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Full text of "Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc"

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NOUVEAU 

DICTIONNAIRE 



D'HISTOIRE NATURELLE. 



RAM — RYZ. 



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Liste alphabétique des noms des Auteurs, avec Findication 
des matières qu'ils ont traitées. 
MM. 

BIOT. ... I Mmmhre de VInstiiui. — L« Phytiqneé 

BOSC • • • • Membre de VlnstUtU. — L*Rictoire de* R«ptilM , def Poiuoiit , dct Vert, 

de» G>quiUet , et U partie Botanique proprement dite. 

CHAPTAL. Membre de Plnstitut. — ^La Chimie et son application eux Arts. 

DEBLAINVILLE, Professeur adjoint à la Faculté des Science^ de Paris , Membre de im 

Société phdomathi^e , etc, (bt.) <— Articles d'Anatoroie comparée. 

DE BONtf ARD..... Ing. en eh^ des Mines ^ Seer. du Conseil gén. ete, (i« .) — «Art. de Géologie. 

DESMAREST . . . Professeur de Zoologie kV École vétérinaire d*Alfort, Membre de la Société 
PhilomatJii^ue^ e<e.<*-Les Qaadropèdes,les Cétacés et les Animanx (jpssiles. 

PU TOUR -*X<* Application de la Bouniqne n FAgricnlture et anx Arts. 

HUZARD Membre de P Institut. —La partit Tétérinaire. Les Animaux domestiques. 

LeChey. os LAMARCK., Membre de Plnstltut. — Conchyliologie, Coquilles, Météorobgie y 
et plusieurs antres articles généraux. 

LATREILLE. .... Membre de VInstitmt, — L'Hist. des Crustacés, des Arachnides, des Insectes. 

liEMAN Membre de la Société PhUomaihi^ue, ete, — Des articles de Minéralogie 

et de botanique, (lu.) 

L^CAS V I L s • • . . • Professeur de Minéralogie , Auteur du Tableau Méthodique des Espèces 
> minérales, —La Minéralogie; son application aux Arts, aux Manalact. 

OLIVIER. ...... Membre de l'Institut. -r-PnriievAihrenuntleM Insectes coléoptères. 

PALISOT DE BEAU VOIS, Membre de VlnsUtut. —Divers articles de Botanique «t de Phy- 
siologie végétale. 

PARMENTIER. . . Mendtnf^ deV Institut. — L'Application de TIÊconomie rurale et domestique 
il THiftoire naturelle des Animaux et des Végétaux. ? 

PATRIN .^ . • Menibre associé de VInstitut, —La Géologie et la Minéralogie en général.. 

SONNINI.. .;. . .. —Partie de l'histoire des Mammifères , des Oiseaux; les diverses chasses. 

TESSIER Membre de PInstitut. — L'article Mouton ( l^conomie rurale. ) 

TIIOUIN Membre de PInstitut. —L'Application de la Botanique à la culture , au 

jardinagft et à l'Économie rurale ; l'Hisi. des différ. espèces^ de Grdffos. 

TOLLARD imé... Professeur de Botanique et de Physiologie végétale, — Des articles de 
Physiologie Tegétale et de grande culture. 

VIEILLOT ...... Auteur de divers ouvrages d'Ornithologie* —L'Histoire générale «I par- 
ticulière des Œseanx . lenrt m«eurs, habitudes, etc. 

VIRET • .• Docteur en Médecine , Prof. d'Hitt. Nat, , AuUur de plusieurs otin-ages. 

—Les articles généraux de l'Hitt. nat. , particulièrement de l'Homme , 
des Animaux , de leur structure , de leur physiologie et de leurs facultés. 

\ VART, Memhre de PInstitut, — ^L'ifconomie rurale et domestique. 

CET OUVRAGE SE TROUVE AUSSI: 

A Paris , «les (Î>F.-L. Pàwceoucxx, Imp. et Édit.dn Dict. des Se. Méd., rae des Poitevins. 

A Angers, chesFovaixa-MAmx, Libraire. 

A Bruges, ches BooicxT-DuMoatiBa, imprimeur-libraire. 

A Bruxelles, ches LxcaAaLixa , Da Mit et BmaraoT, Imprimeors-lihr&ires. 

A DAle , ohes JoLf , Imprimeur-Librahre. 

A Gaiid, ches H. DnjAiDiw et ob ficsscBBm, Imprimeurs-Bbraires. 

A Genève , ches PAscaono , Imprimeur-libraire. 

A Liège , ches Dbsobs , Imprimeur-libraire. 

A Lille, chesVAHACKkBBetLBLXDx, Imprimeurs-Kbraircs. f 

A Lyon, ches Bob AI BB et Mai as. Libraires. 

A Manheim, ches FomtAixb, Libraire. 

A Marseille, chesMAsvsBTetMossr, Libraires. 

A Mons , ^es La Roux , Libraire. 

A Rouen , ches Fakas atné, et Rsif Avlt , Libraires. 

A Toulouse , ches Siir ac aine , Libraire. 

A Turin, ches Pic et BoccA, Libraires. 

4 Verdun chc« Bàn it ytwH Libraire* 



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• ••- .• • • : .t 



NOUVEAU U: 

DICTIONNiïKE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

APPLIQUÉE AUX ARTS, 

A l'Agriculture y à rÉconoinie rurale et domestiqiie, 
à la Médecine > etc. 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES 
ET D'AGRICULTEURS. 

- • ■ • , • , •■.•'» 

Nouvelle Edition presqa'endèrement refondae et considé- 
rablement augmentée ; 

AVEC DES nCÙRES TIRÉES DES TROIS RÈGIŒS DE LA MATURE. 

TOME XXIX. 



DE L'IMPBIHERIE D'ABEL LANOE^^ RUE DE LA HARPE. 

A PARIS, 

Chez DETERYILLE, libraire, ruehautepeuillb^ho & 



M DCCC XIX. 



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• • • • , • • 






Indication pour placer les PLiircRfis du Tome XXIX. 

P 5. Quadrupèdes mammifères , pûg. 8fl. 
Bat-tavpe Terni. — Eaton liveir. — Benne ( cirf; ) 
'( M 14» Poissons^ pag, 117. 

Polyodon feuille. — Pomacanthe arqué. — Pomacentre paon. — Pomatome 
skîb. — Prionote volant. — Raie aigle. ^— Kaie torpille. — Raie églantier. 
Raie frangée. — <• Begiilec lancéolé. 

P 8. Plantes , pag, £92. 
Raisinier ufiftre, — Rafensara de lladagascar. — Rhubarbe palmée. — .^'cjn 
c commnn. 

P ^. Ois«aux, pag^ 431. 
Rdle de genêt. — Mésange remiz. — Samalie rouge. — RoUier cuit. 

P pr Plantes, /»^^. 487. 
Riz cpUiré. — Rondier de llnde. — Rotang vrai. — Roucouyer \ teinture. 

P 3. Oiseauk, pag, 5di. 
Qois<piale versicolor. — Phibalure \ bec jaune. — Rouloul de Malaca. 

P 7. Quadrupèdes mammifères^ pag, 514. 
Rhésus (macaque. ) — Roussette ^ oreilles bordées^ — Rhinocéros unicome. 



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NOUVEAmUFOR 

DICTIONNAIRE 

D^HISTOIRE NATURELLE. 

RAM . 



RàM. CVst le nom du Beliér, eu anglais et en hoUan-^ 
dais. (DESM.) 

RAMAGEL C'est le chant naturel ou le cri des oiseaux. 
Xa variété de leur langage n^ est pas moins admirable que celle 
des couleurs dont leur robe est parée, (s,) 

RAMAGE (^Hfénerie), Ce sont les branches des arbres, (s.) 

RAMAGE (^fauconnerie). On donne cette épithète à Téper* 
yier qui a volé dans les bois, (s.) 

RAMARIE, Ramaria. Genre formé aux dépens des Chk- 
VAIRBS, et non adopté des botanistes, (b.) 

RAMALINë , Ramaiina. Genre de LiCHEN établi par 
Achard, et qui rentre dans ceux appelés Céteaibe^ Borreze, 

; DUFOURÉE et PûYSiCIE. (B.) 

RAMART. On donne ce nom à la Chimère arctique. 

(B.) 

RAMBERGE. Nom vulgaire de la Mercuriale an-^ 
KUELLE,aux environs d'Aneers. (b.) 

RAMBOUR. Variété de pomme. V. Pommier, (desm.) 

RAMBOUT. Nom hollandais des Libelluj.es. (desm.) 

RAMBOUTAN-AKE; Nom due Ton donne, à Java et 

dans les îles Moluques, à line ésbéce de Litchi, selon La- 

bîllardîère :Bontius écrit, Ramposian, Loureiro avoit reconnu 

également que cette plante , qu'il dit avoir observée en Co- 

cbinchine, étoît une espèce du même genre que les Litchis ; 

il lui avoit donné le nom de Ditiwcarpus crinitaj à cause de 

ses baies qui sont entourées de lotogs poils colorés. F, LiTCBi 

et Nephélioî). (ln.) 

RAME. Nom italien du Cuivre, (desm.) 

XXIX. I 

43954J 



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••a •. .•::.•:: : R À M 

ftÂM£A*UIl'«QR. C'est la Giroflée JkV^z, Cheiranûius 

:>î»?;ttB«.. :, .... . 

* * KAMEÂVX /Ramu/i. Divisions et subdivisions des bran- 
ches, (d.) 

AAîMUËREAU. Jeune Ramier, (s.) 
^ RAIVIËUM iVIAJUS .C'est I'Ortie de la Chine ( Ur- 
Uca rUifta. Linn. ) , dans Runàphius. (£.) 

RAMEUR. Mom vulgaire du ZÉE> Zeus gaUus, (desm.) 

RAMjEVRS (JaucoMuriç). Ce sont les oiseaux de haute 
volerîe, dont les ailes présentent une forme découpée, pro- 
pre à frapper Pair avec force et fréquence, pour en vaincre 
lajrésistance. F. au. mot Oise aux. (s.) 

RAMEURS, Ploieres, Je nomme ainsi une tribu d'in- 
sectes , de la famille des géocorises , ordre des hémiptères , 
qui ont les quatre pieds postérieurs très-gréles, fort longs, 
insérés sur les côtés de la poitrine > très-écartés entre eux , 
à Uur naissance , çt propres k, ramèr ou à marcher i^ur Teau ; 
les crochets dé leurs tarses sont très-petits, peu distincts et 
situés dan^ im.e fif sure latéralç. ^ . ^ , , ,. « 

, Cette trihu est composée dès genres: t^YDROMiéTRE, V^LIK 
et Gerrîs: (l.) . ; f 

, R^^MFIER pu RzVNG^ÉR. Vieux noms françafa Ju 
ÉENîfE , çspècQ. iu genre Cerf, y, ee mot. (desm.) 

' RAMIA. Nom du KâmIer dans les environs de !Niort. 

(v.) 

' RÀMÏÈR. r'PiGÉoN ramier, (v.) , 
^ RAjVtlER RtEU DE MADAGASCAR. V. Pigeon 

RSmlRi6ES MÔtÙQÛES/r. Ï^igeôn ramier de^ 

RAMER-PÊlWTAl5E:y^ et PioEON. (desm.) 

^ R^IIER VERT DE MADAGASCAR. V. Pimon 



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R A M ^ 

4?F?dss ^aij«î iWWçeiu["9e,ii,oJpsf<«K4e ^ue ^an, lé milieu ; 

les pennes alaires et caudales sonïTofîâlres; le Wc «î 

«Hige rla,ffwl»r4iMî4es,njmfles .estblapçhe ; les pieds sont 

,fiai;çUs^|,,},ec ; Kq?*eMr àpetupTès^u*^ .On^oit de ççs 

,»gepns p^graçds etpjifw cpTw^,ie».i«is que les autres. 

tické*CvT'*^''**^** » %uiM.fAie. fadUanent à la domei- 

>iW^ISOIi.. C'est b joèopechosc^e le.BâsAL. (b.^ 

«AHISOLI 4es Portugais, r. «Amsoi,. (LN ) 

«AMMLER ou HASE. Noms allemands du LiÈvilE 

iVAMO-€OUNIL. Nom de I'Asp^ige sauvage en Lan- 
guedoc. (DESH.) ^ . I .;. 

•RAMONPE , Bamonfla. On a donné ce nom 4 un genre 
fait avec la Mo|,èhe a TiGESMVES..jui.aIa ç,psri!eunSroci- 
; laire. T. au mot Chaixie. (b.) *" . T' f , 

IiAM01^T>lE,Bamondia. i&ènre dejtlai^le; établi par Mir- 

,J»pl,4aj?sl^famJUe des f9ugi.rcs.JI offre ipour caraptàres '• éiis 

aplatis , courts , nombreux, sessllés sur lés bords des feuille • 

,de» sjtp^I^t.^istiqn^s ,.rfcj»||wçtes,d.'éç?illes ^brjqu^es. ' 

Ce genre renferme qmn?e.*sp^ce& qui f*Uoi«»| partie, du 

, «cnre Q^mpGU>i^^ de tipqseus. Ce sont 4es plantes iieuies 

.jiQusses rQMlées sur elje^-m^^es ; à tiges ?nciéiinés présmie 

ÏSTcX^srsaef • '«^'P'^? ' <%%PipS?«.ierv^s, 

. . La. première, la.«A»inNiuiJaEXMusB ^ 4 les tiges angu- 
leuses , les feuiUes conjuguées et lobées. Elle vient, dans les 
- Grandeshladesi C'eail'o^tù,gkmimfiéi£uominàe.Liaaaiùs. 

La second; est la Ramondie palmée, fluiajMtigescvlin- 
driques, et l.es feailles cèniugnées "et lobées. ÊlléWnt du 
même pays. ■ ■ ■ - • '■• 

, U trqi»^WÇ.«f«tla.^MpNDiç.i;KjJipAMTE, qui 9 1, tige çy- 

lu»d!a«Me , les feuilles conjuguées et palmées. Elle se trouve 

-dans l.Afli^t,qpç4ppteptppçj,le^4'pù«Ue a é,té ra|»ortée par 

.;ftlic|MiM^ipar,n^oi. Ç'ç8lune,l^èsrjoIi.. plante , qui s'élève 

jiedewwtFQiSlîieds, et ?>nt^rtilleftutour;.defi branches des 

buissons ; ses épis ne paroissent qu^aux extrémités des fewil- 

.Us, l|-ssp*u\qu'elle.spit,mon9Ïqpe. ou. dio\1iue.^Iichaux l'a 

,.,m<»UAWç^ danss^ F^ore^^ouslp flpi?» de CxÉiSlON. fi; ÔMio- 



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4 R A M 

Depuis, CaTanllles a établi ce mâm^ genre sons le nom jlé 
Ugene, et a figuré quatre espèces npuvelles^pl. 594 et SqS de 
ses Icônes , toutes venant des iles Marianes et des Philip^ 
pines. (B.) : 

RAMONTGHI, Flacurtia. Arbrisseau à feuilles alternes, 
dentées, péliolées, accompagiiées d'épines axiilaires, à fleurs 
presque sessiles à Textrémité des petits rameaux , lequel 
forme un genre dans la dioécie icosandrie, et dans la famille 
des tiiiacées. 

Ce genre, qui a été établi par Lhéritier, a pour caractè- 
res : un calice de cinq à sept divisions arrondies ; point de 
corolle ; dans les pieds mâles , cinquante-une étamines ra- 
massées sur un réceptacle hémisphérique ; dans les pieds fe- 
melles, un ovaire arrondi, à style presque nul, à stigmate di- 
latié et sillonné; une baie glob^tènse, multilocalaire , chaque 
loge contenant deux semences osseuses. 

Le ramontchi se trouve à Madagascar. Il est appelé pru- 
nier par les Français qui fréquentent cette île. On le cultive 
au Jardin duMuséum d^Histoire naturelle de Paris.Son fruit, 
qui ressemble k une petite prune , se mange , quoiqu'il ait 
une saveur un peu acre. 

Quatre à cinq nouvelles espèces lui ont été depuis peu 
réunies.* 

Le genre Stigmarote de Loureîro ne diffère de cehii^ 
que par son fruit uniloculaire. (B.) 

BAM-OULAN. Espèce de LiTCi^i des Moluques. Labil- 
lardière Ta figuré dans les Mémoires de Tlnstitut , année 
1806. LinnaeuS| par erreur , Tavoit appelé Méphelion bar- 

DANE.(B.) 

R AMP AN ou RAMPAOU. Nom languedocien du Lau- 

HIER. (nESlI.) , 

RAMPëCOU. L'un des noms vulgaires du Grimpbreau. 

(DESM.) 

RA^ftfPER. Seul mouvement de progression accordé aux 
serpens et aux mollusques gastéropodes , k des zoophytes ^ 
tels que des actinies , etc. Le mode de reptation de ces ani- 
maux est décrit à Tarticle dés MoUvemeiïs Des aisihaux* 

(virey.) 

RAMPHASTOS. 'Jonston est le premier qui ait donné 
cette dénomination au toucan , et ila été imité par les orni« 
thologue» nomenclateurs qui sont venus après lui. V. Tou- 
can, (s.) 

RAMPHE , Ramphm, Clairv. , Latr. , Oliv. Genre d'in- 
sectes de l'ordre des coléoptères, section des tétramères, fa- 
mille des rhinchophores , tribu des charansonites , ayant 



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RAM S 

pour caractères : pattes postérieores pour saater ; antennes 
droites , insérées entre les yeux , de onze articles , dont Tes 
quatre derniers forment une massae. 

^ Ce genre , établi par M. Ciairville , et adopté par moi , 
ainsi qae par Olivier , est très-Voisin de celni à'orchesie , ou 
des charansom sauteurs de Fabricius» On n'en connoît encore 
qoe deux espèces. Ces insectes sont très-petits , 'rongent les . 
feuilles de quelques arbres , et sautent avec la plus grande . 
facilité. 

Le Ramphe flayigornb , Ramphus flaQicomis ^ Oliv. , 
Enlom. , tom. 5, n.« 8ij Audabe^ pi. 3, 6g. 58, a, b, c, est de 
la grandeur d'une puce, d'un noir luisant , glabre , pointillé, 
avec les antennes jaunes ; leur massue est noirâtre ; les 
élytres ont des stries pointiilées. On le trouve sur les feuilles 
du tremble et du prunier épineux* 

Le Ramphe tomenteux , Ramphus iomeniosus, Oliv., ib. , 
pi. 3, fig. 55, est noir , couvert d'un duvet gris , avec les an- 
tennes obscures, (l.) 

RAMPHOCELUS. Nom tiré du grec , et imposé par 
M. Dasmarest , comme générique , à deux oiseaux que Ton 
avoit jusqu'alors rangés parmi les iangaras. F. Jacapa. (v.) 

RAMPHOCÈNE, Ramphocœnus.G,tnçe de Tordre des oi- 
seaux Sylvains , et de la famille des Myriothèees. T. ces 
mots. Caractères : bec très-long, droit, déprimé sur ses bords , 
depuis son origine jusqu'au milieu , ensuite étroit et très- 
grêle; mandibule supérieure à dos distinct et arrondi,crocbue 
et légèrement écbancrée à sa pointe ; l'inférieure un peu plus 
courte et très-aiguë); capistrum aplati et au niveau du bec; 
narines un peu avancées sur le bec , larges , oblongues, cou* 
vertes d'une membrane en dessus, et à ouverture longitudi* 
nale et linéaire ; langue .... ; quatre doigts , trois devant , 
nn derrière ; les extérieurs réunis jusqu'à leur première 
pbalango; l'intérieur libre ; ailes, courtes, arrondies, à penne 
bâtarde arrondie ; les cinq premières rémiees étagées ; la 
première la plus courte de toutes , les cinquième et sixième 
égales et les plus longues. 

En proposant ce genre pour une seule espèce, je n'ai pas 
cm le créer arbitrairement et sans nécessité : cependant , je 
puis m'être trompé ; c'est pourquoi j'invite certain discou- 
reur sur les méthodes , à se transporter au Muséum d'His-> 
toire naturelle , où cette espèce est étiquetée sous le nom de 
ramphocène , afin de signaler le genre où elle doit être placée ; 
démarche qu'il auroit dû faire pour un grand nombre d'oi- 
seaux nouvellement découverts , et qui font partie de cette 
ioUection; alors il ne metiroit pas leur existence en doute » 



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6 R A N 

parce que je nUodiqu^ pai les éaftittèts dû ]ë tés ai rthr. 

Le RÀMPHdcÈNE A QUEdE NOIRE, Aà»fiphbcénùs mekniurus^ 
Vieill. Ce petit oiseau a U tête , tdtltës téi^ pàrfié^ ^j^érîeir- 
res et le bord externe iés [^nfaes^ 2tlaii*é$ , ^imé cotifeàr 
rousse; Idgoi^é, le^evâiitétfcdh, la pOitHki^, lëvëtitireéi 
les parties postérieures , d*im k'iââë dthb^é de rotÈsÉOté sht 
leur itiiltett, et d^n rôtnf pùnùikéé àé» tëtif's étïéà ; totitéi^ h^ 
pennes de la qùeae tbtaieâleift ntSiféé , à rèxce^tibh dé la 
première de chaque côté , dont je bord eittériéur est blâtib ; 
toutes ^aroissent rayées en travers % tëti<(af6n lëS ^ôit ^us 
un certain aspect ; lès qdSftrè ibtermédiiirei sbtki d'éÉàter 
lonàineur , et toutes les A\àrisé ré^ièrèrliétit éta^éeâ ; le béb 
est blanchâtre eh desîioîfs, hfmehàé^iifà; lès j^èds, detettô 
dernière couleur. / 

Cet oiseau a été apporté dtf Brésil p^ M. j)ètatandîé Hé; 
il se tient continilreliement dàtiis les buiisi^oàé et lès brôàssail* 
les ) pour cherchée les iiisecle^, sa priùcîj[iâlè ÉduMtnirè. (v.) 

RAMPHUS. V. Bamphe. (desm.) , ^ 

RAMPIGHET , RAMPÏET ^ RA^lMottlN. Nddis 

I^édiontail^ du (GrRlKtPEàsAtT. (V.) * 

RAMPIONS; Lés Anglais doân^ài èé noiti à àWe)c^ei 
plantes, et tiotàmïQènt À là càmpanidt raiponce ^ kaphyiettme 
à épis, à là lohéUè et knjàsioHe. (DËSM.) 

RAftlPOST AN. Bonlitis ^ufe sùHi ce bo& < Jùq. 6 , fig. 
109) un arbre que Louréiro rajiportè au genre DiSidCAk- 
pm {Dtm^Urpûs crînlfà), F-LlTCÈr et RA«ïtoÙ*rÀîf-Att. (L^.) 

RAMSAIA. Andérso'n kvoît doùné ce ïioîn ahifewrè Bû- 
^ra d' Andrews , avant qUé èiélùi-ci Te&t fait cèùndftre aai( 
botanistes, (tw.) 

RAMSPECKIA. Scc^oli à doiih^ ce l^brk au gekrfe Po^ 
sotptena d'Aublet , appelé C^ftahtkus pâ^ Schrèber , et iûlèhiM 
par WilldenoiV. (ltï.) 

RAMURES X^éneriè). Xje sont tes têtes où lëà hblï iéi 
Ckars. V. ée tnjOt. (desiIï.) 

RAN ou RANC. En laiSgUedbëién , tés Mdtè sigilîBëttt 
une roche ou un rocher. Rancaredo est Ub rocher iqUi se dé-* 
compose eii feuillets ou éb écaillés , lèràqU'il e^t e^osS à 
l'action de l'air. OttïSM.) 

RANA. Noin latin des CrftfeirôuitLfes. (bÉsftt.) 

3RANA PISCATRIX. V. Lo^riiE BAUbkôïE. (dêsIi.) ^ 

RANABILO. Nbmbràine du €ATiiÉJ-Ï^JEtedE dcsliabî- 
(ans de la cftfe Màlàbare. (lIï.) 

RANAXERI. MombratnedttCATO-B'AtA dès hàbîtans 
du Malabar, c'èsf-à-dîre du BAL'isiEk {Cdnna iriéUcay L.), 

RANAN. liC R0S31GNOX., en arabe, selon AJdrovande. (s.) 



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R A N 7 

RANATRE, RancUra, Genre d'insectes de l'ordre des hé- 
iiiî]^{èreis^ section "des hétéf aptères; 'fiittAUé Mes \îyàt(jeofï' 
ses, tribu des raVidâénVé ; ayàtiV pW<?âVllètèfésH^c par- 
tant'ditffotit, court, cofaio|ne,' âtaUfcîéV àé tÉ^iâraHidés;>ah- 
tennes très-courtes, cachëës s6u$ lél yeftû/dèti^ii'ânicléi , 
dont le si^cond'dilaté âti dbfé pôStérïétif ;'étY ftfrme d'âtiglél)u 
de dent; pattes antérieures ravisseUiiés; les ^dàf^è poèlérieù-^ 
rcs peu Otf pbint natatoires; b^àyântljifun âi^icté làkk'istrsks ; 
hanéhes antérieures longues/ * " ' . > ^ .. ^ . ... 



.:f 



jLes ranatres diffSèrent des pèpes parla forme de leur corps , 
Vayancement de leur bec , et la grandeur des. hanches des 
pattes antérieures. C'est donc avec raison que f'abricius les 
a réparées dé^ nèpes, ou des scorpions aquatiques , avec les- 
quels elles avoient été confondues. ' ' 

Les rapatres sont lourdes et nagent lentement ; elles se 
tieniiènt' ordinairement au fond des' eaux dans la vase ; elles 
volent très-bien , surtout le soir. Elles sont carnassières ainsi 
' que leurs larvés ; elles se nourrissent de petits insectes qu'el- 
les percent et sucent avec leur bec, pendant qu'elles les tien- 
nent entre les pinces de leurs pattes. 

Les œufs de ces insectes sont blancs , allongés , et ont à 
une' de leurs èxffémités debk fils Ott deux poiw ; ils restent 
quinze îôuîris àii fond de Teau. Il sort ensttite de ces œufs àes 
larvés 'qi]À né différent de' t'iilàette parfait que parce qu'elles 
ii^)nt iii élytres ni ailes ;^ elles nagent fort lentement , et 
inàirçfaéht^àti fond des eaux sût les plàmes aquatiques ;• le$ 



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8 . . , R A N . . 

nymphes ont , de chaque côté do coq^s, des fourreaux dans 
lesguels elles portent leurs élytres et leurs ailes. 

Ce genre n'est composé que de trois espèces; Tune se 
trouve aux environs de Paris, les deux autres à Tranquebar. 
iDïous décrirons seulement celle d'Europe y dont les deux 
autres ne diffèrent que peu. 

Le Ranatre linéaire, Rtmatra Unearis^ Fab. ; Nepa Unea- 
ris, Linn. ; le Scorpion aquatique, à corps allongé, Geoff. ; 

Ï)l. P. i4t I9 de cet ouvrage. Elle a près de deux pouces de 
ongi en comprenant les filets , qui ont environ neuf lignes ; 
tout le corps d'un brun un peu verdâtre ; le corselet très- 
long, cylindrique. L'abdomen rouge en dessus; tes élytres 
longues , étroites , croisées , recouvrant les ailes ; Içs deux 
dernières paires de pattes longues, minces. 

On la trouve en Europe, dans les eaux stagnantes (l.) 
RANA-VALLU. Nom brame du Catu-àaramareca des 
Malabares , espèce de dalichos qui diffère peu du canavafy oii 
doKchos rotundifoKus de Wahl. Sa gousse est seulement plus 
large, (ln.) 

RANCANCA, Ibycter, Vieîll.; Falco, Lath. Genre de 
Tordre des Accipitres et de la famille àts Vautourins. 
F. ces mots. Caractères : bec droit et garni d'une cire glabre 
à sa base , convexe en dessus et comprimé latéralement ; 
mandibule supérieure i bords droits , crochue vers le bout ; 
l'inférieure , plus courte , échancrée vers son extrémité, peu 
pointue; narines ovales, presque obliques; langue . . .; joues, 
gQtt[e et jabot, dénués de plumes ; tarses courts^ forts; quatre 
doigts , trois devant , un derrière ; les extérieurs unis par 
une membrane à leur origine ; ongles peu crochus , presque 
égaux., pointus; l'intermédiaire et le postérieur plus forts 
et plus longs que les autres ; ailes longues ; la première ré- 
mige la plus courte ; les quatrième, cinquième et sixième, les 
plus longues de toutes. 

. Quoique, à l'exemple de tous les méthodistes , j'aie rangé 
cet oiseau dans l'ordre des Accipitres , et que j'en aie fait un 
vauiourin , parce que je lui ai trouvé quelque analogie avec 
les vautours , dans les parties de la tête et de la gorge dé- 
nuées de plumes, dans son jabot nu et proéminent , dans la 
conformation de son bec et de ses ongles ; j'avoue qu'il est 
très-mal placé , et que ce n'est ni un aigle , ni un vautour , ni 
un faucon , ni un vauiourin , ni même un caracara , nou-^ 
velle dénomination qu'on vient de lui imposer ; puisqu'il n'a, 
selon les voyageurs et les naturalistes instruits qui l'ont ob- 
servé dans son pays natal , ni le vol élevé , ni la vue perçante, 
ni Jes habitudes , ni les mœurs, ni les goûts de ces oiseaux de 
proie ; mais je ne pense pas qu'on doive en faire un gailinacé , 



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R A N 9 

diaprés une foible ressemblance qu^on a cru remarquer dans 
la forme de son bec et de ses ongles ; car il en diffère essen- 
tiellement par la position de son doigt postérieur , et par set 
habitudes , puisqu^il se tient constamment sur les arbres , 
y prend sa nourriture , et ne marche pas k terre. Si , 
comme fe l'a! déjà dit, de nouvelles observations confirment 
le genre de vie durancanca, il faudra, malgré ses rapports 
avec les accipitrtti', le classer ailleurs. La place qui me 
semble lui convenir, seroit à la fin de Tordre de mes oiseaux 
sylvains. 

Le Rancancâ proprement dît , IhycUrleucogaster^ Vieill. ; 
Falco formesus, Lath. ; Falco â^linus, Linn. , édit i3 ; pU 
enl. de VHîst. nat. de Buffon. , n.<> ^s?* Les naturels de la 
Guyane appellent cet oiseau rancancâ^ diaprés son cri. Buffon 
Ta décrit sous le nom de petit aigle iAtfiétique, Il a de seize à 
dix-buit pouces de longueur, et il est remarquable, au premier 
coup d'oeil , par la peau nue de la gorge et du devant du 
cou , parsemée de quelques poils et d'un rouge pourpré ; le 
bec est droit à son insertion , etjde prend de la courbure qu'à* 
son extrémité , ce qui a déterminé l'illustre naturaliste fran-. 
çais à le rapporter aux aigles ; cependant il ressemble beau- 
coup|plosà celui de certains gallinacés; il est totalement jaune 
chez des individus , noir en dessus chez d'autres; sa base est 
recouverte d^une peau grise , où sont placées les ouvertures 
des narines ; les côtés de la tète, ainsi que le tour des yeux , 
sont dénués de plumes, et la peau qui les recouvre est de la 
couleur de celle du devant du cou ; l'iris est rouge ; les pau- 
pières sont garnies de cils noirs et roides ; les tarses sont 
rouges lès ongles noirs ; tout le plumage est de cettç dernière 
couleur et à reflets foibles, excepté le ventre et les parties 
postérietires qui sont blancs. 

Sonnîni, qui a observé \é rancancâ dans son pays natal, 
nous assure que cet oiseau n'a nulle inclination' à la voracité 
ni à la rapine, qu'il est doux et paisible; que les fruits compo- 
sent le fond de sa subsistance. « J'en ai ouvert,ajoute-t-il, un 
grand nombre , et j'y ai trouvé constamment des fruits, des 
semences , et quelquefoiis ^t% insectes , comme fourmis , 
araignées, sauterelles, etc. Ces oiseaux sont aussi peu farou- 
ches que les hoccos ; on les approche aisément. 

» Lorsque les rancantas aperçoivent quelqu'un , ils re- 
doublent leurs cris , qu'ils prononcent d'une voix forte et 
rauque ; ils font entre eux un bruit effroyable , fuient les 
lieux habités , et se tiennent dans les forêts solitaires de la 
Guyane ; ils volent en troupes , ne voyagent pas seuls ; ils 
accompagnent pour l'ordinaire les toucans , parce qu'appa- 
remment ils se nourrissent d^s m((mes substances , d'où vient 



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lô R A N 

<iw les (*réoUs et l^ft nègres liçs ont ^p|^,e^s capffflftm àes 
gro5-^c;s y noms mHls donnent au3i^ toucans. » 

De. tous les^ orQitlioJpgtstes. àe çaibinet , ]^2^i\djayt parott 
étrç le se^l qui altj^ien jqgé le r^nç^tnça d'ajpr^s s(a d((SpQuille: 
<c Cet oises^u , dit-il , d^^y^rès la form.ç dç. son hec et celle ie 
se^ pngles , ne ^arpît pas devoir être compris p^yrini ^s 
aigles; ^ faudroit encore pl^s ^^reoç^çnt Ve^^clure de, c^ 
geiirefSii commç quelques persoçi^esi quior^t^ndçnt lavoir 
observe k Cayennç , nae rp:pt assp^^ , il ne Vit pa^ de proîç f 
mais de baies , de fruits et même de grain ; il paroh former 
upe esp^e isoléç, et mi. n^ tie^t 4^ près ^ aucimçde cçlle^ que 
nops cpni^QissoQs. » {Enpy,clqp. mét^,, à^ciç avf l^içTiTÂipLE 

GriK^elin et Lathapi oi|t in4iqt^^ ^^ pise^u f^fiqviel Us onf 




4es di$semblapce$ tr^^-reii^arquabl^s. 

Ce faucofi ^ le bec ble» ; la fneqi^r^iii^ ^j ^ç ^rçcpi^vre h 
b^e en 4e$$t|f % le tpur de tcpU et les pieçs j^o^es ; Vjrîs 
or^^ ; la gorge ; l^cou, nps et d^unbe^u rouge pourpré. 
C'est le seul r^jp^port qu il ^it ^yec le Vx«(icai^a on pdil aigk 
d'Aménquç, Le d?s$a$ 4^ corps est |>le^ 9 avec des reflets rou« 

S;eâtres ; le veiitre et le b^ç-v^ptre ^ont couleur de çjiaa.r , e^ 
es ongles noirs. 

L^ femelle 9 ou plutôt Tpisea^ indiqué pour facile p§r 
L^tham , dans le i.V s^ippl^inept de son Gérerai Sy^op^^^^ 

Îli^s d'analogie dans i^es coi^lc.nrs qij^e le ipâl^ O^criji friç^^ 
emment; plie est plus grande 9 ?iyapt vipgt-de^]^ ppacf s ^e 
longueur ; le bec et les pie^$ sont jaunes; la cire ë&t noi- 
râtre ; les paupières sont garnies de cUs noirs ^i fprtp ; la peau 
nqe de la gorge et dq cou est d'un pourpre sale ; ià plumage 
généralement bleu , avec des reflets d'un noir verdâtre ; le 
bas-ventre et les jambes $ont blancs ; la queue est Ipngpe de 
neuf pouces 9 ^t carrée à son extrémité. 

.Celle du rancanca n*a , suivant Sonniiii, d'antre difE^rence 
avec le mâle que la teinte noire moins foncée 9 aulieu^que 
dans le mâle 9 le cercle qui couronne les yeux est rouge ; c est 
la peau grise |ie la base du bec qui vient le former dans la 
femelle. £lle nicbe sur les arbres 9 et pond de trois à cinq 
peu6 ronds et blancs. 

£nfin on doit observer que 9 pour rapprocher ce prétenda 
aigle des oiseaux de rapine 9 on lui à donné une attitudje 
forcée dans la piancbe enlumînéede Buffon 9 enîê représen- 
tant comme prêt à s'élaneerjsur uîne proie , ^et avec uue trop 
forte courbure du bec ; de plus 9 la teinte ia^tjme des pieds doit 



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R A. N tr 

ttre remplacée par iweeoi^iirivoagf ^ qui etft to aâtiireUe» 

Ce méîne iiatuniUsie pense fut U chtitamel esl de la îonéaM 
esoèce qiie le prëeédeat. (v.) 

JRAMGHA. Nom du Kenne , dans quelque» endroits ^U 
Laoonie. (s.) 

ÊANDAiiiIA, FeUver aifigaré dewi Jcmicike&les ( «mN:»i«^ 
loHf Linn. ), seus ce nom* (Ou) 

RAMDIÉ f Randîa, Genre de pUntet de la pentandrio. 
moBOgynie ^^ et de la famille de» fobiacées , qui ofire pour 
caractères ion calice à cinq di^itiosis ; une corolle in6Dmdibn«« 
Uferme à tube cyHndrique , k limbe plane divisé en cinq 
parties ; eiaq ëtMnines à anthères presque sessiles ; mm ovaire 
kaférienr arrondi ^ surmonté 4'un st jle à stigmate trapité ; une 
baie biloculaire et polysperme de la forme d'mie cerise. 

Ce genre a été réuni par Svrarta et Willdenow , af«c le^ 
Garbèuss. U renferme cinq à six arbrisseaux épineux, à 
épkies et à feuilles opposées ou verticHlées t et à fleurs pres- 
que solitaires dana ks aisselles dee fevilles^ on rapprochées e| 
terminalest qui, au 4îre de quelques botanistes , ne forment 
que àes v*ariétés de la mime espèce. 

La ran4ie est originaire de la Jama^e, et s'élère à sept 4 
huit pieds de bauteur. Brown^'qui Ta décrite et figurée, fait 
observer oue la pM^e de sesnuits donne une couleur Mené 
•assez solide. 

ii^Om^AE de Lonreirose rapporte à ce gem*e. (n.) 

RANDONttËË (^pénene >. C'est la course que les cbas- 
seturs f<mt à la poursuite de la btee, lorsque après avoir été 
lancée parles chiens, et avoir tourné deux ou trois f<ris dans 
son enceinte 1» elle s^ en éloigne, (s.) 

RANDOVLETON. Nom que les hirondeHes de m€r 
portent en Provence. <¥.) 

BAN EN, Nom a^lMiand^e la Bette wttïAmE. (hesm.) 

RANEUTË. Âdl>let'dona»e oe nom k la Mulsiia a OOk-^ 

TRE FEVlI/IiES. (B.) 

Rx\NG. Nom que ronronne, en Picardie , au mâle de la 
Bit£ms« 

KANGAZAA. Fleur à ognon de Madagascar. J'ignore 
dans qnd fienre eUe se place, (b.) 

RANGÎER ou RANGLIER. Le Rsms, espèce de 
Gei^. F. ce mot en vieux françsûs. (msM,) 

RANGIFERi C'est, en latin moderne, le nom du fimna* 
V. Cerf, (desm.) 

RAKGION, Wiaogitm. Nom que Jussiea sd>siitue à ^a 
FoR$¥TH«Ë de Wdb.(B.) 

RANGUER. V. Ranoier. (oesm .) 

RANICEPS , Remets. Sous^nre établi par Cnvier^ 



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la R A N 

pour placer le BATRACiiaïofi blekoîoe de Laciîpè^e, te 
Gade TRiFûRQUÉ de Pennant , et autres espèce» de ces 
genres qiii ont la télé très-déprimée , et la dorsale antérieure 
à peine visible, (b.) 

iVANINE , Ramna , Lam. , Latr. ; Alhunta , Fab. ; 
Cancer. Genre de crusueés , de Tordre des décapodes , fa- 
mille des brachyures, tribu des notopodes, ayant pour 
caractères : pinces des serres comprimées en forme de trian- 
gle renversé , avec les doigts courbés brusquement ou près* 
que perpendiculaires à la main ; les autres pieds propres à 
la natation , terminés par une lame OVoïde , pointue et ua 
peu arquée à son extrémité ; les deux postérieurs insérés 
sur le dos ; queue étendue , en triangle allongé , de sept 
articles , sans nageoires autour ; test presque ovale , tron- 
qué en devant ou en forme de triangle renversé et allongé ; 
yeux rapprochés , inclinés et portés sur un pédicule assez 
long ; antennes latérales inséi'ées au-dessus des yeux y lon- 
gues ; les intermédiaires coprtes , repliées ; cavité buccale 
rétrécie et arrondie à son extrémité ; articles inférieurs des 
pieds mâchoires extérieurs , étroits , allongés; le second 
terminé en pointe ; les habitudes de ces singuliers crusiacés, 
qui , dans un ordre naturel , pàroissent avoisiner les corystes , 
les plaiyoniques y ne sont point connues, Dikson , qui a figuré 
dans son voyage la plus grande espace connue , la ranine 
déniée f se borne à dire , après Tavoir décrite , qu'il Ta trou- 
vée aux iles Sandwich. An rapport , probablement fabu-* 
leux , de Rumphius, elle monte jusque sur les toits des. habi- 
tations. 

La Ranii^e DENTEE , Ronîna serrata ; pi. M. lo bis , fig. i , 
de cet ouvrage ( Herbst. , Cane, , tab. 22 , fig. i ; Cancer 
raninus , Linn. ; Albunea scabra, Fab. ) , est assez grande; 
son test est chagriné , avec- des lobes dentelés au bord 
antérieur; le milieu de ce bord a une saillie ou bec trian- 
gulaire ; les tranches des pinces , ainsi que celles de leurs 
doigts , sont dentées. On rapportera au même genre Valbu- 
nea dordpes de Fabricius (Rumph. , Mus., tab. 10, fig. 3). (l.) 

RANKEN. Nom allemand du Hanneton, (désm.) 

RANONCULES. Nom languedocien de la Renoncule 

BULBEUSE. (DESM.) 

RANT - VAN - KONDEA. Nom du CouRoucou- 

KoNDEA de Ceylan. T. ce mût. (v.) 
RANUNCULOÏDES. V. Ranunculus. (ln.) 
RANUNCULO-PLATYCARPOS. Burmann (Afr. i45, 

tab. 4-53), donne ce nom au grieium tenuifolium , Willd. ^ 

qu'il avoit d'abord considéré , ainsi que Linnaéus , conuneb 

une espèce de géranium* F. Griel. (ln.) 



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R A N ,3 

ÏIANUNCULUS des Latins, Batrachion des Grecs. 
Plusieurs plantes qnt porté autrefois ces noms,qui signifient 
grenomllelie ou peUie grenouille et grenouille en français. On le 
leur avoit donné parce qu^cUes se trouvoient dans les lieux 
l^umides comme les grenouilles , et quç ces animaux se cai- 
choient dans leurs branches. 

« Il y a plusieurs sortes de batrachion , dit Dioscoride , et 
cependant toutes ont la même vertu, d^étre acres, fortement 
nlcératives; Tune a les feuilles semblables à celles de la co- 
riandre , mais plus larges, un peu grasses , épaisses et blan- 
châtres; sa fleur est jaune, quelquefois ronge; sa tige est grêle 
et haute d^une coudée ; sa racine est blanche , petite , amère 
et garnie de plusieurs filamens , comme celle de Thellébore ; 
elle croît dans les lieux humides. L'autre est plus velue 
(plus feuillée, Pline ;ip\us noueuse, Oriiase); a sa tige plus 
haute et ses feuilles plus découpées. Elle croît abondam^- 
ment en Sardaigne , et est fort acre ; on rappelle dans ce 
pays, Selinqn agrion {Apium syloesire). La troisième est la 
plus petite; elle, a les fleurs jaunes et une odeur forte et 
puante. La quatrième lui ressemble , mais en diffère par ses 
fleurs blanches. Leurs feuilles, leurs fleurs et leurs ti^s * 
fraîches , broyées et puis appliquées sur la . peau , la font 
nlcérer et enlèvent les croûtes avec une . douleur extrême ; 
elles font tomber les ongles eâtés , et font disparoître toutes 
cicatrices 9 et la rogne; elles font tomber les porreaux, 
les verrues ; font renaître en peu de temps les ppils dans les 
parties qui en ont été dégarnies , etc. , etc. ». 

Dioscoride rapporte aussi que la racine séchée et pul- 
vérisée , faisoit étemuer , et que , mise entre les dents 
malades , elle en ôtoit la douleur , mais qu'elle les ffisoit 
rompre. 

Pline et Galien admettent les quatre sortes de hatra-' 
chion ci-dessus, et leur attribuent les mêmes propriétés. 

L'acrimonie de ces plantes étoit surtout à un haut degré 
dans la seconde espèce , celle qui croissoit'en Sardaigne, 
et qui avoit recules noms de sardonia^ sardoael sardoon, Pau- 
sanias , Salluste , Dioscoride , disent que lorsqu'on en man- 
geoit,les nerfs de la bouche se contractoient tellement, qu'on 
périssoit en ayant l'air de rire; c'est de là qu'est venue i'ex* 
pression de rire sardonique^ lorsque le rire involontaire ou 
trompeur se manifeste dans certaines maladies. Cette plante 
étoit aussi appelée apium risâs ( ache qui fait rire ) , pour la 
même cause, et parce que ses feuilles ressembloient à celles 
de l'ache ( apium ). 

Les diverses espèces de rqnunculus.ci-à.tss\i&^ recevoient 
encore les noms suivans : selinon , hydation , bairachis , siac^. 



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tt, îl A P 

<]'est' daiirii08)r«MMioales<qae'visiiiieBt se raaeer les^ba- 
-tradtton de8.ancica&; da ^moins-iefl >Ttrtii6 -aenl Jes-méfnes 
dans tontes ces plantes. 

Âihtlioipe Ta|iportè la '.pireniièpe «espèce ^o ^mnunculus 
(osMius; et'hrtr^istèttie'et la ^oatriène^' ^va^'émineuhsfnwi'' 
catms tioftuMh; mais <^ee trn'est pas ^là fe -sentiment ^e tous 
-les lauteors. • Quant ;à la • deuxième -efpèee , il^-est assez pro- 
■fbflUe^iine'C^cstleffwiimoÉAu sci/irglMjy^hitÀt-qiie'le-fYimiiiai^ 

Jnsqulàllinneens, laiidénoaunalion'de «Miiii/MÉAf^n^a^pas 

^.étéstricteniest donnée ani renoncnles settlenaent, car en l^a- 

mMt'étendue à'desplanteé^egenrefrdiffévens^ savoir: Thalk- 

tnun (Moris.);' anâmone («.€.>».-* et alii ) ;*«tafoi2Û ( Toem.); 

isangwoana ((¥^r\in»,); ^piêdppi^um (vWalt. ); i^oomi (C. 
B.vLob. ); Inoi^H», (C.iB.,'Matth. ,iLob. , etc.). 

-Le genre jKmumcubts de V^nmefort cMipreiioit les- quatre 
i.senres' rmnvmculu» etoAmû^L. ;4ilûma ,iJiiss.^9iif05iini5,'J; B. , 
•VailL^ldnn. 

iXe^nre' n ww wcnfa s est (divîséeo trois, ^ sarotr ificmia ou 
? moianam (* FiQAiftB ) ; - eeratooephùlus ^ e t- ranuneulus, 1^* '-"I^^* 
«ONCiiLE.) JCedernter «oinpr8ndY.sekm M> DeCandôlIe^ t^i 
'tspèees, s«us lesrdeoz divisions «oirantes : 

i<». 'RkTfihGAivn^Çfiammndbïdes^ YailL); Pëpiearpes «triés 
i«trû^uenx4ransrersaleni»Eit ;*pétales'blaiicif ^ onglet jaune , 
- muni d?une fossette' nectarifère. 

!»<»». Rasvncucvs. Péricarpes^ lisses*' OU' éehinés ; pétales 
munis d^une écaille è leur base, (ln.) 

\ B ANUMGUiiUS; Gesner donné le^ noni^ de^ Ramnculus 
pmdis , à 4a B A^iHEVTS commune; (DBnr.) . 

BANZ£{JUE:;NoiD«iUeinMid àe VejmLÈMfStwitxyflam- 
meo. (d^m;.) ' 

BAONG-^MAIwCH£0.\Nom«ochinelHpois^d3nne fiante 
i aquatique ( ph^kmm * mOmns , Loor^ ) , ^ qui- paroî^ avoir • des 
' rapport» avec^ notre vmUmaia ^ mai» qui ne' doit pas lui être 
rréunie^ si Fon»egat>de comme exact» les car^clères^ôbserrés 
: par Loureiro. Çln.) 

< BAOUOHEJ Poiiton^deiner,^ qui «emangeoit à^Paris 
> auXII* sièole ; f ignore à* qiiel^eore il »e rapportet <b.) 

BAPA etf RAPUMy'des Latîosr^x©i^/« etft>ii«r^^«» 

Grecs. La plante désignée ainsi pac les anciens , est notre 

tBave (^hrasskawpa i Lmid.); On^etf distingMît^eox sortes : 

l'une cultivée y qutestpix^rement notre ra^e^ et laseconde 



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ïl A P ï5 

hs mis'lsLiéprSàûi tôtAttie la rate'àl'^tàt Vadvàge . d'au- 
tres cdmiité ohe ^laiite diffërédte. Qdâiît à la ravte cultivée, 
elle'étbit'bbiàiileati feMeUe, àelôh que Va ràdoe âvoit uûe < 
formfe splijriqtie bu ht fdnkie âfiiàtie et/rintériéùr cfeux. 
Les aiïélébs'folit ohitfi/^ét'qn^otï ôbtétioit dés mêmes graines, 
IsLtà^eniàfe et b'i*àvefenûiéUe. ^t^liàc 'dît/âvôîr râ-des ra- 
y^s'^iài^DésôiVnt tihis de'(;(^arâiite'liTrés. Mâithiôle prétend 
qu^éh Savoie, Ob en 't'ècueiUe'qm'j^èiént' cent' livrés éti plus. 

lia'fàve'dbit sbh'ïKym gféc Itsa foiMe ronde , et son nom 
latin, selbn VarirAh, Vce qâe ia'i^aciàe sort 'de terre. 




^^ » ^ /épifhèles ^c 

lei fiSsoiént dikflà^ér, * éï nourqiioi* Ton voiidans lés écrits 

des anciens , les raves, lès radis et ràtfbrts, les navels, réunis 

'dans la mfime classe , cë'tlé'dés'ra^a :^a)nki^én nôiftiinoit^o/i-' 

* gyJe ,' la irioe ; niais on sduï-entëiddoit ràbts ou rapon; c*èst 

~ coîJîine si Ton eAt' dit ,' la racine i1$>ùZ? ;'de même rapis bbuniasj 

lé navet ; H^bh ticej là juscj[uia'me ,' etc. 

Chez les botanistes qm bni bf ééédé ' Linnéèus , quoique 
les noms de ràià et'7Yti7iî>ns<Aént affectés à' la rave, néan- 

i^^^-tu --.-.* L^-i'^iLf»^^^-^* ^> .rt.^^^' 'ii^..A. '-^'î^^ xn—: 




Cyiclibie/à c'elîe charnu|^' 
MàtiJtèiiànlytesbbVafablèà'ttëlèsdbnnenrqu^âux racines char- 

imesy grosses, (usiformes et rondes , ^ui be jettent leurs 
' Keîiffîfcs etTéùrs iîj^ès que ^ar leur pÀ*iHié supérieure ; cônune 

celaf est' dkbâ la f ave , le bâvét , le radis , etc. 
^TovàrbéflD/rt et*'Ad'ânsbn ont fait'un ^enfe particulier de la 

rave Crapa^^ caractérisé ^kr la forme roAde de ^a racine, 
' ki parla èouleur blâncbe ou Vouge de' ses^' (Tèurs ; caractères 
' iùkuffiààni blSuéià distinguer dii senré hràssica j^pHOU)^ av^c 
*^léî|ilef Ltîàrn&ùi Ta réuni; âinsîquele niwus'At Tôurnéfort. 
' Lariïafbk ' Va' bïus^ Ibln ; ît Veut que la RlVE el Ic'KaVét 

( r^us ,'T. ) £é soient' qu'ttàè''mf me espèce. 
' Qbâ^t' ii là riVe sauvage des anciens» PUi^e lui attribue 

une racinelonfi;ue,etitne pVroît pas la disliagùer antrèoiébt 
"*^ dé là Yâvè cultivée.'; cjKsfce quà'fait que certains auteurs ont 

éW Wil s'agîssoit dé là rave âÏTétat sauvage^ ^t même du 

bialver qui', d^âil leurs, est égalèiùebt décrit dans Flîne (napus). 
' Ittaisiàl^lùpart, eu se guidant surla description qu'on trouve 



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iG R A P 

dans Dioscoride , ne savent à quelles plante^ on peut U 
rapporter. La rave sauvage, selon Dioscoride, croissoit dans 
les champs. Cette. plante étoit haute d'une coudée, et jetoit 
plusieurs branches , glabres et lisses au sommet; ses feuil- 
les, également lisses et glabres, avoient la largeur d'un doigt 
et plus ; sa graine étoit contenue dans des gousses faites en 
forme de tête double. Quand on ouvroit cette tête , on en 
trouvoitune autre dedans, qui renfermoit une graine noire 
en dehors , blanche en dedans ; on employoit cette graine 
dans la composition des médicamens en usage pour nettoyer . 
et mondiiier la peau du visage et des autres parties du corps. 
Cette description ne convient guère à une crucifère , sur* 
tout en ce qui concerne la str.ucture du fruit qui, paroit 
avoir été une capsule monosperme , enveloppée par le ca- 
lice persistant , ce qui pourroit convenir à la Raiponce, si la 
capsule de cette campanule n^étoit polysperme* Gesner et 
Dodonée ont nommé cette dernière plante, rt^um syhestre ,^ 
sans doute dans Tidée que c' étoit la rave sauvage des anciens; 
et Matthîole qui Pavoit cru un moment, renonça à cette opi- 
nion , d'après la considération du fruit. 

La raponcule ( phyteuma sjdcaia ) a été rapprochée du 
rapum syhestre , par Dodonée , Gesner, etc. , qui la désignè- 
rent par rapum syloestre majus. Plusieurs espèces de Campa- 
nules ont été décrites aussi sous le, nom collectif de rapum 
syhestre. V. C. Bauhin , PiN. (LN.) ' 

RAPA. Nom italien de la grosse Rave, (desm.) 

RAPA-BRASSICA. C'est le Chou-rave, variété du 
chou ordinaire {brassica ûleracea) , dont la souche s'eit trans- 
formée en une masse succulente et bonne à manger, (ln.) 

RAPAC. Palmie» de Madagascar , très-employé par les 
insulaires, (b.) 

RAPACE. Nom qu^on dopne, au Pérou, à une espèce de 
MoRELLE ( solanum mtidum)^ selon Ruiz et Pavon. (ln.) 

RAPACES. Nom donné aux oiseaux de proie en général» 
par quelques naturalistes, (desm.) 

RAPAKIVI. En Finlande, on donne ce nom à une ro- 
che granitique , qui paroît être une variété de Syènite. (ln.) 

RAPANE , Rapanea. Arbrisseau à feuilles alternes , ova- 
les , obtuses, glabres, épaisses, légèrement pétiolées , à 
fleurs petites, presque sessiles, et disposées par paquets sur 
les rame aux y qui forme un genre dans la pentandrie mono-^ 
gynie, et dans la famille des vinettiers. 

Ce genre a pour caractères : un calice divisé en cinq par- 
ties ; une corolle monopétale à tube très-court, et partagé 
en cinq lobes arrondis ; cinq étamines ; un ovaire supérieur 
surmonté d'un style à stigmate obtus ; une baie sphérique , 



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B. A P 17 

vi&letle , conteoaiit une noix nniloculalre h cînq semences. 
Le rafcaoe croit dans les forêts de la Guyane. Il a été 
réuni aoK Samara6 par Willdenow ; et.Jussieu pense qu'il 
àek Vèire aux AitnisiEsr. {«.) 

RAPAPA. Les naturels de la Guyane française nomment 
ainsi le Savacoit. V. ce mot. (s.) 

RAPAT. Arbrisseau d'Amb^ine , dont les tîges sont ram- 
pantes^ les Veuilles alternes ailées, avec impaire; les fleurs 
blanches, odorantes, disposées en corymbe terminal, et com- 
posées chacune d^nne cx)rolle monopétale à cinq divisions* 
OjFi n'e» connott pas U £ruît. (b.) 

RAPATÉË, Mnadum. (ienre de plantes établi par Au* 
blet, dans rbexaodrie monogynie et dans la famille des 
Joncs. Il a pour caractères : un calice monopbylle, divisé en 
trois parties ; une coroile monopétale, k tu&e très-court et 
à limbe trifide ; six étamines à anthères tétragones , et ter- 
minées parione Ibliole o«rale ; un ovaire ^ trois lobes, sm*- 
mente d'un style à trois stigmates en spirale ; il y a lieu de 
penser ^^t le friût est une capsule à trois loges et à trois 
valves. 

Ce genre ne contient qu^une espèce, qui se prouve dans les 
marais de TAoïérique méridionale, (b.) * 

RAPE. Nom marchand du Peigne ratissoire. (b.) 
RAPE. Axe qui soutient Tépi du Froment et du Seigles 
il est hérissé de petites dents comme une râpe. (D.) 
RAPE. L'on des noms vulgaires du Cépole tracbyftère. 

(desm.) 
RAPE (petite). Espèce d'AGARic, voisin de I'Oronce , 
qu^ojQ trouve , en automne , dans les bois des environs de 
Paris, et qui en se corrompant acquiert une odeur viru- 
lente, qui annonce sa qualité délétère. Pauiet Ta figuré le 
premier pi. i63 de son Traité des champignons. Son cha- 
peau est en-dessus couleur de noisette , et tout hérissé de 
E ointes inégales , d'une couleur plus foncée. Le dessous est 
lanc et couvert d'un voile dans la jeunesse. (B.) 
RAPERINO , RAPARINO , RAVARINO , RAPE- 
RAGINOiiO. Différens noms iuliens du Bruant verdier. 

(desm.) 
RAPETTE, Asperugo. Genre de niantes de la pentan- 
drie monogynie , et de la famille des borraginées , dont les 
caractères sont d'avoir : un calice à cinq découpures inégales 
et dentées ; une corolle infundibuliforme, à tube court, divisé 
en cinq lobes arrondis , et fermé de cinq écailles convexes et 
conoiventes ; cinq étamines ; quatre ovaires supérieurs , du 
centre desquels s'élève un style k stigmate obtus ; quatre 
noix recouvertes par le calice. 



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i8 R A P 

Ce genre renferme deux espèces qui ont les racines annuel- 
les* lesfeoilles alternes, rodes au toucher, les fleurs ai^illaîres. 

Ûune, la Rapette RAMPANTE , a les fruits ' comprimés. 
£Ue est très- commune dans les champs, autour des hahi- 
tations, et passe pour vulnéraire et détersive. On Tappelle 
vulgairement porie-femUe , à cause de ta forme aplatie de 
son calice , qui ressemble au petit meuble de ce nom. 

L^autre , la Rapette d'Egypte , a les fruits glauques. Elle 
se trouve en Egypte, (b.) 

RAPHANIS. Genrç établi par Moench , aux dépens des 
genres cochlearia et îepidium de Linnaeus. Ses caractères 
sont : calice à quatre folioles ovales ; corolle à quatre pé- 
tales unguiculés ; six étiamines , dont deux plus courtes , sans 
dentelure à la base , mais garnies d'jane glande ; un style ; si- 
liculeobloneue, à deux loges trispermes ; graines ovales, 
échancrées. Moench rapporte à ce genre : i.^ les Passer Ages 
CULTIVÉ et Iberide, Lepidium satimm et îberis; a.® le CraNSON 
BUSTIQUE , Cochlearia armoracia , L. Ce dernier est regardé 
comme le rapHanis stmQagt à^s Grecs , et Vamtoracia des La- 
tins. V. Raphanus. (ln.) 

RAPHANISTE, Raphanistes. Genre de Coquilles 
établi par Denys-de-Montfort. Ses caractères sont : coquille 
libre , univalve , cloisonnée p droite , à sommet obtus ; ou- 
verture ronde , évasée , horizontale ; cloisons évasées en clo- 
che ; siphon central. 

L'espèce qui sert de type à ce genre se trouvç fossile 
dans la mine de fer de Montbard. Elle n* offre point àe test , 
ce que Denys-de-Montforr regarde comme un caractère ; 
mais qu^est-ce qui constate qu'elle n'en avoit pas dans l'ori- 
gine ? Sa longueur est quelquefois de six lignes, (b.) 

RAPHANISTRE, Raphanistrum ^ Yent.; Raphanusra- 
phamstrum , Linn. ( téiradynamie siliqueuse ). Genre da plantes 
de la famille des crucifères ^ qui a presque tous les caractères 
du Raifort. V, ce mot. Il en diffère par ses pétales veinés , 
et par ses siliques très-articulées , et dont les loges sont dis- 
posées sur un seul rang. 

On ne connoît qu'une espèce de ce genre ; c'est le faux 
Raifort , plante annuelle qui croît dans les champs cultivés 
de plusieurs parties de l'Europe , s'élève environ à un pied, 
et se garnit de feuilles imparfaitement ailées , terminées par 
un grand lobe ovale et denté. Elle a une saveur âpre et pi- 
quante. 

C'est une des mauvaises herbes qui nuisent aux moissons. 
On la détruit par le$ moyens indiqués à l'article de la Mou- 
tarde des champs y avec laquelle les cultivateurs la confon- 
dent le plus souvent, (d.) 



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R A P ,3 

Ce ^enre, établi par Tournefort^ adopté par Adanson , 
Gsertner , Moench , Ventenat , . et confondu par Linnaeus 
avec le raphanus^ est appelé dondisia par ScopoH , et duranda 
par Delarbre. Il a pour type le raphanus raphamstrum , Linn. 
On lai rapporte ï enarûiocarpus de Labîliardière, (LN.) 

RAPHAMITIS. Nom de Tune des deux espèces d'Iais 
mentionnées par .Pline , et ainsi appelée à cause de sa racine 
assez semblable à celle du Raifort. T^Raphai^us et Iris, (ln.) 

RAPHANON et RAPHANOS. C'étoient les noms des 
Choux en Attique. Les Grecs modernes les donnent au Radis. 
F. Raphanus. Notre mot Raifort est peut-être une cor- 
ruption de ces noms, (ln.) 

RAPHANUS des Latins , Raphams et Raphanida des an- 
ciens Grecs , Raphanos des Grecs modernes. Ces noms sont 
ceux de plantes à racines analogflfcs à celles des raves : ils 
signifient racine translucide ou qui paroti facilement ^ et sont 
donnés aux raphanus^ soit à cause que leurs racines jouissent 
d^une certaine translucidité , soit parce que les graines de 
ces plantes lèvent promptement. Théophraste distingue trois 
sortes de raphanis qu'il désigne par des noms de pays , et il 
nomme raphanos le cbou lui-même , c'est ce qui a causé 
Terreur de Pline ; car il met dans ses raphanus le raphanos , 
et rapporte à ses napus les raphanis. Il ajoute que , de Taveu 
des Romains , leurs raphanus ou radix sont d'autres espèces 
que celles des Grecs ; l'une s'appeloit raphanus algidensis , 
nom du lieu où elle étoit spécialement cultivée ; elle avoit la 
racine longue et translucide ; une autre avoit la racine de la 
rave {Brassica râpa). On la nommoit raphanus de Syrie ; elle 
étoit tendre et très^suave. On y joint , ajoute-t-il , une espèce 
sauvage , qui est notre armoracia et Vagrion des Grecs. 

Dioscoride n'a que deux raphanis , l'un cultivé et l'autre 
sauvage. 

C'est à notre radis cultivé ou raifort ( Raphanus saii^us ) 
qu^on rapporte le raphanus cultivé des anciens , quoique l'on 
jpense que cette plante soit originaire de Cbine. Le raphanis 
agrion de Dioscotide ( Raphanos macra , Hipp. ; chenahemera , 
Théopb, ) , et par conséquent \ armoracia de Pline , sont le 
Cranson rustique (^Cochleariaarmoracia)\ selon la plupart 
des anciens botanistes. Mais , en général j on doit être pré- 
venu qu'il y a beaucoup de confusion dans cette partie de la 
botanique ancienne. 

C. Bauhin place , sous le titre de raphanus , nos radis , le 
craUson rustique et les sisymbrium amphibium et palustre. Il 
soupçonne que ce dernier peut être le raphanis à feuilles 
Xeruca dont parlé Tbéophrasle. Outre ces plantes , il y a 
encore le rapfianus raphanistrum 9 L. , le sinapis arpensis. 



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ao R A P 

J^ , le kpidium iatifolium , qui ont été rappariés am mphoms 

sauffoge 9 ou décrits sous ce nom. 

Toumefort a fixé , chez les moderoes^ le nom de raphamu 
au radis seulement. Linnaeus y réunit 4epi7is le rapbamUum 
du même auteur; «tais actnellement quelques saturalisitc^ 
aéparent de nouveau ces deux genres. Le cakiie marUima « 
le hrasdca cheiranûws et le Hs^mMumpyrenaicum furent coo^ 
sidérés d^ abord comme des espèces A^ ce genre raplutrim^ 
Lînn. 9 aux dépens duquel est encore fonmé la genre emr^ 
ihÊcarpus^ LabiU. T. RAifonT. (iw.) 

RAPHE. Poisson du genre Cîpkiîî , Cyprimis aspius , 
Linn.^.) ^ ^ 

RAPHE. Partie du PmosTYPE ou Coanoïi oiiBn.i€iJL, qui 
tort du Hiix ou Ostbilic , et forme » en s' attachant au 
Tegm £N> la Chalaze, qA Gîaertner regarde comme uj» om- 
bilic interne. V. Frujt. (b.) 

RAPHE. Expression grecque, reçue en fran^is ponr 
signifier une couture ou celte ligne de réunion qui semble 
rattacher les deux moitiés du corps . surtout au périnée , au 
^rotum , au fila de la verge et à celui de la langOe. (vihbï.) 

RAPHIDIE, Baphidia. Genre d'insectes de Tordre des 
névroptères , famille des planipenftes, tribu des rapbidines. 
Ses caractères sont : tarses à quatre articles « dont le pénui* 
tième bilobé ; segment antérieur dn tronc fort long ; ailes en 
toit ; antennes presque sâUeées^, de trente k trente* huit ar** 
licles, insérées entre les yeux ; mandibules dentées v quatre 
palpes courts et filiformes. 

Les raphidies sont remarquables par leur tête ^ande, 
allongée , rétrécie postérieurement, ayant deiux trois petits 
yeux lisses ; leur corselet cylindrique , fort long ; leurs ailes 
en toit ; Vabdomen est terminé dans la femelle par une espèce 
4e queue longue , recourbée , formée de deux soies réunies. 

Raphidi£ serpentine t Ststphidia ophiopsis^ Linn., Fab. 
la Raphidiej Geoff. ; pi. P. i4 1 9 9 de cet ouvrage. Cet in- 
secte , d'une forme ànguUère , a la tête et le corps d'un noir 
iqisant; les ailes grandes » transparentes « avee les nervures 
noireset une petite tache brune vers le milieu du bord exté- 
rieur. Sa tête est un peu aplatie. Son corselet est uo peu 
arqué. La femelle a un appendice sétacé , de la longueur 
des antennes, àrextrémité deTabdomen, qui lui sert à dé- 
poser ses œufs. 

La larve , que j^ai décrite dans le Bulletin de la Société 
pbilomatbique 5 est très-étroite, fort longue, mélangée de 
gris et de noirâtre, avec la tête écailleuse et six pattes. Elle 
ressemble à un petit ver ; sa vivacité est très-grande ; elle 
qiirche très-vite , se contourne en tout sens pour s'insinuer 



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I 



R A P » 

pins aisément dans les crevasses des arikres. Elle doit être 
eamassîère ; la nymphe^ selon LhiiMeas , marche et agit jus- 
qu'au moment de sa métamorphose ; elle porte ses ailes dacs 
meenrelôppe placée de chaque côté du corps. 

On trouve cet insecte en Europe. Dans de certaines an* 
nées , il est très-commun aux environs de Parts , sur les 
arbres. On a confondu avec lui , suivant IHiger , une autre 
espèce , celle que Fabricins avoit d^abord distinguée sous lé 
nom de notata. Cette dernière est ime fois plus grande. Sa 
tête est noire, étroite postérieurement; son corselet est plus 
court ; la tache marginale des ailes est plus prononcée, (l.) 

RAPHIS , Kaphis. Genre de palmier établi par Jacqvîn , 
pour placer le Chamérops élevé de Thunberç. Ses carac- 
tères sont : Oeurs polygames; calice & six divisions , dont 
trois internes ; six étammes ; un ovaire smrmonté d'un style. 
11 diffère à peine du CosYPBE et du Sabal. 

Cet arbre , qui est originaire du Japon , a les feuilles pal- 
mées 9 les folioles poissées , garnies d épines en leurs bords 
et sûr leurs plis. On le cultive dans nos serres. Sa figure se 
voit dans Jacqoin , Jardin de Schoenbnme^ et dans Curtis, Bb- 
tamcdl Magazln, (B.) 

AAPHIS 9 Eaphîs, Plante graminée , annuelle , à racine 
rampante , h chaume haut d'un pied, à feuilles presque toutes 
l'adicales , lancéolées , courtes , sessiles , amplexicaules , à 
fleurs dbposées en épi terminal, que R. Brown croit être le 
Barbok aciculaire , et qui forme , selon Loureiro , un 
genre dans la monoécie triandrie. 

Ceeenre offre pour caractères : un involucre renfermant 
trois nenrs , deux mâles et une femelle; une balle caiicinale , 
bivalve , â valves colorées , subulées , mutiques , presque 
égales ; *une balte florale , bivalve , à valves lancéolées , mem- 
braneuses 9 ciliées, mutiques , et à trois étamines dans les 
(leurs mâles ; à valves bivalves , dont une est aristée , à germe 
surmonté de deux styles plnmeux dans les fleurs femelles ; 
une semence oblongue , tomprîmée. 

Le raphis se trouve dans la Chine et la Cochinchine , oà il 
incommode beaucoup les voyageurs en laissant ses balles à 
leurs habits. (B.) 

RAPHIS. r. Râpa, (lw.) 

RAPHlUSouRUriUS. Le Lynx portoit anciennemeiîi 
ce nom dans les Gaules , au rapport de Pline. V. Histoire du 
lynx^^k Tarticle Chat.(desm.) 

RAPHOS. Nom grec , appliqué aussi mal à propos 4 
r Outarde qu'au DroMe. (s.) 

RAPlpOLITHE. Abildgaard a donné ce nom , qui 
signifie pierre enhagueiU , à un minéral trouvé dans les mines 



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22 R A P 

de fer d'Arendal , en Norwége , et qui a éié décrit sous le 
nom de scapoh'the, qui signifie à peu près la même chose , par 
d'Andrade. F. Scapolithe. (pat.) 

RAPILLO. On donne , à Naples, ce nom aux petites. 
scories lancées par te Vésuve en même temps que les cendres 
et les sables ; ces substances ne diffèrent que par le volume. 
On leur donne le nom de rapiUo quand les morceaux sont 
de la grosseur d^une fève jusqu^à celle d'une noix. C'est ce 
que Dolomieu désigne soi|s le nom de scories des cratères^ 
attendu que ceux-ci en sont presque entièrement formés. 
Tout rStna lui-même , suivant ce célèbre observateur, est 
composé de ces menues scories qui font au moins les neuf 
dixièmes de sa masse totale. 

Le rapillo , de même que les cendres et les sables , varie en 
couleur suivant le période de l'éruption. Dans le commence- 
ment 9 il est noirâtre comme la lave ; mais vers la fin , il est 
blanchâtre et con^osé de menues pierres ponces mêlées de 
cristaux plus ou moins réguliers de feldspath. 

Quelques naturalistes français ont crd devoir substituer au 
nom de rapillo celui de lapillo ; mais comme il n'est point 
connu en Italie , 6t qu'il signifieroit tout au plus une petite 
pierre^ sans désigner sa nature, il ne parotl pas qu'il y ait 
aucune raison de changer sa véritable dénomination, (pat.) 

RAPINI'Ef Rapima. Plante annuelle de la Gochinchine , 
à tige herbacée , haute de deux pieds , simple , rugueuse , 
charnue ; à feuilles alternes , ovales , lancéolées , très-en- 
tières; à fleurs blanches, sessiles, sur des pédoncules presque 
terminaui. 

Cette plante forme, selon Loureiro, dans la pentandrie 
monogynie , un genre qui offre pour caractères : un calice 
divisé en huit parties presque rondes , disposées sur deux 
rangs ; une corolle monopétale cyathiforme , à tube court et 
à limbe divisé en cinq parties ovales ; cinq étamines ; un 
ovaire presque rond , k stigmate sessile et simple ; une baie 
comprimée , arrondie f biloculaire et polysperme. (b.) 

RAPIS. r. Râpa. (LN.) 

RAPISTRË, Rapistrum, Genre de plantes établi par 
Tournefort , et que quelques auteurs modernes croient qu'on 
doit conserver , quoique Linnaeus l'ait fondu avec ceux des 
Myag^es» et des Crambes.II diffère du premier de ces genres, 
parce que sa silicule est oblongue et biarticulée , ou presque 
globuleuse et biloculaire , avec une loge et une articulation 
souvent stérile , tandis que l'antre est monosperme. 

Ce genre, qui ne diffère pas du Schraï^kie de Moench, 
rcnfermeroit les My AGRES vivace, oriental, rugueux, 
PANICUÎ.É , HISPANIQUE , et le Crambe frutiqùeux. Ce sont 



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R A P *3 

des plantes k feallles alteines, rudes au toucher , it bords ir- 
r4 gcdiers , et à fleurs disposées en épis terminaux , qui ne 
présentent rien d'intéressant, (b.) 

RAPISTRUM, Ce nom , qui dérive de râpa (Rave), est 
donné j par les anciens, k plusieurs plantes^ à cause de leurs 
racines y ou pour mieux dire à cause de leurs feuilles sembla- 
bles à celles de la rave. On rapporte ^ la Rave le rapîstrum 
de Columelle f et le rapislrum de Pline au raphanus raphams" 
tnan et au sénevé des champs (^ Sinapis aivensis) ; plusieurs 
auteurs y rapportent aussi le lampsana de Dioscoride: car chez 
les anciens on mangeoit le lampsana et le rapislrum à la 
manière des Chodx ; et c'est en traitant de ceux-ci , que 
Pline mentionne ces deux plantes. ( V. Raphanus. ), 

Les botanistes ont décrit, sons le nom de rapistrum , le ra- 
phanus raphanistrum , le sinapis aroensis , le myagrum perenne , 
ïhesperis verna^ le sysimbrium amphibium , le crambe hispanica, 
et plusieurs autres plantes crucifères; mais Toumefort le fixa 
à un genre qui comprenoit les espèces des genres myagrum et 
crambe de Linnœus, qui ont une silicule articulée ou sphé- 
rîque et biloculaire , mais toujours monosperme : c'est ce 
genre, adopté par Roerhaave et annulé par Linnaeus et Adan- 
son , que Moench , Yentenat , Persoon et plusieurs autres 
botanistes ont rétabli. T. Rapistre. (ln.) 

RAPIUM . L'un des noms anciens de TArmoise , Artemi- 
sia. (ln.) 

RAPONCE , Rapufdium. Nom donné par Tournefort aux 
plantes appelées Lobélies par Linnaeus. Gaertner Fa rappelé 
en formant, aux dépens de ces dernières , un nouveau genre , 
qui a pour caractères : un calice à cinq divisions, intimement 
uni, jusqu'au-delà de la moitié, au péricarpe ; une corolle 
monopétale, irrégulière; cinq étamines souvent conglutinées; 
un ovaire inférieur, allongé , surmonté d'un style à stigmate 
obtus; une capsule à deux ou trois loges , dont les cloisons 
sont opposées aux valves. 

Gaertner donne pour type h ce genre la Lobelie syphi - 

LITIQUE. (b.) 

RAPONCULE , Phyieuma. Genre de plantes de la pen- 
tandrie monogynie , et de la famille des campanulacées , 
dont les caractères consistent : en un calice à cinq divisions ; 
une corolle en roue , à tube très-court , à limbe à cinq di- 
visions linéaires , aiguës , recourbées ; cinq étamines à fila- 
mens un peu élargis à leur base , et à anthères oblongues et 
droites; un ovaire inférieur ovale, surmonté d'un style à 
stigmate trifide ; une capsule triloculaire , s'ouvrant par un 
trou latéral. 

Ce genre renferme des plantes lactescentes , à feuilles 



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ti R A P 

dlleriieâ 9 k fltufi le plus souvent terminales et munies à^ 
bractées. On en compte une vingtaine d^espèces , qui toutes 
ont de très-grands rapports de caractères et de propriétés 
atec les campanules , et dont les plus communes Ou les plus 
remarqaaUes sont : 

La RAPOi^ruLE orbicclàire , qui a les (feurs disposées en 
tète ronde ; les feuilles dentelées , lancéolées ; les radicale» 
eordiformes. Elle est vîvace ^ et se trouve en Europe dans 
lés pays de montagnes. Elle varie beaucoup. C'est une plante 
d'un aspect fort agréable , dont la racine est épaisse , en 
forme de navet , et se mange en salade comn^e la campanule 
raiponce , avec laquelle plusieurs personnes la confondent 
nominalement. On Ta préconisée , ainsi que plusieurs de 
ses congénères , pour la guérison des maladies vénériennes. 
Elle est apéritive ^ et passe pour faciliter ta digestion ^ aug- 
menter la semence et lo lait des nourrices. 

La RAPOlSCtJtË A ÉPI , qui a les (leurs disposées en épi 
oblong ) allongé ; les styles souvent bifides , un peu velus ; 
les capsules biloculaires , et les feuilles radicales , en cœur, 
doubtenaent dei^tées. Elle estvivace , et se trouve par toute 
FEurope, dans les bois montagneux, sur les pelouses sècbes.* 
Elle est plus commune dans les plaines que la précédente ^ 
dont elle partage les vertus. ' 

La Kâponcule yirgâte , qui a les feuilles lancéolées , 
inégalement dentées, rudes autoucber ; la tige rameuse , et 
les neurs axillalres , géminées et sessiies. On la trouve Sixr les 
montagnes d|i Liban. Elle est bisannuelle. 

La Raponcule pinnée , qui a les feuilles ninnées , et les 
fleurs en grappe allongée. Elle se trouve en Crète , et se dis- 
tingue par la grandeur de ses fleurs. Elle étoit connue des 
anciens sous le nom de petro-manda , parce qu'elle croit sur 
les rochers et les vieux murs. Cette plante s'emploie aux 
méme$ usages ^ue la laitue cultivée. Yentenat en a donné une 
excellente figure , pi. 52 des Plantes du Jardin de Cels , où 
on la cultive, (b.) 

RAPONTICOÎDES. Genre étaWi parVatHaût, dans 
la famille desCiNAàoGÉPH ales , et qui n'a pas été adopté p«r 
les naturalistes. Il comprenoit à la foîs des espèces dé car- 
duus^ d'onopordon, de ceniaurea et de stmheKna. (tN.) 

RAPONÏICUM. r. RtAPONiicuM. (ln.) 

RAPONTIN. C'est la racitié de I'Oseille des Alpes # 
qu'on recueille aaMoiH-Bof pour l'usage de la médecine, (b.) 

RAPONTIQUE. Plante du genre àts Rhubarbes. C»0 

RAPONTIQUE DE MONTAGNE. C'est l'O seille 

PATIENCE. (B.) 



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R A P ^^ 

RAPC>NTiQU£VRAlE.E^èe<idtf gêiM RfltmAft»E(BO 
RAPONTIQVE VULGAIRE. C'est k JaCée. Fcy. 

RflAM^mÇCfB et CÉÎ^AtmÉÉ. (t.) 

RAPOSA. r. RaWïïa. (DESM.) 

RAPOSEROoti PERRO BAXO. Êfi espagnol, c'est 
le èassel àjarfAtA torses, (desiki.) 

RAPOSO. îiom espagnol du Rena^ro. V. à TarlUIe 
CeiEN. (desm.) 

RAPOZA. Nom portugais i^ Bëikari». (nsm.) 

BAPP-HCiBNA. Kom suédois de la PERimix «RWE. 

(v.> 

RAPPHGENS-HUTÎD o» FOGEL-HUNI>. En soé- 
déb , c'est le chim eamhard ou le cfden bra^e* (besm.) 

RAPPHONA. En suédois , c'est fe nom de !a PER©iirt. 

(DftSM.) 

RAPPORTS NATURELS ( des êtres )^ Creitiùmm 
eorporam cfttmtxihnes naim-cUês. Rien ne dëifionite mieux que 
Fnwivefs n'est poîm formé par le hasard, mais par un* intclH- 
genee prë^oyairte et sage^ que ces liaisons qui rattachent tou- 
tes ïts espèces tes unes aux autres , en une immense société, 
pour tes communs intérêts de T ensemble. 

Nous atons eu èé^ foccasion de comfcattré Terreur grave 
de se représenter le mtmde comme une ptoduct ion fortuite, 
sans règle certaine, mais résultant du choc Aïs éFémens et 
des liiéîanges hasardeux ou téméraires du chaos. L'hisf oire 
naturelle vrent, au contraire, dérouler chaque 'jour les im- 
menses replis d'un plan magnifique où toutes les créatures 
s'enchatnént ; elles composent cette république tmtverselle , 
éans laquelle chaque 4tre remplit son rang et se^ fonctions 
avec une admirable harmonie. 

C'e^ ainsi que les plus grands génies anciens et modernes, 
contemplant avec ravissement l'ordre suWime de toutes 
choses , 6ttt donné le nom de beau suprême au monde 
méme(i6«r^^r) ; et par le terme unîi^rs » Hs ont montré qa« 
tout conspiroit vers un centre ; ils ont vu que la nature ne 
' faisoîE ^oteft de saut, qu'elle rattachôrt le minéral au véçétal , 
cetuî-ci à l'animal, qui remonte vers l'homme ; tandis que 
ce roi du globe , élevant son front vers les cîeui, porte à son 
tour un pur hommage à Fauteur éternel de tant de pro- 
diges. 

Quelte phs agréable étude pourroît-on trouver, dans fa 
philosopbie naturelle , que la recherche de ct% rapports fra-> 
terdels qui lient les êtres par une commune amitié, P®^^ *^ 
bonheur général ? Quel charme de découvrir ces familles in- 
nocentes de fleurs , ou ces sociétés naturelles d'animaux qui 



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26 • R A P 

semblent être nësparens, dans les mêmes entrailles / ans 
époques originelles du monde P La plujpart des oiseaux chan- 
teurs de nos bocages , ces papillons brillans qu^on prendroit 
pour des fleurs voltigeantes , ces coquilles nacrées et écla- 
tantes qui peuplent les abîmes des mers, comme ces quadru- 
pèdes 'vigoureux qui bondissent dans les campagnes, ne nous 
offrent-ils pas mille exemples de ces ressemblances les uns ' 
aux autres ? Elles attestent la consanguinité et les antiques 
amours de tous ces êtres, comme s'ils étoient écoulés de la 
même urne des générations. Ainsi , par toute la terre , cha- 
que créature peut rencontrer un parent ou ses frères ; l'a- 
mandier de Thasos et lé pêcher , l'abricotier de TArmécie 
et de la Perse, venus dans nos contrées, y ont retrouvé des 
arbres rosacés de leur famille , et pour ainsi dire amis : le 
cerisier et le prunier tourangeau, qui fleurisscftit presque de 
même. Le faisan a reconnu ses congénères dans nos basse- '^ 
cours , et d'autres gallinacés dans les perdrix des cbamps ; le 
cyprin doré de la Chine , malgré sa riche parure , n'a pas 
dédaigné les humbles tanches de nos étangs; comme lorsque 
deux antiques compatriotes , après une longue absence , se 
rencontrent aux extrémités de l'univers, ils renouvellent les 
nœuds d'amitié qui les unissoient. 

Il y a donc des rapports fraternels entre les créatures ; elles 
ont été jetées en moule, pour ainsi dire, d'après un plan uni- 
forme, quoique varié dans ses accessoires. Mille exemples 
l'attestèrent d'abord aux premiers naturalistes <|ui recueilli-, 
rent des espèces de plantes et d'animaux ; car ils en formè- 
rent des groupes sous les noms de genres , d'ordres et de 
classes , non-seulement afin de pouvoir les rappeler à leur 
mémoire par cette distribution , mais encore , parce quHls 
ne pouvoient pas écarter des races trop voisines par tou- 
tes leurs ressemblances, et opérer des divorces dans l'écono- 
mie de la nature. 

Cependant, ces rapports de formefi extérieures qa'iis 
apercevoient , ces analogies , plus 04j moins intimes, condui* 
soient, par des sortes de tâtonnemens , à composer des en- 
chatnemens ou des séries d'espèces ; {^uis on se trouvoit tout 
à coup interrompu par quelque grande lacune , faute de con- 
noilre et de posséder encore les liaisons intermédiaires , par 
l'imperfection de la science et le petit nombre d'espèces re- 
icueillies. On obtenoit ainsi des fragmens d'un édifice magni- 
fique , et comme des ruines, des colonnes arrachées du tem- 
ple de la nature, sans pouvoir en reconstruire l'ensemble. 
On compr^noit bien, toutefois, que ces parties annonçoient 
un plan vaste et universel. 

Aujourd'hui, sans doute , nous ne possjédons point encora 



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R A P ^7 

ton&les matëriaaxde cet immense édifice, mais déjà de grandes, 
constructions en sont observées ; leurs connexions se mani- 
festent chaque jour avec d'autres portions, et les bases prin- 
cipales nbtis narobsent être replacées sur leurs véritables 
fondemens. Vcfy, Méthode naturelle. 

En effet, est-il indifférent , comme le prétendent encore 
quelques auteurs, d'après Buffoii, de sauter de Thistoire na- 
turelle du cheval à celle du chien, puis du bœuf, puis de Fane, 
de la brebis, etc., sous prétexte que le hasard nous offre ainsi 
tous les êtres confondus indifféremment à la surface duglobe 7 
Ou bien passerai- je de Thistoire du froment à celle de la 
vigne, pour retourner ensuite à d'autres graminées, comme 
le riz y la canne à sucre ? N'est-ce pas tout rompre, tout in- 
tervertir dans la nature? car, ce que l'on exposoitde l'his- 
toire du cheval, convenoit eu grande partie à l'âne, au czi- 
gitai, au zèbre ; ce que l'on afnrmoit du chien se peut attri- 
buer à beaucoup d'égards au loup, au renard , au chacal ; la 
nature du blé n'est pas essentiellement distincte de celle d'an- 
tres graminées, etc. : donc, il y a des rapports naturels entré 
les êtres ; les mépriser , est mépriser les lois les plus admi- 
rables de la création , qui voulut établir ces correspondanr* 
ces harmoniques. 

Plus, au contraire , on découvrira de rapports entre les 
êtres, plus on pourra les rattacher à quelque grande loi com- 
mune d'où leurs fonctions diverses émanent Qu'un dauphin 
allaite st% petits qui naissent vivans , ou hors d'enveloppes 
>^particulières, le voilà enrôlé dans la grande classe des mam- 
mifères, dont il possédera tous les attributs essentiels , quoi- 
que par l'apparence extérieure je croie voir une sorte de 
poisson. Il faut donc ici descendre dans l'étude des rapports 
naturels en eux-mêmes! 

Dans le règne animal , la conformation externe , toute 
seule , ne suffit jamais pour fonder des rapports naturels , 
parce que la structure interne, très-compliquée, est de bieh 
plus haute importance , pour établir les fonctions essentiel- 
les de l'économie. Ainsi , à juger par l'extérieur seul , on 
pourroil loger dans une seule classe les crocodiles, les lé- 
zards, les grenouilles, etc., avec les quadrupèdes ordinaires, 
où les chiens, les chats, etc., comme le faisoient les premiers 
naturalistes. Ils étoient embarrassés de classer les chanve- 
souris, puisqu'ils en firent des espèces d'oiseaux. De même, 
ils confondoient , sous le nom commun de vers , avec le vul- 
gaire, les lombrics terrestres et les ascarides, les strongles du 
corps des animaux, avec lesi larves d'insectes qui se trouvent 
dans les fruits, avec les chenilles, etc.: ne faisant pas attention 
que ces dernières se transforment , et non pas les précédens ; 



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a8 R A P 

ce qni mââîfeste tlif tout âtrtre mode d^organisation inté* 
rieure. 

C'est donc la structore infefoe qui doit régler essentielle- 
ment les rapports fofidainentaux entre les animant ; et noos 
verrons surtout quels oi^anes sont prédominans et méritent 
le plips d'être consultés, 

A regard des végétaux, ^organisation étant plus simple et 
plitt manifeste à Pexténenr, on a moins besoin de recourir 
anz profondeurs de l'anatomîe ; néanmoins , il y a toujours 
des organes essentiels qui obtiennent Pempire sur tous tes au- 
tres, comme chez l«s animaux. 

Des herboristes ignorans viennent vous montrer àts plan- 
tes très-disparates , qui , cependant , portent un feuillage 
semblable, des feuilles en cœur , par exemple ; et combien 
de végétaux très-divers en ont de cette sorte ? Mais , que 
des plantes, en tout le reste analogues, diffèrent seule- 
ment par la forme du feuillage , comme chez les syngénà- 
8cs, à fedilles simples ou pinnées , les séparerez-vous ? 

Le premier qui aperçut le nœad de cette difficulté , fut 
Cailrad Gesner ; il remarqua que les organes les plus fixes, 
étant les plus essentiels ou dominateurs dans les végétaux , 
dévoient servir de base aux classifications. Il vit que les par- 
ties de la fructification étoient pour tes plantes ces organes 
fondamentaux, puisqu'ils renferment , dans l'embryon ou la 
graine, l'abrégé de toute la plante , et que la reproduction 
est le bot , le terme extrême de toute la végétation. Ue plus, 
les organes de la froctificatioti se trouvent chez toutes les 
plantes, même dans ta truffe, tandis que les feuilles , les ti- 
ges ^ les corolles et une multitude d'autres parties n'exis- 
ttm point en l>eaucoup d'espèces. Aqssi , Linnanis ne regarde 
comme orthodoxes que les botanistes qui ont fondé leurs mé- 
thodes snr tes parties de la fructification , et qu'il distingue 
enfructistœ, caiidstœ^ corolRstœ , sexualistœ ; il appelle hété- 
<t)doxes ceux qui , prenant d'autres bases y ne présentent 
les plantes sous aucun rapport naturel , comme les cdphabe- 
larii, selon l\)rdre alphabétique; les rhizotomiy diaprés la 
structure des racines; phyllophUii ^ d'après la forme des feuil- 
les ; phfsiognomonie d'après la physionomie ^des plantes ; 
ehromci^ d'après le temps de floraison; iopophilij d'après les 
localités ; émphici , d'après Tusage médical ; sepla^iam , 
eomme dans les pharmacies, etc. {^Philos, hatan. , 25-3t.) 

Césalpin, Morison, suivirent les premiers les rapports 
naturels , et Biagnol assigna plusieurs degrés d'affinité entre 
les plantes. Ces rapports ne forent bien reconnus, néanmoins» 
que par Tournefott, qui , le premier, créa des genres na- 
turels ; ceux-ci, surtout , ôiren^ exactement défiais par Lin- 



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RAP ' ,3 

naeus. Dès-lors, les pierres angulaires de la méthode natu- 
relle farent posées. Lie système de Toameibrt, établi sur les 
corolles , ^voit déjà présenté plusieurs classes ou ordres na- 
turels des plantes , les Idbiées, les crucifères f les ombellifè- 
res, les papilionacées 9 les llliacées, les amentacées, les ra^ 
dîéeSf flosculeuses , semi-ffosculeuses, etc. ; mais sa sépara-* 
tion des arbres d'avec les herbesi et ses distinctions des io-> 
fundibullformes » des campaniformes , ou d^autres figures d^ 
corolles 9 avoient troublé les classes les plus anau>gues el 
écarté des familles robines. Le système sexuel de linnâens^ 
quoique extrêmement ingénieux et séduisant , vint augmen- 
ter encore la confusion , et fit désespérer de retrouver le fil 
de la nature. 

Ce n'est pas que la méthode sexuelle n'ait toutefois quel- 

3ues classes fort naturelles, comme la syngénésie , la tétra- 
. ynamie, la monadelphie, la diadelphie , etc. ; mais on ne 
doit point évidemment se borner à l'emploi d'un seul organe 
ou caractère 9 comme les étamines et le pistil, non pbs qu'à 
la seule corolle, si l'on veut trouver la bonnç route. En efj 
fet j par ce procédé 9 Uxmaeus s'est vu forcé de déchirer en 
deux la famille des graminées 9 en plaçant les unes dans la 
triandrie 9 les autres dans Thexandrie ; ainsi les palmiers ont 
été partagés entre cinq ou six classes î les labiées diandri- 
ques ont été écartées des didynamen ; sa pentandrie entassft 
confusément la cignëi l'orme, le caféyer , l'oreille d'ours; 
son octandrie rassemble la «capucine avec la bruyère ; sa 
diandrie 9 le poivrier et le jasmin ; sa polyandrie 9 le tilleul 
avec la cbéliaoine9 etc* Vous verrez les espèces congénères 
les plus voisines disgrégées parmi les verveines, les valérianes^ 
les gentianes9 les garances 9 les géranium , les poîygonum^ etc.; 
ou les genres les plus naturellement associes , se trouver 
dispersés, comme les joubarbes loin des sedum, les andromè- 
des des bruyères 9 la blette des chenopodium 9 les myosums des 
renoncules , etc.: combien ne voit-on pas èaphytoiacca, d^ 
ruiaj dadopca, de chry$osplemmn, de bignoniaj de gratiola , etc. . 
dont le nombre des étamines varie , soit naturellement, soif 
par avortement habituel * et qui se disperseroient dans une 
multitude de classes différentes ? 

Ces remarques contre un système célèbre, et dont lès bril- 
lans avantages ont rendu de très grands services à Thistoire 
naturelle, n'ôtent rien au cénie de Uonaeus ; car personne 9 
plus que li|i, ne proclama la prééminence des rapports natu- 
rels sur toutes les autres bases de classification ; ;et lui-même 
a laissé d'excellens fragmens d'une méthode naturelle. Il 
s'exprime à cet égard en ces termes : Qasses qub magis natU" 
raies, eà cœieris pariius proMtaniiores surU»,», Summorum ôoiani- 



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3tf R A P 

corum hodietnus îûbor in his sudat et desudare deceL Methodas na- 
turalishinc ulUmus finis botantcts est eterit {Philos, bo(,y n.^ 306). 
La première et la dernière chose qu'on doit recbTercher en 
botanique , dit-il encore ailleurs ( Ciass, plan* ) , est la mé- 
thode naturelle. Elle a été dédaignée par des botanistes igno- 
rans, mais toujours la plus estimée des habiles, quoiqu'elle ne 
si)it pas encore découverte.... J'ai long-temps fait mes efforts 
j^our ta découvrir, et j'ai rassemblé beaucoup de fragmens 
pour y parvenir ; mais je n'ai pu l'achever , quoique je m'en 
doive occuper tant que je vivrai. Cependant, je proposerai 
ce que j'ai observé ; celui qui pourra coordonner parfaite- 
ment le peu de} plantes qui, jusqu'à présent, restent à clas- 
ser , erit mûii magnus ApoUo, Que les capables corrigent, aug- 
mentent, perfectionnent cette méthode, que les foibles ne s'en 
mêlent pas; cela n'appartient qu'à des botanistes supé- 
rieurs. 

Les ordres artificiels ne sont utiles que pour distinguer des 
espèces entre elles, ajoute Linnsens; mais les ordres natu- 
f els sont importans pour approfondir la nature des plantes ; 
il est manifeste que les méthodes artificielles ne sont que des 
échafaudages pour nous conduire à la méthode naturelle , 
à laquelle tout devra céder. ( Classes plantar, prœf: ) 

Enfin y personne plus que ce grand homme ne se montra 
pins ^rdent admirateur des rapports naturels ; car il soutient 
que tous les genres des plantes sont dans la nature même 
( omnia gênera naturalla suni ) ; il assure que la nature ne fait 
point de saut {^Philos. èotan.j n.^ 4^) ; que toutes les plantes 
se tiennent par des affinités , comme les territoires dans une 
mappemonde géographique ( Philos, , n.^3i ). 

Déjà Linnaeus avoit proposé ses fragmens naturels, dès 
1738, dans ses Classes phniarum j quoiqu'il les ait retravaillés 
plusieurs fois depuis. Bernard de Jùssieu, en 1759 , avoit 
tracé dans le jardin de Trianon un plan de cet arrangement 
naturel, mais qu'il ne trouvoit point assez perfectionné pour 
le publier. En 1768 , Adanson fit paroître ses Familles des 
plantes (2 vol. in-8.^ Paris ) , fondées sur la comparaison de 
toutes les parties des végétaux. Pour atteindre ce but, Adan- 
son composa soixante-cinq systèmes ou manières de distri- 
buer les plantes , afin de prouver que l'unique bonne étoit 
celle des rapports naturels. Enfin parut, en 1789 , le célèbre 
gênera planiarum d'Antoine- Laurent de Jussieu, qui décida 
pour toujours la supériorité des ordres naturels sur tous les 
systèmes artificiels , bien qu'il y ait encore beaucoup à faire 
pour atteindre la perfection. 

Linnœus et Jussieu sont essentiellement d'accord des 
bases des rapports natui'els : qui claQemfabricare studeni^ sciant 



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R A P 3i 

nullam parUm unùwsalem magis valere quàm Ulam à situ^ pm- 
urUm seminis ^ et in semine punctum végétons ( Linn. j Ùass, 
plant. ^ p. 4^87 ). C'est dans ces rapports naturels^que se dé- 
coavrent ces belles analogies des propriétés des plantes , 
déjà indiquées par Linnaeas : Pîantœ quœ génère conoemuni^ 
etiam virtute conQeniunt ; çuœ ordine naiurali coniinenturj etiam 
virtuie propiùs accédant ; quaufue classe naturali congruunt^ etiam 
vîribus quodam modo congruunt ( Philos, bot. p. 262 ). MM. de 
Jussieu et DecandoUe les ont confirmées. 

Voyons sar quels principes doivent se fonder ces rapports 
si importans , puisque la méthode qui doit en résulter est Je 
faite suprême de la perfection dans Fhistoire des créatures 
organisées, soit végétales , soit animales , et le but auquel 
tout doit tendre. 

11 faut premièrement déterminer la nature des Espèces 
(F. cet article) ; ainsi, Ums les végétaux ou les animaux qui ^ se 
ressemblant parfaitement en toutes leurs parties , se reproduisent 
constamment sous les mêmes formes , sont des individus appartenant 
à la même et unique espèce. 

De Tespèce an genre , le passage n'est pas éloigné , puis- 
que le genre se compose d'un assemblage d'espèces analo- 
gues entre elles: pour le former, on n'exige plus une ressem- 
blance complète ou absolue des individus, comme pour 
l'espèce , mais que la forme des ressemblances remporte sur celle 
des différences; ainsi , toutes les espèces qui se rapprochent 
par le plus grand nombre de leurs caractères , mériteront 
d'être enrôlées sons le même étendard. Cependant , les li- 
mites du Genre ( V, ce mot ) sont nécessairement un peu 
plus indécises que celles de l'espèce qui se reconnoh toujours 
à l'unité de forme , dans sa génération. Tel botaniste .ou 
zoologiste formera plusieurs divisions d'un groupe d'aniin^uz 
ou de plantes , réuni en un seul genre par d'autres auteurs ; 
de là vient aujourd'hui cette dispute entre les naturalistes , 
pour découper plus ou moins , et morceler diverses séries^e 
végétaux ou d'animaux. Peu d'auteurs se tiennent au principe 
de Liiiinaeus , que les genres sont naturels. 

Malgré l'inconvénient redoutable de la multiplication in- 
finie des genres , et ^^s nouveaux noms qui en résultent , 
écueil que nous avons déjà signalé , et contre lequel nous 
nous élèverons toujours avec lorcè , on n'en est pas moins 
d'accord qu'il y a des séries naturelles de plantes et d^oi- 
maux. Par exemple : le genre des chats, parmi les mammi- 
fères ; celui des hiboux (^strix ) ou des pigeons, des canards , 
parmi les d||lbaux ; des tortues , parmi les reptiles ; des 
squales et des pleuronectes , chez les poissons ; des carabes 
ou des punaises, parmi les insectes , etc. , forment des grou- 



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3, R A P 

pes blea JëleraMaés , toet comme les gmmum , les d^/^^- 
Wum ^t acomUim , les rarmnculus , les /V5a , scabiosa , viola , 
mdaskma^ etc., parmi ies plantes. 

Ud 4es principes les plus itaportans pour la fixation jdes 
genres , consiste 4aiis Tévaluation des caractères propres à 
déterminer le«rs limites. Plus on organe affecte de constance 
Aaas ses formes, et plus cet organe se retrouve dans mi grand 
nombre d'espèces , plus il indique que la nature en a besoin , 
et y lient essentiellement. Il oiTre donc ainsi des caractères 
plus ëmioens , ou dominateurs des autres organes moins 
coastans, moins généranx. Néanmoins , telle partie qui ëtoit 
^'une valeur assez grande en certains genres , comme les 
nectaires parmi Les ancolies , les pieds-d^aiouette et aconits , 
devient peu ou point importante en des genres où les nec* 
taires n'existent ^^en foibles rudimens. 

Mais , au total , il faut se tenir an principe fécond de tout« 
«létliode naturelle y de rapprocher d'autarU ^m ies êtres Us uns 
des autres , q^iU se ressemUent davantage par un plus grand 
nombre de parties. Ainsi , les espèces se grouperont nécessaire- 
ment vers leurs plus voisines , et toutes celles qu'on pourra 
réunir sous un caractère uniforme constitueront un genre. 
Celui-ci étaoït une fois bien établi , rien ne sera plus facile 
que de rapprocher , selon les méyncs règles , les genres voi- 
sins par leurs dégrés d'analogies , entre eux , pour en coor- 
donner des Familles ( F. cet article ). Personne ne peut 
aujourd'hui nier l'avantage de ces sortes de résimens natu- 
rels, distingués par leur uniforme. Ainsi, parmi les animà^ux, 
<m distingue les brillantes phalanges des papillons, la co- 
horte lourde et cuirassée des scarabées , et autres coléop- 
tères ; les diptères et les mouches , sortes de vélites et éjclai- 
reurs. De même, les tribus des serpens on des lé;Eards ne 
composent pas des légions moins distincte^i que ceUes des 
oiseaux palmipèdes , ou des mammifères jruminans. Parmi 
left végétam: , tout le monde distinguera , aii premier coup 
^'œil, les familles des graminées, des ombellifères , des 
labiées ,'des crucifères , des composées , des papilionacées, 
des liliacées, etc. Ce seroit donc outrager les lois naturelles, 
et même le bon sens , que de séparer, dans un système de 
classification, des aggrégations de créatures associées par 
tant de liens communs ; ce seroit établir le divorce et la 
hai^ pour principes , et renverser tous les fondemens de 
société et de vie dans le monde. 

La même marche d'association , par des ressemblances , 
doit être suivie pour réunir ces familles en orms, en classes 
conformes au plan de la nature ; et ici nous verrons des 
nuances , des anneaux intermédiaires qui enchatneront ces 



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R A P 38 

Camilics. Mais on remarquera qoe pins uûe réunion d'espèces 
composera un grand' nombre de genres et de familles , pour 
être compris sous la même classe , plus elles derront êiré 
liées par on caractère général ; ainsi , k mesafe qu'on mon- 
tera cette échelle , il faudra se senrir de quelque organe de 
plus en pins fondamental dans l'économie , tandis que le lien 
commun des genres n'exigera qu'un caractère inférieur , oa 
subordonné et moins important. 

De la subùrtUnaiion des rapports naturels chei les ammau» et Us 
: plantes. ' 

Il reste donc à chercher les deçré^d'ihiportance des or-^ 
ganes , od quels sont ceux qui doivent donner la loi pour la 
formation des classes , puis celle àts ordres on familles y 
enfin des genres, en chaque règne des êtres yirans. 

Ces organes sans doute seront les plus essentiels à l'exis- 
tence, ou la source mén^e-d'oà ces êtres puisent leur vie» 

Chez les végétaux, il est manifeste que la fructification 
étant le but nécessaire de toute l'or^nisatîon , il £aiut donc 
considérer la graine , ou plus précisément encore , l'ens- 
bryon , comme le germe et le principe de la vé^étatioui 
Ainsi, l'examen des cotylédons a fourni la grande division des 
plantes en ^cotylédones, monocotylédones et acotylédoneSf distin-^ 
gttées par dts caractères si marqués dans tout leur dévelop«- 

Î>ement. ( V. Végétal. ) Après la graine , les organes tenant 
e second rang en importance , sont les parties sexuelles , ou 
servant à la fécondation ; savoir : l'étamine et le pistil. Le 
troisième rang appartient aux enveloppes de l'embryon , atii^ 
tégumens de la graine et aux péricarpes. La quatrième 
place doit être dévolue aux enveloppes florales qui entou- 
rent les organes générateurs , savoir : la corolle ; enfin , le 
dernier rang est destiné aux parties les plus extérieures , 
comme le calice , les involncres ou d'autres accessoires , 
comme les nectaires , les aigrettes , eiés Donc , plus un or- 
gane sera nécessaire et essentiel , plus on devra s'y attacher 
comme caractère de classe ou dé famille ^ suivant sa situa- 
tion , son nombre , ses rapports , Bt& divisions , ctc« 

Chez les animaux , la vie active étant le principe de leurs 
fonctions , il faut en chercher la source dans l'élément exci- 
tateur de toute leur économie , c'est^ii-dire , dans leur sjrs- 
tème nerveux qui imprime l'action à Torganisme. Nous en 
tirerons les grandes divisions exposées à l'article Amimâl ; 
savoir : des vertébrés, des inférieures (les moilusquies et les arti- 
culés) , des zoophyies on rayonnes. Le mode des sensation^ 
se rapporte à ces grandes divisicms. F. Nb«fs. 

XXIX. 3 



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84 R A P 

Les rapports secondaires de coordination aeroilt ceux qm 
tiennent 4 tout l^appaîreil de la nutrition animale » laquelle 
est trèl-eompliquée. 

Ainsi t les organes de mànddcation et de la digestion sto- 
macale présentent d'abord des caractères fort généraux , 
et qui se combinent avec les appareib circulatoire et respi^* 
ratoire. Ct dernier appareil se distingue «lurtout en respira- 
tion pulmonaire à sang cbaud on froid, en respiration bran* 
, chiale , en respiration trachéale , soit aérîfère , soit aqnifère. 
Il estérident que le mode de circulation du sang, et la struc* 
ture du cœur , organe moteur de ce fluide , soit rouge , soit 
blanc , se coordonne avec ces modes de la respiration. Tous 
ces appareils soAt don^ d'une baute importance ^ surtout par 
leur cbnnexion entre eux , et décident du degré de Télabo-^ 
ration animale. 

L'appareil de la reproduction rient ensuite offrir Ses ta-» 
ractères : soit dans la réunion ou la séparation des sexes , soit 
dans la génération ovipare ou vivipare vraie , soit dans les 
métamorphoses subséquentes des embryons et fœtus ^ soit 
dans les développemens par boutures , ou gemmes et bour^ 
gê<ms , etc. 

Enfin , les organes locomoteurs ou les membres externes « 
présentent les combiàaîsons les plus variées , mais de moin* 
dre importance , pour la division des genres et de quelques 
familles. Il en sera de même des armes ou défenses ^ et de 
quelques antres parties accessoires tenant ausgénrè d'babita* 
tion , et à des besoins particuliers des races d'animaux* 
Ainsi i leur conformation indiquera leurs meeurs , comme 
l'observation de leurs moturs fera deviner le mode de leur 
organisation intenie. 

E6 effet , certaines confonnations en entraînent nécessai*- 
rement d'autres , et constituent des rapports déterminés. Par 
«^exemple 9 tel mode de dentition , comme l'absence d'incisives 
sapéneures^estlié, chez les ruminans , à des ongles en sa« 
bot , et souvent a# développement de cornes frontales. 
Ainsi , la itisposition , soit camivore , soit herbivore ^ de^ 
organes de maëtication , établit une foule de rapports ou de 
correspondances avec d'aptres parties du corps ; par consé- 
quent , les organes de nutrition dominent donc ceinc de loco- 
motion , et sont prépondérans dans l'animalité. 

Pareillement , les poumons vésiculeux d'un reptile rece- 
vant peu d'air par une len<« respiration , et peu de sang j 
abordant pour s'y oxygéner , toute l'économie de t'antmal 
reste froide , inerte ou languide ; elle a besoin de se réchauf-* 
fer au soleil ; l'individu sera peu sensible , digérera lente- 
ment ; mais par cette raison il faut qu'il perde peu ; il sera 



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R A P 35 

donc reTétu d'une peau coriace et écâiileiise « 'oa dëfenda 
par une carapace. N'ayant presque pas et chaleur propre ^ 
supérieure à celle de Tatmosphère $ il ne pourra pas couvet 
ses pei'iis j II les abandonnera donc ; il faudra donc que 
rinsiinct natif des jeunes supplée à cet abandon ; et Toa 
voit s'enchaîner ainsi une foule de consé<|ttence8 de la seule 
imperfection d'un appareil organique. 

Ces rapports de structure interne sont les. plus essentiels 
de tous ; mais il en est d'autres dépendans des habitations 
des êtres , et seulement extérieurs. 

Ainsi , tous les végétaux et les animaux des Ikax froids et 
Tenteuxi des montagnes neigeittes, sont couverts dcpoils, de 
▼illosités ^elconques , plus épaisses que n'en ont les ani-^ 
maux et les végétaux des terrains bas ^ humides et diauds ^ 
qui sont la plupart lisses ou presque nus. F. Habitation. 

La nature a formé les kanguroos , les gerboises , avec et 
lonfi;ues cuisses très - fortes , pour sauter et bon^r dans les 
herbes de la Nouvelle-HolUnde 9 ou des karrous de TAfrip^ 
que ; de même , elle a donné pareillement ces fortes cuisses 
iaux sauterelles ^ aux allises , aux puces , pour s'échapper ^ 
soit dans les poils et véteoiens du corps , soit dans les herbes 
des prairies. 

En plaçant les amphibies et les cétacés dans le domaine 
des poissons, la nature a dà fabriquer également leurs mem* 
bres en rames , en nageoires ; voÛà donc aussi des raj^orts 
dépendans de l'hi^itaiiop ou du mode d'existence. 

£n rendant les chauve-souris , les galéopîthèques et ta- 
guans , les émules des oiseaux ^ il a fallu q«* la nature leur 
attribuât quelque analogie de formes, ou disposât leurs braa 
en sortes d'ailes ; il en a été de même pour ks poissons vo- 
lans , et pour une nraltitude d'insectes destinés à s'élever 
dans les airs ; mais tous ces rapports né sont qu'extérieurs et 
dans les organes de locomotion ; il ne seroit donc nullement 
naturel de rapprocher des oiseaux tant d^étres différens ^ 
par cela seul qu'ib peuvent voler , puisque l'intérieur de ces 
différens animaux a si peu d'analogie. 

On comprend ainsi que les seuls rapports essentiels ou 
internes doivent ordonner les classes naturelles , et que des 
traits extérieurs ne sufiBsent point , mais qu'il faut un ensem- 
ble die rapports pour lier les êtres les uns aux autres par 
une confraternité intime. 

Alors , plus ily aura de ces ressemblances multipliées et 
de rapports essentiels de similitude ^ plus les 4tres s'agerége- 
ront en groupes serrés, en un faisceau inséparable. Aussi , 
rien ne devient plus embarrassant pour les botanistes et les 
zoologistes, que de diviser en genres ces Csmilles très-natu* 



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36 R A P 

relies d'animaux et de plantes ; les ombellifères , les cracl- 
fèreSf les composées, les labiées , les graminées, etc. , 
forment presque autant de genres immenses dont on a peine 
k dbtinguer les nombreuses espèces les unes des autres » 
tant elles ont de fraternité entre elles. 

De même, on se reconnoît à peine au milieu des troupes 
de papillons , de phalènes , de teignes , des innombrables 
coléoptères ; ou des poissons des genres xciœna , perça , 
labms, scarus, etc.; ou des oisillons de Tordre des passe- 
reaux ; tan» la nature associa leurs lignées , ou les enfans de 
la même famille. 

Quoique la coordination des familles entre elles s'opère 
comme celle des genres , suivant les mêmes lois d'analogie , 
il eu est cependant d'ambiguës. On doit considérer en effet que 
chaque famille, comme tout chaînon, adhère au moins à deux 
antres , un devant , l'autre derrière ; mais de plus , il est des 
familles de plantes et d'animaux qui se rattachent encore à 
d'autres concaténations latérales , lesquelles semblent se 
prolonger jusqu'à des classes fort éloignées. Voilà pourquoi 
le placement des familles , Us unes par rapport aux autres , 
suivant Tordre le plus naturel , n'est pas encore déterminé 
généralement. Il reste une foule à'hiatus, de lacunes, soit à 
cause que nous ne connoissons pas encore tous les êtres créés 
qui pourroient les remplir, soit que ces races soient détrui- 
tes, que des chaînons intermédiaires soient brisés et abolis , 
soit enfin que nous n'ayons pas aperçu toutes les relations 
des créatures entre elles. Cette charmante étude des rapports 
naturels , néanmoins , remplit l'esprit dunaturaliste de con- 
templations neuves et sublimes , sur l'ordre de la création ; 
elle dévoile les motifs de sagesse et les hauts desseins de 
l'auteur suprême ; par elle , nous entrons dans ces sanciuai-* 
res de la Divinité et du génie , qui nous ravissent d'admira- 
tion ; heureuse occupation des philosophes et des grands 
hommes de tous les siècles , et qui leur donne un«ivant-goât 
de l'immorulité. V. Espèce , Genre , Famille , Méthode 
NÂTuaELLE et Nature, (virey.) 

Râ P TâT O R£ s , BaQisseun. C'est , dans le Pmdromm 
d'IUiger , la dénomination de son troisième ordre des oi- 
seaux , lequel correspond à celui des accijdù-es de Linnseus. 

(V.) 

RAPUNCULUS. tîom qui appartient spécialement en la- 
tin à laxaiponce, espèce decampafiule,etque les botanistes ont 
appliqué à nombre de plantes de genres différens, mais pres- 
que tous des familles des campanulacées et des lobéliacées. Les . 
plantes désignées sous ce nom et celui de rapunculum^]xtsf\VLk 
C« Bauhin, sont des espèces de campcmuloy de phyteuma^ 



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/ Il A P 37 

iejasione. Après lui et jusqu'à Linnœns, on a continué à 
l'appliqiyr non^senlement k des plantes des mêmes genres , 
mais encore de ceux que les botanistes nomment actuelle- 
ment iobelia , gmdia , lisianlhus ^ hehensiràtia et columnea, 

Tonrnefort réunît en un seul genre le rapunculus , le phy-^ 
teuma et le jasione , de Linnaeus. Cette réunion , approuvée 
par Haller, ne Ta pas été par les autres botanistes, et même 
par Adanson , qui conserva presque tous les genres de Tour- 
nefort Adanson en ôta le jasione ( OQiUa , Adans. ) « et con- 
serva le nom de rapunculus au genre ainsi modifié. Linnaeuf 
remplaça ce nom, avec raisoa, par celui de phyteuma^ 
donné par Cœsalpin , à l'espèce la plus commune (i?^/* 
ieuma spicata , Ia ) ^ appelée vulgairement raponcuie {J^ayei 
ce mot ). Linnaeus avoit rapporté le vrai rapunculus à son 
genre campanule. Ce rapunculus ou la raiponce a été con- 
sidéré tantôt comme la rave sauvage (F. Râpa) décrite 
par Dioscoride » tantôt comme Yerinus ou erineon du même 
auteur et de Pline. La première opinion est la plus accré- 
ditée. V. Raponci^le. (ln.) 

RAPUNTIUM. Nom synonyme de rapunculus , dans les 
anciens duvrages de botanique , et désignant des plantes des 
mêmes genres campanula , phyieuma et jasione. Columna,qui 
s^est principalement servi de cette dénomination , remploie 
aussi pour indiquer le trachelium cœruleum ( rapuntium umbel- 
latum , Colum. ). C. Bauhin , dans son rinax , range 
cetie même plante, ceroicaria valeriandiàes cœrulea^ C.B., 
avec ses trachelium , où il place les campanules velues ; ainsi , 
il avoit saisi les rapports de famille qui existent entre ces 
plantes ; et s'il a rapporté à son ielephium purpureum majus 
' \Sedum ielephium 't var. b. Linn.), le synonyme de Columna, 
c'est qu'il aura été induit en erreur par une certaine res- 
semblance qui existe dans les figures données de ces deux 
plantes. L'erreur dans laquelle il est tombé , a été relevée 
par M. Yallot , de Dijon. Rai paroît être le premier qui 
ait affecté le nom de rapuntium à d^s espèces de lobdia , et il 
en a été ainsi jusqu'à Linnaeus , qui a préféré faire usage du 
nom de Iobelia , quoique celui-ci eût été déjà donné , par 
Plumier , à un autre genre de la même famille , le scœvoia. 
Le lobdia , de Linnaeus , comprenoit les genres cyphia de 
^Bergius, les trachelium et rapuntium de Tournefort. Ce der- 
nier , rétabli par Adanson , sous le noni de dortmanna , est 
le rapuntium de Gaertner. T. « Dortmanna , Lobélie et 
Trachelium. ^ (ln.) 

RAPUGO. Nom languedocien d'une Rafle de raisik. 

(desm.) 

RAPUM. r. Râpa et les articles Rave, (ln.) 



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38 R A R^ 

KAPVTIEK 9 Sams. Petit arbrlsseaa à feuilles oppo- 
sées , iongoement pétiolées , ternées, à folioles lancéolées , 
acominées , criblées de glandes demi-transparentes, à (kars 
verdâtres, disposées en épis axillaires et distiques , qui forme 
un genre dans la didynamie angiospermie , selon Aubkt , et 
4ans la diandrie monogynie , suivant Lamarck* 

Ce genre a pour caractères : un calice quinquéfide, court ; 
une corolle monopétale , tubuleuse , courbée , à limbe à 
cinq divisions irrégulières ; cinq filamens , dont trois infé* 
vieurs , fstériles , et deux fertiles , ayant nne écaiHe à leur 
base; un ovaire supérieur , arrondi , pentagone , ^ué sur 
un réceptacle cbamu, à style filiforme et k stigmate à Iroîs 
lobes .; cinq capsules réunies , arrondies , anguleuses > uni- 
loculaires, s'ouvrant par leur côté intérieur en deux ralves , 
et contenant chacune une seule semence. 

Cet arbrisseau crott dans les forêts de la Guyane ; ses 
semences répandent une odei^r suave. II se rapproche du 
genre Gâi^ipée. (b.) 

RAQUET, Nom du grand Plokgeon en Picardie. 
Foyez ce mot. (v.) 

RAQUETTE. Espèce du genre Cactier , dont les 
feuilles , ou mieux les tiges , sont aplaties et articulées les 
' unes sur les autres. (B.) 

RAQUETTE. V. Répeneii^e. (v.) 

RAQUETTE RLANCHE. Agaric de couleur blanche, 
k pédicule latéral , qui prend , lorsqu^il est développé , la 
^rme d'un éventail. Il croît en Italie , où il est trèa-recher*^ 
ché , pour être mangé. Paulet l'a figuré pL 2&de son Traité 
des champignons, (b.) 

RAQUETTE DE MER. Nom spécifique d'une Ce 

RALLINE. (B.) 

RARA. V. Phytotomb rara« (v.) 
RAR AK. L'un des noms indiens du S avonier ( Sapîndus 
saponaria , L. ). (ln.) * 

RARAM. Ce genre , éubli par Adanson sur le cen-' 
chrus echînatus j Linn., n'a pas été adopté par les botanis- 
tes ; et cependant 9 ils ont retiré du genre cench/us plu- 
sieurs espèces, pour ep faire de nouveaux genrçs. (ln.) ^ 

RAREMOUSE. F. Rearmovse. (besm.) 

RARYCHEUS. C'est , dans Albert-le-Grand , la dési- 
gnation du grimpereau. (s ) 

RASCADE. F. Oi7asiN& (desm.) 

RASCALADE. Nom donné au Froment d'hiver , dans 
quelques départemens méridionaux de la France. (0E«m.) 



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J 



RAS 39 

BAS G ALAOU. Une mix siehe ov noe pmne de damas noir^ 
en langue docien.;(D£$ii.) 

RASCASSE. PoUtoQ iu genre Scorpène, scorpena por^ 
eus , Linn. (b.) , 

BASCASSO ( Ungtiedocien >. V. Rascasse, (hesk.) 

RASCLA. Les habitans de l' Auvergne donnent ce nom 
au Lichen faielle. (b.) 

RASCLADO. £a llan^iiiedoe, c'est le Froheht a Ètis 
RA3 oa sans barbes , celui que Ton cultive aux environs de 
Paris, (desm.) 

RASCLE. Lièvre hIle on Bouquin , en Languedoc. 

(desm.) 

R ASCL£..Nom que porte le Râle de genêts ans environs^ , 
4e MonipeUièr. (v.) 

RASCO. Dans le midi de la France , oa nomme ainsi U 
Cuscute, (msm.) 

RASCON. L'un des noms espagnols du Râle de genêts. 

(desm.) 
RASE. Nom que Ton donne à Vhuik esseiUieÙe retirée 
par la distillation de la résine do pin. F, au mot Pin. (d.) 

BASENEISEN ouRASENEISENSTEIN (Mine de fer 
de gazon). Les minéralogistes allemands donnent ces noms 
aux diverses mines de fer limoneux ( variété du fer hydraté )t 
et notamment à celles qui soot aussi appelées mines des laes , 
des marais^ de$lprifin'es. (j'est encore sous la dénomination de 
ra$t»$isenUin y que les Allemands désignent les minerais de 
fer d'où on relire un fer aigre et cassant à froid. V. Fer hY- 

RASENERZ ou WEISSERZ des Allemands. C'est le 
Fer suLFURjt arsenifèrb. (ln.) 

RASEMTOBF des AHemands. C'estla Tourbe qui a en- 
core la lestnre du gazon dont elle est formée, (ln.) 

RASINET. F. Joubarbe (petite), (desm.) 
, BASLK F. RAle. (v.) 

RASLE ROUGE. C'est, àms Belon, le nom du RÂts 

DE QENÉTS. (v.) 

RASOIR , Nûoacula. Genre de poissons établi par Cnvier. 
Il a pour type le corypkène raeoir^ et ren&rme cinq à six autres 
espèces* Ses caractères sont: front presque vertical; corps 
eo«vert de grandes écailles; ligne lalén^ interrompue; ma- 
diotrcfS arnibées d'une rangée de dents coniques doVit les mi- 
tofeanes sont pfais longues; palais pavé de dents hémisphé- 
nqnes. lise rapproche des Labres plus que des Coryphènes.' 

RASON. Synonyme de RASOtiL (É.) 

RASORE& ( ratisseinrs ). Dénorainadon du Prodromus. 



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Ao ' RAT 

d'IUiger, appliquée à son quatrième ordce des oiseaux, lequel 
correspond à celui des gcdlinœ de Linnaeus, (v.) 

RASPA, RESPO, RESPIO. Noms du Lichen or- 
SEiLLE dans le Levant, (besm.) 

RASPAILLON. On donne ce nom au Spar^ sparalon. 

(B.) 

RASPECON. Nom vulgaire de I'TTranoscope rat. (b.) 
RASPERELLA. L'un des noms italiens de la Presle. 

(besm.) 
RASPINEGROS. V. Salmerones. (ln.) 
RASQUE. V, Cuscute. (DESM.) 
RASSADO ou LÉTROU. Noms languedociens du grand 

LÉZARD VERT. (DESM.) 

RASSANGUE. Des voyageurs à Ttle de Madagascar 
parlent d'une oie à crête rouge , que les naturels nomment 
rassangue. Cette espèce est vraisemblablement la même que 
Voie bronzée. Voyez l'article des OlES. (S^) 

RASSE-CORONDE. On donne ce nom à la véritable 
Cannelle , à Ceylan. (b.) 
RASSELMAuS. C'est le Loir, en Allemagne, (desm.) 
RASTELLUM, RASTELLITE. Quelques orycto- 
graphes ont donné ces noms aux Huîtres plissées. (desm.) 
RASTOUBLE. V. Restouble. (desm.) 
RASTOULE. C'est le Chaume dans quelques lieux, (b.) 
RASTRELLO. Nom italien de I'Uranoi^cope. (desm.) 
RASULE , Rasula. Genre de mousse appelé aussi Gym- 

NOSTOME. (b.) 

RASUTIUS. C'est , dans Klein , \t toucan à ventre rouge. 

(s.) 

RAT , Mus^ Linn., Palla»,-Erxleb. , Cuv. , Geoff. , lllîg. 
Genre de mammifères rongeurs clavicules , très-nombreux 
en espèces , et qui offre pour caractères : deux incisives à' 
cbaque mâchoire , les inférieures étant comprimées et ai* 
guës ; trois molaires à tubercules mousses de chaque tôté , 
dont Tantérieure est la plus grande /tant en haut qu'en 
bas ; oreilles oblongues ou arrondies , presque nues ; mu- 
seau assez prolongé ; point d'abajoues ; pattes antérieures à 
quatre doigts onguiculés et armés d'ongles crochus , avec 
une verrue supportant un. ongle obtus en place de pouce ; 
pattes postérieures médiocrement allongées, à cinq doigts 
onguiculés ; queue longue ou très-longue , térétile , nue et^ 
écailleuse; pelage traversé par des poils plus longs et plus roides 
que les autres, quelquefois changés en véritables piquans apla- 
tis, pareils à ceux qui couvrent le corps -des échimys , etc. 

Les rats , généralement de petite taille , se trouvent dans 
toutes les parties de l'ancien et du nouveau continent. Cer- 



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RAT 4i 

taifies espècîes se sont attachées à lliomme , et sont pour 
ainsi dire derenaes domestiques. Elles Ppnt suivi partout où 
il s'est transporté avec ses vaisseaux , et sont devenues , 
comme lui, cosmopolites. Dans ce nombre surtout ^ nous 
devons remarquer la souris , le rai noir et le surmulot D'au- 
tres habitent les champs , les bois ^ et ||e sont guère moins 
incommodes que celles qui vivent en parasites dans les mai*» 
sons. Elles détruisent les produits des récoltes , ou les se-- 
menées confiées à la terre. 

Ces animaux, d'un tempérament très -lascif 9 sont de 
bonne heure propres à se livrer à la propagation de leur 
espèce. Il» font plusieurs portées dans l'année , et chaque 
portée se compose d'un nombre assez considérable de pe- 
tits. S'ils pullulent beaucoup, leur destruction est aussi fort 
considérable y parce qu'ils ont de nombreux ennemis; après 
l'homme ,.les chats , les mammifères du genre des martres ^ 
les oiseaux de proie nocturnes et les petites espèces de 
diurnes sont les principaux , et en font un grand carnage. 
Cependant leurs espèces persistent toujours aussi nombreu- 
ses , et il y a lieu de croire que si les animaux que nous ve- . 
nons de nommer ne mettoient un obstacle à leur multiplica<- 
tion , elles ne tarderoient pas à couvrir la terre. 

Il est vrai que^ lorsque les rats deviennent très-nom- 
breux , et que la nourriture commence à leur manquer , ils 
se jettent les uns sur les antres , et s'entre-dévorent, jusqu'à 
ce qu'ils se soient pour ainsi dire tous détruits. 

Les rats sont généralement des quadrupèdes nocturnes. 
Ils recherchent l'obscurité , et plusieurs d'entre eux se creu- 
sent des «terriers peu profonds, et bien moins compliqués 
que ceux de certains rongeurs , et notamment que ceux des 
hamsters. Leur nourriture consiste principalement en ma- 
tières végétales ; mais ils ne font aucune difficulté d'y join- 
dre des substances animales , même pntréBées ; quelques es-^ 
pèces, comme le surmulot et le rai noir^ établissent leur ré- 
sidence de préférence dans les boucheries, les abattoirs, les 
voiries, les latrines , où ces substances abondent ; quelques- 
uns attaquent les volailles et les petits agneaux. Lorsque la 
nourriture estcommue, ils deviennent très-robustes,et d'une 
taille fort considérable , tellement qu'il n'est pas rare de 
voir certains surmulots se battre ^ans trop de désavantage 
contre les chats qui les poursuivent. 

Comme dans les autres rongeurs , lés parties sexuelles des 
mâles prennent beaucoup de développement à l'époque de 
la chaleur : alors leurs testicules sont gonflés, et forment en 
arrière de .leur corps et sous l'origine de leur queue une 
faillie fort remarquable qui les fait facilement distinguer. 



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<» RAT 

Après cette époque ^ ces parties dîminueiH peu it pevt de 
lume el, finissent par n'être prçsqne plusappaf^ntfîç. lfe$ mâlet 
se disputent entre eux U possession des femelles , et st mor^ 
dent cri^Uement. Us son^ polygames ,. et ne s'oçciipent en 
aucune façon de r^ducatipn des petite. L^s femelles lea 
allaitent pendant u^temps assez court , et ne les quittant 
guère qu'ils ne soiem as^ez fort« pour se procw^r Steûls leur 
nourriture. 

Le nombre des espèces que no<i$ coiis^rvM^ dans le 
genre des Rats , tel que nou$ Tavons défin; au co'un^Qce- 
ment de cet article , est encore assez considérable ; nudU il 
l.'est fort peu si on le compare il cqlui des espèces placées 
par Linnaeus dans son genre nu^. Ce genre , en eCTet y eom* 
prenoit la plus grande partie des quadrupèdes Fongeurs > si 
l'on en excepte les lièvres, les castors, les écureuils y les 
loirs , les porc-épics , les cabiais et les agoutis* 

Parmi les rats de Linnaeus se trouvoient : Ils MarUOTTes 
CV, ce mpt]) à cinq molaires tuberculeuses à chaque côté 
des deux mâchoires , à corps cou^t , ramassé et ba3 sur 
jambes, à queue courte et velue; les Hamstehs ( F. ce 
mot), dont les dents sont en mém^ nombre et de miêwe 
forme que celles de nos rats , mais dont les joues sont mu-^ 
nies de poches ou d'abajoues , et dont la queue est courte 
et velue ; les Gerboises ( V. ce mot ) à quea« longiie et 
tjoufiue au bout, à jambes postérieures démesurément lon^ 
gués et pourvues d'un seul métatarsien correspondant à tiroîs 
doigts , et dont les pommettes sont fort renflées ; les Gia- 
BitLES ( V. ce mot ) , fort semblables aux gerboises, mais 
à tête plus effilée , à queue non touffue au bout , «t à plu^ 
sieurs métatarsiens aux doigts des pieds de derrière; les Pesâ- 
tes ( F. ce mot ) à quatre molaires composées , à cinq doigts 
auK pieds, de devant et à quatre seulement à ceux de der- 
rière; les Rats-taupes ( F, ce mot) dom les dents molai- 
resi sont semblables à celles des rats proprement dits , des 
gerbobe& et des hamsters , mab dont les incisives ont vfne 
largeur beaucoup plus considérable que celles de ces animaux, 
dont tous les pieds ont cinq doigts armés d'ongles propres à 
Coxdr la terre, et dont les oreilles externes, les yeux et la 
queue man^uient, ou ne sont que rudimemaires; tesBA- 
TlxYERGUs ( V. ce mot), à quatre molaires partout, dont 
les postérieures sont fortement écbancrées au cAté externe ^ 
et dont la, queue existe, mais est très-courte; les Hydro- 
MYS ( F. ce mot ) , à pied^ de derrière aux d^ux tiers pal- 
més; les EcHiMYS et les jMii^s (r. ces okots), à quatre mo- 
laires partout ; les premiers à poils cbaogés, enpiquans apla« 
tis ; les second» à poils extrêmement ^ux; et k queue velua 



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RAT. 43 

el mime içvffne; \es Campa «9qu (F, e«9ioO à corpf 
raccourcî, haïf aiK pMUs, h queue moyenne , velue « el à 
molaires > ^ çoorçQiMS plates fo^rflo^es de piiisUur^ tames 
transYeçfes ^e si^^nc^ éwiâUeaae ; e«$a les OskOathas 
( F. ce mot ) , à q<m^ comprimée lat^alemçQt , ni4f el 
AraUlei^e « 4 âoiji<.s dont les ' bor4s sont fortement ci-- 
liés t etc. , et^. Tot^ les. genires ainsi caractérisés , cojQfir 
prennent maiitteii^n.t plus d«s deux tiers 4es espèces du 
ffenre i9K^ di^s anciens aiHeurs. Ils ont été distingués pour 
la nlqpart p^iV Gnelin , Cuvier et lUiger. 

rïous ne nous étendrons pas davantage sur la nomencla- 
ture des adWRau^ classas aiitrefois dans le genre des r%ts ; 
nous repvoyonSf fioureet ob^t^ aux petits articles de ren- 
vois qui sont placés après celui-ci , destiné seulement à 
renfermer les espèces qi^e Vkom admettons parmi nos Rats 
proprem^e^t dits. 

PimfIÈMDinSlONyRATsmiiitvmt.vx. 
A. Espèces de fandefi ewiHtiênU 

Première esphe.-^helK.kT Gth^J j Mus glganleus j T. Hard- 
wîcVe; Linn,y iransact. tom. Vil. 180^, pi. 8; — Mus moia- 
baricus , Penn , HisUofquqd^ (3."« édit. ) , tpm. 11, n.^Syj ; 
— Sbaw, Gen, Zooî , vol. 11 , part, i, pag. 54. 

Dans cette espèce, qui est la plus grande que Ton ait 
décrite , la longueur totale est de vingt-six pouces un quart 
( mesure anglaise ) ^ sur laquelle la queue en a treize ; et le 
poids des individus miles , qui sont plus grand;» que les fe- 
melles j s'élève jusqu'à trois livres. 

liÇ corps est épais et voûdlé , tout couvert de poils serrés 
d'unbrun obscursur le dos, et d'une teinte grise sous le ventre. 
Le nez est arrondi ; la mâchoire inférieure beaucoup, plus 
courte que la supérieure ; les dents incisives sont très-larges; 
les oreilles nues, assez amples, très-arrondies, droites t avec 
• le bord inférieur replié ; le rudiment du pouce des pieds de 
devant est muni d*u^ ongle émoussé ; tous les doigts sont 
arijnésji'ongles assez forts ; le cinquième des pieds de der- 
rière est plus large quie les autres et en est éloigné; les quatre 
extrétnités sont noires ; la queue , peu couverte de poils , a^ 
«a poin^ç 9 sur la longueur d'un pouce , tout-à-fait nue et 
d'une autre couleur ; sa circonférence , à sa base, est de deux 
pouces et demi ; sa peajii , dans toute son étei^ue , est un peu 
écailleuae et marquée d'anneaux nombreux,maispeu distincts. 
Cette espèce habite la côte duMalabar,etplusieurs endroits 
de celle 4e Coromaffidel ; on l'a trouvée dans le Mysore , et 
dans plusieuis parties du Bengale | entfe Calcutta et Hurd-. 



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44 RAT' 

war. EHe se tient dans les endroits secs et peu éloignés de^ 
habitations , se creuse des terriers si profonds qu'ils passent 
par-dessous les fondations des murs des granges et des ma- 
gasinsTElle est très-nuisible dans les jardins, où elle détruit 
toutes les racines des plantes légumineuses , les cucurbitacées 
et les fruits. Elle perce avec la plus grande facilité les murs 
construits en terre et en briques non cuites, pour pénétrei; 
dans les lieux où Ton renferme les provisions. 

Quand les grains et les végétaux ne sont pas ^ sa portée ^ 
elle attaque les volailles ; mais ces premiers alimens composent 
^ sa nourriture habituelle. 
• La morsure de cet aniodal est considérée comme dan- 
gereuse, et M. Hardwicke, autquel on doit ce que l'on sait 
sur son espèce , rapporte qu'à la station militaire de Fut-" 
tehgurh dans le Dooab , il vit un artilleur de la compagnie 
des Indes, mourir d'une rage confirmée dans l'espace de 
douze jours après avoir été mordu par un de ces rats. 

La basse classe 'des Indiens mange la chair de cet animal» 
de préférence à celle de toute autre espèce. 

Pennant remarque dans la description de son BandieoU 
rai {mus malabaricus') , qui paroit à ah Hardwicke, ne pas 
différer de son mus giganteus , que les deux doigts extérieurs 
des pieds de derrière sont considérablem.ent plus courts que 
les autres. Il ajoute que ce rat est très-commun k Pon- 
dichéry, où il infecte les maisons. La voix de ce rat ^es- 
' semble au grognement du cochon. 

Seconde Espèce, — Le Bat de Java, Musjapanus, Hermann, • 
Ohsefvationes xooiogicœ , page 63. 

Hermann reçut de Batavia , en 1792 , deux individus de 
cette espèce qui lui parut nouvelle ; il les décrivit dans l'ou- 
vrage qui a été publié peu de temps après sa mort, en i8o4« 
M. Hammer a bien voulu m'envoyer un dessin de cette es- 
pèce qui m'a paru confirmer l'opinion d'Hermann. Le rat 
de, Java a beaucoup de ressemblance avec le surmulot* 
( V. ci-après); néanmoins, sa queue est un peu plus courte 
(dans le rapport de cinq et demi à sept), et d'un tiers 
plus grosse il la base ; la distance de l'angle interne de l'œil 
au bout du nez est un peu plus considérable ( comme i3 lignes 
à II ); ses oreilles sont plus longues ( comme 10 lignes à 
g ) , et plus larges^ ( comme 7^6). 

Du reste, le rat de Java a les membres plus robustes que 
ceux du surmulot ; sa queue est plus couverte de poils , sur-- 
tout à la racine,où ils s'élendent comme sur celle de la queue 
des didelphes; sur la partie nue , les écailles sont plus grandes 



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RAT 45 

comparativement, que dans le surmulot ; et les poils qui 
passent dans les interstices de ces écailles sont plus gros. La 
couleur de ce riai est brune en dessus , les pieds son^tancs. 

Troisième Espèce. —-Rat Caraco, Mus caraco, Pallas , 
Gfiresf p. 335 , tab. a3 , A.— Gmel., Syst. nai. •— Shaw , Gen. 
JZoal., tom. 3, part, i, pag. 5o.— • Vicq-d'Azyr , SysL anat. des 
animaux , page 4^3. — -Scbreb. , 5a^^.,tab. 177. 

Ce Tvii, que PallaS nous a£ait connottre , parott avoir 
beaucoup de ressemblance avec le précédent , et aussi avec 
le snrmiuot II est de la taille de celui-ci , mais sa tête est 
plus aUongée ii proportion que celle de cet animal , et sa 
queue est plus courte. Cette queue n^a que quatre pouces et 
demi , et le corps en a près de sept. 

£n dessus, ^ couleur du pelage du caraco diffère peu de 
«elle du surmulot; c'est un mélange de brunroussâtre et de gris, 

f lus foncé sur le dos que sur les côtés; le ventre est d'un cendré 
bmcbâtre ; les pieds sont d'un blanc sale ; la queue est 
brune en dessus et cendrée en dessous ; les écailles dont elle 
est couverte forment k peu près cent cinquante anneaux, 
tandis qu'on en trouve près de deux cents dans le surmulot. 
' Les quatre doigts des pieds de devant et les trois doigts 
du milieu des pieds de derrière sont réunis presque jusqu'à 
la moitié de leur longueur par une expansion de la peau. Ce 
caractère rapprocberoit ce rat des hySromys^ s'il avoit, comme 
ces rongeurs , ta queue velue et les pattes antérieures ^ cinq 
doigts ; d'ailleurs, ces animaux n'ont que les pieds de der- 
rière seulement palmés , et la membrane qui réunit leurs 
doigts est presque entière et les enveloppe tous les cinq. 

Ce m/ , originaire des régions orientales de l'Asie et des 
provinces occidentales de la Chine , est actuellement très- 
répandu dans la Sibérie , et surtout dans la Mongolie. Il se 
tient dans les maisons comme le rat domestique et le sur- 
mulot; mais il habite de préférence le vobînage des eaux ; 
il nage très-bien, et creuse la terre. Le nom de caraco^ ou de 
characo, est celui que les Mongols lui donnent; ils l'appellent 
SLQSsijike-chofgonach^ c'est-à-dire grand /»/. 

Quairième Espèce, — Le Submulot, Mus decumanusy Linn., 
Gmel. — Surmulot, Buffon, Hist. nat. , tom. VIII, pi. 27.*^- 
le PovCy ejusd. — Ratdes BOlS,Brisson. — Mus Nonvfgicus^ , 
Erxleb., Sysi mam.^ page 38i. — Schreber, Saeugth.^ tab. 
178. — NoTwayrat, Shaw, Gen, ZooL , tom. 11, part, i, p» 
5i. — Mus caspiens ^lien. 

Le surmulot , un peu plus gros que le rat commun, a neuf 
à dix pouces de longueur environ , et sa queue a la même 
étendue. Sa tête est aiIongée;sonmuseauaroinci;ses yeux sont 



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46 RAT 

grands, ronds , saillans etnaks ; «es oreilks assez grandes, 
presque nues ^ arrondies à leur extrëmiU ; sa ^nene est près* 
que nue et recouverte de petites ëeAîlles qui forment «•«" 
viron àeux cents anneaux ; les pieds sont couverts de poils 
très-courts. 

Tout le dessus du corps en 4*xm ^in fo«É brtm , plus elak 
sur les flancs et passant au bUftc en des^bëlç les (^oib de 
cette partie sont de deuit sorteé \ lés pfais cènris sont Ardityisés 
à la base et roux à la pdinte$ iii sont paiMntfs de poils 
tout bruns qui les dépassent principatement sur ta lîgM du 
dos; sur leé flancs les lon^s poikaoni iaoti»blèniettt apli(- 
lis. Le veifttre est blanc auni q«c les parties intvite s des 
quatre membres. La mâchoire inférieure ^ la fpt^ et la 
poitrine , sont d^un cendré clair. 

Le surmuhi ^ originaire de Tlnde et de là Perse i n*est 
arrivé en France qn'eà t^5o , et n'étoil paè eeann en Axk^ 
gleterre avant 1730 4 oà il a été apporté par le eoméserte 
maritime; aujourd^kvif il est très-répandii datis toolé 
TËurope, et en a presque chassé le rat nour, ou rat commutt. 
Nos vaisseaux Ton! tram^orté en Amérique. Pallas assure 
qu^en 1766^ on n*en avoit pas encore connoissance en Russie 
et en Sibérie. Cet auteur décrit Tapparitioil del surmulots 
dans les environs de l'embonchure du vVolga,de là ville d^As^ 
tracanet de là ville de Jailzkoï-Gorodok. Tous arrivèrent! 
peu près k laînéme époque^ étions paroissoient veilir du 
désert occidental. 

Les surmulots passent Tété dans la campagne ^ et Thiver 
dans lei habitations* Us se font des terriers comme les mu« 
lots y et , comme ces ammaux^, ik les remplissent de glands , 
de fatnes et d'antres gratses^ C'est principalement sur le bord 
des eaux qu'ils établissent letlr dotamile 7 et ce sont ordSnai-^ 
rement les vieux mâles seniemeilt qui y passent Tkiver; les 
femelles et les jeunes se retirent dans les maisons^et princi- 
palement dans les grediers et dans le^ granges. Ils s'y nonr- 
rissent 4e froment , de seigle et autres céréales ^ mais ils en 
gâtent encore pfau qu'ils n'en consomment ; ils hachent la 
paille très-menu , et infectent le grain de leur urine. 

Ces animaux sontcourageux; ils se défendent très-bien contre 
le& chats , le^ furets et autres carnassiers de moyenne force. 
Les mâles sont plus hardis et plus méchans que les femelles. 

Les euritiulots courent assez vite, nagent bien daiis l'occa- 
sion, et surtout quand ils sont poursuivis ; ils ne s'endorment 
jamais pendant l'hiver. 

Ces ratAe se contentent pas de substances végétales, mais 
ils font encore ta guerre aux jeunes animaux , tels due le$ 
lapereaux, les levrauts, les perdreaux , les poulets , etc. ; ils 
donnent aussi la chasse aux rats communs et aux j^ouris. 



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RAT ^^ 

Quoique le» Bâfiniilotâ er ftigoent extrêmement Todeor des 
\»pim « et que ttiéttielb Meut les garennes et les habitations 
êà l'o» éïétt de ces dllimâa^f il leur arrive quelquefois de 
t'eiu]^rer des terriers dé lapins, pôut» y foire leur domicile ; 
ils s'éiAblissent aussi dMis le gîte des hérissons. 

Ceâ ainîMiànx «nultipUenf prodigieusement : les femelles 
font trdis portées piaf an, et chaque portée est de dôu^e à 
4îx-neuf petits; elles préparent un lit à leur nouvelle famille. 

On assure que le V^M Mi\^yett de faire fuir les surmulots ^ 
est d'introduire des lapins dans les endroits qu'ils fréquen- 
tent; Todeur de ces animaux les écarte pour toujours. Les 
chiens les poursuitéM fcvtec ftiteur, et les furets vont les 
prendre dans leurs terriers avec plus d'ardeur encore qu'ils 
ne recherchent les lapins. 

Cette espèce présente plusieurs variétés, et notamment 
des individus tout blancs ou marqués de taches de cette cou- 
leur, qui tranchent viVement sur celle de leur pelage. I^a. col^ 
lection du Muséum d^Hîstoire naturelle de Paris renferme 
un rat d'un assez beau fauve , qui paroît être un surmulot. 

tin^uOimè Espèeé. — RAt 1>£ l'IrM , Mu$ inâtcuà , Geofifr. { 
QOûiùgke dé la Goileet. du Muséutn d'Histoire naiurdli. 

Il ressemble au surmulot par sa taille , ses formes ùéùê^ 
raies ^ la longueur de sa queue, et un peu par ses couleurs. 

Son pelage est d'un gris fauve ^ asset semblable k celui du 
surmulot^ mais il n'est pas j tomme dans celui-ci, pàrsemd 
de longs poils bruns. Les pattes et les flancs sont de la cou- 
leur du dos , mais d'une teinte plus claire; le ventre, là gorge ' 
et le dessous du cou sont grisâtres; les poils, tant en dessus 
qu'en dessous, sont gris à leur base ; les oreilles sont grandes, 
brunes, de forme arrondie, et totalement dépourvues de poil ; 
la queue est cylindrique , écaillense , noirâtre et â peu près 
de la longueur du corps , si elle n'est pas un peu plus courte. 

Il est des Indes , ainsi que son nom le fait connattre. 

On voit qu'il diffère principalement du caraco, par la lon^ 
fi;iieur comparative de sa queue , et du surmulot, parla cou- 
leur de son ventre et de ses pattes. 

Skmème E^èc9. — Rat n'ALEXAKMiE, Mis miêCDamHmtt ^ 
Geoffr.^ Mém. de risstkut d'Egypte ; Hàt tio^., pi. 5, % i» 

Ce rat est un pec^ mMBS gros que celui de l'Inde ; mais sa 
taille approche toujours de celle du surmulot. Sa longueur 
totale , depuis le bout du nez fuSqu'à la partie écaîUeiiae dé 
la queue , est de cinq pouces et demi ; la queue a hait po«K 
ces; sa tète est plus courte que celle du surmul^, et se» 
oreilles sont bien plus gi'andes que celles de ce rat; sa queue 
est aussi plus longue que la sienne. Tout son coi^s esl^ é» 



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48 RAT 

dessus , d^un gris brun très-légèrement teint de jaunâtre , et 
non d^un gris roussâtre, comme dans le surmulot ; le ventre, 
au Heu d^etre blanc, est d'un gris cendré un peu jaunâtre ; les 
. pattes sont de la couleur du dos; les oreilles sont brunes e\ 
nues; la queue est écailleuse, presque nue, de couleur noi- 
râtre , et paroît offrir, d'après la figure » cent trente à cent 
quarante anneaux ; les moustaches ne^ont pas très-longues, 
et sont noires. 

Les poils du dessus du corps sont tous d'un gris ardoisé à 
leur base ; la plupart sont terminés de roux , et Içs plus longs^ 
de brun. Ces derniers sont aplatis,en fuseau^ayec une rainure 
dans leur milieu, comme cela se remarque dans lespiquans 
àts échinas. 

Ce rat a été rapporté d'Egypte par M. Geoffroy, (desm.) 

Septième Espèce. — Le Rat commun ou Rat noir , Mus 
ititfi«5,Linn.,Gmel. , Erxl.; le RAJ, Buff.,t. 8, pi. 36; -^RaUus 
niger^ Pennant;— Shaw^ Gen. zooL^ yol. ii, part, i, pag. 52, 
pi. i3o. . 

C'est un parasite incommode qui se loge dans nos habita- 
tions et y fait.de srands dégâts. Il se retire pendant le jour dans 
les greniers et les galetas, dans l'épaisseur des planchers, 
derrière les boiseries , sous les piles de bois ; il en sort le soir 
pour visiter et ravager les autres parties de la maison. Les 
grains, les fruits, les farines, le pain^ les légumes, les laines, 
les étoffes, le linge, particulièrement le linge sale, lesmeubles , 
tout devient la proie de sa voracité et de son habitude de ron* 
ger. Il est aussi carnassier , et il dévore les pigeons dans les 
colombiers , les poulets dans les basse-cours , les jeunes la- 
pins dans leurs clapiers. 

La fécondité de cette espèce dévastatrice finiroit par nous 
faire redouter le sort de l'ancienne Egypte, si elle n avoit en 
elle-même une cause puissante de diminution. Dès que l'abon- 
dance ne règne pas autour d'eux, les rats se tuent et se man- 
gent, pour peu que la faim les presse. Les mâles se battent 
aussi quelquefois jusqu'il la mort, au temps des amours, pour 
satisfaire leur pétulance et leur extrême lasciveté. On entend 
alors les cris des combattans , et les glapissemens qui expri- 
ment les désirs et les jouissances du mâle et de la femelle. Ils 
s'accouplent à reculons, et la femelle met bas jusqu'à six ou 
sept petits plusieurs fois dans l'année, sur une espèce de 
couche prépar^ée dans le lieu le plus chaud, avec de la laine, 
'des étoffes et de la paille. Ils fournissent abondamment il U - 
nourriture de leur progéniture » en faisant des magasins de 
chair et de grains^ 

Aussi rusé que courageux, le rat échappe souvent aux pièges 
qu'on lui tend, aux poisons qu'on lui présente avec un appât ; 



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RAT 49 

il se défend arec vîgaeor contré les chats , et ces animaux 
craignent quelquefois de Tattaquer. Son ennemi déclaré est 
la belette , quiVa le chercher dans son trou , le mord avec 
acharnement et lui suce le sang fusqu'à ce qu'il succombe. 
Les chats-huans, les hiboux lui font aussi la guerre. 

Cet animal est plus petit que récureàil ; sa longueur 
commune est de sept pouces et demi jusqu'à la naissance 
de la queue , qui est à elle seule aussi longue que I4 corps. 
Dans son attitude ordinaire , le rat paroît plus court, parce 
qu'alors il est ramassé , et que son dos est voûté. Il a la tète 
allongée 9 le museau pointa, la mâchoire inférieure très- 
courte et beaucoup moins saillante qiie la supérieure ; les 
yeux gros et saillans ; les oreilles grandes , larges et presque 
ovales; la queue presque entièrement nue et couverte de 
petites écailles disposées en anneaux ; les moustaches sont 
de la longueur de la tête , et l'on voit de chaque côté ^ au^ 
dessus du sourcil, une espèce de verrue d'où naissent deu» 
longs poils. Il a cinq doigts aplatis aux pieds de derrière et 
quatre à ceux de devant, avec un ongle qui représente le pouce. 
Les ongles latéraux , tant en devant que derrière , sont très- 
courts. Cependant le rat monte et descend aisément contre 
les murs qui ne sont enduits que d'un simple crépi. 

La couleur ordinaire des rats est un cendré noirâtre , qui 
s^éclaircit sous le corps. Les moustaches sont noires, et de 
petits poils blanchâtres couvrent le dessus des pieds. Il y a 
des variétés dans cette espèce ; l'on trouve des Individus 
bruns ,^ d'autres presque noirs , d'autres d'un gris blan- 
châtre ou roux; enfin, d'autres entièrement blancs. Ces 
derniers ont les yeux rouges \ comme tous les animaux tout- 
à-fait blancs. La Collection du Muséum renferme un individu 
qui est d'un gris sale en dessous , passant légèrement au fauve 
en dessus. 

Les poils du rat, surtout ceux de la croupe, sont aplatis. Le 
palais est traversé par huit sillons. L'estomac est très-ample 
et ressemblant à celui du cochon ; le cœcum a peu de lon- 
gueur , mais il est très-gros, contourdé à peu prè» en demi- 
cercle, et sans aucun étranglement ; le foie est situé presque 
ii droite , sa couleur est un brun rougeâtre , et II se divise en* 
six lobes ; il n'y a point de vésicule de fiel. Le nombre et la 
position des mamelles ne sont pas les mêmes dans tous les 
individus ; U plupart en ont douze. Dans le mâle , la verge 
est terminée par un cartilage k trois pointes ; le cUtorls de la 
femelle ne se trouve pas dans la vulve ; Il est placé en avant 
dans un tuyau qui s'avance au dehors , et qui: sert en même 
temps de prépuce au clitoris et de prolongement au canal de 

^ XXIX. 4 



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5a RAT 

ViÊrèttt^ pour doatter fs^ae k l'urine; de sorte que i sm?anl 
la reviar^e de Danbenibn , la femeile du rat a un troisième 
oriice^, «itué sur la même ligne iqne Tanus et la yulve. 

M. Morand V médecin de la Facidté de Paris , a observé 
que l'espèce dn rat aroit beaucoup de disposition à la pierre- 
Sur vkigt nds , il y en a dis qui sont altaquës de cette ma* 
ladie , plus fréquente dans les miles que daas les femelles ; 
et presqpie tous , lorsqu'ils deviennent vieux, ont des pierres 
dans les voies nrinairesy ou des gonfleoMns et des ulcères. auc 
reins* 

Soit que le rat ait été transporté de l'ancien continent dans 
le nouveau , opinion qui me paroit la plus probable, soit qu'il 
nous ait été , au contraire , amené de l' Antérique , comme le 
pensent Linnseus et Palias , il paroît exister k présent dans 
toutes les contrées habitées ou fréquentées par les hommes 9 
à l'exception des pays très-froids , que cet animal redoute. 
Il est peu nombreux au-delà de la Suède ; on le voit rarement 
dans la Norwége , et jamais on ne le trouve en Laponie. A 
peine a-t-il nasse le Volga du côté de l'orient, et il n'a point 
pénétré en Sibérie. Partout où les vaisseaux ont abordé, ils 
ont disséminé les rats, et ce n^est pas le seul présent funeste 
que des nations entières ont àà. k la navigation et au com- 
merce. 

On prend les rats avec différens pièges , tek que les quatre 
de chiffre , les petits traquenards , etc. ; et pour que ces ins^ 
trumens ne soient point imprégnés de T odeur de l'homme 
qui les tend , il doit se frotter les mains avec l'huile ^e rho^ 
êktmj que les rats aiment beaucoup. J'ai éprouvé avec succès 
le moyen suivant: l'on a un grand vase k demi plein d'eau , 
et dont les parois sont inclinées vers le fond , et très - lisses , 
afin que les rats ne puissent s'y accrocher; une planchette 
posée sur le sol et sur le bord du vase , offre k ces animaux le 
moyen de monter jusqu'à l'appât , feé à la circonférence 
d'une auire planchette très-légère et coupée eu rond *, la par- 
tie opposée à Tappât), qui doit être à peu près au-dessus du 
milieu du >ase , est appuyée sur le haut de La planche des- 
tinée à servir de montant ; deux petits liteaux s'avancent sur 
le vase y soutiennent la planchette ronde par deux pointes qui 
en forment l'axe , de sorte qu'elle fasse aisément la bascule. 
lie rat , attiré par l'odeur de l'amorce , à laquelle j'emploie 
ordinairement du lard grillé, monte pour la prendre t fait 
tourner la bascule par son poids , et tombe dans l'eau. Les 
cris qu'il jette avant de se noyer attirent les autres rats, 4^1 
viennent se prendre de la même manière. 

Quand on eonmât leurs retraites. ou les trous par lesquels 



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R A t ^ Sa 

composé de chaux, de bourre et de verre pilé/ 

¥mikmr» pér^Biies sesérye»!^ {Murla deiKf «loihmdetf rats, 
é'Ao mélange d^ iàâiwtt et i^àrstmc »• o«r è'u»e pâte laite avec 
de la waie dîe pam^ di»Aeurre éi de Tarsenie^r i»ai»oe»préDft^ 
ralioes èaivent èlre prosdrîleâ^^ à oatose da danger qu'ellefï 
font eovrîr auB.aiikiiaiix uiîk»^ ei «(ivoe am lMiiime«. L'on 
feut eiDp^isotlBer le» rat»^ saos^mcoBvéoieiyt^ avec dki iaittr^e 
éiBéliqiae doat o» saupoudre Fimérieur de gros gfal&D» de raî* 
sàad ^e» o« de pansr^ et ipK Toô répiàiid dtn» le» tiieiiS' fré^ 
fttentéa par ces anfbnjHla nuieiblést (a-.) 

ffuîliimé espèce.-^ltû iVfûtÔT, Rtus^^lçaUcus^ ttinia., Pallas» 
G met., Erxi. — Iffus agresiùi major , Gesn. — iÉTiw domestîcus 
médius^ Linn. , iSysf. nat. 9 édit. 2. — Scfiréb. 9 Saeuf^, 9 tab. 
180.— Lé Rftï.(yr, Butf.,f6ili. ^,pt 4i'--^«J^''û^^€nnanf; 
Qtiad. , p. 1^4- — ft^ooélmouset Shaw^ G. Zool. , v. a, pi. iSa, 

Le mulot est piu»petitqjae krât, et plus gros que la souris ; 
«on corps* est ordi&aîremeiu^lBBg de quatre pouces- elr dem>v ii 
a les yeiuB gros et proéminess ;> sai tétef est à* proportion beau^ 
coup plus» crosse et plus longue <|ue celte du- rat; se» oreillea 
sont plusafioBUées , plus Wgjes,.et ses jambes plus hautes; le 
dessu»et lescd^s de sa tête et desen^eou^ la partie sup^riewé 
de son corps et la £ace esterae d^a quatre pattes sopt c6^verts 
Ae poils lus et courts-de couleur fiauvetméJëe d'une teinte noi- 
râtre ^ cb^Mpie poil est de couleur eendrée sur la> plus- grande 
partie de s»longueur, depuis laf racine; il y a du feove au^^des^ 
sus du cendré, et l'extrémité des plus fongs poils est noire. Les 
cètés du nraseau et la face inférieure de la .tête et du corps ^ 
ainsi qjoe la partie interne ^es pattes^ sont blanchâtres, avec 
une teinte de cendré noirâtre sur tous les endroits où le poil est 
plus long , parce qu'il est de couleur eeiîdrée sur la plus grande 
partie de sa longueur, et blanc à l'extrémité. IT y a une petite 
tache fauve sur la partie antérieure delà pottnne *^ la qiieue 
est de couleur brune sur sa face supérieui^e,< et blanchâtre sur 
l'inférieure. 

PaTlas dit que le mulot varie en couleur, suivant les, diffé- 
rens< climats où il habite. Daâs les ]^ays secs et temj^rés, il 
est d'un beau gris en dessus, bfauc eu dessous^ et cîes'deur 
couleurs sont séparées de cha<|ne cdté par une ligne d'^un gris 
très-foncé.^ Dans les pays froids, le gps et le brun sont plus 
apparens. On trouve quelquefois auprès du Volga des indi- 
viila8'(pM»90itt eoteîèreflaexltf blatrasi 

Ltf mulot esti trèft-généralement répandu ^aiti»' toute. TËi^- 
rope. H: estitrès^^oommun eil^Tirance,. earltarlÂe ,* eÉt Sùisse^; 
00 te irenfevâ :en; AiUemagneri est ingletekEi^ , enF. finèdei 



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6i RAT 

mais il est irèi-rate en Sibérie , aa-deU de riitls et de 
rObe. 

« Le muloi habite j dit Baffon , les terres sèches et élevées ; 
on en trouve en grande quantité dans les, boîs et dans les 
champs qui en sont voisins. Il se retire* dans des trous tout 
faits, ou qu'il se pratique sous des buissons ou des troncs 
d'arbres ; il y amasse une (^antité prodigieuse de glands^ de 
noisettes ou £aiioes ; on en trouve quelquefois fusqu'à un 
boisseau dans un seul trou , et cette provision , au lieu d'être 

Eroportionnée k ses besoins, ne l'est qu'4 Va capacité da 
eu; ces trous sont ordinairement de plus d'un pied sons 
terre , et souvent partagés en deux loges , Tune où il habite 
avec ses petits , et l'autre oà il fait son magasin. J'ai souvent 
éprouvé le dommage très-considérable que ces animaux 
causent aux plantations ; ils emportent les glands nouvelle- 
ment semés; ils suivent le sillon tracé par la charrue , dé^ 
terrent chaque gland l'un après Tautre , et n'en laissent pas 
un; cela arrive surtout dans les années où le gland n'est pas 
fort abondant; comme^ils n'eif trouvent pas assez dans les 
bois y ik viennent le chercher dans les terres semées, ne le 
mangent pas sur le lieu, mais l'emportent dans leurs trous ^ 
où ils l'entassent et le laissent souvent sécher et pourrir. 
ÏjUX seuls font plus de tort à un semis de bois , qne tous les 
oiseaux et tous les autres apimaux ensemble. » ' 

Le muloi pullule encore davantage que le rat ; il produit 
plus d'une fois par an , et les portées sont auvent de neuf 
et dix petits , au lieu que celles du rat ne sont que de cinq 
bu six. ■..-.. .-^ ' . 

Dans certaines années , les mulots se multiplient prodi- 

f;ieusement. Mussembrock dît qu'en 174a » nn paysan hol- 
andais taa , pour sa part , 5 000 on 6000 mulots. Quelques 
contrées de l'est de ta France ont éprouvé ce fléau dans le 
courant de l'année dernière (1818). 

^ Pour éviter le grand dommage que causent les mulots , 
Bufîon propose de tendre des pièges; de dix pas en dix pas , 
dans toute l'étendue de la terre semée; il ne faut qu'une noix 
pour appât , sous une pierre plate , soutenue par une bû- 
chette ; ils viennent pour manger la noix qu'ils préfèrent aux 
glands; comme elle est attachée à la bûchette, dès qu'Us y 
touchent , la pierre leur tombe sur le corps » et les étouffe 
ou les écrase. Ce moyen lui a bien réussi, (desm.) 

NeuQÎème Espèce,'-^ïu2i So0Rls, Musmuscuitts, Linn., Pâli. » 
£rxl. , Gmel. — -M»f , Aristotel. , Hist. anim. i,.C. 2. 
"^Mus dtamsticus pulgaris, Linn. , Syst.^ mU. ( a.* «édit )«*^ 
La Souris^ ^ Bufid , hist des quadr. 9 tom. 7» pL 39. ^^Com-^ 



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RAT 53 

msn mou», P«iinanty Quaâr. % ^ p. 184. «-Shaw, G^. Zooi.j 
roi. II , part, i , pag ^9 pi. i3i. . 

iatsmiHs «st un rat an miniature ; elle ii# diffère du rat 
que par des dnnensioi» beaucoup plus petites, la queue 
plua iwlue , le poil jpbscoortY plus doux, et en général d'une 
teinte plus pâle, da queue a précisément la longueur dtr 
corps, c'est-ihdtre,' environ trots pouces. Sa couleur ordiy 
saire e^ une nuance de cendré , connue sous la dénomina- 
tion de ^'^.4^0 Murts. Cette nuance sans éclat, mais4oace et 
agrëaUe., n^est pas la même sur la robe de toutes les souris; 
le bran, le noir, s^y mêlent, et la rendent plus ou moins 
sombre. Tontes sont bl^châtres sous le ventre , et il y en a 
de blaraches sur tout le corps ; colles-ci s.e rencontrent rare* 
meftt , et ne sont qpe des variétés individuelles : leurs yeux 
sont ronces , comme ceux de presque tous les animaux entiè- 
retient blancs. 

11 y a aussi des souris noires, de jaunAtres , de tachetées de 
blanc , et de blanches à taches cendrées. 
. Beaucoup plus féconde que celle du rat , Tespèce de la 
souris est plus commune et plus généralement répandue; on 
la troQve dans les forêts, comme dans les lieux habités,, et 

Ïartont elle cause des dégâts qui , bien que moins considéra- 
lés que ceux du rat , parce qu'ils viennent d'un animal plus 
ibible et moins vorace , ne laissent pas d'être nuisibles par 
leur multiplicité. Les glands et les autres fruits sauvages dans 
les bcHs , toutes les sortes de grains, dans les granges et les 
greniers, tous* les genres de provision de ménage , lesmeu* 
oies , les étoffes , les papiers , etc. , sont endommagés par la 
dentron(^ante de la souris. Elle perce le bois pour se prati- 
quer un passage ; elle travaiHe constamment et avec beaucoup 
de peine à élargir cette ouverture i, jusqu'il ce qb'elle l'ait 
amenée au point désiré. Le bruit qu'elle fait avec ses dents ,. 
lorsqu'elle est à l'ouvrage , indique et ses efforts et sa téna- 
cité. Plus Ibible que le rat , .elle est aussi plus timide ; elle ne 
s'écarte guère de son trou , et le bruit le plus léger l'y fait 
rentrer avec précipitation. Elle se loge dans des trous prati- 
qués en terre , entre les plaiichers , dans les tas de gerbes 
et de fourrages , dans les viciées murailles, etc. EffeUlé comme 
une souris, est une expression rubaire , preuve de la vivacité 
remarquable de ce quadrupède. Si l'on diminuoit la grandeur . 
de ses oreilles , et que l'on amincit un peu son museau , ce ^ 
seroit un fort joli animal Tel c[u'il est , il n'a rien de laid , 
de dégoàtant , ni de dangereux , et l'espèce d'horreur qu'il . 
inspire ne peut être fondée , selon la remarque de Buffon , 
que sur les petites surprises et sur l'incommodité qu'il cause. 
Mab cette horrear pour les souris n'est pas générale f même 



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fi RAT 

fêjcfioi j^ iimtt» ^ j'<«o J» cMmi qui fr^noiâot plaisir i 41e v«r 
de ces petits animaux ; et Von yntfit &t r«pf ejor ,9» lutéailM 
de ]Vl<Kn^âp^o |iiDeit^ fiemaie ûdbèbne par sat £eàuté, sdii 
cré^« aes ég^remet» (^ iifss Matheurs, ae owsrioît de ses 
cb^rJQg, 4i râgede4ret»t£Hlro)b?AQAy |^r«o pè^itcarresse 
eo gl^^raoïe^ attelé ie aia aouris Uandbîes ^ i^ï prfnfiiaat 
qybelqi]«e|ais la Uberti de inardite aes faciles saaioa. 

Qp par^ieiit abéoiaMt è apprîmsar les aimria ^ partictt-r 
lière^Q^e^^eLUes qui babi^Bt Doa jnaiaoBs^.y vii^ifit diéià doia 
npe ^fxrx^ de iawilianlé. Leare jaouirs sont 4ottcCB^ ci l'on 
prétend qu'dbks aoïKt aefifibles^ aia aecond^ das ifisunaoena 
de musique. Bea prkoBftiera, ceè^gnéa al QnUlîis daaa le 
coip d'une tour « ont trouvé uo aoiuageinaDt à leiir iwdk et 
8^oli,t;iir^ /captixritié , «Q se faûsant june p«Btila socîâté d^aifia 
sowis pw/éis , ipû y par sef caresses , ses 9ao«nne«ucBiS pnestaa 
et gais , son attachement désintéressé , leur faisait auppert^r 
pl#$ patié/nmeot la rigHuejur de lesur sort , efiet da la.d^reté 
et jsouyent de l'injustice de la poiiEttance. 

Pour dopyaer une idée de la (étàmAiié da #el^ aapèce , 
Arifi^toie dit qu'ayaat mis une ^onris plaise dans m vase à 
serrer du graiia , il s'y trouFa, pe^ die temps après , ctiA 
TÎntg^ souris , toutes issues de la mtmt mère. Les {eiKaUea 
produisent eu effet pJaisieurs b^s par ^n , et iaas ioutes Isa 
sai^oiAS. Leur portée est de cinq ou six {Miits^ qo^eUes dépo- 
aeAJt daj^s wa trou, an loiid duquel est un lii dematièrea 
qaollets et done^es , quelquefois de petits morctaux dç paj^ier 
, déchiquetés par les dénis de la méra. A«> bout de qutnei^ 
jpurs , ces petits sont assez forts pour se séparer at cbêrcber 
il ¥iyrje. Pallas a troaré, dafis unaeul et naâme endroit, sur 
](^ fi» de décembre, dés sAitriceaux qui avoieni déjà pri# 
Uur accroissement , . tandis que leurs mères étoiem ^é\k 
pleines. 

Partout oà rigoe la fert^té 4^^ l«s campagnes , et 
l'abondance dans les bahiratioas , \t(k snuri^.sontjtrès-iiomf- 
breuses. l^ais l^on n'en voit n^Ue part une plQS ^nausde 
quantité que sur le sol beureux de l'Egypte ; If ur .mubipii-* 
calion y est vraiment prodigieuse ; aussi y arqiiioii! qu^'eUef 
se forment du limon détrempé que le fifil laisse i déÂ0pyarv 
après son inondation. Tous tf^^ aaiosauxqui faisoient la ^arre 
aux rats et aux souris étoient sacrés cbe« les Egyptiens , aa 
sofis la santre-^garde des lois cùirBes et religieuses ; c'étoit ujd 
iQoyen assuré de s'opposer ^ la propagation d'espèces nuisi- 
bles 9 qui pouiroient derenir vu 6éai^ terrible pour la cf^ntréia 
1^ plus Csrtile de la terre. 

Si les Ef^ptiens faisoient des dirinités de taiis lesammanar 
qui déiroi^ntlei rat$ el^ les sanrist las Persans regardent 



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RAT 55 

^nx-ei eonnnei'cNifrc ihi nHdiaosprlt ^ quis'^ts «cri comme 
è^ârmétraoÊems de sa ragt- Ac aaire. et ée toorvitnter Ut» 
houunet , et ib j^nsent ne poaroir ries Caire Ac pk» mérî- 
teîre a« yeoi de Dieu ifm de ks taer. IW pareillet e|M- 
Konsi^ quoique supef ilîtiewes , »^Mit pîea de«angereiiK ; er 
pobfs'av coBtraîve eUe*. tavneai a» profit géaérat , elte» 
9MM préiérakle&àde aomJipea et aeîde» jpérités. • 
: T^ole rSafode est en proie anc déirasialietts de» souris , 
ainsi que l'Afrique et une grande partie de l'Asie* La 
vigaenr da froid n'empêche pas ces ammans de iiirre dans 
des taifttiides fort élevées. En latande,. an rapport d'Horre- 
bow , qai , snr ce poisi coMecte anr b^mcoup d' a n O es , con- 
«i«dît Andersen , Von est fort toerMenté par les souris,, et 
Iâs^ provisions de farine et de poisson saté sont fort endem* 
■Mgées par leur grand nooAee; Ettes s«et égakuneni coin- 
■mnes dans la liroide Norwége et enSèbdrte , oiÈ les Russes 
les nomment momsch, et les Yakonls houimijfaki Les seitlsi 
qnadrnpèdes que le eommnéone BiUings ait vus dans l'He 
d'OunalascUta , sont des renards^e* des. sevris {Voyagedùm 
le nord de la Riusie admÊnfue, dans-ia mm&lacimtt^ elc. , tradoe* 
tion française 9 4om. a, pag. i3a). Yancoqvei; (tom.. i» 
pag. 2^^ de la traduction frauçaise ) , a retroavé les souris à 
U rtouvelle-Âtbion , sur la cûte nord-ouest de TAmërique ; 
et depuis que les vaisseaux d^Europe fré^entexit le nouveau 
continent , eHes y ont passé , et ont pulhilé dans tous les 
endroits habités , nais en général moins abondamment que 
dans Taneien monde (i). 

Qoelle qne soit Tiniensilé du froîd^la sonris ne s'engourdit 
pas pendant l'hiver ^ cependant, lorsqu'il gèle très-mde- 
ment , elle a)e tient eacbée dans son tron. La chaleur natu- 
relle de son corps est grande ; elle s'élève , suivant les 
observations de Pallas , depnb lo^ degrés jusqu'à 109 
d» làermomètre de Farenheil, même dans le ^usfort de 
libiver. 

La nature , qui a doué l'espèce de la souris d'une grâmde 
Meondité , a posé des barrières qui s^onposent à rexeès 
d'une mnlti^Hcation trop rapide. Une feule d'animaux s'en 
nourrissent, et ont, par conséquent, intérêt à Im faire la 
guerre. Ses ennemis natorels sont , parmi les quadrupèdes : 
les belettes 9 les fouines, les rats , lies hértsaons, et principa- 

■■>i> i « Il nMin m r I jM P v Mi "^^^w^ipi M i i »f i >i >!■> n f il P^^— <yii I 

(i) La coItectîoQ du Miiséum renferme, sous le nom de souris do.- 
mestique de New-York , un petit rat de la tailte de la souris , mais 
dNine couheup phis obscure,- ce qui n'est peut-être qu'une apparence 
produire par l^immerHon de l^imsl daas l^etprit-de-vin. 



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56 , RAT 

lem/entJes chais; dans la classe des oiseaux ^ {iresi)i]e tons 
cenx, de rapine et de. nuit. L'homiite cherche à «'en débar- 
rasser de mille manières; il emploie les embûches ^ les , 
appâts , les poisons. . Il y a plusieurs sortes de souri- 
cières , et différens procédés sost employés pour détruire 
les souris. Nous en avons ukàkfÊé quelques-uns , en traitant 
de l'espèce du rat cQinmun. Nous nous contenterons d'ajott-^ 
ter que Textrait d'aconit tue ces animaur, et que Todeur.dtt 
sureau et de ryèble.les éloigne. 

Plusieurs sourb , ouvertes par Daubenton , avoient des 
vers, dans les dîfTérens lobes du foie etdans le canal hépatique. 

On vantoit^ dans l'ancienne pharmacie , plusieurs parties 
et' préparations de la souris, comme médicamenteuses. Il 
n'y a pas long-temps que la â^nte de cet animal étoit encore 
d'usage en médecine , sous le^nom de musurda , ou .sous celui 
plus mystérieux X album nigrum. On la toiettoit au raojp; des 
purgatifs, et on lui attribuoit encore d'autres propriétés. 
Tous ces prétendus remèdes soni abandonnés; et loin de 
fournir quelque chose d'utile , la souris est pour nous une 
petite bêie fort incommode et pernicieuse, (s.) 

Dixième Espèce. — Le Rat DES MOISSONS ^ Mjus messorius , 
Shaw , Gen, Zooh , vol. ii, part, i , pag. 62 , %. du fron- 
tispice. — Harvest mouse , Pennant , Quadr. a , pag. 384* 
— Mus pendulinus^ Jlermann, Obseiv. Zoolog, , pagj. 61? 

.Cette espèce paroissoit av.oir échappé aux recherches des 
naturalistes, lorsqu'en 1767 ,'M. White de Selburne la fit 
remarquer à Pennant, qui l'introduisit dam sa Zoologie 
britannique. ... i 

Le rat moissonneur n'a guère que deux pouces et un quart. 
( mesure anglaise ) de longueur., et sa queue n'a que deux 
pouces. En dessus , il est d'un gris de souris tnélé de 
japuâtre i son ventre et ses pieds sont blancs ; une ligne 
droite sépare , sur les côtés, la couleur du ventre , de celle 
du dos. 

Les poils qui couvrent le dos sont 4^un gris. foncé dans 
la plus grande partie de leur longueur ; leur pointe seules 
ment est d'un jaune fauve ;.la queue est de la couleur du dos; 
les oreilles sont asse% courtes, arrondies, et velues. Les 
poils situés à la place où s'insèrent les moustaches, sont, 
d'un gris plus foncé que celui du reste du corps. 

On trouve ce rat très-abondamment aux environs de Sel- 
burqe, dans le Hampshire en Angleterre. Il habite dans les 
carrières et dans les endroits rocailleux; il se répand dians 
les champs cultivés, et y cause beaucoup de dégâts , relati- 
vement à la petitesse de $a taille ; en hiver, il creuse la terre 



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RAT . S; 

eue fait jun peèii réduit presque sphëfique', if quelque pro- 
fondeur; c'est lii où il se .tient, lor^qu^il vaitséreposer ; ce 
nid est tapissé de matière inolie ; mais ep été il en con&* 
trutt un parmi les pailles de blé, au-dessus du gazon et 
quelquefois dans les* touffes d'herbe. Ce nid est de forme 
ronde , et composé très-ingénieusement de piaiillé de blé ; sa 
grandeur est ceHe d'un nid de sanleRlle, et il renferme le 
plus souvent sept k hmt petits. 

Onzième Espèce. — Le Rat sitnic ou Rat agraire. Mus 
agranus^ Gmel., Fallas, voyage append,^ p. 4-^4 « f^jusd. 
gUresy pâg. 34.1^ tab. 24» A.— Scbreb. , Saeugih^ tab. i8a>— - 
Rustic mouse , Pennant , Quadr. a , p. 189. — Shaw, Gen, 
ZooLf vol. II, part, i, p. 61, -^aaisilnic, Vicq.-d'Azyr, 
Syst. anut. des animaux. 

Le siinic varie pour la grandeur suivant lés diffërens cli- 
mats qu'il habite : en Sibérie, il est du volume des plus grands 
mulots, mais dans les autres régions il est un peu moins 
erand que le mulot de taille ordinaire, et plus allongé que 
la souris : son corps a environ deux pouces et dix lignes de 
longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la 
queue. Celle-ci est longue d'un pouce neuf lignes, arrondie, 
plus velue que celle de la souris. Les oreilles sont ovales et 
un peu plus petites que dans la souris. 

La fourrure dç ce petit rat est composée de poils d'un 
gris jaunâtre et mêlés de quelques, autres de couleur brune , 
mais en très-petit nombre , excepté à la tête ; ceux des par- 
ties latérales sont d'une couleur plus claire; la partie infé- 
rieure est blanche, de même que les pieds et les mains. Une 
bande noire s'étend sur l'épine du dos depuis l'occiput jus- 
qu'à la queue; en général, tous les poils du corps sont bruns 
auprès de la racine. Les soies des moustaches sont noirâtres. 
Les joues ont à leur face interne un petit espace recouvert 
d'un léjger duvet. 

L'espèce durât siinic est très-répandue dans les contrées 
sententrionales de l'Europe ; on la trouve principalement en 
Allemagne , en Russie , et dans les climats tempérés de la Si- 
bérie, Ce rat habite toujours les pays cultivés, où il fait un 
grand dégât aux moissons ; il se tient presque toujours dans 
les champs , mais quelquefois il arrive en si grand nombre 
dans certains cantons , que les maisons mêmes en sont in- 
festées. Il répand une odeur très-forte. 

Douzième Espèce. — Le Rât SUBTIL, Mus subtilis^ Gmel., 
Pallas, liin. II, append.^ p. 70, n.*» 11 , A et B. ;^^^ Rat 
VAGABOND OU SiKiSTAN , Musvogus^ Ejusd., gUres , tab. 2a y 
fig. 2.4^Schreb.)«Sari^9 tab. i84t fig* 2n'^ff^andenngmousej 



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58 RAT 

Sbaw, (ïtffi. JZoo/., Tol. 1 1 p«it. 1 9 pL tS4. ^ Rat DBâBou*^ 
11 AUX ou BÉTOLm, Hiir bebdimu ^ PalL, ffihis ^ pi. aa t % i* 
— -Schreb. , Saeugih. , pi. iS^, ig* t.^^^Birài mouae, Sba^r , 
G€n. Zool.t vol. II , part, i , p. 6^ , pL K3i4- 

Pallas a voit à!iAn%tA séparé It sUÉi«ban (mut in^iis ) <ki bé* 
tulin (miM bHuii$uê) ^et avoit fofmé deux espècta éi^Uncies 
de e«f deux aniitiaiix ; mats depoii ïï a reoottBU cra*ila ne aoAl 
que des variétés d'une même espèce ^ ^ ^ laquelle il a d<MMié 
le nom ie raf snàtUimus 9tdftiH$)^ Nous allons donner d'a- 
près lui la 4escription des deux variétés' de Tespèce do rai 
suhtiL 

A' Le rcU siktstan est un des plus petits rats connus; la lon- 
gueur de son corps est ie deux pouce$ sept à bnit lignes ; 
et celle de sa queue dé deux pouces sept lignes. Il ressemble 
beaucoup ^nratfauoe de Sibérie , mais ses oreilles sont plus 

Srandes , et sa queue est beaucoup plçs longue et()la&foui*nie 
e poils. Ses dents incisives sont Jaunes. Ses oreilles sont 
très-grandes f ovales, et repliées en-debors dans leur bord 
antérieur ; ses pieds de devant ont quatre doigts onguiculés , 
et le pouce es\ remplacé nar une grosse verrue calleuse. Sa 

Îueue est beaucoup plus longue que le corps; elle est ténue, 
épourv'ue de poils , mais cependant moins que celle de la 
souris ; on compte sur la peau de cette queue cent soixante* 
dix aimeadx écailleux. Le pelage, doux et lisse, est en dessus 
d'un gris blaqcbâtre n^élé de quelques teintes plus Qbscqres, 
avec une ]igne noire ^ assçz large , qui s*étend du derrière de 
la tête ou des épaulas jusqu'à rorigine de la queue, qui est 
noire aussi. 

Ce rat a quelques rapports avec les loîrs , Surtout parce 
qu'il manque de vésicule du fiel, et qu'il byberne; mais il 
diffère 4e ces animaux en ce qu'il n'est pas , comme eux, dé- 
|>ourvu de cύum. 

B, Le rai boulin ressemble entièrement au rat sikiHan , 
pour la forme du corps \ mais il es( un peu plus petit, n'ayant 
guère que deux ponces trois lignes ; sa queue est aussi très- 
lougue ^t presque nue. H n'en diffère sensiblement que par 
la i:ouléur du fond de son pelage qui est d'un gris fauve , 
tandis qu'elle est d'un gris blanchâtre dans le sifcistan ; du 
reste, on observe la même ligne poire qui s'étend depuis la 
iiuqueius<)u'àla queue, qui est brune en dessus etbIancbAire 
en dessous; comme dans U premier animal, le ventre est d'un^ 
blanc légèrement cendré. 

Le sikistan est très^commun dans tout le désert de la Tar- 
tarie, et se trouve au-delà da 5o.« degré de latitude boréale; 
Il y est plus grand qu'en Sibérie, oin il se trouve aussi abon- 
damment. Lebétulifi se trouve égalemti^teB Sibérie, dans les 



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E A T 59 

lieif AsinuMK fUMMe^t arec <i^ité sur W arikoesr» çt pMr 
cela ib étendent largement keurs naaku» Jla s'accrochent et ae 
sii5penclen( jqnel^efois avec ieiirqueoe. Lprsi|u'iispi2|rclient 
^m f a^ cpnrent , ils tiennent les doij^td écartés. Us se nour- 
rissent ie toqies sortes de ^ubstançe^s, et sartonl de graines» 
Le sÀ^istah es^ un peu carnassier 9 cojpame )e sont la plupart 
d^s rats. Pa)la9 ayaqt entériné un de ces animaux avec deux 

Setit raUfauoes //< Stlérte , il troura le lendemain ces deux 
entiers é§or|[és et dévoréj en partie , ^oiijue ce sikistan eAt 
une provision de graines dpnt il paroissoit très-friand. 

Tràzièmfmj^,^X^ R4T &Ti\t OU QWINTAI* , Mus ^rÙH" 
f0U§ i Sf^bîi, 7%^f. PI 9 p. a« , pi. «I , % 9r >««<- Mu9 strias , 
Linn. ; Mus. Regin. 1 , p. 90.ii^$pt^ îf a^f t3.' éd„ sp. i8.-^ 
Erzlçben, M^mm, , p. i^oo^ sp. 10. '^Siriaied mouscj Shaw, 
CeFf, ZopL j yoi. I , p. 66, pi. i33. 

Il e^t d^ inoitié plus petit que la souris. Le dessus de so|i 
corps est d'un gris tirant plus ou moins sur le roux ou le 
fauve ; son dos est marqué de douze bandes longitudinales 
foTïïoéçs df petites taches blanches , séparées les unes des 
autres ; son ventre est blanchâtre ; ses oreilles sont peu al- 
longées , de forQie arrondie et presque nues ; ses pattes sont 
jaunâtres; sa <peue est presque nue, de la longueur du corps 

Ce qi|e i|Qus savons sur cette espèce de Tlnde , se réduit à 
fort peu de chose ; cependant, la forme de son corps, le 
nombre d^ ses doigts et la nudité presque absolue de sa 
(jueu^ , noq^ engagent à penser qu'elle doit appartenir au 

Senre des rat^ proprement dits. Pallas, es plaçant le rat strié 
ans la division des mûres lethar^ci ou des4oirs , semble croire 
qu^il n'est que le jeune de l*éeureuil barbartsqut (^sdurusge^ 
Arf«^ ) t ^^^ ^^U^ crQyQQs qii'on doit rçj^tef cçtt^ opiniop. 

(^uaiQr^me espice. — \^e Rat bs Barbarie , Mus harbams , 
Linn., 3yst. Nat '-^Bàràary mouse , Shaw» Gen. Eoei., vol. 
II, par^. I , p. 70. 

Cç quadrupède est phis petit que la souris ; son corps est 
brun e« dessiis , et marquéde di^ ligues loseitudinales blan- 
châtre^ ; ^n ventre est d'un b|anc sale. Si Ton en croit 
la description de Lipnseus , il n^auroit que trois doigts aux 
pattes de devant | tandis que»celles de derrière en auroient 
cinq. 

On le trouve dans PAfrique boréale. Hous pensons que 
c'est à tort que Sbaw dit qu'il n'est peut-être qu'une variété 
du rat strié. Les poule\irs de son pelage l'en distinguent suf- 
fisamment. 

Nous ne nous sommes déterminés à le placer dans le 



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^ RAT 

Î;enM des rats proprement dits, que parce qa^il a, comme 
es auUres animaux de ce genre, la qneae d'une longueur 
assez considérable ^ nue et annelée. 

Quinzième Espèce. '— Le Rat NAIN DU Cap , Mm pumilio , 
Sparmann , Acia Siockolm. Noo,, ann. 1784 , p. SSg , tab. 6. 
— Ejusd. Voyage en Afrique, -^ Linn^ , SysL Nat. — lineated 
morne ^ Shaw., 6f«i. Zool^ vol. 2, pari, t , p. ÎBg, pL i33. 

Ce joli r^t n'a que deiix pouces au plus , de longueur. Le 
dessus de son corps est d'un brun cendré clair, et marqué de 
quatre bandes longitudinales , noires, qui s'étendent de la 
nuque, à l'origine de la queue; le front est noir et presque 
bu; les oreilles sont courtes ; la queue est noirâtre. 

Il a été trouvé par Sparmann , dans la forêt de Sitzîcam 
près du Cap de Bonne-£spérance. 

Seizième Espèce. — Le Ra^ NAIN d'Europe , Mus sondnus^ 
Hermann, Observ. Zool.^ p. 5;. -^Schreber , tab. i83. B.— 
Linn., Gm., Syst. Nat. — Bat à museau prolongé^ de l'Encycl. 

Hermann. et le docteur Gall ont trouvé ce petit rat y pour 
la première fois, dans les fortifications de Strasbourg , en 
1778^ vers la fin d'octobre , et à l'époque du débordement , 
du Rhin. Sa longueur totale est de quatre pouces et demi , 
sur quoi la queue en a deux et trois lignes. Sa cotileur est le 
gris jaunâtre en dessus, et le blanc en dessous; son museau 
est fort allongé et pointu ; ses oreilles sont orbiculaires et 
veluçs ; ses incisives d'un jaune pâle. 

Cette espèce paroît avoir beaucoup de ressemblance avec 
le rat des moissons d'Angleterre ; néanmoins , elle en diffère 
par ^on museau plus prolongé , pa/ sa queue plus longue ^ et 
sa taille un peu plus considérable. 

Dix-septième Espèce. — Le Rat fauve de Sibérie , Mus 
minutas , Pallas ; gUre/i, p. 96 et 345; ^ab* 24, B. — Erxlçb. , 
SyU. mammaî.j pag. l^oi^ sp. ii.-^ Mus paivuius, I^ermann, 
Oèserç. zoologicœj page 64. ? 

Le rai fauoe est presque de moitié moins grand qu'UiUe 
souris adulte ; son corps et ses extrémités sont plus grêles ; 
mais sa tête e$t un peu plus grosse , et il a le museau un 
peu plus aigu. Sa queue est écaiiieuse comme celle delous 
les quadrupèdes du genre des rats; elle est plus courte et 
plus mpce que celle de la souris. Ses oreilles sont petites, 
plates et l^èrement arrondies ; son pelage est d'une couleur 
lauve sur le dos , d'une teinte plus claire sur lés flancs , et 
d'un blanc sale sous le ventre. Les femelles sont généra- 
lement d^une couleur plus claire et plus sale que les màles« 

Ce rat se trouve partout eur Bassie et en Sibérie , prin- 



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RAT 61 

cipalement àa^ris iu^ Yo^a. Il hàbkt d«Bs les champs, 
compile le rai sîtnic, et^ connue lai^ Jhes iadiridus de- son 
espèce se rassemblent en très-grand nombre,, en automne 
et en hiver, sous les tiis de gerbes de blé et dans les greniers* 

Dix-huilième Espèce. — Le Rat A COURTE QUEUE, Mm 
micruros\ Erxleben , 56 ; Gmelin , reis III , page 5? , fig. 2, 

Ce pelit quadrupède, qni n'appartient vraisemblaolement 
pas au genre des rats , et qui devroit plutôt Ctre placé dans 
celui des campagnols , a pour caractères principaux : d'avoir 
la queue courte , le corps d'un cendré blanchâtre en dessus 
et d'un blanc sale en dessous. 

Il est long de trois pouces un qualrt, et sa queue n'a que 
sixligiies de longueur. Sa tête est courte , son museau obtus, 
ses narines sont petites et arrondies ; ses moustaches d'un 
^ris blaùc ; ses oreilles grandes , oblongnes , arrondies > 
poilues ; son iris est noir. 

Il se trouve en Perse » dans la province du Masanderan, 

Dix-newihne Espèce. — Le Rat frugivore, Mus /rugi- 
vorus, 'Hoh.^ Musculusfrugworus^ Rafioesque Smàltz, Précis de 
découQertes de Somiologie , etc., page S. 

Nous plaçons cet animal, que M. Rafinesque dit avoir 
trouvé en Sicile , à la fin des espèces de rais de . Tancien 
continent, jusqu'à ce qu'il nous soit parvenu de nouveaux ren« 
seignemens sur ses formes et ses caractères, qui nous per-^- 
mettent de le rapprocher de quelque espèce bien connue. 
' Sa longueur totale est de quinze pouces; son pelage est 
d'un roux brunâtre en dessus, et parsemé de longs poils 
bruns; en dessous, il est blanc. Ses oreilles sont nues, arron- 
dies; sa queue est de la longueur du corps, brune, annelée, 
ciliée et cylindrique. 

Il vit de fruits, niche sur les arbres et est bon à manger. 

Ces derniers traits pourroient faire penser que cet animal 
appartient au genre des loirs ; néanmoins, les longs poils 
bruns qui traversent le pelage ne nous semblent appartenir 
qa'à un vrai rai. 

VîngUèrne Espèce, r- Le Rat à QUEUE BiCOLOàE , Mus 
dichrurus f Nob. — Musculus dichmruSf Rafinesque Smaltz, 
Précis de découvertes sémiologiqiies , page 5. 

Ce m/, aussi peu connu que le précédent, est fauve , mé- 
langé de brunâtre en dessus et sur les côtés de son corps* 
Sa. tête est marquée d'une bande brunâtre , son ventre est 
blanchâtre ; sa queue, de la longueur du corps , est anpelée, 
ciliée, brune en dessus, blanche en dessous, et un peu 
éqaarrie comme celle de certaines musaraignes. Sa longueur, 
totale est de huit pouces. 



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6i RAT 

Cett« espèce M trM^ énSidk'/tiff laM lêê dMMp»^ «f 

procbéroietirt àe» lotr«. 

B. Espèces de rais propres au nouçeau continent. 

Vingt-unième espèce. — Le Rat du l^'ftEStLt Mu» brasOienns^ 
Geoffr. , CotUct, du Muséum i'hist. nat de Pari». 

Cê^ raty (|iû a été envoyé à la collectioil du Miùé^um par 
M. Auguste Saint Hilaire^ maîmenant au Brésil , est nti 
peu plus petit que le rat commun. Sa tête est assez raccourciev 
%ts oreilles sont médiocres ; son pcril est râs et cToux ^ dfun 
brun fauve sur le dos , passant au fauve sur les (tancs \ sa 
queue est un peu plus longue que te corps , fécèrément vêtue;, 
le dessous de son corps est gris ; sts moustaches sont noires. 

Vingi deuxième espèee. — Le Rat AiléovY a , Mu» mÊgbwra^ 
Nob. — Rat troisième ou Rat \NOOUVii, d'Azara ^ Eswm 
surVhist. nat. dea Quadr. du Paragàay^ trâd. fr. f t. ar , p. 86. 

Le rat angouyn est long de cmze pouces et demi , et sa queue 
Test de six. Sa tête est de grosseur moyenne ; so» front 
un peu mioutonné ; son museau aigu et non pelé ; son œît 
un peu saillant ; ses moustaches soqt nombreuses ; ceHes 
de dessus sont noires , Tes autres sont blanches. Du museau 
à la queue , et sur les côtés du corps , tout est brun-cannelfe ^ 
parce que les poils ont une petite pointe cannelle ; puis ifs 
sont obscurs , et enfin bfancs vei's (a peau. Toute la partie 
inférieure de I^anima! est blanchâtre « plus claire sous la t&e, 
et plus foncée entre les jambes de devant; Te pcl^âf est dtouXf 
très-serré y et le poil qui est à ta racine de foreiDe cache le 
conduit de celle-ci. 

D'Azara a fait la description dont nous venons de donner 
Fabrégé, sur deux individus de cette espèce quî avoient été 
pris sur le penchant d^uoe gorge de mpntagne incufle de la 
peuplade d*Atira y au Paraguay. Il fait remarquer qq'il existe 
assez de ressemblance entre cette espèce et celle qull nomttie' 
rat à grosse tête, ( V, ci-atftès.) 

Le nom à'angouya est celui qui , chez tes Guaranis, com- 
prend lesnOs^ le» souris y et tous le» anîmEmn qiâ fear res- 
semblent en quelque chose. .^ 

Vingt-iroi^ème espèce, — Le Rat bûux dix Paraguay / 
Mus ru/us , Nob. —^R AT CINQUIÈME on Rat tjm^r d'Azara,/ 
Es^ai sur l'hisL nat, des Quadrupèdes du Baragfiia^ y trad. firanÇr t^ 
tom. a,page^ 

Ce nU roux est long de neuf pouces un qu^ ^ et sa queue 
n^a de longueur q^c trois^ pouce» trois, quarts ; elle est très- 
mince , couverte d^cailles obscures, et parsemée de ^elques 



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RAT 63 

poHs noirs ^ coorti et dort q«î Missent entre les interrtices 
4e ces écsiUes. Son oinseao irest pas si riffi que cekn Anrot 
commun; l'œil ^roft asses grand ; Toreille est arrondie ^ ?e^ 
lue 9 large de boit lignes et haote de six seulement Le poil 
qui courre sa téte^ excepté celui de la pointe du museau , est 
aussi long ou plus long que celui du dos ; le peiage parott un 

Îea plus court et un peu plus toafiu que celui du rat commun» 
>u museau à la queue il parott obscur ^ et sur la croupe f 
il prend une légère teinte de cannelle jaunltre , qui se fortifie 
sur les flancs de Panimal , et plus encore sur les côtés du 
cou , sur les jambes de devant et dans la partie postérieure 
des fesses ; sur la poitrine et dans toute la partie inférieure 
du corps , le poil est jaunâtre Jrec une nuance cannelle. 
D^Azara ayant fait cette description sur un individu conservé 
dans Teau-de-vie et assez altéré , pense que ses colileurs ' 
étoient peut-être un peu dénaturées. 

Il se trouve près des endroits marécageux , au Paraguay. 
D'Azara pense que ce rat a quelque analogie avec le 
campagnol rat-Seau , à cause de la proportion de sa queue eC 
des lieux qu'il babite. Nous ne saurions nous décider sur ce 
rapprochement , n'ayant aucune connoissance de la forme 
des dents molaires de cet animal. La présence d^écailles sur 
la queue nous a principalement déterminé à le ranger dans 
le genre des rats proprement dits. 

Vingt^quatrièmeEspict. — |Le Rat A GROSSE TÊTE , Mus ce-^ 
phalotes^ rfob. — Rat secoiso ou Rat a grosse t£t£ , d'Aza- 
ra. Essai surPhtst, nat. des Quadr, du Paraguay, tr. fr., t. a, p 83, 

Le ratàgrou€lite est long de bnît pouces ; sa queue en a 
quatre ; eUe est cylindrique et ne diminue pas arec autant de 
rapidité que celle durât ordinaire. Toutes les formes de cet 
animal sont celles du rat , mab il a la tête beaucoup plus 
grosse et plus courte à proportion; son œil plus petit et nàoîns 
saillant ; son oreille un peu moins longine et plus ronde ; ses 
Apostaches béancoup plua courtes t et ses joues plus grosses. 

I>u muaeaneii la queue l'animal est brun ; les c6tés du corps 
et ceux de la tête le sont aussi, maia plus clairs et avec un peu 
de nuance cannelle ; en dessous tout est blanchâtre 9 tirant 
légèrement sur la couleur cannelle* 

Ce rat se trouve dans ks jardins « au village de Saint- 
Ignace-Gouazou , à trente- quatre lieues et denne , dans le 
Sw un quart S. £. de la cité de l'Assomption.. U parott habiter 
sous terre ; ee qui , joint à la brièveté de sa queue , poorroit 
le Cadre considérer conomie étiguat peoi-étr^ du genre dies cam- 
pagnols. La descripti<»i de d' Azara ne donnant pas de détails 
sur l'existence d'écaiUes. sur la queue , notre incertitude, re- 



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64 R A T 

lativement à la place que doit occuper cette espèce, est en- 
core ipltts grande que ponr la précédenle Nous ne possédons 
non plus aucune notion sur la forme des dents. ,. 

' Vingt'cinqmème Espèce, — Le Rat OREILLARD, Mus aunius j 
Nob. — Le Rat QUATRIÈME ou Rat oreillard d'Azara, 
Essai sur Vhist, nat. des Quadr. du Paraguay , tr. fr., t. a , P«9i- 
Ce rat , des environs de Bùépos-Ayres , a été décrit par 
d'Âzara. Il est long de sept poiicçs et demi ; sa queue , qui 
est pelée , n'a que trois pouces de longueur, et est assez 
grêle ; son corps est gros ; sa tête grande , joufflue et plus 
grosse que le corps ; son oreille est arrondie et longue de 
neuf lignes et demie au-dessus de la tête ; sa largeur est égale 
à sa hauteur ; sa surface intérieure est nue ; ses moustaches 
- $ont fines ; tout le poil est un peu court et doux; au-dessous 
de la tête et dans toute la partie inférieure de Tanimal, il est' 
blanchâtre , un peu cannelle sous la poitrine et sous le ventre ; 
tes pattes de devant, le tarse des pattes de derrière et la queue 
peuvent être réputés pelés , puisquMls n^ont que de petit» 

Soîis courts et blancs , quoique la queue soit brunâtre par- 
essus ; le reste du pelage est comme celui du souriceau do- 
mestique , un peu plus obscur, quoique le contour de l'œil 
soit un peu plus clair. La brièveté de la queue de cet animal 
pourroit porter k le faire considérer comme un campagnol. . 

Vingt-sixièm/Espèce. — Le Rat a TARSE NOIR , Mus nigri- 
pes, ï^b. — Le Rat sixième ou Rat a tarse noir d' Azara, 
Essai sur fhisL nat. des quadrupèdes du Paraguay , trad. fratiç, , 
tome 2 , page 98. 

D' Azara, à qui U connoissance de cette espèce est encore- 
due , en a saisi les caractères sur desK individus qftt avoient 
été trouvés dans les jardins des Indiens de la peuplade d'A ^ 
tira^ au Paraguay. 

Ce rat est long de cinq pouces et demi; sa queue a deux 
pouces huit lignes ; elle est pelée et cylindrique , ce qui sem^ 
ble rapporter cette espèce au genre des rats propremeift 
dits , quoique ses habitudes paroissent avoir quelques rap- 
ports avec celles des campagnols. 

La tête de cet animal est moins plate que celle du rat com- 
mun ; son front est un peu moutonné et plus élevé ; son ina«^ 
seau est beaucoup plus joufBu et plus obtus ; son oui bst petit 
et oblique ; son oreille est arrondie , haute de quatre ligpDes ; 
ses moustaches sont déliées , obscures , avec leur inîlieu blanw 
châtre. Le corps est gros aux épaules > et se termine en une 
croupe très-aiguë; le cou est court; les quatre pieds et les 
. doigts sont assez gros; il y a quatre doigts et un rudiment de 
pouce aux pieds de devant, et cinq doigts à .ceux de dèrrî^r^ 



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RAT 65 

'Bv mdécm h b qùewk ^ TatiîflMA ès^hrmÊ camiTeUe y phtf clair 
flor ie» tête» de la l^fe ^ sdr leÉ ûêmtset sur les jambe» ; tonte 
h (ârlit îvférien-tf est blandiâlré. 

Vitigt'SepUème Espèce, — Lp ÎRat LAtJCHA,i^ii5/aifr&r, Nob. 
— ÎIaT sÈVtiÈitf ê ôii Kat laucha d'Azara , Essai sur thist. 
n(â. àés quàâruphâés du Paraguay ^ trad. franc. , t. a , p. loa. 

Ce p^tit quadrupède qui , ainsi que les préc^dens , poar^ 
rl>it peùt-itfe prendre place parmi fcs campagnols si Ton 
côtiûoissôiC fâ forme de ses dents molaires, n'a guère que 
quatre pouces de longueur , et sa queue mîâcê et pelée, n'a 
Kjjù'tLlk poticé trois quarts. Son museau est assez aigu ; sob œil 
eât petit ef point saillant ; ses oreilles sont arrondies et hautes 
de* Ai figûës ; sts joues ne sont pas gonflées comme celles 
diCt rât à grosse tête ; ses moustacnes sont fines et blanches ; 
sôlïeôtf est très-court; ses pieds de devant ont quatre doigts et 
jîiï fiudifilleùt de pouce; ceux de derrière en ont cinq,et sont en 
de'^stfs couverts d^'un poit si court, qu^on pourroit les regarder 
eôitame é#àilt pelés, ainsi que ceux de devant. Tout lédessoua 
de l'animal est blanchâtre, et sa partie supérieure est pfom- 
hé^ eomnde dans le rat commun , avec une légère différence 
éexéïtiié* 

Ce ràt a été trouva dans un monceau de paille aux esvi- 
rctûi de Bùénôs-Ayres , au Paraguay , par le a5.« degré de 
l^ùde méridionale. Dans le pays , le nom de huma ou 
laatAûa , signifie peiii rat ^ 

Vingt -haâti^rrki EÊfpiC6,^^\j^ Rat DE lA FtORiDt , Mm 
flpridmfw^ & Ord. -^ Netir. Bail, def la Siocfété pMlom. , 
d^enW^rSfS. 

La descriplicm^ de c4 rcm^em, adressée k la Société pbi- 
lémadnqae^dffifé Us traits: sutiraiu^ : « I>é sept poace» ef demi 
de- long y du bxiut du mtiseaa^ ir hr radne ée la q*eue , ^ a 
qoaire poucesr et demi, le corps^de ce joti anim^ai est rem;ar- 
quable par lia iftieisié er la doac;eiiv des poiis q«it le recoo* 
vrent f et que M. Georges^ Ord eompa^e à cen* d« polatou- 
che. Conàme dans ee dernier, om ne voif a^emie trace de oeiT 
espèces de soies, pli»i ou moins^ro^ides^él s^laties, qui eth^ 
tesM chea ta) plupart èe» espèces de vérifies fats; la form^ de 
la tête est aussi assez semblable à celle du polatouche ; les 
yeàt soaDl égaléMMSt t^ès-gratide et brfei»; les ordtles so^nf 
grandes ,.miiiee«s pi^esquerovateiB^yCOtt^enes^ de poils si fins 
^'ette» sèmbievt imés ; leil m<écmtâdbe^ krt longues , pa^ 
raissent Mancives, dant^ leti¥ partie antériem^e^ et noires dans 
la postérieure ;-ïes membres de devsMit &6tiiî tertmiiés par des 
pieds blancs , pourvois de quatre doigta et d^an petit pouce 
onguiculé ; les pieds postérieurs ont cinq doigts; tous les on- 

XXIX. ' 5 



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^ R A T' 

eles sont blancs et couverts à leur base de longs poils blancs; 
la queue , qui est également blancbe en dessous et brune en 
dessus , est couverte d^écaiiles si petites et si bien cacbées 
par les poils, qu'elles sont à peine visibles. Le corps et la tête 
sont couverts en dessus d'une bourre extrêmement fine , cou- 
leur de plomb , entremêlée de poils jaunâtres et noirs ; ceux--; 
ci sont plus nombreux sur la ligne dorsale et sur le sommet 
de la tête, mais partout ils recouvrent la bourre. Sur les 
côtés , la couleur jaune prédomine ; les bords de Tabdomen 
et de la poitrine sont de couleur de buffle , et toutes les par*. 
lies inférieures d'un beau blanc , teinté de couleur de crème. 

L'individu observé étoît mâle; il a été trouvé dans la 
partie est de la Floride, dans un ancien grenier d'une plan- 
tation ruinée et déserte. Lorsqu'il fut éveillé , selon M. 
Ord , il courut à une courte distance , revint ensuite assez 
près de lui pour qu'il lui fdt possible de le toucher avec son 
fusil , avant qu'il se retirât : son air étoît doux^ et par con- 
séquent très-différent de celui du rat commun , qui est aa 
contraire à la fois méfiant et hardi. 

M. deBlainville,rédacteur dunouveau bulletin pour lapartie 
zoolo^îque, observe que d'après cette courte description et 
l'excellente figure que M. Ord y a jointe , quoique ce na- 
turaliste n'ait malheureusement rien dit du système dentaire 
de cet animal, et encore moins de son squelette ^ il estfori 

{probable , d'après la iSature du poil extrêmement fin et doux,' 
a forme de sa tête , la physionomie générale , les couleurs 
et leur disproportion, et enfin l'absence presque totale d'é- 
caifles sur la queue qui est entièrement couverte de poils ^ 
et même les mœurs et les habitudes , que ce n'est pas un 
vrai rat , mais sans doute un loir. Pour assurer , ajoute- 
t'il , si c'est une espèce de ce genre , il faudra savoir si 
l'humérus est percé d'un trou à son eondyle interne , si le 
cœcum manque^ et enfin si le nombre « la forme et la pro- 
portion des dents molaires sont comme dans les loirs. 

En attendant cette décision, nous avons pensé qu'il faiioîl 
placer cet animal dans le genre des rais y ainsi que l'a pro- 
posé le naturaliste qui le premier l'a fait connoître. Toute- 
fois nonsnedoiitonspasqu'ilne constitue une espèce nouvelle** 

Vingt-neimème Espèce. —Le Rat aux pieds blancs. Mus 
hucopus^ nob. — Musculus ieucopus (fn^^-feet-mause), C. S.Ra- 
finesque Smalt^ , Découvertes faites en histoire naturelle, dans un 
voyage aux régions occidentales des Etats Unis. E^r. du journal 
The amencan monihly magazine and criticoi ReoieiJp^n,^ Y I^tom* 
lU^ f ag. 44 , octobre 1B18 ( New-York ). 



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il À t Bt, 

t^armi lès'qoinzle espèces âe rais saùTages oJbservés par M4 
JRafiûesque dans les états de Totiést , il en a trouvé dix nou-i 
velles > dont deux appattienneht au genre des rats pro^ 

Eemént dits. La première est celle de son rat aux pieds hfancsm 
lie à cinq pouces (anglais) de longuetir ; son corps est d'un 
fauve brunâtre en dessus , et blanc en dessous ; sa (été egt 
fauve , $es oreilles sont grandes ; sa queue, aussi longue que 
le corps, est d'un brun pâle en dessus et grise en dessous; ses 
quatre pattes sont blancheâ. 

Trentièmt Espèce.^^lje R AT NdiàATRE, Mus nigricans , Nob; 
*— Musculus fdgricans {Blackish^rai)^ Bafinesque Smaltz , Dé^ 
concertes faiiesm fiist.nai. dans un voyageant rég, ôecid/dePAmét^ 
^Arneric, niênlhfy and crUical reoiefp , oct. 181 8^ pag4>4S' 

Cet animal, le second du vrai genre des rùtsn observé par 
M Rafinesque a six pouces (anglais) environ , depuis le bout 
du nez jusqu'à Torigine de la queue , et celle-ci est plus 
longue que le corps. Le poil est partout noirâtre , si cei 
n'est sous le ventre où il est gris ; la queue est noire. 

Il vit dans lès bois,, où il se nourrit de graines et de 
noisettes. On le désigne communément par les noms de 
Biack-rat ( rat noir ) , ou de jVood-rat (rat des bois ). 

SECONDE DIVISION, Rats épinaux, 

De famdéii eontineni. 

Trentè-wfiiime Espèce. — Le Rat épineux de Malaca $ 
Mus fasciculatus\, Nob. *— Le Porc-épic de Malaca, Buff. 
Suppl. , tom. ^ , J). 3o3, pi. 77. — Hysiria-fasdculata, Sbaw^ 
Gen. Zool. > 2 VOi. ^ i.^ partie , nage 11. 

C'est d'après Topinion de M. de BlainVille, que nous 
plaçons dans ce genre l'animal décrit par BùlTon sous lé 
nom de porc-épic , parce qu'il diffère en effet des porc-épic» 
par la forme générale de son corps, par le prolongement de 
son museau > par la grandeur de sa queue qui est arrondie^; 
nue jusque vers sa pointe, écaiUetuse, et en cela semblable à 
celle du rat. Cette queue,ditBufron, est terminée par un boii^ 
qaet de poik longs et plats, ou plutôt de lanières blancbes^ 
seidblables à des rognures de parchemin ; elle petit avoir 1^ 
tiers de la longueur du corps qui a quinze à seize pouces. Cet 
animal est plos petit que lé porC-épic d'Europe ; sa tôle est 
fVaa allongée, et son museau ^ revétu d'une peau noire 1; 
porte des moustaches de cinq à six pouces de longueur ; l'œil 
est noir et petit ; les oreilles sont lisses; il y a quatre doigts 
réunis par une membrane aux pieds de dev^nt^ et il n'y a 
qu'im tubercule en place du cinquième ; les pieds de derrière 
co ont cinq réJxjAs par une membrane plus petite que telle 



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ç$ RAT 

des pied» aniériears *, les jambe« sopt couvertes de poils wi^ 
râtres ; tout le dessous du cprjp3 est bUpc ; les flj^nc» et le» 
ré^ioDs supérieures sont hérissés de piquans moins larges q«e 
ceux du porc<-épic d'Italie « mais d'uue forwie tp^te par- 
ticulière , étant un peu aplatis et sillonnés sur leur longueur 
d'une raie ou gouttière ; ces piquaos sont blancs à la povntQt 
noirs dans leur milieu , et plusieurs sont QCtirs çu dessus et 
blancs en dessous : de ce niélange résulte un reflet ou nn jeu 
^e traits blancs et noirâtres sur tout le corp^ de cçt animal* 

Plusieurs individus de cette espèce ont élé amenés à Paris. 
Celui ^i a fourni à Baffon Ut dèscriptit^ii i|ue bou» venons 
de rapporter, ëtoit farouche lors^^on Tapproehoit; «I tré- 
l^ignoit des pied^ et venoit en »^en(Iant présenter 9èA piquant, 
qu'il hérissoit et seeouoît. Il domoit beaucoup te jour el 
n'étoit bien éveillé que le soir. Il loangeoit assis, en tenant 
entre ses pattes les fruUs qu'il pcloit avec ses dei^ts incisîves ; 
les fruits à no>^au, et surloifit l'abricot , lai plalsoieM pkis que 
l^s ÇruUsi p^^s, tek que, la po^re, la ponmie, etc. ; Uwan- 
geoit aussi du ineton t et ne buvoit januis. 

Cette espèce se trouve dans Plodei au«del4 do Qange , à 
MaUqa. 

Trente-deuxième Esoèçip. — Le Ri^T MÀCaouas, Mus ma- 
crourus^ Nob.— .Le Porc^épic sii^guuea DES Indes Orien- 
tales ou le PoRC-ÉPiC «JkUlTjlG&f pan^cus acuieatus syhestris^ 
Séba, .Thés., i ,p. 84 1 pi. Sa. -r-Hysfnx mQçroiff'af Xipn- , 
Gmel. — HysUix orientaHs , Rrisson , Quadr.^p, 13 1. -^ ÎF^ 
mee-iailed porcuphte ; lon^-iailed parcupine , Penn^ t-t- Irfde^mi 
pereupimej Shaw , Gen. Zool., vol. xi^ partAi,p.9,vpUM4* 

Ce rongeur a les plus grand» rappearta avec le précédent , 
mais cependant il est facile de saisir les, dtfTéreniees qui exis^ 
tent entre eux. Sa tète est plusr forte et moins aUoipgée que 
celle du rat éplneuîx de Malaca; ses piquM»»^ moimlongs H 

5 lus serrés que ceux de cet ani«)i.al, S09t avroAcHs aulk^i 
'étreplaîs \ sa que^e a la moitié de la longueur du corps , 
au lieu de n'en avoir que le tiers} enfift, cette naème queue 
présente un caractère distinctif trèa-apparent , dans les pâ- 
quans qu'elle porte en touffe à ssm esArémiié , lesquels soBt 
formés de plusieurs cenflemens qui resaeidi^bnt à autant 
de grains de ris»tanâts que dan& le ratde Malaca , ce soM èe 
simples lanières plates comme deftd'èeonpiires de parchesuia. 
BufTon a voulu voir dans cet anin^ ( qu'il connoissoit 
seulement parla 6gure et la descriplÎAii qu'en a dopaéestSéba^) 
Tespèce de porc-épiç de TAnaénq^e sept/entrionale qu'il a 
appelé ur$orL D'antres naturalii^tflj^ frappas deai a^pûrt& gé- 
néraux 'de taille, déformes géné/ales et de patrie , quiexis-r 



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RAT Cj> 

iènl entre celle espèce et la précédente, ont voulu les réunir 
en une seule ; quant à nous, nous sommés assurés qu^ Tes- 
pèçe de Séba a été fidèlement représentée et >sse2 etacte- 
ment décrite par cet miieur , et qu'elle tiabîle bien réellement 
dans rinde. La preuve que nous en avdns, consiste dans un 
dessin que M. de Blakivîlle a vu à Londres dans on recueil 
de figures d'animaox indiens^ét dont il a bten voulu nous com- 
muniquer une copie : ce dessin ne difTère presque èû rien de 
celui de âéba, si ce n'est dans là pose de Tanimal ; tous les 
€*racièressoiitlesm4meÀf et notamment celui que présentent 
les piquant du-Socon qui termine la queue. 

D'un «otre côté, la description du pûnhépfy: âeMaiard, de 
Boffon^ estsi précise^ elle s^ accorde tellement avec la figure 
i}ul raccompagne, que nous «'avons aucun motif pour douter 
de son exaetitttde 2 d'^à il résulte pour nous que les deux 
espèces existent bien réellement. 

La.forme de la téie et la grosseur du musea» de Fanimat 
qui BO«s occupe maintenant , indiquent une aiialogie plu», 
marquée de cet animal avée les porc - épies , que celle 
qu'on voudroii trouver entre ceut-cîet Fespècc précédente. 
La forme des dents molaires, lorsqu'elle sera eonnâe , dé- 
cidera la qnesj|on« 

Séba dit qdPles piquans du rat macroure ( son porc épie 
oriental ) sant aiguisés et pointus comme une aîgtiilié ; 
que sa lèvre supérieure est fendue comme cell* àe$ lièvres ; 
que les poils de ses moustaches sont ti^ès-longs et très-poîn- 
tas ; que ses yéox sOilf grattas et brilians ; que ses ordlles , 
petites et rondes , sont nue^ intérieurement ; que les oncles 
de ses doigts sont forts et aigus ; que ses pieds de derrière 
ont de forts talons ; que sa queue , d'une gi'ande longueur , 
diminue tasensiblement de grosseur; qu'elle est hérissée de 
poils piquans , et qu'elle finit par un épi d'une façon toute 
particnnèret pm^ue $e» poils paroissent composés de noeuds 
qui sQfnt arrangés k la suite les uns des autres, k peu près 
com^ le» grains de ris dans leur^ capsules^ chacun d'eux 
n'étant pas de la même grosseur, etc. Il ajoute que, joints 
ensemble ^ ccj» poils de restrémité de la queue forment 
BU Cabeeau traàsparenit qui }ette un éclat que Ton peut nom^ 
mer argentin. 

Il parott que Bontius a parlé de cette espèce dans un ou-r 
vrage latin ayant pour titre, de la Médecine des Indiens (Rot- 
terdam , 1647), et Sans doute à cause des bézoards.ou 
calcul»- qu'on trouve dans sa Vésicule du fiel , et qui 
étoient autrefoiécsthnés à cause des propriétés médicinales 
. qu'on lettr attrîbtioit Ces pierres portoreût le nom de piedta 



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,a RAT 

Trerde-iroîsthne Espèc€, -^-Le Rat fbrchal, Muipe^hai^ 
Gmel. -r- Shaw, Gen. Zool. , vol. ii ,jpart. i , p. 55. -^. Le 
Bat P£RGBAt , Buffon , Hist. nat. des Quadr. f suppl. » t. 7 , 
pag. 376 , pï. 69. -r- Echimy s perchai ^ Geoffr. 

Ce rat épinçux a quinzç pouces de longueur , sur laquelle 
la tête ep preqd presque trois ; la queue n^ea.a que oeuf en 
tout. Il a été rapporté de Pondichéry par Souoèrat, et le 
Muséuni conserve eqcore Tindividuqui y a été déposé par 
ce célèbre voyageur naturaliste. 

Ses oreilles sont nues, sans poil , de la ferme «t de Hi 
couleur de celles de ^ous les autres rats. Ses jambes sont 
courtes , et ses pieds dç derrière très*grand&, en. comparai- 
fion de ce^x de dçvant , qui n'ont que dix lignes du poignet à 
TextrémUé des ongles. Sa quen^ 9 qui est sémblftbie en tout 
à celle de nos rats, est moins longue à proportion. Le poil 
est de couleur d'un brun musc foncé sur la partie supérieure 
de la tfte , du cou , des épaules , du dos , jusqu'à la croupe , 
et s,or la partie supérieure des flancs; le reste du corps a une 
couleur grise , plus claire soua le ventre et le cou. 'Les n^ous* 
taches sont noires t\ longues de deux pouces, six lignes; la 
queue est écailleuse 9 comn^e par anneaux ;:sa couleur est 
d'un bri^n grisâtre ; les poils, sur le corps, ont de longueur , 
onze lignes, et nur |a croupe , deux pouces fRls sont gris à 
leur racine et bruns dans leur lonjgueur, jusqu'à l'extrémité; 
ils sont ip^angés d'autres poils gris, en plus grande quantité 
sous le veiitre et les flancs.. 

<( Ce rat est ^rès-commi|n dans l'Inde ,: et l'espèce en est 
très-nombreuse ; il habite dans les ms^isons de Pondichéry , 
comme le rat ordinaire dans les nôtres , et les habitans de 
cette ville le trouvent bop à ç^apger. » (JBuff* loccit. ) 
M. Èeschenault , qui voyage maintenant dans l'Inde^ 
- pour le Muséum d'histoire naturelle de Paris , a envoyé ré-» 
eemment à cet établissement quelques rats de Pondichéry, 
conservés dans, la liqueur. N'ayant pas examiné de près ces 
j;2Xs , nous ne saurions dire s'ils appariiejQnent à l'esp^e du 
rat perchai. Ils nous ont paru beaucoup plus; petits , puisque 
leur taiUe n'égale pas celle da rat commun d'Europe. Leur 
forme est allongée , et lei^rs couleurs Siont celles du surmulot. 

Trente-quatrième Espèce, — rLe R AT lîU Cai&B^, Mus càhirqi^ 
Geoffr. S.t-Hilaire ;— EcHiMYs d'Egypte , ejusd. , Grand 
çuQrage sur r Egypte ^ partie d'hist. nat.» pj» 5» fi^ 2. 

Il est un peu plus petit que le rat d'Alexandrie , c'est-à- 
^ire de grandeur moyenne entre le ra^ conmiun et la souris. 
Sar s^s fornaes et &t& couleurs, il ressemble lissez au rat, 
m^is il a la queue un peu liioins loi^gue que celle de cet animai, 



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RAT' 7^ 

Sa tète est assez courte; son nrnseaa effile;. ses oreiHes. 
sont brunes , presque nues; tout le dos est couvert de poils 
roides presque épineux, d'un gris cendré assez foncé; les. 
côtés sont seulement d'une teinte plus claire et d'un asgect 
plus doux ; le ventre est, ainsi que la gorge , le dessous du 
eon et la mâchoire inférieure, d'un gris blanchâtre qui 
^ 9e fond^avec la couleur grise des flancs. La queue, de là lon<- 
gueur in corps, est grisâtre , écailleuse et parsemée de poils 

fris; les pieds sont d'un blanc sale ^ les moustaches sont 
runes. 

Ce rat a été rapporté d'Egypte par M. le professeur 
Geoffiroy-Saint-Hilaire. (desm.) 
RAT. Nom d'une coquille du genre Cône, Cônus mttus. 

^ (DESM.) 

RAT. V. a» mot Urat^oscope. (b.) 

RAT D'AFRIQUE. Séba donae ce nom au Didelphe 
CAYOPOLLIN. V. ce mot, (desm.) 

RAT AGOUTI (^Mus agiai) des premières. éditions dti 
%fyst, ruOurœ de Linnseus. C'est I'Agouti. V. ce mot. (desm.) 

RAT A AILES. Traduction dttnomgrecf>fo/t)m/5, donn^ 
par les nomenclateurs au genre qui renferme les éeureuUs vo^ 
ions ou Pdlatouches. V. ce dernier mot. (desm.) 

RAT D'ALEXANDRIE. Fo^^x; l'article Rat , page 4^ 

(desm.) 

RAT ALLIAIRE, ilfi(5.a/ft'iinu5, Pallas. V. l'article Cam- 

FA61!K>L. (DESM.) 

RAT DES ALPES ( Mus aipinus) ou RAT DE MON- 
TAGNE (^Mus-monianus). La plupart des auteurs anciens 
donnent ce nom à la Marmotte. V. ce mot. (desm.) 

RAT ou LAPIN D AMÉRIQUE ET DE GUINEE, 
Rai nomme ainsi le Cobaye gocbon-d'Inde. V, ce mot. 

(desm.) 

RAT ANGOU¥A;de D'azara , Mas angmtYa^ V. l'art 
Rat , page 4^. (desm.> 

RAT AQUATIQUE. Voyet Campagnol Rat^ d^eav. 

(lœSM.) 

RAT-ARAIGNÉE/ Traduction du mot composé latin 
Musaraneus , qui désigne la MiTSAaAiONE. Voyez ce mot. 

(DESM.) 

RAT D'ASTRACAN; Musasirachanensk. V. l'art» Cam- 

9AGNOL. (desm.) 

RATBARABA. P^. Hamster orozo. (desm.) 

RAT BARABENSKOI ou RAT OROZO. V. l'arlichs 

HAîtSTER.(DESM.) 

RAT DE BARBARIE , Mm barbarus. Espèce du genre^ 
Jksx V. page 5g. (desm) 



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7» RAT 

BiVT-BEHNABD. En Bsrri, )e Gaimpeue^u m cmnvt 
^^$ cette éénopiioation yulg^îre. (s,) 

RAT B^TVLlii ^ Mi4s b^Udlfnus. V. KhTSÇNih.pH^^li^ 

(©«su,) 

BAT BiPÈDE^ Musùipes. hes am^^^» naturaliste* 4^ 
^pjent ce nom aux qoai)rupè4es da genre des Gyr»PU»^^ 
y, ce mot etTarticle G^ebillis. (desm.) 

ftAT BI.ANC. Fo^Tûc rarticle Lpi*, e«p^ee du iM, 

RAT BLANC DE CEYLAN. Nom donné par BrÎMon* 
ipjlis s^ns Cdndemenl V ^u PiLpAiS| puisqoe cet animal, 
d'ailleurs peu connu, est indiqué cpn^me ie trouvant d^nal^ 
Antilles. F. ce H^ot, (desm.) ^ 

Ï^AT BLANC (PETIT) DE SUÈDE. C'est la Soîîri% 
à pelage blancT V. Thistoir^de lasovnSf k Tarticle^AT. 

(D^«ai.) 

RAT BLANC DE VIRGINIE de Klein çt de Brîwïi. 
£rxle)ieB pense que ce pourroit bien é|re te Rat n'^Au^ 

(hesh.) 

RAT DE BLÉ. Vun de^ npms valgaires 4a HAU^TEa 
j>^E)uROP£. (desm.) 

RAT DES BOIS. C'est le Moî.ot. F. l'article Rat, 
page 5i. (wsM.) 

RAT DES BOIS. F. l'histoire de I'Akouchi , à l'article 

AgOPTI. (Dp^M.) 

RAT DES BOIS D'AMERIQUE. Charlevois appelle 
de ce nom (e maniçqny espèce d^ Pidelphb (P. Djdel- 
Pfi^ A OREiixES BICOLORES). En général, il e9t dooné à 
presque tous les animaux de ce genre. (p^SM,) 

RAT DES ROIS DU BRESIL. C'est le Dioelph^ 

QUATAE-aiL. (DESîd.) 

R AT- A-BOURSE. Traduction du mot composé grec 
p^ascoiomYS ffeipplpyé par M. le professeur Geoffroy- Sain t- 
Hilaire pour désigner un genre de mammifère» marsupiaux 
de la Nouvelle-Hollande. V. PpASCOi^M^- (ofiSM.) 

RAT A BOURSES, Mus bursanus, Shaw. Quadru- 
pède 4e l'Amérique du Nord , e<>cpr^ peu connu i et que 
90US avons plfK^é d^ns le gepr^ Hamstei^. F. ce m^l- 

(desm.) 

RAT DU RRÏISIU Çipèee d? gearc Rat, V, page 63. 

(PE&M.) 

RAT DU BRESIL. Linns^os dopi^e e^ nonva^u €a9AYE 
<^Qt:noK-D'lNPE, dans son Musçmm À^olpH Fre^ri^î r^is. 

(DESM.) 

RAT ( GRAND ) DU BRtlSlL. R^ donne ce nom aa 
Paca. V, ce mol. (desm.) 



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RAT 73 

RAT-BUFOU. Vnaàes and^os noms fraoçaîs in Loia. 

(OESM.) 

RAT DES BUISSONS ou RAT SITNIC K. I^miclc 
Rat, page By. (desm.) 

RAT DU CAIRE ou DU KAIRE, Mia CahinUm,' 
Geoff. Espèce de Rat. V. page 70. (oesm.) 

RAT CAMPAGNOL ou CAMPAGNOLDÈS BOIS. 
F. Campagnol, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL ALBICAUDE, Lemnusal biu^ 
datus, V. Campagnol, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL A BANDES BLANCHES, 
Lemnus albç^QÎUatus {White stn'ped Lemming). M* Rafinesqoe 
annonce cette espèce dans YAmenam Motdhly and critical 
reanetv (oct. 1818), Il Vê, trourée dans Us Etats-Unis de 
l^Oaest, où elle porte U nom ie, Nutsing-Mouse. CVstun 
animal long de quatre pouces « dont la queuse tronquée a 
huit lignes 9 et dont le corps fauve, en dessus, a cinq raies 
longitudinales blanches , celle du milieu s'étendant fusqu^au 
bout du museau. Ce campagnol se nourrit de blé, de graines, 
etc. La femelle porte ses petits sur son do?, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL FAUVE. Lemmssfulms. V. Cam- 
pagnol, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL DU NIL. Lemnus mMçus. V. 
Campagnol. (0£SM.) 

RAT CAMPAGNOL DE PENSYLVANIE, ou soiim 
depr^nrie. Ce petit animiil, décrit et figuré dans Vamerican 
i^mUfiolûgy de Wilson , tome 6, pi. So, 6g. 3, est long de 
quatre pouces , depuis te bout du nez jusqu'à la base de U 
queue. Cette dernière partie n'a que neuf lignes seulement. 
Sa couleur est d'un fauve brunâtre en dessus, et d'un blanc 
grisâtre eu dessous ; ses yeux sont très-petits , ses oreilles 
courtes et rondes. Il se nourrit de racines bulbeuses , d'ail , 
etc. {I nuit aux plantations qui sont sur le bord des rivières , 
en faisant des trous dans les digues, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL DES PRES. T. Caotaghol 

ÉCONOME, (desm.) 

RAT CAMPAGNOL TALPOÏDE, lentnus tclpa^s 
{mole lemming), M. Raiinesque vient de publier sous ce non^ 
)a phrase caractéristique d'un petit rongeur qu'il a observé 
dans VAmérique septentrionale % et qui est çoiiuo sous les 
dénominations de ground-mice ou snow-mice, c'esfr-à-dire , 
$(mîs Pierre on de neig^* Sa longueur totale est de;qu|Ltre 
pouces, et sa queue n'a que huit lignes seulement^ Son cprp» 
est d'un gris fbncé eu dessus ; son ventre est blanrchâlre ; 
i^ oreilles ^out j^tUes. 11 se terre comme la taupe. En 
hiver, il se creuse un terrier entre la neige e| le soL Sa 



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y4 RAT 

Dourriture c<>nsisle en racines ( American monttdy and enVcal 
refpietp. Oct. 1818). (BESM.) 
RAT GARÀCO ou CHARACO. V. Particle Rat, page 

4-5. (DESM.) 

RAT DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. K. 

Bâthyergus. (desm.) 
RAT DES CHAMPS de Slabbcr, V. Marmotte m 

ClRGASSIE. (DESM.) 

RAT DES CHAMPS (GRAND). C'est le mulot, 
espèce du genre Rat. F, page 5i. (desm.) 
JRAT DES CHAMPS (PETIT). C'est le Campagnol 

yULGAIRE. (desm.) 

RAT CHARACO. K Rat caraco, (desm.) 

RAT CHEROSO. V. Rat de senteur, (desm.) 

RAT CHIEN. Traduction du nom de cynomys^ dontiépar 
M. Rafinesque à un genre de rats du nord de rÀmérîque , 
dont il annonce deux espèces sous k$ noms de cynàmys 
SQciaiîs et de cynomysgmea. (DESM.) 

RAT A COLLIER, Mus torquaius. Espèce de Campa- 
gnol. V. ce mot. (desm.) 

RAT COMPAGNON, Mussocialis, Pallas. Espèce dm 
genre Campagnol. V. ce mot. (desm.) 

RAT A COURtE QUEUE, Mus micmros. Espèce dç 
quadrupède que nous avons p^cé prorisoirement dans le 
genre Aat. V. page 61. (desm.) 

RAT A COURTE QUEUE. V. Ratte^ Couette, (s.) 

RAT COYPU ou QUOUYA. Quadrupède américain 
du genre Hydromys. (desm.) 

RAT CRICET {Mus crîceius^ Linn.). C'est le Hamster^. 
V. ce mot. (desm.) 

RAT CRICET, ou Rat-Taupe du Cap^ de Bonne-. 
Espérance. F". Bâthyergus cricet. (desm.) 

RAT DOMESTIQUE. F. Rat (espèce commune)^ 
page 4-8. (desm.) 

RAT DOMESTIQUE MOYEN. C'est le Mulot. V.^ 
page 5 1 de l'article Rat. (desm.) 

RAT (PETIT) DOMESTIQUE. C'est la Souiws. 
F. page 52 de l'article Rat. (desm.) 

RAT DOR ou Rat dort. V. Loin musgardïn. (desmi) 

RAT DORÉ ou ROV^y MusfuHIus^ L. V. Campagnoi^ 

DORÉ, (desm.) 

RAT DORT. EnRoutgogne, c- est le Muscàrdin, cs^ 
pèce de Loir, (desm.) 

RAT DRYADE. F. Loir dryade, (desm.) 

RAT D*EAU, Mua amphibiusy L, F. Campagnol ra». 

^:B,kJ$. (DÏSMO ., 



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RAT 75 

RAT D^EAU. Millier donne ce nom (^<wmermau$) à U 
Taupe de Virginie (Voy. Taupe.). C'est aussi, selon Glasias^' 
Aldrovande, Jonstonet antres nataralîstes , le Desmâiy. V^ 
ce mot. (oESM.) 

RAT D'EAU BLANC DU CANADA. Ce n'est, an rap. . 
port des auteurs, qu'une simple variété du campagnol rat d'eat^, 
ef £11110/7^.' Il n'est brun que sur le dos;le reste du corps est blanc 
et fauve en quelques endroits; la tête et le museau même sont 
blancs , aussi bien que l'extrémité de la queue. Le poil paroît 
plus doux et plus lustré que celu^ de notre rat d'eau; mais y' 
au reste , tout est semblable dans ces animaux. (JOict. emych 
des Quadrupèdes. ) (desm.) 

RAT ÉCONOME ouFÉGOULE. V. l'article Campa-: 

GïïOL. (desm.) 

RAT D'EGYPTE ou RAT D'INDE. C'est la Man- 
gouste ; c'est aussi le gerèo. Voyez Gerboise, (desm.) 

RAT ÉMIGRANT. V. Campagnol lemming et Rat 
yoYAGEua. (desm.) 

RAT ÉPINEUX. F. l'article Echimys et l'article Rat, 
seconde division , page 67. (i^esm^ 

RAT FAUVE DE SIBERIE, Mus minulus. Espèce du 
genre Rat. V. page 60. (desm.) 

RAT FEGOULE. F. Campagnol économe, (desm.) 

RAT FLÈCHE, Mus sagiiia. C'est ^ Gerboise alag* 
taga. (desm.) 

RAT DES FLEUVES. V. Myopotame. (desm.) 

RAT DE FORET. C'est le mulot , espèce de Rat. V^ 
ce mot page 5i. (desm.) 

RAT FOSSILE. V. Campagnols fossiles, (desm.) 

RAT (GRAND) ou GRANDE SOURIS D'AMERS 
QUE. Séba, Klein et Halles nomment ainsi le Phalanger, 
qui n'est pas un rat, et qui ne se trouve pais en Amérique. 
V. Phalanger. (desm.) 

RAT DE GRAVIER. Miller a décrit sous cette déno- 
mination, un rat qu'il a décourert dans Tîle de Laland. Oi| 
en trouve la figure dans Schreber , tab. 190, R, mus glareohis, 
U paroît que c'est le Campagnol économe. F. ce mot. (s.) 

RAT GREGARI, Mus gregalis. Mammifère du gènr« 
Campagnoii. V. ce mot. (desm.) 

RAT A GROSSE TETE, Mus cephalotes. Voyez l'article 
Rat , page 61. (desm.) 

RAT GUANQUE ou GUANGUE, Mus cyanus, Mo- 
lina, Hid. du CMi; Linn., GmeL, Sysi. /mK. Rongeur , qui, 
d'après ses caractères connus , ne.peut être rapporté à au- 
cun genre avec certitude. V. Guangue. (desm.) 

^AT DE LA GUYANE. Bancroft, dans ses Essay onûi^ 

. ' '^ > '^ , ^ ' \ '■: - 

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76 RAT 

Jf (durai Hisiory of Gi^ana , donAe et nom au Bidelpbe* a 
OUEUE COURTE. V. ce mot. (besm.) . 

RAT DE LA GUYANE. Cet animai , dont rexîst^nee a 
été signalée par M. Geoffroy, appartient au genre Eghimys. 
V^ ce mot. (DESM.) 

RAT HAGRI ou RAT VOYAGEUR, Muiacnduia, 
ï^allas. Espèce da genre HÂMSTEa* V. ce mot (desm.) 

RAT HAMSTER. F. Hamster, (desm.) 

RAT HAMSTER A BANDES iBnndiedstamiiér)^ Cri- 
cetus fasciaius. M. Rafinesqoe , The americ. moni?ify magazine 
andcriti^alreQiew , oct. i8i8 , annonce sens ce nom un hamster 
des états de Touest de F Amérique septentrionale, qui a le 
corps fauve , rarié de noir sur le dos ; le ventre blanc ; les 
pattes et la queue annelées de noir, cette dernière partie 
ayant les deux cinquièmes de la longueur totale de Tanimal, 
qui est de huit pouces ; les oreilles ovales ^ oblongueâ ; des 
;^bajoues apparentes, en forme de sac à L'extérieur, (desm.) 

RAT DE L'INDE, Mi«7W/ctf5, Geoff. Nouvelle espèce 
du genre Rat. F. c^t article, pag ^.i, (DE3M.) 

RAT DES INDES de Jonston. C'est le Didelpoe «ayck 
POLLiN. V, ce mot. (desm.) 

RAT JIRD , Mus longipes. C'est la Gerbille d'Egtptb. 
' V, ce mot. (desm.) 

RAT KANGUROO. V. Potoroq. (desm.) 

RAT DE LABRADOR, Mus hudsonius. Espèce du genre 
des Campagnols. V, ce irjot. (desm.) 

RAT LAINEUX, Mus laniger, Gmelin {Brasilianische 
kanimhen maus. ). Ce rat paroît être le CttiNCBlLLA , petil 
animal à pelage fort doux , que nous avons décrit dans l'ar- 
ticle Hamster, (desm.) 

RAT LAUCHA. Espèce de Rat ( V. ce mot, page 65) 
décrite par d'Azara. (desm.) 

RAT LÉROT. C'est une espèce du genre Loi». F. ce 
mot. (desm.X 

. RAT LIÈVRE, Mus leporinus ^ Linn^; CaQia leporma^ 
Erxleb. , Gm. Quadrupède de l'ordre des Roi^geurs , dont 
l'existence est plus que problématique , et qui paroît appar- 
tenir à un genre voisin de celui des AcotTis, 

Il est de la grandeur du lièvre ; sa tète est petitr l ses yeux 
sont grands, proémiilens; ses oreilles nues et arrondies ; 
le corps est roux en dessus, et la poitrine et le ventre sont 
blancs ; la queue est très-courte. 

. Cet animal est domestique à Java et à Sumatra. Il se 
nourrit de matières végétales , coiiime tous les quadrupède» 
du même genre. . 

Plusieurs auteurs le nomment inpin ou caçia de Jaça. 



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K A T yy 

jÇnricben et Gmelin le regardent comme nVt^nt peut-étrç 
qa^une simple variété de Fagputi^ quoiqu'il soit indiqué 
cumule se trouvant arâ Indes , tandis que l'agouti est partir 
coJ&er aux oofttrées méndiotiales de PAmérique. (D£SM.) 

RAT LIÈVRE. On a donné le nom grec de lagomys (rat 
Hèvre ) ao^nre qoi renferme les Pikas. V. ce mot. (desm.) 
RAT LIRONC'est le Loir en vieux français. T. Loir, (s.) 
RAT LOIR. V, rarlicle Loir, (desm.) 
RAT LOIR EPINEUX. V. Echimys a queue dorée. 

(desm.) 
RAT AUX LONGS PIEDS, Mus longipes, Pallas. Cest 
pn qotdmpèdk d' Egypte» qui se rapporte à notre genre Ger- 
9<IU£ i y^ye» ee mot ) , ^nt nous avons décrit six espèces. 
Wu Ridinesque, dams le Journal intitulé : 7%e american mon- 
ihfy magazine and crùical reQie(V , dit en avoir trouvé deux nou- 
vdttes 4an& tes Etats de Teuesl de TAmérique septentrionale. 
Là première est la Gerbille aux yeux noibs , Gerbillus 
9tegùIm>^f^Big^ê}umphg tft&usi) , qui a le corps long de deux 
pMices , tes jambes postérieures de trois ; Le pelage gris ; les 
yeux noirs, très-grands ; les oreilles très-longues , blanches 
en deèanx; le ifiiiseâ» noir *« ta queue notre, plus longue que 
le corps , garnie d^une touffe blanche à Textrémité. Elle est 
des pbuness saUomieu«e« du Kentuck^r. 

La seconde ou la Gerbille a queur Dâ UOiR, Gêrbiffus 
komun^ {liork^aitj^mitilng même) , qui a le corps long de trois 
pouces; les extrémités postérieures également longues de trois 
ponce»; le pel^faove? les oreilles fort longues » blanches 
fn 'dedans ; bu queue noire, aussi longue que le corps, garnie 
d'une touffe fauve à Textrémité. 

Dans. le Mkdraé Journal (septemb. t8t8)\ M. Rafinesque 
annonce aussi la découverte d'une autre espèce de gerbille , 
qaMl ne déer&l pa»^ mai» qu'il nonnne G'erbille des bois , 
gerbUiu* ^hifficus. 

Avant d^idoietlre définitivement ces espèces dans le genre 
gerbille y nous attendrons que M. Rafinesque en ait publié 
fm% descripftoii pl«» eompléte. (desM.) 

RAT DE MADAGASCAR de BofTon. Cest le Galago 
de Ala^^f^a^ar. (desm.) 

RAT A MAIN. Traduction dunomgrec composé, c^«- 

nuMji», donné par le prefiesseur Geofl^oy à I'Aye-aye, 

parce que cet animal joint les caractères des rongeurs, à ceux 

dea t^Mkmnanes. Voyez Aye-aye. (desm.) 

RAT MAIPOURI de Laborde» parolt être le Cariai. 

(DESM.) 

RAT M ANICOU deBomare. Cest la Marmosj?, espèce 
èe quadrupède do genre DfDELPa£. V. ce mot. (desm.) 

i 



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9$ îl A f 

KAT DE MARAIS. F. Campagnol îiat d'éau i>è iiK4 

RAIS. (pESM.) . 

RAT ou RAS DE MAREE. On donne ce nom k an cou-» 
rant rapide et dangereux , ou à un changement dans le coiH 
rant des eaux de la mer. (oesm.) 

RAT MARIN, Mus marinm^ Pulçinar maainum. Faussd 
dénomination appliquée aux œufs des raies, que l'on a pris 
^our des productions marines particulières, et même comme 
une espèce d'animal. L'on croyoit autrefois que ces oeufs pos- 
làédoient des vertus médicinales, et, suivant Forskaèl, les 
Grecs modernes et les Turcs s'en servent encore pour gué* 
rir les fièvres intermittentes : quelque temps avant l'accès ^ 
ib mettent cette peau sur des charbons ardens,.et en font 
respirer la fumée au malade par la bouche et par le nés. F** 
au mot Raie, (s.) 

RAT MARITIME^ Mus marUimus. Voyez BATHYERGns 
nEsDuNES. (desm.) 

RAT MAULIN , Mus mauUnus. Quadrupède du Chili ^ 
décrit par Molina , et qui parott appartenir au genre des 
Marmottes. V. Maulin. (desm.) 

RAT DE MER. Quelques pécheurs appellent ainsi la 
Tortue LUTH. (B.) 

RAT DE MER. L'IJranoscope a quelquefois reçu ce 
nom. (desm.) 

RAT MIGRATEUR. V. Hamster hagri et Campagn(»c» 

LEMMING. (DESM.) 

RAT MONAX. V. Marmotte du Canada, (desm.) 

RAT DE MONTAGNE. On a donné ce nom augerbo^^ 
espèce de Gerboise, (desm.) 

rat: de MONTAGNE {Mus monUmus). C'est laMAR-: 
motte. F. ce mot. (desm.). 

RAT MULOT ou MULOT. F. l'article Rat,, page 5i. 

(nE4lM.) 

RAT MUSCARDIN ou MUSCARDIN. F. l'article 
Loir, (desm.) 

RAT MUSQUE , des Mémoires de P Académie des sciences. 
C'est r Ondatra. F. ce mot. (desm.) 

RAT MUSQUÉ DES ANTILLES. F. Pilori, (s.) 

RAT MUSQUÉ DE CANADA. F. Ondatra, (s.) 

RAT MUSQUÉ DE MOSCOVIE. C'est le Desmanv 
F. ce mot. (desm.) 

RAT 

des Rats. 

RAT] 
Mus pumilio, Sparmann. F. l'article Rat , page 60. (desm.) 

RAT DU NORD. C'est le Sousuk, espèce de quadn*. 



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RAT y^ 

piie rongeur da genre des Marmottes. F^. ce mot. (desm.) 

RAT DE NOAWÈGE. Ce nom est ordinairement 
donné au Campaghol lemming. Le Surmulot Ta reçu aussi 
■quelquefois, (desm.) 

RAT DE L'OBË ouDE L'OBY. F. Campagnol orozo. 

(desm.) 

RAT OPOSSUM, de Pennant. C'est la MumuM^, espèce 
du genre Didelphe. (desm.) 

RAT OREILLARD. V. l'article Rat , pag. 64. (desm.) 

BAT ORIENTAL. V. Rat strié , pag. Sq. (desm.) 

RAT OROZO ou BARABENSKOI , Mus fumnculm. 
V. Hamster, (lesm.) 

RAT PACA ( Mus paca , des premières éditions du Sys^ 
iema naturœ , de Linnseus ). C'est un quadrupède rongeur 
qui forme un genre particulier. F. Paca, (desm.) 

RAT DES PALÉTUVIERS. C'est une espèce de, 
DiDELPHE , If Crabier. (desm.) 

RAT PALMISTE. On a donné ce nom à I'Écureuil 
palmiste. V, ce mot. (DESM.) 

RAT PENNADE. Ce sont les Chauve-souris. F, ce 

mot. (DESM.) 

RAT PERCHAL. F. l'article Rat , pag. 70. (desm.) 
RAT DE PHARAON. Au temps de Selon, Ton appe« 
toit ainsi en Egypte la Mai^gouste. Aujourd'hui cette déno* 
mination n'y est plus connue, (s.) 

RAT PHÉ, Afiwp^Éiw, Pallas. F. Hamster phé. (Desm.) 
RAT AUX PIEDS BLANCS , Musculus îeucopmi 
Rafinesque y dans le journal intitulé : The American monthfy. 
and cHHcal reoiefP , octobre 1818, indique , sous ce nom, une 
nouvelle espèce de RAT,qu'il décrit vaguement P'.p.GG. (desm.) 
RAT PILORIS, Mus pilorides ^ Linn. , Pallas. Quadru- 
pède des Antilles , jusqu'à présent peu connu. F. Piloris.' 

. (DESM.) 

RAT DE PONT. Gesner nomme ainsi I'Écureuil gris 
d'Europe , qui n'est qu'une variété de I'Écureuil commun. 
Le même auteur donne aussi ce nom au Polatouche. (desm.) 

RATPORTE-MUSC. Brissondonnef enom au Desmak. 
V. ce mot. (DESM.) 

RAT POUC. F. l'espèce ^u Surmulot , dans l'article 
Rat, page 45. Cdesm-) 

RAT VOVifkC^M5xMus porcellus). Linnaeus^ dans les 
premières éditions de son Systema naturœ f donne ce nom aa 
Cochon d'Inde. V. ce mot. (desm.) 

RAT DES PRAIRIES ( Mus in pascuù degens). Traduc- 
tion du nom de Mynomes , donné par M. Rafinesque à un 
genre de rats de l'Amérique septentrionale , qu'il ne déorit 



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9o RAT 

pas j et dont il ft^aniknace qu'atie iéiile espace ,saas ta àémo-^ 
miaation de Mynomes pratemis, (DEStt.) 

RATPUÂÎfP. Les sauvages de l'Amérique septentrio- 
nale donnent cette dénomination à TONDA^Taii. V, ce mot. (5.) 
. »AÏ QUEUE Courte. V. Rat a courte queue. 

C»e«mO 

RAT A QUEUE POILUE , Mus Jagurus , PaHaa. 
Quadrupède du genre CAMPAGt^Ot , fort voisin du Lemmi990^ 

(desm.) 

RAT ROUX m RAT DORÉ. V. Campagnol, (desm.) 

RAT ROUX DV PARAGUAY. Espèce de Rat. V. pag. 
63. (desm.) 

RAT SABLÉ ; Mus arenarius^ Pallas. V. rartîcle Hams^ 

Tim. (DËS».> 

RAT SAUTERELLE. Nom vulgaire que porte le Mu- 
im , dans quelques parties de la France. V. rarticle Rat ^ 
pag. 5i. (desm.) , 

RAT SAUTEUR D^EGYPTË. C'est le Gèrbo. V. Far- 

ticle (iERBOISE. (desm.) ' / 

RAT SAUTEUR DU CÀNAÎ>A. P'. ^article Gerbille. 

(desm.) 
RAT SAUVAGE, de Dumom. C'est le DiDELPaE qua-^ 

TRX-ail. (DEiM.) 

RAT SAXIN , Mas saxadlis , Pallàs. Espèce de rongeur 
qui appartient au genre CAMPAGlsOt. (DESmA 
RAT SCHERMAUS. V. ^article du (jAtoAGNoi. Rat 

RATDES€YTHIE(Mtf^9^/»ici«). Gesner donne ce 
nom au Polatouche. (desbt.) 

RAT DE SEWTEUR. Bomare dit qu'à llle de-France 
os a àomxé ce m>m à un râ< venu de l'Inde depuis quelques 
asnées , et que l^s Portugais nomment cheroso : cette espèce 
de rat a «ne odeur de musc des plus fortes , qui^ se répand 
ans: environs des lieux qu'elle habite ; l'on croît que lorsqii'il 
passe daos les endroits où il jr àdu vin, il le fait aigrir;: cpiand 
îi entre dans une chambre , on le sent aussitô^t , et on ren- 
te^ crier : kriCf kric, kric. Ce rat est extrêmement petit ^ et 
h peu près dé la figure in furet; sa morsure est , dî^oi» f ve- 
nnicase; Quelques-uns prétendeni , mais sans fondejnent f 
que ce rat doit ep partie son odeur à ïa racine du bûssomhe 
aœ acoras yems y dont il se nourrit surtout pendant Thiver. 
Kous ne pouvons dire que! est le quadrupède auquel on as 
attribué tous ces contes populaires ; nous ne saurions aussi 
niMB représenter un rat qui soit à peu près de la figure d'un 
funt ; eav , certes les rapports entre ces deux animaux ne 
SUBI pâs- nombre usr. (dbsm.) 



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RAT Si 

RAT SIKISTAN. V. Rat subtil i page, 5/. (desm.) 
RAT SITNIC, Musagrarius. Espèce 4m gfenre Rat. F. 
page 57. (desm.) 

RAT SOCIAL ou RAT COMPAGNON. T. i'ariîcU 
Campagnol (desm.) 
RAT SQNGAR, Mus songarus. Espèce de Hamster* 

^ . (DESM.) . 

RAT SOURIS ou la SOURIS. V. Tarticle Rat , 
page 52. (DESM.) 

RAT D'EAU DE STRASBOURGouSCHERMAUSw 

V. Campagnol rat. (desm.) 

RAT STRIE, itfi^5tnWi«^ I^allas. Espèce de Rat. Vayet 
page Sg. (desm.) 

RAT SUBTIL, Espèce de rongeur du genre ^KT.Voyek 
page St. (DÉSM.) 

RAT DE SURINAM. Nom donné très -improprement 
au Phalanger. (desm.)* 

RAT SURKERKAN. Espèce de Campagnoï., V. ce 

mot, (DESM.) 

RAT SURMULOT ou SURMULOT. Espèce de qua- 
drupède du genre des Rats proprement dits V, p. 54* (desm.) 

RAT A TARSE NOIR. Rongeur décrit par d'Azara, 
et que nous plaçons dans le genk*e Rat. V, pag. 64. (de^m,) 

RAT DE TARTARIE. C'est Je Polatouche. V. ce 
mot. (desm.) 

RAT-TAUPE, 5>û/ûa;, GuIdenftaedt,Erxleb., Cuv.,IllJg.- 
GUs^ Erxl.; TalpdideSf Lacép.; Aspalax^ Nob. Genre de mam- 
mifères, de Tordre des rongeurs, placés d^abord parmi les 
rats 9 par Pallas et Linnœus. 

Ces animaux, destinés à vivre sous terre , comme lestau^ 
pes, sont remarquables par la forme cylindrique et allongée 
de leur corps; par la larp;eur^ et Taplatissement de leui^ 
tête ; par la force de leurs mcisives qui sont coupée^ carré- 
ment, tant en haut qu'en bas ;,par la petitesse , ou même par 
le manque total d'yeut visibles , et d'oreilles externes ; par 
la brièveté des pattes 9 le nombre des doigts^ qui est de cmq 
• i chaque pied , et par la petitesse de la queue , ou son man* 
que absolu. " 

Lenom générique de 5pa/aa; a été donné par Guldenstaedt à 
l'espèce principale decegeqre, le zemni (mus ^;»^/ii5, Linn.), 
qui est Vaspalax ou la taupe des anciens. Depuis , plusieurs 
autres rongeurs lui ont été réunis j pour former le genre ial- 
^id^s, de M. Lacépède ; genre que nous avons divisé pour 
isoler de nouveau Vasjpalax. Ensuite lUiger , en conservant 
le genre aspalajo , a formé dés diverses autres espèces de 
(alpiHdeSj 8ts genres bathyergus et georychus. M. Cuvier {Règne 



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ti / R A t 

animal) â admis \t fréthiet de ceui-cU ^t côttfapàa \t 
«écondaree lesiei^im'i^. Quant h itoas, dans le GOtfirâtft de 
cet ouvrage, nous avons à peu près suivi M. Cuvier , à cela 
prifi^, que tioiis réUttissiom âvet It tpûlù^ ôtx thus typhtus , )as- 
qu^à ce qu^oa ait de nouvelles observatioùi , le g^orychm as- 
ptOàâi^A'mi^tt 0(1 tefààrXrtM aspfùldt de PàHâS, ) qui nous pa- 
rotts^èb rapprocher le flus possible, par l'enseinble 4e êts 
carMtères. 

La différence principale qui ezisteroit eùtre le umni et 
k «Mror, et qui tendroit à fârre rapprocher Ce dernier des 
campagnols , consisteroit dans la fo^me de ses dents mo- 
laires qAi séroient à couronne plate et cômMe formées de 
trois tables. Ce caractère , important «ans doute t se trouve 
l:ontrebàltticé]^artairtd'âtitreft encore plus en rappôftavec 
la manière de vivre de ces animaux, que nous nous sommés 
^Kierminés, sauf tétîslon, lot-^ué nous aurons pu etâmîner 
le zoco^ en nature, à ne pas le ^séparer du zemni. 
' Les rats Uùpes s6tA rouis leàdéûi de Tàncien cobtîùènt. 
Ib creusent la terre à la manière des taupes., ikials dans un 
but dlAét*ent. Ils cherchent leà racines et lès graines, et ùon 
iei» vets de terre et lés insectes , comme ces dernières. 

M. Ràfittesque , dans le journal aiùéricàin Intitule : The 
<aàeVUah moûinfy màgauhè , ùhà crùical refdetp , oct. îBld , 
annonce la^toùterte d'un petit quadrupède , trouvé par lui 
dans les Etats de i^Quest, et qu'il nomme spàlax iriQâiaia 
< ThreeOiipedmtik). Les càrâCtigIres essentiels de cet animal 
a'étttnt point indiqués, nous dfe savotis positivemefit à quel 
fèM^ le fapporter^ mais ee tfik nous porteroit à nenser ^ue 
ce n'estimas un vrai spalax , c*est qu'il à des oreilles petites 
tt pointues. Dû i^te , il est loag de sept pouces; son corps , 
Amve et ihaf que de trois |;rindes raies brunes en desHus, 
eut blftnc en dessous ; il n^a point dé queue • 

On le trouve flans les bois, auprès des ruisseaux. 

Premîire E^pèce,-^ Le RiiT-TAUPE AY^uOLf OU ZpiNi » o« 
SlëPEï; Mus typhlus^ Lînn.— Pallas;, Glires^ tab. VIIL — tS/wh 
hxfnicrophAaimuSf tiuldenst. -y LepeclMn,)^<i^<Qi05 , toipi* i, 
p. a3&. -^Spcâa» major f ErxlelK -* Scbreber , tab. 20& '^- 
'^Spalax OU Aspaiax desOrecs. V. planche Pr 5 de ce I)ic- 
^oùnaire. 

Ce singulier quadrupède parvient à environ huit pouce* 
dé Ipngueut, et son corps, de forme cylin^ique , a près de 
deux pouces dé diamètre. Sa tète est gcasse , presque pjrra- 
inidaie, plus étroite en devant , et terqpm^e par un museau 
cartilagineux, dur et très-fort 1 de chjique c&té de la tête, on 
remarque une ligne .^liante qui s'^nd dea narines aawëai 
ittditif. Les narines sont arrondie^ , étroites ; Touverture de 



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p. 5 



• • • • •, • • ?•• .• • 







y . Jfa/ Taupe Zemni . 2 jfûton laveur. .1 Rerme {(^ff)- 



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.• • • • 

• • • •( 



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RAT 85 

U bouche tslipeliie > plus étèmàûe en hàdtetir qjà^tm fargeér. 
Les depts iacisivessont très-tranduAtett et trèi^foiteà ; leur 
couleur est le jaune orangé ; les inférieiires sottt deux îoh 
plus longes que les supérieures; les molaires sont au nom- 
bre de six à chaque m&choire^ trois de chaque côté; elles sont 
jlrônq[iitées, presque cylindri^çs, Petites, et ^ peine sail- 
lantes ^ii~4ehors des eenLCires. La terré iniférieure est beau- 
coup plus cottjpte que la supérieure ^ et lie recouvre point lei 
dénis ; la lan^è est charnue , épaisse, plate, obtuse, lis^ ; 
iésyèuxsonttrèfS'petits et cachés sojus la peaU. <c A^ristote^ 
dit QlîVrer ( ÈuOetin de ia Èociéié phUam,^ n.<* 30), avoif très-- 
bien observé qu^on ae voit extérieureihent aucune trace de$ 
yéui : si on enlève la peau, de la tête , on aperçoit une exr 
pànsion tendineuse qui s^ étend sur les orbites (et qui forme k 
rextérieorla ligne sàiïlante dont noufi avons parlé plus haut); 
on trouve immédiatement au-dessous un corps clandulew^^ 
bblông, un peu aplati ^ assez grand, vers le milieu duquel 
est un point noir qui représente le globe de Teetl et qui pa- 
roh panaitèment bien organisé^ quoiqu^il n^ait pas une demi* 
ligne jtépaisseuh On aperçoit en coupant la sclérotique • 
4insi que Ta remarqué Aristote^ les diverses substances dont 
tœil est conmosé, telles que la choroïde, la rc^tine, le cris- 
iaUin. On distingue aussi bien la glande lacrymale. Bien^ 
en un mot^ ne paroît m^^nquer à Torgane de Toeil^si ce n'est 
d'avoir un plus |i[^and développement el d'âtre^ à portée dé 
recevoir imtnédiatemént Pimpression de la lumière. » 

H éi cet aîni^àl est pi-lyé de la faculté de voir, continué 
ce naturaliste, il parott en revanche doué plus que tout au- 
tre dé la htÀié d'entendre. L'oreille n'a qu'une trâ^-j^etite 
ëipàîlsiôn kii dehors en forme de tube , mais lé conduit au- 
Àilif est laf^ , et Ton remarque, parla grandeur des oi^af- 
tiès intérieurs, que là nature a été aussi prodigue en acèor- 
âànt te sens de l'ôttie à cet animal , qu^elle à été ârafé à l'é- 
gard de celui de là vue. » 

Le col du zîmni est large, cbittX et muscblèùx^ce ^ 
iibnne à là tète une tbrce considérable relativement à la 
|rândeur de Tanimal ; le Ventre est long; lé dô^ est droit; lu 
oiàmèiré du corps est à peu près égal par|put ; là quéué nVst 
paà apparente ; les pieds sont courts et terminés par cinq 
doigts àrmé^ d'un ongle arrondi, assez tranchant, un peu 
plus long aux pieds de derrière qu'à ceux dé devant. 

Tout le corps est couvert de poils doux , courts , dont la 
ibase est d'un cendré noirâtre , et dont l'extrémité en cou- 
verte de roussâtre , ce qui donne au pelage une teinté de gris 
fauve en dessus. Le devant de la tète et le dessous dU 
corps 3f«ttt ndirltrés; qàélqueii individuil ont déis tirishes 



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«4 RAT 

pla$ on moins grandes, irrégulières, d'un assez beaalilaitc; 

<jroldenstaedt a observé deux mamelles înguipales dans les 
femelles; il n'en à pas découvert dans les mâles. 

Olivier a lu à Tlnslitut un mémoire sur le rai-iaupe temni ^ 
'dans lequel il prouve que le pelit animal nommé par les 
Grecs sptdax ou aspalax^ avoit été jusqu'à nos jours, à tort, 
confondu avec la taupe , malgré les différences que présen- 
tent toutes les parties de son corps ; quoique l'un soit réel- 
lement aveugle et que Tàutre jouisse complètement de la 
faculté de voir. « Cette erreur, dit-il , nous avoit été trans- 
mise far les Latins , jpii avoient traduit le mot #(rar«A«| par 
Xîeluï de icâpa^ et qui avoiept désignerons ce nom le petit 
quadrupède qui habitoit parmi éwc et dont la manière de 
Tivre étoit assez conforme à celle de Vaspalax. 

Olivier a rencontré le temni on Vaspalax dans PAsie mi- 
neure, dans laSyrîe, la Mésopotamie et la Perse. PallasTa 
trouvé pareillement dans la Russie méridionale, entre le Ta- 
naïs et le Volga; et ce dernier auteur, ainsi que Lepechin et 
Guldenstaedt, nepouvant sou]^çonnerqu^un quadrupède com- 
mun au nord de la mer Caspienne babitât aussi les contrées 
anciennement occupées par les Grecs, et trompé sans doute 
par Topînion généralement adoptée de Tidentité de la taupe 
des modernes avec celle des anciens, cet auteur russe n'a 
point rapporté à Ta^/iflAia: ^ si bien décrit par Aristote ,Pani- 
mal qu'ail avoit trouvé; il n'a point par conséquent détruit 
l'erreur qui subsistoit depuis si long-temps, ^t qui fait Tobjet 
du mémoire du savant voyageur français. 

Olivier a observé les mœurs du temm. « JJaspaiaxj dît-il , 
vît sous terre, en société, comme la taupe. Ses galeries sont 
en général peu profondes ; mais il se ménage un peu plus bas 
des espaces où il puisse reàter commodément et être à l'abri 
des eaux pluviales. Il choisit les terrains les pins fertiles, les 
plaines les plus unies , celles Où la végétation est la plus abon- 
4ante.Il ne se nourrit que de racines; aussi est-il regardé 
comm^l'un des plus grands fléaux de l'agrîcullure, en ce 
qu'il fait périr presque toutes lès plantes qui se trouvent à la 
portée de son habitation. Ses mouvemens sonî brusques ; sa 
démarche est irnégulière, presque loujcurs précipitée ; il 
marche àî reculons avec la plus grande facilité, et presque 
aussi vite qu'en avant , lorsqu'il veut fuir o.u éviter les objets 
qui se présentent devant lui. Il mord fortement quiconque 
veut l'inquiéter ou menacer sa vie ; il porte toujours la tête 
élevée, s'arrêtant au moindre bruit', et paroissant vouloir 
^conter à chaque instant ce qui se passe autour de lui .» 

. féconde J^pèce. — - Le RaT-TauiP£ Zokor oir ZoqoR ; Mus 



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^ 



RAT 83 

éspalax^ Pâllas, GUres^ p. 76 et i65, pi. 10 ;— Lînn.^ Gmel.t 
Syst. Nat. 5— Glis zemni ? Êrxleb, 

Ce rat, ressemble beaucoup au zemni; il est long d'envi- 
ron huit pouces; il a Mne queue très-courte comme le ba- 
Ayergus cricet et comme le campagnol surkerkan ; mais cette 
queue est nue , ce qui ne se remarque pas dans ces animaux; 
sa couleur est en dessus d^ùn gris^cendré , et sous le rentre 
d^un cendré blanchâtre ; les poils du dos sont d'un cendré 
»ale à leur pointe et bruns à leur base ; tes yeux sont visibles, 
quoique très-petits et cachés par les poi&s ; les paupières 
sont très-épaisses et chargées de rides. Il n'a presque pas 
d^oreilles externes. On le trouve principalement dans la 
Daourie Transalpine , au pied des montagnes et yers )es pro- 
montoires de TÂtlas. 

C'est particulièrement au 5iir/c^4ai2 qn-'il ressemble^ parmi 
les campagnols 9 et ce seroit tout à côté de lui qu'il trouver 
roit sa place , s41 devoit être éloigné du zemni à cause de la 
forme et de la composition de sts dents molaires. ^ 

Le zokorf ainsi que le i^miii etla taupe , marche rarement 
sur le sol ; mais il passe la plus grande partie de sa vie à 
creuser 4a terre avec ses mains et avec son museau, qui est 
duc et calleux , comme une espèce de boutoir. Lorsqu'il est 
pris, tl fait entendre souvent un cri aigu et glapissant, qui 
est composé de sons courts. Sa nourriture consiste en raeines 
qu'il trouve ea creusant son terrier. Près d' Abakan^ dit Pallas, 
et dans les vallées qui sont entre les fleuves Tscharysch et 
Alei , il mange principalement des bulbes à^erythroaium , 
tandis que dans la Daourie, il recherche surtout les ognons 
du liltum pomporûum^ ainsi que les racines de plusieurs ^ 
e8pèces.d'iris. (dssie») 
RAT-TAUPE CRÏCET. F.Bawyctgus.(desm.) 
RÀT^ÏAUPE DES DUNES , de la première édition 
de cet ouvrage. F. Bathyergus. (desm.) 

RAT-TAUPE SURKERKAN, de la première édition. 
V. Campagnol, (desm.) 

RAT DE TERRE. Traduction da nom de Geomys ; 
donné par M* Rafinesque à un genre de rongeurs, qui nous 
estiiicoonu, et dopt il annonce deux espèces nouvelles sous 
les dénominations àe geomys cinerea et de geomys pùieiis.(pESK.y 
RAT DE TERRE. Dénomination donnée ^ campa- 
gnol d' Europe , par Daubenton , dans son Mémoire sur les 
musaraignes {Mémoires de F Académie dès Sciences, année lySG)^ 
V. CampagnoIi. (s.) 
RAT TERRESTRE. Cest le Campagnol, V. ce mot. 

(DESM^i 



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£6 RAT 

RAT DE LA rOBmiy'E {Mus umiifnus^ Villas.}. ][1 

Jiaroît que c'est le mén^ ^njmal que le mus iqngijfe^ qji 
7£RiitLLË, r. ce mot. (desm,) 

RAT LOIR ou TSCHERÏCESSIEÎ?. ^^im\ j^ 
connu, dont nous parlons daqs i^s, gj^ni^ra|itéi^ i^ r4.i:|ijcié 
Marmotte, (desm.) 

RAT Y£tlDAT|l£. Tra^iictioi^ àa^^im Qwimmx^ , 
4Dnna a^ ÂCiOUT^s par ^. l^T^^nç Cmm- (jm^-) 

RAT-y£UL£. L'on dioniMit aamnitemenitt enEmiAoe^ 
ce noj» ^ celai de ratrUoa^ f uLoia. V. ce mot. (S'} 

RAT DE VIRGINIE. Foy. Rat blaîhî de ^iRGiism çt 
Bat d'eau. (DE5if.) 

RAT-VOLANT. On nomme Rats-vqlaiîïs^ fes<juadru' 
pèdes du genre PoLATOUGHE. (desm.) 

RAT- VOLANT. Daobenton a aussi décria sbiis ce nonji 
un (^éiropiire qhl appartient ^u genre Myo^rÈRE. (DESM.). 

RAT VOÏ.ANT DE TE^VNATÇ. Non^ io^né p^ 
géba à une çh(iupe'sqHrU^ ^i ^ps^ijçijj; ^ gei^Q MppA- 

DERME. (DE^ll^.) . ' 

RAT VOYAGEUR ou II4(JÏII, Mm a^»M¥^« P^W*?. 
Espèce de rongeur du genre HamSiTÇR. V. ç^ipAt* (99^-) 

RAT VOYAGEUR. Qju donne juissa ce nom au Lei^- 
MlNij. V. TartM^le Caufaonoi.. (PBâlf*) 

RAT ZISETH ou RAT ZIBETHIN^ C'est I'Okdatra. 
F. ce mot. (DBâM .) 

RATALIE , Raialia. Genve de plantes. Je ne sai» à 
quelle famille il appartient, (i.) 

RAT AN. Sjmobyme de Rqtix. (b.) 

RATANIAH ou RATA. Nom de pays d^nne racine 
qu'on emploie en médecine dans f Amérique mèridioaalet 
(Domme ^i^j^mment astringente. EUe appartient au.KaA- 

IIER TRIAI9DRE. 

Des faits propres k donjaçr cqi^SM^çe \ l'^F^pW 4^ ce 
remède i sont consignés n.^ 6 de 1^ j.w^ aipip^ 4^ ^Pîirwl 
d<e Pharmaci^r (».) . 
RA TAOUPliÊ;. V. ^Ia-Gj^iov^. (D^if.) 
Rate » X««y? , o-wi^lv. Cest ua visçèrç çoiftteTO, 44P^ Iç 
|)^s-Tentre, ^u côtéga^cbe 4e-restotnac sons iia 4i?^Ii\Wa(BP^ 
et près des fausses côtes. Quoique sa figure soit irr^gvUère 
et variable, suivant tes pressions divçrsç^. que cet orgapi^ 
ippu éprouve , il approche ordio^ii^eçient 4e (a forme d'un^ 
langue ; sa cbùleur est d'un brun noirâtre , et sa çtrqçtifre > 

Îui parott glanduleuse., e^t vascul^ire et (breyse » comme 
luysçli r^ démontré {fyist iv, to*. 4). 



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RAT. % 

Xoo^Ies^vaAcapèdesTiTipdrcf? te&eétacë^^ ont iin^ vé- 
vi^able rate; celte des oiseaax est rouge, oblbpguç.i nlac^Q 
âans le centre du mésenlèpe* t)ans les içeptîles., çU^ eji 
4ispe5ée de la même manière , avec un gran4 lacis 4e vaûi* 
seaux, comme le papcréas d^Ascllius. La rate de? p.Qissooin 
a la conteur dtt sang et une ferme triangul^re. Ançiin je^ 
ânîm^QK sanç vertèSce;s et à im seul sj^stèmç Qçrv^cpi ^'e$^ 
pourvu de ce vî^cère. 

Sijgai j'bomme et ta^ pliq^^ 4e« q/Mdnpf èdté r Ui r^te «»à 
«nUliei oc£|i^iremeot, n^^^ op ça a tj^ouvé fn^lqwfQis à 4eu& 
eu p|«^i^iirç iohp^ l^ ç^t^, 1^ pG^6-^||i<:»l'angii»iUe:, k 
rouget, le turbot 9 e» ont sonfeqt d^wi^iaifr il ptiroU que 
lip «^vl4^'Ç fm i^dt ^f dirîâipfW' d^ c^ v^mér^ aMt à pcia 
prè« i^àmét^ntef. (Sichelbamn^r, Anotioç. 4b«. k^, § 13 ; 
t^bûfelde^t 4'f'QÛ»i9i p- iC(x» ç.; Hoffm^Wd*) I)eim^^ c. to;. 
Hardiçr^ |liauî4« * ][4^ii^ud, elç«) 

Lft» cooneAons de U pate^ daa« Thomme, sont asse\ Bom- 
braoses avec Pestoaac oar des vaiiMeaiit courts, et par 
dnrerses mendM^aea avec I0 pancréas , tes duplicatnres du 
péritoine, k diapl^ag«i€ et le reingaucbe. Lagrandem- dé 
ht rafe varie éap^ les dîtfénetis in^kidiis ; »our l'ordinaire , 
elle, est lon|;tte dtkfiD^ à six poucas, épaisse d^Bln', et lârgel 
de tfh, 'EJAt pèse eorieoa éqfme onces ; il eet vrai qu'on a 
tresesé ât% fales dn poids de ift, de^4 1 de 3S et même d« 
42 Uvres.; «M^is ellesi^toieol deivenues sqyatrreases; ce viscère 
est en effet ^ès^suyet au squirro, surtout dans une fouie d'af; 
feettone, chroniques-, telles que Thypocondrie, Tiiydropisie , 
bs diverses, oactexies, etc. ,, et cbez les personnes sédentaires. 
U n'est pas rare d'y feneonrir^r aussi dee calculs, des 
stéatdnaes , dae bydattdes, et une sorte d'éssiflcaiion ; cbea 
qnelqaee. pi^rsonnes atrabilaire», ou mortes de fièvres, cet^ 
e^ane dteviettt qnel^pielbis trèsrinou et comme pntréfié» 

A rextérieor» la rate es^ rçyôtu^ d'ump membraçeasse^ 
adbér^Qte par une fotile dç veinules et 4e vâia^aux sanguins. 
Ce viscère est surfout remarquable par ses vai^seaia ; il 
iççoit un rameau dç Tartèrç coliaqjiq^ %m prçnd le nom 
Haiièn; sfiémma^ eiq^i ^e Hv'm 4aa^ la rate en une n^iulti- 
ti&d^ df'artérioTe9 ; la veine apléniqpe qui rapporte le sang est 
^31 extrjÊflnemept ramifiée. Les perfc de la «ati; riem;ient 
An plexus splénîqi^ , çt éh a dçs yaisseagji lymphatique^ 
qui ^e rendent au réservQir coniimin. Qn ne trouve dan^ ce 
viscère aucun conduit excrétoire; de sorte qu'il ne paroît 
sécréter aucune hmneuF partiènli^, el €iet*on n-a pu, jusqu'à 
ce ioac , détennipLer ^ feiictiop 4ans T^conomie animale. 
l^ Çteaw>lPgistçf 11 enpiarwfés pour l»i trouver quelq^ie^ 



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88 , R A T. 

mB^e , ont fait une foule' cle conjectures à son stijct. Les 
uns veulent que ce viscère prépare Je sang po^r le foip et la 
sécrétion de la Lîle, les autres, qu'il aide aux organe? diges- 
tifs, sentiment qui me parôît le plus raisonnable, puisque 
nous voyons les inauvaises digestions , les affections chroni- 
ques du bas-venli^e, les empâlemens des vîlbères, rendre 
principalement la rate grosse etsquirrheuse,tandis qu'elle est 
saine chez les hommes actifs et qui digèrent bien; c^est pour- 
quoi plusieurs Font auiJsl regardée comme foumksant un 
fèrmetit , une sorte de menstrue àf festomac , dont il hâte 
les fonctions digM^es. Il en est qui ont cru la rate destinée 
a épaissir le sanpn avers l'a soupçonnée de préparer' cette 
Imiueur qui est versée par les glandes muqueuses des capsules 
articulaires des os. Shelhàmmcr, Lister, ont pensé qu'elle 
ëtoit destinée à servir de di^erticulàm, de déchargeoir dans 
les violentes turgescences du sang, comme dans k course ; 
et ils ift-étendent que c'est pour cela qu'on ressent une ddu- 
leur dans le flanc gauche lorsqu'on a couru avec force , ou rî 
avec excès. Dautres vedlent que la rate épaississe le sang 
par je ne sais quelle acidité ou acrinaopie particulière ; selon 
quelques autres , elle tempère la bUe. Hippocrate et Ans- 
lote ont dit qu'elle attiroit^ comme une éponge, les humeurs 
aquçuses de l'estomac. Enfin quelques-uns, tels que Erasis- 
irate , désespérant de lui trouver un emploi conteilable. 




inconvénient. Ils l'ont même expérimenté sur àes animaux, 
et sur des hommes ; la plupart cwat peu souffert de celte am- 
pumion, et plusieurs ont hmêuïe existé long-temps sans rate. 
Aussi des chiens privés de ce viscère ont vécu gras, vifs et 
voraces ; quelques auteurs ajoutent oue ces animaux étoient 
même plus portés au coït, et qu'ils urinoient davantage 
que les autres. On croît encore que l'amputation de ce 
viscère rend les hommes et les quadrupèdes dératés beau- 
coup plus agiles. 

Grand nombre de médecins, habiles ont, au contraire; 
altnbué à la rate les plus importantes fonctions. Van-Hel- 
fjiont y place le siège de l'âme sensilive, du sommeil et de 
1 amour. Q. Serenus Sammonîcus pense qu'elle est la source 
du nre , et Pline prétend que les hommes sans rate ne peu- 
vent plus rire ; de là vient cet adage : .. 

Spl^ ridcre facit , cogit amare jecur, 

^ Galien assure que c'est le cloaque de l'atrabHe ou de 
1 humeur mélancolique, et Boerhaave concilie cette opinion 



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RAT . ., 89 

arec la précédente , qaî y place le rire , en observant que la 
plupart des hypocondriaques ont par momens des accès de 
rire et de folie très-gaie, parmi leur mauvaise humeur : oq 
les appelé aassi.rateleux, et on dit qu^ils ont des rais; ordi- 
nairement ils ne manquent pas d'esprit. 

Ces diversesxonjectures offrent quelques remarques vraies, 
avec plusieurs autres hasardées. Il paroît certain toutefois « 
que la plupart des atrabilaires ont la /tife squ^*rheuse ou dans 
un état malade ; ils y sentent même des pulsations dans cei^ 
tains temps. Les hommes, les femmes à vapeurs, les per- 
sonnes sédentaires, tristes, qui reflécïiissernt oeaucoup, soni 
attaqués par ce viscère- La maladie anglaise, sorte de mé- 
lancolie sombre qui porte au dégoût de la vie, au suicide 
même, s'appelle le spleen ou la ratelié. Enfin si ce viscère, 
dans Fétat sain, peut être la cause du rire, il devient cer- 
tainement une des cadses de l'hypocondrie lorsqu'il est 
attaqué de quelque squirrhe ou ulcère. Molière fait dire 
dans une de ses comédies, ces vers ; 

Veut-on qu'on rabatte 
Ces vapeurs de raie 
Qui nous minent tous ; 
Qu'on laisse Hippocrate , 
Et qu'on vienne à nous. 

En effet, tes médecins eux-mêmes conseillent dans ces 
maladies une grande dissipation et de la gaieté; Hippocrate 
recommande de marcher, de courir, de danser, ou même 
de acier, de fendre du bois (^de lidem, Affect, text.*33. ). 
Les rateleux sont, presque toujours resserrés du ventre, 
et ne vont que difficilement ^a garde-robe i à cause ^de 
l'inertie de leur bile (Aristol. ï'ûr^. Jalm., 1. 3,c. 7); les 
fruits acidulés et la vie végétale leur sont très-convenables. 

. (ViaEV.) 

RATE ou RAT AÏE. Le GaiMPERE^u en Languedoc. 

(desm.) 

RATÉ. Nom de la Soubvse en Piémont, (v.) 

RATEAU. Un des noms vulgaires de la Pelicine ou 
Luzerne sauVage. (b.) 

RATEAU. Coquille du genre des Moi^les, Mytiius hyoiisj 
Linn. (b.) 

RATEGAL. On donne ce nom à la Gdettarde de 
li'iNDE dans quelques cantons, (b.) ^ 

RATEL, Vioerra capensis^ Linn. Mammifère éartials- 
«îer d'Afirique, qui appartient ^u genre Glouton. V> ce motl 

(desm.) 

RATELAAK. Nom hollandais du Peuplier trèmblç, 

(desm.) 



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se m 'AT 

âioqakrde ia Odltorwlk ^ aa %aJ èegcérètr bâtiidé. Battrai» 
Ta observée dans Tile Saiot-Stmon , çrès des cô^s delà 
Géorgie, vers le* 3o^* degré. Sloaaeladit commiiné dans les 
montagnes'de la Jamaïque , d\<^ù elle descend, assdre-t-il , 
powr maûger des cannes à socre. Sonnini ne Fa ^amSiis vue 
à . la Guyane ^ et il fait remarquer que tous les royageurs* 

Îni^ont parcouru ^ Amérique méridionale , tels que Frezier, 
JUoa , Molinav n'en font aucune mention ; d'où il conclul 
qoe cette espèce est propre. à T Amérique, du Nord.' Cepen-» 
dant, d'Azara a Caitconnotire sous le nom Xagouarapopé y 
un animal du Paraguay qui noul paroît se rapprocbier do 
raton plus que dé tout autre , ainsi qu'on peut en juger par 
la description qu'il en d(mne et que noua rapportons : « Il 
« a treBte*neuf poaces de longueur totak , sur quoi «a queue 
* en prend quinze et demi; sa hauteur, au train .de desrant , 
«* est de quinze pottcea, et à celui de derrière , de dix^sept ; 
« le front est plat ^ mais il commence à s'arquer à rentré- 
es deux des sourcils; l'oeil est saillant comme celui d'ua ani- 
« mal nocturne ; l'oreille est épaisse i large d'un pouce et 
«.demi, longue de deux, et plutôt aiguë que ronde. Du ge-» 
«c nou jusqu'au pied de devant et 4ans le voisinage du tarse 
ff (le carpe )^ il y a un peu de poil court et noir; le des- 
^ sous deja tête et du corps en a d^un jaune pâle ou de 
55 blanchâtre; les quatre jambes et le dernier tiers de la 
<^ queue sont noirs t et ^^ reste de celle-ci a des anneaux 
« noirs et blancs ; l'intérieur de l'oreille est blanc sale ; au-> 
«» dessus de l'œil il y a un sourcil blanc » très- visible ; il y a . 
« une tache blanche aussi en arrière de Tœil , et un ruban 
« de fa même nuance contourne les livres; le reste au-des- 
«< sus de la tête et sur les côtés a un poil Court et noir ; tout 
« le surplus du pelage se compose de dçux poils doux, ser-» 
« rés et entremêlés , l'un noir , plus long , et l'autre blanc ; 
¥ ib formententre eux un mélange égal. » 
' .. On voît^qu'en général celte description de Vagouara popd 
se rapporte à celle du raton. Cepef^dant on peut y trouver 
quelques diflereuces, et notamment dans la forme des 
oreilles/ que d'Azara dit .être pointues dans son animal, tan* 
dis qu'elles sont rondes dans le raton ;. dans la couleur noire 
des quatre pfUtes et du dernier tiers de la queue ; dans celle 
du, dessus delà tête t etc. ; aussi pourroit-on soupçonner que 
Vd^uarapopé ts\ difîérent du raton , si le voyage à Paris de 
M. d Azara n'avoit levé tous les doutes à cet égard. Ce na* 
turaliste» en voyant le raton de la collection du Muséum 
d'histoire, naturelle, a reconnu parfaitement son agouara 
popé» Cette même collection renferme encore trois indi- 
vidus de cette espèce |i qui^ par leurs coi4cur3 ^ diffèrent as? 



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RAT 93 

lez de ceux qui ont senr! à la description me nous arons 
êoirnéé ei'dessus, p6ur'£ti^e mentionnes ici. Lé premier^ 
ainsi qae le dit M. Geoffroy dans son catalogue , est blanc 
partodt, où lès antres sont gris on jaunâtres, et d'un réux 
wiS suir les places où il ]r ^ du noir. Le se'cond, que 9f . Pa^ 
Usot de Beauvois considère comme une espèce distincte V 
est on' peu plus petit que te raton ordinaire,' âViec ht tétéf 

1>lns étroite et la queue plus longue , et il s*çn éfoign^ d'ail-' 
eors parée que les poils de son dos; noirs à leur pointe, sont 
jaunes h leur base , et parce qu'il a une tacbe l^Qe sous far 
gorge. Le troii^îème-, qui à serVi à la desertptibil'du blaireaor 
blanc meUsalha^ de Brisson , ressemble çn topty pour lar 

Ïiille et les j^roportions, au précédent ; mais il est totalement 
lanc \ . ■- 1 ;>. .» , -.. 

Dans l'état saurage, le fâtônparote se nourrir également 
de smbsilài^ces végétales et dé iiiatîèrès anitùal^s \ Il recber-^ 
cbe les œufs ^cbasse aux oiseaux, etc. Ses bà6ftndés sont peu 
connues. En captivité , il s^appriroise facHenïent ; il caresse 
et foue avec tout le monde ; il mange de tout , dû poisson , 
des volailles vivantes , des graines y des râcities , dd lait , àts 
œufs , des Insectes , du sqcre , etc. y et il e^t ttës-àgile tX as« 
sez docile. D'Âzara a remarqué que, IdrsquW donne quel- 
que chose à l'o^oua/tt' jpoy?^ , il le comprinré avec la main 
comme pour jouer, mais que , quand oh liii pressente de la 
viande ou quelque autre aliment de son goùtV'^tié permet 
pas qu'on l'approche, et H manifeste son mécontentement eti 
grognant. ». u . j ,. :r. 

Le nom de laoeur^ donné Ji cet animal, vient de ce qu'on 
croit avoir remai^qué «qu'il détrempe les alimens dans 
l'eau, avant de les manger. D'A'^arà n'a rien observé dé 
semblable dans le raton du Paraguay, et il né croît pas 
même qu'il le fasse , à moins que ce ne soit rarement et par 
un effet de l'ennui; ou bien il pense queTon'aura pris pour 
une habitude, ce qui est Teffet du pur halsâi'd. ' " 

La fourrure du raton est employée dans lé^ fabriques 
de chapeaux. Les Indiens portent sa queue en giiise de cein- 
ture. Sa graisse est employée aux mêmes usages que celle de 
l'ours. , 

Le prétendu raton, dont parle Yalmont de Bomare, qui 
ëtoit couvert de poil grisâtre , parsemé de zones noires, 
n'est , selon Sonnini, qu'un mald moccoco. 

Seconde JEspèée. Le Rato^ caABtfER, Pfotyùm^aneniwrus ^ 
Geoffr.; —Le Raton caAÂisa,' Buff., Sûpj^., tottte 6^ 
pag. 336,- pi. 3a; -* Agqua&a-Gouazou ? d Azara ^ jE^ok 
$ur VHist nat des quadr. du Ain^g^iio^^ traduct* franc. , tome i^ 



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gi ^ ^ R A T 

p, ao7; —Parà^figa âfis tncliem.; —Pqyàgouas Siû t^arâtguay: 

, ic Xjict a'nin^al^ j4^nt Buttbo a parlé le premèt^ ÏLenî 
Ê^coup.dfi raloiipar lâgraxifleur , U forme et les propor- 
tions de la téle^ du corjj^s et je la ^i^ûe., Sa longiyièur , de-* 
^îs le bout dirmuseau jusqu'i^fongine j^ la qiièae rè^t de 
Tinygt-trowfip'uces six li^es, jc'est-à-^iré à peu |^rë^ égalé I 
ce^ du i'alon* Les autres dtmensia^ «oittproporiioniié&el 
mnt^es. mêmes 'enire ces deiixammau:|c, MViceptipn dé la 
queue qui est .plus courte et beauce[Up ^Iiis mince âai^s cei 
animal que. dans le raton. » 

«c tfa couleur d^ iraton oraMé^ est^ jainsi ^ue le dk ce na- 
turaliste , d^un ihure inèlè de tfoir et de gt-is ; le noir db^ 
mine .sur la tde «^ le cou et le do3? n^ais le fauvq est sans 
Mélange éur les cotes du coti et du ç(>r|^s; le bout du nez. et 
les naseaux ^oot noirs; les granas poils des moustadbes ob| 
qu^e pouces de longueur, et ceux dti. dessus de l'angle àe^ 

Jeux ont deux pouces deux Hgnes.. tJnç Bandé d'un bnii^ 
otràtre environne les Veux, éts^éténd presque, ;jusqù^àùs 
areiflies{ elle ^as^ sur le museatli^ se prolonge et s^unit au 
mur du^ômmet de la téW; le dedans dés oreilles est garni 
f^iin poil l^lancbâtre; une baùdé 4e cette couleur iràgpe 

!«-dessua des yeux , et il y a une ticHe.blandbé ^u milieu dix 
ront; les joucTs) Us mââioires. le dessons du coU, de if 
toitrm'e et du rentte, sont d'w bWclâunâtfé; Ipa jambes et 
is pieds sont d^un brun nolratiré ; celles de déviînt ionji; coir- 
Tertes d'un poil court; la queue est enrironnée de sii aii^ 
iîeaiïx noirs ^ dont lès intervalles sont d'un tatt^é grisitl^e; 
le poil du corps est d\m fauve mélë dé Àoir et de griS. » 

Cette espèce pàrott propre à ï'Âmënqûé itï'éridioààlè. L'a-- 
Lôi*de Ta obséryée à;.Câyenne , et il y a lieDi de Ctpitè qûé 
Yt^ûarà gquàz6^ i^c^est-à-dirè grand ^bûarà ^ù |;talid re- 
nard ) de d'Âzara ^ appartient à cette espèce , ^^ûo^éù^it y ait 
plusieurs omissions assez impbrlâintès dans ik deséh|»tibll de 
cet animal , et ^tié èetté ttliSihé de^crij^tioA ptÊ^étHe déiidif- 
grencès ûotablès, surtout âSHi^ tèisi dîtti[èïti^ît)îiS, at^èè ttVit qtiè 
BufiTon dbiknèdûfatbncràbtér. - 

La longueur totale de Vagouara^ gouatoUf y compris là 
qWeiiiÈ, ëàt de lioiïàiité huit pbiiéeè. Sa ^ùè k ^Ilfte j^u- 
très èi dêSni de longueur. AùJr ^ièd^ ^.détànt> îsàilaàtèlÀr 
est de vingt-huit pobteà; à céUt dé dè^ièt^, ^è e&l dé trëimè; 
la tété ett ph» amiigée qœ ceUe ûa irai<|n, lia <nukur gépé- 
rde 4e L'anitaal est a'ilii roux foncé, très-tlaîr dans les par- 
tieÉ isfiéiieirès, et presque bbnche à la quelle et dans Tinté» 
rieur dea ^efflei^ Axr«âeseofm dé là léte est une grande ta- 
die blanche entourée iJ'iine antre tache foncée. Le bas des 



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RAT 95 

fiXtëi 'est trftsaoir; de rotciôût & la lia iè Tépaale 9 il y ^ 
une crinière de cinq pouces, dont les poiU sont hoirs Aé ïeur 
jntyitië à létir poiùîte. Le poil du corps est assez long ; il n'est 
Ai K$s% 1^1 Apre ; celui de là queue est un peu plus toufiu § 
long comme celui du corps ou un peu plus. 

Cet ànimsd, selôti d^z^rà, pourroit bien être Vocoromt 
des tnùxes dû PêmU , que Buflfoti a regardé comme étant lé 
tongu^r. 

Uagouara-goûazou , dans P^tat de liberté , bal>ite les lieux 
marécageux, oi il se nourrit de limaçons ^ de crabes et au- 
tres crustacés, de quelques rats ou de petits oiseaux. Il va à 
irès-grands pas et court très-vite. En captivité ^ il a à pea 
près les habitudes du raton ordinaire : il boit en l^^nt, et 
mange de la chair crule ou cuite , qu'il ivresse aveq les nattes 
dé devant pour la dépecer, en la tirant ^vec sa bouche. U 
mange aussi de la canne à sucre et des oranges. 

Il ne faut pas le confondre avec le didelplre crabier et le 
f ènard crabier , qui ne se trouvent comme lui que dans l'A^ 
iûérîque méridionale, (desm.) 

RATON. Nom espagnol de« Khi^ (desm.) ^ 

JEIATON-PEQUEEO. Mom i^li^ol des Mui\R«]S. 
euxBs. V. ce mot. (DBsif 

RATONCULE, Myasam. PciEfe f^lniftb h^bftcëe,' à 
feuilles entières ^ ^tmkes; à fleurs trèi-petitèb , f «lanès et é9- 
fit»res 4 Tî^f émité d'mie fige dé déax ^duees au pins de 
kiiittein* ^ iqui ferme vxl genfre dans fa ]^éttt»ndHe p<ô»iygyifte 
^ dans ia femiUè des reiidAedlatéieB. 

Ce genre à pMr ciractèi«sttui &AtM de dnqfeHoles coAir- 
rëes et caduques; cinq pëlïtes è(MA*ts /4 bi^tls filifonties, 
toboleai; cinq à doifte létâmiiftes^ àngtrtni nombre d'bvfti*- 
vei sbrÉUmtés d%b i^ «kflpié «t p#rtës ittr M vétt^^t^ 
{rMe et ékm^ % «if^fand nombre de éïq^ftlei tteumkiée& «t 
«Éénolpèrmef. 

La ràtbncnle ^ ipi^ii ^d)ê TnlBfliréQiMt mài€ iè in^tii^^ 
4 rkisoh Ae son «ifeepittofe ^ ViM^ge ((toièMquéfois ^«ilant 
i|tte la luMsipe ^ et kpÀi faMqo'il «st diÉpouttté de sisil graliiM^, 
4 réélteaiëÉt Tasp ëct d^wé ^ueue de s(mt4»v^ét MiMelfté «t 
tt Qrûdiv^ dans lesdiaibpsHiiblMtteiik^t'iai pe«ilMttlidi»i.®)i 
dit i|ae y pi^e M dëcoMkAi -^ elle echi^itklft êm^ tes (sdàA^Ui- 
Mntrect ijtts lM*9ât|^î^inéS. filfe «il feÀ^éMiMjhi«Mdd|fls 
les lieox qui lui conviennent. (B.) 

RATà<}H£K; r.llATZftEK:.Ci.) 

RATTAS. Atbfrte ffOtehltl. Gt^ m liiociÀftte. (b.) 
MTTË COtJÊtTÊ. C*est, en patois bourguignon , le 
CaMPàgHOL, proprement dit. (Dfisii.) 



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S6 RAT 

RATTE A LA COURTE QUEUE. Désignation quî 
ge rapporte au Cabipackol commun, (desm.) 

RATTE A LA GRAT^DE QUEUE. DénomînaUbn 
vulgaire du mulot ( espèce de Rat) , en différéns lieux de la 
France, (s.) 

RATTE ROUSSE. On donne ce nom aux individus de 
l'espèce de la souris qui se tiennent dans le^ champs 
comme le campagnol, et font tort aux moissons, (oesm.) 

RATTELMAuS. Kolbe donne ce nom au Suricate. 

(DESM.) 

RATULE , Eattidus. Genre établi par Lamarck parmi 
les polypes ciliés, aux dépens des Trichodes. Ses caractères; 
sont: corps" très-petit, oblong, tronqué ou obtus antérieu-, 
rement ; bouche distincte ; queue simple. 

Les Trichodes rat. et clou de MuUer entrent dans ce 
genre, (b.) 

RATUS. Le Ro^ » en latin moderne, (s.) 
. JlATZHEK {le sénateur). Nom imposé par Martens à la 
InoueUé blanche , d'après sa démarche grave sur les glaces. 
V. l'article Mouette, (s.) 

RAU-RUNG. Nom donné , en Cochinchine , à un arbre 
éonX le bois sert. à bràler, et dent on makige les jeunes 
feuilles en salade. C'est le meieorus eoccineus de Lodréiro , 
qu'on dit (tfe l^vdème zrhre qaeï Eugema spedosa déLiàin., 
et qui rentre, d^j^s le genre ,5<rti«idnim de Jussieu. (in.) 

RAU-CHIEQ-HÊO. Nom donnée en Cochinchine , à 
«ine espèce de MufIiIER « AniMUnum percinuni^ Lonr. y qui 
crott dans les lieux humides. On la recueiUe pour la nourri- 
titre dei porcs, d'où Ijoi^ vient son. nom vulgaire, (in.) ' 

RAU ]>IËP...Noi|[i des Laitues >. à la Coshinchine ; il y 
en%a troLi. espèces : iJ* le Rau diep t'au, c'est la laitue 
cultivée , laçtuca satina; a.<» le Rau Diep kha , c'est la laitue 
d'Inde ^ LiffiUuia indi'ca ^^ L, , moins safonreuse que la laitue 
cultivée ; 3.^ le Rau diep hoang , c'est la laitue à feuilles 
de i^aule fLaetMoa satina , qui n'est d'*ttctine usage, (lk.) 

. RAU-E TIA. et Rau-qué. Nomji. dîuinés , en Cochin- 
.ehîne* au basjiliH^.t .oçyjmum.baàlicum.i L. Rau^étinbQ'la est 
eedii du petit b^^lic ^ ocpmtm minmumfij. ; et Rkmt^on-la 
.tst.sifkhs^sHiic^Qqqfmum pxUi$$imim)^ L.f qui est cultivé 
âw^ tous les jardins.de lllnde ^loause de son odeur suave ^ 
<^.;d«;ses (içivUes! quî fiervent^d'Msaisonnement pour les 
alimens. (ln.) i. : 

RAU-GEN. Nomdopné, p^^.les.Çochinchînpîs , anx 
diverses espèces d'amai^anthes qu'ils cultiytent comme plantes 
potagères ou d'ornement. La meilleure dç toutes, comme 
aliment, est le Kki^Gt^^-nx^G ^ àmàratithus pofygamûs , L» 



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^ ^ u g^ 

RAU-GIAP-CA. Nom à^nmé , en Cothinchine , à o»e 
herbe annueik, que 1 on maage ea assaisonnement atec la 
salade. C'esl le Fofypam cochinMnensis de Loureiro. (Lii.) 

RAU-HIEN. C'est, en Cochinchine , le Lis asphodèle, 
Hemerucdiiù/uka; pla»le qui e»t cultivée pour rornement 
des îardins. (lu.) « . * 

RAU H UN G. Nom cochinchînoîs de la Menthi 
CBÉPUEn Menlha cmpa, L., cultivée en Cochinchine , et 
saavafie partout en Chine. Elle est résolutive , stomachique • 
anthelmmthique, et employée dans (es affections hystéri- 
ques , et comme vermifuge. On la mange aussi en assaison- 
neoMftt , de même qae la Mirrm TBLtE , Me^a kirsuia. 
L., nommée a AU THoai nah en Cochinchine, et Hiam 
TSAi en Chine, çù on la cultive exprès. Sont-ce bien* les 
plantes de linnaeus que Loureiro a observées ^ f ln ^ 

RAU-KAN-HOANG. Une espAce de Berle est ainsi 
nommée en Cochincbine. On mange ses feuilles. Celte 
plante paroît être le Simn decumbem de Thunbere, quoioue 
Loureiro la ra^morte au SmmgrtBcum, L. (ln.) "* ^ ^ 

RAU-KA3N-NHA. Plante mnbellifère qu'on man^ en 
Cocbinchine ; on l'y cultive pour cet usage ; eHe est voisine 
de la LivÈcsK d'Ecosse , Ugusiicmm acoikum; mais ce n'est 
pas cette espèce , comme le prétend Loureiro. (ln.) 

RAU-KAN-NUOC. Nom qu'on donne au chcrvi, 5iiiiïi 
sisarum , L. , en Cochinchine. (ln.) 

RAU LUL Nom que les Coebinchtnoîs donnent à une 
espèce de Cacaub, Cac. procmmèenê , Lour. , qu'ils cu^ivent 
comme hei^ potagère Irès-snine. Leurs voisins, les Chi- 
nois , en font également usage. Loureiro pense que c'est 
le Mwchus pobMUs de Rnmphius ( Amb., 1. 8 , t. io3 , f. a. ) 

RAU MA. ^fom qu'on donne , en Cochinchine , à une 
^ante qu'on y mange , et qui croît dans les haies. On la 
retrouve dans beaucoup de lieni de l'Inde. OesiÀt trisanOms 
cûcf0^€hmen$is jLow., et le Pts-e^irmàt Rumphius, 1. o, 
t. 169 , £ « ^ que linnœos rapporte à VHydrocaijle asiaiica. 
Une acutre espèce du genre hydrocotyie ( H. umbeUata ) , 
porte le nom de Bau-ma-me. (ln.) . 

RAU-UAL En CocfaincfaÀne, on donne ce nom i, une 
espèce de Mercuaialb , MmrcuriaHs indica , Lour. , qu'on y 
cultive comme plante médicinale. On fait usage de ses 
feuilles avec dli bouillon; elles sont un purgatif doux. Cln.^ 

RAUjao. r. Ki-si-THAN. (ln.) ^ ^^^ •; ' 

RAU MOL «Nom donné, en Cochinchine , à une espèce 
^^^pomc^Ç^lp. campamdaia , L. ) , plante d'ornement, (ln.) 
RAU MUONG. Une espèce de Liseron, ComohJus 

XXIX. „ 

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gS R A U 

repians , L. , porte ce nom en Cochinchine* On i^y mange , 
el c^esl un aliment aussi sain qu^agréable. (lk) 

RAU NGO TAU. Nom par lequel les Cochinchinois 
désignent la Coriandre cultivée, Conandrum satioum. Ils mân- 

fent souvent la plante entière, de même que celle du 
Iau-ngo , nom de l'autre espèce de Coriandre , Conandrum 
Usiiculaium. (ln.) 

RA13-NGU. Nom donné, en Cochinchine , à uov plante 
herbacée vivace,Di£«ro5 cochint^inensis^ Lour. , qu'on y ma^e 
confite au vinaigre, (ln.) ^ , ^ 

RAU-NHUT. C'est ainsi qu'on nomme , en Cochin- 
chine > la Neptunie POTAGÈRE , NepÊunia oleracea^ Lour. , 
herbe aquatique qui flotte sur les étangs et sur les fleuves 
d'un cours très-lent. On l'attache à des pieux pour pouvoir 
la cueillir à volonté. On la mange en salade ; sa saveur est 
sapide et douceâtre. Qette plante est une espèce du genre 
desmanihu» de Willdenow , ( D. notons) , formé au^ dépens 
du genre mimosa , de Linnaeus. (LN.) 

HAU-RAM. Espèce de Persicaire, Pofygonum odoratum , 
Lour. , qu'on mange en Cochinchtne« Sa culture est très- 
étendue dans tout le royaume. On fait usage de cette plante 
comme assaisonnement du poisson, et des viandes et surtout 
des viandes rôties, (ln.) 

RAU-SAM. Nom du Pourpier , Poruàaca oleracea , en 
Cochinchine. (LN.) 

RAU SOUNG CHUA DEEL Nom donné, en Cochin- 
chine , à une espèce de Persicaire , Potygomtm perfoUatum ^ 
Lour., dont le principal emploi consiste à ramollir (sans 
doute la partie extérieure de l'ivoire et des os) pour y faire 
ensuite des empfeintes propres à retenir les couleurs qu'on y 
pose, (ln.) 

RAU-THOM-LOUNG et TIATÔ-TAU. Noms que 
l'on donne , en Cochinchine , à une plante labiée , Coleus 
aniboinicus^ Lour. , que l'on mange et qui a aussi toutes les 
vertus des autres labiées. C'est le marrubium amhoMcum 
aîhum , beionicœfoiio^ de Rumphe ( Amb., tab. 7% ). (ln. ) 

RAU TLAl. Nom des Commeunes en Cochinchine. 
La plus remarquable est le Rau-tlai-an, que Loureiro dit 
être le Commelina commums , la, , plante herbacée, que les 
natin*els mangent cuite ou crue, (ln.) 

RAU 'TON. Nom qu'on donne, en Cochinchine , à 
un arbrisseau cultivé dans les jardins , et dont les jeunes 
feuilles, d'un goût de cumin assez agréable ^ servent de four- 
niture aux salades. Loureiro la nomme jamkolifera odora^ et 
ne croit pas que ce puisse être le myrlus cumini de Linnaeus. 



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R A U 99 

RAUBKABFëR. L'an des nom» allemands du Ha19- 

NETOn VULGAIRE.^ESM) 

BAUCHUNDE. C'est on des noms allemands de I'Or- 

ME. (DESlf.) 

RAUCHTOPAZ des AUemands. C'est le Quarz 
9YALIN enflimé. V. l'article des variétés de coalears du 
QUAttZ.. (ln.) 

RAUCHMEIER. L'an des noms allemands de la 
Garance, (besm.) • 

RAUDE, RUPSOK, ZHIAEPOK, VIELGOK. 
Noms Japons du renard^ etpeat-étre de V isatis, V. l'article 
Chiek; (desm.) ' 

RAUfiWACKE. Les Allemands donnent ce nom au 
calcaire compacte poreux des premières formations secon* 
daires ; tel est le calcaire connu des géologues français soas 
le nom de calcaire du Jora. Le rauhtwieke présente un 
grand nombre de petites cavités remplies d'argiU, qoi n'en 
altèrent pas l#lénacité. Il n'est pas toujours poreux; il se pré- 
sente aussi compacte ; mais il l'est moins que le zechsiein , 
qoi est an calcaire plos ancien , an calcaire alpin , gris 
Toossitré ou gris de fumée. L'un et l'aatre sont coquillicrs. 
C'est ^ans le zechsùun qa'on trouve plus particulièrement les 
encrinite8;mais les térébratules^ lesgryphées, les ammonites, 
les bélemnites^sont commanes dans le rau^«pa^A^; ce calcaire 
est nommé encore hohlekaike^ rauchtvacke et rauschantcke. 
V. RocBE. (ln.) i ' 

RAUSCHGELB des minéralogistes allemands. C'est 
l'AftSEmc SULFURÉ. V. ce mot (ln.) 

RAUSCHGELBKIëS des Allemands. C'est le Fer 

SULFURÉ ARSENIFÈRE. (LN.) 

RAUTENSPATH,\$>ia/ftmm^idb/, des minéralogistes 
allemands. C'est la chaux carbonalée magnédfère bitterspath. 
f^. vol. 6, p. i8i. (ln.) 

RAUTëNSFINEL C'est an des noms allemands du 
Spinelle. ^. ce mot. (ln.) 

RAUTWURM. L'un :des noms allemands de la Cour- 

TILIÈRE. (DESM.) 

RAUVOLI^É, RauQoifià. Genre déplantes de la pentan- 
drie monogynie et de la famille de son nom , dont les carac- 
tères ccmsîstettt à avoir : un calice à cinq dents , très-petit et 
tersistani; une coroUe monopétsJe tabulée, globuleuse à sa 
ase 9 divisée en cinq parties en sou limbe ; cinq étamines 
très-eourtes ; nn ovaire supérieur , arrondi , à style simple 
et à stigmate capité ; une baiç didyme renfermant deux os- 
selets biloculaires et à semences solitaires. 
Ce genre: ren&rme des arbrisseaux à feuilles verticiUées 



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loo ■ R A V 

quatre par quatre , et h fkuts asillaires ou t^rttiipiief , lOOTciit 
disposées en corymbes. On en compte huit ou dix espèces, 
toutes des parties les plus chaudes de l'Amérique , qui ren- 
dent , lorsqu'on les blesse , un lait d'une nature délétère. 

I<ea deux plus communes de ces espèces sont ; 

Le RAiPYOLTE l.iJtSAm' , qui a les fenillea lancéolées, 
glabres , et les fleurs terminales. On le cuhive dans nà$ 
aerrei. 

Le Râuvolfe BLANCHATRE, qui a les feuyks OTales«»ôb* 
losgues , pubesceates , dt les fleurs ordisalrement aullaires. 

Ces fruits de ce dernier sont n»irs, et pmdaiBciity lot»» 
qu'ils sont sur l'arbre , un effet très-agréable. 

Le genre OcnaoâiE se rapprnche innniinenc de eeluin:!. 

Le genre Yallèse de la Flore du Pérou ne partit pat 
devoir en être distingué* (B.) ' 

RAUV0LF££S. Famille de plantea qni^e rapproche 
infinioftent de celle des Apociméejs, et qui lui a aiéaMété 
réiudie. (B.) ♦ . 

RAV. Nom danok du Svcciu. (nESH.) 

RAVAGEUSES. 4ranéiées de la troisiètfM divisim de 
la première tribu de cette, classe, selon la mélbede d« 
M. VaUkenaer. Elle ne renferme fue son genre Msssu-* 
ijfeWE V. EaonioH. (de^m.) 

RAVAI]^U. Nom de l'HimonnELLB na FEnftTBS , en 
Piémont. (V.) 

RAVALÉ. Dans les terres de l'Orénoqne , e^eet le 

SaBIGUE. ^.'DlDELPHE. (DESM.) 

RAVALIO ou VEIROU. En Languedoc , on nonune 
ainsi I'Alvin 9 la RlakchailuK ou FaEtiK ; petits poissons 
de différentes espèces, (desm.) 

RAVANELLUS, de Céaaipiii. C'est le Radîs erdinalre. 

(ut) 

RAVANO. r.RAFANO. (DESM.) 

RAVAPOU.RumpUns figure la G0BTTABnÈ de i'Ime, 
sous ce nom. (b.) 
RAVASITH. Nom de paya du Figoibb des paqooes. 

(B.) 

RAVAT. F. Raba^. (DEM.) 

RAVE , NAVETTE, NAVET , Bn^ssicm rma , Linn. ; 
Brank^ iu^iis,Var. 4, Linn.; Brasma iMj^itt, Var; i, Linn. Cei 
trois noma désignent trois variétés d'tee espèce de Chou , 
que Lamarck appelle çbou à feuilles rudes (^iimssiea asperi- 
foiia, 11 importe de bien distinguer ces variétés. 

La rave a une racine chai^ue qui s'élève en partie au- 
dessus du niveau du terrain, et dont le sommet est commu- 
nément violet et ridé. C'est uae plante très-difFérei^te de nos 



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R A V : A : j::Vrtctt: 

_ ordloaîretou petites râfreé qui appartiennent an genre 
IFOAT (^K. ce mot.). £l(e ressemble beâncoop au nâret 

Îar son port , et on a souvent <|»elnve peine à Ten distinguer, 
klie porte différens noms, suirant la forme de sa raeine. On 
VappsUt me mâU , vrmU rmfi f rMomie on grvssé mp$ , qnand 
elle a nne très ^grosse racine 4 peu près ronde , et pins où 
irtoins phte à êe» deux extrémités ; ei root femelle on ra^e en 
navtAy qnândaa racine est oblongne on moins grosse. Celle- 
ci est pins déHcate an goût qoa l'autre , et pfais estimée. 

Ittés fenillo de la rave sont grandes « alternes , d'an vert 
bfnnâlre v et trèa-rudes an loncber. Les radicales s'étendent 
sur la terre 9 et sont profondément découpées ocelles de la 
tige Teinbrasafnt^ demiy et sont terminées en pointe. La tige 
a'élè^e m milieu des fenilies, à la liantenr de deux pieds ; elle 
est rameuse y et c'est au sommet des rameanx que viennent 
ki fleurs ^ qui sont famés et disposées en panieoles. A ces 
fleura necèdent de longues siliqaes , surmontée^ d'un style 
en forme de corne , et renfermant des semmces arrondie» 
et rongeâtrea. 

Les radnes des raves sont ipielqnefois grosses comme la 
tête d'un enfwt. On en a vu qui pcsoient fnsqu'ii quarante 
livres. La rave est béchique, ainsi que le navet. Sa décoction 
et son sirop sont employés avec suceès dans la toux catar- 
rhale» 

La natettCf aelpn Lamarclr^^ 1^ typ^ ^* raliwdes on 
raves^ ou deii^ navets. On la cultive comme le eêlsa^ pour sa 
graine y dont on retire de l'huile, qui sert à br&ler, k (aire da 
savmi «oÎTf etqdi est avssi employée dans la préparation des 
ouvrages ètë lamie« Cette plante offris encore d'antres res- 
sources écon^miqnes. Elle fournit, dans sa fleur, une excel- 
lente noorrhure pour rabezile } on en peut manger les refe- 
tons en salade ^ la menue paiHe qu'elle produit fait un bon 
fomrage pour les bestiaux ; la plus grosse est bonne i brûler: 
eHe ne saiuml servir de fumier, it caose de & lenteur à pour- 
rir. Le marc de la graine dont on a exprimré l'huile , est un 
régal ponr tes brebis, et leur fait beànconp de bien. H n'y a 
pomt de bêtes à cornes qui vm le mangent volontiers. Il aug- 
tnentele lait des vaclKs,et rend la chair des bœofs plus délicate. 
Les cbam(i^pe««ettt être fimaés avec ce marc, surtout ceux 
oè l'on se propose de semer de la navette, l^s graines de 
cette plante sont encore employées quelquefois en médecine ; 
elles sont incisives, diurétiques et alexitères. Les oiseleurs en 
nourrissent dans iké% cages besmcoop de petits oiseaux. La 
navette est annuelle et croit naturellement dans les champs, 
en France et dans plusieurs autres parties de l'Europe. Elle 
a une ratiiie obiongue , fibreuse^ peu charnue, d'm^ saveur 



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A. 1 i/: ii?»"'":: : ': / " : R A V 

légèrement acre ; ime tige élevée de deax pieds', glabre iHÉ 
peu rameuse, et deux sortes de feuilles; les inférieures W 
lyre , à lobe terminal , arrondi et denté, ^t garnies de poils 
courts sur leurs bords, sur leurs nervures et leur pétiole ; les 
supérieures très-glabres^ et embrassant la tige ; lesileurs sont 
jaunes, petites, et ont leur calice i^ demi ouvert. , 

Le navet, troisième variété du ehouàfeuiiles rudes {y<yf* 
plus haut), est une plante bisannuelle, à racine. charnue et 
pivotante , variant dans ^a forme, sa grosseur et sa -couleur', 
et d^une saveur douce «m peu piquante et agréable. Cette 
racine , faite le plus communément en fuseau y pousse des 
feuilles oblttigues, rudes et d'un vert foncé, qui sont dé- 
coupées en aile jusqu^à la côte , chargées de quelques poils , 
et étendues sur la terre.La tige est élevée de deur àirois pieds, 
et divisée en rameaux garnis de Veuilles alternes , amplexi- 
cauies , oblongues aussi , mais très-glabres et douces au tour 
cher. Les fleurs , disposées en grappes lâches et terminales^ 
sont de couleur jaune, quelqueu>is d'un blanc jaunâtre. Elles 
donnent naissance à des siliques qui ont à peu près un pouce 
de longueur, et qui renferment àes graines d'un ronge brun, 
presque rondes , et d'une saveur acre et piquante, mêlée 
d'amertume. 

On trouve le navet sur les bords sablonneux des côtes de 
l'Angleterre. Il est cultivé dans les jardins et en grand, et il 
présente beaucoup de sous-vaHétés. 11 y a de groset.de petits 
navets, de ronds et de longs, de blancs^ de gris, de jaunâtres 
ou de noirâtres en dehors, etc. Les petits navets sont répu- 
tés les meilleurs, et ils*st)nt les plus recherchés, comme étant 
plus agréables au goût; leur saveur est très-sucrée, et leur 
écorce est ordinairement brune ou couleur de café brûlé. Ce 
sont ceux qu'on emploie dans les cuisines^ pour les ragoûts. 
Une telpre sablonneuse et fraîche est celle où les raves pros- 
pèrent le plus; leur culture est principalement avantageuse 
dans le nord et Sur les montagnes élevées : ils font la richesse 
des sables granitiques. Leur introduction dans le système des 
assolemens a fait époque en' Angleterre^ On les sème ou dans 
les céréales, pour utiliser la terre, après la récolte dernière, 
ou sur un seul labour, dans les champs qui ot»t porté des 
productions de printemps. L«ur emploi dans la, nourriture 
des bétes à cornes et des bétes à laine ne doit être négligé 
par aucun agronome : tous les bestiaux les aiment avec pas- 
sion. 

Le navet , coupé par tranches et séché , se conserve. Si , 
dans cet état , on le mêle avec l'eau , il donne une boisson 
fermentée. Ce légume est sain, mais venteux. Tout le monde 
connoît son usage et sa propriété adoucissante dans les ma- 



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^ R A V ,o3 

ladies de poitrine. On en prépare des bouillons et un sirop 
irès-estimé contre la tonx invétérée et l'asthme. Son sue a 
réussi dans le scorbut. Ses graines sont apérîttves. La feuille 
de cette plante peut servir de fourrage, (d.) 

RAVE. L'un des noms vulgaires du s^/ute pyrum de LiiH- 
nseus, type du genre Turbinelle de Laimârck et de Denys- 
de-Montfort. (desm.) 

RAVE DE SAINT -ANTOINE. Nom vulgaire de la 
Bekcwcule bulbeuse , aux environs d'Angers, (b.) 

RAVE DU BRESIL , Baputn hrasUianum , de C. Bauhiif . 
Voyeit Igname, (ln.) 

RAVE DE GENET, Bapum genistœ, Dod. C'est la grande 
Orobanche , Orobanche major , L. , dont lé bas de la tige est 
renflé et charnu. Elle vit aux dépens du genêt et d'autres ar- 
brisseaux de la famille des légumineuses sur les racines des- 
quels elle se .fixe, (ln.) 

RAVE DE JUIF. Variété du Raifort cultivé , connue 
sous le nom de Radis de Strasbourg, (desm.) 
. RAVE EN NAVET. T. Rave ( petite ). (b.) 

RAVE DES PARISIENS. C'est le Raifort cultivé; 

(pesm.) 

RAVE (PETITE) ou RAVE EN NAVET, ou RADIS. 
Espèce du genre Raifort^ dont on fait usage comme ali- 
ment, (b.) 

RAVE DE POISSON. F. Resure, (s.) 

RAVE SAUVAGE. C'est le Raphanistre, Raphanm 
raphardstrum^ L. (DESBt.) 

RAVE SAUVAGE, Bapum syhestre, Dod , Fuschs. , 
Gesn. C'est la Raiponce , Campanula mpunculus. La grande 
rave sauvage est la Raponcule , Phyteuma spicaia, (i^N.) 

RAVE DE TERRE ou PAIN DE POURCEAU , 
Rapum ierrœ. C'est le Cyclame d'Europe, Cyclamen europœum^ 
Linn. (LN.) 

RAVELLA Npm du Spare hurta, à Nice, (desm.) 

RAVEN. Nom anglais du Corbeau, (y.) 

RA VENALA , Urania. Arbre fort singulier , qui croît à 
Madagascar. Il a une tige positivement constituée comma 
celle des Palmiers , et marquée à sa superficie de l'impres- 
sion des anciennes feuilles. Elle s'élève fort haut , et est ter- 
minée par un éventail parfait et superbe , formé par trente 
à quarante feuilles semblables , mais plus grandes et plus 
charnues que celles des Bai^aniers , portées sur des pétioles 
de danx pieds de long^ insérés alternativement des deux côtés 
de la tige. Les fleurs sont portées sur des régimes axillairef 
également disposés en éventail par l'aiternation des spaihes 



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io4 R A V 

commancs qui p'ôrtcal la fractificatioa. 11 y a quatre à eiiiq àé 
c€5 régimes sur chacpié pied. 

Cet arbre ibrine un genre dans llierandrie raonogynie 
et dans la famille ^e bananiers, qui a pour caractères : onei 
spathe commune multîvalve , d'une seule pièce orale ^ 
lancéolée , pltée en 4em , çbamue 9 dure et fort épaisse 
à. sa base ; elle contient dix à douze fleurs ; une spatbe par- 
tielle formée de àevtx pièces longues , pointues , blancbes , 
moins épaisses que la spatbe commune , persistantes t et qm 
cbacnne enveloppent sa fleur avant son épanouissement; une 
corolle de quatre pièces longues , pointues , pliées en gont-- 
tière, blançbâtres , dont une est plus épaisse que les autres j 
«t embrassé plus particulièrement les parties de la Cnictific»* 
lion ; elles ont sept à huit pouces de long ; «x étamines à filets 
très- épais et à anthère adnée dans une fossette longiti*dinale $ 
vn ovaire supérieur , allongé , surmonté d'un long style can^ 
nelé , à stigmate épais et sexdenté ; une capsule allongée 9 
épaisse , coriace , triangulaire , et divisée intérieurement ea 
trois loges polyspermes. Cette capsule s'ouvre par le haut en 
trois parties , qui chacune contiennent deux rangs de semences 
noires y couvertes d'une pellicule bleu de ciel. 

Le nwenala a été décrit parSonnerat dans Je second vo- 
lume de son Voyage aux Indes. Il croît dans les marais; ses 
feuilles servent à couvrir les maisons. Flaccourt dît que les 
Madégasses font de Tbuile avec la pellicule qui enveloppe les 
semences y et de la bouillie avec la farine de ces dernières. 
On le cultive dans nos serres, (b.) . 

RAVENELLE et RAVENAILLE. Nom vulgaire du/ 
Radis sautâgë, Raphanusraphamstnwf^aLUx environs d'Angers^ 
Ce même nom s'applique, dans quelques cantons 9 au'Gl- 

HOFLIER JAUT^E A FLEURS DOUBLES. (B.) 

R AVENSAI^ A > Agathophyllam, Arbre à feuilles pétiolées , 
alternes , presque ovales , obtuses , coriaces , très-entières , 
glabres et blanchâtres en dessous; à fleurs très petites, dispo^ 
sées en panieuies axiUaires et terminales, qui forme un genre 
dans la dioécie dodécandrié , et dans la famille Ats lauriers. 

Ce genre a pour caractères : un catiee très-petit , tronqué ; 
six pétales , velus intérieurement et portés sur te caBee ; 
douze étamines , dont six insérées à la base des pétales et six. 
sur le caKce ; un ovaire supérieur , surmonta d'un style à 
stigmate pubescent ; un drupe arrondi , dont la noii^ est di- 
visée à moitié en six loges , et dont l'amande est à six lobes* 

Le ra»epsara est figuré pi. D. 8 , et a été décrit par Somaerat 
^âns son Voyage aux Indes. Il croît k Madagascar , et #élève 
à nne hauteur moyenne. Toutes ses parties, excepté son 
bois 9 qui est dur et pesant , sont aromatiques. Les Madé- 



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R A V -io5 

• 

gasses ferit un grand «sage de acs (roiu «I de ses feuilles 
comme épieeiies pcmr ats^onner leurs aitmiiâ> En effet , 
ils ont une fine et excellente odenr anmiâliqne ; mak ils sont 
d'ane savear amère et fort acre. On poorroit^ par des prépa- 
rations aemUjAles* à celles qu'on fait subir à quelques autres 
épicerws de Tfaide, leur faire perdre facikoient «ne partie de 
ces défauts , et alors le r<»m$ara seroit^ à quelques égardis , 
sttpërîear à toutes les autres épiceries ^ en ce qu'il réunit 
tout leurs Jnrântages. Les Madégasies se contentent d^ cneiK 
lîr les fruits avant ^r maturité , et les Cralles à la mime 
époque , de £bs faire sécher enfilées comme des grains de 
chapelets, et, auWutd'un mob, de les mettre pendant 
quelques mÔMIes dans l'eau bouiUante f et de tes faire sécher 
de nouveau. ' 

Gaertner a appelé ce genre ÉvoniB. (b.) 

RAYËT. Nom que l'on donney en Amérique, anxBLArrEs. 
Fi. ce mot. (i.) 

RAVIER. On a domié ce nom à n agaric propre k l'I^ 
talie , et que Micheli a figuré pL yS , n.® x U a l'odeur et la 
saveur du raifort On le mange, (b.) 

RAVIN. Excavation formée p^r lef torreçs dans k flâne 
des montagnes. Ces érosions , qui mettent à découvert une 
partie de leur structure intérieure > sont intéressantes aux 
yeux dû géologue et du minéralogiste ; elles sont quelquefoia 
importantes pour le mineur , et lui font découvrir des indieet 
à& filons qu^il n'eût peut-élre pas soupçonnés. Plus les moiita^ 
gnes sont élevées, et plus leurs mnm sont profonds; ceux des 
CordltiènsiouXà^uskQ étendue immense. V. Quebrada. (fat.) 

RAVISSANO. La VioniiE des haies a larges feuilles 
est ainsi nommée en Languedoc (n£Sii.) 

RAVISSEURS, Awtomi. Nom que j'ai donné à une tribu 
d'insectes , de la famille des hydrocorises , ordre des bé^ 
miptères , dont tous les pieds sont piesque semblables et 
ambulatoires, ou dont les deux antérieurs (dans le plus grand 
nombre) sont en forme de serres ou de griffes, avec leurs cuisses 
très-grosses, ou fort longues , canalicnlées en dessous , pour 
recevoir le bord inférieur de la jambe , et leurs tarses très- 
courts , se confondant avec la jambe , ou formant avec ellâ 
un grand crochet ; leur corps est tantôt ovale , déprimé , 
tantôt linéaire. 

I. PaUts aiUériéures semblables aux aiOres^ point ravisseuses. 

Le genre Péi.ogoiï£. ^ 

IL Pêiks imUriewts rôtisseuses. 

Les genres Galgijlk, BiLOSTOMB, Navcore, NiffE, 

l^AKATRE. (L.) 



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io6 ^ RAY 

RAVONAILLES. Ce sont les C&vêip£RES Toisiiies de 
la Bave , qu'on cultive pour la nourriture des bestiaux. F. 
Chou , Goi^a ^ Mayette , Moutarde, (ln.) 
RAY. En anglais, c'est le nom des Raies, (desm.) 
RAY. CAY..Nom que ks Cochinchinôis donnent à une 
espèce de Gouet {Arum indicum, Lour. ) qu'ils cultivent , 
et dont ib mangent Içs tiges , cuites dans de l'eao. Le Rat- 
HOI9G est une seconde espèce du même genre {Arum arisa" 
rum 9 L.) ; et le Ray-tlai^o , une troisième {Arum macror-^ 
rhizum 9 L. ) ; çlles ne sont pas mangées. Il y a encore le 
Ray-tia ( Arum sagUUJolium^\». ) qui se mange, mais moins 
fréquemment que le Kay^bag-ha , nom de la Cologasse 
{Arum çoiocassia^j dont OQ mange les jeunes £euittes crues. 
Plusieurs de ces antm rentrent dans le genre calladium de 
Ventenat. (ln.) 

RAYE. V. au mot Raie, (b.) 
, RAYÉ. On donne ce nom à une espèce de Tétrodon , à 
une espèce d'AcHANTURE , à une espèce de Lutjan , à une 
espèce d'OPHiooÉPHALE et à une espèce de Silure, (b.) 

RAYÉ DES INDES ( Vioerra fasdala , Linn.). Mammî- 

fère carnassier , du genre des Civettes. V. ce mot. (desm.) 

R AYGRASS. Nom anglais de toutes les espèces de plantes 

graminées qui servent à la nourriture des bestiaux^ et surtout 

de celles qui se cultivent pour cet usage. 

Ce nom , en passant dans la langue française , s'est res^ 
treint à 1' Avoine élevée et à I'Ivraie vivace. 

Ces deux plantes ont été l'objet de nombreux écrits. Les 
agriculteurs de toutes les nations les ont plus ou moins pré- 
conisées , surtout la dernière , qui , en effet , a des avantages 
marqués sur les autres fourrages, (b.) 

RAYMET. Nom d'une des variétés de I'Olivier. V. ce 
mot. (n.) 
RAYON. Lespêclieurs appellent ainsi [les jeunes Raies. 

(B.) 
RAYON DE MIEL. On donne ce nom aux gâteaux de 
cire , remplis de miel, que les abeilles disposent verticale- 
ment dans leurs ruches, (desm.) 

RAYON VERT. Daubenton el Lacépède donnent ce 
nom à un Crapaud qu'ik décrivent aussi sous celui àt crapaud 
verL Daudin adopte ce dernier, (desm.) 

RAYONNANTE. Saussure donne spécialement ce nom 
au5/raAi!sfe//ideWemer , c'est-à-dire, à l'amphibole translucide 
vert plus ou moins foncé. M: Hatty en avoit fait d'abord une 
espèce,sous le nom à^aciinote, qui rappelle aussi la disposition 
de celte pierre dans les rochei^ qui la contiennent La rayon: 



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RAY; 107 

nanU ad/orme^ celle à larges rayons et cdie en pnsmetrhomf 
bofdaux , dont parle. Saussure , s'y rapportent ; mais il faut 
en exclure ses rayonn(Mttt$ en burin H en gautiièren quisoat des 
variétés de Titaiïe 8iiicéo-CÀLCAinE , quadrisenaire et ca^ 
naliculé , qvi'on avoit d'abord regardéies comme une espèce 
particulière , le sphène. V. Titat^e suicéo-calcâire. (ln,) 

RAYONNANTE ASBESTIFORME { Asbesiartiger 
OrahjsUmj Wem. ; AshesUnke , Kid.). C'est l'amphibole, adi- 
culaire on fibreux, translucide et d'un vert plus ou moins 
foncé, (ln.) 

RAYONNANTE EN BURIN. V. Titane. siiidÉo- 

CALCAIRE. (LN.) 

RAYONNANTE COMMUNE ( Gemeiner strahlsUdn , 
W»; ZiilerthiU, Lamcth.; AcHnoUU, Kid. ), ci-devant AcTi- 
NOTE ; c'est l'amphibole vert translucide ,, ordinairement 
en longs prismes comprimés, (ln.) 

RAYONNANTE EN GOUTTIÈRE de Saussure. F- 
Titane silicéo-calcaire canaliculé. (ln.) 

RAYONNANTE GR£NUE,^o0m^erslnaA/s^.l.e^ mi- 
néralogistes allemands donnent ce nom à deux pierres diffé- 
rentes qui se trouvent en roches, et dont la texture est granur 
laire. La première est composée d'amphibole en grains très- 

{petits et en petites lamelles d'un vert jaunâtre , plus dur qjoe 
'amphibole actinote auquel néanmoins il se rapporte, si l'on 
n'aime mieux le rapporter^à cette sorte d'amphibole lamel- 
laire dont Wemeret Karsten avoient fait une variété depy- 
roxène,(£/a«/^n^fr-âi^) qui se rencontre aussi dans son^voi- 
siuage. Wemer a retiré cette rayonnante de son strahlstein^ 
et en a fait une variété d'OMPHAZiTB. V. ce mot La seconde 
variété est de la diallage verfe grano-lamellaire, fibreuse dans 
le sens où elle montre le tranchant de ses lames , et qui forme 
avec le quarz et le grenat une roche quelquefois très - com- 
pacte ; il paroît que c'est à elle que Werner laissoit le nom 
àtKoemigerstralUsteîn avant de rudÉraussiàTomphazite, tan- 
dis que Karsten le donne à la première variété. Ces deux 
Îierres se trouvent l'une dans la montagne dite Saualpe , en 
larinthie , et l'autre à Tainach , en Styrie. (ln.) 
RAYONNANTE VITREUSE (^Ghssartiger strahhuin , 
W. ; ThaîUU , Lam. ). C'est une simple variété de l'épidote: 
elle est en longs prismes ou à base rhombe > transparente oa 
translucide , avec un éclat brillant , quelquefois semblable 
à celui d'une glace polie. Wemer avolt d'abord considéré 
l'épidote aciculaîre ou radiée comme une variété de rayon- 
nante vitreuse ; mab depuis il l'en a distinguée et l'a appelée 
PiSTAZiT. V. Épidote. (ln.) 

RAYONS (^Ichihyologie). On donne ce nom aux arêtc^ 



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io8 R E A 

qui sotttkiîiKnt les nagêoiresdes poissons. Lf s poissons qui Olit 
loue les rayons ée le^rs^ftageoires mous et flexiMes, sont éifs 
MAtiiGorréBTGiENs^i^eiis « an conir^ite, ^i le^ oiot sloKéès 
et durs, sont appelée AcautoOptéryouks. On nomme fayms 
wUcttiésf ceux qui somt , en effet ^ artîeulës àVee; dés arêtes 
iniérSeures , et qui peuvent se lever et s^al»aîsser à la volonté 
lie ranimai ; rayons^dorhposé» , ceoxqui se bifurquent une ou 
flosveurs fois vers ^extrémité; rayons hfûnchiosièges ^ eeiiz 
^ soutiennent la- membrane qui concourt avec les oper- 
cules à fermer les ouvertures des ouïes^ etc. (desm.) 

RAYONS DE SOLElL. Deux coquilles ont reçu ce^ 
nom , la Telline vergëttée , Tellina virgcàa , et le mure% 
hippocastanum. V, RogheR. (besm.) 

RAZ DE MARÉE ouPOROROCA/r. Mer. (i»at.) 

RAZOR FISH. Les Ai^glais dorment ce nom auxpbis- 
sons du genre Goryphène. (desm.) 

RAZOUMOFFSKlrNE.Pierre qui accomp^ne rarcbrv- 
soprase dans la serpentine à Kosemutz en Siiésie. Elle 
«st tantAc blanche , ^friable , tachante et aride An toucher , 
tantét endurcie ou d'un rert-pomme. Elle est considérée, par 
quelques minéralogistes , comme un cai^onale de magnésie 
niieifere^ ef« par d'autres, comme ^tme altération de la 
êh^9dprase elle-méaie , analogue à celle qu'on observe Aanis 
le silex pyromaqae qui , de siliceux ^ devient terteux et pul- 
vérulent; cependant, l'analyse du razourkoffsfdne indique, 
dâds cette pteYre : magnésie , 5a ; acide carbonique , 26 ', et 
siHce, 20 ( C. John. ). Si c'eût été de la chrysoprase altérée^ 
on n'y auroit point trouvé de magnésie carbonatée. Les seuls 
morceaux que nous ayons vus, à Paris ^ sous ce nom, étoient 
afssez légers , compactes et gercés à l'intérieur, terreux et ta^ 
ehansàht surface, ea partie blancs et en partie d^un Vert* 
pomme analogue à celui de la chrysoprase , néanmoins plus 
clair. Ils avoient beaucoup d'analogie avec la croate blanc!» 
terreuse et poreuse qui ricouvre eliorme ûes veines dans la 
plupart des btocs de chrysoprase. Le quans magnésien des 
iuteàrs paroît n'être qu'une légère variété du razoumof- 
fshme. (ln.) 

RAZVOR. A Nice , c'est le Coryphètîe ra.soiiei. (bèsm.) 

'RÂZZA. Nom italien de la Raie. (i>êsm.) 
' RAZZO. C'est la Raie rowce , à Nîce. ^pES^O 
• RÉALGAL. r. RÉALGAR. (desm.) 

ftÉALGAR. Minéral formé par la combinaison de far- 
stnià avec le soufre. Il eist jaune ou rouge. On donne au réalgar 
jcianè fc nom S" orpiment ; le rouge conserve celui de réafgar 
ou de rubine d'arsenic , quand sa couleur est d'un beau rouge . 
^e rubis , et qu'il est transpareni et crislaïlisé. On' donne 



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R E B X09 

aussi au réalgalle nonvtrièis-MaiprQpre dt sandÊrêe, qu'il faat 
lii«9 ;^ garder i^ eonfoudrearec le ^t^jûkdamc, qui ési^ la 
résine du genévrier. V. Arsekic sulfuré, (htn,) 

RE A WËIIA. C'e^t f aux Câaarles , lè nom d'une espèce 
de MoRELLE , Solanum ^fspm^ÎQ n Ait. » seloâ Yenteaat y qui 
t« fait une eapèç^ àeny€ttM^m. Plilkt»el a figtiré ceit« mtoie 

Xlame (P^y/. V t. 3i6, fig. 3), et dit «pi'cn Ti^pelle ptrm€nim 
ans la même île. (lk.) 
KÉâRMOUSÈ. $y«ooyme d« CaADTSrSouEu , en an- 

glai». (DESM.) 

RÉAUMUR ^Bfaumuris. Genre de plantes de la polyan- 
drie pentagynie et de iabmiUeiks jficotdes , dont les carac- 
tères ^ésentent : oa calice persistant à cinq découpures pn>- 
fondes 1 et garni de folioles nombreuses k sa base ; une co- 
rolle de cinq pétales, munis à leur base intérieure de deux 
appendices ciliés; un grand nombre d^éf aminés ; un Ofaire 
anpérieur , surmosié de cinq slylci rap^ra*odiés ; une ^^apsule 
à cinq loges, à ciAq-tatlvcs, nmhrm^tt plosseun semences 
latn£uses. » 

Ce genre renferme deui platites à femlies ahemes , très* 
petites , et à fleurs terauhales ^ aoEtaires et sessiies. 

L'utile » le RÉAUHUk V£EMfi.ULi , a ks feui&ssnbulées et 
demi-cylindriques* Il se Iroore en Egypte et en Syrie. Il est 
annuel , et ressemble beaneonp à la mmde* ÏOMkaël et Di<s- 
fontaines disent son fruit unilôculaihe* On le cidtite dans nos 
écoles de botanique. 

li'autre, le Réàumue ttYPiiticoiMÉ^ a les lemUes distiques 
et planes. Il est amnnel t m trouye es Svrie ^ et est ligure sous 
le nom de milleperkas dans la Seconae BééaéU de Labillar» 
dière. U a , en clfet, ka plasgraads rapports arec le Mille- 
pertuis. 

Decandolle a observé que les feuilks et les tiges de la pre- 
mière de ces.espècesiaîsaoieat transtuder abondamment du 
ael marin et du nitre » mais plus de ce 'dernier ^ lors même 
«pi'^lle croissoit loin de la mer» Ce Caît peut donner Uta à des 
cultures dont le résultat seroit d^une grande «tiliié. (R.) 

REBBË HUAL. Noms norwégien de la BaLfiiNOt^RE 
MUsCAU POINTU 9 selon M. Lacépède. (desm.) 

REBBELWURM. L'un des noms de la/CoORTiLiÈREf 
en Allenaagne. (o^sl) 

REBBÉS. Nom de la Betterave Muofi, en Pc^ltou et 
en Anjou, (ni^.) 

REBENTA60IS. Nom qu'on dotiné , au Brésil ^ à une 
espèce de MorsllR , S^umtm ban$ksiaHum , "Vandel. (lk.) 

REBÊTRE. C'est ; dans plusieurs cantons dç la Wor- 
mandie , le tiom du Troglodyte, (y.) 



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no R E a 

REBÊTRIN. F. Hmêtre. (desm.) 

REBLE ou RIÈBLE^'Nom valgaîr è du Gaillet ^ùciCù-' 

CHAt^T. (B.) ' . • 

REBLETTE , REBLOT. Noms valgaK-es da Troglo- 
i^YTp j près de Baïoiine. V. ce mot. (t.) 

REBOULO ou REBOULETO. Nom langaedocîen àa 
quatrième estomac dabœaf ou' G AittErfE, qui sert pour 
Mire prendre le lait, (desm.) 

: REBUXR. Les baUtans de la cAie d'Afrique., voisine de 
Grorée , donnent ce nom k un arbre , cité par Adanson, maîsi 
dont ce botaniste ne nous indique pas le genre, (n.) 

Rj&C-BOCK» qïL^on prononce Riip-b6gk. C'est, au Cap 
de Bonne-Espérance 9 le nom d'un mammifère ruminant du 
genre des Ai^tilopes. Ce m,ot signifie iouc de piage et non b<mc 
muge , ainsi qu'il a été rendu dans la traduction française du 
voyage de Sparmann. (desm.) 

: KËCCHIE i Recchia, Arbrisseau à rameaux anguleux , à 
fleurs faunes Ténniescn grappes ^nx extrémités des rameaux^ 
qui croit dans le Mexique , et qui , selon Decandolle , Sjs-^ 
iema noturale^ constitue seul un genre dans la décandrie di- 
gynie , et dans la famiile des dilléniacées. 
; Les caractères de ce genre sont: calice composé ée cinq 
folioles ovales, ouvertes; cinq pétales oblongs, appendiculés 
à leur sommet ; dix étamines ; deux ovaires globuleux , à style 
court et à stigmate eo tête. ' . - 'i 

Le fruit n'est pas connu, (b. ) ' .' " . 
;■ RÉCEPTACLE 4 Beceptacidum^ Nom donné à la partie 
sur laquelle repose inmiédiatem^nt la Fleur ou le Fruit; 
V, ces mots, (n.) 

> RECHAD. Noni arabe du Cresson alsnois , Lepidmm 
satÎQum , L. , et d'un Cochléaria , Cochleana niloUca-^'ÙAili 

iEgypt., pi. 34 ,% 2.(LN.) 

^ RECHAD EL-BAR,(:n;5^ii<&iÀé7<. Nom arabe d^uhe 
espèce de crucifère placée avec les radis par M. Pèrsoon ^ 
Raphanus recurvatus ^ et qui est Vemanirocarpus arcuatus de La-* 
billardière, P/W/iA s^. (ln.) 

: RECHLOLDER. L'un des noms âlleibands do Sureau. 

. , : (desm.) : 

^ REÇISE. On appelle ainsi la Bi2qoiTfi:(fe.) î 

RECLAME (^Fauconnerie), Action derappeler sur le poing 
to oiseaux de vol, (s.) :: ; i:i r>! , : / . :.. .; 

RECLAME. Nom que l'on donne aux appeaux dont 30 
^rvent les oiseleurs, (v.) ' ;' ^.^ 

RECLAMEUR. Nom tniposé, par,M. Levaîllantviuo 
merh d'Afrique. V. l'article Me^j^ë. (v.) . ; 

RECLUS MARIN. Nojpd^onné à rAsjGWE rustique.. (B.) 



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il E D t,t 

' RÉCOLLET. Les Francis du Canada appeloîeni ainsi 
le Jaseur , à canse de quelque similitude entre la huppe de 
cet oiseau et le capuchon d^un récollet V. JaSeur des 

PINS, (s.) 

RECRÉMENT , Bécremehtum. Ce terme désigne une 
matière ou une humeur préparée dans l'intérieur de Técono- 
mie animale , pour être employée k quelque fonction dans 
cette économie , tandis que Pezcrément est une matière 
séparée pour être rejetée an-deh6rs. Ainsi , la bile , la 
salive , etc. , sont des récrémens , tandis que Turine , le 
mucus du nez, etc. 9 sont des Excrémems. F. ce terme. 

(VIREY.) 

RECTRICES (&c/nVe5). Plumes grandes et fortes de la 
queue, qui servent à Toiseau à se diriger dans son vol. Elles 
sont le plus souvent disposées ,i,2,3,4-*5,6;6,5,4>v 
3, a , I ; quelquefois au nombre de 8 , 10 , i4f 18, rare- 
ment plus. On les appelle trarwersaks , quand leur surface 
plane sert de parallèle à celle du dos ; obliques , quand leur 
pavillon forme un angle aî^ avec la partie plane du dos ; et 
verticales , quand il présente un angle droit avec le dos. (v.) 

RECTUM (intestin ), ainsi nommé, parce qull est âroit. 
C'est la portion des gros intestins placée à l'extrémité pos« 
térieure , et destinée à conduire au dèliors les excrémeqs 
chez la plupart des animaux , ou tous ceuit qui ont deux ou- 
vertures intestinales , une pour l'entrée des alimens /l'autre 
pour leur sortie. Le rectum commence à l'extrémité du co- 
Ln , et s'étend à l'anus ; il est accompagné d'un sphincter et 
de deux dilatateurs à son extrémité. 

Chez plusieurs animaux , on trouve àts glandes odorifères 
à cette extrémité ; chez divers ruminans , des insectes 
s'introduisent dans le rectum , pour y déposer leurs œuis , 
comme les œstres. Dans l'homme , les vaisseaux hémorroï- 
daires s'y engorgent asse2 souvent d'un sang veineux qui 
s'écoule par fois. V. Intestins, (virey.) ♦ 

RECURE DE CRAPEAU. ,C'est I'Élatine alsitïas- 

TRE^ (B.) 

RECURVIROSTRA. C'est,dans Linnaeus,le nom gêné- 
rique de l'AvocETTE. V. ce mot. (s.) 
RED-DEER. Mom anglais du Cerf, (desm.) 
REDDISH. Nom anglais du Radis {Raphanus saiiçus ). 

REDDLE. Nom donné par Jameson , au fer oligiste 
rouge terreux, ou Crayon rouge, (ln.) 

Rïi D'IPIVI. Nom du Martinet a ventre blanc , en 
Piémont, (v.) 



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lia RED 

RE m ROSSIGNEUI. ^fmfiémonim^^ là BouasE^ 

EOLLE. (V.) 

REDOU. V, REDOUi- Cî>ES¥.) 

REDOUL , Coriaria. Genre de plantes de la dioécie pea* 
tagynle, qui offre pour caractères : un calice à c^nq divi- 
sions ; cinq pétales , en foripe de (;landea ^ insérés svr Ip 
disque calicinal; dix étamines bypo^^nes , presque «sessUes^ 
et à anthères bipartites ; cinq OFaires supérieurs « réunis , 
svirmontés d^^utant de styles et de stigmates ; cinq capsules 
conniventes , monospermes, évalvest recoijivertes sur le côté 
par les pétales qui se sont accrus #t sont devenus sncculens. 

Ce genre renferme des arbrisseaux à tiges quadrangulaires, 
h feuille^ opnosées , sessiles t à stipulas membraneuses t ttîl- 
laires , et à fleurs disposées en grappes simples » axillaires et 
terminales , munies de bractées. Elles sont dioïqucs par Ta- 
vortement a un des organes sexueb. 

On en compte six espèces f dont une seule e^t dans le cas 
d'être citée. 

Le Rëdoul a feuilles de myrte , qui a les feuille$ 
ovales, oblongues. Il croit très-abondamment dans les par^ 
ties méridionales de l'Europe. Ses feuilles , réduites en pou-- 
dre , sont très-employées dans la teinture des étoffes et dans 
le tannage des cuirs. Elles sont de beaucouppréférées au Su- 
MACHy avec lequel on les confond souvent. En conséquence • 
on en fait un commerce de quelque importance dans le midi 
de la France. C'est par leur intermède qu'on travaille et 
qu^on teint en noir les maroquins dans le Levant , et on pré^ 
tend que c'est à luî qu'ils doivent leur, supériorité. 

Les fruits de cet arbuste sont un poison pour ceux qui se 
laissent tenter par leur apparence agréable et par leur saveur 
douce. Lorsqu'on en mange > oq est attaqué de convulsions , 
de délire ^ qui conduisent souvent à la mort. Ses feuilles en 
sont aussi un pour les bestiaux , k* qui elles font éprouver 
des accès d'épîfepsi/e ou autres aflPect^ns nerveuses , plus ou 
moins dangereuses, selon les circonsunces. (b.) . 

REDOUNAN. L'une des variétés cultivées de I'Olivier. 
V, ce mot. Td.)^ 

REDOUTEE, Beâutea. Plante à tige anguleuse, rameuse ; 
à feuilles alternes, pétiolées, munies de stipules' otaies ou à 
trois lobes , bordées de quelques poils plus pâles en dessous ; 
h (leurs jaunes tacbées , et rayées intérieurement à leur base 
d'un violet pourpre , solitaires , sur;des pétioles axillaires ou 
terminaux.' 

Cette plante forme un genre dans la monadel|^e po^ 
lyandrie et dans la famille des malracées , qui offire pour 
caractères: un calice double, persistant, l'extérieur pWy- 



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RED tî3 

en cinq parties beaucoup pias grandes ; une corolle àt citi^ 
pétale» ; M grMd ftôtn6l*è â'aaifitefti fonnam p^^ leur téu^ 
fiiob utt Ittfcéi au àbftriàél éiii^uèl àt»tat piati^es k« ontliâres ; 
mû OTaif<ë è iiiylê teri^iilé p«ir troU sti^ate» ; ««e èaprale 
Irit^faiMlfè ) tritlAv^ , tdtttèiMinl pli»i«Un siellienkêB lanu^ 
^«leàisfeft. / 

Lé kife^^ttiée «it MM«lte» ÈAte twtt ftatAféflèrtiem dans 
ra^ Aè Sliki4^ThèiAàliv et e«i ttdiittle au f^rditi de Ceb^ 
VëiMettat eft a 4oa*é Mè Aestfedptitm 60fh|^lèlë et uoe trèa-k 
bétfè t^ré JMft i(fti^ ouvragé hllllirié t Dmùri^iék éks Pkmieê 
du Jardin de dh. 
l\ f e faut paala Confondre aveé là R^TtniB. (b.} 
REDUVÊi Rtdu0ài$. Genre d'înéecles de l'ordre des 
hêreiptèrea 9 aeetioa des faëtéroptères , faot^ille des géoeo^ 
rises^ tribu des nadkoUea^ ayéni pour cafaiît^res : bec naia- 
taat Aà fronts saiUiBC^ «otâqne^ afqué, de trois articles ^ 
dont le second plus îang ; pattes aoatbulatoines ^ à tarses 
de trois articles ; antennes sétàcées 9 ^e ^^tre articles ^ 
insérées au-dessus d'une tiene idéale , tirée des yeux à To- 
rigiii% du labre; cofps ovaie) tète ovale, rétrécie posté- 
lieureoieat ou portée sur M« espèce de cou, avec deux petits 



^^^x listes sur une élétratioa postérieure; corselet coàimé 
ilobéi. { Pattes antérieures ordinairement courtes , avec les 
puia^es grosses « et Iqs ïambes épaisses vers leur extréniité. j 
Nous sommes redevables de ce genre à Fabricius. il lut 
avoit donné d'abord plus d'étendue \ mais ayant ensuite eii 
igard à kl position àt$ antennes^ il en a détaché les espèce» où 
ces organes sont insérés plus en avant, près de la base du 
][>ee ; dont le cou c^t généralement plus allotogé , et dont les 
pattes softt plus grê^s. fl a formé avec tes espèces le genre 
JZelus. Les reàuves étoiefat pour Linnâeus et (jreotfroy, dék 

? punaises ; les oaract^es que nous avons indiqués ci-dessus 
es éloknenl sensil[>reihènt de tous tes àuii'és geiirës àt la 
même umille. Ces insectes vivent dé ràplfie , tant sbu& là 
forme de larves et de nymphes, Qu'après être deVeûùs in- 
sectes parfaits , et subissent les mêmes métamorphoi^es. îh 
forment un genre assez nombreux, duquel on ne trouve que 
peu â^éèpèéés en Ëlirôpè. Pàttïii cdles-ci, on distit^ùè les 
sûîvafitës : 

Rént^ Â 1iikÉ(ititjÈjeduà{Uspérk)hatus, Fab. ; Grfïexper^ 
ioncduh^ Linti. ; là Puhûisè tnoUùtié . Gëôff.', pi. P. i4, 3^ de 
cet ouvragé. H ëi^t etltlèrÈmeiit d^un bntn noirâtre ; il à la 
tête petite; la trompé |;i'6iààe, tobrie ; les ahtenifes de la 
longueur du corps; récdssott court, terminé en pointe; 
Tabdomeii coneavi; en dessus, convexe en dessous; les ély-; 



xxrx. 



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kl* R E J) 

tresooochééft et croisées ior râbdomen; leipattet aiHérietirefl 
courtes. 

On le trouve en Europe ^ souvent dans les maisons ; il a 
le vol rapide ,. pique fortement avec son bec, et répand. une 
odeur très-désagréable. Quand on le tient entre les doigts» 
il fait entendre un bruit qui est produit nar. le frottement 
des bords de son corselet sur ses élytres. oa larve se trouve 
également dans les maisons^ elle ne di(!(ère de Tinsecte parfait 
que parce qu^elle n'a ni élytres ni ailes; elle est ordinaire-* 
ment couverte d^ ordures ^ de poussière, ce. qui là rend 
hideuse et la fait méconnottre ; elle se nourrit 4'insectes f 
làéme des punaises de lits 9 acanûiia îectularia^ Fab. , . 

RÉDUTB Al^NELÉ, Bedwius annuiaius , Fab. ; Cime» annU" 
lotus ^ Linn.; la Punaise-mouche à paUes rouges^ Geoff. Il a 
les antennes noires ; la tête et le corselet noirs, couverts de 
poils courts, grisâtres; T abdomen noir avec les derniers 
anneaur rouges , et quelques taches de la mime couleur sur 
les côtés; les pattes noires , et une tache rouge sur les 
cuisses antérieures et postérieures. 

On le trouve en Europe. 

RÉDUVE A PATTES KOIRES, RêdwHus nigripes ^ Fab. ; Gme» 
nigripes^ Linn. 11 a les antennes noires,avec les premiers arti- 
cles rouges ; la tête, le corselet et Técusson noirs , un pett 
velus, Tabdomen rouge; les élytres rouges ^ avec une tache 
noire à leur origine; les pattes antérieures longues, noires j^ 
lis autres rouges. 

On le trouve ,à Surinam. 

BÉDUVEPATTES-YELiTES, RêduQius hirlipes^TA. Il est en- 
tièrement noir, sans taches ; il a de chaque côté du corselet 
des épines courtes, obtuses ; les cuisses des deux premières 
pattes sont cylindriques , obtuses, très-velues. 

On le trouve à Cayenne. 

Kéduve a COLLIER, Zelus coïïarîsy Fab. Il a la tête d'un 
noir luisant , cylindrique , amincie postérieurement ; les 
élytres noires , avec une grande tache blanche vers Textré- 
mité ; les pattes simples , noires. 

On le trouve aux Indes orientales. 

BÊDUVE BiPONCTUÉ, Redupius bipunctaius , Fab. Il est petit; 
il alatête et le corselet noirs ; Técussou noir, blanc à Tori- 
gine; les élytres^ pâles, avec un point noir; les ailes pâles, 
avec une grande Vache blanche ; 1 abdomen rpugeâtre ; Tanus 
noir; les pattes antérieures noires, courtes, comprimées» 

On le trouve aux Indes orientales. 

Le R^QUVE STAPHYLIN, ReduQÙis staphyUnus de Gmelin^ 
igui est noir» avec les élytres très-courtes, rouges^ ainsi que 



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RE D tiS 

ics paltes,n'«st^ à ce que je croîs^ que la Ûymphe du Bédwins 
guiiul de M. Fabricios, et qui est un nàbis pour moi. (l.) 

REED, Reedgeass. Nom anglais des Roseaux. Reed 
BENT, c^est Pag^siis; Reedmace, c'est la massette; Rebd 
MILLET , c'est Vkokus saccharum. (desm.) 

REEDSU. Plante légumineuse du Japon , qui est meu^ 
tîotmée par Kaempfer, et qui, suivant Thunberg , est une 
espèce de Dolic {Dolichos iineatus). (ln.) 

RÉEIii. On trouve dans divers passages de la Bfèk le 
nom d^Un animal nommé rêem. Les Septante et la Vnlgate 
s'accordent assez à traduire ce mot par celui de rhinocéros ^ 
et les recherches de Bochart , dans son HiérozdCcon , sem- 
blent mettre- cet objet hors de donte^ Il est vrai qu'aujour-^- 
â'hui les rhinocéros ne sont pas communs en Arabie et eu 
Idumée , si même il s'y en rencontre encore ; mais autres 
fois , ils pouvoient être plus abondans; de même il y avoit 
fadis des lions sauvages en Macédoine , ma lilyrie ; mainte^ 
nant il n'y en a plus dans tous ces pays. Quoiqu'il en soit p 
voici quelques versets de la Vulgate , où il est parlé du réem^' 
traduit par le mot rhinocéros : Quasi primogemti tai ri pul-^ 
ckniudo ejus ; cornua rhinoceroiis comua illius ; in ipsis veniilabii 
génies usque ad terminas ierrœ. Deutéron.» c. xxxiii, y. ij, £t 
dans le Livre de Job , c. xxxix, V. g et lo : Numçmd volet 
rhinocéros serpire Ubi^ aui morabiiur ad prœsepe 1mm ? Numçuid 
aUigabis rhinoceroia ad arandum loro ivo ; aui confnnget gùbas 
vallium post ie? etc. On voit, dans la première citation^' 
({ue Moïse parle des cornes du rhinocéros ; ce ne peut donc 
être que le bada ou le rhinocéros d'Afrique, celui d'Asie 
ù'ayant qu'une seule corne. Voyez l'article Rhiiiocékos« 

(VIREY.) 

REFAIT (f)^ii«rMr\ Tête ou bois du cerf ou du chevreuil 
' qui se renouvelle. On dit qu'une bête a déjà du refait et 
que sa tête est refaite, (s.) 

REFLUX, JUSANT ou ÈBE. Mouvement de l'Océan^ 
par lequel les eaux s'ababsent et s'éloignent de la côte ^ 
après avoir monté pendant six heures (ce qu'on appelle/un; 
on Itfiot). La mer emploie un peu plus de six heures à des- 
cendre à son premier niveau, pour remonter aussitôt après ^ 
et ces mouvemens alternatifs se répètent chacun deux fois 
en viùgt-quatre heures. V. Flux, Marée et Mer. (pat.) 

RÉFRACTAIRES. On donne ce nom aux substances 
minérales qui sont infusibles au feu du chalumeau, (desm.) 

REFRACTION. Ce mot exprime la déviation qu'un trait 
de lumière éprouve lorsqu'il pénètre un milieu transparent, 
suivant une direction oblique à la surface de ce milieu. Dans 
les corps dont Tarrangement est confus y comme les liquides^i 



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1.6 R E F 

les gaz, lés solides fondas , la réfiraction est shnple , c'est-I- 
dire» que chaque irait de lamière homogène qui pénètre ces 
swbst^nces , ne donnç qu^nn seul trait de lumière réfractée ; 
mais Les corps cristallisés, lorsque leur forme primitive n*est 
ni un octaèdre régulier ni un cube, donnent deux pareils fais- 
ceaux dont Tun suit les lois de la réfraction simple ; H s'ap^ 
pelle , pour cette raison , rayon or£naire ; tandis que Tautre 
«ttit des lois différentes plus composées, et a été nommé, pour 
cett^ raison ^ rayon extraordinaire. L^ensémble de te phéno- 
mène constitue ce que Ton appelle la double réfraction ; les 
forces qui le produisent sont encore inconnues ; mais leur^ 
effets se passent comme si elles émanoient de Taxe du cris- 
tal. En effet, la double réfiraction est nulle quand le rayon 
traverse le cristal paralèllement à cet axe , et elle croît à 
mesure qu'il s'y incline. Lorsqu'un mtme rayon éprouve 
successivement l'action de plusieurs cristaux de nature diffé- 
rente ou même de nature pareille , différemment disposés y 
leurs actions sur lui peuvent s'entre*détniire , et le rayon 
extraordinaire revient se confondre avec le rayon ordinaire. 
C'est peut-être par une compensation semblable que la ré- 
firaction est simple dans les corps fondus et dans les cristanit 
cristallisés en octaèdre régulier ou en cube ; car , dans les 
premiers, la double réfraction peut s'entre-détruire par les 
actions opposées des particules arrangés de toute manière ; 
et, dans les derniers, elle peut être détruite par l'oppositioti 
des forces qui émanent Atè divers axes de ces cristaux. 

(BIOT.) 

REFUITE {vénerie). Route que prend one 2^/^ poursuivie 
par les chiens, (s). 

REGAGNON. Variété de Fboment. (b.) 
REGAIN. On appelle ainsi la seconde ou trovrième coupe 
d'herbe que Too fait dans les prairies, après la première fau- 
chaison. Dans celles qu'on arrose à volonté, la récolte dil 
regain est assurée ; dans les autres , elle dépend des lieux où 
sont situées les prairies, de la qualité du sol , et surtout des 
saisons. Quand la terre est bonne et Tété pluvieux, on a, dans 
certains pays > jusqu'à trois regains. Mais le fourrage qu'iU 
donnent ne peut être comparé, pour la bonté, à l'herbe qui 
a été fauchée la première ; celle-ci, toutes choses égales, con- 
tient beaucoup plus de principes substantiels et aliinentaireSl 
Lorsque, au contraire, l'été est très-sec et très-chaud, comme 
celui-ci (année 1818) , le regain est nul ou presque nul. Danii 
quelques endroits, on envoie pattre le blétail dans les prés^ 
après la premièrie récolte des foins. Cette coatunle est pré- 
judiciable à l'intérêt du propriétaire ou du fermier ; car un 
animal , cheral ou bœuf, gâte phis de fourrage dans on joor, 



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• ••*•• • • •- •. 

•• • • ••• c • ••• • • • • •« 



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R E G H7 

par son piétioemeîit , qaUi n^^n çonsommeroit dans cinq oa 
six. V. le mot Foin. 

A raison de l'époque où il se faucbc et ^ sa nature 
aqueuse , le regain ne se desséche pas toujours faciiement r 
dans .ce. cas , ^ our éviter qu'il moisisse , il fant le stratifier 
avec de la paille d'avoine ou de froment, paille à laquelle 
il cothmunique une partie de son 6deur et de sa saveur , 
et qu'il rend on manger plus agréable pour les bestiaux. 
{ DicL d' AgnatU.de rËn^d. \ (b.) 

REGALBOLO, RÉGALBURO, REIGALBERO ^ 
RIËGALBUIiO , RBGEIO. Divers noms italiens du Lo- 
EioT d'Europe* (ok&mO 

RÉGAt^EC , fUgallicus, Genre de noîssons'étaUi par As- 
cagne et adopté par .Cacépède 9 dans la division des Apqd£$. 
Il offre pour caractères : des ns^oires à la poitrine, au dos 
et à la queue; pQint de nageoires k Tanus» ni d'aiguillons k 
la place ; le corps et la qve^e t^^s-^loi^és. ^. pi. M. i4 « oik 
il est figuré. 

Ce genre renferme 4etvt espaces : 
Le Régai^kç glesne, qui a un long filament auprès de 
chaque nageoire pectorale ; une nageoire dorsale régnant de- 
puis U nuque ^squ'à la nageoire de la queue , avec laquelle 
elle est réunie. On le pèche sur les c4tes de Norwége, où oa 
le connoît sous le nom de Roi des hakeno^ t nom qu'il paxv 
tage avec la Chemèr^. Il a ^^ass^z grand» rapports avec les 
Tricbiures, les O.ppiMES et les Op^isures. des n^jLcboLres 
^nt »rn»ées de denU nQmbreu$es ; ses opercules composées 
de cinq ou six piéceâ^; s^s membranes branchiales soutenues 
par cmq pu six rayons ; il a huit rayons aiguillonnés k la dor- 
sale ; son cprpj» est argenté et ponctué de noir* Il parvient k 
une grandeur considérable. 

lie Rfi6a4«ECX.A¥iGtoLÉale corps allongé etserpentiforme, 
la nageoire de la queue lancéolée et les opi; renies composées 
seulement de deux ou trois pièces. 11 a , comme le glesoe^ 
deux nageoires dorsales très-rapprochées ; mais ces nageoires 
sont en quelque sor^ triangulaires : la première n^est point 
composée d'aiguillon^ détachés, et la seconde ne se confond 
pas avec la cf^udale , comme dans le glesne. U n'a point de 
nageoire de l'anu^. On Ta trouvé dans les mers de ta Cbiue. 
âa couleur est or et brun. Lacépède décrit ce poisson d'a- 
près une figure coloriée , exécutée' avec beaucoup de soin , et 
qui fait partie des dessins chinois cédés k la France par la 
Hollande. Nous avons fait copier cette figure sur la pi. M 
x4 de ce Dictionnaire. 

R£GALIOLU3« Aidrovande désignie ainsi le RoiTELEx^ 

(s.) 



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n8 RE G 

REGALIS {vén^ié). C'est Tendroit o& une bêle a gratté 
do pied, (s.) ^ 

REGARDEZ-MOI. On a qaelquefob désigné ainsi la 
SCABIEU$E, Scahiosa abropwrpurea, (BESM.) 

REGENBOGËNER2. Lesnûnears an HarU déslgnênl 
par cette dénomination le Plomb sulfueé laisÉ. (ln.) 

REGENBOGENSTEIN. Les Allemands donnent ce 
nom au quarz et à la calcédoinCy lorsqu'ils sont.irisés inté<r 
rieurement. (ln.) 

RÉGÉNÉRATION, Begenerado, rel PaUngeneda. C'est 
la reproduction d'êtres détruits ou de parties amputées. Les 
amciens alchimistes croyoient pouvoir extraire des plantes 
un sel essentiel, capable de reproduire en petit les mêmes 
plantes d'où il étoit retiré. C'est ainsi que les sels lixivieb 
des cendres d'absinthe, de centaurée, etc. , en se cristallisant 
dans leurs matras en petites ramifications, leur paroissoient 
être une palingénésîe philosophique de ces mêmes végétaux; 
parce que ces sels étoient amers comme les plantes d'où ils 
venoient. On sait aujourd'hui à quoi s'en tenir à cet égard, et 
les sulfates de potasse et de soude, mêlés de carbonate^s alca^ 
lins, sont tout le produit de cette prétendue régénération. 

Il en est une autre parmi les animaux et les plantes. Cer- 
tainement on a l'expérience que des pinces d'écrevisses oit 
de cr^be», cassées, se sont reproduites ; on a vu des queues^ 
de salamandres coupées , repousser, et il en a été de même 
de leurs doigts ; des parties de nageeires de poissons, retran-^ 
chées , se sont renouvelées ; enfin , on sait qu'une foule de 
zoophytes, de polypes, d'actinies, d'hydres, et les vers de 
terre et même des mollusques , comme les colimaçons , re- 
produisent des organes amputés. 

Il n'en eàt pas ainsi chez des animaux d'une stmture plus 
compliquée; car, chez l'homme, les mammifèresi les oiseaux, 
nul membre amputé ne se reproduit. Il est bien vrai que la 
cicatrice, en se formant, reproduit des bourgeons charnus, 
un tissu cellulaire particulier, qui se rapproche et soude 
les parties divisées ; on sait que les muscles , et même des 
nerâ , des tendons divisés, déchirés, se peuvent ressouder au 
moyen d'jine lymphe plastique qui se concrète , qui rattache 
les extrémités d'une plaie l'une à l'autre ; mais ce nouveau 
tissu est comme un tampon , un bourrelet pei| organisé, dana 
lequel il ne se développe réellement ni vaisseaui^, ni nerù. 

Av contraire , chez des animaux plus simples , il parott 
exister des germes d'un nouvel organe pour remplacer celi^ 
qui périt; c'est comme une dent qui vient remplacer celle 
qoi tombe. De même,^ çme nouvelle pince d'écrerisse reoa&l 



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R E G "* 

ïiprès celle iPùi à étë cassée; unenouvellc tfte se reproduit 
aa ver de terre lombric , à U naïde , comme une moitié da 
corps à un polype divisé en deux paru. Cette puissance mer- 
veilleuse de reproduction ressemble beaucoup à celle des 
bourgeobs d'un arbre, qui remplacent aussi des gemme» 
enlevées; aussi tous les êtres oi^ganisés qui possèdent une 
grande force de végétation, sont très-capables de reproduc- 
Son , la nature ayant ainsi suppléé aux pertes qu'ils peuvent 
éprouver dans leor fèible organisation. ^ ^ 

Cette reproduction parUelle a lieu chez les plantes , « 
général , par les surgeons qui forment un nouvel individu ? 
tels sont les végétaux multipliés de bouture. On a de sem- 
blables exemples chez les animaux les plus simples j et nôu* 
les avons cités k l'article de la GÉwiRATiON dont elle est ua 
mode. F. cet article. (ViaEY) 

JREGENPFEÏFER. Nom allemand dei Pluviers. Çv.) 

REGEYO. Un des noms italiens du Loriot, (v.) 

REGHAT. Nom arabe d'une espèce d'EPiAiRE, Slàchp 
pdœsUna , L. (LN.) « i- r % 

REGILLUS. C'est le Roitelet , dans Rzaczynski. Qs.) 
. RÉGIME (haUmique), En Afrique et dans les Deux-lndeV 
on donne ce nom ^xi spadix àe% paimiers et autres arbres, cest^ 
à^îre , à cet axe simple , rameux auquel tiennent les fruiU 
de ces arbres. C'est ainsi qu'on dit un régime de ff^^^^ 
régime de bananes. Il y a tel de ceuxd qm porte jusqu à soixante 
et quatre-vingts bananes. (D.) 

REGINA AURARUM. C'est aî^sî que q««»qf » f"*^]^ 
ont désigné le beau vautour de l'Aménquc méndionale, 
nommé communément Roi «>E«/^;!™yf%(„*;L^„^.,.^ 

REGINA-PRATI de Dodonée. C'est la Spirée^m<aire. 

V.LM.J 

RÉGINE. CooiEWTBE des Indes. (».) 
REGLES. V. Messtroes. (v»BT.) ,, ^ , ,, ,^ . .^ 
RÉGLISSE, Glycjnldtay.Um. {diodelphig é<hmdne.J 
Genre de plantes de la famUle des léeammeuses, q« «PO* 
caractère»: m. calice persistant en tAe et à ««f »*y7» 'J» 
sapérîeare dé<io«pée en troispart.es. dont celle du cenge 
est plus large et sous^divisée «»,?«« »/8f«"» î^* i*',"'?!: 
rieaîe simple; «e corolle papUionacée * <»f ^"* f^^f^^ 
érigé, à ailes oblonguës, à carène partagée en d«« » J« 

Sfthiaes, neuf réu^e», U ««*'*'»« »^»'t!;;,n» S «J" 
longues que la carène ; nn court ovaire »»"»«»»,"» .'^'J^î 
énllène,conr6àné^par «n sti^nate obtus. Le &<"* *" '^» 
gîusse un peuaplatie,li«« 00 hérissée , renfermant de trois 

à six semence». 



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•?o R E G 

Ce gepre ne comprend ip^ii^ très-{i^Ut Qooilu'e d^e^pèçesJ 
Ce $Oï^ 4es berbes (m de^ ,4rbrî$4ef ux 4oat Içs tteurs sont com- 
mQUément disposéçi^ en tête oa ^approçhéi^ 9» épis. J[e nç 
jciler^i qijie Iqs qeux ^^pèce.§ suiva^t^s. : 

iraçJAe traçante, j^mi^e ^n 4^<M^» vqpi^fe en 4^^^; ^9 
tiges fortes et Ug^qieusi^s ; dei| (euiUe;i altctrn^^ sam ^ipoiça'^ 
çoffiposées de n^uf à quinze foliotest dont Tuaps^rfi fst p4t 
tîolée ; des fleurs petite&t r^^ejgtdb^^s en ^pis |r4W«; de« 
gQussi^ orales,, j^ties ôt gûi^^ te^ml^^ ^^ W^^ ^^r 

S^^nt tantôt ^ne sei4e seiniU(^f e r4pif9C<nertaatdtdeiixç^i,traM). 
oencb e^ a fait unct genr^ ^us le ^om de l4i9Vii^i7l¥. | 

Qq trouve cette plante en Italie ^\ dao^ ^ li^nedoiQf o4 
elle croît n^liireUeinent. £Ue ejst \vi^c^^ Qn U cmtiye d^^ 
les jardins et en grand. Elle ain^e ^^ sol lég^r et saplo^nfnx « 
qi^ ait de la proWdeqr et ^i ^it été bî^n aij^nbli. ]Ëllf se 
multiplie, par ^es r^etons ^ qu^on détache des vieilles racines 
avec un bon bourgeon. Us sont plantés sur une ligne tirée au 
cordeau, et éloignes les uns des autres d^un pied dans les rangs, 
et de deux pieds entre chaque rang. On peut semer , dans lé 
même terrain , des ognons ou d'autres légumes ^ îls ne nui- 
ront point aux racines de réglisse , qui 9 la prcmiàrè année ^ 
ne font que peu de progrès. C'est au eommeneemen^t on au 
milieu de mars que ces plantations ont Heu. Anmois d^petobre 
suivant, quand les tiges sont niortes, on répand sur le sol 
on peu de fomier bien pourrL An printemps d'apràs;» on la- 
boure entre les rangs, et on enferre le fnmier. An bont de 
trois ans, ob peut enlei^er ces plantes i on choisit pour cela 
la saison au. les ^iges seront to«|-è-foit détrniteys. Les racines 
sont d'autant plus belles ^ qu'elles auront çrûk danà un terr^Mfi 
bien menble et bien amendé* . 

La racine de réglisse est si commune, qu'il y a peu de per-« 
sonnes qui n'en oonnois3enï Tosage et les propriétés : elle 
contient une très-grande qu2M:^tité de sçib^t^nce goaim^çif e , 
dQU!C« et £^ucrée, et ^<le grande qn^^té d^une résine tendre^ 
«<, beaucoup plus do^ce c^pre que 1^ gomme. QeUç racine' 
nst légèrement laxatiy^; n^ajs ej^lç es^ surtout irès-adpncis- 
«antç , détersîve, lubré;û^t^ et pectorale. On s'en sert s^vec 
snc.eès dans les «maladies de poitrine f occasionées par auel* 
i}ue matière icre , dans les érosions de gqsier , la strangorie , 
les ardeurs d'urine ^ la néphrétique sabloi^neMi^^f 1^ toux 9 
l'enrpiiemept, la pleurésie , etq. CUi fait ^Atrer cette racine 
dans l9 p(u|iart des tisaues , pour corriger par sa dotuceur 
l^mertnme des cintres ingrédtens» ainsi que dans un grand 
AOt^re de compositions pharmaceutiques. Sonsuc, ouextrait 
épaissi f a les mêmes propriétés que la racine | et peut être 



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R E G lai 

employé dan* U$ mêmes circonstances. Cest le midi de 
l'Italie qui fournit le plus de ce suc au com^^rce. (9«) 

LaKÉGLisç^ BÉIilSSÉ£» ou DE PlosCQlilDB , Gfyçyrrhiza 
echinaUi, LîQn. , a les caractères de la précédente; elle en 
diflfôre par ses stipules 9 par ses légumes hérissés , par ses 
fleurs k épis plus courts» et par ses folioles plus allo9g[ées 9 et 
dont rimpaire e$t ses/$ile. 

Cette plante çst virace^ çt fleurit en juillet. Elle crott nalu<- 
relleraent dans )a/PouMle et dans la Tartarie. EUe se propage 
plus facilement dans le nord; mais, dans le midi» su racine 
est plus douce. On remploie aux mêmes usages que la racine 
de l'espèce précédente, et c'étoit celle dont les anciens se ser- 
Yoietit ; mais les modernes lui pré(!èrent la première, (n.) 

RÉGUSS^ PE MONTAGNE. C'est le Trèfle des 
^ip^, TrifoUvm nipimum, dont les racines sont sucrées, (b.) 

RÉGLISSE SAUVAG^. C'est I'Astragalb comhvn.(b.) 

BÉGMATE. Mirbel. Sorte de Fruit. U ne diffère pas 
de I'Elâterioi^ de Richard ; Içs euphorbes en offrept un 
exemple, (b.) 

REGNES DE lA NATURE. Lorsque les hommes se 
sont occupés de reconnottre les objeU qui les environnoientf 
ils oqt vu que leur multitude empêchant de les étudier , il 
étoit d'abord nécessaire de les ranger dans un prdre Âvanta*- 
geuz pour la mémoire. Les substances qui avpient des carac- 
tères communs 9 furei^t réunies sons le même titre « el Ton 
distribua sous différens chef$ celles qui |oqbsoient de pro- 
priétés diverses. De ce premier mode de généffaliser » résul^ 
tèrent troi$ grandes divisions parmi le^ corps de la nature ; et 
on les appeHi des règnes , des espèces de royaumes. On ob- 
serva que les terres^ les métaux et les mi^tières fossiles i ne 
donnant aucune marque de vie ni de mouvement spontané , 
de nutrition intérieure et de génération 9 n'ayant mitoM) au- 
cun qr^^çe destiné ^ des fonctions spéciales, étoient descor/?^ 
bruis ou minéruux. D'autfes corps enracinés d^ms U terre , 
pourvus d'organes , prenant uqe nourriture intérieure r s'ac«- 
croissant et se reprod^i$a^t 9 ont été reconnus vivais ; mais 
comme ils ne donnent aucun sigqe de sentiment , ils opt été 
nomniés végétaux. Enfin d^ autres corps vivans capaJUlef de 
sentir et de se mouvoir d'eux-mêmes t se novrrissj^nt et. se 
reproduisant, ont été désignés soo^ le nom ô^'ofiimaujç, Ij'ov^ 
a dit , avec le grand Lipnseus : 

<c Les minéraux croissent* 

« Les végétaux croissent et vivent. 

« Les ^nimaux croissent I vivent e\ sentent, » 

Gependanti un^ dist«mce infinie semble i^éparer le végétal 



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iM , R E G 

et Tanîmal de la pierre la plus parfaite , da fossile le plat 
travailla , qai , vérHablement , ne s^accroît pas par intiis- 
snsception, mais s'atifi;mente par jaxta-positîon extérieure; la 
▼ie , les fonctions de la nutrition et delà génération , la nais- 
sance et la mort des êtres animés, la forme régulière des par- 
ties, leur structure organique, leur jeu spontané, cette sotie 
d'instinct qui se manifeste jusque dans les plantes comme chez 
les bêtes ; tout annonce que ces êtres ont reçu des qualités 
bien supérieures à celles du minéral. Les corps naturels doi« 
Tent donc se diviser plus naturellement en deux principaux 
Tègnes^ qui sont: 

I.* Le règne inorgamqué on minèràt^ à molécules indépen- 
dantes de la masse totale et incorruptibles. 

a.* Le rhgne organisé ( végétal ou ammal) , à molécules dé-> 
pendantes de l'existence individuelle vivante et corruptibles $ 
ou retournant spontanément à Tétat élémentaire. 

Cette distinction est très-réelle dans la nature , comaie 
nous Texposons en détail à l'article des Corps organisés. Elo 
effet , étant nous-mêmes des corps organisés , nous pouvons 
connoître facilement les rapports qui nous lient avec les au* 
très espèces! vivantes , et les caractères qui nous séparent des 
corps inanimés ; mais en envisageant la nature sous un point 
de vue plus général , nous pourrons apercevoir que sa marche 
«st plus grande , et que ces règnes , ces limites étroites dans 
lesquelles nous la circonscrivons , ne sont peut-être que des 
moyens qu'emploie notre intelligence pour faciliter nos étu- 
des ; comme ces cercles que les astronomes supposent tracés 
dans les cieux. 

La nature est une ; elle n'admet point d'interruption dans 
la série de ses œuvres ;* toutes se tiennent par des nuances 
successives ; l'homme tient au règne animal , celui - ci au 
règne végétal , qui se rattache, à son tour , aux minéraux ^ 
bases et fondeméns de la terre , notre mère. 

Le minéral , tel que nous le tirons hors du sein de la terre y 
devient une matière morte , inerte , parce qu'il est séparé de 
la masse du globe ; il ne participe plus autant âi cette énergre 
propre qui combine et organise les substances diverses del'in- 
térieur de QOtre planète. 11 est, à son égard, comme une bran- 
che morte sur un arbre vivant ; quoique de la même nature 
que la substance d'où il a été extrait , il ne jouit plus de ses 
qualitési pour ainsi dire vitales. 11 ne faut pas s'imaginer que 
les matériaux qui composent le globe terrestre soient dans un 
état inerte : les mouvemens intérieurs qu'iljs éprouvent, les 
transformations qu'ils subisseat , les fermentations , les pré- 
cipitations , les cristallisations « les suijutemens r H^ dépôts 
et tontes les actions qui s^opèrent dans les entrailles de la 



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R E G i^3 

ferre,proiivént indubitablement quUl y existe des forces très- 

fioîssanies ; et c'est dans cette source d'activité cosmique que 
es végétaux puisent leur existence. En effet , voyez un corps 
•mort , une pierre, un métal extrait de sa mine et disposé dans 
un cabinet 4'bistoire naturelle : ce n'est ni la pierre ni le mé- 
tal de la nature ; ils sont ce qu'est une plante dans un her- 
bier; ils ont été arrachés à la vie terrienne^ ou aux puissances 
qui animent le globe ; ils n'éprouvent plus de changemens in* 
teneurs , et ne reçoivent d'altérations que de la part de l'air 
ou des autres corps environnans. Mais les filons métalliques , 
les gangues» les roches , se forment , se détruisent , se com- 
binent , changent perpétuellement de nature avec le tempsy 
au sein die la terre. Si cette vie des substances minérales nous 
semble obscure et problématique , c'e|5t que nous n'assistons 
que rarement aux révolutions mystérieuses des entrailles de 
notre planète;c'est que ses opérations sont lentes, successives, 
et que l'homme est passager et mortel ; c'est que nous n'a- 
percevons que la superficie pendant quelques instans , au lieq 
que la vie d'une aussi effroyable masse que le globe terrestre 
ne peut avoir que des périoaes très-longues et proportionnées 
à sa nature* 

Une comparaison pourra faire mieux sentir cette vérit^. 
Nous sommes , à Tégard du globe terrestre , ce que sont à 
l'égard d'un chêne des générations de pucerons, qui vivent à 
peine quelques semaines. Supposons que ces pucerons aient 
une intelligence et une raison ; en considérant de leurs petits 
yeux l'écorce crevassée et raboteuse de l'arbre forestier , ils 
croiront voir d'énormes montagnes , des blocs de rochers 
entrecoupés de profondes vallées ; en creusant de quelques 
lignes , ils s'imagineroient pénétrer dans des gouffres effroya- 
bles 'f les couches de l'aubier leur sembleroient autant de 
vastes lits de terres et de pierres superposées ; lés plus habiles 
d'entre eux inventeroient divers systèmes pour expliquer ces 
couches ; il y auroit des vulcanistes et des neptuniens ; iU 
appelleroient le feu et l'eau au secours dé leurs théories , les 
vaisseaux séveux dé l'arbre seroient pour eux de grands fleu- 
ves ; le moindre brin de fibre leur paroîtroît un morceau pré- 
cieux arraché aux entrailles de la teri*e , et ils s'empfesse-- 
roient d'en faire l'analyse chimique. Comme ils n'auroient m 
le temps ni la fadulté d'apercevoir toute l'organisation et tout 
le travail de la végétation, ils prononceroieni hardiment que 
la masse sur laquelle ils habitent est d'une nature brute , inor- 
ganique ; et vivant trop peu pour obtenir quelques notions sur 
fa durée de l'arbre , ils forgeroient des systèmes sur sa créa- 
tion ou sur sa prétendue éternité ; ils vôudroîent même ett 
Crouler rexisténee en la mesurant par leur courte vie. On les 



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«a* ' R E G 

Yerrpit eiaminant scrapalensememt les smfaces , iécrivscat 
avec soin les angles de la moindre molécule ligneuse , la dé- 
composant , et assurant que la nature est telle qu'ils Taper- 
çoivent. Selon tes uns , il faudroit décrire toutes les diverses 
substances qu'ils rencoptreroient, pour parvenir à expliquer 
la formation de leur terre ; seloo d autres , il faudroit obser- 
TCf si les montagnes , c'est-à-dire , les rugosités de Técorce , 
sont dues à des tumeurs , àdesboursoufflemoas de la matière y 
où si ces vallées ont été creusées par le ruissellement des 
pluies, ou par raffaissement de la substance ligneuse t etc. 
Que diroit rhonmie de nos pucerons? mais plutôt que dira- 
t-on de Phomme , ce chétif puceron de la terre , qui raisonne 
de la méiiie manière sur la nature du ^obeF car nous som- 
mes certainement encore plus petits et plus périssables, rela- 
tivement à la terre , ^ue ne le sont les pucerons à l'égard de 
l'arbre qui les nourrit ; les moindres lichens de son écorce 
sont pour eux des forêts , des terrains immenses dont ils se 
disputent la possession et les conquêtes au prix de leur vÂe » ' 
tout comme nous-mêmes. 

Nous ne pouvons donc connoître que la croûte du globe ; 
et comme nous n'apercevons qu'à peine les couches les plus 
superficielles dont nous ob^ervonsles divers chângemens dans 
le cours àes âges , il est iiaturel de croire que notre monde 

t^ourroit être organisé et vivant ^ sans que nous pussions bien 
e savoir; car si les matériaux de sa surface nous paroissent 
morts, c'est qu ils en sont, comme l'épiderme, l'écorce inor- 
ganique. En effet » tout corps organisé est recouvert de par- 
ties moins vivantes qui lui servent d'enveloppes ; tel est l'épi* 
derme dans l'homme j et Técorce la plus extérieure dans les> 
arbres. Kous ne sommes donc pas en droit de conclure 5 dia- 
prés l'observation des surfaces, que le globe terrestre n^est 
pas un corps vivant doué d'une sorte d'existence particulière à 
$a constilution. Ces rochers, ces terrains,qui nous paroissent 
d'une nature immuable » ne le sont que par rapport à nous ; 
la vie géocosmique est trop profonde et a de trop^^ands traits 

Eour que nous puissions l'envisager sous notre point de vue 
orné : et d'ailleurs , en tirant un minéral du lieu où il est 
placé , c'est conune si nous détachions une particule 4^uu 
corps vivant; elle cesseroit aussitôt de participer à Fexis* 
tence commune du corps : et il en est de même des corps 
minéraux attachés au sol qui les recèle. L'orgamsa^pA d'^ne 
aussi vaste machine qu'un monde a des caractères trop élen- 
dtis pour qu'il nous soit possible de les reconnottre , de même 
que la petitesse d'un puceron Peifîpêche d'observer les Qf- 
eanes et la vie d'un grand arWe. 
Mous avouerons 1 sans peine , que les attributs d'un corps 



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* R E G laS 

Tégétal et animal nous parolssent exlrémement différens de 
toine matière fossile ; cela est incoBtestable par rapport k 
fiotre manière de voir, et parce qi|e nous ne pouvons pat 
sortir de notre nature ; mais cet aperçu ne peut pas être 
etaet relativement à la nature universelle. Celle-ci nous in«^ , 
dique , au contraire , que tout a reçu des mains du Créateur 
une quantité suffisante de vie ; aussi les eaux sont peut-être 
il la terré , ce que la sève est à Tarbre et le sang à la chair ; 
tes sources qui circulent au sein du globe; y portent la vie 
comme les veines dans un corps organisé ; les rockers en 
représentent les ossemens , etc. C'est en suivant ces analo-^ 
gies Y qu^on a regardé le monde , te maen^osme , comme le 
grand modèle de toute organisation : de là vient que l'homme 
a ét4 nommé ffOU monde ou ndcroèosme, parce qu'il parott 
rassembler en lui seul toutes les perfections de la nature ; et 
en effet ^ n<^tre âme est à notre corps ce qu'est Dieu pour 
Funivers. 

Mais ai les facultés de la vie sont phts développées ches 
lliomme , les animaux et les plantes , que dans les minéraux, 
elles sont aussi plus destructibles ; car une grande blessure 
suffit sMvent pour tuer un homme , un quadrupède , un oi- 
seau ; tandis que le ver , le soophyte , et surtout l'arbre , la 
plante, ne périssent pas d'un set^l coup. Au contraire^ le mi- 
néral n'ayant qu'une vie sourde et cachée > ne peut point 
être tué; ainsi, les proportions sont assignées entre la quan- 
tité de vie et la puissance de mort. Dans un corps parfaite-^ 
ment organisé , comme l'homme , le quadrupède , il n'existe 

S l'un seul centre de vie ; l'individu ne peut être divbible. 
ans le toopliyte et dans la plante, il y a plusieurs centres 
de vie , p«4squ^ ^ieànt ees^ êtres on les muhiptîe par bou-> 
tures ; naais 4dns le minéral', ces centres de vie dont encore 
pfais multipliés, puisque chaque motécute y jouit de son exis- 
tence propre. A mesnre que ces centres de vie augmentent 
en nombre dans un corps quelconque ^ ils deviennent plus 
petits,et ont moins d'oi^anes; de là il s'ensuit que leur vitalité 
est . plus ftmple , ptils bornée ^ pins obscure , et en même 
temps plus adhérente ; au contraire , pLàs ces centres de vie 
gtitkt réunis en petit nombre ou concentrés en un seul foyer , - 
plus leurs forces sont sensibles , développées , et plus leur 
activité s'exerce avec puissance. Par exemple , une nation est 
composée d'un grand nombre d'individus qui , agissant cha-> 
cuo en particulier , n'offrent pas des résultats généraux biea 
remarquables : mais si elle se meut de toute sa imasse et par 
un commun ^Sbrt , elle produira de très-grands effets ; de 
ttiéme un corps minéral étant composé d'une grande multi- 
tude de mèlécules pourrues chacune de leur petite portion 



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lafi; R E G 

de yle i et qui opt chacune leur action partiçiillèi^ ^ la iiasse^ 
cansîdérée en bloc paroit inanimée , parce qae Je travail ne ^ 
sVpère q^e de molécule à molécule , comme nous le voyons 
dans les opérations chimiques. Au coptralre , un corps orga- 
nisé est un composé de molécules qui toutes tendent à une - 
action commune , et vers un seul but ^ qui n'agissent jamais . 
seules, mais toujours ^n corps et de coQcert ; de. là vient que 
ces vies particulières ramassées dans un foyer , présentent 
un .résultat bien supérieur à celui du minéral. Mais lorsque 
l'animal , la plante ^.eurent', chaque molécule reprenant sai . 
vie propre , rentre d^^ns l'état dé mort que nous appelons 
Aai minéral. La vie d'un corps organisé n'est .ainsi qn^ la 
concentration , en un seul foyer , de plusieurs vies molécu- 
laires, et ,1a mort n'est que la séparation de ces mêmes vies. 
Ita nature n'est donc ni plus ni moins vivante , soit que les . 
corps organîi^és se multiplient, soit qu'ils périssent, jpuisque > 
chaque particule de matière paroît avoir reçu de la Divinité 
sa dose indestructible et, radicale de vie ; car il ne faut pas 
penser qu'il y ait une mort absolue dans la nature ; elle n'est 
que relative a notre existence organisée. S'il se tronvoit sur la 
terre une seule molécule privée entièrement de vie et dans 
une mort absolue , elle ne céderoit pa$ à toutes les puissances . 
du monde. Eternellement immobile , inactive et incommu* 
nicable , elle ne se préteroit à aucune, loi du mouvement, de 
l'attraction; elle ne se combineroit à rien, etpprteroit obsta**. 
de à toute la nature. On ne pourroit ni la comprendre , ni la 
toucher, ni la voir; car elle seroit une^ etn'auroit absolu*: 
ment a^Cun rapport , aucune communication avec quoi que > 
ce.spit dans l'univers ; il n'appartiendroit qu'à Dieu seul de 
pouvoir changer son mode d'existence* de lui. donner la vie 
ou de l'anéaiitir. 

Nous ne , pensons pas qu'on nous adresse le reproche d'ac- • 
corder; le mouvement spontané ou. la v<e à la matière ,. car 
nous ne. concevons pas que la matière puisse posséder ce 
mouvement par son essence même , et qu'elle soit capable 
de s'organiser , soit en animaux , spit en tous les corps que 
nous voyons , par sa propre énergie. 

En effet , si une seule molécule possédoit en elle essentiel- ; 
lement le mouvement spontané et autocratique, elle auroit la 
volonté , la connoissance pour, se diriger , ou elle ne l'auroit . 
pas. Si elle possédoit sentiment, volonté et connoissance v 
elle sçroit Dieu, et se çréeroit elle-même; nous verrions 
sortir de terre, de beaux animaux , des. hommes, enfin toutesi 
les merveilles les plus bizarres qui se puissent produire ,< 
comme les Épicuriens ont supposé que ces faits ont dû se 
passer à l'origme des chpses.r Certes,: il faut une .croyance. 



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K E O 127 

pKilosopluqae bien robuste poar accorder la sensîbiliié , rin- 
Cielligeiice et la volonté , à une barre de fer sortant du four-' 
nean , et battue sous les marteaux du forgeron. 

Mais comment une molécule pourroît-elle avoir le mouve- 
ment spontané? En ce cas, comment se dirigera -t- elle? 
Sera-ce plutôt en haut qu^en bas 9 à droite qu'à gauche , d'ua 
cdté plus que de Tautre r Ne sera-t-elle pas également dispo- 
sée à se nvouvoir en tout sens , et par conséquent forcée au 
repos, puisqu'un corps qui seroit uniformément attiré de tout 
càié , demeure roit toujours à sa même place? Or , la moIé- 
cuFe, en la supposant douée de cette tendance absolument 
égale en tous les sens, comme Texigeroit par nécessité cette 
propriété ibhérente du mouvement spontané, seroit donc 
contrainte au repos , à Tinertie. 

Nous devons donc conclure de ces motifs, que le mouve-- 
ment et la vie ne sont point de Tessence propre de la ma- 
tière , mais lui ohi été communiqués en diverse mesure. Aussi 
est-il des substances impropres à la composition des animaux^ 
telles que sont plusieurs terres et des métaux qui ne s'imprè-^ 
gnént point des facultés de sentir et de se mouvoir. 

Si donc nous voyons des molécules minérales qui ne peu- 
vent pas sécréter à l'organisation , et qui sont incapables 
de nourrir un être vivant , de se transformer en' sa nature ' 
animée, il n'en faut pas conclure qu'elles n'ont point de vie 
propre; car nous remarquons, au contraire, qu'elles subissent 
des changemens chimiques , et qu'elles jouissent réellement 
d'une vitalité terrienne et moléculaire ; mais étant autrement 
conformées que les particules organisables , elles n'ont été 
créées que pour le genre de vie minéral. Il en est d'autres , au 
contraire , qui , comme le carbone , l'hydrogène, l'azote , 
l'oxygène , etc. , étant susceptibles de réunir leurs puissances 
propres, forment des individus organisés \ et c'est aussi par la 
diverse combinaison des particules primitives que sont 
construits tous les corps de l'univers. Il ne peut point y avoir 
de mort dans la nature , parce que tout a été créé par l'Être 
Suprême, source éternelle de toute existence , et que la 
mort ne peut pas sortir du sein de la vie. 

En effet , un corps organisé ne diffère guère d'un corps brut 
qu'en ce que les vies particulières sont concentrées dans le 
premier, et disséminées dans toutes les molécules du second; 
il n'y a donc aucune différence spécifique dans leur nature; 
tout dépend donc du plus ou du moins de centralisation àtÈ 
fortes vivantes de la matière, pour organiser la plante, l'ani- 
mal et l'homme. Mais il faut bien distinguer les résultats 
de cette réunion des puissances vitales ; car il s* observe dans 
l'homme et l'animal deux sortes d'existences ; la première est 



( 



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laS R E G 

physique ou dépendante des organes matériels; ainsi Hiomme 
et Vanimal , plongés dans le sommeil ^ jouissent complète-^ 
ment de cette vie matérietle^^ ^«i {consiste dans des fonctions 

{purement régétatives; ainsi, ils digèrent, ils transpirent^, 
eors humeurs circulent , leurs diverses parties s'accroissent , 
leurs sécrétions s'opèrent, leurs {onctions s'exécutent comme 
dans les plantes. Voilà tout ce «pie peut produire cette con- 
centration des puissances vitales matérielles ; et c'est anssi 
^ar cet état de sommeil ou de végétation que commence 
fexistence de tous lés animaux. La nature ne pouvo.it pa^ 
s'élever au-dessus de cet ordre d^existence » avec les seule* 
qualités attribuées aux çorps bruts, par TAuteur oes Étees^ 
puisque celleè-ci ne produisent qu'une vie végétale* 

Le second mode d'existence de l'animal , et surtimt de 
rhomme, dépend d'un principe tout différent, et d'une nature 
bien supérieure à celle du premier. £n effet , la vie végéta-» 
tive des plantes et des animaux , produite par la réunion de 
la vitalité moléculaire de la matière , ne peut donner à cet 
derniers des Facultés qu'elle n'a pas reçues. La sensibilité et 
rintelligence , n'étant donc point du domaine de la nature 
.matérielle , émanent nécessairement d^une autre source» 
Qu'on quintessencie tant au' on voudra la matière , qu'on 
suppose l'organisation la plus délicate pt la mécanique la 
plus ing^énieuse , on obtiendra sans doute des machines mer- 
veilleuses ; mais il m^est impossible de concevoir qu'elles 
puissent sentir et raisonner ; car , quel rapport des mouve*- 
mens ont-ils avec la pensée , et des automates avec les coips 
vivans et sensibles ? , 

Cherchons une autre considération. Ëst-il digne de la na«* 
ture , si sage en toutes ses œuvres , convient-il à la majesté 
suprême , de la croire, si peu puissante de ne coinposer qnc 
des automates , des machines vulgaires P La souveraine sa- 
gesse ne.sembleroit-elle pas s^étre jouée du g^:ire humain, en 
nous persuadant que ces animaux ont un principe dévie , de 
sensibilité , tandis qu'il n'en seroit rien , et que ces bétes 
seroient tout au plus des sortes de poupées , de petite» 
statues mouvantes dont la terre seroit peuplée , et qui n'au- 
roient ni vie , ni sentiment P Que si cela est , l'homme sana 
doute a lieu de s'enorgueillir de sa haute supériorité et de 
ses sublimes prérogatives ; mab j'ai peur qu'en le voyant pé* 
rir à la manière des bétes , ou emporter par des pestes , on 
ne sache plus alors trop k quoi sert ce monde, sans l^omme^ 
puisque le reste n'est que des machines. 

Je ne saurois toutefois admettre l'opinion mitoyenne de 
ces philosophes qui concèdent bien le sentiment et: la per- 
ception aux brutes , et pourtant qui les regardent comme tou.* 



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R E G lag 

tés mâtéfidffe.is. J^açcorde volontiers aiir Cari«ésiei^s , que I^' 
matière et la i^erception sont des choses tout-à-fait opposées* 
Divisez la matière en molécules aussi ' subtiles quM vous 
plaira , en tontes tes formes que vous voudrez lui donner ; 
impriiûéï-lni tous leis tnonvetdens que vous vous imaginerez , 
ou rapides, ou lents^droits, courbes, obliques, circulaires, en 
haut y en b^s , avec ordre ou sans ordre : e^ arriverez-yous 
platAt à en fahre naître des perceptions et des idées, que si 
cette i;xiatière étoît restée inerte ou tranquille ? Ouï ne sent 
la prodigieuse distance entre un changement de lieu et une 

i perception ? La notipn de Tun contient-elle la notion de 
•autre? 

Mais y dit-on , le mouvement non plus n'est pas contenu 
4ans la iiotîon de matière , et il ne lui est pas nécessaire , 
puisqu'elle peut être conçue sans lui. La matière peut donc 
être sans le mouvement, et cependant célui-çi peut être joint 
à la matière , et il n'est qu'un mode de cette matière; pour- 
I ne pourroit-efle pas être up mode dç 

,f ' y: 

i que la matière est passive à l'égard 
se meut point d'elle-même ; elle n^a 
ie spontanéité tiurtviKtimi , Si elle 
elque espèce de probabilité que la 
également appartenir. La perception 
îij conçue sans une activité quefcon- 
itti et la perception poùvoient appar- 
niaférielie, devenir quelqu'un ,àe 
s ) . je ne vois pas comment Tintelli- 
in^râmê raisonnable, ne pourroit pas 
être matérielle , ou un mode quelconque de la matière. Que 
le^ fauteurs dé ce sentiment se dégagent delà s^ils le peuvent l 
j7otis sentons en upus^mêmé^ que le raisonnement se peut 
fort bien jsénarerde la perception ou de la sensation. Dans 
. te sqmmeil , lorsque nous éprouvons des songes , nous aper- 
cevons clairement des idées , des images d'objets , et toute- 
fois ., i^pus .ne jpouvon^ faire usage de notre raisonnement ; 
cela e^t si vr^i, que quoique nou'i^ apercevions les images les 
plus i>izarre^ , les choses les ,pli!is absurde^ , je^ plus incohé- 



< -^ T" '^ — i*^ — — ** — — — ^ — ■ — î — — 

entre elles , ^oit j[p' el les se représentent à la fois , soit suc- 
çessivement; ccnHant , nous ne sommes point surpris ni 



rentes ^ .et^^ui n'ont nas la moindre analogie ou connexion 
elles , ^oit jip' el les i 
rement; ccHÉ|ant, 
chpqiiés de leur q||tut de relation et de dépendance ; cela , 
cependant.! arriveroit bientôt si nous étions éveillés ; nous 
recopiioitrio!iis.surr-le-champ,pai' le^ lie^ux, lescirconst^^nces, 
que telle chose ne sauroit avoir lieu avec ^ll^e autre ,, pour 
ne point parler de mille autres visions étranges ^ dont la rai- ^ 



XXIX. 



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^3o R E G 

son démontreroit sur-le-châmp la iansseté» Or ; te ptiù^, 
cîpe qui , dans rhomme , perçoit les objets , soit Pâme , soit 
rjne de ses facultés, est donc fort distinct de cette partie 
qui raisonne et comprend. Pourquoi la première portion ne 
pourroit-elle pas exister seule et à part , et pourquoi la brute 
n'y pourroit-elle point participer ? 

La vie régétante des plantes et celle des oi^ganes des ani^ 
ihaux, à l'état de sommeil , est toute passive ; elle n'a rap- 
port qu'avec l'existence individuelle y et ne suppose aucune 
réaction contre les corpà environnans. Au contraire , la vie 
sensîtive et intellectuelle de l'homme et des animaux dépend 
d'un principe de réaction vitale qui sent , qui aperçoit , qui 
coonoît. Le véeétal est indifférent % tout; la mort etl'existence 
ne sont pouf lui que des modifications qu'il subit sans peine 
ni plaisir , tandis que l'animal veut parce qu'il est sensible ; 
il agit parce qu'il a besoin, se détermine parce qu'il compare 
et juge les objets. Or , la vie matérielle ne peut pas se réflér 
chir ainsi sur elle-même , et se répandre au-dehors , puis- 
qu'elle eist toute passive,* et comme enfoncée, absorbée dans 
les fonctions purement coroorelles. Elle opère dans l'inté- 
rieur; la vie sensitive agit à Pextérieur. La première est per- 
manente et fondamentale , celle-ci est secondaire et sujette 
à des intermittences d'action, telles que le sommeil , la fati«, 
gup , l'engourdissement , etc. Elle peut diminuer 9 s'augmen* 
ter , s'interrompre ; ainsi elle n'est point fixe , uniforme 
comme la vie végétative , parce qu'elle émane aune autre 
source. En effet, si la sensibilité , intelligence, résidaient 
matériellement dans les nerfs et dans le cerveau , il est cer- 
tain qu'on pourroit augmenter , par exemple , ces mémes^ 
facultés dans un homme ou un animal , en les nourrissant de 
Ber& et de cervelle ; tout comme on soutient la vie végéta-, 
tive par des alimens ; mais cela seroit aussi ridicule que de 
faire manger des pieds pour apprendre à courir, ou des lan* 
gue$ pour apprendre à parler. La sensibilité et l'intelligence 
se servent , à la^réritii , des nerfs et du cerveau , comme d'or- 

{[anes appropriés à ces fonctions ; mais elles ne sont point 
e résultat de' leur structure, puisque la sensibilité disparoît 
pendant le sommeil, et que l'esprit s'éteint sans que l'organi-? 
sation soit changée l'ans aucune de ces parties. ' 

La faculté de seutir et celle de conhoître, qui en est la 
suite , ne/nousviennent donc pas de notre ttVts, puisque àous 
nlapercetons rien de semblable dans lesflBères dont nous 
sommes composés. Ces fonctions nous sont immédiatement' 
données par le Créateur , avec la vie végétative pour la con« 
tre^balancer ; car, plus la vie sensitive et intellectuelle est 
Jouissante , plus la vie végétante s 'affoiblit ; et réciproque*^ 



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R E G i3t 

metit C'est par la sensation que nous sommes «n relation 
Avec tout Tiinivers ; c'est par la puissance de l'imagination et 
de la pensëe, que nous transportons notre être dans tous les 
lieux et dans tous les temps ; c'est par la méditation que nous 
découvrons les phénomènes de ce monde ^ que nous nous 
étendons daif s les profondeurs de la nature , et que nous en- 
flons nos conceptions pour la remplir toute entière. 

Il y a trois manières d'exister dans la nature ; ce qui cons- 
titue trois grandes divisions ou règnes , dont les limites doi- 
vent être amsi posées : 

MiNÉBAUX, substadèes dividuelles (i), à vie simple ou 
moléculaire f indestructible» 

.Végétaux , corps individuels , \ 

' # • £ et mourans* 

ne surcon^sée, organique i 

etsensitive^ 1 ^ 

Ces caractères n'ayant pas toute leur intensité dans le pas- 
sage d'un règne à un autre , les progressions de la nature se 
font toujours par nuances ; ainsi , 1 on trouve des animaux- 
plantes ou zoopihytes , et des plantes qui se rapprochent ^es 
minérauk ; ce sont les liaisons qui rattachent les différentes 
parties entre elles , et composent un tout unique du grand 
édifice de la nature. On ne peut donc pas déterminer tou- 
jours exactement où cesse l'animal , où commence le végétal 
et où finit le minéral ; leurs jointures se rapprochent avec 
tant de justesse , que leurs extrémités semblent se confondre 
les unes avec les autres* Il est vrai que les minéraux nous 
paroissent plus séparés des végétaux et des animaux , que 
ceux-ci ne le sont entre eux; mais cette sorte de distance qui 
les éloigne , n'existe que par rapport à notre manière de 
voir , comme nous l'avons observé ci-devant. 

Les Innsons des différens règnes de la nature nous mon- 
trent donc la fin qu'elle se propose , et le but auquel elle 
aspire , en traçant cette longue chaîne de vie , depuis 4e mi- 
néral le plus brut jusqu'à l'homme , le plus parfait des ani- 
maux. Cette gradation perpétuelle d'organisation , ce déve-^ 
loppement successif du principe vital , obscur dans le miné- 
ral, végétant dans la plante , sensible et actif dans l'animal ,' 
nous montre une force perpétuellement agissante sur la terre; 
le minéral aspire à' la vie végétale, la plante à la vie ani-. 



(i) J'emploie ce mot pour dë$îgiier que le minéral n'a pas d'orga- 
nés auxquels sa vie soit attachée , et qûVn le divisant , le pulvérisant, 
le décomposant | %^% molécules ne perdent point leurs propriétés na« 
^ turellcs, . 



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i32 R E G 

maie , et ranimai à la vie raisonnable et intelligenle de - 
rhomme. Il semble qne la vie s^ép^e p^ à pea , et sorte 
progressivement in. sein de la matière qui Fa reçue de PEtre 
CtiÉATCCR ; elle s'exalte dans toute sa force et sa splendeur 
au sommet de l'échelle organiaue qnt est Tbomme , et s'éva- 
nouît en se disséminant dans le règne minéral. De même 
qu'une lumière peu éclatante , lonqu'elle est enveloppée de ' 
matières opaques, brille davantage à mesure qu'on les écarte; 
ainsi , la lampe de la vie , toute ténébreuse dans les miné- 
raux , règne de la mort et des enfers , jette quelques tueurs 
sombres et obscures dans les végétaux , mais réfléchit , thez 
les animaux , et principalement chez l'homme , une vive lu- 
mière sur toute la nature. 

Mais , s'il existe une puissance organisatrice qui tend à 
perfectionner tous les êtres vivans, à les accroître, à les vivi- 
fier de plus en plus ; il existe une autre loi , non moins ac- 
tive , qui aspire sans relâche à les désorganiser et à les' dé- 
truire ; en effet, l'homme , l'animal , la plante, s'accrot- 
troient , se pérfectionneroient sans mesure , si leur principe ' 
vital n'étoit pas contre^balancé par un princ^e de mort qui 
les (amène enfin au même point d'où ils sont partis ; 
c'est-à-dire , à la vitalité moléculaire ou minérale. I^ nature 
se meut ainsi comme une grande roue qui ramène sans cesse 
la vie à la mort , et la mort à la vie ; à mesure qu'une chose 
se perfectionne , l'autre se détériore par un effort contraire ; 
car il est nécessaire que cette terrible machine du monde se 
maintienne à l'aide de contre-poids correspondais, sans les- 
. quels tout s'anéantiroit d'une chute commune. Rien ne peut 
être stable dans l'univers ; une génération s'élèv^e , l'autre 
tombe ; toute chose a son travail particulier , ses Ages de 
naissance, de maturité et de mort. G^es$ de cette marche 
uniforme que se compose la eoncordance de l'unifers. La ' 
nature est une lyre dont les diverses cordes ayant chacune 
leur de^é de tension convenable , produisent des accords ' 
harmoniques, et qui ont ensuite leurs époques de détente 
pour se rétablir dans leOr état primitif De même , tes corps 
des animaux et des plantes usant leur quantité de vie pendant 
leur existence , retournent puiser de nouvelles forces dans le 
. repos de ta mort , comme nous rétablissons notre vigueur 
épuisée dans le sommeil de la nuit ; car la mort n'est en 
effet que le long et ténébreux sommefl de la vie (i). 



(i) Le mot c/meiière f qui e$i\\ré du grec , signifie un dortpt'r: il 
«st ea e(r«t le dortçir éternel de T espèce huinaiii«. 



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R E G k3i 

., Tant de moiiyeinens divers f et sî bien proportionnés dans 
le inonde , ne sont pourtant que les résultiats nécessaires de 
la puissance divine répandue an sein de la nattire entière. 
Cette étonnant^ variété d'actions par un seul moteur, n'est 
pas plus difficile à cooiprendrie que les diversités de sons pro- 
duits par le même vent dans un jeu d'orgues. En eflVt^ la 
longueur et la grosseur des tuyaux, le diamètre des ouver- 
tures,font varier extrêmement les tous, quoique Tair soit le 
méme^ dans tous. C'est ainsi que le même sang dans un 
^ homme , sécrète , suivant les organes , ici de la salive , là 
' des larmes , ailleurs de la bile » du lait ^ de T urine , de la se- 
mence» etc.; ainsi, le même rayon de lumière, tombant 
sur différens corps ^ réfléchit mille variétés de couleurs. La 
puissance divine, quoique partout identique , peut donc 
produire des effets bien différens selon les organes ^qu'elle a 
préparés d'avance, et disposés d'après ses vues impénétrables 
^l'esprit humain. 

Comment l'homme pourroit-il mesurer la profondeur des , 
secrets de Dieu ? L'horloge s'égalera*t-elle à l'horloger , et 
lui re]prochera-t-elle qu'il Ta faite ^\nû , parce qu'il ne l'a 
pas faite autrement? Si l'ouvrier avoit voulu travailler son 
ouvrage d'une autre manière , la même objection ne sei^oit 
pas mieux fondée. 

£n effet, il n'y a^ dans Tunivers, que deux êtres, l'ou- 
vrier et l'ouvrage, Dieu et là matière ; car si toute vie , tout 
mcfuvement, découlent dï principe de l'existence et du mou- 
vement, c'est Dieu lui-merîie qui vit, qui agit dans toutes 
les créatures , et qui est présent en tous lieux. Il est l'âme 
commune par laquelle toutes choses s'exécutent, et c'est par 
elle seule que tout respire. Elle est sensible dans le minéral 
qui se transforme , dans l'arbre qui végète , dans l'animal 
qui se meut et qui sent; elle se manifeste par le ministère 
de la nature dans tous les âges et à toutes les distances. Sans 
un Dieu , la matière demeureroit dans une mort absolue » 
éternelle , comme un inmiense cadavre. L'assentiment una- 
nime des peuples a consacré cette sentence d'un ancien 
poëtte grec , citée par l'apôtre : In Deo vmmus , mooemur^ et 
summ ; elle est encore justifiée par le témoignage journalier 
de nos sens ; car le feu, l'air, l'c^u, la terre , sont empreints 
et pénétrés de cette force de vie de laquelle tout émane dans 
la nature; 

Et si elle venoit à être suspendue y toutes les créatures 
tomberoient dans un repos mortel; les astres, arrêtés dans 
leur cciurse, s'éteindroient , se Sissoudroient dans les espa- 
ces ; tout périroit sur la terre , dans les airs et les eaux; l'en* 
^ fant , comme la jeune fleuri pencheroient en mourant leurs 



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i3i , R E G 

têtes flétries 9 Tarbre et le quadrupède des eampa^es défatf- 
lirolent tout à coup, toutes les races vivantes seroient anéan- 
ties j et les élémens dispersés présenteroient Fimage d^an 
nouveau chaos ; mais avec la puissance divine , tout reprend 
son cours ; la plante reverdit chaque année sur la colline ; 
le» bosquets s'embellissent d'une nouvelle parure ; la forcé , 
la jeunesse , la santé brillent dans toutes les créajtures ; les 
fruits se forment ; jes Oeurs , qui périssent , sont remplacées 
par de nouvelles fleurs ; les saisons suivent leur cours accou- 
tumé , et couronnent tour à tour la terre de moissons et de 
neiges , des fleurs du printemps et des fruits de l'automne. 

En effet , les générations successives des êtres vivans ne 
sont qu'une continuation de Fétincelle vitale qui se maintient 
en passant de corps en corps , de ta même manière gae le 
feu subsiste toujours d'une nature uniforme , quel que soit 
l'aliment qu'on lui fournisse. Chaaue espèce d'animaux et 
de plantes ayant des formes semblables et un pareil mode 
d'existence, possède une $me commune et non individuelle ; 
car, étant la même dans chaque individu de pareille espèce ^ 
elle n'admet aucune différence réelle» C'est aussi pour cela que 
ces individus de même espèce peuvent procréer ensemble , 
c'est-à-dire mêler en quelque sorte la poclion d'âme com- 
mune qu'ils ont reçue de leur tige spécifique. Qn ne doit 
point attribuer à d'autres causes la douce sympathie qui 
rapproche les sexes, et qui témoigne si évidemment l'identité 
de leurs âmes, pàîsqu'elles conservent des mœurs, des ca- 
ractères et des manières d'agir tout-â-fait semblables. D'ail- 
leurs, les diverses affections^ telles que Famour, la compas- 
sion , la crainte et même les pensées , se communiquent 
avec tant de promptitude , d'énergie , d'un être sensible à un 
autre, qu'on ne peut pas douter que leurs âmes ne soient 
toutes d'une même nature dans chaque e^èce ; car si elles 

' n'étoient pas analogues , elles ne pourroient nullement se 
communiquer d'un corps k l'autre.- Aussi les animaux d'un 
genre éloigné , ayant des âmes ou des formes morales dis- 
semblables, ne peuvent point s'entendre» s'aimer et se 
compatir entre eux comme ceux de même espèce. Nous 
voyons encore que les âmes peuvent devenir communes en- 
tre différens individus de pareille espèce, et principalement 
chez les hommes , puisque nous recevons dans la société les 
/xnœurs , les manières d'agir et de penser de ceux que nous 
X fréq\ientons , tout comme ils reçoivent les nôtres; c'est p^r 

/ ce moyen que les âmes grandes fortifient les âmes foibles; 
à peu près comme la chaleuif vitale des jeunes gens ranime 
la défaillance des vieillards qUi vivent s^vec eux. La vie peut 
donc s'épandre au-dehors, çt se propager d'an corps à un 



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R E G i35^ 

antre corps; anâfogue; moins nous commaniquoiis notre 
âme , plus elle s'agrandit et se fortifie; c'est pour cela que 
la solitude et là retraite , nous Atant toate occasion d'nser 
notre âme par (a mnhitade des objets qui la frappent au 
IKin des sociétés, nous rend plus capables dé sentir vivM^ 
ment et de penser arec profondeur. 

Mais la mort, ramenant les puissances de vie dans le ré^ 
senroîr commun , c'est-à-dire dans le sein dU Créateur d'odi 
elles sont sorties , la substance des corps retombe dans son 
état originel , qui est b vie moléculaire ou minérale. Il s'o- 
père donc deux mouitemens en sens inverse dans la nature « 
toutes choses tendant , soit à la vie matérielle, soit à la vie 
^nrituette ; plbs les êtres vîvans se rapprochent de ta perfeo- 
tiott., plus ils aspirent à. là vie spirituelle , tandis que les der- 
lïiers anknauz et les plantes descendentTcrs la vie matérielle. 
Cèd nous explique les étranges contrariétés que Phomm« 
sent en hit-méme^ parce qu'étant composé de deux natures » 
sa partie matérielle contre-balance sans cesse sa vie spiri- 
tuèue. Les concupiscenfies de la chair et^ des- sens obscur- 
cissent les opérations de sa raison et-ie son intelligence ; ' 
ci^eK lès animaux , la partie matérielle acquiert d'autant plus 
d'ascendant, à mesure que les facultés spirituelles dimi- 
nuent^ elle parvient même à les étonfiTer entièrement dans 
les racei lesjnoins parfaites^ et enfia elle agit seule dans les 
plantes. ' 

Et cette division* des forces vitales en matérielles et en 
spirituelles , étoit nécessaire pour établir ce juste équilibre 
de vie et de mort qm renouvelle sans cesse le théâtre du 
monde. La matière conserve toujours. une tendance au bien 
physique , comme l'esprit aspire au bien moral v or, le bien 
physique occasione le mal moral « et réciproquement; de 
sorte que Tun est toujours opposé à l'autre. Mais cette Ofr 

Siosition ^ deux substances n'est que relative à l'homme ; 
e- là ident que notre mal peut être avantageux à la nature » 
et que des maux particuliers peuvent contribuer au bien |;é- 
néral. Tout se compense donc par un résultat nécessaire 
dans la répartition des avantages et des désavantages ; ce 
qu'un règne perd, Tautre le gagne, et ce qui est pris sur une 
espèce , sqp ua individu^ revient à une autre espèce,, à un 
autre individu, par une harmonie éternelle. 

Loin que ceci soit un argument contre la Providence , il 
ne sert qu'à confirmer son exis^nce , parce que toutes cho- 
ses s' exécutant suivant un ordre étabK, chaque être a sa 
destination prévue. C'est ainsi qu'on peut prévoir jusqu'à un 
certain point, en consultant la chaîne naturelle des événe^ 
mens y quel à^% être le résultat d'une chose quelconque. 



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i36 R 5 I 

Lorsque nous ne pôuvom pas deviper les accidensiulars, ce 
n^est pas à dire qu'ils ne soient souniis à aucune règle, mais 
seulement la lumière de notre intelligence ne peut pas per^ 
cer la nuit qui recouvre la marche de toutes chpses. flous 
devons donc accuser notre ignorance 9 pubque tout est ré- 
glé par cette destinée , qui n'est rien autre chdse que la Pro- 
vidence. 

Tout passe , et ne se forn^e que pour se détrwre sacc^si- 
,yement; TEtre-principe demeure seul immuable au milieu 
de cette ruine pc^rpétuellet II fait vivre , il fait mourir ; il.or- 
donne, et tpul s'opère. La coordination de tous les mouve- 
mens est la cons^uence nécessaire d'un premier mobile , 
parce que les diverses fonctions de l'univers forment une 
chaîne continue, les effets devenant causes k jieur tour. 
.C'est ainsi qu'en donnant la première impulsion , toute la 
série 'des dépendances se meut par contré*-coupj» et leurs 
mouvemens se perpétueront, tant qu'il plaira à l'auteur de 
.la nature de les niaintenir. F. les mots Nat^eë. Corps 
ORGANISÉS, Geisération, Hoaime, Vie et Moi^T, Al^MA^, 
•Histoire nàtureiiuE , etc. (virey.), 

RëGOR. En LanguedoCiOQ. appelle aipsi les agiiefiHC4|itt 
naissent dans l'arrière-saison. (wsmO 
; REGRAti. C'est, en Arabie^ le nom i^ MitiLOiç des In^- 
des, MelUoiui inCUca^ Desf. (iii^O 

REGULE. On donne ce nom à un métal quelconque, 
obtenu parfaitement pur par la {îisioa. U y a dès-substances 
métalliques qui soiU très-difficiles à obtenir à L'étal de régùlei 
par exemple le manganèse; d'autres n^ont pas encore pu 
être réduites \ cet-é|at , tels sont le chrômie, le tantale , etc. 

V MÉTAUX. (LN.) 

REGULUS. En latin modeme,c^est lenomdu Rcmtelet. 
F. ce mot. (s.) 

REHUSAK. Pennant a décrit , sous ee nomf dans son 
Arctic Z6ologf , le tétras âe Laporûe , que Ton appelle aussi 
géUnotte de Laponte. V. l'article des Tétras, (s.) 

REICHARDIE, Reichardià. Nom dotmé à rtlsTÈRiE 
de Cavlinilles , au PïCRtDioN de Desfontaines, (b.) 

REICHELIE, r. Sagone. (b.) 
< REIDER. En Laponîe , selon M. Lacépède j c'est le 
nom de la Baleinoptère gibbab. (desm.) 

JEVEIGEIL. Nom suisse du Héron, (y.) 
, REIGER. Nom hollandais du Héron, (desm.) 
'. REIHER. Nom allemand du HÉRON. (V.) 

RËIMARIE, Reimaria, Genre de plantes établi par 
Flugg 9 et dont on voit une espèce figurée dans le superbe 



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R E I i37 

.ouvrable d'HamboIât et Bonpland, ililitnié : Gênera ei speàes 
pïarUarum ; il est de la diandrie digynie , et de la famille 
des gramiDées* Ses caractères sont : épUlets grêles ; 6ears 
solitaires , ses^iles , composées de deux valves aiguës. Une 
seiJe espèce le compose. 

La IvEiMARiE AIGUË cst une plante grêle, stolonifère, de 
petite statnre ^ qui crott sur les bords de TOrénociae , et qui 
se rapproche beaucoup des Paspales. (b.) 

REIN,REINDEER,RE1NTHIERS.GESCHLECHT. 
Noms divers donnés an renm dans plosienrs états du nord 
de r Europe, (desm.) 
. REINDËER. Nom anglais du RenKe. (desm.) 

REINE. Nom^onnéy par quelques curieux, 4 une es- 
pèce 4« lépidoptère, la Vanesse, paon de jour. {pap.Io). 
F. YaHiessa. (l.) 

^ REINE DES ABEILLES, ou REINE -MERE. 
V. Abeilles, (desm.) 

REIN&DES BOIS. C'est la Diaiwlle. (b.) 

REINE. DES CARPES. Poisson qui se distingue de 
la carpe ordinaire par quelques rangées de très - grandes 
écailles et par la nudité du reste de son corps. Phisieurs 
naturalistes le regardent comme une espèce; mais fe 
me suis assuré^ par Pexamen de plusieurs individus , que 
ce n'est qu'une variété. G -est principalement dans des étangs 
vaseux qu'elle se trouve. On prétend , mal à propos , que sa 
chair est meilleure i^ue celle de l'espèce ; elle n'a d'autre 
«upériorité que sa rareté. V. Cypeih et CabPE. (b.) 

REINE-'CLAUDE. Variété de prune. r.aumotPmu- 

KIEH. (DESM.) 

REINE MARGUERITE. Nom jardinier de I'Astee 
DE LA Chine, (b.) 
REINE DES PRÉS. C'est la Spirée ûlmaim. (b.) 
REINE DES SERPENS. C'est le Roa géant ou le 

BôA DEVIN. (B.) 

REINERIA. Le ^enre de plantes de la famille de légu- 
mineuses que Moeoch a établi sous ce nom , est le même 
Sue le hrUsonia de Necker et de Desvaux , et que le ieplirosia 
e Pcrsoon. V. TéphrÔsie. (ln.) 
REINETALKERDE, de Wemer,etc. F. Magnésie 
garbonatée siLiaFÈRE , vol. i8 , pag. 37g. (ln.) 
; REINETHONERDE , de Werner. C'est la subs- 
tance qu'on avoit regardée comme l'alumine pure ou native , 
5et qui se trouve près de Halle , en Saxe ; mais elle contient 
Jusqu'à ai,o d'acide. suif urique, et 4? d'eau ; aussi les miné- 
ralogistes la considèrent maintenant comme de Vglimine 



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ï38 R E I 

sous'sutfdtée. C^est JTAlumikite de plusieurs minéralogfstes» , 
V. ^ rarticle AtVMiNE. (ln.) 
R£IM£TTE. Espèce ^'ananas, Ananas rotunâa. 

(DESM.) 

REINETTES. Variétés 4e Pommes. V. rartîde Pom- 

HIER; (DESM.) 

REINS, Rmes. Ce sont , dans Thomme ,^ deux glandes de 
la forme d'un haricot, longues de cinq à six doigts , lai|;es 
de trois , épaisses d*nn et demi , et placées dans la région 
lombaire, au-dessous de la dernière des fausses c6tes, Ceur 
couleur est rougeâtre , leur superficie polie , et leur subs- 
tance ferme. Leur structure est différente à Fîntérieur et à 
Textérieur ; ta partie corticale est glanduleuse, 01» plutôt ^ras- 
culeuse, suivant Ruysch ;. mai$ la portion intérieure eiieon»- 
posée d'un paquet de petits tuyaux extrêmement délicats et 
nombreux ,. a^^lés les tuèes^ unhains de BeHini^; ils abou- 
tissent à une carité commune , ou bassinet , où prend nais«- 
sance un canal meikibraneux , appelé weàre; û est de la 
grosseur d'un tuyau de plum»^ tt conduit dans la vessie 
l'urine sécrétée par les reins. 

Ces deux, glandes , qui sont nommées les rognons diez les 
quadrupèdes , se trouyeninon^seulement dans tous les mam- 
tnifères et les cétacés^ mais, même dans les oiseaux,^ leâ. 
reptiles et les poissons; car ces animaux sécrètent de Furine^ 
quoique, à Texceptlon des mammifères > ils n^'aient pas de 
vessie; mais l'urine est transmise au doaque immédiatement 
par les uretères. Ces rdt» sont attachés aux lombes ,^ au& 
dernières cÂtes , à l'intestin colon, aux reins succenturiaux, 
à leurs uretères et aux vaisseaux propres des. reins , dans 
rhomi^e et les- quadrupèdes. Ordinairement ils sont enve- 
loppés d'une matière graisseuse; ils ont, en outre, une 
membrane fine et adhérente. Chea^ plusieurs espèces d'ani- 
maux, et même dans les enfans, ils paroissent divisés en. 
différens lobes. Il reçoivent des artèrçs et des veines consî^ 
dérables , tantôt simples, tantôt ramifiées , et. nommées^ 
artèns émuIgfinUs et teines rénales; ceUesrci se rendent dans la 
veîae cave» et les premières sortent de L'aorte. Les nerfs 
de ces deux glandes sortent du plexus rénal ; elles ont aussi 
des vaisseaux lymphatiques qui se rendent au réservoir du 
chyle. Ordinairement le rein gauche est placé un peu plus 
haut que le droit; quelquefois on observe le contraire, mafs 
plus rarement : on a vu aussi les deux reins réunis en un- 
seul par une conformation extraordinaire. 

Tout le monde sait que leur usage est de sécréter l'urine 
du sang et de l'envoyer à la vessie ; aussi se forme-t-il quel- 
quefois des graviers dans leur substance; et ces petites^ 



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R E L i39 

pierres Tenant à rookrârec Purinedans la vessie, occasio- 
nentt dans plusieurs cas^ la formatioii de la pierre. Ces 

EmtTê produisênf ordinairement les coliques néphrétiques, 
s reins sont entore surmontés de glandes appelées reins 
succentutiauèif ou tapsiUe^ alrabUakes^ parce qu'elles sont 
remplies d'une humeur brune , qu'on a regardée comme une 
sorte débile noire. Ces capsules, de forme irrégulière , ont 
d'abord été découvertes par Eustachi. Leur grandeur varie ; 
' maie €Ue est plus considérable chez les jeunes individus ^ 
que dans les vieux ; leur substance est glanduleuse et recou* 
verte d'une membrane qui les attache aux reins» Ils reçoi- 
vent les mêmes artères , les veines et les neHs que les reins , 
et lenitt vaisseaux lymphatiques sont nombreux. Comme on 
ne leur a point encore découvert de conduit excréteur , on 
n'a pas encore pu déterminer leur uàage. Peut-être sont-ils 
ponr le rein, ce qu^est la vésicule du fiel pour le foie , et la 
rate p«Qr l'eslomac ; ils en aident les fonctions , ils les exci- 
tent et les mettent en exercice. V. le mot Vessie, (yi&ey.) 

REISSBLEY. Nom allemand , appliqué à la feb au 
Geaphite et au Molybdène soIfuee. (lu.) 

RËISSELBËERE.; L'un des noms allemands de rSpiNB- 

VmETTB. (DESM.) 

REISSITE. r. Réussite, (lu.) 

REITER on REUTER en Autriche. C'est le nom de 
la Calandre des blés, (desm.) 

REITKROTE el REITWURM. Noms divers de la 
CooBTiLlÈRB en Allemagne, (desm.) 

REIX-PAOUS. Nom languedocien du Roitelet, (desm.) 

REJETON. Nonvette pousse que jette l'arbre étitê on 
l'arbre reoépé, ,c'est-à-dîre celui dont on a coupé la tête et les 
branches , ou celui qu'on a coupé par le pied. V. Aebee. 

(desm.) 

REJETS. V. RéPENELLE. (desm.) 

REJETS f Stoklnes* On nomme ainsi les branches ou tiges 
racantes des |4antes. (desm.) 

REJHISTEL. Nom languedocien de la Garance et du 
Grateron, quièorte aussi celui de Meboulo, (desm.) 

RËKIËTO. Un Galet de rivière en Languedoc* (desm.) 




rapporte 

de Molina ; Roemer doute si cette plante nVst pas la même 
qae le Gaiium croceum de la Flore du Pérou, (ln.) 
♦ RELE V£(9^^n>). C'est le moment où une bête se lève de 
r endroit dans lequel elle a passé la journée > et va repaître .(s.) 



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i4o REM 

RELHAMIE , Helhamia. Nom doimé , dans GmcUa , à un 
genre de plantei^ qui n^est autre quet le Curtis. (b). 

RELH ANLE , Rdhafda. Genre de [^anles.4 flearscompo- 
sées f de la syngénésic jpolygamie fiUjperflae , et de la faaulle 
des coiyinbifères,«-qui a été établi ^r Lbéritier dans Le 
Sertum anglicunu II renferme une vingta^^ d'espèces dugenre 
des athanases de LinnseuA, et treize nouvelles ^ toutes du Ca^ 
de Bonne-Espérance. F. au mot Athanàse. 

Ce genre , auquel onaréuni les Èglopes^ a pour caractères: 
un calice imbriqué , scarieux ; un réceptacle écailleux cou- 
vert à son centre de fleurons bermaphrodites fertiles , et 4 sa 
circonférence de demi-fleurons femelles fertiles. Le fruit est 
composé de plusieurs sem^ces couronnées d'une aigrette 
membraneuse , cylindrique et courte. 

L'espèce la plus connue de ce genre est la REtHAMB auns^ 
qui a les feuilles oblpngiies , aiguës « recourbées à leur pointe 
et sans nervures. C'est Vathanasia squarrosa de Linnœus. 

La Leysère PàLÉACÉE de Linnaeu^ en fait aussi partie.(B.) 

RELIGIEUSE. Nom vulgaire de l'HiaoïiDELtEnB fe^- 
TaE et delà CoaNEiLLE maktblée, daus les environs de Niort; 
c'est aussi celui d'une SAacELLE de l'Amérique septentrionale; 
et du Pluviee a coLLiEa , dans la Picardie. (s.> 

RELIGIEUSED'AR¥SSINIE.r.M£aLEMOi.oxiifA.(s.) 

RELIGIEUSE (petite )• C'est I'Helteixs monacelle 
de SchaefTer. V. Peau de Moaii,LE. (a.) ^ 

RELL ou RELLMOU3E. Nom aidais du Loia. (desm .) 

RELLMAUS. L'un des noms allemands du Loia. (desm.) 

REM. r. RÉBM. (s.) 

RÉMÈ. Adanson a donné ce mwi à un genre fonné de la 
réunion des Sesu ves et des TaiANTHiiffiS ^ genre qui n'a pas 
été adopté. Il y rapporte le Raba de Lippi ^ et le Papaki Assn 
de Camelli. (ln.) 

REMRERTA. Adanson donne ce nom au Diapbvsia de 
Linnseus. V. Diapensie. (ln.) 

REMBUCHEMENT ()'^^nm€> Rentrée de la ^^ dans le 
fort ou simplement dans le bois. Quand elle a (ait quelques 
pas dans un fort, et qu'elle revient subitement sur ses pas 
pour se jeter dans un autre , on dit que c'^st un faux rembé- 
chement, (s.) 

RÉMIGES , Rémiges. Plumes fortes des ailes , servant de 
rames à l'oiseau pour voguer dans les airs. Elles se divisent 
en primaires et secondaires; celles-ci, dont les plus procbes 
du dos s'appellent aussi tertiaires, sont ordinairement au 
nombre de i3 à a3, et les autres au nombre de lo. (V.) 

RÉMIPÈDE, /7«mi>es, Lat. Genre de crustacés, de l'ordre 
des décapodes, famille des macrourçs# tribu des anomaux. 



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REM • ,;, 

très-yoisitt in genre Hlppe Ae Fabricitis ', ihais qui s'en dis- 
tingue par les caractère» soiraiis': les quatre antennes cour- 
tes , présqae de IcnigDtetnr ëgak> ^tancéeâ et on peu recour- 
bées ; les denz pied» antérieurs terminés Insensiblement en 
pointe, on adaetyle» ; pieds-tetchoires extérieurs sembl^les 
à de petits bras arqvés el^ onguicnlés kâ bout. Voyez , pour 
Us antres cavadèrea , farfitle HitPC. 

Ce genre a été établi sur nne espèce, le BtmpiDE* 
TORTUE f Remipts Uitik^umus , apportée des mers de la Non- 
il(Ue-H0llande pic Péronet M. Le Sueur. Nous en donnons 
ici la figure , pi. £.,34) 3* 

. Son test est lone d'environ un pouce, d'un jaunâtre-rous-. 
sttre ^ finement ridé, avec cinq dents au bord antérieur^ ^ont] 
les trois intermédiaires plus courtes ; les yeux sont situés à 
Tettrémité âiin pédicule grêle , cylindrique, et qui est Inséré 
seus les dents latérak» du devant du teât ; les antenne»* 
latérales se. conrbent et se prolo^ngent sous les yiitermér-. 
diaires , et les articles de leurs pédoncules sont en forme 
d!écaiUes ; les intermédiaires sont recourbés et ciliés ; les 
pattes, sont veines; les premiers artides de la qùeuç sont 
courts et fort larges ; le dernier est triangulaire , allongé et 
velu sur ses borda. 

On trouve sur les^cdt'es de la Martinique une autre (espèce, 
et qui me parott avoir été figurée dans un ouvrage anglais 
snr lliistoire naturelle des Barbadès. (t.) 

REMIPES. K RÉMiPtDE. (desmJ 

REMIRE , Micgîa. Plante à Fadne ramnante , à tige 
rameuse à son sommet « à feaiUes lattcéaJées^^ striées , 
engainantes, celles djusoningietpbifilongnea, h fleors dispo- 
sées en épis ovales à TextrÀBinté dea^amcauBL, qui forme un 
genre dans la triandrifi monogysne el dans la'fiumHe des ' 
graminées. 

Ce genre a pour caractères ; tuie. balle ealicinade de deux 

valves çtuniflore; unel)alleflor^ededeuxvilve8|^ius*courtes; 

plus, une autre valve qui entoure le germer trois étamines; 

un ovaire supérieur ^ aormonté d'«n style àirpis stigmates ; 

_ une semence oblongue.enyeloppéftjàansla vahw interne de' 

' la corolle^ > ..^ 

Les racines du ivim/v sont aromatiques, et leur infiision 
passe , à Cayenne ,.pouc dinré4tfiae>eta«docifique. (b.) 
REMIS, r. MÉSANGE umi. <in). 

REMITARSES ou HTDnoco&ixs. famille ^'insectes* 
hémiptères , fownée par M. Duméril et caracténsée par des^ 
éèytres dures et coriaces , nn beç-patbisi$ant naître du front,' 
deaanteimes sétacées trèsrcourtc? et les patlea postérieures 



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i4« - R E N ' 

Îropresà nager. Les. genres R^Al^^Ki^S,- Si6aU|^ 
UûcoHB et rf OTON^CTE , en font partie. . (rasM») . 

RëMIZ. Nom polonoU de la |I^6ANG£ bbitiz. (▼.) 

REMORARATIU (on JviiM^ dit /^cAoïTw). Oh a donné 
ce nom anciennement à la bugrmdêj(,^haMp$,9aarrke^ien^^ 
parce que cette plante a desxacinca trèa-longaes» rampante» , 
entrelacées et assez fortes pour réaifier ausde de la cIuf^ 
rue, (LN.) 

RE1VÏORE. Poisson du genre EcHÉsiis. (â.) 

REMORD DU DIABUSou R£ltfOR$. tJn des nomdT 
ynlgaîres de la Sgabieuse mors na Diabi^e. (iv) 

REMUE-CU, Remue-Queue. Koms rnigaires donnés 
aux Bergeronnettes ou LAYANUÈRfis ; dans quelques pro^^ 
rinces de France, (oesm.) 

RÈN ANTHERE, Renanihera. Plan^ parasite, i bolbe 
linéaire , latéral, radicant, à tige longœ 4e cinq pieds, cylin*- 
driqde , presque simple, à feuilles engaînanles., épaisses^* 
ovaies-oolongues, planes,émarginées,à fleurs ronges,grai>des9 
portées sur des grappes termmales, qui, selon Looreiro^ 
fbfme lin genre dans la gynandriç^ mdnandrie el dans la 
famille des orchidées. 

Ce genre offre pour caractères : une spathe pi^esque ronde^* 
uniflore et persistante ; une corolle de cinq pétales, presque 
égaux en longueur , les jleux supérieurs obtus et ondulés, lei^ 
trois inférieurs lancéolés , linéaires et planes ; un tube bMobé 
intérieur, à lèvre supérieure oblongue , cbamoe , entière , à 
lèrre extérieure divisée en trois parties , dont les latérales sont 
arrondies, la moyenne lancéolée, reconirbée erplus longue ; 
une étamine attachée à la partie înténénre et supérieure du 
tube , à grande anthère bilobée , réniforme et divariquée ; 
un ovaire inférieur linéaire, sillonné , droit ,' à style aplati i^ 
recourbé , ventru , et à stigmate peu marqué. 

Le fruit n^est pas connu. Il avorte presque toujours. 

Le rénanthère se trouve 4 la Cocfaincfaine snr récorce Ses 
arbres , k laquelle il s'attache en grimpant. Il peut être 
placé parmi les Angrecs. (b.) 

RENARD ( Canis Vulpes^ Linn.). Mammifère carnassier^ 
du genre Chien. V. ce mot, tome 6, page 5o8. (desh.) 

RENARD. C'est le nom d'une espèce de Phalany^ee* 

' (Desm.) 

RENARD. Un Squau porte ce nom. (desm.) 

RENAftD. Nom d'unej coquille du genre Cône, ûmus 
pulpinus. (dèsm.) 

RENARD D'AFRIQUE. Selon quelques auteurs , U 
«xîste dans cette partie du monde des renards plus gros que 
ceux d'Europe et qui ont le poil jaunâtre avec les oi^elUes 
»oireS; (DESM.) 



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. R E N 14$ 

RENARD AMÉRICAIN. Quelques voyag^tirs om ap- 
pliqué cette dénominatioii an FouRMiLi£a tamanoiil (s.) 

RENARD ANTARCTIQUE. Vt^ez Farticlc Chibw i 
tome 6 , page 5a3. (besm.) • 

RENAM) ARGENTÉ ou RENARD NOIR , Giw 
argmiatus , Geoffir. V, l'art. Chibn, tome 6, p. 5ai. (oesm.) 

RENARD DU BENGALE. V. Fart. Chien, tome 6, 
page Sa6. (desm.) 

RENARD BLANC ouRENARD BLEU. C'est I'Isatis. 
JPr«tome 6 , page 5ai. (besm.) 

RENARD BLEU ou ISATIS ( Cams Lagopusj Lmu.); 
y. Fart. Chien, tome 6, page 5ai. (pEsm.) 

RENARD DU CAP ( Omis mesomelas/Linn. ). V. Part. 
Chien, tome 6^ page 5a3. (desm.) 

RENARD CHARBONNIER ( Canis Ahpex). V. Fart. 
Chien , tome 6 , page 5 17. (oesm.) 

RENARD CHATAIN. Sonnini, dans la çremère 
édition de cet ouvrage^ dit , qu'après le renard noir^ c'est 
celui qui donne la ra^rrure la plus recherchée. Il habite le 
Kamtschatka. (desm.) 

RENARD CRABIER, Canis cancrmrus, Geofir. V. 
tome. 6, page Sa^* (besm.) 

RENARD CROISE ( Canis decussatus). F. Fart. Chien,; 
tome 6 , page 5i7. Q>£SM.) 

RENARD D'EGYIPTÉ (Giw agyp(iacus, Geott). V^ 
Fart. Chien , tome 6 , page 5a4« (besm.) 

RENARD GRIS de Brisson ou Renabb tricolob. V. 
Fart, Chien , tome 6 , page 5i8. (besm.) 

RENARD JAUNE ( petit ) ou Corsac. Espèce du genre 
Chien. V. tome 6 , page 5i8. (besm.) 

RENARD KARAGAN. F. FarUcle Chien , tome 6y 
pa^e 5a4. (besm.) 

RENARD MARIN. Ce nom a été donné à plusieurs 
espèces de Phoques, (s.) 

RENARD MARIN. C'est FEsoce kenârb, la Chimèee 
▲acTiQUE et un Squale. V. ces mots, (b.) 

RENARD NOIR. V. Renabb abgenté. (besm.) 

RENARD ROUGE DE L'AMÉRIQUE. F. Fârtîcle 
Chien , tome 6 , page 5^5. (besm.) 

RENARD TRICOLDR ( Canis dnereo-argenteus ^ L. ). 
F. Fart. Chien, tome 6, page S18. (besbi^ 

RENARDDE SURINAM. C'est un animal peu connu^ 
et qui peut-être ne diffère même pas du Renabb cbabier. 
Limiseus, Pennant et Erxleben lui donnent le nom de Cards 
ihous, (besm.) 



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iU R E N - ,, 

RENARD DE VIRGINIE {Canis vîrgbdanus , L. )/ F. 
Tart. Chien, tome 6, page 5)0. (DEStf. ) 
, RENARD VOLANT. C'est le nom doon^ par ^ii^lqnçs 
voyagears ^u Gai«éqpithèque ROtJi:. (1)esx.) 

RENARDS FOSSILES. V. Cmm&tomWii tome 6^ 
page 517. (DESM.) 
' RENARDE, femelle de Tespèce du Renard, (desk.) 

RENARDEAU. Petit da Reî^arj). (desx.) 

RENDANG et CAREND ANG. On àùi^M ces nom^ à 
Java, à une espèce de Calac (^Canssa earenâa)^ ûgurée 
dans rHjBrbîer d'AmboIoe , vol. 7 , p«ge 67 , tabl. aS. (ln.) 

RENÉ. On donne ce nom aax TiivtTES KOtaES {Salmo 
alpinus , Lînn. ). (B.) 

RENE^ALMIA. Quatre genres de plantes ont été consa- 
crées à Paul Reneaulme , ancien botaniste français ;. auteur 
d'mMurrage quHl publia en i&i i , et qui a pour thre ijtpecimen 
hi^w fl^mantm. Cet ouvrage est accompagné dé figures 
irèsrboones ei qui soot toutes citées. Chaque plante jporte 
un nom qui rappelle une des qualités de sa fleur. 

De ces quatre genres, queiqaes*tms ne sont pas al^optés, 
et les autres ont cnangé de nom. Le premier eçt te r^aéalmia 
du père Pliimîer« qui comprend les espèces At tUlandsia ^ 
Caragates^ dont Le calice est divisé en trois pariiez. li n*a 
pàs4téi^pté.Lé second est le retttd^ia du père Fei;iillée , 
qui est le pma de MoUna(r. ce mot). Le troisième est le 
remealtmaAe Linaœus fils , que WilMetiow adopta , m^is que 
Jussieu avoit rapporté au genre qu^il nomme catirnbium , et 
qui est te^iib^^, Linn. Andrews semible avoir approuvé cette 
réunion, puisqu^ il donne le nom ée nneùkj^a aux espèce^ de^ 
^obha qu il a £gupées {boiank.reposiLy: msâs Smith , Roscoë 
et Roemer , après eux , placent ces globba dans le genre aipi^ 
mai oà Roemer porteavecdouteviâ niante m^meisur laquelle 
Lonnœus fils avoit fondé son rênealmla^V.le mot Renêalmie).' 
Enfin, le quatrième genre i!«iK«^&i.est«elui d'Houttouyne 
(Psi. Syst. tabl. 4;, f. i). LVspéce qui le eônstitue est 
une plante du cap de Bonne-£sp4$raiiQe, que Tkwh^, 
Linna«us fils, Aiton^ ont rapportée ran g^r^ meiiya^fs ;,c*e$i 
le ma^anthes wate, Willd. (l'N.) 

R£NËALMI£^i{«/ii;a/mid(. Pl«itç,df Surinam, à feîîHes 
lancéolées, ondulées sur leurs bords ^ de cinq à six pieds de 
long; à fleurs disposées en àrappes qui na^sept sur le 
tronc au-dessus de la racine. . ^ 

Cette plante forme, dans la monandrie monpgjq^îe et d^ns 
la famille dès balisiers, i;in genre qui a pour caractères: ui\ 

calice monophylle, se déchirant en deux nu trois parties 



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R E N • i45 

irr^^Uèfes; use coralie à lral$ divisions; 19a nectaire 
obioiig ; uncajalhère sessikt opposée aa oect«iîre ; ua ovaire 
siicnKmié à'im stylje simplie; une baie cb^ro^e q^i,»e maoge. 
Ce Keaffe a ^lé appelé Catihsion, AiViNiE, Co(«^Bfta- 
CHI£,,GLqa9£E et ZÉEUifBST. (b.) 

HËNËÂLIVUË., :IietfS0imi(^ Autre ^eore de plaates ^ui* 
ne dif!^ pa$ dti y(i^LA«L3iE de G^ebq. V- M£^?(ani;9£. 

RENEBRS. Espèce dé Pati^nch i fealllea^troite^f ea 
Languedoc. K. RouzEaBÉ. (desm.) 

REJÏJETTE, Foye^ au mot Raiw. (b.) 

REjHGIS FISKAR. Nom donn^ par le» Idandaîs aux 
Cétacés i]ui oot des faii^OQS, et qui, de plus, ont des plii 
sur le ventre. ^ESM.) 

RENGJO. Arbrissscaa observé au Japoa> d^abord pa^ 
Kaempfer, ensuite par Tbuoberg. Celui-ci en fait une 
espèce du gejt^re Lxlas, syriaga^ et Ta Çlgiiré sous le nom, 
de synng,ii susp^nsa (Ic.QQ^ Jap. 10, tab. 3). Cette planle 
diffère beaucogp des lilos par son port r ^insi que par son 
calice plus profondément divisé ^ et par sa corolle campa 'v 
nulée , et non^as infundibuliforme^ (tN.) 

RENGLORO. En Languedoc , on appelle ainsi le petit 
Lézard gris, des murailles. Il reçoit encore les noms à'onr 
glora f eaglora^ lagrenuizo^ rigolou ou pettngioro. (DESitf.) 

RENILLË, RenUîa* Genre établi par Lamarck, pourx 
placerja PennaTULE réi^ifgrme , qui n'a pas les caractères 
dea autres. Ceux qu'il lui attribue sont : corps libre, aplati^ 
réniCorme , pédicule , ayant une de ses faces polypîfère , 
et des stries rayonnantes «ar l'autre ; polypes k six rayons. 

La rmlU vient des mers d'Amérique ; elle est rouge* 
Sh^aw Miscel. 4 tab. iSg, et Ellis , Aciu ang* , tom. ig, 
jj o« 6—10, l'ont figurée (b.) 

RENMOSSA. Les Suédois donnent ce nom au Lichen, 
dont IcsRennes se nourrissent, (desimt.) 

RENNE {JCerom iarandus). Mammifère ruminant du genre 
^es Cerfs. V. ce mo4 a» tome 5, ainsi que la pi. P. 5. Vdesm.) 

RENNTHIER. T. R^nne. (desm.) 

RENONCULACÉES, RMomulaœm^fSmvk^, Famillede 
plantes qui offre pourcaractères : an calice po^yphyUe, quel'* 
quefois nul , qoeiquefois coloré ; une corolle régalière , for- 
mée iK^dinairemeiH de cinq pétales, plus souvent réguliers; 
4e$ étamines en nombre déterminé, à anthères oblongues, 
^tàskée% aux filamens, marquées de quatre sillons longitudi-» 
naux et s'oovrant en deux loges par deux sillons Mëraux ; 
des ovaires ordinairement nombreux , portés sur 110 récep«* 
tade commun; autant de styles simples, persisUas » ordinal-: 

3^xix. 10 



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i!fo R E N 

rement terminaux , mais quelquefois adnës sur le cAté exté- 
rieur de Fovaire , et peu apparens ; des stigmates simples. 
•Les fruits sont des capsules (rarement desbaies), en 
nombre égal à celui des oyaires, tantôt monospermes et 
évalues, tantôt polyspermesi s'ouYrant intérieurement en* 
8enx demi-valves séminifères sur leurs bords ^ k semences à 
embryon très-petit, à radicule supérieure, située dans une 
cavité qui se trouve au sommet d'un périsperme grand, 
cor^, ou à radicule inférieure et placée ii la base du péris- 
perme. 

Les plantes de cette famille sont^ en général» herbacées 
et vivaces par leurs racines. Elles ont une tige ordinairement 
droite, mais quelquefois sarmenteuse. Leurs feuilles, qui 
sortent de boutons coniques et couverts d'écaillés imbri- 
quées, sont rarement opposées , plus souvent alternes, ordi- 
nairement simples , palmées ou lobées ; quelquefois ailées 
eu digitées. Leur base n'est jamais accompagnée de stipules, 
mais elle s'élargit dans quelques genres, et forme des demi- 
gaînes et même des gaines presques entières autour de la 
tige. Les fleurs ajffectent diverses dispositions. 

DecandoUe , qui a si bien éclairci les genres et les espèces 
de cette famille, dans son regnî vegetahiUs SysUma naturale, 
divise cette famille en quatre tribus, savoir : i.^ lès CléMà- 
iiDÈES, qui comprennent les genres CLÉitt\TiTB et Nava- 
KELLE ; 2,^ les Anémonées , réunissant les genres PiOamon, 
Anémone, Hépatique, Hydraste, Knowitonie , Ado- 
Nit)£, Hamadryas, Hecatonie et Knapie; 3.» les Benon- 
CULÉES, composées des genres Ratoncule, Cératocéphale, 
RENONcuLE^et Ficaire ; t."* Les Hellébores , où Ton trouve 
les genres Populace, Trolle, Eranthe , ^HelléboHe , 
CopTis, IsoPYRE, Garidelle, I^^geIle , Ancolie , Dau- 
phinelle ou Pied-d' Alouette, et Aconit. 

A ces genres, il joint avec doute ceux qui ont reçu les noms 
d'AcTÉE, de Zanthoric et de Pivoine, (b.) 

RENONCULE , Hanunculus , Linn. ( Polyandrie pofygy- 
nie. ) Genre de plantes de la famille de son nom , qui pré- 
sente pour caractères : un calice composé de cinq folioles 
4>vales et concaves ; une corolle de cinq pétales obtus , munis 
r.hacuâ d'une petite écaille, à la base de l'onglet ; un grand 
nombre d'étamines, ayant à peu près la .moitié de la longueur 
des pétales , et plusieurs ovaires réunis en une tête , sans aucun 
style, mais couronnés par des stigmates réfléchis. Ces ovaires 
se changent dans la suite en autant de semences irrégulières, 
fixées au réceptacle par de courts pédicules. V, Anéhone. ' 

Les botanistes ciomptent plus de cent quarante espèces de 



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R Ë N 147 

Mtofkfules. Ce' sont âes heil>es fa plupart ihdigènes d^Europe, 
et à tàcine vivacer Leurs fleurs sont communément faunes , 
quelquefois blanches ou rouges ; elles naissent aux aisselles 
des ftuilles , le plus souvent à l'extrémité des rameaux. Ces 
plantés contiennent,' en général , un sucré âërè et caustique 
qui les rend dangereuses à employer en médecine ; soit inté- 
rieurement , soit extérieurement. La formé de leurs feuilles 
entières ou découpées divise naturellement le genre en deux 
sections. 

Dans la première , qui comprend les espèces à feuilles 
entières , on remarque : 

La Renoncule- FLAMME ou •PETrrE docye \ Bani^nculus 
flammula, Linn. , plante yivacé à tiges lisses et tombantes; à 
feuilles très^entièrés , ovales , lancéolées , et petiolées. Elle 
se trouve aux envirdns de Paris,' erott dans lés préshnmi-i 
àes , et fleurit tout Pété. ' 

La Renoncule granm; J>ovyE^Ranunculus'Hngttd, lÂnn.; 
à tige droite ; à feuilles lancéolées , fort longues, et légè- 
rement dentées ; elle fleurit pendant Fêté. Oh la trouve aux 
environs de Paris. . . . - 

La Renoncule CHÉLinoiNE , Bammculus \pcaria , Linn. 
Cette espèce diffère de toutes les autres par son calice qui 
est à trois feuilles, et pa# sa corolle qui a buit ou neuf péta-' 
les ; aussi Haller et Jussieu en ont fait un genre sons le nom 
de ficaria, ( V. le mot'FicÀiaE. ) 

La Renoncule amplexigaule , Ranuncultis amplecdcaùlis , 
linn.'J^le croît sur les Atj^eset sur les montagnes.de 
l'Apennin , aune racine en faisceau ^ et des fbuillés étroites , 
ovale$ , à pointe aipuë , et dont la blase embrasse la tige. 

La seconde section , qui renfermé les renoncules à feuilles 
^coup^itfs/ est plus nombreuse en espèces. C'est dans cette 
section que se trouve la belle renoàcnlédes jardins > dont je 
parlerai tout à Tbeure. 

Les autres espèces remarquables sont : . ' 

La RENœïCUIE DES Bùis^i RàHurieulusauncemus', Linn., ou 
Renoncule douce. Elïe a* déuxsokHes dé feuilles fies radi- 
cales sont réniformes , crénelées et incisées ; celles de la 
tige, digitées et linéaires. 

• La Kenonculb bulbeuse; Rànunculus hulbosus, Linn. , 
volgait-ement la GrenoviHeUe. Sa racine est bulbeuse et 
arrondie J sra tige droite et 'multiflore ; ses feuilles sont com- 
posées ; Icis pédoncules de ses fleurs sillonnés , et leur calice 
est réfléchi. Cette plante crott dansles prés, et double par la 
culture. Elle est mortelle aux rats. 

La Renoncule acre ou Bouton d'ob , Rahunculus acris , 
Linn. Calice ouvertf pédoncules cylindriques; fenilles parla- 



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,48 R E N 

gées'en trois lobes, qui sont eut-norémes très-dlvisiîs ; le» 
supérieures linéaires; fleurs jauoes, d- me grandeur médiocte^ 
et dcvelàant doubles et pleines p^ kioottaré : télé soiit les ca- 
ractères de celte rcnoncale y qiivestd'£uk>epé , et doÂtlâ» 
variété à Qeur diouble orne tou» les jardins au n&ois de mai^ 
£lle sV multiplie d'elle-même à la manière des fraisiers. 

La KËNÔ^ïoeLE RAim^Aï^s , RanuhCuhs repens y Linn; ,i 
diffère à peine des deux pFécédeateé> ét|^rtage tous kar» 
inconvéniens et leurs avantages. 

La Renoncule FALcvFoaMK, Ranwèculmfalc^tia ,. L., cons- 
titue aujourd'hui le genre CÉRATOcÉPHAi>E , <|ae M. Augusie 
de S.rHilaire ne croit pasloadésur des caractères suffisans. 

La RsNONGuii&.sGÉi.iRArrs'OttU R^sioiAeuLE Dl&s aTarais , 
Rannncutus scefemius , LiniK^ Se» l^eê sont «retœes- , canne* 
lées , rameuses ;^ses' feuilles alMmes et die deu» sortes ^ les 
inférieures palmées j les supérieures dîgitées; se^ fleurs jau^ 
nés , termin^^^^ et très-petites^ ;• ses semences oblongueis. On 
la trouve dans iej> terrains humides et iti^féc^euiif daas^les 
fossés où if y a .de r^au croopîe et:stàgaaMe. Les opimoi» 
sont partagées sur ses propriétés. Elle passe ei^ générai pour 
être excessivement acre et causli^|itte. Sa cao^tcitécfil^ même 
telle ^. dit .Gilibert , que Ton peui re^der son usage ifité^ 
rieur co^me un jpoison. Halier a taé des «biens avec cette 
niante. Cependant ^ en Morlaqiiie «: les bergefs en mangent 
les feuilles et les tiges cuites , et on fity éani le^ Transactions 
de la Société Linnéenne de Londres , que danS'le.roisHïage de 
Ringwood , sur les Ixi^rds^e TAton ^ les kabita«s «éurrlssent 
en partie leurs, vaches et leurs cheyaus avea cette renoncule , 
que ces animaux mangent fraîche. DaubentoncA a nourri se» 
moutons , et en a fait des prairies ^ficieflies^ , . 

La R^|fq!9ÇU|.E AQUATiQffE:^ Rcamnoulm a^wttilis 9 Linb. 
Cette espèce est recoanoifsable k tiroits choses : i.^ à ce 
qu'elle croît dansTeau; 2,^ à sa tige grêle* ^t rampinoïtc ; 
3,^ à ses feuilles qui pr4sent|9nt deux formes^bien^ différentes; 
les feuilles immergées sont Somment découpées en segmens 
capillaires ; les autres ^ f^'on v^it^ai^essus é^ Teau , sont 
entières et en bouclier. Cette plante croît âtix^ environs de 
Paris. ' . 

La Renoncule n£s chahps ^ Ranuncmiia mvensis ^ Linn. 
C'est une espèce très^ommune ^ qui a àès scjmenoes héris-* 
sées , et des feuilles décofipé^s en tf ois parties ^ dont chacune 
est pétiolée et subdivisée en deux oU trcmiolioles incisées. 

La Rehoncule a feuilles b'agot^it ou le BoutOî* d'ar- 
gent d'Angleterre, Ranuncidus aconîtifaUus f Linn. Elle 
est originaire àt^ Alpes. Ses lletirs sont blanches et simples ; 
mais il y a une variété k fleurs doubles ^ qui produit un |oU 



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R E N 1^9 

tttei dans Us jardin^. Dans cetie esphfit , .lonles Us feoîUes 
sont divisées «p <^iqqiQb€s lancéoiés, ipckés et dent^. Elle 
fleprit^Q mal^ et^&e,iaaltiplie parses racipes, qu^oQ divUe 
en autoame. Oja Ic^ -planta à l'eiyp^^iMop de l*€St , «t dans un 
sol qui ne 9Qi t p2|s trop le rm e . 

Elle a uae.ligeiinuUUlcM'e at.d«ii]L ^rties de feuilU» 9 iles ca*- 
dicale^ ^rroadîes , en cq^nxt ^t.qcéQeUjâs , celles de latige.dir- 
gllées et lipéaires. Cette belk roppuciile , di^efttles auteurs 
des Démon^Ur, élém. 4e Si^(* 9 ^'fk «oicore été ^rott?«ée qa'ea 
Prusse. et eu Sibérie- 

La ^E^iONqui.E ^j.E,viw^$ji^ ^Vf^.f Bmmculus ruim^oiiusi, 
lÀnn, £Ue.prQit eo «itric)ie;et d^Hfts U htvjmt^ » une racine 
t.ub^r^Ms^^ ,d^^ fe^Ui^s ;^lirQqiiipo44e$ , <^ «pe tige haute 
4'un pied, garnie d'.we s^^U fe«iUe ^mUable i' celle 
du bây^, uiais'^lus pelil,e. Cette ^ige "est.t^rfiuiiée par vuue 
fleur uiii^u,e et blanche ( s^îop MiM^ y d'un h4jkn jnune bxU*- 
lant ) qui pafoit À Ifi fin 4ç m^^» 

La R£NOI)CUI.E ^ <;RA«n«S FMVAS OU J^E^fONCC^I^ Oai£Nr 

,TAL£ , ,Ranuncuh4s gr^mUfiams, LiilQ* £ile a.4té découverte 
dans le Levant par Toi^ïoefort. Sk sa Fa^in^.3ar|eAt quel- 
ques feuilles défîoqpées, w mUieu tdesquelles s'élève une lige 
haute d'un pjed 9 gamie de de.u« fewil^s, ;et terminée par 
une simple Ujçur de couleur^i^ui^e.t vb^eau^oupt^lus J«rge que 
celle de la .renomide coumume. (Qelfie ipl^teifleurit ^n maL 
£lle demande un soi l^rei. marneux. 

La m^oi^CjUif^ couLçun bë sang, RumiOQ^MS amgwneus ^ 
Mi|l. 10,, vid^aàc^sjf^uild^J^ivfiùiie, Elle a upe^Tsacine grume- 
leuse., une 4^ sin^ple , une ^osse fleur double et rouge , *ât 
des feuilles À trois lob^s., ,4out <;haoiin0 e^ découpée ep 
trois .segmens .terminés eOfpoiqtei^i^tuse» Catie< espèce étoii 
très*commM¥ie4ans les jardins di^s ^mfi^em'^f avapt que la 
fenoncule,asi^i/igt^ y fftt^ ioKodnite ; mais on Ta négligée pour 
celle-ci, quiv^érite en efietjja-préféreoce , et qui doit être 
mise ap j^mier rang de tontes l«s espèces dn. genre. 

De la Renoncule des jardins. 

Les lM»lMMitc»,dnoneBt.à ceitle renoncule les noms de B£- 
HONCuikE d^su^iQUEetde JleiioNCULE de Paase, Ramuiculus 
Éisiaticus t lÀBn> p parce qu/elle- est origiaake de <îe pays. 
C*eat la^iis belle de toutes, .<^ eetle que tèus les Qeuristei 
de rEurope , les Hnllandats , sortoi^t , cultivent avec un 
soin . extrême, fion caraetère est d'avoir nne racine tubé-^ 
reuse; ime ûge inférie^rement branchne , veine et ronde « 
ainsi que les pédoncules; de& feuilles inférieures simples , ou 
k lobe» incisés, aigus, pubesçentes en dessous ; les supé-; 



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1 



5o R E N 



rieures divisées en trois parties , et.dem fois temées ;r des 

Î étioles pubescens aussi , et le calice de la fleur non-^réfléchi. 
lettre renoncule est, comme les antres, acre et inodore. Son 
mérite consiste dans les variétés nombreuses qu'elle fournit 
en toutes sortes de conteurs, et dans Téclat qu'elle donne à 
un parterre qui en est émaiilé. Pour qu'elle produise un bel 
etSet 9 il ne faut pas la placer en bordure i mais en grande 
masse ou en plate-bande, parce qu'elleprésentealorsàlafois 
toutes les variétés de ses couleurs ; une corbeille( de jardin) 
remplie de ces fleurs ofifre un coup d'œil superbe. 

Oh peut comprendre sous trois divisions toutes les va- 
riétés de renoncules. Elles sont ou simples , ou semi-doubles , 
oti doubles et pleines* Les premières se rapprochent darantage 
de leur type originel ; elles ont des pétales diversement co- 
lorés , et plus amples que ceux des autres renoncules, lies 
semi- doubles sont préférées aux doubles par certains ama- 
teurs. On exige d'une semi-double que sa tige soit forte et 
droite , que les pétales de sa fleur soient nombreux et bien 
ronds , et que le petit bouton noir qui est dans le milieu , ne 
paroisse pas beaucoup. Les jardiniers appellent gueules noires 
les fleurs qui n'ont qu'un petit nombre de pétales , et qui 
montrent bien à découvert cette espèce de bouton noir où 
sont attachées les étamines. Quand la semi- double est de 
qualité requise » c'est-à-dire, quand la forme de ses pétales 
«t leurs couleurs annoncent que la semence produira des 
fleurs encore plus belles , on la laisse grener , et c'est cette 
graine dont on se sert pour les semis. La remncule double est 
un monstre pour les botanistes ; étant privée des parties de 
la génération , et ne produisant point de grames , elle ne 
peiit être multipliée que par ses racines , appelées griffes. On 
donne le même nom aux racines des semi-doubles et des 
i^imples , <[u'on multiplie de la même manière. Ainsi ^ il y a 
deux moyens de propager les renoncules ; savoir : les gr^es 
et les semis. En plantant les griffes , on conserve les espèces 
ou variétés rares ; en semant la graine , on obtient de nou-*' 
velles variétés. 

Bes griffes et de leur plantation. La griffe de renoncule est 
composée de plusieurs pointes qu'il faut prendre garde de 
briser; car c'est de ces pointjes que sortent des petits filets 

Îui pompent les sucs de la terre , et qui nourrissent la plante . 
lette fleur aime une terre substantielle, grasse et pourtant 
légère. Celle de jardin potager est très-bonne , pourvu qu'elle 
soit mêlée à du terreau , soit tiré des couches ruinées , soit 
formé des débris de feuilles ou de fumier de vache et de che- 
V al bien consommé. On mêle le tout ensemble à différentes 
fois , Qt après l'avoir passé au çril^le ^ mailles larges , on 



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R E N i5i 

l'araoiieèle.LHëpcK}ue delà plantation ou du semis des renon- 
cules étant arrivée , on repasse cette terre parnn crible à 
mailles très-serrées , afin ^'il ne reste ni gravier , ni gni- 
meam ^ ni substance qni ne soit pas décomposée ; on en for- 
me alors ses planches^qu^on laboure et qu^on unit. On y trace 
un cordeau de petits aillons de quatre ponces , et on y placé 
les griffes en échiquier, également à la distance de quatre 
pouces. On les enfonce avec les doigts i la profondeur de 
deux pauces sealement , Tceil tourné vers le ciel ; on les re-- 
eouvre.^it de la même terre avec le plat do râteau , soit en 
mettant par^dessus deux, ou trois doigts de terre préparée. 
Le milieu de la planche doit être bombé relativement à ses 
bords, et ses bprds plusélevés de quelques pouces que le sen 
tkr qui sépare les sillons. 

L'époque de cette plantation varie avec le climat qu'il faut 
toujours consister. Si la renoncule, peu de temps après avoir 
été plantée , est exposée à une grande chaleur , elle hâte sa 
végétation et file ; sa griffe s'amaigrit , et sa fieur est alors 
petite ou^liédiocre ; plus cette plante demeure en terre 
( toute circonstance égale ) avant de donner sa fleur , et plus 
la fleur est belle. Il fiant dans chaque pays se conformer à 
ces deux principes. Ainsi, dans les parties les plus meridioua^ 
ks de la Friynce, où l'hiver est ordinairement très-tempéré 
et souvent nul, on peut planter les griffes de renoncules en 
octobre ; on aura des fleurs à la fin de février ou de mars. 
Dans les provinces moins chaudes et pourtant d'une tempé- 
rature douce , telles que le Lyonnais, cette plantation peut 
se faire au milieu ou à la .fin de février , si on espère n'a- 
voir plus de grands froids. Dans le Mord , au contraire , dans 
la Flandre , par exemple , il est prudent d'attendre le mois 
de mars pour planter \ la chaleur du printemps y étant moins 
active que dans les deux climats cités , la plante parcourt 
plus paiement les diffécens périodes de sa végétation. 
. Dès que les feuilles de la renoncule sont hors de terre , 
cette plante craint peu les petites gelées ; mais elle souffre 
beaucoup lorsque le froid saisit-ses griffes , au moment de la 
germination. C'est au fleuriste à prendre alors des précau- 
tions pour les en garantir. 

Les renoncules plantées en mars fleurissent presque aussi* 

' tàjt que celles qui ont été plantées un mois ou six semaines 

auparavant ; mais par les raisons, que j'ai dites , elles ne sont 

pas aussL belles.. C'est ordinairement dans le courant de mat 

q^e ces. fleurs s'offrent à l'amateur dans tout leur éclat. Lors« 




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i5^ R E N 

a soin de les couvrir avec tme huèné pendant ia^rande ait. 
denr du soleil, eUes dureront plusflong-temps : cette fprécan*- 
tîon est îndispenaable , lortqu^on 'est menacé d^n orage v 
parce que ta pluie qui tombe alors renverse les -fleurs, elles 
enfonce dans la terare.) de manière qu^elles »e peuve«ft plm 
^e relever. Les griffes ne iKint fîas.penlites^ p«nr cela : on^oii 
les laisser mftrîr 4aBft la:terre. 

Les jardinîeni appellent 7ie»20fiai&^#DNt« ^ une irariété-tré»- 
double , et dont la couleur est pooeeau très^vif. Cette T^riété^ 
qu'il est |M>S8ible de '€<»sidérer>comme «ne espèce dont le 
type simple n'es! p^ connu dsa botÉnistes^ ainsi que les 
orangées , et plusieurs autres peu délicates ^ péui^nt^ 
dans les elijnats doux, être planléea «n avril /m mai , et 
^méme pendant toute Tannée , excepté un hivers Sil'm dé-> 
sire Av(Mr àoê fleurs en automne , on peut aussi plsaoter Jes 
aemi-douUesanmdis'de juillet. Mais il ^<aut îles (plaeer-d^M 
un endroit qui ne «ait pas trop exposé au-gratad soleil « ^ ne 
pas négliger ks arrosemens. -On dok observer que «ceagrifi^ 
aont perdues»; ainsi , il ne faut sacrifier que lesa^M^^oublea 
les plus commîmes. 

. JUe deSséobement entier desiiges et dés feuilles deTenon-- 
cule annonce qu^il est temps de relever iea griffes. Aprèsles 
avoir ôtées de terre , on les isépare^ onles neUoie; Je resèé 
des tiges est e<M^é trèstprès de r-œil,^^c des ciseaux t ^t 
on supprime les débris M f abeifinne griffe , qui occupent 
ordinairement son milieu daba la partie inférieure. Ensuite 
on met sécher ces griffes à Vombre y et, quandelleaontper^ 
du toute leur humidité su{^ei4«e , ;0n les serre dans un lieu 
sec sans être ohaud. Dans cet état , on peniles conserver pen^ 
èsifki plusieurs années très'^sainës et très bonnes à panier; 
Pourbien faire, il convient de les (laisser reposer p«ndai^ uti 
an. ou deux. £t si , pendant ^t intervaUe^y on pest.en faire 
des échanges avec un ami, cokirateur^ éloigné de» tpjieiquea 
lieues , e'cst-^-*dire , lui envoyer ses .griffes àr plant^r^ et 
recevoir les siennes , lé succès des Mes h:! des autres^ après 
leur replantatînn , seï*a plus iassuré. Le «^hangemëntfde terne 
et de climat empêehe ces^plantes de dégénérer; il *V-agit des 
belles espèces. Le perfectionement on la beauté des ^renoa-* 
cules tient enfin -à ce qu'elles areuvent , ^ani on > les re- 
plante / une 'ttrre nemse , doube et bien^iréparée. Voilà 
pourquoi Ou intervertit à leur égard Fordrc de àa nature ^ 
en les relevant chaque année. Si elles :éioient toujidynrs eulti* 
vées dans le môme soi, eli^s perdroientpar degiés leur 
forme et leurs couleurs , et retoucneroient insensiblentent à 
Tétàt sauvage. ^ 

Des semis. Si on ne muUip^ioit les renoncules que par lea 



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R E N i5J 

grtffes ,.ODin*anri>it |aaiAis qiiêfes4n2ites istriitès ; ipear s^en 

Ï récurer de notiTelies, il donc faut prendra ïefipani de semer; 
»e ebofx delta tgttaia«Fti'e9t fos 'mâiiïHxBMi Pour «.avoir Aine 
belle suite de renoiiiciileB.v'toiie 'laîé9e-|;naner xfoe des senii-A 
da«ide5^49niia fomevèl les; céulouts flattent bs espérances 
dti|fleticÎ5]ie. N^ajiant ^fmhkiiB éàevé ces ilan^s ide seinencesy 
je Yai& ToppoFter. la iliétboâe de seoik iadii[aée par SkO^ 
BÎer-: •• •• 

Quandda gcoiiœ'^^ft'^l ,»je8ttnà« et retntullie ., «on en (ail 
deiiK "iots :: le prander nçat seoié^tmit demiite^ etiesepmardvy 
au renouvellement ût ^ saison 4 rjtnuéeid^iafdrès. 

Pour le premier semis , on choisit de larges terrines qu^on 
remplît dé terreau passé da tamis ib crii^v onuséfond égile- 
Rttmlaigraiae par^desios f^eMMiiaai^^oimrè «ur ose ^ats^» 
seur de deux à itrois 'K^s ^aicee ilc «ntniQdPfearrcBEBi ^ et avec 
k «ecaunsidn ménie 'taMiis. Ces terniiea ètmûXÊàeak à être 
placées daÉK:un)lifearbilin^pé<, fraisait IMoi délia *plaiîee| 
du^soLelL fi>alfattJpar^d«BSii&lla^rrÂeaiki:^litMt de paille 
haobée très-^emie ^ 4[iuihai$e)Ie'Coup«de>rti&u:lovs des arro^ 
seœe^iia^îUejdeftiaecosmkrsdaÂl étreiperc^ide trous, très- 
fins , et fort éloignés les uns des autres. Plusieurs lleiutstea 
]^rf £èr«ii|^4WroMr Avec i^e j«(it)M^de^tHipUloo. Jiie .^rreau 
demande ifitré^atm fffais<^^lMt3 non |)9fi ivè$'»bwndei Lofs-" 
^^il^^éP^^^ ^ germé, oncominiie les .mèioes.soins , et 
à l'eçitrée de T hiver , on «porte les termes â^ns un lieu 014 
pénèirè la lumière du soleil , e^ où il ne^gèlefpoint. Au re- 
nouvellement de la saison , on lève les jeunes eriffés , et on 
les planté de nouveau dans un terreau bien enrichi, à la dis^ 
tance d'un pouce ou deux. L'exposition Ta pliis convenable 
pooreés plaiifé^ diliéat^ />e^ celle d« M^ell lev^aàt, et ja- 
mais celledu nord ni ducouébaDFt. I^e'second lot de graine 
qo^ion sèfKie'au retour delà tMîMe saison,âoilétr<étrakétsomme 
le pretliier^ et^eviet^t tfne resaeurcé ai^t<é« «i'i*ë «ptiÉmier 
semï^^^ti. ^Aj^ès^la ««conde année , lefs ^iC^ i^rAwnues 
da setnis , Oeui:4«sem , ét'leni»s'fletirs«onteâe0re-^ett^B*-mé- 
dfoci^^gmi^eur; t'est' à la troisième qiie lé Heuriéte lait son 
dioiitv^i» i^t^tte impii0y^^l«tn<ebt't^oute'i^lftKiA;eq^ 
aucun signe de perfection. Dict. d*Àgric, 

V oyez, . poèr lesoaXMns dés'uaviétés ide i remmaik» ^ les icata- 
logaeS'Hiue'les.flenrisilirs àoUandais distribacntebaque an^ 
née ; ce&nomâ cliàngentsoavcmiyils ae;s!appèM|nent:^fnais.ri- 
^ureos€tiieBtà.k mètak péante^dans des^èdôis'diniérens. (B.), 

BtËMONCULS; Kom d'une eoqMtlk ^ genre JGÔN£^ 
Conu^ raimneulus. (nBaM.) 

RENONCULE DBS BOIS. L'ânimoi^e dbs bois , 



"-^ 



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,5i R E N 

RENONCULE DE MONTAGNE. C'est k Tuoixi 
d'Europe, (desm.) . 

BENONCULIER. Le BIsrisie^a fleurs boubus, 
est ainsi appelé par quelques fardiniers. (b.) * 

BENOUÉË, Pofygonum, Linn. {Odandrie Uigpnê.^Geure 
de plantes appartenant à la famiUe des Polygonéss, et qoî 
présente pour caractères : un calice coloré , divisé profondé- 
ment en cinq parties ; point de corolle ; cinq à neuf étamiiles f 
deux ou trois pistils; et une seule semence nue, ordinaire- 
ment triangulaire y recouverte par le calice qui s'est resserré. 

Linnseus a réuni dans ce genre quatre genres de Tourne-* 

- fort, savoir : 

Le Sabhazin (Jagopyrum , Toum.) , qui a hutt-étasiines , 
trois pistils; les fleurs disposées en corymbe ou en panîeulei 
et les feuilles écfaancrées à Ja base ou en cœnr# 

La BiSTOfti% {hisUnia , Toum.), qui à neuf étaminesi tfoi» 
pistils, et le» fieurs réunies en un seul épi terminaL 

La Persicaire. (/9«mcaiÛ2 , Tourn. ) , dont le nombre des 
étamines varie, de .cinq à huit, celui des pistils de. deux à 
trois, et dont les fleurs sont azUlaîrea et terminades, pani- 
cnlées et en épis. 

La BEi«>0éE (j^otygpnum , Toum.) à feuilles indivises «I à 
fleurs axillaires, ayant huit étaornbes et trois pistils. 

Ces quatre genres, de Tournefort n'en faisant aujourd'hui 
qu'un , il se divise naturellement en quatre sections , qui ren- 
ferment près de cent espèces. . 

Dans la première section , comprenant les sarrazins ou 
blés noirs , on remarque : 

La Bëvouée ou le Blé i^oir de Tartarie, Pofyganum 
iataricuniy Linn., k tige droite, dépourvue d'épines et d'ai- 
guillons; à feuilles en cœur et sagittées; à fleurs en grappes; 
à semences munies de dents sur les, angles. >Ce blé noir 
croit en Asie,. en Lithnanie. On le ciilUve dans le Lyonnais. 

- Ses semences et son berbe sont nutritives. Il est annuel, et 
4onne moins de graines que le suivant ; mais il n'est pas 
comme lui sujet ^.la gelée , et la farine de sts semences est 
préférable. ' ' ■ 

La Beiyouée ou le Blé noir sarrâzin, Potfgonumfago- 
pyrum^ Linn., à tige hante de deux pieds, simple , inerme , 
cylindrique, rameuse ; à feuilles alternes, hastées en coeur , 
les inférieures placées sur de longs pétioles , les supérieures 
presque sessiles; à fleurs axillaires, disposées en bouquets 
au sommet des rameaux ; à semences plus longues que le 
calice, ayant trois côtés saillans et égaux, sans dents. Cette 
plante est anfnuelle : originaire d'Afrique , elle est devenue 



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R E N t55 

^apontané^.danstOQte VEmope. V. lemotSA&BiAZiK pcmr sa 
culture et ses usages économiques. 

. .lia RjËHpuÉE ou le Blé noir liseron, Pofygonum conooi- 
çidus 9 Lino. Sa tige est anguleuse et volu)^ ; elle rampe ou 
gcimpe. «Ses feuilles sont en coeur, triangulaires, lisses , sou- 
;yent rotoges ;; ses fleurs en grappes , axillaires , à anthères 
violettes. Cette espèce est d^£nrope , et annuelle comme les 
précédentes. Elle vient particulièrement dans les4>oissons , 
et SjC diatinffue à peine du liseron par les feuilles ; mais les 
feuilles du liseron soi^t lactescentes, et celles de la renouée 
liseron ne le sont pas. 

, La Rbnodee membrameuse ou Blé noir des haies, 
Pofygsmumdumeiorum , Linn., reniarquable par les folioles du 
calice rabattues sur les semences et formant trois ailes. Cette 
renouée a la tige à peine striée , point anguleuse , et les 
an^ères. blanches; elle ressemble d'ailleurs beaucoup à la 
pi^^cédente, est annuelle comme elle, et indigène d'Europe. 

<« Les semences de ces deux espèces, dit Gilibert , sont 
nutritives comme celles du sarrazin; elles peuvent aussi four- 
nir un très-bon fourrage ; il est surprenant que les écono- 
mistes ne se soient pas occupés de la culture de ces 'plantes, 
qui réussissent même dans les plus mauvais terrains. » 
Bémonstr. étém, de Botan, 

Dans la seconde section , comprenant les historiés , on ne 
trouve que deux espèces , qui sont : 

La Rekouée vivipare , Polygonum vmpanim , Linn. , à tige 
très-simple, ne portant qu^un épi. Elle croît en Daoemara:, 
en Suisse, en Dauphiné. Ses feuilles sont nerveuses et 
lancéolées, ses semences arrondies, et ses fleurs en épi; 
les fleurs supérieures de Tépi sont blanches et stériles ; les 
inférieures se changent en bulbes pourpres qui sont souvent 
vivipares , ou qui , détachés , reproduisent respèce. 

Les habitans de la Sibérie occidentale mangent les ra- 
cines de cette plante, qu'ils vont enlever aux SIarmottes 
qui en remplissent leurs terriers pour s^en nourrir pendant 
1 hiver. - 

La Renou^e bistorte, Polygonum hisioHa^ Idian. y ai vcêl 
caractère sjpécifique remarquable 9 d'où lui vient 8<^ nom ; 
sa racine est ligneuse, torse ou deux outrois fois contournée. 
C'est une plante vivace , à tige élevée de deux pieds , lisse , 
cylindrique, noueijise, très-simple et ne portant qu'un seul 
épi de fleurs, lequel est ovale et rougeâtre. Ses feuilles sont 
alternes , ovales, prolongées à leur base en pétioles; les 
supérieures sessiîes et amplexicaules. 
i. Geuç. plante croit naturellement dans les Alpes et le 



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i56 R E N 

J)^miibîi»é.; tooBles bestUtax la mati^eiit, e»ïepté les ^diev 
vaux. 

Dans la troisième secUom de ce genre, ^î eonUeftl les 
persicaires , on pqjBrt.cîter : ' 

La Benouéë ou PERSiCAfiiE ^àSiPBiBK, IkUygonum^ampki'' 
hi\im^ Lrinn., ainsi. nuiuBée^acce ^'^ecrott sur la terre et 
dans leau. £Ue a oiffiq étamines , un pistil fendu en deux, 
des fleurs d'un ronge foncé, formant un épi ordie ,^et des 
feuillets lancéolée .et ciliées. Hors* des eaux, sa tige est 
droite ; dans les eaux , ses feuUles 6ottetti. £ile se troure 
dans presque tous les éVangs et rivièves, et fleurit de jain 
en septembre. Les chèvres , les moutons , les xhevaux et 
les louchons mangent cette plaaie ; hmhs les vacWs ii'en 
veulent pas. Sa racine esti^comauaidëetooiiime maturative 
et dépuratîre. ..... 

La Ili£«oUB£ POIVRÉE OU Pbrsu:air£ ac«e, Pùlygonum 
. h^dffipipery Linn. , appelée aussi le flMrt ^eau , îa 'turage , i^ 
.persicaire brâkinie., le pimenl JuiUçrUf ^taus noms.^i indiquent 
ses qualités. £lle est en effet exirèmemant.âcre etJbr<!lUnie 
au goût; aussi les bestiaux évitent-ils celte planU , ^u'on 
trouve sur le bord des fossés , dans les terrains mairéc^eux 
et le long des chemins. On la recqnnoiuii ses tiges, hautes 
quelquefois de deux pieds, fermes, lisses, rondes , npueoses 
et rameuses; k ses feuilles alterxws et lancéolées ^ à sas 
stipules tronquées , nerveuses , et dont les nervures se 
terminent par des poils ; à ses fleurs rouges ou blanches, 
disposées en longs épis penchés; enfin à ses étamines, qui 
-sont' au nombre de six, et accompagnées d'un pistil bifide. 
Xa renouée poivrée est annuelle , et fleurit en juillet et août. 
On remploie quelquefois en médecine; elle est délersive 
et résoiiitive,,et passe pour un excellent diurétique; extérieu- 
rement, sa décoction .et son suc détergent puissamment les 
ulcères putrides , et lès ramènent proniptement k l'ctat de 
plaies: r^eiEites. Cette plante teint la bine en jaune. S^ se- 
mence peut, au<bes4^ny suppléer le poivre. 

La Renoues du Pin^fCAiRE 'DOUCE, Paiygonum pêrsùaria^ 
Linn. , plante annuelle qui Croit dans les fossés et terrains 
^Mmidcs, a des fle«rs rouges et fleurit à la même époque 
;qtie la précédente^ Ses tiges sont hauteâ d'un pu^^ rondes, 
.crenses, reugéâires, noueuses, rameuses; ^es feuilles al- 
ternes, ilatticédlées, péfîcTlées; ses stipule^ garnies de cils 
entourant la iige.; ses fleurs axillaires, disposées en épis 
ovales et oblongs ; chaque fleur a six et aminés et deux pistils. 
:Les vaches et les cochons rejettent cette plante; les autres 
animaux la mangent. Elle donne un jaune rougeâtre, propre 
à la teinture des #ap3^ §a graioe peut j^crvir M notu*ritur# 



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R E N iSy 

aux oiseaux* li y afroîstariétâ Se dite perMcaire, la 
petites la maculée et la blanche. 

La Renouée du teikto&iér, Pofygonum Umctorium^ Lour. ^ 
diffère de la précédente par ses feuilles, encoea* et ses épis 
plus grêles. Elle crett dans le sud-est de TÀsU. Les Chinois 
s'en serrent pour teindre en bleu. 

La Renouée ou Persicaire orientale ^ Pofygonum orien^ 
iaie^ Linn. , vulgairement la grande p^catreiu LeoùtU i très- 
belle plante annuelle et d'ornement, qui s'élève à la hauteur 
de six à huit pieds, quand le terrain lui convient. Elle a 
une tige droite ^ des feuilles larges et ovales , des stipules 
hérissées et des Oeurs en grappe d'un très-beau rouge , à sept 
étamines et à deux styles , quelquefois à cinq ou six étamines. 
Celte plante est originaire des Indes, et cultivée dans tous 
les jtfrdinà. Elle fleurit en septembre , et demande une 
bonne terre et à être arrosée souvent Four qu'elle réussisse 
mieux, il faut b tratispiaûfer jetrtre, qrfand elle a trois où 
quatre pouces. &a setnence l(rit être mise dans une terre^ 
garnie de terreau et bien âmeûbliev Cette plante se sème 
sdnvenC 4'elle-mé«i«. 

Dans la quatrième section^ où se trouvent les renouéês 
propreittent dkeé^ l-^spèee la plijtt refïùàrquable et la plu* 
cornmtme est : 

La Renouée v6.%m^^ystyPùfygomm mricûlareflim. EUd 
est ânimelle \ a des>{leur9blaiickrs> ll«uril en |uMet et. août. 
^Ue croît partout ,. sur lo^ grands ehtmln^, au bord àt% ri- 
vière», jusque sw les chiMMaes. Oa la tp««vë abondamment 
aux enviross de Paris, où elle porte une foule de noms 
vulgaire». Ou l'appelle la tmtnasié, la tai^mJre, la centi- 
node, la faussé! cenille, la rtnue, la langue de passereau , V herbe 
des ^«/ii<s-l«/^ocert*.Elte.tarii8b)eattcoUp par la grandeur des 
tiges ou des feuilles , suivant les li^uxoèeUe crot! ; sa racine 
est longue, ligoeusie^ lorCueuse et rampante; sa tige heAaWée, 
gré le, lisse, noueuse et coudiée ; ses feuilles sont alternes, 
lancéolées et plus ou m'oins longue»^ étroites oo obf ondes , 
suivant les variélé&; ses fleura, quelqvefais parparinesf, nais- 
sent aux aisselles de3 fouîUeii.' 

Tous les bestiaux wingent caile herbe v elle nuit pourfani 
aux pâturages , j^arce <n*'eJle y occape trop de place. Sa 

5 raine est nutriàc^v. swtout mêléa av^ec celle du sarrazûi. 
ïlle plaît aux oisê^w^ » q,«i ^'^^ nourrissent en hivçr. O^. 
trouve sur ses «figes une espèce de Keruss^ qu'on powrpit 
employer pour la teinture. Elle passe pour vulnéraire et 
astringente. , , .. 

La Renouée veïvnai.e constitue le sous-genre Diocte dc^ 
Kafinesque. (d.) • 



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i58 R E N 

KENOUÉE ARGENTÉE. C^t rïLLÉcÈBBiE en tête; 

(B.) 

RENOUELLE. Synonvme A^Eriogone. (b.) 
RENOUILLE. Foycz GRENouiLLE. (desm.) 
RENTRÉE (^péneHe). C'est le moment où le gibier 

rentre le matin dans le bois : on se tient à Taffùt paur le 

tirer à la rentrée, (s.) 

REONV r.RHA. (LN.) 

RÊOPHAGE, Heophax. Genre de Coquilles établi par 
Denys-de-Moûtrort. Ses caractères sont : coquille libre > 
nnivalve, cloisonnée, droite, sinuée, offrant plusieurs étran- 
glemens , les intervalles augmentant de volume avec Tâge ; 
ouverture terminale , arrondie ; siphon central. 

La singulière espèce qui sert de. type à ce genre » et qu'on 
peut fort justement comparer à une queue, de sconfion , se 
trouve dans lamer adriatique, et est jGguréié par Soldani , 
pi. i6a, K. Sa longueur ne suiyasse p^ une demi-ligne, (b.). 

RÉOPHAX. r. RÉOJPHAOE. (DESM .) 

REPAIRE (vénerie}. L'on noomie ainsi les, crottins de 
Lièvre, (desm,) 

REPAREE. On donne ce nom Ji la !3btte poi&ée. (p.) 

RËPENELLE, Chasse. C'est un piège à ressort, arec 
lequel on prend 1(}& oisillons. On Tappelie aussi raquette , 
repuce, sauterelle , rejet , polantp V. la description de ce piège 
à l'article du Meule , proprement dit. (v.) 

REPETIT. L'un des noms lanrguedociens du Roitelet; 

(desm.) 

REPONCE ou RAIPONCE. Espèce de Campanule. 
, (b.) 

REPOSEE (vénerie.) Endroit où les bétes fauves se re- 
posent pendant le iour. (s.) 
. REPOUNCHÔU. C'est la Raipoîsce daiis le Midi. 

/ (DESM.) 

. REPRISE. V. au mot Obpin. (b.) 

REPRODUCTION : se dit souvent comme synonyme 
àe génération ; car les êtres produits devant périr un jour , il 
étoit nécessaire qu'ils se reproduisissent, qu'ils eussent des 
sexes , des organes capables de renouveler les individus qui 
s'éteignent. Le nombre des individus reproduits coïncide 
avec leur petitetaillé , et ici nous découvrons une des causes 
qui font que certaines espèces et races sont toujours plus 
petites que d'autres congénères. 

Si la lionne , par exemple , ne met bas , à chaque portée ,' 
que deux à quatre petits, et que la chatte en fasse jusqu'à 
bttit ou dix , il s'ensuivra que les chats devront être moins 



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R E P iSg 

Tolumineax ^ en leur taillé , que les lions. Voilà pourquoi leg' 
'gros animaux, comme les baleines , les ëlëphansy les rhi-^ 
noc^ros , où même les chameaux , les bceufs , etc. ^ sont uni- 
pares , tandis que toute la menue population de souris, 4e 
rats , de cochons d'Inde , etc. , qui pullule étonnamment k 
chaque portée , doit rester de petite taille. Si Ton rendoit 
multipares les gros animaux , leurs fœtus , moins nourris , ne 
pourvoient plus acquérir ces dimensions monstrueuses qui 
nous surprennent ; et si la souris ne faisoit plus chaque fois 
qu^un petit , celui^ri, héritant de toute la nourriture du sein 
maternel , se déploieroit ayec plus de procérité. Ainsi la 
nature pourroitreconstituer de grandes espèces, en diminuant 
le nonmre de ses produ)ttions , comme elle peut faire Tin- 
Terse. Au total , on doit donc établir que , parmi les êtres 
créés» lés races les plus féconHes sont les plus petites par 
cela même ; les insectes en offrent la preure. 

SU y a quelques exceptions , si la truie , quoique volami- 
neuse , par exemple, est plus^ féconde que beaucoup d^ani- 
maux plus petits ^'elle, il faut observer que la constitution 
du cochon est très-lâche et molle , ou extensible , ce qui fait 
qu'elle se prête sans peine à l'accroissement ; car cet 
animal est d'ailleurs aussi vorace quegourmand. Tous les 
animaux mous et aquatiques s(ont, de même , dans le cas 
de croître énormément. Des poissons parviennent , de la 
plus petite taille , à des dimensions extraordinaires , et les 
plus gros animau»du globe , comme les plus féconds de tous, 
viennent àe» eaux. V. GÉKÉaATioii (vieey.) 

REPRODUCTION. C'est, dans les plantes, le renou- 
vellement des mêmes ei^èces, lequel a lieu de plusieurs 
manières, par' les Semences, les Boutures, les Mar- 
cottes , les Drageons , la Greffe , etc. V. ces mots et les 
articles arbre et Végétaux, (d.) 

REPTANTIA. lUiger , Proifr-. Mam. et Ai;.^ donne ce 
nom à un ordre et à une famille de mammifères , qaî cor- 
respondent exactement à notre ordre des Monotrèmes , et 
qui renferment de plus, sous le nom de Pamphractus , une 
tortue de l'Inde , mal observ.ée par Bontîus. <desm.) 

REPTILES, 1U/i<i/mï, ip'xtù. Les naturalistes sont con- 
venus d'imposer ce nom aux animaux powvus d'un squelette , 
d'un sang rouge ^frmd^ de deux systèmes nerveux ^ le cérébral et h 
* sympathique j qui se traînent plutôt qu'ils ne marchent, et dont 
quelques espèces ^bitent aussi les lieax aquatiques. Ces 
animaux sont les quadrupèdes ovipares et les sérpeos..Le 
nom de reptiles convient également aux'prèmîers ; bien qu'ils 
aient des pieds, parce qu'us s'en aident moins pour marcher 



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»6a REP 

que pour ramper 9 «et que Ittut centra tdaclte presque foujonrA. 
à terre ; témoJQiUs.tortueft ^ Uft Jéj^rardft,. ka gr.eQouUUa r le» 
crapauds et Ics aahiniaBdresi. ^* c^ Ht)îfi éeimiers gesres 
vîveol aussi dlaos ITeau et y nf^tm facileflKoèy tb viv^ut fort 
bien sur la terre ; c^est ce qui. les a fàîl conaidéref ^ par quel* 
quesnaturaKsles, cominre de i!érii#Ues amphibies» Cepen- 
dant si Ton considère que* pour état antpbtbîei û laiM 
p<Nivoir éga&ement lespiret soBrJ'eAH ecMinni-e: tfs.poiaSjQQs,» 
et sur la terre de même que Fbomnie « oq refionn^ftra qu^l 
n'y a poîol; dé véritable aaspUbie parttû cie» aflimauic^ excepté 
peut-être le» sirènes et les probes « qiii ^«i des p«Mmiooft 
dans la poitrine , el de^ braodbieft cMiérienrea* Si* les gre-» 
nouilles, les crapauds et les aalavftàadfles sont à L'état dé 
têtard dans leur jieime iige , et s'ila sont MunrM de br^nebies 
qui respirent de Tean (F. kss arlîcleft PwsiQVi». e^Aw^Oh- 
bie.)y ils ne peuvent pas rinre twcs de Teaii è» cet état; car 
lorsque ces. têtards sont dérenos. àes animai»; pdafaît», leors 
branchies dîspacoisaeni;^ et ils font usage àa pounions'; de 
sorte, qu'ii» sont alors oUîgéft de respirer de rair>et qu'ik 
pérîrotent safEbqnéSt sous Feau.^ s^ila éieient eUigés de s'y 
tenir submergés pendant trop Inng^-tenaps. 

§ I. De la natare dès reptiles tt de leur conàtiiiilwn. 

Jadis la mythologie arma ie dieu du jour, ApoHèn, de ses 

flèches, pourperùer Féûorm'e Pylfcon sorir du Hrrion terrestre 

après le dëhige ; jadis Hercule étouffa lliorribie Achéloâs , 

malgré ses tortueux replis ; ]adis des dragons furieux gar-^ 

dèrent le jardin des Hespéridesr et la toison d'en*; Petisée, 

secouant la tête sanglame de Méduse ^ sema lé» s^ehà de 

sa chevelure sai^ Taiide Lib^e; fes atroces G^M'gponea^ les 

infernales Euin/énides t la: Discorde el TËtivie. armées de 

couleuwes, époutaoloieat lesbamàina, les pétdnoient d^iior* 

reur. Les amis de la nature ^ aufound^boî vainqaenrs dé tant 

de monstres i nouveam^ Cadmus,, empru|i|apjt \e caducée 

pacifique dç Mercure, s^avancent sans crainte au miUeu de ces 

races ennemies^ Us dénomjbreiU , les clasâ^en^t, )e^.éjtadîent, 

et, couverts 4é Té^^e de la science , se garantissent de leurs 

atteintes. Us ne voient plus dans les reptiles qûcdes créatures 

»rmes, curieuses parles co^leu^s variées 

merveilleuses par lés métamorphoses 

, par' les mœurs bîîafres de presque 

à peine un sixièiAe d^individus veni^ 

e emière i plusie^i^4 dTentre ces espèces* 

is iaink et abondan's , déâ médicament 

es utiles dans les arts; Ton à su.apprî- 

Ile, et Ton volt de jeûnes Maures se faire 

f y sur leur dos : tant il est vrai que la 



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R E P i6i 

iup^riorité et la dommation de l'homme se font sentir sur 
tous les êtres ; qu'il sait tirer, même àes plus ignobles ou 
des plus odieuty soit douilles secours dans son existence , soit 
de nouvelles pensée3f>our agrandir son intelligence : heureux 

Îrlvilëges , dons précieux de la nature > qui dbît nous enno- 
llr À nos propres regards, et nous montrer toute la dignité 
de notre destinée sur la terre. 

Les reptiles ne peuvent déjà plus se rattacher, comme les 
oiseaux 9 à cette classe supérieure qui forme Télite du règne 
animal , aux quadrupèdes vivipares , bien que la plupart; 
aient quatre pattes comme ceux-ci. C'est plutôt avec les 
oiseaux et les poissons que les reptiles semblent contracter 
cne alliance de mœursou d'habitudes. Ce^ deux classes se res- 
semblent à plusieurs égards par l'oi^anisalion in^rne , et 
même par des formes extérieures en diverses espèces. 

Les animaux vertébrés il sang froid composent presque un 
autre monde , en effet , qi|i conserve bien avec nous encore 
quelques traits d'analogie pour la charpente osseuse, par une 
disposition générale du cerveau , des sens et des principaux 
viscères ; mais le cœur, chez les reptiles et les poissons, 
n^a plus qu'un ventricule ou une cavité. Les poumons vési- 
culeux des premiers, au lieu de recevoir tout le sang^pour 
rimprégner d'air vital , comme chez les mammifères et les 
oiseaux , ne reçoivent qu'un petit âlet de sang veineux ; il 
s'y oxygiène foiblement , car les reptiles respirent très^ente- 
ment par te viscère pulmonaire d'un tissu lâche. Il en résulte 
que ce sang peu échauffé , peu vivifié par la combinaison 
avec Pair vi4al, n'excite plus l'organisaiion que languissam^ 
ment. Aussi , les reptiles sont-^ils presque froids aâ toucher^ 
comme les corps inanimés; aussi , recherchent-ils la chaleur 
de l'atmosphère ou du sôieil ; aussi le froid des hivers les 
engourdit-il ; enfin ces^êtres végètent et ne paroissenl presque 
pas s^aperccvoîr qu'on les blesse , qu'on les taille en 
pièces : à peine s'ils s'en plaignent; leur organisation répare 
an contraire soit la queue , soit les doigts qu'on leur au- 
roit retranchés. Comme ces animaux ont très-peu de cer^ 
yelle , à proportion de leur taille , un cerveau composé de 
six petits tubercules (V. NfiaFs et Cerveau) , leur existence 
n'est pas aussi absolument concentrée ou ramassée que la 
nôtre, dans leur tête ; elle semble plutôt tenir à leur moelle 
éoinière,et être plus disséminée généralement dans leur corps. 
hn effet, on a enlevé le cerveau d'une tortue, qui n'en a 
pas moins vécu dix-huit jours, marchant encore, quoiqu'en 
tâtonnant , car ses yeux se sont fermés et ont cessé de voir 
à cause que les nerfs optiques étoient coupés.Mous atons vu 
«ne salamandre , virant depuis plusieurs mois, quoique déca^^ 

XXÎX. II 



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iG2 R E N 

p'itée, au moyen d'une ligature serrée du cou. Les gi^enonîllef 
sans tête s'agitent plusieurs, jours encore après cette décapi- 
tation. Le cœur d'une vipère arraché peut battre ou se 
contracter, lorsqu'on le pique ^ jusqu'à quarante heures. Ces 
animaux n'ont donc pas une vie aussi centralisée que celle 
d'un quadrupède, d'un oiseau, qui périssent presque sur-le- 
champ par ces amputations. L'irritabilité si persistante chez 
les grenouilles, les serpens coupés par tronçons, rend ces 
animaux très-propres aux expériences galvaniques , ou aux 
contractions excitées par l'électricité; de là vient que celle-ci 
exerce sur eux une vive influence ; aussi les reptiles sont-ils 
trèé-sensibles aux orages et à l'état électrique de l'atmosphère, 
dont ils pressentent les cbangemens , comme font les rai- 
nettes, ^s autres grenouilles coassantes, etc. 

Mais en vivant principalement par leurs membres , pour 
ainsi parler, les reptiles vivent peu par le cerveau ; ils sont 
dépourvus d'intelligence , on ne peut leur apprendre pres- 
que rien en les apprivoisant. 

Le système de la respiration chez les reptiles , est le prin- 
cipal caractère qui les sépare de ^ous les autres animaux, et 
qui influe sur toutes les parties de leur organisation. Il y a 
dans les corps oicganîsés certains modes généraux de contor- 
mation qui entraînent une foule de conformations particu- 
lières. Par exemple, l'animal dont l'estomac est formé pour 
digérer la chair, doit être pourvu de dents propres à la 
déchirer y de muscles robustes pour vaincre sa proie , de 
membres agiles pour l'atteindre, de sens délicats pour l'aper- 
cevoir et la deviner au loin, etc. De même les organes exté- 
rieurs de chaque être sont tous relatifs aux besoins des organes 
intérieurs. On doit donc remonter à ces derniers , pour con- • 
noître la cause qui détermine la forme des parties extérieures. 

De plus y il est.dans chaque classe d'animaux et de plantes , 
•des parties qui donnent , pour ainsi dire , le branle à toute 
la machine organisée, et des organes qui prennent un ascen- 
dant sur les autres organes, à cause de l'étendue et de 
l'énergie de leurs fonctions. Ainsi , chez les oiseaux , l'ap- 

{pareil pulmonaire a la primauté d'action ; chez l'homme, c'est 
e système nerveux et le cerveau; chez les carnivores , c'est 
lé système musculaire , parce que ces organes sont plus dé- 
veloppés et plus actifs que tous les autres. Dans les reptiles et 
les poissons , c'est la contraction musculaire ^ui retient cette 
contractilité ; c'est ce qu'on remarque même encore après 
leur mort, car Picritabilité lui survit pendant quelque temps. 
Or, s'il est essentiel de reconnoître les organes domina- 
teurs , il est important d'étudier les organes folbles et pea 
actifs, parce qu'ils produiseat des effets inverses des pre-: 



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R E ÎP tU 

mlets dans Téconnihle vivante 4 àe sotie que la eonnjDÎssance 
des uns fait nécessaireiaeot déterminer les autres , et que la 
foibiesse influe aussi bien que la force sur l'ensemble rivant. 
£n efleit c'est à cet «tat d'imperfection dans l'appareil 
respiratoire , qu'il faut rapporter toute la constitution des 
reptiles. 

Ces animaux respirent tous de l'air, puisqu'ils ont un 
poumon ; mais il est vésiculeux , et les vaisseaux sanguins 
qin y abordent ne sont que des branches de la veine cave et 
de 1 aorte, de manière qu'ils n'y forment point un système 
considérable , qu'ils n'y apportent qu'une petite quantité de 
sang, et non pas une masse de. ce fluide presque égale à celle 
du reste du corps, comme dans les animaux à sang chaud. 
C'est par cette même raison que le cœur des repliles n'a 
qu^un seul ventricule, qui suffit pour faire circuler leur sang 
indépendamment de leur respiration. Celle-ci peut demeurer 
suspendue pendant quelque temps , sans interrompre le cours 
de la vie et la circulation des humeurs ; connue on le voit 
chez les grenouilles, les salamandres et les tortues marines 
qui plongent sous les eaux ou s'enfoiicent dans la vase pen- 
dant des journées entières. Plus l'atmosphère est froide , 
plus c^s animaux peuvent subsister longuement sous les 
eaux , sans avoir besoin d'y respirer l'air et sans périr, car ils 
sont alors à demi-engourdis ; mais dans les temps chauds , 
ils ant plus besoin de respirer l'air*, et jouissent d'une vie 
plus active^ 

Par la raison que la respiration est imparfaite dans les 
reptiles , Tair vital se combine en petite quantité avec leur 
sang, et y dégage très-peu de chaleur, parce que celle-ci esir 
presque toujours proportionnelle à l'étendue de la fonction 
respiratoire. Aussi les reptiles sont tous froids, et la tempé- 
rature de leur sang surpasse à peine de quelques degrés celle 
de l'atmosphère , tandis que les oiseaux qui respirent beau- 
coup sont très-chauds et presque brûlans. 

Si les reptiles sont naturellement froids , la rigueur de 
l'hiver doit avoir une vive influence sur eux ; aussi tous 
i^'engonrdissent-ils pendant la mauvaise saison , et ne s'é- 
veillent-ils qu'à la douce chaleur du printemps. Dans cet 
état de torpeur ils sont immobiles et presque gelés ; leur 
sang circule très-leniement ; leur sensibilité et leur vie sont 
suspendues; ils demeurent plongés dans un profond som- 
meil ; ils ne perdent presque rien par la transpiration , 
parce qu'ils sont recouverts d'une peau épaisse , coriace et 
peu perméable. ê^ 

C est même à cause de cette froideur naturelle des rep- 
tiles, qu'on doit attribuer leur disparition presque totale de^ 



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i64 R E P 

contrée;^ polaires et très-froides, tandis qu^ils sont très^' 
moltipliés entre les climats ardens des tropiques , où la cha*- 
letir de la terre supplée au défaut de leur respiration. 

Cette ■ foîblesse de la respiration offre encore un résultat 
remarquable dans les reptiles ; tomme elle cause une sorte 
de stagnation dans la vie de ces animaux, une lenteur et une 
insensibilité continuelles, il s^ ensuit que cette vie doit s'user 
moins promptement ; car nous voyons que , pour l'ordinaire ^ 
moins elle est active,plus elle est longue, à moins que des ma« 
ladies et des accidens imprévus ne viennent en trancher le fil 
et en abréger le cours. Nous avons tous une somme déter* 
minée d'existence, que nous pouvons dépenser plus ou moins 

S promptement. (F. l'article Vie.) Le reptile , qui vit peu k la 
bis , qui s'engourdit une partie de l'année , doit exister 
long-temps. C'est aussi ce qu'on a observé. On dit même 
que le crocodile croit pendant presque toute sa vie , ce qui 
est une marque certaine de longévité , car on est jeune pen- 
dant tout le Aemps qu'on prend de l'accroissement , et l'on 
ne vieillit que lorsqu on ne peut plus s'accroître. Le serpent 
fut, chez les Egyptiens , les Grecs et les Mexicains, rem- 
blême de l'éternité , ou du temps , à cause de sa longue vie. 
11 semble même se rajeunir chaque année en se dépouillant 
de son ancienne peau, ainsi que la terre qui se dépouille en 
hiver de sa parure fiétrie, pour se revêtir d'une verdure 
plus éclatante au printemps. Si les reptiles n'étoient pas 
aussi exposés à être détruits par leurs ennemis à cause de 
leur démarche lente et de leur défaut de moyens de défense, 
ils 4eviendroient trop nombreux , puisqu'ils meurent tard et 
sont fort féconds. 

Les reptiles sont doués d'ime singulière propriété ; c'est 
celle de reproduire leurspattes , leurs queues , etc. , lors- 
qu'elles sont détruites. Ce fait démontre principalement 
dans les salamandres et les lézards , et étoit déjà connu du 
temps d'Aristote. Mais les reptiles sont aussi très-remarqua- 
bles par l'extrême ténacité de leur vie ; car leur irritabilité 
subsiste encore long-temps après leur mort. 

Cette foiblesse de la respiration diminue l'activité du sys« 
tème nourricier chez les reptiles, parce que l'une est toujours 
/en rapport avec l'autre. Aussi ces animaux mangent peu et 
digèrent lentement. Il paroit même que le venin des serpens, 
qui corrompt et putréfie si promptement les chairs des ani- 
maux qui en sont atteints , est , pour ces reptiles , une sorte 
de supplément à leurs forces digestives , qui sont peu acti- 
ves. Ce venin est à leur^roie , ce que la cuisson est à nos 
alimens ; car de même que nous digérerions difficilement la 
chair crue , les serpens venimeux auroient peine à dissoudre 



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R E P i65 

kor proie cliitis leur estomac, sans Taction du venîn dont ils 
l'ont empreinte. 

Puisque les reptiles mangent peu , leur accroissement doit 
encore être fort lent par cette seconde raison , et leur vie 
très-longue. De même , leurs sens doivent avoir peu d'acti- 
vité. Aussi ces animaux paroissent , en général, fort peu sen- 
sibles, lueurs organes de sensation ne sont presque pas dé- 
veloppés; leur toucher est très- obtus à cause de la densité et 
de la dureté de leur peau , leur goût paroît être peu étendu , 
parce que leur langue est, ou cartilagineuse, où enduite 
d'une humeur visqueuse et épaisse. La petitesse des organes 
de leur odorat accuse la foiblesse de ce sens. L'ouïe semble 
être moins imparfaite , bien qu'elle manque de plusieurs par* 
ties utiles , telles'qne le limaçon, la conque et le canal ex- 
térieur. Leur tympan est même couvert, pour Tordiiiaire , 
de peau , d'écailks ou de mascles. La vue est le sens lé plus 
parfait des reptiles; ils ont, pour la plupart, des feux fort 
grands, une prunelle contractile comme celle àes chats, sur- 
tout dans les geckos qui paroissent voir clair de nuit , et une 
mçmbrane clignotante de même que les biseaux; ce qui in- 
drque une grande sensibilité dans cet organe , chez ces deux 
classes d'animaux, et le besoin qu'ils ont de modérer l'éclat 
trop éblouissant de la lumière. Cependant la cécilie^ espèce 
de serpent qui se rapproche des batraciens, n'a que des yeux 
excessivement. petits et cachés sous la peau. Au reste, le cer- 
veau des reptiles est fort petit, et quoique la cavité de leur 
crâne soit étroite , il ne la remplit pas entièrement. 

§ II. Des lieux €t de t habitation naturelle des reptiles. 

Quoique nos terrains ombrages et humides , la vase de 
nos marais, nourrissent la plupart de ces reptiles de nos 
climats', il faut étudier cette classe d'êtres dans leur empire 
naturel , dans ces fangeuses demeures , où tout concourt à 
leur développement et à leur multiplication sous des climats 
ardCns. Nous emprunterons ici un nrorceau brillant d'élo- 
quence , mais peu connu , tiré de l'histoire du kamichî, oi- 
seau des Savaûes de la Guyane , par Buffon. 

« Nous avons ci-devant peint , dit-il , les déserts arides 
de l'Arabie Pétrée , ces solitudes nues où l'homme n'a ja- 
mais respiré sous l'ombrage ; où la terre , sans verdure , n'of- 
fre aucune subsistance aux animaux , aux oiseaux , aux insec- 
tes ; où tout paroît mort, parce que rien ne peut naître , et 
que l'élément nécessaire au développement des germes de 
tout être vivant ou végétant , loin d'arroser la terre par des 
raisseaux d'eau vive , ou de la pénétrer par des pluies fécon- 
des y ne peut même L'humecter d'une simple rosée» Oppo^ 



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,66 R E P 

$0DS ce tableau de sécheresse absolue» dans une terre trop 
ancienne , à celui des vastes plaines de fange des Savanes 
noyées du nouveau continent; nous y verrons par excès ce 
que i^autre n^o£froit que par défiant. Des fleuves, d'une lar^ 
geur immense, tels que. T Amazone , la Plata, rOrénoque^ 
roulant à grands flots leurs vagues écumantes , et se déborr 
dant en toute liberté , semblent menacer la terre d'un enva- 
hissement , et faire effort pour l'occuper toute entière. Des 
eaux stagnantes et répandues près et loin de leurs cours , 
couvrent le limon vaseux qu'elles ont déposé ; et ces vas- 
tes marécages*; exhalant leurs vapeurs en brouillards féti- 
des , communiqueroient k l'air Tinfection de la terre , si 
bientôt elles ne retomboient en pluies pr^c^itées par les 
orages ou dispersées par les vents. £t ces plages , alternati- 
vement sèches et noyées , où la terr^ et l'eau semblent se 
disputer des possessions illimitées; et ces brossailles de 
mangles , jetées sur les confins indécis de ces deux éléniens , 
ne sont peuplées que d'animaux immondes qui pullulent 
dans ces repaires , cloaque de la nature, où tout retrace i'i- 
mage des déjections monstrueuses de l'antique limon. Les 
énormes serpens tracent de larges sillons sur cette terre; 
bourbeuse ; les crocodiles , les crapauds , les lézards et mille 
autres reptiles i larges pattes en pétrissent la fange ; des 
millions d'insectes, enflés par la chaleur humide, en s^a- 
lèvent la vase ; et touj^ ce peuple impur , ramjpnt sur le lir 
mon, Qu bourdonnant dans l'air qu'il ol)SCurcit encore, et 
toute ce^te vermine , dont fourn^ille la terre , attire de nom- 
breuses cohortes d*oiseaux ravisseurs , dont les cris confus , 
multipliés et mêlés aux coassemens des reptiles, en troublant 
le silence de ces affreux déserts , semblent ajouter la crabite 
à l'horreur , pour en écarter l'homme et en interdire l'en- 
trée au]^ autres êtres sensibles ; terres d'ailleurs impratica- 
bles, encore informes , et qui ne serviroient qu'à lui rapp.eler 
Vidée de ces temps voisins du premier chaos> où les élémens 
n'étoient pas séparés, où la terre et l'eau ne faisoient qq^'une 
masse commune, et où les espèces vivant^es n'avoient pas en- 
core trouvé leur place dans les différensi districts de la na- 
ture, n 

C'est en effet, entre ces nénuphars, ces herhes plongées 
dans la vase , sous ces joncs bourbeux , ces feuillages aquati- 
ques, ces tiges parasites , que se cachent ces crocodiles ail— 
ligators ou caïmans, la gueule ouverte , avec leurs quatre- 
vingts dents crochues » avec leur dos cuirassé d'écaïUes bru,- 
nâtres* C'est dans ces impurs marécages que s'enfouissent 
les tortues , que des serpens s'entre- dévorent, que de larges 
^\ hideuj; crapauds , couverts de livides pustules , coasjsent ^^ 



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R E P 167 

âërobent au joDr lears odieuses amours, ou composent leura 
Tenins d'herbes acres et viréuses , d'insectes empoisonnés ^ 
dont ils se nourrissent. Il est pénible , sans doute , d'arrêter 
sa pensée sur ces images; mais des merveilles étranges. sont 
ensevelies dans cette fange et'sous la pourriture même dé ce 
limon, où fermentent, éclosent, se multiplient ces effroya-* 
bie3 légions d'amphibies y de salamandres , de têtards , etc. » 
avec les vermisseaux et les ii^ectes qui en soulèvent les imr- 
mondices , qui en sillonnent la surlace ou en cireusent leai 
noires profondeurs. 

En effet , le reptile , jeté par la nature dans ce domaine 
intermédiaire des eaux et de la terre, et pour ainsi dire dans 
le champ de combat de ces deux Siemens , le reptile ne serar 
ni quadrupède parfait comme le mammifère qui habite un 
coDtiDent solide , ni un vrai poisson , comme les peuples 
nombreux des mers. Ce sera un être mi-parti, une de ces. 
pVoductions ambiguës ou de ces créatures amphibies , qui 
paroîira tantôt quadrupède et tantôt poisson, et qu'on a 
comparée à ces caméléons politiques , criant tour à tour, se- 
lon leurs intérêts , vwe le roi , vwe la ligue , êtres également 
méprisés de tous les partis , hideux égoïstes, qui se roulent 
dans la fange àes révolutions , battent l'eau pour y atteindre 
plus sûrement leur proie et distiller le poison de leurs ca-- 
lomnies sur tout ce qui s'oppose à leurs exécrables des.- 
seins. 

Et cette inconstance du milieu que les reptiles fréquen- 
tent, est la cause de la bizarre variété de leurs figures et de 
leurs mœurs extraordinaires. Il a fallu qu'ils se façonnassent 
à ces révolutions perpétuelles des élémens ; qu'ils pussent 
également subsister dans l'eau , sur terre et à Pair. Il a fallu 
que les espèces les plus informes , que les races les plus dis- 
graciées de la nature , les plus dénuées de défense ou privées 
même de tout membre , se traînassent avec effort , se garan- 
tissent par la prudence , se coulassent obscurément, se dé-^ 
robassent h la naine de leurs ennemis. La lente tortue ," du 
moins, se retirant sous son toit osseux, attend les coups , se 
résigne aux chocs ; le lézard , plus agile , s'enfuît en quelque 
trou , au hasard d'abandonner sa queue , perte qu'il peut ai- 
sément réparer ; la grenouille saute dans l'eau qu'elle obs- 
curcit; mais le serpent , ne pouvant pas éviter ses ennemis^' 
faute de membres, s'évertueroit «n vain; c'est pourquoi la 
nature a muni les plus lentes et les plus foibles espèces « 
d'une arme tçrrible , de crochets venimeux , pour frapper de 
nciort d'injustes agresseurs. Car s'il faut être équitable , même 
pour des serpens , nous avouerons qu'ils cherchent rarement 
ai attaquer ;. ils sont plutôt craintifs: Temblème même de la 



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iC8 R E P 

prudence , ils sentent trop leur impuissance. Ce n'est qu'en 
se voyant forcés par la nécessité, par le désespoir d'éiihap- 
per, ou par le besoin impérieux d* se nourrir,* qu'ils fbnl 
usagé de ces arnies fatales et eijppoîsonnées , mais sans dan- 
ger pour les serpëns eux-mêmes. La nature n'a point ac- 
cordé ces armes aux puissantes espèces , telles que les boas , 
parce que leur taille et leur force leur laissent assfcz de pou- 
voir de résister aux attaques ; et si de petites espèces de 
reptiles, telles que des lézards jeckos, des salamandres, des 
crapauds, font suinter de leur peau une humeur acre , fétide, ' 
dégoûtante ; c'est encore une défeiose innocente que la nature 
accorde pour empêcher qu^on ne saisisse ces animaux dé- 
nués de secours, et qu'ils ne soient immolés à la haine géné- 
rale que les aîutres créatures leur portent. 

En général, tous les reptiles , quoique hideux, efTrayans 
même à la Vue , causent plus de répugnance ou d^horreur ; 
que de înal réel. La nature les environne de cet appareil de 
terreur, les couvre de ce masque repoussant , afin d'écarter 
lés autres animaux et les garantir par le dégoût même quMls 
inspirent. Et leur existence étoit nécessaire , si l'on consi- 
dère que les foyers impurs et bourbeux qu'ils fréquentent , 
pullulant d'une multitude épouvantable de vermisseaux, 
d'insectes , seroient devenus plus funestes ouf plus infects 
par cette énonrie multiplication, d'êtres parasités , par la 
putréfaction qui en seroit résultée , si les reptiles ne venoient 
pas purger cette vermine des marécages et s'en nourrif. 
Mais , à leur tour , ces reptiles , trop multipliés par d'aussi 
abondantes subsistances , auroîent envahi la terre. Alors , 
là nature envoya des quadrupèdes , comme la mangouste , 
le pourceau, ou des légions d'oiseaux aquatiques à longues 
jambes, qui viennent fouiller dans cette vase, et à leur 
tour/ dévorer ces reptiles ; c'est ainsi que l'ibis , sur le limon 
laissé par l'inondatiop du Nil , que là cigogne dans les ma- 
rais^ les haflset les polders de la Hollande, et les volées 
de grues qui se transportent en divers climats , nettoient la 
terre de ces reptiles dégoûtans, épurent ainsi un limon fer- 
tile. Telle est donc l'économie de la nature, et l'on voit 
que ces différens êtres ont été créés avec sagesse dans le 
monde. 

C'est surtout parmi les climats ardens que les reptiles 
sont plus multîphés, qu'ils parviennent quelquefois à une 
énorme taille , et que les racés venimeuses préparent des 
poisons plus exaltés ou plus pernicieux. Il y a des tortues 
marines, aux Antilles, si grandes, que quatorze hommes 
peuvent se tenir à la fois debout sur leur dos. Le mission- 
naire Labat s'est , plus d'une fois , fait porter par cette lourde 



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R E P iCg 

el cahoUote vottare. Une de ces tortaes peat suffire à un re- 
pas pour une ceûtaipe d^hommes. On la fait cuire dans son 
écaille comme dans un grand plat. On sait que la belle 
écaille 9 dont on fabrique des boîtes et autres objets, vient 
de la tortue caret. Il se trouve d'énormes crocodiles en 
Afrique , et ces animaux , qui naissent fort petits , croissent 
si long-temps , qu'ils deviennent très-grands. Ceux du Nil , 
adorés par les anciens Egyptiens , parvenoient jusqu'à qua- 
rante pieds de longueur ; mais on en a vu à Madagascar , de 
la longueur de soixante pieds. Les gavials ou crocodiles du 
Gange ont des mâchoires de cinq k six pieds de longueur , 
toutes hérissées de longues dents aiguës et recourbées. Les 
alligators et caymans d' Amérique sont des crocodiles extrê- 
mement nombreux dans les lâcs; ils hurlent avec férocité le 
soir el le matin. Tous ces animaux, qnoiqu'assez agiles , ne 
peuvent pas se retouriier aisément. On a trouvé des ser- 
pens , aux Indes-Orientales , longs de plus de cinquante 
pieds. On a vu au Brésil et à Surinam Tun de ces monstres 
qui s'entortille autour d'un tronc d'arbre , pour s'élancer de 
là sur sa proie , engloutir une Hollandaise enceinte. Lors- 
que ces serpens énormes rampent , on diroit on grand tronc 
de ^apin ou un mât de navire qui s'avance en ondoyant au 
travers des broussailles , en y laissant une large traînée. Le 
général romain Béguins trouva , entre Carthage et Utique j 
un serpent monstri^ux qui s'élançoitsur ses toldats,lorsqu'Ils 
puisoient de l'eau à la rivière. Il les étouffoit sous ses replis,et 
empoisonnoit de son souffle. Aucun dard ne pouvoit percer 
ses écailles brillantes c(9knmerairain. Il fallut dresser contre 
lui ies catapultes , des machines de guerre. Un quartier de 
roche 9 lancé avec roideur sur ce monstre, lui fracassa l'é- 
pine du dos; mais formidable encore à l'armée , ses cohor- 
tes eurent bien de la peine à l'achever. Bégulus envoya à 
Borne sa peau , longue de cent vingt pieds ; elle se voyoit 
encore suspendue dans un teihple , au temps de la guerre 
de Numance. Lorsque Caton traversa la Libye , avec les 
débris de l'armée de Pompée , il se vit entouré d'une multi- 
tude de serpens y dont les affreuses morsures firent périr 
dans les tourinens une foulé de ses guerriers , comme le té- 
moigne Lucain ( Pharsale , //V. IX ). Les poètes , pour expli- 
quer l'abondance dés reptiles et des serpens dans les sables 
de la Libye , ont feint que Persée, après avoir tranché la 
tête de la Gorgone , de Thorrible Méduse , les gouttes de 
sang qui en découlèrent se changèrent en serpens , comme 
ceux qui se rouloient dans la chevelure de cette furie. 
Garganei eapitit gviiœ eeùidêre ûruentœ : 
Quoi humus tœofipUu ttnîmavit in angues, 

Ovip.Jfefom. iT. 



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»7o R E P 

§ III. Des parties qui composent la structure des reptUes. 

Les couvertures des reptiles offrent des caractères gêné-' 
raux faciles à saisir. Si tous les quadrupèdes vivipares ont da 
poil , et tous les oiseaux des plumes ou des couvertures chau- 
des et légères. sur le corps , ou du moins sur quelques-unes 
de leurs parties, jamais on n'en rencontre dans les quadru^ 
pèdes ovipares. Le corps des serpens en est également privé 
tout-à'fait. La peau est nue dans les grenouilles et les sala- 
mandres, écailleuse dans les lézards et les serpens, couverte 
d'un test osseux dans les tortues. Ceux qui ont une peau 
nue , comme tous les batraciens , sont susceptibles d'absor- 
ber beaucoup d'éau par ses pores, ce qui remplace la bois- 
son chez eux^ car bien que les grenouilles et les salamandres 
soient souvent plongées dans Teau , elles n'en boivent pas ; 
mais leur peau boit et distribue ce liquide dans leurs orga— 
nés intérieurs. Il paroît même, d'après des observatfons 
récentes , que l'eau sert en partie à la respiration de ces ba- 
traciens, par la peau; car Ton sait que celle-ci peut absor- 
ber de l'oxygène chez tous les animaux, et ainsi prendre ce- 
lui contenu dans l'eau , comme le font les branchies des 
poissons. L'eau se rassemble même dans uHe vessie qu'on a 
crue destinée à recevoir l'urine ; mais cette dernière liqueur 
est immédiatement transmise au cloaque ou intestin rectum 
par les uretères , et l'eau de la vessie des crapauds et gre- 
nouilles , qu'on a regardée comme une *trine vénéneuse ^ 
n'a pas plus d'odeur et même de saveur que l'eau distillée. 
(Townson, Observât physioL de resj^, amphib,'). Au reste, 
les grenouilles et les salamandres portent ,, sur leur peîftu , 
des glandes qui sécrètent une humeur acre et vénéneuse , qui 
a l'odeur de l'ail dans le crapaud brun. Il suinte aussi des 
pattes des jeckos une humeur très-dangereuse. Le crocodile 
a , vers le cou , l'anus et sous l'aisselle , des glandes qui ré- 
pandent une odeur musquée, et plusieurs tortues exhalent 
la même odeur; on en retrouve une analogue vers les glan- 
des des cuisses des lézards et des chalcides, près de l'anus des 
àmphisbènes, surtout dans le temps de l'accouplement. Des 
couleuvres et serpens répandent , au contraire , une vapeur 
nauséabonde qui fait défaillir le cœur , et que les nègres 
sentent de loin , ou même une odeur putride et empestée. 
Leur proie ne semble se digérer qu^en se putréfiant dans 
l'estomac , comme àts personnes qui digèrent mal ont l'ha- 
leine fétide, le matin surtout Telle est sans doute la cause de 
la prétendue fascination que les serpens opèrent sur leur 
proie , en y ajoutant toutefois la vive frayeur qu'ils lui ins- 
pirent en la regardaut avec des yeux enOammés de colcre,la 



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R E P 1171 

gneale béante , h corps dressé , le^ dents prêtes k déchirer,' 
et en poussant d^horribles sifflemens de rdge. Quel foible 
animal ne seroit pas épouranlé de ce qui feroît fuir tin 
homme courageux , mais désarmé ! C'est ainsi qu^on a pré- 
tendu que des serpens pouroient charmer àes oiseaux , et les 
faire tomber, par cette fascinatidn , jusque dans leurgueule^ 
C'est sans doute k cette vapeur immonde , à cet aspect ef- 
frayant , qu'il faut rapporter les effets étranges du regard 
des crapauds sur des chiens et sui* des hommes mêmes. 

Xia puissance d'autrui sur nous est souvent dans la foi- 
blesse de notre Imagination. Un individu fort impose , par 
son seul aspect, la terreur au timide, comme on voit le 
chien tenir en arrêt le gibier par son regard ; comme on voit 
des personnes rougir de honte, de pudeur, perdre la voix d'un 
seul coup d'œil. £t dans les pays chauds , où l'imaginatron 
est si exaltée, si ardente, si mobile, on redoute l'œil de 
l'envie, les regards envenimés de la lyiine sur les enfans , sur 
tous les êtres délicats , soumis à ces impressions. Que n'a- 
t-on pas dit îdes regards d'amour et de leur prodigieux em- 
pire ? Les animaux ne sont pas privés de cette sensibilité , 
ou plutét de cette impressionahUité morale; ils agissent l'un 
sur Tautre par ces regards , par ces influences , comme nous 
agissons sur eux et comme ils peuvent agir sur nous. Un pré- 
tendu 'magicien, ayant renfermé plusieurs crapauds dans 
une grande botte bien close , voulut, après quelque temps , 
voir ce qu'ils devenoient ; mais en ouvrant cette boite , soit 
que l'horreur de cette vue d^énormes crapauds bruns entas- 
sés , fixant avec colère sur lui leurs gros yeux; soit que l'o- 
deur fétide de l'ail qu'ils exhalent, le surprit soudain, il pâ- 
lit , tomba en syncope , tandis que ces reptiles , échappés et 
coassans , sautilloient pesamment autour de lui à terre. Le 
peuple crut voir cet homme en un sabbat diabolique , en- 
touré de démons sous forme de ces reptiles » comme dans le« 
partdœmomum de Milton , et en proie aux plus noirs maléfi- 
ces. On â vu de ces crapauds aassi gros et enflés que des 
citrouilles, couverts de pustoles sanieuses , ouvrant, dans^ 
leur trou obscur, leurs gros yeux saillans et leur large 
gueule ; les chiens redoutent d'attaquer ce hideux ennemi 9 
car l'humeur acre qui suinte de sa peau , corrode la gueule 
de ranimai qui le mord. V. l'article Serpens. 

Plusieurs espèces de quadrupèdes ovipares sont douées de 
la singulière propriété de changer de couleur par certaines 
affections morales. Tout le monde a entendu parler du ca« 
méléon qui ne prend pas la teinte des objets qui l'entourent , 
comme on Tavoit prétendu , mais qui change de nuance par 
U çraîfile^ la cgière , Tamour , le froid j le chaud ^ etc. t. 



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ijra R E P 

comme on le, verra à Farticle qui en traite. Les grenouilles 
communes, ]cs rainçttes^ etc., changent aussi de teinte et 
deviennent pltis grises ou plus brunes lorsqu'on les effraie. 
Le lézard vert , Tagame, Figuane vert, la poche goitreuse 
du cou des iguanes » prennent aussi différentes couleurs. 
Tous les reptiles ont même des nuances plus vives et phis 
éclatantes dans le temps de leurs amours qu'à toute autre 
époque. 

D'ailleurs, la peau de la plupart des reptiles est cui- 
raésée d'écaiiles polies , luisantes , ornées de FécUt des 
métaux, tels que T airain, Tacier relevé d'or et d'argent chezi 
divers lézards et serpens ; on y voit jouer Tazur du lapis , 
la turquoise, Taméthyste et d autres couleurs ^tincelantes. 
Celte parure diaprée est surtout plus éclatante au prin- 
temps , lorsque ces reptiles détachent la vieille épiderme de 
Tannée précédente. V, Mue à la $uite des Métamorphoses. 
Alors ils se glissent raj^puis , sous Therbe nouvelle , en se 
mirant au soleil, et essayant lenr vigueur et leur agilité. 
Pai^mi les reptiles à peau dense « ce renouvellement n'a lieu 
qu'une fois l'an ; chez les serpens à sonnettes , cet épiderme 
du corps glissant vers leur queue 9 y demeure adhérent en 
forme de petites clochettes ; prévoyance merveilleuse de la 
nature, qui, par ce moyen, avertit les autres animaux de 
l'approche de ces redoutables serpens., dont le venin est le 
plus ftineste de tous, Ap lieu d'épiderme solide , les batra- 
ciens , les grenouilles et salamandres détachent , de leur 
de mucosité. 

L'explication du singulier phénomène du changement de 
couleur du caméléon et des autres reptiles variables , paroît 
se réduire au mécanisme suivant. Lapeaude tousles reptiles 
multicolores n'est point de la nature des plumes de la gorge 
de pigeon , dont les reflets divers, de lumière font varier l'a 
teinte , comme celle de. quelques. tissus de sioic;.mais ici 
c\estun changement de coideur, ou -partielle ou totale % ou 
instantanée , dépendant âoit de la volonté de l'animal, soit 
d'un mouvement qui s'opèr.e dans son ii^térieur ,. sans qu'il 

£ renne une autre posture , ou tout autre, aspect de lumière, 
eur peau est assez $ne , demi - transparente 9 traversée 
d'une infinité de vai;sseaux en tous sens , comme le cuir ou le 
derme de tous les autres animaux. Mais ces reptiles , respi- 
rant lentement , ont un sang noirâtre ou violâtre , parce qu'il 
est peu oxygéné , peu rouge. Or, suivant que ce sang noi- 
râtre se précipite plus ou moins abondamment dans les^ 
petits vaisseaux capillaires de la peau, il y produira des 
nuances plus ou moins foncées , des ecchymoses variées y 
avçc les autres humeurs naturelles qui s'y trouvent Tout 



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R E P 173 

âe même , dans la colère , le visage devient roiige ou livide ; 
la crainte rend pâle, ou Iç fr:ioid9 violet, ou la bile épanché^ 
peut soudain causer la jaunisse , etc. £n efîet , le caméléon ^ 
ni. les autres reptiles changeans , ne prennent nullement la 
teinte des objets avoisinans, comme on Tayoit dit; mais^ 
selon la frayeur, la colère , l'amour, le besoin ^e manger* 
la chaleur ou le froid, le plqs ou moins de respiration qu'il 
prend ^ il éprouve diverses colorations; celles-ci deviennent 
même si variée^ , qu'on pe peut guère déterminer exacte- 
ment la couleur qui lui est la plus naturelle. 

Au reste , les repiiles.à peau nue , tels que les batracleps, 
sont renfermés dans cette -couverture, comme dans un sac; 
,elle n'adhère à leur» chair que vers la gueule , les yeux!, 
Fanus ^ et autres doigts. Ceux-ci sont toujours sans onglf^s 
parmi les batraciens , espèces qui manquent toujours aussi 
d'écaillés ou de plaques osseuses, ou de carapaces. 

§ IV. De r organisation particulière des reptiles , de leurs nourri-- 
iures et métamorphoses. 

Ils possèdent troia sortes de dents. Les tortues ont sei^^ 
lement des gencives demi-osseuses et tranchantes qui leur e^ù 
tiennent lieu ; elles sont crénelées en quelques espèces. Les 
dents qu^on observe dans les lézards , sont pointées comme 
des canines, et pkts ou moins longues, selon leâ genres. Les 
crocodiles en ont un très-grand nombre de fort Ipnguei^^ 
dans toute l'étendue de la mâchoire , mais aucune molaire ; 
ces dents peuvent se remplacer , car on trouve efi dedans 
de Tos maxillaire , les germes de plusieurs autres dents qpi 
se développe roient au besoin, . " 

Lesserpens ont aiiss des dents aignè's aux mâchoires, et, 
ce 4ui leur est particulier, aux arcades palatii^es , comme 
chez divers poissons. Ces deUts sont fi^es ou implantées daps 
les os , et. non creuses* 11 y a donc plusieurs rangées ^e 
dents. En outre , les serpens venimeux portent, aux os maxil- 
laires des dents fort aî^uës , longues , creusées en tuyau , et 
propres à distiller ainsi un venio jaune dans la plaie qu'eUç$ 
font. Cesdents arquées portent le nom. de crochets; el)e)s soçt 
isolées chez les espèces très-venimeuses, placées à Tos maxil- 
laire supérieur seulement ,' qui est mince et porté sur une 
branche.osseuse , tnobile , analogue à une apophyse ptéry* 
goïde du sphénoïde. Au-dessous d» cette dent est une glande 
sécrétant le venin et située sous l'œil. Dans l'état de repoç, 
ces crochets sont couchés du côté du gosier; mais quapd 
l'animal veut mordre, il redresse l'os maxillaire et non pas le 
crochet venimeux lui-même , comme on Tavoit pensé , et la 
pression fait écouler le venin dansiapl^ie. Si ces crochet^ |e 



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174 R E 1? 

cassent, il y en a d'autres plus petits derrière, propres k Us 
remplacer. T. Serpens et Dents , Armes i>es animaux. 

Les dents des grenouilles , crapauds, etc<, sont fort 
courtes et presque nulles^ 

Presque tous les reptiles vivent de substances animales y 
car il n y a guère que quelques^ 4orlues qui mangent des 
algues, des fucus ^ etc.; aussi leur estomac a plus de capa« 
cité que celui des autres reptiles. Les grenouilles et Ja plu*- 
part des lézards se nourrissent d^insectes , ^e vers , qu ils 
arrêtent avec leur langue gluante. Lies grosses espèces de 
lézards avalent aussi d autres animaux , et Ton connoît de- 
puis long-temps la férocité du crocodile.' Les serpens recher- 
chent , pour leur nourriture , toutes 4es -espèces d'animaux 
dont la taille n'est pas trop disproportionnée avec la leuiL 
L'estomac de tous ces animaux a peu de puissance digestive, . 
(Surtout dans l'ordre des serpens , chez lesquels il forme un 
tuyau membraneux. Tous les reptiles sont privés àecœcuniy 
excepté les tortues, qui en ont un. Le cœur n'a qu^un seul 
ventricule dans tous, comme nous l'avons dit, mais il a deux 
oreillettes chez les tortues et les lézaivds ; on n'en trouve 
qu'une dans les serpens et les grenouilles. 
^ Le squelette des reptiles n'est pas aussi dur que celni dès 
animaux à sang chaud; leurs os contiennent moins de phos- 
phate calcaire , et la matière gélatineuse y est plus abon- 
dante , surtout dans les grenouilles et les salamandres. 

Les membres varient dans leurs formes, leurs proportions 
et leur nombre chez les reptiles. Les tortues ont quatre jam-- 
bes, une queue, de même que les lézards, et déplus, un 
corps encroûté d'un test osseux ou corné. On ne trouve point 
de côtes dans les batraciens, les grenouilles et les salamandres. 
Elles sont pourvpesde quatre jambes, mais les salamaddres 
seules ont une queue.Ces deux genres sont remarquables dans 
leur jeune âge par l'organisation singulière dont ils sont doués 
à cette époque ; car ils ont alors des branchies qui respirebt 
l'air mêlé àl'eaUy de même que les poissons. Le mode de leur 
circulation est même semblable- à celui de ces derniers; 
leurs intestins sont fort étendus et destinés k digérer -des 
nourritures végétales. Mais ensuite ils se transforment en 
leur dernier état de grenouille ou de salamandre ; non- 
seulement par leurs organes extérieurs et en perdapt leurs 
branchies , mais leurs vllfc^ères mêmes sont changés ; ils ne 
recherchent plus les nourritures végétales comme aupara* 
vant ; il leur faut des alimens de nature animale. 

Parmi cet ordre de batraciens , il y a deux genres qui 
conservent y pendant toute leur vie , leurs branchies , outre 
leurs poumons intérieurs. Ce sont les sirènes et les protées ou 



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R E P 175 

tritons 9 quîrestent petpëtàeilement à l'ëtat ie têtards. Il y a 
également des salamandres qui ne dépouillent pas leiirs bran- 
chîes pendant la première tnnée, quand elle est trop froide. 
Cestétarcfs et ces sirènes ont donc des poumons vésiculeux 
dans la poitrine , comme les autres reptiles terrestres , puis 
des branchies analogues à celles des poissons ( V. Bran- 
chies). Uaorte qui leur envoie du sang^ se partage de 
chaque côté, en trois ou quatre , ou cinq rameaux, autant 
qu'il y a de ces peignes branchiaux ; puis le sang des bcan^ 
chiés retourne former, vers le dos, un seul tronc, qa 
diverses branches qui se distribuent en rameaux artériels , 
dans tout le corps, de même que chez les poissons ; ainsi 
il Tétat de têtard , les batraciens ont aussi la circulation du 
sang anologue à celle des poissons. Ceux qui perdent ces 
branchies , perdent également les rameaux sanguins qui s'y 
rendoient ; ceux-ci s'obli^'ent ; il n'en reste plus que deux 
troncs principaux ^ se revissant en une artère au dos , et 
de laquelle sort , pour le poumon , une branche artérielle 
de chaque côté. 

Les têtards ne perdent pas seulement leurs branchies, 
lorsqu'ils passent à l'état adulte , mais encore leurs pâlies 
se développent ou germent , pour ainsi dire , à mesure que 
leur queue et ces branchies sont résorbées dans l'économie; 
la nourriture de ces organes de leur enfance se portant sûr 
les membres de locomotion. En outre, , il y avoit une sorte 
de bée de poisson, chez les têtards, qui disparoît aussi, 
conime un masque que dépouille celte larve. Les intestins ^ 
longs et roulés en spirale^ se raccourcissent et s'élargissent. 
Les chéloniens, les sauriens, et les ophidiens ont deux 
oreillettes au cœur ^ avec un seul ventricule ; mais les batra- 
ciens , dont le cœur est aussi uniioculaire , n'ont qu'une 
oreillette , parce qu'ils ont une circulation fort analogue à 
celle des poissons. Les crocodiles ont le ventricule du cœur 
divisé en trois loges. 

Le bouclier ou la carapace des tortues , en dessus , est 
formé par l.es arceaux des côtes, au nombre de huit paires 
ordinairement. Le plastron , ou bouclier inférieur , repré- 
sente le sternum , et se compose communément de neuf 
pièces. L'omoplate, les os du bassin étant soudés à la cara- 
pace supérieure , les tortues semblent être un animal re- 
tourné ; car il faut que les muscles de ces parties soient 
renfermés en dessous des os , contre l'ordinaire des autres 
animaux vertébrés. 

Les poumons des reptiles s'étendent dans la cavité abdo-^ 
minale , sans diaphragme , excepté une membrane périto- 
néale , qui semble tenir lieade ce dernier , chez les croco- 
diles. Ces poumoniy n'ont qu'an petit nombre de grosses 

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176 REP 

vésicules. La respiration se fait par une sorte de dégUitltloB 
de Tair. 

La langue courte aux tortue^ , aux crocodiles , aux ba- 
traciens, etc., est longue et fourchue à la plupart des lézards 
et des serpens , qui ont pareillement le pénis bifide ou 
fourchu ; car ces deux organes ont des analogies. La langue 
des caméléons est longue , cluante , simple , formant une 
tête à son extrémité. Il peut la lancer assez loin, en Fallon* 
géant subitement , pour atteindre des insectes. 

Tous les reptiles, excepté les batraciens, ont des côtes, 
des écailles ou plaques , ou carapaces , qui les protègent et 
qui aident k la progression chez les serpens. Ce sont surtout 
les plaques ventrales , chez ces derniers , qui ont cettç des* 
tination. V. Sev^ve^s. Dans ceux-ci , le cœur est placé très- 
bas ; il n'y a parfois qu'un lobe de poumon bien développé , 
Tautre s'oblitère ou se place plus inférieurement à cause de 
. rallongement du corps* ^ % 

Des reptiles y qui ressemblent aux lézards , n'ont cepen- 
dant que deux pattes ; tels sont le shelto-pusick et le bipède 
cannelé. Les rJialcides ont des pattes si petites, qu'on les 
aperçoit à peine* Voilà donc une nuance pour passer à la 
famille des serpens , qui sont, comme on sait, dépourvus de 
tout membre. Leur squelette est formé de nombreuses ver- 
tèbres et dé côtes flexibles. 

Les anguis et orvets, les opbisaures , ayant encore un 
sternum , selon la remarque d'Oppel , se rapprochent ainsi 
des lézards ; car les véritables ophidiens , ou serpens , en 
manquent. Les orvets et ophisaures possèdent aussi une 
membrane clignotante , comme les sauriens , mais qui man- 
que aux vrais serpens. La cécilie qui se rapproche des batra- 
ciens , n'a comme eux, que des rudimens de côtes. 

On trouve un larynx , un os hyoïde, une trachée-artère 
formée d'anneaux cartilagineux dans les lézards ; aussi ont- 
ils une voix sifflante , qui est même très-forte dans les caï- 
mans ou crocodiles américains , au rapport de Bartram ; la 
trachée artère des serpens est aussi composée d'anneaux 
cartilagineux , et leur voix est aiguë et sifflante. Les grc-* 
nouilles sont privées de trachée-artère , et il sort de leur 
larynx des bronches membraneuses. Ces animaux ont aussi 
une voix rauque, forte et coassante, parce que Fair est 
poussé violemment dans les cavités membraneuses et dis- 
tendues des bronches, surtout à Tépoque de la génération. 

Une espèce d'animal conformé comme les lézards , porte, 
de chaque côté du corps , une membrane soutenue de plu- 
sieurs rayons, et s'en sert pour courir avec plus de vitesse 
ou sautée avec plus de force ; ainsi le nom d« reptile con-*. 



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R.EP 177 

Yientpen a. cette espèce, qu'on a nomméo Jtagon volant^ 
^ quoîquHI appartienne à cette classe. 

Les tortues les plus aplaties sont aquatiques , et nagent 
fort bien ; les autres rampent pesamment sur la terre. Les 
lézards courent , avec agilité , sur le sol pierreux ou sablon- 
neux , et grimpent même après les rocbers et les arbres, à 
Faide de leurs griffes. On connoît le mouvement de repta- 
tion , qui s'exécute dans les serpens au moyen de leurs 
écailles ventrales. Les grenouilles , les crapauds et les rai- 
nettes sautent et nagent facilement. Les salamandres peu^ 
vent également nager et marcber. 

Les organes de la génération^ chez les femelles des reptiles^ 
consistent en un ovaire double qui a deux conduits extérieurs 
ou wiductus fort longs et tortueux , qui se rendent à Tanus. 
Toutes ont des œufs à coquille ou membraneuse ou calcaire. 
Leur génér9tion s'opère, soit par une fécondation intérieure 
et un accouplement réel comme dans les tortues, les lézards 
et les serpens à œufs calcaires , soit par un arrosement de 
sperme sur les œufs membraneux, à mesure qu'ils sortent du 
corps de la femelle; les grenouilles, les crapauds, les rainettes 
et les salamandres sont dans ce dernier cas. 

Tous les reptiles sont des ovipares fort féconds, mais ils ne 
couvent point leuris œufs et ne prennent aucun soin de leurs 
petits ; aussi la nature a donné assez de force à ceux-ci pour 
se passer de leurs mères. Dans quelques espèces, telles que 
le seps, la vipère et la plupart des serpens venimeux, les œufs 
éclosent dans le sein maternel, de manière que les petits en 
sortent tout formés; c'est pourquoi on les regarde comme 
des vivipares, mais d'une nature très - imparfaite. V, Œuf. 
et Ovipare. 

Les serpens ont une double verge, et s'accouplent en s'en- 
tortillant ensemble ; les lézards, comme les crocodiles et les 
tortues, n'ont qu'une verge simple portant un sillon dans le- 1 
quel coule le sperme ; cependant elle est double chez le ca- 
méléon et quelques autres lézards. Il y en a mâme chez 
lesquels cette verge fourchue est encore divisée à son extré- 
mité en deux nouvelles bifurcations. Les grenouilles et les 
salamandres n'ont pas de verge , mais un conduit déférent 
d'où sort la liqueur spermatîque dans le coït. 

La chaleur de l'atmosphère , en été, suffit pour faire éclore 
les petits ; et à peine sortis de l'œuf, ils ont déjà l'instinct de 
leur espèce. 

Ces œufs ont une coque plus ou moins calcaire chez les tor- 
tues, les lézards et les serpens, seulement membraneuse chez 
les batraciens. Ces derniers pondent dans l'eau ( V. Œuf), 
et ces œufs y grossissent, s'y développent en petits têtards. 

XXIX. 12 



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17» R E R 

En général, les reptiles étant peu capables de se défendre^* 
délaissés dès leur plus tendre entante, et tristes orphelins de 
la nature , sont entourés de nombrenx ennemis. Commune 
pâture de la plupart des oiseaux , des quadrupèdes, des pois- 
sons , détestés même de Thômme , ils auroient tu bientdt 
éteindre leurs races, si la prévoyance étemelle n^avoit, pour 
ainsi dire, ressuscité chaque année , du sein de là fange, d'in- 
nombrables légions de cea animaux. Il falloit , en effet, qu'ils 
fussent très-féconds.. Mais comment rendre amoureux ces 
êtres hideux, froids, insensibles et presque tous antipathiaues 
les uns pour les autres , ou du moins indifférens pour leur 
propre espèce même ? Cependant la nature a su vaincre 
tous ces obstacles; que dis*}e P elle a même Rouble , chez 
les serpens , les lézards , les organes de la reproduction , 
comme pour doubler leurs plaisirs et leur multiplication. 
Ceux d'entre ces reptiles, qu'elle a privés d'une union intime 
et d'organes extérieurs des sexes, comme la grenouille, la sala- 
mandre et leurs congénères , ceux-là se tiennent sans re- 
lâche, pendant trois à quatre jours, dans d'étroits embrasse- 
mens ; ni le fer , ni le feu même , ce qui pâroit inconcevable, 
ne les sépare ; en vain on a taillé , coupé les jambes au cra- 
paud, à la grenouille, ils n'ont point abandonné leur femelle, 
ils ont mis au-dessus de leurs propres souffrances la volonté 
impérissable de la nature ; dans ces étranges amours, le mâle 
engendre , et la femelle accouche en même temps. 

C'est surtout en été, sous lés feux du soleil, et, pour ainsi 
dire , à la face de l'univers , qu'ils accomplissent les vœux 
sacrés que la nature leur impose. Ce tortueux reptile , qui se 
roule sur le sable , exhale ses désirs en long$ sifdemens ; ce 
farouche crocodile , dans la boue du Nil ou du Gange , ap- 
pelle sa femelle par des hurlemens effroyables, dès Faube du 
jour , et prépare entre des joncs fleuris le lit de sts amours. 
Cette lourde tortue amasse, sur le sable des rivages, un mon- 
ticule de gravier, dure couche nuptiale où elle doit déposer 
ses œii&. Enfin , ce coassement uoctume dans les étangs , est 
Thymne sacré , l'étrange épithalame , par lequel tant d'ani- 
maux célèbrent leurs feux et leurs bizarres jouissances. 

Qu'y a-t-il, en effets de plus bizarre qu'un crapaud accou- 
chant sa femelle en fécondant ces longs chapelets d'œufs 
enduits de bave, puis enveloppant ^es propres jambes de ces 
iiortes de cordons, les promenant partout avec lui sur terre 
et dans les eaux jusqu'à ce qu'il en sorte de petits têtards F 
Cependant, chaque été, ce singulier manège se renouvelle 
dans nos marécages, chez ces êtres hideux. Surmontons cette 
répugnance qui nous éloigne de pareils animaux; et, imitant 
une savante Hollandaise, mademoiselle Mérian, qui peignit 



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R E P ,79 

Si habilement les plus rares merveilles de la colonie de Suri- 
nam , considérons le crapaad pipa ; il est bien laid , sans 
doute , avec sa tête plate , sa peau noire et faune , couverte 
de pustules ; voyez-le plaçant sur le dos de sa femelle, avec 
ses larges pattes, des o&uU imprégnés d^une bave gluante ; il 
les y fixe en s^appuyant dessus ; il les féconde, et, après queU 
qnes semaines , de petits crapauds sortent de dessus ce dos 
pustuleux où ils se sont creusés de petites cavités ; ainsi, la 
femelle s'avance en sautillant, couverte et cotmme hérissée 
d'une couvée de petits crapauds* Combien d'autres espèces , 
au temps de leurs amours , exhalent des cris étranges ! Vers 
les rivages déserts de la mer Caspienne et du Woiga , vous 
croyeztout à coup entendre, le soir, une assemblée joyeuse 
d'hommes ou de femmes riant aux éclats: vous approchez; ce 
rire inextinguible redoubl^entre des pierres ; ô prodige ! c'est 
une troupe d'énormes crapauds noirs dans ses plus joyeux 
ébats. Ainsi est réalisée la fable que récite Ovide, de ces 
paysans qui, s^étant moqués de.Cérès, furent transformés 
par cette déesse en cette tourbe coassante. D'autres espèces 
d'Amérique imitent, l'uife le tintement d'une cloche funèbre 
pendant la nuit, l'autre le choc bruyant des timbales ; tandis 
que de petits lézards anolis chantent d'une voix flAtée, sur des 
arbres, pendant toute la nuit, leurs amours près de leur fe- 
melle, e4 que d'énormes alligators s'entre-battent, en hurlant 
^vec fureur, dans les lacs de la Floride ou de la Virginie. 

Quoique tous ces reptiles ne couvent jamais leurs œufs , 
ils n'ont pourtant pas absolument abjuré tous les sentimens 
de la maternité, et nous venons de voir des crapauds même 
prendre intérêt à leur postérité. D'ailleurs il y a des serpens 
(et ce sont particulièrement les espèces venimeuses) qui 
conservent leurs œufs dans lenr ovîductus plus long-temps 
que toute antre race de couleuvres. Ces œufs y éclosent, et 
il sort de leur sein des petits vivans ; aussi ces animaux en 
produisent un moindre nombre que les reptiles qui mettent 
bas des œufs, comme la plupart des autres serpens, les lézards 
et les tortues. On dit que les femelles des erofcodiles dépo- 
sent leurs œufs sur un lit de jonc et de sable , qu'elles le re- 
couvrent d'un second, d'un troisième lit semblable avec 
d'antres couches d'œufs, pour les dérober aux recherches de 
la mangouste, espèce de furet. Les serpens rassemblent les 
leurs en se roulant autour et les amassant dans un trou exposé 
aa soleil. On a vu de petits léxards transporter soigneusement 
leurs œufs dans leur gueule , en des lieux plus favorables et 
tempérés, afin' qu'ils éclosent plus vite ; mais les petits , une 
fois éclos, n'ont rien à attendre de leur mère ; elle n'a ni lait, 
•ai mameUe à leur présenter \ jamais elle ne pre^d soin de leur 



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i8o R E P 

préparer des nourritures ; les seuls têtards en trouvent une 
dans le frai où ils ont pris naissance. Cependant , s'il périt 
un grand nombre de ces jeunes individus, la race en est tou- 
jours assez nombreuse, et la nature n'est point trompée dans 
les calculs de sa prévoyance. Combien d'êtres informes et 
encore inconnlus n'a-t-elle pas cachés d'ai^eurs dans ces re- 
traites obscures et profondes des lacs, des étangs, parmi les 
gorges de ces hautes chaînes des Aines ou des monts AUégha- 
nys! C'est là qu'on trouve ces amphibies étranges, la sirène 
moitié lézard moitié poisson, portant une collerette formée 
par ses branchies, et n'ayant que deux pattes soit pour nager^ 
soit pour ramper dans ahiimides prairies; les tritons et les 

iirotées , êtres bizarres, presque ignorés dans leurs mœurs et 
eurs amours, peut-être sujets à des métamorphoses %rpre- 
nantes et également capables débiter les profonds abîmes 
des eaux et les terres lomtaines. 

§ y* Dimion des reptiles en ordres ou familles» 

La distinction la plus régulière et la plus méthodique qui 
ait été faite des reptiles , dans l'ordre naturel , est celle de 
M. Brongniart, qui les a divisés en ch'éloniens , en sauriens , 
en ophicUens et en bairacierts. 

La première famille, celle àts tortues , ou chélomens , est 
bien remarquable par cette épaisse cuirasse osseuse qui les 
recouvre » et qu'on nomme carapace pour le dos et plastron 
pour le ventre ; animaux lents et lourds , timides , qui , dé- 

I pourvus d'armes de défense , avoient , en effet , besoin que 
a nature les protégeât avec soin; espèces innocentes, n'ayant 
pas même de dents, mais des gencives cornées et tranchantes, 
avec lesquelles ces animaux mâchent àes herbes ou quelques 
vermisseaux pour toute nourriture , soit sur terre , soit dans 
les eaux où plusieurs d'entre elles se plaisent. Les tortues 
terrestres sont plus bombées ou plus sphériques que celles 
de mer; aussi se retournent-elles assez facilement sur le 
ventre quand elles sont renversées sur le dos , ce que ne peu- 
vent faire à terre les tortues marines , parce qu'elles sont 
trop plates. Ces animaux produisent des œufs nombreux , et 
jusqu'à un millier en quelques espèces. Ces œufs , déposés 
dans du sable chaud , sous les rayons d'un soleil méridional , 
et en été » mais sans aucune incubation, sans même aucun 
soin de la mère 9 qui veille pourtant quelquefois à leur con- 
servation , donnent le jour à de petites tortues. Celles-ci , 
pourvues dn naissant de l'instinct de leur race , vont chercher 
seules leur pâture sur la terre ou dans les eaux. Telle est en- 
core la prévoyance de la nature, que les femelles ont le plas- 
tron de leur ventre renflé , parce qu'elles portent des œuCs 



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R E P i8i 

avant la ponte , tandis que ce plastron est enfoncé chez 
les mâles poar faciliter F accouplement. 

La seconde famille des reptiles , celle des sauriens ^ se 
compose de toutes les espèces de lézards , animaux faciles à 
distiniguer par leucs quatre pattes , leur longue queue , leur 
peau écailleuse , leur démarche plus ou moins agile , quoique 
traînante k terre. Ils ont des dents nombreuses et pointues p 
mais jamais venimeuses, qui leur servent à dévorer, soit des 
insectes ou des vermisseaux , soit même une plus grosse 
proie; car tous vivent de substances animales en général. 
Ils produisent aussi des œuCs qu'ils abandonnent ^ soit dans 
des trous de murailles , soit sous quelque souche d'arbre , ou 
des feuilles , et qui , par la seule chaleur de Tatmosphère , 
font éclore des petits parfaitement formés , de même que 
leurs parens, et pouvant subsister sans le secours de leur 
mère : tels sont les divers crocodiles et caïmans , les lézards 
k;uanes faciles à apprivoiser , ayant une longue queue qu'ils 
font mouvoir et viorer comme un fouet pour flageller leurs 
ennemis , et pouvant gonfler une sorte de goître sous leur 
gorge ; les stelîions , lézards qui observent tout avec curiosité 
çt défiance , et qui avertissent , dit-on , d'un coup de sifflet, 
avec leur langue fourchue , les autres animaux de l'approche 
de leurs ennemis, des crocodiles alligators; les geckos sont de 
hideux lézards , répandant une humeuf vénéneuse et acre 
surtout ce qu'ils touchent ; les caméléons qui ont, comme 
on sait , l'étonnante propriété de changer de couleur. Les 
seps, les chalcides et autres espèces portent des couleurs vives, 
à reflets changeans de cuivre et d'or, sur cette brillante cotte 
de maille;s qui les revêt. Il y a même des espèces singulières 
de petits lézards qui n'ont que deux pattes, soit de devant, soit 
de derrière , et sont ainsi l'intermédiaire des lézards et àe& ^ 
serpens. Il y a surtout un animal bien plus étrange , c'est un 
lézard volant, à écailles de couleur d'airain, un lézard qui, 
semblable aux dragons de la fable ^ outre sea quatre pieds , 
porte sur ses flancs deux ailes membraneuses soutenues par 
des os , et à l'aide desquelles il voltige d'arbre en arbre pour 
atteindre les animauk dont il se nourrit. , 

Les serpens ou ophidiens composent une troisième famille 
dans la classe des reptiles , et sont connus de tout le monde 
parleur défau^de membres , par la forme cylindrique, très- 
allongée de leur corps , par la flexibilité merveilleuse de leur 
épine dorsale , par leur rampement à l'aide des larges pla- 
ques écailleuses de leur ventre , disposées en recouvrement 
(comme les tuiles d'un toit ). Les espèces venimeuses se dis* 
tinguent par des dents creuses , et en forme de crochets mo- 
biles k volonté X situées k la ml^choire supérieure de chaque 



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i8> REP 

côté près d'autres dents solides. Ces crochets. sont placés mr 
nie vésicule remplie d'un suc vénéneux jaune, et lorsque Ta- 
nimal les redresse et mord , la compression fait jaillir ce ve- 
nin dans la plaie par le canal de ces crochets ; aussi les sen- 
pens venimeux ont d'ordinaire la tête plus triangulaire ou 
renflée sur les côtés, des écailles plus hérissées que les es- 
pèces non venimeuses; ils produisent aussi plus* fréquemment 
des petits vivans , comme la vipère , x^'est'à-dire , que les 
œufs de ces espèces éclosent dans le sein de leur mère , tandis 
que chez les autres serpens], les ceafs soni déposés avant que 
les petits soient ^los. Il y a pareillement des lézards qui , 
produisant d'o^inaire des œufs , quelquefois font des petits 
vivans^ mais, de quelque manière que ce s^chI, jamais les rep- 
tiles ne prennent soin de leur progéniture ; et jamais la vi-^ 
père dénaturée n'a donné Tetemple de cette tendresse ma- 
ternelle si vive parmi les mammifères. 

Tous les serpens se retirent dans quelques creux pendant 
l'hiver ; ils passent , comikie tes lézards et les tortues qui s'en- 
goqirdissent pareilliement par le froid, cette saison sans man- 
ger; ils se réveillent au retour du printemps, se dépouillent 
de leur ancienne épiderme ou suipèau , en se frottant contre 
des pierres, et paraissent rajeunir au soleil où ils se montrent 
en déroulant leur queue , lançant ^ et ik des regards avides , 
et sifflant à l'aide de leur langue fourchue ; quelquefois on 
les trouve entortillés et adhérens dans leur accouplement. Ils 
peuvent avaler des aninhanx bien plus gros qu'eux , car leur 
mâchoire inférieure n'étant point fixée étroitement à la supé- 
rieure , leur goi^e se dilate facilement , et ils sont ainsi quel- 
quefois plusieurs fOurs à avaler un grand animal , de sorte 
que la portion reçue dans l'estomac en est déjà digérée ; 
taédis que celle qui reste hors la gueule est encore intircte. 
Cependant , ces reptiles ne sont pas étouffés par cine si grosse 
proie ^ parce que la nature leur a fait don , dans sa prévoyan- 
ce , d'une trachée artère toute cartilaginett^e , cylindrique , 
et qiH résififte à la comivression. Âmsi Ton a vu d*éttoirmes ser-' 
péns de trente à quarante pieds de lon^eùr , -el^gloutir des 
cerfs et même des taureaux tont'^entierB , après leà avék* bri- 
sés et comme moulues sous les vastes repHs dé Iturs corps. 
D'autres serpens trés-venimeUx portent k lettr ^eue des 
sortes de sonnettes formées par l'épiderme ,g^i qui crépitent 
comme du parchemin froissé. 

Enfin la quatrième famille des reptiles est fSHrmée par le^ 
batraciens,^aDiinaax àes genres de ia grenouille, du èrapaod et 
des salamandres, espèces h quatre pattes-, ou sans nfiembres, 
comme la cécilie, à peau molle et humide, vivant dan$ l'eau 
et surterre , produiisant , mais sans un accouplement intime^ 



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REP i85 

faute d'organes externes , une sorte de frai ou d'œufs. Ceux- 
ci donnent naissance aux têtards, à de petits animaux difïë- 
rens d'abord de leurs parens , et ayant besoin d'une roéta- 
morpbose subséquente pour parvenir à Tétat parfait : voici 
donc une circonstance bien extraordinaire dans la vie de ces 
animaux : ces têtards , c'est-à-dire ^ ces petits animaux noi- 
râtres j à grosse tête et à queue mince , que. nous voyons fre« 
titler par millions dans Teaudes mares ^ au printexnps , sor- 
tent de ce frai , ou des points noirs de cette mucosité , de 
cette bave qui est déposée par les femelles de grenouilles , 
de crapauds ou de salamandres. Ces têtards se nourrissent 
d'abord de cette glaire ., de cette sorte de blanc d'œuf vis- 
queux dont ils sortent. Comme ils vivent sans cesse plongés 
dans l'eau, il leur falloit des branchies semblables aux 
oqy^Sf ou peignes rouges des poissons, organe respiratoire 
a^roprié à Teau ; ainsi ces têtards sont d'abord des esr 
pèces de poissons qui périreient h l'air. Mais lorsque leur 
organisation interne se développe ; les branchies de ces tê- 
tards se flétrissent , et les poumons qu ils ont dans leur poi- 
trine pour respirer l'air, entrent à leur tour en action , toufc 
de même que l'enfant qui sort de l'eau de l'an^nios on du sein 
maternel. Ainsi à l'état de têtard, ils mouroient à l'air , et 
devenus ensuite greponHes ou salamandres , ces animaux , 
quoique restant aquatiques , ne peuvent pas respirer dans 
1 eau. Ces têtards étaient aussi enveloppés d'une peau qui 
cachait leurs pattes^ mais celles-ci se développent à mesure 
que l'animal grjQssit, 'Çtla jeuse grenouille s'élance, avec toute 
la vigueur de la jeunesse , hors de ces langes de son enfance ; 
elle dépose également une queue inutile pour elle. Toutefois, 
celle-ci subsiste cJ^z les salamandres. Alors ces animaux , 
devenus parfaits, ayant perdu leurs branchies , ne sont plus 
capables de respirer que Tair par leurs poumons , quoiqu'ils 
aiment encore leur habitation aquatique. Ils étoient donc 
premièrement poisso^ps , puis deviennent reptiles nageurs ; 
ils sont donc amphibies , non en même temps , mais succes- 
sivement, Qt ce que nous remarquerons de non moins étrange, 
c'est qu'il existe aussi de ces animaux doués à la fois de pou- 
mons pour l'air , de branchies pour l'eau , également capa- 
bles de vivre dans l'un et l'autre de ces fluides ; nouveaux 
tritons , nouvelles sirènes , par ces doubles moyens d'exister, 
êtres paradoxaux et incompréhensibles. Leur forme ressem- 
ble aux têtards el aux salamandres , ils paroissent un )eu bi- 
zarre de ta nature , un témoignage perpétuel dje Sa puissance 
et de Tétonnante variété 4# ses productions. 

Les salamandres 9 quoique ressemblant par l'extérieur à 
des lézards y eii diffèrent donc essentiellement par la manière 



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i84 



R E P 



dont elles naissent , par leur vie aquatique ^ par un défaut 
d^ccoupiement réel , par l'absence de côtes , par une peau 
nue , humide et suintant une humeur gluante et acre , ca- 
pable d'éteindre d'abord des charbons ardens : voilà pour- 
quoi Ton a dît que la salamandre pouvoit vivre dans le feu. 
Les serpens ne diffèrent de même des lézards que par un dé- 
faut de membres extérieurs 9 et que par rallongement de 
tous leurs organes qui semblent , pour ainsi parler ^^ passés à 
la filière. f 

Telle est la classe singulière des reptiles , qui joint à des 
venins dangereux les plus étranges métamorphoses et des 
changemens de couleurs merveilleux. Nous auriops à parler 
encore de cette étrange propriété de fasciner qu'on attribue 
Siux serpens ^ mais nous la réservons pour cet article, (vi^ey.) 

Les observations anatomiques modernes ayant proi^é 
que tous les reptiles , qui ne sont pas aquatiques , ont une 
organisation qui se rapproche de celle des oiseaux, Blainville 
a cru devoir en former une sous-cI^sse , qu'il a appelée 
Ornithoïdes. (s.) 

PRODROME d'une nowelleDistnbuUon des Reptiles, 



- Ordre i . 
Ordre a. 



1.»«S0U8-ClA8SB. 

Omithoîdes » 

EcaiUeux , 
ou 3.* Glaise : 

SQUAMIFÈaSS. 



GBiLONIBlfS ou TOBTDBS* 

Emydo-Sadbibrs ouGbocodilbs* 

Geckoîdes. 
|Agamoîde8f 
[iguanoîdes. 
iTupinambiâ. 
.liacertoldes.. 



i.«* Sous-ordre,. 
Sauaibms. 



V0rdre3.> 



{Tétrapodes* 
Dipodes. 
Apodç9. 



DiPOoBs. Bimanes. 



|3.« Sous-ordre. 
Ophidibivs. 



Apoobs 
ouSBB^Birs. 



Les 



3.<=SonS-Ct.ASSE. 
, ICHTHYOÏDBS IfUS, 

OU 4." Classe : 

iNcDIPBLLIFBBES. 



reptiles aquatiques composent la secon 
Classe , qu'il nomme Ichthyoïdes, 

1:: 



. /AMPHISBàlfE. 

IGbihpbubs. 

lG0UE.EUVBES» 
^PiLAMIDES. 

jHydbopbidbs 

/ViPÈEES. 
V.X<iTHlFBBBS* 

seconde Sous- 



«' sous-ordre : Dobsipabbs. 



^ Ordre i.«'—Batbacibiis 

ou Grenouilles. j . . 

- sous-ordre : Aqdivabbs, . 

Ordre a.« — Psbcdo-Sacbibns , ou Salamandres. 

Ordre3.« — Amphibiers^ ou Protéesel Sirènes. 

Ordre4.« — PsBUDO-OpBiDiEirs,' ouCécilics. * (b.J 



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R E P i85 

REPTILES FOSSILES. Les couches^ de la terre ren- 
ferment les débris de plosieurs reptiles 9 qui 9 bien certaiiie- 
ment, ne peuvent étire rapportés aux espèces maintenant 
connues des naturalistes. Les ordres des Ghéloniens, des 
Sauriens et des Batraciens en fournissent seuls d'assez com- 
plets pdur être déterminés. Le plus souvent on a indiqué 
comme de^s Opliidiens ou serpens fossiles, des cornes d'am- 
mon , ou bieu des empreintes de poissons anguilliformes , 
tels que l'anguille de Giarîs {Palœorhynchum , Blainv.) ou 
l'aiguille du même gisement {Anenchilum , Blainv. ) ; mais 
on ne connoît bien réellement de restes de serpens que 
quelques vertèbres isolées, qui se trouvent dans les brèches 
osseuses des bords de la Méditerranée , avec des restes àe 
mammifères, dont les espèces vivent actuellement.. 

Les couches les plus anciennes qui nous offrent ces dé- 
bris, appartiennent à la formation du calcaire compacte^' 
qui n'est autre que celle que plusieurs géologues nomment 
calcaire du Jura ou calcaire à cavernes. La formation des 
schistes métallifères , dont la position , relative à celle des 
autres terrains , n'est pas encore bien déterminée , et qui 
pourroît se trouver inférieure à celle du calcaire compacte , 
présente aussi quelques restes de reptiles fossiles. La craie 
en contient de bien caractérisés. Le calcaire à cérithes ne 
nous en a pas encore offert, si ce n'est un fémur attri- 
bdé à une tortue. Mais les gypses calcaires , tels que ceux 
des environs de Paris et d'Aix, en ont présenté assez 
fréquemment. Les terrains meubles ou d'alluvion qui con-r 
tiennent si abondamment des ossemens de grands quadru- 
pèdes , tels que des éiéphans , des rhinocéros , des hippo- 
potames, des mastodontes, etc., n'ont jamais présenté un 
seul vestige de reptile. Tous les débris de ces animaux 
observés jusqu'à ce jour , l'ont été , par conséquent , dans 
des couches en place. 

Ces couches sont de diverse nature ; les plus anciennes 
sont marines , comme celles qui appartiennent aux for- 
mations des ardoises métallifères, du calcaire fissile, tel 
£ie celui d'Âischtedt , du calcaire compacte et de la craie, 
es autres sont ^formation d'eau douce, telles que celles 
des gypses calcaires de France , et des schistes également 
calcaires , d^OËningen en Souabe. 

n s'ensuit que , parmi les reptiles enfouis dans le sein 
de ces couches , les uns se sont trouv s sur le littoral de 
la mer , ou bien ont été déposés dans son fond , tandis que 
les autres vivoient dans des lacs d'eau non salée. Il paroît 
aussi qu'une espèce a pu être tout-à-fait terrestre. 
• Le |>lus ordinairement i'. les restes de ces reptiles pré- 



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■86 R E P 

sentent encore toate la structure des ossemens des espèces 
vivantes; mais il en est quelques-uns qui sont imprégn^^ 
par la pierre ou par les pyrites que celle-ci contient , et 
qui ont acquis un poids et une dureté remarquables. 

Ayant traité avec quelque détail de pkisieiirs reptiles 
fossiles à leurs noms de genre, nous ne ferons que les 
indiquer ici , en y renvoyant. Deux espèces seulement^^^ayant 
pas été décrites à leur lieu , nous croyons d.evoir les faire 
connoître dans cet article général , qui sera vraisembla- 
ment consulté plutôt que ceux auxquels nous les aurions 
rapportées. 

Les Chéloniens nous fournissent sept espèces, savoir: 
i.^ La chtlonêe des environs de Bruxelles, figurée par Burtin 
et Faujas, et qui se trouve dans les cavernes du calcaire 
marin grossier, du village de Melsbroek ; 2.0 La chélonée 
des carrières de crâîe crossière, et d'apparence sablonneuse , 
de la montagne de Saint-Pierre de Maestricht ; 3.» La 
chélonée des ardoises de Glaris , figurée par Scheuzcher et 
par Knorr ; 4-.® La tortue terrestre des rocbers calcaréo-gyp- 
^seux d'Aix (Boxrches-du-Rbône) , décrite par Lamanon ; 
5." Le trionyx des gypses, de Montmartre ; 6.® et 7.^ Les 
deux espèces à'émi'tKs de la même localité , déterminées , 
ainsi que le trionyx, par M. Cuvier , sur de simples frag- 
mens de carapaces , mais suffisans pour faire reconnoître 
ées espèces d'eau douce. F. Tortues fossiles. 

Les Sauriens en présentent neuf au moins, savoir: r.^* et 
3.^ Les deux crocodÛes , dont Jes débris ont été trouvés dans 
différe&s Ueux , mais particulièrement dans les bancs de 
marne endurcie , grisâtre et pyrite use , placés au pied des 
falaises de ïl<mfleur, et immédiatement an- dessons de la 
craie (i); 3.^ Le crocodile d'AItorf , près de Nuremberg (royau- 
me de Bavière ) , au milieu d'un mauvais marbre gris , tout 
pétri d'ammcimtés ; ^.'^ Le tuphuanèis on monitor de Macs- 
trîclit , trouva dam la eraie grossière , et figuré dans Too- 
vragede M. Fanjas, sur la montagne de Saint-Pierre; 5.<> Le 
tupiaumîfis ou momior de la Tburinge^ auquel Swedenborg 
avoit donné le noia de .guenon ou de ^apajoa, et qui se 
trouve avec les |>oiss«His pyriteux , regardés jusqu'à ce jour 
comme étant d'eau douce, quo<k]u'avât invraisemblance/ 



(i) On pourroit peut-être ajouter les espèces auxquelles appar- 
tiennentles ossemens tVouvés dans le Vicentib cl décrits par Slernberg, 
et ceux qui ont été rencontrés dans les gypses des environs de Paris 
et mentionnéfl dans Pi^uvrage de M. Çuvier sur les oisemecs fossiles. 



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R E P 187 

comme le démontre M. de BUînviliey dans Tartlcle poissons 
fyssUes de ce dictionnaire ; G'^. Le tupincanhis ou monitor , 
décrit récemment par M. Soemmerîng, sons le nom de /tz^r^r^a 
g^gantea , et dont on a rencontré les dâirls k Meulenhardt 
près Manheim , 7.^ Le ptérodactyle aniitpu de M. Guvîer , ou 
or/uûiocéphale de M. S^mmeriog , des carrières d^Aischtedtt 
que Collini nous «voit anciennement fait connoître ; 8.^ et 

3.? enfin ) les piéroâetùtyies ou ormthocéphaies Irêoirostre et géant y^ 
ont M» Soemmering a décrit et figuré les débris qui pro- 
viennent àtÈ mémeà carrières. V^ les articles Crocodile , 

PTÉRODé.CTYLE , MoNlTOR et TuWNAMBIS FOSSILES. 

Ainsi que nous l'avons dit, les Ophidiens n'ont offert 
que quelques vertèbres dans la brèche rouge calcaire des 
environs de Cette , et ces vertèbfes ont la ferme et la 
grandeur de celles de notre couleuvre à collier (^eolubcr 
natrixy Elles sont confondues avec des ossemens assea 
nombreut de quatre sortes d^animaux déterminés par M, 
Cuvier ; savoir : des lapins de la taille et de la forme de 
ceux d'aujourd^hui; des lapins d^un tiers plus pe^ts; des 
rongeurs fort semblables au campagnol, et des oiseaux de 
la taille die la bergeronette. 

Ùaudin , qui a fait un mémoire sur les reptiles fossiles , 
dit que M. Marcel de Serres lui a mandé , en Tan 8 , 
que d'Hauteville possédoi^ à Montpellier, un serpent entier, 
incrusté dans un schiste noir ; mais que JVI. Faujas ^ qui a 
vu ce prétendu serpent^ lui a certifié que c'étoit une corne 
d'Ammon , dont les spires étoient en partie déroulées. 

I^es glossopèlres oa langues de serpens pétnyiées ^ ioïn à' app^r- 
tenir à ces animaux, çont de vraies dents de squales. F, 
Poissons pétrifiés et Glossopètres. 

X«es Batraciens fossiles apparviennent à denx espèces 
seulement, qui ont été trouvées dans les schisites calcaires 
fétides d'OEningen , au milieu d'on assez ^atad nombre 
de poisstms différens , et qu^on a considérés coMume appar- 
tenant am eaux douces. Ces fiKisâles^ par eo)Rséquent , assez 
récens ^ appartreniient À des espèces qui bous «ont incon- 
Dues maôitefiani ; Tun tsUWï prêtée ^ àit^si que M. Cuvier 
Ta reconnu; Tartre est ma cpt^Mod. 

Le Proi'ée s'Œningen, d'abord décrit et«figuré par 
Scheozcher, sous le nom à'iàomme iétnom âa déluge ( homo 
àilmii iestis ) , passa , pendant plus de trente ans , comme 
étant en effet un véritable anthropolite. Mais, en ijSS, 
Jean Gesner , dans son Traité de pétrifoca/iorK ^ conjectura quQ 
ce pouvoit bien n'être qu'un mai ou salut (silurus glanis , L.) 
Depuis cette époque 9 cette dernière opinion a prévalu jus* 



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i88 R E P 

qu'à ce que M. Cuyier ait pu disséquer les reptiles douteux , 
connus sous les noms de sirène , de prpiée et SaxdoU^ et 
sur lesquels il a publié un mémoire dans le recueil à^obser- 
cations zoologiques , de M. de Humboldt. 

Dans son mémoire sur les reptiles des schistes, M. Cuyièr 
figure comparativement^ et dans des dimensions proportion- 
nelles ^ le squelette du proiée, celui du silurus glanis et les 
deux pièces les mieux reconnues du fossile d'OEningen, 
c'est-à-dire , l'individu étudié par Scheuzcher , et celui de 
la collection d'Ammann , qui a été publié par M. de Karg, 
dans les mémoires de la société de Souabe , pi. 2 , fig. 3. 

Il compare ensuite ces trois animaux entre eux , afin de 
faire connoître leurs différences et leurs ressemblances , et 
il s'attacbe surtout à démontrer la fausseté de Topinion de 
Scbeuzcber , qui, dans ce fossile , avoît trouvé a une des reli- 
ques les plus rares que nous ayons de cette race maudite 9 
qui à l'époque du déluge fut ensevelie sous les eaux. » ( Phy- 
sique sacrée , page 66. ) 

Selon M. Cuvier , « l'individu observé par Scheuzcher 
auroît pu à lui seul ; si on l'eût examiné avec attention , 
désabuser de l'idée que.c'étoit un anthropolite. Les pro- 
portions des parties offrent déjà de grandes différences. La 
grandeur de la tête est bien à peu près celle d'un homme de 
moyenne taille ; mais la longueur des seize vertèbres est 
de quelques pouces plus considéral>le qu'il ne faudroit : aussi 
voit-on que chaque vertèbre , prise séparément , est plus 
longue , à proportion de sa largeur , que celle de l'homme. • . 
La rondeur de la tête, qui aura été la principale cause de 
l'illusion , n'offre cependant qu'un rapport éloigné avec la 
forme de la tête humaine. » Le front manque tout-à-fait ; les 
orbites sont très -grands; l'intervalle qui les sépare est 
garni d'os entiers , qu'une suture longitudinale distingue ; 
caractères qui manquent totalement dans l'homme. On ne 
voit aucune trace de dents , ce qui n'est pas le trait le moins 
caractéristique de ce fossile, et ce qui tend encore à faire 
repousser l'idée d'y voir un anthropolite. L'ayant comparé à 
un silurus glanis j amsique Ta fait M. Jœger, M. Cuvier re- 
marque : « i.^ qu'à grandeur %ale de tête, le silure n'au- 
roit pas plus des deux tiers de la longueur du squelette fossile 
de M. An^mann , lequel , quoique plus entier que celui de 
Scheuzcher , n'est pas encore complet ; a.^ que , dans le 
i|kême espace où l'épine du silure contient quinze vertèbres, 
celle des deux squelettes fossiles n'en offre pas plus de cinq 
ou six ; 3*^ qu'il n'y a aucun rapport de forme entre les ver- 
tèbres encore plus courtes du reste de, l'épine du silure , et 
les vertèbres plus longues que larges des fossiles, et que la 



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R E P i8ô 

totalité de Tëpine da aîlare est de 70 vertèbres ^ tandis que 
Ton n^en peut compter qae 3o ou Ss dans Tépine, beaucoup 
plus longue, du fossile ; 4*^ qae les fossiles n'offrent aucuii 
▼estige des longues apophyses épineuses de la queue du 
silure ; 5.^ que c'est par un pur hasard qu'il y a des os d'ex- 
trémité au fossile ^ yis-à»Tb de l'endroit où sont attachées les 
nageoires ventrales du silure; mais que la correspondance est 
illusoire; puisque dans le silure c'est l'extrémité antérieure , 
et que dans le fossile c'est la postérieure ; 6.^ que l'extrémité 
postérieure du fossile est fort loin en arrière , et que vis-à-vis 
du point où elle est attachée , la queue du silure est prête à 
se terminer; j.^ que les deux extrémités du fossile présen- 
tent des os solides, cylindriques ^ semblables à ceux des 
quadrupèdes et des reptiles , et nullement à des rayons arti- 
culés ni épineux, comme ceux des nageoires des poissons ; 
8.* que le silure ne montre rien de semblable aux petites 
côtes répandues des deux côtés de l'épine , dans l'individu 
de M. Ammann ; g,^ enfin , que si l'on compare la tête , on 
ne trouve de ressemblance ni dans les contours généraux , ni 
dans les détails. 

Tout au contraire elle rapproche ces fossiles des salaman« 
dres; et l'on en sera bientôt convaincu , si Pon place un sque- 
lette d'un de ces derniers animaux, à côté de la figure des 
fossiles : tous les traits que nous venons de signaler , pour 
distinguer ces derniers de l'homme et du silurus glanis, se 
trouveront exactement reproduits dans la salamandre. 
' La seule différence consiste dans la position du bassin at- 
taché à la dix-huitième ou dix-neuvième vertèbre , au lieu de 
l'être à la quinzième; mais cette différence est peu impor'^ 
tante , puisque l'axolotl du Mexique porte le sien suspendu 
à la dix-septième vertèbre , et le protée de la Carnioie vis-à^ 
vis de la trente -unième. 

Le fossile appartient donc à la famille des salamandres , 
ainsi que le détermine M. Cuvier. Ce savant recherche en- 
suite à quel genre il doit être rapporté. Il remarque qu'on y 
observe deux petits os , un de cnaque côté de la première 
vertèbre , et que ces os ne se trouvent que dans les sirènes 
les proiées et V axolotl ^ chez lesquek ils sont destinés à porter 
les branchies qui existent conjointement avec les poumons. Il 
le rapproche donc de ces animaux ; et il observe qu'il res- 
semble particulièrement au protée du Mexique ou axolotl, 
quoique la grandeur de ses orbites , qui annonce celle de 
ses yeqx , dût rendre sa physionomie plus semblable à celle 
de notre salamandre terrestre. 

« Quant à sa grandeur absolue, ajoute-t-il , il devoit 
avoir trois pieds | ou à peu près, depuis le bout du museau 



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igo R E P 

jusqu^à IVxtrémité de la qiieae ; il étoU donc encore nn peu 
plas grand que la sirène ; il étoit sartont plus gros à propor* 
tîon ; la longueur de sa tète étoit de quatre pouces^ et sa 
plus grande largeur , qui déterminoit à peu près le diamètre 
de son corps , de six pouces trois lignes* 11 est difficile de 
donner au juste la longueur de ses membres, et à peu près 
imj^ossible de fixer le nombre de ses doigts; mais sts extré- 
mités de devant étoient éloignées d'environ quinze pouces de 
celles de derrière , et la longueur étoit au moins d'un pied.» 
La grandeur de cet animal peut paroitre considérable au 
premier abord ; mais elle surprendra moins lorsqu'on saura 
que Fouché d'Obsonville en indique d'aussi grands^ dans les 
lacs du Thibet. 

« Nul doute qu'il ne f&t aquatique , et quUl ne vécût avec 
les innombrables poissons dont les dépouilles accompagnent 
les sirènes, dans cet ancien lac qui a déposé les schistes 
d'OSËningen, et qui étoit à peu près à cinq cents pieds au-des^ 
sus du niveau actuel du lac de Constance. » 

Ces poissons ont été considérés par plusieurs naturalistes 
comme appartenant aux espèces qui vivent dans nos rivières 
et nos étangs ; mais ils y ont aussi reconnu un mélange de 
poissons dé mer , qui est inexplicable. M. de Blainville 
( V. Poissons fossiles ) n'a reconnu , parmi ceux qu'il a 
examinés , que des espèces d'eau douce. 

Le CRÂPAun fossile , aussi retiré d'une des carrières 
d'OEningen, et conservé dans le cabinet de Lavatei^ Zurich, 
a été figuré par Andreae dans ses lettres sur la Suisse, pi. xv, 
fig. 6 , et copié par M. Cuvier , Oss,/oss, , tame^j Mém. sur 
les reptiles des schistes , pi. i « %. 5. 

Quoique Razoumousky et M. Karg disent qu'il y a des cô- 
tes et des fausses cètes , ce qui rend leur description sus- 
pecte , la figure de ce fossile n'en montre aucune , et repré- 
senté un squelette bien conservé du genre rana de Linnœus. 
C'est particulièrement au genre des crapattâs^ démembré de 
celui-ci , que M. Cuvier le rapporte , à cause du caractère 
que présentent la largeur et l'aplatissement des apophyses 
transverses du sacrum; les grenouilles proprement dites les 
ayant simplement arrondies, et guère plus grandes que celles 
des autres vertèbres. . ^ 

<r Parmi nos crapauds, ajoute-t-il, il nV en a qu'un seul 
qui ait ces apophyses précisément de la forme à^ fossile ; 
c'est le crapaud à bande longitudinale jaune sur le dos 
( Bufo calamita ) , celui qui répand une si forte odeur de sou- 
fre. Le crapaud commun les a plus étroites. Le crapaud brun 
des marais ( Bufo Roëseli ) , le crapaud à ventre couleur de Jeu 
( Bufo homhinus^9 les ont plus larges d'avant en arrière que 



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R E Q ^ ,91 

transversalement « ce qoi leur donne la fignre d'an fer de 
hache. Un second motif en faveur de la même espèce, seroît 
la brièveté du tibia du fossile, attendu que le hufo calamita 
porte aussi cet os plus court k proportion que les autres cra^ 
paiids de notre payft Mais Texamen des vertèbres prouve 
qu'elles ont des apophyses transverses plus longues et p(us 
pointues que celles du bufo calamita, et que la seconde, qui de- 
vroit avoir ses apophyses plus courtes que la troisième et la 
quatrième , et dirigées en avant , paroît au contraire , à en 
juger par le dessin , les avoir plus longues et dans la même 
direction que les suivantes. » 

Si ces traits sont fidèles , ce que nous pourrons bientôt vé- 
rifier , car la pièce décrite doit être envoyée incessamment 
à Paris, il ne demeurera point douteux que ce crapaud ne 
soit différent des nôtres. (OESlf.) 

REPTITATRIX. Le Grimpereau a été désigné par 
Turner sous cette dénomination latine, (s.) 

RÉPUBLICAIN. Nom qu^on a donné à des moineaux 
du Cap de Bonne-Espérance, parce qu^ils rapprochent leurs 
nids en grande quantité, pour en former une seule masse 
à plusieurs compartimens. (t.) 

REQUACH. Nom donné, en Cochinchine , au phartra 
coccinea de Loureiro , plante qui pourroit être la même 
que la Baubit^ie grimpante de Linnaeus. (ln.) ' 

RËQUEBRO. Nom qu'on donne , à Almaden, à une 
qualité inférieure de minerai de mercure, (lti.) 

REQUEURIE, Requeuria. Arbrisseau du Pérou/ à 
feuilles opposées , pétiolées , oblongties , très-entières , gla« 
bres , à Heurs jaunes , portées trois par trois sur des pédon* 
cules axillaires , qui forme un genre dans la téttandrie tétra- 
gynie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice triple, persis- 
tant, dont deui monophylles, bipartites, et Tititérieur dé deux 
folioles concaves ; une corolle de quatre pétales concaves ; 
quatre étamines ; un ovaire supérieur ovale, à quatre styles 
très-courts ; une capsule ovale \ tétragone , à quatre valves 
couronnées par les styles , à quatre loges , contenant un 
grand nombre de semences, (b.) 

REQUIEM. On 4onne ce nom au REQtjfî^. (b.) 

REQUIN, Carcharias. Sons-genre introduit parmi les 
SqvaWes par Cuvier. Il a pour type le Squale de ce norn, 
très-célèbre à raison de sa grandeur, de sa force, de sa har« 
diesse et de sa voracité; on Tappeile aussi çkien de mer et lamie. 

Le corps du requin est très- allongé relativement à son 
diamètre ; sa tête , qui est mince et large , se termine an té- 
rieurcment en pointe courte ; ses yeux sont à moitié couverts 



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iga R E Q 

par une membrane ; derrière se voient tes cinq troua des bran-^ 
chies^ et sous le museau, les narines, qui sont à moitié recou- 
vertes par UQ appendice de la peau; l'ouverture de sa bouche 
est en dessous , assez loin du bout du museau ; elle est très- 
large , et ses mâchoires sont armées de plusieurs rangs Ae 
dents triangulaires, pointues, aplaties, dentelées et blanche» 
comme* de rivoire, qui augmentent en nombre avec l'âge ; 
sa langue est courte, épaisse et cartilagineuse ; son anus est 
situé entre les nageoires ventrales ; sa peau est grise , très- 
rude au toucher, et ses nageoires brunâtres. 

« Ce formidable animal , dit Lacépède, parvient quelque- 
fois à plus de trente pieds de long , à plus de mille livres de 
Ï^oids; il s^en faut même de beaucoup qu'il ait été prouvé que 
'on doive regarder comme ei^agérée Tassertion de ceux qui 
ont prétendu qu'on avoit péché un requin de quatre mille, 
livres de poids. 

a Mais la grandeur n'est pas son seul attribut; il a reçu aussi 
la force et des armes meurtrières ; et féroce autant que vorace, 
impétueux dans ses mouvemens, avide de sang et insatiable de 
proie , il est véritablement le dgre de mer. Recherchant sans 
crainte tout ennemi, poursuivant avec plus d'obstination, 
attaquant avec plus de rage , combattant avec plus d'achar- 
nement que les autres habitans àes eaux; plus dangereux que 
i>lusieurs cétacés qui , fort souvent, sont moins puissans que 
ui; inspirant même plus d'effroi que les baleines, qui, moins 
bien armées et douées d'appétits bien différens, ne provoquent 
presque jamais ni l'homme ni les grands animaux; rapide dans 
sa course ; répandu sous tous les climats ; ayant envahi, pour 
ainsi dire , toutes les mers ; paroissant souvent au milieu des 
tempêtes ; iaiperçu facilement par l'éclat phosphqrique dont 
il brille au milieu des ombres des nuits les plus orageuses ; 
menaçant de sa gueule énorme et dévorante les infortunes 
navigateurs exposés aux horreurs du naufrage , leur fermant 
toute voie de salut, leur montrant en quelque sorte leui^ tombe 
ouverte, et plaçant sous leurs yeux le signal de la destruction, 
il n'est pas surprenant qu'il ait reçu le nom sinistre qu'il porte, 
et qui , réveillant tant d'idées lugubres , rappelle surtout la 
mort, dont il est le ministre. Betfum est, en effet, une corrup- 
tion de requiem , qui désigne depuis loi^-temps en Etirope ta 
mort ou le repos étemel, et qui a dû être souvent , pour des 
passagers effrayés, l'expression de leur consternation à»la vue 
d'un énorme squale et des victimes déchirées ou englouties 
par ce tyran des ondes. Terrible encore quand on a pu par-r 
venir à l'accabler de chaînes , se débattant avec violence lors 
même qu'il est déjà tout baigné dans son sang, et pouvant 
d'un seul coup dé sa queue répandre le ravage autour de lui 



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R E Ï93 

il rinstant même où il est près d'expirer « D'est-U pas le plus 
formidable de tous les animaux auxquels la nature n'a pas 
départi des armes empoisonnées ? Le tigre le plus furieux au 
mUieudes sables brâlans, le crocodile le plus fort sur les riva- 
ges équatoriaux, le serpent le plus démesuré dans les solitudes 
africaines 9 doivent-ils inspirer aqtant d'effroi qu'un énorme 
requin au milieu des vagues agitées ? » 

Mais quel est le principe de cette pubsance et la source de 
celte voracité ? 

On a dit que Touverture de sa bouche étoit immense ; et 
en effet, on en a vu dont les mâchoires Nouvertes avoient 
quatre à cinq pieds de diamètre ; et Lacépède a constaté que 
les moyens^ ceux de trente pieds, par exemple, présentoîcnt, 
lorsqu'on mesuroit cette partie, douze pieds de circonfé- 
rence. 11 ne faut donc pas être étonné , lorsqu'on lit dans 
tant de voyageurs , que les requins avalent non - seulement 
des hommes tout entiers, mais même des chevaux, des bœufs, 
et autres grcnds animaux que le hasard fait tomber dans la 
mer. 

On a dit encore que les mâchoires du requin étoient gar^ 
nies de plusieurs rangs de dents, qui varient en nombre, se- 
lon rage. En effet , dans les jeunes requins , il n'y a souvent 
qu'un rang k chaque mâchoire, ou un rang à la mâchoire 
inférieure et deux à la supérieure ; mais , dans lès requins 
très-âgés , il y en a généralement six rangées k chacune , ce 
qui fait en tout environ quatre cents dents , à trente par ran- 
gées. Ces dents ne sont pas enchâssées dans un os , comme 
celles àes quadrupèdes, mais dans les cellules cartilagineuses 
des mâchoires , ce qui leur donne la faculté de se coucher 
en arrière ou de se redresser à volonté , selon le besoin. 
Ordinairement, il n'y a que le premier et le second rang qui 
soient relevés ; maïs, dans les grandes occasions , lorsqu'il 
s'agît de saisir une victime d'ane grande vigueur , toutes se 
meuvent à la fois ou successivement, et multiplient les bles- 
sures en même temps que les points d'arrêts. 

Les rangs inférieurs des dents du requin étant les derniers 
formés , sont composés de dents plus petites ; mais, dan| leji ' 
très- vieux requins, leur différence est presque nulle. 11 n'est 
pas vrai^ ainsi qu'on le croit généralement ^ que les dents 
intérieures soient destinées k remplacer celles des premiers 
rangs lorsqu'elles ont été cassées ou arrachées par quelque 
accident. Plusieurs naturalistes .modernes, et en dernier lieu 
Lacépède, l'ont constaté d'une manière indubitable. Lors- 
qu'un requin perd une de ses dents , et cela 4ui arrive sou- 
vent, il lui en pousse une autre, ou mieux,une des très-petites 
dents qu'on remarque à la base de toutes les grandes , prend 

XXIX. i3 



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ifii R E Q 

la place vide , et parrieot avec le temps k la remplacer. On 
jprend très-fréquemment des requins avec des dents ainsi crues 
«près coup, et dont on peut presque calculer Tâge en com- 
parant leur grandeur à celle des autres de la même rangée. 

La hauteur des dents antérieures d'un requin de trente pieds 
de long est îl'environ deux pouces , et leur largeur à la base 
de deux et demi , sans comprendre la racine ; mais on voit au 
Muséum d'Histoire naturelle de Paris , une dent de requin 
pélfifiée, trouvée auprès des Pyrénées, à Dax, quia/ 
sans compter la racmc , près de quatre pouces de hau- 
teur. L'animal auquel elle a appartenu devoit donc avoir plus 
de soixante pieds de lon^ ( Lacépède , d'après un calcul in- 
contestable, lui attribue soixante et onze pieds^ et une bouche 
de neuf pieds de diamètre ). 

Toutes les nageoires du rëq^iii sont ^rmcs, roides et car- 
tilagineuses. Les pectorales. sont les plus grandes, ensuite 
celles de la queujC ; toutes sont mues par des q(kuscles puis- 
sans ; aussi nage-t-il avec la plus grande vélocité ; aussi, un 
individu de petite taille, de six pieds, par exemple, peut-il , 
lorsqu'il est hors die l'eau, casser les jsunbes et même tuçr un 
bomme dVo seul coup de queue. Sa peau est toujours enduite 
d'une mus^osité abondante, qui ^ort des glandes placée^ au- 
tour du museau , et qui est ém^P^ii^nf^ci^t phosp|iorique dans 
cert^es circoDstapces. 

La fécondation des requins , compte celle des Baies, se 
fait par un véritable accouplement, mais cependant imparfait. 
. L'époque où les mâles recherchent les femelles varie ; mais 
c'est presque toujours au commencement du printemps. Alors 
ils s'approchent des rivages , s'apparient et appliquent leur 
ventre l'un contre l'autre, de manière que l'anus du mâle 
coïncide avec celui de la femelle. 11$ sont maintenus dans 
cette position par le moyen des appendices crochus du mâle » 
ainsi que par |e croisement de leurs nageoires. 

Cet accouplement est plus ou moins prolongé, et se répète 
plus ou moins fréquemment, jusqu'à ce que le mâle ait épuisé 
sa laite, ou que les œufs de la femelle aient été tous fécondés. 
Le même mâle peut s'unir successivement à vingt femelles 
différentes ; car il n'a aucuqe constance dans ses amours , et 
ie hasard décide seul de son choix. 11 en résulte la féconda- 
lion d'une assez grande quantité d'œnfs qui éciosent à diffé* 
rentes époques, et dans l'ordre de leur fécondation, dans le 
ventre de leur mère. Il en sort ordinairement deux ou trois 
petits à la foi», et dans des temps inégaux ; mais cela a lieu 
pendant presque tout Tété. On peut cependant difficilement 
£xer le nombre des petits qui naissent d^ns le courant d'une 



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n E Q jgS 

âonée : Laeëpède' pense cepeBdaot, d'après quelques faits, 
^foe et ttontbffe ¥« quelquefois aa-delà de treoie. 

Lies mub des reqaios sont de la forme et de ta conststance 
de ceux ées Raies, c'est-à-dire 9 qu'ils neprésentent une 
«apèce de coussin {MHraUéfogrtnintiqoe , de BJUafre cartilagî- 
nense, dont les quatre angks portefit,ain câtés les plus étroits» 
des filamensde mèfloe nature, très-détiés, et de plus de (rots 
pieds de long. On trouve souveat, sur les rivages, de ces œufe 
refetés par le flot, et très-evtiers. Il est probwle que ce sont 
ceux qui n'ont pas été fiécondés, on qui sont sortis du ventre 
de leur mère avant le terme prescrit parla nature; car soa«- 
vent il s'en fait des expulsions nréguiières , comme chez les 
raies. ' 

A leur sortie du ventre de lenr mère, les jeunes sçuales 
n'oat que cinq à six pouces de long; mais h pebe ont -ils 
acquis un rane de dçnts , qu'ils se livrent déjà à de grandes 
destructions : leur Férocité devance leur puissance. An reste» 
quoiqn'ib n'arrivent que lentement, et en éprouvant de nota- 
bles cliangemens, aux derniers degrés de leur puissance, on 
n'a aucune donnée positive d'après laquelle on puisse fixer 
ûes idées à cet égard. Il taudroit pouvoir suivre la croissance 
du même requin , depuis sa nai3sance jusqu'à sa mort natu*- 
relie ; on ne l'a pas encore entrepris, et il est probable, on 
sent bien pourquoi , qu'on ne l'entreprendra pas de long- 
temps. Qmî qu il en soit, il y a^tout lieu de croire que les 
requins peuvent parvenir à une très-grande vieillesse , peut- 
être à plusieurs siècles, si on compare la grandeur gigantesque 
de qifêlques indindus à la taille commune du plus grand 
nombre. * 

On trouve des reqmns dans toutes les mers ; ils sont sur- 
tout très-abondans dans la Méditerranée; aussi ont-ils étémen- 
tionnés par tous les naturalistes ç*ecs et latins. C'est Belon 
qui en a donné le premier dessin. Ils ont été depuis figurés un 

Îrand nombre de fois, entre autres par Bloch et Lacépède. 
Is se tiennent ordinairement dans les fonds de la haute mer, 
mais Àe montrent fréquenunent à la surface pour y chercher 
leur proie. Ils ne s'approchent des cAtes que lorsque la faim 
les presse, ou qu'ils sont poursuivis par le mular {physeUr 
macrocgphalusj Linn. ), qui leur fait une guerre d'extermi- 
nation. Ils avalent toutes sortes d'animaux vivans bu morts, 
4es coupent quelquefois enjeux on trois morceaux, mais ne 
les mâchent nâ ne les déchirent jamais , comme on s'est plu 
à le dire. La position de leur bouche les oblige de se retour- 
ner pour saisir les objets qa'Hs convoitent et qui ne sont pas 
au-dSessous d'elle ; ce qui favorise la fuite de beaucoup de leurs 
vittimes. Ib attaquent les hommes partout où Lis peuvent les 



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196 R E Q 

attraper, et surtOQt les nègres ; aqssi les relations des voya-- 
gears sont - elles pleines d^événemens tragiques qu^ils ont 
occasionés. Lorsqu'ils rencontrent an vaisseau dans la 
haute mer, ils raccompagnent ordinairement plus ou moins 
long-temps pour profiter des restes de la cuisine qu'on jette 
dehors , pour saisir les hommes qui tomhent dans la mer ou 
qu'on y jette après leur mort. Les vaisseaux négriers surtout. 




; que le désespoii 
4^alubrité de l'air ou la faim font périr journellement. 

La voracité de ce poisson rend sa pèche facile ; aussi les 
matelots , lorsque dans le calme ils n'oiit rien k faire , ne 
manquent -^ ils jamais de s'y livrer. Pour cela , ils attachent 
un morceau de viande, et méme*quelquefois un simple mor- 
ceau d'étoffe , à un gros hameçon fixé k une chaîne de fer et 
attaché à une longue corde , et font descendre le tout dan^ la 
mer. Le requin, surtout lorsqn^ il a faim, ne manque pas de se 
jeter dessus et de se prendre; alQrs on le hisse sur le pont, on 
le tue à coups de hache , et on le dépèce pour le manger. On 
le prend aussi fréquemment, lorsqu'on n'a point d'appât à lui 
offrir, avec la fouenne. Pour cela , un matelot exercé se tient 
sur le gaillard d'avant, et lorsqu'il en paBse un à sa portée , 
il lui lance son arme sur le dos. Le monstre, blessé» fait des 
bonds prodigieux, se touiipe et retourne dans tous les sens 

i»our se débarrasser du dard meurtrier , rejette souvent tous 
es alimens qu'il a dans l'estomac,' et enfin fuit avec vitesse. 
Alors on lui lâche autant de corde , à laquelle est attaché le 
fer, qu'il est nécessaire; mais pendant qu'il nage , il perd son 
sang, s'affoiblit, et bientôt on peut le rapprocher du vaisseau 
et 1 y faire monter sans.danger. C'est toujours un spectacle 
fort agréable pour les passagers , ennuyés de la monotonie 
d'une longue navigation, que la prise d'un Tequin, surtout 
lorsqu'il est d'une certaine grosseur, ainsi que j'ai eu occasion 
d'en juger plusieurs fois. 

, On arrête .souvent des squale^ dans les filets qu'on jette 
pour prendre des harengs et autres poissons, dans ceux 
tendus à demeure pour emprisonner les thons , mais c'est 
presque toujours contre les vœux des pécheurs, qui se trouvent 
exposés par là à manquer plus ou^noins leur but et à perdre 
leurs filets 9 que ces monstrueux animaux entrakient ou dé- 
chirent de manière à ne pouvoir plus être de service. Ils sont 
rarement dédommagés de leurs ravages par la vente de l'huile 
qu'ils retirent de leur foie ou de leur graisse et par celle de 
leur peau, quoique ces objets soient aun débit assez avan- 
tagejix. 



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R E Q 197 

On Toît fréquemment 3ar la côte d^ Afrique, et quelquefois 
dans les mers de Tlnde et de rAmérique, même, dit-on, 
en Europe , des hommes assez hardis pour aller attaquer le 
requin corps k corps au milieu de la mer. Ils nagent vers lui, 
le harcèlent, et lorsqu'il se retourne pour les engloutir, ils 
lui fendent le ventre avec un poignard, ou lui mettent dans 
la hottche, perpendiculairement aux deux mâchoires, une 
barre de fer pointue aux deux bouts , qui Tempêche de les 
refermer , et permet dé l'amener sur le sable au moyen de là 
corde qui y est attachée. Ces combats sont les analogues de 
ceux auxquels on se livre dans leS mêmes pays contre les 
CaocOBiLEs. V, ce mot. 

Les requins ont pour ennemis quelques espèces de cétacés < 
qui leur livrent de. furieux combats , entre autres , comme on 
Ta déjà dit, le physeter macrocéphale. Ils se battent aussi quel- 
quefois entre eux, à ce que rapportent les voyageurs. Il faut 
en général, cependant, se défier des descriptions de ces com- 
bats, qui portent tous les caractères de l'exagération. 

On voit trèS'fréquemment des Echéivéis ( Fayez ce mot ) 
attachés sur le dos des requins. On a fait un grand nombre 
de contes à leur sujet. Le vrai est que ce poiisson singulier 
s^attache sur eux comme scir les autres gros poissons , comme 
sur les vaisseaux, parce quMl est de sa nature de s'attacher 
ainsi; mais ce n'est certainement pas dans des intentions de 
bienveillance ni de malveillance à Tégard des requins , et ce 
n'est pas par un retour de tendresse que les mêmes requins 
ne le mangent point 

Il n'en est pas de même des autres petits poissons qui 
accompagnent également souvent les requins et les vaisseaux, 
tels que le GeNTEONOTE pilote, le. Pimeleptere bosquien, 
sur lesquels on a fait les mêmes contes. Je me suis assuré , 
contre l'opinion généralement admise parmi les matelots, 
demi^ment appuyée de l'assentiment de Geoffroy, que ce 
n'étoit pas dans le but d'indiqueiy au requin la proie qui 
lui convient, et qui esèà sa portée, afin d'en profiter, que ces 
poissons vivoient dai|s sa compagnie, mais pour vivre de ses 
excrémens. On peut toujours empêcher lei centronotes et ]es 
pimeleptères de le suivre, comme je l'ai fait, en leur jetant de la 
purée de haricots ou de petits morceaux ^e viande. Bloch avoit 
dit , avant moi , que l'opinion des matelots étoit sans doute 
une fable, parce que les dents du requin sont disposées de 
manière, ainsi qu'on l'a déjà dit, à ce qu'elles ne peuvent 
déchirer ni mâcher sa proie, c'est-à-dire qu'il l'avale entière» 
et par conséquent ne peut rien laisser aux centronotes ou pi- 
meleptères pour prix de leur complaisance. 
Les sensles plus perfectionnés chez les requins paroissenl 



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igS R E Q 

éire l'odorat etPcoïe. lis accourentplascertatnein^iitet de 
plos loin y lorsqu'on jetle un morceau de viande corrcmipoe 
dans la mer, que lorsqu'on en j«lte u» de made fraîche. Et 
Bloch rapporte que lesGroënlandais, qui fréqoenient une mer 
abondante en requins, dans de petits canots faits avec ta peau 
de ce poisson , ont soin de faire le moins de bmit possible 
pour moins risquer d'ôtre avalés avec tewr canot par ces 
monstres , qui accourent, dans le oas> contraire > des profon- 
deurs de rCkéan. 

La chair du requin est dure et coriace ; cependant elle se 
mange gënéralement; celle deviennes surtout, ainsi que je 
Tai jugé par expérience , est agréable au goût. La partie quii 
est immédiatement sous la peau et dont & couleur est rou- 
geâtre, passe pour la meilleure. Leamatelotses recherchent le 
▼entre, et cette nomriture fait une diversion utile aui& aHmené^ 
salés dont ils sont presque exchnivement nourris dans les 
▼oyages de long cours. Les nègres Tàiment beaucoup, la pré- 
fèrent même souvent à celle de toute autre espèce depoîsson. 
lues peuples du nord de l'Europe la laissent corrompre h 
moitié pour la rendre plus tendre. Ils la font saler ou sécher 
pour la conserver pendsmt l'hiTer. Hs^prépareat s» pea» pour 
en faire des bamois de chevaux , des souliers, etc. On tire de 
son foie une huile bonne à brèler et à être employée dans 
les arts, et ce jusqu'à la concurrence de deux et même deux 
tonnes et demie par chaque poisson. On en tire également de 
sa graisse, en la taisant bouillir à grande eau ou en la fondant 
à sec dans des marmites de métal. On fait encore d^excelkn» 
r^agoôts avec son foie , surtout des omelettes analogues aux 
omelettes au lard.^ 

L'ancienne médecinie . regardoii la cervelle des requins 
séchée et réduite en poudre , comme apéritive et ^urétique, 
et ses dents, également en poudre, comme propres pour 
arrêter le cours de ventre , guérir les hémorragies , provo- 
quer les urines , détruire la pierre dans la vessie, ete. Ces 
prétendues vertus ont disparu au flambeau de la raison. Des 
préjugés encore plus absurdes avoient» fait attribuer à ces 
mêmes dents , portées dans la poche, la faculté de guérir des 
maux de dents et de la peur. Ea conséquence on les enchâs- 
soit dans de l'or et de rareent , et on se les transmettoit en 
héritage comme des meiAles du plus grand prix. On ne voit 
plus heureusement de ces amulettes en Europe , autre part 
que dans les cabinets des curieux; mais elles rendent un té- 
moignage bien alBigeant de l'ignorance de nos pères. 

On a trouvé au mont Bolca, près de Véronne , une em- 
preinte presque complète de requin de cinq^à six pieds de 
long 9 et dans d'autres liçux quelques fragment plus ou moins 



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R K s 199 

cofisiâérables de cette même espèce; mais leurs dents, dont la, 
dureté favorisoit la conserration , se rencontrent dans cer* 
tains lieox en nombre incroyable. Les premières dont les 
naturalistes se soient occupées aroient été rapportées de Tîte 
de Malte , où elles sont irès-commtmes , et oà on est dani 
r absurde opinion que ce sont les langues des strrpens pétri6és 
par TapAtre saint Paul, à son arrivée dans cette île ; ce qui 
les a fait appeler glossopètrè , et letir a fait attribuer des 
vertus surnaturelles, comme cela a toujours eur Heu lorsque 
des idées d'un fanatisme ignorant se sont jointe» à des phé^ 
nomènes naturels incompréhensibles. Uepuis , on en a dé- 
couvert dans les pays de seconde formation, comme dans 
les pa^s k couches , presque partout enfin ; ce qui fait croire 
que les requins» n'étoicfntpasmoinsabondans dans l'ancienne 
mer que dans la mer actuelle. Quelques-unes de ces dents^ 
fossiles, comme on Fa déjà dit , ont des dîmemions telles , 
qu'on ne peut que se faire une idée épouvantable de la 
grosseur des monstres aitxqnels efies ont apparAnu. On pour- 
roit beaucoup s'étendre sur ces fossiles, si on vouloit rap^ 
porter tout ce que le» anciens oryctograpbes en ont dit; 
mais on croit qft'il suffit de coA»laier qu'ils oiit af paricnti 
il des requmâ ou à dPautres espèces du genre squale. Il est 
probable que plusienrs des dents figurées en si grand 
nombre dans leurs ouvrages , ont afppartenu à des espèces 
encore inconnues ou mféme perdiKS ; mais Pétat actuel de 
nos connoissances ne permet pas encore de se former d^ 
dées (ses sur cet objet. 

Les grandes espèces de sqnales> principalement celui q oe 
linnœus a appelé particulièrement squalus mafximus , ont 
été très-souvent confondues avec le requin proprement dit , 
dont elles ne diffèrent en effet que fort peu par leur organisa- 
tion générale et par leurs mœurs. On doit à Broussonnet 
une excellente monographie de ce genre , où il traite en dé- 
tail de cette espèce, (b.) 

REQUINS (oKTîSDE) FOSSILES. F. GLOSsortrraES 
et Poissons fossiles, (desh.) 

REREMOULT. C'est le nom de pays de la Bighone 

GBIFFE DE CHAT. (B.) 

RÉSEAU. Tissu formé par des fibres entrelacées, (n.) 
RESEAU. Nom spécifique d'un AliGVis. (b.) 
RÉSEAU BLAN€. C'est la Fmus tigrina de Linnœus. 

F Vénus Tb ^ * 

RÉSEAU CORNET. C'est u^CAhe, Canus mercaiùr^ 

Linn. (bbsk.) 
RÉSÉDA GAUDE, Reseda, Linn. {Dodécandiie ùigfriie:^ 

Genre de plantes qui semble lier la famille des cappatî- 



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2oe R E S 

dées avec celle des saponacées , et qui présente pour ca^- 
ractères : un calice divisé profondément en quatre ^ cinq ou 
six parties ; une corolle de quatre , cinq ou six pétales irré- 
guliers, ordinairement laciniés, et dont le supérieur est 
glanduleux à sa base ; onze à vipgt étamines , à filets courts, 
à anthères érigées et obtuses ; un ovaire presque sessile , 
sans style y ou surmonté de trots à cinq styles, couronnés 
chacun par un stigmate simple ; une capsule anguleuse à une 
loge , s^ouvrant au sommet , et renfermant plusieurs semen- 
ces réniformes , attachées à chaque côté des placentas laté- 
raux. 

Les résédas sont des plantes herbacées, vivaces ou annuelles , 
la plupart d^Europe, à feuilles alternes , entières ou décou- 
pées y munies de deux glande» à leur base , et à fleurs dispo- 
sées en épis ^v^ sommet des tiges et des rameaux. Ce genre^ 
comprend une vingtaine d'espèces , parmi lesquelles il y 
en a deux très-remarquables, Fnne cultivée dans les jar- 
dins pour la Vonne odeur de ses fleurs , Tautre cultivée en 
grand pour Tusage qu'on fait de ses feuilles dans la teinture. 

La première est le Réséda 0D0aAi9T , Reseda odorata, 
Linn. , plante annuelle , ori|;inaire d'Egypte , qui a une ra- 
cine fibreuse et enfoncée assez profondément dans la terre ; 
des tiges rameuses , longues d'environ un pied , la plupart 
couchées ; des feuilles alternes , entières et à trois lobes , et 
des fleurs d'un blanc herbacé , à anthères d'un ronge de bri- 
que ; elles sont portées spr de longs pédoncules lisses , et 
forment par leur réunion dés épis lâches au sommet des 
rameaux. Leur odeur est si suave , que Linnseus la compare 
à celle de l'ambroisie. C'est pour son parfum qu'on cultive 
cette plante , qui dans son port et sa forme n'offre rien 
d'élégant. On là sème auprès de son habitation ,. sous 
ses fenêtres y soit en pleine terre , soit dans des pots qu'on 
place sur les consoles et les cheminées des appartemens. 
Elle est surtout recherchée des femmes, qui préfèrent 
communément les plantes odorantes les plus chétives , aux 
plantes les plus belles qui sont privées d'odeur. 

Quand on veut avoir du réséda en fleur de très-bonne 
heure 9 on en sème la graine au mois d'août ou de septem- 
bre , suivant le climat , dans des pots ou des terrines qu'on 
garantit soigneusement de la gelée pendant l'hiver. Au prin- 
temps, on dépote et l'on place séparément les jeunes plantes 
à demeure. Pour prolonger leur durée , on coupe les épis dès 
que les fleurs sont p|pées, pour qu'ils ne donnent pas 
de fruit. On peut aussi semer le réséda 4 différentes époques, 
pendant le printemps et Tété ; on en a ainsi en fleur jus- 
qu'aux premières gelées. Cette plante , semée en pleine terre, 



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RE s 20I 

peut être refimie clans des pots, quand elle a la hauteur 
du petit doigt. Elle aime le soleil et demande à être arrosée 
dans les sécheresses. 

L'autre espèce intéressante de ce genre est le Résedv 
JAUNISSANT , qu'on appelle vulgairement herbe à jaunir, gaude 
ou vaude^ reseda luteola^ Linn. C'est une plante annuelle et 
bisannuelle, qui croît naturellement dans toute l'Europe, sur 
le bord des chemins et dans les lieux sablonneux , et qui 
fleurit au milieu de l'été. Sa racine est droite , longue , pi- 
votante , roussâtre à l'extérieur et blanche intérieurenient ; 
sa tige est élevée de trois 4 quatre pieds , et de quatre à cinq 
quand la plante est cultivée. Ses feuilles sont alternes, lisse<'« 
lancéolées, très-entières, ayant de chaque côté une dent 
à leur base ; ses fleurs jaunes , avec un calice à quatre seg- 
mens; et ses capsules profondén^ent divisées et comme sur- 
montées de trois pointes. 

Cette plante sert à teindre les étoffes de laine et de soie » 
et fournit toutes les nuances , depuis le jaune le plus pâle 
jusqu'au jaune verdâtre. Elle est aussi essentielle aux teintu- 
res jaunes et vertes , que la garance l'est pour les rouges. 
Mais la gaude cultivée est bien supérieure à la gaude sau- 
vage. Aussi la culture de cette plante a-t-elle acquis beau-* 
coup de faveur depuis quelques années , et s'est-elle accrue 
sensiblement. C'est dans les terrains secs et chauds, dans les 
sables les plus arides qu'elle prend le plus d'intensité de 
couleur ; aussi est-ce là qu'il convient de la culliver de pré- 
férence 9 quoiqu'elle y pousse peu , surtout en Languedoc 
et en Normandie. Dans cette dernière provjnce on la cultive 
avec le plus grand succès , et l'on doit cette précieuse res- 
source au zèle de M. d'Amboumay, qui a fait pour elle ce 
qu'il avoit entrepris pour la Garance. ( V, ce mot. ) 

Le froid ne faisant point périr la gaude pendant l'hiver, il 
est plus convenable de la semer avant qu'après cette saison. 
Semée en automne ou au printemps » la récolte s'en fait à 

Ï^eu près à la même époque , à quinze jours près, surtout dans 
es pays chauds. Or, il n'est pas possible que la plante semée 
çn mars ait autant de consistance et de hauteur que celle qui 
aura été semée en octobre. 

- La graine delà gaùde étant extrêmement fme^ pour pou- 
voir la semer également, il faut la mêler avec du sable un 
peu gras et humide; elle demande à être peu enterrée. Les 
labours une fois donnés, on passe le dos de la herse; on 
sème , et l'on tratne ensuite sur le sol , et à plusieurs reprises^ 
des fagots attachés les uns aux autres. 

Si la gaude est semée trop clair , elle devient branchue , 
et dans cet état^ elle est moms avantageuse aux teinturiers ; 



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ao3 R E S 

car la meilleure gaade est eelfe qui n'a i}ti'ttti seul briil. 

Les soins qu'exige une gaudtère sont j^eu de chose. Il suf- 
fit de sarcler à propos avant et après Thiver, dTéclaircir les 
eièdroits où les plantes sont trop épaisses, et de regarnir les 
places vides avec les plants arracbés. C'est au printemps 
qu'il confient de faire cette dernière opération , pour la- 
quelle on choisit un temps pluvieux ou humide. 

L'époque de la récolte varie suivant celle du semis , et sui- 
vant les lieux et le climat. Elle est , an re3te , indiquée par la 
coulear de la plante. Quand elle commence à devenir jau- 
nâtre, et lorsqu'une partie de la graine est mûre, c'est le 
moment d'arracher la gaude. On en fait de petite paquets 
liés avec de la paille , et réunis ensuite en plus gros , qu'on 
transporte près de la maison. Là', ils sont détacnés, et cha- 
que brin esrt suspendu contre des mûrs ou des haies , exposé 
pendant deux ou trois jours k toute Tardeur du soteit ; on les 
bottèle ensuite en paquets de douze à quinze livres , sur de 
grands draps qui reçoivent la graine échappée d'e^ eapsules. 
On réntiit plusieurs de ces bottes ensenîble, et on les porte 
dans des lieur couverts et bien aérés. Il faut avoir soin de 
ne mettre la gaude en bottes que lorsqu'elle est bien sèche ; 
car si les bottes étaient amoncelées encore humides, la fer- 
mentation qui s'y établiroit àltéreroit la partie colorante de 
la plante. 

Quand on récolte la gaude , il est plus avantageux* de l'ar- 
racher avec sa racine; elle contient pefu de principe colorant; 
mais les tiges paroissant alors plus longues , la plante est 
plus marchande et se vend mieux. Cependant, dit Rozier, 
si on traite avec un teinturier raisonnable , et si l'on a des 
troupeaux, on peut couper les tiges rez terre , narce que ce 
tronçon repousse , et les nouvelles feuilles qu'if produit de- 
viennent une excellente nourriture pour le bétail. 

Dès que la gaude est arrachée, on laboure le sol ; on y fait 
passer les montons pendant plusieurs jours ; et on te dispose 
à produire dans la suite une nouvelle récolle de blé, d!e sei- 
gle ou d'autres grains. 

Pour obtenir de la gaude une couleur jaune très -solide , lé 
meilleur procédé est de faire bouillir la laine avec du tartre 
( tartrite acidulé de potasse)^ du sel marin ( muriate de soude ) , 
une solution de bismuth dans Tacide .nitreux, et de la passer 
à la gaude. L^a laine que l'on a teinte en jaune de cette ma- 
nière, prendra une couleur verte , si , après le procédé ci- 
dessus, on la plonge dans une dissolution de gaude fraîche. 

Quelques antiquaires ont prensé que la gaude est le sttu- 
^imm des anciens, plante colorante dont ils ont souvent 
parlé y et dont iU n'ont pas donné la description. 



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R E s ao3 

On retif««neoFed€ la ganft, pour Ttisage des peintres, 
une laque jaune plus brillante et pW solide que celte Qu'on 
retire de la graine d'Avienoii. Voy4n ce mot et le mot ]^Bft- 

PBUIV. 

^ Les teiatoriers- estmettt davantage h gaude un peu rousse.' 

(B.) 
KESEDA. «Al» environs d'Arimôniimi, il y a^ diiPlnMr 
une certaine herbe que laa habitais d^ la con^e nomment 
reseda. Cette herbe est Gdrt propre pour résoudre toute» apo»- 
tumes et inflauMnations ; mab ceux qui s'en servent opt cou^ 
tume , en l'appliqoanty de dire le» paroks qui suiveni : reseda 
morkos reseduy scùne^ sdsne guis lùcpulioe egmt?^ Il feut que le» 
racines n'aient ni tète m pîed ; il faut aussi répéter trois foid 
le charme, etcracbef aotMit de fois ponrqii'il of ère.» (Pline, 
liv. 27, chap. ja.) 

Ainsi, la propriété essentielle du 7«jec£» étoit d'apaiser 
(^resedare^ les inflamoàatîons* Cette plante , qm nous est in- 
connue , et que Pline ne déorit pas, ne parott pas être le 
r^eda lulea ou herbe auf Maunsy cooMBe quelques anciens 
botanistes Font pensé* On a rapproché aum le reseda d« 
Pline du phyieuma de Dioseoride; mais celai -^ ci ne donne 
pas non plus de description de sa pladote, et rien ne paroît 
autoriser ce rapprochement. Cependant ce nom de phyieuma 
est resté 4 une espèce du genre Reseba. V. Prvteubia. 

Le genre 7«Md0.desbotaBist)es Unnéens se compose des trois 
genres reseda , iuieolà et sesamoîdes de Toumefort Ce naturah- 
Uste ne rapporloit au réséda que les espèces k £eniUes'dé cou- 
pées et à capsules prismatiques, oblongues et tronqsées à 
l'extrémité , tel que le reseda iuiea. M. Jnks de Tristan pense 
que le genre reseda constitue Une famille particulière, distincte 
de celle des capparidées. Les espèces de reseda , connues des 
botanistes antérieurs à Toumefort, ont été décrites sous les 
mêmes dénominations de reseda ou rbeseda, sesamoidêset lu-- 
teola, V, ces mots. C. Bauhin réunit dans le même groupé 
les espèces qui ont été désignées, avant lui^ par reseda et sesa* 
moîde. Ce que les anciens botanis^s appeloient rcs^dladlrmep 
ou de roche , est une espèce d^alçue marine. Gronovius , dans 
son Histoire naturelle de la Virginie^ indique la Varaire à 
fleurs jaunes , varalrum îuleum , L. , par cette phrase : réséda à 
feuilles lancéolées et à tige très-simpte. (lM.) 

RESEDA MARIN , Reseda manruu C'est un polypier du 
genre Gorgone , Gorgonia reseda* (dems.) 

RESEDACÉES. Famille de plante proposée pour placer 
le genre réséda^ auquel aucune de celles existantes ne convient. 

RE^GAL et RESIGAL. Synonymes de Réalgar-Cln.) 



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2o4 R E S , 

RÉSIDU ou DÉPÔT TERREUX. V. AlbAtre, Con- 
crétions , Stalacitites , eic. (pat.) 

RESINA. Dans quelques cantons de ritaliey la Calandre 
DES BLÉS est ainsi appelée, (dësm.) 

RÉSINE, Résina. Aux articles Baume et Gomme (^Voyez 
ces mots) , j^ai déjà parlé de la résine. Quoique cette subs- 
tance soit un des matériaux immédiats des végétaux, sa nature 
n'est pas encore très-bien tonnue. Il parott qu'elle est le 
produit de Thuile volatile épaissie dans les cellules de ces 
corps organiques. Elle est ordinairement sèche, cassante^ 
fusible à un certain degré de chaleur, plus ou moins colorée, 
depuis le jaune jusqu'au brun , inflammable , insoluble dans 
Teau, soluble dans les huiles et dans Talcool. Combinée avec 
un sel essentiel , elle forme les baumes*; unie an corps mu- 
queux ou extraciif y elle devient et s'appelle ^omm^-i^m^. On 
donne souvent le seul nom de résine à cdHe que fournît le 
pin : les autres portent coimnunément avec ce nom, ceux des 
arbres qui les produisent; toutes en découlent, ainsi- que les 
gommes 9 naturellement ou par incision. Elles sont plus ou 
moins pures , selon l'espèce ou la manière de les recueillir. 
Elles diffèrent aussi entre elles par leur couleur et le degré 
de leur consistance. On emploie les plus grossières aux usages 
communs , comme pour goudronner les bateaux , les vais- 
seaux, etc. Les résines fines, claires ou odorantes ^ entrent 
dans la composition des Vernis et des Parfums. Comultex^ 
ces mots, (d.) 

RESINE ANIMÉE. On connbtt deux sortes de résine ani- 
mée ^ Tune d'Orient, l'autre d'Occident : toutes deux sont ap- 
pelées dans le commerce, gomme animée; ce sont pourtant de 
vraies résines, car elles sont très-inflammablés. La résine ani- 
mée d'Orient ressemble en quelque façon à la myrrhe. Elle ré- 
pand une odeur suave quand on la brûle; on Tapportoit autre- 
fois d'Ethiopie. Elle est rare aujourd'hui. On lui substitue 
éelle d'Occident , produite par le Courbaril» (F. ce mot.) 
Celle-ci est une substancj^ concrète , friable , d'un blanc jau- 
nâtre, ordinairement transparente, d'une oîcieur aromatique 
douce, d'une saveur médiocrement acre. Elle est employée 
en médecine , mais ses vertus ne sont pas confirmées par 
l'observation. On la prépare comme la Résine de Taca- 
MAQUE. {F. ce mot.) Elle est mise par Cartheuser au nom- 
bre des résines les plus pures, (d.) 

RÉSINE DE CACHIBOU. On donne ce nom à une 
substance résineuse produite par une espèce de gommier ou 
gomari qui crqît en Amérique. V, Gomart. (d.) 

RÉSINE DE CARANA. Remède usité au Pérou contre 



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R E s ao5 

la sciatiqae , les maux de tête et les engelures. Oo ignore de 
quel arbre elle provient, (b.) 

RÉSINE CAREIGNE. Foyez Gomme caragne ou ca- 

RÉSINE DE CÈDRE. Substance transparente , friable, 
inflammable , d'une couleur jaunâtre , d'une odeur aroma- 
tique douce et d'une saveur acre et amère. Elle est produite 
par le Cèdre (F. ce mot). Quand elle en découle naturelle- 
ment et sous forme grenue ^ on l'appelle cediia ; elle reçoit le 
nom de résine de cèdre quand elle en sort en stalactites et par in- 
cision. Les Egyptiens emploient la première dans leurs embau- 
memens, en la mêlant avec d'antres aromates. Ces résines sont 
rares en France : on leur substitue souvent le GalKpgt. Leurs 
propriétés médicinales sont équivoques et peu constatées (d.) 

RESINE DE CONE. Nom qu'on donne à la téf^henthlae 
q^ découle naturellement sans incision. V. aux articles Pin, 
ISapin, Mélèze, Térébutthe. (d.) 

RÉSINE COPÂLy appelée improprement ^mm^ c^o/. . 
On la retire ^u Ganitre copallifère. ( V. ce mot. ) C'est 
une substance dure, friable, transparente , de couleur jaune 
ou citrine , odorante, moins cependant que la résme animée y 
mais répandant, lorsqu'on la br&le, une odeur aromatique 
douce et très-forte. Elle se dissont dans l'eau et en grande 
partie dans l'alcool, quand elle est torréfiéie. Cette résine 
entrolt dans les parfums que les Américains br&loient sur les 
autels 4^ leurs dieux. Sa vapeur favorise l'expectoration des 
humeurs pituiteuses , séreuses et même purulentes. On fait 
on grand usage de cette substancepour les vernis, (o.) 

RESINE COPâL fossile {FossUcopal, orh%hgaie 
reasînj Aik.). M. Aikin, dans son Manuetde minéralogie, donne 
ce nom à une substance résineuse insoluble dans la potasse ^ 
qui répand une odeur résineuse aromatique lorsqu'on là fait 
chaufter, qui brûle à la simple flamme d'ime bougie. Lors* 
qu'on la fond, elle devient d'abord fluide et limpide; au 
chalumeau, elle se dissipe entièrement. On la trouve dans 
un lit d'une argile bleuâtre , à Higbgate , près de Loove^ 
Elle est en pièces irrégulières d'un jaune brun pâle et indécb ; 
elle a l'éclat résineux, est demi-transparente , fragile , et se 
labse aisément rayer par un canif. Sa pesanteur spécifique 
est de 1^,046. Il n'y a pas d'analyse de cette résine fossile, de 
sorte qu'il est diracile de prononcer si ce n'est pas une sim- 
ple variété du SucciN. (ln.) 

RÉSINE DE COURE ARIL. C'est la résine animée ocd- 
deniaie. Voyez l'article Résine animée, (d.) / 

RÉSINE ÉLASTIQUE , GOMME ELASTIQUE , 
CAOUTCHOUC. C'est une résine très singuUère, dont la 



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^oO R E S 

natare est fort peu coimae ; nom ayotts àécrk ses propnët^ 
i Tartîcle Héve , oom de Tarbre qni prodmt celle qu! est 
la plus commune. Vçytù cet article, (n.) 

RESINE ELEMI , Résina demi. On en dUtiagae deux 
sortes « auxquelles on donne ioipropt^ement , dans les boutî- 
queSf le nom de gomme éléad. L'une West <^I^;3rfêe ou d'Ê- 
diiopie » Tautre de rAmériquc ; oeUe-cî découle d'une es^ 

Eèce de Bai^ami^ ( Amym ekmifem^ Ltnn.). ( ^. ce mot.) 
.a première , quoique solide extérieureoMnt , cooserre 
long-temps une espèce de moUesse; ette est très-^tadaimna- 
ble» d'un0 couleur jaunâtre tiram sur le rert» et d^me sa^ 
veur ^e un peu amère. ËUe a une Ibrte odeur de fenouil , 
peu agréable. Elle nous est apportée en morceaux cylin* 
driques du poids de deux livres , communément en?«toppés 
de feuilles de palmier. Celle de l'Amérique est transparente, 
d'mie consbtance ordinairement moUe , grasse et gluante , 
et d'un blanc jaunâtre; elle devient friable avec le temps, 
et ressemble à la risÎMit du. pin. (pj) 

RESINE EPINETTE Ï)U CANADA. V. Baum no 
Caivada. (n.) 

RESINE FOSSILE DE LOUHANS. Voy^t Succi». 

(ijf.) 

RESINE DE GAYAC. On l'appeUe improprement 
gommjs de giXjfoc. J'ai décrit sa nature et «me partie de «es 

Îropriétés à Tarticle Gaxac'i nom de Farbre qui la pi'oduit. 
r. ce mot. (n.) ^ 

JiESINE JAVNE. V. Galipot. (d.) 
RESINE-LAQUE. V, le mot Lacque. (d.) 
RESINE DE LIERRE ou HEDERÉE. V. à l'article 

RESINE LIQUIDÉ DE LA NOUVELLE^ESPA- 

GNE. Nom qu'on donne quelquefois au bawne de copahu o« 
à Vambre liqmde. V. Liquioambar, (D.) 
RESINE DE UtLE^ZK Voyez MUizE et Téhéren* 

THII^E. (0.) 

RESINE DU MOLLE ou POIVRIER D'AMERI- 
QUE. Elle suinte des gerçures et crevasses de l'écorce d'un 
arbre portant le même nom. ( V. MoLLé. ) Cette résine est 
blanche, odorante et purgative. Elle prendÀ l'air une forme 
concrète, (n.) 

RESINE OLAMPI. Bomare dit que , ^ous ce nom , on 
nous a envoyé plusieurs fois de l'Amérique une résine jaiH 
nâtrCf dure, grumeleuse, friable, quelquefois transparente, 
quelquefois blanchâtre , un peu opaque , ayant beaucoup de 
rapport avec les RÉ$iw$ Am^És, qqipal et covrbaril. V. 
c«s mots. (D.) 



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R E s ^oj 

RÉSINE DU PIN, DU SAPIN, DU TEREBIN- 
THE. V^yei ces i|iot3 et le mot TÉaÉBEMTaiME. (d.) 

RÉSINE TACAMAQUE, Tacamahaca. Sidistance ré- 
sioeu^e qui est proioite par le Peuplier baum ier. ( Voyeti 
ce mot. 

La résim tacamagya des tLes de Madagascar et de Bourbon 
n'est autre chose que }# Baume vert. V, ce mot. 

11 existe au Mexique uw espèce de peuplier que les £s^ 
pagDoIs appellent /ôco^ Qnfauit> tdcamaca. On en retire , par 
incision, le bmaftefocot Son odeur est agréable; il s'emploie 
sur 1^ plaies gangreneuses, (o.) 

RESINE DE TYR. C'est U résine du pin. (d.) 
• RÉSINE DE VERNIS, C'est la Sandaraque. K ce mot 
^t le mot Thuya, (b.) 

RÉSINIER D'AMÉRIQUE. C'est le Gomart. (b.) 

RÊSINITE. F. Rétikite. (tu.) 

RESPIO. V. Raspa. (DESii.) 

RESPIRATION. Fonction par laquelle l'oxygène de 
l-^ir vient imprégnei" Je sang ou les humeurs des animaux , 
pour y produire une élaboration vitale très-importante. En 
effet, plus les animaux respirent, plus ils ont de vivacité, de 
sensibilité , d'énergie animale « de chaleur propre ; témoins 
les mammifères ou vivipares, et les oiseaux, toutes espèces 
il sang chaud. Au contraire , les reptiles , les poissons , les 
fneUuaques, les crustacés, les insectes, Ie;s vers, les zoopfay- 
tes, respirant progressivement de moins en moins, sont aussi 
de moins en moins animaux , pour ainsi parler , ou plus foi-* 
blés, plus languissans, plus froids et inertes. 

Mais la quantité de respiration dépendant àes organes qui 
reçoivent l'air soit de l'atmosphère , soit des eaux qui eqi 
sont imprégnées, nous traitons au mot Poumon de cett« 
fonction en général. Voyez aussi Rranchies pour les pois- 
sons , les mollusques aquatiques; et Trachées pour les in* 
sectes, etc. 

Jjcb plante^ ont aussi une respiration par leur feuillage. 
V, Végétaux, (virey.) 

RESPORCHI. Dans le Brescian, c'est lé noin du HÉ- 

aiSSOM. (UESM.) 

RESSORT. V. Elasticité, (pat.) 

RESSORT. V. Taupin. (l.) 

RESSUI ( vinem ). C'est le lieu ou la hke se réfbgie pour 
se reposer et sécher sa sueur ou la rosée, (s.) 

RESTA BOVIS, de Tragus. C'est lARaÉTE-iiEUF , es- 
pèce de BuGRANE. Ce nom est synonyme à'anoms ou tmonis, 
dans le Pinat* de C. Bauhin , et autres ouvrages de la même 
époque. (LN.) ^ 



I 

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ao8» R E S 

RESTIAIRE , Restiana. Grand arbrisseau à rameaux 
grimpans, à feuilles opposées, grandes, en cœur, rugueuses^ 
velues et très-entières, à fleurs disposées en panicules axil- 
laires , qui forme , selon Loureiro , un genre dans la dioécîe; 
ma^s on ne connoit pas les fleurs mâles. 

Les fleurs femelles offrent un calice obiong , divisé en cinq 
parties lancéolées ; point de corolle ;%n Ovaire obiong, infé- 
rieur, à stigmate sessile et concave. 

Le fruit est une capsule formée par le calice qui s'est 
épaissi, ovale-oblongue , à cinq nervures^ velue, bilocu- 
laire, bivalve, et renfermant un grand nombre de semences 
comprimées, presque rondes, et garnies d'une aile mem- 
braneuse et linéaire. 

Le restiaire se rapproche du Butonic et se trouve dans 
les forêts de la Cochinchine. Son écorce est fibreuse et te- 
nace. On s'en sert pour faire des cordes semblables aux mè- 
ches à canon , pour conserver et transporter le feu sans dan* 
ger, et à plusieurs autres usages économiques, (b.) 

RËSTIARIA. Rumphius décrit sous ce nom, dansTHer- 
bier d'Amboine, deux arbres des Indes Orientales; Tun, le 
Rralba ( Amb. 3, tab. 119), est rapporté par Forster à 
son commersonià echinata ; le second, le R. mgra ( Amb. 3 , 
tab. lao)^ est peut-être le resUaria cordala^ Loureiro, dé- 
crit ci- dessus* V. Restiaire et Commersoi9. (ln.) 

RESTINCLE. Nom languedocien du Lentisque. (desm.) 

RESTIO , Restio. Genre de plantes de la dioécie trian- 
drie et de la famille des joncs, dont les caractères consistent : en 
un chaton formé d'écaillés qui chacune sert de calice à une 
fleur,- dont la corolle est de six pétales. Cette fleur , dans les 
pieds mâles, a trois étamines, et dans les pieds femelles , 
un ovaire surmonté de deux ou trois styles sessiles à stigma- 
tes velus; une capsule à trois loges , plissée, et renfermant 
plusieurs semences. 

Ge genreest constitué par des plantes vivaces à tiges gra- 
mtnîformes , presque nues , à feuilles alternes , engaâantes ; 
quelques espèces ont l'apparence des joncs , c'est-à-^dire les 
fleurs disposées en panicules terminales , mais dont d'autres 
ont la partie supérieure garnie de larges feuilles ou de brac- 
tées spathiformes , de l'aisselle desquelles sortent des pani- 
cules de fleurs* 

On connoît une cinquantaide d'espèces de restio , dont la 
plupart sont mentionnées dans une Monographie de Thun- 
^erg , qui porte leur nom. Ils viennent exclusivement du 
Cap de Bonne-Espérance, et n'ont pas encore pu être in- 
troduits dans les jardins d'Europe. On n'en tiré aucun usage 
particulier, (b.^ , : < 



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R E T 209 

Les^res Chr^sitrix, HYfOEsts, Schoenodê, Câlo- 
HOPHE, ELÎ^m^^PYROBiE et Leptocarpe se rapprochent 
infiniment de celui-ci. (b.) 

^ RESTIOLE, fFilidenoivia. Genre de plantes établi par 
Thnnberg, dans la dioécîe trià^ndrie et dans la famille des 
joncs. Il offre poar caractères :an calice composé d^écailles 
imbriquées; une corolle de six pétales; trois étamines dans 
les mâles ; un ovaire supérieur surmonté d'un style à deux 
ou trois stigmates ; une capsule osseuse et une seule loge. 

Ce genre renferme trois plantes du Cap de Bonne- Espé- 
rance , fort rapprochées du Restio, et qui ne doivent peut- 
iêtre pas en être séparées, (a.) 

RLSTOUBLE. Dans quelques provinces du midi de la 
France , on donne les noms de rastouble , resioubh ou étoule , 
'aux herbes mêlées avec le chaume, qui restent dans un 
champ après la moisson , et qui font une pâture pour les bes- 
tiaux, (desh.) 

RESTREPIE, tiestrepia. Genre établi par H umboldt , 
Bonpland et itunth , dans leur bel ouvrage sur les plantes 
^e TAmérique méridionale , pour placer une orchidée qu^ls 
ont figurée pi. 94 du même ouvrage. 

Les caractères de ce genre sont : calice presque bilabié \ 
ouvert ; les folioles extérieures latérales , réunies ; labelle 
sans épertfi, libre ; leur base pourvue de deux prolongemens 
filiformes ; le pistil surmonté d^une anthère operculée , con- 
tenant quatre masses de pollen, (b.) 

RESURE , ROQUE ou RAVE. Les pêcheurs donnent 
ce nom à une espèce àecaçiar^ c'est-à-dire à une préparation 
d'œufs de poissons qu'on fait dans le Nord, et qui sert à amor-^ 
certes sardines et les maquereaux , ou mieux ^ les faire i^ster 
plus long-temps sur nos côt6s. V* aux mots Cayi^ , jar- 
dine et Maquereau, (b.) 

RETAM et RffiTAN. Noms arabes du sparUum mono- 
spermum, (ln.) 

RETAN. C'est le iroehus ubro de Gmelin. Voyet au mot 
Toupie, (b.) 

RETEIRO. Nom provençal du Grimpereau. (y.) 

RETELET. Nom vulgaire du Troglodyte. V. ce mot. 

(V.) 

RETEPORE , Reiepora. Genre de polypiers pierreux 
irréguliers, formé par les naturalistes du siècle dernier, réuni 
aux millépores par Linnaeus , et rétabli par Lamarck. Il a pour 
caractères ides expansions minces , fragiles, poreuses à Tin- 
téricur, réticulées ou rameuses, et n'ayant de pores appa- 
xens que sur une de leur$ faces. Les espèces qu'il comprend 



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iio R E T 

sont en petit nombre , et ont pour iy^ le wèHUpore rAîcmléie 
Linnœus. F, au mot Millépore. P', ans» le mot Da<;tt- 
LOPTÈRE, nom qu*a donné Lamarck au Rétéporitë bact¥L£ 
que j^ai décrit et 6guré ÛAns le Jounul de Physique , aimée 
1806, pi. 27.(1.) 

RÉTÉPORITE, Bét^m'e fimile. V. le mot Rétéporb. 

(pat.) 

KËTICULA1RE. Danbenton donne ce nom à one 
grenouille que Dandîn place dans le genre Raine.^oesh.) 

RÊTICULAIRE, Reiiculana. Genre de plantes cryp-* 
toeames» de la famille des Champignons, qui offre une 
substance d'abord mollasse , et ensuite très-firiable. Ses se- 
mences sont une poudre très-fine, retenue soit par dei 
cloisons membraneuses, soit entre les mailles d'un réseau 
cheTclu, soit dans des espèces d'étuis coriaces. 

Persoon a divisé ce genre en trois autres, appelés Ecinis, 
ScLÉ&OTfi et Urèdc. C'est dans ce dernier qae se trovre la 
Réticulaire des blés , la plus Importante de ses espèces. 
V. Carie y Charbon et Rouille. 

La Réticulaire charnue, qui est ferme dans sa jeu- 
nesse , qui a la surface cotonneuse, et qui est blanchâtre ou 
jaunâtre. Elle ne croit jamais que sur la terre , et subsiste 
plusieurs mois. Sa forme varie beaucoup ; mais elle se rap- 
proche généralement de celle d'un coussin. * 

La Réticulaire bes jardins, qui, dans sa jeunesse ^ n*a 
pas plus de consistance et ressemble parfaitement k de l'é- 
cume blanche , et dans sa yieillesse est eiirtmement fnable. 
Elle est toujours cotonneuse en dessus; son réseau membra- 
neux est k mailles fort larges. C'est la pins grande espèce du 
genne ; elle a souvent pms de six pouces de diamètre; c'est 
aussi la plus commune. Elle vient dans les fardîns, snrtmit 
dans les serres? et fait périr les végétan aonfods eMe s'aV- 
tache. 

La Réticulaire jaune, qui se trouve sur les v^taip: 
vivans comme sur les morts. Elle se recoanok il sa couleur. 
Dans sa jeunesse, elle ressemble à de l'écume , et s'attache 
aux doigts qui la touchent. 

La Réticulaire des blés. Elle est noirâtre, globuleuse, 
et croît sur le germe des graminées, qu'elle empêche 
de fructifier et qu'elle fait souvent périr. C est elle qui cause 
la maladie des blés, qu'on appelle le charbon, et qui fait 
quelquefois perdre une portion considérable de la récolte. 

pans cette maladie, Tépî a une apparence saine; mais 
ie grain qu'il contient, pour peu qu'on le touche, se réduit 



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R E T 2III 

en imc poissière noire, semblable à da charbon ; souvent il 
s'y à que quelques grains de charbonnés. 

Buliiard, qui a fait des expériences positives sur ce sujet, 
a reconnu que les grains pris sur des épis charbonnés don» 
noient des pieds qui n*étoient pas plus attaqués que ceux prii 
sur des épis sains, lorsqu'on les semoit avec les précautions 
conrenables. 

Les moyens à employer pour empêcher la multiplication 
de cette plante, sont le chaulage qui détruit la iaculté vé- 
gétative de ses germes , ou le lavage dans une eau çhai^é« 
d'argile qui les enveloppe de manière à empêcher lear# 
effets, r. au tnot Blé. ^ 

Ce n'est pas seulement lelilé qui est attaqué du charbon ; 
mais le seigle, Forge et Tavoine le sont également, 4es deux 
derniers même pbs fréquemment quç le blé. Les graminées 
qui servent de tourrage le sont aussi. Dans tes pays chauds^ 
cette maladie est plus fréquente que dans les'pays froids. Je Tai 
vue en Caroline si généralement répandue, qu'il m'a été îm* 
possible de ramasser une graine de certaines espèces de gra^ 
minées, quoique ces espèces fussent extrêmement abondante». 

Le maïs, ainsi que Je l'ai observé, est attaqué par trois 
espèces de'réticulaires. L'une se moaire sur les fleurs mâles, 
et les empêche de féconder les Be«rs femelles ; l'autre 
attaque la tige , et y forme dcj loupes d'une grosseur 
monstrueuse ; la troisième s'attache aux grains, et les 
réduit en charbon. C'est principalement en Italie qu'il 
faut ^ler pour connoître les effets désastreux de ces trois 
rétiçuJaires. J'y ai vu des champs entiers qui ne pouvoient 

Erodttire aucune récolte pour cette «ause. J'ai conseille 
i chaulage, qu'on n'y connoissoil oas , et il n'est pas don* 
teu» pour moi qu'il ne doive produire its meilleurs ^ffcis^ 
La RéTiCCLAiftS COULEUR DE CHAIR est solide, cunéiforme, 
et ses semences sont d'un rouge de brique. Elle se irouVe en 
Caroline , sur le pin a longues feuilles. Elle est ordinaire- 
ment implantée par le plus gro6 bout sur le dos des feuilles, 
et plusieurs à la suite les Unes des autres. Elle est souvent, 
d'après mon observation, la cause de là mort de jeunes arbres 
où elle s'est beaucoup multipliée. (B.) 
RÈTICULAIRR Un madrépore fossile a reçu ce nom. 

RÉTICULITÈLES. Vingtième division dela^^conde 
tribu des aranéides, selon M. Walckenaer. Elle ne comprend 
que le genre ScYTopE. F. ce mot. (oesm.) 

RETINACULE. Glande de forme variable qui se trouve 
à la base du pédicule qui porte les anthères, dans la famille 

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212 R E T 

des Orchidées. Ob doit à Richard , Armotations sm les Orchi- 
dées d'Europe^ la connoissance et la dénominatioD de cet 
organe, (b.) 

RETINÂIRE , rUtinana. Genre de plantes établi par 
Gœrtner, sur la seule considération d'un fruit de Tlle-de* 
France , appartenant à un arbrisseau grimpant. 

ICe genre a été depuis reconou ne pas différer de celui 
des Gou AISES, (b.) 

RETINASPHALT£ (R^/imu/^W/, Hatchett, James. ^ 
Aik;JSnt2^ri«,Wagn.,ii^'mi^, Hoffm.). Substance bitumino- 
résîneuse, d'un brun jaunâtre ou roussâtre, qui se trouve en 
morceaux ircéguliers, très-légère ^ ayant un éclat luisant, 
semblable à#celui de la cire; lorsqu'elle est terne, on lui 
donne de Téclat en la raclant. Elle se brise irrégulièrement ; 
elle n'est pas dure ; ses éclats , même les plus minces , sont 
opaques ; sa pesanteur spécifique est de i , i3. Mais un des 
caractères les plusfrappans de cette pierre, c'est celui de se 
laisser enflammer à la simple lumière d'une bougie , et de 
brûler ensuite tranquillement avec flamme , en répandant 
une odeur forte et agréable; elle se consume en entier. 
Cette substance plongée dans de l'esprit-de-vin , s'y dissout 
fOk partie. Elle est soluble dans la potasse. Son analyse 
indique pour ses principes constituans : 

Résine particulière. , 55 

Bitume. ^ 4-3 

Terre 3 

lOO « 

Cette analyse est due à M. Hatcbett, qui, le premier, 
a fait connoftre cette singulière substance, découverte 
par lui à Bpvey-Tracey, dans le Devonshire. Elle est rare 
et adhère k des bois bitumineux. Elle ne contient pas*un 
iaitome d'acide succinique : on ne doit donc pas la considérer 
comme une variété du SucciN. 

Il y a tout lieu de croire que la terre végétale - bitumi- 
neuse grise (^grave bituminoeses hoizerde) que décrit Woigt 
dans son Traité de la houille et du bois bitumineux, est aua* 
logue au rétinasphalte. Cette terre est d'un gris de cendre 
plus ou moins foncé, qui passe quelquefois au blanc gri- 
sâtre; elle se trouve en masse; son aspe^ est mat; sa cassure 
est terreuse I et ses fragmens d'une forme indéterminée. 
Cette terre est opaque, tachante, friable, grasse au toucher, 
happante un peu à la langue , et légère. Elle prend ieu k 
la simple flamme d'une bougie , et souvent le bitume qu'elle 
contient tombe goulte à goutte : elle répand en brûlant une 
odeur qui n'est point 4^sdgréable. Un iragment de cette 



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R E T âi3 

jobstance eifiosé à raclîoû da feu d^iui foaraeau de coapeUe, 
a brûlé rapidement avec une flamnve claire , et il n'est resté 
qu^ane cendre blanche qui pouvoit équivaloir au cinqaième 
du poids du fragment* Ce fossile est fort rare , selon Woigt; 
il ne se trouve qu'à Âisdorffet à Helbra, comté de Mans- 
feld , en Saxe , dans des couches de bois bitumineux. Il y 
forme des couches minces de peu d'étendue dans la içfce 
véeétale bitumineuse brune ; mais les morceaux les plus purs 
et les plus légers se trouvent au milieu d'elle, en rognons gros 
comme le poing. Lorsque ce fossile sort de la mine , il est 
mou, visqueux*, il se gerce en se séchant, et se délite dans 
le sens de ses gerçures : lorsqu'il est sec , il est friable. 

Il ne paroit pas cependant que cette terre végétale bitu- 
mineuse brune de Woiet, soit aussi rare qu'il le dit ; car on 
l'indique près deWildshut» dans l'Ionviertel , près de Halle 
sur la Saal, et dans d'autres lieux d'Allemagne, avec le 
brocm-coal (sorte de Lignite). £n traitant de la variété 
commune de ce broam-coai^ Jameson cite le mellite, le suc- 
cin et le rétinasphalte^ an nombre des substances qui l'ac- 
compagnent. 

Bucholz a reconnu dans le rétinasphalte de Langeiri>ogen 
près Halle : résine particulière, 91 ; matière bitumineuse , 
q. Suivant Hoffmann, on trouve encore ce rétinasphalte à 
Uttigshof, en Allemagne et MertendortprèsNaumburg; au 
Groenland, etc. 

Lorsque des analyses exactes de ces substances viendront 
nous éclairer sur la véritable nature de la matière résineuse 
qui en fait la base , qp pourra juger si elles appartiennent 
à plusieurs espèces ou à une seule. Ce que l'on ne sauroit 
révoquer en doute , c'est que ce sont des produits végé- 
taux fossiles; et, à ce sujet, nous devons faire remarquer 
que l'on connott encore très-peu ces débris résineux de 1 an- 
cien monde , qui , néanmoins , paroissent communs. C'est 
avec le succin qu'on les confond sans doute , et ce sont les 
substances que nous nommons ainsi , qu'il s'agiroit d'étudier 
spécialement. (i<^*) 

RÉTINE. C'est la membrane interne qui revêt le fond de 
l'œil, et qui est Tépanouissement du nert optique, espèce 
de miroir sur lequel viennent se peindre les figures de toA 
les objets, au travers du cristallin et des humeurs aqueuse 
et vitreuse de l'ŒiL. V. cet article, (virbt.) 

BETINIT d'Hoffmann. V. Rétinasphalte (lh.) 

RETINITE, Pechsiein , W. ; Pichsione , Kirw., James. ; 
Petrosilea> résifdforme^ Hatty ; vulgairement pîerre de poix 
fusible. Ainsi que l'exprime son nom , cette pierre a l'aspect 
gras et luisant de la résine , quelquefois cependant elle a Té - 



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ai4 



R E T 



clat gras et vitreux. Elle est compacte et offre presfue tou- 

iôurs les couleurs brune , rougeàtre, grise, jaunâtre, noirâtre, 
)leuâtre , etc. Elle est rarement homogène , et contient le 
plus souvenl des cristaux de feldspath et des écailles de siMca ; 
c'est alors le pechsteiri'porphjfr des Allemands , et quelquefois 
leur olsîdian-porphyr. Sa cassure est inégale, ou impar- 
faitement conchoïde. Ses fragmens sont un peu translucides 
sur les bords. Elle est dure , quoique un peu fragile. Sa pe- 
santeur spécifique varie entre 3,(96 et 2)389. Au chalmneaUj, 
elle se fond, sans addition, en un émail blanc, boHenj^; ce 
caractère la distingue essentiellement du s»Uex résinite. 
Elle est composée des principes suivans : 



Mmsen 


ZimcAtm, 


Silice : . V . 73,00 . 


• 5o,o 


Alumine . . • i^^So . 


Chaux . • • • 1,00 . 


. 40 


Fer oxydé ... ï,oa . 


. 3,5 


Manganèse oxydé o,»o . • 


0,0 


Souda .... 1,75 . 
Eau 8,5o . , 


. 3,o 


8,0 


iPerte * . ., . o,i5 . , 


4,0 



Bajamoni, 
18 . 

4 • 

5 . 

Q • 
O • 



lOO,QP 



iQO,a 



xoo 



Cantal, 

78 
à 

o 
3 

100. 



Khproih, Vtatqu^Um. Spalianzani. Bei^pnan. 

La rétînîte se trouve en filons qui traversent le granité et 
le porphyre, et en couches , dans les terrains de porphyre de 
seconde formation ; elle existe encore en filons dans les 
Anciens grès secondaires et dans les rSches trappéennes les 
plus récenies. 

La rélinîie de Saxe , qu'on doit prendre poinr type de 
Pcspèce , accompagne le porphyre et la syénite à Neissen , 
Brannsdorf, Spechtshausen , et Mohorn, entre Dresde et 
Ereyberg , et près I)iltersdor£ ^ 

On indique celte pierre dans les porphyres primitifs les 
plus modernes, entre Schemnitz et Cremnil^y ainsi que 
près de Tokay en Hongrie. 

C'est à la rétinite ou pechsteîn fusible f qu'on r«ipporte la 
plupart des obsidiennes résinoïdes du Padouan , du vîcen- 
tm et du Cantal. Cette espirce de pierre abonde en Ecosse, 
et principalement dans Tîle d^Arran. Elle y forme des filons 
dans le granité ; on l'observe aussi dans la mémo tie , en 
couches et en filons puissans , dans le grès rouge. Elle est en 
petites veines, dans les roches de trapp de l'île de Lamiash; 
et dans le trapp secondaire des îles de Canna , de MuU et 
de Skye , près d'Eskdalemuîr ; dans leê montagnes du Dum- 



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R E T 2i5 

firîessbire^ oit U vencontre dans les roches tra^péenne» èe 
transition. Le mène gisement s'obserre à Arânainurcken , 
dans l'Argylesbîre. La rétimte est dass le granits , près Caim- 
gortti. U y en a me yariétë de couleur noîre , dans le trapp. 
des oEKmtagnes de Chrrîot-kills. 

En Irlande, on a décoonrert la rétinhe en fitoAs , dans un 
granité , près de Newry. n 

U par^t que Fl&knde présente cette pierre également 
dans des roches de traf^p^ £jiiMi , Ton dît qu'elle existe 
danj le porphyre a«g>le«K ou associé à gette rocbe 9 et en 

fande abondance ^ au Mexîfue et au •Pérou (Pasto, 
opayan et Qnito)^ 

C'est encore à la rétiaite qu^o» reporte la pierre de poix 
de Zwiekaa, en Saxe^ 

L'espèce rétinîte ne doit être considérée ^e comme une 
réunion de minérain qui se rapprochent par plusieurs carac- 
tères extérieurs, et ni4me jusqu'à un certain pMnl , par 
Tanalysc , mais qui diÊfèrvnt par leur gisement et qoel^s 
caractères particuliers. On peut la diviser en trois groupes , 
savoir : 

1. La rMmhe ou le pechsiàn proprement dit , qui ap- 
partient à des terrains primitifs (i) ou de traasttron. Elïe 
tsl bien plus dure que les autres ; son éclat est plus vif 
et plus analogue k eelai des silex. Elle est moins aisément 
iusifale ; quelquefois m^^me elle est presque infusible. Telle 
est la rétioite de M^ssen, do«»t la variété rouge est intacte , 
kirsqu'on Tespose il »»e chaleur de 160 d., Wegdwood. Mais 
eette rétinite se ftmé ordmaireiliertt entre i3o et i65d., 
tan^s que les rétinkes des divisions suivantes commencent 
à sefondre ii ai di., W. Le feldspath, le quara, le mica ^ 
^observent dans les variétés de rétinites de cette première 
division , et la présence du quarz leur imprnfne un caraefére 
particulier; car cette substance ne se froupre presque }am»ats 
dans les variétés suivantes. Newi avons rapporté, plus haut, 
Fausalyse de la réUake de Meîssen'. 

a. la r^thîUêvoicmnifue on Awc résmotde^ qui est plus fragile, 
et nftéme fragîie et friable, k cassure inégale, raboteuse , 
rarement presque vinnense. !|^Ie est beaucoup plu&ûisiMe ; sa 



(i> Actoeltenient que W géologue* recoonoitsait dse» graoitsâ^syé- 
nite») «t des porphyres sccoifdaires, il €•* possible qu« Us rélimt«» 
proprement dite» apportienneiit à ee» roches récentes. Plusieurs mi- 
néralogiste» allemands croient qu*il en e»t ainsi pour le feraeiK pech- 
steîs du Meîssen. Il est probdil^ qu'il en pourra être de «ème pour 
les pechsteins trouvés dans le j^inile en Ecosse et en Irlande. 



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ai6 R E T 

pâte offre quelquefois des parties poreuses et ponceuses. Elle 
passe à Tobsidienne plus ou moins parfaite 5 et à quelques- 
unes de ses variétés, et n'est proprement qu'une sorte ^^ob- 
sidienne. Mous Tavons décrite sous la dénomination d'Ofi- 
sipiENNE RESiNOïoE. Elle contient toujours des cristaux de 
feldspath, souvent des écailles de mica ; mais je ne sache pas 
qu'on y ait observé le quarz. G'es^ans ce groupe qu'on place 
les obsidiennes résinoïdes de Bayamonte dans le Padouan , 
et celles du Cantal, dont nous avons rapporté l'analyse plus 
haut. On peut jog^, en les comparant entre elles, et à l'ana- 
lyse de la rétîniift de Meissen , si elles doivent appartenir k 
la même espèce ; ce qui ne me parott pas devoir être. 

3. La ràiniU pseudo-volcanique ^ très-dure, d'un éclat lui- 
sant, à cassure conchoïde étendue, mais écailleuse, rabo- 
teuse et ridée, d'une contexture serrée, il écailles translucides. 
Elle contient des débris de corps qui paroissent être des vé-^ 
gétaux pétrifiés et des écailles de mica imperceptibles. Sa 
pesanteur spécifique est quelquefois un peu plus considérable 
que celle des pierres précédentes; elle est de 2,4. environ. Le 
meilleur exemple qu on puisse citer , est celui offert par le 
j^réitnàa pechsiein pmphyr dePlanitz près Zvi^ickan, en aaxCf 
que nous Jhrons à^cnx à l'article Kohlenhornblende, et qui 
accompagne les houillères qui ont été autrefois incendiées 
ou se sont embrasées naturellement. Cette, ré tinite parott de- 
voir son origine à la-fusion des psammites ou grès qui accom- 
pagnent les houilles , de même que le jaspe porcelaine est 
dû à la cuisson des schistes qui sont associés à ces grès dans 
les houillères. C'est à cette sorte de rétinite que doit se 
rapporter la fausse obsidienne d^un brun verdâtre , qui se 
trouve dans les houillères embrasées de là Bouiche , dépar- 
tement de l'Allier. Werner place la rétinite de Zwîckan 
avec l'espèce pechstein , à laquelle il donne néanmoins pour 
type la variété du Meissen. 

Il reste à savoir maintenant si Ton peut considérer toutes 
ces variétés de rétinite comme du feldspath compacte résinite 
ou du pétrosilex résinite; c'est ce que les analyses de ces 
substances rejettent , puisqu'on n'y trouve pas de potasse. Il 
est vrai qu'à présent qu'on a décoré dunomd'albite certains 
feldspaths qui , au lieu de potasse , contiennent de la soude, 
il est vrai, disons-nous, qu'on ne doit point rejeter ce rapprO" 
chement. La comparaison des analyses de ces substances et 
de tous leurs autres caractères avec les analyses et les carac- 
tères du feldspath, n'annonce pas qu'on doive les rapporter en 
appendice à cette substance minérale ; aussi presque tous les 
minéralogistes ont-ils séparé le feldspath compacte et le pc^ 
trosîlçx, de la rétinUe on pierre de poix fusible^ 



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R E T 217 

L^OD peut jager par ce qui précède, de l'espèce de confa- 
sion qui existe en minéralogie; à l'égard de ce que les Alle- 
mands ont nommé pechstein. Cette confusion étoit plus grande 
encore autrefois ijfûe ce nomavoit été étendu au silex résinite, 
qui est le pechstein infusible ^ ou la pierre de poix infusible de 
Dolomîeu. C'est à ce célèbre géologue qu'ftn doit de bonnes 
observations pour la distinction de ces pierres. Il est à désirer 
que le nom de T'^cAsfem soit banni de la nomenclature miné- 
ralogique, puisqu'il est sujet à àes équivoques* Delamétberie 
avoit nommé Pissite (pour pieiie , du latin pix , poix )i les 
pierres de poix infusibles, ou silex résinite et Rétinite (qui 
signifie exactement et en grec , pierre de poix ou pechstein) 
les pierres dont nous venons d'exposer les caractères, (ln.) 

RETINOPHYLLE, itowio;?^j<//iiw. Petit arbre à bois 
blanc, très-léger; à rameaux opposés, enduits de résine jaune; 
k feuilles opposées, ovales, échancrées au sommet , très-en- 
tières, coriaces, enduites de résine , et engaînées à leur base ; 
à (leurs couleur de chair , disposées en grappes unilatérales, 
qui seul forme , selon Bonpland , un genre dans la pen- 
tandrie monogynie et dans la famille des rubiacées. 

Ce genre offre pour caractères : un calice persistant à cinq 
divisions, et accompagné de bractées ; une corolle hypocra- 
tériforme à cinq divisions obtuses ; cinq étamines ; un ovaire 
inférieur surmonté d'un style à stigmate aigu ; une baie glo* 
buleuse striée , renfermée dans le calice , et renfermant cinq 
semences osseuses. 

Le retinophylle se rapproche des Nonatèlies et du PsA- 
THUfi£« Il croît dans l'Amérique méridionale, et est figuré 
pL aS de Texcellent ouvrage de Bonpland. (b.) 

RETIPÉDES. Oiseaux à tar«es couveru d'écaillés en 
réseau Tv ^ • ' 

RÉTITÈLES. M. Walckenaer donne ce nom à la dix- 
neuvième division de la seconde tribu des aranéides. Elle 
comprend les espèces qui fabriquent des toiles à réseaux 
formés par des'n}s peu serrés, tendus irrégulièrement en 
tous sens. V. le genre Theridion. (besm.) 

REÏOMBEÏ ( GROS ), A MarseUle, on donne ce nom 

au LaURÉOLE TART0?9R£IR£. (besm.) 

RETON. C'est la Raie lisse, (besm.) 
RETORTUNO. Nom espagnol de I'Acacie ongle be 

CHAT. (B.) 

RETOUR (^vénerie ). Action de la bile qui revient sur ses 
mêmes voies^(s.) 

RETRAIT. On a donné ce nom à la cause qui a divisé 
les masses de rochers, et les basaltes, en prismes, en rhom« 



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3i8 R E T 

boïdes, e|c.; elqui^engesiéral, occasieiie lesfenies îat Prieures 
de cerUiBes concrétiofis. On appelle relraits réguliers eeux 
qu'on observe dans les roches et les basaltes ; retraits irrégu^ 
Uers et hdus^ ceux que présentent les concf^tions. Les filons 
peuvent être tonsidérés^ dans bien des cas , comme des pro- 
duîH d'un retrait particulier. V. Basalte , Concbétion , 

FST9T£ , FiLOK. (LN.) 

RETRAITE {vénerie ). Ton da cor pour faire retirer les 
cbiensv(s.) 

RETROUSSÉS. Famille proposée par Paidet, dans le 
genre Agaqig de Linnaeus. Elle se distingue par son pédicule 
aminci par le bas, et par son chapeau relevé sur son bord. 
Trois espèces la composent': le Ghah^gi^ok lie be vnv, le 
VERT DES BOIS elle Mousseron sauvage, (b.) 

RETYLAH et RETYLA. Noms arabe et persan des 
Araignées. Il y en a d'ailleurs plusieurs autres dans ces deui 
langues, (be&m.) 

RETZ MARIN. On donne Vulgairement ce nom à àcs 
masses d'œufs de coquillages rejetés par la mer, ou mieux à 
leurs restes , et qui présentent des cavités cartilagineuses. V* 
au mot Coquillage, (b.) 

RETZ DES PHILIPPINES. C'est I'Eponge Vlabei,!!- 
FQRME , Spongia flabelliformis , Pallas. (DESM.) 

RETZIE^ Retua. Plante frutescente, haute de trois â 
quatre pieds , garnie de quelques rameaux courts, de feuilles 
▼erticillées quatre par quatre, ramassées ou rapprochées, 
sessiles, linéaires, lancéolées, sillonnées en dessus et en 
dessous , et de quelques fleurs latérales , sessiles it l'extrémité 
des rameaux, droites, sortant d'entre les feuilles, et accom- 
)agnées de bractées lancéolées, velues et plus longues que 
e calice. 

Cette plante forme, dans la pentandrie monogynîe et dans 
la famille des Userons, un genre qui a poor caractères : un 
calice velu, urcéolé, à cinq divisions aiguës; une corolle 
monopétale , tobulée , trois fois plus longue qi»e le calice , 
reivte extérieurement, rétrécie à son limbe qui est divisé en 
cinq lobes obtus; cinq élamines presque sessiles à la gorge 
êe ta eorelie; un ovake supérieur, arrondi, surmonté d^un 
long style filiforme à stigmate bîâde; une capsule à deux 
loges polyspermes. 

Cette plante, qui vient in Cap de Bonne-Espérance, a 
beaucoup de rapports de caractères avec les Liserons, (b.) 

REUSSE. Nom vulgaire de la Moîjtarde bes champs , 
aux environs d'Angers, (b.) 

REUSSIN. F. S0U»E SUtFATÉE MAGNéifIFÈRE. (LN.) 

REUSSITE è^ Jameson. F. Reussiw. C'est par une 



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r, 



T^ ^^ A ^19 

famte dUmpf eialoa ifu'a r^rtiele Maonésie smt àtia sodi« 
VÈRE, Qo a mis R£i$$iTje, (ln.) 

REUTER. r. REJT*.a. (lw.) 

RÉUTMAUS. Nom alUiaand da CÂWÂemL et des 

B£Y£. Pooio^daiii donne et nom comme étant la déno- 
mination danoise 4« Rknar»* V. à l'article Chihn. (desm.) 
REVEILLE MATIN, r, CAttu; à rarticlc PBnDinx.(v.) 
REVEILLE- MATIN. Nom vulgaire de I'Euphomb 
i^ms. (b) 
REVEILLEUR. V. Casmcan rbvkillbur. (v.) 
REVELONGA oa TRUIE; Nom d'une scorpène , scor- 
pêna luseus^ a«ix enviroos de Narboonc; elle porte aussi ta 
dénomination de poisson de NoTa&S£taiciun. V. Sqorpètib. 

(B.) 

REVENU (^véoerie). C'est quand la tête ou le bois nou- 
veau du cerf est entièrement reCait. (s.) 

REVERBERE. Nom d'une espèce de cliasse que Ton fait 
ans canards pendant la nuit K. au mot Canab», page 146. 

REVIROMÇNU. V. Dompte-venih. (hbsm.) 
REVIOURE. £0 Languedoc, on donne ce nom au regain 
des prés, et à ta seconde poussg des mûriers. 

REVOLTON. Nom espagnol de TAttalabb veul yi- 

^NE. (BESII.) 

REK AMARORIS. C'est k Bouati, dans Runphius. 

RE:^ AVIU&L C'est le Roitelet dans les auteurs anciens. 

(s.) 

REXSIMIORUMouROI DES SINGES. C'estlenom 
^ue plusieurs auteurs ont donné k TAlovatte, Cebussemcu' 
bis. Voyez ce mot. Çoesm.) 

REYNAUBY. Nom que porte, dans èûB canton» du Bas^ 
Languedoc» le Motteux a aoa«B blakcre. V, Farticle Mot- 

TEUX. (V.) 

REYNOUTRIE, Reymuina. Genre de plan«&s établi par 
Houttuya dans la décandrie monogynie. Il a pour caractères : 
im caUce de cinq folioles ; point de corolle ; dix étamines k 
filamens tr^s-courts ; un ovaire trigone , surmonté d'un seul 
style. 

Ce genre ne contient qu^um^ espèce, qui vient do Japon , et 
sur laquelle on n'a pas d^ notions plus étendues, (b.) 

REZÉ ou LAGAST. Noms languedociens de la Tiqi^b 
BBS cniENS ( Acarus rediunus 9 L. ) , qui appartient au genre 
IxoBE de 91. Latreillë. (OESM.) 

RHA PU RA et RHÉON. Bioscoridenous apprend que 



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aao R H A 

les Grecs appeloient ainsi une racine que les Latins dësi-' 
gnoient par rhaporUicumj parce qu'elle ëtoit apportée des pays 
au-delà du royaume de Pont. Selon lui , c'étoit une racine 
noire, semblable àcellede ist grande centaurée. Pline la compare 
au cosius\ cependant elle éioit plus petite et plus ronsse,percée 
de trous , un peu piolie ^ lissée et sans odeur« Le meilleur rha 
n'étoit point vermoulu , mais gluant , et un peu astringent au 
goût, pâle ou jaune comme du safran quand on Tavoit mâché. 
Pri^ en breuvage^ il étoit utile contre les foiblesses et venlo- 
sités d'estomac^ les douleurs, les tranchées, (es conrulsions , 
le hernies f les douleurs de rate et de foie, les indisposi- 
tions de reins, de la vessie et de la poitrine. Il étoit bon con- 
tre les coliques, les douleurs des flancs , les maladies de la 
matrice , la sciatique , les crachemens de sang , la dyssen- 
terie , les fièvres périodiques , les morsures des bétes veni- 
meuses , etc. , etc. On employoit le rhapontique dans ces 
maladies de la même manière et à la mime dose que l'a- 
garic. Dioscoride cite d'autres propriétés de cette racine , 
dont la grande vertu étoit d'être astringente et un peu échauf- 
fante. 

Le rha est décrit dans Pline , qui le désigne par rhacoma. 
Tout ce que le naturaliste romain rapporte de cette racine , 
s'accorde avec la description de Dioscoride. Il entre même 
dans plus de détails sur les propriétés ; mais ni l'un ni l'autre 
n'ont connu la plante qui produisoit cette racine. Son nom a 
été le sujet d'étymologie différente. Quelques auteurs le font 
venir de l'ancien mot grec rha^ qui signifie facin^, etd'oùdé- 
riventie ihotgrec rhiza et le mot latin radix\tX cette étymologie 
est^'autant plnsprobable, que Gels, en traitant de ranlidote 
deMithridate, nomme le rhaponticum radixpontica ou rhapha- 
noj et que l'on sait que le rfiaphanos des Grecs onraphanus des 
Latins, ou notre Rave, devoit son nom à sa racine translu- 
cide. Enfin, dans diverses éditions de Dioscoride, on voit le 
nom de rha altéré et changé en rheia , rheion et rhia ^ qui dif- 
fèrent peu, surtout rA/a, du grec rhiza , racine. Ainsi donc, le 
rha étôit la racine par excellence , et l'épithètedepon^îlcum an- 
nonçoit seulement qu'on l'apportoit d'une contrée étrangère. 
Ammien Marcellin suppose que cette racine porte le nom 
d'un fleuve au-delà du royaume de Pont , sur lés confins de la 
Tartarie , d'où l'on exportoit cette racine. En effet , Ptolémée 
désigne le a«i!^a par r^a. Cette courte digression nous apprend 
que le rha étoit anciennement connu en Grèce , et la ra- 
cine d'une plante inconnue en Europe. Mais quelle a pu 
être cette plante ? c'est ce que les naturalistes n'ont pas en- 
core déterminé affirmativement. Est-jçc une de nos espèces 
de )KavfiARB£^ le rhéum rhaponUcum^ L. , ou bien une autre 



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RHA a^i 

fiante? Il y a des auteurs qai pensent que le rhacoma de 
^line ou rha de Dioscoride est très-différent de nos rhu* 
barbes y puisque ceUes*ci sont lazatives , et que la, plante des 
anciens est astringente; c^est ce qui a fait penser que la cen- 
taurée rhapontique , Ceniaurea rhapontica , L. 9 ou la centau- 
rée orientale , étoit le rha des anciens. D'autre auteurs pré- 
tendent que Pline a eu en vue ^ dans sa description , la racine 
de la première de ces deux centaurées, ce qui n'est pas pro- 
bable, attendu que cette plante est commune dans 1 Italie et 
le midi de TEurope , £t que Pline sûrement n'auroit pas fait 
Tenir cette racine de pays inconnus, si elle eût été celle d'une 

(plante vulgaire. Il nous senible qu'on ne doit pas douter que 
es anciens n'aient connu sous ces noms une de nos espèces 
de rhubarbe « qu'à défaut de description de la plante , nous 
ne saurions rapporter. 

Adanson distingue , dans Dioscoride , le ^r^/i qu'il dit 
être une rhubarbe , et le rha^ qui seroit, d'après lui, la cen- 
taurée rhapontique. 

Paul ^ginet distingue le raâix poniica du rluoîi : il dit que 
le premier est nommé vulgairement rha, Adanson suppose 
que c'est la racine d'une centaurée ; le second est le rheon 
harbaricum; on Papportoit d'Arabie. Seroit-ce la rhubarbe ? 
Ce n'est que long'temps après ces auteurs 9 qu'on vit intro- 
duire dans le commerce les racines que nous appelons rhu- 
barbes , et qui furent désignées par rha^barbarum^ comme qui 
diroit 9 racine des étrangers; car l'on sait que les Grecs don- 
noient l¥pithète de barbares à toutes les nations étrangères. 
Mesuë est le premier qui ait distingué les rhubarbes en 
plusieurs espèces. Il y en a trois : i.® la rhubarbe des Indes 
on raçedseni des Arabes , la meilleure de toutes ; 3.<» la rhu- 
barbe àt% Barbares^ rhabarbarum ; 3.® la rhubarbe turque , 
ou la plus commune et de la plus mauvaise qualité. Peut- 
être a-t'il voulu désigner les rheum undulatum , compactum et 
rhaponù'cum. 

Mais ce li'est que dans des temps très - modernes que les 
botanistes ont connu les vraies plantes qui fournissent les 
rhubarbes. Nous n'en parlerons point ici , puisqu'elles sont 
décrites à l'article Rhubarbe ; car elles appartiennent au 
même genre, le rheum de Linnaeus , le rhabarbarum de Tour- 
nefort et d' Adanson. 

C. Bauhin , dans son Pinax , classe , sous le nom de rha , 
les rhubarbes et la centaurée rhapontique , qui est mainte- 
nant le type d'un genre appelé rAâ/ioii^iim. Voyez RbapoN' 

TIQUE. 

Rheî et rheu sont des altérations de rha et de rheum ou de 
rA^on, qu'on trouve employés par quelques auteurs , pour 



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•" R H A 

désigner les Aubarbc». On prélcnd que le nom àe rheon ^ 
donné par Dîoscoride eotntntef synonyme de rhû , déme d'oû 
Terbe grec i\\i\ sieinifie couler; cl celte racine aaroit été aîns! 
nommée , selon Yentenat^à cause de sa propriété purga- 
tive, {tn.) 

RHAAD.V. l'article OtrTAitnE. (v.) 

RHABARBARUM. Les Grecs des bas temps ont donné 
te nom à la rhubarbe qu^on exportoit d^ Arabie en Europe. 
On sait que cette nation donnoit Tépithète de barbares aux 
peuples étrangers. Ce nom est devenu ensuite celui des 
rhubarbes. On a SL^p^ié rhabarbarum monachomm ( rhubarbe 
de moines^ , les patiences commune et alpine {^rumexpa-^ 
Ueniia et aipiims);ei rhaharbarwft indicum y leméchoacan. f. 
les articles Rhubarbes, (lk) 

RHABDION. L'un des noms deThalimus, chez les an^ 
ciens. (tN.) 

RH ACOMA. Adanson a nommé , avec Pierre Bro\vn , 
.erosso petalon, le genre que Linnseus avoit appelé rhacoma , et 
que Smith réunit aux myginàa; mais AdansoO appelle rhacoma 
on genre qu'il établit aux dépens des centaurées, et <fù il place 
le ra ou rha de Dioscoride et de Paul AEginet ^le rhacoma àt 
Pline , et les centaurea rhapontwa et glastifoiîa de Linnaens. 
Ce genre est donc le même que le rheporakum de Vaillant , 
de Halier et de Jussîen. Quant au rhoponticum d' Adanson^ 
c'est le genre que les botanistes nomment actuellement avec 
Decandolle , kuzea. (ln.) , ^ 

RH ACOME , Rhacoma, Arbre du genre des Mygindes , 
dont quelques botanistes ont fait un genre {particulier , parla 
raison qu'il n'a qu'un style , au lieu de quatre qu'ont les au^ 
très ( V. au mot Myginoe ). Il est figuré sous le nom de cros- 
sopetalum, pi. i6de l'ouvrage de Brown, sur les plantes de 
la Jamaïque. (B.) 

RHADIA. L'un des noms que les anciens donnoîeut à 
leur 5mi/aa7 aspera , qui paroît être une espèce de salsepa- 
reille. V, Smil4X. (ln.) 

RHADIOS ou RADIOS. C'est l'une des trois espèces 
d'olive mentionnées par Virgile et par Pline. On la recueil- 
loit la dernière de toutes, (ln.) 

RHAEÏIZIT. Werner a donné ce nom an disthène 
blanc qu'on trouve à Pfisscb , dans les montagnes tyro- 
liennes ou rbétiques. (LN.) 

RHACiADIOLE et RHAGADIOLUS. Voyêt Raga- 
IDIOLE et Ragadiolus. (ln.) 

RHAGION, Rhagio. Genre d'insectes de l'ordre des dîp- 
tèresi famille d€3 tanystomes , tribu des rhagionides. 



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R H A »3 

Les anciens désîgnoîent soms le nom de rhagion un petit 
animal qa^ils prenoieitl pour tiâe espèce à'amignée. Que ce 
rapprocbement fût juste ou mal fondé , il n^en est pas moins 
probable. que cet animal est de la classe des arachnides, et 
n'a pas de rapports avec un insecte à deux ailes. Fabricius^ 
néanmoins, applique <ette dénomination k hq genre de dip- 
tères « plaeés avec les mouches par Lînn^is, ei avec les né- ^ 
mpotèles par Degéer. Jugeant ensuite qu'elle étott presque 
semblable à celle de rhagmm , donnée aussi par lui k un genre 
de coléoptères ( Voy. Lepiure ) , et qu'il pouvoit en résulter 
de la confusion, il a nommé hfHîs ( SysL Ântl, ) ce genre de 
diptères. N'ayant pas cru devoir adopter cehit de rhagimm^ 
)'ai conservé au précédent sa dési^ation primitive. 

La tige de la trompe des rhagions est membraneuse, fort 
courte , peu saillante hors de la cavité buccale , et terminée 
par deux lèvres extérieures , grandes et relevées. Le suçoir» 
renfermé dans Tintérieitr de cette trompe , est composé de 
quatre soies. Les deux palmes sont extérieurs , presque aussi 
longs que la trompe ^ biarticulés, presque coniques , velus, 
et ne sont point relevés 9 comme dans les aih^rix, autre 
genre de la même tribu, mais avancés. Les antennes sont 
plus courtes que la tête « insérées k sa partie antérieure , 
rapprochées, avancées, composées de trois articles tous 
simples ou sans divisions , et dont le dernier, tantôt presque 
conique ou triai^laire, tantôt preisque globdenx, se termine 
par une soie. Le corps est allongé, avec la tête transverse y 
arrondie; les yeux à facettes , sont grands, surtout dans les 
mâles; il y a trois petits yeux lisses, rapprochés e^tués sur 
un tubercule; les ailes sont horizontales, ordinairement écar^ 
tées, réticulées presque à la manière de celles àes taons ; les 
balanciers découverts ; Tabdomem est en forme de cône allon- 
gé; les pieds sont longs, grêles, et terminés par trois pelottes. 
On trouve ces insectes sur les arbres et sur les feuilles. Ils 
vivent , à ce qu'il parott , de rapine. 

De^er a observé les métamorphoses des deux première» 
espèces que je citerai. Les habitudes de la larve de la se-* 
conde espèce sonttrès<ttrieusc5; Réaumnr en a parlé le pre* 
flMer. 

ASAGIOI^ BÉCASSB, LepUs scoiéipacea, Fab. ; Nermtel&s scoh" 
pacens^ \>t%,\ pi. i4f P. 4 de cet ouvrage. Il a environ huit 
lignes de long; les antennes brubes; Les yeux d'un vert ob^* 
cur ; le corsetet noir , avec deux émioences antérieures jau-" 
nâtres ; l'abdomen jaune , avec une tache noire sur le milieti 
de <^aque anneau; une ligne de même couleur sur les côtés; 
le dernier anneau noir ; les pattes jaunes , et it% aiks taehe-^ 
têts tW brun* 



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aa4 R H A 

On le trouve dans toute l'Europe. 

Sa larve est longue , cylindrique , d'un blanc jaupÂtre ; elle 
a la tête petite , écailleuse , brune , munie de deux petites 
antennes ; le dessous du corps garni de quelques mamelons 
charnus, qui font l'office de pattes et lui servent pour 
changer de pla«e. Cette larve vit dans la terre , ok elle subit 
toutes ses métamorphoses. Parvenue au terme de sa grosseur, 
elle se change en une nymphe qui a plusieurs rangées d'épi- 
nes courtes sur le corps , et qui devient insecte parfait vers 
la fin du mois d'avru. La femelle pond des œufs minces, 
allongés, courbés en arc , d'un blanc jaunâtre. 

Rhagion yee-lioN) fjepiis vermileo , Fab. ; Nemotelus ver» 
mileoy Deg« Il a environ quatre lignes et demie de long; le 
corselet jaunâtre, avec deux lignes noires sur le milieu, et une 
tache de même couleur à droite et à gauche; l'abdomen jaune, 
avec une tache noire sur le milieu de chaque anneau , et 
deux lignes, détachées de même couleur, de chaque côté ; 
les ailes transparentes ; les deux premières paires de pattes 
iaunes ; les postérieures brunes et beaucoup plus grandes que 
les autres. 

Sa larve est allongée, cylindrique, d'un gris jaunâtre; elle 
9 le corps divisé en onze anneaux; la tête, de substance 
charnue, conique, munie antérieurement d'une espèce de ' 
dard écailleux ; le dernier anneau de son corps est terminé 
par quatre appendices charnues assez longues , en forme de 
mamelons, garnies de poils longs et roides ; elle a l'anu» 
placé sur le dos , dans la même position que celui de la larve 
du criocéxe du lis, qui se couvre de ses excrémens. Cette 
larve , désignée sous le nom de ver4ion , vit d'insectes ; elle 
létablit sa demeure comme celles des myrméléons , et se 
trouve souvent en société avec elles. C'est au pied des murs 
dégradés, dans les terrains sablonneux , qu'elle forme un en- 
tonnoir il couvert de la pluie ; elle se place au milieu , et lii 
3e tient à l'affût pour saisir et dévorer les petits insectes qui 
ont le malheur de tomber dans le piège qu'elle leur a tenda. 
Après qu'elle a saisi sa proie, elle l'entoure avec son corps, 
la perce avec son dard et la tue promptement; ensuite elle 
s'enfonce sous le sable, où elle, l'entraîne pour la sucer 
tranquillement, et elle la jette dehors quand elle en a tiré 
toute la substance. Vers la fin du mois de mai, cette 
larve, qui a acqub toute sa grosseur, se change en nymphe 
dans le sable , sans faire de coque, et elle devient insecte 
parfait environ quinze jours après sa métamorphose. 

On trouve cet insecte en Europe, particulièrement dans le 
piidi de la France. 
J'ai souvent rencontré sa larve; mais je n'en ai point suir^ 



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ïl H A jkà3 

paLT U à&tirtpûovk de liinnieas et de Degéer^ et les figur^ 
jqa^on e» a doonëes* Je soupçonné^ d^aprèf U fùnpedesa^* 
^naes j la directidn des palpes et la jp^sUion des ailes^ qu^ 
cette lispèce fonse im genre propre, \ 

Rà^mon »i€OLoa , Leptis hicolor^ Fab. Il a la tète noirei 
le eorsefe^rôogeâtte ^ ^^ nne^raii^ tache noire aor tejni^ 
lies; rabdomen irougeàtre ^ nait k reitnéitii|é;..lea aUti 
iMànebé^y afèe «are grande tache brune pea marquée. 

Oâ le troove en Italie. , 

KhagjoN càfiVALlEE , Lepfy Mngaiia. Fàb. U est ceildré^ 
iarèc le corselet d'ane seule eonleur \ rabdomen f annitre ^ 
Mar<(iié de t^ois rangSf dé iaèhes iioires , et les ailes sans 
tachés. Je tréls tpié c^èèi Tin^ette figttré dar Degéer , tdm. 6^ 
pi. 9 , flg. 10 , toûttme Tariété île ta ném&àk bScas^. (l.) 

RttAGIONIDÉS , Bhagwnidèi, LatÉ-, Trrba d'imceiés > 
famille des tanystomes , 'ordre desf diptères , distlogaée des 
autres tribus de la même iaiâille , pafiès'caractères sorrans: 
Irompeàtige très-courte > retirée dans la cavité buccale ou 
Sipeiile extérieure fieriûlnée par debx lèvres grandes^ 'sail^ 
]antes et relevées; palpes ext'é rieurs, prei^ûe conifiiesT*; 
antennes fort courtes , grenues : le dernier article sans div^- 
Bîons i ^terminé par une soie. ( i^ile^ pi^esque' toujou)^ 

léçartées). ; i; : : . v 

Cette tribu est composée ^e^ j;enrés *: ftSÀGiôi» / AtHÊàrit 
«t CuNOCiiiJB. y. pour lesbiibitudesi^é ces insectes le j^ré.- 
#Aier de 4:ea genres. (II.) ., , , '^ ' 

MHAGIUM; Fab. Geti**^ d'instctes., V. Iaptore- frO'.^ 

RHAGODIË^ «hàgoâin. Arbrisseau de la N0«veUei« 
Mollailde ^ à feaiHés presque' o^ésées V eniières ^ Ir^sr 
idabreA « i fleurs dîspéséts en épi terminal , ^ sevl^ aeloii 
R. Brown , constitue un genre dans la potygamiemôtto4cie* 

Les èaràetèfes de te genre éonttcttlke divisé. en*. cin<| 
parties ; point decoroUe ; cinq étamiaés ; tiemèiiceapUtif. (ml) 

BHAGOSTIS5 Rhagostis. Genre de nlâhtès établi par 
Buxbaume # mais qui ne diffère pas de ^tt^i ^npelë 'Çoftisr 

RHAMNÉË. Synonyme de ftHAM^oYnES et de TRkmQV^ 

RHÀMHOÏDK Genre de T0^mi{ort^,qpi répon^ à 
TArgousiee. (b.) 

Rfi AMNOiDJ^i Fattillè de plinteè^ AmH lè^ ciimc^ret 
tOfetsisieiàt : en un ealiot libre, niooop^rllefm'tuH;50ovent à ml 
base intérieure d^un disque glandcdeni^ dkki ,ou décot^Jl 



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miS R H A 

■on iimbéï k SMèiàm et défcoupai^ei en nombre i%al S 
à celai des pétales ; une corolle très-rarement nulle » formée 
ordinairement de cinq, quelquefois de quatre ou de sis 
pétales alternes arec les divisions du calice ^ insérés an 
sommet de cet organe « ou sur le dbque dont il est muni h 
sa base, onguiculés et squamiformes oudilatéi^.et réunis 
dans leur partie inférieure; des étamines en nombre égal 
ji celui des pétales , ayant la même insertion , et leur éUQt 
alternes ou opposées; un oraire supérieur, entouré par Iç 
disque glanduleux du calice , il style et stigmate unique on 
anultiple en nombre déterminé. 

Le fruit; est une baie divisée intérieurement en plusieurs 
loges monospern\es , on contenant plusieurs nojaux égaler 
ment monôspermes; quelquefois une capsule divisée en plu- 
sieurs loges , contenant une ou deux ^semences , s'èuvrani 
en plusieurs valves septifères dans leur milieu ; semences, 
souvent ombiliquées à* leur base, à périspenne charnu ^ 
à embryon droit , à cotylédons planes, et à radicule in- 
,férieHre. 

" Les plantes de cette famille ont leur tige frutescente oa 
arborescente , et garnie de rameaux alternes ou opposés. Les 
feuilles qui sortent de boutons coniques , rarement nus , plus 
jouvent couverts d'écaillés imbriquées, ont une situation, 
conforme Ji celle des branches et des rameaux, filles sont 
.commimément simples , toujours munies de stipules , quel* 
quefois persistantes , mouchetées ou bordées de blanc et de 
~|àune dans certaines espèces. Les fleurs , en général petite^ 
et^peu éclatantes, presque toujours complètes, très-rarement 
apétales ou diclines, affectent dîBérentes dispositions. Ven- 
-tenat rapporte à cette famille , qui est la treizième de la qua- 
torzième classe de son Tableau du règne végéUdf et dont les 
caractères sont figurés pi. aa , n^ 3 du même ouvrage , vin^ 
geinres sous cinq divisions , savoir : 

B.** Les rhamnoïdes dont les étamines sont alternes avec 
les pétales , et dont le fruit est 4:apsulaire : Staphylin ^ 

JFOSAIN , POLVCARDE et CÉLASTRE. 

a.<» Len rhamnoïdes dont les étamines sont alternes avec 
les pétales , le fruit inou et les pétales quelquefois réunis à 
leur base : Mtginpe , Eléodendrok , Cassine , Houx et 
'Apalanghe. 

3.<» • Les rhanmoïdes dont les étamines sont opposées 
aux pétales et le fruit drupacé; NÈapàim, Jujubier et 

PALIURE. 

4.» Les rhamnoïdes dont les étamines sont opposées aux 

Î étales et le firuit composé de trois coques : CouLÉTiB «^ 
;éai!(othb et Phyùque. 



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R H A %àf 

%.• Les gantes qui ont de raffinité arec les, rfaàniiioïdes ^ 
<et dont Toraîre est rarement supérieur : BauniE ^ Staayie ^ 
GouANiE , PLïTeraoNiE et Augube. 

K ces dîfférens mots, (b.) 

RHAMNUS (^Rhampos des Grées). « Le rkamnos crotl 
daps les baies ^ rapporte Dioscoride ; il pousse des branches 
droites et piquantes comme celles de Toiyacanlba. Ses feuii^^ 
les sont petites -, langiies, un peu grasses et molles. Il y a 
une autre espèce de rhàw^fmmi est plus blancbe;une troisième 
est noire et produit desieuilles larges et un peu rouges. Si» 
branches sont grandes environ de cinq co§dées , et plus 
épaisses que dans les autres espèces; mais les épines ne sont 
pas si dures > ai si piquantes : son fruit est larce y blanc ^ 
mioce^ en forn^e de bourse ou de fuseau. Les feuilles de tout 
les r^^ihos appliquées, servent avec ffrand avantage pour la 
goérisflrdes érysipèles «t des dartres. On dit que. les brancbe« 
itfhanmosj mbes aux portes et aux fenêtres des maisons, cbas- 
ientdebors tout enchantement ou sortili^ge^vDioscyi. c. lacH 

Suivait Théopbraatei Itrkamnos étoit un arbrisseau tou<<- 
|Durs vert. Il y en ayoit de deux espèces^; rupe.Qst appelée 
par lui rhamnos hltmci et la deuxième rhamnot noir. £lUi 
étoient épineuses et diJOTéroient par leur fruit. 

Pline distingue trois rhamntfs. Les Grecs > dit-il, les 
mettent au rang des ronces ( Rubus ) ; néanmoins , ajoute-t^l , 
ils sont plus blancs et plus toaffus.de branches. Le rkàmnus 
proprement. dit jetoit ,. selon lui , plusieurs fleurs ^ et pr6»- 
doisoit plusieurs branches armées d^épines droites et non pas 
recourbées comme celles.de la ronce; il avoit ses feuilles plus 
grandes qua les feuilles de la même plante. Le rhqmmts sau'- 
page étoit une seconde espèce noire tirant surlerouge> et qui 
prQduisoit certaines petites bourses. Cette espèce est la même 
qae la troisième de Dioscoride. On faisoit le fyciun , sorte 
d'extrait végétal , avec la décoction de sa tacine bouillie dans 
de l'eau. La troisième espèce on le rhamaus blanc ^ étoitplui 
astringente et plus réfrigérante que la noire , et plus propre à 
gaérirles plaies 9 etc. ^ 

L^ premier rkamnos de Diostoride peut être rapporté à la 
première espèce de Pline , et est sans daale comprb dans le 
rhamnos Nùnç, de Théophraste* Le deuxième rkamnos de Dios* 
coride^ ou 1er r^^mnos^/^m^;, /saroit la deuxième espèce ^ de 
Théophrasta et la troisième de Pline ; enfin « le troisième 
thi^tmus de Dioscoride 9 paroit être la secimde espèce de 
Pluie. . , 

Il nVst pas aussi aisé de rapporter ces trois espèces. & des 
plantes que nous. connoissions. Matihiole les rapproche du. 
fy&nm tur^Hmsmp de i^h^^^l^haë rhanmtntks <t du ikamnuspa^ 



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Ù29 R H A 

imruSé Beira , Kaarolfies , Cësalpin ^ citent la première ié 
ces espèces poar la première sorte de ihamnas. Cette même 
plante et le rhamnus fydôides sont , pour C. Baahin , lea 
deux espèces de Théophraste ; par conséquent le rhamnus noir 
de ce naturaliste grec ne seroit pas le même que celui de 
Dioscorîde, puisque C. Bauhîn et beaucoup de botanistes le 
rapprochent du rhamnus paUurus^ ce qui n^est pas le sentiment 
de Ciusius. Lobel le rapportoit au mespUrn prrocanûui» 
Enfin divers auteurs prennent Poai£i^ première espèce , les 
plantes que plusieurs autres •ootanistes ont prises pour la 
deuxième ou|^ troisième» Il est*probable que cette confusioii 
ainsi que tous ces rapprocbemens , et ceux qu'on a faits et 
que làôus ne citerons pas , sont inexacts ; mais du moins il 
iant convenir que les plantes citées plus haut , se rapportent» 
NJùsqu'à un icertain point, aux descriptions donnéesflv Dios^- 
coride et par Pline de leurs r^rnims. Les auteurs ^Ples ont 
suivis ont également deux o« trois espèces de rhamnm qu'ils 
distinguentdela même manière ; mais ils n'ont rien ajouté 
qai puisse éclairer datanta^ sur ces ancieniies plantes. 

C. Baubin ^ dans son Pmax^ réunit , sous la riArique dé 
rhamnus^ quelques îyemm , quelques rhamnus des auteurs mo- 
dernes et ïhippaphaë. Aérés lui , jusqu'à Linneens , on a désî^ 
gdé sous ce nom quelques fydom^ le Umsùtda sfinosa , le 
pisùniù. acttUaêa^ le mespUus pyracanAa et le aOesiea parviflora. 

jLinnœus forme son genre rAamiMis des cinq genres suivam 
de Touroefort : rhemims , franf^ y aiatemks , zitiphus et 
paiiurus. Quelques botanistes rétablis^nt les trois denuenk. 
On a formé, aux dépens du premier, les genres i^^rw^ina^ 
Moench -, planera ^ Micb. , et coUtcUa , Scop. ; aux dépeiiê 
iiu dzipw , le sarcomphaba de P. Brown , et lé tondaHù et 
Cavanilies; aux dépekis dupo&vtu , Vaubkiia^ Loar« Willde- 
tiow réunit les ttois prènriei^s genres en Un, B<mf^amttii$, et lea 
deux derniers aussi ea ub ^ son titiphità. Cesi A cette dîvisioB. 
qu'on s'i$t le plus géaéraleoMnt arrêté. On a aossi renvoyé 
quelques evpèices placées dapis te ganre rhcxnnm de Linnaras ^ 
aux genres ceanothus^ dœodendrum on rubenUa^ pismda ^.cdUs , 
ehretiit , pkctronta j etc. Le Htemmus de Toumefort compre- 
fioit les espèces à quatre pétales et tétrafi^es: V. Neepauic \ 

SoUâGÉNfi , AlaTBRNE , JUJUJUXE , PALltnà, QËNOPUE ^ 

tt tous les divers noms èit^ dans le^Ours de cet article, (m.) 
RHASiPHASTOS. IKom que les onâlitologUtes moder- 
nes ont appliqué au Toucan. (^.) > 

RHAMPHE , Bhamphus. Genre d'insectes établi par 
Gtairville , et adopté par LHi'^illéf qiu appart{e!iitàlàfar 
mille desCiTARAk^NiTibs , et & la troisième settion de l'on- 
4re des CohianÈau ytx ^ osé auMî diaràctéKiié.: Mtcnae» 



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R H A 1^9 

coudées t insiriéê entre les yem ; premier article ne dépas* 
ftant pas les yeui ; les suivaos allongés ; massue annelëe t 
commençant ao huitième article ; corps ramassé , cuisses 
propres pour sauter. 

Le Rha^^he FLAVICOME de Qainrille est très-petit; sa 
couleur est le noir mat : ses anteaneis seules sont fauves. On le 
trouve en été sur les feuilles de saule. lisante très-bien, (o, l.) 
RHANGIUM. r.rORSYTHIE. (in.) 
RHÂJIHTKS&IC; , BhanAmum. Plante à t%es velues , 
fameuses » h feuiUes alternes^ glabres on velues , lanciéolées, 
dentées , ^ ^cvtb jaunes portées sur des pédoncules iety^U 
nauz, qui fon^ 191 genre dans la syncénésie polygamie 
8upei4ue , et d^MM U .mdiUe des corymoiftpes. 

Ge geni;fs, qfû a été établi par Dekbntaines , sous le nom 
é^aspergillum^ ^i qui est figuré pL à^o ^ sa Fiore ailantiçtie, 
a pour caractères : un calice cyfandrique, imbriqué de folioles 
subulées, recoiJMrbées ; on réceptacle g^rni de paillettes , et 
pointant dans son disque des fleurons hermaphrodites , e^ à 
sa circonférence quelques denû-flèurons tridentés; femelles 
fertiles ; les semences du disque (dus^aisses à leur sommet t 
et couronnées de quatre on six soies plumeuses; celles delà 
circonférence nues* 

Le rhantherie est ^vace, et se trouvé sur les cAtes de Bar- 
barie , dans les sables voisms du rivage. Ses feuilles froissées 
répandent une odeur très-^réable. (b.) 

RHANTIER ou R£N^£. V. TUstoire de cet animal à 
Tarticle Csap. (UESif.) 
RHAPEJON. V, Lbontopetalum. (ln.) 
RHAPHIS. Synonyme de Raphis. V. Palmiste, (b.) 
RHAPHIUS. r.tUpfliiJS.(s.) 

RHAPOKTiCA. L'un des noms anciens de*rHT0SCYA- 
vus. Il est Composé des deux mots grecs , rh^um ou impum 
et ticè, et non pas de rbapondcè, d'où dérive ^HAPOKtlCi^iC. 
( V. xe mot. ) Pïéanmoins , quelques auteurs ont em^^loyé ^ 
dans le m^m^ cas^.la dénomination àerkapûnika; mais àior& 
iJi faut entendn^#vi4b par le mot rka et non pas rapum. (ln.) 
RHAPONTICOÏDES. Ce ^nre éubli par VaUlant, et 
qui comprend les centaurea afncana , bêhen et èdbylomra » 
^'a pas. été adèpié et on Ta réuni ii celui ^'il a nommé rAa- 
ponticum. V. Rhapovtique. (uf.) 

RHAPONTICUM ou RHAPQNTICON. Nous avpna 
dit à rartide iM% que les anciens donnoîent ce nom à 
une racine' médicinale qn^on apportoit des contrées prien-** 
taies , au-?delà dii royaume de Pont, et qu'on a supposée être 
celle d^une centaurée ou d'une vraie RpuBARBE. Ce nom , 
dont nous avons donné Tétymologie , est demeuré affecté , 
dans plusieurs ouvrages 4^ botanique antérieurs à Linnseus , à 



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^« R H A 

la rhubarbe do f^omm/ttee^ et à ptosiears espèces de eesta»^ 
rées ( CenL rhaponUea » L. ; àlpina , lil ; cérUaunum orienUdis ^ 
etc). I^innseiis Ta réservé à une espèce de RhIUBârbe ( rheum. 
rhaponUcum ) , et Yaillant le donne à un eenre qu^il a établi 
^\ï\ dépens des. centaurées , adopté par Haller , Adanson et 
Jussieo, et qui est décrit à Tarticlê RhapONTIQUE. V. leai 
inot$ Rqa , Rhacoma. (lk.> 

RH APONTIQUE » Rhapùnikum ^ Juss. ; SyngénAfe pofy- 

Samefrustranée , Unn. Genre de plantes à fleurs composées ^ 
le la famille des cynarocépbales, de JussieUf qui se rap* 
proche beamcoup des CEUTAuaÉEs, dont il a été détaché, et 
qui* présente pour caractères \ un calice formé d'écaillés im- 
briquées, non ciliée&9 non épineuses^ mdis desséchées et 
^carieuses à leur sommet; des fleurons hermaphrodites dans 
le centre et neutres à la circonférence \ un réceptacle garni 
de soies, roides , et des aigrettes ordinairement ciliées. Les 
feuilles des rhapontûfufis. sont simples ou pinnatifides , quet> 
quefois. décurrentes* 

Les espèces de rhapontiques tes j^us remarquables , sont i 

Le RhapontiqUE de Babtlone, Centawea haJjyîomcay 
liinn. ; à. tiges droites et ailées, hautes de six à sept pieds ; 
i feuilles décurrentes , légèrement cotonneuses et indivises » 
les radicales en lyre; à fleurs jaunes, *presque sessiles, e^ 
disposées, en une grappe droite ,^rminale et fort longue ; à 
calices coniques, très-durs, coiu^Osés d'écaillés terminée» 
par de petites pointes ouvertes. Cette planté est vivâce ^ 
très-belle , et croit dans le Levant. 

Le Rhapoktique a feuilles de pastel . Gentawrea glasU^ 
folia.^ Linn«; très-belle espèce , remarquable par ses calfcea 
brillans et argentés. Ses feuilles sont entières, oblongues^ 
un peu étroites et décurrentes ; st% fleurs d'un beau jaune ; 
$es écailles caUeinale^ lâches. On le trouve dafls le même 
pays que le précédent : il est vivace aussi, et s'élève à 
quatre piçds. 

Le RuAPC^TiguE a ratiLLES. o'AUiléE , Ceniaurearhapon" 
Ifca ,^ Linn. Il croit en Suisse et sur quelque* montagnes de 
l'Italie, a une racine vivace et une tige annuelle, haute 
d'environ un pied , des Veuilles entières, pétiolées., ovale» 
oblongnes., dentelées sur leurs bords , laineuses en dessous , 
et presque semblables à celles de l'année; des fleurs pour-- 
près, qui paraissent en juillet. 

Lje HhapohtxqCe oriental , CerOaurm ari^UaUê , Linn. 
C'est la neule espèce du genre qui ait des calices ciliés. Elle 
^st originaire de la Sibérie et de là Tàrtarie* Sa racine est 
yivace ^ mais sâ^ tige périt chaque année ; elle- est haute d'en^ 
ylron un pied et demi à detix pieds, et porte des feoîUesi 
ii:ande9i pétiolées > découpées jusque près de leurcftteèa 



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R H & aSi 

lanières Unëaîrei , lanéëolëes, les unes qnelquefois divisées i 
€t les autres entières. Les fleurs , qui paroissent en juin ^ 
joiÛet et aoél i ont les corolles jannes , et les écailles cali- 
cinales d'on blanc jaonitré ; elles sont grosses et d'un aspect 
agréable» 

Ces plantes sont dores ; on peut les multiplier de semen-^ 
ces ou par la division de leurs racines ; elles exigent et pren-^ 
aent beaucoup de place dans les jardins. Il ne faut pas les 
êonfondre avec le rapontié qui appartient à une espèce de 
Rhubarbe. V. ce mot. (n.) 

RHAPONTIQUE DES ALPES. F. Patience des 
Alpes , vol. a5 « p. ij^ (lk. 

RHAPOSTTLE, Rhaposifhsm. Arbrisseau àe T Amérique 
méridionale ^ à feuilles alternes , lancéolées , luisantes « à 
fleurspetites, disposées en bouquets axillaireS qui, seul, selott 
Humboldt et Bonpland , constitue un genre dans la décan-. 
drie trigynie et dans la Éimille des malpighiacées. Ses carac- 
tères sont: calice à cinq découpures; cinq pétales onguiculés^ 
dix étamines insérées sur le réceptacle ; un ovaire supérieur 
surmonté de trois styles persistans , relevés et à stigmates- 
en tète ; une capsule ii trois loges monospermes, (b.) 

RHAPYS et RHAPHYS. F. Râpa et J^apum. (ln.) 

RHASUT. Nom arabe de Vanstoloche dAlep ( Anstolochia 
Maurorum, Linn.) , qui a une odeur désagréable , et que l'on 
emploie dans le Levant comme vulnéraire et résolutive. V» 
au mot AaiSTOLocHE. (b.) 

RH AX, Hermann. Genre d'aracbnides. V. GAtÉOBE, (t.) 

RHEA. Nom latin d'un genre d'oiseaq établi d'abord p^e 
Moebring , et adopté par Srisson et Latham. Ce genre ne 
contient qu'une seiue espèce, le Nanbu, dit l'AuTaucHE ns 
Magellan. ( V. ce mot. ) Linnœus a réuni cet oiseau dans le 
même genre « avec YêaUruche de l'ancien continent et le 
casoar,(s,) 

RHÉAS. V. à l'article Papaveb. (ln.) 

RHEE. Nom boliandais du Chevreuil , espèce de CeeT* 
La femelle porte celui de u^ , et le petit celui de rhee^e^ 

(DESM.) 

RHEEDIE F, Cyboyeb. (b.) 

RHEMÊ. Les Nègres du Sénégal appellent ainsi la St^ 
SûVE , dont ils emploient la cendre k la fabrication de leur 
indigo, (b,) 

RHEN, RHEÎÎNE. F. l'bîstoîre du Renne , à l'article 
Cerf, tome 5. (besm.) 

RHESUS. Espèce de singe de l'ancien continent , qui 
appartient an genre Macaque. V. ce mot^et la planche P 7^ 
i^. I de ce Dictionnaire, (oe^.) 



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%H R H E 

RflETENIPHYLLUJIli. K lRxmmP(iM. (m) 
; BJIEU&A&BABUM ei RHËOBAUBARUM. SyBO^ 
sytnts de rimbaràamm^ èêma les aticiftf» «suffrages. Us d^riveni 
de r/i«iua barbanmif d^où BOlre Jd«m volgaife HjEra94&9B. (LKOi 

B.HEUM. Nom latin du genre des RnuBAaBES* F.lemot 
lUiA. C'ei»t près du genref rbiin» qaC'A faut placer ;eeliii que 
liâgasca appelle espinosaytfù a poorcaractèrea : co7dUe(caliceit 
Jaâs* ) il sis déeoapiir^a égales el obvtaUs ; 'Oeirf étaaiines i 
frais iongs styles, et^ autaim 4p stigoaalies simpka^ aîgv»; 
une graine enveloppée d*une écorce ^ Mtrigone. La plante 
uni rentre 4aas oe genre , est natoreUe k la Koarelle^. 
Espagne ; elle es^t herbacée , TÎvace t liasse 9 tomenteose , i^ 
tige bifopqaéft , garnie de feuilles nresque entières , dont 
les snpérienres forment des Terticilks composés de troii^ 
ibuilles ; sur les TerticiUes mi acc^n^agnent les fleiirs on, 
compte quatre feuilles ; les fleurs formenl, dans les bifurcar 
tiotis terminales ,' d^ petfts paquets entourés d^un inyolucrcM 
meoKbraneax. (l9.) 

RHE3^IA. Pline cite ce nom con^me un de ceux de 1^ 
plante communément appelée onoéhtlos ou oitochdes. Elle 
a'appeloit aussi antihusa^ acerbwn,, onoçhélh, onochilos. C*étoit' 
une petite herbe è (leurs d^nn rouge pourpre , k feuilles et 
figes fort âpres 9 ei k racine ro,oge dans le tçmps de la. 
i^ioisson , et noire dans les autres temps, Cette plante 
croissoit dans les sablonnières ; on mangeoit sa racine et ses: 
feuilles , ou Ton* buyoit leur décoction , pour guérir le^ 
ÀdOrsures de bètes yenimenses , et itptamment celles de là, 
Ifip^re. Sesfeuillesy froissées, sentoient le concombre. Pline 
feit observer qu'on lui donnoit aussi le nom Xnnchma , qui 
Ipparteiioit également au7»^iM2»-aiMrA«sa ou i;fom, autre heriie 
èîtée par Pline, qui avoit les. mêmes vertus k trèsrpeu près,^ 
^ qtti ne dtfféroit dju véritable ane^u^a que par sa racine 
i^emplie d'un suc fojt rougç. 

Pline rapporte d'autres propri^és^ médicales; de ces deui^ 
ll^aixtes qui parobsent rentrer dans les ançhusa de Dîo^co- 
ride« On l^s içonsidèrç comme ^es 'biorraginées ; pettt*étre. 
$ont-ce les opcandtes^ c'e3t-^-dire ,^ Vanchusa tinQloriajtl 
Vonpsma echioides. linnseps a transporté le pom de rifexia, 
ièts plantes étr^gères à la famille d^es borragmées. f^y, 
BiaEUE. (LN.) / , . 

RHEXIE, iti^Mi.. Genre d 
nogynie et de la famille des ^ 

pour cai^actères : un calice- à qu 

quatre pétales insérés.sur le cal ;, 

K^<es ; un, ovaire supérieur 



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R H I *S3 

mate ihûple; âne câpsole recoBTerle ^ir ie ealiee, quaddlon 
culaire , quadri valve , et contenant an grand najûbre d^ 
semences creusées d^on ombilic concave ^ et placées aor un 
ombilic stipité. 

Ce genre, appelé Qoai>rette par quelques botanistes, et 
qui diffère peu des Osbeck^ , renferme des pl,antes ordi^ 
pairement herbacées , ^ tiges souvent tétragones, à feuillçt 
opposées f et à fleurs disposées en panicules axillaires et 
terminales, ou portées sur des pédoncules soUuires. 

On çn compte uae tirent2|ine d'espèces, dont les plua 
remarquables sont : 

La Rhexie 1|AKIAK£, qui a les feuilles lancéolées , tri^ 
nervées , ciliéék par des poils, et dont le calice est velu. Elle 
est vivace , et se trouve dsins les lieux un peu lHimi4cs de la 
Caroline , où je Vai fréqneinmeQt observée. Elle s'élève de 
j^eux pieds. 

La Rhexie aliphaiïe , qui a la tige et les feuilles glabres « 
et le calice copvert de poils glandmeux. Elle est vivace , e| 
se trouve en Caroline, dans les lieux sablonneux. £U^ 
n'élève à trois ou quatre pieds, et porte une belle et grande 
coroUe rouge. Ses feuilles ont une acidité agréable, et se 
inangent en guise d'oseille , soos le D019 iittôeUU dt ceif.File 
m^a souvent servi de rafratchissaot 4ans mes berb^orisations. 

La Rhexie a sept tibryures , qui a les feuilles ovales ^ ^ 

Eesque épineuses sur leurs bords , et la capsula urcéolée. 
Ile est vivace , et se trouva dans les bois , où elle forme 4es 
touffes extrâm«meqt garnies de rameaux. 
^ La Rhexie lancéolée , qui a les feuilles linéaires , velueaf,, 
et la tige hérissée de longs poils. Elle est vivace^ et se troqve 
evec la précédente. 

La Rhexie presque pétioles , qui a les feuilles ovales ,' 
trinervé^s , légèrement pétiolées, longuement ciliées , et les. 
fleurs ramassées en télé. Elle se trouve en Caroline , dans les 
lieux bumides , où fe l'ai observée. Elle s'élève d'un à deu]^ 
pieds , et n'est jamais rameuse. 

Willdenow a réuni à ce genre, sou3 la division de rhexiet 
^ fcuiUes péUpiées , quelques espèces du genre Mélastomé 
d'Âublet , et les plantes qui forment les genreà AciSAii^ 

^'HÈRE , MeRIANE et TlBOUCRINJ^. 

RHINA. Genre de poissons cartUagipeMX,, formé paf 
Ra6pesque, et qui correspond exactement à nptre g^nre 
Çquatine. y. ce mot. Il le caractérise ainsi : 4^ux évents. 
en croissant, deux nageoires dorsales entières, situées der-- 
çi^çç l'abus; çoiirt d'wale; <iucue inégale, ob%uçi Upi;^ 

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aSî RHI 

ôurertiires branchiales de chaque cAté » situées au-dessout 
tie la tète, (besm .) 

RHINA. Fqr«« Rhine. (desm.) ' 

RHINANTHOÎDES, Pediculans^ Jnss. Fainille de plaiir 
tes qui a pour caractères : un calice diWsé plus ou moins pro- 
fondément , ordinairement tubuleux, persistant; une corolle 
presque toujours irrégulière; des étamines en nombre déter-, 
miné; un ovaire simple 9 à style unique et à stigmate simple f 
rarement bilobé* 

^ Le fruit est une capsule biloculaire, polysperme , bivalve f 
ii cloison séminifère de chaque cAté 9 ojpposée et continue 
aux valves qui s'ouvrent par leurs bords ; k semences doat 
le périsperme est charnu, Tembryon droit et les cotylédons 
semi-cylindriques. 

Les plantes de c^e famille, que Mirbel appelle véronlcêes^ 
ont une tige ordinairement herbacée , qui porte des feuilles 
opposées ou alternes. Les fleurs , munies de bractées , sont 
quelquefob solitaires , âxillaires ou terminales 9 ou plus soih 
T^nt disposées en épi terminal. 

Yentenat rapporte ^ cette {amiHe, qui est la troisième de 
la huitième classe de son Tableau du Règne végétal^ et dont 
les caractères sont figurés pL 8, n.^' 4 du même ouvrage » 
dix genres sous deux divisions ; savoir : 

i.^ Les rliinanioîdes qui ont deux, cinq ou huit étamines : 

POLYGÂLA 9 YÉROHIQUE ,. CaLCÉOLAIRE et DiSANDAE. 

s.^ lits rhinarUoides dont les étamines sont didyname^s: 
Castileja, ëuphraise, Pébigulaire, Cocrète et Mé- 
liAMPiRE. Voyez ces mots. (R.) 

RHINANTHUS, Fleurs enformedettez^ engrec. Cenom 
a été donné par Linnsens au genre Cocrète, parce que la 
lèvre supérieure de la corolle a une certaine ressemblance 
avec le nez d^un homme, relativement k sa position par 
rapport à une autre division de la corolle. Bien que des bota- 
nistes du plus grand mérite aient persisté à diviser le genre 
rhinanthus^ Ton voit que le travail de Linnaeus a été respecté 
jusqu'ici par les éditeurs des diverses éditions du Species ou 
Systema vegeiabiiium. Linoœus avoit compris dans son genre 
rJunanihus , Velephas de Tournefort , et quelques espèces de 
pedicularis du même naturaliste. Adanson le divisoit en deux 
genres : le premier étoit son elephas , où se rangeoient les 
rhih. orienialis et elephas; le second est son mimukfs. Ce der^ 
nier adopté par Scopoli, est le crista galli de Rai , ra^Ier/oro- 
lophus d'AIlioni , de Haller et de Moench. Il diffère du pre- 
mier par ses graines plates et non pas cylindriques. Il ne 
faut pas le confondre avec Valedorohphusàt Barrelier, Icoru 



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R H I »35 

^J^9 m^BeBo'dh, d'Allioni, qui a poar type le rhinanthua 
pemcolor^ que quelques aoteurs réanissétat au bartsia^ dé même 
que le rhinarMu^ giauca ^ Linn., suppL, dont Gœrtnerfitson 
genre iagolifif et Palias celui qu'il appelle gymrumê^ V. Ço-* 
CAÈTS. (ln.) 

KHINAPTÈRES ou PARASITES. Insectes sans mâ- 
choires et sans ailes, dont M. Duméril forme une famille i 
ce sont les Puces , les Poux et les Tiques, (desm.) 

RHINCHÔPHORES ou PontE-BEC , Binchophom. Fa- 
mille d'insectes , de l'ordre des coléoptères , seclSon des tétra- 
mères , dont les caractères sont : extrémité antérieure de là 
tête nrolongée en forme de museau on de trompe, arec la 
boucne terminale; ces parties ordinairement très petites. 

La plupart de ces coléoptères ont les antennes terminées 
en massue et souvent coudées; l'abdomen gros, et le pénul- 
tième article des tarses bilobé ; dans plusieurs, les cuisset 
postérieures sont dentées > et quelquefois propres au saut. 

lies lanres ont le. corps oblong^, semblable ^ tm petit ver, 
très-mqu, blanc, rétréci en devant, avec la tête écailleuse; 
' elles sont ordinairement dépourvues de pattes , et n'ont k 
leur place que de petits mamelons. Elles rongent diuérentes 
parties des végétaux , dans lesquelles elles se tiennent ca- 
cbées. Plusieurs vivent uniquement dans l'intérieur de leurs 
fruits ou de leurs graines , celles particulièrement de plantes 
céréales, et nous causent dé grands dommages. Les nymphéa 
font renfermées dans une coque. Beaucoup de rhinchophoreSf 

f parvenus ^ l'état parfait , nous nuisent , même beaucoup, 
orsqu'ils sont très-multipliés dans des lieux circonscrits , 
comme des greniers et des magasins à blé. II y en a qui 
piquent les bourgeons et les feuilles de plusieurs végétaux 
cultivés, utiles ou nécessaires, et se nourrissent de leur 
parenchyme. Les femelles , dont les larves se nourrissent 
de graines, déposent leurs œufs dans le germe de ces graines. 
L'insecte ay^nt acquis des ailes , en sort, en se pratiquant k 
leur surface une ouverture circulaire ; la partie de la peau 
^u'il détache a la forme d'une calotte. 

Cette famille se divise en deux tribus : celle des Baucsèles 
et celle àts Char^nso^ites. (l.) 

RHINCOLITHE. Bertrand dit qu'AIdrovande jplace 
sous ce nom une pmnte d'Oui^iN fossile parmi les Glos- 

SOPÈTRES. (nESM.) 

RHINDACE. Mpebring désigne ainsi le Paouerops 

ORANGÉ, (s.) , 

- RHIKE^Ii^iia^. Genre de poissons proposé par Schneî* 



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m R H I 

der, in2d5 qui ne dif£èr« du Rhikobaty qaa par am 
museau court, large «t arrondi, (i^) 

RHINE, Bhîna, Lat. , Oliv. ; Hirnss, Bhynchmnus^ Fab« 
Qeore d'^nèictes de l'ordre des coUoptères , section des lé* 
jtramèresy famille des rhinchophores, tribu des charaœonites, 
ayaot pour caractères ; deirakit de la léte prolongé en îorm^ 
ifi trompe longue , avancée et cylindrique ; antennes insérées 
vers le milieu de sa longueur, covdées ; leur huitième article 
formant une massue allongée, en forme de fuseau on presque 
cylindrique, d'une seule pièce ; jambes terminées par un tort 
crochet. 

Ce genre est composé maintenant de cinq espèces^ Une 
des plus curieuses est la Rhiï^E bârbirostre , nhùia barbi" 
Tosiiis, Oliv. , tom. 5 ; Charanson^ pi. 4 9 %* ^/^A. B. ; Uxuà 
barèirostriSy Fab. Son corps estnoir^ allongé, avec la trompe 
cylindrique , longue et couverte de poils roussâtres ; les pattes 
antérieures sont plus longues que les autres , avec les jambes 
armées de trois petites épines. Elle habite le Brésil, 

On trouvé aux environs de Paria la Rhine du prunier i 
JUitna prutti^ Oliv. , ibiâ. Charanson^ pi. 33, (ig. 5i3, A. B.; 
JUiynchœnus prurU ^ Fab, Elle est petite , très-noire, avec les 
antennes fauves ; leur massue est renflée ; le corselet a , de 
cha<|ue côté , un tu*bercule. Elle ressemble, au premier coup 
d'oeil , au rynchine du cerisier, (l.) 

RUINGIE^ Wiîngia, Scop. , Fab. , Oliv. ; Conops^ Linn. ; 
Musca, Deg. Qenre d'insectes de l'ordre des diptères, Camille 
des athéricères, tribu des syrpbies , ayant pour caractères : 
trompe membraneuse, presque aussi longue que la tête et le 
corselet , rétractile , renfermant deux palpes membraneux , 
filiformes, inarticulés, un suçoir de quatre soies, et reçu dans 
le canal inférieur d'i^n prolongement antérieur, avancé^, en 
forme de bec et un peu blKd^f àe la tête; antennes très-courtes, 
de troiç articles, 4ont le premier petit, et dont le dernier ou 
)à palette presque ovoïde, comprimé; pne soie dorsale et 
simple ; port de la mouche domestique ;^ ailes couchées l'une $ur 
l^autre.* 

On ignore les habitudes des rhingies,,et leurs larves sopl 
inconnues ; mais il paroît qu'elles vivent dans la fiente des 
animaux; Réaumur a trouvé celle de la rhinjgié à bec dans un 
noudrfer où il avoit renfermé de la bouze de vache, avec des 
larves qui s^en nourrissoient. Des trois espèces qui forment ce 
genre, la rtùngie à bec est la plus remarquable. 

Rhingie ▲ BEC, khiHgi^ rostrcUa^ Scopoli, Fab.; Conop» 
rostrata , Linn. ; Mouche à bec^ Degéer ; VolueeUe àpentrejau^ 
^r^^^toîL^ pL P , 14^ 5 de cet ouvrpge. Elle a envirqn cyotqf 



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R H I àif 

lignes ie long{ les antennes, le devant je la tète et le het 
d'an jaone rougeâtre ; les yéox brans , très-grands ; te cor->- 
selet brun ; Técusson rougeâtre ; l'abdomen d'un jaune rou^ 

Îeâtre ; celui du mâle a trois lignes longiiodiDales noires* 
)aiM les deui sexes, les ailes sdnt longues, transparentes ^ 
avec une teinte îaunitre le long du bord extérieur ; les pattes 
«ont roQgeâtres. 

Elle habite r Europe; on la rencontre aux environs de 
Paris. Des deux autres espècesyrune se trouve^en Allemagne, 
l'autre en DaneinarcL (l.) 

RHINIUM. Scbreber a donné cenom an iigca^ea d^Aublet, 
genre que les botanistes réunissent maintenant au Uira^era. 

(LN.) 

RHINOBATE, BTunobaia. Nomraécîfique d'une Raie, 
et sous-genre de poissons établi par Cuvien Ses car§ctères 
sont : trous des branckies en dessons; corps plat; queue longue» 
À base très-grosse. 

Trois espèces constituent ce genre. Ce sont : les Raies 
AHiNOBATE, THOum et HALAYi, qui font le passagc entre les 
Raies et les Squales , comme là Squatoœ aiIse fait le pa»- 
#a^ entre Ics^Squales et les Raies, (b.) 

RHINOCÈRES, DnmériL Synonyme du nom de Ros- 
TftiGOENES, qu'il donne à une de ses familles d'înseçtes. T. ce 
dernier nv^t. (dbsm.) . 

RHmOCERONTE. En italien et en espagnol, c'est It 
rhifwpé/vs, (nE6l|<) 

RHINOCÉROS, Bhinocems^ linn., Erxlèb.^ Schreb<^ 
Cttv. , Lacép.> Illig* Genre de mammifères de l'ordre âeê 
PACttYnmMES , et de là familk des pachydermes propremènn 
dits. 

Les animaux qui composent ce genre ont pour caractères 
extérieurs communs 2 une grande taille ; le corps lourde les 
membres épais ; les qua^e pieds dûrisés en trois doigts ^ dont 
l'extirémité est revêtue d'un sabot de corne ; une peau très^ 
épaisse, «ans poib^ mgnéuse , marquée de grands plis dans 
quelques espèces ; le nex prolongé i supportant , dans les deux 
aexes^ tantôt une «bdbe\ tantôt deux cornes flbrenses, plus 
jQu ikioins longue , adhérentes à la peau seulement $ placées 
dans l'axe du corps; les yeux très-MÙts; ksorsilles allongées» 
mais beadcoup plAs courtes que la tète , en fernie de com^ 
(étroit , et portées sur une sorte de pédoncnle formé par leuf 
base ( les livres avancées et4rès-mobiles; la queue courte^ 
avec quelques très-grosses soies roides vers ^'extrémité ( les 
mamelles au nombre de deux seulement et vetatraies. 

Les dents. du rhinocéros présentent des variations dans leur 
quantité et dans leurs formes, selon les espèces. Les incisives, 
dans certaines , manquent totalement , et dans d'autres, sont 



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a» R H î 

au nombre de qUatf e à chaque mâchwet deuk étant plus A>irt^ft 
et deuxaatres plus foibles, celles-ci étant situées tantdt ende-f^ 
dans 9 tantôt en dehors des plus grosses incisives. Les caninek 
Hianq^ent au?t deux michoires.Lesmolaires,au nombre de sept 
^de^ chaque côté, tant en haut qu'en bas, sont : les supérieures^; 
carrées , avec divers linéamens saillans ; les inférieures ^ 
tantdt à double croissant placés bout à bout ( la dernière h 
triple croissant )> tantôt à couronne ofirant des collines 
transverses. 

liC crâne de ces animaux est remarquable par la saillie 
pyramidale qull forme vers la pattie supérieure et postérieure ^ 
et par la petitesse de la cavité cérébrale ; les os propres dis 
nez sont d'une grosseur et d'une épaisseur dont il n'y a nul 
exemple dans les aittrei mammifères; ils forment une voûte 
très-vaste, qui supporte la corne ou les cornes, selon les 
espèces ; les cornets du ne2 àont très-développés, et commu- . 
niquent avec de vastes sinus. Les vertèbres , dans le rhino-^ 
céros unicome , sont au nombre de 56 , savoir : 7 cervicales , 
19 dorsales^ 3 lombaires , 5 sacrées et aa cèccy^ei^nes ; l'at^ 
las est d'une fargeur considérable ; il y a dix-neuf paires de 
côtes , dont sept vraies ; le sternum est composé de quatre 
os. L'omoplate est oblongue ; sa crête a une apophyse tres- 
saillante , au tiers supérieur, finissant au quart inférieur , d'où 
il résulte qu'il n'existe pas d'acromion , et que la cavité glé-^ 
aoïde est presque ronde. L'humérus a sa grosse tubérosité 
transformée en une large crête, qui se porte d'avant en ar- 
rière. Le radius, distinct du cubitus, ne peut ni se fléchir ni 
le tourner. L'apophyse olécrâne est très-comprimée, renflée 
au bout, et fait le quart de tout l'os. Le bassin est très-large» 
Le fémur est de forme très-bizarre ; ses apophyses sont sur-^ 
tout très*'développées. Le tibia et le péroné sont distincts ; ce 
4emier est grêle , comprimé latéralement et renflé ^ ses deux 
extrémités. Le calcanéum est gros et court. Les quatre pieds 
ont chacun trois doi^s complets. 

Les cornes de rhmocéros sont d'une nature toute particU"^ 
lière ; elles n'eûveloppetit point un axe osseux comme celles 
des fttminans, et ne participent point de la nature osseuse 
des bois caducs des cerfs : leur structure „ dans toutes leurs 
parties, présente des fibres cornées^ semblables à de gros 
poils agglutinés entre eux; elles sont attachées sur la peau, et 
peuvent adhérer dans une espèce sur la surface supérieure Àes 
os du nez, qui est très-rugueuse ; leur direction est toujours , 
perpendiculaire au front de l'animal, seulement elles sont 
très-légèrement arquées en arrière (i). 

(t) Le nom d« ràiaocéroi vient de deux mots grecs qui déiignent 



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R H r â3g 

Les rhinocéros soiil essentiellement herlbirores^ tls, onl 
(Ses intestins très-longs , un estomac vaste , mais simple , un 
tœcnm fort grand; ils n^ont pas 4c vésicnle du fiel. Le gland 
jle la Tcrge da mile a la figure d'une fleur de lis. 

Les espèces vivantes de rhinocéros habitent TAfiriquev 
âurtput les environs du Cap et TAbyssinie ; l'Asie et les îles 
de la Sonde. Une espèce très-nomoreuse , mais qui narott 
lie plus existeria rempli de ses débris les terrains d'alluvion de 
la Sibérie y et en offre aussi dans dififérens lieux de TEurope. 

Aucun rhinocéros, ni vivant, ni fossile , n'a été découvert 
sur le territoire des deux Amériques. 

. En général y les mœurs de ces animaux ont été peu étudiées. 
Comme la plupart des pachydermes, ik recherchent les lieux 
ombragés et humides; leur naturel est grossier et farouche; 
ils sont trop indomptables et trop opiniâtres pour céder àl^ 
voix de rhomme ; aussi est-ce ^ tort que Chardin a prétendu 
que les Abyssins sayoient apprivoiser les rhinocéros. 

Les espèces de ce genre ont été pendant long-temps con« 
fondues. Ensuite on distingua les rhinocéros d'après le nom-r 
bre de leurs cornes ; mais ce n'est que depuis les recherches, 
de Parsons, de Camper et de ]M[. Cuvier, que Ton s'est assuré 
que leurs caractères différentiels dévoient être pris dans la 
forme des molaires,et dans la présence ou rabsence des inci- 
sives. M. de Blainville , le dernier naturaliste qui 9e soit oc- 
cupé de débrouiller la synonymie de ces animaux, en compte 
huit espèces tant vivantes que fossiles^ d'après ces considéra- 
tions ; mais il est néanmoins fort vraisemblable que ce nom- 
bre doit être réduit. « 

Première espèce. Le Rhiiïocéros DE l'Inoe, ou Rhiiïocéaos 
SÎ'AsiB. — BJdnocerot indicus , Cuv. » Ménag. du Mus. d'Hist. 
nat. , tome a , page lia , et Annales du Mus., tome 3, p. 3a, 
et tom. 7 p. 19 ;— iiAi/iocm>5 , Chardin, voyage , t. a , p. 60; 
Bontius, iW. p. 60 \ '^ Bhinoceros unicorms , Linn. , Gmel., 
Geoffi ; — RHiNOCÉaos, BufE , tome xi , pi. 7 ; -«- Parsons ^ * 
Trans. philos. , n.® 470 ; Edwards , glanures , tome I.*', p. aa, 

Îh aai y fi|;. a; Thomas , Trans. phU,^ 1800. V. pi. P 7 de ce 
actionnaire. 

Des rhinocéros de cette espèce ont été amenés en Europe, 
en i5x3,en i685, en 1739, en 1770 et ea i8i5. Celui de 



cette corne nasale ( fir/net , et Uf«<\ corne ). Pent-^tre que le nom 
de Ucorue irient du inot màeo^ne ou masieomis , que la mauvaise pro- 
nonciation aura corrompu ; tar la liçonu est ^ comme on sait , un 
animai fa|bulèuX| à moins qn*on ne reuille désigner ainsi le rhinocéros^ 
ou l'espèce de célacé t^p^tïé mar^Aai^ qui a une ou deux dents droites 
et longues, aa-deYsnt du museau. Y. Tarticle Naewbai- (viaiY.) 



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^7709 4^^ aréca à la ménagerie ie Versailles, ti iotkX le sqtié* 
lette est conservé dans la collection d^anatomie comparée dé 
Masémnd^Histoire natarelle, a servi à la descriptioîn ostéolo-* 
^que que M. Cavier a donnée de cette espèce ; et celui dé 
tSiS a été montré îi Paris pendant trois moiâ. Ainsi , Ton â 
pu bien saisir les caractères spécifiques qui lui sont propres. 

Il à quatorze dents mâchelières , tant en hàiït qu^en bas ^ 
"dont les inférieures sont à double croissant; deux fortes dents 
incisives à chaque mâchoire; deuï autres plus petites entre lès 
inférieures, et deux plus petites encore en dehors des supé- 
rieures. Il n'a qu'une seule corne , placée ^ Textrémité dii 
chanfrein 9 pointue, conique, non comprilinée et toujours 
courbée en artière. 

la grosseur de son corp^ est inférieure h celle de Yél^iant^ 
et la brièveté dé ses jambes le (ait parottre encore plus petit. 
91 tient cependâtit le second rang en grandeur parmi les qua- 
idrupèdes. Sa longueur est de dix à doilze pieds , sa hauteur 
de six ou sept, et son poids est quelquefois de cinq knilliers. 
11 est plus épais i}iie ceux boeufs \ sa tailte acquiert asset 
f romptemênt ^es dini'ensioùs, et il n'est guère que douze \ 

3uiti2e ans à crottre , d'où il suit que la durée de sa vie né 
Dit pas èurpasser quatre-vingts îi quatfe-vingt-dix ans. 
Ge qui est remarquable dans cet animal , c^est sa peau très^ 
'Àure, très-épaisse, et repliée en maùtèau sUr diverses parties 
du çorpjS. our le cou, elle est lâche, et pend en fanon 
vers la gorge. Les épatdes sont garnies d'une peau très-coriacé 
qui fbk'me un pli; ensuite elle s'étend siir lé dos assez unifor- 
mément , et forme un deuxième pli sur le^ hanches , puis un 
Antre à l'origine de la queue, et enfin d'autres plis partiels 
dans les quatre membres. Cette peau est brune, presque nue, 
âpre et ridée comme l'écôrce d'un viédt chêne. Un n observé 
que quelques soies çà et là^ et un bouquet de jsoiès rddes et 
noires au bout de la queue. 

Il ne paroit pas qiic lesrA/isoc^rbifdssent connus d^Aristoté 
et des autres anciens Grecs. Athénée, iPlihe et Strabon ed 
ont fait tfiention les preiniers ; car bn n'en vit eh EUrépe que 
trois siècles après Alexandre» lorsque Pompée en fit paroître 
k Rome dans un de sts triomphes. On en montra plusieurs 
autres ensuite daiis cette capitale du monde, jusqu'au temps 
d'Héliogabale ; on les faboit combattre contrç les éUphami 
ce spectacle plaisott aux Romains. On n'en vit plus ensuite 

Sie dans les âges modernes. Chardin ^ Bootius t Kolbe ^ 
race 9 Sparmann ont vu et desûné des rhinocéros tant 
de cette espèce que de ceUe à denxcoraes, soit dans les 
Indes , soit dans l'Afrique. On aitaena de ees animaux en 
Europe , aux diverses époquen citées plus haut , c'est-à-dire 



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ft H I 4i 

Wrtrt iii à cf lèt S. Des r^m>c«fro5 sont ifififtirés^ar âêà ihédàiiies 
ût Domitien et sar les anciens pavés de Prénësté. 

Celui qui fat amelié à Londres eni739 rendit daBengale» 
selon ParsOns. Son voyage avoit coûté plus de niitlè «louis, 
quoiqu'il n'eût qnè deux ans. On lai donnoit pour nourriture 
isept4iv)hes de ris» avectroîs livres de sucré, par jour, et beau- 
toup de foin et dlierbe fraîche : sa boisson étoit copieuse. Il 
étoit tranquille , à moins qu'on nd Tirritât où qull n'eût ftiiiâi 
dans ce cas, il sautoit avec fareur , et frappoit sa tête contré 
tés murs avec impétuosité. Quoique son asfi^t parût lourd ^ 
il s'agitoit très-brusquement , et se montroff^fort impàtiêiit* 
Parsons ajoute qu'il n'étoit pas plus haut à cet âge qu^unê 
3facke qui A'a jpas porté ; mais son corps étoit long et épais > 
ta tête massive > ses yeux fort petits et ses narinéi basses. Sa 
lèvre supérieure étoit extensible et mobile à volonté ; il ppti- 
Voit saisir avec elle presque tous les objets. Sa lâMué eàt douce^ 
608 épaules sont larges et fortes, sotitou «gt com, sûû regard 
morne et sttipide, son ventre gros et pendant presque à terré $ 
ses jambes sont épaisses et massives. Sous les pli^V 1^ peau e^t 
tendre et de couleur de chair; mais celle du reste du corps, toû^ 
verte de lubercûles oûde durillons, est très-solide et peu péné- 
trahie. Néanmoins, la balle dii chasseur, la flèche du sauvage, 
^peuvent là percei^; tar cet animal la ramollit fréquemment en 
ise baignant et se vautrant dans la fange. On prétend que dès 
insectes 9 fcs larves ^e los;ent âoi^^s les pUs de cette peau. Le 
rhinocérùSj dont la vergé est coûtètiuè dans uii fourreau et dont 
le gland esi en forme de fleur dé iïi^, entré facileikient çn éreè-> 
tiOA lorsqu'6fi Idi frétte lé ventre avec un bôtrchon de paille. 
L^extrémité da membre se retourne Un peu en arrière, ce 

aui bit qne ranimai lâche son ùriûe par-derrière. Cependant 
P>armtfnû pense qu'il s'aé^oopib à la Maùière des autres 
qûadtupèdés. 

La femelle metbaà orffînairetnentun setil petit: Il j^ai-otit qtie 
lé temps de la ge^tàtiob ne s'étend pas a^delà de neuf moiè. 
1/e foetus à terme à déjà phis dé trois pieds de longueur. Il 
porte siir te chaÀfreiû une éàllosité qui est la niarqué de sa 
iDortte troîssàttté. 

Get animal fait ttsag« désa corne pour labourer la tèfré ; 
tftn arrache^és racines et fendre lés teùdres arbrisseaux dont 
fi tiré iSL tiourriWre. Il Se repaît surtout dé jéunè^ branches. 

Le rldÀocêros a nod-seutemettt Podorat excellent , mai» 
son otû'é esr très-fiÀé ; il écoute âvéè attention le moindre 
bruit, praf^d aisément Talarmé et se levé en faisant claquer 
ses oreilles ; tkkislis sa vue est foible. Sa v6îx est un grognement 
analogue à celui à^& sàngUers; elle devient aiguë lorsqu'il 
entre en fureur. Il méiàge plùs^dé cent quatre-vingt livrés Je 

XXIX. i6 



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a^2 R H I 

nourriture par jour , el toit copîettsement. Ses excr^mens 
ressemblent à ceux du cheval par leur forme. Il vit solitaire , 
marche lentement , tête baissée , et laboure souvent la terre 
avec sa corne , déracinant les arbres et jetant les plus grosses 
pierres derrière lui. Il court la queue dressée comme un taureau 
en furie. On a prétendu , mais sans motif plausible , qu'il y 
avoit une antipathie entre le rhinocéros etTéléphant, et qu'ils 
se combattoient entre eux. Les Romains les ont forcés à le 
faire , ainsi que nous venons de le rapporter; mais dans Té- 
tât de nature , le rhinocéros est paisible , à moins qu'on ne 
Tinquiète. * 

Comme le rhinocéros fait ^ine grande, consommation d'eau 
et de végétaux, il ne peut demeurer que dans |ès lieux qui en 
sont pourvus. Ses mœurs sont analogues à celles du sanglier. 
Celui qu'on a long-temps nourri à la ménagerie deYersaillcs 
aimoitbeau^up se vautrer dans J'eau des bassins. Dans leur 
pays natal , ces^ § nimaux sont to,urqientés par les piqûres 
des cousins et des diverses mouches ; c'est pourqimoi ils se 
couvrent de boue , qui se durcit comme une cuirasse au soleil 
sur leur peau nue. 

La chair des rhinocéros , quoique grossière et fibreuse ^ 
paroît bonne à certains peuples ; elle a le goût de celle du 
porc, et vaut mieux que celle de l'éléphant; mais la .chair de 
rhippopotame est encore plus estimée. 

Les Asiatiques X et aussi les Africains, pour les espèces de 
leur pays ) font le plus grand cas de la corne des rhinocéros , 
car elle passe parmi eux pour un antidote excellent contre 
les poisons. Les tasses qu on en fait, ont , disent-ils ,. la pro- 
priété de chasser le poison des boissons qu'on y verse. On 
assure la même chose des manches de CQuteaux, de poignards, 
des tabatières qu'on fait avec cette, corne ; mais ii n'est pas . 
besoin de dire que ses vertus ne diffèrent pas de celles 
de lia corne de bœuf , qui est plus belle dans ces sortes 
d'ouvrages que ceye du rhinocéros. Le roi de Siam envoya 
en 1686, à Louis XIY , six cornes de rhinocéros, comme 
ce qu'il y avoit de plus précieux dans s^s étjats.^Le sang , les 
dents, les ongles de cet animal passent aussi pour des remèdes 
alexipharmaques qui nele cèdent point en bonté à la thériaque. 

Les ouvrages faits en corne de^-binocéros, etmjinous sont 
apportés de l'Inde , sont souvent sculptés. avec oeaucoup de 
délicatesse. Une de ces cornes , vendue 4 l'hâtel de BuUion 
au commencement de cette année , a. été adjugée au prix de 
.3ipo francs. Elle avoit la forme d'une corne d'abondance, ef; 
sa surface extérieure seulement étoit travaillée. Dans les 
ventes d'histoire naturelle , le pri^ n^oyen des belles cornes de 
rhinocéros est de quinze à vingt frs^cs.. ^ 



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R H I a43 

Lfe cnîr de cet animal est employé pour faire clès manches 
de fouets» 

L'espèce du rhinocéros unîcorne se trouve dans (Inde i 
surtout au-delà du Gange; mais selon les rapports de Chardin 
et de Bruce , il s'en trouveroit aussi quelques individus en 
Abyssinîe. ( desm. et virey. ) 

M, Cuvier a rapporté à cette espèce , un rhinocéros àoni 
Camper a décrit le crâne , et qui appartient aussi à l'Asie. 
Celui-ci n'a qu'une seule incisive de chaque côté et à chaque 
mâchoire (quatre en tout) ; aussi M. Cuvîer suppose-t-il que 
c'est un jeune individu ^hez lequel le système dentaire n'est 
pas encore complet. Cependant il observe encore , entre le 
crâne de cet ammal et celui du rhinocéros unicorne, W dif- 
férences suiv^antes, qui consistent: i«. dans l'élévation du 
crâné ou de la crête occipitale qui est d'un quart moindre , 
la longueur de la tête étant la même ; a<^. dans la disposition 
de l'os incisif qui est évidemment plus horizontale, et dans 
l'absence d'une sorte d'apophyse dont l'usage est inconnu, et 
qui se trouve sur le même os 9 dans le squelette de l'unicorne. 

Le caractère tiré des dents rapprocheroit ce crâne de celui 
du rhinocéros de Sumatra ; aussi M. Cuvier est-il d^ns le 
doute si ce ne seroit pas la même espèce qui auroit tantôt 
une 9 tantôt deux cornes ; et bien plus , il se demande si toutes 
les trois , c'est-à-dire ces deux ci et Tunicorne , ùe seroient 
pas une seule et unique espèce. 

M. deBlainville, d'après qui iious rapportons ces distinc-', 
tiens {Journal de Physiffue^ août 1817) , est plubôt porté à croire 
que le crâne décrit par Camper appartient à une variété de, 
l'unicorne. Néanmoins il en fait provisoirement une seconde 
espèce du genre rhinosêros. 

Seconde espèce, — Le Rhinocéros de Sumatra , Ehùwceros 
sumairensîs ^ Cuv. , Regn. an., tome i , page^ ^i^o ; — Suma-^ 
tran rhinocéros , W. , Bell. , Trans, philos. , 1793 , 1. 1 , p. 3» 
pi. III ; — Shaw , Gen. ZooL , vol. i , part, a, p. 207 , t. 62; 
'— Blainv. , Journ. de Phys. , août 181 7 , troisième espèce. 

Les caractères de cette espèce sont de n'avoir que quatre 
grandes incisives en tout ( deux à chaque mâchoire ), implantées 
beaucoupplus verticalement dans les os incisifs qui sont eux-- 
mêmes beaucoup plus vertic.aux que dans l'espèce àuùe corne, 
de l'Inde ; d'avoir la peau mince presque sans plis , couverte 
d'un poil court , noir et peu épais ; d'être pourvue de deux 
cornes assez courtes, surtout la postérieure , et comprimée^ 
latéralement. A ce% différences spécifiques > remarquées par 
M. de Blainville , ce naturaliste ajoute qu'autant qu'on en 
puisse juger par la description incomplète donnée par Bell ^ 
il parOÎt que la tête est plus grêle, plus allongée que l'orbit^r ; 



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bî4 R H I 

eiit tnoins séparée de la fosse temporale, etc. La fofme de fa 
hiâchoîre inférieure seroit bien semblable k celle du. rhino- 
céros bicorne d^ Afrique. 

Le même M. deBiainyille , saqs doute d'après des ren- 
seignem^ns qu'il s'est procurés , place cette espèce dans la 
division de celles qui ont les mâcheUères inférieures en double 
ou en triple croissant. 

Cette espèce n'a été observée qu'à Sumatra. 

Troisième Espèce. — Le RuxuocÉfto^ BicoiitiE ou du Cap ^ 
Rhinocéros africanus^ Cuv.;— ïlHraocéaos D'AFRIQUE, BufFon^ 
Vf , pi. 6f -^ Camper, Dissertaiie^tsur û 
'^Rhinocéros hiconds , Gmel., — ^ Faujas 9 
page 197 , pi. 9 et 10 , fig. a ; — Kolbe, 
inne-Espérance , t. m ;-^Sparmann , Vojt. 
ainrille , Journ, de Pkys. , août 18 17. 
signe à cette espèce les caractères suivans: 
; incisives, ni même d'os intermaxillaires 
s la mâchoire supérieure ; les dents mo- 
s inférieures , comtpencent à offrir des 
la peau est parfaitçtQeut lisse et sans gro» 
unie de deux cornes qui paroissent être 
I près coniques, et qui sont moins immo* 
la première espèce , attendu que les os 
leur face supérieure. 
C'est sai]is doute à cette espèce , qui n'a )>mais été vue 
virante en Europe, fa moins dans les temps modernes, qu'on 
peut rapporter les détails de la chasse du rhinocéros des en- 
virons du Gap , que l'on trouve dans Sparmann. 

Lès Hottentots tâchent dé le surprendre pendant son som- 
meil , de lui faire le plus de blessures qu'ils peuvent , enfin 
fle le suivre à la trace de son sang jusqu'à ce qull tombe 
d'épuisement. La peau de cet al^imal, quoique fort dure, n'est 
pas à l'épreuve des lances ou hassa^aies des Africains ; celle 
du rhinocéros d'Asie paroît plus résistante et plus ferme. Le 
rhinocéros du Cap préfère aux herbes les buissons, les eenéts 
let les chardons ; mais entre toutes les plantes , dit Kolbe, il 
n'en est point qu'il aime autant qu'un arbuste qui ressemble 
beaucoup au genévrier , mais qui ne sent pas aussi bon et dont 
lès piquans ne sont pas aussi pointus. Les Enropéènsdu Gap 
appellent cette plante Varirissèau de rhinocéros. 

m. de Blainvilie présume qu'il sera peut-être possible de 
distinguer un jour du rhinocéros du Gap ou bicorne, celui 
que Sruce a*vu dans son voyage en Abyssjmè, quoi^e 
ta figure qu'en donne ce naturaliste semble représenter, 2|msi 
guc le remarque M. Cuvier^ le rhinocéros d'Asie| avec deux 



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R H I *iS 

co^es. II pense qoe cette espèce seroit pârticalièretnént ca« 
ractérisée par rextrénie compression de sa corne pôstérièur^e, 
si Ton venoit à démontrer qae ta tâte du rbînoééros , ràjp^ 
portée , à ce qu'il croit , par M. Sait , d^Abyssin'ië , et qtit 
existe dans la éoUectidn du coUégèi des chirurgiens dé hùû^ 
dres, appartient réellement à Tespèce doiit a pàtié Bruce ; 
laquelle, cependant, si l'on pouvoit afodter foi à son récit ^ 
auroit véritablement des replis de la peau assez profonds poor: 
que des vers s'y établissent. 

Quoi qu'il en soit , le rhinocéros d'Ahyssinîè est poiursnitf 
par les naturels dé ce pays. Gert^ns chasseurs se ^lîs^ebt à 
travers les fouissons, sans être vus , et s'approchent jusque 
dans le fon de l'énorme héte; h , ils déchargent lenfs armëd 
sur elle, et k blessent mortdHemènr pout rofrdinairë. Ùû 
nomme Menypen on irabmtrs ceàr ^ni cWsétft d^ cette nhfàf^ 
niére. Le» agageers^ c'est-à-dire CMt^7aiwf5, sont des Abys- 
sins fort agiles qui montent tout nus , au nombre de deux;' 
sur un cheval : l'un tient la bride ; l'antre, en croupe, p^Vté 
il la main un sabre de Damas bîen acérl. Ces chasseurs, ai^H- 
vés vers la bauge du rhinocéros, vont l'erciter. TanÂé qùé' 
le {^and quadrupède se lève f«rrîeur, s'arrête un moment ^' 
fixe son agresseur, puis s'élâncef sur lerl avec rage pbvtt lé 
meure en mèces , l'agile Africain, (hit un détoilr; celui dé la' 
croupe du cheval se ghsse à tetre^ le sabre à la main, et vrent« 
sans être vu ,• couper le tendon duî talon du rhinocéros : îl^ 
tombe, se débat, mugit de fureur; l'aga^eer Tachève, 1^ 
dépouille , sèche sa chair au sofeil , et la dévore^ toute crue. 
(Bruce, yoyag.^ tom. v , pag. io5.) 

M. de Blainville présente , comme devant être exainiti^étâr 
avec soin , l'espèce de rhinocéros observée aux environs dttf 
Cap par le colonel Gordon , et dont AUamand adonna la^ 
description à la suite de son article rhinocéros de rédifion 
hollandaise des Œuvres de Buffon* Ce rhinocéros a àtht, 
eomesy vingt-quatre molaires en tout (six d% chaque côté»! 
en haut et en bas ) et deux incisives' à chaque mâchoire , ce 
qui sii^ableroit indiquer que c'était tixif iediïe. M. Càvler pensé" 
^'il sepourroit que Gordon e4t décnt lés déiofts de son rU«-* 
noc^os 2^è3 coup, et sur d\és. crânes: d'idditiduis àë Tespèce 
unicorne; mais, comme le même voyageur rapporte que 
son animal avoit la lèvre supérieure- peu atataëée sîtr l'infé- 
rieure , M. de Blainville croit qu'ii seroît plutôt possible qu'it* 
ne difTérit paa du cbkwcéros suivant, dont la découverte est' 
fort récente. 

Quairième Êspke. — Le RkmocÉnos CAïiuS ^ Éhinocfroidi 
mus^ W. J; feurchell; — déBlainv. , Journal de Phpique^ 
aioAt 1817, çag. i63 , pi... , fig. i^ 



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24& R H I 

M^ Burchell, qui vîeùt de parcourir V Afrique méridionale, 
a rapporté à Londres les dépouilles d* une grande quantité de 
mammifères josqu^alors inconnus. Dans le nombre, se trouve 
une eçpjèce de rhinocéros quUl a décrite dans une lettre adres- 
sée: à M. de Blaipville, et dont voici l'entrait. 
. (c, J[)ans mes voyages dans ^intérieur de TAfrique, j^ai ren~ 
contré cet animal* pour la première fois , vers le 26.^ degré 
4e latitude , habitant des plaines immenses qui sont arides 
pendant la plus grande partie de Tannée , mais fréquentant 
tou^ les jours (es fontaines, non-seulehient pour boire, mais 
aus^ pour se rouler d^nsla «bbue qui , adhérant à une peau 
entièrement dégarnie de poils , sert à le défendfe du soleil 
I^rûlanit de ce climat. Sa grosseur excède de presque le double 
celle du rhinocéros décrit sous le nom de bicorne. Ces deux 
animaux sont reconnus par les Nègres et par les Hottentots 
pour deux espèces tçès-dîstinctes , et portent chez eux des 
iioms particuliers ; et , comme nous en avons tué dix , j'ai eu / 
assez d'occasions d'observer les caractères qui les distinguent, 
et q^i consistent principalement dans la forme des lèvres et du 
nez qui sont très7élargis et comme tronqués. A cause de ces 
caractères, j'ai nommé cette espèce rhinocéros simus. Les 
I^ègres^ et les Hotteptots m'ont' rapporté qu'elle ne mange 
que de l'herbe tendre, qu^ l'autre se nourrit des franches et 
des baissons , ce que la forme différente de la bouche semble 
prouver. La tête, séparée de la première vertèbre, étoit d'une 
pesanteur si énorme , que quatre hommes ne purent la lever 
de terre, et qu^ii en fallut huit pour la mettre sur un cha- 
riot. La chair des deux espèces est également bonne à manger, 
et elles se ressemblent par la corne double et par le défaut 
de ces plis remarquable$ qui distinguent , au premier coup 
d^œil, le rhinocéros unicome. » (desM.) 
, RHINOCÉROS FOSSILES. Des ossemens fossiles de 
rhinocéros ont été recueillis depuis long-tem^s ; ils abondent 
surtout en Sil^^i^, et l'on en trouve aussi dans plusieurs en-* 
droits de l'Allemagne et de Tltalie. Ils sont constamment 
d^ns des terrains de transport, et jamais dans des couclies en 
plf^e ou de cristallisation. Ce gisement prouve évidemment 
que ces débris ne sont pas fort anciens ; mais ce qui l'a sur- 
tout démontré, c'es:t la découverte faite en 1770 d'un cadavre 
Ï presque entier avec sa peau, son poil et ses muscles, dans 
es sables des bords du W^ilhoui, en Sibérie. ^Ces rMnocéros 
étoient contempprains des éléphans connus sous le nom de 
mammouths , et dont les débris se trouvent mêlés avecles leurs. 
Tous les ossemens , qui ont été ^recueillis , paroîssent 
avoir appartenu à deux espèces différentes, qu'on ne sai^roit 
confondre avec celles qui cxi^tcttt maintepant. 



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R H I 247 

' Première Espèce, — RHINOCÉROS FOSSILE beSïPÉBIE, Cu- 
vier^ Ann. du Mus. ; et Recherches sur les osserhens fossiles de 
r^i/20c^5;— Ëjusd., Animaux fossiles^ tome i et 2. 

- M. Guvier , dans le mémoire que nous citons , présente , 
suivant son usage , le relevé complet de ce qui a été publié 
antérieurement à Tépoque où il a commencé à s'occuper du 
sujet qu'il traite. Ainsi , il nous apprend que les premières 
notions relatives aux débris de rbînocéros fossiles sont insé- 
rées daiis les ouvrages suivans : i.^ Hâusœumsodeiaiis regiœ^ ph 
19 , fig. 3, contenant la figure d'une dent molaire , sans indi- 
cation de lieu; 2;® Trans. PUlosoph, tome xxii , n.® 272, des- 
cription de deux dents trouvées , avec dest)s, à Chartbram , 
près de Cantorbéry, on Angleterre, 3.<> Mém. de la Société royale 
de GoUingue, 1762, renfermant une dissertation de S. G. Holl- 
lâan sur des ossemens remarquables par leur grandeur , et 
trouvés près deltérzberg , au pied méridional du Hartz> dans 
lisi principauté de Grubenbagen ; l^.,^ Commentaril A^ad: petr. , 
.?^iii' vol., contenant une description , faite par Pallas , d'un 
crâne trouvé en Sibérie ; 5.« xvii.«vol. ( 1778) dumême ou- 
vrage fUne description faite par le même naturaliste , du rbî- 
nocéros entier découvert dans les sables deWilboui,et la des- 
cription d'une tête trouvée près du Tcbikoï , au-delà du lac 
^ Baikal ; 6.® Mém. des naturalistes de Berlin, t. 2 (i 776) : Zuckert 
y fait connottre différens os trouvés à Quediimbourg; 7.<*'trois 
lettres de Merck (1782, 1784 et 1786) : sur un crâne de rbino* 
céros et plusieurs os trouvés sur les bords du Rbin,dans lé pays 
deDarmstadt; 8.» GoUini, Mémoiresde Manheim^ t. V (i 784.) :' 
description d'un crâne découvert dans le pays de Worms. 
D'autres débris encore ont été décrits ou mentionnés par 
Pallas , tels que ceux découverts près de l'Alei et dans le 
gouvernement de Gasan; par Merck, ceux qui provetioient 
de S^artzbourg-Rudolstadt , de Cumbacb et de Weisnan ; 
par Hermann, une dent trouvée à Strasbourg ; pai* Gampér, 
les débris découverts près de Lippstadt , en Westphalie , 
et les dents trouvées à Ganstadt , sur les bords du iNecker ; 
enfin , par M. Guvier lui-même , une dent inférieure du Vi- 
^ûonet en Languedoc , et une autre , rencontrée à Gbagpy 
(Saône et Loire) à 52 pieds de profondeur , par les ouvriers 
qui travailloient au canal du centre; une portion de mâchoire 
inférieure avec trois dents , des environs d'Abbevîlle , etc. 

L'examen attentif des figures de ces divers ossemens fos- 
siles de rhinocéros, a prouvé quUl y avoit tant de variations y 
produites pab les différens degrés de détrîtion des -dents mo- 
laires,' que ces dents seules ne peuvent point servir pour dis- 
tinguer l'espèce perdue des espaces vivantes ; mais la forme 
du crâne a fourni à. M; Guvier des caractères suÉftsans pour 



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^ik R H I 

{parvenir à ce but. Toates le^téles de« fes^ilfs se res«enil^a% 
entre elles, çt sopt eiHièreaient différeptes de celles des es^ 
pèces yivantQS. 

Sans entrer dans tous les détails pstéologiqijies qoî servent 
à M. Cuvier pour f^ire ressortir les resseinblance^ %ui exif- 
lent entre les fossiles et les rhinocéros vivaps , nous croyons 
nécessaire de rapporter les principaai;. %/* ^es crânes fossilei^ 
sojat, en général, plus considérables ; su» lenr crête occipU^te. 
est beaucoup plus incliné^ en arrière , çt 1j^ ^s.t,a,u^Q diu V^^ 
au sotQmet de cette crête, notablement phis longue \ 3.*" Ts^xe 
d^ méat auditif est oblique en arrière , au lieu d'être k piçii 
près vertical, comi4ç dans les rhinocéros vijir^ ; 4*'' 1^ ^^t^- 
nôcérps fossile étoi^ biconie , ainsi q^u'o/i peut ep ^Iger par 
les deux disques pleins d^inégalités qui se rein4r<|faei4. sur ^p^ 
criine , Vntk sur re}i^i;éii(iité du nez , et Tautiçe au - dessus des. 
yeux ; ces deui cornes ne se touçboient pa» towne dan$ Iç^ 
rhinocéros d'Afrique et de Sumatra; S.^ VapApbyse Ai^Mf îor^ 
d|es o^ inauUair^ e^ le^. os inteipmaxiUaire^ spn^ ^xti;êine9^Vl 
lopgs et forts.t plqis mém^ que ^ans tous l^s autres rbinpcéroiSt. 
ce qui rend réchancnire i^as^le plqs çpns^dér^ble:; S."" le 
bordi sup^i^ci^ 4^ 1^0$ incisif 4 unç prpUjd^érançe qui ne s^ 
voit qne dans.lç seul rhinocéros unicome, et qui manque d^si 
tous, les autres ; 7.® les os du nez sont rabattue en ayai^t de la> 
fpsse nasale^ et soudés %ux intermaxiliairea *, 8.^ ils sont sou- 
tenus parure cloison verticale osseuse; caractère très-remar- 
qii^J^l^, que Toyo^q^obserye dans ^uci^n dçs animaux connus ^ 
^t qui , pour ççt animal, semble îndi^er que sa corne anlé* 
rieure Revoit ^vpir un très-grand vo],ume , puisq^Q Tappareil» 
qui devoir la supporter a^iroi^ u^e sigrandk soUdilé; g^^® les. 
Vous inc^il^^spi|t sépa;*és Tun de l'autre parceti^e çlpîiSOQ ,. 
^ lieu d'être confondus daps une vaste ouvertqtire , comme 
4ans les espèces vivantes ; lo.® l'œil çst pUis en arrière , c^ 
qui est en rapport avec la longueur de Téchanicrurc i^asal^. I]i| 
^toit placé au-dessus de la dernière nM>Uire , tandis. qu!il est. 
situé au-dessus de la quatrième daAS l'espèce 4'Asie^9 ^au-^ 
des;sus de la cinquième dans le bicorne d Afrique. 

Le nombre et mêine Texistence des dents incisives ne soni^ 
pas sufSsamment reconnus ; M. Guyier croit , ayec Pallas ^ 
que , s'il y eu avoit , c'étoit tout ai;^ plus à la mâchoire inté^ 
içieujre. lil. de BlainviUe, au contraire, pense que la forme e^ 
la grosseur deTps incisif indiquent suffisamment que cet os. 
déçoit porter des. dents.. 

Cinq cornes, qu^ faisoient partie, du cabinet de Péters-r 
bourg,etqu| toutes ayoient été trouvées en Sibérie ^ étoient 
d'une longueur considérable : Tune avoit quarâ^^e - neuf 
poMçeji.; une seconde f trente -trois poùççs trois iî^e^i^ 



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R H I Mft 

une trolftlèttè ; Irante-deirr pOtie«s , et les denx dernièrea^ 
Tingt-clnq pouces quatre on six lignes. 

Vn humérus s^ moi|1;ré W^ phliquilé plus considérable dan^ 
sa partie radial^ que cell^ 4^ rbaqaiérus du rhinocéros uni- 
corne ; cet os étoit aussi plus court et phi&gros dans le fossile 
que dans Tespèce Yi?ante. Un fémur a offert le^ mimes dif-r 
férences de proportions généi;al^s , etc. 

De cette eomnaraison, dpnt.nou/s avons écarté tous les dé-, 
tails trop minutieux, et surtout de la découverte, sur les bords^ 
du WiUàoui, diu rhinocéros en chair, avec sa peau rouverte de 
longs poils ^ « il résulte , seTod là conclusion de M. Cuvier « 
« qu'une grande esnèce dé rbinoc^os , inconnue aujourd'huit 
« se trouve ensevette dans une infinité d'eladroits de 1^ Europe 
¥ et de TÂ&ie; que ^ ce qui est bien remarquable ,.el!e n'y a 
« pas été appoptéfi^dje loiq , et que ce n'est pas par èes chan- 
« gemens lents et insensibles , mais par «ne rétokitièn subitev 
« q«4'elle a ce^é d*y vivre. » 

Pour expliquer la présence des débris de rhinocéros , etk 
Sibérie ^ on.a imaginé plustevs hypothèses , et surtout celle' 
qui adm^tqjiihQ i;es oé ont été entraînés par des courans venant^ 
oerÂsie^aviçc lesdébri» d'éiép^ns oumammotlth5,au milieu 
desquels ils se. trouvent naaintenant; mais alors on n^avoitpas 
ei^aminé les caractères de ces animaux, ainsi qu'on l'a fait 
depuis; ^%^ lorsqu^oo s'est occupé de celte comparaison, on 
|i'a pas tard^ ii. reconnoltre que les éléphans d'^Asie, quoi-^ 
que se rapprochant afisen de ceux de SÂhérie, étoîent, ce- 

Ïendant, d'espèce difiiérente.; enfin , les: observations de IVL 
luvier ont prouvé que le r^nocéros ftissile ne devoit pas non 
pluâ être comoq^ avec celui d'Afriqne, auquel il ressemble. 
Il a donc CaUu renoncer à (aire venir intacts , en Sibérie « 

Sar les mêmes courans., d'une part, les éléphans d'Asie , et 
e l'autre les rhinocéros d'Afinique ; et Ton en étoit réduit à 
proposer de nouvelles hypothèses, lorsque la découverte d'un 
i^hinecéros, et,ensuite d'un mammouth, avec leurs chairs , leur 
peau et l^urs poib , ^^ns les sables de Wilhoui et dans les^ 
glaces de la l^a, on fait voir que ces«i4maux ont très-bien 

Su vivre cl^njsi les centrées où l'onareiMiîontiréaujdurd'hin leursi 
ébris. y. EL£PaA,KS E0S3tl«£S^ 

Seconde Espèce. — RumocÉROs de Toscane , Cuvier; An-» • 
nales du Mus. — EjUsd. I&cherches sur les ossemens fossile^^ 
tom. II , et tom. I , art. , corrections et additions. 

L'Italie , dans divers points , a offert des débris de rhino- 
céros, et particulièrement, sur lès bordsdu.Pô,en,IiOmbar- 
die ; au mont Puignasco , dans le département du TafO ; k 
jPlaisaïQiçe » etc. i^ mais aucun lieu n'en a présenté entant ^ue 



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par 
de] 



25o R H I 

le Yal-d'Ârno, oiii il^ sont néabmoiDS moins^ nombreux qae 
ceux d^éléphans et d^hlppopotames. 

Ces osseraens paroissent appartenir k une deuxîèmeespèce 
(dlfTérente de celle de Sibérie ^ mais dont M. Guvier n'établit 
pas encore les caractères. 

On a trouvé aussi , en Lombardie , une partie de la tête 
îd'un rhinocéros de Sibérie , fort caractéristique , et qu'on a 
reconnue ttre l'extrémité antérieure de la mâchoire, (desm.) 

RHINOCÉROS, En grec et en latin , c'est le quadrupède 
que nous nommons aussi Rhinocéros. V. ce mot. (s.) 

• RHINOCÉROS (ornith.). V. Calao rhInocéros. (v.) 
' RHINOCÉROS. Nom marchand d'un coquillage^ du 

genre Rocher, Murex fémorale^ L. (OESM.) 

RHINOCÉROS DE MER ou LICORNE DE MER 
(F. Narwhal). Espèce de cétacé. (desm.) 

RHINOCURE, Rhinocurus. Genre de Coquilles établi 
par Denys-de-Moi^tfort. Ses caractères soùt : coquille libre» 
univaive, cloisonnée, en disque, contournée en spirale , 
mamelonnée sur ses deux centres, le dernier tour de spire 
renfermant tous les autres; dos caréné et armé de pointes ; 
ouverture oblongue, arrondie, recouverte par un diaphragme 
qui porte à son extrémité extérieure une rimule ovale, plissée 
en forme de sphincter, fendue dans sa longueur, cette fente 
se prolongeant jusqu'au retour de la spire qui est reçue dans 
le milieu du diaphragme ; cloisons unies. 

La seule espèce qui soit connue de ce genre se trouve dans 
la mer Adriatique, et n'atteint giïère au-delà d'une li^ne de dia- 
mètre.La fragilité de son test, sa parfaite trantparepcë, la sin- 
gulière rimule de son ouverture, la rendent remarquable. On 
la trouve aussi fossile en Toscane, (b.) 

RHINOLOPHE , Bhinolophus , Cuv. , Geoffr. ^ Lacép. , 

IlUg. ; Vesperlilio , Linn. , Erxieb. , Schreb. , etc. Genre de 

mammifères carnassiers , de la famille desjCHEtROPTÈR^ ou 

Chauve-Souris , établi par M. le professeur Geoffroy- 

, Saint-Hilaire , et aibti caractérisé par ce naturaliste : 

Dents semblables, par leur nombre et leur disposition , à 
celles des chauve-souris des genres Rhinopome et Nyotinome; 
cW-à-dire, consistant pour la mâchoire supérieure, en 

• deux incisives trèf-petites , écarrtes et tombant facilement; 
deux canines et quatre molaires de chaque côtéjet pour l'infé- 
rieure, ou quatre incisives bilobées, deux canines et cinq mo- 
laires, très-fournies de pointes tant adroite qu'à gauche(vingt- 
huit en totalité ) ; nez au fond d'un entonnoir , bordé en 
devant d'une crête et terminé en arrière ^ une feuille ; 



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R H I aSi 

oreilles moyennes, latérales et isolées ; orèillon nul (i) ; 
menibrane interfémorale grande et saillante ; queue longue 
et enveloppée entièrement; doigt indicateur n'ayant qu'un 
Dftétacarpion sans phalanges , et les autres étant formés d'un 
métacarpien et de deux phalanges ; deux mamelles pectorales 
écartées , et deux autres rapprochées et situées au-dessus des 
ospuhis. , 

. La tête osseuse offre plusieurs caractères qui lui sont pro- 
pres , et notamment la minceur des os intermaxillaires qui 
cèdent aux mouvemens des lèvres , lesquelles sont fort 
épaisses, et la.forme renflée et globuleuse des fosses nasales. 

Dans, toutes les chauve-souris connues de ce genre , le 
pelage est épais, bien fourni et moelleux; le dessus du corps 
est d'un gris fanve^ et le dessous est d un blanc jaunâtre. 
y Les rhinolophes vivent d'insectes nocturnes ou crépus- 
culaires qulls saisissent au vol , comme le font d'ailleurs ta 
plupart des .autres animaux de la même famille ; mais ils 
ont cela de part iculier, qu'ils recherchent les excavations les 
plus , profondes et s'enfoncent sous terre à de grandes pro^ 
fondeurs. Ils passent l'hiver engourdis, suspendus par les 
pattes de.derrièi'e et enveloppés dans les membranes de leurs 
ailes , ne se réveillent qu'au printemps , et en général ne sont 
pas plongés dans une léthargie profonde. 

Les espèces d'Europe ne rentrent pas tous les soirs dans 
les cavernes qu'elles h^^itent pendant l'hiver; mais Ton ne 
sait pas encore où elles se retirent pendant le jour. 

Les six rhinolophes , déterminés par M. Geoffroy , 
et que nous décrivons d'après lui , appartiennent tous k 
l'ancien continent. Les environs de Paris n'en possèdent que 
deux seulement , qui ont été distingués par Daubenton. 

Première Espèce. — Le RfllNOLOPHE uni-fer , Rhinoiophus 
unihosiaius^ Geoffr., Ann. du Mus. , tome 2, page 267 , 

pi. 5. ^Rh1NOIX)PH£ grand fer- A-CBEV Ali, /l////îo/(0/?^M5 mc- 

y<^r,ejusd.y Catal. -^ Le Grand Fèr- à- Cheval ^ Daubenton, 
Mémoires de l'Acad. . des sciences , anpée ijSg, page3da. — 
Buffon , tome 8, pi. «x,. fig. ^ et a. — VespertUio ferrum 
efpdnum , Linn. var. A. -7- VeiperUlio hippocrepis , Hermann. , 
Obs. Zoog. , page 18. , 

. M. Geoffroy trouve le caractère propre .à cette espèce dans 

^ (x) M' Geoffroy remarque que le manque d'oreillon est particulier 
aux rhinolophes I parmi les chéiroptères insectivores. Quanta nous, 
nous croyons reconnoitre celte partie dans le vaste lobe antérieur et 
inférieur de Toreille. Ici, selon cette manière de voir, Voreillon seroit 
très-large et peu élevé, non lancéolé, et adhérent par sa face externe 
au pavillon de roreîUe proprement dite. 



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>5j R h I 

la feuille nasale qui est double; la postérieure ëtast eA fer* 
de-lance, et Tantérieure à bords et extrémités sinueux. 

Les oreilles sont longues , terminées en pointe , évasées^ 
jlroites , ouvertes en cornet sinueux à Textérieur et échancré 
Ters le bas ; les entrées d^s narines sont au fond d'une sorte 
4'entonnoir,et très-rapprocbées Tune de Tautre ; une mem:* 
brane quia la figure ^^ un fer- à-cheval , borde, en devant 
et sur les côtés , le haut de Tentonnoir ; le reste est terminé^ 
en arrière , par deux crêtes on feuilles situées Tune au-devant 
de rautre,etquinaissent de la lameservantde cloison aux deux 
méats olfactifs, {ja feuille antérieure est verticale le long du 
chanfrein, et de forme à peu près carrée ; la postérieure est 
en fer de tance , appliquée sur le front , assez grande , et 
offre, de chaque cAté, àsa base, un repli en fonne de godet. 

I^a plus grande longueur de cet animal , mesuré depuis 
le bout du nez jusqu'il Torigine de la queue , est de d^uk 
ponces six lignes à deux pouces onze lignes. La presque to« 
taCté de son corps est d une couleur mêlée de cendré clair 
et de roux ; le dessous est d'un gris teint de jaunâtre , leai 
membranes sont noirâtres. ^ 

Ce Rhinolophe se trouve en France , et b^te lefrcarrièresi 
et les cavernes. 

Çeeonâe E^pèct.-^Jje RmN(Mi.OPH£ BI-FER, Bhinolùphus bihas-^ 
iatus^ Geoffr. , Ann. du Mus. , tomeao, pageaSg, pi. 5; 

— RumOLOPHE PETIT-FER- A-CHEVAL, Bhinolophus mtnor^ 

Geoffr., Catalog.; — le Petit-fer-a-chevai , Buff., tome 8^ 
jpage i3i , pi. 17 , fig. i.^^VespertUio ferrum-equinum^ Linn. , 
var.B.; Vespertuio hipposideros^ Bech.; Léach. , Miscel. zOoU 
tome III , pi. 12 1. f- Vesp^riilb) mniUus j Montagu , Trans^ 
Lion. Societ. , q , i63. 

Celui-ci^ que F 09. trouve dans les mêm^s lieux que le pré- 
cédent , en diffère principalement par sa taille plus petite^ 
de trois^ huitièmes; par la' forme de sa feuille nasale, éga- 
lement double , mais dont rantérieure est eo fer-de-lance 
comme la postérieure ; par ses oreilles bieaucoup plus fy-^ 
tement écbancrées (i). Du reste , ces. deux chauve-souris se 
ressemblent tellement, qu'on les a, long-temps confondues. 

M. Geoffroy dit qu'il a pris souvent des femelles de cette 
espèce allaitant leurs peti^ , et qu'il a cru remarquer que 
ceuxfci, qui ne se servent â(uère que des manielles^ inguinales, 
naissent cendrés et, ne prêtaient leur teinte roussâtre qu'eu, 
grandissant. 

TroisihneEspèàe.'m'Le RhikûloPOë tribeiïT , Bhinolophus: 

(i) Ou, suivant nout^ chez lesc^u/ell^s Foreillpa arrondi eftplus, 
^.istiiici.. 



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R H î nSà 

ÊrtJens , Geoffir. , Descript de VEg^te , Hia. nai^ tome 2 ^ 
page. i3i , pi. a, n^ i ;— ejusd. Ann. du Mus,^ tome :io, pi. 5. 

Le nom de cette espèce lui a été donné à cause de la formé 
de sa feuille nasale , terminée par trois pointes très-distinctes, 
ce qui forme un caractère bien tranché. 

Le corps a deux pouces environ de longueur; la queue 4 
neuf lignes; la membrane interfémorale, deux lignes et demiei 
la largeur de ce^^te dernière partie est de deux pouces deux 
lignes et demie ; Tenvei^ure est de huit pouces dix lignes. 

<c La membrane en fêr-à-cberal existe dans cette espèce 
comme dans les précédentes , mais la feuille offre bien 
moins de complication : ce n'est qu'une lame formant bour*' 
relet k sa base par l'effet d'un repli, et dont la partie moyenne 
fait corps avancé sur les bords latéraux placés plus en arrière* 
Les oreilles sont plus larges et moins fermées sur le devant 
que dans les rhinMophes unifer et bifer ; elles sont en partie 
attachées au chanfrein par une bride tégumentaire. lia queue 
est fort courte, et,de plus, remarquable en ce qu'elle est^dans 
un tiers de sa longueur, libre > au-delà de la membrane 
interfiémorale. Celle-ci est coupée carrément et supplée à ce 
qui lui manque en longueur par plus de largeur. » Geoffir. 
loc. cit. 

Le rhinolophe trident a été trouvé dans les excavations les 
plus profondes des montagnes , en Egypte , et notamment 
dans W parties les plus reculées des tombeaux des rois et 
« du temple de Denderah. 

Quatrième Espice.^Lt RHIlvOLÔPffB CRUMENIPÈU , Bhùuh 
lophus speoris^ Geoffr., Ânn. du Mus., tome ao , p. aÇi, pi. 5) 
^^Fesperdlio speoris, Schneider, dans l'ouvrage de Schreoer, 
^1. 56 6.;—^ Bhinolophus crumem/erus ^ Pérou et Lesueur, 
Atlas du Voyage aux terres Australes, pi. 35. 

^ Cette chauve-souris, qui n'est réellenkent bien connue que 
depuis te voyage de Pérou et Lesueur , avoit été néanmoins 
décrite et ^uréè par Schneider sous te nom de VespeiiUi^ 
speons, Lesindîvidus envoyés par les deu:^ naturalistes français 
ique nous venons de citer, reçurent d'abord de M. Geom-by 
le nom de Bhinolophus marstipîalis ; mais ce professeur te sup-^ 
prima lorsqull eut connoissance du trâvau de Schneider. 

Le rhinolophe cruménifère, k peine plusgrand que le rhino- 
lophe bifer dé notre p^yS; pubqu'iln'a que deuxpouces.ua 
iquart de longueur, est parfaitement caractérisé par sa feuille 
nasale simple , à bèrd terminal arrondi , et par la t>oursè ou 
cavité située sur le front, en arrière de cette feuille^ dont les 
parois antérieures Sont nues , et dont Tentrée se dislingue 
par un bourrelet et s'ouvre par un sphincter. Cette bourse 
est assez spacieuse | ne idène nulle part et se tient presque 



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254 H H I 

fermée^ M. Geoffroy Ta trouréc lentièrement vîde, cl ne peat 
assigner quel est son usage. 

Celte espèce et la suivante offrent, de chaque côté de leur 
membrane en fer-à-cheval , trois replis du derme parallèlea; 
entre eux , et qui ne se joignent pas en avant. Son pelage est 
d^un gris plus roux que celui des rhinolophes d'Europe. ^£lle 
vit dans Tîle de Timor, 

Cinquième espèce, — Le ^hinolophe BIAnÈME, Bhinolophus 
Diadetna, Geoffr. , Ann. du Mus. , tome 20 , page 263, pi. 5 
( la têle ) , et pi. 6 ( Tanimal entier )• 

Le rhinolophe diadème, que nous ne connoissons que par 
la description qu'en a donnée M. Geoffroy Saint-Hilaire , 
est la plus grande espèce du genre. La longueur de son corps, 
mesurée depuis le bout du nez jusqu'à Torigine de la queue, 
est de quatre pouces environ , et celle de sa queue d'un pouce 
neuf lignes. Sa feuille à bord arrondi, comme dans Tespèce 
précédente, est trois foispilus large que haute,et enroulée sur, 
elle-même de dehors en dedans ; elle répète en arrière 1q 
fer-à- cheval étendu au-devant des narines 9 et forme , avec 
cette dernière membrane, une sorte de couronne qui entoure 
l'organe olfactif; le bourrelet,àsabase, a proportionnellement 
plus de relief que celui du rhinolophe cruménifère. Sesoreilles 
ne sont pas aussi échancrées; mais, à cela près, elles forment 
une conque toute semblable. Le pelage est d'un roi^x vif et 
comme doré. 

Cette espèce a été rapportée de Yîle de Timor par M. 
Lesueur et feu Pérou. 

Sixième Espèce.-Le Rhinolophc DE ComnEKSO^ yRhinolophus 
Commersonii^ Geoffr. , Ann. du Mus., tome 20 , page 26Î, pi. 5» 
Commerson , qui a vu cette chauve-souris à Madagascar 
(au Port-Dauphin), l'abien figuré e, et l'adécrited'une manière 
assez vague. Son dessin, examiné par M. Geoffroy, lufa 
présenté beaucoup de traits de ressemblance avec le. rhînor- 
lophe diadème. Cependant, elle est plus petite que cette der- 
nière ; sa feuille est d'un tiers moins large, et sa queue est d'un 
tiers plus courte. Déplus, sa membrane interfémçralcqui se 
termine, dans le rh. diadème , par un bord à, angle saillant , 
est à angle rentrant dans l'espèce de Commerson. 

M. Geoffroy pense que réloignement des lieux( Madagascar 
et Timor),oti se trouvent ces deux rhinolophes,peut autoriser 
ia conjecture qu'ils forment deux espèces dbtinctes. (desm.) . 
RHINOMACER, Bhinomacer, Genre d'insectes coléop-y 
tères, section des tétramères, établi par Olivier, et que nous 
réunissons à celui à^anûiribe, V. ce mot et l'autre article BJii-' 
nomacer. (L.) • 



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R H I aS5 

KHINOMACER, Bhînomacer^ Fab., tat; Bruchus^ 
ï'ab. ; Mycterusy Clairr., Oliv. Genre d'insectes de Tordre 
des colé^tères , section des hétéromères ^ famille des sté- 
nélTtres , tribu des œdémérites. * 

Geoffroy avoil appelé rhinomacer, en français becmare, un 

Îenre d'insectes , composé d^une partie de celui à'aiielabe de 
ânnaens. Fabricius ayant conservé cette dernière dénomi- 
nation an genre du naturaliste français , appliqua eelle de 
Mnomacerkun nouveau genre de la section des bétéromèresf 
celui qui fait le sujet de cet article , mais que Schœffer avoit 
déjà établi sous le nom de mylabris. Il y plaça un insecte , le 
rhinêmacer aUêlaboïde , qui doit eti être exclu. ( F^. Anthribe.) 
Olivier, dans le Tableau des genres de sa partie entomolo- 
gique de l'Encyclopédie métnodique , adopta ce genre ainsi 

2ue sa dénomination. L'auteur de l'Entomologie helvétique 
>rma, avec deux espèces Xattelabes de Linnseus (des rJdno^ 
macen pour Geoffroy), un genre propre sous la première de 
ces deux dénominations ^ et rendit la seconde à une autre 
coupe générique composée des autres espèces de becmares du 
dernier. Obligé de désigner d'une autre manière le genre 
rhinomacer de Fabricius , il l'appela myctèi^ ( mycterus ) ; mais 
Il le plaça mal à propos avec les coléoptères pentamères ou 
ceux dont tous les tarses ont cinq articles. 

La plupart des naturalistes ayant admis la nom^clature de 
Fabricius , je ne crus pas devoir , dans mes divers ouvrages , 
et particulièrement dans mon Gênera^ faire aucune innovation 
à cet égard. Tel étoit l'état des choses, lorsque Olivier reprit 
la continuation de son Entomologie ; il reproduisit le genre 
aUelabe dp Clairviile , sous une autre dénomination , celle 
Sapqàèrt. De celui de rhinStnaceràe l'entomologiste de Kiell, 
furent détachées deux espèces (^atlelaboïdes, lepturoïdes) pour 
former un genre propre et homonyme, qui fut placé près dés 
macrocéphaUs ou les anthnbes de Fabricius ; les autres' rhino- 
macers portèrent le nom générique de myctère. Si une réforme 
dans cette partie de la nomenclature, étoît jugée convenable, 
il falloit suivre^ entièrement l'auteur de rEnloniologie helvé- 
tique, et désigner autrement la nouvelle coupe générique 
établie aux dépens de celle des rhînamacer de Fabricius. 

Par l'organisation de la bouche, la forme des4arses , etc. ; 
les rhinomacers ont la plus grande affinité avec les œdémèresi 
d'Olivier. Leurs antennes sont insérées, au-delà des yeux^. 
sur un prolongement antérieur et en /forme de trompe de 
la tête , de même que celles des siénostomes ; mais , quoiique 
filiformes dé ]^art et d'aâtre, celles de;B premiers sont com-' 
posées d'articles proportionnellement plus courts et presque 
obconiques^^ celui qui termine chacun de leurs palpes, est* 



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>5'è R tt t 

beaucoup plus laqge que le même ^es padpes ^efs stênostoifnû; 
et en forme de triangle renversé. Le corps des rbinomacérs 
est moins allongé, de forme. ovale ^ de consistance ferme et 
solide, avec les teux très-saillans ; le corselet frapézoïde, et 
les élytres^spnt dures, (r.pour les autres caractères généraux^ 
l'article Œdemérites. ) 

On trouve ^es insectes dans la partie méridionale de rJEâi*- 
rope et en Barbarie, sur les fleurs, lis sont de petite taille. 

RAiiïOM AC^RCUhcuuoÎDB, BJUnomocer turcuUMei^ VA. ; 
Shinomacer curcultonotie^.jX. M. l4 6 de c^t ouvrage. 11 est 
noir , mais tout couvert de poib très-cptirts et serrés ^ for- 
mant un duvet ; ceux du dessus sont cendrés oo roassâtres ; 

ux; les antennes et les patte» 
ince^ courte, avec deâx lignes 

;ur les fleurs de itoille-feiiille^i 
ron^ de Boi'deaux. * 

ES, Rhinomac^r uniheUaiarwmi 
fycterus umhellaiùarum , Olir. ^ 
fig a , diffère dii précédent 
>ar sts antennes et sz% jambes 
\ trouve dans les tles de TAr-" 

K| Geofil ; VtspertUh > Belon ^ 
Brunnich. Genre de mamnnfères carnassiers , de la famille 
des chéiroptères , ainsi caractérisé par M. Greoffroy-Sainl->' 
Hilaire. 

i)eux àents incisives supérienres écartées Tune de Pantre \ 
quatre inférieures ; deux canines ii chaque mtdkoMb ; quatre 
molaires de chaque cdté de la suj^Crieare , et cinq à l'iikfé^ 
rieure; 0ez long, conique , coupé carrément à Tettrémité et 
Siurmonté d'une petite feuille ; ouvertures nasales étroites \ 
transversales et operculées; chanfrein large et tôâcdve ; Oreil- 
les grandes , réunies et couchées sur la face ; ôreîUon etté- 
tieur ; membrane interfémorale , étroite et terminée carrée 
ment; queue longue , enveloppée senlemeât à Torigine et 
libre au^elà. 

Les chauve-souris placées dans tt geikf e sottt des deot 
eontinens,viveilt d'insectes qu'elles attrapent ati vol , comnie 
celles de notre pays. Du reste , oh Ae possède aucun détail 
sur leurs habitudes naturelles. 

PranièreEmèce. — l^HniPPOilE mcftôraYLtE i Kiinùpamû 
microfhYUa^ Geoffr. , Descript. de l'Egypte*» partie d'histoire 
i^turélle , tom. a ; — Taphienjilet , pC du même ouvt'age ; -^ 
VesperiUio mictopfyllus ^ Bruiinich; Descript. du cabinet 



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R H l ttr,} 

èe Copetoliagdè, p. Sd, lab. 6, fig. k ^ à , ^ et ^ ; -^ thnme- 
smiris d Egypte), Beion^ds/a Nàtureâes Oiseaux^ )ib. ik , cb. 3q; 

Cette <Àauve-sourls , qui n'est guère plus grande que fâ 
pipistrelle (F. Vespeetiuotï ) , a a^ "gnes de longueur 
totale; sa tête en a sept; st^ oreilles en oni cinq et demie ; sa 
queue, vingt-deux; son envergure est de sept pouces quatre li-- 
gnes; le pelage estcendré « et les poils sont longs ettôuHiis; là 
queue,forniée de onze vertèbres, est noire etlisse^elle dépasse 
de beaucoup la membrane interfémorale qui est extrêmement 
courte^ et qui nVst pbint soutenue par un osselet dil iarstt 
conune dans les autres cbauve-sourts. 

Les narines constituent avec la lèvre supérieure un ap-> 

iiareil assez compliqué, qui s'étend au-delà de la micboire^ 
enr partie terminale paroft comme tronquée , et s'épataouik 
en une lame circulaire sunnontée d'une petite feuille , efc 
percée, dans le centre, et deux fentes obliques qui sont les 
méats olfactifs , et qui peuvent , à la volonté de l'animal , se 
fermer tout-k-fait ou s 'entr'ouwir d'une manière sensible ^ 
mnsi que cela a Iteii dans Icsnarinea des pboqnes. La foliole ^ 
qui naît du bord supérieur du carfilagé nasal , jouit d'un mou- 
vement pi^opre ; les conduits* du néz q\ii se prolongent à tra- 
vers la longue lèvre de la mâchoire supérieure , sont très- 
étroits , et versent dans one ébambre.oluclive très - courte ^ 
mais fort élargie par le reafleniént «de l'os* maxillaire au^ 
dessus et en dehors de la dent canme. L'ds^tersbaxiUaire 
est entier et soudé d'une manière fixe auk o& des mâchoires. 
Les deux dents incisives supérieures doM fort écartées Tutie 
de l'autre; leà quatre infé/teores Âmt entassées v Toreill^ se 
porte en avant et s'y réunît avec sa congénère ; ellk n'«s« 
point à son fond roulée sorette^thémé^ ce qui fait que san* 
aacnn changement de pdsitinn ^ l'oreillon est à la fois exté-* 
KÎenlr et smr le bord du méat aùditi£ 

Bdon Y le premier , a remanpié ieette espèce dr cbéiro^ 
pt%re dans £es pyramides du Caire. If «sel^pûst en rapporta 
d'Egypte quelques individus pKs daips ta pyi>amiéè de Gyzeh ^^ 
qoi furent Ottbués pendant long' temps ^. mais enfin décrits^. 
en ijfia ^ par Brunnich, qui applîi^ua à leur espèce. le ) wvtm 
de pespertmondàrophj^ilUi. i 

M. Geoffroy a^rouVé le Mwfionu mkmfAylte dans pliH 
iienM momttnens de PÈgypté supérieure. A £fment ^à Om- 
bos et à Thèbés , il a Observé que cet! animal est irritable 
coinme les' ëhauve-sourit d'Europe:, lorsqu'on le provoque ; 
mais qiie qnandil'est libre , ses miNivÈrmens se bornent â faine 
«lier sesnaseanx suivantks contrattioni'alternatives de sapoii 
trine ; les fermant quelqnefbts îésqli'ài ne pluà laisser de tracei 
d'ouvertmpe f et étendant ensuite dessus sa petite feuillç. 



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!i58 R H I 

Le même professeur pense qa*il existe aossi en Egypte 
une seconde espèce du même ^enre 9 qui diffère principale- 
ment de la première par sa queue plus courte et son museau 
moins aigu. 

Seconde Espèce» -^ Rhinopome de la CAROLmE , BJdnopoma 
caroliniensis , GeofTr* 

Le corps de cette clianre-soaris a deux pouces de longueur 
environ ; l'envergure de ses ailes est de huit pouces ; sa queue^ 
qui n'a qu'un pouce et demi , est eneagëe dans sa première 
moitié par la membrane interfémorale , k pep près comme 
dans les molosses ; ses oreilles sont médiocres^ presque trian-» 
gulaires , et nous ont paru écartées l'une de l'autre ; les deux 
incisives supérieures , aussi à distance Tune de l'autre , sont 
simples et dirigées en «dedans ; les quatre incisives inîérieures 
sont bilobées et resserrées par tes canines qui ne sont pas 
néanmoins très-fortes , et qui ne se touchent que par leur 
base ; le pelage est brun ; les membranes sont obscures. 

Cette chauve-souris a été donnée au Muséum d'Histoirena« 
iurellepar M. Brongniart, qui la crojoit de Caroline 9 mab 
^ni , néanmoins , n'en étoitpas certain, (desm.) 

RHINOSIM£,iiÀîiio5imi», Latr., Oliv. ; CurtuUo, Linn., 
Deg. ; Anihribus^ Fab. , Payk., Clair. ; Salplngus. , Illig«r« 
Genre d'insectes, de l'ordre des coléoptères, section des 
bétéromères , mais qui ^dans un ordre naturel, paroh ap- 
partenir à cell» des tétramères, famille des rhincnophorest 
tribu des bruchèles. 

Les rhinosimes sont très-voîstns' des anthribes de Fabricins 
eu des macrocéphales d'Olivier. Ainsi que dans ces coléop- 
tères , la tète se prolonge antérieurement en une espèce de 
museau large et aplati, à l'extrémité duquel la bouche est 
située; leurs antennes, insérées au-devant des yeux, et dont 
la longueur égale celle de^ la tête et du corselet, sont droites , 
presque grenues et UMÛnées par cinq articles un peu plus 
grands » fondant une massue allongée ; mais leurs quafte 
tarses antérieurs ont einq articles , dont le pénultième est , 
il la vérité f plus petit qpe les autres; les, tarses postérieurs 
s'en offrent que quatre ; tous ces articles sont, entiers. La 
bouche des rhinosimes diffère^ en outre, de celle des an-< 
ikribes. La pointe àts mandibules est bifide ; les palpes sont 
renflés à leur extrémité; le menton est carré , entier , tandis 
^ue celui des anthribes beaucoup plus grand d'ailleurs , est 
fortement échancré, et a la forme d'un croissant. Le corps des 
xbinosimes est ovoïde-oblong, déprkné, glabre, avec la tète ei 
le ftorselet pfais étroits q«e l'abdomen; les yeux sont globu- 
leux et saiUans; le corselet est presque en forme de cœur, re- 
|réç| ^ arrière 9 et les tarses sont courts et yelus en-dessous» 



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R H i ag^ 

Ces insectes sont très-lpetits et Vivent iôuà les écorices àet 
fttbres ou dans le bois. Nous en connoissons quatre espèces^ ' 
et qui se trouvent toutes en France 

RttllïOSIME ou CHÊT9É, KMhosimùs roborisj OliV.', Coléop, ^ 
tom. 5, n.® 86, pi. t , fig. i. Corps long dé deux lignes, brun^ 
avec la tète bronzée ; le corselet , les antennes et les patted' 
fauves; et les élytrcs d'uû nôÎT bl'onïé ; la trompe est 16n«^ 
gue. 

RuiltosiStE RUWCOLLE, Èhinosimus rufie^lKs, OMv.^ièid.^^ 
pi. I, fig..a. Corps noir, avec la tête, le corselet et les pattes 
fauves , et les élytres d'un noîr-verdâtrie. 

RuiNosiitE Eaoi9l;É , WUnomnm ixnœas, Olîv., fHd. pi. i ^ 
fig. 2 ; Bronzé^ sans taches; antennes et pattes brunes. 

Rhinosime VLkmKOSTfiEj Rhinosimus f^anirosirisj Ollv. ^ 
ibid., pi. I, %. 4; Bronzé; trompé ronge, lai'gé et plaiaej;^ 
pattes fauves, (l.) 

RHINOSTOMÉS où FÏVONtjROSTRES. M. JDu^' 
mérîl donne ce nom à une famille dinsecles hémiptères^ 
ayant les élytres à demi-coriaces, le bec paroissànt naître du 
front, les antennes longues et les taises propjres à marcher. 
£lle comprend les geiiresSdtTELLAiRE, Pent atome, CoajÈEv- 

ACANTHIE, LyGÉE, GSRftlS et PomCÈRE. (DESH.) 

RHtt^ICÈKE, A%V<;m.j'ai.dé;Bigné. ainsi, dans le troi-^ 
sième volume du Règne animal, par M. Cuviei^, un nouveaitJ 
genre dUnsectes coléoptères^ section des peptamères, fa^'- 
mille des serricomes, tribu 4e8 cébrioaites^ et qui a pour^ 
type le />û?imi5 m/5/aciiius de Ifabricjus 9 figuré par Druk-y. 

Je suis redevable de la possession de ce curiém insecte ^* 
à Tamitié du célèbre botaniste anglais , M. Robert Brown^ 
qui en a pris quelques individus siIf àts ,plantes , dans les 
terres voisines du détroit de Bass. Le Brésil nous offre une"^ 
autre espèce du même genre, et dont M. Kirby a-dohUé une 
description détaillée, dans lin mémoire qui fera paniié du. 
treizième volume , actuellement sous presse , des Actes de la 
Société Linnéenne. * 

Par leur physionomie extérieure, les^ rfatpicères soAt évl- 
demmeijt très-rapprochés àescéMoHs; mais ils ilous offrent 
un caractère dotit on ne trouve qûe^ très-peu d'etempled' 
dans l'ordre des coléoptères; leuràantennes^ sont composées 
de trente-cinq articles ; k partir ^u tréisi^me, chacun d'eujt 
se prolonge intérieurement en une dent longue, étroite ,, li- 
néaire , comprimée , élargie et arrondie au bout ; les' 
premières sont plus comtes ; elles forment, réunies , un beau 
panache en éventail et aigu. Ces antennes sont environ de' 



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!a6a R H I 

la longaear de la tête et du corselet ^ et insérées aa-derant 
des yeuz^ sous une saillie angulaire. Les mandibules sont 
avancées, très-arquées, pointues et sans dents. Le la^re 
est petit. Les palpes sont courts, mais saillans, filiformes et 
terminés par un arlide presque cylindrique ou cylindrico* 
ovoïde, et Hermine en pointe obtuse; les maxillaires sont un 
p^u plus longs que les labiaux. Le corps est proportionnelle- 
ment plas droit et plus oblong que celui des céhrions. La tête 
est penchée, avec les yeux saiilans , hémisphériques , assez 
gros et sans écbancrûrè. Le corselet est sans bords , d^nne 
figure trapézoïde , nn peu plos large ^ et lobé à l'extrémité 
postérieure , dont les angles sont plus ou moins prolongés et 
ptoÂqtus. L^éçusson est petit et arrondi; Fabdomen est allongé 
et grand, ^mparativemeiit au corselet. Les élytres sont asseï 
étroiles, 'allongées,, rebordées extérieurement , rétrécies en 
pointe à leur exlréqàité , et recouvrent deux ailes. Les pattes 
'iont de longueur moyenne ; les éperons des jambes sont pe- 
tits; les tarses ont cinq articles., dont les trois intermédiaires 
et surtout lel quatrième, bilobés et membraneux en-dessous; 
le dernier est allongé et se termine par deux crochets assez 
forts, simples, dans TenCre-deux desquels Ton aperçoit une 
petite pelotte étroite et allongée ou filiforme, et un peu 
Tclue, 

Rhipicèi^e HYSTACIN, Rhipicerus mystadnus; PtUinus mysta- 
dnus^^ Fab.; D^ury , Inseet.y tom. 2, pi. iS, fis;. 7. Il est long 
de six à sept lignes, noirâtre, avec des points blancs, formés 
par des poils , sur le corselet et les élytres, et les unisses 
fauvies , ^ ^exception des genoux, qui sont de la couleur du 
corps. Les antennes sonilnès-noires. Les élytres *sont ponc-^ 
tuéest ^^ o»t chacune trots côtes ou nervures longitudinales. 

RHIPIDODENDRON ^ Wàpidédènânm. Genre «e plan- 
tes établiparWilldeitovrr peur placer les Aic^PLis^i et m- 
CHOTQIIB* Sescaractèisessoiit : cali^ tabulé, k trois divisions 
pétaliformcs; trois pétales^; stigmate aigu; capsule à trois 
Vjalves e t ii trois loges polys^riiAes. (b.)> 

RHIPIPHORE. V. RiPiPHORE. (desm.) 

RHIPIPTÈRES,^ Rhipiptémi Ailés en éoerdail) , Latn. , 
Léach.Onzième ordre de iiotreclasse des insectes,ayantponr 
caractères : deux, ailes ni^s, plissées en éventail 9 sans balan- 
ciers au-dessouç; bowbe i^omposée: i.^dtsdeax^ècessimu* 
lant deux mandibules; a.» de deux autres plus courtes, ana- 
logues aux mâchoires, bifides à leur extréinitjé , et dont la 
division extérieure représente un pa)pe très-petit., d'un 
seul ai;ticle ; 3.<> d!u|i labre et d'une lèvre sans palpes: deux 
Iforps crustacés , mobiles } en forme de petites, élytres |. insé- 



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ft H I ,6* 

rés Si r^xtrëmilé antérieure et latérale da corselet , terminés 
à'i'origine des ailet. 
Rossi , dans sa Faane d'Ëtrnrie , a décrit et représenté un 

Ïietit insecte , très-extraordinaire , et qqi lui a çaru devoir 
brmer on noureaa genre f Xenos vesparàm , voisin àç celui 
des ichneamons. Le même animal est pareillement décrit 
et figaré dans le Bulletin de la Société Fhilomathique 9 an- 
née 179^ , n.« a3 et a^. 

Le même insecte a encore été poôr M. Jarine iiià sujet de 
recherches particulières , et dont le résultai vient d'être publié 
dans les Mémoires de rAcad4niie des Seienceà de Turip 
( Voyez Xénos ). Un autre insecte très- analogue au précé- 
dent, avoit été découvert par M. Kirby ; il en a donné la 
description et la figure , sous le nom de stylops mefiUœ , dan^ 
son histoire des abçilles d^ Angleterre. * 

Ces deux insectes m'étoient connus; le premier m^ayant 
été communiqué par mon ami L^on Dufour, et te second 
m^ayant été envoyé du département du Calvados par • 
M. de Brébisson. Ilsm^avoient offert, Tun et l'autre, des ca- 
ractères qui sembloient les exclure de tous \e9 ordres établis, 
jusqu'à ce jour; mais je n^avois pas'osé prendre une déter-^ 
mination positive à cet égard 9 et j'avois simplement invité jes 
naturalistes à s'occuper de la solution de cette difûculté. 
C'est ce qu'a fait M. Kirby, dans un Mémoire très-savant 
et fort détaillé , qull a inséré datis le onzième volume des 
Transactions de la Sbciété Linnéenne. 

he stylops meliiiœj ainsi qu'une autre espèce iexe 
k r Amériifue septentrionale , et observée avec le 
soin , par M. Peck , professeur de botanique , li 
constituer un ordre particulier , quUl a nûiâmé { 
ass, Sùepsîpiera (ailes torses). M. Savigny a , di 
blication de ce travail , étudié la bouche du stylops , et ce que 
j'en ai dit est tiré de ses observations. M. le chevalier de La- 
marck, d'après quelques remarques que }e lui ai faites sur 
la nature des parties considérées par M. Kirbv comme des 
élytres , n'a pas cru devoir adopter l'opinion de ce natura- 
liste , relativement à la formation d'un nouveV>rdre. Il range 
ces petits animaux avec les diptères ( Hisi» Nat. des Anirn, 
sans VerL, tom. 3, p. 34o et o^^), et en fait une coupe 
particulière 9 celle des rhipidopières^ composant avec celle 
des coriaces^ la première section, de cet ordre. 

Exposqns d'une manière succincte l'organisation de ces 
insectes , aussi étranges par leurs formes que par leurs habi- 
tudes. Leur corps est composé , comme à l'ordinaire , d'une 
tête 9 d'un tronc, auquel sont attachés les membres, et d'un 
ab.doinen. Leur tête présente : i.^ deux yeux gros, hémi- 



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,6, R H I 

çphériquesjc un peu pédicules et grenus; a.^ deux antennef 
courtes, rapprochées à leur base sur une élévatlou commune^ 

Î presque filiformes, de trob articles, dont les deux premiers 
rès-courUf e^ le troisième fort long, est divisé jusqu'à 
4sai base en deux branches loques , comprimées , lancéor* 
^ées et s^ appliquant l'une contre Tautre ; 3.^ une bouche t 
^ont noua avons fait connottre les parties , en donnant le* 
caractères de cet ordre ; celles que Ton prend pour des man- 
dibules put ta forme de petites lames molles , linéaires » 
pointues, avancées, et se croisant à leur extrémité ; elles 
ressemblent plus aux soies ou lancettes du suçoir des dip-* 
tères, qu^à de véritables msTndibules ; les deux autres pièces 
^similées aux mâchoires, naissent près de la base des pré-^ 
cédentes , et paroissent , au premier coup d^oeil , autant de 
l^alpes à deux articles; ipais le dernier» selon M. Savigny, 
est divisé en deni^ parties. , de sorte que la supérieure seroit 
le palpe proprement dit, ft Tinférieure , le lobe terminal de 
la mâchoire. Les yeux Usses nianquenU Le tronc, nar sa 
' forme et ses divisions , a de grands rapiports avec oeïui de 
plusieurs cica^aires et des psylles. Mais il offre un caractère 
particulier y dans la pré^nce de deux petits corps crustacés, 
étroits , allongés , dilatés en massue, courbés au bout, insé- 
rés, de chaquç côté, près du cou, au-dessus de la nais-! 
sance des deux premières pattes , rejetés en arrière et se 
terminant à Torigiue des ailes. M. Kirby prend ces corps 
pour des élytres ; mais les organes qu'on uonune ainsi^, sont 
toujours insérés sur le second segment du tronc , immédia- 
tement au-dessus et ^rès-près du point d'attache ^e& ailes ^ 
qu'ils sont destinés i i^ecouvrir soit totalemeut, soit du 
inoins en partie , con^me leur base. Mon ami Léoa Dufour 
trouva , il y a plusieurs années , aux environs de Paris, , une 
espèce de psycnodêj genre de diptères, qui avoit aussi à Tex* 
Irémité antérieure du corselet deux petits corps analogues ; 
mes propres yeux; co^firçiçrent ce^te curieuse observation. 
Les ailes des strepsiptèreç sont très-an;iples, membraneuse^,, 
avec des nervures longitudiAales , formait des rayons , et se 
plient dans leur longueur ep ng^apière d'éventail. Les pieds ,^ 
an nombre de W., sont presque meipbranem^ , comprimés,, 
h peu près^aux, et ternmés par un ^arse filiforme, com^. 
posé de quatre articles pareiUeipei^t membraneux 9 comme 
vésiculaires à leui* extrémUé , dont le dernier , un peu plus, 
grand, est dépourvu de crochets. Les quatre pieds antérieurs 
sont très-rapprochés ^ et les deux autres sont rejetîs.cn ar-^ 
rîère. L'espace compris entre ceux-ci est très-étendu , et di- 
visé en deux par un sillon longitudinal. Les côtés de Tar- 
Ûére tronc , portant la derrière paire de pattes > se dilateut 



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R H I iB3 

leaacoQp postëneurement y et formest une espèce de bou- 
clier renflé , qui protège la base extérieure et latérale de 
l'abdomen. Cette dernière partie du corps est presque cylin- 
drique , composée de huit à neuf segmens, et se termine par 
des pièces qui ont encore quelques traits de conformité avec 
celles que l'on voit â Tanus des hémiptères mentionnés ci- 
dessus. 

Ces insectes vivent, à Tétat de larve , les uns, comme les 
styiopsy entre les 'écailles segmentaires de Tabdomen àts aw 
arènes; les autres, ainsi que les xenos^ entre celles et tou- 
jours de la même partie des polistes^ genre de la tribu des 
guépiaires. Une de ces larves , celle d'une espèce de xenos , 
à laauelle M. Kirby a donné le nom de M. Peck ( Peclai\ 
qui Ta observée , est ovale-oblongue , annetée ou plissée f 
avec l'extrémité antérieure du corps dilatée en forme de tête, 
et a la bouche formée de trois tubercules. Ces larves se mé- 
tamorphosent en njrmphes , dans la même place , d'après 
l'examen que j'ai fait de la nyipphe du xenos Bossii que m'a 
donnée M. Dufour , sous leur propre peau. Les rhipiptères 
sont ainsi pour quelques insectes des sortes à^œsfres, La larve 
d'un conops (rufipes), insecte de l'ordre des diptères, subit ses 
métamorphoses dans l'intérieur 4q ventre des bourdons. M. 
Sosc Favoit prise pour un ver intestinal, et en avoit fait le sujet 
d'un genre propre. Un jeune et profond observateur , dont 
les sciences naturelles déplorent la perte , M.' Lâchât , que 
j'ai cité à l'article bourdon , a présenté , en commun , avec un 
de ses amis y M. Audouin, à la Société philomathique , ua 
travail complet sur l'anatomie de cette larve. 

M. Kirby a cm voir dans ces insectes un passage des co- 
léoptères, aux orthoptères , de sorte qu'il place son ordre des 
strepsiptères entre tes deux précédcns. Mais on peut conclure 
de ce quefe viens de dire de ces singuliers animaux, qu'ib 
sont plu^ rapprochés des dijj^ères. Leurs ailes, quoique plis- 
sé es liMngitudinalement, ne sont pas réticulées^ et n'ofu*ent 
que des nervures longitudinales , de même que celles de 
plusieurs diptères. lueurs antennes ne sont composées , ainsi 
que celles encore de plusieurs insectes de ce dernier ordre , 
q[ae de trois articles, dont le dernier représente la palette de 
ceux-ci. Les organes apparens delà bouche des rhipiptères , 
par leur forme lancéolée ou linéaire et leur mollesse, ont plus 
de rapports avec les pièces du suçoir des diptères, qu'avec les 
mandibules etlesmâcnoires des coléoptères etdes orthoptères. 
TTous savons que dans plusieurs diptères deux des pièces de 
leur suçoir portent aussi un palpe ; et l'observation que M^. 
Savigny a faite à cet égard, et sur un seul individu du 
^ylops melîiUœ^ ne prooveroit rien contre mon opinion. Aucun 



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*64, R H I 

ordre, k Tefcepiion cle celui des diptères, oe sans offre 
d^exemple de métamorphoses analogiiea à celles des rbipiptè- 
res. Sous le rapport des tarses r ces insectes tienpeot un peu 
^es thrips, genre d'hémiptères 9 comn^e ils se rappro^cHcot de 
quelques autres genres du même ordre , par U forme du 
tronc et la manîèfe dont est tern^iné Tabdomen. Quei 
peut être Tu&age de ces corps élytriformes que la nature leur 
{I donnés ? Je soupçonne quUU Ijeur servent à se faire jour à 
travers Ijes écailles abdonûnales de Tinseçte aux dépens du- 
quel ijs ont vécu^ 

L'ordre des rhipiptères est composjé de« genres Stxlops 
ç^tXENOS. r. ces mots, (l.) 

' IVHIPSALES, Bhfpsides. Genre de plantes établi par 
Gœrtner. lia pour caractères : un calice à trois ou quatre di- 
visions très- courtes, avec des dents aiguës, membraneuses 
et très-petites; une bai,e inférieure uniloculaire ,demî-transn 
parente, renfennant, au centra, douse semences. La co- 
l'oUe , les étamines et le style ne sont pas connus. 

La Cassyte polysperiie d'Alton forme le type de ce 
genre, qui se rapproche beaucoup des Cact^ers. (b.) 

RHIZA. Synonyme de Racine , en grec, (ln.) 

RH124J1^ , Ehisina, Nouveau genre de plantes de la fa- 
uiilie des champignons , dans la méthode de Fries. 11 es% 
composé de deux espèces dont les auteurs avoient fait de& 
HelvelLes , <|udique elles en diffèrent en ce quVUes sont 
privées de pédicelle , e^ que leur chapeau est garni en des- 
sous de plusieurs fibrilles semblables à des racines. 

Voye:^ UvtKBiZjE. , genre Vès-voisin , qne j'ai découvert en 
Amérique. (B.) 

RHIZOBOLE , BfitzpbQlus. Non^ donné , par Gœrtner , 
^u genre Pekée d'Aublet , qui a été réuni depuis au genre 
Garyocar de Lînnaeus. V. ces deux mots, (b.) 

RHIZQGa\RPE , Rhizocarpon, Genre établi par Decan^ 
doUe aux dépens du genre Lichen. Il diffère des rsoRES par 
ses scutelles sitdées entre les écailles et non sur leurs borda. 
)1 rentra dans ceux appelés Pçltaire, Lécidée et Placode, 
car Acharlus. V. ces mots et Psqrome. (b.) 

RHIZQCTONE, Wikocioifum. Genre de plantes établi 
parDecandolle dans la famille des champignons, et dont les 
caraçtères.consi3tentenL des tubercules charnus, ovoïdes ou ir^ 
régulièrement arrondis, desquels partent, en tous sens, des. 
flamens grêles , rameux , semblables à des byssus. 

Ce genre est composé de deux espèces, dont rune,(la moii 
é*. sqfi(^ , tuber croçi, Dol^amel) avoit été placée par ^^tsof^Jk 



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R H I a6Sl 

parmi les Sci4iiote$, et dont Paatre a été décoaverle par 
Decandolle sur les racines de la lazeme. Toutes deux fool 
périr les plantes sur lesquelles elles se trouvent » et causent^ 

Îuelquefoîs de grandes pertes anx cultivateurs. V, Safrah et 
iUZ£ANE.(B.) 

RHIZOLITH£S,ou racines de plantes pétrifiées. Les. 
naturalistes donnaient autrefois ce nom à des incrustations, 
calcaires on sableuses et ferrugineuses , qui se forment sur 
des racines. Celles-ci se détruisent le plus souvent ^ et 
laissent dea tubes ou de longues cavités dans ^intérieur desL 
incrustations. Lorsque ces incrustations sont grosses et soli- 
taires , plus ou moins semblables à des os et creuses , on les 
a nommées ostètfcolUs. On obtient de pareils produits par 
lès incrustations des branches et des tiges des plantes,princi- 
paiement sur eellesiqui sont coriaces ou ligneuses. Les raci- 
nes qui sont baignées par des eaux calcarîfères , ou qui 
végètent dans le sable, offrent ces incrustations. 

Il y a cependant de véritables racines pétrifiées ; elles se 
présentent de la même manière que les lithoxyles ou boi& 
pétrifiés ; aussi 9 devient-il alors très-difficile de les distin- 
guer, et Ton ne connoît pas d^auteurs qui aient cherché à les 
décrire. On les trouve dans les mêmes lieux, (ln.) 

RHIZOMORPHE, Rhizomorpha. Genre de planter 
cryptogames , de la famille des Ghampigisons , qui a été éla^ 
\\i par Willdenow, et qui offre pour caractères: une subs- 
tance rameuse 9 rampante, cornée. U comprend cinq 
espèces. 

Cette substance ^ fort voisine des Gymnob£RAI£S , si elle 
n^est pas la même, qu^on rencontre fréquemment sous Té*» 
corce des vieux arbres morts, exerce depuis long- temps le& 
observateurs. C'est seulement depuis peu^.que Decandolle 
a fait connoitre sa fructification , dans un mémoire lu à la 
Société Philomatbique. Celte fructification se rap|irocbe 
beaucoup de celle des Sphéries. Palisot-de-Beauvois éta- 
blit, dans le huitième ^ume des Annales du Muséum, que 
cette plante n'est qu'un Agaric. V. scm mémoire et les (kr 
gures qui Taccompagneiit. 

Acbarius^ a donné une monographie .de ce genre dans le 
volume des Actes de Facadémie d'Upsal pour iSi^. U 
porte k vingt-quatre le nombre de hts espèces. (B.) 

RHIZOPHAGE. Terme quelquefois employé pour dé- 
signer les animaux qui se nourrissent spécialen|ent de raci^ 
9es , ou les radiçmres. Il y a beaucoup d'insectes nuisibles à 
nos jardins > qui sont rhizophages , comme 'les larves de& 
l^an^QetPI^ ( oip Yer» blançij des iardiAlers)^ les tau|t^ 



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s66 R H I 

gnllons, e(c. Parmi les mammifèrefi , en sait que tes ce^ 
chons soQt surtout radicivores. (virey.) 

RHIZOPHORA. Hermaim a donné ce nom à une espèce 
d'igname (^Diioseorea alaia),ije genre rhizopkora des botanis*. 
tes est différent. V. ci-après Rhizophore. (ln.) 

RHIZOPHORE, MANQUER, Bhiz(fhora, Um; 
( dodécandrie monogyme, ) Genre de plantes de la famille ûes 
caprifoliacées^qui a beaucoup de rapports avec le balétuvii&r, 
et qui , comme ce dernier, présente dans ses semences un 
mode de germination très-remarquable. Ses caractères sont : ^ 
an calice à quatre divisions , muni, le plus souvent, de dix 
bractées k sa base ; une corolle de quatre pétales planes on 
plies eu deiu^ alternes avec les divisions du ealice, et velus 
intérieurement ; un nombre égal on double è'étamines , in«- 
sérées sur les onglets des pétales; un ovaiif inférieur, surmonté 
d'un style à deux stigmates* 

Le fruit est une capsule uniioeulaire et monosperme , d!a- 
bord fermée et s'ouvrant ensuite au sommet. La semence 
qu^elIe contient commjeiice à germer dans son intérieur^ 
aussitôt qu'elle est mure. La radicule se développe , perce la 
capsule, s'allonge et s'élève en, forme de massue. Bientôt , 
ne pouvant se soutenir dans cette position , elle se renverse, 
se détache du fruit , entraînant avec elle la semence , et 
tombe. La partie qui étôit supérieure s'enfonce dans le li- 
mon, et; de la partie inférieure, s'élève la plantule accompa- 
gnée de ses deux cotylédons* 

Les mangliers croissent au bord de la* mer ; ainsi leurs se* 
menées trouvent toujours une terre prête à les recevoir. Ces 
arbres sont indigènes des pays chauds dérAsic et de l'Amé- 
,• rique. Ils sont peu élevés, mais très-rameux, à rameaux pres- 
que toujours opposés, allongés, pendans, qui s'enfoncent 
dans la terre , y prennent racine , et deviennent de nouveaux 
arbres , lesquels se multiplient à feur tour de la même ma- 
nîèrob Ijeur disposition et leurs entrelacemens forment, sur 
le rivage , comme une barrière impénétrable qui le défend y 
et qui sert en même temps de retf&ite aux poissons. Les 
huîtres déposent leur frai sur les tiges et les branches des 
mangliers , y croissent et y vivent ; de sorte qu'^à la marée 
montante et descendante elles sont alternativement plongées 
dans l'eau et suspendues en l'air. Aussi, sur les bordu 
des mers garnis de mangliers , on cueille les huîtres au lieu 
de les pêcher; le bois attaché à leurs écailles, atteste le lien 
où on les a prises. 

Les feuilles des mangliers sont entières , coriaces , ordi- 
nairement opposées , roulées dans leur jeunesse 9 et entou* 
ré£s» comme celles dti figuier, de stipules ps^quès. Leur 



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R H I ^67 

yerdare est sombre et foncée , et i^aière présente dans son 
ensemble un coap d^œil triste. 

. Il y a beaucoQp de mangliers à Saint-Domingae et à la 
Guyane. Les espèces de ce genre sont mal déterminées. On 
en compte une demi-douzaine j dont la pins commune est le 
mangUer rougè ou noir. 

C'est à tort qu'on a donné le nom de manglier au Cono- 
CARPE , dont la fructification et la germination n'ont rien de 
commun avec celles du rhizophore. V. les mots BLàTTi ^ 

BnUQyElEI^E , C0IH)CAIiP£ , iËGlCÈRE et PALÉTUVIER*' 

(D.) 

RHIZOPHTSE, Bhizophysa. Genre établi, parmi les 
radiairé39 par Péron et Lesneur , pour placer deux espèces 
de Physsophores, de Forskaël, qui s'écartent des autres par 
leurs caractères. Ceux de ee nouveau genre sont: corps li- 
bre , transparent , vertical , allongé ou raccourci « terminé 
supérieurement ^ar une vessie aérienne. Plusieurs lobes la- . 
téraux, oblongs ou filiformes , disposés soit en série , soit 
en rosette ; une ou plusieurs soies tentaculaires pendantes en 
dessous. 

Ce genre renferme deux espèces qui vivent dans la Médi- 
terranée. L'une , le Phtssophore filiforme , est figurée 
dans Forskaël, pi. 33, et dans le voyage de Péron et Lesueuru 
pi. 39, n.^ 3. L'autre, le Physsophore rosacé , est seule- 
ment figurée dans Forskaël, même planche. (R.) 

RHIZORE, Rhizorus. Genre de Coquilles établi par 
Denys-de-Montfort, pour placerune espèce figurée par Sol- 
dani, tab. i« c. Il se rapproche des Bulles. Ses caractères 
sont ; coquille libre , univalve , à spire roulée sur elle- 
même , à sommet enfoneé , ombiliqué ; ouverture entière y 
plus longue que le corps de la coquille; lèvre extérieure, 
tranchante , plus haute que le sommet. 
. Cette coquille est verte , tachetée de roux. Elle se trouve 
sur les côtes d'Italie. Son diamètre ne surpasse pas une demi- 
ligne. (B.) 

RHIZOSPERMES. Famille de plantes , autrement ap< 
pelée Marsiléacees et Pilulariacées. (b.) 

RHIZOSÏOME, Rhi^stoma. Genre de vers radîaires; 
qui a pour caractères: un corps libre, gélatineux, orbîculaire, 
convexe en dessus, et aplati ou concave en dessous, avec 
des appendices centraux filiformes t>u dendrotdes , munis ^ 
de pores nombifeux, qui sont les bouches ou suçoirs de Fani- 
91^1. 

C'est k Cuvier qu'on doit l'établissement de ce genre,, 
qui « jusqu'à lui , avoit été confondu avec celui des méduses ^ 
f|ui n^en diffère que parce que les espèces qui composent 



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a68 RHO 

ce dernier ont one bouche centrale et uniqae. Vayez au 
mot Méduse. 

Dîcquemare , dans le Journal de Physique do mois de d^^ 
cembre i8i4.t l'a voit entrera; mais il n'a pas sa tirer parti 
de ses aperçus. 

Avant lui , Aldrovande Tavoit décrit sous le nom de Potra; 

Cuvier lui réunit ceux que Pérou a appelés Cassiopée, 
Lymisorée, Favonie, GÉRTomE, Orythie , BÉRÉmcE y 
lilUDORE et Gartbdée. 

Les Céphées de Péron ne s'en distinguent que par ^^s 
filamens mêlés aux dentelures de leur pédicule. Lamarck 
croit que ce caractère ne suffit pas pour les en séparer, (b.) 

Les Rhizostomes sont connus sur nos côtes 9 sous les noms 
de Qenin et de gelée de mer, C!est sous cette dénomination que 
Réaumur en a parié dans les Mémoires de l'Académie royale 
des Sciences, 17 10, pag. ^78, pi. XI, fig. y et a8. ^ 

RHIZOSTOMOS. Pline donnie ce nom a la seconde va-^ 
rîété de TIris , qu'il désiste fSLvilfyrica , parce qu'elle crois- 
soit en Iliyrïe. C.Bauhin la rapproche, ave&doute , de Vln$ 
graminea, V, Iris , vol. 169 p. 3j(5. (ln.) 

RHOA, Nom de la grenade , chez les Grecs ; ils nom* 
moient aussi ce fruit et le grenadier: Bhoia^ Rhoea^ Rhoi, 
fiAoa.Dioscoride donne le nom de Balausiiun à la fleur du gre-* 
nadier sauvage ; ceux de Malicorium et de Siadion à l'écorce 
de la grenade ; et il appelle Cyiimisldi fleur di| grenadier cul^ 
lîvé. F. Malus punica. (ln.) 

RHOAS. r. à l'article Papayer, (ln,) 

RHODACINA. Nom que les Grecs donnoîent^ ainsi que 
celui de Rhodacinon et Rhodacœnoj à une variété de pêche , soit 
à cause de sa bonne odeur, soit à cause de sa couleur rouge. 
Ce seroit une variété de pèche musquée. (L19.) 

RHODIA. Sorte' de racine décrite par Dioscoride. « Le 
Rhodia rhim , dit-il , croît en Macédoine , et tôt semblable aa 
Costusn mais plus léger et raboteux. Cette racine concassée 
sent la rose ; détrempée dans l'huile rosat, et appliquée sur 
le frontet sur les tempes, elle calme les maux de tète^». Cette 
racine nous est demeurée jnçonnae, à moins que cène soit 
celle de la Rhodiole , qui sent aussi la rose y et que , pour 
cette raison, lesbotanistes ont nommée Rhodia, Radiah-rhodia 
^t Rhodiola, F. Rbqdiole. (ln.) 

URODIOIjI^ ^Rhodmla. Plante herbacée, vivace, ii ra- 
cines cjiarnues , k feuilles alternes , sessiies , un peu épaisses, 
planes , dentées en leurs bords , très-glabres , et à fleurs dis- 
posées en corymbes serrés et terminaux 1 qui forme un §^enre 
4aias U dioécie octandrie. 



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RHO ^e^ 

Ce genre f qae DecandoUe a réuni aux ÛRPiKS,'a pour 
caractères: un calice divisé en qusftre pariies; une corollei 
de quatre pétales 9 a?e# quatre petites languettes à leur base 
interne ; boit étamines dans let pieds mâles ; quatre ovaires 
supérieurs sans style, à stigmates aigus dans les pieds femelles^ 
quatre capsules réunies, 

La Rhodiofe tire son nom de ce que sa racine a une odeu^ 
de rose très-fofle , qu'elle communique même à Teau qu'on 
distille sur elU. Elle se trouve en très-grande abondance sur 
ies Alpes ^e la Laponie, de la Suisse , de TAllemagne et de 
TAngleterre. Le nombre des parties de sa fructification cbC 
sujet à varier. Elle est même quelquefois polygame. Les ha* 
biuns de T Islande et autres contrées voisines du pdle man* 
gent sa racine, (b.) 

RHODITE. Nom donné k on madrépore fossile qu'on 
trouve aux environs de Dax et de Basle. r • au mot Madré* 

PORE. (B.) 

RHODITE, Voyez Rhoditis. (lw.) 

RHODITIS. Pline dit de cette pierre , qu'il classe dan» 
les gemmes f qu'elle doit son nom ài sa couleur rose , et il n'a- 
joute rien de plus. J. Forster (Onomat.) donne ce nom au 

QuàRZ HTALIN ROSE. (LM.) 

RHOBIUM. Métal qui n'a encore ^té trouvé ^'allié au 
platine ; sa découverte est due â M. Wollaston ; il doit son 
nomii la propriété dont jouîLson oxyde, de colorer en beau 
rose ses combinaisons avec les acides. . • 

he Rhodium est un métal solide, blanc, gris, infosible, 
fixe au feu , difficilement réductible , dont la pesanteur spé<!i- 
fique paroît être de 1 1,0. Oh ol»tient le Bhoaium du platine ^ 
en traitant celui-ci par Tacide nitro-muriatiipie , et en Sépa- 
rant ensuite de la dissolution lé sel qu'il forme avec Cet acide 9 
et en le décomposant. On n'tf pas encore pu obtenir M cu- 
lot parfait de ce métal, en sorte q» 'on ignore s'il est malléa* 
ble ; dans l'état où on l'obtient , il est cassant, et se laisse 
attaquer par Paâde nitrique et par l'acide nitrô-mnriatique. 

L'oxyde de Rhodium tsl jaune ^ dissous dans les acides , il 
lès colore en rose. Ses dissololions prennent une couleur 
extrêmement fentée par le muriate d étain; Il est précipité 
en jaune parles alkaliii. Le muriate de potasse ne le jirécipite 
point de ses £ssolutie^s. On obtient cet oxyde en décompo- 
sant le muriate de Rhodium par la potasse ou la soude. Au 
reste , presque toutes ses propriétés sont semblables k cellea 
des métaux de la même division ; savoir : |e palladium , le pla-* 
Une^lor^ etc. V, Platine et PÂLtADiUH. (lm.) 

RHODOGHROSIT d'Haussmann. C'est le Matsga- 

KÈSf UTBOÏDE ROSE. (LN:) 



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âyO RHO 

i RHODODAPHNE (^Laurier-rose, en grec). L'uA Àeâ 
noms grecs anciens da Laurose QNerium oleander); quelques 
botanistes , antérieurs à Linnœus , le lui ont conseryé. (jUn.") 

RHOpODËNDRON (Jrbn aux roses, en grec ). C'é- 
toit aussi , chez les anciens Grecs , le nom du Laurose ou 
Laurier-rose. Maintenant , les botanistes donnent ce nom 
à un genre différent de celui de cette plante. V, Rosage. (ln.) 

RHODODËNDROS. Synonyme de Rhododenévm > 
chez les Grecs, (ln.) 

RHODODENDRUM. Bodônée a conservé ce nom aa 

liAURIER-ROSE. K. RhODODEKDRON. (LN.) 

RHODOLÈNE , Rhodolœna. Genre de plantes étahlî pai» 
Aubert Dupetît-Tbouars, dans la monadelphie inonogynie ^ 
et dans la famille quHl a appelée chélénaée. 11 offre pour 
caractères: un calice de trois folioles; une corolle de six 
pétales ; un grand nombre d'étamines réunies par leur base ;' 
un ovaire supérieur à un seul style ; une capsule triloculaire 
etpolysperm^. y 

Ce gente ne renferme qu*une seule espèce', qui a été dé^ 
couverte, par le botaniste précité dans Tîle de Madagascar f 
et qu^il a figurée pi. i3 de son ouvrage. (B.) 

RHODON. Nom des Roses chez les anciens Grecs. L'an« 
tiquité sttpposbit que la rose naquit du sang de Yénus ; leâ 
Turcs encore la font naître des sueurs de Mahomet. Elle a 
acquis chez nous le titre de reine des fleurs. Uon peut dire 
que, dans tous les temps, elle a été la; plus recherchée. La' 
vivacité de aa couleur, et surtout Todeur suave qu^elIe exhale 
lui ont valu 4es honneurs qfi'on lui rend. Plutarque veut, 
qu^on lui ait donné le nom de Rbodûn, à cause de son par- 
fum délicieux. Théophraste écrit RG^otiONtoN. Tous les au-^ 
leurs anciens eh distinguent plusieurs espèces. La sauvage 
s'appeloît O'ii0rr^odbn.(LN.) 

RHODOPUS. C'est, dans Gesner , le hécasseau. (s.) 

RHODORÀ. Selon Pline, l'ondonnoit, en France, ce' 
nom à une herbe dont la tige, divisée par des renflemens 
comme un bâton de figuier , portoit des feuilles blanchâtres 
dans le inilieu , mais oui devenolent rouges avec le temps ; sa 
fleur étoit argentine. Cette herbe croissoit auprès du Bumbo^ 
tinus , espèce d'arbrisseau ( acer campesire ). PUne rapporte 
diverses propriétés de cette plante., qui n^'avpient d'eflets 
qu'après des cérémonies ridicules. Adanson rapproche ItBho- 
dora de la barbe de chèore (spirea ûruncus) , ce qui nous paroît 
If^in d'être juste. V. Rhodore. (ln.) 

RHQDORàCEES, RhododendrajSmsiea. Famille de 
plantes dont les caractères consistent en un calice divisé , per-; 



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^ RHO ^;t 

distant ; uûe éorolle insérée il la base du calice , monopé- 
tale ou lobée, ou comme polypétale , à limbe profondément 
divisé; des étamines en nombre déterminé, 'distinctes , insé- 
rées sur la corolle dans les genres monopétales, et attachées 
immédiatement à la basé du calice dans les genres presque 
polypétales, à anthères s'ouvrant au sommet par deux pores; 
un ovaire supérieur , à style unique , à stigmate simple ^ sou* 
Tent capité. 

Le fruit est un^s capsule multiloculaire, multivake, chaque 
valre formant une loge par ses deux bords rentrans et appli- 
qués contre Taxe central pu placenta. Les semences sont 
nombreuses et très-petites ; leur périsperme est charnu ; leur 
embryon filiforme et droit ; leurs cotylédons scmi-cylin- 
driques , et leur radicule presque toujours inférieure. 

Les plantes de cette famille , remarquables par la beauté 
de leur feuillage , par Téclat et Ja disposition de leurs fleurs, 
ont une tige frutiqueuse , des feuilles alternes 9 rarement op- 
posées, assez souvent h bords roulés en dehors dans leur 
jeunesse, et sortant de boutons coniques, écailleux et termi- 
tiaux dans quelques genres. Leurs fleurs sont ordinairement 
disposées en corymbes axillaires et terminaux. 

Ventenat rapporte à cette famille, qui est la seconde de 
la neuvième classe de sop Tableau du Bigne végétal y et dont 
les caractères sont figurés jpl. 11 , n.^ 4 du même ouvrage ^ 
huit genres sous deux divisions ; savoir : 

I.® Les rhodoracées dont la corolle est monopétale; Kal- 

MIE , ROSAGE , EpIGÉE , AZALÉE et MeNZIESE. 

a.° Les rhodoracées dont la corolle est presque polypétale; 
Rhodore , Lède , Béjar et Itée. V. ces mots. 

Quelques botanistes pensent que cette famille n'e^ pas 
suffisamment distincte de celle des BicoRi^ES ; et en eflet , 
excepté les genres Utée et MeKziese , tous ceux qu^on lui 
rapporte n'ont qu4ncompIétement les bords de leur capçult 
rentrans. ^(Bt) 

RHpBOBE , Bhodorà. Arbrisseau de deux pieds de haut, 
à feuilles alternes , elliptiques, entières , recourbées^en leurs 
bords, glabres en dessus, un peu velues en dessous, et à fleurs 
rouges, disposées en bouquet terminal , paroîssant avant les 
feuilles , qui forme un genre dans la décandrie monogynie et 
dans la famille des rosages. 

Ce genre a pour caractères: un calice très-petit k cinq dents; 
nne corolle tubnlée , bilabiée , insérée sur un disque adné 
au calice , à tube renflé très-court; à lèvre supérieure oblon- 

Jue , obtuse , trifide et droite ; à lèvre inférieure pendante et 
îlobée ; dix étamines , ayant la même insertion que la 
corolle , à filamenl écartés ji décliné» 1 et à anthères didy- 



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^?^ RHO 

mei ; un ovaire sup^rieuf' oUông , it stylé décliné el à stig^ 
knate en tête sillonné ; une capsule oblongue , obtuse , sur* 
montée par le style persistant , à cinq sillons , à cinq values ,- 
à cinq loges, contenant beaucoup de semences marginées. 
Le rhodort est originaire du Canada , et ressemble beau- 
coup à un AzÂLÉ. On le cultive dans les'jardins de Paris. II 
demande T exposition du nord , et une terre légère et subs* 
tantielle.^.On le multiplie de marcottes, (b.) 
RHOE. V. Rooà » Rhus et y;BuaNUii. (ln.) 
RHOEA. F. Rhoa. (ln.) 
RHOÏAS pour RHEAS. F. Papaver. (ln.) 
RHOMBE « Qhomhus, Genre de poissons de la divisiotf 
des Thoraciques, inti'oduh par Lacépède pour placer une 
espèce du genre GhétoDou de Linnaeus , qui lut a paru devoif 
en être séparée. « 

Ce nouveau genre présente pour caractères :1e corps très^ 
comprimé et assez court , chaque côté de Tanimal représen- 
tant une sorte de rhambe; des aiguillons ou rayons noa arti-^ 
culés ant nageoires du dos ou de Fànus. 

L'espèce qui forme ce genre, s'n>pelle le Rhombe 
ALÉPiDOTE^ elle a le corps dénué d'écaillés facilement visi- 
bles 9 les nageoires du doff et de Tarius en formé de faux. On 
ht trouve dans les mers Voisines île la Caroline. C'est le 
chétodon nu de V Encyclopédie tnéthodi^ue. Ses mâchoires né 
présentent qu'un seul rang de dents ; elle a deux lignes laté* 
l'aies ', dont la supérieure suit la cdurbâre àa dos , et riii<- 
férieure est droite, (b.) 

RF^OMfiË , Bhombus. Genre de Coquilles établi par 
I)eny§-de-Monlfort, pour lés espèces de Cônes dé Linna£^us> 
qui offrent les caractères suivans : coquille libre , univalire , 
conique; spire couronnée, élevée ou aplatie'; ouverture 
«ouvent aussi longue que le test > peu ou point évasée dans 
le bas ; columelle un peu intérieure à la base ; lèvre exté- 
rieure tranchante ; base échancrée. . 

L'espèce qui sert de type à ce genre est le CÔNE impérial^ 
Yulgairement connu sous le nom de Couronne impériale*' 
C'est une coquille de deux â trois pouces de longueur , dont 
Iç fond est blanc , tacheté de brun et de fauve. On la trouve 
dans la mer des Indes , à une profondeur de soixante pieds» 
L'animal qui la forme a un très-petit opercule corné, (b.) 

RHÔMBË. Ob donne aussi ce nom au ^i/r^o/ et à quelques 
autres espèces de Pleuroneotes. (b.) 

RHOMBtSCUS. Dent rhomboYdale ou irréguUèi'e de 

poisson pétrifiée, selon Bertrand (Dict. des fossiles), (desm.) 

RHOMBITE. Pétrification d'un turbot qu'on trouve 

tn Suisse , près lé lac de Constance ( V, au mot Pieuro- 



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R H U Mfi 

)^£Gt£). C'est aussi , chez les anciens nattitalistes français^ 
les coquilles de^ genres CÔK£ et Yolute; (b.) 

RHOMBITES. La ChOûx carbanaiee cristallisa , ou SpaOi 
talcaire ^ est ainsi désknée par Agricola. (ln.) 

RHOMBOÏDAIfbu RHOMBOÏDE. Nom spécifique 
id*un Spâre et d'un Sâlmone. (b.) * 

RHOMBOÏDALE. Nom spécifique d'une Couleuvre 
des Indes. (B.) 

RHOMBOLINUà.tl paroft que les ancieifis Latins nom- 
XQoient ainsi TEilABLE champêtre ^ Acer campestre^ Linn* 
On a également écrit RhombotinusQlRumboiinus. Vat. Cocdu» 
désigne la même plante par RhomboUnns et Opulus, (ln^) 

RHOMBUS, r. Ruokbe turbot, (besm.) 

RjEiOMPHAL. Espèce de Goun (^arum pentaphyUamy 
qui naît dans les Indes orientales , et qui y porte xst nom ^ 
selon Zannoni. (tT9.) 

RHOPALE. r. Roupàle. (b.) 

RHOPIUM. V. Meboré. (fi.) 

RHORIE, KAonVi. Genre de plantes élaLli pai* Thùn- 
berg aux dépens des Gortères. Il ne diffère pas du Éerckheye 
d^Ëhrhard , de rAGRrPRYttE de Jussîeu , de TApuléie de 
Goèrtner. L'Etopis de H. Cassini lui enlève une espèce, (p.^ 

RHOSELÏNA. Nom d'une espèce de Rekçhcule chêk 
les anciens. V. Ranunculus. (ln.) 

RHOUS des Grecs, F. Rhus. (lnv) 

RHUBARBE , Bhemn^ Livù, iennéandne irigynie. ) Genre 
jle piaBbés Ab la famille des polygOBées t voisin de celui des 
patiences , et dont les caractères sont d'avoir : une corolle 
OAC^e coloré, persbtant , à six- divisions alternativement 
grandes et petites; neuf ètamiae# de la longueur à peu près 
du calice, à anthères oblongues, jumelles et obtuses; cm 
Ovaire court, à tr6is côtés, sansst^tè, mats surmonté de 
^ois stigmates réBéchis ; et pour fruit , une semence nue i 
triaogulaife , bordée d'un feuillet membraneux. On connoh 
è%% espèces de rhubarbes , qu'on cultive presque toutes dans 
juos écoles de botanique.. Les plus importantes d'entre elles j 
jBOnt : 

Là RflUBÂRBB DEii/k CnniE^ ôu Rhubarbe a feuilles 
.PALHÉES ; le rhêum palmastwfn , Linn* Elle croît dans le voi- 
sinage de la grande louraille qui sépare ia Tartane de l'em- 
pire ckhiois 1 U faut la planter à trois pieds au moins de 
distance. V. sa figure pi. P. 8. 

La Rhubarbe de Moscovie , Sheum uniulaium , dont la 
qualité est supérieure à celle de la Chine : elle est aujourd'hui 



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%lk R H U 

la plus cbltîvéé en grand dans plusieurs parties de la France* 

La Rhubarbe compacte, il^^iim compacium, Linn., poar* 
roit bien n!être qu'une variété de cette dernière ^; des expé- 
riences semblent, prouver que la racine de cette plante a la 
même propriété que celle de Chine. # 

Il y a encore une autre espèce de rhubarbe , appelée 
rhubarbe des moines ; mais la plante qui la fournit est du 
genre des Patiences ; c'est le ruméx alpinus , Linn. 

Indépendamment des trois espèces de rhubarbes que nous 
venons d'indiquer , on cultive encore au Muséum d^Iistoire 
naturelle de Paris , la Rhubarbe rapoï^tique , ou le rapon" 
tic, et la Rhubarbe pulpeuse , rheum ribesj Lînn. , nouvelle- 
ment apportée d'Asie par MM. Labillardière , Bruguière el 
Olivier. Quelques-uns des individus qui existent dans le 
jardin de cet établissement,' ont déjà passé plusieurs hivers 
en pleine terre. 

Voici une note communiquée par M. Olivier, de Tlns-^ 
titut , qui a voyagé dans les continens où cette plante est 
très-commune. 

(c Les Persans donnent à cette rhubarbe le nom de ricbas; 
elle^croît naturellement dans les terres argileuses assez 
sèches, couvertes de neige toute l'année; elle fleurit ai| 

Îrintemps , et ses graines sont mûres à la fin de l'été. Les * 
abitans font grand cas des jeunes pousses , et .surtout des 
pétioles , qu'ils mangent crus , assaisonnés avec du sel et 
du poivre , après en avoir enlevé l'écorce , et qu'ils vendent 
dans les marchés; leur saveur est piquante et agréable; ils 
en expriment le suc , qu'ils évaporent et réduisent à l'état de 
sirops et de conservefs, avec du miel et du raisiné , et dont ils 
font de grands envois dans tous les pays : ils les emploient 
aussi comme médicament dans les fièvres putjrides et ma- 
lignes ; » mais M. Olivier^ie croit pas qu'ils fassent usage 
^e la racine. 

On distingue ^ en Perse y deux sortes de ricbas : l'une crott 
spontanément sur les montagnes ; l'autre est cultivée dans 
les jardins. Celle-ci devient beaucoup plus grande; on la 
couvre de terre pour en faire blanchir les feuilles et les tiges ^ 
à l'instar des cardons.^ On les vend dans les marchés d'Ispa^ 
han et autres lieux. Elles sp mangent avec les viandes^ et 
c'est un assaisonnement extrémemei^t agréable et fort re- 
cherché. Mais, de toutes les espèces de rhubarbes connues^ 
il paroît que le raponticum et Vundidaium sont les plus faciles 
à cultiver. Le compactum est le plus délicat ; il supporte dif- 
ficilement le grand soleil , et perd plus t6t ses feuilles. 

La Rhubarbe rhapoij[tiqu£ ne croît que sur le Caucase, 
et c'est par erreur qu'elle a été confondue avec le Rsapom- 



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R H U i75 

tm, racine de la pàUenee des Alpes'; qa'on recaeille sur les 
Monts Dor f pour Tusage de la. médecine. 

M. Lenereti , professeur de botanique à l'hôpital militairô 
d'instruction de Strasbourg, a cultivé toutes les espèces de 
rhubarbes , et il a remarqué que la végétation du raponUcum 
et de Vundulaium s'est annoncée au n»ois de mars , -à l|i même 
époque ; que huit à dix ^ours après , a paru le compaciwn ., eft 
qae le palmaium ne lui a donné de pousses que quiss^jour^ 
après le campaclum, Cqs différens individus avoie^t été semés 
la ménie année , et cultivés dans le m^me sgl* LeVa^H^iMiipiim^ 
comme on sait 9 est bien inférieur en propriétés ^ «»is 
c'est une erreur de croire que le palmatum ne porte pas dâ 
graine dans notre climat ; il a donné , en Tan. 1 1 ^ des semen- 
ces très-fertiles à Strasbourg et à Landau, qcti ont. levé dans 
lamêmeannée» 

Il paroît qu'on peut avpir des variiétéa du pahnatum ; cary 
par des seipis, que M. Leneveu en a faits 9 les feuilles d^ 
quelques individus n'avoient plus la^ forme 'palç^ée. U pomr^^ 
roit arriver que ce fussent des espèces hybrides ; car, d'aprèsi 
Topinion de plusieurs botanistes ^ l^s diverses rhubjarbesno^ 
sont pas encore bien caractérisées. , 

Une espèce peut féconder l'autre avec fiacilité : il faut 
avoir soin de les tenir éloignéet;^>pour ne pas avoir d'espèCiCS 
hybrides. Sans doute la rhubarbe d^ commerce se retiré de« 
plusieurs espèces , de VundulaUmi- ^im compaqtunif, du pal^ 
m^um , et peut-être du iariaricunu M. Faujas^ professeur aïk 
Muséum d'Histoire naturelle , en cultive plusieurs espèces i 
qu'il regarde comm# étant à peu près de même nature. U. 
donne la préfiérence^pour les effets m^dicinaux,au comy^'iic/iim. 
Ses semences lèvent très^bien ; la jeune plante pe craint 
point les rigueurs de l'hiver dans^iQf climats.. 

On n'est pas encore d'aocordtfur L'espèce de rhubarbe qu'il 
convient de choisir de préférence, sur la nature du terrain le 
plus favorabl^ à sa végétation , sur le temps que la plante 
doit rester en place pour acquérir te volume et la . qualité 
que ses racines doivent avoir avant de procéder à leur ex- 
traction ; enfin sur les différentes préparations qu'elles exigent 
pour être conservées et transportées. Toutes ces connois- 
sances ne manqueront pas de s'acquérir , dès que quelques 
botanistes instruits eu feront l'objet de leur élude et d'un 
travail suivi. Nous savons déjà que^ dans nos climats, il faut à 
la plante environ cinq années pour prendre le maximum 
de sa t^roissance ; qu'il y a des racines qui pèsent jusqu'à 
vingt- cinq livres ; qu'elles sont plus spongieuses que fibreu- 
ses , d'une dessiccation difficile à cause ; de l'état tenace et 
Visqueux que donne à l'humidité la matière cxtractive qui 



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«76 R H U 

s'y trouve en abonclaiirice , et qa^elies perdeat dans Top^ra^ 
lion qui les amène à l'ëtat où il faut qn^eHes soient pour se- 
conserver et être employées , les quatre cinquièmes de leur 
poids brut. 

L^usage de la rfaid>aTbe en Tnédecine , plus fréquent au-' 
trefoîs qv}k présent , la possibilité de remployer comme ma- 
tière tinctoriale , le haut prix quVUt a quelquefois dans le 
comqMrce ^ et surtout en temps de guerre ; toutes ces consi- 
dérations ont déterminé k essayer en France la culture des 
plantes qui la fournissent. Elle a eu lieu k Gros-Bois et dan» 
d'attirés endroits aux environs de Paris ; mais c'est surtout 
dand le Morbihan qu'il en etkit de grandes plantations ^ 
sous la direcfiod de plusieurs cultivateurs estimables, qui en 
i«etlrent un produit assez considérable pour marquer dans le 
commerce. 

Cette plante, qui esit Ttim/si^/i/m^ parfaitertient naturalisée 
etacciimatée à peu de distance de Lorient^ y supporte les 
hivers les phis rigoureux , et y prend un accroissement si 
considérable , qne chaque racine pèse communément quinze 
à trente livres; elles ont de douze k quinze pouces de cir- 
conférence , et trente au moins de prolbadeur , divisées en 
plusieurs t^ivots. Elle se multiplie par œilletons pris au prin- 
temps ou à Tautofaine, placés à quatre poutes de profondeur 
et à deux pieds de dislance , en quinconce ,- dans une terre 
bien préparée ; elle pousse ses feuilles au printemps ; elle 
ëtève sa tige, en avril, et fleurit en mai ; sa semenee mûrit en - 
juin et }uillet ; on récolte la racine en automne , la quatrième 
année. * • 

• Mais quoique ce mode de bouture soit plus hitif , le semis 
doit lui être préféré , parce que les racines pivotent teieux , 
sont plus volumineuses et d'une pesanteur spécifique plus 
considérable. 11 est bon enecre àe remarquer qu'il ne faut 
pas fumer , etr que les arrosemens font carier les racines* 
Quoique cette plante s'accommode d'un sol naturellement 
humide , de toute terre légère ou forte , mais profonde, elle 
veut l'exposition au levant , sans être abritée par d'autres 
végétaux. Elle est très-vivace et d'iWie culture aisée; 

C'est absolument pour leurs racines que les rhubarbes sont 
cultivées. Le commerce nous les apporte de la Chine et de 
la Moscovie , toutes séchées , en morceaux plus ou moins 
gros 9 les uns arrondis , les autres aplatis , ou pleins, o«i 

Ïercés au centre, jaunes à l'extérieur, marbrés de rouge et de 
lanc à l'intérieur, d We saveur acerbe , amère , d'une ddeur 
nauséeuse. 

Le pharmacien distingue bien la rhubarbe de Chine de 
celle de Moscovie ; elle est moins grosse , moins pesante ; 



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R H U ^77 

les veines rouges de son intériear sont «or an fond plus 
blanc; les lignes blanches qui les séparent sont plus irréga*» 
lières, plus noltipliées ; sa saveur est {dus nauséeuse, acerbe 
et moins amère ; sa poudre est d'un jaune plus pâle ; mais il 
ignore si la différence qui existe entre ces dei4|( sortes de 
rhubarbes , souvent confondues chez les droguistes ^ est la 
preuve que ces racines ont appartenu à deux espèces de 
t^um , ou si elles dépendent des différens climats qui les 
ont produites , de la culture qu'on leur a donnée , de Tâge 
qu^elles avoient lorsqu'elles ont éfl^ recueillies. Lesbota^ 
nistes n'ont point encore prononcé sur ce point d'une ma-* 
nière définitive. 

Les Anglais font aujourd'hui blanchir les feuilles de 
, rhubarbe , pour les manger cuites » en guise de cardes, (b.) 

RHUBARBE DES ALPES. Espèce de Patience* 

(B.) 

RHUBARBE BLANCHE. C'est le Méchoacan. (b.) 
RHUBARBE FAUSSE. C'est la racine deiaMoRiNDE. 

(B.) 

RHUBARBE DES MOINES. Nom vulgaire de 

rOsEILLË PATIENCE. (B.) 

RHUBARBE DES PAYSANS. C'est la Bouhdaime. 

(OESM.) 

RHUBARBE SAUVAGE, Bégonia obliqua ï 

RHUM. r. RuM. (B.) 

RHUS. Les Grecs appeloient rhous^ et les Latii^ts rlust n» 
arbrisseau qui scrvoit à la préparation des cuirs et à divers 
usages médicaux ^ et dont la graine entroit dans l'assaison* 
nement des mets. Selon Dioscoride , o'étojt uil «liiriâseau 
haut de deux coudées, qui croissoit dans les lieux pierreux p 
il avoit la feuille longue, rongeâtre » dentelée au pourtour 
comme celle de l'yeuse ; son fruit étoit semblable à on. petit 
grain de raisin , épais , de la grosseur du fruit du térébinthe « 
mais un peu large. Les feuilles s'employoient comoàe âstrin- 

Sentes ; 1 on noirdssoit les cheveux avecleur décoction , etc. 
)ioscoride rapporte' en détail les qualités médicinales de 
cette plante , qui paroît avoir été en grand tisage chez les 
anciens, surtout les graines qu'on appeloit ^lytfiiios , à cause de 
leur couleur rouge. On en saupoudroit les viandes en guise de 
poivre,pour faciliter la digestion«et Ton avoit encore cette ha* 
bitude,au quinrième siècle, en Egypte et en Syrie, au dire de 
Matthiole. Ce naturaliste donne le rhus coriaria pour le rhu^ 
de Dioscortde , et il dit que les Arabes le nomment surnacb , 
adunon , rosbar , sadisHcos et rosaiàicos* En effet ^ cette plante 
s'emploie encore pour tanner les cuirs. Galien donne au 
rhu& les divers noms de rhus de Syrie , rhus pontique y rhus de 



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278 R H U 

cuisiné ^ rhus rouge : c'est ce qai fait que plusieurs auteurs ont» 
cru qu'il y avoit plusieurs espèces de rhus. 

(c Quant au rhus , écrit Pline , les Latins ne lui ont point 
donné de nom, encore qu'on s'en senre en plusieurs endroits 
en médecine. Cette plante vient de soi-même et est san- 
rage ; elle a les feuilles semblables au myrte , produisant de 
petites branches fort propres à chasser les vers et toutes les 
bêtes venimeuses. Ceux qui apprêtent les cuirs se servent de 
cet arbrisseau. Il est rougeâtre et d'une coudée de hauteur ; 
ses branches sont de flRgrosseur du doigt. Les tanneurs se 
servent de ses feuilles sèches en place d'écorce de grenade ; 
mais les médecins les emploient pour guérir les meurtris- 
sures , écorcbures , contusions , etc. » Plih. , liv. 3^ f cap. xi. 
Pline relate ensuite les propriétés et les usages du rhus ; elles 
sont les mêmes que celles rapportées par Dioscoride ; mais 
il paroit que ce n'est plus le même arbrisseau qu'il a voulu 
décrire , et qu'il avoit en vue le coriaria myrtifolia. Beaucoup 
de botanistes le croyent. 

Pline mentionne , après cette première espèce , le rhus 
rouge quç les Grecs appeloient erythros : « c'est , dit-il , ui| 
arbrisseau dont la graine est fort astringente et réfrigérante ; 
cette graine sert de isel pour saupoudrer la viande ; elle 
donpe fort bon goût à toute chair, avec l'herbe qui porte le 
^ilpKon.n Les autres propriétés se rapportent encore au rhus 
de Dioscoride, dont Pline a certainement voulu parler 9 en 
donnant à la plante lé nom de la graine. 

Je ne crois pas qu*il y ait de confusion dans lef deux des- 
criptions que cet ancien naturalisée donne de ses rhus^ autre 
que celle qu'on peut remarquer dans la similitude des usages , 
et je ne pense pas , commenta plupart des coinmentateurs , ^ 
qu'il ait fait nn double emploi , en nommant rhus rouge la 
graine du rhus de Dioscoride^, et rhus des tanneurs , le bois et 
les feuilles de la même plante. 

Théophraste , qui décrit également le rhus , le divise en 
mâle et en femelle , c^èst-^-dire , en stérile et en fertile. Il 
lui attribue 1 1.* des feuilles semblables à celles de l'orme , 
mais un peu plus oblongues et plus épaisses , insérées par 
paires sur les jeunes rameaux, et disposées sur des plans latér 
raux ; 2.<*des Beurs blanches en grappes. Le rhus n'avoit point 
de branches allongées en baguettes ; ses fleurs étoient rem- 
placées par de petits fruits semblables au raisin et ramassé^ 
<n paquets. 

oi l'on réfléchit que les anciens n'avoient pas de mot pour 
exprimer une feuille ailée , et que les pétioles , dans ce cas ^ 
étoient pour eux de jeunes rameaux , on concevra aussitôt 
cjue Théophraste 2( voulu décrire les feuilles ailées du ?*i« 



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R H U 379 

€oriana 9 et alors le reste de sa deiscription conviendra par- 
faitement à cette plante , excepté lorsqu'il dit qu'il y a un 
rhus mâle et un femelle. Peut-être a-t-il confondu le rhus 
avec le Redoux {Coriaria myrlifolid) qui est dioïque , et peut* 
être a t-il voulu dire , cultivée et sauvage. Gaza, en tradui* 
san^Théophraste , appelle le rhus , fluîda , qui signifie , 
couamt , fluide , voulant lui forger un nom latin , bien que , 
selon Phne, cette plante n'en ait point eu. Gaza supposoit ici 
que rhus dérivoit du verbe grec rheo ou reo , couler : cette 
traduction a trompé autrefois Matthiole ; car elle lui fit croire 
que le rhus de Théophraste étoit la Viorne , Vibumum lan- 
iana^ des racines de laquelle on tire de la glu; <« mais , dit-il , 
^n regardant de plus près dans l'exemplaire grec de Théo* 
phraste , et prenant garde , pour ainsi dire , avec colère , au 
i^om latin que Ga^a avoi^ imposé a^ rhus , je trouvai la source 
4e mon erreur. » 

Matthiole en conclut que le rhus de Théophraste est le 
même que celui de Dioscoride^et le sumac des Arabes , et il 
es| nécessaire de rappeler ici cette conclusion ; car le pre- 
mier sentiment de ce botaniste a influé sur Topinion de C. 
Bauhin et d'autres naturalistes. Ce dernier fait remarquer que 
la dénomination derAii5est formée, par apocope, d'un mot 

Srec , qui signifie rouge; allusion à la couleur ronge du fruit 
e cette plante. 

Cbe^ les modernes , Ton a laissé le nom de rhus au Sumac. 
C* Bauhin présente , sous ce titre : i.® cette plante et les 
rhus ifphinuni et glabrum ; a.<* le coriaria myrlifolia ; et 3.^ 
le gale {Myrica gale) que Clusius et Dodonée prirent pour la 
première espèce de rhus de Pline- Guillaume Turner , bo- 
taniste du même temps , décrit le Fustet sous la dénomi- 
nation de rhus; ce qui suppose qu'il croyoit que c'étoit 
cette ancienne plante. 

On a appelé rhus de VirgimeÇComm. Hort.i,tab.8i.Raî.) le 
FfJSAiN d'Amérique , Éoonymus americanus , L. ; le rhus de 
Ceylan , Burm.Z^l^i. 89, est le Connare asiatique, 
Çonarus asiaUcus , L. ; le rhus ohsoniorum de Plukenet , Alm. 
lojj tabl. 4 9 ^aroif; être un FAGARlER,yîi^ara tragodes. 

Le genre rhus de Liqnseus comprend les trois genres 
rhusjioxicodendron et cotinus de Tournefort , qui renferment, le 
pre^nier, les espèces à feuilles ailées et l'ancien sumac des 
Grecs ; le deuxième , les espèces à feuilles ternées ; et le 
troisième , les espèces à feuilles simples. Ces trois genres ont 
été rétablis par Dillen 1 Adanson, Miller ^Moench, et plu- 
sieurs autres botanistes; mais Jussieu et les auteurs systé- 
n^atiques n'ont pas cru devoir adopter cette division. Cepen- 
4ant I iU QQt fait siibir quelques changemens à ce genre. Ils y 



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^8a R H Y 

ont rapporté te-gfoie mdopivm de P. Qrown î el phisieurft 
çspèce^ ont servi de type à VayiarUusj Desf., et aa schmaltzia 
de Desvaax,que Rafinesque-Smallz a nommé iurpinia. Le rhusi 
cobhe de LioAaeusi est considéré comme une espèce à^omi- 
frophe , de même que le comminîa de Pierre Brown , placé 
successivement dans les genres rhus, aUopbyilus et schrufÈÊelia^ 
r. Sumac. (LU.) ^ 

RHUYSCHIA et RHUYSCHIANA d'Adanson. Ymes 

RUYSCHIA. et RuYSCHIANAl (LN.) 

RHYNCHÉE, A^/i^toa. Dénomination d'une des divi^ 
sions de la famille des longirostres y Au Règne animal de 
M. Cuvier. Ce nom lui convient beaucoup mieux que celui 
def cherliie que j'ai donné k un genre qui se compose de si 
mêmes espèces que cette division ; aussi Tai^e adopté dans 
Tanalyse de ma méthode , à Tarticle OaiaTHGLOGifi. Vcyez 
tome 24 1 page 124* (v.) 

RHYNCHITK Sous*genre dans le genre Attei^abe de 
M. Latreiile. V. ce dernier mot. (DESM.) 

RHYNCHÉNE, Rhynchœnus^ Fab. , Oliv. ; Curcidw ^ 
Linn. , Geoff. , Degéer. Genre d'insectes de l'ordre des. 
coléoptères , section des tétramères , famille des rhyncho-; 
phores , tribu des charansonites. 

Dans le premier volume de son Entomologie helyétique ^^ 
M. Clairvilie facilita , par rétablissement de quelques nou- 
velles coupes, Tétude du genre charanson , curcuHo , dès au- 
teurs. Il forma avec les espèces sauteuses^ ou dont les cuisses^ 
postérieures soDt renflées, et qui , dans la méthpde de Lin- 
nœus , composent sa seconde division des charansons , le genre 
rhynchœnus.Yshtiàxi&y en l'adoptant , y comprit, outre ces 
espèces, le plus grand nombre des charansons à longue 
trompe ^ longirostres de Linnseus. Ceux à courte trompe 
conservèrent le nom générique de curculio. Dans mon his- 
toire générale de5 crustacés et àts insectes , ceux-ci for* 
mèrent \t ^tnre bmchyrhine ^ les autres celui des charansons^ 
et je suivis M. Clairvilie à Tégard de ses rhynchènes. Olivier,^ 
Entomologie des coléopûres , s'est rapproché de. la méthode de 
Fabricius ^ et s'est borné à séparer de ce dernier genre , les 
espèces sauteuses ; elles composent celui des orç^e^^es , déno- 
mination déjà donnée ^ ces mêmes insectes par lUiger. 
C'est aussi ce que je viens moi-même de faire {Règne animal ^^ 
par M. Cuvier) ^ pour que la nomenclature soit , autant que 
possible , uniforme. Quelques entomologistes allemands Ont, 
démembré le genre curculio de Fabricius , et^ appliqué à 
Tune de ses coupes la dénomination de Brachyrhine, 

Les rhynchène« ont les antennes insérées près du milieu. 
4' une trQmp,e loogue et souvent «yrqué^ 9 coudées , de onze 



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R H Y âSr 

articles , et dont les troià derniers forment nne massue brus- 
que et ovale : «ocune de leurs pattes n'est propre au saut , et 
le pénultième article de leurs tarses estbilobé. 

Les espèces dont la trompe se loge dans un enfoncement 
de la poitrine , composent le genre ctjpiorkfnque d'IUiger. Les 
habitudes des rhynchènes sont les mêmes que celles des autres 
chransonites. Olivier, qui n^en dîstîpgne pas les cryptorhyn-^ 
çues , eik a décrit et figuré eenjt soixante-«neuf espèces* .Il lea 
distribue de la manière swr ant^. 

L Cuisses simples, 

Rhynchène D£ LA PRÊLE, Bfynchijmus t^uiseti ^ Coléoftf 
tom. 5, n.^ 83, pi. 27 < Gg. ^00 ; noir ; corselet lisse , avec 
les côtés blanchâtres ; élytres striées , bossues et tuberculées* 
avec deux points; les côtés et Textrémlté blanchâtres ; pattea 
brunes. En Europe , sur ïa^prêle. 

RsYNCniNB IK7 PIN 9 J^fnchijpnus pini<t il^id- 9 pi 4 et 16 , 
fig.43; brun 9 avec deux points sur le corselet, dés taches 
et une raie transversale sur les élytres blancjbâtres et formées 

Ïar des écailles ; des points rangés en stries sur les élytres. 
in Europe , sur les pins. 

RnYNCHÈNi; PÉRICAEPE, Hhynchœnus pêiicarpus ^ OHv. » 
îbid. ; pi. 33, %. HSj; ovalç, noirâtre en dessus, gris en 
dessous ; élytres , avec unjpoint gris et oblong vers la base 
de la sature. Dans toute rÉurope , sur la scrophulaire. 

RaYNCHÈNE inGRiROSTRE , Wiynchœnus nigrirostris , Oliv. , 
ibid, , pi. 33 , fig. 5oâ ; vert , avec la trompe ivoire , les an* 
tennes et les pattes fauves. Aux environs de Paris et en Alle- 
magne* 

RhynchÈNE cuPRIROSTRE , Rhynchœnus cuprirostris , Olîv. , 
ibid. , pi. 37 , fig, 4.08 ; oblong^ d'un vert bronzé , brillant ; 
trompe cuivreuse. Avec le précédent. 

Rhynchène de l^ Abricotier , Rhynchœnus armeniacœ » 
Oliv. , ièid. , pi. 2j , fig. 5o3 ; oblong , très-nôir, pubescent , 
avec les élytres pointillées ,. et les stries ponctuées. Sur les 
^bres fruitiers* 

IL Cuisses dentées. . 

^ RHl^i(CHàl9B TAUREAU, Bhyndifznus iaums, Oliv., ihid. ^ 
pi. 6 , fig. 60 ; et pi. 5 , fig. l^S ; noir , couvert d'une poussière 
cendrée ; élytres , avec des tdiberculesarroBdis; deux cornes 
arquées sut la trompe , dans le mâle ; celle de la femelle n'en 
ayant «que les rudimens. Dans l'Amérique méridionale. 

RhYNCBÈNE bu sapin , BJiynchanus abietis , Oliv. , ibid. ,^ 
pi. 7 , fig. 78 , a , ^ , etpL 4., fig. 4.3 ; oblong , noirâtre , cha-» 

S;riné , avec des raies transverses, irréguUères, roussâtres^ 
prinéespar des poils^sur les élytres. EaEuropei sur le sapin. 



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382 11 H T 

RHYKcnÈNE BE hk PATiENCB , Khynchœnus hpaÛU ^ Olir. , 
ihid, « pL b , fig. 6g , a , ^; noir , tubercule en dessus; côtés 
et dessous du corselet , extrémité postérieure des élytres « et 
quelques espaces à leur base « blanchâtres ; pattes mélangée» 
de noir et de blanchâtre ; cuisses bidentées. £tt Europe , sur 
la patience. 

. KbynchÈNE de la Yl^aiIïE , Rhynchœnus echii , Oliv. , ibid, , 
pi. a3 , fig. 3i7 ; ovoïde , cendré en dessus , noir en dessous , 
avec plusieurs lignes blanches , et qui forment, sur les élytres ^ 
une sorte de réticulation. Commun aux environs de Faris , 
sur la vipérine. 

Rqynchène des tioisettes , Rhynchœnus nucum , Olîv. , 
ihid, , pi. 5, fig. i^'j y a ^ B ; Charansondes noisettes , pi. B. 23 , 
la de cet ouvrage ; ovale , brmi ou noir , mais couvert d'un 
duvet serréycendr^ ou d'un brun rQussâtre';trompe très-fine, 
souvent aussi longue que le corl»s, luisante; élytres striées. 

La larve vit dans les noisettes, et ronge leur amande. 

Rhynchène rouleur, Bhynchmnus tortrix^ Oliv. , ibîd. ^ 
f^I. 34. , fig. 544 « oblong , d'un jaune fauve ^ trompé longue , 
testacée ; yeux noirs ; élytres ayant des stries pointillées , 
sans point calleux à leur extrémité ; pattes antérieures à 

Seine plus longues que les autres ; toutes les cuisses forte-* 
lent dentées. Il tord et roule les feuilles du peuplier. 

Rhynch^ne des cerises , Rhynchœnus cerasomm , Oliv. ; 
ibiâ, , pi. 4 9 %• 35 ; très-voisin du rhynchène des noisettes v 
inaîs une fois plus petit ; noirâtre , avec un duvet d'un gris 
obscur ; une ligne a l'extrémité postérieure du corselet , et 
une bande sur les élytres , située un peu au-delà de leur 
milieu, d'un gris plusclair ; trompe noire, presque de la lon- 
gueur du corps. En Europe. 

Rhtnchène de la pomme , Rhynchœnus pomorum , Oliv. , 
ihid,^ pi. 3, fig. 2J y a, b; allongé, d'un fauve obscur; 
élytres ayant k l'extrémité une bande postérieure d'un gri^ 
roussâtre ; cuisses antérieures grosses, fortement deqtées; 
trompe noire et courbée. La larve attaque les pommes. 

Rhynchène du cerisier , IViynchœnus cerasi , Oliv. , ihid. ; 
pi. 22 , fig. 309 ; allongé , très-noir; premier article des an- 
tennes brun ; yeux rapprochés; une épine avancée de chaque 
eôté du corselet; élytres à stries ponctuées.^urle cerisier, (l.) 

J\HY^CROBT)¥.hLE, Bhynchobdeiia. Genre de pois- 
sons établi par Schneider , et qui réunit les Macrognathes 
de Laeépède et les Mastacembles de Gronovius. Ses carac-* 
tèrés sont : corps allongé j dépourvu de nageoires ventrales ; 
des épines dorsales nombreuses ; deux épines en avant de I21 
nageoire anale, (b.) 

RHINCHONËLLEf Minchendla. Genre de coqnUlefos^, 



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R H Y a83 

5iIe/sépar<{desT£RÉBiiATUL£S par Fischer, danslemëmoirede 
la société impériale^des naturalistes de Moscou. Il estcaràcté* 
risé ainsi : coquille bivalve , régulière , à valves inégales , se 
fixant par nn ligament ou tube court ; la plus petite valve , 

Îerforée , a son sommet peu proéminent , non recourbé. 
its lobes antérieurs sont très^allongés. 
Ce genre contient trois espèces , dont la première , la rfe. 
gros bec^esi figurée dans F ouvrage ci-dessus; les deux autres, 
rh. canard et aigle , le sont dans TEncyclopédie , tab. 2^5 , 
fig. 6, tab. 24.6^ fig. I. (B.) 

RHYNCHOPS. Les ornithologistes modernes qui ont 
écrit en latin, désignant par ce mot toiit-à-fait grec, le Bec- 

£I9-CIS£AUX. 

J'ai dit , à T article du Bec-en-ciseaux à hec jaune \ que cet 
oiseau se trouvoit à la Nouvelle-Hollande, parce qu'on 
m'avoit assuré , au Muséum d'Histoire naturelle , qu'il avoit 
été apporté de cette contrée. S'il en est ainsi, l'espèce ne se- 
roit pas fixée aux Terres Australes ; car M. Bâillon conserve 
nn individu dans sa collection , qui a été tué en Afrique , 
sur la rivière du Sénégal , à plus de cinquante lieues dans 
les terres. 

11 faut ajouter à sa description, que les pieds sont jaunes 
au. lieu d'être bruns , que les pennes de la queue sont grises 
en dedans, blanches en dehors et en dessous, (y.) 

RHYNCHOSASME. Nom générique proposé par Her- 
matin , pour le Bec-ouvert, (desm.) 

RHÏNCHOSE, Rhynchosia. Plante vivace de la Chine, 
h tige voluble, à feuilles temées, à folioles presque rondes, 
velues, à fleiirs jatmes^ géminées, portées sur des pédon- 
cules axillaires , qui , selon Loureiro , forme un genre dans 
la diadelphie décandrie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice bilabié , à lèvre 
jsupérieure large et bilabiée ; à lèvre inférieure et trifide , à 
division intermédiaire plus longue ; une corolle papiiionacée, 
à étendard ovale, k ailes oblongues, portées sur de longs 
onglets append^culés ; à carène monopbyllc , rhomboïde , 
terminée par un long rostre aigu ; à dix étamines , dont neuf 
réunies à leur base; nn ovaire supérieur, surmonté d'un 
style ovale , à stigmate simple ; un légume ovale , comprimé , 
membraneux , un peu aigu et disperme. (b.) 
. RHYNCHOSPORE, Rhynchospora. Genre déplantes 
établi par Vahl , et qui rentre dans celui appelé ChŒTos- 
PORE par R. Brown. (b.) ' 

RHYNCHOSTÈNES. Nom qu'on donne aux oiseaux 
4ont le bec est étroit, (v.) 

RnYHCnOT:a%(iVE,Wûnchotheca. Atbrisseauda Pé- 



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•8i R H Y 

rou qui forme un genre ddûs la polyandrie pehtagyâie. Il offre 
pour caractères : un calice de cinq folioles oblongues, tennl- 
nëes par une pointe en alêne , dont les deuk inférieures sont 
plus grandes ; point de corolle ; dix étamines ; cinq ovaires 
oblongSf velus Y à style court , réunis par leur base ^ et 
terminés par des stigmates épais ; cinq capsules sessiies ^ 
velues, terminées par des queues se séparant par leur base , 
s^ouvrant par le côté intérieur ^ et contenant chacune une 
semence oblongue. (b.) t 

RHYNCOLITHES. Nom dotiné^ par quelques natura- 
listes^aux pointes à'imrsins pétr^fièes^ que aautres ont appelées 
pierres judaïques. V. OuRSiNS et Pi£fin<S ^udaïQUËSi. (pat.) 
RHYNCOPRION, Rhyncoprion. Nom générique donné 
par Jean-Frédéric Hermann aui arachnides qui composent 
notre genre Argus, V. ce mot. (L.) 

. RHYNCOSPERME , Rhynco^erma. V. Notelék. (b.) 
_ RHYNEA. Scopoli donne ce nom au genre Naoassari 
d^Adanson. Voyez ce mot. (ln.) 

RHYNGAPÏÈRES. Voyez Rhinaptèbes. (desm.) 
. RHYNGOTES, Wiyngota. Dikiètne Ordre de la classe 
des insectes , dans le Système Entomologîque de Fabrtcius|, 
ayant pour caractères : une bouche composée d^un bec ou 
d'une gatne articulée. 

Cettje classe correspond à Tordre des HÉMiPtÈRES. V. ce 
mot. (i.) 

RHYPHE, Ryphusy Lat, Lam.; Tipula^ Scop. ; &ciara^ 
Fab.; Anisopus^ Meigen^ Genre d'Itisectes, de Tordre àts 
diptères, famille des némocères^ tribu des tipulaircs , fft 
dont les caractères sont : antennes presque sétacée^, grêles, 
simplement velues ^ de seize articles; yeux ovales; trois 
petits yeux lisses placés sur un tubérûuie commun; ailes 
couchées l'une sur Tautre ; palpes courts , ne paroissant 
composés que de trois articles ; trompe presque cylindrique , 
avancée , un peu plus courte que la tète. 

L'espèce de diptère sur laquelle j*ai établi ce genre, est 
très-commune en France, daois nos appartemens, sur les 
vitrages desquels elle se tient souvent tranquille. Aussi , 
Scopoli qui la plaçoit avec les iipuiea^ Ta-t^ii noikiitiée iipula 
f€nestrarum(^Eniom, carniùL); c'est \si scitfra cincta de Fabrî— 
cius , et Vanisopus nebuiosu» d^ M. Meigen. Réanmur a eonna 
cet insecte et sa chrysalide {Bflem* inseci, ^ tom. 5, pi* 4» 
fig. 8 , la chrysalide ; 6g. 9 « lo, Tinsecte ps^rfait )• 

Le Rhypbe des fenêtres, Ryphus femestrarum ^ est long 
d'environ six lignes y mélange de brun et de roussâtre 
obscur , avec les antennes noirâtries ; les ailes sont tachetées 
de noirâtre / surtout vers la côte ; les pattes sont pâles 1 avec 



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R I A a85 

le$ genoux obscurs. Sa larve ronge le linge pourri et hu^ 
mide ; sa chrysalide a les bords des apneaux de Tabdoineii 
épineux, et cette partie est aussi terminée par plusieurs dents# 

M. Me!g<^i en décrit lUie autre espèce, cp'il nomme 
anisopus Juscus. Celle«ci n^a qu'un point noirâtre ^l marginal 
sur les ailes, (i.) 

RHYSOPHYLLE. Genre établi par Palbot^deBeau^ 
rois t aux dépens des JIdngëimanes. (b^) 

RHYTELMINTHË, ilAxi«^ln^. (iear^ de rers ÎBtes- 
tins, qui , dans qi^elques avteurs , fait partie des TiniA ,mais 
quç (iroèze en a séparé 4 et à qui il a donné pour caractères : 
d'être aplati, biarUculé , rugueux , avec une tête tronquée 
et ^ deux lèvres^ Ce genre , qui rentre dans ceux appelés 
TRicysPt9Aiii£^BoTRyoGÉPaALB par Rudolphi, comprend 
trois espèces, doot une vit dans k pylore des aneiciiles; c'esi 
le Ujunia angitUlf» de Gmalin , Sy^, noL ; Taotre , «ans celui de 
la perche; et la troiaième , qui a quatre lèvres, dans les in- 
testins de la carpe, (a.) 

RHYTIS^ R^. Arbrisseau de la CoeUncbine, à feuilles 
alternes § ovales, oUongues , entières , glabres ; à Beurs dis- 
posées en^piflk terminaux et ramassés, qui, selon Lioureiro , 
forme un genre voifiin des Ar&ogbes et àe$ Bàcgai^rées, 
dans la pcjy garnie, diôéoie. 

Ce genre offre pe^ir earaclères : «n calice divisé en trois ou 
six parties obtuses; point de corolle; trois étamines ; un 
ovaire supérieur, aUoflgé, à trois stigmates sessiles, bifides 
et recourbés ; une baie ovale, comprimée, rugueuse, uni* 
loculaire et trisperme. 

Les fleurs femelles , placées snr d'autres pieds , ont un 
calice divisé en un grand nombre de parties velues , et du 
reste sont semblables aux hermaphrodites. 

Ce genre a aussi été appelé RBVTfiUiiiTrBB. (b.) 

RHYZOSP£RMUM. Ce genre, éuhU oar Gartner, est 
le même que le NotjUiÉe de Ventenat. K. ce mot (lk.) 

^IA.NË, Riama, Arbrisseau de la Gu]rane , à iemlles op- 
posées, pétîolées, lancéolées, et k flenrs disposées en grappe 
teraMnal? , qui forme un genre dans lapentandrie monc^jr^ 
nie, dans la famille des vinettiers , appelée Patrisie par Rw 
chard, qui diffère à peine du CoKOHts. U a pour caractères : 
un calice monophylle , partagé en cinq découpures ovales , 
pointues ; une corolle de dix péules ovales , pointus , dont 
cinq plus grands et alternes ; cinq étamines insérées ii la base 
^es pét^ea ; un ovaire supérieu# ovale , marqué de cinq 
c6tes et velu , à style charnu et k stigmate en aaassne. Le 
fruit n'^est pss connu. (B.) 

IVIASSOS. Nom languedocien de ta Laksbe. (uesm.) 



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a86 R I B 

RIBARD. Nom vulgaûredu Nénuphae jaune, auzenvw 
rotas d'Angers, (b.) 

RIBASIUM, V. RiBES. (ln.) 

RIBAUDET. Un des noms du Pluvier a collier, en 
Picardie, (v.) 

RIBËIROU. Nom de rHiiiONDELLE de rivage, en Pro- 
vence. (V.) 

RIBËLIER, £m6«/ia. Arbre de Ceylan, à feuilles al^ 
ternes , ovales , entières ^ très-glabres , portées sur des pé- 
tioles courts ; à fleurs petites , disposées en panicule termî« 
nale , qui ont un calice qninquéfide , cinq pétales , cinq éta- 
mines et un seul pistil. Le fruit est une baie acide , qui sert' 
dans le pays à faire des confitures, que Ton comparé à celles 
de groseilles pour leurs qualités etleurspropriétés.Get arbre 
forme un eenre dans la pentandrie monogynie. (B.) 

RIBES. Les anciens auteurs arabes , tels que Mestie ,' 
Sérapion , et autres du même temps , ont décrit et nommé 
ainsi, et ribasium , une plante que les botanistes qui lés ont* 
commentés, ont long-temps méconnue. Rauwolfius , Clusios 
et Daleckamp, et après eux, C. Baubin, y ont reconnu Tespèce 
de Rhubarbe, que les botanistes désignent par rheum lihes ^ 

Sii croit dans le, Levant et en Perse. Dans ce dentier pays , 
le porte encore le nom de ricbas , qui paroit peu différent 
de celui de ribes. C. Baubin Ta indiquée parla phrase de 
ribes des Arabes , à femiles de petasiUs. £n effet , les feuilles 
radicales du rheum ribes raj^pellent pat leur grandeur et par ' 
leur forme , celles du tussikigo petasites» 

On prétend que le nom de ribes , signifie acide eii arabe. 
Dans ce sens il convient aux Groseilliers rouges, auxquels 
il a été donné depuis très-iong-temps par les botanistes, ainsi * 
qu'à plusieurs autres espèces congénères , jusqu'à Liùnseus - 
qui en a fait le nom du genre , bien que Tournefort Teût déjà 
appelé i$7Y>55i//ami. Cette dernière dénomination désigne aussi, 
dans les auteurs plus anciens , les groseilliers , mais particu-« * 
lîèrement les espèces qui n'ont pas les fleurs en grappes. Il 
eût été plus convenable de conserver ce nom , plutôt que * 
d'employer celui de ribes , propre à une plante totalement 
di£férente ; mais un long usage l'ayant consacré , il y auroit ' 
trop»d'inconvéniens à l'abandonner. 

L'on croit que Théophraste a voulu parler de quelques-* • 
uns de nos groseilliers épineux communs (^ribes grossularia et 
uifd crispa, h, ), en traitant des plantes qu'il désigne pai' ' 
Isos ou Oesos : il en àécik à fruit blanc et à fruit noir , à ' 
fleurs blanches et à fleurs purpurines. Il les place après les ^ 
rhamnos , et par conséquent dans son groupe des acbuste» ^ 
épineux. V. Groseillier, (li^.) 



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RIO 2Sf 

RIBESIOlDES. Arbre de Ceylaiï ; décrit par Lbnaeus ^ 
(17. zeyl.y Adanson en^ fait son gemegasœmbiiia , et lui 
doDooit le nom qu'il porte à Ceylan. C'est Yembelia dé 
Burmann , et peut-être YarUidesma ^œsembUla de Gaert- 
ner. V. Ribelier. (ln.) 

RIBëSIUM. Synonyme de rihes dans quelques axicieiD» ' 
botanistes , et désignant des groseilliers. (lT9.) 

RIBETTE. C'est le Groseillier rouge, (desm.) 

RIBOGE. C'est la Gesse dans les environs d'Abbeville. 

(B.) 

RIB-WORTetRIBGRASS. Noms anglais du Plan- 
tain LANCÉOLÉ. (DESM.) 

RICARDIA de Houstone et d' Adanson. C^est le genre 
Richardia de Lînnaeus. V, RiCHARDiE. (ln.) 

RICBAS. Nom par lequel on désigne , en Perse ^ nnef 
espèce de Rhubarbe , Rheum ribes, (ln.) 

RICClËy Riccia, Genre de plantes cryptogames, de la fa- 
mille des hépatiques, qui offre pour caractères : dans les pied^ 
mâles , un petit cône saillant , sessile , tronqué , ouvert ad 
sommet, rempli d'une écailie granuleuse; et dans les piedi 
femelles , une capsule sphérique k demi-plongée dans rex- 
pansion , surmontée d'une pointe courte , et contenant pla*' 
sieurs semences. 

Une douzaine d'espèces composent ce genre. Elles crois^ 
sent dans les lieux ombragés et humides, sous la forme d'ex-* 



Eapsions planes, lobées, dont les fleurs mâles entourent leiS 
(^^ , et dont les fleurs femelles garnissent le milieu, 
trois plus communes de ces espèces sont 



La RfcciB cristalline , dont les expansions sont cod" 
vertes de tubercules semblables à de la glace. 

La RiCGiE glauque , dont les expansions sont d'un vert 
blane et unies. 

La RicciE FLOTTANTE qui se montre sur la surface de 
l'eau , et qu'on croit la même que la précédente, (b.) 

RICCIO. En Italie , c'est le Hérisson, (desm.) 

RICCIO MARIN O. Ce nom est donmé , en Italie, aux 
tétrodon et cUodon épineux, (DESM.) 

RICë. Nom anglais du Riz. (desm.) ' 

RICHARD. Geoffroy donne ce nom auX' insectes du^ 
^(txkv^ bupreste , à cause des belles couleurs dont ils sont or-^ 
dinairement ornés, (o.) 

RICHARD. Nom imposé à notre geai^ parce quil ap- 
prend aisément à prononcer ce mot. (v.) 

RICHARDIA. L'on a cultivé sous ce nom , dans le jar-* 
din botanique qui existoit auftrefois à Trianon , le sUrculia 
plaianifolia f L. , qui est aussi le cvlhamia de Forskaël. (ln.) * 



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û&g R î G 

RICHARDIE, tUcJmrdiû. Plante du Hetiqaé , & t%é 
élevée , tétragone , presque articulée , et hispide ; à feuilles 
lancéolées , nerveuses , très*entîère$ 9 un peu pélioLées et 
très-rudes ; à fleurs disposées en tited terminafes, formées 
^e verticilles et accompagnées de folioles inég^ries. 

Cette plante forme un genre dans rhexandrie roonogynie p 
et dans la famille des rubiacées, dont les caractères consis- 
tent : en un calice de six à huit parties ; une corolle cylindra- 
^ée ^ à six ou huit divisions ; six à huit étamîttes ; un ovaire 
inférieur, surmonté d'un style terminé par trois stigmates ; 
trois semences réunies y obld^oes f «riuées et couronnées. 

RICHE. Belle race de LaPIK. V. ce mot. (s.) 

RICHE DÉPOUILLE. Variété d'OBANOER. Elle né 
diffère de la Bigabjjde que p^ k surajbondance de flears 
qu'elle produit, (b.) 

RICHE PRIEUR* Un des noms vulgaires de iiotre/»n- 
son. {y.) . 

RICHEE , Rîçhea. Arbuste de la NouveIle*HoUande , 1 
feuilles spatulées , à fleurs solitaires et terminales y qui sedl ^ 
selon Lanillardière , constitue un genre dans la polyandrie 
monogynie , et dans la famille des 4fâcride9» fort vpiaîfi des 
Cystatsthes et des Ganitres. 

Les caractères de ce genre ^. qm ei^ fi§p»é pi. 16 du 
Voyage à la recherche de la.P^yrouse , som : cabcemem* 
hraneux sans bractées ; corolle for^iée^en bo«cliei' y a'ou^ 
vrant transversalement ^ tronquée <| 94 liase et persistaittÉ (i 
étamines hypogynes et persistantes ; cinq écailles hypogjn^ ; 
capsule dans laquelle les placentas l^m Jiibres, et pendent 
du sommet d'une colonne centrale, (b.) . • 

RICHÉE» Bi'chea. Plante vivace p ^ fouilles la pl«q»art ra* 
dicales , glauques» et k fleurs jaunes , disposées en têtetei'- 
tninale , nui croît naturellement à, la terre de Van^Diemcn , 
et qui seule y selon Labillardière ( Plaintes de la I^touvelle-^. 
Hollande), constitue un genre dans la syngénésie agrégée 4 
dans la famille des cynarocéphales j et qui est fort voisin de 
celui appelé Craspédie par Forster. 

Les caractères de ce genre sont : calice comtnvu^ imbri- 
qué d'écaillés de longueurs égales ; calice propre/ de cinq à 
six folioles ; fleurons infiindibulifprmes , re^nflés ; réceptacle 
couvert de paillettes ; aigrettes plumeuses. (b.) 

RICHElE , Bitheia. Arbrisseau de Madagascar^ à feuilles 
opposées , k peine pétioléeâ , légèrement dentées » à fleurs 
aolitaires dans les écailles de^ feuilles , qui 9 selon Âubert 
Dupetit-Thoiiars y con^itue seul un genre dans la polyandrie 
monogynie. 



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RIO •% 

» Les caractère de ce genres S9M i^diêé persislanl , cant-- 
panulé , k dîyisioiii profondes ; ^q pétaiea «bordet, ffan*' 
gés , attadiés aai réceptacle ^ u» g^atid nwocibre d'étaflûnea 
attachées de méaie ; <>vaire aupétÎAur à ^nq ^tiàions et à 
QQ seal style ; capsule en ba^ ^ à 4i<)is silioM^ à «rois valf«« 
et il treis loges, centcnabt xibataive mm^ •» deux ttaùttcea 
attachées par leur sommet, (b.) » 

RICHÉRIE» A^A^fwi. Arbr« te 11U ^ BidMerra, ^ 
feuilles citernes, péfiolées, obioqgtses, Jàgiri^s^ codaces» 
glabre^ , à fleurstîsp^ées en épis «xiUaiireSvquiy jieloa VaM ^ 
forme uo genre dana la polygamie aaMMéçte. 

Ce genre présente poiu* earactèree : tai|s les ftenri bejr^ 
maphrodîtes , on calice à ^tLA%re^vL4àtkq dirisisns ; «ne 4:10- 
roUe de quatre à cinq pétales f«n ^nec^aÎM de qnatre à cinq 
glandes ; quatre à cinq étamines ; un ovaire jàatyle tvès-^^omt 
et à troî$ stigmates recourbés ^ une capsuie à nx vafaraei ^ à 
trois loges et à trois aemenoes, s^ouvrant paraa basfe, (a.) 

RIGHION. L'on des anciens noms grecs da VuéstLAOo^ 
F. ce mot. (lk») ♦ 

RICIN, Riamu, Dec., OUr., Latr., Lam.; feiiculm, 
Linn., Fab. ; Nirmm, Hermann. Genre d'insectes denotm 
ordre des parasites , famille dea n^indibuiés. 

Comme il paroîlque les ancieïks désignoieot sous le nêm 
de ridnus les acariles 4e notfe genre ixode^ ou ces petit» 
animaux appelés vulgairement lifttf», et qui s'attachent ii ta 
peau des chiens^ àtB boMifs, etc. ; Degéer aorçit mieux fait 
d'emjployer une autre dénomination que celle de ndmUf pour 
distinguer le genre dont il est ici qnestion , et ^p>e leg natu- 
ralistes précédens avoient confonda T/rec celui des poux. 
Aussi , M. le docteur Léaeh a-t*il adopté le nom de mirmus , 
donné, par Herinann fik, à cette eo<ipe générique de Degéer. 
Il n'est pas étonnant que les premiers naturalistes n'aient 
pas distingué ce^ insectes des poux. Leur physionomie extéf 
Heure est presque la même; mais leur boucheprésente une or- 
ganisation différente. ËUe est composée de deux mandibules 
écaiUeuse8,en fonne de denx crochets, de deux lèrres rappro^ 
chées ; et ^ suivant M. Savigny , de deox mâchoires , portifai 
chacune un très-pntit palpe , et cachées sous ces lèvres. Le 
même naturaliste a décoof ert que la lèvre inférieure étoit 
pourvue de deux autres palpes i «t qœ ces insectes ont aus^i 
nne sorte de langue. Un secpndearactère, mais dont je%e puis, 
faute d^un nombre suffisant d^observations, assurer la généra&é 
eiclusive, consiste en ce que les ricins otot quatre yeux, de oc 
de chaque c6té , tandis que les poux nien ont que dèux^n 
tout Les yeux ressemblent , de part et d'autre , à des yewc 
lisses. Il est bien évident que ces deux genres se touchent' 

XXIX. 19 

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id^* R I C 

dans une série nalurelle. De ce fak et de quelques âurreH 
dont les arachnides trachéennes et les branchîopodes me 
fournissent des exemples , on voit que la nature , en conser- 
Tant toujours le même tjpe des formes générales , se plaît à 
modifier , et quelquefois brusquement , celui de l'appareil 
manducateur ^ ou qu'elle convertit aisément des organes 
broyeurs en oreanes suceurs , et vice vend. Ses vues', à cet 
égard , sont subordonnées aux premières , ou celles qui ont 
pour but le modèle d'après lequel elle forme d'abord le 
corps de Tanimal. Tel^ est le motif qui m'a fait rejeter, 
comme caractère primaire , la division des insectes en deux 
lignes; Tune composée des broyeurs, et l'autre àts suceurs: 

il. licclerc de Laval, qui prépare sur les insectes para- 
sites un travail complet, mia dit avoir vu dans l'estomac 
des ricins, des parcelles de plumes d'oiseaux, et croit que 
c'est leur seule nourriture. Ce fait. est confirmé par une 
observation de M. Mitzch. Degéer a cependant trouvé Tes- 
lomac du ricin du pinson , rempl»de sang , dont il venoit de 
se gorger* L'on sait aussi qu'ils ne peuvent vivre long-temps 
4lir les «oiseaux morts ,L et qu'on les vait alors se promener 
avec inquiétude sur leurs plumes , sur celles de la tête , et 
des environs du bec partignlièrément 

Les ricins vivent exclusivement ^ur. lel animaux de cette 
classe. IXegéer , il est vrai , fait mention d'un ricin qui se 
trouve sur le chien; mais cette espèce me paroît appartenir 
au genre des poux ; du moins , je ne lui ai point aperçu de 
mandibules. ^ 

Ces insectes se tiennent de préférence sous les ailes , aux 
aisselles^ à la tête àts oiseaux. Ils s'y attachent fortement , 
au moyen des deux crochets robustes et égaux qui terminent 
leurs tarses. Ils s'y multiplient quelquefois en telle quantité ^ 
que l'oiseau en maigrit considérablement , et peut même en 
mourir. On doit avoir soin de visiter les x>iseaux domestiques 
lorsqu'on les croit tourmentés par ces insectes , et de nettoyer 
souventles lieux où on les tient enfermés , et où ils ont coutume 
de coucher. On les garantira par4à d'une espèce de mitie qui 
y pullule prodigieusement , et incommode beaucoup ces ani- 
maux domestiques. % 

Le genre des ricins est trèsrnonjbreux. Il n'est pas d'oiseau 
qui n'en ait une ou deux espèces. Kédi en a figuré un grand 
nombre, et quoique ces figures soient grossières ^ on peut voir 
cependant combien leurs formes offrent de variétés,. Deg.éer 
^ Panzer en ont aussi représenté quelques espèces. Leurs 
caractères , leurs mœurs, sont d'ailleurs les mêmes que ceux 
des poux , article auquel nous renvoyons à cet égard. Les 
antennes du mâle^ ài ricin du i;/ 7^ qnt cela de singulier ^ 



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R I C ' agi 

qa^elles sont fourchues. V. notre Mémaite sur cet objet, im- 
primé, avec plusieurs autres , à la suite de notre Histoire des 
Fourmis, chez Barroîs, rue Hautefeuille. ... 

; Ce genre présente deux divisions très-naturelles , que j^ai 
indiquées dans le troisième volume du Bègne anùnal, par 
JA. Guvier , et qui n^avoient pas échappé à M. Leclerc de 
liaval , ainsi qu'il me Ta dit , depuis la publication de mon 
travail. 

I. Bouché située pi*èg' de Texlrëmilé antérieure delà iéte; an- 
tennes insérées à c6té , loin des yeux, et très-petites. 

Kici^iiVViiSfSOS^ Ricinusfringiila. D^un brun clair^ corps 
allongé , bordé de noir ; tête grande , avec deux petites 
cornes courtes, et flexibles. 

; Ricin ni^ la corneille, JUcinus corvi coracis. Blanchâtre, à 
raies transverses ^ Irun^ sur le dos, et antennes très-courtes. 

Ricm DE LA MOUETTE , Eicinus stemœ hirundinis. D^un blanc 
sale , grisâtre ; à yeux et à taches noiros sur lî^ tête , et à très- 
grosses pattes. . . . , 

II. Bouche presque centrale ; antennes insérées très-près des yeux,' et 

dont la longueur égale presque celle de lar moitié de la tête. 
, • '.»■'*■ 

RiaM nu HARLE , Ricùmsmergisermii. D'wi blanc sak ; à ^ 
tête jaunâtre , et à corps très-allongé. 

Ricin j>e la poule, Ricinus galUnœ. D'an blapc^lef à 
ventre ovale 5 à tête demi-circulaire , avec quatre longs poiU 
par derrière. i 1 t^ / •. 

Ricin de la ogogne , lUcinus dcamœ; pi. P» i4 » 7 ^^ ^®* 
ouvrage. U a le corps très-étroit et fort allongé. Degéer nel'a 

pas cité, (l.) • .Ni-.» 

RICIN, Bicinus, Linn. {monoècie monadeiphie.) L est un 
genre de plantes appartenant à la famille deh tithymaloY- 
des, qui a des rapports avec les Médiciniers. Il comprend un 
petit ndmbrq d'espèces , qui sont toutes des plantes exoti- 
ques ,' herbacées ou frutescentes ^ à feuilles alternes , pétîo- 
lées, peltées, munieà de stipules, et à fleurs unîsexuelles , 
disposées en épis paniculés et terminaux , les inférieures mâ- 
les , les supérieures femelles. Les unes et les autres sont pri- 
vées de corolle. Les premières offrent un calice à cinq* divi- 
sions profondes , et des étamines ftoiribreuses , â filefts ra- 
meux, réunis en unfaisèeau à leur base. liCs secondes sont 
composées d'un calice découpé en trois se^meris , et d'un 
ovaire presquesphérique, surmonté de trois styles fendois en 
deux et à stigmates simples. Le fruit" est une capitule hérissée 
pu unie , à trois sillons , à trois valves 7 et ât trois loges^ dotti 
chaciine renferme une Semence luisante. 
41 

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39^ \ RIO 

Les espèces de ricin les plus cminiies sont t 

Le Ricin commi^n ou 'Oi^icikal, appelé msA palme de 
i^ristj Bicinus communis, littn. ; k tigerougeâtré, rattieose , 
tyÙiÉdriqiie , fistuletise , lis»e ; à femllies palmées , et ^nt les 
lobes sont pointas et detités en scie ; à pétioles glamivleox ; 'h 
frait verdâtre , cottrert d'épines moUes , et renfermmt dés 
àemenees brunes , toonehitiées de noîf . Il est originaire des 
Indes et de l'Âfriqae. Dans son pays natal il est arborescent^ 
et s'élève jusqu'à vingt et vingt-cinq pieds. Dams nos cUmats» 
où on 1^ cultive , il est annuel , et n'atteint guère que la haa« 
leur d'un homme. F. pi. P. 8, où il est figuré. 

Le RtciN n^ftMK , Èicinui inermis , Linn. H reissemble an 
précédent par kfs fe«ntl«s ; ma» sa tige ie^ très-noueifse , et 
ses capsules unies. Il croit dans l'Améti^foe et dans t'ikide. 
Ce sont -ses fmîts , be&uteup pkis gnos tpte ceux des autres 
«spèéés , ifài potteM particidièrement w nom de Pignon 
éinék. 

Le GlEtA!«l>Klcmi>'ÀH£niQXJ£, Eicinusamencanus, ttfll. 2. 
On peut le confo^re avec le ricin commun; mais MîUer , qui 
a cultivé l'un et l'autre pendant plus de trente ans , assure 
qull ne les a jamais vu varier^ et il les regarde, par cette rai- 
son, comme des espèces distinctes. « Celle-ci , dit-il, a dès 
ciges bitmes , et divisées teta dent ô«i «rois bi^anebes de ^.ou 
sept pieds de hauteur; sesfetnUessontftosgmnAesét moÎM 
profondément divisées que celles éuriifm^^^cifial; elles sont 
d'imviiit foncé sur les deux snrfeces, et inégalement dentées; 
ses épis de fleurs sont plus courts ; ses capsules pins ronde9 
et brunitres , «t ses semantes brunes et plus^ petites. » Cotte 
espèce croît dans les fies des Indes occideniaiés» On extrait 
aussi de l'huile de ses graines. * - 

Le KlctM.AVRUiTSlitrnES, tiiciHus rugosus , Mitl. 4- tJne 
tige élevée d'environ qiïatire pieds , purpurine en bas , d'uft 
yert fonbé en haut; des nœuds assez éloignés les ans des aa^ 
très ; dès feuiHes divisées peu profonrdément ; dégros épis de 
fleurs; des capsules rudes et ovales , mab Sams épines , con^' 
tenant de petites semences brunes : têts sont lés trivractères de 
cette espèce qu'on trouve dans 1 A Benx-Indes. - ; 

Le IliGiI« d'Aïteiique , Bicinus ajncanus, MîM. S. H s'élève 
i dix ou douze pieds, aypc une grosse tige TOtigeâtre , rem-^ 
plié de bèaucomp de nœuds. Ses feuilles sontplus grandes que 
celles de toutes les autres espèces; Miller en a mesuré quel— 
oues-unes qui avoient plus de deux pieds et demi de diamètre, 
des (leurs; forment de gros épis ; leur calice est brun. Les cap- 
sules sont ovales , gqpsses , très-garnies d'épines molles ; 
elles ftntiennent des semences agréablement rayées. Ce ri- 



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p. 8 



L 

2 



3. Jf Ai/if a/^ôe pr7//fiêey . 4'- -^f^^-^i^ ^^^i^m^^i . \ 



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R I C -19:1 

cln croît naturelIeiQeiil dans le pays dos* il parte le nom ^ et 
se trouve a«ssi dan» ks D««i-Inde8. 

Le PETIT Ricin , JUdmtt minoi^ , MiU. 7 ,. ainsi non^né ^ 
pjorce qa'il s'élève beancomp va»km qv^ les aolres « et 
parce qu'il a des feuiUes , des épi» de flemrs et des fruits 

Îlns petits, ainsi que des semences q§i sont joluBteiH rayées. 
1 vient spontanément dans la Caroune et dans plusieurs 
autres parties de TAmériqua. Ses firuits sont plus purg^Ufi^ 
^e ceux des autres espèces. 

Ces plantes se multiplient de graines • qu^il faut répandre 
au printemps sur une conche chaude : eues exig^ent àpeu près 
les mêmes soins que la plupart des plantes des pays chauds* 
U faut 1^ accoutumer par degrés à l air extérieur^ lea trans- 
planter à propost ^^ les arroser dans tes temps secs. Elles 
croissent avec rapidité ^ et font décoratioi^ dans les grands 
jardins par leur port singulier et par la beauté de leurs feuilles. 
Quoiqu'elles soient communément annuelles dans ce p^ys , 
on peut , ave^ quelques précautions « les cotiservcr en Kîv'er ; 
mais alors on doit les laisser dans des pots. Dans leur pays 
natal , et même dans le midi de la France , on retire de rhuile 
de l^rs ffraines , qu'on emploie à brûler , et à purger lés 
enfans. On prétend que les Indiens et lés Chinois rendent 
rhuile de riciû susceptibl^^êlre employée dans ta cuisine» 
en la faisant bouillir avec une petite quantité ^atun réduit 
en poudre et de sucre. 

Oomme c'est au mucilage contenu dans te périsperme 

Îue cette huile doit sa qualité purgative , on peut la rendre 
ouce en la débarrassant de ce mucilage pav*le moyen 
de l'acide sulfnriqne. 

A rile de France , on fait bouillir les graines de ricin dans 
Tean, peu après leur récolte ; puis on lesfoil sédMf; ce 
n^est qu'après cette opération qu^on les pilé- , et qu'o» en 
extrait l'huile par Tébullition de leur pAte, a» p|^ataà>te mise 
dans un sac au fond d'une grande diÂudièrti. (b.) 

RICIN INDIEN. F. Crotow cathartiqui. (m) 

KICINELLE, Acafypha. Genre de plantes d*la monoécie 
monadelphie et de la famille des tithymaloïdes » dont les ca- 
ractères conststont : en un calice diffisé en trois parties et 
muni d'une bractée petite et sqsMmfprme dans les flftirs 
mâles , grandie , es cœur et involnènforme dans les- at^ 
femelles ; huit k seise étamines dont tes filamens sont réums 
à leur base ; un ovaire arrondi , surmonté de teois styles et 
deux on trois stigmates ; imecapsnie stipitée, formée de trois 
coques monospermes. 

Ce genre renferme des plantes {rutescentes ou herbacées 9 
à feuiUes alternes | munies de stipules ; k fleurs disp<»ées en 



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^^94 R I C 

épis axillaires, les mâles dans le haut et les femelles dans le 
bas , et en moindre nombre. On en compte une cinquantaine 
d'espèces , dont les plus importantes à connoitre sont : 

La RiciKELLE EN ARBHE , dont les inyolucres femelles sont 
en cœur crénelé, et les feutlies ovales aiguës et dentées. 
Elle se trouve en Ar^^ie. 

La RïciNELLE DE Virginie, qui a les involucres femelles 
en cœur incisé ; les feuilles ovales , lancéolées , plus longues 
que leurs pétioles. Elle est annuelle , et se trouve dans les 
parties chaudes de T Amérique septentrionale. Je l'ai abon- 
damment trouvée dans les sables les plus arides de la Ca- 
roline. • î' 

Uaf RtciNELLE DE Vl^tit , qui a les inyolucres feihelles en 
'cdenr ," presque crénelés ; les feuilles ovales j lancéolées , 

Î' lus courle's que leurs pétioles. On la trouve dans Plnde. 
îlle est annuelle. 

Là RrciNELLE RAMPANTE , quî a les épis terminaux droits ; 
les involucres dès fleurs femelles en cœur dentelé ; ceux des 
fieurs mâles npis ; les feuilles ovales , dentées , et la tige 
ràmpantç. Elle se, trouve à la Jamaïque. j 

. La RiciNELLE RUDE est dioïquey a les Involucres des%eurs 
femelles en cœur denté, et les filles oblongues , lancéolées, 
dentelées, et rudes au toucher.^lle se trouve dans les An- 
tilles. (B.) 

. RICINOCARPE, Ridnocarpas. Genre établi par Des- 
fbntaines, Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle; i^ 
Paris , t9m. 3 , d^ns la monoécie monadelphie ^ et dans la 
famille des tithymaloïdes^ pour placer un aiiirisseau de la 
«M^veUe^ Hollande 9 qui se cultive dans le jardin de cet ëta- 
bli^s^eiïient. jSes cariictères sont : fleurs entourées d'écaillés à 
leur base ; calice ^ cinq divisions ; corolle de cinq pétales ; 
ovaire, sup^ièur, rond, couvert de papilles très-serrées , en- 
.tourées de cmq petites glandes , à trois styles bifurques jusr 
qu^à la. base ; cap^e globuleuse , k^ trois valves , couvertes 
de pointes non piquantes, à trois loges monospermes, (b.) ^ 

RICINOCARPÔS. Nom employé par Boorba^y^ et 
;Barmann ( ZeyL) pour désigner un genre de plantes dont les 
espèces ont été dispersées dans les genres acalypha ( Ri- 
^pNELLS), tragia et hydrecaiyk. L'espèce rapportée à ce 
demier genre avoit été regardée , par Linnaeus ,. d'abord j 
conoune une . espèce de mercuriale ^ puis comme un genre 
particulier, c^ii»^.. C'est mainteaant Vhydrocofyle viUosa^ "W. 
M. Desfontaines a donné le nom de Riginocarpe à un genre 
particulier^ qui ne renferme aucune des espèces appelées 
ainsi anlrefots. (i^) , 



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R I C igS 

RICINOIDE; Nom donné m mêdicinUr céhar^e* V. 
Médicinier. (d.) 

RICINOIDES. Genre établi par Totirnefort et qui n'a 
pas été «dopté. Les espèces qu'on y avoit rapportées sont 
dispersées dans leà genres crolon et jtOrofkha ; riine d'elles ^ 
cependant, est le ceanothue ^fricarms {;Mùmùîdesy Seb., %^ 
I , pi. 33 , fig. 6)9 et Taotrè , décrite par Plumier, paroit 
être VacaîypHa amtralisy L. (ln.) . V 

RICINON. V. RiciNus, (ln.) 

RICINUS. Herbe décrite par Pline et par Dioscbrîde. 
Celui-ci lui donne les noms de «a et de crotoh.^ \? \ ^ 

Pline s'exprime ainsi au. sujet du ricinus : VOn (^it* aussi 
de rhuile avec la graine du ricinus. Cette 'bcrbe croft en 
grande quantité en Egypte , et il nV a pas Tông-témps iju'on 
a commencé à en retirer dé Thuile. Quelques personnes l'ap- 
pellent £:rt>foii,et d'autres trims oiï sesamum saunage. En Espagne^ 
le ricinus croit ^en peu de temps jusqu'à la hauteur d'un olivier , 
produisant une tige creuse comme celle de la férule ou dfai 
fenouil. Ses feuilles ressemblent à celles de la vigne; Sa graine; 
pareille à un mrain'dé raisin grèle^cst de couleur fauve i nosRp*» 
mains l'appellent ricinus^ parce quMle ressemble au ricinus , 
espèce de pou qui tourmente les moutons. Pour en. retirer 
Phuile on la fait bouillir, et on enlève l'hiïile qui nage sur l'eau. 
Cependant , en Egypte où Ton trouve le ricinus en grande 
abondance , après avoir fait tromper sa graine dans de l'eau 
et du sel , on en retire l%uile sans la mettre sur le feu. Cette 
buile n'est pas bonne à manger, mais elle*est bonne pour la 
lampe. » Pline, lir. i5, cap. 7. ' 

Selon Dîoscoride , le cici ou <?roto/i est une herbe qui de- 
vient haute comme un petit figuier ; %ts feuilles sont sembla* 
blés à celles du platane, mais plus grandes , plus lisses et 
plus noires. Son tronc et ses branches sont creux comme 
un roseau. Elle porte une graine «en foi^me de raisin; mais 
cette graine étant pelée , ressemble au ricin qui s'attach6 
aux boeufs et aux vaches , d'dù lui viennent les nbm^ de cici , 
croton^ ricinus. L'huile qu'on fait avec cette graine , appelée 
ricinon par les Grecs et les Latins^ est bonne à éclairer et 
pour les emplâtres; mais nullement pour manger. Trente de' 
ces graines , bien mondées et pilées, prises en breuvage ,: 
purgent très-violemment par le bas et par le haut, etc. YoiUi, 
en résumé, ce que Dîoscoride rapporte de cette plante. 

Théophrastê fait observer que lés feuilles du crùion sont 
diverses, selon l'âge de la plante. Les premières qui parois- 
sent sont rondes 9 celles qui suivent anguleuses, et les der- 
nières parfaitement découpées. Il est question de cettej^amft 



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39$ R I G 

^wsleâ Ikret d'Hîpp<Kral«. Elle y eêl «ofMiéef cffOonùlA; 
c^étoit le sustamma des Egyptiens. Il paroît qae les Grecd 
toi donnèveiH, cm 4 M graine^ les aenis de sesiRçyprim et 
i'kamafiyriion^ #1 le» R^HOMii»^ i§ b^hi de /iy>âi » 
Celte plàiite «s« eMtfoe dans le^ aocienites oflekies oa 

rlâmaeie», et désignée t f.^ pmr pênaùêaelyhis HpalfMhchristi^ 
cttose de HéB fédints èu ferme èe mMn ouverte à doigU 
écartés ; a^. par ^naïufe caiopu^ H cêtvé^ : ee derfiier nom 
dérive de cerva on kena et cAme,; noms qae les Arabes don- 
ndi^m k eetu herbe , dmi qucs k soivant , aikof^u. Cest 
SLaricinusafriaanm^ WiUd^ (eonfenda |asq»'iei par toas les 
batanbtes avec 1^ tfcmu^ cawmuais ou paUna-chrîsli de nos 
jardins t qui est une kerbe de 4 ^ 6 pieds r originaire des Indes 
^ri^tales), qu'on doit rapporter tou(ce que les anciens ont 
écrif sur leur ncinus* Uusius dît avoir vu en Espdgpe des 

Eieds de cette plante dont le tropc avolt la grosseur d'un 
omme ; et Pierre Ji^elw en a vu en* Crète 4^3 pieds si bauts y 
q]u'oil se servoît d'éckelles pour en atteindre la cime. Jamais 
on n'a observé Une pareille grosseur et une pareille élévation 
dass notre ricin commun; aussi, ^auwolfius, les auteurs 
ci|és plus haut, et quelques botani3tes voyageurs modernes , 
n'ont point tombé dans l'erreur commune , et n'ont p^s 
confondu en une seule espèce ces deux ricinus , comme l'ont 
Cût C. Baubin 7 la presque totalité des botanistes de son 
temps, et les botanistes qui so^t venus jusques et compris 
I4ntieus. Un de nos botanistes français les plus célèbres 
assure que le p^drfui-chmU^ herbacé dans nos climats, s'élève 
comme un arbre dans le climat de l'Afrique , confondant 
ai^si deux espèces^ Si cela, ^sX vrai , d'où vient que Mine et 
les smciens parlent de leur màivs comme d'une plante propre 
i l'Egypte et aux contrées las plus chaudes de l'Europe ? 
Pline n auroit pas manqué de faire observer cette différence 
de hauteur, si le ricbms^ corqmwm e&t été cultivé de son temps 
en Italie comme il l'est actuellement, et où il conserve les 
différences q/à le distipgu^t du ricinus afncanm , et que 
voici : 

1^. Ricti^ DOMMim ( A coTMhums , Willd. ) ; annuel » 
lierbacé; tice glauque, aride t feuilles grandes , .pfltées , 
palmées^ à lobai^ iancéoléfr^ dentés; fleurs femelles , à trois 
stigmates hifidcis ; capsules hérissées ; originaire des Indes 
orientales* C'est Yaounacu du Malabar. 

a®. HiCiN iLTRHlkïïH X^R. africanuii WUld) ; vivace, s'élevant 
en arbre ou es arbrisseau ; tige toujours lisse ; feuilles plus 
petilesy peltées^ palmées, à lobes oblongs, dentés; fleurs 
femelles à six stigmates ; capsules hérissées ; propre à l'Afrique 



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R I C «97 

sieple&lrimiale» Culriré daas^Ie midi de TEspagoc , en Sicile 
et dans i^|É|«s àe l'Arcbipei. 

L'on nédoit pas co«£oîidre tette dernière piaulé arec le 
rkiams iméMs^ Jacq,^ autre espèce en arbre f qui crott au Cap. 
de Bonne-Espérance y et que Thunberg avoit prise pour le 
ricinus cgmmunis, en confoad;ml siMit ee nom les deux plantes 
doùt nous yeûons de donner les caractères. 

Je vais passer maintenant à l'emploi que les botanistes ont 
fait dtt nom de ricinus 9 que plnsteurs d'entre eux supposent 
corrompu de ciciuon wtrkimtm et cicî^noms antiques de Thnile 
de ricift et de sa graine. 

On Ta d'abord donné an riciims ajncanus^ puis on Ta 
élenda au r, communia. Clusius nomma ricinus americanus le 
jmUopha çurtas ( V. Mbdecinier ). C. Bauhin , dans son 
Pinax, réunit sous le titre de ricinus j ces trois plantes : le 
jairopha gossypifolia , W.» Vhaèel^ moiuch des Arabes ( V. 
Abel-Moscbus \ et diverses graînesqui parolssent apparte- 
nir au même genre , celui des Ceotous. 

Lorsque les plantes de FAmérique et celles de l'Inde 
commencèrent à être connues, on a vu les botanistes em- 
ployer fréquemment le nom de ricinus pour décrire des 
espèces de croton et àejairopha; plus rarement des espèces de 
iragia. Plukenet est l'auteur qui en a fait le plus d'usage. 
Toutes ces espèces appartiennent à la même famille , celle 
des euphorbes. Il faut en excepter le ricinus arborescens de 
Séia ^Thes. 1 , tab« aS^ s. 4^) > qui est rapporté au ph^iio^ 
piumosa , L. 

Les Ricins africain et commun sont les types du genre 
ricinus fondé par Tournefort et adopté par tous les bota- 
nistes. Ce genre ne contient qu'un petit nombre d'espèces, 
asse:& voisines. Le ricinus mappa^ L.,est porté far Willdenow 
dans le genre acatypha. Voyez RiciN et Ricinelle. (ln.) 

RICINUS. Ce nom , dît Bertrand , Dlct. des Joss, , St été 
donné à une dent de poisson pétrifiée , recourbée, faite en 
GOiâse de pois ou de baricot , appelée aussi sUiquasùrum et 
carinula. V. GlossOPÈTRES. (B£9M.) 

RTCtNUS. r. Ricin (insecte), (obsm.) 

RICOPHORA, Plukenet (Alm. 3a I.) donne ee nom i 
une espèce d'IaMAMS {Dioêcar^ptuataphrUa^ L.). (ln.) 

RlCOTI£, Ricada. Plante annuelle d'Egypte , à feuiUes 
alternes, pétiolées, ailées avec impaire, à folioles pétiolées, 
lobées , gUAiresv et k fleors disposées en panicule terminale 
qui devient spiciforme. 

Cette plante forme un genre dans la tétradynàmie sili« 
qiiieose et dans la famille des crucifères, qui a pour carac* 



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59» RIE 

tères:un calice con^îreat de quatre foHblesi qna^ pétales^ 
en cœur renversé ; six étamines, dontdeux pltts^|rtes ; un 
oyaire supérieur , surmonté d'un stjie k stigmatMigu ; une 
silicule biloculaire ^ ovale , oblongue , dont les loges sont à 
une ou deux semences. . * ' 

Gaertner a réuni ce ge^re à celui des Ltjnaires. (b.) 

RICTRHEEBOCK ou Ritboc. T. Antilope, (desm.) 

RIDAN. Genre établi par Adanson , et qui a pour type 
le coreapsis altemifoUa y L. IL diffère du genre coreopsis parles 
caractères suîvans : écailles du calice menues , droites ; 
écailles du réceptacle enveloppant les graines ; graines ^ ter- 
minées par deux ou trois soies persistantes ; fleurons femelles, 
entiers ou bidentés. Ce genre n^est pas le ceraiocephaloides de 
Vaillant, car Adanson nomme ce dernier tepion^ et lui^onne 
pour type le s^^ri^esi^o^/a 9 L. (ln.) 

RII>Ë. Vicq-d'Azyr appelle de ce nom trivial le Phoque 
à museau ridé des auteurs , ou notre Phoque à «rompe. 

(desm.) 

RIDEE {chassey Nom que Ton donne aux deux filets à 
alouettes (FI ce mot), quand ils sont réunis par leur 
extrémité et n'en forment plus qu'un seul. Ils se tendent comme 
l'un de ceux-ci, mais avec trois guides : on bande ce filet 
autant qu'on le peut , et l'on passe le cordeau qui sert à le 
faire jouer, dans une poulie attachée à un piquet solidement 
fiché en terre. Ce n'est que pendant l'hiver, lorsque les 
alouettes volent à rase de terre , que Ton peut faire la chasse 
à la ridée ; car si elles voloîent seulement à la hauteur de 
six pieds, elle seroit toujours infructueuse, (v.) 

RIDELLE^iDENNE. Nom picard du Canard chipeàu. 
. , . (v.) 

RIDES. Raies its fumées. Les vieux Cerfs et; les vieilles 
Biches font des fumées ridées, (s.) 

RIDGE. En Angleterre , on appelle ainsi les failles qui 
interrompent les couches de houille, (ln,) .' -, 

RIÊBLE. Nom vulgaire du Gaidlsx accrochant, (b.) 

RIEDLÊE, R/^Sm. Genre de planteà établi par Mirbel aux 
dépens des Onoclées de Ltnnaops. Ses caractères consistent: à 
avoir la fructification sur des feuilles roulées par leurs bords, 
et adhérente à la nervure longitudinale. Il rcm&mfte. deux es- 
pèces; dont une que ce botanbte appelle Vonoclétsi^sible det 
herbiers, et qu'il croit différente àtVonûciée sensible àeXÀoosR^s^ 
croît en Caroline , où je l'ai observée , et que je n'ai jamais 
trouvée sensible ou irritable , mais si délicate, qu'il suffisoit 



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RIE 299 

d< légènemeBl presser une feuille fracUCère pooi* occasidoer 
son dessèchement (F. au mot Onoglée). L'autre espèce 
est ïosmondt crispée. V. au mot 08lioin>£. 

Ce genre se rapproche infiniment des Acrostiqujss , ou 
mieux des Beltisies , qui ont é%é séparées de ces derniers 
par Mirbel. (B,) 

1R,\EDLÉK , Riediea. Plante herbacée, viyace, à tiges 
droites, cylindriques, striées, velues, à feuilles alternes 
pétiolées , stipulées , en cœur , ovales-aiguës , inégalemeirt 
dentées , très-velues', à (leurs disposées en grappe au som- 
met des tiges et des rameaux , originaire de Porto-Rico , et 
qui ^ selon Yentenat ,. forme un genre dans la monadelphie 
pentandrie , et dans la famille des hermanniées. 

Ce genre offre pour csnkictères : un calice double , persis- 
tant; L'extérieur de trois folioles; Tintérieur à cinq dents; 
cinq pétales ; cinq étamines réunies par leurs filets ; un 
ovaire supérieur , surmonté d'un style à cinq divisions héris- 
sées ; une capsule à cinq loges et à cinq semences , attachées 
à un réceptacle ^central. 

A cette plante, qui est figurée n.^ 3^ du Choit de 
plantes de Yentenat , est réunie une autre, qui est la Melo- 
CHIE GARACASAI9E de Jacquin. (b.) 

RIËGELN. Nom allemand Àe la Glariole , ou Per- 
drix DE MfiR. (v^ • 

RIEMANIT. Nom donné à TAllophane. (lh.) 

RIEMENSÏEIN et REIMENTALK , c'est-à-dire, 

Ïierre ou talc cannelé en allemand. Stutz.a désigné ainsi le 
^ISTHÈNE. (LN.) 

RIENCURTIE, Rieniuriia. Plante herbacée, dont le 
pays natal est inconnu. Se$ rameaux sont opposés et atta- 
chés à un renflement globuleux ; ses feuilles sont également- 
opposées, lancéolées, foiblement*denftes , hérissées de 
poils; ses fleurs sont disposées en épis verticillés , et accom- 

, pagnées, de bractées ^quamiforôies. 

Cette plante constitue seule , selon H. Gassini, un genrp 
dans la «yngénésie frustranée , et dans la famille des synan- 
therées^ voisin des Milleries, dont les caractères consis- 
tent: en un calice commun composé de quatre écailles 
égales, terminées par une corne , renfermant trois oa 

• quatre fleurs mâles , régulières au centre , et une setile fleur 
femelle à la circonférence, dont l'ovaireiest aplati et sans 
aigrette, (b.) ^ 

RIES WEERT. En hollandais, c'est 1' Osier , SaUa^ 
vimmaiis» (desm.) 



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3oo R I M ' 

rRIET. Nom hollandais des Rosbaux. (desm.) 
RIEUR. Nom domé à on oiseau du Mexique , parce 

qne son cri rassemble à on éclat de rire. Fo^ae TACCO.(y^) 
RIFET. Nom donné , par Adanson , à une très-petite 

coqaiile du Sénégal , appartenant aa genre Touhe. C'est 

le trockus corallmus de Gmelîn. (b.) 
RIGA.OU. En Provence , c'est le Rouge-porge. (v.) 
RIGATJD. C'est un des noms donnés au Rouge-gorgb. 

V. à l'article Fauvette^ (desm .) 
RIGLEL'GHORABCPiVm^i/^ oorbeauyC'esiîe nom arabe 

de la CHELinoiNB hybride ( Cheiidonmmhybndum , Linn. )• 

RIGL-EL-HERBAYEH {Pied Je caméléon). Nom 
arabe#e la Cret^lle d'Egypte ÇAnosunisœgyptius, Linn.). 
F. Éleusine. (ln.) 

RIGLEH. Nom arabe du Pourpier CPo}iulaca oleraeea ) 

L.).(LN.) 

RIGNOCHE. Nom vulgaire de I'Érïnace. (b.) 

RIJUN.Nom japonais de la Magre (TW^a natans). (ltï.) 

RIKEBEH. N4>m arabe d'un PAms {^Pamcum numidia- 
num\ (ln.) 

RiKOURS. D'anciens voyageurs parient d'un singe 
sans barbe qui porte ce nom , mais dont on ne peut déter- 
miner l'espèce. Valmont de Bomare n'a pas fait un rappro- 
chement heureux, en assimilant le rikours et noarUlcuûsi, 
comme il t'écrit d^ la quatrième édition de son Diction- 
naire I à l'ouandcroa'^ puisqoe ce dernier singe porte une 
barbe, (s.) 

RILLO W. Knox dit que ce nom est , à Ceylan , celui 
du Bonnet chinois, (desm.) 

RIKIA! Nom malais du JAQUfER. (b.) 

RIMA-MARINA. Cordus a donné ce nom à I'Aluaire 
( Erysimum aîlîaria^ L. ). Anguillara écrit Rtma^-maria. (ln.) 

RIMBERGE. L'un des noms vulgaires de la Mercu- 
riale en France, (desm.) 

RIMBOT» Oncoba. Arbuste à feuilles alternes , ovales, » 
dentées, sessiles, à épines longues et robustes, à fleurs 
grandes, solitaires^ presque sessiles, qui forme un genre 
dans la |loIyahdrie monogynie,et dans la famille àes tiliacées. 
Il a un calice ie quatre folioles ovales ; une corolle de 
douze pétales , plus longs que les folioles du calice *, im très- 
grand nombre détamines à filament courts et iiùérés sur uhq 
anneau qui entdbre le germe ; un ovaire sopérièm' arrondi , 
sillonné, et surmonté d'un style terminé par «n stigmate 

{^elté et fort laige ; un drupe arrondi à douzQ c^es sail* 
antes > renfermant une noix de même formçi'. (b.) 



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R I P 3or 

RIMMONA. Nom cbaj^éen du grenadier. Les Hé^eux 
appeloient cet arbre Rimon, d^où dérivent' ruman, roman 
et kuman , noms de la même plante chez les Arabes, (ln.) 
RIMUL£( Conchyliologie. ). Petite fente 9 légère scission; 
quelques coquilles cloisonnées, dont la bonche est recou- 
verte 9 j ont une rimule , selon Denys-de Montfort. (DESK.) 
RINCHAO. Nom portugais de la Moutarde, (besm.) 
RIND. En allemand , c'est le bœtf.^V. ce mot. (desm.) 
RINDERA. Espèce do genre cyno^omm j dont Pallas 
avoit Id'abord fait un genre particulier , puis une espèce 
nouvelle de cynoglossum; c'est la même que le cpioglos$un% 
hxQigatum , L. Ses graines lisses , mais bordées d'une mem-; 
brane , forment soft caractère essentiel, (ln.) 
RINDERSTAREN. Kom all«niand de I'Etouriœàu; 

RINGATJ. Nom picard de ta Tadorne, (v.) 

RIN<^£LBAR. L'nn des noms altemands de IthjRs; 

(desil) 

RINGOULE. C'est le nom vulgaire de TAgamc dis 
Panicaut 9 qui se mange, (b.) # 

RINGUIA. Petit Guillemot noir, (s.) 

RINGUILLI. L'un des noms donnés à la Clématiis 
DE HAIES 9 Oemads vitalba. (desm.) 

RINORE, Knorea. PetH arbre de Cayenne, à feuilles 
alternes, pétiolées, ovales lancéolées 9 dentées , aceom|»a« 
gnées de stipules caduques 9 et à fieurs en grappes axiliaires 
ou terminale^ , qui forme un genre dans la pentandrie mo- 
nogynie , et dans la famille des vînettiers. 

Ce genre offre pour caractères : un calice monop^bylle, 
relu, partagé en cinq découpures pointues; une coroMe de 
dix pétales 9 dont cinq extérieurs plus grands; cinq étamines 
il anthères sagittées; nn t>vaire supérieur ^ arrondi 9 vèln , à 
style velu plus court que la corolle , et à stigmate obtus. 

Le fruit n'est pas connu. (B.) ^ 

RINTRAD. Nom suédois de I'Érable a sucre, (desm.) 

RIORTE. L'un des noms français de la Viorne, (desm.) 

RIPIDIE 9 RtfHdius. Genre d'insectes établi par Thun-r 
berg, dans les nouveaux Actes de l'Académie de Slockboim, 
1806 , inais dont je n'ai pu vérifier les caractères, (l.) 

RIPIDION, Rîpidium. Genre de pUntes établi par 
3ernardbi , mt TAcrostique diichotome. Il n'a pas été 
adopté. (B.) 

RIPIPHORE, ft>i>ibni*,Bosc-, Fab., Oliv., Lat., Lam.; 
Mordella^ Linn. Genre d insectes de l'nrdre des coléoptères, 
section 4^s hétéromères , famille des tracbélides , tribu des 
mord«|lonei , distingué des autre» genres de cette division 



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3o2 R I p 

par les caractères suivans : tous les articles des tarses entiers ; 
crochets du dernier biâdes ; pa^e^ presque filiformes ; le 
dernier article plus long, c}dindrique , ou obconico-ovoïde , 
légèrement plus gros vers son extr^^nité ; mandibules sans 
dents ; lobe terminal ou extérieur des mâchoires long , sé- 
tiforme , souvent saillant ; languette allongée f profondément 
Bifide ; antennes insérées prèà du bord citerne des yeux , 
courtes, formant uu double panache ou en peigne à deux 
rangées de dents , dans les mâles ; n^en offrant qu un on sim- 
plement en scie dans les femelles ; le milieu de Textrémité 
nostérieure du corselet prolongé en forme d'angle ; écusson 
urès-petit; ailes étendues; élytres rétrécies en pointe et 
écartées vers leur extrémité ; abdomen «paroissant souvent 
comme tronqué i par le ^trait des derniers anneaux. 

Les ripiphores , genre que M. Bosc avoit établi dans sa 
belle collection, antérieurement à Fabipicius , les myodes (i) 
çt les pélécotomes forment, ^^nsla tribu des mordellones, 
une division très-naturelle et remarqual>le par la disposition 
4es articles de leurs antennes , qui ', à partir- du second ou du 
troisième, jettent^ chacun , au côté intérieur, un ou deux 
rameaux, plus ou moi^ longs, et dont ^ensemble compose 
un panache ou un éventail. La manière dont les antennes sont 
insérées y la considération de la forme des onglets des tarses , 
^t'd'autres parties, fournissent des caractères qui signalent 
tr^-bien ces trois coupes génériques. * . 

Le domaine des ripiphores s'étend depuis l'Amérique jus- 
qu'aux Indes orientales ; mais ces insectes sont généralement 
rares, les mâles particulièrement. Il résulte de plusieurs ob- 
servations » que le n^^iphore paradoxal ^ que Ton trouve en 
automne ou vers la£n die Tété , vit , jusqu'au mopaeqt de sa 
dernière métamorphose, dans les nids de la guêpe commune ^ 
ou ceux de la guêpe frelon. On peut présumer que les larves 
des autres espèces sont aussi parasite^. 

J'ai paftagé les ripiphores en deux sections bien tran- 
chées , et dont la première pourra former un genre propre , 
lorsqu'on aura découvert d'autres espèces analogues. 
1. Antennes ne paroissant composées que de dix articles (le second 
nul ou caché dans l'intérieur du premier ) , pectinées depuis le se- 
cond; le dernier long et linéaire , ainsi qud les rameaux des pçécé* 
dens; sommet de la tête de niveau avec rextremité antérieure du 
corselet, déprimé, droit; face delà tête formant un angle avec 
levertex; cofselet ayant dans son milieu un sillo§y et terminé 
postérieurement à Pécusson, par un lobe très-obtus ou arrondi. 

Nota. Le panache des antennes est plus grand que dans les 
espèces de la section suivante. 

. {i) M. Delamarck ayant | dans son Histoire des animaux saos. 



V 



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R I Q 3oJ 

. BiPiHHORE PARADOXAL , Rjpiphorus paradoxus, Fab. ; Mor-- 
délia paradoxa 9 Linn. ; Paoz., Fauna insect German.jf fasc. a6 , 
tab. i4y le mâle ; Ejusd. , Ripiphorus angulaius , fasc. 90 ^ 
fig. 3^ variété de la feméllt ; ii est noir , ayec les côtés do cor- 
selet ,. les élytr^, à Texception de Ieur*eztrémité , et Tabdo- 
men, d'un jaune roussâtre; les élytres de la femelle sont 
quelquefois entièrement HoîVes, J'ai trouvé une fois un indi- 
vidu de ce sexe, suçant, mêlé parmi d'antres insectes, la 
liqueur qui suintoit des crevasses d'un orme. 

II. antennes de onsê . articles distincts , pectio^es depuis le troi- 
sième , le dernier s' élargissant de la base à reztr^mitî^ , en (orme 
de triangle renversé et oblong; sommet de la tête e'Ievë au-dessus 
de rextrémité antérieure du corselet , comprimé, arrondi ; milieu 
du corselet sans enfoncement | terminé à l'écusson par un angle 
plus ou moins pointu. 

RiPiPHORE Flabelle, Bipiphorusjlabellaius , Fab. ; Oliv. , 
Col., tom. 3 , n.^ 65 , pi. i , fig. a ; rougeâtre , avec la bou-*. 
cbe, les antennes > les yeux , la poitrine, des tacbes sur les 
côtés de Tabdomen , et le^ cuisses noAes ; tarses entrecoupés 
de rougeâtre et de noir. 

Bans les dépairtemens méridionaux de la France , en 
Italie , et trouvé aussi en Espagne par M. Léon Dufpur. 

RiPiPHORE BiMACVLÉ, Ripip^nts bimaculatus, Fab.;£iusd.9 
R. lituratus, var. ; Oliv. , ibid, pi. i , fig. 4 ; fi^îphùrus carin^ 
tkiacus^ Panz.y ibid,^ fa^. aa , tab. 7; var. ; d'un rouge 
fauvf y avec une tache arrondie près de l'extrémité de chaque 
élytre , et la poitrine , noires. 

CoiQlultez, pour les autres espèces ,»la Synonymie des insec- 
tes , de M. Schonherr , et les lUustraiions icanographiipus des 
insectes de M. Antoine Coquebert. 

Voyez , pour Je ripiphore muciforme , mentionné dans la 
première édition de cet ouvrage, l'article Myods. (l.) 

RIPOGONE, Ripogonum. Genre de plantes établi par 
Forster dans l'hexandrie monogynie et dans la famille des as- 
paragoïdes. Il a un calice à six divisions ; une corolle de six 
pétales ligules; six étamines; un ovaiiy à stigmate sessile ; un 
drupe contenant deux semences. 

Ce genre ne contient qu'une espèce qui est i^ne plante 
articulé^ , génicuiée , grimpante , ayant beaucoup d'analogie 
avec les Salsepareilles, (b.) 

RIPS. Nom suédois du GROSEILLIER rouge, (desm.) 

RIQET ou RIQVET. Nom languedocien du Grillon. 

^ (desm.) 

vertèbres » donné ce nom à un genre de diptères , j'appellerai celui* 
îXmyoditff^ 



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3o4 RIS 

KIQUERÉ , Kquéria. Plante du iPéroa qui fort«e SMie 
un genre dans la tétrandrie tétragynie. ' 

Ce genre offre pour caractères : un calice tripiie; une corolle 
de quatre pétales \ quatre ét^minai à filavens co«iprimés ; 
un ovaire surmçnté d^ q«a^e styles ; une essuie à quSulré 
loges j couronnée par les styles ^ui persistent (b.) 

RIQUËURIK Synonyme de Rëqueuriis. (b.) 

RI-RI-CAT. Arbrisseau qui croît dans les marais de la 
Cochinchine ; c'est le Roiula aquaiica , Lour. (ln.) 

RIS , RIZ ou RYZ, Oryza , lînn. ( Hexanérie mono^TÛe.) 
Plante annuelle de la famille des graminées , qui constitue 
seule un genre , ayant pour caractères : une batlç sans arête , 
à pointe aieuë et à deux valves à peu près égales , renfer- 
mant une fleur ; un calice à deux valves inégales , creusées 
en forme de bateau; l'extérieure sillonnée et surmontée d^une 
aréle ; six étamines ; un ovaire turbiné , muni i sa base de 
deux écaiUes opposées , et soutenant deux styles à stigmate 
p4umeux ; une semence oblongue, obtuse et sillonnée, ren- 
ferftiée dans le calice. P. pi. p. o où il est figuré. 

Il n'existe point de plante qui nourrisse une plus grande 
quantité d'bonimes que le ris , et qui , en conséquence 9 soit 

Iilus cultivée; n^Hi-seulement il fait la base de la nourriture de 
a plupart des peuples intertropicaux de l'Asie , de l'Afrique,, 
de l'Amérique ; mais même il s'en consomme considérable- 
ment en Europe et autres parties du monde. 

Les variétés de ris sont innombrables en Asie et dan» les 
iles qui endépendent,parce/qu*ilj'est cultivé de tempsknmé- 
morial. Elles sont moins multipliées en Amérique, etracore 
moins eiȣurope. Il y en a dont les grains sont presque ronds: 
le GoNONDOULi de l'Inde; d'autres qui offrent une longueur de 
six lignes , sur une demi-ligne de diamètre : le Benafouli 
de rinde. Il y en a de roogeâtres, de jaunâtres, de xmi^ 
râtres , d'opaques, de transparens, de bâtifii, de tardifs , 
de barbés et d'imberbes. 

C'est dans Peau que crott naturellement le m , et c'est 
là oà , en l'inondant souvent , il faut le cultiver , si on veut 
en obtenir d'abondaàtes récoltes. S'il y a un r» sec à la Co- 
chinclnne , c'est qu'on le sème sur des montagnes où il pleut 
presque tous les jours pendantl'été ; aussi , ^ culture est-ell« 
partout suivie de la dépopulation , lorsqu'elle n'a pas lieu 
dans les circonstances les plus favorables^ou qu'on ne prend 
pas les précautions convenables. Aussi, dans toutes les parties 
de l'Europe où on la fait , c'est-à-dire en Italie et en Es- 
pagne, a-t-îl fallu la restreindre par des lois rigoureuses. Eile 
est une àes causes qui .ont rendu si insalilbres -nos colonies 



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Ris M 

Àt PÀniérîque. Il est cepeildatit Vrai de èûre c^e les Nègres 
^ les Indiens 9 soit par Veflfet de leur constitatùm» sôttpa^ 
rhabttude , soatt moins sajots qaelei £im>péen| aasénoLana^ 
tions délétères àes risîères. • ;: ^ 

Les principes de la ciiltare du ris se fooiéeikts^r laméces^ 
site de le couvrir d^eau pour le faire germer , poQf'^wiivef^ 
sa végétâtio» v^^ ^ 1* découvrir, pobr le bina* ^ poutr aceé* 
lérer sa <a9^tttfrit4^) pobnlc recoller» En conséquttroe, ciB:n?esl( 
pas dans des tna»ais, ph)firement dits, ^qa^om étit te pèi^ery 
^ooiqu^'on l)è fafise souvent , mais m» \tlaPOTè ddsririlèr«»«t 
des ruisseaux, aà on pinssd>rnfonder'mK te^ m«fîàefk'9etiik 
volonté, fins lieau dans laquelle il croit eist |lu)«e[^ e^hnlëL gi^ié 
est bon i autre nibtif pour ne le.semier dantsifti cauiist^-: 
ttaniesy «que lorsqu'on ne (leiitfaire iMitrerodot h . -.-a i:i 'j 
' Le méde de la ci^hore du ris- varievelon les pays ? maik s«)^ 
luises sont ; i.^ dô niveler an espace et de Vt/ràùmter^é'mue 
digue assez solide pour qn'^e puisse reteirirud à deus pleds 
d^au; de diriger des rigoles qui y amènent à voUnlé de Tdaii 
«m suffisante quantité , et qui l'e« laïcisent ëodiit 4|fnliint«ii«oè( 
volonté , le plus rapidement et le pl«scompléi0ment'poiba>lte;^ 
û'.^ de labourer )e sol ; 3.<» de sepier au prîîiieknp» ; Ji^jdù 
mettre Teau pendant quelques jours pour fairec germer te 
^aîn^ et â^ V6iet pour donner au plant qo'il.a iU«ga^iîi:feit{' 
iÊilité de se développer; S,^ de remàtre ^t Aier altevaaiit'e^ 
nent Teau sekm le besoia, eh ayant atiention.^^ elle «ér 
couvre jamais l'extrémité des fenille»; 6/» de domrerrup bîn^e( 
avant la florarisdn», lorsque le plant est arriva à la; moitié M6 
ia croissance ^ et d'-en donner on second lorsque là fidraisv^ 
est effectuée ; ^.« enfin ^ ftiiré' la réccdte* ;> 

Le ris coupé et battu n'est pas encore propre h ^ri mis 
dans le commerce. Il faut auparavant fo dépouiller d^ sa balia 
florale , qui lui est fort adhérente. Pour cela on le pile légè^ 
fememdâinirât&s mortiers de boiSiSoit à la inain, soit itvecokné 
ttachinevce qni le rend bUne et lui 6iesa CaeuUégérminatlvé^ 

Récolté à son pointde maturité et dans un temps biensec^ 
lé vis peut se tonsefver long-temps sans s'altérer. Il i> ^r le 
iroilient le précieux avantage de braver |es voyages He) long 
eoars . pùAt^û néanmoins qu'il soità: Pabri de rnumiditjé et 
de to Voraeité dè^ aniinaux. 

* Mais le ris, quoique rèc6mtria»idé par je mérite denaillre 
loin dé ntihs, d'à pas obtenu ibûi lètPMftrageSv Q«elques 
nnrteors àiii ^fèndii qâe ee grain rebf^t-ftinA sot^s im petit 
Voluine beàilcdil|r ée pai^tles nutritives^ qn^ii raison de (la faci- 
lité de son transport et de sa eenservation^il étoi^ parmi les 
iarineux, lè plui digèe de nos hommages et de nos soins^ 
D'auires éerirains , non iQoins exagérés , mais dansun «sdis 

XXIX. ^o 



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îo6 RIS 

contraire , ont conteste au rh tons les avantages que les pre^ 
miers lui aUiribuoient ; ils ont même essayé de prouver qù^il 
ne îdevoit sa propriété alimentaire qu^auz substances qu^on * 
fait entrer dans sa préparation pour en former un cornes*' 
tiblé t en ajoi^tant qu'il sémbloit appeler la faim au lieu de 
h ckasser. • 

C'est pour fixer les idées sur cet deut opinions diamétra- 
lement opposées, que j'ai cm devoir analyser, en rjjS, le ris, 
compara tîvemlent .aux autres grains de la famille des grami- 
nées. Il résultée de cette analyse , faite dans un temps où la chi- 
mie n'ayoit pas encore pénétré dans Tatelier du meunier et 
dub^anger, que le ris, mis sous la meule, se réduit dans sa 
totalité en unse farine comparable i Tamidcm pour Ta blan- 
cheur seulement ; car il n'en a ni la ténuité , ni le cri , ni le 
toudier. Projeté surlefeu, il pétille, s'enOamme^de la^néme 
Hunière , et laisse pour, résidu un petit charbon ; la gonmie 
arabique produit un effet Semblable. 

* Délayée dans l'eau froide , la farine de ris se précipite an 
hout d'uà certain temps, et ne s'y dissout que quand ce Onide 
est échauffé au degré de l'ébullition. Alors elle forme une 
gelée moins transparente que celle de l'amidon. La &rine de 
ds , mise en pâte avec de l'eau et malaxée un certain temps ^ 
n'offre pas les phénomènes de la farine de froment traitée de 
cette manière ; elle prend facilement de la retraite , et peut se 
mouler e^mme le plâtre. C'est ainsi que les Cbinois s^eo 
^rvent pour dîfférens usages. 

; Décomposé par la distiuation à feu nu , le ris ne fournil 
|Uft autant de produits huileux et salins , ni d'esprit ardent 
dans la chaudière du bouilleur, que le blé ; circonstiinces qui 
s<Nftt la preuve la plus évidente que ce grain , sous le même 
poids et le même molume , ne renferme pas autant de matière 
nutritive. . 

^ . L'impossibilité de s^rer de la farine de ris un atome de 
ghiien anaLogue à celui du blé ,^ expJidue le défaut de succès 
des^ tenialives essayées jiisqu'ici pour la transformer en pain. 
C'est èottc une véritable chimère que de vouloir la soumettre 
è ceite:forme, puisque,, mêlée en nature ou cuite en diverses 
proportions avec La farioe de froment, elle rend le pain qui 
en résulte compacte , fade , indigeste et susceptible de durcir. 

Tous:cefuxqui<mtprétaïdule contraire, prouvent.qu'ils ne 
xonnoissent nullemem la théorie^ de la panification ; qu^ 
ignorent que dana toutes les contrées où l'usage du pain est 
inconnu. et où le ris en tient lieu , qn se borne â déterminer 
le ramotiis^em^^ eï le gonflement àe ce gr«iin , en l'exposant 
il la vapeur de J'ean bofiiliante , et k le ijnanjger sous cette 
cfofme, concurremment avec les autres meisqui^onapaâMMSlt U 



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RIS zoj 

jvpns de tous les jours. Il y a t^nt de moyens d^employer ce 
grain plus efficacement , qu'on peut « sans regret, abandonner 
l'espérance de le faire seirir à on pareil usage. 
^ Tous ces faits , et tant d'antres qu II seroit superflu de rapv 
porter ici , m'ont donné le droit de conclure que quoique le 
ris ne soit nullement propre à se convertir en pain , il ren* 
ferme cependant le principe alimentaire par excellence ^ 
l'amidon , lequel combiné dans l'état de solution arec un 
mucilage et desséché brusquement à l'instant de la maturité 
par l'action du soleil , forme un grain dur, cassant, transpa- 
rent et corné en quelque sorte. Or, en rangeant le ris entre 
Vamidon et la gomme, je crois lui aroir assigné sa véritable 
place. Il partage les prooriétés communes il ces deux subs- 
tances muqueuses ^ et n en est distingué que par quelques 
légères nuances. 

. Sans chercher à diminuer les éloges prodigués an ris , il 
paroîl certain qae si on vouloit comparer les travaux que 
demande la culture de ce grain avec ceux du Ué, on verroit 
que l'humidité fangeuse an milieu de laquelle il germe , croît 
et mûrit , ne respecte pas davantage son organisation que celle 
des autres grains. D'abord cette plante ne prospère qu'au' 
quarante-huitième degré ; il faut des étés cbauds , un grand 
soleil, et un sol susceptible d'être inondé à volonté. Â peine 
est-il déposé dans la cavité qui doit lui servir de berceau^ qu'il 
est déjà menapcé par les animaux. 

,£chappe-t-il à la rapine des oiseaux, des rats et des in} 
sectes, les accidens et les maladies l'assiègent det6i]t«( paris v 
une surabondance de suc nourricier le rooiUe ; un coup de 
vent fait ployer sa tige ; ^les pluies accompagnées d'orages 
pendant la floraison délayent et entraînent ses*poussières fé- 
condantes; la grêle hache ses panitules ; les plantes* parasités 
l'énervent; enfin, pour abréger , l'attente du cultivateur de 
ris est aussi souvent trompée que celle du cultivateur de 
froment. 

On ne peut se dissimuler, en effet, que les hommes q6l 
font du ris leur nourriture fondamentale, outre l'affoiLlisse- 
ment physique et moral , ne soient exposés conme nous à 
des disettes qui les forcent aussi de recourir à des suppté- 
mens; et dans le temps même où des ëcrivams, dirigés par 
l'esprit de système , afBrmoient que chez les peuples qui vi- 
rent de ris, il n'y avoit à redouter ni famine ni monopole, tout 
le Bengale , qui n'a pas d'autre aliment, perdoit un tiers de 
ses babitans par l'influence de ces deux causes. Ne soyons donc 

£lus étonnés si la culture du ris aux Iles-de-Francé et de 
»ourbon se resserre tous les jours, et si on^onne la préfé- 
rence au mais, au manioc , et aux paMé^t p^ lai raison qu'il 



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3o8 RIS 

faut à ces diverse» plantes moins d'eau, et que d'ailleiirs letDp 
auccès est plus assuré. 

Dans tous les pays où le ris remplace le pain, on a soin de 
le fj^re ramollir dans l'eau , à l'aide d'une douce chaleur , 
. sans porter la cuisson jusqu'à le faire crever , parce qu'alors 
il nourrit et se digère moins bien* 

Il se consomme en Europe beaucoup de ris sons forme de 
potages et de. gâteaux ; mais son usage est d'une toute autre 
importance chez les Orientaux : ils sont amateurs d'un met& 
fort sain et très-économique sous le nom Atpilau; ce mets 
leur est aussi nécessaire que le macaroni aux Napolitains et la 
poienla aux lEfergamasques et aux Vénitiens. Ce n'est autre 
chose. quç du ris renflé par on bouillon quelconque préparé 
ensuite au gras ou au maigre , selon le goût et les facultés da 
consommateur. Tantôt le pilau tient lieu de soupe , d'autres 
fois d'entrée ; quelquefois on lé ser^omme entremets. Voici 
larc^cette la plij^ généralement usitée k Constantinople. 

On prend un poulet , on le coupe en quatre ou cinq par* 
lies , on le fait revenir un moment dans une casserole , ensuite 
<my met du bouillon d'un autre poulet, le dcmble de la quantité 
duris qu'on se pr<^ose d'y ajouter. Aussitôt qu'il a commencé 
à bouillir, on y met le ris^ qui devra.avoir été préalablement 
lavé trois fois; on le remue, afin qu'il nés' attache pas au fond; 
il faut faire ea sorte que la casserole soit le plus large possible z 
aussitâtque le ris a absorbé k totalité du bouillon , on le 
retire « et on met dans une autre casserole du beurre fondu ^ 
dont la quantité est plus ou moins^ considérable , suivant le 
go&tdu consommateur. On le fait roussir et on le jette sor le 

Eilau. Il faut avoir la précaution de remuer le tout , afin que 
: beurre se distribue uniformément. On le couvre et on le 
gert, a^rès cinq à six minutes , sur la table. 

Au lieu de poulet, c'est quelquefois de la vi^mde de bou- 
cherie, comme le mouton découpé par petits morceaux, pour 
faire le pilaù. Il y entre souvent des pigeons et des cailles. 

i^ emploie également. le ris pour nourrir la volaille^ 
avec le^el elle engraisse parfaitement ; et soumis à la fer- 
mentati<m et à la &tillation , il fournit une liqueur spiritueuse 
appelée orraeK 

Quand te ris étoit à bon eomvrite , il servoit de base à des 
potages qui portoient sonaom. On n'a pas encore oublié les 
avantages qu'ont procurés aux pauvres les distributions de ris 
économique par les anciens curés des paroisses de Samt-Roch 
et 4e Sainte-Marguerite;, les anciens noms de ces pasteurs 
zélés sont inscrits à jamais dans les annales de la bienfaisance. 
Mais ce ris étoit (M^tôt une bouillie qu'une soupe, et sous la 
juremièce forme, les farinrox plus conceniréset moins délayés^ 



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RIS 3o9 

»r jsenlent une masse que les sucs digestifs ne peuvenf que dif- 
tacilemeiit pénétrer , dissoudre et cnanger en notre propre 
substance. Qu'arrive -t-il? elles séjournent peu dans Pestomac^ 
et sont pour ainsi dire précipitées par leur poids dans les en- 
trailles ) ce qui fait que l'appétit renaît bientôt arec plus d'é- 
nergie qu'auparatant. D'après ces observations « il convient 
de rendre cette préparation moins épaisse , de la rapprocher 
davantage de l'état de soupe ou de potage. On voit au mot 
Oege combien ces soupes , préparées en grand , peuvent se- 
conder la bienfaisance , soulager les îndigens , et diminuer 
en même temps la consommation du pain. 

Le ris a souvent servi de base à ces poudres nutritives i 
à ces bouillons portatifs proposés comme des secours utiles 
pour les temps de disette et dans les voyages delong cours. 

Mais si , d après l'observation de plusieurs auteurs de ré- 
putation ) l'homme a besoin de trouver, dans la nourriturCf 
du volume qui remplisse la grande capacité de son estomac, 
serve à en distendre les parois et agisse par son poids en 
manière de lest, de quel oeil doit-on envisager ces recettes 
de poudres alimentaires, achetées des sommes exorbitantes 
par le gouvernement, et vantées avec excès par leurs au- 
teurs, comme des ressources assurées dans tous les casP II 
en est de ces poudres comme de la plupart des spécifiques 
que nous vovons renouveler de temps en temps par des gens ^ 
à secrets : ils sont consignés dans nos plus anciens livres , et 
délaissés, parce que l'expérience éclairée de l'observation 
les a appréciés à leur juste valeur. 

Le ris^, dépouillé de toute partie corticale, peut être 
moulu entièrement sans résidu ; mais son état sec et dur 
jexige un mouillage préalable* Dans l'état de farine, il a 
la blancheur de l amidon , sans en avoir la finesse et le tou- 
cher ; délayé dans l'eau en même proportion que l'amidon 
du blé , il fait beaucoup moins d'empois. 

Sous forme de farine, le ris cuit avec l'eau, le lait elle 
bouillon , porte le nom impropre de crème de ris. C'est celui 
de la Caroline qu'on préfère pour cette préparation ; son 
usage est recommandé pour les malades et les convales-* 
cens. 

Pendant la révolution , on a souvent proposé aux diffé- 
rentes administrations de convertir le ris en farine , pour en 
délivrer une certaine quantité à chaque militaire, et te 
mettre en état , par ce moyen , de pourvoir à ses besoins 
imprévus pendant l'espace de dix à douze jours. Je me suis 
toujours opposé à cette proposition, persuadé qu'elle ne 
pouvoit devenir m moyen d'épargner sur les subsistatices et 
être utile aux soldats. £n effet , la facilité qu'a le ris de se 

\ 

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Jio .R I 3 

conserver et de supporter les plas loDgs trajets sans aranes ^ 
et à'exîzer peu d^apprêt ibrsquUl s'agît de le transformer eti 
comestible , sont des avantages connus, et doivent servir '3i 
démontrer que si le blé et les autres grains qui constituent 
la subsistance fondamentale de l'Europe , eussent réuni les 
mômes qualités, ses habitans n'auroient pas songé à les 
moudre ni à les panîser. 

En effet, pour moudre le ris, il faut une opération préa— 
lable, qui ajoute du poids sans augmenter Fetifet nutritif; on 
doit le mouiller comme ies grains des pays méridionaux. Une 
fois déformé , il est difficile de juger si le grain auparavant a 
été criblé et purgé de la poussière, àes pierrailles que les 
meules et les bluteauK confondent^ sans que les organes les 
plus exercés parviennent à les déceler. Je dirai plus, c'est 
que le grain pourroit être altéré avant d'avoir passé sous ies 
meules, et que dans Tétat de farine, il est impossible de s'en 
apercevoir. 

Tous les avantages sont donc pour le ris en grain , et ies 
inconvéniens pour la farine : que gagneroit le militaire à le 
porter sous cette dernière forme? Ne lui faudroit-il pas tou- 

Surs le concours de l'eau, du feu et des vases pour le cuire? 
'ailleurs , le ris à moitié crevé est une sorte de pain qu'on 
peutmangeravcc tout; enfariné, il n'a plus que F aspect d'une 
bouillie. 

Le ris en grain mérite donc la préférence , considéré sous 
tous lés rapports ; ce n'est absolument que dans des cas par- 
ticuliers qu on doit le réduire en farine , et cela, pour en 
préparer ce qu'on nomme la crème de ris, destinée aux mala- 
des , pour lesquels on ne sauroit trop chercher à varier le 
' goût et la forme des alimens qui constituent le régime. A ta 
vérité , nous n'opposons pas la même résistance contre une 
autre proposition faite paiement au gouvernement , savoir ; 
de substituer , dans les grands établissemens publics , l'orge 
mondé au ris. Cette proposition nous a paru, au contraire, 
présenter un degré d'utilité assez évident pour mériter une 
attention particulière. 

Dans rinde et en Amérique on fait, avec le ris, une boà- 
son fermentée , analogue à la bière. Elle porté le nom de 
sakki , au Japon. Celte même boisson , distillée , fournit une 
•au-de-vie d'un 'Jsage général dans les mêmes pays, et qu'on 
apporte mên;<; en Europe ; c'est, le Rac ou I'Ahraç. Voyez 
BiÈBF 1 \Eau-de-vie. (parm.) ' 

RIS. La petite Joubarbe à grain d'orge , en Languedoc. 

(dèsm.) 
RIS D'ALLEMAGNE. C'est TOrge à larges épis, r.ce 
mot. (b.) 



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RIS 3if 

RIS DU CANADA. Graines de la Zizanie clavellu- 

lEUSE. (B.) 

RISDUPÉROU. C'est le ^niitoa ou la graine d' une espèce 
d" Anseeine dont on fait usage an Pérou comme aliment.(B:) 
RIS SAUVAGE. C'est la petite Joubarbe, (desm.) 
RISAGON, CASSUMUNIAR, CASUMUNAR et 
RACINE DU BENGALE. On débite, sous ces noms, dans 
rinde , une racine jaunâtre , d^une saveur amère et aroma- 
tique , qui produit sur la langue une sensation analogue à 
celle que fait éprouver le camphre. Cette racine paisse pour 
très-stomachique , et s'administre ^ans l'apoplexie , la para^ 
lysle , les môuvemens convulsifs et les affections hystériques, 
liurmann fils (^Flor. ineL) rapporte le cassumunîar au gingem- 
bre (^amomum tinziber)^ ce qui n'est pas l'opinion des autres 
botanistes, et principalement de Roxburgh , qu^ considère 
les cassumunîar comme une espèce particulière qu'il a dé-^ 
crite et figurée vol. g, tab. 5 des Asiatk. Bêscarch, Il U 
nomme ûnziber cassumunar, Curtis en donne une figure , 
pi. i4a6 de son Boianical Magasine, (ln.) 

RISAYE. O41 adonné ce nom à la Zizanii^ des marais^ 

(OESlff.) 

RISIGALLUM. Wallerius et Gerhard ont ainsi désigné 
le Mercure sulfuré rouge, (ln.) 

RISIGALTUM. r.ftwWALLUM. (LN.) 

RISOLETA. Nom patois de I'Anémome bes Eors. 

(DESM.) 

RISOLITHE. V. Rhizouthe. (ln.) 

RISPEN. L'un des noms allemands de rAYOïifE tOLEtiB 
( Aoenafalua). RiSPENGRAS est aussi employé pour désigner 
les Paturiîis. (desm.) 

RISSOA , Rissêo. Genre de coquilles, établi par Fremîn« 
ville , et qui a été dévelonpé par Desmarest (nouveau Bulle- 
tin àe$ Sciences, par la Société philomathique). Ses caractè- 
res sont : coquille univalve , oblongue , ou turricuiée , plus 
souvent garnie de côtes saillantes, longitudinales ; ouverture 
entière, ovale, oblique^ sans canal à la base, sans dentelure ni 
plis , ayant ses deux bords réunis ou presque réunis , le droit 
renU^ et non réfléchi ; point d'ombilic 

Ce genre , voisin des Cyclostomes, renferme sept espè- 
ces, toutes vivantes dansla mer du golfe de Gènes, et plusieurs 
espèces fossiles nSn encore décrites. (B.) 

RISTE-PERLE. C'est la Daupuihelle des bois, Delpht-^ 
mum f^onsolida. (desm.) 

RISUM. L'un des noms latins donnés au Ris, Onzasaiwa^ 
Lina. (ln.) 



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>ia B I V 

RITBOK. Mammifèrtraminaiit jhi genre des A^n'iiopEs; 

BiTË; La Ca^e , femelle âa CAtvARn , en Languedoc* 

(UESM.) 

BITO. Nom languedocien <da Canard, (b^sm.) 

RlTftraSOK. r; RrTBoK. (DESM.) 

RITBQ ou RUTRO. Pianle tUéeparThéopfaraste, dont 
il dit trjès-peo de chose , et qne Ton croît avoir été une de 
nos çsp^ce6 d'EiCHiNOPES, ÏEckiHops ritro^ on une espèce 
yoisine. On trouve dans les auteurs ce nom ^ciit ainsi : JRi- 
irum , n4rum , rùhrum y filkros ^Xruêktum, (ln.) 

RITTERE , Butera. Genre de fiantes étaVK par Yahl , 
mais qui a été réuni aux SwAaTiçus par Willdenow. Il ne 
diflfère pas du PosMa£« ainsi que dn Tounaté d' Aublet. (b.) 

RlVAÇJiË. On donne ce nom, dans quelques catttonsy au 
Selin oes Bois et au Selik des Marais, (b.) 

RIVAGE, JT. Côtes, (pat.) 

RI VE& Nom qu'on donne,en Danphiné, k Tune des dem^ 
espèces de minerais, de fer carbonate , qu'on y trouve, (ln.) 

RIVIER PAARD ou CHEVAL DE RIVIÈRE. Le^ 
^poUaqdais appellent ainsi THippopotame. Voyez ce mot. 

(DESM.) 
^ RIVIERE. K Fleuve ^ Fontaine et Source, (pat.) 

RiyiNAouRFVINIA. Cegenr#, étabU par Plumier^ 
adopté ;par les botanistes et consacré à la mémoire dn célè^ ^ 
Ve botaniste Rivin, de Leipsiçk, ne doit point comprendre 
le piercea torm^rUosa de Miller , que presque tons les botanis- 
tes ont confondu avec le jwwa hundUs, Linn. Tournefortel 
Moench i^omi^oent ce genre soianoidts. V. Rivine. (ln.) 

RIVINE , BzQinuu Genre de plantes de la tétrandrie mo- 
i^ogynî^ et delà famille des cbénopodées^ qui oQire ponr ca- 
iractères : un calice persistant divisé en quatre parties; poin| 
de corolle ; quatre Oiju huit étamines ; on ovaire supérieur, 
surmonté d'un style simple ; une baie npoi^osperme , dont 1^ 
semence est ordinairement bérissée« 

Ce genre, aui^ dépens duquel Miller ayoît formé celui 
quHl a appelé Piercée , renferme des plantes à tiges frutes- 
centes , à feuilles alternes, entières » et à fleurs disposées eu 
^pis anilaires. On en compte six espèces , toutes prapres 
^ux parties chaudes de TAmérique , et do^t la plus intéres- 
sante à çonnoitre est la Rivike octanore , qui a Les grappes 
simples et les fleurs octandres , même quelquefois décan- 
dres. Ses fruits sont violets , très-recherchés par les oiseaux, 
^t passent à la Jamaïque pour excellens contre les indiges-^ 
^lons. On la cultive dans lies jardins de P^ris.. 



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R J U 3i3 

La Salvadore â tait partie de ce genre dans les anciennes 
éditions de Linnœas. 

Quatre espèces nouvelles de ce genre sont décrites dans 
)e bel ouvrage de 'MM. Htmiboldt , Bonplànd «t Kunth sur 
les plantes de l'Amérique méridionale. (B.) 

RI VULAIRE, Rhularia, Genre de plantes cryptogamest 
établi par ft<yfh , itatermédiatre entre les Trémelles et les 
CoT^FERYEs. Il renferme une douzaine d'espèces composées 
d'une membrane cartilagineuse ^ couverte d'un enduit gela* 
tinenx, divisées en lobes de diverses formes, qui se trouvent 
dans les eaux stagnantes, attachées aux pierres ou aux végé- 
taux morts qui s'y trouvent. On peut les considérer comme 
des confervea , enduites d'une matière mucîlàgiileu$e ; et en 
effet , toutes les espèces anciennement connues , ont été 

5 lacées parmi ces dernières , jfar les botanistes. On doit lui 
onner pour type la Conferve GÉLATINEUSE de Linn.,et 
la CONFEi^VE mcRASSANTE , que j'ai décrite et figurée , pi. n 
4u RuUetin des Sciences par la Société philomatbique. An 
reste , tout ce que j'ai dit de général aux mots Conferve , 
Trémelle , Batrachosperme, OsciitAiRE et Vlvï; , con- 
vient aux RlVULAIRES. (b.) 

RIVURALES. Denys'de-Montfort appelle ainsi les co- 
quilles des mollusques qui habitent les plages , les rives de^ 
^a mer et des rivières. (DESH.) 

RIZ. V, Ris. (desm.) 

RIZO A , Blzoa, Plante de Cfailoé , à tige tétragone , k 
feuilles opposées, ovales, dentées, vertes en dessus, glau-- 
quesen dessous, et très-peupétîolées; à fleurs rougeâtres, 
disposées en panicules dichotomes dans les aisselles des. 
feuilles, laquelle forme , selon Cavanilles, un genre dans la^ 
dîdynamîe gymnospermie. 

Ce genre offre pour caractères : un calice tubuleux,; 
strié , à cinq dents et persistant; une corolle tubnlée, bila- 
}>iée , à tube s'élargissant au sommet , à lèvre supérieure 
frifide , et à ^èvre inférieure bifide ; quatre étamines , dont 
deux plus courtes ; un ovaire supérieur, quadrifide , à style 
plus long que le tube, et à stigmate bifide; quatre semences 
ovales , unies , placées au fond du calice, (b.) 

RIZO LE. F. Oryzopsis. (b.) 

RIZOLITHE. V. Rhizolithes. (ln.) 

R1ZOPH0RA. Manière vicieusç d'écrire le iiom latin 
des Rhizophores. V. ce mot. (ln.) ^ 

RJOÏSJO. Nom qu'on donne, au Japon , à une espèce 
de BlG-sov\E {BfgnoniagraTuMora^ Th.)» selon Kœrapfen (ï*N.). 

R.IDNOFIGE et MONDO. Noms japonais d'une e&^ 
pèçe de Muguet ( Qmçaiiaria Japomcq^ h* )• (^^^l 



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3i4 R O B 

ROA.r. Rhoa.(i,h.) 

ROAN TRES. C'est,en anglais^le Sorbier des oiseauXi 
Soiius aucuparia. (desm.) 
ROÂZ. rfom portugais da Marsouin, Ddphinus phocœna.* 

(OESM.) 

ROB. Nom des Phoques, en hollandais, (desm.) 
ROBAI et ABAI. Selon Kaempfer , on nomme ainsi , an 
Jfapon , le Cafycanûius pracox. (ln.) 
ROBBIA. Nom italien de la Garance, (desm.) 
ROBBE, ROBBEKEN. Noms Mlandais da Lapin. 

(desm.) 
ROBE (^vénerie). C'est la couleur du poil d'un cfUen. (s.) 
ROBE {conchyliologie). Partie extérieure, surface d'une 
coquilIe.La robe dé beaucoup de porcelaines est colorée; celle 
des OTules est blanche; Deny^-de-MonlJort. V. Drap marin. 

(desm.) 
ROBE BIGARRÉE. Nom vulgaire d'une coquille appe- 
lée VoliUa armbiumMT Linnxns. (OESM.) 

ROBE DE PERSK C'est une coquille du genre Rocher 
de Linnseus , murex trapezium. (desm.) 

ROBE PERSIENNE. C'est le nom vulgaire d'un Côni;, 
Conus regius. (desm.) 
ROBERGIE , Robergia. Synonyme de Rourée. (b.) 
ROBERT LE DIABLE. Nom d'un insecte de Tordre 
des lépidoptères. V. Vanesse. (l.) 

ROJBERTIA. Genre, établi par Scopoli, pour placer le 
Siâeroc^lon decandrwn de Linnaeus , arbre de L'Amérique sep- 
tentrionale 9 qui ressemble beaucoup au Sideroxylon fycioïdes^ 
également mat placé dans ce genre, devant être porté avec les 
bumeKa y à cause de son fruit qui , selon Wangenheim , est 
un drupe sec et monosperme. Le roberiia présente àt& fleurs 
a dix étamines au lieu de cinq , et une baie de trois à cinq 
loges; mais ces caractères sont de trop peu de valeur, puis- 
qu il n'y a pas une seule espèce du genre Sideroxylon qui ne 

Eésente des différences, et quelquefois les mêmes. Aussi , 
Çenre Boberlia de Scopoli n'a pas été adopttpar les bo* 
tanistes. V. SiD£;RorïLON. (ln.) 

ROBERTIE, Bobertia. Genre éubli par Mcrat, nou- 
velle Flore des environs de Paris, pour placer THellebore 
d'hiver; il avoit déjà été établi sous les noms de Koelle et 
d'ÊRANTHE. Ses caractères sont : calice nul; corolle caduque 
de six ou huit pétales insérés isur un involucre multifide ; six 
à huit necniires tubulés à deux lèvres; six à huit capsules, 
oblonfiues» pédiculées, terminées par les styles persistans.(B.l 

ROBERTIE , Robertia. Genre éubli par Richard , aux 
dépens des Sérioles. Il offre pour caractères : un involucre 



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R O B 3iS 

composé d^an.seol rang de folioles éeales ; le^ graines tontes 
couronnées d'une aigrette sessile , jifameose , à poils légère- 
ment membraneax à la base ; le réceptacle couvert d^écailles. 
Les 4eux espèces qui composent ce genre sont naturelles 
à la Corse. (B/) 
ROBET. Cfoquille du genre Pétoncle, (b.) 
R()B'IN. Nom sous lequel l^grwe erratique est connue dans 
les Etats-Unis ; on Vy nomme eneore red bird^ red breast , 
d'après la couleur rouge de sa poitrine. V. Tarlicle Grive au 
mot Merle, (v.) 
ROBINE. Nomd'une variétéde Poire. V. cemot.(DESM.) 
ROBINET. La Lychmoe dioïque porte ce nom dans 
quelques lieux. (B.) 
ROBINET DÉCHIRÉ. Nom vulgaire de la Ltcwide 

FLEUR HE coucou. (B.) . 

ROBINIA. Linnseus a consacré ce genre de plantes à U 
mémoire de Jean Robin , professeur de botanique à Paris « 
au commencement du dix-septième siècle. Le Pseudo-acacia 
de Tournefort est le même genre. Linnxus y avoit réuni le 
Caragana de Royen, que Lamarck, Jussieu et plusieurs bo- 
tanistes , en séparent de nouveau. Le Pongamia de Vente nat 
a pour type le Robinia mùis , L. ; c'est le Gadelupa indica f 
Lamk. , et le Daibergia arborea , Willd. On porte à j^résent 
dans le genre'Padla/^na , ^ Robinia subdecandra , Lhérit./qui 
. est le Sophora aurea ^ Ait., figuré par Lamarck, pi. 3i6, f. i» 
de ses Illustrations botaniques, comme un exemple du genre 

Firgiiia. V, RoBlNIER et PONGAME. (LN.) 

ROBINIER, Robinia. Genre de plantes de la diadelphie 
décandrie et de la famille àts légumineuses , dont les carac-< 
tères consistent: en un calice petit, campanulé,à limbe presque 
entier ou obscurément qnadrilobé ; en une corolle papiIiona« 
cée; en dix étamines , dont neuf réunies dans une partie de 
leur longueur ; en un ovaire à stigmate velu antérieurement ;" 
en un légume oblong , comprimé y polysperme , à semences 
comprimées, 

' Ce genre renferme des arbres et des arbrisseaux à folioles 
ailées , avec ou sans impaire , articulées sur le pétiole com- 
mun, à pédoncules axillaires et terminaux, tantôt portant im 
grand nombre de fleurs disposées en grappes ou en thyrses « 
tantôt pauciflores. On en compte une quinzaine d'espèces ^ 
dont trois , originaires dé rAmérique septentrionale , et 
connues des jardiniers sous le nom de faux ÂCAaA, ont été 
mentionnées an mot AcÂciA. 

Une autre , le Kobinia amer , a les grappes de fleurs fort 
longues , les pédoncules temés , les feuilles ^ cinq paires de 
folioles et la tige sans épines. 11 croit à la Chine et à la Co- 



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3i6 R O B 

ehin chine. C'est un arbrisseau riont toutes les parties , et 
surtout les racines , sont amères. On les ordonne dans le flux 
de ventre , la foîblesse de l'estomac , les obstructions du mé- 
sentère et de ïaL matrice , répaîssissement de la lymphe, soh 
en pilules , soit en décocti<>n dans des Ijqueurs acides. 

Parmi les autres espèces , il faut pVinclpalement distinguer 
le BoBiNiA CARAGAN , qui doit être , selon Lamarck, le type 
d'un genre particulier, puisqu'il n'a pas, comme les robiniers 
cités plus haut , les stigmates velus , les fruits comprimés et 
les feuilles pinnées avec impaire. Son port d'ailleurs est fort 
diffiérent. V, au mot Garagan. 

Le RoBiiïiER BOfS JAUNE est encore une espèce dont Tas* 

pect est. fort différent de celui an faux acacia et du caragan. 

C'est un grand arbre dont les feuilles ont le pétiole renflé à 

sa base et recouvrant le bouton qui doit se développer l'année 

suivante^ et sept folioles fort larges; ses fleurs et ses fruits, que 

j'ai examinés , ne présentent point de différences suffisantes 

1 robiniers; cependant les pépiniéristes l'ont 

Ti qui appartient à un autre genre. On doit 

IX fils , qui m'en a envoyé des graines en 

lique. Dans son pays natal, l'Amérique 

emploie son bois li teindre en jaune. 

>n du robinier bois Jaune ne sera pas facile 

tant qu'il n'y doflnera pas de graine. Il ne 

lure ni de marcottes , et sa greffe sur le 

4 ne réussit pas toujours. 

Le Robinier chanvre croît dans l'Inde , où on emploie 

$es fibres corticales à faire des cordes et des filets de pêche , 

au dire de Barrow. 

Le KoBiNiER A GRANDES FLEURS s'appelle agalhy , et le 
feoBiNïER ÇANOCOCO porte le nom de bois de fer dans leur pays 
palal. (b.) 
ROBINSON. V. TouRouLiER. (b.) 
ROBINSONIA. C'est aîasi que Scopofi, Schreber et 
"Willdenow ont nommé le cenre iourouUa d' Aublet» fpodé sur 
un grand arbre qui croît à la Guyane, (ln.) 

ROBLÈ ou CARBALLO. Le Chêne roure porte ces 
noms dans les Pyrénées orientales. Le premier dérive da 
jatîn , robur, V. ce tnot.XJLJî-) 
ROBLt ou ROBRE. Noms portugais du Chêne roure, 

(desm.) 
ROBLOT. On donne ce nom aux petits des scombres ma" 
yu^eozia;. F. ScoMBRE- (b.) 
TROBOLO. C'est un Brochbt , Esox chilensis de Molina. 

(DESM.) 

ROBRE. Synonyme de Roure. V. Chêne, (b.) 



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ROC 3i7 

ROBULE, Rohubis, Genre de coquilles établi par Denys^ 
de^-Montfort. Ses caractères sont: coquille libre, unij^alre y 
cloisonnée, en disque , contournée en spirale , mamelonnée 
sur les deux centres ; le dernier tour de spire renfermant tou$ 
les autres ; dos caréné et ancré ; ouverture triangulaire recou- 
re rte par un diaphrafi;me,ctrecevanty dans son milieu, le retour 
de la spire percée à Tangle extérieur d'une rimule pyriforme ; 
cloisons unies. 

La seule espèce qui constitue ce genre se trouve ^ssile 
en Toscane. Sa largeur ne surpasse pas une ligne^ (B.) 

ROBUR. Espèce de chêne, mejationnée par Plîno. F. à 
Tartlcle Quergus. Clusius, dans son Histoire générale des 
plantes décrit sous ce nom , six à sept espèces ou variétés de 
chênes; mais le» botanistes ne le idoainent exclusivement qu'à 
Hue seule espèce iquercus rohur^ W;) , laquelle est vulgaire- 
ment appelée Chêne rôure. V. Cbêne. (ln;) 

ROC. N^m qui vient du mot persan rhoc^ et signifie héros, 
sous lequel les anciens naturalistes ont réuni tons les vaufoors,* 
et que Marco-Polo a appliqué à un aigle idéal de Madagas-* 
car. V. AioCe R0C. (v.) 

ROC, Ott ertterid, p^r ce noiii, nttc portion dé rocht?, peu 
importe son volume, qui se trouve saillante et élevéd au-des- 
sus du terrain environnant. On rapplique atissi, et d'une ma- 
nière générale, à tonte pierre duire dîme matière queicotique,^ 
et qui résiste plus ou mojins au choc des inst^uniens; des mi- 
neurs. Il est quelquefois synonyitie de roche, surtout dan* la. 
dernière des deux accepti6nis que nous venons d'en donner* 
F. Roche.Xln.) 

ROC NOIR , ROCHE NOIRE. On a désigné souvent 
les basaltes et les trapp par ces deuxionis également appli<ïnés 
h des roches de SERPEOTmE..(LTsr -^ 

ROC TORDU. Certaines i 
présentent, dans leurs replis, de 
on pourroit les obtenir en pliai 
mous feuilletés. Ces roches port 
plus remarquables sont des, roi 
amphiboliques. Lés Alpes du I) 
du Tyrol, en offrent de fréquei 

ROCAIREUL. Un 4e^ noms: du Guipiw^ » Piémont^ 

ROCAMBOLE, AIL ROCAMBOLE , Alt p'ES- 

pAGNE, AlUum sconuhprastmt^ Linn. Espèce d>4 de la 
section de ceujç qui ont les feuilles de la tige apUues^ et 
dont ie« ombelles produisent des bulbes. La rocanâbole vient 
spontanément en AUemagaa et daiw le midi de U^|:a»ce- 

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3i8 ROC 

On la cultive dans les jardins , de la même manière à peu 
' près %ue Tail. Sa tige, qui sort da milieu des feuilles, est éle- 
vée d'environ deux pieds ; vers le haut, elle se replie en spi- 
rale avant la maturité des bulbes de Tombelle. Ces bulbes 
sont presque ronds et de la grosseur d'un pois. On peut 
multiplier la plante par eux on par ses càïeux. des propriétés 
sont les mêmes que celles de l'ail. V, ce mot. (d.) 

ROGAME, Rocama. Genre de plantes établi par Forskaël. 
Il a pour caractères : un calice monophylle, corniculé $ point 
de corolle; cinq étamines; deux pistik; une capsule à deux 
loges et à iewL semences. 

Ce genre se rapproche tant des Taianthèmes, qu'on peat 
l'y réunir sans inconvénient, (b.) 

ROC AR. Nom que M. Levaillant a imposé k un merie du 
Cap de Ronne - Espérance , parce qu'il se tient sur les ro«-' 
chers. F. l'article Merle, (v.) 

ROCCELLA. Cardan (^De var. rer., liv. vi) donne ce 
nom à une espèce de Gaos£iixi£a épiiveux, Rièeswa cnspa^ 
L- (lw.) . ^ , 

ROCCELLE, Roccelia. Genre de Lichen établi pour Tes^ 
pèce de ce nom et quelques antres. Ses caractères sont : tiges 
cylindriques^ allongées, point fistuleuses, quelquefois un pea. 
comprimées, pulvérulentes, coriaces ; des scutules hémisphé- 
riques , sessiles , entières ; des paquets épars de poussière 
blanche. V. l'article ObseiIiLE. (b.) 

ROCCELLA, ORICELLO , ORCELLA. Noms Ua^ 
iiens du Lichen oeseille. (desm.) 

• ROCH. En hollandais, les Raies, (desm.) ^. 
ROCHAU. Nom vulgaire du Spare clavière. (b.) 
ROCHE. Plusieurs minéralogistes français ont borné la 

signification de ce mot à la désignation des masses formées 
par la réunion de minéraux de différentes espèces, et même 
seulement de celles de ces masses qui paroissent produites 
par cristallisation confuse, et qui, placées au-dessous de tou- 
tes les autres^ constituent ce que les géologues nomment les 
Urrains primordiaux ou primitifs. 

* Mais dans la minéralogie allemande , on désigne par le 
mot gehirgsart ( mot qui , littéralement , signifie espèce de 
montagne^ et ^ui correspond seul aux mots roche et terrain des' 
minéralogistes français) , toutes les substances minérales* 
simples ou composées , cristallisées ou non , anciennes ou 
modernes, quî constituent de jerandes masses dans la cpm- 
position de l'écorce du globe. Cette signification est mainte- 
nant assez généralement adoptée ; nous la suivrons ^ et nous 
désignerons en conséquence , par le mot Roche, toutes lés 
masses TfsànitzUs^ quelle que soit leur nature, qui tonsti-* ' 



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ROC 3i9 

M^CBi des ierraùts^ ou qni , sevAtmeni subordonnées à éPaxitns ter * 
rams^ sont cependant »ssez4tendaes pour mériter d'être re- 
gardées comme entrant dans la structure de la terre. 

Ainsi, le granité , le porphyre,' le schiste, le grès^ le 
poudingue , le calcaire , la houille , le gypse , le sel gemme , 
etc. , qui constituent des grandes masses minérales , sont des 
rodhes et doivent être classés et étudiés comme tels. 

Mais de quelle manière ces roches doivent-elles être clas- 
•ées ? Sous quel point de vue doivent-belles être étudiées f A 
cet égard deux opinions très-différentes partagent les natu- 
ralistes. 

Pour faire comprendre ces opinions, il est nécessaire de 
placer ici deux observations préliminaires. 

i.« Toute masse minérale peut être étudiée sous deux 
points de vue principaux : dans run, on considère la nature 
de cette masse, le mode d'agrégation des molécules ou àe$ 
substances qui la composent ; ses caractères extérieurs, ses 
propriétés physiques et chimiques ; cette étude a pour objet 
la partie de Tnlstoire des minéraux que les Allemands nom- 
ment oi7cto^iioMe(connoissance des minéraux), et à laquelle 
ïts Françab ont appliij^ué spécialement le mot jgénéral de 
minéralogie. Sous le second point de vue , on étudie , dans les 
masses minérales, leur disposition considérée seulement en 
grand, et Içurs rapports^ de position entre elles et avec le$ 
autres minéraux, dans le' but de reconnaître le râle que ces 
niasses jouent dans la structure de Técorce du globe terres^ 
ire ; connoissance qui fait Pobjet de la partie de la science 
minéralogique nommée géognosie ou géologie, ( V* ces dçux 
mots.) 

^.'^ Panni les masses minérales que nous désignons $on§ 
le nom de rackes , les unes sont homogènes, c'est-à-dire^ 
qu'elles paroissent ^ompqsées d'une seule espèce minérale; 
. -oix les nomme roches simples ; les autres sont hétérogènes y 
c'est-^dire, formées parla réunion constante de plusieurs 
minéraux différens ; on leur donne le nom de roches méHangées. 
Quelquefois, cette Réunion n'est pas visible à l'œil nu, el 
la rodie parott homogène , quoique plusieurs espèces dis* 
tinctes de minéraux ^soient réunies dans sa composition* . 

C'eçt relativement à l'application des : deu9( purti es de U 
première obaervatiou aux deux divisions 4e la seconde 9 que 
\^s. naturalistes ditfèrem d'<|Mui<«U4 l'es un« pe««ciit qu'oa 
doit éiudieir sons les deux points de vue seulement! Jès to« 
iii!t% homogènes^ ^^ V'^ ^^^ rpches hétérogènes ne doilrent 
^•étre coftsi^rées que .da^s leurs rapp#rUgiéo9|iosiiip«e^$ les 
autres croient «ue l'Aude el 4a çla^si&oatioa ory.ctognQHi^ 



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Sid ROC 

(fuie et toutes les éeiasscs minéi^ales .smt nécessaires ^ ptéiîsf 
HÛnairemeiit à Tëtude de là géognosie.' 

On voit (pie la divergence de ces deux manières de pensée 
n'a trait qu,^ aux. roches méUugées; etf en effet, les minéraux 
simples sont étudiés , comme espèces^ sous tous leurs rap* 

Îorts oryctpgnostiques , dansF^ryctogoosie proprement dite* 
!eux de ççs minéraux cpii fonment des, roches ne doivent 
doue être étudiés, comovâ roçbçsy que relativement à leur 
gisement et à leurs rapports de .position .avec les autres 
masses mii^^rales ; mais c^est 4 ce dernier point ^e vue que 
plusieurs naturalistes veulent liornér toute rélude dés masses 
minérales hétérogènes. . 

Cette conâéquelace découle naturellement âes principes 
adoptés aujoiicd'hûî par lés miné^ralogUtes allemands. Avant 
M. Wèri^er, piftiïégli^oit j^résqué enHîèrei^iit l'obserVa- 
fion dû gisenrent dès roch'êSy et Ton se bornoit âi peu brès 
À étudier là composition et la structure dés mass^ minéra- 
les, simples ou composées. L'iHustre mineur saxotr a, le pre- 
mier, fait sentir (Jue la théorie de la formafion du globe ter- 
restre 9 dont on ne s'étoit occupé jusqu^alors que d^une ma- 
iiièrieàpiÊu près spéculative , né pourroît acquérir quelque 
^eré de vraisemblance, qu^aiitant qu'elle seroit basée sur 
TèbserVation des faits que nous présente la surface du gldbe ; 
^àù Heu de prétendre connôître et déierminer, àpriort, la 
conchision du livre de la nature, itfaflloit s'occuper d'abord i 
éft déchiffrer les premières pages. M. Wetner a appris à 
lire ces premières pages, en appren^aut à observer la dlspo- 
s^ion dés masses minérales qiii comtposènt les Avers tei'- 
fkiûs ; en indiquant les conséquetieeS que Ton poovoit tli'elr , 
de ses observations, pour déterminer ^ancienneté relative 
ê«4ë mod^ de formation pi'obabiè àts êSfBêreni^ roches^ 
âl'^ fait voir que cet ordi^e ctbb'serirations étoit bleWptus ii*i- 
t^irtantquë celui qui avbîll pour but' ^* ^ebonnoîtlrll ta com^^ 
position précise dé toutes^les masses minérales mélafngées, et 
dette impoirtance lui a pat^u telle , qn'il a cru devoir poser 
éé ptincîpe que les roches iïe dievôîeïil être étudiées que re^- 
l^tîi^emîerit'à leur gî^eitiéfat^, e^ dassées que d- après Tordre 
^ànétennefé que ce gisement' hidîquepout* elles. L'opmioa 
de Ml Wérner a été dtàtrpféé par presque tous *es^ nombreux 
<Ièvies, et: la plupart d^sim;kiéÉi|b^ts«es^aU<éttfdAdb^TdJ€4[tent 
poptr les l'oehes hétéro|èliesy t<)We #spècé de «iaasificatîoa qi^ 
Wevt pas nniquement topêée s# desCdOnsidéi^ohsgéognoa- 
tique»; Uâ Vappuient ptintipaÏM^É^kpr lesnnotifs suvans: 
1' iifikit étndier les minéï^Bk'^nipllil^^n^ leur ^turtore in»- 
tafae^ H dans toutes lei9<s prcipriéfé^-, MrcU'qiye cHte na*- 
ttire tftc^$ (iropriétés soât il j^u pi-è/ invariables | oaao 



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R OC 321 

moins se rattactient à des types fixes et déterminés auxquels 
on peut toujours les ramener. Ce sont ces minéraux qui, par 
leurs mélanges, leur réunion deux à deux, trois à trois, etc., 
forment toutes les masses minérales hétérogènes; mais celles- 
ci ne présentent plus, dans leur composition et leurs carac- 
tères, la fixité qui permettroit de les classer sous ce rapport; 
Le nombre connu des mélanges opérés par la nature esttrès- 
grand; le nombre des mélanges non encore rencontrés est 
sans doute plus urand encore. Tous ces mélanges passent 
d'ailleurs les uns am autres par le changement de propor* 
tion de leurs principes, l'addition de quelque principe nou* 
reau^ ou la disparition de l^un de ceux qui ailleurs etitroien£ « 
dans la composition de la roche: en s'attachant à cette étude^ 
op risque d'employer beaucoup de temps et de soins , pour 
déterminer une roche qui n^existe que dans une seule loca^» 
litéy et pour ainsi dire par hasardl De quelle manière Tétude 
des roches eM-elle donc utile ou importante P dans Tobser-* 
vation dn rôle qu'elles jouent dans la composition des ter^ 
rains, c'est-à-dire de leurs circonstances de gisement; etl'i^^ 
dentité reconnue de ces circonstances dans les diverses 
localités f doit faire classer ensemble les niasses minérales 
qui la présentent, lors même que la composition de ces 
masses présenteroit des différences plu^ ou moins grandesJ 
l4e nom allemand ^«^'il^^orf , nom donné par les mineurs, qui 
ont été en Allemagne les premiers minéralogbtes , signifie 
littéralement espèce de montagne^ ou plutôt espèce de terrain 
ou de rocher; car, pour le mineur, tout esigebirge^ aussitôt 
qu'il péxjtètre aurdessous de la surface de la terre , soit qu'il 
travaUle dans une montagne, ou dans une plaine , ou mJmtt 
sous la mer , comme au Cap-Lézard et à Whitebaven. Au« 
trefois Les mineurs ne connoissoient que deux 'espèces de 
gebirge qu'ils nommoieni noble ou stérile, selon qu'elfe renfer- 
moit ou non le minéral utile, objet de leurs travaux. Depuis^* 
lesgebirge stériles ont été divisés par eux, en schiste^ vake^ 
gneiss , quan , etc. ; ces divisions sont devenues celles des 
minéralogistes qui les ont déterminées d'une manière plus 
précbe, et ensuite subdivisées ; mais jamais un nouveau nom 
n'a été fait par le mineur, jamais uùe nouvelle espèce de 
gebirge {gebirgsari ) n'a été indiquée par lui , pour une roche 
qu'il a rencontrée par hasard ou formant une couche isolée 
et unique : il ne donnoit de noms différens qu'aux roches 
qui , répandues généralement , lui nécessitoient , quand il les 
rencontroit , un nouveau mode de travail. 

Il en est de même pour le géognoste, dit M. de Buch (i)« 

(i) Magasin de la Société des Naturalistes de Berlin ^ année z8io. 
Mémoire surle gaâiro ( eupboUcle des minéralogistes français). 



XXIX. 21 



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2ii^ ROC 

Toat ce qui compose la masse isolide da globe , jusqu^auk 
plus grandes profondeurs où nous pouvons atteindre , est , 
pour nous , gebirge , et^ les espèces de gebirge^ c^est-à-dire les 
mches (jgebirgsarten)^ doivent être seulement les parties de cette 
masse solide qui méritent d'être considérées comme telles, 
.parce qu'elles s'étendent dans un eàpace de terrain considé- 
rable. Dans cette manière de concevoir les roches, manière 
:^ui n'est rien moins que nouvelle , il n'entre aucune idée qui 
JSLÏt rapport k la composition intime des masses que l'on con- 
•sidère. U est donc impossible , ou contraire à la raison ", de 
-classer les roches d'après cette composition ^ et de les déter- 
, jniner d'après des échantillons de caÂinet. M* deBuch, pour 
appuyer son idée et la rendre plus sensible , fait usage de la 
comparaison suivante. S'il s'agit de numéroter les maisons 
^'une rue, on ne s'inquiétera pas àes matériaux dont chaque 
maison est bâtie : et que diroit-on de celui qui donnerolt deux 
numéros à la même maison , parce que la moitié serolt cons- 
truite en grès et l'autre moitié en marbre , ou de celui qui , 
classant ces maisons d'après leurs couleurs et les nuances de 
ces couleurs, donnerolt le même numéro h toutes celles qui 
seiroient colorées de la même teinte.'* Telle perspicacité qu'on 
%ût pu mettre dans la distinction de toutes ces teintes , ce 
numérotage n'en seroit pas moins mauvais. U en est de toutes 
les classifications de roches , qui ne sont pas fondées sur la 
manière dont elles se suivent dans l'ordre d'ancienneté, 
* comme de tous les numérotages de maisons , qui ne seroient 
pas fondés sur leur suite l'une à côté de l'autre. 

Quelque fondés en raison que puissent paroître ces 
motI&, la plus grande partie des minéralogistes français pro- 
fessent encore l'opinion différente, que nous croyons devoir 
adopter , et qui a été particulièrement développée dans un 
mémoire de M. Brongniart, inséré dans le n.» 199 du Jour- 
nal des mines. Ces minéralogistes sont loin de nier l'impor- 
tance de l'étude du gisement des roches ; ils regardent même 
cette étude et l'espèce de classification à laquelle elle con- 
duit,comme beaucoup plus intéressantes que tousles résultats 
de l'étude de la nature et de la disposition en petit des roches 
mélangées ; malsik font remarquer que cette observation des 
rapports d'ancienneté àes masses minérales, appartient à la 
géognosie pure ; qu'elle conduit à ranger les roches dans l'or- 
dre convenable à cette partie de l'histoire naturelle du globe, 
mais non à les classer véritablement , soit pour apprendre i 
les reconnoître , soit pour faire ressortir leurs rapports in- 
times , rapports qui doivent aussi exciter l'intérêt des natu- 
ralistes. Ils pensent, qu'avant d'en venir à s^occuper du gise- 
ment des grandes masses minérales , il est convenable; lors* 



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ROC 3,3 

qu'on a étudié k$ minéraux simples, d'étudier aussi ceux des 
mélanges de ces minéraux qui se présentent constamment'les 
mêmes , et jouent un rôle important dans la structure de 
Técorce du globe. On ne peut, en effet, s'empécber de re^ 
garder comme très-remarquable que , dans le nombre im- 
mense des résultats que pourroit produire le mélange deux à 
deux, trois à trois ^ quatre à quatre, de toutes les espèces 
minérales connues, la nature nous présente un si pe- 
tit nombre de ces mélanges , comme se retrouvant les 
mêmes et dans les mêmes circonstances sur les points les 
plus éloignés les uns des autres. Il paroit impossible de ne 
pas penser qu'une cause puissante a opéré cette constance 
dacis l'agglomération de certains minéraux, lors de la forma- 
tion de la surface de la terre ; et ces réunions, qui s'offrent 
ainsi partout les mêmes, deviennent pour nous des êtres aussi 
intéressans à étudier, sous tous les rapports, que le sont les 
minéraux simples qui, à eux seuls, constituent des masses 
minérales étendues. U est bien certain que, dans cette élude, 
on ne doit pas comprendre les roches qui , n'ayant été ren- 
contrées que dans une seule localité, peuvent être regardées 
comme des mélanges fortuits bien diftérens de ces mélanges 
constans dont nous parlons ; mais le naturaliste expérimenté 
saura facilement distinguer les uns des autres ; et conformé- 
ment à la définition que nous avons donnée au commence^ 
ment de cet article, il ne classera comme roches mélangées que 
ceux des mélanges qui jouent un rôle véritable dans la struc- 
ture de la terre, de même qu'il ne considérera comme roches 
simples que celles des espèces minérales qui sont dans le même 
cas. 

En prétendant ne classer les roches que d'après leur gise- 
ment^ on se met dans le cas de désigner successivement des 
roches simples et des roches mélangées; les unes ont déjà été 
définies et étudiées dans l'oryctognosie, les autres se présen- 
tent pour la première fois; il faut donc faire connoitre celles- 
ci, en donner une description quelconque ', ce qu'on ne fait 
point pour les premières» et ce qui introduit une bigarrure 
choquante dans la classification. De plus, certaines roches 
se présentent à plusieurs reprises dans l'ordre des formations, 
quelquefois avec des différences oryctognostiques assez cons- 
tantes pour chaque formation, quelquefois, au contraire, avec 
une nature toujours analogue. Dans iF premier cas, décrira- 
t-on toutes les variétés de la roche, la première fois qu'il en 
sera question , en anticipant sur ce qui doit ne se présenter 
que j^lus tard; ou ne parlera-t-on des diverses variétés qu'à 
mesure qu'elles paroitrontgéognostiquement, et divisera-t-on 
• ainsi L'histoire d'une même roche en plusieurs chapitres éloi* 



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3a4 ROC 

gnés les uns des autres ? Dans le second cas ; comment dési- 

Eiera-t-on laroche déjà décrite , lorsqu'elle se représentera? 
ui donnera-t-on un nom différent du premier, parce qu'elle 
appartient à une formation moins ancienne 9 et quoiqu'elle 
soit identiquement la même FDonnera-t-on, au contraire^ le 
même nom à des roches très-différentes , parcls qu'elles se 
trouvent ensemble ? Il le faudroit pour être conséquent au 
principe que l'on auroit posé ; mais alors comment un roya- 
geurtobsenrant une contrée nouvelle, désignera-t-il une roche 
déjà connue, qui lui paroîtra présetiter de nouvelles cir- 
constances de gisement ? Comment fera-t-il connoitre , au 
contraire, qu'il a rencontré, dans une formation déjà déter- 
minée, des roches qui n'y avoient pas encore été reconnues? 
sous quel nom les indiquera-t-il ? Enfin, comment désignera- 
t-il une roche qu'il aura observée dans des circonstances 
de gisement assez* peu évidentes pour ne pas lui permettre 
d'avoir une opinion certaine sur sa position relative ? Ce cas 
se présente bien souvent dans les voyages géognostiques ; et, 
en général , la géognosie est une science si nouvelle , si peu 
avancée , la généralité des faits connus jusqu'ici est même si 
peucertaine , les observateurs peuvent si facilement se trom- 
per aussitôt qu'ils veulent classer leurs observations d'après 
des idées systématiques ^ que si la dénomination des roches 
étoit fondée uniquement sur la place géogùostique qu'on 
croiroit leur avoir reconnue, il n'y auroit bientôt plus dans la 
science qu^une confusion extrême qui àugmenteroit toujours. 

Ces inconvéniens sont si réels et si frappans, que les natu- 
ralistes allemands eux-mêmes, qui professent l'opinion con- 
traire, emploient journellement des dénominations fondées 
sur la nature des roches. M. de Buch a observé^ en Norwége, 
de la syénite et du granité au-dessus du calcaire coquillier^ 
M.Schultze a observé des porphyres dans le terrain houiller 
de la Silésie, et cependant ils n'ont point désigné ces roches 
par le nom des terrains modernes auxqueb ils les ont trou- 
vées associées ; ils leur ont conservé les noms de granité, de 
syénite, de porphyre, sous lesquels on désigne, dans les ter- 
rains beaucoup plus anciens , d'autres r6ches qui ne sont 
identiques aux premières que par leur composition. Le cal- 
caire, le gypse, portent le même nom dans tontes les forma-» 
tions où on les rencontre : pourquoi donc n'en seroit-il pas 
de même des autresYoches ? Pourquoi désigneroit - on par 
des noms différens ce qui est la même chose, ou par le même 
nom, des substances qui ne se ressemblent pas ! 

Tous ces embarras, toutes ces difficultés disparoissent, si, 
après avoir étudié les espèces minérales dans l'oryctognosie, 
on étudie aussi) sous le rapport oryctognostique» les mélanges 



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ROC 3*5 

constans que présente la nature dans la formation des masses 
minérales t si on classe ces mélanges en donnant à chacun 
d'eux un nom particulier ^ nom sous lequel on le désignera 
toujours ensuite, quand on le rencontrera dans telle position 
géognostique que ce soit , mais en indiquant alors soigoeu- 
sement la position dans laquelle on Taura observé. 

Nous ferons remarquer maintenant, pour répondre aux der« 
niersraisonnemens invoqués en faveur de Topinion contraire , 
que Torigine du mot sllemànà gebirgrsart , tiré du langage des 
mineurs , ses applications dans Teiploitation des mines et 
dans la géologie , enfin, les inductions qu'on en veut tirer ^ 
se rapportent entièrement à l'idée que les minéralogistes 
français se forment du moi Urrainf qu'on ne peut en effet 
considérer et appliquer qu'en grand, rïous adoptons, h cet 
éçard, tous les motifs énoncés par M. de Buch, pour n'étu- 
dier , ne classer , ne dénommer les Urrains , que d'après les . 
circonstances de leur gisement ; mais cette opinion est 
celle de tous les minéralogistes , et nous ne croyons pas 

Îue jamais personne ait prétendu ranger les terrains 
ans un ordre dépendant de la nature des substances 
dont les échantillons de ces terrains sont formés. Tout le 
inonde convient , en France comme en Allemagne , que 
les variations oryctognostiques des rodies qui composent un 
terrain , n'ont point d'influence sur le rôle que joue ce ter- 
rain dans la composition* de l'écorce du globe , et par con- 
séquent , sur la manière dont il doit être étudié et dénom- 
mé ; mais nous venons de voir pourquoi et comment il faut 
étudier ces variations , en considérant les roches en petit , 
dans leur nature intime , pourquoi et comment il est né- 
cessaire d'employer des dénomipations fondées sur cette 
nature intime des rocbfs , dénominations qui fassent 
connoître à quelles substances > ou à quelles réunions de 
substances, se rapportent les différentes circonstances de 
gisement des terrains. Ainsi ^ ne fût-ce que pour pouvoir 
s'entendre dans la description des terrains , une nomencla- 
ture complète des roches est nécessaire; etsi la classification 
des formations, par ordre d'ancienneté présumée , peut, 

S»qu'à un certain point , être comparée, ainsi que l'a fait 
. de Buch, au numérotage des maisons d'une rue, lequel 
ne doit, en effet, avoir. lieu que d'après l'ordre dans lequel 
.les maisons sont disposées , on peut , dans l'étude de la na- 
ture, ne pas se contenter de numéroter, en quelque sorte, les 
terrains , mais désirer connoître les substances minérales 
dont ces terrains sont formés. Tel est le but de l'étude oryc- 
tognostique des roches , qui nous paroît devoir être placée ^ 
comme une subdivision de la minéralogie , entre Torycto^ 



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3a6 a O C 

goosie proprement dite , oa la coimoîssaiite des minéraux 

simples, et la géognosie , oa la connoissance des terrains. 

Le principe étant posé , nous noos bornerons, dans le 
présent article ,*à Tobjet de cette étude intermédiaire ; nous 
ne considérerons les rocher qu'oryctognostiquement , et 
BOUS renverrons, au mot Terrain, toutes les considérations 
géognostiques. 

Ainsi que nous Tavons déjà dit , on distingue deux classes* 
de rqches : les roches simples , et les roches mélangées. 

ï.« Classe, -^ROCHES SIMPLES. 

On doit considérer , comme roches simples , celles des 
espèces minérales qui constituent seules des terrains , ou 
au moins des coucbes entières subordonnées à d'autres ter- 
rains. D'après la manière de voir que nous avons exposée 
plus haut , nous supposons que ces substances ont déjà été 
étudiées , classées et décrites dans l'oryctognosie. Leurs 
caractères généraux , leur terminologie , sont d'ailleurs in- 
di(|ués, dans ce Dictionnaire, an mot Minéralogie; et 
Fhistoire oryctognostique de chacune d'elles est faite dans 
leurs divers articles. De plus , nous renvoyons au mot Ter- 
rain , leur histoire géognostique ; nous devons donc nous 
borner à donner ici le tableau indicatif de leurs noms. 

Pour que tout notre tableau des roches soit établi d'après 
une méthode uniforme , nous suivrons , relativement aux 
roches simples, l'ordre de classification du Traité de mi- 
néralogie de M. Brongniart, cet auteur étant, jusqu'ici, le 
seul qui ait donné, en français, une classification complète 
des roches mélangées , fondée sur les principes que nous 
adoptons. Nous ne hou» y permettrons que de très-légers 
changemens , dont la plupart ncm's ont été indiqués par M. 
Brongniart lui-même, comme perfectionnement de sa mé- 
thode. Les différences qui existent entre cette méthode et celle 
deM.l'abbé HaUy d'après laquelle toutes les espèces minérales 
sont classées et décrites dans ce-Dictionnaire, nous obligera à 
donner quelques détails caractéristiques sur diverses espè- 
ces ou variétés. De plus, nous désignerons, autant qu'il sera 
Eossibie, les espèces,par des noms univoques, adoptant ainsi 
!is noms de calcaire ^ gypse , fluor ^ etc., pour l'indication, 
comme roches , des espèces désignées en minéralogie par les 
naots chaux carbonatée, chaux sulfatée , chaux fluatée , etc. ; 
mab nous aurons soin d'indiquer alors , comme synonymes, 
les noms sous lesquels il faut chercher l'article de chacune 
d'elles. 

Pour celles des espèces ou variétés qui ne se sont rencon-» 
trées, comme roches, que dans un petit nombre de localités, 



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ROC îa/ 

aoos Indiquerons ces localités, pour jasUfier leur înirodaction, 
dans le tableau. 

TABLEAU DES ROCHES SIMPLES. 

I.'^ Classe. Substances acidifères, 

l. CALCAIRE. ( Chaux CARBONATÉE. ) 

Les roches calcaires sont si nombreuses et.si variées, que.. 
BOUS serons obligés d'y faire plusieurs subdi^sions. Nous les' 
diviserons, d'après M. Brongniart, en trois sections qui 
comprennent , savoir : la première, les roches calcaires^ pu- 
res , produites par crbtallbation ; la seconde , les roches 
calcaires pures, de sédiment; la troisième , les roches for- 
mées de chaux carbonatée, mélangée de différentes substan- 
ces y mais présentant un aspect homogène. 
Première SECTION. (Mlcaires purs^ produits par cristalKsaûon. 

Première variété. Calcaire fibreux. Il forme des couches 
ou veines k Alstonmoor en Cumberland , à Clanslhal 
(et Zellerfeld au Hartz, etc. 

Deuxième variété. Calcaire lamellaire. On rapporte à 
cette variété , plusieurs marbres statuaires antimies , 
particulièrement le marbre des Mes de Paros, de Naxos 
et de Tynos. 

Troisième variété. Calcaire sagcsAroïde. Il forme des cou- 
ches très-abondantes dans divers terrains primitifs , et 
constitue la plupart des marbres statuaires. 

Quatrième variété. Calcaire concrétionné. 
'^ fistulaireÇ^ stalactite). 
— • tuberculeux. 

— stalactiforme ( stalagmite , albâtre calcaire.) 
— • incrustant ( tuf calcaire , ex. : le travertin 

des environs de Rome ). 

— pisolithe ( ex. Carlsbad). 

Cinquième variété. CALCAIRE SPONGIEUX {Jganc minéral ^ 
moelle de pierre ^ eXc). Forme des couchés minces. dans 
les roches calcaires de Suisse , des environs de Ratis- 
. bonne ^ de Walkénried , etc. 

Sixième variété. CALCAIRE PULVÉRULENT (^Farine fossUe ), Ea 
couches minces , dans les bancs de calcaire grossier 
des environs de Paris. 

Deuxième SECTION. Calcaires purs ^produits par sédiment* 

Septième variété. Calgaiee MARBRE. Beaucoup de marbres 
sont réellement des roches mélangées; mais quelques- 
uns sont formés de chaux carbonatée assez pure« 
V. Marbre. l 



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Sii ROC 

Huitième iMriêèé. Calcâtue cobipacte. II est extrêmement 
abondant, et offre de très-nombreoses modifications. 
On peut la subdiviser en G. c. sublanitUaire* 

fin. 

commun, 
rude, 
ceUuUusc, 
Jfeuoiime variété. Galgaire oolithe. Ce calcaire est beaii»^ 
coup plas abondant et plus important^ comme roche, 
qa'on n'a paru le croire jusqu'à ce jour. On pent le divisef 

en C. O. tendre , et C. o, eompacie ; 
et chacune de ces deux variétés présente encore , dans 
la grosseur des grains dont elle est formée yde nombreuses 
modifications que M. Brongniart range sous les trois 
noms de miliaire^ cannabm et noduleux. Quelques 
oolithes , ^ui se rapportent à cette dernière subdivi- 
sion , sont composés , en effet , de nodules de toutes 
formes, qui sont agglutinés ensemble, et dont plu- 
sieurs sont des restes de corps organisés, ou lés ont 
pour noyaux. Ces nodules ne deviennent souvent visibles 
que par Taltératiou de la surface des blocs de la roche. 
Les oolithes paroissent être {>our le calcaire ^ ce que 
la roche glanduleuse du ballon de Gyromagny et les 
variolites sont jpour te feldspath compacte , et <m 
ponrroit peut-être tes désigner sous le nom de calcaire 
glanduleux-. 
Dixième variété. CALCAIRE CRAIE. Celte roche bien connue 
et dont les caractères distinctifs sont bien saillans , ad- 
met cependant , dans sa composition , des mélanges de 
silice, de magnésie et d'alumine, dans des proportions 
très-variables : elle passe à la marne, dont, dans 
quelques pays, oti lui donne le nom. On pourroit^ 
dans ce cas , en faire une variété particulière, sous le 
nom àe craie marneuse. On distingue , en outre, comme 
^ous-variétés principales de la craie , 
La craie blanche , ou craie ordinaire , 
La craie tuffau, ainsi nommée par M. 'Omalius 
d'Hailoy; grisâtre où jaunâtre , friable , à grains gros* 
siçrs , souvent sableux ; 

Et la craie chloritée de M. Brongniart. Cette dernière 
sous-variété rentre dans les roches mélangées. 
Onzième' variété. CkLCk\KY.GK6ssif.K (Vulg. pierre à bâtir , 
pierre de taille et moellon ). Mélange, souvent très- im- 
pttr, de sable calcaire et silicetix, d'un peu d'argile, de 
fra^thens de coquilles, etc. 
Douj^ème vcuiàé. CàLCAlRE marneux. Très-commun aux 



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R O O 3^9 

ejByif<Mis ée Paris el aillenirs , mais peo cbanu et peu 
décrit ; d'an blanc grisâtre ou jaunâtre^ k grain très- 
fia; il est beaucoup m«ins dur que le ealcaire grossier^ 
mais n'est pas tendre , et écmanl comme la craie ; 
assez tenace ; à cassure droite ou un peu raboteuse ; se 
désagrégeant avec facilité par rinfluence des agens 
atmosphériques ; renfermant de nonabreux débris de 
corps organisés reconnoissables , et qui appartiennent 
à dies genres d'animaux ou de végétaux dont les espèces 
vivent sur la terre ou dans l'eau douce* 

Troisième section. Calcaires formés de chaux carbonatée 
mélangée de différentes substances. 

Tnixiime variété, Calcai&e QUARtiFèRE ( ex. : le gris ois- 
talUsé, de la forât de Fontainebleau). 

Quatorzième variété. Calcaire siliceux. A texture dense et 
compacte , à grain très-fin ; beaucoup plus dur que 
le marbre et le calcaire compacte, et ne se laissant, 
qu'avec difficulté , rayer par une pointe d'acier, faisant 
même quelquefois feu au briquet ; cassure droite ou 
conchoïde et un peu esquilieuse , un peu translucide sur 
les bords ; rarement homogène en grandes masses , et 
souvent traversé de nombreuses veines de silex et de 
quarz ; renfermant rarement des débris de corps orga- 
nisés , mais ces débris appartenant toujours aussi à 
des genres, dont les espèces actuelles Yivent sur la terre 
ou dans les eaux' douces. 

Quinzième variété. Calcaire CALP ( F. ChaITX CAHBONATÉB 
CALP. ) 

Seiaème variété. Calcaire magnésien , ou Calcaire xent 
( Cha0X garbonatëe MAGNésiFÈRE ). Cette variété , 
qui devroit peut-être former une espèce distincte, on au 
moins une sous-espèce fort tranchée , étant considérée 
comme roche , présente trois sous- variétés différentes 
et intéressantes, savoir : 

ï.o C. M. LAMELLAIRE {Marbre magnescent de M. de 
Cubières). Le temple d« Jupiter Sérapis , sûr la 
côte de Baya , près Pouzzols , en est construit. 

a.» C. M. DOLOMIE. 

3.® C. M. COMPACTE. A texture compacte et serrée 
(ex. : la prétendue co/u/^ du Meissner; le calcaire 
magnésien de Combecave, près Figeac (départ, du 
Lot); enfin le calcaire magnésien des minéralo- 
gistes anglais, lequel recouvre une grande partie 
des terrains houiiliersdu Northumberland et de 



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33o K O C 

Durham ; et qai contient de 35 à ^5 poar iô5 de 
son poids en magnésie. ) / 
Bio^sepUime variété. Gâlcâir£«bitumin£ux ( F. Chaux c.ar- 

BOlïATÉE BITUMIMBUSE ). 
DlCKhhuiù'ème variété. CALCAIRE FÉTIDE ( V. GhA^UX CABBO- 
NATEE fétide). 

II. FLUOR ( Chaux tluatée ). 

On indique le fluor compacte , comme constituant des cou- 
clies ou même des montagnes entières i près de Steinbach 
en Thuringe, près de Meffersdorf en Silésie, près de Xaca 
en Ârragon. . 

III. APATITE ( Chaux phosphatée. ) 

L'àpatite terreuse forme des collines entières , près de 
Logrosan , en Estramadure. 

IV. GYPife ( Chaux sulfatée ). 

Première variété* Gypse laminaire , en masses formées de 

Kandes lames transparentes , ou d'un blanc laiteux. On 
trouve ainsi dans le pays de Mansfeld , aux environs 
de Paris ( particulièrement à Lagny ), etc. 

Deuxième var, Gypse sacgharoïde. Il e^ abondant dans 
toutes les formations de gypse. On Fémploie particuliè- 
rement à Volterra, en Toscane, sous le nom à^alhàtre. 

Troisième par. Gyp^E FIBREUX. 

Quatrième var. Gypse compacte. Ces deux dernières variétés 
sont aussi désignées sous le nom à^aibàtre gypseux , ou 
à^ alabastrite. 

Cinquième var. Gypse GROSSIER , ou Calcarifère ( Vulg. 
pierre à plâtre. ). (ex. : le gypse exploité aux environs 
de Paris , celui des environs d'Aix , en Provence ), etc. 

V. ANHYDRITE ( Chaux anhydro-sulfatée ). 
Cette roche existe en grandes masses , particulièrement 
dans les terrains qui renferment des gîtes de sel gemme. 

Première variété. Al^HYDRlTE spathique ou LAMELLAIRE- 

Deuxième var. Ai^HYDRiTp fibreuse. 

Troisième var. Al^HYDRITE CO^CRÉTlOimEE. , 

Quatrième var. Anhydrite quarzifèRE ( Vulg. pierre de 
Vulpino , ou marbre Bardiglio de Bergame ) est em- 
ployée comme marbre à Milan , et dans le nord de 
l'Italie. 
VI. ALUN (Alui^ine sulfatée alcaline). 

On doit citer Talun au nombre des roches , puisqu'on con- 
nott des couches entières , formées de ce sel. On en exploite 



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ROC 33i 

une ^n^ le désert , à dix journées de marche de Gouba- 
nieh , village d^Egypte , situé près de Syène sur la rive 
gauche du Nil. On rexploite aussi, encooches, dansFilede 
Milo , à Segarlo en Sardaigne , dans les îles de Liparî , 
StromboU , et ailleurs. 

VII, ALUMINITE ( Alumii^e sous -^ sulfatée ) 
( IVebsUriie ). 

£xi$(e en couches , sur la craie , et en veines , dans la 
craie , à Newhaven , non loin de Brighton , sur la côte 
sud de TAngieterre. 

Une espèce minérale, très-voisine, et nommée, par 
M. Cordier , alumine sous-sulfaiée sUicifère , est connue , 
comme roche y à la Tolfa près Civita-Vecchia , â MonUone 
près Lucques , et dans le comté de Beregh en Hongrie ; 
elle constitue la brèche siliceuse du Moni-^Or, et beaucoup de 
laves altérées par les vapeurs sulfureuses des volcans. 

VIII. MAGNÉ6ITÉ ( Magnésie carbonatée)- 

Existe en grandes masses , à Salinelles , dép. da Gard ï 
à Vallecas près Madrid, en Piémont , au M!ont - Taberg 

Ï^rès Jonkœping en Suède , etc. Dans cette dernière loca- 
ité , elle porte le nom de gronjard, et M. Hausmann lui a 
donné celui de picrolite* Les variétés de cette substance , 
comme roche ^ ne nous sont pas assez connues , pour nous 
permettre de les désigner ici. ( F*. Magnifie carbonaiée ). 

IX. BARYTITE (Baryte sulfatée). 

On connoh cette substance , comme roche , formant des 
couches entières à Servoz en Savoie, à Poratsch en 
Hongrie , etc. 

X. CELESTINE ( Strontiaot sulfatée ). 

Cette roche a été observée en couche^ à Beuvron près 
de Touly à Frankstovirn' en Pensylvanie, et ailleurs. ^ 

XI. SEL GEMME ( Soude muriatée ). 

Les couches étendues et les puissans amas de sel gemme, 
connus et exploités , sont trop nombreux , pour qu il soit 
besoin d'en citer ici quelques-uns. 

a.<"« Classe. Substances pierreuses. 

XII. QUARZ. 

Première variété. QUARZ COMMUH(QUARZ HYALIN AMORPHE); 

Se présente en couches puissantes dans les terrains pri- 
mordiaux les plus anciens. On en connoît de nombreu- 
ses couches en Saxe et ailleurs. On en cite à Tîle de 
Cevlan. 



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33a ROC 

Detmime variété. QuARZ grenu ( Quartz compacte , ftRÈs 
QUARZEUX de plusieurs minéralogistes). Cette vairiété a 
ëté établie comme roche, par M. Brochant de Yillers et 

EarM. Omaliusd*Halloy; elle forme des couches nom- 
reuses dans les terrains schisteux. Elle se présente fré- 
quemment ainsi dans les Alpes, particulièrement dans 
la Tarentaise. Elle constitue une grande partie des mon- 
tagnes du Rheingau et de la rive gaudie du Rhin, entre 
Bmgen et Saint-Goar. 

On peut aussi considérer comme quarz grenu le quart" 
fds du Bruchbergf et de plusieurs autres parties du H artz. 
[Troisième variété. QuARZ ARENACÉ ( sable ). 

XIII. GRES. 

Première pariAé. Grès lustré. Se rapproche souvent beaa«- 
coup du quarz grenu. 

Deuxième variété GrÈS BLAT9G. 

Troisième variété. GrÈS ROUGE.* 

Quairième variété. GrÈS BIGARRÉ. 

Ces deux dernières variétés admettent souvent , dans leur 
composition, des cimens étrangers au quarz. Elles passent 
alors aui^ roches mélangées , et deviennent des psammites. 

XIV. SILEX. 

Première variété. SiLEX CORNÉ (QuARZ AGATHE GR0SSlER).On 
en connoit des couches en plusieurs endroits. Nous cite- 
rons celle de la mine dite El purgatojiro, près Gual- 
gayoc, au Pérou. 

Deuxième variété. SiLEX 1I£ULIÈRE(QUARZ AGAT0E MOLAIRE). 

Troisième par. SlLEXiSILIGICALCE( QUARZ AGATHE SILICIFÈRS). 

XV. JASPE. 

Première variété. JA$9E COUMUN ( QuARZ JASPE ). 
Sous'var. Jaspe ruranné (iV/). 

Jfeuxième Var, JaSPE SCHISTOÏOE ( QuARZ ARGILIFÈRE SCHIS- 

ToïDE OU Phtanite. ) ^ Kieselschieffer àes Allemands ). 
Troisième var. J^A5PE porgellanite ( Thermantide porcel- 
LANiTE ). Le jaspe porcellanite , qui est, le produit de 
Faction du feu des couches de houille en combustion 
sur les schistes des terrains houiliers , devroit Caire une 
espèce particulière. 

XVI. TRIPOLI. 

XVIL PONCE. 

XVm. OBSIDIENNE. 

Première var. Obsidieiwe titreuse. 

Deuxième var. Obsidieî^i^e PERLEE. 

XIX. RÉTINITE (Feldspath compacte résinite), 

( Pechslcin ). 



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i - 



ROC 333 

XX. PETROSILEX ( Feldspath compacte ). 
Première par. Petrosilex agathoïde. 
Deuxiime par. Petrosilex jaspoïoe. 
Troisième par. pETROSiLEX feuilleté. 

XXI. FELDSPATH. 

On sait que cette substance entre en très-grande propor-* 
tion dans la composition de beaucoup de roches ; mais if est 
rare qu'elle constitue de réritables roches à elle seule. La 
seule variété qui soit dans ce cas , est le Feldspath lami- 
i^hiw.^ feldspath petunizé de M. Brongniart ; mais presque 
toujours les roches de petuntzé contiennent du quarz en plus 
on moins gran A proportion , et sont ainsi une rentable 
roche mélangée , nommée Pegmatite par MM. HaOy et 
Brongniart , et connu sous le nom de granité graphique. Oo 
connoit cependant plusieurs couches de feldspath laminaire 
dans les AJpes. C'est dans une de ces couches que se rencontre 
le corindon du Piémont. 

XXILIDOCRASEf / 

M. Brocchi cite des couches entièrement formées d'ido- 
crase , dans la vallée de Fassa en Tyrol. 
XXIII. GRENAT ? 

On cite plusieurs couches de grenat dans les montagnes de 
Saxe et de Bohème , ainsi que dans les terrains calcaires àt% 
Pyrénées ; mais le grenat y paroît presque toujours allié avec 
d^autres substances. 

XXIV. PYROXÈNE. 

Le pyroxène en masses a été reconnu dans les Pyrénées 
par M.deCharpenticr. On lui adonné le nom de IherzoUte. Il 
forme aussi, dans Je Piémont, des masses traversées par de 
nombreuses fentes , où il se montre en cristaux. 

XXV. AMPHIBOLE. 
Première par. Amphibole horublenhe. 

Deuooième par. Amphibole actinote. Le plus souvent les 
grandes masses minérales formées d'amphibole ren- 
ferment d'autres minéraux disséminés; la roche qui les 
constitue doit alors être classée comme roche mélan-- 
gée sous Je nom d'AMPHiBOLiTE. 

XXVI. BASALTE. 
Il règne une grande cotafiision dans la détermination des 
roches au'on a désignées sous le nom de basalte. II paroît, 
d après les nouvelles observations de M. Cordier , de M. de 
Buch , et d'autres minéralogistes , qu'une grande partie de 
ces roches est à base de pyroxène , et que d'autres sont à 
base d amphibole ; les premières ne sont probablement que 
des dolentes ( roches de feldspath et de pyroxène ); les se- 



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334 ROC 

condes, que des diabases (roches d'amphibole et de feldspath), 
dans lesquelles les parties coDstitaantes sontrédaîtesàun tel 
degré de ténuité, que le tout a pris un aspect homogène. Le ba- 
salte contient souvent d'autres minéraux dissémines. *C'est 
alors une roche mélangée , à laquelle nous donnons le nom 
de basanite, 

XXVII. SERPENTINE. 

Première par. Serpent^e I40BLE. 

Deuxième var. Serpentine commune. 

Troisième var. Serpentine ollaire. 

La serpentine en grandes masses es^prcsque toujours 
mélangée d'autres minéraux. Elle constitue alors la ro- 
che mélangée que nous nommons ophioîite. 

XXVin. STÉATITE COMMUNE ( Talcstéatite ). 

Forme des amas et dos couches peu considérables , surtout 
dans les terrains de serpentine. 

XXIX. CHLORITE. (Talc chlorite). 

Ainsi que les espèces précédentes , la chlorite n'est , le 

plus souvent , que la base d'une roche mélangée. Elle est 

commune dans le Dauphiné.et dans les Alpes; elle se 

mélange souvent de feldspath , pub quelquefois d'un 

Îeu de quarz y et passe ainsi au prétendu granité des 
Ipes , que nous nommons proiogyne. 

XXX. TALC ENDURCL 

Il forme des couches assez considérables en Hongrie , en 
Autriche , enTyrol, en Corse et dans les Alpes piémontaises. 
La craie de Briançon est un taie endurci dePrales en Piémont. 

XXXI. ARGILE. 

Première var. Argile KAOLIN ( Feldspath décomposé ). 
Deuxième var. Arqile plastique ( Vulg. terre de pipe): 
Troisième var. Argile smectique ( Vulg. terre à foulon ). 
Quatnème var. Argile FIGUUNE ( terre glaise, terre à palier ). 
Cinquième var. Argile FEUILLETÉE. 
Sixième var. Argile LÉGÈRE ( terre pourrie ^ terre à polir'). 

XXXII. MARNE ( Argile calgarifère ). 

Première var. Marne argileuse. ^ 

Deuxième var. MarNE calcaire. 
Troisième par. Marne sablonneuse. 

X^III. OCRE ( Argile ocreuse). 
Première var. OcRE ^0\jge{ Sanguine^ bolf terre de Lemnos). 
Deuxième var. OcRE JAÛNÈ ( Terre de Sienne , terre de Palna ). 
Troisième variété. OcRE BRUN ( Terre d* Ombre ^ de Chypre et 
ftOmbrie ). 



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ROC 335 

XXXIV. ARGILOLITE ( Argile endukgie ). 

Forme des coudies considérables , dans an assez grand 
nombre de terrains; forme aussi, et surtout, la base des 
roches nommées porphyres argileux ou Argilopqyres. 

Certains argilolites sont le produit de l'altération du felds-^ 
path, et souvent une roche présente des parties felds^athiques 
encore lâminai^s, et des parties d'argilolite que plusieurs 
minéralogistes nomment , par cette raison ^fekdpath terreux. 

XXXVII. VAKE. 

Cassure maie et unie , quelquefois inégale , ii grain fin 
douce an toucher^ assez tendre , très<^facile à casser , très-' 
fusible au chalumeau, plus compacte que les argiles,' et ne 
faisant point pâte arec Peau., 

Forme des couches nombreuses dans les terrainsbasaltiques 
et dans d'autres terrains. * 

Forme la base de beaucoup de roches mélangées que nous 
désignons sous le nom de Vakites, 

XXXVII. CORNÉENNE ( ApuAmit de Haiîy). 
Texture compacte; cassure terne; odeur argileuse par 

l'insufflation ; tenace et très-difficile à casser ; ne se laisse 

pas rayer par le cuivre ; .fond au chalumeau en émail noir; 

agit sur l'aiguille aimantée. 

Première variété. CoRNÉEKNE COMPACTE. A cassure raboteuse. 

Deuxième variété. CoRHÉEniVE trapp. A cassure mate et quel- 
quefois conchoïde , se ^ brisant en morceaux parallèli- 
pipédiques. ' , 

Troisième variété. CoRI^EI^I^E LYDIEI^E (^Pierre de touche). 
Moins dure que les autres variétés ; cassure parfaitement 
compacte , quelquefois un peu schisteuse; 
Les Coméennes forment la base de roches mélangées 

nombreuses , jxoxïimé^^ Amygdcddides , Trappiles , etc. 

XXXVIII. SCHISTE. 

Texture feuilletée ; assez tendre pour se laisser rayer par 
le cuivre ; rayure grise ; fusible en émail huileux brun ou 
scorie brune ; ne faisant jamais pâte avec Teau. 
Première variété, ScHISTE LUISAl^T. 
Deuxième variété. ScHiSTE ARDOISE. 
Troisième variété. ScHISTE ARGILEUX. 
Quatrième variée. ScHiSTE COTICULE ( ScHISTE NOVAClT- 

LAIRE ). Pierre à rasoir , pierre à Peau dure. 
Cinquième variété, SCHISTE MARNEUX. 
Sous^variété , S, Mamo-hitumineui», 



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336 ROC 

XXXIX. AMPÉLITE. 

D^on noir foncé ; textare schisteuse; raclure noire ; blaii-> 
chit ou rougit , sans fondre , par Tactton du ckalumeau; ae 
fait point effervescence avec les acides. 
Première variété. ÂMPÉUTE ALtJlUNEUX {SàdsU alumineum). 
Deuxième variée. Ampéute GBAPhique {Schiste graplûqué)^ 

(Yulg. Crayon ludr^ pierre d Italie^ etc.) 

3."** Classe. Combustibles^ non métèques. 

XL. GRAPHITR 

XLI. ANTHRACITE. 

Première variété. Al^THRAClTE sCHISTOÏDe. 
Deuxième variété. AlTTHRAGlTE CONCHOÏOB. 
Troisième variété. AiminACiTE friable. 

XLII. HOUILLE. 

Première variété. Houille grasse. 
I Deuxième variété. HouiLLE SÈCHE. 
Troisième variété. HouiLLE COMPACTE. 

XLIII. LIGNITE. 

Première variété. LiGNITE JAYET. 
Deuxième variété. LiGNrrE FRIABLE. 
Troisième variété. LiGNiTE FIBREUX. 
Quatrième variété. LiGNiTE TERREUt. 

XLIV. TOURBE. 

Première variété. ToURBE COMPACTE ou LIXOMEUSE. 
Deuxième variétés ToURBB FIBREUSE. 
Troisième variété. ToURBE AgihÊvsE. 

4*"** Classe. Substances métalliques* 

Parmi les minéraui^ métaliicpies, on ne peut guère citer i 
comme roches j ^fae les suivans. 

XLV. FER SULFURÉ on plutôt PYRITES /«mi^ii«i$«, 
cuiffreuse et arsenicale. 

Elles constituent des bancs ou des amas considérables en 
Saxe , en Silésie , en Piémont , en Suède et dans beaucoup 
d^autres pays. 

XLVL FER OXYDULÊ. 

Forme des couches puissantes et des montagnes entières 
en Piémont > en Suède , en Rpssie et ailleurs. 

XLVII. FER OLIGISTE. 

Constitue aussi des masses d'un volume remarquable oa 
des bancs très-épais ( ex. : à File d'Elbe j en Sibérie i ch 
Suède , au Hartz , etc. ). 



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ROC 33f 

XLVIII. FER HYDRATÉ. 

Première var, ,Fer hydraté compacte. 
Deuxième par. Fer hyi>raté globuliforme« 

XLIX. FER TERREUX. 

Première var. Fer TERREU± argileux* 
Deuxième par, FeR TERREUX LIMONEUX. 
TrOMl^^J^ar. Fer TERREUX SABLONNEUX. 

Les exemples de gisement ^ comme roches^ Aes deux espèces 

précédentes» sont trop nombreux» pour qu^U soit utile d'en 

citer quelques-uns. 

L. FER CARBONATE 

Première par. Fe^ CARBONATE sPATBiQOB. Forme des, bancs 
ou des amas très-épais , et mènie des montagnes en- 
tières. 

Deuxième par, Fer CARBONATE TERREUX. Se présente •en 
bancs et amas nombreux dans les terrains bouUlers 
d'An^eterre , de Silésie, de France , etc. 

LI. FER CHROMATÉ. 

On Ta reconnu en amas dans le département duVar^ éh 
Styrie , en Norwége , dans les monts Oural , etc. 

LII. ZINC CALAMINE. (Zinc oxydé et Zinc carbonate). 
Constitue des coucbes étendues dans un asseas grand nom- 
bre de localités. 

Lin. ftlANGANÈSE OXYDÉ. 

' Se présente en amas considérables à la Romanèche (dé- 
partement de Sadne-et-Loire)) non loin d^Exeter en De* 
Tomhire , etc. 

a."«CLASSE. —ROCHES MÉLANGÉES. 

Noos passons maintenant à la seconde grande classe des 
roches, que nous étudierons et classerons seulement ici, 
ainsi que nous Pavons annoncé, sous leurs rapports oryctog^ 
' n^stiques, c'etl-à-dirc , relativement à leur composition en pe^ 
Ut; renvoyant an mot Terrain, tout ce qui a rapport à la 
cùFnposttion en grand. 

Dans Fétude de la composition en petit des roches mér 
langées , on observe deux ordres de caractères principaux , 
la structure et la nature des parties composantes. 

Dès le premiev aperçu , la nature Aes parties composantes 
d^one roche semble si essentiellement liée ii ce qur peut 
. constituer cette roche comme espèce^ dans la série des êtres, 
• qn^ott est porté, à fonder sur la nature seule la détermination 
. et la classification des espèces. C'est ce qu'ont fait , en effet, 
. les premiers minéralogistes qui ont traité ce sujet. 

yxix. 22 



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?38 ROC 

Lorsque les roches oiA éii lito pet» mieut connues , <m a 
cru remarquer une telle indétermination dans la composition 
des masses minérales mélangées, qu'il a pam impossibl)e 
de fonder, d'une manière précise, lem* distribution en es- 
pèces sur un caractère reconnu essentiellement variable ^ et 
la plupart des géologlîes de là jin du i8.« siècle ont proposé 
de dénommer les roches , principalement d'après la struc- 
ture de leurs parties constituantes; ainsi , ils ont nommé 
^rankes, toutes les roches formées j^ar Une aggmégation cris- 
talline , sans i^artie^ dominantes, ayatit une texture grenue ; 
gneissy toutes celles de ces roches auxquelles Tabondànce du 
mica donnoit la textof e feuitfetée ; pdrphyres , tontes celles 
dans lesquelles plttsiewt des^j^ùd)]^ cbAstituans' formaient 
comme une pâte d'a^fareAi^e bokttbgè^ , dans laiqnelle les 
autres principes restoient enfermés en cristaux plos OU' moins 
déterminoMeir^ etc. 

Mair à mesit#e qbff les dbséirrations ntrtsi deveniieis plus 
nombreuses et plus exactes^'on a recoimvquei bien* loin que 
Tin détermination que Ton crdydit coû^fi^ dans la nature 
des roches mélangées^iftt réelle , on pouvoir y au contraire , 
rapporter tous ceu^ de ces mélanges qui fôroMat de grandes 
masses minérales^ a un petit nooibre dé types ecm^ans qia 
sotH les mêihés mût tottô \tt j[»ays ; ota à récôiknû àmsi qùé ta 
diffëf^eweY4>fî Miorié dëâr i^defré^ délit làftffrMtbfé est ta même , 
étoit le plus ordinairement liée avec ime dilKî'ëntè remai^- 
quable dans fes ciriefo)isfé(»cie> Aegi^ekiént, et on est revena 
à ridée première que la délerminati<m d'une «ocdiirf coiÉime 
espèce , devoit être prineipalemefnt io9A6é êfxt la aaiove 
de ses principes constituant. C'est ainsi qs» \<^ i^oches 
auxquelles on avoit donné le nom général de granité , ont été 
sépai^es) d'â^ptèé la ikaturé dei isnt^ancés qui y^i^ènttmies aa 
feldspath ,< et la textura de iSe mémo îtAètt^iks^^Bt^iframià^fTO-' 
prement' dit , profog^uê f sy^nitê^ 4UMièef etc. f qu^.OB a de 
même et d'après des prip^peaaaaiegiies;^ AméieapMM» ea 
grieis^ et mîcàschisUs *; ^u!^j^Si ansjH fait' ^^himai*» capècè» d«s 
anciens poroh^res , d'syràs la na^larë de la ;pAla ^ «te. 

On éÉl lom , cependant , de ne pA reconaollpe anssi 
l'importance du caraclère lâpé dé k ^nÉittafa dVIs^ raekes ; 
cettç importance esitel))^ fiu-'eUe pgatqj neiq H hf oÎB coii«rib«ièr 
à établir U% dîasses , en4adiqaant deé vap'perli géaéfawx dais 
les grandes Coques, et les cause» phn- o«iinM» {Probables 
de fa formation des ma^»e& ifiiiiiéralei ; dàli» d^aatires^ ca» , la 
stritctûre peut servir à détermiiier des sabdivisioasrd/nnerdre 
inférieur; mais c'est prioctpdbaient d'aj^i^^.la natove des 
parties constituantes que doivenrétre élaUisieagffl[^ese(t(c& 
espèces de» roches noélangées, d'une amiièra anaiegac^, 



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ROC ft9» 

qaoi4|«« môim etnA^êWt^ k ëëi^i ë^^pàH^Véi espèces 
desininëraux siin{ric^. ' 

tionf préi«iitéèa , êi^fèà élèitptiiiàpti ^ ^PAf. Brbbgt^art, 
nous donnerons, d'après le mêtht êxi^Mf ,'F^^M^t»<à^prë-* 
tke des ièi^téÈiiébà i^if éé^txk éa^^êes fm^^rt^e les 
roeWs et f>dâr eu kiffi^déi^ ^éè ^¥mhi*ëài ' , 

termwokgie dês rmim méhng^ 

Inêéptttiskotûé'ûï (fcs t^tàtiëték ^tet iÀût èpfni^hm ans 
mhiérattt rittiplëà «rt àtcr f<)ctrél<'iâëlàli^ , Fétùd'è Aé ceiles- 
d peut donner lieu à oenf #Q^çtes de considéffaiioASi/ r ? ^ 

I.* La eomjpAsitUm ^ av° If^ s^^ruclwe f â**» la; fcqii^ion ; > 
4^*" la cassuve ; £.» la dureté ; ^r^ laG^iil4mi: ^i les afi^^rj^ jeux 
de la lumière ; 7.^ I^jaclioa ciiinÛ4|ue 4u ^%. 4«s adi4^v9>etc. ; 
8.0 raltëration natorelle;, ^* le. passage ix^néraio|;^j|l^ 

I. CoMPd^rt!iaiii..-^II fimeétodîet*^ AàAi ià hMhoiiûon 
d'une fotlie nttélangée i r.« ta /Mairi^/^^ dés ji^h^es Wùî èons- 
thaent ceri^ roche ; âf/ fimpottahât rehûirè de cé^par* 
lies ; 3.* l^prMmihancë deç uHes sur hà stuiteÉ* 
I.» Nature des parties. Il eèt eâsenfîe} d^étd£er et «fe décrire 
soigneusemetit , par Véxpùiê àé tdotes hh pttSpMUà quiles 
caractériseàt , les Arerà àtinérauï qci totà^osent ûtië rocÂe* 
^.^ImpoHame des parties. On distin^e^ dans ùtië rotfcé m^-^ 
tangée , A les parties constituâmes , B tes paftleii pi^édomî-- 
iiant<fS , ef € les parties accîd^ntetfes. 
A. Les piMliis canstOuantes sont disséminî^es i pèu^rëâ tmf^ 
formément ; elles sont: 

a. essehtieOesj quand ïeur prèien^ctf tsi nécessaire pour 
constater telle ou ietfè espèce de rdcire ( ex. : le %)£• 
spâtli , le mica et fe qùarz dans le g^ahite ). 

b. accessoires^ lorsqtt'eHes n^e it tronrent paà totfftftn*! 
dans k radie , mJm ^ifettes v «ont uoiforniKëiniknt 
dissénûaées et en quMitilé notaUe ( ûXi : le fttifK dans 
le gneiss > 

*B« Les parties prédomma^Oes smi eeiks de» pifttieis «Isen- 
tielks qui l'eidfairtent par leur qooiitité tm p«r tin- 
fluence que lesrs propriétés ont sisr le earscfëre de la 
roche (ex. : le fetdspam ians le ^egmstàie^ lé mtrca Aàm 
le gneiss, etc.). . 
lia frtfdominaiiOe est : 
0. esmttiêik^ qiiawd «ne paitie prëdomme CftASUMiment 
et très-sensiblement ; eHe forme alot^ ia iase de la 
roche l^ex. : le mica dans le mitaseihistie , le schiste 
dans le phjrlla^ , etc. ). 
è. ind^férmtê , quand une partie remporté se<d6ttifnt xk^\. 



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346 ROC 

' pea sur les autres^ par sa quantité ou par son inSaen- 
ce (ex. : le feldspath dans la syénite). 
C* lues parties accidêFUelles se trowftiU quelquefois dans one 
rocbe , en quantité beaucoup moindre que les parties 
.. constituantes; elles sont: . 

..a. disséminées, c'est-à-dire 9 isolées et répandues çà et là 
( ex. ! le titane nigrine dans la syénite , le fer sulfuré 
dans la diabase , le grenat dans le micaschiste , etc. )• 
h> pelotonnées^ c'est-à-dire 9 réunies en paquets ou pelo- 
tons dans certaines parties de la roche.(ex.:ragathe 
' dans le porphyre 9 la médotype dans le basanite 9 etc. ) 

ILSavctube, ou disposition . des parties entre elles., 
< On distingue, en général, d^abord, dans les roches, 
W structure de séparation ou structure en grand, et la struc' 
ture décomposition -ou structure en petit ; mais d'après la 
manière de voir que nous avons exposée plus haut, la 
structure de séparation ou en graml^ est pour nous la 'struc- 
turje du terrain j et il en s^çra, question à ce mot. Nops ne 
nous occuperons que de la struciure de . composition , qui 
est pour nous la seule structure des roches , et à laquelle 
on peut aussi donner le iiom de texture. 
Quelques minéralogistes pensent cependant qu'on doit 
aussi CQnsidérer, en petit, daijlsles roches, i,^ une structure de 
séparation analogue à celle des terrains, et qui peut être sc&î!s- 
liuse^pseiido-r^fulièreou indéterminée, eta.<> une strucim^ de com- 
position. Ils conservent le jkom de structure seulement à. la 
première sorte , et désignjànt la structure de composition , spé- 
cialement sous le nom àe texture. 

M. Brongniart distingue , dans les roches mélangées , 
cinq sortes de structures jsrincipales: i.*' la structure grenue ; 
».^ la structure entrelacée ; i.^ la structure feuilletée; 4-^ la 
ftruoture empâtée ; S/* la structure cellulaire. 

u Structure ^enue. La roche est composée de grains an- 
guleux , distincts , réunis sans pâte sensible. 

Considérée relativement à la grosseur et à la disposi- 
tion respectite des grains , elle est : 

A. uniforme , lorsque les grains sont à peu près, d'égale 
grosseur( ex. : la plupart des granités ). ^ 

B. irrégulièrc', lorsque les grains varient beaucoup dans leur 
grosseur ( ex. : Teuphotide ). t 

C. sphéroîdale , lorsque les grains sont déposés dans plu- 
sieurs parties de fa roche en cercles concentriques. 

Copsidérée relativement au mode de réunion des 
grains ,1a structure grenue est: . . : . ; 

D. çristalUsée 9 lorsque les .grains. s0nt.réiuiis par voie de 
cristallisation confiis^ ^t simultanée ; ce qui se reconno^* 



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.ROC 3£i 

aux arêtes rivés des grains , et à la maniire doât ils se 
pénètrent matiiellemeht 011 se fondent quelquefois les 
uns dans les autres ( ex. : le granité , la syénite). 
£. agrégée , lorsque les grains formés isolément ^ ou ré- 
'sultànt de la trituration de divers minéraux, ont été 
réuitis - par agrégation , ce qui se reconnoit aux arêtes 
ordinairement émoussées des grains , et à fa manière 
dont ils sont limités , séparés et bien distincts Jes uns 
des autres , sans jamais se pénétrer. Les grains sont 
agrégés, 
ou sàfis aucun ciment ( ex. la plupart des psammites 
quârzeux)', ' . . 

ùupar un ciment mince à peine visible, et qui ne peut 
pas être regardé comme une 'pàlè ( ex. : qtiélquès psam- 
mites granitoTdeir). 

9. Structure entrelacée, La roche est composée de >.paitles 
anguleuses, ovoïdes ou arrondies, qui s'engrènenl^les unes 
dans, les autres « et semblent liées par une matière co- 
torée , disposée en veines ou en réseaux. 
La structure entrelacée est : / :, 

a. amygdaline 9 quand des parties ovoïdes sont jBerrées les 
unes, contrç^ le^ aptres et comn^e ré^vmits par> un ré- 
seau (ex. : le marbre campan). 
h* minée ^ quand des parties informes sont tr.^versées 
par des veines diversement colprées (ex. : Tophiolite). 
c. brouillée ou irrégulière , quand des parties ^anguleuses 
sont liées par un ciment, le tout étd^oX travei^é. par 
des veines dans toute sorte.de directions (e:i^.; Topm- 
calce vert-de-mer , quelques brèches, etc.). 

3. Structure feuilletée. Les roches qui ont cette structure 
sont formées de lits minces, ou de feuillets appliquésles 
uns sur les autres parallèlement entre eux. 

La structure feuiUètée peut être considérée daàs son 
enscttble«t dans ses parties. - .^ 

A. Considérée dans son enàoTible, la structure* feuilletée 
I . peut être' : 

• â.. mdfintme^ quand tous ks feuillets sont ide même 
•nature ( ex. : le phyllade micacé )• 
h. alternante , lorsque les femllets sont alternativement 
r ' ^nature différente (ex. : le calschbte, le gneiss ). 

c. êrûite^ à feuillets droits. 

d, sinueuse , k feuillets sinueux , mais parallèles. 

B. Les parties d^une roche à structure feuilletée , sont : 

a. étendues , quand les parties de la roche sont pa- 
rallèles aux feuillets ( ex. : le quarz dans le mica- 
schiste , le feldspath dans le gneiss» etc.)- 



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34? ROC 

b. pxufersanies , quand des partiei 4iMnméf dans 
la roch^.eii percent et traversent les feuillets (ex.: 
la ^jfniidf i^fi le pbyll j^e )• 

c. (MP,$fqfiP^^^ V^u^ les partie», quelquefois assez 
Yolu mw i e n ^ s^ sonf ^mme envelcipp^es par les 
feuill^fs 4C')a rp^he qui/ie contournent, et s^ ap- 
pliflu/ept d?ïif iqi^is \^ §9'mt^ (e<* : Ifl atéaschîste 

4. Structure empâtée. Dans ce mode de structiine ^ la base 
de )d rocbe fpm^<^ me |^âte sen^ibliçinei^ )iqxo9|^pi! , dans 
laquelle sont dissénodiiées les autres parties çpçfjfjtjip^ntes ou 
aLCci4eiîfeye$. . , 

B^qs ^Bfii rôct^;? k SfrjujCtwre •^pMtf^^* Qj» 4aU consi- 
dérer séparément, A les parties; ipifi.g^fç} C JipA f^pporls 
de la pâte avec les parties. 
A.'Jéë^*pat€ks ïs9fA : 

•à. )angiâeusê9 Hèg^htes ; crlsIatM plus du n^eflns nets , 

disséminée dttns 'la p Aie (ei. :'le porphyre | Vo- 

phite,'ète.^. 

h, anguleuses irrégulières i fnfimetïs irr ég;tiliers , dissë-^ 

ininés^ dans là ^tei(«x. 1 brèçties '). 

' c. spkéréiélaiesf'Dej^iaKà contours arrondis (ex. : pou« 

dingues )• 
'îi. 4?9m;»afi^y À ftnielore compacte (ex. : poodingues). 
ê. ^laméilmres 7 à straetw^ faiinellaire ( ex. : amygda- 
loïdei). 
^B^ iiB'pâie est : 

«/ éompaicteX ex. î porphyre , aifiygdaloïdes , etc. ). 
b. cristalline; à structure la melîaire ( ex. : cakiphyre 
greiMitiiM^). 
'Ç. jRi4p^rls ÔP.l^ p^tp^)5flC IjQs .partie» nui y sont renfer- 
mées.' 
La formation deda pâte et de ces parties est : 

a, simultanée , lorsque le tout a été fosmé ensemble ; 
ce qui on recénfiûk à la teolure compa[Ole,.cristalline 
ousphéroïdalerayoonée des parties, lesquelles n'of- 
rentifamais jàe cai^ités centrales , >et sont liées inti'- 
mement avecfla pâle «qpi sourentlcs pénètre un 
peu. ^Souvent aussi les parties semblent pénétrer la 
/pâte en petites veines qui se fondent peu 'à peu dans 
la substance de la pâte. (ex. : les porphyres , les 
iraviolites , etc. ). 
Xta (formation de la pâte est : 
> » iù. an^ér^iifv^ quand on reconnott qu'elle a été formée 
après:les parties, et qu'elle a laissé des cavités qui 
ontété compiles dans la suite par infiltration. Dans 



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ROC 343 

teHe form^tiaD,, les y avties sopt à atmcturé , taintô t 
Jaaiflllleiise f tamât sph^roïflale rayoMiée, ou en 
CQMbMiConeepIciqpés, mais se délacheot toujours 
lacUemAiH 4^ ia pAle ; soaiceiit ^es noyaux ne gar- 
nissepi '4«e les parois des 4)avclés de la pâte , et ils 
-laisseiirt^ao iinUieu de ccsoat^itës des rides, ou sont 
tapissés intérieareivien^ de crîslaiax ( èx. 'V quel- 
ques amyedaloïdes jk noyaiix de diverse Aature , 
quelques ibasanijtes et certaines laves , avec des 
noyaux deonésotype » de ekaux carbonatée ^ etc. }. 
La formation dé la pftte est: 
ê. pùsférieure, «quand ia pftte a été formée après les 
no^ux qui s^y trouvent enveloppés ; ces noyaux , 
sott aAgnieox » soit arcondls par le frottement, ne 
aontiiiciii^allisës, nirayoonés , ni à coucKes con- 
eentdqaesy et il n'existe aucune tiaison entre eux 
et U^^. 

.(^x*-l^poadingues,'l€S'brèdies, lesmimophyres). 
^ l!lous.propoaflnMisioi,pofarlas^^c/i<j^ém|7A^, une subdi- 
vision générale qui noqs papoh^iaciU et applicable avec avan- 
tage dans U description ^es vochea. 

La stmotnfe «pâtée peut élre pùrph^tâe , ^dniuleuse^ 
mi^iIahM^ on t^K^fée. 

A. Pans Ja structêm fÊorphymide la fiU eniteloppe .des cri&« 
taux qfiî font eoipa avec elle » et portent l'empreinte d'une 
fQPmoêion suuukéméà.{ ex. ; t« porphyres , l(}s<:alcypl^yres , 
les mélaphyves , etc.) 

B. Dans Je9 coehes kaiinetmmglandtskuse^ les noyaux ou nœuds 
sont de mfipie natnce qae la pâte ; ils sont souvent conn* 
pactes, ^quelqu^istfiffîstaUisésintérieiireaient , mais jatnais 
entièrejttentiauielltfiK; f^lqsefets^rayonnés eu en couches 
concentriques. La pâte et WAoyaut reafecHnenteonvent de 
petits cr«$taux de mâi^e n^t^f . 4^e tom^t porte Kesftpreinte à 
peu près évidente d'une /ormo/io/t simultanée. Les roches 
gianduieuses sont des espèces de porphyreampîlirfsits. Cette 
structure foripe comme le pi^^^Çede ïfJftmturtpnfphjfififskie 
à la structure an^gdaloîde ( ^.: l^s rPl^^esJé^i^QsUiceif^f^s à 
appai:ençe de brèche, 4m]^Uq9 4<? jUjroi^f^ny et d'autres 
points des Vosges; les variçlfies dçjio pj^r(i^$\ Jladi^base 
orbiculaire et le pyroméride globaire , appi;(jfs vnlg^re- 
ment granité et porphyre pr|)iç}ilaice3 ^j*^ iCq^TSÇji f|tc. )• 

C. Dans la structure amy^daloide^ \ù, pâjle çt Içsnpy^ni^ ^ontde 
nature très*différenie , et les ç^oyaux pe sp4[U p9S des 
cristaux \ angles pronôncj^s ou fondue daqs la p^te , 
cpmine cela se remarque dans l<s porphyres. On peut 
dîstingiipr encore deux sous-variétés dans celle siructurc. 

m. TaDiut les noyaux sont à strueture lamelicusc ,.. n« 



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?4' ROC 

se détachent pas facilemeiit^ et deriennetit quelque- 
fois d^s veines qui pénètrent dans la pâte. La forma- 
tion paroît encore ici presque simuUanée ^ez. : les 
roches ihe^vaHolkes du Drac^BlaUérstein du Hartz^ etc.)* 
.. Tai^tôt les noyaux sont non çristaUisés,à couches con-* 
centriquesou à Tintérieur vides et tapissés dé cristaux 
et renferment quelquefois dcs^ stalactites siliceuses , 
vertic2ttes* Ils portent Tempreinte SnnefB/tfnationpoS' 
iérieurek celle de la pâte qui les renferme ( ex.: les 
amygdalôïdes d'Oberstein , du Derbysbire, etc. ). 
c. Dans les roches il structure 4i;^ré^ ou arénacée^ àe& 
fr^ginens anguleux oi| arrondis , compactes ou cris- 
talline, ^ont enveloppés dans une pâte à laquelle ils ont 
en générai peu d'adhérence. Ici, ce sont les noyaux qui 
ont été formés atUénewement à la pâte qui les a réunis. 
Ces noyaux ne sont ni rayonnes ni à couches concen- 
triques ; leur nature est toujours différente de celle de 
la pâte , et ils sont isoiivént aussi différens les uns des 
antres. Ils se présentent compacte dans une pâte schis-' 
teuse , ou schisteux dans une pâte grenue ou com- 
pacte ; enfin de petits' filons qui traversent les noyaux, 
lie pénètrent ordinaireiiient pas dans la pâte. 
Quoique ces distinctions nous semblent aussi bien 
fondées qu'il est possible de le faire , nous avouerons qu'il 
est souvent très-difficile de reconnoitre si une roche présente 
la structure agrégée ou la seconde variété de la structure 
amygd^loYde ; de même que la première variéié de ce genre 
de structure , ainsi que la structure glanduleuse 9 sont quel- 
quefois difficiles à distinguer de lastructure porphyroïde. On 
voit que ces difficultés tiennent aux passages de toute espèce . 
quilient entre elleslesTOches»élangées; passages sur lesquels 
nou& reviendrons tout à l'heure. 

S, Stmctmre cêllulaite: Lés roches renferment des cavités 
soinbreosfis. 

Ceis cavîiés sont : 

A. anguleuses ( #. ': les porphyres en partie décomposées ), 

B. sphétvidcJes, Celles-ci se subdivisent en: 

a. rondes (ex. : les amygdaloîdes , les laves , etc. )• 
' è. a//ow^^tf5 ( ex. : les laves ). 

c, irréguliè'res. 
Avant de termiiier ce qui a rapport à ce caractère , nous 
ferons observer qu^une roche peut présenter à la fois deux 
sortes dé structures; seloî) qVbn considère son mode d'agré*- 
gatioh pips ou moins en petit. Aînsi^ on observe dans certains 
granités à grands cristaux de feldspath, une structure porphy- 
roïde en même temps que la structure grenue; dans quel- 
ques micaschistes et stéaschistesqui contiennent beaucoup de 






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/ 



ROC 345 

grenats» la structure est i la fois porphyroYde et fenillet^e. 
La roche de topaze, qui est formée par l'aggloinératioii de 
parties scbisteuses, aune stmcture feuilletée en'p^^it et grenue 
en grand; dans certains basanitesf^téfnferkhént des cris- 
taux et 4es noyaux, la structure est à la fdis pèrphyroïde 
et amygdaloïde , etc. 

III. Cohésion. -^ Considérée Télativement à son degré de 
cohésion , on dit qu^une roche est : 

A. solide^ lorsque les parties sont solidement liées entre 
, elles ( ex. : le porpnyre , la diabasè , etc. ). 

"B. friable^ lorsque ïes parties se désagrègent facilement 

(ex. : plusieurs granités, psammites, etc. ). 
C^ iènacéy quand elfe est difficile à casser ( ex : le basanite, 

Teuphotide, la yariolite , etc. )• 
D* aigre f lorsqu'on la casse facilement ( ex : l'^urite eom* 

pacte). » 

IV. Cassuhe» -^ Les roches peuvent présenter presque 
tous les genres de cassure qu'on observe dans le^ 
pierres; mais on peut, en outre, d^^terminer , pour leàr 
roches mélangées, quelqnes^ variétés de^ cassure qui leur 

• sont particulières.^ Cette cassure est: ' . ' ' ' 

Jl unie^ quandles parties sont asM^intimeimnt iiée^enttf'e^ 
elles pour que la fissure de séparation les coupe toutes, 
. san^etre^érangéede sa positi^m ^ex i lesporphyres, cer- 
tains granités, etc.). '' 

B. màoteuse, lorsque la fissure traverse toutes les parties « 
mais que cellesnci opposant des obstacles différens à la 
I^opagatiofi du cbdc , il en résulte ui^e fissure ondulée - 
jÇ^une surface raboteuse ( ex : beauboup degrinites ). 

C grenu^^.qamàlA fiissurene^coupe point les pairties^^mais 
en suit, au contraire, pi^esqucf tous les contours (ex; .plu- 
sieurs psapmites). 

V. DcaÊtA «— La dureté des rodies varie dans les m&mes 
limites que celle àts minéraut ^impies; mais il faut, de 
plus , considérer, dans les roches niélangées , Is^ dureté 
relative des différentes parties qui les composent. Tan- 
tôt toutes les parties sont à neu près Xégaie duretë; le 
poli que la roche est suSceptiUe dp prenn&eî est alors 
égal et d'une vivacité proportionnée à la dureté absolue 
de ces parties ( ex. : le porphyre). Tantôt les parties 
sopt d^une dureié très^inégàiif^ et celte difiËérence produit 
une inégalité sensible dans la vivacité et Téclat du. poli 
que la roche est susceptible de recevoir ( ex. : le proto^ 
gyne, la syénite, le gneiss , etc. ). 

VI. Couleur et autres jeux de lumière. 

A« De rensemàle. Souvent une roche a une couleur dômi- 



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846 ROC 

nante .^ue ne dëtruiftent pas entièrement les parties âi« 
yei-Sieaient co)(Mréf s.qiii la coassent (ex. : le ronge dans 
befioç^op de,8]Féniles). Cette conlevr dominante peut 
devenii* on ci^actépe« lorsaa'elle appartient essentielle- 
ment i une pieri}^9 base de la roche ^ ex. : le noir on noir 
verdâtre du basanite^ le vert de la diabase , etc. ). 

B- D^ parties. Il faut rem^rqner quelle .est h couleur que 
chaque partie affecta le plus Qr4iQ|iirQvnent. 

C. Lesjm» de fumi^r^- hf^ T^rî^tjî 4^ àj^js^i^ pt d'éclat des 
substances qui cooinos^nt 1^$ ropl^^s foél^p^^s, y pro* 
duit' souvent def c^^tQiéfnçps et 4^^ i^Px 4e lumière 
très-remarqua))l|E{s ( e^. : le gr^i^e çh^^Qyafît de Russie, 
lasyénitezircpnieniiç 4^firo|^vKège, rppbiolite chatoyant, 
plusieurs euphotides » ^iç. ). 

VU. AgTIOH CfllMIQI». 

I.® Des acides. Les diverses parties qui composent une roche 
9l4la|igée iOOlMnjrent susqeptibles d^élre attaquées diverse- 
mj^ntpar lesmsideS) eid?âtre reconnues par ce^oyen. (Il faut 
ajprsMÎrjnirides fragmtns asaez.vofamiAeai poAr renfermer 
toyiefflks parties.) L'examen dp' ee .caractère est particuliè- 
rement applicable dans les jroches qui renferment du calcaife. 
ÇC'eM nn moyen, par esemple, de distingaer lliémithrène 
de cerUintes >duAasest ) 

^/'Oiif^u. L^aetion dji fisu est bien plus variée, et peut être 
employée utilement pour la détermination de plusieurs es- 
pèce» de roches. 

A. L'-ooiNmirimjGwtfiad^^'fattch^ger la roche de couleur 
m i/mtofutn partie^ «t, dansce dernier cas, eUe fait son- 
mm i^^saortir^esqpàrtiescottsthnàntes* qu'on ne verroit 
<^m difficiiemenl sa|» Remploi de ce moyen. 
B.LVc<rbi»|{'iii>ystf^i^' divise les roèhes en t 

a. infusibles compléUmerU ( ex. : le poodingoe piliceux ). 
b.fi^^Uf ^jfQtalfiÇf -soit en ^mail kpri^f^èoei^ ^x- : le basa- 
nile ) , ^oit en ^hmi bétén^^ie. (ex. : :1^. dif^base qui fond 
e9 éffiàil, jp^riie J|>Uiic e| par(ie njxir ). 
P'fwkk'i çnp^rtie ( ex. ; |e niic^sctfiste ). 
VIII. ÂEVÉfiiL7i0M iiATi}ftBU.E. -* Certaines roches sont 
susoeplibles .^e ^^atoérer , de se désagréger, même de se 
décomposer entiènement parle seul'effet du temps et des 
înQuenoes atmosphériques. 

Les unes se 'désagrègent «tdeviennent/mz6/f 5 ( ex. : 
quelques «granités ). 

D'autres se décomposent en partie enkaolm ( ex. : les 
pegmatites ). 

D'autres &e cpuvcept d'uQe éoQCce d^une couleur dîf- 
f^rent^de celle 4e leur fond et d'apparence terreuse (ex. : 



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ROC %i 

l«s basanStes, amphibolites» etc. ). Quelquefois ce chan^ 

{;einenl de coulear pénètre très-avani dans la masse de 
a roche. 

]^. Passages MmÉEALOGiQUES. -^ Nous avons fait obser- 
ver, au commencement de cet article 9 que parmi Tin- 
nombraUe Quantité de mélanges c[ue pourroît produire 
la réunion deux à deux, trois k trois , des espèces miné- 
rales connues, ia nature présente un petit nombre de 
ces mélangés comme se retrouvant constamment les 
mêmes sur tantes les parties de la surface du globe. Ce 
fait est bien r^marqwle; il doit être considéré comme 
beaucoup plus singulier que ae le seroit le fait opposé , 
c'est-à-dire, la composition de ia partie solide de 1 <écorce 
du globe , par use mule de mélanges différensde miné- 
raux. Cepcôdan^les différens mélanges existans partout, 
qoi fiftvmeat ims rodiu mékmgées , passent la plupart les 
Biis,aBK oiitrtt*pardes nuancés insensibles, et ces pas-* 
sages «antenne 'des plus grandes difficultés que présente 
rétttde des rodées. Quelquefois aussi ces roches admet- 
tent ^tftas Ijettrxottipotîtion, àts minéraux qui leur sont 
Of dinaîr«fnent étrangers , ou peinent quelques - uns de 
penx^pi ordisaîremeat les composent, et il se forme 
ainsi. des anpmalies |Nire«ient locales qu^on né doit pas 
fitpndérerdaiisliiisloire des i^Aies, d'après la signifi- 
cation que i^Otts avons donnée à ce mot: Mais les pas- 
sages d'une r0!ohe à l'autre dmveùt être étudiés et dési- 
gsbés aveeaoia, et ce n'est ^'en les connoissaot bien 
qu'on peut sWréter à des idées fixes dans la détermina- 
tion et'l^ctlf^^sificalion Aes maa^cs minérales mélangées. 
Les passages d'une espèce k l!aptre peuvent avoir lieu 
d/ç trpis imtQidirfss différentes. 

A. Pw n^tiii» des partie ; telle partie eonstituapte dispa^ 
irai^axiji pieu A peu pour faice place ii une autre (^x. : le . 
f asf a^ dp ta ^yémàfi afi graufte , du^neiff au mica- 
schiste, etc. )» 

B. Par structure, La structure gr^ue , par ei^eiq^le , jptasse 
insensiblement soit à i^i stri|p(nre fenUtetée (tel ^st le 
passage du|;ranite au gneiss), soÂt ^ la structure .em~ 
.pâtée (tel est le passage du gr^nit^ au porphyre ). 

C. Par ahéraUon.Heiie espèce de passage est la plus singu-* 
Jiéreel la^ilus dUlQcite a expliquer da^is l'état actuel.de 
UPS copiiQ^ss^ces. Un des principes coostitiians d'une 
roche ft en se désagrégeant ou en s' altérant, d'unemanièro 

Su'on i^e peut concevoir, .prend l'aspect et les caractères 
'un a^r^ piilnéral, et la roche change ainsi de nature. 
\ 11 est souvent très'di(ficile de déterminer, par exemple, 



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3^8 ROC 

sî cVst 3« mica ou âd talc qae certaines roches nommées 
granités^ -renferment ;11 en e^t deméme dans4a sy^nîte: 
souvent l^amphibole s^altère et paroît prendre tous les 
caractères de la chlorite : on ne sait alors, flans ce gr- 
iller cas, si la roche est une syénite ou une protoigyne , 
et,dani le premier, si c^est une protogyne ou un granité. 
Souvent même le feldspath de certains granités, en s' al- 
térant, semble passer à la stéatite. I)an$ les por^yres , 
Faltération de la pSte pétrosiliceuse parott souvent chan- 
ger la roche en àrgilophyre» etCi, etç» , .,, 

TABLEAU DE CLASSÎFI CATION^ DES ROCHES 
MÉLANaÉES. 

Ainsi, que: nous Pavons* annpncéi^iiQiiiS'Suiifrons Tordre et 
nous adpp^çrops,lesdéiKmii«atk>tifi[ .proposées par^AL Bron- 
gniar^ daps le n.^ igg duJkHum^lvdes flwves^>«aii£iii| ptetit 
nombre^ de légères modifications^ Nons'dosnerons qiiek]ues 
détails. ^urpUsieurs. roches i^i n'ont paëéié présentées sous 
ces dénominâitionjs dai)s le Dictionnaire ^ ou qui ont été con- 
fondues avçç. d'autres s^us des dénominations pltts^générîiles , 
ou enQn.sur» celles dont les. articles noos ont. paru: laisser à 
désirer 4l^s ipdipatipn$ nécessaires à faire cowiottre pour 
rpbjet que nous considérons; jnaisjpour le plus {pF^md nom- 
bre , nous iipus conteplerons dModiqoûr Ids caractères ^nci- 
paux des ç^p^ces e^;dp^ v,ariété$ î av^&jqaelqnes* jexemples de 
localités. Une grande pa^^ie de «es i exemples sera indiquée 
pour toutes les espèces , d>pr-ès les roches de laxolLection 
de M. Brongniart. .j , ,. < . . ' ' 

I."^ Classe. ^ ROCHES CRISTALLISIÊES 
ISOMEBKSi 

Parties anguleuses liées par ' Aj^régatiôn cristalline , ou 
même se ' pénétrant mutuellement , sa«is hase ou partie es- 
sentiellement dominante 4 ni cimenft ^omoglène sensible. 

Pr^kf^ ftw«. — LESTELDS^ATHIQTJJBS. Le teld- 
spath y est partie constituante essentielle. , 

Première Espècc-^GRANITE, (Composé essentiellement de 
feldspath lamellaire ^, de quarz et de mica ordipaîremênt à 
peu prés également disséminés ; quelquefois ^ cependant, 
une de ces parties est dominante , et le .plus, souvent alors 
c'est le feldist)ath. ' "' ' 

Le granité admet assez souvent, comme ^arfiî^^ aèddentelles^ 
la tourmaline , le grenat , Taùi^hibolé, lapiniie ; plus rare- 
ment Pépidote^ léi^ pyrites, le fer oligiste, Tétain oXydé; plus 
rarement encore la prébnite , Popale / le disthène , la to- 
paze , le corindon, la iëpidoli^é (Bosena , en Moi'avie ) , la 
paranthine (Penîg , en Saxe);la chaux floatée ( Geyer , en 



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R O G 5io 

Saxe ); la diaai phosphatée ( Jôasu-Geo^génstadt ); la chaux 
carbonatée bruDÎssante (Schneeherg); le granité, Taisent 
iiatif;le plomb sulfuré, le zinc 3nUaréy le cobalt terreux, letifj 
tane nigrine , etc.;quelques gi^nites admettent aussi dansleurs 
compositions le fer oxydulë , e^i parties extrémcn^nt petitcâ 
qui communiquent au graHite des propriétés magnétiques 
( ex. : les rochers granitiques dits SchnarcherkKppe «ur le Bah^^ 
nnbergf au Hartz). On cite auasî ,:dans quelques granités; 
du talc, de la stéatite , de la chlorite, du jade , etc.; mats 
ces indication» sont probablement ei'ronnées , ou bien elles ' 
ont pour objet des granités altérés. Par l'altération , le mica 
prend l'apparence de chlorite , le feldspath prend celle de 
stéatite (ex. : le Rehberg et le Sonnenberg; au Hartz), etc. La 
cristallisation des trois parties essentielles est ordinairement 
luhrfuse ; rarement on remarque des formés déterminables ; 
le plus souvent alors , ce sont des tables hexaèdres de mir- 
ca ; quelquefois des cristaux terminés de feldspath et de 
quarz tapbsent l'intérieur de petites druses. 

La struciure est grenue, tantôt uniforme , tantôt irrégtdière; 
quelquefois la masse paroit composée de pajrties globuleuses 
réunies entre. elles sans aucun ciment , et dont chacune pré- 
sente à l'intérieur la structure grenue propre à tous les gra^ 
Dites. On a reconnu cette singulière texture dans quelques 

Îranites des Pyrénées , sur la route de Saint-Jean-Pied-de- 
^ort à Baïonne , dans un grand nombre de blocs de gra- 
nité d'Ingrie , en Stlésie , en Bohème , à Pile d'Ârran , etc. 
La cassure est unie ou raboteuse , grenue seulement dans les 
granités altérés. La(* dureté est itiêgale^ mats elle est d'autant 
plus forte que le quarz est plus abondant. Le granité est , en 
général , susceptible de recevoir un beau poli. La cohésion 
varie du sotide SiXk friable. Beaucoup de granités s'altèrent fa- 
cilement par l'action de l'atmosphère ; par l'altération , ils 
deviennent souvent tout à fait friables ; souvent aussi le feld- 
spath et le mica s'altèrent dans leur nature , comme nous 
l'avons déjà remarqué ; la roche passe alors à la protogyne; 
cette altération du feldspath paroît due au dégagement de la 
potassequiy est combtnée.Le granité passe souvent aussi,par 
changement de nature de ses parties, à la^yénite^ à la diabasè 
et il d'autres roches. Par structure , il passe , d'une part, au 
porphyre t et d'autre part au gneiss. 

On peut distinguer deux variétés principales de granités : 
i.®Le Granité COMMUN, dans lequel la grosseur des grj^Ins 
est à peu près uniforme. 

p.» Le Granité poRPiiYROîDE.Des cristaux de feldspath , 
quelquefois très-volumineux,y sont disséminés dans un granit e 
il petits grains , ce qui donne à la roche l'apparence d'un 
porphyre imparfait. 



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35o ROC 

Ces deax rànétés psasent^l'utte i Vtmtt par d«s nuances 
insensibles, et il seroit souvent difficif^ de décider à laquelle 
appartient tel ou tel échantillon. 

Le granité comitiun est une i^che teflendedt répandue dans 
Soutes les parties du gl6be , qn^il seroit presque ridicule de 
citer pour elle des localités. Il vaut mieux citer , au con- 
traire , quelques localités célèbres où il a été indiqué mal à 
propos , telles sont : !.<* la plus grande partie êe la chaîne des 
Alpes j depuis le mont Cenis jusqu'au Saint-Grothard : tous 
les prétendus granités de ces montagnes sont des pniogynes ; 
a.^ TEgypte : le fameux gnmite antique d'Kjjypte, est une 
sj^nite. 

^ Le granité porphyroïde étant moins abondant , nous en 
citerons quelques eisemens. 

Tels soutien France , les granités des environs de Sau- 
lieu dans le M orvan , de M auxat dans le Pny-de-Ddme , 
duportd'OoetduportdeClarabide dans les Pjrrénées^ etc.; 
/en Allemagne , on en connott de très-caractérisés dans les 
montagnes du Rietengehirge en Silésie , près de Carslbad 
et d'£llnboge% en Bohème , près de Schellerhau et de 
Penig en Saxe , etc. ; dans ce dernier endroit , quelques 
cristaux de feldspath ont plus d'un pied cube de grosseur. 

Deuxième Espèce. ~ PROTOGYNE. Composée essentiel- 
lement de feldspath , talc , stéatite ou chlorite , sans ou avec 
très-peu de mica. Le feldspath et la sub^ance talqueuse ou 
stéatiteuse sont toujours parties constituantes esseii^elles. Le 
quarz n'est souvent qu^uâe partie cogastituante accessoire^ 
renferme souvent de l'amphibole , comme partie aeciden* 
telle , et quelquefois de la tourmaline y des pyrites» du titane 
nigrine, de là cymôphane (Haddam , en Gonnecticut), de 
la topaze et duberil ( Sibérie) ,'etc. 

Structure grenue , uniforme ou irrégulière et cristallisée. 

Le talc n'est pas , en général, disséminé irrégulièrement, 
comme le mica dans le granité : il est plutôt par espèces de 
paquets étendus » et souvent les feuillets de ces paquets sont 
tous à peu près parallèles à un même plan ; ce qui manifeste 
une tendance à la structure fenilletéç. 

Cassure unie ou raboteuse. Dureté inégale^ La couleur du 
laïc est le plus souvent verdâtre. 

Par la substitution du mica au talc , la protogyne passe ad 
granité et k la syénite. Ces deux roches , quand elles sont 
altérées, se confondent aisément avec la première. La pro* 
togyne des Alpes perd souvent peu à peu son quarz , puis une 
partie de son feldspath , et passe ainsi à la cfUorite schisiolde. 

Ainsi que nous l'avons fait observer dans Tarticle du gra- 
nité I la protogjme constitue presque entièrement les massifs 
des montagnes dites granitiques des Alpes , depuis )e moqt 



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ROC »5i 

Cenis jusqu'ao 3amt4irOtliâf*i^, et paniciifiireineiiC le massif 
du Mont-BlaDC il en existe aussi dea masse» oaûindé^aMiei 
aux environs de^ Tulle (dé^itement de U CorrèBe) ;. an 
Kiolo en CorMf au Sonnenbef§, a« Hâvlx;» è Buskols ^ 
Wiesenbad, Âmiabei^f Seharfenberg^ es Sflwe^ete. 

Trmdème BMce.-^PEGMATiTK {PètanMê ^ grOhke ^hÉ^ 
M(pie , etc. ) Composé essentiettimiem de ftlAipirth làtoel^ 
laire et de quarz : ordinairement le feldspath y eât partie dd*- 
minante; adniet » comme pairties aecîdaddlts , le talc , la 
tourmaline, k béril , la topaze ^ l'élite o^ydë , le faflfiulite , 
le scbéelin ferraginé , etc. 

Lastmchtt'edttpegmaliteest, evgénérat ^ gfetitié; mais elle 
offre on grand nombre de variétés daM la (|irésé€fër ef la dis- 
position des grains. Celiii de Gambo près BtfFôntM , pan^ 
exemple i est à petits grains nniformé»; eeléi de Bâgdères 
est à grains de crossenr moyenne ; i^eUii du Pk Ai Mi£ et 
des montagnes fîoires , âi gros graifas % tsehii dfrWillikiiAgton , 
près Philadetiphiet est 4 (|hiâ gro» grains Cttèd^é ; c'est un 
mélange de cristaux yolnmiiienx de feldspath et de quat^ ; fe 
feldspathy est aussi disposé cwnm^ eto ^tk^È ëubéildes.;Gettè 
dernière structure le remarqfoe diiris^itltAeé^s pégtÉiatites des 
environs de Limoges» 

A Saint-Yriexy aét environs àt "Eotlé M attt envi^ 
rons de Gilérande ( Loîpe - hififtriMfe } ^ ou liroavé dél 
pegmatites qui sont presqae entièrement formés de feldspath 
laminait^ niélangé seulement d'un peu de quarz; c^est cette 
variété qui constitue la roche délignée^ d^s les cd>inets 
sous le nom de gtatdte fràphifiÉt. On la çdnsott en Boui^o^ 
gne aux environs d' Anton ; en Corsé t en Ecosse, eA 
Chine , en Sibérie dans les monta Oural , et en Daonriè 
à la montagoe à'OdorUchelon , sur le bord du fleuve Améur. 
Dans ces deux derniers endroits , le'pegmatit^renfertaAede)^ 
bérils et des topazes* 

Le pegmatite passe au granité par Taddition du mica ^ 
mais le principal passage de cette roche, et celui qui la rend 
très-intéressante daAs les arts , est prodoit par 1 altération 
de son feldspalfc qtilse chaîne en caohft. Tous lesbeanx cao-* 
lins , exploités pou# les manufacUires de poreélMtea^ p^o^ 
viennent du pegmatite. ^ 

QuiMèmeÈs^.^ïyOLtRITÉtmÈ[ÏM0iÈ. Composa 
essenfièlteâient de feldspath laméilaife et ^é pyroxène. 

Cette e^èce éit tiouvelletnent déteirmint^é et èncoi'e pcm 
connue. On lui a donné noOf typi; la tàâié qui récouvre le 
sommet du Meisnéf , en Hesse , et qtd à été prfte long-temps 
pour unediabase (gr&astdt^.Sè. structure est grenue ^uniforme et 
0nslallisée ; elle est peu solide-^ sa ccusure est raboteuse ougrenue ; 
s^ couiemr dominante est d'un noir gt'ii^fttre on verdâtre. 



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35* R O C 

Ufi dobfrite i pttsqw semblable» m été reconnu depoîs , 
à la Guadeloupe , parmi les terrains volcaniques du Mouel- 
mont ; mais , dans cette localité , les cristaux de feldspath et 
4e pyroxène paroissent souvent comme enveloppés par une 
pâte grise » jaune on brune et d'un aspect ierrenx. Cette es- 
pèce de pâte n'est . probablement qu'un dolente à grain 
très-fin , dans lequel des cristaux plus volumineux àts deux 
principes composans se sont formés. 
, Il paroit , en effet , d'après les expériences de M. Gordier, 
que beaucoup de substances nommées jusqu'ici basaltes^et clas- 
sées parmi les roches amphiboliques, sont des roches de py- 
roxènes ou des dolentes. Plusieurs géologues, et particdière- 
ment M. deBuch , ont reconnu que presque tous les hasakes 
d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande , n'étoievt que des dolé^ 
rites compactes. Dans un grimd nombre dé ces roches les par- 
ties constituantes sont reconnoissables , et on peut suivre le 
passage non, interrompu du doUrUé gi^nu^ au prétendu ba- 
salte* Si ces observations sont confirmées » ainsi qu'on est 
f»orté à le croire ^ d'après la confiance qu'inspire le nom de 
eurs auteurs , le dolérite deviendra une des roches les plus 
intéressantes à étudier et à décrire dans toutes ses variétés. 
Ses principaux caractères étant dus an pyroxène qui y est 

{principe dominant, il devra constituer un genre particu- 
ier de roche entre Itsfeldspàthiques et les ampidbotiqùes. 

1I.« Geme. — LES AMPHIBOLIQUES. 

Gnquîème Espèce,-^ YÉNI TE. Composée essentiellement 
de feldspatli lamellaire , et d'amphibole ; le feldspath y est 
ordinairement prédominant. Le plus souvent le-qùarz s'y 
montre aussi , comme partie canstUuanU accessoire. 

Cette roche , long-temps confondue avec le granité , en a 
toute l'apparence , elle a Jes mêmes caractères de structure , 
de cassure , de dureté ; elle affecte les mêmes variétés , et 
présente des altérations et des passages analogues. La couleur 
rougeâtre du feldspath, qui est souvent dominante dans lé 
granité , est bien plus souvent encore dominante aussi dans 
fa syénite qui se distingue donc umquement du granité , par 
la présence de l'amphioole comme partie essentielle. Cet am- 
phibole est quelquefois , au premier aspect , assez difficile â 
distinguer du mica de certains granités ; la syénite renferme, 
d'ailleurs , souvent aussi du mica , comme partie accessoire , 
qiielquefois assez abondante ; tout concourt alors à rendre 
la distinction difficile entre les deux roches. Cette distînc-^ 
tion est cepqpdant nécessaire à établir, surtout parce qu'elle 
paroît liée , au moins dans plusieurs cas , à des distinctions 
géologiques importantes. . % 

La syénite admet dans sa composition ,' comme parties oc- 



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ïl O G • 3!;3 

^ààèntitlès, toûieii \ts substanëeâ <|ùi st ^tèstiàetkï ainsi dans 
le véritable granité \ mais on y trouve plus particulièrement 
tdes zkvons et du iiiane rùgrine ou tUane stRcéa-cûlcaire. 

La syënite s'altère souvent par les influences atmosphéri- 
ques , «t surtout par le voisinage de certains filons. Le feld-^ 
spath et Tamphibole paroissent se changer l'un et l'autre eu 
Méatite,et la roche perd quelquefois alors toute sa consistance^ 
Quand cette altération ne se manifeste que sur l'amphibole > 
la syénite passe à la protogyne. 

La syénite passe aussi au granité , par substitution du mica 
à l'amphibole, dans sa composition. Far structure, elle passe 
au porphyre» 

Variétés printipakSé 

il. Syénite GtiAmTOïDE. -^ Feldspath let âmfpbibole lamel- 
laire ; quelquefois pas de quarz , souvent du micâ. 

On peut citer comme exemples de cette variété , qui 
est extrêmement répandue , la syénite de la Haute- 
Egypte , connue sous le nom de granit antique i Egypte s 
celle de la vallée de Plauen en Saxe , entre Dresde et 
Freyberg ; celle du Rehberg au Hartz , et beaucoup 
de roches nommées granités dans cette contrée ; celle 
des environs ^e Giromagny et de Sainte-Marie dans 
les Vosges, des environs de Cherbourg, clc; enfin, la 
matière des colonnes romaines de Trêves et d'Autun. 
d* Syénite schistoïde. — Feldspath lamellaire et amphi-*^ 

bol^ hornblende ; structure feuilletée» 
3. Syénite porphyroïde. — Feldspath en gros cristatrx ^ 
dans une syénite à petits grains. 

On connott de belles syénites porphyrotdes aux en^ 
virons de Sainte -Marie et de Giromagny dans le» 
Vosges, à Âltenberg et à Frauenstein en Saxe , etc. 
!(• Syénite zirgonienne. «^ Renferme des zircons disses 
minés en a^ez grande abondance » et en cristaux quel^ 
quefois assez volumineux. 

Cette variété est remarquable aussi par la grosseur de 
ses parties de feldspath et d'amphibole , comme par leH 
reflets opalins que présente quelquefois son feldspath « 
désigné alors, dans les cabinets de minéralogie, sous le 
nom de pierre de Labrador, On la connoît à Friederichs-, 
wem et dans d'autres localités de la NorWége. 
Sioçdime Espèce. — DlABASEoxk DIOEITE ( GrUnsiein des 
minéralogistes allemands). Composée essentiellement d^am- 
phibole hornblende et de feldspath compacte , quelquefois 
à peu près en égale proportion , mais souvent l'amphibole 
est partie dominante i admet dans 0a composition ^ comme 



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354 R O C 

parties acciientdles 9 sonyent des pyrites et <da tticaf quelque-^ 
fois de lastéatite, deractinotef^c Fépidote, delà di^Uagr, 
du pyroxèoe , suivant J&I. Cordier , 4u£er tii^ni et du tUase 
nigrioe. 

Structure le plus $QMy euX grenue p qu^çiqj^fpis à grains si 
fins , quelle devient presque co^^^actç e|: d'appar^ce ho- 
mogène. Quelquefois 1^ texture , saiis cç^ss^ d^^e ^mc^ en 
petit, est aussi à la fois considérée u^ peu plus ejQ grand, por- 
phyroîde oa glanduleuse ; quelquefois, fsn^n, Ijt ^trwctare /est 
feuilletée, mais presque toujours ip^paiiaitemeiot. 

Cassure raboteuse. Dureté et iéuacUé couvent très^randes. La 
roche eist souvent susceptible d^un beau poli. I^ cpuleur est 
' ici un caractère assez |>on : celle de, toutes les variétés de 
diabase est d'un vert gris&tre ou noirâtre , ou d'un noir ver- 
4|ltre , tacheté de blanc grisitre ou verdâtre. Le feldspath , 
presque toujours un peu pénétré d'amphibole , n'est jamais 
r()ng^t,re comme dans la syénite et le granité. 

]^ diabase qui prend upe apparence homogène et com- 
.Mçte , passe à la roche ^siniple que nous avons désignée sous 
le nom âe canuei^ irapp, ËUe est cependant elicôre recon- 
,noissable en 1^ faisant chaufter; les deux parties constituantes 
prennent abrs des teintes différentes* 

Au chalumeau f la diabase se fond en^entier en un émail 
mêlé de noir et de blanc. 

Quand le feldspath diminue de proportion ^ la diabase 
fiasse au basanite etii i'amphibolite. Quand le feldspath de- 
vient lamelleux , elle passe à la syénite , mais la d^base i^ 
fenfermt presque jamais de qnarz. Quand le dîallage de- 
vient partie constituante » la £abase passe à l'euphotide : le 
firldspath passe alors souvent au jade. 

La diabase est sujette \ comme toutes les roches ampjiîbo- 
liqaes, à un genre particulier d'altération , dans lequel le^ 
if^igmens se couvrent d'une ëcorce terreuse , d'une couleur 
rOogeâtte.Cèpend^t ^^^ altération est moins prononcée 
dans les diabases que dans les amphibolites et les basanîtes. 
Un antre genre d'altération moins fréquent , est celui que 
loi fiai^t éprouver le dtiangement du feldspath en kaolin, 
j^nfin , quelquefois la diabase semble passer à la serpentine 
(ex. i'ophite de'Palassou). 

Vjariétés pnriapiiiJes. 

1.» ÇiABASE GRANiToïDE. •— Tefture grenue sans mélai^e 
d'autre genre de structure. 

Cette- variété e$t eUe-même extrêmement variée dans 
son asjpect, comme dans la finesse de son grâpi , et 



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ROC 355 

dians la manière dont les deux substances composantes 
se d^inguent Tune de l'autre. Tantôt les grains sont 
gros 9 distincts, et de couleurs tranchées ( on a , dans 
ce cas , désigné plusieurs diabases sous le nom de ^m- 
nile ) ; tantôt sa cassure est presque compacte et d\ine 
teinte verdâtre à peu près uniforme. Le feldspath est 
souTentbien compacte ; quelquefois il est lamelleux, et 
la roche passe à ta syénite. Quelquefois Tamphibole 
offre un aspect chatoyant , et est très-difficile à distin- 
guei' de la diallage. On ne sait alors si la roche est une 
^" diabase ou une euphotide. 

Nous citerons , comme exemples de cette variété , la 
diaUage granitoïde de Laperque , aux environs de Cou- 
tances; celle du moni Pimenée, près de Gavamy, qui est 
à très-petits grains avec des parties pelotonnées de mica- 
celle de Flavignac, près de Limoges, à très-gros grains ; 
on y remarque des cristaux volumineux d'amphibole* 
le feldspath y est très-peu abondant. Celle des envi-1 
rons de Tulle est aussi à gros grains, et passe à la 
syénite ; il en est de même de la diabase des anciens, 
monumej^s d'Egypte, et de celle des pagodes de l'Inde. 
Ces deux dernières sont presque entièrement sembla- 
bles , et renferment, l'une et l'autre beaucoup de feld- 
spath lamelleux. 

Une conformité aussi frappante , pour des roches de 
localités très-éloignées , existe entre les diabases grani- 
toïdes du Langenbêrg et du LàUigenthal au Hariz , et 
celle de la Bidê^aum-Uhres ^ dans l'anse de Boutilou 
pays de Terre - Neuve. Leur grain et leurs teintes' 
mélangées de noir et de verdâtre ^ sont absolument les 
mêmes. 
a.<> Diabase sghisïoïde ( GrUnslem schkffer \ — Structure 
feuiltetée. 

Dans cette variété, le feldspath est ordinairement bien 
compacte , et la struetâre feuilletée n'est alors qu'im- 

Earfaite. On y remarque des raies ou zones sinueuses 
lanchâtres , grises , noires ou vertes , lesquelles sem- 
blent souvent n'être que des taches. 

Les diabases schistèïdes de Siebenlehn , de Schnee- 
bergetde Gersdorf, en Saxe; celle du HaHzburger- 
font , au H art» , présentent des exemples frappans de 
cette manière d'être. On connoît , au contraire , aux 
environs de Saint-Bel, entre Blaîn et Redon, non loin 
de Nantes, à Charbiac près Saint-Flour en Auvergne 
dans les Alpes et ailleurs , des diabases où la structure 
schistoïde est bien caractérisée* « 



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356 ROC 

3.0 DiABASE PORPHYROÏDE (Gr£ifi-po7)/!^r; povpyHHhnUâia 
urtrapp gesiein ). — - Des cristaux de feldspath souvent 
compactes , disséminés dans une diabase granitoïde à 
grains fins. 

On connott cette variété à Bischœlfingen en Bavière ^^ 
près de Freyberg en Saxe , à Kongsberg en Norwége ^ 
dans la vallée de Badau au Hartz , etc. Dans ce der- 
nier eadroît la pâte est très-micacée. 

'^.0 Diabase orbiculaire ou globaire. — Sphères à zones 
concentriques d^ampbibole et de feldspath , disséminées 
dans une diabase à grains moyens. — Sructure glandulii$se. 
C'est la belle roche connue sous le nom de granité de 
Corse. Lé feldspath y est souvent lamellaire , et la roche 
passe alors à la syénite* 

5.^ Diabase diallagique. — Feldspath compacte uni avec 
une grande proportion d'amphibole , et quelques cris* 
taux de diallage , comme parties accidenielies. 

Cette roche , qui doit bien être rangée dans les dia* 
bases , est connue à Gorges au S. E. de Nantes. 

6.* Diabase maculée. — M. Brongniart rapporte , sous ce 
nom , à Tespèce de la diabase 9 une rocSe formée de 
feldspath greou blanc , renfermant des noyaux ronds 
et un peu rayonnes d'amphibole noir. Cette roche est 
connue à Schemnitz en Hongrie ; on Vy a , pendant 
long-temps , désignée mal à propos sous le nom de 
tigerert , et en français , sous celui de mine et argent tigrée* 
llparoSt qu'elle ne renferme, au moins constamment, 
rien autre chose que du feldspath et de l'amphibole. 

Septième Espèce.-^HÉMITHRÈNE. Composée essentielle- 
ment d'amphibole et de calcaire. 

Les roches réunies par M. Brongniart dans cette espèce» 
ne devroient être regardées , peut-être , que comme des va-» 
riétés de diabase et d'amphibolite , auxquelles on donneroit 
le nom à^amphibollte calcaire et diabase calcaire. Des observa- 
tions ultérieures sur les gites ii^diqués dan» diverses localités j 
peuvent seules faire connoître si l'hémitrène doit , ou non , 
rester comme espèce particulière de roche. 

On*connoît rhémithrène à Andréasbei^ au Hartz (elle y 
est désignée sous le nom de griinstein) , ^ Schmalzgrube et à 
Mauersberg en Saxe. Dans ce dernier endroit , c'est un 
calcaire saccharoïde mélangé d'un peu d^amphibole; les 
échantillons de Schmalzgrube présentent , an contraire, une 
espèce d^amphibolite mélangée de calcaire. Plusieurs àes 
roches polies par les marbriers italiens , sous le nom de 
granitone, et dénommées ainsi par Daubenton , sont com-; 



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ROC 557 

posées d^ampbibole et de calc^re^ et doivent en conaé-* 
quence être rapportées à VhémiÛirène^ et non à la diabase* 

Il.e Classe. — ROCHES CRISTALLISÉES 

ANISOMÈRES , 

Formées , en tout ou partie , par voie de cristatlisa-i 

lion confuse ; une partie dominante servant de base , dé 

pâte ou de ciment aux autres, et contemporaine ou anté^ 

rieure aux parties qu'elle renfemie. «^ 

IIL« Genre. — A BASE DE QUARZ HYALIN. 

Huùâme Espèce.— HYALOMICTE ( Greisen ) ( quarzite ?)i 
Composé essentiellement de quarz hyalin et de mica dissé-^ 
miné , non continu. — ^ Structure grenue. 

Le quarz est prédominant. 

Cette roche contient souvent du feldspath comme pmiiA 
accessoire^ et comme parties accidentelles p principalement de 
la chaux fluatée , de la lithomarge , de Tétain oxydé , du 
schéelin ferruginé , des pyrites , etc. 

Structure grenue, irrégulière et cristallisée. Très-soUde, Cassure 
unie ou un peu raboteuse. La dureté est inégale , mais la roche 
est très^dure. La couleur du quarz est en général d'un blanc 
grisâtre ; celle du mica est brune. La roche ne s'altère pas 
naturellement ; elle passe* au granité , en admettant le feld« 
spath comme partie constituante. 

L'hyalomicte est connu particnUèrement à Zinnwald 
( frontière de la Bohème et de la Saxe ) , à Altenberg ea 
Saxe , et à Vaulry département de la Vienne. Dans cen 
trois endroits , il accompagne ou renferme des gîtes de mn 
nerai d'étain. 

Appendice I. — 11 nous parottroit convenable , soit de clas-- 
ser ici , comme espèce , soit même de réunir à l'espèce pré- 
cédente , telle qu elle a été déterminée par M. Brongniart,; 
toutes les roches de quarz micacé ou talqueux, qui se ren« 
contrent en abondance dans les Alpes, dans le Hunsdrttck, 
en Saxe , et dans un grand nombre d'autres localités. 

Dans ces roches /le q«arz est toujours très-prédominant 4 
etlemica n'y existe qu'en petites paillettes (au lieu que dans 
l'hyalomicte , il est souvent divisé en peloton^ assez volumi-* 
neux ). Le plus grand nombre a une structure presque >com-> 

S^acte ; quelques-unes , au contraire , sont très-sensiblement 
èuilletées. On ponrroit donner à l'espèce qui réuniroit toutes 
ces roches , le nom de quarzite , par analogie aux noms de 
^ irappite, vakite, hasanUey etc. Cette espèce se diviseroit alors 
en trois variétés principales ; savoir: 

Quarzite granitoïde ( hyalomicte }• ' 
Quarzite schistoïde. 
Quarzite compacte. 



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358 ROC 

Mais, dans tous les cas, ces roches ie qcrans mieacë ou tal- 
queux, abondantes dans les Alpes et ailleurs, nous semblent 
devoir trouver place dans le tableau des rocbes nëlaagées. 

Nous croyons devoir ayouter encore, par appendice « an 
^gcnre des roches à bafie de qoacz , 

■ IL -*«Une roche de quarz sobisloïde on à structure très- 
fmiiletée^ seoifalable aiu mie» scUste^mais dans laqudle le mica 
est reidj^cé parle fer oZûàfc disposé en paiiletlesneflabrenses 
et raf^ro^ées, et en telle quantité, qu'il forme la partie pré- 
4QniiQante de la roche. Cette roche est abondante en Suède, 
«à elle est exploitée comme minerai de fer. On la retrouve 
formant des terrains extrêmement étendus au Brésil , oà Ton 
commence aussi à l'exploiter. — Enfin on connoft une roche 
. presque analogue en France, dans le département de la 
jRlanche. 

III. -^ La roche formée de ^uarz et 4e tourmaline qu'on 
a reconnue en Suède , aux environs du mont Rose dans les 
Alpes ^ en Cornouaille et ailleurs ; le quarz , d'un blanc gri- 
sâtre , y forme comme une pâte sur laqu^le se détachent de 
nombreux cristaux , bien prononcés , de tourmaline noire. 

IV. •*«* La roche , dite rodke de topaze ( tQpatfth dea Alle- 
mands), formée, selon Us auteurs allemands, de quars grenu 
comme partie prédominanile essentielle y de toumaaline , de 
topaze et de liuo»argfe (elle paroît contenir aussi ^ feldspath 
grenu ); ie tout est disposé par zones, de manière à donner à la 
fols à la roche une structure grenue et une structure imparfai- 
tement feuilletée. Les différentes par^s qui la composent se 
présentent aussi en cristaux distincts, dans des géodes el des 
fissures. Cette roche n'est bien connue qu'à la montagne dite 
SchneckenHein , près Auerbach , dans le Toiglland en Saxe. 
M. Wemer y rapportoit aussi la roche à topazes d'Odont- 
chelon et de Mwrsinsk y en Sibérie ; mais M. ratrin ne trouve 
pas d'analogie entre ces roches et celles du Schneckenstein. 
La roche de topate , bornée ainsi à une seule localité ^ ne mé- 
rite donc réellement pas, d'aprèi les principes cpie nous 
avons exposés, d'être comptée au noa^re Aesr9ches. 

IV.« GENaE. — A BASE I>E MICA. 

NewiimeEsplce.— GNEISS ou GNEUSS. Composé essen- 
tiellement de mica abondant en caillettes , et de feldspath 
lamellaire ou grenu; structure feuilletée. 

On indique ordinairement le gneiss comme composé des 
mêmes élémens que le aranîte, c'est-à-dire, de feldspath ^^ 
nâca et quarz; Saussure 1 a même désigné souvent sous le nom 
âe granité veiné; mais il parok certain que le quarz ne fait 
pas partie constituante essentielle âe cette roche, puisqu'on 
connoit beaucoup de gneiss qui n'en contiennent paaau moins 



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ROC 353 

dé visible à l'œil nu. Le quarz ne peut donc être désigné 
qae conune partie constituante accessoire. 

Les parties accidentelles les plus ordinaires au gneiss sont : 
Tamphibolr , la tont*maline , le gl-enat^ le tal^c, et une subs- 
tance grasse, stéatitetfse , «j^i est peut-être le produit de l'al- 
tération dii feldspath et du* n^ica On y observe quelquefois 
aussi de la <^haux Huatée , du disthène , dii graphite, du titane 
nigrine 9 etc. 

La stVùcttire t^févUletêe, alternante, Uniài droite ^ tantôt 
sinueuse orf ortJdAiîée, Les feuillets com]^ôsés seuVemeiit de 
feldspath, on d^c feldspath et de quar^, ont en général une 
l^neoudetit d'épaîsSeur; darts ces feùiHets lé feldspath et 
le quarz sont cristalli^sés coàfuséinént , et présentent souvent 
la tettnre grenue , h grain plus ou moins fin ; mais ces grains 
sont presque toujours étendus parallèlement >aa plan des feuil- 
lets ; l'es feniHéTs de mica sont b^ailtou|^ plus minces ; sou- 
vent tes paillettes dte cette sid>stailcc sont' imerrompues; queU 
Ïiefois, au' contraire , elles forment des feuMlet^ continus, 
e genre de ttruttare feuilletée, pi'opfe au gneiss et affé- 
rent de la sttueture plus fissile des ant^s roches sehi^enses , 
a été désigné par les minéralogistes allemands sous le nom 
de ^twsrige teaclur; ils établissent dan^ cette roche plusieurs 
variétés , d'après l'épaisseak- et la disposition des fetitllels: Le 
gneiss à feuillets très-épais passe an granité ; cehiiàfemlleti 
très^minces* passe an'micasdiiste. 

Quelquefois la slmeture est à' ùMsJeUiiieiéle et presque 
porphyroïde^ p«rce cfoe la roche offire des cristaox asse2 volu^ 
mineuï de feldspath. 

Le- gneiss est bolide ; sa cassm*e eÉifiuiiieiéè ààns un Seni} , 
et raéoteuse' d^m l'autre sens; sa dureté est inégale^ mois en 
général assez considérable pour recevoir ou beau poK , excép*- 
té quand la roche est altérée dans le voisinage des fildUs mé- 
talliques ; dans ce deinier cas , son tissu est très-i^elâché , et 
elle devient ébouleuse. Sa couleur est très-variée. Le feld* 
spath y est beaucoup plus rarement rougeâtre que dans le gra- 
nité et la syéttife ; le lUicâ est souvent gris ou brtmâtre 9 raré« 
ment noir. 

Le gneiss passe au granité en perdaut sa structuré feuille- 
tée ; au micaschiste et au quarzite ^ en perdant sou feld- 
spath; à reurite, lorsque la proportion dtf feldsp)àth aUgméUte 
et que celle dumica diminue» 

Variétés principales. 

Gkeiss commun. — Peu ou point de quarz visible kVml 
nu. ( Ex. : la plupart des gneiss de Freyberg eta Saxe. ) 

Gneiss QUAàzbux. -^ Du quant abondant. (Ëx. : Todt^ 
tein en Saxe. ) 



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36o' ROC 

Les deux vârî^t^s précédentes sont s! g(fn(f ralemenf rëpâii-^ 
dues, qui! devient inutile de citer plusieurs localités. 

Gneiss t\lqu£UX. ^ Feldspath grenu , et mica luisant et 
talqueux (ex. : de Saint-Bel, près de Lyon; »^ de^la vallée 
de Cbamouny ; — * de Wisbaden , etc. )• 

Gneiss poaphyroïde. ^ Des cristaux de feldspath dissé- 
minés dans un gneiss ( ex. : de Ce vin en Tarentabe ; -*- de 
Kringeln en Norwége , etc. ). 

On pourroit faire une variété du gneiss dans lequel le 

S;raphite est abondant. Cette substance parott alors quelque- 
ois remplacer le mica, qu^on n^y voit plus qu^en très-petite 
quantité. (Ex. : la roche à graphite des environs de Passau.) 

Dixième Espèce. — MICASCHISTE {Schiste micacé, GHmmet 
9chieferJ) Composé essentiellement de mica abondant continué 
et de quarz. Le mica est partie prédominante. 

Les parties accidentelles qu'yn observe le plus souvent dana 
le micaschiste , sont le grenat , le feldspath , la tourmaline 
qui s'y présente4i|uelquefoisen trèsrffrande abondance, comme 
aux environs de Wiesau dans le Raut-Palatinat. Le grenat 
y manque même si rarement, qu'on pourroit le regarder 
comme partie constituante accessoire du micaschiste, et le& 
cristaux de cette substance sont souvent si nombreux, que la 
roche acquiert , outre sa atructuie feuilletée , une apparence 
àe structure porpbyroïde. On trouve aussi dans le micaschiste, 
de Tamphibole, des stanrotides , du disthène , du titane» 
do la chlorite , du graphite , etc. ( Ex. ^ pour ces dernières 
substances , le micaschiste de Guérande près Nantes. 
Près de U, à Piriac , on a reconnu le graphite , remplaçant 
le mica , dans un quarz noir schistoïd'e ^ entrelacé de nom- 
breuses veinules de quarz jaune. ) Enfin , on indique encore» 
dans le micaschiste, Tor natif (au Zillerthal, pays de Salz* 
|M>urg) ; Tétain oxydé (^ Gieren^ en Silésie); le cobalt gn& 
et la pyrite magnétique ( aussi à Gieren ) ; le fer pyriteux ( à 
£dswol en Norwége ) , etc, 

La structure /feuilletée est alternante , à feuillets tantôt droits » 
tantôt sir^ieux; souvent aussi les parties quarzeuses forment 
comme de petites masses ovoïdes aplaties, autour desquelles 
le mica se contowne , mais toujours en fev^lets continus. La 
cassure est raboteuse; la dureté et la solidité varient beaucoup» 
S^lon que 1^ quarz; ou. le micau deviennent plus abondans. 

Le mica est ordinairement d^oo gris jaunitr^ , verdâtre oa 
brunâtre , rarement blanc , rouge ou noir. Souvent il prend 
Vaspect plas o» moins talqueux. Le ^arz est presque toa*-* 
|Qurs gris. 

Le micaschiste passe au schiste argileux en perdant soi^ 
quar^ B/eauc6up de minéralogistes pensent même que les 
«chistes» ^insi ^ue la base des phyllades^ sont entièrement 



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V 

ROC 3*1 

formés de- petites lames de mica. Quand , au contraire, le 
n^îcaschtste admet , dans sa composition , du feldspath en 
proportion considérable , il passe au gneiss. Des montagnes 
entières , et même des terrains étendus, sont formés de ces 
espèces de termes moyens entre le micaschiste et les deuc 
roches auxquelles il passe. ^ 

On peut citer un assez grand nombre de roches feuilletées 
des Alpes, de Bretagne , ^nsi que celle de Hohenstein ea 
Saxe, comme mitoyennes Rtre le micaschiste et le phyllade. 
Toute la partie la plus élevée de la Crète , entre la Saxe et la 
Bohème 9 près de yVjg^nthal , ainsi qu'une partie des mon- 
tagnes des environs oKhrenfriersdorf en Saxe y sont au con- 
traire formées d'une roche mitoyenne entre le gneiss et le 
micaschiste. Quand le mica passe au talc , la roche passe au 
sUaschUU. 

Variétés principales Bu micaschisU, 

Micaschiste quarzeux. — • Quarz et mica très-apparens ; 
presque seuls et alternant en feuillets ondulés. 

Micaschiste grenatique.—^Dcs grenats disséminés à peu 
près également , et formant alors une partie consiiiuanU ac^, 
cessoire. 

La Saxe , les Alpes , la montagne des Chalanches , les 
environs de Nantesj, les monts AUeghanys 9 etc. , offrent de 
nombreux exemples de cette variété. 

Micaschiste FELDSPATHiQUE. — Grains de feldspath disses 
minés à peu près également (ex.: le micaschiste de VOber^ 

Êbirge^ près Wiesenthal en Saxe; celui de Hérold, près 
krenfriedensdorf dans le même pays , etc.). 

Appendice. — 11 nous pai^ttri^t nécessaii^ d^ajouter an 
genre des roches à base de mica , et de classer ici , comme 
espèce distincte , une roche formée de mica et de tourmaline. 
Le mica y est en feuillets continus , et la tourmaline le plus 
souvent en aiguilles nombreuses qui se croisent dans tons 
les sens. Quelquefois la tourmaline est si abondante 9 qu'elle 
forme àts bandes ou zones noires entre les feuillets de mica. 

Cette roche contient , comme partie accessoire^ du quarz , 
^t comme partie accùleniette , du feldspath ; l'un et l'autre quel- 
quefois en veinules parallèles aux feuillets; elle contient 
aussi plus rarement du grenat. 

La structure est toujours feuilletée , uniforme ou alternante ; 
les parties sont étendues ; la dureté très-inégale , etc. 

On a reconnu cette roche en couches , à Penhareng près 
Piriac département de la Loire -Inférieure ; dans la vallée 
de Bagnères de Luchon , dans les Pyrénées ; à Macugnaga , 
dans les Alpes piémontaises ; en Tyrol , etc. 



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36â ROC 

Ve. Gbote. — A BASE DE SCHISTE. 

Onzième espèce, -— PHYLLADE. ( ThonscMefir mëtâiigé , 
des minéralogistes atleitfânds ; âchîsies dirers des Français: ) 

Base de schiste argileaz , renfermant pdusiears minëranx 
disséminés ensemble on séparément. Structure feuillelée. 

Parmi le^minéraux- disséminés dans les phyilades , lesftti» 
fréqnens k rencontrer sont le mica , le quarz , le feldi^aib ^ 
la micle. Ils penyent en être considérés comme parties const^ 
tuarUes accessoires; d'antres minénRx pins rares n']r forment 
que des parties acdâenMes; tels sont l'amphibole^ lastaiirotide, 
le distbène , la toarmsdine, le grena|.^fer oxydalé , le fer 
soKaté , le fer phosphaté ( Yay, près V Nantes ) , le titane 
oxydé ( Mtththach^ pays de Salzbourg), etc* On obsenre 
anssty dans les phyllades des terrains non primordianx , des 
débris de corps organisés nombreux, poissons , mollusques , 
zoophytes , etc. , et des empreintes de végétaux. Ces débris 
et empreintes sont , le plus souvent , pénétrés de diverses 
subsianc/s minérales , soit de la substance même db scht^e , 
soit de calcaire,de silex, de strontiane sulfatée^ d'anthracite, 
de hoaitle , de fer oxydé ou catbonaté , de pyrites (errugi- 
neuse^ ou cuivreuses, de mercure sulfuré , etc., etc. 
^ L'extrême variation qui existe dans les caractères exté- 
rieurs de l'espèce schiste , se retrouve dans les nombreuses 
variétés de dureté, de texture, de couleur , de l'espèce phyl- 
lade. On peut cependant lui assigner les caractères généraux 
suivans. 

La structure est toujours feuilletée , mais tantôt à feuillets 
très-minces, et facilement séparabies , tantdt, au contraire» 
à feuillets épais et durs , qui rendent presque compacte la 
cassure transversale , laquelle est ordinairement raboteuse. Cet 
eiTet paroît avoir lieu quand la pâte àts phyllades se pénètre 
de quarz en assez grande proportion. Quelquefois alors cette 
pâte est un véritable schiste coticule , coÀme dans quelques 
phylladesdes environs de Scbneeberg; quelquefois elle passe 
au jaspe schistoïde 9 comme on l'observe dans des phyllades 
pyriteux d'Andréasberg au Hartz. 

La structure feuilletée est en général uniforme. Cependant, 
quelquefois de petits zones de quarz, et même de feld- 
spath , se montrent entre les feuillets de schiste ; la .roche 
passe alors au micaschiste et au gneiss ; les feuillets sont 
droils ou sinueux. Les parties dbséminées sont tantôt étendues , 
tantôt traoersantes. 

Le phyliade manifeste souvent une tendance très-marquée 
à se briser en (iragmens prismatiques quadrangulaires ,,dont 
Iq& angles sont ordinairement d'environ 60 et 120 degrés. 

La dureté et la ténacité sont très-variables, par les causes qui 
font varier la structure : cependant, tous les phyllades doi- 



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ROC 36J 

▼eàt se laisser rayer par le fer, et même par le euîvre. La 
couleur 4e la base varie dans tomes les anaoces de bleu noi- 
râtre , de bnm, de gris, de verdâtre, de jaone, de rou- 
gedtre , etc. Celle des parties disséminées est encore plus 
Tariée. On a cru remarcfaer que les pyrites se rencontroient 
principalement dans lesphyila^es d^un bleu noirâtre , bruns 
ci gris. 

ïJmiion au fau est un caractère qu'on peut quelquefois 
employer utilement pour reconnoître les phyllades , et les 
distinguer des micaschistes et gneiss auxquels il? semblent 
passer. La base des phyllades fond presque toujours entière* 
ment, quoique arec difficulté, en émaH noirâtre. Cependant 
il y a des thonschiefer des environs de Scbneeberg qui fon- 
dent en émail blanc. 

Par V{déémtkfn naturelle , beaucoup de phyllades changent 
de couleur, perdent leur consistance et deviennent friables. 
D'autres prennent une apparence talqueuse et semblent 
passer au stéaschiste. 

Ainsi que nous Tavons dit, le phyllade passe souvent au 
micaschiste, et nous avons cité des exemptes de termes 
moyens entre ces deux roches. Il passe même au quarzite 
schistoïde , semblable à celui de beaucoup de roches quar* 
zeuses de Saxe ; au gneiss , quand le feldspath s'y trouve 
en proportion considérable ; au stéaschîste, en admettant 
le talc dans sa composition , an jaspe schistoïde , en se péné- 
trant de qnarz , même an basalte ou à la cornéenne trapp , 
an pétrosiLex feuilleté , etc. ; enfin les phyllades passent 
aussi aux psammites schistoïdes, en admettant dans leur com^ 
position A^s substances minérales qui paroissent avoir été 
remaniées par les eaux. ( Ex. : beaucoup de schistes des ter- 
rains houillers et des terrains de graïuvacke, ) 

Les variétés du phyllade peuvent être déterminées 
diaprés les parties accessoires qu'il admet , et la structure 
qu^eltes lui communiquent. Nous' changerons le nom de glan- 
iiuieuXf donné, par M. Brongniart, à sa première variété, 
parce que nous avons appliqué ce nom à un genre particulier 
de structure de» roches empàiées. 

Variétés principales. 

I. Phyllade PORPnTROïDE.Des cristaux de différente nature, 

f^us ou moins bien formés et enveloppés dans un phyl- 
ade ordinairement micacé , dont ils traversent souvent 
les feuillets. 

a, FeldspaÛijgue. Cristaux de feldspath, mêlés quelque- 
fois de quarz (ex. : environs d'Angers ; — Deville et 
Laifour (x\rdennes); —^Moulin Bdrdau> non loin 
de Limoges ; — Herzogswald et Tbarandt , en 
Saxe ; etc. )• 



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364 ROC 

è, Quaneux, Grains de qaarz , quelquefois trii^ 
abondans ; la roche passe alors au micaschiste et 
au quarzite schistoïde ( ex. : bords de la Mayenne ^ 

très d'Angers; — Bretagne; —Pyrénées; — Ho- 
elstein et Braunsdorf en Saxe ; -* Mittengrunde 
/ en Bohème , etc. ). 

/ Il paroit convenable de citer ici, quoique leur 

strucÂre ne soit plus porphyrotde^ les phyllades 
remarquables^ indiqués par Reuss aux environg 
d'Iglo, lesquels renferment des noyaux de silex cor^ 
néj disposés en boule creuse, de quelques lignes d^é- 
paisseur et tapissés intérieurement de cristaux ' 
calcaires. 
. c. Mâclifère. Cristaux de mâcle , souvent traçenans: 
(Ex. :pays de Bareuth; — Burkharstwald etSchnee- 
ierg, en Saxe ; — Pyrénées ;— Bretagne ; — envi- 
rons de Dublin, etc. ) Dans ces deux dernières 
localités , le phyllade est également quarzeux et 
passe au micaschiste. Souvent , dans les phyllades 
de Saxe, les cristaux de mâcle semblent fondus dans 
la base schisteuse , sur laquelle ils n'ont laissé 
qu'une empreinte colorée il la place qu'ils occu- 
poient. 

d. Siaurolique. Cristaux abondans de staurotide 
( Ex. : Baud et Corray , en Bretagne ). 

e. Pyriteux, Cristaux abondans de pyrites (ex. : 
Schneeberg , en Saxe ; <— Andréasbei^ , au Hartz , 
etc.). 

a. Phyllade micacé. Du mica étendu , plus ou moins abon« 
damment, dans la base de schiste, sans autres subs- 
tances accessoires disséminées. — * Non tachant , ne 
blanchissant pas par le feu. 

a. PaUleté, Mica disséminé en paillettes distinctes, 
abondantes. (Ex. : la plupart des schistes des grau- 
wackes;— Combe de Giilarde en Oisan; — Glaris 
en Suisse ( il renferme les empreintes de poissons de 
cette localité célèbre) ; <— Planitz en Saxe; — Mef- 
fersdorf en Lusace; — quelques schistes des houil- 
lères, avec empreintes de fougères et autres, etc. )• 
h. Satiné. Mica en paillettes , à peine distinctes ; 
éclat soyeux. ( Ex. : Schneeberg ; •— Tourmalet 
; dans les Pyrénées, etc.) Cette variété passe à la roche 

d'apparence homogène, que nous avons indiquée 
sous le nom de schiste luisant, 
c. Terne, Mica disséminé en paillettes rares. -^-Aspect 
terne. (Ex.: pierre à faux de Fiet- saint ^ pré» 
Liège ; quelques schistes des houillères* ) 



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R <; 365 

3. Phyllabe carbure. Un peu micacé, noir, tachant, quel-- 

quefois caicarifère. ( Ex. : Bagnères de Luchon dans les 

Pyrénées, ce phyllade renferme des cristaux calcaires; 

— galerie diie Hqffnungs-stoiln , près Lautenthal au 

Hartz ; — Hermersdorff,' en Saxe ;*- quelques schistes 

marno- bitumineux de la Thuringe , etc. ) 

Douzième espèce. — CALSCHISTE, Schiste argifeux formant 

la partie ordinairement dominante, et calcaire, blanc et sac« 

charoïde, ou compacte et grisâtre , disposé en taches alloit* 

gées , en veinules , en lames minces , en lamelles , tantôt 

parallèles , tantôt disséminées , tantôt traversantes. 

M. Brongniart fait observer que ce mélange de schiste et 
de talcaire est trop constant dans sa structure , sa composi- 
tion et ses caractères, pour élre regardé comme un mélaBg^ 
accidentel, ou comme un schiste traversé de petits filons cal- 
caires. Il parott même singulier qu^aucun minéralogiste n^ait 
eu ridée , jusqu'à présent , de déterminer cette espèce de 
roche mélangée. 

Le5 parties constiluanUs accessoires sont : le mica^ la 
serpentine , Tanthracite. Les parties accidentelles sont^: le 
fer pyriteux et Tamphibole. 

La structure est le plus souvent feuUleiée , alternante , 
droite on sinueuse; quelquefois elle est empâtée ^ à parties 
anguleuses irréguUères. 

Cassure droite et un peu esquilleuse dans le sens perpen- 
diculaire aux feuillets. 

Dureté souvent assez égale , quelquefois aosceptible de 
nroli. Dissoluble en partie dans les acides, avec effervescence. 
Fasse au phyllade carburé calcaire , à la brèche argileuse , 
et aux roches simptçs y désignées sous le nom de calcaire 
saccharoîde et compacfe. 

Variétés principales. 

I. Calschiste VEIT7É. Le schiste est traversé par des veiner 
calcaires disposées parallèlement ou en réseau, dont les 
unes sont parallèles , et les autres perpendiculaires k la 
• stratification (ex. : de la Madeleine i de Yilette et de 
Pesey , près Moutiers en Savoie ( schistes rubannés ) ; — 
de^Glàris en Suisse ; »- des vallées de FArbouste et de 
Louron, ainsi que du Pic d'Ëredlitz, dans les Pyrénées ; 
*- de là montagne de Salut près Bagnère» de Bigorre 
( sont exploités cpmme marbres ; leurs feuillets sont 
sinueux ; des noyaux allongés de calcaire existent entf e 
les feuillets de schiste ). 

a. Calschiste granitellin. Structure entrelacée, brouillée, 
petites parties.de schiste noir ou verdâtre, séparées par 
des vaines calcaires (ex. : du PoUterberg au Harui 



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366 RX) C 

(est pent'étre une brèche schisteuse); de Slebenlefcn ^ 
en Saxe( désignée , dans le pays, sous lé nom àtgrUns^ 
teîaschiefer (dtéré). 
3« Cal6CHISX£ SUBLAMELLAIRE. Structure sublamellaîre , 
d^ apparence presque homogène , montrant son hétéro- 
généité à la loupe, ou par Taction des acides ( ex. : de la 
mootaj;oe de DiablereU , près. Bex ). 

VI.» Genre. — A BASE DE TALC. 

Titiiziènu Espèce. -^STÉASCHISTE ( TalkschUfer^ OOarU 
schiefer). Base talquense , renfermant du mica et àiSirens 
autres minéraux disséminées. Strtteture/«ra/&^. 

La partie tatqueuse est presque ioulcmc^prédommanU; 
les parties consUJuanies accessoires sont , pour les dif£é- 
rentes variétés de siéaschisle : le quarz « le feldspath » la 
diallage , le grenat , là chlorite , la serpentine , Tactinote 9 
la staurotide , le fer oxydulé , les pyrites. 

Les parties accideHtelles sont : le calcaire spathiquie , le 
calcaire magnésien , la haryte sulGHée , le mercure natif, le 
mer^îiire argental , le cinabre ^ le cuivre gris ^ etc. 

Structure feuiUetée , uniforme ou alttmanie , dnàUe ou ji— 
nueuse, ou contournée autour de noyaux interposés. 

Les parties accessoires ou accidentelles sont, le plus 
souvent , étendues ou ençeloppées , quelquefois un peu tra- 
çersimies ; ce q« donne il la roche une seconde structure 
pojphyroide. 

La formatioi de la base et des parties paroit simultanée. * 

La cassure transversale est niiW«iM« on ^tniim; la dureté 
très^tnégale. 

On ne peut assigner aacnn caractère tiré des couleurs» ni 
de Faction du feu qui est très-vanée, même sur la base» selon 
qu'elle est plus ou moins talqueuse ou chlorîteuse. 

Devient quelquefois friable par 1! altération naturelle. 

Passe au micaschiste et au phyllâde. 

Variétés principales. 

1. Steascbiste nUBE Ç^verharteiertalk )- Brillant» rude au tou- 

cher» mêlé de pétrosilex en feuillets, de mica , de pyrites 
disséminées, etc. ( ex. : de la Kue, route de Rennes à 
Nantes# avec talc hexagonal; — de la vallée de Cha- 
mouny ; — de Pesey en Savoiç ; — des mines de Himmeis- 
fUrsi et de Gotimituns , près Freybtrg ; on le donne pour 
gneiss décomposé ). 

2. Steascbiste feldspathique. Noyaux ou cristaux de feld- 

spath di;sséminés; structure souvent d'apparence porphy- 



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ROC S67 

roîde ; renfierme aQssi soaveiil des pyrites ( ex. : 
Vereix, Val d'Aoste ; — rArgcntière , vallée de Cha- 
iDomiy ; Cevui en Tarentaise ; ee dernier passe à 
la variété précédente ; le ffiïàspuh s'y présente , non- 
seulement en cristaux , mais aussi en petits feuillets , 
entre les feuilljets de talc.) 
Le stéa3<^ste feld^natbiqoe iorme le passage de lachlorite 

pure à la protogyne. U exbte» entre ces depx roches , nne 

série de nuances presque insensible. 

3. ST^i3CBl$T^ GAP^ATIQUE. GrcBdU abondans, disséminés; 

strpctiire d'apparence porphyroïde ; contient aussi des 

Ecrites (ex, : des montagnes dites Eulargeèirge ^ en 
ohème;-'^de Querbacb ; *-*de Saint-Marcel de Feni» 
ep Piémont .9 etc.). 

4. Stéascqiste Kanui4^v?L.NoyaQx inGftnnes dequarz byalîn 

OMdeCeldspathenveloppéspar des feuillets talqueux. Le 
talc est ordinairement verditre ou rougeitre ( ex. : rade 
de Cherbourg;— mont Jovet en Piémont; — vallée de 
Semft près Glaris. Ici, les noyaux sont plus gros et un 
pe|i fondus avec la pâle ). 

5. Sté ASCHISTE STÉATiTEUX. Tendre, onctueux au toucfaer(ex.: 

environs de Dax; — epriro^is deTnUe;— -Saint-Bel ^ès 
Lyon ; pierre de Bar^yn ( poteries égyptiennes ), etc. ) . 

6. $TÉASGIliSTÇC)p.0^lTiQUE (chlorUschiefer). Tendre , vert , 

mêlé dç chlorite (ey. : Cauteret; — commune en Corse, 
avec des cristaux de fer oxydulé; — - Zillertbal dans le 
payîs de Salzbourg, etc.). 

7. Stéaschiste OPHIOLIN. Mêlé de serpentine (ex. :1a Corse). 

8. Stéaschiste DiAiXAGiQUE. Renfermant beaucoup décris-^ 

taux de dbUage et aussi de la serpentine ( ex. : piqsîeurs 
des roches diteç serpentine commune de La Roche l Abeille ). 

9. STÉASCiusTfi'PHTLLADiEN. Talc et phyilade ; très-fi^sile. 

(ex. : la gàneue des pbudineues de Vatorsine.) 

ËnHaiite-flongrie, à Niéderslana et k Rosenau, le 
sté^Achiste sert de gangue % un gke jconsidéra|||e de mer- 
cure et de enivre. 

Vil». Genre. — A BASE DE SERPENTINE. 

Qfioioreiàme Espèce. — OPHIOLITE ( serpentine commune , 
pierre oUaire^ etc. ). PAte de serpentinç enveloppant du fer 
Qxydulé ou d'autres n^^f ^^^ accessoires disséminés : texture 
compacte. 

Parmi les minéraux disséminés , accessoires ou accidentels 
que renferipe l'ophiolite , les uds^ tels que le talc , la stéa- 
tite, lalUhomarge, lachlorite , la magnésite , l'asbeste , 
ravnantbe^ s^ présentent ordinairement en veinules ou petits 
filets mûp surtout pour les premières espèces, semblent se 



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3«8 ROC 

fondre dans la base serpentinease ; les autres, comme raia<^ 
phibole, le grenat, la calcédoine, Fopale, la chrysoprase, le 
silex corné, le quarz, la chaux carbonatée, le fer oxyduié, 1q 
fer chromaté, la diallage, etc., y sont en grains oti en veinules 
distinctes de la base^ 

La structure est tantôt entrelacée veinée , tantôt empâtée : 
dans ce dernier cas , les parties sont anguleuses îrrégulières f 
la pâte est compacte , et la formation de la pâte et des parties 
est simultanée, 

L^ophiolite est peu dure , quelquefois assez ietiace"; elle est 
souvent susceptible d'un poli qui n'est jamais très~vif ; la cas- 
sure est uiiie ou un peu raboteuse. La couleur dominante est 
le plus souvent un vert noirâtre ou un brun rongeâtre ou jaa— 
nâtre. Plusieurs variétés présentent des reBets chatoyans* 
L'ophiolite s'altère peu par l'action de l'air; elle passe à la 
serpentine pure, austéaschistè, etàl'euphotide que M deBuch 
regarde comme n'étant qu'une serpentine à gros grains. 

Variétés pincipales, 

IX. OraiOLiTE FERRIFÈRE ; dcs grains de fer oxydulé dissé- 
minés. 

s.Ophiolite chromifère; des grains de fer chromaté dis* 
séminés. 

3. Ophiolite diallagique; de la diallage disséminée; refleU 

chatoyans (ex. : le sckisliertein de Baste au Hartz). 

4. Ophiolite grenatique; des grenats disséminés; aspect 

porphyroïde: présente aussi quelquefois des reflets cha* 
toyans. 

5. QPHiOLiTE GRAMMATtTEUX ; amphibole grammatite en 

nombreux cristaux disséminés ; structure presque scbis- 
toïde ( ex. : de Mazerie , commune de Coufifé, aux envi* 
rons de Nantes). » 

Quinzième Espèce.^^CIPOLlN. Base de calcaire saccharoïdc 
remerman^ comme "pàrûe essMielie ^ du mica souvent très* 
talqueux. 

Texti|f e saccharoïde ; structure souvent femûetée^ à feuillets 
uniformes j droits où ondulés, à parties étendues ; cassure trans- 
versale, raboteuse; dureté égcUe el faible; susceptible de poli. 
La couleur dominante est celle du calcaire saccharoïde, qui est 
ordinairement blanche , quelquefois gfisâtre ou verdâtre , 
. rarement rougeâtre. / 

Le cipolin passe à Vophicaîce grenu quand le talc ou la ser- 
pentine remplace le mica ; en perdant son mica , il devient 
roche simple , et c'est alors un calcaire saccharoïde. 

On tiroit autrefois le cipolin d'Egypte et de l'île d'Eubée. 
Plusieurs statues antiques et un grand nombre de colonnes 



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n o c 369 

«ont faites avec cette roche ; les anciennes cafrières ne sont 
plus connues. ^ 

On connoit aujourd'hui le cipolin dans plusieurs locaîit^il 
des Pyrénées, en Corse, au mont Genîs, dans le Montferral, 
près îSaînte-Marie-aux-mines dans les Vosges ( celui-ci con- 
tient aussi de la serpentine, et jpasse à Fophicalce grenu ) ; à 
Jersey où il forme ù. pierre k aiguiser, dite éclat; k Eisenerz 
en Syrie ; à Kalkofen et au mont Baresch, en Bohème ; à 
Schmalzgrube, Zaumhaas, Hermsdorf, Crottendorf et Dorf- 
schemnitz en Saxe , etc. Quelques variétés de celai de Crot- 
tendorf ont une teipte rougeâtre assez agréable ; celui du nu)nt 
Cenis est d'un gris d^acier , etc. 

Seizième E^pèce.-^OPHICALCE. Base de calcaire avec ser- 
pentine^ talc ou chlorite. 

Structure,ieii^Ml/^ on enirelacée^^Vd compacte ou saccharoîde; 
parties anguleuses irrégulières. 

Cassure unie dans qu^ques parties^ raboteuse dans d'autres. 
Dureté foible et iiu^afe, 

La cottlëor delà hase calcaire est blanche ou grisâtre, ou 
d'un roogeâ^re sale ; les parties talqueuses sont, en général, 
vertes ou brunes. 

Variétés principales. 
X. Ophicalce grei^u. Talc ou serpentine disséminé dans un 
calcaire çaccharoSde ; renferme souvent du mica. Struc^ 
ture empâtée. Passe au cipol^i» ( ex. : de Sainte-Marie-* 
aux-mines dans les Vosges ). 
a. Ophigaxce kéticÛlé. Des noyaux de calcaire compacte 
ovoïdes, serrés les uns contre les autres, et liés comme 
par un réseau de serpentine talqueuse ; structure entre-- 
lacée amygdaline (ex.: marbre campan des Pyrénées; 
— Lebadk et Furstenberg au Hartz; — Wildenfels en 
Saxe , etc. ). 
S. OPHiGALC£V£iNÉ.Taches irrégulières de calcaire, séparées 
et traversées par des veines de talc, de serpentine et de. 
calcaire.Structure entrelacée brouillée (ex. : vert d'Egypte^ 
vertantique^vçrt de mer; — Polzeverra dugolfedeSpezzia 
près Gènes; — de Newhaven en Connecticut, etc. )• 
Dix-^sepiihne Espèce.^ CALaPHYRE. Pâle de calcaire 
enveloppant des cristaux de diverse nature. 
Structure empâtée porphyroîde. 

Parties angul^es régulières ^ pâte compacte ou crisialiine, la 
formation du tout est simultanée. 
Cassure unie ou raboteuse. 

Dureté inégale^ la pâte est beaucoup moins dure que les 
parties. 

La pâte est dissoluble dans tes acides. 
XXIX. • 24 



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«jF» ROC 

Variétés principalef, 

I. Galciphyre FELDSPATHIQUE. Cristaux de feldspath blan- 
châtre disséminés daos on calcaire compacte d'un blanc 
jaunâtre ; cassure unie ( ex. : au petit Saint^Bemard dans 
les Alpes). 

B. Calciphyre pyropien ; des grenats rougeâtres disséminés 
dans un calcaire saccharoïde ou grenu, grisâtre ou ver- 
dâtre ; cassure raboteuse. (Ex. : au pic de Bergon et au 
pic de Cobert dans les Pyrénées ; — au Saint-Gothard 
dans les Alpes , etc.). 

3. Calciphyre mélahi QUE. Des grenats mélanites dans un 

calcaire compacte noirâtre ; cassure raboteuse (ex. : au 
pic d'Ëredlitz, au pic d'Ëspade et près du col de Tour- 
malet dans les Pyrénées). 

4. Calciphyre PYROXÉNiQUE,Cristaux de pyroxène verdâtrc, 

disséminés dans un calcaire compacte translucide etro- 
sâtre. Susceptible d'un beau poli (ex. : de Pile de Tyry, 
l'une des Hébrides). 
• • M. Brongniart fait observer que la distinction des roches 
calcaires mélangées en trois espèces , n'est probablement 
pas portée assez loin. A l'appui de celte remarque, nous rap- 
pellerons que les minéralogistes allemands^ et particulière- 
ment Reuss f citent , comme minéraux dissémmés dans le 
calcaire primitif 9 outre ceux que nous avoiis désignés dans 
l'indication des trois espètes , le quarz, le silex corné, l'as- 
beste, le schiste , l'amphibole, l'actinote, fa trémolithe , etc. ; 
ils citent également^ pour l'union de là serpentiùe et de la 
<téatite avec lé calcaire , un très-grand nombre d'exemples 
qui ne pourroient probableimétit pas tous se rapporter aux 
Variétés que nous avons indiquées dans l^sfècé^ophicalce. Le 
mélange de dolomie et de trémoHAe (ou amphibole gram- 
matite) , qui se retrouve en Suède et ^n Norwége, comme 
dans les Alpes , nous paroîtroît particiilièrement devoir cons- 
tituer une espèce de roche. Nous en dirons autant du calcaire 
chlorité qui se présente comme craie chloritee et comme cal-* 
mire groséier chlorité dans. un assez grand nombre de localité! 
des terrains secondaires , etc. 

IX.» Genre— A BASE DE CORNÉENNE OU DE 
VAKE. • 

Il existe une assez grande confusion au sujet des roches 
qu'on a nommées en français varioUtes et amygdaloîdes. OnA 
îndifTéremment donné le premier nom à des roches à base de 
çoméenne et à noyaux calcaires ( variolite du Drac ) , et à 
d'autres roches à base de pétrosilex et à noyaux de nature 
analogue à la pâte (variolite de la Durance). Ces deux genres 



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ROC 371 

de rocheS) très-4ifi^rcns par leur composition, le sont égale- 
ment dans leurs circonstances de gisement , et , cependant , 
on^ les trouve confondus, même dans leç écrits des minéralo- 
gistes allemands , qui n'établissent que diaprés le gisement 
la classification des roches. Ainsi Reuss cite ^ à Tart. varioUte 
( Géognosie , t. a , p. a54 et a$5 ) , des roches à noyaux de 
feldspath compacte et des roches à noyaux de calcaire spà- * 
thique. Il est , cependant , tout-à-fâit nécessaire y d'établir 
entre ces roches une distinction tranchée; ainsi que M. Bron- ; 
gniart Ta fait remarquer (Journal des mines , n.^ 199 \ 

Le noDi allemand de mandehtdn^ dont on ai fait le nom fran-/ 
çais à^amygdàloîde^ a été à peu près cocstanàment assigné aux 
roches de cornéenne à noyaux calcaires, siliceux ou chlori^ , 
te«ix Ailles que celles des environs 4'Obersteîn', en Palati- 
nat; Tllefeld, au Hartz ; de Planitz, en Saxe; du Derbys- ' - 
hircetc. ; le nom allemand fie bfaO^siem^ quivjrépond ao mot 
parioliU^ a été aussi appliqué ii des roches à noyaux calcaires, 
mais seulement dans certaines localités et partiputièreiiientaa 
Hartz: il n'est pa^ devenu d'un usage général dans la langue 
minéralogique , comme celui de maiu&^^//i., 

'Mais, en français, parmi ces deux e^p^c^^ de roches, 
l'ilne a reçu constamment le i^oip de vaiiolite ,cVstla vanoiiie 
de la Durance ; dans Tautre espèce, certaines v^rlé^^. ont éié^ 
constamment désignées sous le nom, à' amygdaloïd^s^; ce sont ^ 
\ts roches d* ObersUm\iin Derbyshire^ eic^ , t ^ 

X> 'autres v^ariétés. 4e cette seconde espèce ont donné lieu à , 
la confusion , parce que le nçtxp de varioUte leur a aussi été 
appliqué ( €x« : li varioîUe du Drac). Il paroit donc convena- 
ble, pour^ire cesser Fambiguité , de réunir ces , dernières 
roches à celles de nature semblîable à elles, qui ont toujours 
porté le nom à'amygdaloïdes , ei de les séparer de celles de 
nature différente qu'on a toujours appelées variolUes. 

Kous sommes entrés dans ces détails , pour justifier le chan^ 
gement que nous nous permettons de faire à la non^encla*-^ , 
ture proposée par M. Brongniart. Nous appliquerons, dV' 
près les observations' précédentes 9 le nom de varioUte à l'es- 
pèce qu'il désigne sous celui à^amy^^aloïde , et qui ne co,ni- 
prend zxicxm^mandel^tein des Allemands. N||is croyons con* 
venable y au contraire , si l'on conserve le nom à'amygda- 
ioïdetf de l'appliquer aux 7iiiiml^/!$fei/i, c'est-à-dire, à l'espèce 
varioHte de M. Brongniarf. Nous croirions plus convenable 
encore, conformément k l'opinion de Dolomieu, de réserver 
le nom à'ainygda^oïdè , comme adjectif , pour désigner une 
sorte de structure empâtée ^ ainsi que nous l'avons fait plus . 
haut , et d'^appliquer à l'espèce qui comprend les mandel- 
$lein 9 le nom nouveau de spilKie , sou5 lequel elle à été dési-; 



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3?» ROC 

gnée dans les Ipremièrs cours de géologie de H* Brongniart. 

pix-huitiime Espèce. ^,SPlLLITE ou AMYGDALOIDE 
(Mandelsi€injblatterstein^peristeiH^€ic*).Viie de coinëenne com- 
pacte 9 rentermant des noyaux et des veines , soit calcaires , 
soit quarzeux ou siliceux (agathe,caicëdoine), soit chloriteut; 
• renfermant aussi , comme parties accidenUlles^ la lîthomarge , 
la mésotype , la stilbite, la néphéline , la preknite en parties 
pelotonnées et l'épidpte , la chabasie , l'harmothâme ^ le feld- 
spath , Tàmphibole ^ la Varyte sulfatée , les pyrites , le fer 
oligiste , te cuivre natif, le cuivre carbonate çn pagaies dis- 
séminées dans la pâte ou dans les noyaux , etc. 9 etc. ; la chaux 
carbonatée s'y montre aussi comnie partie accidenielk dans 
des céodes de quarz ou d'agathe ; enfin ^ on dit que Icâg^j^es 
contiennent Quelquefois de Teau dans leur inférieur. 

StnÊCti^ empâté^ , mnygMè^ , quelquefois ceOulaire. 

Lapftte est compacte^ les parties peiotôtmées ou ndyaux| 
pont sphêhîidales , ou allongées cbmmè en forltié à*àmaades , 
tantôt lamellaires ^ târntôt concrétiomiéh , tantôt à couches con^ 
cenl/iques,, ou creuses^ et souvent alors tapissées Iritérîeuremenl 
de cristaiix, ou rémpHeis en partie d'diAe'substatiée tèrrèii^e , • 
quelquefois pulvérulente (chiorîte ou lithomargé , ou ocre). 
l^^^i pâtties dis^étâittéës sani aiigulèmeè régulières et cHs- 
ÉaltiséeSji ou compactés et itregalièrés. Lés premières donnent 
fouvent à 1^. P^te une apparence porpJiy^^tde, Souvent les 
Doyaux lamellaires se détachent facilement ; quelquefois ils 
deviennent des veines et Semblent se fondre dans la pile* 
t>ans ce cas, le tôat porte l'empreinte d'une fm^maiîon à peu 
près simultanée ; telles sont les roches àiiesvarioKies du Drac^ 
persltein ou blatterstèin dti Hartz.Soisyent aussi les poy aux, com- 
pactes ou cohcréiionnés , ou à couches concentriques , ou 
vides à l'intérieur et tapissés de cristaux , paroissent avoir été, 
formés postéHeurement à la pâte , par infiltration ..dans les 
cavités que cette pâte renferine. La structure devijçnt souvent 
ce//i//ai/^ par la désagrégation des noyaux'. 

Dureté inégale. La pâte a Une ^/lac/té remarquable. La cas- 
sure de la pâte est terne Si irrégulière; considérée relative- 
ment aux parties ,^ette cassure est souvent inégate, 

La couleur de la pâte est, en général ^ d'un vert brunâtre 
ou d'un brun rougeâtre. Les parties sont blanches oii gri- 
sâtres, ou rougeâtVes ou d'un vert pâlé. 

Par l'action prolongée de-l'atiposphèire $ lëspillite se désa- 
grège et devient souvent celluleux ; il s'altère aussi en se cou- 
vrant d'une écorce terreuse,et quelquefois l'altération pénètre 
]|usqu^au centre de la roche qui devient alors fragmentaire et 



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ROC Î73 

Le spillite passe ii la c^rnéoone » au trappite et au vakite. 
Variétés principales. 

I. Spilute commun. — Pâte noiritre 00 d^u bnui roa- 
geàire ou violâtre- 

Trois ious-variéiés. 

a. Noyaux calcaires , lamelleux {variolifeàx(Dta^c^blai-' 

/^rs^in du Hartz). 
è. Noyaux agathinsy et renfermfbt des géodes de quarz. 
c. Noyaux chloriteuz , formant quelquefois comme des 
amandes creuses , où Ton trouve de la chlorite pulvé- 
rulente , de la lithomarge et de Tocre^ 
Quoique, dans certains cas , ces trois sous-variétés soient 
très-différentes l'une de Tautre , souvent aussi elles se trou* 
• vent réunies sur le même échantillon. 

Nous citerons^ comme exemj^les, particulièrement des^ 
deux dernières sous-variétés , unies souvent à la première ^ 
les roches dîtes amygdaiotdes ou mandelsUin de Waderu, d'O^ 
Berstein , et de tous les bords de la Nahe « danç ie Huns-» 
drttck; dllefed, au Hartz ; de Planitz, en Sa^e 9 etc. 

Nous ferons remarquer qu^il existe une ressemblance ex- 
tr^e entre certains manaelslein du Ne^zberg prè# Uefeld 
au Hartz, et certaines roches dé Saini-Maurice* Réparte* 
ment de T Isère , désignée^ comme varioliliesdu Ifraç, J^a pâte 
d'un brun rougeâtre , les noyaux calcé^oniem ^t cklpriteuy 
«ont entièrement analogues. 

a, Spilute bufoniqub. -« Pâ^ n^ire , noyaux calcaires. 
(Ex. : i'amygdaloïde du Df^rby^ire, connu sons le nom 
de ioadsUine, ) 
3* SpiLUT£ïOOTiQiiE.-^DespQrtioiiad'entroqne8r m^es 
avec les noyauit calcaires. Pâte brune ou rouge. Cette 
plitQ est souvent mélangée de calcaire 9 et se dissont en 
partie dans Iqs acides. (Ex, : de K^hruu 1 près Clausthal, 
au Hartz.) 
4* S?iLUTE TEiNé.— Des veines et de petits fioains de cal- 
* caire spathique. ( Ex. : le schaaisUin de DiUenbouiig. -^ 
Quelqueç varioUies éb^ Drac )• 

Dix-newième Espice.'-^iTRAPPITE, "Bàsfi dé çornéenne 
trapp i^ dujty^compacte , souvent fragmentaire, çuveloppaut 
des minéraux disséminés^ 

Les miuéraùx disséminés sont te plu^ Souvent du ipica « du 
feldspath , de F amphibole* Quelquefois le trappite contient 
du pétrosilex. 

Sructnre tmpédée^ le plus souvent porpl^rotâ^^ quelqueCoia 
comme glanduleuse. 



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374 ROC 

DiQS le.prèniier cas , les parties sont anguleuses réguHères; 
dans le second cas , elles sont compactes et semblent se fondre 
dans la pâte. La formation du toot est toujours simultanée. 

Quelquefois aussi la structure est presque feuilletée. 

Cassure unie ou raboteuse, -*- Ténacité moins grande que 
celle de Tespèce précédente. 

Dureté a^sez égale. 

La couleur dominante est le noir ou le vert foncé* 

Fusible en totalité.^ 

S'altère naturellement en se couvrant d^uue écorce ter* 
reuse. 

Passe à la comécDne trapp, au spiUite et aubasanite. 

Variétés principales. 

t. Trap^ite terne. — Couleur verdâtre sale ; structure 
^ un peu feuilletée ; mica ou feldspath disséminés ee très- 

f petits cristaux ; apparence presque homogène. ( Ex. : de 
a montagne de Tarare , près Lyon; -— des environs, de 
Granville et d' Avranches , etc. 1 

s. Tkappite feldspath ique. •— Couleur noire ; feldspath 
eti petits cristaux abonoans. (Ëx. : de la côte de Flaman- 
ville (département de la Manche);— >de Raon-PEtape , 
au pied des Vosges; — d'Egypte (Basalte antique, etc.) 

3. Trappite pétrosiliceux. — Couleur verditre; pétro- 
silex en parties qui se fondent dans la base de trapp« 
(Ex. : des environs de Tulle. ) 

Vingtième Espèce.^VJKITE. Ba?e devake empâtant des 
minéraux disséminés : ces minéraux sont principalement du 
mica et du pyroxène , souvent aussi du fer oxydulé , du feld- 
spath 9 de 1 amphibole , etci ; quelquefois du quarz y de là cal- 
cédoine 9 de la stilbite ^ du spath calcaire , de la prehnîte. 
Les cristaux disséminés paroissent spuventaltérés.Souvent la 
base de vake est seulement parsemée de taches formées par 
des cristaux indéterminables. Quelquefois le vakîte renferme 
des pétrifications. ( Oh en cite à Kâttennordhei'm , en Thu- 
ringe.) 

Sructure empâtée porpHyrcîde , quelquefois amygdalùide. 

Parties angulej^ises régulières ou arrondies. .. 

Pâte compacte. — Fonn^ticp simultanée^ L^^s^roc^o^c est 
' aussi quelquefois cellulaire. ' 

Cassure unie et un peu canchdide pour la pâte , quelquefois 
tin peu ra£d/£i/5eVeIativeiq[ièn^ aux parties* 

Dureté égale et* peu considérable. — Aigre. 
. La couleur dominante e^t le vertplusou.moinsfoncéy on 
le gris'Iattnâtre.' ^ ,^. . 



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ftOC %5 

Quelques vailles s^altèrént natareliement et se désagrè- 
gent entièrement par l'action des agens atmosphériques. La 
pâte semble alors passer à une espèce d^argile. 

Le vakite passe aussi à Targilophyre et au spillite. 

On connoît des vakîtes en Saxe , en Italie , en Ecosse , 
la Guadeloupe, et dans tous les pays basaltiques et volcani- 
ques. 

X.« Genre.— A BASïl D'AMÇHIBOLE, 

Vinet'imièmeEspicè.—AMPHlBOLlTE, Base d'amphibole 
hornblende , empâtant différens minéraux disséminés. 

Parmi les minéraux disséminés , on peut citer , comme 
parties constituantes accessoires « le feldspath , le mica , le gre- 
nat , la serpentine , la diallage , et comme parties accâen- 
telles^ l'épidote, le calcaire grenu , le disthène , les pyri- 
tes , le titane nigrine , etc. ^ 

Structure tantôt grenue , cristalline , uniforme ou irrégu- 
Hère, iSiniài feuillue j un^orme, droite ou sinueuse^ à pmlpê 
étendues. 

Solide^ %ùwr^n% tenace. - ^ 

Cassure raboteuse. 

Dureté égale et assez considérable. 

La couleur dominante est celle de Tamphibole horn- 
blende , c'êst-à-dire le noir ou le vert noirâVe. 

L'anq^bolite se désagrège quelquefois par l'action de 
l'atmosphère ; plus souvent il se couvre d'une écorce terreuse 
d'un bran rougeâtre. 

L'amphibolite passe à la diabase et au basanite ; il passe 
aussi à 1 hémithrène , en admettant le calcaire dan& sa compo - 
i|||îon. 

Variétés principales^ 

1. Ahphibolite 6RANIt6£de. Structure grenue. Les cristaux 
d'amphibole sont quelquefois très-gros. Renferme des 
grenats comme partie accessoire , etdespyrites, comme 
partie accidentelle. 
Gonmione dans les Alpes , au lac Cornu sur le moni 
Breven, au torrent de Verrex, vallée d'Aoste t etc. 

a. Amphibolite actinotique. {Omphatii de Wemer). Struc- 
ture grenue ou d'apparence saccharoïde. Amphibole a^ , 
, • tinpte lamellaire, d'un vert clair, avec grenats d'uA. * 
rouge pâle, feldspath, 4isihène, etc. (Ëk«; de, Hp&f 

f>ays de Bareuth; —de Paçher en Styrie v^rd» G«>èn'- 
and, etc.) Quelques minéralogistes croient que dans^le» 
Alpes de Styrie, l'actinote de cette variété est w^ dial- 
iage. La roclie»&e(oit alors wic eupho^de^ / « ^ . , :i oe 



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376 ROC 

3. Amphiboute opHiOLmE. Téxtare lamellaîre. Renferme ; 

en parties disséminées^ de la serpentine d'un vert foncé. 

(Ex. : de Pouzac et la Bassère, près Bagnères, dans les 

Pyrénées. ) 
Jl. Amphibolite DiAi,LA«iQtJE. Texture lamellaire. Diallage 

bronzite disséminé. 

5. Aaiphibolitë micacé. Structare grenue. Du mica disse-- 

miné , très-brillant, d'un noir foncé , ou d'un brun rou- 
geâtre^avec l'éclat presque métallique. (Ex. rdeScbmalz- 
grube , Beschertglûck , et Annaberfi; eo Saxe, etc. ) 

6. Amphibolite SCHISTOÏDE. Structure feuilletée. Apparence 

un peu fibi:euse , due à la texture de l'amphibole. 
Ordinairement très-micacé. Contient aussi d'autres rniné* 
. Taux disséminés. ( Ex. : de la Chiterie 9 Oudon et Bois- . 

garos , près Nantes. Dans ces deux dernières localités ^ 
#a roche contient beaucoup d'épidote;«-"desjenvironsde 

Tulle (Corrèze); — de Muldenberg prè^ Freyberg en 

Saxe; ^^ des Cataractes de Syène en Egypte, etc; 

7. Amphibolite petrosiliceux. Amphibole à très-gros grains 

et feldspath compacte (passe à'iadiabàse ). Contient ^ 
comme parties accidentelles , du titane nigrine , des 
pjrrites, etc. (Ex. : des environs de Tulle;— de Sty- 
ne. ) 

Vingt-deuxihne Espèce.^BASANlTE. Base de basalte or- 
dinairement un peu brillant , empâtant divers minéraux dis- 

SéBOÎBés. 

(Nous rappellerons ici ce que nous avonsannoncéphis haut, 
que beaucoup de roches, regardées jusqu'ici comme basaUesy 
paroissent être des àoUriies comp€u;ies, c est-à-dire des roches 
à base depyroxène, etnond'amphiboU, On cite comme telle^ 
particulièrement presque toutes les roches basaltiques d'E- 
cosse et d'Irlande. Il faudra donc, lorsque ce fait sera mieux 
connu, diviser l'espèce basanite en deux espèces très-diffé- 
rentes, et classer l'une de ces espèces dans le genre des ro- 
ches à base de pyroxène. ) 

Parmi les minéraux disséminés dans le basanite , le py- 
roxène peut être considéré eonnne partk esseniielk. Les par- 
ties constùuaniês accessoires sont le péridot , lefer titane, l'am- 
S»hibole ; les parties accidentelles £sseminée& sont le mica , le 
ieldspath vitreux, le feldspath compacte , le xircen; les ^mit* 
Ueè<ÊCcidetUeUespelù1(mnéés sont la lithomarge, lastéatite, la mé^ 
sotype^ la stilbite, l'analcime ^ le calcaire spathique , l'ocre , 
la calcédoine, le quarz. 

S^mc\m^ empméé porphyrcide ou ann-gdahïde^ quelquefois 
eeHulaire^ àcai^tés ovoïdes ou rondes; les parties disséminées 
sont ati^euses réguUires^ et de fbnn»lioB coiiteni|M)r4ine à 



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l 



ROC 37^ 

celle de la pftte* Les parties pelotonnées sont 1 en génërdl, de 
formation postérieure , et déposées par voie d'infiltration 
dans des cavités préexi;stantes. 

La pâte est le plus souvent compacte 9 que]c[aefois un pea 
grenne. 

Très-fouace. Dureté assez égale» 

Cassure souvent unie , quelquefois raboteuse. 

Couleur dominante , noire ou noir-Qerdâtre, 

Fusible en totalité , en émail homogène noirâtre. S'altère 
par Faction de l'atmosphère ^ en se couvrant d'une écorce 
terreuse. Les cristaux de pyrozène, résistant plus à l'altéra- 
tion f saillent alors à la snrtace des roches basaltiques. Passe 
au dolérite p2hr nuances insensibles , passe aussi au spîliite 
ramygdaloï4e)y à la yakite, àl'argilQpliyre, ^l'çAirite» à la 
aiabase. 

Variétés principales. 

I. BâSAXUTE CaM^ACTE. 

a. Basanit£ maculé. Des taches grisâtres, rooAeSf nom- 
breuses , se détachent sur le fond npir. Ces taches sont 
àxkts probablement à des p^urties de feldspath. La cas- 
sure ^9igrewie^ souvent à gros grains. 
Soavent les parties ^ises s'étendent pea à peu et gagnent 
tomte la roche qui s'altère et &e dé^^ège. On con-^ 
noît cette v^iété de basaakp 4 Gergovia près Cler- 
mont, à Saint-Flour , au Meisnctr e« Hesse 9 ele. 

3. BasanitbcelloIiAim. A cavités npfl^breu^e^^ quelquefois 
pissées de quacz* ( £x. : deKayAefSlohl en AUace.) 

Vingir-trmième Espèce, — MÉLAPHYRE ipofph''^ ^0' 
Pâte noire d'amphibole pétrosilicei^Y f enTeloppAftt. des cris- 
taux de feldspatn. 

Structure empâtée porphyrdide. 

Parties anguleuses régulières j lamellaires on CQmpt^t^^.fii^ 
compacte. Le tout est de formation simultané^ 

Cassure ume et légèrement r^oïeuse. 

Dureté égale. Susceptible d'un beau poli. 

Couleur générale noire ou nc^râtre , tachetée de blanc» 

Variétés principales. 

I. MÉLAPHYRE DEMI-DEUIL. Pâte d'uu notr fonté ; cristaux 
blancs ; point de quans. ( ]gx« : de Venaison dan^ les 
Vosges;**^ de Siȏde.; -*- de Tabago ; les cristaux de 
feldspath sont assez gros ; -^doi Morae Malheureux, à 
la Martinique ; les cristaux sotit trèsrpetits. ) 

9, MÉLAtnY&^sANquu^. Pâte noirâtre ; cristaux rougeâtres; 



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^78 ROC 

des grains de qdarï. (Ex.: duNiolo en Corse; — des 
Sources de l'Yonne. ) 
3. Mélaphyre taches vertes. Pâte d'un brun foncé, on peu 
rougeâtre. Cristaux d'un blanc verdàtre. ( Porpbyre noir 
antique. ) 

XL* GENiiE. — A BASE DE PÊTROSILEX 
AMPHIBOLEUX. 

La pâte des roches de ce genre est de pétrosilex plus ou 
moins coloré par Tamphibole qui y est comme dissous , mais 
elle n'est pas noire. • 

Vingtquairihne Espèce.-^ PORPHYRE, D'après les princi- 
pes que nous avons exposés au commencement de cet arti- 
cle , les espèces de j*oches mélangées n'étant pas détern^inées 
seulement d'après la stucture de ces roches , mais principa- 
lement d'après la nature des parties qui les composent , on 
ne pouvoit pas laisser dans l'espèce porphyre toutes les ro- 
ches à structure porphyroïde qui, pendant long-temps, ont été 
désignées sous ce même nom. M. Èrongniart en a donc séparé 
et classé dans des espèces différentes , Vophiie , le mélaphyre, 
VargUophyre ^ Veuriteporphyroïde^ le mimophyre, etc., en con- 
servant la terminaison phyre à tous les noms nouveaux qu'il 
a proposés, comme pour ii»diquer un démembrement des 
porphyres des anciens minéralogistes; Il ne compose son es- 
pèce porphyre que des roches qui ont ^our caractère essentiel 
a être formées dune paie de pétrosilex rouge ou rougeâtre^ erwelop" 
pant des cristaux defeldspaffi. 

Ces deux substances, pétrosilex et feldspath, sont donc les 
^seules parties constituantes essentielles du porphyre ; mais le 
feldspath est quelquefois en cristaux si petits , qu'il semble, à 
l'œil nù , fondu dans la pâte. 

Les parties constituantes accessoires sont le quarz, l'am- 
phibole et le mica, en cristaux disséminés. 

Enfin le porphyre contient aussi quelquefois , comme par^ 
iies accidentelles^ la calcédoin^ les pyrites, la lilhomarge, etc. 
SiTwtimt empâtée porphyrome,V^TÛts anguleuses régulières y 
ordinairement lamellaires ; quelquefois les cristaux de felds- 
path sont compactes. Pâte compacte ; le tout est évidemment 
déformation simultanée. 

Quelquefois aussi la structure est un peu cellulaire. 
Si.l'on veut considérer la structure plus en grand, ou 
comme structure de séparation , on remarquera que le por- 
phyre présente souvent , dans sa masse, une grande quan- 
tité de b&ulês^ de même nature que la pâle qui les cnve- 



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R O C 37â 

loppe^ et dent Quelques-unes sont crènses dans lear intérieur^ 
Le porphyre se présente aussi quelquefois en colonnes prisma- 
tiques presque régulières , ou divisé en tables. 

Solide et souvent assez aigre. Cassure urde ; dureté égale ; 
susceptible d'un beau poli. 

La couleur dominante est , en général , rouge ou rouge â- 
tre ; les parties disséminées sont blanches , grises, noires ou 
brunes. 

La fusibilité est ici un caractère essentiel de Tespèce : 
dans toutes les roches que nous rangeons sous le nom de 
porphyre^lai pâte doit être fusible en émail gris, plus ou moins 
foncé. , ^ 

Par une altération spontanée , les cristaux deYeldspath 
du porphyre perdent leur aspect cristallin , deviennent 
compactes ou terreux et passent , soit au kaolin , soit à la 
stéatite ; quelquefois les cristaux disparoissent ^entièrement , 
et la m^sse devient poreuse ou cellulaire. Les cellules se ta-^ 
pissent e^asuite parfois de petits cristaux , ou se remplis^ 
• sent de différentes substances spathiques ; par exemple , 
de baryte sulfatée. On connoît de nombreux exemples de 
ce dernier fait , près de Schmiedsdorf , en Silésîe. La pâte 
du porphyre, par un commencement de désagrégation, 
passe à Targiiolite , et la roche passe à rargilophyre;iqaeU 
quefois la désagrégation est complète, et la roche se ré- 
sout en un sable grossier. 

Quelquefois une partie des élémens de la pâte du por- 
phyre cristallise moins confusément, et se montre en 
petits cristaux reconnoissables : la roche passe alors au gra« 
Dite ou à la syénite. 

Variétés principales» 

t. Porphyre antique. — Pâte d'un rouge très -foncé; 
feldspath compacte, blanchâtre , en petits cristaux. 

a. Porphyre brun- rouge. *-^ Pâte d'un brun-rouge, quel- 
quefois grisâtre; un peu de quarz. ( £xi : du Val Saint- 
Amarin et du Ballon de Giromagny , dans les Vosges ; 
( avec des rognons de feldspath , quarz et amphibole ) ; 
-^ de Saulieu , en Bourgogne ( avec quarz et mica ) ; 
— du IXioio , en Corse ; — de Creutznach et du Mom- 
. Tonnerre , en Palatinat ; — de Hohentwiel , près 
Schaffouse ; -.— du Giebichenstein , près Halle ; — 
de Planitz et de la vallée de Triebisdi, en Saxe; — 
d'Ilefeld et du Bahrenthal près Lauteoberg, au Harlz , 
etc. , etc.) ' , ' 

3. Porphyre rosatre. — Pâle d'un rouge pâle ; de nom- 
breux grains ou cristaux de quarz. (£x. : de Saulieu ,' 



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38o ROC 

en Bourgogne ; -* dvi Moulin^dei-Urès , près Nantes^ 
^ — «le Kunnersdorf , en Saxe, etc. ) 
4« Porphyre viol atue. — Pâte d'un gris tirant sur le violet. 
( E^t : du Val Saint - Amarin, 4ans les Yosges ; — - 
du Niolo, en Corse ( avec amphil^ole verte. ) 
5. PoRp^RE GRAi9rroYl>£. — La pâte contient ^ en outre 
de grands cristaux de feldspath, beaucoup de cris- 
taux très-petits de feldspath, quarz et inica ou am- 
phibole; ce porphyre passe alors au granité oui la syénite. 
(Ex. : environs de iSaulieu, ei| Booiigogne ; •— Alten- 
berg, Zinnwaid et Frauenslein, ^n S^e ; etc. ). 

Kingt-cinquième Espèce. — PHI TE {porphyre veH antique ; 
Serpentin^. Pâte de pétrosîlex amphiboieux verdâtre , enve- 
loppant €ks cristaux déterminables de feldspath. 

JL'ophite a d'ailleurs tous les caractères du porphyre. La 
pâte présente cependant, en général, une cassure moins 
. unie ; mais la couleur de cette pâte est le point principal 
sur lequel la distinction des deux espèces est établie. Cette 
4;ouleur, tfès-tranchée , en effet, dans Tophite antique. 
Test beaucoup moins dans la seconde variété , et la plupart 
des roches qu'on y a rangées passent insensiblement au por- 
phyre. Ces roches renferment , çn i^^tXiqs dUsémînées ^ accès-* 
^omsHkou accidentelles^ du quarz, de la calcédoine , de la 
chlorite , des pyrites/ etc. 

Va^iéiés priincipàles. 

I. Ôphite ATrriQUB. -^ Pâte verte , compacte, homogène, 
opaque ; cristaux de feldspath , d'un blanc verdâtre 
{porphyre vert antique. — Serpe^in ). 

a. Ophite varié. — Pâte d'uq vert brunâtre ou grisâtre ; 
cristaux de feldspath blanc, gris ou verdâtre. ( Ex. : du 
Tourmalet, dans les Pyrénées (pâte d'un vert grisâtre }; 
•t-y de Sanlieu et de Saint-Prise, en Morvan (pâte d'un 
gris verdâtre ) ; — * du Niolo , en Corse ( pâte d'an gris 
Verdâtre ); — «>da Bal)on de Qiromaguy (pâte d'un vert 
foncé ) ; cristaux blancs^ peu distincts; passe à lavario- 
litè;-^de Rubeland, au Harts (pâte brunâtre, cris- 
taux verdâtres , des pyptes disséminées) ; — roulé dans 
la Bode , an Hartz ; dans celui-ci la pâte est plus verte 
et les cristaux plus blancs ; — de Planits , en Saxe ( il 
contient du quarz ^ de la ciilcééeine , de la chlorite ea 
. veinules , etc. , etc. ) 

Vingt-sixième Espèce.—FJRIOLITE { arpygdaloîde de M. 
Bron^n^art ). î^ous avofis exposa , au ^ujet dé la dix-huitième 
espèce , Ic^ moi\ts qui nous portoient à fhaKiçeriçi la no-* 



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ROC* 38i 

menclatare proposée par M. Brongnîart ; noasne les répéte- 
rons pas. Nous répéterons seulement que parmi les roches 
que nous rangeons sons le nom de variolitès , aucune, à notre 
connoissance, n'a été désignée , par les minéralogistes alle- 
mands , sous celui de mandelstein. 

Pâte de pétrosilex renfofmant des noyaux arrondis de pé^ 
trosikx, drille tOuleur plus ou moins dilFérente de celle dit 
fond de la tbche. 

On y rècOnnott l'ampbîbole ^ conime partie constituante 
accessoire^ et le feldspath en petits cristaux, le grenat, 
Tépidote* le tade en «oyaut arrondis, le n^ica , le fer oxy- 
, r .. /. .„. ^i._ :.^ ^^ calcaire la- 




après des observations nombreuses qu^il a faites , prin* 
cipalemeàt .sur les variolitès de Tlnn , près Brjaunau en 
Bavière , M. Chlericî pense quc^ les noyaux d'une grande 
partie àts roctes nommées variolitès, ne sont^utre chose que 
des grenat^ , plus ou moins altérés. Cis roches rentreroient 
alors peut-être dans notre espèce eurite , et «e rapporteroient 
aux weisstetn, à pâte compacte , des Allemands. ^ 
. Structure etnpâlée , glanduleuse. 

Parties spJiéroïdales ou à angles îrrégulièrettient arrondis ; 
à cassure compacte ou fibreuse 9 ou même un peu lamellaire^ 

Îiaroissant souvent , dans le cas de la cassure compacte , se 
bndre insensiblement dans la pâte compacte. Le tout p#te 
Tempreinte, à peu près évidente, à^ une formation simul- 
tanée. 

Très'SoUde ; — Cassure mie ; — Dureté égale. 
Fusible,, eh totalité , en tin émail Manc , gris où noirâtre. 
Ordinaîren^ent iei variolitès ne s'attèrent que très-peu , par 
rinfluence de l'atmosphère; très-rareàaeùt lès noyaux se dé- 
tachent de la pâte i le plus souvent , au contraire, raltération 
empéclie èntièrepiént de les distinguer; par cette altéra- 
tion , quand efle a lieu, le^ couleurs cliahgeht , et quelque- 
fois les noyatix rÉ^stent saillans à la imrlfàce des morceaux al- 

téi*é&. 

ll,a variolite passe au porphyre , it Tophit^ à réurîtc et à 
la diabase. Ainsi que nOUs raviJiis dit, on peut considérer la 
structure de cette roche comme faisant le passage de la 
^tnictnr^ porpïiyrôïâe à U strùctiire âmy^daloïde, , 

Variétés princîf^Oks^ 

^. V ARIOLITB, VERD A*rRE. — Teinte généralement et primiti- 
vement verdâtre. ( çx. : varioUte de la D^rance.) Pâle 
d'un vert foncé, noyaux d'un vftrt pâle ; 4evient rou- 
geâtre en «'altérant! — variolite de la Bruche ( en mor- 



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38a .ROC 

ceaax roulés dans la Broche, département du Bas^ 
Rhin; structure presque grenue ) ; — de Tîle de King, 
détroit de Bass ( noyaux blanchâtres 9 lamellaires, et 
noyaux noirs) \ — de Ttle de fiourbon;"-de Yolterano, 
en Toscane. ) 

a. Variolite grisâtre. — ; Telnt^énéralement grisâtre ou 
blanchâtre. ( Ex. : de la vallée de Yic; — du Nîolo , en 
Corse ; — de la vallée de Bar ( Haut-Rhin ) ; — du Bal- 
lon de Giromagny ( prétei^due brèche pétrosilicmse du 
Ballon ) ; — de la vallée de Tlnn, en Bavière ; renfer- 
me des grenats en grande quantité ; — de TÀngara , en 
Sibérie) ; pâte blanchâtre , noyaux noirs , très-pelits , 
semblables , dit M. Patrin , à un mélange de cornéenne 
et de stéatîte.) 

3. Variolite rougeatre. — Pâte rougeàtre ou violâtre- 
( Ex. : du Ballon de Giromagny et de plusieurs autres 
k)calîtél,dans lesVosges;' — de Sainte-Odile (Bas-Rhin); 
pâte rouge^ noy^x rouges , très-petits , serrés et com- 
pactes ; — de Corse ; noyaux très-petits, raycfnnés; — - 
de Fréjus; pîte à couches, vîolelles et vertes; noyaux 
à couches concentriques ou à texture fibreuse diver- 
gente, etc.) 

Vingt-septième Espèce.^PYROMÉRIDE (vulg^ poiphyre glo- 
htU^ 9 de Corse). Les observations de M. de Monteiro, sur 
cette roche y et la description détaillée quil en a donnée.^ 
dans le n.^ 20g du Journal des Mines, paroissent nécessiter 
sa séparation de l'espèce précédente, dans laquelle 1^. Bron- 
gniart l'avoit comprise comme variét^^ pQrphyroîd^^. 

Le pyroméride est composé d'une bj^se de pétrosîlex , 
renfermant des parties disséminées de feldspath lamellaire 
et de quarz. 

La seule substance qui y ait été recoiîi^iue jusqu'ici, comme 
partie accidentelle , est le fer oxydé y sous les formes de petits 
dodéca^res pentagpnaux, et de petits cubes triglyphes. 

Strufiture empâtée , glanduleuse, 

La pâte est compacte ; les partiies sont sphérdidales ; elle^ 
forment des espÂ^es de globes , dont la grosseur varie depus 
celle d'un pois jusqu'à trois ^ quatre pouces de diamètre ^ ^ 
qui sont composés , le plus souvent , de petits sçlîdes sphé- 
roïdaux allongés, disposés, soit au bout, soit à côté les uns 
des autres , et souvent autOiV d'DWt ' noyau central 1, de ma- 
nière que leur ensemble affecte une disposition radiée. Ces 
petits solides sont formés presque entièrement de feldspath^ 
renfermant quelques petits iaoyaux qiiar^enx , et sont sépa- 
res l'un de l'autre par des cloisons qjuarzeui^e?. Quelquefois 



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R O G 385 

le feldspath compacte et le quarz de chaque globe sont 
disposés par couches concentriques , ou par couches îrrégu- 
Hères et contournées. Au centre du globe , les deux subs- 
tances composantes paroissent se mélanger entièrement. 
Ordinairement une enveloppe formée de feldspath com^ 

I^acte, mélangée de parcelles de quarz , sépare , du fond de 
a roche , chaque globe, dont elle forme ainsi comme laprc-^ 
mière couche. 

La pâte renferme quelquefois * de petits solides analogues 
à ceux dont Tassemblage compose les globes. 

Cassure unie ou légèrement raboteuse ; — Dureté inégale; •-^4 
susceptible d'un beau poli. 

La couleur de la pâte et de la masse principale des clobes 
est rougeâtre ; celle des parties quarzeuses est d'un gris soa« 
vent un peu noirâtre, ce qui a fait prendre ce minéral pour, 
de Tamphibole , par plusieurs minéralogistes. 

Les parties quarzeuses ont , en général , une tendance à 
Taltération , d'autant plus forte qu'elles sont unies à plus 
d'oxyde de fer. Le feldspath s'altère aussi , mais seulement 
dans le voisinage des parties quarzeuses altérées. Quand les 
deux substances sont comme pétries ensemble, l'altération 
devient quelquefois complète , et la roche se convertît en 
une matière ferrugineuse pulvérulente. 

Cette roche n'est encore connue qu'en Corse , dans un 
petit nombre de localités. D'après les principes que nous 
avons exposés , elle ne doit pas être regardée comme cons- 
tituant utic^s/^^^T^ de roche^ si on ne la rencontre pas ailleurs; 
Dans ce cas, il paroîtroit convenable de la réunir à l'espèce 
du pegmatite , sous le nom de pegmàiite glanduleux ou ^/o-« 
taire. 

Vingt-huitïèmeEspke.'^EUPHO TIDE(yn\g.verde di corsica)^ 
La diallage est la seule partie constùuante^ssentielle de cette 
roche. Elle s'y trouve en ctîstaux nombreiK,disséminéî5 dans 
une base de jade ou de pétrosilex, ou unie à des cristaux de 
feldspath. Ces trois dernières substances sont àonc parties cons- 
tituantes accèssoifès;W]9iàt est plus fréquent que les deux autres. 

Les parties accidentelles sont le mica , le talc , la stéatîte , la 
serpentine , l'amphibole hornblende , 1* mphibole àctinolet 
les grenats, les pyrites, qui s'y trouvent plus ou moins sou- 
vent en cristaux ou parties-disséminées; le calcaire spathique 
qui s'y rencontre en veinules , et le quarz qui y forme quel* 
quefois des géodes tapissées intérieurement de cristaux. 

La structure est^nwe, tantAt à grains fins , tantôt à très- 
gros grains , maïs presque toujours trh-irrégulière,^ Les cris- 
taux de diallage ont quelquefois plus d'un demi-pied de lon- 
gueur. • y ^ 



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384 ROC 

Ueuphotide a nne^^acà^ remarquable^ sartoiH quand il 
renferme beaucoup de jade. 

Sa cassure est raboteuse^ sa dureté inégaie; mais il est 
souvent susceptible d^un beau' poli. 

Le jade et le pétrosilex sont, en général , d^un blanc gri- 
sâtre ou jaunâtre. Là dîaliage est tantôt d'un beau vert ( ex. : 
le verde di corslca) ; tantôt grise et métalloïde ; elle présente, 
dans ce dernier cas , les reflets et chatoiemens qui lui sont 
propres. 

I/euphotIde i presque toujours associé à Pophiolite dan« 
la nature , passe aussi très-fréquemment à cette roche. Cette 
double connexion a fait penser à M. de Buch, que Tophiolite 
et ta serpentine ù'étoient autre chose qd'on euphotide mé- 
langé de beaucoup de talc, ^et dans lequel les parties cons- 
tituantes ne sont plus reconnoissables à cause de la finesse 
de leur grain. 

• M. de Buch a aussi observé , aux environs du cap Nord j 
dans nie de Mageroë, le passage du granité à i'ec^jrfiotide. 

L^euphotide a long-temps été nommé granité^ comme toutes 
les roches grenues ; puis les minéralogistes allemands en ont 
rangé plusieurs variétés parmi lesgrunstein oudiabases. M. de 
Buch Pa décrit, le premier, comme espèce, sous le nom de 
gabhroqae lui donnent les marbriers italiens qui le travaillent. 
' Variétés principales : 

i. Euphotide jâdien. Jade et diallage verte ou grise, Qnet- 
quefoîs avec du feldspath. ( Ex. : du Musinet , près Ta- 
rin > bi diallage verte; — des environs de Gênes, à dial- 
lage grise et à très-grosses parties; —de Corse (^ver^ 
di corsica, ) 
a. Euphotide pétrosiliceux. DiaUage et pétrosilex. (Ex. :de 

la Bocchetta près Gènes. ) 
3. Euphotide feldspathique. Diallage et feldspath , quel- 

Îiefois 3\vec<^de. — ( Ex. : de la vallée d'Aostc ; — de 
oscane (graniio del Fimpruneta , granito di gahbro ) ; — 
de Saint-feevernenCornouaille; — de la côte occiden- 
tale de Norwége, au sud de Bergen; — du cap Nord; 
— i- du Zobtenberg eti Silésie. ) 

^.Euphotide AMPBiB0i4£UX. t)iallage, jade ou feldspath , et 
amphibole. (Ex. : de Saint -Mans - le - I>ésert près 
JNantes ; —des rochers de Cooi^liano et de Fiétramala 
' en Toscane ; — ici , c'est de Tamphibole actinote , et la 
roche contient, en outre , de la stéatite, de la serpen- 
tine , des pyrites , du calcaire spathique en veinules et du 
quarz en géodes.) 

5, EuPHOTiiDE OPHITEUX. Diallage , jade et feldspath , avec 
beaucoup de serpentine. — ( Ex. : ïes roches de i%- 
Iramah et CopigUano eu Toscane ;, — ; Goverack près 



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ROC m 

le cap ti2ardei Saiat-tLercra e& Cefnottatlle , etc. ). ' 
Passe k l'ophiolite. 

t. EuPBOTiDE MiCAGé. Diallage, yade et fetdspatli, arec beau- 
coup àt niîea, soovmt takj^ievnt ( ex. : rallëe de Saas 
dans le Haut-Valals » pente du^nont Rose : il contient 
- actinotc cl grenai; -r emrîroBs dêLtmoges^, etc. ). 
^ Nota. D'après la composition et les caractères de Teupho' 

tide , cette rocke fto«s parettroit deroir être pfwtAt rangée 

dans le geare siii?aiil que dans celui au M. Brongnîart Ta 

placécir 

Deuxième Genre. «^ A tASE, De vttKOSitBX ou de PELnspATa 

GRENU. 

Vingt-neu^ènm Espke. -^EURITE (LEWfNm) , H^ekstdn, 
klingsteia^ horr^els. Baae de pétrosilex assez por ou dé feld« 
spath grentv renfermant du nica et d'antres minéraox disses 
minés. 

Le pétro^ilex (mi le feldspath çrenn S0ttt \d lea seules par-^ 
tîes constituantes essenlielTc^s ; ils passent wom$mn l\in à 
l'autre « de sorte qu'il paroit impossible de ne pas r«garde^ 
comme faisant partie d'une «léîae espèce 9. ks rocke» dont 
ces deux substances s<OBt la base. 

Le mica peut être consi^ré coome partie eoustitatmie accès- 
ssirêf parce qu'on le retrouve daAs le pitis grand noaibre des 
variétés d'enrite \ cependant pkaiewrs variéiéa n'eai tontien^. 
nent pas. 

Le grenat et le feldspath cristallisé poiinrotent aussi être 
consid^és comme paréies accessoires four certaines variétés* 

Les subsUncea les pins commuiieA à ffencootinsr dans l'eu- 
rite , comme paitea accide»ielles^ aprèa ectlhss que ntms^ venons 
d'indiquer, sont l'amphibole 9 le disthène, la tiouroMiliiie ^ le 
«piarz, les pjrkes. 

Les variétés d'^eurite sont tellement diiférentes. i'Wtte de 
rautre^ dans lenrs types caractéristiques, qu'une description^ 
générale de Tesi^ce est presque impossible , on an moins 
qu'il est beaucoup plut conventaUededomier sonunakement 
l'indication dee caraetèret principaux de chaque variété. 
Variàés principales. 

1. EuarrÉ compacte. Structure empalée^ souvent .presque 
homogène. 

Parties peu nombreuses , anguleuses régulières ^lamel-' 
laires. Ce sont principalement du mica » du grenat, de 
Tamphibole , du ^uarz^ des pyrites ; quelouelois du feld- 
spath en très-petits cristaux indéterminables. 

Pâte compacte^ à cassure ^j^iaV/eux^ ^quelquefois presque 
grenue; cassure un peu raboteuse, relativement aux paitiei» 
XXIX. a5 



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386 ROC 

Dureté i^a& ; dur , mMmgrej et par cojisëqaeiit facile 
à casser. 

Couleur générale grise , jaunâtre , blanchâtre oubru^ 
nâtre. Fusible en émailblanc e« griS| quelquefois picoté 
de noir; |« 

(Ez. : de Coasne près Rennes : gris verdâtre « avec 

Xyrites magnétiques; — de la roche Sanadoire^ en 
.uyergne ;— -du Cellier et delà Chaterie, près Nantes^ 
contient amphibole et pyrites; — de Meymeis, dépar- 
tement du Gard ; — de la montagne de la Furcla en 
Valais : grb , apparence presque homogène ; — de 
Lanenbayn et autres endroits en Saxe , Weisstein à pâte 
compacte » avec mica et grenat ; — du Rehbei^ au 
Hartz, quelques homfds qui paroissent un mélange 
intime de feldspath compacte et de quarz ; — > de la 
vallée de Qosseyr en Egypte : d^un rert grisâtre som- 
bre 9 etc.) Cette variété comprend aussi plusieurs pho- 
noiithes on klingstein à texture presque homogène. 
V. Phonouthe. 
a. Euaiix SCHISTOÏOE. Structure feuUld^f quelquefois im^ 
parfaitement, assez semblable à celle de quelques 
gneiss , à feuillets tUiemanSj droits on sinueux. 

Le mica est ici partie constituante essentielle^ et forme 
des feuillets presque continus entre ceux de feldspath ; 
le plus souvent la pâte est de feldspath grenu. Quand le 
mica est très-abondant, le feldspath est souvent friable 
comme de la dolomie. Le grenat est partie constàumnU 
accessoire de cette variété ; le quarz et le disthène en sont 
assez souvent/Mir^ accidenielles ; les parties sovXétendues, 
Cassure transversale raboteuse, quelquefois grenue 
. quant à la pâte. 

Couleur générale blanche ou grisâtre; le mica est 
• ordinairement brun. 

(&.: la plupart des meisstein de Saxe et des entrons 
d^Aschaffenbourg ; — - de Bagnoles-le^Bains , départe- 
ment de la Lozère ; — des environs de TEsperron 
(Gard); — de la gorge d'Allevard et des environs de 
Vienne en Dauphiné ; -— des environs de Chatelle- 
raut ; celui-ci est d'un gris verdâtre , \k cassure grenue ; 
*J' • il est employé comme pierre k faux, eta) 
3. EuRiTE PORPHTROÏDE. Cristaux déterminables , soit de 
feldspath , soit d^amphîboIe> disséminés dans une pâte. 
Cette variété a tous les caractères de Fespèce porphyre 
\ dont elle ne diffère que par la couleur de la pâte qui est 
blanchâtre, jaunâtre, grise ou brunâtre , mais non rouge; 
aussi comprend-elle un grand nombre de roches qui ont 
été dé$ignées commç de$ porphyres par tous les miner; 



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ROC ùf 

î^ïôgîstÈs français et allctnancls. (Ër. : ^e SauUeu en 
Bourgogne : pâte gHse avec cristaux de feldspath Jblapc t 
--de Ràsséprès Limoges : pâte grise , cristaux d'amphi- 
bole, de mica et de feldspath ; -- de Brada et de Lescale 
dans les Pyrénées : semblable à celui deRassé; ^ de 
Sainte-Marie -aux -mines et de Giromaeny dans les 
A^osges : dans cette dernière localité, PeuTîte porphy- 
roïde passe à la roche glanduleuse que nous avons citée 
* /, î «'«'T^oÂrte^mc; — de la montagne de Tarare- 
--de 4a côte de Flamî^nville en Normandie ; ^ du mont 
a Or: pâte a un gris clair, à très-petiis cristaux ; — du 
Drachcnfels ( rive droite du Rhin), semblable au pré- 
cédent ; — de Saxe : nous comprenons ici les roches 
diXeskomstafipûrphyr^ dès environs de Freyberg ( en 
b^nc dans le gneiss ) , et de la vallée de-Triebisch, près 
Meissen; —du Schlossberg près ToepHtz , en Bohème r 
c est le^/y%r schiefer ou le porphyre à base de Idînss^ 
to/i des terrains basaltiques ( V. Phonolithe ) ; — de la 
vallée de Qosseyr en Egypte ; - de la Pointe noire à 
la Giiûdeloupe, pâte grise; _ delà Martinique , pâte 
brunâtre, cristaux blancs de feldspath, ctc y "* * *^ 
4. EuRiTE GRANiTOÏDE. Pâte de pétrosilex gris ou blanctâlre. 
peu abondante, renfermant de très^nombreux cristaux 
qm donnent à la masse une structure grenue : ces cristaux 
SMit di feldspath, de quarz, de mica , d'amphibole , etc. 
ikjt. : de la rade de Brest, à la pointe N. E. de l'Ile 
longue au-dessous du fort: couleur blanchâtre , texture 
très-grenue, à assez gros grains; —de la source de Ga- 
luziercprès Meymeiss, déparlement du Gard; —quel- 
ques homfels du Hartz , à structure grenue, etc. ) 
IVcrfa. Nous pensons que les roches réunies dans l'espèce 
de 1 eunte sont trop difféhentes les unes des autres, pour 
tqifil ne soit pas nécessaire de les diviser en plusieurs espèces 
distinctes. Dans létat actuel des choses, l'espèce leptinite. 
établie par M. l'abbé Hauy , nous paroît y être comprise ; 
mais le tableau de classi6cation des roches de cet illustre pro- 
fesseur n'étant pas encore publié, nous ne pouvons énoi^erw 
à cet égard , qu'une opinion très-incertaine. 

Trentième Espèce, — TRACHYTE ( Tràpp porphyr). t^âie 
d aspect terne et mate, pélrosiliceuse , fusible, enve-i 
loppant des cristaux de feldspath vitreux. 

Cette roche renferme , comme parties acàessoim , du mica 
et de l'amphibole, etc. Comme parties aaà^nteiies , on y 
reconnoît, plus on moins souvent, lepyro^SEe, le tiune 
«phène et le fer oUgiste; rarement le quarz, et très-rar*^ 
ment le péridot-olivine. " 

Structure empâtée t porphyro^de^ 

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388 ROC 

Pâte compacte , ieme, souvent presque terreuse , à cassure 
inégale , à petits grains , grossîèreoient esquilleuse ; tout-à- 
fait opaque. 

Parties anguleuses régulières^ souvent ^aspect vitreux, 
quelquefois simplement iamellaires, quelquefois même com- 
pactes ; le tout est à^ une formation contempor