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Full text of "Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc"

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UCNRlf, 




B 3 m^l 551 



Xv/A n. 



!|joc- 

CAJoE 






NOUVEAU 

DICTIONNAIRE 



D'fflSTOIRE NATURELLE. 



SEO— SPE. 



Liste alphabétique des noms des Auteurs^ arec l'indication 
des matières qu'ils ont traitées. 



BIOT Membre de Vînttitut, « La Phytiqae. 

BOSC Membre de llnstitui. — Lliittoire de* R«ptilet , des Poittoiw . des Y «ri 

des Ck>qaaiet , et la partie BoUnique proprement dite. ' 

CHÂPTAL Membre de l*InstUut. — La Chimie et ion appUcatioo aux ArU. 

DE hLAimil.LE>f Professeur adjoint à U Faculté des Sciences de Paris , Membre delà 
Société Philomaïkiéfue ^ etc. ( av. ) ~ Article. d'Anatomie comparée. 

DE BONNARD. . Ing. en chef des Mines, Secr, du ConseU gén, , etc. (m.)— Art. de Géologie. 

DESMAREST, Professeur de Zoologie àV École vétérinaire d*Alfort, Membre de la Société 
PhOotnathUiue, e*c.— Les Qua^p^des, les CeMcés et les Aaimaux fossiles. 

DUTOUR — VApplica^on de la BofaiMqae 2i l'AgiicnlttiTe et#ax ArU. 

BUZARD Membre de l'Institut, -l^ par^e yét^inajre. Les Animaux domestiques. 

Le Cher, nk LAMARCK , Membre de pfnstitut. — Conchyliologie /Coquilles. Météorologie et 
plusieurs autres articles généraux. * 

LATREILLE .... Membre de Z'/nrfi<«<. — L'hist. des CrusUcét, des Arachnides, des Insectes. 

l-Eft^N Membre de la Sficiété. P^^fimaf^ift^p ^ «(C* •«• Qtf» V^Wea de-Minérakiai* 

etaeBot^DJqiie. (l*.) -^ . ^xt 

, LUCAS Ht» Prqfeiseur de Minéralogie, Auteur d¥ Tablea» Méthodujue 4es Msplcu 

K ' numérales, — L.-» Minéralogie ; S09 application aux Af ts ç| aux Âlaoïi^O. 
OLIVIER -..,... Membre de /'//z«i(/r(t. — Particulièrement les Insectes coléoptères. 
PALISOT DE BEAU VOIS , Membre de VInstUut Divers articles de BoUttique et de Phy- 
siologie végétale. , ' 
PARMENTIER . . . Membre de l'Institut. — L'appliça^on dp récononûe rnrale et doncitioBC 
à rHist^ire naturelle des Animaux et des V^g^iau^. ^ • "'"^^ *»P 

PATfilN Membre assoeU de l'Jnstimt. — U Géologie et ta Minéralogie en général. 

SONNINI -L Partie de l'histoire des Mammifères , des Oiseaux ; les diverses chasses. 

TESSIER Membre de PInstitut,-L'L'ntide Mouton (Économie rurale. ) 

THOUIN Membre de l'Imtiiut. — L'Application de la Botanique & la culture , an jar- 
dinage et à l'Economie rurale ; l'Hist. des diftér. espèces de Greffes. 
TOLLARD AiiiB . . .Professeur de Botanique et, de Physiologie végétale, — Des articles d« 

Physiologie végétale et de grande culture. 
VIEILLOT ...... Auteur 4e divers otivr*^es d'Ornitkologip. — L'Histoire générale et par- 
ticulière dés Oiseaux , leurs mœurs , habitudes , etc. 

VIREY Docteur en Médecine, Prof. d*Hist. Nat., Auteur de plusieurs ouvrages, 

/ — Les articles généraux de l'Hisl. nat. , particulièrement de l'Homme, 

des Animaux, de leur structure, de leur physiologie et de leurs facultés. 
y VART Membre de l'Institut, — L'Économie rurale et domestique. 

CET OUVBAGE SE TROUVE AUSSI: 

A Paris, chez G.-F.-PAMCKoncKx Imp. etÉdiL duDicU des Se Méd., rue das>Poitevios. 

A Angers, chez FouaisR-MAmxy Libraire. 

A Bruges, chez BooAxaT-nuMoaTisK , Imprimeur-libraire. 

A Bruxelles, che* LFCdABLisa, Ds Mat et Skethot , Imprimeurs-libraires. . 

A D61e^ chez Jolt , Imprimeur-libraire. 

A Gand, chez H. DujAantH et de Busscasa, Imprimeurs-libraires. 

À Genève, chez 'Pascbovd , Imprimeur-libraire. 

A Liège, chez Dssobb, Imprimeur-libraire. 

A Lille , chea Vahackèxx et Lblbcx , Imprimenrt-Ubiaires. 

A Lyon, chezBoHAïax etMAïax, Libraires. 

A Manheim, chez Foktaikb , Libraire. 

A Marseille, chvz Mastbb:t et Mossr, Libraires. 

A Moos , chez Le Rovx , libraire» 

A Rouen, chez FaitaB aïoé et Rvhavlt, Libraires. 

A Toulouse , chez Sénac aire, Libraire. 

A Turin, chez Pic et Bocca, Libraires. 

A \erdun, chcx BÉkxt jcane) Libraire. 



NOUVEAU;-. =:;•.:.,.'•;:; 

•,• • • • ••• • • ••• • • • • 

DICTIONNAmE 

D^HlSTOmî: NATURELLE, 

APPLIQUÉE AUX ^RTS , 

k i'AgFk^u^cft^, à l'É430goinJftr4U8Je6tdomesto(|ue> 
à la Médecine , etc. 

PAR UNE 6GGIÉTÉ DE NATURALISTES 
£T DAGRICIJI.'rEURS, 

if ppriellç ^14îltû>P presqvi*pntièï?j^en| refoij^due et copsidi- 
rablement Mign^ nté« j 

TOME ^X55:i. 



DB L*IimiIMSniX D*ABXL LÀKOX | AUB DB LA nABPS. 

A PARIS, 

Chez DETERVILLE, libraire, rue hautefèuille, k^ 8. 



M DCCC XIX. 






• • •• • • 



Indication pour placer les Vljljscbirs du Tome XXXL 

P 24. Insectes, pûg, io5. 

Saaterdle grise. -^ S&le apiforme. — Sphez da sabl^ -^ Sphinx \ tête de mort ^ 
— Spliiuda tflleul. — Stize sinaé. — Stomoze pi^tnt -i- Syrplie cbfipëde; 

P 21, Plantes, pû£^, 1S7. 

Savoniercomman. -— Sebestier miu. — Sésame d^Orient* — Sidérodeodre boit 
de fer. 

P 19. Poissons, pag. 244- 
Salmone omble. -^ Scare vert. — Scomberoïde sautear. -^ Sciène ombre. — 
Scorptoe horrible. — Silure nacré. — Spare dorade. — Sparepaon. — Spare 

abîldgaard. ^ ' 

P 12. Reptiles, pag, $17. 

Salamandre des Alleganls.— Salamandre pointillée. — Salamandre marbrée; — 
Salamandre terrestre. — Salamandre à crête. — Salamandre mortuaire. — 
Scinque doré. — Scinqœ commun. — Scinque à cinq raies. — Sirène lacer— 
tine. — Stellion à courte queue. — Stellion commun. — Stellion orbicuiaire. 

P 18. Coquilles, pûg. 3^Z. 

Badiolite écaHleuse. — Radiolite angéoide. — Rocher brandalre. — Rocher chi- 
corée. — Rostellaire fendue. — Sabot vignot. -* Solen manche de couteau.-— 
Spirule frangile. — Spondyle gaideron. rp Stomate furoncle. — Strombe goû- 
teux. 

P aa. Plantes , ^tf^., 415. 

Siphonle cahoutchouc. -« Souchèt ï papier. — Soude d^Alicante. — Sparthe 
tenace. 

P ao. Oiseaux, pa^. Sia. 

Tersine bleue. — Sittine \ queue rousse. — Soui-manga Sougnhnbîndon. — 
Spatule. 



'^ i7 .1 . ...... . . . 

• • • • * z •. r • • 

NOUVEAB.i.''.ii:V::-:::a-- 

DICTIONNAIRE 

D^HISTOIRE NATURELLE. 

SEP 



SËO-KVLITS et KysÀGGi. Noms kponais da ckroden- 
drum irichotômum^ Thunb., figuré par Kœmpter. (ui.) 
S£0 et SâMSJO. Koms laponaû du FAOAEisa poitriL 

SEP. tr. Cep. (s.) 

SEP. Nom polonais da Vautoub. (y.) 

SEPALE. Ce sont les découpures ou cByisions des co- 
rolles monopétales. V. Fleue. (b.) 

SEPALES. Nom donné par M. Desvaux aux dlrisions 
du calice propre à chaquefleur des coinposées. (p. B.) 

SEPE ou PETIT CÈPE AGATE. Petite espèce du 
genre BoLBT, quePaulet, le premier, a décrite «t figurée pi. 
lya de son Traité des Champignons. Ses caractères sont : 
cnapeau marron , veiné de noir en dessus ^ lilas tendre en 
dessous. On la trouve dans les bois des environs de 'Paris. 
Kien n'annonce qu'elle soit dangereuse, (b.) 

SÊPE ou Cèpe a bras. Bolet mentionné parYaillant, 
et figuré par Paulet, pi. i83 de son Traité des Cnampignons, 
et qui a plusieurs pédicules^ ou dont le pédicule est par^é 
en trois on quatre. Quoiqu'on le rencontre assez souvent, ii 
y a lien de croire que c'est une monstruosité, (b.) 

SÉPE ou CÈPE SOUFFRE. Espèce de Bolet qui crott 
en automne dans les bois des environs de Paris, et que Pau- 
let a figurée pi. iÔ3 de son Traité des Champignons. Il est 

E!tit , jaunie de soufre , couvert d^une poussière blanche* 
eyeux en a fait l'analyse , et n'y a pas trouvé de soufire p 
quoiqu'il en ait Todeur. Donné à im chien , il ne l'a pas 
incoaimodé ; cependant il ne doit pas être mangé. (B.) 

439543 



^ . ..SEP 

**-'SÉP» ôii'tîÊPE A VERRUE. C'est encore xay Bolet 
: «flui^ Pai^f a.trouvé.^aax environs de Paris. Il a le chapeau. 
•*l>ôaLt«a9é:,:Xç{qûi^.ei parsema de tubercules en dessus, et 
gris de lin en dessous. Il ne paroît pas dangereux, (b.) 

SÈPES ou CEPES. Je mets ici l'article des Cèpes ou 
clianiptgQons du genre Bolet de Lînnseus , patce qu'il» oi^ 
été publiés i leur rang , lettre G. 

On appelle vulgairement cèpes : le Bolet comestible, le 
holetus hoinnus de Linnaeus, le boletus eduln de BuUiard , le 
boletus esrnlentus ie Per^oon; maïs quelques auteurs, et en 
dernier lieu Paulet , appliquent ce nom au genre entier des 
jbolets : on ne doit donc pas être surpris de voir ici une nom- 
breuse série d'espèces qui le portent. (^) 

SÈPES ou CÈPES-CHEVlLLÉS. Famille de champï- 
gnons établie parPaulet, pour placer trois Bolets qu'il a ap- 
pelés le Cèpe soufré , le Cèpe a bras et le Chevillé, (b.) 

SÈPES ou CÈPES A DOUBLE SUBSTANCE. Pau- 
let a ainsi nommé les Bolets dont la partie inférieure du 
chapeau se sépare facilement de la partie supérieure. IL les 
dirise en cèpes à surface gercée et éh c^és à surface unie, (B.) 

SÈPES ott CÈPES FRANCS. Famille de champignons 
instituée par Paulet dans le genre Bolêt de Lînnseus. Elle 
se distingue par un chapeau bombé peu régulier, par le pé- 
dicule épais et renflé du bas , par leur chair blanche , ré- 
gère , d'une odeur suave. On y rapporte deux espèces r le 
Cèpe FftATîCTÈtE rousse et le Cèpb fratîc tête ivoire, (b.) 

Sèpe ou Cèpe franc tête rousse. C'est le Cèpe propre- 
ment dit des amateurs de champignons , le Bolet comesti- 
ble , ^efii5 ^opiVicm de Linnseus, figuré par Bulliard, pi. 60 
et 494.9 et par Panlet, pi. 167. V. Bolet. 

Sèpe ou Cèpe franc tête noire. Bolet confondu arec, 
le Comestible , mais qui en diffère par plusieurs carac- 
tères. Il a gAiéralement la surface supérieure de son chapeau 
d'un brun noirâtre. On le mange comme le C^e franc 
tête rousse. F. sa figure 9 pi. 168 du Traité des Cham- 
pignons de Paulet. (b.) 

SÈPES ou CÈPES MOUSSEUX. Famille de champî- 

fions établie par Paulet dans le genre Bolet de Lînnaeus. 
Ile se caractérise par une surface sèche plus ou moins ger- 
cée , par une cliair légère et propre à rendre mousseuse Teaii 
dans laquelle on la uit bouillir. Il y a : 

Les ( mousseux fins ou satinés , dont on distingue cinq 
sortes, savoir : le Mousseux des limaces, le Mousseux Vi- 
neux, le GRAND Mousseux, le Mousseux moyen, et le 
Mousseux obson. ^ 

lies mousseux marbrés^ qui rassemblent le Marbbê feuille 



IrofttE, U MÀitBàiÊ BistBÈ i le Marbra oUvIihe, le U^ka- 

toÉ tOULEUVBE. 

Lés mousseux mouchetés , qnirétmhseni le Mouoheté T£&<4 
I>JLtre et le i^tit Moucheté. 

Leai mousseux iraiUés , où on trouté TEiUILLi longue 

tiGE et TEtlAILLÉ PERROQUET. (B.) 

SÊPESooCËPES FINAUX, f^amille de diampignotifl 
établie ans dépens des Bolets de Linnaiat« Elle offre pouf 
caractères distincti^s : un chapeau aplaU en dessus; un pé-^ 
dîcuie court et cylindrique ; une chair molle. On lui rap-^ 

Îorte neuf espèces ^ savoir : le grand Pikeau plat , le 
li^BAu M0TEN9 le Pineau jaunâtre, le Pineau rouge, le 
PETIT Pineau jaune , le petit Cèpe agathe , le Cèpe è^ 
Verrues f le Pineau trois couleurs et le Cepillora. (b.) 
SEPESou CÈPES POLtPORËS. ï^amiUe de champs 
cnoQs établie par Paulet , et qui renferoie ceux des Bolets 
a pédicule central de Linnâ&us , qui n^ont que des pores sanâ 
tubes sous leur chapeau. U y reunit trois espèces , savoir i 
le petit Poltpore sec, le Porcelet brun^ U Truffe oa 
Pierre a Champignon, (b.) 
SÈPËS ou CËPÊS A TIGE EK f USÊAU. 



de Fonces, (b.) 



. Synonyme 



SÈPES ou CEPES EN TOtJPIÉ. iSynonyme de Pd- 

tIBONS. (B.) 

SEPËDON, Sepedon, Lat; Baccha^ Fab. Cente d'in-' 
sectes de Tordre des diptèreé, famille des athéricèrcs, tribu 
des mi{9cides, distingué des autres sentes de la même tribu 

t>ar le»caractères sui^ans : corps obTong; ailes couchées sur 
e c6rps ; balanciers découverts ; tête nue en dessue , parois-- 
Sant p]framidale ou triangulaire ; antetines presque une foia 
plus longues qu^eUe , insérées sut' une élévation , droites 91 
avancées, de trois articles , dont le premier très-court , le 
second le plus long de tous et cylindrique ^ le troisième un0 
fois plus court que le précédent, triangulaire, terminé en 
pointe, avec une soie, garnie de poik très-longs et,biarticttiéé 
â' sa base. 

Le diptère sur lequel j^ai établi ce geiire,avoit été place par^ 
Fabricius avec ^t^ musions {^sphegeus). 11 Ta depuis (^Syst des 
anû.) transporté dans son genre baccha , mais en témoignant 
à cet égard de Tîncertitude. En effet , les caractères qu'il 
assigne à cette nouvelle coupe ne conviennent pas 4 nos sépé- 
dons. Il la compose de sii espèces , dont les trois ou quatre 
dernières appartiennent à notre tribu des syrphies, et se 
rapprochent beaucoup des insectes du geiire doros de M. 
Meigep. La hacàia qylindrica^ autre espèce, d'après laquelle 
ce genre a été formé , paroît êti'e de la tribu de^musçides* 



4 s E P 

' Notre genre âépédon ne coûitnrend qu'une seule es^ce ^ 
le Sépédon 1>e$ Marais yS.palustns, et dont Schellenberg a 
dôDAé tïttt boMe figtire , DipLy iAï. i6. C'est, comme nous 
Favonsdît, la haccba sphegea dé t'àbricios. et dottt^on^càto- 
phagatafipeitL^t^ peut-être qu^arie variété. Cet insecte eâtnoir 
ou d'un noir cendré, avec les patte^^lés târSes éi^ééptës, fau- 
ves \ les pd^éHétf res sont plus grandes que léé âutfes ; les ailes 
ont ttne légère teinle jaunâtre , avec un trait noir, formé par 
ûnô iiefrvaf*e sittiéé vers leur itrilied. 11 est ti'ès-coihmun aux 
éwtïtmi de Paris , dans les lieux marécageux: (l.) 

^ÉfiJiOTRlO^ySépèdordon.Gétitt de champignons établi 
scrr fat moisUiUre chryioàpetme de Éultiard, Vutldè myCopliîle de 
Fersooù. Il ne diffère pas de celui appelé MycobraNcûë.^ 

Gé genre, de la classe des atnandres, deuxième ordre ou 
section des moisissitres, se distingué par on thallns en flocon , 
distitïCt des cfcampi£;nons pou#ris, stir lesquels it croit : ses 
itpdfidies ^tit glôDUieuses ei^entreniéléés avec le thallus.(p. -b.) 

SÉPÉÎLrCÉFÉE. (^.) 

SÊPrtÉIf . Poisson du genre dés llAiÉS. fB.) 

SÉPIA. Nom latin de la SÈcuÉr, On le dontîé aussi à la 
Kfiâtièfi! 6èlôratlte qtfe répstnrd cet aHinârsd', et qui sert corn ne 
Tencre de la Chine pour le dessin an lavis. (J>ÉSM.) 

SÉPIÂCEÊS* Nom d'une fiamHle de molfuSOues qui réu- 
pitiés genres établis aux dépens des Sèches de Liiinaeus. 

Le genre CfiAntfllË dé Léach $'y féntiit également. (B,) 

SÈPiÛÎE. Géùré d'inseétes de l^'ôrd^e des coléoptères , 
Séctioft iA% hétéi-omères, famille de^ métasomes, tribu des 
blâdsidés. 

Ce géiire, établi par FabrîciàS, a été adopté par tous les 
entomologistes. II présente les Càractèfe^ â^uivads ; antennes 
filiformes, le troisième article plus lolig, les saivans presque 
cyUndri<pies , lé dernier pyriforme ; lèVré supérieure un peu 
échaùcréé ; mandibules presque bifides ; ântennules filifor- 
mes , inégales ; les antér^nrés plus longues , Composées de 
quatre articles; lés postérieures dé trois Seulement; corps 
pblong; corselet ovoïde, tronqué aux deux bouts, dilaté sur 
lescôtés^ rétréci pôstérreurémeût; abdomen OvaUire ; dessus 
du corps avec dés K^t^itt Où déis cAteS ; jam&és presque sans 
épines; tarses des quatre pàfteS antérieures composés de cinq 
articles ; les postérieurs de quatre. 

tj^^ sépidies ne se troûveût que dads leS cfimats chauds de 
Tancleà continent. Léiir^ habitudes sont tes mêmes que celles 
des piméliéS. On lés voit marcher sur le sable dans les lieux 
secs et incultes. Leurs larves sont iùconnttes. 

Sé^IDIÊ a CâÊTÊ, SepUBMimcriaatufàj t'âb.; pi. R, I9 6, de 
cet ouvrage. Elle est mélangée de noir et de gris ; le corselet 



SEP $ 

a Qoe épine de chaque cAtiS , une Jîgp« ilevit o^ etrèoe à sa 
partie supérieure , et une éminepce ferlip, divisée çq quairet 
imitant une crAte, en devant ; les éiytre^ ont ch9^pm,K 4fJV4^ 
élévations longitudinales et saillantes, dont Vtxiénejj^j^^fi 
tenpinée par unç deijt. Elle ^e iroavjB en GgXP^^» 

SÉPipiE TRicyspiDÉ;^, Sepidium irkmpi^ottmf H^^ Tout lt 
corps est gris^trç ; {e corselet est caréiié en dessus » 4irmé d^ 
chaque côté d^une éuioc et d'un t9bercule bilo^é^ 9l^UUnt 
et un peu recourbe en devant; )es élylres sont ridées OP 
plissées, avec deux lignes plus devées, jui^ales : 011 point 
de réunion de ce? deux l>C^St s*éièrf poiiténei|rc^Mnl nne 
petite épine. Il habite llE^ypte ^X les cAtes de^ barbarie* 
Je. Pai trouvé comoiun à U fin de iW^r ^W çnviron^ 4'A^ 
lexandrie. (o.) 

SEPIOLE. JÇspèce de S*6W. (b.) 

aÉPITE. Nom donné ànn fowlç qi|i rrfSffiU^ k l'os 
de la SÈcçE. (njssiff.) 

SEPPIE. V. SèCHE. (s.) 

SEPS, Seps. Genre de repliles df h ÎXV^ 4^ Mzf^^y^ 
introduit par Daudin,et qui comprend tons VesQPAlfCiDEsde 
Latreille , à une espèce près, le chijcijejfitm4fit^ m'A a fait 
entrer dans le genre auquel il a conservé lenoin de CaM<ÇiPI(* 

Les caractères de ce genre sont :dvavipir 4e corps et la queue 
très^lpngs, couverts d' écailles arrondies et wpbriqn^éfs; i/t&vx, 
paires de pieds très- éloignées Tune de Tautre « on biçn une 
seule paire placée Unt^t aaprè;^ ,dn po^,twiU inpr^ de 
Tanus. * 

Sans doute , on est étonné de ypir des caraetirt^ de 

Îenre porter Taltern^ve de quatre ou ^t denz pieds ; inajjS 
^audin resarde la forme et la position des écai^Ues comme 
des caractères de première valeur^ quoique le nombre d^ 
pattes soit considéré comme de pins grande importante par 
tons les antres natnrsjistçs. 

Quoi qoL'il en soU, il n'y ^ qne trob ^p^ies dn bîpèdas 
dans le «enre de Dandiin ; V^e est le SH£iJ:Qpy^9; de K^\l9ê; 
Fautre , Van^ èipes de linnw, et h tr oisive « Ip çha^ 
mœswm de Sdmeider. Ta^Mn^onr Ic^ espèce^ ^ qnatre 
pieds , le mot Chalcioe. (b.) 

SEPT^IRE. ^ynoiiyme de Cahbey. (n.) 

SJEPT4RI4. Mom Utin donné pa^ quek[ae^ nnn^rjpJo* 
gistçs a ces sortes de concrétions appelées itms h^mm0f et 
qui sont remarquables par leur structure cloisonnée. On trouve 
beaucoqp de Indus de cette espèce dans TUe de Sheppy^ k 
rentrée de la Tamise. (ljs\ 

SEPTAS, Sfpias, Plante vivace dn Cap de Bonne-Espé- 
rance, à feuilles épaisses, presque rondes, connées, glabres , 



« è t R 

fo^manf iinë rosette liune petite distancé de lâ racine; à 
fleurs disposées en ombelles, accompagnées d'InvolucreSt aa 
]ionii|iet d'une haknpé très-gréle et haute de trois ou quatre 
pouces. 

Cette plante fortne dans Theptandrie heptagypie , et dans 
\^ famille des succulentes, ott mietiz des acanthaçées, ufi 
l^enre fort voi^ii^ des T hunbergies, ^ui a pour caractères ; Mne 
corolle divisée en sept parties; s^pt pétales; sept étanaines ; 
sent ovaires supérieurs, aigus, |i stigmates simples; sept cap^ 
Smeh ovales, aiguës. (B.) 

SEPTAS, Sepias. Loureiro* a donné ce nom à un autre 
eenré qui est le même que celui appelé.BRAMtK , Herpeste^ 
MotqiÈliE, et qui a été dédoublé des Gratio|.es. (b.) 
SEPT EN TOISE. Nom d'une espèce de Coy^GE. (b.) 
3EPT1COLOR. F. IVticle TANqARA. (t.) 
SËPT-ŒIL. Lâ petite Lamproie porte ce nom. (Bf) 
SEPT-ŒIL ROUGE. V. Pétromyzon rouge, (b) 
SEPTULE. Proéminence aplatie , qui se remarque dans 
la cavité t>ù sont logées les anthères des fleurs de la famille 
des Qrchidées, G^est à Richard, Annotations sur les orchidées 
d^ Europe ,'^^ôn doit la çpnnois^ance et la d^tion;iinatiop 
<ie cet organe. (B.) 
SEQURELHA. V. Cigurelra. (^.n.) 
SÉR ou SERP.Un Ser^£NT, une CotnjeyvRE, en Lan- 

ijUedoÇ. (DESM.) 

SERA. C'est , à Nice , suivant Mi Risso , le nom du La- 
bre LOUCHE ( Labrusiuscus^ , Linn. (desm.) ' 

SERANCOLIN ou SARANCOLIN. Nom qu'on donne 
à un beau marbre isabelle, tacheté de rouge et hlanç^ 
içi'on tire de la vallée d'Aure , dans les Pyrénées , tout près 
les marbrières de Gampap. F. Marbre, (pat.) 

SÊRAUT. Nom vulgaire du Bruant coMMiiN. (v.) 

SERAPHE, Seraphs. Genre de Coquilles établi par 
Deiiys-^e-Montfort, aux dépens des TarrièR]^ de Linnseuç. 
Ses caractères sont : coquille libre , univalve , roulée , cy- 
lindrique , à s^ire intérie A ; ouverture allongée , étroite , 
aussi longue que le test; columelle lisse; lèvre extérieure 
tranchante ; b^se échancr^ç. 

Le type de ce genre est la Tarri^re oublie, qi^'on ren« 
contre fossile dans un si gr^nd nombre de lieux , entre autres, 
k Grignon près Yersaillès. On doit remarquer que , malgré 
sa très-gf ande fragilité » il est très-commun d^en trouver de 
parfaitement conservées, dai^ cette localité. Sa longueur 
i^urpasse quelquefois deux pouces. (B.) 

SERAPIAS de Diosçoride.- Vay. Orcbis çl Hellébo- 
RmE.(L».) ' 



i: 



s E R 7 

SÏIRAS WHALe! Nom anglais dt la BALçmii bossue, 
selon M. Lacépède. (desm.) 

SERAXONë , Crotonopsis. Planté annuelle , qai crott 
Sans les sablée les plus arides de la Caroline 9 et qui seule, 
selon Michaux , constitue un genre dans la monoécie pen- 
iandrie , et dans la famille ^t% euphorbes. Ses caractères nç 
4ifi'èrent de ceux des Chotons , ipie parce qu'il nV a qu'une 
seule graine dans chaque capsule. J^i rapporté des graine^ 
de cette plante, et eÛca ont bien levé; mais les pieds qu'elles 
ont fourni n'ayant pa^ fructifié , ^n n*a pu la conserver dans 
nos jardins, (b;) 

SERBE. Nom languedocien de U Moutar])B. (desm.) 

SERBIO. Nom japonais de la Baleine faaiiche , sçlon 
M. Lacépède. (desm.) 

5ER(:iFI. V\ Salsifis, (b.) 

SERDA. Genre établi aux dépens des Agarics, par Adaor 
son. Il n*a pas été adopté, (b.) 

SEREIN. Humidité qui se manifeste dans lUtmasphère , 
pendant les soirées d'été , une heure on deux après le coucher 
du soleil: Cette humidité provient des vapeurs qui s'étoieqt 
élevées par l'effet de la chaleur, et qui, se trouvant conden- 
sées parle refroidissement de l'air, retombent sur là terre, 
en gouttelettes imperceptibles , mais quelquefois uitt abon- 
dantes pour humecter les vétemens. 

Ces vapeurs condensées ne sont pas composées d'eau pure : 
elles contiennent aussi les exhalaisons putride? qui s'élè vient 
des marais et autres lieux infects; de sorte qu'en les respirant , 
on respire aussi des ipiasrnes plus ou moins dangereux , sui - 
vani la nature du sol de chaque contrée. 

l]'est ainsi , par exemple , qu'à Rome ^ où » pendant les 
grandes chaleur» l'atmosphère est remplie 'd^S exhalaisons 
«nàpestées qoi's^élèvent des marais Pantins , il est extrêmement 
dangereux dé s'exposer au Waç , dont ^aspiration porte dans 
les poumons et dans toute l'écononiie animale, les principes 
putrides les plus funestes. 

' Dans les pays , au contraire , qui sont exempts de marab 
et d'autres sources de ménhitisme , le serein n'a pas d'autre^ 
inconvéniens que ceux qui peuvent résulter d'un air humide 
et frais. 

L'humidité du matin , qu'on noitnmè rosée , et qui se 19R'- 
nifeste av^nt le lever du soleil, a une cause un peu différente 
dé celle du serein : la terre , par son mouvement de rotation 
d'occident en orient, présente successivement au soleil tous 
}es points de sa surface , et à mesure qu'il les échauffe de ses 
rayons, il dilaté l'air et les vapeurs quj s'y trouvent répan- 
4ues , et il les chasse devant lui dans les contrées qui soiit 



9 S E R 

encore priy^s de sa présence. Yoilii ^urquoi l'on sent tons 
les matins , au lever de Taurore , on doux zéphyr qui vient da 
côté de Torient. C*esf ce vent léger, produit par la dilata- 
tion de Tâtmosphère, qui noi|s apporte les vapeurs des contrées 
plus orîeotales que les nôtres; etcesvapeurs» à mesure qu^elles 
arrivent dans une atmosphère plus froide que celle d^où elles 
sont chassées , £e condensent et tombent en gouttelettes im- 
percepilbles , de même que le serein , avec cette ^ule dif- 
férence qu'elles viennent d^une autre contrée. 

Ainsi ^ il pourroit arriver que dans le même pays, Thumi- 
èhé du soir fût liéuigne 9 et que celle du matin fût malsaine, 
et réciproqtiem*ent. Si , par exemple , la Suisse on T Ailejna- 
gne avoieni 4es marais infects , il est très-probable qn^ le 
vent du matin nous apporteroit une rosée très- dangereuse ; 
mais comme , par bonheur , les contrées où Ffuirore opvre 
pour nous les portes du jour ne sont pas moins salnbres 
que les nôtres, nous n^avons pas plus à redouter i'bumidité 
du matin aue celle du soir, (pat.) 

SERENA. Nom piémontais du Martin-pêcheur, (v.) 

SÉRÉNE. Nom qu'on donne, en Provence, au Guêpier. 
r. ce mot. (V.) 

SERENNA. V. Lis du Kamtschatka, vol. 18 , pa^ 
I07. to.^ 

SERENTE. Nom vulgaire da S4PIN pesse , pinus ph 
cea. (b.) , 

SERÊQTJË. On donne ce nom an Genêt sagittal, (b.) 

SERETTE, pour SARRETTE. C'est la Sçrratulb 

TEINTURIÈRE. (l*N.) 

SÉREVAN. V. tom. 12 , p. a53. (v.) 

SERÉZIN. Nom langpedocien da Serin. (n£S9f.) 

SERGE AN T. A Surinam , on donne ce^^nom à un grand 
et bel arbre désigné à la Gnyane par Cacao sauvage. 
C^est le caroiinea prînceps , linn. , Suppt , ou packira oqua» 
£ca , AubL (L^^) 

SERGILE , Serons. Genre de plantes établi par Gaert- 
ner pour placer le Câlina a râlai de linnaeus. Il a pour 
caractères : un calice presque turbiné , imbriqué d^écailles 
rapprochées , inégales , un peu scarieuses; un réceptacle na, 
supportant des fleurons hermaphrodites fertiles ; plusieurs 
sentences surmontées d'une aigrette capillaire , plumeuse , 
i sa partie supérieure. 

Ce genre parote fort peu différer du Salsiée de Decan-^ 
dQUe.(B.) 

SERI. Nom Japonais du Persil, (r.) 

SËRIAliAIRÉ» Serialana. Genre de polypiers, établi 
par Lamarck aux dépens des Sertulaires. Ses caractères 



s E R 9 

sont : polypier phytoïdfB , corné , à t^«g grélea , fiatoleiwes t 
rameuses, garnies de logef cylindracées , saillantes 9 paral- 
lèles , cohérentes , sérialeinep^ disposée^ soit par massfss zé-- 
parées , soit en spirale continue. 

La SEETULAïaE LSNDiGÈRE Sert ift tvpe à ce geort,qai ré* 
pond à. celai appelé âmatbie , par Lamôuroux; un petit 
nombre d'antres , tpntes nonvelled , sV adjoignent, (b.) 

SÊftlANE on SERJANE , Cenana. Genre de [Nantes 
de l'ociandrie trigysie , et de la famille des saponaires , qui 
avoit été établi par Plumier , que Linnaras aroit réuni 
aus Paullinies , mais que Schumaker en a séparé de 
nouveau, souç la considération que les arbrisseaux qu^il ren^ 
ferme ^ au lieu d'avoir une seule capsule triloculaire , ont 
trois capsules réunies par leur côté intérieur , ou mieux 9 
trois samares globuleuses se dilatant inférieurement en une 
aile membraneuse. 

Ce genre renferme dix espèces qui , par les tiges et les 
feuilles» ne diffèrent pas beaucoup des PAULumES, c'est- 
à-dire , que ce so«t des arbrisseaux grimpans ou sârmenteux , 
à feuilles, ternées ou ailées avec impaire , ou surcomposées, 
et dont Us fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires , 
munis de deux vritles dans leur milieu, (b.) 

SERIATOPORE, Smatopora. Genre de polypiers, établi 
par Lamarck, aux dépeiis des MADftÉPCMiEs.fies caractères 
sont : polypier pierreux, âxé, rameux, k rameaux grêles , sub>- 
cylindric^s, et à ceUoles perforées, lamelleuses, comme ci- 
liées sur les bords , et déposées latéralement par séries soit 
transverses 9 soit longUndinales. 

Ce genre renferme trob espèces , toutes des iners des pays 
cbands. Une seule est figurée : c'est le M A]HiÉBORB*»éuATE 
de Pallas. V. Sqi^ahme et Elus , la&. 3i , ■.• i et 3. (s.) 

SÉRICOft^TIE, Sencomyia. Mmca, Uqn., Deg,; i^iw 
phus^ F^b. Genre 4'insectes, de l'aj^re desdiptères, famille 
des atbéricères, tribu des syrpUes» distin|^ de^ antres 
genres de la miême tribu, parles caractères suivans : trompe 
beaucoup plus couHe que la tête et le corselet ; qne proéntt* 
pe^ce sur 1 V^tncement antérieur et en forme de bec de la 
tête; ^s écartées; antennes plus courtes que b t6te, de 
trois articles , dont le dernier formant une psdeAte pres^ie 
orbicnlaire, arfs^fine soie plumense et dorsale 9 înséi^f au 
point de réumoq 4e cet ai^icle avec le précé4eiit. 

Cfs genre ^ pour typ^ la Moufihf hf^tme 4e \Âm^^ ef de 
De;géer. SoQ^carps «sst noir et vel^ , avec trois bandes jaunes 
sur Tabdooien» çt Tanus C^^vef- le^ aiitepues sont poires; le 
front est jaune, avec une raie noire au «ailiei^. jLqs pattes 
sont d'un brun-jaunâtre , avec l'origine des cuîsscf noires. Le 



%o s E R 

bord extérieur des ailes est d'qa |aune d'ocre obscur. Cette 
espèce est une des plus grandes de cette tribu et ressemble 
à une guêpe ou à un frelon. On la trouve au nord de VEu-^ 
rope , en Allemagne ; elle est trés-rare dans quelques par-^ 
ties de la France , et aux environs de Paris, (l.) 

SERIDIË, Seridia, Linn. (^syngéné^e polygamie frustranée^) 
Genre de plantes de la famille des cinarocéphales, qui pré- 
sente pour caractères : un calice formé d'écailies cartiîagi- 
peuses, épineuses, palmées à leur commet, et se recouvrant 
les unes les autres; un réceptacle garni dévoies roides , avec 
des fleurons hermaphrodites au centre ^ neutres à la circon- 
férence, et des semences surmoaté es d'aigrettes courtes t 
quelquefois ciliées. 

Ce genre réunit une vingtaine d'espèces dont les plus re- 
marquables sont : 

'La Séridie a. P^uill^s de nav£T, CaUaurea napifolia, 
Linn. Plante annuelle , qui a une tige élevée d^un pied el; 
.demi , avec des feuilles radicales , lyrées ,* semblables k celles 
du navet, et des feuilles supérieures étroites, lancéolées et 
jécurrente^. Ses fleurs sont d'un rouée violet, terminales, et 
les épines du calice petites , très-foioles et toujours redres^^ 
9ées. On trouve cette espèce aux environs de Rome et dans 
Tile de Candie.. ËUe est cultivée au Jardin deâ planter àf% 
Paris , ainsi que les deux suivantes. 

La Séridie A F£Uii,LES DE CQICOEÉE , CcnUturea sériais j 
Liao;^ plante vivace' qui croit en Espagne, dont les fleurs 
sont purparines; les calices semblables à ceux de la précé-*» 
dente; les tiges inclinées, longues d'un pied et demi, ra- 
jneuses.'^au sommet; les feuilles cotonneuses, oblongues, dé- 
curfentes , les inférieures siniiées comme celles de la chicorée 
sauvage od du pissenlit. 

La SÉRlbH^ ftUDE, Cérdaurea asperà, Linn., à tiges roch- 
geâtres, -striées et rudes au toucher ; à feuilles petites , étror- 
tes, linéaires, lancéolées, dentées; les radicales oblongues 
et sîna^es ;' à fleurs d'un pourpre clair ; à écailles caiicinales 
-munies de trois ou cinq épines très*petites , jaunâtres ou rou- 
geâtrés. Cette plante est vïvace ; elle vietit spontanément en 
^spagpe et daps le midi'de la France. 
' La SÉ111I5IE; A FEUILLES DE LAiTROlf , CerUaurea sqnchifo- 
Ha 9 Linn. Les écailles caiicinales sont vertes et terminées 
par sept, épines médiocres et jaunâtres ; ses feuilles nioilesf , 
verdâtrés, sinuées^ et semi-décurrentes , surtout les supé- 
vieures; sa fleur est purpl^*ine , solitaire et terminale. Cette 
espèce s'élève à un pied , et croît sur les bords de la. Méditer-» 
•f ailée, (d.) 



s E R I» 

SEftlf^OLIA. Jean Fragoso , médecin espagnol qui yh; 
^oii vers la fin du quîp^îème siècle , a donné une courte hîs* 
toire des aromates et des simples qui croissent dans les ieuiç 
Jndes, et qu'on apporte eq Europe; au nombre de ces simples 
$e trouve ie seriïolia qui est une espèce de TâPPIER ( Cra-^ 
ie^a marmeioSf h,). (liN.) 

SERIGâT. Nom d'un oiseau de prpiç çq Languedoc t 

(desm.) 

SERIN. Foires, pour tous les oiseaux décrits sous ce nom, 
l'article Fringille, pages 170, i85 et, sous le nom de Gni, 
186,187, 188, i£^, 254. 

Le Serin be^ Canarirs. J'ai fait mention ii l'article: 
de cet oiseau , vol. la , pag. 187 , du plumage qu'il 
qporte dans son pays patal 9 et je n'ai qu'indiqué celui que 
porte la plus belle des races domestiques, que l'on appelle 
serin jonquille ^ citron ^ doré; j'ajoute il sa description que ces 
belles couleurs ne sont qu'à l'extrén^ité d^s plumes , qui 
sont blanches dans tout le reste de leur ^tendue , et la teinter 
jaune n'est très-apparei^té que lorsqu'elles sont bien i*an^ 
gées et bien couchées les unes sur les autres. Dans cette va- 
riété, la plus reoherchée, et comme dans toutes les autl^es, 
lafenielle a 4esteîntesplusfoibles,latéte un peu moins grosse et 
moins longue, les tempes d'un jaune pâle, tandis qu'elles 
sont dorées danis le mâle. Celui-ci a , vers la racine Au bec , 
dessus, et surtout dessous, une espèce dç flamme' jaune qui 
descend beaucoup plus bas ; dé plus , il est plus hai|t montç 
et beaucoup plus vif dans sa marche. La femelle des serins 
gris^ se distingue aisénient en ce qu'elle n'a presque point àç , 
jaune dans son plumage ; celle des panachés est blanche, ou le 
mâle est jaune; mais le plumage'des jaunes dorés et des jon- 
quilles ne présenteguère de différence sensil^le entre les.sexes, 
et dans leur jeuiiesse,le gazouillement est le seul Indice qu'on 
puisse saisir pour reconnoître le jeune mâle , qui se fait eq- 
iendre presque aussitôt qu'il naange seul ; il est vrai qu'il y r 
des femelles ^ui gazouillent aussi , niais leurs phrases sont plus 
courtes et les sons moins forts. La couleur,les pieds» la (brce» 
le chant, distinguent }es vieux des jeunes; les premier^ ont les 
teintes plus foncées, plus viyesqueles jeunes de leur racè;leurs 
pieds ont des écailles plus brillantes , plus rudes ; les ongles 
sont plus gros , plus longs. Les derniers ont^ des écailles peu 
^apparentes; lé pi^d paroît uni, et les ongles sont courts. Les 
Tienx , après deux mues , sont plus vigoureux , ont le corps 
plus plein que Ikà jeunes , qui sont ordinairement fort fluets. 
Le chant de l'adulte a plus de force , plus d'étendùè et plus de 
durée; celui du jeune n*est entièrement formé que six à huit 
^ojs apnès sa BRissance. Une vieille femelle se retonnoît ^ 



la ^ s E R 

ses pied$ et h son corps {>las arrooiU que ce iiii de la jetin^ 
femelle. Enfin son gazouillement est plus fort ^ ne celui de; 
cette dernière ^ qui se tait pour l'ordinaire pendant les s^ 
premiers mois de sa jeunesse. 

Outre le serinpkin , c'èst-à-dîre pleinement et entièrement 
jaune jonquille, qui étoit autrefois le plus rare, Ton comptf 
vingt-huit autres variétés parfaites » et assez reçonnoissables 
pour être indiquées. 

I. Le serin gris corn»»/^/». Oelui-ci n'apresf^ue pas dégé- 
néré de la race primitive ; «on diivet ^C noirâtre , ainsi que 
dans le canari sauçage. 

a. Le serin gris , au^ duvets et aux pattes hlancheSi qu'on 
appelle race de panachés. 

3. Le s crin gris à ^ueue blanche. Race àe panaché s * 
4« Le serin hlqnd commun. 

5. Le serin blond aux jeux rouges, 

6. Ju^ serin blond dorç. 

7. t4e serin blo^4 aux duvets. Race de pa^iachés, 

8. Le serin blond à queue blanche. Race àe panaché f. 

9. Le serin jaune commun. 

10. Lé serin faune aux duv^ls. Eace Ae panaché^, 

1 1 . Le serin Jaune à queue blanche. ï^ce de panachés. 

12. Le serin agate con^mun. 

i3. Le serin agate auo^ 'j^eux rouges. 

14. Le serin agate à queue blanche. Race de p(inaçhés. 

i5. he serin agate aux duvets. Race àtpauaçhé^. 

16. he serin Isabelle commun. 

Ij. Le serin isabelle *aux yçux rouges. 

18. Le serin isabelle doré, 

19. lie serin isabelle aux duvets. R^c^ de pt^na^hés. 
30. Le serin blanc aux yeux rouges. 

2 1 . Le serin panaché c omrrfun , 
92. Le serin panaché aux yeux ronges. 
a3. Ise serin panaché de blond, 
2^, XtC serin panaché de blçncf aux jeux rouges. 
a5. lut serin panaché de noir, 

a6. Le serin panaché de noir, jonquille , aux yeux rouges • 
27. Le serin panaché de noir , jonquille et rifulier^ 
Très-rare. 

2B. Le serù^à huppe ^ Qaplptât Ji cauiQmUf éloil ^v^refoia 
peucommui^, c'est un àfis^ plus be^ux. On en voil^ dans cette 
race déblaies, de diver^s nusinces de jaune, de panachés, 
et de gris ; la couronne çst beaucoup plus large et couvre les 
yeo^ (ï^ps les preo^iers et les derpi^cs ; Les plus rares d^ cette 
^ipiUe^nt les striris panachés ré|^iërenient. 9 et ceux qui ^ 



s E R i3 

avec un plumage uniforme f bland ou jaune» ont une cou- 
ronne d'une autre couleur. 

On connoit si des serins, gris, |auiïes , llonds ^ etc. , sont 




la main , on souffle les plumes du ventre ; ce petit duvet est 
blanc, attaché II là (»lume et de touleu^ ditfêrente à l'exté- 
rieur; les uns en ont plus, Us autres moin^, et il ne vient 
ordinairement qu^aprîs la première mue. 

'JToutes ces variétés peuvent se porter à Tinfini par le ' 
mélange des races ; autrement elles se coiSservent intactes , 
comiùe on le verra cî-aprés dans la manière de les apparier, 

Î^our, ^toir ^cs oiseaux parfaits. Les panachés ^sont ceux dont 
es nuances et les dîspoMtions des couleurs varient le plus; 
il y en a qui ont du noir sur la tête , d'autres qui n'en ont 
point; le plus grand nombre est taché irrégulièrement , et le 
plus petit régulièrement, si ce n'est daiis les huppés; ordi- 
naifem^i les différences àes couleurs ne sont apparentes 
que sur la partie supérieure de l'oiseau; elles consistent en 
deux grandes plaques noires sur chaque aile , Tune en avant 
et l'autre en arrière, et un large croissant de même couleur 
posé sur le dos , dont la concavité est tourûée vers la tête , et 
dont les deux extrémités se joignent aux deux plaques noires 
antérieures des ailes ; enfin le cou est environné par derrière 
d'un demi-collier d'une couleur résultant du noir et du jaune 
fondus ensemble. Parmi ceux signalés ci-dessus avec la queue 
blanche , il en est qui ont aussi plusieurs pennes des ailes de 
cette couleur ; malgré cela, on doit les regarder comme urins 
à queue blanche, race de panachés. Cent aux yeux rouges ten- 
dent plus ou moins à la couleur absolument manche , et sont 
peu recherchés par les amateurs , pour les faire couver* 

Un distingue deux races particulières dans l'espèce du 
canari } la première est composée des canaris panachés , la se- 
conde de ceux qui ne le sont pas. Les blancs et les jaunes ci- 
trons ne soùt jamais panachés; seulement l'extrémité des 
ailes et de la queue de ces derniers devient blanche lorsqu'ils 
ont quatre ou cinq ans. Les gris ne sont pas d'une couleur 
uniforme; il en est de plus ou moins gris , d'autres d'un gris 
plus clair, plus foncé • plus brun ou plus noir. Les agates sont 
ordinairement de couleur uniforme ; mais il en est ou la teinte 
est plus claire bu plus foncée. Les isabelles ne varient point; 
leur couleur ventre-de-biche est constante , uniforme, soit 
dans le même oiseau, soit dans plusieurs individus. Dans les 
panachés » les jaunes jonquilles se panachent de noirâtre et 
ont orditiairement dcf noir sur la tête ; enfin il y a des pana- 



H s Ê R 

diés dans toutes Ic^ tOàleàrs simptés inJiqtiëes ci-dessds} 
inais les jaunes jonquilles sont Icfs plus panachés en noir. 

Les serins ont presque tous des luclinations et un tempé- 
jrament différensles uns des autres, pbsenration qu'on ^eul 
étendre à beaucoup d'autres oiseaux. Des mâles , dît Her- 
vieux, à qui nous devons un traité très-bien fait sur Tédaca^ 
'tion des canaris « sont d'un tempérament triste , rêveur, pouc* 
ainsi dire , et presque toujours bouffis , chantant rarement , 
et ne chantant que d'un ton lugubre; ils sont des temps infi- 
nis à apprendre ce dont on vebt les instruire , ne savent que 
très imparfaitement ce qu'on leur a montré, et oublient 
aisément le peu qu'ils savent à la première mue ou autre ma- 
ladie; ils prennent un tel chagrin de se voir couverts, lorft 
de l'instruction , que souvent ils en meurent Enfin , pour les 
tirer de leur apathie, il leur faut pour instituteur dé vieux 
serins, ardens et pleins de vivacité; alors ils chantent et 
s'animent un peu. Ces inêmes individus sont natnrellei*ient 
malpropres ; leurs pieds et leur queue sont toujours sales ; 
leur plumage mal peiené et jamais lisse. De tels mâles ne peu- 
vent plaire aux femelles. D'un caractère mélancolique, ils ne 
lesréjouissentpresquejamaisi par leur chant, même lorsque 
les petits viennent d'éclore; et d'ordinaire tes petits ne va- 
lent pas mieux qu'eux ; en outre , le moindre accident qui 
arrive dans le petit ménage , les rend taciturnes, les attriste et 
les dÀole au^oint d'en mourir. Ainsi ces oiseaut doivent êtf e. 
rejetés par ceux qui veulent faire douver àes serins et leur 
donner de Téducation. 

D'autres ont un caractère si méchatit, qti'il.^ tuent la te-r 
tnelle qu'on leur donne ; mais ces lUauvais rtiâles ont quel- 
quefois des qualités qui réparent en cjuelque sorte ce défaut, 
comme par exemple d'avoir un cbant mélodieux , un beau 
plttmage,et d'être très- familiers. ( J'ai rertiarqué que plus les 
serins mâles ou femelles sont doux, caressans avec leur 
maître , plus ils font mauvais ménage. ) On doit conserver 
ces oiseaux, mais ne pas les apparier; cependant il y a un 
moyen de dompter le mauvais caractère d'un pareil mâle ; 
pour cela , on prend deux fortes femelles d'un an plus vieil- 
les que lui; on met ces deux femelles quelques mois ensem- 
Kle dans la même cage , afin qu'elles se connoissent bien , 
et que, n'étant pas jalouses l'une de l'autre, elles ne se 
battent pas lorsqu'elles n'auront qu'un seul mâle. Un moiis 
avant le temps qu'on les met couver , on les lâchera toutes 
deux dans une même cabane , et quand l'époque de les ac- 
coupler sera venue , on mettra ce mâle avec elles ; il ne 
manquera pas de vouloir les battre ; mais elles se réuniront 
pour leur défense commune , finiront par lui en imposer, et 



s E R «^ 

le vaincront par Tanioiir. Ces sortes d'alliances forcées réus- 
sissent quelquefois mieux que d^ autres , dont on attendoit 
beaucoup , et qui souvent ne produisent rien« 

Il y en a d'autres d'un naturel si barbare , qu'ils ctétmi- 
sent les œufs^et^ouvent les mangent à mesure que la femelle 
les pond ; ou si ces pères dépaturés les laissent couver ^ à 

teine les petits sont-ils éclos , qu'ils les saisissent avec leur 
ec , et les traînent dans la volière jusqu'à ce qu'ils soient 
morts. Pour remédier au premier accident , il faut 6ter le 
premier œuf que la femelle aura pôndu^et en mettre un d'I- 
voire à la place, en faire autant le lendemain pour le se-^ 
cond,à rinstantméme qu'il vient d'être pondu, afin que le 
nilile ne pnfise le casser , et continuer ainsi jusqu'au der- 
nier ; alors la femelle n'ayant plus besoin du mâle pour la 
féconder , on renferme celui-ei de suite dans une cage se- ^ 
parée et posée dans la volière ou à proximité , et orn Vy tient 
pendant tout le temps qu'elle couve. Les œufs doivent être 
mis , à mesure qu'on les retire , dans une petite botte de 
sapin remplie de sable de vitrier , afin de les conserver frat- 
cbement et qu'ils ne soient exposés à se casser. Quant aa 
mâle qui ne touche point aux œufs , i^ais tue ses petits , on 
le met aussi dans une cage particulière posée de même , et 
à la veille où ses petits doivent éclore. Il ne faut pas crain- 
dre que la privation de sa femelle lui cause de l'ennui et du 
dégoût , et que celle-ci abandonne sa couvée ; elle l'élevera 
trèS'bien sans son secours, si elle est de bonne race. Mais 
aussitôt qu'on aura dté les petits pour les nourrir à la bro- 
chette , on lâche le prisonnier et on le rend à sa femelle : Il 
faut en user de même à chaque couvée. On doit penser que 
des serins d'un pareil naturel doivent être rejetés ; mais ces 
moyens ne sont indiqués que pour ceux qui veulent absolu- 
ment les faire couver. 

On remarque encore, parmi lès serins^ des individus tou- 
jfours sauvages , d'un naturel rude , farouche , d'un caractère 
indépendant, qui ne veulent ni être touchés ni caressés^ qui 
ne veulent être ni gouvernés ni traités comme les autres ; de 

Ï^areik serins réussiroient certainement s'ils éloîent en pleine 
iberté ; une prison étroite , telle qu'une cage ou une cabane^ 
ne leur convient point ; il leur faut ou un grand cabinet ou 
nne volière en plein air, Cependant , si on ne peut faire au- 
trement que de les tenir en cabane , une fois posée dans un 
lieu quelconque , il ne faut point y toucher, ni se mêler 
nullement de leur ménage , leur fournir seulement le néces- 
saire, et les laisser vivre à leur fantaisie. 

Il y a des mâles d'un tempéraipent foible , indifférens pour 
leurs femelles , toujours malades après la nichée ; il ne faut 



iG S E R 

pas ies apparier; car on a remarqué que tes petits leur res^ 
semblent. I! y en a (Tautres qui battent leur femelle pour la 
faire sortir do nid , et l'empêthent de couver ; ceux-ci sont 
les plus robustes , les meilleurs pour le cbant, et souvent les 
plus beaux pour le plumaee , et les plus doux. On doit leur 
donner deux femelles , ou les traiter comme ceux qui cassent 
les œufs ou tuent leurs petîis. 

Enfin f il est des serins toujours gais , tou|oars chantant ^ 
d'un caractère doux, d'un naturel heureux^ si (amilier^qu'iU 
prennent à la main et même i la bouche tout ce qu'on leur 
présente ; bons maris , bons pères , susceptibles enfip de 
toutes les bonnes impressions 9 et doués des meilleures îp« 
cîinations , ils récréent sans cesse leur femelle par leur chant^ 
prennent un tel soin d^elle 9 qu'ils lui dégorgent à ehaqot 
instant sa nourriture favorite 9 la soulagent d^ms la pénibU 
assiduité de couver, semblent l'inviter à changer de situation» 
couvent eux-mêmes pendant quelques heures dans la jour* 
née, et nourrissent leurs petits dès qu'ils sont éclo»; outre 
ces bonnes qualités propres au ménage 9 ils sont susceptibles 
d'une éducation plus perfectionnée; ils apprennent aisément 
des airs de serinette et de flageolet ^ et les poussent d'un ton 
plus élevé que les autres. C'est d'après ces serins qa'il iânt 

iuger Tespèce , puisque ce sont les plus communs ; et même 
e mauvais naturel de ceux qui cassent les œufs ou tuent leurs 
petits , n^est souvent qu'apparent ; il vient de leur tempéra-* 
ment trop amoureux : c'est pour jouir de leur femelle plus 
pleinement et plus souvetit qu'ils la chassent du nid et loi 
ravissent ce qu'elle a de plus cher. Aussi la meilleure ma* 
nière de faire nicher ces derniers, n'est pas celle indiquée 
ci-dessus «en les tenant en cabane. Ils se plaisent davantage 
dans une chambrç bien exposée au soleil et au levant d'hiver^ 
et y multiplient mieux; il doit y avoir plus de femelles que 
de mâles. Pendant que l'une couvera, ils en cbercherost 
une autre; d'aiileurs les mâles, par jalousie, se donnent 
entre eux de fortes distractions ; et Ton assure que, lorsqu'ils 
en voient un trop ardent tourmenter sa* femelle et vouloir 
casser ses œufs , ils le battent assez pour amortir ses 
feux. 

lia même différence pour le caractère et pour le tMipé«- 
rament se fait remarquer dans les femelles comme dans les 
mâles. Les femelles agates sont les plus foibles , aiuM que 
les mâles de cette couleur, et meurent assez souvent sur 
leurs œufs ; elles sont remplies de fantaisies » et souvent 
quittent leurs petits pour se donner au mâle. Les panachées 
sont assidues sur leurs œufs et bonnes à leurs petits ; mais 
les mâles ^ont les plus ardens de tous les canaris , et ont be- 



s E R it 

soin , pour aniortir leur ardeur, ie int et mène Aé trois 
femelles; sans cela, ils les tourmentent dans leur tiid et 
cassent lesœaSt. Ceox ijai sont entièreitiéfit jonquilles, 6nt 
à peu près la ménie pétulance , il leur faut aus^i plusieurs 
compagnes ; mais les femelles de cette coulenr sont les plus 
douces. Il est enfin des femelles qui sont très-pares^usès ; 
telles sont le» grises; il faut que celui qui les soigne hssé 
leur nid pour elles; mais ce 'sont ordinairement de bonnei 
nourrices. 

Les canarïs ont entité eux des rapporta d'inclination et une 
arersion nat&relle que rien ne petit vaincre. La sympathie 
d^un mâle se connoît en le mettant seul dans ùrie Tôlière oà 
il y a plusieurs femelles, même de couleur dissèmblabU 
à la sienne ; en peu d'heures , il en choisira une , ne 
cessera de lui prouver son attadheihent en liii donnant la 
becquée à chaque instant , tandis qu'il marquera pour le^ 
autres la plus grande indifférence. Il Choisira même une fe- 
intelle ^ahs la voir ; il suffit qu'il l'entende crier, et il né ces- 
Sera dé l'appeler, quoiqu'il eh ait d'autres avec lui dans là 
même cage. Cette manière de s'apparier devient quelquefois' 
dangereuse pour lui , puisqu'on en a vu môdrir de chagrin , 
si elle appartient à une aut^e personne et si on ne peut là 
lui procurer. Ge que je dis des mâles doit aus^i s'entendre 
âes femelles. 

Les mâles donnent plus àè marques d'atitipadiie naturelle 
que leurs compagnes, et ne peuvent s'accoupler indifférem- 
ment avec tdutes sortes de femelles ; tous les soins que l'on 
peut prendre seront inutiles , si celle qu'on lui donne ne lui 
convient pas ; ils se querelleront à chaque instant , se bat- 
tront continuellement ; leur antipathie se fortifiera de plus 
en plus , et au point que , si on les laisse ensemble ,, ils s'é* 
chaufferont, s'exténueront en ne mangeant point,et périront 
àouvent à un jour Tun de l'autre. Pour s'assurer de cette 
aversion naturelle, il suffit de les séparer^ de les laisser repo** 
serqnelques jours, et ensuite de les lâcher tous les ^eu% dans 
une grande volière où il y ait plusieurs mâles et femelles, et 
on les verra s'attacher en peu <le jours à une autre , s'appa« 
rier avec autant de promptitude que s'ils avoient été toujours 
èhsenible. Lçur antipathie né cesse pas povir çeU^ car s'il 
s'élève quelque dispute dans la volière , soit pour le choix 
d'un boulin, soit pour le manger , ou autre chose , lés anta- 
gonistes se mettront chacun a la tête d'un parti, et fomen- 
teront la discorde. L'antipathie est plus remarquable entre 
les serins de coulf ur différente ; un panaché , par exemple ^ 
qui Viendra de perdre sa compagne, prendra une aVersioB 

XXXI. ^ 



*8 S E R ^ 

^invincible pour une lemelle d^atie amtre cotd«iir, snrtom si 
' elie esid^une teinte sombre , comme les grises. 

Il est enfin des canaris, mais c'est le petit nombre, qui 
ne sympathisent point avec les oiseaux de leur espèce ; leur 
antipathLe est telle , qu'on ne peut les apparier avec aucun ; 
Uft meurent plutôt que de s'accouoler. Ces individus demeu- 
rent toujours inacti£s et stériles. On rencontre- plus de miles 
que de femelles ainsi constitués ; ordinairement ce sont les 
meilleurs chanteurs et ceux qui vivent le plus long-temps. 
. On doit donc éviter de faire de ces alliances forcées î puis- 
qu'il n'en résulte que des couvées manouées , et souvent la 
perte des serins aiiisi appariés. Enfin if en est , surtout des 
mâles , qui ont une telle aversion pour leurs pareik , qu'ils 
en donnent des preuves , quoiqu'ils soient éloignés les uns 
de$ autres ; il sutUt qu'ils s'entendent chanter, pour se dis- 
puter, exalter une colère extraordinaire, chercher tous les 
moyens de s'évader de leur cage pour aller se déchirer l'un 
l'autre ; il faut les mettre à dislance suffisante pour qu'ils ne 
puissent s'entendre ,.sans quoi ils tomberont malades etpé- 
^ riront immanquablement. Cette maladie est d'autant plus 
difficile k guénr , que souvent on n'en aperçoit pas. la cause; 
elle se manifeste ,. si votre serin répond à un autre du voisi-* 
liage y en se débattant avec violence et se mettant en co- 
lère. 

Le mâle.,, comme. dans tous les oiseaux , indique son ar- 
deur par l'extension de sa voix ; ce n'est point ainsi que la 
femelle l'exprime , ou du moins ce n'est tout au plus qu'un 
petit ton de tendre satisfaction , un signe de contentement 
qui n'échappe qu'après avoir écouté long-temps le mâle qui 
Vefforce d'exciter ses désirs en lui transmettant les siens ; 
mais un« fois éxcîtée,J' amour devient pour elle un grand 
besoin ,- car elle tombe malade et meurt , iorsqu'étant sépa- 
r4<è , celui qui a-fait nattre sa passion ne peut la satisfaire. 

Des oiseaux de même espèce qui montrent entre eux une 
si grande antipathie , ne devroient pas sympathiser avec d'au- 
%res d'espèces très - différentes , comme iinoies , chardon- 
nerets , tarins,^ bouoreuih , veniurons , cinis , perdiers , en- 
'fin tous les petits oiseaux granivore^ , et qui dégorgent ; les 
èruans et les pinsons peuvent bien s'accoupler^ mais ne 
peuvent ni nourrir la femelle serin tandis qu'elle couve, ni 
i aider k élever ses petits, ces oiseaux nourrissant les leurs à 
la becquée. Cependant t0us ces oiseaux, quoique très-dis- 
semblables et en apparence assez éloignés des canaris , ne 
laissent pas de produire ensemble,lorsqu' on prend les soins 
nécessaires pour les apparier. Mais l'antif^athie est toujours 
plus marquiée dans les mâles que dans les femelles ; aussi 1^ 



' s E R ^9 

ténssite est plas eertafiiie avec an mâle d^espèce ^rângère et 
une femelle canari. Néanmoins, si on ponroit aceoupier le 
mâle serin aree «me femelle chardonneret ^ linote o» autre , 
on auroit des mulets pins beam i qui ckanteroienl mieux f 
parce qae le mâle raee pins que la femelle. Lorsqu'on veut 
faire de pareilles alliances, on doit séparer les canaris de 
fous ceux de leur espèce ; si c'est un mâle , en choisir an qui 
ait deux ans , et qui nr'ait point été accouplé afec des; femel- 
les de sa race ; il en est de même de celles-ci , selon Hen- 
vieux, et cela n^est pas absolument nécessaire, suivant le 
Père Bougot cité parouffon. Il se peut qu^ils ne s'accouplent 
pas la première année, mais Ton ne doit pas se rebuter; un^ 
4)iumage différent , des cris et un chant dissemblables, quel- 
ques disparités dans les moturs et les habitude», sont des 
obstacles qu'une ^ande ardeur peut seule faire disparaître ; 
et ce qu'il y a de particulier , c'est , de U part du mâle ca-« 
nari , qu'elle» sonrt plus difficiles à vaincre ; c'est pourquoi il 
iraut mieux employer àtn femeUes à ces essm ; de plus , on 
s^est assuré qu'elles produisent avec tons les oiseaux nommés 
xi-dessus , et on n'est pas également certain que le mâle ca- 
nari puisse produire avec les femelles de tous ces mêmes 
oiseaux. Les femelles serins ne produisent ordinairement 
avec des mâles étrangers que depuis l'âee d'un an jusqu'à 
quatre , (Midis ^'avtc leurs mâles naturdn, elles pr^uisent 
jusqu'à huit et neuf «tti; il faut cependant en excepter lafe-* 
ficelle panachée. 

Le tarin , te chardonneret et Is linote sont ceux sur les- 
quels il paroh que la production de la femelle avec le mâle 
canari , soit bien constatée ; ainsi donc , si Fon veut se pro-^ 
curer des mulets de ces oiseaux ^ il faut les prendre dans le 
nid , les ékver à la brochette avec les canaris mêmes , leur 
donner la même nourriture , et les laisser dans la même vo- 
lière. Le chardoMeret, par eiemple» qui est cdni qu'om 
choisit de préfévenoe , doit être sevré it chènevis et accou*» 
tumé , dès qu'il commence à manger seul, au millet et à la 
iia?ette , nourriture ordinaire des serins , sans quoi on court 
ies risques de perdre l'un ou l'autre en changeant leur pâture: 
si dn retire le chènevis au chardonneret, qu'on élève ordi* 
nairement avec sette graine , pour ne lui donner que lesalir 
mens de la serine, le changement de nourriture le rendra 
malade, et pourr» le faire périr; si au contraire vous lid 
taisse2 le chènevis, la femelle canari en mangera tantqu'elle 
s'échauflisra au point d'en mourir. Cequ^on dit du chardon- 
neret doit s^ap|rfiquer aux antres oiseaux qu'on destine à cet 
accouplement. On/recommande encore pour k chardonne^ 
ret y d« kt eeuper j^bmtMAcnt r^trémité du bec » enfiniEi 



ao s E R * 

l'épaissear d'une pièce de douze sous 4. s'il en sort quelque^ 
gouttes de sang, il ne faut pas s'en effrayer; on Tét^che 
avec de la salive mêlée d*nn peu de sucre pulTérisé ; cepen- 
dant cette opération ne doit se faire qu'à ceux dont le bée 
est très-pointu , ce qui leur arrive souvent en captivité. On 
indique ce moyen, parce que cet oiseau, en poursuivant la 
femelle , peut la blesser avec son bec aigu 9 et piquer les {pe- 
tits en leur dégorgeant la nourriture 9 ce qui les fait périr. 
Cet inconvénient n'a pas lieu pour les chardonnerets en li- 
berté , parce qu'ils n'ont jamais le bec aussi pointu que ceux 
qui vivent en cage. Il est à remarquer que la première pro- 
géniture est plus tardive , parce que le chardonneret n'entre 
Sas sitôt en amour que le canari. Si c'est une femelle char- 
onneret que l'on apparie avec un serin , il faut qu'elle aif 
deux ans , parce qu'il est rare qu'elle ponde dans la pre^- 
mière année. On doit rendre ces oiseaux, naturellement san-^ 
▼âges , aussi familiers que les canaris , ce qu'on fait en les 
plaçant dans un lieu bas , où il y ait toujours du monde. 11 
ne faut pas croire que tous les métis qui sortiront de cette 
alliance seront tous beaux ; car il en est dont le plumage est 
très-commun , et le ramage très-inférieur. 11 est inutile de 
donner la description d'un métis , puisque ces oiseaux va- 
rient il l'infini, et qu'elle ne pourroit se rapporter qu'à un 
seul individu. Nous nous bornerons à dire que l'on a cons- 
tamment observé que les métis, prpvenus de ces mélanges/ 
ressemblent à leur père par la tête , la queue , les jambes f 
et à leur mère par le reste du corps ; que les mulets qui pro-> 
viennent de la linote mâle et de. la femelle serin n'ont 
point la couleur blanche de la mère , ni. le rouge du père , 
comme quelques-uns l'ont prétendu. 

A l'égard de l'union des canaris avecles tarins, mâles ou 
femelles , ell« demande moins de soins et d'attentions ; il 
suffit souvent de lâcher simplement un ou plusieurs de ces 
oiseaux , mais toujours du même sexe , dans une chambre 
ou une grande volière , avec des serins , et on les verra 
s'apparier aussitôt les uns avec les autres ; j'ai dit qu'il ne 
falloit en mettre que du même sexe , parce qu'ils donne-* 
roient toujours la préférence à ceux de leur espèce, s'ils 
^toient de sexe différent. Le chardonneret , au contraire, ne 
s'apparie en cage qu'avec le canari ; la liqote , le verdier , le 
bouvreuil , s'accouplent des deux manières. Les plus beaux 
métis sont ceux qui sortent du chardonneret: les plus curieux, 
les plus rares , naissent de l'alliance du bouvreuil ; les plus 
communs viennent de l'accouplement du tarin , de la linote , 
du verdier , et les plus recherchés de tous , pour leur ramage 
cl lenr beauté ^ sont ceux qui sortent des mâles serins et des 



s E R ai 

femelles étrangères ; les mulets de verdîers ont une couleur 
généralement bleuâtre , et les mâles chantent très-mal , snrr 
tout si le père est verdier , et la femelle serin ; les mâles mu- 
lets nés d une linote chantent beaucoup mieux ; mais ^ 
comme je viens de le dire , leur plumage est très-ordinaire ; 
ceux^ du tarin sont petits , et chantent mal ; quant au bou- 
vreuil , les petits (|ui eu sortent sont susceptibles d'une 
éducation parfaite , et ont un plumage singulier; mais cette 
alliance réussit très-rarement ; il dégorge , il est rrai comme 
le serin , il a beaucoup d'attention pour sa femelle , même 
plus que le mâle canari ; mais celle-ci se prête difficilemeqt k 
ses désirs ; elle le Aiit autant qu'elle peut ; ses cris d'amour^ 
et Fouverture de son grand bec Tépouyantent ; il faut donc 
choisir une femelle ou un mâle vigoureux , qui aient été éle« 
Tes avec àes bouvreuils , qui soient âgés au moins de deux 
ans ^ et pour le mieux , qui n'aient jamais été acconpléf 
avec un oiseau de leur espèce. Il est encore d'autres incon-^ 
réniens , dont j'ai parlé à l'article du BouvREUii,. F. ce mot. 

Enfin , Talliance du canari et du serin d'Italie réussit par-^ 
faitement, ce qui doit être 9 puisque l'un et l'autre ne sonC 
que des races constantes d'une même espèce. Cette assertion 
est appuyée sur la fécondité des petits qui paissent de leur 
accouplement avec des serins , fécondité dont j'ai 'eu plusieurs 
exemples , notan^ment cet été ; m^is il n*en est pas de même 
pour les métis qui proviennent des autres oiseaux indiqués 
ci-dessus , comme je le dirai ci-après. 

Pour avoir de beaux mulets et de bons chanteurs , il faut 
qu'ils soient de la race du chardonneret ; on doit choisir ce% 
oiseau robuste 9 gai , ardent pour le cha^nt , et d'un beau plu^ 
mage. Celui pris ap filet peut aussi s'accoupler; mai^ilCaut 
qu'il ait passé au moins un an avec les serins , et qu'il soit ac^ 
coutume à leur nourriture dès l'insiant qu'il a été pris ; car il 
périroit , si on vooloit , par la suite , le sevrer du chènevis , 
l!iourriture qu'on lui donne ordinairement. Lorsqu'il sera ac- 
couplé, on lui donnera de temps à autre de la graine de char^ 
don , on ne l'épargnera même pas lorsqu'il aura des petits 9 
car ces oiseaux aiment beaucoup cette graine , qui est pour 
ainsi dire leur preniier aliment ; le séneçon lui convient 
aussi , et remplace le chardon lors<|u'il n'est pas â sa matur 
rite. Si Ton hh choix d'une linote , il faut que ce soit un 
mâle ; car on réussit très-rarement avec une femelle. Les 
pinsons et les bruans sont très-difficiles à unir avec les cana- 
ris ;^ et l'on n'a pas d'exemple qu'une femelle de ces espèces 
ait produit des œufs féconds avec un mâle. 11 résulte de ces 
faits, que le tarin, mâle ou femelle , produit également avec le 
mâle ou la femelle canari ; que la femelle serin produit uèt- 



a^ S E R 

facilement avec le chardonneret, moins aisément arec le mâle 
linai.e ; peut produire^ mais didScilemeiit , avec le3 mâles - 

Ïiinson^ bruant., verdier, moineau, et très-raremei:)t avec 
e mâle bouvreuil*, mais le mâle ne produit aisément qu'avec 
la femclfe flu tario^ difficilement -avec celle du chardonneret , 
et point avec celles des ^uires. Il résulte encore des obser- 
vations jqu^on a laites sur ces oiseaux, que , de tqus les serins, 
le ciqi ou sf cin vciX est ceiui qui a ia voix la plus forte ^ et 
qui paroît.êire le plus vigoureux , le plus ardent pour la pro- 
pagation; it peut suIBre à trois femelles canaris; Le tarin et le 
chardonneret |ie sont ni si vigoureux ni si vigilans , et une 
seule femelle serine suffit à leurs besoins. Les métis chantent 
plus loipg temps que les canaris , sont d'un tempérament plus 
robuste , et leur voix très-sonore est plus forte j mais ils ap-. 
prennent plus difficilement nos airs , et ne lessifllent jamais 

Îu'iuipariaitement. Enfin , tous les petits mulets qui sortent 
. e ces piseaux , dosent être mis sous de vieux serins , ardens 
à chanter, afin qu'ils leur servent de maîtres de musique, 
pour les instruire dfins leur chant naturel^ On doit faire la 
même chose pour les jeunes serins; il faut toujours avoir, soit 
4a>ts.la volière, soit auprès, trois ou quatre vieux serins 
bons chanteurs. Selon J'observation du Père Bougot, il se 
trouvenilt parmi les métis beaucoup plus de mâles que de 
femelles, puisque sur dix- nçuf petits mulets^ produits d'une 
CemcUe canari et d'up chardonneret, il y avoit seize mâles ; 
mais ce fait doit être constaté par des observations réitérées , 
pour iéirc généralisa* Ces oiseaux métis sont plus forts , ont 
la voix pltts perçante ,rhaleine plus longue que les canaris de 
Tespèce pure , et vivent aussi plus long-temps ; on en a vu 
pousser leur carrière jusqu^à dix huit et méine vingt ans; 
mais elle est plus courte s'ils travaillent à U propagation. 

On prétend que ççs oiseaux bâtards qui proviennent du 
mélange 4ef can^r^ avec les tarins, les chardonnerets, etc. , 
n^ spnjt.p^S de^, mulets stériles , mais des métis féconds , qui 
peuvent s'unir et produire , non:se;ulement avec leurs races, 
maternejje oct paternelle , mais mâm^ie reproduire entre eux 
des individus féconds , 4on,t les variétfés peuvent aussi se mê- 
ler et se perpétuer. Spcenger assure ^ d'après plusieurs ob- 
servations^ la yéni( de cette ai^sertion; cVst aussi le sentiment 
d'Hervieux , qui a vu le pière, la mère et les petits de cette 
s^econderace; et il assure t* que la nature n^avoit jamais rien 
fait 4e si bean en cette espèc^.,?» llparoît^e celte produc- 
tion , si elle 'est réelle^ dépei;id de plusieurs circonstances 
qu'il n'est pas possible Je reconno^r^ # et moins encore d'in- 
diquer précisémei;it; car cVst en vainque , pendant plus de 
vingjt ansi j'ai usé de tot^s jiç^ moyens pojssibles , s^ns pouvoir 



s E R 33 

réussir. J'ai , en outre , t^onsolté à Paris on grand nosAre 
d^amatears et àts oiseleurs de bonne foi , ifii, toiysles anSf 
mettent e» vente an f rintemps un très-grand nombred^ki-* 
diridus provenant du chardonneret et delà serikie 9 né& dans 
cette nlle , ou apportés d'Amiens d^où viennent les plus 
beaux tnétb ; tous m'ont certifié que ^es métis étoietf inié'* 
conds , et que jusqu'à présent ils n'avoient pas d'eaempk du 
contraire, malgré tous ies essais qu'on a faits pour y parvenir, 
mais réitérés chaque année , toujours iowtilement. Le mâle 
métis accouplé avec «ne serine, 00 le mâle «crin avec une 
métis , -cochent , il est vrai, leurs femelLes , leur prodiguent 
toutes les altenttons qu'exige leur petit ménage ; mais celles-^ 
ci ne produisent que des ceufs inféconds. Les résultats -sont 
aussi les mêmes , si Ton accoupk ensentble un mâle et un^ 
femelle métis ; et je puis encore assurer qu'il n'en est pas 
autrement pour les métis Itnotes , tarins , verdiers et bou'* 
vreuib; ni pour les métis qui proviennent de l'alHanee d'une 
tourterelle blanche oii à collier , avec la tourterelle ^e nefs 
bois , du faisan avec la poule commune y du canard d'Indci 
avec la cane domestique , etc. Le prodiut.de la génération 
dans ces métis n'est pas ,. dit ^ on , aussi nombreux , ^ 
beaucoup près, que dans les espèces pures ; ils ne fon| 
ordinairement qu'une ou deux pontes par an. Peut - être 
en feroieat-its plus en liberté ; j'ai encore fait cet essai , non- 
seulement pour cela , mais pour m'assurer si leur prodiiction 
étoit réelle , et pour nous enrichir de nouvelles races , nulle-» 
ment nuisibles, mais précieuses, puisque leur ramage est 
beaucoup plus mélodieux, plus continu, et plusvarié que cefM 
de tous nos petits granivores , nuis sans résultais heur«UM^ 
Parmi les cages que l'on donne aux canaris pour couve#>^» 
la plus commode est celle qui est lopcue^ large à proportion v 
et d'une bonne hauteur , «fin «pie 1 oiseau qài l'habite tie 
puisse s'étourdir , ayant de quoi voler en hauteur , et se pro- 
mener en longueur ; il devient par4à plus fort etplus robuste: 
Il ne doit point y avotr d^augtls a«)c4eQX côtés , comcme dans # 
les autres cages , en sorte qu'on puisse tovqouhrs voir à dé(SOH- ^ 
vert le prisonnier , quelqu'éloigné qu'on en soit. Les deut 
augets sont en ploni^ , placés dans le bas , et enchâssés dans lo 
tiroir , de softe qu'en le tirant, ce qui se fait par le derrière 
de la cage ^ on attire à soi en même temps les deux aogett 
où sont la graine et l'eau. Ces augets doivent être grillés par 
devant, déplacé en place , en dedans de la cage , afin que 
l'oiseau, ne pouvant que passer la tête, ne renverse^ passa 
nourriture. iJne cage ainsi construite . présente plusieurs 
avantages : i.<* l'oiseau ne peut se dérober à la vlié par aucim 
mouvement ; a.<» Ua'a point continuellement soiu les yeux sa 



ti s E R 

Î mâture, lorsquHl est pereKë sur les bâtons ; il mange moins 
ouvent , prend en conséquence moins de graisse , n'est pas 
su}«t k s'avaler , maladie qui provient ordinairement de trop 
Oiaiiger, et dont rareknent on guérit les serins lorsqu'ils en 
sont atteints ; 3.^ elle est pour eux d'un grand secours lors- 
qu'ils sont indisposés ou qu'ils ont mal aux pieds, puisqu'il^ 
trouvent leur nourriture de plain-pied sans être obligés de 
monter sur les jucboirs , où souvent ils ne peuvent se soutenir. 
La meilleure cabane est celle qui est construite en cbéne 
ou en bois de noyer , dont les fonds et les tiroirs sont tout 
d'une pièce ; celles en bois de sapin sont , il est vrai , à 
meilleur marché , mais elles ont un grand inconv^ient; car, 
après avoir servi une année , elles se dcjettent de toutes 
parts 9 et donnent une retraite aux mites et punaises : les 
quatre faces doivent être an fil de fer , avec deux portes ani^ 
deux côtés , aussi grandes que celle du milieu. Cette espèce 
de cabane doit, être préférée , parce qu'on voit les oiseaux à 
découvert dans telle position qu'elle soit dans Tapparlement : 
les deux portes servent à faciliter le passage des serins d*une 
cabane à l'autre , sans |es toucher et les effaroucher, soit 
pour les nettoyer , soit pour autre chose. De plus , avec une 
pareille construction , on peut faire de plusieurs de ces caba- 
nes réunies , une grande volière , en les approchant , les ser- 
rant l'une contre Tautre , et en ouvrant toutes les portes de 
eommuoication. Enfin, ces oiseaux étant ainsi découverts, 
deviennent plus familiers , et sont à l'abri des petits accidens 
fui arrivent fort soufrent à ceux qu'on tient dans des cabanes 
^scures. Si Ton s'en sert pour les faire couver , on doit pra- 
tiquer en dessus deux petites coulisses djre.ctement au-deissus 
4a boulin, pour voir ce qui se passe dans le nid, sans y tou- 
cher en aucune manier^ , ce qui ^èrang^ ia7^<^uveuse , et dé- 
plaît fortement à ceux: d'un naturel rud^ et farouche. 

On ne doit jamais presser le t^mps de la preiJEiière nichée ; 
on a cowtpihe ^e permettre à ces oiseaiix de s'ubir vers le ^ 
2 ou ^5 mars, et même plus tôt; l'on feront mieux d'attendre la 
'♦ nû-*avril ; car , lorsqu'on les met ensemble dans un lieu en* 
Core froid , ils se dégoûtent couvent l'un de l'autre : pt si par 
basard les femelles font des œufs , elles les abandonnent , à 
mokis que la saison ne devienne plus chaude ; on perd donc 
une nichée toute entière en voulant avancer le tenips de la 
première. 

Pour les apparier, on met d'abord un mâle et une femelle 
4ans une petite cage, ce qui leur convient mieux qu'une 
grande , vu qu'étant plus serrés et plus près l'un de l'autre , 
iU font plus tôt connaissance. On les y laisse huit à dix jours, 
^t l'on connotJt quUls se conviennent lorsqu'ils np $e bat^n^t 



s E R «5 

plus, ce qai tenr arriire ordÎDaîremeot dans les pi^emiers joars, 
etqu^ils se font de petites amitiés en s^abecquan^ Tun Tautre ; 
alors on les lâche dans une cabane qui leur est destinée , et 
qui est munie de tout ce qui est nécessaire à leur petit mé- 
nage. Quoique ces oiseaux couvent dans telle position que 
soit leur domicile, la meilleure, pour avoir une réussite com* 
plétc , est l'exposition du levant. Les père et mère sont plua 
gais, $e portent mieux ; les petits profitent plus en un jour 
qu'en deux dans une autre exposition : celle du midi ou du 
touchant leur échauffe la tête, engendre une quantité de 
mites j fait suer les femelles qui étouffent alors leur progër 
niture : celle du nord lieur est préjudiciable en ce que, quoi- 
qu'en été , le vent qui soufQe de cette partie cause la mort 
aux petits nouvellement nés, et souvent même aux vieux : un 
lieu obscur les rend mélancoliques, et donne lieu à àes ab* 
leès qui les font périr : enfin , il faut autant que possible « 
se rapprocher en tout de la nature. Dans leur pays natal, les 
serins se tiennent sur les bords des petits ruisseaux ou des ra* 
vins humides; il ne faut donc jamais les laisser manquer d'eau» 
tant pour boire que pour se baigner. Comme ils sont origi-* 
paires d'un climat très-doux, il faut les mettre à l'abri de la 
rigueur de Tbiver ; cependant , étant anciennement natura-7 
lis^S en France , ils se sont habitués au froid ; c'est pourquoi 
on peut les conserver en les logeant dans une chambre san^ 
fpu, dont ;1 n^est même pas nécessaire que la fenêtre soit 
vitrée : une grille maillée pour leç empêcher de fuir, suffira. 
Par ce traitemept, on en perd moins que quand on les tient 
dans des chambres écbaufiées par le feu. 

Les petits qui proyiennent de l'accouplement des canari^ 
de couleur uniforme , sont pareils à leurs père et mère. On 
ne doit attendre d'un mâle et d'une femelle de couleur grise 9 
que des oiseaux gris. }1 en est de mêipe des isabellesy des blonds^ 
des hla(ics^ àts jaunes , d^s agates^ etc. Tous produisent leurs ^ 
semblables en couleur ; mais, lorsqu'on mêle ces différentes 
races , il en résulte de beaux oiseaux et ipême de plus beaujç 
et de plus rares que ceui^ que l'on en espéroit. Un mâle pa- 
naché de blo^d avec une femelle jfau/M à queue blanche , donne 
une fort belle production. De deux panachés ipîs ensemble , il 
n'en proviendra que des panachés, et quelquefois Aes gris^ jaur 
nés ou blancs. Si le père ou la mère sont issus de ces races , 
il n'est pas même nécessaire d'employer dies oiseani^ panachés 
pour que leurs descepdans le soient ; il suffit seulement qu'ils 
tiennent à cette variété par leurs descendans, soit du côté 
paternel , soit du côté maternel : mais pour en avoir de très-r 
beaux , il faut assortir un mâle panaché de blond avec une fe- 
melle Jaune ^ue Hanche j ou bien un mâle panaché avec v^ci 



aS s E R 

îemelU blmde çtteue blanche ou autre, excepté sealement la 
femelle grise queue blanche. Si Von veut se procurer cette belle 
race que l'on appelle serin plein , il faut mettre un mâle you- 
4faUle avec une femelle de même couleur. Enfin , pour avoir 
un henu jonquille i il faut accoupler un mâle panaché de n^ir 
avec une femelle /«une queue blanche; mais il faut que cette 
dernière sorte d'un màie jonquille plein et^d'une femelle /ciù/i« 
^«11^ blanche. Les petits qui naissent de cette race sont d'une 
complexion plus délicate que les autres , et sont les plus dif- 
ficiles ^ élever s'ils sortent ùe-à^ux jonquilles. Gomme ce nom- 
bre de combinaisons de races que Ton peut croiser est pres-^ 
que inépuisable , et que les mélanges qu'on peut faire des 
canaris panachés avec ceux de couleur unifovme , les augmen- 
tent encore de beaucoup , il en doit résulter des nuances et 
des variétés qui n'ont poibt encore paru. 

Pour apparier un mâle avec deux femelles, il faut le choisir 
fort ^ vigoureux et très-vif : on lui reconnoît ces qualités lors- 
qu'il e«t sans cesse en mouvement dans sa cage , et qu'il ne 
reste pas un instant k la même place ; lorsqu'il chante d'un 
ton fort élevé, long temps et souvent. Le choix fait, on a 
deux petites cabanes dans chacune desquelles est une femelle i 
on les pose de manière qu'elles se communiquent par une 
porte , et on ]r lâche le mâle ; appelé par les deux femelles , 
il ira de l'une à l'autre et les satisfera toutes deux. On peut 
aussi se servir d'une seule cabane ; mais il faut qu'elle soit 
grande et qu'il y ait dans le milieu une séparation suffisante 
pour que les deux femelles ne puissent se voir lorsqu'elles 
couvent. Enfin, ces accouplemens se font naturellement dans 
une grande volière ou un cabinet. Quatre mâles vigoureux 
peuvent suffire à douze femelles. 

On donne ordinairement aux serins, pour faire leur nid, 
de la bourre de cerf qui n'ait pas été employée à d'autre 
usage, de la mousse ^ du coton haché ^ de Xskjîlasse de chambre ^ du 
chiendent y du petit ^//i sec et très-menu; mais, de tous ces 
matériaux , il n'y en a guère que deux dont ils puissent se 
servir avec avantage : le petit /ôi/i menu, pour faire le corps 
du nid, et un peu de mousse séchée au soleil ; on peut y join- 
dre , lorsque le nid est presque fait , une pincée de bourre de 
, cerf^ mais seulement k la première couvée , parce qu'alors 
il n'y a pas encore de grandes chaleurs , et l'on doit s'en abs- 
tenir pour les antres ; celte bourre échauffe la femelle au 
point de la faire suer , et cette sueur étouffe les petits lors- 
qu'ils viennent de naître ; le coton haché et \2l filasse , s'ils ne 
sont pas bien hachés , s'embarrassent aux pieds de la cou- 
veuse, et il arrive trèi-souvent que y pour peu qu'elle sorte da 
bouUn arec vivacité , elle enlèye avec elle le nid et les^ceufs. 



, s E R a7 

Ojq trouve chez les faiseurs de v^rgettes un çhiemêerU qu! est 
irès-propre à la ciMistruction du nîd ; on choisit le plus délié, 
on le secoue bien pour en faire sortir la poussière ; il est mieux 
de le laver et de le faire sécher au, soleil : ensuite en le coupe 
et on réparpiUe dans leur cabane ; le chiendent peut suffire 
seul et donner au nid une forme et une solidité qu^on ne doit 
pas attendre Aes autres matériaux ; d^aiileurs , il ^ut servir 
il plusieurs reprises : il suffit pour cela de le laver à Teau 
bouillante chaque Cois qu^on en a besoin. 

On donne aux serins , pour placer leur nid, trois sortes de 
boulins: d'osier, de bois et de terre; le premier doit être 
préféré , mais il ne faut pas qu'il soit trop grand ; les deux 
autres échauffent trop la Cemetle et la font suer : de plus , 
le nid fait surtout dans leJboulin de bois , tient si peu , que 
souvent le mâle ou la femelle Teniratoe avec ses doigts, casse 
les œufs ou renverse les petits. On ne leur donnera qu'un pa- 
nier à la fois ; car , lorsqu'on leur en donne deux , ils portent 
tantôt dans Tun et tantôt dans Tautre, et se jouent long-temps 
avant de s'occuper réellement de leur nid , ce qu'ils ne font 
pas lorsqu'ils n'en ont qu'un : ce n'est que doui^e jours après 
la naissance de leurs petits qu%l favA leur donner le second , 
et on le place du côté ^opposé 9 parce qu'alors les femelles 
Voccupent d'une nouvelle ponte, quoiqu'elles nourrissent 
leurs petits. Pour les serins paresseux* comme les paiiachés, 
il vaut mieux faire soi-mtème le jr»d ; s'ils 90 le trouvent pas 
à leur fantaisie , ils n'^ont que la peine de le raccommoder. 

On ne peut apporter trop de précaution dans le choix 
des alimens de ces petits oiseaux: leur en donner trop ou 
trop peu , est un défaut ; car , ou ils en maii|;ent trop , ce 
qui ienr donne Ya/mlure , ou ils ne mangent pas assez , ce 
qui les fait languy*. On doit aussi coonoître ce qu'on leur 
donne , et leur donner à propos ; ce qui leur est propre 
dans une saison, est souvent un poison dans une autre. 
Lorsqu'ils mangent seuls , leur nourriture ordinaire est la 
naoelte^ le millet ^ Yalpisie et le chèjiem. Le mélange se fait 
ainsi : une chopine de chènevis, autant A'alpiste^ une pinte de 
miliel et six de noQeiie bien vannée , le tout bien mêlé en- 
semble. On conserve ce mélange dans une boîte de chêne 
bien fermée^ afin qu'il n'y tombe aucune ordure; on met^ 
dans leur auget , de cette graine en quantité suffisant^ pour 
deux jours. Des personnes ne. leur donnent que de la navette, 
mais seule elle n'est pas assez nourrissante ; elle les rend 
mélancoliques et les fait maigrir , surtout les jeunes des der- 
nières couvées, qui ne sont pas aussi robustes que les autres. 
D'autres leur donnent du chènevis en abondance, surtout 
lorsqu'ils les accouplent avec des chardonmrets ^ tarins^ etc.; 



v25 S E R 

maïs 9 comme je Taidéjà dit plasiears fois , cette nourriture asi 
pour eux un poison lorsqu'elle n'est pas mélangée avec d'au- 
tres, et surtout en petite quantité. Enfin, il faut que tpule$ 
ces graines ne soient pas trop nOuvelles,et qu'elles aient res- 
sué en tas e^ jet^ leur feu ; sans cela on les expose à des ma* 
ladies dont souvent on ignore la vraie causé. 

Quand les serins sont accouplés , on leur donne , outre ceïi 
graines, un morceau d'échaudé ou de biscuit dur, surtout 
lorsqu'on s'aperçoit que la femelle est prête à pondre. On 
leur donne encore , pendant les huit premiers jours , beau- 
coup de graine de laitue ; cela les purge. 

Le temps le plus difficile pour gouverner les serins , est 
celui où ils ont des petits. La veille où ils doivent éclore, qui 
est le treizième jour que la femelle couve, on change le sable 
fin et tamisé qu'on a eu la précaution de mettre daps leur 
cabane dès le moment qu'on les y fait entrer. Cette précau- 
tion est utile , parce que , si la femelle pond dans lé bas de 
sa cabane , ce qui arrive quelquefois , l'œuf n'est point en- 
dommagé : en outre , comme il lui arrive souvent d'enlever 
avec elle les petits nouveau-nés , lorsqu'elle sort du nid trop 
vivement, ceux-ci tombant sur un sable fin passé au tamis , 
ne se blessent point. Le sable changé , on nettoiç4es bâtons ; 
on remplit l'auget de nouvelle graine , après avoir 6ié l'an- 
cienne ; on leur met de l'eau fraîche dans leur plomb bien 
nettoyé ; et tout cela pour ne point les tourtnenter dans les 
premier^ jours. On leur donne encore une moitié d'échaudé 
dont la croûte de dessus est ôtée, et un petit biscuit, le tout 
bien dur , parce que si l'un ou l'autre ^tolt tendre , ils en 
mangeroienté»eaucoup et pourroient s'étouffer. Tant que cet 
aliment dure , on ne leur donne point d'autres douceurs : ce- 
lui qui succède est une espèce de pâte composée d'un quar- 
tier d'œuf dur , blanc et jaune , haché fort menu, et un mor> 
ceau d'échaudé sans sel , imbibé d'eau ; le tout pressé dans 
la main , on le pose sur une petite soucoupe , et on met dans 
une autre de la navette qu'on aura trempéç dans l'eau, ou 
plutôt à laquelle on aura fait jeter un bouillon pour 'lui ôter 
sa force et son âcreté : c'est la meilleure nourriture qui leur 
convient à cette époque. Un morceau de pain blanc, humecta 
et pressé dans la main , est pour eux une nourriture moins 
substantielle que Téchaudé , mais elle les empêche de deve- 
nir gras pendant leur ponte. Selon moi et beaucoup de cu- 
rieux , le biscuit sucré doit être rejeté , il les échauiïie trop , 
et ceux qu'on nourrit ainsi font souvent des œufs clairs , ou 
des petits foibies et trop délicats. On leur donne en outre de 
la verdure , mais en petite quantité , telle que du mouron, j 
dtt seoecon ,^t à défaut de ces plantes, un cœur de laitue 



s Ë R ^9 

j^ommée, un yeu ^e chicorée tt an péd de plantain bien^ 
mûr. On leur présente cette noorrilure trois fois par jour, le 
matin à cinq ou six heures, à midi et rers les cinq heures du 
soir, ^ancienne nourriture doit être ôtée à chaque fois qu'on 
en met de nouvelle ; car elle se gâte en peu de temps, surtout 
dans les chaleurs. La navette, la mie de pain s'aigrissent , la 
verdure se fane et flétrit; il en résuite que le père et la mère 
se dégoûtent y ou s'ils portent à leurs petits de cette nourri- 
ture échauffée, çlle les empêche de profiter. 

. On trouve encore d'autres pratiques indiquées par les 
auteurs ; mats on ne doit pas se piquer de les suivre à la 
lettre ; elles sont souvent plus préjudiciables qu'utiles k la 
santé de nos petits prisonniers. Trop de soins et d'attentions , 
trop de douceurs, en font autant périr que la négligence. 
Une nourriture réglée de navette et de millet, de l'eau une 
ou deux fois par jour dans l'été , d'un jour k l'autre pendant 
l'hiver , de la verdure de temps en temps, de l'avoine battue, 
et surtout une grande propreté | leur conviennent beaucoup 
mieux. 

Il y a des femelles qui ne pondent point du toiit , et qu*on 
appelle èréhaignes; à' autres qui ne font qu'une ponte; encore, 
^près avoir pondu leur premier o&uf , elles se reposent souvent 
le lendemain , ne pondent le second que deux ou trois jours 
après. Il en est d'autres qui ne font que trois pontes, les- 
quelles sont assez réglées 9 ayant trois œufs à chacune , et 
tondus tout de suite , c^estrà-dire sans intervalle de jour. 
Jne quatrième espace, que l'on peut appeler commune^ 
parce qu'elle est nombreuse , fait quatre %:ouvées , et à cha* 
cune des pontes quatre à cinq œufs; ces femelles ne sont pas 
toujours réglées : on en voit enfin d'autres, ce sont les plut 
fécondes , qui en font cinq , et en feroient même davantage , 
si on les laîssoit faire ; chacune de leurs pontes est souvent 
de six ^ sept œufs. Quand cette dernière espèce de serin 
couve bien , c'est une race parfaite. 

Comme l'on fait bien de séparer les mauvais œufs des 
bons, il faut, pour les connoitre d'une manière sûre, ne les 
regarder que lorsque la femelle les a couvés pendant huit k 
neuf jours. Pour cela, on prend doucement chaque œuf 
par les deux bouts, crainte de les casser, on les mire au 
grand jour ou à la lumière d'une chandelle v si l'on s'aper^ 
çoit qu'ils sont troubles et pesans ^ c'est une marque qu'ils 
sont bons et que les petits se forment ; si , au contraire , 
ils sont aussi clairs que le jour que la femelle . a commencé 
à les couver, c'est un indice qu'ils sont mauvais; pour lors , 
on doit les jeter , car ils ne font que fatiguer inutilement la 
couveuse. £n triant ainsi lesotufs clairs^ on peut aisément de 



3o S E R 

trois petites n'en faire Jfae deux ^ lor^qu^on a«plusieurs serins 
qui couvent eu même temps; la femelle qui se trouvera 
libre, travaillera bientôt à une seconde nichée. Dans la dis- 
tribution que Ton fait de ces œufs d'une femelle à d'autres, 
il faut quils soient tous bons; car les femelles panachées 
auxquelles on donneroit des œufe clairs ou mauvais, ne man-- 
queroientpas de les jeter elles-nrêmes hors du nid, au lieu de 
les couver; il en rësuheroît même un inconvénient pki^ 

5;rave , si le nid étoit trop prf^ond pour qu'elles puissent 
es faire couler à terre ; car elles ne cesseroient de ïes bec- 
queter jusqu'à ce qu'ils soient cassés, ce qui gâté les autres 
œufs , infecte le nid , et fait avorter la cotiyée entière. Les 
femelles des autres couleurs- couvent les œmb chirs qu'on leur 
donne. Du reste , c'est toujours la plus robuste q«i doit être 
préférée ; il en est qui' peuvent couver cinq à six œufe. Des 
oiseleurs recommandeni d'enlever les œufs k la femelle à 
mesure qu'elle les pond, et de leur substituer un œuf d ivoire, 
afin que tous puissent éelore en même temps ; dés qu'elle 
a cessé sa ponte , on lui rend de grand matin ses œufs , en 
lui ôtaint les faux dHvoire. D'or^naire la ponte se fait 
toujours k la même heure, entre six et sept heures du 
matin , si la femelle est dan^ le même état dé santé $ 
mais quand elle retarde seulement d'une heure, c'est un 
signe de maladie; cependant il faut faire ime exception 
pour le dernier œuf, qiri est ordinairement retardé de qud- * 
ques heures et quelqiKfois d^uri jour. Cet œuf est cons- 
tamment plut petit que les autres ; et te petit qui en pro- 
vient , est , assure%-dn , toujouirs un mâle. Les partisans 
de cette pratique en usent ainsi , parce que , disent-ils , sî 
on laissott aux femelles leurH œufs sans lès leur ôter , ils 
seroient couvés en différens temps, et les premiers nés étant 
plus forts que ceux qiû naitrimnt deux jours après, pren- 
droient toute la nourriture , écraseroient ou étoufferoient 
souvent les derniers. D'aiatrës oiseleurs trouvent "que cette 
pratique est contraire air^rocédé de la nature, et prétendient 
qu'elle fait subir à la mère une plus grande déperdition de 
chaleur, et la surcliairge tout à la fois de cinq h six petits 
qui , venant tous enseif^le , l'inquiètent plus qu'ils ne la ré* 
fouissent ; ils ajoutent qu'en n'étant pas les œufs à la femelle, 
et les laissant éelore succeissivement , ih aboient toujours 
mieux réussi que par cette substitution* des" œufs^ d ivoire. Att 
reste , les pratiques^ trop recherchées^ et les? soins scrupuleux 
sont souvent plus nuisibles qu'utiles ; Ik faàt,^ autant qu'il est 
possible , se rapprocher en tout d^ la* ndture. 

L'incubation dure treize jours ; die peut être retardée o« 
devancée d'un jour, ce qui pi»0¥îenft dequel<{a*c circonstance 
particulière; le chaud accélère l'e^^clusion des petits; le 



s E R 3f 

froid la retarde ; c^est pourquoi, au mois d^arrii , elle dure 
treize jours et demi ou quatorze jours au lieu de treize 9 si 
Fair est alors plus froid que tempéré ; et au contraire , aux 
mois de juillet et d'août, il arrive quelquefois que les petits 
ëdosent au bout de douze jours. On prétend que le tonuerre 
fait tourner les œufs et tue souvent les petits qui sont dans le 
septième ou le huitième jour de Fiocubation ; un peu de fer 
mis dans le nid en empoche , dit^on , TefTet. Enfin , en doit 
s'abstenir de toucher les œufs, sans nécessité urgente , com«- 
me ne font que trop souvent les jeunes personnes ; ce qui 
les refroidit et retarde la naissance du petit ; souvent même 
ces attouchemens réitérés Tempéchent de venir à terme. 

Il est rare que les serins , élevés en chambre , tombent 
malades avant la ponte ; il y a seulement quelques mâles qui 
s'excèdent et meurent d'épuisement ; cependant il arrive 
quelquefois qu'un mâle tombe malade lorsque la femelle a le 
plus besoin de lui , soit au moment de sa ponte , soit lors- 
que ses petits ont sept ou huit jours, époque où un bon 
mâle doit la soulager dans les soins qu'exige leur nourriture. 
Si alors il est atteint d'une maladie quelconque , on le retire 
de la cabane ou du cabinet , et on le met à part dans une 
petite cage; on cherche à découvrir la maladie dont il est 
attaqué, et, dès qu'on l'a reconnue, on y apporte le remède 
qui convient , et qui doit se trouver dans ceux indiqués ci- 
après. On commence par mettre le malade au soleil , et ott 
lui soufflera un peu de vin blanc sur le corps , remède qui 
convient à toutes les maladies ; ensuite on le traitera suivant 
Je mal qu'il aura. Si, malgré cela, sa maladie empire, et sî la 
femelle prend duchagrin de l'absence de son mâle , on doit ea 
substituer uft autre k la place du malade ; cependant il est 
des femelles qui, quoique privées de leur mâle, nourrissant 
très-bien leurs petits ; d'autres sont moins indifféi^mes» 
mais il en est peu qui ne supportent l'absence de leur mâle 
pendant huit ii dix jours; et pour qu^elle ne se chagrine pas 
trop, on le lui fait voir de temps en temps, en meltant^sa petite 
cage dans la cabane^ Cette incommodité vient ai^iaairement 
ou de ce qu'il ^'est trop échauffé avec sa'femdlle , oa de ce 
qu'il a mangé, en trop grande abondance , 4ès nourritures 
succulentes qu'on leur prodigue alors^ Huit t>u dix jours de 
repos guérissent infailliblement de la* première maladie , et 
une diète de plusieurs jours , pendant lesrquefai o» ne lui 
donne que de la navette pour toute nourriture , est un re^ 
raède certain pour l'autre. Après ce traitement , on le lâche 
avec sa femelle , et l'on reconnottra par scin maintien et son 
empressement auprès- d'elle , s'il estguén où son ; mais si 
la maladie l'attaque de nouveau , il faut le retirer et ne plus 
le remettre, quoiqu'il guérisse; car c'est une preuve d'us 



Bt S E R 

tempéi^âmeiit trop délicat. On donne alor^ à la femelle 
un autre mâle ressemblant à celui qu^elte perd; à défaut , on ^ 
lui en donne un de la même rate qu^elle ; caf il y a ordinal-^ 
rement plus de sympathie entre ceux qui se ressemblent 
qu^avec les autres, k Texception âea serins isabelles , qui don- 
nent la préférence à des femelles d^une autre couleur. Mais 
il faut que ce nouveau mâle , qu'on veut substituer au pre- 
mier ^ ne soit point novice eu amour , et que pîar conséquent 
il ait déjà niché. Si la femelle tombe malade , on lui fera le 
Inême traitement qu'au mâle ; néanmoins , si elle couve 9 il 
£audra retirer ses âèofs et les donner à des femelles qui cou- 
vent à peu près dans le même temps, ainsi que ses petits , 
s'ils sont trop jeudes pour être élevés à la brochette , quand 
même le mâle les nourriroit , puisque têts soins qu'il en eût , 
ils mourroient de froid, n'ayant plus de mère pour les 
échauCTer. 

Il arrive dés accidens faute de précaution , tommç de 
casser des <]ëufs pour n'avoir pas fait. assez d'attention. Une 
femelle , au lieu de pondre dans son panier, fait son œuf dans 
un coin de sa cabane ; souvent il est couvert par la verdure 
qu'on lui a donnée la veille , et d'après cela très - exposé à 
être cassé lorsqu'on nettoie la volière , ce qui doit se faire 
tous les matins. Dès que cette femelle est dans sa ponte , 
l'œuf doit se trouver dans la volière, s'il n'est pas dans le 
laid ; on le cherche donc plutôt des yeux que de la main , et 
quand on Ta trouvé , on le saisit délicatement avec les doigts 
par les deux extrémités ; il sera moins en risque d'être cassé 
qu^en le prenant par le milieu , et On le place dans le nid. 

Les femelles , dan^ le temps de leur ponte , sont sujettes 
à une maladie fort grave , dont voici les symptômes; elles sùn% 
bouffies, ne veulent plus manger;quclquefois même celles son< 
si malades qu'elles n'ont plus de force pour se tenir sur leurs ' 
pieds ; elles se renversent sur le sàl>le , et si on ne vient 
promptement à leur secourir, elles périssent. Cette maladie, 
dont elles sont attaquées le soir ou dès le grand matin 4 esif 
ordinairement la ponte ; s'il en est ainsi , on prend la malade 
dans la notaid , et on met , avec la tête d'une grosse épingle , 
de l'huile d^ amande douce aux conduits de l'œuf , ce qui di- 
latera les pores et en facilitera le passage ; mais si cela ne 
suffit pas , on lui fera avaler quelques gouttes de cette même 
huile , ce qui apaisera les tranchées et les douleurs aiguës 
qu'elle ressent. On la laissera dans une petite cage couverte 
d'une étoffe chaude , et garnie de menu foin ou de mousse , 
et on la mettra au soleil ou devant le feu jusqu'à ce qu'elle 
ait pondu et repris sa première vigueur. On loi donne alors 
pour alimens , de la graine bouillie , du biscuit , de i'échaudé 
sec et de la graine d'oetUet. Si, malgré ces bonnes nourrilfiresv 



s E R 33 

,%nea de la peine à reyenir, oqIuî soufflél'a:0dqiiei(^td|tes 
de vin blanc ^ et on }ui en fera avaler «m peu de ttèdei^ daal 
leqnel on met da sucre candi. Si on.vikntàbou%delaiga4rîr> 
on ne doit pas lui, laisser ses œufs^ sUl y ^n a- ^e^powlaaV car 
elle ne retoufoera, pas au nid , et on (doit les.doMlef «4 çootfer 
àt d^auitres. Cette jmaladie ne le^ attaque, ordinfâreîiienj^ qu'à 
la ponte 4u prewer ou du. second oeuf ; majsjii ente^t-q^tJnîK 
sont auaquéies au dernier, et ti^aucoup.en.xm^urf^tfti-^ninfi 
leur apporte unproinpt^eçoursi ■ .: i: ,n ;- . a: i:, .^ S 
C'est Qi:^.aireinent huit k dix |our$ s^ès JiMir fUMbftanoo 
que la mère arrache l^s pluip^s 4e «e&petMi» jTfl^^sury^lluWlfi» 
poussent. On remédie à |çe|,ftçfçî4«»* d^iim^ mi8g»ièrii>dî064 
rentes. On la prive de sa jeune famille si.j^U^aOSI^Ép^.-étajH 
d'être élevée à la hrochette^ ; ou si,Voii'^|o|^%ida ISi kis^ér, 
on la met , arec le nid, danj^qpe p«tit^ ^ffi fïiAiii>mn^Hûvi 
de la cabane \ les griUag/es doivent ^im M^^i^ )4li:ili^4eë) 
autres à une distance . suffi#ai|t^ |>i^r que^Jiea. pi|rev^e^4uère 
puissent lui donner labecçm^e^ns (a d^pldcerr ^ auwi^iH» 
cilement que si elle n'étoit^pasT^ef^i^ei^W» cette p^^ 

prison.. ' • > , ^t'iol ?t'fi !r •*->,' • » ! i yf 

. Il arrive quelquefois à nofi feniQU^^isqer fiv.is^s fiêtàttf^ 
lorsqulls n'ont que deux k trois jours ^•)e.tpaq^f./i9«sit^t4q'«]i{ 
sont nés; ce qu!on aperçoit; aii^émenf f .puisqii'^i^ji dlfi^Mh 
plumes du dessous du ventre et 4^ l'es^omai^mppillées , et 
que le duvet des petits s'étend tr^*4if$€ilem)ef^tir,çe qui «^husicl 
la mort à «m grand nombre ^ maia ils ^^nt bors v4^;4aBgeE' 
lorsqu'ik ont atteint six jours. Leseulirei^è^^e <ç^^e|^retiror. 
et de les donner à ^qe autre femçU^,;q|i|^ailu4J^s.)Pe|it4l4è 
Blême âge ; autrement, il est rare qtteMif:(H^vé(ç.^^iM0iMll.n|> 

, On a souvent des serins qui p^^^n^ tro^s à qçratr^ oeiufs À 
la première couvée , et qui ensuite les abandoQnent.>noiic) 
s'en assurer., on laisse les çdufs deux ,o^ , troi^ jour^ 4^8 Lit 
berceau, et si déçid^ipwt cUes n'yv^retaqi^nent ÎMMitf»(;Q|i 
qu'elles indiquent âO|iv.ei^ en 4èfa^saft Jl^ nid., on V^MigM 
et on les mettra sous d'antres femçlles qui couvent ; ^çepeii-i 
dant Hervieux a remarqué qu'or4inairemeQt les c^fs de ce» 
femelles sont clairs, xe dont eUes.s'apefçoLvc;nt,,tr^.-.biQnj 
c'est pourquoi elles i^efusenf d<^ les couvçp. Il ne f^uti ptt ^ 
néanmoins 9 rejeter 4^ - pareilles feme^es ;: car c|e$||rè^ 
souvent à des jeunes que cela arrive ,et pour l'of dinaire âblQitr, 
première couvée, tandis qu'eUesai^ènent j^ b^en toutes celle;^ 
qui suivent. Comni»e il y a 4«s£emell^s (cç^q^ <^t très-rare) 
qui ne veulent jamais ^ouveir.ou qui neoouveat que leur der- 
nière ponte , on les laissera poudre et on donnera leurs œufs ^ 
couver k 4'iautres, après les, avoir néanocic^ins laissés da^ le 
nid un jour ou dejax, |K>vir son^i^r leurs, d^p^itions, 

XXXI. ^ 



H S E R 

. IliVtbre^qàelqdefoîs ^^on serin se câsse ane pâlte « accM 
dent qaW peut éviter aisénfent en taetunt dansleor cabane 
des jabh^im bien stables i en ne faisait aox bltons de sureau 
qae des trot;s ^ Ton ne puisse passer que la poilue d'une ai« 
gniUe^ ear4o«sque ces trous sont un peu grands ^ leurs ongle» 
s?y actcroehent', de manière que l'oiseau reste suspendu en 
l'air). et semasse les jambes en faisana des efforts pour s'en 
retirer. «On^doit aussi lui couper les ongles lorsqu'on rétablit 
dans son ménage ; mais on ne doit en oottpet que la moitié , 
car sro«i4es côupott pins court ^ Ils ne pourroient se soute* 
tttrsiir iearsftteboirs; par ce moyen on met ces oiseaux k 
l*abrlde divers aceîdens qui n'ont d'autre cause que la lon««' 
^nèarde^^on^ies. 

11 «SI des ^feviHil^s qui couTtftrt très-'bien > mais qui ne reu« 
lant pas nourrit! leurs petits; il faut alors avoir la précaution 
de le» AtéT) ^ fo^^donner prémptemént k une autre femeU# 
donties petliif soiient k peu près de la même force. Lorsque^ 
dans wie couvée^il S''entrOtivé de moins avànc<^s en âge que 
lesaiutresy on doit user du même moyen; car il arrive son- 
vent que ceux qui sont plus forts 9 ou les étouffent 1 ou les fon| 
périr de faim eh s'emj^arecnt dé la nourrhnrt que leur apport 
sent les père «t mère. Qui^tt àût serins qu'^m soup^mie de 
n'avoir l^aS soin de leur {eune famitle i teÛes sont les variétés 
agàk9 9 leihlùnckês et les^àufiês émjùfiu» nmges ^ les blanches , 
l^jfiMi^Mtfeset métné ^iq«e^^M*ki^6i^ ^ il faut alors retirer 
tes mifslivant que les petits Soient édos ^ et les passer son^ 
tmtgrhtA qui Pob #te lëftiden» ; Ott les jette d l'on n'a pas 
ée feinelle' pour leé bouv^r , 4it perle n'«fst pâs >9rande , puîi»^ 
qu'â<n\»^ttt sortir qtièdes Coriettrs très^communes. L«s 
métis fémellrs s6nt aussi de bonnes nonrricei^ et^omme il 
est très- rsrre qu'elles pondetH deStniiÉfs féconds^ on ne court 
aittoun risqué de les en prîtef. li snffit ^'nns femelle couve 
dêpuiè^^quAtre k cinq jéuts^'pé^ Itfi'èn donner prêts à éciore# 
âttp^e^ même , quand on se trouve à la campagne y mettra» 
d«B tosufs de serin dans des ftids de okarAsmioroi 4 il suffit de 
s'assurer si ceux de ces detniers sont an même d^é d'incu^ 
bsftion, ce qu'on voit facilement en en cmsant un. Par ce 
mf^n l'on a des jeunes qui ne causent aucon embarras ; il 
saint de les retirer , lorsqu'ils ont dix on dn«tte jours « pour les 
élever à la brOchetle; ou Pon continaera ^ les faire nourrir 
par leurs père et mère adoptifs , en les mettant dans une cage 
4asse; lé chardonneret est celui avec qiii on e«rt plus certain d^ 
réussir. Les nids de tous les granivores ne conviennent paa ^ 
la linot% et le pinson abandonnent souvent leurs ceufe lors- 
qu'on y touche ; ce dernier sait très-bien distinguer ceux àe9* 
autres oiseanx | et les fait couler hors du md ; le verdier dét« 



s E R « 

gorg[e , il est vrai , maii masge d« cefttiiief grsiii^ ^i font 
«KKirirtes8eriQ9. 

Qaelqaefois «no fisntellt tombe malaie qiie1<]ues joun 
après que ses petits soi^ ét\é$ , oa les alMintonne>;» 9r*pilors 
V0n n^ea a pas d'a«tre à laifoelle on puisse les donner^* il 
faudra aussitôt se procurer «ne nichée de molneaurtrès* 
jeunes, et en mettre ^eiquesmns dans le nid des petits Midnaf 
afin qu'ils puissent entretenir leur chaleur nattMmUîs ; et on 
leur donnera la becquée d'henre en héur-e , jusqu^à et'watiïê 
aient douze jour» ^ d^l^ manière prescrite ci - àprèê. Si It 
temps est froid, on les courra avec une petite peau d^>a* 
gneau douce et meHette. On nourrit les moineaux a^rec des 
alimens pies comiMiBS , afin qu'ils ne deviennent pas trop 
groa en peu de temps. 

Tela sont les accideas les plus ordinairet qu{ peuveiit arri« 
i^r aux serins lorsqu'ils sont en c^boi^ ; 'mais ilr sont très^ 
rares si on les lient dans un c^Mnet ou dans nif e i^randt ¥0« 
lière. ■ /j • i 

Ceux qui veulent ména^r-one femelle pk» queles autres^ 
soit parce qu'elle est délicate ysoit parce qu^elleeEfl'plo» belle 
et plus rare , la itiettent particulftèrement dans «ne Mbane 
avec son mâle, lui présentent son^id tout fait, lui donnent 
quelques matériaux afin^qii'elle puisse le diangers^il n^est pa|sr 
à son goàt, lui laissent couver ses oeufe pendant sept îoarti> 
et les retirent alors pour les donner à mie antre qui achève 
de les couver. Ils la laissent efisnitese reposer pendant ^euic 
ou trois jours , l«i présenient un «econd' nid fak comme le 
premier , et Im'sqtx'etJe -a couvé pendant cinq ou s(z {ours * 
liS' loi retirent ses wah ^ et iui en éonneni d'autres prêts à 
ëdore; ils lui liassent élever les petite pendant douze }OOrs> 
«i elle nourrit bien; autrement ils les Im^iytent la veille qo^ila 
doivent écloie« Après ea troisième couvre, qde t^n conde^ 
de même, si ce nVst qu'on lui laisse ses propres eeufs juâ^ 
qcTà U veille du ^our où les petits doivent naf tre , on 4'a re^#e 
d'avec son mile ^ et on 4a tient dans une cage séparée jusqu^à 
la nme. Par ce moyen , cétie femirilè «e sera point fétfguée 
^ ses trois couvées, vivra longtemps, et aura la forte de 
supporter la mue , maladie qui fait souvent monrk celles qui" 
se sont t#op épuisées. 

'Quoique la mue soit «ne malade des phis dangereuses poor 
les serins , des mâles soutiennetit ésstt bien ce changement 
d^état , et ne laissent pas de chanter un feu eliaque jour*; 
niais la plupart perdent la vois: , et quelques-uns dépérissent 
et mearent ; ce sont ordinairement ceux qui se sont épuisés 
dans leurs amours. La mne est mortelle pour la plupart des 
Icmelktis qui ont a«|f im l'âge 4« M <>« sept ons i les mlàcê y^ 



36 S E R 

résiàteft plus aisément t et riveat trois ou <{Qalre années àe 
plus ; elle est mpins dangereuse pour ceux qu'on tient dans 
de grandes volières avec de , la verdure , ce qui doit être f 

Jmisquie cette manière de vivr£ les rapproche de leur état de 
iberté ; mais étant contraints dans une petite prison , étant 
nourris d'alimens peu variés, ils deviennent plus délicats , et 
la mue , qui n'est pour l'oiseau libre qu'une indisposition , 
nn état de «anté moins parfaite, devient, pour des captifs » 
une maladie grave, très*soaveat funeste» à laquelle on ne 
peut opposer que des palliatifs ; car.il n'y a point de rcf- 
mède qui puisse les tirer de cet état maladif. ( F. ci - après 
l'article MaladiSs. ) La mue est d'autant moins dangereuse 
qu'elle arrive plus t6t^ c'elst-à-dire , dans les chaleurs. Les 
jeunes muent six semaines après qu'ils sont nés ; les plus foi— 
blés sont les jpremiers qui subissent ce changement d'état , 
les plus forts mueitf quelquefois un mois après eux ; la mue 
iks serins jon^uiiles est.plus. longue , et ordinairement elle est 

{dus funeste que celle des autres. Ces oiseaux deviennent mé* 
ancoliques, pacoisseAt bouffis, dorment pendant le jour, 
militent souvent la tête dans leurs plumes , perdent leur du* 
vet > mais ne jettent les pennes des ailes et de la queue qu'il 
r^mnée suivante.; ils sont alors très - déboutés , ils mangent 
.peu , ne touchent pas même à ce qu'ik aiment le mieux lors- 
,qu'ils sont en bonne santé ) les jeunes des deroièrea couvées 
aputfreut plus que tous les antres , car ib ne muent que dans 
ies temps froids, en septembre, et octobre., et le froid est 
très-contraire k cet état ; c!est pourquoi il faut les tenir dans 
jon lieu chaud ; un conp Â' ak peut faire périr ces petits oiseaux 
>nés dans nos ap^r^emens : ceux qui naissent dans des vo- 
lières à l'airi^ont plus acclimatés et accoutumés aux chan^ 
igemens de tj^mpérature ; c'est pourquoi » comipe je L'ai, déjà 
jdit, il en périt beaucoup moins. Cesxlemifrs.ontun tempe* 
rament si robuste, qu'ilsne sont nullement sensibles au froid; 
:^n les vqit, dans les plus^rands^froidd f^se baigner , se vautrer 
4ans la neige. Le bain est pour, tous les^erips très-nécessaire , 
même en toute saison ; c'^est pourquoi on doit toujours leur 
donner des baignoires 4ooi cm changera l'eau au moins une 
fois par jour. 

On est quelquefois obligé de nourrir les petits , soit parce 
que la femelle les abandcmne ou est malade , soit pour toute 
autre cause ; dans ce cas , il ne peut y avoir d'époque fixe. 
J'ai indiqué ci-dessus la manière de les élever; mais il en 
est autreinent si on veut les apprivoiser et si on les destine à 
apprendre des airs de serinette, ou de flageolet ; on les sèvre 
.de leur mère, s'ils sont de r^ce délicate, au quatorzième jour, 
e| a^ dotiuièn^e » s'iU 9ftPt 4e race robus.te ; si ^jdit Hervieux , 



s E R S? 

on les retire f rop tAt , ik iépémstnt de jùvSt k MIk (: tom- 
bent; en lan^uenr, et meurent. Si on les laisse trop long- 
temps avec leurs père et mère^ ils ne renient point prendre 
la becquée , de teUe manière qu'on s*y prenne , et se laisse- 
roient mourir de faim si on ne les rendoit promptement k 
'leurs pàrc^ns. Cependant le temps indinué ci-dessna pâroil 
trop long à des oiseleurs ; ils les ôtent k la mère dès le hui* 
tième jour , en. enlevant le nid avec le boulin. 

Une àea pâtes dont on se sert pour élever les jeunes serini 
à la becqtlée, se compose de cette manière : 

On met 9. dans un grand. mortier ou sur une table nûnce ^ 
en deux ou trois fois , im demi-litron de navette bien sèche 
et bien vannée, on Técrase avec un rouleau de bois en le rou- 
lant et déroulant plusieurs fois, de façon que la navette 
étant bien broyée , on puisse en faire sortir aisément Ten— 
veloppe i et qu^elle reste nette ; on y ajoute trois échaudés 
secs , écrasés et réduits en poudre , après en avoir 6té la 
première croate , avec un petit biscuit ; le tout bien mêlé 
ensemble se met dans une boîte neuve de chêne que Ton pose 
dans un %u qui ne soit pas exposé au soleil. On prend de 
cette noudre une cuillerée ou plus , selon le besom qu'on 1 
en a. Par ce moyen on trouve, dans le moipent, la nourriture 
du serin toute faite , en y ajoutant un peu de jaune d^œuf » et - 
assez d'eau pour tout humecter. Mais cette composition ne 
vaut plus rien après vingt jours , parce qu^ alors la navette 
pilée s'aigrit : passé ce temps , on doit la jeter ou^ la donner 
aux vieux. Gettç pâte , une fois «faite , a Tayantage de donner 
peu d'embarras ; mais il vaut mieux en faire de nouvelle 
tous les jours. Celle composée par Hervieux paroît meil- 
leure, ce Les premiers jours , dit-il , que je commence à don- 
ner la becquée aux petits serins , je prends un morceau d'é<- 
chaude dontja croûte est ôtée à cause de son amertume , j'y 
ajoute un très-petit morceau de biscuit , le tout dur , et je les 
réduis en poudre ; j'y mets ensuite une moitié ou plus, selon 
le besoin, que j'en ai , d'un jaune d'œuf dur que je détrempe 
avec un peu d'eau , le tout bien délayé , en sorte qu'il n'y ait 
aucun durillon. Il ne faut jamais que la pâte soit trop li- 
quide ; car, lorsqu'on la leur donne ainsi, elle ne les nourrit 
pas si J)ien , et à tous momens ils demandent ; ils sont même 
dévoyés lorsque le composé est trop liquide , et ils ont de -la 

Î>eine à en revenir ; mais lorsque 1« pâte est un peu plus 
érme ^ elle reste plus long-temps dans leur jabot , et les 
nourrit mieux : quand l'œuf dur est frais 9 le blanc se délaie 
aussi bien que le jaune , et ne les échauiÉfe pas tant que s'il 
n'y avoii q«e du jaune. » Aprèsies trois premiers jours écou^ 
lés 9 il ajoute à ceHepIte une pincée- de n^Teite houiUie 



$8 S E R 

«ans être ëeraaiSe 9 eHe nourrît les petîti ûtmê les ëchaolTer. 
Si, rtialgr-ë cela, on s'aperçoit qu'ils 1^ soient , on y ajoute ^ 
nne petite pincée de graine de mouron la pins mère qu'on 

Ï misse se |>ro€arer. Cette pâte , qui s'aigrit aisément d'aprèa ^ 
e^ ingrédiens qui y entrent , doit être renouvelée deux fois 
par jour dans les grandes chalanrs. Si , malgré ceU 9 il y a deé 
petits malades ^ on met , au liea d'eau , du lait de chènevis ^ 
que Ton se procure en écrasant cette graine dans un mortier 
avec un peu d^eau , et Texprimaat fortement dans un linge 
blanc ; mais il ne faut user de ce remède que danifuD bcsoitt 
urgent , parce qu'il éckauffe ettraérdinaif ement. 

Ce n'est pas assez de savoir faire la pâte propre aux jeunes 
serins , il faut encore savoir leur refaser et leur donner leurs 
aliméds à propos. Le moindre excès de nourriture les feit 
périr, le défaut d'ordre les rend minces, maigres et fluets; de 
pareils oiseaux résistent difâcilement à la maladie de la mue ^ 
fct de ceux qui lui échappent , les femelles sont ordinairement 
de mauvaises couveuses , périssent souvent aux premiers œu& 
qu'elles pondent^ et les mâles, constammeof lancoissans, sont 
presque toujours inféconds. Avec un régime bie« observé ^ 
tous deviennent , au contraire , auslii forts et aussi robustes 
que s'ils étoient éU^és par les père et mère ; je conseille dont 
aux amateurs de serins , de leur laisser élever leurs petits j 
s'ils ne les destinent pas à l'éducation dont j'ai parlé ci dessus» 
Voici donc, pour avoir une parfaite réussite , la règle que l'on 
doit suivre. On leur donne la becquée pour la première fois 
à six heures et demie du matin au plus tard ; la seconde fois k 
buit heures ; la troisième k neuf heures et demie; la quatrième 
- à onze heures 1 la cinquième à midi et demi; la sixième à deux 
heures ; la septième à trois heures et demie ; la huitième à 
ciiiq heures ; la neuvième à six heures et demie ; la dhième k 
huit heures, et la onzième à huit heures trois quarts; cette 
dernière becquée n'est pas absolument nécessaire ; et on leur 
6onne moitis de nourriture qu'aux antres ; s'ils«la refusent ^ 
il ne faut pas les tourmenter pour la prendre. On leur pré- 
sente chaque fois quatre ou cinq benquées avee une petite 
brochette de bois bien unie, mince par ie bout ^ et de Ut 
largeur dti petit doigt au plus. 

A vingt-quatre ou vingt-^cinq jours , on cessisra de leur 
donner la becquée , surtout quand on les verra saisir assee 
bien la pâté qu'on leuv offre ; on doit continuer ces soins 
plusieurs jours dé plus aux agates et aux jonquilles; car ils 
apprennent à manger seuls- plus difiicilement que les autres. 
Quanid tes jeunes oiseauit; commenceront à se suffire à eux- 
^êmes, on les tiemira dans une cago sans bâtons, où il y 
«lira dans le bas ^ petit foin ou d« la itnousse bien sèt&t y ot 



s E R '9 

to» itili^oiirnîi^pé»4«l le premier «OIS t»« iwvrhi^ 
IK>sée 4c chèneyis écrasé , de jaune d'œuf dar, et de mie 
4e pain ou d'échaidé râpé, avec ml pcn de movon bien 
\ môr ; et pour bolsaon , de l'ea» dans laqneUc il y ait nn peu 
4e réglisse ; on mcôra aasM de la Bavette sèche dans IciriP 
mangeaiUe. 

On a remar(|aé ipi'îl y a des àerm^ qui, aprt» *«)lr manjg* 
aeols pendant pins d'nn mois, tombettt en iangaenr et rede- 
mandent la becqaée; il ne (aot pias la lewr refuser «Uls veulent 
la reprendre : c^est on meyen sàr de ks réchapper de U 
m«e, qui, les leunnentant alors, les dégoAte de tout à m 
tel point, qu'ils ne mangent que ce qu'on lew présente à la 
becquée. 

Pour avoir des serins bien constitués , robustes et bleu 
portans , on doit leur donner des graines de choix ; naaîs pour 
s'en procurer, il faut des connoissances que je crais devoir 
indiquer. CeUes qui sont h leur usage sont au nombre da 
huit : la graine de navette, de millet , de chèi>evîs, d'alpiste , 
d'œillette, de laitue, d'argentine outalîtron, et de plantain. 
L'on confond sous le nom de navette plusieurs petites 

5;ralnes d'une couleur noirâtre plus ou moins foncée , parmi 
esqueiles on remarque l'arabette ; mais celle-ci est beaucoup 
plus grosse et plus noire que la bonne navette ; il ne faut 
pas en donner aux serins ; elle leur cause la mort par son 
amertume et sa mauvaise qualité. La bonne navette a moins 
de grosseur; sa couleur tire un peu plus sur le violet; elle est 
douce et n*a aucune amertume ; elle nourrit et rafraîchit en 
même temps les serins. Ceux que l'on nourrît avec cette 
graine seule n'engraissent pas autant que ceux qui mangent 
en quantité des autres : on doit la choisir ni ancienne m 
nouvelle ; dans le prefnier cas, elle ne sent que la poudre ; 
dans le second cas, elle leur cause le dévoiement : il faut 
qu'elle ait six mois ; et pour n'être pas trompé , on l'achète 
avant le mois de mars. 

Le mîUet est u^ graine menue, blanche, une fois plus 
grosse que la navette ; le plus blanc est le meilleur; le j^e 
ne convient qu'à la volaille. Cette grmnc, plus douce et plus 
savoureuse que la navette , nourrit et échaufie les oiseattx î 
mais elle les engraisse c^asidérablement ; c'çsl po«rqu#ril. 
ne faut pas leur en donner en abondance ; on doit même «s 
en serrer quelquefois.. 

Le diènevis, graine que tout le monde connotl , doit étt^ 
d'nn gris argenté ; le moins gros est If meilleur. Sa q*»"^ 
est 4e nourrir , d'engraisser et d'échauffer ; m^is on en doi* 
donner très-peu^ aux. canaris, si ce n'est dans le fort de l hiver» 



4o S E R 

le mefilear a cm petit goAt de noisette qû lear plait beau-* 

coap. ' / 

L'aipiste est une graine dorée, moins grosse que le millet y 
mais moitié plus longue , finissant en pointe à $es deux extré- 
mités. Il engraissent édiaufife les serins; son^Àt est à peu 
près celui du millet : on peut leur ep donner , mais en petite^ 
quantité; ear on assure qu*U leur hrUt les entrailles; cepen- 
dant C'^st leur nourriture naturelle, celle dont les serins de« 
Canaries vivent dans leur pays natal. On le mélange avec 
la navette , et Ton prétend que ceux qui en mangent habi- 
tuellement vivent plus long-temps , et ne sont pas si sujets à 
la maladie qu^on appelle aoalure, • . 

La graine d'oeillette vient d'une plante qui ressemble au 

Savot ; elle esi grise et fort déliée , et a un petit goût sucré. 
a qualité est de resserrer; c'est pourquoi op en donne aux 
serins dévoyés. On doit être connoisseur nour acheter cette 
graine « car elle ressemble beaucoup à celle de pavot , qui 
cause la mort aux canaris ; elfe en diffère en ce qu'elle est 
grise , et celle du pavot tire sur le noir. 

La graine de laitue , qui est plate , longue et d'un gris de 
perle , a la qualité de rafraîchir; c'est pourquoi on en donne| 
de temps en temps pour les faire vider : la plus nouvelle est 
la meilleure. 

Celle d'argentine est rouge et très-fine ; elle resserre les 
serins qui en peuvent manger, mais beaucoup n'en veulent 

Ï)as. Son nom latin est thalicirum, d'où lui est venu le nom 
irançais ialitron. Cette graine seroit d'une grande utilité pour 
les hommes, si, comme dit Hervieux, elle est un antidote sou- 
verain et efficace contre la fièvre tierce. Quand on en donne 
aux serins , il faut la mêler avec la graine d' œillette ; elle 
les resserre lorsqu'ils ont le dévoiement ou qu'ils jettent du 
^ang ;' hors cette maladie, elle leur est tout-à-fait inutile. 

La graine de plantain nourrit et échauffe ; mais on ne doit 
en donner que de temps en temps aux serins. Enfin on leé 
nourrit encore avec de l'avoine, mais ce doit être rarement; 
on leur en donne une petite quantité , vu qu'elle pourroit les 
étouffer. . ,, 

La pâte propre à éveiller l'appétit àts serins se nomme 
salègre. On prend pour la faire de la terre grasse , telle qu'on 
en donne aux pigeons ; on y met une petite quantité de sel , 
on y joint une quantité suffisante de bon millet et d'alpiste , 
avecunpeude chènevis; on pétrit le toutavec cette terre rouge, 
comme si on faisoit du pain : on en fait ensuite de petites parts 

Ï>esant environ un quarteron ; on les met au four, et on les y 
aisse jusqu'à ce qu'elles soient totalement desséchées ; et àés 
qu'elles sont refroidies, op peut dans le jour mêmç la donneur 



, s. E R 4^ 

aux serins. Cette pâte , ainsi préparée , se conserve tonte 
Tannée sans se gâter, pourvu qu^elle soit mise dans un en* 
droit sec. 

Quand on désire instruire un j.eune canari avec le flageolet 
ou la serinette, on le met particulièrement huit ou quinze jours 
après quMl mange seul, et dés qu'il commence à gazouiller, 
preuve certaine que c'est un mâle ; il faut aussi qu'il jouisse 
d'une bonne santé. On le sépare des autres , et on lui donne 
pour prison, pendant les premiers huit jours, une cage 
couverte d'une toile fort claire ; on le place alors dans une 
chambre éloignée de tout autre oiseau , en sorte qu'il ne 
puisse entendre aucun ramage , et on joue Tair qu'on veut lui 
apprendre de la manière que j'indiquerai ci-après. On doit 
observer que si c'est un flageolet ^ il faut que les tons ne soient 
pas trop élevés. Quinze jours après , on remplace cette toile 
claire avec une serge verte ou rouge très-épaisse, et on le 
laisse dans cette situation jusqu'à ce qu'il sache parfaite* 
ment son air. Lorsqu'on lui donne sa nourriture , qui doit 
être pour deux jours au moins , on doit ne le faire que le 
soir, et jamais pendant le jour , afin qu'il ne soit pas distrait 
et qu'il apprenne plus promptement sa leçon. Un prélude 
et un seul air choisi sont suflisans pour sa mémoire ; car un 
plus grand nombre et même un air trop long le fatiguent, et 
il les oublie facilement. Ces oiseaux n'ont pas la même apti- 
tude à s'instruire ; les uns se déclarent après deux mois , il en 
faut à d'autres plus de six. On ne doit pas croire qu'il résul- 
tera d'un grand nombre de leçons des progrès plus rapides ; 
an contraire , l'on fatigue l'écolier et l'on finit par le dégoûter. 
Cinq ou six leçons par jcyir suffisent pour soi^ instruction : 
on en donne deux le matin en se levant, quelques-unes vers 
le milieu du jour , et deux le soir en se couchant. Il profite 
plus de celles du matin et du. soir, que des autres, parce 
qu'alors il a moins de dbsipation , et retient plus aisément 
ce qu'on lui apprend. L'air doit être répété chaque fois, au 
moins neuf ou dix fois de suite , sans aucune répétition du 
commencement ou de la fin. Il ne faut pas instruire deux 
oiseaux à la fois dans la même chambre , et encore moins les 
tenir dai)s la même cage. Si l'on se permet cette réunion , ce 
ne peut être que pour peu de temps ; et aussitôt que l'un des 
deux commencera à se déclarer , on doit alors les séparer 
promptement, et les éloigner l'un de l'autre de manière qu'ils 
ne s'entendent pas ; sans quoi ils rompront réciproquement 
leur chant. Tous les serins ne sont pas susceptibles d'une pa- 
reille instruction ; les beaux jonquilles sont trop délicats et 
n'ont pas la voix assez forte ; un mâle serin blanc ou un gris 
queue blanche de bonne race , sont ceux qui ont le plus de 
.disposition. 



i^ s E H 

Les soins qu'exigent ces oiseaux lorsqu'on Teut les- ftire 
▼oyaeer, conviennent k presque tous les autres : i.o on ne 
doit les mettre en route ni dans le cœur de Thiver ni dans le 
milieu de Tété ; tes saisons les plus favorables sont le prin- 
temps et le commencement de Taqtomne. a."" Si le chemin 
qu'ils doivent parcourir est long, comme de cent à deux cents 
lieues, on doit les faire sëjoumer de trois jours Tun. 3.^11 faut 
que leur cage soit de bois, longue, basse, de sorte qu'ils puissent 
se promener en long et en large , sans pouvoir voler, bi, dans 
le nombre , il s^en trouve de mëchans , on fait deux petites 
séparations dans les coins de la cage, afin de les y tenir k Të- 
cart ; si Ton ne prend pas cette précaution , les autres arrivent 
déplumés et maltraités de toutes les -manières. 4.® On les 
tient totijours couverts d'un^ toile; la couleur est indifférente^ 
mats elle ne doit point être trop épaisse , ce qui les écbauf** 
feroît; il faut qu'ils puissent entrevoir un peu le [ourpour man- 
ger et ne pas s'ennuyer. 5.<> Si c'est k une distance peu éloignée 
qu'on les envoie , on doit les porter à pied, soit sur le dos, soit 
k la main; car k cheval on les secoue trop,et dans une voi- 
ture ils fatiguent beaucoup , k moins qu'elle ne soit bien sus* 
Eenduo ; alors on fixe la cage sur Timpériale , où ils sont 
eaucoup plus commodément que dans la voiture. 6.0 La 
conduite que Ton doit tenir pour leur nourriture , consiste k 
leur donner, le premier jour, une partie de leur graine con- 
cassée; le second jour, on leur fait une pâtée avec un œuf 
haché menu et de la mie de pain humectée; le jour de repos, 
on les récrée avec de la graine de mouron et du séneçon « 
et on décourre leur cage : si ce n'est pas la saison de ces 
graines , on y sapplée par de la Uitue , et on continue ainsi 
jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à leur destination ; il ne faut 
pas oublier de mettre dans leur abreuvoir une petite éponge 
qui surnagera dans l'eau^que l'on changera dei» fois le jour. 
Cette éponge bien imbibée sera suffisante pour désaltérer les 
petits voyageurs , qui ne manqueront pas de la becqueter 
lorsqu'ils auront sorf. « 

Mcdaàies, Le^ causes les plus ordinaires des n\aladies des ca- 
naris eaptifs, est la trop abondante ou la trop bonne nourri- 
tnre,les excès de l'amour, les désirs non satisfaits, et les tra- 
vaux du ménage. C*est ordinairement après les couvées que 
Içs maladies se déclarent, et la mue où ces oiseaux vont en- 
trer ne fait que les augmenter. On ne peut atténuer la 
malignité de cette espèce de maladie que par les remèdes 
indiqués au mot Oiseau. Il faut ajouter que, pour les serins, 
on met un morceau d'acier, et non du fer,dans leur eau, que 
Ton change trois fois par semaine. C'est le seul remède qu'on 
doit leur appliquer; il faut seulement mettre un peu plus de 



s E R ;î 

chinevis dans lenmôarritare ordiftaiire,pesMlaDt ee temps cri- 
tique. On ne recommande ici l^acier an lien de fer , (|ue pour 
être sûr qii^on ne mettra pas dans Teaa du fer romUé , qui 
ieroît plus de mal qu^ de bien. 
Asthme, V. au mot Oiseau. 

Avtdure, Cette maladie , la plus dan^reuse et la plus or-- 
^dinaire , surtout auic jeunes serins , est d^uii<^ guërison si 
difficile ^ que souvent on ne fait que prolongef leur yle de 
quelques jours. Ils en sont ordinairejneot attaqués on mois 
ou tvL semaines après leur naissance. Les signes qui l'indi- 
quent sont externes ; il semble que leofS boyaux sont des* 
cendus jusqu'à rextrémiié de leur corps; leur ventre est 
clair , très-gros 9 fort dur ^ et couvert de petites veines rou-» 
ges ; l'oiseau maigrit tous les jours ; les «ns ne laisacat paa 
de manger malgré cette inlirmité; d'autl^s sont toujours 
dans leur mangeoire et ne mangent plus ; tous meurent en 

Eeu de jours, si on ne vient promptement à leur secours, 
^eux causes contribuent à cette mala4ie. i.» Le ips^Uté trop 
succulente de la nourriture qu'on Içur a donnée à la bro- 
chette , comme le sucre et le biscuit qu'on leur prodigue par 
amitié, et qui leur brûlent le corps; a.® la grande quantité 
d'alimens qui sont trop à leur gpûl 9 et ^'ils mangent sans 
discrétion lorsqu'ils commencent à se suÎBre à eitt-m^naes. 
Pour leur éviter Vamlut^e^ on doit les sevrer dic la p&tfare qui 
leur fait le plus de plaisir , et ne leur en donner que de temps 
à autre , sans leur en faire une habitude. S'ils en sont atta* 
qués f on met fondre dans leur eau un petit morceau d'alun 
gros comme un pois , et on la renouvelle chaque matin i pen- 
dant l'espace de trois ou quatre jours. On indique encore 
d'autres remède&qui consistent,!." à mettre dans leur abreu- 
voir un clou, et à changer d'eau deux foisia semaine sans le 
retirer; a.^ à ôter le soir leur boisson , et à la remfdacer par 
de l'eau salée : l'oiseau en boira qdelques gouttes le lende* 
main matin , et quand il en a bu plusieurs fois, «n retire 
cette eau salée , et on lui teiàet sa boisson kabitiMUe. On 
continue ce remède pendant cinq à six jours ^ et si on n'a- 
perçoit pas d'amendement , on ôlera sa graine ordinaire , et 
^o lui donnera l'alpiste bouilli dans un petit pot ; et dans un 
aotreidn lait boiuiUi avec de la mie de paîa : on lui continuera 
cette nourriture quatre ou cinq matinées de Suite ; et l'après* 
midi pu lui remettra sa prelhière nourriture. Les cinq jours 
expirés , on jettera 4ans sou eau , à six heures du malin , gros 
comme la mo^itié d'une lentille de tliériaque , et on la loi 
laissera jusqu'il ce qu'on l'ait vujaoire une fois ou deux; on 
lui continuera cette boisson pendant trois jours de suite , 
après quai an lui donnera une pâtée , composée d'-une pin- 



44 S E R 

cée de miiiet , â^àatabt d'alpiste , fnn pea de navette et de 
quelques grains de chèoevis , auxquels on a fait jeter dans 
Teau un ou deuï bouillons, et qu^on rince après dans de 
l'eau fraîche ; on y joint le quart d^un œuf frais durci j un 
petit morceau de biscuit dur , plein une coquille de noix de 
graine de laitue , et une même quantité de graine d'œillet; 
en outre, on présente au malade quelques feuilles de chicorée 
bien jaune. Ce remède doit être réitéré pendant tout le temps 
de sa maladie. 3.^ Donner k Toiseau malade de la noix con-' 
cassée avec de l'alpiste bouilli , après quoi une feuille de choa 
blanc et du céleri. Enfin un dernier remède , que Ton assuré 
efficace , est de lui faire prendre un demi-bain dans du lait 
tiède , n'y mettant ^ue le ventre et le bas -ventre du malade 
pendant un demi-quart d'heure ; on lave ensuite ces parties 
dans de l'eau de fontaine tiède , et on les essuie avec un linge 
chaud ; après quoi on pose l'oiseau près du feu ou au soleil, 
afin qu'il sèche , et on lui donne force graibe de laitue : on 
lui applique ce remède trois fois, de deux jours l'un. Yoilà 
bien des moyens de guérîson pour une maladie presque in- 
curable ; mais les amateurs qui les indiquent , assurent qu'il 
en est de très-efficaces , surtout le dernier. Quant à moi , je 

I»çnse qu'une maladie occasionée par une trop grande cha- 
eur intestine , ne peut se guérir qu'avec des alimens rafraî- 
chissans. Il faut retirer au malade sa nourriture habituelle , 
le mettre dans une cage séparée , et ne lui donner que de 
l'eau et de la graine de laitue ; ce purgatif tempère l'ardeur 
qui le consume , et opère quelquefois des évacuations qui 
lui sauvent la vie. 
Bouton. V, au mot Oiseau , mal au croupion. 
Constipation i ( ibid. ) 

Extinction de voix, V, ci-après , Peau cassée. 
Flux de ventre. V. ad mot Oiseau. On ajoute pour les 
serins , à la nourriture indiquée, du jaune d'œuf dur et de la 
graine de laitue. 

Gale à la tête et aux yeux. V. ibid. 
Jambe cassée et aile rompue^ V. ibid. 

Langueur (ibid.) Cette maladie attaque souvent les serins 
lorsqu'ils sont tenus dans un endroit sombre et triste ; on 
elle vient de ce qu'étant plusieurs mâles dans une même cage, 
ils prennent de l'aversion l'un pour4'autre. Pour la première 
cause , il suffit de les mettre dafts un lieu clair et gai ; pour 
la seconde, on les tient dans une cage particulière jusqu'il 
ce qu'ils soient entièrement guéris ; on fleur donne quelque 

f petite douceur à manger ,r et on met un peu de réglisse dans 
'eau. 
Maigreur, Les serins son| souvent attaqués par de petits 



s E R 45 

insectes qui se tieonènt dans leots plumes , ce dont on sV 
perçoit lorsqa^on les voit s'éplacher k tout instant. Ces ani- 
maux les fatiguent tellement ^'ils maigrissent et périssent. 
F. au mot Oiseâu , la maladie àespoux ou puceron$. 

Mal caduc ou épUepsie. V, ibid. ï^es serins jaunes .tombent 
plus souvent que les autres du mal caduc , et dans le temps 
même qu'ils chantent le plus fort. On ne doit pas faire cou* 
Ter un canari qui est sujet à cette maladie. 
Mai au croupion on bouton. V, ibid. 

Maladie d*amour. La femelle y est plus sujette que le mâle ^ 
et c'est au printemps , avant d être appariée , qu'elle en est 
attaquée. Ils dessècbent peu à peu , et meurent en peu de 
jours. Il suffit, pour les guérir, de les accoupler Tun et l'antre 
dès qu'on s'en aperçoit. 

Malpropreté des pieds. Ce n'est pas, à proprement parler, 
une maladie ; mais c'en est le germe, qui se développe si on 
néglige de les nettoyer. Pour cela^ on prend i'oiseau dans sa 
main , et Ton ôte peu à peu le calus qui se forme sous les 
doigts , les empêche de se percher , et fait souvent tomber 
les ongles; les uns se servent de salive, d'autres , ce. qui 
vaut mieux , les nettoient avec de l'eau ; mais elle doit être 
tiède , si ce n'est dans les grandes chaleurs ; car étant froide , 
^utre qu'elle n'enlève pas aussi bien les ordures et le calus y 
elle met l'oiseau en danger de mourir , étant saisi tout L 
coup par la fraîcheur, surtout en hiver. Il faut aussi avoir 
les mains chaudes lorsqu'on prend celui qui est dans cet 
;état. 

Peau cassée. Nom que les curieux donnent à l'extinction 
jde voix des serins ; ce qui leur arrive ordinairement après la 
mue , pour avoir été trois mois sans chanter. On leur donne 
alors du jaune d'œuf haché avet de la mie de pain , et on 
met dans leur eau de la réglisse nouvelle bien ratissée , afin 
.de leur humecter le gosier. 

Pépie ou chancre dans le hec. V. au mot OiSSAU. 
Poux, pucerons , mites, (ibid.) La malpropreté est la seule 
cause de cette maladie ; il faut donc les nettoyer souvent ^ 
leur donner de l'eau pour se baigner , ne les jamais mettre 
dans des cages ou des cabanes de vieux ou de mauvais bois , 
ne leuc jamais donner de vieux boulins pour couvert, ne les 
couvrir qu'avec des étoffes neuves et propres où les teigqes 
n'aient point travaillé , bien vanner , bien lavef les herbes et 
les graines qu'on leur fournît. 

Serin échauffé. On le prive de sa nourriture habituelle » 
comme alpiste , millet , chènevis, etc., pour ne lui donner 
que de la navette , et ce pendant quinze jours ; on y joint de 
la graine de laitue 9 de séneçon , du mouron ^ien mûr , des 



^6 S E R 

feuilles àè rave €t attirer Iier6et tÈ&ttàkUunies. On assure 
que le mouron et le séneçon iM>nt très- dangereux pour les 
serins pendanrt Thiver et aux approches da printemps; on doit 
donc s^ abstenir de lenr en donner à cee époques. 

Sofin trop gras. Des canaris trop bien nourris engraissent 
an point quUis en sont incommodés ; quand on s'en aperçoit , 
on doit leur ôter tous les aliment succiilens , et ne les nonr-^ 
rir que de navette ; s'ils ont de la peine 4 la manger, oii la 
fera tremper pendant quelques heures avant de la leur don- 
ner. 

Tic. Cette maladie , qui est mortelle ponr eut ^ est très* 
souvent occasionne par la précipitation qtkë Ton met à les 
prendre ; elle s'apnonce , lorsqu'on les tient dans la main ^ 
par un bruit semblable à celui qui se fait entendre lorsqu'on 
iire un doigt en l'allongeant. Ce tic du serin est souvent suivi 
de quelques gouttes de sang qu'il jette par le bec. Il reste alors 
comme pimé, et ne peut remuer les aile$. Il fout le remettre 
promptement dans aa cage , la eoavHr d'une toile un pea 
claire , et la piaeer dans un liei» éloir né du monde , afin que 
le malade ne se tourmente point. On mettra le boire et le 
maninr au bas de la cage , dont on aura eu soin de retfrèr 
tous tes juchoirs : on doit alors lui donner que de bonne 
nourriture. S'il résiste au mal pendant deux heures , il sera 
hors de danger. Comme cette nlaladie «'est dccasickiéè 
que par la facrte de celui qui veut prendre l'oideaù , il faut 
user de précautions pour ne' pas y exposer le prisonnier. On 
prélude de la voix et de la main en approchant de la cage ou 
4e la cabane , ain de le préparer. Loiisqu'illsst datas une yo- 
lière ou une grande cabane , il vaut beaucoup mieux le pren- 
dre avec un met fait exprès pour cela. I>'autres mettent dans 
la volière i|n petit trébuchât avec du biscuit et dfe Téchaiidé 
pour appit ; par ce moyen on ne 4' épouvante pas, mais il y 
a quelques inconvéniens lorsque les oiseaux sont en nombre 
dans la volière* 

Purgation{ V. au mot OisEÀtJ ). On s'aperçoit qu'un serin 
a besoin d'être purgé , i.^ lorsqu^l a de la peine à pousset* 
la fiente, preuve évidente qu'il estéchacrffô ; i.^ lorsqu'il ren- 
verse continnellement avec son bec la graine qui est dana 
son auget , jndice certain qu'il mange très-pen. £d le pur- 
geant de la manière indiquée , deux fois par mois , on aura 
des oiseaux toujours gais, bons chanteurs et de bon ap-^ 
petit. 

It^hmenîe. Une infimierie est nécessaire k ceux qui ont 
beaucoup de serins ; car il est rare que dans le nombre il 
n'y en ait pas de malades , et on ne pput les guérir si on ne 
les sépare des ^utres. Un canari malade , mis dai^ une in-: 



s E R ij 

finHêrie ié\e 91e }e tais rinilîqaer « est à moitié guéri ; il 
suffit de lui donner ce qui est propre à la maladie dont il est 
attaqué , et avoir soin de ne le remettre avec les autres que 
lorsqu^ii est parfaitement guéri. Cette infirmerie n'est autre 
ciMMie qu'une cage de bonne grandeur, doublée dessus , der« 
rièr€ et des deux côtés, d'une serge épaisse 9 rouge ou verte ^ 
ci qui ne reçoive de jour que parle devant; elle doit être faite 
en osier et non de fil de fer, qui est toujours froid et humide. 
On place c^tte cage au soleil , si c'est dans l'été , et pendant 
Tbiver , dans un lien où Ton fait toujours du feu ; mais il faut 
éviter à,e la mettre dans un endroit où il y a de la fumée, 
parce qu'elle est très-pernicieuse aux serins malades, et même 
en bonne santé; elle les fait souvent mourir; cette fumée , 
leur entrant dans la gorge, surtout lorsqu'ils chantent, les 
éiouffe en peu de temps. 

On trouvera peut-être que nous jious sommes trop éten- 
dus sur cet oiseau ; mais c'est le plus charmant de tous; c'est 
un captif auquel s'intéresse la ^us belle portion du genre 
humain , qu*on voit dans presque foos nos appartemens, qui 
naît , vit et meurt dans notre domicite ^ et qid ne pciu exis- 
ter sans nos soins. 

Nous ajouterons que les serins sont techerij^spi^ tous les 
peuples ; qû*on les voit dans le nord et le midi de l'ançieR 
continent , et qu^on les retrouve en Améri«|ue depuis de Ca- 
nada jusqu'à Cayenoe , et prohaMement dams tooé les lieux 
qu'habitent les l^uropéens. Ils sotit restés captifs dans leà 
pays flrèids et tempérés de cette vaste cmitrée ; mais l'on 
prétend que dans quelques Amillèt^ ^ il en est qui se sont 
échappés, ont muftiplié entibertë^ et y ont yroduti iioe 
nouvelle race.' (v.) 

SEBINGA. On dominé ce nom, k CayeuM , l I'Hétée^ 

SERINGAT, r. StâitfeA. (tj^.) 

SËKINfE. Sous-genre de pkntes: ^rmosë par Aafinejs» 
que, Florutede la LomsiAne,po^rpta6eriaKaiaiXAJFl:ua«' 

LES OPPOSÉES. (B.) 

SÉRIOLE , Stnêh. Grtndp«îsson de la Mitdittfra^tiée, 
que KisÈo nrôit placii/peniiri les C^9laï9K( Cofoum DrnnmUy^ 
mats que Otvîer-ereift'datts le «as 4e£>rmtr «n seus-»§€;iMr^ 
parmi les ScoitMfiB , sous la «eule e^nsidiérMîoii q«t les 
lignes latérales âéni geniiee d'élues si pèti^esit !f»'eU«f 
forment à peitte Me eerine. (s.) 

SÉRIOIifi, «Afi^/a. Genre 4e plantes delà syi^^né«W 
polygamie ^le^^t de la famitte des chicoracées p i4^ les 
caractères offrent : un calice siosple y pol^rpbyli^ 9 prest 
<iaç ^al;,uaaDtee|Md«^affalde {Uilleti^»^ ^fupportai^ ^es 



48 S E R 

demi-fleurons hermdj^hroditesy dentés à lear sôtaunét; plu^ 
sieurs semences surmontées d'aigrettes plumeuses et sti- 
jpitées. 

Ce genre , aux dépens duquel Richard a établi celui qu'il a 
appelé RoB£iiTiE,renferme quatre plantes annuelles, à feuilles 
aftemeSf la plupart radicales , et à fleurs portées sur de longs 
pétioles 9 qaon trouve dans les parties méridionales de TEu- 
rope , mais qui ne présentent rien de remarquable. (B.) 

SERIOUTOU. Deux variétés de Citrgïi; portent ce 
nom aux environs de Nice ; Tune , le seriotUou doux ou bi*- 
garadier rugueux , a le fruit revêtu d'une écorce épaisse , 
chagrinée, rugueuse; sa pulpe, est d'un goût douceâtre » qui 
se cnange en une saveur . amère rebutante. La seconde va- 
riété est le serioutou uni ou bigaradier à fruits glabres ; son 
fruit a l'écorce unie , et une saveur douce , fade , légèrement 
amère. Ces deux citron» sont les càrus vulgaris rugosa , et 
dirus vulgaris giaberrima de Risso. (LN.) 

SERIPHIUM. Dioscoride, en traiunt des ^£5111^^115 , 
en distingue trob espèces: le pontique , le marin ou seriphium^ 
et le sanionicon. Ces trois plantes étoient remarquables par 
leur amertume extrême , qualité qui rendoit leur infusion dé- 
sagréable à boire , d'où, peut-être , leur nom grec à^absin-- 
ikion tire son étymologie. En effet, on suppose qu'il est 
formé de la particule privative a, et d'un mot grec qui signifie 
lioire ; ' alors on pourroit traduire ce nom par imbuvable. 

La première espèce à'alsirUhion s'appeloit aussi , suivant 
Dioscoride , bathyfdcran ; c'étoit une herbe commune et 
vulgaire y dont la meilleure croissoit en Cappadoçe, aumonjt 
Taurus , et dans le royaume de Pont. Dioscoride n'en donne 
point dé description ; . il s'applique seulement à faire con-^ 
noître ses nombreux usages,fondés sur ses qualités astringen- 
tes, échauffantes, diurétiques,et sur son amertume. On Fom- 
•ployoit soit eli nature , soit en mfusion, et on en préparoit 
une huile particulière ^. servoit dans les mêmes circoji^-^ 
tances. 

Uabsinihion marine ou petit absinthi^^ croissoit en abon- 
dance à Taposiris en Egypte , où les»prêtres d^Isis s'en sér* 
voient au lieu et place de branche d'olivier. C'étoit une pe^ 
tite herbe menue , semblable à Vabro(anon ( Aurqne ) , of- 
frant «n amas de petites graines entassées; elle étpît ajouèr^^ 
contraire à l'estomac, d'une odeur désagréable , astringente , 
assez échauffante, très- peu laxative , et sgrtoiH Vermifuge ; 
ion l'administroit avec les alimens. Le: bétail s'engraîs^oit 
beaucoup en mangeant de cette herbe. 
^ La troisième espèce iLob^inihium croissott dans cette par- 



s E R <9 

tie «les GaUilcft qui avoisine le plus les Alpes 9 la Satoie et 
le Dauphiné ; on l'appeloit sanionwqn , da nom du pays oiji 
elle croissoit ; mais i comme le fait obseiVer Mattkiole , il est 
très-probable qu'il faut Kre centromeum , parce que les an-» 
ciensbabitans de fa Tarentaises'appeloient Cf/i/rone^, et que 
c'est dans cette partie de la Sa?oie que d '.voit se rencon* 
trer le saniomcon. Cette plante avoit les mêmes vertus que 
le 4enp?uum, et ressembloit k Yabdnthion de la première 
espèce^ excepté qu^elle étoit moins chargée TIe graines. 

Pline, qui recônnott aussi trois espèces i'absinûiium^st con- 
tente de nommer seulement le séktonicum , que les commen-^ 
tateurs supposent tirer son nom de celui d'une ancienne villei 
Saintes en Saintonge. La seconde espèce est Vabsiïdhion poiê^^ 
tique , ainsi nommée parce qu'elle servoit de nourriture aux 
bestiaux , dans le royaume de Pont. G 'étoit le meilleur dé 
tous, selon Pline, et il étoit beaucoup plus amer, sans compa* 
raison , que Vabsinihium d'Italie ) celui-ci étoit une herbe def 
plus remarquables par ses vertus , et par la facilité d'en pré- 
parer des médicamens. Cette herbe entroit dans les sacri-*> 
fices solennels et dans les cérémonies du peuple romain. 

L'on avoit coutume , aux fêtes latines , qui se célébroient 
au Capitole, de faire boire au vainqueur à la course de» 
chars, un breuvage composé d'absinûdum. «1Cet usage, fatitob* 
server Pline, a été institué sans doute pour maintenir en bonne 
santé le vainqueur, comme étant digne de vivre; car YahsinÛiium 
donne du ton à l'estomac; on fait exprès un vin à^absi¥Uhium,>*C»fï 
naturaliste romain développe ensuite les usages et les ver* 
tus de cette herbe , et se trouve en accord avec l)ioscoride : 
il termine ainsi l'histoire des abdnthium ; « Il y a encore une 
sorte d^absinthium marin , qui est surnommée seriphium , dont 
le meilleur croît à Taposiris , en Egypte. Les prêtres dé la 
tiéesse Isis ont coutume de ne pas marcher par la ville ni par 
la campagne, hausse faire précéder, par cérémonie, d'une 
branche de cet ahsinihium. Il a les feuilles plus étroites que le 
premier, et loin d'être aussi amer ; il est contraire à Testo* 
znac , laxatif et vermifuge , etc. Il n'est question ^ da03 Théa« 
phraste , que de Vabsinihion de Pont. 

Galien hç parle , comme Dioscoride , que de trois sortes 
à'absinihmm : le Cantique , le vulgaire , et le marin ou seriphium» 
11 donne la priorité pour l'ttsage , au pontique , comme plus 
aromatique et de meilleure odeur ; les «utres sortes ayant 
une odeur fâchei]se et désagréable ; dd reste , il s^accorde,. 
pour les propriétés, avec Dioscoride et avec Pline. Vabstn^ 
ihium pontique est nommé par Me sué absinthe romaine, non 
pas parce qu'il croit en Italie , mais bien dans la Romanîe* 
.C'est donc à tort qu'on a cru qu'il avoit voulu désigner l'ÂB- 



tû s E ïl 

iSiïn[iaE coimuï^E. Fnclmias ft côittttiid mie erreur iPnn ftaitê 
genre ; car il dotine la ISgore iù. ihytàbrium sophia poar le 5«- 
riphîiufn. 

C'est 9 à ne pas etfi douter, deâ plantes composées qae 
les âïlciens ont connues et nommées û^sin/ftium. Nous avons va 
qu'ils eti indiquoient de plusieurs espèces ; il n'est pas aussi 
aisé de les rajpprocher de nos plantes conntres , nais on peut 
iàisément reconnjjltre qjlie ce dévoient être pour la plupart, et 
même toutes , des espèces du genre artetnhia des botanistes 
niodérities , surtout si Ton fait remarquer que *Dioscoride 
prendpour graines les peines tètes de fleurs de ces plantes^ 
disposées ein grappes terminales. 

ijàbsinûiion premier dé Dîoscoride,oa le commun de PKne 
et de Galién , est notre Absinthe commone ( artemisialah" 
sîhthium ). 

U'absinihiitm pontique <m seriphium de Di^scorièe , est peut- 
lire ïart^mhla ponîku. Faisons otserver, cependant» qu'il est 
plus cjue probable que plusieurs espèces à^artetnisia ont dà 
être confoudu^'s sous ce n om,et que Virne distingue ra&sîii^^iiiiii 
de Pout, ànstnphium. Ainsi donc le véritable â5.5m/M'iim de 
Pont nVioit pas le strtphîum des Egyptiens; celui-ci a pu être 
Varlemîsîa ûâorathsima tic Desfontaines, ou J'a(rAi//i?ii œgypiiacaf 
eu lt& Urtemàia judaica oMsatUonlcû^ etc. Les botanistes mé- 
decins qui ont lesprernîcrs commenté les anciens , «ont d'o- 
piniûns très-dîvcrses à ce sujet : Da[lech)amp cite le SantO" 
7i/ia squarrosa ; mais ils n'ont pas manqué de reconnottre 
que bien des espèces àarteifiisia pouvoient remplacer le serê- 
phmm\ ainsf ils ont : i>^ Vabsinihiutn ^fr//>^iiim.desBelges, qui 
étoît Vartemhlti manUma\ :i,^Vabs, seHph. des Français , ou ar^ 
itmma gailica;^.^ le i^mphium d'Allemagne de Tragus, qui est 
le shymhrium sophica^ eic. Les mêmes doutes régnent à l'é- 
gard de VaLsinthitim santonicum. Si c'est une plante de Savoie 
qu'a voulu désigner Dioscoride, on peut croire qu'il s'agiroit 
de VarUmisia 'pallesiaca , encore très-célèbre dans les Alpes; 
&i c'est une plante âes|environs de Saintes , ne seroit-ce pas 
ïoHendsiàpàtniaia^ljSitnk? Aa reste, il en est de cette plante 
des anciens, comme de la précédente ; on loi asubstitué, dans 
l'usage, des plantes du même genre , et* de mêmes propriétés ^ 
ainsi : i.^ Uabsint, sanionicum de Judée , ou seheha des Arabes , 
est VarUmisia juddica ; 2.<^ Vabstnt. sant, d'Alexandiie ou Se- 
HENTIKE , ou semen sanctum ^ ou seriphium d* Alexandrie^ est 
Vartemisia santordca , L. ; Vabs, sont. d^Egypte est VachUlea 
oRgyptiaca^ L., etc. Nous ne ferons pas d'autres citations, mais 
nous reviendrons seulement sur l'emploi du mot seriphium , 
qui fait le sujet de cet article. L'on voit, d'après ce qui 
précède^ qu'il désigne peut^-^tre chez les anciens pne espèce 



s E R Si 

t^4niemism^ etnnepînite trèâ^coiiiraepar éai; aifisi Linnsaf 
aaroit pn s^en servir poar désigner celle 4^6 arlerttsia qiii poar« 
rolt avoir été Taocien seripfUu'^i i'a préféré nommer seriphium 
im genre du Cap de Bonne Espérance , très -voisin Ju stoebé 
et àeVûrUmisia^ et quin'esl pas adopté partoos les botanistes. 
Adanson le réunît à son ^ago , et Willdenow ic 4:onfoBâ . 
avec le sioelfi, en rapportant uiie espèce au genre ariemisia. 

SÉRIQPE , F. Cérique. (s.) 

SERiS. Dioscorî4e mentionne sous ce nom pirisiéurs plani- 
tes, qui parotssent être nos chicorées sauvage^ et des jar-^ 
i^ins, et leurs variétés. Le texte de Dioscoride parait altéré ed 
tette partie 5 4:ar il est très«di(Bis ; on y reconnoh néan* 
moins ^ue cet auteur admet les espèces et variétés suivantes 
de seris, 

\.^ Le sens saunage ^ subdivisé en deux variétés i dont uoé 
^ nommée pkris et cichorion; et une autre cultivée, qui avok les 
feuilles plus larges et de meilleur goût que celles du sens été 
jardin, 

3.^ Le seris de {ardin également partagé en àefix variétés ^ 
Tune à feuilles larges , semblables à la laitue y et Tautre k 
feuilles plus étroites et amères au goàt. 

La première espèce edt notre chicorée saqvage , r.ichonuni 
intybus , L. , et la deuxième notre endive, cichorium endioia^ L.^ 
dont unf variété à feuilles étroites est nommée indhiola (pe^ 
fite eiDdive), et scariola, comme qui diroit pi^ite chicorée» 11 né 
faut pas la confondre avec le iaduca scarloia » L. 

Dioscoride fait observer que les Seris sont astrîngetis et 
rafraîchissans , et des plantes amères. 

Pline et Théophraste se servent du mot intybus pour dé- 
signer lés chicorées. Pline est celui qui s'est le plus étendu 
sur leur chapitre ; mais il en parle d'une manière diffuse et 
entrecoupée ; il y a un iniyhus sauvage , appelé ^^r quelques 
auteurs latins aj7i6ii^«ia. Les Egyptiens lui dènnoient, selon 
Pliue , le nom de cichorium^ et leur seris éioxiVinlybùs des jar- 
dins , plante plus petite que Tautre espèce , et senïblàble à 
la laitue. Pline en distingue deux variétés , dont îme crois- 
jfeoit sans culture et étoit plus brune , meilleure, et ne se 
rencontrait qu'en été ; l'autre variété étoit plus blanche , et 
une plante d'hiver -.l'une et l'autre étoient stomachiques, rafraî- 
chissantes et résolutives , et on les mangeoit en salade. 

La première espèce des i/i/y/>zi5 ou la sauvage, étoit appelée, 
suivant Pline , ckreston et pancration^ par plusieurs auteurs j 
àk cause de ses vertus salutaires k la sauté de l'homme ; c'^- 
^oit un paissant emménagogue. 

Pline distingue un« troisième espèce SUntybus sauvage % 



ti s E R 

larges feiiilfes , que les Grecs appeloient hedfpnoU ; ee\ié 
herbe, mangée crue^ passoît pour avoir la propriété d'arrêter 
les dévoiemens , les écoulemens spermatiques , les dyssente^ 
ries, et de guérir les ulcérations intestinales. D'autres croient 
que cette plante est le ^isSE^LVi^leontodantaraxacum^ auquel 
on a rapporté aussi Vaphaca de Théophraste, plante tellement 
amère qu'il étoit impossible d'en manger. Elle fleurissoit tout 
à coup , et sa (leur se changeoit aussitôt en aigrette qui vol- 
tigeoit dans les airs ; ses fleurs se succédoient rapidement 
pendant Thiver, le printemps et l'été. (LN.) 

SERIS. Schwencfeld désigne ainsi le Tarin, (v.) 
SERISSE , Serissa. Arbrisseau très-rameiix , à feuilles 
opposées , réunies à leur base par une gaîne ciliée , comme 
épineuse , persistante , et à fleurs axillaires et solitaires anic 
sommets des rameaux , qui forme un genre dans la pentan* 
drie monogynie , et dans la famille des rubiacées. 

Ce genre offre pour caractères : un calice très-petit, à qua-^^ 
tre ou cinq divisions ; une corolle infundibuliforme , à tube 
cylindracé, velu en dedans, k limbe àquatee ou cinqlobes^ 
aigus ; quatre à cinq étamines à anthères presque sessiles et 
presque peltées ; un ovaire inférieur , surmonté d'un style 
bifide y à stigmate simple ; une baie à deux semences. ^ 

he^serisse est la même plante que le Lyciet du Japon , de 
Thunberg; le*DYSODE fascicule de Lonreiro ; le Buchoz 
COPROSMOÏDE de Lfaéritier. Il croît dans les partie» orien^ 
taies de l'Inde , et's'élève de trois à quatre pieds. C'est à 
faire des haies» qu'il s'emf^loie le plus généralement. On le 
cultive dans les jardins de Paris. Il est d'un bel aspect , mais 
Bes feuilles froissées répandent une odeur très-désagréa^ 
ble. (B.) 

^ SERIVAN. Nom de rOaTOLAN de koseaux, en Pié- 
mont, (y.) 

SERJANIA de Plumier. V, Paulunia et Sériane. (ln.) 
SERMONTAlSE. Nom de la Livèche ligustique. (b.) 
SERMONTANUM de Césalpin. C'est le ligusUcum siler^ 
Linn. (LN.) 
SERO. A Nice , c'est le Labre paon, (desm.) 
SERO, SEIRO.Noms provençaux de la GRnrEDRAiNE.(v.> 
SEROKA. C'est le PoLyGALA seneca. (b.) ' 
SERONI. Les Malais donnent ce nom à FArmoise. (b.) 
SEROTINE. C'est le nom d'une espèce de Chaute-sou* 
RIS de noire pays. V. l'article Vespertïlion. (desm.) 

SEROTINE ( GRANDE ) DE LA GUYANE. Autre 
Chéiroptère d>i genre Vespertïlion. (desm.) 

SEROUDELIO. Dans le midi de la France ^ on donne 
ce nom au Seigle de mars* (desm») 



s E R M 

^ERP£, GasUropUcus. Poisson da golfe du Mexique , Te-* 
gardé par Gronovios, en titre de genre,mal ii propos rapporté 
aux Saumons et aux Clupées , et que Lacépède a caracté- 
risé par un corps très- comprimé ; un ventre tranchant cl 
courbé en demi-cercle ; deux |^ageoires dorsales ; les ven- 
trales extrêmement petites. 

Rîsso nous a fait connoître, dans son ouvrage intitulé Ich' 
ibyologie de Nice, trois nouvelles espèces de ce genre, savoir» 
la Serpe crocodile et la Serpe humbolot, qui constituent 
aujourd'hui le sous-genre Scopèle jie Cuvier , et la Serp« 
PETITE bouche 9 que ce dernier regarde comme le type d'ua 
genre qu'il a appelé Microstome. (b.) 

SERPENS y Serpentes, Ophidiens des méthodistes. Par- 
mi toutes les espèces d'animaux dont la nature a comme pa^ 
semé la terre , il est une famille redoutable par les armes 
dont quelques indiridus sont munis , et par la seule terreur 
dont ellelfrappe tous les êtres vivans. Pourquoi l'aspect da 
^er)9^ii/ épouvante-t>il taus les animaux p Ceux même qui n'ea 
connoissent point le danger, ou qui n'ont guère il redouter 
leurs atteintes , sont effrayés^ la vue de cette bête rampante; 
et cette sensation est générale chez presque tous les quadru«>^. 
pèdes , les oiseaux et les reptiles ( excepté les serpens eux- 
mêmes ). Elle dérive de la même source, que cetle frayeur 
subite qui saisit un jeune chien , à l'aspect du premier ioup- 
qu'il voit de sa vie , et que l'antipathie du chai pour la souris , 
etc. C'est un instinct inconnu , qui dit à tout être de copser- 
ver son existence , en lui montrant ses ennemis natuVelSt 
Sans doute , l'homme peut aisément maîtriser cette frayeur, 
en considérant sa puissance et ses armes ; cependant , il 
n'est presque jamab capable de résister à la subite impresn 
sion que lui cause un reptile qui se dresse en sifflant , le re- 
garde , l'œil étincelant , la gueule enflammée , la dent prête 
à la mort , et la langue savourant d'avance le sang d^si 
victime. Le naturaliste reconnott aussitôt l'espèce , et 
distingue d'un coup d'oeil l'animai innocent , du serpent ve-* 
i^meux ; il connott le remède et la source du mal , s' avance 
sans craiqte, et se' repose avec sécurité sous ronû>rage des 
forêts , en admirant les richesses de la nature , tandis que le. 
aerpent rampe à ses pieds , au niilieu des feuilles morte», 
qu'il agite. 

Dé tout temps , cet animal fut l'emblème de la prudence , 
à cause de sa timidité. On a peut-êtr« même comparé cette, 
vertu timide à la progression souple et ondoyante de ce. 
reptile , de même que le caractère mâle et fier du lion dé^ 
iMgna de tout temps la force et le courage. Comme le serpent 
l^it long'temps'i et sen^ble se rajeunir chaque printemps 9 ei^ 



H vS E R 

cliange»|if d'épidérme ,il de?int aussi lesymbole derëternifi^, 
et on le roaja eii cercle, pour eiprîmer que ie temps n'a ni* 
commenceinent ni fin , et qu'il retourne perpëtuellemexit 
aur ses traces. Sa marche insinuante désigna les qualités 
d*une douce et persuasive élojquence ; aussi , étoit-il Torne- 
ment du caducée de Mercure*; et la première mère du genre 
humain fut séduite par cet animal hypocrite et trompeur : em- 
blème ingénieux de la vaine curiosité qui tourmente Thomme, 
et Tentraîne dans le précipice du crime', sous Tapparence d« 
bien. Enfin , les Grecs couvrirent de serpens la tête des 
Euménides; ils en armèrent la main des Furies. Le serpent 
Python^ né après le déluge de Deucalion^ et tué par Apollon, 
est Tallégorie des maladies contagieuses des pays humides , 
que dissipe Tardeur de Tété ; c'est ainsi que la peste cesse e<i 
Egypte , au solstice d'été. La coulewre prudente orna jadis (e 
bâton d'Esculape pour désigner la circonspiection qu'on doit 
apporter dans le traitement des maladies ; elle reçut la noor^ 
nture de la déesse de la santé ( Hygie), pour marquer que 
la tempérance dans le -boire et le manger, est la source d'uqe 
longue vie. Toutes ces fables ingénieuses annoncent que les 
anciens avoient mieux observé que nous les mœurs des ser-^ 
pens. Cet animal est même un objet de vénération chez plu- 
sieurs peuples d'Afrique el d'Amérique. Au royaume de Joi-» 
da , on adore la coîdeuçre daboîe , le serpent deoin , etc. Ce 
sont les fétiches, les dieux familiers de ces peuples supersii- 
tîeux«( Desmarchais , dans VHist, génér. des Voyages , t. xiv, 
p. 36g , édit. in- 12 ). Au Malabar, on vénère le serpent à 
lunettes , et on ne lue aucune couleuvre ( HisL gêner, def 
Voyages y t. XLiil, p. 34i , seq. ), Seroit-ce l'impression pro- 
fonde de la frayeur , qui auroit établi ces opinions î 

Ësse deosfecit timor, quâ nempè rcmolâ 



— ^ TeiTipla ruent. 



Quoiqu'il en soit , considérons les serpens en eux-mémesy 
leur nutrition , leurs «mours et leur genre de vie ; car on 4 
exagéré bien des choses au sujet de ces animaux. 

De la j^ature et de VOrganisaiîon des serpens. 

Tout le monde connott la forme, extérieure des serpens. 
Leurs organes internes lui correspondent : ils sont tous pro-» 
longés , et pour ainsi-dire tirés à la filière. Leur squelette 
est formé d'un très-grand nombre de vertèbres très^mobiles^^ 
et àt côtes. Il n'y a point de sternum dans les véritables ser* 
pens; mais on en trouve' eticore chez Vorpet.A^ophîsaure ou 
les anguh ,.qui , par--là , se rapprochent dés lézards , seps ^ 
(etc. ( Mich. Oppel , Mém. mr les ophidiens , AanaL Mm/ 



s E R 55 

A^Hîst. nat ^ tom. xvi , p. a5S« ) De même , les angnis ont 
encore une membrane clignotante , ou troisième paupière 
i^ai manque aux vrais ophidiens. Ceux-ci ae mQntteqt ni o$ 
du bassin , ni conduit extérieur des oreilles , ni c^^rapace ou 
plastron , comme les autres reptiles. licur corps est protégé 
par des écailles^ excepté chez lescécilies^qui se rapprochent, 
par beaucoup de caractères ^ des batraciens. Les orvets et 
ophisaures pressentent en effet, spus la peau,4^s vestiges d'os 
dubassin, une omoplate , et même un rudiment de clavicule, 
tant ce sont, pour ainsi dire, des lézards imparfaits , ou des 
serpens qui veulent le devenir. Tous ont aussi au cœur ieux 
oreillettes , ainsi que les sauriens ou lézards ; deux ovaires , 
chez les femelles , et une verge double, par fois mvriqnée f 
chez l^s mâles ; mais un seul poumon bien développé , Tau-- 
tre étant oblitéré et placé inférieurement. 

Les véritables serpens se distinguent « i.® en ceux dpnt 1^ 
mâchoire inférieure est articulée immédiatement an crâqe , 
et dont la tête n'est pas plus grosse que le corps ou même mxt 
la queue, de soite qu'ils sont les plus cylindriques et ont 1 1|-- 
nus presque à l'extrémité du corps. On croiroit qu'ils ont une 
tête À chaque bout, parce qu'ils pCMvent égaleipent marchef 
en avançant et en reculant , ce qui les a fait nommer amphis" 
bènes par les anciens, ou double-marcheurs. Ils ont de petits 
yeux , une courte langue , nulles dents ^ venin ^ un sei^l pou* 
mon. Par celte articulation de leurs mâchoires , ils ne ppa-' 
vent point avaler de grosse proie comme les suivans. 

2.<> L^ serpens proprement dits ont le pédicule 4^ lear 
mâchoire inférieure mobile , suspendu à un os analogue a^ 
mastoïdien , pour l'ordinaire , lequel n'est adhérent ^u crân^ 
qu'au moyen de ligamens et de muscles extensibles. Les o^ 
maxillaires de chaque c6té ne s'unissent en devant qfie par 
des ligamens; de là vient que ces reptiles ont la plus grande 
facilité d'avaler des animai»x trois fois plus gros qu'eux \ car 
leur œsophage peut s'élargir aiissi complais^ment. Nos 
couleuvres avalent sans diffioalté de^ crapauds , des rats 9 ^^ 
mulots, etc. Mais les gros serpens des Indes ep^louti^s/ept 
4es chèvres , àt% cer& , etc. £n outre , Us os paldtm9,plu3 o.u 
moins mobiles aussi , sont armés de petites dents recour- 
bées en arrière pour arrêter leur proie. Alais comi^ la grns^ 
«eur de cèlle-ei pourroit étouffer les serpens qjui sont long- 
temps à i'auraier , la nalure h^ donna une trachée-artèr.e 
longue , toute cartilagineuse et en anneaux , afin 4e résister 
à la pression, et de laisser passer l'air pour ^espjrer; iji nV^ 
guère qu'un seul poumon avec un vesitige du seçopA* 

Parmi ces serpens k mâchoires jpi^biles , le^ nns ne sont 
point munis de crochets venimeux 9 mais seulement 4^ dents 



56 S E R * 

fixes, non creuses, en quatre rangées, ordinairement, à 1â 
ipâchoire supérieure et aux arcades palatines , et deux rangs 
à l'inférieure. Tels sont les genres iortnx, boa^ qui deviennent 
fie la taille énorme de quarante pieds et peuvent avaler même 
des bœufs 9 dit-on; les erix^ les erpeion^ et surtout aussi les 
fcouleuvres qu'on distingue en pythons , grands serpens d^eau, 
en hurria , en dipsas , çn couleuçres proprement dites,* et en 
acrochordes , qui ne sont point dangereux, cdmme on le 
çroyoit. 

Il y a deux sortes de serpens venimeux : d'abord ceux qui 
possèdent des dents maxillaires à peu près semblables à celles 
des couleuvres précédentes , quoiqu'en moindre nombre à la 
rangée extéiç^^ ure ; mais la plus postérieure de ces dents est 
fort longue, creuse , posée sur une vésicule à venin, ^t fait 
ainsi des blessures funestes. Tels sont les serpens des rocbes, 
des Indes, ou bongares de Daudin ((aux ho^s ^ pseudoboa 
d'Oppel) , les irimérésures de M. Lacépède, les hydres on 
serpens d'eau (^hydrophis, Daudin), et les chersydres de 
M. Cuvier; ces espèces aquatiques ont la queue aplatie en 
rame , et de très-petites écailles sur le corpS. On en trouve 
dans les eaux douces et dans la mer , et on prétend qu'il en 
existe ipême des espèces d'une grandeur colossale , quoique 
nous soyons loin d'ajouter foi aux histoires d'énormes ser- 

Îens marins , racontées par des navigateurs et accueillies par 
^ontoppidan et d'autres auteurs crédules. 
Les plus venimeuiç des serpens sont remarquables par la 
singulière organisation .de leurs mâchoires et de leurs crochets 
à venin. Un long pédicule osseux, analogue à l'apophyse 
ptérigoïde de l'os sphénoïde, et fort mobile, soutient les 
os maxillaires supérieurs qui portent une dent longue , aiguë, 
crochue , fistuleuse qu creusée d'un canal et posée sur une 
glande située au dessous de l'œil. Cette glande sécrète une 
humeur venîmeiise , jaune , qui n'est ni acide ni alcaline au 
goAt, comnie s'en est assuré Fontana.Quand l'animal ne veut 
pas blesser de son yenin,cette dentse courbe ou se cache dans 
un repli de la gencive. Derrière ce crochet redoutable, il en 
existe d'autres plus petits successiven^nt , destinés à rempla- 
cer le premier, qui se casse souvent dans la plaie qu'il fait* 
Ces crochets venimeux ne sont point, à proprement parler, 
mobiles eux-mêmes, mais bien l'os qui les soutient. Il y a 
d'autres dents non venimeuses, en outre , chez ces serpens f 
mais seulement deux rangées , aux os palatins. 

La tête de ces animaux parpît triangulaire ou élargie aux 
côtés, parce que les crochets prennent plus d'espace. Lsi 
langue est aussi fort prolongée parmi ces espèces , et le go- 
sier trè»-dilatable. Il n'y a jamais de crochets à veotn qu'à 1% 



s E R 57 

Tnâclioire sopërSeore. La nature a rendu ces espèces vivipares» 
ou plutôt ovovivipares ( Fwez GEuF ); car leurs œufs éclo- 
sent dans le sein maternel; de là vient le nom de vipères f 
contracté de vivipare ( bien qu'il y ait aussi des serpens non 
venimeux qui soient vivipares ). 

Les genres les plus venimeux^sont ,, comme on sait^ pria— 
'cipalement les crotales ou serpens à sonnettes, les ^scy taies , 
lachesb tUcenchris , acanthopms de Daudin; le langaha de 
Bruguière, les vipères ^ les trigonocéphales , les plalures on 
queues ^Za^ y aussi serpens aquatiques; les naja ou serpent 
à lunette qui rehffent leur cou dans la colère ; les elaps , etc. 

On fait une distinction particulière de serpens à peau nue 
ou sans écailles, qui se rapprochent par plusieurs caractères 
des batraciens, et qu'on a m%ne classés parmi ceux-ci : telles 
sont les cécilies, ainsi appelées à cause de Textrêifte petitesse 
àe leurs yeux qui les rend aveugles. Elles ont des cotes si 
courtes qu'on n'en voit q^e des rudimens; leur peau est hu-» 
mide et visqueuse comme chez les salamandres ; l'anus est aa 
bout de la queue. Le crâne s'unit à la première vertèbre par 
deux condyles , comme dans les tritons et salamandres ; les 
vertèbres s'articulent par des côaes creux pleins d'un carti- 
lage ainsi que çhe? les poissoi}s. Ce ne sont pas des animaux 
venimeux ; ils paroissent vivre dans le voisinage des eaux » 
et féconder leurs œufs hors du corps ^ comme les batraciens. 

L'on compte à peu près un sixième on un cinquième de 
serpens armés de ces traits dangereux. Daudin a compté 
quatre-vingts espèces venimeuses , et deux cent trente-trois 
non venimeuses. Parmi les quarante-trois espèces décrites â 
la côte de Coromandel par Bussel , sept sont dangereuses. 
£n Amérique, il existe à peu près un cinquième de races for- 
midables par leur venin , et un quart , en Europe ; les autres» 
innocentes créatures , rampent tranquillement sur la terre » 
profitant quelquefois de la terreur qu'inspirent les espèces 
venimeuses, et portant souvent la peine non méritée d'un 
crime dont ils ne sont pas coupables^ Au contraire, ils nous 
débarrassent d'une foule d'insectes nuisibles, de crapauds 
immondes^de souris, de rats, de mulots, et4'autres animaux 
^ rongeurs. Ils peuvent même s'apprivoiser, s'affectionner» 
s'attacher par une sorte d'amitié aux personnes qui en pren* 
nent soin; et ces exemples ne sont pas rares au midi de TI* 
falie et en Asie. Des femmes rendebt domestique la couleu- 
vre à collier; elles la portent autour de leurs bras, elles la ré- 
chauffent dans leur sein , et s'en font suivre dans leurs pro« 
menades. Je rappellerai à cette occasion, que j'ai vu un ca- 
pucin prendre dans ses mains les crapauds les plus hideux, 
^t les caresser sans en -éprouver le moindre mal. F. les rc« 



58 S E R 

mèdes qu'on peut opposer aux morsures des Serpens , à Târ* 
ticie PoisoT^s AiaMAUx. 

Tous les serpens rivent de matières anCmales , qu'ils di- 
^rent lentement ; car leur estomac membraneux est foîble. 
C'est peut-être à cette cause qu'il faut attribuer l'odeur fade 
et nauséeuse qu'ils exhalent. Les serpens des Indes répandent 
même upe vapeur qui fait défaillir le cœur y et que les nègres 
reconnoissent de fort loin ; elle ressemble à l'hakine fétide 
de quelques personnes qui digèrent mal , ou ramassent des 
mucosités sales dans leur estomac par de mauvais alimens. 
Comme ces serpens digèrent avec lenteur /ils mangent rare^' 
ment , surtout pendant les temps un peu froids ; un repas 
leur suffit pour quelques semaines , et ils ne boivent pas , 
• car ils transpirent très-peu à ciuse de leur peau épaisse et 
écailleuse. On a même tenu long-temps des serpens dans 
des vaseSf sans leur donner à mangerfcequi n'a pas empêché 
qu'ils n'augmentassent en volume. Des boiquiras ont ainsi 
été apportés vîvans d'Amérique en Europe sans manger, 

La langue des serpens est ordinairement fendue en deux 
et pointue, de sorte que lorsqu'ils l'agitent dans leur gueule, 
il semble qu'ils brandissent deux javelots. Mais cette langue 
n'est pas dangci^euse , car elle est incapable de piquer , et n'a 

f>oint de venin , comme le suppose le vulgaire en disant que 
a calomnie a' une langue de vipère. La trachée-artère des 
serpens est composée d'anneaux entièrement cartilagineux, 
qui résistent à la pression; ce {|ui.étoit nécessaire, puisque 
ces animaux employant beaucono de temps pour avaler en- 
tièrement une grosse proie qui remplit toute leur gorge , 
ils n^auroient pas pu respirer pendant cette déglutition , si la 
trachée-artère eût été comprimée. On a vu des serpens de- 
meurer plusieurs jours pour avaler une grande proie , de 
sorte qtie la partie qui étoit arrivée dans l'estomat étoit di- 
gérée avant que les portions qui étoient encore au-dehors de 
ïa gueule eussent été entamées ; et comme cette digestion est 
très-laborieuse , certaines espèces de serpens sont plongées 
alors dans un état de stapeur et d'insensibilité qui les livre 
^ans défense à leurs ennemis. 

On assure que nos couleuvres tètent le pis des vaches , et 
qu'elles aiment passionnément le lait. J'ignore jusqu'à quel 
point cette assertion est fondée , car il y a peu d'observateurs 
qui aient aperçu ce fait ; ce sont des bergers , des habitans 
des campagnes qui peuvent en être les témoins; mais en n<^ 

{)eut pas toujours leur accorder une entière confiance , car 
eur opinion est peu vraisemblable. 

Xia trachée-artère cartilagineuse des serpens donne plu^ 



s E R 59 

Ae forée et dlnlensîtë k leur voîx; aussi ces animaux sifflent 
qoelqaefols d'une manière effrayante : 

Sîbila lambebant llngiiis vVbrantibus ora. • 

surtout au temps de Pamour, lorsque la chaleur de Tatmo- 
sphère échauffe le^rcôrps et communique à leurs muscles une 
nouvelle vîgiieur. 

L'accouplement des serpens se fait au printemps, par un 
beau soleil, et sur un terrain nu; lii, dans leurs étreintes 
amoureuses, ils se frottent ensemble, s'entortillent et se joi* 
gnent par un véritable coït ; le mâle a une verge double ou 
fourchue , ainsi que la langue. Cette verge double se loge dans 
une gatne près de Tanus; ainsi elle féconde à la fois chacun 
des deut ovaires de la femelle. Quelques espèces sont même 
pourvues d'un scrotum épineux qui renferme les testicules , et 
ces épines servent h fixer la femelle pendant Taccouplement, 
qui dure plusieurs heures. Au bout de quelques semaines la 
femelle pond ^es oeufs UQmbreux, qu'elle cache dans le sable, 
sans en prendre aucun soin;mais la chaleur de la saison les fait 
ëclore dix k douze jours après. Ces œufs sont couverts d'une 
coque membraneuse; la mère ne les perd pas de vue, chez 
quelques espèces, quoiqu'elle ne les couve pas. Les petits en 
sortent tout parfaits, traînant encore une sorte de' cordon 
ombilical qui se détache enfin. Ils cherchent leur nourriture 
•d'eux-mêmes,* et l'instinct, chez eux, supplée à la connoîs- 
sance et aux soins de leur mère. L'ovaire des femelles 
des serpens est double ; chacun a un long oviductus , qui se 
Fend à l'anus. Dans presque toutes les espèces venimeuses, 
les œufs se développent intéAeurement, et laissent sortir les 
jenùes serpens tout formés hors du corps. Ainsi, quoiqu'ils 
soient réellement ovipares à l'intérieur, us paroissent vivipa- 
res. Telle est la vipère, l'aspic, le prester ou vipère noire, etc. 
Cependant plusieurs espèces non - venimeuses sont aussi 
ovovivipares , comme des boas, l'anacondo, l'orvet et des, 
couleuvres, le demi-collier, la vipérine , etc. J'en ai trouvé 
une qui avoit huit serpenteaux dans les oviductus , et trois qui ,, 
déjà sortis, rampoient fort vivement, quoiqu'ils eussent à 
peine deux pouces et demi de longueur et la grosseur d'ui| 
tuyau depaille. 

L'accroissement des serpens est assez lent , parce qu'ils ' 
▼ivent longuement; d'ailleurs, ils demeurent engourdis pen- 
dant tout l'hiver dans nos climats, en sorte que leur vie est 
pour ainsi dire suspendue. Alors ils se tiennent dans de^ 
trous , en terre, s'y roulent sur eux-mêmes et plusieurs en- 
semble ; ils passent ainsi toute la mauvaise saison. Dans les, 

beaux jours du [ ' " 

nid, se dresseiit* 



(sciii aiusi luuie la iii<iuv<usc 9<tiauu. x^au^ «c^ 

printemps, ils s'éveillent, sortent de leur 

t) l'a^te^t à Taspeçl du soleil c^ui les ramèae 



6o S E R 

à la vie , et se préparent à changer d^épiderme ; car chaqné 
année ces animaux éprouvent une mue. En effet , l^épiderme 
de l'année précédente étant durci et devenu incapable d'ex- 
tension, est forcé de se fendre, et enfin de se détacher en 
lambeaux f ou même en fourreau, qui retient encore la 
forme du corps. Pour cette opération , le serpent se frotte 
entre deux pierres afin de déchirer cette pellicule qui est 
transparente. Toutes^ les parties extérieures du corps , et 
même la cornée ou les yeux , se dépouillent ainsi. ( F. Dé- 
pouilles DE sERPEi<s et Mu£.),Alors le cprps semble se rajeu- 
nir ; ses couleurs sont beaucoup plus éclatantes. Les serpens 
à sonnettes ont en particulier un organe assez remarquable 
au bout de leur queue ; ce sont des anneaux coniques , em- 
boîtés et adhérens , qui sont formés des dépouilles annuelles 
de leur mue ; celles-ci deviennent cette membrane sèche et 
crépitante comme le parchemin , et qui fait du bruit lors- 
quMs rampent. Cette sorte de cliquetis décèle leur approche , 
que rhomme redoute beaucoup , parce.quUls sont armés d*ua 
venin extrêmement dang^eux'. Ces sonnettes augmentent 
d'un nouvel anneau chaque année , car cet anneau n'est au- 
tre chose qu'une portion de Tépiderme , dont le serpent se 
dépouille au printemps. 

Lucain , dans sa Pharsale , et Nicandre , en son poëme 
de Theiiacis^ nous ont laissé une nomenclature de serpens , 
et une idée de leurâ venins , qui présente , à cet égard , pres« 

Îue toute la science ^^s anciens. Le premier suppose que 
^ersée, ayant tranché la tête de Méduse , les gouttes de 
sang qui s'en écoulèren^, sur le sol de la Libye ^ se trans- 
formèrent en serpens , comme l'«explique aussi Ovide , liv. 4 
des Métamorphoses. Lucain décrit aussi les principaux ser- 
pens venimeux d'Afrique, qui se trouvent encore aujourd'hui 
dans le Ouangarah : 

Hic , quœ prima caput morît de pulvere tabès 

Aspida tomniferam tumidâ cervice leva^it. -. . . . 

Squamîferos ingens httmorrhois explicat orbes ; 

Katus et ambiguë coloret qui Syrtidos arva 

ChersydroJ f tractique via fumante chefydri ; I 

£t semper recto lapsurus limite cenchris : 

Pluribus ille notis yariatam pingitur alvum , 

8uam parvis tinctus maculis thebanus Opàites : 
ODColor eyustis , atque indiscretus arenis 
Ammodyiesî splnâque vagi torquente Cerasitt : 
£t Scyiale sparsis etîam nunc sola pruinb 
Exuvias positura suas , et torrida Dipsas : 
Et gravis in geminum surgciîs caput Amphishœna ; 
Et Natris violator aqus , Jaculi que voiucres , 
Et contentas iter caudâ sulcare Pareasx 
Oraque distendens avidus spumantia Prester : 
Ossaque dissolvens cum corpore tabificus Seps : • . 
. • . . . - £t îo vacuâ regaat Basilifcus arçnà S elc^ 



s E R , Ct 

JJhypnaiéj espèce d^aspic, îài&oii périr en donnant; et 
Cléopâlre en acheta pour mourir , dit Solin , chap. 4o , d'a-^ 

{nés Nicander. L^hémorrhoïs faîsoit sortir le sang par tous 
es pores. Le chersydre étoit amphibie et nageoit dans les 
eaux , selon Nicander. I^s chélydres sont nommés dtyinas 
par Nicander ; ils répandoient des«yapeors nauséabondes. Le 
cenchris ne se rouloit jamais en spires comme les autres ser* 
pens. L^ophite étoit également une sorte de marbre serpen<^ 
tine, ainsi nommé à cause de ses taches. L'ammodyte Se ca- 
choit dans le sable. Les cérastes aroient ou quatre ou deux 
cornes ( Solin , eh. 4o ; Pline , liv. 8 , chap. aS ). Le scytale 
étoit Je premier à se diépouiller au printemps. La dipsade 
causoit , par sa morsure , une soif brûlante , inextinguible. 
L'amphisbène sembloit avoir une tête à chaque extrémité ^ 
et s'avançoit en Tun et l'autre sens. La nafrix étoit un ser- 
pent aquatique ; \e jacuhts ou dard, de dessus les arbres ^ 
s'élaoçoit comme une flèche. Le pareas ayant deux pattes 
près de sa queue, s'en aidoit pour s'avancer. Le prester s'é* 
lançoit aussi comme un javelot Le seps faisoit tomber ea 
pourriture les membres, par son venin; et le basilic , par 
son sifflement et son regard horrible , tuoit sa proie; soa 
odeur étoit égaleg^ent meurtrière , disent Pline , liv. 8 ^ 
chap. SI, Solin 9 chap. 4o, et*Nicander. Avicenne ajouta 
aussi avec ces auteurs , qu'il porloit suf la tête une tache 
blanche comme un diadème royaL 

On dit que les serpens sont rusés , mais ils sont plutôt 
timides ; ils ont d'ailleurs peu de sensibilité ; leur cerveau 
étant fort petit , ne perm^ pas de leur supposer beaucoup 
d'intelligence. L'ouïe et surtout la vue paroissent être leurs 
«ens les plus parfaits. Cependant on ne leur trouve plus 
guère qu'un os à l'oreille , et le cadre du tympan est à Ueur 
de tête chez la plupart. Les mœurs des serpens sont assez 
douces , et , privés de membres , ils ne peuvent se transpor- 
ter vivement d'un lieu k un autre. Cependant ils savent s'é« 
lancer assez loiiK Pour cela , ils se roulent sur eoK'-mémes ^ 
la tête élevée sur le sol ; et se détendant comme un ressort 
par la vive et soudaine contraction de tous leurs muscles y 
ils sont lancés avec force ( F.^Iouvemrns des animaux). 
Ayant un jour tiré un coup de fusil chargé de petit plomb , 
sur une couleuvre , elle sauta plus de trois pieds en l'air ^ 
reçut le coup sans être tuée ni même entamée , quoique je 
fasse à dix pas d'elle ; seulement elle étoit meurtrie et assom* 
mée. 

Les gros serpens des Indes , qui ont jusqu'à vingt-cinq 
pieds de longueur , sont très-forts ; ils s'entortillent autour 
à'uu arbre, en embuscade , y attendent l'arrivée de quelque 



6j s E R 

ludimal , qu^iU arrêtent , qm^ils ëtouffent dans leurs replis 
tortueux ; qu'ils courrent., 4ans leur rage, d'une bave éca- 
ineuse qui les ramollit, et qu'ils dévorent à loisir. Les autres 
serpensy plus petits, grimpent sur les arbres , y vont cher* 
«Uier les oiseaux jusque dans leurs nids , et tuent sans pitié 
ces IÇoibles et naissaas volatiles qui ne peuvent pas encore 
faire usage 4e lewrs ailes. La mère craintive ne peut les 
soustraire à leurs dents meurtrières , et contemple de loin ^ 
en gémissant ,«a chère couvée que déchirent ces reptiles. 

Si les serpens saotnt fasciner leur proie. 

C'est une opinion fort ancienne que celle qui attribue aux 
serpens le pouvoir de charmer , ou plutôt de stupéfier leur 
proie par l'épouvante. Pline, Hùii. uaLj liv. 218, chap. i4» 
d'après le philosophe Métrodore , dit que/ c'est au moyen 
d'une vapeur nauséabonde , exhalée par ces reptiles , que' 
ceux-ci frappent leur proie d'une sorte d'asphyxie. Il est 
conn\i5 à la vérité , que les nègres et les sauvages devinent, 
par l'odorat, la présence des serpens dans les savanes , à 
l'odeur nauséabonde qui sort de leur haleine ; et M. de La- 
ftépède n'est pas éloigné de penser que cette vapeur suffît 
pour agir ji distance sur les animaux etjes stupéfier ( HisL 
des serpens , Paris , 1789 , pag. 355 et 4.09 ). Ainsi, ce ne se- 
l'oit pas l'imaginaiion seule ou l'impression de frayeur ^ qui 
opéreroit ce singulier résultat. 

Pierre Kalm assure que des écureuils » au haut d'un arbre, 
étant regardés fixement par des serpens qui sifflent en dar- 
' dant leur langue fourchue hors de leur gueule béante ,, ce^r 
petits quadrupèdes sont contraims de tomber dans la gor^e 
du reptile qui les engloutit ( Travels inio the north America , 
4rad. angl., 177Q, Lond. , in-8.^, tom. i, pag. 817, et tom. 
2 , pag. «07 , fig.). L'illustre Linnaens adopta sans difficulté 
Je récit de son élève. Bartram a remarqué que tous les Amé- 
ricains sauvages du Nord supposoient , dans les serpens , 
une puissyipice secrète , vis ahdiia quœdam , comme aussi lear 
anciens le disoient du regard meurtrier du basilic ( Traoels 
through nerlh ami south Carolina j etc., Philadelph., 1791 )• 
Plusieurs auteurs célèbres admettent cette fascination des^ 
serpens ; ils tâchent de l'expliquer par des efOuves, par une 
sorte d'haleine empestée que ces reptiles lancent vers leur 
^victime (H ans Sioane, Jamaiq. ; Lawson, Catesby r Bric-^ 
kel, Hislor. of Carolina , pag. lU.', Colden, Traoels^ tom. i, 
pag. 12; Htycrley j of Virginia , pag. 260, etc.). 

Mais ces faits ne sont pas constatés vrais , d'après un sa- 
vant mémoire de Barton ( The fasciruUing faadiy widi has 
been ascribtd io ikc ratUe srmke ^ and otker A^ricen serpenis^ 



s E R 6Î 

MiUd., 17969 iii-8.<>9 et snppl. 1&00). Les serpensne char- 
mentni insectes 9 ni oiseaux, ni d^âotres animaux. Vosmaer 
a renfermé un bmant , emberiza hyemalis , L» , dans «me cage 
avec cm boiquira , serpent à sonnettes , et Toîsean, loin d'ê- 
tre stupéfant par ce cmtalus horriâus , lai becqueta le dos. 
Bartram n'a jamais pu voir lui-même d'exemples de ces en- 
chJbtemens ( ibid. , pag. 267 ). Stedmann réfute aussi Topi- 
nîon de Bancroft , qui soutenoit la vérité de ces effets dans 
les serpens de la Guyane (^HiHi nat. cfGnyan*^ paç. ao5 ^ 
Lond.9 1769, in-8.»), et Pennam les combat pareillement 
( British Zool.y pag. 34 ). 

Ce qui a donné Heu à cette opinion si générale de fasci- 
nation y ne parott donc être que la terreur inspirée par les 
serpens; car les animaux , ainsi que Tbomme, sont suscepti-» 
l>lès d'éprouver cette frayeur subite , à l'aspect imprévu d'un 
hideux reptile. Cette frayeur peut suspendre les forces, 
abattre , stupéfier , faire tomber en syncope; tous effets dé- 
rivaiis de Timagination frappée. C'est ainsi que la présence 
d'un homme menaçant impose au chien ; le regard de celui* 
ci arrête la perdrix. Les anciens prétendoient qu'un berger, 
qui est regardé inopinément par des loups , perd la voix^ oil 
qu'elle devient rauque : lupi mœrim vidêre priores : mais qui ne 
sait qu'un orateur la perd souvent devant une assemblée oa 
quelque grand personnage, par timidité : vox faucibus hœsUF 
Kous conclurons donc avccBarton et d'autres observateurs, 
que la frayeur est la vraie cause de cette prétendue fascina- 
tion des serpens, qui n'a pas lien même en toute circons- 
tance. 

Les Indiens ont appris à manier les serpens sans danger , 
à les étourdir , et , pour ainsi dire , à les enc^nter. Ils les 
dressent à une espèce de danse, et à se mou\Wir suivant le 
rhythme d'une chanson. On a parlé jadis des Psyiles et des 
Marses , peuples arabes qui savoient charmer les serpens, et : 

Ad quorum cantus mites jacuére cerast» 

Frigidus in pratis cantandu rumpitur anguis. 

Kaempfer ( Amœn. exot , fasç. 3. ) raconte que les bateleurs , 
qui font ce métier , se munissent d'une racine qu'ils assurent 
être un préservatif des morsures venimeuses ; ils agacent le 
serpent k lunettes {coluber naja , Lion. ) d'un coup de ba-^ 
guette ; celui-ci se dressé , se renfle , darde sa langue , et la 
gueule béante , l'oeil ctincélanf , fixe ses regards sur le poing 
qu'on lui présente, et qu'on agite en cadence; l'animal en 
suit les divers mouvemens à droite et à gauche , ou de haut 
en bas. On l'exerce d'avance à cet usage , et on épuise son 
▼enin en le feisimt mordre à diverses reprises une étoOk 



64- S E R 

épaisse. On assure, au reste ^ que les racines du polygalase^^ 
ne^Qy Lion., et de Vopkiorrhiza mungos , Lâpn. , sont spéciû* 
ques contre le venin à^% serpcns ; on prétend aussi que ces 
animaux fuient la livéche , ligusticum lemticum , Linn. , et 
quHls ne se trouvent jamais dans les mêmes lieux que cette 

filante, dont T odeur forte les étourdit, de manière que si 
'on frotte ,ses mains des feuilles de ce végétal , on potfnra 
manier sans crainte les serpens les plus venimeux. 

Presque jamais les serpens n'attaquent Thomme sans être 
provoquésT ; ils fuient plutôt sa présence ^ lors même quMs 
n'ont rien à en redouter. Leur venin est d^autant plus actif et 
terrible, que le climat qu'ils habitent est plus ardent. Il y en 
a beaucoup dans les terrains chauds et humides de l'Afrique , 
de TAsie et l'Amérique , sous les tropiques , où la végétation 
est opulente. Ainsi , la zone tempérée boréale présente plus 
de serpens que cette zone australe. Il y a environ quinze es- 
pèces de serpens connus en Europe. Russel en a décrit qua- . 
rante-trois espèces sur les côtes du Bengale et de Coroman- 
del. U *en existe abondamment, surtout dans l'Amérique 
équinoxiale , où tous les êtres organisés reçoivent du soleil 
et de l'humidité une plus grande variété de formes et un dé> 
vcloppement plus rapide de la vie. De même , la Louisiane, 
les Florides , les États - Unis , offrant des terres plus hu- 
laides qu^ la Barbarie , l'Espagne et la Grèce , on trouve 
dans les premières contrées un plus grand nombre de ser- 
pens. Ainsi , sur trois cent vingt serpens décrits , l'Amé^ 
rique elle seule , comme le remarque M. de Humboldt , en 
présente cent quinze ; ils fourmillent à la Guyane, au bas 
Orénoque, à iSicaragua , à Panama , au Cassiquiaré , quoi* 
qu'on n'y trouve que cinq à six espèces distinctes ; mais ils 
pondent de A fois par an un grand nombre d'œufs ; de sorte 
que si les indigènes mettent le feu à des broussailles , il en 
sort des armées formidables de sef pens, fuyant en tout sens par 
rangs pressés , au nombre de plus de trente à quarante mille ; 
on est obligé de déserter devant cette horrible engeance. 

Mais les pay^ froids ne présentent guère de serpens, ni 
d'autres reptileé ; il n'en existe aucun vers les pôles ; ils sont 
fort rares en Sibérie ; ils ne s'élèvent pas sur les hautes 
montagnes, et on n'en a point vu sur le dos des Cordillères , 
au-dessus de i3 à i',4oo toises,ni sur les plateaux deSanta-Fé 
de Bogota , ni aux Andes , à Antisana , et au Pichincha ; 
cependant , quelques vipère» se remarquent encpre dans le» 
touffes d'herbes de Sibérie. Quelques espèces ont aussi des 
mœurs particulières ; tous les serpens à sonnettes habitent en 
Amérique , où les cochons les dévcTrent sans danger , quoi- 
4^u'ils soient les plus venimeux de tous les reptiles. M^icmieu:^ 



s E R «8 

iiioii élit aosfti la gaérré aux mpëns à htneâeà, ti ^ iétruit mù 
^and nombre sans «n devenir la victkne. tJn oiseaa ée proie à 
hautes jambes, appelé le Stx^Sitr AnL,^/ako semânim^, L., dé- 
troit en Afrique beaucoup de serpens,et sait bien s*e& garantît*. 
Les boassont des serpens fort gros pour l'ordinaire, mais sans 
irenin ; -cependant leur force tes rend redoutables ; c^est danft 
c^tte famme qu'on trouve les serpens fétidies et devins ( boé 
ttmsindor ). Cette espèce é^ase sous ses replis tortueux les 
cerfe, les daims , etc., -et les avale ensuite entièrement san)s 
ies mâcher. Le boa sayitde sert de ndurritnre à quelques Anaé- 
ncains , de même que nos couleuvres dans le Lyonnais , la 
Provence et le Dawfrtiiné. hsiyipèf^dÉgypte, dont Cléopâtre 
ée fit piquer le sein , étoit recherchée autrefois pour la thé^ 
mque de Venise. Le céraste ou strpenî tornu n'est pas dan^» 
^erenx ccunme on l'a cm , «t lé venin de nos vipères estra-^ 
Tement mortel pour Thomme , suivant les expériences ^e 
Fontana ; car il en faudroit au moins dedt ou trois pour en 
tuer un.Dans les pays froids leur virus est bien moin^ actif que 
dans les lieut et les temps chauds. La couleuvre lébéline en 
Orient , cause par sa morsure une a^ection soporeuse soo^ 
Irent mortelle, té serpent caraii -est fort doux , et les !Pi6ri- 
diennes en (ont une espèce de collier à cause de sa jolie 
couleur de feu. Les œufs de notre couleuvre commune et de 
celle du Tyrol sont agglutinés ensemble' par une matière 
fnuqueose. Les eotilenvres du fleuve Vrai { coiuber scutatus , 
Pailas), et de la met Caspienne ( coluber hydms, P. ) , vivent 
-souvent an milieu des eaux 4 ainsi que plusieurs autres espè^ 
ces de nos pays, comme les pythons, les pélamis,les hydres de» 
pays chauds. LarcOuleuvre ùonstrktor rampé très-prompte ment» 
«ntoure ^ serre les jantbesdes hommes qu'elle atteint, maia 
elle n'a pas de venin. Unt autre espèce des bords de la mer\ 
Caspienne rampe la tète toujours levée, en sifflant fortement. 
L'haleine du strperU hoUeik d'Arabie , excite une démangeai- 
son , et sa morsure ^' nSn martelle , cause cependant un 
i»hlegmon très -enflammé, La coideuçre baçiaen tue sur- le* 
champ par sa morsure , qui fait aussitôt enfler tout le corps : 
elle habite T Arabie. Le hamasài du même pays produit une 
tumeur qui n'est pas dangereuse. Les bateleurs égyptiens ar- 
rachent les crochets venimeux'^u serpent haje , et lui aj)pren- 
nent à faire plusieurs toors;c'est la î'i/iem/wjrgjde Geoffroy. En 
pressant sa nuque aveô le doigt , ce reptile entre en une con- 
traction très-roîde comme un tétanos , et devient bâton en 
verge. C'est ainsi que les magiciens des Pharaons changeoient 
aussi leurs verges en serpens. Aucun orvet n'est venimeux , 
contre l'opinion du vulgaire , et l'espèce commune de no» 
pays se roidit de telte sorte , lorsqu'on la saîjsit , qu'elle carss^ 



«6 S E R 

comme da verre; cjest pourquoi on Tappclle angtds fragUls. 
lie corps des amphisbènes est parfaitement cylindrique , à% 
manière qu'au premier coup d^œil on ne sait pas ii quel bout 
est la tête ; car ces seroens rampent également en avançant 
et en reculant. Lorsqu on les touche , leur peau lisse et noie 
décrète une humeur acre qui fait élever des ampoules sur les 
mains. Uamphisbène blanc se tient dans les fourmilière»; 
aucune de ces espèces n'est vc|iimeuse. Les cécilies ont des 
yeux si petits , quelles sont presque aveugles. Elles n'ont pas 
de queue , car leur anus termine leur corps. On distingue les 
terpens acrochordes par une peau tuberculeuse ^ et les anga* 
has par des bandes écaillcuses sous le ventre , et qui devien- 
nent des anneaux vers la queue. Des écailles tuilées sur tout 
le corps sont le caractère des orvets ; des anneaux coniques 9 
emboîtés et mobiles au bout de la queue , font reconnottre 
les serpens à sonnettes. Une seule rangée de plaques demi-cir- 
' eulaires sous le ventre et la queue désigne les boas , tandis 
que les couleuvres et vipères ont deux rangées de plaques sous 
la queue , et une seule sous le ventre. Ces caractères sont 
faciles à déterminer ; mab les espèces ne se reconnoissent 

λas aussi aisément , à cause des variations considérables de 
enrs plaques écaiileuses et de leurs couleurs. Au reste, ce 
qu'il y a de plus important, c'est d'étudier celles qui sont 
venj[meuses,et de les distinguer de celles qui sont innocentes. 
Celles-ci ont ordinairement la tête moins large , parce que 
4ans les premières , les dents ou crochets à venin tiennent 
une place assez grande aux côtés de chaque mâchoire supé- 
rieure ; aussi , .dans ces espèces , le cou paroît ]plus étroit par 
cette raison , quoiqu'il soit à peu près égal à celui des serpens 
innocens , d'une même taille. Nous traitons, à l'article des 
Poisons animaux, àes remèdes qu'on administre dans le cas 
^ d'une morsure ; mais il est bon de s'aguerrir contre les vaines 
frayeurs que nous inspirent les serpens , car ils ne sont ja- 
mais aussi dangereux qu'on {e croit. Il y a même des cas , et 
je suis témoin d'un exemple , où la morsure d'jane vipère ne 
cause qu'une inflammation et un mouvement de fièvre assez 
légers. L'histoire naturelle apprend à se délivrer des fausses 
terreurs , et à reconnoître exactement les qualités des êtres 
qui nous entourent. C'est parles continuels bienfaits qu'elle 
nous enseigne toute son utiiifé. (yirey.) 

On lit dans' le PMosophical Magazine ^ décembre 181S, 
qu'un serpent à été trouvé dans la mine de houille de Lâptone, à 
, cinquante pieds de profondeur, ainsi qu'une couleuvre vivante, 
renfermée dans unepetite cavité, quin'avoitjaucune commu- 
nication avec la surface de la terre , et que cette couleuvre 
mourut dix minutes après en avoir été extraite. Ce fait a été 



s E R h 

^nstat?, mais il n^en est pas mobs difficile à ci'oîre ; carv 
qu'aaroît mangé cette couleuvre , pendant les milliers d^an>>. 
nées qu'elle a demeuré dans cette cavité P (B.) 
SERPENS FOSSILES. V. Reptiles fossiles; (desm.) 
SERPENTk On donne ce nom , dans quelques pêche- 
ries , au Syngnathe ophiodon , à raison de sa forme, (b.) 
SERPENT AGILE. C'est la Couleuvre agile (b.) 
SERPENT AILE. On peut donner ce nom au dragon vo^ 
lanif qui est un animal bien réel ; mais généralemem on en- 
tend par serpent ailé , un animal fabuleux , dont les poëtes et 
les romanciers se servent pour jeter un intérêt plus vif sur les 
B\^eis dont ils traitent. V. au mot Dragon, (b.) 

SERPENT ANGULEUX. V. Couleuvre anguleuse. 

(B.) 

SERPENT ANNELÊ. C'est la Couleuvre de ce nom* 

SERPENT ATROCE. C'est une Vipère, (b.) 
SERPENT AURORE. V. Couleuvre, (b.) 
SERPENT AVEUGLE. On nomme ainsi I'Anguis 

ORVET. (B.) 

SERPENT BAI ROUGE. C'est la Couleuvre anne- 
XiÉe Tb ^ 

SERPENT BLANC. V. Couleuvre BLANctiE. (b.) 
SERPENT BLANCHATRE. C'est la Couleuvre 

BLANCHÂTRE. (B.) 

SERPENT BLANCHET. Nom de I'Amphisbène blan- 
che, (b.) 

SERPENT BLEUATRE. C'est la Couleuvre bleuA^ 

TRE. (b.) 

SERPENT CAMUS. V. Couleuvre camuse, (b.) 
SERPENT CARÉNÉ. C'estla Couleuvre couronnée. 

(B.) 
SERPENT CASSANT. On appelle ainsi I'Anguis 

orvet, (b.) 
SERPENT A CENT T6EUX. C'est le Boa devin, (b.) 
SERPENT CHAINE. V. au mot Couleuvre, (b.) 
SERPENT A CHAPELET. C'est une Couleuvre, (b.) 
SERPENT CHEVELU. Nom que donne Kolbe , à la 

Vipère naja , du Cap de Bonne-Espérance , qui appartient 

peut-être k une espèce distincte. (B.) 
SERPENT A COLLIER. C'est la Couleuvre a <20l-. 

lier.Cb-) 
SERPENT COLUBRIN. C'est un Anguis. (b.) 
SERPENT CORNU. On appelle ainsi la Vipère am- 

HOPYTE. (B.^ , 

SERPENT QOURONI^. On donng quelquefois ce 



Si s E R 

nom k la VipiiiE Hà7A , laaÎB la plupart Un leinps i mi ^«1* 
mal fabuleux auquel oa attribue une grande puissance, c'est* 
à- dire à des génies et des fées transformés en serpens, distin- 
giiés des autres par une couronne d*or on de diamant, (b.) 
SERPENT A CRESSERELLE. C'est le Crotale. (bO 
SERPENT DES DAMES. Couleuvre que les femmes 
indienpes aiment k apprivoiser. (B.) 
SERPENT DÉCOLORÉ. V, au mot Couleuvre, (b.) 
SERPENT A DEUX TETES. C'est I'Amphisbèiœ. Il 
y aussi quelquefois parmi les urpens -des monstres qui ont 
deux tètes , comme il y en a qui ont deut queues, (b.) 
SERPENT DOUBLE MARCHEUR. C'est i'AicPBis- 

BÈN£ TB ^ 

SERPENT D'EAU. On donne quelquefois ce nom à la 
Couleuvre a collier, et à d'autres espèces de dififérens 
genres , qui vivent sur le bord de l'eau ou même daùs Teau. 

SERPENT D'ESCULAPE. On a donné ce ©om , en 
français, à une Couleuvre différente de celle qui le^orte e9 
latin. (B.) 
SERPENT ENFUMÉ. Nom d'un Amphisbêne. (b.) 
SERPENT FÉTICHE. C'est la Couleuvre dasoie , i 
laquelle les Nègres rendent un culte religieux. (B.) 

SERPENT GÉANT. On a donné, ce nom à une espèce 
de Boa, qui atteint quarante à cinquante pieds dç longueRf 
SOT un pied et demi de diamètre. Cette espèce est indiquée 
comme se trouvant en Afrique et en Amérique y ce qui ferott 
soupçonner qu'il en existe réellement deux 5ous le même 
nom. (b.) 

SERPENT A GRAGK Nom qu'on donne, à Cayenne, 
à un serpent dont les écailles sont longues, aiguës, recourbées 
comme celles d'une raie. Cette espèce ne paroit pas avoir 
encore été décrite par les naturalistes. (B.) 
SERPENT A GRELOTS. C'est le Crotale, (b.) 
SERPENT GRISON. F. au mot Couleuvre, (b.) 
SERPENT HEBRAÏQUE. C'est une Vipère, (b.) 
SERPENT HÉRISSON. C'est la même chose qne le 
Serpent a grage. (b.) 
SERPENT INFLAMMATEUR. C'est la Vipère mpsE. 

(B.) 

SERPENT JAUNE. Nom spécifique de la Vipèhe fer 
DE LAKGE OU Trigonocephale , à la Martinique et à Sainte- 
Lucie, (b.) 
SERPENT JAVELOT. C'est la Couleuvre dard, (b.) 
SERPENT JOUFFLU. On appelle ainsi quelquefois ta 
Couleuvre d'Escula» e. (b.) 



s E R C^ 

SERPENT LAGTÉ.C'estk Couleuvre de ce nom.(B.) 
SERPENT LAPIDESCENT. V. Sekpule. (besm.) 
SERPENT A LARGE QUEUE. On donne ce nom aux 

diverses espèces d'EnHYBRES, de Platures el d'HYDRO- 

Mis. (bO . 

SERPENT LEZARD. C'est le Cealcidb anguih. (b.> 
SERPENT LIEN. Espèce de Couleuyre. (b.) 
SERPENT LOSANGE. Cest la Couiruvre laphuti. 

SERPENT A LUNETTES. On appelle ainsi valgai^ 

rement la Vipère naja, parce qu'elle a la figure d'ime paire 

de lunettes sur le cou. (b.) 

SERPENT MARIN. LaMuRÈKEareçucenoia.(DESM.) 

SERPENT MARIN. L'Anharique loup porte ce nom 

parmi les pêcheurs de baleine, (b.) 

SERPENT DE MER. V. Scarcine ponctuée, (desm) 

SERPENT MILLET. On appelle ainsi le plus petit des 

f ROTAÏ.!?^ ^B ^ 

SERPENT MILLIÀIBE. Nom d'une espèce de Cou* 

{£UTRE. (B.) 

SERPENT MINIME. C'est use Couleuvre, (b.) 
SERPENT MUET. C'est le cnUilm mutus de Ldimaeiw , 
■ue Latreilte a appelé Sottale a. CilàiNE. (b.) 
SERPENT MUQUEUX. C'est une Couleuvre, (b.) 
SERPENT NAGEUR. C'est la Couleuvre a collier. 

(B.) 

SERPENT NEBULEUX Couleuvre d'Amérique, (b,) 

SERPENT NEZ RETROUSSÉ. C'est la CouIeuvre 
mazique. (b.) 

SERPENT PÉTRIFIÉ. On a quelciuefois donné ce nom 
à des Ammonites. (dess{.) 

SERPENT PYTHON. V. Pmiow. (b.) 

SERPENT A QUEUE LANCÉOLÉE. C'est un Ht- 
ORorais. (b.) 

SERPENT A QUEUE PLATE. Cest une Eotydre. 

(B.) 

SERPENT RAYÉ. Espèce de Couleuvre, (b.) 
SERPENT RÉSEAU. C'est un Anguis. (b.) 
SERPENT RHOMBOÎDAL. F. Couleuvre, (b.) 
SERPENT DE ROCHER. F, Pïtbon. (desm.) 
SERPENT ROUGE -GORGE. Nom d'une Cou- 
leuvre, (b.) 
SERPENT SANS TACHE. C'est la Vipère blanche. 

(b.) 
SERPENT SERINGUE. C'est la Couleuvre aurore. 



yo S E R 

SERPENT SOMBRE. V. au mot Couleutri. (b.) 
SERPENT A SONNETTES. On appelle ainsi les 
Crotales, (b.) 
SERPENT SOUFFLEUR. C'est le Boa devin, (b.) 
SERPENT TÈTE DE CHIEN. l\ a la tête approcliant 
de celle d'un chien, et il se trouve à la Martinique et à Sainte- 
Lucie. C'est peut-être un Boa. (b.) 
SERPENT TRIANGLE. Espèce de Couleuvre, (b.) 
SERPENT TUBERCULEUX. On a ainsi appelé l'A- 
CROGHORDE de Java, (b.) 
SERPENT VERDATRE. C'est une Couleuvre, (b.) 
SERPENT VERT. F. au mot Couxeuvre. (b.) 
SERPENT VISQUEUX. C'est la Cœciue visqueuse. 

(B.) 

SERPENT VOLANT. V. Couleuvre dard, (b.) 
SERPENTAIRE. Nom spécifique d'une j^lante du genre 
des GouETS. (b.) 

SERPENTAIRE, V. les articles Secrétaire et Oiseau 

QUATRE AlLES. (B.) 

SERPENTAIRE A GRANDE FLEUR. C'e&t le Cac- 

TIER A GRANDES FLEURS. (B.) 

SERPENTAIRE DE VIRGINIE. Plante du genre des 
Aristoloches. On appelle aussi de même la Col^insone 

3PRÉGOCE. (B.) 

SERPENTARIA. Les plantes qui ont été désignées par 
ce nom , l'ont reçu soit à cause de leurs racines rampantes , 
$oit à cause de leurs fleurs réunies en un épi ou en un chaton, 
qui imitent un serpent couvert de ses écailles ou diversement 
courbé. La bistorte et la nummulaire, ainsi que le thym de Vir- 
ginie, sont des exemples de serpentaire àVacines rampantes 
ou contournées : Lobel , Brunfelsius et Boccone leur ont 
donné ce nom. Ij arum dracunculus^ L., est l'exemple le plus 
frappant du second cas; c'est le serpeniaria des Romains e( 
dç beaucoup de botanistes anciens. Ceux-ci ont aussi nommé 
serpeniaria diverses espèces de planlago^ le calia paiustns ^ L., 
le saururus cernuu^ , Ia, , etc. (LN.) 

SERPENT ARIUS. Dénomination latine appliquée par 
Gmelin au secrétaire^ et que M. Cuyier a imposée , comme gé-? 
périque , au même oiseau, (v.) 

SERPENTEAU. T. Serpentaire, (b.) 

SERPENTIADES. F. Moncus. (b.) 

SERPENTIN ou OPHITE , PORPHYRE VERT 
ANTIQUE. Ce porphyre, précieux par sa rareté , a pour 
)>ase une pâte très-fine et très-homogène de cornéenne, d'u^e 
çautçuiç vertQ de différentes teintes assez obscures ^ dai^ la-^ 



s E R yj 

quelle sont disséminas des cristaux de feldspath blancs ver— 
dâtres, rarement solitaires et presque toujours groupés plu- 
sieurs ensemble , ayant communément de six à neuf ligne» 
de longueur sur deux ou trois d^ épaisseur. On trouve , dans 
cette pâte, des globules d^une matière stéatiteusc, tantôt asse?» 
tendre pour qu^on puisse la rayer avec Tongle , et tantôt plus, 
dure. On y observe aussi quelquefois des veines et des glo« 
bules de calcédpine. V, Porphyres antiques à l'article Poa« 

PHYRE. (PAT.) 

SERPENTIN A. Dodonée et Césalpin ont donné ce 
nom à quelques espèces de plantain, et notamment au^^ii- 
iago maritima, L. (LN.) 

SERPENTINE. Nom spécifique d'une Tortue, (b.) 

SERPENTINE. Nom d'une Cooleuvre qui est d'un 
blanc jaunâtre , avec des bandes transverses rousses sue 
le dos. (desm.) 

SERPENTINE. Le voyageur Robin donne ce nom et 
celui è^ophioxylon à la Spîgeïie du Maryland^ qu'il a observée 
à la Louisiane, (lk) 

SERPENTINE {Serpentin , Wern., James. ). C'est une 
pierre de la famille des talcs, qui est ordinairement d'un vert 
obscur, ou plus ou moins foncé et jaunâtre, avec des nuances^ 
des taches et dés veines qui lui donnent l'apparence de la peau 
d'un serpent , d'où est dérivé le nom qu'elle porte. 

La serpentine est une pierre amorphe, tendre, mais plus, 
dure que le talc, et |qui ne se laisse point rayer par l'ongle ; 
elle est peu onctueuse au toucher , et susceptible de recevoir 
un poli assez vif, mais dont l'éclat n'égale pas toujours celui 
du marbre. Elle a une cassure inégale , mate ou terreuse « 
tantôt conchoïde ou écailleuse , et quelquefois inégale , 4 
grain fin ou terreux , et plus rarement un peu fibreuse. Elle 
est translucide sur les bords minces , et quelquefois même^ 
à travers la masse réduite à deux et trois li^es d'épaisseur. 
Sa poussière est blanche. Sa pesanteur spécifique varie entre 
a , 17 , et a, 58. La serpentine agit souvent sur le barreau, 
aimanté , et mémç quelquefois elle jouit du magnétisme po* 
laire. 

Cette pierre est infusible au chalumeau , mais s'y durcit. 
Exposée à une haute température» elle se fond, avec beau-, 
coup de difficulté , en un émail. 

Elle est essentiellement composée de silice et de magnésie^: 
avec un dixième et plus d'eau. 

Elle peut être divisée en trois espèces : la serpentine noble ;, 
la serpentine commune , et la serpentine oliaire , qui du reste pas-^ 
3cnt de l'une ^ Tautre. 

ï. lia SiiHPftJ^HNiB NOBt» {Edier serpentine y Wern. ; Pre- 



P a E R 

Ahé-qiie les autres serpestinei^: elle est d'un vert poireau , et 
»étaiB d'un rert d'émeraude ^ ou d'ott yert pistacke plu» oo 
woÎBs foncé; ses covdeurs soni ufiifor«ies et ne se mélangent 
pas ; sa cooieiture est plus unie 9 et elle est plus dure que le» 
perpentîaes commune et oUatre ; elle reçoit aussi un poli 
phis yUL Lors€|tt'on la taiUe en plaque année , elle est traiislu-« 
^e ; certaines variétés d'un, vert-noir à Tesit, comme la ser- 

Îentine de Bareuth, sont d'un beau yert lorsqu'on regardé 
I lumière â travers. 

Il y eil a des variétés Ji cassure écaiHeuse (ec&r splitHg» 
serpentin , W. ), et à ca$sure conchoïde {^Meri^meMmtr ser^ 
pentin » W. ). 

La pesanteur spécifique dt la serpentine noUe est de 
21^173 , selon Karsten. 

. Deux analyses, Tune de la serpentine près Fahlun 9 par 
Hisinger; et la seconde d'une autre serpentine ^ sur laquelle 
f" opéré J^n, ont dpnné pour résultat : 

Silice 4^a,5o • . ^i,oj 

Magnésie ... 38,63 • « i^^^J 

Alumine . « . 1,00 . . o,a5 

Chaux ... . . o,a5 • . o,5q 

îer oxydé . . . t^bo • . 1^17 

Manganèse oxydée 0,63 • • o 

Chrome oxydé • . o,a5 . • o 

Eau •«.,.. iS^ao • • 12^45 

Perte o»65 . • a,ij| 

I^a serpentine noble est es«entîeUemc|kit composée ç d'à-? 

S^rès le système de Berzelius , d'une partie de magnésie hy-» 
ratée , et de deux d'alumine bisiliciatée ^ mélangées avec 
quelques autres substances. 

La serpentine iioble se trouve en Corse; d^ms les. envi? 
rons de Gènes , de Florence ; dans beaucoup d'endrok^ de 
}^ Toscane 9 de lltalie et de TAUemagne^, à ^eidienbju^h ^ 
en Silé^ie; en Sfuède , en Bohème f iam le Tyrol, etc. Elle 
accompagne la serpentine commune 9 forme , conjointement 
avec du calcaire , des lits et des couches souvent contour- 
nées, ou des espèces 4e brèches. £|le est quelquefois pure ,. 
et alors sçs couches ne sont pas très-puissaptes,en comparais 
son de celles de la serpentine commune ;4'autres foisse^^ines 
ou ses couches conyrent ou sont dans les roches prH^tive^ 
talquetises de mi<;aschiste,, d'ardoise, de calcaire granulé ; 
avec ce dernier^ elle forme les beaux marbres serpentineu^ 
calcaires , appelés : péri antique , veri d^Egrpte ^ péri de Suze y 
fert de mer, veri d'Ecùtse, etc. ; la serpentine nobl^ y est imie 



s E R 7' 

à Id serpemine eomiMae , et y forme des tacbes oa des fila* 
mess plas oo moios embrouillés. V. les articles Marbre , 
QpHiOLiTH^ et Roche. 

On trouve , dans les couches ée serpentine noble , des 
Uts de fer of ydulé , du fer arsenical t du fer sulfuré magnéti^ 
jfue , du plemb sulfuré , etc. 

La serpentine noble de Rareuthestune des plus belles qu'il 
3r ail, par la quailtité de grenats qu^elle renferme, et qui s'y 
trouvent disséminés d'une manière uniforme. Elle présente 
lin mélange agréable de leur couleur rouge avec le fond 
vert*d'émeraude de la serpentine. On en fait des tabatières 
tt d'autres petits meubles précieux. 

On fait aussi ^ avec la serpentine noble , des vases , des 
tasses et autres ustensilesif dont on se sert dans les pays oà 
Ton exploite cette pierre. 

Guidés par l'analyse que M. Hausmann a donnée de 1^ 
pîcrolithe , nous l'avons rapportée à la magnésie carbonatée; 
mais M. Almroth,qui vient d analyserde nouveau cette pierre, 
assure que ce n'est autre chose qu'une serpentine noble, mé- 
langée d'un ^peu de magnésie carbonatée. Ce qu'il y a de 
certain , c'est que pette pierre n'a pas l'apparence 9 ni de la 
serpentine noble , ni de la magnésie carbonatée ; elle se rap- 
procheroit plus des stéatites et devroit leur être réunie , de 
même que Ja pîcrolithe verte des montasnes de la vallée 
d'Urseren; lapicrolitbe vert-poireau, de Reicbenstein ^ en 
Silésic , et la pîcrolithe d'un blanc-verdâtre et jaunâtre , de 
Waldenburg, en Saxe» analysées par Rucbolz, ^ui y indique : 
silice , 4.5; magnésie , 35;^luroine , i ; eau , i4; fer oxydulé, su 
Ces variétés, qui ont été publiées^ récemment, sont réunies , 
par Hausmann Ini-M^ , à la stéatite. 

a. LaSERPENTlI^EVHMUNE (^serpentine opaque ^ R. de L. ; 
9UaiUes serpeniinus , "Wall. ; serpentin, Wid. , Kirw. ; gemebur 
serpentin^ Wern.; commun serpentine^ James.). Elle n'a point la 
transluci4ité ni la dureté de la serpentine noble; son poli est 
moins vif; sa cassure plus grossière et ses couleurs sontcom- 
mifnément mélangées; elle est d'un vert d'huile d'olive,oud'ui^ 
yen d'olive , ou de poireau, ou d'un vert sombre , ou d'un 
vert grisÂtre , ou noirâtre , avec toutes les teintes intermé-* 
diaires. 11 y en a aussi de jaune verdâtre , d'un rouge sombre 
ou de sang , et même d'écarlate. Ses couleurs sont disposées 
par taches ou nuages , par veines et par filets , plus ou moin^ 
^mbrooillés et entrelacés. Sa cassure est à grains très* fins, 
quelquefois çà et là paillettée;elle est grossièrement écaillense 
ou conchoïde. Elle est rayée par la. chaux carbonatée spa- 
tbique. Sa pesanteur spécifique est plus forte que celle de la 
serpentin<^ ^bte: elle est de 2,348, suivant Karsien; de 



4,5o. 


0,60 . 


i4,oa 


O 


0- . 


0,00 


O 


. 


0,00 


io,5o . 


. 


0,00 


» • • • 


i4,i6 . 


0,00 


9 • 


4i9o . 


i,a5 



E 



74 S E 11 

21*587 , selon Brisson ; de 2,56i et 2^Sjij diaprés Kîrwâti; 
£lle est quelquefois magnétique. Ses principes sont les sui- 
yans : 

Yauquelin. John j Rose 9 Hisinger,Knoch« 

Silice, ...•••. 44 * 3i,5o . 28,00 .Sa .4^ 
Uagnésie y .... 44 • 479^5 • 34)5o . 37,34 • 33,5o 

Alumine, 2 • 0,00 . ^ . o,5o . trace. 

Chaux, o . 0,25 • o,5o . 10,60 . 6,a5 

Fer , 7,3 . 5,5o 

Manganèse oxydé , i,5 . i,5o 
Chrome oxydé , . a,o . 0,0 

Eau , io,5o 

Matière volatile et acide carbonique , 
Perle , i 

La serpentine analysée par Yauquelin étoit de la Lîgurie ; 
celle analysée par Hisinger , de Morberg , en Suède ; celle 
analysée par Knoch , du Harlz. Il existe encore deux autres 
analyses de la serpentine, par Chenevix, qui s^éloîgnent des 
précédentes par la grande quantité d'alumine ( i8eta5 |^) 
qu'il indique. Quant à l'analyse de la serpentine de Norberg , 
»ar Hisinger, il est probable que les 149Ô0 de matière yo* 
aiile et acide carbonique sont formés par l'eau contenue 
dans la pierre , plus une portion d'acide carbonique prove- 
nant du calcaire ou de la magnésie. 

Les serpentines communes offrent quelques variétés inté- 
ressantes. 

A. Serpentine commune tachetée. Elle est d'un vert 
sombre, tachée et nuancée de jaunâtre ; elle est commuife en 
Italie. Les deux plus belles variétés ^^rencontrent : Tune à 
Prato, en Toscane , où elle est appeUEs^^rd!^ di Praio et verde 
di Ranocchiof parce que, sur un foHf presque noir, elle 
offre des taches d'un beau vert , comme cela se voit sur la 
peau de la grenouille commune ; cette variété est plus dure 
que les autres : on la travaille beaucoup ; la seconde est 
celle du Cap Corse , qui , sur un fond vert-brun, est mar- 
quée de petits yeux d'un vert clair. 

B. Serpentine commune grivelée ou veinée. Elle est 
formée d'une multitude de filets vert-bruns , qui s'entrela- 
cent de mille manières , sur un fond blanc-verdâlre ou gri- 
sâtre , ou d'un rouge-brun , de manière à imiter un réseau à 
mailles rompues. C'est une des plus communes. 

C. Serpentine commune diallagique {schillerstdn et 5c^i7- 
hrspath ). Rien n'est plus commun que la dîallage , dans la 
seipentine ; elle s'y présente en lames brillantes , couleur 
d'or ou d'émeraude, et également disséminées. Tantôt cette 
«erpentme est pure ^ él tantôt elle est mélangée de calcaire 



s E R 75 

-apathique, comme dans la serpentine de la côte de G^nes. 
La serpentine de Baste au narz est d^un vert noirâtre et 
remarquable* par àei plaques de diallage qui la traversent 
en tous sens , et qui sont formées elles-mêmes de petites 
parties disposées en manière de mosaïqua. C'est une des plus 
curieuses variétés de serpentine. Dans la serpentine dialla- 
gîque, on remarque que lorsque la diallage est intacte, la 
serpentine conserve une plus grande dureté ; telle est la ser- 
penltne diallagîque de Corse. La diallage est sujette à une 
décomposition qui lui est propre : elle blanchit , prend un 
coup d'œil nacré , devient friable , et finit par tomber en 
poussière. Ces états s'observent dans tous les pays où se 
trouve la serpentine diallagique 9 qui alors est beaucoup plus 
tendre et terreuse. 

D. SÈRPET9T1NE C6MMUNF GHET9ATIFÈRE. Elle eSt d'un 

vert sombre ou d'un beau vert , et contient des grenats verts 
(d'ObscI^au en Hongrie), des grenats nobles ou pyrope 
( Saxe 9 Zoeblitz.) 

E. Serpentine commune augitique. C'est la serpentine qui 
contient des cristaux de pyroxène augite ou des grains de cette 
substance. La plus remarquable est la serpentine des Pyré- 
nées, qu'on a nommée Ihtrzolithe^ qui paroft presque unique-, 
jnent composée de pyroxène, comme je l'avois d'abord 
observé , et comme on le voit dans la description qu'en a 
donnée M. de Charpentier. V. Lherzolithe et PyrcxS^e 
Lherzolithe. Cette serpentine contient du chrome oxydé ^ 
et prouve que la serpentine peut être une roche essentielle- 
ment formée de pyroxène en masse colorée par le chrome. 
M. Daubuisson avoit déjà avancé cette opmion , qui se 
trouve ainsi confirmée. On ^oit faire observer cependant 
que toutes les serpentines n'ont pas offert du chrome à l'ana- 
lyse ; toutes , au contraire , ont présenté le fer ; ce qui 
prouveroît que les serpentines seroient de deux classes , l'une 
augitique , l'autre magnésienne. 

F. Serpentine commune calcarifère. Rien n'est plus 
commun que l'association en ^andes masses du calcaire et de 
la serpentine commune. Cette association est plutôt un mé- 
lange bréchiforme , lorsque la serpentine commune abonde; 
car celle- ci forme, dans le calcaire, des parties fragmentifor- 
mes, tandis que les serpentines nobles y composent des taches 
on nuages, et des filamcns. Dépareilles serpentines abondent 
sur les côtes de Gènes et près de Turin. L'association de 
la serpentine avec le calcaire donne naissance aux roches 
dites CiPOLiN , Qphicalce et Calciphyre. V. ces artiçlesi 
ç| les articles Roches et Terrains, 



je s E R 

G. J>ERP£I9TIN£ COMMUEE CHROMlFàRE. La plo& C0IID1|e> 

est celle de Provence , qui constitue la langue de terre 
appelée la presqu'île de Gavalaire , à reztrémité de laquelle 
^e trouve la ville de Saint-Tropez. Cette serpentine contient 
des masses informes et des petits grains de^r cbromaté. La* 
serpentine, de Kraubat, en Syrie , est dans le même cas,, 
et il en est probablement de même pour toutes les sernenline& 
qui renferment du chrome ; par exemple , celle duXimottr- 
sîn , observée d'atiord par M. Desœaresi, puis par M. Al^ 
luaud. 

H. Seupentine commune VEMiFias. Cette sevpeMtine cm»^ 
tient assez souvent du ier oxydvlé magnétique. £lle abonda 
«u Suède ; dans le val Sesia , en^ PiénobOiH^ ele. 

L Serpentine commune magnétique, ta serpentine , 
comine nous l'avons déjà dk y présente quelquefois la pro-^ 
j^iéié d/'attirer Taiguille aimantée , et même de j<Mitr dvr^ 
inagnétismie polaire ^ telle est une serpentine verhscHnbre ^ 
découverte au Spilzberg , et surtout la serpentine vert- 
brunâtre, obseFvwée par M. de HumboU^ en 17^9 en^re 
tToldoroQach et lUunicbberg ; elle forme une petite colline, 
qui fait partie de la chaîne qui sépare le margraviat de 
jareuth d'avec le Haqt-Palalinat. 

Cette colline ne s'élève que de cinquante toises au-dessus 
dies plaines voisines : elle s'étend en longueur de Test à 
l'onest ; ses flancs par conséquent se présentent au nord et 
au sud. Son sommet est composé d'une serpentine très^ 
p^ure , qui , par sa cassure CeuiU^tée , approche de la ehhrîis 
schisteuse; elle repose sur un grafdte veiné, mêlé de hom-* 
blende. 

M. de Humholdt ayant prés^Nié sa boussole aux rochers de 
serpentine , vit , avec surprise , que le pâle nord se tourna 
brusquement au sud; et il observa que les roches de la face 
septentrionale de la colline , et celles de la face méridionale ^ a 
avoient leurs pôles directement contraires : les ettrémâlés 
orientale et occidentale de la colKnc sont dans un état d'ia- 
différencé et ne manifestent aiicune action sur Taiguille ai^ 
mantée. Sur les flancs mêmes de la coHinet certains rochers^ 
sont également dépourvus de toute espèce de xaagnétisme » 
tandis que d'autres agissept à la dislance de plus de vingt 
pieds. . 

M. de Humboldt a remarqué que le magnëtism^ ne réside 
point uniquement dans Tensembledela montagne , mais que ^ 
les plus petites parcelles de la roche ep so^t douées : des frag- 
mens à peine visibles se retournent brusquement lorsqu'on 
leur présente , Vua après l'autre , \tSt pâles de l'aimant 



s È R ^7 

tnéme le plus foîbîe ; et ce quî est reinârqctal>Ie, c'est que 
cette même roche qui possède «ne polarité aussi décidée ;, 
li'exerce pas la plus petite attraction sur le fer non aimanté. 
Ce savant observateur s*est assuré que cette serpentine ne 
renferme pas un atome de fer magnétique ; tout celui qu^eile 
contient et qui la colote , est k Tétat d'oxyde. 

La pesanteur spécifique de cette serpentine n'est que de 
1,900 it a, 000; c'est conséquemment la plus légère que 
fon connoisse. 

K. Serpehtike cohmune GRAMBiATiTrQUE. Elle se trouve 
auprès de Nantea (à Mazerie, commune de Gk>uffé). Sa 
structure est schisteuse ; les cristaux de Grammatite ( am- 
phibole blanc , HaQy ) y abondent. 

Dans ks variétés que nous venons de citer , les subs- 
tances qui se rencontrent dans la serpentine , y sont dissé-^ 
minées uniformément dans sa pr<^re substance , et sont 
tellement empâtées avec elle y, qu'elles constituent autant 
de roches particulières. Il n'en est pas de même d'autres 
substances qui y forment ou des rognons, ou des amas, comme 
les silex résmite , le gurhofian^ le quarz , la chrysoprase , ra^ 
rement les agates ; oh^ des veines de chaux carbonatée ma- 

{;nésifère , le mica M^^nésien , la magnésie carbonatée i 
'asbeste y le talc ,« la stéatite , les diverses pierres magné- 
siennes ; de gros amas ou des couches de jade tenace avec 
diallage ( gMro de Debuch , et eupheiide^ Hauy ) ; des fi- 
xons plus ou moins puissaas de fer oxydulé , et quelquefois 
Aa cuivre^ etc. \^ 

Les serpentines appartiennent k deux formations « Tune 
primitive , et l'autre de transition ou secondaire ancienne. 
Cependant on doit faire remarquer qu'on n'a trouvé jamais 
aucun débris de corps organisés dans son sein^ et sa super- 
position à des coudies qui en renferment, est équivo- 
que ; en sorte que l'on peut suspendre encore son iiiyiient 
à cet égard. I>'un autre cété, eUe n'est pas située à une 
très-grande hauteur dans les monti^es primitives. La ser- 

Sentine observée par Saussure daps les sommités du mont 
Lose , est! un phénomène géologique ; ainsi donc 9 la ser- 
pentine seroit dams une situation moyenne , et ses deux gi- 
semens , dans les terrains primitifs et de transition ^ se troo* 
veroient très-rapprocfaés. 

Les serpentines ^es plus anciennes sont mélangées de 
chaux carbonate spathique ou grenue, quelquefois d'arra* 
!gonite , et forment des couches souvent très- puissantes , 
dans le gneiss , ^le micasehite , T ardoise, le fer oxydulé ou 
magnétique ,.dans les terrains calcaire^ ou bien alternans 
avec les bancs et les couches qui forment ces roches. 



7» S E R 

Les serpentines se présentent plus communément eH 
niasses informes dans les montagnes primitives. Celles qui se 
trouvent mêlées avec le calcaire primitif, sont toujours irré- 
gulières et contournées en divers sens. La serpentine noble 
appartient plus spécialement aux terraios primitifs. 

Les serpentines des terrains de transition accompaenent 
les ardoises et les schistes , ainsi que les roches amphiboli- 
ques nommées ^7zi/i5^i/i par les Allemands , diabase ou diorite 
par les Français. Elles sont souvent pénétrées de ces der-* 
nières roches > et çemblent se fondre dans les antres. 

L^Europe est peut- être la partie du monde où la serpen* 
tîne paroît être la plus abondante : la côte de Gènes, et 
toute la face des Alpes qui regarde Tltalie, Toffrent presque 
partout. Elle s^étend de là dans la Toscane , où elle est 
connue sous le nom de gahhro. L'une des plu$ belles, est 
celle des collines de Tlmprunetta , près Florence, si riche 
en diallage. Celle de Prato est non moins belle. La Corse 
présente des serpentines qui rivalisent , pour la beauté et là 
dureté , avec les serpentines de l'Italie. Le Piémont abonde 
en cette pierre ; la colline du Mussinet , près de Turin , et 
les environs du Suze , en sont des exemples. Le val d'Abste 
présente une belle serpentine , avec des cristaux aciculaires 
d'arragonite. L' Allemagne, qui est la patrie des serpentines, 
en offre beaucoup qui présentent plus ou nioins de diallage ; 
telles sont les serpentines de Baste au Har2 , du duché de 
Wolfeiabuttel^deSialray en ïyrol, deStyrie, de Mezzeberg 
en Moravie; de Obsbdiuascha, dans la Haute-lflongrie; mais 
c'est surtout à Zoeblitz , en Saxe , que la nature paroît 
avoir prodigué la serpentine; elle y forme un immense 
dépôt : les habitans industrieux de cette contrée la con- 
vertissent en vases aussi élégans que peu coûteux ^ et qui sont 
répandus dans toute l'Europe. La principauté de Bareith et 
le Haut-Palatinat ne sont pas privées de cette pierre, comme 
nounPavons dit , en indiquant la serpentine commune* ma- 
gnétique et celle grenatifère. 

La France n'est pas dépourvue de serpentine ; elle se re- 
trouve dans toutes nos grandes chaînes de montagnes ; elle 
abonde dans les Pyrénées , et ses gisemens y ont été par- 
faitement observés par M.de Charpentier. Feu M.Desmarest 
l'a observée dans le Limousin. Son gisement se trouve indi- 
qué dans la statistique de la Haute- Vienne. Les environs 
de Cahors , la Provence ( départ, du Var ) , le Dauphiné , 
la Savoie, la Suisse, offrent de la serpentine commune, etd. 
L'Angleterre et surtout l'Ecosse présentent beaucoup ide 
serpentine. Dans plusieurs parties du Coi^nouailles^elle offre 
des filons de cuivre. 



s E R 79 

Au Cap Lîzard , elle est entourée de tous côtes par une 
espèce de grès mélangé , ou gratiwacî:e , xle laquelle la ser- 
peniine est très-distincte. La serpentine noble de Saint-Ke- 
vens est des plus belles. 

En Ecosse , on l'observe dans les îles de Unst et Fetlar , 
qui font partie des îles Scheland, et dans Tîle de Glass, Tun» 
des Hébrides; dans la province de BanlT, à Portsoy; dans 
le Forfarshire , dans TAyrshire , entre Ballantrâe et Grirvau ; 
enfin , dans le Fifeshire , près de Burntisland. On Ta l'en- 
contrée aussi* à Cloghan lée, sur la côte ouest de l'Irlande, 
dans le comié de Donnegal. 

L'Espagne possède de très-belles serpentines, dans la Sier* 
ra-Nevada , près Grenade *, elles sont diallagiques. 

L'Asie ne parott pas dépourvue de cette espèce de pierre; 
elle est rare- dans la Sibérie : cependant , on l'y rencontre 
dans divers endroits. Patrin en a observé sur la lisière orien* 
taie des Monts Ourals , qui contenoit du fer magnétique , 
de la stéatile, de l'asbeste, etc. ; H Ta considérée comme 
primitive. Cette pierre a été observée aussi à la Nouvelle- 
Hollande : il paroît qu'il en çxiste dans quelques îles des 
Indes Orientales , de la Mer Pacifique , de la Nouvelle Ga- 
lédonie et à Madagascar ; du moins, j'ai vu des idoles et des 
objets tout en serpentine , qu'on reconnoissoit pour des tra- 
vaux des habitansde ces îles. 11 est assez remarquable que les 
Cbinois,qui versent dans le commerce beaucoup d'objets di- 
vers, en talc et en stéatite, n^offrent rien en serpentine pro- 
prement dite : ce qui doit faire présumer qu'elle ne se trouve 
point cbez eux. L'Afrique paroît renfermer cette pierre dans 
les montagnes qui sont vers les sources du Nil. J'ai eu l'occa- 
sion de voir plusieurs fois des scarabées antiques, des iots oa 
calendriers égyptiens, en serpentine noire ou vert-noir veinu- 
lée,et qui serapproche infiniment de X^pitrre deBaram ou ser- 
pentine oUaire , dont je parlerai dans l'instant , et qui se 
trouve dans les mêmes lieux. • • 

Aux Etats-Unis, la serpentine a été signalée dans plusieurs 
endroits des provinces du Maryland , de Pensylvanie , de 
New-Jersey, de Connecticut, de Rhode-Island et de Mas- 
sachussets. Dans cette dernière province , on trouve une 
magnifique variété de serpentine noble y à Newburyport. 
D'autres pafrties de l'Amérique offrent aussi de la serpen- 
tine ; on en a trouvé à Cuba, etc. — La serpentine noble et 
la i^erpentine commune f lorsqu'elles sont en masse compacte 
exempte de calcaire , sont taillées et polies; on en fait des 
tasses , des vases , des coupes , des pots , des salières , des 
théières et divers autres ustensiles qui ne sont pas toujours 



8o S E R 

des objets d^ ornement, mais qui ont i(m\ont% une alilUé 
réelle. Depuis long-temps,ia ville de Zoeblitz, dans la Haute- 
Saxe , tire une partie de sa richesse , des maauiactares du 
pays où le bas-peuple est employé à extraire , tailler, tourner, 
polir la serpentine , si abondante dans les environs. Cette 
serpentine est d^un brun Ou d'un vert grisâtre , tantôt poln- 
iillée ou veinulée , plus rarement brillantée , et comme aven* 
turinée. Elle est aussi quelquefois maculée de rouge-sombre. 
Les pots que Ton fait avec supportent assez bien le feu , et y 
acquièrent de la dureté ; on estime , beaucoup plus que les 
autres , les variétés bigarrées de jaune verdâtre, de rouge de 
sang et d écarlate. 

On travaille aussiyla serpentine en Italie , et surtout en 
Toscane. Les habitans de la Corse se font, avec cette pierre, 
des espèces de demi ou de quarts de barils^ereux dans Tinté- 
riéur et il un seul trou , dans lesquels ils mettent lenr pondre 
de chasse ou leur boisson , lorsqu'ils sont en voya|e ; on faH 
aussi des vases et des tasses très -jolis et translucides , attc 
la serpentine noble de ta Corser 

Le travail de la serpentine est encore un objet d'industrie 
pour les habitans de rorsoy ; dans le Banffshire , cm Ecosse^ 
ses couleurs sont infiniment plus agréables et plus variées 
que celles de la serpentine de Zùeblitz, et les objets fabriqués 
ncquièrent , par cette circonstance , une plus haute valeur^ 
Les serpentines communes pures sont employées jourael** 
lement dans les arts ; on en fait des socles 9 des plinthes 9 des 
vases , rarement de petites colonnes et des tables , parce 
qu'elles ne se trouvent pas en pièces assez volumineuses, om 
bien parce qu'il est difîBcile , à cause de leur peu de dureté , 
d'en fabriquer de grands objets. La serpentine diallagique cal^ 
caire , celle qui estmélangée de calcaire , nomméeet comm^ 
^ous les «oms de marbre strpendneux , de brèdie serpenii- 
neuse^ àe pert-de ^mer ^ etc., n'offrant pas les mémes^incon*- 
véniens , est employée pour faire de grandes tables , det 
chéhiinées , des colonnes ; et il faut avouer que , de tous les 
marbres en usage", ce sotit les plus [agréables 4 la vue. Rien 
n'égale la beauté et le magnifique aspect de ces belles colon- 
nes de vert antique qui décorent les monumens de Rome , et 
^ui ajoutent à la majesté et k l'aspect imposant des temples 
qu'elles décorent. Les anciens qui nous ont souvent donné 
l'exemple du bon goût, ont beaucoup employé ce beau mar- 
bre, qu'ils tiroient , dit-on, des environs de Sparte, de même 
que le cipolin de l'île de Calistosoud'Eubée. 

IIL La Serpentine ollaire {talcum oUaris^ Gmel., Syst.); 
TalcoUatre, HaUy; TopfsUin^ W.; Potstone, James.; Pierre 
Maire ou Pierre de Corne; Pierre de Colubrine^J^. D. \ Pieti^ 



s E R «ï 

de Barwn; Lapis cpmetms et Lapîs siphrûus de PHoe ). Ceiie 
pierre tire son nom du mot latin alla qui signifie une marmite^ 
parce ' qu'elle fl^t employée de temps immémorial à faire 
des marmites et autres vases qui vont au feu. 

La serpentine oUaire est d'une couleur ^ise, tirant sur le 
vert ou le noirâtre , et tachetée de points plus ot>scurs que 
)c fond I à neo prè^ comme la serpentine commune , à la- 
quelle i d'ailleurs , elle ressembla si fort , qii^on passe de 
Tune jt l'autre par des transitions insensil^les : ce qui dis- 
tingue surtout la serpentine ollaire., c'esl qu'elle est plus 
tendre et plus opctiieuse au toucher. 

Quoique cette pierre ait beaucoup 4e tenaci|^ et qu'elle 
oe se casse pas aisément , ce qui la distingue du talc et de la 
stéatite, elle est si tendre sous le couteau, qu'on la travaille 
M tour avec la plus grande facilité ; elle est susceptible de 
recevoir un certain poU^eras; elle est alors onctueuse ^u 
toucher comme un corps* nt>tté d'huile. 

Son tissu est un peu feuilleté v^t sa cassure offre de peti- 
tes lauaes courbes ou irrégulières. Elle rend une odeur ter- 
reuse quand on l'humecte avec l'haleine. £lle est plus pesante 
que la seipentine commune. Saussure et Karsten portent «a 
pesanteur spécifique à a , 88. 

Elle est très-réfractaire au feu des fourneaux, et pre§' 
que infusîble ou même infiisible au chalumeau. 

Ses élémens sont sujets à varier t commenm en peut ju- 
ger par le&deux analyses smvantesj» l'une, par Wiegleb, qvi 
est celle de Ja serpentine de Cbiavenna ; et la seçondie , 
par Tromsdorf, ) • 

Silice. 38. • » 1 9 • 3q. 

Magnésie 38 sO. 

Ahwiine 4. • • • . o. 

Chaux 6. • • • • o. 

VemfM 14. .... lo* 

Eau o. . . ^ • xo. 

Acide carbonique. . o. • ; . . aa 

Il est probable que Tromsdorf aura analysé une ?ariété ie 
magnésiecarbonatée silicifère ; car la disproportion des prin- 
cipes^ooique reconnue par Chenevix dans la pierre oUairet 
est ici trop forte pour admettre que ces analyses appartie^^ 
9ent à des pierres analogues. 

La serpentine ollaire se trouve princîpalemeiH dans les 
montagnes primitives 9 voisine^ de Pleurs et de Chiaveana 
(\alteline )9 chez les Grisons , au nord du lac de Côme ; 
elle se tire particulièrement de la montagne qui domine la 
malheureuse ville de Pleur» 9 ^'on avoit exc^tvé^ avec ii 



8a S E R 

peu de ménagement, qu^elIe s'écroala tout à conp^ et s^ea-^ 
sevelit totalement le aS août 1618. 

Ce n^est pas seulement chez les Grisons qu^on trouve la 
serpentine ollaire ; il y en a dans d^autres parties des Alpes^ 
mais toujours du côté de F Italie. Saussure en a vu des car- 
rières entre le haut Valais et la vallée de Formazza, dans 
im site encore plus élevé que les sources du Rhône , à une 
hauteur de plus de six mille pieds. 

Elle forme des couches qui sont souvent adhérentes à - 
celles du talc schisteux , qui alternent avec des couches de 
gneiss à feuillets très-stériles. Ces couches sont en général 
dans ime situation verticale ; mais Saussure fait remarquer 
que les couches de pierre ollaire sont extrêmement ondées, 
quoique les autres aient leurs feuillets parfaitement droits. 

Saussure parle d'une autre carrière de serpentine ollaire 
du val Sésia , qui est une dépendance du mont Rose. 

^ette pierre se trouve encore à Zœblitz, en Saxe^ en 
Hongrie , en Transylvanie , en Tyrol , en Norwége , en 
Finlande , etc. Patrin Ta observée dans les monts (>urais ». 
près d'Ekatherinbourg 9 et dans les monts Al tai , près de 
Zmeof ; mais en général elle est fort rare en Sibérie. On Ta 
retrouvée au Groenland et dans le voisinage de la baie 
d'Hudson. 

Les anciens la tiroient de la Haute-Egypte. 

C'est dans fa ville de Côme que Ton transporte par eau 
les vases et ustensiles quion fabrique dans les environs, avec 
la serpentine ollaire , d'où ils sont distribués dans toute la 
Suisse, ritalie et d'autres contrées de l'Europe ; de là vient 
que cette pierre est surtout connue sous le nom de pierre de 
Côme ( îiipis comensis)f qu'en lui donnoit déjà du temps de 
Pline , il y a près de dix-huit siècles. Les vases de pierre ol- 
laire se font au tour par le moyen de machines que l'eau fait 
agir. Ces vases ont divers avantages qui les font rechercher 
pour les usages domestiques ; ils s'échauffent promptentent 
et conservent long-temps la chaleur ; ils sont fort sains , ne 
donnent aucun mauvais goût aux alimens ; ils sont d'ailleurs 
d'une très-longue durée. La ville de Pleurs gagne environ 
60,000 ducats par an avec ce commerce Quand la*pierre est 
nouvellement tirée de la carrière, elle est très -tendre, avec 
une espèce de ténacité ; c'est alors qu'on la travaille. 

Pline, qui a parfaitement décrit la pierre ollaire de Côme^ 
dit que la pierre de l'île de Siphnus ( de Siphanto dans l'Ar- 
chipel), étoit employée aux mômes usages , d'où l'on con- 
clut que la serpentine ollaire se trouve dans les îles de l' Ar^ 
chipel , ce qui n'est pas invraisemblable. 
* -Les Groenlandaîs et les aaturels des enyirons de la baie 



s E R 83 

'â^HacIson emploient la serpentine ollairê qu'ik trourent 
dans leurs contrées ; ils en font de la vaisselle , des marmites, 
des lampes, etc. En Norwége et en Saède, elle sert dans la 
construction des fours, des poêles et des fourneaux , ce à 
quoi elle est très-propre. i 

Enfin , la pierre de Baram des Egyptiens est une serpen- 
tine ollaire , très-employée pour fabriquer.des ustensiles de 
cuisine et autres objets d^utilité. On sVn sert aussi pour frot- 
ter les vases d^ argile qu'on veut rendre moins perméables k 
l'eau , en établissant , par ce moyen , un enduit onctueux à 
leur surface. 

Les anciens Egyptiens ont beaucoup travaillé cette pierre 
et la serpentine commune ; il nous reste beaucoup de leurs 
tois^ espèces de pierres couvertes d'hiéroglyphes et de signes 
disposés par colonnes sur un côté, et de Tautre avec des 
figures en relief, représentant les divinités égyptiennes et 
des attributs du Nil , ce qui fait croire que c^ sont des calen- 
driers où Ton avoit marqué également les diverses époques de 
la crue et de la baisse des eaux du Mil. On trouve aussi des 
figures d'Isis, d'Osyns, des pastoply>res , etc., en pierre de 
cette nature , et chargées d'hiéroglyphes ; mais ce sont tou- 
jours des objets portatifs , ce qui uut croire , joint à leur mul- 
tiplicité» que c'étoient des objets très-communs, et d'un usage 
journalier. 11 y a aussi des scarabées égyptiens antiques en 
cette matière. En général, tous ces objets sont usés et ar- 
rondis par le frottement. 

La serpentine ollaire tient le miliea entre le talc com- 
pacte, la stéaiite et la chlorite. M. Hatty les réunit toutes dans 
son espèce talc. Linnseus les réunissoit aussi à ses talcs, qui 
constituoient une espèce artifi<*ielle où toutes les serpentines 
se trouvoient placées. Wallerius les rangeoit avec se^ 
stéatites , etc. Enfin Wemer et ses élevés en font une es- 
pèce distincte, (ln.) 

SERPENTINE de Saxe. V. GABBRa(LN.) 

SE^PENTINFELS des Allemands. T. Aoches SERPCit- 

TillEUSES. (LN.) 

SERPENTINS. Famille de champignons établie par 
Paulet , et dont le principal caractère est fondé sur le pédi- 
cule des espèces qui la composent, pédicule qui est contourné 
en différens sens. Une de ces familles renferme les serpentins 
solitaires^ tels que la NoisETTE ivoire et le Sang des marais. 
L'autre réunit la Tête de soufre , la Tête de feu oli- 

VATOE, la TÊTE DE FEU SOUFREE, la TÊTE FAUVE , la TÊTl 
BAI ET BLAlîCHE, la TÊTE BLANCHE ET NOIRE, le BoUTOW 

d'or, le petit ^Chapeau d'argent, et le petit Timbre 
d'argent, (b). 



t 

94 S É R 

SERPENTIN SPATH ies anciens minéralogittes tUe* 
manda» C^oatla diallage, pierre qui se trouve communément 
4an8 les serpentines 9 et dont la structure est iamelieuse. (Ln.) 

SERPENTINSTEIN des Allemands* Y. Euphotide et 
Serpentinfels. (lw.) 

SERPENTINWACKEde Storr. C'est une Serpemtiw 
parsemée de quarz. (ln.) 

SERPICULË , Serpîada. Genre de niantes del^ monoé^ 
cîe tétrandrie , et de la famille des épilobiennes , dont les ca^ 
ractères consistent: en un calice à quatre dents; une coroUe df 
quatre pétales , et quatre étamines dans les Sears mâles ; un 
éaUce divisé en quatre parties; un ovaire supéri^r surmonti^ 
d^un style simple dans les fleurs femelles. 

Le fruit est une noix velue. * 

Ce genre , fort voisin du Millepertuis, renferme deuy 

{petites plantes rampantes , dont une a les feuilles alternes , 
înéaires , entières , et Tautre les feuilles verticillées et den- 
tées par des pointes. La première se trouve au Çap de 
Bonne-Espérance , et a été appelée lauremàêrge par Bergiqs, 
La seconde habite dan» l'Inde ; elle constitue le genre Ht- 
DRILLE de Richard , TÉLontE de Michaux , TUbore de Nat- 
tai. (B.) 

SERPILIËRE. Nom donné par les jardiniers à la Covn^ 
TiLiÈRE. V' ce mot. (l). 

SERPOLET. Plante du genre derTsTHS. (b.) 

SERPULE , Serpuia. Genre de vcts marins qui offre pour 
caractères : un corps cylindrique 1 atténué posté rieuremeat ^ 
^yant 4 son e^rémité antérieure deux faisceaux de âlets pkh- 
meux 9 ou une rangée circulaire de filamens pennacés cena^ 
tituant ses branchies ; une trompe en massue , tronquée , 
pédicelLée^ sortant entre les branchies ; le tont renfenné dans 
un tuyau calcaire , solide, fixé sur les rochers o« diverseai«i|t 
entortillé. 

Les espèces que renferme ee genre avoient été placées par 
tous les conchyliologistes parmi les Coquilles, et leur tuyaa 
4&st en effet de màmt nature que ces dernières;mais Lamaf ck, 
fende sur de« considérations prises de la forme de Tanmal , 
les a poFtéas parmi les Vers , dans le voisinage des Ami^qt- 
TRITES avec lesquelles elles ont beaucoup de rapports. 

Le genre serpuU , dans Linnacus , étoit très-considéral»l« ; 
mais Bri^uîère , Daudin et Lamarck , en ont ^é plusieurs 
espèces pour former les genres Arrosoir , Silicaire , Sm- 
HORBE , et Vkrmilie. Le dernier de ces naturalistes en 
cite cependant encore vingt-«ix dans son Histoire natureUe 
des animaux sans vertèbres. 



s E R es 

Les sêrpuléi ée trourént dans toutes les mers. Pkisieiirs otit 
lear test fixé senlement par leur extrémité ; d^autres sont en- 
tièrement couchées et attachées sur les coquilles et autres 
corps durs ; enfin , il en est qui sont renfermées dans les 
Eponges^ les Y arecs , et autres corps analogues. Quelque^ 
espèces vivent en familles nombreuses , entrelacées les unes 
avec les autres. 

L^animal àt$ serpuies varie : tantôt les branchies sont réu- 
nies en deux faisceaux opposés, composés d'un plus ou moins 
Erand nombre dé plumules ; tantôt elles sont isolées , et em- 
^ rassent le contour entier de l'ouverture du tuyau. Toujours 
il sort de leur centre une masse pyriforme , longuement pédi- 
cellée , dont la pédicule est susceptible d^àllongement et dé 
contraction. Cette masse est tronquée à son sommet , et de 
ses bords naissent un plus Ou moins grand nombre de ten^ 
tacules courts , contractiles > au centre desquels e^t sans 
doute la bouche. Elle a été fort lustetnent appelée trompe 
par Lamarck, quoiqu'elle ne satisfasse pas complètement 
aux fonctions que ce nom suppose^ Guvier Ta mal k propos 
confondue avec Vopercule; car d'un côté elle wtca remplit 
pas Tobjet , et de Tautre j'ai fait tonnottre ime espèce qui 
réunit ces deux organes. 

Lorsque l'animal des strpuks se crott hors de danger, il fait 
sortir sa trompe , développe ses branchies , et les fait vibrer 
continuellement! ainsi qiie ses tentacules. J'ai souvent 
observé ces derniers, en action , sans pouvoir m'assurer 
de la nature des objets don% ils se saisissoient. Je sui# 
porté à croire que ce sont principalement des animalcults 
infusoires. 

La description détaillée des deux espèces nouvelles qtte j'ai 
rapportées d'Amérique , fera connoître plus exactement ce 
Henre* 

La Sbrfule hexagone. Test rampant , fleraeux , hexa- 
gone, solitaire, attaché longitudinalement sur les rochers 
ou les vieilles coquilles; dix^uit branchies pinmeuses , Cas<~ 
ciées de brun , régulièrement et^irculairement disposéea 
autour de l'ouverture du test ; une trompe presque pyri- 
forme , aniielée de brun , avec des tentacules nombreux , 
courts et fort rapprochés. Cette espèce , de la longueur de 
deux centimètres , est figurée P. lo. 

LaSiapuLE o^aouLÉE. Test- presque cylindrique • coui*- 
bé , strié , inégal et solitaire ; vingt-huit branchies tasciées 
de bmn , disposées en rayons ; une trompe portant six ten- 
tacules simples ; un opercule pédoncule t beaucoup^ pins 
gros que la trompe, presqnc sphérique^ aanelé de amu. 



86 S E R 

couvert it son sommet d'une vase adhérente. Elle se trouve 
dans la substance des épongés. Elle est figurée dans la même 
planche que la précédente. Dès qu'on rinquiète , elle re- 
tire ses branchies et sa trompe dans Tintérieur de son 
tuyau , et en bouche l'ouverture avec son opercule , qui , 
étant couvert de vase , ne permet pas de soupçonner la 
présence d'un animal. 

On pourroit en faire un genre voisin des Spirorbes. Voyet 
ce mot. 

La Serpule contournée est demi-cylindrique , carénée , 
rugueuse et attachée par la pointe. Elle se trouve dans la 
Méditerranée , et forme des réunions très > nombreuses* 
Cette espèce a les branchies disposées en deux faisceaux. 
!Ëlle sert de type au genre Bunode de Guettard , qui est 
le même que celui nommé Clymène par Oken. 

La Serpule gigantesque constitue aujourd'hui le genre 
Spirobranche de Blainville. 

La Serpule triquètre sert de type à celui appelé 
CpNCHQSERPULE par le même naturaliste. 

La Serpule polythalame constitue le genre Agatirse. 
Voyez ces mots et ceux Magile et Galéolaire. 

On trouve fréquemment des serpules fossiles sur les co- 
quilles Y les madrépores , etc. ; peur ont été décrites et figu- 
rées.. L'une d'elles l'est pi. 3o du bel ouvrage de Sowerby 
sur la conchyliologie minéralogîqne de la Grande-Bretagne. 

(B.) 

# 5ERPULEES. Famille de vers marins de U classe des 
<ai)nélides , établie par Lamarck. Elle a pour type le cenre 
Serpule, et renferme en outre ceux appelés par ce célèbre 
,professeur ,Spirorbe, Vermilie, Galéolaire et Magile. 

(B.) 

SERPYLLIFOLIA de Bnxbaume. C'est le Linnœa 
ipwi/wvLinn. (ln.) 

SERPYLLUM . Les Latins appeloient ainsi cette plantef 
suivant Pline, parce qu'elle rampoit sur la terre. Ce natu- 
t*aiiste en -distingue deii^ sortes 9 le serpyihim sauvage qui 
râftipoit parmi les rochers et les pierres , et le serpyllum des 
jardins qui ne rampoit point. La première sorte étoit le ser- 
pylium proprement dit. Elle avoit lés feuilles plus grasses et 

Î>lus blanches. On Tempioyoit particulièrement pour guérir 
es morsures des bétes Venimeuses , et notamment les mor- 
sures Bu serpent cenchrus ; on en faisoît usage dans la fréné- 
sie; pour ôter les maux de tête ; et dans les maladies du foie. 
Son odeur étoit si forte ^ qu'elle suffisoit pour chasser les 
serpens et les animaux venimeux. 



s E R ^J 

Il parott qae Pline a confonda avec les tefpyUum xnïe^ 
antre plante qui en paroit très-difTérente , lorsque , à Tar- 
ticle de la durée des arbres , il dit que le pofypodium^ les do^ 
lichos et le serpyllum s'attachent aux arbres. 

Dioscoride nomme le sfrpyllum , erpyllos on herpyllos^ tra- 
duction grecque du même nom. Il en distingue de deux sortest- 
I. celle des jardins, qui étoit rampante , avoit Todeur da 
soûipsuchus ( Marjolaine ), et dont on faisoit des couronnes 
et des bouquets. Ses feuilles et ses branches ressembloient à 
celles de Torigan, mais ëtoienUplus blanches; il se plai- 
soit particulièrement parmi les masures et dans les ruines. 
a.<> Celle qui étoit sauvage et point rampante , mais droite , 
se nommoit zyffis : elle avoit des branches fines , , grêles , 
garnies de feiiiilrs plus longues que celles de la rue , et néan-« 
moins étroites et dures. Ses (leurs exhaloient une bonne odeur, 
et avoient une saveur acre et mordante ; elle croissoit dans 
les lieux pierreux; on faisoit usage de sa racine. Les vertus 
de ces deux erpyllos étoient les mêmes ; mais plus exaltées 
dans la variété sauvage. Ils étoient emménagogues , trèa- 
ëchauffans, utiles dans les convulsions , et contre les mor- 
sures des serpens , etc. 

Théophraste estime que Verpyllos des jardins n^est pas au- 
tre chose que \ erpyllos saw?age cultivé , et s^exprime ainsi : 

« Il y a une espèce A^erpyllos sauoàge , qu'on apporte des 
mortagnes pour la planter dans les jardins , comme cela se 

Ïratique à Sicyone. Â Athènes f on Tapporte du mont 
[ymette. Dans les autres pays et en Thrace, les montagnes 
sont toutes couvertes X!erpyllos. Cette plante a une manière 
particulière de croître ; car à peine trouve-t^elle de (|uoi s'ac- 
crocher ; si elle est dans une haie, elle croîtra en Ion* 
gueur autant qu'on voudra. Quant à Verpyllos des jardins , 
nous ne saurions en dire plus que nous en avons dit , car on 
assure que tous les erpyllos sont sauvages , et que dans les 
montagnes on en trouve de deux sortes dont Tune est sem- 
blable an Thtmbra , et est fort véhémente , et Tautre plus 
odorante et plus délicate. Le vrai temps de la replanter est 
l'automne ; autrement elle ne réussiroit pas» » D'après ce 
passage de Théophraste , on voit qu'il a une idée confuse de 
plusieurs espèces d>r;y//(î5 ; l'une rampante ,, l'antre sem- 
blable au thymbra, La première seroit Verpyllos rampant de 
Dioscoride, et la« seconde son zygis, La première seroit 
encore le serpyllum sawage de Pline , et la seconde son ser^ 
pyllum des Jardins ; enfin la première a pu être notre Serpo- 
let , y compris ses nombreuses variétés ( thymus serpyl^ 
lum^ L.), et la seconde, \Ahymus zygis^ Linn., ou une espèce 
de labiée analogue. Relativement à cette dernière , nous de 



8« S E !l 

yofl$ fiiif^é fêmâfqiïer que it ThêU écrit sans âutdriié itgis , 
H fait dërîver ce tîiot du grec dggo^ , bourdonner. L'on sait 
qû^ les Grecs modernes nomment déHce des abeilles , une 
plante qui crott an pied du mont Hymette où le thym abonde^ 
et qui dofltne au miel de èette contrée son parfum et son 
ddeur agréables. Cette plante, sans doute , est le thyinus tygisf 
et Taticien xygis est sans doute cette plante ou une espèce dé 
ihfmbra ou de saiureia. 

C. Bauhin réunit sous le nom collectif de serpyllum^ les thy- 
mus ierpyllum ', lanuginosus j zfgis^ et d'autres espèces du même 
genre. Dodonée appeloit le thym commun serpyllutn hor- 
UnsÉ. 

Le Hrpftturh adnarinm de Gesner , est rAlHEtLÊ CAÎt- 
HEBEfkGE ( Vacêiniam oxycoccos , Linn. ). 

Selon Mentzel , Vartemisia a porté aussi autrefois le nom 
de serpyUum; il étoii également synonyme de merUha aquatica^ 
ou de sisymbrium, (iN.) 

SERRA. C'est le nom du Labre ploube , à Nice , selon 
M. Ri^so. (dêsm.) 

SERRA. C'est la Senrée. (b.) 
- SERRAN , Serranus, Genre de poissons établi par Carier, 
pour placer les Holocektbes de Lacépède, qui ont en même 
temps des dentelures à leurpréopercuié et des piquans^à leur 
opercule, il se rapproche iofiniment de celui des LutjaNS, 
et renferme plusieurs espèces , toutes propres à la Méditer- 
ranée ^ oà elles sont eoànues sous les noms de serran et de 
perche et mer, (b,) 

SERRANT.. Nom du BAuaM commun , dans Belon , et 
an Mans, (v.) 

SERRARIA. Adanson donnoit ce nom, avec J, Bur- 
in ann, au genre leucodendron de Linnaous, confondu e&- 
suUe avec le proiœa par Linnseus Jui-méme. Voyez SfiRr- 
ïiURlE. (ln.) 

SERRASALME , Serrasalmus, Genre de poissoos étabK 
par Lacépède , pour'placer le SalMONE rhomboïi^ , qui n'% 
pas les caractères des autres. 

Ceux de ce nouveau genre sont : bouche à l'eJE^émité du 
museau ; corps comprimé ; écaiUes visibles ; deuk nageoires 
dorsales , la seconde adipeuse et dénuée de rayons ; la partie 
inférieure du ventre carénée et dentelée comme une scie. 

Le Serrasalme rhombùï*db se trouve dans la rivière de 
Surinam. Sa chair est blanche et délicate, ^b.) 

SERRATULA , c'est-à-dire , qui est denté finement 
comme une scie. Ce nom convenoit parfaitement à la 



s E R 89 

SaArettb des tsiïiTDRiERS , dont les feuilles sont dentelées 
M k dents aigoës ; aussi cette plante Ta - t«elle reçu depuis 
long-temps , ainsi que le nom italien de serretta corrompu eti 
cenUa , et d'où vient le français sarrêtU. C. Bauhin distingue 
quatre Tariétés de i^âarrette des teinturiers, il parott queMat^ 
thiole lui a imposé , le premier , le nom de serrattda qu^ 
Linnseos a rendu ensuite générique , en faisant , de la plante 
ci 'dessus , le type d*un»genre qui est devenu ensuite très-^ 
artificiel , k cause du grand nombre d'espèces qu'on y a rap^ 

I portées, et qui ont donné lien ii beaucoup de ehangemens et à 
'établissement de plusieurs senres nouveaux. Adanson y ra- 
menoit le cerdaurea crmpina « le rhaponiiceîdes de Vaillant , et 
le MmkeUnû dubia , L. 

Depuis , plusieurs espèces ont servi à établir les genres 
pemonia , liatris ou suprago^ pUiosUmon , hoiolepis^ Dec. , etc. , 
<ra bien sont placées dans les genres carthtus , crdcus^ cirsium , 
itcthdina , cênimurea ^ et même amyta. Sprengel , qui est 
l'auteur le plus récent qui se soit occupé du genre serraiula , 
ti'y> laisse ^e onze espèces , parmi lesquelles reste le serratula 
itictona, plante polygame et dioïque» selon R. Brown. 

Le serratulû amara de Aampbîos {^Amh. 5 , 1. 170 , fig. i , a) 
n^ appartient pas au genre serratula ; car c'est le scutdlaria 
Mica , li. (lw.) 
SERRATULE. V. Sarrette. (lk.) 
SERRE-FINE. T. Mésakgë CHARBOtmil;^E. (v.) 
SERRE-FINE A TÊTE BLEUE. V. Mésange a tête 

BLEUE. (V.) 

SERRE MONTAGNARDE. F. Grite litorne. (v.) 

SERRELLE, Sérreiia. Selon BertranU , c'est une espèce 
de dent de poisson pétrifiée ou fossile , qui a les côtés cré- 
nelés ou doubles comme une scie. Les glossopètres triangu^ 
iaires de Malte ont ces dentelures, (desm.) 

SERRES. Ce sont les ongles acérés ou les griffes des ai- 
sêëux de proie j arme puissante et souvent terrible , qui sert 
également à l'attaque et à la défense , instrument de ra- 
pine et de carna^ , avec lequel ces tyrans sanguinaires sai- 
si^eût , enlèvent et décbirent leurs victimes, (s.) 

SERRES CHAUDES.Bâtimens où,à l'aide d'une chaleur 
artificielle , on entretient et on conserve les plantes étrangères 
qui ne peuvent supporter la riguenr de nos hivers, (n.) 

SERRES D'ÉCREVISSES PÉTRIFIÉES. V. Pa^ 
«urej&eFaujas, dans l'article Crustacés fossiles, (desm.) 

SERRETTA et CERRETTA. Noms italiens de la 
Sarrette des tAnturiers , dans Césalpin. (ln.) 

SERRïCAUDESoû Uropistes, Duméril. Famille d'in- 
sectes hyménoptères, composée de ceux dont l'abdomen est 



go S E R 

sessile et lerminé dans les femelles par une tariire , et dont 
les antennes ne sont point coudées. Elle répond à notre 
famille d ^hyménoptères portesde. V, ce mol. (l.) 

SERRIGORNES , SerHcomes, Latr. Famille d'insectes , 
de Tordre des coléoptères, section des pentamères , dont 
les caractères sont : cinq articles à tous les tarses ; quatre 
palpes ; élylres recouvrant la totalité ou la majeure partie de 
rabdomen ; antennes ordinairement filiformes ou sétacées, 
soit en panache ou en peigne , soit simplement en scie 9 du 
moins les mâles. Je le partage en depx tribus, les stemoxes et 
les malacodermes, La première comprend les bupreslides et les 
élaténdes; la seconde , cinq autres petits groupes , les cèhrio' 
niles ^ les lampy rides ^ les méiy rides ^ lespiiniores et les Urne" 
bois, y, ces articles, (l.) 

SERRIGORNES ou Priocères. M. Dumérîl , dans sa 
Zoologie analytique , nomme ainsi une famille d'insectes 
coléoptères , qui répond à notre tribu des lucamdesy famille 
des ianiellîrornes (L.) 

SERRIROSTRES. Nom qu'on donne aux oiseaux dont 
le bec est dentelé, (v.) 

SëRRO. La Scie est ainsi appelée dans les parages 
de Nice, (desm.) 

SERRO FINO. Un des noms provençaux de la Mésange 

BLEUE. (V.) . 

SERRON. Un des noms vulgaires de I'Anserine bon 

HENRY. (B.) 

SERROPALPE, .Çc/ro;Mi/;iii5, Hellen. , Payk. , Gyllenh.; 
DircoMy Fab. Genre d'insectes*, de Tordre des coléoptères, 
section des hétérontères, famille dts sténélytres, tribu des 
hélopîens. 

Ge genre , établi par Hellenius , a été , avec quelques an- 
tres, qui ont une grande affinité avec lui, un sujet de confu- 
sion. J ai essayé de Téclaircir à l'article méiandrye de cet ou- 
vrage. J'y ai encore exposé les caractères du genre serro- 
palpe, telquil doit être restreint d'après ce naturaliste , et 
je suis d'accord en cela avec un autre entomologiste de la 
Suède, AI. Gyllenhal, qui nous a donné sur les insectes de ce 
royaume {Tnsecta suecica) un ouvrage incomparable pour 
l'exactitude des descriptions. 

La seule espèce de serr»palpe connue est celle qu^Helle- 
nius nomm3 Striée, Slriata ^ et dont Fabricius fait une 
dircée (harbatà). Sa grandeur varie beaucoup. Les plus grands 
individus ont près de huit lignes de long. Le corps est étroit , 
presque cylindrique , rétréci postérieurement , d'un brun fon - 
ce , soyeux , très - finement rugueux , avec les élytres ter- 
minées en pointe et folblement striées. Les anteaqes son^ 



s È R 91 

presqae de la loDgaear ie la moitié du corps 9 d^an brun plas 
clair ou roussâtre , ainsi que les palpes et les tarses. Sa larve 
▼it dans le vieux bois sec , celui particulièrement du sapin. 
Elle y creuse des trous cylindriques qui pénètrent presque 
jusquà la moelle. Là aussi ou sous Técorccse trouve, dans 
le mois de juin , Tinsecte parfait. On le rencontre. aussi quel- 
quefois dans les maispns.ll est rare en France, (l.) 

SËKRURI£,5OTiina. Genre de plantes éta^i par R. 
Brown aux dépens des Protees. Il lui donne pour caractères: 
un cône multinore 9 imbriqué d'érailles persistantes ; à quatre 
divisions presque égales , ayant des onglets distincts ; un stig- 
mate verticale glabre ; quatre écailles autour de Tovaire ; 
une noix ventrue , légèrement pédicellée. 

Ge genre , que Burmann avoit appelé serrane^ renferme 
une quarantaine d'espèces , auxquelles'on peut donner pour 
type les proies cyahoîdes et dentelés. (B.) 

SERRURIER. Nom vulgaire que Ion donne, dans quel- 
ques provinces , à la mésange :fharbonmère ^ d'après son cri 
iiiigui, exprimé de manière qu'on lui trouve de la ressem- 
blance avec le grincement d'une lime ou d'un verrou, (v.) 

SERSALISIE, Sersalisia. Genre éubli par R. Brèwn aux 
dépens des Augans. Il diffère fort peu des Bumélies, et en- 
core moins des Scléroxylons. Ses caractères sont : calièe 
et corolle à cinq divisions ; cinq étamines stériles, en forme 
d'écaillés, alternant avec cinq étamines fertiles ; une baie 
il une ou à cinq semences. 11 renferme deux espèces origi* 
naires de la Nouvelle- Hol^nde. (B.) 

SERSIFIS. V. Salsifis. (bO 

SERTë. Poisson du genre Cyprin, (b.) 

SERTOD AIRE , Sertodana. Nom donné par Daudin ii 
la Glycimère. (b.) 

SERTOLARIA des auteurs italiens. V. Sertulaire^ 
sertularia, (desm.) 

SERTULA-CAMPANA de Mattbiole et d'autres bota- 
nistes anciens. C'est le trigonella œrnicuiaia , L. V. Melilo- 
TUS. (ln.) 

SERïtJLAIRE, Sertularia. Genre de polypiers phy- 
toïdes, à tige très-gréle, rameuse, ordinairement en zig zag, 
entièrement cornée, et munie dans sa longueur ainsi que 
dans ses ramifications, de cellules disjointes^ saillantes comme 
des dents et polypifères. 

Les naturalistes antérieurs k Ellis avoient tous regardé 
Jes sertulaires comme appartenantes au règne végétal, et 
on les trouve en conséquence décrites dans les ouvrages de 
botanique de Bauhin , de Toumefort et antres. Leur forme, 
souvent très-ra*pprochée de certaines mousses ^ et la diffi- 



Ô» s E R 

tttlté d'ôbserrer ItnrH actes de vitalitë , qui eesseni dès qu^où 
Jcs touche, doirent rendre cette erreur de nos pères très- 
excusable. 

Ellîs est donc le premier qui ait reconnu que les sertolaires, 
quMl appeloit coralines vésiculaires^ appartenoient ao règne 
animal , étoient un composé de polypes jouissant d^une vie 
commune , et quelquefois d'un grand nombre de vies par- 
tielles. ^ son ouvrages intitulé Essais sur tes CoralHnes, 

La substance des sertulaires est élastique « demi-transpa- 
rente 9 et ne fait aucune effervescence avec les acides ; c est 
ce qui les distingue des Corallines et des Cellulaires f 
qui sont en partie recouvertes d^une enveloppe calcaire: 

La forme des sertulaires est ou simple ou composée , c'est- 
à-dire qu^elles présentent ou une seule tige ou une tige ràmi^ 
fiée, une ou plusieurs fois, mais toujours servant de soutien 
il un grand nombre de polypes ; c'est ce qui les distingue des 
TuBULAiRES, qui n'ont jamafa qu'un polype sur chaque tige et 
à son extrémité. Leur couleur varie , mais elle est plus com- 
munément blanche ou d'un brun clair , et la plupart tombent 
4ans cette dernière couleur lorsqu'elles sont desséchées. 

Les sertulaires vivent toutes dans la mer , fixées sur les ro- 
chers, les coquilles, les varecs, et autres corps solides. Elles 
Adhèrent à ces corps , tantôt par un simple point» tantôt par 
une espèce de racine de même nature qu'elles. Ces racines se 
prolongent souvent beaucoup , serpentent et donnent, de dis* 
tance en distance , des rameauf d'où s'élève un crand nom- 
bre de tiges. Elles sont fort communes sur toutes les côtes du 
nord de r Europe , où elles forment quelquefois des touffes 
si élégantes, qu'on les dessèche pour en faire de petits pa^sa-- 
ges ; mais c'est en pleine mer, sur les varecs flottans , qm s'y 
trouvent en si grande quantité , qu'on peut prendra ufie idée 
de leur immensité. Il n'est point (je les ai observées pendant 
des centaines de lieues) de branche de cette plsAite qui ne 
supporte des milliers de tiges polypifères , dont chacune est 
composée de centaines de polypes. 

Les tiges des sertulaires sont presque toujours filiformes 9 
presque toujours flexueuses ou tortues. Les polypes y sont im- 
plantés , tantôt d'un seul côté , tantôt des deux côtés , plus 
ou moins rapprochés. Leurs formes varient , non^^seulement 
quand ils sont développés, mais quand ils sont contractés. 
Dans ce dernier cas , ces polypes ressemblent k des denttcuhes 
ou dentelures , et comme c'est l'état dans lequel on les voit le 
plus fréquemment, ce sont de ces denticules qu'on tire les ca- 
ractères qui distinguent les espèces. Les polypes tiennent k la 
tige de diverses manières, mais ils sont ^rdittaifement séssHes, 



s E R 9* 

fh^s ou moins allongés, plus ou lÀoîns garnis de tenlacales, 
piqs ou moins longs ; cependant on ne trouve rien dans leur 
oi^ganisation qu'on ne puisse observer de même dans les 
Hydaes, excepté la nature de leur substance et le mode dt 
leur génération. 

Lorsqu'on examine des sertulaires dans les jours les plus 
cbauds de Tété « outre les denticules polypifères 9 on voit des 
vésicules creuses 9 transparentes, de formes et de grosseur 
différentes suivant les espèces ^ qui y sont attachées 9 et qui 
ne s'y trouvoient pas quelque temps auparavant lte$ ancienf 
paturalistes 9 qui prenoient les sertulaires pour des plantes , 
considéroient ces vésicules comme leurs Beurs. Us se SQnt pe« 
trompés sous ce rapport, car elles sont \ts organes de U repro^ 
duction des sertulaires , comme les fleurs le sont des plantes* 
Plusieurs même ont absolumeijit la forme des fleurs en cloche^ 
et la plupart ressemblent aux urnes des mousses 9 qu'on esl 
habitué à appeler aussi fleurs. Ces vésicules sont ordinaire^ 
ment ouvertes à leur sommet^ et lorsqu'elles sont fermées, ce 
n'est que fort légèrement. • 

C'est encore à Ëilis qu'on doit la découverte de l'usage de 
ces vésicules. Il en cite de trois espèces : i.'' celles qui renfer- 
mentun polype dif fièrent de lamère connue en forme etengran- 
.deur, comme dans la serUdçdre naine^ etc. ; a.*' celles qui ont 
des polypes ovîformes, qui tiennent à la mère par un cordoi» 
ombilical , telle que la uriulairt dichotome; Zj^ celles qui sont 
remplies d^ceufs non adkérens, comme dans la serUdair^pinné^. 
Je peux encore citer une quatrième espèce de vésicule ; c'est 
celle qui, comme dans l^s€riuJaîn plume ^ est entourée de 
cercles noueux ; car je crois avoir remarqué que les petits 
HDorps dont parle Ellis, comme exiitans dans la vésicule 
m^me , se trouvent atuchés dans les angles des noeuds des 
cercles extérieurs, et ne sont autres que des polypes ovifor«- 
mes. Je ne cite ce foit que par induction , n'ayant pas été 
à portée de le constater oositivemeat, quoique l'aie Qbservé 
des milliers de ces vésicules* 

Dans tous les cas, les «uîs des polypes sortent de leurs vési^ 
cales lorsqu'ils sont arrivés au point nécessaire de maturité 9 
^t donnent naissance i de nouvelles tiges polypifères^ après 
a'étre 6fé$ plus ou i»oins loin de leur mère,, selon le Uasard 
des circonstances. 

Mais, outre^cette manière de se reproduire, il est probable 
que les sertulaires ont encore celles de la section , comme les 
hydres ; car , lorsqu'on les coupe, les polypes particuliers , 
après i^'étre contractés un moment, reprennent leurs mouve- 
mens, ainsi que je m'ensuis ^suré un grand nombre de fois. 
Il est d'aiUeara un autre «iode de reproduction 4e» s^rtulai-*. 



94 s E R 

res 9 dont EllSs ne parle pas , on ne devine pas pour quelle 
raison; c'est la croissance en hauteur de leurs tiges et de leurs 
branches. J'ai cherché h suppléer au silence de ce naturaliste 
par des observations , et je me crois suffisamment autorisé à 
affirmer, quoique ce ne soit que par induction , qu'elles s'al- 
longent et qu'elles augmentent leurs rameaux, au point de 
former des touffes ou des buissons souvent d'une étendue 
considérable , positivement comme une branche d'arbre , 
c'est-à-dire en poussant des bourgeons, mais cependant sous 
certaines restrictions. 

Les animaux des sertulaires vivent , comme les autres po- 
lypes , d'animalcules marins qu'ils arrêtent au moyeu de 
leurs tentacules. 11 y a tout lieu de croire que ce que l'un 
d'eux mange profite à tous les autres de la même tige. Us 
sont sans doute mangés eux-mêmes par un grand nombre 
d'ennemis ; mais on n'a pas d'observations à cet égard. 

L;miouroux, auquel on doit le travail le plus étendu et le 
plus complet sur les sertulaires , a établi sept genres à leurs 
dépens; savoir : Amathii, Némertesie, Aglaophènie, 
Dyîîaméne , Clytie , Laomédée et Thoa. Au moyen des 
soustractions d'espèces auxquelles ces nouveaux genres don- 
nent Heu , le même naturaliste dans son ouvrage sur les 
poiriers coralligènes flexibles , n'en mentionne que sept 
comme lui appartenant réellement* 

Lamarck a aussi établi les genres Campai^laire , Ak- 
tettnulaire, Plumaire et Serialaire, qui rentrent dans 
ceux que je viens d'énumérer. 

Les plus communes des espèces qui restent dans ce gem-e, 
«ont les suivantes : 

La Sertulaire sapinette, a les cellules ovales , tubnlées; 
^ bords entiers et ventrus du côté de la tige. Ell^s Ta figurée 
pi. I , b. B. £lle se rencontre très-fréquemment sur nos côtes. 

La Sertui/aire tamarisque a les denticules presque op- 
posées , tronquées , presque à trois dents ; les vésicules pres- 
que ovales , à deux dents , et les rameaux alternes. Elle est 
figurée dans EUis , tab. i , fig. i. Elle se trouve dans les mers 
du nord. 

La Sertulaire gupressine a les denticules presque op- 
posées, un peu aiguës; les vésicules un peu ovales ; les ra« 
meaux paniculés, très -longs. Elle est figurée dans EUis ^ 
tab. 3 , fig. 5 , et se trouve dans les mers d'Europe. 

La Sertulaire zonée a les cellules ovales, pourvues de 
quatre dents sur leurs bords ; les ovaires ovoïdes , marqués 
débandes transversales. EUis l'a figurée pi. 2, b. , A. B. 
Elle est abondante sur nos côtes. 

La Sertulaire lichehastre^ a la tige- pinnée, articulée; 



s E R 95 

les cellules imbnqoëes sar deux rangs. Elle vit dans nos mers. 

La Sertulaire CUSC13TE, a ses cellules groupées de dis- 
tance en distance « et les rameaux divergens. ElHs l'a fi- 
gurée pi. i4 9 c. C. On la pêche sur nos côtes. 

Lamouroux a figuré , dans Touvrage précité , la Sertu^ 
LAiRB^ ALLONGEE , qui vient des mers de la ^fonvelie-Hol*» 
lande. 

La Sertulaire hydriforme a la tige simple , sans den- 
ticules, donnant naissance à des polypes longuement et 
inégalement pédoncules , ovales lorsqu'ils sont contractés^ 
pyrifonnesy et terminés par trente tentacules lorsqu'ils sont 
développés; leur base est pédonculée. V, pi. P. i5 o& elle 
est figurée. 

Cette espèce^ que j'ai observée sur les varecs flottans 
de la haute mer, n'a point de véritables denticules, et n'a 
probablement pas de vésicules ; mais sa substance est cor- 
née. Elle unit très-bien les sermlaires aux Hydres. V. ce 
mot. 

La Sertulaire plume appartient aujourd'hui au genre 
Aglaophéi^ie. 

La Sertulaire mcHOTOME se range actuellement parmi 
les Lagmédées. 

C'est au genre Dynamène qu'il faut rapporter les Ser- 

TULAIRES PELAGIENNE et DISTIQUE. 

Toutes ces espèces sont figurées pi. P. i5 de ce Dic- 
tionnaire, (b.) • 

SEHTULARIEES. Lamouroux , dans son ouvrage in- 
titulé Histoire des Polypiers corailigènes flexibles , donne ce 
nom à un ordre qui renferme , outre les sertulaires , les 
genres Pasythée , Amathie , Némertesie , Aglaophé* 
NIE , Dynamène , Inifi , Clytie y Laoméoée , TiioA , Sa- 
LAfiE et Cymodocée. 

Les caractères de cet ordre sont : polypiers phytoïdes, 

,à tige distincte, simple ou rameuse, très - rarement aiti- 

culée, presque toujours fistuleuse/ remplie d'une substance 

gélatineuse animale à laquelle vient aboutir l'extrémité in- 

. fcrîeure de chaque polype contenu dans une cellule dont la 

situation et la forme varient ainsi que la grandeur, (b.) 

SERUOL r. Sarigue, (s.) 

SERUM dti Lait et du Sai^g. C'est la partie aqueuse , 
transparente, qui se sépare du lait caillé et du caillot de 
sang ; mais , dans ces deux humeurs animales , le sémm est 
fort différent. Le sérum du lait ou le petit lait est une liqueur 
-chargée de quelques matières animales en dissolution , avec 
des substances salines. On caille le lait avec un corps acide, 
avec la présure ou le lait aigri , ou même avec une substance 



96 SES 

fermentescible; on le pasM au travers d'une ëtamîne , et «n 
filtre le sérum par le papier gri«. Le sérum du lait tient en dis- 
solution une matière saline sucrée , qu^on appelle sucré âeiaii^ 
et qui cristallise en parallélipipèdes rhomboïdaux. Ce sérum 
contient toujours quelque particule des matières végétales 
dont s>st nourri 1 animal qui a fourni le lait. Il se trouve 
encore du pl^osp)iate de soude et de chaux, du muriate de 
soude t et un peu de carbonate de potasse dans le sérum de 
lait, avec une matière extractive végéto-animale. Le lait des 
ruminans est moins séreux que les autres. 

Le sérum du sang est fort ^Œérent du précédent ; il se sé-^ 
pare spontanément du caillot , sous forme d'un liquide jau- 
nâtre, glaireux , transparent ; et lorsqu'on Texpose à la cba* 
leur du feu , il se concrète comme le blanc dt l'œu^ C'est 
une substance Mummeuse ou de l'albumine» d'une saveur un 
peu salée et contenant ^ outre quelques sels, de l'alcali de 
•soude à nu : ypilà pourquoi elle verdit le sirop de violettes* 
On y trouve aussi une portion de matière gélatineuse , du 
soufre et quelques sels neutres , comme des phosphates^ des 
muriates, des carbonates de soude , de chaux , etc. On peut 
voir, à l'article Sai^o» ce que nous avons dit à ce sujet, (virsy.) 

SERVAL. Ce nom désigne deux espèces différentes du 
genre Chat ; Tune propre à T Amérique septentriopiale (Jelis 
serval^ Linn.), et l'autre au Cap de Bonne-Espérance (/«& 
capensis^ Forster). V. tome 6» page iio et m. Le senHtl 
d'Amérique est figuré dans ce Dictionnaire , pi. P. 27» fig. a. 

(UESM.) 

SERVANT. C'est le Bruant, (s.) 

SERVANTINE. Variété de Figub. F. Fiouiee. (desm.) 

SERY. L'un des noms que nos aïeux donnoient à la Musa- 
raigne, (s.) 

SESAME y Sesamum. Genre de plantes de la didynAiie 
aagiospermie « et de Ja famille des bignpnées, qui offre pour 
caractères : un calice persistant à cinq divisions , dont un^ 
supérieure plus courte; une corolle monopétale, à tube court, 
à limbe grand , oblique , divisé en cinq partiel^, dont Pinfé-- 
rieure est plus longue; quatre étamines, dont deux plus. 
courtes,et le rudiment d'une cinquième; un ovaire supérienr, 
surmonté d'un style à stigmate bilamellé; uue capsule oblon- 
gue , presque i quatre ailles, creusée de quatre sillons, à 
quatre loges séparées par des cloisons doubles, et contenant 
nn grand nombre de. petites semences attachées k un pla- 
centa central grêle. 

Ce genre renferme des plantes annuelles à feuilles oppo- 
sées et alternes sur les mêmes pieds ; et à fleurs axillaires , 
solitaires ou géminées» accompagnées de deux glandes ei de 



s E wS 97 

iletix bractées. On eti connott quatre espèces, dont les ieni 
plus împortaotes à citer sont : 

Le Sésame d'Orieiht, figuré pi. P. ai , qni a les feuilles 
ovales, oblongues et entières. Il est originaire de rinde,mais 
se cultive de toute ancienneté en Syrie, en Ëgypfe et dans lei 
contrées voisines. On mange -ses semences , qui ont une 
ligne de diamètre , cuites daus du lait , comme le millet ; on * 
les mange aussi grillées au four ou en galettes pétries avcd 
du beurre ou de Thuile. C^est un aliment fort nourrissant 
et assenagréaUe , que les enfans surtout recherchent beau- 
coup. On tire aussi dé ces semences , par Texpression ^ ou 
£ar le moyen de Teau bouillante', une huile presque aussi 
onne que celle 4e Tolive, dont on se sert pour assaisonner 
les alimens et brûler dans les lampes , et qui , comme celle 
de ben , ne sç fige jamais. Les Egyptiens ; se servent de la 
plante en fomentation pour la pleurésie et pour exciter les 
règles. 

Le sésame crott dans les terrains les plus secs et les pluâ. 
arides y et donne ses semences en très-peu de mois ; àcfssî * 
est-il trèS'précieux aux habîtans des pays où il croit. Oa 
rappelle jugoUne dans quelques cantons. 

Le Sésame oe lInde a les feuilles ovales, lancéolées , lés 
inférieures trilobées , les supérieures entières, et la tige 
droite. Il crott dans Tlnde , d'où il a été apporté en Afrique 
et en Amérique f où on le cultive dans quelques jardins. Il 
s'élève beaucoup plus que le précédent, et pousse de nom-* 
breux rameaux ; mais ses graines sont très-fines. Dans no$ 
colonies , on abandonne généralement sa culture aux nègres, 
qui mangent ou tirent de rhuile de ses graines. J'en ai goûté 
des galettes en Caroline , et les ai trouvées très-délicates; il 
est vrai qu'elles étoient faites avec des semences fraîches, et 
pétries avec du sucre et du beurre. Ces graines rancissent 
facilement, et un mois après la récolte elles ne sont plu? 
bonnes qu'à faire de l'huile à br&ler. (B.) 

SÉSAME, r. Camomille. (LN.) 

SES ANLOIDËS. Genre de plantes établi parToumeficirt , 
et réuni aux Résédas par Linnseus. (B.) 

SËSAMOlDËS. Deux plantes sont indiquées par Dios- 
coride sous ce nom. L'une est le grand sesamoïdeêy et la se*- 
coDde,.le peià sêsamoïdes. Voici comment elles sont décrites 
par Dtoscoride; mais faisons observer^ avant , que dans* le* 
divers exemplaires de cet auteur , sescùms ti sesàmiies sont sy* 
nonymes de sesam<Més. 

«Lés habitans d'Antycire appellent le^miui sesamotâes^heU 
lébore,parce qu'ils le mêlent avec l'hellébore blanc quand ils ; 
renient purger une personne/ Il eH semblable à Verigeron 

xxxifci 7 



^ SES 

ou wpégdumj élBih £^iU€ Wnfve t U fléir fckndkc et b 
racine menue et d^aucun usage. Sa graine est amère du- 
re , et sembla))Le- à ç#lle te uMmum> EUe lâche le ventre. 
Mêlée avec de Tea» nmUé^ , et de rbellëbao» blanc à an« 
cerlaiiie dojle «t à |me ^c^ititiiie quanUlé , ce^e lioiâton e«t 
bonne pourfaire érac^er.» Qs premier sesamtéim « élé connu 
aussi souji les dénominations de ikc$am$ « de wwfltVrf, d'Adife^ 
£0119^ knctts et à'mtyfirUofu U en eflt f ueslton dans les #«vra- 

' ges d'Hippocrate. 

« Le petit 9^stmiilUlâ$ 1^ les tiges de le bMEleor et daose 
doigts 9 et Les feuilles semblables k celles du ceranspus , mais 
plus petites et plus velues. L'extrémité de aes tiges produit 
4e petits bouquets de fleurs rouges et blanches an malien. Sa 
graine est i^mme celle du staamum , Boire et emdra ; in t^l^ 
cine est menueu Sa graine , jprise en hoisseo aviee de l'eao 
inieDée, au poids (Ton demi aoétabule , preeune l'évaeua- 
tion des humeurs bilieuses et flegmatiques ; appliquée arec 
de l'eau ^ elle résout toutes espèce» d'enSuires et de |ietites 

^ duretés. Il croit datts lea lieux âp^^s. » Le petit seieiBflidies a 
été également désigoé par s^^mmon ^i§riùm et norïMiîaii. 

Matthiole regarde comme inconnu le grand tesamâSdes ; 
Palechamp^oit^gjue c'est la même plante que htJaphne iar^ 
ionrem ; Lacuna , le resêda 0iiia ; Cordus , VhtMowus fœiiéus j 
jCésalpin , le nseda kUea. 

- Matthiole s'est décidé à considérer le CÊêanmïfhê cmmdêa < on 
CupiDON£ ) comme le petit s0Sfun€Sie ; Dalechamp est pour 

te passmua hinula; Adanson doute si ee n'est |ias Vadomù^ «t 
a plupart des botanistes peneiient pour use espèee de resaie 
( K. canesceos, ovuésaim^s, W9l pmffwmcems ). 

Mais aucun de tous ces rapprocbemens n'est exacte ce 
que Ton verra aisément , pour peu qu'on relise a^rec attea- 
tion la descirîp^u des sesa^fi/Af, par Dioseoride. Cela n'e»^ 
i^èche pas 4ç^Q i/^Pi bot^Wes 9 avant LinnsHiiB , n'aient décrit 

Eiusieurs plantes sous U dénomination de êttotnmdes ; 4 V 
ord , ks plantes que nous av^eis citées » et le ihaàtm Uno- 
vhy^fm, k eumbabu çiùéSit, et eurtoot de^ espèces de reseda. 
Tournefort même avoil nommé «eseeipldr un geoM qui cem- 
prenoit les msie à feuilles sijmles , et à capsnles à cinq 
divisions étalées presque en étoile» et à cinq loges, (lu.) * 
. SËSAMON Ott SE$AMA des ancieneGrecs; Sêsammm et 
fisamwB des Lstios- Le s^iemoe» selon Dioseoride, itoit m« 
aliment çonitr^iir^ ^ l'estomac , et qui rendoit Tbabine naais^ 
vaise , toutes les fois qu'il en demeuroit entre les dents quand 
on l'avoit micKé. En onction , il résolvoit les dnretds et|^os- 
eeurs d^nerb. Il étok utile dans les meurtrissures , lesfarft- 
iuresi les ipflnmmAtioi^ les eolifueii et contre lef morsures 



s E r ,9 

deâ urpfiPM Hn9tt9' On Caiioit» en Egypte, qb grand usage 
àe rhuiie extraite de la grami^ de êtsmMim. 

Théephraste dit 4pie le sesamon a la tige plus haute et plus 
grosse que ceUe du millet, les feuilles rouges et la fleur verte. 
Selon lui, t'est, àe loiites les kerbes, la plus pernicieuse k 
la tjcrre , car elle Tamaigrit beancoup , soit par la grosseur 
de sa tige , sok par la mulitplipité de ses racines plus nom- 
breuses que dans le niillet. Pline nous apprend que le ^samum 
étoit originaire dç Tlnde , et que les Indiens eq faisoient un 
grand cas i, ji eause de Fbaile qu'ils tiroient de sa graine , et 
dont ils se sertoient pon -» seulement pour s'édaîrer , m^s 
aussi pour assaisonner et apprêter des mets , et que , dans ce 
"bat , ns aemoient et cukiveieiit avec soin le sesamum. 

Selon Galien,le 5^5amiiiii e3t gras et visqueux de sa nature^ 
émolliènt , édiaufTànt à un degré moyen ; et son huile a les 
^mémes qcialités. H fait observer que la graine de sesamon 
devient huileuse pour peu qu'on là gar4e9 et qu'elle est con- 
traire Il i'estoHiac , n'étant pas d'nne facile digestion. 

Théophraste r^ngc le sesamon avec les grains ; par exem* 
ple^avec le mHium,2LveQ le pdnicum^Vèrysimum\ Pline et Dîoj^- 
coride en font autant. Celui-ci les range avec les blés d'étés 

Le Sé$ame p'Oaiçt<7 éloit l'ancien jSfsawtum , comme Ta 
ait Slatthiole , tout en niant que cela fàt. Pline a f^it con*^ 
noltre tantes les v^rtw di| Sfi^mon et de Ji'buil^ de cette 
l^lanle , et ce soKl Jef mêmes qne celles de notre Si^AME 
d'Orient, et non pa# ceU^s de U Cawéjline {myagmmsa" 
ihuiri , L. ) (jue Traem a fcrae itreje .usfvmm de JDioscQ- 
ride. Les autres auteurs anciens ;s*accordent sur les pro- 
priétés f les usages du sesamça , fit sor sa çulHire qui siéci- 
jisoit la terre oû il étoit pUntj^. Jl parent que Théophrasite 
g» di^Ux^uott 4#Jiix. iiorxes ^ dont ruijie blanche. 

T(MirAe£ort coniprenQit h ^sammn dans /son digiAaUs : 
Linoo^as l'en r^etira t .çt ço ^t nu geni*^ k part Adanson lé 
reprit ^ et l'nni^isaoït aiU m^f^m^ ^ an cmuiçiari^, en fit #ail 
lerire semmon , q^ JP>pa^ i^^ ^dPF^^ ; ^r on a fréUré le 
sesamum de L>An^n^/ 4nqiKel «n a «retiré le M^samum f^pem-- 
jc^m-t ISwcni. f Ind* p qni cpnstiti^ ^ loi sedl le ffcnre achime'* 
ïïm de Vahl. On joe doit fnas y placer non ^os « Jk ^twtmwn 
ffir^mffi de Z^ïWifki iHi$x. n^i ^ t. ^, ) qiii e^jt hinpwcMm 

Le fÊuemum des anciens s'appeHe anssi sùsamh dans les 
Mteurs grecs dct latins. Mais on y lit aussi que le petk sesa- ' 
iiioïde , le ricki, i'faeiio4ropHùn , ont été égaleoBbent désignés 
fMT sssoitiiMi -sauvage. (iM.) 

SSSANPilON. Vm dea noms da DsLf HimuM de Dios^ 



loo SES 

coride, selon Buellias. Jassieu le rapporte à VepUohiummon' 
tanum et au delpMnium consolida, (ln.) 

SESBAN. Espèce du genre des Nélites de Linnœus, et 
des CoROMiLLES de Wilidenow, qu'on a établie comme type 
d'un genre , parce que son calice offre des divisions égales | 
et que son légume est presque cylindrique. Ce nouveau genre 
en renferme neuf , dont la plus connue est le Sesbam d'E* 
GYPTE. (b.) 
SESBANE. Synonyme de Sesban. (b.) 
SESBOT , Pharmâcum. Arbre d'Amboine , encore im- 
yrfaitement connu , et dont on ne peut, en conséquence , 
rtîdiquer le genre. 

On fait une liqueur vineuse 9 avec l'infosiim de st$ ra- 
cines, (b.) 
SESEF. Nom arabe du Babouin. V. ce mot. (s.) 
SESEFIL des Egyptiens. C'étoit k CaucaUs des La- 
tins, (ln.) 

SESELI, Sesdi. Genre de plantes de la pentandrie digy- 
nie et de la famille des ombellifères , dont les caractères 
consistent : en un calice entier; en une corolle de cinq pétales 
courbés en cœur et égaux ; en cinq étamines ; en un ovaire 
inférieur surmonté de deux styles ; en un fruit petit, ovoïde, 
strié, composé de deux semences concaves d'un côté, et con- 
vexes de Tautre. 

' Ce genre renferme des plantes à feuillesmpomposées ou sur- 
composées , et à folioles linéaires , à qmbellules courtes et 
globuleuses , à involucres mon ophy lies dans quelques espè- 
ces , et à involucelles tantôt monophylles , tantôt tripbylles, 
tantôt poly]^bylles. On en compte plus de trente espèces, la 
plupart propres aux parties montagneuses de TEurope aus- 
trale , et dont les plus communes sont : 

Le Seseli de montagne , qui a les pétioles des feuilles 
caulinaires membraneux , oblongs , entiers , et les folioles 
linéaires. 11 est vivace, et se trouve sur les montagnes décou- 
vertes et arides. On Temployoit autrefois en médecine ; mais 
on préfère aujourd'hui la suivante. Le seieli glauque n'est , 
au dire de Villars , qu'une ysciété de cette espèce. 

^Le Seseli tortueux a la tige droite, roide,très-branchue, 
et les folioles disposées en faisceaux. Il est bisannuel , et se 
trouve sur les côtes de la Méditerranée. On l'appelle dans 
les boutiques , seseli de Marseitle , du lieu où on le recueille 
pour la médecineJSes semences sont stomachiques, apéritives 
et carminatives. ,On en prend Tinfusion dans du vin , pour 
aider la digestion , pour dissiper les tranchées , pour faire 
pousser les règles et faciliter l'accouchement. On le fait en- 
trer dans cinq à six préparatipns phariQaceatiques , princi- 



SES •-.••:- •. "-.r^ii:: 

paiement dans la thériaqae. Sa racine passe poar être ntUe 
dans r asthme , la passion hystérique et Tépilepsie. 

Le S£S£Li ÂiïNUEL a les pétioles des feuilles cauUnaires 
membraneux , ventrus et émarginés. Il se trouve presque 
par toute la France ^ sur les montagnes arides. Il est annuel ^ 
et s^emploie au défaut du précédent 

Le S£$£LI SAXiFBA^GE a les tiges filiformes , divariquées , * 
les feuilles deiïx fois ternées et les folioles linéaires. Il est vi- 
▼ace , et se trouve dans les pays montagneux. 

Le Sesbli dioïqu£ ou le Boucage^diolgue de Linn. , a donné 
lieu à un grand nombre d'erreurs de. la part des botanistes. 
Il se trouve au sommet des Alpes« Villars a éclairci sa syno- 
nymie dans la Flore du Dauphiné, (B.) 

SES£LI. Ce nom étoit , chez les Grecs , celui de quatre 
espèces de plantes , qui sont appelées par Dioscoride , seseli 
de Marseille y useli d'Ethiopie, seseU du Péloponèse , et 
seseii de Crète ou iorêyiion. 

« Le Seseu d£ Marseille, {Seseli massaleoticon) aies- 
feuilles semblables à celles du fenouil ( marathron ) , mais, 
glus épaisses. Sa tige est aussi mieux nourrie et plus forte \^ 
elle produit des fleurs comme Taneth. Il porte une graine 
longue , quadrangulaire ( ou faite en carré ) , forte et acre 
au premier goût. Sa racine est longue et odorante , etc, » 
DiosCvt lib. 3 9 cap. 60. La graine et la racine du seseli de 
Marseille étoient échauffantes , diurétiques , emménagogues 
et fébrifuges ; elles facilitoient la respiration aux personnes 
oppressées. On composoit avec la graine et du vin une bois- 
son dont on faisoit usage pour aider la digestion , et en y 
mettant^ poivre pour se réchauffer dans les temps froids ; . 
administrée aux femmes en couches, elle excitoit la sortie de 
Tenfant ; on en faisoit boire aussi aux chèvres et autres pe- 
tits bétails , pour faciliter le part. 

« Le Seseli d'Ethiopie (^Seseli ixûiiopiron) a les feuilles 
semblables à celles du cissus (lierre), mais moindres , et fort 
longues comme celles du pericfymenum ( chèvrefeuille ). 
Cette plante pousse plusieurs branches noires et hautes de 
deux coudées (trois pieds) , desquelles partent plusieurs jets 
longs d^une coudée. Ses extrémités sont semblables à celles^ 
de Taneth , et sa graine est compacte comme celle du £ro-, 
ment , noire et amère. Il est plus odorant que le seseli de 
Marseille , et d'une odeur plus agréable , quoique plus véhé- 
mente. » 

« Le Seseli du Peloponèse ( Seseli pelaponesiacon ) a les 
feuilles pareilles à celles du conion(^ ciguë) , mats plus larges^ 
et plus épaisses. Sa tige est plus grupde que celle du seseli de 
Marseille , et sembldcile à celle du ferula y elle produit à s^ 



:rf<ir:*.- •• •■■- SES 

cime on bouquet i 9at le^él etSt nae graine large , ddo^ 
rante et charnue. Il a les mettes tertds. Il crôff daâs^Ies 
lieux âpres et sor les eoteaint , auprès des rois^atnt ; on en 
troa?e atissi dans les tleâ. » 

« Le Tatdyiion, que quelque» {TérsOtmeS nomment Seseli 
DE Cbète (^Seseli creiicoH) , erott éar le mottt Àmanusen 
^Cilicie. C'est une petite herbe qdi pousse plusieurs branches , 
"qui a une graine double , ronde , eti forme <f éeusson , odo- 
rante , un peu àcré et mordante. Prise ëh bf eufage , elle est 
diurétique et emménasogue ; le fus de ii gtstïùt et de sa tige, 
verte , bu au poids 4e trois oboles ( enrirotl 3% grains ] 
avec du ?in euit , €ft pendant di^ fOur$ , guérit le mal de teihû. 
Sa racine est fort bonne , prise en formé d'éleçttiaife arec 
du miel , pour faire cracher et etpectorer. » 

Pline y en pariant da siier, qu'il dit être une herbe fort 
connue , fait obserrer que le meilleur s'apporte de Marseille, 
qu'on le nomme seseli de Marseille , et qu'il a une graine 
plate et faure. Il dte le seseli d'Ethiopie , qui a la graine phis 
noire , et le seseli de Crète , le plus odorant de tous , et qu'il 
nomme aussi iiler de Crète et iortfylion. Les qualités et usaget 
^'ii attribue au siler , sont tes mêftires oué ceux , à peu de 
chose prés , relatés par DioscOride , à rarticle da seseli dé 
Marseille. Pline etpose de plus , que l'on mangeoit au dessert 
la graine et Therbe du sHer , pour aider fortement la diges- 
tion ; et il rapporte que les biches prêtes à mettre bas leur 
Ûon , votit h là recherche du siler , pour faciliter le part. 
Cette atlecdote est extraite d'Aristote , dont le texte a été 
. diversement interprété dans cette partie. Où tire de là l'éty- 
nlologie du nom de sisseli , qui {lignifie eti grec bichAa daim , 
selon Ventenat. Galien ne traite des éeseli qat d'une ma- 
nière générale , et il fait remarquer que leur raelne et leur 
graine sont fort échauffantes , très-diurétidues; qu'elles sont 
par conséquent très-utiles dans le haut-mat et dans Poppres- 
sion de la poitritie. 11 est question âtissi dd seseli, dans 
Hippocrate et dans Théophraste , et ce qu'ils éti dîseùt est 
inoiiis iùteftigible que te qu'en a écrit Dioscoride. 

Le sesi0 de Marseille seroit, an sentimetltdil plus grand 
nombre de^ anciens botanistes , le seseli tortoôsum « L. On a 
cité aussi le dauçusvistu^ et le laserpiHum siler; cette dernier^ 
plante iie parott pas être le seseli de Marseille , nkab lui 2| 
' ^ié sid)stitnée autrefois dans les pharmacies et les boutiques , 
«t c'est à elle que se rapporte le nom de siler mofUanus et 
ier montanus , qu'on trouve inscrit dans les Vieux livres de 
botanique et de médecine. 

Le sesdi dt Ethiopie ejft peu codnu ; J. Camerarius prend 
jfionr tel le héerpUbm trSohum , L. ; mais le commun dei 



wS E S lôS 

botanistes tlte lé Bupk^furn fruUcosuin , ta. Phisienrs auteur^ 
SnR grand poids Sont pour le laserpitivnt libifnoiis, et d'autres 
fwnle ^upiesnmm fanuncuioidts ; opinion qtii n'est fondée sur 
aucune preuve valable. 

he L^fisitiemt pekpoMsi&isê , L. , est sans doute le séseli 
du Péloponèsé . comme le croit Mattbiole. C. Bauhîn doufé 
si C€ n'est pas le tigustkum atê5tHa/:unu'Jj*; Fuchsîus Vaûiaman-r 
tha cetHuia^ L.| et Angmtiiïfa lé tcandixodorala^ L. Quelques 
bortamisfés ont Aommé encore le thapsta pitlosit, L. 

Esfin i \ë séseli es Crète on [tot^lion , est encore plus diffi- 
cile à d^erifthiér. Dodonée , Âtiguîllara, Éobci , Dalecbamp , 
s'arr^enf Miùrd^lium ofjkinalé. C. Baukîn , sans se pronon- 
cer , met cette plante, ainsi que ptusteurs autres espèces du 
néme genre (Xo/nf. tnaximwn et apuïum)^ dans son groupe des 
séseli , et les indique par séseli crêiicum. Il en rejette Vœihusa 
meiuâ Y que Filehsttfs âvott considéré comme pouvant ètrç 
VtHseHâé Crète, ^tqa'en conséquence il avott ainsi nommé. 

On voit donc que nous h'avoils que des rapprochemens 
vagnes eâtrci les seieli des anciens et nos plantes. On con- 
çoit «qne par stiite de la diversité àes plantes auxquelles les 
premiers botanistes ont affecté le fiom de séseli , el par suite 
des rapprochemens ci-dessus , cette partie de la famille des 
ombeltiftres est devenue , pouc ainsi dire , inextricable. 
L'emiMMrras s'est aeem , ainsi que ta confusion , du moment 
que LiondMts a créé an genre seseU doift les caractères ^ diffi- 
ciles à saistr,somt càâse ^atk j a pIacé,qa'on y place et qu'on 
en retire encore tous les jours beaucoup de plantes. Avant 
Linnseas ^ ks plantes qti'ou à connues sons le nom de séseli , 
étoîent d^abotd eelles qUè nous avons citées plus haut , puis t 
te seVnufn pùhuHre i Icî pueedartutà silûus et nodosum , diver- 
ses ;iQtres espèces de Hgusticum et de taserpitium. Après 
LinnaKos , H^dfer est vcéu , qui a placé dans le genre séseli 
\t phékmêHitm mtMlina; Scopoli, qui y avoit réuni les genres 
tarum et œgofmàlMi , amSi que Vàpium graQeohns , L. , Vathusa 
meum, et le ^m nodosum; Cranta qui y joignit le siumfalcana^ 
L. Mais presque tous ces chailgeitiens n'ont pas été adoptés. 
Sprefigel , dans ces derniers temps , en a proposé d'autres 
qui , qiloiqne phis justes , lie contribueilt pas moius à reAdré 
extrêfnement diffitile là coMoiSsaUce de toutes ces plantes. 
Observons domme un fait remarquable , que Ton n'a pas fait 
de genre pérttcuHer aut dépens du genre seséli de Linnseus i 
il ny a que des transports d'espèces dans d'autres genres. 

(LN.) 

SESELI COMMUN ou BE MONTAGNE. Outre celui 
cité plus haut) c'est encore U («lYÈcaÉ LtVBsttQUE, etU 

BeALE DES POTAGERS. (B.) 



xo4 SES 

SESELI DE CRÈTE. C'est le Tordyle opficiuai. (b.> 
SESELI.de MONTPELLIER. La Livèche des prés 

Çpeucedanum silaus, Linn. ), porte ce nom dans les ])hanna-*, 

cies. (b.) 

SESÉNOR. Nom que les Égyptiens donnoieni ao d^a* 

^II5(iaCARn£R£). (ln.) 

SESERIN, ôeseriiuis. Petit poisson de la Méditerranée « 
figuré par Rondelet, et Aiblié jusqu'à ces derniers temps par 
les naturalistes. Il se rapproche infiniment des Strom atées , 
et encore plus, des Fiatoles. Il a la forme , les écailles , les 
dents , les lignes latérales de ces dernières ; mais il forme 
un genre particulier , à raison de ce que ses nageoires dor-^ 
^ales et anales , ont , antérieurement , une épine couchée en 
devant , et qu'une autre épine unique représente les deux 
ventrales. (B.) 

SESl A. Genre établi par Adanson j aux dépens des Aga^ 
BIOS. 11 n*a pas été adopté. Cest Vagaricus guérdnus de Lin- 
naeus qui lui sert de type, (b.) 

SÉSIE, Sesia. Genre d'insectes de Tordre des lépidoptè- 
res , de la famille des sphingides j et qui a pour caractères : 
antennes renflées vers leur milieu , en foseau , simples , ter- 
minées par une petite houppe d'écaillés ; palpes terminés en 
pointe ; quelques-unes des ailes, souvent vitrées; abdomen 
presque cylindrîaue , garni au bout d'une espèce de brosse. 

Les sésies , beaucoup plus petites que les sphinx , parmi 
lesquels Linnœus , Geoffroy et Degéer les ont placées , dif- 
fèrent de ces insectes par la forme de leurs palpes ^ qui sont 
cylîndrico -coniques , vont en pointe , tandis que ceux des 
$phinx sont larges et très-obtus. Elles viennent de chenilles à 
seize pattes , qui sont à cette famille ce que sont les chenilles 
àes cossus àajàs la sous-famille des homhycitesSZts chenilles sont 
cylindriques, rases, sans cornes à l'extrémité du corps; elles 
rongent l'intérieur des végétaux , et s^y font une coque plus 
ou moins solide , composée des parties qu'ellcMnt détachées 
et quMIes lient ensemble avec de la soie. Cènes qui nous 
sont connues passent Thiver sous cette forme , et deviennent 
insectes parfaits le printemps ou Tété suivant. Quelques ^é^ 
sîes , celiçs dont la trompe est plus courte 9 restent sur U 
tige où elle? ont vécu sous la forme de chenilles , s'y accou-. 
plent, pondent et meurent. D'autres, pendant la chaleur 
du soleil , se posent sur les fleurs, les feuilles des plantes; bien 
différentes en cela des sphinx^ qui volent avec une rapidité in->. 
croyable sans s'arrêter, ne faisant que planer au-dessus des 
fleurs , dont ils pompent le suc en dardant leur trompe. Les 
gestes forme^nt un genre d'environ trente çspèçes , e.t gui sonti 
presque toutes d'Europe, 



l \ 1 ••t* 





J)€^me.' Jéi^. 



TTTaf^'eti ifc^ 



7. t/ar/A'rt'^t* i/rr^re . 






t[i///^ 



a6;i. 



•*. 1 1 •; ^'i ••• •*• 



SES io5 

Scopoli ayoît sépare des sphinx , proprement dits , ^s es- 
pèces dont Tabdomen est terminé par une brosse, et en ayoit 
fait son genre macrôgossum. D'autres naturalistes les ont réu- 
nies aux sésies. Fabricius , dans son système des glossates , 
ne comprend plus sous ce dernier nom générique que ces es- 
pèces 9 et nos sésies forment^our lui le genre 'cegeria, Dans 
son ouvrage sur les lépidoptères d'Europe ^ M. Ochsenheimer 
n'a pas , avec raison , adopté ce changement , et s'est rap- 
proché , à cet égard , de mon opinion. , 

SÉSIE apiforhe , Sesia apifotmis , Fab.; pi. P. 24. , 2 de cet 
ouvrage ; le Crabroniforme , Pap, d Europe, pi. xci , n.® 121. 
Cette scsie ressemble à une guêpe; elle a les antennes brunes ; 
des poils d'un jaune citron sur la tête, entre les antennes ; le 
corselet brun , avec une tache de chaque côté, formée par des 
poils jaunes. ; l'abdomen brun , avec une bande transversale 
jaune sur chaque anneau ; les aâes transparentes , bordées de 
brun tout autour ; les pattes longues et jaunes. Le sireci/orme 
d'Engramelle n'est qu'une variété. 

Elle habite l'Europe ; on là trouve en été aux environs de 
Paris. 

Sa chenille se nourrit de la racine du 5111^1^. Elle est diffi- 
cile à trouver 9 parce qu'elle ne quitte pas le pied de l'arbre ; 
elle se change eu nymphe dans la terre , où elle fait une co- 
que d'un tissu très-serré , formée de grains de terre qu'elle 
recouvre d'écorce et de sciure de bois. La nymphe est d'un 
brun foncé ; ses anneaux ont leur extrémité épineuse ; «lie 
passe l'hiver sous cette forme , et ne devient insecte parfait 
que vers le milieu de l'été suivant. 

Sésie TIPULIFORME , Sesia Upuliformis , Fab. ; ï^ petit Tipu^ 
Uforpie, Engram. , ibîd; pi. xciv , n.<> i3o. Elle a le corps 
noir ; les ailes vitrée^ avec les bords noirs ; les supérieures 
d'un jaune orangé à leur extrémité, et partagées par un 
trait noir ; le corselet d'un jaune citron sur les côtés , et en 
dessous , à l'origine des ailes , marqué de deux lignes de la 
même couleur ; l'abdomen a ses anneaux^bordés alternative- 
ment de jaune ; la brosse de l'anus est noire ; les pattes sont 
mêlées de brun et de jaune. 

Sa chçnille est velue , blanchâtre , avec la tête et les pattes 
jaunes , et une ligne obscure sur le dos ; elle se nourrit de la 
moelle dn groseillier rouge. 

Le grand culicif orme d'Engramelle, ibidj pi. xciv, n.^' 139 , 
est la sésie nomadeforme d' Ochsenheimer. Son abdomen ji trois 
cercles jaunes. 

Sésie culici forme, Sesia culidformis , Fab. ; \e grand Culi- 
ci/orme f Engram. , ibid., pi. xciii , n.° 126. Cet insecte res- 
semble en queli^ue manière , pour sa forme , à une sorte de 



loG à E S 

emism^ d'ôA lui éâC teim te nom qa*<m Idî ^ JoAn^* H éit Adir, 
avee ane tache ^ane à la naîàsairce des alhes ^ et utie bande 
assez large , rôofsse otf éonfenr d'orange , sar k miDea de 
TaMoinea ; tes arles sdut ^îtr/ées et bôf dëes d'un brun noir ; 
le dessous du corp» , tes pattes et la cAte des aîles supérieu- 
res^ ont «ne teinte dé vrolet ; les paftés ont du jaune. 

J'ai itxmyé {flusietffs fors dette espèce à Paris, au Jardin 
des Plantes. 

Le peiê cuUciforme dei PapïUôm éP Europe , pi. XGlll , H.** 127 ^ 
c» la séde mutiHifatràé d'Ochsenfcehiïef ^ diffère de la précé- 
dente psirla eonleui" des pâripes Ifs sont entièrement noirs 
àMÊÈ la femeUe, n^rs en dessus et blancs en dessous , dans 
le mll^. 

La SÉsfE fKNtaAéotNtrtmsrÉ de Fabrieius , a de grands 
rarpports avec^tte espèce ; mais sa tête et les cAtés du cor- 
selet sont fauves. 

SÉSIE CttRtSlrm FOfiJtf £ , Se^ chryàS/ormisf, te chtYsidiforme^ 
Engram. , ibU, , pi. xc , fig. 1 18 , a. b. Son corps est noir ; 
tes antemftés ont on âftirnean blanc près de leur extré'mité ; le 
bout du corselet a deux taches jaunes ; les ailes supérieures 
9ont bordées de ndtr , vitrées seulement an milieu , couVer- 
tef ^écaHles rouges -«illeuf s, et marquées d'au trait noir ; 
les inférietn*es9(ynt vitrées , avec une bordure noire ; l'abdo-s 
men a deux anneaux blancs , et le milieu de !â brosse rouge. 

Cène espèce est la sé^e crabrorUforme dé M fabricius. 

Je tfoftvaî cet insecte au:^ environs de Paris, en 1781, et 
le donnai à fe« Gigot-d'Orci. T. pour les autres espèces de 
séàes d'Europe , la monographie qn^en a publiée à Berlin , 
en i8o« , le sén^^tetfr Laspeyres. (L.) 
^ESES. Un des noms du Cmcnt. («.) 

SESLÉRJS , Sêskria. Genre de plantes de \i trîandrie 
dij^nie et de la famille des graminées , qui a été établi pour 
w^T^T des Grenelles quelques espèces qui ne leur convien- 
nent pas complètement. 

€e genre o^re pour caractères : «me balle âorate de deux 
i^alves, presque égales, contenant deù^ on trois fleurs bi- 
valves , dont la valve extérieure est plus gfande et a trois 
dents à soii sommet , tandis que l'intérieure n'en a que deux ; 
trois étamines ; un ovaire supéfiemr surmonté de deux styles 
plumeux ; qne semence enveloppée dans la balle florale. 

On compte six espèces de stslèrcs^ dont les plus communes 
s^nt : la Seslèré BtECÂrnË , celle à tête ronde et celle 
il TÊTE HÉRISSÉE. La première , qui a un épi ovale , cylin- 
drique , composé d'épiilets presque trîflores et munis de bar- 
bes courtes , est la seule qu'on trouve en France. C'est sur 
les montagnes pelées et un peu Iii>iAides , qu'on doit la cher- 



SES 107 

cber^ EHe né s'éiéré p«9 k pias de chiq à sh pducès, mais eHe 
fleuril de très-bonne heure , et tsî très-f echercbée par les 
be^îani^ sutool par les ifrc^mons, ce trtn ta rend très pré- 
àpQBt au possesscv/» de troupeatri. On <te la sème nirile' 
part y parée ^d'elle ne petit jamais fàt ré mt fi^orrage h fau- 
cher ; cependant Pavaiitage d^avonr un pâturage abondant 
dans les preiRÎers jour^ in printemps , semble asse2 îm- 
portam p6nr qu'on dorre chercher à la nmifiptier , d'autant 
plus qu'elle est rhrstee. 

La SËSiÈitE AOHiNAiRE t$i une Racle établie en tîire de 
genr^soos le nom d'EcBIt^AiRE, par Palisot-de-Beauvois. La 
9ESLÊRE Cittn^htiiqVE a été placée parmi les KLoeleries. (b.) 

SESON. r. Sisow. (tN.) 

SESONTLK JP^. Moqueur à Tariicle Merle, (t) 

SESOOT. Arbre mentionné par tlumphjus , mais qui 
|i>st pas Ctfnnu des botanistes. Les habitans des Moluques 
«emploient sa racine , qui est Hmère, pour conserver leur vin 
de palmier. F. Ai^enû et BièRê. (é.) 

8ESOT. F. Sesëot. (b.) 

SESSÊË , Sesiêa, Genre de plantes établi parBuiz et Pa- 
von y dans lapentandrle naoùogynie. U offre pour caractères : 
un calice tubuleux , persistant , à cinq angles et à cinq dents; 
une coroUe. infimdibuliforme , à gorge globuleuse , plissée et 
divisée en cinq parties ovales et recourbées ; cinq étamînes 
velues ; un oVaire supérieur , h style iliforme et à sti{|mate 
bilobé ; une capsule cylindrique f courbée , uniloculaire et 
bivalve , contenant une grande quantité de semences im« 
briquées. 

Ce genre renferme deux espèces à feuilles alternes » en 
cœur, lancéolées, longuement pétiolées ^ dont Tune est un 
arbrisseau fétide , à fleurs en corymbes ^ axillaîres et termi- 
nales , k stipules axillaires cordiformes ; et Tautre « un arbre 
h fleurs disposées en grappes terminales et pendantes , sans 
stipules ni bractées^ (b.) 

SESSILIOCLES. Nom que M. deLamarck avoit donné, 
dans son système des animaux sans vertèbfes , an second 
ordre de sa classe des eruslacés ^ et composé de ceux dont 
les yeux sont sessiles. Par opposition ^ il appeloityc^^Wissles 
crustacés dont les yeux sont portés snr un pédicule. Ce sont 
les crustacés podophihalmes de M. Léach. LeS autres sont ses 
crustacés édriophùtûlmes» (t.) 

SÉSUYE , Stswium. Plante à tiges couchées , à feuilles 
fipposées^ semi-amplexicaules, épaisses « lancéolées, çon- 
yexes , glabres , et k fleurs axillaires et solitaires , d'im rouge 



io8 SET 

TÎf en dedans y qai fonnç an genre dans l'icosandrie trigynie 
et <1ans la familie des ficoïdes. 

Ce ^enre offre pour caractères : un calice campannlé à 
cînq divisions colorées intérieurement et marcescentes ; point 
de corolle; un grand nombre d'ëtamines courtes ; un ovaire 
supérieur , surmonté de trois à quatre styles ; une capsule ^ 
trois ou quatre loges . s'^ouvrant circulairement. 

La séswfeesi annuelle. Elle se trouve dans Tlnde et dans 
les Antilles, sur le bord de la mer. Elle est salée et peut four- 
nir, au rapport de JBrown , une grande quantité de soude 
λar rincinération. On la mange dans quelques lieux comme 
e pourpier ; mais il faut Punir au sucre , sans quoi elle caus« 
des diarrhées. Elle se cultive au Jardin du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris^Deux autres espèces se sont, depuis peu, 
réunies è celle-ci. (b.) 

SESUVIUM. F. Sedum et Sésuve. (ln.) 
SÈT AlKE^ Seiana. Genre de plantes cryptogames, établi 
par Achard aux dépens des Lichens de Linnseus. Il présente 
pour caractères : des scutelles sessiles • d'abord presque 
planes , ensuite convexes, éparses, entités sur leurs bords ; 
des glomérules épars , pulvérulens ; des tiges cartilagineuses, 
filamenteuses , presque cylindriques, nues , glabres , éparses^ 
pendantes , rameuses , remplies intérieurement d'un tissu 
€oyeux. 

Les lichens jûbatus , chalyheiformîs , roccella de Linnseus 9 
et Vhypoxylonloculiferum de Bulliard , servent de type k ce 
genre , qui prend quelques espèces dans les genres thamnion 
et usnée de Ventenat. V. aux mots Lichen , Usnée, Tham- 
Niow et Hypoxylon. (b.) 

SETAIRE , Selaria. Genre de fiantes établi par Palisot- 
de-Beauvois, aux dépens des Panics de Iiinn8eus,et des Or- 
THOPOGONS de R. Brown. Il offre pour caractères : deux ou 
plusieurs soies servant d'învolucre adx épillets; balle calicî- 
nale de deux valves , l'inférieure très-petite , contenant deux 
fleurs , dont l'une est neutre ou mâle , et a des valves coria- 
ces persistantes. • 

Les Panics glauque , italique , vert , verticillé , etc. ^ 
entrent dans ce genre. 
Ijc genre Urochloé s'en rapproche beaucoup. (R.) 
SETANIA. V, Mespilus. (ln.) 
f SET EL-HOSN (^Venustus^ L'un àes noms arabes du 
eonvôioulus caîricus , Linn. (ln.) 

SETIALIS des Romains. V. Viola, (ln.) 
SÉÏICAUDES ou NÉMATOtfRES. Nom donné, 
par M. Duméril , à une famille d^insectes aptères^ qui comr 
prend notre ordre des thysanoures. (l.) . 



s E V loj 

SÉTICORNES et CHÉTOCÈRES. Nom donné, par 
M. Duméril 9 à une famille d'insectes de Tordre des lépi- 
doptères , composée de la majeure partie du genre phalœna 
de Linnœus , ou de notre famille des lépidoptères nocturnes^ 
moins la triba des bombyciUs et celle àes/aujo-bombyx, (l.) 

SETIFER. Nom latin , donné par M. Curier au genre 
Tenrec. (desm.) 

SETIGERA. Famille de mammifères .proposée par lU 
liger, et qui ne renferme que le seul genre GocBON ( y com- 
pris les phascochoeres ). (desm.) 

SETIi>I. C'est le nom que les Portugais du Brésil don-, 
nentau Çouroupite. F, ce mot. (s.) 

SËTIPOOëS. Nom donné par Blaînville au groupe qui 
avoit été appelé Amnelide par Lamarck , et Vers a sk^ù 
ROUGE par Cuvier. 

Il subdivise ce groupe : i.^ en Hétéromériens , ou dont 
les anneaux sont dissemblables , lequel contient les genres 

SeRPULE , SpIRORBE , SpIROBRAUCHE » CONCHOSERPULE , 

BuNOOE , Dentale, Siliquaire , Artolon; Campulote ou 

MaGILE, OCRÉALEy Am PHITRITE , SPIROGRAPHE , TÉRÉ- 
BELLE , PhÉRUSB , ClRTÈNE et SaBELLE. a.» En SUBHOMO- 

MÉRIENS OÙ se trouve le seul genre Arénicole ; 3.^ les 
HoMOMERiENS qui réunissent les genres Aphrodite , Lépi- 
D0110TE, Amphinome, Branchioméréide, Mëganéréide, 

LÉPIDONÉRÉIDE , AcÉRONÉRÉlDE , CiRRONERÉIDE , PoDO- 
NÉRÉIDE , NÉRÉIDE , SpIONBREIDE , SqUAMO LOMBRIC , ClR-> 

ROLOMBRic , Tubilombric , LoBfBRiG et Nais. F. le Bul- 
letin des sciences, parla Société philomathique, année i8i8| 
page 78. (b.) 

SET ON. Cestle chaUodon seiifer ^ Linn.; le Pomacentre 
, filament , Lacépède. (b.) 

SËTOURE, Setouras Nom générique donné par Brown 
aux insectes du ^tnre forbicine ou iepisma. F. Forbicine. (l.) 
• SE-TSE. V. Chit-se. (s.) 

SEULE. Ancien nom de la Sole. V. Pleuronecte. (b.) 
SEUTLO LAPATHUM et Secjtlo Malache , c'est-à- 
dire , qui tient de la bette et de la patience. Ce nom a été 
donné autrefois à TEpinard. (ln.) 

SEUTLO STAPHYLINON , c'est-à-dire , qui tient de 
ta betU et de la carotte. Gesner a donné ce nom à la Bette- 
rave. <L.) 

SEUTLON. Synonyme de teuilon. Ces deux noms dési- 
gnoient les Bettes ou Poirées chez les Grecs, (ln.) 

SEVARANTON. Nom indien de la Bignone a tige 

APLATIE, (b,) 

SËVE* Fiuide.de diverses couleurs et de diverse nature 



^lo s E V 

existint 4401 tous les ▼igétiM» : la ééfvé c«c à ta j^aiHe ce qàé 
les fluid/es animaux §OBiià ranimai , ci «i l'on peut loi compa- 
rer ^n^ hq^eur^njmalf ^c'e«l la Ijrmpbe , arec laqoelle elle 
a quel4)U£^ rapports « icoosid^ née sous certains points ëe vue ; 
ces traits approximatâCi de aîmilanlé kii «ni ésérité le nom 
de Ipnphe V€gMe, 

La présence de la sève est indispensable ians les végé- 
taux; son atftseace totale» est le caracière le plus certain de la 
mort d^o9e plante. On con^ oit , «Inaptes cela i qu'elle est un 
des agens les plus nécessaire^ à ia aaaté daos ions les âges de 
. la vie vëg^k 9 et <que son liisloire est liée 4 tous les phéno- 
mènes que la plante présçutc dans Tétat sauvaçe etdans Pétat 
de culture. 

La sève est asçcndnie jou Ascendante, La première part 
des racines , et s'élève par les fibres ligneuses jusqu'à son ex- 
trémité , «a m^Hie temps ^'eile te dévie dans toutes les 
branchea Ae l'arbre. La deuxîèin^ , ou e^ âeseendanU , 
prend sa stOcurce dans les pjurlies aupérieure^ de l'adore , et 
desceia^ 4anslcs racines, entre l'écorce et l'aubier. 

Lorsque le célèbre Hanrey eut confirmé la ckcuiation du 
^ang ^ déjà soupçonnée par Hippocrate , les physiologistes 
despiantes voulunent trou^^er nne circirfotion totale de -la 
sève 9 àwi^ iJs placèrent la aource da»s tes racines , et qui se 
répafidoi^ d^s tou^ ie s^ratème ^égétal pour revenir à son 
lieu de dèpi^rt i comme le ausgpaîrt et revient au coeur. Cette 
questjiM fiii aJlors iori agiiée , et ^devint ^m briHant sujet de 
recherches , d'bjpotbèses et d'expérienees qui occupèrent 
Malpi^y^ f Manotte , DuMmel , Delalnre , qui crurent à là 
circulation contre le sentiment de Dod^rt, de jDuclos« de 
Sd^ol^ .de Haies , de Bonnet , qui refusèrent à' y croire. 

L'opinion de Duhamel , qui voyojt laaève s'élevant à tra-^ 
vers ies £brieSidu bois ^ aournâsaot ie ^végétal , et rejeter une 
^éveiow^cACore assee élaborée dans un ordre de vaisseaux 
placés sous l'écorce ^ qui la portoient aux racines , où ell^ 
subissoît yae noujtreUe préparadon pour sf élever de noureau 
dans le; libres ligneuses 9 séduisit «n ^and «ombre de phj- 
jsici^ns 4 majus on ne pouvoit expliquer par cette théorie in- 
génieuse , la grande quantité de «ère qui descend sOus l'é- 
corce , au^^devant de la substance ligneuse. Des découverlç? 
. postérieures Jijraot démontré une très-^ande absorption 
d'humidité par les feuilles , on trouva la véritable source dé 
}a ^Q^ ^^aîibÊk facile d'expliquer pourquoi elle étoit si 2i>on- 
dante sous J'jécorce. 

L^^ prouves de l'asccosion de la sève se tirent de t'arrose- 
mentdes racines, d'où la sève s'élève dans l'intérieur de la 
plante ^'«» voit redresser ses rameaux. Celles de la sèrc 



s E V „, 

âescenâatUe se llrculde la solution de comUaQÎté &tYécotce , 
qui forme un bourrelet daos U partie ^upérÂ^iu-je de t'^i^^li 
qui fait cette solution de continuité. ^ 

QmUeestta cauêt 4» mQuoement de ta ûéoe F 

Telle est la question qui occupa d'iUustres physiciens. IKaJ- 
pighi a dit que le nM)uyeniçnt dç U séy^ étoit produit 
par r^ir dilaté dans les . trachées ^ par Taction plus oa 
moins actire de la chaleur. Hedwi|;en jittribiia la ^a<i#e k 
-une force vitale inconnue. L^anie et Tautr^ ^^icatioj» sont 
nécessaires : celle jde fleduvi^ coxnnue foriez pr«#nière , ^t 
celle de Malpi^coaiine tmse secop4aire. Tdutefol^ il i;i'e«t 
pas prouvé que les trachées aiept des tubics aériens. V. AfRWf • 
Quelle e^t la cav^ ifi fasc^nsiau delft sévuf 

B^relli 1 de la Hirc «t Hatter isuppoeeni exister une subs- 
tance #paQigie«0e ^ tafiMe l'inténeur du vaisseau , laquelle 
aspÂre ^ éUfirt la aéoe 4U maUle ea maiHe , comme Teau 
a'él^ve 4Mn$ k papier i^ris oa daos uoe épmige. Le méça- 
jdi^B^ de oe fhèaomèiïe «st «more inconnu ; mais on con- 
çoit fcictfi «ne atf niai panticvliére entre Têtu et la racine , ou 
loul^ Autre partie végétale , «t a»e ûiAifoilion successive d^uQe 
cellule à T autre. Je pense que i'ea« alimentaire des plantes 
}ouji 4^mi Hmd^ dpQl i'|hpii09 sur l«i plaïUes détermine 
son introduction successive par des res&err.emeai et 4es d>i- 
latajdaos 4es |partie# fv/ Vij»bibMit. Je suppose aussi dans 
les plantes une irritalion pl^s eu ivimm prononcée , qui ac- 
célèrjç ou dimûuie ja viUMeda m^ureMenft ly«yhatiqu<; selon 
jles parties. 

Ce WLOuvexnenl 4jt h ^e me se suspesd pas ; e^ hiver jl 
est moindre ;, jaaai$ il^aftt po«r foifiifier les rapines et former 
Us boulpAS él les bn^rg^fim- 

Il y a deux sèves , celle du printemps et celle d'automne. 
Celle in piiniesup^ op^e princip^J^eot le «développement 
de3 feuilles, Ae3 fle^s et de^ ÎTruils; celle de FaMt^mi^e 
accroît .par%iiUibreQAej(it la |9«f Uieur et la grosseur des ra- 
cines ; toutes deux agissent cependant sîmultaniéiOjeot sur 
ioujte3 J^ parties 4es pU^ie^-. 

lia sève est h iFéhkiAe 4es m^tm qui y sont dissious pour 
i'éiever dan» lejs végétaux, ei ^m s'en sépaneot eneuîie sous 
forjme de çhyle pour op#er la «wN'iiion. 

La théorie des boutons , celle des mancoiies , des bourre- 
lets , d^ tox3ioii$Y 4^ «mUlatioiis , incisions, perforations 
et sections pariieUea 4es 4iges ^ur faiier la maiorité des 
fruits , repQ^en^ aur l#Mlaies« la diéfuraêioii et le re&ux de la 



lia S E V 

SEVERE. Nom d^une vipère i^un brun roussâtre avec 
des lignes jaunes, anguleuses et iransverses sur le dos. 

(desm.) 

SËYOLE, 5câ0PD/a. Genre de plantesde lapenlandrie mo- 
nogynie , et de la famille des campanulacées, dont les ca- 
ractères consistent : en un calice à cinq divisions . en une co- 
rolle irrégulière , tubuleuse, à tube fendu longitudinalement 
en dessus 9 à limbe digité et membraneux sur le bord de 
ces digitations ; en cinq étamines; en un ovaire inférieur, 
surmonté d'un style épaissi à son sommet, sortant par la 
fente du tube et courbé vers le limbe , à stigmate aplali et 
velu ; en un drupe arrondi , strié, contenant un noyau tu- 
berculeux, ridé, biloculaire et disperme. 

Ce genre renferme des arbrisseaux non lactescens , à 
feuilles alternes un peu épaisses , caduques , et formant , 

Ear leur cbute , des cicatrices ou empreintes sur la tige et siir 
ts rameaux, à pétioles hérissés à leur base d'une petite touffe 
de poils , à fleurs disposées en corymbes dichotomes , axil- 
laires et munies de deux bractées. On en connoit une tren- 
taine d'espèces qui avoient la plupart été placées parmi les 
LoBÉLiESi Les genres Selliére et Goodénie se rapprochent 
beaucoup de celui-ci. (b.) 

SEVRAGE DCS ANIMAUX DOMESTIQUES 

( Économie rurale ). 

Nous avons exposé , an mot AiXAiTEMEtrr , combien le 
lait des mères étoit utile au développement et à la santé 
des jeunes quadrupèdes domestiques , ' dans les premiers 
momens de leur existence. 11 est une époque à laquelle ofr 
peut cependant les en priver sans inconvénient ^ et même 
avec beaucoup d'avantage. Le nom de seoràge a été imposé 
à cette privation , dont nous allons examiner le mode le plus 
convenable. » 

Le sevrage exige plusieurs précautions indispensables pour 
produire les heureux résultats qu'on en espère , et pour pré- 
venir les inconvéniens très-graves qui résultenlifréquemment 
des négligences à cet égard. 

Il ne doit jamais être prématuré ni brusque , parce quUl 
est toujours suivi de résultats fâcheux, dans l'un et Tautre 
de ces deux cas ; et il est avantageux d'imiter sur ce point ïa 
nature , autant que les circonstances dans lesquelles on se 
trouve le permettent. 

Nous voyons que les animaux en liberté ne cessent entîè- 
rement de téter leurs mères qui» lorsque leur âge, l'état de 
leur dentition , et leur situation , ièlhrtpennettent de prendra 
suffisamment pour se sustenter , d'Ages alimeB3 conrena-: 



SEV ^,3 

bles k leur côtislitotioà. La privatton complète da lart est 
toajoars amenée insensiblement chez eux '«d'unie part, par tine 
diminution progressive de Fallaitement, proportionnée à leur 
développement ainsi qu'à Tabondante et à la qualité de; la 
nourriture k laquelle ils sont soumis , et àé l'autre, par Téiat 
de la mère elle-même , qui suit ordinairement cette progres- 
sion, t^ lait ne tarît généralement chez elle que lorsqirelle 
redevient en cbaleur, par une suite nécessaire de Tem-^ 
bonpoint que lui a procuré la diminution de Fallaitément. 

Ainsi 9 en se rapprochant de cet état de choses, autant 
que les circonstances peuvent Tautotiséi' , on se conforme au 
vœu de la nature , et Ton prévient les accidens qui résultent 
souvent *de la transgression 3e cette règle qull est facile 
d'observer. 

hes înconvéniens les plus ordinaires auxquels cette trAs- 
gressîon donne lieu. sont, la tristesse ^ la maigreur et la foi- 
blesse des jeunes sujets ; les engorgemens^kriteux dé$ ïnèfes, 
ainsi que les squirriies , les cancerS| les ahcé^ , et autres à'c-' 
cideâs plus ou moins graves et difficiles à réparer. 




qu'( 
sition 

froide , parce qu'une abbndisint^trâttspiraiibnpirétîent'ylbts 
les engorgemens que le froid et l'hufnfiâité produisent sbut^nt 
dans ce cas. * 

• Il est même quelquefois utile de couvrir les mères , dans 
quelques espèces , dans quelques races précieuses et déli- 
cates , et dans certains cas , pour'pi^venir téi incony ^îÂili'j 
et il est toujours nétessaire d'éviter les codratis d*âîr.. '*î ^ ' 
L'époque du sevrage doit nécessairement Vatiét dan^'l^s 
diverses espèces de quadrupèdes doàiestiqnes^, el aussi, d'à:- 

Srès diverses circonstances relatives à chacune d'elles. Nbdi 
eVans nous borner à établie ici en principe général , que 
d'après les grands avantages qui ont été reconnus à Patiai- 
tement naturel , plus lès tircodstance^^ datïs lesquelles an se 
trouvera permettrènt de le proldng.er, mieux les jeun^ su- 
jets s'en trouveront, et plus iisrprc/ndf ont promptemenft de 
corps, d'embonpoint et de vigueur. 

Mais il faut prendre garde que cet état ne s'établisse aux 
dépens de la mère; car, outre la maigreur excessive qtli en 

firoviendroit , et là dimincttion de ^es autres produits , comme 
a laine , le poil, etc., qui ont toujours d'autant plus de qualité 
et d'abondance , que les mères nourrissent moins ou fournis- 
sent leur lait en moindre quantité de tbute autre manière , il 
pourrolt encore en résulter , dans certains cas , le rAmoUis- 
gciticntdc Ses o», ou leur affoiblissement au moins , ^nune 



xi4 S E V 

on en a Ytt plasienrs etcmnles firappans dans des ttuamàtèteê 
domestiques , parce que la substance calcaire qui en fait la 
base , passant dans le lait, ne contribuerolt plus k la forma-* 
, lion et k r entretien de cette matière solide. 

Le climat dans lequel ces animaux se trouvent placés, ^eut 
aussi déterminer le propriétaire k avancer ou k reculer l'é- 
poque du sevrage , dans les mimes espèces ; puisqu'on re- 
marque qu'il contribue k les développer plus tôt ou plus 
tard. Ainsi , cette époque doit varier du midi an nord de la 
France , d'après l'influence de la température habituelle. 

Le sevrage peut encore devenir nécessairement forcé et 
précuite par quelque accident survenu ^ la mère , et qui 
corrompt , diminue , ou fait narir le lait. Dans ce cas , il 
«exige les plus grandes précautions , à l'égard des sujets , lors- 
qulb sont très-jeunes, surtout , pour éviter le passage prompt 
de l'aliment liquide k l'aliment solide. 

Afin de prépara inseusiblemeiit les jeunes animaux aa 
devrage , et ne porter aucune atteinte k leur développement 
et à leur embonpoint , par une transition brusque , il faut , 
dès que la mastication peut se faire chez eux , placer ^ leur 

Sprtée les allmens les plus doux , les plus faciles k digérer , 
is plus nourrissans et le^ plus succulens , tels que , pour leii 
Eefnivores , l'eau blanche , le son le plus fin et le plus £m- 
neux , les graines les plus substantielles et les plus tendres ^ 
comme celles des graminées et des légumineuses concassées 
et ramollies , les racines les plus riches en principe sucré ^ 
comme celles de la betterave , de la carotte et du panais , 
plutôt ^oitcâ qn^ crues, le foin le plus fin et le plus délicat , 
et par^dessus tout rheri>e fraîche, qui est encore ici la nour- 
riture la plus convenable et la moins coûteuse, toutes les 
lois qu'on peut se la procurer abondamment et de qualité 
convenable. A regard des carnivores, le sans et les chairs lea 
plus tendres et les plus réduites sont à pré^rer à tout autre 
aliment. Dans tous les cas, une fausse économie occasione 
une véritable perte ; ipais II tant bien prendre garde aussi 
que les animaux n'avalent plus de substance qu'ils n'en 
pourtoient digérer , et ils doivent en prendre peu à la fois 
et souvent. 

. Il faut aussi varier leur nourriture , autant qu'on le peut , 
et la renouveler souvent , afin d'exciter leur appétit ; et Teaa 
fraîche , qui devient essentielle dans ce cas , ne 4oIt jamais 
leur manquer. 

HcoDviept encore de séparer » momentanément d'abord, 
les petits et les mères , lorsqu'on a cru devoir les laisser en- 
semble anrès leur naissance ; d'augmenter graduellement la 
durée de la séparation ; de les habituer à i|ie plus se voir dans 



s E V 11$ 

lefonr, en les plaçant^^ quand les localités le permettent^ 
dans des pâturages difTérens et éloignés les uns den autres: 
pais , dès qu^on s^aper^çoit que les élèves sont bien h^ituég 
à la nourriture verte et tendre f qui est incontestablement la 
plus convenable pour remplacer le lait des herbivores , ou à' 
toate autre qui convienne bien à la foiblesse de leurs ôrga* 
nés f il faut les séparer entièrement, après les avoir habitués 
par degrés à ne plus téter que de loin en loin , en ayant la 
précaution rigoureuse de les laisser voir et entendre leujd' 
mère le moins possible , afin de ne pas les exposer à des ef- 
forts aussi fatigans qu'inutiles. > 

Autant il est essentiel que les élèves aient une nourriture 
succulente et abondante, avant et. après le sevrage, pour 
qu'ils puissent bien le supporter , autant il est utile que le$ 
mères soient nourâés alors avec sobriété, afin de détermi- 
ner inse noblement aussi, et successivement, la diminution 
et la, dissipation de leur lait. L'exercice leur est encore très-: 
salutaire pour opérer cet effet. 

Lorsque , malgré ces précautions , les mamelles s'engor^ 

f;ent fortement , on doit les traire pendant quelque temps seu-* 
ement y quand on n'a pas l'intention d'en taire des laitières ; 
car, dans le cas où on les destine à le devenir, les précau- 
tions que nous venons d'indiquer deviendroient plm nuisibles 
qu'utiles , puisque tout doit tendre , au contraire t k déterr 
miner le plus possible la sécrétion et l'abondance du lait. 

Quand les circonstances dans lesquelles on se trouve 
contraignent à laisser ensemble les jeunes animaux et leurs 
mères , à l'époque du sevrage , on peut , dans quelques cas t 
sans inconvénient , garnir la tête des |»remiers d'une espèce 
de cavesson on muserolle assez lâche pour leur laisser la 
faculté de manger , et armée de pointes peu aiguës , soK- 
santés pour empêcher la mère de les laisser téter» parce 
qu'elle jie sent légèrement piquée lorsqu'ils essayent de le 
faire. 

Dans tous les cas, il conrient de visiter souvent les ani* 
maax soumis au sevrage, ainsi que leurs mères, afin de 
leur donner tous les soins que les circonstances exigent et 
que leur état indique ; caria négligence à cet égard peut 
avoir des résultats très-fâcheux. / * ' ' 

Nous devons rappeler ici que les animaux nouvellement 
serrés prennent quelquefois la niauvaise habitude d'essayer 
de se, téter les uns les autres , ce qui les épuise et les fait dé-i 
périr; et Ton doit s'empresser d'arrêter le mal dès qu'au 
s'en aperçoit. V, le mot Allaitement, (yvaet.) 

SEYELr-CORONpE. Sorte de cannelle mucilagineiise 
de Geylan.£lle a peu de go&t et une odeur désagréable On lai 



«6 S EX 

mêle en fraude avec la yéritable. Il te parott pas que Tarbre 
qui (a fournit soit connu des botanistes, (b.) 

SKXANGULAIAE. Poisson du genre Syngnathe, (b.) 

SEXES, SenottSj qui vient de ucare, diviser car un sexe 
n^est 5iu' une moitié d'être par rapport à la reproduction. Il 
y a 4aQ$ la nature deux ordres die corps : i.^ les substances 
inanimées ; a.<^ les créatures vivantes, c'est-à-dire le règne 
inorgapique ou minéral , et les corps organisés ou les végé* 
tap^ et les animaux. 

Or y tous les êtres vivans n'ont qu'une existence bornée 
et passagère sur la terre ; ils naissent , s'accroissent et meu- 
rcAt successivement ; il faut donc qu'ils perpétuent leurs ra- 
ces et leurs espèces. Cette perpétuité s'opère par Pacte de la 
GcNi;RÂTiON ( F. ce mot ) , et celle-ci s exécute commune* 
snent par le mayen des organes sexuels» Il n'y a donc ded 
sexes que dans les êtres capables de génération , c'est-à-dire 
assujettis à la mari, et par conséquent vivans et organisés. 
Le minéral ne vivant pas , n'est pas destiné à se reproduire, 
et n'a nul organe , nul sexe. 

En effet , Te végétal et Tanimal ont deux espèces de vies , 
Tune qui se borne à l'individu ^ qui se dissipe avec lui dans 
la poussière de la terre, et l'autre^ héritage éternel , qui se 
transmet d'âge en ige aux descendans de chaque v^ce vi- 
vante. 

C'est de cette seconde vie seule , celle de l'amour , que 
nou3 parlerpus ici; car elle représente, non l'individu qui 
n'en est <pie l'usufruitier, mais l'espèce entière c^ui en a la 
yéri^ble possession. 11 faut donc considérer ici cette ffoi»^ 
sance ^e ylcj contemporaine de tous les âges et imniMrielle 
dans des. corps perpétuellement mortels. Le^ i»div»du9 ne 
SQ^t rien par eux-mêmes; ils appartiennent au domaine de 
la cpiort , i^ passient tour à tour comme dés ombres fcigitîves. 
Ujs^i^e .preiMi^t une âme que ppur la rendre ^ mais l'espèce 
subsiste , elle traverse les siècles dans le printemps étemel 
de son jp^i^tence ; c'est un grand aii>re 4ont les racines sont 
dans la moç^, .etqui étend ses branches de vie da»s rim- 
mensité des %es. , « 

Ce^ç âme éternelle de l'espèce se marrie » dans^ chaque 
individu qu'elle crée , par un ordre partic^kr d'orË;a»i&ationn 
ou un appareil de parties ^ et par un ii^sjtinct qu'on appelle 
amcu/r. L'amour est le principe vital de ch^ique espèce d'am- 
maux ejt d^si plantes , et ne s'exalte , dans les individus , qu'à 
certainjes /époques de leur durée. Cette jfbrtîon d'âme , cet 
amour, ou plus tôt cette vie des races, réside seulement 
dai^s les organes sexuels de l'individu, qui ont rapport à sbn 
espèce, c'est-à-dire à sa perpétuité. La ritalit^ de l'espèce 



s E X • ti^ 

ne réside donc pds dans tontes les parties des individus » maîji 
seulement dans celles qui sont destinées k leur reproduction. 
C'est par lears organes de génération qne Tanimal et le vé- 
gétal appartiennent à IHmmortalité ou bieti à Pamour^ qui 
en est r essence. Aimer , c'est vivre pour son espèce ; c'est 
porter en soi*méme les élémens de l'immortalité; c'est eiis- 
ter non-seulement pour soi, mais pour toute sa race, c'est 
accumuler une vie infinie dans un temps très-borné , et vivre 
mille siècles dans un instant. 

^ I.*' Les organes de perpétuité des êtres mortels ( les 
animaux et les végétaux ) y sont leurs parties sexuelles. Ce 
sont les. seules qui représentent l'espèce , et qui soient U 
source de sa durée. Elles n'existent jamais dans les substan-^ 
ces inanimées , parce que celles-ci n'ont pas de génération ^ 
d'individualité , et que chaque portion de leur matière a son 
existence isolée et finie. I>ans les corps organisés , soit végé* 
taux, soit animaux, la vie n'étant fondée, au contraire, que 
sur la génération , les individus sent remplacés sans cesse y 
parce qu'ils meurent successivement. 

Les organes sexaels sont différemment confirmés dans les 
diverses^ classes de plantes et d'animaux. Il est même des 
êtres chez lesquels on n'a pas ^u découvrir exactement les 
organes sexuels , et que l'on considère comme sans sexes , 
bien qu'ils puissent probablement en posséder. Tels sont 
les champignons et les algues parmi les plantes ; les zoo- 
pfaytes , les cératophytes et les coraux , ainsi qne la plupart 
des animalcules infusoîres, les polypes (hydres) , et les ra- 
diaires , les écbinodermes parmi les apimaux. Cependant on 
trouve des œufs ou des semences dans un grand nombre de 
ces genres; d'antres se propagent par bouture ou par divi- 
sion, comme ios polypes d'eau douce , plusieurs animalcu- 
les infusoires, et certains vers , etc. On petit considérer tous 
ces êtres comme représentant chacun leur espèce , puis- 
qu'un seul individu peut se multiplier sans secours , sans co- 
pulation, et former des êtres semblables à lui. Ce sont aussi 
ks piuis simples et les phfê imparfaits de tous les corps orga- 
nisés. On peut les appeler , des corps viva|is asexuels , c'est** 
à-dire sans sexe ; ib n'en ont «ucun en effet , à moins qu'on 
ne tes considère tous comme des femelles. 

En second lieu , il existe de^ animaux et des plantes her- 
maphrodites, c'est-à-div pourvus des deux sexes , mais réu« 
iiis^ sur le même individu. Il faut distinguer ici deux genres 
d'hermaphrodisme: i.^ celui qui rapproche immédiatement 
les organes sexuels , comme dans la plus grande partie des 
végétaux, dont chaque fleur est pourvue de pistils et d'éta- 
mines, et dans les coquillages bivalves, miutiralves, dans 



ii8 S E X 

quelques fers tt ànimalcoles infusoires , etc. \ a.* celoi qui 
sépare sur le même individa les deux sexes : telles sont les 
plantes appelées mondtques par Lînoœas, par exemple le 
maïs , Tamaranthe , le bouleau, le buis , Tortie , etc. , puis 
divers coquillages uniralves , ainsi que plusieurs vers. Ce 
sont des êtres disexuels » réunis ou séparés sur les mêmes 
individus. F. le mot Heemâphrodite. 
. Enfin , nous placerons en dernier lieu les animaux et les 
plantes à deux sexts séparés sur différens individus mâles oa 
femelles. Parmi les végétaux , on trouve les espèces appelées 
àioîque^ par Linnaeus; telles sont le saule , le gui , le chanvre, 
Tépinard, le houblon , Tif, le genévrier, etc. Dans ceux-ci, 
il en est qui changent de sexe ; ainsi lejuniperus virginiana est 
une année mâle et l'autre année femelle , comme on voit 
parfois des fleurs mâles sur des pieds femelles de plantes^ ou 
réciproquement. Cela semble prouver que les végétaux sont 
essentiellement hermaphrodites , et que Favortement d'un 
sexe produit originairement les dioïques. 

11 y a de même des animaux qui , bien que pourvus d'un 
seul sexe , comme des femelles de pucerons et de monocles 
ou puces d'eau y peuvent engendrer seuls; néanmoins le 
concours des deux sexes est nécessaire parmi les animaux 
les plus élevés dans l'échelle de l'organisation , tels que 
l'homme , les quadrupèdes vivipares et les cétacés , les ot- 
seaux, les reptiles , les poissons » les crustacés, les sèches et 
quelques mollusques gastéropodes, avec tous les insectes. Ce 
sont des êtres disexuels séparés sur deux individus. Les ani- 
maux les plus parfaits appartiennent à cette division , tandis 
que les classes précédentes ne renferment que des espèces 
peu élevées dans l'échelle de la perfection. lions en dirons la 
raison plus loin. « 

Il existe aussi des individus neutres , c'est-i-dire privés de 
la faculté de se reproduire et n'ayant aucun sexe ; mais ils 
diffèrent des asexuels en ce que ceux- ci engendrent , tandis 
que les neutres en soQt incapables. Tels sont, parmi les ani- 
maux, les ouvrières des abeilles, des fourmis et des termi- 
tes, ainsi que le^ eunuques naturels; et parmi les fleurs, 
celles qui sont doubles ou pleines, comme des roses, des 
renoncules, des œillets, des cerisiers, etc.; mais ce sont 
des végétaux que l'art du jardinier a rendus eunuques! On 
pourroit encore regarder tomm^eutres tous les indivi- 
dus végétaux et animaux qui ne sont pas parvenus à l'âge 
de la génération, et tous ceux qui l'ont passé. En effet, une 
jeune plante, de jeunes animaux^ des enfans sont encore 
neutres; ils n'ont , pour ainsi dire , des sexes qu'en espé-^ 
rance ; de même , un végétal après sa fructification , un vieil 



. s E X ii9 

animal, un homme, wie femme d'âge 9 n'ont At lear sexe 
qae les souvenirs ; ils sont neutres. Le seul temps de la pu« 
f erté des plantes et des animaux , jusqu'à celui de leur dé* 
floraison , leur Ate cette neutralité qui les réduit à la vie in- 
dividuelle , et qui les sèvre de Timmortalité. 

Les végétaux perdent, chaque année, leurs organes sexuels 
qui ne leur serrent jamais qu^ude fois , et en prennent d'au- 
tres chaque année ; les animaux conservent toujours ceux 
qu'ils ont reçus, mais ceux-ci ont deà temps de repos et 
des époques d'activité. Voici le tableau de toutes ces diffé* 
Tences* 



SaBSMxes 
Ifbiblei 



Gipables 
d'engendrer. 



iHermaphro- C^*' 
dites i deux 1 
Mzet sur < 
chtqaeindi- I 

I ^» (Sépar&. 



{ 



.Algue^^ Champignons ete* 
iLa plupart des zoophytes ef 
•| des animaux imparfaits, oa 
' des infusoires. 



Fleurs hermaphrodites. 

Coquilles bivalves, multival- 

ves, vers, ascidies, etc. 



A on seul 

[sexe sur un 
individu m&le 
i ou femelle.. 



1 Fiantes monoiçuesi 
* I^Goquittes univakes, vers, etc. 

(Plantes diolfues. 
jli^imauz vertébrés , crusta-* 
I céS| insectes , sëclMs , etc, 



hicapables 

d*en§endrer 

individuelle- 

^ment 



! 



r Sexes nuls ouÇ Abeilles , fourmis et termitet 
incomplets..! neutres. Eunuques natureb 
(. ou artificiels. 

j Sexes com- S^^"^^. '' ^"T 2Î'*" 
[pletsinacUr..{ ï^a^^, IT "' "'^ 1 



liC temps du rut est aux animaux, ce que la floraison est 
pojar les plantes. La maturité de leurs fruits et de leurs se- 
mences est analogue au temps de gestation de la faculté géné- 
rative chez les animaux. La plupart des espèces sans sexe , 
comme les polypes d'eau douce , les zoophytes , quelques 
vers et animalcules^ microscopiques, se reproduisent par 
bouture ou par bourgeons , ce qui les a fait désigner sous le 
nom de gemmipares. V. l'article Géi^ÉRATiolï. 

Quelques individus dont les sexes sont communément i»é» 



lao . S E X 

parés 9 se sont quelquefois trouvés hermapkrodîDBf ; nfais ces 
cas sont très-rares et contre nature. Des plantes dioïques de- 
viennent aussi monoïques. Ces légères exceptions ne peuvent 
pas altérer les lois générales. 

S! chaque individu hermaphrodite représente son espèce ; 
s^il se suffit à lui-même pour se reproduire , il n^en est pas 
ainsi parmi les animaux à deux sexes. Un homme n'est pas 
un être complet, il n'est qu'une moitié de son espèce, il 
n'est rien tout seul, non plus que la femme seule. Une sim- 
ple fleur , une huître, un vil animalcule ,. sont à cet égard 
plus parfaits que nous ; ils suffisent eux-mêmes à leur bon- 
heur ; ils ont tout ce qui leur est nécessaire pour exister et 
pour se reproduire. Ils engendrent à llieure marquée par 
la nature. Leur félicité n'est point obscurcie de craintes , de 
jalousies; elle n'est point troublée ^lar des discordes , et ne 
suit jamais qgif^ le besoin pour guide. La nature a eu des vues 
profondes «n établissant des faerp^pUrodites, car les êtres 
ainsi constitués sont presque tous immobiles , et par consé- 
quent exposés sans défense à leur destruction. Il étoit donc 
impossible que deux sexes séparés et éloignés vinssent se 
trouver; d'ailleurs Tun d'éux^pouvani périr, Tautre deve- 
noit stérile. Pour éviter cet inconvépiéfit , la nature a or- 
donné que chaque individu immobile se repf oduiroit seul, ou 
seroit doué des deux sexes ; tels sont presque tous les végé- 
taux et la plupart defs esjpèces d'animaux qui ne peuvent pas 
se déplacer. Par ce même motif, elle les a rendus très-fé- 
conds aussi, pour réparer leurs pertes avec plus de prompti- 
tude. 

L'hermaphrodisme étoit moins applicable aux espèces qui, 
possédant des sens et des membres , pouvoient plus aisément 
se mouvoir et repODijQJttre lefirs semblables ; aussi la nature 
^-tTelIe séparé les stxts dans les animaux qui se transportent 
avec faciUté «t qui sont pourvus de sens. Mais ppur obliger 
les sexes à. se chercbei* , il a été nécessaire de leur rendre le 
sentiment dç la jouissance plus vif et plus délicat où plus im- 
périeux qjHjp cbe? lies hermaphrodites. Ceux-ci , au contraire, 
dévoient ayoir des désirs plus modérés et plus bernés , afin 
de ne pas st détruire eux-mêmes par de continuelles soili- 
citarions d'araour. Quei abus , quelle prompte mort ne sui- 
vrojent pas un hermaphrodisme complet daps des êtres aussi 
ardens en amour qije les oiseaux, les quadrupèdes et 
rhomoicp Cfît état n'est donc convenable qu'à des espèces 
froides et peu sensibles , comii^e les anjip^ux imparfaits et 
les plantes. L'amour est pour eux un bespin mécanique , une 
sorte; d'inslincl borné plutôt qu'une passion vive. La généra- 
tion s'opère chez eux saps plaisiç marjqué ; c'est une action 



s E X lai 

ofgaiii^ae qui s'exécute presque k leur insn^ et sans la par^ 
ticipatioa de la volonté. lU o'oAt donc tacun excès à redou- 
ter. Une moule engendre comme une plante fleurit. Si la 
nature a donné au contraire une vive impulsion d'amour aux 
animaux plus parfaits et qui ont les sexes séparés , elle op« 

{lose en quelque sorte des barrières à leurs désirs. L'homme^ 
'animal , ne peuvent pas satisfaire leur amour sans le con- 
sentement d'un autre sexe. Il faut que le plus fort invoque le 
Idus foible ; il faut que la condescendance remplace la vio- 
ence ; là on cède pour vaincre. Les miles ne pouvant en- 
gendrer que dans certains temps, et les femelles pouvant les 
recevoir encore plus souvent qu'ils ne sont en état de rem- 
plir le vœu de la nature , il a fallu que la pudeur, la douce 
résistance de I4 £emelle , établit un équilibre entre le pou- 
voir et la volonté. L'amour s'accrott par les obsucles , il s'é- 
teint dans la volupté. C'est donc une institution admirable 
de la nature , qui a voulu donner un frein ii cette passion 
ppur la rendre plus vive , qui a rendu les femelles nius ar- 
dentes pour les mâles les plus robustes, comme si elles vou- 
loient être vaincues , comme si elles trouvoient de nouveaux 
triomphes dans de nouvelles défaites , et comme si l'on ne 
ppuvoit pas leur plaire sans les subjuguer. Leur puissance 
est donc dans leur foiblesse même. Elles cherchent la force 
qui legr manque , et veulent l'asservir en s'y soumettant. La 
nature , qui aspire toujours à la perfection des espèces , a^ 
donc établi que la force devoit être préférée en amour ^ afin 
d'obtenir des individus plus vigoureux et plus robustes; c'est 
pour cela que la jalousie est née , que V énus aime le dieu 
des batailles y et que l'amour est presque touiom-s un état 
de guerre , afin que le foible soit écarté et que le plas vigou- 
reux soit aussi l'amant favorisé. La préfirence des femelles 
appartient toujours aux vainqueurs ; elles sont le digne prix 
des combats. Aussi les animaux les p\ps pacifiques , les bêtes 
les plus humbles , deviennent courageux et belliqueux ati 
temps du rut , et la plus douce des passions est quelquefois 
la plus cruelle. Il faut savoir braver la mort pour avoir le 
droit de donner la vie. 

La complexion des femelles des animaux correspond il 
• cette destination qu'eiies reçoivent de la nature ; leur corps 
est plus délicat , plus foible , un peu plus petit que celui des 
mâles, leurs membres sont moins robustes , leurs affections 
sont plus douces; elles ont les grâces en partage , leur foî- 
blesse même intéresse et dispose à l'amour. La beauté , la 
tendresse , le charma de la volupté , leur donnent un conti- 
nuel empire sur la: force. Les mâks robustes , ardens , fou- 
gueux ^ ont une complexion dure , forte , musculeuse et car- 



112 S E X 

rée ; mab les formés s'arrondissent dans les femelles; dans 
les mâles , elles sont rudes , prononcées, angulenses. Le cat^ 
ractère masculin exprime la force el T activité pour le corps t 
le génie pour Tentendement ; le caractère féminin produit 
la grâce , la douceur au physique 9 et Tesprit au moral. L'un 
e»i actif, Taùtre passive ; le premier veut et commande , la 
seconde succombe et supplie ; mais telle est la compensa* 
tion des choses , que k plus foible règne en effet sur le plus 
fort. Celui-ci vend sa protection au prix de la volupté , et 
le foible emprunte la puissance du fort en s'y abandon* 
nant. F. Mâle et Femelle. 

Quand il n'y auroit sur la^ terre aucune autre marque 
d'une divine sagesse , que celle qui se montre dans les orga- 
nes sexuels , elle seroit suffisante pour prouver l'existence 
d'un être intelligent dans l'univers. On a nié les causes fina- 
les p mais comment pourroit-on méconnottre ces rapports si 
intimes, si justes , si parfaits entre les deux sexes? Qui n'a- 
perçoit pas leurs fins si sagement combinées? Non-seule- 
xnent la disposition relative des organes sexueb est admira- 
ble , mais encore leur influence dans le corps vivant et sur 
toute l'économie de l'individu est remplie d'une sublime pré- 
voyance. Cette concordance des individus , cette même ten- 
dance à la reproduction , cette communauté de sentimens f 
ce concours d actions réciproques , pourroient-ils être le fruit 
du hasard ? Cette perpétuité des êtres , cette immutabilité de 
chaque espèce qui ne se confond point avec d'autres , dépen- 
draient-elles d'une cause aveugle et sans but ? 

Les sympathies entre les sexes tiennent toutes 4 l'amour, 
quoiqu'elles se déguisent sous mille formes différentes. Les 
femelles sont, en général, la tige des espèces: elles en con- 
tiennent l'essence principale ; tout individu femelle est uni- 
quement créé pour la génération. Ses organes sexuels sont 
la racine et le fondement de toute sa structure. Le principe 
de sa vie réside tout entier dans ces organes, et influe sur 
tout le reste de l'économie vivante. Les mâles sont plus ex- 
centriques dans la génération ; leur sexe n'est pasja plus im- 
portante partie d'eux-mêmes; dans la femelle, au contraire, 
il est rame elle-même , pour ainsi dire. Les mâles n'aiment 
pas, à proprement parler , leurs femelles, mais bien le nou- 
vel être dont elles ne sont que les dépositaires, puisqu'ib 
n'ont plus d'ampur, lorsqu'elles ne peuvent plus produire. 
Ainsi les poissons n'aiment, de leurs femelles, que leurs 
œufs , et les suivent pour ce seul objet. La femelle , parmi 
les animaux, n'est plus recherchée du mâle, lorsqu'elle a 
conçu. Les individus soumis il la castration inspirent 
même aux sexes du mépris et non de l'aoïour* Ce sentiment 



SEX ia3 

n'a donc de la force et de la yÎTacité qa'antant qa^il sert à la 
production de l'espèce, et il n'a point pour objet les indivi- 
dus engendrans , puisqu'ils seroient indifféi^ens l'un pour l'an** 
tre, sans le désir de produire de nouveaux êtres. 

Cependant les organ.es générateurs ont leurs temps d'acti- 
vité et leurs époques de rep««^ Presque tous les végétaux 
produisent des fleurs et des fruits une fois chaque année ; de 
même la plupart des animaux s'acc^olbplent une fois par an ; 
toutefois plusieurs espèces engendrent plus souvent , et 
quelques autres plus rarement Dans les plantes, les organes 
de génération tombent avec les semences ou les fruits , et se 
renouvellent chaque- année; chez les animaux, les mêmes 
organes sexuels servent durant tout le cours de leur vie ; 
mais ils ont des époques de développement y d'excitation , 
qu'on appelle temps de rut ou de chaleur ; ensuite ils se flé- 
trissent, se retirent , s'oblitèrent , jusqu'avec qu'une nouveUe 
saison d'amour les réveille de leur assoupissement , et les 
rappelle à une vie momentanée. L'activité de la vie de l'es- 
pèce ou de la faculté générative est donc périodique ou in- 
termittente. Dans l'espèce humaine, et chez les animaux qui 
prennent conmie lui àes nourritures constamment abondan- 
tes, la facAé générative est perpétuelle ; et leurs organes 
sexuels «demeurent toujours dans une disposition plus oa 
moins prochaine à l'acte de la propagation ; cependant on y 
remarque bien l'impulsion périodique de la vie de l'espèce. 
Ainsi la femme est sujette à un écoulement de sang une fois 
par mois ; les femelles de quelques singes sont aussi exposées 
à la menstruation , mais d'une manière indéterminée et ir- 
régulîère. Les femelles des quadrupèdes vivipares n'ont deé 
règles qu'à l'époque de leur chaleur ou du rut. Il y a quelque 
chose d'analogue dans les oiseaux , car leurs organes sexuels 
se gonflent , s'échauffent , rougissent , se tendent , et entrent 
dans une espèce d'érection continuelle jusqu'à ce que l'acte 
de la conception soit accompli. Les reptiles , les poissons f 
les insecte, les vers, éprouvent des changemens senibla- 
blés dans leurs parties sexuelles, à une époque déterminée. 
Enfin , les plantes développent leurs boutons , épanouissent 
leurs fleurs , déploient leurs pétales, relèvent leurs étami* 
nés et leurs pistils, jusqu'à ce que la fécondatiousoit achevée. 
Non-seulement il existe un temps d'effervescence et de rut 
dans toute la nature vivante , mais c'est principalement au 
moment de la génération que les oi|;anes sexuels s'exaltént 
au plus haut degré de sensibilité et de vie. Toutes les puis- 
sances de l'âme se rassemblent alors dans ces parties , qui 
entrent dans un état violent d'inflammation ou d'érection.Les 
organes sexueU ont une vie individuelle qui est très-intermit- 



ia4 S E X 

tente , qui dort pendant la plus' grande partie de son exis-* 
tence, qui se réveille à certaines époques» de même que 
notre vie seusitive s^endort chaque soiTi et se réveille chaque 
matin. Cette ritaitté des seaces est moins durable que celle 
des individus , car elle ne commence à nattre qu'ai l'âge de la 




Îubère que lorsque ses forces se sont suffisamment accmes. 
>e même, le végétal , Tanimal, trop âgés, sont déjà mtirts 
pour la reproduction ; leurs organes sexuels sont désormais 
ipcapables de leurs fonctions. La durée des corps vivans peut 
£tre partagée en trois périodes , dont les deux extrêmes sont 
les zones glaciales de l'existence , et Tintermédiaire est la 
zone torride delà vie. V. PuMRTÉet Rut./ 

C'est cette période intermédiaire qui donne la plus grande 
ctxtension aux fonctions sexuelles. Alors l'animal et la plante 
expriment le désir de cette vie étemelle de Tespèce » dans 
toutes leurs actions ;• ils possèdent en eux-mêmes les germes 
de l'immortalité. Tous leurs membres » tout leur corps, 
toute leur vie , s'étendent dans ce grand océan de la- repro- 
duction ; tout respire l'amour en eux. Au tempi^du rut , le 
corps des animaux est imprégné d'odeurs fortes et vîrolentes; 
il a quelqi^e chose de vénéneux 9 ainsi leur chair est mau- 
vaise à manger. Les végétaux exhalent à l'époque de leur 
floraison des odeurs plus ou moins vives ou agréables. La 
nature embellit surtout le moment des jouissances de tous 
les attraits dont elle est prodigue. Le temps de Tamour est 
celui de la jeunesse , de la force , de la santé, de la beauté. 
Le quadrupède se couvre de riches fourrures , l'oiseau se 
décore des plus brillantes peintures , le reptile semble ra- 
jeunir soi^s un nouvel épiderme , l'onde admire l'éclat 
du poisson , l'insecte se revêt des plus belles nuances , la 
plante étale aux yeux tous les charmes et toute U pompeuse 
parure des fleurs. C'est aussi le temps de la joie, des fêtes, 
des jeux et des noces de la nature entière. Les quadrnpèdcîs 
célèbrent leurs mariages par àes espèces de tournois , où les 
vainqueurs reçoivent les faveurs du heànseoie pour récom- 
penses; les^ oiseaux exhalent leur joje et annoncent leurs tour- 
mens d'amour par de bruyans concerts ; les reptiles se jouent 
sur la verdure , les poissons célèbrent des naumachies ou èts 
jeux aquatiques ; les insectes exécutent des danses aériennes, 
et la fleur solitaire s'enivre de mystérieuse» amours. Lorsque 
dans une belle matinée du printemps le soleil s'élève sur 
l'horizon en feu, dore les monts. sourcUleùic et la cime des 
forêts ; lorsque la verdure se couvre de fleiurs , que Toiseau 



V s E X tiS 

rrëlade an cMitîqiie d'amour soas la feuillée , le quadrupède 
ondit dans ies champs , Tinsecte bourdonne dans les airs ^ 
et le poisson tressaille sons Tonde , tout ne ressent-il pas 
l'amour ? La nature entière n'est-elle pas virifiée? N'est-ce 
pas la jGète commune de tous les êtres , leafours àe^ noces de 
tous les animaux et de toutes les plantes? Ce concert inef-f 
fable de vie et de fouissanees , cette grande voix d'amour 
qui s'élève de tl^es parts du sein de la terre dans tous ka 
4U£urs, annonce la fécondité de la nature et la perpétuité de 
ses œuvres. 

Toutefois cet amour qui vivifie la nature, annonce hb 
mine prochaine des individus. Noos aimons , parce que nous 
ne vivrons pas tou^urs. Tout être vivant se reproduit , parce 
que tout périt L'amour est l'avant-coureur de la mort. Si 
rien ne périssoit , il n'y auroit point de nouvelle génération , 
et l'amôuf seroit exilé du monde. Les minéraux sont dans 
ce cas ; ils ne meurent point; mais aussi ils n'engendrent )a<r 
Biais. Nous payons l'amour an prix de notre vie. Qui pense-* 
roit que ce sentiment si doux soit cependant la preuve de 
notre mortalité? Nous donnons notre vk à d'autres êtres » 
comme un père qui partage se% biens entre sts enfans. En- 
gendrer, c'est , pom* ainsi dire , faire son testament et se 
préparer à la morti Mats U nature a entouré l'acte de la gé-^ 
nération de tant d'attraits , qu'elle en a dérobé toute la 
tristesse à nos regards ; cependant lorsque la propagation esli 
accomplie , l'animal tombe àxsks l'abattement et la tristesse^ 
il sent ses pertes mortelles; la plante se déflore , ses pétale» 
se flétrissent , la jeunesse s'use , la beauté s'évanouit comm0 
Idi vapeur du matin , et l'amertume seule demeure. . . 

, £ fonte leporum 

Surgit amari aliqurcl quod in ipsis floribos amgît. 

LOCSBT» 

C'est un niélangede douleur et. de véLupté qui fait même: 
le plus grand charme de l'amoar* Il faut que la peine y nré-^ 
vienne la satiété du plaisir > et que le plais^ y adoucis^ le 
toorment de la peine; sans cette eompeiSalion^ Taoïov 
seroit bientèt épuisé , soit de satiété^ sott de douleur ; mats 
tant que le bien fait équilibre avec le mal, Tamour subsiste i 
semblable à aa feu qui ne vit que par une action continuelle! 
L'on n'aimeroit pas^si l'on n'étoit pas agité d'espérances et de 
craintes, pai'ce qu'on demeure iadiCtérent lorsque Tâme est 
eniiepos. L'amour est dans le combat ^ non dans la victoire ; 
il languit dans le sein des voluptés» et il se ranime par les 
refus ; la contrariété est sa fie ; ce qui le tourmeote lui platt \ 
ée qui fait son bonheur, caw;e sa peirtei 



tsiS S £ JL 

Sans contredit , le but le plus intéressant poor la nature 
étant la perpétuité des espèces , elle y a dû attacher les plus 
délicieux des plaisirs, afin d^ porter toutes les créatures 

Îui , par éette raîso», s^ livrent avec une sorte de fureur, 
lais en même temps, par la plus rare prévoyance, la n.at- 
ture a pris soin dV mettre soit un frein, soit un tempéra- 
ment , de peur qufon ne négligeât le vrai but, qui est la re* 
production p pour la volupté qui n'est qu^le moyen , on 
Tassaisonnement et Tattrait. ' 

Elle a donc placé quelquefois des instrumens de douleur 
et de déchirement , à côté des plus délicieux attouchemens* 
Ainsi , dans le cenre des chats , la femelle se montra la plus 
fougueuse , la plus passionnée ; elle va, dans son ardeur de 
Messalinê , poursuivre le mâle, Texciter, le contraindre k as- 
souvir ses désirs; elle en exprime la violence par des miaa-^ 
lemens lamentables; il semble qu'elle aille expiVer d'excès 
d'amour. Mais les terribles embrassemens de ces mâles 
doivent réfréner ses transports ; d'abord ils saisissent leurs 
femelles en les mordant fortement sur le cou (aussi n'ont-elies 
pas ordinairement la crinière du mâle) , ils enfoncent leurs 
crifFes dans ses flancs pour la mieux contenir, l'empêcher de 
rair ; enfin le gland de la verge porte des pointes en bame- 
çon , pu retournées en arrière comme celles de la langue ^ 
de sorte que l'introduction et surtout la sortie de la verge 
hors de la vulve , doit causer des égratignemens très-doulou* 
ireux sur les surfaces intérieures de ce canal ; aussi ces ani-. 
maux, en se séparant^ s'ei^uient, la femelle cherchant à 
frapper l&mâle qui lui a causé tant de douleur. Les ger* 
boises mâles portent également des tubercules cornés et 
pointus sur le gland de leur verge. Parmi les cochons-d'Inde 
on cobaia , la verge , vers son extrémité , présente deux pe- 
tites épines pointues , qui doivent servir pareillement à écar- 
ter les parois de la vulve , Inais en même temps les dilacérer 
avec douleur. Chez les agoutis et lespacas {caçia ^ L. ), ces 
deux pointes sont encore plus fortes, et en outre, il existe, le 
long de la verg&, en dessous et en dessus , deux lames car- 
tilagineuses, dentelées en scie , et dont les dents sont tournées 
en arrière comme sur le fer barbelé d'une flèche. Ainsi ces 
animaux, dans leur accouplement, doivent fendre et déchi* 
rer avec violence les parois de la vulve de leur femelle. 

Parmi les insectes , surtout les libellules , on pourroit 
trouver encore probablement des preuves analogues de la 
douleur qui se mêle à la volupté , dans le coït ; et les gre-^ 
nouilles se tiennent serrées étroitement , .même en faisant 
périr leurs femelles , par àes embrassemens si forts. ' 
Chez l'espèce humaine, les premières approdiès ne soni 



s E X ti7 

p9a sans dotdeur pour tes deux sexes , dans leur état virginal ; 
car le déchireinent du frein da prépuce chez Tliomme , et 
celui de la membrane de l'hymen chez la fcQime , sont ac- 
con^pagnés d'une douleur qui semble ajouter une nuance ex- 
traordinaire aux délices de la volupté. A cet égard, les liber- 
tins croient y trouver plus de ravissement, et Ton sait que 
quelques-uns poussent le raffinement jusqu'à faire souffrir 
et blesser même les personnes, pour accroître leurs jouis- 
sances. La cruauté setnble un apanage de la volupté. 

Nous ne parlerons pas des aiguillons cornés dont les co-« 
limaçons se piquent l'un l'autre dans leurs approches amou-' 
reuses ; ces sortes de flèches de éupidon né servent que dé 
préludes , comme de stimulans particuliers. 

Pour quelle cause la nature a-t-elle donc accouplé de 
cette sorte la douleur avec la volupté ? Est-ce pour accroître 
celle-ci par la comparaison instantanée de son contraire?. 

On en trouveront des analogies pour les autres sensations. 
Ainsi de légères dissonances ajoutent de Tagrément aux phis 
douces consonnances, dansPharmonie, parce que des unissons 
trop uniformes et trop complets, satureroient l'oreille et l'en- 
fgourdiroient de fadeur. Pareillement des saveurs trop douces, 
trop onctueuses , trop uniformes , lassent bientôt le goût , 
si l'onn'y méloit pas un assaisonnement piquan t,* ou de l'acide,* 
ou de l'amer ou de l'acre , qui réveille et stimule. Il en sera 
tout autant des odeurs mélangées , etc. De même des nuances 
de couleurs trop uniformément fondues dans un tableau , 
laisseroiedt un ton monotone et vaporeux , qui n^auroit rien 
d'agréable ; mais au moyen de touches heurtées et de tons 
vigoureux, distribués d'une main savante, on ajoute du carac- 
tère et de la force ^ l'harmonie d'un tableau. Le tact sem- 
ble avoir besoin pareillement de firoissemens, et les mor« 
sures des amans , les baisers les plus doux auroient moins 
de piquant , s'ils n'étoient pas refusés , pris avec quelques 
violences, etc. Lucrèce qui s'y connoît , dit : L. lY. Ren nau 

Quod petière , premunt arctè , faciuntque dolorem 
Corporis et dénies inlidunt saepè labellis , 

Osculaque adfigunt 

Rabîes undè i11« germîua surgunt. 

. Sed leviter pœnas frangit Venus inter amorem , 
Blandaque refrénât morsus admista roluptas , etc. 

Une autre cause de ces douleurs semble être de modérer 
l'ardeur chez les femelles , afin qu'elles retiennent mieux la 
sentence. 

Il est certain que dans celles qui ont trop dWdenr , Tuté- 
rus entrant en un état de spasme et d^ocgasme , reste béant 



13 



'8 S E X 



et avîdc , de sorte qu'il laisse échapper la liqueur sperma- 
tique qu'il a reçue : 

Adhuc ardens rigîdœ tentigîne vulvœ 
Et lassata viris y nondum saliata , recedit. 

Telles sont les courtisanes qm se lirrent 4 des coïts trop 
multipliés, pour que riraprégnation s'accomplisse paisible- 
ment. Aussi l'on prend des précautions à ce sjajet pour les 
animaux domestiques trop en chaleur. Les Arabes,par exem- 
ple,ont soin de fatiguer ii la course l«ur»cavafes,araht la monte 
de rétalon, parce qu'ensuite elle^se couchent et dorment ; 
ainsi leurs organes s'imprègnent mieux. D'antres personnes 
jettent des seaux d'eau fratcfae sur la croupe des*jumens et 
des Taches couvertes , pour refiroidirleur ardeur et refermer 
l'utérus, Oa fouette aussi de vergés l'ânesse , après la monte , 
par la même raison. Donc la nature a nu combiner chez la 
chatte , les femelles d'agomi et de cochons-d'Inde Çuî sont 
très-ardentes , àts moyens de douleur qui accompagnent 
l'acte, afin que celle-ct fasse resserrer les organes sexuels 
et retenir le sperme fécondateur. 

Une troisième raison parolt fort particulière chez les ron- 
geurs du genre des agoutis («ww, L. ). Ces animaux sont ex- 
trêmement féconds, et les cochons-d'Inde engendrent toutes 
^ six semaines. Or leur matrice se remplit énormément de 
Coetus , et se trouve fort distendue ; on sait que leur vtilvé se 
soude très* souvent là faut donc que la nature donne à la 
verge du mâle , des appendices perforans pour couper^ divi- 
ser les parois adhérentes de la vulve de;^ fenieHcs.De plus , 
cette divisiofn ou plaie, est cause que les parois de ce canal 
doivent se ressouder, et cet état sert- ibmie^x retenir dans 
l'utérus les petits fioetus, eneînpéeher l'avortement , jusqu'au 
terme de l' accouchement naturel, où il faut bien que cette 
couture naturelle se déchire^ poi^rse refermer encore. Aussi 
ces femelles sont conune vierges à ehaque eeït , puisqu'il faut 
des instrumens dilacérans pour les féconder. 

§ II. Après avoir exposé les généralités sur la nature des 
sexes , nous allons détailler leurs principales différences dans 
tous les êtres qui en sont pourvus. 

On a dit que les parties sexuelles de la femme ressem- 
bloient à des parties mâles qui seroient rentrantes et inté- 
rieures. Cette idée, très-inexacte , n'a pu être proposée que 
dans des. temps où l'anatomie étoil encore peu avancée. 

Les sexes diffèrent entre eux de deux manières : i.» par les 
parties destinées a la génération ; a.*" par Ja conformation 
générale de tout le corps. 

l^ei sexe féminin ^ qai est la tige des' espèces , est essentiel- 



s E X j[3g 

lement . JesUdë h recevoir; et le iexe mUe est formé pour 
donirer. La feflodie pro^t la substaoce , le mâie ia vivifie. 
11 MHt de là^e la première doit recevoir aa-dedans d^elie- 
mémet dn ttokts p/trim la plupart, k Tezception des poissons^ 
des selles , eU:. , et avoir des organes appropriés k cetl|s 
foociion 9 tandis que Ije second doit être pourvu d'organes 
destinés à èransmetlre la semencf au- dehors. Ainsi les parties 
. sexuelles mâles sont SAÎUaiiies, et les parties femelles sont 
rentrâmes et ialérieiftres. Le mâle engendre hors de soi , la 
femelle dans soi. Tous les animaux pourvus du sexe mâle 
oat: I.* des orgiuEies pour sécréter la semence, ^ce sont les 
iesiicules ou toate autre partie qui en fait foâetloii ; a.<» des 
ofganesdestifiés i ^évacuer la semence et éjacuLateors , cemoie 
Ja vef|;e ou uQe partie analogue. Tous les animaux femelles 
sont MMsi pourvus : l.<* d'ovaires ; a.® de matrice ou d'ovi«-, 
ductos. 

Dans Les végétaux , mk connoit aussi deux espèces d'organes 
génitaux: i,^ les pistils ou les parties femelles qui forment 
une cootÛMnté avec Tovaire ; a.<* le% étamines, dont les an- 
thères portent la poussière séminale ou le poUen, 

Le calice de la fleur , a dil Linneeus , est un lit nuptial ; la 
corolle représente les voiles et les rideau^, ou le prépuce et 
les nymphes ; les étami9es sont les vaisseaux spermatiques ; 
les .aathères , les testicules ; le stigmate est La vulve ; le style 
du pistil représente Le vagin ou les trompes de Fallope; le 
péricaqie est Tovair e , ^t la graine est Tceaf. La fleur qui ne 
possède que des étamiaes , est mâle *, celle qui n'a rien que 
des pi&tils , e^ femelle ; si elle possède les deux réunis, elle 
est hermaphrodite. 5'il se trouve ensemble des fleurs mâles et 
des âeurs femelles., on a des androgynes ; les polygames sont 
produits par l'excès du nombre d'un sexe sur Tautre. L'her*- 
maphrodbme est presque général dans les plantes , et asses 
rare dans le règne ammal. ( V. Tarticle HEaM APHaontTE. ) 
Tontes les fleurs «doubles sont des monstruosités , et hors d^ 
l'état naturel ; elles sont eunuques , et avortent toutes. £n 
•effet , ks étamnes ou lesx>rganes mâles sont transformés en 
pétales p pdr Tabondance de la nourKture. De même , les 
animaux rendus eunuques par la castration , deviennent très- 
gras , et les animaux qui Acquièrent trop d'embonpoint sont 
incapables d'engendrer , témoins les poules , les vaches très- 
grassps. 11 semble que les facultés géoéraiives se transportent 
sur le tissu cellulaire pour s'y déposer en graisse. Aussi les 
animaux maigres^sontphis propres à la (i/opagation que lefé 
autres, et tous maigriSi^ent au temps du rut 

Le système sexuel des plantes est , comme on sait , la hase 
de la d^ision mé^odi^oe des figétaux inventée par Limissijyi. 

XXXI. Q 



i3i> S F X 

Noos renvoyons au mot Végétal pour cet objet. ( V. aussi 
les Spontalia plantarum de Lion., Amo^. aead. , etc.) • ^ 

Dans les animaux 9 le sexe masculin est toujours pounm 
d'organes destinés à sécréter la semence. Chez l'homme 9 les 
quadrupèdes vivipares 9 les cétacés 9 les oiseamc et la plupart' 
des reptiles 9 ce sont deux corps arrondis y ovales , formé» 
d'un assemblage infini de petits vaisseaux* qai reçoivent du 
sang 9 et qui le transforment en semence par un travail par-^ 
ticulier. Ces corps sont les testicules. Dans les poissons 9 les 
mollusques , les crustacés , les insectes et quelques vers ( la 
sangsue » Ip ver de terre 9 etc. ) 9 les testicules sont aussi un 
assemblage quelconque de petits vaisseaux spermatîques , 
mais qui reçoit diverses formes extérieures ; car chez tous les 
animaux privés de cœur, comme les insectes 9 les vers , ces 
testicules se composent seulement de canaux ou tubes 9 et 
non de glandes qui n'existent que chez les animaux pourvus 
de cœur 9 organe d^impulslon du sang. Dans les poissons et 
les sèches 9 on le nomme la laite. ( Swammerdam 9 Bibl. nat. , 
p. 8g5 ). Tous ces corps sont pairs ou doubles chez les ani- 
maux qui n'ont qu'un sexe dans chaque individu ; mais les 
hermaphrodites, tels que les coquillages univalves, ont d'un 
côté un testicule, et de l'autre un ovaire. On a vu des 
hommes et d'autres animaux à sang chaud 9 pourvus de trois 
testicules ou même davai^tage ; mais ces cas sont rares 9 de 
même que les mâles à un seul testicule ; le troisième testicule 
n'est 9 le plus souvent, qu'une sorte de loupe surnuméraire. 
Dans les grenouilles et les salamandres, les testicules sont 
•des espèces de tubercules plus ou moins nombreux. Les tes- 
ticules sont placés près des reins chez les oiseaux et les 
reptiles-; ils sont renfermés dans la cavité du bas-ventre , 
vers la région inguinale 9 chez tous les vertébrés à Tétat de 
Ibetus ou d'embryon ; chez quelques espèces 9 ils restent ainsi 
cachés pendant toute la vie , comme chez les cétacés et la 
plupart des quadrupèdes rongeurs, etc. ; mais dans les autres 
espèces ^ ils descendent , k l'époque de la naissance , dans un 
scrotum 9 ou une bourse placée derrière la verge. Un^raisseau 
déférent sort de chaque testicule , et rapporte la semence 
dans les vésicules séminales , lorsqu'il en existe , ou immé* 
diatement dans le canal de la verge , s'il ne se trouve aucun# 
vésicule séminale , comme dans les quadrupèdes carnivores 
( le loup 9 le chien , le lion , le chat , le putois , etc. ) , dans 
les oiseaux , la plupart des reptiles , des poissons 9 des crus- 
tacés et des tesititcés , excepté les grenouilles et les sala-* 
inandres, etc. V. Testicules. » 

- Le second caractère du sexe mâle est une verge ou un canal 
quelconque pour l'émission de la semence. Tous les quadru-; 



» s E X i3t 

pèdes' vivipares et les éétacés odt une verge on pénis , plus 
ou moins long , avec un gland à rexfrémité. Celui-ci est le 
siège princi|>ai de la volupté. Dans les marsupiaux ou les di- 
delphes , le gland est fourcha. Les quadrupèdes on^culés 
ont ordinairement un os dans la verge. Les oiseaux ont pour 
▼erge une sorte de tubercule qui est quelquefois^ double; Taur 
truche a une verge assez longue , ainsi que tout, le genre det 
oies et canards ( Anas , L. ). Cette verge , cbez cei derniers , 
se retourne en doigt de gant. Les verges dès oiseaux n^ont 

{»as un canal , mais bien une rainure ou gouttière le long de 
aquelle s'écoule le sperme. Parmi les reptiles « on trouve 
une verge unique chez les tortues et les crocodÛes ;. elle est 
double dans les lézards y les scrpens et les salanoiandres ; les 
grenouilles n^ont point de vrai pénis. Chez quelques serpens 
venimeux , le double pénis est encore bifurqué À* son extré-, 
mité y ce qui paroît former quatre verges. Lets poissons n'eu 
ont aucune , puisquUls ne s'accouplent pas ; il faut excepter , 
cependant , les raies et les chiens de mer ( squaks) , qui ont 
deux appendices et qui s'accouplent. On croit avoir observé 
aussi une verge dans quelques autres pbissons ^ comme les 
blennies , etc. ( Gronovius , Mus. ^ p. 8 ; Redi , Anim, vw. ,< 
p. 94.9 Hîst. acad, dette, 17 53, p. rï6). Les coquillages unival-* 
ves ont un pénis , ainsi que les aplysies ou lièvres de iper j lea 
doriset les limaces ; mais cette verge n'a qu'un sillon comme 
chez les oiseaux, et se retourne dé même en doigt de gant. 
Ibtitrochusy turba , murex y etc. , ont leurs sexes séparés suc. 
diiTérens individus ; le mâle porte une verge très-grosse ^ 
située souvent à l'une des tentacules. On en trouve deux 
dans^ les crustacés , comme les crabes et les écrevisses» et 
dans les vers (la sangsue , le lombric). La plupart des insectes 
ont une verge ^ les papillons , les abeilles miles , les' demoi- 
selles ou libellules , leis scarabées et les araignées. Celles-ci 
portent leur pénis à leur palpe sur la tête ,, les libellules à 
leur thorax ou poitrine , les colimaçons sur leur cou. Quelr*-^ 
quefois la verge du mâle est si petite dans les insectes, <j(^e 
la. femelle avance un tube creux pour la recevoir, de sorte 
que l'intromission vient de la femelle, et qu'elle semble faire 
fonction du mâle ; c'est ce qu'on remarque chez les mouches 
«t tous les insectes diptères (GeoÛVojF, Im* paris, ^ t. a , p. 
444)* Dans les serpens, le gland du pénis est couvert d'é- 
pines; celui du lion , du chat, de l'hyène, a deS papilles rudes , 
afin d'exciter plus vivement la femelle à la volupté. Les pré- 
ludes amoureux dans les colimaçons , les limaces et plusieurs 
nnivalves, se témoignent par des coups d'aiguillon que se 
donnent ces animaux androgynes, lorsqu'ils vont se féconder 
réciproquement Les insectes ont souvent des crochets , des 



/ kS^ s E X 

pïOttB 9 pour retenir leurs femeUes chas Pacte ie la {^éair^i 
tioD« Les chiens , les loops^ les renards et quelques antres 
espèces adhèrent ensemble duis le c^ït. F, Yb^^e. 

JLes parties dn sexe féminin ceasistent principalement, 
comme ncnn l'avons dit , dans les ovaires et dans la matrice , 
on roviductos. Ne«s avons traité des Ovam£S k l'article de 
cet oavrage qui en parle ; nous ne le répéterons pas ici. 

Tontes les femelles des qoadninèdes vivipares sont pear« 
vnes d'une matrice, ainsi que celles des cétacés.^ On pe«C 
aussi donner le nom de mâiÊnce au Ueu oà sont reçus les œufii 
fécondés des oiseaux, des reptiles vivipares, comme ici 
vipères, des poissons chondroptérygiens , des molluaques , 
des crustacés 9 insectes et vers. L'onduelus des ovipares ne 
diffère de- la matrice ies vivipares qu'en ce que Tembry-on 
fécondéf ou Tœuf rivant, reste peu de temps djmsle premier^ 
maïs demeure «plus long-temps dans la seconde. Lnn n'est 
qu'un lieu de passage, Tautre ma endroit de séjour. L'ovidnc-» 
tus a la forme d'un canal , la matrice est une carité plus on 
moins sphérique. 

Dans la femme , les quadkupèdes riripares et lesDétacés, 
le matrice est un viscère creux , placé entre le rectum -et la 
vessie , rayant à son fond deux tubes ou cornes appelées 
irompe$âeFaUope, et qui communiquent avec les ovaires. V^ 
Matrice. Les autres animaux n'ont , ii proprenaent parler, 
que des oriductus. Celui des oiseaux, nlacé du cAlé gauche i 
est un seul canal tortueux qui descend de l'ovaire à la vulve. H 
y a deux oriduclus longs et reptiés dans les reptiles. On ne 
trouve aucun oviductns dans les poissons osseux, parce que 
l'ovaire les remplit entièrement ; les raies et les chiens de 
mer (9^110^ ) ont seub deux ovidnctna qui tiennent lieu de 
matrice , et dans lesqueb éclosent les œufs. On peut encore 
considérer comme oviducCus , les parties femelles des coquil- 
lages unîvakes, des limaces et autres mollusques. La plupart 
4es insectes, ont des oriductus plus ou moins vastes et nom-» 
breux ; on en trouve aussi chex les vers de terre et les sang- 
sues. Les ovaires et les canaux déferens spermatiques des 
insectes à métamorphoses existent déjà dans les chrysalides, 
suivant flérold ; on les remarque dans les chenilles , mais 
enveloppés de paquets de graisse avec des trachées ; comme 
chez les mammifères nmgeurs, les épiploons giaisseux sur- 
numéraires servent à fournir la matière du sperme aux orgMies 
sexuels. Les espèces dont les mâles ont deux vei^s, offrent 
aussi deux oviductus d^msles femelles r tels sont» par exem- 
ple , les crustacés , les reptiles , etc. On trouve même une 
•double matrice aux âidel(âies( espèces de quadrupèdes vivi^ 
ifiurcs) f parce que lesnAles ont une verge fourchue. Les eo^ 



s E X tSI 

Iryons des Tivifares s'alUtheBl à la matrice par le plaeei^ |i 
et y prennent une nourriture qae leur fournit le sang de leur 
mère ; mais les iœius des ovovivipares , qui éel^sent dana le$ 
o?iductqs , comme chez la vipère et les chiens de mer , y 
sont lihres et sans attache. Dans toàles les esptees, les ov^« 
ductus présentent, 4 leur extrémité, des sortes de glandei^ 
ope sécrétion de mucosité ou d'autre matière propre à former 
la coque des o^ofs cber les ovipares , ou hieft k les vemissecy 
à les coller , les protéger plus ou moÎBs des injores ektériemtei^ 

Un autre caractère du sexe fominin dans le genre Immain^ 
les (piadrupèdes vivipares e^ les cétacés , c'eslla présence et 
le développement des Mameli^s. ( Cherchez ce mot. ) Ces 
organes soât , en qudqne sorte , une seconde maftrice po«r 
les embryons naissaus. F. MarmHAUX. 

Tous les animaux pourvus d'une m^rice.oa d'ot4d«ctuf 
ont on orifice extérieur, par lequel Vorga^e nâle focondeles 
oeufs de la fomeUe« Cet orifice est ta vmv^ o« le vagin. C'est 
k l'entrée de cette ouverture que sont placées les parties les 

filus9«Miiblés à la volupté* Le clitoris se rauionlre dans toutes 
es fomeUes des mammifères et ches les tortues , les croco- 
diles. II est mime fourchu dans les didelfdbes comme k pénis 
du m^le. La valve de tous les animaux vertébrés est plaoéc 
près de l'anus ^ et semUe même seréimir avtec ce demîety 
chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, en ua cloaque ; 
chez les mollusques nus et les coquilles univalves , elle est 
souvent placée sur le oou; le» omstaeés ont une double v^ve 
siOtts leur queue , k leur thorax ; les insectes ont la leur k 
rextrémité de leur abdomen , el , dans les vers , elle est 
quelcpefois auprès de la tète. 

Les sexes ne diffèrent pas seulomeat entre eux par les or- 
ganes destinés à la génératiook, maii» encore par toutes les 
parties de chaque indiridu. Le oiâle n'est pas mAle par im 
seul endroit , mais partout; la femelle est femelle dans tous 
ses membres , dans toutes ses aciîons, dans ses maladies, 
dans son caractère, ses mœurs, ses passion», été. V. Fe- 
melle et Mâle. Les os des femmes sont plus petits , plus 
arrondis ; leur chair est plus molle , pèus aqiMU^ ; leur tissu 
cellulaire plus lâche , plus spongieux, plus graisseui* que dans 
l'homme ; leur tête est plus petite; leur cerveau un peu plus 
étroit ; leurs sentimens sont plus doux , plus tendres ; leurs 
idées plus fines ; leur tact plus délicat ; tous leurs membres 
expriment la tendresse et l'amour. Les femelles des animaux 
ont aussi de semblables différences. En général , les parties 
sqpérieuffe» du corps sojDt brges , fortes , épaisses chez les 
maies, et leurs reins sont étroits et maigres; dans les fe-^ 
melles^ c'est tout le contraire; leurs hanches et leur bassia 



^H S E X 

^ént larges 9 étpiiiés ; tandis que leurs membres snpërienrs 
sont minces , délicats ei foibles. L'étendue et la force que 
f homme et t^animai ont aux épaules , la femme et les fe- 
tnellei^'les portent dans la région des hanckes. Plus les homf^ 
meê ont de larges et fortes épaules , plus ils ont un caractère 
Tiril ; plus la femme a le bassin large ^ plus elle a le carac- 
tère qui eonrient à sa destination naturelle. Cette ampleur 
dés hanches et du bas-ventre dans les femelles des animaux 
ovipares^ les rend plus grosses et plus grandes que leurs mâles; 
ce qui é (oit nécessaire à cause du volume des œufs que leur 
oviductus contienti Ainsi les femelles de lézards, de tortues, 
de «er{^ens , de grenouilles , de poissons cartilagineux et saxa- 
tikft» de crustacés et dMnsectes , sont d'une plus grande taillt 
que leurs mâles. Les femelles des oiseaux de proie sont tou- 
jours supérieures d'un tiers à leurs mâles; d'où vient le nom 
' de tiercelets ^ sans doute, parla raison qu'étant chargées de 
la nourriture de plusieurs petits , elles ont besoin de leau- 
«oup de forcé ^ de courage et d'activité pour trouver , alta* 
quer et vainci^e une proie suffisante > tandis que le mâle p^a 
<|ue sa vie stulc k soutenir. Ce qui confirme cette présomp- 
tion., c'est 4|ue cette difTérenee n'a pas lieu dans les espèces 
d'oiseaux qui vivent de substances végétales. Si les femelles 
des quadrupèdes carnivores ne sontpas supérieures aux ma lés 
par lew taille et lew force, la nature leur attribue eh revanche 
an caractère extrêmement féroce au temps de l'allaitement. 
rUner lionne , une tigresse on une louve avec ses petits , est 
incomparablement plus furieuse et plus 4 craindre alors que 
les mâles de son espèce. Oubliant la foiblesse de son sexe , 
elle combat à toute outrance , et périt plutôt que d'aban* 
donner ses petits à la rapacité du chasjseur. Les femelles des 
animaux pacifiques devienneot elles-mêmes furibondes et plei* 
nés d'audace à cette époque. Cette poule , si timide , se bat 
maintenant contre l'homme y contre le chieâ et les autres 
aniihaux qui veulent ravir sa couvée. ' 

Dans les femelles , le tissu cellulaire est plus mou et plus 
spongieux que dans les mâles ; ce qui arrondit leurs formes , 
leat donne plus d'embonpoint et de beauté ,' augmente aussi 
Ja flexibilité de tous leurs organes, et les rend plus capables 
de se prêter à la distension de. la grossesse. Leur pouls est 
aussi plus petit , leur peau plus délicate , et leurs couleurs 
moins foncées que celles des mâles. La même différence se 
remarqiDe dans la chevelure , qui est longue et flottante aux 
femmes, courte et rude aux hommes. Elles sont d'ailleurs pri- 
vées de barbe ( excepté lorsque le temps de leurs règles est 
passé; car à cette époque , des poils poussent sur leur visage ; * 
tout leur corps est glabre et presque sans poila , en comparai* 



s E X *35 

fon de cehii de Thomme qui en est presque couv^rU Chez lef 
quadrupèdes ^ les poils des femelles sont plus mous , c;t d'una 
leînie plus claire que ceux des mâles. Il est surtout rexo^Ti» 
quable, p^rmi les oiseaux, que les fenielies n'ont jamais que 
des nuances ternes et pâles , tandis que les mâles sont ornë^ 
des plus éclatantes couleurs. Cette infériorité du caractère 
des femelles est une loi de la nature , qui se rencontre dan» 
toutes les classes d'animaux , et même chez les espèces, où 
les femelles ont une plus grande taille que leurs mâle«. Il y e 
pareillement une grande analogie entre les individus jeunet 
et les femelles de la même espèce (i). On diroit que celles«ci 
sont toujours jeunes par rapport au sexe masculin. Les qua-- 
drupèdes et. les oiseaux jeunes ont une coipplexion très-sem^ 
l>lable à celle des femelles , par la mollesse de leurs chairs , 
la foiblesse et là flexibilité de leurs organes , les^ nuances tpr-r 
nés de leurs couleurs , la timidité , la délicatesse , la sensibi^ 
lité commune de leurs caractères. Parmi les mammifères 
ruminans et armés de cornes, quelques femelles., comm^ 
celles du genre des cerfs, en sont privées. Les brebis en 
manquent aussi , et les femelles des ruminans qui portent deç 
cornes 9 les ont plus foibles que celles des mâles. Le sanglier 
a de longues défeiases qui sortent. ^u- dehors de sa gueule ; la 
laie en a seulement de petites. On a remarqué que la femme 
avoit souvent un plus petit nombre de dei^ts^ mâche Uères que^ 
Thomme ; aussi elle mange communément moins que lui , et 
préfère les alimens doux , tandis que Thomn^e qui exercç 
beaucoup ses forces , est.o}>ligé de manger davantage , et sop 
instinct lui fait rechercher les nourritures sapjdes, forte^ et 
échauffantes. 

Chez les oiseaux , les femelles des gallinacés ne portent 
jamais d'ergots aux jambes ( ou tarses ) comme les. mâles ; 
elles ont aussi des crêtes, et autres membranes de la têtei 
beaucoup plus petites. La femelle du paon manque de labellp 
queue du mâle ; celle du faisan n'a pas unie huppe conome lui ; 
la poule diffère du* coq par la forme de sa queue et par son 
nlumaoeplus triste et plus sombre. Dans tous les oiseaux^ 
les mâîe&rempoctent sur les. femelles par la beauté du plii- 
inage. , 

IVlai^ c'^st principalement par ta voix q4e les femelles difr 
fèrent aussi des mâles. Chez toutes les espèces d'animaui: 
.pourvus de poumons,, le larynx des femelles, est d'une orgar 
nisation plus ^ne , plus délicate que celui des mâles 9 ce q[qi 



(t) C^t ^i^r icoltci raî^oQ qu€ile «exe féminin cl l'enfaiiçe ^'aln^eqi 
sûevx rccifcqciue^xi^ntt que^^QQ faille s^x^mâle.^ . ,_^ 



^36 S E X 

rené lear voit plas foiblê et phi» aiguë (F. le motYéix). U 
{)arole est plus haute et forte k Thomine, ptas tendre et doncé 
à la femme. L'horrible mgissemeiit du lion n^est qo^tin ron« 
flement assez foible dans là lionne ; toutes les femelles de# 
^adropèdes ont un dtcent phis sourd et plus grêle qtre tenr^ 
Hnâles. Cette difiiérenee eii extrêmement remarquable parmi 
Je's oiseaux; car les mâles chantent seuls, et les femeltes 
' ii'bttt que de petits cris pour exprimer toutes leurs affections. 
La clangneur bruyante àes oiseaux d'eau ^ur les mers , 
^*est, dans leurs femelles^ qu'une voix murmui'ante et sourde. 
Les concerts nocturnes du rossignol mâle ne sont point 
imités par sa femelle , qui est presque muette. C'est Tâmour 
qui fait chanter Toiseau ; sa femelle ressent Tamofir et né 
chante point; elle s'occnpe de sa couvée; partout le sexe 
féminin est plus tendre et plus attaché à sa famille que le 
sexe masculin. Le mot àt famille rîeât même àtk moi Jœmina , 
femme ou femelle ; car celle-ci est, pour ainsi dire , toute en-^ 
tîère à ses enfans. Ainsi l'a yontti la sage nature; elle at rendu 
les femelles plus sensibles , elle a rempli leur complexron de 
plus de douceur et de mollesse ; elfe leur a donné le ten- 
dre attachement , les soins , la persévérance de Taini- 
tié ; elle a mis dâds^ leur zaetkt ce» attentions , ces préyenavi* 
ces 9 cet esprit de charme et d^amoHr qui captive tous les 
êtres. La mère est l'essence des familles; elle leur est plus 
iitiie , plus indispensable que le père. Aussi la nature a-trcllé 
inspiré aux femelles ce teiidre sentiment de ta maternité ^ 
{lias puissant que la vie , et qui les rend capables dé tous les 
sacrifices pour leur famille. 

Le terme de l'accroissement des femelles est moins long 
que celui des mâles ; elles sont pubères avant eux ; leur ado- 
lescence et le développement de leurs facultés sont plus pré- 
coces ; et quoique plus* froides et plus aqueuses , plus débiles 
que les mâle$, elles deviennent plus tèt capables d engfenrdrer. 
11 est vrai qu'elles sont vieilles plus ^ romptement aussi; 
Cette précocité paroit dépend\re de la petitesse de tètfrs or- 
ganes qui demandent moins de temps pour être formés, et de 
Factivaé de leur système ncrveut ou de Fétertduc de leur sensi- 
bilité. Toutes leurs fonctions sont plus rapides chez elles que 
dans les mâles , parce qu'elles sont nàroins fortes et moins 
étendues* Comme on mâle peut féconder plusieurs femelles 
d'animaux^ le nombre de Celles-ci pâroft surpasser, en gén^ 
tal , le nombre des premiers ; car il y a pln^ de mâles ^ro/r^ 
gynes ( à plusieurs femelles ) que de femelles polyandres ( à 
plusieurs mâles ). Dans l'espèce humaine , en Europe , les 
sexes sont ii peu près égaux en nombre ; tàm il y a plus de 
emmes que d'hommes en Asie et dansles pays chauds. VzjS^ 



s H A i37 

ml les plante^, le ii6iiAre des organes mâles surpasse 
presque toujours celui des femelles ^ parce que Tacte de \û 
fiécoivdatiott fl^esl pas aussi assuré que chet les animaux. 
CofudSAn les angles GiKÉRATiON, HBRlTAMRomtE, OTAiAtf 

el OvitfASES, ViVIFAftES, AWHàL, VÉfiÉTAL , etC (tlUET.). 

SEY. Espèce de poisson du genre Gabe. (b.) 

SETAL. Nom arabe d^unc AcKClE (^acacia fD^l.f'Egfft.^ 

pi. 52 , fig.*2. ) qui crotr en Egypte, (lk) 
SEXCETTE- Variété de FftOMBOT. (b.) 
SETMERIE , Seymeria. Genre de plantes établi par 

Pursh, pour TAfseur, qve^'a» ebaer¥ée en Ciroliné et qui 

se rapproche infiniaoent des Gérabws^ (b.) 
SETZA. Nom tliinoi^ dm fnsit de rfeiiAnB. (i.y 
SFOGL1A. Nom italien iie$ PcBtmoHBCTBS. (dssw.) 
SGHER. Nom de la GarfE miainb , dans le Piémonf» 

(y.) ^ 
SGNEP SGNtP. Noms ptémonmis èekDovBLB B£ca9^ 

SINE. (V.) 

SGOMARO. Nom italien des Scovbres. (besv.) 

SGUAC€0. AtdroTand« écrit ainsi lé nom àa Ôvacco; 

(s,) 

SGURABOURSOT. N^m dit Bwîteroil , dans les ti^ 
rîères du Piémont, (y.) 

SHAGA-RAG. C'est le nom que les Arabes dmoeni 
il une espèce de rallier^ dont parle le docteur Thomats Sbaw^ 
dans son Voyaçc en Barbarie. V. Tarllcle RotLiER*(v.) 

SHAGA WA. Nom que porte , chez les Papous , TOr-^ 
SEAU OE Parauis, dit le Superbe, r. LaraoRivE. (v.) 

SHAGG. Nom donné , par les Toyageurs , aux Gormo^ 

RARS 9I6AUnS. (V.) 

SHALACH. Nom hébreu du HÉROif. (v.) 
SCHALE, de Kîrwan. CiPsi le Scbïs« Bitum*EOX, 
ou le schiste mûmo-bUuminêu». Ce dlsnrîer est te shaleàmd 
de Wauon. (lk.) 

SHALS, SynodonHs. Sous-genre établi ^pafCntier, piMw 
quelques Silorss èes rivières d^Afrique. Se» caractères 
sont : museau étroit; mâchoire inférieure pourvue d'un 
paquet de dents très-aplaâeaî , latéralement terminées en 
crochet; et portées sur un pédicule flexible ; casqué rude « 
<e prolongeant jusqu'à la premrière dorsale ; épines de la 
dorsale et des pectorales très-fortes ; barbiHons pinnés. 

* Les PlMétonES snHOtKmfE , ME«»RAtlEUX , A BCTX ECUS- 

50RS, HoucuETÉ , font partie de oe genre, (b.) 

SHAN-HU. Nom chinois d'un Merle. Vof. ce mon 

(y.) 



i38 . S H E 

. SHAN-NAW. Nom que la Pns a bec rouge porté à la 
Chine. V. ce mot. (v.) 

SHAP-WAGTERJE {PêtU paire). Dénomination que 
les colops àa Cap de Bonne* Espérance ont imposée an 
Taaquet pâtre, parce qu'il se tient dans les parcs de mon- 
tons , etc. V. ce mot à l'article Motteux. .(v.) 

SHASYWINE PESCHEW. Nom que les naturels 
de la baie d'Hudson ont appliqué à THiaoNDELLi bicolore. 

y. ce mot. (v.) , 
, SHATAR ou SHATER. Nom arabe des Sarriettes. 

(LN.) 

SHAWIA» Lamouronx propose de donner ce nom génë- 
rique à la tubularia màgniftca , décrite dans les Transactions 
de la êociété Linnéenne^ par le .docteur iShaw , toin. 5. Cet 
animal , dit-il , n'appartient pas au genre tubuiaire , le tube 
ayant la faculté de se contracter et de s'allonger. U a beau- 
coup de rapports avec les AcTraiES^et forme un genre bien 
distinct, dans la classe de» radiaires./fijt despol. ^flexiàL corcUL j 
p. 228. (desm.) 

SHAWIË , Shacm- Plante des (les de la mer . du 
Sud| qui. a servi à Forstef pour former un genre dans la 
sy^génésie égale et dans la famille des corymbifères , mais 
qde nous nexonnoissons d'ailleurs nullement. 

Ce genre offre pour caractères : un calice imbriqué ; un 
récfspUKcle nu;one^n^enceobloiigue, surmontée d'une ai- 
grette plumeqâ^ , pubescente à sa base. (B.) 

SHEA- TOULOy. Synonyme de Beurre de Galam 
ou Beurre db Bambouc. V.. Illipé. (b.) 

SHEFFIELDIE, ShefJUldia. Petite plante rampante^ 
de la Nouvelle-Hollande , fort semblable à la péplide , qui 
forme un genre dans la pentandrie monogynie et dans la 
famille des lysimacbiées. 

. Ce'genre a pour caractères: un calice à cinq divisions ; une 
corolle campanulée ; dix étamines , dont cinq alternes , stër 
riles ; un ovaire à style simple ; une capsule polysperme il 
uiie*logeetà ejnq valves*. 

Ce genre a été réuni aux Samoles par R. Brown. 

. . • (bO 

SHELDRAKE. Nom anglais du Tadorhe. (v.) 

SHELTOBRINSCHKA. V. Hochequeue, (v.) 

SHELTOPUSIK , SchêUopusik. Genre de reptiles , inter- 
médiaire entre la famille des Lézards et celle des Serpetcs ^ 
dont les caractères consistent à avoir un corps fort allongé , 

λoint de pattes de. devant, deux postéi'ieures très-petites , ^ 
es écailles imbriquées. 
C'est à Pallas qu'on doit l'établissement de ce genre et U 






s H E i39 

vSescriptîon de la seule espèce qn^îl contient ; mais quelques 
naturalistes pensent que ce savant a commis une erreur grave; 
qu'il a pris pour des pieds les organes de là génération sail* 
lans , soit toujours et naturellement , soit momentanément 
par une cause fortuite. Ces naturalistes se fondent sur la place 
qu'occupent ces pattes , sur leur forme et sur Tinutilité dont 
elles doivent être à l'animal ; mais comme ils n'ont pas de 
preuves directes à fournir en faveur de leur opinion , on doit 
xroire que Pallas ne s'est pas trompé , et regarder le shelto- 
, pusik comme un bipède. 

Le corps du sbcltopusik est , comme on Ta déjà vu , fort 
allongé , fort semblable k celui d'un anguis ; sa couleur est 
d'un jaune pâle ; il est couvert partout d'écaillés imbriquées, 
an peu festonnées. La tête est grosse , couverte de larges 
écailles , munie de paupières mobiles et d'ouvertures pour 
les oreilles. Le museau est obtus , les narines sont bien ou^ 
•vertes , et les mâcboires armées de petites dents. 

On voit , près de l'anus , deux petits pieds défendus par 
quatre écailles, et dont le bout se divisç en deux doigts 
aigus. 

Ce reptile habite la Sibérie méridionale , et plus particu- 
lîèrenfient les vallées ombragées des bords du Volga, près 
du Kuman. Il court avec agilité parmi les herbes et les buis- 
sons. Sa longueur est de près de quatre pieds , dont la queue 
fait les deux tiers.. Il a une ride ou un sillon de chaque côté 
du corps. 

' Daudin range le sheltopusik dans son genre Seps , dont les 
autres espèces ont quatre pattes ; mais cette réunion ne peut 
pas être plus approuvée que celle parmi les Lézards , pro- 
posée par Gmelin. C'est des Orvets qu'il se rapproche le 
plus. (B.) 

SHEP-SHEP. r. l'art. Bruant, tome 4 . pag. 4o2. (v.) 

SHEPHERDIE, Shepherdia, Genre de plantes établi 

[>ar Nuttall , Gênera of norfh Amencan plantes , pour placer 
'Argousier argenté de Pursh. Seslcaractères sont : fleurs 
mâles ; calice ^ quatre dents ; corolle nulle ; huit étamines 
courtes , alternant avec huit glandes ; fleurs femelles cam- 
panulées à quatre dents ; ovaire inférieur à un style et à un 
stigmate oblique; une baie à une seule graine, (s.) 

SHÉRARDE , Sherardia. Genre de plantes de la tétran- 
drie monogynie , et de la famille des rubiacées , qui présente 
pour caractères : un calice persistant à quatre dents; une 
corolle infundibuliforme k quatre divisions ; un ovaire infé- 
Tieur arrondi, surmonté d'un style simple; un fruit composé 
dé deux semences oblongues , couronnées par le calice. 
Ce genre renferme trois plantes à feuilles verticillées , II- 



lio s H a 

tiëaîfiM , et à îkhh axittairês on terminâtes /dont ane est eib^ 
tf èmement commane. C'est la Shérarde i>£S champs, dont 
toutes les feuilles sont TertictlMes et lei^ Beori tenranales^ 
Elle est annuelle, très-petît#, et se trouve par toute TEu- 
rope ^ans les lieux cultîrés. Elle fleurit méflae pendant Tlii*- 
Ter. Elle a beaucoup de rapports st^ee larapette its champs, 
et peut aisément se confondre avec elle. 

La SffÉftAROC DES MURS a les feuilles iorales opposées , 
ainsi que les fleurs. Elle est annuelle , et se troure sur les 
rochers, les vieux murs, dans les parties mériémiales de 
rEurope. 

La MÉRARns PRtrrESGEifTE a les feuilles qoatemées éga« 
les , et la tige frutescente. Elle se trouve dans l'tle de F Ascen* 
sien. 

La SiriRARDE FÉTIDE de Cyrillo a été établie en titre de 
genre , sous le nom de Putorie. (b.) 

SHERàRDIA. Ce nom , qui dérive de celui de Sbérard, 
botaniste anglais , a été donné à trois plantes de genres dif* 
férens; i.^ par Pontedera , an galmia africana , L. ; a.® par 
Vaillant, Ehret et Adanson , à Ats espèces de Verveines, 
savoir : les iferhena orubica^ siœchad/folia , L. , ei famaicensis ; 
ainsi ce genre est te même que le permicuiaria de Moench o« 
stàchytoipheta de Vahl. 3.<* Leiroisième shefortSa est celui de 
liinnsens , fondé aux dépens de YoDonne de Tournefort , et 
partagé en deux genres par Moench, savoir: \,^ Atrardia^ 
qui comprend le o. arvensis, L. ; 2.® aspera , fondé sur le she-' 
Tordla tnuraUs , L. , que quelques auteurs réunissent au ga- 
Num, Ce dernier genre est distingué du premier par sa corolle 
en roue , par son stjle à un stigmate globuleux, par ses fruits 
didymes , ohiongs on un peu arqués, lisses et couronnés de 
soies. Adanson réunit le genre sherardia de Linnseus an genre 
asperula du même auteur. V, Sherarde. (ln.) 

SHERE GillC Nom abyssinien du Rollier a longue 
qvzvz ou D'ABYSsmiE. (v.) 

SHOADS des Anglais. V. Siifenwhn. (ln.) 

SHOREË , Sharea. (ienre de plantes établi par Gœrtner 
pour placer un arbre de Tlnde à feuilles alternes , ovales, 
et h fleurs disposées en panicules terminales. 

Les caractères de ce genre sont : calice à lobes imbriqués, 
s^allongeant et s^élârgissant avec la maturité du fruit; corolle 
de cinq pétales ;. ovaire supérieur surmonté d'un style siotr 
pie ; capsule k une valve , à une loge et iiune semence. 

Cest, d'après Correa, d'une espèce de ce genre qu'on 
rétire le camphré de Bornéo , bien supérieur k celui de la 
Chine et an Japon. Le shorée robuste est figuré pK 212 du 
3.* vol. des Plantes de Coromaqdél, par Rox^burg, (B.) 



5? I A fit 

SHORTEAIX. Jfam iottaé ^r les An^is ;iiix yeinies 
baleines encore allMtées parleur mère, (de&m.) 

SHRO ' SAGGI. KœiBpfer dû «pi'en langue jay>oiiai8e 

c'est U HÉRON ALANC. (ê.) 

SHULTZIE, SbMkzia. PUntede Peo8ylvaaie,ik)rl rap- 
prochée deaO^OLÂi'Rfis, nais^uî, sekMi ftafinea^ue^ cons-^ 
tilae seule un fieure daos la didvnamie angiospenme ^ et 
dans la fanïle des pédiculaires. Les caractères de ce gesre 
4ont : calioe à deux 4fvisîoos; corolle tabulée à deux lérres ^ 
la supérieure bifide, TkiférieuFe entière ; f«a4re ëiamines di- 
dynames; un ovaire supérieur à stigmate sessiie ; une capsule 
uniloculalre., à deux valves et polysperme. (ln.) 
^ SI. Oi^ 4omiei, au Jiqpon, ce nom et celui 4e Kaki , à 
une espèce dePLAQUEMlNiER (fiiospyros ImUi^ hmn.p SuppL). 

, (LN.) 

SIACRAL. V. rUstoire 4u Chacal, à Tarticle Cbxen. 

(s.) 

SIAGON£,5ûvan«, Latr., Bonelli; Galeriia^ Cuà^'us^ 
Fab. Genre d^inaectes de Tordre des coléoptères , section àe$ 
peotamères» lamille des carnassiers, tribu des carabiques ^ 
ayant de grands raiimoris de forme avec les cymindes , les ga^ 
lentes^ les scanies et les arisies^ autres genres de la même tribu, 
mais offrant un caractère qui , dans cette famille , leur est 
exclusivement propre , celui d'avoir le menton fixé sur les 
côtés, avec ceux <du des^sous de la tête (la gorge), ou d'être 
inarticulé. Le corps de ces coléoptères est très* aplati , brun 
ou noir, avec la tête grande ; le corselet pédicule , en forme 
de coupe ou de cœur sillonné , et l'abdomen ovale ; les anr 
tennes sont presque sétacée's , avec le premier article plus 
long que les deux suivans pris ensemble; le côté intenne des 
mandibules o(£re une grande saillie ; les palpes extérieurs 
sont terminés par un article presque séçuriforme , <et le mi* 
lieu du bord supérieur du menton est bidenté ; 'les jambes 
antérieures ne sont point dentées ^an càté extérieur, ce qui 
les fait aisément distinguer des scarites. On n'a îusqu'ici 
découvert de siagones qu'au nord de l'Afirlque et dans la 
presqu'île ea de^ja du Gange. Il paroît qu'on les trouve à 
terre , sous des pierres. Les unes sont aptères, et telles sont : 
i.o la SlAGONE a pattes fauves , Siagona rufipes (^Lair,^ Gê- 
ner. crusL^t MIS. , tom. i , tab. 7 , fig. 9 ), ou le cucujusrt^pes 
de Fabriclus , trouvé en Barbarie par M. Desfontalnes 4 
3.^ la SlAGONE F4JStilPÈDE, Siogona fuscipes M M. Bonelli , et 
qu'Olivier , ainii que M. Savigny, ont recueillie en Egypte ; 
les autres sont ailées , et telle est la golérite déprimée (depressa) 
de Fabricius. Celles qu'il nomme plana , flesus , bufo , sont 
Aa mêmei genre* Voyez la deuxième partie des Oàsefvations 



i4« S I A 

eniomologiçues de M. Bonelli, dans les Mémoires de FAca^ 
demie des sciences de Turin. li forme , avec ce genre et celui 
Xencelade^ une petite sous-famille , celle des siagones^ et qui 
a pour caractère essentiel : menton soudé avec la gorge, (l.) 

SIAGOMIË , Si^gonium. Genre d'insectes coléoptères de 
la famille des brachëlytres , indiqué par M. Kirby , dans le 
premier volume de son Introduction k TEntomologie, et qui 
paroît faire le passage de celui àesojcyièieskceux des Ustèots et 
desomaiiie5.Le corps est long, étroit et déprimé? les antennes 
un peu plus longues que la moitié du corps, sont insérées de 
chaque côté sous une saillie pointue et avancée du devant de 
la tête , et de onze articles, dont le premier plus grand ; les 
mandibules sont aussi longues que la tète, étroites, arquées, 
recourbées et pointues à leur extrémité ; les palpes sont fili* 
formes ; le dernier article des maxillaires est conique et al- 
longé ; les yeux sont globuleux et saillans; le corselet est plat, 
rebordé, presque carré, un peu plus large en devant; les 
jambes sont un peu dentelées extérieurement ; 4es tarses sont 
courts et n^offrent que trois articles distincts , dont les deux 
premiers très-courts et le dernier long; ils ne se replient pas 
sur les jambes, comme ceux des oxyiHâs; les élytres forment 
un carré un peu plus long que large , et recouvrent à peine 
la moitié de Tabdomen. 

Ce genre a été formé sur une seule espèce qui se trouve , 
mais très-rarement, en Angleterre; c'est la Si agonie QUA-^ 
BRICORNE, Siagomum quadricome^ Kirby et Spence, An In- 
trod. to EniomoL^ tom. i, pi. i, fig. 3. Son corps a un peu plus 
de deux lignes de long. I^ est aun brun marron, avec le& 
antennes, les mandibules, les deux cornes antérieures de la 
tête et les élytres de couleur plus claire ; les yeux et Tabdo- 
men noirs. M. le docteur Léach a eu la compiaii|ance de me 
communiquer ce coléoptère. (L.) 

SIAGONOTES. Famille de poissons établie par Dumé- 
ril , parmi les osseux abdominaux k branchies complètes. Ses 
caractères sont : opercules lisses ; rayons pectoraux réunis ; 
mâchoires très-prolongées , ponctuées. 

Lesgenres qui composent cette famille sont : Elops, Syno- 
DON, Megalope, Ésoce, LépisosiIe, Sphyrène, PolypterR' 
et Scombrésoce. (b.) 

SIALIS, Sialis, Genre d^insectes, de l'ordre des névrop- 
tères , famille des planipennes , tribu des mégaloptères , dis- 
tingué des autres genres de cette tribu par les caractères 
suivans : ailes très en toit ; antennes simples ; mandibules 
sans dentelures ; pénultième article des tarses bilobé ; point 
d'yeux lisses. 

Les siaiiif que j'avois d'abord nommés semblis^ ont été glaft 



s I A ' tii 

ces dans ce dernier genre ou celai des perles de Geoffroy f 
par Fabricius ; avec les hémérobes , par Linnaeas et De^ 

J;éer; mais les peries n^ont que trois articles aux tarses , et 
eurs ailes sont couchées horizontafement sur le corps. Les 
hémérobes , sans parler des difiDérences qu'ofirent^les partie» 
de leur bouche^ comparées avec celles des sialis, ont le corps 
plus allongé ; le premier -segment du corselet fort petit ,' 
non distinct et carré , comme dans ceux-ci ; les/ articles de 
leurs tarses sont simples ; leurs métamophoses s'éloignent 
heaucoup de celles des sialis. On ne confondra pas ces der- 
niers avec les chauliodes et les corydales de la 'tribu àes méga^ 
iopières , les insectes de ces deux genres ayant les mandi-^ 
billes avancées ; trois petits yeux lisses et les tarses simples. 
Les rapMdies , qui ont quelques rapports avec les sialis , n'ont 
que quatre articles à tous les tarses. 

Les sialis ont le corps peu allongé ; le corselet carré ; les 
ailes en toit , et dépassant peu l'abdomen. Nous n'en con-4 
Boissons qu'une seule espèce, le Sialis i^oiViySialis mger^ que 
Degéer nomme Jiémêrobe aquaUque noir , et Linnseus , hemero^ 
bius lularius, Roesel a donné l'histoire de ses métamorphoses ; 
il en fait une phalène aquaUgue. Cet insecte est d'un noir mat ; 
les femelles ont seulement les jointures des anneaux de l'ab- 
domen brunes ; les quatre ailes sont transparentes , avec 
une teinte de brun , et un grand nombre de nervures noires ; 
çUes paroissent un peu chiffonnées ; leur vol est court et pe- 
sant. Degéer a décrit les organes de la génération des deux 
sexes ; ils sont situés à l'anus , qui est pbcé au - dessus du 
dernier anneau de l'abdomen , et a la forme d'un mamelon 
peu élevé. En pressant fortement le dernier anneau du mâle^ 
on voit s'écarter inférieurement une pièce écailleuse, faite 
en coquille. Immédiatement en dessous de l'anus , sont deux 
parties charnues, brunes , un peu élevées , et au* dessous de 
celles-ci est une grosse pièce charnue , ayant dans son milieu 
un crochet écailleux , petit et courbé. C'est probablement 
avec celte pièce qu'il s'accroche à la femelle dans l'accou- 
plement. Une autre partie grosse , charnue , blanche , sus-^ 
çeptible de gonflement , et qui a au milieu un petit mame- 
lon , se trouve dans l'entre-deux de la pièce inférieure , en 
coquille , et de celle dont nous venons de parler. Elle est ac- 
compagnée , de chaque côté , d'une petite pièce écailleuse,^ 
4jui lui sert de soutien. 

Le bout du ventre des femelles présente , au dessous de 
l'anus , deux pièces écailleuses , en forme de coquilles. 

Les ludividus de ce sexe pondent une prodigieuse quantité 
d'œufs^qu'ils arrangent par plaques sur les feuilles des planter 
aquatiques. Ces plaques sont brunes ^ oal depuis un demi-* 



mU s I a 

fomct \nupL^i nA f^vitt At long « nr iroe l%ne et jtemie otf 
trois à peu ^rès ic Largeur. Ces erab sost bruns , d'une figtre 
•irale et alleagée, placés perpendicalairemeni sur les feuilles» 
eooime collés k» «as auprès des autres , nais se séparant 
»tt moindre attancheaient Ik suni disposés récnUèrement^ 
. sur des lignes droites, ei.de manière que ceux de la seconde 
ligne occupent ks inlervalles que laissent entre eux» ceux de 
la première , et ainsi de suite. Le bout supérieur de ces 
«Ni£i oCfre une petite partie élargie , ovaie , nlanckâtre , qui 
finit en peinte nousse , ordinairement droite , quelquefois un 
peu inoUnée k rœuf. 

La coque des œufs donne passage i la lanre» en se fendant 
à Vextrémilé siiq^neure , piis de ia petite queue. La iarre 
tombe dans l'eau , où eUe doit vivre. 

Degéer a ouvert le corps d'une (euaelle dont le ventre ^toit 
plein d'oBufs. Il a vu qu'ils étoient d'un blanc jaunâtre 9 con- 
fiormés de même que ceux que l'insecte apondos;qu ils étoient 
arri^ogés , dans le ventne , en deux paquets ou deux ovaires 
courts , ^pliqués l'un contre l'anlre, de façon que la cour- 
Ibore regarde le dessous du ventre. iM «eufii sont placés à la 
file , dans un grand nombre de vaisseaux déliés , flottans et 
libres, vers le bout supérieur , unis et incorporés au bout 
opposé , dans un vaisseau plus spacieux > qui règne soifs le 
côté courbe de obaque ovaire. Ces vaisseaux , avec leurs 
œufs , sont arrangés en lignes courbes et paraHèles; la cour- 
bure est dirigée vers l'oifgîne de l'abdomen , et les eeu& j 
sont situés de façon que leur petite queue est en haut. 

Nous considérerons les larves dans leur première jeunesse^ 
et lorsqu'eUes sont sur le point de se changer en nymphes. 
Vues vers l'époque de leur naissance , ces larves ont de la 
ressemblance arec cdks de quelques péikes éphémères. Leur 
corps est long , délié , et va en diminuant , depuis la tété jus«- 
qu'à la queue. Leur téie est grande , aplatie j de contour 
presque circulaire , marquée en dessus , de certaines sutures 
apparentes , qui se voienr aussi dans Tinsecte parfait ; elle a 
deux yeux ronds et noirs ; deux mandibules fortes , étroites , 
pointues , se croisant dans le repos, et ayant au côté inteme 
trois dentelures pointues ; le devant de la tète offre deux es- 
pèces d'antennes avancées , filiformes , de trois articulations 
cylindriques « dont la dernière est terminée par quatre poils ; 
la bouche a deux barbillons ou antennules , qu'il est difficile 
de distinguer. 

Le corps est formé de douze anneaux, séparés par de pro* 
fondes incisions. Les trois premiers portent chacun une paire 
de pattes , et répondent au corselet et à la poitrine de l'in- 
seclie dMéè Les sept anneaux suivans ont^ dç d^ique dNé , ua 



s I A 145 

met cyliiiâriqaë , tènnit)é paf deux longs pûib , et en ayant 
un troisième plus long , près de la base. Cè^ quatorze appen- 
dices sont placées sur des tubercules inégaux et raboteux ^ 
inclinées en arrière , flottent dans Teati , et suivent les niou- 
remens qu*y fait la larve, en inarcbànt ou en nageant. Ceti 
filets lai^ent voir , à raison de leur transparence , àes vais- 
seaux brun& et tortueux , qui les parcourent dans toute leur 
longueur. Il est probable que ces organes jouent un rôle im- 
portant dans la respiration de ces insectes. Les deux deî-nieri 
segmens du ventre n'ont pas de ces appendices branchiales ; 
hiais ils ont , à la place , dé chaque côté , une doilble tubéro- 
sité , garnie d'une aigrette de longs poils ; le <!orps , enfin ^ 
est terminé par une queiie ayant la, forme d'un tuyau conique 
et tronqué , portant ^ son extrémité une aigrette formée de 
ftix poils. Cette queue est roide , transnarente « a de chaque 
côté , dans sa longueur ^ un vaisseau brun qui est probable- 
ment une tracbi^e. Ces deux vaisseaux paroîs^ent être une 
Sontinualion de deux autres qui parcourent tpute la ipngiieur 
u corps , sur les côtés. L^esiomac est situé entre les deux 
trachées. . . . : > . 

Les six pattes sont grandes à proportion du volume du 
corps y et transparentes ; elles ^ont divisées en trois articles 

f^rîncipaui , dont le premier répond a là cuisse , le second à 
Si jambe , et le ti'oisième au tarse. Cette derdièrè pièce est 
terminée par deux longs crochets, mobiles , qui peuvent s'ap- 
pliquer l'un contre l'autre. Les pattes ont plusieurs poils ae 
longueur inégale ; les antérieures sont les plusi conrtes dé 
toutes. . . 

La^ouleur de ces petites larves est transparente ; avec deâf 
nuances bradent , éparses (à et là ; la moitié antérieure de 
la tète et les tôtés du corps sont bnins , mais le milieu da 
èorps tire sur |e rouge. 

Ces jeûnes larves sont fort vives dans l'eau., y marchent , 
étj nagent continuellement par ondulations^à la manière àéi 
serjpens , et en remuant alors leurs pajttes. 

Parvenues à leur juste grandeur , les larves ont à peu près 
la même figure. qu'elles avoient dans les premiers temps ; 
mais elles sont longues d'environ huit lignes, la queue non 
comprise ; elles sont brunes en dessus , avec des taches ei 
des niarbrurës pliis foncées , et grisés en dessous. Leur corps 
est conique ; les antennes sont en âlets coniques , très-délié;^ 
à leur extrémité, on sétacés, de quatre articles; les filets 
latéraux du corps sont blancs , membraneux . flexibles, co- 
niques , #e cinc( articles , et ont , daiis toute leur longueur , 
îin vabsean ayant diiférentes courbures, jetant plusieurs ra- 
ihéaùx , et diminuant insensiblement dé diamètre , en Mani 

xxxi; 10 



i4& S I A. 

à la poiote : c'eâi pcotMtabLn&«tt «m tiudiëe. Les odlîes sotti 
gjkrmes de loogs poila , ot sont très-jolies aa microi cope ; la 
qpeue a la forme d'un filet loDg et membraneax, qpi , à qael*- 
que distance de sa base , prend subitement une figure co*- 
i^qoe , devient ensuite délié , presque cylindrique , et se ter- 
mine ea pointe mousse ; les' côtés sont garnis de poils , doftt 
ceux, de la base sont plus rapprochés que les autres ; leur 
direction est un peu inclinée k la soHace de la queue ; l'inté- 
rieur de cette partie du corps offre quelques vaisseaux déliés 
et tortueux; le tarse est de deux pièces; la dernière a au bout 
deux crochets, dont Tun est plus court que Tautce. 

I>cgéer a vd une de ces larves entrer dansée fourreau vide 
£uae larve de phrygane , et le choisir pour sa demeure. Sa 
tète , qu'il sépara de son corps, donnoit encore àt& signes de 
vie au bout de vingt-quatre heures. 

Ces larves sont, à ce quHl paroft , carnassières. Rœseldit 
que , pour se changer en nymphes , elles sortent de* Tcau , se 
rendent sur le rivage , s^cnfoncent dans la terre mouillée, s'y 
pratiquent une cavité spacieuse, où elles se métamorphosent, 
et deviennent insectes parfaits au bout de quinze jours, (l.) 

SI ALITA. Adanson donne ce noiiiaiu genre dîllem'a, L., qui 
a pour type le sialila dis Malabares ou. diiienia spinosa , L. 
C'est sous ce nom francisé qu'on décrit le genre diiienia dans 
ce dictionnaire. V. Sialitç. (i^n.) 

SIALITË , Dî^ma. Genre de plaates de la polyandrie 
polygynie, et de lafamilie i^ magnoiiers., dans lequel se 
range une douzaine d'espèces, .dont trois se cultivent dans, 
nps jardins. 

Les caractères de ce genre sont: un calice à cinq folioles; 
cmq pétales ; les stigmates sessiles; des capsules nombreuses^ 
conniventes , pulpeuses intérieurement et polysperaœs. 

Les genres Lenrdib, aussi appelés Wormie ou Clugnie; 
elles genres Colbertie et Hibbbrtie, en ont été séparés. V. 
ces mots et ceux Burtonic et CiSTOMoaPHB. 

Au moyen de ces changemens, on ne trouve que six es- 
pèces inscrites dans ce genre, dans \e Systêma natumle de De- 
candoUe , dont les suivantes font partie. 

LaSiALITE A GRANDES FLEURS, D///tf/ïMiy«:w5aThtinb., a leS 

feuilles allongées, denticulées, etlcspédoncutesuniflores.C'est 
un grand arbre qui croît dansTîte de Java, où on emploie ses 
fruits, qui sont acides, pour faire de la limonade, et assaisonner 
les mets. Il a les feuilles lancéolées, entières, et la dge grim- 
pante. On le cultive dans nos jardins. 
\i^ ÇiALi'c^i^EJHTi^E, Dfllm%4e»^^ \ TikvLfih'f a le^ feuilles 



s I A ^^y , 

Sf-esque rob^s , largement tentées , et les pëdoncciles niulii- 
ores. C'est de Itte de Ceylan qu'elle provient. 

La SiALiTE ELLIPTIQUE-, a les feuilles ovale^-elUptlqueç , 
pointues, dentées en scie , et les pédoncules uniOores. J%I|e 
croît dans les îles Célèbes. C'est un arbre qui laisjse lluôr 
des blessures faites à son tronc un suc propre très-abondant. 
Ses fruits y d'abord acidulés , puis doux, se mangent crus^oil 
cuits avec d^ poisson. C'est le songium de ^umphius. (b.) 

SIAME BLA^C. L'un des noms vulgaires 4le la Tuabi^ 
ït^LE VOIMJB. , VoluLa^rum , Lion, (dcsm.) 

SIAMIN. Le pentapetes ffhœnicea est figuré danà VHoHui 
malab. lo , tab i , sous ce nom , que J. Burmapn, dans son 
index , écrit sim$min. (lîff,) 

SIAMOIS. Espèce de Casse qtf'on cultive à raison de la 
beauté de ses fleurs, (b.) 

SIAMOISE. Nom d'une espèce de scntenère./(pESii.) 

SIAMOISE ou SIAMOISJE A CQLLIER. C'est la Na- 

TICE GAlfRÈNE. (DESM.) 

SIAO-KI. Près de Canton, en Chiae , c'est le nom d'ione 
espèce de Charbon qui sert de nourritare aux cocfapns. 
Loureiro prétend que c'est le carduus lanceolaius^ L. (i^.) 

SIAQ-jUQ-HOA. XjCS Chinois désioiient par ce nom 
çne plante syngenèae qui fait Tomement le leurs parterres. 
Loureiro en donne une description ; c'est jon ^rysantamm 
procumbêns. Il paroît qu'elle produit , par la culture , on non»^ 
lire infini de variétés à fleurs blanches o^f^Hine8,^Mimi-^ar(îes 
d^ l'une et de l'autre couleurs., radiées «useEiUflodculeuaQ^^ 

(LN.) 

$tAO-LAN. Nom chinois de la Renquée, 4onft on retire^ 
en Chitoe, une couleur tinctoriale Ueoe. (b.) 

SlAO ME. Left Chinoiç donnent ce nom et celui de So au 
nûllet eifeépi ou pani« (^pamcum kaUcum ^ L. ). ( lm.) 

SIAO-SIAO. L'on des noms chinois des' araignées, 

(DESM.) 

SIAO-TEU et Tsiam-teu. Noms chinois d'une espèce de 
Haricot {phaseolus mungo)^ très-cultivée en Chine et en 
Cocbinchine. (ln.) 

^I AU LAM , TENG, Nom qu'on dopne k Canton > ^ 
Chine, au Salomonia cantonen»s , Lour. C^^.) 

SIBADE. Variété d' Avoine, (b,) 

SIBADILLA, Syponj^e eaps^gnol. 4e cfiùdf/ia f^yLÇfi^a» 
Me. (ln.) 



,48 s I B 

SIBBALDIE , Siblaldia.Gtnrt de plantes it lapenl^_ 
irie pentagynie et de la famille des rosacées, dont les carac- 
tères consistent en un calice évasé , divisé en dix parties, dont 
cinq plus étroites; une corolle de cinq pétales insérés au ca- 
lice ; cinq étantiines ; cinq ovaires supérieurs k style latéral , 
terminé par un stigmate simple ; cinq semences recouvertes 
par le calice qui àe ferme. 

Ce genre réunit des herbes à feuilles temées , à folioles 
limplei^, dentées et découpées; k fleurs axillaires et termi- 
nales , quelquefois décagynes. On en compte quatre es<- 
pèces, dont la plus commune est la SiBBAiDifi couchée, qui 
a les folioles tridentées. Elle est vivace, et se trouve sur les 
Hauies-Âlpes et en Laponie. Ses fleurs sont jaunes. * 
Ite genre AMomE s'en rapproche beaucoup, (b.) 
SIBÉRITE. Lhermina a donné , le premier , ce nom^ la 
tourmaline apyre rouge de Sibérie. Une variétié fibreuse est fi-^ 
gurée pi. P. a3 , n.<* a de ce Dictionnaire. Voyez Tourma- 

MlrfE. (Lit.) 

SIBI. Nom japonais in ïagersArœmia indica^ L., selon ^^ 
Kaempfer^ (ln.) , 

SIBON. Nom d'une Couleuvre. (B;) 

SIBTHOUPE, Sibthorbia. Plante à^tiges filiformes y 
nombreuses , couchées , velues , souvent radicantes au-des- 
aousde leurs pétioles ; à feuilles alternés, pétioléesen cœur, 
à sept lobes obtu! et velus ; à fleurs aiillaires , solitaires y 
pédonculées, rougeâtres, qui forme un genre dans la didyna- 
mie angiospermie / et dapsia famille des rhinantoïdes. 

Cegenfe a pour caractères : un calice turbiné àcinq divisions; 
une corolle en roue, aussi k cinq divisions égales; quatre éta- 
mines écartées par paires , dont deux plus courtes ; un 
ovaire supérieur, surmonté d'un style à stigmate capité ; une 
capsule comprimée , orbiculaire. 

La sibihorpe est vivace et- touiours verte. Cependant on 
peut la considérer comme annuelle?; car ses raciti^ de deux 
ans meurent, après la pousse des nouvelles; Elle se trouve 
dans quelques cantons de la France et de V Angleterre ; mais 
c'est TEspagne qui est sa vraie patrie. J'ai vu dans ce royaume 
la base de la ]plupart des vieux murs exposés au nord en être 
ct>uvertè,ainsi que le bord' de toiiteis les fontaines ou les ruis- 
seaux qui étoient ombragés. Elle forme sur la terre ,com#e 
sur les pierres, des gazons oui !^spi^mpr ^très-denses, d'un 
vert gai, anaWuesà ce,:x de la Cymbal/» ihk. On la cultive 
au jardin du Muséum d'Histo >enaturelh de Paris. 

Deut espèces nouvelles dé c^ geirrè som figurée^ pi. 17^ 



SIC i49 

ft\ 177 du bel ouvrage de MM. de Humboldt, Bonptand et 
K.unm , sur les plantes de l'Âinërique méridionale, (b.) 

SIBTHORPIA. Ce nom, qui dérive de celui d'un bota- 
niste anglais, a été donné par Linnaeus au genre Sibthorpe^ 
décrit ci-dessus, dans lequel Linnaeus ayoit compris le genre 
^andta , et Linnaeus fils le dichflndra de f^orster. (ln.) 

SIBUCAS. Nom du Bois de Gampèche, aux Philippines* 
V. BaisiLLOT. (b.) 

SIBURATIE , Sibumia. V. Mésa. (b.) 

SICGIRA. Nom que les africains donnoient ancienne-^ 
ment k Vanethum^ selon Adanson qui écrit dkkira^ et Mentzet 
qui marque sicciria et scyrria , d'après Tabernœmontanus» 

(LN.) 

SICELÉOTICON. L'un des noms anciens du psyllium, 
des Grecs. F. ce mot. Adai|son écrit sikdioiikon. (ln.) 

SICELION, Sicelium. Genre de P. Brown , qui ne paroit^ 
pas différer de la Tontane d'Aublet. (B.) 

SICILIANA. Gesner a donné ce nom k Vqrjdrosœmon ^^ 
espèce àe M.illev^ktvis (^ Hypencum andrqsamujn^ L. ). On 
a aussi écrit cidHana et herba sidliana. (ln.) 

SICITIS. Pierre que Pline nomme seulement ep disant 
qu'elle a la couleujr de la figue. Elle nous est inconnue» 

SIÇKI. Nom commun à plusieurs arbres d'Amboine , fi- 
gurés par Rumphius , mais dont il ne nous fait connoître que 
fort imparfaitement la fructification, (b.) 

SICKINGIE, Sickingia. Nom de deux arbres d'Amérique» 
j| feuilles oblongo - rhomboïdes , dentées à leur extrémité f 
pubescentes en dessous, qui forment un genre, dans 4a pen-. 
tandrie monogynie* 

Ce genre présente pour caractères : calice à cinq dents ; 
corolle campanulée ; cinq étamines ; ovaire surmonté d'un 
style simple ; capsule ligneuse, à deux loges , à deux valves^ 
renfermant des semences ailées, (b.) 

SICLA.Nom arabe delaBsiTE ouPoiRÉB,dans Avicenne* 
Les botanistes écrivent delà ( beta delà ). (li^O 

SICOMORE ou SYCOMORE. F. Figuier et Pla- 
tane, (ln.) 

SICÔURL Nom que porte i Cayennc le Guit-guit su- 
CRIER. F. ce mot. (y.) 

SICRIN. Oiseau d'Afrique décrit à l'article Choquart , 
sous le nom de choçuart^ mal k proppsdit dsicrée^ au lieii 4^ 

SlCRU^ (V.) 



i5o S I D 

SICURÈL. V. Carai^x trachiise. (s.) 
SICUS. F. Sk^oe. (dêsm.) 

SICYANIA. HiU a doim^ ce Aom gënéiique aux portions 
idu tema cucurbUain^ qu'il a regardées comme formant autant 
d'animaux distincts, (desk.) 

SIGYOÏDES. Tôurnefbrt et Plumier donnoient ce nom 
au ^enré quîe Linn«u& a nommé depui» ScYCios^et qui comp- 
toit au nombre de ses espèces le genre seMum, Brown^ 
Jam, , et des espèces de BiTïONE ; mais s'il s'est trouvé di- 
minué par ces renvois , il est augmenté par le goure drusa de 
Decandolle , que les boi^istes croient devoir lyii réunir. 

SICYOS. Ce nom et les suivans, sicys, sicya où sicyon^ 
sont des dénominations grecque» attribuées au concombre 
Sauvage. On trouve les mêmes noms écrits ^cios , sycia^ 
etc. Ces deux noms , que nous citons seulement , sont 
dît-on, particuliers aux pepons. F. SicyqYde. (tut.) 

SICYOS, Sicyos. Genre de plantes de la monoécie syn- 
^énésie et dé la famille dés cucurbitacées, dont les caractères 
consistent à avoir : des fleurs mâles et dés fleurs femelles sur 
le même pied , et composées d'un calice de cinq dents, d'une 
<;orolle mo'nopétaie intimement'unie avec le talice, et à cinq 
dîvi;gions ; trois étamines à filamens réunis à léut base, dont 
deux ont les anthères géminées dans les mâles , et un ovaire 
inférieur surmonté d'un style à stigmate trifide dans les fe- 
melles ; une baie ovale , acunrînée , petite, hérissée de poils 
rudes , et contenant une seule semence^ 

Ce genre renferme des plantes grimpantes ou sarmen- 
teusef, à feuilles alternes ^ péttolées, en cœur, anguleceses; 
àfleurspiortées en nombre sur des pédoncules courts^. 

Ou en compte six ou sept espèces , don« la plus côm^ 
mune esf lé Sïgyos anguleux qui a les fWniltets svmpiement 
^guleuses. H est annuel , et se trouve dans l'Amérique sep- 
tentrionale.'X3n le cultive au Jardin des Plantes de Paris. 

Jacquin a figuré, pi. i63 de ses Piantœ Jmerùianaty une 
phmte qu^il rapporte àr ce genre. H VappéHe le Stchos BàC\J- 
LENT , parce qu'on en mange les fruits qui sont gros comme 
un œuf d'oie. On en a fait un genre 5ouâ le nom de Sechion. 

(B.) 

SICYPNOES; Nom de Veryngium des Latins, chez les 
Daces. (ln.) 

, SIGYS. r. SiCYGS. (LN.) 

SIDA. Ce nom est donné par Hippoçrate au pmica ( ie * 
grenadier.'^)) et par Théophraste zvl nymphaea (nymphot^ 



s IJ) ïSi 

ûiha?"), selon Adatoson. 'CItticfnifiwtelfetsôbis eè iimi t^^ 
Uscus pahistris qui «est 'uiniîplaiit;e èe la Virginie , natuiriiliâée 
dans le midi de TEarope. Limiâeifs pegapâant cevom co^nttte 
sans emploi , s^en «si ^ervi pour déstgofer un 'teau gen^e 'ée 
cplantes msrlvaoées, qui ^sUPaèrnUtm de'Tonrtfcrfoit. liy irtfp- 
-poiioit d'ab<n*d cfiielqoers eepètes 4e ^alachm et de napûut^ 
qu'il en a ôtëes 'ensuite. 'Moeneh y rapporte 4e solaHdra de 
Murray , et 'BfiiZ'et P^i^cm \e i^risiana de X^avaniUes. Il faut 
y joindre aussileTTio^/ip^deDiUen^ Moencb^ etc. F.Axc»- 

-TIIXMï. (LW.) 

SIDA-POÎJ. Cesi laTWcaiNiE figurée pi. Sg, vol. 6 de 

rjRTor/iw rndldhariciis. (b.) 

SlDE-KOfirUSI. L'un des noms japonais du magnolia io^ 
mentosa , Wiild. On appelle également cette plante , au Ja- 
:pôn , kobus^ sini ou konfusi. (hia.') 

SÎDENSWANTE. Tïom suédois iu Jaseua. (v,) 

SIDÉRAMTHE , Sideroidhus. Oenre établi par For&teç, 
pour placer les AmIellës velue et pinnaïieide de Pùrsh, 
dont les réceptacles sont garnis de soies et non de pail- 
lettes? . 

Ces deux plantes croissent sur les bords du Siissouri. 

SÎDERITE. La mine Ae ferhydratée limoneuse (^rasen eisen- 
siein ) , est le plus ordinairement ainsi appelée en Allemagne 
y. ci-après. (tNl) 

SIDERITE. On a donné ce nom k une substance qui se 
trouve combinée avec certaines espèces de fer , et qui rend 
ce métal aigre et cassant à froid. *Bergm^nn ayant conStâna- 
ment observé que dans toutes les dissolutions de cette sorte 
de fer dans l'acide sùlfurique, il se faisoit un précipité assez 
considérable d'une poudre biancbe , qui ayoit plusieurs pro- 
priétés du fer , et notamment de donner du bleu de ^Prusse 
avec l'acide prussique , et de former de Tencre ^ve'c lanoix 
de galle , mais qui n'étoit point attirable à l'aimant , crut que 
cette substance étoit un métalparticulier, auquel il donna le 
nom de sidériie , diminutif du mot grec sideros , qui signifie 
fer. 

Meyer , chimiste dç Stettin , reconnut ensuite que cette 
substance étoit un vrai fer, combiné avec l'acide pbospho- 
rique , cV'st-à-flire un |)bosphate de fer. 

'Le 'fer doux n'en contient point; mais celui qu'on retire 
des mmes globuleuses de Champagne en donne environ un 
gros par livre. 

Quelques auteurs modernes supposent que cet acide phos- 
~]^h<yriciue provient de quelques matières animales contenues 



. i5a SIX) 

4«i)s ces 4<p4u ferragineiix. Mais la plupart des mines de 
. {fit globulep^es ne contienneai pas le moindre vestige è% 
icprps organisés ; d^ailleurs y les mines de fer limoneuses propre 
ment dites , celles qui se forment, dans les marais de Sibérie» 
où il n'est pas rare de trouver des squelettes d'animaux , çt 
,QÙ 9 par conséquent, il devroit y avoir du phosphore , don- 
nent néanmoins le fer le plus doux que Ton connoisse. 

La nature n'a pas plus besoin de matières animales pour 
inlro4uire l'acide phosphorique dans les minéraux , qu^elle 
n'a besoin de xendres des végétaux pour former la potasse 
des layes, du feld-spath, et de tant d antres substances miné" 
raies. On disoit aussi précédemment que la nature ne pou- 
voit former l'ammoniaque que dans les mat}èr|es animales ; 
inais on l'a découverte ensuite dans les végétaux et dans les 
volcans. L'expérience et l'observation rompent chaque jour 
quelq;ie^-unes des chaînas dont Içs méthodistes se plaisent à 
charger la nature, (pat.) 

SIDERITE ou SyDÉRITE. Bemhardf et Tromsdorf 
oni donné ces noms à un auarz ^leu-gnsâtré ^ qui a l'aspect 
un peu résinoïiiê , qu'on a confondu avec le lazulke, le 
dichroïte, et même la hauyne. Il se trouve à Gœlling, pays 
de Salsbourg ; et ordinairement il est souillé d^argilé et de 
fer hydraté terreux ; il est disséminé en masse dans un gypse 
grenu. C'est Vazur quarz de quelques minéralogistes al le-^ 
înands. Wernerle distingue, aveo raisqn, du Dichroïte. 
r. QuARZ Hyalin bleu, (ln.) 

3IDERITE3 de Pline. Cet aqcjen naturaliste parle dp 
çix espèces de diamans , parmi lesquelles il compte la sidé- 
file ; mais il paroit que dans ce nombre il n'y ayoit de vrajs 
diamans que ceux qu il nomme indiens f^i qrabigue^^ auxquels 
il attribue une dureté qui surpasse celle de Tacier^-Quant à 
ceux qu'il dit s^ trouver en Macédoine et en Chypre, dans des 
mines d'or , il est évident que ce ne spnt pas de^ diamans. 
Celui de Chyprp est d'une couleur jaune de laiton ; celui 
^^u'il appelle sidérite a l'éclat du fer poli , et surpasse tous l^s 
jliitres en pesanteur : l'uq et l'autre sont fragiles, et Pline djt' 
formellement qu'ils sont d'une nature différente 6xk vrai 
diamanf. 

Romé-Delisl^ croît que celte sidérite est Itfeiç octaèdre; 
mais il me paroît beaucoup plus probable que c est la pyrite 
gu^on nomme pierre d? santé , et dont on fait encore aujour- 
d'hui de la bijouterie , de même que de la pyrite ferrugineusfi 
ou marcassiie jaune , qui me paroît être la substance que 
l^line a nomjnée diamant de Chypre. 

Le^irr octaèdre un peu brillant ne se rencontre qu'en très- 



s I D i53 

petits cristaux , et je ne pense pas qpe {amais on se soit avisé 
de les monter en bague. Il y a d'ailleurs une circonstance 
qui me paroît décisive en faveur de l'opinion que je propose ; 
c'est la pesanteur spécifique de la marcassite blanche on pyiiU 
qrsenicale , qui est de 6,5a a , et par conséquent bien supé- 
rieure à celle des autres substances auxquelles Pline donne 
Je nom de diamant.Le véritable ne pèse que 3,5So. La pyrite 
jaune de Chypre pèse de 4i loo à i^i'j^o. 

La pesanteur de la marcassite blanche s^accorde *donc 
très-bien avec celle que Pline attribue à sa sidérite , tandis 
que la pesanteur du ffer octaèdre n'étant que de 4»3oo ài^,goo, 
il est évident que la différence de ces pesanteurs n'étoif pas 
assez grande pour que Pline en eût fait un caractère distinc- 
tif ; au lieu que la pesanteur de la marcassite blanche étant 
presque double de celle du vrai diamant, cette différence 
devenoit évidente , même sans le secours de la balance hy- 
drostatique. La couleur d'acier et le beau poli dont cette 
marcassite est susceptible , me semblent 3'aillenrs prouver 
complètement que c étoit là ce que Pline entendoit sous le 
lîom de sidérite. (pat.) v 

jÇIDERITES. Ce nom , donné particulièrement à l'oi- 
mata a été employé par R. Forster , pour désigner col- 
lectivement \e%f en hydraté^ terreux^ limoneux^ des marais^ etc., 
qpt sont appelés , par les Allemands , raseneisenstein , wieaerz , 
morasterz et sumpferz. (LN.) 

SIDERITIS. Ce nom .qui dérive duifkom grec du^îr, 
a été dpnifl , par les Grecs et les Latins j à plusieurs plantes 
remarquables par leurs vertus dlétancher le sang des plaies 
produites par les armes , et d'opérer leur cicatrisation sans 
causer d'inflammation. Djoscoride ,en décrit trois espices, 
sous le nom de sideritis. Pline les range avec les achiUea , 
dont il compte six espèces* 

La première espèce de siderîtîsy de Dioscoride, est celle 
que l'on npmmoit sideritis heraclea : Dioscoride compare ses 
feuilles à celles du marrubium , les disant plus longues 9 près-' 
qpe semblables à celles du chêne et de la sauge, quoique 

Elus petites et âpres'au toucher ; ses tiges étpient carrées, 
autes d'fin pan et plus, d'un goût assez non, quoiqu'un peu 
astringent, et environnées, par intervalles, de quelques ver- 
ticilles ronds , comme cela se voyoit dans le marrubium ; sa 
racine étoit noire. 

Cette plante croissoit dans les lieux pierreux; ses feuilles 
appliquées sur les plaies les soudoient sans causer aucune in- 
Pammatîon. Matthiole , ^ans sa détermination, laisse le 
choix entre le y^P^ europaus^tllt gakopsis ladanum\ la pre-. 



i54 S I D 

mièi^ phtitie crètt dans les marais ^ et la Stauxième dati$ tes 
ehaknps arides ; mais la plupart des botanistes rapportetil ce 
premier sidentis à «ne espèce de cropandirte , et pins patlicn- 
lièrementam plantes Suivantes : sîderilis stcordiàlâes ^ hirsûta^ 
staehys , reôlà , annua et herUclea ; on tit^ efnc'ore le sahia 
sclarea^ etc. 

La deuxième espèce de sideritis , de Bîoscforrid^ , avoit les 
branches menues , hautes de deux coudées , ]g)siTirti4es de feuil- 
les Sécoupées coihme celles de la fougère, c'esl-À-dire, dé* 
coupées ta et ià sur les côtés et portées sur une longue ^iieiie ; 
du milieu des feuilles sortoient des espèces de jets, longs, me<« 
nus, qni.produisoient de petits boutons ronds et âpres, Conte- 
nant une graine plus longue et plus dnre que celle ûe ta 
tête. Cette graine «t les feuilles étoient utiles poar la gué- 
^ison des blessures. 

'11 est évident quUl ne peut être question ici d^vae plante 
analogue à la précédente , et que ce n^st ipoint dams k 
genre sideritis de^ botanistes qu^elle peut étire placée. iEtte 
avoit les feuilles ailées «t des Beurs terminales; ce qai ne 
convient guère aux espèces de sideritis déjà noinnées , parmi 
lesquelles quelques auteurs veulent retrouver la seconde es- 

£èce de sideritis. Ceux qui ont cité le sanguisorba c^ficinaUs^^ 
i. , ie poierium sanguisorla ^\t. , ne me paroissent pas avoir 
'mieux trouvé , ainsi que d'autres auteurs , qui ont fait d'auWes 
Vapprochemens, que je passe sous silence. 

La troisième |fcpèce de sideritis de Dioscoride , étoit VUe- 
raclea de Crat^as. Elle croisadit dans les décopûibres, sur 
les masures, dans les vignes ; elle produisoit plusieurs feuilles 
Yafdîcales, semblables à celles delà coriandre , et quientou- 
'roiënt des tiges hautes d'un pân, lisses, tendres, blanchâtrefs 
'OU rougeâlres , d'où sortoit tme fleur rôuge , petite , vis- 
queuse et amère au goût. Cette herbe appliquée étanchoit le 
sang de toutes espèces de, plaies, telles récentes qu^elles 
fb^erit. 

Cette description ne peut se rapporter, eti son entier, au 
seH)phidiiria canina^ L., considéré comme cette espèce de 51- 
, déHUsàt Dioscoride , par Matthiole , qui, au reste,n' affirme 
rren. Elle convient encore moins au sanicula'europœa, et c'est 
mékne une chose étrange queTabius -Columna ait pu le soup- 
çoitner. Nous ne pouvons pas non plus supposer , avec An- 
guillara , Gestier, Dodonée , etc. , ^ue ce soit notre herbe à 
Robert { géranium robertianum ^ là.) j encore moins le soli- 
dajgo ifirginiea , 'L, , réprésenté par Matthiole au-deSSus du 
texte de Dioscoride qu'il commente. 

Voilà quels sont les trois sîderitu de Dioscoride,' et l'on 
a pu juger qu^tious étions loin de les eonnoîtrc. Obsenronst 



s I p rf55 

411e cb€Z' les antf eo^ 6n appelok «ncoifii^ ^èâéi^ d^auiî^'^ 
plantes différentes de celles que Dioscoride cite ; el de de 
nombre sont: Vhelœine oil parktana , Yhierohatane 9 et de 
Taveu même de Dioscoride, la piaiite qa'ij somme ackilha^ 
qu'on désigne aussi par achiUea siderids. Cette plante 9 pilée 
et appliquée , avoit aussi la propriété de souder \ts plaies 
récentes. Ses tiges fusiformes, hautes d'un pan et plus, étoient 
garnies de petites feuilles découpées sur \es côtés , comme 
es feuilles de la coriandre ; tWts avoient une couleur roussâ- 
tre , une espèce de risçosité , et une odeur fade , qui n'étoit 
pourtant pas désagréable. Cette plante , très-employée eb 
médecine , portoit de petits bouquets terminaux et ronds de 
fleurs blanches , incarnates et jaunes ; elle croissoit dans le^ 
lieux gras. Cette plante peut fort bien avoir été une^espèce d^ 
HlLL£FBUlLLE ( achilka mbilis?\ 

Quant aux six espèces XachUlea de Pline , la première est 
YachUlea de' Dioscoride , que nous venons de décrire ; la 
deuxième est le myriofhvHum de Dioscoride; la troisième est 
le premier sidetith de Dioscoride , ou Vheraciea , ou Jur-^ 
culea ( comme on l'a écrit ) ; la quatrième et la cinquième y 
le troisième dderitis de Dioscoride^ et Vheraciea de Cralevas ; 
enfin , la sixiènle est la seconde espèce de sideriiis dé Dîos^ 
coride. 

C'est aux sidentisdes anciens que se rapportent les dénoH 
minatioBs suivantes , égalemeirt anciennes : sangUis-tiiM 9 
couda scorpioitis f pamdron de Py|J»agore ; xanthopha^a f 
huphihalmon , Osihani ^ sendinor ( des Égypt. ) ; veriumnu»^ 
oleaelér(àts Komains ) ; udedoms(^ des Africains ). 

Chez les modernes ^ le nomr de siderkU a été cpelfuefois- 
traduif par son synonyme iaiiïn ferrumînairko (Lob.)» >* ^' 
comwencé ]^ar être appliqtté ank planlés q^'on st ptt sùp^- 
ser être les anciens sideriiis , el nous les avons noitenées' 
presque toutes. On l'a appliqué aussi à quelques plantes dtp 
mésie gfcnrè o» à d'autres genres. Par ejéemitfe : 

Le siàeritls eamlêé de Théllîu^ est le sduteBaria gaîeri^u^' 
hua, L. 

Le sideriiis latissima de Gesner se rapporte à ïTâerct- 
chifti muroram , L. 

ijt sidentHs iHènspèUensiuih de Dàlechattipest le phlamis 
herbaçenti. 

Les sideriiis pratensis , rouge ou jaune, également de Dalc- 
ehamp sont les ^i//7Âra5/a ondontiies et luiea. 

Le groupe auquel C. Bauhia^ avoit donné le nom de' 
side/iiis, comprend des espèces du genre CRA^AumîŒ(s«fc- 



iS6 S I D 

riUs) des botanistes, desËpiass {skuhys)^ et le gahopsh 
ladanum. 

Après Ç. Baahin , nombre de botanistes ont désigné de^ 
^pèces d^EpiAiRES sous le nom de siderîûs. 

I.e genre sideritis^ fondé par ToumefbrJ, contient les es- 
pèces de sideriiis et de siachys , L. , dont la lèvre supérieure 
est droite; et ce genre renfermoit le mtxmtr siékrUis de Dios- 
corîde ; on y comptoit aussi quelques espèces Shysopus. 
Linnseus , en établissant les caractères génériques de son 
sideriiis d'une autre manière , se trouve l'avoir composé des 
plantes qui faisoient partie des genres sidends , stachys et 
marrubriastrum , de Toumefort. Les botanistes antérieurs à 
Liinnseus ont placé avec les sideriiis le Dracocephalum canes-^ 
€cns , et Linnaeus lui-même ( Hort. CiisL) , avoit mis dans son 
genre sideriiis quelques espèces de phiomis 9 de cUnopodiwn 
et dihyplis ;md\s ce genre sideriiis a éprouvé quelques modifia 
cations.Moench a fait h ses dépens les trois genres burgsdorfie^ 
eriostome-ei hesiodie. Ce dernier diffère du genre hurgsdorfie 
et de celui que nous citons ci-après,par la lèvre supérieure de 
la corolle quiesttridentee.il a pour type \e sideriiis montana^ 
L. Enfin , le genre Empedoglia de Rafinesque , qui com- 
prend les espèces dont la lèvre supérieure de la corolle 
est bifide et non pas entière, comme dans les BuaGSDpRFiES. 
V. Crapaudine. (ln.) 

SIDERITIS. Cette pierre, mentionnée par Pline , et 
appelée aussi orilis , avoit fine forn e globuleuse , ressembloit 
au fer et résistoit au feu. Elle nous est aussi inconnue que le 
sideropœcUos , pierre qu'on trouvoit eh Ethiopie , et qui dîffé- 
roît seulement du sideriiis en ce qu'il étoil marqué de points 
de diverses couleurs, (ln.) 

SIDÉROCALCITE de Kirwan. C'est la Chaux car- 
bonates ferro-manganésifère ou Spath perlé ou Braun- 

SPATH. TlN ^ 

SIDEROCHALCIS de R. Forster. C'est le Cuivre 
CAHEONATE VERT FERRUGINEUX, dont il distingue deux sortes, 
le terreux et le scoriacé. Cette dernière peut bien être le cuivre 
hydraté scoriacé, (ln.) 

SIDÉJROCLEPTE. Substance nouvelle, décauyertc par 
Saussure dans une colline de lave porphy rique du Brisgao. 

t^. LiMBILITE. (pat.) 

SIDÉRODENDRE , Siderodendron. Arbre à feuilles ova- 
les, lancéolées, très-entières, lui^ntes, pétiolées, opposées, 
çt à fleurs disposées trois par trois sur des pédoncules axil- 
|aires très - courts , qui forme un genre dans la tétrandrie 
fnonogynie et dans la famille des ri]^>iaçées. 






p. ai 




j . Stiifo/i/e/^ com/nan 
3 . Se^ti/nc* {/'O/we/U . 



f^^.TartiieuScu^- 






s I D ^ iBj 

be genre a poxxr caractères : un calice très-pietit il |i|uatre 
flents^ une corolle monapétale hypocratériibrtne à long tube 
et à limbe qua^lrifide ; quatre étamîoes; un ovaire inférieur, 

Îrrondi^ à 3tyle filiforme et k stigmate obtus ; unç baie à deux 
oges et k deux semences. 

Le sidérbdendre est figuré pi. P. 21. Il s^élève à une assez 
grande hauteur, et se trouve dans les îles de la Martinique 
et antres voisines. On le cultive depuis long-temps ati Jarditi 
des Planter de Paris. C'es^ son boisqui es(t plus particullière- 
ment sipotlé bois de fer , dans les colonies françaises'de TAmé- 
tique. IJi est en effet dur au point que les' meilleures hachés 
se brisent lorsqu'on veut le couper , surtout quand il est sec. 
On en fait cependant des meubles et des ustensiles d'une 
grande durée , en prenant la précaution de le travailler pen*^ 
dant qu'il esi encore vert , ou de le tenir dans Teau jusqu'au 
montent où on doit l'employer. V» au mot Argâi^ et au mot 
îois DE PER. (B.) 

SIDEROLAMPIS de R.Forstcr. C'est le Fer oligiste, 
qu'il distingue en compacte ou comn^un , en micacé et eà 
schisteux, (ln.). 

SIDÉROLITE , Siâerolites. Genre de polypiers pierreux j 
libres et en étoiles, à disque conVexe en dessus et en dessous, 
chargé de points tuberculeux , bordé de quatre à cinq rayoni 
courts , inégaul , et n'offrant point de pores bien apparens. 

Ce genre est composé de deux espèces, dont tine a été 
figurée par Knorr dans son Traité des Pétrification^ , et l'autre 
par Faujas dans son Histoire des Fossiles de la montagne de Sain^ 
l^ViTf à Maë$tricht. Aucune n'a encore ététrouyée dans l'état 
marin. 

Denysde-Montfort, dans sa Conchyliologie, établit que 
les sidérolites ne sont pas des polypiers , mais des coquilles. 
Il en lait un genre auquel il donne pour caractères : coquille 
libre, univalve , cloisonnée etcellulée, lenliculaire, tuber^ 
culaire sur les deux sommets; bords carénés et éperonnés ; 
ouverture inconnue, (fi.) 

SIDEROPiECILOS. V. l'article de la pierre Sidrritisv^ 
page précédente, (ln.) 

'j SIDEROTITANIUM ou TITANGSIDERUM dé 
Klaproih. F. Titane oxvdb FERRirÈRE. (lw.) 

SIt)EROXYLOiy et SIDEKOXYLUM, c est-à-dJre , 
bois defertn grec. Plukenet, Diilen, Boerhaave etBurmann 
CAfr., tab. oa), ont introduit ces dénominations en bola- 
iiîque , pour désigner des arbres exotiques remarquables par 
ia solidité de leur boii$, et qui appartiennent aux genres 4i£i^- 



i58 S I E 

rodm^nm , Vaiji : /nwiida^ âchreb. ; 'ds^fêoph^m «t s^Séroxy- 
ion 9 jLino. Ce deroier a m faire à ses 4ëpenfl les genres 
iekel^y Adaoâ. ; rohtrda , Scop. ; èumeiia , Sw. ; setsalisia, R. 
BiT. , ei yoit ^ourneiLenent qvielqaes-uoes de «es espèces bai-* 
lottées dans les genres chrysophyllum , numgHiia on cabaUena t 
et dans .<juelq9es autres genres de la même faflàîUe , ce qai 
prouve q»e le genr^ syd^roxylum esjt tr^-iv^li .caractérîsié. F, 
Argan ei Sydéroxyle. (ln.) 

SIDËROXf LOÏDëS. Ce genre , établi par Jacqda 
{^^xs^év.y 19, t. 175, f. 9)9 ^ été aomnvé ddtjoékmdnan par 
y^ , Schr.ei>er , Wiltdenoiy , «te. Voyti Sidérobeiwre. 

(LN.) 

SIDION. Synonyme de maUcorium , qui étoit , chez les 
JM9cie,ns , le nom de V écorce de Ifi grenade^ employée pour tan- 
ner les cuirs, (ln.) * 

SIDHRITINCHOP. Nom vulgaire du Pqu^lwt fiti^ 

> , (V.) 

SiD JAN , Amphacandius, Genre de poissons établi par 
Schneider aux dépens des Scares de Fôrskaël. Il se rap- 
proche beaucoup des Acanthures de Bloch. Ses caractères 
sont: mâchoire convexe, à une seule rangée de petites dents 
plates et deatées le long de leur traadiant ; un aignitloii 
couché en avant ^c^^nt la nageoire dorsale ; uq aigulDon 
à chaque bord des nageoires ventrales , et le bord interne at'- 
taché à Tabdomen ; corps couvert de petites écailles. 

Les espèces qui eatrent dans ce genre viveiit dan^s la meir 
J^ou^e et dans la mer des Indes, (s.) ' 

S1DNI;YERDE et AÙSTRALSAND. C'est un sable 
dans lequel on a cru trouver une terre nouvelle , qu'on avoit 
décorée du nom de sidn^erde , qui signifie , en allemand ^ 
terre de Sidney, et qui rappelle que ce sable a été apporté 
des Terres Australes. Klaprotfa ne l'a trouvé composé que 
de silice, d'alumine- et de fer. (ln.) 

SIDRAH. Arbrisseau merveilleux que Mahomet a placé 
dans son paradis. Il ne dit pas à quel senre il a|)partient. 

(»•) 
SIEG. Espèce de Saumon qui se pèche dans les nvi^e» 

de Sibérie, (b.) 

SIEGELERDEN. Nom donné, ea Allemagne, ai^terr^ 

sigillées 9 aux bols , et en général à des argiles çtiiorées ou 

marbrées. Les noms de siegelerde et slegel-der-ziege sont deux 

synonymes du même n,om. (ltï.) 

SIEGELLACKERZ de Stulz, ou zîegelerx. endurci C*esl 

le Cuivre oxydé terreux compact^ et d'up ro<ige d^e brique. 



s I E iS^i 

SIEGESBEQKIA- Ce genre de plante , étabU par Lin- 
nseus , et que plusieurs auteurs écrivent sigiesberk^a , çst 
consacré àlamén^oiredePierreSié^esbeck, botaniste ru^se 
qui florissoit de 1720 à 1740, et qui est encore Irès-rcipar- 
qqable par les dogmes sages sur lesquels il veut que la bota- 
nique soit fondée, il est auteur dé plukieiM's^ ouvrages, dont un, 
intitulé Primîiic^ fiorœ peiropoUtam» y w^^-^i I^%2i » ^y^^i "^st 
cité quelquefois. 

Moench a distrait du genre siegesheckîç^^V es^kçe. flosculquse 
Qs.flosculosHf L. )^ pour en faire S09 genre sckuhria , difi]éreiit 
du schkuhria , Wilid. (lîï.) 

SIEGLUNGIl^ , Sieglingia. Nom d^un jg^re de plantes 
non acbnis , formé sur le Paturin covc«£. (fi.) 
.. SI£KH AS. Les kabitans de la Sibérie appellent ainsi la 
Câmaeine dont ils mangent les fruits, (b.) 

SIELECOLOKE. Nom espagnol du Chardonneret. 

(7) 
SIELUSSAR. Nom des grasses Anguilles, en Sibérie. 

(B.) 
SIENITE. F. Syénite. (ln.) 

SJENOSTAVEZ. Mot russe qui signifie/awc^^nr. C'est 
la dénomination que les Russes du Kolywaa donnent au 
pika, qui cQupe Therbe pour sa provision d^hiver. Les mêmes 
Russes appellent aussi cet animal kamenrmja koschka , c'cst^ 
à-dire, chai de rocher; ceux qui habitent les rives du Jenissea 
et la Sibérie orientale le connoissent sous le nom de pists^ 
chuha , qui signifie siffleur. V. PiKA. (s.) 
SIENUS et SIÉNITE. F. Siényte. (ln.) 
SIETBACK. Nom norwégiea de la Baleinç franche; , 
selon M. Lacépède. (desm.) 

SIETE. L'un des noms de la Huppk , en grec, (s.) 
SIE-THAU-FO. Nom chinois de V urçna lobator , L. J^e 
ihaufo est celui d'une autre espèce du ntême genre ( u^, poly-^ 
flora , Lour. ). (ln.) 

SIE-THOI TSAO. Espèce de sainfoin (^Jieàysçrum in- 
florupt\ qui croît aux environs de Canton en Chine, (ln.) 
3IEUREL. Nom vulgaire du Carai^x trachine. (r.) 
SIEVERSIE, Sieoersia. Genre établi par VS^iUdeiwiw , 

Îoor placer une plante qui a fait partie de^ Ajxé^OhUfi , des 
^RYAS et des Benoîtes. Il rentre damc^lni appeM CÎaryo- 
PEiYJLLATE , par Lamarck. Ses caractères sont : jcaMce à dix 
divisions ; corolle de cinq pétale^ ; étamines n.ombr^uses ; 
germes nombreux, aurfnontés d'un )Style vei^; s^m^w^^ apla* 
4xes , terminées par le style qui persiste. 

Cette plante est originaire du Kamtschatka* (9») 



i6o S I F 

StFFLASSON. Oiseau du lac de Genève , que Buffoii 
croit être uni bécasseau, (V.) 

SIFFLEUR. On à donné te nom de djjleurs aux singés 
d'Amérique du genre Sapajou, (desm.) 

SIF FLEUR. Quelques voyageurs ont appliqué èétte dé- 
nomination il la Marmotte monax. (s.) 

SI FF LEUR. Epithète donnée au CaKard wingeon, au 
Carouge vert et au Bouvreuil, (s.) 

SIFILËT , Farotia, Vieill. ; Paradisea , haih. Genre de 
Tdrdre des OisEAtx SVtVAiNSetde la famille des Malt^u- 
CODIATES. F. ces mots. Caradères : bec garni de plumes 
courtes jusqu^au-detà du milieu*, grêle , comprimé latéfale- 
inent, très-droit; mandibule supérieure échancrée et fléchie 
ver4 le i>oul ;. TinférieUre entière et plus courte ; narines 
cachées sous les plumes; langue quatre doigts, trois de- 
vant, un derrière; les extérieurs réunis par leUr base; piunies 
hypocondriales allongées , flexibles , décomposées et très- 
hombréuses chez les mâles seuls. 

Le Si FILET proprement dit, ou TOisEAU de Paradis iik 
SIX FILETS , Parotia sexsetaceU^ Vieill. ; Paradisea sexsetareâ , 
Lath. ; Paradisea aurea ^ Gm. ; Oiseaux dorés , pi. 6 de ÏHîst, 
àes*Oiseaux de Paradis, Il a la tête parée d'une petite huppe 
qui s'étend sur le sommet , un peu au-deli( des yeux; les plu-^ 
mes qui la composent s'élèvent de la base du bec , sont 
fines , roides, peii barbues , et tellement mélangéeà de noir 
et de blanc , que T ensemble de ces couleurs présente un 
ton gris perlé. Trois filets noirs, de cinq à six pouces de Ion-* 
gueur , partent de chaque côté de la tête , se dirigent en ar- 
rière , et sont terminés par des barbes plus longues que les 
autres , et qui , en's'épanouissant , donnent à leur extrémité 
une forme ovale ; des plumes noires , à barbes désunies i 
naissent sur les côtés du ventre , recouvrent tes ailes dans 
l'état de repos , et enveloppent presque en entier les pennes 
de la queue ; ces plumet , colorées^ de noir , se relèvent' obli- 
quement; celles de la gorge, étroites à leur origine , larges* 
^ à leur extrémité, sont d'un beau noir de velours dans leur 
milieu , et de couleur d'or changeant en vîolet sur lèsf côtés , 
avec des reflets de diverse^ nuances de vert; derrière la tête 
se trouve une espèce de collier pareil à la gorge ; la queue 
est composée de douze pennes étagées , d'un ton de velours' 
noir le plus riche , le plus nfioelleux; plusieurs de ces pennes 
ont les barbes longues, séparées et flottantes ; le bec est noir; 
l'iris i2\une; les pieds sont noirâtres. Longueur, dix à onïè 
pouces. Cette espèce se trouve à la Nouvelle-Guinée, (v.) 
SIFOC. La GuEKoi^ noue porte ce nom à Madagascar; 
V. Dote, (s.) 



s I G 161 

SIFONE ou SIPHOW. Volia donne ce toom à un 
Spare fossile de Monte-Bolca , quMI ne connoît pas vi- 
rant dans la Méditerranée et dai^s TAdriatlque. (PESif.) 

SIGALINE. C'est le Parkinset. (b.) 

SIGAX.PHE , Sigalphus. Genre d'insectes de l'ordre des 
hyménoptères, et de ma famille des pupivores , tribu des ich- 
nenmonides. Sejt caractères sont : une tarière en forme d'ai- 
goillon, logée entre deux coulisses à l'extrémité de l'abdomen 
dans les femelles ; abdomen à pédicule , ne paroissant formé 
en dessus que d'un on de trois anneaux ; antennes sétacées, 
d'un grand nombre d'articles ; lèvre inférieure échancrée ; 
palpes maxillaires longs ^ de six articles; les labiaux de quatre» 
Les sigalphes diffèrent des autres ichneumonides par le 
nombre des articles de ieurs palpes et par la composition et la 
forme de leur abdomen ; vu en dessus, il semble n'être formé/ 
que d'un on de trois anneaux , les autres se trouvant renfer- 
més en dessous; il est voâté, presque en boule allongée , et 
recouvert d'une peau plus ou moins chagrinée ; est appliqué 
an corselet par un espace assez considérable de sai largeur ; 
sa tarière tfst courte , conique et ressemble à un véritable ai- 
g;nillon ; les ailes supérieures ont une cellule radiale et troi^ 
cellules cubitales, avec une seule nervure récurrente qui s'in- 
sère sous la première de ces dernières cellules. 

Ce genre offre deux divisions : dans la première , Pabdo- 
men paroît composé de trois anneaux, dont le dernier très- 
gros; dané la seconde, l'abdomen né semble être composé 
que d'un seul anneau. M. Jurine a formé , avec les espèces 
de cette division , le genre Cuélonë , Cheionus, La seconde 
cellule cubitale est beaucoup plus petite que la première 9 
autre caractère qui distingue ces insectes de ceux de la pre- 
mière division , où les deux premières cellules cubit^es sont 
presque égales, et carrées. Ce naturaliste réunit ces dernière^ 
espèces avec les bracons. A la première division appartient 
l'espèce suivante : 

SiGALPHE IRRORATEUR , Ctyptus îrwrotor^ Fab. : Vlchneu- 
mon noir à plaque de poUs bruns sur le ventre , Geoff. Il est long 
de quatre ugnes , d^un noir mat chagriné ; l'anneau qui parott 
terminer l'abdomen a une tacbe formée par un duvet très- 
serré de poils luis^ps, satinés, changeant *à la lumière , et 
d'un gris verdâtre ou noirâtre , suivant la position de l'ob- 
servateur ; les jambes sont d^un brun clair ; les ailes supé- 
rieures sont en majeure partie noirâtres. Dêj^er l'a vu sortir 
Ats coques de la chenille de la noctuelle psi* On le trouve dans 
les jardins aux environs de Paris. Il est plus rare dans le midi 
de la France ' 

La seconde division comprend : i.« le Sigalphe ocvlé^ 

XXXI. 11 



»6a S I G 

Sigalphm oculator ; Ichneumon oculalor , Fab. , h fcm. ; cjogA 
Ichneumon scabraior^ le mâle ; Cynîps inanita, Linn.; V Ichneu- 
mon noir chaj^riné^à patUs fauves et deux taches jaunes sur le ventre^ 
de Geoffr. Cette espèce a près de trois lignes de long; elle est 
d'un noir mat ou peu luisant, chagrinée ; son corselet a deux 
épines à son extrémité postérieure qui est tronquée ou ridée. 
On voit une petite tache jaunâtre arrondie sur Pabdbmen , 
près de sa base et de chaque côté. Les patt^y»nt les hanches 
noires; les cuisses fauves; les jambes et les|Aremiers articles 
des tarses d'un jaune pâle, et le bout des tarses noirâtre; les 
ailes supérieures ont leur bord et le point marginal noirâtres. 

On trouve cette espèce dans les ofeamps parmi les herbes^; 
elle se tient souvent accrochée à une 'espèce dWge sauvage^ 
hordeum murale. * 

2.^ hfi SiGALPHB SANS TACHES , Sigalphus immaculatus. Il 
n'a guère que deux lignes de longueur. Il ressemble beaucoup 
au précédent, mais son abdomen n'a pas de taches jaunes. 
Ses pattes sont noires , à l'exception des antérieures , dont 
les jambes sont d'un fauve pâle. Il se trouve avec le précé- 
dent. JT. pour lès autres espèces et d'autres détails , le troi- 
sième volume de mon Gêner. Crust. et Insect. , et une mono- 
graphie de ce genre , dans le Recueil des mémoires des cu- 
rieux de la nature de^erlin. (l.) 

SIGâRâS. Nom donné , par Barbot , Hist. gén. de» 
Voyages^ liv. 9, à un insecte qui s'arrête ordinairement sur 
les arbres, et rendjoiyp et nuit un son fort aigu. Il paroît, 
d'après ce qu'il ajoute , que c'est une espèce de dftale.Ch ^ 

SIGAKË , Sîgara. V. Corise.(l.) ^ '^' 

SIGARET , Sigardus. Genre^de vers mollusques nus , qui 
présente pour caractères : un corps rampant , ovale , con- 
vexe , couvert d'un manteau lisse , intérieurement conchyli- 
fère , ef qui déborde tout autour ; une tête aplatie , située 
sous la partie antérieure du manteau, çt munie de deux ten- 
tacules courts ; une coquille unîvalve déprimée , subauri- 
forme, à spire courte et peu élevée^ à ouverture entière, 
très-évasée et plus longue que large. 

Les genres Cryptostome et Testacelle s'en rapprochent 
infiniment. 

La coquille intérieure de ce mollusque étoit connue de- 

I)uis long-temps. Plusieurs auteurs en avoient parlé. Adanson 
'avoit figurée, et Linnseus l'avoit appelée Aeûîc haliaddea; 
mais on ignoroit à quel animal elle appartenoit. C'est à 
Cuvier,quiJ['a figurée pi. 11 de son ouvrage intitulé le Règne 
animal f distribué selon son organisation , qu'on doit de l'avoir 
. retrouvé et d'avoir établi ses caractères. On ne sait rien , au 
ï6i»Uri de pltiis $v cet sma^l , qui paroît vivre dans tautes 



s I G i63 

les mers,' puîsqa^on trouve sa coqnille dans beaucoup de 
lieux, (b.) 

SIGARETIER , animal da SiGAREt. Il ne diffère de la 
Limace que par sa petite coquille qu^il porte à r.extrémité 
supérieure de son corps, (b.) 

SIGER. C^est la voluta rustica , Linn. V, Volute, (b.) 

SIGESBËCK , Sigeshecida, Genre de plantes de la syngé^* 
nésie polygamie superflue , et de la famille des corymbifè- 
re^, qui a pour caractères: un calice polyphylle sur une sint* 
pfe rangée entourée de cinq folioles deux fois plus grandes 
que lui , et hérissées de poils glandulifèi^es ; un réceptacle, 
garni de paillettes et portant des fleurons hermaphrodites sur 
son disque , et trois à cinq demi-fleurons femelles fertiles à 
sa circonférence ; des semences anguleuses , scabres , enven 
loppées par les paillettes du réceptacle. 

Ce genre , fort voisin des Verbesitses , renferme quatre 

Idantes herbacées à tiges élevées , à feuilles opposées, pétio- 
ées ou amplexicaules , rudes au toucher , presque trinerves, 
à fleurs pédoncûlées , terminales et axillaires , dont font 

parties leSlGESBECKORIEI^TAL etleSlGESBECK FLOSCULEUX, le 

premier venant de la Perse,et le second duPérou. Tous deux 
sont vivaces et se ^cultivent au Jardin des Plantes de Paris. 

Quant au sigesbeck occidental , il avoit mal à propos été 
réuni ^ ce genre. Il est mentionné sous le nom de Phaê* 
OsusE. V. Sièges beckia. (b.) 

SIGILLAIRE ou TERRE SIGILLÉE. Sel ou terre 
bolaire qu^on employoit autrefois en médecine , et qu^on ti- 
roit 4c Tile de Lemnos, ou Staliinène, dans T Archipel. Cette 
terre est en pastilles ou petites tablettes sur lesquelles est 
l'empreinte d'un cachet qui lui donne des vertus imaginaires. 
V. Argile, (pat.) 

SIGILLINE , SigUUna. Genre établi par Savigoy , dans 
la classe des Ascidies , famille des Tethyes. Il a été réuni 
aux PoLYCLiNONS , par Cuvier. v * 

Ses caractères sont : corps commun pédicule, gélatineux , 
formé d'un grand nombre de séries circulaires d'animaux, 
qui s'élèvent en forme de cône solide, vertical , isolé, oti 
réuni, par son pédicule , à d'autres cônes semblables; orifice 
branchial s' ouvrant en six rayons égaux ; l'anal de même. 

La seule espèce qui compose ce genre , provient des côtes 
de la Nouvelle-Hollande , d'où elle a été rappdl-tée par 
Pérou ; elle figurée pi. 3 de l'important ouvrage de Savigny , 
intitulé : Mémoires sur les animaux sans vertèbres. (B.) 

SIGILLUM , c'est-à-diré , en latin, cachet , sceau. On a 
donné ce nom , avec une épithète particulière , à diverses 
plantes ^ à cau$e de leuie r^ti^pc ny^^arquée d'impression) , 



i64 ^ SU 

cbmme on en' laisMroit en appuyant dessus avec un cachet. 
Ainsi le serafdas laUfolia est le sigiUum Salomonis de Césaipin, 
içn nomme sigillum Marim diverses autres plantes du même 

Snre , telles que le setwpias rubra et ses variétés. Le sigillum 
ariœ de Dodonée, est le Taminier commun ( Tamnuscam- 
munis) ; et le sigillum Salomonis de Brunfelsius , Gesner , Tra- 
giifi^ etc. 9 comprend leji cowallarià pofygonaium , lai^olia^ ver^ . 
Ueillaiaf vulgairement appelés Sceau de Salomon. (ln.) 
SIGNE. Nom vulgaire du Cygne, (y.) 
SIGNES DU ZODIAQUE. On appelle ainsi un cer- 
tain nombre de divisions idéales que les astronomes tracent 
far la pensée sur la route annuelle du soleil dans Técliptique. 
Is recpnnoissent ainsi douze signes , dont chacun occupe , 
par conséquent , la douaûème partie de Torbite , c'est-à-dire 
un arc de oo degrés sexagésimaux , en comptant 36o degrés 

iiour le tour entier dé la circonférence. Dans le temps où 
'astrologie pidieiaire étoit en honneur , on croyoit qu'il y 
avoit une influence secrète de ces signes sur les destinées 
des individus qui naissoiei^t pendant que le soleil se trou- 
Toit dans chacun d'einr. Maintenant , avec plus de raison ,, 
Ton n'y reconnott de rapport qu'avec les températures di- 
verses que les positions successives du soleil donnent k la 
sttrface terrestre. * 

Les noms des douce signes du zodiaque ^-en partant de i'é- 
quinoxe du printemps , et suiyant la marche du soleil, sont: 
le fie/i^c • le Taureau , les Gémeaux , le Cancer, le Lion , la 
Vierge^ la Balancé^ Àe Scorpion, le Sa^Uaire^ le Capricotne^ le 
Verseau et les Poissons. 

Le commencement du bélier et de la balance répondent 
aux deux équinoœes du printemps et d^ l'automne; celui du can- 
cer et du capricorne , aux deux solstices d^été et .d'hiver. Il y 
a aussi, dans le ciel^ des groupes d'étoiles qui portent les 
mêmes noms que les signes du zodiaque. Us concordoient , 
en effet , avec ces signes environ trois cents ans avant Hin- 
parque ; mais ils en sont éloignés, aujourd'hui, d'environ 3o 
degrés , et ils s^en éloignent sans cesse par l'effet de la pré- 
cession des équinoxes. Voyez pour plus de détaib , mon Traité 
d'astronomie. (Biot.) 
SIGNET. Nom vulgaire du Muguet Mlygonate. (b.) 
SIGNIGALIOS. Nom que les anciens Romains don- 
noient à Itur dracunadus. V. ce mot. (ln.) 

SIGNIS. r. CiNi , à l'article Feingille , pag. i85. (v.) 
SIGNOC. Crustacé bes Indes. On ignore à quel genre 
il appartient, (b.) 
SIGUENOC. r. SiGNOc. (s.) 
SIJO. Nom de I'Hortensia , an Japon, (ln.) 
SIJRO.Plante sauvage, des fibres de laquelle les Japonais 



s I L iC5 

tprA des étoffes. On ignore à (^uel genre elle appartient (e.) 

SIKISTAN , Mus vagus. Espèce de rongeur du genre des 
Rats proprement dits. V, ce mot, (nssii.) 

SIKORA. Nom polonais des Mésahges. (t.) 

SIKU. Petit arbre obsenré au Japon par Kaempfer et 
Thunberg , et qui est appelé vulgairement Ken et KËK]N)Xd- 
VAS. C'jsst VhêQefda didds. Les pédoncules de cet arbre sont 
charnus et d'un goAt sucré analogue k celui de la poire ; auséi 
les Japonais les mangent-ils. (ln.) 

SIKUI et SNIU. Au J^pon, on désigne ainsi \^ pierre 
calcaire on phrre à bâtir. (LN.) 

SIKYI. Nom du Coq en Hébreu, et Sakvia celui de U 
Poule, (v,) ^ 

SIL. Les Latins donnoient ce nom k Vochra des Greci^ 
selon Yitruve» copié par Agricola qui fait observer que Vochm 
des Grecs étoit (aune : c'est le qu'exprime ce nom mémed« 
cette substance terreuse. Cependant Théophraste, note deux 
espèces â''ochra. Tune jaunp et l'autre rouge. On les trouvait 
dans plusieurs pays, en Cappadoce,et dans Pile de Céa.L'o^A/^ 
^e ce dernier endroit étoit rouge et le meilleur de tous. U y 
avoit aussi Toc^ra ^ LemnoSf et celui conimunément appelé. 
ochra de Sinope^ bien qu'il se trouvât en Cappadoce d'où 
il étoit transporté à Sinope , ville de Pont. Un Grec 
pommé Cydias, ayant refnarqué dans une maison incendiée 
gue Vôchra jaune étoit devçnu royge par TefTet du feu « 
eut la première idée de fabriquer de î'ocbra rouge avec de 
Vochra jaune. Théophraste rapporte les procédés employés 
dans cette fabrication. Ils sont les mêmes que ceux indiqués 
par Pline, lorsqulon vouloil faire le rubrica avec Voàira, Tbéo- 
phraste dit aussi qu'on fait delà terre de Sinope avec Vochrcu 

De ce qui précè4e pt de ce aui est dit à l'article sino^ 
pis , il est évident que les terre^lnciennes nommées ochra , 
sino/ds et ruhrica , ont la plus grande analogie entre elles , que 
ee sont plus particulièrement des ocres ( ou mieux ocbres ) 
ferrugineux. Il est probable encore que le dl étoit aussi 
d'une nature analogue , ou du moins que quelques-unes des 
sortes qu'on en connoissoit, rentroient dans les mêmes subs* 
tances. Nous savons que Yitruve et Agricola ne font aucune 
difficulté de prendre le sil des Latins pour Vochra des Grecs ; 
mais Pline parle du sil de manière à ébranler cette opinion. 
Le ^7, d'après Pline, se4rouvoit dans les mines d'or et d'ar« 
gent. Ç'étoit une espèce de limus^ de boue ou de limon. Il ]r 
en avoît de plusieurs sortes : le sil d' Athènes on Auûpie qui 
étoit le meilleur ; le sU marmonn ou dl marmorosum venoit en 
seconde ligne, puis le sil de file de Scyros dans l'Arcbipel ^ 
ou sil scyncum. On apportoit eticore on sil d'AchaïCi dont les 



i66 S I L 

Îelntres se servoîent pour ombrer. On en trouvolt aussi ei^ 
Vance , sUlucidum; il ëtoît pareil au précédent , msRs d'une 
couleur moins haute. On s'en servoit pour donner les jours 
a>ix tableaux. Le sil marmorin servoit seulement pour peindre 
Lts attaques ou entablemens des coloilnes et les dessus de leurs 
chapiteaux ; c est à quoi il étoit très-propre par sa nature , 
qui , tenant du marbre , le rendoit capable de résister à Tac— 
l'on de la chaux. On trouvoit encore du sU dans les mon* 
t.^goes à ao milles de Rome; mais on lui faisoit subir la cal- 
cination , et on Téteignoit dans du vinaigre , avant de le 
vendre. On Tappeloit fil plat ou ^Ipressum^ et l'on recon-^ 
noissôii aisément qu'il étoit altéré. Polygotus et Mycon fu-; 
rent les premiers peintres qui usèrent aa ne leurs tableaux d« 
sil d Auique ; ensuite on l'employa pour donner du jour aux 
tableaux ; cependant , d'après la remarque de Pline , les 
peintres se servoient pour ombrer , au sil de Scyros et de 
celui de Lydie. 

Le sil LYdium ou îde Lydie se tiroit originaîrement de 1» 
ville de Sarde en Lydie ; mais on ne sVn rappeloit plus da 
temps de Pline. 

Pline fait usage ç^ et là du mot ochra comme synonyme 
de 5i7, ce qui prouve que ces termes étoient synonymes ou da 
moins très - rapprochés ; ainsi , la terre jaune qu il nomme 
ochra f il l'appelle également sil Pline dit encore que \essUi 
sont dés pierres difficiles à broyer. Il nous parott donc que les 
sils des Latins «ont des ochrcs jaunes et des ochres brunes ou 
terres d'ombre , et qu'ils ne s^appliquoient pas aux ochres 
rouges. Il est dans les choses probables que le sil marmorin « 
que l'on calcinoit pour l'employer à la place du sil plat ou sil 
pressumj ou pour le faire passer pour tel, étoit aussi une terre 
ochreuse, bien que cette terre calcinée dût être pourpre, puis« 
que Pline fait observer, y^arlant de la céruse brûlée dont 
la meilleure s'apportoit diRe et s'appeloit céruse pourprée^ 
fait observer, disons- nous,qu'on fabriquoit â Rome une céruse 
brûlée , en brûlant le sil marmorin et en l'éteignant dans du 
vinaigre. Quelques auteurs ont cru qu'il s'agissoit ici, par 
céruse brûlée,de notre sous- carbonate de plomb grillé et con- 
verti en minium ; mais Pline, qui exppse très-bien la manière 
de faire la céruse et le mintum , laisse pressentir que la cé- 
ruse brûlée provenant du sil marmorin ne portoit ce nom 
Îue parce qu'elle remplaçoit à Rome la vraie céruse brûlée. 
1 est évident aussi qu'il n'a pas voulu'parler de l'ocbre rouge^ 
obtenu par la calcination de l'échre jaune/ 

Quelques auteurs ont dit que l'bchre de Sarde,de Pline, se 
tiroit de l'île de Sàrdaigne , mais Terreur est évidente ; car, 
si cela eût été, on ne Tauroit pas nommé siiljdium, sil/^dieih 



s I L 1B7 

Le sU calciné i^eqdployoit en médecine 9 sans donte comme 

terre absorbante, (ln.) 
SILAGOl^^S. Barrère a décrit le premier, sous ce 

nom , dans so^^Hfe/r^ de la France équinoxiale , le coutari de 

la Guyane , belHR'e qui est le coutarea speciosa d'Ailblct| et 

le poiilandia hexandra de Jacquin. (LN.) 

SILAGO de Gaza. V. Çelago de Pline, (ln.) 
SILAGURIUM. C'ei|t, dans Romphiiis, TAbutilon k 

FEUILLES RÉTUSES. (b.) 

SILAUS. ff Le silaus croit ordinairement le long des itiis- 
seaux qui ne tarissent point, et il aime le gravier. Cette berbe 
est baute d^une coudée , et ressemble beaucoup à ÏMpium 
(Ache). On la mange bouillie de la même manière que l'o/u- 
5a^m(MACER0N), et ainsi préparée, elle est très-bonne con- 
tre les accidens qui surviennent à la vessie. » Plin. , liv. a6 , 
chap. 8. ^ 

Anguillara nomme pour le silaus de Pline le sium angusU^ 
folium^ L. ; Gésalpin cite le phellandrium aquaticum^ et C. 
Bauhin présente avec doute le peucedanum silaus ^ h. Ces trois 
opinions ont chacune leurs partbans. Adanson penche pont 
celle de Gésalpin ; Toqmefort paroit être de celle dfe Bau- 
hin ; il a même appelé le peucedanum silaus^ et d'autres espèces 
d|i même genre, silaum^ manière d^écrire le nom de silausj qui 
est fréquente dans les anciens auteurs. Linnaeus, en nommant' 
silaus cette espèce ie peucedanum j n'a fait que suivre Topinioci 
de C. Bauhin. Il nous semble" qu'Ang^Ulara est plus près de 
la vérité, (ln.) 

SILBACUM des anciens. V. Psyllicm. (ln.) 

SILBËR. Nom allemand de PAr^gent; V, pour la sy- 
nonymie allemande des minerab de ce métal, l'article Ar- 
gent, (ln.) * 

SILBER-ARSENIK de Karsten. C'est 1' Argent anti- 

VONIAL FERRO-ARSENIFÈRE. (LN.) 

SILBERBLENDE de Stutz et de Gmelin. C'est une va- 
riété de zinc sulfuré mêlé accidentellement avec de l'argent. 

(LN.) 

SILBERBRANDERZ de Gmelin. C'est une argUe feuil- 
letée on schiste bitumineux , qui contient de l'argent. (LN.) 

SILBERBRAUNEISENSTEIN des mineurs alle- 
mands. C'est le Minerai de fer hydrate brun terreux , 
lorsqu'il contient de l'argent, (ln.) 

SILBERERZ des Allemands, c'est-à-dire; mine d'ar- 
gent. On trouve indiqués sous ce nom , dans divers ouvrages 




i6i8 S I L 

furé aigre ( sûff. sehaoartes , Gerhard et autres ) 1 4.* l'argent 
bîsmuthifère (àfismustiches silbererz , KJapr. ) , etc. (LK.) 

SILBëRERZDACH. L'un ips noms allemands daBis- 
MtJTH natif, selon Reoss. (ln.) j|^. 

SILBERFEDERERZ. Synonyme a^Hnd de la min6 
d'argent en plame; c'est TArtimoine sulIMI capillaire* 

(LU.) 

SILBERGILDE de quelque minéralofiûstes allemands. 
C^est an fer hydraté terreux , mêlé accidentellement d'argent. 

(LN.) 

SILBERGLAKZ ( amni édatant en allemand ). Stotz 
donn^ce nom au^/om5 smfuré, très-riche en argent. Gmelin 
et Renov^anz ont désigné par cette n^tme dénot^mination le 
cuior^ vitreux ar^entfftre. (LN.) 

SILBERGLANZERZ des Allemands. Cest TARGEin- 
SULFURÉ A IGHE, également nommé sMergias9sil6erglaserz.(tT^*^ 

SILBËRGLIMMER des Allemands. Cest le Mica ar- 

Gtî^TlN. (ln.) 

SfLBERKIES. Le cuiorepyrHeux argentifère , et quelque- 
fois le fer argentifère , ont été ainsi désigoés par quelques 
minéralogistes allemands , au nombre desquels sont Stutz , 
GmeHnet de Born. (ln.) 

SILBERLEBERERZ des Allemands. C'est FAntimoine 

StLfURÉ CAPILLAIRE. (LN.) 

SÏLBERLETTEN de Gmelîn.Cest une Argile argen- 
tifère, (ln.) 

SILBëRMALIN. Dans les mines de Hongrie , c'est 
r Argent noir ou l' Argent ai^timonié sulfuré noib, (ln.) 

SILBERSCHWARZE. V. Argent antimonié sulfuré 
noir, (in.)* 

SILBERSPATH. GmeUn a désigné ainsi une variété de 
chaux fiuaiéç^ d'un blanc grisâtre, (ln.) 

SILD. Synonyme de Zild. (b.) • 

SILDQUAL. M. Lacépède rapporte ce nom norwégien i 
la Baleine norbcaper de son tiisiciredes Càacés, (desm.) 

SILÈNE. J'ignore quel rapport les naturalistes ont pu 
trouver entre le vieil ivrogne qui prenoit soin de l'éducation 
de Bacchus, et un misérable quadrupède de l'Amérique , qui 
semble être toujours souffrant, toujours triste et languissant. 
Sébâ nomme silène le paresseux ou l'aï (Jtraâypus tridactylus^ 
Linn. ) ; et Klein, qui le range parmi les singes, l'appelle 
simiapersonata, Linnseus a donné au singe ouanderou le nom 
de simia silenus. ( V» OuANDEROU. ) Il est vrai que la plupart 
des divinités champêtres de F ancienne mythologie étoient 
tirées des aiimaux. Les Faunes, les Satyres, le dieu Pan, etc., 
étoient peut*étre des singes que la superstition, compagne 
des illusions poétiques, et de 1 ignorance , avoit déifiés. Les 



s I L 169 

Lémures étoîent des cbauYe-soaris, destette-chèvres et autres 
jtnjmaax nocturnes; comme les Tritons» les Naïades, les 
Sirènes , représentoient des veaux-marins et des poissons. 
Dans les siècles d^innocence 9 toute la nature est animée aux 
regards de Thomme ; Tarbre a sa Dryade tuiélaire ; le fleuve 
a son dieu qui verse ses eaux de son urne étemelle ; la colline 
a ses Satyres ; la forêt ses Faunes ; le hameau ses dieux rus- 
tiques. Dans les âges de lumière , la natui;e mieux connue 
ne présente plus à Tesprit ces aeréables mensonges; un 
triste mécanisme, remplace ce que Tes anciens aimoient voir 
produit par ées esprits divins, dansTombre du mystère. C'est 
ainsi- que la science , qui nous désabuse des belles fables de 
la poésie , peut éclairer et instruire ; mais elle ne peut pas 
, toujours comme elle enchanter les cœurs. ( yirey. ) 

SILENE. Cette plante de Théophraste est rapportée par 
Lobel , d'après Aldrovande, au fychm's syhesins,n.'* 4» de 
Clusius , Hisp. p. 340 , que C. Bauhin ( Pinax) considère 
comme synoyme de son fychnis syhesiris viscosa , n.^ 5 , qui 
est le siiene muscipuia^ L. 

Cette plante est donc le type du genre silène de Linnseus 9 
dont les nombreuses espèces désolent les botanistes qui 
veulent lès caractériser avec soin. Ce genre a en Qutre beau- 
coup de rapports avec le cacuhalus ; aussi, depuis Lini^seus 9 
les botanistes et Linnseus lui-même , ont ôté du genre sUene 
6n y ont placé des espèces de cucuhahis et de fychnis , le 
saponaria porrlgens ou hagenia de Mœnch , etc. 

A^anson divise le genre silène en deux : le premier con- 
tient le silène muscipiaa et toutes les espèces à capsules tri- 
valves et à six créneiures 1 et les fleurs en épi ou en panicule; 
le deuxième est Vatocion où rentrent le sUene orchidea , Ait. ^ 
et les espèces qui ont une capsule h six ou huit créneiures 
et les fleurs encorymbe seulement. V. Silené. (ln.) 

SILÈNE. K Satyre, (l.) 

SILÈNE. M. Proust avoit donné ce nom à TUrane. (ln.) 

SILÈNE, Silène, Genre de plantes de la décandrie tn* 
gynie et de la famille des caryophyllées , dont les caractères 
consistent : en un calice tubuleux , ventru, à cinq dents; une 
corolle de cinq pétales onguiculés , à lame souvent bifide et 
toujours munie à sa base mférieure de deux app^lices en 
forme de dents ; dix étamines ; un ovaire supéri jp| ovale , 
surmonté de trois styles à stigmates simples ; une caplule à 
trois loges , s'ouvrant au sommet en cinq ou six valves. 

Ce genre , extrêmement voisin des Cucubales, renferme 
des. plantes plus ou moins visqueuses , à feuilles opposées et 
à fleurs solitaires ou réunies, qui ne^ffèrent des cucubales 
que par la présence des écailles qui ferment les fleurs. On en 



I^o S I Tj 

compte plus de cent cinquante espèces, la plupart d^Europe; 
et qui se divisent en quatre sections , aaroir : 

1.^ Les silènes à fleurs solitaires et latérales, parmi lesquels les 
plus communs sont : 

Le Silène ANGLAis,qui est hérissé de poils, dont les pétales 
sont entiers, les fleurs droites, les fruits recourbés, pédon- 
cules et alternes. 11 est annuel et se trouve dans les champs 
à blé. Sa fleur est blanche et peu remarquable. • 

Le Silène a cinq plaies a les pétales entiers , presque 
rofKis ; les fruits droits et alternes. Il est annuel^et se trouve 
dans les marnes endroits que le précédent. Chacun de ses 
pétales a une tache d^un rouge de sang. 

Le SiLÉNÉ 6AUL0IS a les fleurs presque en épis unilaté- 
raux , les pétales entiers et les fruits droits.^Il est annuel, et 
se trouve dans les champs sablonneux , sur le bord des che- 
mins. 

a.^ Les silènes à fleurs latérales et réunies plusieurs ensemble, 
dont font partie : 

Le SiLÉNE PENCHÉ qui a les pétales entiers , les fleurs uni- 
latérales et pendantes , la panicule penchée. Il est vivace , et 
se trouve dans les prés montagneux, les friches les plus arides. 
Le SiLÉNÉ FRUTIQUEUX, a les pétales bifides, la tige frutes- 
eentef les feuilles larges , lancéolées, et la panicule des fleurs 
trichotome. 11 est vivace et se trouve en oicile. 11 s'élève à 
trois ou quatre pieds. 

Le SiLÉNÉ GÉANT a les pétales bifides, les feuilles radi- 
cales contournées et obtuses, les fleurs presque verticillées. 
^11 se trouve en Afrique , et s'élève à huit à dix pieds. 11 est 
Kisannuel. \ 

"' 3.^ Les silènes dont les fleurs sont placées dans la dichotomie 
^^ tiges ^ tels que : 

Le SiLÉNÉ CONIQUE. qui a le calice conique, garni de. trente 
stries, les feuilles molles et les pétales bifides. 11 est annuel, 
et se trouve très-abondamment dans les plaines arides , sur 
le bord des chemins , dans les pays sablônneui. 

Le SiLÉNÉ BACCIFERE a le calice pendant, renflé , uni, la 
capsule colorée et les rameaux écartés. *11 est vivace et se 
trouve dans les lieux humides , sur le bord des fossés , dans 
les bois Mrécageux. 

Le StflhÉ NOGTiFLORE a le calice à cinq angles, la tige 
dichotome , et les pétales bifides. Il est annuel, et se trouve 
dans les terrains secs, dans les clairières des bois. 11 ne fleurit 
que le soir. 

Le SiLÉNÉ ATTRAPE-MOUCHE a les pétalcs bifides , la tige 
dichotome , les fleurs 4pillaires, sessiles, et les feuilles gla- 
bres. Il est vivace et se trouve dans les parties méridionales 



s I L 171 

3e rEurope, aux lieux montagneux et secs. Il laisse fluer 
une plus grande quantité de substance visqueuse que les au-*, 
très, de sorte que les mouches et autres insectes qui se po- 
sent sur ses tiges, s^ prennent comme dans de la glu. 

4.^ Les silènes dont les fleurs sont terminales , où il faut dis* 
tîneuer : 

Le SiLÉNÉ ARMÉRiÀ qui a les fleurs réunies en faisceau v 
les feuilles supérieures en cœur , glabres , et les pétales en* 
tiers. Il est annuel et se Irouve dans les champs, sur le bord 
des chemins. Ses fleurs sont rouges et d'un aspect agréable. 

Le SiLÉiiÉ DES ROCHES a les Heurs droites, les pétales 
émarginés , les Calices cylindriques et les feuilles lancéolées. 
Il est bisannuel et se trouve sur les montages arides et sur 
les rochers les moins garnis de terre. 

Le SiLÉNÉ SAXIFRAGE a la tige presque uniflore , les pé- 
doncules de la longueur de la tige , les feuilles glabres , les 
fleurs hermaphrodites et femelles, et les pétales bifides. U 
est vîvace et se trouve sur les montagnes calcaires. Ses fleurs 
sont ronges en dessous. C'est une jolie petite plante. 

Le SiLÉNÉ SANS TIGE est sans tige et a les pétales émar- 
ginés. Il est vivace et se trouve sur toutes les montagnes al-- 
pines de l'Europe , où il forme de petits gazons serrés fort 
agréables lorsqu'ils sont en fleurs. Il prend une tige lorsqu'on 
le cultive dans les jardins, (b.) 

SILER. Nous avons vu / à l'arlicle seseli , ce que c'éloît 
que le siler des anciens. Chez; les modernes, ce nom appar- 
tient spécialement à une espèce de laser (laserpitiutn siler^ L.) 
indiquée dans les vieux ouvrages de botanique, sous les déno- 
minations de siler montanum , UgusUcum , s. siler montanum ; 
iigusk'oum çugd seseli officinarum , etc.; et en français par5«r- 
motUain^ traduction abrégée du premier nom latin. 

On trouve aussi dans ces mêmes ouvrages quelques autres 
plantes oinbellifères nommées siler; par exemple^le peuceda^ 
num silaus^ L, ^ des seseli ^ etc, 

Rivin, Gaertner ipCrantz, Moench et Sprengel , ont fait 
du laserpiiîum siler et de quelques autres espèces de laserpi* 
iîum^ un genre siler , caractérisé par le fruit , qui est marqué 
de neuf sillons arrondis, et privé des quatre ou c*nq mem- 
branes ou ailes qui s'observent dans les fruits des vrais îaser^ 
piWum.Ce caractère, qui ne paroîl pas se trouver dans toutes les 
espèces de siler de Crantz, a engagé Mœnch à rapporter une 
partie de ce genre de Crantz au laserpiUum. 

C. Bauhin prét«nd que le nom de siler est déduit de silis^ 
qui dérive de sUi ou seli , noms que les anciens donnoient 
aussi à leurs seseli, et notre L. Siler n'a reçu ce dernier nom 
qu'à cause de l'emploi qu on fait de $t$ graines 9 le même 



«7^ S I L 

qae celai qae les anciens faisoient des (raines de leor $Uef on 
seulL 

On trouve dans Piîne la citation d'an siler en arbre ^ 
qui est très-dîfTérent da si^eren usage, qoi étoit une herbe ; 
quelques auteurs ont présumé ou bien ont cra qu'il s'agissoit 
àa fusain^ ou de la hourgène ou du marsaulL (w!) 

SILER, iS'iZfr. Genre établi par Gasrtner» sur le Laser 
A FEUILLES d'ancholie , mais non adopté, (r.) 

SILEX ( Silex ^ Brong. ; Silicium os^dé impur , Bens. ). Les 
substances minérales que Ton comprend sous ce nom ont le 

Î^liis grand rapport avec le quarz par leurs caractères et par 
eur nature, excepté qu'elles ne sont pas aussLpures, qu'elles 
se présentent sans forme régulière, et que leur tissu est gros- 
sier et le plus souvent compacte* Les silex sont non moins 
répandus que le quarz, et , comme lui, présentent mille as* 

tects différens et des passages multipliés qui unissent toutes 
is variétés du silex , non-seulement entre elles , mais aussi 
avec celles du^uarz et celles 4a jaspe. Les exemples en sont 
tellement nombreux, qu'on voit les minéralogistes qui se aont 
les premiers occupés de la classification des pierres, embar- 
rassés de savoir s'il falloit distinguer ou bien réunir en une 
seule espèce les silex, les quarz et lesfaspes, et chaci;n s'est 
décidé selon son opinion. Mais faisons observer que cette 
classification devient indifférente , du moment que l'on est 
^b^igé de laisser ces minéraux auprès les uns des autres ; ainsi 
donc, qu'on lés réanisse avec Romé-de-risie et Haliy , ou 
qu'on les sépare , ainsi que l'ont fait j»resque tous les mioé^ 
ralogistes, il n'y a aucun inconvénient à redouter. Nous pen- 
sons cependant qu'il y a plus d'avantage à diviser, parce que, 
lorsque des substances analogues pour la nature se présen* 
tent sous des aspects très-différens qui, dans l'usage vulgaire, 
ont mérité de leur faire donner des noms connus de tout le 
monde, il y auroit trop d'inconvéniens à introduire de nouvel- 
les dénommatîons. Ainsi, que V opale soit on silex résinite ou ui| 
quarz résinite, ou de la silice hydratée , il n'en est pas moins 
évident que c'est l'opale ^ et que l'on sera entendu par tout le 
monde, lorsqu'on la nommera par son vrai nom, plutôt que 
par $es noms scientifiques, si sujets à varier par suite de nou- 
velles découvertes chimiques. On peut néanmoins allier ces 
deux systèmes par la nomenclature binôme» c'est-à-dire, en 
désignant ces minéraux par deux noms : le premier seroit 
cdiui de l'espèce , et le second le nom vulgaire de la pierre. 
Ainsi, on pourroit dire quarz-agathe , quarz-jaspe ,. silex- 
opale , etc., et c'est le système adopté par plusieurs auteurs. 
Ces observations ont été nécessaires à présenter ici; car 
les variétés de silex ont reçu des dénominations si diverses , 



s I L 173 

qu'on auroit été dssez embârrassi ji se égarer leor groupé 
et k comprendre pour qooi , 4ans ce Dictionnaire , beaucoup 
de ces variétés ont été décrites sous kur nom vulgaire avec 
mi renvoi à leur nom scientifique ; par exemple , aux mot& 
Agate, GALcÉDoiffE , etc. , où existent les renvois 3i Quàrz- 
AGATE. Ce^^endant à ce dernier article on ne traite pas de 
ces pierres, fixais on est renvoyé à Farticie silex, et Ton y est 
prévenu que toutes lés variétés d'agate et du silex propre- 
ment dit , soAt comprises sous le nom de quarz ag^the par 
M. Haiiy, qui en fait la seconde division de son espèce çuarz^ 
Rappelons, à l'appui de ces explications et pour la facilité 
des recherches dans ce Dictionnaire, les divisions de l'espèce 
quarz par M. Haiiy. Ce sont celles-ci : 

L QuARZ-HYALiN , qui cst décrit à l'article Quarz. 

II. Quarz - agathe , qui se subdivise en quatre sections : 
^, Formes : concrétUmné \ solide , creux , enhydre. 

B. Qualités de la pâte et accid^ns de lumière ; calcédoine^ car^ 
naline , prose ( cnysoprase ) , •verl-ohsmr ( V. quarz-hyalin 
vert obscur ), c^oyan/ (-f^. quarz-hyalin chatoyant ),/iyiv-* 
moque ( ou la pierre à fusil ) , molaire ( ou la pierre k meu- 
les ; , grossier (ou homstein). 

C. Mélange de matières diversement colorées : quarz-agaûie 
onyx ( agathe onyx et jaspe égyptien ) , panaché , ponctué 
( jaspe sanguin ) , dendritique. 

D* Aspect entièrement terreux : çuarz. - agaie nectiquc , cacho* 
hng^ calc^ère^ àrgiiijère - schistdùie (V, jaspe schisteux)» côn^ 
crâiomtè Ihermsgène ( F. quarz concrétionné ). 

III. QUARZ-RÉSIMITE, hfdrophone^ opalin (l^opale), gira-^ 
soli commun , suhlidsanî ( ménihte ). 

IV. .QuARZ«JASV!É qui ne comprend que les jaspes propre* 
ment dits. V. k l'article Jaspe. 

Y. QuAItZ-PSEUDOMORPHiQUE qui «st OU hyalin ( V, quar? 
hyalin pseudomorphique ) , ou agatin comme le silex gros- 
sier ( F. silex corné ci-après), ou résinite ( V. ci-après silex 
pseudomorphique > §• 4* 

D'après ce tableau, il est aisé de s'apercevoir qu'il nous 
reste à connottre la deuxième et la troisième division et une 
partie de la cinquième ; c'est ce que nous allons faire , mais 
nous exposerons d'abord les caractères des silex. 

Les silex se trouvent en masses , ou en cailloux , ou en 
veines , sans formes déterminées. Ils n'ont jamais la contex- 
tiire vitreuse, ni de formes régulières. Ils sont infusibles au 
chalumeau , ne font pas effervescence avec les acides , et le 

Jlus souvent ils étincèllent vivement sous le choc dfi briquet, 
ueur cassure est conchoïde , ondulée , jfouvent avec àt% le- 



t74 s I L 

vures en écailles. Us sont ghosphorescens par frottement iatni 
robscarité , et répandent alors , comme lorsqu'on les frappe 
vivement avec un marteau , une odeur particulière qu^on a 
nommée odeur siliceuse. Leur pesanteur spécifique varie entre 
a, a et a,6. Ils sont essentiellement composés de silice. Ils 
sont très-communs dans les terrains secondaires ou de tran- 
sition j plus rares dans les couches primitives, les plus ré« 
centes , et très-rares dans les anciennes couches primitives. 
Nous entendons parler ici de tous les silex en général. Nous 
les diviserons en quatre groupes ; , savoir : 

I. Les silex à pâte fine oa agates. 

IL Les silex à pâte grossière ou silex proprement dits. 

III. Les silex à pâte résinoïde, ou silex -résinite, ou les 
opales. 

IV. Les silex pseudom orphiques. 

Les deux premiers groupes sq rapprochent be aucoup ; quant 
au troisième, il est très-posible qu'on se décide à en faire une 
espèce distincte , attendu ses 'caractères propres et sa com-: 
position chimique. 

§. I. Silçx k pâte fine ( agathe ou agate ). 

Les agates ont une pâte homogène extrême tnent fine, c'est^ 
à - dire , dont le grain est imperceptible ; aussi leur cassure 
est-elle pleinement conchoide , quelquefois cependant écail- 
leUse. Cette pâte jouit d'une translucidité douce et moelleuse 
qui plaît beaucoup. C'est surtout dans les agates mamelon- 
nées ou concrétionnées qu'on retrouve cette transiucidité , 
quelquefois tellement agréable , qu'on a cm devoir nommer 
les agates qui en sont douées ^ agates orientales. On semble 
y voir des nuages colorés , mollement balancés entre eux , 
avec des reflets dorés (^i ajoutent à Tillusion ; c'est k peu 
près comme une gelée qui auroit été subitement solidifiée. 
Cependant toutes les agates ne sont pas translucides ; il y en 
a beaucoup qui ne le sont que sur les bords : en général , il 
faut les réduire à une petite minceur (une à trois lignes) pour 
jouir de cet effet de la lumière. Les agates sont susceptibles 
de présenter toutes les couleurs , et ces couleurs sont chez 
elles beaucoup plus vives que dans les autres variétés de si- 
lex, et relevées par le poli éclatant dont est susceptible cette 
pierre dure. Tantôt ces couleurs sont uniformes , tantôt elles 
sont mélangées très-agréablement. Une pureté extrême dans 
la pâte, l'uniformité de sa couleur ^t sa vivacité sont trois 
qualités qui ajoutent au prix extraordinaire qu'on fait de cer- 
taines vafiétés. 



s I L 175 

Les agates font vivement feu sous le choc du briquet ; leurs 
fragmens ont des arêtes extrêmement vives et coupantes. 

Nous distinguons les agates en : 
Calcédoine, 
Cornaline. 
^ Sardoine. 
Chrysoprase. 
Héliotrope. 

Plasma. ' 

Agates versîcoles. 
I. La Calcédoine (^Achates chalcedonkus ^ Wall. ; SHex 
thalcedomus^ Linn. ; calcédoine, Romé-de-ris|c ; Gemeiner 
kahedon , W. ; Quarz agaihe calcédoine , Haiiy ; S^ex calcé" 
doine , Brong. ; Common caicedony , James ).£lle est blanche j 
ou grise, ou jaunâtre, quelquefois bleuâtre ou bleue, et même 
jaune de mieU Elle est translucide, moelleuse et nuancée à la 
transparence , quelquefois irisée et comme satinée. £Ile se 
trouve mamelonnée ou en stalactites, ou en rognons; c^est de? 
pièces mamelonnées qu^on retire les plus belles plaques de 
calcédoine pour la transparence. Cette pierre, comme la cor^ 
naline, revêt quelquefois des*cristaui d^autre substance, et 
notamment ceux du quarz avec lequel elle est intimement 
nnie. Ces incrustations àont ce que Ton peut nommer de la 
calcédoine pseudomorphigue ; mais celle qui mériteroit le mieux 
ce nom est la calcédoine bleue de Drefliana en Transyl- 
vanie , qui se présente en cubes qui nous semblent dus à des 
formes empruntées à la chaux fluatée. On voyoit dans le ca- 
binet de minéralogie de M. de Drée , à Paris , un morceau ' 
de cette calcédoine bleue cubique dont quelques cristaux 
avoient les arêtes émarginées , comme cela s'observe dans la 
chaux fluatée bordée. Nous ayons vu aussi nombre de mor- 
ceaux dont les cristaux avoient leur surface accidentée comme 
celle des cristaux de chaux fluatée ; plusieurs offroient une 
multitude de lignes carrées îndîqi^nt de petits cubes. Le tissu 
de cette pierre est entrelacé, subvitreux, ep sorte qu'il est 
très-douteux qu^on doive la placer avec la calcédoine plus 
tM qu'avec le silex corné , si sujet à emprunter les formes 
régulières de plusieurs substances. 

Pojir en revenir à la calcédoine^ nous ne saurions mietix 
la comparer, lorsqu'elle est d'une belle qualité, qu'à un 
amas de nuaees colorés par une légère teinte doré#^ telle 
qu^est la partie orientale du ciel> au4ever de l'aurore ; quel- 
quefois elle est relevée par des dendrites noires , brunes oit 
rouges, d'une délicatesse extrême.. Les calcédoines herbori- 
têts sont portées à àts prix excessifs lorsqu'elles réunissent 



176 S I L 

tous les genres de mérite qu^on ex^e en elles : graiideurt 

Eureté de la pâte , bel orient, développement régalier et 
ien entendu des dendrites. Ces belles calcédoines sont 
nommées pierres de Moka et par corruption pierres de A|o- 
che et de Moccba, parce qû^elles nous furent apportées d^a- 
bord de Moka , yille. d^Ârabie , qui probablement les tiroit 
de rinde par la voie du commerce. Il paroît même que c'est 
une découverte moderne ; car on ne trouve , dan^ Pline , 
rien qui puisse faire soupçonner qnUl a conn*^ la calcédoine 
herborisée , tandis que la calcédoine commune ne lui étoît 
pas inconnue « et il nous apprend même Tétymologie du mot 
calcédoine. V. Calcédoine. 

La calcédoine a une pesanteur spécifique qui varie de 
3,i8 à a^fii* SUc est composée , selon Tromsdorf , de silice, 
99, et fer, i ; cependant Bergmann, Gerhard et Lampadius 
y indiquent de Talumine dans les proportions de la à lo pour 
cent, et Guyton-;Morveau et Bindhetm un peu de chaux. Ces 
variations proviennent peut-être moins de la calcédoine elle- 
même, que des substances qui l'accompagnent dans st& gîse- 
mens et qui s'y trouvent mélangées. La calcédoine bleue, dite 
saphirine , a un tissu quelquefois vitreux et moins mat que 
celui de la vraie calcédoine. Nous avons dit, à l'article saphi- 
rine , qu'on l'employoit en bijouterie ; mais à cet article il 
s'est glissé une faute d'impression qu'il est nécessaire de cor- 
riger. Il est dit que l'on clive la saphirine , ce qui n^est pas 
exact, attendu que cette pierre n'est poiût lamelleuse ; mais 
on 1^ chève , c'est-à-dire , on la creuse en dessous pour di- 
minuer son épaisseur et établir une égalité de ton de cou- 
leur dans toute la pierre. La saphirine de Torda et de 
Madgyar- Lapos en Transylvanie , se présente cristallisée 
en cernes , ainsi que nous 'avons vu. » 

La calcédoine oCGre un ysez joli accident qhi lui est 
commun avec le quarz; c'est de renfermer quelquefois de 
l'eau. Il est assez remarquable que cela n'arrive que dans 
les petits globules calcédonfeux et quarzeux qu'on trouve dans 
des roches dont l'espèce de formation est douteuse ou plutôt 
contestée, nous voulons dire des laves des volcans éteints qui 
sont considérées comme des trapps amygdaloïdes de transi- 
tion par divers auteurs. Ces «alcedolnes aérohydres sont con- 
nues sous les noms de enkydres ou calcédoines enhydres ( quartr, 
agathê enhydre simUJorme et globuleux, Hatiy). On connoît celle 
du Yifgntin de toute ancienneté. Les anciens les xangeoient 
avec les pierres précienses;le poè'teClaudlen les a célébrées en 
vers 9 et les estime autant que les belles perles de l'Arabie. 
Pline, qui étoit né à Vérone, s'exprime ainsi sur cette pierre : 
(i L'enhydre est toujours parfaitement ronde , blanche, lors-. 



s I L 177 

ffH^eUe est poUe ; lorsqu'on la remae^ elle a ub oiouvçmeot 
iuiérUiir de fluctuaiiao semblable k celui du liquide qui se* 
meut dajQs Us œufs. » C'est dan$ les coilioes vulcano - ma- 
riées àci environs de Viceoce , à Moate Maïim , % Mont* 
Toodo f butte qui feit partie da 3Ioole-B«rico ;^ San Fia* 
riano dans le vallon des serpens entre Itf arostîca et Bassa^ 
Qo ; à Monte-Galda; et à Brendola^qu'oa rencontre, quoique 
très-rarement , les enhydres : ce n'e«t pas que les laves ou 
trapps qui les coutîennent ne soient très-abopdaus en noyaux 
calcédonieux ; qu'elles soient dans les lavessaines et dans les 
' laves décomposées. On n'en obtient aisément que de ces 
dernièreSvparce que la friabilité de la pâte permet de dégager 
les eabydres. On peut lire , dans F Essai de géologie de M. 
Faujas, la description du gisement de ce» laves calcédonifères 
du Viceutin. 11 existe aussi des enhydres à Tile de Féroë , 
mais elles y soot rares.— L'enbydre n^a de curieux que la pré- 
sence de Veau dans son intérieur; car, du reste^ ce u*est pas 
une calcédoine d'une belle pâteetson mérite est très-précaire. 
£n effet, elle perd facilement s#n eau, ce qui tient à plusieurs 
causes , soit à d^$ fentes dans la pierre , soit à ce fu^en la po^ 
lissant on auroit trop diminué Técorce , ce qui met à décou- 
vert des porosités par où Veau s'évapore; soit parce que cette 
cro&te peut iire naturellement très-mince ;• soit enfin parc» 
que , retirée de sa carrière , elle n>st plus dans une terapé» 
rature humide.^' ï'^ ^^^ personnes qui conservent Tenhydre 
em la, tenant dans de Teau distillée. Un réussit quelquefois à 
Lui rendre son eau,lorsqu'elle Ta perdue, en la faisaut d'abord 
chauffer lentement et en la plongeant ensuite dam de Teau 
distillée tièdn qu'on cliaufiGe fortement après , et puis qu'pn 
fait refroidir rapidement. 

Les gisemens des calcédoines softt assec variés , bien que 
ce soit principalement dan$ les lavea aueiennes , îes trappa 
tt les roches primitives h filons métalliques , qu'on les trouve* 
Nous ne parlons pas ici de cee liiicrustations mamelonnée» 
calcédonieus^es qui existent partout oài'on rençimtre des va- 
iîétés<.de ùUix; mais nous entendous parler ici «les caleé*>* ' 
doines proprement dites. « ^ 

C'est de rtle de Féroéet d'Islande que nous viennent les 
calcédoines mamelonnées les plus bel les et les plus volumi* 
lieuses; elles prennent toutes les modifications dont sont sus^^ 
ceptiUes les çomcrétions siliceuses. Ainsi nous ne les décri-»* 
rons pas. L'oa sait qu'elles g^ent daos dea lavea décom^ 
posées. 

L'on a découvert dans la mine de cuivre , dite Trévascus , 
en Comooaille», des cafatédoinea d'un blanc grisâtre , com- 
posées d'une multitude de filets cylindriques et mamelonnés 

XXXI. lU 



178 s I L 

qui sont embromllës et entrelacés de mille manières ; cfer' 
sorte que dans plusieurs parties on ne sauroit mieux les com- 
parer qu'4 du vermicelle. 11 ^ en a encore de mamelonnée , 
de coraiioïd^ debotryoïde, etc. On dit que de pareilles calcé- 
doines se rencontrent aussi , quoique plus rarement , dans le» 
mines de cuivre de Bbeinbreitbach , près de Cologne. 

Dans les montagnes primitives , les filons métalliques de 
TErzebirge, partie de la Saxe , offrent la calcédoine associée 
à.rargçnt et aux mines de plomb; ceux de Hongrie et de la 
Transylvanie la présentent avec le fer carbonate, rbématite , 
le silex corqé , etc. H en est de même en Carinthie j et en 
France dans la Basse-Bretagne. On observe des veines 
de calcédoine dans un filon de granité,' k une demi-lieue de 
Vienne , dans le Dauphiué ; ces veines contiennent aussi du 
plomb sulfuré, de la cbaux fluatée et du fer sulfuré. Les cal- 
cédoines des trapps sont les meilleures pour la taille et pour 
le' travail; elles se rencontrent en grand volume et compactes. 
C'est ainsi qu'on en rencontre en noyaux et globules , en 
Ecosse, dans les roches amygdaloïdes , àbase de trapp ou 
de grunstein , du Fifeshire, de Pentkmd-bills, près d'Edin- 
borg, dans les provinces de Dumfrie , Lanark, Dumbarton, 
Slirling, Penh, Angqs, etc., dans les îles Hébrides et de 
Schetland. Nous avons déjà dit que ces trapps sont nommé»^ 
lave« par beaucoup de minéralogistes : c'étoit le sentiment 
deOolomieu, Fortis, Patrin, etc., et c'eslcelgide M.Faujas 
et de beaucoup de géologistes. Les trapps porphyrîtiques et 
amygdaloïdes présentent aussi des noyaux de calcédoine , 
tels sont ceux du Tyrol et ceux du Valterran. 

C'est encore dans des roches de même nature, que se 
rencontrent les calcédoines du Groenland , de Féroé , d'Is- 
lande * des Etats-Unis , du Mexique et de la nouvelle Gre- 
nade. L'on doit placer encore dans cette catégprie les laves 
ou trapps de la Tartarie , de la Daourie , des Monts Ourals 
et Altaï, du Kamtschatka , etc. 

L'Asie, et l'Afrique , surtout le Japon,, les îles de Cey- 
lan, et de la Sonde , l'Arabie et les bords du Nil, offrent des 
calcédoines roulées. * 

Dans toutes ces localités , la calcédoine est accompagnée 
par les autres variétés d'agate; ainsi, en traitant de celles-ci, 
nous ne reviendrons pas sur leur gisement qui , d'ailleurs, se 
trouve encore exposé aux articles Agate, Caloédoiise, 
Enhydre, Deisdrite, Mandelstein, Onïx, Saphirine , 
Sarda, Sardonyx, etc. 

Les ouvrages de calcédoine ne sont que desobjets de luxe. 

Lorsque la calcédoine est associée à la SARfioiNE, en 
bande bien parallèle, c'est ce qu'on nomme Sardomyx ou 



s I L i>9 

Calcbdonyx. Oh lui dbhnë aussi le nom d'onyx, tjuelle qnt 
soit la couleur des autres couches avec lesquelles elle est as* 
sociée. On nomme ^âm^^ , mot corrompu de «am^^iia , ap^ 
pliqué dans la même circonstance par les Arabes , aux onyx 
gravées en relief> c'est-à-dire chez lesquelles la figure et les or- 
nemens sont pris dans des couches supérieures j et posés snc 
une couche inférieure d'une autre couleur. On nomme i/itoiY/^^ 
les pierres qui sont gravée» en creux , et ceci s'applique à 
toutes les agates comme à toutes les substances sur lesquelles 
on grave. Chacun connott le haut prix des camées et des 
intailles en agate. On sait que les anciens ont fait un très- 
4grand usase de ces pierres. Les Romains sont ceux qui, 
de nos temps j s'adonnent le plus k ce genre de travail, et 
ils comptent des artistes éélèbres. On reconnoît souvent 
la touche moderne ; ce quittent probablement h ce que lesan- 
ciens ne cpnnoissant point l'usage de la pondre de diamant , 
n'usoient qu'avec peine la pierre , et se tronvoient, par con^ 
séquenty à même de mieux corriger leur ouvrage. L'art de 
graver sur pierre n'est plus aussi difficile que chez les an- 
ciens ; mais il paroit qu'il est bien plus difficile d'atteindre k 
ieur perfection. Nous renvoyons au catalogue du Musée de 
M, de Drée (1811. i vol. in-4.") , le lecteur curieilxde pren-^ 
dre une idée de l'ensemble des travaux des artistes de diverses 
.époques 4 depuis les temps les plus anciens jusqu'au temps 
actuel. On y trouve indiquées des pierres travaillées par les 
artistes les plus célèbres, ou qui , par leur travail, méritent 
d'être remarquées. 

Les onyx d'une grande dimension se payent fort cher , 
même lorsqu'elles ne sont point gravées. L'on cite l'onyx 
dans le cabinet électoral de Dresde, qui a quatre pouces en 
carré , et qu'on estime 200,000 fr. 

On cite également une pierre de MâcVst , ou calcédoine 
dendritique , du prix de 249^00 fr» Celle qu^on voyoît dans 
le cabinet de M. de Orée, à Pa^s, étoit un ovale de 4^ niil^ 
limètres , sur 87 mill. ; elle fut vendqie publiquement ajjoofr.; 
elle est figurée dans l'ouvrage que nous venons de citer. 

Nous nous arrêterons un moment ici pour attacher l'at- 
tention sur la nature des dendrites et arborisations qui se 
voient dans les calcédoines comme dans les agates. £n géné- 
ral , elles nous paroissent dues à des infiltrations métalliques ; 
mais pour^bieux faire ressortir les opinions émises sur 'les 
calcédoines arborisées , nous allons donner l'indication de 
leurs principales sortes. ^ 

A. Cala, dendritiques arborisées proprement dites. Des ra- 
mifications intérieures noires ou rouges , qui se développent 
en tous sens ou sur un seul plan , de manière à imiter 



i«o s I L 

voke confenre marlae , par exemple le camnùan m^opanum^ 08 
lise mousse avec des aspérités le long Ats brancbea, qui 
ûnîteat^pieliqiiefiDis les porâtesdles fetûllea da ^agnnm eapii^ 
loceum, D'aulre fois on voit le long de ces branches liérissé«», 
de petits ^obvies, que l'on seroit tenté de prendre pour dea 
-graines. Nous avons vu ^souvent cet accident dons les pieirea 
de Moka;, et c'est probaÙement ce q« a fait dire qa'elios con* 
teaoient le ikhem rangifernnus^ L. on paschniis , L. 

B. Cale, dendriiiqm palmée. Dans celle-<:i , les den^ritos se 
développent en forme de foutllca lobées zonées , qui iiniteat 
en petit Vuha pm^omm ou «île uive q«dconque« Ces paknea 
aont ordinaireinent faaves ou branes , et rarement roaigesèâ^ 
transparence. 

G. CaU mousscwe. L'Intérieur de ces calcédoines est rem* 
pli de filamensentrecroiséoetembrouillé^, lorsque lesfila*- 
jnens sont verts on les preodroit ponr èe% c o nfe rvea d'ean 
•douce. U yen a aMssi de faunes et de rougcs.La pief re memphi^ 
iû des anciens edt une calcédoine mobsaeuse et ^lamenteusc 
D. Cale, pictée o« poiatmèe. Calcédoines marquées de 
iâchei ou points épars brune ou roùges « qui res^rablent à àe% 
taches ou des gouttes de sang. On Tes aommoit jadis sHgmites 
et pierre de Saiut-Ëtienne. 

il nous semble que tous ces accidens sont dus à des infil- 
trations postérieures ou conteinporaîiie6 à la fonnation de U 
calcédoine ; qa'ils sont essentiellement dus au fer dans divers 
^tats d'oxydation et uni à du manganèse (les arborisations 
A noires) ou à un peu de silice. A mesure que la calcédoine se 
fohnoii , les dendrites ont puae créer, et les substances fer- 
rugineuses s'interposer dans les interstices de cette pierre ^ 
tantôt sur ded^plans , tantôt dans les fils. Il* sulBt de se rap^ 
peler les gisemens des calcédotncs pour ne pas douter queles 
dendrites ne puissent être dues à d'antres causes. En effet, les 
roches primitives et les roches de transition » qui offrent les 
agates herhorisées, ne contiennent point de corps organisés., 
>as même celles dont on poorroit prouver la voicaoieité ou 
a formation récente. Les rognons de calcédoine et d'agate 
y sont presque toujours enduits d'une matière verte ter- 
reuse , de la natute de la terre de Vérone , mais impure; on 
vok pénétrer cette misère dans la calcédoine , et on y a la 
preuve claire que it% ^amens verts ne sont pas de la même 
matière. On pourroit donner d'autres eiscemples dh faveur de 
l'origine ét^ dendrites de calcédoine par infiltration ; mais les 
deux que nous rapportons nous semblent suffire. Ainsi doncnous 
sommes lom d'être de l'aris de Dutens , Dauben(on>» Lenz^ 
Blumenbach et Macculoch. U est rrai que Dutens dit qu'il 
est parvemL à bdlcr des dendrites noires , et qu'eUos ont 



f. 



s ï L i8t 

bràlé cammt in tkmAonj éù cdiidtxit me oieur êé Iriltme ; 
mais ce bitume loi même lie pouvoit-il pas avoir éîé iDfitirë. 
Les catcéclaîdefi' de la CkUea en Daourie» celles de Pent 
du Château tn Auvergne, le prouvent ; d^aîllenr», l'odeur da 
bitune n'est pas no caraetère des végétaux fo^iles , il s^en 
fout de beauconp. JLeoz dit , que les calcédoines arboriséea 
àe$ anr^gdaloïdes d'Oberstem contiennent le licben des 
rennes , des eonferves , des bynes et des brynm , c'est* 
à-dire àe$ plantes terrestres et des plantes aquatiques; 
comae nons avons pu examiner botaniquement ces infiltra* 
tions, nous pû«vo»s assurer qu'il n'exige rien de pareil. Nous 
nous fiattom d'avoir pu examiner de très-belletf pierres de 
Moàa, et entre antres celles qui appartiennent à M. le comte 
Siracosky , et dont les dendrifes avoient plusieurs pouces de 
développement , et nous ne saunons ^e du sentiment de 
Blumenbacb , de MoU et de Maccnlocb , qui y voient des 
plantes cryptoaames ; ce dernier même ajoute avoir vu 
dans une agate la fmctificatîoli d'cme plante inconnue, res* 
semblant à celle do spargBfdmm êrêdum. 

Nous réfutons encore que ce so&eot des prodoits ankaaux. 
L'on voyoit dans le cabinet de M. de Joubert^à Paris, un man* 
eke d^ couteau en calcédoine , qui contenott une branche , 
disôTt-on, d^unc espèce de plante marine , le gorgoniapefrwHh 
M, linn. Cette pièce a été acquise par M. de Drée , en 
même temps que le cabinet de M.de Joubert,et l'ayant eue à 
notre disposition, nous pouvons assurer que la branche co- 
ralloïde qu^on voyoit dans la calcédoine y n'étott rien moins 
que le zoophyte auquel elle ressembloît au premier abord. 

On sent que dans«cette discussion nous n'avons pas en^- 
t^ndu parler des calcédoines pseudomorpkiqQes , ou plus tAt 
des silex en général , qui viennent s'infiltrer dans les cavités 
abandonnées par des coquilles , des graines, du bois, etc., 
et qui se revêtent de leur forme ; celles-ci appartiennent à 
des terrains secondaires, souvent même les plus récents , 
et qui sont communément remplis de débris de corps orga* 
nîsés. 

Mais revenons aux images des calcédoines. On en fait des 
vases , àts tasses avec leurs soficoupes , des boites ^ etc. Ces 
vases et ces tasses tirent leur mérite de l'orient de loqr pâte , 
et du moins d'épaisseur qu'on peut ieur donner. On prise 
moins ceux qui sont épais; il faut qu'on puisse jouir de la 
beauté de leur pftie vue à la lumière. La calcédoine propre 
à ce genre d'objet,,rest commiœénMnt un pen blonde onà 
même couleur de corne. 

Dans l'nsage ordinaire on fait avec la calcédoine ûts pen- 
dans d'oreilles, des colliers , des clefs démontre, surtont , 



»^2 S I L 

ei autres objets de eelte espèce. V. CACHOLOtiG et Silex rÉ" 

SIKITE GAC90LONG. 

II. La QoJ^TKKLï^^^Achates cameoius^ Wall. — Comaliae^R. de 
L. — Quart ctgaU cornaline , Hauy. — Karrœol^ Wem., Rcuss. 
— Carnelian , Kirw., James., etc. L^on a déjà dit deux mots sur 
cette variété d'agate 9 à l'article Calcédoii^e, et tout ce 
que nous avons dit aux articles smrda et sardonyx , en com- 
pléteroit la description , si nous n'avions quelques légères 
additions à faire à ces articles. 

La cornaline est essentiellement rouge, avec toutes les 
nuances , depuis le bl^nc rougeâtre jusqu'au rouge de sangle 
plus foncé ou la oouleur de feu; il y en a de laiteuse et de jau- 
nâtre. Elle a une translucjdité quelquefois assez forte ; mais 
elle est njoins rarement mamelonnée que la* calcédoine , de 
laquelle elle se dislingue , en ce qu'on ne la trouve pas en un 
aussi grand volume, très - rarement mamelonnée, et en 
général par sa couleur rarement d'un ton égal, surtoul 
dans les grands morceaux. Sa pesanteur spécifique est la 
même, quelquefois cependant un peti plus foible; elle varie 
de a, 33 à 3,58 , selon Karsten ; Brisson l'a trouvé de a,6o à 
2,62. • 

Une variété de cornaline analysée par Bindhein étoit com • 
posée : de silice 94. ; d'alumine , 3,5e> , et de fçr o, 75. 

• La cornaline accompagne la calcédoine et les agates dans 
leurs divers gisemens. Elle est communément en rognons 
dans les* roches de transition. Nous en avons vu de 
très-belles de l'île de Féroè' et de Scutari^ qui est Tancienne 
ville de Chalcédoine. 

L'on préfère la cornaline à la cal^doine pour faire les 
objets de parure ; on estime mieux les cornalines rouges et 
roses , surtout pour les colliers et les pendans d'oreilles ; 
leur couleur flatte plus agréablement les yeux. Dans ce genre 
d'emploi , on ne les laisse jamais à facette; on leur donne 
la forme de poire ou de perle , du moins ce sont les formes 
les plus convenables \ on les guilloche également. Les cor- 
naliq^es pures et foncées en couleur servent à la gravure et 
^'emploient spécialement en cachets et clefsdemontre.Comme 
on ne les a pas souvent d'un fort volume, oa ne peut guère en 
faire déplus grands objets. Nous citerons comme une chose 
fort rare deux très-petites tasses avec leur soucoupe en très- 
belle cornaline rouge , pure , sans aucun mélange d'autre 
couleur , qui faisoient partie du cabinet déjà cité de M. de 
Drée.Dans le commerce, on nomme cornaline de vieilles rocher 
celles qui sont d'une belle couleur et d'une pâte pure , sans 
nuages ou sans ces reflets nuageux qui plaisent tant dans les 
calcédoines. Les autres cornalines sont appelées de now^elles 



s I L i83 

roches. Nous avons annoncé et pfoavéf ii Tarticle sarda^ que, 
sousce nom , les anciens comprenoienl nos cornalines et nos 
sardoines , et nous avons exposé en combien de variétés oh 
pent distinguer les cornalines avec les artistes italiens. Parmi 
ces variétés notons les cornalines blondes; elles tiennent le roi- 
lieu enUe la calcédoine, la cornaline et la sardoine, et il ar- 
rive souvent que dans un morceau de cornaline ou de sar- 
doine , une partie est d'une teinte et Tautre d'une autre , 
c'est-à-dire blonde ou jaune , et rouge foncé ou rose. 

L'on travaille beaucoup les cornalines comme toutes les 
autres espèces d'agate, à Oberstein, dans le ci-devant dé- 
partement de la Sarre ; mais toutes ces agates ne provien- 
nent pas du pays ^ surtout la cornaline ^ quoiqu'elle n'y soit 
pas rare , et qu'elle nous en soit apportée tous les ans en fort 
grande quantité. Comme dans ce pays l'on a cfes înoyefns de 
tailler et de polir les agates à très-bon compte , on y en 
adresse de brutes de diverses parties de l'Europe , et elles 
reviennent taillées et> polies : voilà comment s'explique ce 
qui est dît dans certains ouvrages , que les cornahnes d'O- 
berstein proviennent du Japon. Effectivement les Hollandais 
apportoient autrefois de l'Inde des agates roulées qu'on 'fai- 
soit tailler à Oberstein , et qu'on transportoit de nouv'eati 
avec les agates d'Oberstein même dans l'Inde et en Amérique* 
L'on voit ce genre de parure parmi les peuplades de certai- 
nes îles des Indes-Orientales et de la mer du Sud , et même 
du continent d'Amérique , qui portent des colliers de corna- 
lines brutes , assorties seulement pour la grandeur, et irré- 
gulièrement percées. Pline rapporte la même chose des peu« 
pies de l'Inde , à l'égard des sarda ; et de son temps, comme 
du nôtre , il paroit que les Européens pri^oient davantage 
ces pierres. 

La Bohème , la Saxe , File de Corse! , l'Ecosse^ la Sibé- 
rie, la Hongrie-, l'Asie mineure , présentent des cornalines 
et des sardoines , soit dans les trappsamygdaloïdes , soit en 
cailloux roulés. C'est principalement en cailloux roulés que 
ces pierres se trouvent à Surinam, à Java , à Ceylan, à 
Cambay et Surate dans l'Inde, dans la Tartarie qui avoi«- 
sine la Perse , en x\rabie , sur les bords de la mer Bouge , 
aux environs du Caire', etc. Ce sont, dit-on, les plus belles. 

Il ne faut pas confondre la cornaline avec le silex corné 
rouge, ni avec Icsinople , variété du ^uarz hyalin ferrugi- 
neux. Werner décrit uue cornaline fibreuse de Hongrie. 

111. La SaRDOIN£ {Quarz^agcUe sardoine j Haiiy. Variété 
de la cornaline , selon Wern. et presque tous les minéralo- 
gistes élrangers ). La sardoine ne dUfère de la cornaline que 



i8; s T L 

par SA couleur rdc^e Irèl-fosoécy quelqnefeU couleur èe 
marron, cl par son coup d'œil brun ou noir. Elle se trouve 
dans les mêmeâ circonstances que ies cornalines roulées. 
£lle est lrès*recherc)iée pour la i^avure ^ surtout lorsqu'elle 
est à couches blanches et brunesHrougeâtres. C'est la vraie 
«ardonyx des modernes. V. aux articles CÀLCÉnoiNi;>SA&i>A 
et Smidonyx. 

IV. La Chrysoprase ( la Otjys^fmst , R. de t, ; Krûo^ 
prasyW ern.\ Quûn-mgaie-pr^sê^ Hatty; Chytaprasium^ Wern^ 
jCirviT.; Chryseprose^ James.)» Cette pierre a été décrite à Tar- 
ticle Chrysoprase; nous ajouterons que, parmi les substan- 
ces qui raccompagnent, on cite Is^piméiile que Werner a fini 
par considérer comme une variété Atspecksidn^ et le razou* 
Thqffskîne ; celui-ci , d'après l'analyse que John en a faite , 
est composé*de : silice, 5o; alumine, io,88 ; eau , 30 ; oxyde 
de nickel, 0,75; magnésie , oxyde de fer et chaux, 2 ; potasse» 
10,37. Il faut substituer cette analyse .î celle que nous avons 
donnée à l*arlîcle ratoumqffskine ^ et regarder notre conclu- 
sion comme non avpnue. 

V. Le Plasma ( Plasma , Werner , James. , etc. ; Quarts 
9^aU êolcédoine vert obscur^ Haiiy; Plasma des Italiens). Cette 
pierre est décrite à l'article Plasma. 

VL L'Héliotrope {Jaspis vanegaiUn hetiotropius ^ Wall.; . 
i^uarz jaspe sanguin^ Haiiy; Héliotrope Wern.; Héliotrope^ Ja- 
mes ; Bloodstonef Kid. ). Il a déjà été parlé de cette pierre à 
l'article Heuotropi: et à l'article Jaspe. Nous avons fait re- 
marquer qu'on ne devoit pas la confondre avec le Jaspe san- 
guin. Il est vrai de dire cependant que ces deux pierres 9e 
rapprochent infinino^nt, et qu'elles ne diffèrent au fond que 

fiar leur degré de translucidité, qui esta peine sensible dans 
jaspe sahguirf , tandis que l'agate héliotrope est quelque- 
fois forteinent translucide. 

La couleur de Théliotrope est le vert plus ou moins foncé, 
quelquefois nuancé de jaunâtre. Il est quelquefois taché ou 
ponctué , ou bariolé dé rouge foncé , de jaunâtre ou de di- 
verses teintes de vert. Il se décolore au feu. On croit que c'est 
une calcédoine colorée par delà chlorite verte , c'est-à-dire 
par cette terre verte dont nous avons parlé dans nos observa- 
tions sur les calcédoines dendritiques. Sa pesanteur spécifique 
est la même que celle de la calcédoine ou un peu plus forte .* 
elle est de 2,6a à 2,7o.Selon Tromsdorf, l'héliotrope contient, 
silice, 84; alumine , 7,5o; fer, 5,oo. On ne sait pas grand 
chose sur le gisement de l'héliotrope \ cette pierre se ren- 
contre dans les trapps comme la calcédoine, et elle l'accom- 
pagne. On en trouve en Sicile, en Sardaigne, en Bohème 
{tn filons à Jaschkcnberg ) , en Transylvanie , dans le Pala- 



. s I L i85 

tkiat, ^tm^ncYar^mtffl; en Irindc^ en EcoaM, eti Sibërre, 
•B TarUrie , dan» la B«ickarie ; am Vmàktpit aassi dans Ig 
reyauitie de Giu^krate dans l'Inde. 

Les anciens ont parfaitement bien eonno rbëHotrope ; ils 
4e tiroient de TEthiopie. Dmis les preniiers «ècles de Tère 
cbrétienaie , on a benaeonp employé c^e agate pour re* 
présenter des objets d^ sainteté , et noftaauMDt le Christ 
Hagelié on des Martyrs. Les taches ronges représentoient les 
gootles de sang. Souvent , anrerers de la pierre , on rojoît. 
la Vierge. On connett aussi deshoroscc^eset des pierres gra* 
vées antiques en héHotropeâ et en jaspes sanguins; mais elles 
ne paroiasent pas être d'une haote antinuilé. Maintenant, on 
fait avec rhëljolrope de» bottes , desnacons^ des clefs de 
fBOAtre t des cacbets^qui sont d'autant phi&prisés» queThélio* 
trope estd'nne conleurplni égale,d'nn vert agréable, avec des 
tl^bes et êe$ points rougeitres vifs. L'héliotrope prend un 
très^beau poli ; le plus estimé se tire du Guzarate et de la 
Buckarit , e'est-â^ire d'Asie. Pline- nous apprend qu'on le 
nommott héliotrope (tournesol, en grec) , parce que l'on 
l'en çenroil pour observer le soleiL 

Vil. L'AoATB vEjasLûOLdiiEott jâspAb (jtf^^jltfj^îtf, Wem.; 
.Agaiejmsptr^ Wem.; vnl^.AgaUûnpi; ponctuée^ pémarhée^oeinéep 
Tubanèt^fyu^e , tlenériii^ , J^pét^ «te). C'est l'agate com^ 
mune » celle qui tient à la fois à la cornaline, à lacalcé* 
doine , etc*, parce qu'elle est on mélange dea couleurs de ces 
pierres , desquelles elle ne diffère pas par sa natitre. On a 
indiqué ses variétés à l'article agate. Les agates orienta- 
les, celles qui ont une pâte translucide , moelleuse et nua- 
geuse , sont beaucoup ph» estimées ; comme b calcédoine 
et les comaluBes orientales , elles sont pusceptiblead'nn plus 
beau poU, i(t ont nn conpd'esil luisant^ onctueux , qui platt; 
Tcteil même éemble pénétrer la pierre et y entrevoir la déli- 
catesse de la pâte. Les agates vulgaires sont conimunément 
moins brillantes , et qno>ique leurs couleurs soient vives , 
elles ont «n cdup d'œtl sec qoi flatte moins ; elles sont aussi assez 
s(fuvent trés-peu translucideB. C'est à ces agates que s&rappor- 
tout lea nombreuses variétés à'*athaUs , citées par Pline, le 
ImcachaUs, , le sardaehatcs , le coraUoachiÊies , le leontia$ , etc. 

Les agates se trouvent dans les mêmes gisemens que les 
calcédoines , lea cornalines. On trouve à Rocklitz , en Saxe , 
une tr^s-belle brèche d'agate rubanée, avec du quarz amé« 
thyste. On emploie les^ agates versicolores aux mêmes usa* , 
ges que les antres variétés d'agates^, mais elles donnent des 
objets moins prisés et de moindre valeur. En Europe, les 
agates d'Oberatein et celles de Sicile sont les plus en usage. 
On en emploie beaucoup en Italie pour la mosaïque* 



i86 S I L 

Collîni a donné la description des mo^ns employés à Obers- 
iein pour tailler le» agates. Ce travail s'exécute sur des meu- 
les de grès verticales , mues par un courant d^ean. L^ agate 
•^nse au grés , puis on la polit sur une roue de bois tendre v 
avec du tripoli rouge , qui paroit être la roche à agates , ré- 
duite en poudre. M. Faujas a décrit anssi ce travail dans le 
tome 6 des Annales du Muséum. 

Les cornalines , les calcédoines et les agates de plusleocs 
couleurs, se trouvent en Sicile, à peu près dans les mêmes 
endroits que les jaspes, à Giulana, Montréal , Adragno, Ce^ 
*falu, Cahabuturo , etc. La Sardaigne en présente aussi une 
grande abondance. Azuni rapporte que dans le comté de^ 
oindia , la terre en est couverte; que du côté de Castel-Sardo 
on trouve souvent des stalactites d^agates assez volumineu- 
ses, mais impures; qu'il y a aussi des agates arborisées. On en 
recueille également du côté de Monte-Fcrro, près Iglesias*» 
dans la vallée d'Ovida, territoire de Founi, et dans U Pla- 
nargia. Azuni assure qu'on trouve , dans plusieurs parties de 
cette île, un grand nombre de ces pierres gravées en creux 
par les anciens ; mais l'on ignore d'où ils les tiroient. Nous 
avons fait observer à Tarticle sarda que quelques auteurs ont 
voulu que cette pierre tirât son nom de l'île le Sardaigne , et 
il nous semble avoir p^uvé que cela ne poWoit pas être. 
Nous avons fait remarquer en outre que tous les plus anciens 
auteurs, qui ont parlé de la sarda sous ce nom, ont fait ap- 
porter cette pierre d'Orient , bien avant qu'on eût connois- 
sance de la Sardaigne ( les Hébreux). Aucun d'eux n'a cité 
l'île de Sardaigne , pas même Pline , qui n'y auroit pas 
manqué. Il est donc plus que certain que l'étymologie don-^ 
née du nom sarda , qu'on tire de celui de l'île de Sardaigne, 
est une étymologie moderne enfantée par la ressemblance 
des noms. 

Santi a o^^servé des agates roulées , ainsi que des jaspes de 
la plus belle qualité, dans des couches puissantes de terres 
argileuses, à Mont-Alcino, en Toscane. Pallas a reconnu 
beaucoup d'agates roulées parmi les cailloux qui sont à 
rcmbouchure du Volga. On observe sur la côte du Cap- 
Nord des agates arborisées fort belles ; on y trouve aussi des 
calcédoines, comme dans les îles Breedefiord , ainsi que 
des onyx. En Islande , à Tindastol , on en rencontre égale- 
mcnt^ainsi qu'à Féroë; elles sont aussi accompagnées de prases 
de quarz caloédooieux , et comme à Oberstein et en Tyrol, 
^e chaux carbonatée et de diverses espèces de substances zéo- 
lithiques, chabasie, apophylite, etc. 

Les agates sont disposées sans ordre ou en couches înter* 
rompues dans les rpches (jui les contiennent. Nous avons va 



s I L 187 

aussi qu^ elles entre ut dans la composition de certaines amyg^ 
daloïd^s. 

§' II. Silex k pâle grossière', où silex proprement dil| et^ 
. cailloux. 

Ils n'onMas le tissu homogène > fin, serré et agréable àt% 
pierres qui viennent de nous occuper. Ils ne jouissent pas 
non plus deja même translucidité ^ et leur couleur n'offre 
jamais la vivacité et l'éclat de celle des agates, e#leur poli 
est loin de briller du même éclat ;^ussi tous ces silex ne 
sont-ils pas «employés dans les arts * luxe ; en revanche, ils 
ont désavantages infiniment plus importans, ils foumis- 
sieiit les meilleuréts pierres à fusil , d'excellentes meules de 
moulin à moudre les graîns; ils entrent dans la composition de 
certaines faïences fines ^ etc. ; avantages qui nous les rendent 
4ilus utiles et plus précieux. 

. Les silex , excepté les silex jadien et corné , ne se trouvent 
que dans les terrains secondaires et même les plus récens,' 
ce qui est encore un caractère qui les distingue des agates. 
, Un peut les diviser aipsi qu'il suit ; 

Silex jadien ; 

Silex corné ; 

Silex commun ou pyromaque ; 

Silex molaire ou meulière ; 

Silex nectique ; 

Silex calcarifère ou silicicalce. 

I. Le Silex JxmE^ {Silex jadien et prasien j Dolom. « 
Brogn.). Le silex jadien est^ de tous les silex grossiers, celui 
qui se rapproche le plus de l'agate. Sa couleur générale est 1q 
Yfsrt-jaunâtre ; elle passe au blanchâtre et au grisâtre. Sa 
cassure est conchpïde , tantôt raboteuse , tantôt lisse et uâ 
peu luisante. 

Nous réunissons ici les silex jadien et prasien de Dolo-i 
niieu. 

ïiC silex jadien est celui qui a la cassure conchoïde et lisse 
du silex pyromaque ; mais sa pâte est infiniment plus ho- 
mogène , et il prend un poli vif et un peu luisant comme 
celui d<^ agates verles. L'échantillon sur lequel Dolomieu a 
établi cette variété de silex, et que nous avons vu dans sa( 
collection, provenoit de Monte -Ruffoli, près de Volterra*, 
en Toscane. Les Italiens l'emploient sous le nom de plasma 
pour graver dessus; et en effet, ce silex est susceptible de 
fournir des pierres d'une assez bonne dimension (un pouce) , 
dont la couleur est bien uniforme , qualité précieuse dans uuq 
pierre propre à la gravure.^ Nous avons dit k l'article Plasma 
que ce silex contepoit des coquilles^ el qu'il jpouvoit appaç-s 



i88 S I L 

t€ti>r ^ «nse ^e ces fennalions récentes qn^on OômmeilVau 
douce. 

Le silex prasien àe Dolomieuf autant que nous povvoni en 
jug^ d'après les échantSlIons que nous avons vus dans la col- 
lection de ce célèbre géologue, nôusparoît d^Mr rentrer 
dans le silex corné. ^ 

Ces échantillons prorenoîent de Pîlc d^lbe. Leur cassure , 
qaoiqae conchoYde , est esquillense , raboteuse, ^ même grc- 
Diie dans quelques parties; leur jtottleor varie entre le vert-* 
jatme très-pâle et le vei||pbtache ; cUq passe aussi au blanc , 
au roogeâtrc , au gris. 

Dans la même !le se trouve aussi dn qnart-hyalin* verl- 
obscur ou prase,et des variétés fibreuses ou grenues ou à gros 
grains, qui forment le passage entre le Alex prasien et la nrase. 

Certains échantillons de silex prasien ressemblent beau- 
coup k la chrysoprase. Quant à leur couleor, ils la doî-* 
vent an fer; tandis que la chry'soprase t%t colorée p^r le 
nickel. 

Nqus trouvons la frius grande ressemblance entre ce jsîlet 
et certaines veines vertes, siliceuses ^ qu'on observe dans la 
brèche quarzeuse et granitique qui forme le sommet de la 
pente sud de la montagne des Ëcouchets , entre le Creusot et^ 
Couches. L'on sait qde cette brèche Yenferme le chrÔme oxydé 
siliclfère. Elle contient des reines et des fragmens d'un quarz 
grossier y coloré en beau vert, ainsi que des parties plus 
compactes analogues au silex prasien. 
' II. Le SitEX CORNÉ {FetrosUex^ Wall, en partie; Quùtz^ 
Agate grossier, Hatîy; Kératite^ Dalem. ; Hùmstem, Wem. , 
Karst. ; Homsione, James.). 

Le silrt corné est peut-être la première pierre qui ait ét^ 
iTommée pétrosilex ,' et ce nom généralisé depuis à des ro- 
ches compactas , dures et en masses comme le silex corné , 
4 donné naissance à la confusion qui règne à Fégard de ces 
diverses pierres dans les auteurs , et, dont nous avons cher- 
ché à donner une idée aux articles pétrosilex et heifistein» • 

Le silex corné est une pierre absolument infusible au feu le 
pins violent. lise présente en masse on en rognons <|ui offîreiJt 

Eresque toutes les couleurs, rouge, jaune, blanche f gfise, 
leuâtre, verte, etc. Il se présente quelquefois sous des formes 
régulières qu'il emprunte h d'autres substances , comme 
nous le dirons tout-à-lTieiirc. On lut a donné le nom de silex 
corné parce qu'il a le plus souvent la demi^ transparence et 
surtout la cassure écaillcuse de la corne ou de la cire, quoi- 
que sa contextnre n'ait pas toujours lia finesse que semblent 
exiger de pareilles comparaisons* Sa cas$urc est conchoïdale t 
à surface marquée de nombreuses levures ou esquilles, qui 



s I L '^ 18, 

prennent nne cauleur grisitre qui trancbe sar la couleur 
propre à la pierre. Il esi trèstdùr et se ca«se di£Qcilement« 
Son ayect est mat, quelquefois cependant un peu luisant, 
ou même semi-vitreux. Il est plus ou moîo« translucide sur 
les lM>rds, quelquefois même il est translucide^ et stf rappro- 
che alors du quart. On le brise difficilement ; ses fragment 
ont des arêtes vives. Le quarz et même le silex pyrqmaqutt 
Teniaiixeni ce qui prouve qu'il est un peu plus tendre ; ce* 
pendant il fait vivement feu sous le choc du briquet. Sa pe.- 
sanieur spécifique varie entre a, 53 et a, 63. 

Nous n'avons point de bonnes analyses du siifii corné. 

Nous le diviserons en trois variétés principales^ que 
nous désignerons par silex corné écailleux , silex corné 
cpocfaoïde et silex corné grossier. 

A. Silex coi.siê écaillkux ( Peinsilex s^uamosusy Wall. ; 
SidiUn^r homsUin , Wern. ; le Hitrmtein écailUux , BrocL ; 
^plinUry hornstoiu, Jameé.). Il se distiogue principalement 
par sa cassure écailleuse à écailles nombreuses , petites ou 
très -fines ou très -grossières. Il est massif ou en rognons; 
il se^présente aussi avec «des formes qu'il emprunte à la ch^px 
carbonatée et à la chaux fluatée. Les formes les plus ordi- 
naires sont celles de la chaux carbonatée lentitulaire ^ 
prismatique^ métastatique , de la chaux fluatée octaèdre : 
ses cristaux pseudomorphiques sont de$iâ;nés par les Al- 
lemands ^ soos le nom de Hanidn crisialKisé, rions atont 
exposé à Tartide du QuAftsK htaLik psEunoMORPurQuc ^ 
vol. 18, p. i^i, ce qu'il falloit penser de cette dénomination 
et du mode de formation de ces cristaux ; nous y atons dit 
aussi que Je silex eomé et le quar^ pseudomorphique passent 
de l'un à l'autre. 

B. Silex icontii towcnoTOE {Peuosllex ctquabiUs, Wall ; 
Muschliger hornstein y Wern.; Conch^tdal hornstome ^ James. )< 
Il tte diffère du pcéoédcat que par sa conteatvre- on peu vi- 
treuse et quansense , par sa cassure largement conch<^rde oft 
plaoe^et parce qu'il est un peu mrâu dur. Il se présente aus4 
soùsdes brmesempnMtées k la chaux carbonatée et àla chant 
fiuatée. SeloQ Hoffiaann, il ne cottstiiue jamais de montât 
gnea ni de veines à lui seul ; il <st eo iUB MM ié inent par petîtea 
parties dans d'a«t«^es r«ches«. 

Ces deux variété du silex corné st trouvent 4ai«B les mon* 
tngnes primitives , dans les êkons métalliques et dans ks &r«- 
rains 4e tk*ansitton. Il forme, dans les aoaiagoea primitives « 
des fiUns puissans qui renferment des mines d argent, de 
plomb) de sine, de cuivre et de fer. On en observe aussi des 
fiions et de grandes masses dkans les roches calcaires et dans 
<^tainspoipkyi«s ; «mm, dans eetie «monstance » il faitt «e 





( : 



lâo ' s I L 

rappeler que le silex corné est in^aslblet carlesAUemands otit 
nommé hornstein-porphyre le pétrosilex silicîforme porphy- 
ritique , parce qu'il a Tapparence du silet corné. Cepeil- 
dant Jameson persiste à maintenir une espèce de por- 
phyre à base de horastein , et il cite les porphyres de Dan- 
nemora et de Gaspenberg en Suède, et de Hongrie. Ceux de 
ces porphyres que nous avons pu examinei", contendient beau- 
coup de cristaux de feldspaih, des grains de quani ; leur p.1te , 
essayée au chalumeau, a fondu en un verre blanc on grisâtre « 
quoique souvent avec beaucoup de peine. Un hornstein por- 
phyre, trouvé dans les collines des monts Ëuganéens, par ï^o- 
foxnieu , a été le plus réfractaire de tous ; cependant il a fini 
par se fopdrè en un émail blanc huileux. Ce porphyre con- 
tenoit beaucoup de grains de quarz , du mica en lamellules 
noires, très -petites et fort rares, et du feldspath ép^rs en 
petits grains rosâtres. Nous pensons donc que Ton doit ex- 
clure du stlex corné le horstdn porphyre des Allemands , 
qui n'est autre chose qu'un porphyre à base de pétrosilex 
très-peu fusible. 

^e silex corné, le quarz, l'agate, le jaspe , la calcédoine , 
se présentent souvent dans les mêmes filons, et présentent 
tous les passages de l'un à l'autre. « 

Les mines de la Saxe, de la Bohème, de Hongrie, de 
Bavière, de Norwrége , de Suède, celles de France , pré^ 
sentent le silex corné; la mine d'argent de^méof dans T Al- 
lai, et beaucoup d'autres mines des Monts Durais, ont le silex 
corné pour gangue. C'est à Schnéeberg, en Saxe > qu'on 
trouve les plus belles pièces de silex corné pseudomorpbique. 
11 existe dans les filons de plomb de Huelgoët en Bretagne , 
un silex corné d'un beau blanc jcalcédonieux avec des veines 
grises, etc. 

C Silex corne grossier. Nous donnerons ce nom k 
des silex qui tiennent le milieu entre le vrai silex . corné et 
le silex commun pvromaque , et qui se trouvent dans nos 
bancs de pierres calcaires. 11 a la cassure beauGoup plus ra- 
boteuse, très-inégalement plane. Son tissu est çà et U un peu 
vitreux. Enfin, comme dans toutes les variétés du silex comé^ 
il offre souvent des cristaux de quarz imperceptibles à la sur^ 
facj de ses cavités ou de ses pores. Il est brun on grisâtre,ra- 
rement rougeâtre. Ce silex forme des bancs et des lils dans 
les couches de sable et les marnes qui recouvrent la forma* 
tion du calcaire grossier marin ^ par exemple à Passy , à 
Saint-Cloud , au mont Yaiérien. Il nous semble qu'il seroit 
infiniment convenable d'y rapporter le quarz-hyalin lenticu-^ 
laiçe ; car sa pâte , dans certaines parties, à tout-à-fait l'as* 



s I L 191 

pect el la consistance de celle da silex dorné pseudomor^ 
phîque de Schnéeberg en Saxe. 

Saussure nous apprend ( ^* § ^^9i) V^^i^ donne le nom 
de Néopèlte au hornstein de Werner , qui se trouve par 
veines et par rognons dans les montagnes secondaires. Ce 
nëopèlre est aussi son pétrosilex secondaire, et cette déno- 
mination nobs indique qu'il s'agit d'une pierre fusible, el par 
conséquent que Iç silex corné et le néopétre sont deux pier- 
res diJTérentes. Il tend à faire croire que le pétrosilex se- 
condaire est de la même nature que le pétrosilex primitif^ 
c'est-à-dire, un feldspath compacte. Or^ les exemples cités 
par Saussure lui r> même , ne nous laissent voir qu'un silex 
mélangé de calcaire, et qui, par cela même,devient fusiblc,et 
e'e^t Saussure lui-même qui fait cette remarque. Il est donc 
nécessaire d'abandonner ici tout- à fait le nom de pétrosilex 
secondaire qui se trouve ainsi appliqué k faux par Saussure et 
peut-être môme* alors par Dolomieu , qui, au reste , s'est 
parfaitement expliqué ensuite sur «on pétrosilex secondaire 
qui est vraiment à base de feldspath. Saussure paroh avoir 
eu une fausse idée du hornstein de Werner, car il le con- 
sidère toujours comme une pierre secondaire» et c'est ce oui 
est loin d'être toujours vrai. Nous pensons que le néopèfre 
de Saussure n'est même pas le hornstein de Werner , et 
l'exemple qu'il cite du pétrosilex secondaire k couches con- 
centriques de Vaucluse , nous semble le prouver encore ; et 
la propriété que ce sikx a de fondre au chalumeau, quoique 
très-difficilement, est encore duc k di) calcaire. Nous croyons 
donc que le néopétre de Saussure et le sUkicalce du même 
auteur, ne sont point du hornstein et doivent en être distin* 
gués ainsi que du pétrosilex proprement dit 9 avec lesquels 
ils n'ont aucun rapport ni de gisement ni de nature. Voyei 
ci-après Silex grossier silicicalce, b.» 6. 

Nous terminons cet article du silex corné , en faisant ob- 
server que Jâmeson y ramène le horstein des Allemands , 
c'est-à-dire, les .bois pétrifiée siliceux. V. Silex pseudomor- 
PHIQUE , § 4* ' 

III. Le Silex commun ou Pyromaque ( Silex ignianus^ 
WalL ; Sikx ou caiUou groisier , la pitrre à fusil ^ Rome de 
l'isle ; Pierre àffiu^àe Born ; Quarz agaihe pyromaque , UaÛy ; 
FeQersieinj Wern:; F/m/, James. ; vulg. Silex ^ caillou^ pierre 
à fusil ^ pierre à briquet ). Le silex commun est connu de tout 
le rao;ide. Ses couleurs sont mates, et ordinairement fau-r 
ves, blondes, gris-noirâtresou bleuâtres et gris-cendrées. Il 
y a aussi des silex jaunes , rouge*, bruns, noirs, etc. , et de 
tottles les teintes et de tous les mélanges , conamc les agates. 
La cassure est parfaitement conchoïde , lisse , unie , ou à 



iga S I L 

peîM écailleofe. Letirftgwieiti sont éta9koXf k horiâ trè^ 
aigus, coupans, et translucidet sar les bords; quelquefois 
eoupans, presqve opaques. 11 fait Tivément feu, lorsqu'on 
le frappe avee un instrumeiil de fer ; sa dwoté égale presque 
celle du quarx, mais il est plus tenace ; il a Ja ménie pesaiH 
teor spéciâqoe que les autres variéléc de silea ; elle rarie en- 
tre a, 58 et a63. 

il est infiisible au cbalnmean , sans addition ; quelquefois 
il se fond , quoique très-difficilement j ce qui tient à one pe« 
tite portion de chaux q«*il renferme ; il contient , d'après 
Klaproth , 98 de silice , o,5o de cbanx , o,a5 d'alumine , et 
o,a5 de fer oxyde. Yauquelin n'a pas trouvé de ckanx dan$ 
le silex. 

Lorsqu'on frotte très^fortement deux pierres Tune contre 
l'autre , on roit une lueur phosphoricpie , et même en les firap* 

Kdt violeHMnent Tune contre l'antre , elles étinceilent. 
s étincelles nroviennent de Tinâammation des corpus^ 
cules combustîMes répandus dans l'air , et qui sont brètés par 
la vive cbaleur que dégage la pereossion des deux morceaag 
dé silex. Lorsqu'on les frotte , on sent une odeur particuèière, 
Vi^urs^éuse (t). Le silex cassé au sortir de la carrière, 
contient une certaine quantité d'humidité qui se dissipe bien-» 
tôt i lorsqti'on le tient dans un lieu sec* 

On doit distinguer dans les silex, ceux qui sont blonds, 
èeux qui sont gris ou noirâtres, et ceux qm, comme le j^^ 
et l'agate , offrent toutes sortes de couleurs. 

Le vrai silex pyromafue appartient aux terrains secondai* 
tts ; c'est surtout dans la craie , que l'on trouve le silex pj- 
romaque. Il y est en rognons plus ou moins gros , dont la 
igore est souvent bisarre , mais dont tuptcs les extrémités 
sont arrondies. Ces rognons sont disposés sur àeê plans ho- 
rizontaux , et ces plans se répètent à une certaine distance 
au-dessus les uns des autres, comme nous l'avons dit à 
l'article craie. Les silex des crures sont ^ris ou blonds ou 
pAles , selon les couches.' Ils ne son| pas .ni les plus an-^ 
ciens ni les plus modernes ; on en trouve dans le^ calcaôes 



(i) Patrtn, «bus U 9*** édition â* et DictiofiBaire , dit ^tvoir ob- 
servé qu« U» fours à chaux répandent une odeur semUable à celle 
du silex 4 il ajoute même : « On prêtent) que les vignes qui sont ex- 
pose'es à recevoir la fumée des fours ^ chaUx , donnent un vin qui 
sent la pierre à fusil ;ce fait est très- connu à Lyon, m Si cela est vrai 
et sî c*est u^e bonne qualité du vin que de sentir la pierre àfiuU,, les 
propriétaires deç vignobles n* auront qu'à établir i%% ibiùr^ à cimex 
près de leurs yignes ; amis nous ne fpaïuntiis^us pas le suceras. 



s I L ^93 

^3es formations iofif rienres « telles qne dans les c ou cbes décai- 
calre coqaUler à ammooîtes et gryphîtes> et sonyent même 
les fossiles que contiennent Ces couches, sont ensiles. Les 
silex du calcaire ^mpacte sont en rognons , comm^ cent de 
la craie. 

Dans les terrains supérieurs à la craie 9 on observe le silet 
en rognons et en couches plus ou moins épaisse^ , dans le 
calcaire grossier coquiller y et les fossiles qu 11 contient sont 
aussi fréquemment silicifiés; on voit même des masses con- 
sidérables de silex entièrement coquiller, ou plutôt, criblé de 
cavités laissées par des coquilles. Ce silex coqniller appar-»- 
tient aux bancs inférieurs du calcaire grossier^ Dans les 
bapcs supérieurs le silex pyromaque est blond ^ et forme 
des couches minces , continues ou presque continues , avec 
les lits de la cbaux carbonatée grossière 1 et au milieu du 
sable grossier. Il s^observe dans cette position , aux envi* 
rons de Paris ^ à Issy ^ «à Sèvres : ces couches n^out que 
quelques ponces d^épaisseur, et parfois sont ondulées comme 
des albâti^s* 

' On trouve aussi du silex en rognons , dans les manies qui 
appartieAnent aux formations d'eau douce inférieure qui re- 
couvrent le calcaire, et ces silex sont blonds , et quelquefois 
coquillcrsy comme àSaiot-Ouen. Les masses gypseuses du sol 
de Pari s 9 qui recouvrent aiissile calcaire grossier coquiller 
marin , p^résentent encore des rognons de silex pyromaque 
fauve Y qui sont tantôt entièrement siliceux, tantôt leur centre 
est de la chaux sulfatée calcarifère ; quelquefois aussi , ces 
rognons sont plats et rubanés de brim , de gris» et coatien-^ 
lient des couches minces de pl^c Leur écorce est blanchâ- 
tre , spongieuse , gypseuse ^ de sorte qu'on ne peut guère 
douter que la matière sdieeuse n'aU transsudé de la masse 
de chaux sulfatée. 

. Il existe aussi des silex pyromaq^s coquillers brans , 
dans les marnes calcaires et de fo^rmaiion d'ea« douce quj 
couronnent le système géologique des environs deParis, p^r 
exemple à MonXreuil. 

• Les minéralogistes étrangers indiqi^ent le silex py româque» 
dans les roches primitives et dans les roches de trAus ition ( 
mais ce silex primitif oude transition doit^ce reporté dansie 
silex comé conchoïde , ou parmi les ^agat^s : du moitts f nous 
le pensons f d'après les écbantiilons'queaoitis en connoissons^. 

Les silex pyromaques abondent dans 1^ terrJiins d'alluvion 
qui couvrent le sol de certaines contrées , par exemple , de 
Paris, de la Normandie., de la Touraine ,.de ia Pologne^ 
etc. Ces silex qui sont roulés, paroissent pfovenir de la des*- 
traction de couchies calcaires et crayeuse» qui les ttxdtx^ 

XXXI. i3 



134 S I L 

moient priitiitiveikiekit. Ces silex agglutinés entre eux, ou pat. 
un ciment de grès , forment ces beaux pouddingues siliceux 
que l'on nomme pouddingues anglais. ^ 

Les silex qui s^observent dans les filons métalliques, comme 
dans les filons de plomb de Bretagne sont roulés et leur 
forme prouve qu'ils ont la même origine que les silex roulés 
des terrains de transport. 

Les rognons de silex sont quelquefois fendus et gercés dans 
divers sens , et Ton observe , dans leurs cavités , des incrus- 
tations et des stalactites calcédonieuses ou agatines ; quel- 
quefois même ils contiennent des géodes tapissées de quar^ 
byalin cristallisé limpide , mais toujours en cristaux imper^ 
ceptibles. Quelquefois , ils renferment des cristaux de chaux 
carbonatée en cristaux limpides ( Couzon , près Lyon ) , du 
fer sulfuré et de la strontiane sulfatée , cristallisée en petits 
cristaux. Cette dernière substance a été découverte dans les 
silex qui sont dans la couche la plus supérieure de la craie , 
au Bas'Meudon. On y trouve aussi du fer carbonate. 

Le silex, quels que soient ses gisemens , est*recouvert 
d'une écorce blanche , terreuse ou terne et grise, qui est pro- 
duite par deux causes. La première explique la croûte ou 
écorce des cailloux roulés : c^est , dans ce cas , une simple 
désunion des molécules du silex , produite par l'action répé- 
tée , de la sécheresse et de l'humidité. On remarque que les 
caiUoux roulés qui ont cette écorce , se conservent long- 
temps. Les fragmens de silex exposés à l'air se couvrent 
de cette écorce^ et finissent même par se décomposer entiè- 
rement,surtout s'ils sont imprus ou mélangés de terre calcaire; 
mais cette décomposition ne se fait qu'au bout d'un long- 
> temps ; la partie décomposée happe fortement à la langue. 
Le silex delà craie , de même que telui de tous les calcaires , 
est comme imbibé dans ces roches : son écorce est un mé- 
lange de silice et de calcaire ; elle est plus tendre , et ^ de- 
puis une demi-ligne jusqu'à plusieurs lignes d'ép^sseur. En 
Îénéral , les rognons de silex sont très-purs dans le centre. 
in reconnoissant le passage gradué du silex à la craie , sur 
5on écorce, on est assez porté à croire que le silex s'est formé 
par transsudation k travers la craie et le calcaire , pour vê- 
tir se réunir dans des cavités particulières qui existoient déjà , 
nu que l'acte même de la transsudation a créées. Il est certain 
eue pour les rognons de silex de la craie qui sont déposés 
qn couches, ce dernier mode n'a pu avoir lieu , parce que la 
eranssudation pouvoit s'opérer dans tous les points de la 
masse indistinctement ; et c'est ce qui n'est pas arrivé. Ainsi 
4onc , le silex de la craie s'est formé dans des cavités déjà 
existantes. MaJLS une a^tre cause que celle de l'infiltration ; 



s I L rgi 

n'a-t-ellejias influé sur la formation des rognons siliceux, 
de la craie ? 

Lorsqu'on observe leurs formes « ofl* leur trouve des 
rapports avec celles , de certaine zoophytes , comme les- 
éponges Y les alcyons f et nous avons rapporté , à Tarticle 
craie , de^ autorités et des exemples qui ne laissent point de 
doutes que les silex ne remplacent des zoophytes analogues , 
autrefois contenus],dans la craie. On voit même,enchâssés dans 
les rognons siliceux , des oursins , des coquilles , des portions 
de madrépores qui affectent des positions analogues à celles 
que prennent les vrais zoophytes sur les épionges. rîe se pour- 
• roit-il pas que jadis les rognons de silex fussent des zoophytes 
qui , par leur propre décomposition et par des opérations qui 
nous sont inconnues, se soient changés en silice F Car on ne 
peut pas supposer qu^il existe dans la craie et dans les cou- 
ches calcaires qui renferment de si grands amas de fossiles 
siliceux, d'innombrables cavités prêtes à recevoir la matière 
siliceuse par infiltration. Quoi qu'il en soit , il paroit démontré 
que la silice ne se change pas en craie ou en calcaire , ni 
celle-ci en silice. 

, La France et tous les pays qui, comme elle, présentent de 
la craie et des couches* de calcaire secondaire , offre aussi 
une grande abondance de^silex. F. l'article Geaie, où Ton 
trouvera les indications des pays qui renferment cette subs- 
tance, et, par conséquent, les silex. Le silex pyromaque 
est en veines oaen lits minces, ou en rognons , dans le cal- 
caire compacte , près Grenoble , ainsi qu'entre Contamine 
et Bonne ville , en Savoie et près de Hallein et de Kuchei , 
dans le pays de Salzbourg ; près Backvsrel*, dansleDerbys- 
bire. Nous avons décrit ceux de notre calcaire grossier co- 
quillier. 

Les couches calcaires et probablement, crayeuses du mont 
Caripel, en Palestine, renferment des rognons considérables^ 
ordinairement creux, de silex pyromaque gris, dont la cavité 
est ou mamelonnée et ealcédonieuse,ou tapissée de pyramides 
de quarz : on a comparé ces rognons à des melons avec leurs 
pépins. 

La Franche-Comté et une ^ande portion de la paAie 
septentrionale de la France , amsi que le Véronais , l'An- 
gleterre , présentent beaucoup de fossiles madrépores et 
coquillers qui sont convertis en silex pyromaque.Les silex de 
Poligny,en Franche- Comté, se rencontrent épars sur la terre; 
lorsqu'on les brise , on découvre souvent, à leur intérieur, 
une cavité remplie de soufre terreux et impur : ces silex- 
nous paroissent être des madrépores fossiles. On trouve aussi 
des silex à cavités vides et d'autres qui n'en offrent pas ; 



^B S I L 

alors ils sont blonds , et, dans tous les câs^ retèciis ^ofie 
écorce épaisse, jaanâtre ou rougeâtre. 

Ce sont peat-éti% aussi des fossiles siliceuï,des rognons de 
silex creux à Tîntérieur et rempli d'un sable silieeilx très-pw 
qui paroi t prôrenir de la décomposition du silex lui-même , 
et qu'on le ramasse particulièrement aux environs de Dreux. 

Usages du sUeco pyromaçue, — * L'on emploie ce silex pour 
faire èes pierres à fusil. C'est ce qu'on a voulu rendre par 
le mot pyrùmaque (qui fait du feu pour les combat , en grée). 
On en fait aussi ^s pierres à briquet^ et réduit en pondre 
fine , il entre dans la composition de cette poterie dite 
fiiûence anglaise. 

La France est la contrée de l'Europe qui est le mieux 
pourvue de pierre à fiisil ; elle en possède des carrières 
abondantes dans les départemens de l'Yônlfte et du Cber , 
surtout dans ce dernier département , âtKx environs de Saint^^ 
Aignan , datas les communes de Confi , de Meni et de Ly. 
On les exploite dans une étendue d'Ane lie«è carrée. Ettes 
sont dans une plaine dont là base ttX ft^ihuiée de co'èchek de 
craie et de lùame , et c'est entre ces couches que se trouvent, 
en assez grand nombre, celte de silex; et sur vi^ couches, il 
n'y en a qu'une qui donne de bonnes piètres à fusil,et elle est 
à cinquant'e pieds de profondeur. Pour y parvenir, on creusa 
des puits qui ont des repos de da ^di en dix pieds , difi|K>5és 
de manière que les ouvriers , ]^lacés sur ciiaque repoÀ , S'en- 
voient , les uns auï ântreà, tes silex à mesure qu'^n en fait 
Textraction dans la couche, de sorte qu'en un fiistant ib sotot 
parvenus au jour. Les ouvriers nomment cailloùàs frottes , les 
silex qui sont propres à donner de bonnes piéirres à fusil. Ils 
sont blonds, d'une teinte uniforme , presque gbbuleiàx , demi- 
transparens ; leur cassure est «onchoïde , lisse et égale. 

Ces rognons de silex sont envelopj(»és d^une ctoéte blanche 

?ui happe à la langue , qui pénètre d'une ^nk deux lignes dan» 
râtérieur,en devenant insènsiblementde nature siliceuse :les 
ouvriers donnent k cette enveloppe le nom de couenne, pkr 
allusion à la couenne de tard. 

Quand on tire les silex de leur gtte , ils sont pénétrés d'une 
sorte d'humidité , k Uquette on donne le nom d'^airdl? cûtrière. 
Il faut profiter du temps Où eette humidité subsiste, pour pou^ 
voir tailler les silex et tes iïiçonner en pierre à fusil : uôe fois 
dissipée , la pierre ne peut plus se casser d'une manière con^ 
venablè. (On observe la même chose dans les ardoises : tant 
qu'elles conservent leur eau de carrière^ on les divise en feuil- 
lets aussi minces qu'on le veut ; Ahi qu'elle est dissipée , la 
piçrre n'est plus divisible , et ne sert que de pierre à bâtir. ) 
Dolomieu , qui a donné la description du travail des pierres 



s I L iQj 

kfasil, dit qaUl est si expéditif , que chaque ûavfier en fait on 
millier en trois ioors. 

Lorsqa^oa a cqfoisi les blocs convenables, on commence 
par les ronpre » avec une masse de fer , en morceaux plats ^ 
du poids d'une livre et demie ; à cet efSet» Touvrier tient le 
bloc de la ifiain gauche , et l'appuie sur ses genoux. Il écaille 
ensuite les mofc^aux tout au pourtour» de manière à y faire 
naître des arêtes verUcales parallèles, séparées par un espace 
un peu concave ; on peut s'en faire une idée en comparant 
ces blocs ainsf taillés à un tronçon de colonne cannelée ; 
ensiMte, à Taide d'uu petit marteau à deux pointes , on 
frappe av«c dextérité et promptitude sur les arêtes » et on 
enlève ainsi 4e longues écailles minces , plates et à trois faces , 
doQt la plus grande est celle qui étoit appliouée sur le tron- 

Kn. On prend chacune de ces écailles , on la pose horizon- 
lement , par son câté plat , sur le tranchant d'up dseaq 
enfoncé dans un billot de bois , et on la frappe à petits coups 
avec une roulette de fer emmanchée par son ceqtr&i On 
coupe ainsi Técaille assez exactement en autant de piècea 
f9|l'eile peut douper de pierres à fusil Off façonne eqsuitfs le^ 
pièces avec la même roulette de fer et sur le même ci#eau« 
On distingue , dans une pierre à fusil taillée » la mèthe on ïe 
biseau tranchant ; \t%fltmc$ on bor4s latéraux ; le talon ou le 
bord postérieur opposé k la mèche ; Vassk 9 petite face qui 
remplace Tarête supérieure de l'écaillé « t% le dcsaous ^ui es{t 
lin peu convexe. 

L'on fabrique aussi des pierres à fusil à la IVoche-Guyon « 

Srès Mantes ; k Cérilly, département d^e F Yonne ; et à 
laysse , sur le Rhâne. lia France a été long-temps en poa- 
sessîon de fournir 4 l'Europe des jnerres à msU ; maintenant 
l'Angleterre en possède des fabriques. On en a élevé « en 
Gallicie ; en Tyrol » à Àvio , sur les rives du Tésin : on tire 
ces silex des collines qui so'nt des dépendances do mont 
Baldo. On fait aussi des pierres à fusil en Portugal , à 
Arenheira , près Rio-Mayor , dans rEstramadure. Le silex 
^e trouve en blocs de huit à dix-huit pouces de diamètre daiis 
un sable roiugeâtre* Un homme fait dei;a cents pierres par 
jour. 

C'est vers l'année lAyo qu'on a cQmmencjé à faire usage 
de silex pour les fusi^ et les armes ^ feu. Avanjt cette éppouie , 
on mettoit le feu avec une mèche, pu bien on empLovoit de la 
f^yriie ou d'autres substances dures. L'on a fait des tenta- 
tives 9 en Prusse 9 pour substituer à la pierre à fusil en àitx 
des pierres k fusil en porcelaine ; les soldats prussiens se ^ont 
même serns , piendant quelque temps, de pierres sendblabieç. 
Les pierres à briquet ne sput autrfi chose que de larges. 



v^a s IL 

'écailles de srîlex. Pour les obtenir , il faut tailler les blocs 
de silex au sortir de la carrière ou peu de temps après , et à 
Taide de coups secs, sans que le marteau appuie. Paris tire ses 
pierres à briquets du bas Meudon et de Bougival. 

Les artistes italiens qui gravent sur pierres , comprennent 
dans leur tenero-duro un silex pyromaque; k coucbe fauve ou 
blonde et dure , et à couche blanchâtre plus tendre. 

Lorsque le silex pyromaque est mbané de blanc et de bnin , 
il est susceptible d'offrir des pierres propres à la gravure. 
L'on a trouvé , pendant quelque temps , à Ghampigny , près 
Paris f des silex pyromaqnes, formés de deux à six couches y 
alternativement blanches et brunes. On en tiroit des onyx 
très-beaux et qui se sont vendus fort cher ; mais comme 6n 
n'en trouve plus, l'on a abandonné leur recherche ; elle av6it 
été , dans les commencemens , très-lucrative à ceux qui l*a- 
voient ^treprise , car le produit de la première année avoit 
été de plus de six mille francs. 

Lorsque , sur une masse de silex blond , bien aplanie , par 
Teffet de la cassur^ seulement , on pose une pointe de fer 
sur laquelle on frappe ensuite , il se fofme dans la pierre ua 
petit cône blanc ; en répétant cette opération sur d'autres 
points de la pierre placés régulièrement \ on y forme des 
dessins dont il est impossible de deviner l'origine ; on prén- 
droit volontiers alors ce silex pour un madrépore. L'agate et 
le prétrosilex sont susceptibles de produire un pareil effet ^ 
mais rarement aussi bien. On taille et on polit quelquefois le 
silex ainsi préparé. F.Gilct-Laumont, Journ. min. , n.» 224^. 

Le silex sert à f^ire des mortiers et des petits pilonsl II 
entre dans les cimens et les constructions. On prétend que la 
pierre à circoncire des Hébreux ctoit du silex ; on suppose 
même que silex dérive de saWcrf ( couper ). Les anciens peu- 
ples ont fait avec le silex des pierres de hache , des instru- 
mens tranchans , etc. ' 

IV. Le StLEX MOLAIRE {Quart carié ^pierre meulière ^Rotiïé- 
de-l'lsle ; Quarz agathe pyromaque stratiforme , et Ç. a, mo- 
laire^ Hauy; Silex meulière^ Brong. , Excl.; Petrosilex môlarisj 
Wall. ; molarite, Lameth. ; vulg. Meulière et pierre meulière ). 
Le silçx molaire se reconnoît aisément au grand nombre 
de cavités, de cellules ou de pores imperceptibles , dont il est 
criblé ou parsemé. Il diffère encore du silex pyromaque 
par les masses considérables qu'il forme assez souvent , par 
son aspect et par ses gisemens. Mais comme cette pierre 
n'a bien été observée qu'en France, il n'y a aussi que les mi- 
néralogistes français qui en ont bien parlé. On ne voit pas 
que berner l'admette dans sa classification, ainsi que les 
minéralogistes étrangers. Les petrosilex. molaires des anciens 



s I L 199 

iliinéraloeistes soiiit des substances de natare diffërente de 
cette de la meulière ; p^^r exempte, des laves cellulaires 9 
telles que la p^erre à meules d'Ândernach ; celle de Cataoe , 
qu'on transporte en Calabre et en Grèce; d'autres espèces 
de pierres à meules , sont des poaddingues , ou des roches 
ta^lqueuses , avec grenats , etc. 

Le silex meulière est ordinairement gris ou bleuâtre , oa 
blanc jaunâtre, ou roux; tantât mat et terne, tantôt un 
peu luisant ; sa surface extérieure est hérissée d'aspérités et 
de cellules , qai , comme les cellules et les pores intérieurs ^ 
sont souvent remplies d'une terre; rouge argilo-ferrugineuse 
qui lui donne le coup d'oeil jaune ou rouée; quelquefois aussi 
ce^ cavités et ces interstices sont remplis de calcaire ou de 
marne. La cassure du silex meulière est inégale et rabo- 
teuse ; ce n'est que partiellement qu'elle est conchoYde. Ses 
fragmens sont irréguliers ; sa pesanteur spécifique varie 
entre 2,57 et 2,6a , d'après les essais que nous avons faits 
sur la meulière de Meudon et sur celle d^ Saint-Prix. On 
pourroit croire que la pierre meulière , presque toujours 
souillée de calcaire , d'argile et de fer oxydé , est un silex 
très-impur , et c'est ce qui n'est pas ; car ^ dans l'analyse 
que M. Hecht a faite de la meulière de la commune de Mo- 
lières ( Seine et Oise ) , il l'a trouvée composée de 

Silice ... 96 
Alumine . • a 
Perte ... a 
Nous distinguons deux sortes de silex meulière ; celui sans 
fossile , et celui qui en contient. 

A. Le Silex molaire sans fossUe ne présente aucuns débris 
de corps organisés ; c'est celui qui est le plus souvent en très- 
grandes masses , tantôt compactes et poreuses par partie» 
tantôt très-cellulaires. Nous le diviserons en deux variétés , 
d'après le eisement et conformément aux excellentes ob- 
servations de M. Brongniart,consignée8 dans son Essai sur la 
Géographie minéralogique des environs de Paris. 

I. Le Silex molaire du calcaire siliceux est en masses po- 
reuses, dures, dont les cavités renferment encore de la marne 
argileuse , et ne présentent aucun signe de stratification ; ce 
silex est bigarré de blanc , de brun , de rongeâtre. A Cham-^ 
pagny , près Paris , on observe très-bien le gisement de ce 
silex , dans un calcaire siliceux , qui est blanc f tendre, ou 
compacte , souvent caverneux , et dans les cavités duquel 
la matière siliceuseVest infiltrée et les a tapissées de stalac- 
tites mamelonnées , calcédonieuses , blanchâtres , brunes ou 
rooges , ou diversement colorées; quelquefois aussi de silex 



aoa S I L ^ 

pyromtqde nuancé de brun et de blanchAlre, et de criêtans 
de qaarz pyramide « très*lîoipideS'Ou. blancs comme de la 
neige. Quelquefois des portions de calcaire ont Tapparence 
d^une brèche composée d^une carcasse siliceuse qui con- 
tiendroit des fragmens calcaires ; quelquefois encore ce sont 
comme des fragmens de la pierre meulière 9 dont quelques 
parties , blanches , calcédonieuses, tombent en poussière ou 
sont décomposées, et se rapprochent alors du silex résinite 
cacholong , dont nous parlerons plus bas. Le calcaire sili- 
ceux formé des assises distinctes au-* dessus des argiles qui 
reeouTrent la craie , et paroH remplacer le calcaire coquîl- 
1er grossier. Toutefois il est bon de faire remarquer que le 
calcaire siliceux ne contient aucun fossile. Ce calcaire est 
souvent à nu, à la surface du sol, mais souvent aussi il est 
recouvert de marne argileuse, de grès sans coquilles , et 
enfin de terrain d'eau douce. Le sel de la forêt de Fontaine- 
bleau présente cette structure. 

s. Le Silix molaire da sables argiku» ou As marnes f il est le 
plus souvent criblé d'une umltitude de cavités irréfi;ulière8 9 
garnies de filets ou de fibres , ou de petites cloisons disposées 
à peu près comme le tissu réticulaire des.os, el tapissées 
d'une terre ochreuse , rouge ou remplie de marne et de sable 
argileux ; quelquefois aussi il est compacte , et n'est pas 
souillé par de l'argile , quoique poreux et cellulaire ; c'est 
alors la pierre k meule , la pierre meulière , p/ir excellence ; 
elle est blanchâtre , grisâtre , et se dbtingue en cela de la 
pierre meulière cellulaire qui est ordinairement , par l'effet 
des terres ferrugineuses qui la Souillent, rougeâtre , ou rous- 
sâtre , ou jaunâtre. 

Le silex molaire , comme le précédent, appartient à des 
couches supérieures aux bancs d'argile , de marne et de grès 
sans coquilles qui recouvrent la craie ; mais il n'offine pas 
comme lui des 'infiltrations calcédonieuses , ni des cristallisa- 
tions àt quar2; mais comme lui, il n'offre aucun vestige de fos- 
siles , et l'on n'en observe même pas dans les bancs qui les 
contiennent. La formation de cette meulière est très-étendue 
en France , depuis la Champagne jusqu'à ta Normandie. ËUe 
consiste en sanle argito-fermgineuk, en marnes ai^leuses 
verdâtres, rougeâtres ou même blanches, et en meulière pro* ' 
prement dite. La meulière est tantôt dessus, tamèt dessous, 
tantôt au milieu ou du sable ou de la marne. La formation de 
cette meulière est quelquefois recouverte par la terre végé- 
tale; mais souvent aussi on trouve au-dessus les couches cal- 
caires qui renferment le silex molaire coquiller d'eau douce , 
ou bien ce que M. Brongniart nemme le terrain d'atterrisse*- 
ment ancien, çeniistant en cailloux de silex roulés dans 



s I L 2»oi 

mn sable à gros graips. M, BroogDÎart pense qqe la marno 
argiieii3e sur laquelle repose la formation de celte menlière ^ 
€t sur laquelle est quelquefois le grès sans coquilles , parott 
appartenir à la formation du gypse ; alors on peut se deman* 
der si la formation du silex meulière en question est inférieure 
ou aupérienre à celles des gypses. Or, il nous paroît qu'elle est 
inférieure. 

Le silex molaire sans coauilles se trouve en Champagne » 
au-dessus des bancs d'argile « de marne et de sablon fin qui 
recouvrent la craie ; mais ce gisement demande à être exa- 
miné de nouveau. Aux environs de Paris, ce silex repose sur 
la formation du calcaire, La meulière sans coquilles est en 
bancs minces et interrompus dans le sable qui couvre le 
plateau de Meudon et de Sèvrct^ On y aperçoit, de distance 
en distance , des mares et des étangs dont la retenue des eaux 
paroit due à Targile plastique qui en fait le fond. On observe 
aussi à Meudon des couches de sablon fin micacé spus la 
meulière. 

La forêt des Alluets et toute la partie du plateau de la 
forêt de Marly ^ui avoisine les AUuets, présente la meulière 
en blocs épab et qu'on exploitoit autrefois pour en Caire, des 
meules. 

Le plateau de Trappes et du village de Laqueue présente 
aussi le silex molaire , mais en petits tragmens. Dans la partie 
sud de ce plateau se trouvent les exploitations de pierres à 
meules du village des Moliércs, canton de Limours; et au 
milieu d'une plaine fertile nommée la plaine de Gometz, 
dans un espace de deux à treis cents mètres de largeur sur 
trois kilomètres de longueur, la meulière forme deux ou trois 
baiic3 dans un sable argileux et ferrugineux* J^cs bancs supé- 
rieurs n'offrent que de la meuUèrç en petits fragmens; mais 
le banc inférieur en renferme de grandes masses; c'est le seul 
qu^on exploite. Ces bancs de meulière forment un massif qui 
repose sur un banc de sable de l'épaisseur de cinquante à 
soixante utètres et plus, et qui est lui-même sur ut banc d'ar- 
gile. Lie calcaire coquiller-marin paroît être en dessous. On 
exploite les meules à peu près de la même manière qu'à la 
f erté-sous^ouarre , et on en fait des mêmes dimensions* 

Le plateau de la Ferté-sous-Jouarre est renommé depuis 
long-temps par ses exploitations de pierres meulières; il s^.é- 
tend Jusqu'à MontmiraiL La meyilîère repose sur le calcaire 
grossier marin , qui est recouvert , dans quelques points « par 
des marnes gypseuses et par des bancs de gypse. Le milieu du 
plateau est composé d'un banc de sable ferrugineux qui a 
dans quelques parties prés de vingt mètres de puissance. 
« C'est daôs cet amas de sable qu'on trouve les belles meu- 



âoa S I L 

lièrès. En le perçant du haut en bas , on traverse- d'abord 
une coucbe de sable pur qui a quelquefois douze à quinze 
mètres d'épaisseur ; la présence des meulières est annoncée 
par un lit mince d'argile ferrugineuse , qui est rempli de pe- 
tits fragmens de meulières ; on le nomme pipois dans le pays. 
Vient ensuite une couche épaisse de quatre à cinq décimètres^ 
composée de fragmens plus eros de meulière , puis le banc 
de meulière lui-même , dont l'épaisseur varie entre trois et 
dnq mètres. Ce banc ^ dont la surface ésttrès-in^égaley donne 
quelquefois, mais rarement, trois épaisseurs de meules. 
Quoique étendu sons presque tous les plateaux, on ne le 
trouve pas toujours avec les qualités qui permettent de l'ex- 
ploiter , et pour le découvrir on le sonde au hasard. Il est 
quelquefois divisé par des fentes perpendiculaires qui per- 
mettent de prendre les meules dans le sens vertical; et on 
a remarqué que les meules qui avoient été extraites de cette 
manière faisoient plus, d'ouvrage que les autres. 

ce Les carrières à meules sont exploitées à ciel ouvert : 
le terrain meuble qui recouvre ces pierres ne permet pas 
de les extraire autrement , malgré les frais énormes de dé- 
blaiment qu'entraîne ce genre d'extraction. Les eaux , assez 
abondantes, sont enlevées aux moyen de seaux attachés h de 
longues bascules à contre-poids : des enfans montent , par 
ce moyen simple , les seaux remplis d'eau d'étage en étage. 

« Lorsqu'on est arrivé au banc de meulière , on le frappe 
avec (e marteau : si la pierre est sonore^ elle est bonne et 
fait espérer de grandes meules; si elle est sourde, c'est un 
signe qu'elle se divisera dans l'extraction. On taille alors 
dans la masse un cylindre qui, selon sa hauteur, doit don- 
ner une ou deux meules , mais rarement trois , et jamais plcft. 
On trace sur la circonférence de ce cylindre une rainure de 
neuf à douze centimètres de profondeur, qui détermine la 
hauteur et la séparation de la première meule ^ et on y fait 
entrer deux rangées de cales de bois ; on place entre ces 
cales , àts coins de fer qu'on enchâsse avec précaution et 
égalité ' dans tontes les circonférences de la meule , pour la 
fendre également , et pour la séparer de la masse ; on prête 
l'oreille pour juger par le son si les fissures font des progrès 
égaux. 

<c Lés morceaux de meules sont taillés en parallélipipèdes, 
et sont nommés carreaux. On réunit ces carreaux au moyen 
de cerclés de fer, et on en fait d'assez grandes meules. Ces 
pierres sont principalement vendues pour l'Angleterre et pour 
l'Amérique.» F.Brong., Ess. Miner, pag. '209. 

Les ouvriers nomment /rawier la partie poreuse de la meu- 
lière , et défense le silex plein. Une- bonne meule montre 



s I L ao3 

une égale portion de ces deux parties. L'on dbtîngae ,les 
meules h fraisier rouge^et abondant ; elles font plus d'ouvrage, 
"mais la farine n'est pas aussi blanche ; aussi les estime- t-on 
moins que les suivantes. 

Les meules d'un blanc bleuâtre , dont le fraisier est abon- 
dant, petit, également disséminé, sont les plus estimées. 
Lorsqu'elles ont deux mètres de diamètre, elles se vendent 
jusqu'à I200 francs pièce, et dans certaines circonstances 
2000 francs. Pour la vente, et pour' empêcher que les 
meules ne s'écornent dans le transport, on bouche les trous 
et les assures avec du plâtre , et on les borde de cerceaux de 
l>ois. 

On fait des meules de toutes les dimensions ; les petites , 
celles d^un pied et demi k deux pieds et demi on trois , sont 
td'une seule pièce.Dans des dimensions plus fortes, elles ne le 
sont pas toujours. AI. Déchan a donné d^ns le Journal des 
mines , n.^ 2a , p. ^ , une note sur rexploitalion des meules 
à la Ferté-souS'Jouare. La Bourgogne, la Belgique elles 
départemens septentrionaux sont les principaux débouchés 
àes meules de la Ferté ; on en transporte aussi à Paris et 
dans les environs. 

L'on exploite la pierre meulière h Aiubierte , départe- 
ment de la Loire ; il y «n a aussi des exploitations â la Fer- 
meté-sur Loire , canton de Saint-Benin d'Azy, département 
de la Nièvre : les pierres à meule qu'on y fait servent à plus 
de trente Heues k la ronde. On distingue : 

1.9 La pierre h meule aiiile chatj qui est percée de grands 
-pores, ce qui lui donne plus de maniant. On l'emploie de pré- 
férence pour moudre le seigle. Elle constitue les premiers 
bancs de la carrière. 

2.0 La pierre à meule œil de perdrix^ qui est d'un gris un peu 
argentin : ses pores sont plus petits. On s'en sert pour mou- 
dre le froment, parce qu'elle yâîît iris-blanc et cure le son sans 
le broyer. 

> A la Fermeté y comme au village des Molières, on préfère 
composer la meule de plusieurs quartiers ou carreaux ^i^out en 
faciliter le transport; car autrement on pourroit en tirer de 
toute pièce. 

' Les meules de la Fermeté ont l'avantage de n'avoir pas be- 
soin d^étre repiquées souvent. On fait aussi des meules à bras 
pour broyer Témail doilt sç servent les faïenciers. 

La pierre meulière est une vraie richesse pour les endroits 
où elle se trouve ; car lorsqu'on ne peut en faire des meules , 
elle est excellente pour bâtir , lorsqu'on recherche plus la so- 
lidité que l'élégance; on l'emploie beaucoup à Paris dans les 
constructions de nrarailles et de certains bâlimens publics, les 



3c4 s I L 

cânaai, etc. ; sa dureté et la prise qu^eUe offre an mortier par 
5es cavités , la rendent précieuse. 

Noos ne devons point terminer cet article suf la pierre 
meulière, sans rappeler que, depuis fort long-temps, on Tes- 
ploite il Houlbec , près Facy, sur TËure. Gueltard a donné 
en 1758 un mémoire sor cette pierre meulière, et il y expose 
principalement la manière dont se fait Tezploitation des 
meoles à Houlbec. On j emploie les mêmes moyens qu^ii 
la Ferté-'SouS'-Jouarre et dans la plaine des AUuets. Un sa- 
ble argileux et ferrugineux et des cailloux roulés recouvrent 
le premier lit de meulière qui y est en petits fragmens , et 
appelé rochard\ le deuxième banc qu^on exploite a deux 
mètres d'épaisseur, et repose sur un lit de glaise. ^ 

Ainsi, le silex molaire sans coquilles constitue, avec on 
banc de sable et un de marne sans argile et sans coquille, un 
système qui , reposant le plus souvent sur le calcaire, lui est 
postériear ; et comme il est recoqvert quelquefois de coucbes 
g^psenses , il est par conséquent d'une formatîoA plus an* 
cienne. L^on reconnoît le terrain à meulière, lorsqu'il esta 
iiu,par les mares et les lagunes ou étangs peu profonds qu^oo 
" y observe, et qui sont des eaux que la glaise inferienre empè* 
cfae de filtrer. 

B. Le siiéx molaire a^ec fossiles diffère du préeé^nt par la 
présence de nombreux restes de corps organisés animaux <m 
végétaux. On y trouve surtout des coquilles quelquefois en 
quantité innombrable , et toutes ont de grands rapports avec 
les coquilles terrestres ou qui vivent dans les eaux douces , 
et principalement dans les marais. Il en est de même pour 
tes végétaux dont on observe les moules ou les empreintes. 
Les coquilles sont principalement des limnées , des planor- 
les , des potamides , coquilles turriculées analogues aux cé- 
rites pour la forme ; et parmi les végétaux , des moules inté- 
rieurs de graines de charagne , qu'on croyoit être des 
coquilles d'un genre particulier , qu'on avoit nommées gy-» 
rogomUs {Voyez ce mot). Le silex molaire avec fossiles n'est 
jamais qu'en pièces qui ont rarement plus d'un pied de dia- 
mètre , et sont communément plus petites. 11 est ordinaire- 
ment blanc mat ou blanc jaunâtre , et sa surface jaunâtre 
ou salie par du sable ferrugineux. 11 est presque campacte et 
plutôt poreux que cellulaire , si ce n'est à l'extérieur où il 
est assez souvent caverneux et criblé de trous.Sa cassure est 
quelquefois assez largement concboïde, à surface tantôt lisse^ 
tantôt raboteuse. Ces meulières n'ont bien été observées que 
dans nos environs. Elles sont toujours les plus superficielles ; 
elles ne sont recouvertes que par la terre végétale et un peu 
de sable argilo - ferrugineux ; elles sont disposées en bancs 



s I L ao5 

interrompus , mais réguliers et borizontanx : cependant sar 
les pentes rapides des vallées , elles se présentent en frag- 
mens bouleversés ^ quoique toujours dans un subie rougeâtre 
argilo* ferrugineux qui recouvre un banc puissant de sable sans 
coquilles. Fresque toques les collines gypseuses des environs 
de Paris sont terminées, à leur sommet, par des plateaux plus 
ou moins étendus , couverts par un système de formation 
d^eau douce supérieure dans laquelle gisent ces meulières. 
?ïous citerons comme exemples des localités de celte meu- 
lière , la colline d^Andilly près Montmorency, de Saint* 
Prix, de Saint-Lcu, de Meudôn, de Clamart, de Saint-Cyr 
près Versailles, et de Palaiseau : dans ce dernier endroit, lat 
meulière présente beaucoup d^empreintes végétales. De tous 
les fossiles , ceux qui s\ trouvent presque constamment sont 
les limnées , et surtout la gyrogonite. 

Les meuÂèrcs coquillères sont supérieures à celles sam 
coouiiles, et le système gypseux s^est formé d2ms Tentr^-deux. 
Cela n^empêche bas ^ùe, dans quelques endroits, on ne voie 
le terrain d'eau douce supérieur contenant les meulières co- 
quillères, reposer, sans interposition de couches de la forma- 
tion gypseuse, sur le système des meulières sans coquilles. 

Où emploie le silex molaire coquiller dans les construc- 
tions ; mais on n^en peut pas faire des meules, ^ cause de son 
peu de volume. ^ 

V» Le &LEX NICTIQUE ( {^(tar%'-agmtke nêdique , Haliy ; Lûq!- 
jtifojip, Delaméth. ; SchanmmsUin», Wern»; FtoaMone ^J^uàAS.% 
v»lg. Siiar (^gtr de SaiM-Ouen , pierrt ^èt ). Ce silek est 
aussi léger que la pierre ponte , ^t «st 8u*cept3»le de nager 
quelques instams ter l'èau ; mats «me fois quHl est imbibé 4e 
ce Kqnide, il tombe au fend* Il n'a^àt la leatlure c^Monpacie 
et Ytticée àes antres ^Icx ; c^st une masiie très-^poreuse, très- 
légère, «erreuse, à grains ^ns trèS'*ifrcs au toucher* 
£ile fait entendre , loraqu'on^aioudie ou^'<»n la frotte ^ 
un bruissement semblable à ceM it, Mi ponce Ou de la 
brique. 

Le silex nectique est pr^q«e fo«f)o«rf 4 «n blanc grisât 
tre ou un peu lattve ; quelquefois il a ntfe t«inte rougeitre 
ou bien ûnn feinte fc«*iine. 6a eass«re est terreuse , sécbe. 
Ses fragmens sont opaques ùû ^ p«kw hicvdes sur les bôrds^ 
Il èsfttendre,et(:!èpett4ant te«face, car le marteau s'enfonce 
dans la pierre e^t la réduit en partie ^A mtetics , avant de la 
casser: il y en à eepe>ndàiit de ffiabla» Il est happant à la 
langue, et absorbe Tean avec sifflement et'dégagement d'un 
grand nombre de bulles d'âir ; après il deWeut translu* 
cide. Sa pesanteur spécifique est -de 0)44^» selon Karsten ; 



aô6 S I L 

de o,5ia, suivant Trallès; de 0,797, d*aprè$ Kopp. Il est 
infusible au chalumeau. . [ 

Ses principes sont : 

Vauquelin. Bucholz. 

Silice 9^ • ^ 9^ • • 91 * 

Chaux carbonatée . . a . . o , , x 

Eau o.. 5.. 6 

Fer oxydé et alumine. o . . o,5. . o,a5 

Perle o . . o,5, . 0,7s 

Ce singulier silex n'a été trouvé jusqu^ii présent qu'aux 
environs de Paris , et notamment à Sainl-Ouen près Saint- 
Denis 9 sur les bords de la Seine , dans des couches caU' 
caires de la formation dite d'eau douce. Cette couche 
est en cet endroit presque toujours baignée par les eaux 
^ fleuve y et ce n'est que lorsqu'elles sont très - basses 
qu'on peut aller l'exploiter : cette couche fait partie de la 
formation du calcaire d'eau douce supérieur aux gypses , 
selon MM. Cuvier et Brongniart. Les silex nectiques sont 
dans des lits de marne blanche friablç contenant : des co> 
quilles d'eau douce, limnées^ planorbes, cyclostomes, etc.; 
des silex ménilite.et pyromaque , blonds, transparens , qui 
forment le noyau d'autant de morceaux de silex nectique, 
pyromaque , ménilite , Les silex offrent aussi des coquilles 
fossiles. Le silex blond est souvent traversé par des lamés de 
chaux sulfatée; quelquefois ces lames se sont détruites et ont 
laissé des cavités que des infiltrations siliceuses sont venues 
remplir, et qui forment, dans le silex, des lignes plus blan^- 
ches diversement dirigées. Les lits de marne qui contiennent 
tous ces silex renferment aussi des débris de ces quadru- 
pèdes qui se trouvent ^ns la pierre k plâtre ; ils alternent 
avec des lits de calcaire d'eau douée compacte. L'on observe 
tous les passages du silex pyromaque blond au silex nectique, 
en sorte que quelques personnes croient que ce dernier n'est 
qu'une altération du premier; c'est ce que des expériences 
devroient pjouver. Nous croyons que le silex nectique s'est 
formé tel que nous le voyons (sans doute par une précipi- 
tation rapide de la silice), et que le silex blond du centre 
des noyaux est une réunion plus complète et plus parfaite 
des élémens de cette même terre. 

La description et le gisement que nous venons d'exposer, 
appartiennent au silex nectique de Saint- Onen, observée sur 
la petite butte sur laquelle est placé le moulin de la Briffe. 
Des marnes argileuses , calcaires , sableuses^ et gypseuses i 
recouvrent les bancs de silex nectique. Mais comme la mêm^ 
^formation d'eau douce règne sur une immense étendue dç 



s I L ^f 

kÎKHre sol; il est probable que le »lex nectiqae se retrouvera 
dans beaucoup d'endroits; l'on rencontre mên^e , dans plu* 
sieurs autres lieux, des silex seminectiques , s'il est permis de 
fi^cxprîmer ainsi;par exemple à Sévran,dans la tranchée qu'on, 
a faite pour le passage du canal de l'Ourcq, et à la barrière 
de la Chopinette, au pied de MénU'Montant,dans un, endroit 
où l'on a creusé des puits pour un jardin. Lors des, fouilles 
qu'on fit à cet effet , nous avons recueilli , dans des, marnes^ 
blanches , des rognons plats de silex presque nectique , as-r 
sez léger, poreux^ bruissant sous les doi^s, mais qui avoit 
encore à l'intérieur un peu l'apparence silicée. Les silex de 
cette localité sont tous dans cet état , et fréquemment rem-^ 
^lis ou couverts de très-petites coquilles fossiles d'eau douce ^ 
de cyclostomes, etc;, et la marne blanche renferme des osse-- 
mens d'oiseaux* Cette couche offre plusieurs points d'iden- 
tité avec celle de Saint-Ouen , et comme nous la croypns 
inférieure aux gypses,nous sommes portés à prendre la même 
détermination pour celle de Smt-Ouen. 

Nous ne serions donc pas de l'avis des auteurs de l'Essai 
minéralogique sur les environs de Paris. Yoici sur quoi ;nou8 
croyons que notre opinion se fonde. 

C'est à une demi-portée de fusil d'une carrière de pierre 
à plâtre , qu'on a creusé les puits en question , et dans un 
terrain un peu moins élevé. Le sol de la carrière pré- 
sente , à un ou deux pieds de profondeur, une couche de 
marne calcaire avec empreinte de coquilles marines , et, 
dans laquelle on rencontre des noyaux de chaux sulfatée uni- 
forme compacte, des roses de cristaux de chaux sulfatée, 
et de singuliers retraits de pyramides à quatre pans, assem- 
blées six par six par leur sommet. Cette même couche se 
retrouve, avec tous ces caractères , au pied de Montmartre », 
à l'ouest, par conséquent vers Saint-Ouen, et n'en étant sé~ 
parée que par une plaine. On nomme la Hutte-au- Garde., 
rendroit où l'on observe cette couche marine qui se trouve 
entre des bancs de pierres à plâtre , reposant encore sur des 
marnes gypseuses. Or, c'est précisément ce qui a été ob-* 
serve dans le creusement des puits de la barrière de la Cho- 
pinette. On a d'abord percé la couche de marne calcaire ma* 
rine, puis des couches minces de plâtre, puis des. manies 
gypseuses, et on est parvenu aux couches d'eau douce qui 
contiennem le silex. Nous pensons donc qu'à Saint-Ou^n 
les marnes gypseuses qui recouvrent les silex nectiques ap- 
partiennent à la même formation , et que cette formation est 
inférieure à celle des gypses. Nous n'excluons pas pour cela 
la formation 4*eau douce supérieure au plâtre ; il y en a àes 
preuve;» évidentes, non-seulement d'une fonnation, mais. 



ao8 S I L 

encore de deux ; mais ce n>lt plus iti le tien de discuter éB^ 
point. 

Wereer place Iç ftîief Hectique arec le tnpoU dans la fa« 
mille des atî;iles; cependant ces deux pierres ne cimtîenneikt 
point ou à peine de Talumine. 

YI. Le Silex calcipère ou Siucalcb {Néopkm et SiUc^ce^ 
Saussure. Silex fui fait ^ffeêcence m^ec li$ mdéês^ de Bom» ; 
QttOTz Agathe caidfère^ HaUy)» Ce silex fait effervescence arec 
les acides en laissant un résidu siliceux ; il se fond au ehahK» 
inean,quoîque très- difficilement, et dmineuorerre blanc« 
Il est contpacte 9 a la cassure cotichoVde du silex et donne de 
vires étincelles sous le choc du briquet. Son aspect est terne ^ 
ou peu luisant. Il est ordinairement brun ou gris ; aëanmotna 
il est également rougeâlre , noirâtre ou fanre. Sa contexture 
n*est nullement grenue et k pailleUes brillantes comme dans 
les calcaires silicifères^ nommé eontùBs, Il est beaucoup plus 
dur et raye tous les calcaires siliceux. Ceux-ci ne font point 
feu au briquet ou à peine , et se laissent rayer par le fer. Le 
résida siliceux qu'ils laissent est grapuleux. 

Ce silex, qui n'est à proprement parler <^'un mélange de 
silice et de chaux carbonatée, n'est pas aussi rare ^'on ponr« 
roit le croire, et il s'en rencontre dans beaucoup d'endroits, et 
toujours dans des couches de calcaires secondatretl Saudeure, 
frappé de son caractère , d'être fnsH>le au chalamêsru ; dont 
la cause ne lui avoit point échappé , et de sa compacité , t'a 
considéré comme un pétrosilex secondaire et comme le 
homsiein de Wemer. Or , commenous l'avons dit , à l'artide 
du silex corné, page 186 , le AofnOein de Wemer est diffé^ 
rent; mais, pour expliquer Vt^'hien de Sattssure , «ous ajou«* 
lerons ici que bien avant Wemer ^ l^sminéralogisliesavoient 
confondu i^ous le nom de hôrnêÊBfH , non-^eideiiient le aiiec 
corné et le pétrosilex, mais encore le silex pyromaque : cepen-» 
dant , en aucun cas ils n" j ont rapporté des pierres efferves^ 
ctmtes avec les acides. Ainsi donc , nous le répétons y le néo^ 
pétre de Saussure n'est pas un pétrosilex. 

Le silex cakifèrese trouve toujours dans des couches cal*^ 
caires , et pour en donner de bons exemples , citons les deuc 
gisemens qu'en a d'abord fait connottre Saussure , et ^om-* 
mençons par les pierres sllicées des environs de Yaucluse. 

Après avoir parlé des premiers rochers qui sont con^poséd 
de couches arltematives de pierre calcaire et de grès , il 
ajoute : « On trouve ensmte des rochers et pierre calcaire 
compacte , dans lesquels On voit des veines et de beaux noyanx 
de pétrosUex secondaires (^homsttin de Wemet ). Ces pétrosilex 
sont disposés sur des lignes parallèles entre eflles et aux cou- 
ches de la pierre. Il y en a de très-grands t d'un pied et pkis 



t s I L 309 

4e diamètre , sur cinq li six pouces d'ëpaisseur,' avec une 
écorce grise dont Taspect est terreux. Quelques-uns de ces 
noyaux sont composés de couches concentriques , les unes 
brunes, les autres grises. Les brunes sont d'une pierre translu-^ 
cide d'un b^n de café foncé , d'une cassure qui approche de 
la conchoïde, presque lisse et très-peu écailleuse. Les grises 
sont presque opaques 9 et ont une cassure très- écailleuse à 
grosses écailles, hes unes et les autres donnent beaucoup de 
feu contre racier ; mais les brunes sont plus dures et résistent 
il la lime , tMidis que les grises se laissent entamer ; cepen- 
dant les unes et les autres se fondent > quoique avec quelque 
Î Heine , en une scorie blanche et huileuse. Trempées dans 
'acide nitreux , les une^ et les autres donnent beaucoup de 
petites bulles, mais les grises plus que les brunes ; après 
une longue digestion dans cet acide , les couches grises se 
trouvent blanchies jusqu'à la profondeur d'une demi-ligne ; 
lii , leur cassure est plus terreuse , et elles sont ^luf tendres^* 
mais cependant toujours plus fusibles au chalumeau. Les 
couches brunes sont moins altérées , mais elles le sont ce- 
pendant un peu. Ces deux variétés méritent bien le nom de 
pàroiUex secondaire, mais dans un état de passage k la silich 
cake, » (§ i546. ) 

Ei^approchant'deyaacluse , on voit, h. fleur de terre, des 
couches minces de siles qui contiennent des coquilles aga- 
tisées que Saussui'e nomme héUçites et vis. Quelques-unes de 
ces coquilles ont encore leur test calcaire et blanc , tandis 
que l'intérieur est rempli de la matière siliceuse exactement 
moulée. Ce silex se fond au chalumeau en un verre huileux. 

Le silicicake mentionné par Saussure est une pierre com- 
posée de silice, mélangée de terre calcaire , qu'il a ohservé<f 
en bancs auprès de Beaulieu, non loin d'Aix , en Provence. 
Sa couleurest leblanc^ tirant, dans quelques échantillons» sur 
le grb , dans d'autres sur le roux. Sa cassure est parfaite* 
ment copchoïde , évasée , lisse , mais sans éclat , et d'une 
pâte fine ; ses fragmens sont tranchant et translucides sur 
leurs bords. Elle ne se laisse point rayer par une pointe 
d'acier , ou seulement à peine. Elle donne , quoique rare- 
ment , quelques étincelles ; elle fait ; avec les acides , une 
foible et lente effervescence ; elle y perd près de moitié 
de son poids. Le tésidu est d'un beau blanc , solide et transe- 
lucide ; sa pesanteur spécifique est de a,3oi ; au chalumeau 
elle décrépite d'abord, puis fond en bouillonnant en une 
scorie blanche et huileuse. On voit çà et là, dans cette pierre^ 
des nœuds de pierre à fusil ; sa surface e^t fréquemment 
couverte de dendrites noires. 

Le sUicicalce forme les couches infériieurcs des bancs 



XXXI. 



aïo S I L 

àfi. calcaire compacte sur Uqaut\ el JaB&kqiicl s^ ^er4entttll 
çoaraps de laves qu'on oV$enre 4 Be^Uea II pareil méAa 

Sue ce calcaire a comblé le craiire de ce yoJean. Tout (u-è* 
e là , ou trouve le cataire coiupactf coquiHer marin, eA 
fir^gmçi^« dan» l^s d^^mps ; il oijr^ msal des vetaes de pierres 
à fusil. 

Quoique 3^Mi^^re fasse ii9<e distincUon de s<m slUci^ 
calce el dç ce qu'il QOmiQe pétro^ilei aecondaire » noua 
croyons qu'oi^ ue doit pas l^es séparer « quoique le fremiear 
oc se trouvç qu'eu veiotese^ n^y^UK , et qipa k sccquâ forme 
à lui seul de^ cpucbes. 

(!ie silex çalcifère s'observe comouiaéivem awi eaviiçons d^ 
Parisydaus les couches calcaireii^ qui reufefnaeuldu sikxpyro* 
maque ,soii que ces couches a^ partienneutau calcaire co^uiUer 
marin, soit au calcaire siliceux, eu sorte qu'o» tt« sai|iniit dk^ 
qu'il soit plus spécial à une formatioi^ qa*à une aalre. Baas 
les formations des calcaires, d'eau douce , oolrou«e aoi^i de^l 
É*agmens. de silex calcitère. Il uoiis semble^mèffie qqe c'eai k 
Tune de ces formations qu'il faut rapporter le eaIcMre de 
Vaucluse ob^rvé par Saussure. 

^rè$ de Gripp , dans Ves. Pyréoéea, oq ohsst^ , dans m^ 
pierre calcaire compacte brune , des zones Qliaces de siles 
çalcif(^re Qpir. Vn silçx caleif^re)ftS|MJMe reiige afcopafâgne 
le jaspe i^ Xorcisi ep Sicile* « 

§ III. Silex qui ont l'apparence résineuse •^u Silex rési- 
NiTE ( Quart résinUe , Haiiy ; ÛfiaL , 'W'e.rn. ^ James. ; 
Pechstein infudhle; Pierre de poix infusible ^ etc.). 

\i^% pierres qqi rentre^ dans ce groupe «e dbtingue^t des 
^récédeqt^s par des caractères.asse» impor^aos « pour croire 
qu'uq }our tous les minéralogistes, tomberoot* d'accord fu'il 
fojyit les séparer. • 

Les silex résinites» copnoie on a voubiJ'indiqiiee par leur 
i^oi^if onjt U9 aspect résineux o^ luisaal, quUeurdoime Fa^ppan- 
rence d'une résiae^et^iuelquefois le brillant d'itn nert fondu;iif 
sont fragiles, Veur cassure est conchoTde|àsiirfocclisAe,souveii.t 
ondée. \\s^ se laissent rayer par le quarzetkailâx.^ il^nesoilt 
point tonîoMrs étiqcelapf. sp^s.le choc du briquet , et le plus 
souvent ib ne font feu qu sivec dUBculié sous le choc de Facier. 
Ils offrent toutes les copieurs, et presque tcHis les degrés de 
transluçi4ité « et mêiçe de transparence ; dauis ce cas leur 
réfraction est simple et o'est Qullement le résultat d'une crisr 
tallisaliop. Ils nesoi^t cQHfiposéspresque unicpieiaent que de si- 
lice, comme. 1^9 siU^ ci'des^^s ; ils offrent de 5 à lo pour ceoâ 
d'eau qui y parott combinée , ce qm fait que plusieurs miner 
ralogisteMes<;onsidèrent cpn^me de la silice hydratée. Les au- 
tres principes accessoires sont le feif^qui, selon les yariétés ^ 



^t aans aes proflOrtîoBs vanajbic* 4et,%>Hf^^ht$9a^xTi^ 
^niles sont tous infusil^les au chalumeau: c'e4lcequi le» àvt 
lingue des rétinîtes et des pétrosilex résiniformes , a^c lcs9h>. 
quels CMfi le$ confoqdoit autrefois SQU3 le3 nom^ çoqmjqw^ de 
pechstein çt de /?îlpm! ife poû;. Lç sile^ if^sini^ ap^parlfeMtt 
plus p^rtîcuHèreinent aux terrains.de fï'aiisûioii om Y<4cani- 
i^ues. Il y en a s^pssi dans les terrains prîmitift ei 44WM ieêtes-r 
rains secondaires , m^me les plu^ recelai, 

Les Yariétéâ èa isîlex rësiniie sont les siufranfes : 
Silex résinite opalin ou Opale , 

S. r. Rydrophane, ^ 

S. r. Hyalin^ 

S. r. Girasol, ^ ^ 

S. r. Demi-opalè , 

S. r. Commun, 

S. r. Jaspoïde, 

S. r. Cacfaolong, 

S* r. Menilîte. 

Nous trail^ns da silex résinite xyloïde en traitant ded 
sîlespseuèomorphiqiiesy §4« 

f Xe Silex RÉsrNiTE opalin o^ VO¥ALE(0péti spectes^Winr^ 
ïh. 3; , chap. 6 ; Opaius , AVall. ; Silex opaim ^ Linn. ; Qimj;^ 
résiniié opalin , Ratiy ; Siiex c/^a/?, Brong. -^ Edier opai^ Wem. ; 
Fredous opal , James. ). La conleur propre de 1 opale est Iç 
blanc de lait un peu léger , ou le gris ble^Àl^e ; mais elle a 
des reflets diversement colorés» suîva,pt le poiivt de vue ai| 
etle^e présente , et qui ont une vivacité et on feu encart 
plus éc^àtans que ceux des pierres gemmes les plus précieuses, 
auxquelles on pourroit les comparer; ainsi le jaune d'or, le 
vert de Témeraude ^ le rouge de feu , le Heu d'azur, ^'y dé- 
velom^ent dans tout leur brillant. Ces couleurs , dont riei^ 
n'cg^e la beauté , et qui placent les belles opales à des pri^ 
infiniment supérieurs à celui du diamani , sont diversement 
disposées, tantôt en petites paillettes , qui produisent le pluf 
charmant effet , tantôt par flAmmes éblouissantes. Ces cou* 
leurs , comme Pline Ta écrit avec éloquence , semblent anir 
mer fa pierre , et l'œil est encore moins ébloui ^ue flatté de 
leur suave beauté. PUne s'arrête avec complaisance à Icf 

Seindre : « Çest, dit-il, le feu de Tescarboucle, le pourpr^ 
,e Tanvéthyste, le vert éclatant de rémer^utle , brillans en-» 
semble, tantôt sép^é^> tantôvunis par le plus admirable 
mélange ; le bleu et l'orangé viepnent encore , sous certain^ 
aspects ^ se joindre à ces couleurs , et toutes prennent plus 
de fraîi^heur du fond blanc et luisant sur lequel elles jauent,| 
etdont^Ues nç sei]gJ>lent sortir ^ue pour y rentrer et JQuef 
de nouveau. » Ces reflets colorés sont produits par le briser 



aia S I ti 

ment des rayons ât lumière mille fols rëSéchls ; rompus et 
f«n¥oyés de tous les petits plans des fissures dont Topale 
«st remplie. 

L'opale n'a qu'une beauté d'emprunt ; chauffée elle perd 
tous ses feux ; il ne reste plus qu'une pierre laiteuse. 

L'opale est une pierre fragile , translucide , quelquefois 
t>paque ; lorsqu'elle n'a pas de reflet coloré, elle a assez géné- 
ralement un léger f%flet bleu. La surface de sa cassure est 
luisante , lisse et ondée. Elle a peu de dureté , car la lime y 
mord facilement , et il est aisé de la rompre. Sa pesanteur 
spécifique est moindre ^e celle des autres espèces de silex : 
elle est de 2^07$ suivant Karsten ; de a^iio selon Brisson , 
et de 2^114 d'après Blumenbàch. Exposée à la flamme du 
chalumeau , elle éclate et se décolore ; elle est i^fusible 
sans addition. 

Suivant l'analyse qu'a donnée Klaproth» de l'opale de 
Czscherwenitza ^ elle est composée de : 

Silice ... 90 

Eau ... 10 A 

C'est peut-être à la présence de cette quantité considéra* 
ble d'eau , que l'opale doit ses çpuleurs : l'eau/ disposée dans 
ses fentes , opère sans doute lés reflets colorés qui font sa 
beauté. C'est d'autant plus probable que le silex résinite hy> 
drophane a^j^ùiert quelquefois les couleurs de Topale , lors- 
'qii'on l'a mis quelque temps dans l'eau. 

L'opale se trouve disséminée ou en veines, dans des ro- 
ches qu^utie i^artie des minéralogistes considère coyme 
volcaniques , et qu'une autre récuse pour telles et désigne 
par tes noms de porphyre décomposé ou de trapp de tran- 
sition, ou de roches argileuses en décomposition. 
. Quoiqu'on trouve maintenant des opales dans plusieurs 
endroits, les plus connues de toutes sont celles de la Hiute- 
Hongrie , qu'on trouve dans une colline voisine de Czscher- 
wenitza, ou Czernizka , ou Czervenizà , aux environs d'E- 
péries, capitale du comté de Saros. 

Deborn dît qu'elles ont pour matrice une terre argileuse , 
^ise et jaunâtre , mêlée dé sable , qui forme, à quelques 
pieds au-dessous de la terre végétale , une couche de dçux à 
trois toises d'épaisseur, qui paroît s'étendre sur toute là col- 
line , et qui renferme des opales par grains, par nids, ou par 
petites veines. On exploite cette couche depuis plusieurs 
siècles , et l'on en retire journellement des pierres d'un grand 
prix. On prétend que quand elles sortent de leur site , elles 
sont si tendres, qu'elles pourroient se briser entre les doigts, 
.et ce n'est qu'après avoir perdu l'humidité dont elles sont péné- 
V trée9, qu'elles acquièrent la dureté dont elles sont susceptibles. 



s IL ai3 

On a remarqué me les pk» belles opales ^e troovoient 
les plus voisines de la surface du terrain ^ et dans les narties' 
de la colline de C^cherwenitza^ où la terre matrice de l'opalcf 
est elle-même d^enue terre végétale. On la découvre quel- 
quefois avec la charrue. 

Quoique ce^ opales se trouvent dans la méipe matrice, elles 
ont des reflets de couleurs différentes : dans l«s unes domine 
le bleu , dans d^aqlres le rouge , ou le jaune t ou le vert ; el 
ce sont ces dernières qui sont les plus e^imées. Quelques- 
unes sont blanches ou laiteuses 9 et ne réfléchissent aucun 
rayon coloré : on leur donne le nom de pierre de bme. 

iL^on trouve encore des opales en Silésie^et en Saxe; mais 

elles sont, en général, moins belles que celles de Hongrie, et 

. se rencontrent en petites pièces dans les mines de Freyberg, 

de Eibenstok et de Johanngieorgenstadt. L'opale de Frey-* 

berg a, d'après Wemer , un porphyre pour gangue. 

L'on rencontre aussi des opales a Féroë , dans une lave 
amygdaloïde , ainsi qu'à Sandv-Brae , en Irlande. Enfin , 
on en a découvert dans TAménque , à Zimapan ^ au Mexi- 
que et à Gracios-de-Dios , province d'Honduras , dans le 
même royaume. Les opales de Gracios-de-Dîos rivalisent 
pour la beauté avec les opales les plus précieuses dé la' 
Hongrie ; elles ont fait le sujet d'une note 9 de M.Heuland^ 
( Ann. de Pltiios. , de Thompson , 1818. ) 

Dans tous ces gisemens on observe les«opales associées' 
avec les silex résinites commun , hyalin , et quelquefois le 
silex résinite hydrophane. 

Auprès de Francfort, sur le Mein , existent des laves et 
d'autres produits qu'on donn% pOjur volcaniques , et parmi 
lesquels sont beaucoup de silex résinites communs. On y a 
trouvé également des opales en grains et en petites veines » 
dans une lave poreuse qui contient l'hy alite on quar&^ 
hyalin concrétionné vitreux ( Vçy, vol. a8 , pag. 453 ). 

L'on assure qu'il a été trouvé autrefois des opales en 
France, à Ghatelaudren (Déborn. dit Pompéan) en Bre*' 
tagne. L'échantillon qu'on m'avoit montré et qui , disoit-on , 
proyenoit de cette localité, appartencfit à l'abbé Rochon ; 
il m^a paru très-semblable à une prime duopole de Hongrie. 
Au reste , ce n'est pas impossible ; car on trouve k Ghate- 
laudren de très belles hydrophanes. Selon Debom,' l'opale 
de Pompéan étoit en feuHlets minces entre do feldspath. 

Les opales de l'Amérique méridionale, citées dans le 
catalogue du Musée minéralogique de M. de Drée , avoient 
été apportées du Brésil à Lisbonne ,; et faisoient partie de ' 
la collection du général Paris. 

lies opales sont les plus belle? pierres de parjure avec les 






$i4 SI L 

4ui|MUM $ «<NiT«iit mm hé sitts^èk ensemble. Celles qaî sont 
i^^ns le commerce firovîeiinelit |ire!n{tie tontes 4i* Hongrie ; 
f«el^aes-4iiiet seiirmt 4e Saaie. CeHiè» dii^eïique, connues 
4epais fieu , ioat dë)à versas éàioÈ le comtnërèe , e\ W est 



probable qu'elles pourront Jve aussi afoondàOtes q^e celles 
allons rapporte^ «or les ^tinctioos dès Variétés commer- 



4e la Hongrie 9 amteelMw faut appliquer ce que nous 



ciales de Topale* 

Oa appelle opmia orkmaiê^ cellei qui offrem les flammes 
Us plus grandes , les plus vires et les phs colorées , en un 
mot les p4tts beUes de toutes. 

h^^ales ariàquinèi 90nt telles ^ufi sont de toutes Ébùlëurs, 
mais en petites parties, et très -brillantes. 

Les çptdeB gyrasoir^a pierres de inné sont celles ^ni sont ' 
presque tradsparentes ^ aree un reflet intérieur bleu. Lors- 
qu'on les regarde à l'opposé du point d'où part 'la lufnière « 
elle! sont quelquefois jaunâtre». 

La prima J opale est U rothe de ropale , parseitiée d^une 
multitude de paillettes d'opales louantes et de toutes cou- 
leurs. 

On estime darantage tes opales orientales et les àrleqaU 
nés ; ces dernières sont lès *pluâ communes. Les opales ïi^ 
souffrent qu'un seul genre de taille , celui à fece convexe 
unie, c'est-à-dire , le cabothon et la poire, ou la pendeloque 
et Fsimande. On cfn lait des^agu^s, des eolliers, dei» boucles 
4*orèiUesi, et«. Lorsqu'elles sont dW très-grau d diamètre , 
Ce sont des bijoux précieux. Rien n^est nlus lAtig^nifique que 
l'assoeiatiou d^ belles opales, àvéè des diaïUans blancs et des 
rubis orientaux (corindon vitr«ix rose) ; ces trois pierres*pré- 
cieuses Sont les plus cbères de toutes les gemmes. Le prix Aes 
opales est modi6é selon leur beauté et leur grandeur, etsoulTre 
moins que le diamant les variations du commerce , bîeU 
l|u'elles soient d'une valeur repi'ésentative moins sAre. ï)enx 
opales arlequines de diit millimètres sur buit 'milHmèlrés de 
diamètre , et ayant toutes les qualités qu'où exige dam ces, 
pierres , se vendent aus environs de a^^oo frants à Paris ; 
et uuf belle opale orientale de onze millimètres dé diamètre 
peut valoir au^mt. En général, plus lés belles opales sont 
grandes, phm «lies sont cbères , et sèuveiit alors peu prôpfès 
à la parure, par<^ qu'on n'ose pas sacriffer de la piefre pour 
lui donner une ftsrtne régulière. On peut citer comme 
exemple d'opales orientales , remarquables par leur gran- 
deur , Topale de einq p«uee6 de long sur deux et demi de 
diamètre ^ du cabinet impérial de Vienne, i^uàut aux pHUiès 
d'opale , elles sont d'un prix infiniMeut làoindre , puPs- 
qu'uue belle prime d'upalt ^ de U grandeur de TougU 4a 



s I L ai5' 

f^u^^\, va«t a«i phB iS à ao francs. Les o^paks coihnMnv6S> 
OH celles «tùiûé laiteuses «i i^îoées ^ servent dans les mon- 
tiH-es ipowr eatoulrage ; on monte sur paillon coloré ie8\Dpale8 
transparentes faîUes en coaleors. Cette |rierre n'étant pas 
:dure , en la faigomie tout simpletoent arec Témertl fin , le 
tfiptoli et Tèau 9 f^ais avec de la potée d'ëtain on sur une 
lame d'étain ; on acbève de lui donner le lustre en la frot- 
tant ûvet une pean de chamois. 

Il paroît qae les anciens tiroient Topale de l'Inde , et 
cependant nous ne voyon£ pas cette pierre précieuse au 
noftibre de celles qhe teous lirons de ce continent. Il faut 
d^nc que les excitations en soient jfpuisées- depuis long-* 
teihj^s. Les Romains fàisdient j^lus de tas dé l'opale 
qùé nous'; peut-être 9 Sans doute , (îârce qu'elle étoit pluis 
^re alors. Plinie nous dit qu^ Antoine proscrivit le sénateur 
Nôaius 9 auquel appartenoit une très-belle opàlè qu'il avoit 
riÊfttsé idfe lui cédiér ; Sur ii)uoi le naturaliste romain s'écrie 
évec Uhe élbquente indignation: « t)e quoi s'étonner davan- 
tage de là cupidité farouthe du tyran qui proscrit un se- 
ftiaieûr ptMrr une ba^e ^ on de rinconcevable passion de 
rhomiUe qui tient plus k sa bâ'gd'e qu'à sa vie ? » Nonius 
ëtbit alors en Egypte, et il chercha & éviter son malheur par 
iii fuite. C'est ce qui a fait bènser que l'opatése tiirôîl peut- 
être de l'Egypte même. M. Roboly , interprète français , 
as^uriequ^on a trouvé des opales dans les ruinés d'Alexandrie. 
Pline «ijoute (}uë l'opale de Nonius , qa'oh voyoit encore de 
son temps , étoit de la grosseur d^ttne noisette , et que sa 
valétAr étoit portée à nne &<anmè prodigieuse. Les manuscrits 
ne soht pas d'atcord sur le nombfé de Sèstiertes , dont féline 
a voulu parler. Rrotier croit qu'il s^âgit de deux millions de 
sesterces, te qui feroit k peu près 4-oo "liHe fr- (i).-^line 
%st le pretnier des auteurs anciens qui nous ait parlé de 
i'DJ^àie , et il nous apprend que les iirecs , charmés de la 
magbitcencé de ses coùlèdrs , lui (ièilnèretrt les nôiiis de 
poederos^ et S'ôpahs ; te dèrUieir noiii e$t supposé dérivé du 
mot]greè £^, vue , vision, parce qu'on croyoitqoe l'opale 
t foiiissoit du pott^oir de fortifier la vue. 

L'on ne sait pas préciséoient k quelle époque les opales 

.ont commencé à devenir on oAifet pins vulgaire de parure. 

Les mines d'dpalesde Hongrie sont exploitées depuis très^ 

lon^-tevtps \ dans le qnatomèmo^iècle , leur extraction oc- 



x. f f > ■/ y t y 



(i)JameâoiLpct j 60,090 livres sterling, ce qui feroit 3»8.40,ooo. 
fraocs. je suppose qu'il faut lire léfOo^ livres Verling, ce c|ai H-^ 
pond à /|oO|00io fraacs4 



ti6 ' S I L 

capolt trois cents ouvriers. C^est i quatre ou six mètres d^ 
profondeur , sous des bancs de trapp et de porphyre décom-* 
posé,qu'on tire la pierre qui contient les opales^àCzséberwe- 
nitza , au nord de Kaschau. Ces opales sont exportées dan» 
toute l'Europe et dans l'empire Ottoman. Autrefois les 
opales de Hongrie se transportqient en Turquie , et de-là 
elles étoîent apportées en Hollande^, et cest peut-être 
une des causes qui ont fait donner à ces pierres i'épilhète 
^orientales. 

IL Le Silex bésinite HYDRdtaAN£(Ocii/itô mun^ , Wall, i 
'Lapis mulahilis quorumd. ; Hydropfiane, Romé-de-risle^ de 
Laméth. ; Quarz résinite hydrophane , Haiiy; Silex l^drophane » 
Brongn. ; Preciousopal (variété ), James. : variétés de VEd-- 
Jer Opal et de YHalh Opal , Wern. ; vulg. Hydrophane , œil du 
monde, ). Cette pierre a été décrite à 1 article hydrophane , 
où l'on a fait voir que c'étoit une simple modification des silex 
résinites opalin et demi-opale. Cette pierre étoit connue dan3 
le seizième siècle ; il en est question dans un traité sur les 
pierres gemmes intitulé , Coronœ gemma nobilisdmœ , publié 
alors par Neuheuser. L'hydrophane y est désignée ^ous le 
nom de Werkef^rsiein ou Wunderstein. L'on prétend même 
que le pantarbas des anciens n'est autre chose que Thydro- 
phane. 

On trouve à Chatelaudren en Bretagne 9 des hydropha- 
nes qui deviennent promptement limpides dans l'eau ; elles 
sont daps une gangue argileuse qui paroît être un porphyre 
décomposé. Lliydrophane est plutôt une pierre de curiosité 
que de parure ; on en fait quelquefois des épingles , des clefs 
de montres. Alors 9 lorsqu'on veut augmenter la surprise 
qu'occasione Timbibition de l'eau dans la pierre , on a soin 
de composer ces objets , de deux plaques très-minces , entre 
lesquelles on place une devise ou une petite figure , qui n'est 
I visible que lorsque l'on a enlevé à l'hydrophane son opacité. 
11 faut avoir soin d'employer de l'eau très-pure. 

IIL Silex R£sraiT£ hyaun ( variété de VEdUr Opal et de 
ïhalb Opal, Wern.). Ce n'est encore qu'une modification 
de l'opale et du silex résinite 4emî«opale , mais qui se pré- 
sente avec une apparence tellement particulière 9 que nous 
avons cru devoir nous permettre de la considérer k part. 
Ce silex présente toutes les couleues ; il est transparent et 
limpide quelquefois comme du verre. Sa cassure est con- 
choïde , ondoyante , et même vitreuse 9 quoique conservant 
encore un coup d'œil luisant qui décide ses r^fiports avec les 
silex résinites. Au chalumeau 9 ses couleurê foiblissent , et 
même disparoissent , et la pierre se gerce en tous^ sens. 



s I L aij 

L'une des irarîëlës les plas marquantes , celle de Zima- 
pan , analysée par KUproth , a offert : 
, Silice é . . . 93. 

Eau 7,75. 

Fer . . . • . 0,25. 

rfous en distinguerons deux variétés pIutÀt caractérisées 
par leur gisement que par leur coÉleur. 

A. s. R. H. flamboyant { Feoer-opal ^ Karst. , Klaproth; 
Fîrc-opal , James ; vulg. Opal de feu ). Cette belle et pré- 
cieuse variété se présente avec la couleur rouge* hyacinthe 
très-vive ou rouge de feu, avec«des passages au jaune vineux « 
au jaune de miel, au rouge carmin êi au vert-pomme ; il y 
en a aussi de parfaitement limpide et de bleuâtre. On obser- 
ve quelquefSis dans son intérieur , des «espèces de dessins 
dendritîques , et des iris à la manière de celles du quarz hya- 
lin irisé. 

lia été dé(^uvert auMexiquç , à Zimapan, dans un j^or^ 
phyre qui contient aussi des opales , des silex résinites gira- 
sols , demi-opales et communs , etc. Le même porphyre reiir 
ferme des globules de la grosseur d^uti pois, d^un bleu de la * 
vande. Ces globules ont une structure radiée , et leur centre 
contient un petit grain siliceux blanc. Kous avons indiqué 
I3^s pierres analogues yàTarticl» Obsidiennes amygdaloïdes , 
vol. 23 9 page 172. 

On taille Topale de feu , et on lui donne les formes à fa- 
celtes et à degrés. Elle est susceptible d^un poli vif rehaussé 
par la vivacité de 'sa couleur aurore ou hyacinthe , car on 
ne préfère que cette couleur, parmi toutes celles qu^elle pré- 
sente. La meilleure monture qui lui convienne , est un en- 
tourage de petits diamans qui ne doit former qt^un simple 
filet ou cordon. L^opale de feu éloit connue en Europe bien 
avant que Ton sût qu^elle se tiroit du Mexique. On la confon- 
doit avec le kjnelstein , qui lui-même étoit encore nommé 
hyacinthe. C'est une pierre assez chère. 

B. s. R. H. verdoyant. Celui-ci ne me paroît avoir été sl« 
gnalé par aucun auteur,si ce n^est par Patrin. Il est d'un vert- 
bouteille passant au vert de Taigue -marine , et se trouve 
en mélange avec des sile!^ analogues , d'un blanc laiteux ou 
bleuâtre, avec des parties opaques brunes, noirâtres et olivâ- 
tres. M. Patrin Ta découvert dans lamine de ZéreutQuif à l'ex- 
trémité orientale de ^ Sibérie , près du fleuve Amour. «On 
aperçoit , dit-il, dans quelques endroits, la transition des 
parties silicées (silex résinite commun) aux parties vitreuses; 
mais ailleurs, elles ne se confondent pas. Les parties silicées 
ont une légère apparence résineuse , et ne donnent que peu 
d'étincelles ; les parties vitreuses n'en donnent aucune , et 



:ii« s I L 

s^égiribeùt &ôûslê àiot Ae Tacier. Ce quUI y ia'de remarqua* 
ble dans cette singulière variété de pechsteîû , c^est qoie leS 
ip^riies silicées sont , dans quelques endroits, couvertes d'une 
croûte blanche argileuse , qui haj^pe fortement à la langue , 
comme celle qui se forrûe sut les silex décomposés ; etcêftte 
ètkémé croAte se trouve , ^ns quelques parties , recouverte 

Îar Témail bleu. » (Patriii , Hist.naLdesfninér. , taisant suite 
Buftbn, édiu Dét.,v5l.a, p. 2^^.)ht inorceau recueilli par 
Patrin, et qu'il décrit avec autant d^attehtion,îait partie main- 
tenant delaCoUecfion de minéralogie depVÏ^ de Drée. La par- 
lie vitreuse ressemble complAemènt, k la couleur près , 4 la 
variété précédente. Patrih avoit recueilli encore en SibéHe , 
^ Mursinski , un pechslein jaune, transparent, ^«i tait le pas- 
sage du silex résinite hyalin au silex résinite deml-opa^. 
' rîous croyons que le quarz hyalin concréiionné vitreux c^ 
nous avons décrit à cet article , vol. a8, pag. 4>S^ , seroit mieux 
f\3Lté Sivec le silex résinite hycdin, 

IV. Silex késinite ^ikasol. ( Ùirasol ftomé-de-rïsie ; 
t)palè bleaâlrè et girasol , de 'fjàméth. ; t^uarz tésinile girasot , 
Haity ). Le giràsol n^ diffère de Topale et des silex résinites 
fayahii ^ demi-ôpale et commun, que par sa transparence lai- 
ietise , avec un redet intérieur jaune doré. - * 

Quand xm place le girasof entré roeil et la lumière , sur- 
tout au soleil, il n'a que cette teinte aurore ; mais alitrement, 
c'est-à-dire , pa*- réflexion , il ^ diverses "teintes. Il y en a 
de blanc, deverdâtre, derosàtre,dejaunâtre,de|aunede miel, 
de bleuitre ; il y en a de limpide , etc. ; enfin , on ol>serve 
tous les passages aux variétés ae$ silex résinites que bous ve- 
nons de n^^mmer , et c'est dans les mêmes localités qu'on 
les trouve : ainsi , nous ne nous arrêterons pas sûr cela. 

Certaines calcédoines orientale^ , le quarz hyalin rose-lai^ 
teux , le quarz hyalin concrétionné vitreux, présentent aussi 
un reflet aurore, et on les rencontre dans le éommerce sous 
le nom de girasol. Les gîrasols ne sont que des objets de 
curiosité : on les emploie peu en parure, Qn préfère les bleuâ- 
tres et les roses laiteux oa le quarz rose laiteux. La taille 
)a plus convetiabie est le cabochon ou la poire ukiie. On les 
taille aussi k degrés ; mais alors«es gîrasols doivent être près** 
^ue limpides et colorés. L'un dés ptus ^asréables , est le 
girasol Imipidé bleuâtre. Lorsqu'on le regarde par réflexion , 
et qu'il e^t taillé en cabochon , en dessus et en dessous , il 
.offre la teinte aurore dan^ son ppurtotir. 11 en vient de 
liongrie » de Siiésie , et surtout du Brésil et du Mexique , 
de très-beàujc et de volumineux. 

'. V. Silex résinite DEMi-oPAtÉ ( j^ûtt-£y?û/e , Wera. ; 
^emi'opaîey James.; Variété du guah réàrUtt cpmmuny Haiiy, et 



s I L 219 

tn Siieixrtàhdfè ^ IhrdiigTa. , eu Pmlfe 6«i pic^e Se lamiïh. ; é% 
iltsfttw^^ , fm Pierres dt ^oipc infusièles^ Dolomieu ; vnlgaU 
Vetti^iA âefhlôpùtè , HaTbopele , Fechesiem demi -transparent )• 
Ct Sîltx est lé pltiô souvent un girasol sans reflet , aurore et 
phislàiteot à&hs sa transparence,<]ui n'est réellement qu'âne 
tiraiislbtidité ptrt tarte ; oti n^ peut distinguer aucun objet k 
tràviè^. Il , sôtififrè complètement la comparaison avec de 
rfefnj[mb,mjhne dans seé cassures. 11 a un éclat plus vif quccelui 
du silex résinite commun, e\ raèn^e complètement résineni. Il 
a quelquefois r aspect un peu vitreux, et se présente avec 
^ès tcrtil^nrs Irès-variéeà , Je blanc-laiteux Ou bleuâtre, le gris, 
*ron , Ife jâûne dé miel ou olive , le fauve , le rouge-brun, le 
Vért-tiWe, et en^n, àe toutes les couleurs que présenteal 
iés !?ilèt Yésinites communs çt jaspoïdes. Ces diverses couleurs 
^ïil très-ï-àtetftenl inélângées>le silex demi-opale étant coni' 
tnùnëMelit d^uhè seule teinte : cependant , il y a des variétéa 
, Veinées , boxées , bigarrées , tachées ^ rubanées , etc. 
. 11 est infusible au chalumeau , sans addition; maïs avec 
Ife bbrài, il fond sans boursouflement. Sa pesanteur spéci- 
ïl|tie vatîe efilre 2,00 et 2,18; Hoffmann a trouvé que c#ilè 
flVne Vâfiété jaune et Verl-grisâtre ,^ de Hongrie , étoîl de 
' ^'^2»' ^*^^ ^»®59 ; ^€ celle d'une variété d'un blanc-laiteux 
de rteyberg est de 2,16; k demi-opale de Moravie a une 
pesanteur spécifique de 2,077 ^* ^^ ^7^^7 î selon Karsten, et 
de 2,i(ï d'après Klaproth. 

Ce silex se trouve eti m^isdès disséminéeis , en lils ou eu 
couches, ou mamelonnées et stalaciiformes, dans les por- 
ph^rre^ el les amygdaloïdès , et daiis les filons métalliques, 
suitout ceux d'argent , qui traversent le granité et le gneiss, 

La demi- opale se rencontre dans presque tous les gise- 
mens'du silex résinite commun. lien vient de triS-belles va- 
riétés de Saxe,de Bohème,de Silésie, de la Hautè-Autrîche , 
de Pologne, de Hongrie,de Transylvanie, de lîle d'Elbe, du 
Piémont , de Sibérie , du Groenland, d'Islande, de Féroë, 
d'Ecosse , d'Amèrî^, âc* 

, En ]Pl*flncet on en trouve aussi, et |>f tncipdekiieiH à Àm- 
bierle , près de Roanne. 

Là denii-opale «les ilo«8 mètaHi^eS {>ï*égeïitè tôu* les 
passages aux silex cornés ^ k la carfcédoiue , tMc; Celle dès 
porphyres offre aussi des passages à la calcédoine et éuk 
agates > èi dans totos ses gisemens elle est avec 4e «îl^x nSsi- 
nite commun 4 dont eHe n W réeliei&ènt (Qu'âne variété ph» 
translucide et plus éclatante. 

VL Le SiléBX RÉi^Mi£ commun ôtt SittU PlxfiStfem. 
( Quart-réstmteamnnnm , Hatly , en partie ; Jhfnh^fétH ou pietfû 
^pviiv i^mbit^^ Ddom» ^ en partie ; i^iMfe , t)elAi^ih. ^ eà 



aao S I L 

partie ; Pierre de poix informe ^ de Bom ; vvlgâlrement Pech^ 
stein f Pierre de poix , Pech-opale i Opale de cire. Ce silex res-r 
semble, pour sa cassure et sa contexture , à une résine colo- 
rée ou à un bitume. Sa couleur jaune-brunâtre ajoute encore 
à cette ressemblance. On en trouve au^i de diverses nuan-» 
ces, de vert, de rouge , de gris» de jaune, de blanc; ses 
couleurs sont , en général , ternes , comme celles de tous les 
corps qui , comtne ce silex , ont Taspect gras. Ce caractère 
^st on des plus essentiels de ce sUex. 

Ce qui le distingue principalement, c'est son opacité, qui 
néanmoins n'est pas parfaite con^me dans le silex rési- 
nite décrit ci-après ; il est même quelquefois demi - transe- 
parent , et même transparent sur les bords minces. Il y a peu 
de substances pierreuses amorphes , simples et homogènes ^ 
qui présentent autant de modifications que ces trois variétés 
de silex résinite ; on les voit passer de Tuû à Tautre par de^ 
nnatices insensibles ; on observe quelquefois ces transitions 
dans un échantillon de k grosseur du poing. 

La cassure du silex pechstein est conchoïde ondulée ; elle 
passe un peu à Fécailleuse dans certaines variétés qui se rap-* 
prttchentdes silex cornés. En général, la surface de la Kassur^ 
est lisse et luisante. 

Sa pesanteur spécifique diffère peu de celle de la demi* 
opale '.Klaproth indique 2, i5 ; Kirwan » 2,i44; Haberlci 
2,064. • , 



Sçs principes sont , d'après Klaproth : 





Kosemutz 


Silice . 


. 98,75 


AlunAne 


0,10 


Ber oxydé 


. . 0,10 


Eau . 


. . 0,00 


Perle . 


i,o5 



Telkobanya. 

93,50 , ♦ 

0,00 
1,00 
5,00 
o,5o 

11 est probable que la premièrl analyse est celle d'une 
variété de calcédoine blanche , luisante , qui accon^agne la 
chrysoprase. 

Le silex pechstein appartient anx terrains primitifs , à des 
terrains de traosition on volcaniques et aux terrain^ secon*- 
daires. . 

Le silex pechstein forme , dans les roches primitives , èes 
veines et des masses disséminées dans les couches graniti-^ 
ques, de gneiss, de micaschiste et de schiste, dans le porphyre, 
et dans les filons métalliques avec le plomb sulfuré et le zinc 
sulfuré, les mines de fer, etc. On le rencontre aussi dans les 
.serpentines , par exemple , en Saxe j à Frey^erg , Huberts*- 



s I L t^t 

berg , Libenstocky Johanngeorgenstadt et Scbfiéeberg; en 
Bohème, à Bleistadt, Fribus, Heinrîchsgnin; à Primers- 
dorf en Autricbe; en Silésie, à Kosemut2; aa Mosinet, 

{^rès Turin ; à Campo , dans Tîle d^Elbe : il est caverneux; à 
'Imprunetta , auprès de Florence ; à Salzbourg en Tyrol ; 
dans le gneiss, en Garintbîe; en France; en Bretagne, à 
Ghâtelandren ; en Auvergne, àBecolène où il est poreux; 
et surtout à Ambierle , à trois lieues au N. O. de Boaiine , 
oùll se trouve dans un grand rocher qui forme la crête d^une 
colline qui sépare deux vallons; ce rocher est composé dechaux 
fluatée^ de baryte sulfatée en grande masse , confusément en- 
trelacées et traversées en tous sens par des veines de quarz et 
d'un beau pechstein de couleur jaune plus ou moins translu- 
cide, qui se décompose à Tair, en une terre de couleur lilas, 
hapjpant fortement à la langue. 

En Sibérie, le silex pechstein est aussi dans des roches pri- 
mitives. Ses eisemens ont été observés par Patrin. Les filons 
de*la mine de plomb de Nikolaefskoi , près de la rivière 
d'Ouba , non loin de Tlrtische, dans TAltaY, courent dans 
nné colline isolée qui termine un àes rameaux pnihitiis de 
FAltaï ; et qui est formée entièrement de silex "pechstein en 
grandes masses. Ces masses n^offrent aucune disposition régu- 
nère; les unes sont rouges, les autres jaunes ou olivâtres; d'au- 
très sont mêlées daces diverses conteurs, et forment une véri- 
tïible brèche. Elles paroissent subir une décomposition qui les 
convertit en ufle terre ochreuse rouge ou jaunâtre , très-ta* 
chante, et offrent toutes les nuances entre le pechstein parfait 
et le jaspe. Aux environs de Tom , à cent lieues k Test de 
NicoUefskoi, dans une mine d'argent , le pechstein est dans 
une roche argileuse , en veines et rognons , placés à côté les 
uns des autres ; sa couleur est le blanc ou le blanc laiteux ; ce 

Îoi le rapproche beaucoup de celui du Musinet , près Turin. 
L l'extrémité de la Sibérie orientale , près du fleuve Amour, 
dans la mine deZerentoui , on trouve également des pechsteins 
de plusieurs rariétés. Les environs du village de Moursinsk, 
fameux par les améthystes qu'on y exploite, présentent ayssî 
du pechstein en veines d'un à deux pouces , dans une espèce 
de gneiss compacte. Hermann a observé , sur la montagne de 
Moursinskaya , où se trouve une ancienne mine de cuivre , 
près de la rivière Tscharisch , du pechstein gris ou brun, ou 
'^^c f q^ exhale plus ou n^oins l'odeur argileuse , etc; 

Il y a aussi du silex pechstein pUmitif en Amérique. On en 

trouve dans du granité en Pensylvanie ; dans la serpentine 

près Baltimore , à Bare-Hills, dans le Marylaod , à Mont-^ 

gomery , etc. 

Dans les terrains de iransition, il se rencontre sous les 



nt S I L 

qiémes formée t ^ani^les couchas ie nofpliyre$ ^ir^itaax tk Uf 
Ir^pps oa iavQs amygdaioïdes, avec rofâU et ke^ a^iMr«a y^^ 
riçié» 4e silçx r^Ue i UHes <n^'ço IsUipde , ^ J^<^o$ et jm 
(loQgne. 

TeMobaoya et ses eoTiroos ea Traiuylvai(iie ofibeiM mn 
grande ▼arié4é 4e pechsteîq,4e tQ^le^ les piuQces «[uifqriii^^^ 
4e2i variétés renaarquablea. Il y ea a die hrun «j 4^ iMwgi » 
de jiaime et miai^ de bLei|, covleur (art rare; V^fo^et^ 
lins soQt rubao.és, Ulaocs». vlgiets et bruns « et<^ À T^%^ 
begy près Telkobanya» il y a uu pecbst^iiqi couae mé\^ d% , 
sUex résiaite byalîo verdâtce. et traQsivaoeJEit. ^ t^acgo, f^4« 
4e la même yiIU , o^ trouve daa^ Hpejave ^isi^ 4^Ap^é^ 
un pecbsteio noirâtre; on y a trmv^ ans^^ 4eftgéo4^4'^^r> 
tes eontenant'des cr'istauz crétés ou en p:isin<s$ beiîa^4i7e«« 
qui ne sont que des pseiidomorphes. lies pechateo^ 4e Tetn 
kobanya ont pour base un porphyre argÛeua répul)^ vQÏea- 
nique. La Hongrie est également ciobe ^^ pecbst^ips. On l^ 
y trouve encore dans d<fs porphyreii ^rgUeux ^^cou^Qa^t» 
considérés aussi camnpie des laves par quelques. mui^a->v 
logistes; c'est principalement à Tookai, et C^ecw^nitM-su 
l^rès K.ascbau ^ dans 1q gi$e9ient 4^a Q«ft(ei^ ^oj^ U^ nnn 
contre. 

Les pecbsteins d'Irlande^ont 4^9S le m^m^ ca^. ^Qm «n 
dîrops autant de ç^u? 4e«Gua4ilcmpe ^ %i«iapai^N. iif^Wb 
4e pjos au Mexique. Qn doit remarquer q^o ceui^4« $îl4^e' 
et de Hongrie acccv^paguent aua^ 4^s, p^^leinr^pqrj^^K^^ 
des Allemands,, qui^ coinme nous^ TavAÙs 4Àt aof a' P¥ < <l < r ( t 
Pecbsteiu et Rjétinite^ont des pierreiî (nnUle^ très-4A$^>^^t^ 
et qui seoiblent aussi êt^e le plusL^t^^Yeifvt 4'mi^iO/%îi% yoI,4;j^ 
aiflue, 

Dans te? terrains fcçondaîres et r^cet^i 1^ ^el^iein «fc 
présente diversement t f» veineji M en fiUna dam 4ep «ut* 
cbes marneuse&on c4caires, quelquefois Mui^ îjte^ ae^l^**^ 
pagné 4e fosi^ilea te^tacé« qu'il enveî^fpA- Il ^m k^Mn 
coup pour Taâqpect ; car il y eu 4 de luisantet 4^ tr^ao^weidd 
comme le peclisteiu det» terrains^ çi^4e;^$uf î 4'2H:i&^ei| tep^9 fit- 
trè/-rap{irocbés du sile^ grossier pyromaque. ht^ peqh^tfUi. 
des terrains secondaires nous paroM devoir re^p^^v^ 4M9 le^ 
formations dites d>au douce , 4u moins dça terrait^ V^\ ^ 
accompagnent. 11 y en a qui en ^CTrent de^ preu^^ incqnMt 
tables : tel est le pecb&tein brun ou.nQH*4ire:> ç^ gT'îf ^t efl^r 

ÎiJiiUer,de ta «Muitagn^ 4^ SaintrP^efre Â^naq e| du hameau 
e Monac ag Puy-de-rDôuie ; le^ c^quitlesqu'iloofitient sont 
des plahorbes et des liçnnée^. 

Les pecbsteins des environs d'Orléans sont ^UvâlreS; OU 
bruns^et da^a u^ C^l$i?v:e i«am«» và. a^«^«nïW««« de» UQU- 



s I L ^2^ 

tkes ie calcaire ëlëoginité, c'est-à-dire « d?çau dooce. Celui 
de Gçrgovia,çrès Cleçmonl-rerrand, est jaunâtre, ou» brui^ 
jaunâtre, poreux et également entre des coiJKrhe^ de calcaire[ 
marneux, qui avoisînènt à la fois des colonnes basaltiques ei 
des dépôts de calcaire^'eau douce; cependant il n'offre aucun 
fossile. Il est probable que le pecbstei^ des enrirons du Man^ 
est dans une position semblable à çeliji de Montal^u^ard. pr^^ 
Orléans. Enfin , uqus citerons comme tr^^s-rapprocbée di| 
siUx'pçchstein, une variété de silex résinQÏde gris veiné- de 
yert, et luisant , qn^on trouvç i^ Saint-Ouen^d^ns les même^ 
coucbes que le silex neçllque : il est, vrai qu'il est parfaite- 
nient opaque, et d'un coup dJçBil n^t, et que , par ses carac« 
tères et sa contexture , il est infiniment plus voisin du Èilc^ 
résinite ménilite. 

Il y a «n^coi'e une manière d'être dû silex-pçcbstetn , qui 
achève de le rendre commun avec tous les terraïQs; c'est l'état 
ligniforme. En effet , on trouve souvent des bois changés en 
silex résiiûte dans àfis terrains qui paraissent $tre de Çprq^a* 
tion récente ou de transport : noiis y' reviendrons k. T^rtiçlf^ 

du silex pseudo-m orphique , S 4' 

ifC peclf$teiQ«st sujet a se déconapôs^ei;. Il ^e réduU.en une 
terre cbmmunémeijit blanche , quelquefois au^si colorée. he9 
gros mamelons qui se d^l^chent dç lâ„roche se C0¥vvept bieOr 
tèt d'une écorce terreuse analogci^ , qui haj^pçr fortement h,\^ 
tangue et absorbe Feauavec sifflement : les j^^cbs.tei^s des ser- 
pentines et ceux des porphyre* argilçuxsjopt très-sq[ets, à ce 
^ genre de décomposition. !(jQPsque ces pierrçs sont très-cbaTf 
^ Çées de fer, elles donnent des tercet ochreu^^eSt 

On taille le sjilex-pecbstein e4 li| silçx dem-QpsJe f our dÇ3 
objets de pariire^ lorsqu'ils on<. une b^Ue couleur* MU ^e^ 
poli et certaine transiuçidité. On a i^oni^^é Qfiak 4^ bpiif 
une variété ligniformç, rubanée. 4^ )>r^I^ ^t 4e bl«UAC îiuiiàtre 
opaque. En général , on désigne ce silex par pcçhropaf^p 
opale de poix* J^es variétés d'u^n v^rt vi)i s'appellent pra$e$ 
ou chrysoprases , ^selon leur teinte ; mais on lie l^s confond 
jamais avec ces pierres 4otnt elles se. distiogtient pa(^ leur 
ir^ilité et par leur écl^ noQÎns vif et ItMirs çQulears moio^ 
agréables. 

VIL Sii,ijx RÉSINITE ^^.spQïoïi (variété &x\ (^m:^ rèsmi^ 
comnmn^ HaU^; Oy?(ï/-/a^£^»/yVero. I Jaspe-opal y Oi^cxif 
Jasper opal^ J^mes. ; vulg.. Jaspe-opale), Ce sile^ joint à l'^pect 
résiajforme des silex précédens, Topacité parf^te 4»» j?Wpev 
Ses couleurs soiit trançhées^d'up roM^e de saQgov,^c;arl^te» 
d'un brun foncé etd'un jaune d'ochre; ily en a cependa^t-dç 
blanc 4e lait, agréablement naa^é et vei^é 4e ro4||^e ^^.^^ 
jaunç, il çsj quçlqp^fo^ lHri<>Ié 4e pl^sic^urs çooleur^» v^i»f 



r, 



aa4 . S ï L 

ar des lignes colorées, parallèles, fletueuses ou embrouil- 
lées. Il y en a aussi de dendrîtiques et de marquetées de pe- 
tites étoiles deUdritiques , comme on Tobsenre dans le jaspe 
tigré panthère d^auprès de Mayence ; ou , pour prendre un 
exemple plus vulgaire , comme la piefre arborisée de Flo« 
rente ou une pierre calcaire. Sa cassure est largement con- 
choïde , à surface très-unie , souvent sans la momdre levure 
on écaille : il est fragile comme les précédens. 

Le silex jaspoïde est plus ferrugineux que le silex pechs- 
tein , \et cVst peut - être à la quantité de fer qu^il doit son 
opacité. Il y a des variétés qui contiennent près de la moitié 
de l^ur poids de fer oxydé. Klaproth a reconnu dans Tune 
déciles : 

Silice I^i^So 

Fer oxydé : 4-7 

Eau 7 

Perte i,5o 

Mais le fer oxydé est loin d'y être toujours dans cette 
énorme proportion. La pesanteur spécifique du jaspe-opale 
diffère peu de celle du pechstein , et , par une circonstance 
remarquable , elle est souvent au minimum de la pesanteur 
du silex résinite pecbstein , c'est-à-dire, de 2,o5 à 2,08; il y 
a même du jaspe-opale plus léger ; tel est celui ray^ de rouge 
de Gonstantinople , qui , selon Hoi&nann, a une pesanteur 
spécifique de 1,86. 

Le jaspe-opale accompagne le silex pechstein dans sesgise- 
mens, il est commun k Telkobanya , Tockai en Hongrie ; 
dans les montagnes de Sibérie ; en Saxe ; près de Gonstanti- 
nople. Dansla montagne Noire , en Languedoc , on observe 
du bois converti^ en jaspe-opale jaune. A Ttle d^Ëlbe et à 
Freyberg en Saxe, on en trouve qui se convertissent en une 
terre ocreuse jaune , très-tachante. Il y en a aussi de rouges 
dans le même cas. Ces variétés établissent des passages du 
jaspe-opale au quarz hyalin rubigineux que AYerner désigne 
i^^T eisenkieseL 

VIII. Silex RÉsmiTE cacbolong ( Achates opalinus tenax , 
fractura inceçualLs ;*CachalonmSj Wall. ; Cachalonius et Calcé- 
doine blanche opaque , de Born ; Calcédoine altérée ou Cacho- 
long j Romé-de-risle ; Quarz agathe cacholong , Haiiy ; Perl- 
mutter-opal j Karst. , Lenz , etc. ; Kacholong^ Ocken ; Mother- 
of Pearl-opal; Cacholong^ James.; vulgairement Cacholong), 
Cette pierre a déjà été décrite aux articles Cacholong et 
Calcédoine: nous compléterons sa description f»ar les Sbser* 
vations suivantes. 

Le cacholong» lorsqu'il n'est point décomposé , a un éclat 
luisant et une opacité presque parfaite qui lui donne souvent 



s I L a2S 

Tapparénce âe la porcelaine ou de l'îvoîrc palî. Il est fra- 
gile , mais moins que le silex résinite , et sa pesanteur spé-^ 
cifique est un peu plus forte (^2,2% k 2,^2 , selon Karsten et 
Kopp)» Cette pierre se décompose aisément par l'action de 
Tair et tombe en poussière ^mais seulement lorsqu'elle est dans 
sa carrière; lorsqu'elle est terreuse, elle happe fortement à la 
langue,et absorbe Teau av€rc sifflement et dégagement d'air v 
mais ne devient point translucide. On la trouve en masse , ou 
4*0 stalactite , ou en petites couches dans les roches amygda* 
loïdes, ou laves d'Islande , de Féroë et du Groenland , ainsi 
que dans la mine de fer de HuUenb«rg en Carinthie , de l'île 
d'Elbe 9 et de l'Estramadure, en Espagne. 

On taille les variétés opalines et on leur donne la forme de 
cabochon. On grave dessus. Les artistes italiens se servent de 
la variété stratifiée ou rubanée qui se trouve à Féroë et en Is- 
iande^ét qui est composée de couches de cacholong d'un blane 
opaque , d'une à trois lignes d'épaisseur, d'un blanc opaque', 
et alternent avec des lits de même épaisseur de calcédoine 
blanche , ou bleuâtre , ou verdâlre , quelquefois quarzeuse* 
Les Italiens en font des camées très-fouillés dont les reliefs 
sont en cacholong qui est plus tendre , et le fond en calcé-<. 
doine^qui est dure. Ces sortes de pierres en ont pris le nom de 
tenerc^duro , qui s^applique aussi à des silex pyromaquesru- 
banés , qui présentent une contexture analogue. On voit ii 
la Bibliothèque royale un cacholong gravé représentant Ya- 
lentinien IIL 

IX. SiLEX aÉSlNlTE MÉNILITE ( Quarz résinite subiuisani , 
Haiiy j Silex menilile , Brong. ; Meniliie^ Wern. ; Leher-opal ^ 
Karst. ; Knqllenstein ei Kalkopal , Ocken ; MeniUte , James. )., 
Nous avons décrit cette pierre à l'article Ménilite , où il 
est dit que sa pesanteur spécifique s'élève à 21,8: il faut 
lire f a, 18* Le ménilite diffère du silex résinite précédent par 
son aspect mat à peine un peu luisant, et par sa translucidité 
extrêmement fùible sur les bords. Il ne fait point feu aubri* 
quet , ou à peine, quoique assez solide pour résister au choc 
le plus fort de l'acier ; cependant il est fragile. .On le dis- 
lingue en deux variétés. 

A. Le MeniUte brun^ qui est celui que nous avons décrit ^ 
à l'article MÉNiLii:£,et qui se trouve dans une marne feuille* 
iée sans fossiles, au-dessus de la 2.* masse de pierre à plâtre» 
à Menil-Montant. 

B. Le Ménilite gris, ( Grmer meniliie , Hoffm. ). Celui-ci 
diffère du précédent par sa structure compacte non schis* 
tense , par son aspect mat et terne , son opacité presque 
parfaite ,\ par sa couleur gris-jaunâtre, ou gris-blanchâtre > ou 
brunâtre , ou rerdâtre ; par sa gnsanteui' spécifique un pei^ 



àaS o 1 Li 

plus forte : elle est de 2,a8 ou 2,87 ; et par $où giseineiié 
dans des couches argileuses avec des fossiles qui caractériseAf 
nne formation d'eau douce* On ne Ta encore bien observée 
qu'aux environs de Paris, à Ârgenteuil , à Saint-Ouen a^ec 
le silex grossier nectique , et dans divers autres points des 
environs de Paris. 

Le ménilite gris forme des mamelons irrégutiers , tantôt 
aplatis et lobés , tantôt branchus et rameux. On en a trouvé 
à Bagneux, qui étoit parfaitement sphérique , et de la grosseui^ 
d'une pomme. 

' M. de Drée Ta découvert dans une couche marneuse cal- 
caire , près de Yichy-les-Bains , le long de T Allier. Ce siles 
et la marne qui Penveloppe offrent une multitude de petites 
coquilles du gertre cypris , et qui , conséquemment , annon- 
cent une formation d'eau douce. Ce cypris a été décrit et 
figuré danslenouveauBuUetindessciences, par M.Desmarest; 

§ iV. Silex pSeudomorphique. 

Les silex pseudomorphiques sont ceux qui se présentent 
SOUS les formes qu'ils ont empruntées à des corps réguliers 
minéraux , ou à des corps organisés. Les premiers ont été 
nommés silex cristallisés; mais ce n'est point là une véri- 
table cristailisatioi^, c'est un vrai moulage ou une incrus- 
tation. 

Le Silex pseudomorphique moulé présente les formes de là 
chaux fluatée, et quelques-unes de celles de la chaux carbo* 
Datée ; il rentre tantôt dans la variété dû silex grossier 
corné , et nous en avons parié h cet article. Les meilleure 
exemples sont ceux du silex corné , de Schnéeberg , en 
Saxe. 

Il y eh a de calcédonieux , à Yallecas , près de Madrid ; 
en Saphirine , à Torda près Drestyana , en Transylvanie ; 
en Sibérie. 

On en cite en silex résinile commun ou demi-opale , en 
Hongrie. 

Enfin f en silex pyromaque. 

Le Silex pseudomorphique incrustant est ordinairement de la 
calcédoine ou de la cornaline ; la première recouvre presque 
toujours des cristaux de quarz , avec lesquels elle est intime- 
ment unie , sans aucune ligne dé séparation , en sorte qu'on 
doit penser que le liquide dans lequel se sont formés les« 
cristaux de quarz , s'est modifié de manière à déposer petit 
à petit une matière insensiblement plus calcédonieuse , qui 
s'est moulée sur le quarz et a fini par s'y marne lonner. La 
calcédoine de Féroë et d'Islande, présente de superbes 
crintalUsations de ce genre, ^om citerons encore celle, asseaf 



O 1 Xi X 227 

Remarquable^ âéPont-du- Château , près dfe Clermont, qaî 
forme de belles rosettes et des globules perlés , d'un blaoc 
laiteux, bleuâtre et lulsaut, sur un tuf gris, imbibé de bitume 
noir. 

Quelquefois , au lieu, de calcédoine , c'est une cornaline 
opaque et grossière qui recouvre des cristaux ; c'est ce uni 
arrive d^ns quelques miueâ de Saxe, daiis lesquelles on ren- 
contre des cristanit de baryte sulfatée , ou du quarz ainsi 
' enveloppé. y 

^ Le silex corné revêt quelquefois des cristaux de chaux car- 
bonatée qui , en se détruisant , laissent vide l'intérieur de 
ces cristaux. 

Les silex qui doivetnt leurâ formes à des corps organisée 
sont infiniment abondans : les uns les empruntent à des ani- 
maux , et les autres^à des végétaux. 

Ceux qui les enipruntent à des animaux sont très-conl- 
inuns,.et se rencontrent dans presque toutesJes formationi 
secotidaires , et spécialemeût dans les couches calcaires et 
sablonneuses. On doit les distinguer en deux espèces : dans 
la première , nous mettrons ceux qui représentent le fossile 
tnême, et non pas son moule : par exemple, certains madré- 
pores, comme on eu trouve en quantité en Franche-Comté , 
et qui ont appartenu au calcaire .ancieii ; les caricoïdes et 
alcyonites , de Guettatd , qu'on découvre si communément 
en Poitou , dans la Touraine , en Basse-Normandie , aux 
environs de Reims , etc. , et qui paraissent appartenir à la 
traie ', des espèces de camérines , etc. 

Dans la seconde espèce , viennent se ranger les moules 
siliceux , parmi lesquels il faut distinguer ceux des coquil- 
les qu'on observe dans presque tous les calcaires , soit an- 
ëiehs , soit modernes ^ et qui sont de toutes espèces. 

Ce^ diverses pseudonrlorphoses sont de silex de diverses 
qualités; il y a des nioules d'ammonites en calcédoine pah- 
faite , et nous citerons domme quelque chose d'infiniment 
rare la vertèbre de poisson en bomaiiné blonde , qu'on 
Yoyoit dans le cabinet de M. de Drée , à Paris. 

Il y a des madrépores et des riioules de coquilles en silex 
pytomaque , qui passent aussi à la calcédoine : par exemple , 
ceux qu'on nomme vis agaiisées , qui sont deà montés de tur« 
titelles et de, cérites : on voit souvent ces moules dans les 
cabinets des cdrieux ; on dircHit d'un tire-bouchon d'agatje. U 
if a encore des moules d'oursins qui sont en silex pyromaque. 
dans la craie ; le tét de l'oursin est souvent calcaire , pour 
lie pas dire toujours. 

Il y a encore des moules siliceux dé la niture du silex, 
ineulière toquiller ; il appartient à des fruits ou à des cotpiiL^ 



»a8 S I L 

les 9 par exemple , les eyroeonites et les graloeaf de sparj^* 
nium , et les liniDées, les plaDorbes , etc. , du silex malaîre 
coquilier des environs de Paris. Enfin, nous pourrions 
citer des milliers dVxemples , de toutes espèces de silex 
|>seudomorphiqaes 9 sous les formes de corps organbés fos- 
siles. ' 

Les végétaux siliceux offrent les mêmes différences dans 
leur port, et peut-être davantage. Ces fossiles sont, on des 
/ empreintes, ou des moules, ou les corps organisés eux- 
mêmes siliceux. Parmi tous ces fossiles, nous signalerons 
spécialement ce que Ton nomme bois pétrifié, qui mérite 
d'autant plus d'être signalé , qu'il est extrêmement abondant 
dans la nature, surtout dans les dépôts les plus récens, qui 
lie sont pas toujours des terrains d'alluvion ; ils sont même 
d'autant plus remarquables, que quelquefois ils n'ont pas du 
tout l'apparence ni les fades Au silex, quoiqu'ils en aient 
•d'ailleurs toutes les autres propriétés. Les minéralogistes al- 
lemands ont cru devoir les dimer en deux sortes, qui soart 
le silex corné xyloïde , et le silex résinite xyloïde (^holzn 
sUin et holzopal); mais ces deux distinctions seroient insuffi- 
santes , s'il étoit réellement nécessaire d'établir des distinc- 
tions tirées de la qualité de la pâte : nous pensons , dtins ce 
cas, qu'il conviendroit de diviser les bois siliceux en : 

i,^ Ceux qui sont gris ternes à l'œil , souvent fibreux e* 
cellulaires ou caverneux ; exemple : les palmiers des couches 
i|ui recouvrent nos plâtres. 

2,^ Ceux qui sont d'nne nature intermédiaire entre Tagate 
. et le silex corné , ou qui sont agatins ( Quarz agathe xyioide , 
Hatiy; Holesteîn, Wern.; Woodstom^ James.). Beaucoup 
de bois pétrifiés sont à cet état : commun partout. 

3.^ Ceux qui ont l'aspect du silex pyromaque molaire: 
les bois pétriâés de Lonjumeau , les palmiers des environs 
. d'Angers. , 

4..^ Ceux qui sont en silex résinite, des variétés demi- 
opale et commune ( Hohopal , Werner ; J^ood opal , 
James. ). • 

Il y a aussi beaucoup d'états intermédiaires de tous ces 
silex xyloïdes. Les plus beaux de tous sont les derniers. Il y 
«n a ^ui appartiennent à des arbres résineux , d'autres à des 
palmiers ; et lorsque ceux-ci sont pleins , bien colorés 9 et 
qu'ils prennoat un beau poli , ils deviennent des objets de par- 
rure qui tirent leur mérite de la disposition des cellules et de 
leurcottleur plus foncée.L'on trouve de superbes silex résinites 
il Zastravia, en Hongrie ; ils y sont, dit-on, dans un terrain 
d'alluvion. Oif en a découvert àts portions si considérables , 
gu'tl a £alki -atteler huit bioeais {Kmr les traîner. On prétend 



s I L *agf 

que ceux delà Tran&ylraoîe santdaQs le tra9psidGôndaire(oii 
lave). Il y a de très-beaubois de palmiers ré&uiite«,et d'aotçeâ 
espèces d'arbres 9 à Telkobauya. On en fait des bpîtes , des 
clefs de montres, etc. On apporte aussi du Brésil un. silei^ 
xyloïde résinite 4'une pâte fine 9 flambée de roui sur un fond 
blanc. Au reste , le silex résinite xyloïde es,t susceptible 
d'offrir toutes le$ teintes, rouges, {aunes, brunes et blan- 
cbes. 11 en est de même du silex ag^iu xyloïde. Celui-ci 
s'emploie aussi ppur faire des boites, des placages, etc.; 
mais en général il est très-peu estipié. Use trouve particu-- 
lièrement dans les terrains de transport et d'attérissement , 
et se rencontre dans tous le^ pays. 

La formation d^s moules siliceux s'explique naturellement 
par l'infiltration; car elle est évidente. Il n'en est pas de même 
de celle des fossiles eux-mêmes siliceux. Faut-il croire à une 
transmutation de la inalière animale en silice ? on bien faut- 
il la nier P C'est ce qui fournit deux questions qu'on peut 
soutenir chacune avec de bonnes et de fausses raisons. V» les 
articles Fossiles , LcTuoxYtES et Pétbifications. 
, Les silex résinites xyloïdes sont accompagnés a^sez souvent 
pttr des matières volcaniques. C'est ce qui 4 fait penser à 
M. Fautas qu^il pourroit bien se faire qu'ils fussent des silex 
xyloïdts agatins ou communs, que l'action d'un feu volcanique 
. concentré , et qu'une longue calciuation auroient fait passer 
à l'état de pechsjtein. ( Voyez le mémoire de ce savant^ in- 
séré dans les mémoires du Muséum d'Histoire oatureUe. ) 

(LN.) 

SILEX Ç\Iinéralog, ancienne). On ne sauroit douter que les 
anciens n'aient voulu désigper par ce nom les pierres qui 
donnent du feu lorsqu'on les frappe avec du fer. -— Ignem 
Silice ( elicere monstra»iC) Pyrodes , a dit Pline , et avant lui , 
Virgile nous dit dans ces beaux vers , que Jupiter contrai- 
gnit Thomme à faire étinceler du caillou le feu qu'il recèle. 

nie (Jupiter) malum vîTus serpentibus addidit atris » 
Fraedarique lupos jussit, pontumque moveri, 
Mellaque decusslt foliis, ignemque remopii y 
£t passim rivis currentia vina rcpressit ; 
Ut varias usus medilaiido extunderet artes 
Paulalim , et sulcis frumenti qusererét herbam , 
Ui siticis venis abstrusum excuderet ignem. 

Georg. , Lib. I., r. ia8 à 134. 

Le silex étoit donc une pierre à feu , notre pierre à fusil \ 
mais on voit dans Pline , que non-seulement ce noip s'^applî- 
quoit aux cailloux siliceux , mais aussi , dans les mines , aux 
gangues étincelantes des minerais ; et l'on sait que le plus gé- 



a3o S I L 

jt^ralement elles sontquarzeuses. Ainsi donc, sdns penser pré- 
cisément que le nom de silex ait désigné 9 chez les anciens ^ 
notre silex , les minéralogistes modernes n^ont pas laisse 
qne de lut donner spécialement ce nom. Les minéraipgistes 
anciens Tayoîent étendu k un beaucoup plus grand nombre 
de substances , comme nous le verrons par les articles de 
synonymie qui suivent. En général , le mot ^iex désignoit 
une pierre le plus souvent étincelante. 

Silex adamas de Wallerius. V. Diamant. 

Silex -kgyptiacus^ Wall. V, Jaspe égyptien. 

Silex augites, Wern. F. Pyroxènç augite. 

Silex beryllus , Wern. F, !Çéryl. 

Silex beryllus schorlaceus , Wiedemann. f . Topaze 

PYCNITE. 

Silex cdRULEUM , Forst. F. Lapis. 

Silex catopbtralinus , Wern. F. QEil decbÀt. 

Silex CRiASTOLiNus , R. Forster. F. HarmÔtome. 

Silex concretus de Vogcl. F. Pouddingue. 

Silex circonius , Linn. F. Zircqn. 

Silex corneus , Forst. , Wern. , Suckow , etc. Tonpc 

HORTSSTEIN 9 CORNÉENNE , SiLEX CORNÉ, JaSPE SCHISTEUX^ 

Silex crucifer , Wern. ; cruciformis , Lena;. F. Har- 

SIOTOME. 

Silex feldspathum , Wiedemann. F. Feldspath. 

Silex gemma. R. Forster réunit sous ce nom toutes le^ 
gjemmes , savoir ; la Cymophane , Suckow. ; le Zircon et 
r Hyacinthe^, le Spinelle ( Rubinus, Suckow.); le Co- 
rindon, TÉmeraude , la Topaze, etc. 

Silex GRANATUs, Wern. r. Grenat. 

Silex hjemachates , Linn. ; c'est le Jaspe égytien. - 

Silex hyacinthus , Wern. F. Hyacinthe , à l'article 
Zircon. 

Silex hyalus. R Forst. G*est TAxinite. 

Silex jaspis , Foi-st. , Linn. , etc. F. Jaspe. 

Silex lapis-elasticus. On donne ce nom au grès pliant 
du Brésil. 

Sil]^x lapis lazuli, Wiedem. F. Lapis. 

Silex lapis thumensis , Wern. F. Àxïnitç. 

Silex lazulithus , lazulith et lazulus. F. I^Api$. 

Silex lepidolith us , Forst., Wiedem. F. Lépidolithe. 

Silex LEu cites, Wern. ]K. Amphigène. 

Silex lithoxylon, Wern. C'est le Bqis pétrifié sili- 
ceux. 

Silex NiLOTicus , Wall. F. Jaspe égyptien. 

Silex obsidianus , Wern. C'est I'Obsidienne. 

Silex oculus-cati , Linn. F. CEil de chat. 



s I L a3« 

SiL£x OLiviNus, Wern. V. Péridot-ptroxène. 
SiL£2^ OPACUS , Cartheus., Wall. F. Hormstein, Cor- 
»ÉENN£ , Jaspe. 

Silex pétrosilex , Forst. Voyez Pétrosilex et Jaspe 

SCHISTEUX. - ,. 

Silex PHACILUTHUS , Forst. C'est la grammatîte ou tré- 
molithe , considérée à présent comme une variété d'am- 
phibole. 
Silex piceus , de Suckow. F. Pechstein. 

Silex pittalithds , Forst. Voyez Silex resinits et 
Pechstein. 

Silex prehmites , Forst. , Wern. V. Prehnite. 

Silex pseudopalus, Linn. V. ÇEil de chat. 

Silex pumex , Forst. , Wiedem. V, Ponce. 

Silex QUARZUM , Forst., Wern. V, QuARZet ses variétés. 

Silex rurinus, Wern., Scopoli. V. Spinelle.' 

Silex RUPESTRis, Lran. V. Hornste^n, Silex et Jaspe. 

Silex sAPniRus , Wern. , Sco^. V. Corindon vitreux 

BLEU. 

Silex schistosus , Wern. V. Jaspe schisteux. 

Silex scorlus , synonpne de Schorl. Wiedemann 
donne ce nom à la tourmaline. 

Silex scorillus , de Forst. V. Sgorillus. 

Silex saxina d'Agricpla. C'est la Pierre a fusil , ou 
Silex pyrqmaque. ' • ' 

Silex SMARAGDUS, Wern. C'est TÉmeraude proprement 
dite. 

Silex semi-pellucidus , Waller. V. Silex co^né et 

HORNSTEIN. 

Silex spathuit ^ Wiedem., Suckow. C'est le Feldspath 
et ses variétés. 

Silex spinellus , Wern. V, Spineile. 

Silex TuuMËNSis , Wern. T. Axinite. 

Silex topazius , Wern. , Karsi. C'est la Topaze propre- 
ment dite. 

Silex trapazitis ou Trapezitis , Forst. C'est le Feld- 
spath. 

Silex tremolites, Wiedem. C'est la Gramma?ite, va- 
riété de l'amphibole. 

Silex tripolitanus , Wiedem. V. Tripoll 

Silex vagus. Linnaeu^ désigne ainsi diverses variétés de 
SiLEic, d' Agate et de Jasse. 

Silex zeolithus. Forster et Werner ont donné ce nom aux 
diverses espèces de pierres de la famille des zéolithes , avec 
une épithète parlicujière à chacune ; par exemple , lùS, Z 
rubicm est i'analcime , le^S. ^. lamellosus, la sliibile, etc. 



*3a S I L 

Presque tous les autres Silex des auteurs que nous se ci-^ 
tons pas ici , doivent être rapportes^ à Tespèce Silex et à 
ses variétés, (ln.) 

SlLlBiuM. V. SiLYBUM. (lw.) 

SILICAIRE , Silicaria. Genre de testâtes delà famille de^ 
Vermisseaux , qui est formé par une coquille tubuleuse t 
coiltournée en spirale vers son origine , divisée latéralement 
dans toute sa longueur par une fente étroite, et dont la bou(;jie 
est suborbiculaire. 

Cette coquille avoit été placée par Linnaeus parmi les 
Serpules, et en a été séparée par Bruguières. Elle varia sin- 
gulièrement dans sa forme ; mais elle représente toujours un 
tube contourné sur lui-même , tantôt anguleux, tantôt cylin- 
drique , quelquefois glabre , et aussi souvent rugueux ou mu- 
riqué. Sa fente est souvent à peine visible. 

Ce genre a été établi par Bruguière sur la Serpule an- 
cuit^E de Linnœus , qui vient de la mer des Indes. /Une dou- 
zaine d'autres espèces , tant existantes que fossiles, le com- 
posent en ce moment. 

On ne connoît pas Tanimal qui babite la silicaire ; cepen- 
dant Lamarck , sur des considérations d'analogie , suppose 
qu'il doit avoir des branchies disposées dans la longueur du 
corps , et a ; en conséquence , placé ce genre dans son 
important ouvrage intitulé Histoire naturelle des ardmaux sans 
vertèbres t dans sa classe des Anneliixes , et dans sa famille 
des Dorsales, à côté de rARÉNicoLLE. 

La, silicaire de Grignon , appelée SiLiCAiRE ÉPINEUSE par 
Lamarck , a été retirée de ce genre pour former celui appelé 
Agatirse par Denys-de-Montfort. 

La silicaire est figurée pi. P. lo de ce Dictionnaire, (b.) 

SILICE ( Terre silicée ou siliceuse ^ Terre viiri^kle ou 
çuarzeuse , silicium oxydé). Placée autrefois parmi les terres , 
elle se trouve maintenant considérée, par analogie , comme 
Toxyde d'un métal qu^on n'a pas encore pu obtenir. La silice 
pure est inattaquable^ aux acides, même les plus concentrés , 
soit à froid , soit à chaud , excepté Tacide fluorique , qui à 
seul la propriété de former avec elle un gaz particulier ; elle 
est infusible sans addition , mais jointe 4 d'autres terres , elle 
se foiKl très-bien : les alcalis, surtout, faciliteiit beaucoup 
sa fusion. « 

Si Ton calcine la silice avec deux fois son poids d'hydrate 
de potasse , il y a une vive effervescence au montent où le 
mélange entre en fusion. Cette matière étant fondue , il en 
résulte un composé vitreux qui attire fortement Thumidité 
jdc Pair, et se résout en un liquide qu^on nomme liqueur deg 



s I L i3î 

caUIoux ; par conséquent , Teaa en opèi^e la di«solaU««i; 
Cette dissolution concentrée se prend en masse par Us acî^ 
des , tandis qu'étendue d'eau ils ne la troublent point^et que 
la plupart d'entre eux produisent alors avec elle,par Tévapo- 
ration , une gelée transparente. Cette gelée , étendue d'un» 
grande quantité d'eau et filtrée , laisse sur le filtre la silie» 
qu'çn recueille , et qu'on calciue ensuite pour l'obtenir par^ 
faitçment pure. On l'extrait par ce procédé , soit du quanc 
qui est la pierre siliceuse la plus pure , soit du silex o« 
caillou. 

La silice est blancbe , rude au toucher ; sa pesanteur spé^ 
cifique est de 2,G6. Elle n'a ^cune action sur le gaz oxy-^ 
gène, sur l'air et sur les corps combustibles, à toutes espèce* 
de températures, Cependant , MM. Berxelius et Stromeyer 
assurent qu'en calcinant fortement un mélange de charbon ^ 
de fer et de silice , on obtient un mélange de fer et à% 
silicium. 

La silice est peut-être , de toutes les terres , la plus abon- 
dante qu'il y, ait dans la nature ; elle entre dans la composi^ 
tion de presque toutes \qs substances qui forment les roches 

Ï primitives , celtes , par conséquent, qui constituent la partie 
a plus considérable du globe. Dans les roches secondaires 4 
la silice n'est pas moins abondante. Le quarz , le silex et 
le jaspe sont trois espèces minérales presque uniquement 
composées de celte terre , et c'est du silex qu'elle a tiré son 
nom. Le quarz peut être considéré comme la silice la plus 
pure. La silice est aussi la base d'un grand nombre de pierres 
différentes. 11 n'y a pas de doute que dans toutes les espèces 
elle ne soit à l'état de combinaison avec les autres prin-* 
cipes que l'analyse nous y fait reconnoître ; mais nous som- 
mes encore à découvrir ce qu'il en est , qt i^ fious guider sur 
des analogies et sur des raisonnemens. ÂtM , beaucoup de 
chimistes se tiennent à croire que la silice , dans les pierres , 
y est à l'état d'oxyde, et qu'elle est susceptible de se combiner 
ou de s'allier avec d'autres oxydes métalliques , dans toute 
retendue que comporte actuellement celte dénomination. 
On croit aussi qu'elle peut se combiner avec l'eau , et for- 
mer ainsi àts hydrates. D'autres chimistes , parmi lesquels 
se trouve M. Berzelius, considèrent la silice dans la plupart 
des corps qui les contiennent , comme un acide susceptible 
de se combiner avec les autres terres: Aucune expérience 
d'un résultat positif, ne vient soutenir ces diverses opinions. 
On peut consulter, à l'article Minéralogie , l'exposition des 
méthodes et àts systèmes minéralogiques; on pourra y voir la 
série des pierres siliceuses , qui toutes composent la classe 
des pierres et des terres. On pourra également y prendra 



a34 S I L 

coBnoissance de la classification ie ces mêmes pierres , dan^ 
le système minéralogiqoe de M. Berzelius. Fqyez Quarz ^ 
Silex , Oxydes, 

Plusieurs chimistes et minéralogistes se sont empressés de 
donner le nom de silice hydratée à des pierres diverses , qui 
offrent è l'analyse de la silice et de l'eau avec d'autres terres ^ 
et principalement la magnésie ou Talumine. La différence 
qui existe entre ces pierres , lorqu'on les rapproche , ne 
permet pas de les considérer comme appartenant à une seule 
espèce. Par exemple : Vallophâne , la kolfyrite , la lenzinite , la 
léeUte , etc. , ne pourroient être confondues ensemhle. Obser- 
vons encore que ces pierres ae sont point cristallisées, mais 
terreuses ; et on remarque que la terre en mélange avec la 
silice y est quelquefois à une plus forte dose que la silice , et 
que naturellement alors la dénomination imposée à la pierre 
devient vicieuse. Ainsi > la lenzinite , quand elle est opaline , 
contient plus de silice que quand elle est terreuse , et alors 
l'alumine y est foi:tement dosée. Ainsi donc , on devroit la 
désigner tantôt par sUice hydratée aluminifère , tantôt par alu^ 
mine hydratée siiicifère , ce qui seroit très-hixarre. 11 est donc 
très-convenabie de conserver à ces mélanges un nom indé-r 
pendant de tout esprit de nomenclature, (ln.) 

SILICE FLUATÉE ALUMINEUSE. T.Topaze. (ln.) 

SILICE HYDRATÉE ALUMINIFÈRE. F. à l'article 
Silice, (ln.) 

SILICICALCE de Saussure. V. Silex çalcifère à l'ar- 
ticle Silex , pag. 208. (ln.) 

SILICIA de Pline. C'est , dit-on , la même plante que le 
^ Sitiçula de Varron , et le Fœnum grœcum des Latins. F. ce 
dernier nom. 

SILICIUlVl! F. Silice, (ln.) 

SILIGO. Nom sous lequel les iincieDS botanistes ont dé- 
crit le seigle qui est le secale de Pline , et non pas ïofyra de 
Théophraste et de Dioàcoride , comme on l'a dit. Les iriticum 
monococcum et kyhernum ont été aussi décrits comme des 
espèces de sUigo. (ln.) 

SILIQUA. Nom donné autrefois par les botanistes , ainsi 
que les dénominations de ceratoma et de ceraiia, au caroubier 
et à d^autres plantes qui sont le plus souvent des arbres, dont 
le fruit est une gousse ( siliqua , en latin ). Le silîqua eduiis 
ou dulcis , C. B. et Prosp. Alp. , est le Caroubier ; le sib'qua 
si'kestris de Selon, Dodonée , Clusius , etc. , est l'arbre de 
Judée : C. Bauhin le nomme siliqua silQestris roiundifolia , 
pour le ^distinguer de 'plusieurs autres S. siloestris qu'il indiqur- 
Le S, sih. spinosa arborindica^ C. B. , est VEryihnna corailo' 
dendrurç y L. ; un s^utre sitiqua sihestris , C. B. ^ est un fruit 



s I L a35 

^conou , que P. Belon nomme kesmesen , quHl dit qa'oQ 
apporte du Levant à Constantînople , oii l'on en fait usage 
dans les maux d'yeux : il le donne pour Vacacalis de Diosco- 
ride. G. Bauhin dit avoir reçu ce siliçua du médecin Palu- 
damus, qui Pavoit apporté de Syrie ^ sous le nom de kismi-^ 
Sein {ou, sisime j Cam.) ; il fait observer que ce kismisen a 
les feuilles arrondies. L Wa^o/ils étoit un arbrisseau d^ Egypte ^ 
ayant les fruits semblables , jusqu'à un certain point ^ ceux 
du myrica. 

Il y a encore iesîligua arabica, G. B., qui eéi le tamarin 

.^ tamarindus indica, L. ) ; et le siliqua indica veterum, Gord. , 

ovk sWgua cBgYptia , Théophraste 9 Gésalp. , ou silîgua cassia 

purgatrix^ qui est la casse des boutiques. Enfin , le siliqua 

fusca chinensis, de Pluvier, et le siliqua Theophrasii, de Tra- 

Î;us ». qui sont , le premier , le trapa bicomis 9 et le second 9 
e haricot ( phaseolus vulgaris , L. ). Tournefort a donné au 
genre GarqUbier ( cfratonia , L. ) , le qom àejsiliqua, (Lî^.) 

SILIQUÂIRE , Siiiquaria. Genre de plantes établi par 
Forskaël, dans Thexatidrie monogynie. Gegenre a pour caracr 
tères:un calice de quatre folioles ; une corolle de quatre péta- 
les, insérés aux côtés supérieurs du calice ; six éiamines; un 
ovaire surmonté d'un seul style ; une siliquç polysperme. 
ludi dliquaire se trouve en Arabie, (b.) 
SILIQUAIRE , Siliquaria. Genre de plantes établi par 
Stackhouse , Néréide britannique , aux dépens des YaRECS 
de Linnaeus. Ses caractères sont : fronde cartilagineuse , gla- 
l^re , Fameuse ; rameaux distiques ; vésicules oblongues , acu- 
minées, transversalement sillonnées, aérîfères; fructification 
oblongue , muqueuse , transversalement sillonnée , renfer-r 
xnant des bourgeons séminiformes globuleux. 

Ge genre se rapporte à celi^i auquel Lamouroux a conservé 
le nom de Yarec. Il en compose la cinquième section. Les 
espèce^ qui y entrent sont au nombre de trois seulement , 
savoir: les Yarecs siliqueux, si^iculeux et dénudé, (b.) 

SILIQUASTRUM. G'est , selon Lluid , une dent pyra- 
midale d'un poisson pétrifié : elle est , dit-il , forte, en cosse 
de pois, (desm.) 

SILIQUASTRUM, i^our faux siliqua, ou faux caroubier; 
c'est r Arbre de Judée ( cercis siliquastrum ), danis quelques 
vieux ouvrages de botanique ; Tournefort le donnoit à ce 
genre. 

Fucbsius , Tragus , Gamerarius et Yal. Gordus , ont em- 
ployé cette dénomination pour désigner diverses espèces de 
I^IMENT ( capsicum ) a et notamment les capscium annuum , 
longum eifrutescens, à cause de leur capsule allongée commtt 
une gousse, (ln.) 



^36 S T L 

SILIQUE, SILICULE , SUU^ , SiikiOa. On appelle ^r^ 
lique un péricarpe sec , pomposé de deoK valves cm panoeaus V 
séparés intérieuremenl par une cloison meaobraneuse , tantôt 

Î parallèle , tantôt opposée aux valves , et des deux côtés à» 
aquellesontattachéesles semences le long des sutures. Quanâ 
la largeur de la siU^^ est à peu près égale à sa^loogoeur , em 
lui donne le nom de siUcute. (P.) 

SlLIQUlERf Lamarcky dans sa Flore françiêise , appelle 
ainsi I^YPEcooN. (b.) 

SILLAGO, .S^f/^o. Genre de poisson établi par Cavîer 
dans le voisinage des Gobies, et qui contient deux espèces 
appelées péche-bicoul et pêche-madame ^ à Pondichéry, dam 
la mer duquel elles se trouvent. 

Ses caractères sont : deux nageoîre&sur le dos; la première 9 
courte 9 mais haute , |à rayons flexibles ; la seconde , longuo 
et basse ; museau allongé , à bouche protractile, garnie de 1^ 
yres charnues et de petites dents ; opercules armées d'un^ 
petite épine. 

Ces poissons sont d'un excellent goùf, an rapport de 
Roussel, (b.) 

SILLONNÉ. Nom spécifique d'un Lézarb. (b.) 

SILLONNE. Poisson du genre Balistb , Eaiistes nngtns f 
Linn. (b.) 

SILLYBUM. F, Silybum. (ln.) 

SILOXERE , Siloxerus. Petite plante de la Nouvelle-Hol- 
Unde , à tiges couchées, à feuilles linéaires, ou alternes, 
opposées ; à {leurs solitaires , à l'extrémité des rameaux , 
très-grosses et ovales , qui forme seule un genre dans la syn-: 
g^nésie agrégée. 

Ce genre, qui se rapproche des Sphérantes, offre pour ca-» 
ractères : un réceptacle commun , presque en massue 9 ▼C' 
lu , entouré d'écaillés peu différentes des feuilles ; on ré- 
ceptacle particulier écaïUeux , portant de deux à cinq fleurs 
hermaphrodites ; à cinq dents ; à style bifide , très-épais à 
la base ; une aigrette à cinq lobes aigus et dentés. Il est fi- 
guré pi. 209 de V Ouvrage sur les plantes de la Nouvelle- 
Hollande ,. par Labillardière. (B.) * » 

SILPHA. r. Bouclier, (o.) 

SI LP H IDÉES , SUphldea. Nom donné par M. Léach à 
une famille d'insectes de 1 ordre des colértptcres, formée du 
genre silpha et de quelques autres , tels que ceux de necrcdes^ 
çiceptoma , thanatophilus et phos^huga , qu'il en a séparés, (l.) 

SILPHION, SUphium. Genre de plantes de la syngé- 
nésie polygamie nécessaire, et de la fcueille des corymbifères, 
dont les caractères consistent à avoir : un calice imbriqué , 
raboteux, à larges écailles; un réceptacle g^rni de paillettesi 



s T L %^^ 

tsmppoitam âam tsôn dîsqae des flearons mâles oa herma- 
phrodites , stériles , et à sa circonTér^nce des demi-fleurons 
i<emelics , fertiles ; plasieurs semences ovales , arrondies ^ 
comprimées , planes , échancrées au sommet, ou bicornes. 

Ce genre renferme des plantes ordinairement très - éle- 
vées, à tiges herbacées, cylindriques on anguleuses; à feuil- 
les presque toujours opposées, rudes au toucher, et à fleurs 
axillaires on terminales. On en cO*lpte une vingtaine d'es- 
l^ces, toutes des parties méridionaies de T Amérique sep- 
tentrionale , dont les plus remarquables sont : 

Le SfLPHiON A FEuirxES DÉCOUPÉES, qui a les feuilles al- 
ternes» presque pinnées ; sa tige est presque nue, cylindrique, 
B'élève à cinq ou six pieds, et porte à son sommet un petit 
'nombre de fteurs jaunes, dont une est terminale , et les au- 
tres dans les aisselles de petites feuilles sessiles ou mieux de 
loractées laciniées. J'en ai rapporté de Caroline une espèce 
-qtti coQirient à celle-ci par la description , mais qui est cepen- 
dant fort différente , ses fleurs étant trois fois plus petites et 
-disposées en corymbes terminaux. 

Le SiLPmoN perpolié a les feuilles opposées , pëtiolées, 
deltoïdes, perfoliées, largement dentées, et la tige quadran- 
çulaire; il s'élève à huit ou dix pieds , porte des feuilles dans 
toute sa longueur, et des Heurs peu nombreuses à son sommet. 

Lff SifcPfiloN TRIFOLIÉ n'a que trois ou quatre feuilles , 
presqoe radicaléis , en trœur et pétiolées ; sa tige porte à son 
sommet cm petit nombre de fleurs , et s'élève de quatre à 
«cinq pi«d8. 

ToBrtes ces espèces se cnltîvent au Jardin des Plantes de 
Paris, et s'y font remarquer par la grandeur de leurs parties ; 
elles y fleurissent en automne , comme dans leur pays natal. 

I^es anciens estimoient aussi beaucoup une substance qu'ils 
àppeloient dlphium, il y atout lieu de croire que c'est V opium 
des modernes. On appelle encore ainsi, sur la côte d'Afrique, 
une racine on une substance que l'on emploie dans les ragoûts, 
ti qu'on suppose devoir être Vassafœllda, Voyez Pavot et Fé- 

IHJLE. (B.) 

SILPHION. Selon Dîoscoride, cette plante , qu'il nom- 
me également Laserphlum , croissoit en Syrie , en Ar- 
ménie , en Médie et ed Libye. Sa tige ressembloit à celle 
de la férule : on l'appeloil maspeton; elle portoit des feuil- 
les pareilles k celles de Vache (^ Voyez Sélinon), et une 
graine lÉrge. On nommoit laseros un suc qui sortoit de la 
racine, après qu'on l'avoit scarifiée. Dioscoride ajoute que 
quelques personnes enteâd(4^t par silphion^ la tige du laser- 
fiUùn; et par magydaris^ #1 racine. Le laseros^ ou suc du 
hserpUion^ étoit une drogue fort précieuse ^ et dont les nom-- 



a38 S I L 

breux usages médicaux sont rapportés au long par Dioscorlâé* 
Cette drogue ëtpit fortchère; aussi étoit-îl généralement reçu^ 
parmi les marchands , de mélanger le laser, encore humide , 
avec du sagapenum , ou de la farine de fèves; mais cette 
fraude se découvroit aisément en goûtant de cette drogue , ou 
bien en la mettant détremper dans de Teau. Le bon /a5«r étoit 
roux , transparent , tirant sur la myrrhe , odorant et de bon 
goût; détrempé, il blai^thissoit aisément, he laser de Cyrène 
étoit sudorifique et d'uqe odeur si douce qu'elle étoit à peine 
sensible àc^ux qui en goûtoient.Le laser de Syrie et deMédie 
n' étoit pas aussi vertueux , et avoit une odeur désagréable. 

Le laserpUium participoit des qualités de son suc ; mais cé^ 
qualités étoient plus exaltées dans le l€iser ; les feuilles et là 
tige les possédoient à un bien moindre degré. On mettoit 
Técorce de sa racine dans les«sauces, pour les aromatiser et 
donner une bonne haleine. Cette racine étoit très-échauf- 
fante , détersive , résolutive. Le iaseros avoit les mêmes qua- 
lités , et de plus il donnoit des couleurs et bon teint aux per- 
sonnes qui en mangeoient ; il adoucissoit les âprelés du go-^ 
sier , les toux rauques , étoit antispasmodique ^ etc. x 

On mangeoit leè feuilles de cette plante avec de la laitue ; 
elle avoit les mêmes propriétés que le suc , Miais à un plus 
foible degré. 

Dioscoride termine son aHicIe > dont nous ne* donnons 
que le précis , en disant : qu^en Libye il ci^îssoit une autre 
îracine, nommée magydaris^ qui étoit semblable à celle du la^ 
serpîtiùm^ mais plus grosse, pourviie d'une certaine acrimonie^ 
et dont la substance étoit lâche et mollasse comme celle d'un 
champignon, et ne donnant aucune gomme; elle avoit néao^ 
moins la propriété du si//7^iiim. 
^ Straboii nous apprend que de son temps le laser (c'e^t le 
nom latin du Iaseros des Grecs ) né se trouvoit plus dans la 
Cyrënaï(jue ; mais que le silpfûum croissoit dans une contrée 
voisine. Ce qu'il attribue aux barbares nomades qui , pour 
mieux dévaster la Cyrénaïque , arrachèrent toutes les racines 
de sUphtum. Pline attribue la cause de cette destruction non pas 
aux barbares , mais aux Publicains ; et voici comme il s^ex-^ 
prime au sujet de cette plante , après avoir parlé des qualités 
des truffes et des champignons. 

« Auprès de ces plantes on peut mettre le fameux laserpi-* 
tium, nommé silphiiun par les Grecs , et qui fut découvert 
dans la province de Cyiène où il est appelé laser , «i admi- 
rable pour son usage en médecine ; de sorte qu'il se vend au 
poids de Targent. Cependant on n'en trouve plus dans ce pays, 

Sarce que les Publicains qui at|p*ment les pâturages , afin 
'augnienter leur profit^^ laissent manger le laserpilium aubé-^ 



, s I L aSg 

iail , et le détruisent àirisî. TJq seul pied y a été trouvé ^ à 
ji6ite coiinoissance , et il en fut fait présent à Tempereur 
Néron. ». 

On reconnoissoit la présence de cette planté dans un 
pâturage , par Peffet qu'elle produisoit sur les moutons et les 
chèrreâ qui en mangeoient : les premiers s'endormoîent et les 
chèvres élernuoient. « Deouls bien long- temps ^ continue 
Pline 9 Ton n'a pas vu crautre laser que celui qui croît 
en Perse , en Médie et en Arménie , où îl vient en abon- 
dance ; mais il est très-inférieur à celui de la Cyrénaïque : 
celui-ci est falsifié avec de la gomme , ou bien avec du saga- 
penon , ou bien avec dés fèves concassées ; aussi ne dois-jè 
pas omettre de rapporter que, sous les consulats de C.Yalé- 
rius et de M. Hérennius, on vit publiquement « à Rome, uA 
morceau àelaser, du poids de trente livres , apporté de la Cy- 
rénaïque^ Mais César, dans le commencement de la guerre 
civile tira du trésor public un morceau de laser du poids 
de CXI livres > lequel y étoit conservé avec For et l'ar- 
gent. » ' 

Il n^est pas étonnant qu'on ait supposé une origine cé- 
leste à une plante dont on faisoit tant de cas; aussi Pline con*- 
tinue en ces termes : « Nous lisons , dans les auteurs grecs ^ 
que le laserpiiium j^ni naissance d'une pluie poisseuse , dont 
la terre fut mouillée tout à çoup^dans les environs du jardin 
des Hespérides et dans la grande Syrte , sept années avant 
la fondation ^e Cyrène, ville fondée cent quaratite-troîs 
ans après Rome; cette pluie couvrit quatre mille stade^ 
d'étendue. » L'&istoire de pluies de cette nature n'a rien 
maintenant de surnaturel , comme nous Tavons exposé à 
rarticle PiEaRES météoriques; il n'y a de fabuleux ici que 
da conversion en laserphium. 

Cette plante ne se plaisoit que dans les déserts ; elle étoït 
extrêmement rustique , et se refusoit à toute culture. Elle 
avoit une racine grosse et épfiisse ; une tige pas tout-à-faît 
aussi grosse que celle de la férule ; des feuilles caduques 
dès le printémpâ (nommées maspelum dans la Cyrénïque), 
ressemolant beaucoup à celles de ïapium ( F, Selinon ) , et 
des graines foliacées. Les bestiaux l'aimoient beaucoup; et 
<|uoiqu'el]e fût d'abord purgative, l'usage continu finissoit 
par les engraisser et leur rendre la cfaair d'un goût et d^une 
saveur admirables. Les Cyrénéens mangeoient la tige dé- 
garnie de ses feuilles > après leur chute , au printemps ; maïs 
c'étoii pour se purger et se rétablir en bonne santé ; pour 
cela, ils en faisoient usage pendant quarante jours, en la 
préparant de diverses manières, bouillie ou rôtie. Le suc de 
cette plante étoit de deiug sortes : Fun , celui de la racine , 



difo S I L I 

g'appeloil tkizias; Tiatre , extrait de la lige, étoît le cauHa$i 
Il étoit SQJel à se gâter , et par conséquent peu estimé. Aus- 
sitôt qu^on avoit extrait ce suc, on le méloit avec du son, et 
on agitoit fortement ce mélange, et on ne cessoit que lors* 
qu'il aroît acquis une certaine couleur et une certaine con- 
sistance, ^ar ce procédé, on lui enlevoit sa crudité et on 
Tempéchoit de se corrompre. Le bon laser étoit noir en de- 
hors, et blanc - transparent en dedans, et soluble iorsquW 
Thumectoit arec €e Peau ou de la salive. Pline fait observer, 
diaprés des auteurs anciens : que le suc , lorsqu^il coule, est 
blanc corAme du lait, et qu^on le tire par incision de la ra-^. 
cine du lascrpitium;qvie celle-ci étoit longue de jplus d^une cou^ 
dée, et qu^elle sortoit de tei*re, sous la forme d'un gros tuber*^ 
cule d'oà sVlevoit une tige désignée par magydaris , qui por* 
toit, au heu de fruits, des petites feuilles dorées ; que celles-ci 
tomboient au commencement de la canicule, lorsque le vent 
austral soufHoit , etdonnoient naissance à de nouveaux in- 
dividus qui ne vivoient qu'une saison ; qu'on déchaussoît le 
pied de cette plante; que le iaserpentium se donnoil aux bes- 
tiaux malades , et qu'alors on les faisoit périr ou on les gué- 
rissoit très-promptement , et que ce n'étoit pas pour les purn 
ger , propriété particulière au silphium de Perse. 

Ainsi donc Pline distingue deux plantes t l'une , le laser de 
Cyrène^ et l'autre le laser de Perse. Il y a encore une troisième 
espèce , c'est celle qu'il nomme magydaris^ qu'on trouvoit sur 
les frontières de la Syrie , et qui étoit plus délicate , moins 
énergique et sans suc ; elle ne croissoit pas dans la Cyré- 
Daïque. £nfîn , Pline cite un quatrième îaserpUium , qui 
se trouvoit en quantité sur le mont Parnasse , et avec lequel 
on sophisiiquoit le divin laser ^ si renommé dans certaines ma- 
ladies. 

Tous ces détails, que Pline donne sur le laserpiiium , sont 
en partie extraits de Théophraste. Ce naturaliste grec parle 
àik lasèrpitium de la Cyrénaïque comme d'une plante à racine 
vivace. Il nous apprend que cette racine s'apportoit, dans 
àes pots, à Athènes , nettoyée de son écorce noire, et con- 
cassée avec de la farine pour se conserver plus long-temps. 
£n£in, Théophraste confond en une seule espèce le laser- 
pition dit magydaris , et celui du mont Parnasse. 

Voilà , en résumé , ce que les trois naturalistes les plus an- 
ciens , les plus dignes d'autorité , nous ont transmis sur ces 
plantes, tant préconisées dans l'antiquité. Il nous reste à savoir 
de quels végétaux ils ont voulu parler. Il est d'abord évident 
que ce n'est pas à une seule espèce de plante qu'on doive 
les rapporter ; ainsi le silpbion de Barbarie ou de la Cyré- 



, s I L ayfi 

liaVqne.el celui de PersC et le rnagfiam i sont trois pUnies. 
Si i^onfait attention à leurs descriptions , on verra que ce de^^ 
voit être de grandes pUntes à racine vivace ou bisannuelle^ 
à feuilles très-découpées, jauni3santes et à fleurs jaunes , ainsi 
qu^à fruits comprimés , terminaux , jaunissant par la matu- 
rité t et en plein, été. Or^ j^^ ^ ^^^ ^^^ plantes ombelli- 
fères qui puissent présente iflKareils caractères. Observons 
encore que parmi les ombellifères , le seul genre ^n//a les 
offre tous , et ces espèces , comme tous les anciens Ictserpi- 
tium ou sUphium, croissent dans les pays châùds :de ; 1\0- 
rient , en Perse , en Syrie et sur la côte d'Afrique. Si Ton se 
rappelle que leferula tingUang, et d^autres espèces éUncent! 
leurs tiges très-haut et qu^elles sont presque dégarnies de 
leurs feuilles dans leur partie supérieure , on concevra que 
les anciens laserpUium sont probablement des f truies Or^ 
nous ne pouvons pas en douter pour le îaserpiiium de Cyrène 
et pour celui de Perse, qui, comme no% férules de Tanger et 
asafœiida^ laissent fluer de leur racine un suc propre. Nou^ 
croyons donc ! i.® que le laser de la CyrenaYque s'extrayoit 
ànfendatingUana^ et que cette extraction n^a plus lieu ac- 
tuellement ; 2.» que le laser de Perse étoit notre asa-fottîda 4 
qu on retiroit encore, comme en Perse, du ferula asa fafiUda « 
dont on fait un très-gt-and cas dans TOrient. C Bauihin fait 
observer que le mot asa est probablement le mot las^ cor- 
rompu ; ainsi ceux qui écrivent asa fœtida auroient tort. 
Quant à Tépithète àt fœtida , elle nous pa^oît encore une 
preuve de Texactllude de notre rapprochement. En effet 9 
nous avons vu que les anciens, disent que' le laser de Perse 
avoit on goût et une odeur désagréables^. 11 est naturel de 
penser que le laser de Perse a pu être nommé laser fœtidum , 
puis assa-foUida, On sait que les Perses trouvent délicieux le 
goât de ccttegommeéchaoffante3;ile^t donc Ibsez remarquable 
que les anciens Européens , comme les modernes ,.ont trouvé , 
au contraire i^que cette gomme étoit puante ,' si toutefois le 
laser de Perse ^iVassafœUda sont bien la môme substance , 
comme nous n^en doutons pas. 

Le benjoin a été nommé asa-dulcis , parce que quelques 
anciens auteurs ont cr-u , mais à tort, que c'étoit le las.er de 
la Gyrénaïque. 

Nous ne serons pas aussi décisif relativement au magydaris ^ 
can si ce n'est pas ïe ferula meoides ^lAan.^ c'est - à - dire , le 
laserpîtium orientale folio mei^ flore iuieo^ de Tournefort, nous 
ne pouvons croire que ce soit le cackrys odonfalgiça , ni le 
laserpîtium libanoUs , ni aucune des plantes que nous avons 
citées à V ^t\\c\q laserpîtium^ et qui ont élé prises tantôt pgur 
le magydarîs , c.t tantôt pour les autres espèces de silpfàon, 

XXXI. I^ 



2^,2 S I L 

Ce q^t nous v6oons de dire explique pourquoi T^uf^^- 
fort avoil nommé laurpiUum le genre huer : il croyoit y re- 
trouver le kuefàtt aocieas. Ce botanbte n'a fait aucun usage 
du mot siiphion^ qui , étant resté saps emploi, a été appliqué , 
par Linnœosy k on genre dont les espèces croissent en Amé- 
rique, et appartiennent à la (a|^le des composées. Le type 
de ce genre est le sUphium ie^ffUhinaeeum » qui représente 
assez bien le port de certaines espèce^ de férules , excepté 
dans son inflorescence. C^gst encore lui à%s mille exem- 

Jles de l'application inexacte des noms^nciens des plantes 
des végétaux qui ne les ont jamais reçus* Adanson réunit 
le sHphium , L. , au eoMopsis. V. &l*FH{oN. (LU.) 

SILPHIUM. r. SiLfaioN. (lh.) 

SILURE , Siiufus. Genre de poissons de la dirision des 
AiDOMiiiAUX , dont les caractères consistent : k aroîr la tête 
large , déprimée et couverte de lames dures ou d^une peau 
visqueuse; des barbillons aux mâchoires; la peau enduite 
4'une mucosité abondante ; une seule nageoire dorsale très^ 
courte. 

Ce genre f tel quUl étoit composé par Linnaeus , renfer-' 
moit de« espèces dont l'organisation éioit si différente , qu'on 
sentoit depuis long-temps la nécessité de les en Ôtçr , pour 
en former des genres nouveaux. Déjà filoch avoît fait , à 
leurs dépens , ses eenres Plâtiste et Cataphracte ; mais 
il étoit réservé à Lacépède de le débrouiller complète- 
ment; et c'est ce qu'il a fait dans le cinquième volume de 
son Histoire naturelle des Poissons. 

Selon lui , les dturea de Linnœos , et les espèces nouvelles 
qui auroient pu en faire partie , doivent être divisés en onze 
genres ; savoir : Silure , Bf àgrofféronote , M alaftb-* 

RURE, (l) PlirÉLODE , DORAS , PoOONATHE , GATAPBRACTEy 

Plotose , AgenAose \ Magroramphose et Cektraisodon. 
Pepuis, Covier a encore subdivisé ce genre , par l'établissev 
ment des sous- genres Schilbé , Shals et Bagre. 

Tous les silures vivent dans èes trous dont ils ne sortent 
que la nuit , et surprennent leur proie plus souvent qu'ils 
ne la poursuivent. La plupart sont pourvus, au-devant de 
chaque nageoire pectorale , d'un aiguillon robuste , anguleut 
et denté, qui leur sert d'arme défensive , et peut-être oCfen- 
siye 9 contre les poissons. Cet aiguillon, articula k sa ba^e, 
est ordinairement couché contre les nageoires ; mais lors- 
qu'on veut prendre le poisson , il le relève avec violence , 
et fait k la main àes blessures profondes , et qui passent , 
presque en tout pays , pour être venimeuses. J'en ai été vie- 

( I ) Iropx'imé mal à propos et par eirtuf typograpbi(|ue , ^a£\- 
PjiRTuai: , dans ce Dictionnaire. 



s I L 243 

time ; ainsi Je fws en parler avec eoonaiBSânce de cause" 
Cette arme empêche la plupart des aatres poissons de les al- 
ta^er. Les silures peuvent vÎTre plusieurs heures hors de 
l'eau; et ce n'est pas sans peine qu'on parvient à les tuer à 
coups de bâton. Leur chair est généralement un médiocre 
manger, cependant partout jon en fait usage. 

Les espèces de silures proprement dits sont au nombre 
de onze ; voici les plus remarquables : 

Le S11.URE ASPRÈDB qui a deux barbillons k la mâchoire sur 
périeure et à chaque amgle de la bouche; quatre barbillons à 
la mâchoire inférieure ; cinq rayons k la nageoire dpusale; 
cinquante-six rayons à la nageoire de l'anus; la caudale 
fourchue. On le pèche dans les fleuves d'Amérique. Bloeb 
l'avoit placé dans son genrgPLATYSTE. 

Le Silure cottléprorA six barbillons à la bouche 4 des 
tubercules sur le dos et âe& verrues sous le ventre. Il se 
trouve dans les fleuves de l'Inde. Ce qui le rend très-reraar^ 
'ouable , ce sont les verrues de .son ventre , faites en forme 
ce ventouses i les unes sessiles, et les autres pédicellées^ que 
Blpch soupçonne être destinées à faciliter l'accouplement , 
parce qu'il n'y en a pas dans les jeunes. Il fait aussi partie 
des Platystes de cet auteifr. 

Le Silure coMMUif, Sihms gUims ^ Linn. , qui a une 
5eule nageoire dorsale et six barbillons^ dont ceèix de la lèvre 
stt|>érieure sont les plus longs. On le pâche dans les grandes 
liv^re» d'Europe 9 d'Asitf et d'Afrique. On en trouve aussi 
^ans la naer^.mais très^rarement. C'est après ïaêipêméfie 
esiur^lton ( V, ce mot.), le pkis gros poisson de nos eaux 
douces. On cite ceux de ski à huit pieds de long 4 et dn poi^ 
de plus de trois cents livres ^ comme assez fréquens dans le 
Danube. Bloch rapporte qu'on en prit un,, en 1761 « àêùs 
l'Oder , dont la chair salée remplit deun tonnes et demie , 
c'est-à-dire qu'il de voit peser plus de sept centâ livres. 

Sa tête a la figure d'une pelle ; ses mâchoire» 1 dutt l'infé- 
riewe avance ua peu » sont garnies d'une quantité oe petites 
dents recondb^ts ;.et on voit dans sa bouche , dont l'ouver- 
ture est fort grande , quatre 0$ longs , également garnis de 
petites deni». Les côtés de sa lèvre inférieure ont une fos- 
sette allongée et unie \ ses narhie^ sont longues et ses yeux 
petits. Il y a six rayons aux membranes de ses ouïes. Sondc^s 
est rond et d'uandir verditi^e ; son Ventre d^un vert clair , et 
tout le corps 9 épais et long, est parsemé de taches^ noirâ- 
tres y, irréguUères. Les nageoires sont jaunâtres ^ atee des 
points et les bordbs bleuâtres^ Celles de la poitrine sont pré- 
cédées d'un long et fort aîgnillM dentelé. Celle de la queue 
est ronde. 



àU s I L 

Ai'islote et Pline ont parlé de ce poisson y qm vît d^antrcd 
espèces, de reptiles, de frai, etc. Comme ses nageoires sont 
courtes et son corps pesant , il ne peut pas s'emparer de sa 
" proie à la nage. 11 est constamment , surtout pendant le jour , 
dans des trous , sous des pierres , des racines d'arbres, etc. i 
son corps, de couleur obscure et toujours couvert de limon , 
n'épouvante pas les autres poissons; ses longs barbillons, 
avec lesquels il joue, sont pris par eux pour des vers ; ils s'en 
approchent donc sans crainte , et sont entrés dans son 
énorme bouche avant qu'ils se soient doutés du danger. 11 vit 
aussi de frai qu'il va chercher la- nuit sur tes bords des 
rivières, et des cadavres de quadrupèdes ou d'oiseaux que le 
hasard amène auprès de lui. On cite même des enfans trou-^ 
vés dans son estomac. A 

11 ne multiplie pas beaucoup , et il croît lentement ; maïs 
sa vie est dure et se prolonge beaucoup. Les anciens , et 
même les modernes, ont dit que le mâle reste attaché à sa 
femelle , et qu'on les trouve toujours ensemble. On le prend 
k l'hameçon et à la fouène , rarenient au filet , parce qu'il 
est toujours caché. Sa chair est blanche , grasse , douce- 
reuse , difficile à digérer, et par conséquent peu propre aut 
estomacs foibles. Cependant quelques personnes l'aiment ', 
surtout la partie de la queue.' Dans lès pays oii il est abon- 
dant, on le sale et on le sèche pour l'envoyer au loin. Il 
est si abondant dans le Danube > le Volga , etc. , que l'on 
fait sécher sa peau pour s'en servir en guise de verre à vitre. 
On fait aussi de la colle avec sa vésicule aérienne ; de-là le 
nom àUchlkyocole qu'il porte dans quelques auteurs. V, aux 
mots Esturgeon et Colle de poisson. 

Le SauRE MYSTE , OU Sc^iLBÉ , a une seule nageoire à 
six rayons sur le dos , et huit barbillons. Il est figuré dans 
Je Voyage en Egypte , de Sonnini , sous le nom de chiibL Oa 
le trouve dans le Nil. 

, Le S|f:«ORE barbarin , Silums clarias , Ltnn. , a la nageoire 
postérieure du dos adipeuse; l'anale composée de t>nze 
rayons et six barbillons. On le trouve dans les grandes 
rivières d'Afrique et d'Amérique. Il est figuré dans Bloch , 
pi. 35 , n.<»* I et 2 , et dans le Buffon de Deterville , vol. 5, 
pag. 157. C'est un fort médiocre maîigen On l'a confondu 
avec le suivant. 

te Silure nacré a la nageoire dorsale postérieure adr-^ 
peuse ; son premier rayon, ainsi que celui des pectorales, 
sétacé, et quatre barbillons. 11 est figuré pi. P. i g de de 
Dictionnaire. On le pêche avec le précédent, (b.) 

SILUROIDES. famille de poissons , qqî rentre dans 
celle appelée des Oplophores par Duméril. (b.) 




^4r^/« dfe/ 



ZcépÛier Jhii^j 









z 






s I L 345 

SILURUS. V. SiLtJHE. (DESM.) 

SILUS. Coquille du genre des Volutes, (b.) 
SILVAIN, Sihdnus^ Lalr. , Gyllenh. ; Dermestes^ Cofy- 
dium^ Fab. ; Ips , Oliv. Genre d'insectes de Tordre des co- 
léoptères , section des tëtrainères , famille des xylophages , 
tribu des trogossit aires , distingué des autres genres de cette 
famille par les caractères suivans : antennes insérées ik nu, 
un peu plus longues que le corselet, de onze articles ,«dont 
le second et les suivans, jusqu'au huitième inclusivement,' 
presque égaux, et dont les trois derniers formant une massue 
presque perfoliée ; mandibules peu saillante^ ; palpes très- 
courts , presque filiformes ; corps étroit , allongé, très^dë- 
primé ; extrémûté anlérieure 4e la tête , avancée. 

Ces coléoptères, sont très-petits. Les uns se.trouv^t sous 
les écorces des arbres morts; les autres, dans les caisses des 
boutiques , le;s grains et diverses autres substances qu'ils 
rongent. 

On ep couQOÎt trois espèces : le 3'i^^ain unidekté , qui 
e$t le dermesU utddenté de Fabricius , et Vips d'Olivier , ayaot 
le même nom spécifique ; le SiLVAtN bidemté , auquel il faut 
rapporter le ^er/nes/f désigné de la même manière par Fabri- 
cius et Panzer ; enfin , le Silvain a six dents , dont le pre- 
mier de ces deux naturalistes a fait deux espèces ( dermesfes 
sex-deniatus , Qt colydium frumentarium ) ; c'est ïipsjmmentaria 
d'Olivier , et Je dermesies surinamensis de Linnœus. Cette 
espèce paroît attaquer le riz. Voyez la troisième partie di| 
tome premier des Insectes de Suède ^ de Gyllenhal. (i.) 

SILYAIN. Nom .donné par Engramelle à une petite 
famille de lépidoptères diurnes. Voyez Nyuphale. (l.) 
SILV ANDRE. Espèce de Satybk. V. cet article, (t.) 
SILYANË ou SYLVANË. Nom que les minéralogistes 
allemands donnent an nouveau métal que Klsrproth a décou- 
vert dans le minerai connu sous le nom d'or graphique , or 
blanc ^ or de Nagyag^ etc. , et qu'il a nommé tellurium , en le 
consacrant ii la terre ^ comme on avoit anciennement consacré 
les autres métaux aux planètes. On lui a donné le nom de 
iyhahe , parce qu'il a été découvert dans les mines de Tran- 
sylvanie : on le trouve aussi dans la mine d'or de B<:résof en 
Sibérie. V. Tellure, (pat.) 

SILYBE , Siiybum, Genre de plantes , établi par Gaertner, 
pour placer le CHARDO^-MAaiE , qu'il a trouvé n'avoir pas 
complètement les caractères des autres chardons de Linnseus, 
et qui p'a pas non plus ceux des Cartbahes, parmi lesquels 
l^amarck l'a placé. 

Ce genre , . qui diffère pei4 de I'Alfbédie de H. CassinI , 



^G 5 I M 

offre : un calice ventru f imbrique dVcailtes comprimées f 
surmontées 4'm) appendice creusé em goutlière, cUié 4'é« 

Îîne^ 9^ en sea^ bords inférieurs , et terminé par un long 
çc pointM ; qn récepude garni de paiiteties et de 6eurons , 
tous nermai^hrodUes ; plu&iedrs. sameni^f couronnées par 
4Qsécaitle9^ aigretté«s • réunies k l^qr basQ ^q un anneau car* 
dnc. r. CnAUDON etCÀRTnAMiu (lu) 

SIIiYBUM. Coite planiCt meolîoMiëe p^IHine, rMsem* 
bkttt an chammlmuUanc; elle éloîl ëgateoient épineuse. Mi 
en SUieie 9 ni em Syrie ^ ni en Pbénîeie où elle eroissati t on; 
B^en fais4^îl ns^ eo cmsinc , Uns sea aspect étocl fâdNsnx ; 
elle n'aToit aucwi iisage en qjiédecme% 

Selon Dioscoride « le sâyàon éloit une herbe épineuse et 
laffgie , fuiavoil les^femUes semU^tes à celles du chametiéon. 
Tratche cuilc , eHe éloîl bonne à manger avec de Thmle et 
dis sf4. Le )as^ desa racine , prie aiii poids d'une dracKme , 
provoquoit à vomir. 

Matthiotc avoue qoiHI* ne peut rapporter cette plante h au- 
cune de celles qu^il connoît. Kauv^plfios est phis hardi ; itcitè 
ta gèndelie {gunàdia Tàumefvrtii) ; majs )e plus grand nombre 
des botanistes , C Bauhib , AnguiMi^ra , Lobel , Adanson, 
elè. , sont pour le chardon-mane ( carduus marianus^ L. ) , 
plante dont plusieurs botanistes font , ^ Timitation de Vail- 
lant , un genre qu^ls nomment sifybum. Ce |enre diffère du 
carduus par tes écailles de son caKçe comAm , épineuses 
sur tes bords, (tw.) 

$IM AB'E ^ Zccfingera. ^brisseau de la Guyane , à feuilles 
alternes > quînées ou temées ; à foHoles obtongnes^ aicoiës^ 
émarginées , très-entières , veineuses et glabres ; à fleurs 
blanches , portées trois par trois sur des pédoncul^es a»l- 
Iakes, 9 quifdmae ua genre dans la décandirie monagyoie et 
daiM.kt tamilie de&iéfféhkithaoées, ( de» sikuieoidMe», seh>n 
R. Brown). 

Ce geff»pe , qui est fort voisii» desr Qvassies , a^ponr carac- 
tères : un calice divisé en cinq parties ; une eoroile de cmq^ 
pétaJes; àh élamines, dont les fitets sont élargis et rehis à leor 
base ; quatre on cinq ovaires réunis , du centve desqneh- sort 
un style à quatre ou cinq siHonSiCt à stigmate à quatre o« cinq 
lobes; quatre ou cinq capsules coriaces , ovales , monosper- 
mes, écartée&y attachées sur u» disque ciMumu. (&) 

SIMAROUBA, Simarouha, Genre établi par Aubh^, 
réuni par Linnesns aux QuASSi£S , et depuis rétablie par De- 
candolie. Il' renferme trois espèces d'arbres à ftuiâes pin- 
nées , sans impaires , à folioles souvent alternes et à fleurs 
disposées en grappes termînates.li'une d'eUes fournit Técorce 



SIM â47 

jli^l on fkh «fi si ffé^eni msgt etf médecine i et ie«l il a 
été fait mention au mol Qcàssib. 

Les caractères àe ce genrc^qui est de la famille de son nom, 
sont : flears monoïques ou polygames par arortement) calîee 
petit, à cinq divisions ; corolle de cinq pëtales i^ peine plus 
longs que le calice ; cinq ii dix éiaminea dont la base est ac- 
compagnée d'^cailleâ ; style fourchu. (B.) 

SIMAROUBA FAUX. Écoi^e àé là MAiitdntÈ a tAH- 
éË$ tEtJnttir qtt'dû éteploie th àfédécifie éH place du iéri- 
table SiMAROUBA j en ayant les vér^tri, mais à un {dus fdlbfé 
aegfé.(È.) 

SIMAKOUBËES. Famille de ptaliten éîAlïë pàt Bè-» 
candolle. Elle se rapproche de ecfc def Odi^ÊEs. Ses eirac- 
lèreaseni: flctfral^ermapibr^dttés^àvi^rtJdt^lielquefoîil caNce 
de trois parti» pefiisianleâ f pétale^ hfp^BeSf rekvé»^ ca* 
ducs , ordinairement au nombre de cinq ; étamines as 
nombre de cinq Ou de dit , bypo^nés sur lé di^é, siMftni 
pouftuea d'aMendices à lew basé ; oraife dirilé en autant 
de léiges 4»^il y a de pétales i surmonté d^na style simple | 
irmt capstflaire^tbirafvei monosperme ^ seteence à geriM 
droite invers^^ et à denx cotylédons épat». 
. Les ^eAres* qui ^e rappm*tent à cette fanâlle f iont : QuAS- 

SIE , SiMAnOUBA et SlMABE. (B;> 

SIMArUTSIGI. Arbre d» Japon ^ du gente Wkigcua 
( IF.jaf^tmUd^^ Tbirfnb. ) ; cm TappeUe aussi nippon utsu§i. Le 
korn-uisigi est une seconde espèce du mime feùTt{ff^.coreen»f 
Tk )« KjiÉi^fer a donn^ 1» figure de cette espèce^ et Thun- 
bere celle* de la première. (LI9.) 

SlMBOR. Plante do royannle de Baniam^ qui croftf près 
de la mer , qui a les feuilles semblables à celles du lis, de 
natttiieTiaqoeuse et d'un goût amer. Il n'est pas nécessaire de 
la mettre en terre pour la faire eroftre ; il suffit de Tentrete- 

Sdatts nnUdi bumide. Om Ui regarde comme émolliente , 
olutive et rermifuge. Oo ne sait si c'est une plante para- 
lùte on Ime pfente gra^M, on même une production polypeuse. 
1^ (B.) 

SIMBULÈTE^ Simbuleia. Genre établi par Torskaël dans 
la tétrandrie monogynie, qui a pour caractères : vm calice di- 
yisé en trois^purties ; une corolle monopétale , campanidée 9 
presque bilabiée ; quatre étamines dont les anthères sont réu- 
nies ; on ovaire surmotflé d'un seul style ; une baie. 
Le simbulite se trouve en Arabie;. (B.) 
SIMERL Adanson a ainsi appelé one coquille de son 

Îenre Mante^et^ qoi paroit appartenir aux Volutes dé 
ânnsens» (b.) 
SIMIA. Nom latin du Pithèqué ; Ton en a fait la dé- 



2iB SIM 

nomiBaiion générique de touleâ les espèces de SiSGES. (s.) 

SIMILOR. Composition métaiflqae qui est un alliage 
de cuivre, et de zinc, ou du laiton. V. Ziîk;. (ln.) 

SÎMIPJA-S^GOUNDQ. C'est le Gatilii^r à Java, se- 
lon Thunberg. (b.) 

SIMIBË , Simira. Nom dofiiié à un genre qu'on a depuis 
rfîuni aui^ Psychotres. (b.) 

3I]VIlVJiË]^I. Nom du Cuivre dans le pays de Dar^ 
' JVunga^ en Afrique, (ln.) 

SIMON. L'un des noms vulgaires du Dauphin commua 

SIMON, r. Petit Simoh. <v.) 

SIMPLA NCÉtIA. ArbrisseaNi du Ténirife , qui y porte 
ce nom sous lequel Plukenet t'a figuré. V. PrïLLis et No- 

BULA. (IN.) 

SIMPLEGADE, SimpUgades. Genre de coquilles uni- 
valves établi par Denys-de>MMttfort aux dépens des Pla* 
KULITES de Lamarck. Ses caractères sont : coquHle libre , 
cloisonnée , aplatie en disque , contournées en spirale ; tous 
les trous de spire apparens ; ouverture arrondie , recevant, 
dans son milieu, le retour de la spire ; cloisons dentelées^ 
lobées , persillées et percées par un seul siphon. 

Les coquilles de ce genre sont très-nombreuses- dans \es 
colleetions. On les trouve dans \ts couches calcaires d'an- 
cienne formation. Leur grandeur varie depuis deux lignes 
jusqu'à huit pieds de diamètre. On les appelle vulgairement 
Corne d'ammon persillée, (b.) ^ 

SIMPLES. Nom vulgaire donné aux plantes dont on 
fait usage en médecine, (d.) 

SIÎVI-RUN(;-LON. Nom d'une espèce de Myrte <m/r- 
tus Irinetvia , Lour.) en Cochinchine. (LN.) 

SlMSIE, Simsia. Genre de plantes établli^ar R. Brov^ 
dans la tétraudrie monogynie et dans la famille des pro- 
tées. Ses caractères consistent en : un calice de qu^Kre fo^ 
lioies régulières , recourbées ; des étamines . saillantes , à 
anthères d^abord cohérentes et ensuite séparées ; un stig- 
mate dilaté , concave ; une noix conique. 

Deux espèces , toutes deux de la Nouvelle - Hollande , 
entrent dans ce genre. (B.) 

SIMSIE ) Simsia. Genre de plantes établi par Persoon 
aux dépens des C0RÉOP1.S. 

Ses caractères consistent en : un calice cylindrique , à 
écailles et à folioles linéaires , presque égales ; un récep-r 
tacje garni de paillettes ; des ^mences aplaties , bordée^i , 
fifistces à leurs aiiglc^.' 



SIM ^49 

Il renferme trois plantes de rAmérique méridloiulè^ 

(fi) . 

SIMSIM. C'est le Sésame, dans le Dar-Four, contrée 
de l'Afrique. (Llj.) 

SIMULIË , SimuUum , Latr. , Lam, ; Cukx , Linn. ; 2V- 
pu/a, Deg. ; Scathopse^ tah.; Airaeiocera , Meigen. Gelure 
d'insectes de Tordre des diptères , fanuUe des ném^iïères , 
tribii des tjpulairea , et dont les caractères sont : antennes 
épabses, courtes, formant une sorte de massue cylindri-f 
CO-^onique^, pointue et crochue au bout, de onze articles; 
point d'yeui^ lisses apparens ; yeux lunules ; palpes allouT». 
gés , courbés , de quatre à cinq articles ; jambes sans épir 
pes ; premier article des tarses allongé. 

Les simulies ressemblent beaucoup aux bibions et aux 
scathopses, Fabricius les réunit aujourd'hui , avec ceux-ci ; 
mais elles en dilferent par Tabsence des yeux lisses ; elles 
s'éloignent surtout de ces derniers diptères, à raison de 
leurs palpes lon^s , courbés et copaposés de plusieurs arti- 
cles. Ce naturaliste avoit d'abord plyé la seule espèce de 
ce genre j qu'il connût, avec (es rhaglons (^coiombamensis). 
Linnams en aroit fait un cousin (^ replans), et Degéer une 
iipuk {erythrocephala). Cet insecte est fort petit, n'ayanl^cn-r 
viron qu'ui/e ligne ou deux de longueur. Il est noir , avec 
des anneaux blancs sur le ventre, les jambes et los tarses. 
11 vient en très'grande quantité au printemps et â .la fin 
de l'été , dans la Servie , le Bannat. 11 attaque les bes- 
tiaux , pénètre dans leurs parties de la génération, et les 
£ait périr dans l'espaéSs de quatre à cinq heures. On l'éloi- 
gné, avec de la fumée. Cette espèce se trouve aussi en 
France aux environs de Paris,. et dans les cantons méri- 
dionaux. Mon ami ftL Antoine Coquebert l'a trouvée aux en^ 
virons de Reims , et il en a donné une bonne figure dans 
ia Tmisihke Décade de ses lUusifalions iconographiques des In- 
sectes y ish, a3, fig. 7. Schellemherg l'a aussi représentée 
dans son ouvrage sur les diptères , pL 38 , fig. 3. Avant été 
piqué une fois sur la main par un de ces insectes ; j'éprouvai 
une douleur des plus aiguës. Les voyageurs ont parlé d'un 
diptère très- incommode , qu ils ont distingué du maringouin 
( espèce de cousin ) , sous le nom de moustique, et qu'ils ont 
dit être très-petit et ne s^annonçant pas , comme le marin- 
gouin , par un bourdonnement. 11 peut y avoir eu de la 
variation par rapport ^ l'application de ces deux noms ; 
mais il est certain qu'il est^ait mention , dans la plupart 
des voyages,- et particulièrement dans Marcgrave , d'un in- 
secte ayant les caractères comparatifs que je viens d'énoncer* 
Or,cet insecte ou cemoM5//</(/^me paroît être du ^eore simulie, 
Michaux, célèbre botâ^nisle, me fil voir da ces mçusiiques- qu il 



±So S I N 

arok r»pp#rtëi àt Uê i^otagès àm$ Vhménqw MfrttntHo- 
iiale,et jV ai trouvé tous les caractères des simuIies.Ceiie es- 
pèce diflérott sealetticttt 4< la nAt^É v en ce qu'elle dloit toute 
noire, llestbien extraordinaire que les voyageurs aafluralisieft 
nt s'attachtnt pas à rectteillîr de préfiérettce les obfotsqiii i&é- 
riteat le plus é^étrc ewm». Les màring^mM^ les mùosii^uii^ 
les €hi4fu99 ^ etc.^ animau x qui afiBigeiM si tort te» kabHans de 
eartainea contrées de rAaiér^ue ^ >^'ont prea^aa pas eiHraré 
fiaé Fattentioft de cas iia*aralistel' rayaMafi. 

Ai. Meîgtn, ijui a domié il ce geni»a îr nom à'at^acêôcêrû ^ 
eoni^cré dé}iipar ftt. le baroo Palisat de Beao^^ob à» ua genre 
de coléaptèreS) en mentionne sia espèces. Hom renvoyons 
k son onvrage. (l.) 

SI N. Nom japonais de TIf a onAtmas Faaii.i.Ba. C'est aussi 
fe NiwsiN. F. à Tartiele Bema. (r) 

SINAPI. Les anciens donnoîeni ce aMa il des plaates 
dont les graines très -échau(£an tes- et etcifaole» atoîeni une 
acrimome tellement forte f qaVUes agissofent prmnptemenl 
sm Fodorat et sar la vy : c'est ce que sigaifie engrtCt^tne^/f 
c^est-À-oire^ iiaisibie ài la vue. Pline est, parmi les auteurs aiH 
cieas ^ celui lyn a dit quelque cbese siir fes ptant«s qM pro-^ 
daisent ces graines*; les autre» se sont coateoiés de parler dcd 
vertus et des qualités des shm/mT. ' 

Voici coimiie Pline s'explique sar ces pUmes. « Dis que 
I^équinoxe d'automne est arfivé,aai sèaae le cmmdrmmf Vont- 
ihum , ïéUHpleT , le ma/ca , le tapaûntm^ k ogM^ylhn , qae 
tes Grecs appettem poeéirês , et le iinapi j dant fa saineof 
iivre et brûlante eosame du fo« « est trts'^ataire a» caipe. 
Il crott sans cnlture , mais il faut lè repîqaer ^ alors sa f|raiaè 
eo est aneilteore. A peme en a-t-an senvé dans mn enéseît, 
qu'il est impossible de^le détruire ; car aasràftèt qoe la graine 
f omèe i elle poosse. On ^it usage de cette grainre poar assai* 
sonner les mets ; ki cuisson lui fait perdre de son acrimonie. 
Oa VMxtffi ks feuilles de ee smapi cuites de la méa» tnamère 
que tes autres légumes^ Il y en a de trois soNrtes ^ Fuse grèk , 
uoe aaicre à feuilles semMables k celles de la rase^ et^me 
troisième à femmes ëenua. ,La meiHeiire graèae de sma/nfest 
«retle d'Egypte. Les Athéniens l'appelleaa mtpf, et d'aattet , 
iéfpsi ovt saufion, » 

Dioscoride nous s^pread^ue ïe ^miypi des jardiai étoit ap^ 
pelé^ par quelques personnes, nopr; que le meiileap étoit 
gros , fort roux , pas trop sec ^ rert et arate en dedaas lors- 
qu'on le concassoif. Lorsqu'il foignoil toasesces qusAkéSy A 
étoit réputé parfaitement boa. £e dna/d étoit écbaofiaDtS ; 
broyé et approché d)»nez, ilfaisoîtéteraiier; soasuc, m^lé 
avec du miel , s'empk>yoit contre l'âpreté des paupières et 
la fbibtesse de la vue. On iaisoit usage de cette gr^e dans 



s I N :»5i 

les emplâtres , oo en décociioa , j^oar se gargariser » et àuks 
cerlaints maladies , etc. IL est q«esti<m du sinapi , dans Hîp- 

Ïocrate et dans Théophraste, et c'est de eet auteors que 
^Kne et Dioscoride ont ei^tfakce qo'iU disent du AÎna;» ; 
et qui nous suffit pour y v^coiiAoitre no» woutlkrdet. On 
ne i^ut le dire^ependani ^i^ d'une nanière irèsegéttérale; 
car il est probable que d'aulrea cmeiCèrea ont pu y ttre 
rangées. On croit cependant , i.S qd^ltsmapi do Diosco* 
ride et de 'Aéopyasie eit la deuanème espèce de aina^ de 
Pline t celle à feuilles de ra¥e , et notre jnm^ nigm on shuoé 
noir j ou la lilouTARUt 

2.^ Que le sÙMpigréie de Piiae peu% atotr écë lo sinapû 
alba ^ L* , oa Sbnevé k OAkïn^ blanghs. 

3.<^ Que le •sinapi à fsmltts i'mmea éloit le$î^mènum U^ 
nuifolium y ce qui ne nousparok p«» probable^ 

^ Mais ces rapprocheaena ne soaI que dea prësonptioiis , 
hieu' fu'oa certain d^cé de eeciitode soit attaché à pfoÂeurs 
d'entre eux. 

liO n^^'.ou witifdpimfiieàe Pline, parottétre «ne autre 
plante. JE^. Thi.asvi. 

Le nom de siaapi est reské en botanique ; d'abord il a été 
appliqué auK sénevés que nous avens cités et k plusieurs ai>« 
ires plantes du mtede genre ; a» rapkanus r^koÊUSêrum , aa 
bmnitis êrmag^^ an caràumine ûipinSf k des bttasêiea , à on Vé- 
LAR ( erysimum alliaria^ L. ) * b des e^ècea de siâymkium^ 
etc. « jusqu'à Toomefevi , qp» l'a fisé a» sénevé. linnaeus » en 
adoptant le siiumi de Tooroefort , en^ a lég^ren^nt altéré le 
noMA en. simapÙR, Ce genre a sidii» peu de modÂications , cepeii* 
dant le dnapis imana en a été retiré par Moeneb qui en a 
faitson hinehfMi^ hw^rd^kknaifm» Imstigmlm^ W.^ éto4t ua 
^napi DOiuc Touniefov^enfiniii Qrante a séua» le genre sinapis 
au raphanus , réunion rejetée par le» botaMstes même les plus 
e9ne«ifs^àe; la. muUipticité des genres , en histoire naturelle. 

U n^ feut pao. confondre arvee les simpis^ , les cUames^ 
CAmme es]^ pouccoît le iisûce, si Ton n'^étoit pas. prévenu que 
queJqiee^Minesde ces pfentes oos éAé nommées ainsb (ln.) 

SÛMAPL Synonyme de Coni»YA06ARfB. (b.> 

SINAPISTRUM. Genre de Touvnelari, qui ne diffère 
pas du W^hMVk de LinaœuBi. (jk) 
. SINAKA. Nom de pays; de l'InoftB ÉCARSAiifi. V^ ce mot. 

0) 

SINCIALO. V, PsantCHB smciA£i>7t.xxv^p. 3%. {y^y 

SINIMON. V. RfiOA. (w.y 

SINSiOC. Arbre api eroi» dans les tka de la Sonde ,. et 
qui a beaoconp de rappoMs airee le laumr coulihah(m ou eu- 
Ulaçaru F. au mot Laurier, (b.) 



aS? s I N . 

SINÈGRE. r. SÉNÉGRÉ. (DESM.) 

SINGANE, Sterbeclda. Arbrisseau grimpant, i feuiHes 
presque opposées , pétiolées , elliptiques , acuminëes, entiè- 
res , veinées et glabres; à fleurs blanches, petites, portées 
sur dés pédoncules communs , fort courts et insérés le long 
des branches , qui form« un genre dans la polyandrie mono- 
gynie et dans la famille des guttiers. 

Ce genre a pour caractères : un calice de cinq £|Iioles con- 
caves; une corolle de cinq pétale» denticulés efflisérés par 
un onglet au réceptacle ; un grand nombre d'étamines éga- 
lement insérées au réceptacle ; un ovafre supérieur, ovale, 
surmonté d'un style courbé à sa pointe , et à stigmate en tête, 
cbncave : une capsule longue , cylindrique , fragile et unilo- 
culaîre , contenant plusieurs semences, grandes, anguleuses, 
entourées d'une pulpe blanche et douce^ 

La singane croît à la Guyane, et s*élève au sommet des plus 
grands arbres. Lia pulpe qui entoure ses semences a une odeur 
de citrouille. (B.) 

SINGE D'ANGOLA , est principalement le jocko ou 
Finjocko , le barris , le chimpanzée, qui n^est que le même 
animal, connu sous le nom de satyre orang-outang (^simia tro- 
glodytes , de Linn. ) ; c'est aussi le ^uayas-morrou de Dapf^r. 
V. Or A^G •CHIMPANZÉS. On trouve encore lepithèque, le 
macat[ue,lê callitriche et la mène dans ces mêmes pays. 

V, GUEKON et MACAQtJE. (VIREY,) ^ 

SINGE D'ANTIGOA , décrit par Pennant dans son Sy- 
nopsis of (^laârupedsy p. 129, n.» 97 , paroit être un Sapa- 
jou long de dix-mitt pouces , sans la queue , qui est cendrée 
et a vingt pouces dé longueur ; sa face est noire , ses joues 
barbues ; son dos et ses côt^s sont mÉfés de noir et de roux 
vif; le ventre est blanc ; les jambes ,Tioires en dessus^ sont 
cendrées en dessous, (virey.) 

SINGE ANNELÉ. C'est une espèce ou variété d'Octs- 
TITI qui ei^isloît au Muséum de Londres , et que Pennant a 
.décrite dans ssl Synopsis 0/ Quadrupeds ^ p. 121 , n.SSj , sous 
le nom de TJie annulated monkey. 11 a la face plate, une barbe 
longue aux joues et un toupet sur le front ; les poils du 
corps et des membres bruns en dessus; le ventre cendré, 
et la queue , qui est plus courte que le corps, annelée aU 
ternativement de brun pâle et de brun plus foncé. Il pa- 
reil que ce singe a de la ressemblance avec TOuistiti pro- 
prement dît (Simiajacchusy Linn.). (VIREY.) 

SINGE ARABATA. Gumilla, dans son Hisi. de VOré- 
noque , tom. a , donne ce nom à une espèce ^càouate très- 
criarde, singe qui se trouve au Brésil. V- Alocate Arabate^ 

(DESM.) 



SINGE ARAIG>7ÊE. On a donné ce honi à des singes 
d'Amérique , qiii appartiennent au genre AtèLE (et dont les 
principaux sont le Bëlzébut et le Coaita) , k causé de la 
. maigreur extrême de leurs membres, (desm.) ♦ 

SINGE BLANC -NEZ; Cest une Guenoi^ d'Afri<}ue 
nommée par Linnseus simia petaurifita. La Gi}ENt)N a në;^ 
BLANC PROÉMINENT ^ OU SiNGE HOCHEUlt ( Sintia nicûtaris de 
Linnseus), présente un caractère analogue à celui qu» dis- 
tingue cet animal , dans la belle couleur blanche de son nez. 

(desm.) 

SINGE BOGGO. C'est le Mandrill (^sîmiamaîmon, et 
simia mormon de Linnaeus ). C'est un babouin de l'Afrique 
( V. Mandrill). Néanmoins, d'apré§ la description impar- 
faite qu'en donne Smith, on ne, peut reconnoître le mandrill, 
mais plutôt un singe d'une espèce voisine , tel que le papion 
ou quelque babouin : ne seroit-ce pas la simia sphinx de Lirï'- 
nseus? ou la simia porcaria , qui est le singe noir de Levaillant ? 

(VIREY.) 

SINGE -BOUC. Il semble que les brillantes fictions des 
poètes, sur les divinités champêtres, soient plus fondées dans 
la nature qu'on ne l'imagine. Ils nous représentent les saty- 
res^ les faunes, comme àe% espèces de singes-boucs : et il 
existe des animaux qui tiennent des caractères de ces deux 
genres de quadrupèdes. Pennant a décrit le singe-bou^ 
( The goat'-monkey j Voyei Synopsis of Quârupeâs,^ p. lao , 
tkJ* 88. ) , et il dk que sa face est nue ^ de couleur bleue , 
avec des rides obliques , comme dans le mandrill ; mais il â 
jone barbe comme celle du bouc. La couleur du poil , sur le 
^orps et les membres , est d'un brun foncé , et la queue est 
longue. Nous n'avons pas d'autres détails sur cette espèce 
ou variété^ qui exisloit dans le Muséum de Londres. 

(VIREY.) 

SINGE BRUN. C'est une espèce de Guenon que Pen- 
nant a nommée Uu^ny monkejr ( Synops.of Quad., p. 120, 
n.<> 86 ). Elle est de la taille d'un chat ; sa face et s^s oreil^ 
les sont d'une couleur de chair; les poils du corps sont 
bruns et cendrés à leur origine ; la queue est plus courte 
^que le corps ; le dos a une. couleur orangée ; ie ventre est 
blanc et les membres sont cendrés. Cet animal , qui se 
trouve aux Indes , est , dit - on , fort matin. Il y a une va- 
riété de cette espèce à face noire ^ avec de longs poils blancs. 

(VIREY.) 

SINGE A CAMAIL. C'est U guenon à camail, de Kuffon, 
que M. Geoffroy place dans son genre ColoBe ( Colobus 
poi/comos), (DESM.) 

SINGE CAPUCIN. On à donné assez gjfnéralement <ré 



a54 S I N 

nom à uùt espèce àt SkVKjoVf hr SaY : M. Geoffroy lé àonne 
également k on Saki. (desm.) 

SINGE DE LA COCHINCHINE. C'est U doue (^simm 
nemœus , Linn. ) , fort jolie espèce de Guenoh qui n'a point 
les fesses pelées , et dont la face est entourée d'une sorte 
de crinière. On en a fait un genre particulier , sous les boibs 
de Lasiopyge et de Py<^trich6. Le singe masigmei espèce de 
Guenon a nez |:.ong ( simia nadca ) « yieni encore de la Co> 
chinchine. Le doue , qui se trouve aussi , à ce qu'il parolt , à 
Madagascar , y est nommé sifac. (virey.) 

SINGE CORNU. Ce nom a été donné à l'AtGMTTË , es- 
pèce de Macaque , et à un Sapajou ( K ces mots ). (desm.) 

SINGE COURONNE , de Buffon. C'est la GOEîtoN 
couronnée , de Geoffroy ; CercofUhecus pilôtâtm. (nsSM.) 

SINGE A CRINIÈRE. Espèce de gumon mal décrite , 
et qui peut être le dmia fournis de Lionsrus 9 ou la Gu£Non 
Malirougk* V. ce mot. (virby.) 

SINGE EN DEUIL ou SAPAJOU EN DEUIL, est 
une espèce de singe du nouveau continent , qui se voyoit dans 
la ménagerie d« prince de Hesse^Cassel, et que Ersleben a 
décrite sous le nom de ctbm lugubri* (^Sysi* iC^. émtm,^ gen. 
5 4 sp. 9 ). Sa taille égale cell^ du Myistf brun , et Sa couleur 
est entièrement noire , exceplé la face , et les patte» ttn»i 

3ue les autres parties nues , qui sont d'un rougeâtre caoleur 
e rouille. Cet animal n^a point de barbe (vir£Y.> 

SINGE DORMEUR DU CASSIQUIARE. C'est 
l'AoTE douroucouli , de M. de Humboldt F. AûtE. (l>EaM.) 

SINGE DRILL. NoavçUe espèce , distinguée par M. 
Frédéric Cuvier , et qui diffère de celle du MANnaiLi. ave^ 
laquelle on Ta voit toujours confiindue , parce que ta face eM 
noire et reste constamment de cette couleur, (d^sm .) 

SINGE ECUREUIL ( Simia sdurus > Dénomination à^% 
Makis dan» quelques auteurs d'histoire naturelle, (a.) 

SINGE-ECUREUIL. Ce «mna eat anssi donné au Sa- 
gouin SAIMIRI. (DESM.) 

SINGE A FACE POURPRÉE. Selon M. Geoffroy le 

mgfi ou la gueitOH à fuse powjfrét^ de Pennant cl de Buffon , se 
rapporLeroîenI àTespèce de singe que, d'après TemMimçk, il 
(lomme Guenon barrique {CtrcapiAecus^latàbarbm^y (dessl) 
SINGE GUARIBA, de Marcgrav^. C'est Toi»»»/» , es-- 
pèce de singe amécicain , du genre AiiOii^ATE. V, ce mot. 

(DESBff.) 

I^INGË HOC HEUR* C'est la. Gubnon a iNez blai^g 
Bno£iaiN£i9T ^ Cercmihecu» mciàtuts. (ofiRH*) 

SINGE JAKANAPER. On a donné ce nom à la Guir 
fiK>« (;àibilTKIfiM «Ift &11»GAII£ Sa19T- JaG^URS. <D£Stf.> 



s I N ^ a55 

$ING£ l4lOK^4« Bfkew. SalonM.deHtimboiatV^ïst te 
pinche , qui appartient au genre de» Om$7m$. (desU*) 

$lNtir£ A LONG 1HE% C'esH le nasiguf, c|e Daubenton, 
eipèce 4^ GçEiH)]^ 4^ la C^Wnchine , dont ]VL Geoffroy a 
fait un genre particulier sous le nom de Ma^iquk. V. Gvv- 

SINGE DU MEXIQUE (^ïtit), de Bnsson. C'«|t 
MO petit ridge à| genre de$ OuimTis et de Tespèce nommée 

PiSICHt. (PE3M0 

SINGE DE MOCO. C'est une espèce de Babouin {F. 
ce m^) f Simm hamadrym^ Linn. Il parott qqe la guenon à mu- 
MOU allongé^ de BufibO| est de la même espèce, (viesy*) 

SINGE MONKIE , Simia m^HA, de Linnaus. Fœtus de 
skige décrit et iguré par Sébt 9 et qu'on peut tout au plus 
raraorter ae genre des sapajms^ sans en déterminée V«sp4<;e» 
V, Sâjov bionkië. (hesm.) 

SINGE MUSQUÉ. C'est le Sapajou saï. (besm.) 

SINGE NËGRE. On t donné ce nom k demi espaces 
de singes , Tun ds genre Sapa JQU , €ebus nigef \ et Tautre & 
genre Gu£NOl9 , ceTcoj^iêkicv» maints, (lii^M.) 

SINGE NOIR, de LievaUlattt 9 9si la simia ffêf^ana de 
Linnams , le Babouuï Hcaa d'Afrique, (yiaiy.) 

SINGE DE NUIT , 4e ^ Guyane. On désigne ainsi les 
iinge& d'Amérique à q9eiie llche el floconneuse 9 ou Sa«U9. 
V. ce mot. (desmO 

SINGE DE NUIT. M. de Humboldt a lait comoitre 
soua ce nom on quadrumane aingpilier , auquel il asai^^ k 
nom générique d'AoTE. V, ce mot. (desm.) 

SINGE Palatine, roi^way ou Ex<mjima. 3)oge 

d'Afrique , qui appartient au genre des Gvi3Noi<«. K. ce m(|t* 

SINGE DU PARA. C'est le l^lioo («Wa m^^aia de Un- 
aaeus), folie e^èee d'OuiSTiTi rapportée par la Condamine- 
Son poil eet d'un bean blond argenté 9 et toutes s<s parties 
nuet sont d'un ronge vif de reraiiliûm. Voye^ Oui3XtTi. 

SINGE PLEUREUR. C'est le Sut et le *?> à go^ 
hlaache ^ siages du genre 4es Sapajous proprement dits* On 
leur donne aussi le nom de singes musqués* (PSSBC.) 

SINGE POURPRE ou GUENON A FACE POUR- 
PRÉE, de BuffoQ 9 est décrit par Pennani dana son Hi^lory 
^ Q ïÊ éuin w êdi , tom. î 9 pag* iH4t figaré pi. ;iK« G'est9 ^lo<i 
M. Geoflroy, le mime unnui que sa GvimN bailuqu^. 
M. Virey pense que ce n'est qu'une Tariété dn Maj6A<^S 

OUANDARO^. (BBSBf.^ 

&INGËAQUSU£X>£ COCKQK.Q«<iMt44t44wo# 



^i5^ ' S 1 N 

âa MacÀQUC MÀlifcm 9 Simia nemestrinij aussi désigné par 
celui de patas à ^ueue courte, (desm.) 

SINGE A QUEUE DE RENARD. Cette dénomina- 
tion a été appliquée aux singes d'Amérique^ du genre Saki. 
V. ce mot. (desm.) 

SINGE RENARD ( Sem/Quipa ). Gesner a désigné ainsi 
les Sarigues ou Didelpa^. (desm.) 

SINGE ROUGE , Mo"o Colorado. A^arlhacène c'est 
TAlouate proprement dit (hurieur alouaie), de M. &eoffroy. 

(desm.) 

SINGE SIFFLEUR. Les singes , du genre des Sapajous 
proprement dits , ont été ainsi appelés à cause de leur voix 
qui ressemble k un sifflement, (besm.) 

SINGE SYRICHTA. Espèce ou variété de gitenan ou de 
sapajou mahdécrite et mal connue, qu'on trouve figurée dans 
Petiver , Gozophfylacion , pag. a i , tab. 1 3 , fig. 1 1 ^ simia 
syiicfita dé Linnâeus. F. Sajou de Petiver. (desm.) 

SINGE TETE DE MORT , Simia worta^ de Linnseus. 
Espèce mal figurée et mal décrite dans les auteurs ; c'est , à 
ce qu'il paroît , une variété du sapajou brun ou du sapajJU 
nègre (jsimia apeUa de Lionseus) 9 dont Séba donne une mau- 
vaise figure. Au reste , cet animal appartient au nouveau 
continent. Gm'elin pense que ce n>st qu'une variété du Sa- 
GOi)t SaïMiri ( iS/miâ^cûir^a, Linn. ) V, Sajou a t&te de 

MORT. (VÏREY.) * . 

SINGE VARIÉ ou SINGE VIEILLARD. C'est la 
GuEiïON MONE ( V. ce mot. ) , le xn-^ùi d'Aristote , et le 
kypos des Arabes. 

Cette goenoti s'apprivoise bientôt , et même est capable 
d' attachement. On lui enseigne beaucoup de choses, car elle 
est fort obéissante. Elle aime les fruits, la chair, les insec- 
tes , et ne rejette pas les légumes. On l'enseigne en Portugal, 
ainsi que le magot , à chercher les poux à la tête , et aussitôt 
qu'elle en aperçoit, elle les croqne d'un coup de dent. 
Comme les poux sont fréquens en Portugal , on va chez un 
perruquier qui met son singe après votre tête , moyennant 
quelque monnoie. (virey.) 

SINGE VERT. C'est la Guenon callitriche {simia 
sabψ , Linn. ). (desm.) 

SINGE VIEILLARD. C'est la Guewonmôisie au p«lage 
varié ( nmiam'ona , de Linnseus ) ;. elle appartient à l'ancieà 
monde. Un autre singe vieillard^ est le ZooYimio {simia peter de 
Linnseus) , qui ne diffère vrabemblablement pas du Maca- 

■QUE ou ANDEROU.^ ( desm.) 

SINGE VOLTIGEUR. Ce nom est celui que les voya- 
geurs donnent aux singes du genre Atèjle.^ parce qu'ils -sa- 



s .1 N «57 

r€»k ù hieu s^aUaeber tus branehAf , m «a]F«>^ de Iwr 
fueue , qo'Us se Uiasent amî Bo^pendre la^ftte en ba$ , à U 
manière àdi batelewrs «I dan^eiire 4e çor/de. r<9r. ATii«^. 

SINGE DE WVRNB 00 Ponoo m Bobjiéq. tira»4 
animal de la famille ides singes, et cj^ui, si Ton en juge par 
son squelette et par le peu c^n'on sait sur ses mœurs , doit 
être robuste et féroce. 

QodqntB rMseigaemeofl^ nowreUeiMnt i^eiieiUiSf sem- 
^e«t indmre ^ite cet aninal n'est WUe^ que rorang-ootafig 
adulte. V. Poneo. (n«¥.) 

SLNGES, Simim, qui vient de $mmlérê^ imiter. La phisim* 

r sortante et la plus diftcile de lentes les éAude» % eat coUe d(e 
lyomm^physifpe el moral ; par le corps, il n'est que Tégal 
deiabéte; par reeprît, il s'élève ««premier rang dans la 9^ 
tiare» et participe en quelque sorte de la dtvinit4* C'eai moins 
encore ce mélange inconoerable d^ioAetiigeAce et d'anknaUlé 
qui nous confond , qne nos raqpports {Aysî^uea el mor^nx ^y^ 
ks bétes qai nons resaemblciit. Quel sera lie point où ce^sf 
Tame el oè commence l'empire de la matière P Oà finit 
l'homme arrec le corps dn sAtge, elle m^avec rhum.ainté f 
car on mt pent nier qu'il ne se rencontre *des relations in* 
tîmes entre ces deux ondres d'teres« Il ne s'agît plus de d4ei«- 
der si le ^n^ cet nne btte bruèe s depuis leng-tempa pn en e#l 
généralement convenu, maisil est important de iGoUnuttre ce 
qui lui reste d'analogne à Tbomme t car je iie pense pas 
qu'on doive bjonier DOS facnltés i la simple conformation du 
corps. 

j 'avoue qpoe, suspendu entre l'orgueil bumain, 4pii s'in* 
di^ae d'être comparé à ia brute , et eette dbjecAe philosopbie 
qui nous ravale au même nMreau , il eat 'également difi&cilf 
de prononcer pour et contre , parce qu'étant pige» et partie 
lon notre propre eanse , nous ne >poilv^ons>paa «ow déàire de 
toutes nos préventions , et que nos ya^vpi^^m 90 rapportant 
toujours à nous mimes , on^'en défiant toujours , la balance 
Mncbe sans cesse de <l'un^9i« de Twilre eÂté. Pour bienéta^ 
blir nos rapports ^ il iaudroit être ao-dessusde nous-^màmeit 
4e sorte que Oîeu seul en es| c^fiable* 

Qu'est-ce, en effet, que le »e^ Un bomme animal* ou un 
noimal Jmmme P Sonsmes-nons bumiUés ou JbiM enoreaeillia 
de noire condition 'On sarpréseuheef £eroitnU, en L'^y^noo 
du |[eare bumain , le preMer desammaux ? JUa matière or^ 
gnnisée peui^Ue sentir et ^neer par elle-mâme , ou piai* un 
don de la Divinité ? Toililesprinctnales penaées^^ue^suggi^'e 
eeaujet, ai légèrement décidé paria plnpiurt iées bomn»es, 
d'opvès leurs opinions et leur lausse science , comme a'ils 

XXXI. 17 



a58 S I N 

étoient compéfens dans une matière qu! tient si profondé- 
ment à eux-mêmes. S'ils se donnent raison ^ bien ententlu que 
le singe a droit d'en faire autaot de son côté. Pour garder une 
exacte justice , il faut donc nous abstenir ici de prononcer, et 
considérer seulement les singes en eux mêmes. 

§ 1, De la nature des singes comparés à P homme et aux autres 
mammifères. 

Je 7ois , ati premier aspect , an corps k très-peu -près sem- 
biabie à celui de Thomme , et comme celui-^ci est, à son avis^ 
le premier des animaux, il accorde la seconde place au singe. 
Les peuples sauvages, justes ou injustes , les placent aa 
même rang , selon le rapport unanime des voyageurs. 

Il y a chez les hommes deux directions vitales ,1a première 
qui tient aux affections animales, et 4a seconde qui est le ré- 
V sultat de la pensée ; celle-ci est plus étendue et plus puis- 
sante k mesure que Tîmlividu est pour ainsi dire moins ani- 
mal. Or, plus le principe de Tanimalité est actif, plus il 
l'emportera sur Tesprit : en effet ^ à mesure que les appétits 
et les passions deviennent plusvifs « le principe intellectuel se 
détériore. Cette vérité se remarque d^ns la contemplation 
des diverses races humaines. En général , l'Européen est le 
plus intelligent et le plus policé de toutes les nations de la 
terre. Ëifstiite vient l'Asiatique de race^- mongole , comme 
le Chinois et le Japonais, etc. Ceux-ci sont suivis par les peu- 
plades malaies, les hordes kalmoukeset américaines; enfin on 
descend au Lapon , au Nègre, au Hottentot , et même au 
Crétin {Voyez Rich. Clayton , Memuirs of ihe litterary and 
pfuiosi sac. ef Manckest: , t. 3; p. 262. Cet auteur assure que 
les Crétins du Valais ont la, figure d'un orang-outang^ et sont 
lascifs comme des singes),piiis au Nègre €hoè\ qui,selon Bryan 
Edwards , a te museau exactement semblable au babouin. 
On passe donc insensiblement de l'homme au singe par des 
nuances' graduées. Qu'on ne m'objecte point leur diffé- 
rence morale et intellectuelle , car quelle distance si grande 
trouvez-vous entre 1 -intelligence du HoUenloI boschmann 
ou sauQage^ avec celle de î orang-outang ? Certainement 
il y a plus de différence entre un Descartes , un Homère 
et le stupide Hottetitot ,. qu'entre Vorangoutang et ce der- 
nier. Considérez surtout que les appétits véhémens , les 
passions brutales acquièrent de nouvelles forces dans tous 
ces êtres , à mesure que leur intelligence s'éteint. Qu'y a-t-il 
de plus impérieux chez les nègres, que les pei chans tels 
que Tamour, la haine , la vengeance , la joie, la crainte, la 
jalousie, en'fin toutes. les passions dû coeur humain? Elles 
sont proportionnées à ta faiblesse de l'esprit ; tandis que 



SI N 25 j 

la prudence ^ la magnanimité , la sagesse augmentent chez 
les hommes , à mesure qu'il sont plus parfaits et plu3 hé- 
roïques. Ainsi la femme est déjà plus faible dVsprit que 
r.homme,mais elle est surpassée en affections corporelles par** 
les r^ces inférieures de Tespèce humaine , en proportion de 
la dégradation de leur intelligence , et à mesure qu elles 
s'approclient de la famille des singes. Voyez HQMM£.,|^t 
Nègre. 

Le singe n'est donc, pour ainsi dire , que riiomme corr% 

Ïiorel, car si Ton retranche progrcsslveiuenl r'mLellîgeuce à 
'homme , on le fera descendre par degrés au Kalmouk ^ 
au Nègre , au Hottenlot , puî^ à furan^^ outang^ C'est ce 
qu'a fait la nature; car on obs(.'[Te aussi unt â'\m\nui\ou^ 
graduée de la masse du cerveau , depuis i'huojuie ju^iitrait 
dernier des singes. Supposez une lêtt? dliomme luolLvcoujirie 
de la pâte , si j'en retire de la cervelle et que je camprïme ie 
front, la face paroîtra avancée en tiiuscMu comm^v dau^ le 
nègre; si i'ôte encore de la cervelle ci fjtje fî^plàussu da- 
vantage la tête , je formerai une fi^yre de singe, parce que 
plus le cerveau diminue , plus la face se développe ut s'é^ 
tend. _ ,. ^ . ^ . ^^ ^ ^ .•-.,? .j 

C'est, en effet , ce qu'on- ^ remarqué chez cç'lle femme^ 
boschimane, connue à Paris sous le nom de Vénus lÎQtienlfitgi 
Son crâne offre un museau plus saillant encoire qu'aux niègF^s^ 
et des os du nez très-plats; à ce dernier égard surtout, ki^ 
M. Cuvier qui l'a disséquée , je n'ai jamais vu; de tête hu-. 
maine plus semhlahle aux singes que l^sienn^/ Je trguve 
aussi que le trou occipital est proportionnellement plus a m -^; 
pie que dans les autres têtes humaines ; d'après la. règle 
connue de M. Sœmmerring, ce sèroit encore là un signe 
d'infériorité Mém .du Mus. dhisl nat , tom. 3i , p. 27 1. 
. Le singe représente ainsi le matériel de Vhomme ; et' s^it 
imite tous nos gestes , s'il semhié copier toutes nos actions 
corporelles, c'est qu'il est conformé de la même manière que 
nous.* L'on conçoit en effet qu'une machine qui seroît pou - 
vue de mêmes muscle^ et de niêmes os que l'homme, ne pour- 
roit ^as exécuter de mouvemens différens des nôtres ; il est 
donc naturel que les singes , dont la struciiire ressemble si 
fort à la nôtre , fassent tous les mouvemens dont nous sommes 
susceptibles ; et ceci n'est pas toujours produit par le désif de 
contrefaire nos gestes , de singer nos manières et de les; 
tourner en ridicule ; mais il est si naturel à ces animaux d'a- 
gir de cette sorte « qu'ils se conduisent semblabiement sans 
nous voir et sans chercher k nous imiter. Si leurs postures et 
leurs gambades nous paroissent grotesques et ridicules , ce 
n'est point qu'ils aient l'intention de nous divertir*, ils font^ 



a6o S I N 

très è^rienâetnent les grimaces les plus risibtes , parce que 
telle est leur nature. Entre eux ils ne se roient pas du même 
joèil qde nous , et ce qui nous apprête si fort à rire , est pour 
eux une chose tome simple, à laquelle ils n'attachent aucune 
iâée de comique. Ce qui fait que ces animaux nous paroissent 
si réjouissant pa^ leurs manières, et si moqueurs dans leurs ha- 
bitudes, c'est ^Hls ne contrefont que le matériel de Thômme, 
sans représenter sa raison et son esprit ; ce sont pour nous des 
espèces de fous , de bouffons tels qu'en nourrissoient jadis les 
roiis et les princes pour se dirertir. Il entre, dans lé rire que 
ces êtres nous inspirent, un sentiment d'orgueil qui nous ré- 
vèle notre supériorité à Tégard des animaux, parce que nous 
yoy6n)s tous leurs eObris se borner seulement à Timitation 
l^hysiqué ih nos gestes. 

' Là facilité dé contrefaire, que les singes possèdent au su^ 
prêine degré , décèle dans tous ces êtres autant la foiblesse du 
caractète que le défaut de la raison. Ne voyons-nous pas que 
"ces hommes st prompts à saisir les ridicules de leurs semblables, 
SI afd'eils à suivre la mode, si habiles à se prêter aux manières 
du prince-, ié la c^onr , tin des hames sociétés , sont aussi les 
courtisans les plu^ serviles et les camélons les plus rampans ? 
Plus occupés ciu soin de s^intréduire dans les bonnes grâces 
de leurs màhï^es, que de suivre la raison et le cbemin delà 
droiture , tear bassesse vient de leur petitesse d'esprit, et la 
àkèïAt càus^ produit les mêmfCs effets dans les singes. Au con- 
traire, rboVn'file libre qui sait se cnbnottré ètVestimer, dé- 
daigné ce^ lâches ih'o^ekis; aussi à'est-il pt^int imitateàr; 
il Sent trép sà SU(lérioriié bour s^abalsserà èette pratr^ne ; il 
est pluà fait pout donner le toto que pont le feàtv^ir. Cette 
<fOttrtoi!^ie basse et mensongère dont on se paie dà)^s ta société, 
est le tafent pfartîcnlier de ceux qài manque^ de mt^yens 
plus nobles pour' réussir dans le moîlde ; c'est cetài des Bat- 
teurs et des coUrtîsaùs ; 

Peuple caméléon , peuple 9Îfi|(e du maître . 

Il arrive , par ta mèrne raison , que lé^ facettés spirhaëHes 
étant ^lus faibles que les qùàtîtës corjpofelles chez tous les 
hommes de ce caractère , ils sont plus portés à la vie sen- 
suelle qu'à la vie morale , et l'on a des j^réuve^, matlhemrea- 
sementtropmultipliée^,* des maux que la corruption des c6ur- 
tisans introduit dans le corps sociaL Le singe , à plu:s fot^è 
raison , étant une bête brute , a dés affections cOi'poretles 
encore plus véhémentes que l'homme. Sa gôiït^mandise eâitex-- 
trente ; sa lasciveté surpasse tout ce ^uè la licence dés mœurs 
la plus effrénée peut produire. ï)^aîUéurs^ la conformation 
de se$ oi*ganes sexuels est sèmVial>te à ceue de Tèspèce ha-^ 



s î N ^ 

maine ; il s'accouple de la xattofi manière et i teute époq^ue, 
coipine elle, parce qu'il trouve , dans les pays qu'il habite ^ 
une nourriture assez abondante en toutes les maisons. Ce 
besoin d'anaour, si impérieux dans les singes , es\ s^ns doute 
la principale cause de leur vie demi-sociale^parc^ qijeljes se%ii% 
se tenant toujours rapprochés , il se forme parmi ei^x i|ne sorte 
. de famille ; cependant comme les singes ne soQtp^s purenient 
inonogames , et que leurs deux sexes se mêlent soqvent eptre 
eux indifG^emment , selon les circonstances ; il s'ensuit que 
ces liaisons si ipultipliées établissent qne société , quoiqu'im- 

Ïarfaîtey entre les divers individus , en introduisant de nom- 
réuses parenté^s. Mais cette sociabi)it(é des singes n'a ppiuir 
base qu'une affection puren^efit pliysique , tandis qu'elle est 
fondée, chez Tbomipie) &^r 4^s sentimens plus nobles d'a- 
mitié ^ d'attacbem^pt , de çopvenances mutuelles , sur des 
rapports de penséef et des besoins réciproques qu^e n'a point 
le singe. £n Ofitr^ , la parole articulée , l'établissement de la 
propriété, sont d^ causas de société bien plus intimes dans 
xiotre espace quie d^ns celle dé^ songes et de quelque autre 
espèce que ce soit. 

A la vérité , )' effet de U civilisation e$^ d'augmenter le& 
relations d'amovr et de hienyeillapce, non-seulement entre 
les sexes, mais encore entre toiis les individus. On sait que 
le sauvage aime peu sa femme , est di^r pour ses Stemblabies; 
mais à mesure que l'hpipme se civilise , il devient plus sen- 
sible , plus simîmt ; ses relations seicuejles se multiplient, et 
plus ses mœurs se po(icent , plus elles tendent à se corrompre. 
Mais parce que squ^^ goïqinnfiê pas des êtres purement ma- 
lériels, l'esprit s^ développe et s'éclaire progressive çient; les 
aâiectipns i|>oraies ^'éte^eiit en même proportion que le 
corps acqaierjt ph^sde sieosibilité. Çï^ez la brute, au con- 
traire i la partie matérielle étant toi^urs prépondérante , 
Tétat social n'influe guèr^ qu^ p\ir son physiqjgie. Nos ani* 
maux domestiques, participant epqixelqiie sorte de la société 
humaio^ f deviepnept a^^i pl^s «irdens en amour que les 
mêmes espèces sauvages; leurs organes sexuels sjont bien plus 
ii}éveio^és , biefi pljiis acU£s ; Ija vache , la chèvre, ^yant des 
pis plus grx>s, peuvent fournir 4ti l^it en tout temps , et la 
poule donne 4es q^s presqv'eA to^te saison; cejt effet ne 
vient Pffts seulement de r|J>ondfknçe de la nourriture , mais 
principalement du rapprochement continnel des sexes , qui 
goiUcijte sans cesse Tardenr amoi^*ej«se de ces animaux , et 
les maintient ainsi dans l'état d^ société ou de famille. Plus 
cette société est intin^e entre les^tres, plus les affections 
corporelles d'amo«r ^e Cçrtifient ; âe4à viçnt qu étant ex- 
trême chez plusieurs natioius^ il est force q^e leur^ mœurs 



^62 s I N 

se dépravent et que les relations physiques remportent bien>=- 
tôt sur les senlimens moraux , surtout dans les climats où 
Tardeur du ciel accroît l'impétuosité naturelle des penchans 
de Fâme. Telle est encore la raison qui fait que les singes , 
dont le tempérament est lubrique , ont des passions d'au- 
tant plus ardentes ^ que la chaleur de leur climat et le rap- 
prochement continuel des sexes les entraînent sans cesse à la 
jouissance. 

Parmi les causes de la lubricité que nous avons exposées 
ailleurs ( Article HhERliSKiiE du dictionnaire des sciences médi-' 
raies ) ; il en est de particulières à Thomme et aux singes > 
qui leur attribuent une grande ardeur génitale ; c'est leur 
station plus ou moins droite. En effet , alors le sang s'écoule 
naturellement avec plus d'abondance vers les organes sexuels 
et à la cavité du bassin ; de-là résulte cette disposition mens- 
truelle quVprouvent la femme et les femelles des grands 
singes , ainsi que le gonflement des veines hémorrhoïdales 
chez rhomnie, la rougeur et ce renflei|ient singulier des 
fesses nues des mandrills et des papions, surtout lorsqu'ils 
sont en chaleur. 

En outre 9 Thomme , les grands singes ( orangs , pongos^ 
babouins , et même les magots ), ou sont privés de queue ^ 
ou du moins n'en ont qu'une courte , et Tabsence de cet ap- 
pendice cOincide avec une plus grande lubricité; car de 
même les lièvres, lapins, boucs, etc., sont plus portés aa 
coït que les animaux à longues queues. Il semble que les or- 
ganes sexuels gagnent alors en énergie, héritent de la nourri- 
ture que recevoit l'appendice coccygien ; c'est ainsi que les 
hommes boiteux et ceux auxquels une jambe a été amputée , 
passent pour être plus ardens au coït. Les singes ont , d'ail* 
feurs , les jambes plus faibles que les bras ; enfin leur verge 
libre et pendante , éprouve de fréquentes érections , et an- 
nonce une puissance génitale remarquée depuis long temps, 
puisque les anciens représentoient leurs satyres 9 leurs faunes 
et d'autres divinités champêtres , arrecto pêne , comme le fer- 
tile Dieu des jardins. 

Et cette ardeur du sang, qui donne aux singes des affections 
si violentes , qu'ils sont toujours dominés par leurs pen-* 
chans et ne peuvent jamais demeurer tranquilles ; est sans 
doute occasionnée par l'activité de leurs sens. A beaucoup ' 
d'égards , les manières des singes sont plutôt celles des fous 
que celles d'animaux de sang froid ; ils ont à-peu-près les 
liâbiludes des maniaques ; ils semblent plus écervelés que 
capables de réflexion ; tout les frappe vivement , et ils pa- 
rc issent vivre plus dans leurs sens que dans leur cervelle. En 
effet , les hommes qui joignent à des facultés intellectuelles 



s T N a6$ 

fort bornéesiine grande vivacité des sens , sont exposés h tom- 
ber dans la folie , parce que le cerveau n^ayant pas reçu une 
capacité proportionnée à celle des sens, ceux-^:i le frappent 
avec trop de violence , et lui laissent àes impressions exag^é- 
rées des choses. Un cerveau en démence rfsseihbhe à un œfl 
ébloui qui porte sur tous les objets Tirnage de iavive lumière 
qui la frappé; eu effet , les' maniaques ont la cerveHe comme 
éblouie par oue forte impression qui se mêle à tout ce qui les 
occupe , qui les suit en tous lieux , et leur fait faire les 
actions les plus extravagantes. La folie vient donc le plus sou*- 
vent delà trop grande vivacité des sens, relativement à la ca- 
pacité du cerveau ; aussi nous ^e voyons jamais de ma- 
niaques avant Tâge de puberté , car c'est surtout à cette 
époque que les seiis acquièrent un développementetune acti- 
vité extraordinaires, à cause de riofluence des organes sexuels, 
dont le propre est d'augmenter la vigueur et. les fonctions 
de la vie sensitive {Voyez aia mot Homme, le lieu où Tén 
traite de la puberté ). Aussi les eunuques ne deviennent ja- 
ionais fous, et 1 on guérit quelquefois les maniaques en opé- 
rant la castration sur eux. 

C'est donc à Tardeur lubrique des singes qu'on doit prin- 
cipalement attribuer leurs manières brusques , leur carac- 
tère extravagant et incorrigible. 'Cette chaleur du sang 
émane surtout de leur tempérament y qui est bilioso-nerveilx, 
tempérament dont Ténergie et la pétulance sont dues à la ten- 
sion et il la sécheresse extrême de la fibre. En effet , les hom- 
mes doués d'une semblable complexion sont naturellement 
colériques et libidineux; ils sont maigres et fort velus, commie 
les singes, sur tout le corps et la face. Tous leurs mouvemens 
sont pns.es ; leur activité est infatigable , quoiqu'elle cbange 
souvent d'objet; car, plus un sentiment a de violence , moins 
il a de durée » parce qu'il s'épuise plus rapidement. Cette 
constitution corporelle étant toujours tendue , et ayant une 
grande sensibilité , doit être plus portée que toute autre à la 
passion de l'amour , et s'y livrer avec plus d'impétuosité 9 
mais comme elle s'use aussi davantage, son existence s'abrège 
par ses propres excès. C'est surtout le tact qui , par sa délica- 
tesse et la vivacité de ses impressions , anime le plus le sens 
de l'amour ; et nous voyons que les animaux stupides dont le 
derme est si coriace ou couvert de substances insensibles > 
sont aussi les moins amoureux. Cette différence se remarque 
surtout parmi les hommes , car ces lourdes machines à peau 
grossière ne sentent pas; ces sauvages dont l'épiderme tou- 
jours nu , est durci aux ânjures àà l'air , ne connoissent 
presque pas l'amour; au contraire, l'homme civilisé, chec 
lequel l' usage des vètemens et une vie efféminée contribuent 



ft6< S I N 

à la dëitrarlesse de la peaa «c à 1» seKaArilhé du tovditfr r a 
le setts de Tainoor exquis , et aés comnanicaUoDs toa* extrê- 
mement ràpîdei entre le» sexei* Un simple attimcliemeitt^ 
o« même te seiri Toisîaage , suffisent pour affecter les sena et 
(aîre natire des i^îrs. Oo sait sortool combien le toucher 
maUiel des lèirres entre deoi persoosea de diiSérens seaea et 
dans la vigoenr de Vàge ^ est poissant poor éveiUer le senti* 
ment de Tamoar. Les singes étant , de tout les animanx « lee 
mieux conformés poar Tosage dn toucher ^ ayant qnatre maîna 
et beaucoup de parties dn corps tootes nnes , c#mme lea ma- 
melles i la face ^ les parties seanelles , les fesses ekea la plu- 
C, il n'est pas étonnant qn^ls soîest eitrAmement lasctft. 
i ^ les mâles et les CemeUes se donnent-ils des baisers fort 
tendres ; on sait qu'ils ponssent Tâmpod^ar josqn'à se maa- 
tttrber , même «n pnbÛc ^ tî snrtont à la tne des femmes. 
Cette action , ai honteose et si détestable , lenr est enseignée 
fwt la seule nature, comme un sopplémoM nécessaire pour 
modérer lenr ardeur ; et les animaux que la conformation de 
leurs pieds met dana l'impmssanee de se lÎTrer 4 ce vice in- 
fâme , cherchent quelquefois par divers frottemens , k se 
débarrasser d'une humeur loxuriame > dont la trop grande 
abondance leur seroit nuisible ; teia aom les roussettes , le 
«bien , le cbat ^ en se léchant ; tels sont même le bouc , le 
mulet , Pélépham privé , etc. Mais le singe ne se sert de cette 
4iMâlité qu'il à reçue de sa structure ^ que pour s'abandonner 
bmialemetttà ses sales toluptés; ce hideux Diogène fiiit même 

Krade de son impudence , et sa tilenie dégoètante cause de 
torreur. * Le papion,dit Boffon, est insolemment lubrique et 
« affecte de se montrer en cet état, de se toucher , de se sa- 
« tîsfairé seul aux yeux de tont le m<mde ; et cette action y. 
« l'une des plus honteuaes de l'bamanité , copiée par la 
« main du babouin , rappelle l'idée du vice , et rend abo- 
« minable l'aspect de cette bite ^ que la nature parolt avoir 
« particulièrement vouée à cette espace d'impudence , car 
i€ dans tous les animaux «• et même dans Thomme , elle a 
« voilé ces parties; dans le babouin , au contraire , elles sont 
« tout à fait nues, etid'aotant plus évidentes, que le corps 
« est <x>uvert de longs poils ; il a même les fesses nues et 
M d'unrouge couleur de sang, les bourses pendantes , l'anus 
« découvert , la queue toujours levée ; il aemUe faire parade 
<f de toutes ces nudités , préâeotant son derrière plus souvesit 
m que sa tête , surtout dès qu'il aperçoit des femmes , pour 
« lesquelles il déploie une telle effroiMerie , qu'elle ne peut' 
« maître que du désir le plus immodéré >. < àisi. naL éBs sÙÊg. , 
totne xxxY, édit. de Sonn., p. ^a5. ) 

Tons les singea, il est vrai^ tie descendent pas ii cet excès 



s I N a65 

ée iurpitadc « tX Itê oraiigi-o«it«ngs sont les plos retenus ; 
leurs fetneliet paroîssent même pudibondes, quand on. les 
cxamiae; mais cette passion pour les femmes, si effrénée, 
qu'elle porte même ees races effrontées et immondes à leur 
faire violence , tue peut provenir que d'une grande similitude 
^'espèces , puisque les divers animaux ne sejoignent par des 
mélanges adultères qu'autant qu'ils sont voisins par le genre , 
et qu'ils appartiennent en quelque sorte à la même famille 
naturelle. En effeti^ la propagation des afiections animales 
ne peut s'opérer qu'entre des races assez analogues entre 
elles-, et qui sait jusqu'à quel point nous nous approchons , 

far les faôiltés corporelles , de la nature des singes ? Com- 
ien de négresses surprises par une troupe lubrique de satyres, 
dans les forêts d'Afrique , ont pu engendrer des monstres ? 
Combien même de femelles de singes,messaline8 sauvages,se 
«ont volontairement prostituées k l'ardeur des Africains ? On 
ignore tout ce qui se passe en amour dans ces vieilles forêts , 
oà la chaleur du climat, la vie bnite des habitans, la solitude 
«t les délires des passions , sans lois , sans religion , sans 
mœurs , peuvent faire tout èser; et ces êtres dégradés, ces 
monstres mi^partie 4iommes et singes, confinés dans quelque 
désert ignoré , dérobés a la société humaine par la honte* ou 
bien immolés par la crainte du déshonneur , nous demeure- 
ront long-temps inconnus. 

De la cùhformaUon naturelle des Singes , des manières, des 
habitudes et du genre de vie de ces Animaux. 

On caractérise les singes entre tous les animaux par leur 
face nue , leurs épaules larges et aplaties comme chez Thomme 
( car ils ont des clavicules complètes) , par deux mamelles sur 
lapoitrine,par dtê mains conformées à. peu près comme dans 
Thomme, excepté le pouce , qui est plus petit et qui ne peut 
pas se mouvoir indépendamment àe9 autres doigts , par des 
espèces 4e maint aux pieds , ce qui les fiait nommer quadru- 
manes , car le pouce des pieds est aussi opposable à leurs 
doigts que celui des mains ; on voit le même nombre de dents 
«hez les singes de l'ancien continent, surtout, qu'à Thomme, 
mais plus Criées ; enfin , par une conformation de corps 
Irès-analogue à la nÀtre , dans nresque tontes ses parties. 
Leur pénis reasemble même à celui de l'homme , et leur ma- 
trice à cdle de la femme. La station de ces animaux n'est ja- 
mais aussi droite que la n^tre , mais elle est oblique ou dia- 
gonale ç leurs genoux sont toujours à demi plies lorsqu'ils 
veulent ae dresser. Lorsqu'ils marchent , ce sont les mains 
qu'ils posent d'abord à terre ; puis le train de derrière s'avance 
tout d une pièce comme font les cuis-d«-iatte; aussi les qua- 



a66 S ï N 

drunianes ont (>énéralement les bras plas longs que les jam- 
bes; ce qui est le contraire dans l'espèce humaine; ils sont, en 
effet , essentiellement formés pour grimper sur les arbres , et 
non pour se tenir debout,ainsi que Thomme, car ils n'ont pas, 
comme lui, la tête en équilibre sur Tépine du dos , ni les os 
du bassin aussi larges, ni les cuisses fermes et droites, ni les 
jambes musculeuses , ni les talons saillans. Les muscles de la 
cuisse s'attachant plus bas sur la jambe, celle-ci reste toujours 
à demi Héchie; ce qui leur eslfavorable pour grimper. Les qua* 
diumanes posent obliquement leur plante de pied à terre, et 
s'ils se dressoient autant que nous , ils tomberoient sur leur 
dos. Non-seulement ceci est applicable aux plus petits singes, 
mais même aux plus voisins de notre espèce, tels que Torang- 
outang, le chimpanzée et les gibbons. 

Tous les singes ont quatre dents incisives à chaque mâ- 
choire , comme Fhomme , deux canines un peu plus longues , 
surtout chez les* espèces farouches des pougos et babouins ; 
des molaires comme les nôtres , à couronne L^rge avec des 
tubercules mousses , pour broyer le parenchyme des fruits et 
des graines. Ces mâchelières sont en même nombre aussi 
q'i'à rhomme, chez tous les singes de Pancien monde , mais 
les sapajous et autres singes d'Amérique (excepté les ouistitis), 
ont deux mâchelières de plus à chaque mâchoire , c'est-à- 
dire , trente-six dents , avec un cœcum plus allongé que celui 
de Thom ne et des espèces de Taucien continent. 

On distinguera les singes des autres Quadrumat^es ( Voyez 
cet;arlicle),des Makis, indris, loris, gatago, tarsiers, etc., en ce 
que ceux-ci montrent souvent six dents incisives inférieures , 
ou ces dents iiftlinées en avant, pointues, écartées ; des ca- 
nines et des molaires à tubercules plus aiguës qu'aux singes ; 
enfin , leur museau est allongé comme aux renards , ce qui 
ics a fait appeler singes à museau de renard; ils ont souvent 
, aussi des ongles pointus aux doigts indicateurs, pour percer 
les insectes , et les extraire des fentes d'arbres ; car ces ani- 
inaux vivent surtout des larves d'insectes , dont les véritables 
singes sont moins friands que des fruits. 

Toutes les espèces de quadrumanes sont omnivores ^ et 
surtout frugivores , parce qu'elles vivent sur les arbres des 
climats chauds des tropiques , oà croissent beaucoup de fruits. 
Les singes les cueillent et les portent à leur bouche avec leurs 
mains, à la manière des hommes. Us savent fort bien arra- 
cher aussi les racines avec leurs ongles aplatis comme les nô- 
tres. Leurs intestins ont aussi la même conformation que les 
nôtres ; ils ont un cœcum court. On dit qu'ils sont naturelle^ 
ment appris à boire 'de l'eau dans le creux de leurs mains. 
Mais dans l'état sauvage , ces animaux boivent raremeni » 



s I N ^67 

leurs nourritures toutes végétales suffisent pour les désaltérer* 
Ce sont 9 d'ailleurs , des races d'une complexion sèche , grêle, 
et nerveuse , ou mobile , qui a peu besoin de boisson. Ils. 
mangent de tout avec plaisir , noix , glands , bulbes , pain , 
feuilles , salade , coquillages , œufs , grenouilles , insec* 

Î!S , etc. Ils cherchent continuellement les puces et les poux , 
u^ils croquent, de même que certains nègres et 'quelques 
peuplades malaies , au rapport de Dampier et d'autres voya- 
geurs. On assure même qu'en Portugal , le menu peuple fait 
chercher ses poux par des singes , moyennant une petite ré-* 
tribution qu'on donne à leurs maîtres. Sur les bords de la 
mer, les singes savent prendre les huîtres et les moules, 
dont ils brisent Técaille entre deux pierres , pour manger la 
chair dç ces testacés. Chaque espèce ne s'attroupe point avec 
une autre , mais il y a comme autant de nations séparées de 
chacune d'elles , qui préfèrent certains cantons y et ont leurs 
nourritures appropriées. Ce sont , en général , des animaux 
matineux , et qui se tiennent tranquilles pendant la grande 
ardeur du jour , dans les forêts de la Zône-Torride. Ils dor- 
ment aisément sur les arbres , en s^ accrochant entre leurs 
branches , car ils craignent de rester k terre , où la difficulté 
qu'ils ont de courir , semble justifier de leur poltronnerie ; 
mais du haut des arbres où ils se cachent , il leur est plus 
facile de se défendre , en lançant des branches , des fruits , 
et même leurs excrémens à leurs ennemis. On croiroit surtout 
qu'ils affectent de se moquer de ceux qui ne peuvent pas les 
atteindre. 

Il y a des espèces nocturnes , outre les aloualtes , les sa- 
jous de l'Amérique , et les tamarins ouisflitis , les sagouins et 
sakis. Ces singes viennent surprendre à petit bruit , comme 
les faunes , les sylvains de l'ancienne mythologie arrivoient 
de nuit près des bergers , dans l'Orient ; ou comme les lému- 
res, les spectres , se cachoient entre les ruines des villes dé- 
sertes de Babylone ou d'Héliopolis. C'est ainsi qu'on croyoit 
qu'ils venoient jouir des femmes dians Poppression du cau- 
chemar : ces divinités champêtres honoroient les belles 
dames de leurs faveurs, sans que les maris osassent en mur- 
murer; tant les dieux ont de prérogatives! On n'ignore pas 
que des singes furent adorés dans la superstitieuse Lgypte. 

Les singes sont extrêmement lascifs , car nous avons dit 
que tontes leurs passions étoiei;it excessives ; aussi leur tem- 
pérament est-il très-chaud. Leur lubricité est telle, qu'ils ne 
se contentent pas même de leurs femelles , puisqu'ils insul- 
tent souvent lesfemmes par des gestes révoltans, et que leurs 
voluptés sont brutales et dégoûtantes. Le singe papion devient 
jaloux des femmes j ^et écume de cogère quand un homme 



*68 S IN 

approche seulevaent d^elles en sa présence. Les femelles de 
ce singe et des autres babouins 9 des mandrills , ont la 
même Jalousie pour les hommes. Quelques-unes des plus 
grandes espèces ont uo écoulement menstruel , ainsi que les 
femmes. Contre la coutume des autres mammifères , les fe-^ 
melles de singes sonfl'rent le coïl dans U temps de la gesta- 
tion, de* même que les femmes. £lles mettent bas un ovi* 
deux petits, après une gestation plus ou moins longue , sui- 
Tant les espèces , et qui est de sept mois , dit-on , dans les 
orangs, les grands singes, et de cinq dans les moindre^ 
races. Au reste , leur utérus a la même conformation qu^ 
datis notre espèce, et si Ton suppose que la grossesse des 
femelles des orangs-outangs s'étend jusqu'à six ou sept mois, 
comme on le rapporte de celle des gibbons « il seroit peut- 
être possible d'obtenir des individus métis ou hommes-singes , 
surtout en choisissant les races humaines les plus analogues 
aux orangs-outangs ; des Hottentots , par exemple. De tels 
métis seroient bien curieux , sans doute , et Tétude de leur 
intelligence feroit faire de grandes découFcrtes en métaphy- 
sique, et dans la connoissance de Thomme^ 

Les femelles de singes portent leurs petits dans leurs bras 
ou sur leur dos , k la manière des négresses ; elles leur pré- 
sentent la mamelle, les embrassent, les choient, les amusent, 
et quelquefois les frappent ou les mordent , lorsqu'elles n'en 
sont pas satis£aites. Les petits s'accrochent aux épaules de 
leurs mères , de sorte que celles-ci peuvent grimper sans 
qu'ils lâchent prise ; chez les sapajous et autres smges à queue 
prenante , les petits entortillent la leur autour des hanches 
de leur mère , et se tiennent ainsi adhérens k elle. Les mâles 
sont polygames dans les petites espèces , mais souvent mono- 
games dans les plus arandes ; ils prennent ass|ez peu de soii^ 
de leurs petits et de leurs femelles. Au reste , leurs organes 
4e génération ressemblent beaucoup , dans les deux sexe^ , à 
ceux de l'homme et de la femme , de sorte i|ue l'accouple-r 
ment seroit possible entre les grandes races de ces animaux 
et l'espèce humaine. On sait même avec combien d'ardeur 
la plupart des grands singes le désirent. 

On a dit que tous les quadrumanes étoient , en général , 

Sortes k la malice ; mais ceci supposeroit la connoissance du 
ien et du mai , et des idées morales de justice ou 4e vertu 
qu'un singe est fort éloigné d'avoir , k notre avis. Si ces ani- 
maux font mal , c'est sans le savoir ; s'il nous sont nuisibles , 
c'est sans en avoir l'intention ou la conscience ; c Vst un acte 
machinal et sans raison , comme font les fous ; comme eux , 
ils sont vifs , impétueux , remuans , et ne paroîss^nt songer y 
d'ailleurs, qu'au temps présent. Il n'est point e;(traordin^ire » 



s I N «69 

en outre , qae leurs mouyemens soient semblables mit nèlres ^ 
puisqu'ils ont un squelette et des muscles pareils à nous ; leur 
os de i'avant-bras , ou le cubitus et le radius , n'est pas soudé 
comme aux quadrupèdes, mais articulé comme dans Thomme; 
de sorte que leur bras peut faire des mouvemens de pronatioa 
et de supination ; il en est de même des os de la jambe ; aussi 
tes animaux montrent beaucoup de facilité pour imiter ton-» 
tes nos actions. Cependant , comme les pouces des maint 
des singes sont fort petits, et ne peuvent pas se œouTohr in-* 
dépendamment des autres doigts , à cause de la réunion é^ 
ieurs tendons , ces animaux ont moins d'adresse que Thomme 




pas 

exempte de difficultés. Au reste , les singes sont extrêmement 
agiles et forts , à proportion de leur taille ; Thomme l'est 
beaucoup moins qu'eu:^ , parce que la perfection de son esprit 
absorbe une partie de la rigueur de son Utorps. 

L'instinct social des singes , ou plutôt leur goàt pom* rîvre 
en troupes vagabondes plutôt qu'en société régulière, eon* 
firme la tendance qu'ont tous ces animaux frugivores ou ber^ 
bivores à demeurer ensemble, soit pour se défendre arec plus 
de facilité de leurs emiemis , soit pour l'avantaffé de leurs 
petits ; mais les races carnivores ne chassant ordmairement 
leur proie qu'avec difficulté, sont obligées de se séparer pour 
ne pas s'affamer réciproquement. Si quelques carnivores s'at« 
troupent quelquefois , ce n'est que momentanément , pour 
faire une grande chasse ou pour détnnre de putssans ani^ 
maux; ensuite ils s'éloignent. Les singes» au contraire, peu«> 
vent vivre en communauté , parce ^'ib trouvent assez du 
nourriture pour fournir à leut subsistance , et qu'ils s'en- 
tr' aident mutuellement lorsqu'il s'agit de dévaster quelque 
Jardin ou de ravager quelque champ ; aussi établissent-ils 
certaines règles pour le pïUage et la maraude. Les uns font 
sentinelle, les autres se mettent en chaine, et passent de main 
en main tes fruits qu'ils volent , pour les mettre plus promp* 
tement en sûreté. Lord Kaimes {SkHkes af man^ tom. i , 
tV4.*^)f'faift dériver la sociabilité humaine de cet instinct qu% 
les singes ont pour s'attrouper. Leur cerveau, à la masse près, 
est absolument semblable k celui de l'homme , ainsi que 
nous l'avons exposé à l'article de l'ORANG-oumnG , d'après 
i'anatomie du pygrnée faite par Tyson. Il y a trois lobes de 
chaque côté , et le postérieur recouvre entièrement le cer- 
velet. Seulement, les oouches optiques antérieures et les 
corps cannelés sont moins développés que chez Thomme , 
l^rincipalement dans les babouins , le^ pongos et autres sin-. 



s 



370 s T N 

es dont le front est extrêmement compilé ou rabaissé. 
1 paroît que cette dépression frontale e&t, pour tous les 
mammifères , le principal caractère de l'hébétation ou de 
rinfériorité intellectuelle. En même temps 9 le trou occi- 
pital devient proportionnellement plus large et la moelle 
épinière plus volumineuse , à mesure que la capacité du 
cerveau est plus étroite ; aussi les animaux vivent plus par 
les nerfs rachidiens, émanant de cette moelle, que par le 
cerveau , centre principal de la vie chez Thomme. En effet, 
les singes , comme les quadrupèdes , ont des membres plus 
forts , plus agiles , plus nerveux à proportion que Thomme 
et surtout le philosophe vivant par la pensée , mais débile 
de corps. De-ià vient que les singes sont fort peu réfléchis 
et non méditatifs; ce sont des bateleurs et des saltimbanques 
parmi les animaux ; ils se plaisent sans cesse k jouer , plus 
encore que les enfans. Il y a peu d'apparence qu'on puisse 
instruire beaucoup les singes; car ils sont trop vifs, pétu^ 
lans , indociles , cA leur genre de vie sur les arbres les dis- 
pose extrêmement à Tindépendance. Au contraire, Thomme, 
aninial terrestre , est plus rassis ; sa vie plus sédentaire exige 
plus de travaux et de réflexion ; la nature , en lui créant beau- 
coup de besoins dans sa faiblesse et sa longue enfance , Ta 
forcé de développer toutes les ressources d'une intelligence 
dont elle n'a laissé qu'une foible ébauche aux singes. 

Ces animaux ont une mémoire excellente ; ils se resson-* 
viennent long-temps des bons et des mauvais traitemens ; ils 
sont très-rancuniers, et aiment beaucoup leur liberté ; c'est 
pourquoi plusieurs d'entre eux périssent de chagrin dans les 
fers de l'esclavage. Les grandes espèces sont alors d'une mé*» 
lancolie continuelle, et ne s'accoutument jamais entièrement 
à la servitude de l'homme. On peut les tenir de force ; jamais 
on ne les rend domestiques. 

Tous les singes habitent sous les tropiques des deux hémi* 
sphères et jamais ailleurs; ils sont analogues aux perroquets, 
qui ont la même patrie , et qui tiennent , parmi les oiseaux , 
le même rang que ceux-là parmi les|mammifères. Il, semble 
que la nature se soit pin à tracer ainsi des analogies d'une 
classe k une autre ( ^. l'article Oiseau. ). C'est un spectacle 
bien amusant de voir dans ces antiques et vastes forêts de 
la zone torride, les singes s'élancer d'un arbre à l'autre, se 
balancer suspendus aux branches, sauter et gambader, se grou- 
per en mille postures ridicules, se faire mutuellement des 
agaceries, se battre ou s'amuser ensemble, faire l'amour ou 
la guerre , et les femelles soigner leurs petits, les embrasser, 
les alaiter ; pousser tons des cris de joie, de surprise, d'amour; 
se défendre contre les hommes arec des pierres 9 des bâtoiiiS} 



s I N 2^t 

€l même avec leurs éxcrémens qu'ils lancent, dé leurs maîns, 
k la télé de leurs ennemis ; enfin , offrir les scènes les plus 
risibles et les mœurs les plus singulières. Sur ces mêmes ar- 
bres , voltigent et grimpent des troupes de perroquets qui 
jasent sous la feuillée , apprêtent leurs nids, font Tamour ou 
se divertissent dans ces heureuses retraites de mille manières 
différentes , et animent ces solitudes par leurs clameurs 
bruyantes et multipliées. On remarquera que comme la race 
humaine s^est beaucoup plus éloignée du type le plus par- 
fait, en Afrique, que partout ailleurs, témoins les nègres ^ 
les Ëboés , les Gallas , les Hottentots Boschismans ; de 
même TAfrique présente des singes plus brutes et plus fé- 
roces que ceux d^Asie. Ainsi , le chimpanzée a le front plus 
abaissé que Torang roux de Bornéo , et paroît moins intel- 
ligent. Les plus farouches et les plus honteusement lascifs 
àes singes , les papions, les mandrills et maimons, tous les 
babouins à grandes dents canines, sont originaires de TAfri- 
que , comme si la nature aspiroit en même temps à dégra- 
der et rhomme et les singes sur cette terre aride et brûlante , 
au milieu des lions , des tigres et des brutes les plus atroces. 
Jamais Téléphant africain n^a montré la docilité et Pintelli* 
gence de celui d^ Asie, comme jamais le Caffre brutal , le 
Maure sanguinaire n'ont imité la douceur et l'industrie du 
délicat Hindou et Ses anciens Brachmanes. Aussi ces ani- 
maux et ces hommes d'Afrique , endurcis par un climat trop 
ardent qui exalte jusqu'à la férocité toutes les passions de co- 
1ère et d'amoar, se plongent dans les excès les plus infâmes. 
Ils n'écoutent que leurs sens; soit dans la vengeance , soit 
dans l'assouvissement de leurs lubricités.. La plupart sont 
aussi plus carnivores , et même des nègres vivent de chair 
crue ou à demi^putréiiée au soleil. Les dents de ces singes 
d'Afrique témoignent aussi qu'ils aiment plus la chair que 
les guenons et d'autres singes d'Asie » plus doux et plus do- 
ciles. 

La Nouvelle Hollande ou l'Australasie , quoiqu'en partie 
située sous le tropique du capricorne, n a point montré d'es- 
pèces de singes , mais d'autres quadrumanes. 

Le singe est indocile et pétulant, son caractère est revêche 
aux instructions qu'on lui transmet. Comme il est habitaiit 
exclusif des pays chauds, il n'engendre que dif6cilement (Jans 
les climats froids, ou du moins il y met bas rarement. On 
dit que les espèces sont monogames ; néanmoins lt>s mâl^s 
ne se contentent pas toujours d'une seule femelle, malgré la 
jalousie de celle-ci. Ces animaux aiment beaucoup à déro- 
ber ; ils sont impudens et cependant timides ; la seule vue 
* d'une peau de crocodile oa de serpent les fait tomber ea dé- 



^1^ s I N ' 

faiUance. Mais ce qa^U y a de remar<pHd>le tt e«s, ieA la 
faculté imitatrice qu'ils portent an suprême degré ; il n^est 
aucune de nos actious corporelles qu'ils ne fissent cepier. 

MM. de la Condaimne et fiéoguer rireot des singes apprt- 
Yoisés imiter ieurs actions lorsqn ik firent ioors obsenralioas 
pour la mesure de la terre ; de ménae que ces académiciens, 
kf singes plantèrent des signaux , regairdèrent les asitres arec 
une lunette , coururent à one pendule , prirent la plume pour 
écrire , et firent tous les gestes de ces sairaas astronomes. On 
prétend qne les ouarines^ on aingm kurieurs^ sarent sonder les 
plaies que leur font les ekasseurs , y enfoncer leur doigt pour 
en retirer les flèches ou les balles , et remplir l'ovrerture de 
feoiHes nftcliëes an Hen de ckarpte. ht^ retraîAes j les mar^ 
ches sowt dirigées, dans les troupes de singes, par les pins 
expérimentés d'entre eux ; ils établissent même une sorte de 
subordination et mettent «i bon^ ordre dans leur piUage* 

Plusieurs espèces apprennent à exécuter tout ce qu'on lear 
enseigne , à porter de Teau , in bois, larer la Taisselie, (aire 
dn feu, décbansser leur matti<* , et surtout à exécuter dirers 
tovrs de force , à danser sur la corde , faire la ro«e et mille 
autres gentillesses fort divertissantes , car ils sont très-habiles 
pour tout ce qui dépend Ats «Muveinens du ooff s» On dit 
qnlk mettent «oufoors des sentinelks pour prévenir les daa- 
gers de leur troupe , et qu'ils punissent même de mort celles 
qui se sont endormies on qui n'ont pas bven rempii leur de« 
Toir. Dams leurs chasses , ils ne s'abandonnent, pmnt eslrt 
eux ; un diasseur qui tue un scnl singe dans une treape bobh 
brense , court grand risque d'être assommé. A« reste » les 
passions des singes sont fort vives; quoiqu'ils aîaMnt beâs* 
coop leors petits, 4a mère les batsonvent, pois les embrasse, 
les étouffe de caresses, les serre contre son sein d'nne manière 
extrêmement tefldre; le mâle et la femelle ont mênae entre 
enx rattachement le plus rif , et le témoîgoent par des C0«* 
resses et des complaisances , qui feroient honte à cerlanif 
ménages de gens, m pleoreni , démissent , soupirent comme 
nous, mais ils ne panent pas ; îes pHus gros smges^ tek qœ 
les babouins, les p«ngos, les orangs, ont même dits saci 
meodbran^ix an larynx, lesqoels se rempUssent d'aàr lors- 
qu'il sort de la glot«e , et rendent levrs cris sourds ; len antres 
espèces poussent d^^/cris pkn on moins brayans : ktsdbnoM 
ont une voix efifrayQuÈi«e 'dont ik doivent ie retentûsement è 
one cavité profonde on4M>ne de t^nfbonr de èem* os fay<à*de t 
car Tatr de leur glotte vieM s'y fr4ier. C'est pnncipakmeot 
au coucher du soleit et le matin qot ces anknaincJhorieat av^ec 
tant de force i]ue leQr bouche en «écame ; on les «nlend de 
pUis d'nne lieue, lies sapajon;^^ att contraire , ont une petite 



s I N . 27^ 

roîz Ghïée on plaintive et sifflante; aussi les nomme -t- on 
singes pleureurs , et comme plusieurs sont nocturnes , ils 
attristent dWantage. Les singes de Tancien continent sont 
plus gais. ' 

Les quadrumanes ont les muscles de la face extrêmement 
mobiles ; voilà pourquoi ils font si souvent et si facilement 
les plus laides grimaces. Il n'y a pas de plus grands grima- 
ciers qu'eux sur la terre. Comoie les yeux donnent Texpres- 
sion des pensées , et les grimaces celles des sensations , Ton 
comprend que les regards des singes ne sont pas expressifs 
comme ceux de Thomme. 

Les grands singes paroissnt d'un naturel plus réservé, plus 
réfléchi que les autres espèces; les guenons sont déjà vives, pé- 
tnlantes, et très-portées à détruire ;màis les macaques, l«s ma- 
gots, se 'montrent indociles, méchans et brusques; les babouins 
surtout sont brutaux , intraitables , et d'une férocité presque 
indomptable; leurs désirs sont sales et dégoûtans. Remarquez 
que cette gradation de méchanceté est précisément en rap- 
port avec le prolongement ^u lAuseau. Car les orangs-outangs 
n'ont qu'un angle facial de 65 degrés , les guenons en ont ua 
de 60 degrés ; l«s macaques et magots , de 4^ degrés ; et les 
babouins , de 3o degrés. Ce rapport confirme bien Tobser- 
vatlon de Camper, que le caractère des anlhiaux devient plus 
hrut à mesure que le museau s'allonge ; car la cervelle se 
rétrécit en même proportion. L'Intelligence des singes n'est ^ 
en général , guère plus étendue que celle des chiens dociles 
et bien dressés; mais leur adresse paroît plejis grande , parce 
qu'ils sont plus avantageusement conformés. Le tact esi très- 
développé chez eux , ainsi que l'odorat et le gom ; 



développé chez eux , ainsi que l'odorat et le gdm ; ces deux 
derniers sens prévaleat même sur tous les autres et dirigent 
leurs appé^^, qui sont sensuels et grossiers dans presque 
toutes lesiflLes. 

Après a^ff traité , en général , des habitude? et de l'or- 
ganisation dés singes , Il nous reste à présenter le tableau de 
cette curieuse famille, et à classer les espèces suivant une 
méthode naturelle , en profitant des travaux les plus récens 
d'Illiger,deMM. Geoffroy-Salnt-HIlalre, Spix , Cuvier,etc. 

, _^SlNGES PROPREMENT DITS. 

Omtctères de la famille : i.« Quatre dents à chaque mâchoire, 
taillées en bec de flAte ; des laniaires coniques ; des mo- 
laires à tUb Seules mousses et à couronne lai^c ; estomac 
simple ; intestins de moyenne longueur ; cœcum cpurt.^ 
nourriture principalement frugiv^jfe. 

a.** Des mains aux quatre membres , avec des pouces oppo- 
sables aux autres doigts , munis d*ôngles plats pour l'or- 
xxxt. y'Ô 



^74 S I N 

dinaîre ; 'membres destinés ptutAt pour U prékenston qne 
pour la marche ; des clavicules complètes ; des os du bras 
et de la jambe articulés et non soudés ensemble^ {lonvaDt 
tourner en dedans et en dehors avec facilité ; des doigts 
Kbres , profondément séparés et aidant de^ mouremens 
variés ; genre de vie grimpant sur les arbres , ou station 
transverse. 

Z.^ Tète sphériqne , une sotte de visage ; les yeux dirigés 
sur le même plan comme à llMMnme ; les fosses oibîtaires 
entières et distinctes des temporales par une cloison os- 
seuse ; un cerveau à trois lobes de chaque côté , le posté- 
rieur recouvrant le cervelet; desfiacuhésinteilectaellesassezi 
développées ; une curiosité vive. 

4..® Deux mamelles pectorales ; verge pendante ou libre ; un 
scrotum aux mâles ; quelquefois un écoulement samgain de 
la vulve aux femelles; une disposition libidineuse ; onganes 
sexuels nus à la plupart. 

Sectio» première — SINGj^ DE L'ANCIEN MONDE. 

Jjes narines non saillantes hors de Textrémité nasale ; 
même nombre de dents qu^à Thomme ;« ongles plats à 
tons les doigts ; queue nulle aux premiers genres , non 

* prenante aux autres. 

Genre !.•' Orang, PàA^ciis.— Angle facial de 65 degrés; pas 
de queue , ni d'abajoues , ni de callosités aux fesses; es- 
tomac, cœcumet foie comme à Thomme ; bras plus longs 
que les jambes. 

Espèces.'^. Orang-outang, »S/mia5ciiKn«i L.: — deBornéo. 
d. Troglodyte ou Chimpanzée ; Jocko de BufTon , Simia 

troglodytes , L.: — ^ de la côte d'Aogole. 
3. Gibbon noir , Simia lar ( Hylobates^ Illifl|[ ), 51/72. ion- 

gimana\ Schféber : — de Pondichéry. ^* 
ij. Petit Gibbon de Bufîon; Pithtciis pariegaius , Geoffr. ; 

peut-être une variété du précédent: — de Malacca. 
5, Wouvou , Moloch d'Audeberl ; Simia leucisca , de 

Schréber; Gibbon des iles Moloques. 

Genre II.Pongo.— Angle facial 4^ 3o deg.;point de queue; 
bras très-longs; des abajoues; canines longues ; crêtes 
occipitales fortes , avec un crâne étroit ; face pyrami- 
dale ; sac membraneux au larynx sous les branches mon- 
tantes de la mâchoire inférieure ; grandes Spophyses épi- 
neuses aux vertèbres cervicales*. 

Espèces. 6. Pongo d^Wurmb, Mémvsoc. Batavia, tom. 
M , pag. 24.6 : — de Bornéo. Animal féroce , qui se 
Fiq^proche f à plusieurs égards j des.Qrangs-ouiaog^,- 



' s ï N -375 

èènrc in. Babouin , Pàpio , Géoffr. ; Çynocephalus^Cav.— 
Angle facial ait 3o à 35 dcg.; grandes abafodes; callosités 
aux fesses ; queue coutttft ; AeÈ descendant k VextréÊaïté 
du museau comme aut chiens ; dents k tubercules , et 
fortes canines ; animaui féroces et lubriques ; un sa« 
guttural. 

nièces 7. Mandrill , ou Choras ou Bog[go , Simùi mor^ 

mon ( adulte) , L., et Simia maimon(^yàr, [etine). Le 

^ Papion à queue courte , simià lèucophma , Fr. Guv. : 

— d'Afrique. 

S. t^apion , iSi/72. sphynx^liA S.cynù^ephàlus^ Brôngmart; 

Pa|iion de Buflibn : -*- d'Afrique. 
9» Babouin des bois, Buff. Sim. porcarîa , L. ; Babouin 
porc (var. grise du précéd. ) : •- d'Afrique, 
âo. Babouin noir , Papia camùiùs f GéaiL ; Sîhk. àphyri- 
gioia de Schréb. (var. du papion d' Audebert) : — Cap 
de Bonne-Espérance. ^ 
il. Ouanderou, Sim, sMenus ^ L« , etiibi. véiarî L. : — ^ 

de Ceylan. 
la. Tartarin, Single dé Mocô^ déBuffon; iSikÈ. Âama^ 
diyas^ L. (var. le Babouin à musead dé ckleb, Buff.; 
Jbi. cynocephalus , L. ; ^* iaaiiscus , Scbrëb.) : ^^ Afri- 
*^e, Arabie; 

Genre IV.« Magot, 5y/(;>a/iii5, noh.;tnuûs^ GedfT.ï Macaque, 

Çuv.^àtétetriângulaire.-Angle facial de ioAe^. environ; 

des abajoues } des callosités auit fesses ; nez pbt , moins 

^ tdog qu'aux bsibdmus ;t queue moins lbnguc,c[uc Je éorps. 

Espèces. i3. Magot, Sim. sybanus y pitktcus , Inuus , L. , et 

Schréb. ; Mâgc^t, Audeb. elBufF. Le jciiue ost le Pi- 

thèque, Buff. : — de FAfrrque, verâ ta Méditerranée 

et Gibraltar (éissé^ué pat* GâlièU); 

14. Rhésus , d'Audebert. Patas à queue courte , Buffon ; 

Sim. monàchus et èiini. èrythnxij Sthreb. : —d'Afrique ? 

iS. Maimon. Singe à queUe de cochon , d'ËdWards; 

Babouin à longues |àntbes , Buffon ; Shn, nemestdna^ 

L. , et s/m. piiUtpygos ., Schr» ; ^^* fascdt^ Shaw. : — lé 

Japon , Sthnatrâ. 

16. Macaque , Buff. : Sim. cytiùniolgtà ," L. , et cynoceplia^ 
lits^ L. , et aigrette , stm. aygidu ^ L. : — de Giffliée , 
Afrique intérieure. 

17. Macaque à crinière, Sim, /<?o/2iWiJ,* L. , Gm.; Èim: 
sîltnus , L. ; Odaiiderou de BufTou et Atldè^. : — r de 
Geytou. ~ 

18. Bonnet chinois , Sifti^ sinica^ L.; Guenoiï couronnée; 
de Buffon , et son Bonnet chinois \ sim, pileatû , 
Shaw. : — du Bengale. 



a76 S I N 

Genre V.* Guenon. Singes à queue , CercopiÛieats. Angle 
facial de 5o deg'. environ; point de crête surcilièrê ; des 

abajoues ; des fesses calleuses ; une queue plus longue 
que le corps , non prenante ; des pouces courts aux 
mains ; un nez aplati et une tête ronde. 

Espèces, ig. Doue, Sim. nemœusy L. ; Lasiopfgaj Iliig.f 

Pygaihnx^ Geoffr. (sans callosités) : — de la Cochin* 

chine, 
ao. Masique ou Kahau , «S/m. nasica , Schr. ; Nasique A 

Daubenton ;iVas0/i5, Geoff. : — Bornéo, Cocliinçhine. 
AI. Hocheur, Sim. nictitans, L. : Guenon à long nez,; 

proéminent , de Buffon et AUamand : — de Guinée. 
> 32. Blanc-nez , Ascagne , d*Audeb. , Sim. petaurista^ L. : 

— de Guinée ,^es Indes orientales, 
a 3. Mone , Sim, mona , L. ; sim, monacha , Schreb. : — 

d'Afrique. 
a4* £ntelle,deDufresne ,5fm. enteliusj Schr. :— du Bengale. 
aS. Patasi Sim.patas^ L. ; sihi, rufa , Schr. ; sim.vetiûmy 

Erxl. ; sim. rvbra , L. : — du Sénégal. 
a6. Diane et Rolowai 9 de Buffon , Sim. Diana et sim. 

Roioa^ai 9 L. , Gmel. : Ezquima , Margr. : -^de Guinée. 
2y, Malbrouck , Buffon : Sim./aunus , L. ; sim^inosu" 

ros 9 Scopoli et Schreb. : Callitriche , var. A. d' Aude** 

bert :' — du Bengale. 
^8. Callitriche , Buffon : Singe vert : «Sim. sabœa , L. : -- 

du Çénégal 1 du Cap- Vert, 
ig. Moustac , Sim. cephus^ L. , Schr. , et son- sim. moÊU i 

f.ltv:'— de Guinée. 
3o. Maure oii^Nègre , Sim, maura , L. ; Guenon nègre 1 

Buffon : — de J ava. 
3i. Talapoin , de Buffon , «Sim. takipoinj L. ^ Gm. : — de 

rinde. 

32. Mangabey, de Buffon: Sim. œthiops^ Schr.; Cerco- 
cebus fuliginosus | Geoffr* : — de Madagascar i^ 

33. Magabey à collier : Sim\œÛwps , L. , et cynosuros^ h : 
— de rÉthiopie- 

Espèces moins connues. 34* Toque , Cercocebus radiatus ^ 

Geoffr. : — de l'Inde. 
3|^ Guenon dorée , Cercopilhecus auratus , Geoffr. : — des 
Moluques. * 

36. Barbique. Guenon à face pourprée , de Buffon ; Çei^ 
copiih. lalibarbaius, Geoffr. ; sim. denlata^ Shaw. 

37. Atys , CercopiÛiecus aiys , Audebert : — des ,Inde9 orien- 
. taies , soupçonné d'être un singe albinos. 

Genre YI.* Golqbb , Cqhhus, Illiger. Mains sans pouces ; 



s I N • ii77 

pîcds ayant des poaces , mais écartés en arrière ; museau 
court; queue plus longue que le corps ; abajoues et 
callosités. 

Espèces. 38. Guenon à camail, Simia polycomos , Schre- 
ber; sîm, comosa , Shaw. : Bay-monkey ^ — . Guinée. 
39. Colobe ferrugineux, Slm, ferruglnosa ^ Shaw.; autre 
Guenon de Buffon : — Guinée. 

Section II.« — SINGES DU NOUVE4P CONTINENT. 

Des narines ouvertes sur les cAtés du neie et leur cloison 
large ; cinq à six molaires de chaque côté de Tune et 
l'autre mâchoire ; point d'abajoues m de callosités ; 
fessas velues ; cœcum long etgréie ; queue longue. 

§. Queue prenante , nue, et calleuse en dessous; Alouaies 
et Sapajous, 

Genre VIL*. Alouatte ou Hurleur; MyceUs , Illigcr; 
Stentor^ Geotfr. A tête pyramidale ; mâchoire inférieure 
à branches très-hautes; renflement caverneux ou en tam- 
bour de l'os hyoïde , d'où vient leur voix hurlante et 
très-forte ; visage oblique ; angle facial de 3o degrés ; 
ongles convexes.. 

Espèces, 4.0. Alouatte hurleur roux i Simia serùcidus , L. , 
Mono Colorado , Humboldt ; — *àc la Guyane. 
4-ï- Ouarine , Buffon : 5im. Bedzehut ^ L. ; Guariba de 
Marcgrave : Stentor fuscus , GeoflFr. : — du Brésil. Caraya 
de Azara ; SienL niger^ Geoffr. : — du Paraguay; variété 
femelle. 
4.2?». Ourson, Araguato , de Humboldt : Sieni. ursinus ^ 

Geoffr. : — des bords de TOrénoque. 
4-3. Arabate de Gumilla , Steni. siramineus^ Geoffr. : — 

du Para. 
^4* Choro , de Humboldt : Steni. flaçicaudaius , Geoffr. : 
— de Jaën, dans la Nouvelle-Grenade. 

Genre Vn.« Sapajou, Ateles, Geoffr. Tête ronde ; angle 
facial de 60 deg.; os hyotde peu renflé, demi- caverneux; 
les pouces des maips cachés sous la peau ou très-petits 
(F. planche P. i3). 

Espèces. 4-5. Chamek, Ateles peniadaclylus , Geoff. : ^ du 

Pérou. 
46. Coaïta , Sim. paniscus , L. : — » de la Guyane. 
4.7. Goaïta à ventre blanc : Sim. Beelzebul , L. ; Mari- 

monda , de Humboldt : -^ des bords de l'Orénoque. 
48^ Chttva , de Humb. : Coaïta à face bordée, Aieiesmar^ 

^m^us , Geoffr. : rr du Para j de l'Orénoque. 



37S S I N 

49. Coaïta fauve , AieUs araichnoîdes ^ Geoff. : -r du Brési). 

§§• Queue prenant ^ toote velue. 

Genre VIII.». Sajou, Cebu^ , GçoiOEr. et Erxieben ; Cal^ 
Kihnx^âe Spîz. Angle facial de 60 deg. ; occiput saillant; 
museau court et tête ronde ; Q5 Jiyoïda creusé en bou- 
clier ; des pouces distincts ^ toutes les mains ; ongles 
un peu convexes; dëmarche lente. 
tkpèces, 5o. S^jou brun, Sim. apêiia, L.:-^âe la Guyane^ 

/Sa}ou pleureur (1), Sim. lufptèns , Erxleb. 
iSaJQu treinbleur,«Siiii« irepi^a^ L.: — Guyane 
yantéfésfj hollandaise. 

ISajou de Petivéc , Shn. syrichia , L. 
^Sajou tête de mort, Sim* morta^ L. 
5i. Saï, Simia capucina , L. : -«- de la Guyane. 
5a. Sajou cornu , Simia faiuellus , L. : — ^ de la Guyane. 
53. Sajou à toupet y Cebus cirrhifer , Gcofîr. : — du BrésiL 
• Si(. Sajou nègre , de Buffon ; Cebus niger , tjcofTr, 

55. Sajou varié, Cebus variegaius ^ Gtiofïr- : — du RrésîL 

56. Sajou gris, deBufTon ; Barbu , de tieaff. : OAi*s barùa- 
ius , variété du saï d'Àudeb. : •— de (Tuyane, 

5^. Ouavapavi, de Humboldt; Cebus aiùi/toris , GeolTr. : 
— près des cataractes de TOrénoque. 

58. Sajou fauve , Sim^fla^a , Schfeb. : : — du Brésil. 

J^g« Sajou k gorge blanche ; Cebus hypoieuais , Geofir. ; 
Simia hypoteuca , Hqmboldt: — de Guyane ? 
T^ar, Sajou blanc , Cebus qlbus^ GeoSt. : — du Brésil j 
est-ce un albinos ? , 

É §§§• Queue non prenante , longue. 

Genre IX. «. Sagouin , de Buffon ; CailUhnao , Geoffr. 
Angle facial de 60 deg.; tête et museau arrondis,courts; 
graq4^ oreilles ; ongles courts ; se tiennent plus à terre 
que les précédens. 

flspèces. 6p. Saïmiri , Buffpp .* Sim, sciurea 9 L. ; -^ de la 
Guyane; Titi de l'Or^npque, selon M. Hiimboldt ; 
var. à dos unicolor et il dos marbré. 
61. La Veuve, la Viduita\ VLumhoXâi f Çailàhrix it^geiis ^ 

Geoffr. : — des monts du Cassiquiarc. 
^. Le Moloeh, Cebus mo^cÂ,Hoffmannsegg: — du Brésil. 

63. Sagouin à collier, Ca//iif//r. /oryi/a/u^, îfloffmannsegg. 

64. Callitricbe à fraise , Ccdlilhrix amicius , Geoffir. : — du 
Brésil.? 

m m l I li n «II. I I I ^ ■ w ■■ I I I ■ I ' ■ 

(i) ToDS les Sajous ayant une petite voix flutée, semblent plaintifs 
cl toujours pleureurs. 



' s I N 379 

iS5. CallUriche h masque, Calliûirix personruOusj Geoffr. « 

— du Brésil ? 

66. Douroucouli , Aoius Irhirgata , Hamboldt ; Singe de 
nait : -^ des bords de TOrénoqae. 

§§§§. Queue non prenante , touffue comme au:i renards* 
Les Sakis. a. barbus, . . 

67. Couxio d'Homboldt, C«^ 5a/aii/i5, HoOTmannsegg ;. 
le Saki noir : — des bor% de l'Orénoque. 

68. Le capucin de TOrénoquei Piiheçîa chiropotesy GreofF, 
el de Humboldt : — des bords dis l'Orénoque. 

B. sans barbe , çueue moins longue que le corps. 

69. Yarqué , de Buffon , Sim, pithecîa , L. , et Schreb. ;' 
Pithecîa leucocephala , Geoffr. : — de la Guyane : le 
'HloïTit ^Pithecia rhonachusy Geoffr., var.i — du Brésil j 

70. Saki à ventre roux : Singe de nuit, de Buffon , Plihecia 
TufiçentHs^ Geoffr. V. pi. P. i3 : — de la Guyane. 

71. MiriquQuina de Azara « PiÛiecia miriquouina , de 
Geoffr. : — du Paraguay. 

72. Cacajao , de Huniboidt , Plth. melanocephala^Geottc, i 

— de rOrénoque. 

Genre X.« Ouistiti , Hapale , d'Illiger ; ^Arctopithecus ,' 
Geoffr. Angle facial de 60 deg. environ ; occiput proé- 
minent ; museau court; tôte ronde; osnyoïde non sail- 
lant ; cinq molaires à chaque côté des mâchoires supé- 
rieure et inférieure ; queue à poil ras , plus longue que 
le corps; ongles pointus , excepté aux pouces; les pouces 
des mains non opposables aux doigts. 

g. Incisives inégales , «cylindriques ; front déprimé* Les 
Ouistitis. 

Espèce^. 73. L'Ouistiti on le Titi du Paraguay , ^/m. jac- 
chus , Linn. : — - d'Amérique méridionale. 

74. Le Pinceau, Jacchus pemcillaius, -Geoffr. : — du BréliU ' 

75. Ouistiti à tête blanche , Jacchus ieucocephalus , Geoff. : 
-— idem. 

.76. L'Oreillard , Jacchus auritus ^ Geoffr. :-^ du BrésiL 

77. Le Can)ail , Jacchus humeraUfet^ Geoffr. : -^ idem, 

78. Le Mélanure , Jacchus mdanurus , Geoffr. : — idem» 

§§. Incisives égales, en bec de flûte. Xes Ta3^a.rins. 

79. Le'^Pincke , &im. adipus ; Titi de Carthagèpe , de 
Humboldt : — de la Guyane. 

80. Marikina , Sim.rosalta^ L. ; une variété de la Guyane ; 
une autre du Brésil. 

81. Tamarin, Sim. n^Au, h.\Midasnifimafius , G.eoffn : 
-^ de Guyane. 



•8o S I N 

Yar. du Brésil , Sîm^ ursula, Hoflmannsegg» 
8a. Tamarin nègre , de BuCfon : Midas ursuius , Geoiïir. : 

~ du Paraguay. 
63. Tamarin ieoncito , de Humboldt , l^ïidas leomnus , 
Geoffr. : — de la pente orientale des Andes. • 

84. Tamarin labié , Midas labiatus^ (ieoffr. : — du Brésil? 

85. Le Mico ^ SinUa argentaia , L. : -• des bords de T A- 
mazone. 

Quoique ce catalogue ce singes paroisse déjà considéra- 
ble , il est certain que la nature en produit un bien plus grand 
nombre ; à peine connoissons - nous le quart de ceux que 
renferment les immenses forêts elles solitudes américaines; 
tout rintérieur dé^' Afrique , où pullulent ces quadrumanes , 
nous est encore ignoré , ainsi que* les inontagnes sauvages 
*des îles Moluques et de la Sonde d^où nous viennent de si 
curieuses espèces. 

Histoires remarquables de plusieurs espèces de Singes, Description 
particulière de leurs mœurs. 

On trouve 9 dans la Description de l* Afrique , par Dapper, 
que le Barris {Simia troglodytes , Linn. ) , espèce d'orang- 
outang , marche sur deux pieds comme Thomme , a beau- 
coup plus de g^vité et d'intelligence que tous les autres sin- 
ges , et qu'il est fort galant auprès fies dames. Gassendi , dans 
a P'ie de Peyrescy ajoute qu'il a naturellement un grand sens, 
et qu'il suffit de lui enseigner une fois quelque chose que ce 
soit pour qu'il l'apprenne. Lorsqu'on l'habille , il se tient 
droit tout comme un homme ; on lui montre aisément à jouer 
de la flûte , de la guitare et d'autres instrumens. Sa femelle 
a , comme les femmes , un écoulement menstruel. Selon 
Bontius , l'orang - outang *de Java (simia satyrus ^ Linn.) 
marche aussi debout, et la femelle a beaucoup de pudeur, 
contre l'ordinaire des autres singes ; car lorsqu'elle voit des 
étrangers , elle se couvre de sa main , comme une autre 
Vénus pudique ; elle pleure , elle gémit, et exprime toutes 
les habitudes de notre espèce avec tant de vérité, qu'on di" 
roit qu'il ne lui manque que la parole. Ailamand produit une 
lettre d'un chirurgien de Batavia, qui dit avoir vu un couple 
de ces singes. Hsdevenoient tous deux fort honteux lorsqu'on 
les regardoit trop curieusement : alors, dit -il , la femelle se 
jeloit dans les bras du mâle et se cachoit le visage dans son 
sein , ce qui faisoit un spectacle véritablement touchant. Ils 
sont de grandeur humaine, ne parlent point, mais jettent des 
cris ; ils ne vivent que de fruits , d'herbages, de racines , et se 
tiennent sur des arbres dans des bojyreUrés. Le nom d'hommes. 



i; 



s I N aSi 

sauvages qu^on letir^onne , leur vient , ajoute-t-il encore , du 
rapport qu'ils ont extérieurement avec rhomine , sqitout dans 
leurs mouvemens et dans une façon de.'penser, qui leur est 
sûrement particulière , et qu^on ne remarque poinf dans les 
autres animaux ; car celle-ci est toute difTérente de cet ins* 
tinct plus ou moins dévefoppé qu'on voit dans les animaux 
en général.^ 

La femelle d^orang-outang âeHornéo (simiasatyrus^ Linn.)»' 
dont Vosmaëra donné l'histoire, en 1778, éfoit de si boa 
naturel , dit ce naturaliste , qu'on ne lui vit jamais montrer 
dÊ méchanceté ; son air a voit quelque chose de triste : elle 
aimoit là compagnie , sans distinclion de sexe , préférant 
seulement ceux qui la soignoient journellement et lui faisoient 
du bien : souvent, lorsqu'ils se retiroienl, elle se jetoit k 
terre , comme désespérée, poussant des cris lamentables , et 
déchirant tout le linge qu'elle pouvoit attraper dès qu'elle s8 
voyoit seule Son garde ayant quelquefois la coutume de s*^s*' 
seoir auprès d'elle à terre , elleprenoit d'autres foisdufoin, 
l'arrangeoit à son côté , et sembloit , par toutes ses démons- 
trations, l'inviter à s'asseoir auprès d'elle. Sa force étoit ex- 
traordinaire ; elle mangeoit sans gloutonnerie presque de 
tout ce qu'on lui présentoit , ne paroissoit pas aimer la chair 
crue ; mais elle aimoitsurtout lés plantes aromatiques , com- 
me le periil. Elle ne chassoit point aux insectes , dont les 
autres espèces de singes sont sî avides ; le rôti et le poisson 
étoient ses mel^favoris , et elle savôit fort bien se servir de 
cuiller et de fourchette. Quand on lui donnoit des fraises sur 
une assiette , c'étoitun plaisir de voir comme elle les piquoit 
une à une et les portoit à sa bouche avec la fourchette , tandis 
qu'elle tenoit Tassietle de l'autre main. Sa boisson ordinaire 
étoit de l'eau; mais elle buvoit très-volontiers toutes sortes 
de vins. Lui donnoit-on une bouteille , elle en tiroit le bou- 
chon avec la main, et buvoit très - bien dans un v€rre ; cela 
fait , elle s'essuyoit les lèvres comme une personne. Après 
avoir mangé, si on lui donnoit un cure-dent, elle s'enservoit 
au même usage que nous. Elle savoit tirer fort adroitement 
du pain et autre chose des poches. Lorsqu'elle étoit sur le 
vaisseau qui Tamenaen Europe , elle couroit librement parmi 
l'équipage , jouoitavec les matelots, et alloit chercher comme 
eux sa portion de vivres à la cuisine. A Tapproche de la nuit, 
cet animal alloit se coucher , arrangeoit le loin de sa litière , 
le secouoit bien , en formoit un tas pour son chevet , se cou- 
choit sur le côté, et se cou vroit bien chaudement, car4l étoit 
fort frileux. Plusieurs fois^ayanl préparé sa couche à Tordi- 
naire , il^prit un lambeau dejinge , l' étendit fort proprement 
«ur le plancher^ mit du foin au milieu , et , relevant les quatre 



aSs S I N 

coins 9 porta ce paquet avec beaucoup Vadresse sur son lîf 
pour lui servir d'oreiller, et tira ensuite la couverture sur 
^on corgs. Une fois , voyant ouvrir avec la clef le cadenas de 
sa chaîne , il saisit un brin de bois , le fourra dans la ser- 
rure , le tournant et retournant en tous sens , et regardant si 
le cadenas ne s'ouvroit pas. On Ta vu essayer d'arracher de» 
crampons avec un gros clou, dont il se servoit comme d'un 
levier. Lorsqu'il avoit uriné sur le plancher, il Tessuyoit pro-? 
premcnt avec un chiffon. Il savoit aussi nettoyer les bottes , 
déboucler les souliers avec autant d'adresse qu'un dômes— 
tique , et dénouoit fort bien les nœuds, quelque serrés qu'ils 
fussent. Avec un bâton , dont il s'escrimoit Fort bien , on 
avoit peine à lui ôter ce qu'il tenoit. Jamais il ne poussoitde 
cri y si ce n'est lorsqu'il se trouvoit seul , et ce cri ressembloît 
^'abord à celui d'un chien qui hurlç ; ensuite il devenoit très^ 
rude , comme le bruit d'une grosse scie. Cet animal grimpoît 
avec une agilité merveilleuse. Au reste, ses mouvemens 
étoîent assez lents , et il paroissoit mélancolique. Cette fe^r 
xnelle s'amusoit avec une couverture qui lui servoit de lit , et 
souvent elle s'occupoit à la déchirer : elle se tenoit or4inai-f 
reraent accroupie. 

Fr. Léguât rapporte , dans ses Voyages , qu'il a vu à Java 
nne femelle (i) de singe fort extraordinaire , qui cachoit son 
sexe de sa main , faisoit tous les jours son lit proprement , 
s'y couchoit la tête sur un oreiller , et se couvroit d'une 
couverture. Quand elle avoit mal à la têt# elle se serroi^ 
d'un mouchoir, et c'étoit un p isir de la voir ainsi cou- 
chée dans son lit. Selon Henri Grose , il se trouve de ces 
animaux vers le nord de Çoromandel , dans les forêts du 
domaine du Raïa de Çarnate. Lorsqu'ils sont en captivité , 
ils en deviennent mélancoliques. Ils font avec soin leur lit, 
et sont si modestes et si remplis de pudeur, qu'ils cachent 
leurs parties lorsqu'on les regarde. Lorsque la femelle mou- 
rut , le mâle donna toutes sortes de signes de douleur , et 
prit tellement à cœur la perte de sa compagne , qu'il se laissa 
niourir de faim et de chagrin. 

L'orang-outang dont fait mention Tulpîus ( simia salyrus , 
Linn. ) , marchoit souvent debout , même en portant des 
fardeaux très- lourds. Lorsqu'il buvoil , il saisissoit fort bien 
l'anse du vase , tenant le fond de l'antre main , puis s'es- 



(i) La plupart des voyageurs parlent plus souvent dé femelles que 
de mâles de cette espèce, de sorte qu*on pourroit penser que le nom- 
bre en est plus considérable que celui des mâles ; il se trouve aussi 
p|u6 àt femmes que d'horomes dax» les pay» chaude» 



s I N a83 

*ayoU ppopremeni te$ Uvres. Il mentroit la même adresse 
pour se coucher , et savoit se faire un cbevet, se couvrir, etc, 
Celui que noMrrissoit Tillustre Buiïon avait , dit-il , « un air 
X' assez triste ; sa déiparcbe éioit grave , ses mouvemens me- 
« sures , son naturel doux et très>dif£ercnt de celui des autres 
u singes ; il n^avoit ni Timpalience du inagot , ni la méchan- 
fï ceté du babouin , ni Textravagance des guenons.... J'ai vu 
« cet animal présenter sa main pour reconduire les gens qui 
« venoi^nt le visiter, se promener gravement avec eux et 
K comme 4e compagnie ; je Tai vu s'asseoir k table , déployer 
« $a serviette , s'en essuyer les lèvres, se servir de la cuiller 
u et de la fourchette pour porter à sa bouche , verser lui- 
p nçiâii^e sa boisson daj9s un verre , le choquer lorsqu'il y 
« étoit invité ; aller prendre une fasse et une soucoupe , 
« l'apporter ?qr la table , y mettre du sucre , y verser le 
•c thé , Le laisser refroidir pour le boire, et tout cela sans 
rc autre i^tigation que les signes ou la parole de son maître ^ 
K et souvent de lui-même, il ne faisoit de mai k personne ^ 
«f s'approchoit même avec circonspection , et se présentoit 
f( comme pour demander des caVesses. Il aimok prodigieu- 
<r sèment les bonbons ; tout le monde lui en donnoit etc. >? 
£ Hist. nq^r. (tu Orangs-outangs , tome 35 , édit. de Son-^ 
Hini.) 

Les or^^ngfi-outapgr d'Afrique sont des chimpanzés ou bar^ 
ns ( simia trqglo^Us^ Linn. ). Voici ce qu'en dit Grandpré , 
officier de la marinie fran^çaise , dans son Voyagé à la c6ie 
QC£ideniale^ Afrique , tom. i , pag. a6 , sq. On rencontre k 
\9l côte d'Angola le kimpezey : c'est le nom congo du singe 
trogipàyU, c( L'intelligence de cet animal est vraiment extraor^ 
dinair^ ; il marché ordinairement debout , appuyé sur une 
brancl^ dVbre en guise de bâton. Les nègres le redoutent, 
let ce n'est pas sans raison ; car il les m^ltraite durement 
qu^od il les rencontre. Ils disent que s'il ne parle pas , c'est 
p2»r paresse ; ils pensent qu'it craint , en se faisant connottre 
ppar honimis , d'être obligé de travailler, mais qu'il pourroit 
Vun et l'autre s'il le vouloit. Ce préjugé est si fort enraciné 
^hez eux , qu'ils lui parlent lorsqu'ils le rencontrent. 

«..,. J'ai vu une femelle sur un vaisseau en traite ; clic 
tftoit sujette aux mêmes incommodités , accompagnées des 
ipêmes caractères et des mêmes circonstances que chez les 
Céniirfies..,. li seroit trop long de citer toutesJes preuves que 
cet. animal a données de son intelligence ; je n'ai recueilli 
que les plus frappantes. 

« Il av4^it appris à chauffer le four ; il veilloît attentive- 
ment à ce qu'il n'échappât aucun charbon qui pût incendier 
Ip vaisseau ^ jugebit parfaitement quapd le four étoit sufû* 



as; SI N^ 

eamment chaud , et ne manquoit jamais d'avertir k propos 
le boulanger , qui , de son côté j sûr de la sagacité de i'ani* 
mal , sVn reposoit sur lui , et se hâtoit d'apporter sa pâte 
aussitôt que le singe vehoit le chercher , sans que ce dernier 
Tait jamais induit en erreur. 

« Lorsqu'^on viioit an cabestan , il se mettoit de loi-même 
h tenir dessous , et choquoit à propos avec plus d'adresse 
qu'un matelot. 

•» Lorsqu'on envergua les voiles pour le départ , il monta 
sans y être cxcilé sur les vergues avec les matelots ^ qui lé 
traitoient comme un des leurs ; il se seroit chargé de l'cm- 
poiuture (partie l^ plus difficile et la plus périlleuse ) , si le 
matelot désigné pour ce service n'avôit insisté pour lie pas 
lui céder la place. '^ 

tf II amarra les rabands aussi bien qu^aucun mateloi ; et 
voyant engager Textrémilé de ce cordage pour Tempêcher de 
. pendre , il en fit aussitôt autant k ceux dont il étoit chargé. 
Sa main se trouvant prise et serrée fortement entre la relin- 
gue et la vergue ,- il la dégagea sans crier, sans grimaces ni 
contorsions V et lorsque le travail fut fini, les matelots se re- 
tirant, il déploya la supériorité qu'il avoit sur eux en agilité , 
leur passa sur le corps à tous , et descendit en un clin 
d'œil.^ 

« Cet animal mourut dans la traversée , victime de la bru- 
talité du second capitaine , qui l'avoit injustement et dure- 
ment maltraité. Cet intéressant animal subit la violence 
qu'on exerçoît contre lui avec une douceur et une résigna- 
tion attendrissantes , tendant les mains d'un air suppliant 
pour obtenir qu'on cessât les coups dont on le frappoit. De-* 
puis ce moment, il refusa constamment de manger , €t mou- 
rut de faim et de douleur le cinquième jour , regretté comme 
un homme auroit pu l'être. » 

Purchass rapporte, d'après Battel , que le pongo ( qui est 
le même animal ) ressemble à l'homme dans toutes ses pro- 
portions , mais qu'il est grand comme unj^cant , marche tou- 
jours debout, dort sur les arbres, se construit une hutte pour 
s'abriter de la pluie et se garantir du soleil , vit de fruits , et 
refuse la chair. Quand les nègres font du feu dans les boi^ 9 
ces pongos viennent s'asseoir autour eUse chauffer ; maisi^ 
dit qu'ils n'ont pas assez d'esprit pour entretenir le feu en y 
jetant du bois. 11 assure qu'ils out cependant plus d'entende- 
ment que les autres animaux , bien qu ils ne parlent pas , 
qu'ils vont de compagnie , attaquent et tuent même les ne* 
f^res dans les lieux écartés ^ chassent les él^phans en les frap- 
pant à coups de bâton. Ces pongos sont si forts, que dix hom- 
mes ne âuffirolcnt pas pour venir à bout d'uta seul. On ne peirt 



s I N a85 

attraper qae les jeunes ; la mère les porte en marchant de-^ 
bout; ils se tiennent cramponnés à son cou. Cet auteurajoûte 
que lorsqu^un pongo meurt , les autres couvrent son corps de 
branches et de feuilles. Un de ces animaux a voit enlevé à 
Battel un petit nègre qui passa un an entier dans la société de 
ces singes ; à son retour, ce petit nègre raconta qu'ils ne lui 
avoient point fait de mal. Selon Schouten , leurs femelles 
ont deux grosses mamelles. Tous sont robustes, hardis^ 
agiles y ne craignent point les hommes les mieux armés , se 
défendent vigoureusement à coups de pierre et de bâton. Ils 
sont si passionnés pour les femmes , quUl n'y a point de sû- 
reté pour elles à passer dans les bois , où elles sont violées 
par ces singes. Ils tâchent même de surprendre des négresses, 
et les gardent pour en jouir : ils enlèvent surtout , au rapport 
de Froger , de Dampier, etc., les petites filles de neuf ou dix 
an#, et les emportent jusqu'au-dessus des arbres, dans leurs 
grands bras ; on ne parvient à les leur ôter qu'avec les plus 
grandes peines. Au reste , ib lie leur font aucun mal , les 
nourrissent fort bien , et ]3elaborde a connu k Loango une 
négresse que ces animaux avoient gardée pendant trois ans. 
L'orang-outang, dit Labrosse, a l'instinct de s'asseoir à 
table comme tes hommes , mange de tout sans distinction , 
boit du vin 4ld'aftitres liqueurs. L'un d'eux^ qui étoit dans un 
vaisseau , se faisoit ent^dre des mousses , lorsqu'il avoit be- 
soin de quelque chose ; et lorsque ces enfans lui refusoient 
ce qu'il demandoit^ il se metfoit en colère , leur s^isissoit les 
bras , les mordoit , les abattoit sous lui. Un mâle fut ma- 
lade en rade ; il se faisoit soigner comme une personne : il 
fut même saigné àedk fois au bras droit. Toutes les fois qu'il 
se trouva incommodé , il n^ontroit son bras pour qu'on le 
saignât^ parce qu^il se rappeloit que cela lui avoit fait du- 
bien. 

Schouten dit ailleurs que ces animaux, quoique pris au 
lacet, ^'apprivoisent bieQ , et anA|ennent à faire certains 
ouvrages , et même le ménage , cTOime rincer des verres , 
balayer la chambre , tourner la broche , donner à boire , 
etc. Selon le témoigyge de François Pyrard , les barris àc 
Sier/a-Leona , qui sont gros et membrus , ont tant d'indus- 
trie , que si on les instruit de jeunesse , ils servent comme 
un domestique , pilent ce qu'on leur donne à piler dans des 
mortiers , vont quérir l'eau à la fontaine dans de petites cru- 
ches , qu'ils portent toutes pleines sur leur tête ; arrivés à 
la porte d^ la maison , si on ne les décharge pas de ces cru- 
ches, ils les laissent tomber, et les voyant versées , rompues, 
ib se mettent à pleurer efà crier comme les enfans. Suivant 
Fouché-d't)bionvilie , les orangs sont peu méchans , et par* 



a88 S î N 

TÎeniieût assez promptement à comprendre ce qu'oii Icuf 
commande. Leur caractère ne peut se plier à la servitude \ 
ils y conservent toujours un fioads d^ennui et de mélancolie 
pr<m>nde , qui , dégénérant en une espèce de consomption 
ou de marasme , doit bientôt terminer leurs jours. AUaniand 
rapporte aussi que cet animal est très-fort , et le maître â 
qui appartenoit un ourang-outang , étoit un assez gros hom- 
me ; cependant y od a vu ce singe le prendre par le milied 
du corps 9 relever de terre avec facilité , et le jeter à trois 
l^s de distance. Un jour il empoigna i^n soldat , et Pauroit 
emporté au haut d'un arbre , si son mattre ne Teùt pas cm- 
l^ché. Il étoit fort ardent pour les femmes ; et quoiqu'il fût 
à Surinam depuis une vingtaine d'années , il grandissoît 
encore , et avoit bien cinq pieds et demi de hauteur. 

Les orangs-outangs troglodytes sont moins nombreux et B^ns 
rares que les autres singes : ils paroissent avoir été connns' 
des anciens ; au moins le périple de Hannon ^ amiral cartba* 
gioois , qui fit un voyiage sur les côtes d'Afrique trois tén^ 
trente-six ans avant l'ère vulgaire , parle de ces animaux qu'il 
rencontra dans une île de la côte occidentale d'Afrique. <* If 
<c y avoit beaucoup plus de femelles que de mâles , tous éga- 
« lement velus sur toutes les parties du corps. ]^s interprè- 
^ tes nous les nommoient des gorilles, En les pl>^rsui^ant , 
« nous ne pûmes parvenir à prendi*e un seul mâle ; tous s'ë- 
« chappoient avec une extrême yitesse , parmi les précipices^ 
«c et jetoient des pierres ; niais nous jfi'mes capture de troi^ 
«femelles, qui se défendoient avec tant de violence , en 
a mordant et en déchirant ceux qui lés amenoient » qu'ont 
<t fut otligé de les tuer ; nous les écorchsmnes et rapportâmesr 
« à Garthage leurs peaux eriapaillées. » ( Hùnnams peripius , 
HagûB Comit. 1674 , p. 77, trad. de Van Berkel ). Elles furent 
depuis déposées dans le temple de Junon , et conservées 
avec tant de soin^ que deux siècles après, les Romains 
les trouvèrent, quand iàs .détruisirent cette fameu#ville. 
Ce sont ces animaux , ei les pithkfues , qui ont donné lieu, 
chez les anciei^K à la croyance des satyres , des dieux 5^/- ' 
vftinsj àes faunes^ des égipans^ des ^resj des pans^ àesi 
silènes , des onocentaures et aiAres rêveries des poè'tes. ÀTissr 
les Egyptiens, desquels venoit te cuite d^s divinités cham- 
pêtres , adoroient des singes eynocépliales et àts cercopithèques^. 
Juvénal , qui avoit voyagé en Egypte , dit : 

£rfjgies sacri nitetaurea cercopitheci , 

Ditiiidio inagirse résonant ubi Memnonc chordse, 

Atque vêlas Thcbé cenium jaij^t obruta portis. 

On trouve même dans Saint-Jérôme an dialog»ie entre m 



s I N stif 

éfmlit ie la Tfaébaïde et un safy^re ; et le prophète îsa'fê falé 
mVaiicMi des onoctniaures qal vieadront danser en rond parkni 
les ruines de la grande Babylone. Mo'ùe avoît aotrefois dé- 
feada anx Hébreux d'imiter ces Egyptiennes qui , par motif 
de dévotion , s'abandontioient à la lasciveté de ces prétendus 
dieux champêtres. ( Lèntique , c. 17, vers, 7. ) 

Les gibbons» qui ont de si longs bras que leurs msnns 
touchent à terre lorsque ranimai se tient debout j s'en ser- 
vent comme de balanciers ^ pour se maintenir en équilibre 
au haut des plus grandes tiges de bambous. Selon le Père 
Lecofitite, ils marchent légèrement et fort vite , toujours sur 
les deux pieds : leur naturel est très-doux ; et pour montrci' 
leur affection aux personnes qu'ils connoiçsent , ils les em- 
brassent ,*les balisent avec des transports singuliers; d'ail- 
leurs T ils sont adroits 9 dociles , et lorsqu'on les impatiente ^ 
ils trépignent des pieds , et expriment fort bien leurs pas^, 
sions et leurs appétits. ( Ce sont les simia tarât Lionaeus.) 

Marmol , Léon TAfricain et Kolbe nous disent que les 
pilfaèques {simia syli^anus^ Linn.) ont beaucoup d'esprit et 
de malicQ ; qu'ils vivent de fruits de toute sorte , et vont en 
troupes les dérober daps les jardins ou dans les champs 9 
mais, avant de se mettre en campagne , un de la bande monttf 
sur uHe éminence pour découvrir de loin l'ennemi ; et quand 
il ne vorit paroître personne , il fait signe aux antres par un 
tri. Tant qu'ils maraudent , la senlineile est au guet ; mais 
sitôt qu'elle aperçoit quelqu'un , elle jette de grands cris ; 
alors la troupe , sautant d'arbre en arbre , se sauve toute 
dans les montagnes. Les femelles portent sur leur dos quatre 
ou cinq petits, et ne laissent pas de faire avec cela de 
grands sauts de branche en branche. Quoiqu'ils soient bien 
fins y on en attrape par diverses inventions ; qua^l ils de- 
viennent farouches , ils mordent ; mais pour peu qu'on ks 
flatte , ils s'apprivoisent aisément. Au neste , ces bètes fonc 
grand tort aux fruits et au mil ; car ils en cueillent , en gâ- 
tent , et en perdent beaucoup plus qu'ils n'en mangent , ou 
en emportent , avant ou après la maturité. Ceux qu'on rend 
domestiques font, ajoute Marmol , des choses incroyables ^ 
imitant l'homme en tout ce qu'ils lui voient faire. Suivant 
M. Desfontaines , les mœurs du pilhèque , simia syloanus et 
sim, piihtcus , Linn. , sont douces , sociales ; son caractère 
devient familier; il marche à quatre pattes et se tient rare-' 
Inent debout ,^ suit le monde comme un dUien, est naturelle* 
tnent craintif, et dislingue fort bien ceux qui lui veulent du 
mal, mais caresse ceux qui lui font du bien, et aime la 
compagnie ; quoique très-4ubriqtfe , il ne paroît pas produire 
dans l'état de captivité ; la femelle ne fait qu'un petit , qiù 



f ■ 

.»88 S I N 

monte sur le cou ie sa mère , le serre étroitement de ses 
petits bras , presque aussitôt qu'il est né ; la femelle €e 
transporte ainsi partout. Les Arabes prennent beaucoup de 
soin pour écarter ces maraudeurs de leurs jardins; mais 
ceux-ci ont toujours des vedettes qui annoncent à la bande 
rapproche de Tennemi. Les anciens connoissoîent ce singe , 
et il paroît que c'est celui dont Galien a donné Tanatomie 
pour celle de Thomme : car il est rtai^ifeste , d'après ses des* 
criptions , qu'il n'a point connu les vrais orangs. 

Cependant le magot ordinaire , qui est la même espèce , 
est une bote maussade et grimacière , qui est aus^i laide que 
méchante, et qui grince les dents , en marmottant, lorsqu'on 
la fâche. Quand un magot jette des cris de douleur , toute 
la bande accourt pour lui prêter assistance. Cetaflimal est, 
au reste , assez familier , et peut apprendre beaucoup de* 
choses. Robert Lade , qui les vit en abondance en Afrique 9 
dit qu'il ne peut représenter toutes les souplesses de ces ani- 
maux qu'il poursuivoit ; avec combien d'impudence et de 
légèreté ils revenoient sur leurs pas après avoir fui. Quel- 
quefois ils se laissoient approcher de si près , que s'arrêtant 
vis-à-vis d'eux pour prendre ses mesures, l'auteur se croyoit 
presque certain, de les saisir ; mais d'un saut ils s'élançoient 
à plus de dix pas , et grimpoient avec agilité sur un A*bre. 
Ils demeuroient ensuite tranquilles à le regarder , comme 
s'ils eussent pris plaisir à considérer son étonnement. Une 
personne s'étant avisée de coucher en joue un fort gros 
magot, monté au sommet d^m arbre , après s'être long- 
temps fatiguée à le poursuivre « cette espèce de naenaœ , 
dont il se souvenoit peut-être d'avoir vu l'effet sur ses cama- 
rades , l'effraya tellement , qu'il tomba presque immobile à 
terre , etClans l'étourdissement de sa chute , on n'eut au- 
cune peine, à le saisir ; ^mais ayant repris ses sens , il fallut 
se servir de toutes tories de moyens pour le conserver, 
en lui liant les pattes et là gueule , car il se défendoit avec 
beaucotip de fureur. • 

Le pâpion ou babouin ( simia sphynx^ Lînn. ) est robuste, 
agile, mais très-méchant; il grince continuellement des 
dents, se débat avec colère, et sa laseiveté est inexprimable, 
de sorte que dans son pays les femmes n'osent point sortir , 
de peur d'en être insultées ; il aime passionnément les fruits, 
les raisins , et tout ce qui croît dans les jardins* Lorsque ces 
sièges veulent piller quelque verger, ou une vigne, ils font 
cette expédition en troupe ; une partie enlise dans l'enclos ,« 
dit Kolben , l'autre partie reste, sur la cloison, en, sentinelle, 
four avertir de l'approche du danger; le reste de la bande, 
placé au-dehor6 du jardin j à une distance médiocre ies^ «ns 



s I N ^i^ 

àes aatres , forme une ligne depuis le lieu du pillage jusqu'à 
leur retraite. Les premiers jettent les fruits à ceux qui sont 
sur la muraille ou la cloison , à mesure qu'ils les cueillent ; 
ceux-ci les passent aux autres , et ainsi tout du long de la 
ligne , qui s'étend jusqu'à quelque montagne. Ils sont si 
adroits, et ont la vue si prompte , la main si subtile , qu'ils 
laissent rarement tomber à terre un seul de ces fruits en se les 
jetant les uns y autres. Tout cela se fait dans le plus grand 
silence et promptement. Au moindre cri de la sentinelle, 
toute la troupe détale avec une vitesse étonnante. Suivant 
Sparmann , les babouins sont difficiles à tuer , et forcent 
même quelquefois les tigres k les lâcher; ils défendent chère- 
ment leur vie contre les chiens. Lorsqu'on les blesse , ils se 
crient point. Thunberg assure qu'ils vivent long-temps , sont 
extrêmement alertes; lorsqu'un chien les poursuit, ils le 
saisissent par les pattes de derrière , et le font tourner avec 
tant de roideur , que la pauvre béte en est tout étourdie ,' 

Îuis le déchirent cruellement avec leurs grifies et leurs dents, 
«es babouins mangent aussi les insectes , les scarabées , 
prennent adroitement les mouches en volant , aiment boire 
de Teau-de-vie et même s^enivrer, Edwards rapporte qu^ua 
homme qui étpit allé , avec une jeune^ fille, voir un babouin ^ 
ayant enibrassé cette fille devant lui pour exciter sa jalousie ,' 
cette béte devînt si furieuse , qu'elle empoigna un pot d'étain 
qui se trouvott là , le lança à la tête de l'homme, et lui fit une 
grande blessure. Cependant lorsqu'on prend le babouin de 
îenne âge , on peut s'en servir comme d^un chien de garde; 
Le mandrill, selon Smith , sait pleurer et gémir comme les 
hommes , lorsqu'on le frappe ; il est d'ailleurs fort ardent 
pour les femmes ; quand on le tourmente , il crie comme ua 
enfant; c*est un animal fort dégoûtant, qui a toujours le nez 
morveux » et se platt à le lécher continuellement. Le choras , 
autre babouin , est plus nropre , nettoie sa hutte , n'y laisse 
aucun excrément , et se lave même souvent le visage et les 
inains avec sa salive ; la femelle sent le musc ; elle montre 
une ardeur impudique pour les hommes. 

Les antres singes , dit le Père Vincent Marie , ont tant de 
respect pour l'ouanderou , qu'ils s'humilient en sa* présence , 
comme s'ils reconnoissoient en lui quelque supériorité ; les 
princes et les grands estiment beaucoup ces singes à bart)e, 
qui paroissent avoir plus de gftivité et d'intelligence que les . 
autres ; on les édnque pour des cérémonies et àes jeux, et 
ils s'en acquittent si parfaitement , que c'est une chose ad- 
mirable. Ils en veulent principalement aux femmes, dit un 
autre voyageur , et après leur avoir fait cent outrages , ils 
finissent parles étrangleic* Quelquefois ils viennent jusqu'aux 

XXXI, 19 



9^ S I N 

maisomi; tmw les Mac^siMf t qw s^n^ tr^fl'^jatoi}! de leum 
feminiçs, n'opt ga^de d^ pe^oettre l'^iUi^ d^ leurs «éraîla à 
de si méçhaqs gaUns; iU les chM^ent k coups de hâtoou 
^D«scr. (^ Mflcaçar^ p, &p.,> Çf sqqI^ loa timia vJ*mi$ de 
jt«mQ$eas« 

Bosman raconte que les macaques (^sbma cynamolgus, 
linn.) sont assez dowcei dociles» auùa, ai» reste, iqaipro-* 

Sres , exlrâmement laids, et Ums grimacesgwut^ affreuses ; 
a vont par l^andes pour piUer des froita; il^renpeot daaa 
chaque patte uu ou deux pieds de mU , autant dans leur bour 
çhe^ autapt sous leurs hras.i et s'eu&ieQt ainsi chargés, em 
SJiiUtant coDtinaellemenS sur les pattes de demire. Quané 
QU les poursuit, ils jettent leurs tiges de mil , ne gardant qui» 
celui qui est entre leurs dents , pour fuir plus vite* Ces aui^ 
maui; examinent soigneusement les tiges qu'ils arraobeot» 
et si elles, ne leur pt^iisent pas , ils les roj^tent à ter^e pcms 
en arracher d'autres , et ainsi causent encore plusc de dégila 
^luUis ne volent de grains« Les femelles de cette espèce in-* 
ment lea hommes et en sont jalouses^ elles se jetteut apr^f 
les femmes pour les mprdre et les bafttue. 

Il y a d^ lipienoiis appelées /NUof ou d9ge$ nmgt9 ishm 
mira , Lifm« > en Afrique; elle^ sMAy èik Bruce , fort curieur 
•es ^ mais moins adroites, ^ue les autreseepèces ; ettes luea^ 
tient regarder tout ce que les hommes fout, ^aroissem ea 
causer entre elles , et se cèdeut la place pQiur obserfWP char» 
cune à leur tour. EUes sont toême si umiliàres, <|u'eUee 
jettent des branches auxpassans, pour les agacer. I«M9q«*«Q 
leur tire quelques coups de fiisU , «m .lesi voit tondher dans 
une étrai^ consternation ; les «mes pOHaseut des cm «ê^ 
freux , d'autre& amassent des pierrea. pour les^ laACer k lem^ 
enpemis ; quekiuesnmes sie vii^nt dans leurs: mnkia, et en^ 
voient, ce présent à la figure des spectateurs. Ces animaux 
pillent, en bandes, les vergers^ à la.manièfte desastsesaingeat 
etlorsquou les poursuit, les femellea , qui portent mira 
petits dans leurs bras, s^enfuient /aussi lestement que les 
autres, et sautent comme si elles n'aroient mea » au rappo0| 
de Lemaire. Les diverses espèces de sin^ qA sont fort 
nombreuses ^a Afriqpie', ne se mêiéint jamais entr» eUesi, et 
ojjt n'en trouve jamais de deuxsortea dans le méme^ caason. 
A Calécut , la superstUion défend , selon Pyrard> de 
tuer aucun singe , qu'on regaide ciomme des cjqfièces d'hom-^ 
mes sauvages ; aussi ils y sont en di grand nombre, si imp<^- 
tuns> qu'ils causent beaucoup de ^unmages» et que les ha-^ 
l^tans des villes etdes.campa£pes sont obtig^s de mettrez dea 
treillis à leurs fenéives 4 pour, empêcher ces bfttea incommA^ 
des d'cAU'c^ dans les maiisens ., et d y tomt saccager^ U& dé-. 



s I N ,5, 

VPjelie, eixri^i^t houp j boup 9 hpup d'une voix forte , à r^qçi| 
de rei^oiemi ; alors lu baade des l^rroos jçUe ce qq^elle iienj( 
de la m^iQ gauche , et fuit à^ trois pieds* Si ces apimaux; sojp$ 
serrés; 4^ près, ils jet^fenjl eçicore ce qu'ils ^mppr^oiei^ 4^ 
la imiq droite , et se sauvent de plus belle sur les arbres ; 
Ifîs fem^lçs chargées de leu^s petits , qui l^s, euabras$en| 
4^oiiçment , sablent aussi l^gèremen^ q^e les apures. £11<^ 
i^e pjco4ui^0t poin,t en captivUé , et ces ^ipges qe s'appri- 
xoisen^ jamais bien. Lorsque les C^uit^ l^of jonfï^me^y, ï\^ 
ipai^l^n^ des insectes , et vont atjirapei: 4^s. poisspns , 4^1 
crabes sur le bord de la m^r. Us m^ttcint leur qn^ue eqtrç 
le^ pinces du crabe , et dès qu'il serre , U^ 1q tir^q^ bru^qu.^* 
lisent de Teau 9 puis Técrasent eqtre de^x pierres pour le 
Q^pgeç à Taise. Ils savent fort bien aussi cassée la noix df 
^co j pour en manger Tamandei ei Ivoire le vin 4e p^^Un^ç 

Îui découle dans des cabochons. On les prend.i dit înigo, d^ 
[ierviJUas^ ai^ moyen des noix de coco , ^yujEqueiles 09 fait un 
P/çjUt t^ou ; ces singes y fourrent la patte avec peine , e;t def 
gen> ^TaûÙt viennent les pren4r^ auparavant qu'ils nçi soient 
q^agés* Ces animaux diétruisent la nichée des oiseau]^, et 
jJQ^e^ leurs oeufs à terre; mais H& 9^i 4es serpens pour en^ 
s^ufiis; car cçs reptiles les gueitent, Tont les cherc^ier ^g^ 
j^j^oif^t jusque sur les gcan,4^ ajr,bres,^^t épienjt U teippj^ 
qu'ils sont endormis. U y a 4^s s^rp^ns pro^gieuspqt^Qi^ 
grj^nds qui 2(y;alept un singe d'ope seule bouchée. Au reste » 
<Ç^ singes ^nt en possession des fpc^ts; car l^s lions 9 Ïqp 
tigrçs j n^ peuvent les aller chercher ai|-d^ssus des arbre$. 
J^^Qrsqu'iis veulent mao^r quelque çh^ose , il^ opt toujpu/s 
1^0 de la flairer ; et quand ils ont biep mangé , ils rçn^pU^- 
^pai, ppnr le Içpdemain, leurs poches opTeups abajpu^f^ 
m^t^ U^ proirin^e^ de rind,e, où vivent les tirâmes , et où îa 
xiqligion recommande de ne tu^r aucpn animal, parce qu'oie 
yr croit à la transfnjgraiioa 4!^^ ^fi^ » les voyageurs nou> 
^ent que les sipges y scipt encore plus respectés que i^ 
aptres bêtes ^ et qu'ils se ipuMipUent k TinfinL On les voit ea 
tx'oupes jpsque dap^ les villes ; ils çnt^ent daps les maisops 
4 tput moipentf y prepniçnt t^out libi;emi;nt, sans qu'on os^ 
|epr i^ire.le moindre p^al ; de sorte qpe ç^vçl q^\ vendepi 4içs 
fruits, d^s légumes, opt beaucoup de peipç à çpn^erver ieprs 
m,archandises ; tant qes 2|niaiaux abusepit dç la complaisance 
qu'on a pour eux. 

Tous Ijçs voyageurs, d'opcopc^mun ^cçq/^A , nous attestent 
encore des çbo^cs plu$. ^ipgpli^9$f II y :^9 4^P.s 1^ capital^ 
4p Guzarat^, dans Amadwad^, çt mé|p^aiU<^prs, dçshos*- 
pip^ (qp.4és paiç àfi pijçpx lndi^%^4 j(p»f j; JM»cw» y m-^ 



^ga s I N 

gnerdes singes invalides, boiteux, estropiés, et tons ceax 

Îui veulent s'y retirer et y vivre même sans être malades* 
Vautres fondations pieuses ordonnent dans quelques vîlle;^ 
de fournir deut fois la semaine du riz , des cannes à sucre , 
du mil j des fruits , aux singes du voisinage ; aussi ces ani- 
maux , accoutumés à cette généreuse distribution de vivres , 
accourent en troupes comme des mendians dans les rues » et 
montent d'eux-mêmes sur les terrasses des maisons , où ces 
provisions sont déposées ; et l'on assure que si ces singes ne 
trouvoient point leur ration accoutumée , ils s'en venge- 
roient en cassant et brisant les tuiles, les fenêtres , et fracas; 
tant tout ce qu'ils rencontreroient. {^Theoenot; Voyage , t. 3, 
p. ao ; GemelU Carreri, t. 5 , p. 16^; Voyage d Orient du Père 
PhîUppe , p. 3ia ; LabouHaye-Legouz , p. 253 ; Taçemier^ t. 3 , 
p. 64 , etc. Ces singes sont surtout les malbrouks , les bon- 
nets chinois et les talapoins {simia simca ^ Linn.; S.faunus 
et S, taiapoin , Linn. ). ^ 

Les callitriches sont fort silencieux et si légers dans leurs 

Sambades , qu W ne les entend point , selon Âdanson ; 
s ne paroissent pas effrayés du bruit du fusil, et se laissent 
quelquefois tirer plusieurs coups sans fuir. Ils ne jettent 
aucun cri lorsqu'on les tue , et la troupe se contente de 
grincer des dents , de se rassembler , de faire mine d'atta- 
quer ; mais, au reste, ils ne sont pas assez forts et courageux 
pour cela. Les moustaçs sont puans et farouches. La peau 
des guenons appelées talapoins sert, ea Guinée, à faire 
d'excellens bonnets , et leur fourrure vaut plus de ap francs. 
Les singes doues (5imia nemœusy Linn.) broutent souvent , 
comme les chèvres , des boutons d'arbrisseaux : il se forme 
aussi dans leurs intestins , des bézoards semblables à ceux 
des gazelles , et ils les lâchent quelquefois avec leurs excré- 
mens , lorsque la peur d'être pris les fait vider en s' enfuyant. 
Les guenons blancs-nez ( S. pdaurista , Linn.) sont extrême- 
ment douces et caressantes; elles aiment beaucoup badiner , 
mais se fâchent lorsqu'on se moque d'elles ; elles sont 
curieuses jçt fort légères; lorsqu'elles sont en repos, elles 
soutiennent leur tête de leur main , et semblent alors enfon- 
cées dans quelque profonde méditation. Avant démanger ce 
qu'on leur offre , elles le roulent dans leurs mains , comme 
un pâtissier qui roule sa pâte. Elles ont soin de tenir tou^ 
jours sèche et propre leur jolie barbe ; aussi Tessuient-elles 
très-souvent, et la peignent avec leurs doigts. 

On connoît , d'après les récits de Quinte- Curce et de 
Strabon , ce qui arriva aux troupes d'Alexandre-le- Grand ^ 
lorsqiie ce conquérant entra dabs les Indes. Les Macédo- 
niens marchoient toujours en bon ordre^ et ^assoient entre 



s I N ^9$ 

ies dëfitës où habitolenl beaucoup de singes ; Us campé- 
root dans cet endroit; et le lendemain matin , rannée se 
mutant en marche , aperçut , dans les montagnes, des 
troupes nombreuses et bien rangées par phalanges* Déjà les 
soldats j croyant voir l'ennemi , $e disposoient au combat , 
lorsque Taxiie , roi indien ^ rendu, à Alexandre , détrémpft 
Varmée en lui apprenant que ce n*étoient que des singes. 

Quoique le babouin soit excessivement lascif, cependant 
il ne permet pas que les hommes lui touchent les parties 
naturelles; alors, il les cache d^une main,, et de Vautre 
applique de bons soufflets aux curieux. Les femelles de ceHfe 
espèce en {ont autant à Tégard desfemmer; mais elles ont 
plus que de la complaisance pour, les hommes tentés de les 
examiner , car elles les 2|ttirent avec une impudence sans 
égale, et qu^on ne ren<^ontreroit pas dains les dernières de« 
prostituées. Les nègres n* ayant pas toujours .4ef s^rmes à 
feu, leur décochent des flèches dans le visage,, parc^ que 
les blessures quHis y reçoivent^ les forçant à y portier U 
main, ib tombent plus aisément des arbres. Qo assure que 
la troupe cherchant souvent.^ venger la.nu>rtdç $e$^ com- 
pagnons , poursuit les nègres jusque dans leurs c^^es , tue 
quelquefois ceux qu'elle peut atteindre, et en6n, fait toutes 
sortes de dommages aux maisons, découvrant les toits , bri- 
sant les meubles , jetant la vaisselle parila^fe^étrci etc. 

Lorsqu'une guenuche veut donner à téter k son petit , elle 
le prend tendrement entre ses bras , Tembrasse , lui présente 
sa mamelle , le porte et le choie , tout comme une femme 
fait pour son enfant. On cite des exemples de leurs sentinelles 
mises à mort , pour n'avoir pas bien tait le guet. Les singes 
quoique apprivoisés, sont dans les maisons^ d'un naturel 
moqueur, malin , rusé et fripon; leur curiosité et leur im- 
pudence égalent leur lubricité ,\dont Tesclavage ne peut 
éteindre Fardeur. Leurs armes naturelles çont des bâtons , 
des pierres, et même leurs excrémens , comme noiisl'avofts 
dit. Tels so'nt les sinsés de l'ancien continent. 

CeuxduKouv^s^u-Monde ne sont pas moins remarquables. 
Ainsi, les alouates, les ouarines^ [ettent des hurlemens si 
étranges, surtout. pendant la nuit, que ceux qui les enten* 
dent pour la première fob , croyént que les montagnes «ont 
s'écrouler. On entend de plus d'une grande lieue leur 
carillon lugubre., Si Ton en croit Marcgrave , les ouarines 
s'assemblent tous les jours ^ matin et soir , dans les bois ; 
l'un d'eux prend une place élevée , fait signe de la main aux 
autres de s^^asseoir et d'écouter. Il commence ensuite un 
discours à voix si haute et si précipitée , qu'à l'entendre de 
loin , on croiroit qu'ib burlent tous ensemble ; cependant 



igi S T N 

îb tfbsèrVlstitlesil^née. Lorsque ee DéitioMhène cesse, ilTaîlE 
^^ tftix<aafi^s tffe )|ét>ondre ; ^ Tingtâtit, touis harlent d'anë 
itianièrte ^(itMrlànrAile : d'an atifre signe , il les Tait taii^ et 
méprend sonreirain ; et après l'avoir écoulé bien attentive- 
xnent , I& séance de cet alnénée ^ ou de ce club sâilrage , est 
i^^, ©h pôtfrrtHt (Ci*oirc , diaprés iec récit au ikioînâ exagéré, 
que CCS è^è<iës de» téj^ùblieaiAs discutent teors a£&ire^ 
^litiqneâ; , et quSIs pi'eîhient lés voit de chacun , potit* aviser 
aék mojrens ^ gouverner leur état. Lorsque les sauvages lels 
'dttaqàedt â codps^dè flècbe , ces anîh^ailx rétirent le dard de 
la >plale iâVéc la main, la sondent du dôi^, mâchent des 
iplantesviihlëràireli qu'îb appliquent isur la blessure. Ces 
^Àînbink sôtit fai^otichés étindoihptable's : quoiqu'ils in^ soient 
^9s camassiei^ et féroces , ils fh^irent loéadniôiiiis de h 
aerakit^ï par lêfciir à?r dlmpudénV^è ; lca(r ik sont robtisties, 
li^rudi^ , el ée^é)âdiaht'sauVag^s. Leuf cbaiV k^ tendit ^ déli- 
cate , bôtfne à îhàngbr. Quoique maigre, Un âe ces animaux 
tmtSt ij^irt- iraisfsasier dh pérscmVies. X^és sînfges, dit Oex- 
mtelki , më s^libaMtôMietit jamais lorsq^'^oti tés attaque, lan- 
eent dés bi^tïcbés et Feurs exerl^mens aux chasseurs ; ils sau- 
'«etotd'tfrïbfrè'én aTbt*e avWc tant d)e presrésie, s^ài^sjatmàls tom- 
ber â ferre V ^itié la v'àe en ^est éblouie ; B» s'àcdroch%tat atfx 
'bYàndtéfsav^c letrr quetie ^î est prefianie , de telle sorte 
qu'en ;iës Tuâiit'Ttiême tbbt-1^-farît, ils r^slTcttl ainsi stispen- 
d>«s ^ ^t On'iie ^eât'^i^sqt^ pas fc!s atoîr. PldsifeOi^mourant 
"dé céffé Vn/anièine , demeurent dans lés afbiîes , y potitrissent 
¥1 y tombent ^par lambeaux ^uélqtres semaine» après. Les 
petits se értrttopdtin^t ri 'pîtH ^ H méte , qu'il fafu't tuer cellc- 
^èî «pdûr 'fes '-pouVoîr pi^nfdre ; car îb tie l'abaVidonàeint pafs 
tn^mé > h moi^l.'Si ces an^miiiix sTe trodveirt embarrassés 
-pdur p^iî^er'trn'rtti^se^n ou sfaùter d'tm arbre à l'àWti'e, fls 
^s^^ti^^ aident. B^aèipier assure )au'én passant dam les 'tei'rés 
dfe fa baie fte^CâmpêdWe-, ces smges sautôient àiu-de^stis de 
ftiî dâifs lés hHh^és , cîraquetôîetit des dents , ftfeoîént uu 
bruit d'enragé. Cte ^chttX\ ait-fl, les 'pitfs laids que fiîe vus dfe 
%te Vie ; 1b mibléth flJis 'grhnacés 8e la*otrchc et de* yeux , 
^^yéc mille ^pd^uféis ^gjrotfeiiqti^s ; ïcs nuis thé )etôie*lt ftés 
branébes sècbé's , d'autres ^is^oient et ïîlboîe'nt leur* otàm*é's 
*^n#moî: à l'â^fin/uft ^os VliiV^r une 'petïie btàtiAe aà- 
■déssus dem!a#te et 'sauta idtit di^oit contt'e thbi, ce^iine 
'^t reculer; mafis;]! se *prh'Ji'la*râncbe"par^qtlerfe et dè- 
?métirà là gtiiftpeùati à sé'byàtadîllér^l ^ iWeïaîi^e la*motfe ; 
'ils tious ^ivî^étit jusqti^à nos htttfés , aVéc fes 'htfées et îles 
'postures Vnenàç^îités. tes 'femelles isbni Torteà âVcc leàrt 
^efifs , tkt elles ien fôriiWfBlti^ireiiréAt flrtir; Atts en pôr- 
^érit'un éôns'leiir 'bl^âs , Hit'l'àtiiye ^s'âtd^Bcfïe Istiïr^eiir dôs. 11 



s I N «95 

ne aoas fat Januôs posgible d^n afprWélsér. Afrrès eto Aroir 
tiré m^ et qoelqnefei^ lai avoir cassé une jaimbcy j'ai eti 
t»mipaissioii de voir cette pauvre béte regarder ficeiiMiit et 
niaBÎer la partie blessée «t la toorfier et côté et d'aftitre. €es 
«iii^s sont rareviefit à terre : tm dît mène qû^ib n'y vont 
famaîs. (XhÉnpier, Vayag. t. 3; p. 5o<.. ) • 

AocMci <des sa^ajcN» , soit grands «» soit petits ^ et aucm 
aagoaih n'est sayet à i^écoalèment meostroel , conme pliH> 
«ienrs feibelles de l'aiicieii coâtisént , telles que les orangsw 
. oùtaagB ,^ les babouins «t les çtienons à itfO^ cMteteeèw 
iNëanttioiiis , plasiearS|;ros sapajoos témoignent naegrian^^ 
ardeur pour les femmes. Il est »ème étrange avec qHeHè 
Migacité les singes découvrent le ^éie des divers indtvidhu de 
r*âpèoe homainet qoeiqae dégmsésqu41s «oient; Hs parois^ 
^leot plutôt le deviner par Todoràt, que l'observer par la vue. 
Tootes les babitiides des ^narines 9 à rexceptxon de lenrv 
^s effroyaMes M de leur iméckanceté , «onvieiroent ai 
'coetèUi^ sapajon d^nà naturel dooz, iraitÉUet (ntélligeni* 
On prétend qaMl Barit pècàer atec sa qbetie , car il pnent 
IvMMlfe let ramasser tont ce ^n^M ^àt awee elle. Bàibptcr 
raconte qu'à TOie de tiorgotua^ sar k <Ate dn Péi'dn» ces 
singes ywmÊtetkX amasser des hnttres à la basse mafirée : kmn 
^q'41s vevIeM; les inan|;er ^ sis èes posent sar me pierre , et 
ihrec «ne autre pierre ^ ils i^ ^écrasent. ( Oli asstnv ^qne les 
oroiHgs-oatangB ^ an (contraire^ v^raiit ides 'halireB ouvertes i, 
<mt soin d^ ijeier «m pierre po»r I» empëdœr de se fenmer, 
-etpom* ti'avotr pas les dkrigtsfris-esiire îeurs ^eox écaiUes. ) 
JB'AcoIrta CénKiigne^ dai^ non Mstaîre rtatarsik dm Inda^ 
afvoH* vu ces coaïtas sauter ;d'an arbre ^ étoit ^'on c6té 
d'une rivière k km arbre de i'aati% rivie. -Qulamd ils vMlent 
•sauter , ditHil , en un lieu éloigfné, et i^^îls ne pecrent y 
atteindre Ctm saut , ils s^atlacfaent alors à 4a queue les tms 
idw» aiitres., etifcnat, par ce mo^^n^. comme t£ié cèaMiede 
fdssieùrB; pn après ilssVAanceKtJetfse ^tent en airatft;et 
le premier étant aidé de la force des antres , atteint où il 
v«eiit , «'altacbe -k un Tameau^ pois il aide et -songent tont 
le reste , ^iisqu'àee qu'ils sosenl tous .ntfrvenus , aHachés cn-> 
semble 4 la qae«e les uns des antres. iLèur chair eatiboHue ^à 
manger^ wt partout frassé «n temps deiaonaturité idesfhnts. 
Ces animaux <ne ^sont pas bien vMs, et méntrent jun air mé- 
lancoKqae', sortoat «n capâfvté; ib sont ^ctrémemeat 
adroHs de Isilr qaeve. Dans l'état '•san^age, ils^se battent 
soavent entre emc , At^-vfn ^ et lorqu'cm leèr faite une fnetrre » 
ils garantissent lenr iiète es coup -avec ta ïninn. Stedmoa 
ra^ypoite ^^iB'derces singi» privés aliok ekercker du vin aa 
tC3^ret,4<Ea(iid onDleimtxwrao^iitfe pot-d'ùÀa 



agfi S I N 

main et l'argent de Fautre , et ne payoït jamai^ avant d'avoir 
reçu le vin. Si des enians lui jetoient des pierres dans la rue , 
il posoit son pot à terre, puis, recevant les pierres» les leur 
renvoyoit si adroitement , qu'ils n'étoient plus tentés de 
l'attaquer ; alors notre animal reprenant gravement son pot , 
le rapportoft il la maison, sans, y toucher le moins du 
inonde. Quoiqu'il aimât beaucoup le vin , il n^osoit point en 
boire sans permission. Bancroft assure aussi qu'en liant , à 
ce singe , les mains derrière le dos , il marche debout pen- 
dant tout le temps qu'il est ainsi garrotté. Si on le poursuit , 
il grimpe sur un citronnier ou un autre arbre ^ et jette des 
fruits à la tête de celui qui le chasse. - 

Les sajous sont fort gais 9 fort vifs et agiles. Ils supportent 
^ merveille la température de nos climats , et peuvent même 
' y produire en état de captivité. Rien de si joli, dit un obser- 
vateur 9 que de voir le père et la mère avec leur petit qu'ils 
tourmentent sans cesse , soit en le portant , soit en le cares- 
sant. La femelle aime son enfant à la folie; le père et la 
mère le portent chacun à leur tour; et quand il ne se tient 
pas bien ^ il est mordu bien serré. « Les sajous , dit Bufifon , 
« sont fantasques dans leurs goûts et leurs affections ; ils pâ- 
te Toissent avoir une forte inclination pour certaines person- 
« nés , et une grande aversion pour d'autres , et cela cons- 
«t tamment. » JLe clitoris des femelles est proéminent , de 
sorte qu'on les prend souvent pour des mâles. Tous ces 
animaux ont, au lieu de voix , im sifflement aigu et mono- 
tone , qu'ils répètent fréquemment'. Lorsqu'ils sont en co- 
lère, ils secouent fortement la tête en prononçant, avec 
vitesse, ces syllabes: pi, ca, rou. Au reste, tous les sajous 
et sagouîns'ont un sifflement au lieu de voix. Les sajous se 
tiennent par troupes de plus de trente ; ils sont naturelle- 
ment curieux : on les apprivoise si aisément ^ qu'on peut les 
garder sans les tenir à la chaîne , ni les contraindre, ils vont 
partout ret reviennent d'eux-mftmes, et se plaisent à tout 
déranger , de sorte qu'il» se rendent incommodes ; mais 
toujours doux, aimant à jouer , ils font des cabrioles singu- 
lières. En peu de temps , ib ont parcouru tous les arbres 
d'une forêt; ils cherchent surtout les grands bois frais, près 
des rivières : chaque nuit, ils vont dormir sur des palmiers 
ou sur de grands roseaux. On les accuse de malpropreté , et 
ils sont très-friands d'araignées ; ils ne refusent ni le vin , ni 
l'eaufrde-vie ; on les trouve même lasci& et indécens , car 
le tempérament de ces petites bêtes est très-chaud ; ik se 
servent aussi de leur queue pour saisir différens objets. 

Dans rîle-Grrande , ou île Saint-George ( dit Legentil , 
Voyag, 1. 1 , pag. i5 ), il y ades singes qu'on appelle pleureurs^ 



s IN 297 

qui imitent le cri d^uo enfant ( ce sont des Saïs, Simia capu- 
cina^ Lînn.)- Selon Dampier, ils sont d'une laideur affreuse . 
et sentent beaucoup le musc. Leur douceur ëgale leur doci- 
lité , mais ils sont si craintifs , qu^ils se mettent à pleurer. 
Jean deLéry dit, dans son vieux style (Fbjû^c, p. i54) : «Le 
« naturel des cays est tel, que ne bougeant guère de dessus 
« un arbre qui porte un fruit, ayant une gousse comme nos 
« grosses fèves (Àym^/iâca),de quoi ils se nourrissent, ils s'as- 
« semblent ordinairement par troupes , et surtout en temps 
« de pluie. C'est un plaisir de les ouïr crier et mener leur 
« sabbat sur ces arbres. Au reste , cet animal n^en porte 
ce qu^un d^une ventrée ; mais le pejtit ayant cette industrie de 
« nature , que sitôt qu^il est bors du ventre, il embrasse et 
« tient ferme le cou du père ou de la mère ; s'ils se voyent 
« pourchassés des chasseurs ^ sautant et remportant de bran- 
« ches en branches , le sauvent de cette façon ; partant , les 
« sauvages n'en pouvant guère prendre , ni jeunes , ni vieux, 
ff n'ont d'autres moyens de les avoir , sinon qu'à coups de 
« flèches , les abattent de dessus les arbres , dont tombent 
« étourdis et quelquefois bien blessés. Après x[u'ils les ont 
« guéris et un peu apprivoisés, les changent pour quel* 
<c ques marchandises ; je dis nommément apprivoisés , car 
« du commencement qu'ils sont pris , ils sont si farouches , 
« et mordent si opiniâtrement , qu'il faut les assommer 
« pour les faire lâober prise. » 

« Par la gentillesse de ses mouvemens , par sa petite 
« taille, ditBufTon, par^la couleur brillante, de sa robe, 
(c par la grandeur et le feu de ^ts yeux , par son fittit visage 
« arrondi , le saïmiri a toujours eu la préférence sur les au- 
« très sapajous ; et c'est en effet le plus joli , le plus mignon 
<c de tous, mais il est aussi le plus délicat et le plus difficile 
« à transporter et à conserver. >> Marcgrave rapporte quHl 
relève sa queue avec grâce ; qu'il faut le traiter avec douceur, 
car il crie à voix très-haute pour pçu qu'on le touche , et , 
comme les autres petits hommes, il entre facilement en. 
colère. Souvent il tombe , étant captif, dans un ennui qui le 
fait périr. Dans l'état sauvage , ces animaux vivent en 
troupes : les sakis vont de même ; ils ont pour voix un siffle- 
ment ; ils aiment le miel , mangent les abeilles et pillent les 
ruches. Les tamarins de Cayenne sont de fort petits singes 
très-familiers , qui font mille tours agréables ; ils se tiennent 
dans les hautes futaies et les terres les plus élevées , tandis 
que les sapajous préfèrent les cantons bas et hun^ides. Les 
premiers sont assez hardis , s'approchent volontiers des 
maisons , et ne se tiennent presque jamais à terre. On les 
apprivoise aisément; mais iU sont colériques 9 mordent avec 



^9» S I N 

ftnrcur , et s'eti^uîent beaucoap dans Tétai de domesticité. 
Its savent prendre les puces aux chiens. « Ils s'avisent 9 dît 
c< BufTon , de tirer quelquefois leur langue qui est de couleur 
<( ronge , en faisant en même temps des ijiouveiâens de tête 
n sîn|;uliers. Les Américains n^en mangeilt pas la chair. » 
L^ouistiti est le plus petit des singes. Selon dtédman , il est 
très-sensible au froid , et se chagrine facltement en état de 
captivité , de sorte qn^il en meurt pour Tordinaire. On a 
Véussi en Portugal à les faire produire , et le mâle prend soin 
des petits aussi bien que la femelle. La voix du pinche est 
douce et "Butée comme le chant d*un oiseau : du reste , c'est 
un des plus jolis singes ; mais il est fort délicat , et Jean de 
Léry prétend « qu'il est sigloriéùX| que pour pèa dfe fâcherie 
« qu'on lui fasse, il se laisse Aiouriràe dépit. » 

On a vu des singes qui ont pris la petite- Vérole en jouant 
avec des enfans attaquée de cette maladie , et Valmon't de 
Bomare en rapporte un exemple. Oh sàvoit déjà qne d'au- 
tres animaux domestiques deviennent quelauefois suscepti- 
bles d'être atteints de cette affection contagieuse. 

Dans les pays où les singes abondent, ils cSiusetit be^a- 
cgnp de dégâts , et les habitans leur font la guerre. Ils s'y 
prennent de averses manières pour les saisir, tjuelduefois 
on porte tfn vase plein d'eau miellée dans une forêt, et devant 
îa troupe des singes on s''en lave le visage; ensuite on se 
retire en substituant adroitement mi vase plein de glu à celui 
d^ean miellée. Les singes, par cet instinct d'imhation qui 
leur est {propre, viennent faire de même ; ^aîs s^engluàrit 
toute la figure et les yeux, on peut aisément les prendre 
ensuite. t)'auf rcs personnes engluent aussi des bbttes qu'elles 
mettent à la .portée des singes, et en essaient d'autres non 
engluées devant la troupe des animaux mMf^isans; ceox-d 
"viennent pour imiter le même manège , iBt se trouvent empê- 
ti*és à leur dam. Lès habitans de quelqùeis Hes tcur tendent 
'diivérs pièges , âestrappés^ etc. ; ils pretmelnt des petits dams 
*tihe cage , les font crier pour que la bande accoure, de là 
même manière que les oiseaux à la pipéè. D'autres fois , on 
*les attire par quelque boissOn enivrante , ou quelque lîqoedr 
étourdissante, ihafis sucrée, de sorte qu'ils se laissent prendre 
ensuite s/^hs peine; ou bien on pàrsèine des semences et des 
"fruits près d'un lieu où Ton a placé quelques pièces d'artî- 
'fice , avec une mèche pour les faire partir ati milieu de la 
troupe des singes , occupée à manger. Le bririt et le feu les 
étonnent tellement, qu'on peut les saisir avant qu'îls aient 
le temps de se recônnoître , où d'eftn mener leurs petits avec 
e^x. Dans quelques pays de llnde , on a des mirohrs garnis 
de ressorts qtii saisissent tOiit à coop comme des traque- 



tiftrfls; ^t fbfs^se le ^ft%b , ^bi 'e^fdtl bilHetix, vîtiit);)bt]k* se 
mirer, Ite rfeis^oVl 1^'^^isit iiotiSaih » deisciàûrère iqu'îl tit peut 

D^s a(it^tA'»t^>$uréiit):|ti*oà profite^ dan^ bertàhis pays, dé 
cet instinct imilaie^r dès skigës , potiirftiire travailler mètat . 
tes indMdt)^ ^aUvage^. Gdmtae Ite Ipblirre ^ ^oelqo^es aiitfes 
Vëgétalsk â(rômàrtiqtr(!^ gHtti|>eiit ^sqtie isut les plus petites et 
les «)1éis ham^slbt^hches dès a Arcs , on ne ptetrt les y allèf 
etf^ilffV. Le^ ikidieHs tecuefllefit d'abord les graines he^s t>lak 
faï^a^s à prendre, et îes arrangfettl ftn petits tas shi'basde rar- 
bi*e. t»es troopes de isînjgies qrii oli^e^nt cela , ne manquent 
^s dte V^h, rorsfqofe diaTctiii s'est rtetîrt', tet de ttfeillir dé 
la même manière toutes lej graines 9 et dépouillent l'es air- 
*W^s jti«s^'îi la ciHie , "etï ^massaift âe tùèttié la récolté au 
^ife»; les Ibdîerrs Vienne tit fens^iitfe V enlever pendant la tfuit. 
-l*s^irtbj^né s'eV-oi^nt pas si fidèles iîltiitateUrs , Vil s'agifes^oî^ 
Ufe themr des (fruits ^î Iteseht âgr'éableU à letir ^oùt, 

Nî6rtà ^avoirs taS^eWfiMé te que tious avons ti*ouvé danà 
''^îfTét'et)^ autetirs strr'llïî^oirc des otages ; tnais îl est à crbîi^ 
-ipill yesrt)R encore be^ucofup 'à fliVe , et qu'on eàt bien loin dé 
tfoVin^iti^ toutes tes^éspèCes. Oh né garde ces ataîtnaut qtié 
^eoiWinTî defe foitfets , et cepetïdaht ils peuvent offrir beaucotxp 
-*e 'swjefs de méditation à lîïoittVïïe. Nous ne Sommes pas 
hteiWmbhts du bbiYiljre de <^eti* qtd confotiderft etftiéreniefttt 
kits Unilhafux avtc1n(rtr^ éspècj^ si tfotis troWons iilné gt-and^ 
'Itosétnblâlnfcc d'ornants , itk dmérenc^e eiftre les facultés itoo- 
^^îé^ *ét im^llectuelle^ eist immeti^ ; tnais îéS homineà se 
^eWirertt târèm^t da^s tin juirte nrilien , lorsqu'ils vîentient 
ii'etortfîner de pnb «ces atiimaux , let péncfhent toujours phiS» 
^o¥ir âne façon^Ôe penser , t(ù^ pour une amte. Cepenliant 
*îl hfe ^ertiMe Irteti démotftiié ffoe ITiomtnfe nVst lïi un pnf 
HtiitttAi , ni une simple «ititeflige^ce, et iî faut récdmnôîfrlft 
'qnîl e^ es^etîtî'elfemeht fortné de deux natures- •P/I'aytrclfe 
*4fd*îifÈ, NifeGUE, et l'histoire particnltèrè de cWqtfee^pècfe 

^Slt^E^. (HrtREY.) 

SINGES ( DE LA- PARTIE OCCIDENTALE ) Î>^À- 
^FRfQUE. VeVsSi^rfa-L'ébrta et Arguiû , se trouve mi grand 
"^omfbrre de ^hfgcs , défflfi lés bisnâés vivent sépl^éés daris lek 
*€kntoùs qu'elle)! se sotj't appropries. Ce sont â^s république^ 
'd'^imatré 'au pltrt*t 'ftes régîtti'ens de quadrtimanes , qui se 
gddverhéiit àVèc Wie 'bonne police, Vhaffigent des punitions 
torporeflés , #1 AfHsfe^ht des chefs ^ familles , qui font ré|ïîer 
•1^ ^libor^âAtoiit^t lapait , éKsetrt eti quelqtie^drtfe déscnefe 
'OU ides gouverneui's. Ce sont ordinairement les mâles vigou- 
reux, les individus les "phis robui^es , qui sont à la tète de 'là 
ti*ofope ; oti pose dés ^àtîrffelles, 0I1 màr<?hc étil)ôti ordrfe 



3oo * S I/i N 

quand il s^agit de marauder dans an champ ^ un verger bien 
garni de fruits. Ils \ront même jusque dans les cases des nègres 
ravir les provisions. Ce sont surtout des macaques (^dnUa 
cynomolgus , ÏÀnn,) , d^ magots (^simia inuus, Linn.)et des 
mandrills ( simia mai/non , Linn. ), (viREY.) 

SINGES DES ANTILLES. Ce sont des sapajous et des 
sagoins , dont le Père Lecomte, missionnaire , ^it un grand 
éloge ; car il témoigne qu'ils sont d^une industrie toute par- 
ticulière , et qu'ils sont doués d'un grand instinct. Lorsque! 
s'agit de se défendre ^ ils savent fort bien s'y prendre et re- 
connoître leurs ennemis. Agiles 9 hardis 9 grands imitateurs 
A fort vindicatifs , ils attendent Toccasion favorable poar en 
profiter, (virey.) 

SINGES DU BENGALE. Espèces diverses , telles que 
le bonnet chinois ( simia dnica , Linn. ) , le malbrouck Çsimta 
Jaunus, Linn.), T aigrette {simia aygula)^ lamône (^simanuma, 
Linn. ), etc., F. Gueîïon et Macaque. Les doux hâbitansde 
cette contrée ^ loin de leur faire du mal, leur offrent souvent 
à manger, et portent pour eux des vivres dans les forêts. Ib 
les regardent comme des hommes malheureux et dégénérés ^ 
qui fuient la société et suivent les seules lois naturelles. Les 
peuples du Malabar étendent encore plus loin cette bien- 
veillance ; elle va jusqu'à leur bâtir des hôpitaux, et leur con- 
sacrer des asiles où ils puissent finir leur vieillesse en s&reté. 
Dans ces maisons de charité il y a des servans chargés de 
fournir des alimens à ces animaux ^ et les dévots leur font des 
legs à leur mort. On voit aussi des hospices fondés pour les 
autres animaux , tels que les chiens incurables; il est vrai que 
cette charité est extravagante , mais les Européens auroient- 
ils droit d'en blâmer l'excès, eux qui ne donnent qu'à grande 
peine un asile au pauvre , à l'affligé , au vieillard sans res- 
source, au défenseur de la patrie , qui rognent même leur né- 
cessaire , qui les entassent sur des paillasses infectes , et qui 
semblent moins vouloir les soulager que les faire prompte-w 
ment mourir par leurs mauvais traitemens et leur sordide 
avarice ! 

On assure que les malbrouks sont fort habiles à marauder 
dans les vergers et les champs de cannes à sucre. Lorsque 
leur troupe est occupée à quelque expédition de ce gejàre, un 
d'entre eux se tient en sentinelle sur un arbre , et crie houp , 
houp ^ houp, lorsqu'il voit l'ennemi ; alors la bande malfai- 
sante détale au plus vite , portant le butin dans une main 
et dans leurs abajoues ; les mères prennent leurs petits sur leur 
dos, et tous se retirent dans quelque forêt , où ils se cachent 
dans les arbres , et sautent lestement de branche en bran- 
che. Lorsqu'ils vont sur le bord de la mer^ ik amassent les 



s ï N 3oi 

coquillages , qu^ils brisent entre deux pierres pour en man- 
ger l'animal. On prétend qu'ils pèchent des crabes avec leur 
queue , en la leur donnant à pincer^ et les enlèvent subite- 
ment. Les serpens causent beaucoup de frayeur à ces singes. 

(VIREY.) 

SINGESBLANCSDUROYAUMEDEBAMBUK.il 

paroft que ce sont des espèces de guenons , telles que Tatys 
(^simiasenex d'Erxleben , sîmia atys d'Audebert ) , et l'enteile 
de Dufréne ' ( simia entellus ). Au reste , on assure qu^ils 
sont d'une blancheur éclatante , et qu'ils ont les yeux rouges. 
II paroit ainsi qu'ils ont éprouvé la même dégénération 
que celle des nègres blancs, ou albinos , dans l'espèce hu- 
maine. Ce sont des singes blafards , et il y en a de plusieurs 
espèces , qui ne sont que des variétés individuelles. Jeunes , 
ces singes sont y dit-on, fort doux et faciles à apprivoiser; 
vieux , ils deviennent méchans , intraitables ; si on les ex- 
porte , ils ^tombent malades de nostalgie , refusent de man- 




principalement^ 
ouanderous (F. Macaques) et les Guenoî^s a face pourprée. 

(desm.) 

SINGES BLEUS ET ROUGES DE LA GAMBRA. 11 
paroit que ces animarux sont des mandrills ( simia maimon , 
des patas, simia rubra^ Linn.) , bétes aussi indociles, aussi re- 
muantes que lubriques. Ce sont des animaux hardis , pétu- 
lans 9 qm marchent en troupes , crient beaucoup , surtout 
pendant la nuit ^ grimpent et sautent d'arbre en arbre avec 
une grande légèreté. On assure qu'ils se rassemblent en ban- 
des pour voyager de contrée en contrée , et dévaster les jar- 
dins ; ils gardent beaucoup d'ordre dans leurs expéditions , 
entendent le signal , posent des sentinelles , se formept des 
abris de feuillages contre l'ardeur du soleiL Les bleus ou man- 
drills et les choras sont les plus laids et les plus méchans. Au 
reste , on! remarque plusieurs autres espèces de singes dans 
ces contrées; toutes vivent en troupes séparées , sans jamais 
mêler, (virey.) 

SINGES DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. On 
en trouve de plusieurs espèces , et surtout des babouins, qui 
sont féroces : le singe noir, décrit par Le vaillant ( simia por- 
caria de Linnseus ), les macaques ( simia cynomolgus et sîmia 
cynocephalos, Linn. ), le callitriche ou singe vert (^simia sabœa}^ 
et les papions ou cynocéphales. Il y en a sans doute un plus 
grand nombre ,mais nous ne les connoissons pas tous; ils sont 
méchans, hardis, et voyagent en troupe; on les voit sou- 
VejAt descendre des montagnes pour pilier les jardins : ils ne 



3oa S I N 

aédaigoent pas U chaîr , les a^ , le# t^<^s{^pi)«^, Içs mm;^^ 
et s'apprivoiseni difficUemi&Dui. (vireic.) 

SINGES DU CA.P VERT , a^ppeUsi^ick^ii^ipiÇi?; çf^sm 
les gueoons caUitricWs ( simin st^l^j^ y Lian. ) 9 qjû se tfi^viT 
vent «D aliondance à Fîle de San-Jago oa Saint-Jacques ; 
c'est poMT cfigla qu'en (es nonpiilf si^^g^ v^^ et, s^lgçit: de 
Saint' Jacques. Les lieuf voisins 4e ce^llej^ alTi;«;i^.^f^ 4ft- 
iverses esp.èces de Guenons, teUes qui$ l^ à^yà^np {^ siw^ . d^n^ » 
(le iQousUc ( simia ccphi^^ Lin^. ) etc. (v.iB#Y.) 

SINGES CERCOPITHEQUES, Oj^ wwpç ^^m. ^ 
g^«nons à longue queue de raa/cijt;« cp^tij^ei^)^; c^ l^jpqQ- 
i^niers naturalistes qui leur ont imposa ce nogi n^ çpnpi^- 
ftoient pas T Aqu^érique et les^ aiqge/^ à longue qiHrU^ ^u^ y \?^ 
bitent. 

I^scercopi^hèquessoQtlespi^C^/ 4'A^istQl^.PliPiÇ Us^4é^%l?!^ 
aussi sous Le prepûer noto ; viiais Iç^ sipges à <;oi|çte ^i^o^ 
4toient appelés , par les anciens , «^vv,o^%ç^k<^ , c'^t-àr4il?^ 
^ges à museau 4e à^n ou cynoçép)àaJes. %n%^ les. siogi^ 
les plus voisins 4e notre espèce é^toÂeftt d^igp^ssoqç 1^ i^ifi 
de 'ViOv^of^ que nous traduisons p^r cçlpi 4^ pîtl^W^t es- 

Eèce 4e Magot. G^lien , qi^i ne di^s^q^AÎt pqif t les cji^vi^es 
umains, parce que la religion défendoit de toucher aux 
9iorts, a^v^oit fait TaaatoiQi^ don pit^^è^qe p9i|r t^\4^ de 
rbônune. l^s anciens ayoijent c;^^u)QJi^s^^e 4^ pî^^iii;^. «li- 
tres singes , ccmme ]fi w^n^ùi* , ^boji^ ( j^i^si Q^Auué 
p^rce qu'il t^s^rv^Ue touJQHcs 4^s Uiçres) i lf| ^t^^^i]^^^ 
sinua porcqna^ qui est le papiqn, s^yg^ à grqii^ 4^. eç^op;; 1^ 
^nZotcehus^ ou le cepftus 4esX<l^9s, pM>gf|jenoQa.Vk>9gqe.qfi^md; 
les n^?o^i6fiX\^^ i)oi|si^oininjB^SCdÙMriGbe,sii|geY4rt(j^itf 
s/afi<9q, Lii^ii. ); les «(^t0/f«.i^y«( qui spnt de$ II)jUfaq^es; \ç 
f^fmu ^vy^K ^tc, qiMsoni, des jms^pum^* F. C^uetwi^ 

SÏNGES DE LA COTE-D'Oil. L^ fh^m des içay^- 
geurs se con^qtent de dire qa'il y ^ 4^ siiAges,4e p^^ie^fs 
^pèce?» et en grand çonjil^re îskps 1^ p^ys^s^^s ^ spécifier 
up senJ^ , parce qu'ils font souvepjt le^rsrQla^tipjps.sa^s spr^î^ ^ 
leur chambre, et même sans avoir examiné quoi que çp &Q\i. 
Lé naturaliste qui veut coQnqiître par qjielqije^j^q^e^pns 
vagy.es de quelles espèces d'anifn^ux les faiseurs 4c' i*eia^pns 
veuflçnt parler , s'impose une tj|che singul^ir^m^t diif^ki 
car il a presque à deviner des éniggt^s. 

Les singes 4e la Côte-d] Or §opt , à ia véi^îlé» ep*giçan4 W^" 
bre , et leurs esp^èces fort multipliées. Il paroît qu'oi^ trqij^ve 
^n ce pays desmandrilb(5^ia mfdm^y LiQn.)^ 4e& ipagpts 
(5. iuuuSf Linn.)» des b^bpi|i|is (^s.ppfcariqflÀim* ) » 4e& pé- 
pions, desgueaoxis di^e, dçs cjmilkidkfiSjiçêHmi^$-nf^^» 



5 I N 3o3 

des mônes^ 4e$ pMa« ( s. rubra , Ltnq» ) f des roacaqcf^s prin* 
clpalement (s. çj^nomolg^us , Lion.)* Les mandrills, papions et 
babouin» qui s^y. trouvent en quantité ^ont surtout farouches 
et méchans. Ce soQt des bétes aussi dégoàtan^es par leur nez 
morveux qu^ils lèchent sans cesse , que par leur vilenie et^ 
leur lubriiDÎté impudente. D^^illeqrs, féroces et indomptable^^ 
ils détruisent tout, battent et tuent les nègres, leur crèvent 
les yeux , forccimt les négresses ; et , se tenant en troupes 
nombreuse», dévastent tout sans qu^on puisse le^ï attaquer 
avec avantage. On prétend que les Cen^elles de ces singes 
provoquent les nègres , et que ceux-ci se livrent souvent avec 
elles aux plus grands excès; de même que les mâles abusent 
des femmes qu^iis r«ncax3 trente ju^u^à satiété. Oi^ fait dea 
bonnets appelés^î^^ , à^ la peau de ces animaux. (yia£Y.) 

SINGÉS CïI^OCEPHALES , c'est-à-dire qui onile m^. 
seau d'un chien : ils sont de plusieurs espèces. Il y a le ma- 
got , (^iimia imius^ Linn. ) , et une aulfe race appelée simit^ 
cynocephaiûa y Linn. , qui est le vrai cynocéphale des anciens; 
maïs, fis ipptiquoient aussi ce nom à tous les babouins en 
géoéral , tels que les papions, les mandrills et les choras, les 
maimons, etc. Ces singes sont , en général, d^un naturel fé- 
roce , d'uae lubricité et d'une effronterie qui surpassent toute 
croyance , sunoot en préseBce ées femmes. Plusieurs d^en- 
treiix sa nâsH»rbeiK en pletn public , comme le cynique 
Siîâgèae , et font parade de leurs vilenies , découvrant avep 
fatpbis dégoùtaate impudence toute leur vergjogne. Comme 
Ms ont des fesses pelées et rouges ainsi que les parties sexuelles 
et l'anos , ils semUent prendre plaisir à se montrer comme 
des sat]rres , et je ne doute pas que les anciens poêles n'aient 
pris d'après eux ee qu'ils racontent de U làsciveté de ces di- 
idiûtés champétreSt Ils feroient même violence aux femn^es , 
s'ils étoient libres. D'ailleurs ils mordent , détruisent , arra-* 
ckent «t dévastent tovt ; incorrigibles aux châtimeus , il faut 
le» tenir à la diaine et éloigner d'eux tout ce qu'ils peuvent 
briser. 

AL Friédéric Cuvier conserve le nom de cynocéphales 
aux papions seulement. ( ti«ey.) 

SlI^ËS CYMOMOLGUES. Ce sont les Mm^aques. 

(desm.) 

SINGES DE GUINÉE. Ils sont en grand nombre. On 
trouire surtout les magots , les «andrills et maimons , les 
babouins , les macaques , la diane , le moustac , le hocheur^ 
ifi blancHQes( , Ifk palatine ^ etc. 9 qui sont les simia inmu , mai-- 
mon et porcaria , iphinac cfaomeigus ^ diana , cephus^ nictUauSy 
peiauiisia » mlom^y ^ etc. , de Linnasus. (viEKY.) 

âlNQË^.DE UQNDURiVS.Ce ne soat pas àm siiiges. 



3o4 S T N 

mais plSlAt des quadrupèdes grimpeurs du genre des Pares- 
seux , tels qu TUnau et l'Aï ( Bradypus de Linn.). F. ces mots* 

(VIREY.) 

SINGES HURLEURS. Ce nom a été donné à plusieurs 
fiinges de l'Amérique méridionale qui composent le genre 
Alouatte 9 remarquables par leur queue très -prenante , à 
face pyramidale y à grosse gorge formée par Textréme dila- 
tation du corps de leur os hyoïde. Ils font retentir les forérs 
de cris horribles , d'où leur est venu le nom qu'ils reçoivent 

Sénéralement. Les noms spécifiques de ces singes sont ceux 
i alouatte , i^ousron , XaraboU ^ de guatiba , de choro , et de 
caraga. Le nom d' Hurleur stentor a été adopté comme géné- 
rique par M. Geoffroy Saint-Hilaire. (de&m.) 

SINGES de MADAGASCAR. On n'en connoît pas en- 
core d'espèces bien positivement déterminées. On a dit cepen- 
dant que la Guenon. mangabey enétoit originaire , mais 
ce fait est loin d'être suffisament constaté, (desm.) 

SINGES DU PÉROU, que les Indiens appeUent ca- 
rochupa. Ce sont des didelphes ; car les voyageurs qui noas 
les décrivent nous les représentent avec une bourse ingui- 
nale , dans laquelle ils rassemblent leurs petits pour les soos' 
traire aux chasseurs. Ils ont un mnâj^ au efBlé , une queue 
longue et nue, et savent se creuser des tanières. Ils vivent de 
menue proie , et plus rarement de fruits et de racines. Comme 
ils se servent de leurs pattes de devant aussi bien que de 
mains , et qu'ils savent s'asseoir à la manière des singes , on 
les a regardés comme étant du même genre. Au. reste , ces 
animaux ne sont^point particuliers au Pérou, car on en ren- 
contre en Caroline, dans la Louisiane, la Virginie , Surinam, 
et presque toutes les contrées de l'Amérique septentrionale. 

V. DlBELPHES , etc. (VIREY.) 

SINGES A QUEUE. Ils sont en grand nombre , et 
ceux de l'ancien continent ont été nommés cercopithèques 
par les anciens. Tous les singes du Nouveau-Monde , tels que 
les atèles , sapajous , les lagotriches , les sagouins et les 
alouates , ont une queue plus ou moins longue ; celle des 
atèles , sapajous et des alouates est même capable de saisir 
les branches d'arbre et de tenir lieu d'une cinquième maio ; 
aussi elle est nue en dessous. ( V. Queue. ) Lés orangs-ou- 
tangs, les magots ou pithèques n'ont pas de queue ; les man- 
drills en ont une fort courte. 

L'ouistiti a la queue annelée comme celle de certains 
chats , et le maki , appelé mococo , en a une semblable. Le 
genre de loris , indris et makis , ressemble assez aux singes f 
excepté que le museau de ces quadrumanes est effilé et poin- 



s ï N * SoB 

i^^f^ t^m 4«ts ^^ai^s y t^à l'esté , il^ vivent it là mâm^ 

Ou pr^t|}n4 q«e çeri;^ins,si^eft d'Am^rlquç^ à qu^ue pre- 
)i^^Ote., sç ti^nn^a^ en çh^îp^ p^r la queue lorsqu'ils veulent 
p^ss^r apQ ririère ; ^Çn de se sficpurir et de ne pa^ se laisser 
eolr^uer 4U caiirs de Te^u^ Les ^tèles se su^endeot aux 
f ri?r^s p;|f^ le mpyeQ d^ teM.rqpeu^ , et lor^squ'ils sont blessés, 
ils p^ufT^nt lofirent dans, celte poiUipn. Vqyegi SAPAJoyé. 

. SINGES RjQUGES» Ce sont iespata^ ^imiq (t^àra-, Lipn», 
*fP^fif d^,CrU#NQ|î,/Ils se troiiFent en grand nombre vers l^s 
rives de ta Gambie t Qeuve d^ Afrique , et au Sénégal , où i{s 
^sercen^ 4e grands r4vages da^s les plantations des nègres; 
B\^s^ f^S misérablei^çbeqt ç|e sq défaire d'hôtes si incom- 
modes par divers moyens. Mais ces singes sont si rusés et si 
adrojts , qi|ç Lorsqu'on l^iir Uftçe à^s Qèches , ils savent les 
Mf^^^^» vol ar^ç U tft3^in,ct détoi^mer ainsi le coup. Au r^sle, 
les nègres cherchent à les atteindre 4 la fape. Ces sing^^ 
fpr^WH^t l0 fosil dpnt ils ne pavent pas (éviter l'atteinte ; 
aiuiff,, JQr^fu'on les cpqche en îm^ i U^ grincent des dents ;» 
et crient d'effroi en se sauvant dans les branches d'arbre^.II 
n'esl* rim âe pins rifible et de p\m^ grotesque que leurs gri- 
paces et leurs postures; Tho^pm^ le plus flegmatique n^ 
.l^rroft s^^empéchf r de rire aqi^ aplats en les ei^amii^afit. JHais 
avec leurs singeries ils ont de la méchanceté , eberchent à 
Hisser sur U «ez^des passans^ et M"»^ jl^ f^ot leur^ excré- 
sdIUlS Aanfk leurs noams et les Unpent au tr^ver^ de la figuce 
de eeuxquiiesr^arden^f . - 

U y a des sififfps rongef (^n An^^ique ; ce sont des ajonate^ 
(simmsmieiJits^ ÏÀm*) ih sont extrénoeinent criards. F.Smo^f 

HUaLKDRS. (Via£¥.) 

SINGES pu S&NëCtAL* Il y en a Ae diveraes espèces ; 
lesffns apn^ des gqenons , les autres des macaques , des ba?- 
^onins t et« mime Torang-o^tang chimpanz;ée ou quoja^- 
mQ^wm. jQn y trouve pr^nqipalemenf de^ paias ( simia ry^Oj 
Linn. ) /des blancs-nez (||/|if niçtUom^ LiwO) la diane(4//7|. 
^iamih LÔAp* )• \^ man^riÛ C^ff9>* morm^n^ Lion. ) , la guenon à 
camail( co/o6ii« polycùmuSf Geoff.) ^ àes babouins $ etc. Çç 
%&H en général des espèce» méchantes, indpçiies , malpro- 
pres y ei qui causent de grands dégAts., l^& nègfeis se npurr 
risseat de leur chair. Plusieurs auteur^ assurent que les j>lus 
grandes .espèces de sii^s- de pe pays , enlèvent les peti^ef^ 
négresses de Kit à dix ans, en joui^se^it} Içur dpone.nt tpnf 
leurs soins et en s(M|t jalpui:. (vi|t£X.) 
. SINGÎES VOLANS. M pa^oît que Içs voyageurs opt pijf 
c^itains iinadai$ièdbesdrplt}|;^# poj^ 4^? e^èce^ dç sin^^ 

XXXI. 20 



3^5 S î N 

^t particulièrement des galéopithèqnes, des tagoans, des p^ 
taurîstes ou phalangers volans , qui ont en effet quelques rap- 

Ïorls de conformation arec les singes. C'est ainsi que Otto 
lelbigius , dans sa Relation des Indes orientales , et àani 
quelques mémoires insérés parmi le Recueil des Ephémé- 
«rides des curieux de la nature , prétend avoir vu des singes 
volans. Ce sont surtour des Pétauristes ( F. ce mol. ) Les 
taguaCns sont des écureuils qui voltigent comme les pétauristes 
et les galéoptthèques, au mo^ren des larges membranes de 
leurs flancs. 11 y en a de plusieurs espèces ^ et on en trouve 
dans les régions septentrionales de Tancien monde y sous lé 
nom de Polatouchbs. (virey.) 

SINGHU MOORY, c'est-à-dire, oiseau matbré. Nom 
' que le» Indiens donnent au ISapaul. V^^é mot, è Part. Fai^- 

SAN. (S.) 

SINGLA (lé). Nom patois du sanglier, dans le dépar- 
tement de r Aude , où cette espèce est devenue aiAez rare 
depuis quelques années, (desm.) 

SINGSIE. Nom par lequel les Chinois désignent la 
Grande perruche a longs brins. F. Tarticle Pbrrvcbs , 
page 3^9 , au mot Perroquet, (v.) 

SINGUERAH. On appelle ainsi la Macre àKachemire, 
où on en fait une prodigieuse consommation, (b.) . • 

SINI. Nom vulgaire jd'un Magnolier du Japon. K Side^ 

-KOBUSI. (LN.) 

SINIAKI AMOOPONG. Petit serpent vert , taché de 
noir, qui se trouve à Sierra-Léone. On rapporte qu'il lance, 
iBur les yeux des animaux dont il fait sa proie , ou qui l'atta- 
quent , à deux ou trois pieds de distance , un venin qui leur 
Uit perdre à l'instant la vue , et leur cause des douleurf 
atroces, (b.) 

SINISTROPHORE, Sinistrvphomm. Gftnre établi par 
Schrank , mais qui ne diffère pas de la Moenchie de R|Hb, 
etde la Caméline delà plupart des botanistes modernes. (b.) 

SIN-KOO. Arbre du J;)pon, qui paroît être, id'après 
K^nipfer, une espèce d'AGALLOCHE. 

Thunberg indique ce même nom comme appartenant 
au Galanga. (b.) 

SINOCHITIS. Pline ne doilne absolument que le seul 
nom de cette pierre, qui 'nous est entièrement inconnae. (LN.) 

SINODENDRON, Sinodendron. Genfe d'insectes de 
l'ordre des coléoptères, section des pentamè^s, famille des 
lamellicornes , tribu des lucanides. ^ 

Ce genre , établi par Fabricius ^ et adopté par La* 
treille , présente Jes caractères suivans , qui le distinguent 
jit^scarabéesy avec lesquels il étoit placé : antennes termméei 



s I N 3of 

ea massue» mais point pUcaliles, formées de trois articles 
saillans d'un côté , et dont le dernier triangulaire ; le pre- 
mier de la base fort long ; mandibules cornées, presque en- 
tièrement cachées ; point de lèvre supérieure saillante ; mâ- 
choires à deux lobes presque membraneux, peu avancés ; Tin- 
fërieur petit , aigu ; menton presque demi-ovale , sans divi- 
sions apparentes ; palpes filiformes , courts ; corps allongé , 
demi- cylindrique , convexe en dessus , plat en dessous; tête 
petite ; bord antérieur droit; une corne ou un tubercule en 
dessus ; corselet presque carré , avec le bord antérieur con* 
cave ; une appendice portant deux soies entre les deux cro- 
chets des tarses. ^ 

SiTïOOENDRON CYLiiiDRiQUE , pL R I , fig. 7 ^ de cet Ouvrage ; 
Scaraifé cylindrique ,n.^ 54 de mon Entomologie. Il est noir ^tk 
peulubant et presque cylindrique; sa tête est armée d'une 
corne relevée , recourbée , un peu velue postérieurement ; 
le corselet est luisant , pointillé et coupé antérieurement : le 
bord de la troncature est un peu saillant et muni de cinq 
dentelures , dont la supérieure forme une espèce de petite 
corne ; Técosson est petit et arrondi postérieurement ; lea 
élytres sont fortement poiatillées , un peu raboteuses ; le 
dessous du cofps est d'un noft brun ; les pattes sont noires ; 
les jambes antérieures sont dentelées tout le long du bord 
extérieur ; les autres ont deux rangées de dentelures au même 
bord. La corne de la femelle est très-courte ; le corselet est 
à p^ine coupé antérieurement; il est muni de trois dente- 
lures à peine saillantes , et d'une ligne longitudinale peu re- 
levée et lisse. Il se trouve sur les arbres à demi-pourris, au 
nord de r£uropé. Fabricius a placé dans ce genre des bos- 
trichest et d'autres insectes très-différens des sinodeddrons. 

(CL.) 

SINO^KL. Espèce de chêne {Quercus cuspidata^ Thunb.) 
^ui croit au Japon. Suiesi un second nom de cet arbre, (ln.) 

SIMOPIS. Selon Théophraste et suivant Pline , la terre 
il laquelle on donnoit ce nom chez les Grecs et les Latins ', 
étoit de trois sortes; la première, rouge ; la deuxième , blan- 
châtre ou dW rouge pâle;et la troisième, d'une couleur inter- 
médiaire entrecelles des deux autres. Pline nous apprend que 
cette matière étoit du nombre^es couleurs dont on faisoit 
usage en peinture, et en médecine. <r Le sinopis , dit- il , a été 
découvert, pour la première fois , dans le royaume de Pont , 
et a pris son nom de ia ville de Sinope. Cette terre se trouve 
égaleinpi^t en Egypte et dans les îles Baléares , comme aussi 
en Afrique ; mais le plus beau sinopis est celui de Lemnos et 
^e la Cappadoce ; on Ty trouve dans des cavernes. » Le sino^ 
pis de Pont étoit une des quatre couleurs d^nt se serroieut 



M S I N 

U$ ^înlf^eB Ità pluf cëUbrM de l'âiptlf iûlé. C«l quatre €0«» 
leur» étolént : le melinum^ pour le blaoc ; le sil wAidfuêOvt 
oehra^ pour le jaune ; le mbnca de, Pont ou êinvpiJf pour le 
ronge ^ et Vatramenium^owt le noir. 

Pline fait remarquer que certainea personnes prtnoient le 
sinopù pour une seconde qualité de ruMea^ %% cîtoient la terré 
de Lemnos pour le mbrica de première qiialité , et i| ajoute : 
m que parmi les autres sortes de rubricm , cellç <^'ob trouve 
en Egypte et en Afrique dans des mines de fer, est la pM 
utile aux peintres, parce qu^elie a la propriété d^adkércr 
fortement aux corps sur lesquels on rapplique. ^ 

Il paroît donc que Pline et Théophraste ont voéla in* 
dic|uer des ockres rouges et des terres argileuses riMiges et 
chargées d'oxydes de ter., et on en est d'aut^int plus certaiâ 
que Pline dit , qu'on faisait du mbrUa t^ calcinant d^ 
tocfwa.f c'estri'dire , qu'oip faisoit caieiner du flerkydraté 
ockreux jaune. Bans cette opération , le fer s'oxyde natân* 
tage, jusqu'au rouge rif , et Peau s'échappe. 

Les minéralogistes ont nommé sin^pie un ^uàrz, hj^aUk rubt^ 
gimeux hémaixâde matmf^ d'un beau roi|ge , et qai par la dé^ 
eomposîtion se convertit en une terre rouge, h^ iinùfk ât$ 
trouve dans les mioea : lorsquilt est* terreux on peut croire 
qn'îl a été l'un àe% anciens ànopis: £n général , ks quars ru- 
bigineux, tel que l'eûen^wM/ , donnent, par là décomposition , 
nne terre oclureuse. (ln.) * ' 

SINOPLE ou ZINOPEL. On a donné ce nom, eft 
Hongrie , k une mine d*or\ qui est orAnairémenl niâiée à^ 
gaiène et de hieade , qui a pour gangne un ^ukrt rmgë trè^f 
ferrugineux. Ce minéral se trouvé principalement dans \à, 
mine de PacherstoU, près de Schemnitz , dans là Haute-^ 
Hongrie. 

Ou trouve , an Calrariberg , ^ est aussi dans te voisinage 
de Schemnitc , un qvarz rouge qui contient dix - huit pour 
eent ait fer ^ mais point d'or, et que , pour celte raison , eu 
pomme smopie slérile, V, Or et Quaex hyalin rubigineiix $/*- 
1IIMP& , voL 18 , pâg. 44 ï- (PAT,) 

SINOUIRA. r. CiNotJiu. (lîi.) 

SLN-SAN. Nom japonais d'un arbre décrit li ^article 
Skimmi , et qui est yulgairefhent appelé , au Japon > Mija^ 
3iBA SKiMMi , selon Ksempfer. Il ne faut pas le confondre 
avec \eskimmi proprement dit , qui est Vank éhUéwk la btn 
éiane {lilidum anisatum ^ L.), et dont le genre est appelé 
JSuMMi par Âdanson. (li9.) 

: SmSARATL F. ScHBRu^sGaù»nA. (cK.) 

SINSIGNOTTE. C'est , en Lorraine, le Pm des buis^ 

îâONS. (V.) 



s I O «o§ 

: ^SINSIGNOTTE (ûàà«te). C'est, *««fepàyt.Mcwîù^ 
h Pi^i ROUX oa la RèussEUNfi. {y%) 
SINSIN. Nomiitt PinàQuc, à ia Chmé , ipeloti le Père du 

: SINTER ^ei Athmacds. fis doèÀefil fropremem ce nom 
ii»c ogfkréttom; inais comnNiëtnem lés minërarlbgistes en-f 
H^eni i^ar skiUr tes concrétions cêfoàkts , la Aktsni carbb- 
Italie ^ fbrevtt è^ concrétioonée ^ enstéÊiûci^y etc. Le klésd 
iiMier(sUi€i oon^Mofmé) ^ éii k ^arz llyaliii conçrétioDîié 
Ihemàgèàe ( V, cet article « vol. nS, pig. 45 1). iQmelinè 
oûmùié ânier^uatx un quarz hyalin amorphe, (LB.) 

$IN-TOO. Esfèœ de chèvrefeaHle qai croit an JajKm ^ . 
où elle est égalénéat nbanoée itiVifoo. Ce^ le hmicera japdr 
nica , Tiiàah. (uf .) 

. S1NU4C0TAI. Nôtnfapbnalft, d*ane espèce de CHALCt 
( Ehutgntts pwègem , L.) ^ ^ porte phis communément au 
iikf9n , le nom à^ukin^omi . (ltt.) 

irlOÛEl-f^IGE des Japonais. T.^Moi^no. (lh.) 
SiOMGA. S#rie de trèa^ûs Sauxùns qu'on pêche danè 
Uê rlwiëreé ds Kaàitsdiatka. (B.) 

SION ou filUM. Plante aqnat^ citéttf p^r Dioscoride et 
par Pline. Selon te {nremier aute«r y te sion ëtoit une herbe 
blanche , grasse , droite , garnie de larges feuilles odorante^ 
âeô)ft>lables à ceUes dé Tadie , mais phis petites. Ou la man- 
geoti cuite et|:rne, à reffei de ro«ipre les calculs àt la vessie 
et de provoquer les urines ; elle étoit diurétique et emména-^ 
gogue, Âioècoridè fait , observer que quelques personnes 
fiommcat sion Tcspèce de ià^mbfhitn apneiée cardtaftine. 

Le mnéUniy suivant Pline, une herbe sauvage qu^on 
maageoit. Elle croissoit dans Teau , et portoit des feuilles 
plus larges , plue épaisses et pins néires que celleè de Va- 
piiim. Elle donnoit une grande quantité delgraines , et avoit 
ie gôùt du cardàmae. Cette herbe mtingée , oti sa décoction , 
âu sa grûné prise dans du vin, étoil diurétique, emménagogùe 
et propre à guérir les maux de reins et à briser la pierre. 
L'on laieoît disparottre les rousseurs du visitge et on em- 
belliàsoit la peau de la figure en la frottant la nuit avec 
cetteherbe. Pline ypporte encore d'autres propriétés Ansion^ 
<|ui Tont présumer qu'il a confondu ce que les Grçcs ont dit 
du sioà et du càrdàmlnê. Quant à la description delà plante». 
eUepardît d'accord avec celle que Dioscoride a donnée; mais 
ni l'un ni l'autre n'ont entendu parier àasium de Cratevas^ ce 
dont prévient porilivement ibioâcoride , en rappelant que le 
^tar?! étoit une plante branchue , peufeidllée , à feuilles rondes^ 
phis ^andes que celles de la Menthe, noires et pareilles^ 
celles de Veruca» Ce sium de Cratevats estlc trèsson de fontaine 



5t& S I O 

(sisymhrium nastiirdum) ou le cariamine que PKne a conFou j[tf 
avec le sium^ et qae Dioscorîde dit se distinguer du rrai sîbiré 
Pline dit dans un autre passage , que le laoer qui crott le long 
des ruisseaux , mange cuit ou confit , est souverain contre les 
tranéhées de Testonoac. On soupçonne que ce laoer et le Trai 
sium sont la mânie plante. Il ne faut pas le confondre avec 
le laser ou laserpitium des anciens. V, Silphion. C'est an dum 
Mngustàfolium que Ton rapporte plus particulièrement le sium 
des anciens. On a cité également le veromca bêccabunga;maâs 
cette opinion n'est pas soutenable. On lit dans C. Bauhin 
(Pinaz) qnele jibn tire son nom d'un mot grec t|ni signifie va- 
cillani, balhité^ sans doute parce que le sion étoit ballotté par 
les eaux. Il ajoute : Peut-être ce nom fait-il allusion à la verta 
qu^a cette plante de briser la pierre. Chez les modernes , le 
nom de sion ou son synonyme latin siiim a servi , jusqu^à C. 
Bauhin , à désigner peu de plantes ; savoir : le dum angussU" 
folium ei lati'folium ^ le'cicuta virosa^ L. ^ quelques espèces de 
sisymhnum tiàtveroniqwe; puis il a été donné encore ^ quel- 
ques plantes ombellifères du genre sison. Toumeforta établi 
un genre sium qui comprenoit une partie du sium de Linnœus 
et une partie du sison du même auteur. Linnaeus comprenoit 
dans son genre sium Une partie du sium^ ainsi que le sisarum 
de TouKïiefort. 

Ce genre sium de Linnaeus a été diversement considéré 
par les botanistes ; beaucoup ne lui trouvant pas de carac- 
tères tranchés, y ont rapporté le sison , L. Roth , qui est de 
(:ct avis , y place aussi quelques espèces de sesdi et Vàpium* 
Moench y range le peucedanum silaus, etSprengeldes espèces 
de bufuum. D'autres auteurs pnt cru devoir faire de nouveaux 
genres à ses dépens, tels sont : i .^ hedrepanophyllum^ Mœufth^ 
ou pnonoù's^ Delarb., fondé sur le sium,faicaria ^ L. ; a,^ le 
critamus d'Hoffmann , qui a pour type le s, cicuiœfoiiuki ^ L. ; 
3.<* le kunémarmia , Scop. , où vient se ranger le sium siculum*; 
et 4*^ le sisarum deTournefort, qui se trouve rétabli par Adan- 
son, et qui comprend le sium sisarum. V, ces articles et Berle. 
Adanson, qui tient séparés le sion et le sison ^ donne pour 
synonymes du sion de Dioscoride , et sous l'autorité de ce 
naturaliste , les noms de daris , darion et làauberde, (LN.) 

SIONG-CHU TOAO. Le Nymphantede Chine (AT/iif. 
phantus chinensis , Lour. ) porte ce nom à Canton, (ln.) 

SIOUANjNA-PORA-TALI. Nom indien delà Crinole 

A LARGES FEUILLES. (B.) 

SIOURÉ ou SUVE, Le Chêne liège et son ÉcoRCEt 
en Languedoc, (desm.) 

SIOUT. Les habîtans du Kamtschatka appellent ainsi 
TOtarie liqn mar^n. (s.) 



s I P 3ir 

SIPANAOU. Les habitai» de la Guyane nomment ainsi 
un arbre quHlh emploient pour faire des canots , et dont le 
bois a la pronriété de causer des démangeaisons à ceux qui 
s>n frottent le corps. On ignore k quel genre il doit être 
rapporté, (b.) 

SIPANE, Virecla. Plante à tiges nombreuses , cylindri- 
ques , noueuses , hautes de deux pieds , à feuilles opposées f 
lancéolées y aiguës, rudes, entières, et accompagnées de 
deux stipules latérales , à fleurs en bouquets au sommet des 
rameaux , qui forme un genre dans la pentandrie monogynie , 
et dans la famille des rubiacées. 

Ce genre offre pour caractères : un calice tnbuleux , strié, 
k cinq divisions et à cinq poib intermédiaires ; une corolle 
monopétale , insérée sur un disque charnu et divisée en cinq 
lobes ; cinq k six étamines presque sessiles ; un ovaire demi- 
inférieur , couronné du disque et surmonté d'un style terminé 
par deux stigmates ; une capsule enveloppée dans le calice , 
composée de deux coques aplaties d'un côté , convexes de 
Fautre , qui s^ouvrent en deux valves, et contiennent uo^ 
grand nombre de menues semences. 

La sipane se trouve en grande abondance dans les sa-- 
yanes de Cayenne. On s'en sert en décoction dans les gonor- 
rhées , et pour laver les ulcères, (b.) 

SIPARUNE , Siparuna. Genre de niantes de la monoécie 
^candrie. Il a pour caractères : un calice k quatre divisions 

f presque rondes ; point de corolle ; quatre à dix étamines dans 
es fleurs mâles , insérées sur un disque velu ; un ovaire pres* 
que rond , k style terminé par cinq stigmates dans les fleurs 
femelles. Le fruit n'est pas connu. 

Ce genre ne renferme^u'one espèce. C'est un arbrisseau 
ik rameaux noueux , k feuilles opposées , ovales , entières et 
mucronées , et k fleurs disposées en bosquets axillaires et 
yerdâtres. Il croît k Cayenne. (B.) 

SIPÉDE. Nom spécifitue d'une Couleuvre. (B.) 

SIPHALE, 5i>Wii5. Genre devers établi par M. Bafi- 
nesque. Ses èaractères sont :^orps oblong, cylindrique^ 
mutique ; tète en tube. 

Ce genre ne renferme qu'une espèce qui vit dans la mer 
de Sicile ; c'est le Siphal£ brun, (b.) 

SIPHNIUS LAPIS. V. Serpentine ollaire. (ln.) 

SIPHON. C'est un trou ou tube prolongé , et se conti- 
nuant au travers des cloisons des coquilles chambrées. Les 
IfAUTiLES f les Ammonites ont des siphons, (desm.) 

SIPHON. Espèce d' Aristoloche, (b.) 

SIPHON et S^lPHpNlON. Les Grecs donnoient ces 
poms^à une gramhiée , qui est ^dit-on ^ ïagrosUs ou Vœgylops 



ae broscoride ; on la ra)p^orte m BroMe SEiétur^ ^ ï^- 
«BdsTiBfi DES cbaMi>s , tt tnéttie à d'antres plantes ; té qdt 
prouve qde noas ne connoissotià péS le siphon ôeH'GtetÈ. (lk.) 

SIPHONANTE, SrphonarUhus, Genre de plânte5 de fa 
tëtrandrie monogynie , et de la fainille des verbénacées , dont 
les caractères consistent : en nn calice ^évasé à cinq divisions 
très-profondes ; une corolle hionopélale infandibtilifdrmè k 
tiibe très long et à limbe divisé en quatre on cinq lobe^ ; quatre 
étamines saillantes bors in tube ; quatre ovaires snpénears»' 
du centre desquels part un long style à stigA^até siin^lë àû 
bifide ; quatre baies monospermes. 

Ce genre, fort voisin des Péracus, renfermé deux plantes 
k feuilles opposées , lancéolées et entière*, et à Bënts pànftées 
den^ ou trois ensemble sur des pédoncule* axillaîres. L^àne ^ 
la SipnonANTB D£ l' Ii9D£ , a la corolle régnlière et le stigânaté 
shhple , c'est TOviÈOE de Burmann; l'antre , la SiphôîïaN'i* 
A l'EuiLLEs AIGUËS , les à bilabiées et bifides. Ce so^Al de* 
liantes remarquables par là longueur de leur càrolle , mais 
M lesqt:elles On n'a adcnne ùôtion particulière. (^.) 

SlPHONANTtMUM , fl'Ammaù. C'est lé rtéme 
genre que le siphoHanihus ^ de Linnœus. V' Silm^AïîtE. 

SIPH ONGULÉS, Siphunculàià. i'avoîs dé*îg«é àin^l 
àne famille d'însectes, de l'ordre des diptères, emn|)Osée 
des gcnt^s Pangokie et NÉto:sTRiNE; mais lès rapports na-*^ 
fdrels placent le premier dans le toisinage des iadns^ éf 1è 
second près des anthrax , genres appartenant h deut division» 
on sOus-familles. F. les articles AistHRACiÈNS et Taôniéîi& 

SIPHONIE, Siphonia. Nom floÉfùé par Scfarëber au 

Senre appelé, long-temps avant, Hevé , par Abbtet. C'est 
ans ce genre que se trouve l'aAre qui fournit le Caôùt-»' 
CHOUC du commerce : il est figuré pi. JP aa de ce Bîfctldâ^ 
naire. (n.) • 

SIPHONOBRANCHES. Fainille de moHtfsqnè» gas- 
téropodes , ^ui renferme les%estàcés ii deux teiitaclf leà , et ë 
coquille écbancrée ou prolongée en un canal , ^o#r l*ècë^ 
toîr un siphon ptopre à la respiration. 

Les genres qui appartiennem à cette failrine s'ont : TuM-» 

BINOLUER , PLEUROtOMlEft, CeRITIER j BioRl€lEfl , Bt/éfel- 

uiER , CoNiER , Pourpier , Colusibellier , OtlVE'tlÉfi , 
Nassier, Cï^tiiiitR , VîssiEK et VolUtier. (6.) 
• SIPHOKOSTOMES. Faipifle de poissons totrodttire 
par Duméril , et dont lés caractères sont 2 Poi$sônï Ofiétux 
abd(}minaux; à brancbiés complètes ; à corps àrrôUdi et 
|iylittdric(ue ; ^ bôûcbe à Tcxtréitiité d'un ion^ IMtfea^ - 



ÉlSTULAIRE et S0i.«rN061OAE. (B>) 

S1PH0R1KS .Sêfiht^Hi. Pamiifo d« riii*4n ii^s Oi6Baux 
]$iiQSO«^s tft à« U ttitm 4eâ Atéléoi^oMs. ^of è2 cm mmê; 
Àtféri^fés ^ yt)$^ f rcrsqûe à l^4uHibr«éitor|^s-; jAilibêft en 
paniènu^ ; «tfrsêi réfkîii^s ^ if^& ^oigu diriges e«i atâM ^ 

Efl|flié3 >, t|^o%térîëâf tral s ^ T^i^lacé |rirr «n OMgle sM^lé ^ 
ec phiâ M wôîiK loftf ^u% ïà télé > «offipôsié ^ «mief , tma^ 
prtof0^«fâtem»i ^ dmh*%û i«€6â>bé à é« )^iiu ) iiârkies 
ttttolM«s s jilAëlteft €tliet la ft^âpaM. i 

qAHI dîk 'f feè!<ethl>lë^ beàdfcOup à Certains piAypïtrs. 

KJe girtire Se l*à|rpfôfché Surtout de eeloî ^u'il a|y(>elKï St*- 
PHYTUS, F. cç iilbt, et il *'en difRrre qtre parce qtÎMl pré-r 
i$«i6te be^Atôo)^ de ttArès j^latéis ïtïr uti trèàc tommiiù. ^ 

Le 'Siphofùà àtièMus à 1è frôAô siiViple , ttëthètit , le^iubéjf 
Aet^êi^ , i^é&silès , blànctiâtrèà avee rouvèrtaris entière. 

Le oipliôrusjascicûlatus a Te ^ronc presque rameèx > leà' 
iaWs épars , presque fascicules et pédoncules , avec l'ouveir- 
iure garnie de nombreuses Aents aiguës, (desm.) 

SIPHOSÏOMA.<;enredepoissonsforfiié parRafinesque 
Saïahz^ aux dépens des Syngnathes. Il !• caractérise ainsi : 
une nageoire dorsale ; deux pectorales ; une caudale et une 
anale» Ce^enre contient une seule espèce de Linn. ^ le Syg- 
nathuspelagicus\ mais différentes espèces sont confondues sous 
ce nom par/iei avieors, et M. Rafinesque pense qu'on en 
peut distinguer cinq^auxquelles il donne les désignations de e 
I. 5. acus ; a. S.faseiaia; %. S. nùeh' f 4» ^' cënlkûama; et 
5. S. capensiê. La preipière eM la seule qui se trouTe s«r les 
c6t,es de Sic«le. (fifiSM^) 

SiPHYtUS. Rafin«sq«e Smaîitz définit ainsi un genre da 
plantes marines , qu'il dit avoir observé sur les cdies de Si- 
çÙe : corps solitalt^ ^ coriace , tabuleux ^ avec A'extrémièé 
Hbre ^ i>uverte , et la fructification dans le fonB du tobe^ 
Cette fructification tesl composée d'une chair ou gelée , 
dans laquelle sont éparses des semences visibles par lô 
secours du microscope» qui a beaucoup de ressemblance 
avec cenains animaux 4e ù classe des polypes , et particu*^ 
Uéreadent avee le genre êùcoàon du même auteur. 

Le Siphytos oheonkns est presque pédoncule y ajldngéi» 
câàipanolé, lisse ^ Uahtcfaâfre ; à bsse jawe | à ourerWr^ 



3*4 S I Q 

LeS^yUtshêacoêonesisessXle^ allongé, campanule, lisse, 
janne ; à ooveitare garnie de six dents aignës. 

Le SiphyimfiXfarmis est sessile , allongé , filiforme, lisse , 
îaone, arec la base blanchâtre et Toairerture entière, (desm.) 
' SIPONCLE , Sifmnadus. Genre de vers radiaires , dont 
les caractères sont : d'aroir on corps allongé, cylindracé, na, 
arec un rétrécissement cyUndrioae , qui contient une trompe 
papilleose , que Tanimal fait saillir et rentrer à rolonté. 
; Les espèces de ce genre sont connues depuis long-temps , 
car Rondelet les a décrites et figurées ; cependant on est fort 

Îeu instruit sur ce qui les concerne. Ik ressemblent beaucoup 
un gros Lombric , mais ils sont bien distingués de ce genre 
par lear trompe rétractile , couirerte de mamelons. On les 
trouve sur les côtes où s'amoncèlent beaucoup de déjections 
de la mer , dans les étangs d'eau salée , sous les plantes ma- 
ijnes et les pierres , vivant , comme les lombrics , de terre 
mêlée de détritus d'animaux et de végétaux. 

Lamarck a placé ce genre à la suite de celui des Holothu-^ 
EIES, quoiqu'il n'ait pas le caractère de la classe, c^est-à^dire 
des tentacoles, autour de la bouche; mais Cuvier qui, depuis, 
a disséqué une des espèces , a reconnu qu'en effet leur orga- 
xiisation intérieure se rapprochoit beaucoup de celle de ces 
derniers. On ne trouve que de la boue liquide dans leurs in- 
testins. 

Le SiPONCLE KU a la peau tendue, et le Sitoncle ensaqde 
a la peau lâche ef le recouvrant en partie. Ils se trouvent 
tous deux dans les mers d'Europe. Voy» pi. P , lo. (E.) 

SIPOOT BILALO. Nom malais de la PoRCELAUfE 

TIGRE. (dESM.) 

SIPÔÏ SALOACO etBIA SALOACO. Noms malais 
de r Ovule œuf. (desm.) 
SIPUNGULUS. V. SiPowcLEs. (desm.) 
SIPPE ou^ITTt. Nom grec de la Sittelli. (s.) 
SI QUA. Le Melon-d'eau ou Pastèque ( CucurNla o- 
indlus')^ porte fce nom en Chine où il est cultivé, (ln.) 

SIQUE , Sicus. Scopoli , dans son Ruômologie de la Car- 
mole^ avo^ donné ce nom à un genre d'insectes de Tordre 
des Diptères , que Fabricius a depuis appelé myope. N'ayant 
pas fait attention que ce nom de skm devoit être préféré , à 
raison de son antériorité, à celui de myope ^ je Tai appliqué 
moi-même , et à tort , à un nouveau genre , voisin de celui 
des «m/Ms , formé des insectes que Fabricius avoit d'abord 
nommés musca cursUans , m. cimicoîàes , etc. Ce naturaliste a 
depuis consacré cette dénomination au genre que j'avois ap- 
pelé cœnomye et adopté celle de iachydromia, donnée par M. 
Meigen à mon genre sicus. J'avois eu l'idée de le supprimer 



s I R 3i5 

et de^n^en faSri qa^ime divisio^pdans les empis. La force Ats 
caractères m'a cependant contraint de revenir sûr cette ré- 
forme , eè de rétablir les siqucs dans le sens que je Tayoîs 
d'abord entendu. Si l'on- vouloit être jnste , il ^udroit ren-^ 
dre ce nom aux insectes que Fabricins appeHe myopes , ap- 
pliquer la dénomination de tachydromye à ceux dont j'arois 
fait des siquês , et ne voir dans les insectes que Fabricius dé» 
signe sous celle-ci^ que desasnom^es^puisque je les avois ainsi 
nommés le premier. Mais comment réparer ces désordres 
de nomenclature , sans bouleversemens plus grands encoref 
Jusqu^à ce qu'il y ait à cet égard un jugement irrécusable , 
je dirai que les insectes dont je forme le genre^SiQUE, ap-% 
partiennent à la famille des tanystomes, tribu des empides, 
et qu'ils ont pour caractères : suçoir de plus de deux soies , 
reçu dans une trompe courte j saillant^ presque conique ^ 
en forme de bec ; antennes ne paroissafll que de dem arti^ 
des distincts 9 dont le dernier en forme de pointe , avec une 
soie longue ; palpes avancés; forme des empis^msAs tété plus 
grosse ; corps moins allongé. Les sigues courent avec vitesse 
sur les tronc des arbres , et s'y nourrissent de proie» 

L'espèce la plus commune est le Sique cimicoïde, TVidkjr- 
dromya chmcoideSf Fab., probablement la mciuc^^ arrogante de 
Linnaeus. Elle est très-petite, noire y avec deux bandes noires 
3ur les ailes, (l.) 

SIRitiVlANGHITS. Il parott que c'est le Râyensera. 

(B.) 

SIRàPHÂH. Nom arabe de la Gieafb. Voy. ce mou 

(&) 

SIRÂT. C'est le murex sulcaius de Linnseus. F. ma mot 
BOCHER. (b.) 

SIRE. Nom du Sch^enanthe » à* Java, (b.) 

SIRËA de Romphius ( Amb. 5, t. 7a , f. a). Cette 
plante est rapportée par Adanson à son genre Schcenan-* 
THUS 9 où il place Vanéropogon $chœnanthu9* (i*N.) 

SIRÈCE , Duméril. F. Sirex. (desm.) 

SIRÈNE. Ce nom rappelle toutes les fables charmantes 
de l'antique poésife. La beauté , la voix harmonieuse, les 
louanges enchanteresses de ces filles deia mer , ont été cé^ 
lébrées dans l'Odyssée par le vieil Homère. Elles avoient un 
corps de femme lusqu'à la ceintpre ; le reste se terminoit en 
queue de poisson* 

DesÎDÎt in piscem mulier formosa supernè. 

HOBAT. 

J>es dissertateurs ont prétendu^ au contraire, qu'elles avoient 
des ailes et voloient comme les oiseaux* Les anciens natnra*r 



3i6 SIR 

listes, fort tféfyAts , prenoi^ di la lettré ces' créations iiiri^ 
tasU(|iiesd«,rjmagtfiaiioà despoeles* PBae parie âérieti»e»eot 
4e âirèites prises ée toa tem^. Aûjovrd'iiài , mjrmphesj ^iWmc», 
ItMom ^ q«l pieuploieiU Temptre des mdes dans ces ancien» 
)oars9 ne sost ^Aus-poor-ncnH que des bétesi» des vemac-moHns 
^ik phoques. Noos faisons de tes diviatiés aotant iA'abimâm , 
à ta manière des Ëgypitens y qnoti|ae nons ne ies adori6iif 
pas cooiflie eux. V* k nsot HoUMB-iiAniK. (viàsT.) 

SIRÈNE, 5«nDnwAfiÎHialia«erniëdUiirt entre les sa«ritns, 
1^ J»Atracîefi3 et \^ potsaons , i)m fbroie un geni^^ dont te» 
cacàCières consistent ; à avoir nn eorps arllongé et rev6tù 
d'écaiUee ; denx pieds «1 doigtsgarna d'oo^ei ; de$p6vnioné 
^t des ouïes% 

Cet «Minai ^ ntmarcpuMe sons ^pkaneors rapports vflA 
treuré pour la prea^re fois par iiarden , dans ta C«i^olfno 
Bfiéridtonàle C« nMecin Tenvoya à Linnaos , i|m le prit 
dr'abord pour èa larte d'une salamaindi^ v 4^^ en«iî«e le ^^> 
daèa «n nonrei ordre , iinii|ueinràt élaibh ponr loi , sous to 
•om A'^amphMa mumtes. 

Depuis, Camper et itimeiin Vctai placé parmi tesp6i»oniv 
te ^^ier coimue genre , le »ec€«d cowiaus espèce, dans le 
f/^nct ées Mv^àNES. V\ ces mots. 

< Aofomnd'tnil on est positiTemeat ecrtnhi ({ne la sirène n*est 
pas une larve, c'est-à-dire, qu'elle ae change jamais èe forme. 
ïitle resBèimlie alsez knme angnîUe. Elle a> coàiille elle, 
unén^embrane adipeuse sans rajons le long de la queue. Sa 
têtie eAlégèremftlïit^bmprimée'; èes yoot^nt p^tit^ , et d4ns 
la 'm&me position que ceux de I'Anguille. ( F. ce mot. > 
lia i^onchè est petite à Proportion do cot^s , et le oaAaîs , de 
même que le dedans de la mâchoire inférieure , eist f^AtiA de 
plusieurs rangs de petites dent* aiga^ La pean, noidyire , et 
eomièe cliagrioée , ^st cott^i^e de petiies écaîUes déforme 
et deigrandenr àiiïêteni^s , setoi les diverses parties» iu^corps 
où elles sont aippliq«é^. Deux iî|^s distinctes ^ formée^ dé 
petits traits blancs , t^éten AèiH Mr h& b^és àa. corps ^ depuis 
les pîêd» jDUKjpilà ik qmeae. Les pied» SK)nt placés en avant , et 
mènis ^ qiàm dbi|tâ ongoicuiés. • 

CttViel*^ quia fait Tanatomied'uite sirène ^ a vu : i.<» fpfe sà 
hngoe «st OMèose , «t pbrie , tomm^ celle des pâmons , do 
cbaqne oiftié , tpjAD^ osselels dteMpi oirctttàicieft , pour soâteMir 
les ouïes ou branchies qui sont bien apparentes en deAiors v 
2.^ qu'au milieu de cette langue de poisson, est un vrai la- 
rynx de reptile qui descend dans àas poumons très - longs ^ 
et semblables à ceux àed salamandres ; 3.® que le reste des in- 
Ici^titis tessembie «mmsI t^âiN^^oaj^ à cent d^ te^villés ; ^.» é«s^ 
im ,^oe tel MîAvsl eki l^qtiie h s^ol qàl $fAi VérttU* 




1 



ti\f/<///ia^t£//x* ifoi/Uiae'e . 
tftt/€t/ntifn/re /fiarôre'e . 



'S. 
jj. 



Jti . <f*/e//fo/t orùivu/atre . 






& I-R. % 

aœphi&Se^ puisqu^ila ciMii4iAé4^rti)^s^e» orgiincs jiropres ,^ 
respirer l'eau t et ceux propres à respirer l'ai f.. ** 

Lem^aie Cayîèf^^afifs onedissertaiion imprimée panoHes 
cdbsevralipi)9 de «ooioei^, faisant soi te âtfVojràge deflumbôl^t 
elBoDplând'daiis FAttiériqoe méf idtotiale ^Boas a fourni de 
]ioui»W£44^eto^pof|ieii!s -^stloWiiqaés sai^ la éirène^dérèiop^- 
pemeos dêsqaelsilrésaUe q«e cSsst bien certaîilifmienlittâ $nl«- 
roal^didie et parfait. Je ne pois qtie renvoyer à cette exc(4- 
Ifiole dissertation. ceux qisi voli^roteiil fagpér'de ia Batare*d^ 
preures employées pour faire disparaître les doutes -qi^i 
existoieiii à-cet éftardi ^^ 

IM trouve la sirène datis la Ca^oiide^soas les troncs d'aï*- 
brea abattus au miâiea deâ marais. Les habitans PappeUèirt 
ïauidguana. Sa lottgueur est de quarante ponces. llpài^èSt 

Îu'elie n^est pas aujourd'hui aussi commune aux env^rops de. 
I-kirleatji^ que du te^vps de Garden ^ ^^r je Py ai cherchée 
inutltoment pehd^nt di^'Kuit Dnois , et e^est On A^s objets con- 
nus, ddiit je désiroiile plus étudkries moeurs. V-. pi. f^. la ou 
elle est figurée* 

Uneaatre espèta la Sirênh ovERcui.Éfiy a ëtë ^^rjie 
jpàv j^âttaot B«aii(K>is/dai}S le quatjriè^e volume des Trânsac" 
ihm9 df ià Sôd^té fhilasùpM^ tk Phila^lphte ; maïs. Cuvier t 
idanr Ifi mémoire précN , développe Topinion qû'çlle est 
TAxoMU.!* , o'es^-à^ire ^ la larve' dhine groske espèce cjfe 
salamandre , probablement de la SAifAAtA'^rài^ t»tt Mp^T 
At^soANHYS^^ de Micftaux. (b.) 

SlRËNiA.: Itligev4 sous ee nom ,ferriie une famille de 
cétacés, que M. vGùvier adopte dans son Règnç animal. i et 
qu'il appelle Cétacés herbivores, (oesm.)^ 

SI&KXI Nom.g^nérique donné par Linhseuè , Fabricins , 
îMx Jurioe, aux insectes que Geoffroy appeHe urocè'r^: Ayant 
conservé celte derrière dénomination , j'i^vois apblîqu^ ta 

SieéàeMt à uù démembrement du genre sirex de Lioùdeus. 
.'étant aperçu qile cei changen^eSs de tioin ne faisbiént 
t|a'»nbroi^tte^ la science ^^j-ai coûveytî Ihcs drex en Gé*- 
PHUS. iK. ce tn0t. (L.) 

SlRGUERlTtO, ^^nflesnomsçjpaRûOlisdu CharIkxïS^ 

SlRI. Nom piémontais dû Grand Coq de BRCYèRiE;^. 
SIRI. SynonyJBfte de Pvivre Beteï, , à Java, (b,) ] 

SIRIÇOÂ, :^5pècç de Poïv^ç. (3.) I 

SIRICACH. Nom de la CRSS^iREitLii , k Narboorw . (vO 
SÏWROWA i^SJRlJrOUUM, r. Sirium. (4».) 
6IKINGA. F. STRwaA^(xif,) 
SIRIOÏOEà. rvStwuii. (m) i 



3i8 SIR 

SIRION , Sirium. Htmt de plantes t qui a été réuni aa 
Santal, (b.) 

SIRIRE. Nom de la SarceUiE , à Madagascar, (s.) ^ 

SIRIUM. Espèce de Poivre (^pipermalQmri) , qui croît 
dans TArchipel des Indes orientales. Le siriùoa est une antre 
espèce qui croît aussi dans Tlnde^ et qu'à Java, on ifomme 
sin-po(^^ d'après Bontius. Au reste , dans THerbier d'Am- 
boine^on trouve une dizaine d'espèces de poivre, indiquées 
sous les noms de siriboa sirifoUa , siiifoUum , siriotdes et sirium. 

Le sirtfolia compraod deux espèces , dont une est peut-être 
la même que le piper malcuniri ; et la deuxième , nouvelle ; 
le sirifoiium est, dit-on , le p^r longum ; le sirididesest in^ 
connu ; enfin , les sirium , au nombre de six , paroisssent près- 
que tous nouveaux : ils comprennent les piper mesihieum. et 
cecumanum, (ln.) 

SIRIUM. L'arbre qui constitue ce genre est figuré dans 
les Plantes du Coromandel , par Roxburg , tom. i , tab. 2. 
C'est le Santal blanc ( son/o/nm album, L. ). F. Santa* 

LIN. (LN.) 

SIRIUM ou YESTIUM. Prétendu nouveau métal qne 
M. 'West de Gratz croyoit avoir découvert dans le nic- 
kel arsenical de Sch|^ming en Styrie , mais qui, d'après le 
D. Wolia8ton,se trouve être composé d'une grande qusmtité 
de sulfure de nickel et de cpbalt , d'une petite quantité de 
fer et d'une trace d'arsenic, (ln.) 

SIRLI. V. l'article Alouette , tome i. page 375. (y.) 

SIRO. C'est, selon Adanson , un nom françab de la Ter- 
AE-NOIX (^ bunium bulbocasianum , L. ). (LN.) 

SIRO. V. CiRON. (DE&M.) 

SIROCO. Vent dusud-est , qui , dans la partie de l'Afrique 
voisine de la Méditerranée , est tellement brûlant , qu'il tue 
quelquefois les animaux dans l'espace d'une demi-heure. 

Les îles de Malte et de Sicile sont aussi tourmentées par 
ce terrible vent, qui, malgré son trajet sur la mer , conserve 
encore^assea^ de chaleur pour faife monter subitement leiher- 
momètre jusqu'à 4o degrés (JR^aiim. ) , ainsi que l'ont obser- 
vé Dolomieu à Malte , et Brydone, à Païenne., où ce der- 
nier se trouvoit en juillet 1^70. Le 8 de ce mois , le sirocê 
se fit sentir dès le grand matm. « A buit heures , dit Brydone, 
j'ouvris la porte sans soupçonner ce changement de temps , 
et je n'ai jamais été plus étonné de ma vie : je ressentis tout- 
i coup sur mon visage une impression pareille à celle qu'au* 
roit faite une vapeur brûlante , sortie de la bouche d'un four; 
je retirai ma tête et fermai la porte, en criant, à Fullarton, 
que toute l'atmosphère étoit en fi^u. » Il ajoute qu'il porta 
le thermomètre en plein air , où U monta presque aussitôt 



SIS 3ia 

& IIS degrés (Far., environ 3g degrés , Réaum.'). Cette. chaleur 
étonnante dara jusqu'à trois heures de raprës-midi , où le 
vent tourna au nord j.ei changea tellement la températurey 
qu^on éprouva sur-le-champ une fraîcheur excessive. 

Pendant le siroco , aucun habitant ne sort de chez lui , k 
moins d'y être forcé par la nécessité ; leurs portes et leurs 
fenêtres sont très-bien fermées, pour empêcher l'air d'y en*- 
trer ; et lorsqu'ils n'ont point de volets , ils suspendent âtB 
couvertures mouillées , en dedans des fenêtres. * 

Quelque incommode que soit ce vent^ par sa chaleur dé-^^ 
vorante , il n'a jamais eu d'influence funeste sur la santé des 
habitans , et quelques heures de tramontane ou de vent du 
nord, qui pour l'ordinaire lui succède , suffisent pour rendre 
k leur corps toute leur vigueur première. > 

A Naples , au contraire , et dans plusieurs enAoits d'Ita-^ 
lie, où il est beaucoup moins violent qu'à Païenne, mais où 
il dure plusieurs jours et même plusieurs semaines « il produit 
nn abattement total dans la machine , et cause souvent des 
maladies putrides. A Malte , il opère à peu près les mêmes 
effets. (PAT.) 

SIRONI. On donne ce nom à I'Acmelle , à Java, (b.) 

SIR^UIR, Jnas sirsuir^ Lath. Ordre des Palmipèdes^ 
genre du Canard , famille des sarcelles. ( r. ces mots. ) 

Cette sarcelle, à laquelle les Arabes donnent le nom de 
sksoir^ a le sommet de la tête brun ; les plumes du dos et 
les seize pennes de la queue ^ de même couleur, et bordées 
de blanchâtre ; la gorge et le ventre blancs ; le dessus de 
l'aile brun ; le miroir partagé obliquement de vert soyeux 
en dessus , de lioir en dessous , de blanc en devant et en 
arrière ; quelques taches brunes sont sous la ^^eue ^ qui est 
courte y étagée et pointue ; le bec est de couleur de 

Îlomb ; les pieds sont gris , et les membranes àts doigts 
»runes. (v.) 
^ SIRTALE. Nom spécifique d'une CoutiuraE. (b.) 
^ SIRULE. r. SiLUEE. (s.) 

SIRUM. Rumphius figure sous ce nom le Poiyee a ner- 
vures RÉTICULÉES ( piper decumana , L. ). (b.) 

SIS o^US. L'Hirondelle, en hébreu, (s.) 

SISAMITiS. r. Sesamum. (ln.) . * - 

SISAMUM. F. Sesamom. (ln.) 

SISARON des Grecs, et SISER des Latins. Ces noms 
sont ceux d'une ou peut-être deux plantes , dont les anciens 
faisoient grand cas. Dioscoride ne dit que deux mots sur le 
^isaron. Suivant lui , c'étoit une plante assez connue ; sa ra- 
cine avoit unbon goût étant cuite; elle étoit stomachique, diu- 
xé^que et excitant l'appétit II ne dit rien autre chose sur cette 



Ô:iO SI S 

^1^0, Plîn^ïif d<<îrît pas wnpU»^ h4^r; i^^ ^ pa^^ ^ 

qui en 6|Lm)U v^nir 4'Alli|n»3»gnfi g<)||i; s^ t^W^. N^PWH^ r^^g- 

Î)Pft4rwp paf pe q^ P\m M (h ù çul^r« 4^vf<'i#tYm. Bfous 

est vraiment le ^«fr 4^ FUn« , ^«, Ip ««o^if 4^ Pipfw;qf;%|^ 
4H« twi eo penchant pour, il q'os^ pa» a^vir^r «^ Tiiapf^e- 
Ifmt^U FslI^ow ot^ervfr que l'po prpi^ cettf pl^iimf. Qfigi9#îii^ 
d« U Cbinfi ; <lopç ppq^ Pje pQurrippf alfirip^r l'fj^fg^m^ 
iift UMihiQl^ Uqy^lk o'^pit p«^ ç^ll^ 4'(¥i gr^ pq^Jn^^ 

de botanistes. La plupart do i^fs CQi^t^uipQrfî^^ t ^t f^f^Pll^ 
qufl ce fûf le paPab , «pire mr^^ , f ^bw Cpippi^a , 
^i pe pQuft p«ro|t pa$ tppjpars. bem^«^ i^m j»f 9 v^BpfP<M^ 
WMUB, Il çsl powible q»« l« ^W^fi d«3 Orr^c^ difc ^M l^ ii^<t- 
<^ d^A Urieptôw ipéfffmçc^di^^fff, Vf^i. ). C^i4e 4^1^^ 
sièrt plant« ^ncit^pt<» ^^ apbrodi^i^quç , uçut» 4>i|Uipt^plA^ 
être le sisaronàes Grecs, que Opion et Oiocl^^,, cîtji pftf 
Pljne, attribuçol m^'^rqnlf^ m^f^^^ ^IPAHU^. 
, C. BAtthm., V. ÇQrdp^ , J)o4on<^ , C^wJpîp » Toiirqefort, 
Adapsoo, eefip, pre«qii^ toi|3l9f i^PUpifllfs p'pPip^.b^ 

Mise, en aytpl U plupart 4Pe ppip^op.plpK ê^r^^ïy^y^p^ 
«elle de Uaubialiî* C B^phÎA Ppypnit «uifiwi jfvjimi v U 
ucacoyi; slsên$m d€4 A(IUn(i^4f $h C^l^vi; «t Tabnmfir 
monuinii», si^rum p4nimil» UBi^^^t^ ( ç0ii9QimiM». kaMg^ 
Limi. ). , 

ISops t«niiiner9iM cet urtîclp «p (îiMMt ^hf^w^ qo^ iJw 
irouve an Japon tme pl»pt« da m4me geire qpp le GaBiiirf 
( iwm simwm ) ; c'ert Iç êium. Nim:, tipii, , qui p'4 pa« l|k 
racîpe tubercuUfère , et qui nous paroît distinct 4a Chsa^vIi, 
annuel des «ut^ors mo4erpes le r^^pfpmenl commet rariét^ 
Suivant Loureiro, le cbervi eHcultir^p^ftottop. Shioe et 
en Coefainchine. ; n^a'^t^ii pAS voulu ptrl»r dp nind? 

Tournefort copsîdér^nt qp« Iç $Û4mfis($ng»^ L^diCTèpedos 
autres espèces par aes péital^ çannUwl^s , el 8e« ÛHrolocres 
et involucelLes à foliole» étroîief , «p 4 faii qn. pore dis- 
tinct, (ln.) ' * 

SlSiiRTOS ou&ISERTQS. MomqimleÊ Magei don- 
noient à PEavHG^UM das^aiieieo^, (lk,) 
, 3IâELLE. Un 4>eft noms yulgaires de la Grjvje, (yj) 

SISIËR de Plin«. G'est le Si^iMO» dç Dioifioride. K. c€l 
articU. Leftbotanistes om appliqué ce npfl» àdirersespiâ»te^ 
selon qu'ils ontcruqa'ellcsiétâiepl Twoeo aùir. Partiejppk^ 



SIS 3a^ 

i U CkKOTTE (^Jlaucus taiToUa )j an Panais et ao Crervi^ 
( Le 5i!s«r palustre de Dalechamps, est VœnoiUhe fiUpendof^ 

SISëKRE. Daoft Belon , c'est le nom de« la Grivs 
DRAINE, (y.) 

SISIMi\CA. Cétolt, sar la côte d'Afrique, l^nom du 
Glaucium des anciens, (ln.) 

SISIMBRIUM. V. Slsymbrium. (ra.) 

SISllS. V. SlZERlN. (s.) 

SI'SIN. Nom chinois d'une espèce de Cabaret qui pa« 
rott différente de Vusarum virgudcum ^ L. , à laquelle Ix>u^ 
Teiro U rapporte, (ln.) 

SISKIN. Nom anglais du Tarin, (v.) 

SISO. Espèce de Basilic ( Ocymum -cnspum , Thunb. ) , qui 
'troit an Japon, (ln.) 

SISON. Nom que porte , en Espagne , la petite Outardb 
ou Canepetière. (s.) 

SISON,5ûmi. Genre deplanm de la pentândrîe di'gynie et 
<9e la famille des ombeliifères , qui ne difTère des Berlk^ que 
parce que sa coilei%Ue universelle n'est que de auatre folioles , 
-et qui y en conséquence , leur a été réuni par la plupart des 
i>otanis(tes français. 

Les sisons sont au nombre de huit, dont les plus importans 
à connoître , sont : 

Le SisoN AMOMk , quà^ l^s feuilles pînnées et les ombelles 
droites. Il est bisannuel , et se trouve en Europe et en Asie 
dans les lieux humides. Ses semences ont une odeur aroma-- 
tique approchant de celle de Yamomef et sont connues chez 
les droguistes sous le nom de faux amome. On les emploie 
4ans les coliques venteuses et autres maladies de Testomac. 

Le SisON AMVi a les feuilles trois fois pinnées , les radi-- 
cales linéaires , les caulinaires sétacées et plus longues que les 
stipules. Il est annuel , et se trouve dans les parties méridio* 
fiaies de l'Europe , en Egypte et dans l'Orient. On Vappelle , 
dans les boutiques , amrm de Candie. Ses graines sont une àts 
quatre semences chaudes mineures qu'on emploie fréquem- 
ment dans les décoctions carminatives. U ne fadt pas les con- 
fondre avec celles de l'ommi ordinaire, qui a bien les ntémes 
vertus « mais à un degré inférieur. 

Il y a encore le dson inondate et le mon vertidUé , qui se 
trouvent assez fréquemment en France, (b.) 

SISON. C'étoit » selon Dioscoride , une petite graine 
qui croîssoii en Syrie y pareille à celle dn selihon, longue ^ 
noire et brûlante. On la prenoit en breuvage contre la mala^ 
die de la rate i pour provoquer lasortie de l'iirlne ;et des 

XXXI. 21 



8ai SIS 

règles aux femmes. Les Syriens en mettoient dUns les sauces 
avec du vinaigre et des courges. 

On lit dans VIndex de Mentzel , que le sison est lesinon ou 
sison de Pline ; le sison d'Égynet et de Galien ; le sinon 
d'Hippocrate ; le senon , siiion d autres auteurs , «t le petrose- 
Knon macedonicum d^auteurs modernes. Il dit aussi , d'après 
Tabernaemontanus , que c^étoit Vanonium des Egyptiens. Mais 
C Banhin ne parle que d^un sison, celui de DioKcoride j qu'il 
rapporte avec quelques auterirs (Ang. Turr, G^/i.,tab. Cam.) au 
nson amomium,L,j et non pas k Vœihusacynapiunt, comme Ta fait 
Lonicerus. Matthiole avoue franchement que c'est «perdre 
son temps que de chercher à déterminer le .t^n de Diosco- 
ride , le seul dont il parle. Adanson , qui est de Tavis de 
C. Bauhin , ne cite qu'un seul sison , encore celui de Dios- 
coride , et ne rapporte aucun des synonymes de Mentzel. 11 
est vrai que celui-ci les donne sur Fautoriié des botanistes 
plus anciens que lui. / 

Le sison amomum est le ^pe du genre 5/5011 deibînnaeus , 
qui a été adopté par Adanson , et qui étoit compris dans le 
genre sium de Toumefort. Beaucoup de i)Otanistes préten- 
dent que le sium et le sison de Linnaeus ne doivent former 
qu'un seul genre ; d'autres , au contraire , non-seulement les 
séparent , mais ils ont trouvé moyen de faire un nouveau 
genre à ses dépens : c'est le Schulizia de Sprengel. (ln.) 
, SISSITE. Nom donné à une variété de minerai de fer 
hydraté limoneux et géodique , plus connue sous les noms 
d'AÉTiTE et de Pierre d'Aigle, (ln.) 

SISTRE , SiMrum, Genre établi par Denys-de-Montfort , 
pour quelques Coquilles qui avoient été placées tantôt 
p«rmi les Rochers, tantôt parmi les Buccins. Ses caractères 
sont : coquille libre , univalve , à spire écrasée ; ouverture 
serrée , allongée ; columelle dentée : lèvre extérieure dentée 
en dedans y tranchante et armée en dehors ; base échancrée ; 
le dernier tour de spire très-grand; 

L'espèce qui sert de type à ce genre s'appelle vulgai- 
rement mûre blanche : c'est une coquille d'un pouce de long , 
Tilanche , tuberculeuse , qui vit sur les côtes d'Afrique, (b.) 

SISTRE. Nom languedocien du Meum a feuilles d'a- 

3SET.*(DESM.> 

SISrOTRÈME , Sislotrema. Genre de champignons 
établi par Persoon aux dépens des Erinaces , mais qui n'a pas 
été adopté comme étant fondé sur des caractères trop peu 
' împortans. (b.) 

S1SYMFRE if' Sisymbrium. Genre de plantes de latétra- 
dynamîe sUiqueuse et de la famille des crucifères ^ dont les 
caractères consistent à avoir : un calice lâdie 9 ouvert^; une 



SIS 3j J 

corolle de quatre pétales ouverts ; sk étamines^ dont deux 
plus courtes'; un ovaire supérieur, oblong, surmonté d'un 
style court , à stigmate ol^tus ; une silique longue , cylindri* 
que , dont les valres sont droites , et ne s'ouvrent pas avec 
élasticité. ^ 

Ce genre renferme des plantes à feuilles simples ou pin- 
natifides , et à (leurs disposées en épis ou e^ panicule. On 
en compte plus de soixante espèces , la plupart d'Europe et 
propres aux lieux aquatiques; mais, sur ce nombre , il faut 
en ôter quelques-unes de la première division de Lînnœus, 
pour les placer dans le genre Radicule de Haller , ou Bra- 
cpiOLOiiE d' Alliont , ou Bobipe de Scopoli , ou encore dans 
le genre Cresson. Du nombre de ces dernières se trouve le 
yérilable Cresson de fontaine ( Sisymbtium naslurUum ). 

Les sisymbres se divisent en cinq sections ; savoir : 

i.^ Ceux dont les çiliques sont déclinées et courtes , où se 
remarquent principalement : 

Le SiSYMBRE SYLVESTRE , qui a les feuilles pinnées , et 

leurs folioles lanc.éolées et dentées^ 11 est vivace, et se trouve 

4^ns les bois humides , sur le bord des rivières ombragées* 

^^ fleurs. sont jaunes, et se succèdent pendant une partie de 

l'été. Ou le mange en salade dans quelques cautdns. 

Le SiSYMBREDBS MARAIS , qui a les siliques déclinées y 
pblongues, ovales , les feuilles pînnatifides , dentées, et les 
pétales, plus courts que le calice. Il est annuel, et» se trouve 
dans les marais, sur le t>ord à^s rivières. Il ressemble beau- 
coup au précédent. 

Le SiSYMBRE AMPHIBIE, qui a les siliques déclinées $ ova- 
les , oblongues , les feuilles ol|)oi)gues, lancéolées, pinnatîr 
£de%ou dentées , et les pétales plus lonns que le calice^ Il est 
vivace , et se trouve dans les fossés, les mares, les étangs^ et 
en général presque dans toutes les eaux. Il varie considéra- 
blement de forme 9 selon lés^ circonstances dans lesquell^ 
il se trouve. Lorsqu'il est entièrement dans l'eau , il s'élève 
de plusieurs pieds , et ses feuilles inférieures sont complète* 
ment pinnatifides. Lorsqu'il croit hors de l'eaiJb, ses feuilles 
sont simplement dentées , et il s'élève fort peu. On en fait 
usage eu médecine , et on le mange comme le cresson or- 
dinaire, quoiqu'il soit beaucoup plus acre. 

Le SiSYMBRE A PETITES FEUILLES, dont IcS siliqUCS SOUt 

droites , et les feuilles tantôt presque entières , tantôt pin- 
nées, tantôt bipinnées. Il est vivace, et se trouve très^abon- 
damment autour des villes , parmi les décombres , sur les 
vieux murs. Toute la plante a un coôt acre et une odeur vi- 
reuse. Elle passe pour exciter puissamment aux plaisirs de 
Vawour , lorsqu'on la mange en salade. Ûa l'emploie en 



»a( SIS 

Ïiëdetiae sous le nom de la Roquette sAtnrACE , dont elle 
iffère fort pea. V. ce mot 
a.^ Ceux dont les siliqoes sont sessîles et aiiliaîres, tels 

Le SiSYMBEE COUCHÉ 9 qui a les siliques presque solitai- 
res , et les (euilles dentées et sinuées. Il est annuel , et se 
trouve dans les visnes , dans les champs glaiseux. 

3.^ Ceux dont la tige est nue , parmi lesquels se trou- 
?ent : 

Le SiSTMBRE MURAL , dont les feuilles sont lancéolées , 
sinuées, dentées , glabres^ et les tiges courtes et rudes au 
toucher. 11 est annuel , et se trouve dans les parties méridio* 
nales de la France. 

Le SiSYMBBE DES SABLES , dont la tige est rameuse , les 
feuilles en lyre , dentées f à angles droits , et couvertes de 
poils rameux. Il est annuel^ et se trouve dans les sables hu- 
mides. Sa corolle est violette. 

4.* Ceux: à feuilles pinnées , parmi lesquels il faut remar- 
quer: 

Le SiSTMBRE Sophie , dont les pétales sont plus courts 
que le calice , et les feuilles décomposées. Il est annuel, et 
se trouve très-communément autour des villes et des villa- 
ges, parmi les décombres, sur les vieux murs, les toits de 
chaume, etc. 11 est très-élégant par son port d'un k deux 
pieds , et par la finesse des folioles de ses feuilles. On rem- 
ploie en médecine comme vulnéraire et détersif On dit que 
ses semences , mêlées avec de la poudre de chasse , augmen- 
tent son effet ; mais toute autre graine produit le même ré- 
sultat , qui n'est dû qu'au dé^loppement plus rapide de Tin- 
flammation. C'est laOsscuRÉE de Guettard, rappelé, ^ans 
ces derniers temps , par Rafinesque. 

Le SiSYMBRE ÉLEVÉ a les feuilles rongées , les folioles 

rresque linéaires , très-entières , et les pédoncules lâches. 
1 est annuel, et se trouve en Allemagne et dans les parties 
méridionales de la France. Il acquiert trois à quatre pieds 
de haut. 

Le SisYMBRB Irio a les feuilles rongées , dentées, nues , 
les tiges unie^, et les siliqties droites. Il est annuel, et se 
.trouve autour des villes et des villages , dans les décombres. 
Il s'élève quelquefois à dfeux ou trois pieds. 

Le SiSYMBRE BE RoÉSEL a les feuilles rongée$ , aiguës , 
'hérissées, la tige hérissée k rebours. Il est annuel , et se 
trouve le long des chemins et dans les friches. . 

5.^ Ceux dont les feuilles sont lancéolées et entières , 
parmi lesquels le plus remjo-quable est : 

Le SisiMBRE A siLiQGKS GRiltEs , dont Ics fcoîlles $ont 



SIS 3^9 

obloDgues ; Uneî^oléeSi pétiolées, dentées; piibe8cèiite8,eC 
dont les siliques soQt grêles et écartées 4^ la tige. Il est vi-i 
▼ace , et se trouve dans T Europe australe. Il s'élève à deu< 
ou trois pieds , et forme des touffes très-grosses et d'un as-^ . 
pect agréable, (b.) 

SISYMBRIUM. Les m(M)tagnes,«it Pline, abondent Ij0 
plus soufent de serpyHum et de sisymbnum ; tel, par exemple,! 
qu'en Thrace, où les eaux y amènent et y replantent les bran-^ 
ehes de ces plantes qu'elles transportent des montagnes. La 
ville de Sîcyone tire ces plantes de &ts montagnes, et Athè«i 
nés du mont Hymette. Un multiplie aussi de la même maH 
nière ( par branche séparée ou bouture ) le sisymbnum ; le 
plus vigoureux naît dans les parois despuils et aux environs 
des piscines et des étangs. (Pliiiie , liv. i8, ch. 8.) 

Au chapitre a a du livre 20, on lit : << Le sisymbnum sau- 
vage, appelé thymbmum par quelques personnes, n'atteint 
pas plus d'un pied de hauteur. Celui qui crott dans les ruis- 
seaux ressemble au nasturtium^i l'un et l'autre sont efficaces 
contre les piqûres des animaux, tels que les frelons et let 
autres insectes. Celui qui naît dans le sec (les lieux secs) est 
odorant et entre dans la composition des couronnes. Ces 
deux sisymbnum calment les douleurs de tête et les épiphores 
( sorte de fluxion cuisante des yeux ) ; les uns y ajoutent du 
pain ; d'autres les font bouillir dans du vin. Ils enlèvent les 
ëpinyctîdes (grosseurs ou pointillures roussâtres de la peau 
du visage ), et font disparoître les autres vices de la peau de 
la figure chez les femmes, en l'appliquant pendant quatre 
nuits de suite et en l'Àtant le jour. Lorsqu'on les mange cuits 
ou que Ton boit leur jus , ils arrêtent les vomissemens , le 
cours de ventre , les tranchées et le hoquet. Les femmes 
grosses doivent s'en abstenir , à moins que leur fruit ne soit 
avorté ; car l'application seule de cette plante opère la sortie 
de l'enfant. Bu avec du vin , il est diurétique ». 

Le sisymbnum sauvage brise les calculs ; il empêche de dor^ 
niir les personnes qui sont obligées de veiller , et pour cela* 
on, leur arrose la* tête avec d<^ vinaigre dans lequel on a mis 
infuser cette plante. » 

Dioscoride décrit aussi deux espèces de sisymbnum, « Le 
sisymbrium , dit-il , que quelques personnes appellent erpyllon 
soulage , croît dans les lieux incultes. Il est semblable à la 
menthe des jardins , mais plus odorant et à feuilles plus lon^ 
gués. On eh fait des couronnes et des bouquets. Le sisym-^ 
bryum est échauffant; l'infusion de la graine, bue dans du vin, 
est utile dans les rétentions-d'upne , et à ceux qui sont atta« 
^ués dé la pierre ; elle apaise aussi les tranchées et les ho« 



Sa6 S I^ 

qoets. On applique ses feaiiles,et on eii enduit le front et les 
tempes dans les maux de tête; elles servent aux piqûres des 
guêpes. » 

' Dioscoride continue ainsi : Uautre espèce de sisymhrium 
est appelée par quelques personnes cardamine , et par d'au- 
tres <ib/i/ Cette herbe ciott dans les ruisseaux et^ans les lieux 
où se trouve le sion : elle est appelée cardamine, parce qu'elle 
a le goût du cardamon. Elle pousse d^abord des feuilles ron- 
des; mais, en s'accroissant , elles soat découpées comme 
celles de Veruca. Elle échauffe et provoque à uriner. On la 
mange crue ; appliquée la nuit et ôtée le matiliy elle enlève 
les lentilles et toutes les autres taches ^u visage. » 

C'est de Théophraste que Pline a extrait en partie ce qu'il 
dit des sisymbrium , et Dioscoride n'est aussi que copiste ; ce- 
pendant il règne une certaine confusion lorsqu'on veut rap- 
procher ce que tous ces auteurs anciens ont dit du sisymbrium^ 
et il reste à savoir si Pline n'a pas confondu plusieurs plantes; 
et c'est ce qui parof t être. Son premier ôsymbrium^ctAm des 
montagnes , est sans doute le ihymbra de Théophraste. Voyet 
Serpyllum. 

De ses deux sisymbrium sauvages » Tun , celui qui croît dans 
les lieux secs , est le premier sisymbrium de Dioscoride , et 
peut-être celui dont parle Théophraste, qu'on cultivoit aussi, 
d'après le même , et qu'il dit se changer en menthe lors- 
qu'on r abandonne , c'est-à-dire qu'il perd son odeur et sa 
saveur; d'où l'on soupçonne que ceite plante de Théophraste 
et celle de Dioscoride sont différentes. 

Quelques botanistes croient que la plante de Théophraste 
est une de nos menthes ou baume cultivé ; par exemple , le 
mehûia viridisy L. , ou nemorosa , "W. , et la plante de Dios* 
coride,et par conséquent de Pline, aussi une espèce de baume 
sauvage ( meniha hirsuta , aquatica , etc. ). Il y a dés opinions 
diverses à cet égard. Le second sisymbrium de Dioscoride est 
le premier de Pline, celui qui croissoit dans l'eau avec le 
sion. La description que l'auteur grec en donne s'applique 
bien à notre cresson de fontaine {sisymbrium nasUirtium^ L. ), 
et ce rapprochement nous paroh beaucoup plus exact qu'au- 
cun des autres qu'on a proposés, et nous ne les rapporterons 
pas à cause de cela. 

Chez les botanistes modernes jusqu'à Tournefort, le sisym^:r 
brium s'est trouvé appliqué à diverses espèces de menthe , de 
si^mbrium^ de cardamine et Xerysimum. Tournefort l'a fixé à 
un genre de la famille des crucifères, que Linnseus a adopté» 
en renvoyant seulement quelques espèces aux genres erysimum 
et cardamine, et y ramenant des espèces S'erysimum , Heruca et 
ffkesperis de Tournefort ; mais ce genre de Linnseqs a subi 



SIT 327 

lui-même quelques modifications ; car ^ indëpendamment de 
quelques espèces de èrassica , à*arabis et à*erysimum qu'on y*a 
rapportées de iK)uveau , on a /ait à ses dépens les genres ro* 
ripa^ Adanson,.ou radicula ^ Haller; 50/>^ia , Adanson , oa 
descurea , Guettard ; kibera et noria , Adanson ; brachiolohos , 
Allîoni , et cardaminum , Moehch. (ln.) 

SISYRINCHIUM. Plante citée par Théophraste et 
Dioscoride t qui parott être une espèce délais. Ce oom a été 
transporté depuis , par Linn^eus , à des plantes exotiques , 
que Tournefort désignoit par bermudiana , dénomination 
adoptée par Adanson , et qui se reconnoît dans le nom 
français de ces plantes. J'. Èêrmudienme. L'on a nommé 
sîsyrinchmm^ autrefois, des espèces de tulipes, à!hypoxis et de» 
iris dont une est le type du genre sisyrinchium de Tourne- 
fort et d' Adanson, caractérisé sur sa racine, composée de 
deux bulbes placées Tune sur T autre, (lu.) 

SITACE. r. PsiTACE. (V.) 

SITARIDE V. SiTARis. (desm.) 

SITARIS , Sitaris, J'avois d'abord nommé ainsi un genra 
d'insectes coléoptères hétéromères , de la tribu des icautha- 
rides , famille des trachélides , et qui avoit pour type la 
nécydaie humérale de Fabricius. Ayant soupçonné depuis que 
Vapaie bimaci{lé de cet auteur éloit congénère , j'arois sup** 
primé la dénomination de sitaris ^ pour reprendre celle 
é^ opale. Un naturaliste suédois m'ayant dit que ces deux in- 
sectes différoîent essentiellement par leurs caractères généri- 
riques ; voyant en ouU'e que Oegéer , dans sa description du 
scco/id de ses coléoptères, nefaisoit point mention des di- 
visions des crochets des tarses , caractère qu'il avoit déjà 
indiqué , en traitant des autres insectes de cette famille ; je 
suis revenu ( hk^ne animal ^ par M. Cuvier, tome 3 y\à ma 
première idée. Mais ayant pu enfin examiner un individu de 
Vapaie bîmaculé , que M. le baron Déjeau avoit reçu de 
Suède, je suis demeuré convaincu que mon genre sitaris devoit 
effectivement être réuni au précédent. Je rectifie donc ici ce 
que j'ai dit à l'article Apale. Ce genre est distingué de celui 
des zoailis, dont il est très-rapproché, parles caractères sui- 
vans : les deux premiers articles des antennes beaucoup plus 
courts que le troisième ; le second^ très-petit ; les troisième et 
suivans obconiques , un peu dilatés ou dentiformes à l'angle 
interne du sommet ; le dernier article , du moins dans les 
mâles, fort allongé, presque linéaire , terminé brusquement 
en une pointe allongée ; élytres souvent resserrées brusque-^ 
ment vers leur extrémité. 

La canthande humérale d'Olivjer, ou la nécydaie humérale de 
Fabricius j est donc un apale , et àa nombre des espèces où 



«aS SIX 

le rétr(^cisaem€iit ies étuis eat plus prononce. S^s eorps est 
â'uD noir luisant , avec la base des ély très jaune ; elles sont 
plus courtes que l'abdomen. Les ailes sont noires , et la tête 
est très-inclînée. Les antennes de la femelle sont plus courtes^ 
que celles du mâle. 

Cet insecte vit en état de larve , dans le nid et quelques 
apiaires solitaires, il est rare aux environs de Paris. (L.) 

SIÏNIC. Mus agrarius^ Pall. Petit rongeur de Sibérie , 
qui paroît appartenir au genre des Rats proprement dits. 

(DESM.) 

S1T0D10N , iSiVW/i/m. Genre de plantes établi par 

'Gaertner pour séparer des Jacquiers celui qui a les feuilles 

entières {arciocarpus.faca) , qu'il a trouvé différer des autres. 

Ce genre a pour caractères : d'être monoïque; d'avoir les 
(leurs niàles disposées en chatons , petit, en massue , com- 
posés d'écaillés bivalves à une seule étamine,les fleurs femeU 
les formées en chatons globuleux, enveloppés de deux écailles 
caduques, et composés de stigmates globuleux et sessiles ; 
une baie très-grosse , muriquée , composée d'une i|^finité 
d'autre^ baies uniloculaires et monospermes. Voyez au mot 
Jacquier dbs Indes et au mot Polyphema. (b.) 

SI TOUNG QUA. Aux environs de Canton, en Cbine> 
e^est le nom d'une espèce de Bryone {Bryomahustaia , Lour.) 

(LN.) 

SITTA. C'est , en latin formé du grec siité^ le nom de la 
SiTTELLE. V, ce mot. (s.) 

SIÏÏAU ou PSIÏÏAU. Le Perroquet dans l'Inde. 

(s.) 

SITTELLE, Sitta^ Lath. Genre dé l'ordre des oiseaux 
SylVaiks et de la famille des Grimpereaux. V. ces mots. 
Caractères: bec ou glabre ou couvert à sa base dé petites 
plumes dirigées en avant, entier, droit, comprimé latérale^ 
Boent ou un peu arrondi , terminé en forme de coin; les deux 
mandibules égales , l'inférieure quelquefois un peu retrous- 
sée ; narines rondes , ouvertes , nues ou couvertes par les 
plumes du capistrum ; langue des espèces connues, large à 
son origine , courte , cartilagineuse , aplatie, cornéeet bi- 
fide à sa pointe ; quatre doigts , trois devant, un derrière ; 
les extérieurs réunis à leur base ; le postérieur plus' long que 
l'îtiterne; ongle postérieur très-crochu, le plus robuste de 
, tous ; ailes à penne bâtarde très - courte ; \es deuxième , 
troisième et quatrième rémiges \es plus longues, de toutes , 
re€jtrices entières , larges et arrondies à leur pointe. 

La dénomination de sittelle^ par laquelle Montbeillard dé- 
signe les oiseaux de ce genre , leur convient d'autant mieux 
f|ue c^est d'après les noms anciens grecs^ et latins {sitiey sUta^ 



s I T 3^9 

qa*on la kar a joimée. ]>e plus ^ elle sert i éviter tonte ccm-- 
fasion , et bannit une expression ee quelque sorte barbare , 
telle que celle de iarchepoi , adoptée par quelques naliu*alis<>- 
te^ Leâ sittelles ayant des habitudes communes arec lee 
pics , les grimpereaux et les mésanges , il en est encore ré^ 
suite des noms qui ne présentent pas une idée complète » 
mais des propriétés diverses qui ne leur contiennent qu'en 
partie ; tels sont ceux imposés à notre sittelle , comme pic 
ceniré , pi€ de mai, pic wwçan , ' picoiêUe, iape-^oia , eassê-noiai^ 
casse- noiseiie, grimpard ^ grand giimpereau^ etc. On trouve 
aux sittelles des rapports avec le pic et la mésange , en ee 
qu'elles frappent de leur bec contre Técorce des arbres , 
qu'elles grimpent le long du tronc , comme le premier , et 
qu'elles ont beaucoup de l'air et de la contenance de la der- 
nière ; mais elles diffèrent du pic par la forme des pieds, 
de la langue et de la queue ; et de la mésange par celte du 
Jiec. Elles ont encore, dans leur manière de grimper sur les 
troncs et les grosses branches des arbres y de l'analogie avec 
}es oiseaux auxquels Tusage a consacré le nom de grimpe» 
«eaux ; mais elles en différent par la forme du bec et de la 
queue. On est certain que toutes les espèces dont on connolt 
)e genre de vie, nichent dans des trous d'arbres» et font au 
woins une ponte par an. 

Des* treize oiseaux décrits ci-après , il n'y* en a que cinq 
qu'on peut classer dans ce genre avec ^ertilude;telles sont les 
trois sittelles des Etats-Unis, celles d'Europe et du BrésiL 

La siUelle à bec crochu ne peut 9 d'après ce caractère , en 
faire partie ; la griçtlee est un fourmilier ; celle de Sutînam 
a un bec de grimpereau , si so« image est exacte ; les cinq 
atjulres sont très-douteuses, et on ne peut les déterminer, si en 
ne les voit en nature. Malgré cette réduction, ce groupe est 
encore susceptible de deux sections , d'après la forme de la 
mandibule inférieure , qui est droite chez les sittelles dlEu-^ 
rope et du Brésil , et retroussée chez celles de l'Amérique 
septentrionale , caractère qui les rapproche à/ts sittines. 

La Sittelle proprement dite , SiUa europma , Lath. , pi. 
enl.de Buff., n.<^ 628, f. i. Cette sittelle , qui est assez se* 
dentaire dans le pays où elle est née , s'approche Thiver des 
lieux habités 9 se montre dans les vergers et quelquefois dans 
les jardins ; mais les bois sont sa demeure habituelle , et le 
tronc de l'arbre qui lui a servi de berceau est ordinairement 
celui où elle se retire pendantla nuit.C'est aussi son petit ma^ 
gasin pour l'hiver ; car cet oiseau semble prévoir la disette 
qu'amène la rigueur de cette saison ; aussi le voit-on, en au* 
iomne,tQujonrs occupé à faire sa provision de noisettes et de 
différente» grai»ej»| telles que celles du tourpesot et du chau; 



^6 S I T 

vre. Ce nVst point en les cassant, comme font les petits gra^ 
nivofes, qu'il en extrait la substance; il les perce à grands 
coups de l>êc, après les avoir fixées solidement dans une fente 
quelconque. Sa manière de se percher lui est particulière ; 
car on a remarqué quUl se suspend souvent par tes pieds, oa 
il se repose de côté, et jamais de même que les autres oi- 
seaux. La sittelle court sur les arbres dans toutes les direc- 
tions , pour donner la chasse aux insectes dont elle se nour- 
rit à défaut de graines. Son naturel est très- solitaire , son vol 
doux, et ses mouvemens sont lestes. Son cri ordinaire est ii, 
a, iij ii^ tîf ti^ qu^eile répète en grimpant autour des aii>res, 
et âont elle précipite la mesure de plus en plus. Outre ce 
cri et le bruit qu'elle fait en frappant sur l'écorce , elle pro- 
duit un son très-singulier, en mettant son bec dans une fente 
ou en le frottant contre des branches sèches et creuses, de 
bruit ^rrrrrro est si fort , qu'il se fait entendre à plus de cent 
toises. Au printemps , le mâle a une espèce de chant d'a- 
mour , guinc^ g^i^f qvi*i{ répète souvent. Dès que la femelle 
s'est rendue à ses empresscmens , ils travaillent Tun et Tau- 
tre à Farrangement du nid , qu'ils placent dans un trou d'ar- 
bre , et souvent dans un trou de pic abandonpé ; ils en foot 
même à coups de bec , pourvu que le bois soit vermoulu. 
Si l'ouverture extérieure est trop grande , ils la rétrécissent 
avec de la terre grasse; de là sont venues les dénominations 
de iorchepot et de pic-maçon. La femelle y p)»nd cinq, six et 
sept œufs f d'un blanc sale pointillé de roussâtre , et les dé- 
pose sur de la poussière de bois et de la mousse. £lle les 
CQUve avec un tel attachement , qu'elle se laisse prendre plu- 
tôt que de les abandonnera Si l'on fourre une baguette dans 
son irou , elle sifHe comme -font les mésanges. On prétend 
qu'elle ne quitte pas même ses œufs pour aller à la pâture , et 
qu'elle ne vit que de ce que le mâle lui apporte ; mais on le 
dit très-attentif à remplir ce devoir. Les petits éclosent en 
mai , et dès qu'ils peuvent se passer des soins des père et 
mère , tonte la famille se sépare y et chacun vit seul pendant 
le reste de l'année. Rarement ces oiseaux font deux couvées* 
Quoique d'un naturel très-solitaire , la sittelle, qui fuit la 
société de ses semblables, se plaît cependant avec des oi^ 
seaux d'espèces différentes , car on les voit quelquefois en 
compagnie des mésanges et des grimpereaux. 

Elle a le dessus de la tête , du cou , du corps, les petites 
couvertures des ailes et les deux pennes intermédiaires de 
la queue d'un cendré-bleuâtre*; la gorge et les joues blanchâ- 
tres; la poitrine et le ventre orangés; les couvertures da 
dessous de la queue de couleur marron , terminées de blan- 
châtre I et presq[ue aussi longues que les pennes ; une bande 



s I T 33i 

noire prend naissairce rers les narines, passe sur les yeux, 
et sMtend en arrière au-delà des oreilles; les grandes cou- 
rertures et les pennes des ailes sont brunes et bordées d'un* 
gris plus ou moins foncé; les pennes latérales de la queue 
sont noires vers leur origine , ensuite mi<partics blanches et 
cendrées sur Tun et Tautre côté ; le bec est cendré , les 
pieds et les ongles sont gris. Longueur , près de six pouces. 
La femelle a des couleurs plus foibles et un peu moins de 
grosseur. 

Cette espèce , suivant Latbam, se trouveroit non-seule- 
ment en Europe;, mais en Sibérie , au Kamtschatka , et 
même dans Tlnde. 

Ce n'est que d'après Belon qu'on peut parler d'une va- 
riété de grandeur , sous la dénomination de petite siltelle. 
£lle est , dit*il , beaucoup plus petite , mais avec le même 
plumage , le m^me bec et les mêmes pieds; elle a le naturel, 
ies habitudes , leAmœurs et les cris de la précédente. 

La SlTTELLE AUX AILES ORANGÉES. V. SlTTINE^AUX AILES 
ORANGÉES. 

♦ I^a SiTTELLE (grande) A BEC CROCHU (Si'Oa 7myor,Lath.). 
Quoiqu'on ait placé cet oiseau dans le genre de la sittelle , 
il en diffère par la forme du bec , qui est renflé dans son 
milieu et un peu crochu vers le bout: il a environ sept pou- 
ces et demi de longueur; la tête et le dos gris ; la gorge blan- 
che ; le dessous du corps blanchâtre ; les pennes des aileS et 
de la queue brunes , et bordées d'orangé. On trouve cette 
prétendue sittelle à la Jamaïque^ oîli elle se nourrit de vers et 
de punaises sauvages. 

La Sittelle brune, Sitia fusca^ Vîeill., se trouve au 
Brésil. Cet oiseau, ayant le bec glabre à sa base el plus pointu 
que les autres sittelles, doit faire une section de ce genre 
dans laquelle on pourroit encore classer quelques individus 
apportés de la même contrée, et qui sont au Muséum d'His- 
toire naturelle. Il a la tête , le cou , les ailes , la queue et le 
dessus du corps bruns; un collier blanc sur le dessus du cou; 
une bande loogitudinale derrière l'œil, et là gorge de cette 
couleur, qui se teint de roux , par gradation , sur les parties 
postérieures; les pieds bruns; la bec d'une nuance plus, 
claire, et la taille du rossignol. (St oiseau est au Muséum 
d^Histoire naturelle. 

♦ La Sittelle* c afre , SiUa cafra , Lath. , est la plus grande 
de tontes les sittelles connues, ayant huit pouces et demi de 
longueur^ le bec est d'un noir bleuâtre ; le front, le haut du 
cou et le dos présentent un mélange de faune et de brun \ 
les côtés de la tête , le cou et la poitrint , et tout le dessous 



33a S I T 

du corps « fOQt d'un jaune sombre ; le» ]^iics des aîtes ont 
leurs bords et leur extrémité de cette même couleur ; les 
pennes de la queue ^ au nombre de dix, sont noires en-des- 
sus 9 de couleur olire en dessous , et faunes à leur pointe ; 
les deux intermédiaires ont plus de longueur que les autres ; 
les pieds sont noirs et les ongles jaunes. Cette espèce, que 
Sparrman a décrite et fait peindre dans son Fasdc, i « 
tab. 4 9 se trouve, dit-il, au Cap de Bonne-Espérance. Est* 
ce bien une sîttelle ? 

La Sîttelle du Canada, SiUa eamadensis^ Lath. , n^est 
point une espèce particulière ; mais c^esi la sUuUe folle à^m 
son jeune âge. V. ci-après son article. 

^La SiTTE^LJ^ DE LA CuiNEySii^ chmmsls^ Otb. Une belle 
huppe noire distingue cette sîttelle , qui réunit à un plumage 
élégant une taille supérieure à celle du chardonneret ; ua 
ferrugineux foncé , glacé de bleu, colore le) parties supé-> 
rieures du corps, et un blanc de neige règle sur toutes les 
parties inférieures ; on ruban noir , mais étroit , suspendu 
aux tempel, sépare presque en entier le blanc de lagorge de 
celui de la poitrine; deux taches, dont. Tune grande et de 
cette couleur, Tautre oblongue et d^un rouge écarlate,se 
font remarquer près de Toeil ; le croupion est jaune; les ailes 
sont composées de dix-neuf pennes d^un ferrugineux sombre; 
celles de la queue , au nombre de douze , ont leur extrémité 
blanche, et sont noirâtres dans le reste de leur étendue; le 
bec et les pieds sont noirs. 

Cet oiseau , recherché à la Chine, plus par sa beauté que 
par son chant, car il est presque nul , f porte le nom de Ium^ 
kay koun. Osb. V, 2 , pag. lo. 

♦ La SiiTELLE CHLORis, Si'Ua cft/om,Lath. Sparrman, à qui 
on doit la connoissance de cette 'sitelle, l'a fait figurer dans 
son Foicic. a , tab. 33. Un joli vert qui s'éclaîrcit impercep- 
tiblement sur le dos, est la couleur des parties sapérieures; 
les inférieures sont blanches ; la queue est courte et frangée 
d'un jaune clair; le bec est plus long que la tête, et^.noirà 
son extrémité; les pennes des ailes sont brunes, et bordées 
de verdâtre à l'extérieur , avec une bande transversale 
jaune sur*le milieu; ses pieds sont longs, et sa taille égale 
celle de la peliie siudle nmsse de Surinam, On la trouve a» 
Cap de Bonne-Espérance, dans la contrée nommée ^/iUi^ 
brunties. 

La StTTELLE FOLLE, Skia Mulia , Vieill. , pi. s, fig. 4 de 
Y American omithology. Celle sittelle aura peut-être été con- 
fondue par DOS ornithologistes» aveeceUe à tête apire ; car 
je ne trouve pas, dans leurs ouvrages, de description <pi lui 
convienne » si ce n'est celle de la petite sittelle à huppe 



s 1 T 3S3 

noire de Buflon, SiUa jamdirmiis , Vâr. , Lath. 9 que je 
crois être le même oiseaa , ^oique l'autre n'ait pas de 
happe ; mais *coinme Brown , qui , lé premier , Ta dém- 
érite , n'en fait pas meniion (Hist ofJ^maiea^ P^g-47^f 
sous le nom de itast iogger head)^ il n'y a pas de doute , seio« 
moi, qae ces deux oiseaux appartiennent à la même espèce» 
quoiqu'on les ait trouvés dans deux régions assez éloignées 
l'une de l'autre , et sons un climat très-opposé. t\ en est de 
même de la sittelle^'à tête noire et de la sittelle à huppe 
noire de la Jamaïque ( SiOa Jamàïeensis ^ Gmelin ), laquelle 
ne. porte pas non plus de huppe ; car Sloane^ qui le premier 
l'a tait connoîire,n'en a fait aucune mention; il se borne à dire 
qu'elle a la tête grosse. Ces sittelles se laissent approcher 
Je si près que les Anglais leur ont imposé lé nom de tête folie 
( loggir head)\ dénomination que j'ai conservée à celle de cet 
article , parce qu'elle m'a paru le plus insouciant de ces deux 
t)iseaux que j*ai observés dans l'Amérique septentrionale. 
Comme je n'ai rencontré la sittelle folle qu'à l'automne, dans 
les forêts de New- Jersey, je conjecture qu'elle venoit d'une 
contrée plus septentrionale , et qu'elle se rendoit sous la 
Kone torride , pour y passer Fhiver , comme le font pres- 
que tous les oiseaux de l'Amérique septentrionale , dont au- 
cun ne rétrograde à cette époque du sud au nord. Il paroH 
que la sitteliefoiit hBhiit dans des parties plus boréales que les 
États-Unis; car la iifA?//if^tf^iiad^,fig. t de la pi. enl.de Bu(T. 
n.^ 633, est an jeune de la même espèce^ comme Ta remarqué 
Wilson et c^est k K>rt que Ton en a fait une espèce particu- 
lière , sous la dénomination latine de sitla canadensis. 

Celte sitelle,sous son plumage parfait,a les plumes du des* 
sus de la tête et celles qni recouvrent les narines , d'un beau 
noir qui se termine en pointe sur la nuque ; cette couleur est 
bardée d'une bande blanche qui d'abord teint le front, 
passe ensuite au-dessus de l'œil et descend sur les c6tés du 
cou jusqu'aux épaules; au-dessous de cette bandelette, on en 
remarque une autre de couleur noire , laquelle part du bec , 
traverse r<Bil, s'élargit sur les côtés du cou ei suit la même 
érection. Le dessus du cou, le dos^ le croupion, les cou- 
▼ertores su^rieures des ailes, les pennes secondaires, le 
iM>rd externe des primaires et les deux rectrices intermédiai- 
res sont d'un gris ardoisé; les autres rectrices sont noires, et 
les trois plus extérieures, de chaque côté , ont une tache blan-* 
che à leur extrémité ; la gor^ et les joues sont de la dernière 
couleur; le devant du cou et les parties postérieures sont 
d'an roux rougeâtre; les pieds, d'un jaune verdâtre sombre; 
te bec est noir ; longueur totale, quatre pompes et quelques 



334 S I T 

La femelle ne diffère damâle^qu^ence qae le noirâelalêle 
est moius foncé , et que la poitrine ejt le ventre sont d^un roux 
rembruni. Le jeune a toutes les parties ^pérftures cendrées; 
fes sourcils, les côtés de la tête et la gorge blanchâtres ; les 

{parties inférieures d*un gris nuancé de roussâtre sur les côtés; 
es couvertures et les pennes des ailes brunes et bordées de 
cendré ; les deux pennes intermédiaires de la queue de la 
dernière teinte; les autres noires ^ blanches et grises; les 
pieds bruns et le bec noirâtre. C'est une méprise de donner 
à cet oiseau quatre pouces dix lignes; il n'est pas plus long 
que les précédens. 

♦ La SilTELLE GniYEhÉE^ SitianœoUi, Lath., Edw. Gie.^n, 
pi. ^j6,Si)n paysnatal est la Guyane, et sa longueur est d'en- 
viron si]^ pouces; un cendré obscur couvre la tête et le corps, 
rainsi que le dessus des ailes « dont les plumes sont termi- 
nées de blanc. Cette dernière couleur règne sur la gorge , 
et est indiquée sur la poitrine par des traits , ce qui forme 
une espèce de crivelure sur un fond cendré , moins foncé 
sur le dessous du corps que sur le dessus ; le bec et les 
pieds sont bruns. Cette sittelle , si c'en est une , se rappro- 
che un peu de la grande à héc crochu^ et s'éloigne des autres 
qui ont le bec droit. Quant à moi , je crois reconnaître dans 
la figure citée ci-dessus un yraifourmiiier. 
. La Sittelle a buppe moiKE^SiitajamcScensisy Lath.,est,se- 
lon moi, un individu de l'espèce de la Sittelle. a tête noire. 

La Sittelle (PEiriTE) A huppe noire. Latham donne cet 
oiseau pour uûe variété de la SitUtte à huppe noire j mais il se 
trompe ; c'est une espèce distincte, décrite ci-dessus sous le 
nom de Sittelle folle. 

Nota, Cet oiseau n'a point de huppe , mais les plumes du 
sommet de la tête sont assez longues pour en prendre la forme , 
lorsqu'il les redresse. La même remarque doit aussi s'appli- 
quer à la sittelle à tête noire, 

La Sittelle a long Bst, Sitta longirostra, Lath. Batavia est 
le pays natal de cet oiseau , qu'a fait connoftre Lalham. Il 
a sept pouces et demi de long; le bec noir, presque blanc 
à sa base ; un trait noir qui part des coins de la bouche passe 
à travers l'œil , et descend sur les côtés du cou qui sont blancs^ 
ainsi que les joues et la partie antérieure de la tête ; le som^ 
met^ tout Iç dessus du corps et les ailes ont pour teinte ua 
• gris bleu clair; la pointe des pennes primaires est brune; le 
veiitre d'une couleur de tan ; les pieds sont bruns. 

♦La Sittelle rousse de SviiiriK^,Sittasurinamens£s,h^ih., 
pi. a8 , de son Synopsis , a trois pouces un quart de longueur ; 
le bec d'un brun noirâtre , pâle en dessous; la tête et le des- 
sus du cou d/u{i roux châtain ; cette teintât variée de taches 



wS I T 335 

longitudinales noires sar une partie de la tête, occupe le^os 
et le croupion ; les couvertures des ailes sont noires et tache- 
tées de blanc; cette dernière couleur borde largement 
le côté extérieur des scapulaires et des pennes secondaires; 
ce qui fait paroître le dos blanc , lorsque Taiie est en repos ; 
les pennes primaires sont noires « le dessous du corps est 
â^un blanc teinté de châtain qui se salit sur le ventre ; les 
piedsjsont noirs, ainsi que la queue qui est terminée de blanc. 
Nota. La figure citée ci-dessus représente cet oiseau avec 
le bec-un peu arqué et pointu; si elle est exacte , ce ne peut 
étre_une sittelle. 

La SiTTELLE. (petite) A TÊTE BRUNE, SittapusUla^ Lalh.; 
Sitia europœa^ var. , Gmel., pi. i5, figure 2 de V American 
Ornithol, , habite dans les parties sud des Etats-Unis et ae 
s'avance pas au-delà de la Virginie dans le nord. 0^ la 
trouve aussi à la Jamaïque ; elle a les mêmes habitudes que 
la sittelle folle et se plaît dans la société du pic boréal avec le- 
quel on la rencontre souvent dans les forêts de pins. C'est 
un oiseau vif, alerte et difficile à approcher. Il a trois pouces 
huit lignes de longueur totale ; le dessus ide la tête et du cou 
brun , avec une tache blanche sur la nuque ; les joues ^ la 
gorge et les parties postérieures blanchâtres ; les ailes noirâ- 
tres ; leurs couvertures , les pennes secondaires et le reste 
des parties supérieures, d'un gris ardoisé ; les deux pennes 
intermédiaires de la queue de cette teinte ; les autres noires, 
blanches et cendrées ; le bec noir en dessus , bleu à la base 
et en dessous; les pieds d'un bleu terne et Tiris noisette. 
J'ai trouvé dans les Etats-Unis une petite sittelle qui a de si 
grands rapports avec la précédente , que je ne doute pas 
qu'elle appartienne à la même espèce. A Texception de la 
.tête et des côtés du cou qui, sont roux, le reste de son plu- 
mage est en partie gris ; cette teinte est indiquée par une ta- 
che sur la nuque , borde en dehors les pennes alaires dont le 
côté externe est brun, prend un ton ardoisé sur le dos, le 
croupion , les couvertures supérieures des aiies et de la 
queue , reparoft encore sur les huit pennes intermédiaires de 
la queue, et à l'extérieur des quatre autres qui sont noires k 
leur base et ensuite blanches; le bec et les pieds sont noirs. 

Latham rapporte à cette sittelle un oiseau de sa baie 
d'Hudson,qui en diffère trop par sa taille et ses couleurs pour 
adopter son opinion. Il a cinq pouces anglais de longueur ; le 
bec court, noir, triangulaire, et garni de soies à la base; 
Tiris bleu sombre ; la tête d'un brun inclinant au cendré ; la 
gorge d'un blanc sale,' le dos et les scapulaires d'un brun 
verdâtre;tine grande tache jaune sur chaque côté de la poi- 
trine ; le ventre et le bas-ventre pareils à la gorge ; les plumes 



33ff S I T 

des jambes teintes dejanne; les j^etites courertares des atleS 
d'an vert foncé , les grandes noirâtres ; les pennes noires et 
bordées de rerdfttre; les deut intermédiaires de la qoene 
noires; les autres d'un jaune pAle, et noires dans près d'un 
tiers de la longueur ; les pieds de cette dernière couleur. Le 
nom très-composé que donnent k cet oiseau les natifs de la 
baie d'Hudson , est ke^ mtn nue ca ha ntfiuka schish. Cette 
dénomikiation Tient de sa voracité j^ur les baies , dont il 
mange avec excès , et de ce qu'il combat avec acharnement . 
'les autres petits oiseaux qui veulent lui disputer cette pâture, 
il fait son nid dans les saules ; sa ponte est de quatre œu£i 
qui éclosent à la fin de juin. Il émigré pendant Tbiver. 

La SlTT£LLE A TÊTE NOiEE , Siita melanocephaia , Vieiti. , 
Siia carêHnensis , Latb. ; Siita europma , Yar. y , Gmel. « pi. 3, 
fig. 3, de V American Orniihology, Cet oiseau a de si grande 
rapports avec la siUelle à huvpe noire , que je ne balafice pas à 
le regarder comme un individu de la même espèce; mais 
ce n'esl point une variété de notre sîttelle , comme l'a cm 
Gmelin. Latkam est très-fondé à le présenter comme une 
espèce très* distincte. Il a cinq ponces trois lignes de lon^- 
gueur; le bec noir en dessus et gris en dessous ; le dessus de 
la tête et le haut du cou , en dessus, noirs; les soies qui re- 
couvrent les narines» les joues et les sourcils, d'un gris-blanc; 
ks parties supérieures du corps de couleur d'ardoise; les 
pennes et les couvertures des ailes noires et bordées de gris 
bleuâtre; les deux pennes intermédiaires de la queue de cette 
même teinte; les deux plus proches noires et terminées de 
blanc ; celles qui les suivent d'un gris bleuâtre à leur extré^ 
mité , et les latérales blanches de chaque cdté, et de couleur 
d'ardoise foncée vers la pointe ; le dessous du corps , depuis le 
bec jusqu'au bas-ventre, d'un gris-blanc; les flancs tachetés 
de roux ; les plumes des jambes de cette teinte , et les pie^ 
noirâtres. La femelle ne diffère guère du mate , qu'en ce que 
aa couleur noire estmoins foncée sur la tête et les ailes. Cette 
aittelle nicbe dans un trou d'arbre , dans ceux des cl^nres en 
bois et sous les corniches boisées des cavernes ; sa* ponte est 
de cinq œufs d'un blanc terne» tacheté de brun vers lé gros 
bout Elle jette différens^cris ; tantôt elle semble prononcer , 
surtout en hiver, ti, U, U^ ti, ii, et en été, çuanky fumik ^ 
qu'elle répète fréquemment 

Cette espèce est répandue dans le nord de l'Amérique jus^ 
qu'à la baie d'Hudson ; mais elle quitte les parties boréales 
aux approches de l'hiver, et n'y.reparoît qu'au printemps; 
On la trouve aussi à la Jamaïque. 

Un individu que LathaiH rapporte au précédent^ et qui est 
décrit dans wd manuscrit de M. Htitchins, auquel on doit dt 



s t T 83; 

iiaiB^reiis^s et étantes obsérvattMâ mt Ua diseânix «t lei 
qaaârapède» de la baie d'Hiidson ^ offre de4 JSasemklaoceé 
ais$ûz remarquables ; noo-seoleHieat le dessi» de U tête ^ 
maïs le devant , les câtés , la g^rge et la ^ilriiie sont d*sit 
poir bistré ; cette Êoulear est «léUfig^e At blaftt et i'otwùgi 
sur le vemre ; ie dos ^t d^im nuit renkkrani ; près de b jiono* 
Uon des ailes sont de longues flumes d'un otangé briUint^ 
^nî s'étendent de chaque c»lé im torps fiisqu'aâx ciusses^ les 
]petftes eonv«rtilres des ailes sdnt no]rer,les gf singea d'unbron 
telnlé de riHige;les pennesde ces ailes et ks deox intenoédiwes 
de la queue de cette première coukur ; les deiK nlùft proches 
6nt sur leur bord ofténeur uner tadie <»#luigëe( ma aatrm eé 
^nf une pareille et sont termittëet de bnm. Les naturels dé 
^tte partie boréale de PAmérique distingnent eette sitteMf 
yar le nom composé némisèu 9pe0wfiachUa\ohé9a tonnerre)^ 
d'après le bruit qu'elle fait, quand on approche ds^soni nSd^ 
iiruii si fort qu'on a peine à iti^i^ qu'il tteaft Xum être aussi 
(letit , et qui a du rapport avec celui que notre siitette Ui$, 
entendre lorsqu'elle renfx>ntre w» grosse biFandie sèche et 
Dceuse. (v.) 
SITTICH, SICKUST. I^teaUenMmdtdesPBuujcÉss. 

SITTINE , If^fê , Vieill Genre de Perdre des oîséemt 
Sylyains et de la Uonlle des GaitilMèSAUX. V. ces mota. 
Owactèrég : bec grêle 9 très-comprimé latéraleflisent^ entiei'^ 
pointu ; mandibule aupérieui'e droite ) l'inténeqre phMétroitHiy 
plus courte, courbée en e« bas verê le mllieny ensuitie ve^ 
troussée; narines ovales, cooverles d'nne membratte^ sitnéeli 
à la base du bec; Ungoe... ; quatre doigts, treos devant^ un 
derrière ; l'interittédiaiFe oiti à l'externe ^squ'an ^ éelà du 
milieu, et à, rmterlte par la base; l'ongle postérienr le pk» 
long de tons^ la preniière rémige plus cuturte que la einf- 
quième; les deuzièkne , troisième el quatrième lee pins toui- 
gues de tchités ; pennes de U qUeue , làehs» et entières. 
. Le» oideaitft dont ce genre est composé ont des rapperts 
avec leb siiktites^ particunèrême^ àrec celles de la denxième 
$ection, paf la forme de là mandibule inférieure ; mais ils en ' 
diffèrent cfn ce qne leurs^ narines ne sont pas convertes,et sm^ 
tout par la manière deni les doigts sont sondés enseodile. On 
n'a anciMÉe notion snr leur genre de rie ; ioiais on présuma 
qu'ils grimpent comme les sittelles, et virent d'insectes qo^its 
cherithent datis les lichens et soi» l'écorce des arbres. 

La SiTTmE AUX ailea oaAJieÉss, Neopsckrysopfiôra^ Vieilli/ 
SiUa chrysopUra , Lath. ^ premier suppL dn SympsU de tet au«^ 
t/Bur, pi. laj. On latroare à la NoaveUe^HouaUde. felUe a 
le dessu$ de la tête ^ du cou et le dos d'uki emidré sombre ; . 



t 



338 S I T 

le croupion , les conVertares snpërîeiirês de la quene et l&niet 
les parties inférieures d'an bleu très-clair ; les pennes des âi« 
les, brvnes, et orangées à l'exténeur, depuis leur origine jus* 
qu'aux deux tiers de leur longueur; celles de la queue sont des 
mêmes couleurs^ et toutes ^ à l'exception des intermédiaires,) 
ont leur extrémité blanche ; le bec et les pieds sont bruns. 

Je rapproche de cette espèce , comme une varrété d'âgei 
ou de sexe , un individu du ihéme pays , qui a la tète d'un 
gris noirâtre ; le dessus du cou d'un gris clair et tacheté de 
noir ; le croupion blanc ; les ailes et la queue noires ; celle-ci 
terminée de blanc ; les pennes alaires rousses en dessous ; 
les secondairesnoirâtres et largement bordées dé gris k Tèx- 
teneur ; les intermédiaires en partie orangées en dessus ; les 
joues , la gorge et les parties postérieures» blanches , avec 
quelques taches noirâtres et longitudinales ; les couvertures 
inférieures de la queue , terminées de blanc ; une tache de 
cette couleur sur le pli de raile ; le bec noir, et les pieds roa- 
^eâtres. 

La SiTTiNE A QUEUE ROUSSE ; Yieill. 9 Neops ruficauda ; 
A, P. ao , fig. 2 de ce Dictionnaire , se trouve % Cayenne. 
itte a quatre pouces et de^ii de longueur totale ; le bec brun 
en dessus ^ sur les bords et à l'extrémité de sa partie infé- 
rieure qui est blanchâtre en dessous ; le. dessus du cou et le 
dos sont id'uti brun roux , de même que les couvertures supé- 
rieures des ailes : cette teinte prend une nuance plus rem- 
brunie sur les pennes secondaires qui ont leurs bords et leur 
extrémité roux ; les couvertures inférieures sont de cette cou- 
leur 9 de même que les pennes primaires à leur origine et à 
leur pointe, mais elles sont d'un bnm sombre dans le milieu; 
la teinte rousse occupe encore les couvertures supérieures 
de la queue , ses deux pennes intermédiaires et sa pe^ne la 
plus extérieure de chaque côté ; la suivante est noire à i'in- 
iérieur.suf une partie de sa longueur; la troisième rousse 
seulement à son etlrémité et sur son bord externe , dans les 
deux tiers de son étendue ; les quatrième et cinquième sont 
totalement noires ; les sourcils blanchâtres ; les joues, la gorge 
et le devant du cou , blancs et tachetés de brun ; les parties 
postérieures d'un gris sombre, ombré de roux; les pieds bruns. 

Je rapproche de cette sittine, coitame une femelle ou un 
îeune, un individu du même pays , lequel est d'un brun plus 
foncé sur les ailes et la queue ; d'une teinte plus claire sur 
le ventre; d'un blanc sale sur la gorge ; moucheté de blan- 
châtre sur le devant du cou et sur ta poitrine ; les pennes des 
ailes et de la queue sont pareilles à celles du précédent. 

La SiTTmE A QUEUE EN SPIRALE, Neops spirurusj Yieill.,; 
pi. 3s , fig. x des Prom^vps de Lç^aillanti sous Ig d^omi-; 



s I Z i3g 

toatîotf de grimparl stttêlie. Cet oiseau , <)ai së^ trouve dans l^À- ' 
mérique méridionale , est remarquable par la forme de sa 
4ueue dont les pennes sont fortement étagées et terminées 
par une griffe, et contournées en spirales vers leur bout; le 
sommet de la tête est d'un bran roussâtre olivacé ; les sour-- 
cils sont jaunâfres ; les plumes de la gorge de cette teinte ,] 
avec un liseré très-fin d'une nuance plus foncée et peu appa<4 
rent; le devant du cou, la poitrine , les plumes du sternum,] 
le ventre et les couvertures inférieures de la queue, d*un brun 
clair nuancé d'olivâtre et varié de traits roux , jaunâtres et 
longitudinaux sur le milieu de chaque plume ; le manteau « 
les couvertures supérieures des ailes et l'extérieur de leui^^ 

{>ennes d'un roux brun ; ces dernières d'un brun noirâtre à 
'intérieur; les couvertures du dessous de la queue et ses pen^'. 
nés d'un rouge vif; le bec et les pieds gris. (V.) 
SITULE. Nom spécifique d'une Couleuvre, (b.) 
SITZ-DSIN et SITE. Noms japonais d'un arbre repré-. 
sente dans les Aménités de Kaempfer , et qui , d'après Thun* 
%Jberg , est le rhus vernix , Linn. , qui n'est pas le véritable 
Yernix du Japon, (lw.) 

SIU. Nom que les naturels du Chili ont imposé à un 
FaiNGiLLE. V. ce mot page a54. (v.) 

SIU. V. SiNO-Ki. (LN.) 

SIUM. V. SioN. (lnO 

SIUÏERUT. Nom groënlandais du BucçN mxiti 

(pESM.) 

. SIVADE. Nom de TAvoii^e dans le département du Var,; 

(B,) ' 
SIVITOULA. Nom.piémontais de !a Chevêche, (v.) 
SIVITOULOUN. Nom de la Chouette à Turin; (v.) 
SlYOUTCHAS* Nom kamtschadale de I'Otàrie uonde 

MBR. (B.) 

SIWUCZA. L'OTÀni£ liok Màftm^ en langue russes 

(s.) 
SIY. Nom que porte au Paraguay le Perroquet on té 

PAPEGàl A tête et gorge BLEUES. (V.) 

SIYAH-GHUSH. C'est, en Perse, le Caracal. rj'ar-? 
ticle Chat, (s.) 

SIZAIN. Nom vulgaire du CfiARBONNERET qui n'a qu« 
six pennes à la queue terminées de blanc, (v.) 
. SIZERIN, IfVuina, Vieil!.; Fringilla^ Lath. Genre de 
Tordre des oiseaux Sylvains et de la famille des Granivo-^ 
RES. r. ces mots. Caragières : bec plus haut que large , garni 
à sa base de petites plumes dirigées en avant, court, coni- 
que, à dos rétréci et anguleux, droit, à pointe grêle et ai- 
guë ^ mandibule lupérieure .entiàr^i ^inféileare bidentéç 



34o ^ SI Z 

sur chaque bord « rers spn origine ; narines rondes, tris- 

Îietites, ouvertes et cachées par les plumes du capisirum ;^ 
angue épaisse et charnue vers son origine , ensuite cartîla^ 
ffineuse et aiguë ; quatre doigts , trois devant , un derrière ; 
es extérieurs soudés à leur base , le pouce le plus fort de 
tous; ongle postérieur robuste' et long ; les trois premières 
i^iniges à peu près égales, et elles sont les plus allongées 
de toutes. 

Cette division n^est comnoséé que de deux oiseaux , qui 
ont , dans leur plumage , de tels rapports , qu'au premier 
aperçu on peut s'y méprendre ; mais lorsqu'on les examine 
avec attention 4 Ton saisit aisément les dissemblances qui les 
caractérisent ; i .^ l'un ( le siierin cabaret ) , est moins long et 
înoins gros queTautre; 2.^ il a le croupion roussâtreetbrun^ 
avec une légère teinte de brun rougeâtre vers les courertu^ 
res de la queue ; 3.^ la couleur rousâlre, qui domine sur sod 
▼étement i est presqiie partout remplacée par do blanchâtre 
chez l'autre espèce Q le sizenn boréal^ , sur lequel cette teinte 
çst beaucoup plus pure en été qu à Tautomâe et pendasip 
Thiver; en outre, elle a les plumes du croupion constam- 
ment blanches et d'un gris rembruni. Si Ton étudie. ces oi- 
seaux dans la nature vivante , Ton s'aperçoit qu'ils ont aussi 
plusieurs habitudes différentes. Le dernier ne vient dabs lios 
contrées septentrionales que tous les trois ou quatre aiis , 
«guelquefois à un plus grand éloignement, et ne pénètre 
guère au-delà du 4o.* degré de latitude ; il arrive par troupes 
nombreuses vers le milieu de l'automne ^ quelquefois plus 
tard ; il se conduit de même dans 1 Amérique septentrionale, 
où le cabaret ne se trouve pas. Il rçste aux environs de Pa-> 

Els et dans les provinces voisines jusqu'au mois d^atriLLe ca- 
ar'et, qu'on rencontre rarement avec le précédent, se 
montre en t^rance dans les mêmes cantons , presque tpus lc# 
ans , mais en petite quantité v il y reste ^épu^ la fin d'oelo- 
6re jusqu'au printemps, y vît quelquefois isolé, mais pres- 
que toujours en familles composées de neuf à ëouÉe iâdrvi^ 
dus, quelquefois plus, mais rarement au-dessus àe vingts 
L'un et l'autre sont inconnus dans nos pays méridionaux. 

Quoique Brisson ait très-bien distingué ces deux espèteg 
sous les dénominations de petite linoté ( le cabaret ) , ^i&e pe- 
tite linotte de vigne ( le sizerin proprement dît ) ; que Buffon 
les h'ii bien signalées, ainsi que Aiaoduyt (^Encychp. méffi. ) , 
d>près leurs habitudes respectives ; d'autres ornithologiste^ 
l^lus modernes ne les ont pas moins confondues^ et ont 
donné très mal k propos lé cabaret pour une variété de la 
linote de montagne , quoique celle-ci n'eût ni le sommet de Ift 
lête roi^e ni le menton noir , et que le cabaret fût plus petite 



s I Z 3ii 

Le SiZËR» proprement dit oa Boréal , Linarfa horeaiis j 
Tieiil. ; FrmgiUa Ufmria , Lath. <— Pi. lo , mâie et (emeile de 
Frisch. Je ne cite poist la pi. eol. de Buffon , tk/* iSi ^ lîg. a, 
parce qu'elle oe représente point cet oi&eau, mais une U^ 
noie de pîgne mâle. , 

Ces sizerins se plaisent , cpmme les tarins , dans les lieux 
plantés d'aunes , dont tU aiment les graines. En cage , iit 
préfèrent le ebénevis à la nayelte ; et en liberté , Ils irîveot 
de graines d'or4ie-grièche, de ehardon et de pavots, lis man- 
gent les boutons des jeunes branches de chêne , de boa* 
leaa , etc. L^iver est la sjôson où nous les voyons dans nos 
cantons. Peu sauvages, on les approche de très-préssans les 
effaroucher ; d'un ,natarel doux , ils se famliiarisent promp- 
temeatav^c la eage; peu défians^iisse prennent fadlement 
dans les pièges qu on 4cur tend. J 

Ces oiseaux vivent en troupes , fréquentent lès bois 9 oi 
ils se tiexinent sonvent à la cime, des chênes, des bocrieai» 
et de^ peupliers , s'accrochent comme les mésanges ii l'es- 
irémié des petites branches , et en parcourent toutes les 
sommités avec une vivacité étonnante ; ils se dispersent peu^ 
^e rappellent sans cesse, et à chaque instant se rémiissent sur 
le même arbre. 

Suivant Xiînnaeus, ils se plaisent en Suède, dans les lieux 
humides planjlés ^'aunes, et poussent leurs excursions fort 
avant dans le Nord. Ce fait est confirmé par des voyageurs 
et des naturalistes qui les ont rencontrés au Groenland , où 
ils iomt leur nid , au rapport de l'un d^eux; Othon Fabri*- 
cius* Us le placent eutxe les branches des arbrisseaux , et le 
composent de trois couches : la première , qui est la plus 
lépaisse , est tissae d^herbes sèches , entremêlées de quelques 
petits rameaux; la canche du mRieu, plus mince, d'un mé^ 
lange de plumes , de mousse; le duvet d'une espèce de froma- 
ger ( eriophonsm vagùpaUtm , linn. ) , forme la couche inté- 
rieure sur laquelle la femelle dépose cinq ceufs d^un Manc 
verdâtre , tachetés de roux , principalement vers le groa 
l>ojit. Ils quittent 4:es régions glacées au mois d'octobre , et 
n'y reparoissent qu'au mois d'avrit ; de là, l'espèce se répand 
«lon'^seulcnlent en Europe , mais encore en Amérique , ojk 
.elle n'est pas moins 4iombreuse; mais, sur Tun et l'autre 
continent , elle s'avance peu vers le sud. En France , le froid 
^e les lerce de parcourir quelques contrées méridionales que 
jurâqu'il est très-rigoureux. £n Amérique , ils ne dépassent 
guère li| Pjensyivanie , et n'y paroissent même que dans le 
fort de Phirer, lorsque la terre est entièrement couverte de 
-neige , 4'où eàt venu leur nom américain snoœ-bird ( oiseau de 
neige ) , dénomiaatipn que l'on y a généralisée à tous les pe^ 



34» S I Z 

tîts oiseaux qa! n^habîtent le centre des Etats-Unis qad 
pendant Phiver , tels que les ortolans de neige , jacohins^ etc. 

Leur ramage est foible et plaintif ; ils babillent sans cesse 
soit en volant , soit en cbercbant leur nourriture , d^ où leur 
est venue Tépithète latine querula; d'autres leur donnent la 
dénomination de peUl chine , parce qu'on les voit souvent 
sur ces arbres » dont les bourgeons leur servent de nourri- 
ture pendant Fbiver. Les oiseleurs de Paris les appellent 
gre^ut cabaret , pour les distinguer de l'espèce suivante qu'ils 
nomment simplement c^^onf/. 

Le mâle a le sommet de la tête d'nn rouge de sang; une 
tache entre le bec et l'œil , et le haut de la gorge, noirs ; le 
devant du cou et la poitrine d'un rouge pourpré ; le ventre 
et les parties postérieures d'un beau blanc ; l'occiput ^ le 
manteau et les flancs variés de brun sombre e\ de gris ; le 
croupion tacheté de brun sombre sur un fond blanc; les 
couvertures inférieures des ailes , blanches ; les supérieures 
id'un brun obscur , et les petites et les grandes terminée^ de 
blanc 9 ce qui donne lieu à deux bandes transversales sur 
chaque aile , dont les pennes sont brunes et frangées de 
fclanc roussâtre du. côté extérieur ; la queue est pareille à ces 
pennes , mais en été elle est bordée de blanchâtre ; te bec 
est brun sur le sommet, jaunâtre sur les côtés et le des- 
sous ; mais la teinte jaunâtre disparoît en été , alors ce bec 
est presque blanc ; les pieds sont bruns. Longueur totale , 
cinq pouces. Tel est le mâle sous son plumage d'été. Ses - 
' couleurs en hiver sont plus ternes , et le blanc est nuancé de 
roussâtre. La femelle est un peu plus petite et diffère encore 
en ce qu'elle a le front blanc ; le devant du cou et la poi^ 
trine , de cette couleur , avec des taches brunes sur leurs 
côtés ; généralement ses teintes sont moins chargées. 
„ Le jeune mâle a le front blanc 9 le sommet de la tête mé- 
langé de gris blanc et de rouge ; la première teinté est à 
l'extrémité des plumes ; le devant du cou et la poitrine blancs. 
Le rouge commence à parottre sur ces parties quelque temps 
après la première mue; celui du yertex s'étend pendant 
l'hiver , et n'acquiert tout son éclat qu'au printemps» 

Le SiZERiN câbâR£T , linaria rufescens , VieilL ; Fringilia 
Unaria , var. A , Lath. ; Fringilia moniana \ var. B , Gm. ', pK 
enl. de Buff., n.^ 485, fig. 2. Cette figure manque d'exacti- 
tude , en ce que le rouge du sommet de la tête est trop clair^ 
et en ce que le noir du menton n'est pas indiqué. Cette es- 
pèce, comme je l'ai déjà dit, se montre dans les environs 
de Paris en troupes beaucoup moins nombreuses que la pré- 
cédente. Du reste, ces oiseaux ont quelques rapports dans leur 
genre de vie j ce qui joint à l'analogie qu'on remarque dana 



s I Z S43 

leur plumage , aide it Les.eonfondre. Le cajb.aret a un ramaeç 
qui m'a paru ressembler assez à celui de notre fauvette d%-- 
ver, et il jette , surtout à son réveil, un cri fort.pour un si 
petit oiseau^ et à peu près pareil à celui d^un serin qu'on 
inquiète; mais il ne fait entendre ce cri que pendant .Pété* 
Les cabarets paroissent en France au mois d'octobre, et, y 
restent jusqu'au mois d'avril; cependant , ils se, retirent dans 
le Nord pour se propager. Ils cbnstruisent leur nîA sur des 
arbrisseaux , le composent de mousse, d'herbçs et de petites 
racines sur les contours et^n dessous; des crins noirs for- 
ment la couche sur laquelle la femelle dépose cinq ou six 
œufs d'un blanc bleuâtre , tachetés de co.uge,.avec des zlg^- 
zags bruns et isolés. 

Le mâle a le sommet de la tête d?un rouge sanguin; le 
lorum et le menton noirs>; les joues , les sourcils et les cou- 
vertures inférieures, des ailes , roussâtres; les supérieures , 
brunes et terminées de roussâtre, ce qui donne lieu à deux 
bandes transversales; les rémiges e|.les rectrices bordées de 
la même teinte au dehors, etbrunes dans \^ reste ; le bas de 
la gorge , le devant du cou et la poitrine d'un rouge pourpré; 
Tocciput,, le manteau^ les côtés du cou et de la poitrine va- 
riés de roussâtre et de brun;, le croupion roux et brun sur sa 
partie supérieure, ensuite d'un rouge àtre pâle; les couvertu- 
res inférieures de la queue et le milieu du ventre , d'un blanc 
sale ; le bec jaunâtre sur Tes c6tés et en dessous^, brun sur 
son arête; les pieds de la dernière couleur, Longueur to- 
tale, quatre pouces et demi. Le même, après la mue, a 
Textrémité des plumes du sommet de la tête d'un^gris blanc^ 
qui disparoît totalement au printemps. 

Le jeune ,. dans son premier âge , n'a nulle apparence de 
rouge sur la tête ; du reste , il ressemble à^la femelle ; dont 
la gorge , le devant du cou. et la poitrine sont roussâtres ; le 
croupion est varid de brun et de roux .; les couvertures supé- 
rieures de la queue sont tachetées de br^n sur le milieu des 
plumes ; la livrée du mâle de cette espèce et de la précé- 
dente , perd son éclat qu^nd. Us sont, en captivité ; la cou- 
leur du sommet de la tête prend une nuance orangée sale , 
et le rouge des parties inférieures disparott totalement après 
un ou deux ans de cage. Nous venons de voir dans la .syno- 
nymie, que Gmelin donne cet oiseau pour une variété qe.la 
linote de montagne , qui n'a avec lui d'autres rapports que 
dans la couleur du bec. Latham s'est conduit de même dails 
son Synopsis , et en fait une variété du sizerin proprement 
dit , dans son Inde^, Brisson, qui l'appelle petite linoH, n'a 
pas connu le mâle ^ous son. babit de nocei; , car il ne fait au- 
^ cune mention du rouge qui domine alors sur le devant-du coiit 



3^4 S J I 

^siat la poitrine. Il «n vrai que eette^ookur s'est imllemeist 
visible après la mwt ; elle se comneace à parottre ^è dans 
l*Mv«r 9 et ne se montre arec toat son 4^clat -que vers le mi- 
tten dn printemps et pendant fêté. M. Temminck ( Manad 
^'Ornithologie ) prétend qne la petite Kn^ste de vigne de 
firisson est nn viens mïile sieerin, et que la petite linotte du 
même auteer est on jémte mâle de la mime espèce. Il a rai- 
^n dans le premier point et il a tort dans le second , car ce 
somt deox espèces distinctes qa'il n'anroft pas ^ confondre, 
Y^ les a vues en nature ; d^on autre cAté , û n'a pas saisi leor 
'distinctimi , qaoit|ue très'établie par Brisson , lorsqu'il indi- 
que les proportions et les dimensions de Ton et de Paatre , 
distinction que j^ai vériûée sur un grand nombre d'individus ; 
de plus , la description de leur plumage est , dans Brisson ^ 
^omornie à la rérité ; ctèlle de la petite linote de vigne apr- 
partient à mon siaterin boréal , et la Kvrée qu'il donne à s^ 
"petite linote.est bien celle duisizerin cabaret; mais seule-r 
tnent après la mue et à l'automne 9 jusque vers le milieu de 
>riiîver ; et il n'auroit pas dÙ lui donner le croupion rouge , 
xar il ne Ta jamab de cette ootdenr. Ces deux espèces ^m- 
paânsent très^iien ensetrible^ et fan encore présentement 
chez moi un mâle cabaret et une femelle sizerin boréal qui 
iBOirt accouplés , et se caressent journellement. Je ne serois 

Ïas ^onné quMl pftt résulter dedenr alliance des métb capa- 
les de se reproduire , si on les tenoit dans un lien où ils 
pussent se convenir pour nicber ; mais ils ne s'accordent 

Sas de même avec la linoie de montagne ; celle-ci cherche 
e préférence la compagnie de la lînote trommune , du 
jcnoins c^est ainsi que se conduisent les individus que je garde 
en volière depuis quatre on cinq ans. J'ai encore remarqué 
que les sizerins ne dorment pas pendant les nufts d*étë ; 

f>our peu qu^on ait de la lumière , ils voh^ent sans cesse , et 
es mâles chaînent; c'est ce que font aussi les ortolans de 
peige , qui,, comme eux, passent l'été dans k p61e arctique^ 

SIZIN. V. Sl$El«H BOEÉAL. (▼.) 

s JADEÏ9. Nom japonais du fLh%ThW(pUutUrgo major^ L.)- 

(LN.) 

SJENGSTAVEZ. Mot russe qui simîîitfawiheur. C'est 
la dénomination que les b^bîtans du 'iColywan donnent au 
fika qui coupe rbeii>e pour sa provision d'biver. 

Les mêmes Russes appellent aussi cet animal kamonnaj^ 
fcoschka^ c'est-à-dire, chai de roéker. Ceux qui habitent les rives 
du'Jenissei et la Sibérie otientale le connoissent sous le 
nom de phlçhuha , qui signifie sïffleur. F. PiltA. (s.) 

iiifiCQl. Le lis à feuilles ezi -cosur \lUium cordffoliumi 



s K O 3^ 

Tfaonb.)poite cib nom su Jap^Mi) aimî que eelùi de sjireoa 
à'osjiroi. (tîî.) 

SJOBLICK. Nom sui^dols de la TÉftÉBKU.^. (dessi.) 

SJOVANN4-POI.A-TAX.I. C'est sous «e nom malabare 
que VamaryUis Ja^oli^ eft ^guré àsaï$ Rhée4e {Mal* iif 
tab. 39. ). (ln.) 

SJIJRO c% S0DIO. Ce sont les noms, au Japon, d^ane 
belle espèce de palmier, (rhapîsflab0liiff>rmisAk.^yV.). SeloQ 
Kaampfer, le Sootsiku n'en est qu'une variété, (ln.) 

SKAPOLITH des Allemands. V. Wernérito. (i,n.) 

$ELARY. Nom norwégiea du CoasfORAK. (v.) 

SKATA. Nom suédois de la Pie. (v.) 

SKIDIS ilSKAR. Nom donné, en Islande, auxcai^ieÀ 
qui onf des fanons et le rentre sans plis, (desm.) 

SKIËRRO. Les Lapons nomment skierro un oiseau de 
mer , quiparoit être legoëlandà manteau gris-brun ou le £oir- 
guemesire.Xs,} 

SKIMMI. Nom de la Badiane, à la Chine. (bO 

SKÎMMIË, Skimmia, Arbuste à rameaux légèrement té« 
trahîmes, à feuilles alternes, pétiolées, oblongues, ondulées» 
un peu dentées k \e^^ extrémité et toinours yertes, et à (leurs 
disposées en panicule terminale , qui forme un genre dans I21 
fétrandrie monogynie. 

Ce genre a pour caractères : un calice divisé en quatre 
. parties ; une norolle de quatre pétales concaves ; quatre éta- 
mines; un ovaire supérieur smtnoptéd'an style simple ; une 
baie il quatre semences. 

Le skimmie croît au Japon, où on mange ses fruits. (B.) 

SKINKORE. Sbàw égure «ous ce nom la Salamandre 

POINTILLEE.^ (b.) 

i^ÏNNÉBË, Skimum. Genre de plante$ établi par ?ors* 
ter, mab qui rentre dans celui appelé FucflSiE. (b.) 

SK.IPPOG. Les Anglais de New- York cennoissent , sous 
cette dénomination , le Bsghen-ciseaux. V, ce mot. (s.) 

SiCITOPHÏLLE, SkitophyUmn. Nom substitué par 
M. de la Pj'laie à celui de Fissi]>£19T , qui lui a paru mul 
composé. Dtx-huit espèces de ce genre sont parfaitement figu- 
rées pi. 40 et suivantes du Journal de botanique de Desvaux» 

SKOLËZjLTË. V. ScoLÉïiTE. (ln.) 
SKOLPIZ A. Nonn kalmouk de la Spatule n'EBaoBE. (v.) 
SKOPA. ^m du PyGARUUE , en Russie , i»ur les bords 
4e riaïk. (V.) 

SKORODITE. V. Sco^icbdite. (ln.) 

SKORPIUROS. V, ScoAWUROs. (b.) 

SKORZAt Substance «lin^cale qui se trouve en peUls 



^3^:6 S M A 

grains peu brilUns , d'un vert, serin , sur ks bords de là rP 
vi^re d'Arangos, près de Maska en Transylvanie. 

Klaproth en a retiré 4-3 de silice, ai d^alumine, i^ de 
cliaux, i6,5 d'oxyde de fer, et o^aS d'oxyde de manganèse 
.( Brochant^ tom. ii, pag. 55^). C'est une variété arénacée 
de TEpidote. V. ce mol. (pat.) 

SKOURA. Nom d'une espèce de Canard, ta Daiie- 
inarck. V, ce mot. (desm.) 

SKOUT. Nom anglais du Guillemot , dans la province 
d'York. (V.) 

SKOWRONEK. Nom polonais de rALOUETTE. (v.) 

SKUA. C'est, aux îles Féroë, le Goéland varié ou le 
Grisârd. (s.) 

SKUNK. Nom que le Conepate, animal carnassier du 
genre des Moufeties , porte à la Nouvelle -York, (s.) 

SLAMI-MOKESKI. C'est, en Russie, le nom des four- 
rures des peaux de lièvres, (s.) . 

SLANGA. Nom suédois des Serpules. (desm.) 

SLANTZA. Arbre du genre des Sapins, qui sert à la nour- 
riture des babitans dnKamiscbdtka,et qu'ils regardent comme 
un spécifique contre le scorbut, (r.) 

SLATÈ. Nom anglais de 1' Ardoise ou Schiste. Voyez cet 
. article, (ln.) ^ 

SLATERIE, Slatena. Genre établi par Desvaux pour le 
. Muguet du Japon. Il a aussi été appelé F'luggée, Ophio- 
POGON et Péliosantbe. y. ce dernier mot. Il se rapproche 
infiniment des Dianelles. (r.) 

SLEPEZ ou ZEMNI. C'est le Rat-taupe aveugle, Mm 
typhlusj Linn. (desm.) 

SLICKTEBACK. Nom danois de la Baleine franche, 
selon M. Lacépède. (de&m.) 

SLOANE. C'est la même chose que le Quapalier. (b.) 

SLOMKA. Nom polonais de la Bécasse, (v.) 

SLOT H , c'est-à-dire , paresseux. Les auteurs afiglais dé- 
' signent les Bradypes* par cette dénomination, (s.) 

SLOWIK. Nom polonais du Rossignol, (v.) 

SMALT. C'est un verre d'une belle couleur bleue très- 
foncée , qu'on fait avec un mélange d'une partie d'oxyde de 
cobalt grillé ou safre, et quatre parties de sable quarzeux. Le 
smalt, réduit en poudre impalpable , forme ce qu'on appelle 
le bleu d'azur ou ble» d'émail. V, Safre et Cobalt, (pat.) 

SMARAGD. Nom de I'Emeraude, dans la minéralogie 
allemande. Il n'indique que la véritable émeraade , et on ne 
l'étend pas au béryl ou aigue-marine , comme on le fait main- 
- tenant en France à l'égard du mot Emeraudc. (ln.) 



s M A 3^7 

SMARAGDITE, Nom donné par Saussure à la Dial- 
LAGE , qu41 nous a fait connoîtrc le premier , et dont il a 
décrit la variété d^an yert d'émeraude, ce qu'exprime le 
nom qu'il lui avoit imposé, et qui dérive du latin 5marâ^£?ii5 ^ 
émeraude. V, Diallage, ëmeraude. (ln.) 

SMARAGDOCHALZIT d'Hausmann. F. Cuivre mu- 

RIATÉ. (LN.) 

SMARAGDO-PRASE. Nom que quelques anciens na- 
turalistes ont donné à différentes pierres de couleur verte , 
et notamment à la Chaux fluatée, dont la couleur appro- 
choit plus que toute autre de celle de Témeraudé. C'étoît 
"une pierre de celte nature qu'on montroit comme une véri- 
table émeraude dans Tabbaye de Reicbenau, sur le lac de 
Constance. T-Emeraude, Frase, Chrysoprase et Gemmes. 

(PAT.) 

' SMARAGD13S. «Le smaragdus^ dit Pline, occupe le troi- 
sième rang parmi les gemmes, et if n'est point de couleur plus 
agréable que la sienne. On voit avec plaisir le vert des prés, 
celui des feuilles ; mais c'est avec un délice bien plus grand 
encore qu'on jette ses regards sur lesmaragdus^ car sa couleur 
est telle , qu'on ne peut la comparer avec aucune autre sorte 
de vert, qui contente mieux Toeil sans le rassasier; les 
yeux fatigués se délassent quand ils se fixent sur cette pierre. 
Elle jette son éclat à une grande distance , et semble colorer 
Pair qui l'environne et l'agrandir. Exposée au' soleil ou à 
l'ombre , éclairée la nuit par des lumières , elle est toujours 
belle, elle est toujours éclatante, etc. » 

L'enthousiasme avec lequel Pline parle du smaragdus^ se- 
roit celui d'un poëte qui voudroit peindre noire émeraude ; 
c'est effectivement celle gemme verte si remarquable par la 
richesse et le velouté suave de sa couleur, qui est le smaragdus 
que Pline a décrit en des termes qui laissent entrevoir le plaisir 
extrême qu'iPéprouve au souvenir de celte pierre précieuse. 
Cependant l'on a ddbté jusqu'ici que ce fût l'émeraude , bien 
que nous connoissions des émeraudes gravées antiques qui 
représentent des sujets romains et des objets de religion chré- 
tienne , antérieurs^ à la découverte de l'Amérique. Pline fait, 
^observer que le smaragdus le plus beau est de trois sortes ; 
savoir : 

i.^ Le Smaragdus de Scyûiie ou sçyihis des Grecs, et scylhus 
des Latij[)s, qui l'emportoit en beauié sur tous les autres; 
c'étoit celui dont la couleur avoit le plus d'intensité, et qui se 
trouvoit le moins sujet à avoir des défauts. 
• 2.0 Le Smaragdus de la Badriane, 11 approchoit de celui de 
Scythie pour la beauté, mais il étoit jpHis petit que ce ^er** 



848 S M A 

i.^ Le Smaragéis d'Egypte^ qui se trouTok dans des collines 
et des rochers aox environs de Coptos. 

De ces trois localités du smaragâus^ indiquées par Pline , 
aucune n^avoît offert jusqu'ici Témeraude , et ce n'est que 
depuis quelques mois qu'on a reconnu en Ejgypte et dans le 
pays même indiqué par Pline , les anciennes mines d'où Tofi 
tiroit le smaragdusy et .l'on y a reconnu aussUÀt notre belle 
émeraude ; ce qui ne laisse plus de doute sur la natuns 
du smaragdus des anciens. D'ailleurs , quelle ai^tre pierre 
gemme verte a été plus digne que Témeraude d'orner les 
vêteniens du roi de Tyr , d'être comptée au nombre des 
douze pierres du rational du grand-prêtre des Juifs , d'êtris 
enfin comptée au nombre de;s bijoux les plus précieux et Içs 

{»lus dignes des rois? Buffon^ en parlant de Témeraude dont 
'existence ne lui étoit pas connue dans le Tyrol et en E^ptCn 
yëcrie : « Je ne sais pas comment ou a pu, de nos jours, ré- 
voquer en doute l'existence de cette pierre dans Tancien con- 
tinent, et nier que Tantiquité en eût jamais connoissapce ^ 
c'est cependant l'assertion d'un auteur récent ( Dutens ) qi;^ 
.prétend que les anciens n^avoient pas connu l'émeraude, ;5oi^ 
,j)réte^te que daos les pierres auxqiielles ils ont donné le npm 
de smfiragdus , plusieurs ne sont pas des éuieraudes ; mais il 
n'a pas pensé que ce mot smaragdus éloit une dénomination 
générique pour toutes l^s pierres vertes, puisque Pline corn- 
^renà sous ce nom des pierres opaques qui semblent n'étriC 
que desprases,ou même desia^pes verts; mais cela n'empêche 
pas que la véritable émeraude ne so^it du nombre de ces 5172a- 
ragdus djcs anciens. Il est même remarquable que cet auteur, 
d'ailleurs très - estimable et fort instruit , n'ait pas reconnu 
la véritable émeraude auy triiits vifs et briUans sous ^esqueU 
Pline a su la décrire. » 

Pline dit que ses trois belles émeraudes ae*troareiil dans 
\ts rochers et nullement dans les mines*, comme nous le ver- 
rons taut-À-l'lieure pour les antres espèces de smaragdus; et 
-c'est une chose qui se trouve conforme à la vérité, qjuant à 
l'jémeraude d'Egypte. Celle-ci a été découverte par Af. Cail- 
jaud de Nantes , à Zabbaracb près K-osseyr, dans une roche 
de mica feuilleté. L'émeraude, ainsi que la roche ,, ont ie;S 
fdus grands rapports airec les roches de mime nature , et 
l'éaieraude , découvertes à Rathshausberg et à Heubachtbal 
dans le cercle de Salzbourg en Tyrol , c'est même i<s'y mé* 
prendre ; cependant l'échantillon de la roche que j'ai vu, m'a 
f>aruplus compacte , à paillettes de mica plu^ grandes et. plus 
noires. M. CaÛtaod assure avoir trouvé dans cette rocbe des 
émeraudes de la grosseur d^ doigt; l'avarice des beys d'£g.ypto 



s M A âij 

ts^twté de l'émettre à ces avides despc^te^lé» pla» belles pier- 
res de la pacotille qu^il apporloil en Europe» 

Je regarde donc comme proavé que les anciens ont ronna 
rémeraude etquVlle ^toii aa nombre de leurs smaragdus , et 
ce dernier nom naénie a donné naissance k ceiui àémctaudè 
en français, de smertUdo en italien, de schmaragden allemand ^ 
et ft pense qse ces noms ont toujours été donnés à la véri- 
table émeraude , bien avant la découverte de T Amérique , et 
j'afî dît plu» haut que nous donnoissions des émeraudes gra-« 
/ vëes antiques, ce que je ne vois rapporté dans aucun des au<^ 
teurs qui ontcommenté Pline, Dioscoride, Théophraste, etc* 

Je ne doute pas non plus cpte les smaragdus de Scythie et 
de la Bactriane ne soient encore notre émeraude proprement 
diie.On lés trouvoit aussi dans deë fentes de rocbers,du moins 
lé premier ; car celui de la Baclriane étoit dans du sable^ 
Pline rapporte qu^on alloit à sa recherche dans la Bactriane^ 
du côté du désert , et à cheval à Tépoque que le vent d^est 
aomtel sonffloit , parce que les sables étoient agités alors par 
la violence de ces vents, et découvroient ainsi les morceaux d« 
stnaragdus qn^on récoltoit et qui n^étoient pas d'un grand vo« 
luoM^ 

Pline fait observer que le imarâ|nfii^. étoit si estimé ^ qu^ou 
mse permèttoit pas de le graver. Mats la raison, dit-il , est 
dans 1 extrême dureté Aq9 smaragdus de Scythie et d^ELgypte^ 
qui ne permèttoit pal aux outib d'y mordre. Quand un sma- 
ragdus , dit encore ce naturaliste , est en forme de tsdatle , sa 
scMrface reflète les objets comme un miroir ; aussi Néron fe*" 

£rdoit-il les combats des gladiateurs dans un srkdragdus. Ce 
rnier passage pourroit faire douter qu'il s'agisse de Téme-* 
rande; il est probable^ cependant, que le snïaragdus^Aofui^^ 
servoit Néron , n'étoit qu^one émeraude d' on fort diamètre ^ 
e«, àce sufety je citerai une belle émeraude d'Amérique, qui 
él?ottdans le cabinet d'histoire naturelle de Madrid. C'étoît uti 
cristal d'une forme nouvelle et de près de deux pouces de dia-* 
mètre, sur mx à boit lignes d'épaisseur. Une tablette d'éme-- 
raode d'un pareil diamètre de voit snflfire k Néron, et il est 
probable que les anciens se procuroient des émeraudes de ce 
Tdhtme,J'ai vu «ne tète de rempereurMarc^Aurèle,en relief, 
de la hauteur de plus de quinze lignes, en une seule émeraude. 
Il paroît que le gemma Neroniana ou Domitiana^ ou smarag^ 
dus NeronianuSféioit une pierre semblable à l'émeraàde. Mais 
Mae s'agit pas ici de l'empereur Néron , mais d'un certain ou- 
lerier ou artisan (Domîtianus Néro) qui a voit mis cette pierre 
€A vogue. Certains auteurs prétendent que ce Néro ayant mis 
boaucoup d'huile dans des pots , la trouva quelque temps 
après colorée en im beau vert , et qu'u»e pierre ^'il avott 



35o S M A 

abondamment arrosëe arec cette lioIie,aeqtiIt celte belle con^ 
leur verte. Ainsi, le gemma Neromana ou smaragdus Nero^ 
nianus^ seroit une nibasse verte , une pierre artificiellement 
colorée en vert , et nullement une émeraude. Pline nous ap- 

{»rend qu'on rendoit aux émeraudes claires leur belle cou- 
eur, en les mettant dans de 1 buile ou du vin. 

Pline , immédiatement après avoir parlé des trois beaur 
simùragdas , dans Tordre de la valeur et du plus baut prix 
qu'on y attacboit anciennement y passe à l'indication de 
onze autres espèces de smaragdus qui ne sont plus de vraies 
émeraudes, mais des pierres vertes de diverses espèces* 
Il dit en premier lieu , que tous les autres smaragdus ( après 
ceux de Scythie ou Tartarie , de la Bactriane , et d'E- 
gypte ) se trouvoient dans les mines de bronze et de cai* 
vre. Le smaragdus de l'île de Cypre étoit le plus estimé 
parmi ces smaragdus inférieurs dont Pline traite , en parlant 
àts défauts des vrais smaragdus. Nous ne le suivrons pas 
dans %fi5 descriptions qui, le plus souvent^ sont trop incom- 
plètes pour permettre d'asseoir on jugement fixe. Nous fe- 
rons remarquer seulement que ses smaragdus secondaires 
étoîent bien moins estimés , qu'on les qualifioit , du moins 
quelques-uns, àe pseudo-smaragdus ; que c'étoieht des pierres 
vertes , tantôt transparentes , tantôt opaques ; qu'elles peu- 
vent se rapporter à divers minéraux, par exemple : i.<^ à de 
la chaux Ouatée verte, ce qui expliqueroit parfaitement l'exis- 
tence de ces prétendues émeraudes de plusieurs coudées ^ 
qu'on voyoit dans le temple d'Hercule à Tyr, et ce que rap- 
porte leroi Juba, que les Arabes omoient leurs édifices d'al- 
bâtre et de smaragdus ; 2.^ au cuivre hydraté sîiicifère com- 
pacte , qui est bleu verdâtre, ou vert jaunâtre , et que l'on 
confond avec les turquoises orientales ( l'une et l'autre pierre 
doivent leur couleur au cuivre ou au fer , et leur nom dé- 
rive de ritaiien turchino , qui signifie bleu); 3.<^ à des serpen- 
tines nobles; 4*^ ^ ^^^ quarz colorés en vert par du cuivre ; 
5^ à des pierres vertes et dures , qui ne paroîssent point être 
des jaspes verts ni des prases , comme oa l'a cru. £n gé- 
néral, Pline nous présente ses smaragdus^ excepté ses trois 
premiers, comme des pierres de peu de valeur. Il y rapporte 
aussi le tanos des Perses 9 pierre verte et défectueuse , qui 
ne nous est pas connue. 

Les Grecs ont nommé les véritables émeraudes smarag- 
dus , du grec smarassd , je luis , je brille; mais du reste ils 
ont fait comme les Latins ^ ou plutôt ceux-ci les ont imités ; 
ils ont généralisé ce nom à beaucoup de pierres différentes 
et dont l'histoire est tout aussi embrouillée que ceUe des 
$maragdus dans Pline, (ln.) 



s M E 35i 

SMARAGSPATH de Blumenbàch. C'est la Diallage 
VERTE OU SMAaAGDiTE de Saussure. (ln.) 

SM ARIDE, Smaridia. Genre d'arachnides trachéennes, 
âe la famille des holètres, trihu des acarides, section des 
tiques, très-voisin du genre Bdelle, mais qui s'en distingue 
par les palpes , qui^ne sont guère plus longs que le suçoir, 
droits et sans soies au hout ; par les yeux au nombre de 
d«ux , et par les deux pieds antérieurs plus longs que \qs 
autres. 

J'avois d'abord désigné ce genre sous la dénomination de 
smaris ; mais comme M. Cuvicr l'a donnée, d'après lés an- 
ciens, à un genre de poissons, j'ai modifié sa terminaison. 

Ces acarides sont très-petites et ragabondes. Leur corps 
est mqu , ovoïde , roussâtre et parsemé de poils. Schraok 
âvoit décrit, dans sa Faune d'Autriche, l'espèce sur laquelle 
j'ai établi ce genre, et l'avoit nommée Mite de sureau, 
Acarus sambuci. Son corps est rouge , avec les palpes et les 
pattes plus pâles f et les yeux noirs. 

Les trombidions , miniatum , papiUosum .et squamatum , 
d^Hermann fils(M<?m. û;?/^ro/.), paroissent être des smarides. 

SMARIS. (ienre d'ARACQNiDEs. V, Smariixe. (l.) 

SMARIS. V. Labre smaris. (desm.) 

SMECTITE.Terre argileuse,qui mousse et qui se dissout 
dans Teau comme le savon. Le nom de smectite lui a été 
donné parce qu'elle a la propriété de dégraisser les étoffes 
de laine. C'est une airgile à foulon. V. Argile, (pat.) 

SMECÏITES. Ce nom, qui est donné spécialement i 
la terre ii foulon ou argile à foulon , dite aussi smectis 
( 0^aikererde, W.), a été appliqué aussi à des terres que les 
minéralogistes ne confondent plus, comme autrefois, avecr 
la terre à foulon. Telles sont la stéatite , la lithomarge ,1a 

{>ierre de lard, quelques serpentines, la pierre oUaire , le 
iége de montagne ou asbeste tressé, la tourmaline noire , le 
jade néphrite , quelques niâmes, des terres ochreuses, etc. 
C'est principalement dans les ouvrages de Çartheuser , 
Gerliard et Wolsterdorf,que règne cette confusion. Deborn, 
Cronstedt, Lehmann, Wallerius, Werner, sont les au- 
teurs qui l'ont fixé plus particulièrement aux terres à foulon, 
et Wallerius paroît être le créateur de cette dénomination 
smectis fixée à la terre à foulon. Celle-ci paroît être le creii^ 
fuUoma des anciens. V. Argile a foulon, (ln.) 

SMEGMADERMOS ouSMEGMARIE. F. Quillaie. 



35a S M E 

SMERALDO. ISom hêHtm de VEuekkvk, propreraeiit 
dite. (LN.) 

SMËRDIS. Nom donné ^ par M. Léacb, à un geore def 
cnutaoés de notre ordre des stomapodes , et qae î'avois éta- 
bli, dans le troisième volaoEie do Règne animai, par M« Cu* 
TÎer , sous le. nom âienchie. On pourra consulter ia plaocbe 
354 de la partie des crustacés ou des insectes y de FEocyclo- 
pédieméthodique, où f ai représenté, d'après des dessins 
que M. Léach a eu la bonté de me communiquer , deux es- 
pèces de ce genre, ainsi qu'une de celui qVîl nomme halima^ 
et quatre de celui de phyÙosoma. (l.) 

SMÉRINTHE , Smerinihus ^ Latr. Genre d insectes de 
l'ordre des lépidoptères , famille des crépusculaires , tribu 
des sphingides, et dont les caractères sont : antennes renHées 
vers leur milieu , prismatiques , en scie ou pectiaées , ter- 
minées en pointe crochue ; trompe sulle ou très-courte. 

On a confondu ces insectes arec les sphinx ; mais le défaut 
de trompe \ei en éloigne suffisamment s leurs métamorphoses 
sont d'ailleurs les mêmes. V. SPHiinc. 

Les espèces qui nous sont connues , ont toutes les ailes 
anguleuses ou festonnées. Nous citerons les suivaiftes : 

Smérit^the DEVi-PAon , SphiikM oceliota , Linn. , Geofir. , 
Fab. , Pap, éP Europe pi. Cxix, n.^ 164. Il a*les ailes sopé-* 
rieures brunes en dessus , marbrées de couleui's de diffi!rentes 
nuances; les inférieures d'un ronge foncé , arec orne grande 
tache noire et bleue en forme d'œil sur chacune ; la tête et 
le corselet gris ; l'abdomen brun , avec des bandes rouges en 
dessous. 

On le troutc en Europe et en Amérique. 

Sa chenille est d'un vert blanchâtre ; sa peau est chagrinée i 
et sa coi'ne est bleuâtre. Elle se nourrit de feuilles de saule* 

SHÉaiNTHE DU TILLEUL , Sphinx tiliix , Linn. , Geoffr. ^ 
Fab. ; Sphinx dm tilleul, pi. P , a4 « 5 ^^ de cet ouvrage ; Pap. 
d*E^r0pe , ci. cxvi— cxvii , n.^ iG3. Il a le corselet gris ^ 
avec trois lignes longitudinales rerdâtres ; l'abdomen d'un gris 
verdâtre; les ailes supérieures d'un gris verdâtre ou d'un jaune 
ferrugineux , avec l'extrémité d'un vert d'olive , et deux taches 
brunes sur le milieu; les inférieures; d'un fauve verdâtre ; les 
quatre ailes sont découpées. On le trouve en Europe. 

Sa chenille est rase, verte, chagrinée^ avec une corne jaune 
sur le onzième anneau. Elle se nourrit de feuilles de tilleul ; 
se change en nymphe à la fin de l'été , et ne devient insecte 
parfait que l'été suivant. 

SméRINTHE DE CHÊNE , Sphinx quercus, Fab. , Pap, d^Eu^ 
rope , pi. cxxii , n.<> i65. Ce sphinx est fort rare et le plus 
grand de ce genre. Ses ailes supérieures sont d'un gris cendré 
en dessus^ avec des espèces de bandes ou des nuances plus 



s M I ?5} 

claîre^ 119 piç« jamâtr^e?^ et i^s r^le^ ^uijle^ jtr??.çl^pnt, obs- 
cc^res ; les u^érjeurçs sont Kxçjuj/çur 4f pli^pî|, àyeç le côté 
interne plus pâle^ d'un grl^ j^^Qâtr,e• .^ji femelle est jplus 
fi^fiiCiée*' 

1^ phe|iîlI(K e«J y^eriç , ^r^c dçç r|ûes ç^llwes et h^téi'ale^ 

Ladirysaîlide esthrone, ^yççlesliords d.e9i^niieauxfaares; 

Sphinx à ailes dentelées, Geoff. , jPi]jp. 4*f*W9P^f P^ Ç^V 
ç^ , n«<^ ^a. ^le e$t ^'w ipris l^*f:pt anr le brun oi^ ;ar lé 
roussâtre clair , sairant les stxt% ou les variétés , iiy.ec de^ 
t^jsyddes 09 ^es rfies transversales p^us fonci&es; ^e^ ^^f^' 
lie,i|jre^ pxjkt ,en deçsqs^ yers leur çiil^eu, un petit trait 9.r^q|S 
ov wp poin.t ^ ^Q;t |^^nchj}!tre 9 so^t jaunâtre ^ les ailes infé' 
lieure^ ont j y^ers lei^r ^aj^sance, on erand e^ace d'unfauy« 
çbajpdpis , et f^\ parptt ^ypir piu3 de duvet gu^îneurs. 

La chenille est verte et cn^grioée , ^vec des lignes e)t des 
r^ie^ Id^tiM^i^es d^ cbf^Qie côté, et une meue ; \e% s^ie- 
IQi^es ;^Qfat foqges. jElIe .$e tient , je jour ^ collée ^ une feuilke 
on à une branche de p^jppller sijir le^p^l elle vit , et ne man^e 
ordinairei9ent q^e le so^r. 

£)Le s^ enfonce en terre vers la fin de Tai^tomne , mais à 
peiji de profondeur, se cac^e même daps la monsse. L'in- 
3ecte édôt dans les premier^ jours da printemps suivant, (l.) 

ÇMERQÙliA. Non^ du ^l^mse, bleu ou soLiTAïaE, dans 
diverses îles de l' Archipel, (v.) ^ 

SMipSTÏÉi^S)?»^ éubli dan? la Flore de Hon- 

ffrie pour placer une petite plante fort voisine des Joncs ou 
inieux des ^uzules, ^nt la capsule ne contient q[u*une seule 
çemence. (b.) 

Sll^I^DEUE, Smîedélia. Genre de plantes ëtaUi par lAu- 
paeu^, mais .q[ui ne diffère pas de celui appelé ÔaiIfTROPE. 

(B.) 

SMIQUET. Nom vulgairedelaSÂLSBPARBiiLB épikeu^bv 
f<;ix environs de Narbonne. (b.) 

SMIIiÂGÉÊS. Famille de plates dont les caractères 
consistent : en un calice à six divisions ou de six parties égales; 
six étaminc^s k filamens presque toujours libres ou rarement 
réunis, et incitant alprs un tube ; un ovaire simple, supérieur 
09 inférieur, à trois styles et trois stigmales,ou un stylé à stig- 
Tf^dXe, simple ou trifide ; une baie ou upe capsule triloculaire 
à loges ayantà une ou plusieurs semences , dont le périsperme 
est charnu ou cartilagineux. 

Las plantes de cette famille ont une racine fibreuse ou tq* 
béreuse ; une tige souvent frutescente, quelquefois rameuse , 
droite ou yoluble ; des feuilleç parement opposées j commune** 



354 S M 1 

ment enViJrès clfârèmcùt c^^ des fleurs souvent 

mpnoïques par avbrtémeDt^ et presque toujours disposées en 
coiyihBes , en grapiles ou en épis axiitaires. 

Xenlen^t rapporte à cette famille , qui est la troisième de 

la quatrième classe de son Tableau du règne végétal^ et dont les 

caractères sont figurés pL' 4 9 ^'^ ^ du même ouvrage, cinq 

[genres souis deux divisioils '; . savoir : 

' i.*» Les'smîlàcées, qui ont Tovaire supérieur: FraIgôiï, Sal- 

J5EPARE1LLE et IgîîAME. ' /' 

a.® Les smiiâcées dont l'ôvaîre est inférieur: Taminier et 
Rajane.(bO ' 

SMILÀCINE , Smilacîna. Genre de plantes établi par 
Desfontaines, Annales du Muséum, 5.«'ai;Kiée, pour placer 
quelques espèces du genre Muguet. 11 offre pour caractères : 
une corolle à six diyisions profondes et disposées en étoiles ; 
six étamines ; un ovaire supérieur surmonté d'un seul style ; 
une baie sphérique à trois loges. 

Les MUGUÇTS A GRAPPE , EN ÉTOILE , A TROIS FEUILLES , 

PMBELUFi^RE et CILIÉ , composent ce genre. Les deux der- 
niers sont figurés dansTouvràge précité, (b.) 
: S1VULA.CINÉES. Synopyme de Smilacées. (b.) 

SMILAX. Les anciens auteurs, tels que Dioscoride et 
Théophraste , paroîssent avoir décrit sous ce nom quelques 
espèces d)B^^ero/?5 et la salsepareille épineuse {SmUax aspera) , et 
c'est particulièrement à cette dernière qu'il faut rapporter 
Iç passage suiyai^t^e Pline. « Cet arbrisseau ressemble, 'dit- 
il , au lierre ; il fut originairement apporté de.Cilicie , en 
Grèce 9 où il abonde maintenant; ses tiges sont en grand 
nombre, et garnies de nœuds; il jette beaucoup de branches 
épineuses ; sa feuille semblable à celle du lierre, est petite 
et non anguleuse , et de la queue de cette feuille sortent des 
tendrons ou petits crampons par lesquelles elle s'attache; sa 
0<eur ^t blanche et a l'odeur du lis ;. ses fruits sont disposés 
en grappes comme ceux de la vigne sauvage , et sont de cou- 
leur rouge ; lçs( plus gro^ grains de ces grappes contiennent 
trois pépins noirs et durs, mais les moindres n'en ont 
qu'un , etc. 

. LeSmilax d'iiEtius, Milos ou Smilos de Théophraste, 
milax^t taxas ^ d'autres auteurs, est évidemment I'If. 

SmilàX'i selon la Fable , est le nom d'une jeune fille qui, 
éprise d'amour pour Crocus ^ fut changée en cet arbrisseau. 

. (DESM.) 

SMIREnv Sfnipium* Nom donné par Jussieu au genre Pa- 
JUCOURE d'Mbl^i;, qui fait actuellement partie des PsY- 

€tt0TjaES- (B.) 

SMIRGEL des Allemands, T. Corindon emeril. (ln.) 



s M Y 355 

SMIRIGLIO. Non* italien de I'Emeril. F. Smyris. (ln.) 

SMIRRINGUE. r. Gallinule. (v.) 

SMIRNA. Plante citée pat Théopbraste, et qnlpn, sup- 
pose être le Sassa. de Bruce. (B.) 

SMITHIE , Smiihia. Plante annuelle à tige couchée , à 
feuilles alternes, pinnées sans impaire , à folioles oblon- 
gués, velues sur leurs bords et sur leurs côté^, e.t au nombre 
de quatre à dix de cbaque côté ; à stipules doubles , persis-^ 
tantes, sagittéès ; à fleurs jaunes peu nombreuses, disposées 
en grappes dans les aisselles des feuilles supérieures et ac- 
compagnées de bractées. 

Ce genre , aussi appelé Patagnane et Coléanthe , se 
rapprocne beaucoup des Sainfoins, fl a pour caractères : un 
calice de deux folioles concaves et hérissées de lubeurcules 
sétifères, accompagné de deux bractées dbtinctes de celles 
des pédoncules, et presque semblables aux stipules ; une co* 
roUe papilionacée dont Tétendard est bifide; dix étaminês 
divisées en deux paquets égaux ; un germe supérieur à style 
latéral et recourbé à sa pointe ; un légume composé d'arti- 
culations distinctes et monospermes , attachées latéralemeat, 
au style. ~ 

La smithie est annuelle , et vient déPInde. Qn la cultive} 
dans nos écoles, de botanique. Ses feuilles , sont susceptibles- 
de contraction lorsqu'on les touche, comme le sont telles, de^ 
la SensitiVe. 

Gmèlin a donné ce même nom h un genre de la pentan- 
drie monogynie , qui avoit d'abord été appelé Thouinie par 
Smith. C'est TEndragh. (b.) 

SMITTEN. Le voyageur Bosman désigne sous ce nom 
une grande espèce de singe , qui est le JocKO ou GttiMPAN -* 
ZÉE, Simia iroglotfytes de Linnseus, aninftal d'Afrique, que 
nous décrivons à l'article des Ohangs-ouïangs. V. ce mot; 

• (VIREY.) 

^ SMYNTHURE', Smyrdhutus. Genre d^insectes. de Tordre 
des thysanoures , famille èts podurelïes. Ce genre répond à 
la seconde section àespodures de Degéi^^ , .celles qui ont les 
antennes coudées, de cinq pièces, dont la dernière, commen- 
çant au coude, est compçsée de plusieurs petits articles^ avec 
le corps arrondi ( Voyez , pour les autres caractères , l'ar- 
ticle Fodurb). Degéernous'a donné plusieurs détails sur 
l'espèce de smynffèure , qu'il nomme podàre brune ^ ronde {po- 
dura atra^ Linn^ ). Elle est la plus grande de sa f|milie. On la 
trouve ordinairement sur les morceaux de bois et les bran- 
ches d'arbres qui sont restés long-temps sur un terrain hu- 
mide, Vainement la chercheroit-on sur le bois seç et dans 



356 S N E 



àe$ endroits o& il n'y a pas une humidité suffisante pour t9> 
mollir les substances végétales dont elle parott se nourrir* 
Elle rit dispersée. Cet insecte a, outre sa queue fourchue^ 
et qui lui- sert pour sauter , une pièce dont l'usage est de 
fixer le corps sur le plan où îl se trouve, particuUèFenient 
lorsque Tanimal est sur le point de tomber. Cettejpièce est 
située sous le corps , et au-delà de la fourche de u queue. 
Elle consiste dans un tuyau cylindrique, servant d'étuî a deus 
filets également cylindriques, membraneux , transparens» 
longs, très-6exibles, et gluans oq comme humides. L insecte 
les jfance avec force et avec vitesse dans le besoin. Leur vis- 
cosité les fixe aux différens corps sur lesquels Tanimal se pro- 
mène , et le retient. U peut en avoir plus besoin lorsqu'il 
monte sur un corps perpendiculaire k tliorizon. Il les (ait 
rentrer dès que ses fonctions ne sont plus nécessaires. Noàs 
appellerons «cette espèce, Smyothure 3Run, Smynûiurus 
fuscus. Le SWYNTBURE VERT, SmjnAuru$ vindls ^ Podurapiri-- 
dis , Lînn., Geoff., Fab.» est vert, avec la tête jaunâtre. Ou 
le trouve sur tes feuilles de différens végétaux. (|..) 

SMYRNIUM. Le nom de smymium est donné parDios- 
eoride et par Pline à une plante qui parott être notre Macb- 
RON. Selon quelques auteurs, il seroit tiré de celui de la ville 
de Smyrne : âuivaatTourncfort, il dériverottd'un motgrec 
fui signifie myrrhe, parce que la racine de cette plante a 
F^r de ia gomme^réiiM , appelée mynhe. Voyez Vartide 
Maceron, et surtout rarticle Selinon. (desm.) 

SMYRIS. Le smym étok,s6leii Dioscoridc^ une siAstance 
minérale qui servoit k taMller les pieiws précieuses • ce mi 
semble faire reconnoître notre én^eril , et Matthiole ne4oilte 
nullement que ce soit ceUe pierre. Son setitimcm est celui 
de beaucoi^ d autews, «t réroerîl a Vécu h^ ooms latins 
desmiVw ou smym, pe^ aUér^ daw le j«»r^4es AUemands* 
etk 5«Hn5^ooiisi»^^4es4taUens.aiFdrster jmp«*oit sml 
fina le cprmdon lamelleux. On sait que Fémenl contient, 
etfectiveinem beaucoup de CoRisrnoN. (tw.) 

SMTRUN. L'un dcs|nams de Vém^j^on, Fay^MmiA. 

SMYRRmZA. r. Myrrhis. (m) ^^^ 

î^i^^^' Nomsuédoisdu CBfiyAXwaG^jnHGïTm(y.) 
SNAK. Nom de TANXitop^ chez les Tartares {s.\ 
SNAP.DRÀ<ÎON. N.mi que l'an doîn^Ti te Jamaï. 

que-i la Lrdstolle tuèébwsb. (ip.) 
SNETK. Petit poisson Aes lacs de Sibérie. U mmabeMti 

qu il appartient au genre Cw»in. On en fait «a «cand 

commerce dans tonte U Ru$âie..(B.) 



s O B 35; 

SNIEGULA. Nom polonais de 1*Ortolan de mbigë. (y.) 
SNIPE. Nom anglais dcJa Bécassine, (v.) 
SNIU.r.SiKUi.CLN.) 

SNOW-DRAP. Nom anglais da Chionanthe. (b.) 
SO.Nom qa'on donne^ en Chine, au Clavalier (Zo/il^ 
gpylon clwa-^HercuHs ) , suivant Loareiro. (lw.) 
SO. V. SlAO-ME. (t».) 

SOAJER. Nom de pays de TIouAiiK cokmun. (b.) 
SOAN-TSAO. C'est, en Chine , le nom d'une espèce de 
Nerprun {Rliamnus soporifer, Lour.), pourvus de fruits à 

i petits noyaux , dont on prend Tamande que l'on fait houU- 
ir long-temps , et dont la décoction procure un sommeil 
doux, (ln.) 

SOAN-^TSIAM. Nom de I'AuskëNge {PhysaUs alke- 
kêngi ) Y en Chine: (ln.) 

SOB. Les habltans de la c6te d'Afrique > vobine de 
Gorée, appellent ainsi le Monbin A fruits iaunes. (b.) 



SABLE. ^-^SOBOL^Cs,) 



SOBOL ou SOBLE. C'est la Marte zibblhib ^ ea langue 
polonaise* (s.) 

SOBOLE. Synonyme de Bubôile, et de Bacile , c'est-^ 
à-dire , bulbe qui se développe dans les fleurs et remplace 
les fruits* 

Quelques plantes île se multiplient presque que nar ce 
moyen , comme la Crinole d' AstE , la FuRCRéfi , r Ail ml 
tignb, une variété d'OoNON commuii* (b.) 

SOBBALE) SùhraHn. Genre de plantes de lagynandrie 
diandrie et de la famille des orchidées $ ses caractères con<> 
sistent : en une corolle de cinq pétales oblongs, dont deux in« 
tèrieurs plus aigus; en un nectaire à lèvre inférieure presque 
en cœur t profondément émarginé, cariné, recourbé, largCf. 
rugueux , frangé^ embrassant la lèvre supérieure , qui est près* 
que linéaire, coiirbée,à demi-eaUculée et bifide ; en un oper-^ 
cule inséré ^ la découpure intermédiaire;en une seule étamine 
à deux amhèreSt insérée k la même découpure et caèfaée sous, 
^opercule ; en un ovaire intérieur, tordu » trigone , à style 
adné à la lèvre supérieure de la cor<4ie ^ et à stigmate irré- 
gulièrement trîgone; en une capsule oblofigue, linéaire, hexa» 
Sone, unilocukire , trivalve^ contenant* «m grand nombre 
e semences fusiformes. 

Ce genre , qui se rapproche àt& Limodobbs , renferme 
deux espèces propres au Pérou. Swartï, dans sa Mono^ 
graphie des orchidées, les a réunies, avec doute cependant , b 
aes CTMBimoNs. (b.) 

SOBRETURON, Cest, en espagnol, le nomd» Rax 

SURHULOT. (DESJB.) ' 



i^o soc 

SQBREYRE , Sohreyra. Plante aqaatiqae da Pérou, qui 
forme un genre dans la syngénésie polygamie superflue. Elle 
offre pour caractères : un calice commun de quatre grandes 
folioles ovales , en cœur , dont deux opposées plus grandes ; 
un réceptacle convexe gacni de paillettes, et portant dear 
fleurons hermaphrodites dans son disque et seize demi- 
fleurons femelles fertiles à la circonférence ; des semences 
ovales trigones , terminées par trois dents ciliées, (b.) 

SOCO. Nom générique des hérons, an Brésil. V. Héron 
«OCOu (v.) 

SOCCUS. Nom que porte, dansBumphius , te Jaquier 

ARBRE A PAIN. (B.) 

SOCIETES DES ANIMAUX. Après Thomme, le pre-^ 
mier, le plus sociable des/étres vivans, la nature a donné 
Tinstinct de vivre réunies à plusieurs autres espèces , surtout 
aux foîbles pour se protéger mutuellement par.kur nombre 
et assurer leur reproduction. 

Au contraire « les êtres robustes ou les plus courafiax,. 
eommè le& carnivores , jivaux dans leurs chasses et Fambi* 
tion de leurs conquêtes , vivent toujours isolés , solitaires y, 
détestés comme tous les tyrans. Si quelques-uns s'attrou- 
pent momentanément *pour quelque expédition guerrière , . 
comme les loups , les chacals , ils se disputent bientôt pour 
le partage des dépouilles;. ainsi leur association ne subsiste 
pas, L^amour même ,. Qette grande harmonie de tontes^ 
les créatures, rapproche bien par instant les sexes des ani- 
maux de préie;. mais après que l'instinct impérieux du plaisir 
est satisfait, les indivichis se séparent , ou du moins ne restent 
ensemble que jusqu'après avoir élevé leur progéniture. En- 
core voit-on l'aile, le vautour, apprendre de bonne heure 
à leur lignée sanguinaire à se passer promptement de leur 
secours; ils l'expulsent bientôt du nid. Enfin, hors le mo- 
ment de la jouissance , les poissons voraces , les araignées , 
etc., sévissent contre leur propre espèce, et n'épargnent ni 
leurs femelles ni leurs enfans , tant la rivalité du besoin de 
vivre les rend féroce» et in&ociables ! 

Mais les animaux herbivores et frugivores , plus deux , 
trouvanii une pâture plus facile , n'ont aucun motif pour se 
faire la guerre : aui^si les singes , les rongeurs , les rnminaiis, 
parmi les mammifères , les volées de perroquets , d'une foulC: 
d'oiseaux granivores ou séminivores , de passereaux , de pi- 
geons, de gallinacés , d'échassiers , d'oiseaux d'eau , vivent 
ou voyagent en troupes. Plusieurs espèces , comme les trou^ 
piales , les carouges , les aois et yapous , font même des nids 
en cojoQtfoupauté. Les poissons émigrant en immenses co-- 
bortes,.ne sont pas féroces et carnivore;s pour la j^lupac^,. 



s o D asff 

excepté peut-être les saumons. .Enfii 9 parnii l^s i^eOes 9 
tout le monde connoît les républiques ineryèilictiséis àes 
abeilles 9 des fourmis 9 des termites 9 etc. 9 plus réglées que' 
tout ce qu'on a pu dire des castors et -d'autre» animaux. 
Dans ces associations 9 U y a t^ne inégalité naftiicteile , puis- 
que les neutres sont les laborieux ilotes de ces pelles Spar- 
tes ; mais si la nature sçmble ^roir créé Tc^sclaYage parmi 
des espèces de fourmis , on voit £es esclaves d^^mr en un 
sens des maîtres zélés , des citoyens actifs et désormais vo- 
lontaires de l'état {V. Fourmis, PotYERGUEs). Chacune des 
castes ayant son entploi détenbfnéfet l'exerçant avec ardeur9 
on peut dire que les supérieurs n'y sent ni plus libres ni plus 
maîtres que les subordonnés. Ainsi les droits 9 ou Its peines 
et les plaisirs 9 sont égaux pour tqiis. dé n'est que dans la 
race humaine 9 où les uns 9 abusant de la vioIe^nCe et de l'a- 
dresse 9 ont subjugué et asservi les autres 9 contre le$ droits 
imprescriptibles que la nature avoit attribués originairement 
à la plus noble et à la plus indépendanié de ses cirésttures ,^ 
à celle qu'elle avoit constituée reme et dominatrice dé tout 
ce qui respire, (virey.) 

SODÀDA: V. HOMBAC. (B.) 

SOD ALITE. Ce minéral doit son nom à la grande 
quantité de soude qu'il renferme. Il a été découvert ath^ 
Groenland 9 par M. Giesecke , et sa nature a été constatée 
par M, Thompson. 

. La sodalite est une pierre qui se tt*ouve en masse cris- 
talline 9 lamelleuse 9 et en petites parties de couleur verte « 
ou verdâtre 9 ou grise. On extrait de la masse des cristaux 
tout farmés9 quisont des dodécaèdres à plans riiombes, coW 
me daiKs le grenat.. Qn obtient aussi ce dodécaèdre par le 
clivage ; ainsi ce solide doit être considéré cônune la forme 
primuive de la' sodalite. On dit aussi qu'çUe cristatiisc en 
rhombe. Ses lances sont un. peu liiis.an.tes et muouaotus. 

Sa cassure. 9 transversale aux lames^ est vitreuse ^^ un, pe|4 
gra^ 9 inégale , raboteuse ou un peu conchoïde. 

Eue est translucide. Sa dureté est égale à celle du-feld? 
spath. 

La sodalite se bri^se aisémem ; cependant., lorsqu'elle est 
en masse 9 elle est un peu tenace* oa pesanteur spécifique 
est de 2,378. 

Lorsqu'on Texpose aune chaleur rouge^ elle ne décrépite 
pas 9 et ne tombe pas en poussière; mais elle devient d'iiui 

f;ris foncé. Elle est infusible au chalumeau , et fait gelée avec, 
es sicidesi • ' ' ' 




36a^ S D 

tlïôth^sôA' j fvih Eékéftétg , Potit ainâlysée , et ônl tfÀiwré 
qa'eUé ccrnienôit : 

Silice • ; • 38,5a ; • ; 36 

AluHime • é ^jiffi • * • 3a 

Ghattt • • # ^ijo • • • o 

Férôtydé. .^ ifO^ . . . o,al5 

Sotiaé • • • iOySo • • • aS 

Acid» miiriât.« 3,66 • • • 6,75 

Matlër. Tolat. i^io » . • o 
Perle 

Lé afodaliie 
couche 

etsetroL ^ y-,T'—f ^j 

On a observé ce gisement à k.anerâldarââi:, làâgiié de ittté 
^é trois milles de longuédr , jaids là partie occidentale àti 
" Çroënlanà, par le 6i.* dêg. de lâtitedé. 

Jameson place la sodâlité entre le feldspath et lé itiéio-^ 
nite ; mais ce classement ne doit rien îùtt préjdgèr de toni- 
mon il tontes ces substances. 

La sodalite n^est pas la seule substance qui contienne 

Ïne aussi grande quantité de soude ; il en est iiné àiilre qciia 
eaucoup d'analogie avec elle , qu'on loi à réunie et qui , èd 
conséquence , porte le même nom : c'est ta sodilîie du Vé- 
suve. L'on connoissoity dans les cabinets, des tristàox blànéSf 
grisâtréà où jaunâtres . de fohné p^isnliàti^ùe béxâèdré , à 
;^ommet à trois ^âcés fbôfnbdïdaleÀ , Où biéù éit dodécaèdre 
à piàné rhômbès , lequel éllèiïgé , déit^ dii certéîn sens , 
donne là forme prisinétlqùë ci-déè^str^. Céi cristaux, et 
/ dés gfains dé là inéme subétàncè , tàpissèiit lé^ cavHés, dû 
feiif partie dé là massé de èés bloës réffétéâ étftiemiéttiétit 
par le Vésuve , et qui ù*ôilt j>is été altérés ^ar le féù. Cette 
sodàlite kii fusible àù tbâlùiiiëafu , ïùàià dieÈciléméiîi Sa 
t>ëÂaritëur s^iécifiqùé étX dé â,o. Ces deux caractères tae 
sont pas exaetémélif les mêttiès que teux de la èodaUÉe du 
Groenland. /^ 

Cette pierre est translucide , et passe au limpide. Elle 
est sdblàmelléuse pàrallèlemeiit aux pans d'un prisme bexaé ' 
dre régulier ; mais le clivage est très-difBcîle ; il est très- 
probable qu'il a lieu aussi dans le sens des trois faces termi- 
nales , ce qui donneront le rbombe pour forme primitive. 

Sa cassure , transversale aux lames , est vitreuse où raoo- 
tcuse (dans la variété presque opâque^^ et quelquefois con- 
cboïde , ( dans la variété limpide). Réduire en poudre et 
misQ dans les acides, cette pierre se coiivertit en gelée» 



s O G 36i 

' Analysée, par M. DaAin de Bôrkcywski , elle a donné : 

Silice 4^5 

Alaftrine a4 

Sonde et très*pen de potasse . 27 

Fér • • 0,1 

Chant .«•.«•••« trace 

Perte » • • 3>9 

Cette analyse rapproche , en effet , beaucoup la sodalite 
au Vésuve de celle du Groenland. 

Les blocs rejetés par le \és%ise , qui contiennent la soda- 
lite, appartiennent à des roches primitives. Cette substance 
s'y trouve associée avec ie grenat, le pyroxène, ^amphibole, 
le fer sulfuré, la chaux fluatde , trois pierres qui accompa- 
çDent la sodalité du Groenland ; et, en outre, avec le mica, les 
9pinelleS| le calcaire ^Tidocrase, Teisspath. lameionite, etc. 

Quoique la sodalite du Vésuve existât dans les cabinets, 
a^ant la publication du Mémoire de M. Borkovirski, c'est réel- 
lement à ce savant que nous en devons la découverte. 

Il est probable que c'est à la sodalite qu'il faut rapporter 
les petits cristaux rbomboïdaux et dodécaèdres, â plans rhom- 
bes , qui font la base de la fameuse lave de 1794 au Vésuve. 

La sodalite compacte a été indiquée en Suède avec la ga- 
dolinite etl'épidote; mais cette substance est sans doute une 
variété de feldspath , appelée aîbhe. (ln.) ^ 

SÔi)A]RElNTA.' C'est I'Okignal ou I'Elan, dans le 
pays àts Hurons. (s.) 

SODIUM, r. Souns. (L19.) 

SOÉBIOHN. C'est POtarie ours-marin , en danois ; 
dans la même langue , le Phoque vëAU-AXiIii^ porte le nom 
ééèuëkale; et TOTARtB ucIm-mabin, ctM àt soëtooe. (n£S».) 

âOEGARIECK. Nbih iiirc du Pic. (V.) 

iSÔÈ-PAPEGOt. tJà des nôihs que porte , auk îies 
féràë et en Norwéèe, le MacAreux. V. ce nl#t. (V.) 

SOttO-O-KOKÔTOO. Nom que TOisÉAu îft Para- 
dis , dit le Superbe , porte à Ternate èi à Tidor. (V.)' 

SOFFEYR. Nom arabe d'une espèce de Casse ( Cassia 
sophera , L. ). (hs.) 

SOFIA. V. Kabaneiïco. (oesm.) 

SOGALGINE, Sogalgiim. Genre dé plantes ëlàblî par 
H. Cassini, pour placer la Galinso&A a tro^s lobes. 11 est 
de la tribu des'héfiabtfaées , et oftihe pour caractères : calice 
commun presque globuleux , k écaiUes arrondies ; fleurons 
réguliers et hermaphrodites ; de^m-fleurons femelles à trois 



36j s O J 

dents, dont Tintëneare est plus petUe; réceptacle convexe à 
écailles demî-engaînantes , membraneuses , ovales ; aigrettes 
inégales , barbnlées. (b.) 

SOGO. Poisson du genre Holocentre. (b.) 

SOGUR. Nom de la Marmotte bobak en Tartane, (s.) 

SOHER. Grand poisson du Gange dont la chair est ex- 
cellente. Ses écailles sont vertes y bordées d'or , et ses na^ 
geoires bronzées. J'ignore h quel senre il se rapporte, (b.) 

SOHIATAN. Les sauvages de TAmérique , selon Thevet 
(^Singularités de la France antarctique)^ nommtni sohiatan une 
espèce de rat dont ils se nourrissent, et dont la cbaîr est aussi 
bonne et aussi délicate qu^ celle des levrauts. Je crois que 
ce prétendu rat est le DiDEtPHE. Voyez ce mot. (s.) 

SOHNA. Nom que Ton donne , dans certains cantons 
de l'Inde , au Jacana vuppi-pi. V. ce mot. (v.) 

SOIE, hts poils durs et roides qui croissent sur le corps 
ou sur quelques parties àts quadrupèdes , se nomment soies. 
Les cochons et les sangliers sont couverts de soies ; ce sont 
des soies qui forment les moustaches de plusieurs espèces de 
quadrnpèdies, (s.) 

SOIE. Nom donné à la matière que filent plusieurs che- 
nilles, entre autres celles des bombix , mais plus particulière* 
ment la chenille du bomhix à soie y vulgairement j^^r à 50Î!ff , et 
plusieurs araignées, F".BoMBix et Araignée, (l.) 

SOIE. V. Ablaque. (s.) . ; 

. SOIE* Ce nom s'applique, en botanique , tantôt aux poils 
longs et roides , semblables aux poils du cochon , tantôt aux 
poils longs et foibles semblables à un fil. 

Palisot-de-Beauvois l'applique , dans les graminées, au 
prolongement d'une nervure dont la base fait partie de la 
substance de la Paillette. 

Ainsi Isisoie est fortdistincte de la /^o^^i^, quoique, selon ce. 
botaniste, elles aient été confondues sous ce dernier nom.(B.) 

SOIE DE MER. C'est le Dragoneau. V. ce mot. (b). 

SOIE MIN|;RALE. On a donné quelquefois ce nom à 
labeile AmA^THËde la Tarentaise , qui, par ^a))lancheur, 
l'éclat , la finesse et la flexibilité de ses fibres , ressemble^ 
assez bien à de la soie, (pat.) 

SOIE VÉGÉTALE. On donne quelquefois ce nom au 
duvet qui entoure les semences de I'Asclépade de Syrie^ , 
ainsi qu'au Chanvre et au Lin préparé. V, ces mots, (b.) 

SOIES. Partie du suçoir des insectes hémiptères. Toyw 
Bouche des insectes, (desm.) 

SOILETTE. Variété de Froment, (b.) 

SOJA. Espèce de Dolic dont Moencb a fait un genre qui 
»'a pas été adopté, (ln.) - ' , 



SOL 363 

SOJA. Liqueur préparée avec les semences d'unDoLicda 
Japon. F. ce mot. (b.) 

SOKOL. Nom polonais de TEpervier. (v.) 

SOL. Terrain considéré relativement à sa nature : on dit 
wiï sol granitique , un sol calcaire , un sol argileux j etc. Quand 
on a Fhabitude d'observer le règne minéral , on peut sou-' 
vent , à la seule inspection Su sol , jointe à la disposition du 
local , juger de la nature des substances minérales qu'on peut 
rencontrer à quelque profondeur. V. Terrain, (pat.) 

SOL. Nom du Varec palmé, en Islande, où on le 
mange toute Tannée , soit frais , soit sec , et où on en tire 
du sucre, (b.) . ^ 

SOLA. Bois de Tlnde extraordinairement léger. J'ignore 
dans quel genre se range Tarbre auquel il appartient, (b.) 

SOLANDRE , Solandra. Nom donné successivement à 
plusieurs plantes de genres fort différens. 

\.o A une plante dû Cap de Bonne-Espérance qui avoît ét^ 
mal ol)servée , et q^'on a réunie depuis aux Hydrocotyles. 

2.» A une plante de l'île deda Réunion , qui est de la mo- 
nadelpbie polyandrie , et qu'on a réunie aux Lagunées. 

3.** A une plante de la Jamaïque , de la pentandrie mono- 
^ynie , qui a aussi été appelée SwARTZlE. 

Cette dernière a pour caractères : un calice qnisédécbire 
irrégulièrement ; une corolle très-grande, infundibuliforme , 
renflée dans son milieu; cinq étamines inclinées ; un ovaire 
supérieur télragone ^ surmonté d'un long style incliné , k 
$tîgmate en iÇte ; une baie à quatre loges et à plusieurs se- 
mences. ' ' 

Ce genre , comme on voit, ne diffère des STRAMOiNESque 
par ses étamines et son pistil inclinés , et par son fruit , qui 
est une b^ie ; mais cette baie a la même structure que la cap- 
sule du genrç précédent, ce qui fait penser à quelques bo- 
tanistes qu'il ne doit pas en être distingué. 

La solandre est un arbrisseau grimpant , presque parasite » 
dont les feuilles sont alternes , ovales , aiguës , et les fleurs 
axillaires, solitaires , longues de plus d'un piecl , d'une grande 
blancbeur. Elle croît naturellement à la Jamaïque, et se 
cultive au Jardin des Plantes de Paris , où elle fleurit assezi 
^ ççuvent (b.) 

SOLANANDRIE. V. Solénandrie. (b.) 

SOLANÉES, 5o/an^aî, Jussieu.FamUle déplantes, dont 
les caractères consistent : en un calice ordinairement a cinq 
divisions et presque, toujours subsistant; en une corolle le plus 
souvent régulière et à cinq lobes; en cinq étamines insérées 
communément à la base de la corolle;enun ovaire supérieur « 
$lyle unique , à stigmate simple , ou rarement formé de deux 



36i SOL 

lâtnes , quelquefois creuse de deux sillons ; lantAt en une cap^ 
sole bilocalaire, bivalve, à cloison parallèle aux valves; tantôt 
en nnebaîe bilo.alaire,ou multiloculaîre par récartementdes 
placentas et par leur saillie dans les loges; en des semences à 
périsperme cbarnu , k embryon courbé en demi-cercle , ou 
annulaire , ou roulé en spirale , iprement droit i à cotylédons 
denki-cylindriques. 

Les solûnées ont une tige herbacée ou frutescente , quel- 

Înefois grimpante , munie , dans un petit nombre d^espècés, 
'épîùes axîHaires ou terminales ; les feuilles qui sortent de 
boutons coniques dépourvus d^éeaitles , sont toujours alternes; 
leurs fleurs affectent diverses dispositions ; le plus souvent 
elles sont extra-atillaîres » c'est-à-dire , qu'elles naissent hors 
des aisselles des feuilles* 

Venteùat rapporte à Cette famille , qui est la dixième de la 
huitième classe de son Tableau du Règne végétât , et dont Jes 
caractères sont figurés pi. g , n.*» 5 du même ouvrage , dix- 
aept genres sous trois divisions , savoir : 

t,^ Les solartées qui Oût pour fruît une capsule : CelSIE i 
MoLÈNfi, JtJSQtJlAME , TaBAC et StHAttOtNÈ. 

â.^ Les solûnées qui Ont pour fruit une baie: Mai^DR AGOftE , 
Cesteau, Belladone, rîtCANDRE,CoQUÊR£t, Moeelle^ 

PtMENt et LtCÏET. 

3.« Les genres qui ont de Tâffidiié âveC les sôlatiées : No^ 
LAKE, BOMIE , BfttJOTÊLSE et CaLEEASSIER. 

Il faut y joitidre aussi le genre JàEôeOse. (B.) 
SOLANOÏÙE. Plumier et Liunaèus donnent ce nom au 

RiVIN. (b/) 

SOLANOS. Quelques voyageurs donnent ce nom à un 
vent brûlant qu'on éprouve quelquefois en Perse , et qui pro-* 
duit les mêmes effets que le sitocotù Sicile et à Malte, (pat.) 

SOLANUM. Leâ Grecs donnoient le nom de trykhnon 
ou de stryknon^ et les Rom'ains celui de sotûnum , a plusieurs, 
plantes différentes. L'une décile , selon Pline , produîsoit des 
Vessies , dans lesquelles étoîent renfermées des boutonà rou- 
ges remplis de grains ; c'étoit Vhaticacabon ou catlion de Dios- 
corîde , et bien évidemment notre alkekenge ou phyàolis dike- 
kengi. Lés Latins Tappéloiént vesiôdiia , suivant Pline , parce 
qu'elle étoit employée pour les maladies^e la vessie et pouf 
détruire les calculs ; mais il est bien plus probable que cette 
dénomination lui étoit attribué à causé de la forme vésicu- 
laîre de ^es fruits. ^ 

L'autre solanutn^ le premier de lOioscôride et de Pline, 
est rapporté , par les commentateurs, à l'espèce de la Mo- 
Aellê îiiôfttE , notre solâhum nigrum ou Vu0a lupina^ de Cœliui 
Aurèlianus. 



SOL 365 

lia troisième espèce t apssi de Dioscorije et de Pline ; 
mais dont la description est incomplète, parDÎt être la Bella.- 
POHEy atropd beîladQna. Cette planta est très-7éné.oeuse et y 
«elon 1^ dernier 4e ces naturalistes : m quelques auteur^ToAt 
Domméç dorycmon ^ parce que les soldais ^ qui alloifcntau 
combat , se servoientde cette herbe pour ç.inpoisopne rieurs 
armes : le^ autre3 , qui ne {a croyoient pas si funeste, Pappe- 
{oient manicon; mais ceux qui çachpient perfidement ses 
proprié téiç dangereuses , U npmmoient eryihron , nét^ras mpe^ 
fiston ». ^ 

Jl faut ajouter q^e les ai^eiçus dionnoie^^t aussi lei» dé«Q^ 
mlnations de doncalon e^ de u^pras à des plantes diffërf^nt^s; 
^^est-à-dire , celle de dorycnio» à on li^erjcm, selon que)^ 
"* ques commentateurs , à un phylUrea suivant d'au^es^ , ^ ji 
l'valkefcenge d'après d'autres encore ; et celle de jupras^ ^ un 
arbrisseau qu'on a présumé être un pQrpnyehUif et qMeDipsr 
coride et PJijae appèlent aussi poUrwm. 

Un autre 5o/aizKm, Ique Pline àil être (égalemept isqppelé Aa/i% 
écitcokm^ et au«si niAT&pfi et moly^ paroU deroir Àtre encore 
rapi^effté k la b^^lladpqa, dont eUe a le^ propriéi^s viné« 
neuses et les fruits noirs , semblables en oeLa aux mûres , 
dont le nwi grec est moron, Q^iant A jçetui é^le«ient nom- 
mé m onon , par Dio&eor ide « €'«st une petite rari^té de son 
mandragoras , mais qui lui est en tout «enviable. 

Enfin^Pliae parie encore d'une troistèiae «spèee A^haUca-- 
eabon^ mms il ne la décrit pas, et ce qu'il en dit démontre 
seulement qu'il s'agît d'une solanée. 

Les premiers botanistes, des temps modernes^ aboient 
réuni , sous le nom de soianum , toutes les plantes ainsi 
nommées par les anciens^ La découverte de f Amérique 
ayant aussi fait coxmoltre jseaucoup d^espèces , qui pouvaient 
8 y rapporter ^ ce genre s'est acci^û considérablement , et 
Touraeiort , le premier , ea opéra te démembrement , en 
créant il ses dépens, les genres Meloug^i^a. Ltcopersiçuat , 

Af ANBRAGORA y AlKEJCENGI , BeLLADONA , ST&AMONIiJM et 

Capsiqcjsc.. 

Depuis , Lînn^us cbangea le nom de heîladona en celui 
i^atropq , et réunit cette plante à la mandragore f il nomma 
âaiura le stramomum\ changea en physalis la dénomination 
S!Mekengi; et réunit le lycopersicon et le melongena au Sqï.>- 
:nch. Adanson établit le genre mcandra aux dépens des qtropi^ 
de Linnaeus ; Mœncb a fondé son eenre dulcamara sur une 
^ espèce de solanum ; mais ce genre n'a pas été adopté. £nfid^ 
. depuis peu , les genres lycopersicon ^i mdojngena, de Tourne- 
fort y ont été rétablis de nouveau , et quelques espaces de 



366 SOL 

^olanum ont fourni les types des genres Witheringe cl Nyc- 

TERION. 

Un assez grand nombre d^aatres genres ^ réunis à ceux 
que nous venons de citer; mais qui ont moins d^ analogie 
avec les solanum des anciens , ont été réunis , pour former 
la famille des Solanées de Jussieu. 

'Les sùTanum àts anciens étoient , ainsi qu^on la vu, pouc 
la plupart , des plantes vénéneuses et dangereuses pouf 
rhomme ; mais les espèces que TAmérique nous a fourni 
ont offert des ressources utiles.; notamment la Pomme-de- 
terre ( solanum tuberosum ) et la Tomate , à laquelle on a 
attribué mal à propos le nom de fycopersicum (pomme ou pèche 
de loup ) 9 que les Grecs donnoient , à ce qu'il paroit , à 
une espèce de Stramoii^e. 

Le nom de solanum , selon quelques auteurs » dit Vente- 
nat , seroît formé de solari , qui signifie consoler , souJager , 
à cause de la vertu calmante attribuée à quelques espèces 
de ce genre par les anciens. 

Le travail le plus complet qui ait été publié sur les solamnh 
«st de M. Dunol de Montpellier. Il a paru il y a* environ 
trois ans. (desm.) 

SOLARIUM. Nom latin du genre de coquilles appelé 
Cadran en français. V, ce mot. (desm.) 

SOLART. Un des noms vulgaires de la Bécasse, (v.) 

SOLAT. Coquille du genre des Roche as* (Mur^^; semilu- 
naris , Gmelin). Elle parât devoir appartenir au genre Mi- 
tre de Lamarck. (b.) 

SOLDADO. Synonyme d'HoLOCENTRE. (b.) 

SOLDANELLA. Le nom de ce genre , établi par Tour- 
nefort , vient , sans doute , ainsi que le remarque V entenat , 
du mot soldum ou solidumyUn sou^ qui désigne la forme ronde 
des feuilles des plantes qu'il renferme, (desm.) 

SOLDANELLE , SoUanella. Petite plante k feuilles radi- 
cales longuement pétiolées , en cœur arrondi ; à fleurs peu 
nombreuses , bleues , involucrées , et portées sur une bampe 
de cinq à six pouces , qui forme un genre dans la pentandrie 
monogynie , et de la famille des primulacées. 

Ce genre a pour caractères : un calice divisé en cinq par- 
ties ; une corolle campanulée , multifide , ou comme déchirée 
à son limbe ; cinq élamines «^ anthères sagîttécs , adnées au-^ 
dessous du sommet bifide des filamens ; un ovaire supérieur, 
obrond , surmonté d^un style à stigmate un peu en tête ; une 
capsule multivalve au sommet , et se roulant en spirale dans 
la maturité. 

La soldanelle est très- jolie et très-élégante. Elle vient sur 
les plus hautes montagnes des Alpes et des Pyrénées, auprès 



SOL 367 

des neiges et des glaces permanentes. On la cultive dans 
quelques jardins ; mais on a de la peine à l'y conserver. 

On appelle aussi soldanelle une espèce de Liseron qui vient 
sur les bords de la mer ^ et dont les feuilles sont semblables 
à celles de la plante précédente, (b.) 
\ SOLDAT. Nom vulgaire du Triisga combattant, (v.) 

SOLDAT. Ce nom a été donné au iurbo pka^ dontDenys- 
de-Montfort compose son genre Méléagre. (desm.) 

SOLDAT MARIN. Nom vulgaire des Pagures, (b.) 

SOLDEVILLE, SoldênUa. Plante qu'on croit être la 
même que FHispidelle de Lamarck. (b.) 

S0LDI60. Nom que les Portugais du Brésil donnent au 
Tamoata, espèce de silure, (s.) 

SOLE. On appelle ainsi lai corne tendre qui est sous le pied 
du cheval, i^es veneurs emploient le même mot pqur désigner 
le milieu du dessous du pied du cerf, du chevreuil , etc. (s.) 

SOLE , Solea. Espèce du genre Pleuronecte , que Cu* 
vier regarde comme devant former un sous-genre, qui a pour 
caractères : bouche contournée du côté opposé aux yeux , et 
garnie seulement de ce côté , de dents fines et rapprochées; 
les nageoires dorsales de toute la longueur du dos. 

Le corps de la soie est trois fois plus long que large. Son 
côté droit est olivâtre ; sa tête petite ; sa mâchoire supé-- 
rieure, plus avancée que Pinférieure, est recourbée, et toutes 
deux sont garnies, d'un côté^ de petites dents et de petits barbil- 
lons. Ses yeux sont plus écartée que dans les autres espèces de 
pieuronectes. Son corps est couvert d'écaillés dures, dentelées, 
et fortement implantées dans la peau ; ses nageoires sont 
blanchâtres vers le bas ; celles de Fanus et de la poitrine 

fetites ; celles du ventre et du dos aussi étendues que possi-> 
le , et presque réunies à celles de la queue , qui est arron-* 
die ; Tanus est très-voisin de la tête , et accompagné d'une 
épine courte et grosse. * 

Ce poisson se trouve dans toutes les mers d'Europe , et , 
dit-on, dans celles d'Afrique et d'Amérique. Il parvient ra- 
rement à plus de deux pieds de long et à plus de huit livres 
de poids. Il vit de petits poissons et du frai des gros , de 
crustacés , de coquillages , de mollusques , etc. On le prend 
avec des hameçons dormans , auxquels on attache de pe- 
tits morceaftix de poissons , à la fo^ène , et quelquefois au 
filet. Outre la fouène ordinaire , on en emploie une antre 
qui ne peut servir que pour les poisons plats , qui restent 
fixés sur les fonds ; c'est un gros morceau de plomb , à la 
partie inférieure duquel sont soudés plusieurs fers de flèche ; 
et qui est attaché à une longue corde par sa partie supérieure. 



368 SOL 

Lorsque les pAcbewrs, p^r ud temps calme et un beau $oleIl f 
Toîent Us soles au fond de la mer » su;r les b,a;$-4(()n45 f iU 
leur laissent tomber qe plomb sur le dos y et Les fij^lèveifi^ au 
moyen àeg crochets des fers de floche qui ont pénéj^'é dap9 
lepr corps. 

Le frai des soles se bit sur les cAtes sablonneuses ^ et a 
lieu au commencement du printemps. En général , pr^esque 
tout ce qu'on a dit des Plies convient aux soles. ËUes se 
tiennent • comme elles., ipamobiies sur le sable pendant 
Tété , et s enfoncent pendant Thiver dans les profondeurs de 
rOcéan. 

La sole 'se conserve , sans se corrompre , plus long-temps 
que beaucoup d'autres poissons ; sa chair acquiert même , par 
le transport loin de la mer, une qualité supjérieure. Aussi it$ 
gourmets préfèrent-ils les manger /^ PiJ-is qu'aie Havre. Les 
jeunes sont plus estimées que l^s vieilles* Lie^r çt^^ir lest d*upç 
délicatesse telle , qu'on la regarde coiiune préférable ^ 
celle de tous les autres poissons ^e mer d'Europe , et que 
pour cette cause on l'appelle ptrdrfx de mer , àafh» qi^lquef 
cantons. 

La pèche des soles n'est pas une des plus importantes it 
nos côies ; mais elle ne laisse pas que de produire des béné- 
fices considérables. Il paroît que la côte de Sard^igne et 
quelques parties 4e celles d'Apglielerre sont plus fayo.ri^ées 
à cet égard que celles de France. Là , on )e$ S5»le ou on le$ 
sèche, lorsque |a pèche est tr/ès -abondante. On pourroit , 
avec plus d utilité pe^t-^tre , les faire à moijlîé cuire , et 
ensuite les mariner , pour en jéiendre la consommation , 
puisque cette opération , b^en faites ^ leur conserve les ayan- 
lages de U fratcbeur. 

Lacépède cite , 4'après Noël , une variété 4,e ^ole qu'p^ 
péch? à l>inbpucbur<e 4e l'Qrne, squs le nom de cardffie. $^ 
tâte f^st beaucoup niHs gran4e ^t plus allongée ; sa couleur est 
plus rousse et sa chair moins brune. Il senible , d'après f:fih f 
que c^ pourroit J^lf^ un^e espèce disti^ijcte. (b.) 

SOLE. On donne «« no^ à upie coquille 4^ genre Pei- 
gne , PeeteB pUuronecUs de Linn^us. (pisn-) 

SOLE EN BÉNITIER. €'est I'Huht^ vusstE,Osm 

SOLE FRANCHE. F. Sole (PW^ob). (m5m.) 

SOLEPEÇTONCLEou PETiTE SOLE.Noms mar- 
chands d'un Sponoyle , Sponâylus plkalus, (besm.) 

30^ËA^IA. On a donné ce nom à un fossjle qui paroft 
appartenir au genre des Numismale^. (de^^m.) 

SOLj&Ë p Solf^fl* fo(^mp de plante^ établi p^r Sprengel. Il 



SOL 36$ 

ne diffère pas de celui appelé Jonidion par Veûienat ^. le 
mot Violette, (b.) 

SOLEIL. Corps sphérlque et lucide , c'e&t-à-dîre , qui 
brille d'une lumière qui lui est propre. Situé à l'un des 
foyers des orbes elliptiques que décrivent les planètes, le 
soleil exerce sur chacune d'elles une influence remarquable : 
il les échauffe et les éclaire^ 

Herschell a fait, relativement au soleil, un grand nombre 
d'observations , qui semblent se réunir pour disputer à cet 
astre le privilège de la lucidité. Ce physicien pense que le 
soleil est opaque comme les planètes , et qu'il peut être ha-' 
bîte. Aux expressions employées par les asironbmes pour 
désigner certaines apparences qu'on remarque sur la surface 
de cet astre , Herschell a substitué les mots suivans : ouçer-* 
iures, bas-fonds, chaînes, nodules, corrugaUqm^ dentelures, pores^ 

Les ouvertures soiit les endroits d'où les nuages lumineux 
sont écartés. On aperçoit alors le^ioyau du soleil , qui est 
opaque. 

11 y a une grande ouverture environnée ^W ba^-fond fort 
au-delà dû centre du disque. 

Il y a de grandes et de petites ouvertures qui tendent , en 
général , à se réunir entre elles. 

On en voit paroître de nouvelles auprès des anciennes. 

Les bas-fonds sont des dépressions de la matière lumineuse 
au-dessous de la surface moyenne du soleil. Là , les nuages 
lumineux des régions supérieures sont écartés. * 

Les bas-fonds proviennent àts ouvertures , ou sortent 
d'autres bas-fonds déjà formés, «t augmentent graduellement. 

Suivant Herschell, ces changemens semblent tous indiquer 
que les bas-fonds sont occasionés par quçlque chose qui sort 
des ouvertures , et qui , par son impulqîon, balaye les nuages 
du côté où la résistance est moindre, ou peut-être les dissout 
par un mode particulier d'action. Si c'est un fluide élastique, 
sa légèreté doit être telle qu'elle les fasse s'élef^r par-dessus 
les ntiages solaires , pour se. répandre par||^essus la matière 
lumineuse supérieure. 

Les chaînes sont des élévations au-dessus de la surface 
moyenne des nuages solaires lumineux. L'auteur en a observé 
une qui avoit vingt-cinq mille lieues de longueur. 

Les nodules sont de petites places lumineuses extcême- 
ment élevées. Il est possible que ce soient des chaînes vues ' 
en raccourci. 

Les corrugations sont composées d'élévations et de dé- 
pressions. ^ 

Les dentelures sont les parties obscures des corrugatfons. 

Les pores sont les parties basses des dentelures. 

XXXI. û4 



370 SOL 

Si la malière lominease da soleil étoil an liquide répandu à 
sa surface, il est évident, dit Her^chell, qu^aucun des pbëoo<* 
mènes ci-dessus indiqués ne pourroit avoir Heu; car , suivant 
les lois de l'équilibre des fluides , le liquide nivelieroit tout« 
Plusieurs ouvertures , au contraire , ont continué d'exister 
pendant une révolution entière du soleil. Il ne reste donc 
qu^à admettre que ce sont des nuages ignés , lumineux ou 

J^hosphoriques , qui occupent les régions supérieures de 
'atmosphère solaire , et produisent la lumière de cet astre ; 
car le soleil a une atmosphère planétaire qui s'étend à une 
grande hauteair. Cette atmosphère doit être très - dense , 
puisque , suivant Newton , la force de la gravitation est vingt- 
sept fois plus considérable à )a surface du soleil qu'àla surface 
de la terre. Les couches inférieures de l'air qiii formç cette 
atmosphère doivent donc être très-comprimées. 
Cette amosphère est transparente. 

11 y a un espace atmosphérique libre entre la surface solide 
du soleil et les nuages plapétaires inférieurs. 

11 s'échappe sans cesse de la masse du soleil , par toutes les 
ouvertures , chaînes , bas-fonds , des substances gazeuses qui 
s'élèvent dans l'atmosphère solaire, et chassent les nuages 
devant elles. 

Ces phénomènes qui , comme ceux de l'aurore boréale , 
seroieat tout-à-^ait passagers dans notre atuiosphère , de- 
viennent , dans l'atmosphère solaire , beaucoup plus per- 
manens , à raison de sa plu$ grande densité. 

Ainsi l'énergie de la lumière solaire dans un temps donné , 
doit dépendre des combinaisons accidentelles qui accompa- 
gnent le dégagement de ces substances gazeuses , et de la 
manière dont elles écartent les nuages phosphoriques. 

Herschell a observé que depuis 17^ jusqu'en 1800, il y a 
en rarement de ces nuages, éminemment, resplendissans; au 
lieu que depuis 1800 , il y ^n a eu un grand nombre : d'où ce 
physicien conclut que cet état momentané du soleil doit ipfluer 
sur la chaleur qifil communique k la surface de notre globe. 
Herschell soupçonne que le soleil a une moitié de son 
disque moins luq^ineuse que l'autre ; mais celte différence de 
lumière dans les hémisphères opposés du soleil , esl-elle 
permanente de sa nature ou purement accidentelle ? C'est 
«me question qui ne peut être résolue que par une longue 
suite d'observations. 

Herschell en concliit cependant que notre soleil , vu des 
étoiles on des autres soleils , peut paroître tantôt plus , 
tantôt moins lumineux , comme nous paroisseQt quelques 
étoiles di>nt la lumière nous semble changer périodiquement» 
et a tantôt plus , tantôt moins d'activité. 
Ces différentes rues de l'astronome anglais sur la nature do 



SOL ^ 371 

8o!«if , ne sont sans dontè qae àes conjectures qui méritent 
d^étre appuyées pdr de nouvelles obserrations. 

Le BÔleU CaU une réyoluliOQ sur son axe, en vingt-cinq 
jours ^ demi , ainsi que ie prouve Tobservation suivie de ses 
tachtfs. 6a grandeur appiaren te moyenne , c^est-à-dire Tangle 
que son diamètre présente au spectateur situé sur la surface 
ée la terre y est de 59S6 secondes. L'axe du soleil est incliné 
au plan de Pédiptiqae de 87 degrés 3o minutes. Cet astre a 
deux moiivemens apparens : Tun s'effectue d'occidfcnt en 
eriept,dans T^space de 365 jours, 6 heures, 9 minutes, 10 
secondes et demie , dans la courbe de ïéclipiique ; et ce mou> 
irement apparent a pour cause le^mouvement réeF de la terre 
dans son orbite : l'autre, que fait nattre la rotation de la terre^ 
a lieu d'orient en occident , dans Tintervalte de a4 beures. - 
C'est la combinaison de ces deux mouvemens apparens du 
soleil, qui donne naissance à différens phénomènes , dont 
les plus frappans soot l'inégalité ans jours et la différence 
des saisons. 

Le diamètre du soleil , estimé en lieues de 2,283 toises , 
comprend 3 19,31 4 de ces lieues ; comparé au diamètre 
de )a terre, il est tit fois j^plus grand. Quant au volume^ 
celui du soleil est i, 383,462 fois plus considérable que celui 
de la terre. La distance qui sépare ced deux corps célestes 
€St de 34 millions de lieues , distance qu'un boulet de canon 
de douze livres , mettrait 2$ ans à parcourir , et que la lu- 
mière solaire traverse en huit minutes. (BioT.) 

SOLEIL. On a donné ce nom à deux poissons qui , par le 
brillant de leurs couleurs , ressemblent à un soleil éclatant , 
le Gal VEatDÂTRE et le Tétrodoi^ lune. Ruisch a aussi 
donné le même nom à un autre poisson qui se pêche sur les 
c6tes d'Amboine , mais dont on ne connoft pas le genre, (b.) 

&OI£lL. Nom vulgaire de l'HÉtiANTHE annuel, (b.) 

SOLEIL LEVANT. Coquille du genre des Solens ( le 
solen rûdtatiist Lion. ). (B.) 

SOLEIL MARIN, Nom vulgaire des Astéries qui ont 
plus de cinq rayons , mais qui ne sont pas branchues. (b.) 

SOLEIL DE PROVENCE. La Patate rose a reçu ce 
nom. (OESM.) 

SOLEMYE , Solemya. Genre de coquilles établi par 
Lamarck dans la famille des mactracées. Ses caractères 
sont: coquille inéquilatérale; équivalve, allongée transver- 
salement, obtuse aux extrémités, à épiderme luisant, débor- 
dant ; crochets sans saillie, à peine distincts; line dent car- 
dinale sur chaque valve, dilatée, comprimée , très-oblique , 
légèrement concave en dessus, recevant le ligament qui est 
en partie extérieur et en partie intérieur. 

Deux espèces^, l'une de la Nouvelle-Hollande et l'autre 



3;! SOL 

de la Méditerranée 9 entrent dans ce genre. Cette derrière 
est figurée dans Poli, Test. 1 , tab. i5» n.<> ao. (b.) 

SOLEN , SoUn. Genre de testâtes de la famille des Bi- 
valves , qui offre des coquilles transverses , à bord supérienr 
droit ou presque droit^bâillantes aux deux extrénrités^et^iyant 
il la charnière deux ou trois dents fournies parles deux valves. 

Plusieurs des espèces de ce genre sont connues sur les côtes 
de France sous le nom de manches de couteau^ à raison de leur 
forme , en effet on ne peut plus semblable à celle que ce mot 
rappelle. Elles sont en général très-longues, peu larges, lé-: 
gèrement convexes , fort minces et unies. 

L'animal des soiens est une ascidie dont le manteau est 
ouvert aux deux extrémités , et laisse saillir deux tubes assez 
longs , réunis , inégaux en diamètre , et crénelés, à leur som- 
met. Son extrémité inférieure se prolonge un peu et accom* 
pagne le pied , qui est cylindrique et renflé à son bout. Il 
fait partie du genre Hypogée, établi par Poli dans son ou- 
vrage sur les Testacés des mers des Deux-Siciles. 

La^s solens vivent constamment enterrés dans le sable , et 
ne sortent jamais que forcément du trou où ils se sont placés 
au moment de leur naissance. Ce trou a, pour l'espèce la plus 
commune de nos côtes , deux ou trois pieds de profondeur. 
L^ animal descend au fondlorsqne la mer se retire , et y reste 
pendant qu'elle est basse. Pour le prendre,les pécheurs jettent 
dans son trou , qui reste toujours ouvert pour sa respiration , et 
qui est indiqué par un petit jet d'eau, une légère pincée de sel; 
alors il monte par l'action alternative et combinée de son pied 
et de s^s valves , et avec un morceau de fer appelé dardUlon, 
i}n l'enlève au moment où il paroît à la surface. Il est probable 
que , dans ce cas , la présence du %el fait croire au solen que la 
mer est revenue couvrir sa retraite ; mais les pécheurs sont 
persuadés , au contraire , que c'est par un motif de crainte 
pour cette substance , qu'il la quitte. 

Sur les côtes de la Méditerranée , on les prend , en nageant 
et à la main , par leur tube , lorsqu'ils le font saillir , et on les 
arrache de leur trou. 

On mange les ^olens , et on les emploie comme amorce 
dans la pêche des gros poissons. Ils sont p'osphoriques pen- 
-d%nt robscurîté. 

Les anciens naturalistes et les pécheurs actuels , distinguent 
les solens en mâles et en femelles ; mais c'estiine erreur. Ces 
animaux sont hermaphrodites comme tous les autres Bival- 
ves y et même très -probablement hermaphrodites sans copu- 
lation comme les moules. ( Voyez au mot Coquillage. ) Ce 
qu'on prend pour le mâle est le Solen manche de couteau; 
ei pour la femelle , le Solen silique. Us ji^ltenl leurs oeufs 



• • •" 



p. 18 




4'- /loc/ter cAicoree . 



Ciyuâe^zfo . 






s G L 373 

aa ^Intemps 9 sous la forme de grains entourés d'une gluti- 
nostté blanche. Ces œufs nagent sur la mer , et ne tardent pas 
à éclore^ Un mots après , les jeunes solens loni déjà un pouce 
de long, et la manière de vivre des grands. 

liés genres'SANGUiNOLAiRfi , Psamoiooie et AnAtinr ; ont 
étéétabiis aux dépens de celui-ci y par Lamarck et Cuvier. 

Onconnott une trentaine d'espèces dans le genre des so- 
lens , dont plusieurs appartiennent aux mers d'Europe. Lés 
plus communes de ces espèces sont r 
. Le SojUSN iCi^NCHE DÉ COUTEAU , Solên vagfna, qui est li- 
néaire, droit , avec une de ses extrémités marginée , et doiit^ 
la ckarnière a une seule dent. F. pi. P. 18 où il est figuré; Il se 
trouve dàis les mers d'Europe , d'Asie et d'Afrique. 

Le SoLEM siUQUE est linéaire , droit , et sa charnière a 
deux dents de chaque câté. Il est plus petit que le précédent. 
Il se trouve dans les mers d'Europe. 

Le SOLEN SABJ^ est linéaire , un peu recourbé, et a deux 
dents à /la efaiarnière d'un seul c6té. Il se trouve dans les 
mers d'Europe. 

Le SoLEN MOLEN , Solen legumeiif est linéaire , ovale ^ 
droit ; sa charnière a deu^ dents an milieu , de chaque câté , 
dont un^ est bifide. U se trouve sur la côte d'Afrique et dan» 
la Méditerranée^ 

Le Solen SÂNGUiNAïaE est ovale , trèsium , a^lachamîère 
armée d'un tuber-cule à deux dents. Il se trouve dans la mer 
des Antilles. C'est le type du. genre SanguikoLcAIBs de^ La- 
marck. . 

Le Solen goIiAR ^ Soten sùigillatu», est ovale oblong, radié 
4e. fa^uve clajir , a la charnière gauche avec une detit soiitairey 
insérée entre deux autres de la valve opposée. Il~se trouve 
dans la Méditerranée et sur la côie d'ACriquei 

Oule^mangeà Naples. . 

Une espèce de fossile de ce geitfhe (^h Soienqffinis) esft 
figurée- pi: 3 de la Conehvyliologle minérale^ de la Grande- 
Bretagne> par Sowerby. (b.) 

SOLEîiDU SABLE. C'est une SsAma , SêrpiUa pofy- 
ihalamîa, (pESU.) 

SOLENA, Solena. Arbrisseau grimpapt, à racines tubé- 
reuses ; à feuilles alternes, pétiolées , les mférieures en cœur*, 
les supérieures hastées , toutes denticulées , pédonculées 
et glabres, à vrilles solitaires» à fleurs pâles t pédonculées 9 
solitaires dans les aisselles des feuilles , qui forme , selpn 
Loureiro^ un genre di^ns la syngénésie monogamie. 

Ce genre offre, pour caractères : un ealtce urcéolé, h cinq 
dents , «persistaut ; point de corolle ; lés étamines disposées 
jen tube épais, court, évasé, sûr le bord et^le dos.duq»^ 



374 SOL 

rampent troi« lîgne» ferinenses , qui sdnt tes smtlvères ; Uft 
ovaire inférieHr, à slyk épais, surmonté de tttiis graiiâs stig- 
mates hastés à l^inverse ; une ]»ate rooge^^ ovato obloAgitte y 
aiguë* glabre , aniloculaire et polyspërm^. 

Le soiena croît dans les forêts &t la Gbifi^ et <ie ta Gotfaki- 
chine. Sa racine, qui ressemble à ahe grosj^ botlè de navets^ 
est blanche et farineuse., On la mange <tmte de différentes 
manières : oU Vordonne surtout dans la ptirthisie et id dyssen^ 
terie. Willdenow pense que ce genre ne doit pas être dis- 
tingué des hryones^ et qtie Teipècè s«rr la^trfelk il est étalbli 
est pem-^ire la Bryone à PKUtLiEs en CŒxrn. (b.) 

SOLEN AGEES. Famîlk de coquilles étaMié par La- 
marck. Elle renferme tes genres Solen, PA9ro»ki>> IBtTCi- 
MÈRE. Ses caractères sont : coquille allc^ifgéè tii'afBS^raale- 
ment , sans pièces accessoines , et Millante seutéttiettt âtfit 
extrémités latérales; ligament extérieur. {».) 

SOLËNAND RE , Sdenanâria: Genre de platHé» qui tae 
diffère pas du Galax de Litineeus, de rÉHYTBROtiHia^ de 
Michaux , du Yitigelle de Micheli et du Blaikpor]»I£ d^Aii- 
drews. (b.) 

SOLÉNIE , Soknia, Genre de plames crypifdgames de la 
famille des GHAirpiOKONS. Il présentedé^ foligosiféi» extrême- 
ment petites, cylindriques ou clavifomes, percées d^un trofr 
ai leur sommet , qui naissent sur le bois'iâort. Ge genre se 
rapproche beaucoup des Lycopeadouvs , ou Visisb-loup9« 

Hill donne le môme nom aux Botsi^ dont iadiaîir se âé« 
pare facilement en deux, (e.) 

SOLËNIER,5o/<>/ianW. Anima) des Sot£irs« It à le devant 
du manteau fermé ; un tube respiratoire utrique^ maïs ^ dent 
tuyaux ; un pied cylindrique. (B.) ■ , 

SOLENITE. On donne ce noiti a« Sole» ou Manche 
de COUTEAU FOSSILE. Ce coquillage se trrture encore aujour- 
d'hui vivant sur nos côtes. V. Solen. (pat<) 

SOLENOSTOME , Solemslamm. (ienre établi par La- 
cépède pour placer une espèce de poisson rapporté aux Fis- 
TULAIRES par Pallas. 11 offre pour caractères : d<e9 mâchoires 
étroites , très-allongées et en forme de tube ; Fouvertore de 
la bouche à Textré^ité du museau ; deux nageoires dorsates. 
V. Gentrisque. 

Le SoLÉNosTOMB PARADOXE a cioq .rayons à la première 
nageoire du dos , dix-huit à la seconde , la queue lancéolée, 
le corps couvert d'écaillés un peu relevées et aiguës dans leurs 
bords. Il se trouve dans la mer des Indes, et ne parvient pas 
il plus d'un demi-pied de long. Son corps est à neuf ou dix pans 
dans sa partie antérieure , et à six dans sa partie postérieure. 
Il a l'apparence de celui des Sykgnates et des Pégases, (b.) 



SOL S75 

SOLËNOSTOMES, Sdehùstoma. Les arachnides, dans 
mes ptemiers oavrages,étôiem rècmies ai» insectes et en for* 
iBoient une soos-classt iMwMéé àcèrei^ dont les solénostûmes 
(^bouche en tuyau) étoient un ordre. Elle conij^renoitleshcâms 
de Lmneeus qm n'ont pmm de mafi^biiles , pu les espèces 
ayant pour bouché un siMif^le saçcdr. Les tiques^ une partie des 
hydradtnittesti \tÈ ndt:rùpilMites , arachnides de notre famille 
actneHe àe% holètres , composent ttï ordre. V, ces mots, (t.) 

SOLETABD . Terre savonnense dont on se sert en An^e-^ 
terre nour dégraisser les laines. V. Arêile smectite. (deshT.) 

SOLFATARE. Mot dérivé de Titalien zoîfàtam^ qui veut 
dire , en général, une smffihe ; mais on désigne spécialemetïi 
sous ce tfom un ancien crat)ère de rolcan roisin de Pouzfzole, 
près de Naples, q«ii jouit crtic^re d'un reste d'activité, et d'où 
il s'élève des vapeurs chargées de soufre , qui s'àitâchent aut 
laves à tr^ers le^elle^^ passent ces vapeurs. On obtient ce 
soufre en soumettant les pierres qui le contietiBenrt à une sorte 
de distiilation.Get ancien volcan fournit aussi une assez grande 
quantité de sel ammonîae , d'alân , de vitriol et de sulfate dé 
soude ou s^l de Glauber. 

Le fond du cratère de IsiSolfatare forme une plaine de figdre 
elliptique d'environ taoo pieds d'étendue dans son grand dia- 
mètre ; elle est enviromnée de collines qui furent autrefois 
les parois de l'entonnoir voltanique , et qui sont formées 
de laves devenues blaitches comme de la pierre calcaire 
par Taction des vapeurs qui les pénètrent. Cette plaine 2^de, 
et couverte d'un sable jatifilàtre, est élevée de 3(x> pieds au- 
dessus du niveau de la n#er. C'est une espèce de plancher de 
lave qui résonne sous les pieds comme le fond des autres cra« 
tères de volcans dans ieui* temps de repoâ. 

Pline nous apprend que déjà de son temps on fàisoit l'ex- 
traction da soufre à la Solfatare ( 1. 3S, ch. 56). (PAT.) 

SOLHAG. L'^NTILOVE SAÏGA, en langue ^^olonaîse. (s.) 

SOLIDAGO. Nom latin donné par Linnseus, aux plantes 
conclues sons le nom de Verge-û'Or ( Virga aurea, Tour- 
nefort ), à cause de leurs proipriétés en riiédecine. (desm.) 

SOLÏDICORNES ou STÉRÊOCERES. Famille d'in- 
seetes pentamères formée par M. I)uméril. Ses earactères^ 
sont les suivans : élytres dures, couvrant tout le ventre ; an- 
tennes en masse ronde ^ solide. 

Les getires Anthrènb ,'Escarbot et Letehi^s , serfs , la 
composent, (desm.) 

SOLIDUNGULA: Ordre et famille de mammifères , 
selon Illiger ( Prodromus mammalium etaoium)^ et qui corres^ 
pond exactement à la famille des Soupèdes de M. Cuvier. 
V. ce mot. (desm.) 

&0-LIM. No» chinois de la Pierre a champignon, (b.) 



376 SOL 

SOLIPE. F.SowpÈDEs. (s.) 

SOLlP£D£S, Solipeda, Cuv.; SoUdungula, l\\i%tT,.Belluœ^ 
liina. Famille de iilainmifères dépendante de Tordre des Pa- 
chydbumes. V. ce mot. 

Cette famille ne comprend que le seul genre Cheval , ei 
se compose de cinq espèces seulement: le Cheval propre- 
ment ditf TAne, le Zèbre, le Couàoga et le Dziggetai. Ses 
caractères consbtent principalement dans la forihe des quatre 
pieds f terminés par un seul ongle , et dans le nombre et la 
forme des dents qui sont ainsi distribuées : six incisives à 
cbaque mâchoire ; deux canines à dbtance des incisives et 
à^s molaires , dans les mâles ; sept molaire» à couronne 
plane et marquée de linéamens d^émail nombreux. Chez ces 
mammifères 9 Testomac est simple , c'est^a-dire, non propre 
à la rumination. 

Lino^us avoit fait un groupe de tous les animaux ongolés 
non ruminans. , sous le nom de beUuœ , et qui comprenoit par 
conséquent le genre cheval. Plus tard , M. Cuvier en avoit 
retiré celui-ci pour en former un ordre particulier , sous le 
nom de solîpèdes, et cet ordre avoit été adopté par le plus 
grand nombre dcrS naturalistes, et notamment par lUiger qui 
en avait changé le nom en celui de soUdungula^ comme plus 
exacU Enfin , M. Cuvier ^ dans son dernier ouvrage, vient de 
retourner à la classification proposée par Linnœus, et, comme 
ce grand naturaliste^ il réunit tous les bdiuœ en un seul groupe 
auquel il donne le nom de pachydermes. 11 se contente de le 
diviser en trois familles , savoir: x.®, les pachydermes prohosci- 
diens; a.« les pachydermes proprement dits ; 3.« les pachydermes 
solipèdes. 

C Vst cette dernière qui derroit nous occuper ici , avec 
Quelques détails, si nous n^avions dé^loppé convenable- 
ment, dans Tarticle du Cheval, les caractères qui la dis-^ 
tinguent. Nous croyons donc devoir y renvoyer, afin d'éviter 
toute répétition. 

Les solipèdes ont été appelés monochires par Klein 9 et les 
auteurs vétérinaires les distinguent souvent par le nom de 
monodactyles, (dessi.) 

SOLITAIRE. Les chasseurs donnent quelquefois ce nom 
au vieux sanglier. V. rariicle Cochon, (s.) 

SOLITAIRE ÇDidmsob'tanusj Latb.;%.pl. 33 de l'édition 
de V Histoire naturelle de Bufon par Sonnini ). Ofeeau du genre 
des Drontes , et de Tordre des Gallinacés ( F. ces mots ). 
De