; les ongles 
noirs. i^ 

Le RouGE'QUEvEBECEYLAVf, «Sy/wai^iAnâ/Rom^a^ La A., aies 
parties supérieures du corps grisâtres; la gorge noire; lapoi^- 
trine , le ventre et le croupion rouges ; les pennes des «îles 
noires ; les quatre premières ronges à la base; une tacbe de 
4}étte couleur sur la sixième; la queue noire; les quatre pen^ 
iies du milieu tachetées de roox oMiqùement sur 4es côtés; 
taille de notre rouge-queue iithys. 

Le RouGE-QUEUE A COLLIER, mâle , est un jeune mâle de 
, l'espèce du rouge-queue de muraUle. 

Le RotJGE-QUEUE DES ÉtatS-UnîS, Syhia russeicauda, 

Vîeîll., pi. 71 des Ois. de VAmér. sept Je soupçonne que cet 

oiseau est une femelle dont lé mâle m'est inconnu. Il est d'un 

gris-brun sur la tête , le dessus du cou et du cot*ps , sur la 

gorge et sur toutes les parties postérieures où cette teinte est 

, plus claire; les plumes intermédiaires dé la queue sont de U 

- couleur du dos; toutes les autres sont rousses; le bec et les 

; pieds noirs ; taille du rouge-queue tithys femelle. 

♦ Le RoUGE-QUEUE A GORGE BLATî^CHE, Syhia ruficouda ^ 
Lath. Longueur totale, cinq pouces et un quart; du som- 
met de la tête à la queue ; le plumage est brun, avec 

îune teinte de roux sur' le dos, les couvertures des ailes , les 
-pennes et celles de la queue ; la gor^e est blanche , et en- 
tourée de roussâtre pointillé tle brun; la poitrine d'un brun 
clair; le reste du dessous du corps blanc, avec une teinte de 
roussâtre aux cduvertures inférieures de la queue. C'est à 
quoi se bornent les détails que nous avons sur cet oiseau , que 
Je soupçonne être une variété de sexe ou d'âge de l'espèCte du 
rouge-queue de Cayenne, 

* LeRoUGE-QrEUEAGORGEROUSSE,5//w«n//îro//«,Vieill., 

a cinq pouces et demi de longueur ; toutes les parties supé- 
rieures d'un brun roussâtre , les inférieures d'un roux qui 
blanchit à mesure qu'il approche du ventre ; cette couleur, 
m^ispure, règne sur les couvertures inférieures des ailes 9 
sur celles de la qrieue et sur ses huit pennes latérales; les 
quatre intermédiaires sont d'un brun, noirâtre ; les pieds oli- 
vâtres ; le bec est noirâtre en dessus et d'un bleu de ciel en 
dessous. On trouve cet oiseau au Paraguay. 



F A U ië, 

Le Rouge -QtxEi^ foE i.a. Gutaihi. V. Roûge-quéue 

©B Cayenne'. 

Le RouGEH^VEOE DEsI^DESt SylidainUcû , Yieiil. Cet 
oiseau des Indes, qu'a fait eomiofCre So&nerat, sou& le itfom 
de rossignol de niuriàUè^ a le sommet de la tête ^ lé desisus du 
tou^ ledos, les ailels.etia queue d^ bleu dHndigo clair^; 
une baukte blaucke qui part du front et passe an-dei^so»s d^ 
j'œil, et une autre 4M^ii^ en dessous; la gènge blanche ; le de- 
vant du cou, la peîfrine^ le ventre et les coweitikres iitfë^ 
rieures de la queue rousses; le bec noir ; Vim.êl les pieds 
d'un roux jaunâtre. 

Laiàam fait de . cet oiseafu uti grimpereaii ( inUgo crepeer y^ 
sans nons^n donner les mmifs ; c^est pourfudi ye \t Itfîss^ 
BOUS la dëtiblnination que lui a applî^piée Sonnerat ^ et daiis 
ie genre qu'il a indiqué en le nommant rossignol de mumOlt, 

Le RoroE-QVEUE ou le Rossignol !d£ Muraiixe , Syloia 
phomicurus , Lath. ^ pi. enl. , n.^ 35 1 , f. i et 2.. Le mâle a le 
front , le lùram , le& joues, la gorge* et le deVant du cou 
noirs; le sîncipùt et les •sourcils d un Uaac pur; ie reste de ta 
tête, le dessus du cou , le dôs et les scapulaires d'un ceiÉdné 
bleuâtre foncé; le croupion, les couvertures* supérieures âe 
la queue, la poitrine, le haut du ventre etlss jambes d'Un rouK 
vif ; le milieti du ventre blanc ; les couverture^ supériecn^ès 
desaileset leurs pennés ain^ que les deux intermédiaires de 
la queue ^'un cendré nbirâtre; les dix atitrès penœs caudales 
rousses; le bec et led pieds noirs. Longueur totale, cinq pouces 
une à trois lignes. Le même, À l'automne, a les plumes dusincî<- 
put d'un gris cendré vers la pointe et blanches dans le milieu-; 
les joues et lé lortim de la première teinte , ainsi que lere'stfe 
de la tète , le desiïus du cou et le manteau ; les plumes de la 
gorge et clu devant du cou noires et terminées àà gris blan- 
châtre , ce qui fait paroltre ces parties tachetées de ces deuk 
couleurs ; la poitrine et les flancs mélangés de blase et de 
roussâtre , ^ais où leroux dotnine; lespemie6>sècondaires 
bordées et terminées dé gris. Le rossignol de mtomUe ctnâré de ? 
Brisson , ne diffère du précédent que .par uki trait blanc sur ' ; 
le devant de la tête, ce qui indique que ses' >èo«leurs com- 
mencent à s'éjpurer. } 

La femelle n'a pas èe noir dans ^on pèumage ; elle est 
grise sur la tête , les joues, le 'dessus da^'cou^, /le 'ào» et les 
scapulaires ; d'une nuancé plus claire, sur 4a gorgie et sur le i 
devant du cfoA , d'un rôux tehie sur la poitrine , sur ie^dancs^ 1^ 
et mélangé de blanc-4$ur les^pdrties postéiééures ;. les jeunes^ 
avant leur première mué, mâles et feuilles, sovl 'mouche'- 
tés de roussâtre sur un fcmâgris sale. ' 



a68 F A U 

Quoiqu'on ait donii^ à ces oiseaux le nom du m$s%iiolr d'à* 
près quelques rapports dans le ramage,, cependant trè8-éloi^ 
gnés, ils n'en ont ni les moeurs ^ ni les habitudes , ni le plu- 
mage. Us arrirent dans nos cantons vers les prenû^rs jours 
d'ami, se fixent sur les tours , les combles des édifices, et vré^ 
férent ceux qui sont inhabités ; il en est qui se retirent dans 
les forêts, mais ils choisissent les plus épaisses ; c'est tou- 
jours des endroits les plus élevés qu'ils font entendre, princir 
{»alement le matin et le soir , un chant mêlé d'accen& tristes» 
k volent légèrement, et lorsqu'ils sont perchés, ils jettent un 
petit cri, toujours accompagné d'un secouementde^pieue. Les 
tronsdemurailleetdesvieuxarbressontles endroits qu'ils choir 
sussent pournicher.Pendanttoutletempsdelàcouvée,lç mitfe 
se tient à la pointe d'une roche, sur une cheminée au haut d'un 
édifice isolé, ou d'un arbre voisin dii nid. La demeure à^s ros- 
signols de muraille dans nos. ludiitations , n'est pas exclusive 
de toute autre; car ils se plaisent aussi dans l'intérieur des bois, 
surtout en Lorraine ; et ils se tiennent en Normandije dans 
les vergers. On prétend que ces oiseaux, d'un naturel craintif 
et farouche, abandonneroient leur nid si Ton en approchoît, 
et qu'ils quitteroient leurs œufs si on les touchoit. On ajoute 
même qu'ils affameroient leurs petits , ou les jetteroient hors 
du nid. Ces faits n'ont lieu que lorsqu'ils sont trop inquiétés^ 
Le mâle et lai femelle travaillent à la construction du nid , 
^e font assez négligemment , comme le sont ceux de tous les 
oiseaux qui nichent dans des trous; ils le composent de mous- 
se , de plumes f de laine et de bourre ; la ponte est de quatre à 
cinq œufs bleus. Les petits naissent couverts de duvet. En les 
prenant dans le nid , on peut les élever en cage ; mais l'adulte 
cède à son instinct sauvage , refuse de manger et sç laisse 
mourir : si par hasard il survit à la perte de sa liberté , il 
annoncera par son silence obstiné sa tristesse et ses regrets : 
on ne peut donc jouir de son ramage qu'en liberté ; il le faiten^- 




qu il est susceptible d'éducation. On le nourrit de la pâti 
diquée pour le rossignol , mais il est plus difficile k élever : 
ainsi que lui, il est très-friand de vers de farine; aussi le 
prend-^n aux mêmes pièges. Sa subsistance , dans son état 
de liberté, consiste en mouches, araignées, chrysalides, 
•fourmis et petites baies ou fruits tendres ; il becqueté aussi 
ies figues. U disparott de nos contrées à l'automne , fréquente 
les régions méridionales jusqu'au novembre , et lés qjuitte à 
cette époque > sans doute pour se retirer en Afrique ) comme 

font la plupart de nos obeaux d'été» 

/ 



Le RouG£^QUE0E TITHYS, Sylna tUhys 9 Lath. ; pi. 29 des 
Oiseaux d Echarâs ^ estuoirsar le front, Ithrum^ les joues ,< 
la gm^e , le devant^da coa eX la poitrine ; blanc sur le sin^ 
cipttt, les sourcils et le bord extérieur des pennes secon^ 
daires ; d'an cendré bleuâtre sur le dessus de la tète et du 
cou , sur le dos et les scapulaires ; d'un beau roux sur le 
croupion, les couvertures supérieures de, la queue et ses dix 
pennes latérales ,- les deux intermédiaires sont d'un brun 
noirâtre et à bords roux ; les convertares: supérieures 
et les pennes des ailes noirâtres et frangées- de cendré en 
dehors ; le ventre est blanc ; le bec noir ainsi que les 
pieds et les ongles. lîbngueur totale , cinq pouces quatre à 
six lignes. Tel est le mâle sous son plumage, d'été. Le même , 
après la mue , a les plumes ^es joue» «et de la gorge termi^ 
nées de gris-blanc. 

La femelle a la tête , le cou, le dois, lés scapulaires et 
toutes les parties inférieures , à l'exception du ventre , d'iia 
gris cendré sale , blanchâtre sur le haut de la gorge , tirant 
au roussâtre sur le front et sur la poitrine ; les couvertures 
supérieures et les pennes des ailes brunes et bordées de griâ 
clair à l'extérieur ; le troupion et les dix pennes latérales de 
la queue ôomme le mâle; les deux du milieu d'un bruii 
sombre. 

Le rossignol dé murtdUe de Gibraltar ^ est un mâle de cette 
espèce , et non pas , comme l'a pensé Buffon , une variété 
^u rou^-queue de muraille; il en est encore de même de Voii* 
seau que lui a. donné Dorcy , dans lequel /'dit-il, la couleur 
noire de la gorge s'étend sur la poitrine et les côtés ,. qui 
avoit une tache blanche dans l'aile, et lé cendré du corpd 
plus foncé que dans le rossignol de muraille. Son rouge^fueue 
(jSyhia^ryihacus') est une femelle de cette espèce , comme 
}e crofc l'avoir dit précédeipment; le Uthys est en triple em- 
ploi dans Gmelin etLalham, ^us les noms de motaeilla 
gibrakariensis , airaia et tithys. Le moiacUla iithys , de la Fauna 
euedca^ «st tmfeune n^e, ainsi que la variété du phœnicumê 
de Gmelin ; enfin , il est décrit dans l'édition de Soniiini f 
BOUS la dénomination de bee-Jigue rudrâire. Si l'on en croyoit 
Buffon, le nid du ronge -queue seroit au pied d'un petit 
buisson , près de teVre , de forme sphérique , avec une ou-* 
verture au côté du levant , composé de mousse en dehors ^ 
de laine et de pktmes en dedans , dans lequel on trouveroit 
cinq i six œiJs blamâs^ variés de gris; mais \ljk été induit ea 
erreur ; ce nid et ces oeufs sont ceux d'un p&èiUaL Le rouge^ 
queue , au contVaire , place son nid dans le^rochers les plus 
élevés 9 ou sur \t% solives de la partie la plus haute des 



,7o F A U 

églises et deS' vieiu cUteaox , le fait arec *art, et le compose 
4e brÎDs d'iierbe et de poils. La ponte est dl qaatre Ott 
einq œafe d'an beaa blanc. Se» ramage senble expiiifiier 
les sjUabesjb,^,^, Isa, prononcées sur trois tons 4&iFé- 
rens 4 et ne manque pas d'agrément. Le Uikfs est timide et 
ombrageux , vole anreo beaucoup de légèreté , et jette , lors- 
ifu'il se pose, nn cri m'on exprime fàv JUqairuimisa. On 
trouve cette-espèce en Bourgogne y en Lorraine et àaxÊs le 
Languedoc. On ne la voit point av^ environs de Paris , ni 
dans les provinces voisines. 

S V. Le Rouge-Gorge. 

Le Rouge-gorge. Sykia mbeada^ Latb., pi. enL , n^^^SSi , 
fig. I , e^t i peu près de la ^grosseur du rossignol; il a cinq 
pouces neuf lignes de longueur; le bec noirâtre; le dessus 
de la tête » dv cqu et du oorps à'v^n grîs-briia ; le firent , le 
tour des yeux, 1^^ g^rgc^ )e devant ou cou et le ll^^t de la 

{iôi|rine aun rou^^ orangé ; le bas de la poitrine cendré sur 
çs cistes « blapQ ^^ps le mlUea; le ventre dçi cette dernière 
couleur*, les. (lança 4'Rn brw olivâtre, te^ne; les pennes 
des ailes d'un grls-bpnn et olivâtres^ rextérieur; les grande^ 
poqvertures termînéea par une petite taçbe rousse ; les 
pennes de la queue d^uh gris-brun , avec une teinte olivâtrç 
sur les deux intermédiaires ; le bec noirâtre ; les pieds et 
les ooflles bruns. 

La femelle diffère peu du mâle 9 le rouge orangé tire plus 
a« jaune ^ et descend moins loin sur la poitrine. 
' Les jeun^ ne prennent la couleur roùge qu'après la mue ; 
ik ont , dans leur preiiiier âge j le plumage généralement 
bfuus moucbeté dé reivi:- sale. 

DfK l'Espagne et de Tltalie à la Suède> on rencontra de» 
tmtge^rges. En France, ils sont 'plus nombreux dans ta 
Lorraine et la Bourgo^;nîe qu'ailleurs ; c'est là que se fbnt les 
plus grandes cbasses , et où leur ehàir prend cette graisse 
exquise qui en fait un mets très-délicat^ sans doute parce 
qu'ils y trouvent en abondiince les fruits et les baies tendres 
dont à l'automne tous les insectivores fo*t l,ear principale nour- 
riture. Il n'en est pas de mém^ dansies autresprovin^es) aussi 
leuricbair y est peu recherchée. Des' oiseaux de cette espèce ^ 
les uns ne qwttent pas lei^r pays natal, tandis que le^ autres, et 
c'est le plus grand nombre , se préparent au départ k l'époque 
oà la couleur rouge commence à pointiller sur la gorge èt$ 
jeunes, dont le plbmw;e , pendant la mue , présente ui^ bi-» 
garpure agréabie^par le mélange des teintes de l'enfante et 
des (Couleurs de l'âge avancé. ]>ans toutes les s^âops , le 
rouge-gorge conserve sop naturel solitaire; il yoyage seulf 






FA U ^7, 

lorsque presque Ions les autres oiseaox se recherchent et se 
l'émiisseiit en troupes plus ou moins nombreuses. Dans les 
beaux jours, les bois, les bocages les plus ombragés et les 
endroits humides sont sa demeure favorite. Ils ont jpour lui 
tant d*attr«ûts , qu'il semble les quitter à regret lorsque les 
^firimas y détruisent sa pâture. Ce n'est qu'alors qu'il s^ap- 
• proche des habitations, où il se tient dans les haies, les jar- 
dins et les vergers , et les égaie, quand tous les autres oiseaux 
se taisent, par un chant qui n'est pas sans a^ément. Plus la^ 
saison devient rigoureuse, plus il devient familier ; et lorsque 
la neige le prive de toute nourriture au-dehors , ou lui en 
rend la recherche trop pénible , il vient presque dans les 
maisons chercher les miettes de la table, les fibres ie^ 
viandes , et même diverses graines , car à cette époque il se. 
nourrit presque de tout. U manifeste alors tellement Penvie 
d'y pénétrer , que , si toute entrée lui est fermée , il frap- 
pe du bec contre les vitres pour demander un asile qu'oix 
rai donne volontiers ; il se familiarise au point que , s'il n'est 
l^as Inquiété , il y reste pendant l'hiver sans montrer la 
moindre envie d'en sortir. C'est aussi par le même signal 
que, aux approches du printemps, il indique le désir de retour- 
ner dans sa solitude. 

' htrouge-gûffie qui reste dans les forêts devient le compa- 
gnon du bÀcheron , se réchauffe k son feu , becqueté soil 
Îain , et ne cesse toute la journée de voltiger autour de lui. 
1 montre en tout temps de l'aflfection pour ('homme , et 
•emble se plaire i lui faire compagnie ; il suit ou précède les 
voyageurs dans les forêts, et cela pendant assez long-temps. 
Moins sauvage que les autres oiseaux , il se laisse approcher 
de si près, que l'on croiroit pouvoir le prendre à la main f 
mais , dès qu'on est à portée , il va se poser plus loin , où 
il -se laisse«ncore approcher pour encore s'éloigner. Au prin- 
temps , époque du retour de ceux qui voyagent , on les voit 
en plus grandnombre dans les vergers et dans les jardins, mais 
c'est pour peu de temps ; ils se hâtent d'entrer dans les bois 
pour y retrouver , sous le feuillage , leur solitude et leurs 
amours. Les forêts d'une grande étendue, surtout lorsqu'elles 
•ont arrosées d'eau vive, sont celles qu'ils préfèrent; aussi 
y sont-ils en plus grande quantité. De tous les oiseaux , le 
roagC'^orge est le pkn matinal; il fait entendre son ramage 
dèsTanbe du jour : c'est aussi le dernier qu'on voit voltiger 
après le coucher dusoleil.* Son chaht, composé de sons déliés, 
légers et tendres, n'est qu'un gazouillement pendant l'hiver^ 
^mais dans le temps des amours, il lui donne toute son 
étendue, le termine par des modulations plus éclatantes^ et le 



\ 



373 F A U 

coupe par des accens gracieux et tonchans. lia difiiérens cm i 
l'un qu'on entend de loin, tirU, UritU^ tirititU^ surtout le matin 
et le soir, et lorsqu'il est ému par quelque objet nouveau. Il 
le jette aussi, soit qu'il s'échappe de quelque piège, soit qu'oa 
approche de son nid. U en fait entendre un auti^', uip^ uip^ 
qui paroît être celui d'appel ; car il suffit de Timiter, en suçant 
le doigt , pour mettre en mouvement tous les rouge-^rges 
des environs. Cet amide la solitude choisitles endroits obscurs 

{>our placer son nid; il le cache plus ou moins près de terre, dans 
es racines des arbres, dans des touffes de lierre ou dans un buis- 
son très-fourré ; il le compose de mousse à l'extérieur, y entre- 
mêle du crin et des feuilles de chêne, et en garnit l'intérieur de 
bourre et de plumes. Il en est , dit Wiuughby , qui, après 
l'avoir construit, le comblent de feuilles accumulées, ne 
laissent sous cet amas qu'une entrée étroite , oblique , qn'ib 
bouchent encore d'une feuille en sortant. La ponte est de 
cinq à sept œufs blanchâtres, tachetés de roussltre. Le mâle 
les couve dans le. milieu du jour , époque où la femelle cher* 
che sa nourriture. Ainsi que le rossignol^ le rouge-gorge mâle 
ne peut souffrir un autre oiseau de son espèce dans l'an^on' 
dissement qu'il a choisi ; il le poursuit vivement dès qu'il s'y 
montre , et le force de s'en éloigner. La femelle fait deux et 
trois couvées par an ; l'un et l'autre nourrissent leurs petits 
de vermisseaux, d'insectes qu'ils chassent avec adresse et lé- 
gèreté. Pris adulte , à l' arrière-saison et dans l'hiver, le rouge- 
gorge supporte volontiers la captivité , et chante même pea 
de temps après la perte de sa liberté. On peut le conserver 
en lui donnant la même nourriture qu'au rotSigmd^ et à son dé- 
faut il vit dé pain émietté, de chêne vis écrasé et de petite^ grai- 
nes qu'il trouve dans la volière ; mais cette nourriture \t sou- 
tenant moins que la première, il n'y vit pas aussi long-temps. 
A r arrière-saison , cet oiseau joint aux insectes 9 sa pâture 
ordinaire, les baies tendres, les fruits des ronces, les sllises , 
et même le raisin ; c'iest alors que sa chair acquiert toute 
celte délicatesse qui en fait vraiment un mets délicieux. 
Il en est tellement friand, qu'il donne dans les pièges qu'on 
amorce avec ces fruits. Peu défiant et naturellement cu- 
rieux , il donne dans tous ceux qu^on lui tend. On le prend 
aux collets , à la sauterelle , et surtout aux gluaux presque 
aussitôt qu'on les a exposés. On les tend à la n^e des bois sur 
des perches , qu'on garantit de la chute ; mais on fiait 
une chasse plus abondante avec les rejets et les sauterelles ; il 
n'est pas même besoin d'amorcer ces petits pièges ; il suffit 
de les tendre au bord des clairières ou dans le milieu des 
sentjers, de remuer un peu la terre, et sa curiosité Ty porte 



F A U ,75 

atissttÂt. Ce soiit au^si lés premiers oiseaot qn^on prend à la 
pîpée ; la seule voix du pipeur ou le bruit qu'il fait en taillant 
les branches , suffit pour les attirer. Us y viennent en faisant 
entendre de loin leur cri , UritUity d'un timbre sonore , et 
voltigent partout avec agitation jusqu'à ce qu'ils soient ar- 
rêtés par les gluauzsur quelques-unes des avenues ouper* 
ches qu'on a taillées basses exprès pour les mettre à portée 
de leur vol ordinaire , qui ne s'élève guère au-dessus de qua- 
tre ou cinq pieds de terre. Le rouge-gorge est le premier qui 
réponde à l'appeau de la chouette ou au son de la feuille de 
lierre ipercée, ce que les pipeurs appellent yrouer. Voyez pour 
cette chasse le mot Pipée. 

Le Rouge-gorge bleu. Ayant remarqué que cet oiseau a 
les caractères du genre Motteux, je l'ai classé dans cette di^ 
vision. V. Motteux bleu. 

Le RouGE-GoaGE i^es buissoi^ y Syhia dlum^tonim, Lath. , 
est un mâle avancé en âgç , de l'espèce de la Fauvette ba« 

AILLARDE. F. Ce mot. 

Le Rouge-gorge be la Carolitve. F. Moi^teux bleu. 

Le RoUGE-GORGE JAUNÂTRE. V. FaUVETTE JAUNATRE. 
ïje RoUGE-GORGE AUX JOUES NOIRES. F. FaUYETTE A BEC 
VOIR. 

Le RouGE-GORGE DU Kamtschatka. V. Fauvette bo- 
réale. "" 

La Gorge-bleue , Syhùi suecica , Lath. , pi. enl. de Buff. ^ 
n.^ 36i et 610. Ce bel oiseau a la forme, la grandeur et la 
figure entière du rouge-gorge ; leur manière de vivre est la 
même , et ils ont atissi le même sentiment de familiarité ; 
mais ils diffèrent dans quelques-unes de leurs habitudes. Le 
rouge-gorge cherche pendant l'été la solitude au fond des bois. 
La gorge-bleue se tient à leur lisière , cherche les marais , 
les prés humides, les oseraies, et même les roseaux. £ile 
les quitte après la belle saison , visite avant son départ les 

i'ardins et les haies, et se laisse approcher assez pour que 
'on puisse la tirer à la sarbacane. Ainsi que les rouge-gor- 
ges , on ne rencontre point les gorge-bleues en troupes , el 
rarement on en voit plus de deux ensemble. Dès la fin de l'été , 
dit Lottinger, elles se jettent dans les champs semés de gros 

Î;rains , et préfèrent , selon Frisch , les champs de pois , où 
es attire sans doute un plus grand nombre d'insectes qui sont 
le fond de leur nourriture habituelle ; mais k l'automne , épo- 
que de leur voyage au Sud, elles mangent diverses baies ^ 
imrtout celles de sureau. Lorsque cet oiseau est à terre , il 
porte sa queue relevée , surtout le mâle au cri de sa femelle , 
vrai ou imité ; son chant est très-doux, selon Frisch, et n'a 
rien de remarquable , dit Hermami; mais peut-être ces deux 

XI. 1 8 



^74 F A U 

obsénrateurs ne Tont Us pas entendu dans la même sakon : 
c^est ordinairement en s'élevant droit en Fair que le mâle le 
fait entendre ; il pirouette et retombe sur son ramean de la 
même manière et aussi gaîment que la fauvette grisette. 

LVspèce est beaucoup moins nombreuse que celle du rouge- 
£orge : elle est rare et même inconnue dans une partie de là 
France, On la voit dans la partie basse des Vosges , vers 
Sarrebourg. Elle est plus commune en Alsace. On la trouve 
en Allemagne , en Prusse et en Suède. On la rencontre 
dans les Pyrénées « en Espagne, et jusqu'à Gibraltar. On 
Rappelle en Provence cul-rousset bleu. Il parott qu\elle 
choisit ces contrées méridionales pour y passer Thiver^ 
car elle quitte le Nord à Tautomne , comme font tons les 
insectivores et les oiseaux mangeurs de fruits tendres. Ainsi 
qu'eux^ el)e devient grasse k Tautomne, alors on lui fait la 
chasse : on la prend au filet comme le rossignol et avec le 
mâme appât (le ver de farine^ ; elle est aussi l'objet àe% gran- 
des pipées. 

La gorge-bleue place plus communément son nid sur les 
saules , les osiers et les autres arbustes qui bordent les lieux 
humides ; il est construit d'herbes entrelacées à l'origine des 
branches ou des rameaux. 

. Les plumes du sommet de sa tête sont d'un brun très4bncé 
dans le milieu, et d'un cendré brun sur les bords ; celles àts 
joues, mêlées d'un peii de roussâtre ; une bande d'un blanc 
^ale passe au-'dessus des yeux^ et une tache noire couvre Ter- 

{»ace qui sépare le bec de i'œil; l'occiput, le dessus du corps et 
es couvertures des ailes sont d'un brun cendré qui est bordé 
de gris sur les grandes couvertures à l'extérieur, varié de 
cendré et de roux sur les supérieures de la queue ; la gorge 
et le devant du cou sont d'un très-beau bleu, coupé par une 
'grande marque d'un blanc argenté ( cette marque n'existe 

E as chez tous les individus). Au •dessous de celle-ci estune large 
ande transversale d'un noir de velours qui occupe le haut 
de la poitrine, dont quelques plumes sont terminées de 
blanc ; le bas de la poitrine est roux, et le reste du dessous 
du corps blanc roussâtre ; les pennes des aîles sont d'un cen- 
dré brun et bordées extérieurement de gris ; les deux inter- 
médiaires de la queue sont d'un brun noirâtre, frangé de 
«gris ; les autres , rousses depuis leur or^ne jusque vers les 
deux tiers de leur longueur , ensuite noirâtres ; lé bec est de 
cette même couleur, et les pieds sont bruns. Longueur, cinq 

Iiouces et demi. On remarque quelques dissemblances dans 
es mâles adultes: les uns ont toute la gorge bieue ( on soup- 
çonne que ce sont les vieux) ; ils ont de plus la bande rbnge 
ou rousse plus foncée; les autres ont la goi]ge comme celui 



âécrit ci'dessas. Ces belles- qo^^jh's dbparblsseatén captivi- 
té ; et cet oiseau , mis en cage j cominence à les perdre dès la 
première mue. 

La femelle diffère en ce que le bleu ne forme qu'une es* 
pèce.de croissant qui traiiche çur le fond blanc de la gorge 
et du devant du cou, et que le brun des parties supérieures est 
plus sombre. 

Les petits sont d'un brun noirâtre , et n'ont pas de bleu 
sur la gorge. Parmi eux on reconnoît les jeunes mâles, en 
ce qu'ils ont sur cette partie des plumes brunes. : 

La Gorge-bleue de Gibraltar ^ de Brissonr, est une fe- 
melle de cette espèce. 

B« Beeiaialement droié^ aigu. 
§ VI. Les PiTPiTS. 
5 Les Pitpits diffèrent de tous les précédelis par leur bec 
on peu conique et à pointe aiguë, ce qui a décidé M. Cùvier 
à les placer auprès de ses carguges ( mes troi^iales )^ et à en 
faire un sous-genre soiis.le nom latîn dacnk ; mais comme 
ils m'ont paru se rapprocher au moins autant des fauvettes 
ou des figuiers , ils se trouvent rangés à leur suite dans ma 
méthode. J'ai g$njérali$é leur nom français à quelques oiseaux 
de l'Amérique méridionale, parce qu«, suivant la descrip- 
^on qu'en ddqne M. de Azara , ils ont le bec conformé à peu 
près d£ la n^me manière, c'est-iirdire, droit et aigu. Cepen- 
4ant il faut les voir en nature pour s'assurer s'ils ne seroient 
pas mieux classés ailleurs. 

, Le PiTPrr bleu, Syhîa cayana^ Ladi. , pL enl. n.<> 669, fig. 3 . , 
se trouve k la Guyane où il est commun, et au Paraguay où 
il est rare. Le mâle a |e front, les côtés de la tête, le haut 
du dos, les aîle^ et la queiie noirs ; le reste du plumage d'un 
beau bleu ; le bec noirâtre et les pieds gris; longueur totale , 
quatre à cinq pouces. Le plumage de cette espèce variant 
dans les deux premières années , il en est résulté plusieurs 
yariétés, dont l'une, le Pitvit vert, Syhia eytmocephala ^ 
Lath., pL enl. n.^ 669 , a été présentée comme une espèce 
particulière , laquelle diffère du précédent en ce qu'elle ti'a 
pas de noir sur le front ni sur les côtés de la tête ; en ce que 
la goige est d'un gris bleuâtre ; que les grandes couvertures 
des ailes et tout le corps sont d'un vert brillant; les pennes alai- 
res brunes et bordées de vert; celles de la queue d'un vert 
obscur: on croit que c'est la femelle du précédent. Edwards 
a publié la figure d'une autre variété sous le nom de manàkin 
bleu; elle a la gorge noire , le front ainsi que les côtés de la 
tête du même bleu que le reste du corps ; on pense que c'est 
le mâle sous son plumage parfait. Quand ce pitpit est dans 
son premier ^ge, il. n'a sur soi\ vêtement auctme trace de 



S76 F A Û 

bianc et de noir. Les pitpits sont sédentaires entre les trôpi-^ 
ques y demeurent dans les bois , se tiennent sur les grands ait- 
bres , particulièrement à leur cime | et virent en troupes plus 
ou moins nombreuses. 

* Le PiTWT BRUiî ET ROUX , Pynhonotos, se trouve au Pa- 
raguay. Il a le bec droit, noirâtre ^ et blanchâtre en dessous ; 
la queue égale; deux pouces quatre lignes de lonc; les plu^ 
mes du dessus de la tête, noirâtres et bordées de brun ; une 
petite tache rousse sur les côtés de la tête ; le dessus du cou 
et le haut du dos dnn brun lavé de rout; le dos, le croupion, 
le bord des pennes de la queue, des couvertures supérieures 
et des pennes secondaires des ailes, d^un roux vif; ces pennes 
et ces couvertures d'un brun noirâtre; le ventre blanc , ainsi 
que toutes les parties inférieures. 

' * Le PiTPiT A COIFFE BLEUE , Syhia Iméaia , Lath , a une 
espèce de coiffe d'un beau bleu brillant et foncé , qui prend 
au front, passe sur les yeux et s'étend jusqu'au milieu du dos \ 
une tache bleue longitudinale est sur le sommet de la tête ; 
une raie blanche de même forme commence au milieu de la 
poitrine et va en s'élargissant jusque dessous la queue ; le 
reste des parties inférieures est bleu ; le bec et les pieds sont 
Hoirs. On lé trouve à Cayenne. 

* Le PiTHT A FR019T BLANC , Syhia Mirons , Yieill. , a les 
plumes de la queiie pointues , noirâtres , et bordées de brun 
clair , ainsi que les grandes couvertures et les pennes des 
ailes, dont les petites couvertures supérieures sont d'une 
teinte plombée ; un petit trait blanchâtre va de la narine k 
Tocciput , et fait presque le tour de l'oeil ; toutes les parties 
inférieures sont d'un roussâtre clair ; le front est blanc et 
pointillé presque insensiblement de noirâtre ; les côtés de la 
tête ont une nuance composée de brun, de noirâtre et de bleu; 

. les plumes du bas du cou, etjcelles du haut du dos, sont noi^ 
râtres dans le milieu et d'un brun verdâtre sur les bords ; le 
reste du dos et du croupion est d'un mordoré clair ; les pieds 
sont olivâtres ; le bec est droit et pyramidal , noir en dessus 
et noirâtre en dessous ; longueur totale , cinq pouces un quart 
On le trouve au Paraguay. 

* Le PiTPiT NOIR ET ROUX , Sylina honariensis^ Latham. 
Commerson a vu cet t>iseau à Buénos-Aires : il a le dessus de 
la tête et du corps d'un noir décidé ; la gorge , le devant du 
cou et les flancs d'une couleur de rouille ; du blanc entre le 
front et les yeux , à la naissance de la gorge , au milieu du 
ventre 9 à la base des ailes et à l'extrémité des pennes exté-* 
rieures de la queue ; le bec noirâtre ; l'iris couleur marron : 
longueur totale, cinq pouces deux tiers; grosseur delà linotte. 



F A tJ ^^j 

à eet oiseau, est celui qu^il: porte au Paraguay, lequel ireut 
dire petite poUnne jaune. Il a quatre pouces d€ longueur totale ; 
le capistnim d'un noir qui s^étend jusques au-dessui^ de Toeil ; 
le dessus de la tête , du cou et du corps d^un bleu de ciel un 
peu foncé ; une- grande tache d'an vert jaunâtre sur le haut du 
dos ; une autre tache blanche sur les barbes^ extérieures des 
grande» couvertures supérieures du milieu de l'aile, lesquelles 
sont noirâtres du côté interne ; cette couleur domine aussi- 
sur la queue et les pennes alaires^.qui sont bordées d'un bleu 
de ciel ; une riche couleur d'or couvre la gorge , le devant 
du cou et de la poitrine , à lacpelle succède une couleur blan- 
che sur le ventre , les jambes et le dessous des ailes, et sur le 
côté intérieur des deux. premières pennes de la queue ; le tarse 
est brun ; le bec noir en dessus et jaune en dessous. La femelle 
ressemble au mâle. Les jjeunes , dit M. d'Azaca, ne diffèrent 
des vieux, qu'en ce qu'ils ont la gorge du même bleu que le 
dessus, du cou. 

* Le PiTPiT ROUX ET BLAKC^ Syhia pyrrhtdeuca^hAile dans 
te Paraguay. Il a la tête et Le dessus du cou bruns; le dos , le 
croupion et tes couvertures supérieures des ailes d'un bru» 
rougeâtre ; les pennes d'un brun noirâtre^vec une large tache 
rouge de carmin qui occupe le tiers de la largeur des quatre 

I premières pennes vers leur orifi;ine ; les quatre du milieu de^ 
a queue d'un, brun foncé ,. et les autres, d'un rouge de car^ 
min ; toutes sont étagées et garnies de barbes jusqu'au bout ; 
ta gorse est jaune ; le dessus du cou et du corps d'un blane 
sale; les côtéi^ du corps et Les couvertures inférieures des 
ailes sont d'^im brun roussâtre ; les tarses noirâtres ; - le bee 
est très-droit , noir en dessus et bleu de ciel en dessous. 

* Le PiTPiT \ VENTRE ROUGE , Sybia rudrigastm , Vieill. , 
fréquente les terrains couverts d'eau oà il se tient dans Les 
)oncs. Longueur totale , quatre px>uces ; queue étagée ; bec 
droit ,. noir ;. iris de même couleur ; bouche orangée ; tarses 
noirâtres V menton blanc; parties postérieures d'un beau 

I'aune pur ; une bande d'un noir velouté, qui s'étend depuis, 
'origine de l'aile jusque sur les côtés de la poitrine ; bas- 
ventre d'un ronge de feu ; couvertures supérieures des ailes 
variées dé tioir et de blanc ; côtés et derrière de la tête d'unr 
bleu-noir ;. trait d'un jaune vif qui , depuis les narines, sV- 
tend jusqu'à l'occiput ; dessus de la tête noir, quelquefois 
' pointillé de roussâtre , et d'un rouge de feu le plus vif sur le 
milieu ; dessus du cou et du corps d'un vert obscur ; ailes 
noires , quelquefois brunes , à T exception des. grandes cou- 
vertures inférieures qui sont blanches et terminées de jaune 
(oible ( quelques individus ont aussi du blanc à la pointe et 
à la naissance des pennes de cette même partie); queue noire 



»78 F A U 

avec la penne la plus extérienre blanche , aussi bien que les 
bords et la pointe de la seconde , et Textréinité de la troi- 
sième. Cette espèce se trouve au Paraguay et à Boénos- 
Ayres. 

'* Le PlTHT VERMIVORE , Syàfia vermiQora , Latb. , pi. 3o5 
des Oiseaux d^Edwards « se trouve dans la Pensylvanie pen- 
dant Tété; son bec , assez pointu , est brun en dessus et cou- 
leur de chair en dessous ; une bande noire et étroite part àcs 
coins de la bonhce et traverse Toeil ; au-dessus d'elle il y a' 
nne ligne faunâtre, surmontée d'un croissant noir; le reste de' 
la tète, la gorge et la poitrine sont d un jaune rougeâtré , 
qui se dégrade sur les parties postérieures , finît par être 
blanchâtre sur Tanus et les couvertures inférieures de la 
queue ; le dessus du corps , les ailes et la queue sont d'un 
vert-oUve foncé ; les couvertures sous-alaires.sont d^un ver^ 
jaunâtre ; le dessous des pennes caudales est cendré ; les 
pieds sont couleur de chair ; longueur, environ cinq pouces ;' 
grosseur un peu au-dessus de celle de la fauQetle à liu noire ; 
c'est le BEMi-Filf MANGEUR DEVERS de BuCTon. Il paroît qu'il 
se trouve .aussi au Paraguay, ou plutôt qu'il y existe nne race 
voisine à laquelle M. de Azara rapporte le mangeur de vers '^ 
qu il appelle çonire^maUre couronné. Il le décrit ainsi : le som- 
met de la tête est partagé en longueur par une bandelette 
noire et large de trois lignes ; sur les cfttés de la tête , on 
remarque quatre autres lignes parallèles , dont la première 
est presque noire ; la seconde , qui forme le sourcil , blan- 
châtre ;la troisième , qui traverse Toeil, noirâtre , de même 
que la quatrième ; une plaqué^ d'un brun clair couvre l'o- 
reille ; un jaune pur s'étend sur toutes les parties infé- 
rieures, et il est lavé de blanc sur les couvertures des ailes ; 
tout le dessus du corps ainsi que le tarse sont olivâtres ; les 
pennes alaîres et caudales sont brunes et bordées d'olivâtre , 
de même que les couvertures supérieures des ailes ; le bec 
est noirâtre en dessus et d'un brun clair en dessous ; lon-^ 
gueur, cinq pouces. La femelle a des couleurs, et particu- 
lièrement celles de' la couronne , moins vives et moins pures. 
Cette espèce vit dans les forêts et les grands halliers. La 
défiance et l'inquiétude sont les traits principaux de son ca* 
ractère. On la voit souvent sautillant de branche en bran- 
che , les pieds en haut , la tête en bas pour saisir les in- 
sectes qui se cachent dans les feuilles. Elle est solitaire ; son 
ramage est peu varié, mais asréable : il semble exprimer les 
syllabes eJU^ chi^ chi ^ chi, chica , en appuyant sur la der- 
nière. Cv.) 

FAUVE , BÊTE FAUVE. Dénomination que le^ chas- 
seurs appliquent aa.ېff^ au dcUm et au chef^reuil. (s.) 



F A U' ^79 

FAIJVIX. Le Redoul et le Sumac portent ce nom dans 
quelques parties du midi de la France, (ln.) 

FâUa ou renard , Squalus vulpes, Ct$t un poissoii 
du genre Squale ^ figuré par Rondelet, pi. 387^ (n£$tf>) 

r AUX-AC ACIA. V. aux mots AcAaE et. RopiKiER. (b.) 

FAUX ACORUS. C'e$t Vlms des maeais (^iris pseiido-^ 

acorus\ (ln.) 

FAUX ALBATRE bu ALABASTRITE, r. Albatri;. 

CYPSEUX. fPAT.) 

^ FAUX ALÎJN DE PLUME. On donne ce nom à des 
substances minéralesblanches etfibreuses, tellesque Vamîantej 
Vasbeste^ .lé gypse fibreux^ etc. , qu^on fait passer pour Valiin 
de plume, V, ce mot. (pat.) - 

FAUX-ARBOUSIER. C'est la Cunone. (ln.) 

FAUX-ARGENT ou Argenï* BE CHAT. Variété de mica 
d'un blanc argentin, (luc.) 

FAUX-ASBÉSTE. Amphibole fibreux , blanchâtre. Voy. 
1. 1 ^ p. t63. (luc.) 

FAUX BAUME DU PÉROU. Nom vulgaire du Méli^ 

LOTjODORAIST. (b.) 

FAUX BENJOIN. T. Badamier de Bourbon, (b.) 

FAUX BOIS- Terme d^agriculture qui désigne les bran- 
ches. des arbres qui ne doivent pas donner de fruits ^ ou bien 
qui sont incapables de devenir belles. (tN.) 

FAUX BOIS i)E CAMPHRE. C'est le Selage en co- 
rymbe dont les babitaps du ;Cap de Bonne-Espérance se 
servent pour faire du feu , et qui répand tine odeur forte « 
apprpchant de celle du camphre, (b.) 

FAVX-BOMBIX, Noctuo^-Bombycàes. Tribu d'insectes^ 
de l'ordre des lépidoptères , famille des nocturnes , très-sem- 
blables aux bombix , aux hepiales , aux cossus et autres bomby- 
cites , mais qui ont une langue très-distincte et plus longue 

Îue la tête. Les ailes sont toujours inclinées en forme de tbiti 
]ette tribu comprend les genres : Arctie et Callimorphe. 
Celui des Lithesies et quelques iirmies paroisse nt aussi, dans 
un ordre naturel, devoir lui appartenir, (l.) 
FAUX-BOURDON. Nom. vulgaire de 1' Abeille mâle. 

(desm.) 
FAUX BRESILLOT. C'est le Brésillot de Saint- 
Domingue, (b.) . 

FAIJX-BUIS. Nom donné au Gale , Myrlca gale , à la 
Fernelie, et au Fragon-epineux, ruscus aculeatus. (ln.) 

FAUX CABESTAN. Kùm marchand du Rocher cu- 
TÂcÉ. V. Aquille. (b.) ' 

FAUX CAFÉ. Les nègres de Saint-Domingue donnent 
çç nom au fruit du Ricin; (b.^ ^ 



a8o F A U 

FAUX CALAMENT. C'est VÏKisfaux-^on (lw.) 

FAUX CHAMARAS. C'est la G£KMANDaÉ£ des bois, 
[Teucrium scorodonia. (ln.) 

FAUX CHERVI. Nom de U Carotte sauvage, (b.) 
FAUX CHOUAN. C'est la graine du Myagre orien- 
tal. On s'en sert dans la teinture, (b.) 

FAUX CISTE. C'est la Tcrnère a fleur de ciste, Tiir- 
nera àsuades. (ln.) 

FAUX CORAIL. On donne ce nom aux Madrépores, 
âux Isis, et même aux Corallines qui ont des affinités avec 
le Corail, (b.) 

FAUX CUMIN. Graine de la Nielle romahœ , Nigdla. 
Vcy. Nielle, (b.) 

FAUX CYTISE. L'Anthillide à Feuilles de cytise 
porte ce nom. ^.) 

FAUX DIAMANT ou Jargon. On a donné ces noms et 
celui de Diamant brut , an zircon limpide. V. Diamant brut 

et ZiRCON. (LUC.) 

FAUX DICTAME. Espèce àtàkUane^ différente de ceUe 
de Crète. V. Dictame. (b.) 

FAUX EBÉNIER. C'est le Cytise des Alpes, (b.) 

FAUX ÉBÉNIER D'AMÉRIQUE. V. Ebenus. (ln.) 
FAUX ESPARGOUTTE. V. Mollugo. (ln.) 
FAUX FROMENT. C'est I'Avoine élevée, (b.) 
FAUX-FUYANT. En terme de vénerie, c'est un sentier 

dans les bois, (s.) 

FAUX GRENAT. Suivant Bomare , c'est un cristal d'un 

rouge obscur, tirant sur le noir, (luc.) 
FAUX HELLÉBORE. V. au mot Helli^bore. (b.) 

FAUX HERMODACTYLE. C'est une espèce d'Iais, 
Iris tuberosa , Linn. (LTV.) 

FAUX INDIGO. C'est le Galéga officiival en Europe, 
le GAii;GA des teinturiers dans l'Inde , et I'Amorpha dans 
nos jardins. (B.) 

FAUX IPÉCACUANHA. Les racines d'une espèce de 
Crustole et d'une espèce d'ÀscLÉPiADE, quicrobsent dans les 
Antilles, et qui servent aux mêmes usages que I'IpéGAGUANhIa^ 
portent ce nom. (b.) 

FAUX JALAP. C'est un des noinsde la BELLE-nE-NuiT^ 

Mirabilis jalapa, (ln.) 

FAUX LAPIS. On donne ce nom à.la/w^rre d^Arméme; 
qui est un bleu de montagne , ou carbonate de cuivre mêlé 
avec des matières terreuses. durcies^ qui lui donnent la con* 
sis^ance d'une pierre susceptible d'un certain poli, (pat.) 



F A U ,8i 

FAUX LOTIER. C'est la Glïtsolk , Glmus hioiâes, (ln.) 

FAUX LOTIER D'ATHÈNES. C'eàtlePLAQUEMiNiEa, 
Diospyrùs lotus, (ln.) 

FAUX LUPIN. C'est une espèce de TftÈrtE , Tnfoihan 
hipinaster. (ln.) 

FAUX MARQUÉ. Inégalité des cors sur la iite dû cerf y 
quand elle en a six d'un côté et sept de l'autre : ce que les 
veneurs expriment en disant que le cerf porte quatorze faux 
marqués, (s.) 

FAUX MÉLÈZE. C'est VAspalathus chempoda. (ln.) 

FAUX NARCISSE, C'est une espèce de Narcisse , N. 
pseudo narcissus, (l<Iï.) 

FAUX NARÎ). C'est la racine de 1' Ail serpentin, AUium 
picion'ale , Linn. Q^.) 

FAUX-NÉFLIÉR. C'est une jolie petite espèce du genre 
des Néfliers, Mespîîm chamœmespUus. (in.) 

FAUX OR ou Or de Chat, Mica d'un l^eau jaune. 

(LUC.) 

FAUX PERDRIEUX. V. Fauperdrier. (desm.) 
FAUX PIMENT.'. C'estle5'cAi/M«mo//tfetun5o/fl/ïi/m.(LN.) 
FAUX PISTACHIER. V. Staphylier a feuilles pm- 

KÉES. (b.> 

FAUX PISTACHIER D'AMÉRIQUE. C'est le Eoyeiia 
iucida , L. (ln.) 

FAUX POIVRE. Ce sont le Piment , Capsicumy et le 
Soianum pseudo-capslcum, V. MoRELLE. (ln.) 

FAUX PRASE , ou plutôt FAUSSE PRASE ou PSEU- 
DO~PRAS£. Quelques naturalistes donnent ce nom à un 
quarz agathe verdâtre. V. au mot pRASE. (PAT.) 

FAUX PUCERONS. F. Chermès. (desm.) 

FAUX QUINQUINA. C'est Ywafrutescens et le senecio 

pseudo-chma, (tN.) 

FAUX RAIFORT. Nom du Cranson rustique, (b.) 

FAUX RUBIS ou Cristal rouge. F, Quarz. (luc.) 

FAUX SANTAL DU BRESIL. Le Brésïllet porte 
quelquefois ce nom. (b.) 

FAUX SANTAL DE CANDIE. C'est le bois de Vola- 
terne. V. Nerprun. (b.) 

FAUX SAPHIR, QuARZ-HYALiN. Ce nom a été donné 
au Saphir d^eau des lapidaires ,, que Ton regarde aujourd'hui 
comme une variété da CordUrUe, V. ce mot On l'a aussi ap- 
pliqué à la chauK fluatée d'une couleur bleue , au quarz. (luc.) 

FAUX SAPIN, C'est la Pesse , Hippurîs vtdgari^. (ln.) 

FAUX SCORDIUM. V. au mot Germandrée. (r.) 



,8, F A Y 

•FAUX SCORWON , Phalangîum canavides, Tu. V. Par- 
licle Pince , OieUfer, (desm.) 

FAUX SEIGLE. C'est , dans quelques cantons , le fro^ 
mèntai. . V. au mot AtÔiwe ÉLEvéE. (b.) 

FAUX SENE. V, Baguenaudier. (b.) 

FAUX SIMAROUBÀ; Racine de la hignone cmpaya. 
V. aux mots BiGNôNE et Coupaya. (b.) 

FAUX SQUCHE'i*- G' estit- carex-pseudo-cypems de Lin- 
nseos. V. au mot Laiche. (b.) 

FAUX SPATH , Bomare. C'est un des noms du Fe!d^ 
spaik. V, ce mot. 

FAUX SYCOMORE. C'est I'Azép^rach. (b.) 

FAUX TABAC. C*est la Nicotiane rustique ,* mcoUana 
rusUca^ L. (ln.) 

FAUX TÉLESCOPE. C'est une coquille du gence 

StROMBE> iS/r./Jû/ltffW. (DESM.) 

• FAUX THE. C'est VAhtonîa ihea,\h^,) 
FAUX THUYA. Espèce de Cyprès , cupressus/éhufdiOes. 
FAUX THLAPSL F. Lunaire annuelle, (b.) 
FAUX TREFLE. C'est la Paui^lintr asiatique, (ln.) 
FAUX TREMBLE. Espèce de Peuplier, (b.) 

FAUX TURBITH. On croit que c'est la racine de la 
TnAPSiE GARGANiQUE, dont OU se sert en place du Véritable 
turbith , qui çst la tacine d'une é^èce de Liseron, pour 
purger les humeurs goutteuses et autres. (B.) 

F AVA. En Italie , c'est la Fève , vicia Faba, (ln.) 

FAVAGELLA. C'est ^ en Italie, le nom de la Grande 
Chélidoine 5 Chdidonlum majus, (ln«) 

FAVAGELLO. C'est, en Italie, le nom de I'Orpin des 
VIGNES , Sedum tdephîum , L. (LN.) 

FAVAGITE. ÎHom que quelques oryctographes ont don- 
né à des Madrépores fossiles dont les étoiles sont un peti 
semblables aux alvéoles des rayons d'abeilles, (b.) 

F AVAL. C'est la Vis jffACULÉE. (b.) 

FAVARIO, r, Favagello. (ln.) 

FAVAS D'AYA des Portugais. V. Salken. (ln.) 

FAVAS DO RATO des Portugais. V. Moullava. (in.) 

FAVAS DE TRES HUMAS àts Portugais. V. Ponge- 
lion, (ln.) 

FAVASEI. En Italie, on donne ce nom au Reccabcnga , 
espèce de Véronique, (ln.) 

FAVE et FAVETOS, Noms languedociens de la Fève 
et de la Féverole. (ln.) 

FAVELRANom de la Fève, en Portugal, (ln;) 



F E B a83 

FAVELOTTE. Synonyme de Fève, (b.) 
FAVELOU. C'est le LAtJ&i£B.-THYM| vibumamUnus^ L. , 
en Languedoc, (ln.) 

FAVETOS. V. Fave. (ln.) 

FAVIOOUS. Nom languedocien des Haricots verts, 
Pkaseolus vufgans^ ceux qu'on mange avec la cosse, (ln.) 
FAYOKIE, FatHmium, Genre de plantes, qui diffère très^ 

{en du biBELTA de Lhéritier , et du Choristes de Thun- 
erg. V. le premier de ces mots et le mot Polymnie eh- 
NEUSE. (b.) ^ , . 

FAVONITE. On donne ce nom à TÀs-^oïte , rayon 
d'abeille fossile. F. Favagite. (pat.) 

FAVORITE. Nom d'une Poule sultane de Cayenne. 

(V.) 
FAVOSCELLO. Un des noms italiens de la Ficaire. 

(LN.) 

FAVO SITE, FâPOAiites. Genre depolypiers foraminés établi 
par Lamarck. Il se rapprotbe des TuSipores et des Alvéo- 
lites. Ses caractères sont : polypier pierreux , simple , de 
forme variable et composé de tubes parallèles, prismatique^ 
disposés en faisceaux; tubes contigus, pentagones ou bexago- 
nés , plus on moins réguliers ^ rarement articulés. ' 

Ce genre renferme deux fossiles fort rares. Il me semble 
^n'il a besoin d'être discuté, (b.) 

FAVOUETTE. C'est la Gesse tubéreuse dans les Al- 
pes méridionales, (b.) 

F AXE. Nom du Brome seiglin, Bromus secalinus ^ en 
Suède et en Danemarck. (ln.) 

F AYA. Nom portugais du HÊTRE, (ln.) 

FAYAN. F. Fan. (s.) 

FAYON. On nomme ainsi les Haricots, dans le midi de 
la France, (b.) ^ 

FE. Nom donné au Jap<m ànne espèce de Lentille d'eau. 
( lemna ndnor^. (LN.) 

FEABERRIES et FEABERS. Noms anglais des Gro-^ 

6EILIJBS A MAQUEREAU. (LN.) 

FEATHERPOIL et WATER VIOLET. Noms an« 
glais du Plumeau aquatique ( Hotioma palustns). (ln.) 

FEATHERGRASS. C'est, en Angleterre, le Stipa pen- 

'NATA.(LN.) 

FEBERBOD. Nom danoîsdes Benoîtes ( Geum ). (ln.) 
FEBERURT. Nom danois de la Scutellaiae commune 
( Seuiellaria galericuiata ). (LN.) 

FEBRIFUGAvNom sous lequel on a indiqué deux plan- 



> 



^84 F E C 

tes , la petite Ceiïtau&ée ( GenUana centaurium ; et la gran^Te 
G£NTi\î9£ {fi, luteay Gaza le donnoit à la première ; il pa— 
rottroit que \t fehrifuga ùvl febrijugia d^Apuleus désigneroit la 
MATRicAïas. r. aussi Scutellaire. (ln.) 

FÉCONDATION. Opération naturelle par laquelle les 
étamines portent, au moyen du pistil , jusqu'à T ovaire, le 
principe de vie nécessaire au déreloppement et à la maturité 
des semencçs. Vorez les articles Fleur, Fruit , Semei^gb^ 

(D.) 

FÉCONDATION et FÉCONDITÉ , viennent de/o- 
çerey réchauffer , fomenter , ainsi que le moi faUus qui en 
est le produb. 

hai feœndîuion est une (j[nalité propre à tous les animaux et 
les végétaux pourvus de sexes , soit visibles et séparés , soit 
réunis et peu ou point visibles. (F. Sexes.) Les animaux 
sans sexes,et les végétaux agames ou cryptogames^ ne laissent 
pas de se reproduire, quoique sans accouplement, sans fécon- 
dation préliminaires ; ils possèdent en eux-mêmes les élé- 
mens de la génération ; quelques-uns se reproduisent de bou^ 
ture , ou par division ; de sorte que leur fécondation ou leur 
génération est une suite de leur accroissement ou dé la sura-> 
bondance de leur nutrition^ comme chez les polypes quibour* 
geonnent , les arbres qu^on reproduit de bouture j de sur-* 
geons, etc. F. Génération. 

Les organes de la. fécondaiion chez les animaux et les vé- 
gétaux à sexes distincts, sont l'étamine ou plutôt Tantbère et 
son pollen pour les plantes ; les testicules chez les mam-** 
mîfères, les oiseaux , les reptiles; la laite chez les poissons; 
les canaux déférens^du sperme ou élaborateurs de ce fluide 
chez les mollusques , les insectes, les annélide& ou helmin- 
tides , etc. Telles sont les parties mâîes proprement dites , ou 
qui donnent le principe' excitateur de la vie. 

Les organes de \dL fécondité sonf les parties femelles^ qui re- 
çoivent, nourrissent, fomentent, élèvent le jeune être, l'em- 
bryon animal ou végétal. (r.EA^RYON et Fœtus. ) Tels sont 
IWaiVif contenant la graine des plantes ou Vœi^àes animaux, 
ou les germes^ les petits êtres organisés c[ui paroissent être 
prédisposés d'avance. En effet , l'œuf de la poule qui n'a 
point été cochée , et qui ne produit rien par l'incubation , 
n'en contient pas moins tous les élémens du poulet , toutes 
ses membranes , quoique peu ou point visibles ^ l'œil non 
armé du microscope. On observe de même , dans l'œuf de 
la grenouille, les parties du têtard, quoique le sperme du 
mâle ne lui ait pas encore communiqué cette excitation vi- 
tale , sans laquelle il ne peut se développer. 

La fécondation consiste donc dans cette transmission de 



f E C a85 

l'^etcitâlion vitale, an nioyen du sperme mâle ( V. Semence) , 
et cette excitation vitale n^est pas seulement le résultat d'ua 
J>rincipe stimulant , tel que seroit de T alcool qui soUicite- 
foit Pénergie de notre système nerveux y mais le sperme a 
la faculté de modifier 1 embryon , d^altérer sa forme , si 
Ce sperme vient d'une espèce aifférente de la femelle. Ainsi 
le sperme d'âne, dans Tovaire d'une cavale, va déformer le 
gern^e ou Tembryon du jeune cbeval pour lui donner les lon- 
gues oreilles , la queue et d'autres traits de figure de l'âne, et 
pour former un mulet. Il y a des mulets ou métis analogues 
chez d'autres mammifères et chez les oiseaux , les insectes , 
et surtout dans les plantes. ( V. Métis. ) Cependant les 
graines des plantes, les œufs de plusieurs animaux existoient 
déjà tout formés avant cette fécondation, et avoient, en prin- 
cipe , la figure de l'espèce maternelle ; ce qui à fait dire à 
Ilarvey que tout être vivant sortoit primitivement d'un œuf : 
omne vwum ex ooo. ( Gui. Harvey , de Ç^enerat. animal, exeivù, 
anaiom. ) 

Ordinairement les fécondations s^opèrent par l'accou* 
plement des sexes chez les mammifères , les oiseaux , les rep- 
tiles ( excepté quelques batraciens ) , les poissons sélaques 
(raies, squales), et quelques autres; lesmoUusques , les gasté- 
ropodes androgynes (quoique ayant chacun les deux sexes , 
ceux-ci sont disposés de sorte que l'animal a besoin d'accou- 
plement mutuel ) , les crustacés , les insectes proprement 
dits , sous leur dernière forme , plusieurs helminthides ou 
annélideSf des entozoaires ou vers intestinaux, etc. 

Il n'y a point d'intromission de sperme ,. mais cependant 
il existe une vraie fécondation extérieure ou une irroration 
du sperme sur les œufs , chez les reptiles batraciens , gre- 
nouilles et salamandres , chez la plupart des poissons qui 
frayent ( VI Frai ) , et les mollusques céphalopodes. Les 
animaux et les végétaux hermaphrodites ont aussi des fécon- 
dations; par exemple , Méry a vu que dans l'huître , les em- 
bryons sortant de l'ovaire pour se répandre dans les bran- 
chies , étoient fécondés par les vaisseaux spermatiques ou 
déférens. On prétend que chez quelques insectes , les hé- 
mérobes , la fécondation a lieu après la ponte des œufs , qui 
son^ portés sur un pédicule long , sur des feuilles , le mâle 
venant les féconder de son sperme. Les étamines fécondent, 
l'ovaire en déposant sur le stigmate des pistils un pollen fé- 
condateur, soit que la fleur soit hermaphrodite, ou qu'elle soit 
monoïque ou dioïque ( V. Fleur*). 

Outre ces fécondations naturelles, on en peut faire encore 
di'artificieUes , et l'on a produit ainsi des métis à volonté. 
jC'eat ici un triomphe de Tart pour scrutt^r les lois de la nature« 



a86 F E G 

Dans les végétaux, un palmier dattier (emçUe (leui^ssoit^n 
Tain chaque année dans les serres de Berlin; le botaniste Gle- 
dîtsch fit venir de Dresde, par la poste , du pollen d'un dat- 
tier mâle qui fleurissoit alors*, et féconda la femelle qui porta 
du fruit. Les plantes dioTques se fécondent ainsi par le moyen 
des vents qui apportent le pollen du mâle sur les fleurs fe- 
melles éloignées ", exemple facile à répéter dans le chanvre, 
le houblon , etc. Koëlreuter, diaprés ces faits, essaya de 
féconder plusieurs fleurs femelles ou les pistils , avec le pol- 
len d^ antres espèces déplantes; et il obtint de «:ette manière 
un grand nombre de métis de toute espèce voisine. Llnnaeus, 
frappé de ce iait merveilleux , fut disposé à conclure qu/s 
toutes les espèces si variées' des plantes pourroient bien n^étre 
primitivement que des hybrides ou produits mélangés d'un 
petit nombre de. genres primitifs de végétaux. ( V, la dis- 
cussion de cette hypothèse à nos articles DÉGÉHÉaÂTiON 
et Espèce ). 

■ - Quant aqx fécondations artificielles des animaux , elles 
peuvent s^opérer facilement chez ceux qui ne s!accouplent 
pas. Ainsi , en mettant des culottes .de taffetas à des gre^ 
nouilles mâles en leurs amours, ils ne fécondent pas les œufs 
de la femelle , on son frai ; si Ton prend , comme Ta fait en^ 
core Spallanzani , très-peu de ce sperme de mâle ^ qu^oa 
ledélaie dans Teau , on pourra féconder un grand nombre 
d^œufs de grenouille avec cette eau spermatinée. Le, même 
abbé Spallanzani a expérinienté que ce n'étoit pas la vapeur 
eu la prétendue aura seminàlis du sperme qui pouvoit fécon- 
der les œufs de grenouille , mais qu il falloit de la substaqce 
même de ce sperme , quoiqu'en extrêmement petite quan-: 
tité. Il a remarqué, de plus, au inicrôscopey que ce. n^étoient, 
pas les animalcules sperm'atiques qui fé coudoient, selon Thy', 
pothèse d^Hartsoëker et de Leuwenhoeck 9 puisque les par* 
ties du sperme bien privées de ces animalcules microscopi-; 
ques n'en ont pas moins fécondé les œufs de grenouille.. 
Ensuite Jacobi a répété les mêmes faits avec la laite des 
poissons mâles sur les œiifs de poissons. Il a obtenu deS) 
métis en fécondant ainsi artificiellement les œufs dWe es^. 
pèce , au moyen du sperme d^une autre espèce. Il a même 
constaté que la laite d*un poisson mort depuis trois jours , 
mais qui n'étoit pas gâté , pouvoit féconder encore les œufs 
d'une femelle. Spallanzani avoit vu qu'une goutte d^eau ne 
contenant qu^un 2,994.1687,500.^ de grain de sperme de gre- 
nouiUe , suffisoit néanmoins pour féconder des œufs. • 

Enfin y on a produit des fécondations artificielles dans les 
quadrupèdes. Du sperme de chien, délayé dans un peu d'eau 
chaude , fut injecté par Spallanzani dans le vagin d'une 



F E C ,87 

chienne en chaleup, Uquelle j^yqU éié el fut séparée de*tout 
éhien ; eUe porta trois petits^ après un terme ordinaire , et 
ces chiens ressehibloient à celui dont on avoit obtenu le sper^ 
me. Cette expérience répétée pâ^r d'autres s^rans italiens « a. 
égalemient réussi, . , 

Maiis ily a un autre phénpinène À.conkidérer dans les. fé- 
condations i ce sont celles qui se conserrent pour plusieurs^ 
Î;énéràtions. tJne poule cochée .une iseule fois^ poqd desœuis 
ëconds pendant vingt jours. 

Une araignée dont les espèces sont ennemies les unes à^s^ 
Àitres et s'entre^évorent souvent dans leurs approches, ^i^ 
moins qu^un amour très-violent ne les force à faire trêve à 
feùr férocité ) , Taraignée une fois fécondée^ Test, dit^-on^ 
pour deux ans , sorte de prévoyance dans la j^iature à ca^e^ 
de la difficulté des accoupléinensde ces espèces. 

Un autre mode de fécondation plus merveilleux, est celu% 
des pucerons , dé quelques daphnies ( monoculus pulex^y ^Of 
ou puces aquatiques, qui, s^ étant une seule fois accoiqplées/ 
produisent des individus uniquem ent femelles pendant cin<| 
ou six générations, sans accoûplemens postérieurs ; ainsi, 
«me femelle imprégnée, par le mâle, produit des femelle^y^ 
lesquelles, sans accouplement, font une seconde génération ^^ 
celles-ci une autre et ainsi de suite,, jusqu'à ce queThiver ar-< 
rivant , la dernière génération contient des mâles et des £e-. 
nfielles. Ici se fait raccouplement une fois pour toutes lesgé~> 
nerations subséquentes de Tannée qui doit suivre. , 

Pour expliquer ce fait, il faut considérer que la femelle pu« 
ceron on puce aquatique, pa^^on imprégnatÎQn avec le mâle, 
devient, en quelque façon , mâle et femelle ^ ou ifeçoit 
toute la vertu fécondante masculine. Elle transmet cette sorte, 
de faculté mâle aux individus femelles dont elle accouche ;, 
ces femelles se fécondant d'elles-iqémes, accouchent égale-^ 
ment d'autres femelles qu'on, peut considérer comme andro- 
gynes , et enfin, ce n'est qu^à la dernière génération que la; 
vertu fécondante mâle se sépare des iiidividus femelles,; 
et produit des Individus masculins i pour procéder à un JUMi.-*; 
vel accouplement. 

Il y a quelque effet semblable dans des plantes dioïques^ 
comme nous Pavons, remarqué. Ainsi le Jumoerus canadensis;. 
et quelques salix sont une année chargés de lleurs femelles ^ 
une autre année ,' de fleuri mâle» ; :ils sont ainsi , quoique 
dioïques , essentiellement Imprégnés des deux sexes et ca- 
pables de se reproduire. C'est, peut-être ainsi que Ton peut 
e'xpiiquer comment Spallanzani a vu des épinards , des pieds 
de chanvre femelles , bien séparé^ de tout rtiâle , porter ce- 
pendant des graines fécondes. Ne $ait-onpaSf d'ailleurs, que, 



a88 F E C 

sur les plantes diotqaes , où mâles ou femelles , on peut 
trouver, parfois , des fleurs d'un autre sexe y qui fécondent 
incognito et comme furtivement les femelles t et font rentrer 
ces végétaux dans Fempire général de Thermaphrodisme 
qui semble naturel à ce règne P V. Hermaphbodisme. 

A regard des circonstances de la fécondation , nous ren- 
voyons à l'art. Génération , et au mot Sexe. On sait , par 
exemple, que chez les plantes, les organes femelles ou pis- 
tils sont ordinairement moins nombreux que les mâles ou éta- 
mines. Chez les animaux , au contraire , un mâle suffit quel- 
quefois à plusieurs femelles ; il en est ainsi sans doute des 
anguilles et d'autres poissons chez lesquels on trouve si rare- 
ment des mâles, que des naturalistes ont cru qu'il n'en exis- 
toit pas dans ces espèces. Parmi les insectes à métamorpho- 
ses, les mâles meurent après la fécondation, comme s'ils 
transmettoient toute leur vie à leur progéniture. Les femelles 
persistent jusqu'après la ponte. 

La Fécondité on la puissance procréatrice se développe 
diversement dans les végétaux et les animaux. Dans toutes les 
familles des plantes agames ( ou sans sexe connu ), comme 
les truffes , les algues , de même que chez les animaux ra- 
diaires , les polypes hydres , les méduses , les actinies , les 
holothuries , etc. , la reproduction s'opère par la simple di- 
vision de l'individu qui reforme ainsi des individus complets, 
ou par des bourgeons, des germes, des expansions de la 
substance de l'être procréateur , lorsqu'il éprouve une sura- 
bondance de nutrition et de vie. La plupart des plantes les 
plus parfaites et à sexes très-af|>arens , ou les phanérogar 
mes , sont aussi susceptibles de se multiplier , outre la voie 
des graines ou semences , par des bourgeons , des caïeux , 
(des drageons , des portions même de racines , de tiges, de 
feuilles prolifères, etc. Il n'en est pas ainsi des animaux 
pourvus de sexes; car ils ont besoin alors d'engendrer, soit 
par accouplement , comme toutes les espèces dioïques, soit 
par eux-mêmes , comme chez les monoïques , tels que les 
mollusques bivalves , les helminthides , etc. 

Parmi les espèces pourvues de sents , il existe encore 
beaucoup de> différence entre les végétaux et les animaux re- 
lativement à la fécondité. Chez les plantes , le sexe féminin 
paroît être le plus capable de multiplier, même sans Fin-' 
tervention du mâle. Ainsi l'on voit des femelles de végétaux 
dioïques cultivées seules en Europe, comme le mûrier à pa- 

(' âer ( hroussonetîa papyrifenif Lhérit. ) , qui vient de Chine ; 
e tacamaqàe '(/'O/iii/zff balsamifera j L,) apporté du nord de 
l'Amérique , se propager de bouture; tandis que les indi- 
vidus mâles dç tou^s les espèces dioïques sont plus IToibles f 



^ E G ^ 

^ re^^iiiefijfcm^meijpiet^gefetô 4efef^ei^péloer par teUe voie^ 
JDe pl9$ « .''des ir/u^a femelles., culUy^e^ flfas nos terres , sans 
'loâlesy Ml développé plus^i^^ fois des (i|enrs mâles aussi, 
et sf âo^t rejjidues aiQHpïqii^s , ainsi qm Q* Forster Ta 
T€^vqiié ipotti" diverses pl^^e^ .^es >îles des js^prs aus^r^ies. 
f$p^tUnRâa)i a ^u un pkd temelle dechan^vre^ bie|ii3olé, 
4itrodnif)e âe& igfj^iaes i^ço^des. I)>Uleiur^:les^^iiii|iesayQr- 
lient ou fie.<))taQgeot soHvecNten ^t^es da^as 1^^ fleurs» tandis 
.que lesiorgADcs ifomelles sont presque toiQouFs cMstâUfis, im- 
>mttables. . 

X)ansile>r,^^;ius amm^d* au,coQtraire,lesk,dividuSimÂl^.pa- 
roissent .il«e 9 en géoéral , plus rubu^tes , plus cfipables de 
4téco<»der>qae les fe^ieiks, et , çbe^qu^^tit4 d'^^ice^^éme, 
un seulmâkf le taureau, Je coq, suffit àbeaucQup defi^melles; 
ce,qm.eat rîarerse deâ plaotjçs, .u^ les étawines -^^çpjisaent 
presque ii>u)aursJe4aQinbre d^Sipistlls. La Teiue ;^îlle est 
dans ee cas ; elle a un s^r^il de :iuâl6s. 

Quant À.la;inultipUc2ilîan relative des vég4laiiat .études Anir^ 
maux, elle paroît être également prodigieuse.; ;et.)ei]|e;Sats 
Jiiéme^i le règne anim^I.]ti>tp0s]Lasiup^iorUé.p(^'uilé.tige de 
«maïs produise dèuxjmiUe grdines ; qu'up soleil eo ait le doû- 
Jbile ;.qu'un pied de pavot doùne jusqu'à ti^euteTdeuiEiiniUe se- 
mences ; qu'une tige .de :t^ac en fouçuisse^plus de quarante 
-mille; qu'un.orme, un piâtane>.fouruissent)nsq.u7àcéQt mille 
graines par £|n;qu!i:^ giroflier produise piu^de^sept, cent vingt 
mille clous de.gkofle; qu'en comptau^lesrboiicgei^iiSiqu^ilpettt 
donner en outre , on.doi^iledie nombre de ceS(«ioy:ens de re- 
production chaque année, :Âls;Sont immenses sans doute ; et 51 
toute eFénei^Le procréatrioe «d'un sW/v^étal $e.dév.eloppoit 
en autant de nouveaux êtres , Ja lerce étales sphères célestes 
même ne jsuffiroient .plus :bie|Ktàt pour les inourrirtous. Jllaîs 
«tout cela est peu encore en companaisondesimimaux. Je ne 
parlerai pas. de .la>muhiplicalion innombrable «kis insectes, et 
des cinq ^.six .miUe.iQeiifs .qn'jane réine^^^abeUlcrpond chaque 
année ; je ne parlecai jui ides mouciieron^ , si des jautereUes 
qui â'.avancent.dans.leâ.cfaamps.de'la Tavtariei utMaée^ ass^z 
épaisses pour : obscurcir, le ^soleil , et.dévocer, jèn quelques 
heures, toutes les.productioms. végétales; maïs feine/citevai en 
exemple, que les animaïK.aquatiqnes , et particulièrement ks 
poissons. Le jnoindre hareng:a ^pi^&^.dix miUe œi^s. iBlooh 
. en a trouvé cent mille dansun&cacpe dedami-dunrel ^neautre, 
longue de quatorsepouces , avoit,decalculfait suivant P J^etit , 
deuiLce^tsoisante-adeax mille deux cent vingt-quatre.œufs ; et 
une autre,, de. seize «ponces, trois cent quarante-rdeiix mille 
cent f|uaran(er*quàtre.iTJne perche avoit deux centquatre-rvingt 
mille ceufs^iUnejautce , tr6is.centquatce-svingt.piiiieaix.eent 

XI. 1 Q 



âgo F E C 

quarante. Cela n^est rien encore. Une feAiefie 4\ 
pondit cent dix-neiif livres pesant d'œufs , et comme sept de 
ces œufs pesoient un grain , il' en résulte que te tout devoit étrft 
évalué à sept millions six cent cinquante-trois mille deox cents 
œufs. Leuwenhoëck a calculé , par ce procédé , jusqu'à neuf 
initiions trois cent quarante-quatre mille œufs dani? une setile 
morue. Or, si l'on considère que ce seul poisson âi peut don- 
ner autant pendant beaucoup d'années ; que l'Océan nourrit 
bien des millions de ces mêmes morues ; que tous leurs œufs 
peuvent donner autant de poissons, qui en produiroient des 
milliards de milliards à leur tour,' Ton sera effrayé de l'épou- 
Tàntable fécondité de la nature. Les bornes de l'univers même 
deviendroient à la fin trop étroites, si l'on suppose cette puis- 
sance productive agissant de tous ses moyens sans que rien 
l'arrête ; car la nature se porte d'ailleurs avec impétuosité vers 
la reproduction, par Tattrait inconcevable- du plaisir; de 
sorte que l'équilibre de l'unirers ne pourroit pas subsister 
sans la puissance de destruction qui rétablit le niveau'parmî 
' tous les êtres. 

Mais , dans l'espèce bumaine, la puissance de reproduc- 
tion est beureusement plus limitée, quoique l'union sexuelle 
y soit plus fréquente que cbez les autres espèces ^ ' et l'on ne 
' peut méconnoître en cela une faveur de la nature. 

§1. Des causes générales de la fécondité et delà stéilU^, — CroU" 
sez etmuMplieZy dit la Genèse à l'bomme ; mais quelquefois ce 
but n'est pas atteint: les causes de la fécondité et dé la stéri- 
lité étant variées, nous devons les parcourir tontes pour les 
reconnottre. £n général il y a moins d'hommes impuissans 
' que de femmes stériles , et il semble que le sexe le plus foible 
. Hoit aussi le plus exposé aux imperfections naturelles. 

L'bomme , pour être fécond > doit avoir les organes sexuels 
bien conformés: Si les testicules sont atrophiés ou oblitérés 
( ceux qui demeurent toute la vie dans l'abdomen , ne sont 

{>as moins actifs pour cela ; il paroit même que la chaleur du 
ieu excite davantage eu eux la sécrétion du sperme.):, si Té- 
pididyme est obstrué ainsi que les canaux déférens , s^il man- 
que de vésicules séminales , si l'émission du sperme ne s'opère 
E as convenablement , si ce sperme n'est pas suffisamment éla- 
oré, etc., l'imprégnation n'aura pas lieu.Deméme, si l'érec- 
tion ne peut se faire, s'il yaunhypospadias ou autre vice de 
. structure, il existe un empêchement dirimant pour le mariage. 
Mais , quoique bien conformé , l'homme peut être phis ou 
moins fécond , et il y a tel tempérament très-lyntphatique , 
telle complexion trop grasse, surtout tel état d épuisement, 
.de foibiesse nerveuse, de froideur , d'hébétation physique ou 
morale^ qui peuvent rendre le c6ït infécond oiîmême impos- 



F E C agi 

«ible. Il existe de grandes variétés ^ans la puissance sexuelle, 
suivant les constitutions. Celui en qui prédomine le système 

'sanguin artériel, est fort fécond d^ordinaire, quoiqu'il n'ait ni 
l'ardeur , ni la force du felnip^ràmént bilieux , brun, sec et 
velu ; car le développement des poils annonce surtout là vi^ 
gueur. Geliiî-ci s'accommode mieux d'une femme de consti;^ 

'tution molle et bumide, afin de tempérer son exaès de yirat^ 
cité f- tt une telle union est ordinairement très-féconde. Ne 
sèroit<-ee point à cause de ces rapports que certains mélangés 
4e racés , par exemple d'un nègre avec une femme blancbé, 
produisent quelquerois^beaucoup d'individus P 
' Quant à la femme , la stérilité peut reconnottre bien de» 
causes de' conformation , tantôt par l'absence ou l'altération 
morbifiqué des ovaires , tantôt par une obstruction , une direc- 
tion vicieuse des trompes de FalJope, tantôt par l'obliquité 
îie l'ouverture de l'utérus ou par des camosités , une mauvaise 
situation dl^col de la matrice , etc. Outre ces vices naturels , 
4'utéms peut avoir , dans sa substance , telle altération qui 
le retide incapable de s'imprégner de sperme , comme un étit 
spasmodiqué, une disposition cancéreuse , une humidité sur- 
abondante qui le relâche , par exemple , dans les Sueurs blan- 
ches excessives , ou une sorte d'aridité et d4naction, ayant', 
comme chez les fenimes non menstràées ou mal réglées , des 
4iydatidesv une mole, et beaucoup d'Aitres causes sembla- 
mes. Quoique Tétroitesse excessive du vagin, sa clôture par 
'une épaisse membrane d'hymen , ou sa constriction spasflio- 
-dique: maladive (affection rare , mais dont nous connoissons 
«m exemple ) , rende la cohabitation impossible quelquefoié, 
l'imprégnation peut cependant avoir lieu encore sans intro- 
mission , pourvu que lÀ^ semence parvienne à l'utérus. On 
peut ainsi être enceinte et paroitre vierge. 

L'absence des règles , pendant toute la vie même ,- n'est 
point un caractère suffisant pour faire; présumer la stérilité , 

' absolument parlant \ beaucoup d'expériences la démentent ^ 
'surtout dans les pays, chauds. La cessation des menstrues ne 

* met pas toujours une limite , non plus , à la fécondité de 

' ia fetnme , et on cite plusieurs sexagénaires devenues mères. 
Mais plusieurs dispositions de constitution augmentent oa 
diminuent la faculté fécondante de la femme. Telle qui est 
trop ardente, trop vive, trop nerveuse et sèche, ne retiendra 
pas mieux le sperme qu'une autre d'une complexion trop 
grasse , trop molle , trop indolente , trop humide. Ainsi la 
^oule grasse pond peu d'œufs} ainsi la castration, l'âge de re-^ 
^our qui accompagne la» mort des fonction» sexuelles , aug-* 
mentent l'embonpoint ; ainsi les parties sexuelles relâchées , 
béantes dans les femmes lymphatiques, retiennent ^C^ie-* 



uga F E C 

ment. Voyez ces pefsoaiies d^one caDëlkiiUoD moàététaeui 
«anguioe et lymphatiqae , d^un caractère p<^Fté À la gattë et 
aux affeictiolis tendres ^ d^une sensibilité douce ^ d'un tempe* 
i^ani<eot caloie sans trop de froideur.; voiLà le$ B^eilieures mè- 
res, les femmes les plus fécondes^ surtout lorsqu'elles son^ 
bien faites » d'un teint plutôt intermédiaire que trop JUond ou 
trop brun , qu'elles ont un sein bien dér^oppé ( caractère 
^'une bonne complexion utérine ), et des passions plutôt air 
mables que violentes. Mais une femme à peau aride et relue ^ 
d'uhe cbair sèche et très-irritaUei d'un caractère impétueux^ 
avec des passions irascibles de haine , de vengeance surtout ^ 
aivec un tc>mpérasienit trèsKërotiqiie et de la disposition aux 
ménorrhagie» , une complexion bnine et bilieuse prmcipalie— 
jnent , ne sera imprégnée qu'avec peine , ou avorterai plutôt 
^ue toute autre. 

Toutefois il est Àe$ rapports encore peu camms «ntre les 
sexes , ^i font qu'une femme et un homme , très '-€i9pables 
d'engendrer chacun séparément , ne peuvent ce^endaat pron 
dnîre ensemble ; et voici ce qu'on peut observer sur tt .pojnL 

1.^ Il faut, pour un mariage fécond , une certaine barmo- 
nie entre les deux sexes , soit au physique , sioit au moral ; 
cette harmonie se manifeste dans les sympathies d'instinct ^ 
qui nous font préférer telle personne à telre autre , indépen- 
damment du charme^e la beauté. Les sexes sentent Secrète- 
ment leur unisson par une impulsion naturelle qu'on ne peut 
trop expliquer ; c'est pourquoi nous sommes machinalenBient 
entraînés, dans une société nombreuse, plutôt vers une per- 
sonne que vers toute autre ; la nature nous inspirant mieux à 
«et égard que la raison. 

ft.^ Cette harmonie consiste moins en une similitude de 
tempérament, d'âge, etc., que dans un rapport de diversité; 
car , si l'on y prend garde^ l'homme violent et bilieux préfé^ 
rera une compagne douce et modeste , tandis que la femme 

Eassionnée , impétueuse , trouvera plus de charme dans un 
omme modéré et tranquille , soit que Tua ait be^in de se 
tempérer par d'autre , sait que deux complexions ou trop 
froides ou trop chaudes se choquent entre elles , sans !pe«voir 
»t joindre paiîaitement. On sait que le congrès fut aboli ^ an 
dtx-septièufte siècle , au sujet du marquis de Langeats , qui ^ 
ne ipouvant remplir avec sa femme le devoir conjugal, montra 
une grande fécondité avec une autre , plus enrvipport airecittL 
S.'' Ses caractères cependant trop dis^atrates , sie pouvant 
pasimtrer enrelatioo d'harmonie^ demewrefert stériles ^tromme 
une femme :trop lente ici un homme trop rif dans l'acte , ^us^ 
qu'à 'Ce que l'âge ou 1 habitude amènent quelquefois un rap*- • 
port^^Mhrenable; c'e^t ainsi que des époux ayant. passé quinxi 



F E C ,g3 

M vingt an$ dans enfans » malgré leur désir , en fd»l^ quelque-^ 
fois dans un âge avancé. Abraham et Sara , ainsi que Rachel 
avec Jacob y en offrent. Texemple dani^la Bible. S'il y a 
d| ailleurs antipathie, déeout, haine ou colère , il est biea 
difficile que l'union sexuelle soît féconde ; il nous semble que 
la femme quij, se prétendant violée , devient enceinte , ment 
par cela seul qu'eue a conçu; elle a nécessairement acquiescé 
an plaisir ; il né paroit pas que Timprégnation puisse s'opérer 
dans une haine bien prononcée. On a de;^ exemples de femmes 
qui ont conçu étant endormies , même profondément : il 
existe certainement des femmes qui engendrent, quoique ra* 
rement , sans volupté ( toutefois elles ne sont pas toujours vé^- 
ridiqûes sur ce point) , mais c'est sans répugnance ; car la vo- 
lupté , on du moins l'absence d'antipathie ^ paroit indispen- 
sable pour former un nouvel être. On peut dire à la vé- 
rité que telle qui commence avec haine , finit avec amour 
^uand le transport du plaisir ravit sa volonté. 

^ Il ne faut pas présumer pourtant que plus la volupté est 
vive 9 plus la conception soit promipte et facile ; trop de 
preuves démontrent au contraire que l'utérus , dans un état 
d'extrême excitation Vénérienne , s ouvre à de nouvelles jonis-^ 
sauces , et recommençant toujours l'ouvrage , n'en finit au- 
cun ; c'est le tissu de Pénélope. Les animaux ^ comme les ca- 
vales , les ânesses trop en chsdeur, ne retiendroient point le 
sperme du mâle , si l'on ne ^etoit pas de Teau froide sur leur 
croupe , ou si on ne les frappoit pas rudement après l'accou- 

}>lement , afin d'amortir leur ardeur. Les Arabes ont soin de 
aligner , à la course , leurs cavales , avant de les soumettre 
à l'étalon ; c'est'afiii qu'elles soient moins lascives et plus foi* 
blés. Tomes les courtisanes , toutes ces prêtresses de la Vé- 
nus vulgiçaga , qiû abusent continuellement de l'incontinence 
publique 9 ces luxurieuses Messalines , loin d'en être plus fé- 
condés 9 ne produisent presque jamais , sj ce n^est avec quel* 
ques persoiines qu'elles préfèrent par goût. En effet, un uté* 
rus sans cesse ouvert, sans cesse stimulé au plaisir, tend 
plutôt il se dégorger^ car le coït trop multiplié dépose aux 
ménorrhag^es , cémme amt avorteniens ; on bien la sensibi- 
Uté s'émonsse, se distrait par tant de jouissances diverses; 
de sorte que la conception ne peut avoir lieu que lorsque tout 
le sentiment se concentre uniquement sirr une personne et 
dans on seul amour. Il en existe une expérience manifeste. 
Les Anglais voulant peupler feotany-Baj, ont déporté, dans 
cette colome , avec des malfaiteurs , beaucoup de prostituées. 
Celles-ci , qui étoîent stériles dans leurs commerces vagues » 
sont devenues mères fécondes lorsqu'elles ont été astreintes 
à un mariage sévère ( Pérou , Vçyog. ,'tom. i ). De même , 



3^94 F E C 

l!hoinitte qui exerce trop le coït nVngendre point, parce qa^u^ 
produit un sperme trop peu élaboré et trop foible , ou bien 
agit avec troitde froideur et de mollesse. £n général , il es% 
proi^vé que la polygamie , toute favorable qo^^lie paroisse 
être à la population , ne propage cependant guère plus que 
la monogamie , parce que 1 bomme s^épuise trop par des jouis- 
sances illimitées. La chasteté , au contraire , augmentant la, 
vigueur des organes et Tardeur amoureuse , est 1 un des plus- 
sûrs moyens de fécondité. C'est pour cela que les animaux ^ 
ne se livrant à la copulation qu'à Tépoque du rut^ une où 
deux fois par année ( excepté les espèces domestiques mieux 
nourries ) , s^imprègnent facilement par un seul acte.. 

Il suit encore de cette cause une chaîne très-importante de 
copséqnences pour la société et les gouvememens ; c'est que 
Tetat.des mœurs influe prodigieusement sur la population des 
empiresi Que Ton considère la reproduction relative des 
grandes villes de luxe et des campagnes les plus pauvres. Qui 
ne croirdit que les premières s'augmentent, se peuplent sans 
cesse à cause de l'abondance des nourritures , de l'aisance et 
de la richesse des familles , tandis que le misérable agricul^ 
leur , pressuré par l'indigence et harassé de travaux , doit à 
peine se réconcilier avec l'amour et se remplacer dans la vie? 
X'out au contraire , le citadin souvent se marie tard y passe 
ime jeunesse ardente au milieu des voluptés qu'il dérobe ai^ 
sèment à la connoissance publique. Il ne se marie enfin que 

Jiar des convenances d'intérêt qui sacrifient d'ordinaire tout 
e. reste.. La nécessité du luxe fait redouter la multitude des 
enfans, et au pen d'amour. des époux se joignent les moyens 
sacrilèges d'éluder les plus saintes lois de la nature dans la 
reproduction. Le célibat devient dans les villes un état forcé 
pour beaucoup de personnes mal partagées en fortune. Mgis, 
dans lès campagnes, l'pn ne peut dérober au grand jour des 
liaisons illégitimes , parce que chacun se connoît dans un 
petit lie]:^oii la. médisance npiéme est. un firein: on se niarie 
plus jçune , on. a moins de besoin de luxe , et les enfans, qui 
s'élèvent presque d'eux seuls, deviennent d'utiles auxiliaires 
dans les trayanx. On coASuite moins les rapports d'intéré^ , 
dans de 3 conditions également pauvres ; on s'unjit plus paf 
choix , on s'aime plus naïvement, par nécessité même. ] 

§ IL De laf^omUérelatiifemerU aux climats, aux saisons j etc^ 
On eompte, dans nos contrée^ tempérées, une naissance par 
yingt-ci.nq pqrspnnes en général ; mais il est des circonstances 
oh une naissance a lieu sur dix-huit personnes seulement, pu 
même sur quatorze dans, les campagnes ,, tandis qu'elle n'a 
Heu que sur trente personne. ou même plus , en plusieurs villes. 
Toutefois > les. naissances surpassent le nombre des morts; 



F- E; C anS 

^r Uinet|i^or$nairei|ieQluni])divida sar frente-ckig 4^an$. 
les vill^es , çt un sur tréntê-deax dans les villies, générale-; 
ment £n Franicé , on comptolt, avant la révolution , deux 
mariages féconds par année sur treize ; et dans la durée en- 
tierce de deux mariages , il y avoit de sept à neuf enfans à at- 
tendre , quoiqu^on ne pAt pas espérer de les voir vivre tous 
rage d'homme. Dans le nOHibre de^nille personnes des deux 
sexes , cent soixante-quatre couples contractoient le Jien 
çonjoga). La population ne peut guère s'accroître aussi rapide- 
ment ei]| Europe qu'elle le fait suit États-Unis d'Amérique, où 
elle s^est doublée en ^ngt-cinq ans, tandis qu'il faudroit plus 
de deux ou trois siècles à la France , en supposant , par im- 
possible , que les maladies , les fléaux, la guerre, la famine 
et d'autres causes de dévastation niaient jamais lieu. De plus ^ 
le territoire partagé et cultivé presque partout, ne fournit 
qu'une quantité bornée de nourritures , au lieu qu'en Amé-^ 
jTHIoç « il existe d'immenses terrains susceptibles de colonisa-^ 
tion. L'on.ne doit donc pas supposer, avec quelqties écri-, 
.yains. , que TËurope peut nourrir le double de ses habitàns ^. 
ni même qu'elle a été infiniment plus peuplée jadis qu'elle 
ne Test de notre temps. La Russie,, la Pologne , l'Espagne, ont 
à la vérité bien plus de terrain qu'il n'en faut à leurs hanitans ; 
et si leur population ne s'y accroît pas en prc^ortion de l'é- 
tendue , c'est par des causes peu difficiles à trouver. 

Les pays modérément froids présentent. généraleinent une 
.plus grande fécondité que les régions chaudes. On a de tout 
temps célébré la fécondité des Suédoises, par exemple (Olai 
l^aàbeck^Atlaniica^ Upsal ,.i684> fol. a voL); elles font d^or^, 
dinaire , dit-on , de huit à dou^e enfans ; plusieurs, en ont jus- 
qu'à dix-huit ou vingt, même vingt-cinq. ou. trente , si l'on eft 
.croit les observateurs de ces mêmes contrées. On voit des Is- 
landaises avoir^uinze à vingt enfans communément ; en 1707^ 
rislande étant dépeuplée par une contagion, le roi de Dane- 
marcl déclara , par une ordonnance , que toute fille qui feroit 
six enfans ne seroit pas déshonorée. Les Islandaises furent > 
dit-on, si jalouses de concourir à la population de leur patrie, 
qu'il fallut bientôt arrêter par une loi ce débordement d'en- 
fai^s (Lord Kaimes, Sketches of the htsi. (^man^ look i. Sk-^ 
VI ,.p. .180 )• Si l'on en croyoit les relevés annuels de nais-' 
sances en Russie , celles-ci s éleveroient .d'une manière ef- 
frayante etnienaceroientl^ Europe australe d'un nouveau flux 
de hordes barbares, comme au temps des troisième au sisièmè 
sièclçs « à l'époque de la décadence de l'empire romain. D'oiji 
yenoi^At en effet ces Cimbres et Teutons défaits par Sferius ^ 
ces maltitudes de Goths, d^Ostrogotlis ^t de Wisigolhs, ces 
Huns , ces Âlains , ces Vandales , ces Hérules , ces Lom- 



^ P E C 

hxcàê , ees Frank:», ces Saxoas i eei l<fovmaiiA ipâ , tétf 1* 
tour, sefefoiemsûriesGaates, Flladîe, TEspagâe, passoîcnif 
même )ilm|tt'eo Afrique « ravageant toat sar Icor passage ^ ëk-' 
Vatei «t dëtrnsan^de nfo^nveanx royanoies , renonvciâaDl akisi 
hi face eu iàcfàét às^tfi dons le pag dies RoMmas ? C^éf oit- 
dés antres el des ioirètB à^ Nor^ , de cette tMdàa, ga/éium , 
comme rappelle Sèéo fjgtiïfcfriilîi^in Les cofemes d'AmérP 
qae el des Indes Mt été on èlile cautère , m» e»itoire né- 
cessaire k cefte piéllio^e dn ^éëi^e Immam chez les AnglaSs , 
les Snédois, les Haiibis, les Allemands , et mteiie les Fran-*- 
çais , depttis la décMf erte de Ifi^veavi-Sionde ; auparavant 
tescroîàadés avôièM: é^leiiàfeiH diminué cette population sur- 
abondante q^ affaiAéroit PEut^ope si cette partie de Tunivers 
élèit trop loi^'te^s pacîfi^iie ou concentrée en elle-même. 
Ati éonifraire , léé régîoàs équatortales , malgfié la rickesse y 
ta ^ôfuston de leurs productions aliiûenf ailles, mainré l'ar-- 
deur et là beauté de leur éfimat , qui favorisent tant 1 amour , 
jba^é la surabôrfdâncé des femmes , la polygamie , la faci«* 
lité des foùÂsàiîtcé^ , sont Akms fécondes par plusieurs causes. 
t> La Ép^ànde chaleur dissipe beaucoufp les fluides , reUfcbe 
les parties solides- et les reàd t^ès-flasques ; de là vient que les 
babttans des pà^s entre les tropiques sont totf^urs mous et 
ëtf Èuetit , état très-peu faTorid>ie à l'acte vénérien ; aussi se 
plaignentrils d^ànapnrodisie, et ont souvent recours à des mé- 
dicattfen^ aphrodisiaques. 

3.^ L'usagé , ou pln<6t Fabus des bains , en ces mémescon-^ 
trées , concourt à reûdre les organes flasques ; il relâche sur- 
tout ccut des fetoimes tellement que la conception s^opère peu, 
1>ùts<{6é là coutume dé se mettre au bain après te coït ^ate 
edrs parëes sèiuelles. 

1i.^ Les fertfitfes mérr£onales sont plus ardentes que les 
hommes , ^àrcé qu'étant en plus gratid nombre , elles ont 
moins d'occasions de satisfaire leurs désirs qu'eux ; et de plus, 
la châleof du climat détermine en elles àes menstrues plus 
abondantes que sous des cieox froids ou tempérés ; il en ré-^ 
sttlte u^é tendance aui ménorrbagiés, à des némorragies ca-* 
pabléS de déèdller le placenta, d^ exciter Tavorteinent. C'est 
ce ^ue' p^ot^ Ptfxpérience ; et si Ton voit la féèime froide , 
siérifè en Europe , dévéliir féCMdé daits les colonies du midi. 
Ton i^emarqùé Ansiitfae la feminé nerveuse et stérile des pays 
ffhaùds 2(cquiert un téiripér^^nent pitis calriie et plus fécdnd 
sous tios cieux tempét^és. 

4..^ Enfin , Fabus dés jouissances chez les hommes , les 
rend bientôt inhabiles Ou impuissans, tandis que Famonr sage 
et modéré dans lès pays froids , maintient les forces génitales 
dans toute leur vigueur. 



F E C sj^ 

8cms tes tietÈXÀtàeM ^(àé stnMètstêmfétmmeB froides. Nooi^ 
pensoiis'^iie^la êaose ett e^éf-^ân^lâ cônfiCkttUdxi mèine d« eefW 

bot de hcpHita^. H* ^xà»f fr^'d pcinoft tf dcp abattre ta eem-^ 
pIe3doifi^dAiiè^ré,fdflMéé^pdW»iillef€finp^^ 

fécondité , à mesure qu'otf s^^v^Até àe^ p(Ae^ irers yé<pialéur^ 



crœiKfc? cm rlogt éMm < »* Ftatfiaiide 
en àxjÊt^ dhè àr Aame f'^A^Iettiande siitf à k«i€, la #raiiiçàii$.e qvia-' 
tre k tïhqiVliàïkiïM ; PE^^agnote Aeiix à Ii'e4b ; e« un prolé- 
taire toinaiir' (}oi droit '(rodisr ésiam , fduidiidiv de dirdits cm\É> 
pstrïtct/Rcts: En Ecosse , daîM ié^ Ues^ Oreades » ^elon Mar- 
tyn ; en SàèSe^, âtti'apfperrt de ]^dfcèe1t:; èâns le liord de'l'Aii^ 
gleterre, sfoivant Thôre$6]r, l'Otf voit beàticMp^e femm^a 
^crfanéet des |iimeàftx ; jHyà riatèrtiie à^» làitiilles geitieltfpsires 
(Mctrtoitjf Nai. hid. of if&rfftoMiemhirt , pag. 4^4» eiS^^ianw.j 
p'a'g. ^4)9^ âc^ femmes ()af fo|lt plusieiH^ fois de s«he àes 
)àmei2tttx. D'ans la Pénsylvatiie tén^rée, ce» éJÉétnpiés sont* 
IréAireiiSfd'âprès Aerell, et lèfi^ taches, îés àntrérf bestiaitt^ 
I^anaget^t tfiéme cette fttcmditë. En Allemagne , Siissmiich 
(Goitiich, ordn. ,.totti. i , pàg. tgS, édit. lï), a trotité un »e^ 
côuc^eimetit dd JMtestat dur soixante^lx aecocreheimens ordi- 
lîaireà. La ptroportiotr^ quoique très-variable, parent d^ùn s^t 
^aite-viiM , en Fr^fnce. Dâns^ les Inded orientales soq4 les 
tropiqtré^; liefs jumeauï ^ôtlt ettrémement rares, suivant les re^ 
dféi'cne^ de îiàkléni^tm (GèàùUar. , pag. 142 ); iie GliiH, qui èsft - 
*a$sé2 tempéré k Cause de È,t9 tnontagnes , voit naftre beau*- 
edùp de fuitieadt (Mblinà, SaggwsuUa Mr. nat. di Chili ^ 
pag. ^3Î). Lés eiéthples Se trois eiifansfd'nn seul part, ne s^ 
montrent guère , eii Etirbpe , qtl'une fois sur six mille cinq 
cents ; et deux àç quatre ettfans^, qu'une fois sur vingt mille ; 
enfoi il n^arrive pèut-^ré pa^ ùit accouchement de citiq én^ 
fans sur an million de fois^ / 

Cdmttie la nature proportidnâe dWdinaire le nombre des* 
înameltes à celui àet pebts , aiiiisi que le jfftmvt Texèmplé desi^ 
chieniK , des chats , dès dochàûs , des brèm et ébèVr^s, étc< , il' 
i^'emuit que h femme' est toût^ti plus d/;^Ârtf tratureUement \ 
en général,les animaux multipar.es produiséni ptu^souveiit'éii 
liombre pair qùlmpatr, par iVffjct de Vktfiôn s^ihétriqûè-des 
ôvâireâ , on àe^ autres orgahe^ doubles du corps. 

Mai^^uné froidure modérée raffermissant les solides ',em^ 
péchant là dissipation des forces , conserve la fécondité même 
jusqu^à un Âge avancé ( comme nous le montrons k Tartiçkf 



«9* F E C 

femme ) , l^excessire froidure s -oap9§e à son dévelo^eiii€i|t ; 
ainsi qu'àlafloraisondeAplantes.Ijes LapoDs, Jes Samoïèdest 
les Ostiakeç , les Jakutes, les KamtscAadales , et.enAmé' 
ri<iae , les Esquimaux ^ les Groënlandais sont très-peu féconds; 
Ton ne voit presque jamais de jumeaux parmi ces derniers ^ 
( Eggède ^ ffuift^r. von Groenland. , p, lia., et Othq FabriCf 
Faun. Giveni. , p. i ), lia plupart des peuplades sauvagei^ er-r 
liantes dans le nord de 1 Amérique se multiplient fort peu. 
Ces nations ne sentent presque pas Tamour , et les femnies y 
âfont par cela même très^maltraitées. 

Sous le même parallèle , la fécondité est souvent fort dif- 
fiérente parmi diverses contrées. De tout temps VEgypte, par 
exemple, a été plus fertile en toute production que Tes régions 
voisines , ce qu^on attribue au limon fertilisant duNil ; et même 
on prétendoit que Teau de ce fleuve rendoit les femmes fé-;^ 
condes ( pour les animaux ^ V^ Aristot HiU. anim. , 1. vu ^ 
C IV ). La Chine passe encore pour un climat extraordinaire- 
ment fécond. En Europe , nous voyons ^es Pays-Bas , la 
Hollande , les plaines de la Lombardie ., et divers lieux en 
France , comme les côtes fertiles de la Normandie , la So- 
logne, la riche Limagnë, etc. , of&ir un piys grand ùombre 
de naissances., à proportion de la population , que les terri-r 
tçiîres voisins. Pareillement, le.capton.de Lucerae .e^tplus 
fécond que la Haute-Suisse et TUndenyald. 

Il nous semble que la cause en est dans rhumidité ; car 
tous les lieux très-arides , élevés ^ venteux , sont et moins 
peuplés , et moins fertiles en productions , tan4is que .dans 
les bas-fonds gras , dans les vallonspl^giUureux.où s'amass^ le 
terreau y «et où des ruisseaux arrosent tqute 1^ végétatiop , les. 
êtres vivans v pullulent avec abonidance. .Une humidité mé- 
diocre paroît donc rendre les êtres pms féconds ; aussi lesi 
mollusques , les poissons , les reptiles qpx vivent dans rbumi- 
dite, sont plus fécopds que les oiseaux., ou les quadrupèdes 
vivans dans les lieux secs. Le cochon,, les oies .et canards, qui 
cherchent rhumidité,.font même beaucoup plus de petits que 
les autres espèces qui fuient Feâru. La femme aime rhumi- 
dité ; une.complexion molle et lympKâtique ^ sans excèjs , pa-« 
roh la plq& favorable à rimprégnatipn/; il s^ensuît donc que 
les pays les plus.f|écoii4s seront les lieu^ bas et plutôt, humides 
que trop secs. Liss lieux m^aritim^^s sont ordinairement Çécon.ds 
piar4amêma,cause. ...... ' 

, Les saisons /{ui sont des climats passagers doivent influei: 
également s.ur. la fécondité. Selon les tables des naissances ^ 
en JÇ'rance , il vient au monde ud plus grand nombre; d'enfans 
aux mois de janvier , février, et surtout mars , qu'en tout autre 
temps ; c'estrà-rdire , que la copulation est plus prolifique 



dans les mois d'avril , mai et juin', ou dans le printemps , ^e^ 
Kiiale iempus , lorsque toute la nature, entrant en ardeur, de-^ 
vient enceinte de nouvelles créations : zephyrUpte , iepentibùs 
^ns ^laxcad cava sinus. Messance à trouvé que les mois d'été 
^toient les plus favorables à Timprégnation ; mais les mois dé 
juin , de novembre et décembre voyent moins de naissances V 
c'est-à-dire , que les mois d'automne sont les moins favora- 
bles à l'imprégnation. Dans des climats plus froids , tels que 
la Suède yles saisons n'étant pa^ les mêmes que dans l'Europe 
australe , les époques de la grande fécondité diffèrent à plu-* 
sieurs égards ; ainsi Wargentin (^Stvensk» Vetensk. Acad. , Hand- 
Ungar , an 176*^ , tom. xxviii ^ pag. 249 et seq. ) observe que 
le mois de septembre est le plus abondant <în naissances ; ce 
qui répond à décembre précédent pour l'époque des impré- 
gnations. En effet, l'hiver , sous les cieux froids, est le temps 
ou les habitans vivent le plus réunis ensemble dans leurs 
chaudes habitations , et où les sexes sont le pkis rapprochés. 
A Marseille , les femmes conçoivent davantage en automne 
et en hiver, que dans Tété; le mois le plus prolifique est octo* 
bre ,et le moins est mars (Raymond, Tçpogràph. -de Marseille 
dans les Mém, de la soc. méd, , tom. Il , pag. 12S tt séq. ). En 
général, l'ardeur de Tété est moins favorable à la conception, 
que les saisons tempérées; les équinoxes le sont plus que les 
solstices ; de même les tégions tempérées sont plus fertiles 
que les contrées trop froides ou trop brûlanteis. 

On croit avoir observé que les années d'une constitution 
australe ou chaude et humide ,donnoîent naissance à une plus 
grande quantité de filles que de garçon$ , tandis que les an- 
nées froides et sèches, ou de constitution boréaleyproduisoient 
le contraire ( Raymond , Mars, ih, , pag. i:é6, et Hippocrate , 
De aer. loc. el aq. et de sttfiiiè.^ § il ). llest certain , par di- 
vers relevés de naissances , qu^on peut voir dans Moheau , 
Mourgues , et les aperçus statistiques de plusieurs départe- 
mens de France , des années plus fécondes en femmes qu'en 
hommes, quoique la surabondance de cJeta-^d s^it la plus or- 
' dinaire ; les années femelles ont été remarquées i^oit de deux' 
en deux ans, soit de quatre en quatre ans , avant la révolu^' 
tîon , quoique cela n^ait pas lieu constamment , et ne se rajl^ 
porte pas toujours exactement à la constitution'de l'année. ' 

Comme la durée du jour représente en petit celle de' Tarti- 
née , selon la remarque d' Hippocrate , on peut demande^s'il 
est naehora genùalis , un temps plus favorable ^laeotvcepttOfry 
ainsi que Font cru les anciens. Dans les hôpitaux* des ï^iùmés 
en couche, le plus grand nombre des aceoncheniens anifé là 
nuit ; il en est de même pour toutes les;femmes , sans àùttte 
parce que pendant ce temps la plus grande partie des impré* 



joo F E C 

guations s^ opère ( T accouchement « selon sa période tiatu^ 
relie t doit avoir lieu après une révolution complète de la ge»^ 
tatîion). Mais de plus , il parott que le matin est te montent 
le plus propre à ta génération ; alors le corps fortifié par le 
repos dusammeii, jouit de la plénitude deson énergie ; le réveil 
est souvent accompagné du signe de sa vigiueur» et c'est dans 
le sommeil matinal au' ont lieu le plus cèmmunément des iU 
lusions nocturnes de la volupté. Les obeam, le coq par exem-^ 
pie , coche ses poules , surtout le matin ; c'est dans ce prin- 
ti^mps de la journée que les fleurs s^épanouisaent et se fécon-» 
dent {Voyez cett4^ qoestian dans Plotarqoè t Pn^s de table ^ 
liv. III , quest VI), L'agiution et les trarvaux du jour^ les repaa ^ 
les objets de distractions ^ les' études ou les affaires doivent 
rendre les conjonctions moins fécondes aux autres époques. 

Il est encore, pour la femme, un temps plus favorable à la 
fécondation 4|ue tout autre. On sait qu'elle appète davantage 
l'acte vénérieaà l'approche et à la fin de l'écoulement des rè<«^ 
gles , parce que ses organes utérins éprouvent vjers ce temps 
une t^rgescence considérable de sang et d'humeurs. C*est im > 
médiatement après que les règles cessent y que le coït est sur- 
tout fécond (Galien , Diasect. vuIq. , cap. ult. ; Paul iEginet. ^ 
7/6. là, c* hTiXVf ; Harvey, Gêner, anim. , pag. 373 ; Maurî- 
ceau. Accouché , tom* U 9 pag. a^S y etc.). C'est en suivant ce 
conseil indiqué par Fernel, que Catherine de Médicts devint 
enceinte. On prétend qu'alors l'utérus est encore ouvert et 
admet plus facilement le sperme ; mais il paroit que l'impré- 
gnation ^st plutèt due à l'état d'excitation modérée dans le-n 
quel se trouve cet organe à cette époque. 

§ III; De rùtfluence des nourritures , des habitudes , etc. , sur 
lajéc^mdilé, — Il n'est point de plus grande source de reproduc^ 
tion que.l'abondanoe des nourritures. En tout pays , le nom-r 
bce des consommateurs augmente on diminue en proportion 
des alimens qu'ils trouvent. Yoyez les années d'opulence et 
de fertlliié ^ tout pullule , hommes, bestiaux , insectes ; tout 
multiplie et remplit la terre ; mais les tristes périodes d'in- 
digence et de misère , les saisons de calamité ne voient naître 
que des indivîdns rares et chétifs , de foibles rejetons qui ac- 
cusant les rigueurs de la nature. C'est ainsi que les années 
^e disette sont constamment accompagnées d'un grand déficit 
d^msja reproduction , comme le prouvent les tables de nais- 
sance. C'esliaute de subsistances assurées , et par déSiut de 
toaie ouli«m,.que les peuplades sauvages s'accroissent extré^ 
meipient peu f tandis que les nations agricoles qui recueillent 
chaude été d'd^ondantes mobsons; s'étendent et se multi- 
plieflft ; tels sont les peuples des États - Unis comparés aux 
&^^vages leurs voisins, ifïous remarquons de même que les 



FEC âoi 

^i^BS 9 les chats ) ^^* , prodwseni bieâ plus dans Tétat 4« 
ilomesticUé oà la nourrilure ne leur manque pas , qu'en Tëtai 
sauvage oè ils ;9oiit forcés à de longues abstinences* De là est 
yena Taldage : me Cetxrr et BacchofrigU V^emis. Le plus puis-^ 
i^aiH mojf^.4~iaaLOfi:«r raigailbn de la chair ^ selcRD les mora"- 
listes , ^st le jeûne. On observe aussi qtte hs coït produit la 
faîm^, ou l»n l»e»ani An restouration , coiiuBfi une rsïection 
aiM)indaiite engetidre lé beMii du cdïL 

Cie n'est (pas ^peiboute ncNirritnne Mit i^als ; an^c quielqtie 
piiofiisioo qu'un JAdividu fasae naage dé fruits ^ de liiégumeâ^» 
et^d'autri» «timens régéiaox^ il nfattainiira ni tarigoeurde 
corpâ^ ni l'ardeur amointciise de ccfaiqni yiyra de chairs âttc- 
jQulènbestWtaiàineidépotssons. dertaiotment on nourrit assez 
irtioadafmtieni la plii^art dés ^tiaux nnàinana^ nuis avec 
rjierbe on. le loin ^ £t nBéinie d» semences et :Aes caciiies ; ils 
M furodûenit guère qm'pa «»a deinx ÎHetifsv ^alidis- que les 
animainc. cMrfiinMre»;^^ moikis iabondattunont ulourris , créent 
d'-ordùiaii» uns aoffibvëose lignée. C'<est> que la chair 4onne ^ 
e^mmeiOnâait^.bien.plns deranhstaiicc nularilBvequc les végé- 
laiiK, Ju'«Kpé]^ience:ai«k voir anssi quefarnosrrilure de pois^- 
sons étoit en général iDès-'pralîfiqae , et Vôm à remarqué , en 
effiet, qnè Isa pfeofleis naritimes ichthvophages éèoient très-^ 
ttcoiids et très^^nmiibreBOL L'iUusire ïIootesquLea (JEsfnûdâs 
liûù , iir. aEiKtU , chap. uni) attribue cet effet aux parties had^ 
ternes des poissons ; jnais il mous narcât phnàt dépendre :de 
plusieurs, antres caaaea :. a;«ia -pèche Conmttpre»qpie ionjdorb 
«ne gcaade quantité depoisftons qui revi||iaeent niénke le pain 

aïs végétauK; il s^ënsoit mue abondante ali«- 



ct d'antres sAimeas végétauK 
mentatiiMi ; îa.** le sel ou ies salaisons que l'on eanploâe si an»- 
yentponr ies poisnns ,<pbpte dansl'éconoknie vivante nn print- 
cq»e d'Acreié on •dHnritation qui se manifeste par des malar- 
cUes de paan, ai eommones chez les ickdijapha^s; or ces af- 
fectioais rendent sn/me, et -ce mot annonce mone ^ne catde 
disposition est /dus à d«s alimens salés et épicéa ; 3> i'tm.sait 
iquelaohadr desipoiasom», et enparticulierlenriladtef contient 
Mancoupile phasphoile ^ substance dwnt ia «qualité eaoîtante 
est necottime. Telles «sont donc les raisons qni :pénrent rendre 
r«mpki:des poissons en-^imeattrès^épre àatinulerlaluxiine 
et la fécondi(té ;'siqadiqttea0rdFes^^religiéux ontété^écriéasons 
ce rapport, ne seroit-^ce pas 1 cause ^^knr xë^hme en pois- 
«ons ^ aiAvant l'ûnststution 'ne>tenrs fonioDcfariétroppvninstruiis 
en phymque f " 

i^ienrssiiA^taoces'ftégéulespavonsdnt stsmolerd'ailleuirs 
les organes aetueb : ainsi l'on a Aîtii^Mém: de ia soc. ray. met. 
.en ^2j^f part, it:, pag. ^o) qne le blé sairasm dont on ae 
4ionrat dani ta Sologne, ,etcite tellement 4a luxure , que des 



3oa ^ F E C 

rafâns de sept à huit ans ont déjà commerce ensemble ^ et 
qaeles femmes y sont paiement lascives et fécondes. Les ra- 
cines des ombèllifères, les bulbes des aUiacées, les^rocifèrest 
les orchidées , etc. , passent aussi pour porter a Tamour. 
( Fcyez notre Dissertation sur les Aphrodisiaques dans le BuUetin 
de pharmacie , nax \iiZ). 

Si remploi modéré des boissons spiritueuses , du vin^ du 
cidre , etc. , contribue à la fécondité , leur abus ne peut être 
que très-pernicieux , ainsi que les boissons chaudes de thé et 
de café ( mais non le chocolat qui , de même que toutes les 
substances très-restanrantes , oléagineuses, comme l'oeuf, 
les amandes, etc. , ranime la vigueur épuisée). L^on adit qile 
les ivrognes de profession , ou ceux qui engendroieht dans 
l^ivresse , ne produisoient que des filles, 4ioit que la palestre 
vénérienne s'exerce alors avec moins d'énergie , ou que i'a^ 
mour ne soit pas aussi ardent ,'«u que le sperme soit moins 
ëlaboi^é que dans l'état naturel. Il est certain que dans une 
«xtréme plénitude d'estomac , le coït , non-seulemettt doit 
fi' opérer mal, mais encore il enjrésulte souvent de 'ftmestcs 
indigestions ; car rien ne débîliie • davantage Testomac wipie 
l'excrétion de la liqueur séminale, comme rien n'asffoiblit 

Ïlus la puissance génératrice que la débilité de l'estomaic^ 
/ivress^ qui détend l'appareil musculaire et engourdit le 
«ystème nerveux, rend quelquefois ainsi le coït.^impôissible, 
ou du moins imparfait. On remarque dans les PaysT*Bas et 
la Hollande, que les grands buveurs d'eau^de-ine, qui sont 
Masés , deviennent impuissms; et l'on a cru reconilioftre une 
diminution très -^sensible dans la reproduction, depuis que lès 
abus des liqueurs spiritueuses se sont tant multipBés* parmi 
les natioiâ.du.Nord, comme Danois,, Suédois, Allemande, 
Anglais^ etc.- D'ailleurs, L'acidité duVintèidu cidre resserré, 
•astreint les diverses parties dasystème.glandulenx^ ^^tninue 
\qs sécrétions^ comme le prouve ^expérience; aus^ l'on a 
.remarqué pluéieurs fois que les buveurs^ d'eau étoient plus 
vaillans même que les suppôts de >Bacehûs dan^ lès coinbats 
de l'amour, et pLos libéraux. Tels sont les Egyptiens , les Sy- 
riens et Ghaldéens l^dropotés,, desquels un prophète juifa 
dit : Eorum carnes surU ut cames ctsinorum , et sicutflùoius equo-^ 
rum , fiuxus eorum ( Ëzéchiel , cap* xxiïi , v. 20 ).; t: : *. - ' * 
Il est une remarque importante pour ceux qui font usage 
ude boissons ou de remèdes narcotiques ,en.qualité.de stimo- 
lans ou d'aphrodisiaques ; c'est que l'opium , par exemple , 
. uni à des aromates ^ excite , à la vérité , assez vivement d'a- 
bord à l'amour , mais bientôt aObiblit tellement la faculté 
génitale , qu'il fait tomber dans une impuissance absolue. 
^Xes applications indiscrètes de stiipéfiaifes^ tel^que l'opiiim. 



T lE C 3o$ 

les plantes sobnëés ou vii'edses évlt ler^organes sexuels, ^p^ 

Ï»0iteiQt bientAt uiâe înértie presque compiète, proâûfsent 
^énradon^ et mie sorte à^eunuchisme. M. Larrey (^Mémoire 4? 
ckinargU et Campagneàf Paris, ï8i^ , îi>~^v9 .2.^ vol.) cite des 
soldats habitués à 'à^s boissons enivrantes et à l'abus de ee^ 
'stupéfians , chez lei^quels les testicules se sont peu à peu obH- 
tërésy avec le cordon spermatique; Féstoniac s'aflfoiblit ainsi 
-que le corps ^ et la barbe tombe , refifêttiii^'ation devient bien- 
tôt universeUe< C'est surtout en Egypte que ces exemples 
sont plus fréquent , comme Tlans tous les pays cbauds et hiJF- 
inidea; carnne température semblable concourt à^ produire 
xette - eflSémination , principalement dans les constitutions 
'lymphatiques et molles. ThurnbuU (^Voyage' autour du monde ^ 
-tradoction française , 1807, Paris, in*-8.^y pag. 344s ^f^t^^t 
'^xk a vu des exemples sinfi;uliers à l'île d'Otahiti ; ces indivi- 
du» ^elEém&nës f réduits à la condMon deis femmes , et nom- 
oBiés mahoôs j s'abandonnent à des actes honteux que 
BOUS né pouvons exprimer qu'en latin : penem adrigerUem €dio- 
-tym> vèrorum ecOsugunt Uà ut in ejacuUUione , semen a^idè deglûr- 
'MettLJFoiant enhn^ p^kanc-^emuxtis absorptionem , ixfhur pbUe 
'Wfig9Kmgue sexds quo pmaU sunt , recipere. ■ • 

Aur reste , les médicamens aphrodisiaques échauffant peu- 

TenLaerw utilement à rendre plus fécondes les complexions 

lymphattiifaes et inactives , sous des cieux humides et froids ; 

mais dan» les contrée^ arides et ardentes, les remèdes humec- 

/lans et rafratchîssans doivent être de meilleurs • aphro'disia- 

•q[iies. LeS'ConsUtutions sèches et tendues des hahitans des 

ipays chauds ont besoin de 'bains, de caïmans; et si plusieurs 

tfaKimes de TOrient , de la Turquie, de la Moscovie, pettknà 

souvent , au lieu de concevoir , c'est parce qu'elles font abus 

de ces bains chauds , et parce qu'elles s'y plongent immé- 

•lAijrtemént après les approches de l'homine. 

Enfin il est des conditions et des états plus ou moins favo- 
rites à la fécondité. Les anciens om observé que les hommes 

• et les fenmies qui tisseni laioile , exerçant divers mouvemeqs 
rdabassin et des membr-es inférieurs ^ étoient plus portés 'q^e 
•^ d'*a^tres à l'acte con|ugaL La posture des tailleurs paroitcon- 
^tribner^ selon quelques observateurs , au même effet , tandis 

• qoe les cavaliers, d'après Hippocràte , deviennent quelque- 
fois stériles, parce que leurs organes sexuels sont comprimés 
etcomme froissés! par l'habitude de l'équitation. Si l'on ne 

, remarque pas un pareil effet aujourd'hui, c'est que nos cava- 
liers- ne montent! point à cm et les jambes pendantes , lians 
- étrîeiïs i comme iaisoient la plupart des Scythes dont Hippo - 
>crate a. parlé. D'autres auteurs ont .pensé que l'habitude de 
^'.por^ec-des hant-^der<shaudsestrès-sereés , dûninuoitle/voluiqte 



îc4 F E C 

.et ractivité desoi^ame» 8^mif»W.« iM icilaii|^«9 iH'j«a9c âéimr 
opimon les Nèpres , les Ecossais, .^t 4*aa«res jKHîoias jqoi, ae 
portant point 4e culottes, coyQser>^en^^4iir«i« 4^ parties 
génitales plos voIiiqiîmii^s. U par^oll^ iia coantram , ^«e la 
culotte Caisant Teffet d'^ip.snspeiisojr) pRéjrie^t keaiiQOup de 
Croies inguinales. Le pag^4es Kègres «et 4ea Sam^a^esJeor 
est de la même uiitité , smtout lors^'Us.ejOvrent Ijes j^oi- 
jteux , et princij^emwt ies fe^tofomofi prirées de ifuekfae 
extrémité i^féiiepre , parc^i^Bt Auifi j^dcmmeôi plus fé- 
xondeSiet plus luxurieuses v ctf 41 ^ew^lç ^fue île «upéiiPa de 
la nourriture , n^n employée 4an^ içes jmwbces maillés , se 
reporte sur les organes ¥0isia9. £n.ç;Gkt ,. on voit. Imaucoup 
d'ampul^s acquérir .plus d'eiuboi|p.Qintf 4e )fiear de «anté 
qu'ils n'en avoient avant leiirimutitatictii; car poujovat man- 
ger autant que s'ils i^voiiept.tp|]3|k«ifr$ inendices ,ilaiouisseoè 
d'une stirs^opd^noe de i«iiiMriliw «t ;d^ vie. L-élat le jnoina 
fj^vorable àlaprcfiagMtpn^ qst .«filui.dutcarail delfeaprît il 
est rare que les-liomi^es d'un-grandjgiéiiîe 4oieait4oè$4i6conds^ 
aussi les anisiens ont dit que le^ Musc^ étoieftt vûwges^ et ils 
ne d«(Qnojent qujc de petiteis parties «cniielles.anx.stalaes de 
leurs grands hommes. On s^itoombien V^^plaiaics dei!aHiQar 
.éteignent .le :fiau.derimaginatk>n., abdtle»tJe ^^nie etlecou^ 
.rage : mille pr^uv^siF^attesteut ,.êt ks.,<nMinqnes es aont 4es 
•exeinples incontestables* Quand Horaice ..veut q«e de -poëte 
entre en ver^re, il lui recommande irahatine&ce.de^l^énus: 
AhsUnuit Vâfiene ff jfine , sftda»H ttéubk. lies aiddèl» ornâmes 
s'en prîvoient pour être plus robustes^Les bommes^ .an. cen^ 
traire , les plu^ bruts , /Qt tous ceux qui .soignent «pUude corps 
^que l'esprit, sont beaucoup plus propres àia ^héoatian ^pte 
tout autre, (yirey.) 

FÉCONDITÉ, r. FÉcoîWATKW. 

FECULE. Toute mati^ve. colorée;, «ispen^ue «dans une 
fluide quantké de «^ébicule HmutvSjt&t^và^ ipar le lepos^ se 
précipite tnsensiblemeiittsous fecme-âèdie 'etpidKësulefite', 
porlott auirefoisie jnom A^fécvk. Gr «dâi pairtienneirtë qsd re- 
vêt la surface des^ plantas, rindigo^.desifastels, ilflidilmi de 
Prusse, lescarmtiis, étaient autant .4»' jBéoules. Mais'iaufour- 
d'bui .QQ ne 'donne :pius .cette jdéoamipktion qu'à Jl:a ificûie 
amUacée , subafeanoespécialefiient JbWèhe, seconnaê pour 
être un. des q[>rincipes immédiats des uegétaux. 

U seroitidéplacé d'esposerinida irarârtéid'opkiions^e la 
-fécule amilacée a fait.nidtce.,.€it le réBulj|atdes^xpéciences 
entreprises pour examiner sa mature. (On osait cqu'elle. est, 
eomme.le sucre , un eorp&identiqiie ^Àqnsek|Re.plaat<e<qu'eUe 
ait appartenu ; . que si eUe> en difïeie , . ce* n?est que > par ^juel- 
ques nuances^ On>p^utbdéfcair ime^WHPe^particulièBe , «une 



F E C 3o5 

gelée sèdie, s'il est permis dé s'eiqprimer ainsi, répandue 
-tians one infinité de végétaux, et dans la plupart de lears 
organes , indépendatmméiit -de Tèlir coaleur, de leur saveur et 
de leur odeur ^ jouissant à^ttù très-^grand degré de blancheur, 
de ténuité et d^insînidité , inaltérable à Pair, indissoluble à 
froid daivs tous les nuides , et se convertissant , par la chaleur, 
en «me gelée transparente , couleur d^ opale. 

Gomnoie Tamidon ,la fécule peut se transformer en sucre, 
presque en totalité , par le procédé de M. Kircboff , simpli- 
fié. F. S^CRas. 

Long-temps la fécule amilacée a été regardée comme réu^ 
nissànt les propriétés des plantes d'où on la retiroit ; mais il 
est démontré maintenant que cette matière , épuisée de pa- 
renchymes , des stiicis acres et caustiques , au milieu desquels 
elle «e forme , est trop fade pour exercer Teffet d'un médi- 
cament. La Pécule de marron d^Inde n'a point d'amertume ; 
celle de gouet n^est point caustique ; la fécule de bryone 
n'est pas purgative ; celle des glaïeuls est inodore ; celle de 
filipendule est sans couleur : toutes ces différentes fécules, en 
un mot , bien lavées , ne conservent plus que la faculté uut 
triiive. C'est sous ce dernier point de vue que nous allons les 
considérer. Nous dirons ensuite un mot sur leur usage dans 
les artis et les manufactures. 

En considérant la fécule du côté de ses propriétés phy-r 
fiiqnes, on ne peut disconvenir qu'elle ne réunisse, à un très- 
baut degré , toutes les qualités qui caractérisent la vertu ali- 
mentaire ; le froment parmi les semences graminées , les 
pommes*-de-terre parmi les racines potagères , sont , sans 
contredît , les végétaux qui en contiennent le plus : il n'en 
faut qu'une très^etite quantité pour donner à beaucoup de 
fluide aqueux, aidé dé la chaleur, la consistance d'une gelée 
semblable en tout point à celle que nous obtenons des subs- 
tances végétales et animales les plus substantielles. La faculté 
émineinment nutritive de la fécule amilacée , bien détermi- 
née , il resloit à connoître si , quelle qu'en fût la source ^ elle 
pouvoit entrer dans la composition du pain , et augmenter 
' la masse de nos alimens. Toutes les expériences faites dans 
cette vue , n'ont abouti qu'à prouver, que cette matière ne 
contractant avec l'eau ni liaison ni ductilité , elle n'est pas 
susceptible de se panifier ; qu'employée dans la moindre 
proportion avec la farine de froment', elle rend le pain qui 
en résulte fade , compacte , sec et dispendieux : c'est à^c 
sous forme de gelée ou de bouSlie , qu'il faut de préférence 
consommer la fécule amilacée ; les services que celle de 
pommes-de-terre a déjà rendus, et rend journellement à 
tous les âges et à toutes les constitutions, sont incalculables. 

XI. ^o 



/ 



3o6 F E C 

Je m'applaudis d^avoir long-temps insiste sdr les âVSmUges 
d^une préparation qui offre au public une ressource impor- 
tante dans la plupart des maladies, et pour [^komme en 
santé un aliment aussi agréable et aussi sain qu'il est peu 
coûteux. 

Le luxe de nos tables a tiré aussi un bon parti de la fér 
cule de pommes-de-terre : nos pâtissiers les plus irenommés 
en font la base des biscuits de Savoie , et d'une crème sur- 
tout dont les hommes auxquels on interdit les farineux font 
usage sans aucun inconvénient pour leur santé ; en voici la 
.préparation. 

On prend une cbopine de lait , dont la moitié est mise sur 
le feu avec un quarteron de sucre ; dans l'autre on délaye 
trois jaunes d'oeufs et une cuillerée à bouche de fécule de 
pommes-de-terre , qu'on jette dans le lait prêt à bouillir ; 
on remue le tout , et après dent ou trois bouillons, on aioute 
un peu d'eau de fleur ^'orange , et la crème est faite. Il se- 
roit possible de donner à cette crème toutes les couleurs et 
les saveurs qu'on désireroit. 

En substituant la fécule à la (arine 9 et s'en servant dans 
nos ragoûts , elle rend les sauces blanches moins visqueu- 
ses , moins collantes , et plus légères à l'estomac Peu de 
ménages dans les campagnes sont assez pauvres pour ne pou- 
voir se procurer du lait de beurre ou écrémé y ils prépare- 
roient avec cette fécule et un peu de sel , la bouillie la plus 
agréable et la plus substantielle qui soit à la portée de leurs 
facultés. 

Le sagou est , comme l'on sait , la fécule que l'on sépare 
par les tamis et le lavage , d'une moelle farineuse contenue 
dans le tronc de certains palmiere , principalement du Sa- 
GOVTiEBi,(^Vqyez ce mot, et le mot Palmier.) La figure de pe- 
tits grains sous laquelle on nous l'apporte , et sa couleur rousse, 
viennent du degré de chaleur que les Indiens lui ont fait subir 
pour la sécher ; ilseroit possible de donner à \a fécule depom- 
mes-de-ierre cette apparence extérieure du saeou , si on croyôit 
qu'une dessiccation un peu vive pût avoir de l'influence sur ses 

Ï propriétés économiques ; mais cette forme granulée est abso- 
ument inutile , puisque le sagou la perd dans le véhicule em- 
ployé à sa cuisson , et qu'il ne présente plus ensuite qu'un 
magma gélatineux, comparable , en tout point, pour la sa- 
veur et les propriétés , à \a fécule de pommes-de-terre ; celle-ci 
peut donc complètement remplacer le sagou , d'autant mieux 
qu'elle peut être extraite sous nos yeux , et que l'autre , ap- 
portée de loin , peut , par cette seule circonstance , faire 
soupçonner àt& mélanges infidèles. 

On peut préparer le sagou de pommes-de-terre avec de 
l'eau de veau^ de poulet, ou du bouillon ordinaire y de la 



F E C 3o7 

«léme msinière que l'on cuit la semoule ou le riz au gras , et lé 
tenir pins ou moins épais, suivant le besoin et le goût de ceux 
pour lesquels on le prépare. Combien d^estomacs foibles de 
constitution^ ou fatigués par les excès de la table ou par les 
maladies , qui ne peuvent digérer d'atimens solides , se trou- 
veroient soulagés et même guéris par Tusage de ctWt fécule , 
qui remplira les mêmes indications que celui produit par le 
palmier sagoutier C'est un restaurant pour les convalescens,* 
le premier âge et la décrépitude. Le tapioca des Américains, 
qui n'est que l'amidon le plus blanc et le plus pur du magnoc, 
donne des bouillies excellentes et très-salutaires dans les ma- 
ladies d'épuisement et de consomption. 

Si le sagou est réellement, comme beaucoup de rhédecins 
le croient , un spécifique dans les maladies dont, il s'agit , le 
prix auquel il se vend communément ne permet point à Tin- 
digence d'y atteindre et de profiter de ce bienfait. Le substi- 
tut que je propose ne coûteroit presque rien ; il faut six livres 
de pommes-de- terre pour obtenir une livre àe fécule, 

Là2i préparation pour amener ces racines à l'état de sagou 
ne sauroit entraîner dans de grandes dépenses. 11 suffit de les 
râper crues , de les passer à travers un tamis et de les laver. 
Faudra-t-il donc toujours mettre à contribution les deuxlndes, 
'pour satisfaire à grands frais nos principaux besoins! 

Dans tous les temps on a été révolté de penser que la farine 
de nos meilleurs grains pouvoit être consacrée à des arts de 
luxe ; aussi est-il arrivé souvent que , menacés, de cberté ou 
de disette, plusieurs souverains de l'Europe se sont vus forcés 
les uns de défendre aux troupes de se poudrer, les autres d'or- 
donner qu'on leur coupât les cheveux. 

On ne sauroit douter que les ouvriers qui par état con- 
somment de la farine pour en préparer de la colle , ne trou- 
vassent une grande économie à se servir de préférence de 
celle fabriquée avec de la farine contenue clans une foule de 
végétaux sauvages , et associée à des sucs acres et vénéneux , 
parce qu'elle s'altéreroit moins aisément , et que d'ailleurs il 
n'est pas possible d'en tirer un autre parti ; mais il est né-^ 
cessaire de convenir que ces végétaux ne sont pas toujours 
assez abon4ans pour fournir à une grande consommation , 
et que les frais pour s'en procurer, conformément au besoin , 
excéderoient souvent .ceux que demanderoit leur culture. On 
a indiqué et on indique encore journellement , pour suppléer 
l'amidon du blé , une foule de substances dont la plupart n'en ^ 
contiennent pas un atome. 

Mais dans le nombre des plantes qui pourroient fournir à 
la consommation de la colle farineuse, je proposerai encore 
les pommes-de-terre ; ces racines divisées par tranches , sé- 
chées au four ou à l'étuve , et broyées au moulin, donnent 



3o8 F E C 

une poudre propre à remplir cet objet. L^étoBom^^pî en 
rësulteroit n^est certainement pas à dédaigner dans ffis can^ 
tons qui , ne récoltant pas assez de grains pour leur subsis- 
tance journalière 9 sont contraints de recourir à Tétranger , 
souvent k grands frais , pour se la procurer. 

Les diverses recherches que j*ai faites pour -m'afssnrer si la 
fécule de pomme -de- terre^ étoit comparable en tout point ii 
Varfddon de blé , et si elle pouvoit soutenir les épreuves de 
comparaison dans les arts pour lesquels ce dernier est ordi- 
nairement emplo;jré , m'ont prouvé d'abord que Tempois 
qu^on en préparoit étoit bien conditionné , que Témail bleu 
s'y métoit aussi uniformément, aussi parfaitement, et qu'il 
communiquoft au linge , aux blondes et à lia dentelle , beau- 
coup de roideur et d^éclat. 

Cependant comme cette fécule senîble composée de lames 
cristallines ^ brillantes , et qu'elle est spécifiquement plus 
pesaoïte que l'amidon de grains, il m'a paru que robjet d'éco- 
nomie 9 la poudre à poudrer, pour lequel cm avoit proposé 
l'usage des pommes-de-t^rre, étoit précisément celui que ces 
racines ne -pouvoient remplir : elle ne se répand pas d'une 
manière' assez divisée ; la houppe de cygne ou de soie ne 
l'enlève ni ne la distribue uniformément ; elle tombe par 
plaques sur les cheveux , et n'y adhère que très-foiblement , 
quoiqu'ils soient recouverts de pommade. Il est donc impos- 
sible de la faire servir de poudre à poudrer , et panr consé— 
quent de supplément à l'amidon de firoment ou d'orge. 

On a dit autrefois que la vanité et le 'luxe des grandes villes 
enlevoient aux pauvres leur subsistance principale pour la 
£aire voler sur les têtes évaporées des coquettes et des petits- 
mattres : Rousseau a ajouté à ce reprodhe qu'il falloit de la 
poudre pour poudrer; «voilà pourquoi tant de malheureux 
n'avoient pas de pain : il convient cependant de faire remar- 
quer que les acc'ommodag<es exigent infiniment moins de 
poudre , depuis que les perruquiers se servent de la houppe 
de cygne ; mvention qui , si elle eût été imaginée danji la vue 
d-étre utile , auroit dû mériterune récompense à son auteur. 
D'ailleurs les coiffures à la ïitus, l'usage où sont les femmes 
de porter les cheveux d'àutnii avec la couleur -qui leur est 
naturelle, leparti extrême qu'ont pris les Anglais de renoncer 
k admettre l'amidon dans leur toUette^ non pas avec l'inten- 
tion de nous imiter, mais pour ééhapperà un impôtqui leur 
a déplu ; ces considérations doivent avoir infiniment vesireint 
la consommation de l'amidon , et -relégué son usage ^ans les 
ateliers des confiseurs , des cartonniers , des papetiers et* des 
blanchif/iseuses ; les amidonniers n'enlèvent donc pas autant 
de ressources à la silbsistance publique qu'on a cherché k le 
faire croire. J'ajouterai que quand des mesures de sagesse et 
de prévoyance détermineront le gouvernement à sup^éer le 



F E C • Soj 

commerce dans les appnmsîoanemen» de graîn«;t: les fâbri- 
cans dont il s'agit trouveront aipplement dans les blés avariés^ 
de quoi se passer des grains de bonne qualité. 

Les règlemens qui pre^crivoient autrefoijs aux anudonniers 
de n'employer dans leurs fabriques que des gruaux., réputés 
alors n'être à peu prés que 4u son , c'est-à-dire , Is^ partie 1» 
plus grossière du froment ,. ne saftco.ient plus leur être appli- 
cables , parce que la mouture économique est parvenue è 
en retirer la plos belle et la meilleure farine. Cea gpruau;BfSiB»nt 
même aujourd'hui presque aussi cbers que le grain lui-^éme 
d'<HÎiik proviennent. Or, ensuppe^ant qu'on voulût ren^Uf- 
vêler ces règlemens , il faudroit se borner à permettre l'usage 
des blésg^ij^ et à leurdéfa^t , celui de Torge^qui, après lefl'o-- 
nient ^ est celui qui fournit le plus d'amidon ; le^ seigle , l'a- 
Toiae et ienuâîs n'en contiennent que très-peu ou point. Mes. 
tentatives po«iF remplacer ces dernières matières- par dies p^o- 
ductioi»^ d'une moindre v^eur ,. dans la vue unique de mé-- 
nager nAtre subsistauee habituelle , se tpoiwent eonsîgixéeà; 
dans un ouvrage sur les mpyen^ d^écarter* de n^s foyers^ le& 
disettes. Mais ce ne sont que àen vues générales que j'ai pré^ 
sentées » et dont une nonîbreuse poj^ation ne peut gaère 
tirer qu'un parti médiocre. 

Mon dessein , en rappelant ici le résultat de mes^ expé-^ 
riences et de mes. observations sur lkri.ilité de la fécule de 

{lomme-de-terire , a été de fixer irrévocablement l'opinion à 
'égard de la proposition qu'on (ait tous les jours de la substi-» 
tuer à l'amidon des grains. Il est bon que les hommes placés 
k la tête de» grandes administrations se prémunissent contre 
ces têtes exaltées ou ces gens à projets qui sollicitent ^ sous le 

Ï rétexte du bien public , deS; permissions d'élever des fa- 
riques de ce genre y dans l'espérance d'y trpuver d'immensea^ 
bénéfices , ou qui viennent éveiller leur sollicitude en assu- 
rant qu'on fait passer nos grains à L'étranger sous forme d'a-< 
midon , parce qu'on a ensuite la Cacuké de rendre celui ^ ci 
apte à llk^ panification. 

Je déclare donc ^ en terminant ce^ observations ,, que la 
fécule amilacée >. une fois débarrassée des. substances mu-^ 
queuses et extractives , auxquelles elle est toujours unie dans 
l'état farineux , ne peut subir l'action du pétrissage ni le 
mouvement de la fermentation panaire >. et que quand bien 
même l'art viendroît un jour à bout de. lui rendre ces subs- 
tances pour la faire servir ensuite à la boulangerie , ce ne 
seroit tout au plus qu'un tour de force , d'où il ne résulteroit 
qu'un paîn mauvais et excessivement cher. J'ajoute que s'il 
est possible d'employer des pommes-de-terre en substance 
dans les fabriques de colle, leur fécule ne sauroit suppléer la 
poudre. Les propriétés. qu'elle a réellement n'offrent- elles. 



3io FED 

pas déjà assez d'ayantages , sans loi en prêter encore d'an-^ 
très qu^elle ne peut posséder à cause de sa constitution phy- 
sique? (parm.) 

JPEDÈ. C'est la Brebis , dans le midi de la France, (s.) 

FEDËBOK. Nom de IOrpin Çsedum uU^um)^ en Nor- 
wége. (ln.) 

FEDERACKELET. L'un desnoms alkmands des Piga- 
MOns {JhaMcirum), (ltï.) * 

FEDERBALL. Les Myriophyllum portent, en AUe- 
m^pue 9 ce nom et celui de Feoerkrâut. (ln.) 

FEDERBAUM. Nom allemand de IIbéride toujours 
verte ( ihetis sempervirensX (liï,) 

FEDERBINSEN. C'est la LmÂiGREiTE (erwphorum)^ 
en Allemagne, (ln.) 

FEDERBUSCH. Nom que les jardiniers allemands don- 
nent à la Fritillaire de Perse ( Fràiilana persica). (ln.) - 

FEDÉRERTZ. Mine d'antimoine en filets extrêmement 
déliés, qu'on nomme aussi antimoine en plurMs; quand ce mi« 
néral contient de Targent , on l'appelle mine i^argeni en plu- 
mes. V. Antimoine sulfuré, (luc.) 

FSDERGARBE. C'est, en Allemagne, cette plante 
marécageuse nommée Plumeau et Millefeuille aquati- 
que ( hotioniapalustris ). (ln.) 

FEDERCirÉASS. Plusieurs graminées portent ce nom en 
Allemagne , et notamment le stipa pemuUa, (ln.) 

FEDERKNOPF. Nom allemand de la Lagoécieotmi- 
noYde. (ln.) 

FEDERKOHL. Nom allemand d'une variété du Chou 
(brassica oleracea ^ vslt, selenisid). (ln.) 

FEDERKRAUT. Nom allemand de la Verge d'or et 
des Myriophylles. (ln.) 

FEDERMOTZE. Nom allemand de la Mitelle. (ln.) 

FEDERWINDEL. Synonyme du Quamoclit en Alle- 
magne. C'est une espèce dû genre Ipomea. (ln.) 

FEDIE, Fedia, Genre de plantes établi par Adanson, 
pour séparer la mâche des jardiniers, et quelques espèces 
voisines, du genre des Valérianes. Ses caractères sont d'à- 
voir un calice à trois ou six dents; une corolle monopétale, 
h tube court, à limbe à cinq divisions régulières ou irrégu- 
lieres; deux ou cinq étamines; un 6u trois stigmates; une cap- 
sule couronnée par le calice , triloculaire , monosperme ; 
seule loge étant ordinairement fertile. 

Ce genre n'a pas été adopté par tous les botanistes. Les 
genres Fédieàe Gaertneretde Moench sont différent de celui- 
ci , quoique faits aussi aux dépens des Valérianes. C'est à 
celui qui a pour type la valériane corne d abondance^ que Jus* 
«ieu pense qu'il faut donner ce xiom. (b.) 



F E I 3it 

, FEDO (la). C'est la Brebis dans le Langaedec, et surtout 
particulièrement aux environs de Carcassonne. (nssM.) 

FEESTBLOEM. Nom donné par les Hollandais de 
rinde, à la Rose -de-Chine (^hibiscus, rosa-nnensîsy L. ). 

(ln.) 

FEFE. Sinse des provinces méridionales de la, Chine f 
qu^on ne sauroit rapporter avec exactitude à aucune espèce 
connue. Quelques naturalistes crqient que c'est le grand, 
gibbon (^simûflar, Linn.), parce qu'il a les bras très-longs^ 
et qu'en marchant debout il s'en sert comme de balan- 
ciers pour se tenir en équilibre ; mais ce caractère appar- 
tiendroit également au Pongo ou singe de 'Wurmb , de l'âe 
de Bornéo, dont les habitudes sont s^ns doute plus en rap- 
port avec celles qu'on attribue au Feféy qui, dit-on, mange 
des hommes, (iiesm.) 

" FEGARO. Nom italien de la Sciène umbre. (b.) 

FEGATELLAl des Italiens. C'est TAnémone hépatique 
( Césalpin ) ; c'est aussi une espèce de Lichen, (ln.) 

FEGOS. r. Phegos. (ln.) 

FEGOULE. C'est le nom d'une espèce de rongeur du 
genre des campagnols. V. Campagnol économe, (desm.) 

FEGUIÈRES. Altération de Figuier, (b.) 

FEHNBEERE, Nom allemand delà Canneberge (vac- 
cînium O'xyeoccos). (ln.) > 

FEICHTE. Nom allemand de I'Epicia {pinus ahies). (ln.) 

FEIDBOK. C'est, en Nonvége, la Vermiculaire Acre 
( sedum acre), (LN.) 

FEIFURS-KADSURA. C'est, au Japon, le pctderia 
faOfda. V. DanaYde. (ln.) 

FEIGBLATTERKRAUT. C'est la Linaïre, en Allc^ 
magne, (ln.) 

FEIGBLATTERNEPPICH. Nom allemand de la Re- 
noncule SCÉLÉRATE. (LN.) ' 

FEIGBONE. Nom des Lupins, en Allemagne, (ln.) 
FEIGE. Nom du Figuier en Allemagne, (ln.) 
FEIGENBAUM. C'est le Figuier, en Allemagne. Dans 

quelques parties de cette vaste contrée, on donne ce même 

nom à r Erable et à I'Orme. (ln.) 

FEIGENKRAUT. C'est, en Allemagne, la Scrophu- 

IaAIRE des bois. Ç^scrophularia nodosa^ Linn.). (ln.) 

FEIGENWARZENKRAUT. Plusieurs Linaires et la 

ToRMENTiLLE portent ce nom , en Allemagne, (ln.) 
FEIGENWARZENWURZ. V. Feigenkraut. (ln.) 
FEIJO. Nom portugais des Haricots, (ln.) 



3i* F E L 

FEILE. Nom allemand de l'ÂuistE rude {phalaris as- 
pera). Cln.) 

FEINAH. Nom arabe delaPoÈKE. V. ce mot. (y.) 

FEINE. r. Faine, (desm.) 

FEINE. V. Feinte, (desm.) 

FEINSCHKRAUT. C'est, en Allemagne., le nomda 
STŒcn Ks(^gnaphaUum stœchas), (ln.) 

FREINTE. Nom vul||;aîre d'ime Clitpée qpise trouredans 
la Seine , et qui a beaucoup de rapports avec TAxosE , arec 
laquelle on la confond, (b.) 

FEJËR ARVA. L'un des noms hongrois du siipa pen-- 
naià. (ln.) \ 

FEJER PESZERTZE et FEJER PEMET-FU, 

Noms hcmgrois du MàRRUBE blan€ (^marrubium vulgare^ 

L. ). (LN.) 

PEJER-PEMET-FU. K Pejer feszertze. (ln.) 

FEJER-PIPATS. C'est, e» Hongrie, le nom de 1' Ané- 
mone des bois ( anémone nemorosa , L. ). (ln.) 

FEJER-TAVASZIKA. L'un dès noms du Galanthus 
ïiiVALis, en Hongrie. 

FEKETE-NADALY. C'est, en Hongrie , le nom de la 
Grande CoNS09D£'(jr)rm^i^^m offtanale). (ln.) 

FEJER-UROM. C'est I'Absintb des boutiques, en 
Hongrie, (ln.) 

FEKETE-GYOPAR. L'un des noms de I'Origan , en 
Hongrie. 

FEKETE-TSALLYAN. Nom de la Scroptolaire des 
BOIS {^scrophuiarianodosa^ L. }, en Hongrie. (LN.) 

FEKETE-UROM. Nom hongrois de I'Armoisè tul- 

OAIRE. (ln.) ' . 

FEKOFATS- Nom japonais d'un Lyciet ( lydum har- 
ianan), (LN.) 

FELAN. C'est la Vénus diaphane, (b.) 

FELANDORN. Ce nom désigne, en Allemagne, plu- 
sieurs espèces d'EpiAiRES (^itaebys) et une espèce d'ÀGRi- 
PAUME ( le^nums mormldastrum , Linn* ). (LK.) 

FELAT. A Nice c'est lenom de la McrRÈNS congru, (dssm.) 

FELBAUM. L'un des noms allemands du Peuplier 
( p^adus mgra ). (LN.) 

FELBE , FBLBER , FELBINGBR. te Saule blanc, 
r Osier jau^e et le Saule fragile portent ces noms en 
Allemagne, (ln.) 

FELBEERE. On désigne par ce nom , en Allemagne , 



F E L 3i3 

le NcRPRim CATHÂRTIQUE ( rhomnas eaûuniicus , JL). (LN.) 

FELBÈR. r. Felbe. (ln.) 

FELBINGER. V, Febbe. (ln.) 

FELCHEN. V. Ferra, (desm.) / 

. FELDBACILLEN. Nom allemand dWe espèce de 

Berle {^siumfalcanà). (ln.) 

FELDBEERE. V. Felbeere. (ln.) 

FEIDBLUME. Nom vulgaire allemand de TArgentine 
( pcAmtUla anserùia , L. ). (LK.) 

FELX)DARM. Nom qai désigne, en Allemagne, les es- 
pèces de CÉRAiSTES(c^/Yi5//ii7R)qai croissent dans les champs. 

FELDEISENKRAUT. C'est, en Allemagne, le Ga- 
LEOPE, Ladanum. (ln.) 

FELDEYPES. Nom allemand du Gei^évrier commun- 

(LN.) 

FELDCYPRESSE. En Allemagne on donne ce nom à 
^rois plantes: à la Petite-Iyette {ieuaium chamœpithys ) ^ 
au Petit-Chêne (^teucrium ehamœdrys)^ et au Genétaier 
Ç/unwems commums). (ln^) 

FELDGARBE. Nom de la TAuAJLnmuA (^achillea 
miUefolium)^ en Allemagne, (ln») 

FELDHIRSE. Nom allemand du Grevii. PES champs 
(^liihospermum arvense). (l^N.) 

FELDHOPFEN. C'est, en allemand, Vnjk des noms du 
Houblon et du Millepertuis P£&roiiié. (ln.) 

FELDHUIIN. Nom allemand et générique des Per- 
drix, (v.) 

FEIdKAPP et FEUDKROPF. Deux noms de la MA- 
CHB ivaleriana iocusta^ Linn. ), en Allemagne. (LN.) 

FEl^BKËRZE. Nom du Bouillon blanc, Verbascum 
ihapsus , en Allemagne, (ln.). 

FELDKICHERN. La Gesse nss VKÉsf^latfyn» praUnsis^ 
L. ) porte ce nom en Allemagne> (ln.) 

FÊXIXKLETTEN. Nom vulgaire aUeiyiand des Toryd- 
£ES et des Caucalides. (ln.) 

FELDKiOHL. Nom que les Allemands donnent au Ba- 
phanistruihy espèce du genre RAni&, crudfère excessivement 
commune dans les nloissop$.(LN.) 

FELDKR AU T. C'est la Fumeterre, en Allemagne, (ln.) 

FELDKROPF. L'un de^ noms de U MAche, en AJle« 
magne, (ln.) 

FELDKUMMEL, En Allemagne, c'est l'un des noms 
du Serpolet, (ln.) 

FELDLILIE. (^ Lis des champs) Nom allemand du Lis 

MARTAGÔN. (LN.) 



3i4 F E L 

FELDMAITS. Nom allemand àa MuLcy, an CiLMPA- 
GNOL, et en général de^R^TS des champs, (desu.) 

FELDMOIIN. L'un des noms dti Coquelicot, en^ Alle- 
magne (^papaoer' rhizas), (ln.) 

FELDMUNZE. Nom donné quelcpiefois , dans le Nord» 
k la mélisse de Crète, (ln.) 

FELDNELKE. Nom allemand dn Quamoclit {ipomcta 
quamocUt , L. )• (l^O 

FELDPAPPËL. L'un des noms allemands de la Mauve 
COMMUEE ( malça roiundifolia ^ L. ). (LN.) 

FELDPOLEY cl FELDQUENDEL. V. Feldkum- 

MEL. (ln.) 

FELDQUENDEL. V. Feldkummel. (ln.) 
FELDRAUTE. V. Feldkraute. (ln.) 
FELDRINGELBLUME. Nom allemand du Souci des 
CHAMPS (cal endula ajvemsis f Linn. ). (LN.) 

FELDROSCHEN. L'un des noms qui désignent, en 
Allemagne , F Aik)Nide estival, (ln.) 

FELDRYPERS. L'un des noms allemands du Genévrier 
(^Jumperus communls^ appelé également feldcypresse, (ln.) 

FELDSALAT. F. Feldkapp. (ln.) 

FELD r SPATH. Espèce minérale de la classe àes 
pierres. Le feld-spath est particulier aux anciennes forma- 
tions et à celles qu'on nomme de transition. Il ne constitue 
pas à lui seul les montagnes , mais il en fait la base. Il entre 
dans la composition d'une multitude de roches; c'est la partie 
dominante de beaucoup de laves. Avec le quarz , Tamphi- 
bole, etc. , etc. , il constitue des roches quelquefois très-corn— 
pactes, tant ses principes sont en partie fermes; mais à l'aide 
du microscope , on reconnoît le feld-spath ; il jouit en 
effet d'un caractère particulier très-remarquable , donné 
par sa structure cristalline. Elle est lamelleuse et les firagmens 
sont des parallélipipèdes obliquangles àface» brillantes , ex- 
cepté deux opposées qui sont d'un éclat différent , tenfes ou 
même raboteuses* 

Indépendamment de ce caractère , le feld-spath en pré-" 
sente d'autres qui sont d'une grande importance. 

Il est beaucoup plus dur que le verre ; il raye la diallage , 
mais it est rayé par le quarz ; il fait feu au briquet. Cette 
propriété et sa structure lamelleuse l'avoient fait nommer 
spaûi éfincelant ou scinUUard. 

Au chalumeau , le feld - spath fond en un émail blanc» 
Celui des laves est plus difficile à fondre que celui des roches 
volcaniques. Sa pesanteur spécifique varie entre 2,4^7 et 
a, 704* Les acides n'ont point d'action sut le feld-spath. 



s / 



F E L 3i5 

A ces propriétés, qu'on peat regarder comme essentielles , 
il faut ajouter le caractère offert par la fiisure du noyau pri- 
mitif des cristaux * : c^est un parallélipipède obhqûangle 
irrégulier , dans lequel Tincidence des* pans entre eux est 
de 120^ et 60** 9 et de ces mêmes pans sur la base, de go 
et iii<> a8' 17^' Uon observe en outre des joints naturels , 
également nets dans deux sens perpendiculaires Tun sur 
Tautre. La forme irrcguUère de ce noyau donne aux formes 
secondaires une apparence d^irrégularité qui les rend ex- 
trêmement remarquables et assez, difficiles à définir. Ces 
formes sont souvent des hémitropies , c^est - à •. dire , deux 
moitiés d^une même formé tournées Tune sur Tautre , ce 
qui occasione des angles renlrans d^une part, et de l'autre 
un ensemble de facettes difficiles à reconnoltre. L'on re- 
marque assez généralement que les cristaux de. feld-spath 
hémitropes se partagent aisément dans le plan .de jonction 
des deux demi-cristaux , et que la suture est le plus souvent 
apparente. On pourroit supposer que ces cristaux- là doivent 
leur naissance à deux noyaux primitifs accolés sur tane de leurs 
faces analogue en sens inverse , et que cbacun d'eux produit 
un cristal dont la croissance a été arrêtée dans les pomts où 
il se trouvoit en cdntact avec le cristal voisin. 
~ Les formes cristallines de feld-spatb sont en petit nom- 
bre , et ne se retroultent dans aucune autre substance mi- 
nérale. 

Les cristaux de feld-spath sont généralement des prismes 
à quatre , six ou dix pans , terminés par deux faces en biseaux 
sur les bords ou sur les angles , dès qu'elles naissent des fa- 
cettes qui ne sont correspondantes que d'un sommet à l'autre 
et dans un planoblique à l'axe des cristaux. Dans les cristaux 
hémitropes , ces faces analogues se trouvent en opposition 
sur le même sommet et sur la même moitié de ce sommet , 
en le supposant divisé par un plan milieu , qui couperoit 
le plan de jonction des deux demi - cristaux. Â l'aide de 
ces considérations, on peut aisément reconnoître les formes 
du feld-spath qui s'élèvent, d'après M. H aUy, à 21. Voici 
les plus remarquables. 

I.® Feldspath binaire , prisme oblique à-base rhombe. 

2.® F, prismatique, prisme hexaèdre oblique. 
• 3.^ F. ditétraèdre , prisme quadrangulaire à sommetadièdres. 

4.> F, bibincdre , prisme hexaèdre à sommets dièdres. 

5.** F' çuadridécimal j prisme décaèdre à sommets dièdres. 
/* F. dihexaèdre , prisme à six p ans , sommets trièdres. 

^® F. sexadécimal , prisme à six pans, sommets à cinq faces. 
F. didécaèdre, la précédente, mais le prisme à dix pans. 

9.^ F. hémitropef dont une moitié est censée retournée sur 
l'autre. 



s; 



3i6 F E L 

Le feld-spath présente trois sortes dliéiiiitix>pîes ; dans 
la première , le plan de jonction est parallèle à la ^agi»- 
nale qui va de I en a et son opposé ; dans la deuxième , le 
plan de jonction est paraUèle à la ùtce M da prisme ; et 
dans la troisième , le plan de jonction est parallMe à la face 
de la base P. Voy. le traité de M. Haay. 

lo.^ F. croisé , cristanz se pénétrant dem à deux on quatre 
à qoatret en forme de rose on de croix. 

Le feld-spath oflbe les principes saivans : 

Vaoï^elin. FabronL Hassenfiratz. 

Silice« .... Ga^SS. 55. 70. 

Alumine. . . ij^os. 3G. 12. 

Chanx 3. a. 

Oxyde de fer. i. 3. 

Potasse. . • . i3k o. 

Baryte. . . .» o. 2. 

Magnésie. . . o« 4- 



100. 




96,8s. 

Le célèbre Kirwan a pareillement anafysé le feld-spatfc ; 
il en a retiré pr'écbément les mêmes principes qu^Hassen* 
frat^ , et à pea de chose près> dans les mêmes proportions. 

Le feld -• spàtK dont on voit l'analyse faite par Vau- 
qoelin , est le feld-spalh vert de Sihém ; ^t VaAJaire , qu'on 
regarde comme le feld-spath le plus pur , le feldspath par 
excellence , lui a donné précisément le même restât , à 
l'exception de la très-petite quantité de fer que contient 1« 
feld-spath vert y et qm est probablement son principe colo- 
rant. Il a retiré de l'adjolaire : sur 100 parties ^ i àe silice ^ 
20 d'alumine , a de chaux et i4. de potasse. 

Westrumb a retiré de l'adulaire des principes diCTérens ; 
il y a trouvé : 63 de sUice, 179^0 d'alumine, 6,5o de 
chaux, 6 de hiagnésie, 3,5o de baryte, i,4o de fer, o,aS 
4'eau, avec une perte de 3,85. 

Il est remarquable que la potasse que Yanquelin a trouvée 
en si grande quantité dans deux variétés de feld-^path, ne se 
soit point du tout rencontrée dans les variétés analysées, par 
les autres savans. 

L'on voit , par les analyses rapportées ci-dessus, que c'est 
la silice et V alumine qui sont lesseuk principes essentiels du 
feld-spath, et que les autres substances ne s'y rencontrent 
qu'accidentellement ; cependant ces deux principes essentiels. 
aiiFèrent eux-mêmes prodigieusement en qu^ydtité , dans les 
diverses variétés de feld-spath ; on seroit donc bien fondé ^ 
ce me semble , à demander à quoi tient la /orme invariable 
qu'on suppose à la molécule iniégranie des minéraux , puis- 



j 



^ 



F E L 3i7 

i]a^eUe est indépendaDte, ^t àes matières qui les composent, 
et delà proportion où elles s'y 'trouvent. (Pair,) 

Le feld-spath se décompose naturellement à Taîr , mais 
très- lentement , et se réduit en matièref terreose. Cette ac- 
tion décomposante est à peine sensible, on même nulle sur 
les fcld-spathsadulaireet opalin. ' ■ . 

Le feld-spath^, dont le vrai' nom est fêls^aib , spath des 
roches^ parce qu^en effiet il se troiwe dans» one infinité de 
roches et non pas dans les ckan^iis, est oane des substances 
les plus intéressantes ^u règne minéral , et belle qui prête 
le plus à de nombreuses considérations géologiques qui se- 
ront développées aux articles ^^^9^iiasiV, roches^ ieprains eipol- 
cans. Le feld-spatib est la base de plusieurs roches différentes , 
dont à lui seiu il forme quelques-unes. F. pour les autres qui- 
sont des associations : Pegmathe^ thonpot^hyreÇ^BT^Ao^^yrt^ 
Srong. ), syénlie^ eupholide^ leptpdte {yr&&BXem) ^ pyrommde ^ 
diorUe ( grunstein ) ; granUe , gneiss , ' lapes , pJumolàhe ( Klings- 
tein ), etc. Dans cet article , nous ne considérerons que le , 
feld-spath qui a conservé en tout ou 6n|>artie son tissu lamel- 
leux. Çs^ autrement si Ton Teut que le pétrosileK^ le fade ^ les 
rétinites soient des feld-spaths en masse ou compactes, xette 
espèce devieadroit beaucoup plus étendue , «plus difficile à 
étudier, «t très-ambi^ë. L'oti peut diviser les nombreuses 
variétés du feldnspath en plusieurs gi>oupes ; cette marche e^t 
celle adoptée par presque tous les minéralogistes, plutôt pour 
leur commodité que pour toute autre raison ; car il existe un 
grand nombre de transitions qui tendent à détruire ces dm- 
filons. Les voici dans leur ordre minéralogique. 
\.^ Feldspath adulaire. 
2.® Feld-spath opalin. 
3.® Teld-spaûi aventuriné* 
4.* Fdd-spàÛi commun. 
î.*^ Feld-spath petuntzé. 
%,^ Feldspath vttl. 
Feld-spath kaoHn. 
^Feldspath bleu. 

ïïous renvoyons aux mots Pjêtrosilex et Jade , pour 
traiter ànfeld-spath compacte et àvL feld-spath tenace ( V, aussi 
ÈuPHOTiDE et EuRiTE ). Quant au feld-spaA apfre qui n'est 
plus unfeld-s^arth^ puisqu'il en diffère par sa dureté plus 
grande , par son infusibilité et par ses formes cristallines ^ 
il en sera question à l'article JTamesokite , nom que nous 
proposons de donner à l'espèce, de préférence à celui 
d^andalousîte qui ne convient pas , puisque cette subs- 
tance a été retrouvée dans un grand nombre de lieux4iors de 
l'Andalousie ; ce changement sera encore plus nécessaire 



t 



3i8 F E L 

ftl, avec MM. Bernhardi , Fitton et Sfephens,' on unit !a 
màcle à TandalousUe , comme il est presque certain que cela 
doit être. 

i.o Feld-spaTH ÀBULAIRE , Adulaire ; Xtfeld-spqih lim- 
pide et nacré , Hatty. Ce qui distingue ce feid-spath des autres 
variétés , c'est l'éclat brillant et vitreux de sej^ cristaux ; il est 
généralement limpide, transparent ou demi - transparent , 
rarement demi-opaque ou laiteux. Il jouit aussi , dans cer- 
tains cas , d'un reflet nacré t blanc, argentin, que Ton a com- 
paré à l'éclat de la lune. L'adulaire est tant soit peu plus 
dur que les autres feld-spaths , il est aussi moins facilement 
fusible au chalumeau , et il est , pour ainsi dire , inaltéra- 
ble à l'air , n'éprouvant pas d'action décomposante comme 
beaucoup de variétés de feld-spath. On peut reconnohre deux 
sortes d'adulaires : la première seroit Vadulaire lameUeux\ et 
la deuxième V adulaire vitreux. 

■ I.® iJ adulaire lamélleux est caractérisé par sa structure la- 
melleuse ; il appartient aux terrains anciens ; ses couleurs 
sont le blanc , le blanc nacré , le blanc grisâtre on verdâtre 
ou rougeâtre, ou le blanc laiteux. Ses formes cristallines sont 
très-variées, simples on compliquées et souvent hémitropes. 
Ses cristaux varient considér^lement en volume , depuis une 
ligne de diamètre jusqu'à celui d'un pied; sa pesanteur spé- 
cifique est de 3,564. ^u p^^s. D'après Yauquelin , ses prin- 
c^es constituans sont : silice, 64- ; alumine , 20 ; chaux, a ; 
potasse , i4* 

L'adulaire lamélleux se trouve dans les fentes et les cavités 
des roches de diabases , associé avec le quarz , l'amiante , là 
chaux carbonatée , la chlorite ^ l'épidôte , le fer oligiste , les 
titane oxydé et anatase , la prehnîte , la laumonite , etc. 

C'est au Saint-Gothard qu'on trouve les cristaux les plus 
volumineux, les mieux caractérisés de ce feld>jspath. Us y 
furent découverts par le père Pini» il y a une. quarantaine 
d'années, dans les monts Adula et de la Stella. Ce naturaliste 
en prit occasion de leur donner le nom à! adulaire qui leur est 
resté spécialement. Leur éclat nacré les rendit à cette époque, 
où l'on ne connoissoit pas le feldspath du Labrador , des ob- 
jets remarquables. On les trouve accompagnés de cristaujç 
magnifiques de fer oligiste , avec du mica, de jolies cristallisa- 
tions de titane oxydé réticulaire ou en cristaux parfaits^ du ti- 
tane-anatase , du titane-silicéo-calcaire, du zircon. Ceux du 
Mexique sont avec de la chaux carbonatée magnésienne. 

L'adulaire du Dauphiné est blanchâtre'; ses formes sont 
plus simples ; il n'a pas l'éclat de l'adulaire du Saint-Go- 
thard , mais il est accompagné des mêmes substances ; ses 



F E L 3i9 

cristaux sont généralement petits. On en retrouve de sent - 
l)lables dans toutes les cliaîn^ de montagnes, où la chlorîte , 
le quarz et Tamiante abondent ; on en trouve dans les 
Âlpes.« les Pyrénées^ ( près Barèges), à Sainte-Lucie et 
Saintç-Marie , en Corser dans l'île d'Ëlbe , etc. Nous rap- 
portons à cette variété les b^aux cristaux de feld-spatb de la 
mine d'argent de Guanaxuato (Mexique) , qui font aussi partie 
de ce groupe-; dem^me que le feld-spath nommé schorlblam: 
par Borné -Delisle , si commun en Dauphiné , aux Pyré^ 
nées , en Corse , dans le Tyrol, etc. , dont les cristaux ac- 
colés ou liémitropes (agrégés) , sont ordinairement petits , 
forment des tapis serrés ou des druses à la surface des ro- 
ches d'amiante ou amphiboliques. Les cristaux de feld-; 
^aih qu'on voit dans le calcaire compacte du col du Bon- 
omme (mont Blanc ) sont encore de l'adulaire. 

C'est à l'adulaire qu'il faut rapporter \2l pierre de lune des la- 
pidaires, appelée aussi argentine , œil de poisson , asil de chat , 
et quelquen)is girasol. Cette jolie variéti^ se trouve à Ceylan 
en cailloux roulés qui excèdent rarement la grosseur d une 
noix; ils sont limpides ; mais lorsqu'on les fait jouer à la 
lumière , ils donnent le reflet de la lune ou de la perle, sans 
iris et sans qu^on puisse saisir à l'œil les joints qui le pro^ 
duisent. Une Pierre de lune de la grandeur de l'ongle du 
petit doigt, et parfaite , va au prix de cinq cents fr. et plus. 

L'on a essayé d'obtenir des pierres <2s lune avec l'adulaire 
du Saint-Gothard; mais elles sont toujours filandreuses , or- 
dinairement petites , inégales ou blafardes dans leur jeu. 
La taille des pierres de lune est le cabochon rond. On les 
monte sur noir, et on les entoure d'un anneau de même 
couleur. 

Uparoîtque les anciens ont commlst pierre de lune de Cey- 
lan ; on veut que Pline l'ait désignée sous les noms Xasteria^ 
à'astrios et à^androdamas. Il paroîtplus certain qu'ils ont con- 
nu l'adulaire du Saint-Gothard , ou une variété analogue. 
Dolomieu possédoit un morceau de cette substance , eros 
comme une petite pomme , trouvé à Rome dans des ruines 
fort anciennes ; la surface vitrifiée du morceau prouve qu'il 
a été la proie d'un incendié violent. Plusieurs naturalistes 
ont rapproché lai pierre de lune de l'opale et des diverses subs- 
tances dites cei7 de chat, Nous pouvons assurer que c'est 
ufk vrai Celd-spath , remarquable par la netteté de son cli- 
vage, 

2.*^ L'adulaire vitreux diffère du premier par un coup d'oeil 
vitrent particulier, parce qu'il n'est point chatoyant et parce 
qu'il appartient aux terrains volcaniques ou présumés tels. Il 
est quelquefois d'une limpidité et d'une transparence parfaites 



Sao F E Tj 

Le pins souvent , il est comme fritte , cVst-Ji-dire , qfne seè 
lames sont désunies , remplies^ de gerçures et fragiles. 11 est 
presque toujours en très-petits grains ou cristaux qui excèdent 
rarement le volume d'une fève ; encore est-ce rare. Cet adn- 
laire est souvent en cristaux très-nets et limpides dans les sa- 
bles volcaniques et les matières rejetées intactes par les vol- 
cans. On en trouve au Vésuve , sur les bords des lacs de Nemî, 
Albano j Bolsena , du Yicentin , des environs d'Andemacb; 
celui-ci est le sanidin de M. Nose , etc. ; il se rencontre aussi 
dans les laves lithoYdes soit modernes, soit anciennes, où il 
se fait remarqi|er par son coup d'œil vitreux, et souvent par 
sa difficulté il fondre au chalumeau. Dolomiea est le premier 
qui Tait signalé, et cet habile géologue a le premier aussi re- 
marqué que les laves porphyritiqnes , surtout celles qui fon- 
dent en blanc , ofifroient à la fois des cristaux de feld-spath 
de deux sortes, les uns blâmes opaques qui se décomposent 
promptement : ceux-ci paroissent avoir plus d^analogie avec 
la pâte ; les autres Vitreux et traiisparens : ceux-ci résistent aax 
causes qui produisent la destruction de la lave dont ils font 
partie. Ces deux sortes de cristaux s^dbsetvttii dans les laves 
pétrosiliceuses des îles Ponces , des monts Euganéens , du 
Cantal, de Catalogne, du royaume de Grenade, des bords da 
Rhin , etc. Nous avons vu des laves de la Solfatarra près de 
Pouzzoles , totalement décomposées par les vapeurs acido-- 
sulfureuses , contenant des «cristaux de feld-spath vitreux en- 
core intacts. 

Quelques naturalistes, frappés des caractères particuiieTS de 
ce feld-spath volcanique , ont proposé d'en faire une espèce 
distincte de celle tlu feld-spath. Ueîs-spoth de Werner paroit 
être dans ce cas ; le sanidin de M. Nose est moins douteux. 

Quoique ce feld-spath soit commun partout dans les vol- 
cans , nous devons citer celui de Monterosso et Montpéliéri à 
TEtna , dont les cristaux qui couvrent le sol ont été détachée 
de leur pâte dans l'acte même des éruptions qui les ont mis au 
|our. Nous citerons ccfux des laves granitiques de Santa-Fiorâ 
en Toscane , ceux des environs de la baie Patrix-Fiord en Is- 
lande , encore enchâssés dans leurs laves , et qui paroissent 
être ce que Dehxc nomme amphigène dans les laves d'Islande. 
Nous n'omettrons pas non plus ceux des Monts d^r que Ton 
trouve aussi isolés dans leur propre lave déduite en pouzzo- 
lanes , ceux du Drachenfels {Scmldin de M. Nose) , remar- 
quables quelquefois par leur grandeur , et qui sont accom- 
pagnés aussi d'autres cristaux de feld-spath opaqde. Analysés 
par Klapro^ -, ils ont donné pour principes : silice , 66 ; alu- 
mine, i5 ; fer, o,5 ; potasse, i4-}5 ; perte , 2. 

Il est plus que probable que c'est cette variété de feld-spath 

\ 



F E L 321 

qui eûtre dans la composition de la pâte des laves , soit en 
coulée 9 soit basaltique. Mais il faut bien se rappeler que lé 
caractère de la fusion en verre blanc n'est pas un caractère 
qui appartienne aux laves feld-spathiques seulement ; la lave 
de Capo-di-Bove en est un exemple , car elle paroît un com- 
posé pâteux de nephéline, depyroxène, de mellilite , de fer tita- 
né> d^amphigène, et elle fond en verre gris ou blanchâtre; etc. 

II.Feld-spàth opalin. Feld-spaihchcUoyanti, Labrador. Pierre 
de Labrador, Labradorsieln des Aiieniands^ Laf/radonte, Delam. 

Le labrador se rapproche de Tadulaire plus que des autres 
variétés du feld-spath. Klaproth a reconnu qu'il est moins fu^ 
sible que le feld-spath commun; il se brise facilement. Ses 
fragmens sont des portions du noyau primitif. Il a T^pect bril- 
lant et le tissu lamellcux de Tadulaire y et une demi-transpa- 
rence analogue lorsqu'on examine cette propriété sur de petils 
fragmens. Le caractère essentiel de cette pierre , qui a na- 
turellement une couleur grise obscure ou rougeâtre , c'est de 
donner, quand on la fait jouera la lumière , des reflets très^ 
éclatans y de jaune , de vert , de rouge , de cuivré , de blanc 
d'argent , de bleu d'azur ou d'indigo , de brun , etc. ; reflets 
qui sont tantôt seuls et tantôt par taches ou par zones qui font 
le plus bel effet possible , ordinairement marqués de nom- 
breuses ^tries parallèles et croisées qui ne sont autre chose 
qne les indices des joints naturels. Ces joints mêmes pccàsio- 
ncnt quelquefois une double couleur en sens opposé. Ainsi 
l'on a des échantillons bleus dans un sens , et bronzés dans l'au-' 
tre, absolument comme dans certains papillons, tels que le 
Ménéla3 et le Mars. 

Sa. persan teur spécifique est de 3,59 à 2,69. Ses principes 
sont ; silice 9 66,5 ; alumine, i3,6; chaux, i2,5 ; fer, 3; 
perte , 3,9 ; cuivre , 0,7. (Analyse du labrador d'Amérique , 
par Bindhein.) 

Le labrador appartient essentiellement à ces sortes de gra- 
nités qu^on a nommés Syénite. Il s'y rencontre avec les di- 
verses substances particulières à la syénlte. On sait que la 
syénite est regardée maintenant , par des minéralogistes du 
plus grand mérite , comme étant une formation récente et pos« 
térieure à celle des anciennes couches calcaires coquillères. 

On a trouvé cette pierre, pour la première fois, en 
cailloux roulés dans la petite île Saint-Paul sur la côté 
de Labrador, dans l'Amérique septentrionale , d'où lui est 
venu le nom vulgaire qu'elle . porte. Elle y est accompa- 
gnée d'amphibole et d'hyperstène , etc. La découverte en 
fut faite par des missionnaires mpraves ; mais on en a dé- 
couvert ensuite dans d'autres contrées, notamment dans l'In- 
grie , sur les bords de la Neva , eii Finlande , et dans le vôi*^ 

XI. 21 



3;.a F È T. 

«Inageméme de Pétersbonrg; à 1\f emmeisgrtmd cnBoWni«? 

Îrès de. Halle en Saxe , en Norwéce avec les zircons; au 
rroëniand ; sur les bords du lac Ghaimplain , etc. 
Des minéralogistes allemands disent aussi qu'on ed trouve 
en Sibérie près du lac Baïkal. M. IRampasse a rapporté de 
la montagne de TEsterelle , dans le midi de la France , àes 

fiorphyres bruns, dont les cristaux de yè/d!f-/7a/A jouissent de 
'éclat et du brillant du labrador. 

Quant à l'origine de cette pierre , en général , je pense , 
dit Patrin , « qu'elle provient d'un feld- spath commun , à lames 
<( fines et plus ou moins transparentes , qui , ayant été roulé 
« par les eaux , a long-temns séjourné dans la vase des marais \ 
«< où le ga« hydrogène sulturé et d'autres gaz analogues ont 
«ç pénétré dans l'interstice de ses lames , et y ont produit les 
«c couleurs métalliques qu'on y admire. » Cette manière de 
voir n'^est pas applicable au feld-spath chatoyant des granités 
de Norwége. ) 

« Je possède, ajout c-t-il , un échantillon de labrador d^A« 
«I mérique , qui n'a point été roulé , et qui présente évidem- 
c< ment les formes cristallines du feld-spatb ordinaire ; quoi- 
^( qu'on en ait abattu les parties latérales , pour faire parottre 
« les reflets , il reste encore deux grandes faces parallèles et 
« un sommet dièdre , qui sont hitacts. » Lorsqu'on polit du 
labrador , on met souvent ^n jou^ d^s sections très-tiettés de 
cristaux formés de plusieurs zones de couleurs diiférentes- 
On connoît des cristaux parfaits du labrador de Norvrége. 

Le plus beau labrador vient encore de la côte de ce nom : 
il offre toutes, les couleurs. C^^st aussi le seul qui soit em-* 
ployé ^elquefois dans la bijouterie , et pour faire des objets 
curieux. Les variétés A^s autres contrées sont communément 
blanc d'argent , bleu céleste , bleu saphir et bleu foncé. Les 
masses de labrador sont rarement considérables. Les detft plus 
grosses que nous ayons vues , existoient dans la collection ^de 
M. de Drée. L'une d'Amérique, formoit à elle seule uû rocher 
ajusté en pendule de i^ pouces de longueur, sur 12 ponces de 
hauteur, et 5 pouces de largeur. La deuxième de Norwége, cou- 
pée en tablettes , avoit i3 pouces de large sur pouces d'é- 
paisseur. On en a fait une jolie table de deux pièces , qui a 
iété vendue réceniment i8do francs -; ,1a pendule ci-dessus , 
fut vendue 3, 000. Dans lanouveauté, le labrador a eu du prix; 




gris qui l'altèrent ; sa fragilité , lorsqu'il est en pe 
tlt bijou, et surtout sa propriété dé ne jouer que dans un sens. 
Xa taiUe à plat ou le cabochon peu élevé , sont les seuls que 
souffre cette pierre généraleindnt admirée, mais peuestimée* 



F Ë L 323 

« III. FêIB-s^ath aventurîHé* Ce qh\ cdrâcl^rîsicî ce joli 
ifeld-^àth^ ce sont les paillettes qai brilient comme un sable 
couleur d*br ou ^ cuivre rouge , lorsqu'on fait jpûèr la jpierre 
naturellement tk*alislùcide, et même quelquefois transparente.* 
Il y a dés aventurines de feld-sj^âth d^un très-bel effet ', et 
d^une ricbessé d'éelat qui les rend fort précieuses dans la joail- 
lerie. Ëlleâ y sont connues àous le nom de pierres du soleil , 
' |»aree que e est surtout à la vive clarté 4e cet astre , qu'otf 
peut juger du mérite et de la. perfection de ce feld-spath dont 
il existe plusieurs variétés remarquables , tùais'qui toutes ont 
^luft d^ affinité avec les feld-spath adulaires , qu^aVec tous au- 
tres. Voici ses variétés : 

i.-^ Limpide blanche , paillettes cuivrées , extrêmement 
fines, sur un plan onddyant mobile. -^ à.^ Limpide ver- 
dâtre ^paillettes moins fines.' -^ S.** Trouble , rouâsâtre; pail- 
. lettes dorées ou blanchâtres , extrêmement vives. 

Les pierres du soleil^ généralement rare^T et d'un petit vo- 
lume ysont fort chères lorsqu'elles sont parfaites ;' on en a 
vendu dans ces derniei^ temps , qui n'avoient que la graiii- , 
deur de T ongle , jusqu'à mille francs la pièce. On nommé 
aussi pierre du soleil , des quarz aventurrtiés' qui offrent les 
mêmes effets à un degré plus foâ)le. On ignore d^où provien- 
Bent les feld-spath aventurines 'du commerce. On présume 
<|tt^ils vieïinetit de Russie ou de Sibérie. Effectivement y Rome 
découvrit, vers Tannée 17^6, dans une île ( Cediowatoi )' 
de la met Blanche , prè^ d'Arcfiangel , un feld-spath demi- 
tran^arent , de couleur de' miei ou rpussâtre , qui présenté 
line infinité de points brillants couleur d'or. ' \ 
♦ Le feld-spath aventuriné^vert â reflets blancs, n'est qu'une 
variété àa FeIb-spath véAt. F. cet article, p. ^26. 
' IV. Felo-sPATU COWMUK , Gtrûeinèr feld-^path^ Werner. 
Il est opaque ou un peu translucide. Ses cristaux sdût rabo- 
teux oii ternes ", il présente k peuàe lés stries qui sîiloiUient si 
âréquemmenties cristaux d'Août aire, et les jointe naturels 
y sont moins marqués. Il affecte toutes les couleurs, excepté lé 
Vert-pomme et le bleu. Il est coitimunémetit rouge, ou mcar- 
liat, oiigris. Les cristaux ont des formes composées; ils offrent 
souvent des hémitropies et des màcles. Cette pie^re est un 
peu plus fusible et un peu moins dure qUé l'aduiaite; s^ 
principes varient d^ns leurs proportions ( ^. plus haut,- pag. 
.) ni. Rosé a trouvé dans un^feld-spath roôgte, : silice , 
66,75; alumitre, ï7,5o; chaux, .i,25; potasse, 12 ; oxide de 
fer, 0,75. Sa pesanteur spécifique est de 2,55 à 2,5a. 

Le leld-spath commun* entre dans la <;omposifîpn des gra-^ 
bites, des porphyres et de beaucoup d'autres roches même 
Calcaires; ItUç t5t Û r6chè de Sainte-Maurice,' près <ï'Autun. 



3a4 F E L 

Les détritus de ces- roches , entraînes par les torrens et le^ 
rivières , couvrent les plaines d^un sable feld-spathique^ en 
sorte que ronjpeut dîre que le feld-spath se rencontre 
partout. Il est disséminé dans les roches en cristaux ou par 
petites portions ( car il ne constitue pas de roche à lui seul 
rigoureusement parlant ) ; sa désagrégation entraîne la des- 
truction de la'roche. C'est dans les fentes des granités qu'on 
trouve quelquefois des cristaux de feld-spath d'une perfection 
r^re. Le gisement de Baveno, près du bord du lac Majeur, 
est le plus remarquable *, il fut découvert , en 1 7799 par le 
Père Fini , professeur d'histoire naturelle à Milan. Les 
cristaux de feld-spath y sont d'une jolie couleur de chair ou 
d'un blanc d'ivoire ; qiàelques-uns ont deux à trois pouces de 
longueur, et sont très-nettement prononcés, quoique mâ- 
clés. Us y sont accompagnés de cristaux de quarz , de iau- 
moioiite , de chaux fluatée verte ou rose , de cette, variété de 
fer que les Allemands uoiameni eisenrham , etc. Les beaux 

troupes de ces feld-spath ornent presque tous les cabinets 
e l'Europe. Ontrouve encore des cristaux de cette pierre j 
à Carlshad, en Bohème ; à Vic-le-Comte près de Cler- 
mont , en Auvergtie. Us proviennent de la décomposition 
des syénites porphyriques, et sont gris ; à la Claytte , dépar- 
tement de î5aône-et-Loire , dans le porphyre . décomposé , 
ils sont d'un rouge-brique; en Corse, d'un blanc de lait; en 
Korwége , vcrdàtres et roses , etc. 

Les porphyres ou plutôt les roches à structures porph)Ti-- 
tiques , présentent de nombreux.cristaux de jfeld-spath,. or^ 
dinairement très .- petits et qui forment des. polygones de 
diverses formes , suivant le plan dans lequel ces cristaux 
ont été traikhés.. Leur couleur est généralement différente 
de la pâte ; c'est ce qui fait la beauté des porphyres employés 
dans les arts. 

Le feld-spath commun parott être le premier qui ait 
porté le nomdeFELB-SPATU) ou plutôt celui de Fels-spath; 
spath des roches en allemand, et non pas sp€Llh des champs^ 
comme l'exprime le mot feld-spath. En effet, cette substance 
est excessivement répandue dans les roches, et ne se trouve 
qu'accidentellement dans les champs. 

V. Feld-spath-petunï-ze , .( Eeld-^path laminaire , 
Haiiy.) Les Chinois donnent le nom de Petunt-ze , à un 
feld-spath blanc et soUdç , qui forme avec, le kaolin la 
base de' l.eùr porcelaine. Le véritable petunt^ze se trouve en 
grandes niasses confusément cristallisées, comme les marbres 
primitifs ; mais il est infiniment rare d'en r^contrer. 

[ Il existe une colline cojmposée d'une matière à peu près' 
seniblable , en Daourie , au bord de la Chilka ou fleure 



F E L 325 

Amour , à 87 rerstes , au-dessous de la fonderie d'argent. 
Cette pierre^a été exploitée parles Chinois, lorsqu'ils possé- 
doient celte contrée. J'en ai rapporté des échantillons pris à 
la surface même de la roche. La matière est blanche comme 
la neige , toute Composée de petites lames, confusément grou- 
pées , et ressemble parfaitement à un marbre salin ; elle 
est parsemée de petites particules de mica blanc. et brillant. 
' Qûeb]U^s- minéralogistes ont prétendu que les Chinois don* 
noient* indistinctement le nom de petunt - ze à toute espèce 
de feld-spath ; mais il est plus |>robabIe qu'ils n'ont dénommé 
ainsi que celui qu'ils employoient dans les arts. ' 
: Commet autrefois l'on confondoit le feld-spath avec le 
spath-fluor , on a quelquefois donné à ce dernier le nom de 
petunt-ze rert , violet , etc. (pat.)] 

Mînéralogiquement padant ^ on peut étendre davantage. 
les caractères de ce feld-spatb, qui constitue dans la nature une 
sorte de roche granitique très-caractérisée. !1 est généralement 
granitique , laminaire , blanc 1 gfi^ ou jaunâtre et même rosé , 
associé au mica et au qu§rz. Ces trois substances varient en 
proportion et en grandeur : tantôt elles sont entrès^petitespar* 
ties et forment une roche de feld-spath granulaire, ou une roche - 
lamellaire qu'on emploie comme fondant dans la composi-- 
tion de la porcelaine, et qui parfois est feuilletée ; tantôt elles 
sont en morceaux de plusieurs pouces de diamètre et fonnent 
ainsi des granités à très-grands élémens.- Quelquefois, par une 
sorte de cristallisation confuse ^ te feld- spath et le quarz for- 
ment ce qu'on nomme le granité graphique , parce qu'à la 
coupe , le quarz présente des lignes semblables à des carac- 
tères arabes. Lamâme i^oche offre tous ces états, soit en 
veines ^ couches et amas ou nids. Ce feld-spath a qtreliquefoi^ 
des former régulières ; elles sont ordinairement ou simples 
ou mâclées dans un sens particulier. Les plus beaux cristaux 
se trouvent à Alençon, enCorfee, et surtout à Nertschmski , 
en Sibérie. Ce qui caractérise encore èette roche , et qui fait 
reconnoître le feld-spath petunt-zé, c'est qu'élite contient dané 
son seiii; i ':^ Des nids de grosses tourmalines^ lioifesàl arascon', 
dans les Pyrénées , Tyrol; etc. 2.*»-Dès tourmalines apyre^ 
rouges et vertes , Sibérie, Connecticut. 3.<^ rrësqûe toujours 
des aigue-marines , Dapurîe , Nertschinski , Ekaterinbourg ^ 
Bavière , Limoges ; o» de la chaux phosphatée, à Yic dlans 
les Pyrénées. 

4..** jDe Furane oxyde vert-serin ( Limoùsîn VAtrtiin, Bour- 

Îogné , Sibérie ; et 5. <^ surtout des veines ou des couches de 
Laolîn ( J^, ce mot ) , terre blanche employée dan^ la fa-, 
brication de la porcelaine, et qui paroît due à la iroche pe- 
toat^ze, cUe-méme décomposée. 



8a6 F^E L' 

Cette rpche maiptenant appelée Segmatite ( F. ce inot% 
il faut y rapporter le feld-sp^th commun désagrégé des mî-^ 
péralogistes allemands. 

Le feld-spa^ dé Passau, et celui de Mossos^la, en 
Piémont , qui contient les corindon^;, et probablement celui 
du Carnatequi renferme les corindons^ appartiennent aupe-* 
tunt-zc ; ils ont donpé à T analyse : 

i.** Celui de Passau: silice, 6q,3S; .alumine ^ da;db2tux, 
j^.5; potasse, i4>.; oxyde de fer, une t^ace ; eau, i (Rose); 

2.^ Celui du Piémont: silice , 6a ,4 ; alumine, 2^\ chaux ^ 
1,2 ; fer, 4; eaux et potasse , i5,4^ ^Yauquelin); 

3.* Celui du Camate: silice, 64^ alumine, a^î £bM«, 6,a5; 
fer, a; perte, 3,^5 (Chêne vix). 

Réaumur et Guettard ont' remarqua que quelques petnnt-ze 
ont le go{it salio^ à Texception àvip^iimt-ze proprement dit , 
qu{ entre dans la composition de (a porcelaine comme fon^ 
dant ; ce feld-^spath n'est p^& employé dans les arts ; la ma* 
nùfacture jie porcelaine de Séveiç tire sont petunl-ze du Li- 
mousin, comme son kaolin; Ton emploie. quelquefois, mais 
comme curiosité , . le granité |^£|p^iq9i^. iJes plus beaux se 
î-rouvent en Corse , en Bourgogne et ep Sibérie. On en fait 
des clefs de montres , des boUes y d>es vase^ ., etc. 

[ VL Feld-spath vert. Il est d'un Tçrt-pommc, rareiaent 
uniforme , et presque toujoç^s pan.aeb4 de. blanc. Ses laxxies 
^ont souvent de plusieurs poupis^ d^ étendre en tous sens^ or- 
dinairement planes , et quelquefois légèrement ondoyantes ; 
daijis ce cas , elLçs ont un éclat nacpé ,. et dans qift^qites par- 
ties ejles offrent des points hrlltanset attentés, quieni font une 
jolie espèce d'aventunne. , aîni^j: qu^^e l'ai observe ci-dessus 
ep parlant an feldspath qçenturiné perf ,«qui n'eât autre chose 
qu'une v^ri^é accidentelle d^.;C(eIui7rcil i 9iais âana les cabi- 
nets 9 on poUrroit les prendre fù^f d^ifx ^ubst^aces distinctes^ 

Le feid'spafh vert se trouve . d^m* ^n» colline de la hase 
orientale des monts Our(if ep Sibérie , à 70 lieues environ 
au sud d'Ëkfitérinbourg , ^urla rivière OuVquî descend de 
ces montagnes , et qui bientôt .^près se jette dans le ToboL 

Près de cette cpUine se trpuye la Corteresse de Troùzk ou 
jtrdUzkdii/.j et c^eHe de Tchéèarifgiil n'en est pas fort éloignée. 
Je rappelle ce^ indications pour faire disparoître la confu- 
sion qui r€;gne sur la localité de -ce fi^ld-spath vert; c^r je vois 
que le même auteur le place dans quatre lieux dtfférens : 
x,^ sur Lç riy|ige diç l^ mer Blanche ; 9.° à cinq cents Ueues de 
là , près d,e, la, forteresse d^ Ti'oïtz ; 3*^ daps un autre çndroit 
de la Sibérie , 4|ui n'est pas désigné ; 4.® enfin , dans l'Amé- 
rique méridionale , sous le noi^ d^ pierre des Amazones. 

A regard de cette dernière indicatipo , il parojt qu'elle n'a 



'F E L 337 

été donnée qae^'^jprèf HUA «impie conjecture de M.Beboni ; 
mais il est a^é de faire voir combien pette conjecture e5t d^ 
«nuée de fondement. 

M. Debom trouva dans la collection de mademoiselle de 
Raab , deas échantillons de feldspath vert ehaio^ant; l'un doAt 
le lijçu nat^l étoit indiqué en Sibérie , dans une montagne à 
.quelqtiiçs lieues de la forteresse de Tchébarkmà , ce qui est 
exact ; Fautre étoit désigné comme venant de la imère des 
Amazones en Amérique ; sur quoi Deborn ajoute cette note : 
«( Q'^iprobtd>lemerdce\\A pierre qu'on désig^oit autrefois sons 
« le n<>m de jderre des Amazones* ^ . « 

Nous devons faire remarquer ici 'qu'il vient du Brésil de^ 
quafz aventurinés verts ^ qui ressenaÛent beaucoup au fpld— 
spath vert de Sibérie. Jameson indice aussi le feld-spath 
vert ^ en petits cailloux roulés , sur les bords de la rivière des^ 
Amazones. ' 

[La coUine qui renferme les filons de ce feld-spath yer|, 
avoit déjàété observée par Pallas^en 1770 ; maisx^omme pro- 
bablement on avoit enlevé tout ce qu'on avoit trouvé de cette 
pierre , il jugea , d'après les rapports qui lui furent faits , que 
ce pouvoir être Une espèce de serpentine. Voici clament le 
traducteur a rendu ce passage : « La forteresse de TroYtzka^ 
« est située sur la rive gaudbe de VOui ^ qui. sort des monts^ 
« Oural.... On découvre sur son rivage.... une niontagne unie, 
i< composée de rochers qui présentent de hauts escarpemens , 
«< surtout au-dessous de la forteresse. Ces rocs sont un schiste 
« corné , dont les couches dressées (ou relevées) s'étendent 
« de Tesi k l'ouest. Dana plusieiurs places, ceite j-oche est «us- 
<r ceptible de poli ; on peut la regarder comme une espèce 
« de serpentine d'une couleur verdâtre, imprégnée detaches^ 
« noires ». {Voyage ^ t. 11 , p. 417 9 in-4-0 / 

Il y à en effet des échantillons de ce feld-^atb ver^ qui 
sont tachetés de noir par un oxyde de fer ; j'en ai f importé 1, 
moi'-même qui présentent cet accident. 
. L'analyse de ce minéral a été. faite par M. Vauquelin. Cet 
habile chimiste a fait voir que le feld-spaUi vert de Sibérie 
étoit composé des principes suivans : silice, 62, 82 ; alumine^ 
17,0a; chaux, 3,00; potasse, iS^oo; fer oxydé, 1,00. (pat.} 

Depuis la rédaction de cet article , par AI. Patrin , l'on a 
découvert en Sibérie des cristailx d'un volume considérable 
de feld'tspath vert , et une variété graphique très^'olie. Cette 
sabstance a été retrouvée dans les granités des bords du lac 
Onjéga auBrésil et encore au <)roënland, du naoins c'est l'opi- 
nion de M.iKeergaàrd, quipossédoitun cristal de feld-*spathver;t 
de huit pouces de longueur, rapporté de cette contrée bo- 
réale par le voyageur Giseeké. Ce feld-spaih vert^ahâçlument 



^ 



338 F E L ' 

f 

semblahie à celai de Sibérie , est mainteiiaiit Jlàiis la collec- 
tion de M. le marquis de Drée ^ dans laquelle on voyoit aussi 
un vase précieux avec son piédestal en feld-spatlivert de Sibé- 
rie , d^une rare beauté. On a encore indiqué du feld-spatb vert , 
en Bavière , mais nous pouvons assurer que ce n*est qu^une 
variété vert-poreau du feld-spath commun. Elle a été nom- 
mée amazonenstein. Le feld-spath vert appartient à la forma- 
tion du feld-spath petunt-ze. 

Les arts emploient quelquefois le feld-spath vert. Sa cou- 
leur aimable et un reflet pailleté argentin lui donnent du prix 
dans la bijouterie. U y porte le nom impropre de pierre des 
amazones de Sibérie. 

y IL [ Feld-spath kaolin, ou ârgiliforme , fdd-spaih dé- 
composé^ Hâiiy ; PorzelffinerdjWtT. , vulg. terre à porcelaine. C'est 
un feld-spath ordinairement blanchâtre , q,ui paroît être dans 
un état de décomposition qui le fait plus ou moins ressembler 
à de Targile , dont il n'a pourtant pas l'onctuosité. Cette 
terre , au moyen des lavages et de quelques autres prépa- 
rations, devient un des principaux ingrédiens de la porce* 
laine. 

On trouve du kaoiin dans plusieurs parties de la France. 
Le plus connu est celui de SaùfU-YrieX'la-Pcrche j près de 
Limoges, qu'on fait entrer dans U pâte de la belle porce- 
laine de Sèvjes. 

Celui de Châieau-Dun , à lo lieues au N. O. d'Orléans , 
est employé dans la manufacture de porcelaiiie de cette der- 
nière ville. • 

U existe depuis quelques années, à Yalogne, en Nôrâian- 
die , une manufacture de porcelaine qui est aliinentée par un 
kaolin qui se trouve au Bourg-des-Pieux ^ près de la mer, dans 
la partie occidentale du Cotentin^ 

Bôsc a trouvé du kaolin dans plusieurs cantons de l' Au- 
vergne , notamment dans la forêt de Montel-de-Gelat , entre 
Clermont et Limoges; à Malzieu^ près Saînt-Flour ; à Ja«- 
vougue^ près de Brioude ; k SouxiUanges ^ près d'Issoire r ^ 
Marsac , près de R Jom ; à Bord-Pré , entre Clermont et 
Thiers ; au Bordet, sur la route de Clermont à Brioude. Le 
kaolin de cette dernière qualité est une argile absolument 
pure et sans mélange. Les autres contiennent du sable quar- 
zeux et des paillettes de mica , de même que ceux de Port^ 
Louis en Bretagne , de Maupertms et de Chopigny ^ près d'A- 
lençon , de Bayoone , 'etc. 

Aux environs de Gannai^ daiis le Bourbonnais , on trouve 
un kaolin de la plus grande finesse, et qui est exempt de mé- 
lange , de même que celui de Bordet. 

La i^anufactuce impériale de , porcelaine de Pétersbourg 



F E L 3^9 

tiré soïi Icaôlîn de.Sibërîë, de la partie orientale dès moats 
Oural, à 60 lieues au midid-Ekatérinbourg, où Ton en trouye 
des couches conaidérablesi qui sont d^aUuyiQn',;ei do&t oafait 
le lavage dans la forteresse de Tch^arkoul 

La base orientale. des lâdnts Oural peut fournir ime qiian* 
tîté incalculable de kaolin. J ai vu k a5 .ou 3q lieues au nord 
d'Ekaterinbourg , .des plateaux |;ranitiqu£sde plusieurs Ueaes 
d'étendue , entièrement composés de couches presque verti- 
cales de granité, d^ environ un pied d'épaisseur , dirigées àvL 
nord au sud comme l'Oural:, parfaitement parallèles entre 
elles , et alternant avec des couches de kaolin d'une épaisseur 
à peu près semblable. Lçgranite est de l'espècequ' on nomme 
graphique ( V, ci-dessus Feld-SPATH PETUNTriE) , mais il est 
friable et grossier. Il renferme çà et là quelques nids de topa- 
zes et de petites aiguermarines , et une prodigieuse quantité 
de cristaux de roche blancs , jaunes , fumés et améthystes , 
qui se trouvent aussi disséminés en groupes isolés dans le 
kaolin; mais ils sont rarement dWe belle eau. (pat.)J 

Le kaolin est friable ', terreux , rude au toucher , happant 
Il la langue ; il est infusible au chalumeau et au feu des fours 
à porcelaine. H fait difficilement pâte avec Teau. Ses cou- 
leurs sont ; le beau blanc, le jaunâtre , le gris et le rougeâtre. 
'li est eonnnunément mélangé de paillettes de mica ; mais il 
est essentiellement composé d^alumine et silice. M. Rose a 
trouvé dans le kaolin de Ave, près de Schneeberg en Saxe : 
silice , 52 ; alumiïie , ^7 , et fer, 6,33. Mais il s'en faut que 
toutes les( variétés de kaolin offrent les mêmes nombres 
dans leurs proportions. On observe beaucoup de différence 
à cet égard. Il ne renferme pas de potasse; Sa pesan- 
teur spécifique est de 2,2x6 environ. Le kaoKn Se trouvé tiK 
bancs dans les granités dont nous avons parlé à FarticlePÈ^ 
TUNT*ZE , et dans les gneiss qui raccompagnent. La Chine et le 
Japon sont riches en cette substance , qui n'est pas rare ncrù 
plus en Europe. Là Saie fait entrer dans la composition de 
sa porcelaine le kaolin def** Schneeberg. Le kaolin de Pasgaù 
est la base de lapôrcelàine d'Autriche. On trouve du kaolin 
en Irlande , en Ecosse, ett'Angleterre , etc.... 

VIII; FEin-SPATii tLtxi^'Blampaih , Wem. ; Blue-spàr'^ 
Jameson; Felsùe^ Kîrw.). Il est d un bletijpâle on d'un bleu 
céleste , et accidentélleînent verdâtré ou d'un bbnc laiteux. 
Il se trouve en masse oiy disséminé dans sa roche ; il est ya 

{>eu brillant et son tissu serré ; sa cassure est împarfaîtenitJnt 
aihelleàse 5 il est tranKincfîdé sur les bords. Sa pesanteur spé- 
cifique est de 3,046*, par conséquent moindre que celle des 
feld-spath en généval. 'Au chalumeau , il se fond moins fa- 
cilement que les autres variétés. Il devient blanc opaque , et 



236 F K L 

fms se change en vne sorte d^éinatl blanc. Il colore le bo- 
rax en noir. 
' KlaproUi a troarë qaUl se composoitde : 

Silice i4fOO Potasse 0,2$ 

' Ainniîne. •..••• 71^00 Oxide de fer. . . . o^jS 

• Magnésie 5,oo Eau 5,oo 

Ckanz. 3,00 Pertç* i^oo 



10O9OO 

Ce feld-spadi n^a été trouvé jusija'à présent qae dans la 
vallée de Murz , près de Krîeglach ^ dans les hautes monta- 
gnes de Stîrie, à i5 lieues S. S. O. de Vienne. Il se ren- 
contre dans une roche composée ^e quarz , de mica et de 
grenat, qui forment sans doute des lits ôudes montagnes. Ses 
caractères le font aisément reconnoître du lazuUi de W^er- 
ner {klaprolhite de Drée, azurUe de Jameson), et des antres 
substances bleues avec lesquelles on Ta confondu. 

Feld-spath AGRÉGjÉ ( schorl Uànc f Romé-Delisle ). Foyez 

TELn-SPATH ADUI4AIRE , pag. 

Feld-spath ap Yas (Aitdalousàe^ Lamarck) V, JAUESOifiTE. 
. Feld-spath AaGiLiFO&ME. F. Feld-spatekaoun, p.3a8. 
! ' Feld-spath chatoyant. F^Feld-spath ADU£AiaE,TjEJJï- 
*èPATH OPALIN et Feld-spath aventuriné. 

Feld-spath calgarifère. V, Spath en table. 

Feld-spata compacte. F. Petrosilex. 

Feld-spath cubique. £ Cette variété se trouve en Saxe , 
jirès d'Ëhrenfriedersdorf ; elle ne diffère du feld-spatb corn?- 
juun 9 qu^en ce qu^elIe se divise en lames beaucoup plus faci- 
lement, et qu'eue se délite en fragmens à peu près cubiques. 
Kirwan lui doni^e le nom de pétnlUe, C^'^'^') 
. Feld-spath décomposé (Haniy).Por2£//â/2i;/v2<?, vulg. Terre 
aporcdcdneY, FjELD-SPATH KAOLIN, pag. 328. 

Feld-spAth i^kÉODALiTE. C'est un- feld-spath volcanique 
^extrêmement fusible , que Mosear. observé dans les anciens 
jvolcans des bords du Rhin; et commj& il forme une variété 
remarquable, il l)il a donné le bo^ de déodaliU^ en rhonneur 
de riUustre Déodat de Dolomieu, Tim des plus grands obser- 
Vateyrs des volcans. 

\, FeLD-SPATE DÉSAGRÉGÉ. V F£U)^âPATH PETUNT^^E, p. 3aS. 

. ' Feld-spÀth diaphane , quelquefojus nacré. 
^On peut rapporter à cette variété TAfiGEi^TiiirE de quelques 
Japidaires , qui est un feld-spath brl^ç 9 dUmi tissu, plus égal 
jqae celui de Vadulaire commune , e,t qui rétléchit la lumière 
à peu près comme une plaque d'argen|L ppjiie. EUe se trouve 
.à Ce vlan. F,. F-eld-spath adulaire. 



TEL 33r 

F£i|>>$PAt& CL0Bi7LE^x.Cestle granité globulaire (F.Dio^ 
|K:IT£) troQyë en Corse, dans le vallon qui conduit de la mon- 
tagne du Niolo à Santa-Mariarla-Stella. M. Faujâs possède 
un noyau de ce granité , qui eM un véritable cristal de feld- 
spath. 

Felb-spath gras. [^Dolomîeu donnoît ce nom' à une va- 
riété de feld'Spath commun des granités, qui présente un as- 
pect un peu gras et un tissu lamelleux ipoins distinct que le 
leld-spath ordinaire ; il m'a paru quelquefois que cet accident 
étoît d^ k un commencement de décomposition ; il peut pro-^ 
venir aussi du mélange d'une petite quantité de stéatite j ' 
comme dans celui dont parle Saussure, § 1974* Ce feid-spath 
est particulier à plusieurs ro<^hes , notamment aux gramsiein 
des Allemands , et à quelqueis À/ïw^^fei/w. -(PAT;) 

Feld-spath grenu. [ 11 n'est pas rare de trouver dans les 
schistes primitifs des couches blanchâtres qUi Ont l'aspect du 
^ès ; c'est un mélange de grains de feld-spath , de grains 
quarzeux et de parcelles de mica. Les proportions de ce* 
substances varient b( l'iniini; quand c'est le feld-spath qui do- 
mine , on appelle cette pierre fM-spaûi grenu: quand ce sont 
les grains quarzeux , on pourroît l'appeler grès prlmiiff» L'on 
peut citer encore le comtein des Allemands comme un exemple 
<te cette variété, (pat.) . 

Feld-spath indiawt». V: Ii^aianite. ! 

Feld-spath nacré. V. F. adulaih , pag. 

Feld-spath petuntse. V, Feld-spath beITunt-ze , p. 325^ 
He seroit-il pas plus conforme à la langae chinoise d'écrire 
Petuntse F ^ . 

Feld-spath tenace. V. Jade.(ln.) 

FELDSTABWUR{Z.C«st, en Allemagne, ^Armoise 
champêtre, (ln.) 

FELDTASCHE. Nom allemand du Thlaspi des champs 
(^tlilajspi arvense'). {jL^,^ 

FELDWEIGEN. Nom des Roses sauvages , en Alle- 
magne, (ln.) 

^ FELDZWIEBEL. Ce ntm allemand désigne plusieurs 
LiLiACÉEs; savoir, I'Ornithogale jaune , des SciiXES ef 
des Iris, (ln.) 

FELFEL - AHMAR. Nom arabe du Pihent frut^s^ 
cent, ( capskum fruiescens y Linn. ), cultivé dans les jardins du 
Caire, (ln.) 

FELFEL-TAVIL. Selon Prosper Alpin , c'est le non» 
égyptien de 1' Euphorbe effu^e (^E. tirucolU). (ln.) 

FEL-FUTO. Nom qu'on donne, en Hongrie, au Liset 

RON DES HAIES {conffoloulus fiepium ^ L. ). (LN.) 

. FELINS. Famille de. mammifères carnassiers, que )'ai 



33a F E M 

établie dans le Tabkan mëdiodlqué des Inditiiiitfère^, inséré 
dans le a4-^ volume delà première édition de ceDictionn^re, 
et qui renferme les genres Chât et Civette, (desm.) 

FELIS. Nom latin du Chât , qntest ansâi celui d-unrgénre 
de quadrupèdes, dans les ouvrages systématiques. F.Chat.^s). 

FELONGÈNE. C'est la Chélidoine. (ln.) 
FELLOS. K Phellos. (ln.) 

FELLRISS, FELRIS ou FELRIS WURZEL.'Noms 

qui, dans différentes parties de TAUemagne, désignent la 
Mauve alcee , la Rose trémière ( alcea rosea ) ♦ le . Pis- 
senlit et le Petit Pavot cornu ( hypecoon ). (ln.) 

FELOUGNE. Nom vulgaire de la Chélldoine. (b.) 

FELOUVE. V. Flouve, (ln.) 

FELRIS. V. Fellrïss. (ln.) 

FELRIS WURZEL. V. Fellrissiet. (ln.) 

FELSEN ROSE. Nom allemand de quelques Cistes k 
fleurs roses, (ln.) 

FELSENSTRÂUCH. Les montagnards allemands don* 
nent indlfTéremment ce nom à la Camahine Qempetrum itr- 
grum ) et à T Azalée couchée, (ln.) 

FELSITE de Kirwan.vF. Feld-spath bleu, pag. Sag. 

FELS-SPATH (spathdes roches en allemand).C'est le véri- 
table nom de la substance minérale appelée feid-spath parles 
minéralogistes. "Quelques naturalistes ont rétabli Tancienne 
dénomination. Si l'usage n^avoit pas consacré lé nom de feld- 
spath, on auroit pu adopter celui d'orthose, qui a étépro-.. 
posé par M. EUiiy ; mais ce changement auroit de graves in- 
convéniens. (LN.) 

FELTÈRRAE. Nom donné à la Petite Centaurée 
(^geniiana ceniaunumflÂnn.). (h^,') 

FELVER. Nom du Merle , en Turquie, (v.) 
FELWINDE. C'est le Liseron des champs ( cqmohulus 

arpéiMÛ, L. ), en Allemagne. (ln>) 
FELWORT. C'est un nom que la Gentiane amarelle 

porte en Angleterre, (ln.) 

FELZE. V. Feouze. (desm.) 
FEMBEEREN. V. FehKbeere. (ln.) 

FEMELLE , FEMME, FÉMININ , Famina, Ce terme 
vient àefoQere^jœlare^fotus, qui désignent la qualité de cou- 
ver^ d'échauffer, de fomenter un nouvel être, un jeune in^ 
dividu, parce qu'en effet les femelles sont spécialement 
chargées par la nature de former , nourrir et faire croître 
les fœtus , les embryons engendrés dans leur sein. 

Pour cette respectable fonction^ la nature a créé , en gé- 



P E M 3?^ 

néral) les femelles^ tendres, sensibles , ou affectueuses pour 
les petits ; elle leur a donné un sein ample pour les contenir 
dans la gestation, et aux mammifères , des mamelles pleines 
de lait pour la première nourriture de ces petits. Dans les 
didelphes , les kangùroos , et autres animaux marsupiaux, les 
femelles portent vers le bas-ventre un sac de peau dans le- 
quel les petits naissans avant le terme ordinaire , sont re- 
cueillis chaudement. Les oiseaux couvent leurs œu& et dégor- 
Î;ent la becquée à leurs petits ; si ce sont des oiseaux de proi^^ 
es femelles sont nées plus fortes et d^un tiers plus grosses 
que les mâles, afin de pouvoir chasser et apporter une proie 
suffisante à leurs petits, ce qu^on observe chez les faucons et 
les tiercelets. 

Parmi les reptiles, quoique la plupart des femelles aban^ 

dannent les petits ou les œufs , on voit cependant celle du 

. crapaud pipa chargée de ces œufs sur son dos , où les petits 

éclosent et se nichent ; et d'autres espèces de crapauds por-*. 

tent leurs chapelets d'csufs gluans autour 4e, leurs pattes. 

Chez plusieurs poissons , les petits éclosent dans le ventre 
de la mère , ainsi que. chez les serpens venimeux, quoique 
ce soient des animaux, en général , ovipares. Chez certaines 
espèces^ coI^me idifisUdaria paradoxa^ on n'a pas vu de 
mâles; Pallas suppose qu^elie se suffit seule. 

Parmi les insectes , les femelles , souvent plus volumineuses 
que les mâles et plus sédentaires , déploient les instincts les 
plus merveilleux pour la conservation de leurs petits. ( Voyez 
Abeille , Araigt^ee , Fourmi , Guêpes , Ighiyeumoks , etc. ) 
Elles manquent souvent des crochets aux pattes qu'on voit» 
aux mâles pour retenir ces femelles pendant l'accouplement. 

Dans les plantes dioïques , les pieds femelles paroissent 
plus propres que les mâles à se propager de bouture , comme 
si eues contenoient plus spécialement l'espèce. D'ailleurs i 
dans les végétaux , les pistils ou les organes femelles sont pla« 
ces au centre de la fleur , et les parties mâles ou étamines ^ 
à la circonférence; donc la nature a considéré les parties 
femelles comme les^ plus importantes. 

En histpire naturelle , la distinction des femelles et des 
jnsXtsdtYÏent d'une importance extrême > pour ne pas mul- 
tiplier inutilement les espèces, ce qui n'a lieu que trop sou-* 
yent dans l'ornithologie , l'erpétologie, Tichthyologie et Ten-* 
tomologie, faute de. pouvoir observer les organes sexuels«j 
Cherclwns donc les autres différences.,, 

Caractères des femelles. i.'^.Les femelles des animaux 
de toutes les classes dioïques,. ou à. sexes séparés , ont , ea 
général , des couleurs plus pâles , plus lavées , ou moiAs 
brunes , moins vives , moins foncées que les individus mâles ^ 



fax FEM 




la 

ks 
plK hm^y et n é iai cette partie 
;ce^Bts*a pasiieacliei les niles. Ainsi, 
4es tamdlts Je boflibirx, Je EjaBprres, Je kermès et coc- 
Cfts 9 ctc.^ a me fosie tt iHtfes iBKCtes ^ ve J^relopp^Bt pis 
J'ailes assezpow toIct ; les scvics fe mell es JT ij r m éi i op l cres 
oat «B aigviHm Teaimcas à Tams : les CTBÎps , les ichnea- 
moof , 1^ tealhrèJes femelles , «se seie, mie tarière, etc. ; 
les taspcs-grilloBS, les saolerelles , mie espèce Je sibre ou 
Je tfljao pmff Jéposer leur aea6 ea terre. Parmi les mammî- 
feres marsopiaax , les femelles seules oat «ne boarse ingui- 
iiale. 

3.* Les oigines qai sci fe nt J*ara em c a t oa Je Jéfease , 
da Je moyeas Je tact , etc. , à la tête , diez les mâles, main 
qoeat très-soareatcliez lesfeAeUcs-Aiasip las iears feaielles de 
ramiaaas aumqaeat Je cornes, coaiaie la liiche, la cberrette; 
lesfeaieUesJ'éléphaiiset Jebdb^rronssasy a'oat qae de petites 
Jéfeases , ce qai a même Hea chez Jcs scarabées femelles ; 
la Itoaae maaqae Je criaière , ainsi qae les femelles de roDan- 
Jeroo et J*aatres singes à crinière ; parmi les oiseaox , on voit 
rarement ans femelles , ces crêtes , ces aigrettes brittanles , 
ces happes , ces qoenes en rooe Ja paon, Ja coq, de U 
lyre 9 etc. Ancone femelle Je galUnacé n*a des ergots aax 
pattes comme les mâles , ni J'aignillons aux ailes comme les 
pluviers (e^^iinidirw)^, ni des coHerettes comme le tfiagajmg^ 
nax , L« , ni ce pinceau de poib à la gorge comme le dindon, 
ni ces grandes caroncales d'autoar de la gorge , des y'evai et 
du bec , comme plasienrs mâles de vaatoars, de galHnacés , 
ni ces plnmes hypoçondriacales et homérales des oîseanx de 
baradis, etc., tons attributs mascniitis. 
' Parmi les reptiles , plusieurs femelles' de lézards, detopi- 
nambîs , etc. , manquetit de crêtes , de goftres et autres o^ 
ganes analogues.' Les femelles des batraciens n^ont point non 
plus de verrues aux pouces pour retenir , comme l'es mâles , 
un individu* De mê^nè , les femelles de poissons sélaques , 
raies et squales , manquent des deux appendices inguinaux 
'des mâles, destinés à retenir les femfeHes dans l'âccouple- 
ynent. Les blennius phycis on coquUlades , et autres espèces 
portant des appendices sur la tête ou çertàm barbiliom, oa 



F E M iîS 

àà& croclietSf de» {>îi[aatiB^ des' diifeviscs , mr^én nfontrent 
point chez les femelles ^ ah^si qae des tacbesV deç raies, de» 
peiAures qui sont toujours moins vires eliez ks femelles. Les 
femelles de criquets , de grillons , de cigales manquent d'ins^ 
trumensbrdyans; des guêpes, des libellutes femelles n^ont 
aucun cfx^ehet. . . a 

4-® Les femelles des oiseaux de proie , celles d^s quftdm^ 

£èdes féroces sont ovi plos volumineuses d% corps, ou phn 
ardks et plus violentefs dans la £»im et la nécessité ^e les 
mâles eux-mêmes, pour nourrir leurs petits. Elles affrontent^ 
<Ni pliulét ne connaissent pas le danger , tatt| «ll^s sont trans- 
portées alors d'audace et de foreur. Les cWabeS'^ussi co«i^i<ni 
mieux que les chevaux entiers; car les lourds testicules èé 
ceux-ci les gênent dans ce violent mouvementi" • 

En général , la femelle comnoe plus foihl^e de muscles, et 
plus timide ou craintive , est forcée de recourir àr la rase ; elle 
est plus traître, dit-oa, et plus cruelle que Je m!lie, psfrce 
qu'elle dbit être phis^ tendre , plus dévouée à ses petits. Ëtli^ 
a moins de voix o» donne moms de bruit et de thant patmi 
les animaux pourvus de poumons* 

Il y a des espèces d^insectes, comme les termites, les 
coccusj pà les femelles portant dans leur sein une énofiA^ 
progéniture , elles acquièrent par l'imprégi^tipn un volume 
extraordinaire et bien plus grand que celw d» mâle. En des 
espèces , les peitits éclosant dans le sein maternel , le àk^ 
tendent tellement, comme dans le silure acuité , le syngna»- 
the, et des insectes, tels que les cloportes ^ les gallinsectes ^ 
qu^ils le contraignes de se fendre oci de se déchifer. Les 
femelles d'ëcrevisses ont sous Tabdomen o» 'la* queue, àtÈ 
filamens pour retenir leurs œuCs. 

-. 5.^ Enfin, la femelle est plus humide, plus molle que le 
mâle ; c'est pourquoi elle a le ventre plus gros, et* les oi^ 
ganes secs ou chaiids, tels que la tête, répitt4& dorsale, etc.^ 
pkis foibl:es.L^ humidité delà femelle li» donne plus de moyens 
de nourrir les petits dans son sein , o» de les allaitelh de ses 
mamelles ; ou eUe a des menstrues , ou elfe irefid plus d'en- 
rine que les mâles. Elle ne transpire pas sputa^t que ceux^ 
ci, c'est pourquoi ellfe est nmins fourme de poils ou dé 
plumes, d'excroissances, d'écaillés, etfct Elle a ses partie 
plus renfermées àu-dedans , non-seulement ses organes 
sexuels qui sont toujonn» intérieurs ( F. SsXe),. tandis que 
cevx des mâles sont saillans aMr-dehors ; in^ ^ en général ^ 
toutes les parties externes sofit moins développées, moins 
Ibrtes que chea lès mâles» Cettx-ciont , au contraire , le venti^ 
ou l'abdomen ordinairemenf Resserré , petit ,' et les membres 
extérieur^;,- ht tête, les épaules , le ee« 9 l'épine du dos plus 



^ 



3J6 F E M 

robustes et plus ëpais/ Aussi dans les produits mëtis , ou.de 
deux espèces différentes , le père influe davantage sur les 
membres extérieurs et antérieurs du corps , comme si^ la 
laine , la tête des béliers mérinos , et la mère sur les organes 
intérieurs. On peut donc dire qu^en général, les femelles 
sont plus rolummeuses et développées par les handies et les. 
régions inférieures ou postérieures ; les mâles , au contraire, 
par les organes antérieurs ou supérieurs. Nous exposerons 
ces vues importantes avec plus de détail f en traitant des 

Les femelles parviennent encore plus t6t que les mâles à 
Tépoque de la puberté , parce qu'elles sont d^ ordinaire d'une 
moindre taille au total que les mâles , et ainsi sont plus tôt 
arrivées au faîte de leur croissance ; mais comme elle^ sont 
plus humides', plus molles, et vivent avec moins dïntensité 
et d'action que les mâles , elles poussent plus loin leur car- 
rière de vie ; la nature les ayant chargées de veiller à la pro-* 
géniture , les mères subsistent plus long-temps que les pères 
qui , dans beaucoup d^ espèces d'animaux et de v^étaux j. sçk- , 
combent après la génération. 

La femelle €^3t le dépositaire, la matrice originelle des 
germes et des œufs. Tout individu femelle est uniquement 
créé pour la propagation ; ses organes sexuels sont la racine 
et la base de toute sa structure : Mulier propier utieru&i condiia 
csi; tout émane de ce foyer de Forganisation; tout y çQuspire 
dans elle. Le principe de sa vie , qui réside dans ses organes 
utérins, influe sur tout le reste de l'économie vîvaptei.Le 3exe 
masculin est en effet plus extérieur ou plus excentrique dans 
la génération. La femelle est donc , pour ainsi dire » Tâiiie de 
la reproduction , parmi tous les êtres animés , soit chez les 
pucerons, soit chc;^ d'autres animaux qui engendrent d'eux 
seuls. Source féconde et sacrée de la vie , la mère est la créa- 
ture la plus respectable de la nature ; c'est d'elle que décou- 
lent les générations sur la terre; c'est JSv ou l'être: vivifiant 
qui nous réchauffe dans son se^n , qui nous allaite de ses ma- 
melles , nous recueille entre ses bras et protège notre enfance 
dans le giron de son inépuisable tendresse. JPemmet mère! 
honneur de la création ! quels hommages éternejb ^e vqus 
sont pas dus dans tout l'univers P 

. Parmi les grandes familles des animaux , le sexe féminin , 
dans les espèces dioïques, est en général le plus fQÎble ; il Test 
davantage surtout chez les animaux , dont les mâles sont po- 
lygames , comme parmi le3 quadrupèdes ruminans. et les oi- 
seaux gallinacés. La différence des forces et de la taille est 
moindre dans les sexes des monogames , tels que les singes , 
les perroquets, etc., mais sans qu'il y ait jamais égalité. De 



F E M ' 337 

même , quelles que soient les raisons allégaées par les parti* 
sans de 1 égalité des deux sexes , et bien qn^nne éducation 
plus mâle , des exercices plus forts puissent augmenter la vî-« 
jgueur physique et morale de la femme , elle ne peut pas être 
assimilée à Thomme sous ce rapport , malgré le divin Platon 
(/ies/z. , lib. V ). Jamais les filles andromanes de Sparte , lut- 
tant sur le mont Taygète , ou dansant la pyrrhique guerrière 
sur les rives de TEurotas , n^ont égalé la vigueur du Spartiate. 
Jamais femme ne s^est élevée par la culture de son intelli* 
gence , à ces hautes conceptions du génie dans les sciences 
et la littérature , qui semblent être la plas sublime conquête 
de Tesprit humain ; celles qui se -sont le plus distinguées dans 
cette carrière, ont souvent mérité F épithète mascuia, qu^ Ho- 
race donne à Sapho ; car Ton a remarqué d^ ordinaire , chez 
plusieurs femmes de lettres , une constitution plus erotique 
que celle des autres femmîes (Muret, variar, lection. , lib. viii j 
cap. 21. Il cite aussi Juvénal , sat. vi, et Euripide , Hwpofyt , 
act. 3, etc.). Les lois les ont excluesetdu sacerdoce, ties em^ 
pi ois civils , de la magistrature , et des ordres de chevalerie; 
1 ancienne hi sàlique des Francs les excluoit du trône. On 
nomme , il est vrai , plusieurs femmes qui ont régné avec 
gloire , depub la fameuse Sémiramis , jusqu^à Elisabeth d^ An- 
gleterre et Catherine II de Russie; mais, indépendamment 
de la raison qu'on en a donnée , que les hommes gouvernent 
quand les femmes régnent , jamais la Russie , par exemple ^ 
n'a subi plus de révolutions, n^a vu plus de guerres et de 
calamités fondre sur elle , que sous les six règnes de femmes 
qu'elle a eus pendant le cours du dix-huitième siècle (Masson^ 
Mémoires secrets sur la Russie , tom. il , pag. 1 13 ). . 

De ce que Thomme , par toute la terre , est plus robuste 
que la femme ,.il ne s'ensuit pas que la nature ait accordé 
exclusivemenu Tempire au plus fort sur le plus foible. La 
violence ne fait qu'un esclave ; c'est le consentement qui 
donne une compagne, et les. lob mêmes de la guerre se plient 
devant la captive qu'on éppus^. L'amour, est le règne de la 
femme ; c'est par lui qu'elle devient souveraine arbitre de 
son vainqueur ; en.se réservant le droit de succomber , elle 
l'asservit par sa foiblesse , autant qu'elle le révolteroit par sa 
force ; et lorsqu'elle paroit céder, ce n'est que pour com- 
mander bientôt avec plus d'empire. Sa douceur, voilà sa 
pubsance ; ses charmes , voilà sa gloire : précieux joyaux 
^ont la nature voulut l'orner dans toute sa magnificence. 

Tel est le véritable rapport naturel des sexes entre eux. IJ 
faut donc éloigner cette idée extravagante qui n'a pu se sou^ 
tenir que dans un siècle barbare, que la femme n'apparte-^ 
noit pas au genre humain (^Mulieres^ hominesnon esse, jQissert. 






33& F E M 

aoonyme i'AcIdalios) , et dont iious ne varierions pas si elle 
n^avok éié diaculée dans un concile il Mâcon (Gregar. Tu* 
ronens, Hûtf.). C'est par suite de Tavîtisseinent dans lequel 
les Urientanx ont toujours tenu les femmes, que le karan 
attrSine une ai grande sapériorité à T homme , et qn^il exclut 
cellea-ei du paradis. D'anciens pliilosoplies et des médecins , 
tels fu'Hippocratt , Aristate , ont même regardé la femme 
comme un être imparfait , un demi-homme. Elle n'étoit ja- 
mais amhîdextre , selon Hippocrate , et ses organes sexuels 
étoient y à rintérieur , ce que sont les nôtres* à l'extérieur ; 
mais comme la chaleur les lassoit sortir dan&le sexe mâle , la 
froideur les retirent au-deéans càee le sexe femelle. On Toît 
combien ces opinions sont éloignées de la Traie physiologie ^ 
puisque la flemme est, par sa nature , aussi pamîfè que 
l'homme l'est par la sienne. 

En la comparant aux autres femelles d'animaux, la femme 
s'en distingue par des caractères spécifiques et de» attributs 
qui n'a|l^artiennent qu'à elle. Saos^ doute les singes, les msH 
kîsy les chauve -souris et même l'éléphant, qui sont, d'or- 
dinaire , uniparés comme elle, portent deux maimelles pec- 
torales ; et cette disposition que Àes philosophes ont cm être 
l'apanage de la femme 'seule , afin qu'eUe p4t mieul* embras-* 
ser ses enfans en les allaitant, n'est pas une prérogatire ac- 
cordée à notre seule espèce. Piîne approche aaTantage de la 
vérité , en nommant la femme un animai mmstmel ; car , bien 
que plusieurs feweUes de singes (des jocltos et des gibbons 
surtout), éprouvent un écoulement sanguinolent par la 
vulve , sans époque déterminée , mais principalement quand 
elles sont en chaleur ; si l'on a vu quelque saintement *^na^ 
logoe chez les vaches , les chiennes et d'autres femelles en 
rut , aucune cependant n'est soumise à ime évacuation mens^ 
trueUe périodique. La présence de la membrane de l'hymen 
chez la femme vierge , n'est pas le seul exemple de cette con- 
formation qui soit coman parmi les animaux, comme le 
croit Haller (^PhysUd,, tom. tii, lib. 2&, pag. 91). Ce sa- 
vant physiologiste soupçonne que cette membrane dont on 
»'apu , jusqu'à ce joilr , deviner l'utihté , n'existe que pour 
sn but moral , que pour indiquer la pureté originelle do sexe ; 
opinion qui a paru peu fondée à Blmnenbaeh (^De Gêner, hum, 
fuir. nmi, , éd. 3 ^ pag 20). D'ailleurs,. M. Carier a fait voir 
4pie les femelles des mammifères avoient une sorte de i»em- 
brane de llkymen ( Lêc, danai, compank , tom. v, pag. s3a ). 
Steller et d^anferes observateur» l' avoient déjÀ remarqué dans 
iè k^ufiantin do Nord, ta cavale et quelques singes. 

JLa statiqcn naturellement droite dans notre espèce, pro- 
duit encore chez la femme des effets diffiérens de ceux qui 



F E M 33g 

irdsaltent âé là sltaaiîdn ti'aiisTersaie ^a coi|>s Aei aiitrea ani- 
ma ur. Si l'on doit attribuer la disposition hémbrroÙaire , oïl 
la stase fréquenté du sang dans les rameaux abdominaux dé 
la veine porte , à notre situation droite , puisqu'on n'obserre 
aucune disposition semblable thez les autres espèces j il est 
pro)i»«ble qUé le flux cataménial reçoit aussi plus d'aotiriié 
âe cette situation habituelle i dont on n'a pas assez apprécié 
rinfluen<:e. Elle est si réelle, 4^e les organes sexuels en re- 
çoivent un plils grand afflux de sang et de vitalité , et ac- 
quièrent par-là une activité plus intense que chez les ani- 
maux à situation transversale ; car les singes dont la sta^ 
iion se rapproche de la perpendiculaire , sont très-lubriques , 
et leurs femelles ont j sinon des menstrues , au moins des 
écoulemens irréguliers. De plus , la femme doit â cette sta- 
tion la funeste prérogative d'-être pliis exposée que le/i autres 
animaux à Tavortement , à la chute de la matrice et aux 
ménorrhagîes. La nature a cependant prévenu une partie de 
ces inconvéniens 9 en donnant au vagin une direction oblique 
en devant à la femme , tandis qu'il est parallèle au bassin 
chez les quadrupèdes. Il en résulte que Tenfant ne pèse pas 
directement sur la vulve , lorsque la femme eiiceinte est de-^ 
bout; il s'ensuit encore que les urines' s'écoulent en devant 
et noni en arrière comme dans les quadrupèdes ; et cette 
même obliquité rend moins naturelle Tunion sexuelle , moré 
Jèrarum , quadmpedumgue fiiu , qtie cotisêillent Lucrèce et 
Quelques médecins , tels que Varolé , comme phis |»rolifiqué 
(Kaenipf, Enchirîd, med. , pag. i8i ). 

Enfin , si la femme doit à la station droite plusieurs mala- 
dies , et pat suite peut-être aussi l'hystérie que n'éprouvent 
point les autres animaux, elle doit sans doute encore à la di- 
rection oblique du vagin , dés accouebemens plus laborieux' 
que n'en ont les quadrupèdes , indépendamment de la gros- 
àeut de la tête du fetus , laquelle est plus cansidérable que 
chez les autres espèces. C'est ainsi que la skuation long- 
temps couchée devient un recours indispensable dans plu- 
sieurs maladie» des femmes. {V. au mot Homme , et notre ar- 
ticle Fbmme , du Dict. dés Sciences médicales , et Sexe.) 

(VIRÉT.) 

FEMME-MARINE ou POISSONFEMME. C'est lé 
'pesce muHer des Portugais , ouïe Mahati. F. <:e mol et celui 
cle Lamantin. 

On a cm jadis qu'il ^exîstoit des hommes ftnarins et des 

femmes marineM, Tout le monde a entendu parler des eyrériis 

qui charmoient par leturs chansons flatteuses les nav^ateurs^ 

et les faisoieilt échouer. Cette belle allégorie de l'odyssée 

a été prise à la lettre; par quelque» auteurs crédules et peu 



34o P E N 

instruits. Ces syrènes ëtoient femmes josqu^à la teintùf e , et 
le reste étoit poisson. 

Desinit in piscem mulier formosa superne. 

, HOEACE. 

Koas eiâminerons à Farticle Homme MÀftm , d'o& protien» 
nent ces idées. On peut consulter à ce sujet un Mémoire 
que nous arons donné dans le Magasin Entjydopéd. an 6 de la 
république ^ vaoïs de messidor. (vireT.) 

FEMELLE {Fleur). On appelle ainsi toute fleur no] 
hermaphrodite , qui , étant dépourvue d^étamines , ne poi 
que le pistil, (d.) 

FEMKNOP. Nom de TOrpin des rochers , Sedum 
pestrt , en Norwége. (IN.) 

FEN. Nom de la Fève , Vicia fàba^ au Japon, (in.) 

FENABREGNE. C'est le Micocoumer, Ce&à 
en Provente. (l"n.) 
FENAISON. Temps de faucher. Voyez Prî 

fTOJ 

FENASSE. Le S\n 

ainsi désigné dans quelq _ 

FENCHEL des Allemands. C'est le Fenouil, (ln») 

FENCH , FENCHELHIRSE. Noms allemands àupanis 
cultivé 9 Panîcum italicum , vulgairement appelé millet en épi, 

(ln.) 

FENCHELBLtTME. Nom donné à la Gàridelle par 
les Allemands, (ln.) 

FENCHELGARBE. C'est le Plumeau d'eau , HoUonia 
palustris , en Allemagne, ^(ln.) 

FENCHELHOLZ. (Bois defenauU). Les AUemands don- 
nent ce nom au Laurier sassafras, (ln.) 

FENCHELKIRSE. C'est, en Allemagne , un des noms 
du Panis d'Italie , ou Millet en épi. (ln.) 

FEN-CHOU. Quadrupède de$ contrées hyperboréennes , 
auquel les Chinois ont prêté des attributs imaginaires ; mais 
en éloignant ceux de ces attributs qui sont évidemment fabu- 
leux , il restera peut-être l'indication d'un animal encore in- 
connu aux naturalistes , ou dont la race â'est éteinte comme 
celle de quelques autres grands quadrupèdes du Nord. Cette 
considération m'a engagé à consigner ici ce qu'on lit au sujet 
du fen-chou ^ dans les Observations de Physique de l'empe- 
reur Kang-*Hi , traduites dans les Mémoires des Missionnains 
delà Chine ^ tome 4-9 pag. tfii» 

K Le froid est extrême et presque continuel sur la côte de 
« la mer du Nord, au-delà du Tai-Tong-Kiang; c'est sur 



F E N 3^, 

« cette cdte qu^on trouiTe ranimai fen-ehoa , dont la figure 
« ressemble à celle du rat , mais qui est gros comme un éié-^ 
« phant: il habite dans des cavernes obscures, et fuit sans 
« cesse la lumière. On en tire un ivoire qui est aussi blanc 
<' que celui de l'éléphant , mais plus aisé à travailler, et qui 
« ne se fend pas. Sa chair est très-froide et excellente pour 
« rafraîchir le sang. L'ancien livre Chin-y-King parle de cet 
« animal en ces termes: Il y a dans le fond du Nord, parmi 
<( les neiges et- la glace qui couvrent ce pays , un chou (rat ) 
« qui pèse jusqu'à mille livres ; sa chair est très-bonne pour 
« ceux qui sont échauffés. Le Tsée-Ghoule nomme fen-<Jipu ^ 
u et parle d'une autre espace qui n'est pas aussi grande : il 
« n'est grand, dit-il, que comme un buffle^ s'enterre commet 
« les taupes , fuit la lumière , et reste presque toujours dans 
« ses souterrains. On dit qu'il mourroit s'il voyoitîa lumière 
«^ du soleil , ou même celle de la lune. » (s.) 

FENDERA-CLANDl. Nom malabare d'une espèce de 
LiSEEON {coTWolvulus. tnderUaius). (LN.) 

FENDULE, Fissidens, Hedvr. Genre de plantes de la 
^des mousses, deuxième tribu ou section des ËCTOPO^ 
amies d'un seul péristome. 
^tères sont: coiffe cucuUiforme ; opercule mamil- 
^seize dents fendues jusque vers la moitié de leup 
]ue division terminée par une soie pliée ' en-^ 
dedans à sa IKe et légèrement renversée au sommet 

jsontpour l'ordinaire imbriquées, de chaque 
[sent distiques. C'est un port particulier aux es- 

•e. (p. B.) 
^TET. C'est, en Bourgogne et dans Le Midi ^ 
^ouiLtOTSFiTi&et CoiXYBiTE. T. l'art. Fauvette. 

;NESTRELLE. C'est la Giroflée des fenêtres. (b.> 
FENICE. C'est rivRAiEViVACE, en Italie, (tw.) 
FENICULUML F. FtEwictJLUM. (ln.) 

FENIKELROD. C'est, en Danemarck, le nom du Sas- 
safras , espèce de laurier, (ln.) 

FENION. V. Phetsion. (ln.) 

FENNEC, l^e/i«tfctt$. Genre de mammifère que j^aî établi 
dans le 24™* vol de la première édition de ce Dictionnaire,, et 
qui depuis a été adopté par Illiger , Sipus le nom de m^aloUs.^ 

Ce genre n'a pas encore de caractères bien établis; mais^ 
selon le témoignage de Bruce , il paroît se rapprocher de 
celui des chiens. Il en diffère cependant par les ongles, qui 
sont courts et tétractiles , p;ir les oreilles excessivement al- 
longées, et par les habitudes , puisque les animaux qu'il ren- 



% 



34» F E N 

ferme , vivent sur les arbres , notan^menl mt les pâlôiiers, ef 
sont noctarnes. (besm .) 

Es^ce unique. .**« Le Fennec D^Aeabie ( famecusarabieus , 
|îob ); ( c(u^scérdoj Ginel. ). 

C^est le même animai que Bnffon a appelé VaoKmyme , HisL 
Val, , tom. pi. , en attendant qoe l'on pût connoitre le 
tMnn qn*il porte dans les pays où il se trouve. Bruce, qui 
aroit communiqué le dessin de ce quadrupéTde à Bufifon , 
sans lui en dire le nom , nous a appris dans son voyage , 
que les Arabes le connoissentsous la dénomination ie fennec. 

Avec une petite taille , le fennec a de très-grandes oreilles ; 
elles ont presque la moitié ()e la longueur du corps, qui n'a 
que neuf à dix pouces de long, et elles sont larges àpropor- 
fion ; elles ont un pli au-dehors à leur base ; un poil très- 
doux, blanc et touâu vers, les bords, les tapisse da^s Tinté « 
rieur, à Texception du jnilieu, dont le poil est rare, et cou- 
leur de rose ; à Textérieur elles sont couvertes d'un petit poil 
brun mêlé de fauve. L'animal les porte toujours droites , 
si ce n'est quand il est effrayé ; alors il les couche en ar- 
^•ière. 

Le bout du museau est noir, aussi bien que celui de la 
qtteue , dolit la longueur est d'environ six pouces, et la cou- 
leur fouye ; le reste du peiage eist d'un blanc mêlé d'un peu 
de gris et de fauve/ clair; le poil en est très-fin, et forme 
Une assez jolie fourrure. 

Ce singulier animal , qui est, pour ainsi dire, tout oreilles, 
a la physionomie de la finesse et de la ruse ; iftais il n'est pas- 
mécKant , et îk se prive assez aisément ; il est également frugi- 
vore et caniivore-; il fait la chasse aux petits oiseaux, aime 
beaucoup les œufs ^ et mange les fruits, particulièrement les 
jattes. Ce n'est que vers le soir qti'il cherche à satisfaire son 
appétit , et il dort la plus grande partie de la journée. * 

L'on trouve le fennec dans une partie de la Barbarie t chez 
le$ Arabes JBéni-Mezzabs et Verras , anciensjpays des Mé- 
lano-Gétules ; en Nubie et en Abyssinie. M- Bruce dit que. 
les Arabes chassent les fennecs pour en avoir la fourrure, 

Ju'ila envoient vendre à la Mecque f ^^où elle passe dans 
Inde, (s.) 

FENNBEERE. V. Fehnsreile. (i,n.) 

FKNNICH. r, HïNBELFKNKH. (m) 

FENNIG. y. Fbnch. (ln.) . 

FENOUIL. Espèce d'ANEî. (B.) 

FENOUIL ANNUEL. F.aumotCAiiOTTE visnage.(b.) 

FENOUIL DEeniNE.G'esliaBÀmAîîE(z7/i6/«/w).(LK.) 



F E N 34Î 

FENOUIL MARIN. C'est la Baccile. (b,) 

FENOUIL DE PORC. C'est le Pedcedahv des ynts , 
dont la racioe tubéreuse est recherchée par les eochoiis. (b.) 

FENOUIL TORTU. C'est le Seseu TOftTu/<B) . 

FENOUILLET ou FENQUILLETTE. Trois Tariëté» 
de pommes reçoivent ce nom , à cause de la douceur de leur 
chair qnâ^pprocliede ceiie du Fevouil. Il y aie FenoulUei gn's^ 
le FenmiUei rougt et le Fenouiilei jaun^ Ce sont de petites 
pommes, (lu.) 

FENOUILLETTE. V. Fenouillet. (tw.) 

FENTE. Solution de continuité ou scissure que Ton oh* 
serve dans les ôoucl^ quiooQstituent les divers terrains. Ce$ 
aoltttions de contioiiîté ne doivent pas être confondues avec 
celles qui séparent les couches où les parties de -ces couches 
entre elles. Celles-ci sont les indices des divers dépôts qui 
ont formé la masse des terrains ; les feutês , au contraire , 
«ont le résultat de causes qui ont aei postérieurement à cette 
formation. Il est quelquefois difficile , à rinspection d'une 
niasse de rocher , de distinguer l'un de l'autre ces deux gen^ 
rG% de séparation dans îeif parties de cette masse ; il faut re- 
courir, dans ce cas, à l'observation eu grand, a l'examen des ro- 
chers voisins , des montagnes, voisines de même nature. Ot| 
reconaok alors la disposition générale des couches du terrain, 
et celle des fissures qui les séparent. L^s autres fissures ^ui 
coupent cellea-ci , soiis tel angle que ce soit , sont àes/eriiesm 

Les fentes sont de deux espèces. Les unes sont propres 
à une seule couche , ou à un seul assemblage de couches 
de m^me nature ; les autres traversent des terrains entiers^ 
et souvent plusieurs forfnations de terrains. 

Les premières sont , en général , nombreuses dans ies^ 
mêmes coudies et affectent une ou plusieurs directions paral- 
lèles entre elles ; elles sont très-minces ^ et mémb ordinai- 
rement leurs parois sont juxtaposées l'une à l'autre. Ce sont 
elles que l'on pourroit souvent confondre avec les indices 
de la stmctùre des terrains : elles paroissent quelquefob si 
régulièrement disposées , qu'on seroït aussi tenté de les pren- 
dre pe«rlerésultat d'une sorte de cristallisation : cependant, 
l'observation exacte fait voir que les angles qu'elles forment 
entre elles ne sont pas constamment les mêmes , et qu'on ne 
peut, en conséquence f le» attribuer qu^à un retrait produit 
par le dessèchement ou par quelque autre cause de nature ana- 
logue. Mais il seroit difficile de croire que la forme des mo- 
lécules n'inAue pas sur la manière dont agit ce retrait , et sur 
la disposition sî uniforme des fentes qu^il occasione. Saus- 
sure pense que la retraite terminée par la cridaltisaiwn peut 
conùibuer à la remanie" dés fissures Q § 10^9 )î il dît idlleurs<que 



3U . F E N 

ta forme des cristaux de feldspath peut être cause de celle que 
prennent lesfragmens des roclies dont Ûfait partie ( § 6io ). 

Dolomieu est d'une opinion analogue. «Assez souvent, 
«r dit-il, le pétrosilex en masse se divise naturellement en 
«r rhombes si semblables entre eux , qu^on seroit tenté de 
« les prendre pour Peffet de la cristallisation , plutôt que 
«c pour celui du retrait ; et il ajoute en note : Cette forme 
cr k*homboïdale qu^affectent les masses d^un grand nombre de 
*< substances qui n'ont aucune contexture régulière dans leur 
<r intérieur , paroit sans doute étrangère à la cristallisation , 
« et dépendre du retrait; cependant elle doit être déterminée 
« par quelque cause constante , et qui agit sur des pierres de 
« toute espèce ; car il n^en est presque aucune k qui je n'aie 
« vu prendre cette configuration , soit lorsque les masses se 
(c brisent par les effets des éboulemens en grand , soit lors- 
« qu elles se rompent spontanément par une action plus 
« lente qui dégrade le$ bancs en les faisant fendiller. » Ç^Joum» 
de Phys,j germinal an a , avril 1794 1 p* ^ij' ) 

Cette opinion a été poussée plus loin par Grignon et par 
M. Patrin ( vqy* la première édition du Dictionnaire ) , qui 
pensent que toutes ces fentes , ainsi que la forme générale 
des rochers , sont dues à une véritable cristallisation; idée ré- 
futée par Romé-Delisle et repoussée par tous les minéralo- 
gistes qui ont étudié la structure des cristaux. 

On nomme structure pseudfy-réguUèreicsWts qu^affectent les 
roches divisées ainsi par des fentes. Les formespseudo- 
régulières sont rhomboïdales ou prismatiques. 

La forme rhomboïdale est propre particulièrement au 
schiste , au pétrosilex, à quelques porphyres , à des grès, des 
quarz, etc. ;>elle est surtout fréquente dans presque toutes 
les montagnes schisteuses. M. Patrin cite une montagne de 
schiste argileux éboulée , au bord du fleuve Irtkhe^ en Si- 
bérie. Les blocs étoient rhomboïdaux et d'une régularité re- 
marquable. La plupart n'avoient pas plus de deux pieds d'un 
angle aigu àFautre; ilsétoient en général marqués de trois lignes 
parallèles entre elles , dont Tune étoit la petite diagonale des 
rhombes, et les deux autres placées à égale distance de cette 
diagonale efde Tangle aigu. Les blocs se divisoient facile- 
ment parallèlement à ces lignes , en quatre portions , dont 
deux trapézoïdes, et deux prismes triangulaires 4 base équi- 
latérale. 

La struc^re pseudo-régulière prismatique appartient au 
basalte , à quelques porphyres, à des marnes , au gypse, etc. 
Les fentes de ce genre facilitent souvent l'extraction des 
Uocs,' dans le travail des carrières. / 

Il n'existe pas de ligne de séparation tranchée entre les 



F E N 345 

deux espèces de fente. Celles de la première espèce sont 
quelquefois très-étendues , un peu ouvertes , et elles se lient 
ainsi à celles de la seconde. 

Dans celles-ci, en effet, lesparoisne sont presque jamais \ux^ 
taposëes, et leur ouverture se prolonge quelquefois sur une lon- 
gueur considérable. Souvent ces fentes sont vides, souvent aussi 
elles sont remplies en partie ou en totalité. Dans ce dernier 
cas , ce sont de véritables filons. Les fentes qui tf aversent 
plusieurs coucbes ou plusieurs terrains , avec ou sans écar- 
tement , occasionent souvent rabaissement de toute la 
masse de terrains sit^és d'un côté. Cet abaissement doittou-*. 
jours avoir lieu dans la masse supérieure , ou du côté du 
toit de la fente , à moins que la fente n'ait été Peffet d'un 
soulèvement causé par une force d'expansion intérieure. F. 
Filon et Faille, 

Dans les terrains de pétrosîlex et de porphyre des environs 
des Verrières, dans le Valais, Saussure a observé un grand 
nombre de fentes parallèles entre elles , lesune^ vides, les 
autres remplies et formant des filons ; les roches en étoient 
divisées en fragmens rhomboïdaux réguliers ; mais ce qu*elles 
offraient de plus singulier , étoit leur position presque hori- 
zontale, perpendiculaire aux couches très-inclinées du ter- 
rain. Saussure en conclut que ces couches ont éprouvé de très- 
grands bouleversemens , puisqu'il est impossible de supposer 
qu'elles aient été déposées dans une situation aussi approchée 
de la verticale , et que les fentes se soient formées avec le 
fbible degré d'inclinaison qu'elles présentent aujourd'hui (3oà 
35 degrés k l'horizon). 

Il existe un grand nombre de ces fentes dans tous les gen- 
res de terrains , mais particulièrement dans les terrains se- 
condaires. 

Près de Servoz en Savoie , une fente ouverte , de pins 
de cent mètres de longueur et de 4.-8 décimètres de lar- 
geur, se remarque dans le granité , près du chemin de Cha- 
mouny. 

A Zinnwald , sur les limites de la Saxe et de la Bohème , 
on a rencontré, dans le granit, une fente, ou un filon ouvert, 
de trois centimètres seulement de large. 

Dans les montagnes de gnoiss des environs d'Ehrenfric- 
dersdorf en Saxe , dans celles de schiste de Saalfeld en Thu- 
ringe , existent un grand nombre de fentes de 2-3 décimètres 
d'ouverture , dont on tire un grand parti dans l'exploita- 
. tion des mines , soit pour y faire écouler les eaux inté- 
rieures , soit comme offrant des moyens naturels de rendre 
la circulation de l'air plus active. 
, Au sommet du Ranimelsberg au Hartz , on observe plu« 



346 F E N 

sieurs fentes qui ont jusqu^à deux mètres de large , deux cents 
mètres de longueur, et dont la profondeur est très-grande. 

Dans les poudingues des envifoiis de Tfaarandt en Saxe y 
et dans le grès rouge de KiChattser et de WeissenfeU]en Thu- 
ringe, on voit des fentes semblables. Dans ce dernier endroit, 
elles servent k écouler les eaux d'une carrière souterraine. 

Les terrains calcaires des Alpes , do Jura , du Derbyshire , 
du Hartz , des mopts Oural , des monts Altaï , des envi- 
rons d'Alep 9 etc. , offrent nne grande quantité de fentes de 
ce genre. Dans les Alpes calcaires de la Suisse, il sort de ces 
fentes , pendant Pété , un vent frais , dont les variations in- 
diq^ept aux montagnards celles qui vont arriver dans Tétat 
de l'atmosphère. 

Les fentes des montagnes calcaires sont quelquefois très-i 
larges et très-profondes; elles représentent clairement le com- 
mencement de la formation des vallées transversales, qui sou- 
vent ne paroissent être que^ de semblables fentes de grande 
dimension. Beaucoup d'exemples de ce genre sont À obser-. 
ver en Suisse; ils ne sont pas tous dans le calcaire. Entre Marn 
tigny et la cascade de Pissevacbe dans le Valais , le torrent 
du Trient débouche daps la valléç du Rhône par une fente, de 
quatre mètres de largeur environ et de cent ciqquante mè- 
tres de hauteur qui paroit être dans le gneiss. £n Derbyshire, 
près de Matiock , une fente analogue forme une vallée res-; 
serrée dans laquelle coule le Derwent. 

Bergmann cite , dans les terrains calcaires dçs monts Ou-, 
rai , des fentes larges de quinze à vingt mètres , dont les pa- 
rois portent tellement Pempreinte de leur ancienne jonction , 
qu'on voit encore sur chacune d'elle la moitié de la même 
pétrification. 

Dans les terrains de gypse, les fentes sont très-comraones : 
on en voit beaucoup en Thurioge ; on en cite une considé-^ 
rabie au sommet du Karaulnayagore , gouvernemeiit d'Oren- 
bourg en Sibérie. 

' La formation des fentes peut être due au dessèchement , à 
rafîaissement des parties de montagnes qui perdent leur ap- 
pui , soit pour avoir été minées par des courant d'eau souter- 
rains , soit pour toute autre* cause , à Tébranlement occa- 
.sioné dans les terrains pan quelque commotion intérieure , etc. 
Il s'en est formé un grand nombre en Calabre , lors^des trem- 
blemens de terre de 1784. Dans le terrain houiller de Hay^ 
nichen en Saxe , dans le grès de Wehran et de Tiefenferth en 
Lusace , près d'Aussig en Bohème , on a vu aussi des fen- 
tes se former en 1767 , après une année extrêmement hii- 
mide. Il s'en forme de temps en temps en Tyrol , en Suisse, 



\ 



FER 347 

0n Savoie , par sdu d«s ébooiemens de rochers oa de parties 
de montagnes qai ont souvent lieu. 

Saussure pense que la seule inclinaison de la base qui porte 
des masses d'une matière fragîie et bomogèiie, peut produire 
dans ces masses des fentes verticales et parallèles entre elles. 
Les fentes qai affectent des directions différemes les unes des 
autres j peuvent provenir ^ dit*il , de ce qne la masse porte à 
faux sur une base convexe. Si la base ëtoit convexe dans tous 
les sens ^ comme un «egment de sphère , les fentes seroîent 
disposées comme les rayons 4'an cercle. On en voit des exem« 
pies dans les ^aciers, dont Tobservation peilt mettre sur la 
voie, pour comprendre tous les cas possibles de formation de 
fentes sans causes extraordinaires. 

On peut dire qu'il existe des passages gradués et non in^ 
terrompus des fentes aux îBlons , et des fentes aux vallées , au 
moins aux vallées transversales. V. Filon et Vallée, (bd.) 

FENTE des arbres. F. AaBEE {maladie des arbres), (TOL.) 

FENTIGY. Nom donné , en Nubie , au Datfier (P&b- 
mx dacfyUfera^ L. ). BerUyon Betty est celui de la Datte, (ln.) 

FENUGR^CUM. Adanson jnomme ainsi , avec Tour- 
nefort , un genre de légumineuse qui est le trigonella de Lin- 
nseus; il comprend le Fenu-grec. Cette plante se mange en 
Egypte. F. TniGOif elle, (ln.) 

FEO et FINANQO. Noms que la Calebasse ( Cucur^ 

hiia lagenana ) port^ au Japon. (LN.) 

FEOUZE ) Fbelze ou Alàjho. Noms languedociens des 
Fougères, (besm.) 

FER* Ce métal , tel que la nature Ta produit en immense 
quantité , dit M. Haiiy , est bien différent de celui dont Tas- 
pect et Tusage nous sont si familiers.Ce nVst presque partout 
qu^'une masse terreuse 9 une rouille sale et impure ; et lors 
même que le fer se présente dans la mine avec Téclat métal- 
lique, Û est encore très- éloigné d'avoir les qualités qu^exi- 
gent les services multipliés qull nous rend. L'homme n^a 
eu guère besoin que d'épurer Vor , il a fallu, pour ainsi dire , 
qu^il créât le fer; et lorsque Ton considère. que Tart de tra- 
vailler ce métal» qui réunit tant de procédés industrieux, qui 
triomphe de tant de difficultés et d^obstacles , et qui emploie 
si ingénieusement le feu et le fer même, pour dompter le fcr, 
remonte jusqu'à la plus haute antiquité, et au-delà du déluge 
( Gen, , 4:A. 4 y 1^* 23 ) , on est porté à regarder la première 
idée de cet art admirable tomme une sorte d'inspiration , et 
à croire que le même Dieu , dont la main bienfaisante avoit 
fait naître avec tant de* profusion dans le sein de la terre, le 
plus mile des méldux, a daigné encore suggérera Fesprithu- 



348 FER 

aiain 1«8 moyens de l'assortir à nos besoins et de nons faire 
)oair de tous les avantagea qu'il recèle ( Trabé de Minéralogie 9 
tom. ^ ) p. a ). 

Tout le monde connott les sefVices multipliés que nous 
tirons du fer forcé et de Tacier , qui n'est lui-même qu'une 
modification du ler , susceptible d'acquérir par la trempe un 
baut degré de dureté et une élasticité prodigieuse ( F. ÂciEit). 
Ses oxydes 9 et plusieurs 4es sels qu'ils forment avec les aci— 
des , fournissent encore à nos arts et à la médecine eile-mé~ 
me des matériaux non moins utiles. 

Les anciens ont travaillé ce métal , mais moins communé- 
ment que le cuivre , quoiqu'ils en fissent beaucoup de cas. 
C'est ce que l'on peut voir dans Homère , et surtout dans 
Pline , qui le regarde à juste titre comme l'instrument le 
meilleur et le plus dangereux qui ait été mis dans la main de 
Tbomme (aie. as, chap. i4)< Leurs arts chimiques, il est 
vrai ) étoient moins parfaits que les nôtres , et d'ailleurs ils 
tiroient du cuivre, en ralliant à l'étain, une partie des services 
que nous rend aujourd'hui le fer. V, Airaii). Les Grecs nom- 
moient le i^r siàeros^ et les Latins yîrrrum ; les astrologues eC 
les alchimistes l'ont appelé Mars , parce qu'ils ont prétendu 
que ce métal recevoit des influences de la planète du même 
nom. ( LUC. ) : 

Caractères et propriétés. — Le fer est, après l'étain, le plus 
léger des métaux; sa pesanteur spécifique est 7,788 ; un pied 
cube de fer forgé ne pèse que 54.5 livres^ 

Sa dureté est assez considérable , et lorsqu'il est à l'état 
d'acier trempé , elle surpasse celle de tous les autres métaux. 

Frappé contre une pierre quarzeuse ou silicée , il donne 
des étincelles qui sont dues à la combustion subite des par- 
celles de ce métal qui ont été détachées par le choc. 

Sa ténacité est si grande , qu^un fil de fer d'un dixième de 
pouce d'épaisseur peut supporter , sans se rompre , un poids 
de 45o livres. 

Sa ductilité permet de le réduire en plaques minces sous 
le marteau , et de le tirer par la filière en fils 'presque aussi 
fins que des cheveux. 

Il est très-difficile à fondre ; mais à l'aide de la chaleur , 
on peut lui donner toutes les formes imaginables , et le ren- 
dre propre à une infinité d'usages : c'est de tous les métaux 
le plus important par les services qu'il rend à la société , et 
il n'est pas moins beau qu'utile , par le brillant poli dont il 
est susceptible. 

Sa couleur est le gris, avec une nuance de bleuâtre. 

. Il est soluble par tous les acides, et susceptible de trois de- 



FER 349 

gréis particuliers d'oxydation : il brAle à tme haute tempé- 
rature. 

Le fer est attiré par Faimant , qui lui communique ses pro- 
priétés^ il décrient aimant lui-même ; il acquiert la;7o/art!^% et 
nous devons à cette admirable propriété Tinvention de la 
boussole : le fer n'eût-il que ce seul avantage , il mériteroit 
la reconnoissance du genre humain. 

Ce métal est abondamment répandu dans la nature : presi^ 
que toutes les substances minérales en sont colorées ; et ses 
diverses altérations produisent une étonnante variété de cou- 
leurs y depuis le bleu jusqu'au rouge et au brun le plus foncé. 
On observe même qu'ilest formé journellement dans les corps 
organisés. On le trouve dans la cendre des végétaux qut n'ont 
été nourris que d'air et d'eau. 

On donne le nom de mine ou miaerm de fer aux diverses 
espèces de ce genre qui font l'objet d'une exploitation. 

Là nature n offre que très-rarement ce iSkéVaX dans un état 
de pureté , et il est plus ou moins mêlé , dans le sein de la 
terre , à diverses substances hétérogènes. 

Pour convertir le fer à nos divers usages , on le fait passer 
par trois états différens : 

x.o On le retire du minerai par une simple fusion^ et il 
porte alors le nom à& fonte ou de gueuse. 

2.** On le fait recuire dans le fourneau d'affinage j et on 
l'étiré sous le marteau : c'est le fer forgé, . 

3,^ On le convertit en ader'j en le traitant avec des matières 
charbonneuses. 

Avant d'exploiter en grand une n^ne de fer, on en fait 
l'essai , et pour cela, je me suis servi avec succès du fluï sui~ 
yant : je mêle 4oo grains de borax calciné, %o grains de chaux 
éteinte , 200 grains de nitre , et 200 grains de la mdne à es- 
sayer. Je mets ce mélange pulvérisé dans un creuset brasqué 
et couvert; en demi-heure d'un feu de forge ^i la réduction 
est opérée , et l'on trouve le bouton de métal au fond du 
creuset sous le flux vitrifié. / 

Le procédé pour le traitement des mines de fer, varie sui- 
vant la nature du minerai. Quand le métal y est très-abondant 
et peu altéré , il suffit de le mêler avec du charbon et de le 
faire fondre ; ce procédé simple fait la base de la méthode 
catalane. Elle réussit fort bien avec lamine àeferspatki^ue^ 
celle de Tile d'Elbe , les hématites et autres mines riches et 
pures; mais elle ne saurait être employée pour celles qui con^ 
tiennent beaucoup de matières hétérogènes susceptibles de se 
convertir en laitier» 

La méthode ordinaire est celle àes hauts fourneaux qui ont 
jusqu'à dix-huit pieds de hauteur , et même davantage. Leur 



â5t> FER 

cavité teprésûnîe deux pytaiiii4es à qiiâtre pans, jointes iasé 
à base. Pour faciliter la foDte au minerai , s^ii est argiteox , 



/ 



on y ajoute de la pierre calcaire qu^on nomme castiâe ; sll 
est calcaire , on y ajoute de Taiig^e ^ à laquelle on donne le 
nom èi herbue. 

On charge le foomeao par le hand ; il est animé par àt% 
soufflets ou par des trompes ; le minerai se fond ea passant à 
travers le charbon i il se ramasse dans le fond , où il est tenu 
en bain liquide ; et on le fait couler de huit heures en huit 
heures , dans les moules disposés pour le recevoir. On en 
forme des pièces d'artillerie y des canons, àts mtaiiers, des 
bombes, des boulets, etc.; différens ustensiles, tels que 
chaudières, marmites, tuyaux, plaques de cheminée, et une 
infinité d'outils et de vases qu'on n'obtiendroit que difficile- 
ment et il grands frais avec te fer forcé. 

Quand on laisse refroidir lentement la fonte , elle cristallisé 
en octaèdres implantés les uns sur les autres : c'est à Grignon 
que nous devons cette observation. Je possède un morceau 
de fer fondu , tout hérissé de petites pyramides k quatre £a^ 
ces , aplaties et tronquées ; quelques-^unes ont une ligne de 
diamètre à la base. Ce morceau provient des fonderies du 
paysdeFoix. * 

jLa fonte n'est point un fer pur , mais mue combinaison de 
fer, d'oxygène et de carbone , et sa couleur varie suivant la 
proportion de ces principes : elle est blanche ^ grise ou aoiVv. 
•La fonte blanche est celle qui est le plus chargée ^'olygèae y 
et la noire , celle qui contient le plus de carbone. 

Four corriger Texcis d'oxygène d'une fonte ^ on modère le 
jeu des soufflets, et l'on pénètre autant qu'il est possible lé 
métal de charbon , afin qu'en se combinant avec l'oxygène , 
Ton et Taotre se dissipent sous la forme de gaz. 

Pour diminuer l'excès du carbone y on remue la fonte à 
mesure qu'elle coule , on la tient plus long^temps exposée 
à l'action des soufflets^ et l'on emploie le moins de charbon 
possible. 

Quant il la fonte grise , où le, cai^bone et l'oxygène sont 
dans de justes proportions ^ la seule chaleur suffit pour les 
volatiliser. 

Le fer de fonte est cassant, et pour le rendre nudléable , 
x>n le fait fondre dans un creuset an fourneau d'affisage , on 
le pétrit, et on porte la loupe sous le gros marteau , où ; à 
force d'être battu, le fer devient enfin ductile, prend 4n 
nerf, et peut être converti en barres et en tôle pour l'nsage 
du commerce. 

Dans Cet état , on le nomme fer forgé* Il est employé 
dans les outils d'agriculture , dans les constructions , danar 



t' Ë R 351 

léà <>tnrrages de serrarerie , et Jâss une inanité àe produits 
des arts. 

Le fer forgé se distingue tnfer doux et eny^r^j^ ou rou- 
vérin : celui-ci a le grain plus grossier ^ il est cassanl à chaud 
Ou cassant à froid. Cet inconvénieat résulte du mélange d^une 
substance qu'on a d'abord nommée sidérke^ et qu'on sait au- 
jourd'hui être lin phodpliate de fer. C'est à quoi sont particu- 
lièrement sujettes les mines de fer appelées Umoneuses^ telles 
que nos mines de Champagne. 

Comme le fer a la propriété de s'unir intimement avec 
l'étain, on en emploie une immense quantité à faire du 
fer-blanc. 

On choisit pow cela le fer le plus doux: on le réduit en 
feuilles très-minces, qu'on a soin de bien décaper, c'est-ii-^ 
dire, d^en polir la sur&ce.On c<HnnMBce à les irotter avec dd 
grès; on les fait ensuite tremper pendant trois jours dans une 
eau devenue acidulé par la Cermentation de la farine de seî* 
gle ; on les nettoie de nouveau, on les essuie j et elles sont 
prêtes à être étâmées de la manière suivante. 

On les plonge verticalement dans un bain d^étain dont la 
surface est couverte de suif ou de poix résine ; on les retourne 
dans le bain , et en les retirant , on les essuie avec du son ou 
de la sciure de bois. 

\jtfrr forgé est susceptible d'acquérir encore un degré de 
perfection , qu'on lui donne , en le mettant en contact avçc 
des matières charbooneuses , eten le ramollissant par la chin 
leur pour qu'il puisse s'en pénétrer : il est alors converti en 
ader. Dans cette opération , il augmente de poids d'un cent-* 
j|oixante-dixième. 

L'acier , an moyen de la trempe , devient d'une dureté pro«* 
digieuse : on en (ait toutes sortes d'outils tranchans et antres , 
avec lesquels on peut entamer et façonner à volonté tons les 
autres métaux et le fer luinmèroe. Il acquiert en même temps 
une élasticité admirable; et c'est avec l'acier que sont faits 
les plus excellens ressorts. 

Ce n'est pas seulement dans ses trois états de yonfe^d'ader 
^iàe fer doux que ce métal est d'une utilité majeure ; ses 
4ia;ydes fournissent encore des préparatioi» importantes , soît 
en médecine , soit dans les arts. 

Le fer oxydé, par le fnoyen du feu , donne Foxyde brun 
connu en pharmacie sous le n<nn de sti^mn de mars osUingenL 

Lorsqu'on le fait oxyder avec le concours de l'air et de 
l'eau , il se convertit en re«ûlle , qui est le safnm de mar$ 
apériiif, 

La limaille àefer^ couverte d'eau f décompose peu k peu 
ce liquide, et se convertit en oxyde noîr ou éMopsmatiiùL 



35s FER 

Le fer, dissous dans Tacide mtriiq[ae et précipité par le car- 
bonate de potasse , donne la teinture martiale alcalme de Stahl, 

Combiné avec la crème de tartre à différentes doses, le fer 
donne , ou le tartre martial solMe , ou Veoctraii de mars apéritif; 
et Texcellent vulnéraire connu sous le nom de boule d^ader 
ou de houle de Nancy, 

Dans les arts , les préparations de fer les plus employées 
sont la couperose verte et le bleu de Prusse. 

La couperose verte^ ou sulfate de fer , est la base de l'encre 
et de toutes les teintures noires. J^en décrirai ci-après la fa- 
brication , en parlant de la mine àefer sulfureuse. Voyez Feb 

SULFUEÉ. 

L^encre se forme par la précipitation du fer, au moyen du 
principe astringent de la noix de galle. Pour faire de bonne 
encre , prenez une livre de noix de galle , six onces de cou* 
perose et six onces de gomme arabique : mettez infuser la 
noix de galle concassée dans quatre pintes d'eau pendant 
vingt>quatre heures sans bouillir ; ajoutez-y la gomme con- 
cassée , et lorsqu'elle sera dissoute , mettez la couperose qui 
donnera aussitôt la couleur noire. On peut ajouter un peu de 
sucre pour rendre Tencre luisante. 

La préparation du bleu de Prusse est une découverte due 
au hasard comme tant d'autres. Au commencement du siècle 
dernier y Diesbach , chimiste de Berlin , voulant précipiter 
une décoction de laque de cochenille , employa un alkali sur 
lequel Dippel avoit plusieurs fois distillé Thuile animale ; et , 
comme il y avoit du sulfate de fer dans la décoction de laque, 
la liqueur donna sur-le-champ un beau bleu. L'expérience 
répétée fut suivie du même résultat ; et cette couleur devint 
bientôt un objet de commerce , sous le nom de bleu de Prusse. 

Pour préparer cette couleur , on mêle quatre onces d' al- 
kali avec autant de sang de bœuf desséché : on expose au feu 
ce mélange dans un creuset couvert , jusqu'à ce qu'il soit ré- 
duit en charbon. On jette ce charbon pulvérisé dans de l'eau ; 
on filtre et l'on concentre cette dissolution , qui étoit appelée 
autrefois alkali phhgisUque, On fait dissoudre d'un autre côté 
deux onces de sulfate de fer et quatre onces de sulfate d'alumine 
dans une pinte d'eau ; on mêle les deux dissolutions , et il se 
précipite un dépôt bleuâtre qu'on avive en y passant de l'a* 
cide muriatique. 

Tel est le procédé usité dans les laboratoires ; mais dans 
les ateliers en grand , on suit une autre marche : on prend 
parties égales de râpures de cornes y de rognures de cuir ou 
autres substances animales ; on les réduit en charbon ; on en 
mêle ensuite dix livres avec trente livres de potasse ; on cal- 
cine ce mélange dans une chaudière de fer; après douze 



FER 353 

heures de feu , le mélange est en pâte molle ; on le verse dans 
des cures pleines d'eau , on filtre, et on mêle cette dissolu- 
tion avec une autre faite avec trois parties à^alun et une partie 
de sulfaté de fer. 

Aujourd'hui , dans les fabriques de Paris , où Ton prépare 
du bleu de Prusse de qualité supérieure , et à meilleur marché 
que partout ailleurs , on rapproche la lessive de prussîate de 
potasse, et l'on obtient le sel en beaux cristaux, qu'on mêle 
ensuite à diverses proportions avec le sulfate de fer et celui 
ff alumine , pour obtenir tous les degrés de bleu qu'on peut 
désirer. 

J'ai fait aussi du bleu de Prusse , en calcinant dans la même 
chaudière, parties égales de tartre et de raclures de cornes. 
On reçoit Thuite animale et Taïkimoniaque fournies par la 
calcination de ces substances , dans de grands tonneaux qui 
communiquent entre eux et forment un appareil de Woulf. 
( F. la Chimie des arts. ) 

La nature présente quelquefois des oxydes de fer qui sont 
purs et sans mélange^ et n'ont besoin que de quelques lé- 
gères préparations pour être employés. Ce sont ces terres 
jaunes ou rouges , connues sous le nom . à^ochres , et dont la 
formation est attribuée à la décomposition des pyrites. 

J'ai trouvé ^ dans leS environs d'Uzès , des bancs d'ochre 
d'une telle finesse et d'une si grande pureté , que la simple 
calcination les convertit en un brun-rouge^ supérieur à tout 
ce qui étoit connu dans le commerce. L'établissement qui 
en a été formé par mes soins , a acquis cette célébrité que 
la supériorité de ses produits devoit nécessairement lui don- 
ner. On peut consulter mon travail sur ces ochres , et le parti 
qu'on peut en tirer dans les arts , dans l'ouvrage que j'ai pu- 
blié à ce sujet , chez Didot l'afné , à Paris. 

J'ai trouvé au Mas -Dieu, près d'AIais, une couche 
d'ochre rouge d^une si belle couleur , que l'on pourroit à 
peine l'imiter, (chaptâl.) 

Mines et Usittes a fer. Les mines qui fournissent le fer 
forgé le plus estimé dans le commerce , sont celles de la • 
Suède et de la Norwége, 

L'Espagne et la Russie en fournissent aussi d'une excel- 
lente qualité. Nous en avons également en France de très- 
bon , mais pas en assez grande quantité. Il résulte , dît 
M. Héron de Villefosse , des renseignemens recueillis par 
l'administration des mines (en les réduisant à Tétat actuel 
du royaume ) , qu'il y existe environ douze cents usines à 
traiter le fer. Ces étabiissemens sont en activité dans soixante 
départemens ; ils renferment à peu près cinq cents hauts- 
fourneaux destinés à fondre le minerai, et treize à quatorze 

XI. a3 



354 FER 

cents feux d'affinerie. Dansée dernier nombre sont^omprisetf 
les forges à la Catalane , genre d^établissement très-répandu 
dans les départemens méridionaux , où Ton obtient le fer 
des minerais en une seule opération. D'après les prodoits 
connus d'un grand nombre dehants-foumeaox, on estime que 
chacun d'eux fournit annuellement 9000 quintaux , tant de 
fonte moulée que de fonte brute destinée auxaffineries. Cette 
production moyenne est encore foible si on la compare à 
celle de plusieurs usines françaises , et surtout à celle de plu-* 
sieurs usines étrangères. La quantité totale de fer,, soit en 
barre, soit en fonte moulée, qu'ils produisent, est d'en- 
viron 4^000,000 de quintaux. 

Les principales usines du royaume sont situées dans les 
yil3gt-six départemens ci-après désignés, et k dVté danom 
de chacun desquels est indiqué le nombre des hauts-four- 
neaux où l'on opère la fiision des mines de fer ; savoir : Ar- 
dennes, 11; Charente, 4» Cher, ia;CAte-d'Or, 3o; Côtes- 
du-Nord, 3 ; Dordc|;ne, 39 ; Doubs, 6; £are, 8 ; JSure-et- 
Loir, a ; Indre, 8 ; Indre-et-Loire, a ; Isère , la ; Jara, 6; 
Loire - Inférieure , a; Haute - .Marne , 4^9 Mayenne, 3; 
Meuse, ai ; Moselle, i4 î Nièvre, 3o ; Nord, 3 ; Orne, ai ; 
Haut-Rhin; 6; Bas-Rhin, 3; Haute-Saône, 38; Saône-et- 
Loire, 9; Sarthe, 3^ et Vosges, 4 > total des hauts-four- 
neaux, 3o4- 

Dansplusieursautresdépartemens on trouve en outre, des 
forges ou sans haut-fourneau, ou du moins avec un petit nom* 
bre d'établissemens propre^ k fondre le minerai de fer. Il 
existe , par çxemple , dans l'Aude , 16 forges à la Catalane; 
dans les Fyrénées-Orientales, ai; dans TArriège, 39; dans 
la Haute- Vienne, 20 forges et un haut-fourneau ; enfioi, les 
départemens des Pyrénées (Hautes et Basses), de l'Hé^- 
rault , de laDrôme, des Landes, du Loir-et-Cher, du Mor- 
bihan , de la Gironde , de Lot-et-Garonne , du Lot , de la 
Haute-Garonne, du Tarn, de TAveyron, de la Corrèze^dn 
Puy-de-Dôme, de la Loire, de la Vienne, de l'Yonne, 
d'IUe-et-Yilaine et de la Man^e , présentent chacun quel' 
ques établisseniens relatifs, soit au traitement du minerai, 
soit à la fabrication en grand du fer et de l'acier , soit k Tun 
et à l'autre objet. 

Quelques faits su£Bront pour donner une idée de Fin- 
fluence que les usines à fer du royainme exercent sur l'activité 
de l'industrie , et sur l'entretien de la population. L'en* 
semble des usines de la Nièvre présente cent trois feux d'af- 
finerie ; il en existe quatre-vingts dans la Haute - Marne; 
trente-deux dans la Moselle , etc. On pourra juger à ]peu 
près, d'après le nombre des hauts - fourneaux, conabien 



P Ë Ë 353 

^e feiit ct'alfiiierie possècie ^rha^de dëpartettteiit , pour la fa- 
brication du fer fen barres. Le département de la Moselle 
compte , dans rintérieur de ses usines à fer > cent ringt* 
neuf maîtres ouvriers , et deux cent ringt-deux manoeuvres ; 
total , trois cent cinqaante-im hommes occupés devant les 
fourneaux : si on ajoute à ce nombre celui des mineurs , bû- 
cherons et charbonniers , le total s'élève à dcu? mille sit 
cent trois hommes. Dans le départemient de la Haute-Marne, 
six cent vingt-quatre ouvriers sont en activité dans l'intérieur 
des usines^ et trois mille cent cinquanWsix hommes sont oc- 
cupés pour le service de ces établissemens dans les mines et 
dans les forêts. On peut admettre que dans le royaume quinze 
à dix-huit mille hommes environ sont en activité devant le 
feu des usines à fer , et que plus de cent trente mille sont 
I employés , soit pour leur procurer les minerais et les char* 
bons, en un mot, les matériaux de leur travail , soit pour 
transporter les marchandises qui en résultent. 

Malgré Tactivité dont jouissent les mines h fer de la 
France , dît encore M. Héron de Villefosse , le plus grand 
nombre d'entre elles est cependant susceptible d'amélio- 
rations qui ont déjà été indiquées dans plusieurs ouvrages. 
La principale consisteroit dans l'emploi de la houille par 
une partie des hauts-fourneaux. Il est à regretter que , jus- 
qu'à présent, il n'y ait dans le royaume qu'une fonde- 
rie de fer, celle du Creusot , qui ait fart usage de ce com- 
bustible , si avantageusement employé pour le traitement 
des minerais dans plusieurs usines de l'Angleterre et de la 
Prusse (i). 

Il résulte des observations faîtes par M. Hassenfratz , sur 

l'avantage de remplacer le bois au moyen de la houille dans 

. les opérations métallurgiques et les verreries seulement , qtië 

sans la quantité de ce combustible fossile qui y est employée: 

annuellement en France et lui est fournie par ses mines , 



.■MB«niaMM>«HB.MMMM*aai.M>»MiMMMMMMM>aaaMMMMM.aMaaa|HWMMiMiBMI«M«HMBMMaa«a««B 



(f ) C'est ici le lieu de rappeler à rattention de ceux qui voudroien^ 
former quelque établissement relatif à ce métal , ou seulement con^ 
noitre à fond toutes les opérations métallurgiques dont il est Pobjet , 
r ouvrage publié, en i$ia, par M. Hassenfratz , sous le titre de Si'i^é** 



««•oauk • «fus \, «^b w<vui»^ftu.«,a«b ■«, f"**^ ^vuipicï» , KC UlUS UtII'C A iUUS 

égards, qui ait jamais été fait en ce genre , et qu*on pouvoit le regar-^i 
der comme le répertoire général de tout ce qui est connu , soit par 
des écrits, soit par la tradiFion, sur le fer. 11 est accompagné d'un 
grand nombre de planches , représentant les instrumens , les côu« 
J>es, profits et élévations des divers furneaux , pompes, soufBets, etc^ 
employés dans ce genre de tcavail. (lvc) 



< 



s 



356 FER 

le royaume consommeroit , tous les ans , de plus avCil ne 
fait , treize millions de cordes de bois (chacune de lao pieds 
cubes)* Ce nombre correspond à une valeur de cent quatre 
millions de francs ^ et à Texploitation de trois cent soixante 
mille arpens de bois taillis ( J. des M. , t. 13 , p. 4% et 
suiv.). Combien d^autres avantages un emploi plus répanda 
dé la houille , ne seroit-^il pas susceptible de procurer à Té- 
cononûe des forêts « à Tindustrie et au commerce ! Voy. à ce 
sujet l'important mémoire de M. Lefebvre d'Hellancourt, sur 
les mines de houille exploitées en France , dans lequel tous 
ces avantages sont indiqués. ( J. des M. , t 13 , p. SaS à 4^^-) 

Tout ce qui précède, au sujet des usines à fer de la France, 
est extrait de Timportant ouvrage de M. Héron de Yillefosse, 
de la Richesse mmérale (tom. 1 9 pag. 407 à 41^)9 auquel 
nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireroient con- 
noître , d'une manière précise , le produit des exploitations 
de ce métal, et en général de toutes les substances minérales, 
dans les différens Etats de T Europe , et suivre les progrès 
ue Part de traiter ce métal y a faits dans ces derniers temps. 
^ n y verra , par exemple , que la Grande-Bretagne , qui 
renferme aujourd'hui des usines à fer en si grand nombre , 
a tiré de la Russie , en 1781 , cinquante mille tonnes de fer, 
chacune de vingt quintaux ; mais qu^en 1784^ cette impor- 
tation ne s'est pas élevée à six mille tonnes , tant l'Angle- 
terre a fait de progrès , grâces à ses mines de houille , dans 
l'emploi de s^s propres mines de fer ! Cependant elle ne peut 
encore se passer du fer de Suède , principalement pour la 
fabrication de l'acier. lia Grande-Bretagne a produit, en 
J797 , cent trente mille tonnes de fer; et en i8o5 , deux 
cent cinquante mille , ou cinq millions de quintaux de ce 
jnétal. On estime que le travail du fer fait vivre , dans ce 
royaume , trois à quatre cent mille hommes ( ouvrage cité , 
pag. 288.) 

Les mines de fer de l'Angleterre sont de deux espèces : les 
unes appartiennent aux terrains primitifs et sont ou du fer 
hydraté brun, ou duferspathique: on les nomme mines d* acier; 
elles se trouvent principalement dans le Cumberland : les 
iautres accompagnent constamment la houille ; ce sont àes 
variétés de fer argileux. Elles sont sous la forme de rognons 
assez volumineux dans les couches d'argile schisteuse sur les- 
quelles reposent les couches de houille. Ces rognons sont sou- 
vent fen^Ués et leurs fissures renferment quelquefois des 
sulfures de zinc et de plomb , du fer sulfuré et de la chaux 
carbonate e , quelquefois du bitume. On tcouve aussi ce mi- 
nerai de fer en couches de 6 à 5o centimètres ( a à 18 pouces) 
d'épaisseur, divisées par des fentes perpendiculaires en frag- 



FER 357 

mens prismatiqaes. Telle est la dispositîbn de^ mines des 
comtés de Glanmorgan et de Monmouth , de celles du Staf- 
fords[hire, du Shropshlre, et de celles de Carron , près dé 
Falkirck, en Ecosse. ( Brongniartj Minéralogie , t. 2 , p. 1S6. ) 
Ces mines de fer et de hoaille sont répandues sur une surface 
de terrain de plus de 100 milles anglais de longueur, sur unç 
largeur moyenne de 18 à 20 milles , dans les comtés de r 
Monmouth , Glanmoi^an , Caermarthen et une partie de 
celui de Brecknock, et de 3 à 5 milles seulement dans le 
comté de Pembrock. ( Edouard Martin , Transactions philo- 
sophiques de 1806. ) 

Les mines de fer de la France sont également de deux 
sortes , les minerais d^alluvions y sont beaucoup plus com- 
muns que ceux des terrains primitifs ou de transition. Les 
départemens de la Nièvre, de la Côte-d'Or , de la Haute- 
Saône , de la Moselle, de l'Eure , de TOme , etc. , renferr 
ment les premières , et les départemens de l'Ârriège , de 
FArdèche et de T Isère , les secondes. Ces différentes mines 
ont fourni le sujet d'un grand nombre de mémoires , in- 
sérés dans le Journal des Mines ; nous y renvoyons. 

Quant aux mines si renommées de la Suède , de la Nor- 
wége et de l'île d'Elbe , elles appartiennent aux terrains 
.d'ancienne formation. V, Fer oxydé et Fer oligiste. 

Celles de la Russie et de l'Autriche se rencontrent dans 
des terrains très-variés; cependant la plus grande partie 
d'entre elles sont aussi d'une origine ancienne. F. l'ouvragp 
de M. Héron de Yillefosse. 

La quantité de fer extraite chaque année du sein de la 
terre , en différentes contrées , s'élève à plus de quinze 
millions de quintaux ; en voici le tableau : 

quîntauï. 

Grande-Bretagne. 1 . 5,ooo,ooo 

France. ^îSoOjOoo 

Russie. 1,675,67g 

Suède « i,5oo,oo6 

Autriche • ; . . . . i,oio^4<^o 

Etats-Unis d^ Amérique. 4^a)Opo 

Prusse, après le traité de Tilsît. ..... 822, o53 

Royaume de Westphalie , en 1808. • . . 187,41 k 

Espagne. • . 180,000 

Etats danois. ........... \ . ». . i35,oôo 

Bavière, y compris le Tyrol 110,000 

Royaume de Saxe. 80,000 

Total. ; .... . i5,t8o>543 






356 FER 

Il existe des mines de fer exploitées dans d'autres parties 
du globe, et notamment en Chine, à Siam et au Pégu, dans 
les Indes orientales , etc. ; mais on ne connoit pas bien leur 
nature , et on ignore leur importance. 

Revenons à ce qui concerne T Histoire NATuasiXE de ce 

métal. 

Le fer se trouve dans le sein de la terre , ou à sa surface, 
sous un grand nombre d* états différens. Il est très-rare de 
l'y rencontrer ruilif; mais ses ojcydes, au contraire , sont ex- 
trêmement communs. 11 abonde également à Tétat de sul- 
fures. Ses combinaisons arec les acides , quoique variées , 
ne jouent qu^on rôle peu important, le sulfate de fer excepté. 

C'est un des genres qui renferment le plus d'espèces , en 
n'accordant ce nom qu'à celles des combinaisons de ce métal, 
soit avec Foxygène, soit avec d'autres corps, qui* offrent des 
caractères essentiellement distincts. 

Elles sont au nombre de treize ; savoir : le fer natifs le fer 
Qxydulé^ le fer oligisU , |e Itr arsenical ^ le fer sulfuré ordinaire y 
le fer sulfuré blanc ^ le (er oxydé ou hydraté , ieîer phosphaté^ le 
fer chromatéf le (er arseniaié^ \c fer carbonate ou spathiqucf le fer 
fnuriaié elle fer sulfaté. 

Les minéralogistes étrangers en admettent plusieurs au^ 
très , indépendamment de nombreuses sous-espèces , qui ne 
sont que des variétés plus ou moins remarquables des espèces 
indiquées ci-dessus , comme nous le verrons à l'article de 
chacune d'elles. 

Fer aéré. Bergman donnoit ce nom à l'oxyde de fer tenu 
en dissolution dans certaines eaux gazeuses acidulées , 
comme celles de Spa , au moyen de l'acide carbonique, y. 
Eaux minérales. On l'a aussi appliqué auyi;r spaikiçue. F. 
Fer oxyde carbonate. 

Fer argileux. Mine de fer argileuse. On comprend 
sous ce nom des minerais ferrugineux qui appartiennent à 
deux espèces très^ifférentes ; les uns donnent par la raclure 
une poudre ronge plus ou moins foncée , et les autres une 
' poussière jaunâtre ou roussàtre : ces couleurs sont aussi 
celles de leur masse. Les premières sont des variétés au fer 
oSgisie ou oxydé rouge , et les secondes du fer oxydé on 
hidraté. Voyei Fer OliGiSTE argilifère et FeR hydraté 

ARGILIFÈRE. 

FER ARSENIATÉ. ( Arseniate de fer , Boumon ; Wur^ 
felérz , Wemer ; id. , Karsten ; Pharmakoddent , Hauss- 
man. ) Cette espèce , décrite pour la première fois , par 
M. le comte de Boumon ( Transactions philosophiques de 
1801 et J. des M. t. 11, pas. 35 et suiv. ), est l'une des 
plus rares du genre Fer* Elfe a pour caractère essentiel 



F E R 35^ 

d'être fasible à la simple flamme d^une bougie , et de domier 
abondamment des vapeurs arsenicales , lorscpi^on la chauffe 
au chalumeau sur un charbon ardent* 

Sa pesanteur spécifique est 3 ; elle raye la chaux caribona- 
tée ; sa cassure est raboteuse et un peu grasse. 

Elle a pour forme primitive le cube. C'est aussi sons cette 
forme qu'elle se présente le plus ordinairement. La cou- 
leur des cristaux varie du vert clair au vert-olive , au brun 
yerdâtre et au brun noirâtre ; ceux d'une couleur claire sont 
translucides : ils sont petits et striés dîagonalement. 

M. Jameson en décrit plusieurs modifications qui peu- 
vent se rapporter au cubç-^ocêaèdre et au cubo-dodécaèdre : elle 
est aussi quelquefois concTédoruiée ou drusiOaire et d'un jaune 
verdâlre. 

D'après l'analyse de M. Yauquelin, loo parties de ce mi- 
néral contiennent : oxyde de fer, 4^; acide arsénique i8 à 20 ; 
eau, 3a ; chaux carhonatée , 2 ou 3 : cette dernière a été 
fournie par la gangue. 

Le fer arseniaté se trouve en veines , dans le granité, avec 
le cuivre arseniaté, le fer arsenical , le quarz , le cuivre py- 
riteux, le fer oxydé , etc. , dans les ^ mines de Tincroft et 
de Karrarach , ainsi que dans celles de Mnttrel , de Huel- 
Grorland et de Owenap , dans le comté de Comouailles, en 
Angleterre. 11 a été observé depuis , par M. de Cressac , 
ingénieur en chef des mines , à Saint-Léonhard , départe-* 
ment de la Haute- Vienne. On Ta trouvé aussi dans le comté 
de NassaU'U^ingen , où il a pour gangue un fer oxydé brun 
compacte , et sur les laves décomposées de la Soliatarsi de 
PouzzoUes près àfi Naplcs. 

M. Thomson considère comme deux espèces k part les 
cristaux de fer arseniaté d'un vert-olive et ceux qui sont d'un 
brun jaunâtre ; les premiers sous le nom à^ arseniaté dé fer ^ 
et les seconds sous celui S'ox^arsenlate de fer. 

Cette distinction avoit déjà été f^ite par M. Proust ( J. de 
Ph. , t. 63 , p. 437 ) , qui régarde lé premier comme vtù ar- 
seniaté au minimum. Ce savant a observé de plus que le fer 
arseniaté se trouve sous la forme d'une poussière blanche , à 
Vîana , en Galice ^ etdlans la Manche en Espagne , ainsi 
qu'au Chili. Cet arseniaté exposé à une chaleur rouge , dans 
un tube de porcelaine, reste inaltérable. (Mémoire cité.) 

FER ARSENICAL, Hatiy, BrongHÎart : vulgairement 
MiSPTCKEL. (Mine d'arsenic blanche ; pyrite blanche arseni- 
cale , Romé-Delisle î Fer natif mêlé d'arsenic , Bergman ; 
Arsenic pyriteux, De Bom ; Arsenic avec fer, mitiéralisfé par 
le soufre. Fer sulfuré arsénié ou Fer arsenical, I>elaméthe^ 
rie; Arsenic ferro-sulfuré, Tondi; Gemeiner arsenlkkfes^ Wer- 



> 



36o FER 

ner et Karsten ; la Pyrite arsenicale commune ». Brochant. ) 
La couleur de sa cassure récente est le blanc d^argent , tirant 
sur le blanc jaunâtre ; la surface ^es cristaux est lisse oif fine^ 
nement striée et éclatante. Il étincelle sous le choc du bri- 
quet , en exhalant une odeur d'ail très-sensible. Cette odeur 
est bien plus forte si on essaye de le fondre au chalumeau, où 
il se convertit en un globule cassant : fondu arec le borax, il 
le colore en noirâtre. 

Sa pesanteur spécifique et de 6,5aa3, suivant Brisson , et 
seulement de 5,ooo, d'après M. Delamétherie. Sa cassure 
est granuleuse, à grains fins, et peu brillante. 

Suivant de nouvelles observations de M. Hatiy , la forme 

Srimitive du fer arsenical est celle d'un prisme droit rhom- 
oïdal, dont les bases ont leurs angles de m® i8' et 68^ 4^% 
et dans lequel le côté de la base est à peu près égal à la haur 
teur. {Annales du Muséum ^ t. la , p. 3o4; ou J. des M. t. 2^^ 
p. a6i et suiv.) 

Ce savant en connoit actuellement cinq variétés de formes 
déterminables. Celles qu'il a décrites , dans son Traité , sous 
les noms de ditétraèdre et de quadHoctonale^ sont les plus com~ 
munes : on les trouve en Saxe , en Angleterre , eh France ^ 
en Suède et ailleurs. 

Il y en a aussi de bacillaire , A^aciculaire et de massif. 

Ce minéral a été regardé par les minéralogistes ( ce qui 
est déjà indiqué par la diversité de ses noms) , tant&t comme 
un fer sulfuré mélangé d'arsenic , tantôt comme une combb- 
naison triple de fer, d'arsenic et de soufre, et tantôt «nfin 
comme un alliage, de fer et d'arsenic ; aussi. a-t41 été rangé , 
par le plus grand nombre d'entre eux, dans le genre de ce 
dernier métal. 

, M. Chevreul , auquel on doit une nouvelle analyse de cette 
substance , faite sur des cristaux nettement prononcés, penche 
à croire qu'elle résulte de la combinaison de l'arsenic avec le 
sulfure de fer au minimum. II a exposé les raisons sur les- 
quelles il fonde son opinion , dans un mémoire à ce sujet , 
{Ann, du Mus. t. ig, p. i66). La plupart des chimistes qui 
ont analysé le mispickel y ont trouvé du soufre , en assez 
grande proportion ; mais ce principe ne s'est pas rencontré 
dans celui que MM. Lampadius et ^erzelius ont examiné : 
d'où il résulte que le fer arsenical existe bien réellement dans 
la nature, et que le minéral que M. Haiiy décrit S9us ce nom, 
et qui a sa forme particulière, est le plus souvent mélangé de 
fer sulfuré. Il est bien certain d'ailleurs., d'après les observa- 
tions cristallographiques de M. Haiiy, que ce n'est pas un fer 
sulfuré mélangé d'arsenic , quoiqu'il se puisse rencontrer 
aussi de véritable fer sulfuré arsenifère , comme il s'en ren- 



FER 36k 

contre d'aurifère et ff argeritîfère ; ces deux minéraux , en 
outre le fer sulfuré ordinaire et le fer arsenicaL, se trouvent 
souvent ensemble. Le der^r est aussi quelquefois argenti- 
fère. Voy, plus bas. 

Analyses comparées de diffèrenles variétés de. mîspickel , par 
MM. Cbevreul, Tbomson , Làmpadius et Bèrzelius: 

Arsenic I^^I^y^ ..... 4-89^00 4^,100 54.)55o 

Fer 34.9938 36,5oo $7,900 ..... l^,l^o 

Soufre 20,i32 iS,4oo ..... o, o o, o 

Perte o^Sia ..... o, o o^ o o, o 

I » I I I « - ■ . » - Il .11 I ^ 1 1 1 . 

. loOfOoo 100,000 100,000 100,000 

Le minéral décrit par M. H^ity? dans son Traité , sous lé 
nom de fer arsenical /tx'^'^^''^ (Mine d'arsenic grise ou Pyrite 
d'orpiment de Rome de l'Asie) , n'est autre choise 9 suîirant ce 
savanty qu'un mélange de fer arsenical et de fer sulfuré, dans 
lequel l'une ou l'autre de ces espèces domine altemative" 
inent. 

Le jEer arsenical se trouve en lits dans la serpentine, à 
ReichersdorfenSilésie ; et dans différens lieux de la Bobème , 
dans le gneiss, le schiste n^cacé , le ialcchlorite , etc. Il est 
dans le granité , aux environs de Boston , province de Mas- 
sacbussets ( Worden), On le rencontre aussi dans les veines 
des montagnes primitives^ avec l'étain oxydé, le schéelin 
ferruginé, le plomb sulfuré, le zinc sulfuré^ le fer spathique , 
lefersulfiiré ordinaiï*e, etc. ; comme à Joachimstal en Bohème 
et à Johangeorgenstadt en Saxe. A Freyberg , dans le même 
pays, ses cristaux sont engagés dans un talc terreux. Il s'en 
trouve également dans le quarz, à Saint-Léonhard, départe- 
ment de la Haute-Yiénne , avec le schéelin ferruginé ; avec 
l'émeraude, en Sibérie, etc. On ne l'a pas encore pbserv'é 
en association avec le fer sulfuré blanc (^Haify), Suivant Ja- 
meson, il est très-abondant en Corneuailles et dans le Devon- 
; shire, où il accompagne les mines de cuivre et d'étain ; et se 
rencontre aussi à Kongsberg, en Norwége ; à SaUberg , 
en Suède ; dansée pays de Salzbourg, et en Hongrie^ 

Fer arsemcal ARO^i^lliFèRE , JVeisserz de Werner (Py- 
rite blanche argentifère , Rome de l'Isle ; Mine d'argent 
blanche arsenicale ou Pyrite d'argent , Bomare ; Pyrite ar- 
senicale tenant aiigent. De Bom). Ce minéral diffère peu, 
quanta ses caractères, du fer arsenical ordinaire; seulement 
jsa surface est plus ordinairement jaunâtre ; il est aussi beau^ 
coup plui^ rare^ et confient depuis un jusqu'il dix centièmes 
d'argent. 



On le trouve en veîne^ à Freyberg et k Braimsdorf éH 
Saxe , où il est exploité comme mine d^argent , ainsi qn'au 
Chili. Il est communément aflkmpagné de fer arsenical 
ordinaire, d'argent rouge, de plomb sulfuré , de cuivre py* 
rîteux et de quarz. Il se rencontre encore à Rathbausberg , 
dans le pays de Salzbourg. 

Fer hfiSEUfii , Fer arsénié sucfurâ. Noms donnés pré* 
cédemment au/èr arsenical ordinaire et dsxïferarsemcalppiteux, 
Vn plus haut. 

irER AZURÉ on Bien de Prusse natif. V. Fer phosphaté. 

Fer bacillaire. V. Fer oligiste argilifère. 

Fer basaltique ( Mine de ). Le docteur Demeste a dé- 
digné sous ce nom , dans ses lettres au docteur Bernard , la 
8iu>stance connue des mineurs sous celui de Wolfram. 

V. SCHEELm FERRUGINÉ. 

Fer BLANC. C'est le nom qu'on donne au fer réduit en 
plaques minces et enduites d'étain ( F. phis haut, p. 35 1 ), 
dont on fabrique une foule d'ustensiles de ménage , tels que 
cafetières , casseroles , lampes ^ goutières , etc. 

Nous sommes parvenus en ce genre , à un degré de per- 
fection que nos voisins n^ont pas surpassé; nous n^avons rien 
non plus à leur envier relativeigent à la fabrication du fer- 
blanc lui-même ; seulement il est à désirer que les établisse- 
mens de ce genre soient plus multipliés eliez nous. Dans cer- 
tains pays , et notamment en Suisse et en Savoie , on se sert 
de fer-blanc pour la couverture des édifices. 

Fer BRUN ou Mine de. fer brune, aussi nommée Mine de 
fer hépatique ; Broun eisenstein de V^emer. V. Fer hydraté. 

FER CARBONATE , ou Mine de Fer spatéique , 
Spathigereisenstdn de Werner. Ce minéral qui a reçu aussi 
les noms de mine de fer blanche et de ^ine d^ acier à cause de 
la facilité avec laquelle on en obtient cette combinaison de 
fera la première fonte, est regardé comme une espèce par- 
ticulière par la plupart des minéralogistes ^ et , en effet , 
il diffère de toutes les autres mines de ce genre. Mais ses 
caractères extérieurs et sa composition chimique varient 
beaucoup. Il y en a de translucide et d'an blanc jaunâtre , 
jde jaune brunâtre , de brun et de noirâtre ; certains échan- 
tillons ne renferment uniquement que de Toxyde de fer e( 
de l'acide carbonique « tandis que d'autres contiennent une 
qu|intité considérable de chaux et de la magnésie. 

Son tissu est lamelleux et sa division mécanique est la 
même que celle de la chaux caibonatée ferrifère ou spalh 
brunissani, à laquelle il se réunit par des îluances insensibles; 
de sorte qu*il devient très-difficile de dire à quel terme de 



F E F 363 

la série tel morceau <fesse d^appartenir à la chaux carbo- 
nalée , pour appartenir au fer spathique , et réciproquement. 

Selon M. "Wollaston , il y a une différence de quelques 
degrés entre les incidences respectires des faces du rhom- 
boïde dans les deux substances j et cette légère différence 
suffît pour établir la distinction des deux espèces : le ibom* 
boïde du fer spathique séroit un peu plus ootus. 

La dureté de ce minéral est aussi plusf grande que celle de 
la chaux carbonatée, ainsi que sa pesanteur spécifique qui est 
de 3,j environ. Toutes deuxvarient d'après Tétat d'agrégation. 
Il s'altère facilement par Faction de Pair, qui le faitjpasser 
au jaune brunitre et au brun , en même temps qu'if perd 
$a transparence et devient terreux. L'acide muria tique le 
dissout avec effervescence, et il colore en vert -olivâtre le 
verre de borax. 

Tout nous porte à croire, dit M. Haiiy, qu'il existe dans 
la nature , depuis la chaux carbonatée sans fer et. sans man* 
, ganèse, jusqu'au fer spathique privé de chaux carbonatée « 
une succession de passages intermédiaires, qui présentent 
dans des proportions variées , la réunion des deux substan- , 
ces. C'est la conséquence à laquelle conduisent les résultats 
obtenus par les chimistes ; mais il ne paroît pas rigoureuse- 
ment démontré qu'il existe une combinaison directe de fer et 
d'acide carbonique , dont la molécule soit semblable à celle 
de la chaux carbonatée. 

Plusieurs minéralogistes, et entre autres Romé-Delisle 
et Demeste ont pensé que la chaux carbonatée se transfor- 
moit peu à peu en mine de fer spathique, par une substitu-* 
tjon des molécules ferrugineuses aux molécules calcaires. 
Cette transformation n'ayant eu lieu que molécule à molé- 
cule , auroît laissé subsister le mécanisme de la structure et 
explîqueroit comment le fer spathique copie les formes de la 
chaux carbonatée. Il faudroit alors le considérer comme 
une pseudomorphose. Dans tous les cas , comme l'observe 
M. Haliy , qui place la substance dont il s'agit à la suite 
du FeroXydé, sous le nom Ae fer oxydé carbonate, s'il existe 
une combinaison directe de fer et d'acide carbonique , on 
sera toujours forcé d'en séparer la chaux carbonatée mé- 
langée ie fer., F. le Tahl. compar. de ce savant , p. 278 et suiv. 
Il seroit démontré d'ailleurs , dit-il , que ces deux espèces 
ont une forme primitive semblable, que la méthode n'en seroit 
point ébranlée, puisqu'elle ne repose pas sur le principe 
qu'une même molécme ne peut même appartenir à des mi-r 
néraux différens ; mais bien sur celui que le même minéral 
ne peut pas offrir deux formes de molécules différentes* 
( Cours de Minéralogie , i8ia. ) 



364 FER 

Le fer carbonate considéré sous le rapport de sa cojnpo-* 
sition et de la manière de le traiter métalturgiqaement » a 
fourni le sujet de plusieurs mémoires très-intéressans qui ont 
pour auteurs , MM. Drappier , Hassenfratz , Bucholz , Des- 
cotîls et Thénard; Ils sont insérés dans les tomes i8, 21 ^ 
27 e( 32 du Journal des Mines, et nous y renvoyons. M. ]>es- 
cotils pense que la résistance que ce minéral éprouve qiiel^ 
quefois à se fondre, est due à la présence de la magnésie ( J, 
des Min.^ t. 21). Il regarde aussi comme appartenant au fer 
carbonate , le minerai ferrugineux compacte et d^ apparence 
terreuse , qui se rencontre en masses sphéroYdales dans le ter- 
rain houiller de TAngleterre, et notamment dans les comtés 
de Monmoutb, de Glanmoi^an et dePembrock,enEcosse, 
où 'il est exploité avec avantage , et donne d^ excellent fer. On 
regarde communément cette variété comme un fer oxydé mé- 
langé de silice et d^alnmine on fer ar^leux; mais à tort, d'a^ 
près ce chimiste. Voy. J. des Min, , t. 32 , p. 36 k et suiv. 

La mine de fer spatbique renferme presque toujours de 
Foxyde de manganèse ^ et quelquefois jusqu'à 10 pour 100 ; 
telle est en particulier celle de Neuendorf près de Hartzge- 
rode , analysée par Bucholz. Elle contient aussi des propor- 
tions variables de chaux et de magnésie. Une variété concré- 
tionnée fibreuse de Steinheim en Hanau, a donné à KJa- 
proth : oxyde de fer, 63,75 ; acide carbonique , 34; oxyde 
de manganèse, 0,75; magnésie, o,25; eau, k,25. Le plus 



fiur qui ait été analysé jusqu'ici est le fer carbonate fibreux 
îgnîforme des environs de Saint -Vincent , dans le Cantal. 
M. Berthier en a retiré 5g centièmes d'oxyde de fer , et 33 
d'acide carbonique , avec 4 de manganèse , i de silice , etc. 
(Joum. des Min. , t. 27 , p. 477O 

Ce minéral a un aspect tout particulier qui eippêche de le 
confondre avec la chaux carbonatée laminaire , qui seroit sim- 
plement mélangée de fer. Son éclat est plus vif; il se dissout 
dans les acides avec moins d'effervescence , et devient très- 
facilement attîrable à l'aimant après avoir été chauffé ; c'est 
une des mines de fer les plus estimées. Il n'existe en grandes 
masses que dans un assez petit nombre de lieux. Ses cavités 
renferment , soit des cristaux de sa propre substance , soit de 
fer sulfuré , ou de quarz. Mais on le trouve disséminé et as-^ 
sodé aux substances qui se rencontrent dans les veines , et no- 
tamment au cuivre pyriteux et au cuivrie gris , en une mnlti^ 
tude d'endroits. 

Ses formes cristallines ne sont pas très-variées ; le plus 01^ 
dînalrement II est laminaire et renferme des cristaux arron- 
dis, lenticulaires ou en crête de coq, comme à Baygorry en 
Basse-Mavarre , à Glausthal aa Hartz et à Kremnitz en non- 



FER 365 

grie; quielquefois concrétionné ^ on inûrustani , ou compacte, et 
plus rarement pseudomorpHiique, ç^est-à-dire , modelé sur d'au- 
tres corps : la variété lîgniforme analysée par M. Bertbîer , 
offre un exemple de cette dernière modification. V. plus haut. 

Le fer oxydé carbonate se trouve en veines dans les moI^^ 
tagnes anciennes, et surtout dans le gneiss, en France et 
en Styrie. Il est ordinairement associé au fer hydraté brun , 
à ]a chaux carbonatée, pure ou brunissante, auquarz, aa 
fer sulfuré , etc. On Iç rencontre aussi en ccmches dans la 
chaux carbonatée compacte de première formation à Hen- 
neberg en Franconie , et dans la Gramvacke au Hartz , où 
il est très- abondant. Ce minéral abo«de en différens lieux de 
rAutrîche, à Ëisenera et à Schladming en Styrie, à Huttén- 
berg en Carinthie, à Schwartz dans le Tyroi, et k Jauber- 
ling en Camiote ; à Traverselle en Piémont , et à Sommo- 
rostrp en Biscaye. Il existe également en quantité ^ssez con- 
sidérable à AUevard et à Yizille , département de risère;> 
à Cascatel y près de Narbonne , et à Baygorry , dans les^ 
Pyrénées. Dans ces différens pays , il est exploité comme 
mine de fer ; il est pen de filons qui n^én contiennent. Aussi 
les mines dé la Saxe , de la Bohème , de la Hongrie , de la 
France , de FAngleterre , de la Suède et de la Norwége , 
en fournissent-elles presque toutes. Il en vient, aussi de celles 
de la Sibérie et de rAmérique méridionale. 

Il tapisse quelquefois des cavités dans le basalte , comme 
à Steinheim en Hanau , où il est en mamelons à texture 
fibreuse. C'est sous la même forme, et quelquefois cristallisé, 
qu'on le rencontre dans les veines de mercure du Palatînat 
et du duché de Deux-Poots* 

Nous avons cité , en parlant du cuivre pyritenx, le fer 
spathique lamellaire de (^roscamdorf eh Thuringe. V.t. 8 , 
p. 587, 

Fer cABBomFÈRE. V. Acier. 

Fer carburé. V. Graphite et PLOMBAcmB. - 

FER CHROMATÉ, Hattv. (Chromatedé fer, Tassaert; 
Chrome oxydé ferrifère , Godon-de-Saint-Memin; Fer 
chromé 1 Laugier ; Eisenchrom , Karsten ; Otromasensiein , 
Hanssmann). Ce minéral est ordinairement en masses gra- 
nulaires ou un peu lamelleuses , d'un gris d'acier, tirant sur 
le noir de fer. Il est assez dur pour rayer le verre v non attîr 
rable à l'aimant et infusible sans addition : fondu avec le 
borax , il le colore en beau vert. Sa pesanteur spécifique 
eftt de ^.jdixB, 

' L'analyse que M. Laugier a faite du fer chromaté de 
Sibérie (^Ann. du Mus, ^tG^p. 33o), lui a donné : oxyde de 
dbromie^SS; oxyde de fer, 34; Quinine, 11; silice, i : résultat 



Î66 FER 

analogae à celai Ae M. Lowlt2 qui Ta également analyse , et 
il celui que M. Kiaproth a obtenu pour le fer cliroinaté de 
Styrie. 

M. Godon-Saint-Memin et M. Laugiersont portés à croire 
^ue le chrome existe à l'état d^oxyde dans cette combinaison ; 
il faadroit alors la nommer yî;r chromé. 

Le fer chromaté a été découvert , en 1799 , à la Bastide 
de la Carrade , près de Gassin , département du Yar , par 
M. Pontier. Il y existe en lits dans la serpentine commune. 
On le trouve en couches entre le porphyre ai^gileux et la 
wacke , en Sibérie, aux environs des mines de Polakof, dans 
la partie S. O. des Monts-Ourab (X^nAon^, Handbuch, etc.^ 
t. 3 1 p. 4-^). Il est disséminé dans un talc schisteux dans la 

Sartie boréale des mêmes n^ontagnes. Celui de Krieglach eii 
tyrie est dans une roche semblable. Le même minéral a été 
trouvé depuis aux environs de Nantes , dans une serpentine 
qui renferme aussi de ladiallage {JDnbms$oïu)^ et à Baltimore 
dans Tétat de Maryland ; ce dernier est en petites masses 
sub-métalloïdes , de couleur noire , à tbsu en partie lamellenx 
et en partie conchoïde , entremêlées de lames de talc nacré , 
colorées par Tacide chromique , en rose nuancé de violet 
comme celui de Krieglach, et il renferme en outre des cristaux 
octaèdres réguliers, que M. Hatiy regarde comme étant la' 
forme primitive de ce minéraL 

Fer chromé. Vwez ci-dessus. 

Fer gri^ ou Mine de fer grise et Mine de fer sv£- 
cuLAiRE. V. Fer oligiste. 

Fer de hache. Nom donné anciennement à PAxinite , 
par Daubenton , à cause de la forme aplatie et tranchante 
de ses cristaux. 
. Fer hépatique. V, Fer hydraté épig^ne. 

FER HYDRATÉ , Daubuisson ; Fer oxydé , Haiiv. 

On savoit depuis long-temps qu'une partie des mines de fer 
brunes contenoient de Peau. M. Sage avoît observé, dès 
'777 Y V^^ ïhémaUte brune distillée en fournissoit un hui*» 
tième de son poids , et que V Ocre jaune duBerry ,en donnoit 
un dixième ; mais on la regardoit alors comme simplement 
interposée. Il étoit réservé à M. Plroust de faire voir que l'eaa 
formoit , avec les or^des , de véritables combinaisons. L'a* 
aalyse que M. Berthier , ingénieur des mines , a faite , en 
x8io, d'une suite de minerais de fer oxydé des Arques , dé- 
partement du IfOt , lui ayant démontré que ce principe se 
rencontroit constamment dans la proportion de la à i5 cen-* 
tièmes dans toutes les mines de ce métal , qui donnent une 
poussière jaunâtre par la trituration , il en a conclu que ces 
sortes de mines étoient de véritables hydrates. 



FER 36, 

. M. Dauboisfion est. arrivé au même résultat dans le. mé- 
moire très-étendu qu'il a publié à ce sujet ^ la même année ^ 
(^Annales de chinuâ^ t, jS^ et Journal des mines y t. a8) , et qui 
renferme en outre un grand nombre d^obsenrations intéres-* 
rantes sur les diverses variétés de cette espèce qu'il nommé 
Fer hydraté , pour sç conformer à la nomenclature minéral- 
logique , et sur ses gisemens qui l'isolent des autres minefi de 
ce genre. M. de. Boumon a adopté/depuis pour Pespèce dont 
il s'agit , la dénomination du Fer kydro^xydé. 

Le caractère essentiel du fer hydraté est de donner, par 
la raclure , une poussière d'un jaune roussâtre , qui devient 
rouge par la calcination. Il fait mouvoir le barreau aimanté 
après avoir été chauffé au chalumeau , ou même à la simple 
flamme d'une bougie. Sa pesanteur spécifique varie de 0|4 
à 4* ^^ est demi-dur^ c'est-1-dire , qu'il n'étincelle pas par le 
choc du briquet : les variétés compactes rayent le verre. 

D'après les analyses de MM. Berthier j Descotils et 
I)aubuis3on , ce minéral , quand il est pur j est uniquement 
«imposé de fer oxydé au maximum on peroxyde et d^eau ; 
dans le rapport de 85 du premier à i5 de la seconde. Il ren« 
£erme accidentellement de la silice , de Toi^de , du manga-^ 
nèse , de l'alumine , et quelquefois aussi du phosphate de fer; 
ce sont principalement les variétés dites limoneuses qui don-^ 
nent c^s résultats. (F. plus bas,) 

Il est infiniment probable que la forme primitive de ce 
minéral est le cube. Les échantillons , cités par M. Hatty, 
( Tabl. comp. , p. 274) 9 ^^^^ morceau que nous avons dé« 
crit dajftS notre tableau des espèces minérales (t. a 9 p. 4oS)y; 
paroissent le prouver. La cassure *des cristaux de ce dernier^ 
dont la surface est lisse , est conchoYdç , luisante et d'un noir 
de fer ; ce ne sont ni des pseudomorphoses, ni des altérations 
du fer sulfuré cubique. Cependant Ai. Boumon est plus porté 
à croire que la forme primitive du fer hydraté est le prisme 
droit à bases carrées. Il a été conduit à cette opinion , qu'3 
ne présente pourtant que comme un doute , par l'exameai 
qu il a fait de différentes variétés cristallines de fer:hydror 
exydé venant des environs de Bristol. ( F. son Catalogne ^ 
pag. 285). Le fer hydraté est trèsHraremeQt cristallisé; mais 
on le rencontre fréquemment sous la formé de masses con'^ 
crétionnées-fibreuses , de géodes 9 de globales , ou enfin en 
masses compactes ou terreuses , et plus ou moins friables. 
- Ces variétés ont reçu des noms particuliers , et pl<isiears 
d'entre elles ont été décrites comme des espèces différentes ; 
BOUS allons indiquer les principales. 

"' X, Fer hydraté, concretionné-fidreux on hématite ( Hématite 
ou Terre martiale en stalactites y Bomé-Delisle ; Mine de 



368 FER 

chaux de fer en liétnatite ; Hématite bmne et jaune , Dela-^ 
métherie ; Brauner Glaskopf ^ Wemer ; Feuriger Braunasen-' 
stàa^ Karsten ; Hématite brane , Brochant). Il est d'un brun 
noirâtre ou d'un noir brillant à la surface , et seulement brun 
ehâtain à Tintérieur; sa cassure est esquilleuse , et son tissa 
fibreux ; ses formes sont mamelonnées ou cylindriques : il est 
quelquefois irisé. 

' Cette variété est facile à traiter ; on en obtient communé- 
ment par la fonte 4-o ^ ^o pour loo d'un fer doux et nerveux 
qui se convertit aisément en acier. Elle abonde dans les mines 
de fer des environs de Sommo-Rostro en Biscaye ^ qui en 
fournissent àts morceaux de formes très - variées, et dans 
celles de Rancié etde Vicdessos , dont M. Picot de la Pey- 
rouse a donné la description dans son traité sur les mines 
de &r«t les forges du comté de Foix , publié en 1786. Les 
mines de fer du Palatinat et du comté de Nassau, en four- 
nissent aussi beaucoup, ainsi que celles du Hartz, de la Slyrie, 
de la. Carinthic et de quelques autres parties de l'empire 
d'Autriche. Il s'en trouve aussi en Saxe , dans l'Erzgebîrge ; 
à Cumberfaead, dans le Lanscasbire, en Angleterre ; près 
d'Edimbourg , en Ecosse et à Mainland, l'une des ilesZeth— 
land ;. dans ia Hante-Italie et dans plusieurs parties de Ui 
France. Ce qui est très-remarquable , c'est que la Siiède et 
la Norwége , qui sont si riches en fer oxydulé, ne fournissent 
que très-pèu de fer hydraté. 

.a. Fer hydraté géodique (^vajnt de fer terreuse on limo- 
neuse, en géodes nommées AétUes et Pierres d'aigle^ des anciens 
xninéralogistes ; Eisenniere, Wemer, SchaaHger Tkonaserùtan^ 
ILarsten ; Fer réniforme , Brochant; Fer oxydé brun , aétite 
Brongniart ) ; en géode d'une figure tantôt sphérique on ovoïde , 
tantôt .en partie curviligne et en partie plane , et quelquefois 
imitant un parallélipipède émoussé à l'endroit de ses arêtes. 
Courlis concentriques jaunâtres , ordinairement entremêlées 
de couches brunes , et laissant vers le centre une cavité quel- 
quefois vide , et plus souvent occupée par un noyau mobile 
ou une. matière pulvérulente , que l'on entend résonner, lors- 
qu'on agite' la géode. 

- ^Le fer hydraté géodique est assez, commun dans quelques 
parties des déserts qui avoisinent l'Egypte. La variété com- 
pacte , en petites masses , se trouve dans les fentes des mon- 
tagnes calcaires du même pays et dans les grès. ( Bozière ). 

On trouve fréquemment dans les couches calcaires des en- 
virons de Bettole , de Torrita et de Monte FoUonico , dans 
le Siennois , du Fer limoneux en couches feuilletées et en 
masses arrondies à noyau mobile , particulièrement dans un 
grand précipice de tuf, sur le lieu appelé l'Orbègne et vers 



f È R 



359 



lé fosso dei agqua*, où 3 est en gros morceaux arronclîs , que 
le ruigaîré nomme Pains du diable, Pard del Bia9olo\SahU^. 
La montagiie Noire, aux environs de CaMelnaudary, renfernîe 
• une immense quantité de rognons de minerai dé fer cal<:i-' 
forme doiit les lits , sur 8, 9 et 10 pieds de puissance , sui- 
vent rigoureusement lé pàrallélisihe des pentes légèrémeilt 
incliniées.' (Dodiun.) 

M. Ménat-d de la Groie a trouvé dans' lesf mines âes Bé- 
rîoris, commune' dé Montreuil-le-Chétif , dans la partie N. Q. 
d|i département de la Sarthe , une variété très-intéressanté de 
fer hydraté géodique. Elle est en boules libres, de 6 âi ïdlignei^ 
de diaiùètre , surune épaisseur d'une àt deux lignes seulement ; 
et leur cavité est remplie de fer bi^dé terreur jaune. Il a éga- 
lement observé dans le même département^ une couche péit 
épaisse dé fer hydraté globulîforme , en très-petits grains ar- 
rondis et réunis par un èimeïït argilo-ferru^ineux brun-Verdâ-' 
tre. Elle est située sous la terre végétale près dii chemin qui 
passe entre les bourgs de Milesse et d'Aigiié, à sept kiloniètre^ 
environ et au N. O, du Mans. 

Il existé près de Trévoux en Dombes (département dé 
l'Ain), un banc entier de pierres d'aigle , dont lès liries renfçr-^ 
ment de l'eau et les autres ont lin noyau mobile ou adhérent, 
tandis que d'autres sont 9 6à remplies de terre ferrugineuse, 
ou entièrement vides. (J. de Ph'. 1771 , p. i3i.) 

On eti trouve également à Wehrau dansIafHautè-Lusace ; 
à Tarnowitz en Silésiè ; en Sibérie , "en Pologne , et à Colc- 
brookedale en Angleterre (Jamesow); en France , près de 
Trévoux , etc. V, Aétite. 

3. Fer hydraté giobidiforme ou pisiférmè ( Mine de fer li- 
moneuse , en pois , en amandes V en oolites ,' etc.' , Roiné 
de l'Isie; Bohnerz, Wemer; Fer pisiforme, Brochant; Fer 
oxydé brun granuleux , Brongniart ) , en glolïules , les uns 
solides et compactes, les autres feuilletés et coptiposés de 
couches concentriques, tantôt isolés et tantôt réunis en muas- 
se ; leur grosseur varie depuis celle d'un grain de millet jus- 
qu'à celle d'un pois et au-delà. Leur surface est communément 
terne et d'un brun jaunâtre ; quelquefois aussi elle est lisse et 
d'an brun noirâtre. Les globules compactes ont ordinairemeut 
la cassure mate; celle des globules testacés est souvent luisante. 

C'est une des mines de fer que l'on exploite le' plus fré- 
iquemment en France , où elle abonde , et notamment dans 
les départemens delà Nièvre, de la Côte-d'Or, de la Haute- 
Saône, de la Moselle, de l'Eure et de l'Orne. On trouve 
fréqueniment dans les amas de fer granuleux de ces terrains , 
des coquilles fossiles très - nombreuses qui sont pénétrées 
d'oxyde de fer, et m^mè entièrement remplies de petits 



:xi. 



a4 



370 FER 

globales de fer oxyde..*'.; (BfûngniarC^ t a 9 p. 171.) Cette r9-* 
riété se troave aussi en Hesse et dans la Francopie ; k Araa^ 
près de Berne ; dans le pays de Salzbourg ; en Dalmatie, et 
en Angleterre dans le district d*Ayfsbire. 

Il résulte, entre autres choses, du grand trarail qoe M. Yan* 

fielin a fait sur les vnines de fer de la Boai|i;ogne et de la 
ranche-Comté (An. du Mus., t. 8, p. 435 à Z^) 9 qne le» 
mines de ce genre e|[ploitées à pramhon et à Châtillon-sar- 
Seine, département de la CAte-d'Or, et à Cbampfort et 
Grosbois , département de la Hante - Saône , contiennent^ 
outre le fer , du manganèse , de Facide phospboriqoe , aa 
chrome, de lamaonésie, de la silice, de Talumineetde la 
chaux; qu'il est yraisemblable que les méme« mines des autres 
pays renferment les mêmes substances , etc. , p. 44^* 

M. Lescheyin a reconnu depuis dans les mêmes minerais 
traités en grand ( J. des 91. , t. 3i . p. 43 à 54 ) 9 la présence 
du zinc et du plomb^. Plusieurs manres de forges pensent que 
te dernier métal , en ^^alliant au fer, lui donne plus de nerf et 
de ductilité? Quant au zinc , on le retrouve en concrétions sur 
les parois des hauts fourneaux. Buffon avoit déjà consigné 
cette observation dans l'article Zinc de son Histoire naturelle 
des Minéraux, t. 3 , p. 3o3 , édit. in-4*^ 

Ces minerai^ rendent de 3o à ^o pour 100 de £er ; ils ren- 
ferment quelquefois une grande quantité d'argile. 

4- Fer hydraté mas»f^ ou crpnifMurlf (Hématite compacte 
brune , de Born; Dirfuer Bravneûensiein , Werner ; Gemaamr 
Brauneisenstein^ K. ; Mine de fer brune compacte , Broch.), en 
masses solides d^une couleur brone ; cassure terreuse et il 

Srainfin; tissQ plus ou moins serré, quelquefois jaspoïde et 
'une assez grande dureté ; poussière )aune comme celle de 
toutes les variétés précédentes. 

On le rencontre presqiie toujours avec la variété fibreuse* 
Vofet plus haut* 

S. Fer hydraté iemux , brun; Ocre martiale brune, R. D. ; 
Ochiig€r Bnmnm^^nseiH , Bnttmdsuwcher ^ W. ; TOcre de fer 
brune, Broch.) F, o^ brun ocrenx,\ Brong.)^ en masses 
friables, tachant Ua doigts, et dont la couleur brune varie pour 
f on intensité du bnm au jaune roussâtre. 

M. Cordier a décrit sous le noni de Tem bmae^ dans sa 
ftatistique des Apennins ( J. des M. , t. 3o , p. 1x3)9 un fer 
hydraté terreu)^, dont la découverte est due à M. l'abbé Angelo 
. Vincîguerra, qqi Ta observé sur la montagne de jaspe et de 
schiste argileux de Montenero , dans le voisinage de la mine 
de manganèse de la Rochetta. « Cette terre , dit M. Cordîert 
se rencontre principalement vers le sommet de la montagncy 
en affleurement sur la |éte de plusieurs bancs de jaspe 9 ayant 



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Jeux à SIX décimètres d'épaisseur; ilpflrott qu'elle s'enfonce 
il plusieurs mètres de profondeur, et nnit \k. oà la décomposi- 
tion n^a pu pénétrer. £iie est extréiinement fine et douce au 
^toucber/Ëlfe forme des masses compactes 9 légères 9 friable» 
et tachantes. Sa couleur est d'un brun jaunâtre très-riche et 
très-^ciatant. Elle est de la même qualité que la terre dt 
Sienne ou d'Italie, i> 

Yj^terre^d^ombrene diffère pas essentiellement de Cette va* 
rtété ; seulement on la regarde comme étant mélangée d'ar-* 
gile. Fo)^e2 plus bas. 

6. Fer hydraté pseudomorphique , ou modelé sur deS corps 
organisés ^ tels que des bois , des madrépores ^ etc. 

On exploite en Sibérie ^ près de RibeâskoT, entre Oudinsk 
et Krasnoïk , une mine qui est entièrement composée de boi^ 
fossile ferrugineux. On y trouve des troncs d'arbres entiers 
enfouis dans un terrain sablonneux et argileux (Po/Zos). 

Fer oxydé terreux, j^nne rt>ussâtre, servant de ciment à 
des grains de quarz (^Éisensariderz^ W.), et formant des es^ 
pèces de tuyaux comprimés, de plusieurs pouces de diamètre ; 
cette variété a été trouvée aux environs du Mans. 

De Born a décrit, dans sa Minéralogie (t. 2 , p. 28a) , des 
morceaux semblables venant d'Espagne. 

On rencontre assez communément da